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COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SÉANCES 
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



PARIS. — lUPBlMblRIB GAUTHIER- VILLARS ET v}', QDAl DES GRANDS-ALGUSTINS, 55. 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

PUBLIÉS, 

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE 

EN DATE DU 13 JUILLET 1835, 

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. 



TOME CENT-SOIXANTE-DOU/IEME. 

JANVIER — JUIN 1921. 



PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS et C'% IMPRIMEURS-LIBRAIRES 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 
Quai des Graads-Augustins, 55. 

1921 



ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

Ail 1=' JANVIER 19-2 1 



SCIEIVCES MATHEMATIQUES. 



Section I". — Géométrie. 



Messieurs: 



Jordan (Marie-Ennemond-Camille), o. «. 
Appell (Paul-Émile), G. o. «. 
Painlevé (Paul), *. 
HUMBERT (Marie-Georges), o. *. 
Hadamard (Jacques-Salomon), *. 
GouRSAT (Edouard-Jean-Baptiste), *. 

Section II. — Mécanique. 

BOUSSINESQ (Joseph-Valenlin), O. *. 
Sebert (Hippolyte), c. *. 
Vieille (Paul-Marie-Eugène), G. o. «. 
Lecornu (Léon-François-Alfred), o. *. 
Kœ'nigs (Paul-Xavier-Gabriel), *. 
Mesnager (Augustin-Cliarles-Marie), o. *•. 

Section III. — Astronomie. 

Deslandres (Henri-Alexandre), o. ». 
Bigourdan (Guillaume), o. *. 
Baillaud (Edouard-Benjamin), c. *. 
Hamy (Maurice-Théodore-Adolphe), *. 
Puiseux (Pierre-Henri), *. 
Andoyer (Marie-Henri), *.. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 
Sectiox IV. — Géographie et Navigation, 

issieurs : 

Grandidier (Alfred;, o. «. 

Bertin (Louis-Emile), C. *. 

Lallemand (Jean-Pierre, dit Charles), O. *. 

FoURNiER ( François-Ernesl), G. C. *, %. 

Bourgeois (.loseph-Emiie-Uoberl), <;. o. *. 

Favé (Louis-Eugène-Napoiéon), C. *. 

Sectiox V. — Physique générale. 

LIPPMANN (Jonas-Ferdinand-Gabriel), G. o. *. 
ViOELE (Loiiis-Jules-Gahriel), C. *. 
BouTY (Edtnond-Marie-Léopold), o. *. 
ViLLARD (Paul), O. *. 
Branly (Désiré-Eugène-Edouard ), o. *. 
Berthelot (Paul-Alfred-Daniel). 



SCIENCES PHYSIQUES. 

Sectiox VI. — Chimie. 

Lemoinë (Clément-Georges), o. «. 

Haller (Albin), G. o. «. 

F^E Chatelier (Henry-Louis), c. *. 

Moureu (Franrois-Cbarlcs-Léon), c. *. 

BouRQUELOT (b]lic-Emile), ». 

N 

Sectiox VII. — Minéralogie. 

Barrois fCbark's-Eugène), O. *. 
DOUVILLÉ (Joseph-IIenri-Ferdinand), O. «. 
Wallerant (Frédcric-Félix-Auguste), ft. 
Termier (Pierre-Marie), O. *. 
Launay (Louis-Auguslc-Alphonse DE), O. «. 
Ha UG (G us lave-Emile), *. 



ÉTAT DE l'académie AU l'"" JANVIER iQ'-il. 
Seotiox VIII. — Botanique. 

Messieurs : 

GuiGNARD (Jean-Louis- Léon), c. *. 

BONNIER (Gasloa-Etigènc-Mai-ie), O. *. 

Mangin (r.ouis-Alexaiidre), c. «;. 

COSTANTIN (Julien-Noël), *. 

Lecomte (Paul-Henri), ^. 

Dangeard (Pierre-Augustin-Clément), *. 

Section IX. — Economie rurale . 

Roux (Pierrc-Paul-Euiile), G. c. *. 
SCHLŒSING (Alphonsc-Tliéopliile), O. *.' 
Maquenne (Léon-Gervais-Marie), ». 
Leclainche (Aug'usle-Louis-Emmanuel ), C. *. 
ViALA (Pierre), o. *. 
Ll.NDET (Gaston-Aimé-Léon), o. *. 

Sectio.v X. — Anatomie el Zoologie. 

Ranvier (Louis-Antoine), o. *. 
Perrier (Jean-Oclave-Edmond), c. ■». 
Bouvier (Louis-Eugène), o- *. 
Henneguy (Louis-Félix), o. #. 
Marchal (Paul-Alfred), *. 
N 

Section XI. Médecine el Chirurgie. 

Arsonval (Jacques -Arsène d'), c. «. 
Laveran (Gliarics-Louis-AIplionse), c. *. 
RlCHET Robert-Charles), c. *. 
QuÉNU (lùlouard-André-Victor-Alfred), c. *. 
WiD.VL ( Fernand-Georges-lsidore), C. *■. 
N 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



SECRETAIRES PERPETUELS. 



Picard (Charles-Éniile), c. «, pour les sciences malhématlques. 
Lacroix (François-Anloine-Alfred),o.ft, pour les sciencesphysiques. 

ACADÉMICIENS LIBRES. 

Freycinet (Louis-Charles DE Saulses de), o. ft. 

Haton DE LA GouPiLLiÈRE (Julien-Napoléon), G. o. *. 

Bonaparte (le. prince Roland). 

Carpentier (Jules-Adrien-Marie-Louis), C. *. 

Tisserand (Louis-Eugène), G, c. «;. 

Blondel (André-Eugène), o. ft. 

Gramont (le c*' Antoine-Alfred-Arnaud-Xavier-Louis de), O. ft. 

FOCH (le maréchal Ferdinand), G. c. *:, S. 

Janet (Paul-André-Marie), O. *. 

Brei'ON (Jules-Louis). 

MEMBRES NON RÉSIOVIV rS. 

Sabatier (Paul), o. *, à Toulouse. 
GouY (Louis-Georges), ft,à Lyon. 
DepÉret (Charles-Jean-Julien), *, à Lyon. 
Flaiiault (Charles-llenri-Marie), O. *, à Montpellier. 
KiLiAN (Charles-Constant-Wilfrid), *, à Grenoble. 
Cosserat (Eugène-Maurice-Pierre ), à Toulouse. 

APPLICATIONS DE L V SCIENCE 
A L'INDLSTUIE. 

Leblanc (Charles-Léonard-Amiand-Maurice), *, à Paris. 
Bateau (Camille-Eduiond-Auguste), *, à Paris. 
Charpy (Augustin-Georges-Alberl), a, à Paris. 
GHARDONNET(lecomteLouis-Marie-HilaireBERMGAUDDE),*,àParis. 
Lumière (Louis-Jean), c. *, à Lyon. 
Laubeuf (Alfred-Maxime), O. ft. 



ÉTAT DE l'académie AU l"' JANVIER 1921, 

ASSOCIÉS ÉTRAIVGERS. 



Messieurs : 



Albert I''' (S. A. S.), pi-incc souverain de Monaco, G. c. *. 

Van der Waals (Joannes Diderik), à Amsterdam. 

Lankester (sirEdwin Kay), à Londres. 

LoRENTZ (Hendrik Anloon ), à Haarlem (Pays-Bas). 

Geikie (sir Archibald), O. *, à Ilaslemere, Surrey. 

Volterra (Vito), c. *, à Rome. 

Hale (George Ellery),àMounlWilsonObservatory (Californie). 

Thomson (sir Joseph John), à Caml)ridge (Angleterre). 

Walcott (Charles Doolittle), à Washington. 

CiAMlciAN (Giacomo), *, à Bologne (Italie). 

MiCHELSON (Albert Abraham), à Chicago (Étals-Unis). 

N 



CORRESPONDANTS. 



SCIENCES MATHEMATIQUES. 

Section I". — Gcomt'lrie (10). 

ScHVS'ARZ (Hermann Amandus), à Griinevvald, près de Berlin. 

INIittag-Leffler (Magnus Gnstaf), c. ft, à Djursholm (Suède). 

Nœther (Max), à Erlangen. 

GuiCHARD (Claude), à Paris. 

Hilbert (David), à Gôttingen. 

LA Vallée Poussin (Charles-Jean-Gustave-Nicolas de), à Louvain, 

BlANCHi (Luigi), à Pise (Italie). 

Larmor (sir Joseph), à Cambridge (Angleterre). 

Dickson (Léonard Eugène), à Chicago (États-Unis). 

RiQUiER (Charles-Edmond-Alfred), à Caen (Calvados). 



ACADEMIE DES SCIEN'CES. 



Section II. — Mécanique (lo). 
Messieurs : 

Vallieim l"réd(''i-ic-M;uio-Eiiimamiel ), o. *, à Veisailles. 

WiTZ ( Maric-Josepli-Aiinc), à Lille. 

Levi-Civita (Tullio ), à Rome. 

ScHWOERER (Emile), *, à Colmar. 

Sparre (le comte Magnus-Louis-Maric UE ), à Lyon. 

Parenty (Henry-I^oiiis-Joseph), *, à Paris. 

AriÈS (Louis-Marie-Josepli-Kmmanuel), O. *, à Versailles. 

Waddell (,]olin Alcxander Low), à Kansas City, Missouri. 

TOHRES (^>L'EVEl)0 ( Leoiiardo), à Madrid. 

N 



Sectiox 111. — Astronomie ( i6). 

Stephan (^Jean-Marie-Kdouard), O. s, à Marseille. 

Van'DE Sande Bakhuyze.x (Ileiidrik Gerardus). c. *, à Leyde 

(Hollande). 
Christie (sir William Henry Mahoney), à Down (Angleterre). 
Gaillot (.lean-Baptisle-Aimable), o. *, à Chartres ( lùire-el-Loir). 
TURNiiR (Herbert llall;, à Oxford. 

Kapteyn (Jacol)us Cornélius), «;, à Groningiie (Hollande). 
Verschaffel (Aloys), à Abbadia (Basses-Pyrénées). 
Lebeuf (Auguste-Mctorj, i^, à Besançon. 
Dyson (sir Frank Walson), à Greenwich. 
GoMNESSiAT (François), *, à Alger. 

Campbell (William Wallace), à Mount Haniilton (Californie). 
Fabry (Louis), à Marseille. 
FOWLER (Alfred ), à Londres. 

N 

N 

N 



Sectiox IV. — Géographie et Xavigalion (lo). 

TeffÉ (le baron de), à Petro[)olis (Brésil). 
Nansen (Fridtjof ), c. ft, ii LysaUer (Norvège). 



ETAT DE l'académie Al" l"' JANVIER l()'2l. 
Messieurs : 

Colin (Edouard-lCIio), l'i Tiiiiaiiaiivo. 
IIedin (Sveii Andors), c. *, à SlncUliolin. 
Hn.DEBRAND HiLDEBRANDSSOX ( Huyo), O. w, à Upsal. 

Davis (William Morris), *, à Cambridge (Massacliusells ). 
Amundsen (Roald), g. o. «, à Ivrisliania. 
TiLHO (Jean-Augusle-Marie), o. #;, à Paris. 
Lecointe ( Cieorges), c. *, à Uccle (Belgique). 
Watts ( sir Pliilip), à Londres. 

Section V. — Physique générale (lo). 

Blondlot ( Prosper-Ilené), o. *, à \ancy. 
Benoît (Justin-Miranda-René), o. *, à Courbçvoie. 
<îuiLLAUME (Cliarles-Édouard), O. *, à Sèvres. 
Arrhemus (Svante Augusl), à Stockholm. 
Mathias (Emile-Ovide-Joseph), *, à Clermont-Ferrand. 
Dewar (sir James), à Cambridge (Angleterre). 
OxNES ( Hecke Ivamerlingh), à Leiden (Hollande). 
NN'eiss (Pierre ) la;, à Strasbourg. 
N 

^ 



SCIEIVCES PHYSIQUES. 

Sectiox VI. — chimie (lo). 

P'ORCRAND DE CoiSELET ( Hippolylc-Robert DE ), *, à Montpellier 

Guye (Philippe-Auguste), *, à Genève. 

GuNTZ (Antoine-Nicolas ), *, à \ancy. 

Graebe (Cari), à Franctort-sur-le-Main. 

Barbier ( François-Antoine-Philipiie), o. *, à Bandol (\ar). 

Grignard ( François-Augustc-Victor ), ?,-, à Lyon. 

Walden ( l'aul), à Riga. 

SOLVAY (Frnest-Gaston), c. #, à Bruxelles. 

Paterno di sessa ( le marquis Lmanuele), g. o. #, à Rome. 

Perkix (William Henry), à Oxford (Angleterre). 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



Section- VII. — Minéralogie (lo). 

Messieurs : 

TsCHERMAK (Gustav), à Vienne (Aulriclie). 

BrÔGGER (Waldeinar Christoferj, c. ft, à Krisliania. 

Heim (Albert), à Zurich. 

Lehmann (Otto), à Karlsruhe. 

Grossouvre (Marie-Félix-Albert Durand de), o. *, à Bourges. 

Becke (Friedrich Johann Karl), à Vienne (Autriche). 

Friedel (Georges), ft, à Grafenstaden (Alsace). 

Bigot (Alexandre-Pierre-Désiré), à Caen (Calvados). 

Lugeon (Maurice). O. a. à Lausanne. 

N 



Sectiox VIII. — Botanique (lo). 

Pfeffer (Wilhelm Friedrich Philipp), à Leipzig. 

Warming (Johannes Eugenius Biilow), à Copenhague. 

Fngler (Heinrich Guslav Adolf), à Dahlem, près de Berlin. 

De Vries (Hugo), à Lunteren (Pays-Bai,). 

VuiLLEMlN (Jean-Paul), à Malzéville ( Meurlhe-et-Moselle). 

Battandier (Jules-Aimé), à Alger. 

Sauvageau (Camille-François), à Bordeaux. 

Chodat (Robert-Hippolyle), *, Palmella, Pinchat, près de Genève. 

Leclerc du Sari. on ('Albcrt-Mnlliiou ), à V(''néjnn (G;ird). 

^ 



Sectiox IX. — Économie rurale (lo). 

Gayon (Léonard-Ulysse), o. *, à Bordeaux. 

Winogradski (Serge), à Pélrograd. 

Godlewski (Emil), à Cracovie. 

l'ERRONCrro (Eduardo), o. ^, à Turin. 

Wagner (Paul), à Darmsladt. 

Imbeaux (Charles-Edouard-Augustin), o. *, à Nancy. 

Bauland (Joseph-Antoinc-Félix), o. s, à Saint-Julien f Ain). 



ÉTAT DE L'ACA.DÉMIE AU l"' JANVIER I()2I. 



i3 



Messieurs : 

Neumann (Louis-Georges), o. «, à Saint-Jean-de-Luz (Basses- 
Pyrénées). 
Trabut (Louis), ft, à Alger. 
Effront (Jean), à Bruxelles. 



Section X. — Analomie et Zoologie (lo). 

Simon (Eugène-Louis), •», à Paris. 
Lœb (Jacques), à New-York. 
Ramon Cajal (Santiago), c. *, à Madrid. 
BOULENGER (George-Albert), à Londres. 
Bataillon (Jean-Eugène), o. «;, à Strasbourg. 
Cuénot (Lucien-Claude), à Nancy, 
Vayssière (Jean-Baptiste-Marie-Albert), à Marseille. 
Brachet (Albert-Toussaint-Josepli), *, à Bruxelles. 
Lameere (Auguste-Alfred-Lucien-Gaston), à Saint-Gilles-lez- 
Bruxelles (Belgique). 
ViGUlER (Antoine-François-Caniille), à Alger. 



Section XI. — Médecine el Chirurgie (lo). 

Câlmette (Léon-Cbarles-Albert), c. «, à Paris. 

Manson (sir Patrick), à Clonbur (Angleterre). 

Pavlov (Jean Petrovitch), à Pètrograd. 

Yersin (Alexandre-John-Émile), c. *, à Nha-Trang (Annam) 

Bergonié (Jean-Alban), o. *, à Bordeaux. 

Depage (Antoine), à Bruxelles. 

Bruce (sir David), à Londres. 

Wright (sir Almrolh Edward), à Londres. 

NiCOLLE (Charles-Jules-Henri), «;, à Tunis. 

N 




COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU LUNDI 5,JA>JVIER 1921. 

l'Uf':SIDEN(;E DE M. Hi;nhi DKSLANDIiKS. PUIS DE M. J.EMOINE. 



M. IIevki Dcsi.andres, Président sortant, fait connaître à rAcadémic 
l'état où se trouve l'impression des recueils qu'elle publie et les change- 
ments survenus parmi les Membres et les Correspondants pendant le cours 
de l'année 1920. 

Étal de rimpression des recueils de l'académie au \" janvier J 92 i . 

Comptes rendus des séances de r Académie. — Le tome 166 ( i"' semestre de 
Tannée 1918) est paru avec ses tables et a été mis en distribution. 

Les numéros des 2' semestre de l'année 1918, i"' et 2" semestres de 
l'année 1919, i*'' et 2"" semestres de l'année 1920 ont été mis en distribu- 
tion, chaque semaine, avec la régularité habituelle. 

Mémoires de r Académie. — Le tome LVH, 2*^ série, est sous presse. 

Procés-rerhaux des séances de l' Académie des Sciences, tenues depuis la 
fondation de l'Institut jusqu au mois d'août i835. — Le tome IX, années 
i828-i8'3i , et le tome X, années i832-i835, sont sous presse. 

Annuaire de l'Académie. — L'Annuaire pour 192 1 est paru et est mis 
ea distribution au cours de cette séance. 



l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Membres décédés depuis le i'' janvier 1920. 

Section de Cliimic. — M. Armand GAUiiEn, le 27 juillet. 

Section d\Anatornic et Zoologie. — \l. Yves Dei.age, le 7 octobre. 

Section de Médecine et C/iiruri^ie. — M. Félix <îlyo.\, le 21 juillet. 

Académiciens lihres. — - \l. Adolphe Cakvot, le 21 juin. 

Associés étrangers. — M. Slmox Scii\vexde\er, à Berlin, le 27 mai. 

Membres élus depuis le 1" Ja/n'/er ](j'20. 

Section de Mécanique. — M. Augisti.v Mesxager, le i""' mars, en rempla- 
cement de M. Marcel Deprez, décédé. 

Section d^Économie rurale. — M. Léon Li.\det, le i5 mars, en rempla- 
cement de M. SciiLœsiNG père, décédé. 

Division des applications de la science à rindiistrie. — M. 3Ia\i>ie Laibeif, 
le 22 mars. 

Associés étrangers. — M. Giacomo Cia.mkiax, à Bologoe (Italie), le 
iG février, en remplacement de Sir Wu.liam Ra.msav, décédé; M. Albert- 
AitRAHAM MicHELsoN, à Cliicago ( Etats-Unis ) , le 2> février, en rempla- 
cement de lord Rayi.i.I('.ii, décédé. 

Membres à remplacer. 

Section de Chimie. — M. Ar>iaxd Gautier, mort le :>.- juillet 1920. 
Section d' AruUomie et Zoologie. — M. Yves Delagi:, mort le ~ octobre 1920. 
Section de Médecine et Chirurgie. — M. Félix Guvox, mort le 'i juillet 1920. 
Académiciens libres. — M. Adolphe C.uixor, mort le '.i juin 1920. 
Associés étrangers. ■- M. Suiox S«;iiwEXDE>En, mort le 27 mai i()20. 

Correspondants décèdes depuis le {"janvier ig*.iO. 

l'our la Section de Géométrie . — M. Zeutiiex, à (lopenliasjue, le G janvier. 

Pour la Section de Mécanif/ue. — M. Voicr, à (loltingen, le i''> décem- 
bre 1919; M. lîin'Lvix, à Gand, le 21 janvier 1920. 



SKA.NCi: Dr ') J.VNVIF.R I921. I7 

Pour la Section (P Astronomie. — Sir Joseph Lockyer, à Devon (Angle- 
terre), le 17 septembre 19-20. 

l'oiir la Section de Minéralogie. — M. Damel-Paulixk (M'^iir.EitT, à Laval, 
le 17 septembre 1920. 

Pour la Section de Botanique . — M. Jeax-Louis-EmiM': liocoiMt, à Blois, 
le 4 février i9'.io. 

Pour la Section de Médecine et Chirurgie. — M. .lEAX-PiEimE Morit, 
à Lyon, le 2.") juillet 1920. 

Correspondants élus depuis le \" janvier \\y-^.o. 

Pour la Section de Géométrie. — M. Luigi Biaxciii, à Pise, le 16 février, 
en remplacement de M. \ no VoLiERnA, décédé; Sir Joseph Larmor, à 
Cambridge (Angleterre), le i5 mars, en remplacement de M. Liapolnoff, 
décédé; M. L.-E. Dicksox, à Chicago, le 17 mai, en remplacement de 
M. Eugène Cosserat, élu membre non résidant; M. Charies Kiquier, 
à Caen, le i4 juin, en'remplacement de M. H. ZErTHEX, décédé. 

Pour la Section de Mécanique. — M. L. Tonni<;s Quevedo, à Madrid, 

le 21 juin, en remplacement de M. Boilvin, décédé. 

Pour la Section d'Astronomie. — M. Alfueu Fowf.eh, à Londres, le 
i"" mars, en remplacement de M. Eomund ^^ eiss, décédé. 

Pour la Section de Physique générale. — Sir James Dewak, à Cambridge, 
(Angleterre), le 8 mars, en remplacement de M. Blasehna, décédé; 
M. K\.MERLixoii O.xnes, à Lcydc, le 7 juin, en remplacement de Sir 
^YILLIAM CuooKES, décédé; M. Pierre W'uss, à Strasbourg, le i4 juin, en 
remplacement de Sir J.-J. Thomson, élu associé étranger. 

Pour la Section de Chimie. — M. W.-H. Perkiv, à Oxford, le 10 mai, 
en remplacement de M. (jiacomo Ciamician, élu associé étranger. 

Pour la Section de Minéralogie. — M. Maurice Luueox, à Lausanne, 
le 9 février, en remplacement de M. Cn. D. Walcott, élu associé étranger. 

Pour la Section de Botanique. — M. Rorert CiionAi-, à Genève, le 
2 février, en remplacement de M. Charles Flaiiault, élu membre non 
résidant; M. Mathieu Leclerc du Sarlox, à Toulouse, le 9 février, en 
remplacement de M. W.-G. Faui.ow, décédé. 

C. R., 1931, I" Semestre. (T. 17,', N» 1.) 2 



l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Pour In Si'ct/on iF Andluniie cl Zoolo^if. — M. Camillk Vigvier, à Alger, 
le 23 février, en remplacement de M. Grsr,\r Iîktzius, décédé. 

Pour la Section de Médecine et Chirurgie. — M. Charles Xicoi.le. à Tunis, 
le 2 février, en remplacement de M. Rai'11ai;i, Lkpim:, décédé. 

Correspondants- à remplacer. 

Pour la Section de Mécanique. — M. AV. Voi<;t, mort à (jôttingen, le 
i3 décembre 19 19. 

Pour la Section dWstronomie. — M. Pickeri.ng, mort à 1 Observatoire 
du Harvard Collège, à Cambridge (Massachusetts), le 3 février 1919; 
M. George: Ellerv Hai.e, au Mount Wilson (3bservatory (Californie), élu 
associé étranger, le 10 mars 1919; Sir Normax Lockyer, mort à Salcombe 
llegis, Sidmouth (Angleterre), le 16 août 1920. 

Pour la Section de Physique générale. — M. Albert Miciielsov, à Chicago, 
élu associé étranger, le 2j février 1920; M. Auguste Kigiii, mort à Bologne, 
le 8 juin 1920. 

Pour la Section de Minéralogie. — M. OEuleut, mort à Laval, le 17 sep- 
tembre 1920. 

Pour la Section de Botanique. — M. FiouoiEit, mort à Blois, le .'i février 1920. 

Pour la Section de Médecine et Chirurgie. — M. Pierre Morat, mort à 
La Roche Vineuse (Saône-et-Loire), le 2:") juillet 1920. 



En prenant possession du fauteuil de la présidence, M. (». Lemolxe 
s'exprime en ces termes : 

Mes chcrj Confrères, 

Je liens tout d'abord à vous expiimer ma vive reconnaissance pour le 
grand honneur que vous m'avez fait en me coniianl la présidence de nos 
séances pour l'année r()2i. 

Si celle royauté éphémère, motivée par mes vingt années d'académicien, 
m exposait à des tentations d'orgueil, j'en serais piéservé par le souvenir 
écrasant des savants illustres qui nous ont précédés ici, ces hommes que les 
jeunes générations ne connaissent que par leurs œuvres, mais que j'ai 



SÉAXCE DU 3 lA.NVIER 1921. 19 

connus personnellement. Pour la (Chimie, en pailiculier, Dumas, dont la 
figure grandit poui' moi à mesure qu'elle s'éloigne dans le passé: \N urtz, 
Fremy, Devillc et ses collaborateurs, Berliielot, Scldu'sing. 

Je n'oublie pas la bienveillance de ces grands savants. Celte bienveillance, 
nous tenons, à notre tour, à l'assurer à la généi'ation qui nous suit. Les 
jeunes gens d'élite ne se rendent pas asse.-: compte de la vive sympathie 
qu'ils inspirent aux hommes de science qui sont leurs aînés dans la carrière. * 

Ces encouragements pour les chercheurs sont l'une des fonctions de 
l'Académie des Sciences. Par les prix, par les fondations dont elle dispose, 
elle veut leur venir en aide de toutes manières pour leuis travaux. >{ous y 
tenons d'autant plus qu'aujourd'hui un grand danger menace la Science 
française : on l'a déjà signalé et l'on ne peut trop y insister. Le nombre des 
jeunes gens se dévouant aux recherches de science pure, dans toutes les 
branches de l'activité intellectuelle, tend à devenir de plus en plus restreint. 
.Je n'ignore pas l'importance des recherches de science appliquée. Mais la 
science pure reste la base de tous les progrès matériels : c'est la « poule aux 
œufs d'or » qu'un grand pays doit avant tout favoriser. Honneur aux jeunes 
savants qui, sans trop regarder au?^ difficultés de la vie, ont le courage de 
se dévouer aux recherches originales sans envisager un profit immédiat et 
se laissent aller au charme de la poursuite de la vérité inconnue. 

Il me semble également utile d'appeler votre attention sur le développe- 
ment de l'action extérieui'e de l'Académie, l'.lle doit être moins qu'autrefois 
une société fermée. Il est désirable qu'elle se relie aux autres groupements 
scientifiques en leur offrant un point d'appui. Déjà nous nous sommes 
engagés dans cette voie : c'est dans cette même salle, par exemple, qu'ont 
eu lieu les premières réunions du Comité national de Géodésie et de Géo- 
physique. Il serait important de développer, sous une forme ou sous une 
autre, ces relations de confraternité avec les savants qui ne siègent pas 
encore au milieu de nous. 

Votre élu manquerait aux devoirs de sa charge si, à l'exemple de ses pré- 
décesseurs, il ne vous soumettait pas quelques améliorations désirables. 

Le bruit des conversations gêne trop souvent nos séances. Il est vrai que 
l'Académie est un salon où l'on aime à échanger des idées utiles. Mais pour 
les entretiens un peu prolongés, la salle de l'Académie française offre un 
asile commode dont on peut toujours disposer. 

Souvent aussi on entend mal les communications parce que nos confrères 
ne parlent pas assez haut. .le leur demande d'élever la voix davantage. 



20 ACADEMIE DES SCIENCES. 

On a déjà exprimé k- désir de ne pas trop relarder l'heure de l'ouverture 
effective de nos séances. Pour réaliser celte réforme, il faudrait une extrême 
exactitude pour les commissions qui précèdent la séance. 

Je no veux pas commencer l'année 192 1 sans offrir en votre nom à tous, 
nos meilleurs remercîments à ceux de nos confrères qui ont dirigé nos 
réunions en 1920 : d'abord à nos chers secrétaires perpétuels qui forment 
la base de notre Vcadémie et qui ont un si admirable dévouement; ensuite 
à notre Président sortant, M. Deslandrcs, qui nous a animés par son activité 
juvénile et par son enthousiasme pour les merveilleux progrès de lAstro- 
nomie physique. " 



MEMOIRES ET COM3IUi\ICAriOîVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Secrétaire PRRPt,TVF.i.\)résen[.e [' Annuaire de /' Ac^i(/émie rfes Sciences 
pour I 92 I . 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur certaines fondions sc rntliichant 
à (tes surfaces fermées. ISote de M. Emile Picakd. 

1. Dans des recherches déjà anciennes ('), j'ai indiqué comment on 
pouvait faire correspondre à une surface fermée certaines fonctions se 
présentant comme solutions particulières d'équations aux dérivées partielles. 
Ces fonctions comprennent, comme cas très particuliers, des fonctions 
étudiées à d'autres points de vue, les fonctions \„ de Laplace par exemple 
et d'autres fonctions analogues. Je crois utile de résumer ici les résultats 
que j'ai obtenus à ce sujet dans divers Mémoires, et dont l'élude pourrait 
être approfondie. 

2. Soit une surface fenuée dont l'élément linéaire est donné par l'ex- 

(') Sur l'équilibre calorifirjiie d^une surface fermée rayonnant au dehors 
{Comptes rendus, l. 131, 1900, p. 1/199); Sur une équation aux dérii-ces partielles 
du second ordre relative à une surface fermée correspondant à un équilibre calo- 
fique (Annales de l'École Normale supérieure, 'i' série, l. 26, 1909). 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 21 

pression 

ds" =: E du- -T- 2 F du c/c 4- G (^i''. 

Je considère l'équation aux dérivées partielles relative à V 



,) 1 


du dr 


)^i{ 


du oc 


du 


\ v'liG-1'^ / 


^KG - F- 



= c{u,v)s/EG — V'\ 



Celte équation correspond, pour c(//, <■) toujours positif, à un problème 
d'équilibre calorifique avec rayonnement de la surface, Y désignant la 
température. Nous désignerons dans la suite le premier membre de l'équa- 
tion précédente par AV. 

3. En nous bornant ici au cas de c = i, envisageons l'équation 



(i) AV = /.s KG — F- V, 

où X est un paramètre constant. < )n peut établir qu'il existe une infinité de 
valeurs singiilirres de A toutes négatives ( A = o est la première d'entre elles), 
pour lesquelles il existe une ou plusieurs intégrales, uniformes et non iden- 
tiquement nulles, de l'équation (i) et partout continues sur la surface. 

Une application immédiate est relative à la sphère de rayon un. 

L'équation (1) est alors 

cos9 --jr -h sinô— — -+- -^-^ --— r= /sin9V 
dd da- Hin9 d'y- 

en se servant des coordonnée? polaires et -p sur la sphère. On trouve faci- 
lement que les valeurs singulières sont 

/. r= — /i(/i H- 1), 

/i étant un entier positif, et pour celte valeur de A, il y a 2/i + i fondions V 
linéairement indépendantes; ce sont les fonctions \„ de Laplace. 

Le cas du tore est à examiner après celui de la sphère. En désignant 
[)ar r le rayon du cercle méridien, et par R la distance de son centre à l'axe 
de révolution (R > r), l'équation (1) est ici 

• ,,. ..à-y ■ ,r, ^ '^y (^'^ 1 / rj s »• 

-(K — rcoi'j)-^—: + iin'jj(n — /-coscp)— \- r-—- := /(H — rcosQ>)r\ . 

r ' à'j- ' 09 d'\i- 

où et 'I représentent deux angles dont la signification géométrique est 
évidente, et qui varient de o à 2-. < )n pourrait rechercher les valeurs 
singulières de A correspondant à cette équation et les fonctions corres- 



22 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

pondantes. Le cas particulier où V ne dépend que de o conduit à l'équation 
dilTérentiellc linéaire ordinaire 

" (R — /■ coso)- —r-r -+- si M -.^ ( H — /co-'j) -;- — '/./■{[{ — r cos'j)\ = o. 

/• ' ao' (l'o ' ' 

Cette équation donne un exemple simple d'équation diiïérenlielle linéaire 
ayant, pour certaines valeurs d'un paramètre A, une solution périodique. 

4. D'autres problèmes peuvent se poser relativement à l'équation (i). 
Tout d'abord, si À dans cette équation n'a pas une valeur singulière, il y 
aura une solution uniforme sur la surface et partout continue, sauf en un 
point où elle aura un infini logarillimique correspondant à une source de 
clialeur avec un flux donné. 

Soit maintenant X„ une valeur singulière pour la(|uelle l'équation 



{■i) AV = 7„v'KG-F^V 

admet une ou plusieurs intégrales continues sur toute la surface. Soient de 
plus donnés n points sur celle-ci 

(fl„6,), {a,_,b,) (e>,„/>„) 

et les coefficients respectifs 



A,, A,, 



Existe-t-il une intégrale de l'équation (2), ayant les points singuliers 
(«,, bj), du type des sources de clialeur, avec le flux A, ? 

La réponse à cette question est la suivante : -En désignant par 

V|, V, \', 

les V solutions partout continues, linéairement indépendantes de l'équa- 
tion (2), la condition nécessaire et suffisante s'exprime par les v relations 

\,\',(/U, ^', )+ A,V,(«., A,) -+-... 4-A„\,(rt,„ ^,) = o. 

où / prend ks valeurs i, 2, . . . , v. 

."). Pour prendre un exemple particulier, revenons au tore dont j'ai dit 
plus haut un mot. il revient au même de considérer les solulions double- 
blement périodiques de l'équation 

.„, 0'\ 0'\ .. 

or- Oy 

nous faisons X = i ([ui n'est pas une valeur singulière. I^c premier problème 



SÉANCE DU 3 JA.WIIIR I921. 23 

du para^raplie précédenl revient à trouver rinlégrale unifonue de l'équa- 
tion {3), ayant une période a par rapport à /;, et une période h par rapport 
à V. et continue sauf au point (a, !i) et à ses lioinologues dans les rectanolcs 
des périodes qui sont des sources de chaleur, lia solution est la suivante (') : 
On forme la fonction 



qui est définie pour ; négatif. L'expression 
répon J à la question. 



dz 



AI. BiGouBDAv présente un Volume qu'il vient de pulilier pour faciliter 
la classilîcatio:! bibliograpliique des questions relatives à l'Astronomie et 
aux Sciences connexes. 

C'est un tirage à part, assez fortement remanié, de ce qu'il avait donné 
d lus le Biillelin astronomique de 1919 (2'' Partie : Rck'hc i>vnérale des iravaiia.- 
(Ktrono'nifjuex), où l'on a reconnu la nécessité de désigner chaque (juestion 
par un noml)re classificateur, afin de faciliter les recherches. 

On connaît de nombreux essais tentés pour classer rationnellement 
l'ensemble de nos connaissances : il suffit de rappeler ceux de A. -M. Am- 
père, d'A. Comte et de II. Spencer au xi\'' siècle; mais aucun d'eux n'est 
parvenu à s'imposer. 

A défaut de classification rationnelle, il a donc fallu adopter quelque 
systè.ne artificiel, pour satisfaire des Ijesoins manifestes, d'ordre pratique. 
Mais sur ce terrain de convention il n'existe pas davantage de classement 
qui soit universellement adopté. 

Aujourd'hui deux surtout sont en vogue pour les Sciences : celui de 1'//;- 
tirnnlional Caldloguc of Scientijir Literalitre (I. C. S. L.), patronné par la 
Rovtil SacielY de Londres, et celui de M. Melvil Dewey, connu sous le nom 
de Classifïcalion décimale (C. D.). 

En présence de la difficulté de faire un choix, j'ai donné les deux concur- 
remment; toute^MS pour l'Astronomie j'ai rendu l'un et l'autre plus expli- 

(') E. Fi lAiiD, Sur quelques problèmes relatifs à l'équation \u ^= k- u {Bullelut 
de la Société matii'hnati jue de France, t. 28, 1900, p. 186). 



24 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cites, tout en conservant aulant que possil)le les cadres adoptés jusqu'ici. 

Ces deux classifications procèdent d'ailleurs de la même idée, qui nous 
paraît éminemment juste et pratiquement très utile : diviser et subdiviser 
chaque branche de nos connaissances jusqu'à réduction à des éléments sensible- 
ment /tomoi^énes et peu étendus, que l'on désigne |iar une phrase courte ou 
rubrique^ puis affecter convenlionnellemenl à chaque rulirique un numéro 
ou cliilTre classificateur. 

Cela fait, imaginons que sous chacun de ces numéros un ait inscrit les 
litres des (3uvrages, Mémoires, etc., qui traitent du sujet correspondant, 
et qu'en outre l'ensemlile ait été distrihiié dans l'ordre croissant de ces 
numéros. Alors le Tahh'au des riihriques de la science considérée, avec le 
numéro correspondant, sera comme une c/^y permettant soit de classer les 
matières, soit de se reporter directement à ces matières quand le classe- 
ment a déjà été fait. C'est ce Tahleau de classement à cle/qm est donné ici 
pour l'Astronomie et les Sciences connexi-s. Géodésie et Géophysique. 



GÉOLOGIE. — Sur l'à^e des phénoitiènes de charriage dans la région 
d'Avignon. Mote de \1M. Pikkre Teioiiku et Lkojjce Joleaid. 

L'existence de phénomènes de charriage a été signalée par l'un de 
nous ('), l'an dernier, à la hordure occidentale de la plaine d'Avignon. 

Le relief calcaire du plateau de Villeneuve, qui domine la rive droite du 
Rhône depuis Sauveterre jusqu'à Aramon, est formé presque entièrement 
par la série néocomienne. La succession des assises crétacées s'y présente 
ainsi, de la hase au sommet (-) : i" des calcaires cruasiens à Parahoplites 
cruasensis. correspondant au Hauterivien et au Barrêmien inférieur; -1° des 
marno-calcaires barutéliens, synchroniques du Barrêmien moyen. Les cal- 
caires urgoniens, classés aujourd'hui dans le Barrêmien supérieur, n'appa- 
raissent qu'un peu plus à l'Ouest, au delà d'une ligne N 55° E allant de 
Nîmes à Chàleauneuf-Calcernier. Les calcaires cruasiens sont bien dévelop- 
pés, vers le .\ord, en face d'Avignon, et vers le Sud, entre La Vernède et 
Aramon; les marnes barutéliennes occupent le synclinal qui se dessini- 
entre ces deux masses calcaires, au voisinage du château des Issarts. Un 
polit lambeau lutétien à Planorbis pscudo-ammonius a été découvert par 



(') [*iEi'.itK TiiR.MiKii, tjoinpies rendus, t. 1(58. 1919. [i. laQ'- 

('-) L. .lol-KAi'O. Géologie (lu Conilat, l'eirains noogèiies. 11. kiis. pi. l-lll. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 25 

M. Caziot au nord d'Aramon, près de la ferme de la Choisily, tandis que 
plus au Sud, au voisinage de la station Aramon du chemin de fer P.-L.-M., 

E. Pellat, accompagné de M. Depéret, trouvait un lambeau de marnes 
roses à Hélix Itaniondi . Des affleurements de mollasse miocène avaient été 
depuis longtemps indiqués en plusieurs points du plateau : leur répartition 
entre les dililt'rentos subdivisions du Burdigalien et de FHelvélien a été pré- 
cisée par l'un de nous ('), en même temps que Tattribution à l'Oligocène 
supérieur (Clialtien) des marnes à Hélix d'Aramon et d'une localité voi- 
sine, Sainl-Pierre-du-Terme. 

Entre le Miocène et le Crétacé s'intercale, à La Vernèdc, à Saint-Picrrc- 
du-Terme et à Aramon, une série d'épaisseur très variabl(\ parfois très 
épaisse, tantôt chaotique, tantôt vaguement stratifiée, formée de blocs 
volumineux empruntés au subslratum. Délimitée par MiVI. L. Carcz et 

F. Fontanncs sur la feuille Avignon de la Carte géologique au 77^, elle a 
reçu des auteurs de cette feuille la notation <■'. En réalité, elle correspond, 
comme l'un de nous (-) l'a montré, à une brèche d'origine mécanique, ou 
mylonite, en relation évidente avec des phénomènes di' charriage de grande 
amplitude. 

Les observations que nous avoTis faites sur le terrain cet été nous ont 
permis de préciser l'âge de ces mouvements tectoniques. Nous avons cons- 
taté, en effet, que le lambeau des marnes à Hélix d'Aramon fait partie inté- 
grante de la masse mylonilisée. Tandis qu'au nord et à l'ouest de 
Sainl-Piorre-du- Terme les brèches soûl fortement cimentées, près de la 
gare d'Aramon elles nianquenl souvent de cohésion. Les marnes à Hclix, 
qui p:irticipent à leur constitution, ne se présentent plus tout à fait sous 
leur faciès habituel. Dans la tranchée de la voie ferrée, au nord-est de la 
gare d'Aramon, le Burdigalien inférieur à Pecten Davidi repose sur les 
marnes roses à Hélix, mélangées de blocs calcaires cruasiens; des morceaux 
de mylonite consolidés sont même inclus dans ces amas hétérogènes ('). 

(') L. JoLHAUD, Géologie du Comtat, Tenalns néogènes, 1, jgoJ-igoj, p. 20 et suiv., 
et Bull. Soc. géol. France, t. 8, 1908, p. 41. 

(^) PiEHRF Termier, loc. ctl . Dans celle Note préliminaire de 1919, 1 âge du char- 
riage qui a produit la mylonile est indiqué comme anlé-liehélien. (l'est anlé-burdi- 
galieii qu'il faut lire, la l)ase de la niolla--se miocène étant ici, sans aucun doute po>- 
siiile, d'âge burdigalien. 

1') Le point précis cil l'on peut ol>^er\er ce mélange de la mylonite aux marnes 
roses à Hélix se trouve à l'nviron i''"' de la gare de voyaj;eui- d'Aramon du côté du 
Nord-Est, dans le talus tl'un petit chemin qui loni;i' le liord nord de la voie feri-éc 
P.-L.-M. 



26 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Un peu plus au Nord, au kilomc-lre yo'i, à la hauteur du moulin à vent de 
Sainl-Pierre-du-'l'cïmc, on relrou\<', sous le Miocène, une zone bréchi- 
foniic mal consolidée, comprenant aussi des marnes roses oligocènes. (3n 
obs&i've ainsi, dans '«"S deux localités où a été cons<T\é TOligocène, une 
allure de la zone de contact du Crétacé et du Miocène identique à celle 
reconnue sur les points où ces deux systèmes sont directement en-relation. 
[>a mylonite se présrnle partout inlimemcnl liée à son substratum; à 
Aramon et à Sainl-Pierre-du-Terme, des blocs de cette brèche seul 
e.iglobés dans les marnes roses, tandis que, au Nord et à rOu<-st, les 
brèches sont plus ou moins irrégulièrement distribuées au voisinage de la 
surface des calcaires; tantôt ceux-ci sont à peine écrasés, tantôt ils sont 
même intacts. 

La Carte géologique, feuille Aiii^/io/i. figure avec la même notation <■■' des 
affleurements d'une roche comparable à celle de La \ ernède, sur la rive 
gauche du Ilhùnc, en face d'Aramon, près du hameau des Bouisses, dans la 
Monlagnette. Le petit massif calcaire, au relief tourmenté, qui a reçu ce 
nom imagé, est constitué, au Nord et à l'Ouest, entn- Barbenlane et 
Boulbon, par des calcaires cruasiens ; au Centre, vers Sainl-Micliel-de-Fri- 
gollei, par des marno-calcaires barutéliens: au Sud, au-dessus de Tarascon, 
par des calcaires urgoniens. 

A l'ouest des Bouisses, ou voit, par endroits, les calcaires cruasiens se 
raylonitiser; localement, les brèches ainsi formées sont recouvertes par le 
Burdigalien inférieur. Ces myloniles correspondent, comme celles de 
La Vernède et d' Vranion, à des charriages, qui ont découpé les calcaires 
crétacés de la région d'Avignon en une série d'écaillés. 

Les surfaces de chevauchement qui délimitent ces écailles plongent uni- 
formément au Sud-Est. La Montagnelle correspond à une écaille supé- 
rieure, peut-être dédoublée vers les Bouisses. Au-dessous vient, comme l'a 
montré l'un de nous ('), une seconde écaille, séparée de la première par la 
zone mylonitique d'Aramon et de Saint-Pierre-du- Terme, zone à la(juellese 
mélangent les marnes roses à Hclix. A celte seconde écaille appartient le 
plateau néocomien de Yilleneuve-lez- Vxignon; et c'est elle encore qui, à une 
cinquantaine de kilomètres plus à l'Ouest, apparaît, écrasée i-t morcelée, 
dans les hlippe'! de la plaine d'Alais. 

Cette secondeéciille, au cours du charriage, a été sensiblcmenl réduite 
e 1 épaisseur à la base. Dans le plateau de Villeneuve, elle débute, comme 

(') riiMutK l'iRMiin, l<ic. cit. 



SÉANCE DU 3 JANVIER 192I. 27 

nous avons dit, par les calcaires cruasieiis, au-dessus desquels viennent les 
marno-calcaires barutéliens. Les calcaires urgoniens ne sont pas représen- 
tés dans ce relief, alors qu'ils existent dans la Monta gnelle. Par contre, ils 
jouent un rôle largement prépondérant dans la formation des klippcs 
d'Alais. Un décollement dans la nappe-écaille de \ illeneuve-Alais semble 
donc s'être produit, habituellement, au niveau des marno-calcaires baru- 
téliens, entre les deux masses calcaires cruasienne et urgonienne. 

Les hlipprs d'Alais semblent toutes reposer sur un complexe d'argiles, 
de calcaires, de grès et de poudingues à petits éléments ('). Assez haut 
dans cet ensemble, on a trouvé, à Auzon, une dentition à'Acerutlicriunt 
minuliun ; M. Roman (-), qui a étudié les restes de ce Hbinocérolidé, les 
place à un « niveau très élevé de l'étage Stampien..., à la limite de 
l'Aquitanien ». Le substratum des klippes d'Alais serait exactement syn- 
cbronique des marnes d'Aramon et daterait de l'Oligocène le plus élevé 
(Cbattien). La successinn relevée mix eiwirons d'Alais concorde donc avec la 
coupe d'Aramon. en ce qu\ concerne l'âge des charriages de la région ; ces 
mouvements lectonifpies se sont effectués après l'Oligocène cl avant le Miocène, 
très iTuisemblablement entre le Chalticn et l' Aquitanien. Quant à la question 
de savoir si les poudingues à gros galets de calcaires crétacés, qui surmon- 
tent normalement l'Oligocène sur le bord ouest de la plaine d'Alais et que 
l'on a, jusqu'ici, rapportés à l'Aquitanien, sont antérieurs ou postérieurs à 
ces charriages, ou encore leurs contemporains, elle demeure pendante et 
appelle de nouvelles observations. 



ASTRONOMIE. — Sur l'emploi des latitudes gèoceniriques pour faciliter 
V identification des petites planètes. Noie ( ') de M. Loris Fabkv. 

La circulaire 138 de l'Observatoire de Marseille publie une Note de 
M. le directeur de l'Observatoire d'Alger, qui signale que deux petites 
planètes (1 l't 2) ont été photographiées, dans le cliché o''2o'", + 1° de la 
Carte du Ciel, à Alger, le 4 décembre 1910 à 7'' 55'" l. moy. d'Alger. 



(') l'iEitRB Termieh el Oeoiicks l'^iiEDEL. Comptes rendus, l. 1()8, 1919, p. io3^- 
io38. Voir aussi I'aui. Tiiiéry. Comptes re/u/us.l. 169, 1919, p. 583. 
(-) Les Rhinocérolidés de l'Oligocène d' Europe, 191 i. p. So. 
(') Séance du ■?.- décembre igîo. 



28 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Voici If'S positions approchées de ces astres, rapportées à l'équinoxc 
moyen 1915,0 : 

1 R=o''i9'",3 D=-+-o"47' ,u(')=:4-22' —2' grr=ii,6 

2.... o'-aS"»,! -f-(>°-i'' +14' + ''-' l'i-" 

I.a Note ajoute : « Il parait difficile d'identilier ces positions avec celles 
de planètes connues ». 

Voilà donc encore un problème réputé difficile, que les procédés que 
j'emploie depuis plusieurs années vont nous permettre de résoudre. 

Ici nous n'avons qu'une seule position pour chaque planète, et les mouve- 
ments mesurés sur les plaques photographiques, conclus d'un court 
intervalle de temps, sont souvent peu précis. Je laisse donc de côlé la 
méthode que j'ai indiquée dans le Bulletin astronomique, t. 30, p. 49» pour 
utiliser les éphémérides d'opposition qui ont été publiées. 

INIais les positions observées se trouvent à deux mois de l'opposition et 
un mois après la fin des éphémérides. L'extrapolation des ascensions droites 
et déclinaisons devient alors très incertaine, parce que les planètes se 
trouvant près de la station, leurs mouvements varient rapidement ït même 
changent de signe. 

On peut remédier à cet inconvénient en utilisant les latitudes géocen- 
triques, lesquelles varient plus régulièrement que les 1\ et D. 

Les latitudes présentent aussi certaines particularités facilement recon- 
naissables à première vue. Ainsi la date de l'opposition, comparée avec la 
longitude du nœud, montre immédiatement si une planète est près du nœud 
ascendant, auquel cas la latitude héliocentrique est faible et varie positive- 
ment; — ou près du noîud descendant, et la variation est alors négative. La 
latitude géocentrique suit à peu près la même marche que la laliludc 
héliocentrique, et la seule onnsidéralion des distances au Soleil r et à la 
Terre A fait comprendre quelle marche doit suivre la latitude géocentri(juc. 
Car les deux latitudes, li et p, sont liées par la relation simple 

sin 3 = — si 11 h ; 

ou approximativement p = -r A, les angles étant petits. 

Si la date d'opposition montre qu'une planète est à 90" de ses nœuds, la 



(') I.es inoiiveiniMiU i|Ut! j'lriilii|iie ici sont ceii\ iloniiés |i.ir l'dhsei'v aleiir: après 
vcrificalioii, ceiiv ddinios par la cliciilaire sont tleii\ fuis liop forls. 



SÉANCE DU 3 JANVIICR 1921. 29 

lalitude héliocenlrique est égale à rinclinaison /, et la latitude géocenliiqiie 
est à peu près -ri. Comme le rapport -r est presque toujours inférieur à 2, la 
latitude géocentrique iic peut guère dépasser le double de l'inclinaison. 

Ces considérations peuvent grandement aider pour l'identification des 
planètes qui sortent des éphémérides. 

Le calcul des latitudes géocentriques n'est pas difficile; cependani, je 
simplifie encore en remplaçant la latitude par la distance de la planète à 
l'écliptique, mesurée sur le cercle horaire. 

Pour obtenir cette distance, il suffit de prendre dans la Connaissance des 
Temps, à l'éphéiuéride du Soleil, la déclinaison de l'écliptique qui corres- 
pond à W, puis de retrancher cette déclinaison de D. 

Ainsi, dans le cas actuel, le prolongement à vue des ascensions droites et 
déclinaisons montre que la planète 1 se trouve dans la même région du ciel 
que (^" Mnèmosyme et (i3j) Alceste. Mais cela est très insuffisant pour 
l'identifier avec l'une ou l'autre de ces deux planètes. En calculant rapide- 
ment les dislances à l'écliptique, comme je viens de le dire, on trouve : 

191:.. '^?j. Diir. (124). Difr, (Ûïï). Dill. 

Septembre 23 -h5.i4 , +1 — i .-î^ 

OclolMc I ' 4 .33 ~ '' — 8 ~^ 1 .3:j '~l 

» 9 3.49 —17 1 . 4 1 



3. 2 y -26 - ..45 __: 

.4 ~f -34 "^ ..48 ^ 



Novembre 2 -1-1.27 '*■' — 4i '-'T' 

D'autre part, les ,T\, D et U observés de la planète I, comparés avec la 
déclinaison de l'écliptique, prise dans la Connaissance des Temps, donnent 
de même : 

igio décembre 4 n miniiil de Greenwicli : 
distance à l'écliplique :z= — 1° 19', variation en i joiir=: — 4- 

Extrapolons les Tableaux ci-dessus du 2 novembre au [\ décembre, ce 
qui fait quatre intervalles de huit jours. Pour '^. , les différences premières 
passant par un maximum, nous tenons compte des diirérenccs troisièmes 
prisas constantes et égales à leur valeur moyenne -1- i . Pour (nj^, nous 
prenons les différences troisièmes nulles et les différences secondes égales 
à -I- I. Nous obtenons ainsi les valeurs calculées : 



3o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

1915 décembre 4 .1 niinuil de dreenw icli : 

.■û ; dislance à réclipli(|ue = — 1° I 1', \ari;itionen i jourz^ — 4'; 

lîT. » .. — "°59'. .. .. o ; 

(î^- » .. — ""'iS', " " o- 

Pour \^i . la position concorde mieux avec l'observation, — r'19', que 
pour 'jtT . 'l'oulefois Fincerlitude de Textrapolalion et aussi Técarl possiljle 
en longitude, qui provoque un écart en latitude, laissent encore un doute. 

( le doute disparait si l'on considère le mouvement, car seul celui de ^, 
concorde; il reste donc seulement à examiner de près cette planète. 

De même pour la planète 2, qui se trouve dans la région de 'u^, Urda 
(voir- Tableau ci-dessus). 

Nous calculons alors, avec des logaritbnies à quatre décimales, deux ou 
trois colonnes d'éphéméride, en utilisant les Tables numériques que j'ai 
calculées en 188") sous la direction de Callandreau, Bulletin astronomique, 
t. 2, p. 468. Et obtenons ainsi : 

•iT Mnénwsyne. lïiléments publiés dans les Astr. .\ac/i., I. iW. p. 104 : 
4 décembre igiJ, à niinuil de (ireenw icii. — l'^i|uiu. niov. kji J>o. 

li. D. .Mouvemenl*. 

l'osilion calculée o'''2i",3 -ho"5i' -i-.!2* —2' 

Ligne de recherclie : pour -t- 1 niinule en .U. correction en D=+ i',8. 
iManèle 1 observée o''i9"',4 -t-o°47' +22* — 2' 

Obs. -cale — '"Ny — V 

pour — '"'.9 en .U. correction en D =: — 3'. l'>arl de l'orbile — 1'. 

L'identité de la planète I avec .v^) Mnémosync se trouve ainsi prouvée. 
Kl l'on voit de même que 2 est idm tique à (Hii) . 

Il est bon aussi d'examiner les grandeurs. 

Pour (^ Mnémoayne (gr = 6,ô), le calcul donne à la date 1915 dé- 
cembre /) : 

logA — 0,359; log/- = o,4'"»', ^' + 5log A/- -- io,(); 

mais c'est un f.iit connu que cette formule ne donne des grandeurs exactes 
ijue pendant jo jours environ avant et après l'opposition, l'.n debors de cet 
intervalle de 80 jours, les grandeurs obtenues sont plus brillantes, d'environ 
une demi-grandeur, que celles qui sont observées. Nous tenons toujours 
compte de cela dans nos épbéméridos. La grandeur calculée le '\ décembre 



StlANCI- DU 3 JANVIER 1Ç)21. 3l 

i()i5, Ga jours apivs ro[)posilion, se Iroiive ainsi êlre ii,i environ, qui 
concorde suflisauinienl avec la valeur observée i i,(i. 

l'our (kt,) Un/a (gr = 9,4), le calcul donne pour 191:) décembre l\, 
.v) jours après Topposilion, gr= i''i,o, qui est exaclemenl la grandeur 
oiiservée. 



PHYSIQUE. — Sur le poinl de fusion de Vheplane cl la loi d'allernance 
des poinls de fiisio/i. Noie ( ' ) de M. I\. de Foucr.wd. 

Lors d'un précédcnl travail, exécuté en 1896, en collaboration avec 
Paul Henry, mon très regretté collègue de l'Université de Louvain, et 
publié récemment ('^), nous avions été conduits à reprendre la détermi- 
nation du point de fusioa de l'octane normal, pour lequel M. Gultmann 
avait donné (^) — 98", 2, soit i74°)8abs. 

Deux déterminations très concordantes nous avaient fourni — S']°,[\, 
soit 2i5",6 abs. pour l'octane (^), nombre très différent de celui de 
< iuttmann, alors que cependant nous avions retrouvé, à très peu près pour 
l'hexane, le point de fusion donné parle même auteui' : — 95", soit 178° abs., 
au lieu de — 9'3",5. 

L'intérêt de cette reclilîcalion réside dans ce fait ({ue, tandis que les points 
d'ébullition croissent très régulièrement d'un terme à l'autre dans les difl'é- 
lenles séries de composés homologues, les courbes (très peu nombreuses 
faute des données nécessaires), que l'on peut dresser pour les poinls de 
fusion, indiquent, presque toujours, une alternance des poinls de fusion 
des homologues successifs de condensation en carbone paire ou impaire. Il 
semble y avoir pour chaque série deux courbes : l'une, reliant les poinls de 
fusion des termes pairs; l'autre, plus basse que la première, reliant les 
points de fusion des termes impairs; ces deux, courbes forment un faisceau 
qui se rétrécit peu à peu et finit par se confondre sensiblement avec ure 
courbe moyenne unique pour les condensations en carbone très grandes. 

Déjà, en 1H77, Baeyer avait signalé ("') cette particularité pour les 



(') Séance du i- décembre 1920. 

(-) Congrès de Strasbourg de CA. F. A. S., juillet 1920. 

(') /. Amer. Cliein. Soc, t. 20, 1907, p. 347. 

(*) Noire octane élait pur : E corrigé ^r i 25",.) ; D ."-= 0,7183. 

(•') BericIUe, t. 10. 1S77, p. 1286. 



32 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

diacides de la série oxalique 

C==485<'('). C'=4o5°, C'-453". C-^iî;..". G'==42i", C—Sjô», C''=4>3°, 0' = 3-9°. 

Louis Henry y a insisté de nouveau en i8iS5 (-), en faisant remarquer 
que, si l'on passe d'un ternie pair à un terme impair immédiatement 
supérieur, la courbe s'abaisse pour se relever ensuite de ce terme impair au 
terme pair qui suit. 

En 1890, M. Massol (') a l'ail la môme observation pour les monoacides 
gras, pour lesquels il a donné les courbes complètes de G' à C". 

En 1904, Otto Biath (') a publié un tableau d'ensemble de tes 
remarques qui s'appliquent aussi à quelques amides, aux diamines pri- 
maires normales et aux carbures foruiéniques du C' à C^'. 

Cependant les données un peu incomplètes et soment imprécises que 
nous avions sur les points de fusion des carbures forméniques de C à C* 
semblaient indiquer deux portions de tourbe qui ne se raccordaient pas : 
l'une, de C à C", montrait une alternance très marquée, des « dents de 
scie » très nettes, avec abaissement et relèvement de la courbe; l'autre, 
de C" à C^^, en prenant le nombre de Guttmann pour l'oclane, s'élevait 
constamment, a\ec des dents de scie beaucoup moins accusées et sans 
raccord possible avec la première. Et justement, dans cette région, le point 
correspondant à G" H'" manquait. 

Mais en adoptant le point de fusion rectifié pour Foclane (2i5",G abs.), 
les deux portions de la courbe se raccordent parfaitement, et nous avons 
pu annoncer, comme résultat de notre tracé, que le point de fusion inconnu 
de riieplane devait être très voisin de 179" abs. 

J'ai cherché récemment à vérifier expérimenlalenienl cette déducli(Ui en 
préparant de l'heptane pur et en en déterminant le point de fusion. 

J'ai obtenu sans difficulté l'heptane avec un 1res bon rendement par la 
méthode (irignard. Après rectification il bouillait à -t-98'',8 sous 760™'", 
et sa densité D" était de 0,7010 (au lieu de -f- 98°, j el 0,7018). 

Deux déterminations très concordantes (') m'ont donné pour son point 
de fusion : — 9/1", 5 et — 90°, soit en moyenne 178", 25 abs. 

C) Ou plus exaclemenl' : 46'.'' abs. 
(-) Coinplcs rendus, t. 100, i885, p. Go. 
(') Bull. Soc. cliiin., 3' série, t. l!î. iSi)"), p. 86j. 
(') Z. fur pliysikal. ('Iiciii., t. .'iO. ii)n'|, p. .',3. 

{') Pour ces expériences, le mieux est d'employer un bain d'élher ordinaire anliydre 
préalablement solidifié en grande partie dans l'air liquide, ce qui donne • — 113"; on 



SÉANCE DU 3 JANVII'R I921. 33 

Ce résultai se confond avec le nombre prévu (17;)" al)s.). 

J'ajoute (|iu% tout rccriniiiPiil, M. Jean Timmernians a précisé ( ') le 
point de fusion du [jropanc, que l'on no connaissait encf)re rpriniparfaite- 
ment, et qui est de ■ — i7iS",8, soit SS^/^abs. 

On a, dès lors, tous les points de fusion des carbures forniénicpies, 
deC'àC-'. 

La courbe complète vérifie bien la loi d'alternance ou des « dents de scie » ; 
mais pour les premiers ternies seulement, jusqu'cTC', il y a alternativement 
chute et relèvemeni de la courbe, puis de C" à C' il y a un palier; au-dessus 
la courbe s'élève constamment d'un terme à l'autre, mais toujours plus 
dans le passag-e d'un terme impair à un terme pair que pour les intervalles 
voisins, ce cjui donne encore l'aspect caractéristique des « dents de scie ». 

Je me propose de rechercher si cette loi s'applique aux séries voisines : 
carbures éthyléniques ou acétyléniques par exemple. Mais pour les 
éthyléniques on ne connaît encore que le premier terme, pour les acéty- 
léniques deux ou trois seulement. 

Les cyclanes fournissent déjà un plus grand nombre de données : 

C^=l47°, C'? C' = 20^°. C'''= 2-Q°,5, C':=26l°, C*rn284",5; 

malgré la fâcheuse lacune relative au cyclobutane C''H% ces nombres 
suffisent pour faire prévoir une alternance aussi marquée que pour les 
premiers carbures forméniques, avec abaissement et relèvement de la courbe 
alternativement, les termes pairs ayant toujours un point de fusion plus 
haut que leurs voisins immédiats. 

On devrait conclure de ce fait que le point de fusion du cyclobutane 
serait voisin de — 5o°, soit 223" abs. 

J'ai essayé également une vérification avec les si/tiiics de Stock. On en 
connaît quatre termes : 

SiH'=:88", SiMi«= i4(,°,5, Si3H«=:i56°, Si* H'» = 179», 5, 

les différences 

52°. 5, 10°, 5 et 20°, 5 

place ce bain clans une large éprouvelle Dewar non argentée, et l'on y introduit, dans 
un petit tube à essai fermé l'heptane, soit liquide, soit solidifié; on agile la masse 
d'éther en fusion comme pour une expérience crjoscopique, et l'on saisit bien l'instant 
où l'heptane se solidifie ou entre en fusion. La température est donnée par un llier- 
monièlre à toluène liaudin. 

(') y. Chimie physique, t. 18, 1920, p. i34. 

C. R., 1921, I" Semestre. (T. \1% M» 1.) 3 



34 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

sont alternalivenirnt grandes et pclilcs: la courbe monte eonstamment, 
mais plus vite de Si à Si' et de Si' à Si' que de Si- à Si'. C'est la même 
règle que pour la poition supérieure de la courbe dos carbures formé- 
niques; on peut même prévoir, par extrapolation, un point de fusion voisin 
de 190° abs. pour Si' II'- et de 2o5° abs. pour Si" H", lesquels sont encore 
inconnus. 



PHOTOGRAPHIE. — Sui- la reconstitution de certains détails imisihies 
des tahJrait.r anciens. Note ( ' ) de M. H. Parentï. 

A propos d'une Communication récente dans laquelle M. A. (Jihéron 
préconise l'emploi de la radiograpbie pour reconnaître les tableaux anciens, 
(voir ci-dessus p. 67) j'ai l'honneur de rappeler que le 9 juin I9i3(-) j"ai 
indiqué les résultats que j'avais obtenus dans cette recherche au moyen de 
la photographie. Seul d'abord, puis avec le concouis d'un photographe 
radiographe M. A. Golti, j'ai réussi à allribuer un très grand nombre de 
tableaux à des maîtres anciens tcjs que Rubens, Rembrandt, Van Eicke 
le Titien, Andréa del Sarto, etc. et en dernier lieu Raphaid. 

Ma découverte d'un Rembi-andt au musée de Calais a été sanctionnée par 
une enquête officielle du Ministère des Beaux-Arls. Et dans cette même 
visite, l'objectif de MM. Gates et Guillemin a fait revivre, sans aucune main- 
d'œuvre et sans déplacement du tableau, les invisibles écritures d'un 
Jugement de Paris allribué sans preuves à Rubens, et notamment les noms 
(les personnages, les signatures : P. I'. llubens et la date : i*'' juin i('>i9. 

Dans mes recherches de Lille que l'occupation et les pillages allemands 
ont fâcheusement interrompues, nous avons reconnu que la photographie 
directe en noir, (|ui met en jeu la transparence indéniable des couches 
superficielles des tableaux est préférable à la radiographie qui utilise la 
transparence de la toile subjacente et de .ses apprêts. 

La photographie des couleurs n'a pas ajouté de précision supérieure aux 
palimpsestes qui sont des écritures, des monogrammes dont Rembrandt 
faisait gi'and usage, mais souvent des figures et même de véritables tableaux 
dissimulés dans les fonds etqu'u-nc opération bien conduite fait apparaître 



(') Séance (lu .- dérejnljre ig.'.o. 

( - ) II. I'ahkmv. Sur lu recoiislUitlion par clkln' pliotographique de certains 
dtitails invisibles des lahleaux anciens [Comptes rendus, t. I.ÏC), igiS, p. 1878). 



SÉANCE DU 3 JANYll'.R 1921. 35 

avec un fini comparable h celui du sujet principal. Une malencontreuse 
bombe a détruit, dans le laboratoire de M. Ciolli, une grande partie de mes 
clicliés dont je n'ai conservé que les plaques de projection fort l'cduilcs de 
plusieurs conférences faites à Lille avant la guerre. 

Sur les tableaux que j'ai réussi à attribuer, je citerai comme exemples de 
sujets recouverts par les fonds : 1° un Chrisl. à la Madeleine de Rubens dont 
le paysage dissimule des scènes bibliques fort délicatement étudiées; 2" un 
portrait (T'iso) de Léonard de Vinci, peint par Rapbaël, dont le fond 
recouvre de nombreux R. S. et V. L., enfin des médaillons sur lesquels j'ai 
pu reconnaître le Christ et Saint-Pierre. Les noms Raffaello Sanzio et 
Leonardo da Vinci suivent correctement les lignes du dessin et se lisent sur 
les arcades sourcillières, dans les yeux, sur les narines et les lèvres et enfin 
dans la barbe du portrait. La date est i5i5. Pour obtenir ces palimpsestes, 
il convient dans le tirage du positif de sacrifier les figures principales et de 
tirer les fonds à part en très clair. 

En résumé, je rappelle ici la priorité scientifique de mon invention 
de 1913, que j'ai divulguée avec le plus grand désintéressement. 

BOTANIQUE. — Les aberi-alions de la symétrie florale. 
Note(')de M. Paul Yuii.i.emix. 

La fleur peut être symétrique quand ses appendices, en nombre défini, 
se groupent en verlicilles. La symétrie de la fleur comporte un certain 
degré d'approximation. On convieni de faire abstraction des dissemblances 
résultant de-l'apparition successive des membres homologues et des inéga- 
lités de développement qui les amènent à se recouvrir ou qui altèrent 
faiblement leur symétrie propre. Les limites de celle tolérance ne sont 
édictées par aucun règlement ; c'est afl'aire de tact. Toutefois, il n'est pas 
permis de faire abstraction des différences morphologiques, quelles que soient 
l'analogie superficielle, la similitude apparente des pièces hélérologues. 

Ces conventions admises, nous excluons les fleurs évidemment asymé- 
triques, qu'elles soient indéfinies quant à la quantité ou la qualité de leurs 
membres, ou spiromorp/ies, c'est-à-dire formées d'appendices insérés sur 
une spire à tours lâches; puis nous divisons les fleurs symétriques, selon 
qu'elles ont un ou plusieurs plans de symétrie, en fleurs zygomorphes et 
fleurs aclinomorphes. 

(') Séance du 27 décembre 1920. 



36 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ces types ne sent pas immuables. La Tératologie enregistre une foule de 
dérogations. Je nommerai si'iuomoiumiosk la substitution de fleurs spiro- 
morphes aux Heurs symétriques, actiinomoui'IIOSe la substitution de fleurs 
actinomorphes à des fleurs zygomorphes ou asymétriques, zYr.oMORPiiosE la 
substitution de fleurs zygomorpbes à des fleurs asymétriques ou actino- 
morpbes. 

La spiromorphose a élé signalée par Morren sous le nom de speiranlliie, 
qui convient aussi bien à la spiromorpbie normale. 

L'aolinomorphose est souvent décrite sous le nom de pélorie; mais si 
toute actinomorphose est une pélorie, la réciproque n'est pas vraie; la 
i-égularisalion est limitée aux enveloppes florales dans la pélorieclassique 
de Linné; l'actinomorplioseestimpossible tantque les nombres de membres 
des cycles sont premiers entre eux. 

La zygomorphose n'a pas retenu Tatlention. Les faits qui s'y raltaclient 
sont mentionnés incidemment et épars dans la littérature. 11 importe de les 
grouper dans un Chapitre spécial de la Tératologie. Les fleurs atteintes de 
zygomorphose difl'èrent entre elles par la nature et l'origine de l'anomalie. 

D'ai'Uks sa NAITRE, la zygomorphose, comme la zygomorphie normale, est 
Dièdlune. oblique ou transversale. La première se confond avec la symétrie 
bilatérale. 

Les appendices floraux sont modifiés dans leur configuration, leur 
position, leur nombre. 

La fixité normale des nombres définis est inscrite sui' le dingramme de la 
fleur. On distingue le diagramme empirique et le diagramme théorique. 
Le premier est construit d'après les données réelles; le second est le même, 
complété éventuellement par l'indication de membres dont la place est 
prévue par les règles phyllotaxiques et que l'on suppose avortés ou latents. 
Le diagramme empirique est complet s'il ne diffère pas du diagramme 
théorique, incomplet s'il renferme moins de membres que le second. Dans 
le premier cas, la fixité normale ne peut être altérée que par avortement ou 
par addition de pièces supplcnwnlaircs . Dans le second, le réveil insolite des 
membres latents ajoute des membres complémenKiires qui restreignent ou 
effacent la différence entre le nombre empirique et le nombre tbéori(jue. 

Dans (piantité d'espèces, la configuration et le nombre, au lieu d'être 
' fixes, oscillent habituellement dans certaines limites. 11 importe de sé[)arer 
V oscillai ion normale delà déformation et de l'augmentation ou de la dimi- 
nution exceptionnelles. 

D'ai'Iu'cs son 5ioi)E i>e l'iiODi'CTioN, la zygomorphose est exogène ou endo- 



SÉANCE DU 3 JANVIER I92I. 3; 

gène. Dans le premier cas, la déformation est limitée aux pièces prévues 
dans une fleur complète; dans le second, elle frappe simultanément plusieuis 
fleurs confondues en une seule (svnant/iie) ou assez rapprochées pour 
s'influencer réciproquement (parasyiiantliic)-^ elle peut même s'étendre à 
des portions de l'appareil végétatif envahissant les fleurs. Bien que les 
modifications morphologiques les mieux localisées soient la traduction 
visible de troubles nutritifs dont l'étendue nous échappe, nous nous 
renfermerons dans la limite des données objectives on plaçant la cause 
prochaine de la zygomorphose, soit dans la fleur elle-même, soit au delà. 
C'est sous la réserve de cette convention qu'il faut entendre les termes de 

ZYGOMORPHOSE ENDOGÈNE et de ZYGOMORPHOSE EXOGÈNE. 

Pour fixer les idées, je choisirai des exemples de chaque section parmi 
quelques centaines d'anon)alies observées sur le Tropœohirn majus. 

La conliguralion, la position, le nombre des appendices sont définis dans la (leur de 
Capucine. La fleur normale est asymétrique. L'actinomorpliie est empêchée par les 
caractères imprimés par l'appareil sécréteur à la lèvre postérieure. La zygomorpliie 
est troublée au début du développement par la déviation du sépale antérieur. Ce 
sépale Sg, le troisième du cycle interne du calice, s'écarte de la médiane vers la droite 
dans les fleurs dextres, vers la gauche dans les fleurs sénestres; il se fusionne avec le 
dernier sépale du cycle externe S3 et forme avec lui une pièce mixte, plus herbacée 
dans la moitié externe que dans la moitié interne. Les deux pièces antérieures du 
calice ne peuvent être symétriques, l'une S, gardant le type externe, l'autre 83+,; 
ayant un type mixte. 

Les carpelles, superposés aux sépales externes, s^nt déviés dans le même sens, ainsi 
que les étamines, dont les trois premières répondent aux sépales internes. Une fleur 
séneslre ressemble à l'image d'une fleur dextre dans un miroir placé latéralement. Ni 
l'une ni l'autre n'a de symétrie propre, 

La cause initiale d'asymétrie, provenarht de la concrescence d'un sépale externe avec 
un sépale interne, sera supprimée: i^si la pièce mixte Sj+g disparaît; 'î° si le sépale S,; 
s'aflVanchit du sépale S3. Les deux alternatives se réalisent et entraînent la zygomouimiose 

ENDOGÈNE. 

1° Dans l'observation 228, l'ordre de déhiscence des étamines indique une fleur 
dextre. Le pétale antérieur a di«>paru; il reste un seul sépale antérieur S,; la troisième 
étamine épisépale est avortée comme Sj, le troisième carpelle comme S3; les deux 
carpelles sont médians comme l'unique étamine antérieure survivant à l'avortement du 
pétale. Parfaitement zygomorphe, la fleur 228 est d'ailleurs normale. La fleur 11.5 n'en 
difl'ère que par la bifurcation de l'éperon, la persistance des deux étamines antérieures 
et des trois carpelles, dont la suture antérieure est exactement médiane. 

2° Dans les observations 323, 316, 223, le sépale médian S5 est dégagé de S3 symé- 
trique à S,. Le pétale médian est dissocié en deux pièces symétriques P, et V^ accom- 
pagnées chacune d'une étamine E;, Eg sans préjudice de E3 médiane comme Se. La 
suture antérieure du pistil n'est nullement déviée. La zygomorphose médiane n'est 



38 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

tioiiblée que par des modificalions accessoires : petit éperon seiui-iiivaginé sur le 
pétale latéral droit (323), concrescence du même pétale avec son élamine (31C), 
pétale antérieur gauche filiforme (223). Dans celte dernière fleur, ainsi qu'il arrive 
fréquemment en cas de dilatation de la lèvre antérieure, les pétales postérieurs sont 
fusionnés en une pièce médiane; il en est de même des étamines correspondantes. 

La ZYGOMORPiiosE EVOGÈNE résulte de la fusion de deux rudiments dans les exemples 
suivants : 

Dans l'observation 277, la lèvre postérieure est normale; seulement les deux éta- 
mines postérieures sont les premières épipétales H., Ej; les pétales correspondants 
ont donc la valeur de Po, l'un dextre, l'autre sénestre. Le pistil se compose de quatre 
ciirpelies orthogonaux; les transversaux sont C^ dextre et C3 sénestre. La lèvre anté- 
rieure n'a que deux pétales symétriques a^ec les deux dernières étamines et un sépale 
médian Si. Malgré l'absence de Sj et de l'élamine correspondante, il existe trois éta- 
mines épisépales ; les deux premières sont conformes au diagramme dextre; E,, placée 
à gauche en avant de Ej, provient d'une composante sénestre. L'écartenieut de ces 
deux pièces est le seul obstacle à la zvgomorphie. 

Dans l'observation 337, les sépales externes médians sont communs aux deu\ Heurs 
conlluentes. Les vestiges symétriques de deux S3 se reconnaissent à la virescence du 
bord antérieur des sépales internes de la lèvre postérieure. Le sépale S,-, est médian, 
superposé à S,, entièrement libre. Sa largeur et la bifurcation de l'élamine médiane E^ 
attestent sa double origine. La même dualité se manifeste dans l'éperon muni d'une 
cloison médiane prolongée par un petit pétale concrescenl à son étamine Pj-t-Es 
commun aux deux composantes. Les pétales voisins représentent Pj comme dans la 
synanthie précédente. L'étamine qui fait pendant à E3 gauche est concrescente à E^. 
Les étamines Eg, E, répondent aux pétales latéraux, dont le gauche est avorté. Le 
pistil tricarpe a la cloison antérieure exactement médiane. 

La zygoraorphose est parfaite dans l'observation 162. La fleur dilïère de 277 par 
l'absence de l'étamine perturbatrice E,. C, a la même position; mais les carpelles 
transversaux sont confondus avec le postérieur en une loge médiane surmontée de 
deux stigmates symétriques. 

La Heur de l'observation 22 s'en dislini;ue par l'avortemenl. du sépale et du carpelle 
postérieuis, la fusion des pétales postérieurs, la séparation des carpelles transversaux 
dans la portion ovarienne comme dans la portion stigmatique. On croirait le pistil 
retourné. 

Le pistil a la même apparence dans l'obserN alion 3(). De plus, la lè\ re posléiieure 
est réduite à un sépale inteine médian comme l'étamine correspondante, la lèvre anlé- 
l'ieure à un sépale externe médian et à une pièce superposée où l'on distingue dans 
chaque moitié le rudiment d'un pétale et d'une élamine, P, de chaque composante. 
Les deux pétales bien dé\eloppés avec leurs étamines sont exactement transversaux. 

La fleui' de l'obserx ation 33 est presque identique, seulement elle a (|ualre carj)elles 
diagonaux, l'antérieur gauche un peu difiTorme. 

La Heur de l'observation 6 a quatre élamines et quatre sépales orthogonaux, quatre 
étamines entre quatre pétales et quatre carpelles diagonaux. Les pétales postérieurs 
Mont munis chacun d'un é|)eron dUlinct. Sa zygomorpho>e est parfaite. 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 3g 

S. A. s. le prince Albkrt de Monaco fait hommage à rAcarloniie des 
fascicules LVH et LVIII des nésiilttils 4(es campagnes srienliliijues arcomjdics 
sur son yacht : Lanes dWcliniiiin-s, par Cii. Graviku; Elude t/Wna/oDiie 
cof/iparéc sur les Poissons, par Josr.i'ii Nusi!ai;m-Hii.aiu)\vicz. 



PLIS CACHETES. 

M . Ji'i,ES Cesario demande roiiveiture d'un pli caciiclé reru dans la 
séance du 22 juillet 191H et inscrit sous le n° 8557. 

Ce pli, ouvert en séance par M. le Président, contient un Mémoire 
ntitulé : Heclierches sur le roi {'n général cl ses applications à raviation. 

.([Renvoi à l'examen de M. A. Râteau.) 



CORRE SPOND AXCE . 

M. le Secrétaike perpétuel signale parmi les pièces de la Correspon- 
dance : 

1° Un Mémoire descriptif (dactylographie) déposé à l'appui d'une 
demande de brevet d'invention en France et en Angleterre pour procédé 
et installations pour Futilisalion électromécanique des marées, formée par 
Andué Defour. (Présenté par M. G. Bigourdan.) 

2° Note sur la purification et l'amélioration des colons égyptiens, par 
M. Victor M. Moséri. (Présenté par M. H. Lecomte.) 

3" Deux caries géologiques dressées par F.-L. PEitrinA de Sous\ : Esboi^o 
geologico da parte occidental do Norlc de Angola, I()i6, el Esboço gcologico 
da parle occidental do Sul d'A ngola, 1 9 1 5 . 

MM. CoBLENTz et Lagrula adressent des remercîments pour les distinc- 
tions que l'Académie a accordées à leurs travaux. 

M. J. JoLLY adresse des remercîments pour la subvention qui lui a été 
accordée sur la fondation Loulreuil. 



4o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Su7- cerlaïnes équations diJjl'érr/itirUes 
linéaires complètement intégrahles. Note de M. Axgelesco, pré- 
sentée par M. Appell. 

1. LeiMME. — PC'^") ^' Q(^') ^'''?"' (leur polynômes quelconques m x 
respectivement du degré p et du degré </, p > q, r expression 

r '^'/ ir., /^'P '/''"''v* 

/ — 

, ^„ /7i(//? — i). . .(m — « + i) , , , 

o<< L = est un polynôme du degré n — q. 

"' l .1. . .11 ■' O 1 1 

Pour^ = I. la proposition est évidente. Supposons ce lemme vrai pour Q 
un polynôme quelconque du degré q\ nous allons montrer qu'il lest aussi 
pour Q un polynôme du degré </ + i. Considérons pour cela l'expression 

d\i 
ct.v 



(2) (/j-7)E~(.r-o:)- 



où a est une constante arbitraire, expression qui est, d'après nos hypo- 
thèses, un polynôme du degré p — q — i. Si nous ordonnons l'expres- 
sion (2) d'après les dérivées successives de P, le coefficient de (— i)'-/-? 
sera 

En tenant compte que 

on voit facilement que ce coefficient (3) peut s'écrire 



cr 



<r/x'/+'- 



De sorte que l'expression (2), qui est un polynôme de degré/; — (7 + i)- 
se met précisément sous la forme (i). où q est remplacé par y -(- i et Q 
par (x — ».)(). 

2. Nous allons nous servir de ce lemme pour former et intégrer une 
classe d'équations dilTérenlielles linéaires. 

Supposons que l'équalion Q(.r)=^o a loutes ses racines distinctes et soient 
a,, a^, ..., a^ ces racini's. Si dans l'expression lî nous faisons P = (.r — a,)'', 
a, étant une quelconque de ces racines, on voit que chaque terme de celte 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 4l 

somme est divisible par ( ;r — 'J-,)''"''' ' ; mais d'après notre lemme, l'expres- 
sion M est un polynôme du degré /j — q, il résulte, dans ce cas, que V. doit 
être idenliquemenl nulle. Donc l'équation diiïérentielle linéaire 

a pour intégrale parliculière ( r — 7.,)''. Par suile son intégrale générale 

sera 

y = C,(.r- a,)/'+ C-(.î^ - «2)" + . • • + C,,(.p - a,,)". 

Cas (les racint's égnh's. — Ce cas se traite immédialemcnt, soit par la 
méthode de d'Alembert, soit à l'aide de notre lemme. 

Supposons, en effet, que x, soit racine double de Q(^) = o. Alors si nous 
remplaçons dans E, P par (C.r -h C) (o^ — a,)''-', C et C étant deux 
constantes arbitraires, cette expression est encore identiquement nulle. Par 
suite, les deux intégrales particulières de l'équation (/|) correspondant à 
la racine double a,-, sont x(x ~ x,)''"' et {x — o^,)''~', ou bien (a; — a,)'' et 
(.r — y./)'' '. Si 3c, était une racine multiple d'ordre s, les s inlégrales parti- 
culièr.is correspondantes sont {x — 7./)'', {x — •x,)''-"', ..., {x — dc,- )''"*"*"' . 

Extension. — Dans l'équation (4) nous avons supposé jusqu'à présent 
p entier; cette restriction n'est pas nécessaire : p peut être une quantité qiu-1- 
co/ique. Carie premier membre de (4) devient, en remplaçant_/par (.r — a,)'', 
un polynôme du degré q en p qui est nul pour toutes les valeurs entières 
de p supérieures à q. Ce polynôme doit donc être identiquement nul. 

Cas limite. — Soit 

Q(.r) = A^/.rî-i- A,,_, j"/-' + . . . + „. 

Si nous faisons dans l'équation différentielle (4) le changement r =: — - 
et si, après avoir divisé par/»'', nous faisons croître /> indéfiniment, l'équa- 
tion (4) se réduit à l'équation différentielle à coefficients constants 

. d'iy di-'y . 

Nous retrouvons l'intégrale générale de cette équation en écrivant l'inté- 
grale générale de léquation (4) sous la forme 



■= G, I + -^ 4_ C', I + -^ + . . . + C, . + 



et en faisant croître p indéfiniment. 



I\1 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

MÉCANIQUE. — Sur les chocs dans les (■n^reri<ii:;cs de cliangenienl de vitesse 
des automobiles. iNole (') de M. A. Petot, présentée par M. Appell. 

I. Avant d'aborder le problème du choc dans les trains d'engrenages, 
tel qu'il se pose praticjuenient pour l'automobile, il y a lieu de considérer 
le cas schématique de deux engrenages isolés. O et O'. Soient a, a' les 
rayons de leurs circonférences primitives; I et l' leurs moments d'inertie; 
w, c. Cl)', c' leurs vitesses angulaires et linéaires à l'instant de la mise en 
prise, avec r> t''; u la vitesse linéaire commune après le choc; ûî et ra' les 
deux percussions égales et de sens contraires, exercées par O' sur O et 
par O sur O; et — A(v la perte totale de force vive. Nous avons négligé 
le frottement dans une première approximation, ce qui revient à admettre 
que la ligne d'action des deux percussions ro et cï' passe par le point de 
contact C des circonférences primitives; nous désignerons par a l'angle de 
cette ligne avec la tangente commune en C à ces deux circonférences. 

Si l'on pose 

(i) 1 = ma'^, l'= m' a"^, 

en désignant par m et m' des masses convenables, on trouve 

, , mv H- m' r' 

(2) u = —, 

m -+- m 

' inm'{\-— y) 1 

(01 ra ^ ■ — ) 

m -h m cos5< 

, min'{v — v'Y 



expressions presque identiques à celles obtenues dans le cas du choc direct 
de deux sphères de masses m et «i, complètement dépourvues d'élasticité. 
Par exemple, avec les engrenages à développantes de cercle, qui sont les 
seuls employés dans les boîtes de vitesses, on a d'ordinaire a = i5°,.et, par 

suite, — — = i,o3'). valeur très voisine de l'unité. 

2. De là il est facile de passer à l'élude des chocs qui se produisent dans 
les trains d'engrenages; les raisonnements sont les mêmes et les calculs à 
peine plus compli(iués. Supposons, pour fixer les idées, que l'arbre O porte 
un deuxième engrenage O,, en prise au point C, avec un autre Oj, et. de 

C) Séance du 27 décembre 1920. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 43 

int'ine ([ue l'aibic ()' porie un deuxième engrenage O,. en prise au 
point C'i avec un autre O., ; tous ces engrenages étant à développantes avec 
la même valeur de l'angle a. Deux cas sont à considérer, suivant que les 
percussions modifient ou non le sens des contacts; nous commencerons par 
ce dernier. 11 en est ainsi, par exemple, quand O, est conduit par 0._, et 
que O', conduit G',. 

Conservons pour O el O' les notations précédentes, et désignons par /;, 
c, // et f' les rayons des circonférences primitives des engrenages O,, O^, 
0|, O',, et par J et .1' les moments d'inertie de Oo el de O!,. Si l'on pose 



(5) 


1 = ma-. 


(<i) 


V z=. m'a'' 


on trouve 




(7) 




(8) 




(9) 





J = iii.,c', M = m 



M r + M' c' 






M 4- M' 
M M' (<■ — (■') 



A(r = - 



M + M' cosa 

MM'(i'— r'i- 
M + M' ' 



comme dans le cas simple de deux engrenages isolés. 

Ces conclusions doivent être complètement modifiées quand les percus- 
sions changent l'ordre des contacts; nous allons le montrer sur un exemple. 
Supposons que O, conduise O^ et (|ue O', soit conduit par ()... 11 se produit 
alors à l'instant du choc de ( ) contre ( )' deux changements de contact, l'un 
en C| entre <), et i)^? et l'autre en (1\ entre (_), el ()',, en sorte que les 
engrenages O^ et ( >'j n'interviennent pas dans ce premier choc, mais seule- 
ment dans d'autres, qui ont lieu presque immédiatement après, à la reprise 
du contact. On a ainsi dans ce cas, au lieu d'un seul choc, nécessairement 
assez violent, parce qu'il met enjeu les masses totales des deux trains, une 
suite de chocs moins im[)ortants, se succédant à des instants exti'êmemenl 
rapprochés. Les considérations précédentes permettent d'étudier successi- 
vement tous ces chocs partiels dans l'ordre où ils se produisent. 

3. Enfin, pour donner un exemple, sous forme concrète, des problèmes 
de choc qui se posent à propos de la manœuvre du changement de vitesse, 
nous supposerons que l'on passe de la première vitesse à la seconde. On 
sait que l'on débraye à fond, de manière à mettre en jeu le frein d'em- 
brayage, dont l'effet s'ajoute à ceux du frottement de la fourchette de 



44 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

débrayage; il en résulte que l'arbre inlcnnédiaire tend à se ralentir moins 

vite que le primaire. 

On peut alors, pour étudier lecbocqui se produit au passage des vitesses, 
utiliser les résultats obtenus plus haut, en faisant jouer aux arbres inter- 
médiaire et secondaire les rôles respectifs des arbres O et O'. C'est d'ail- 
leurs ici l'engrenage O, qui conduit O2, en sorte que l'arbre primaire 
n'intervient pas dans le choc principal, mais seulement dans les suivants, 
ce qui est avantageux. Cela suppose que la vitesse linéaire de O n'ait pas 
été abaissée au-dessous de celle de O', aussi ne doit-on user qu'avec pré- 
caution du frein d'embrayage. 

Pour ce qui est du choc du pignon conique sur la couronne du diffé- 
rentiel, il paraît plausible, à cause de la grande longueur de l'arbre secon- 
daire, d'admettre qu'il se produit avec un certain relard, et que, par suite, 
le choc principal intéresse seulement l'arbre intermédiaire et l'arbre secon- 
daire, les autres n'en recevant ensuite, par contre-coup, que des réactions 
très atténuées. Ces questions seront traitées avec plus de détails dans le 
troisième volume, actuellement à l'impression, de mes recherches sur la 
Dynamique de l'automobile. 



MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Ail sujet de hi détermination (V un crilérc (le fatigue 
'générale des moteurs à combustion interne. Note (') de M, Ditmanois, 
présentée par M. Bertin. 

Le moteur Diesel, par son rendement économique élevé, la possibilité de 
brûler des combustibles liquides peu volatils, par conséquent peu coûteux 
et peu dangereux, présente un intérêt industriel considérable. 

C'est le moteur idéal des sous-marins el des cargos. A puissance égale, 
et par rapport à une installation de machine à vapeur et chaudière à combus- 
tible liquide, il permet une économie de 3o à 65 ])our 100 de combustible, 
une diminution d'encombrement de 3o à 5o pour 100 el l'économie de 
toute la main-d'œuvre du personnel de chaufle. A un autre point de vue, 
c'est également le moteur indiqué de toutes les installations électricpies de 
secours, car il permet la possibilité d'une mise en route immédiate à air 
comprimé. 

Par contre, la réalisation d'un tel moteur présente des difficultés spéciales 

(') Séance du 27 décembre 1920. 



SÉANCE DU â .lANVIER I921. 45 

résiillanldes teinpc'Taluies élevées auxquelles sont soumises certaines pièces : 
soupapes, culasses, fonds de piston, en conlact avec les gaz enllammés. 
Alors que dans la machine à vapeur il suffit de calculer les pièces en tenant 
compte des efforts mécaniques faciles à déterminer, un tel procédé est 
insuffisant pour les moteurs à combustion interne, et particulièrement les 
moteurs Diesel. C'est la difficulté d'évaluer a priori la fatigue résultant des 
phénomènes thermiques qui a été cause de tant de déboires dans la réali- 
sation de ces moteurs, et particulièrement des moteurs très poussés destinés 
aux sous-marins. 

C'est dans le but de combler cette lacune que nous avons été conduit à 
la recherche et à la détermination d'un critère de fatigue générale. On peut 
considérer que les phénomènes thermiques sont concrétisés par la tempéra- 
turc de la paroi interne, car lorsque la température de cette paroi s'élève, 
la température des points localement les plus chaufTés s'élève corrélative- 
ment, ce qui en accélère la destruction, et l'on conçoit que, dans ces condi- 
tions, l'étude de la variation de température de la paroi interne puisse 
donner un renseignement utile sur l'endurance et par conséquent la fatigue 
du moteur. Ceci posé, en étudiant le refroidissement des cylindres de mo- 
teurs, dans les différents cas possibles, nous avons été conduits à exprimer 
les variations de température de la paroi interne et à déduii-e la valeur du 
coefficient de fatigue générale *I> sous la forme 

p étant l'ordonnée moyenne du diagramme, N lenombre de tours par minute, e l'épais- 
seur de la paroi. 

Comme la puissance F a pour valeur 

F — KnD^CNp, 

K étant une constante, D l'alésage, C la course, n le nombre de cylindres, 

on déduit 

4» = 



K«D^C 



Ce coefficient est susceptible de diverses simplifications, suivant les cas 
envisagés; il s'applique aux différents types de moteurs thermiques. 

En tout état de cause, ce coefficient permet de concrétiser la fatigue 
thermique en fonction uniquement des caractéristiques géométriques et 
mécaniques de la machine : course, alésage, nombre de tours, nombre de 



46 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cylindres, puissance. C'est h'i l'intérêt fondamental d'un tel coefficient 
puisqu'il doit permettre a priori, avanl construction, d'éliminer, par 
comparaison avec les moteurs antérieurement construits, les conceptions 
vouées à l'insuccès et d'économiser ainsi les pertes de temps, d'argent et 
de confiance qui en résulteraient et qui se sont mallieureusement produites 
trop souvent. 

MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Compresseur à membrane . Note(') 
de M. II. CoRBLix. présentée par M. M. Leblanc. 

Les compresseurs à membrane offrent un certain nombre d'avantages qui 
sont principalement : 

La suppression du graissage : les gaz sont comprimés à l'abri de tout 
lubrifiant, ce qui évite les encrassements de clapets, de robinets, etc., rend 
inutiles les purgeurs et séparateurs d'buile, permet de comprimer des gaz 
attaquant'les lubrifiants et d'obtenir tous les gaz sous pression à l'étal de 
pureté; 

La possibilité de comprimer des gaz attaquant les garnitures et les métaux 
employés d'ordinaire dans la construction des compresseurs; le choix des 
meilleures matières pour le plateau inférieur et pour la membrane étant 
beaucoup plus facile (on peut à cet effet superposer plusieurs membranes 
dont une inattaquable); 

La suppression' des inconvénients des presse-étoupes et des garnitures de 
piston et, par suite, des fuiles, des frottements exagérés el de l'écbauffement 
qui en résulte : le piston de la pompe de l'appareil dont il est question ici 
travaille dans l'eau et ses fuiles sont récupérées; 

11 n'y a plus aucune perte de gaz du fait du compresseur dans les cycles 
fermés des machines frigorifiques à compression. 

Jusqu'à présent ces compresseurs à membrane n'ont pas été employés 
avec succès tant à cause des mauvaises dispositions adoptées pour la com- 
mande de la membrane, que des difficultés, qui se présentent dans la 
levée de celle-ci de la surface des plateaux limitant sa course el dans son 
application sur ces plateaux. 

L'appareil que nous avons construit donne des résultais pratiques satis- 
faisants. 

La figure représente une coupe verticale schématique de l'ensemble. 

(') Séanco du f.' déceinijie 1920. 



SÉANCE DU 3 JAWIER 1921. ^7 

La meinbiaiio A, serrée eiilie deux |)lalcaiix B el C, laissant entre eux 
une cavité en forme de deux troncs de cônes à angle très ouvert cl ayant 
nicine base, oscille en allant s'appliquer successivement sur ces deux |)!a- 
teaux, grâce à une pompe hydraulique D, refoulant ou aspirant un licpiide 
à travers les trous du plateau supérieur. 




Compresseiii- à iiieinlirane : coupi^ verticale scheinalique. 

C'est en somme un compresseur à piston liquide, la membrane ne servant 
qu'à limiter ce liquide. 

La pompe est munie d'une soupa[)e E et d'un reniflard F qui ne devraient 
s'ouvrir ni l'un ni l'autre s'il n'y avait aucune fuite, mais qui sont des 
organes de sécurité. Un réglage de course facile et précis est disposé sur le 
vilebrequin et permet de réduire au minimum le jeu de ces organes. 

Avec le compresseur à membrane en fonctionnement on [)eut monter en 



48 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

une seule |)hase de la pression atmospliériquc à une pression de plus de 
loo'^s j)ar centimètre carré. 

La compression est voisine de la compression isolliermique : le gaz est 
comprimé en lame mince animée d'une grande vitesse, entre une masse 
métallique et une membrane également métallique de l'autre côté de 
lacjuelle se trouve un liquide animé lui aussi d'une grande vitesse. De là, 
réduction de force motrice et économie dans les systèmes réfrigérants qui 
suivent généralement les compresseurs. 

Il est possible de faire tourner ce compresseur à membrane à des vitesses 
très diverses. 

On peut aussi envisager l'obtention de très bautes pressions avec un 
assemblage des plateaux et de la membrane suffisamment résistant. 



•ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observations du Soleil, faites à l'Obser- 
vatoire de Lyon, pendant le troisième trimestre de 1920. Note de 
M. J. Guillaume, présentée par M. 13. Baillaud. 

Il y a eu 88 jours d'observation dans ce trimestre ( ') et voici les prin- 
cipaux faits qu'on en déduit : 

Taches. — Malgré un Jiombie de groupes de laclies moindre (3i au lieu de 'nj), 
Taire totale enregistrée est plus grande que précédemment (-) (3468 millionièmes au 
lieu de 2o83); cet accroissemenl de la surface lacliée est dû à des formations plus 
importantes, en septembie, que dansles mois précédents. La naissance du plus remar- 
quable de ces groupes a mis lin à l'absence de lâche constatée le 28 aoùl ; son dévelop- 
pement rapide l'a rendu visible à l'œit nu dès le 2 septembre, et la durée de sa 
dispaiition, en contournant le limbe occidental, a été de plus d'un jour, les 8 
et 9 septembre {''). 

Dans la répartition des groupes, on remarque 1 i;roupe en jilus au sud de l'équateur 
(18 au lieu de 17), et 16 en moins au nord (16 au lieu de 82). 

La latitude moyenne de l'ensemble s'équilibre à égale distance de l'équateur. mais 
a augmenté, avec — i2°,5 et -4- r',",5 au lieu de — 10°, o et + io°,7. 

Au cours des observations dans ce trimestre, on a noté cinq jours sans tache. 

Régions d'activité. — Les facules enregistrées sont en décroissance : on a, en elTet, 
i3o groupes au lieu de i52 el i 1 '1,7 millièmes au lieu de 120,. "i- 



(') Avec l'aide de M"- Gmii lor. 
(') \o\r Comptes rendus, t. 171, iij'.o, p. \\>.a. 

(^) La persistance de ce groupe s'est nianifestée diins les i\ii»\ rolalions solaires 
suivantes. 



SÉANCE nu 3 JANVIER 1921. 49 

La diminution se ra|)|)orte toute à l'héniisphère austral avec 28 groupes en moins, 
soit 60 au lieu de 83, et l'on a i groupe en plus dans l'autre hémisphère avec le nombre 
de 70 au lieu de 69. 











Ta 


BI.KAU I. 


— Tacf 


IM. 












Dalel 


.Nombrs 


l'usa 


Lalitutleft ui 


uvtniius. 


Surfaces 


Dates 


Nombre 


Pass. 


Latitudes 


moyennes. 


Surfaces 


extrtmes 


d'obier- 


au mer. 


— - 


^^^^ — 


Dioyennt^s 


extrêmes 


d'obser 


au mer. 


' ^ 


- ■■ — ■ 


moyenne 


il'obserr. 


TBtlons. 
J 


central, 
iiillet I 


s. 

t-)'iO. — 0, 


N. 


rcduIlBi. 


il'obser». 


talions. 


central. 
Août 


S. 

(suite). 


N. 




dulles 


■r.- 8 


l3 


',9 




+ i3 


■lUu 


10 17 


8 


■5,7 




+ 11 




Go 


•i8-2>) 


2 


^,7 


— «I 




7 


12-23 


12 


18,1 


— 22 






166 


?.8-r.i 


12 


4,„ 


— 14 




324 


i3 16 


4 


18, G 


— 13 






21 





1 


-1 , i 


— 7 




4 


l3-22 


7 


19,3 




-HT 1 




2.-) 


i)-i() 


2 

12 


7,9 
9i9 


— 5 


-l-iG 


5 

38 


21-27 


7 


27,9 




+ 1 I 




44 


j- I ) 










8-18 
I i 




I 


1 4 , ■'. 
17,1.1 


- 4 


-H 8 


'9 




48 j 




— 15° 


5 -l-ii" 


G 




ij 20 


5 


21,4 


— 13 




'9 






Septemh 


re. — 


07. 






17-29 


12 


23,3 




'-hll 


ic>3 


I- 5 


3 


1,9 


— 12 






5 


22-28 


5 


24,9 




-H 8 


5 


'.- 7 


6 


■>-,4 




-HlG 




12 


20 


■ 


23,6 


— 3 




5 


29- 9 


1 1 


2,9 


-14 






766 


23- .', 


ij 


28,9 




-i-i3 


92 


12-16 


5 


10, G 




-l-IO 




42) 


2 ) - ") 


KiO j. 


-il,! 


— 1 4 




99 


9-16 
26-3o 


8 
5 


i3,i 
24,4 


— 12 


-t-i4 




95 




— 11°, 


-1-11° 


5 


i5i 














2 1 -3o 


9 


27,4 


— 10 






5i 






Août 


— 0, 10. 






■4 

22- 4 


I 
1 1 


28,3 
28,6 


— 12 


-h 20 




3 

408 


28-30 


3 


2, 1 


— 7 




iS 


-27- 4 
























7 


29,9 




-i-i3 




1 10 


3o 


I 


2, ) 


— 20 




2 


24- 5 






-14 




















10 


3o,o 






99 


(1-7 
2-7 


2 

4 


3,3 
6,1 




-h 12 

-t-i3 


i5 
10 




76 j 








,6 




— 12° 


3 +14° 





Tableau II. — Distribuiion des taches en latitude. 



Juillet 

Août 

Septembre. 

Totaux.. 



90'. kO°. 30". 20*. 



.Nord. 
10*. 20*. 30'. 



» 5 
I J 
3 i3 





Surfaces 


ToUui 


totales 


Dentuelt. 


réduites. 


'4 


982 


9 


36i 


1 I 


2123 



3468 



Tableau III. — Distribution des facules en latitude. 




0'. 10*. 20*. 30°. ko*. 90°. 

5 10 6 » » 

5 16 3 I » 

5 12 6 » i 

i5 38 i3 I I 



C. R., 1921, i" Semestre. (T. 172. N° 1. 



5o 
42 
38 

i3o 

4 



Surfaces 

totales 
réduiies. 

46,1 
32,8 
35,8 

'■4,7 



5o ACADÉMIE DES SCIENCES. 



NAViGAiio.x. — Sur le guidage des navires à l'entrée des ports et chenaux 
par un câble électricpie immergé. Note (') de MM. L.-A. Herdt et R.-B. 
Owens, transmise par M. A. Blondel. 

Au cours de la dernière guerre, des expériences, et même des instal- 
lations, ont été exécutées dans dilTérents pays pour le guidage des navires 
à l'entrée des ports et chenaux à Taide d'un câble immergé, parcouru par 
des courants alternatifs. 

On nous permettra de rappeler, à cette occasion, que celle méthode 
a été imaginée par nous en collaboration, il y a de longues années, et a fait 
l'objet de notre part de différentes publications et d'expériences publiques. 

Notre système avait été pris en considération par le Ministre de la 
Marine canadienne, l'honorable M. Raymond Fréfontaine, à Ottawa, qui 
fit voter, en igoS, une somme de 6000 dollars pour faire des expériences 
officielles à Sorel, sur le fleuve Saint-Laurent. Ces expériences furent entre- 
prises en mai-juin 1904, puis exécutées en présence du Ministre et des 
autorités navales canadiennes en juillet 1904 et les journaux en ont rendu 
compte. 

iVotre système consistait essentiellement dans les parties suivantes : un- 
câble électrique est immergé et placé sur le lil du fleuve au centre du 
chenal; il reçoit d'une distribution un courant électrique alternatif de 
5o périodes, faisant retour par l'eau du fleuve. Le courant agit par induc- 
tion sur un système détecteur formé de deux cadres en bois d'environ 
3 pieds carrés, portant environ 1000 tours de fil de cuivre très fin; les 
bobines sont reliées chacune à un récepteur téléphonique. 

Un des cadres pivote autour d'un axe horizontal et l'autre autour d'un 
axe vertical; le premier indique le déplacement à droite ou à gauche des 
navires par rapport au centre du chenal; le second est utilisé pour indiquer 
les courbes du chenal. L'opérateur qui manœuvre les cadres les place de 
façon à n'entendre aucun son et il estime la position du navire par rapport 
aux cadres d'après l'angle que forme le premier cadre avec le plan hori- 
zontal (un indicateur placé dans la chambre du pilote lui indi(juait direc- 
tement la position exacte du navire). 

Les expériences, qui devaient être continuées avec un remorqueur à 
coque d'acier, furent interrompues par la mort de M. Préfontaine. Nous 

(') Séance du •>.- ilécembre igao. 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 5l 

avons comiiiiiiii([ué d'ailleurs les résultats qui précèdent et un échantillon 
du câble, le 2 mars 1908, à M. Blondel, à la suite d'une lettre qu'il nous 
avait adressée le 21 janvier 1908, nous signalant que ce système pourrait 
peut-être trouver une application en France dans un chenal à aménager en 
mer sur une distance de So""". 

Il ne fut pas donné suite à ce moment à ce projet à cause des frais élevés 
qu'entraînait l'installation du système en comparaison d'autres procédés 
qui pouvaient alors suffire en temps de paix. Mais la guerre a montré tout 
l'intérêt de notre méthode et il est à supposer que les applications en 
deviendront nombreuses dans l'avenir; c'est pourquoi il nous parait 
opportun d'en rappeler aujourd'hui l'origine. 

Il est bien évident, d'autre part, que la méthode peut être susceptible de 
nondjreuses modifications et de perfectionnements ('); en particulier, 
l'invention des audions, qui sont employés maintenant dans tous les appa- 
reils de réception pour en augmenter la sensibilité, trouve une application 
toute naturelle avec nos câbles récepteurs. On peut également, comme 
l'ont fait différents expérimentateurs pendant la guerre, augmenter la fré- 
quence du courant pour donner au son. du téléphone une note plus musi- 
cale. Si nous avons employé du courant à 5o périodes, c'est parce que 
c'était le seul que nous avions alors à notre disposition. 



PHYSIQUE MAïHÉiMATlQUE. — Potentiels Scalaire el i^ecteur dus ail mouvement 
^de charges électriques. Note de M. Liënard, présentée par M. L. 
Lecornu. 

Le professeur Anderson a exposé récemment dans le Philosophical Maga- 
zine {& série, vol. 40, août 1920, p. 228) une méthode pour déterminer les 
potentiels scalaire et vecteur dus au mouvement de charges électriques. 
Cette méthode le conduit, pour le potentiel scalaire d'une charge e animée 

(') M. Blondel nous a fait d'ailleurs savoir récemment que MM. Audouard el Fioch 
ont complété le système à cadres mobiles placés suivant l'axe du navire par l'addi- 
tion de deux cadres auxiliaires fixes placés à bâbord et à tribord en dehors du navire, 
et qu'ils ont procédé à une élude beaucoup plus complète que nous avions pu le faire 
du champ électromagnétique produit jjar le câble immergé. Mais cela ne modilie pas, 
croyons-nous, le principe même de la méthode qui repose sur le repérage au moyen 
de cadres détecteurs influencés par les courants électromagnétiques d'un câble élec- 
trique immergé au tond de la mer ou d'un fleuve. 



47: , ^^ c -1- (/ 


,.(, 


u.\ 


" " f — a 


c) 


,1 


e 





52 ACADÉMIE DES SCIENCES 

d'une vitesse «, à l'expression 

II 

2- 

(0 

au lieu de l'expression 

(2) 



que j'avais donnée en 1898 {Kclairap;c électrique, l. 16, p. S) et que 
Wiechert a obtenue de son côté (^Archives néerlandaises, 1900, p. S/ig). En 
laissant de côté le facteur 4"^^ tenant à la dillërenco des unités adoptées, les 
expressions (i) et (2) concordent, comme on le voit facilement, lorsque le 

carré de - est négligeable, mais, en général, elles sont en désaccord. En 

présence de cette divergence, il m'a paru utile de rechercher un procédé de 
démonstration de la formule (2) qui permette de découvrir où est l'erreur 
de la iNote du Philosophical Magazine . 
H. -A. Lorentz a établi que l'équation 

-Lg;_A.^ = 47rp(..,r,=,0 

admet la solution 

/■ /' ru(x', y' , z' ,B) fl.r' dy' ilz' 

(3) ^{x,y.z,t)=j j j ^^ '-' ' J ■ 

avec 

(4) B=t-'-, 

r est la distance du point a?, y, s au point x' , y', :•'. 

Je prends un système de coordonnées curvilignes ^, y], C entraîné avec les 
charges p. ^, yj, '( sont des constantes pour une charge donnée de et la posi- 
tion d'une telle charge de, à l'instant 6, est définie par des équations 

(5) ,r'=/(i,n, ç, ô), /=«(4, -0, Ç, S), z'=^]>a,-n.:,B). 
Les composantes de la vitesse de la charge sont 

rf.r' ^ i)f rfy' d'^ dz' fj^' 

Je fais maintenant, dans l'intégrale triple de l'équation (3), le change- 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 53 

ment de variables défini par les relations (5), ^, t], 'C étant les nouvelles 
variables d'intégration substituées à .v', y' , z' . 

Dans ce changement de variables, ce, y, z, t doivent être traitées comme 
des constantes, mais comme une variable dépendant de x' ^ y', z' par la 
relation (/j). DifTérenliant la première équation (5), il vient 



d.v': 



à/ 



àf 



d.f . 



5t''^-^"" + t'«-|l- 



■r' ) cLv' 



L c /■ J C V ~ c 



dz' 



Ox' 



dl 






d(\ 






f/Ç. 



Les règles connues des changements de variables dans les intégrales mul- 
tiples permettent de déduire, de cette relation et des deux analogues obte- 
nues par permutation tournante, que la relation qui régit le changement de 
variables est 



".c ' 


V — X 


Il , 


y — y 


"x 


c 


'• 


C 


c 


c 


Il y . 


■ j' 


"> 


y -y' 


") 



.,,,,, àf>(x', v' z') 
dx dy dz' = -—--^. -— df du rtC. 



L'indice mis dans l'expression du jacobien '.^ ' — '-^ signifie que les 



àl, Yi, Ç) 



dérivées sont prises à 9 constant. 

Le déterminant du premier membre se réduit à i — ^ 
et le changement de variables transforme (3) en 



llj. ( X — x' ) 



ou 1 > 




àiiix', y\ z') .. 



?J 



fk(x' 



^ — d^r/'n (/C représente le volume au d( \, -ex, 'C) temps de l'élément 

û?^, (i-c\, (fC et le produit de ce volume par p est la charge de de l'élément. On 
peut donc écrire 

■1^ 



de 



{-?] 



54 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Lorsqu'il n'y a qu'une charge élémentaire, on retombe bien sur l'expres- 
sion (2). 

M. Anderson a raisonné comme si l'on pouvait écrire de = p dx' dy' dz\ 
tandis que l'analyse ci-dessus montre clairement que l'on n'en a pas le droit. 

TÉLÉGRAPHIE SANS FIL. — h'Auilcs dr nidiogoniométrie. Note de 
MM. G. FERitrË, R. JouAUST, lî. i^Iesny et A. Pekot, présentée 
par M. II. Deslandres. 

On sait que la réception des signaux de T. S. F. à l'aide d'un cadre 
mobile autour d'un axe vertical permet, par l'observation du son fourni par 
le téléphone récepteur, de déterminer la direction suivant laquelle les ondes 
électromagnétiques parviennent au cadre; c'est le principe de la radiogo- 
niométrie qui a été indiqué dès 1902 par M. Blondel, et dont les premières 
applications pratiques ont été réalisées en France pendant la guerre par la 
Télégraphie militaire. Ces applications doivent prendre une importance 
croissante, tant dans la navigation maritime, par l'installation de nouveaux 
postes côtiers radiogoniométiiqiies et de phares hertziens dont les bateaux 
relèvent les gisements, que dans la navigation aérienne, pour permettre 
aux aéronefs de reconnaître de nuit leur route et leurs points d'atterrissage. 

Dans les conditions nornvales, la précision atteinte est de l'ordre du degré ; 
mais la cjuestion n'est pas aussi simple qu'elle le parait a priori; il arrive en 
effet que l'azimut d''un poste ne reste pas fixe, mais varie d'une façon 
capricieuse dans le cours de il\ heures et que parfois la détermination ne 
puisse pas se faire avec précision, aucune direction du cadre ne donnant 
d'extinction. Ces phénomènes, observés pour la première fois par l'un de 
nous (' ) à Corfou en novembre 1916, ont donné lieu à de nombreux travaux 
très intéressants, tant en France qu'à l'étranger. Nous nous sommes pro- 
posés de chercher à en découvrir les causes et, à cet effet, un poste récep- 
teur a été établi dans le parc de l'Observatoire de Meudon, muni de tous 
les perfectionnements utiles. Ce sont les premiers résultats obtenus pendant 
la période qui s'étend de fin mai à octobre de l'année 1920 que nous avons 
l'honneur de présenter à l'Académie. 

Les stations étudiées ont été : Lyan, Hanovre, Rome, Nantes et, d'une 
manière moins suivie, Annapolis; Clifden, Moscou, etc. 

( ' ) VIesny, Bulletin de la Commission d'études de T,S. f .de la Marine, octobre 191 8. 



SÉANCE DU 'i JANVIER I921. 55 

' Tout d'abord, quel que soil le poste, l'azimut déterminô de jour est très 
voisin, sinon identique à Tazimut géographique ; pour le poste de Hanovre, 
par exemple entre 9'' et 19'', l'erreur maximum a été 1°. 










S C f S ? ^o AI 'l^^ 



Mais il en est tout autrement dès que la nuit se produit : Au début des 
recherches, c'est-à-dire en mai-juin, on a constaté qu'une brusque déviation 
se produisait entre 21'' et 22'' pour le poste de Hanovre, entre 2o''3o°' 
et 2i''3o" pour celui de Lyon, à laquelle succédait une déviation de sens 
contraire, plus ou moins importante, atteignant une quinzaine de degrés, 
qui durait jusqu'au lever du Soleil. La première déviation diminua progrès- /^Vî 
sivement d'amplitude pour disparaître vers le mois de novenibie; son'-"^ 



os H, 



/Qo 



^ ^«' 



<.cPN 



LISRARY' 



% 



^^ 



s<^/ 



V 



56 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

maximum sur Hanovre fui observé le <) juin, il a été de 73", ce qui revient 
à dire que Hanovre était alors entendu dans une direction voisine de celle 
de Londres, en quelques minutes la direction changea de io5°etle poste 
était entendu dans la direction de Metz. La figure ci-dessous représente 
reuspmble des relevés effectués sur Hanovre dans la période compiise de 
la fin du moi de mai au mois de septembre 1920. 

Sur le poste de Nantes, les résultats obtenus indiquent des dévia- 
tions nocturnes de sens contraire à celles de Hanovre et de Lyon, et 
sur le poste de Rome, les déviations se répartissent de part et d'autre de 
l'azimut vrai, sans qu'il y ait de décalage appréciable dans les heures 
d'apparition et de cessation des troubles. Ceci montre, de toute évidence, 
qu'il s'agit de réfractions intenses, se produisant dans le milieu où les ondes 
se propagent; on ne peut en localiser l'origine au poste d'émission, cai' ces 
anomalies se produisent à la même heure pour des postes dont la longitude 
diffère de 9°, 5; de plus, dans des expériences de réception faites simul- 
tanément à Brest et à Meudon, des anomalies se sont produites sur un 
même poste d'émission à des heures différentes. Il s'agit probablement 
d'effets analogues aux réfractions que l'on envisage en optique et que le 
mirage illustre, dont l'origine, non encore précisée, peut être rattachée 
à la variation de l'ionisation et vraisemblablement à des condensations 
atmosphériques, dont les rôles à l'égard des ondulations électromagné- 
tiques sont certainement extrêmement différents de ceux qu'ils ont vis- 
à-vis des ondes lumineuses ordinaires. 

Souvent, lors des perturbations, il n'y a pas de position d'extinction 
nette, ceci indique que les ondes doivent parvenir au cadre récepteur 
suivant deux ou même plusieurs directions, avec des différences de phase 
d'autant plus marquées que la longueur d'onde est plus petite, produisant 
ainsi une vibration elliptique de force magnétique, qu'il serait bien inté- 
ressant de pouvoir analyser. Il est arrivé que l'orientation d'un poste de 
petite longueur d'onde (Soo") n'a pu être déterminée, le son du téléphone 
ne présentant pas de minimum discernable pendant la rotation du cadre. 
L'intensité du rayonnement reçu doit d'ailleurs varier avec la différence 
de phase, tout comme dans le mirage optique il se produit des franges 
d'interférence ('). 

Nous comptons pouvoir préciser ces idées quand l'appareil de mesure 

(') MacÉ de LfiriNAï el A., i^iiiior, CoiUrihiition a l'clude du mirai^e {Annales de 
Chimie el de Physique, 6" série, t. 27, 1892). 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 67 

des intensités des signaux, (|ue nous installons, sera complètement au 
point. 

D'autre part, nous avons signalé plus haut que l'on pourrait déjà dire 
que les phénomènes observés dans les dernières semaines sont diiïérents de 
ceux des premières, en ce sens que la forte déviation observée au coucher 
du Soleil a disparu. Il y a dans ce fait l'indication très nette d'une influence 
saisonnière, dont l'étude nous occupe actuellement, et que nous espérons 
pouvoir expliciter d'ici peu. 

RADIOGRAPHIE. — La rddiographie des lablcaiix. iNote (') de M. André 
Ghëron, présentée par M. Lippmann. 

C'est en Allemagne que paraissent avoir été faites, en igi/h les premières 
recherches sur la radiographie des tableaux, relatées par Faber dans la 
Zcitsc/irifl/ur Miiscurnkundc. 

Elles ont été poursuivies en Hollande par le D'' Heilbron, d'Amsterdam, 
qui est arrivé à des résultats fort curieux. Nous avons pu, pour notre part, 
faire en France quelques expériences. 

Voici en quelques mots le principe de la méthode. On sait que le degré 
de transparence des corps aux rayons X dépend du nombre et du poids des 
atonies qui les constituent. Or il y a dans un tableau trois choses à consi- 
dérer : le support (toile ou panneau de bois), l'enduit dont ce support est 
recouvert et enfin les couleurs qui composent l'image. 

Le support est toujours très transparent, mais la toile encore plus que le 
bois. 

Pour ce qui est de l'enduit, il semble résulter de documents que nous 
avons sur la fabrication des couleurs et la préparation des toiles et panneaux 
que les anciens étendaient sur leurs supports un mélange de carbonate de 
chaux et de colle, relativement transparent aux rayons X. Actuellement, 
au contraire, on se sert presque exclusivement d'un enduit à la céruse, 
beaucoup plus opaque. 

Quant aux couleurs ayant servi à l'artiste pour composer son sujet, elles 
sont aussi d'un poids atomique et par conséquent d'une transparence aux 
rayons des plus variables. Les unes, comme le blanc, sont et ont toujours 
été presque exclusivement composées de sels lourds, de plomb ou de zinc; 

(') Séance du i3 décembre igao. 



58 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

elles opposent donc un sérieux obstacle au passage des rayons. D'autres, 
comme le bitume et la plupart des noirs, sont extrêmement légères et se 
laissent très facilement traverser. Enfin, entre ces deux extrêmes, nous 
trouvons toute une série d'intermédiaires. 

Mais un certain nombre de couleurs qui étaient autrefois à base de sels 
minéraux sont aujouidhui parfois formées de substances végétales beau- 
coup plus transparentes comme la garance. Il en est de même pour cer- 
taines couleurs modernes à base d'aniline. 

Or il est bien évident que, pour obtenir une bonne image radiogra- 
|)hique d'un tableau, deux choses sont essentielles : 

1° La transparence du support et de l'enduit ; 

2" L'opacité relative des couleurs ou du moins de certaines des couleurs 
employées dont les contrastes formeront l'image. 

Ces conditions se trouvent précisément réunies dans les tableaux anciens. 
Au contraire, les tableaux modernes pourvus d'un enduit assez opaque 
recouvert de couleurs souvent plus transparentes aux rayons donnent des 
images beaucoup moins parfaites et souvent même presque invisibles. 

Tout en se gardant de conclusions hâtives, on peut donc espérer parfois 
trouver par la radiographie un indice sur Tàge d'un tableau et, par consé- 
quent aussi, sur son authenticité. 

Un autre résultat est de pouvoir, grâce aux rayons X, mettre en évi- 
dence tous les dégâts qu'a subis un tableau au cours des siècles malgré les 
restaurations les plus habiles. En effet, comme il s'agit d'œuvres anciennes, 
l'enduit et les couleurs employés à la restauration seront d'une fabrication 
et probablement d'un poids atomique difleient et se traduiront sur la 
plaque par de véritables taches à contours parfaitement limités décelant 
des ravages parfois insoupçonnés. 

Enfin, et c'est là peut-être le côté le plus intéressant de ces recherches, 
la radiographie des tableaux réserve bien des surprises. Voir un tableau 
par transparence, c'est connaître en partie son histoire. Outre que l'artiste 
lui-même peut avoir modifié son œuvre au cours même de son exécution, 
les truquages, les additions, les repeints dont elle a pu être l'objet nous 
sont révélés; sans parler des découvertes imprévues de tableaux entiers 
disparus sous des œuvres nouvelles. 

Les deux premières épreuves présentées : la \ ierge de Stella et le 
Bouquet de fleurs montrent bien le contraste entre la radiographie d'un 
tableau ancien et celle d'un tableau moderne. 

La première a des contours assez nets et l'on y reconnaît les personnages. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. ^p 

D'aulre part, elle révèle dans le bas du tableau des restaurations dont on ne 
soupçonne pas l'étendue sur l'original Sur la seconde, au contraire, aucune 
image n'est visible à part celle des trois fleurs blanches, seules formées 
d'une couleur assez opinpie pour porter une ombre à travers l'enduit à la 
céruse qui recouvre certainement la toile. 

r^e tableau de l'Enfant royal en prière, de l'École française du xv*" siècle, 
appartient au Musée du Louvre où il a été radiographié dernièrement. Les 
Conservateurs du Musée supposaient d'après certains documents que le 
fond primitif du tableau avait subi des dégradations importantes, et qu'on 
les avait masquées il y a peut-être un siècle au moyen du fond noir uniforme 
.que l'on voit aujourd'hui; la radiographie que nous avons faite a pleinement 
confirmé cette hypothèse, et a révélé les dégâts très importants d'un fond 
primitif plus clair apparaissant à travers le fond noir actuel très transparent 
aux rayons. 

Ensuite vient une radiographie faite par le D'' Heilbron d'Amsterdam. Il 
s'agit d'une « Crucifixion » d'Engelbrechtsz. L'un des personnages, à 
droite au pied de la croix, nous apparaît double; une restauration fut faite, 
et sous la femme à genoux ([)ortrait de la donatrice) on trouve le moine en 
prière que révélait déjà la radiographie. Les photographies du tableau 
prises avant et après sa lestauration nous montrent le service qu'ont rendu 
les rayons X en permettant de restituer à l'œuvre du maître son intégrité 
première. 

Enfin la dernière radiographie est celle d'un tableau représentant une 
petite scène flamande : des gens qui dansent et font de la musique. Il avait 
été attribué autrefois à van Ostade. La radiographie en est dfs plus 
curieuses. Elle ne présente pas trace des personnages (à part la tête de l'un 
d'eux que l'on devine au centre de l'image), mais par contre apparaissent 
sur l'épreuve deux paons, deux canards et deux poules, dont les contours 
sont des plus nets. Il y a évidemment deux tableaux superposés sur un 
même panneau de bois. Le premier, celui des animaux, est vraisemblable- 
ment ancien, puisque aucun enduit opaque ne nuit à la netteté de son image. 
Le second, le faux van Ostade, est probablement moderne, puisque les 
couleurs, sauf les blancs, en sont presque uniformément transparentes aux 
rayons. 



6o ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CHIMIE GÉNÉRALE. — Sur /es doubles décompositions salines et la 
loi des phases. Note (') de M. Etien.ne Rexgade, présentée par 
M. Henry Le Chatelier. 

En nous appuyant sur la loi des phases, nous avions annoncé antérieure- 
ment (-) que l'action d'une petite quantité d'eau sur un mélange en excès 
de deux sels à ions différents provoquait nécessairement l'apparition, à 
l'état solide, de l'un des deux autres sels conjugués. 

Se guidant sur des notions d'ailleurs assez vagues de stabilité, 
M. Raveau (') a conclu récemment que le mélange des deux sels 
NO'Na et AmCl doit subsister sans décomposition au contact d'une 
petite quantité d'eau. Nous croyons interpréter fidèlement sa pensée en 
la résumant de la façon suivante : Dans deux couples de sels conjugués, 
il existe un couple instable et un couple stable : le premier a la propriété 
de se transformer au contact de l'eau en donnant un mélange de trois sels; 
le second reste inaltéré dans les mêmes conditions. 

La vérité est entre ces deux affirmations contraires. Nous nous proposons 
de montrer aujourd'hui que, pour le mélange NO'Na et AmCl, les 
phénomènes se passent bien comme nous l'avions prévu. Si l'on met ces 
deux sels en présence d'eau, un troisième sel, le chlorure de sodium, 
apparaît à l'état cristallisé à côté des deux autres; en revanche, il existe 
des couples salins qui peuvent demeurer en équilibre au contact de l'eau, 
sans qu'une troisième phase solide apparaisse. 

i" Considérons d'abord le mélange NO" Na, AmCl, et supposons, comme 

l'admet M. Raveau, que l'eau le dissolve sans décomposition. La solution 

en équilibre avec un excès des deux sels sera saturée à la fois par rapport 

à chacun d'eux. Désignons, suivant la notation adoptée précédemment, 

par P et Q les concentrations correspondantes. Ces deux sels ne peuvent 

exister à l'état dissous qu'en équilibre avec une certaine proportion des 

sels du second couple NO^Am et NaCI, dont nous appellerons /• et s les 

concentrations. En vertu de la double décomposition qui leur a donné 

naissance, on a nécessairement r ^^s. D'autre part, la loi d'action de masse 

donne la relation 

P'Q' = K r-' s'"' . 

(') Séance du 27 rléceiiibre 1920. 

(-) Comptes rendus, t. 165, 1917, p. aSy. 

(') Comptes rendus, l. 171, 1920, p. 019. 



SÉANCE DU 3 JAWIER 1921. 61 

que Ton peut remplacer, comme première approximation clans le cas 
actuel, par 

Or, si l'on considère les coefficients de solubilités des quatre sels, on voit 
que la solubilité S du chlorure de sodium est très voisine de P, tandis 
que Q lui est de beaucoup supérieure. Donc .y=yPQ est certainement 
supérieur à S, c'est-à-dire que la solution est sursaturée en chlorure de 
sodium. Donc celui-ci doit cristalliser, c'est-à-dire que, contrairement à 
notre supposition primitive, le mélange NO'Na -H AmCl est partiellement 
décomposé par l'eau avec dépôt de NaCl. 

Mais la loi d'action de masse sous la forme où nous l'avons écrite n'est 
que grossièrement approchée; d'autre part, les valeurs que nous connais- 
sons de P, Q, S sont les solubilités des sels isolés, tandis qu'il faudrait 
considérer ici les solubilités simultanées. Néanmoins, l'écart entre S et v^PQ 
est tel que l'on peut, tout au moins, tenter l'expérience en espérant qu'elle 
donnera un résultat positif. 

Ce résultat est des plus nets : en plaçant sous le microscope une goutte 
d'une solution saturée de AmCl à la température du laboratoire et y 
projetant quelques cristaux de MO'Na, on voit, en même temps que 
ceux-ci se dissolvent peu à peu, des cubes deNaCl prendre naissance tout 
autour. 

D'autre part, en agitant un mélange de So^ de NO'Na et aS^ AmCl, 
soit o^^^ôSS et o'""',467, en présence de 14*^ d'eau, durant 5 heures à 22", 
et essorant, nous avons obtenu une solution qui contenait, en atomes- 
milligrammes : 

^ \>- 

/ Am io4o ( Am il\0 

Pour \ Na g'io Soit, \ Na i3o 

ioo« d'eau : y Cl 63o pour ii^' d'eau : j CI 89 

( NO'' i34o ( NO^' 187 

La partie non dissoute contenait donc, par difTérence ; 

NO'Na 401 = 33,2 

AmCl 321 ;= 17,3 

NaCI 57 = 3,3 

Il s'est donc bien formé par double décomposition du chlorure de sodium 
cristallisé. 

Cette composition est très différente de celle du liquide en équilibre avec 
le mélange solide NO'Na, NO'Am, AmCl (i) que nous avons donnée 



62 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

anlérieuremenl, et qui provenait de l'action de i'ean sur un mélange 
de NaCl avec un excès de NO' Ain. Par contre, comme on devait s'y 
attendre, et comme nous l'avons vérifié, elle est identique à celle qui 
résulte de l'action de l'eau sur un mélange de NO'Am avec un excès 
de NaCI, mélange qui se décompose, par suite, en 

NO'Na + AmCl-t-NaCl (2). 

Il y a donc, à la température ordinaire, deux mélanges lei'naires(i) 01(2) 
et deux seulement, qui peuvent subsister sans changement au contact d'une 
petite quantité d'eau. Tout autre mélange de deux, trois ou cjuatre sels, 
contenant les quatre ions, se décompose en donnant, suivant les cas, l'un 
ou l'autre des mélanges (i) et (2). 

2° Plus généralement, si l'on met au contact de l'eau deux sels quel- 
conques à ions différents, appartenant au « couple stable » (stabilité toute 
relative, d'après l'exemple précédent), le même raisonnement prouve qu'il 
apparaîtra, ou non, un troisième sel solide, suivant que la concentration de 
ce troisième sel dans la solution, reliée par la loi d'action de masse aux- 
solubilités des deux sels donnés, sera supérieure ou inférieure à sa solubilité 
propre. 

En particulier, si les deux sels donnés sont tous deux moins solubles 
(jue les deux sels conjugués, ils resteront seuls en présence de la solution. 

Ces phénomènes ne sont aucunement en contradiction avec la règle des 
phases : dans le cas où deux sels seulement restent en présence de leur 
solution, les concentrations des deux autres sels dissous sont égales entre 
elles. Au contraire, si l'un de ces deux derniers sels cristallise en partie, les 
concentrations deviennent diflerentes. Il y a donc, dans le premier cas, un 
constituant indépendant de moins que dans le second. 

L'action de l'eau sur les mélanges salins devient encore plus compré- 
hensible quand on étudie le phénomène inverse, c'est-à-dire l'évaporation 
isothermique des solutions. 



CHlMlii: ANALYTiQL'lî. — .1 propos d^incNole de M. A. Holland sur des réac- 
tions microchimiques de V acide iodique. Réclamalion de priorité. Note de 
M. G. Demgès, présentée par M. Ch. Moureu. 

Dans une Note présentée à l'Académie des Sciences dans sa séance du 
i5 novembre 1920 et insérée dans les Comptes rendus du 23 novembre sous 



SÉANCE DU 3 JANVIER IQÎI. t'3 

le titre : Hé<tr/i()n.i niicmchimiques de Vacidc iodiquc, M. A. BoUand, de 
Cracovie, étudie les formes microcrislallines que donne directement cet 
acide avec les sels de tliallium, de bai-yum, strontium, calcium, manganèse, 
iimmonium et ceux des métaux alcalins, et commence sa communication 
|)ar la phrase suivante : « Les réactions microchimiques de l'acide iodique 
n'étaient pas connues jusqu'à présent. » 

En écrivant cet article, M. Bullund n'a certainement pas eu connaissance 
des divers travaux que j'ai publiés, depuis le début de 1920, sur les réac- 
tions microchimiques de l'acide iodique, et dont trois ont été présentés 
à l'Académie des Sciences par M. le Professeur Moureu et ont pour titres : 

J. L'acide iolique, réactif microcliimiquc des combinaisons snlubles et 
insolubles du calcium, du baryum et du strontium {^Comptes j-endus, t. 170, 
1920, p. 996). 

La même Note (avec 3 figures) a été développée dans le Bulletin de 
(a Société de Pharmacie de Bordeaux, 1920, p. 85. 

IL L'acide iodique, réactif microcliimique caractéristique de V ammoniac 
gazeux (iwec i Cigare) (^Co?)iptes rendus, t. 171, 1920, p. 177). 

Ili. Réaction mici'ochimique du ?ri'/iuni, sa différenciation du baryum 
par l'acide iodique (_avec 2 figures) {Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 633). 

Les autres Notes ont pour litre : 

Action du gaz ammoniac sur les solutions concentrées d'acide iodique (en 
commun avec M. Barlot) (Bulletin de la Société chimique de France, l\^ série, 
t. 27,p. 8>4); 

Microréactions de Vion iodique. Emploi spécial de l'acétate de thallium 
pour déceler cet ion dans les nitrates de soude du Chili (avec 2 ligures) (/y»/- 
letin de la Société de Pharmacie de Bordeaux, 1920, n" 21 1 ). 

Ces diverses publications contiennent, ou à peu près, tout ce qu'a fait 
connaître M. Bolland dans sa Note, et montrent, à l'évidence, ma priorité 
sur les microréactions de l'acide iodique. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Propriétés et constitution du groupement (OCCP). 
Note de MM. André Kli.vg et Dainiel Florentin, présentée par 
M. Haller. 

Au cours des études que nous avons poursuivies antérieurement sur les 
produits de substitution chlorés des chloroformiates (' ) et carbonates de 

(') A. Kling, D. Flokentin, A. Lassieur, H. Schmutz, Comptes rendus, l. 1(59, 1919, 
p. 1166. 



64 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

inélhj'Ie ('), nous avons observé que la substitution complète du chlore à 
l'hydrogène dans le radical méthyle du groupement — OCH' y faisait 
apparaître des propriétés anormales. Nous avons été de ce fait amenés à 
admettre, qu'au cours de la substitution, le radical oxyde de méthyle subis- 
sait une modification de structure. 

(l'est ainsi, qu'en particulier, en réagissant sur les alcools le groupement 
en question fournit la réaction suivante : 

ROCCP+ iR'OH — CO(OR')''-)-RCI+ 2HCI 

qui en réalité comprend deux phases successives : production d'un chloro- 
formiate alcoolique, puis transformation de ce dernier en éther carbo- 
nique neutre. 

De même, avec l'eau d'aniline, il fournil quantitativement la diphényl- 
urée, réaction grâce à laquelle un dosage tout à fait précis de ce groupe- 
ment est possible. 

On iwit, d'après ces exemples^ choisis parmi les plus typiques, que le grou- 
pement — OCCP se comporte, non pas comme s'il était l'analogue d'un pro- 
duit de substitution du r a diccd méthyle, mais bien comme s il était constitué par 
l'association d'une molécule de phosgéne à un atome du chlore. 

Ce caractère est d'ailleurs absolument général, ainsi que nous l'avons 
constaté en examinant les propriétés du même groupement dans diverses 
autres séries organiques aliphatiques. 

Par exemple, l'oxalate de trichlorméthyle, étudié par Cahours (-), 
fournit avec l'alcool méthylique une molécule d'oxalate de méthyle et deux 
molécules de carbonate de méthyle. De même l'acétate de méthyle hexa- 
chloré : CCI'' CO^ CCI', étudié par Cloez ('), puis par Anschiitz et 
Emery (''), donne avec l'eau de l'acide trichloracétique et de l'oxychlorure 
de carbone : et avec l'alcool éthylique du trichloracétate et du chlorofor- 
miate d'éthyle. 

De même l'oxyde de méthyle hexachloré, étudié par V. Regnault (°), 
subit, sous l'influence de la chaleur, une décomposition donnant naissance 
à du tétrachlorure et à de l'oxychlorure de carbone, etc. 

Cette manière d'envisager la fonction du groupement trichloré permet 

(') A. Kling, D. FloiibiMi.n, E. Jacoii, Comptes rendus, t. 170, 1920, p. 234. 

(^) Afin, de Ph. et Ch., 3« série, t. 19, 18/17, P- 342. 

(») Ibid., i. 17, i846, p. 297. 

(') Ibid., 2"= série, t. 71, 1889, p. 896. 

(") Liebig's Ann., l. 273, p. 59. 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 65 

de prévoir, non seulement toutes les réactions chimiques des élhers méthy- 
liques perchlorés, mais encore leurs propriétés physiologiques. En outre, 
il est intéressant de remarquer que ces éthers perchlorés sont parfois des 
agents de synthèse fort intéressants, témoin l'oxalate de méthyle perchloré 
qui contient en puissance le chlorure d'oxalyle(C1.0C — CO.Cl, 2COCI-). 

Parmi les élhers trichlorés, le chloroformiate de méthyle trichloré et le 
carbonate de méthyle hexachloré sont particulièrement intéressants puisque, 
dans notre conception, le premier doit être considéré comme le produit de 
condensation de deux molécules de phosgène et le second comme son 
trimère, ce qui se vérifie exactement en fait. 

Des considérations qui précèdent, il s'ensuit que les élhers méthyliques 
perchlorés, tout au moins lorsquils agissent dans les conditions de milieu 
convenables^ affectent une structure différente de celle que possède l'éther 
méthylique qui leur a donné naissance. 

La tautomérisation qu'ils subissent peut s'exprimer de la façon suivante : 

(I) R_0-CCI' -^ R-0 = CCP (II) 

I 
Cl 

ou encore en faisant intervenir la notion de liaison supplémentaire 

(III) R — = CCI- 

Cl 

la seconde forme et la troisième ayant elles-mêmes tendance à se scinder en 
une molécule de phosgène et une molécule de dérivé chloré. 

Dans le but de rechercher si les liaisons nouvelles, que l'on est en droit 
de supposer exister dans les élhers méthylés trichlorés, ont une répercussion 
sur leurs propriétés optiques ('), nous avons examiné quelles étaient, pour 
les chloroformiates de méthyle mono, di et trichlorés, les valeurs respec- 
tives des réfractions et dispersions moléculaires (^). 

Les résultats de nos mesures sont reproduits ci-après : 



(') Rappelons que la réfraction atomique du clilore présente des anomalies dans le 
cas des chlorures d'acides ( Eisenlohr). 

(-) Ces déterminations ont été faites avec un appareil Pulfrich, mis aimablement à 
notre disposition par M. Ilaller, en son laboratoire. 

C R., igai, I" Semestre. (T. 172, N" 1.) 5 



66 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Kéfrdctiiiii inoicculaire. 

I ~^ ^_^ Dispersion 

KaieHa. Raie Hy. moléculaire. 

Com|)Osés. Trouvé. Calculé. Trouvé. Calculé. Trouvé. Calculé. 

Cliloroforniiate de méthyle 

monochloré (') 22,66 22,589 28,87 28,186 0,71 0,597 

Cliloroformiale de méllnle 

dicliloré 27,68 27,429 28,40 28,168 Oi77 0,784 

Chloroforiniate de méthyle 

Irichloré 32,54 82,270 33,44 82,142 0,90 ,0,872 

On voit, qu'aux erreurs d'expérience près, il n'a pas été constaté de 
différence sensible entre les valeurs trouvées et celles calculées pour la 
structure normale — OCCP. Mais, de ce résultat négatif, on ne saurait 
tirer un argument définitif, attendu que l'on n'est qu'insuffisamment fixé 
sur la valeur de la réfi'action moléculaire de l'oxygène télravalent, qui est 
peut-être très voisine de celle de l'oxygène appartenant à un groupe- 
ment OH. 

En terminant, nous ferons remarquer: 

1° Qu'il est vraisemblable que les dérivés comportant le groupement 
— O — GHCI- sont eux-mêmes susceptibles de réagir sous une forme 
tautomère, attendu qu'en s'hydrolysant, ils ne fournissent pas d'acide 
formicpie, mais de l'oxyde de carbone, bien que, dans les conditions de 
l'hydrolyse, l'acide formique ne soit pas décomposé. 

2° Que l'aptitude à réagir sous une forme tautomère n'apparaît que 
quand le carbone est lié directement à l'oxygène; la dimélhylcétone hexa- 
chlorée, par exemple, réagit normalement et, en présence des réactifs, se 

scinde ainsi : Cl^C — i GO — GCP. 
i 
3° Qu'en outre, Gardner et Fox ('-) ont montré que la chloropicrine se 

décomposait lentement en oxychlorure de carbone et en chlorure de nitro- 

syle, réaction permettant de supposer que ce corps est susceptible de 

prendre la forme tautomère = N — 0^G = Gl-. 

■■■■■- I 
Gl 



(') Ce corps renferme 8,8 pour 100 de dérivé dicidoré qu'il a élé impossible de 
séparer par distillation fractionnée. 

(') Journal 0/ C hem. Soc, t. 115, 1919, p. 11S8. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 67 

CHIMIE ORGANIQUE. — L'isoméne èthylpnique des styrolènes w bromes. 
Noie (' ) de M. Charles Dupraisse, présentée pai- M. Ch. Moureu. 

L'étude du nouveau cas d'isomérie étliylénique que j'ai fait connaître (-) 
tire un intérêt spécial du fait, très peu fréquent que les deux styrolènes co 
bromes stéréoisomeriques sont liquides à la température ordinaire, tout en 
présentant d'incontestables caractères de pureté ('). Quelques particula- 
rités méritent d'être soulignées. 

I. Couleur et odeur. — L'examen superficiel des deux isomères révèle 
immédiatement deux particularités frappantes : l'un des deux corps, celui 
qui était anciennement connu, manifeste une légère coloration jaune pâle, 
qui se fonce à la longue, tandis que l'autre est et reste incolore. De plus, ils 
ne possèdent pas la inême odeur : le premier a une odeur agréable rappe- 
lant la jacinthe, le second a une odeur empyreumatique rappelant le gou- 
dron de houille. 

IL Transformations réciproques . — Les deux composés paraissent èlie 
stables sous l'influence de la chaleur : on peut les distiller dans le vide sans 
modifier leur point de fusion. 

En revanche, ils sont très sensibles, quoique d'une façon inégale, à l'action 
de la lumière. Exposés à la lumière solaire, ils se transforment tous les 
deux rapidement, et l'on observe au bout de peu de temps, pour chacun 
d'eux, un abaissement du point de fusion. 

Cette simple expérience laisse prévoir que, dans certaines conditions, 
il peut s'établir un équilibre entre les deux formes. L'existence d'un état 
d'équilibre entre les deux formes stéréoisomeriques d'un composé éthylé- 
nique a été déjà plusieurs fois signalée; j'ai eu moi-même l'occasion d'en 
citer un exemple très net dans un travail antérieur (*). Mais ici, grâce à un 
concours de circonstances avantageuses, l'obtention de l'état d'équilibre 
peut être observée avec une facilité et une netteté remarquables. Je me 
contenterai d'exposer deux expériences très concluantes. 

a. On introduit séparément, dans deux tubes à essai, les deux isomères 

(') Séance du 27 décembre 1920. 

(^) Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 960. 

(') Il convient de mentionner, à ce sujet, les intéressanles recherches de MM. Cha- 
vanne et Van de Valle sur les dichlorures et dibromures d'acétylène {Bull. Soc. chini. 
Belg., l. 26, 1912, p. 287; t. 27, igiS, p. 209), ainsi que sur l'ot-bromopropène 
{Comptes rendus, t. 158, 191/4) p. 1698). 

(') Comptes rendus, l, 158, 191/41 P- 1698. 



68 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

purs el, dans un troisième, leur mélange à parties égales. Si l'on prend 
aussitôt le point de fusion du contenu des trois tubes, on trouve respecti- 
vement pour les deux premiers : -h 7° et — 7°, tandis que le contenu du 
troisième ne cristallise que difficilement dans la neige carbonique et t-e 
trouve complètement fondu en dessous de — 20°. On expose alors les tubes 
à la lumière solaire pendant une heure, et l'on prend de nouveau les points 
de fusion : dans chacun des trois tubes le liquide cristallise facilement dans 
le mélangé réfrigérant et donne comme point de fusion finissante ■+- 1° 
environ. Bien distincts avant l'insolation, ces liquides se sont donc trans- 
formés en un mélange unique. 

b. On expose simultanément à la lumière solaire deux tubes contenant 
séparément les deux isomères et l'on prend de temps à autre les points de 
fusion. 

Dans le tube qui contenait primitivement l'isomère anciennement connu 
(fus. +7")) on constate quele point de fusion finissante s'abaisse gra- 
duellement pour se fixer aux environs de 4- 2". 

Dans le tube où l'on avait introduit l'isomère nouveau (fus. — 7°), on 
observe aussi, au début, un abaissement de la température de fusion. Cet 
abaissement d'abord assez lent s'accélère bientôt, jusqu'au point où la cris- 
tallisation ne peut être que difficilement amorcée. La température de fusion 
finissante passe par un minimum et s'élève aussitôt pour atteindre et se fixer 
sensiblement au même point, -+- 2°, que dans le cas de l'autre isomère. - 

Durée Points de fusion finissante. 

l'insolation Premier Deuxième 

(minutes). isomère. isomère. 

'• -(-6,5 — 7 

3 H-6 - 7 

8 +5 — 7 

i3 -t-4 — 7>5 

18 -h3,5 - 8 

a3 -1-3,5 - 8 

aS -1-3 — 8 

38 -H 2-, 5 — 8 

48 -1-2,5 — 9 

58 -t-2,5 —20 

6t H- 2,5 — 6 

64 H- ! , 5 — 2 

66 -(-2,5 -I- 0,5 

76 -+- -3,5 -)- 2 

i46 -(-2 -t-2 

Pendant les 23 [irciiiières [uiimles, l'insolalion a clé faible ((iii d'un a|ircs-niiili); 
l'expérience a été cnnlinuéo le lendeinain vers midi. 



SeANCE DU 3 JANVIER 1921. 69 

Ces expériences se prêtent à des mesures qui seront efTectuées dès que les 
circonstances le permettront. Dès maintenant, elles suscitent plusieurs 
remarques : 

1° L'é({uilil)re est très déplacé en faveur de l'isomère au point de fusion le 
plus élevé, c'est-à-dire de l'isomère anciennement connu qui est par consé- 
quent l'isomère stable. 

2° Contrairement à toute attente, cesl Cisomère stable qui se transforme 
le plus facilement sous l'influence de la lumière. Cette curieuse observation 
a été confirmée : conservé à la demi-obscurité pendant 3 mois, l'isomère 
stable a subi la transformation complète jusqu'à l'équilibre, tandis que, 
dans les mêmes conditions, l'autre s'est maintenu sans aucune mcdilication. 

Cette anomalie étrange semble se trouver en contradiction avec les 
principes de la mécanique chimique, en particulier, avec la loi d'action de 
masse. Elle fera l'objet de recherches nouvelles. 

3° Les propriétés organoleptiques se modifient au fur et à mesure que 
progressent les transformations. L'odeur du mélange d'équilibre est la 
même dans tous les cas et se rapproche de celle de l'isomère stable. 

4° Les recherches en vue de l'obtention à l'état de pureté d'isomères 
clhyléniques doivent être entourées de précautions extrêmes pour éviter 
Tes influences isomérisanles. La préparation et la purification des styro- 
lènes oj bromes ont été effectuées dans l'obscurité presque complète. 

On voit, en effet, qu'il suffit d'un temps 1res court d'exposition à la 
lumière pour que le second isomère puisse passer inaperçu, et il paraît 
naturel d'attribuer à cette cause les insuccès de ceux qui ont cherché précé- 
demment à isoler le second isomère du styrolène w brome. C'est ainsi que 
C. Liebermann (') a noté dans certains cas le point de fusion -1- 2° qui est 
précisément le point de fusion du mélange d'équilibre. De même, K. v. 
Auwers (^), dans la longue série d'expériences qu'il consacra à la recherche 
du second isomère, obtint parfois également des échantillons de styrolène 
w brome dont la fusion se produisait « entre 0° et + 7° ». Ces divers échan- 
tillons ont, sans aucun doute, subi une transformation isomérique sous 
l'influence de la lumière. 



(') Berichle, t. 27, 1894, p. 204. 
C) Berichte, t. 4.5, 1912, p. 1795. 



^O ACADÉMIE DES SCIENCES 

CHIMIE ORGANIQUE. — Action des métaux alcalins sur les êthers-oxydes. 
Note (') de M. J. Durand, transmise par M. P. Sabatier. 

Les étliers-oxydes ont été considérés jusqu'ici comme sans action sur les 
métaux alcalins, propriété implicitement supposée, en particulier, pour 
priver d'eau et d'alcool l'éther ordinaire, soit par digestion à froid, soit 
par rectification sur le sodium. . 

Depuis longtemps j'avais cru remarquerque de l'oxyde d'éthyle àpeu près 
pur, abandonné sur un excès de sodium, à l'abri de l'air humide, dégageait, 
pendant des mois, de l'hydrogène, tandis que le vase se remplissait peu à peu 
d'une gelée, formée, en partie au moins, d'éthylate sodique. Cette observa- 
tion m'a conduite reconnaître que tous les éthers-oxydes (R — O — R') 
réagissent plus ou moins aisément sur les métaux alcalins. 

Les circonstances qui favorisent la réaction sont principalement : 

la négativité des radicaux R et R'; 
l'accumulatioB des fonctions « éther-oxyde » ; 
réiévation de la température; 
l'étal fondu du métal alcalin; 
l'ébullition du liquide. 

Ces (leuxdernières circonstances permettent au métal de se débarrasser de 
la couche protectrice formée, suivant les cas, d'un alcoolate, d'un phénate, 
de bulles gazeuses, de produits résineux, ou de matières charbonneuses. 

Voici quelques résultats obtenus avec des éthers de divers types : 

1° Oxydes d'alcoyles. — L'oxyde d'ét/iyle (Eh. 35°), préalablement rec- 
tifié avec soin sur du sodium, attaque peu à peii ce métal, à l'ébullition, 
avec formation d'alcoolate et d'hydrogène gazeux. Mais les conditions 
restent désavantageuses, car la température est peu élevée et le métal 
solide. Avec l'alliage de composition KNa, qui est liquide à la tempéra- 
ture ordinaire, l'attaque est plus vive, surtout à l'ébullition. 

Pour Voxyde d''isoamyle (Eb. 176°), l'attaque par le sodium, déjà nette 
à froid, devient 1res vive à l'ébullition, température où le métal est fondu. 
Avec KNa, la réaction s'amorce à froid, puis s'intensifie, de sorte que, 
dans quelques instants, le vase se remplit d'une gelée épaisse, où dominent 
les amylates alcalins. 

(*) Séance du 27 décembre 1920. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 7I 

2" Oxydes mixtes d'alcoyles et d'aryles. — Uanisol (Eh. 1 55") est vive- 
ment attaqué à chaud par le sodium; de même le phénétol. 

Le l'érntrol {Eh. 2o5°) est nettement attacjué par le sodium. En chauffant 
un peu, la réaction se poursuit d'elle-même; la température s'élève, ce qui 
amène la fusion du métal; le liquide reste d'abord incolore et limpide, puis 
la réaction devient très violente, jusqu'à formation d'une gelée épaisse, qui 
immobilise le métal. Pendant cette réaction, il se dégage de l'hydrogène. 
Avec KNa, la réaction commence à froid, se continue d'elle-même et donne 
rapidement la même gelée. 

\j''oxYde de benzyle et d'éthylc est vivement attaqué par le sodium, 
surtout dès que celui-ci est fondu. L'attaque, une fois commencée, se 
poursuit spontanément et conduit à une gelée. Avec KNa, l'attaque 
commence à froid et produit en une minute une gelée consistante. 

3° Oxydes d'aryles. — Uoxyde de phényle (Eb. 253°) réagit bien avec le 
sodium, surtout dès que celui-ci est fondu. Bientôt le métal s'entoure d'une 
matière charbonneuse. L'attaque devient très vive et la masse charbonne 
entièrement. 

Mécanisme de la réaction. — i" La première phase est la formation d'un 
phénate ou, à défaut, d'un alcoolate: 

R — O — R' + Na -V R — O — Na + R' - . 

1° Le radical R' — , qui ne peut exister à l'état libre, abandonne de 
l'hydrogène, au moins dans un grand nombre de cas, et donne des produits 
condensés. 

3" S'il s'est formé un phénate, celui-ci peut être attaqué par le métal 
alcalin, avec formation de résines ou charbonnement. 

Je me propose d'étudier en détail l'action des métaux alcalins sur les 
éthers-oxydes-des types ci-dessus et des autres types (oxyde de vinyle, 
d'éthylène, de diphénylène, de cyclohexyle, etc.), pour établir le mécanisme 
de cette réaction et la nature des produits obtenus. 



MINÉRALOGIE. — Sur Vexistcnce de plans différenciés équidistants nonnaux 
à l'axe optique dans les liquides anisotropes {^cristaux liquides). Note (') de 
M. F. Graxdjea.\, présentée par M. de Launay. 

Pour expliquer les belles couleurs que les liquides anisotropes négatifs 
donnent par réflexion, plusieurs auteurs ont fait l'hypothèse d'une division 

(*) Séance dii 27 décembre 1920. 



72 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de ces liquides en lames parallèles d'épaisseur constante, à la surface 
desquelles la lumière se rélléchirait. Un tel système de lames doit fonc- 
tionner en effet comme une sorte de réseau favorisant certaines longueurs 
d'onde et détruisant les autres, suivant qu'il y a ou non concordance de 
phase entre les ondes réfléchies. Un raisonnement très simple montre que 
les vibrations favorisées sont données par Tégalité 

(i) id cosi ^ /cl, 

dans laquelle d est l'épaisseur d'une lame, i l'angle d'incidence des rayons, 
k un nombre entier quelconque et X la longueur d'onde, dans le milieu de 
la vibration considérée. C'est la même formule que pour la diflraction des 
rayons X par les cristaux. 

J'ai été surpris de constater, en étudiant un liquide à grande biréfiin- 
gence et à très grand pouvoir rotatoire dextrogyre, le cyanbenzalamino- 
cinnamate d'amyle ('), que de telles lames sont parfaitement visibles au 
microscope, malgré la faible valeur de d. Il suffit pour cela d'observer le 
liquide dans une fente de clivage d'un minéral à clivage parfait comme les 
micas, le talc, l'orpiment, etc. La fente doit être provoquée au moment de 
l'expérience, afin qu'elle soit d'une parfaite propreté; on y introduit un 
.petit fragment du cyanbenzal et l'on porte sur la platine chauffable du 
microscope; après fusion, le liquide anisotrope remplit la fente par capilla- 
rité et s'oriente normalement au support cristallin. On l'observe donc dans 
la direction de son axe optique et sous des épaisseurs variables depuis zéro 
au bord (c'est-à-dire au fond de la fente) jusqu'à un maximum. La tempé- 
rature peut varier entie la fusion des cristaux solides (T,) et la transfor- 
mation en liquide isotrope (T,) (-). 

Le liquide est divisé en bandes parallèles au bord, séparées les unes des 
autres par des lignes absolument nettes. Ces lignes sont des lieux d'égale 
épaisseur du liquide; on les voit très bien sans analyseur, mais beaucoup 
mieux entre niçois croisés, à cause de l'opposition des deux teintes (ju'elles 
séparent; r()[)position est d'ailleurs beaucoup plus fortement marquée à 
basse température qu'au voisinage de T^. J'appellerai piovisoirement ces 
lignes des lignes de niveau, car elles ont tout à fait l'allure des courbes de 
niveau équidistanles d'une carte topographique. Ce sont les intersections 
avec le support cristallin d'une série de plans parallèles qui traversent tout 
le liquide. Les plans sont prescpie parallèles aux parois de la fente de 

(') Sur une petile quantité préparée par M. Mauguin. 

(') 9?" e.l io5° d'après VorUmler et Hutli, mais il y a facilement surfusion. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 7^ 

clivage et c'est le défaut de parallélisme exact qui les fait rencontrer ces 
parois. 

L'équidistance d est facilement mesurable. En lumière monochroma- 
tique, par exemple en lumière du sodium, on observe la fente de clivage 
avant remplissage par le li([uide. Elle donne des anneaux de Newton qui 
font connaître très exactement l'épaisseur en chaque point. On laisse 
ensuite pénétrer le liquide et l'on compte le nombre des lignes de niveau 
pour les mêmes épaisseurs. Par exemple, on trouve que le 12* anneau 
sombre (en lumière transmise) correspond à la 18® ligne de niveau à T, et 
à l'intervalle entre la i5® et la 16" ligne à T,, ce qui donne, en appelant d^ 
et û?2 les équidistances à T, et T^, 

i^j -+- i!-y5,89.io-=^ = i8^, = i5,5f/,, 
d'où 

f/, = I ,88. lo"' cm , c/o =: 2 , 18. lO""" cm. 

Les équidistances sont donc de l'ordre du tiers de la longueur d'onde de la 
raie D. 

On voit combien la variation de d est considérable pour une faible 
variation de la température. En outre, le sens est bien conforme à ce que 
l'on sait sur la lumière réfléchie, car on observe des longueurs d'ondes 
décroissantes (par exemple, le rouge passe au vert) quand la température 
baisse; donc f/, qui est proportionnel à X d'après l'égalité (i), doit bien 
diminuer avec la température. 

Quand on a vu les lignes de niveau dans une fente de clivage, on peut 
les voir sur la surface libre du liquide reposant sur un clivage cristallin. 
Il faut naturellement observer des gouttes très plates pour que les lignes de 
niveau soient bien séparées. On les voit alors très nettement, mais dans des 
conditions cependant un peu moins bonnes qu'entre deux clivages. Par 
contre, on observe un nouveau phénomène très remai-quable : la surface du 
liquide, examinée à un fort grossissement, n'est pas lisse. Elle est ordinaire- 
ment marquée par un grand nombre de petites rides courbes dont la figure 
ci-après donne une idée. Ces rides s'intercalent en files entre deux lignes 
de niveau successives. Elles sont d'autant plus régulières que les lignes de 
niveau sont plus régulières elles-mêmes. Par exemple, elles sont souvent 
parfaites au voisinage de la ro'^ ligne. Elles se déplacent souvent toutes 
ensemble en gardant bien leurs intervalles et en restant toujours comprises 
entre les mêmes lignes de niveau. Le sens de leur courbure est parfaitement 
défini : si l'on parcourt une de ces rides de son point le plus haut à son 



74 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

point le plus bas, on tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est- 
à-dire que la rotation est droite. Cette curieuse propriété est évidemment 
en relation avec le pouvoir rotatoire du liquide. 




Dans les observations qui précèdent, le support cristallin joue seulement 
le rôle d'une surface propre et homogène. Sa nature n'intervient pas, tandis 
que la perfection du clivage est absolument nécessaire à la netteté des 
observations. On peut voir cependant les lignes de niveau avec le verre, 
entre un porte-objet et un couvre-objet bien nettoyés. On réussit mieux en 
donnant au couvre-objet de petits chocs qui rendent les lignes plus régu- 
lières. 



GÉOLOGIE. — Su?' les oscillations glaciaires des temps quaternaires et les 
mouvements correspondants de la lithosphère. Mote de M. Ph. ]\égris, 
présentée par M. Pierre Termier. 

Dans deux Notes récentes ('), j'ai traité la question de l'invasion des 
glaces dans les Alpes pendant les temps quaternaires, ainsi que de leur 
retrait à l'époque actuelle, en attribuant ces phénomènes à des mou- 
vements épirogéniques d'élévation d'une part, d'aflaissement d'autre part. 
J'ai de même expliqué les oscillations intermédiaires des glaciers par la 
succession de surrections et d'affaissements en corrélation, cette fois, avec 
la surcharge et la décharge de l'écorce par les neiges. Je crois devoir 
donner plus de précision au jeu de ces dernières oscillations. 

(') Comptes rendus, t. 170, J920, p. i 191; t. 171, 1920, p. 728. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 7^) 

Dès que, à la suite des mouvements épirogéniques d'élévation, tels que 
je les ai définis dans ma Note du 18 octobre, les glaces, à l'origine des temps 
quaternaires, se sont accumulées sur les parties culminantes des Alpes, la 
surcharge provenant de cette accumulation, s'ajoutant au poids de l'écorce, 
Fa emporté sur les forces antagonistes, à savoir la poussée de la masse 
fluide interne et la ténacité de l'écorce; la tendance à l'affaissement se 
déclarait, affaissement qui amenait une augmentation de la fusion des 
glaces pendant la saison chaude, et une diminution de l'accumulation des 
neiges pendant la saison froide. La première époque interglaciaire était 
ainsi inaugurée. Après une décharge suffisante de glaces, l'équilibre étant 
obtenu entre les forces antagonistes, l'affaissement s'arrêtait. La fusion des 
glaces, cependant, se continuant, l'équilibre ne tardait pas à être de nou- 
veau rompu, en sens inverse, l'allégement produit par la fusion amenant 
un mouvement ascensionnel de l'écorce; ce mouvement se continuait tant 
que la fusion pendant la saison chaude l'emportait sur l'accumulation des 
neiges pendant la saison froide, et il ne cessait que lorsque fusion et accu- 
mulation parvenaient à s'équilibrer; en même temps prenait fin l'époque 
interglaciaire. Une nouvelle phase glaciaire allait commencer et c'est ainsi 
que les phénomènes se sont répétés dans les Alpes, pendant les époques 
giinzienne, mindélienne, rissienne, wûrmienne. 

Ce mécanisme cependant n'explique pas les différences qui existent entre 
les différentes extensions glaciaires, pourquoi, par exemple, les extensions 
mindélienne et rissienne furent beaucoup plus considérables que les deux 
autres. Il nous faut donc admettre qu'indépendamment de ces mouvements 
secondaires, causes des oscillations glaciaires, les mouvements épirogé- 
niques d'élévation signalés, dans notre dernière Note, à l'origine des temps 
quaternaires, ont continué à agir. Il semble d'ailleurs qu'il existe des 
preuves plus directes de cette action dans les dislocations que présentent 
les formations quaternaires dans la région alpine. 

Ces dislocations peuvent provenir, il est vrai, de trois causes différentes : 
soit des mouvements épirogéniques fondamentaux ci-dessus, soit des mou- 
vements secondaires dus à la surcharge ou à la décharge de l'écorce par 
les glaces, soit des mouvements épirogéniques d'affaissement qui ont 
amené la fin de l'époque glaciaire; et il est difficile de faire la part de ces 
diverses causes. Cependant deux catégories de faits semblent devoir être 
attribués aux mouvements épirogéniques fondamentaux d'élévation qui 
ont amené les phénomènes glaciaires et auraient persisté pendant toute 



76 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

l'époque glaciaire, malgré les interruptions produites par les afTaissements 
d'ordre secondaire, pendant les époques interglaciaires. C'est ainsi que les 
moraines de l'époque de Mindel, dans les Alpes orientales, dépassent les 
moraines de l'époque de Riss, tandis que dans la Suisse, la France et la 
région du Pô, c'est le contraire qui arrive (Penck et Brijckneii, Die Alpen 
in dem Eiszeit, p. ii55-ii56), ce qui conduit M. Penck à admettre une 
surrection des Alpes à la suite de la glaciation de Mindel, surreclion qui 
aurait épargné les Alpes orientales. A l'appui de cette manière de voir 
vient l'augmentation de pente des cailloutis des plateaux de la Suisse jus- 
qu'à 10 et 12 pour 100, au lieu de 3 pour 100, qu'ils possèdent à l'Est. 
Mais il ne semble pas que même les Alpes orientales aient été épargnées 
complètement par les mouvements épirogéniques d'élévation. C'est ainsi 
que les vallées de l'Iller et de la Lech, à chaque époque interglaciaire, ne 
se sont pas contentées, pour atteindre leur profil d'équilibre, du creusement 
de la nappe de cailloutis qui avait encombré leur lit pendant l'époque gla- 
ciaire immédiatement précédente, mais ont vu ce lit entamé jusqu'au- 
dessous de la nappe de cailloutis glaciaire {Ibid., p. 121), preuve que le 
soubassement antéquaternaire s'est soulevé par rapport à la position qu'il 
avait occupée pendant l'époque interglaciaire précédente, et cela même à 
l'époque de Wiirm dont les nappes de cailloutis ont aussi été creusées jus- 
qu'au-dessous de leur lit. 

Cette dernière surrection fut suivie des mouvements épirogéniques 
d'alfaissement post-glaciaire, dont il a été question dans ma Note du 
18 octobre. Nous avons vu précédemment comment ce dernier affaissement 
fait partie des mouvements grandioses de l'Europe occidentale et des 
régions atlantiques, phénomènes auxquels se rattache la formation du 
Gulf-Stream, qui déposait en Islande, à près de 200"^ d'altitude, les bois 
du golfe du INlexique, altitude qui permettait au Gulf-Stream de s'étendre 
librement jusqu'aux rivages de la Sibérie et même de les envahir. La 
Sibérie, réchauffée ainsi par le Nord, put fournir une végétation suffisante 
à l'alimentation des grands pachydermes, aujourd'hui ensevelis sous la 
neige. C'était l'époque de l'optimum de température. Avec l'abaissement 
du niveau marin, connexe des eiïoudrements de la lithosphère, les eaux 
chaudes du Gulf-Stream furent gênées dans leur marche et n'atteignirent 
plus la Sibérie ; la mer s'établit peu à peu dans ses limites actuelles, et en 
même temps s'établissait le climat de nos jours. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921, 77 

(îÉOI.OCilE. — Obscivalions sur les allumions anciennes de la Seine. 
Noie (') de M. E. Chaput, transmise par iNI. (^Ii. Depéret. 

Les alluvions anciennes de la Seine et de ses affluents sont assez déve- 
loppées pour que l'on ait souvent essayé, depuis les travaux bien connus de 
Belgrand, de reconstituer les anciens lits du fleuve d'après les terrasses 
alluviales étagées sur les flancs des vallées. Les difficultés de cette étude 
tiennent surtout au grand développement des méandres, dont les déplace- 
ments soit latéralement, soit vers l'aval, ont substitué aux plaines alluviales 
anciennes, primitivement horizontales, des plaines à pente douce, inter- 
rompues par de faibles gradins; les terrasses locales, secondaires, ainsi 
formées, doivent évidemment être éliminées dans un essai de coordination 
applicable à toute une grande vallée. Je me propose de signaler ici quelques 
terrasses essentielles, dont le plateau supérieur est bien conservé, et qui 
correspondent à des phases imporlantes de remblaiement dans l'évolution 
du fleuve. 

Seine Maritime. — Deux terrasses sont particulièrement remarquables : a. A l'em- 
bouchure de la Risle, le plateau de Berville-Conteville, à 33""-35"', limité par une 
falaise de craie cénomanienne, est une belle surface de terrasse, de 4''™ de longueur 
environ : sous des limons épais de plusieurs mètres, les cailloutis exploités à la « Côte 
de Conteville » ont été traversés par un puits sur 10"° d'épaisseur. Ce sont des allu- 
vions mixtes, provenant surtout de la Risle, où dominent des sables ferrugineux à 
silex roulés, avec quartz peu nombreux dans les lits de cailloux roulés. 

b. Bien distincte de la précédente, la terrasse de la Forêt de Brolonne, au sud de 
Caudebec, avec prolongement sur la rive droite (Jumièges, le Trait) a une très grande 
extension. Le plateau supérieur est à SS^-ôo" ; aux sablières du Trait, les alluvions 
paraissent former un remblaiement continu de 20"; les sables sont très rubéfiés, les 
graviers <;omprennenl des quartz de i"""' au maximum; quelques graviers calcaires 
sont conservés dans la profondeur : les gros cailloux roulés ne comprennent plus 
guère que des silex de la craie. Aucun fossile n'a été recueilli, à ma connaissance, 
dans les exploitations actuelles; un' fragment de molaire à''Eleplias priinigenius 
Blum., indiqué, au Musée de Rouen, comme provenant du Trait, aurait été trouvé 
dans d'anciennes sablières, à un niveau inférieur. 

Au-dessus de ces alluvions, on trouve, près de la Batterie de la Uève, à 100" d'al- 
titude, des dépôts altérés, à graviers de quartz souvent peu roulés, assimilés parfois (^) 



(') Séance du 27 décembre 1920. 

(-) G. -F. DoLLFUS, Relations entre la structure géologique du bassin de Paris et 
son hydrographie {Ann. de Géographie, t. 9, 1900). 



^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

aux a sables granitiques » peut-être miocènes de la région. M. Depéret (Notes citées 
plus loin) a pensé au contraire que ces dépôts étaient des alluvions. A mon avis, 
l'existence, dans ce terrain, de cailloux roulés de silex et même de quartz montre qu'il 
s'agit bien d'alluvions ayant emprunté une partie de leurs matériaux à des sables gra- 
nitiques antérieurs. La topographie indique que cette terrasse de loo" se prolonge 
par les plateaux d'Harfleur, de Gainneville, etc., au moins jusqu'à Tancarville. On ne 
voit nettement les cailloutis qu'en quelques points (environs d'Hardeui-, Tancarville); 
ils sont, ailleurs, masqués par des limons dont l'épaisseur peut dépasser i5"' (Gainne- 
ville). En amont de Tancarville, quelques plateaux (forêts du Trait et de Rouraare) 
prolongent encore cette terrasse, en contrebas de la surface ondulée ( 1 3o"'- 1 So"" ) du 
pays de Caux. 

Les caractères des divers dépôts précédents indiquent bien des alluvions 
fluviatiles et non des sédiments marins; malgré la proximité de la mer dans 
cette région, le littoral était, aux moments de la formation des terrasses, 
bien au delà de la côte actuelle vers le Nord-Ouest : des faits, même récents, 
montrent le recul progressif du rivage; en outre on observe que les val- 
leuses de la côte ont été creusées par des cours d'eau coulant non vers 
la côte actuelle (environs de Bléville), mais en sens inverse, vers la rivière 
d'Harfleur. Le recul du littoral a donc fait disparaître non seulement les 
petites vallées qui sans doute autrefois débouchaient sur la côte, mais 
encore les têtes des vallées anciennes à écoulement vers l'intérieur. On ne 
peut dès lors espérer retrouver autour du Havre aucun dépôt marin cor- 
respondant aux niveaux de terrasses indiqués. 

Malgré cela, il est bien certain que les niveaux de la mer étaient sensi- 
blement ceux des terrasses fluviales correspondantes : S^^'-SS™, 55'"-6o'", 
qS'^-ioo™; la pente des terrasses en question est en effet pratiquement 
nulle, comme celle de la Seine maritime actuelle. 

On remarquera d'ailleurs que les altitudes précédentes concordent avec 
celles que M. Depéret (') a été conduit à admettre pour les lignes de rivage 
de trois des étages distingués par lui (Tyrrhéiiien. Milazzien, Sicilien) 
dans le (Quaternaire des régions que n'a affectées, à cette époque, aucun 
mouvement épirogénique ; ceci permet d'autre part de fixer avec vraisem- 
blance l'âge des terrasses de la Seine Maritime. 

Seule des lignes de rivage étudiées par M. Depéret, la ligne monaslirienne 
(iS^-ao"") n'est pas représentée dans la Seine Maritime par une terrasse à surface 
supérieure conservée; il existe toutefois, au pied des coteaux d'Yville et de Saint- 

(') Cii. DsPÉnET, Essai de coordination chronologique générale des temps qua- 
ternaires {Comptes rendus, Notes de 1918 à 1920). 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921, ^9 

Martin-de-Boscherville, des alluvions fines, jjIus récenles que celles de la terrasse 
de 35™, el dont raliilude, dépassant i5", n'alleinl jias 20" (vallée morte d'Yainville) ; 
elles représentent sans doule la terrasse de i5™-20"' que nous retrouverons mieux 
développée plus en amont. 



PHYSIQUE GÉNÉRALE. — Contributioji à l'histoire des tremblements de terre. 
Note de M. Eugène Mesnari», présentée par M. Gaston Bonnicr. 

Ayant enregistré pendant trois années consécutives les tremblements de 
terre importants, les cyclones, tempêtes, raz de marée et éruptions volca- 
niques signalés dans le monde entier, et noté dans le même temps les indi- 
cations météorologiques du Bureau Central et les vérifications locales faites 
à Rouen, dans le but de rechercher des relations de cause à effet entre ces 
divers {)hénomènes mondiaux et la météorologie dans l'Europe occidentale, 
il m'a été possible de faire les remarques suivantes : 

I. Les faits recueillis étant confondus dans leur ordre chronologique, on 
est frappé de voir avec quelle facilité des intervalles de temps de 10 jours 
ou d'un multiple se retrouvent en passant de l'un à l'autre. Des intervalles 
de 7 jours et de 4 jours se rencontrent également, mais ils se renouvellent 
moins fréquemment pour les séismes. 

L'impression de lignée continue se ressent nettement lorsque, au bout 
de 10, de 20, de 3o ou même de 4o ou 5o jours, on retrouve d'autres trem- 
blements de terre; et elle se précise d'avantage encore lorsque les jours 
d'absence sont marqués par des faits météorologiques notables qui, envi- 
sagés sous un certain angle, paraissent correspondre à des manifestations 
d'énergie. D'autres séismes auraient pu se produire certains decesjours-là ; 
ils semblent avoir été évités; mais on retrouve la trace du passage de la 
vague d'énergie qui aurait pu les faire naîlie. 

Au fond, le contraire serait surprenant, et s'il est prouvé un jour qu'il 
existe une cause commune, insoupçonnée jusqu'ici, du domaine de la Phy- 
sique générale et de l'Astronomie, et capable d'engendrer des phénomènes 
aussi ditîérents, on doit s'attendre évidemment à ce que les circonstances 
favorables à la production des séismes ne soient pas toujours offertes par 
le sol. 

Exemples. — a. S. Vera-Cruz, S. bords du Hljlii. 3-4 janvier 1920, à S. Mexique, 
i3-i4 janvier ( 10 j.); à S. Vancouver et S. mer du Marmara, 24 janvier ( 10 j.). 

b. S. Fort-de-France, 21 mars 1920, à S. Uzèclies, Limoges, etc., lo-i 1 avi il (20 j.) ; 
à S. enregistré à Tolède, 20 avril (lo j.). 



8o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les intervalles peuvent se rattacher à une époque de s\zygie : 

c. N.L., éclipse sans pluie, lo novembre 1920, à S. Pyrénées-Orientales, 20 novembre 
( 10 j.) ; à S. Aude et Ariége, 3o novembre (10 j.) ; à N.L., lo décembre, S. Amérique 
centrale (10 j.). 

Une série peut se compliquer beaucoup par les autres phénomènes et s'élargir sur 
deux ou plusieurs jours : 

d. Vague de chaleur Algérie, tempête Manche, 8-9 août 1920 à gr. pluies Japon, 
orqges Midi et N. Italie (Savone), 18-19 (10 j.); à P.L., anticyclone, gr. raz de marée 
Ordomari (Sakhaline), 28-80 (10 j.); à S.N. Italie, Côte-d'Azur, S. Régie d'Emilia, 
7-8 septembre (10 j.); à gr. pluies or. Vierzon, vent or. Marseille, gr. pluies Italie, 
•7~'9 ('o j-); à gr. brouillard New-York, P.L., S. Crihuela ( Espagne), 27-29 (10 j.) ; à 
trombe d'Angoulême, vent or. Toulon, 'tempête or. Nantes, S. Algérie, 7-8 octobre (10 j.); 
à S. Pérou, vent or. Nîmes, trombe Paris, pluies générales, S. Bagnères-de-Bigorre, vio- 
lente éruption volcanique Mexique, 17-19 (le j.) ; à P.L., gr. pluies, 27-29(10 j.) ; à gr. 
neiges Turin, gr. pluies, 6 novembre (10 j.); à cyclone Palerme, tempête Méditer- 
ranée et Manche, 16-18 (10 j.); à P.L., S. Ponte-Vedre (Espagne), tempête Pas-de- 
Calais, S. Pyrénées-Orientales, 26-28 (10 j.); à nébulosité, gr. neiges Pyrénées, cyclone 
Bourbonnais, 6-8 décembre (10 j.); S. Alger, gr. S. mondial, S. Rome, S. Argentine, 
i6-i8 décembre (10 j.). Rien d'intéressant ni de net auparavant. 

II. Les tremblements de terre se produisent fréquemment un jour d'anti- 
cyclone ou d'insolation totale, ou tout simplement de forte hausse baromé- 
trique; mieux encore après plusieurs jours d'anticyclone et de sécheresse. 

Les tremblements de terre suivants se sont produits après des périodes 
d'anticyclone variant de deux à huit jours : 

S. Guatemala, i5 décembre 1917; S. la Séréna (Chili), 20 mai 1918; gr. S. Sidney, 
8 juin; S. Toulon, 11 août; S. Alicanle, 10 septembre 1919; S. Pérouse et S. Sienne, 
i4 septembre; '>. Rome, 22 octobre; S. Goris, près Tillis, 22 février 1920; S. Fort- 
de-France, 21 mars; S. Los Angeles, 28 juin ; gr. S. mondial, iG décembre. 

On fait une remarque analogue pour certains raz de marée, des cyclories- 
et de grands orages; de même pour les orages magnétiques coïncidant avec 
le passage au méridien de foyers solaires très actifs, les troubles radiotélégra- 
phiques avec vague de chaleur (gr. taches sol,) du lo-i i août 1919, et ceux 
constatés à Sidney, 4 février 1920, 10 jours après le S. de Vancouver et 
mer de Marmara, et qui firent songer à des signaux martiens. 

III. Un tremblement de terre met fin, en générai, à une période anti- 
cyclonique et sèche. Dès qu'il se produit, le même jour ou peu de jours 
après, le vent, la tempête, les neiges ou la pluie apparaissent plus ou moins 
localisés selon les circonstances : ils paraissent se faire sentir en de nom- 
breux points de la surface du globe. 

. Si nous groupons en un faisceau ces seules remarques, nous constaterons 



SÉANCE DU 3 JANVIER Iy2I. 81 

que les tremblements de terre n'apparaissent pas à une date (|uelcon(|ue et 
qu'il y a lieu de considérer une sorte de relation en fonction du tenqjs 
écoulé, l^n même tcjnps nous noierons des rapports entre les séisuies et 
certains étals de l'almosplière (anlicyclone, sécheresse, liautes pressions 
barométriques ) auxquels ils mettent fin habituellement en provoquant des 
précipitations pluvieuses. 

Nous pouvons donc en conclure que toutes les théories, basées sur un 
mouvement de l'écorce terrestre et ayant par suite un certain caractère 
accidentel, sont susceptibles d'être mises en doute ; de même pour celles, 
assez récentes, qui font abaisser ou soulever, et avec possibilité de tremble- 
ment de terre dans le sens des deux mouvements, un compartiment du sol, 
d'abord en équilibre, puis surchargé ou délesté, par alluvions ou érosions, 
après de grandes pluies de tremblement de terre : les pluies ne se produi- 
sent qu'après les tremblements de terre, donc elles ne sauraient intervenir 
dans ce cas. 

Il est probable qu'une sorte de marée magnétique est constamment mise 
en mouvement par l'apport journalier des radiations électromagnétiques 
et radioactives du Soleil ; des courants telluriques ou autres s'y produisent 
indéfiniment; une déperdition considérable d'électricité et de radiations 
diverses à travers l'espace compense cet apport d'énergie. 

Mais il est probable également que ce milieu magnétique est éminem- 
ment susceptible d'être iniluencé par toutes les causes extérieures provenant 
de l'atmosphère ou des astres eux-mêmes, et que les variations d'énergie 
qui peuvent se produirent engendrent, en se surajoutant aux autres cou- 
rants, de véritables points nodaux auxquels correspondent les séismes et 
les événements météorologiques marquants. 

On peut supposer, par exem[)le, qu'au moment d'un anticyclone, l'air 
fortement ionisé, cessant de devenir bon conducteur de Télectricilé parce que 
ses molécules dissimulent complètement la vapeur d'eau, une surcharge se 
produit de ce fait dans le champ magnétique et rend imminente une rup- 
ture d'équilibre. L'air est ramené assez brusquement à un élat où la vapeur 
retrouve son point de saturation; l'électricité et la chaleur se dégagent, 
engendrant des forces vives diverses et l'agitation : cyclones, tempêtes ou 
vents, neiges et pluies sont alors la conséquence des dépressions formées. 

Le phénomène se traduit autrement dans le sol. Là, les molécules, diffi- 
cilement mobilisables, cherchent à se dégager les unes des autres en 
poussées Irépidantes s'irradiant et oscillant en tout sens : c'est le tremble- 
ment de terre, plus facile à rencontrer, comme on le sait, dans les terrains 

C. lî., 1921, I" Semeslip. (T. KJ, N" 1.) " 



82 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

soulevés et disloqués et où se conserve peiit-êire encore une énergie latente, 
réserve du lointain passé où un travail mécanique énorme se produisit. 



liO PANIQUE. — Plantes salées et période des anomalies. Note de M. Pieiiiîe 
LESA«iE, présentée par M. Gaston Bonnicr. 

Depuis 1911, je fais, chaque année, des cultures de Lepidiiim xalii'iim 
pour savoir si cette plante, arrosée à l'eau salée, prendra des caractères 
capables de se reproduire quand on supprime le sel marin dans les arro- 
sages, afin de rechercher s'il y a hérédité de ces caractères. J'ai terminé la 
dixième campagne ; pour ce motif et parce que des indications tendent à se 
préciser dans les résullats, bien que ceux-ci paraissent de médiocre impor- 
tance, je crois utile de passer en revue cette période décennaire pour insister 
sur quelques points. 

Dans la direction des expériences, il fallait envisager les variations atlri- 
buables à la concentration des arrosages, à leur mode d'application (en 
surface, en profondeur, etc.), et à la durée de ces expériences. J'ai adopté 
les arrosages en profondeur. Quant à leurs concentrations, je les ai variées, 
mais j'ai ilù les employer assez faibles pour être certain de poursuivre ces 
expériences pendant plusieurs années en s'assurant, chaque année, une 
récolte de graines capables de germer l'année suivante. A ce point de vue, 
on peut imaginer une série continue et décroissante de concentrations dans 
lesquelles trois valeurs critiques sont intéressantes : 1° CM, valeur au- 
dessus de laquelle la plante ne peut vi\ re, mais au-dessous de la(juclle la 
vie est possible; 2° Cm, valeur plus petite que CM, au-dessus de laquelle la 
plante peut vivre, mais ne donne pas de graines on en donne qui sont mal 
conformées, ne germent pas, et au-dessous de laquelle les graines obtenues 
peuvent germer; 3° Cs, valeur inférieure à Cm, et à laquelle correspon- 
draient les débuis de l'action modificatrice, à effets héritables, si cette action 
est possible; ce serait le seuil de l'excitation utile. Dans mes expériences, 
je devais chercher à opérer entre CsetCm, \aleurs qui ne peuvent ctie 
connues qu'après de longs tâtonnements. 

D'autre part, pour répondre au but de ces recherches, il fallait s'attacher 
de préférence à des modifications aussi nettes (pie possible et susceptibles de 
persister (juand la salure n'agit plus. Parmi les modifications ou caractères' 
•des plantes salées, la carnosilé, le développement du tissu en palissade, la 
réduction des méats intercellulaires, la diminution de la chlorophylle, ne 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 83 

m'ont pas paru se prêter avantageusement à l'observation, soit parce que 
cescaiactères ne sont nets que sous l'influence de la salure, soit parce qu'on 
ne piMit les observer que dans les plantes traitées entre les limites Cm et CM. 
Ce dernier cas est applicable certainement à la diminution de la chloro- 
phylle et à la coloration jaunâtre des plantes salées. Je laisse donc de côté 
ces caractères à avenir douteux, au moins pour le moment. 

Kn revanche, d'autres caractères se prêtent mieux à des comparaisons 
utiles : taille des plantes, poids et proportions des grosses graines. C'est ce 
que montre le tableau suivant donnant les variations de ces caractères 
pendant les cinq dernières années (1 916-1920) : première partie, pour les 
plantes salées, S,, et, pour les plantes témoins, T,; deuxième partie, pour 
les plantes arrosées toutes à l'eau douce, mais provenant des graines de 
plantes salées l'année précédente, S.^, ou de plantes témoins, T,. 

•ji'osses graines Poids 

Année Taille. pour 1000. île 1000 grosses graines 

riillu'rc. S,. T,. S,. T,. S,. T,. 

1916 3rî"" 38"" 399 745 2^583 3,oo5 

1917 19 34 y^g 816 2,472 3,074 

1918 23 3.5 i48 716 2,55i 2,916 

1919 2.) 36 98 901 2,33i 2,765 

1920 38 42 668 832 2,754 2,812 

Sj. T,. S,. 'i',. s,. T„. 

1916 46 36 673 800 2,702 3,142 

1917 37 32 543 794 2,687 3,19(1 

1918 35 32 712 829 2,766 2,864 

1919 4o 36 749 8i4 2,488 2,784 

1920 63 41 864 887 2,897 ■^839 

Il faut dire que les comparaisons ne peuvent se faire correctement que 
pour la même année, car, si le sol était identique pour toutes les cultures 
de chaque année, il était différent d'une année à la suivante. 

D'après ce tableau, il y aurait dans les plantes salées une taille plus faible, 
des grosses graines moins nombreuses et plus légères que dans les témoins. 
J'ai déjà dit(')que ces trois caractères sont corrélatifs et peuvent se trouver 
dans des plantes a l'état de souffrance, laissant entrevoir, tout au plus, une 
hérédité de dégénérescence. La deuxième partie du tableau tendrait à 

(') PiEnitE Lesage, Caractères des plantes salées et faits d'hérédité (?) (/?ec. géii. 
de Botanique, 1916, p. 4^4)- 






) ■ o 









84 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

corriger celle opinion, car, à pari l'année 1920, malj^ré leur taille plus 
grande, les So présenlenl encore des grosses graines moins nombreuses el 
plus légères que celles des témoins. Il y a là des observa lions à suivre allen- 
livemenl dans les prochaines expériences, pour voir s'il n'y aurait pas autre 
chose que de la dégénérescence. 

Un autre caractère, déjà perçu dès 1913, se retrouve dans la forme des 
graines : celles des plantes salées sont arrondies, dodues, relativement plus 
courtes que celles des témoins. J'ai donné la photographie de graines 
de 191B (') où ce caractère est assez net el marque suffisammeiil les diffé- 
rences entre les graines des T et celles des S, et même des S^, indiquant 
encore pour celles-ci une amorce à l'hérédilé. La comparaison des graines 
de 1920 confirme cette manière de voir par un autre procédé. Pour faire 
celle comparaison, j'ai pris, à un grossissement convenable, la longueur et 
la largeur des graines, et calculé les rapports de ces dimensions; voici ces 
rapports pour 4 cultures placées 2 à 2 dans des carrés différents : pour S,, 
1,54 ; pour T|, 1,98; pour S., i,58; pour To, i,93. 

Enfin, dans celte année 1920. une autre modification a retenu mon atten- 
tion : la faime anormale de quelques fruits. Le fruit normal présente 
2 loges. J'ai observé, pour la première fois, des fruits à 3 loges el même à 
4 loges el en plus grand nombre dans les plantes salées, S,, que dans les 
témoins. C'est ainsi que, sur 5o à 60 pieds portant plusieurs milliers de 
fruits, j'ai noté, pour S,, 66 fruits à 3 loges el 6 à 4 loges; pour T,, 8 fruits 
à 3 loges seulement; pour S^, i seul fruit à 3 loges; el. pour une plate- 
bande de contrôle el d'essais divers, comprenant plus de 1600 pieds ordi- 
naires, je n'ai compté que 3 fruits à 3 ailes. Je m'en tiens à celte seule 
indication, pour le moment, au sujet de cette nouvelle modification; mais 
je suis amené à me poser la question suivante : après 10 ans de culture, en 
serais-je arrivé à une menace de rupture d'équilibre, à une période où un 
léger affolement, précurseur de faits nouveau.x, s'annoncerait par ces ano- 
malies? 

C'est un nouvi'au niolif pour continuer ces expériences. 

(') l'iERRE Lksagk, Sur la slobilisalion de caractères dans tes piaules salées 
{Comptes rendus, l. 168, 1919, [). ioo3). 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 85 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Cnnlribtilion à Féliidc du mécanisme de l'ar/àni 
fertilisante du soufre. Note de M. G. Nicoias, prcscnirc par M. Gaston 
Bonnier. 

Un certain noml)r(^ de recherches ont étahli que le soufre en Heur, ajouté 
au sol à des doses con\enables, se comporle comme un engrais et accroît 
les rendements. Le soufre, l'un des élémenls indispensables à la vie du 
végétal, exerce sur celui-ci au moins une double aciion. Il lui fournit 
d'abord, par son oxydation bactérienne dans le sol, de l'acide sulfurique, 
directement assimilable, dont la présence permet en outre, surtout dans les 
terres non calcaires, l'absorption de certains éléments minéraux (potasse, 
oxyde de fer, alumine et même manganèse); il facilite, d'autre part, le 
travail des bactéries ammonisantes et nitrifiantes et met ainsi à la disposi- 
tion de la plante de plus grandes quantités d'azote. Tels sont les faits 
acquis expérimentalement sur le rôle du soufre. 

On a même pensé qu'il favorisait le développement des nodosités radi- 
culaires des Légumineuses. Des expériences entreprises dans le but de 
préciser ce dernier point, en 191 8, à Alger et, en 1920, au Jardin dos 
Plantes de Nancy, avec le Pois, le Haricot, le Lathyriis Ochrus et le Lupinus 
a/biis, cultivés dans des pots à la terre desquels j'ajoutais du soufre à la 
dose de 100''*^, 200''^ et Soo'^''' à l'hcclare, ne m'ont donné aucun résultat 
bien net, peut-être par suite de la richesse en azote du substratum (terreau 
des jardiniers). 

Ces expériences, si elles mettent une fois de plus en relief l'action fertili- 
sante du soufre, ainsi qu'en témoignent les chiffres suivants pour le Haricot 
Souvenir de Dreiiil : 

Poids 

Nombre ~~^ — • — ~ 

de graines. des graines. d'une graine. 

B g 

Sans soufre i3 4)900 0,876 

loo^ô de soufre 12 5,3io o,l\6?, 

2oo''8 » 10 f'.y^S Oï57i4 

3oo''B » 12 5,ii5 0,426 

sont intéressantes surtout à un autre point de vue. Elles montrent que le 
soufre est susceptible, à doses convenables, de favoriser la nutrition car- 
bonée des végétaux. Voici la répartition de l'amidon dans les organes 
végétatifs (à l'exception des feuilles desséchées au moment de la récolte) 
du Haricot et du Pois : 



86 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



Tige (base). Tigelle. Haciru; ( base). 

1. Ainiilon très rare dans Amidon très ran: dan> Vniidoii larc (L.is !<■ 

Il' parenchyme ligneux le parenchyme ligneux parenchyme ligneux 
secondaire et à la péri- secondaire, assez al)on- secondaire cl à la péri- 
phérie de la moelle. dant à la périphérie de phérie de la moelle, 
la moelle. 

2. Id. Id. Id. 

3. Amidon abondant dans Amidon 1res abondant Amidon abondant dans 

le parenchyme ligneux dans le parenchyme le parenchym<' ligneux 
secondaire et à la péri- ligneux secondaire, secondaire et à la péri- 
phérie de la moelle. abondant à la péri- pliéi'ie de la moelle, 
phérie de la moelle. 
'i. Amidon très rare dans Amidon très rare dans Amidon rare dans le 
le parenchyme ligneux le parenchyme ligneux parenchyme ligneux 
secondaire, rare à la secondaire, abondant secondaire et à la péri» 
périphériede la moelle. à la périphérie de la phérie de la moelle. 

moelle. 

1. Sans soufre; '2. loo''» de soufre ; '■). îoc"*" de soufre ; k. 3oo''s de soufre. 

POIS. 
'I'i!;r (li.Tse). Racine (base). 

Sans âoufic I^as d'amidon. Pas d'amidon. 

loo''* de soufre \midon très rarç dans le Id. 

liber secondaire. 

20o'<B de soufre Id. Id. 

Soo'^s de soufre Amidon abondant dan> Amidon assez abondant 

le liber secondaire et dans les rayons médul- 

dans la moelle, assc/. laires du bois secon- 

abondant dans le pa- daire. 

renchyme ligneux se- 
condaire. 

A doses convenables, variables avec chaque espèce (■200''" à l'Iiectare 
pour le llarirol, 'ioo'^s pour le /'oà), le soufre favorise \a for/ndlion de ra/m- 
don el l'aclion plinlosynlliétique dont ce dernier n'est que la conséquence. 
Nous savons déjà parMazé et Demolon que le soufre est nécessaire au déve- 
loppement de la chlorophylle, que son absence provoque la chlorose et (ju'il 
exalte le vert chlorophyllien. Far suite de cette action sur le [jigafenl verl, 
la décomposition du gaz carbonique atmosphérique est activée, le carbone 
est lixé en plus grandes quantités et mis on dépôt sous la fornic d'amidon : 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 87 

des reclierclies sur les échanges gazeux de rassimilalion confirmeraient 
vraisemblablement cette assertion. 

11 semble bien, d'après ces observations, qu'au rôle déjà important attri- 
bué au soufi'c, tant comme aliment sous la forme d'acide sulfurique, que 
comme agent catalylique dans l'assimilation de l'azote du sol, puisse 
s'ajouter l'inlUience également essentielle qu'il exercerait sur la fixation du 
carbone atmosphérique par suite de son action sur la chlorophylle. 

\\n raison de cette influence multiple, son emploi en agriculture mérite- 
rait d'être soumis à des recherches approfondies. 



MYCOLOCIE. — Sur un nouveau réactif ({es LacUiircs el des Riissuh's 
à saveur acre. Note de M. Bari-ot, présentée par M. L. Mangin. 

Au cours des recherches que nous avons entreprises sur les réactions 
colorées des champignons supérieurs, et dont les résultats ont été déjà 
parliellement publiés ('), nous avons fait une série d'observations intéres- 
santes, en soumettant les échantillons examinés à l'action d'un réactif 
nouveau à base de pentachlorure d'antimoine. On sait d'ailleurs que ce 
dernier corps possède la propriété de donner facilement de très nombreuses 
réactions colorées avec une foule de substances, les carbures d'hydrogène 
notamment, lorsqu'il est en solution dans le tétrachlorure de carbone (-). 

Le produit dont nous nous sommes servis, el que nous désignerons sous le nom de 
chloroanlimoniate de mélhyle, a été signalé en 1876 par Carlelon Williams ('); c'est 
un solide, fusible vers 80°; il s'emploie en solution dans l'alcool mélhylique. I^es 
meilleures concentrations semblent celles pour lesquelles la teneur en chlore est com- 
prise entre 20 et 3<j pour 100; les solutions trop concentrées ou trop diluées donnent 
des colorations, ou noires, ou à peine sensibles. En remplaçant l'alcool métliylique 
par ses homologues supérieurs, éthylique, propjliques, amyliques, etc., on peut pré- 
parer une série de léactifs qui, dans l'ensemble, agissent tous de la même façon. 

Beaucoup d'espèces mycologiques sont insensibles vis-à-vis du- chloroanlimoniate, 
ou donnent des colorations trop lentes à apparaître pour être utilement employées 
dans la diagnose. C'est ainsi qn Ainanita phalloïdes prend, au bout de plusieurs 
minutes seulement, une teinte saumon pâle, au contact du chloroanlimoniate 
d'umvle; mais cette action, bien que spécifique parmi les Amanites communes, n'est 
pas assez rapide pour être pratiquement applicable. l'ar contre, Amanila citrina 

(') Comptes rendus, t. 170, 1920, p. 679, el t. 171, 1920, p. 1014. 

(-) lliLPERT et WoLF, Deulsche Chem. Gesells., l. 4(5, 1913, p. 2215-2218. 

(^) Carleton' Williams, Journ. Chem. Soc, t. 2, 1876, p. 463. 



88 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

réagil inimétliateinenl en brun foncé (ii° 00, ilu Code de Couleurs de Klincksicck el 
N'alelle), caracléiislique de cette espèce. 

Mais c'esl pour les Lactaires et surtout les lîussules que les phénomènes 
présentent leniaximum d'intérêt. En effet, dans ces deux genres, les espèces 
à saveur acre se comportent de façon analogue; il n'est plus nécessaire de 
les goûter pour en faire la détermination, rapplicalion du chloroanlimoniale 
suffit, (^esl ainsi que Russnla eineùca et Lactanu.s jnperatus se co\orçnl en 
gris plombé (483) intense, au bout de quelques secondes de contact, quelle 
que soit la portion examinée du carpophore. Une telle similitude faisait 
prévoir l'analogie des principes acres des deux espèces; l'expcricnce a con- 
firmé ces vues, el nous avons pu exliaire, de quelques kilogrammes de 
cliampigtions frais, plusieurs grammes de deux substances qui paraissent 
idenliques. 

Ces composés sont assez instables; conservés en tubes scellés ils jaunissent 
peu à peu, perdent leur saveur qui, au début, est extrêmement forte et 
poivrée, et ne se colorent plus au contact du chloroantimoniate-de mélliyle. 
Ils sont détruits par ébullition avec l'eau ou l'alcool ordinaire, ce qui ne 
permet pas d'employer ces deux dissolvants pour les extraire. 

L'extraction des substances actives se fait commodément en employant 
l'éther, à froid; il suffit de laisser macérer les champignons coupés en 
fragments grossiers, dans l'éther, pendant 12 à i5 heures;' il se foiine 
deux couches liquides : la plus dense, btiinàlre, et renfermant surtout de 
l'eau, esta rejeter; l'élhcr qui surnage est recueilli, el une évaporalion dans 
le vide donne un corps blanc biillanl, en gros cristaux mous, feuilletés, 
quelquefois avec des formes dendri tiques, et (jui constitue le principe actif. 
La réaction colorée avec le chloroanlimoniate de méihyle est immédiate, 
très intense, sur un fragment minuscule. 

Toutes les Russules acres se colorent de la même façon, mais avec une 
intensité plus ou moins grande en rapport avec la teneur en matière active. 
Parmi les nombreuses espèces examinées, nous citerons comme r.éagissant 
fortement : 

JUissiila (J /i'/f/ii\ dont l'extrait étheré abandonne par évaporation des 
cristaux d'aspect foliacé, d'odeur forte, irritante, et dont la saveur rappelle 
celle de VAriim mnculalwn ; la chair se colore en gris verdâtre ( 1.")8 ); 

Rassulfi atropunmraa, R. fœlens, IL ntiiscosn, R. oclifolenca, IL rinhicea 
se colorent en gris plombé, comme Rii.ssitla rmelicn ; 

Riissulii sangitinea donne un bleu vert intense (K)^). 

(,)uant aux espèces comestibles, ou bien elles ne se colorent pas du tout 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 89 

(/iuasiila aiirata, H. Irpida, It. rirrsccns) ou bien elles deviennent à la longue 
légèrement bleuâtres, et la teinte disparaît au bout d'un certain temps ; telles 
sont : Ilussuld aziiren, R. cvano.ranlha, R. delica, R. oramrni'nicolor, R. lutea, 
R. olhacca. 

Nous attirons parliciilièreincnl l'altenlion sur Russida rosea ((^)uél('l) qui 
se comporte de lacon toute spéciale; cette espèce est, jusqu'à présent, la 
seule qui prenne une coloration vert pré intense (276) et instantanée, en 
présence du réactif slibié, et cela en tout point touché par l'opérateur, sauf 
sur la cuticule du péridium dont le pigment gêne l'observation. L'action 
n'est pas localisée, mais généralisée dans tous les tissus. 

En essayant d'extraire la substance active par l'éther, en suivant la même 
méthode que pour les. autres Russules, nous avons pu obtenir un corps 
blanc jaunâtre, cristallisé en prismes allongés, groupés en amas radiés, et 
qui donne la réaction colorée avec le maximum d'intensité. Le produit 
ainsi préparé paraît beaucoup plus stable que le composé acre de Russida 
emclica., et se conserve sans altération sensible pendant plusieurs mois. 

Riissida rosea donne une réaction différente si elle est desséchée ou trop 
avancée : la teinte verte fait place à du brun rouge plus ou moins intense ; 
la production du corps actif est certainement liée de façon très intime aux 
phénomènes vitaux et aux transformations qui les accompagnent. 

Il est intéressant de remarquer que Rnssula rosea est caractérisée par un 
certain nombre de réactions chimiques qui lui sont bien spéciales, et lui 
confèrent une indiscutable individualité; M. Maire a en effet montré (') 
que les réactifs sulfovanillique et sulfoformolique agissent sur elle d'une 
façon toute particulière. 



BIOLOGIE GÉNÉRALE. — lj>i (1(1 « loiil OU rien » oii (le ronst(ii)C(' foiictioiiiiclle, 
relative à l' action du testicule considcrê comme i^lande endocrine. Note (-) 
de M. A. PÉZARD, présentée |)ar \I. Edmond Perrier. 

Nos expériences sur les (iallinacés ont établi que de menus fragments de 
teslicuk, implantés naturellement ou artificiellement sous le péritoine des 



(') Dali. Soc. Mj'cot., \. 2(>, ii)io, p. 98 el suiv, 
(^) Séance du i5 novembre 1920. 



90 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

castrais, suffisent à assurer le dévelo[)|)cment des caractères morpholo- 
giques et psychiques conditionnés par le testicule. En réalité, pour être 
efficace, la masse de lissu testiculairc ne doil ])as. chez le coq. être infé- 
rieure à 0*^,5 environ; mais une fois ce minimum réalisé, les caractères se 
développent intégralement, sans fraclionnemenl aucun. Ce chiffre moyen, 
0*^,5, eicctic loi du « tout ou rien » ressorlent clairemcnl d'une statistique 
|)ortant sur 26 coqs étudiés par nous, et de plusieurs séries d'expériences 
qui en constituent le conirôle. 

1" Stdlàtique. — 26 coqs de races diverses, mis en observalion à la slalion pliysio- 
logique du Collège de France, et comprenant : 

a. 7 mâles normaux; 

b. 8 castrais Iransplaiilés, à caractères de nifiles; 

c. 4 castrais transplantés, à caractères de castrats; 
(1. 7 castrats. 

A l'autopsie, faite après que les caractères sexuels ont alleinl leur équilibre défi- 
nitif, nous déterminons la masse m de tissu lesticulaire et nous vérifions la structure 
iiistologique de ce tissu. La longueur de la crête L nous fournit un critère précis de la 
masculinité des sujets. 



N". 


m. 




L. 


N°. 


«( . 


L. 


N". 


m. 


!.. 


1... 


'\ 2 




I 10 


10.. 


B 
I . ."> 


82 


19... 


traces 


().5' 


2... 


28 




106 


11... 


1 ..5 


r 10 








3... 


20 




ii3 


12.. 


I 


78 


20... 





56 


h... 


'1 




81 


13.. 


1 


187 


21... 





55 


3... 


1 2, 


5 


1 15 


li.. 


0. 7 


97 


22... 





55 


G... 


() 




97 


1.5... 


0.5 


1 1 1 


23... 





57 


7. . 


S. 


,3 


Sii 








2V . . . 


G 


5'i 










1(). . 


0. 1 


59 


25... 





58 


8... 


2 




r |ô 


17... 


0, 1 


()0 


26... 





63 


9... 


2 




85 


18.., 


. traces 


62 









l.,'c.\au)eii comparatif des colonnes m et l^ montre nettement (pi'aucuii 
parall(''lisme n'e.xiste entre la masse de tissu conditionnant el la grandeur 
du caractère conditionné. Sans doute, les coqs 1 à lô présentent des crêtes 
inégales, mais cela tient à ce que nos observations portent sur des animaux 
de races différentes : races à grandes crêtes (Leghorn doré), à crête moyenne 
(Dorking), à crête petite (Orpington fauve ou noir, Faverolles); en tout 
cas, l'ensemble de leurs caractères sexuels est [pleinement développé. Les 



SÉANCE DU 3 JANVIER igit. 9I 

coqs 15 à 2() possèdent des masses insignifiantes de tissu lesliculairc ou 
n'en possèdent pas du tout : crête petite, pâle; aucun attribut sexuel. Le 
nombre : 0^,5, qui est la limite inférieure des masses efficaces introduit 
ainsi une discontinuité absolue entre l'état sexué et l'état neutre; nous 
n'avons jamais pu obtenir un état intermédiaire stable. 

■2° Expériences de contrillc. — n. Dans le Mémoire de F. Koussay relatif à l'aclion 
lia légime carné exclusif chez les co(|s, nous avons décou\erl un résultai semblable : 
les sujets qui possèdent plus de os, 7 de testicule sont devenus des mâles normaux 
(crête développée, instincts combatifs); ceux qui ont moins de os.y sont notés comme 
craintifs et non batailleurs (caractères de castrats). 

0. Dans un Mémoire de Foges (1902), nous constatons que des coqs porteurs de 
Iransplants sont, ou bien des mâles normaux, ou bien des chapons parfaits. 

r. ObsenaCion personnelle. — (loq Leghorn doré né en mars /920. l'ériode de 
puberté ; mai à septembre. l'résenle depuis lin août une paralysie des membres pos- 
térieurs, mais continue à s'alimenter. Le iS septembre, la crête, qui atteignait 
1 1>""" de longueur commence à régresser et nous diagnostiquons une régression du 
testicule. L'animal meurt le 22 octobre. A l'autopsie : testicules très petits, nious 
avec tissu interstitiel en assez bon état,- et canaux séminifères en régression. 
//( =: ûs, '1 (au lieu de i5e environ). 

{'niitlilioiis dctcrminaiiles (le hi piihcrté. — Noire étude comparée offre, 
en sens inverse, l'image de ce qui se produit lors du développement du coq. 
Il y a lieu de penser que l'apparition de la puberté, dès le troisième mois, 
correspond au moment oîi les glandes reproductrices, en voie d'accrois- 
sement, franchissent le minimum efficace. Leur action, iiiiUc aiipnrfn'nut^ 
crée (i'rinl>lèe la condition chimique de milieu qui permet à l'animal 
d'atteindre son équilibre sexué. 

A cette interprétation, comme à la loi du « toutou riei) », on pourrait faire une 
objection. S'agit-il bien, en réalité, d'une cause pondérale; n'existe-t-il pas, entre 
testicule prépubéraLet testicule pubère, ou bien entre iransplant inactif et transplant 
efficace une difTérence histologique qui rendrait mieux compte des faits. Ce n'est pas 
le cas : les Iransplants non fonctionnels ont la même structure que les autres : canaux 
séminifères incontestables, souvent avec spermatozoïdes; tissu interstitiel plus ou 
moins abondant. Quant au testicule du poulet, s'il subit, vers le troisième mois, un 
accroissement rapide, cela tient à l'établissement de la spermatogénèse et à la dimi- 
nution marquée du tissu interstitiel, mais il n'y a aucune crise histologique dans la 
glande. 

Conslancc fonctioniu'Ue . — L'identité qui existe, chez nos différents sujets, 
entre l'action de masses testiculaires dont les extrêmes sont os,5 et 42" nous 



92 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

paraît devoir s'appliquer aux difTérents états du testicule, chez un animaf 
en voie d'évolution sexuée. — Ainsi, dans les conditions normales, une très 
petite fraction (j^ par exemple) de riiarniozone tcsticulaireejît utilisée pour 
le maintien du caractère conditionné ; le reste est « sécrétion de luxe » pour 
employer l'expression de E. Gley. Cela revient à dire que Faction du testi- 
cule est constante à partir du moment où celte glande entre en jeu. 

Coiichisinus. — i" L'action morphogène du testicule, chez les coqs, est 
soumise à la loi du « tout ou rien » ; 

1° Plusieurs séries d'expériences convergentes permettent de fixer à o*^, 5 
environ la masse du minimum efficace; 

3° La loi du « tout ou rien » entraine, comme conséquence, la loi de 
constance fonctionnelle. 



PHYSIOLOGIE. — Sur r action antiscorbtitiqur de la pomnie de terre crue, hroyée 
et intacte. Note de M. Bezssoxoff, présentée par M. Roux. 

D'après le premier travail de A. Holst sur le scorbut, la pomme de terre 
crue aurait un rôle antiscorbutique dans le régime alimentaire des équi- 
pages des bateaux. En 191 2- 191 3, A. Holst et Frolich, dans leur remarquable 
travail sur le scorbut expérimental du cobaye, signalent l'action antiscor- 
butique de la pomme de terre fraîche administrée après cuisson ('). 

Vu la place importante occupée par la pomme de terre dans notre 
alimentation, il nous paraissait intéressant d'a[)porter quelques précisions 
sur sa richesse en principes antiscorbutiques. A cet effet nous avons étudié 
l'action antiscorbutique de la pomme déterre crue, non pelée, sur le cobaye 
soumis au régime avoine-eau. 

D'autre part nous avons entrepris de comparer l'action antiscorbulique 
d'une quantitéjdurnalière déterm/ie'e de pomme de terre crue intacte à celle 
de la même quantité broyée à la presse hydraulique et administrée aussitôt 
au cobaye sous forme de jus et de marc. Nous nous sommes aussi proposé 
de déterminer la valeur aiitiscorbutique de ces deux fractions prises 
isolément. Les cobayes employés furent choisis après triage. 

Il résulte de nos expériences que : 

(') Les cobaves employés par ces auteurs lel'usèrenl de manger la pummr de lerre 
crue. 



SÉANCE DU 3 JANVIER I921. 93 

i" L'action anliscorbulique de la pomme de terre intaclc pelée (jeune à 
chaif jaune, n'ayant pas développé de cortex vert) égale celle des végétaux 
à action antiscorbutique marquée, tels que le choux ou le pissenlit. 

Deux cobayes soumis au régime avoiiio-eau-pomme de terre crue intacte 
[)elée ([5" par animal et par jour) fureiil tués le 83'' jour de rexpériencc; 
aucune trace de scorbut à l'autopsie. 

2° La pomme de terre broyée exerce à dose égale une action anliscorbu- 
lique bien inférieure à celle du tubercule intact. 

Quatre cobayes soumis au régime avoine-eau, 5*-' de marc et 10""' de jus 
obtenu en broyant la pomme de terre crue à la presse hydraulique. La 
quantité de pomme de terre broyée donnée aux animaux correspondait à 
celle de la pomme de terre intacte de l'expérience précitée. 

Les quatre cobayes succombèrent au cours de l'expérience. Un cobaye 
mourut le 70* jour du régime avec des lésions scorbutiques particuliè- 
rement bien caractérisées à l'autopsie. Les trois autres moururent les Si*", 52*" 
et 5G'^ jours du régime avec de faibles signes de scorbut à l'autupsie. 

3° Le jus extrait par pression de la pomme de terre crue possède une 
action antiscorbutiqne, mais cette action est plus faible que celle des quan- 
tités équivalentes de pomme de terre intacte. 

Quatre cobayes furent mis au régime avoine-eau-jus de pomme de terre, 
extrait par pression de pomme de terre ayant hiverné et donné aux animaux 
deux heures et demie environ a[)rès le commencement de l'extraction. 

Deux cobayes recevaient 3o""' de jus par animal et par jour; ils mou- 
rurent au 28*^ jour du régime. Deux cobayes recevant par jour 4o™' de jus 
vivaient encore au 3o'^ jour (le dernier) de l'expérience. L'un d'eux déclinait 
rapidement, mais l'état de l'antre restait satisfaisant. 

Deux autres cobayes reçurent par jour 10™' de jus rapidement extrait 
d'une pomme de Icvfq fraîchement récoltée. Un cobaye mourut au 4t>'' jour, 
l'autre périt accidentellement au 3o''jour. Les courbes des poids des deux 
cobayes avaient la même allure. 

4" L'action du marc seul est presque nulle. Le marc obtenu par broyage 
de la pomme de terre crue ajouté au jus extrait par la même opération ne 
renforce pas d'une façon appréciable l'action anliscorbutique de ce dernier. 

Trois cobayes reçurent, en plus de l'avoine-eau, une dose journalière de 
marc de pomme de terre (restant après extraction du jus). Celte dose variait 
entre ']^,S et lo^ par animal et par jour. Les animaux succombèrent les 26", 
29'' et 32*' jours du régime. 



94 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

La longévité des i5 cobayes témoins mis au régime avoine fut : 27 jours 
(i cobaye), 25 jours (i cobaye), 22 jours (i cobaye), 18 jours (2 cobayes). 
Les 10 autres succombèrent entre les 12'" et i5* jours. 



HISTOLOGIE. — Rapport des nrniitrs avec les tissus dans la cornée. 
Note de M. J. IVageotte, présentée par M. Marchai. 

Il existe dans la cornée une disposition qui mérite d'être mise en évidence 
parce qu'elle permet de préciser, dans des conditions particulièrement 
favorables, certains rapports généraux entre les neurites et les tissus qu'ils 
tiaversonl. 

On sait (jue les plexus superficiels émettent des branches perforantes qui, 
après s'être dirigées obliquement vers la face antérieure de la cornée, tra- 
versent la membrane de Bowmann et se résolvent en arborisations de libres 
sous-épilhéliales très fines et très longues. 

Ces fibres sont appliquées sur la face antérieure de la membrane de 
Bowmann, 011 elles forment ce que l'on appelle le plexus de Cohniieim. 
Chez le lapin, elles courent parallèlement entre elles et se dirigent radia- 
lement vers le centre de la cornée; mais elles émettent aussi des collaté- 
rales qui restent dans le même plan qu'elles et qui s'cntre-croisent en 
donnant l'illusion d'un plexus. 

De cet ensemble de fibres partent à angle droit des collatérales qui 
traversent toute l'épaisseur de l'épithélium, pour aboutir aux couches les 
plus superficielles de cet épilhélium. Arrivées là, ces collatérales donnent 
naissance chacune à une arborisation de rameaux qni s'éparpillent irrégu- 
lièrement à la surface de la cornée et se terminent par de petits renfle- 
ments. 

Or, voici le fait intéressant : dans toutes les parties de cet appareil ner- 
veux qui sont situées en arrière de la membrane de Bowmann, c'est- 
à-dire en tissu nïèsodermicjue^ les neurites sont emprisonnés dans une gaine 
névroglique disposée en réseaux; tandis que dans toutes les parties situées 
en tissu ectodermique, les neuiites sont dépourvus de gaines et cheminent 
nus entre les cellules épithéliales. 

La coloration vitale au bleu de méthylène ou la méthode Ctijal colorent 
électivement les neurites. On peut colorer isolément la gaine nêvro- 



SÉANCE DU 3 JANVIEK I921. pS 

j;li(|iie à l'aide de l'Iiématéine, suivant une tecliiii(|ue (jm- j'ai fait con- 
naître précédemment ('). 

Fics impréi;nations à l'or colorent la névroglie aussi bien que les ncu- 
rilcs; c'est pourquoi, dans les préparations faites par les méthodes usuelles 
au ciiloi'ure d'or, les branches perforantes figurent des bag:ilettes réguliè- 
rement cylindriques et d'apparence homogène. Mais aussitôt qu'elles ont 
atteint la membrane de Bowmann, un léger renflement marque la termi- 
naison de la i;aine névroglique et l'on en voit sortir des neurites qui désor- 
mais sont nus et qui se distinguent facilement des branches du plexus par 
leur gracilité et leur aspect moniliformc. Chaque branche perforante con- 
tient I, 2, 3, quelquefois ] neuiites, ([ui s'échappent de son extrémité en 
formant comme les lanières d'un fouet. (^)uand il n'y a qu'un seul neurite, 
on distingue néanmoins très bien le point où il sort de la gaine névroglique, 
parce qu'il change brusquement de direction, devient plus fin d monili- 
fornie. 

La formation des plexus, dans les tissus mésodermiques de la cornée, 
est uniquement le fait de la névroglie qui, ici comme dans tous les nerfs 
sans myéline, présente une disposition rétiforme: mais les neurites contenus 
dans ces plexus ne s'anastomosent pas entre eux. Lorsque les neurites 
deviennent inlra-épithéliaux, ils abandonnent en même temps la névroglie; 
dès lors, ils peuvent se croiser et venir en contact les uns avec les autres, 
mais ils ne s'anastomosent jamais, comme on ])eut aisément s'en assurer 
par un examen pratiqué dans de bonnes conditions, et ils ne forment pas 
de plexus véritables. 

Dans la cornée, les neuiites n'entrent donc pas en contact avec les tissus 
d'origine mésodermique; ils en sont toujours séparés par une gaine névro- 
glique qui, comme eux-mêmes, provient de l'ectoderme. Mais lorsqu'ils 
arrivent dans un tissu ectodermique, et qu'ils se retrouvent ainsi dans leur 
feuillet d'origine, ils cheminent au contact des éléments épithéliaux, qui 
jouent à leur égard le même rôle que les éléments névrogliques à l'égard 
des neurites contenus dans les nerfs périphériques ou dans les centres 
nerveux. 

J'ai pu m'assurer que Cette loi est générale et que nulle part dans l'éco- 
nomie l'élément nerveux n'entre en contact avec les éléments mésoder- 



(') J. Nageotte, Syncytium de Sc/n\anii en forme de cellules hévrog'liqiies dans 
la cornée {Comptes rendus de la Société de Biologie, t. 70, '91 1)- 



96 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

iniques, sauf peut-être les l'acines antérieures à leur sortie de la uioelle 
p;adiint une pîriole trèi courte du développement embryonnaire; chez 
l'adulte, les neuritessont contenus dans des territoires ectodermi(|ues d'où 
ils ne peuvent s'échapper que lorsqu'ils rencontrent un épithéliuni de 
même origine embryonnaire. En somme, la migration du système nerveux 
au sein du mésoderme, pendant l'évolution phylogénique des êtres vivants, 
se fait par la pénétration de tractus formés de tissu nerveux, qui conservent 
une délimitation rigoureuse, sans qu'il y ait de mélange entre les éléments 
anatomiques de ce tissu nerveux et ceux des tissus mésodermiques envahis. 



ZOOLOGIE. — Vamoiir malernel chez la Raie Torpille. Note ( ') de M. Rai>iiael 
Dubois, présentée par M. Edmond Perrier. 

Une forte Torpille ( Torpédo inormorotœ L.), sur le point de faire ses petits, 
ayant été amenée au Laboratoire maritime de Physiologie de Taïuaris-sur- 
Mer, je la fis placer dans un panier en osier, lequel fut immergé dans le parc 
de l'établissement. 

L'animal donnait à ce moment de fortes secousses électriques et ces 
dernières ne furent pas dangereuses pour les petits avant leur naissance, 
car, le lendemain, on en trouva sept, tous bien vivants, accolés sous le 
ventre de la mère ; ils étaient nés pendant la nuit. La Torpille mère parais- 
sait tout aussi vigoureuse que la veille, mais elle ne donnait plus de 
secousses électriques. On pouvait la manier très facilement dans le panier 
tant que ses petits étaient près d'elle. 

Ces derniers ayant été pris pour des expériences, la Torpille jnère se 
remit à donner de fortes secousses comme avant la naissance de ses petits. 

Cette observation montre que la décharge électrique n'est pas seulement 
réflexe, elle est réellement volontaire et consciente. La mère sait (jue la 
secousse pourrait être dangereuse pour ses petits et elle la supprime 
intentionnellement, malgré les excitations qui ordinairement la déclenclieiit 
instantanément. 

Il est curieux de constater encore que les décharges sont inollensivcs 
pour les petits tant qu'ils sont dans le ventre de la mère. Ils se trouvent 
protégés de la même manière que les organes internes de la luile élcctii(|ue. 

(') Séance du 27 décembre 1^20. 



SÉANCE DU '3 JANVIER I921. 97 



BACTÉRIOLOGIiî. — Action bactéricide du rayonnement que donnent les tubes 
radifcres employés en radiumlhèriipie . Note (' ) de iNIM. Ci-uzet, U<»ciiai\ et 
KoFMAK, présentée par M. A. d'Arsonval. 

Nos l'echerches, qui ont porté surtout sui' le bacille pyocyanique et sur 
le bacille d'Eberth, ont été cflectuées en immergeant dans les cultures en 
bouillon peptoné un tube à paroi de platine de o"°\ 5 d'épaisseui- et con- 
tenant 5o'"*5 de RaBr^, 2H-0. Les cultures étaient elles-mênips contenues 
dans des tubes de verre ayant 10""° de diamètre intérieur. 

Nous avons d'abord constaté que l'action du rayonnement est nulle sur 
les cultures âgées de 24 heures. Dans une première expérience, l'irradia- 
tion a duré trois jours et, dans une seconde expérience, cinq semaines; 
l'ensemencement des cultures irradiées et des cultures témoins n'a donné 
aucune différence soit dans l'abondance des cultures après 24 heures, soit 
dans la morphologie des microbes (bacille pyocyanique). 

Fj'action es't retardante sur les cultures en état de développement rab'nti, 
c'est-à-dire sur celles obtenues en ensemençant un tube d'eau peptonée 
avec une ou deux gouttes de culture de 24 heures et en laissant le tube à 
la température du laboratoire (16"), au lieu de le placer dans l'étuve à 77°, 
de manière à ra-lenti^" le développement de la culture. Dans ce cas, l'irra- 
diation a été poursuivie pendant sept jours; les tubes témoins ont poussé 
au bout de 48 heures, tandis que le tube irradié a présenté un retard de 
1 2 jours (bacille pyocyanique). 

Nous avons alors cherché l'action des appareils radifères sur les cultures 
à Vétat de vie latente., c'est-à-dire sur celles obtenues en ensemençant un 
tube d'eau peptonée avec une ou deux gouttes de culture d'un microbe et 
en laissant le tube dans la glace. Dans ces conditions, les cultures ne se 
développent pas; mais si, quelle que soit la durée du séjour dans la glace, 
on place ensuite le tube dans l'étuve à 3^°, les microbes se reproduisent 
abondamment; ils étaient à l'état de vie latente pendant le séjour dans la 
glace. Une série d'expériences nous ont montré que dans ces conditions le 
bacille pyocyanique (race F) pouvait être détruit par une irradiation de 
7 jours, soit 8400 mg-heures de bromure de radium hydraté, et le bacille 

(') Séance du ■>.'] décembre 1920. 

C. R., igîi, I" Semestre. (T. 172, N° 1.) 7 



9© ACADEMIE DES SCIENCES. 

d'Eberlh, par une irradiation de 12 jours, soit i4ooo mg-heures. Les 
témoins donnaient des cultures abondantes en 4 ^^ heures après le séjour 
dans la glace. 

Les résultats précédents pouvaient laisser supposer que le rayonnement 
des appareils radifères in fertilise le bouillon, sans avoir d'action directe 
sur les microbes; mais, ayant soumis de l'eau peptonée à une irradiation 
de 7 jours et l'ayant ensuite ensemencée (bacille pyocyanique) ainsi que 
deux tubes témoins, nous n'avons obtenu aucune différence entre les trois 
cultures. Le milieu n'est donc pas infertilisé par le rayonnement. 

On a vu plus haut que pour détruire le bacille d'Eberth il faut une dose 
plus forte que pour détruire le bacille pyocyanique. Nous avons constaté, 
en outre, qu'un échantillon de colibacille n'est pas influencé par la dose de 
8400 mg-heures, qui est cependant mortelle pour le bacille pyocyanique F. 

La dose bactéricide varie donc avec l'espèce; mais elle varie aussi avec 
les races d'une même espèce. Ainsi pour un bacille pyocyanique de la race 
P de Gessard, la dose précédente a produit un simple retard de 12 heures 
et non la stérilisation, comme avec le bacille de race F. 

En outre, en prolongeant le séjour des cultures dans la glace 12 jours 
après la fin de ^a période d'irradiation, on obtient la destruction du bacille 
d'Eberth avec une dose de 9600 mg-heures (8 jours d'irradiation) qui avait 
seulement déterminé un simple relarddans le dévelopj:)ement de la culture 
à la fin de l'irradiation. Pour se manifester complètement, l'action du 
radium demande donc une certaine période latente. 

Il y avait enfin lieu de rechercher quelle est la partie du rayonnement 
qui possède l'action bactéricide : les radiations y, seule partie du rayonne- 
ment primaire du radium pouvant traverser la paroi de platine du tube 
radifère, ou les rayons (3 secondaires, émis à la face émergente du tube de 
platine. Nous avons éliminé les rayons secondaires au moyen d'un écran en 
verre de 1°"° d'épaisseur enveloppant le tube radifère à paroi de plaline; il 
s'est produit alors après une irradiation dans la glace d'une durée de 
7 jours, puis d'une durée de i5 jours, un simple retard dans le développe- 
ment du bacille pyocyanique, mais non plus la stérilisation. Ainsi, de tout 
le rayonnement mis en jeu par l'appareil radifère, les rayons {3 secondaires, 
émis en faible proportion, paraissent seuls bactéricides. Les tubes radifères 
employés en radiumthérapie ont donc un faible rendement si on les utilise 
dans un but de stérilisation , et cela explique (pie pour pouvoir faire absorber 
aux microbes la dose mortelle, nous avons dû placer ceux-ci en état de vie 



SÉA^CE- DU 3 JANVIER I921. 99 

latente. Au contraire, les auteurs qui, avant nous, ont obtenu l'action 
bactéricide mélangeaient l'émanation aux cultures ou faisaient agir des 
appareils radifères laissant passer les rayons a et [3 primaires; ils avaient 
une forte proportion de rayons bactéricides et pouvaient arriver à la stéri- 
lisation sans arrêter au préalable, comme nous avons été obligés de le faire, 
le développement des cultures. 



BACTÉRIOLOGIE. — Le inicrohc hactériophagc, agent d^ùnrntinile dans ta peste 
el le harhone. Noie de M. F. u'IIekklle, présentée par M. Koux. - 

Je n'avais eu, jusqu'ici, l'opportunité de rechercher le microbe baclério- 
phage que dans des maladies présentant des manifestations intestinales : 
dysenteries bacillaires, fièvres entériques, typhose aviaire; dans toutes ces 
maladies, j'avais réussi à isoler un microbe baclériophage actif contre la 
bactérie pathogène. Il était intéressant de vérifier si le fait restait limité 
aux maladies intestinales ou s'il s'agissait d'un phénomène général de 
défense. 

Dans le courant du mois de juillet dernier, j'ai pu étudier une sévère 
épizootie de barbone qui sévissait dans l'ouest de la Cochinchine. Au 
moment où l'épizootie louchait à sa fin dans les villages de la commune de 
Thoi-Binh, j'ai prélevé des échantillons de déjections de nombreux buffles 
sains, vivant dans des étables où des animaux avaient succombé peu de 
jours auparavant; ils avaient donc résisté à la contagion. Dans toutes les 
déjections examinées, j'ai reconnu la présence d'un baclériophage actif 
contre la bactérie du barbone, baclériophage que j'ai pu isoler el cultiver. 
Je n'ai pu le rechercher chez le convalescent : on n'a pu m'en désigner 
aucun, tout buffle atteint mourant dans les vingt-quatre heures. Le baclé- 
riophage actif contre la bactérie du barbone ne se rencontre qu'exception- 
nellement dans les déjections de buffles vivant dans des régions indemnes. 

J'ai entrepris des recherches en vue de déterminer les conditions de 
l'immunisation parles cultures du microbe baclériophage. Outre l'intérêt 
que présentait la découverte d'une méthode de protection contre une 
maladie d'une importance économique considérable en Extrême-Orient, 
le barbone, par sa nature, se prêle admirablement à une élude sur l'immu- 
nité. Nous pouvons déjà faire connaître que l'injection au buffle d'une 
minime quantité d'un bactériolysat obtenu en faisant agir le baclériophage 



lOO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

actif sur une culture de la bactérie du barbone, confère à l'animal l'état 
réfractaire vis-à-vis de l'épreuve expérimentale. 

En venant en Cochincliine j'avais l'intention de rechercher si, dans la 
peste humaine, la défense était également assurée par un bactériophage. Il 
ne m'a pas été possible de le rechercher chez le convalescent, car, outre que 
les convalescents sont rares, la maladie n'a fait cette année que peu de vic- 
times en Cochinchine. En septembre, une petite épidémie localisée a été 
signalée dans la ville de Bac l^ieu, qui constitue d'ailleurs un foyer inter- 
mittent; une dizaine de cas se sont produits, tous suivis de décès. Une épi- 
démie de peste humaine n'étant que la conséquence d'une épizootie 
murine, j'ai pensé que si" ma théorie de la défense de l'organisme par les 
bactériophages était exacte, les rats survivants, c'est-à-dire qui ont résisté 
à la contagion ou ont guéri, devaient présenter dans leurs excréments un 
bactériophage actif contre le bacille de Yersin. Cette fois encore, l'expé- 
rience a confirmé la théorie. J'ai fait prélever des excréments de rats en 
quatre endroits dilTérents de Bac Lieu : tous quatre contenaient un bacté- 
riophage extrêmement actif que j'ai pu isoler et cultiver en série. Je me 
propose de recherciier le degré d'immunité conféré par ces cultures, et 
d'étudier les conditions de leur application comme vaccin dans la prophy- 
laxie de la peste humaine. 

Je signale également qu'ayant eu roccasion d'observer des élevages de 
vers à soie où sévissait la flacherie, j'ai constaté que la défense chez ces 
insectes était également le fait d'un microbe bactériophage. 

La conclusion à tirer de ces nouvelles recherches, c'est que la défense par 
bactériophage constitue un fait général. Chaque fois qu'un organisme ani- 
mal guérit d'une maladie bactérienne, chaque fois qu'un animal résiste à 
l'infection, on peut isoler du contenu intestinal une souche du microbe bac- 
tériophage active contre la bactérie pathogène. En cas de septicémie on 
peut parfois constater le passage subséquent dans la circulation du microbe 
bactériophage, mais toujours d'une manière momentanée. L'habitat nor- 
mal et permanent du microbe bactériophage, c'est l'intestin. 



SÉANCE DU 3 JANVIER 1921. 



MÉDECLNR EXPÉRIMENTALE. — Sur la transformation néoplasir/iie ries fibres 
niusculiiirrs striées a^'ec métastases riscérales flans révolution du sarcome 
expérimental des oiseaux. Noie de MM. Aiexander Pai.ve et Ai-bkkt 
Pevron, prés(mtée par M. Roux. 

Nos recherches poursuivies en collaboration sur le sarcome infectieux 
des oiseaux viennent de conduire à une constatation décisive en faveur de sa 
nature néoplasique que les auteurs, en majorité, continuent à contester. 

Pour pouvoir réfuter l'a^serlion que la lésion sérail un « simple granulcme » déve- 
loppé auK dépens d'éléments lymplio-conjonctifs, nous avons aboidé l'étude, négligée 
jusqu'ici, des premiers slades en examinant jour par jour sur coupes sériées les nodules 
obtenus par injections de filtrat d'une part dans le tissu conjonclif (bajoues et crêt'-s), 
d'autre part dans les fibres musculaires du pectoral. 

Dans le premier cas nous avons vu que le mode d'organisation de la tumeur, rappe- 
lant certaines tendances évolutives du mésenchyme embryonnaire des oiseaux, diffère 
totalement de celui des lésions inflammatoires banales qu'on réalise par exemple en 
ajoutant au filtrai une terre à diatomées. 

Pour le muscle nos recherches ont été précédées par celles de Pentimalli (') à qui 
revient le mérite d'avoir signalé le premier, avec la réaction précoce des éléments 
lyrapho-conjonclifs et des cellules fixes, une prolifération conséculive des fibres mus- 
culaires. 

Mais l'auteur italien, dont les recherches surtout expérimentales ne portaient pas 
spécialement sur l'histogenèse, n'a pas cru devoir formuler de conclusions iléfinitives 
sur la signification de celle prolifération. 

Pour apporter une démonstration rigoureuse et élective de la transfor- 
mation néoplasique du muscle nous avons cherché d'une part à réduire au 
minimum la réaction des éléments conjonctifs interstitiels. A ce point de 
vue notre filtrat de tumeur fraîche est préférable à l'extrait desséché 
employé par Pentimalli (') en suspension dans le liquide de Ringer sans 
filtra lion ni centrifugalion préalables. 

D'autre part, nous nous sommes efforcés de réaliser une néoplasie à 
marche lente" afin que les métastases viscérales aient le temps de se déve- 
lopper. Sur ces deux points et particulièrement sur le dernier, les résultats 
ont été probants, comme le montre le protocole ci-dessous. 



(') Pentimalli, Tuniori dei Polli {I^o Sperimenlale, avril 1917). 



I02 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Un coq adulle reçoit dans le pectoral i '^"'' de filtrat sur boutjie Chaniberiand L*. La 
tumeur se dés'eloppe très leiileiiient. — 47 jours ;i|)rès, l'animal sacrifié montre des 
noyaux méiastatiques dans le foie et les poumons. 

Examen de la tumeur pectorale au voisinage des muscles. — Les fibres muscu- 
laires normales, de coloration lie de vin après le trlchrome au bleu d'aniline, paraissent 
infiltrées d'éléments cellulaires volumineux à forme ovoïde assez régulière, dont le 
cytoplasme finement vacuolisé ou réticulé au centre montre souvent à la périphérie 
une mince coque de fibrilles ordinairement homogènes, mais parfois striées. A mesure 
qu'on s'éloigne des fibres musculaires ces éléments diminuent de volume; ils s'isolent 
parfois à l'état globuleux ou fusiforme au milieu d'une gangue de nature collagène, 
mais le plus souvent s'anastomosent en un réseau fenêtre. Cette dispo-iiion qui sera 
décrite ailleurs avec plus de détails correspond en fait à la structure des myomes; et 
les grands éléments à cytoplasme rose sont en réalité des myocytes provenant dune 
dédifîérenciation des fibres musculaires dont les stades successifs peuvent être suivis 
aisément au niveau du noyau, du sarcoplasme, et des fibrilles. La disposition typique 
des vacuoles au centre de la cellule correspond à celle des disques sarcoplasniiques 
de la fibre mu--culaire embryonnaire. La condensation remarquable de la chromaiine 
au centre du noyau, sous forme d'une masse sphérique ou d'un ruban allongé et épi- 
neux, n'est aulie que celle des myocytes bien connue des anatomopathologislcs eu 
particulier dans la régression des fibres musculaires du myocarde. Ces formes ne 
sauraient être rapportées à l'évolution des éléments d'un sarcome conjonclif banal. 

Une seconde disposition, correspondant sans doute à une dédiiTérencialion plus 
avancée, reproduit le stade syncylial du développement de la fibre striée. On voit 
persister un fragment plus ou moins étendu de la gaine sarcolemmique et du myo- 
plasme, alors que le reste de surface de section de la fibre est transformé en un plas- 
mode réticulé parsemé de petits noyaux. 

Ajoutons que ces dispositions caracléiistiques des fibres striées — les seules que nous 
voulons retenir ici — se dégiadent progressivement pour aboutir à des aspects de 
sarcome banal, dans lesquels il devient impossible de fixer la part originelle des deux 
proliférations cotijonctive et musculaire. 

Métastases viscérales. — Elles paraissent s'effectuer par voie sanguine et repro- 
duisent les diverses dispositions de la tumeur primitive, avec quelques variations 
secondaires. Dans les noyaux hépatiques, les cavités endothéliales vasculaiies sont 
peu'-êlre plus nombreuses et plus régulières; le type néoplasique fusiforme prédo- 
mine. Dans les poumons, (]ui leur offraient sans doute des conditions plus favorables 
de développement, les grands myocytes se sont multipliés, atteignent des dimensions 
considérables et présentent parfois des fibrilles striées, alternant avec des zones de 
sarcoplasme réticulé. 

La persistance des caractères morphologiques du muscle strié, dans cette métastase 
pulmonaire, est particulièrement à souligner. 

Eti résumé, au boni de sept semaines, nous trouvons dans le grand 
pectoral une néopl.isie cousliluée d'éléments en majorité musctilaires (jui 



SÉANCE DU 3 JANVIER ip2I. Io3 

continue de s'accroître rapidement par sa péiiphérie aux dépens des fibres 
striées normales, et dans laquelle la réaction lymphoconjonctive (plasmo- 
cyles éosinophiles, etc.) est aussi minime que secondaire. 

Dans le foie et les poumons, les noyaux métastatiques assez anciens et 
déjà organisés reproduisent la structure du néoplasme initial. 

Or les niétaslasses viscérales des tumeurs réalisées par filtrat aux dépens 
du tissu coujonctif des bajoues, c'est-à-dire sans participation originelle des 
fibres musculaires, ne nous ont jamais montré ces grands myocytes caracté- 
ristiijiies. On doit encore admettre que le virus filtrant d'un sarcome dérivé 
primitivement du tissu conjonctif peut exercer son action de prolifération 
et de flexion morphologique aussi bien sur les fibres musculaires striées que 
sur leurs éléments interstitiels. 

Sur ce point, l'expérience que nous venons de rapporter a levé nos der- 
nières hésitations : Depuis longtemps l'examen d'un grand nombre de 
tumeurs obtenues par greffe, nous avait conduits à penser que la proliféra- 
tion musculaire se produit également, mais à un moindre degré, lorsque la 
tumeur est transmise par greffe intra-peclorale (sans doute parce que la dif- 
fusion du virus hors du greffon s'effectue alors plus lentement?). 

Cette participation des fibres musculaires au développement de la greffe, 
qui découle du reste aisément de l'action du filtrat; n'avait pas été signalée 
jusqu'ici. 

La séance est levée à i6 heures et demie. 

A. Lx. 



Io4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



ERRATA. 



(Tome 156, i'^"' semestre ipiB.) 

Notes diverses de M. de Saint- Aubin ; 

Page 433 (sé<nce du 10 février), page ii3i (séance du i4 avril), p:ige 2112 (lablj 
des matières), au lieu de G. de Sainl-Aiibin, lire .1. [Jacques] de Saint-Aubin. 



(Séance du G décembre 1920.) 

Note d? M. A. de Gramont, Tableau des raies de grande sensibilité des 
éléments, destiné aux recbercbes anal^'tiques : 

Page 1107, Etain, 3" colonne (oculaire), au lieu de 524,7. '"'^ 4524,7', 4" colonne 
(crown uviol), ajouter 3173,0; Fer, 3" colonne, au lieu de 44o4i3, lire 44o4)8. 

Page 1108, Molybdène, 4" colonne, ajouter 3524,7; f'Ial'ne, 3' colonne, au lieu de 
53oi,6, lire 53oi,o; 5" colonne (quartz), supprimer 2734.9; Silicium, 4" colonne, 
ajouter 39o5,5; Sodium, ajouter 2802,8. 



(Séance du \'5 décembre 1920.) 

Note de M. Ph. Glangeaud, Sur les traces laissées dans le Massif Central 
français par les invasions glaciaires du Pliocène et du Quaternaire : 

Page 1222, ligne 3 en remontant, au lieu de ne présente plus aucune trace gla- 
ciaire, lire ne présente, d'après M. Boule, que de rares traces glaciaires; ligne 2 en 
remontant, au lieu de moraines ont disparu, lire ont presque complètement disparu. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 10 JANVIEIl 1921. 

PRÉSIDENCE DE M. Georgi:s LEMOIXE. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

ENTOMOLOGIE. — Utilisation des Coccinelles contre les Insectes nuisibles aux 
cultures dans le Midi de lu France. Note de M. Paul Marcbal. 

La méthode consistant à opposer à certains Insectes ravageurs des para- 
sites ou des prédateurs vivant à leurs dépens, et notamment des Coccinelles, 
a pris dans ces dernières années un très grand développement dans divers 
pays étrangers et particulièrement en Californie. Des insectariums spécia- 
lement aménagés pour la multiplication de ces Insectes bienfaisants ont été 
édifiés dans les districts où dominent les cultures fruitières, les uns étant 
fondés par l'Etat, d'autres par les propriétaires. Le but de ces installations 
fut d'abord d'élever des parasites ou des prédateurs exotiques et de les 
acclimater pour enrayer la propagation désastreuse de certains Insectes 
nuisibles accidentellement importes de diverses parties du globe. Mais ces 
établissements ne se bornèrent pas à cette œuvre d'acclimatation quieutpour 
conséquence l'acquisition de nombreuses espèces utiles, nouvelles pour la 
faune du pays; ils visèrent ensuite la production intensive de certains de 
ces auxiliaires, choisissant parmi eux les plus efficaces et les plus facilement 
maniables, de façon à avoir toujours des réserves prêtes à être dirigées sur 
les cultures envahies. 

Dans notre pays, le littoral méditerranéen qui, en raison de la douceur 
de son climat et de la multiplicité des plantes diverses que l'horticulture y 
a concentrées de toutes les parties du monde, ne se prête que trop à l'inva- 
sion des Insectes nuisibles exotiques, semblait particulièrement désigné 
pour y mettre en pratique les méthodes américaines. 

G. R., J921, I'' Semestre. (T. 17Î, N° 2.) ^ 



lo6 ACADÉMIE DES SCIEXCES. 

L'événement qui motiva une première intervention dans cette voie fut 
l'apparition au cap Férat, en 1912, d'une redoutable Cochenille austra- 
lienne, Viccrya Piirchasi. On se rappelle comment une petite Coccinelle, le 
Noviiis cardùiah's, ci;alement originaire d'Australie, et qui avait fait 
merveille dans d'autres pays où l'/cprja avait été accidentellement importé, 
nous permit d'enraver rapidement les ravages de cet Insecte, qui avait pris 
un caraclère des plus alarmants. 

Depuis celte époque, un inseclarium a été créé à Menton, et l'un de ses 
principaux objectifs, en dehors de l'étude des ennemis des cultures et des 
divers moyens de lutte qui leur sont applicables, est de rechercher les 
parasites ou prédateurs qui peuvent être utilisés pour comballre les 
Insectes nuisibles de la région, puis de tenterJeur acclimatation et leur 
multiplication, en créant des foyers de l'espèce utile partout où apparaissent 
des nouveaux foyers de l'espèce nuisible. Je me bornerai, dans cette Note, 
à appeler l'attenlion sur une Coccinelle nouvelle pour notre faune, que, 
grâce à la généreuse collaboration de M. L.-O. Howard, diiccteur du 
Bureau d'Entomologie de Washington et de !\I. Harrj' Smith, directeur de 
l'insectarium de Sacramento (Californie), nous avons établie aux environs 
de Menton. 

Connue sous le nom de Cryplo/œ/ntis Mo/itroii:ieri Muls., elle est comme 
le Ntwius cardinalix, d'origine australienne, et c'est aussi de Cochenilles 
fort nuisibles aux cultures méridionales qu'elle se nourrit; mais, dédai- 
gnant Vlcerya, elle s'attaque aux Cochenilles blanches (Pseinlococciis) qui, 
accompagnées de la fumagine, font dépérir les plantations d'Orangers et de 
Citronniers, ainsi que d'autres cultures fort diverses do la région. Cette 
Bète-à-bon-Dieu offre d'autant plus d'intérêt pratique qu'on ne lui connaît 
pas de parasite secondaire limitant sa multiplication. VMc a été introduite 
par Koebele, d'Australie en Californie en 1892, et plus lard, au cap de 
Bonne-Espérance et aux îles Ilawaï, où elle a rendu de grands services 
contre les Cochenilles blanches. C'est par centaines de mille, et d'une façon 
en quelque sorte industrielle, qu'on l'élève aujourd'hui dans les insec- 
tariums de Californie et en particulier à Alhambra, sa multiplication étant 
intensifiée par le forçage des générations en hiver : indépendamment du 
bénéfice qui a été retiré de sa siini>le acclimatation, on trouve ainsi profit 
à la multiplier artificiellement et à la répandre par milliers dans tous les 
endroits où les Cochenilles peuvent faire un retour offensif. 

Le premier envoi qui fut le point de départ de nos élevages à Menton 
nous a été adressé en juillet 1918 de Sacramento et comportait une quin- 



SÉANCE DU lO JANVIER 1921. 107 

zaine de larves et trois adultes de Cryplolwnms, un second envoi compor- 
tant environ 5oo exemplaires nous parvint au début de l'année 1919 ('). 

Au printemps de celte même année, la multiplication dans les cages du 
laboratoire sur pousses de pommes de terre cbargées de Cochenilles 
blanches s'était poursuivie, sans avoir recours au forçage, avec une inlcii- 
sité suffisante pour permettre la dispersion à l'air libre. 

Les colonisations furent faites par M. Poutiers, chef des travaux de 
rinsectarium, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre, pendant les 
années 1919 et 1920. Kn 1919, chacune des colonisations, était faite avec 
un groupe de 5o à 200 individus; et un millier d'Insectes fut au total 
libéré en réparlissant les lots dans diverses propriétés ou promenades 
publiques de Menton, de Garavan et de Cabbé-Roquebrune. En 1920, 
avec trois milliers d'individus, de nouveaux foyers furent créés sur d'autres 
parties du territoire de Menton et sur celui de la principauté de Monaco. 
Des colonies furent en outre expédiées en Algérie et en Italie. 

Celte année nous avons trouvé des Cryplolœmus en quantité abondante 
sur plusieurs points où nous avions établi des colonies en 1919 et dans des 
endroits éloignés des nouveaux foyers de 1920. Nous avons acquis ainsi la 
certitude que ces Insectes avaient pu passer l'hiver en plein air sous le 
climat de Menton malgré une température anormalement rigoureuse et s'y 
étaient maintenus d'une année à l'autre, de façon à y continuer leur multi- 
plication. 

Dans une culture d'Orangers, où une colonisation avait été faite au mois 
d'août 1919, en dépit d'une taille sévère faite depuis cette époque, taille 
qui créait une condition particulièrement défavorable à la conservation 
des Coccinelles, les Cryplolœmus s'étaient multipliés en telle abondance 
que tous les pieds contaminés par les Cochenilles blanches en portaient un 
nombre plus ou moins grand et que l'invasion de Cochenilles entra en 
rapide régression. 

On peut conclure de ce qui précède que le Cryptolœrnus Montrouziei-i est 
en bonne voie d'acclimatation sur notre littoral méditerranéen et qu'il y 
remplira le rôle utile qu'il joue dans les autres pays où il se rencontre, en 
s'attaquant aux Cochenilles blanches souvent si préjudiciables aux cultures 
méridionales et si résistantes aux diverses méthodes de traitement. 

(') L'élevage, commencé ii Paris sous la surveillance de M""= VuilFet et de M. Vays- 
sière, fut continué à Menton par M. Poutiers, qui assura en outre l'hivernalion par 
une saison particulièrement rigoureuse et la multiplication dès le printemps 19^0 en 
vue des colonisations en plein air. 



Io8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



M. A. Hai-lek s'exprime en ces termes : 

Les deux conférences inlitulées : V Industrie chimique pnidanl la guerre, 
que j'ai l'honneur de déposer sur le bureau de l'Académie, ont été faites 
l'année dernière à la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale. 

Elles ont eu pour objet de montrer les efforts réalisés par le Service des 
Poudres et l'Industrie chimique dans le domaine de la fabrication des 
Poudres, des Explosifs et de quelques autres produits ayant joué un rôle 
important au cours de la guerre. INous y montrons comment, de 14* 
de poudre B qu'il fabriquait par jour en août igi/j, le Service de l'État est 
arrivé, peu à peu, à produire 367' dans les 24 heures, sans compter 
le nombre respeclable de tonnes dont il assura la fabrication aux l^tats- 
Unis. 

Nous y faisons voir également l'effort produit quant à la fabrication des 
explosifs nitrés et nitrates pour laquelle rien n'était pour ainsi dire prévu, 
la matière première nous venant de l'étranger et notamment de l'Alle- 
magne. Le développement de cette fabrication se traduit par les chiffres 
impressionnants de 800' par jour au mois de juillet 1817, alors qu'au 
début de la guerre il atteignait à peine 8' à 9'. 

Dans ce chiffre ne sont pas compris les explosifs chlorates et perchloratés 
dont nos usines pri\ées ont réalisé la fabrication, à raison de 17V, a\ec 
possibilité de la porter à 3oo' dans les 9.!\ heures. 

Pour obtenir un tel rendement, il a fallu créer et agrandir des poudreries, 
s'assurer de la collaboration de l'industrie privée pour la production des 
matières premières, inno\er de nouvelles fabrications, comme celle de 
l'acide azotique synthétique, afin de parer à la pénurie éventuelle des 
nitrates du Chili, dont les arrivages étaient entraxés par la campagne sous- 
marine de l'ennemi. 

La première conférence porte précisément sur la piéparalion de ces 
matières premières indispensables : acide sulfurique, olcum, acide azotique, 
alcool, élher, benzols, phénol, nitrate d'ammonium, etc., dont les unes 
étaient tirées de l'étranger et dont les autres n'étaient produites que d'une 
façon restreinte et proportionnée aux besoins d'avanl-guerre. 

La seconde de ces conférences a été consacrée à la fabrication des ])0udre>. 
des explosifs nitrés et nitrates : acide picri(pic, tolilc, xyllte, nilionaphta- 
lines, chlorates et perchloratés, fabrication dont nous avons signalé plus 
haut le développement graduel. 



SÉANCE DU lO .lA.WlER 1921. 109 

Nous monlrons onlin que le Service des Poudres est encore venu en aide 
à l'aviation en lui produisant du peroxyde d'azote pour ses panclastites, et 
au matériel chimique de guerre pour lequel il a monté, à Angoulême, la 
t'abrication de l'ypérite. 

Un tel résultat n'a pu être obtenu qu'avec le concours éclairé, et plein 
de dévouement, d'un nombreux personnel d'ingénieurs et de chimistes 
auxquels les usines privées comme celles de l'Iltat ont su l'aire appel et qui 
lecevaient les directives du Service des Poudres du Ministère de laGuerre. 



M. Gaston Iîo.wier offre à l'Académie le Tome l\ de la Flore complète 
illustrée de France, Suisse et Belgique. Ce volume, accompagné de plus 
de 600 figures en couleurs reproduites d'après des photographies, renferme 
la fin des Rosacées, les Crassulacées, Saxifragées, Onagrariées, Paronycliiées, 
(irossulariées, etc., ainsi que la majeure partie des Oinhcllifères. 

' GÉOLOGIE. — Sur un ancien lit glaciaire du Rhône entre Lèaz et le 
Pont-Rouge des Usses {Haute-Savoie). Note de MM. Maikice Luueox 

et J. ViLLEMAGXE. 

La géologie du quaternaire des environs de Bellegarde a donné lieu, 
depuis très longtemps, à une série de recherches. Dans ces dernières années, 
ces territoires ont été l'objet de travaux très jjrécis dus à MM. W. Kilian 
et J. Revil ( ') qui, par des découvertes d'une haute importance et par une 
analyse des faits révélés par leurs prédécesseurs, ont pu donner un aperçu 
synthétique du plus haut intérêt. Ils ont montré que deux complexes gla- 
ciaires s'emboîtaient en long comme en hauteur entre le fameux défilé du 
Fort de l'Ecluse et Bellegarde : un régime élevé de moraines puissantes 
d'une phase de retrait du glacier wiirmien, ayant à sa base des alluvions de 
progression, domine un régime de moraines plus basses appartenant à la 
récurrence néowiirmienne (Kilian) subdivisible en deux stades, celui de 
Léaz en aval el celui de Longeray-CoUonges en amont. 

Sous ces moraines de récurrence existe un dépôt lacustre bien connu 
dans le défilé du Fort de l'I'xluse. Il serait antérieur à la phase de récur- 
rence, reposant sur un subslratum rocheux de profondeur inconnue. 

(') W. Kilian et J. Ri;vii,, Étn tes sur la périnde pléistocène clan'; la partie moyenne 
.du bassin du llliône (Annales de l' Unive/sité de Grenoble, t.. 20, 191S). 



IIO ACADEMIE DES SCIENCES. 

Le défilé du Fort de l'Écluse aurait donc débuté dès l'époque rissienne, 
peut-être avant. Il se serait approfondi t,'raduellenicnt (par l'efTet alternatif 
des érosions glaciaires et interglaciaires). Puis quand les glaces de l'époque 
Aviirmienne se furent retirées, l'érosion proprement fluviatile commença 
son creusement en descendant au-dessous du tliahveg actuel. Un lac s'éta- 
blit dans le délilé, puis le glacier de récurrence néovviirrnien réoccupa le 
défilé qu'il remblaya et, à son départ, le llhône commença son travail non 
encore terminé en cboisissant, à l'est du roclier de Léaz, par épigénèse, 
localement, un nouveau passage. 

Cette histoire est cependant plus compliquée encore. 

Lorsqu'on examine des hauteurs de Grésin le caiion molassi([ue. on reste 
frappé par un spectacle d'une saisissante grandeur. Subitement, à environ 
800"' en amont du l'uisseau de Parnant, les hautes parois cessent et foni 
place à une vallée plus largement ouverte, aux versants beaucoup plus 
adoucis. De fait, à partir de ce point jusqu'au rocher de Léaz, le Rhône ne 
s'écoule plus entre des parois rocheuses, mais entre des dépôts glaciaires et 
fluvioglaciaires [)lus ou moins stratifiés, avec des lentilles de conglomérat^, 
sur lesquelles il coule. La molasse indiquée par la carte géologique n'existe 
pas. 

Le Rhône entre donc brusfjuemeni, à angle droit, dans un pays molas- 
sique et la surface de la molasse est plus élevée (45o"' environ) que 
l'alluvion lacustre (33o'") et fluvioglaciaire (4oo'" à 4^0"') du défilé. Ce 
fait, joint à celui de l'absence complète de parois rocheuses, laisse supposer 
qu'une ancienne vallée doit evister par où s'écoula l'ancien glacier wiirmien 
et le Rhône infra ou interglaciaire. 

Cette ancienne vallée que l'on amorce ainsi le long du Rhône s'étend en 
efl'et, très large, sur tout le territoire de Clarafond et de Vanzy et débouche 
dans celle des Usses, entre le Pont-Rouge et Mons. Nulle part, sur ce 
grand espace, nous n'avons trouvé trace des affleuremenls de molasse 
signalés par la caile géologique dans les vallons. Partout il n'existe que 
des terrains mobiles dans les moraines sous lesquelles apparaissent, an 
voisinage des Dsses, des conglomérats fluvioglaciaires de la progression 
wiirmienne. 

La paroi rocheuse orientale de cette ancienne vallée, (jue nous désignerons 
par l'expression de tronçon de Clarafond, n'est pas connue, entièrement 
cachée par les pentes glaciaires qui s'élèvent vers le Vuache. La paroi occi- 
dentale est aisée à amorcer. On la voit superbe le long du ruisseau de 
Parnant, à l'ouest de Fretière, puis, après avoir disparu sous le glaciaire, 



SEANCE DU :o JANVIER 1921. III 

elle réapparaît, lor.-iqiic Ton approclic des IJsses, (ju'clle alleinl près du 
Pont-Rou^e. 

Dans le versanL droit de la vallée des Usses, les conlours de la molasse, 
sous les conglomérais Ihivioglaciaircs, permettent du reste de dessiner la 
forme en auge de l'anlitpie vallée, dont le fond se montre, par le fait du 
non-raccordement de ses versants, plus profonds que la vallée actuelle. La 
basse vallée des Usses n'est donc que le tracé d'une vieille vallée du Hhone 
abandonnée par son maître. 

Les moraines qui comblent celte antique dépression s'élèvent aux envi- 
rons de Goo'", à Clarafond, sur la ligne de partage des Usses cl du Ubône. 
Elles s'apparentent avec celles qui dominent Bellegarde. L'antique dépres- 
sion ne serait donc qu'une auge wiirmienne. 

Il est à noter que, dans le canon molassique, on aperçoit dans les deux 
versants, en amont du pont de Grésin, la section d'une vallée comblée par 
les conglomérats iluvioglaciaires et qui ne peut guère être que l'ancien tracé 
de la Valscrinc antéwurmienne. 

Comblée par les moraines wiirmiennes et les alluvions de progression, la 
vieille vallée Nord-Sud (le tronçon de Clarafond) n'a plus laissé place 
pour le Rlione après le retrait du glacier wùrmien. Le Kliône a été barré- 
Le lleuve surélevé a cherché un autre chemin et c'est alors que s'est formé 
le lac du défilé du Fort de l'Ecluse dont la retenue n'a jamais été expliquée. 

Au lieu de marcher normalement vers le Sud, le Rhône s'est alors dirigé 
vers le Nord-Ouest et s'est surimposé dans les molasses et plus lard dans 
rUrgonien pour y scier son célèbre cafion. Ainsi s'expliquent les coudes si 
singuliers du Rhône entre le Fort de l'Ecluse et Bellegarde, et cette 
découverte a d\iutres conséquences. 

Aujourd'hui, la vieille vallée se rouvre peu à peu sous l'action de l'érosion 
régressive des tributaires des Usjos cl du Rhône. Nombreux sont les 
glissements de terrain dans ces moraines argileuses. Là, justement où l'on 
projette un canal de navigation par le torrent de Saint-Pierre, en existent 
de nombreux qui rendent le canal aussi inexécutable que le serait le tunnel 
en charge que l'on a également projeté, pour utiliser la chute du Rhône, 
en détournant urte part considérable du débit du fleuve vers la vallée des 
Usses : ce tunnel à grande section devant traverser les matériaux meubles 
des moraines qui remplissent la vieille vallée dans sa section amont. Une 
autre conséquence découle encore de l'existence du vieux tronçon de 
Clarafond. Nulle part nous n'avons su voir le fond rocheux de la vallée 
^vurmienne. La profondeur du vieux thalweg est inconnue. Si l'on excepte- 



112 ACADEMIE DES SCIENCES, 

les seuils rocheux des tronçons épigénétiques du fleuve, nulle part, entre la 
Balme près Yenne (Savoie) à la cote de 200'" environ jusqu'au lac Léman 
(370"), le Rhône poslglaciaire n'a al teint le fond des antiques vallées inter- 
glaciaircs. Tout haut harrage que l'on projetterait dans les poinls où le 
fleuve s'écoule à l'aplomb des anciens thalwegs risquerait de rencontrer 
des difficultés d'exécution insurmontables. Tel serait le cas d'un barrage 
que l'on voudrait, par exemple, construire de l'amont du défilé de (îrésin 
au rocher de Léaz. Ainsi une découverte géologique qui ne peut, au 
premier abord, ne présenter qu'un intérêt de curiosité, prend une impor- 
tance exceptionnelle quand on envisage l'utilisation do la force hydraulique 
du fleuve. 



CORRESPOND A^ CE . 



M. E. FAir.fi-FuEMiET adresse un Rapport sur les travaux efl'ectués avec 
la subvention accordée sur le Fonds Bonaparte en 1919. 

M. Tui FiEU prie l'Académie de vouloir bien le compter au nombre des 
candidats à la place vacante, dans la Section de Médecine et Chirurgie, 
par le décès de M. Gityo/i. 

MM. Marcel DELÉi'i.vEet Camille Matigvox prient l'Académie de vouloir 
bien les compterau nombre des candidalsàlaplace vacante, dans la Section 
de Chimie, par le décès de M. Armand (iaiilier. 

M. le MivisTRE DE L'Ar.RicrLTiRE invile l'Académie à lui désigner trois 
de ses Membres qui occuperont, dans le Conseil supérieur des stations 
agronomiques et des Laboratoires ai^ri'v/rs, 1rs trois places vacantes par le 
décès de M. Armani/ Gautier et par l'expiration des pouvoirs de MM. L. 
Guinnard et A.-T/i. Sc/iia'si/ts\ 



M. le Seckétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

Knei iiéli(iae générale, par Fri.ix Michald. (Présenté par M. Routy.) 



SÉANCE DU lO JAWIEK 1921. Il3 

ASTRONOMIE. — Ohsi'nvilio/i.u/c la cornclc SkjeUcnip(\ç^io h), faites à Vèijun- 
toriiil coudé (Ici' Obseivaloire de Nice . Note de M. A. Si:iiau.>iasse, présentée 
par M. B. Baillaud. 

Monibvc 

Dates. 'l'cmps moyen tic l.og. fact. Déclinaison I.oy. tact. 

igiO. lie Nice. A3l. AiÔ. comp. Jl apparenle. paiall. apparenle. parall. * , 

h m s 111 s , „ h m s ^ ". ' " 

Dec. 16 15.29.22 +1.48,01 — '>.'i9>''- ïJl'o 9.io.r)5,o3 6,071 — '1.52.22, 5 0,820 1 

» 20 17. 5. 2 — 3. 3,78 — J.47,3 18:10 9.30.44,99 9,222 -1-0.56.38,8 0,778 2 

» 23.... 16.21.35 4-0.25,46 — '..21,8 18:10 9.44-3o,oi 8,935 -i-5.i6.58,2 . 0,736 3 

Positions moyennes des étoiles de comparaison. 

néduction Réduclion 

M moyenne au Déclin, moyenne au 

^, Gr. 19-20,0. jour. 19':!ll,0. jour. Aiilorilés. 

1 8,0 9. 9. 2,09 -+-4,3! — 4-ai-i2,9 — 20,4 btrasboiiig .Kj-i 

2 8,4 9.3o.|4,38 -h4,39 -f-i. 0.49,6 —20,4 i (Abb. 6i53 -f- Alb. 38i3) 

3 8,6 94i- 0,10 -1-4, 4'J +5.19.45,9 —25,9 Leipz II 0256 

Remarques. — Décembre 16. — Comète de grandeur 10, 5 présentanl une conden- 
sation mal définie entourée d'une nébulosité très diffuse, de i',5 environ de diamètre. 
Décembre 23. — La Lune éclaire forleinent pendant l'observation. 



ASTRONOMIE. — Éléments provisoires de la nouvelle comète ïC)-20 b (Skje/feriip). 
Note de MM. G.FAYEret A. Schau.masse, présentée par M. B. liaillaud. 

En utilisant les observations obtenues les 16, 20 et 23 décembre par 
M. Scbaumasse, à l'aide de l'équalorial coudé de l'Observatoire de ISice, 
on a déduit le système d'éléments paraboliques 

T =: 1920, décembre 1 1, o6i5, temps moyen de Greenwicli ; 

o r it 

oT, = 107.47. 7 J . _ _ 

i = 22. 8.5o > Kclipliqiie et èquinoNe moyens de 1920,0, 

f.j =340.55. 7 ) 

log^ := O,o6o32. 

• , ,. ,,-x ^x ( cos3flf>, ==— 4",8 

Représentation du heu nioyei. (O — O) < ,„ ,„ ,. 

i J ^ ' j </j3 =-t- 4 ,6 



.<s. 


^^ ^ 


Ncmbre 
cle 




A.l\. 


AP. 


coin par. 


Grandnir. 


■2"' l'so 


-t-6'.27'i5 


24:6 


10, .5 


1.49,39 


+ 3.40,2 


24:6 


1 , .ï 



1.^. f.irl. 


Distance [lulairc 


Loy. fact. 


uallaxc. 


apparente. 


parallaxe. 


' : -^67,, 


75. 2.46,2 


o,7i3„ 


r,6o8„ 


72.26.18,1 


0,716,, 



Il4 ACADEMIE Di:S SCIEXCES. 



ASTRONO.MIE. — Observations dclacomcieSkji'llcrup faites à V Observatoire de 
Bordeaux {équatoriul de o™, '5%). Noie de M. H. Godak», présentée par 
M. B. Baillaïul. 



lil-iO Dec. 3o I 

19:>l Janv. i ■>. 

l'ositions (ippiu entes de la comète. 

Temps moj'cii Ascension droite L 
Date de Greenwicli. apparente. p; 

Il m s h m s 

1920 Dec. 3o. . 11.48. (),g 10. i3. \ ,iji 
1!V2! .laiiv. !.. 11.12. 6,8 10.20.19,87 

Positions des étoiles de comparaison. 

■dnclion 

n jour. Atilnrité?. 

„ " , r> . ,,| , D ( H-lS" 10'' 12™ El. 44 

i-ai).S Cal. l'iiol. B\. . , , , ^ Z 

{ -+-1I)" 10'' lO"" ht. 57 

^ ( A .G. Berlin A 4 i H 

^'''''' I <;al. l'hot. B\. +17° K^''20'" P:t.42 

Erratum. — 01>iervalii>n du 17 décembre 1920 {Comptes rendus du 27 décembre 
1920): ait lieu de i 1 ''4 i"'3 i\ 2. /(V'c Temps moyen de Greenwicli 1 2'' 18'", 43", 9. 



CHIMIE .MI.N'ÉRALE. — Sur les polymolyhdatcs tétrahiisi(jucs. 
NoLe de M. S. Posternak, préscnléc par M. L. Matiucniic 

Les polymolybdatfs lu'xabasiques, cl particulièn-mcnl les mcmlnvs sii[)é- 
riciirs de la série, subissent, sous l'influence de la chaleur, des aciiles miné- 
raux en excès ou de MoO' à chaud, une dislocation hydroiyîinuo, avec 
production de fragments asymétriques ayant, d'un cùlé. trois oTchydryles, 
combinés ou non avec une basi-, de l'autre un seul oxhydrylc, à l'eiKhoit de 
la rupture de la chaîne, (j'cst là l'origin»- des polymolybdales fétrabasiques, 
groupe nouveau jusqu'ici complètement méconnu. 

Les composés de ce genre étaient envisagés comme des mélamolybdah-s 
dibasiques parce que, à l'exemple de Svandbcrg et 5truve, on y dosait l'eau 





Ascension droite 


Réduction 


Dîstance polain 


r,r. 


moyenne. 


au jour. 


moyenne. 


8,5 


io.'i4"'58'78 


-t-4,53 


74.55.47.7 


s, fi 


10.22. 7,94 


-f-l,3l 


73. 2'.. 24,0 



SÉANCE V>V lO JANVIER 1921. Il5 

par calcinalion ou par dinérriicc ce (jui laissail confondre Feaii de cristal- 
lisation avec fi'lli' de coiislilulion. Dans le Tableau ci-dessous sont récapi- 
tulés les polyinolyhdaLes lélral)asi(]ucs menlionnés dans mes précédenles 

Noies ^'): 

l'olviiKilvljilaU-s tclr;il)aii(|iiL-s. Sels lioxalKisi^iucs gciuTalcuii. 

(NaO)-OH.MoO(O.MoO-)-OH -t-61lM» 3 .\a-O.7Mo0'4- 2?. Il'O 

(NIIM:))nioO(O.MoO = )'OH 3(NH')-.i2l\IoO' + 6Il^'0 

(Nll'0)3MoO(O.Aro02)"OIl 3(NH')MJ.9MoO^+7HMJ 

l\H'0(OII)-iVIoO(O.MoO-)'OII -^ii-<) Liqueur inoiylKlIfiue ;i chaud 

L'élude de la liqueur molybdique nous en fournil d'autres e.veniples. 

En examinant les changements di' composition du pliospliomolybdale 

d'ammoniaque (-), nous étions arrivé à la conclusion qu(^ l'acide molyb- 

diqui', en solution fortement acide, devait se trouver à l'étal léliamolyb- 

dique. Il est possible, en elTel, de préparer li- télramolybdate trihydroryam- 

moniquc 

Nll'0(OII)-MoOiO.MnO=iH1Il-(-5IPO 

en mélangeant 100""' d'une solution de molybdatc d'ammoniaque ordiraire 
à 10 pour 100 avec 16""' de liqueur molybdique ou avec 25""' de SO''H- 
deux fois normal et 10? de sulfate d'ammoniaque. Ce sel perd "iH^O dans 
le vide sulfurique et encore H-0 à l'éluve, de i3o° à iGo". 

Roseriheim (^), qui a préparé le même corps autrement et y a dosé l'eau 
par dilîérence, en avait fait un octomolybdale ( Ml')-0.8MoO' + i3H-0, 
en se conformant à l'ancienne classification d'Ullik (* ). 

Les propriétés de ce sel sont curieuses et significatives pour la théorie des 
polymolybdates. Dissous dans l'eau et ainsi soustrait à l'influence d'un excès 
d'acide, il se recondense et devient instable; ses solutions aqueuses, chauf- 
fées au bain-marie jusqu'à l'apparition d'un trouble ou maintenues à l'éluve 
à 4o°, déposent des courtes aiguilles ayant la composition d^un peutamnlyl)- 
datc inhydroxyammoniquc \ H ' G ( OH )'- Mo O ( O .Mo O- ) ' OH , sel anhydre 
perdant H'O de constitution de [3o" à 160^, comme tous les composés de 
celte série ayant deux oxydryles voisins. Rosenheim et Félix {'') le considé- 
raient comme un décaniolybdate (NH')-0.ioMoO'+ 3H^0, pour les 

(') Coniples rendus, t. 171, 1920, p. iô.")S et iîiS. 

(-) Coniples rendus, t. 170, 1920, p. 930. 

(') Zeitsch. f. anorg. Cliemie, t. 15, 1897, p. 180. 

(*) Ann. der Cli. und Pharin., t. Hvk, 1867, p. i(\\ el Sio. 

(") Zeitsclu f. anorg. Chemie, t. 79, I9i3, p. 29;. 



Ilb ACADÉMIE DES SCIENCES. 

inèiiies raisons que précédemment. Les eaux mères, concentrées sur S041-, 
laissent cristaliiseï- le dodécamolybdatc liexammonique. 

Si l'on recristallise deux fois le tétramolybdate précédent dans 4 parties 
d'eau à 7:")", en ayani soin de filtrer la partie insoluble, on le transforme en 
Iridécamolybdatc lribydroxylriammoni({ue 

( Nll'0,^MoOiO..Mo()M"<)..MoO(OH)^-f-i9lI-U 

que nous connaissons déjà pour l'avoir obtenu dans d'autres conditions. 

L'insoluble, cristallisé en aiguilles prismatiques, forme environ 3 pour 100 
du tétramolybdate mis en œuvre; il présente la composition de Vhexamo- 
lyhdale triliydroxyammoidque NH* O (OH )- Mo O (O.Mo O^ )'' ( )H + H- O . 

Le même hexamolybdale tétrabasique se dépose spontanément, à la 
longue, dans les liqueurs molybdiques, sous forme de sédiment gris qu'il 
ne faut pas confondre avec les cristaux jaunes de MoO'.2H-0 dont l'appa- 
rition est plus tardive. 

Il est évident que tous ces polymolybdates tétrabasiques, qui contiennent 
au maximum 7 chaînons molybdiques, proviennent de la décomposition 
d'un sel plus complexe existant dans la liqueur molybdique à côté du 
fragment tétramolybdique. On peut l'en séparer par dialyse : l'acide 
nitrique, le nitrate et le tétramolybdate d'ammonium sont rapidement 
éliminés, tandis que le polymolybdate complexe reste dans le dialyseur 
pendant assez longtemps. 

On obtient ainsi, après G jours, une solution dans laquelle le rapport 
MoO' : NH^= i3. Il s'agit donc du IrUléramnlybdaie pentahydroxyainmo- 
nique 

^H■• 0( OU )2 Mo O(n.MoO^)" O.Mo 0(011)' 

qu'il n'a pas été possible d'obtenir à l'état cristallisé, mais (pie l'adjonction 
de nitrate d'ammonium précipite sous forme de sel tribydroxylriammo- 
nique. 

D'ailleurs, l'acide molybdique soi-disant colloïdal que (iraham (' ) avait 
préparé par dialyse d'une solution d'orthomolybdale de soude, fortement 
acidifiée par 11 Cl, a une composition analogue. Après élimination du 
chlore, l'acide molybdique et la soude restant dans le dialyseur s'y trouvent 
dans le rapport de iii ou i3, suivant la durée de l'opération ; on ne réussit 
donc pas, comme on le voit, à préparer l'acide tridécamolybdique libre en 
suivant la méthode de Graham. 

(') Comptes rendus, l. 39, iSfi'i, p. \-\. 



SKAXCK 1)1' lO JAXVIEU If)2I. ITJ 

Cesfaitsconfirmenl.de nouveau celte notion iinporlante que la conden- 
sation de l'acide molylidiquo a une limite qui est atteinte par la formation 
de l'acide Iridécaniolybdic/iie. Ils démontrent aussi que la classification 
courante en ortlio, meta et paramolyhdates, avec les différences profondes 
qui les séparent, n'a pas de raison d'être. Il n'existe que deux groupes de 
molybdates: i" les polymolybdates hexabasiques dont les ortho et para- 
molybdates ne sont que des cas particuliers ; et 2° les polymolybdates tétra- 
basiques qui dérivent des précédents par rupture bydrolytiquc de leur 
chaîne. 

Il va sans dire que ces recherches ne touchent en rien à la question des 
hétéropolymolybdates qui reste entière. 

GÉOLOiilE. — Observations sur les allmions anciennes de la Seine. 
Note (') de M. E. Ciiaput. 

Les trois niveaux fondamentaux de terrasses (SS^-SS", 55™-6o™, 
qS^-iod"^), indiqués précédemment pour la Seine maritime, existent aussi 
plus en amont, nettement caractérisés, avec adjonction d'une terrasse 
de i5'"-2o'° (-). 

Autour de Rouen, où les paliers supérieurs des terrasses ont été souvent 
détruits au cours des déplacements des méandres, il faut cependant noter, 
outre la terrasse d'Oissel (altitude relative 18'"), celle du Rond-Point des 
Bruyères (35'") nettement isolée par des talus. Les alluvions de cette ter- 
rasse sont visibles surtout aux gravières de Trianon, près du Grand- 
Quevilly, où leur base repose à 20'" sur la craie; on y trouve des graviers 
granitiques et porphyriques de i""-2'^'" encore reconnaissables, tandis que 
les cailloutis plus élevés sont plus décomposés. 

La région parisienne, déjà très étudiée, est plus importante par suite 
des documents paléontologiques et de la grande extension d'une terrasse 
remarquée depuis longtemps, celle des « hauts niveaux » de Belgrand. Il 
faut observer d'abord que le niveau d'éliage est de 26'" à l'entrée de la 
Seine, dans Paris, pour s'abaisser à 20'° à Bezons : les altitudes relatives 

(') Séance du 3 janvier 192 i. 

(-) I^oiii" les faits déjà connus, on trouvera de nombreux renseignements dans les 
Ouvrages classiques de MAI. Ilaug {Traité de Géologie) et Lemoine {Géologie du 
Bassin de Paris). Je renvoie à ces Ouvrages pour les travaux de Belgrand et pour la 
plupp.rt des publications sur les alluvions de la Seine. 



Il8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

doivent être prises par rapport à ces étiages, pour les comparaisons avec le 
Quaternaire des autres vallées. Or la terrasse des hauts niveaux a son 
palier supérieur à ()4™-65"' près de l'entrée de la Seine dans Paris (plateau 
de la rive gauche au-dessus d'Ivry, et de là, vers la place d'Italie); la même 
terrasse est à 6o'°-63'" autour de la porte de Vanves; l'altitude relative est 
donc comprise entre 36'" et 4o"'. 

La faune « chaude » de Montreuil (^Elephns fiiitiquiis Falc, ll/tinoceros 
Mcrcki Kaup) provient de ses graviers de fond. Laville (' ) a signalé une 
molaire à'Elephas mcridionalis JNesti, provenant du plateau d<' Bicêtre, 
mais h^s lamelles de cet'.c molaire sont ])lus serrées que dans les dents 
typiques (ÏEL mcridioiidli.s ; l'échantillon parait se rapporter plutôt à VEI. 
intermedi II s Jour dan (^ E. trogoiitherii Pohlig). L'épaisseur du remblaie- 
ment dépasse 8"' à Montreuil, et comme il s'agit d'un dépôt de bord de 
vallée, l'épaisseur a dû être bien supérieure dans l'axe de la plaine allu- 
viale. 

Les alluvions des « bas niveaux », qui ont fourni la « faune froide » à 
Elephas primigenius Blum. et Rhinocéros tichorhiiius Cuv.. avec outillage 
varié comprenant en particulier des racloirs moustéricns, atteignent une 
altitude relative d'au moins 12™ à Grenelle, Levallois, etc., mais le palier 
supérieur n'est jjas conservé ici au voisinage même du fleuve. Dans la 
région Colombes, Petit-Colombes, Bezons, ce palier est bien séparé par un 
talus des alluvions modernes ; il est à 3()"'-40'", soit une altitude relative de 

l6™-20"'. 

Une terrasse importante domine celle des hauts niveaux; son palier est 
très étendu dans la forêt de Sénait à 85'"-9o"', soit 55'"-6o'" au-dessus de 
Fétiage. A Eliolles, la base des cailloutis ravine les marnes vertes à 70'"; 
l'épaisseur du remblaiement dépasse donc i5™. Les alluvions sont très 
altérées, rubéfiées, avec roches cristallines très décomposées. En aval de 
Paris, le liond-Point des Bergères, près Puteaux, montre les mêmes 
cailloutis : la base descend à 65"", le sommet forme une terrasse étroite 
à 77°'-8o"'. Les alluvions correspondant<'S forment une partie de la forêt de 
Saint-Germain, dominant Poissy (-) (73'") et couvrent le plateau entre 
Vernouillet l't Chapet jusqu'à 70'" (57™ au-dessus del'étiage). 



(') Lavillk, Le Pliocène à El. meridionalis dans le dcpartemenl de la Sciiw 
( Feuille des Jeunes Naluralislcs, 1906. p. 1 53- 108). 

(-) G. -F. Doi-LFUS, iS'oUce sur une nouvelle carie ^'cologiijue des environs de 
Paris {Congrès géol. inl., Z' sesôioD, Borliii, 1880). 



SÉANCE DU lO JANVIER I92I. I19 

Il s'agit donc d'un niveau très étendu, qu'on suit d'autre pail vers l'a mont 
jusqu'au voisinage du confluent du Loing, à gS^-gS'" (plateau dominant 
Thoiuei7 et Clnimpagne, à l'altitude relative SS^-Sô""). 

Dans celle dernière région, plusieurs placages allu\iaux s'éièveni au- 
dessus de la terrasse précédente, jusqu'à une centaine de mètres au-dessus 
de la Seine (Samoreau : voir la deuxième édition de \;\ feuille de Sens pav 
M. Thomas). Les mêmes cailloutis existent sur le plateau formant le sommet 
du mont de Villeccrf, où M. Thomas les a considérés comme miocènes. 
Mais les sables granitiques visibles plus à l'Est (dans les bois entre Saint- 
Agnan et les Joncheries par exemple), au-dessus du Stampien, ont le faciès 
typique des sables de la Sologne, sans cailloutis; au contraire, sur le mont 
de Villecerf on trouve essentiellement des cailloux roulés (chailles de plus 
de 2o'"', silex crétacés et sparnaciens, gros quartz, etc.). Il s'agit là de véri- 
tables alluvions, venues du Sud. En réalité, vers le Sud, les cailloutis 
contemporains se distinguent difficilement de ceux du Sparnacien, mais la 
variété des éléments et l'existence de quelques gros quartz de plusieurs centi- 
mètres permettent de les reconnaître en certains points (par exemple au nord 
de Chàteiiurenard, à l'altitude i-]^). D'autre part ces dépôts se relient facile- 
ment, par la topographie actuelle, à ceux qui couvrent les plateaux de la 
Puisaye et du Nivernais, à une centaine de mètres au-dessus de la Loire, 
et que j'ai étudiés antérieurement (' ). 

Ainsi quatre terrasses très étendues, correspondant à des phases de grands 
remblaiements, peuvent être suivies dans la vallée de la Seine, du confluent 
de r\onne jusqu'à la Manche, sans variations bien notables des altitudes 
relatives, chaque terrasse correspondant, comme le pi'ofil actuel, à un état 
d'équilibre suffisamment avancé. La plus élevée de ces terrasses, celle de 
g5"'-ioo'" (Sicilien), est due à un fleuve venant surtout de la vallée de la 
Loire en amont de Gien. 



GÉOLOGIE. — Evolution miiiéralugique des minerais de fer oolilhique de 
France, indépendante du fadeur temps. Note de M. L. Cayeux, présentée 
par M. IL Douvillé. 

La règle que j'ai formulée en manière de conclusion, à la suite de mon 
étude des minerais de fer oolithique primaires de France, s'applique égale- 

(') K. CiiAPUT, Recherches sur Icx terrasses aUuvialcs de la Loire (A/m. U/iù'. 
Lyon, (. I, 1917, p. ',!). 



126 ACADEMIE DES SCIEXCES, 

ment à la plupart des minerais de fer lorrains. C'est-à-dire qu'ils ont franchi 
successivement des slRdes calcviircs, carbonates^ silicolés et Iièmatisés, lorsque 
leur évolution minéralogique présente le maximum de complication. Dans 
ces conditions, il est tout naturel de penser que le facteur temps a joué un 
rôle décisif dans la formation des minerais lorrains. S'il en est ainsi, il faut 
s'attendre à observer un lien très étroit entre la composition minéralogique 
d'un minerai donné et sa position dans la série des couches, soit avec son 

A cet égard, voici ce que nous enseignent les faits. La succession ascen- 
dante des couches montre sept horizons distincts : les couches verte, noire et 
brune, constituant le faisceau inférieur; les couches grise et jaune, formant le 
faisceau moyen et la couche rouge représentant avec les culcoires ferrugi- 
neux le faisceau supérieur. 

Or il résulte de l'analyse d'un grand nombre d'échantillons, empruntés 
aux différentes couches, que le fer carbonate et le fer silicate (chlorite, ber- 
ihiérine) réalisent, en moyenne, leur maximum de fréquence dans le fais- 
ceau inférieur et, par conséquent, le plus ancien; que ces deux composés 
ferrugineux se retrouvent encore dans le faisceau moyen, mais avec une 
moindre abondance, et qu'ils deviennent très rares et manquent presque 
toujours dans le faisceau supérieur, c'est-à-dire le plus récent. Par contre, 
le fer oxydé atteint son maximum de fréquence dans le faisceau supérieur, 
et, pour tout dire, c'est dans la grande généralité des cas le seul et unique 
composé ferrugineux représenté à cet étage. 

Étant donné l'ordre d'enchaînement indiqué plus haut, il est de toute 
évidence quey^///.v les mineruis de Lorraine sont anciens^ moins leurs composés 
ferrugineu.r sont transformés. J'insiste sur le point que ladite règle se 
dégage avec une extrême netteté de mes analyses micrographiques. Kn 
conséquence, tout se passe comme si le facteur temps était resté étranger 
au\ métamorphoses des minerais lorrains, conclusion diamétralement 
opposée à celle qui nous paraissait dc\oir être l'expression de la vérité. 

En sortant du domaine particulièrement visé ici, des faits du même ordre 
sollicitent en foule notre attention. On sait notanmient que le fer carbonate 
inclus en bancs et rognons dans le terrain houiller est resté carbonate 
jusqu'à nos jours. Que si nous remontons plus loin dans le passé, les mine- 
rais oolithiques siluriens de la presqu'île armoricaine nous fournissent, en 
grand nombre, des exemples de sidérose et de bavalite non modifiées, en 
dépit do la haute antiquité des dépôts auxquels ces éléments sont incor- 
porés. 



SÉANCE DU lO JANVIER 1921. 121 

I'3n revanche, des minerais plus rccenls que ceux de Lorraine, tels les 
minerais oolilliicjues bajociens, calloviens et o.vfordiens, sont presque tous 
hématisés, c'est-à-dire arrivés au terme ultime de leurs transformations. 

Bref, la rè^^Ie énoncée plus haut, à savoir que révolution minéralogique 
des minerais de fer lorrains est indépendante du facteur temps, est, croyons- 
nous, une loi générale pour les minerais de fer oolithique de France, et je 
ne suis pas éloigné de croire cju'elle l'est pour tous les minerais de fi-r 
d'origine sédimentaire. Il va sans dire que les parties des gîtes situées au- 
dessus du niveau iiydrostati(pie ne sont nullement en cause dans la présente 
étude. 

BOTANIQUE. — A propos de la conslitulion morphologique du cytoplasme. 
Note ("■) de M. A. GuiM.iii!i>io\D, présentée par M. Gaston Bonnier. 

Tva question de la conslitulion morphologique du cytoplasme a donné 
lieu à tant de controverses qu'il m'a paru opportun d'expliquer à l'aide 
d'un schéma la conception à laquelle nous ont amené dix années de 
recherches. 

Prenons les cellules du foie de Grenouille (I) : Sur une préparation 
traitée par la méthode de Regaud, on voit de nombreuses mitocbondries, 
qui se détachent nettement du cytoplasme peu coloré. j^Ces éléments en 
forme de grains, bâtonnets, filaments (I, en M), constituent le chondriome 
de la cellule. On aperçoit, en outre, dans le cytoplasme de petites vacuoles 
incolores (Y). Sur le frais, on constate que lo chondriome ne se colore pas. 

Si nous examinons maintenant le thalle d'un Saprolegnia à l'aide de la 
même méthode, nous y retrouvons un chondriome très semblable avec des 
vacuoles incolores. Sur le vivant, on observe en outre des granulations 
graisseuses que ne colorent pas les méthodes mitochondriales. Les colora- 
tions vitales, qui ne teignent pas le chondriome, permettent de suivre la 
formation des vacuoles dont le suc fixe énergiquement les colorants; celles- 
ci apparaissent comme des canalicules allongés qui ensuite s'anastomosent 
en réseau, puis se fusionnent en grosses vacuoles. M. Dangeard, n'ayant 
pas vu le chondriome de ce Champignon, admet que ce que l'on a désigné 
sous ce nom dans les Champignons et les animaux correspond aux formes 
initiales du système vacuolaire et aux granulations graisseuses qu'il nomme 
microsomes, 

(') Séance du 27 décembre 1920. 

C. R., 1921, I" Semestre. (T. \T1, N» 2.) 9 



122 ACADEMIE DES SCIEXCES. 

Dans un Vci;cliil supérieur, |)ar exciiiple, dans les cellules épidermiqucs 
de la feuille dVm ^e/7/i'^//»VYZ (II) nous retrouvons un chondrioine absolu- 
ment semblable à celui de la cellule du foie, et des vacuoles (\) incolores. 
Sur le vivant, on conslale que le chondriouie se [)résente»avec le même 
aspect { III ;; seulement, on observe, en nuire, un grand nombre de petites 




iir 




vu vin 

I. Cellule (lu foie (le greiiouillc ( na-tliode de lîegaud); II. Celliil.- .le lV|iul.inii- rit- la iV-uille d/ris 
germaiiica (ni(jnic md'lliodc) ; III. kl., colorée vitalement; IV. kl., les \acuolcs stiile^; liguracs; 
\'. Id.. le cliondriome seul lii;uié; VI. kl., le; gninulalioiis graisseuses seules (igur(;cs; \ II. Id., les 
plasiidi's seuls figurés; VIII. lil., les niiloi lioudries inaclives seules figurées. (Schéma.) 

granulations graisseuses {Gg) qui se distinguent des mitochondries granu- 
leuses (M) par leur vive réfringence, et ({ue la méthode de llegaud ne 
colorait pas. linfin les vacuoles renferment aussi un suc qui prend les colo- 
rants vitau.v. ce (pii pci-mel de suivre leur naissance; celles-ci apparaissent 
sous forme de filaments (III, N ) qui ressemblent beaucoup à des niito- 
chondiies, mais les méthodes milochondriales ne les colorent pas. Ces lîla- 



SÉANCE DU lO JAXVll 11 U)2I. 12'i 

nu'iils que nous appellerons primonliu drs fctciiu/cs s'auastonioscnl on un 
réseau dont les nœuds se rendent, puis ?<■ séparent en pelilcs vacuoles qui 
se fusionnent ensuite en i,'rosses vacuoles. Cependant ici nous constaterons 
une particularité : eu ellet. les chondrioconlcs (C) peuvent élaborer à cer- 
taines phases de petits grains d'amidon; ce sont les mêmes éléments qui, 
dans d'autres cellules, forment la cidorophylle et les pigments .vantoplivl- 
liens et carotiniens; au contraire, les mitochondries granuleuses ou en 
forme de courts bâtonnets ne participent pas à ce phénomène. Cependant 
ces deux catégories d'éléments ont exactement les mêmes caractères chi- 
miques; ils ont aussi les mêmes formes, car les chondrioconlcs dérivent 
des mitochondries granuleuses, et les mitochondries granuleuses peuvent, 
à de certains moments, prendre la forme des chondriocontes typiques. Il 
existe donc dans les cellules des végétaux chlorophylliens deux variétés de 
mitochondries, dont l'une correspond aux plastides. Cependant ces deux 
variétés ne diffèrent que par leur fonction physiologicjue. 

Tous les auteurs, sauf M. Dangeard, sont d'accord sur l'existence de ces 
éléments. Seulement, tajidis que les uns ont admis que les plastides repré- 
sentent une variété spéciale de mitochondries se différenciant à partir 
des mitochondries indifférenciées des cellules embryonnaires, les autres 
pensent que les deux catégories conservent leur individualité au cours du 
développement et représentent des éléments de nature différente, n'ayant 
de commun que leurs formes. Selon eux, seuls les éléments qui ne jouent 
pas le rôle de plastides seraient des mitochondries. Nos recherches démon- 
trent, au contraire, que les deux variétés conservent bien leur individualité 
au cours du développement, mais que toutes deux rèpo/idenl à la dèfinilion 
des mitocJiondries et sont absolument semblables aux mitochondries de la 
cellule animale. Aussi admettons-nous que la cellule des végétaux chloro- 
phylliens se distingue delà cellule des autres litres vivants par la coexis- 
tence de deux variétés de mitochondries, dont l'une affectée à la photo- 
synthèse. Cette dualité des mitochondries serait donc la condition de 
la photosynthèse. 

Au contraire, M. Dangeard a formulé une interprétation toute différente. 
Pour lui, ce cpie l'on a décrit comme chondriome dans la cellule animale et 
dans les Champignons correspond aux primordia des vacuoles qu'il rassemble 
sous le nom de vacuoine et aux microsomes qui constituent le sphéromc. 
Quant aux plastides qui forment le/jA/.v/fV/o//2e, ce sont des éléments spéciaux 
aux végétaux chlorophylliens et qui sont bien distincts du chondriome. 
Cette interprétation qui repose surtout sur des observations vitales n'est 



124 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

pas foiii])iilible avec l'enspmble des faits. En efl'et. le chondriome ne peut 
corrcspondri-, ni au système vacuolaire, qui ne se colore que très rarement 
parles méthodes mitochondrialcs, ni auxmicrosomes brunissant par l'acide 
osmique, qui laisse incolores les mitochondries. 

On voit qu'il est aujourd'hui définitivement établi que le cytoplasme est 
une substance d'apparence homogène qui contient en suspension trois 
catégories d'élémenls : 

I'' Un chondriome dont une partie, dans les Végétaux chlorophylliens, est 
affectée à l;i photosynthèse ; 

1° Des vacuoles (I) ; 

3" Des granulations graisseuses. 



BOTANIQUE. — Sur les théories de la mynnécopJiilie. 
Note de M. E. Ue Wiloema-n', présentée par M. H. Lccomte. 

Dans une élude présentée à la Société de Physique et d'Histoire natu- 
relle de Genève, M. le professeur Chodat et M. Carisso ont proposé une 
nouvelle théorie de la myrmécophilie (^). 

Pour ces auteurs, les formicaircs, ou myrmécodomaties, de divers autres 
botanistes, (piand elles se présentent sous la forme de renllements, auraient 
pour origine une galle causée par des insectes. Ils se basent sur des obser- 
vations faites, en Amérique du Sud (Paraguay) sur des Cordia et V Acacia 
Cavenia Hook. et Arn., par le professeur Chodat. 

Nous ne voulons pas discuter l'exactitude des observations du professeur 
Chodat, bien au contraire, nous serons d'accord avec lui pour admettre 
que dans bien des cas les fourmis ne sont pas les causes directes des cavités 
qui se forment dans certains végétaux myrmécodomes. Nous sommes 
comme lui persuadé que des galles peuvent être, à la sortie de l'insecte qui 
les a formées, envahies par des fourmis. Des matériaux de plantes congo- 
laises qui nous sont passés par les mains semblent appuyer nettement cette 
manière de voir. 

Mais nous ne pouvons admettre la généralisation de la théorie proposée 
par M. Chodat et M. Carisso spécifiant que tout renllement, abritant ou 
])ouvant abriter des fourmis, chez des myrmécophytes, ait pour origine 



(' ) Une nom elle ihcm ic de la inyrnircopliylie {(\ II. des séances de la Société de 
Physique et d' Histoire naiiire/le de Genèce. \ol. 37, n° 1, janviei-inars igao). 



SÉANCE DU lO JANVIER I92I. 125 

une piqûre d'insecte. Le cas de V Acacia Cavenia, comme celui des Con/iii de 
l'Amérique du Sud, ne nous paraît pas pouvoir être généralisé. 

Chez des Acacia à épines renllées, le gonflement de l'épine n'est pas 
toujours dû à la présence d'un hôte quel qu'il soit. On cultive au Jardin 
botanique de Bruxelles, sous le nom de Acacia cuhcnsis, une plante à épines 
stipulaires qui dès le jeune âge montrent déjà une tendance au renflement. 
Quand elles sont encore vertes, elles renferment au centre une sorte de 
moelle lâche qui, petit à petit, disparaît en suite de l'augmentation de 
volume, et laisse une cavité dans laquelle il n'y a pas trace d'insecte. 

Quand les épines sont adultes, que la feuille est tombée, il n'y a pas 
d'ouverture à ces stipules; elles ne deviennent pas, dans ces conditions de 
culture, des domaties. Ici donc le renflement et le creux sont formés sans 
la présence de l'insecte perceur, ni de la fourmi habitante. 

Nous avons antérieurement insisté sur la myrmécophilie dans le genre 
Scaphopetalum ('). Comme on le sait, la domatie est ici formée par un sac, 
repli du limbe foliaire, formant renflement entre deux nervures basilaires, 
et dans ce cas aussi il ne peut être question de piqûre. Dans les feuilles de 
cette plante, dont nous avons suivi le développement dans les serres du 
Jardin botanique de Bruxelles, on voit apparaître le repli dès le jeune âge; 
d'abord peu accusé, mais cependant net, il se développe en sac avec l'âge 
par suite de la croissance du limbe et de la rigidité des deux nervures 
devant limiter l'ouverture de la cavité. 

11 en est de même pour d'autres myrmécophytes, par exemple Cola 
Laurenlii (-). 

Il y a lieu de faire remarquer ici que parfois les feuilles peu développées 
de la base des rameaux des ScapJwpclaliim, ou des boutures faites à l'aide 
de très jeunes rameaux, ne présentent pas de trace de pochette; elles pos- 
sèdent un limbe réduit, plan et peu inéquilatéral à la base ; elles n'ont 
donc pas fourni de domatie. 

Il faut remarquer en outre que, au point de vue de la domatie, il arrive 
souvent que toutes les feuilles d'un rameau ne sont pas équivalentes. Nous 
avons souvent observé des diiïérences dans le caractère acarodomatien dans 
la même espèce, suivant l'emplacement des feuilles sur le rameau et suivant 
la saison où se forment les feuilles (*). 

(') Dk Wiluewa-x, Missiun Laurenl^ \ol. l, p. c.cxix l'I p. ^nn et sulv., c. lii;. 
(-) Di; Wii.DEMAN, Mission Laurenl. \ol. 1, p. 4o3 et siiiv. 

{') De \ViM)KM,iN, Noies sur queliiacs acaropliyles {Ulém. Soc. scient. Driiuclles, 
t. 30, 1906, p. 287 el suiv.). 



126 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Il faudrait donc pour ï Acacia, les Scaphopetahim el Cula |jrécités, 
admettre qu'il y a « malfornuilion hérédilaire », comme le disait Beccari. 
Mais, nous basant sur ces faits qui paraissent indiscutables, nous n'oserions 
pousser plus loin, et dire qu'il y a adaptation I 

Nous sommes persuadé que la myrmécophilie est un phénomène très 
répandu parmi les végétaux, mais qu'il ne peut être expliqué par une 
théorie unique. La m vrmécophilie se présente d'ailleurs sous des aspects 
très variables. 

Avec le professeur Chodat el M. Carisso, nous admettons que dans bien 
des cas cette myrmécophilie, allant jusqu'à offrir un gîte à la fourmi, est 
secondaire. 

Mais, en outre, nous prétendons que dans la plupart des cas elle n'est 
nullement une symbiose, au sens du mot, mais un parasitisme, comme le 
soutenait Kohi ('); parasitisme en général 1res néfaste au myrmécophyte. 



BOTANIQUE. — Sur les « L^rains de fucosanc » des PJiéophycèes. 
Note de M. li. Ma\gexot, présentée par M. L. Mangin, 

Les cellules des Phéophycées sont remplies di' globules réfringents de 
tailles diverses, llansteen, qui les considérait comme formés par un hydrate 
de carbone, leur a donné le nom de grains de fucosanc. Les travaux anté- 
rieurs de Schmilz, Berthold, Ruckuck, ceux, postérieurs, de (>rato, et sur- 
tout les récents mémoires de Kylin, monlrent que ces globules appar- 
tiennent en réalité à plusieurs formations différentes. Certains d'entre eux 
sont constitués par une substance bien définie par Cralo, puis par Kylin, 
qui en a indiqué tous les caractères; c'est un composé à fonction phénoliquc, 
présentant des réactions de la phloroglucini> (coloration rouge par une 
solution de vanilline dans HCl). 

C'est â ces globules que l'on réserve maintenant le nom de grai/isde fuco- 
sanc. Leur nature et leur signification morphologique ont toujours excité 
la curiosité des algologues. Crato les considère comme des jt/nxodes, c'est- 
à-dire comme des organites fondamentaux de la cellule, constants chez tous 
les végétaux, doués d'une certaine vitalité et capables de se déplacer. 



(') 11. Koiii.. /)ie Aineisen/jjlaiizen des tropisc/ien Afrika mit besonderen lieriick- 
sichligiing ihrer biologisclien \'erli('iltiiisse. Miiiisler, 1909. Voir De 'Wildeman, 
Clerodcndron à tiges /islii/ciiscs (C . />'. Soc. de Iliologic, l. 83, 1920, p. ôSa)- 



SÉANCE DU lO JA>"VIER 192I. 127 

grâce à des inouvoineuls aina-boïdcs, le long des lral)t'culcs proloplas- 
miques. Kylin en fait des vacuoles spécialisées pour conlenir le lucosane; 
il admet, après Hansteen, que ces vésicules naistenl aux dépens des cliro- 
nialophores, tandis que, pour Le Touzé, les grains se fornieraicnl autour 
de plasles spéciaux. Au cours des recherches que nous poursuivons sur la 
cellule des Algues, nous avons réalisé une série d'observations précises qui 
nous permettent d'envisager les grains de fucosane d'une autre façon que 
ne l'ont fait les précédents auteurs. 

l'^n dissocianl avec précaution un conceptable de Fucus dans une solution de bleu 
de crésyl dans l'eau de inei-, on colore presque instantanément le fuccsane, dont les 
grains apparaissent teints en Isleu pur (' ). On peut employer aussi, mais avec moins 
de succès, le bleu de Nil ou le rouge neutre. Dans les cellules des poils qui entourent 
les organes reproducteurs, les aspects que l'on observe sont souvent des plus instructifs. 
Beaucoup de ces cellules ne renfermejit que de tout petits grains fucojane, évidem- 
ment au début de leur formation. Ces grains apparaissent en liberté au milieu des 
vacuoles, où ils sont doués de mouvements rapides. Si l'observation se jirolonge, on 
assiste à leur précipitation sur la paroi protoplasmique de la vacuole, où ils ne tardent 
pas à se (i\er plus ou moins intimement. On peut suivre pas à pas cet intéressant 
phénomène : on voit un ou plusieurs des grains colorés se rapprocher de la paroi 
vacuolaire, en même temps que l'amplitude des mouvements diminue. Bientôt le 
granule, souvent plus ou moins ovoïde, se fixe à la masse cytoplasmique par une de 
ses extrémités et, autour de ce point d!allache, il continue à osciller, toujours plus 
lentement, jusqu'au moment où il s'arrête tout à fait. Dans d'autres cellules, par 
exemple dans les cellules des hyplies, le fucosane apparaît en beaucoup plus gros 
grains, presque toujours adhérents aux trabécules piotoplasmiques ; on en observe 
cependant parfois d'isolés au milieu de la vacuole où ils sont animés de mouvements 
de rotation assez lents. Mais cet aspect est exceptionnel, les gros grains de fucosane 
sont très généralement fixés. Il semble que l'on puisse interpréter ces faits en consi- 
dérant les grains de fucosane comme des précipités intra-vacuolaires d'un composé 
pliénolique; ces grains grossissent; et lorsqu'ils ont atteint une certaine taille, ou 
lorsque la cellule est troublée dans son fonctionnement (lorsqu'elle est manipulée par 
exemple), ils se] déposent sur la paroi de la vacuole et s'y fixent. Notons en outre que 
ces grains paraissent avoir une consistance plutôt visqueuse que solide, comme eu 
témoignent les expansions et les déformations qu'ils présentent lorsque, fixés dans le 
cytoplasme, ils sont soumis à des tractions ou à des compressions; ce sont sûrement 
ces aspects qui ont trompé Cralo en lui donnant l'impression de mouvements 
ama>boïdes; et, comme la plasmolyse ccuitiacte et ratatine les grains de fucosane, or, 
peut penser qu'ils sont formés d'une substance fortement hydralée. 

(') Nous nous sommes toujours assuré, an moyen i\<- la réaction de la vanilline 
chlorhydrique, qu'il s'agissait bien des grains de fucosane et non de globules d une 
autre nature. 



128 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Dans nos coloralions par le bleu de crésyl, nous avons souvent réussi à 
teindre en violet le suc des jeunes vacuoles. Celles-ci, dont la forme est 
grossièrement polyédrique, souvent très allongée et parfois même filamen- 
teuse, renferment par conséquent un composé liquide. Nos essais pour 
reconnaître la nature de cette substance sont restés vains. Ce ne peut être 
de la mélacbromatine, car celte substance, définie par plusieurs réactions 
microcliimiques précises, n'existe pas chez les Fucacées. A. Meyer n'a pu 
l'y déceler et, dans toutes nos tentatives, nous n'avons pas été plus heureux 
que lui. 

La teinte violette, métachromatlque par conséquent, du suc vacuolaire, 
n'indique pas, en coloration vitale, la présence de métachromatinc; c'est 
seulement l'indice, semblc-t-il, d'une réaction alcaline de ce suc. Peut-être 
s'aglt-il d'un composé phénolique liquide, lequel, en se précipitant pro- 
gressivement, produit les grains de fucosane. Car il paraît certain que la 
substance du fucosane est parfois à l'état liquide. Sur coupes fixées et 
colorées par la méthode de Ucgaud, où l'on distingue parfaitement le fuco- 
sane, grâce à la teinte jaune brunàlre que lui conlère le bichromate de K, 
on voit celui-ci, dans certains groupes de cellules, sous forme de plages 
d'aspect homogène ou très finement granuleux, ce qui indique une substance 
fluide. iNIais, dans presque tous les tissus, il esta l'état granuleux. 

Il est dillicile chez les Fucacées ( l'iictts, Pclvetia ou Ascophylluni), de 
reconnaître, sur des coupes minces, les rapports des grains de fucosane 
avec le protoplasme, car celui-ci, formé de mailles très fines, est peu appa- 
rent. Par contre dans les cellules axiles des méristèmes de Cladostephus (C. 
spongiosasY^nv exemple), le cytoplasme est très abondant et creusé seule- 
ment de vacuoles assez petites; la plupart de celles-ci sonl occupées par un 
grain de fucosane, parfaitement, isolé en leur milieu. Si, comme nous 
l'avons fait, on compare de telles préparations avec des coupes, obtenues 
aussi par la méthode de RegaucJ, d'organes de plantes vasculaires riches 
ou composés phénoliques, l'analogie est frappante : dans un cas comme 
dans l'autre, on ^oit les \acuolcs occupées par des précipités granuleux de 
teinte jaune. 

Nous en arrivons donc à rapprocher les grains de fucosane des préci- 
pités vacuolaires des autres \égétaux. Certains de ceux-ci, condensés en 
granules au sein de la vacuole, dans les conditions normales, les cyano- 
plastes par exemple, sont particulièrement comparaliles à nos globules de 
fucosane. L'analogie entre ces globules et les autres précipités connus de 
substances lannoïdiques n'est pas aussi remarquable, car, dans les cas 



SÉANCE DU lO JANVIl-R 1921. 1 29 

auxquels nous faisons allusion, le précipité granuleux n'existe qu'en faible 
quantité ii l'état normal, mais les diverses manipulations requises pour 
l'examen vital l'augmentent considérai)!ement. 11 ne faut d'ailleurs tirer de 
ces faits que la notion d'une inégale stabilité des différents colloïdes vacuo- 
laires : très instables dans les vacuoles à fucosane, ils le sont moins dans 
les vacuoles tannokliques. Et nos observations semblent donc bien démon- 
trer que les grains de fucosane ne sont pas des formations spéciales aux 
Pbéophycées; ce ne sont ni des organites vivants, coiimie le voulait Crato, 
ni des vacuoles spécialisées, comme l'admet Kylin. Ce sont simplement, au 
moins quant à leur mode d'apparilion, des formations très communes cbez 
les végétaux verts. 



CHIMIE AGRICOLE. — Sur le rôle respcclif des trois bases : potasse^ chaitx^ 
magnésie, dans les plantes cultivées. Note de M. II. Lagatc, présentée par 
M. L. Lindet. 

Le développement récent de l'emploi et du commerce des engrais 
magnésiens, particulièrement sous forme de dolomie calcinée, est un fait 
qui mérite l'examen des agronomes. Les travaux de Lœw et un assez grand 
nombre d'cssais-culturaux montrent que l'addition au sol de magnésie et de 
chaux peut, dans certains cas, être plus avantageuse, que l'addition de chaux 
seule. Il nous a paru intéressant d'examiner pour quelles plantes l'analyse 
des récoltes suggère plus spécialement cette pratique. 

Parmi les substances minérales qu'absorbe le végétal, considérons la 
potasse, la chaux et la magnésie. On sait que d'autres bases interviennent 
pour la constitution et le fonctionnement des végétaux; mais, dans les 
plantes terrestres, ces trois bases ont une importance particulière, qui jus- 
tifie leur dosage habituel dans la plupart des études sur l'alimentation des 
végétaux. Admettons que chacune de ces bases remplit un rôle spécifique; 
en d'autres termes, qu'elles ne peuvent se remplacer l'une l'autre. 

Nous pouvons adopter comme commune mesure l'équivalent uni- 

, . KM) Ca() Ms;() ,,-,•, • • 1 1 -, 1 1 

basique , — — > — ^^ — > c est-a-dire la quantité de l^ase susceptible de neu- 
traliser un équivalent d'acide, par exemple 36, 5 d'acide chlorhydrique. 

On connaît d'autre part les exigences des récoltes relativement à ces trois 
bases; empruntons-les, par exemple, à un Ouvrage classique : Les Engrais, 
par iVliinlzet A.-Ch. Girard. Les chiffres de potasse, de chaux et de magnésie 
inscrits dans cette statistique analytique peuvent servir au calcul, et l'on 



l3o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

peul se poser le problème suivant : 5///- loo èquùmlerils basiqurs (itli-ibuables 
à r ensemble des trois bases potasse, chaux et magnésie, combien en rei'ie/it-ii à 
chacune d'entre elles dans les dii'erses récolles ? 

On obtient ainsi un tableau dont voici quelques lignes. : 

Potasse. Cliaux. Masni'sic. 

Blé /,3,4 28,3 28,3 

.Maïs 491 ' 23,9 27,0 

Belterave siicriére -'i^-' 24,0 34,8 

Luzerin- 21,2 67.4 i',4 

Les diverses récoltes présentent une répartition très diverse des 100 équi- 
valents basi(jucs attribuables à ces trois bases. Pour mieux se rendre compte 
de cette diversité et pour permettre les comparaisons, il est commode de 
substituer au tableau numérique un graphique où le résultat fourni par 
chaque récolte est figuré par un point. On peut à volonté utiliser la repré- 
sentation graphi([uc sur la surface d'un triangle équilatéral ou sur la surface 
d'un triangle rectangle isoscèie. Si nous adoptons ce dernier mode de repré- 
sentation, nous avons la répartition indiquée par la figure ci-contre. 

L'e.\amen de ce graphique suggère d'intéressantes remarques aux points 
de vue physiologique et agricole : nous aurons l'occasion de les développer 
dans un autre Recueil. Pour l'emploi rationnel des engrais magnésiens, il 
convient de porter son attention sur la médiane partant du sommet de 
l'angle droit : elle correspond au rapport 

nombre d'équivalents de chaux 

I > = i rn — ^^^ — i ; r^ = ' • 

nonibie a équivalents de magne>iu 

On sait que ce rapport a fait l'objet d'importantes éludes expérimentales 
de Lœw et de ses disciples. La statistique analytique présentée par notre 
graphique montre que, parmi les plantes cultivées, la bellerave sucrière 
surtout et. à un moindre degré, la betterave fourragère, le maïs et la pomme 
de terre correspondent à un rapport R < i; en d'autres termes, ces plantes 
demandent à la magnésie plus d'action chimique qu'à la chaux. Le blé en 
demande exactement autant à chacune des deux bases; l'avoine, le seigle, 
l'orge, le sarrasin à peu près autant. Ces constatations analytiques 
expliquent les résultats expérimentaux obtenus récemment avec la dolomie 
calcinée, plus particulièrement sur les plantes citées plus haut. Par contre, 
il ne parait pas justifié d'attendre, pour toutes les plantes cultivées, des 
résultats du même ordre. 



SÉANCE DU lO JAXVIER 1921, l3l 

Les lignes (médianes, parallèles au\ cnlés) tracées dans le triangle déliniitenl des 
aires particiilièrenient intéressantes : 

1° Petits triangles rectansles avant un sommet commun avec le grand triangle : si 




30 40 50 

ÉQUI VA LE NTS 



60 
DE 



70 80 

CHAUX 



le point représL'iilatif >'\' trouve situé, l'une des bases représente une alcalinité supé- 
rieure à la somme des alcalinités des deux autres. 

2° Quadrilatères ayant pour sommets le centre de figure et uu sommet du grand 
triangle : si le point représentatif s'\ troiive situé, l'une des bases représente une alca- 
linité supérieure à l'alcalinité de chacune des deux autres considérée séparément. 



l32 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

PHYSIOLOGIE EXPÉRIMEXTALE. — Sur un ensemble de phénomènes de l'ordre 
erpêritnental et clinique permettant d' étudier l'état fonctionnel de V appareil 
vestibulaire dans ses rapports avec l'équilibration organique. (600 observa- 
tions peisonnelles.) Document retiré, en la Séance du 29 novembre 1920, 
du pli cacheté n*' 8444 déposé le i5 octobre 1917 par M. Etiexxe 
Lombard. 

L'ensemble de ces phénomènes repose sur les deux observations sui- 
vantes : 

Première observation. — La fixation d'un objet placé latéralement, à 
courte distance et à 45° par rapport au plan sagittal de la tèle, pourvu que 
l'objet utilisé comme point de fixation soit et reste mobile avec la tète 
(dispositif du bandeau de l'otocalorimctre). s'accompaone, au bout de peu 
de temps, pour un angle de 45", plus rapidement si l'angle augmente, d'une 
rotation lente de la tète du même côté que l'objet utilisé comme point de 
fixation. Si, à ce moment, on commande au sujet de « fermer les yeux », 
et si on lui fait exécuter l'épreuve du bras tendu à la hauteur de l'épaule, 
par mouvements rapides et de pronalion et de supination de lavant-bras et 
de la main, épreuve portant sur le bras contre-latéral, on observe une dévia- 
tion de ce bras du côté opposé à la fixation, plus marquée pendant les 
mouvements rapides de pronation et de supination et pendant l'arrêt de la 
main en supination. 

Cette observation est d'autant plus facile à mettre en évidence que les 
vestibules (appareil vestibulaire) sont plus hypeiexcitables ou que leur 
excitabilité est momentanément augmentée. 

Deuxième observation. — Pendant l'épreuve calorimétrique portant sur 
le canal horizontal d'un côté, dans la position verticale du canal, ou voisine 
de la verticale, en arrêtant le courant d'eau refroidissant (à 27°, 3oo""' et 
3 minutes) dès l'apparition de la première ou des premières secousses 
nystagmiques, et sans fixation convergente latérale, mais par examen 
monoculaire (l'autre œil étant masqué), on observe, les paupières étant 
fermées et maintenues fermées pendant un moment par une pression 
légère de la pulpe des pouces de Vohser\i\lcuv prenant point d'appui sur la 
racine du nez : i" une augmentation ou une exagération de l'amplitude des 
secousses nystagmiques pendant la pression légère des pouces sur les globes 
oculaires; 2" une inclinaison et une rotation de la tète du côté du vestibule 
en expérience; 3" si l'on exécute l'épreuve des deux bras tendus à la hauteur 
des épaules, la rotation des bras vers le côté du vestibule en expérience, 



SÉANCE DU lO JANVIER I921. I.S3 

rolalion plus apparente sur le membre liomolatéral et dans rallitudc de la 
supination, après une série de mouvements de pronation et de supination, 
au moment de l'arrêt en supination; 4" si l'expérience est prolongée, on 
observe en même temps cbez certains sujets des oscillations du tronc (le 
sujet est assis sur un tabouret) avec menace de rupture d'équililjre. L'en- 
semble de ces quatre pbénomènes est connu et a été observé. Mais les 
pdiiiciildrilés de cette deuxième observation sont les suivantes : 

Première phase. — Si pendant la pliase nyslagniique (yeux fermés), rolalion el 
inclinaison de la lêle, rolalion des membres supéiieiirsel oscillations du tronc, avec mani- 
feslations objectives de déséquilibre imminent, on fail brusquement ouvrir les yeux et 
n\er(7(er;«i<(?«//o/i(commedansrobser\ ation première) un objet placé latéralement (45°) 
à courte dislance, solidaire des mouvements de la lête et dans un sens opposé à celui 
du vestibule examiné, on note la suppression très rapide des oscillations du tronc avec 
menace de rupture d'équilibre : dans un certain nombre d'observations, le sujet indique 
la disparition parallèle et presque immédiate de la sensation d'entraînement et d<' 
cluite, cette sensation étant indiquée comme entraînant le sujet vers le côté du vesli- 
bule en expérience {correction par fixation latérale opposée) ('). 

L'observation est alors continuée de la manière suivante : 

Deuxième phase. — Le nystagmus horizontal rythmique, provoqué par l'épreuve 
calorimétrique dure un certain temps et va en s'atténuant: la fixation latérale opposée 
étant maintenue et avec attention on observe le retour progressif à l'altitude droite de 
la tèie (position de face, médiane, tête droite) ; la déviation des membres supérieurs 
diminue progressivement avec léger retard sur la correction à l'inclinaison, rotation 
de la tête. On s'assure, en ordonnant ay sujet de fermer les yeux de temps en temps et 
commandant l'épreuve des bras tendus, avec mouvements de pronalion et de supina- 
tion, (]ue cette déviation vers le ^estibule en expérience n'existe plus. La tête est alors 
médiane elles bras non déviés pendant l'élévation commandée. 

Troisième phase. — Elle succède sans interruption à la deuxième phase, si l'on 
maintient la fixation latérale et attentive du côté opposé au vestibule en expérience. 
Mais cette iixalion peut être supprimée et les constatations qui suivent se fout aussi 
les yeux fermés : 1° une rotation de la lêle du côté de la fixation (côté opposé au 
vestibule en expérience); 1" une rotation des membres supérieurs dans le même sens 
pendant l'épreuve des bras tendus. 

(;"esl la contre-rotation de la tèle et des bras (elle correspondrait théoriquement à 
un postpostnvslagmus des yeux pendant Tépreuve classique de rotation ou au post- 
nyslagmus signalé après le nystagmus observé dans l'épreuve calorimétrique bien 
connue. Ce n'est encore qu'une hypothèse). 

Quatrième phase. — Pendant la conlre-rotalion de la tèle, on commande au sujet 
de fermer les yeux; on tourne (mouvement passif) seulement la tête du côté du vesti- 
bule en expérience, les yeux toujours fermés, et la tète maintenue dans la posilioii 



(') Ainsi l'ai-je dénommée. 



l3/j ACADÉMIE DES SCIENCES. 

corrcspoiidant à la tliiecliori du rci:;irj lioii/.onlal. Le sujet niiiiiilieul la tèlr dans 
celle^TTlTL'Diî (rolaliori sur Icpaule). 

L'épreuve du bras tendu est commandée par élévation rapide à la hauteur de 
l'épaule, alternative ou simullanée et avec mouvements de supination et de pronation 
de la mainel de l'avant-bras. On observe avec une grande rietleté, chez les sujets à 
réactions nerveuses, rapides et précises, la contre-rotation des bras, contre-rolalion 
bien plus marquée sut' le bras contre-latéral et pendant l'arrèl de la main en supi- 
nation. 

Celte deuxième observation est cii (|ueli|ue sorte le complémi'nt de la première, en 
ce sens qu'on fait intervenir le phénomène expérimental provoqué par lépreuve calo- 
rimétrique, les efl'ets tardifs de ce phénomène et leur mise en évideiu-,e par l'altitude 
volontairement maintenue de la tète après rotation très lente, active ou mieux passive, 
le canal liorizontal étant ramené à un plan qui ron-espond sensiblement au plan de ce 
canal dans l'attitude du regard horizontal." 

L'ensemble de ces phénomènes paraît devoir |)ermetlre l'étude non dissociée des 
eflets récipro(|ues, des influences d'ordres visuels et oculo-nioleurs, veslibulaires, de 
sensibilité générale (sens articulaire), influences réciproi(ues ou influences sur les 
actions motrices volontaires. 

Pendant la quatrième phase de l'observalion II (deuxième) l'attitude des bras et de 
la tète est une véritable attitude d'équilibre dynamique. Aussi ai-jc donné à cette 
phase de l'épreuve dans mes observations le nom de « épreuve du balancier ». Cette 
épreuve est d'autant plus nette qu'il s'agit de sujets à réactions nerveuses, rapides et 
précises. Elle l'est beaucoup moins chez les hésitants ou les sujets à réactions 
ralenties . 



PHYSIOLOGIE. — Action anlicodgidaiite de l (ividc niidéuine du pancréas. 
Stabilité el caractères du plasma nucléaté. iNole (')dc M. Dovov, présentée 
par M. Charles Uichet. 

I. L'aclioa anticoagulante des acides nucléiqties démontre la partici- 
pation des noyaux cellulaires aux phénomènes de sécrétion et, plus parti- 
culièrement, l'origine nucléaire de la sécrélion interne (antitlirombinc) 
([ui maintient la fluidité du sang. Les faits quej'ai découverts ont donc une 
signification générale {-). Je cherche à réaliser les conditions expérimenlales 
les plus démoastratives, les plus exclusives de toute cause d'erreur et les 
p'us faciles à contrô'er. Accessoirement, l'emploi d'un acide nucléique 



(') Séance du 3 janvier 192 1. 

(-) Dans rni.Note précédente. Comptes rendus, 27 dècemltre ii)!o, jiage i4o2, 
ligue.îo, au lieu de: Cliaque échantillon est additionné de (.Ss de sang, il faut lire: 
Cliafiuo échaiUillon est adilitionnc do -.'.o^' de sanir. 



SÉANCE DU lO JANYIKR 1921. l35 

appropriL- pcnnel de préparer facilcincnl un plasma relalivcmcnl stable, 
convenant parfaitement à des démonstrations de cours. 

11. J'ai indi(|né ['acide nucléique de Finteslin comme très favorable au\ 
expériences. L'acide du pancréas convient aussi bien, sinon mieux. 

E rpérience. — Oa isole a'"? de pancréas de bœuf des tissus voisins, L'acide est 
eaiail en siiivanl la mélliode de Neuiiiann. 

*■ Le |n-odait, très lilaiic, est (Miiplové ajjiés avoir élé lavé plusieurs fois à Talrool et 
l'éllier, puis séclié dans le \ide. 

( »u dissoul oS,io5 d'aciile dans ij""' tl'une solution conlenanl pour 1000 d'eau 
distillée, 4' '11' cliloruie de sodium, à» de carbonate de soude. L'acide se dissout 
niéuie à froid, mais ou leriuinc Fopéralion en chaufî'ant pendant fjuelqurs instants au 
bain-niarie. La solution e^l mltenient acide au tournesol. 

On reçoit dans le liquide ainsi préparé 6ob de sang directement de la carotide d'un 
chien. On agile longuement et vivement, puis on centrifuge immédialemeni, à grande 
\iteise, le mélange, sauf quelques centimètres cubes que l'on conserve dans un tube 
à essai pour l'observation du sang total. On obtient uneséparation parfaite du plasma, 
des globules blancs et des globuli-5 rouges; le plasma est absolument limpide, sans la 
moindre trace d'iiémolyse. 

On prépaie dans des petits tubes les écliantillons suivants : i et 2, conlenanl 4'^'"' de 
plasma el 1 j ou aogouUei de sérum de sang de chien ; 3 et 4, contenant 4""' de plasma 
l'I 1') ou 20 gouttes d'une solution à 10 pour 100 de chlorure de calcium; 5 et 6, conle- 
11, ml du plasma, du sérum et du chlorure de calcium dans les proportions indiquées ; 
7, du plasma seul. 

Li'i écliantillons 5 et 6 conlenanl plasma, sérum et chlorun^ de calcium ont pris en 
masse en moins de 10 heures. Sepl jours plus tard l'échantillon 7 coagule mais incom- 
plélrmenl; les échantillons i, 2, Set '\ sont toujours liquides, mais présentent de 
pulils llucons de fibrine qui se sont constitués peu à peu. J'ai chaulTé au hain-marie 
d.i plasma nucléalé peu api'ès sa séparation des globules; le fibrinogéue a coagulé 
e.itre .")6" et ôS". 

L'échantillon de sang total a donné les résultais suivants : Huit heures après la 
s lignée le plasma est naturellement séparé des globules; les hématies sont intactes, 
disposées en piles; on constate des amas de globules blancs; pas de fibrine. Cinq jours 
pl'js tard les hématies sont crénelés et ont une tendance à se mettre' en amas; un peu 
tie fibrine se forme. 

Du plasma provenant d'une autre expérience faite exaetenieul dans les mêmes con- 
ditions présentait après huit jours des llocons peu importants de fibrine. L'addition 
à >""' de ce plasma de 10 gouttes de sérum el de 10 gouttes d'une solution de chlorure 
de calcium à 10 pour 100 provoqua en quelques heures la prise en masse; l'échan- 
tillon témoin était toujours liquide à ce moment. 

Le ihvmol ne s'oppose pas à l'action coagulante du mélange sérum el chlorure de 
calcium. 

L'acide nucléique n'empêche pas la puliulation microbienne dans le plasma ('). 

(') Méthode de Neumann : consulter Arch. f. Anat. 11. P/ns., suppl. B. 18S9, 
p. .')52, el A. MoREL, Précis de ledinique chimique, p. 637. 



l36 ACADÉMIE DES SCIEXCES. 

TOXICOLOGIE. — Sur la Inxirilé des carho/ialrs cl cJilorooirhniKiles de inélJiylc 
chlorés. Note ( ' ) de MM. Axdijè Mayer, H. Magne et L. Pi.axtefoi., 
pi'éscntée par M. Henneguy. 

Certains carbonates et clilorocarbonatesde nnkh\le clilorés, entre autres 
propriétés ph\siologiques, en présentent une qui leur confère une redou- 
table toxicité : lorsqu'ils sonl inhalés sous forme de vapeurs, ils déterminent 
chez les Mammifères des lésions de l'appareil pulmonaire se traduisant par 
l'apparition d'un o'dème aigu, qui peut être assez intense pour amener très 
rapidement la mort du sujet. 

Il était intéressani de rechercher comment celle |>ro[)riété varie lorsque 
varie la constitution de la molécule. Nous avons pu le faire grâce aux 
travaux de MM. Grignard. Rivât et E. Urbain d'une pari, André Kling, 
D. Florentin et E. .lacob d'autri' part (-)quioiit préparé la série des carbc- 
nales et chlorocar])onales de mélh\Ie chlorés et nous en ont confié des 
échantillons. Les différents corps essayés figurent dans ce Tableau : 

ict 2 a 3 Cl. kQ 5a ta 



r3=C0 



\ •X)chh\] ^och^. ^.CHa^ 



\o'0«^:........<o^''^«'£-_CO'«-^"^'.l.-CO-°-"" 

-a XI *ci 'Cl. 

Les essais ont été faits sur des lapins, des coba\es, et, en outre, pour 
certains corps, sur des chiens, trois sujets au moins de ciiaque es[)èce étant 
utilisés au cours de chaque expérience. Ees animaux respiraient pendant 
i5 minutes un mélange titré d'air et de vapeur toxique, puis étaient al)an- 
donnés à eux-mêmes. 

Nous allons rapidement résumer nos résultats. Les grapliiques, qui 
portent en ordonnées les doses mortelles, ex|iriment quelques-unes de nos 
expériences, celles qui ont été faites en_ utilisant les corps préparés par 
MM. Grignard, Rivât et Urbain. 

(') Séance du 3 janvier 1921. 

(-) André Klimi, D. Fi.orknïin ei I!. Jacob, Comptes rendus, l. IG!(, 1919, p- loîd 
et 1 166; t. 170, uj-îo, p. 1 1 I et aS^. — Gni(;NARi>, Hivat el \'a). l rbaix. Comptes rendus, 
t: 169, 1919, p. 1143. 



SÉAXCE DU II) JANVIER l.)2 1. 187 

1. Toxicité des carbonates de méthyle chlorés. — l. Influence de la position 
des atomes d'halogènes. — En laissant invariable une des chainos du carbo- 
nate de iiiélliyle et en chlorant progressivement l'autre on constate que : 

A. Si la chaîne intacte ne contient pas de chlore, on augmeiite la toxicité 
en chlorant l'autre chaîne et beaucoup en la chlorant une fois; l'addition 
d'un nouvel atome de chlore augmente encore la toxicité, mais moins que ne 
l'avait fait l'addition du premier atome de chlore et l'addition d'un troi- 
sième moins que ne l'avait fait l'addition du second. Ceci se traduit sur 
les courbes par le fait que la pente diminue progressivement sans changer 
de sens. 

B. Si la chaîne intacte contient i'" de chlore, on augmente beaucoup la 
toxicité en fixant sur l'autre chaîne 2" de chlore; l'addition d'un troisième 
atome de chlore ne semble pas augmenter la toxicité lorsque les essais sont 
faits sur le lapin, mais elle l'augmente encore lorsqu'ils sont faits sur le 
cobaye. 

. C. Si la chaîne intacte contient 2"*' de chlore, l'addition de i-'" de chloreà 
l'autre chaîne n'augmente pas la toxicité lorsqu'on expérimente sur le lapin, 
la diminue même quand on fait les essais sur le cobaye. 

D. Si la chaîne intacte contient 3"' de chlore, on diminue le pouvoir 
toxique pour le lapin et pour le cobaye en chlorant une fois l'autre chaîne; 
on Taugmenle pour tous deux en fixant 2"' de chlore sur l'autre chaîne. 

2. Influence du nombre d'atomes d'halogènes. — Si l'on examine quel 
pouvoir toxique confère à la molécule l'addition successive de 6^' de chlore, 
on voit qu'on augmente ce pouvoir jusqu'à roblenlion d'un produit trichloré. 

L'addition d'un nouvel atome de chlore diminue la toxicité si le produit 
trichloré précédemment foru)é ne contenait de chlore que dans une seule 
chaîne; elle ne la change pas si le produit précédent contenait :>*' de chlore 
dans une seule chaîne, i*' de chlore dans l'autre. La fixation de 2"' de chlore 
augmente très notablement la toxicité; la répartition symétrique ou la 
moins dissymétrique des atomes de chlore diminue le pouvoir toxique. 

IL TOXICM'É DES CHLOROCARBONATES DE MÉTHYLE CHLORES. — Le chlorOCar- 

bonate de méthyle devient de plus en plus toxique lorsqu'on chlore 
progressivement la molécule jusqu'à l'obtention du produit trichloré. 
L'augmentation du pouvoir toxique est de moins en moins grande quand 
on passe d'un terme à l'autre jusqu'à devenir nulle dans le cas du lapin ou 
très faible dans le cas du cobaye, ce qui se traduit sur les courbes par une 
pente de moins en moins accentuée. 

IIL Comparaison entre les <;arbonates et les chlorocarbonatks de méthyle 
CHLORÉS. — Celle comparaison ressort de l'examen du graphique 2. 

CM,, içfii.i" Semestre. (T. 172, N- 2.) <0 



i38 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



1° Le premier fait frappant est qu'à nombre d'atomes de chlore éj^al les 
chlorocarbonates sont plus actifs que les carbonates. 

1° Dans les trois séries, le nombre d'atomes de chlore influe sur le 
pouvoir toxique quelle que soit la position que ces atomes de chlore 
occupent dans la molécule de carbonate de mélhyle. 

Toxicité des carbonates et chlorocarbonates de méthyle chlorés (Lapin). 
I. Les concentrations minima mortelles sont II. Les concentrations mi"ima mortelles sont 

exprimées en grammes. exprimées en molécules-grammes. 

o « la g|a ia ufx sa bo. , , oa ict £a iu. hu set fia 



















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a. Le pouvoir toxique s'accroît proj^ressivement, mais de moins en 
moins, jusqu'à ce que 3"' de chlore aient été fixés. 

h. Il reste ensuite sensiblement stationnaire ou diminue par l'addition 
d'un nouvel atome de chlore. 

c. Dans la série des carbonates, l'additijn de deux nouveaux atomes de 
chlore augmente considérablement le pouvoir toxique. 

Les corps les plus toxiques — qu'on exprime les pouvoirs toxiques en 
grammes ou en fractions de molécules-grammes — sont donc ceux dans 
lesquels les deux chaînes sont saturées par du chlore : chlorocarbonate de 
méthyle trichloré; carbonate de méthyle hexachloré, ce second corps étant 
plus toxique que le premier. 



SÉANCE DU lO JANVIER I921. iSg 

Viennent ensuite ceuv dont une sen'e chaîne est saturée de clilorc, mais 
dans ce cas, à poids égal, les chlorocarlionates sont plus toxiques que les 
carbonates. 



ZOOLOiîlK. — Sur 1(1 présence d'un Batracien Urodéle en Afrùjue 
inlcrlropicalc. Noie de M. I'aul Chabanauo, présentée par 
M. Edmond Perrier. 

Au cours du voyage que j'ai entrepris en Afrique occidentale (fin sep- 
tembre 1919 à juin 1920), j'ai découvert une larve d'Urodèle dans la région 
forestière du sud de la Guinée française où ces animaux étaient réputés 
faire défaut. La capture a été faite par moi-même, en péchant au troubleau, 
après le coucher du Soleil, dans le marigot de Diéké, village situé par 'j'^ii' 
de latitude Nord et 11° 18' de longitude Ouest de Paris, sur le versant 
océanique, à quelques heures de marche du Mani, qui forme en cet endroit 
la frontière guinéo-libérienne, et dont le marigot de Diéké est un affluent. 
L'altitude est voisine de Soo". La date de capture se place entre le 1 5 et le 
20 mars 1920. 

J'avais primilivement rapporté celte larve au /"r/io/i Po//e<J Gervais ('), nprès com- 
paraison avec des larves un peu plus âgées de celte espèce qui figurent dans la collec- 
tion du Muséum, et dont elle ne m'avait semblé différer par aucun caractère essen- 
tiel : analogie du faciès, de la coloration et des caractères buccaux; identité du 
nombre des myomères. La conformation toute particulière des membres antérieurs 
m'inspire les plus grands doutes sur la légitimité de cette détermination. Ces membres 
sont atrophiés à leur extrémité qui s'arrondit, aux poignets, en un moignon aplati, 
spaluliforme, dont la transparence ne laisse apercevoir aucune trace de processus 
squelellique. Ils sont, en outre, dirigés obliquement en haut et en rrrière et appli- 
qués contre les flancs, dans une position qui les condamne à une immobilité à peu 
près complète. Par contre, les membres postérieurs sont normalement développés ; le 
gauche a été mutilé, mais le droit est intact et pourvu d'orteils allongés et palmés. 

La présence de Triton Poireti Gerv. en un lieu aussi éloigné du Maroc, son pays 
d'origine, et doué d'un climat aussi différent, ne s'expliquerait que bien difficilement, 
même en faisant appel à l'interprétation commode du transport accidentel des œufs 
par les Oiseaux. L'hiatus qui sépare l'Atlas du Fouta-Djallon, tête nord de la chaîne 
des montagnes de Guinée, et la faible altitude de Diéké ne permettent guère d'invo- 
quer l'influence de ce facteur altitude, qui explique par ailleurs la dissémination vers 
le Sud des Urodèles asiatiques et surtout américains. 

(') Bulletin du Comité d'Études historiques et scientifiques de l'Afrique Occi- 
dentale Française, 1920, p. 490 et 49' • 



l4o • ACADÉMIE DES SCIENCES. 

D'autre part, la coiiformalion paradoxale des membres antérieurs, dont le déve- 
loppement normal précède celui des postérieurs, doit-elle être rangée au nombre des 
caractères constants d'une forme encore inédile, ou bien n'est-elle qu'un simple acci- 
dent tératologique ? Autant de problèmes qui se posent, auxquels la ca])ture d'autres 
individus et surtout 'de l'adulte pourra seule apporter la solution. 

Des quatre espèces qui représentent les Urodèles en Afrique et qui toutes sont 
confinées au nord de l'Atlas, trois sont spéciales à cette faune {Triton Poireli Gerw, 
7 riton J/agenmulleri hat.. Triton HV//</a Micliah.) et la quatrième, Salaniundra 
maculosa Laur., se rétrouve largemenl distribuée en Europe. 

Il me paraît utile de signaler, en terminant, les aftirmalions répétées 
suivant lesquelles la présenee de « lézards » aurait été constatée à l'ifité- 
rieur des puits creusés dans la ville de Kankan; assertion que j'ai le regret 
de n'avoir pu vérifier. Rien ne s'oppose, en vérité, à ce que certains Gecko- 
nidcs (Hemidaclylus Brooki Gray, ou autres) très communs en Afrique occi- 
dentale et amis de l'obscurité, aient élu domicile dans les interstices du 
revêtement en pierres sèches qui tapisse la paroi interne de ces puits; mais 
ne peut-on supposer, après la découverte du Triton de Diéké, que ces pré- 
tendus « lézards » ne seraient autres que des Batraciens Urodèles? 

Quoi qu'il en soit, la présence d'un représentant de cet ordre en Afrique 
tropicale est un fait définitivement acquis à la science; c'est un nouvel 
indice de l'importance des richesses qu'il nous reste encore à découvrir 
dans cette partie du globe oi'i s'étend l'un des plus vastes territoires de 
notre empire colonial. 



A 16 heures, l'Académie se forme en Comité secret. 



La séance est levée à 18 heures. 

É. P. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 17 ,I\NVIi:i; 1021. 

PRÉSIDENCE DE M. Geohoes LE.MOIXR. 



MEMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur les couples (le deux congruences O, 
polaires réciproques par rapport à un complexe linéaire. Note de 

M. C. GuiCHARD. 

J'appelle congruence O, la congruence formée par les tangentes à la pre- 
mière série des lignes de courbure d'une surface. 

Je prends comme troisième axe de coordonnées l'axe du complexe; je 
suppose cet axe vertical. 

Soient alors B et C deux surfaces dont les premières tangentes princi- 
pales possèdent la propriété indiquée; B, et C, les seconds foyers des con- 
gruences O, correspondantes. On sait que B, et C d'une part, B et C, 
d'autre part, décrivent des surfaces polaires réciproques par rapport au 
complexe. 

Soient alors a, A,c, f/ les projections horizontales des points B,, B, C, C, ; 
6 et c décrivent des réseaux 2() ; d'après la théorie générale des congruences 
qui sont conjuguées par rapport à un complexe linéaire, les réseaux a et c 
se correspondent par orthogonalité des éléments; donc a décrit un 
réseau 2O; il en est de même de d. Donc 

Les réseaux focaux de la congruence plane ah sont des réseaux 2O. 

Réciproquement, si l'on connaît une telle congruence plane, on pourra 
résoudre le problème posé en effectuant une seule quadrature. 

En effet, les réseaux focaux de la congruence orthogonale à ah seront 
aussi 2O; faisons tourner cette congruence orthogonale de 90°, ce qui 
l'amène en cd. Les réseaux a et c sont tels que la première tangente de l'une 

c. R., 192 1, (•• Semestre. (T. 172, N° 3.) ' ? 



I ')2 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



soit parallèle à la seconde tangente de l'autre. D'après les résultais 
établis dans ma Note du lo mai 1920, il y aura parmi les réseaux paral- 
lèles à B,, un réseau dont la polaire réciproque est parallèle à C. Le pro- 
blème posé sera alors résolu. 

Le réseau a étant 2O sera la projection d'un réseau O, A; de même il y 
a un réseau 0( D) qui se projette suivant d. Les surfaces A et B d'une part, 
D et C d'autre part, possèdent la propriété suivante : 

Ces surfaces sont rapportées à leurs lignes de courbure ; la seconde tangente 
principale de la première surfiice et In première tangente principale de la 
seconde surface sont dans un même plan vertical. 

La recherche des congruences planes dont les réseaux focaux sont 2O 
revient à trouver dans un espace d'ordre 4 un réseau dont les congruences 
focales sont 2L Voici comment on obtient ces réseaux. Soit 



x^ X., X3 .1'; 

Vl f-l J3 J\ 

^l Ç2 ^3 4i 

•fli ri, -n-., O; 



un déterminant orthogonal d'ordre 4 ayani pour rotations 



a = (j) SI n t 
_ do 



e — -r — 5 

an 
y = — siml/. 



m = (ocoso, 



où o) est une constante. l*]n écrivant les relations qui doivent exister entre 
les rotations, on trouve 



(') 



t)-9 



Ou dt' 



nz siii o cos'^, 



-r !— := SI 11 7 COS S), 

OU av 



Le problème est du (jualiième ordre; mais les équations (i) sont équiva- 
lentes aux deux suivantes : 



(2) 



an Or ' ' Ou av 



de sorle qu'il suffit d'avoir deux solutions de l'équation des surfaces à 
courbure totale constante. Mais on peut aller plus loin et énoncer le résultat 
suivant : 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. 1 43 

Si l'on connaît deux surfaces à courbure totale constante rapportée à leurs 
nsymptotiques, on pourra sous forme Jinie obtenir tous les éléments d'un délei- 
ndnant A. 

Soit alors (M) un réseau O de l'espace d'ordre 4 qui correspond au 
déterminant A; je mène les normales Ma; et M/; je désigne par (j le premier 
foyer de la congraence M.r'; par H le second foyer de Mr; par G y la 
seconde tangente de G; par H./' la première tangente de H. Les cosinus 
directeurs des droites G7' et Wx' sont donnés par les formules 

y'i; =r jp/. cos 9 — r; /.. si n cp . 

On vérifie facilement que les droites Gy' et H.k' décrivent des 
congruences 2I ; les réseaux G et H possèdent donc la propriété indiquée : 
ces réseaux se correspondent d'ailleurs par orthogonalité. Il suffit mainte- 
nant de couper ces réseaux par un même plan isotrope, on obtiendra ainsi 
les congruences planes (r//>) et(rû?); on imprimera à la seconde une rotation 
de 90" pour la placer dans la position indiquée au début. 

En réduisant les réseaux G et H à des réseaux points, on obtiendra des 
surfaces (A), (B), (G), (D) qui ont même représentation sphérique que 
les surfaces cherchées. Les coordonnées des points qui décrivent ces surfaces 
sont : 

X3 = 



(A) 


X3 -t- l.l\ 


x,= 


(B) 


\ - •^'' 


X, r^ 


' J'3 + if, 


(C) 


x,= '^ , 


\,=: 


(D) 


Y _ •^'' 


X, = - 



•^': 


y'.. 


y, 


Vi 





i 


y\ 


, + 'y\ 

i 


i 



x,= 



ELECTIONS. 

MM. L. GuKiNAUD, G. Lemoine, A.-Th. Sciilœsimg sont élus Membres 
du Conseil supérieiu- des stations agronomiques et des laboratoires agricoles. 

MM. J. Vioi.i.E et U. Bourgeois sont élus Membres du Comité consul- 
tatif de l'Office national météorologique au Sous-Secrétariat d'Etat de 
l'Aéronautique. 



l44 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CORRE SPOND AIVCE . 



M. le Seckétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

jo PniT2 Sar\sin et Jean Roux, Nova Calcdonia. Recherches scientifiques 
en Nouvelle-Calédonie et aux îles Loyalty : B. Botanique. Rédaction Hans 
Sr.HiNZ el A. GuiLLAUMiN, vol. I, Livre II. (Présenté par le Prince Bona- 
parte.) 

2° Conlribulion à l'étal des relations existant entre les circula/inns atmo- 
sphériques, l'électricité atmosphérique cl le magnétisme terrestre, par Ali ukd 
ViALAY. (Présenté par M. G. Lemoine.) 

3° Notice sur les titres et travaux scientifiques de Paul Lkvy. (Présenté par 
M. Hadamard.) 

4° Eléments d' électrotechnique générale, par E. Barré. (Présenté par 
M. A. Blondel.) 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les fonctions -tiyant un nombre fini ou 
infini de branches. Note de M. Théodore Varopoulos, préscnlée par 
M. Hadamard. 

1. Celle Note l'ail la suile do ma Communication précédenle ('); jeme 
propose de faire connaître ici d'autres résultats, qui n'avaient pas de place 
dans mes Notes antérieures. 

TiiKORi'.ME I. — Une transcendante algéhroide m = cp(;) (jueleoiuiue à 
V branches satisfaisant à une équation de la forme 

u' + A, (c ) «■' -I + As (= ) u'-^- + . . . + A,_, ( :;) // + A,(:: ) = .,, 

oii A,(-) désignent des fonctions entières et où il n'y a aucune relation de la 
forma' 

Cl A,(:) 4- C.2 A2(;) +. . .-t- fv Av(,;) :=c {c^ c^^ c^, ..., c, étant des constantes), 

prend dans le domaine de IHnfini toutes les râleurs, sauf peut-être v -f- i , 
l'infini compris. 

(') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. i368. 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. l45 

Ou encore : 

L'exposant de comrrgcnce de la suite des zéros de V équation q = '^{z) 
(où q nesl pas une valeur exceptionnelle) ne saurait être inférieur à l'ordre de 
la transcendante algéhroïdr u = z>(z) pour plus de v + i valeurs de la con- 
stante q. 

2. Le théorème I s'étend encore à d'autres fonctions u = o{z) plus géné- 
rales, définies par une équation de la forme suivante : 

; F ( :. u) + II' H- A ,(;)«"-' + ... + A^-i ( ; ) « + A,, ( c) = .», 
/(;, (0 + A,(3)K''-'-HA,(;)"''-'-t----+Av_,(^)M-t-A,(j) = o, 

F(z-, u) élant une fonction uniforme quelconque de u el enlière en z avec 
un ordre de grandeur inférieur au plus grand e*'''' des ordres de grandeur 

des fondions entières 

), 

A,( = ) (j = i, 2, ..., V) et /{:., Hl=:y^a,i,i)iJ.,{z), 

I 

les ['■i{z) ayanl un ordre de grandeur toujours inférieur à e''''' (/-i^l:;!), 
A désigne un entier quelconque et les '/,(») des fonctions uniformes quel- 
conques de u. 

Nous supposons toujours qu'il n'y a aucune relation de la forme 

(9) c. A,(.-) -f c, A,( =)+... + c, A,(;) = C. 

3. Soit = = ^(«) la fonction inverse de // = ^(s)- Nous avons le théo- 
rème suivant : 

Le nombre des points critiques d'ordre (') di(férent de zéro de la fonction 
z = ^""(w) ne dépasse jamais V + 1 , Vinfini compris. 

4. Soit une équation différentielle de la forme suivante 

(5) Au.( = ) + Ap,_,(;)«-4-. ..4- A,(:)(/!J-'H- uV--^z<^{u, u'. u", . .., « '") = o, 

et désignons par e^"'' le plus grand des ordres de grandeur des fonctions 
entières A, (s), A^C^), ..., A(j.(s) entre lesquelles il n'y a aucune relation 
de la forme (G). 

Considérons une intégrale u = q(z)d(i notre équation diflërenlielle (') 
qui satisfait encore à d'autres équations 

«'=:/),(«), u"^ /i,{u), 11'"=: /i-j{a), ..., «'"' = /(„((/), 

$(«, u', m", (/'", ..., m''");=F(;/), 

(') G. Rémoundos, Sur les points critiques transcendants {Annales de la Faculté 
des Sciences de Toulouse, 1° série, t. 9). /oS^^ -~ ^ *S 



w 



^9- 



l/»6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

OÙ les fondions /;,(»), /io(m) ^h,('t)j F(m) soni bien délerininéps pour 

chaque intégrale u = q(:-)- 
Si l'équalion 

A|i( ; ) + A^._, ( 3 ) « 4- ... 4- A, ( j) «IJ-' + «t^ 4- ; F («) = <> , 

qui sera bien satisfaite par rinlégrale « = q{:), est irrécluctilile (c'est-à-dire 
ne définit qu'une fonction unique), nous aurons le théorème suivant : 

Pour toute intégrale u = f/{z) de l'équation différentielle ('), le nombre des 
valeurs deu exceptionnelles non parfaites (d'après la terminologie de M. lîé- 
moundos) est égal au plus à \i., l'infini non compris. 

J'i-n tends par là que : 

Véquntion u^^q{z) ti admet pas un ntmdtre fini de racines pour plus de 
u. râleurs finies de u. 

Ou encore plus précisément : 

La densité des racines de V équation u ^ q{ z) ne saurait être inférieure à 
celle qui convient à une fonction entière d'ordre de grandeur c*'" ' pour plus de 
p. valeurs de u (l'infini non compris). 



MÉCANIQUE. — Essai, (i l'emboutissage, des tôles minces. 
Note de M. Charles Frémoxt, présentée par M. Léon Lecornu. 

fjes essais de traction et de flevion des liMes minces présentent certaines 
difficultés d'exécution, aussi beaucoup de praticiens préfèrent-ils effectuer 
les essais des tôles, de 3""" d'épaisseur et au-dessous, par emboutissage 
statique. 

Dans cet essai, un poinçon, de forme et de dimensions déterminées, 
emboutit l'éprouvette de tôle .et l'opérateur mesure laflécfie d'emboutissage 
au moment de la rupture de la calotte. 

Mais ce moment de U rupture de la calotte n'est pas précis, et, en outre, 
il peut être choisi à des degrés différents, suivant l'usage auquel est destinée 
la tôle essçiyée. 

Une tôle destinée à être utilisée pour sa raideur doit travailler sans se 
déformer d'une manière permanente, c'est donc sa limite d'élasticité ou, 
plus pratiquement, le début de la fissuration à l'emboutissage qu'il importe 
de mesurer^ tandis que pour une tôle destinée à être utilisée [)our sa résis- 
tance vive c'est la quantité de travail nécessaire pour effectuer la perforation 
complète de l'é[)rouvette qu'il importe de mesurer. 



SÉANCE DU 17 JANVIKR 192I. lt\'J 

Pour ine renseigner sur la j^randeur croissante de la flèche pendant la 
rupture graduée de la calotte emboutie, j'ai pris une bande d'aluminium 
de 2""" d'épaisseur et je l'ai emboutie avec un poinçon à extrémité splié- 
riijue de 10""" de diamètre et une matrice de 16'"'" de diamètre. 

La ligure i représente le diagramme de cet emboutissage statique. 




Fig. I. — Diaiiriiinme de sept emboutissages successifs à flèche croissante. 

J'ai ensuite effectué dans les mêmes conditions d'exécution, des embou- 
tissages à flèche croissante, en me guidant sur le diagramme précédent 
pour arrêter l'opération à chacun des points singuliers, c'est-à-dire aux 
inflexions de la courbe. 

La figure 2 est la photographie de ces emboutissages successifs, au 
nombre de sept, vus du côté de la proue. 





Fig. a. — Vue des proues de sept emboulissages'successifs à flèche croissante. 

On voit que les quatre premières proues sont seulement fissurées, elles 
correspondent à des flèches d'emboutissage de. 3""" à _V""' de profondeur; 
les trois autres proues sont partiellement rompues sous des flèches variant 
de 4'"'" à 9'"'" de profondeur. 

Un agent réceptionnaire, chargé de relever dans cet essai la flèche d'em- 
boutissage au moment de la rupture de la calotte, pourra choisir une flèche 
quelconque comprise entre 3'"" et 9'"™. Pour éviter cette imprécision, il 
faut donc, au cahier des charges, imposer l'enregistrement du diagramme 
et limiter l'emboutissage au point i, c'est-à-dire à la première Inflexion de 
la courbe, pour les tôles utilisées pour leur raideur. 

Pour les tôles utilisées pour leur résistance vive, il est plus pratique 
d'effectuer l'essai d'emboutissage au choc, avec le poinçon et la matrice 



l/|8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

servant à l'einboutissag'e slaliquc, et de mesurer la quantité de travail 
dépensée pour transpercer l'éprouvette de tôle mince. 

C'est ainsi que j'ai trouvé par celte nouvelle méthode d'essai dynamique 
de tcMes minces : 



Dépense de travail. 



Pour une l"le d'acier de i d épaisseur. 

» ' ,y i » 



Pour une l<'>le de cui\ re rouge de. . . i » 5 

i> de laiton de i ,Ô3 « 7 

n d aluminium de •! » 3,5 

Pour les tôles d'acier de i""'" d'épaisseur ayant servi à la confection des 
casfjiies de soldats, j'ai trouvé i '1''^ pour des tôles de casques anglais el "j^' 
pour des tôles de casques français. 



HYDRODYNAMIQUE. — Sur l' écoulement initial d\in lit/uic/epar un ori/ice 
brusquement ouvert. Note de M. Hrkri Vim.at. 

A la suite de la publication d'un Mémoire de M. Signorini (Rendiconti di 
Palermo, l. 41, 191G), M. Langevin a fait connaître la façon de déterminer 
la distribution initiale des pressions (ou des accélérations) lors de l'ouver- 
ture brusque d'un orifice dans un vase contenant un liquide primitivement 
au repos. M. H. Nev^ne {Bulletin des Sciences mathématiques, 1920, j). 220) 
a, dans un intéressant article, montré sur un cas très particulier qu'au 
début de l'écoulement toul le débit était fourni par les bonis de l'orifice. 
Comme le phénomène intervient j»our expliquer la production des anneaux 
de fumée (ou de liquide) dans des expériences classiques, il n'est pas sans 
intérêt de préciser les conditions dans lesquelles ce résultat reste exact. 

Plaçons-nous d'abord avec M. Vergue dans le cas de deux dimensions. 
Soient : a, la portion de paroi brusquement sup|)rimée sur le profil 
A, + a, -f- A^; \j.., la surface libre, et >' l'ordonnée d'un point de a, par 
rapport à [x.,. Transformons le domaine du plan z =^ x -\- iy qui nous occupe 
en un rectangle d'un nouveau plan Z dont les côtés correspondent à a,, A., 
[j..^, A|. L'application d'une formule générale de mon INlémoirc {Àctu 
matlicmuticd, t. 40, p. loi-i'jS ) permet de mettre la fonction CT( = yj 4- l'y) 
de M. Langevin sous la forme 



ivr,'— ^ j <i»(oi.;(z- i)-i-:{7.-i- t)]di-h 



•iciri3. 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. l49 

avec la condition 

*I>(\) n'est autre que la fonction g-y exprimée au moyen de la variable X, 
sur le bord inférieur du rectangle dans le plan Z. 

D'autre part, un procédé de transformation, analogue à celui que j'ai 
donné (Comptes rendus, t. 170, 1920, p. ij<J8) pour des domaines à 
connexion double, prouve que la correspondance entre les plans : et Z 
entraîne une égalité de la forme 

^. - ' /■"'l.|,ii;i7.-/l+:,7, + /ll,// + I f (;,,^,i;,(Z-,V)+;,(Z + ".l."-^j' ' G,(/)lsl/— 'V|+riZ + ,V:!./^ 

7?Z = """"'■'• '° 

Un bord A de l'orifice du plan z correspond à Z = o. En ce point les 
fondions F(/) et (•■,(/) sont égales aux angles 9, et o,, que font avec Tbo- 
rizon les tangentes en A à A, et a, (orientées dans le sens direct). ( )n peut 
conclure de laque, au voisinage de Z — o, -^ se comporte comnieCZ " . 

Si u' et c' sont les composantes de l'accélération, on déduira de ce qui 
précède 

H'-jr'=(P + jQ)— . 

Lorsque le point considéré se rapproche du bord A, les formules ci-dessus 
permettent de montrer que P tend vers — $'(+0), el que Q ne difiére 
de — log A que d une quantité iinie. 

D'où une discussion facile à faire ensuite, et d'où, en supposant, pour 
fixer les idées, que<I>'(+ o) existe etsoit finie, il résulte que pour s, — 9(i<C:;' 
u' (en général) et c' (toujours) deviennent infinis au bord A; au contraire, 
ils sont nuls si 9, — 90 > -• Le cas intermédiaire o, — 9,,= -; pf^"t coin- 
[lorter diverses circonstances dont on trouvera ailleurs le détail. 

Par exemple, si le vase est à fond horizontal avec des bords faisant de 
part et d'autre l'angle y. avec l'horizon, on trouve, en désignant par Zj cl 
Z' de nouvelles variables, et par a, l>, c, p, c/, cinq constantes : 

CT -(- t ro^ ^ — - — A , 
^ =^- p'-^ {74- c'-f'CAl- /y'f^; Z,= «S«(Z'|3«i,"),), 

a 
. , iq- {a^Sn^Z' — b-)^ 



(k'Sn-'Z' — ï)'' CnZ'DnZ' 



l5o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

En un bord (Z'= 2co, par exemple) on voit que raccélération devient 
infinie. 11 y a exception, si la portion détachée du fond est le fond tout 

entier (o = A), alors raccéléralion devient infinie pour a<;'', nulle 
pour a > -) et elle reste finie pour a = -• Ceci est conforme aux résultats 

généraux ci-dessus. C'est seulement si u' et v' sont infinis,que lout le débit 
initial proviendra des bords. 

La théorie se généralise au cas de trois dimensions, auquel cas on peut 
traiter explicitement divers exemples particuliers. 



CHIMIE PHYSIQUE. — Sur In varialiondu poin'oir rotntoire (le incidc Inrlriquc. 
Note (') de \1. II. de Mallemanx, présentée par M. Haller. 

I. On sait que l'addilion aux solutions aqueuses d'acide tarlrique droit 
de certains composés minéraux dérivant <'n général d'acides _/V«7v/^'5 (acides 
borique, antimonique, arsénique, molybdiquo, lungstique, de.) (-) 
(m'j;menti' le pouvoir rotatoire de c»^s solulions dans une mesure consi- 
dérable. 

Un récent travail de Darmois (•') montre que cetle variation doit être 
attribuée à une action chimique, introduisant dans la solution un composé 
défini à pouvoir rotatoire élevé. 

Nous avons signalé, dans une Noie précédente (*), une modification du 
pouvoir rotatoire de l'acide tarlrique qui semble d'un genre nettement 
différent. 

a. Contrairement aux observations que nous venons de rappeler, le 
pouvoir rotatoire diminue d'abord, puis change de signe. 

h. La dispersion paraît suivre une loi caraclérislique, (pii relie les varia- 
tions observées par addition de toute une série de sels métalliques. 

En permutant dans cette série les différents éléments constiluiifs de 
chaque sel, on semble n'agir que sur Vintensité du phénomène et non sur 
sa nature spécifique. 

Les groupes de corps rappelés au début ne présenleni absolument rien 
d'analogue. 

(') Séance du 27 ciécemliie igao. 

(') BiOT, Annales de Chimie et de P/iysir/tie, iS'i't, i85o, 1860. — Giîr.nf.z, Comptes 
rendus, l. lOV à ll'i. 

( ') I']. I3AKM0IS, Comptes rendus, t. 17i, 1920, p. 349. 
(') Mali.fmann, Comptes rendus, t. 171, 1920, p. gS. 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. l5l 

Les faits que nous signalons se rapproclical par contre des variations 
observées dans les solutions a(jUfuses d'acide tartri(]ue pur, de coiiccntrci- 
litins (lijlï'rcnlrs, ou dans les solutions de cet acide réalisées au moyen de 
mélanges de certains liquides organiques. 

Toutefois, dans le cas actuel, les variations peuvent devenir beaucoup 
plus importantes. 

II. Nous compléterons aujourd'hui nos résultats relatifs à CaCP en 
donnant à titre de comparaison quelques valeurs correspondant à l'action 
d'un certain nombre de solutions salines de nature différente. 

C<Hic. ";\, en volume [ a ] -^ 

— — ^ — - — —— (les solutions ['^}i (laies du Hg) rapportés à l'acide. 

N.ituro on acide dac. tartr. pur Tcui- — ^ -~- — ^ 

du sel. en sel. lartri(|iie. ( même conc.). péralnre. 0;\.578. Ol^-SIG. Oi^, 'ilJ-^. Oi', 430. 

iNaCI 24.8 39,1 +9)1 17 — 3,2 — 4^4 — 8,0 — 17,5 

CaCl-. .... 42i7 3o,a -t-io.a » — 4''>5 — 49iO — 64,9 — 95, o 

Si'CJ- 4i ■?.ïi,'è +10,9 19 — 16,3 — '9,4 — -27,1 — 43,2 

BaCI- 28 47.0 +8,'. 17 —11,2 — 13,5 —19,0 —33,8 

MgCI- 2.5 19,1 +11,9 " -t- 7,4 +7)5 +6,8 -t- 3,8 

ZnCI- 22 24,4 -Hii,K i8 + 9,6 + 9,9 + 9,9 -(- 8,0 

Na(NO*)... 36 21,8 -hii,3 18 +0,2 —0,6 — 3,(. —10, 5 

Ca(NO^)^. 4o 21,8 .. 20 — i4,o —17,0 -24,1 —38,9 

Sr(N03)'-.. 32 21,8 .. » —5,4 —7,0 -12,0 -22,5 

Ba(i\0-')-.. 8 21,8 ,) 18 + 5,2 -h 4,9 + 3,7 ■^- 1,0 

Nous avons coniUilé des vurliilions du même genre pour un cerliiiii nombre d'autres 
sels. 

Nous mentionnerons encore l'aclion de KCl, LiCI, NH'CI : le pliénomène se com- 
plique alors par suite de la précipitation d'une certaine quantité de larlrate acide. 

Les rolalions restent toutes droites pour KCl et LiCl : dans le cas de NH*CI, la 
courbe de dispersion coupe l'axe des abscisses; Jes rotations sont gauches dans le bf»«. 

Le Tableau précédent indique d'une manière générale (bien que les concentrations 
n'y soient pas comparables) Vordre dans lequel se rangent les dilTérents sels au p(jinL 
de vue de leur maximum d'elTet respectif. 

L'ensemble de nos mesures nous a permis de dégager les faits suivants : 

a. Pour les concentrations égales ( ' ) ce sont les métaux alcaliiTo-terreux 

qui donnent rabaissement le plus grand : cet effet croît très fortement quand 

(') L'ell'et dépend naLurellement de la solubilité du sel considéré : si la saturation a 
lieu pour des concentrations très différentes, l'ordre général correspondant à l'effet 
niiixiinuin peut subir des inversions, comme c'est le cas par exemple pour NO'Na 
el(NO')-Ba. 



l52 ACADÉMIE DES SCIENCES 

on passe des métaux alcalins au Ca (') puis il décroît en correspondance 
avec l'ordre de classification naturel : Ca, Sr, Ba, Alg, Zn. 

Il est plus grand pour les chlorures (|ue pour les nitrates et les sulfates 
solubles. 

h. L'effet croît avec la conceniralion du sel et de l'acide tartrique : il 
croît aussi avec la valeur du rapport ". , < mais semble alors passer par un 
maximum. 

c. Un accroisseuienl de température modifie l'effet dans le sens qui cor- 
respondrait à une dilution. 

III. Le tracé des courbes de dispersion est particulièrement instructif; le 
faisceau ain^i constitué jouit sensiblement de la propriété suivante : 

Une courbe quelconque divise les ordonnées comprises entre deux courbes 
fixes dans un rapport conslant ("). 

On sait que cette relation énoncée pour la première fois par Darmois (') 
caractérise les mélanges en pro[)ortions variables de deux corps actifs. 

On remarque, en outre, que les courbes de dis[)ersion de l'acide tartrique 
pur('') se rattachent exactement au faisceau précédent. 

Il semble qu'une cause analogue détermine les variations du pouvoir rota- 
toire dans les deux cas. 



CHIMIE PHYSIQUE. — ' Réactions réversibles de l'oxyde de carbone sur 
les oxydes de fer. Note (*) de M. Georges Ciial'dkox, préseiilée 
par M. II. Le Chatelicr. 

D'api'ès Moissan (^), la réduction du sesquioxyde de fer par l'oxyde de 
carbone donne successivement les différents oxydes : 

SFe^O'+GO = 2Fe'0'+C0S 
Fe^O» + CO ^ 3FeO + CO% 
FeO +C0 ^ Fe +C()^ 

(') L'impoiliince ilelefrel dû à CaCI^ permet de rc-'coniiiiilii' des iraces de ce corps 
d;uis li's si)lutions concentrées d'acide larlrique. 

(-) l/approximation à tolérer ne dépasse jamais les limites imposées par les erreurs 
d'uxpérieiiee. 

(^) F. liAiiMOis, Ann. Cil. J'h.. l. 22, i;)M. 

(*} L(^ groiipcMneiil des courbes de dispersion rolatoire de l'acide larlrii|iie pur 
suivant un réseau de Darmois a déjà été signalé par Hriilial (7Vic.se, l'aris, ii)i.i). 

('') Séance du lo janvier 1921. 

('■) Ann. Pli. et Ch., 5° série, l. 21, 1880, p. lyy. 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. l53 

Les doux dernières réactions sont limitées par l'oxydation du fer et de 

l'oxyde ferreux par l'anhydride carbonique. 

A l'équilibre pour une température donnée, la composition de la phase 

gazeuse est délerminéc. Baur cl (ilassner (') ont mesuré ces équilibres à 

différentes températures entre îoo" et 1000". 

Nous avons repris cette étude avec un dispositif permettant l'emploi de 

la méthode interférentielle pour l'analyse du mélange gazeux. 

L'appareil est moulé de façon à faire parcourir aux gaz un circuit coniprenanl : le 
tube laboratoire placé dans un four élecliique à résistance, la cuve d'un rétractomètre 
et une chute de mercure assurant la circulation. On peut donc suivre à chaque instant 
l'établissement de l'équilibre; en outre, ce brassage de la phase gazeuse augmente les 
vitesses de réaction. 

Au début des expériences, un poids connu d'oxvde ferrique est placé dans l'appareil, 
et nous introduisons successivement des solumes connus d'oxyde de carbone; après 
chaque réduction, l'équilibre étant obtenu, nous mesurons à difierentes températures 
la composition de la phase gazeuse; le volume d'oxyde de carbone nous donne la 
composition du mélange des deux phases solides définissant le système étudié. 

Nous avons trouvé ainsi, au-dessous de SSo", un seul système correspon- 
dant à l'équation 

(I) Fe»0' + 4C0 ^ 4COM-3Fe. 
Au-dessus de 5So°, il y a deux équilibres avant d'arriver au fer : 

(II) FeMJ'+CO — 3FeO-i-CO% 

(III) FeO -4-CO ;- Fe + CO^ 

Le diagramme ci-dessus, résumant nos mesures, est formé de trois 
branches de courbes correspondant à ces systèmes. 

Sur la ligure, nous avons tracé la courbe de dissociation de l'oxyde de carbone; 
elle partage le plan en deux régions; dans la zone des basses températures, où se 
dépose du carbone, les équilibres étudiés sont métastables. 

(Les points marqués par une croix sont obtenus par réduction; ceux marqués par 
un point, le sont au contraire par oxydation.) 

Les trois phases solides coexistent en équilibre à 58o°. 
Il y avait lieu de penser que l'oxyde ferreux était instable au-dessous de 
cette température, et qu'il devait se transformer en un mélange de fer et 

(') Z, /. l'h. Oh., t. 43, 1903, p. 354. 



ACADEMIE DES SCIENCES. 




<ôô s'ôô fôô 7ÔÔ JôB ?'oô iô'cô ÎToc 






(I) (II) 

Ces pliolograpliies sont prises (I) sui- l'oxyde ferrein fondu, (II) après le leouil. 



SÉANCE DU 17 JA.WIER HJ2 1 . 1 55 

d'oxyde magnétique conformêmenl à la réaction 
4FeO =i l'eM;)i+Fe. 

Nous avons pu constater directement cette transformation qui est réver- 
sible. 

Dans une [)remière série d'essais, nous sommes parti d'oxyde ferreux 
préparé en fondant un barreau d'acier au chalumeau oxhydrique; la masse 
fondue est composée en majeure partie d'oxyde ferreux; après sept jours 
de recuit à 5oo° dans un tube scellé, nous avons obtenu une substance atti- 
rable à l'aimant, donnant dans une solution de sulfate de cuivre un dépôt 
métallique; enfin, l'examen micrographique d'une surface polie est encore 
plus suggestif; après le recuit, on voit apparaître un réseau formé de 
lamelles brillantes de fer. Inversement, toutes ces propriétés disparaissent 
après avoir maintenu cet échantillon pendant quatre heures à 800°. 

D'autres essais, effectués sur de l'oxyde ferreux préparé à 900° par la 
méthode de Debray, ont donné des résultats aussi concluants que les pré- 
cédents. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Décomposition catalytique des acides chloracèti(jues . 
Note de M. J.-B. Senderens, présentée par M. G. Lcmoine. 

La décomposition catalytique des acides organiques RC(_)-H se fait, 
comme je l'ai montré ('), suivant l'équation 

( 1 ) 2 RCO . 011 = 11^ + CO- + RCOR. 

Célone. 

En est-il de même pour les acides organiques halogènes? L'acide mono- 
chloracélique, par exemple, donne-t-il la dichloracélone symétrique, 
suivant l'équation 

(2) 2C1I*CIC0.0H = 1I^0h-C0^-i-CH-CI.G0.C1I=CI. 

C'est ce que je me suis proposé d'examiner, en commençant par les 
acides chloracétiques sur lesquels j'ai fait agir trois catalyseurs d'activité 
bien difTérente vis-à-vis des acides organiques : la thorine, le Adolin elle 
noir animal. 

(') Afin. Cldm. Pliys., février igiS. 



l56 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

TiioRiNF.. — La lliorine esl, avec la zùcone, le meilleur catalyseur des 
acides organiques. Elle Iransforme l'acide acétique en propanone dès la 
température de 235" (lempêrature de l'intérieur du tube), avec (jC) pour loo 
de CO-, ce qui correspond presque ihéoriquement à l'équation 

(3) aCii^co.oii = iiM) -HC(>^^-CH^(;(>.(:l^'. 

\vec l'acide monocliloracéllqne, la décomposition commence à 220°, mais 
elle ne répond nullement à l'équation (2). H se dégage en effet d'abon- 
dantes fumées de H Cl que l'on absorbe dans un flacon laveur, à la suite 
duquel on recueille les gaz qui ont comme composition : 

l'i-iiipci-iilure. 

'-•5I>'. 31U". 3'i(l". 

Gaz. carbonique 38,2 /^n 4". 6 

Oxyde de carbone Gi ,■>. :'>9.9- 58,6 

'Résidu 0.6 0,8 0.8 

100,0 1011,0 100,0 

[^e liquide recueilli ne renfermait ni chloracétone, ni chlorures de 
carbone, mais simplement une solution aqueuse de II Cl mêlée d'une 
petite quantité de cblorure d'éthylène. La thorine s'était fortement char- 
bonnée. 

L'acide monocliloracétique se décompose donc sous riiilhience de la 
thorine en H Cl, CO-, CO et carbone qui se dépose. 

Avec l'acide tricldonicétique , la décomposition par la thorine se fait déjà 
à 210". L'analyse du gaz a donné : 

'l't*in[iéi'ahire. 

< >\ycliioriire de carbone 1 ,5 1,8 

Gaz carbonique 63,8 6.1,4 

n\yde (le cai-l)one 33,5 32,8 

Uésidu 1,2 I 

Tola I 1 00 , G 100,0 

Le li(piide recueilli tient en dissolution de l'acide chlorliydrique et est 
un mélange de chloroforme, Cil Cl% qui bout à Go"-()'^)", dï-lhylène 
perchloré, C^CI%qui boufà 1 1 8"- 120", avec un peu d'élhane pcrchloré. 
C-'C1% cristaux d'odeur camphiéc, fusibles vers uSo" el subliniables bien, 
au-dessous de cette température. 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. 1 57 

Ti.T formation de ces corps peut se tirer des réiirlions suivantes : 

(/,! cci'.coMi = (;ll(;l'-^-(;<»■^ 

(5) ' 2(:CI-^C()-H = C-^CI* -+- '..1101 + 200', 

(6) 9.C(;i'COMI = C-CI'-' + MM') +C02+CO. 

La ihorine se charhonne légèrenienl durant l'opcralion. 

Kaolin. - - Le kaolin est un des catalyseurs les plus médiocres des acides 
organiques. Il ne commence à agir sur l'acide acétique que vers 35o'\ avec 
un rendement en propanone correspondant aux 54 pour 100 de gaz carbo- 
nique que renferme le gaz dégagé. 

Vis-à-vis des acides cliloracétiques, l'activité du kaolin se relève et se 
rapproche de celle de la tliorine. Le kaolin, en effet, décompose Tacide 
monochloracétique vers 25o'' et l'acide trichloracétique vers 2^0°^ en 
donnant sensiblement les mêmes produits liquides et gazeux que la thorine. 

Noir ammai,. — Ainsi qu'il résulte d'expériences faites en commun avec 
M. Aboulenc. le noir animal, soigneusement lavé à l'acide ou provenant du 
sang calciné, exerce sur l'acide acétique une action très difï'érente de celle 
du kaolin et surtout de la thorine ('). Avec l'acide monochloracrtique, au 
contraii'e. le noir animal se comporte comme ces deux catalyseurs, soit au 
point de vue de la température de la réaction, soit au point de vue des 
produits. 

Il n'en est plus de même pour l'acide Irichloracèiicjue que la thorine et le 
kaolin décomposent en produits complexes, tandis que le noir animal le 
transforme presque exclusivement en chloroforme. La réaction commence 
vers 230° et se poursuit régulièrement jusqu'à 3oo° comme le montre le 
Tableau. 

Température. 

■25l>. 270". 300". 

Gaz carbonique 86,5 85,8 85,2 

Oxyde de carbone 12, 5 i3,2 i3,8 

Résidu I I I 

100,0 100,0 100.0 

La proportion de CO-, qui était de G4 pour 100 avec le kaolin et la 
thorine, monte à 86 pour 100 avec le noir animal. 

Le liquide recueilli renfermait 85 pour 100 de chloroforme, le reste étant 
un mélange de C-Cl', C-CK' avec du HCl dissous. 

(') Comptes rendus, t. 170, 1920, p. io64. 

C. K., 1931, i" Semestre. (T. 172, N» 3.) I '-Î 



l58 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

La réactidii de heaiir hi|) piépoiuléranle esl donc 

<;<;! <;nMi = ciici' ,- 1:0-. 

On pouvail espérer (jue le cliloral CClH^OH donnerait égulenienl du 
chloroforme par perle de CO ; j'ai conslalé qu'avec le noir animal comme 
avec la ihoriiie, ilsuhil une toiil anlre décomposition, 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur (Icii.i- /lo/iiuloi^iies du sulfure (VéAlixlènc : le 
tlu'<)i)r<)p(inr-\ .i cl la thiobulanc-i.'i. Note de \IM. ^Iaiicki. l)i;i,i:i>i\E 
et l*iiîKRK «lAFrKUx, présentée par M. A. Haller. 

Los (juelques recherches entreprises pour préparer les homologues du 
sulfure d'élhylène n'ont jamais fourni jusqu'ici que des masses amorphes 
de condensation inconnue, qui, bien (pi'appelées des noms correspondants 
(sulfures de propylène, d'amylène ), ne représentent nullement des dérivés 
sulfurés simples. Il nous a donc semblé intéressant de préparer au moins 
quelques-uns des véritables homologues du sulfure d'éthylène, ne fût-ce 
que pour établir plus amplement l'existence des combinaisons à chaîne 
hétérocyclique formée de deux atonies de carbone et d'un de soufre; cela 
devait aussi pei-mettre quelques compaiaisons avec les termes isomères à 
chaînes carbonées plus longues. 

Nous avons réalisé ces préparations en généralisant la réaction précé- 
demment employée (') : action du sulfure neutre de sodium (contenant un 
peu de sulfhydrale) sur le chlorosulfocyanate ou le disulfocyanate de 
propylène et le bromosulfocyanate ou le disulfocyanate de butylène, dérivés 
des carbures dihalogénés en 1.2. 

Sans entrer dans aucun des dolails qu'on liouvera ailleurs, nous indi(iuerons senle- 
mcnl le chemin suivi pour n'avoir (]ue des produits de constitution connue. 

l'our le suifuie de propylène, nous sommes j)artis d'alcool propyli(|ue nor;nali 
dcsliydiali' par catalyse, celui-ci a fourni du prop_)lèj)e que nous avHuis transformé eu 
l)]|iiorMure; ce dernier a été ensuite changé en di^nlfocvaiiate qui a été liailé par !.■ 
Miilnii' de sodium. Une autre partie de noire proj]\lcrie a élé cliangée en ilii(ii.>lM(i- 
mures Cil'.C.HCI.CIlMîr et Cl P. Cil 15r.( :i|-Ci, et ceuv-ci, en chorosnlloc^anale cl 
disultocvanale, l'un d l'aulie Ir.uisl'orniahles en sulfui-e de propylène. 

l'our le sulfure de liulvléue. on e^l parti de l'alcool bulylique normal pui- (|u'il e-t 
aujourd'hui facile de ^e procurer; on ne l'a pas transformé en bulvièiie parcalal\se. 
cette réaction donnant un mélanine. 

( ' I M. Hri.ia'iM!, Cniiipu-s rvntltis, I, 171, i;)io, p. Jii. 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. [^Ç) 

On l'a l'iliéi'llii' pm- l'acide broniliydriqiio en bromure de bulvie normal; une partie 
de celni-ii a t'tf iliangée en bulylène-i .■'. |iar la [mlasse alcooli(|ne (rendements lii''> 
faiijle<). )nil-> l'ii liiliroiiiure par le iironie. Iiie antre |)arlie a été lironiée au soleil, 
suivant les indioiil inns de Ueboid ('); le lilliromoliiiliiane-i . •>. [i été, enlin, change par 
ad Ion d'une niolécuie de sulfoC}anate en nu jnélange de l)riimosuirocvaMatt' et dr 
disulfiji-x anale séparables par distillation dans le \ide; avec den\ molécules, on n'a 
c|ne du disuiroc\ anale. r>romosulfoc\'anale et di?ulfoc\ anale, traités [jar le Milliue de 
sodinni, ilonnent le sulfure de butylène. 

Toutes ces opérations sont séparément assez faciles à exécuter, mais le rendement 
linal est laible. F^ai' exemple, 1'^° de bromure de bntyle, mis eu œuvre en passant |)ar 
lu réaction de Kelionl, fouinit une vingtaine de grammes de sulfure <le butviéni' brnl: 
il est \rai ([n'une partie du bromure de bnl\le est i-écupéiée. 

Le sulfure de pi'0[)\ l(''iie ou lliiopropane-i . 2 el le sulfure de butylène 
normal ou lliiobutane-i .2 sont des liquides parfaitement incolores, mobiles, 
d'odeur spéciale, forte, non alliacée, rappelant celle du sulfure d'étliylène, 
insolubles dans Ti'au, miscibles aux solvants organiques. 

Le Tableau ci-dessous indique les principales constantes de ces corps, y 
compris celles du sulfure d'éthylène, ainsi que celles des isomères à clialuc 
carltonée plus longue décrits par !VL ( IricbUévitch-Trokhimovsky : 

II',;. -Nil. lîMi,. I1.-II. pnur.s. 

I , (10.") I • ii|i 18 1 7 , l 'i 7 >9'^ 

O, (,)()') I , \-i,.y •> .1)7 N, I I 

i),i_)'i '1 I ,47"'i.v 26, (j I 8,16 

I .11.") 1 1 ,.")o6.v, ! I . _'| '1 7 , ■")N 

o , Q77 i,483.,|,~ îG,.):") 7>87 

"'97'.i I . 18718- '.Ct/i'' -.is; 

Ce Tableau montre manifestement la volatilité plus grande des tliio- 
dérivés-i.ii, ainsi que leur densité plus faible, de beaucoup, comme si 
l'attraction moindre du soufre pour deux atomes de carbone contigus pro- 
voquait un moindre resserrement; ce qui fait que, bien que la réfringence 
soit plus faible, la réfraction moléculaire arrive néanmoins à un cliifl're 
élevé, qui est même supérieur à celui des dérivés tri et tétramétbylénitpies. 

(') I",. lÎKiioii., Coiiijj/es /c-ndiis, t. 113, i8l)I, p. "iSy. 







I'Iji.I. 


1. 


CI! -.Cil' 

' — S — ' 
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III. 


idl'.CII.CII-.CJI'. . . 

cir^cip.cir^ 

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cii-.cii^r.ii.cii .. . . 
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(;ii-.(,ip.cii-.(^di-. . . 
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. 1(1 1- lu." 


I\. 


V)i 


\. 


Kili 


VI. 


nS 



l6o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les réactifs exercent sur les sulfures de propylène et de butylène des 
actions qui semblcnl plus douces ((ue sur le sulfure d'éthylène. L'acide 
sulfurique forme une gelée transparente; l'acide chlorhydrique semble se 
combiner; l'acide acétique ne polymérise pas; l'acide nitrique oxyde; 
l'ammoniaque et les alcalis concentrés forment peu à peu des masses 
visqueuses, etc. Les sels des métaux lourds (argent, mercure, or, platine) 
forment des précipités. L'iodure de niétbyle engendre des combinaisons 
peu stables. La pyridine brunit à leur contact, comme avec le sulfure 
d'étbylène, mais sans former de masse solide.. 

Les deux sulfures préparés depuis G mois ne semblent pas encore s'être 
polymérisés, ce qui indique évidemment que c'est le premier terme de la 
série des sulfures d'éthylène qui est le plus instable. 



CHIMIE ORGANIQUE. — S)/i//irsr de i'dcidr cya/iif/iir par o.rydtilion de 
la formamide el de l'aciilr r»./7/A/;/Vy//r.Note de M. lî. Fosse, présentée 
par M. A. Haller. 

I. Dans l'oxydation des substances organiques, en milieu ammoniacal, 
ou a souvent constaté la présence de l'acide oxamique et, aussi, mais plus 
rarement, celle de la formamidc. 

L'acide oxamique se forme, en elfet, lorscpi'on oxyde : le glycocolle 
I Engel ('), Drecbsel (-), llalsey (^)|; les acides aminés, l'albumine 
(Halseyj; la gélatine (Kulscher et ses élèves) ( '); le glucose, la glycérine, 
les acides-alcools dissous dans l'ammoniaque (Halsey). 

La formamide a été obtenue par l'action de MnOMv sur le métbanol et 
le glycocolle, en présence de NH', ainsi qu'aux dépens de l'oxyde de car- 
bone et de iNlP, sous l'influence de l'eflluve ( Losanitscli et .lovitschilsch) (^) 
ou des radiations ultraviolettes (D. Berlhelot et Gaudechon ) ( "). 

L'une et l'auti'e de ces deux amides se convertissent en urée j)ar oxyda- 



(') t'^NiiRi., Comptes reiula.t, l. 70, i>^7/l, p. SoS. 

(-') DiiF.ciisiîL, lic.richle der K. K. Gescl. d. \\ isx., iS-d. 

(•') Hai.sbv, Zeit.f. pit. Ch., t. '>n, 1H9S, p. :^),."i. 

(') KtJTSCllER el ZlCKCRAI-K, Sl'/Z. (I . A. /'/■. (/,. (I. Il ., I(|03. — Kl TSCIIEn el SciIENK, 

liericltle^ i9''i> P- «g*'*^- 

(■■^1 I.osA.MSTcii el .lovnsciHTScH, liericlite, l. 30, l'^^ii;, p. i i!~!. 

(") I). liEiniiEi.OT el Gaudechon, Comptes re/idii.s, i. l.'iO, i<)i(), |). itnj^ 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. 161 

lion p('rinangani([ue | IIofmcislL'r ('), l'ippingcr (")|, on éleclrolylique 
(^ Fichier) Ç). 

2. lùilre la formainide on l'acide oxainiciue, d'une |)art, cl leur produil 
d'oxydalion, l'urée, d'autre part, esl-il possible de saisir l'acide cyanique 

II.CO.NIl- 4-0 = C0NII -h if-O 

Mi-.co.coMi + -coNii ^ iim:) + (:o=. 

Espérant atteindre ce but, Halsey traite par Mn O' Iv ces deux corps. Le 
précipité produit par le sons-acétate de plomb, lavé, est chauffé avec le 
sulfate d'ammonium, afin de transformer en urée le cyanate de plomb, 
éventuellement formé. L'urée ne put être décelée, ni par précipitation, ni 
par la réaction colorée de Ludy. 

Il est facile de montrer, grâce aux méthodes d'analyse, déjà décrites (^), 
que l'acide cyanique se forme dans l'oxydation de la for'mamide et de l'acide 
oxamique. 

3. SyNTMKSK HE I.'aCIDK CYVNIOUi: AUX DICI'ENS DE I,,V 1 OU.MAAniJli. — Ou ajOUtC, 

en plusieurs fois, en agitant, MnO'K, pulvérise (5^), à de la formamide 
(i""' = is,i4), dissoute dans de l'ammoniaque concentré (10™'). Durée de 
l'oxydation : i5 minutes. Volume de liquide : 27""'. 

Foirnalion de l'urée p(ir chauffage de 1(1 liqueur avec INH'Cl. — 2""' delà 
solution, non chauffée ou chauffée, une lieure, vers 93°, avec NH' Cl, au 
reflux, reçoivent de l'acide acétique (7"" ) et du xanlhydrol en solution 
mélhylique à ~ (i""') : 

\,nilli,\l-iii-éc pour -J-^ l ICI' poui- 10(1- furiiiaiTiirlc. 

Li(|Liicle non cliaulié ll•ace^ traces 

T^iquide cliauné avec MI' Cl. . . o*',!!:'! r ^''iQ'^ 

Réactions coloi-ées. — A la liqueur on ajoute NO'Ag, puis NO 'H, dilue, 
de manière que la réaction soit à peine alcaline. Le précipité (cristaux mi- 
croscopiques), séché, puis broyé, avec KCl et acétate de cobalt, donne 
une coloration bleue intense, au contact de la vapeur d'eau exhalée par la 
bouche. 

Le perchlorure de fer, très dilué, colore en violet bleu le produit de la 
trituration du sel d'argent avec du chlorhydrate d'hydroxylamine. 

(') HoFMEisrER, Archiv. f. e.vp. P. 11. P/i.. i. :}", iSg6, p. '^26. 

(-) fM'i'ixURii, /Jeilr. :. Cli. l'Ii. u. II., l. (i, H)""», p. '|!^i. 

(') l'icMïER, Zeii. f- Hk'Clr., l. IS, i.)i >. p. (i'17. 

(') I!. l'ossi;, Cvniptes rendus, igiu, l. 171, lyio, |). 635 el -j-i-î. 



l62 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

4. Sy.miiksk 1)1, i,"\(.iiir. cvamui i'. Aix nri'i.Ns uv. i,'ai:idko\amiui i;. — On oxyde 
l'oxanicTle (rainiiioniaquc (i*^), dissous dans volumes égaux d'eau cl 
d'aïamoniaque (lo""'), par Mn()''K (5"), en cliaufîanl légèrcnienl. ^ o- 
1 urne : 2'")""". 

Fornidlion de l'iirri' />ar c/ii/i/J/tt-^i' de la liqueur <ivci: M 1' Cl : 

I rce p.Mii lini- 
\;inlljyl-ijioo pniir ,'"". oxaiiMln (r,iriMri(iiii.H|iir, 

Lii|iiirle non <-liniiiré o-.ooo 06.00 

Ll(]iii(le cliiiiilTé avec MIM;!.,. ot.oo.'iS ir.o.l 

Hèaclums ccdorvcs. — M l'une ni l'autre de ces réaclions ne peuvenl èlre 
ohlenucs avec le volumineux précipité brut, formé surtout d'oxalale, pré- 
paré comme ci-dessus. Cependant, si on l'épuisé par très peu d'eau, à 
l'ébullition, la liqueur fdlrée abandonne, en minime quantité, des cris- 
taux brillants, produisant 1rs deux réactions colorées caractéristiques. 



CHIMIE ORGAMOUl-:. — I.' iiulo.vydation dit slyrolnie v. hrtiinr. 
Note de M. CiiAKi.iis DniiAissi':. présentée [)ar M. Cli. Moureu. 

Ainsi ipie je l'ai signalé précédemment ('), le styrolène y. brome 
(]'■ H' — (^ Br = ( 111- s'oxyde très facilement à l'air. 

Si l'on abandonne celte substance dans un récipient non bouclié, on ne 
larde pas à voir apparaître des aiguilles cristallines. Ces aiguilles sont 
constituées par la bromacétopbénone C'H'*— CO — CIl'-Br. Il y a donc 
tixation d'un atome d'oxygène suivant l'équation 

CMI'lir-i- = 011 (t l!i. 

A. On remarque que Talome de brome, situé primilivemcnt en a, se 
trouve en [losilion p, après oxydation. Cette réaction était de nature à 
faire naître des doutes sur la constitution du styrolène brome : il paraissait, 
en etTet, plus naturel d'admettre que, par oxydation, le styrolène brome 
de formule (]'H'C Br =-- CIP aurait fourni la pbénylbromacélaldébydc 

C' ii--(;iii;i -ciio ( ')• 

(') (outiller rr/it/iis. I. 171, i(|-.>.o, p. (|(»i. 

(■) Après ce f|iii a l'ic exposé dans une prccéduiile \olc sur la cuiislilulicm do la 
bromol)en/.alacéloplionone Cil» — ( ;il — C I5r — CO — C' II', l'aUenlion se iroiive 
encore ici appeli'C sur les difficiillés ((u'ollro la dèleriiiinalioii exacte d'une conslilii- 
lioii. iiiLMiie peu coiiipli(|iu;o, si l'on lienl à éviter loule cause d'erreur. 



SKANC1-: DU 17 ,I.\>VIKU l()3I. ll»3 

(-cpciiclanl la ronslitulion de ci; caihiire Itioiiio ayant élc élnhiie, dans le 
Iravail cité, par une méthode (jiii oITrc de grandes garanties d'exactitude, 
j'ai recherché si d'autres cas analogues de migration d'halogène n'avaient 
pas été déjà signalés. Ces recherches sont restées infructueuses : ni les 
Traités, ni les Mémoires consultés ne décrivent de migrations de ce genre. 

\\n revanche, j'ai relevé d'anciennes expériences, pui)liccs en i87<S par 
Demole ('^), doni l'interprétation avait échappé à l'auteur, par suite d'une 
erreur de conslilution (-), et qui se rapprochent singulièrement du phéno- 
mène déciit ci-dessus. 

Demole a constaté, en cIVcl. ([uc rélhylène diluomé C13r- = Cil- s'oxyde 
spoulanément à l'air en donnant le hromurc de l'acide mouobi'omacétiquc 
ClI-iîr — C()Bi-. Il y a donc, sans aucun doute, migration d'un atome de 
brome au cours du processus d'auloxydation. Le cas du dérivé chlorohromé 
est encore plus démonsliatif : à partir de (]Cll)r = CH^ on obtient, par 
oxydation spontanée, un mélange de chlorure de bromacétyleCH-Br — CO(ï! 
et de bromure de chloracétyle CH-Cl — COlîr. Cet exemple montre que 
la migration [)cut intéresser aussi bien l'un des deux atomes d'halogène que 
l'autre, et toujours de préférence aux atomes d'hydrogène. 

Si l'on admet avec divers auteurs (■') que la lixation d'ox\gènc se pro- 
duise dans cette réaction suivant le mécanisme suivant : 

o o 



on est obligé de conclure que dans risomérisalion de l'oxyde d clhylènc 
instable, formé transitoiremenl. un atome d'halogène se déplace toujours 
de prcférrncc à un atome (F hydrogène. 

Il semble donc que la migration d'halogène loin d'être une anninalic, 
comme on aurait pu être tenté de le penser n priori, soit la règle générale. 
Ainsi la transformation en bromacétophénone du styrolène a brome, au 
lieu de contredire la constitution primitivement attribuée à celte substance, 
lui fournirait au contraire un nouvel appui. 

H. Du reste, le fait même que le styrolène x brome s'oxyde facilement à 

( ') K. rJEMdu;. Ber., t. 2, p. 3i"). — V.. Dkmoi.i- el 11. l>i fut. IhûL. p. 1'..)'.. 
{'^ ] Li véritable coiislilulion ;i l'U' élalilie par A ii-chillz 1 /jV/ .. l. 12. p. 2076). 
(') ICn(Jleii et Weisueiu;. t'.mnuNN, Si u ihnckh, otc. 



l6/| ACADÉMIE DES SCIENCES. 

l'air confirme une fois de plus sa formule. Il résulte, en effet, d'observations 
glanées dans divers Mémoires, que l'accumulalion de groupements électro- 
négatifs sur une double liaison facilite l'oxydation spontanée: mais le 
pbénomène d'autoxydalion est incomparablement plus net quand les grou- 
pements électronégatifs sont distribués d'une façon dissymétrique. Si X 
et \ sont des groupements électronégatifs, le composé X^ C = C = 
s'oxydera beaucoup plus vite à l'air que le composé isomère — XC = CV — . 
Je me contenterai de citer, comme exemple 1res caractéristique, le cas 
du dijibénylétbylèiie dissymétrique (C'H' )-C = CH-(' ) dont la facile 
auloxydation a été constatée (il se forme de la benzopliénone 

C'H' — CO — OU' 

et de l'aldéhyde formique CH'- O ), alors que le dipiiénylétbylène symétrique 
C°H' — Cil = CH — C''I1'', ou stilbène, ne paraît pas s'oxyder sensible- 
ment à l'air. 

Parmi les trois styrolènes monobromés que j'ai décrits, l'un s'oxyde 
spontanément, avec une intensité beaucoup plus grande que les deux 
autres. On doit en conclure, d'après ce qui précède, que, dans ce composé, 
les deux groupements électronégatifs CH' et Br sont distribués d'une 
manière dissymétrique par rapport à la double liaison : par suite, en dehors 
de toute autre raison, la formule dissymétrique C'H^CBr = (JH- devra 
être adoptée de préférence à la formule symétrique C^H'CH =; CHBr. Le 
styrolène brome facilement autoxydable devra être considéré comme le 
styrolène a brome C^H*CBr — CH', ce qui confirme la constilulioii 
[)rimitivement établie. 

C. Cette facile transformation en bromacétophénone pourrait être la 
cause des propriétés physiologiques du styrolène a brome. Ce composé est, 
en effet, nettement lacrymogène, mais son action, assez faible immédiate- 
ment après la distillation, augmente au fur et à mesure que se prolonge 

(') M. TiFi'EXiiAi', tlull. Soc. chint., 3^' série, l. 27, p. 1066. 

Celles auloxydation ou d'autres analogues pourraient periuellre de décider si le 
i^roupemenl phénjle ou ses homologues sont, en tant que groupements éleclronégatifs, 
susceptibles de subir une migration semblable à la migration signalée plus liaul îles 
atomes d'halogènes : on observerait alors, comme réaction accessoire, la formation 
d'une quantité plus ou moins importante dedésoxybenzoïne C''!!* — Cil- — CO — C^H' 
ou de composés analogues, suivant le processus décrit plus liaul. 

Le cas du styrolène a brome ne laisse pas voir, en ellel, lequel des deux groupe- 
ments CUi' ou Jlr a subi la migration. 



SÉAiXCK DU ly JANVIER I921. 16S 

l'aclion de Tair; il ne serait pas impossible que le pouvoir lacrymot^èiie 
soil dû à la présence de la broinacétopliénone, dont raclion irritante est 
bien connue. 

1mi résumé : 

i" Quand les processus d'antoxydalion sontaccoiin)ai;nés de pliénomèncs 
de migration, ce sont les atomes électronéj^atifs cpii paraissent émigrer de 
préférence aux atomes d'hydrogène. La migration électronégative parait 
donc être la règle générale. 

2" L'autoxydation d'une liaison éthylénique est d'autant plus intense 
que les groupements électronégatifs sont distribués autour d'elle d'une 
manière plus dissymétrique. 

3° Le phénomène d'autoxydation du styrolène y. brome contirme la 
constitution qui lui a été attribuée. 

'1" Les propriétés irritantes du styrolène a brome paraissent être dues à 
la bromacétophénone à laquelle il donne naissance. 



GÉOr.OGlE. — Moavrnienis tectoniques inlcri^laciaircs et jjo.sl^/aciairrs dr 
l' e.vlrèinité orienldlc des Pyrénées. [\ote de M. Octave Mengel, présentée 
par M. Pierre Termier. 

J'ai montré (') que le retrait de la mer de 280'" avait été suivi d'une 
débâcle glaciaire dont les dépôts constituent, soit les anciens cônes de 
déjections démantelés que l'on trouve sur le pourtour du Roussillon et de 
l'Ampurdan, soit les éléments de sédimentation des anciens lacs du Conilenl 
et de la Cerdagne. En Cerdagne, ces sédiments reposent sur les argiles 
blanches sableuses et ligniteuses que les auteurs rapportent au Miocène et 
qui avaient commencé dès cette époque l'envasement de cette large dépres- 
sion si curieusement étalée à i5oo'" au centre des massifs de la ligne de 
faite de l'extrémité orientale des Pyrénées. Dans cette région, la glaciation 
contemporaine de la mer de 28o"'])araît s'être exercée suivant un réseau 
hydrographique assez différent de celui de la glaciation suivante (-) 
auquel, cependant, il se raccorde parfois (vallée de Carol ) par des ruptures 
de pente donnant le « type pyrénéen » dit des glaciers suspendus. C'est à la 



(') CoDipIcs rendus, l. 170, içcio, p. 003. 

(-)(). MRN(iiîi., lîliides de i^éogrupliie phy-sujuc sur les l'y renées catalanes {liiill. 
Seal, du Canigou du C. A. F., 1911, Perpignan). 



l66 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

coiiosioii produite par les eaux ciiianant de cette calotte glaciaire qu'est 
(là le palier supérieur des vallées ('). 

La glacialioii conlcmpoiaiuc delà merde loo™ a laissé des traces plus 
nettes. C'i^sl à .sa déliàcle que je rappoilr la deuxième série de cônes de 
déjections du Roussillon, le palier inférieur des vallées, et les coi'iloiis 
littoraux morainiques fies anciens lacs du revers nord du Caiiigou el de la 
Cerdagne. 

La période iiilerglacialre parait avoir été une période de démantèlement 
énergique. La sédimentation (pii en a été la conséquence se présent(; sous 
la forme d'alternances de cailloux roidés, d'argiles à blocs, d'argiles gré- 
seuses et paifois ligniteuses, d(> calcaire lacustre ( ^ inça à Marquixanes). 
(]et ensemble est bairé de ."i à G lits, plus ou moins épais, de cailloulis 
argileux forlemeni rubéfiés; indices d'exposilions répétées el prolongées à 
l'air atmosphérique par suite d'arrêts momenlanés successifs dans la sédi- 
nii'ntatioii. La similitude de celle répétition de faciès dans les dépressions 
pradéenne et cerdane montre que la sédimentation y passait simultanément 
parles mêmes phases. Dans les depuis dederdagne toutefois j'ai constaté 
une allernance de lits ù cailloux striés et non striés. Je n'ai pu faire jusqu'ici 
|)areille observation dans ceux de l'rades, vraisemblablement parce que les 
glaciations partielles qui se sont produites enli'c les deux périodes glaciaires 
ne sont pas descendues jusqu'au (^onllent. 

Dans les deux régions, les sédiments interglaciaires sont recouverts par 
les dé|)i')ts morainiques de la deuxième glaciation. Ils s'étendent 
jusqu'à '140'" enlrc ICstoher et Marquixanes (je les ai retrouvés dans la 
vallée du Tech, près de Montferrer, à la cote 490). En Cerdagne, les dépcUs 
moi'ainiques sont sensiblement en concordance de plongement a\ec les 
sédiments iuterglaciaires. Sur le pourtour méiidional du bassin, l'ensemble 
plonge à letJléncur de la dépression, c'est-à-dire à coulrc-[)ente du versant 
du massif de bordure, avec des pendages variant de ">" S\\ à (So" S en 
allantdu massif silurien du l'nigmalau massif nummulilique de la Sierra 
de Cadè. Sur le bord septentrional de la cuvette, les dé[)ôls plongent nor- 
niiileinenl vers le Sud, mais avec un pendage plus accusé que le conqiorte 
la nature des sédiments. Dans la région de l'rades, les moraines repoisent 
horizontalement en discordance sur les dépôts interglaciaires, ()u'ils ont 
d'ailleurs all'onillês. Ceux-ci, sur la bordure sud de la dépression, plongent 



_ ( ') (). Mknkkl, h'ssai sur le creusement tics vallées de la Tct et du 7ecli {llull. 
Siir/cté .I,'/'., Se. Ci Lett. des /'jié/ices-O/ic/itides, I. W, i\l>>~- l'i'i pi^nmii). 



StiANCI', DU 17 .lA.Wll'U l<)2 1. 167 

(1(^ )") " VOIS ri'.st-Xord-lisl ; sur l;i hoidiiie iioid, In jUMuliii^o ne dopasse [las 
■-!;')" MMi le Siid-SiKl-l']>^t. ImiIic les deux, les slralcs passent à Thoiizoîilale 
avec ((ucl(|iies ondiilalioiis. Le parallélisme de ces slrales à coinposilioii 
lillioloj^iqiie si variée indique que la sédinientalion s'est faite hoiizonta- 
li'Mient dans toute la largeur- de la dépression. 

He ces observations, il sendjle résulter les conclusions suivantes. Lntre 
les deux périodes glaciaires, conlemporaines des mers de 280'" et 100"', le 
mouvement général aucjuel est due la régression marine se serait traduit sur 
le revers nord des Pyrénées orientales par deux mouvements locaux simul- 
tanés. L'un (>r()f;-é/ii(/iic, réveil de l'effort de plissement longitudinal post- 
oligocène; l'autre e/>iroi^rni//ui', orlliogonal au premier, entraînant 
l'exliaussemciit du seuil reliant les massifs de Caren(;a et de Madrés. Le 
premier pr<)\o(jua un effondrement du bassin de la Cerdagne, sous l'action 
d'une tendance à la reprise du clievaucliement vers le Nord du Nummuli- 
tique espagnol. Je vois un témoin de cet effondrement dans la montagne 
de Llivia si nettement détachée du palier glaciaire Odeillo-Targasonnc 
dont elle faisait partie. Dans la région de Prades, le mouvement orogé- 
nique parait ne pas s'être exercé au delà de la dernière période glaciaire et 
si'mble s'être borné à un resserrement de la déjiression, avec maximum 
d'effet sur le versant du Canigou.. 



.\1A(;nÉTIS.\IE TERRES! m:. — Viilcurs (les èléinenls inagnéliqucs à /'Ol/seivatoirr 
dit Val-Joyi'iix lin V' /an\ter i\y2i. [Note de M. Ch. nri'orit. 

Les observations magnétiques, organisées en 1901 à l'Observatoire du 
Val-Joyeux par le Bureau Central météorologique, ont été continuées 
en i()'-2o dans les mêmes conditions ([ue les années précédentes. 

Les valeurs des éléments magnétiques au i"' janvier i()2i résultent de la 
moyenne des valeurs horaires relevées au magnétographe Mascart le 
>[ décembre et le i" janvier, rapportées à des mesures absolues toujours 
faites par M. J. Itié à des dates qui précèdent et suivent immédiatement 
le i"' janvier. 

La variation séculaire des diilërents éléments est déduite de la compa- 
raison entre les valeurs actuelles et celles qui ont été données pour le 
1''' janvier 1920 ('). 

(') Conijjles icndtis, t. 170, 1920, p. A^b. 



l68 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Valeurs absolues et varialio/i séculaire des élénienls magncliqucs 
à rObser\'aloire du Val-Joyeux. 
Latitude : /(So/^q' '6"; longilude : 2°o'52" E. Gr. 
\aliurs al^suhies 

l'cpoque 1921 -fl. Variiiliun >.i riil.iire. 

Déclinaison i2"48,5o — 9-97 

Inclinaison Ç)\° !\\\ 8 -!-(>'. - 

Composante horizontale o, igôliô — 0,00009 

)> verticale n,;^i595 -t-o,oooo3 

I) nord 0,19176 -ho,()oOo4 

» ouest (>,o436o — 0,00057 

Force totale o, 46110g — 11,11(111111 

La série des observations magnétiques du \ al-Joyeux comprend actuel- 
lement 20 années. La déclinaison était au i" janvier 1901 i5" it\\'\ ; elle a 
ainsi diminué en 20 ans de a'^aG'; la variation séculaire, qui était d'environ 4' 
en 1901 est, depuis 1913, supérieure à 9'. 



BOTANIQUE. — Modificalion de lu forme el de la .structure d'une Mous.se 
(Hypnuin commutatum Hc(U^\) maintenue en .submersion dans l'eau. 
Note de M. Ad. Dawy de Vihvii.i.e, présentée par M. (iaslon Bonnier. 

L'actiou du milieu a([ualique sur le développement des Mttscinèes a été 
à peine étudiée jusqu'ici : je me propose de mettre en évidence Fimportanco 
physiologique de ce facteur. Les Muscinées se prêtent très facilement à des 
cultures expérimentales dans l'eau. Le mieux est de procéder ainsi. Dans 
un tube à essai, on fait glisser, à l'aide d'un agitateur, une petite touiïe de 
l'espèce (pie l'ou veut étudier, après l'avoir soigneusement lavée. Ou 
remplit ce tube d'eau et on le couvre d'un petit cône de papier qui protège 
le liquide contre la chute des poussières atmosphériques, sans nuire à 
l'aération. Il faut renouveler cette eau tous les quinze jours environ. 

Les expériences étant ainsi conduites, voici ce que j'ai constaté clic/ 
Vllypnum commutatum Hedw. Cette Mousse forme, dans la nature, des 
touffes d'un vert clair, au premier printem])S, qui se foncent et jaunissent 
pendant l'hiver. Les tiges, hautes de 5""-io"", se partagent en branches 
pennées; elles portent des feuilles disposées sur trois rangs, séparées par 
des entre-nœuds mesurant o""","2. (^es feuilles sont un ])eii plus grandes sur 
l'axe [)rinci[)al que sur les axes latéraux; elles ont une forme (>\ale Irian- 



SEANCE DU 17 JAxviEn igsr. 169 

t^iilaire et se terminent par nn aciinien falcit'oiine cl denté, ainsi qnc la l)ase 
(les feuilles. De pari et d'autic de la nervuie médiane iwjslenl toujours un 
ou deux plis longitudinaux. Les cellules ilu llnihe sont llexueuscs et 
allongées. 11 existe aussi des feuilles accessoires ovales-subulées et un 
feutrage de rliizoïdes brunâtres. 

Voici maintenant les transformations qui se sont produites après six mois 
de culture en milieu aquatique. Toute trace de la ramification pennée 
caractéristique de celte espèce a disparu, ce qui la rend méconnaissable. 
Les tiges se sont très allongées el atteignent i8""-2o"" au lieu de 5"°-io"". 
Les entre-no'uds mesurent o'""',4, soit le double de ce qu'ils sont normale- 
ment. Les feuilles, qui se formèrent tout d'abord à la base des rejets venus 
dans l'eau, sont étroitement ovales-lancéolées, quatre fois plus petites que 
chez le type. Dentées sur tout leur contour, elles ne sont pas plissées. 

L'acumen falciforme a disparu. Les cellules ont changé de taille et 
de forme et sont devenues polygonales allongées. Les feuilles, qui se 
développèrent ensuite, présentent presque les mêmes caractères; elles sont 
toutefois un peu plus grandes, mais restent encore trois fois plus petites 
(jue celles du type : surtout, caractère important, les membranes sont 
devenues d'une extrême ténuité. Aussi les tissus développés dans l'eau sont 
tellement mous (jue les tiges sont incapables de se soutenir dans l'air. Les 
feuilles accessoires sont très réduites, quand elles ne font pas défaut. Les 
rliizoïdes, également réduits, forment, çà el là, des houppes sous les 
feuilles. De plus, ces pousses aquatiques sont d'un vert pâle, agréable à 
l'oùl. car les grains de chlorophylle sont moins nombreux et d'une teinte 
plus faible. Le Tableau suivant donne le résultat des mesures elFecluées. 

llyjiniim coniniiilali/n) Uedw T\ pe aL'rien. Type aquuliqiie. 

. Feuilles Fouilles (les Feuilles Feuilles 

Organes examines .les lises raminaaliuns dëTolopljées développées 

( iiriiiciiialos. latérales. au déliul. à la On. 

Longueur totale des feuilles 3,2 1,8 o,5 0,8 

Largeur » » o,g o,- o,4 o,4 

Cellule des oi-eillettes : longueur. . 0,080 o,ii3o 0,021 0,027 

» » largeur.... o.ni.ï 0,01.") 0,012 o,oi.î 

Cellules du limlje : longueur (i,o3() 0,0.01 0.018 ii,(i2/j 

>i » largeur i),oii(i 11,006 o,nii(3 o.ood 

» de l'acumen : longiieui. . . 0,0-2 0,060 0,021 (),o38 

» )) largeur o.inn) o,i>o6 0,0116 ci,oi;g 

LIne preu\e convaincante de l'influence du milieu aquatique réside dans 
ce fait que quelques rejets ont dépassé de i"" le niveau de l'eau maintenu 



I-yo ACADitMIE DES SCIENCES. 

sensiblement constant : on peut y observer, entie autres caractères, une 
tendance à la ramification pennée qui a lolalemenl dispaïuc, je Pai dit, 
dans la partie sid)nierj;ée. 

Des expériences poursuivies simultanément avec d'autres espèces, telles 
(jue VUypniiiii irlqiit-tntni I.., et des cultures de diverses Mousses et d'Hépa- 
ti(jues à thalle que jr tais acluelleiuenl. me permettent de conclure à Tin- 
lluence profonde de la vie en milieu aquatique sur le dé\ elop|iement des 
Miiscinéi's. 

Ces résultats, conformes aux observations faites en i885 par M. (]os- 
lanlin à la suite de cultures expérimentales de Phanérogames, apportent 
une nouvelle preuve en faveur des théories de l^amarck, et montrent ipie 
l'adaptation au milieu, sans cesse prolongée, est un facteur très important 
dans l'évolution e(jntinue des êtres vivants. 



l'IlYSIOLOGIE VlîiiÉTALE. — Aclioii dr Id cliloropicri i\r siiv lu fnriillé 
'j,eri)uncitirfi i/r.s graines. Note (') de M. E. .^Iii:»ii., présentée par 
M. E. lîoux. 

Plusieurs savants ont montré, dans des Notes précédentes ( Coiiij>tes ren- 
dus, 1919 et 1920) que la chloropicrine possède un pouvoir insecticide |iuis- 
sant, susceptible d'être utilisé efficacement pour la destruction de certains 
parasites. Il était important de déterminer l'action de la chloropicrine sur 
la faculté germinative el la valeur culturale des graines. 

Diins une cpieuve préalable de grande ciiluiif, plusieuis i]iiiiitau\ de dilléreiiles 
-eniences infestées (pois, haricots, blé, etc.) ojit été traités, snit en arrosant les saes 
fertiles, selon la technique indiquée par M. (i. lierlrand, soit en plaçant la chloropi- 
crine dans des récipients voisins. A la dose de ao'"'" par mèti-e cube d'espace, ou par 
sac de 80'''-' environ, la bruche des pois (liruvliiis pisi). la bruche des haricots (/irii- 
c/i us oùlect us) el \e c\iaiencon du blé {Calandra graniaria) furent, dans les deu\ 
cas, radicalement détruits après a4 heures de contact, sans que la faculté ijerminative 
ait paru altérée. L'abiiile du h\i{SiU)lroi;<t cerralella) fut, de même, complètement 
supprimée, dans des conditions semblables. 

Dans une seconde série d'essais, poursuivis au laboratoiie, des échanlillons de 
i;raines de plusieurs plantes cultivées furent placés dans des coupelles, réunies sous 
une grande cloche de verre, el soumis pendant des temps variables ((i, l'î, •x'x, '|8, 
'•f. el 96 lieuies) à l'inllueuce de doses de chloropici'ine allant de i5""'à.5o"" par mètre 
cube. V la sortie de la cloche, les semences étaient mises en ijerminalion sous papier- 

(') Séance du 10 janvier 19.JI. 



SÉANCE DU I- .JANVIER I921. 171 

lillrc, à l'air liljie sans ('■liive, iM rdiiiparaliv eniciil à des Idts Icnidiiis non liailc.-. I.:i 
liMii()L'raUii'c, [HMidanl le liailcnicnl ri la ;;i'rni inalioii, oscilla anloni- de 11" 
(i'\lirnies <o" et '.o'iSj. La rnaicliu lin (le\ eloji|n'nicnt îles graines fui suivie scilyncn- 
senii ni jusiiu'à moisissiiic des individus non germes; mais le j élevé de toutes les 
iiliservaliiins journalières étant très eneoinlirairt, nous rions homeronsà indiquei', dans 
les 'l'ahleanx suivants. In valeui' delinilive de la l'acnlli' ^erminalixe des dill'eri'nls luis 
de senienei's ('ral)lean\ I et II). 

Taiu.fai: 1. — /■'((i-iillé f^enuiniitii'f après (rullciiiciil à l'j"" i/i- c/i/oropicfi/ic 
par mi' Ire eu lu'. 

IULIT.- 

<lii liiiiU-ruenl. lik-, l!i/. l.liiiriMc. I.iii. l.eiMillr. Im-mii-iic . Ilcisini. 

Il (^ témoin )... . 100 Su (iç) mu mo mu mu 

() lieures 90 S'i .jo 1 ou lou lou lou 

I >. ) 8>, 79 (il 1 00 1 00 I im I ou 

>.'\ )i ■JO ^t) .j8 100 lui) 100 lUO 

_jS » 66 60 j'i 100 IIJO liiO ion 

-■'. I) 69 .il) 6.5 100 lui) mil lui) 

96 )i 71 .iN 64 100 lui.) 100 100 

'I'aiii.kai' II. — l'\iciillé i;r>'mi/iati\e après trailciiieitt 11 .îo""' i/e r/ilorapicri/ic 
par- mètre cahe. 
Un no 
.In liiiilonii'iil. lile. lîel li-iiiv.'. l.iii. i.iNlilIf. l'^iiiign e. li.'sMiii. 

i) (témoin) 100 ->. 100 100 mu luu 

tJ heures S'i 61 9.") 99 luo 100 

I ! » 36 6.5 96 100 luu 100 

'. I » 3>. .')S 1)1 11)3 mu Kio 

TAlii.KAi III. - lùiei'fiie ucrinirialii'c du bic. traité à !o'"'' de cliloropici inc 
par' mètre eu lie. 

\pparilii)n du |ii'eiiiiei' uernie. . . . .3" jour ■'.'' )'' .^'' j' 3"-' j'' 3'' j' '\'' j'' .")'' j'' 

!'l junr~. . . .V'i (■).■) .|o 53 :■) 7 u 

6 »... 73 77 69 .').S .'19 411 ■) '1 

S < .... N.") S.', 76 ().j .j.S .54 .30 

lu . .... 9', SS Su 71 6) ,57 6-). 

La clilofO[jicrine exerce donc une action ceiiaine sur la facnllé ^ei'iiiina- 
li\e qui varie coiisidérableinent avec la naltne de la graine. CerLaiiies 
semences supportent sans aucun inconvénient, et pendant des temps assez 
longs, des doses relativement élevées d'insecticide; les légumineuses, en 
particulier, manifestent une résistance remarijuable, sans doute due à la 
nature de leurs tégunieiits; le lin possède la même immunité, sauf aux 



172 ACADEMIE DES SCIENCES. 

fortes doses, «iiii commencent à atteindre la vitalité des graines au hoiil de 
G heures, i'ar contre, les graminées montrent une grande sensibilité à 
l'action loxicjue de la cliloropicrine, même lorscju'elle ne se poursuit que 
|)endant quelques heures. 

Avec i')""' seulement et un bref contact de () heures, la faculté germina- 
live du blé subit déjà une din)inution, qui s'accentue très vile, et plus rapi- 
dement avec l'accroissement des doses employées (|u'avec la durée du 
traitement. Ce résultat corrobore celui énoncé par Picetti et Heniardini 
('9^7) T^' *^"'^ constaté un abaissement de 3o pour 100 dans la faculté ger- 
minaïive du blé, sous Tinlluence de 20""' de chloropicrine s'exerçant 
pendant une semaine. Cette perte, dans nos essais, n'augmente guère avec 
un contact prolongé, mais elle atteint un taux relativement considérable 
avec les doses élevées; les mêmes faits se remarquent pour le riz. 

Le chanvre et la betterave supportent mal, également, les vapeurs 
toxiques, mais la valeur médiocre des graines employées (révélée par le 
développement imparfait des témoins) trouble quelque peu les résultats; 
ceux-ci montrent, toutefois, cjue l'action de la chloropicrine paraît [uoins 
profonde sur ces semences que sur les céréales. 

[j'énergie germinalive a été aflectée, elle aussi, par le traitement et. 
généralement, dans un sens défavorable, d'autant plus accusé (pie les doses 
et les durées de contact étaient plus grandes. Cependant, lorsque celles-ci 
sont faibles, on observe parfois une légère accélération de la germination 
(lin, blé, fenugrec). Le Tableau III résume les principales constatations 
faites sur le blé ( ' ). 

Conclusions. — t" La destruction des insectes parasites des semences 
(bruches, charançon, alucite, etc.) peut être assurée par l'emploi de la 
chloropicrine, agissant pendant i[\ heures à la dose de i.j'"'' à ao™' par 
mètre cube. [Jn contact plus prolongé et des quantités plus élevées ne 
paraissent pas utiles. 

2° L'action de la chloropicrine sur les semences varie a\ec la natui'e des 
graines, la dose employée et la durée du traitenienl. 

Insensible sur certaines semences (légumineuses, lin, etc.), elle all'ecle, 

(') Un fait curieux et qu'il coinienl de signaler est la renian|uable \iguenr des 
giaiiies do légumineuses qui, toutes, ont germé à hki pour loo el dans un délai 
maximum de 5 jours; dans la plupart des cas, les semences de Bersim (irèlle d'Alexan- 
drie) se sont même dé\eloppées complèlemeiit en /jS heures. 

Toutes les graines utilisées ont été récoltées an Maroc et pio\ iennenl do la ilornliro 
récolle. 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. 1^3 

au contraire, la facultij et l'énergie gerininalives de quelques autres 
(chan\re, betterave, et, en particulier, céréales). Cette influence défavo- 
rable augmente généralement avec les quantités utilisées et la durée de 
contact. Dans les conditions requises pour la désinfection, elle peut dimi- 
nuer de 3o pour 100 le pouvoir gerrainatif du blé, et les doses plus fortes 
sont encore plus nuisibles; par contre, les semences de légumineuses mani- 
festent une immunité absolue. 



CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur le mécanisme chimique de l'assimilation du gaz 
carbonique par les plantes vertes. Note de M. P. Mazé, présentée par 
M. Roux. 

Quand on se propose d'expliquer la formation des produits immédiats 
qui résultent de l'assimilation du gaz carbonique par les plantes vertes ( '), 
on est conduit à attribuer un rôle fondamental à l'hydroxylamine. 

L'existence de cette base dans les feuilles est rendue certaine : 

1° Par la transformation de l'ammoniaque en composés oxygénés de 
l'azote et ii'ce versa, qui s'y réalisent normalement (-). 

Ces transformations comportent de nombreux composés intermédiaires 
dont les principaux sont : 

AzO^H -> AzOMt — AzH^OH =i AzIP. 

L'hydroxylamine doit figurer dans cette double série, parce que les phé- 
nomènes d'oxydation et de réduction réalisés par la cellule vivante, se 
font graduellement et n'intéressent qu'un seul atome d'oxygène par étape. 

Je n'ai pas réussi jusqu'à présent à mettre directement l'hydroxylamine 
en évidence dans les milieux nitrifiants ou dénilrifiants; mais cela ne veut 
pas dire qu'on n'y parviendra pas bientôt en mettant en' œuvre un artifice 
d'expérience approprié. 11 est vraisemblable, en effet, que l'hydroxylamine 
se combine aux aldéhydes et aux cétones pour donner des oximes, et c'est 
en vertu de cette propriété même qu'elle joue le rôle que l'examen des faits 
lui assigne. 

(' ) P. Mazé, Recherches sur l'assimilation du gaz carbonique par les plantes 
vertes {Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 1891 ). 

(-) P. Mazé, Recherches sur la présence d'acide nitreux dans les cellules végé- 
tales et animales {Comptes rendus, t. 153, 1911, p. 357), dans la sève des végétaux 
supérieurs {Fbid., l. 155, 1912, p. 781) et Annales de VI. P., t. 25, p. 289 et 869. 

C. R., 1921, i- Semestre. (T. 172, N» 3.) l3 



I 74 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

2" l*ar la présence constante de l'acide nilreux libre et celle, assez fré- 
quente, de l'acide cyanhydii((ue, deux dérivés des oxiines. 

Agissant d'abord comme base, Tliydroxylamine fixe le gaz CO" et forme 
l'une ou l'aulredes combinaisons CO-AzH^OH, CO'H-AzH-OlI, pbysio- 
logiquement équivalentes. 

Or, on a 

CO^ÂzIl'OII = H — CHO + A/.O-H. 

Le formol n'existant pas dans les feuilles vertes, il faut poser, pour se 
conformer entièrement aux résultats expérimentaux : 

(rt) aCO^AzlPOU = ClPOli -CHO-i- AzOMI. 

L'acide nitreux et l'aldéhyde glycolique qu'on obtient ainsi existent dans 
les feuilles de sureau, et il se trouve précisément que ces feuilles ne 
renferment ni alcool éthylique ni acide acétique, faits que j'ai établis par 
une méthode sur laquelle je reviendrai. 

L'aldéhyde acétique, très répandu pourtant dans les feuilles vertes, peut 
provenir de l'aldéhyde glycolique par réduction et la transformation (a) 
serait le procédé général de réduction du gaz carbonique. Mais il est hors 
de doute que l'aldéhyde acétique résulte aussi de l'oxydation directe de 
l'alcool. 

Quelle que soit son origine, il peut servir de base à la formation d'une 
autre série de corps par voie de combinaison avec l'hydroxylamine, en pas- 
sant par les oximes. 

On a alors 

CIP — CHO-i-CO^AzII^OII = CH» — CHOH — GHO-1- AzOMl, 

c'est-à-dire l'aldéhyde lactique et l'acide nilreux présents dans la feuille de 
peuplier. 

On conroil aisément que les aldéhydes glycolicjue et lactique peuvent 
engendrer d'autres combinaisons, soit par hydratation ou condensation, 
soit par oxydation, soit encore par de nouvelles combinaisons a\ec l'hydro- 
xylamine. 

Quant à l'acide cyanhydriquc et à racétylméthylcarbinol on doit les 
considérer comme étant déjà des produits d'élaboration ('). 

On doit remarquer maintenant que toutes les transformations envisagées 
jusqu'ici peuvent se faire uniquement avec le concours de l'énergie fournie 

(') I'. Mazé, loc. cil. 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. 175 

par la combustion respiratoire. On a donc le droit d'admettre que ces pro- 
cédés sont très répandus chez les cellules vivantes, mais qu'ils y sont mas- 
qués par le phénomène inverse de la combustion respiratoire (jui libère un 
volume de gaz CO" bien plus élevé que celui qui est assimilé par voie de 
réduction. 

Par contre, ces procédés deviennent la règle exclusive chez les ferments 
nitrifiants qui empruntent précisément leur carbone au gaz carbonique. 

L'équation de la fermentation nitreuse peut s'écrire : 

2(C0^\zll^Oll) = CIIMJH — CHO + AzOMI, 

et celle de la fermentation nitrique : 

■j[3 A/.0- Il + 11^0 + CO- -f- O] 

-y :>. [ CO- Âz 11^ OH 4- 2 Az O^ H + O ] 
^CH^OII - CHO + 6ÂzO'H. 

L'énergie nécessaire étant fournie par la transformation directe de 
l'ammoniaque en acide nitreux dans la fermentation nitreuse, et par 
l'oxydation de l'acide nitreux dans la fermentation nitrique, c'est l'azote 
qui fait les frais de la combustion respiratoire ; et, en conséquence, il 
s'accumule à l'état d'acides nitreux ou nitriques dans les milieux nitri- 
fiants. 

Les végétaux supérieurs mettent en œuvre l'énergie des radiations 
solaires pour réaliser la transformation de l'acide nitreux en hydroxylamine 
suivant l'équation 

(b) AzO^FI-i-H'^O = AzH'^OH + O"- ('). 

En réunissant (a) et (h) on a 

■>.(CO^AzII=OH)-+-2H2 
ou 

2(C0'lPAzlI^0H) 
->CH^OH — CHO H- 2Az02H -h 2H^O 
^CH^OH — CH0 + 2ÂzH^0H -t- 2 0% 

d'où il résulte, en même temps, que rr-r^ = i. 



( ') La décomposition de l'acide nitreux est une fermentation que les feuilles de maïs 
réalisent dans le vide avec mise en liberté d'oxygène et production corrélative d'azote 
et de protoxyde d'azote. (P. Mazé, Annales de l'I. P., t. 2.5, p. 878. ) 



176 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



BIOLOGIE GÉNÉRALE. — Temps (le lalcnce dans les expériences (le Iransnlan- 
lalion testiculaire cl loi du « lout ou rien ». Note de M. A. Pèzard, 
présentée par M. Edmond Perrier. 

Dans un travail antérieur ('), nous avons étudié le cas de jeunes coqs 
castrés, chez lesquels des transplantations de testicule ont fait reparaître les 
caractères mâles : instinct sexuel, chant, ardeur belliqueuse, grand déve- 
loppement et rulilance de la crête et des organes similaires. De plus, chez 
deux sujets que nous avons suivis d'une façon continue, nous avons constaté 
que la réapparition des caractères mâles 11'' est pas immédiate : durant les 
trois semaines qui suivirent la transplantation, les deux animaux présen- 
tèrent les mêmes phénomènes de régression que les castrats témoins. Nous 
avons imputé ce « temps de latence » à la durée d'implantation des nodules 
testiculaires. De nouvelles observations, faites sur des coqs accidentellement 
transplantés, nous conduisent à une interprétation plus précise et montrent, 
en outre, que le tissu tesj.iculaire est, pendant la période de latence, sans 
action sur le sujet (côté négatif de la loi du « tout ou rien »). 

Le Tableau suivant est relatif à sept coqs porteurs de transplants (la 
transplantation a été effectuée au moment de la castration). Nous indi- 
quons, pour chacun d'eux, le temps de latence, compté en semaines : 

\ iicirnnes oliservations. Nouvelles observations. 

N- •}■?.. 24.^ 1. 2~ 3. i. 5. 

Temps de latence ■).,- 1,9 -> 3 6 6 o 

Le graphique ci-conlre est relalif au coq n" V (11° 10 de la scrie Legliorn doré). 
La double évolution s'est accomplie, chez cet animal, avec une régularité remar- 
quable; le tracé continu figure la longueur de la crête. Nous y avons ajouté, pour 
comparaison, la courbe des longueurs de la crête chez un castrat ( trait discontinu 
descendant), et chez un mâle normal (trait discontinu ascendant ). 

L'examen du gniphique type conduit à distinguer, dans l'évolution 
consécutive à la transplantation, deux périodes successives très différentes : 
réi^ression puis reprise. 

La régression de la crête a commencé et s'esl poursuivie suivant le 
mode normal : angle habituel avec la verticale, au départ de la courbe, 

(') A. Pézarii, Les condilionncmcnts physiologiques des caractères sexuels secon- 
daires chez les Gallinacés {Bull. Biol. France et Belgique. Paris, 1918). 



SÉANCE DU 17 JANVIER I92I. I77 

allure parabolique du tracé. 11 y a même parallélisme, jusqu'au point II 
entre cette courbe et celle que fournit le castrat témoin. Ainsi, durant les 
dix premières semaines, V action du tissu lesliculaire, cependant présent 
dans le péritoine, s'est montrée rigoureusement nulle. 



















































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Temps de latence relalif aux expériences de transplantations tesliciilaires et loi de « tout on rien ». 

La seconde partie de la courbe (segment de reprise) débute au point R 
et ce segment prend tout de suite l'allure qui caractérise la croissance de la 
crête chez les raàles normaux. Dans nos premières expériences, nos gra- 
phiques figuraient un raccord tangentiel entre les deux segments; le point 
anguleux II marque une discontinuité très nette entre les deux périodes. 



l'^S ACADÉMIE DES SCIENCES. 

En réalilé, il n'y a aucune conlradiclion enlre les <leux séries de résultats. Dans le 
premier cas, castration et transplantation avaient été eliectuées sur des coquelets à 
crête peu évoluée : le temps de régression (deux à trois semaines) a pu s'écouler tota- 
lement avant la reprise fonctionnelle des transplanls; dans nos récentes observations, 
au contraire, la régression n'était pas terminée au moment où les transplanls sont entrés 
en acti\ilé. 

A quelle cause faut-il attribuer le temps de latence? On doit remarquer 
tout d'abord qu'il est très variable suivant les sujets : nul chez le coq n° 1 I , 
sa durée s'étend, chez les autres coqs, de deux à six semaines. D'autre part, 
ces derniers n'ont reçu que des masses minimes de tissu génital, alors que 
le n° 11 en a reçu plusieurs grammes, c'est-à-dire une quantité supérieure 
au minimum efficace ('). Il semble donc que le temps de latence correspond, 
non à la durée d'implantation du tissu testiculaire, mais au temps que met 
la masse de ce tissu pour atteindre o^, 5. 

Nous admettons en outre que, durant cette période latente, l'action du 
tissu implanté consiste à vaincre ou à neutraliser une condition physico- 
chimique qui empêche la crête et, d'une façon générale, les caractères mâles 
proprement dits, de développer leurs potentialités. Le mininmm efficace 
constituerait un seuil auquel on pourrait donner le nom de seinl morpho- 
^é/ie. 

PHYSIOLOGIE. — Le seuil de l'audition. Note de M. Marage, 
présentée par M. d'Arsonval. 

Toutes les fois qu'on ne peut enregistrer les vibrations sonores, on est 
obligé de les écouter ('). 

Si l'on veut faire des expériences comparables avec des auditeurs diffé- 
rents, le récepteur oreille doit être vérifié, ce qui revient à déterminer le 
coefficient auditif de chaque écouteur. 

C'est ainsi que, soit à propos du repérage des canons, des avions ou des 
sous-marins, soit dans le réglage d'appareils télégraphiques et télépho- 
niques, on est conduit à faire des recherches sur la variation de la sensibi- 
lité auditive pour les diverses sortes de vibrations. 

Plusieurs des résultats que j'ai obtenus ont déjà été publiés; il me suffira 



(') Le tact n'intervient (jue pour des bruits ou des sons en nombre très limité (bruit 
de tambour ou de grosse caisse, coups de canon, explosion diin obus, etc.). 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. I79 

de les rappeler en quelques mois, au cours de ce travail, eu renvoyant à la 
Noie parue dans les Comptes rendus. 

i" Sons faibles et sons forts. — Il convient d'abord de définir ce que l'on 
appelle un son faible et un son fort : en effet, lorsque l'on dit : la millième 
partie d'un son fort est un son fort ; la millionième partie d'un sou fort est 
un son faible, on n'est pas très bien fixé sur la valeur de l'un ot de l'autre. 

Voici un fait d'expérience : 

a. Un son produit, dans une sirène à voyelles, par un courant d'air, sous 
une pression de -^ de millimètre d'eau est très bien entendu par une oreille 
à laquelle ce son est transmis au moyen d'un tube de caoutchouc muni 
d'une membrane vibrante. 

L'oreille perçoit le changement d'intensité produit par une aui;montalion 
de pression de ■— de millimètre d'eau; c'est un son faible, car il ne fatigue 
pas l'oreille qui peut le supporter plusieurs minutes. 

h. Si le son, dans les mêmes conditions, est produit par une pression d'air 
de iD™" d'eau, souvent il ne peut être supporté par l'oreille que pendant 
60 secondes au plus : cest un son fort; mais une variation brusque de pres- 
sion de I de millimètre d'eau est encore perçue. 

L'oreille peut donc enregistrer des variations très faibles d'intensité, que 
le son soit faible ou fort, mais quand le son est fort, l'oreille se fatigue très 
vite. 

2° Sons justes et sons faux. — a. Un son simple n'est jamais faux, quel 
que soit le nombre de vibrations qui le produit; par conséquent, il n'est 
nullement nécessaire que ce son représente une note de la gamme. 

b. Un son complexe est juste lorsque le son fondamental est en rapport 
harmonique avec les sons composants; il est faux dans le cas contraire. 

L'oreille est excessivement sensible aux sons faux, et ne peut les sup- 
porter, tandis qu'un son juste, n'étant pas désagréable, ne produit pas le 
rétlexe de défense, il faut souvent l' écouter pour r entendre. 

Si l'attention fait défaut, ce qui est fréquent, le début du son n'est signalé 
qu'un certain temps après son apparition. Donc le seuil de r audition est 
beaucoup plus rapidement atteint pour les sons faux que pour les sons justes. 

3° Sons graves et sons aigus. - Dans des Notes précédentes (')j'ai 
démontré que l'oreille était beaucoup plus sensible aux sons aigus qu'aux 
sons graves; par exemple, si la voyelle synthétique i émise sur la note ul- 

(') Comptes rendus, t. 140, igoS, p. 87. 



l8o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

est entendue à 70'", pour la transmettre à i25"\ il suffit a une énergie 
100 fois plus faible si elle est émise sur la note /«"; il en est de même pour 
les autres voyelles. 

De telle sorte que si l'on prenait comme abscisses les diverses notes, 
comme ordonnées les diverses pressions d'air correspondant à chaque son : 
l'acuité auditive normale, pour des sons de hauteur ditTérenle, ne serait 
pas représentée par une ligne horizontale. 

Ceci est vrai quel que soit le timbre : une même voyelle est mieux 
entendue sur une note aiguë que sur une note grave, mais il est vrai de dire 
que certaines voyelles sont mieux entendues que d'autres émises avec la 
même énergie parce qu'elles contiennent des harmoniques plus aigus. 

4. Transmission des vibrations. — Quand on transmet les vibrations à 
l'oreille par un tube muni d'une membrane vivante, on peut à volonté 
diminuer ou augmenter l'énergie avec laquelle les sons agissent sur l'oreille 
en faisant varier la nature du tube. Un tube métallique transmet les vibra- 
tions avec toute leur énergie; un tube en caoutchouc en absorbe une partie 
d'autant plus grande que ses parois sont plus minces. 

Une application intéressante est la suivante : on peut à volonté augmenter 
ou diminuer la force d'un tube acoustique en le composant de deux parties : 
l'une, métallique, l'autre en caoutchouc, pouvant coulisser l'une dans l'autre. 
Le maximum de force a lieu quand le tube métallique est seul, le minimum 
quand c'est le tube de caoutchouc. 

5. Bruits, vibrations musicales et parole. — L'oreille peut percevoir trois 
sortes de vibrations : les bruits, la musique et la parole, et chaque oreille 
est inégalement sensible à chacune de ces sortes de vibrations. 

J'ai montré antérieurement que cela tenait aux différents centres céré- 
braux auxquels arrivent les terminaisons du nerf acoustique ('). 

Celte différence de sensibilité est assez difficile à mettre en évidence dans 
l'oreille normale; elle est au contraire très facile à dépister dans les sur- 
dités consécutives aux méningites cérébro-spinales. Ces sujets, en effet, 
arrivent souvent, après rééducation, à percevoir d'abord les bruits, puis la 
musique et en dernier lieu la parole; c'est comme s'ils possédaient trois 
oreilles distinctes, chacune étant sensible à une sorte de vibration et il 
n'est pas rare de trouver des sujets n'entendant pas la parole et percevant 
très nettement le faible choc d'un crayon sur une table. 

{') Comptes rendus, t. IVl, iQoS, p. 782. 



SÉANCE DU 17 JANVIER I921. 181 

Conclusions. — i" Dans les recherches acoustiques quand on emploie 
'oreille connue récepteur, il fant déterminer le coefficient auditif de chaque 
écouteur, c'est-à-dire son acuité audilive pour les diverses vihrations : un 
;ujct qui n'a pas la même acuité pour les deux oreilles ne peut déterminer 
a direction d'un son. 

■2° (^uand il s'agit de vihrations très énergiques, on doit s'arranger de 
açon à diminuer leur intensité, car si l'œil est éhloui par une lumière trop 
vive, l'oreille est assourdie par un son trop intense et l'on ne peut plus se 
fier aux indications qu'elle fournit. 

3° L'oreille entend mieux les sons aigus que les sons graves. 

![" L'oreille est très sensihle aux sons faux; on n'a donc pas besoin de les 
écouter pour les entendre. 

PHYSIOLOGIE. — Rccherclies cxpêi-iincnlales sur le coloslrnm. 
Note de M^L Ch. Porcher et L. Panisset, présentée par M. E. Roux. 

L'étude histologique du colostrum a depuis longtemps montré que ce 
produit renferme, à côté des globules graisseux, constituants normaux du 
lait, des éléments mùriformes : les corpuscules de Donné. Malgré les nom- 
breuses recherches dont ceux-ci ont été l'objet, on est encore loin d'être 
d'accord sur leur signification. 

Les recherches, notamment de Duclert, de Bab, de Weill et Thévenet, 
confirmalives de celles de Czerny, tendent cependant toutes à établir que 
les corpuscules de Donné sont des leucocytes chargés de gouttelettes grais- 
seuses. La plupart des expérimentateurs ne sont d'ailleurs arrivés à cette 
conclusion qu'au prix des difficultés de l'étude histologique, et avec les 
incertitudes de toute découverte basée seulement sur la morphologie. 

A la lumière des idées et des travaux de l'un de nous (') sur la rétention 
du lait dans la mamelle, il nous a paru qu'il devenait facile de se faire une 
opinion sur ce qu'était le colostrum, sur ce à quoi il correspondait au point 
de vue général des réactions biologiques. 

Le colostrum est, au premier chef, un produit de rétention. Pour nous, le 
fonctionnement physiologique de la cellule mammaire n'a pas deux manières 
différentes de s'exprimer et nous estimons qu'il n'est pas exact, au fond, de 
dire que la mamelle, avant le part et dans les quelques jours qui suivent, 

(') Ch. Porcher, La rétention lactée {Comptes rendus.^ i. 170, 1920, |). 963, et 
Arch. de Méd. des Enfants, octobre et novembre 1920). 



l82 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

sécrète du colostrurn; c'est du lait qu'elle donne, mais du lail dont nous 
n'avons qu'une image déformée par des actions pha^ocytaires; en d'autres 
termes, le cotostrum est un relùiual de phagocytose d\in lait antérieurement 
produit . 

Le lactose, le plus abondant des crislalloïdes, est résorbé rapidement, et 
il nous suffit d'invoquer les lois de l'osmose, pour on comprendre la dispa- 
rition; mais l'élimination plus difficile, plus lente, des colloïdes (matières 
protéiques) qui sont en pseudo-solution et des globules gras, insolubles, 
qui sont en suspension, réclame l'intervention des leucocytes. 

Nous avons créé expérimentalement des conditions qui correspondent à 
celles que réalise la rétention intra-mamniaire en injectant du lail stérile 
dans le péritoine du cobaye. Nous avons noté la série régulière des pbéno- 
mènes souvent observés : résorption de la partie liquide du lait, disparition 
rapide du lactose, dépôt en divers points de la séreuse, au milieu d'un 
liquide visqueux, d'amas irréguliers, allongés ou en plaques, assez sem- 
blables à de la fibrine coagulée, mais qui sont en réalité uniquement cons- 
titués par des leucocytes collés les uns aux autres. 

Au premier examen, il semble qu'il faille établir une diflérence essen- 
tielle entre le colostrurn et ce que donne l'injection intra-périlonale de lait 
chez le cobaye. En réalité, il n'y en a pas; le processus qui intervient dans 
l'attaque du lait est le même dans les deux cas et, seule, la difîérence des 
milieux imprime une distinction facile à comprendre. Dans la mamelle, 
une sécrétion faible, mais continue, alimente sans cesse la phagocytose, et 
c'est pourquoi, dans le colostrurn, on trouve toujours de la caséine et du 
lactose; dans le péritoine, il n'y a pas de mouvement sécrétoire centrifuge 
et la phagocytose joue seule; le lactose disparaît très rapidement et totale- 
ment puisqu'il n'est pas renouvelé et l'intervention des leucocytes s'exerce 
largement et facilement. 

L'étude histologitpie des dépôts péritonéaux faisant suite à l'injection de 
lait nous a montré que les leucocytes sont des poly- et des mononucléaires. 
Les polynucléaires prédominent quand le prélèvement est fait quelques 
heures ((> à 7) après linjeclion de lait, alors que ce sont les mononucléaires 
qui sont les plus nombreux quand les animaux sont sacrifiés au bout de 
2/1 heures. Mais qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre variété des leucocytes, 
toutes deux se montrent capables d'englober les globules graisseux du lait 
injecté. Les globules gras ne sont pas toujours distribués régulièrement 
dans le leucocyte, (juelquefois ils sont peu nombreux; d'autres fois, ils les 
bourrent au point d'en masquer le noyau, et les leucocytes ont alors tout à 



SI' ANGE DU 17 JANVIER 1921. l83 

fait l'aspect des corpuscules mùriformes de Donné, tels qu'on les rencontre 
dans le coiostruin. On peut, de plus, constater que des globules graisseux, 
en général des plus gros, par conséquent plus difficilement phagocytahles, 
circulent librement entre les corpuscules de Donné complètement formés 
ou plus ou moins remplis de globules graisseux plus petits. 

11 devenait intéressant de voir ce que donnerait l'injection intrapérito- 
néale de lait bomogénéisé dont la matière grasse est fragmentée en globules 
si petits qu'ils ne montent plus à la surface pour faire crème. Dans ces con- 
ditions, L'englobeinenl total de la graisse est réalisé, les globules butyreux, 
du fait de leurs très faibles dimensions, ont tous été phagocytés; il n'y en 
a plus un seul circulant en liberté entre les corpuscules de Donné bourrés 
de graisse, parfaitement mûriformes et très finement granuleux; mais que 
le px'élèvement soit fait tôt ou tard (même après 17 heures de séjour dans 
le péritoine), ce sont toujours les polynucléaires qui prédominent, ce sont 
eux surtout qui ont englobé la graisse et qui se sont mués en corpuscules 
de Donné. Des mononucléaires sont également présents chargés aussi de 
globules gras et mûriformes, mais ils sont toujours moins nombreux que 
les polynucléaires. Celte prédominance nette et constante des polynu- 
cléaires nous parait devoir être rapportée aux dimensions fort minimes 
qu'ont les globules gras dans le lait homogénéisé; les polynucléaires rem- 
plissent à l'égard de ceux-ci leur rôle préférentiel de microphages. 

Cette constatation nous semble devoir apporter un argument de grande 
valeur dans la question souvent discutée de savoir si les corpuscules de 
Donné sont des mono- ou des polynucléaires. A notre avis, les deux grandes 
variétés de leucocytes sont susceptibles d'intervenir ici; le rôle le plus 
important est toutefois dévolu aux mononucléaires qui paraissent être les 
agents des résorptions lentes et de la défense durable, comme c'est le cas 
avec le produit de sécrétion lorsqu'il séjourne dans la mamelle. 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Influence des radiations lumineuses sur Vazotobacter. 
Note (') de M. E. Kayser, présentée par M. P. Viala. 

Dans une Note précédente (") nous avons fait voir que l'azotobacter 
était sensible aux diverses radiations lumineuses, et que c'étaient surtout 
les radiations jaunes qui favorisaient la fixation de l'azote. 

(') Séance du 10 janvier 1921. 

{-) Comptes rendus, l. 171, 1920, p. 969. 



I04 ACADEMIE DES SCIENCES. 

Nous nous sommes demandé si celte propriété se maintenait constante 
pendant une série de générations et, par suite, comment se manifestait 
l'action lumineuse vis-à-vis de générations de différents âges cultivées, tou- 
jours dans les mêmes conditions d'éclairage et provenant de la même 
origine. 

Le milieu de cultuie employé contenait i,8i pour loo de glucose et i.agS pour loo 
de niannite, et était additionné des sels minéiaux habituels; les cultures étaient faitus 
dans des vases coniques, en faible épaii-seur de liquide, placées dans des conserves 
jaunes, vertes et bleues ; comme conijjaraison, deux, cultures étaient placées à la 
lumière blanche et deux autres maintenues à l'obscurité; la température constante 
était 27°; l'analyse a été faite après trois semaines. Le glucose a été dosé par la mé- 
thode Bertrand, la teneur en raannile déterminée par dilTérence à l'aide des extraits; 
l'azote a été dosé par la méthode Kjeldalil dans la masse microbienne recueillie sur 
filtre taré et dans les liquides de culture. Les poids microbiens obtenus diil'éraient 
dans des limites allant de 25™s à Go""»', toujours en faveur de la troisième génération, 
sauf pour les cultures des conserves jaunes où la différence n'était que de 4'"^. 

D'une façon générale, toutes les cultures de la sixième génération étaient d'un 
jaune plus pâle ; les cultures des conserves jaunes présentaient seules la couleur jaune 
du li(tuide avec reflets verdùtres. 



Couleur. 

Noire, 
l'ilanche. 

Jaune. 

\erle. 

lîlene . 



,3^ 
( 6- 

i 3= 

I 3° 

( 3^ 
(G" 

i C)" 















A/.olc fixe 


Glucose coiisoniUH' 


Maïuiile 


Lléliuite 






par gramme 


— 


- 


— — .^_ 


— 


Somme 




d'hyilrate 




pour 100 




pour 100 


lies hy,lnile-i 


Azote total 


(le carbone 


total. 


fourni. 


totale. 


fom-iiie. 


(U'i'ruits. 


fixe. 


consommé. 


1.2795 


47.' 


0,591 


29.9 


.!87' 


8"574 


4 "582 


0.789 


29.0 


, 1 2 1 5 


6 , 2 


0,9105 


4,36o 


4,785 


I ,32^5 


39.9 


I , 2680 


65 , 3 


2 , 596 


i8,3oo 


7,060 


0,927 


34, < 


0,333 


17,1 


1 , 260 


5,9io 


-'1,7 '4 


1 ,3o35 


38,1 


0,996 


5i,3 


2 , 2()5 


10,246 


4.464 


1 , 1 5 


28,3 


0,370 


19,0 


1 , 3S5 


8,823 


6,343 


, 9o3 


3 1 , •>. 


0, 1 17 


8,5 


1 , o5o 


9,673 


9,212 


0,705 


28,1 


0,075 


3,8 


o,84o 


6,.3o 


7.290 


",954. 


35, t 


, 1 92 


9.9 


1 . 146 


9,695 


8,459 


"•979 


36,0 


0,32l 


i('),5 


( , 3oo 


8,5.7 


6 , 55y 



L'expérience apprend (jue la ipianlilé lolale d'azote assimilé a été ton- 
jours plus forte avec la troisième génération, le taux varie avec la colora- 
tion à laquelle la culture clail soumise; la différence, très élevée pour la 
luiiiièrc blanche, entre les deux générations est lelativcnienl faible pour le 
jaune et le bleu. On constate d'ailleurs qu'avec le nombre de générations, 
les cultures de la lumière blanche se colorent de moins en moins et de plus 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1921. l85 

en plus lentement, la coloration persiste dans toutes les autres couleurs 
avec des nuances variées. 

L'azote fixé par unité d'hydrate décomposé est minimum dans le jaune 
où le microbe travaille le moins économiquement; le pouvoir assimilateur 
a surtout diminué, avec la sixième génération poui- le vert, le blanc et le 
noir. 

Il est à noter que la proportion de glucose brûlé est toujours plus élevée 
pour la troisième génération, sauf pour le bleu; nous remarquerons éga- 
lement que, par cette couleur, la sixième génération a détruit plus de 
mannite que la troisième génération. 

Le taux des hydrates brûlés est le plus élevé pour les cultures exposées à 
la lumière blanche et jaune, il est minima pour le vert; en présence du 
glucose, la mannite n'y a été que faiblement attaquée; c'est encore pour 
cette couleur que la différence entre le taux d'azote total fixé par les deux 
générations est bien plus élevé que pour le bleu et le jaune. 

Des expériences en cours nous renseigneront sur le point de savoir s'il y 
a moyen de faire acquérir à la bactérie, ayant subi l'influence des radica- 
tions lumineuses, ses anciennes propriétés, voire même les renforcer; elles 
nous montreront en outre jusqu'à quel taux, on pourra diminuer le pou- 
voir assimilateur de cette bactérie. 



MICROBIOLOGIE. — Su/- l'iidsorptioii du virus aphteux. 
Note de MM. H. Vallée et H. Carisé, présentée par M. E. Uoux. 

Des recherches déjà fort anciennes sur l'anémie infectieuse du cheval et 
la maladie des jeunes chiens nous ont permis de constater qu'à l'exemple 
des toxines microbiennes les virus filtrants sont susceptibles d'adhérer à des 
corpuscules de très petites dimensions, mis en suspension dans les liquides 
qui les supportent. 

Nous avons poursuivi ces études sur le virus aphteux et constaté qu'il 
jouit de cette même faculté. 

Si au liquide obtenu par liltration sur bougie Chamberland L, d'un 
broyage d'épithélium aphteux en eau physiologique, on ajoute une quantité 
convenable d'hématies de bœuf lavées, celles-ci, après agitation et contact 
de quelques instants, fixent en abondance les éléments encore inconnus de 
la virulence aphteuse. 

Lavées plusieurs fois à l'eau physiologique et reprises par centrifugation. 



l86 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

les hématies ainsi traitées conservent leur virulence. Inoculées sous la peau 
à des bovidés, elles déterminent chez ces sujets l'évolution de la fièvre 
aphteuse sous une forme classique. 

I^'expéricnce peut être répétée avec le même succès en utilisant comme 
éléments adsorbants des corps microbiens, tels que le pneumocoque et le 
staphylocoque. 

Il était légitime d'admettre que, fixé ainsi qu'il vient d'être dit, sur des 
éléments figurés, le virus aphteux devenait susceptible, en certaines condi- 
tions, d'une phagocytose totale. L'expérience n'a pas ruiné cet espoir. 

Tardivement phagocytées lorsqu'elles sont d'extraction récente, les 
hématies lavées sont au contraire rapidement reprises par les cellules 
blanches lorsqu'elles sont tuées par un séjour de /^8 heures à la tem- 
pérature de o" à + 2°. Sous cette forme dernière, chargées de virus dans 
les conditions précédemment énoncées, elles reproduisent encore la fièvre 
aphteuse par inoculation sous-cutanée pratiquée même à faible dose. Elles 
ne la déterminent plus par inoculation intra-veineuse de quantités beau- 
coup plus considérables. 

De même, des bactéries tuées, sensibilisées par un sérum approprié, 
éléments facilement phagocytés, chargées de virus aphteux par adsorplion 
et inoculées à poids précis dans les veines de bovidés sensibles, ne pro- 
voquent point l'évolution de la fièvre aphteuse, tandis que celle-ci succède 
à l'inoculation sous-cutanée moins favorable à une phagocytose rapide et 
totale du virus. 

Il va sans dire qu'il est une limite au phénomène et que des doses 5o et 
loo fois supérieures de virus adsorbé se montrent pathogènes, quel que 
soit le mode d'inoculation choisi. 

Selon les doses utilisées encore et alors même que la phagocytose du 
virus adsorbé est totale, l'opération provoque ou non l'évolution d'une 
poussée fébrile sans apparition de symptômes aphteux. 

Une seule inoculation de virus adsorbé, effectuée en ces conditions, ne 
suffît malheureusement point à immuniser les animaux soumis à l'expé- 
rience. Ainsi se trouve confirmée cette constatation, faite depuis longtemps 
déjà avec MlVl. Nocard et Koux, de la nécessité de l'évolution d'un aphte 
au moins pour l'obtention d'une immunité antiaphlcuse appréciable. 

Les faits indiqués en cette ÎSote nous paraissent devoir être féconds en 
leurs conséquences. Ils montrent avec quelle prudence il faut conclure à 
l'existence de virus intra-globulaires dans les infections au cours desquelles 
le microscope ne révèle point avec évidence la présence dans les hématies 



SÉANCE DU 17 JANVIER i^^l . 1H7 

d'un élément anormal indultilable. Ils permettront d'obtenir pour diverses 
maladies dues à des virus filtrants des suspensions pliagocylabics propres 
à des tentatives d'immunisation encore irréalisables. Ils faciliteront enfin, 
dans les mêmes conditions, la préparation de virus sensibilisés. 

.Nos recherches se poursuivent sur ces données, mais il nous a paru sage 
de livrer, sans plus tarder aux chercheurs, un élément d'études que certains 
utiliseront avec profit. 



C03IITE SECKET. 



La Section de Médecine et Chirurgie, par l'organe de son IJoyen, pré- 
sente la liste suivante de candidats à la place vacante par le décès de 
M. Guy on : 

En première ligne, ex cequo el par ordre j MM. Pierre Bazy 

alphabétique ( Pierre Delbet 

( MM. «Iean-Louis Faure 
En seconde ligne, ex œquo et par ordre ] Henri Hartmann 

alphabétique j Félix Legueu 

[ Théodore Tuffier 

Les titres de ces candidats sont discutés. 



L'élection aura lieu dans la prochaine séance. 



A 16 heures et demie, l'Académie se forme en Comité secret. 



La séance est levée à 18 heures et demie. 



A. Lx. 



l88 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



ERRATA. 



(Séance du 29 novembre 1920.) 

Note de M. Richard Birkeland, Résolution de l'équation générale du 
cinquième degré : 

Page 1049, ligne 2, au lieu de ^t=^ — i^c^, lire [3i = — ('4^''. 



(Séance du 27 décembre 1920.) 

Note de M. liicliard liirkcltind, Résolution de l'équation algébrique géné- 
rale par des fonctions hypergéomélriques de plusieurs variables : 

Page 1371), formule (2), au lieu de ^/^v'-U\<li' . . . l'u's^' , lire ix''^"+ l^'H'- ■ ■ If/L'i ; 
ligne 22, au lieu de la somme — /,. étendu?, lire la somme l,-,, étendue; ligne 24. au 
lieu de kl, /il, . . ., /.„-i =0, i , 3, . . ., « — 2, lire Zi, ^2» • • ■> "''-n-i =; o, i, 2, . . ., /( — 2 ; 
ligne 26, 

au lieu de s ^ /.j -t- 2 /.■,+ .. . +( /( — 2 ) ^„_, — />■, + i , 

lire 5 = z, + 2x2-1- ... + (/i — y ) /„_, — z, -H i. 

Page iSyi, formule (3), ligne 2, 

au lieu de <^i=- h, mod(« — 1), «),= /•■/,+ />/ (" — '). 

lire «x ^ z), m od ( /i — i ) , «x = z) -1- /. >. {n — i ) ; 

ligne 34, au lieu de {h = 2, 3, . . . , « — 1), lire ()i = 2, 3, . . . . « — i). 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 24 JANVIER 1921. 

PRESIDENCE DE M. Georges LEMOINE. 



IJIEMOIRES ET COMMUIVICATIOîVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



Après le dépouillement de la Correspondance, M. le Président s'exprime 
en ces termes : 

J'ai la douleur d'annoncer à l'Académie des Sciences la mort de notre 
confrère M. Georges Himbeut. 

Depuis longtemps, nous ne le voyions que rarement à nos séances. Son 
état de santé l'avait obligé à vivre la plus grande partie de l'année à la 
campagne. Depuis deux mois environ, sa maladie s'étant aggravée, il s'était 
réinstallé à Paris. Il y est mort avant-hier, 22 janvier 1921, soutenu dans 
de très pénibles souffrances par sa foi chrétienne dans une vie meilleure. 

M. Humbert était né à Paris le 7 janvier iHSq. Il était entré le premier 
à l'Ecole Polytechnique en 1877 et en était sorti dans le corps des Mines. 
Il avait passé une thèse de docteur es sciences en i885. Prof'jsseur à 
l'Ecole des Mines, il était devenu ingénieur en chef, puis inspecteur général. 
En même temps, il était entré dans le corps enseignant de l'École Polytech- 
nique, sur la présentation des Conseils : répétiteur en 1884, il était devenu 
professeur d'Analyse en i885. Très aimé de ses élèves, il leur faisait 
comprendre les questions les plus difficiles; ses leçons étaient des modèles 
de clarté : il les a réunies dans un livre très apprécié. 

M. Humbert était également professeur au Collège de France depuis 
1912, époque de la retraite de M. Camille Jordan qu'il avait suppléé 
pendant plusieurs années. 

Porté de très bonne heure sur les listes de présentation de la Section 

C. R., 1921, 1" Semestre. (T. 17Î, N» 4 ) ^4 



igo ACADEMIE DES SCIENCES. 

de (jéomélrie, il avait été élu membre de l'Acadcinie des Sciences le 
18 mars 1901. 

L'œuvre mathématique de M. Ilumberl est très considérable el très ori- 
ginale. J'éprouve, je l'avoue, beaucoup d'embarras à essayer d'en rendre 
compte : on sait qu'aujourd'hui les mathématiques ont atteint une éléva- 
tion extraordinaire au-dessus des enseignements classiques de nos grandes 
écoles ou de la licence es sciences, élévation presque impossible à atteindre, 
même pour ceux qui n'ont pas perdu contact avec ces disciplines de spécu- 
lation pure d'un si vif intérêt pour leur jeunesse. Le témoignage de nos 
confrères les plus compétents peut cependant en donner une idée générale. 

Les Mémoires de M. Huuibert se rattachent à la fois à l'analyse et à la 
géométrie et traitent principalement de la théorie des courbes el des sur- 
f ices algébriques. L'un de ses premiers travaux a consisté à exprimer sous 
une forme précise et explicite les conditions pour qu'une intégrale abélienne 
ait une valeur algébrique. Vinrent ensuite des compléments importants et 
féconds à la théorie des surfaces cyclides. 

Mais c'est surtout sur le théorème d'Abel que se sont dirigées les 
recherches de notre confrère. Certains systèmes de diflérenlielles algé- 
briques ont une somme rationnelle. Il fallait déterminer la valeur elîeclivc 
de cette somme. M. Humbert a trouvé une transformation qui y conduit 
facilement. De nombreuses conséquences en sont résultées. 

On remarque encore uue longue série de recherches sur l'application des 
transcendmtes à la géométrie. Les monographies qui se rattachent à ces 
questions sont, dit-on, des modèles d'élégance et de clai'té. 

En 1892, le prix Bordin avait été décerné à M. Humbert pour les appli- 
cations de la théorie générale des fonctions abéliennes à la géométrie. 
L'auteur compléta par deux Mémoires d'une très grande valeur celui qui 
avait été couronné. 

Le travail le plus remarquable peut-être de M. Humbert est relatif aux 
transformations singulières des intégrales hyperellipliques el aux multi- 
plications complexes qui en résultent. M. Hermite, dans un Mémoire 
célèbre, avait indiqué toutes les transformations possibles des intégrales 
hyperelliptiques lorsque les périodes restent arbitraires; mais si elles sont 
reliées par certaines relations spéciales, de nouvelles transformations 
peuvent être réalisées ; c'est ce qu'a montré M. Humbert. 

L'importance de toutes ces publications est établie par l'impulsion qu'en 
a reçue l'arithmétique supérieure. 



SÉANCE DU 24 JANVIER I92I. igi 

Depuis son éleclion à l'Académie, M. Humbert, toujours dominé par 
raltrail de la recherche malhémali(iue, n'a [)as cessé sa production scienti- 
fique: il s'est occu[)é surtout des formes quadratiques et des dévelop[)e- 
ments en fractions continues. 

Cette poursuite constante de la vérité abstraite était jointe chez 
M. Humbert à une grande élévation d'idées sur les problèmes de la vie. 
Elles l'ont soutenu au milieu des vicissitudes de l'existence aussi bien que 
les affections dont il était entouré. D'un caractère charmant, il n'avait que 
des amis dans tous les milieux auxquels il se trouvait mêlé. Pour ma part, 
j'éprouve un grand chagrin à voir disparaître l'un des plus aimables repré- 
sentants de la génération qui me suit, l'un de nos plus éminents élèves de 
l'Ecole Polytechnique, sous tous les rapports un modèle pour les jeunes qui 
viennent après nous. 

Une des grandes satisfactions de M. Humbert avait été de voir son fils, 
sorti également de l'Ecole Polytechnique, s'adonner comme lui à la 
recherche mathématique, fixer sa vie par un excellent mariage et devenir 
professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier; malheureusement 
atteint en même temps que son père d'une maladie très sérieuse, il n'a pu 
assister à ses derniers moments. 

A la digne veuve de notre confrère si aimé et à ses enfants, j'otfre au nom 
de l'Académie des Sciences l'expression attristée de nos plus vifs regrets et 
le témoignage de notre profonde sympathie. 

La séance sera levée en signe de deuil aussitôt après l'éleclion d'un 
membre de la Section de Médecine et Chirurg-ie. 



M, André Blondel informe l'Académie qu'une cérémonie commémo- 
rative du centenaire des découvertes fondamentales d'A.MPÈRE en électro- 
dynamique vient d'avoir lieu au village d'Ampère (États-Unis). L'Aca- 
démie était représentée par M. MaiUoiix. 

GÉOLOGIE. — Sur Vâge des phénomènes de charriage dans les montagnes 
de Gigondas ( Vauduse). Note de MM. Pierre Tehmier et Lêoace Joleaud. 

Les montagnes de Gigondas dessinent au sud-ouest du Ventoux plusieurs 
lignes de crêtes, où l'érosion a sculpté, dans des barres de calcaires juras- 



ig2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

siques parfois dressés verlicalemenl, toute une série de drntclles et à'' aiguilles, 
telles que le rocher du Turc(63o"'} et la pyramide de Saint-Amand (734"'). 
Leur modelé, au profil hardi et profondément déchiqueté, contraste avec 
l'aspect tabulaire des plateaux du Languedoc et avec la physionomie mas- 
sive des chaînons du Dauphiné et de la Provence. 

La géologie de ces montagnes a fait l'objet de nombreux Mémoires de 
stratigraphie. M. Léenhardt (') en a donné une excellente description, plus 
spécialement des terrains jurassifjues et crétacés : marnes du Callovien et 
de rOxfordien, marno-calcaires de l'Argovien et du Rauracien, calcaires 
lités du Séquanien et du Kimméridgien inférieur, calcaires massifs du 
Kimméridgien supérieur et du Porllandien, calcaires marneux du Berria- 
sien, marnes du Valanginien moyen, calcaires du Valanginiensupérieuretde 
l'Hauterivien. F, Fontannes (-) a esquissé la succession des terrains oligo- 
cènes et miocènes, dont l'étude a été reprise plus tard par l'un de nous (') : 
calcaires à empreintes de Poissons, marnes multicolores et gypses du 
Sannoisien, sables et calcaires à Mclanoides Laurœ du Stampien, mollasse 
marneuse de l'Aquitanien, mollasse calcaire du Burdigalien, argiles et 
grès de l'Helvétien. 

Indépendamment de ces diverses formations, les montagnes de Gignndas 
présentent, surtout au Sud-Est, de larges affleurements d'autres terrains, 
que M. Léenhardt a réunis sous le nom à'/iorizon de Suzelte. F. Fontannes 
a figuré ce complexe sur la feuille Orange, de la Carte géologique détaillée, 
avec la notation e'~'. Depuis, l'un de nous a montré qu'il y a, là dedans, 
non seulement de l'Eocène, mais aussi du Trias ('). Le Trias est beaucoup 
plus développé que T l'Eocène. Quand ces deux terrains se touchent, leur 
contact est anormal. 

L'Eocène est surtout développé dans le pays raviné et boisé qui s'étend 
au nord du Petit-Montmirail, des Petites-Eaux et de Beaumes-de-Venise. 
Il est en parfaite continuité avec TOligocèno, comme le montre, par 
exemple, la coupe du ravin des Crotles, où nous avons observé, sous le 
Sannoisien, une épaisseur de j*iusieurs centaines de mètres de sables, de 

(') Étude géologique de la région du !\Ioiit-Venloux, i883. 

(-) Le groupe d'Aix dans le Dauphiné, la Provence et le lias Languedoc, ifSS.">. 
p. 35-53. 

(^) L. Joi.KAUi), ('amples rendus, t. l'iV, nji>;, p. 3'|5, el l. 1V3, p. li.io; liull. Soc. 
géol. l'rance. t. 8, igoi^», p. 4'! Géologie du Coniiat, Terjiiiiis néogéiies, l. ii, 1912, 
pi. III, lig. 21. 

(' ) L. JOLEAII), loC. cil. 



SÉANCE DU 24 JANVIl-R 1921. igS 

grès, d'argiles et de conglomérais. Des bancs calcaires, qui s'intercalent 
vers la partie inférieure de cet ensemble, sont sans doute l'équivalent des 
calcaires à Planorhis pseiido-ammoniiis de la région. Ce Gastropode a, 
d'ailleurs, été signalé par F. Fonlannes (') à la grange Peyrier, dans un 
vallon à l'est de Suzette. La série éocène de Gigondas se continue sur le 
revers sud-occidental du Ventoux, où elle présente également, entre 
Grillon et Jocas, des calcaires dont la position straligraphicjue ne laisse pas 
de doute sur leur âge lutélien. 11 semble donc très probable que la série 
dèlrilique, ai'ec irilercalalions calcaires vers la base, da rai'in des Crottes, cor- 
respond à r Éocène moyen et supérieur. 

Le Trias est surtout développé au sud-est des barres jurassiques, depuis 
Souiras et Urban jusqu'au pied de l'arête calcaire burdigaliennc qui 
entoure la cuvette de Malaucène. Ce terrain est constitué par des cargneules 
et dès argiles, auxquelles sont associés localement des gypses et des cal- 
caires dolomitiques jaunâtres en plaquettes. Sa couleur générale, jaune ou 
rougeàtre, contraste avec le gris noir de l'Oxfordien et avec le blanc du 
Jurassique supérieur. 

A droite et à gauche du chemin de Lafare à Suzette, ce Trias repose, par 
une surface de contact presque horizontale, sur les marnes du Callovo- 
oxfordien : vers sa base, on observe fréquemment des mylonites, qui se 
lient intimement aux cargneules. La superposition constante de ces forma- 
lions au Jurassique avait induit en erreur MM. Léenhardt et Fontannes, 
qui faisaient des cargneules le terme le plus inférieur du Tertiaire conti- 
nental des montagnes de Gigondas. En réalité, cette situation stratigra- 
phique apparente est simplement la conséquence du charria<j;e sur le Juras- 
sique d'une nappe de Trias (-) depuis longtemps signalée par l'un de nous (' ). 
L'épaisseur du Trias charrié est souvent supérieure à 100"'; elle peut 
atteindre Soo". Il repose indifféremment, avec une allure transgressive, 
sur les divers termes, plissés énergiquement, du Secondaire et du Nummu- 
litique. Des débris, parfois très gros, de calcaire portlandien, se mélano;ent, 

(') Loc. cit., p. rî-^S. 

(') Des roches variées y sont emballées. Ain>i M. Léenhaidl (loc. cit., p. i32) y a 
indiqué des calcaires à articles d'Eiicrines de faciès iiifraliasiqiie; dans d'autres cal- 
caires il a trouvé des aptychus peut-être néocomieiis. Raspail (in Léenhahdt, loc. cit., 
p. i3i,n''2)y aurait observé, dan^ des grès, des fossiles analogues à ceux d'Uchaux 
(Turonien) et Rénaux. (Ibid., p. 210, n° 1), dans des calcaires, un Lychnits du Daiiien, 

Cj L. JoLEAUD, Comptes rendus, t. IVS, 1907, p. i23.j. 



194 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

çà et là, dans la mylonite, aux cargneules écrasées et aux calcaires triasiques 
brisés. 

Le charriage est certainement postérieur à l'Oligocène. La coupe donnée 
par M. Léenhardt (') du coteau qui porte le village de Ciillon est particu- 
lièrement instructive à cet égard : des cargneules subordonnées au conglo- 
mérat miocène viennent, là, en recouvrement sur les marnes vertes avec 
gypses et calcaires du Tongrien-Ludien. Ailleurs, ces terrainsse retrouvent 
localement dans les replis de la nappe triasit^ue, entre Lafare, Suzette et 
Malaucène : ainsi M. Léenhardt y signale dans le ravin de la Combe, au 
sud-est de Suzette, l'intercalation dans les cargneules d'un lambeau d'Oli- 
gocène, auquel est accolé un petit paquet de marnes oxfordiennes; plus en 
amont, au-dessus de Gardon, et plus à l'Est, vers Bonfils et Cleyrier, des 
marno-calcaires tongriens s'insinuent également dans la masse des car- 
gneules (■). Le Trias a certainement recouvert l'Oligocène dans la plus 
grande partie du massif: nous en avons, en effet, retrouvé un minuscule 
affleurement sur le Tongrien, au contact du Néocomien, à l'ouest de la 
grange Fabre, le long du chemin de Suzette à Malaucène. 

La nappe de Gigondas a été mise en sa place avant le Miocène, comme le 
montre la disposition générale des terrains au voisinage de la pyramide de 
Saint-Amand. Le point culminant du massif est, en eOel. occupé par un 
lambeau de mollasse burdigalienne, beaucoup plus étendu vers le Sud que 
ne l'indique la carte de Fontannes. 11 s'avance, d'une part, jusque près de 
Suzette, d'autre part, jusqu'à la font au Buis. Non loin de cette source, où 
il avait déjà été figuré par M. Léenhardt, il repose nettement sur la nappe 
triasiquc. et son conglomérat de base, plus ou moins bréchoide, en remanie 
les éléments calcaires ou dolomitiquos. 

En somme, la nappe de Gigondas est exactement du même âge que les 
écailles de la Montagnelte, du plateau de Villeneuve-lez-Avignon, et que 
les klippes d'Alais. Les mouvements tectoniques qui leur ont donné nais- 
sance se sont effectués après l'Oligocène et avant le Miocène, très vraisem- 
blablement entre le Chatlien et l'Aquitanien ('). 

La nappe de (iigondas a naturellement été affectée par les momemcnts 
miocènes, qui se sont produits après V Hclvétien. Au nord de Heaumes, 
MM. Léenhardt et Fontannes ont attribué à l'Oligocène des gypses incon- 

(') Loc. cit., |). 17?,, fig. 3'.. 

(*) Lèknhardt, Inc. cit., p. i33-i.i<). 

(^) P. TiiRMiEit el L. Joi.KAi'D, Comptes rendus, t. 172, 1921, p. 2.'|. 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. igS 

testablomcnt triasiques. Ceux-ci, au sud du moulin de Mitre, sur la rive 
droite du ruisseau de Salelte, viennent directement en contact avec la 
mollasse à Peclcn Dmidi, dont les. couches sont fortement redressées, 
Lors(}u'on suit la crête burdigalienne vers l'Ouest, on voit s'intercaler 
i;raduellement, entre le Miocène et le Trias, une série d'assises subverti- 
cales correspondant aux différents termes de l'Oligocène l't de l'Eocène qui 
ont été coupés en biseau par la nappe : au contact de l'Eogène et du Trias 
se développe une plus ou moins grande épaisseur de brèches. Des mouve- 
ments posthumes ont d')nc fait ici déborder la nappe liiasique qui a 
redressé rÉogène et renversé sous elle le Miocène, par suite de la poussée 
au vide, depuis le \oifinage de Beaumes jusque près des Crottes. Le Néo- 
gène demeure au contraire faiblement incliné en dehors du massif, dans la 
plaine de Carpentras notamment. Des faits analogues s'observent aussi 
bien au Nord-Ouest, près de Gigondas, qu'au Nord-Est, en bordure de la 
cuvette de Malaucène. 

Nous avons dit que le manteau de la nappe triasique qui s'étale de 
Suzette au moulin de Mitre a recouvert indifféremment les divers étages 
du Jurassique, du Crétacé inférieur, de FEocène et de l'Oligocène. Les 
mouvements tectoniques qui ont donné naissance à celte nappe ont repris 
dans les replis de la nappe des lambeaux du substratum. Ils n'ont cependant 
pas modifié profondément les dislocations de l'Auloehtone, dont l'orienta- 
tion se retrouve non seulement dans les arêtes tithoniques des Dentelles et 
de La Roque Alric, mais encore dans les barres urgoniennes du Barroux. 
Les relations de ces accidents tectoniques et des assises détritiques éocènes 
témoignent de l'âge pyrénéo- provençal de ces plis, comme pouvait, d'ailleurs, 
le faire prévoir leur direction WSW-ENE : les conglomérats si développés 
aux abords de Crillon, au pied de la terminaison occidentale du Ventoux, 
correspondent slratigraphiquement et tectoniquemenl aux poudingues de 
Palassou du re\ers nord des Pyrénées. 

Le pli Ventoux-Lure, magistralement décrit par ALM. Léenhardt et 
Ivilian. serait donc un pli provençal de direction générale Ouest-]'>st, ayant 
rejoué après le Miocène. De même les écailles de la Montagnelte et du 
plateau de Villeneuve-lez-Avignon sont formées par le groupement de plis 
provençaux Ouest-Est que recoupent obliquement les surfaces de charriage 
d'Aramon-Saint-Pierre-du-Terme, des Bouisses, etc. 

L'ensemble de la nappe trinsique de Gigon las et de son substratum affecté 
par les dislocations provençales a été aussi replissé lors de la p/iase alpine.. 
Celle-ci s'est traduite, non seulement par une remise en mouvement de la 



igC> ACADÉMIE DES SCIENCES. 

nappe, mais aussi par une accentuation des dislocations WSW-1m\E et 
par une surélévation du vaste bombement elliptique à grand axe Nord-Sud 
Vaison-Gigondas : le Burdigalien a été ainsi porté au centre du massif 
jusqu'à la côte 734, tandis qu'à la périphérie les difTérents étages miocènes, 
y compris le Pontien, dessinent des auréoles concentriques que recoupent 
transversalement les affleurements de Pliocène marin. 

En somme, trois îèries de mouvements tectoniques se sont succédés dans les 
montagnes de Gigondas : i" la pliose des plissements pyrénéens W SW'-ENE 
contemporains de V Eocène moyen et supérieur ( ' ) ; 1° la phase de charriage 
des nappes postérieure à COligocéne (^Chatlien) et antérieure au Miocène (Aqui- 
tanien)\ 3° la phase des mouvements alpins, datant du Miocène supérieur 
(Pontien^ et consistant ici dans la surrection d'un dame allongé du Sud au Nord 
avec renversement local, en quelques points de sa périphérie, des terrains anté- 
miocènes sur le Miocène lui-même. Dans ce dernier mouvement, il y a eu 
glissement de la couverture miocène sur les terrains plissés sous-jacents ; 
et c'est ainsi qu'au sud de Suzette, on peut voir, traînant sur le Trias, et 
sur les mylonites triasiques, des lambeaux d'une autre mylonite, bien plus 
récente, à débris, pêle-mêle, de Burdigalien et de Portlandien. 

OPTIQUE. — Sur un théorème d'optique géométrique, et son application 
au.v systèmes de prismes. Note (') de M. G. Gouv. 

1. Dans divers systèmes optiques, on peut trouver aisément la marche 
des rayons et des ondes jiour un certain faisceau, que nous appellerons 
privilégié, tandis que les autres faisceaux présenlenl plus de difficultés. 
Nous allons montrer que, de la connaissance du faisceau privilégié, on peut 
déduire les propriétés d'un faisceau peu difl"érent, par une construction 
très simple. 

Nous considérons un système formé de corps homogènes (^), qui 

(') Ce plissemenl WSW-ENKa élé e.vlrèinemenl énergique : il consiste en des plis très 
aigus dans une série anlérieuremenl afleclée par des glissements élémentaires et où 
beaucoup d'étages avaient élé sujjprimés, du fait de ces glissements. Les conlacts des 
divers étages du Jurassique et du Crétacé sont presque tous anormaux. 

(*) Séance du 17 janvier 1921. 

{'■') Celte condition de riiomogénéilé n'est pas nécessaire, comme on le verra en 
suivant la démonstration; il suffit que les propriétés optiques ne varient pas rapide- 
ment d'un point à un autre. Nous l'introduisons pour ne pas compliquer l'exposé 
inutilement. 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921. I97 

peuvent être anisolropes, dont les surfaces utilisées n'ont ni discontinuités 
ni rayons de courbure très petits. La lumière est liomogcne; le faisceau 
incident et le faisceau émergent sont dans des milieux isotropes dont les 
indices sont //, et n.^. 

Considérons, à Torigine du temps, um- onde incidente \, et l'un de ses 
rayons R, ; soient A^ l'onde émergente correspondant au temps t, et R. la 





continuation du rayon R, (' ). Soient C, le point de l'onde V, qui est 
sur R|, et Cj le point de l'onde A, qui est sur R^. 

Considérons, à l'origine du temps, une autre onde a^ ; soit D son inter- 
section avec R, ; posons 

£-Dc;. 

Au temps t, Tonde correspondante est a.,\ elle coupe W..^ au point V.. 
Soient /> celui des rayons de Tonde «, qui passe par le point D, et r., la 
continuation de ce rayon. L'angle a de R, et de /•, est supposé très petit. 

Le point D est un centre d'ébranlement qui produit une onde élémen- 
taire qui coupe normalement R^ en un point G, tel que CjG = î— '> et qui 
est tangente en H à a.^. 

L'angle des directions de R^ et de i\ n'est pas grand par rapport à a. En 
effet, si nous suivons les rayons R, et 7-, dans leur marche, nous voyons 
qu'à chaque réflexion ou réfraction, l'angle de leurs directions se trouve 
multiplié par un nombre de grandeur modérée (-). Mous voyons de même 



{') Nous donnons au mot rayon le sens e\acl qu'il possède dans la théorie de la 
double réfraction. 

C) Cela n'est plus vrai pour la réfraction avec émergence rasante, ni pour la réfrac- 
lion conique; nous excluons ces deux cas. 



igS ACADÉMIE DES SCIENCES. 

que HE cl H(i sont de l'ordre de /a, en désignant par / une longueur 
médiocre; le parcours dans le système n'étant pas gra-nd. 

Considérons maintenant le plan qui passe par r, et par le point G, et les 
intersections parce plan de l'onde a., et de l'onde élémentaire G II : soient p 
et p' leurs rayons de courbure. Appelons VI la projection de l'- sur ce plan. 
L'angle de Gl'> et de Gl']' est de l'ordre de a; nous pouvons donc écrire 

2 \ p ù / 

GE est donc de l'ordre de grandeur de a'- multiplié par une longueur 

médiocre ('), et nous pourrons regarder le point G comme appartenant à 

l'onde a.,. 

2. Il n'y aurait rien à en conclure si les normales à A^ et à «., variaient 

très rapidement avec les coordonnées du point 1"]. Mais ce n'est pas ainsi 

que se pose le problème pliysique. Les ondes A, et a, sont toujours planes 

ou sphériques; les surfaces des divers milieux n'ont jamais de petits i-ayons 

de courbure, en sorte que GH, l"]H, p et p' varient lentement, en grandeur 

et direction, avec les cooi données a^, y, z du point 1^. Par suite, J"',,v', z' 

, , 1 . 1 • /. T (Mx' — -lA d(u' — .r) 
étant les coordonnées du point G, on peut dire que — — r- — -> y- — > 

— — > et les dérivées analogues, sont de l'ordre de — r^ ou de ny.-, 

l étant une longueur qui n'est pas petite, et n un nombre de grandeur 
modérée. 

Supposons que la construction soit faite pour tous les points E de 
l'onde (i.,-^ appelons (i\ la surface passant par tous les points G. Soient L, 
et 1% deux points intiniment voisins pris sur r/., et G, et G., les points 
correspondants de n\. Les coordonnées de E, et de Eo sont .r. v, sel x -\- cLi\ 
y -f- dy, z -^ dz\ celles de ( i , et de Go sont .r', y\ z' et 

dx' , ()x' , ôx' , 

dx dy à: 

et de même pour les deux autres. Ces dérivées, d'après ce que nous venons 

(') Gela est vrai ruùme si o' est très petit, puismie l'anL;le — — est de l'ordre de y.. 

Pour éviter des coinplicalions inuliles. no;is e\ciiions le cas où o est très petit; it 
siffil alors de cansidérer les ondes A, et «» dans une position plus a\ancée, loin des 
foyers ou des caustiques. 



SÉANCE DU 2/} .TA.NVIER 1921. 199 

de dire, dilTèrent de l'iinilé par un terme de l'ordre de a-. Par suile, l'angle 
des direclions des tangentes I'-, 1'. et (i, G. estdc l'ordre de a-, tt, comme F., 
esl quelconque, il en est de même de l'angle des normales de ^/., et de ^z^. 

Nous pouvons donc dire que /a distance de deux ondes simii/Ui/iées de 
deiiv faisceaiuv peu différents^ mesurée sur le même rayon de l'un d'eux, vaut 
un même nombre île longueurs d'onde à l'entrée ei à la sortie du système, avec 
une erreur du second ordre [lour les normales. 

3. Nous allons envisager maintenant, comme première application, le 
problème général de la vision d'un objcl un peu éloigné, à travers un sys- 
tème quelconque de prismes et de miroirs plans, qui serait sans doute dif- 
ficile par un calcul direct. Les constructions sont assez simples pour que 
nous donnions seulement les énoncés. 

Les prismes que nous considérons sont en général anisotropes; leurs 
arêtes sont orientées d'une manière quelconque; le système est placé dans 
rair('). 

Le faisceau privilégié est un faisceau parallèle, qui resle tel dans tout 
son parcours. Appelons nappe l'ensemble des rayons qui sont dans un 
même plan. Lue nappe du faisceau incident reste une nappe dans tout le 
parcours. Deux nappes qui, à l'entrée étaient parallèles et ix la distance /, 
sont encore parallèles à la sortie et leur distance /j est proportionnelle à /, . 

La section droite du faisceau privilégié incident est arbitraire; suppo- 
sons, pour faciliter l'exposé, que ce soit un carré de côté <i, dont deux côtés 
sont liorizontaux. La section droite du faisceau privilégié émeigent est 
alors un parallélogramme. Appelons b les longueurs des côtés qui corres- 
pondent aux côtés horizontaux du carré, c'est-à-dire qui rencontrent les 
mêmes rayons, c les longueurs des autres côtés, et w l'angle aigu du paral- 
lélogramme. 

Le point P, infiniment éloigné, produit le faisceau privilégié. Considé- 
rons une ligne PP' perpendiculaire à ce faisceau, et dans un plan vertical; 
soit Y la grandeur apparente de celte ligne. L'onde issue de P' forme, avec 
l'onde privilégiée issue de 1', un angle dièdre y, dont l'arête est un des côtés 
horizontaux de notre carré. A la sortie, daprès notre construction, l'onde 

( ^ ) Il esl facile d'étendre les résultats donnés plus loin au cas où le faisceau incident 
et le faisceau émergent sont dans des milieux d'indices «1 et n^, comme, par exemple, 
pour la vision d'un objet au fond de l'eau. Il suffit de multiplier les grandeurs appa- 
rentes des images par — , et les distances des droites focales par — • 



200 ACADEMIE DES SCIEN'CES. 

issue de V forme, avec Fonde issue de I', un an^le dièdre y — ■ — > dont 
Tarêle est un des côtés b du parallélogramme. 

Ainsi la ligne PP' est vue dans une direction perpendiculaire aux côtés b 

du parallélogramme ( ' ), et sa grandeur apparente est multipliée par — : — • 

Si la ligne PP' était horizontale, elle serait vue dans une direction per- 
pendiculaire aux côtés c du parallélogramme, et sa grandeur apparente 

, .... a , 

serait multipliée par -r-. 

Il est facile, d'après cela, de construire Fimage d'un objet quelconque 
à Finfini, qui est à la fois tournée, déformée, agrandie ou rapetissée. 

4. Ce qui précède s'applique encore quand l'objet est moins éloigné, 
mais il se produit alors de l'astigmatisme. Soit un point P, sur l'axe du 
faisceau privilégié, à la distance L de l'entrée du système. Considérons, sur 
la section droite du faisceau privilégié, un cercle inscrit dans notre carré. 
L'onde sphérique issue de P, passe par ce cercle et, à son pôle, elle le 

dépasse de ny Sur la section droite du faisceau privilégié émergent, tra- 
çons une ellipse tangente aux côtés du parallélogramme en leurs milieux; 
par cette ellipse passent les rayons du faisceau privilégié qui ont passé par 
le cercle. Soient h et k les longueurs des axes de cette ellipse. Cette courbe 
est y indicatrice de la surface de Fonde émanée de P,, qui, au centre, est en 

saillie de — p- Il en résulte que les deux focales virtuelles sont parallèles aux 
axes de cette ellipse, et se trouvent aux distances L — et L A;- 

La connaissance du parallélogramme nous donne donc tous les rensei- 
gneinenls utiles sur la vision d'un objet un peu éloigné. Le faisceau privi- 
légié et son parallélogramme sont déterminés si l'on connaît seulement, 
dans chaque milieu, la vitesse normale d'une certaine onde plane et la 
direction de son rayon (^). 

L'astigmatisme et la déformation de Fimage disparaissent ensemble 

(') Le sens de l'image sur celle direclioii esl donne par ce fait i|ue les arêles des 
deux dièdres sont sur les cùlés du cairé el du |iarallélûgramnie cjui »e correspondent. 

(') On peul s'étonner qu''il soit possible de trouver les directions d'un petit groupe 
de rayons, sans connaître la forme d'un élément de la surface d'onde de ciiaque 
milieu. L'examen de la construclion de lluygens nous monlre que le terme ((ui en 
dépend esl du second ordre. 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. 201 

quand le parallélogramme se réduit à un carré ('). Le rapport des gran- 
deurs apparentes de l'image et de l'objet est alors ^; il peut y avoir une 
rotation de l'image par rapport à l'objet. 

Nous examinerons, dans une autre Note, ce que deviennent ces relations 
dans les cas usuels. 

ÉLECTIONS. 



L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Membre 
de la Section de Médecine et Chirurgie, en remplacement de M. Guyoïi. 

Au premier tour de scrutin, le nombre de votants étant 58, 

M. Pierre Bazy obtient 29 suffrages 

M. Jean-Louis Faure » 12 » 

M. Pierre Delbet » 10 » 

M. Henri Hartmann » 5 » 

M. Félix Legueu » i » 

M. Théodore Tuffier « i » 

Au second tour de scrutin, le nombre de votants étant 58, 

M. Pierre Bazy obtient 36 suffrages 

M. Jean-Louis Faure » 12 » 

M. Pierre Delbet » 8 » 

M. Henri Hartmann » 2 » 

M. PiEBRE Bazy, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- 
clamé élu. 

Son élection sera soumise à l'approbation de M. le Président de la 
République. 

( ') C'est le cas de la curieuse luneUe astronomique que consliui>it Amici sans len- 
tilles, avec 4 prismes pareils (Hersciiel, Traité de la Lumière, t. 1, n° 153). 



1 1 3 R A R V • rc] 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

1° F. CounTY, Obseivtitions des orages de iC)\C) dans les départements de In 
(il ronde et partie de la Dordogne. Expérience des piuagrètes électriques . (Pré- 
senté par M. J. Vielle.) 

2" Quelques notes surla familleLa Caille. (Présenté par M. G. Bigourdan.) 

3° Annuario degli Istituti scientifici italiani, direlto dal Prof. Silvio 
PivANO délia R. Università de Parma. (Présenté par M. ^ ilo Volterra.) 

4° Sir Noi;m\n Lockvei; K. C. B., F. li. S. May 17, i8'3G-August 16, 1920. 

M. L. Lapicque prie l'Académie de vouloir bien le compter au iiomine 
des candidats à la place vacante dans la Section d'Anatomie et Zoologie 
par le décès de M. i\'es Delage. 

M. Léov Guillet adresse un Rapport relatif à Temploi de la subvention 
qui lui a été accordée sur la Fondation Loutreud en i<)i7. 



CHRONOMÉïRlE. — Les déplacements élastiques transverses du centre de 
gravité du spiral cylindrique et des doublets. Note (') de M. Jules 
Andrade. 

I. Le déplacement Iransversc du centre de gravité du spiral cylindrique 
d'étendue angulaire d'équilibre P, dans chacune des phases de sa déforma- 
lion élastique, peut cire déterminé à l'apjiroximalion de ^j par la métliode 
di' Résal et Caspari. 

Et efTectivemcnt Caspaii, dans sa théorie du spiral Le Roy, a indiqué 
pour le déplacement considéré une niéliiode ayant pour objet de fournir les 
coordonnées du centre de gravité en se bornant aux termes principaux de 
l'ordre de j— 

Les formules proposées sont cependant inexactes, et l'erreur eût pu com- 
promettre les belles conclusions du Mémoire de 187G; par bonheur, en ce 

(') Séance du 10 janvier 1921. 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921. 2o3 

qui concerne l'objet esscnliel de ce Mémoire, c'est-à-dire rcslimalion du 

moment transmis .lu balancier d*un clironomètre à rapproximation de •rrjt 

les erreurs faites sur les deux coordonnées transverses se compensent ftnalc- 
inenl, et la justilicalion de la niélhode de Le lioy n'est pas ébranlée par 
l'oubli de deux termes individuellement non négligeables. 

If. Toutefois, comme la position précise du centre de gravité du ressoit 
réglant des chronomètres importe à plusieurs applications nouvelles, je me 
propose d'indiquer, par la présente Note, la rectification qu'exige le calcul 
de Caspari. 

L'origine des coordonnées transversesélant le pied de l'axe du balancier, 
l'ave des X étant dirigé vers la projection du piton sur le plan transverse, 
et enfin l'axe des Y se déduisant du premier axe par une rotation d'un 
quadrant exécutée dans le sens où le spiral se ferme, nous désignerons par ;/ 
la rotation qui sépare la position actuelle du balancier de sa position d'équi- 
libre ; l'étendue angulaire co du spiral déformé est alors P -1- ?/ ; posons, avec 
les notations mêmes de Caspari, 



1 -^ . , 

(1) 1 A = P (w + sincij) — ^(i — cos'aj); 

j __ 4 »(i — cosoQ 

(a 

mais nous conserverons les termes en a et i, trop tôt négligés par Caspari. 
En posant 

l J, r= / ( I cos; sin : 1 ( 1 — coiz r y z ] dz, 

T r f " ^ ■ \f ■ « f'\ ^ 

( J,= / I cosz sin ; sin c z ■ az, 

1 ' ■,'„ \ 2 2 y V -I ^y 

nous observons cependant que le c/ianip angulaire (Finie grution est très 
gran l el que le facteur c»^ devant l'un des termes a oui) nous oblige à retenir 
ces termes. 

Dès lors, envisageons les coordonnées x, el y, de la projection du centre 
de gravité sur le plan transverse; celles-ci sont déterminées par les for- 
mules 

( r = P -_ — J 
(3) '' ^ "''' " 

I ' — —i 

Dès lors, conformément à la précaution à prendre pour le terme co- appa- 



2o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

raissanl dans J, ou J^, nous obtenons d'abord 

l ,i-. ^ 1 1 0) — un fj) — - ',)- 

(3/-) l 

■ COS 'j) 



I 1^' / 



formules dont les termes ^co* et ;5 w- avaient été omis par Caspari, puis 
finalement les formules 

V.r,^— sino) H — — p(i + cosu), 

[ 71= p(' — cosoO 4- ^sin'.). 

III. Ces formules deviennent plus simples pour des doublets, mais 
supposons d'aljord que le spiral étudié soit un spiral Le Roy, c'est-à-dire 

que P = (2n±-j-, // désignant un nomjjre entier; si nous posons, en 

outre, î ^ ± I, les formules (4) deviennent 

( R R,, . ^ 

Ix, =;p£COS« H — (i — cSiii«), 

/ ,>i = 7;(i4-ssin u) H — £ coi II. 

I\ . Considérons un doublet sinusoïdal de deux spiraux Le Roy, le spiral 
associé ayant les axes 0\o et OYo, mais comptons u positif dans le sens de 
l'enroulement de fermeture du premier spiral, nous aurons pour le second 
spiral à écrire les formules (5) après changement du signe de «, ce qui nous 
donne pour ce second spiral 

( Fl R«, . ^ 

i JC.,^^ jj l COi II j^(l 4- £ sin II ), 

( 5 bis ) < 

) R . . , R ^/ 

/ 7j=: j;{i — ci\n II) — — s COi II. 

Y. Si le doublet a ses viroles confondues, les axes OX, et 0\.^ sont 
o[)[)osés el les axes OY, et OY, coïncident, en sorte que les coordonnées ?, 
et r, , du cenlre de grmiU' du doublet, rapportées aux axes du premier spiral, 
seront 

I ^ _ .r, — .r, ï\u 

(6) I ■* ^*' 



SfAXCE DU 2'i JANVIER I921. 2o5 

VI. Si le doiihlet a ses viroles opposées, les axes OX, el OX^ sont 

confondus, mais les axes OV, et ( )\ , sont opposés; et les coordonnées du 

centre de gravité du doublet toujours rapportées aux axes du premier 

spiral seront 

[ .l■^-^-.l^.i K Wit 

l «, = ;= — £ cos n — £ sin «, 

I y, — V, l{ . I> Il 

I f, = = — £ sin (^ + — - £ cos«. 

VII. La trajectoire rectiligue des formules ((i) est parallèle au diamètre 
fixe des pitons; mais, des formules (7), on déduit une trajectoire /-c/r/aVc 
parallèle au diamèlre des viroles. 



MÉCANIQUE. — Horloge mécanique à échcippeinenl libre. 
JNfole (') de M. Cii. Féry, présentée par M. Bigourdan. 

I. Il existe comme on sait, eu liorlogerie, deux grandes classes d'échap- 
pements : 

1° Les échappements à repos frottants; 

2° Les échappements libres. 

Dans la première classe, la roue d'échappement est arrêtée entre le pas- 
sage de chaque dent par l'échappement lui-même qui est muni de parties 
concentriques à son point d'oscillation, et nommées pour celte raison 
repos frotlanls. A celte classe appartiennent l'échappement à cylindre des 
montres, et l'échappement à ancre de Graham des pendules ordinaires ou 
astronomiques. 

Dans la seconde classe, où la roue d'échappement es-l arrêtée par une 
pièce auxiliaire, indépendante du balancier, ce dernier ne se trouve en rela- 
tion avec les rouages qu'au moment où il passe au point mort, là où il 
reçoit son impulsion, puis il termine librement son oscillation sans 
éprouver de frottements solides. On nomme pour cette raison ces systèmes : 
échappements libres. A cette classe appartient l'échappement à ancre des 
montres, el celui dit à détente qui est utilisé dans les chronomètres de 
marine. 

Il est bien connu que les échappements libres donnent des résultats très 
supérieurs à ceux fournis par les échappements à repos frottants, et l'on peut 

(') Séance du i- janvier 1921. 

C.K., 11^11,1" Semestre. (T. 172, N" 4.) l5 



2.)6 ACADÉMIE DF-.S SCIENCES. 

s'élonncr de voir les liorloges a.slronomiqucs figurer clans la classe des 

écliappemcnls les moins précis. 

La raison en est qu'il est assez facile d'appliquer le princii)e des échappe- 
ments libres aux b:il mciers circulaires comme ceux des montres ou des 
clironoinètres, tindis que le pendule recliligne des horloges s'y prêle très 
mal cl (pie les solutions indiquées jusqu'ici sont relativement compliquées. 

Disons toutefois que de nombreuses solutions mécaniques de ce pro- 
blème ont été données, cl que les lioiloges directrices de l'Observatoire de 
Paris sont munies d'un échappement libre dû àTbomas Reed; elles n'échap- 
pent pas au reproche de la complication et de la délicatesse de Téchappe- 
mciil. 

II. La présente Note a pour but de décrire une solution très simple de 
ce problème (' ). 




B'; ^ 



Considérons {fîg. i) la roue d'écinppcmenl B d'une horloge qui tend 
à tourner sous l'action du rouage et du poids moteur. 

(') Une penduletle à demi-secondes munie de ce nom el écliappemenl a été soumise 
au concours l'ieirel; elle \ a obtenu le premier prix. 



SÉAN'CE DU -i'a .'ANVIHR ly2I. 207 

L'ancre A, pivolée en (.), porte un levier muni d'un conlrcpoids M ijui 
fait appuver ce levier sur la vis V peutlanl les niomenls d'arrêt de la roue 
d'échappement. 

L'autre extrémité de ce levier porte une pierre arrondie P' ou un galet. 

Le pendule porte aussi une pierre arrondie P qui, lors du passage par la 
verticale, viendra abaisser le levier. 

Analysons de plus près ce qui se passe lorsi[ue le pendule passe par la 
verticale : 

Pendant que le pendule abaisse l'extrémité du levier, il se produit un 
certain travail qui consiste à soulever la masse M placée de l'autre côté du 
levier; de ce travail il faut retrancher néanmoins celui utile, produit par 
la réaction de l'incliné / qui reçoit la pression de la pointe de la dent a de 
la roue d'échappement. 

Lorsque, après le passage exact par la verticale, l'extrémité P' du levier 
remonte sous l'action combinée de la masse M et de la dent />, qui réagit 
sur l'autre plan incliné /de lancre, le pendule reçoit son impulsion. 

Remarquons cjue le travail total ainsi communiqué au pendule est indé- 
pendant de la valeur de la masse M; il est égal à la somme des impulsions 
dues aux deux levées de l'ancre. 

Comme dans tous les échappements libres, nous trouvons ici que le sys- 
tème oscillant est soumis à une action retardatrice tout d'abord, c'est ce 
que les horlogers appellent le dégagement, puis à une action accélératrice 
beaucoup plus grande a[)pelée Vimpitlsion. 




^L Lippmann a démontré autrefois que seule la restitution dans la ver- 
ticale n'a aucune influence sur la marche du pendule ('). L'analyse 



( ' ) 5"/' l entretien du inotneinent penduhiire sans pertiirbalion ( t^^omptes rendus, 
l. 127, 1898, p. i5). 



•2o8 ACADÉMIE DES SCIEXCES. 

détaillée de la reslitulion dans récliappemenl précédent montre que pour 
les petits arcs les effets font retarder le pendule. 

Si OP représente les marches diurnes d'un pendule libre en fonction de 
Tamplilude OA, la courbe arP représentera les marclies du même pendule 
commandé par l'échappement précédent. 

On voit facilement que la courbe arP passant par un maximum au 
point /• donnera, pour l'amplitude correspondant à ce point, un isochro- 
nisme bien meilleur que celui correspondant au pendule théorique. 

J'avais proposé, dans une i\ote déjà ancienne, de donner à celle ampli- 
tude le nom à\iiiiplilu(le de réglai:;t' ( ' ). 



ÉLECTRODYXAMIQUE. . — Éncii^ie Heclromagnctiquc et poiendcl thermo- 
(lYnamique (/'un système di- courants. Note (") de M. A. Liéx.\rd, présentée 
par M. L. Lecornu. 

Soit un système de courants i placés en présence de substances magné- 
tiques. Un déplacement élémentaire des conducteurs des courants ou des 
corps magnétiques donne lieu à la production d'un travail 6?c. En même temps 
les variations d'aimantation, qui accompagnent les modifications du champ, 
entraînent un certain dégagement de chaleur </Q. Le principe de la conser- 
vation de l'énergie, joint à la loi fondamentale de l'induction, permet 
d'établir facilement entre (/(?, dQ, l'énergie interne U et les flux <I>, $' à 
travers les divers circuits conducteurs, la relation 

( I ) d<f + rfQ -h dV — 1 i d'iK 

La relation (i) est emplo\ée notamment en Llectrotechnique pour éva- 
luer le travail des machines dynamos en négligeant ou calculant approxi- 
mativement le terme d(). 

Je me propose de tenir compte exactement de ce terme, mais en me 
bornant au cas de corps magnétiques dénués d'hystérésis. Dans ces 
conditions, les phénomènes sont réversibles, ^Q est delà forme — STt/S, 
T étant la température absolue et S l'entropie d'une région (finie ou infi- 
niment petite) où la température est uniforme. L'équation (i) devient 

( 2 ) fA~ - i T dS + dV — l i dil>. 

(') Comptes rendus, t. 14-0, igoô, p. nifi. 
(-) Séance du 17 janvier 192 1. 



SÉANCE DU 24 JANVIER 192I. 209 

On peut l'écrire idenliquement 

OU encore 

(3) (/iy-i-lSdT-^l<h(/i = —dll, 

en posant 

C) II = U - iTS - i(a». 

Les relations (3) et ( /| ) montrent que la différentielle totale 
d& + IS (/T -h l<i> di 

est une différentielle exacte Supposons les variables normales, au sens 
donné au mot normal en thermodynamique. Alors r/G ne peut dépendre 
des (IT eldi, car de simples variations de températures ou d'intensités de 
courants n'entraînent aucun déplacement, rfe ne peut contenir que des 
différentielles des variables x, y, . .., autres que les r/T et r/t qui fixent la 
fjrme et la position du système. 

Par suite, l'équation (3) donne, par identification des deux membres, 

(5) f/C = — f/f ,11, 

(6) ^=--rr' 



(-) '^ = 






Suivant l'usage, le symbole f/, , représente une différentiation effectuée 
à T et i constants. 

Les équations (5) et (G) montrent que la fonction H joue le rôle d'un 
potentiel thermodynamique. Mais, tandis que, dans les cas habituels, le 
potentiel thermodynamique se réduit à Li — TS, on a ici d'après (4) 
l'expression plus compliquée H =: U — DTS — Sî(l>. 

Les équations (7) permettent de calculer la vabur de H. Ces équations 
montrent d'abord que les fonctions <1>, $', «I>", ... satisfont nécessairement 
à des équations de condition telles que 

àf J«I.- 
(^) ■^=^- 

Cei équations se rédiiisenl à celles qui expriment la loi de réciprocité des 
coefficients d'induction mutuelle dans le cas où les corps magnétiques sont ù perméa- 
bilité constante. 



2IO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

L'intégration des équations (7} donne 

(9) \\=z—f (a>r//H-<I)V/'-4-...)-+- F(T, .r, /, ...). 

L'intégration indiquée par rappoit aux i, /', ... est prise en laissant les 
T, X, y, .. . constants. 

¥Ç\\x,y, ...) représente évidemment la valeur du potentiel thermo- 
dynamique pour le même système supposé sans courant, car les équations 
(4) cl (9) se réduisent, pour / = j' = . . . = o, à 

H — \—1\'S — V(V,j:. y, ...). 

Comme nous ne nous préoccupons que des phénomènes d'origine électro- 
magnétique, nous pouvons laisser le terme F(T, x, . . .) de côté et prendre 
simplement 

(10) ji=— r («tf/i + aj'f//' -+-...)• 

*^ 0, 0. ,. . 

H étant ainsi déterminé, les équations (5) et ((>) donnent le travail et 
l'entropie, tandis que l'équation (4) permet d'évaluer \j ; on trouve 

ou, en tenant compte de (G) et ( 7), 

^ ' à\ 1)1 

Pour i =^ o, on retombe sur la relation connue 

1=11 -t:^. 



ÉI,ECTRIC1TÉ. — Sur une n()u\eUc propiirli- de carps faibUmcnl conducteurs 
de iéleclricitè. Note de M. Cî. IIkuovi., présentée par M. Lijtpmann. 

J'ai indiqué précédemment ( ') les conditions dans lcs(|ueiles des corps 
faiblement conducteurs, Iraveisés par un courant, impressionnaient une 
plaque photographique ; je ne me suis point occupé alors de la cause 
produisant l'impression. 

(') Comptes rendus, l. 171, ii).!i>, p. lo^i. 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. 211 

Pour expliquer l'aclion produite sur la plaque, deux liypollièscs «c pré- 
sentent naturellement à l'esprit : 

a. Le passage du courant produit une cLclroivse de Tciiu ou des sels 
que contiennent les feuilles de papier ou les conducteurs employés ; les gaz 
dégagés impressionnent la plaque photographique par simple c intact avec 
les sels d'argent de la couche sensible. 

i>. Il se produit des aigrettes ou des étincelles (analogues à celles du 
carreau étincelant) et la plaque photographique est impressionnée. 

I. La première hypothèse paraît tout d'abord justifiée par l'augmenta- 
tion de l'effet que l'on constate quand on emploie des feuilles de papier 
humidifiées. Mais elle se heurte aux objections suivantes : 

1. Il faut admettre que le dégagement des produits de l'élcctrolyse ne se 
fait pas seulement aux électrodes, mais aussi dans toute la masse de l'élec- 
trolyte ; ceci admis, on s'explique cependant mal que ce dégagement soit 
plus intense aux coupures ou aux incisions siipeificielles présenlées par la 
feuille ou le conducteur. 

2. Le phénomènese produit à distance(il est vrai 1res faible, 1'"™ ou 2""") 
et permet d'obtenir l'ombre portée d'obstacles placés entre la feuille impres- 
sionnante et la plaque photographique. 

3. L'impression se produit encore, mais beaucoup moins forle, lorsque, 
au lieu de feuilles de papier, on prend, après les avoir rayées, des lames de 
celluloïd, de fdjre de bois, de verre, de mica ou de quartz, substances pour 
lesquelles on voit moins bien quelle électrolyse et quel dégagement gazeux 
pourraient se produire. 

4. Enfin il y a, dans le voisinage des électrodes, une impression d'appa- 
rence particulière lorsque Von place entre la plaqite et la feuille impression- 
nante une lame de quartz nu de fluorine suffisamment mince; l'épaisseur des 
lames interposées et l'aspect de l'impression ne permettent pas de supposer 
que les gaz émis ont pu atteindre la plaque et produire cette impression. 

L'action des gaz produits est donc insuffisante pour expliquer l'efTct : 
ceci ne veut pas dire que les gaz émis sont sans action sur la plaque, on 
constate souvent que les parties de la plaque, non recouvertes par la feuille 
et dans son voisinage, sont impressionnées, celte dernière impression peut 
être due à une simple action de contact des gaz produits. 

II. L'impression photographique présente une dissymétrie; comme dans 
le cas de l'aigrette lumineuse, l'action est plus vive du côté du. pôle positif. 
Cependant si l'on donne au mot aigrette son sens habituel, noire deuxième 
hypothèse est également à rejeter : 



212 ACADEMIE DES SCIENCES. 

1. Parce que l'efTet commence à se manifester pour une différence de 
potentiel de iGo volts, il est. net pour 240 volts el très net pour 820 volts 
(dans le cas de feuilles de papier et pour une distance des électrodes de 4'™)- 
Ces voltages ne sont point ceux pour lesquels l'aigretle se manifeste ordi- 
nairement; il est d'ailleurs probable que l'efTet se produirait encore pour 
des voltages plus faibles, si l'on prenait des plaques plus sensibles ou des 
poses plus longues. 

2. L'œil, même reposé par une longue présence à rol)SCurité viiiperçuil 
rien sur la feuille de papier ou sur le conducteur que le courant traverse. 

Il ne semble pas non plus y avoir pi'oduction ou augmentation de lumi- 
nosité quand on place sur la feuille une substance Ouorescente ou phospho- 
rescente. 

Toutefois, si la conductibilité des corps employés est trop grande ou si 
l'on prend des voltages trop forts, de petites étincelles se produisent aux 
points de contact du conducteur et des électrodes. 

.3. Dans les conditions ordinaires, il ne se produit pas d'impression si 
l'on interpose entre la plaque photographique et la feuille active une lame 
de mica ou de quartz suffisamment fpaisse, une lame de quartz de 3""" ou 
une lame de mica de — de millimètre ne laissent passer aucune impression. 
Il est facile de s'assurer que l'aigreite visible impressionnerait dans tous 
ces cas. 

4. Quand on examine à réleclromètre la conductibilité du milieu gazeux 
environnant, on trouve qu'il y a une ionisation dont les caractères sont 
ncllcmeiit distincts de ceux de la conductibilité produite par l'aigreite. Les 
caractères de celte ionisation permettent d'ailleurs de déduire dos rensei- 
gnements intéressants sur la nature de l'effet que nous étudions. 

111. Parmi les représentations mécaniques [)Ossibles du phénomène, il 
en est une qui se rapproche de la deuxième hypothèse et, en la complétant, 
rend sans valeur les objections qui précèdent : Tout se passe comme s'il y 
avait, aux points où sont les discontinuités de résistance, des chutes de 
potentiel suffisantes pour produire des décharges disruptivcs soit dans le 
conducteur lui-même, soit dans le milieu environnant. Les décharges ainsi 
produites seraient accompagnées de l'émission d'un rayonnement très 
absorb.ib'.e, dont il est possible de préciser les caractères, et qui, comme les 
radiations ullravioleltes et les rayons X, agirait sur la plaque photogra- 
phique, mais n'impressionnerait pas l'œil. 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921. 2l3 

ACOUSTIQUE. — Sur bi propai^alion du son du canon à grande dislance : 
Périodicité annuelle. Note de M. Maurice Colmgxox, présentée 
par M. Bigourdan. 

J'ai montré dans une Note antérieure (') que le son du canon du front 
s'était entendu à Louviers (Eure), presque uniquement du commencement 
de mai au commencement de septembre, pendant la période du 23 juin 191 5 
au iG mai 19 17. La fin des oljserva lions, du 17 mai 191 7 au lonoveuibre 191 8, 
nionlrera que la loi de la périodicité annuelle s'est vérifiée jusqu'à la fin de 
la guerre. 

Une difficulté s'est présentée dans l'évaluation de N et 1, les 18 juin, 
ij et 18 juillet 1918, les détonations se confondant en un roulement 
continu. Pour calculer N,- nombre des détonations par minute, et I, total 
des intensités par minute, j'ai utilisé une modalité très générale de l'audi- 
tion, modalité qui consiste dans le rapport existant entre les auditions en 
différents points d'observation. 

Une résonance ayant s,?l périodicilé particulière a influé aussi sur l'évalua- 
tion de N. Des groupes de détonations, de l'ordre 4 par seconde, parais- 
saient provenir de détonations uniques, chaque groupe étant formé de 
plusieurs sons composants à intensité souvent décroissante; dans ce cas, j'ai 
compté une détonation pour 2, 3, ..., 5, ..., 10, ..., 20 sons composants. J'ai 
distingué chaque détonation composée, en 191(3 et 1917, d'après l'oreille, 
m 1918, d'après l'oreille et le calcul des probabilités. 

Abrchialions du Tableau suivant (voir t. 107, p. 333). 

J. nombre des jours d'observalion, groupés suivanl certaines similitudes. 

M, nombre de minutes d'observalion. 

Il" minimum-minute, 
N, nombre de coups par minute 1 „ . . . 

' . '. ' • ■?." mavimum-minute, 

1, total des intensités par minute j ., . . 

■^10" moyenne-minute. 

Vents. Direction : le quadrant NE ou q. NE comprend les vents de N inclus à 
E exclu; q. ES : vents de E inclus à S exclu, elc. — l'orce : nombres entre paren- 
thèses ( ). 



(') Comptes rendus, t. 1G7, '9i<S, p. 333. 



21 4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



.1. M. N. I. N. I. N. I. Vcnls et rcmainucs. 
1917. 

1 7-3 1 mai i5 Sna o o i33 ?.3o 17,8 26,8 q.ME(-2-5)-q.ES(i-5)-q.S\\(i-2)-q.WN( 1-7) 

I- 3 juin 3 ',S \ -, ii5 (73 ) ', 1 ',5 Si ri-SWi i)-SSU"(2i-S(3)-WSW(2)-SSWiî'i 

4-6 » 3 II» o o 8', i.,S M 49 S(i-3i-SSE(i-v..)-SjSlt:(i) 

7-8 » ■'. (ii « o 25<> i.o(M) Sf 197 ■ S(i(-SW(2-i)-N-S(i) 

9-f9 » II '|lii o o 2)0 i.).f>o 3(i gd q. M!;( 2)-q. ESi i-3)-q. S^VM-4)-q.^\■^■l 'i 

20-29 » 1" '<9î) i 6 i4o fido jg 17G q.S\A'(i-7)-q.W.\ii-6i 

3n jiiin-6 juillel 7 341 r) o 128 32o 29 Cr q.NEi i-7)-q.S\Vi i-2!-q.'\VN(3) 

7 juillet 1 77 ■>■ 3 200 1.21H1 \ii 123 S(i)-SE(i) 

8 » I ")t> <> o 25o i.lioo ^i9 41 i \VS\V(6-5-3) 

9-14 » (i 190 o o 200 i.ddo :8 iiK W(3)-WN\V(2)-\VSW(2;)-S\Vm-3) 

l5-28 » ri 439 i I 270 1.190 7i 193 q. NE(2)-q.RS(2)-q.SW(2-6)-q.W.\(i-5) 

29-31 » 3 224 o o 201 44s 92 2ot SSW(i-4)-N(i-5;)-\VS\Vi3)-i>iiM-.i )) 

1-10 août 10 394 o o 197 600 ")8 i3t) q. \E( i)-q.ES( i)-q.S\V(2-5)-q.\VNi i-C)) 

11-16 » 6 2()-. G i3 197 531 6', 161 SW(3-7)-S(i-3)-W(2-3) 

17-26 » 10 517 o o i83 47S 27 48 q.S\V(l-5)-q.WN(i-4) 

27 » I G7 () o 32 63 3,8 3,7 violente tempête SW(7-9) 

28 aoùt-4 septembre. S 363 o o i3i i'(() 17 29 q. SW(i-7)-q.\\N(i-4) 
5-6 septembre ...". . 2 62 o o o 00 o S\V(î)-S('2)-\(2) 

7-8 ■> 2 47 00 0,7 0,3 0,12 0,07 E\E(3)-\V.\\V(')-WSW(i) 

9 sept.-3i liée 9) 802 00 o 00 o 

1918. 

4-lijanvier 3 17 o o o 00 o q. NE(4)-q. ES-q.S\\'-q. \\'.\(i-5) 

12 11 1 8 7 29 22 23 18 S(3) neige 

i3-3i » 14 91 o o o 00 o q.SW(i-8)-q.WN(3) 

1-7 février 5 :\(\ o o loS m. 3« 3o \VSW(i-6)-S\V 

8 févriei-2i mars... 23 190 00 o 00 o q.NEi i-4)-q. ES(6)-q. SWi i-di-rj. WNi i-Ci) 

22-2C mars 5 90 o o i3 2,i :>. o,i >i.NW( i-3)-q.NE 

>7 mars-9 avril 12 1S7 00 2 0,6 0,01 u,o5 q.NE(T-3)-q.ES(2-5)-q.S\V(3-7)-q. WN12-6 ) 

lo-n avril 2 4» o o G5 Ci 12 6 NN\V(i)-N(i)-SE(2) 

12-24 » '2 1 59 o o o o o o q.NEi i-6)-q. ES(i)-q.SW{2)-q. \V\(2-G) 

25-3o » 5 102 o o G2 57 2,4 2,6 W(2)-.\E(2)-NNW(2-4) 

I- 7 mai 7 1G8 o o 68 rJg i3,2 9,8 NE-SE(i-2i-SW(i)-S(i)-NW(2) 

8-9 » 2 67 o o ii5 323 40 S[ SE(i-2j-.\(i-2)-W(i) 

10-11 » 2 72 I) 8 5 (>,52 0,17 N( r)-NE(i-2)-SV\(i-2i 

12-17 " '' ■•'•iir "^ " '7^ Mo i4,3 14, G q.ES( i-3i-q.S\\(i-5)-q.W\i 1-2) 

1S-21 » '1 210 o o 5i GG 2,9 2,8 S.SW(i)-SË(i)-I':(i)-E\E(i)-NE(i) 

VA inai-7 juin 17 G>4 " o I7'^| 'i(o 24 29 q. NEfi-3)-q. ES(i-2)-q.S\V(l)-q.\VNi i-G) 

8-18 juin Il )47 o o 5oo 2.5oo JS loG q. N'l';(i-G)-q. S\V( i-5)-q.\V.N(i-C) 

19-24 ) '■' 3o4 o o 99 190 i4 25 q.NE(i)-q.S\V(4)-q.VVN(i-6l 

2'. 28 >. 4 2>.() o (. 168 474 42 G3 ii.XE(3)-q.S\V(2-5)-q.WN(i-3) 

29 juin-7 juillet 9 5ii 00 14G 412 21 27 q. NEi i-3)-g.EN(3)-q.SW(2)-q.WN('i-2) 

8-11 juillet 1 239 2 I 192 338 G4 loG \V(i-6i-SWu-7)-WSWi2) 

i>-i3 » 2 i3S o o i32 400 ".3 loG \VSW(i-4)-S\V(6)-\\(i-3»-W{SW(3) 

li .. 1 iG'. <i n i.-.oi) S.<M.n Tm G>) S.^Wd-Gj-WjSWXi-G] 

l5 > I G3 ■)) 83 I.)(in 8.(i<H> I08 I.9U) .S\Vil-4i 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. 21 5 

Min. Max. M.iy- 

.1. M. N. I. N. I. N. I. Vents el remarques. 

1918. 

l6-i7Juillet •>- Vio o o i(i8 .\>.\ K. .5', SW(3H)-SSAV(3-7)-S-fSW(3) 

18-19 » ■'. S8 Si (In icM) Hoo lis '.87 Si))-WS\V(a-5)-SW(3-4) 

■>o » 1 107 o o 70i> -)i> 91. I")", WS\V(i)-S(i)-SSWii-l) 

2i->6 » r, ■î(m> :>. 0,1 ■>!(; irfi 91 loS q,S\V(2-7)-q. W>(î-7) 

27-31 .. 5 3C.8 o o ■>>- 3<>7 3'. /|>- N\V([-6hI\NW(i-5;-Eo) 

I- i août i 3.S7 o o li'i -ei V. 9-) N(i)-\\Xi-l)-NVN\V(ij-q.SVV(i-5) 

(i- ., » 1 3ii o o '.00 400 V. 77 N\V('i-5)-SSW(3)-W(i-3i-WNW(3) 

io-i5 » 6 3(;-, „ o ir,8 14-, 8.7' \>. q.>ll!:(3)-q.ES('2-3)-q.SVV(t-2)-q.\VN(i-4) 

it;-2i ). (■) -îgi o o l'.C. 189 i5.7 iG W(i-(i)-WNW(4)-NNW(2-3)-WS\V(i) 

•li > I ")(i o o lot 'Il il il) S\V( i-2)-grande chaleur 35° 

0,3-29 » 7 3m o o 1 i(i Ki) i,-. 3. S q.NE(2)-q.ES(->-)-q.SW(2-3)-q.W\(2-C) 

3o >. \ ■>-< o (I o 00 o NiN\V(4)-N\V;3)-N(i) 

il aoùt-iSsept li 738 00 i'>S >"io g.d 7,8 q. S\V(2-r))-q.WX(i-6j 

1 ',-16 septembre.... 3 i4' 00 o 00 o S(2-4)-SVV(i)-W(2-3)-\V.NW 



17-21 



189 


11 





ii; 


1S9 








45 


1 . iGo 












o , 08 SW(2-3)-\VSW(3)-S(2 i-SS W 



22 sept. -8 octobre. . . 17 '189 o o 45 'o o."), o, iG q. S\V(>-G)-q. WN( i-G) 

9 octobre-io iiov.. . 'y i.iGo o o o o o o q. XE(i-4)-q.ES(i-')l-q S\V(i-())-q.WiV(i-4) 



CHLMIE MINÉRALE. — Syslémotique et constitution des dérivés de l'acide 
molybdique. Note (' ) de M. L. Forsén, présenlce par M. Haller. 

On peut faire dériver tous les molybdates connus de deux acides for- 
mulables comme suit : 

Acide mol vbdiq lie Mo'O'- JI'^ 

Acide mélamolybdique . Mo'-O'-ll'- 

Ce n'est qu'en attribuant à l'acide molybdique la formule triple : 
]VIo'0'-H''(= 3iVIo(J''II-), que l'on peut rendre compte de l'existence des 
divers molybdates : 

Mo'O'-M H' représente les lieNaraoljljdates 

Mo^O'-M-H' » les irimolybdi.les 

Mo'O'-M'H' » les dimolybdates 

Mo^O'-M'H- » les sesqiiimolybdates 

.Mo^O'^M'''H' » des sels non désignés parliciilièremenl 

iMo'O'-M" » . les orlhomolybdates 

(') Séance du 17 janvier 1921. 



2l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les atomes d'hydrogène mis en évidence dans ces formules ont des fonc- 
tions acides. En effet, les orthomolybdates sont neutres à la phtaléine du 
phénol. Les autres moljbdates précédcMiinent mentionnés sont acides. Le 
ternie de leur titrage avec cet indicateur marque la formation d'orthomolyb- 
dale. Un certain nombre de molybdatesacides perdent facilement plus d'eau 
que les constitutions précédentes le feraient prévoir, et ils se transforment 
en anhydrides. C'est ainsi que le résidu de la dessiccation à l'air sec et à la 
température ordinaire de la plupart des trimolybdales répond à la for- 
mule Mo''()"M-H-. Le trimolybdale de potassium ordinaire desséché 
devient complètement anhydre MoM )"'K-. Le sesquimolybdate de lithium 
MoM)"Li'' cristallise anhydre de sa solution acide. Mais en solution ces 
divers sels correspondent aux types formulés au début de cet article. 

Il parait exister des molybdatos de rubidium et de potassium du type 
MoM.)' -M 'II qui n'ont pas reçu de noms particuliers. 

Les sels que l'on désigne du nom de paramolylnlates n'ont pas de compo- 
sition définie. Les différents auteurs donnent des formules avec des pro- 
portions telles que M':Mo% M* : Mo% M": Mo', M* : Mo'. Les paramo- 
lybdates paraissent être des crislaux mixtes de dimolybdates Mo'O'^M^H' 
et de trimolybdates Mo'0' = M-H''. 

C'est ainsi que les corps désignés du nom de paramolylidates de sodium 
sont des ci-istanx mixtes de deux c.«[)èccs au même degré d'hydratation : 

Dimolybdale xMo'O'^NaHP -+- 8H=0 

Trimolybdale Mo^O'^iNa^Ii^-l- 8H=0 

C'est seulement pour des proportions bien déterminées entre MoO' et 
Na(^H que l'on peut ol)tenir (d'après iiosenheim) le paramolybdate de 
sodium correspondant à ia formule MoM )-■ \a'IL + iliH-O avec les 
rapports atomiques Mo" : Na^ préconisés dans ces dernières années. 

L'ensemble des faits conduit à donner à l'acide molvbdique : i" une 
formule triple, 2" une représentation cyclique 

O OH 011 

/Mo — 0\ /.O 

/" I \ ^" 

o 011 011 



SÉAXCE DU 24 JANVIER 19a I. 21 7 

Pour cxiiliqucr la formation des anlivdrides, j'ai été coiidiiil à adinellre 
les qualie représentations spatiales suivantes: 




Ir.ins. 1 cis 



Iruns, 2 cis. 



La formation facile des anhydrides internes correspond seulement au\ 
portions cis. Je citerai, à titre d'illuslration, la formation des composés 
Mo'M)"Li'', Mo'0"(NH'')-H'- et la préparation d'un nouvel anhydride 
molyhdique Mo'()"H'' que j'ai obtenu bien cristallisé. Ces formules m'ont 
ensuite suggéré la possibilité d'isomères. ( )n en connaît effectivement 
quelques-uns. 

Ainsi l'acide molyhdique blanc Mo'M)'-H° (auquel on attribue généra- 
lement la formule Moi )' H-) est connu sous deux formes qui se distinguent 
par leur inégale aptitude à perdre de l'eau (Rosenheim). 

J'ai reconnu qu'il existait deux trimolybdates de potassium de com- 
position 

Mo^O'»K-+ SHM!). 

Ces sels se distinguent par la façon dont ils se déshydratent à la tempéra- 
ture ordinaire dans une atmosphère sèche. Alors que l'un perd rapidement 
la totalité de son eau, l'aulre en perd lentement les deux tiers seulement. 

Les trimolybdates de sodium Mo-'0'"Na-, aq. plus ou moins hydratés, 
qui ont été successivement décrits, sont si diflérents entre eux qu'on ne 
saurait attribuer les difïérences aux degrés d'hydratation, mais à des diffé- 
rences plus profondes de constitution. 

D'une façon générale, la formule proposée plus haut permet de prévoir 
des isomères de position, cis et Irans, et des isomères optiques. 

Il est i)robable que l'augmentation énorme du pouvoir rotatoire de cer- 
tains acides organiques, lorsque ceux-ci se combinent avec des composés 
de l'acide molybdique (Gernez). est liée à l'existence des isomères optiques 
que suppose la théorie précédente. 



2l8 ACADÉMIE DES SCIENCES 



CHIMIE GÉ N'ÉRALE. — Sur la conccnlralioii isi)lhenni<iue d'une stilulion préparée 
à punir rie deti v sels à ions différents. Note ( ' ) de M. EriEXXE Rexgade, 
piéseiUéc par M. Henry Le Chalelier. 

Supposons; qu'on évapore à lempératiire conslanle (V>2 )") une soliilioii 
de y. malécnles de NO"" Am el [3 do NaCl. Il se produit réqnilibrr 

NO'Am + INaCI =^ NO'Na + AmCI. 
/' 1 '■ *' 

les coiiconlralions//, y, ;■, .v étant reliées par la loi d'action de masse 

pq = ,-.v. 

Durant la concenlratidn, il arrivera qu'un ou plusieurs des sels cristal- 
lisent ; appelons nr, y, p, a les masses déposées, et x l'inverse du volume de 
)a solution. En exprimant que la somme de chaque espèce d'ions en pré- 
sence est égale, soit à a, soit à ji, on obtient quatre équations (dont trois 
seulement sont distinctes) reliant entre elles a-, p, tj, r, s et éventuellement 
GT, •/, p, a. D'ailleurs, dès qu'une de ces quatre dernières variables appa- 
raît, la valeur correspondante de p, q, r ou s devient déterminée et égale 
au coeflicient de solubilité du sel,,P, Q, R ou S. Il y a donc cinq variables 
liées par quatre équations, de sorte que la seule variable indépendante 
esta; et que les autres peuvent s'exprimer en fonction de .r et des cons- 
tantes a, ^, P, Q, R, S. 

Ne pouvant développer ici les calculs, nous donnerons simplement la 
représentation géométrique des résultats, en portant r on abscisses, et en 
ordonnées dans le sens positif Ov, les concentrations p, y, /•, s, el dans le 
sens négatif Ov' les valeurs de ro, y, p, a. Nous ferons varier x de zéro 
(dilution infinie) à l'infini (évaporalion à sec). 

Supposons d'abord a < [3. Au début de la concentration, les quatre sels 
sont intégralement dissous, les valeurs de p, q el r = .v sont représentées 
par trois droites issues de l'origine {/iif. i). 

L'apparition du premier précipité correspond à la pren)ière rencontre de 
l'une de ces trois droites avec la parallèle à Ox représentant la saturation 
correspondante. NaCl étant ici le moins soluble des quatre sels, et </ la 
plus inclinée des trois droites, le point (i sera le premier point de rencontre 

(') Séance du 3 janvier 1921 . 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921. 219 

et les premiers cristaux seront formés de NaCI, ce que rex|)érience vérifie. 
A partir de ce moment, les points yj el r = s décrivent deux arcs de para- 
boles EH, FI, le point 1/ la droite GQ el le point / un arc do cubique. 
L'apparition du dépôt salin a donc produit une discontinuité ; nous dirons 
qu'une deuxième étape de concentration a succédé à la premicie. 





La cristallisation de AmCl amène une troisième étape, durant laquelle 
les poids (7 et / augmentent dans le précipité; q et s sont constants, p çt r 
décrivent de nouveau deux droites issues de l'origine. Enfin NO'Na cris- 
tallise à son tour (quatrième étape); la masse de ce sel dans le précipité 
tend asymptotiqucmenl vers a suivant un arc d'hyberbole ; il en est de même 
de T, tandis que y tend vers [^ — a. Il y a donc redissolulion graduelle du 
NaCI. Quant à la solution, elle prend une composition constante, q — Q, 

/•=rR,^= 8,7^ = 1/^- Au point sec, on trouve a molécules de N(3'Na, 

ade AmCI, et |îi - a de NaCI. 

Si l'on suppose a > p, mais très voisin de [i. (nous ne pouvons, faute de 
place, discuter les valeurs plus grandes de a), le premier sel à cristalliser 
sera encore NaCI {fig. 2), et il n'y aura rien de cbangé jusqu'à la qua- 
trième étape; mais celle-ci ne pourra plus se prolonger jusqu'à sec, puisque 
3 — 3c est < o. Une cinquième étape commencera au moment où NaCI 
sera complètement redissous, et la composition du liquide redeviendra 
variable, q diminuant et yj croissant jusqu'à ce qu'on atteigne la satura- 
lion P en NO' Am. Ce sel cristallise alors à son tour, el son poids cî dans 
le précipité augmente durant la sixième étape ainsi engendrée, en tendant 
vers a — 3, tandis que p et cr tendent chacun vers 3. La concentration de la 

US 
solution est redevenue constante, avec la composition Pj -p-' R et h. 

Inversement, les diagrammes lus de droite à gauche expliquent immé- 
diatement la dissolution progressive, dans une quantité d'eau croissante, 
d'un mélangée de i\aCl et NO-'Am. 



220 ACADEMIE DES SCIENCES. 

On étudierait de façon semblable l'évaporation d'une solulion faite à par- 
tir des X et 3 molécules de deux sels quelconques à ions différents. On trouve 
onze cas possibles, formant deux groupes suivant le résultat de l'évapora- 
tion à sec : ou bien celui-ci reproduit les a et [5 molécules des sels généra- 
teurs, ou bien il donne Jil molécules de cbacun des sels conjugués avec a — ^i 
molécules du sel générateur en excès (a >3). Dans le premier groupe, 
l'évaporation se termine en trois étapes si les deux premiers sels à cristalli- 
ser sont les deux sels générateurs; le couple générateur est alors « stable » 
au sens absolu, les sels conjugués n'apparaissant pas; si c'est un des sels 
conjugués qui apparaît durant la deuxième ou la troisième étape, l'évapora- 
tion complète exige une quatrième étape, le sel conjugué disparaissant au 
point sec pour reparaître sous l'action d'une trace d'eau (couple à slabililé 
limite). Dans le deuxième groupe, à couple générateur instable, on observe 
soit quatre étapes, soit six quand le premier des sels générateurs qui cristal- 
lise est celui qui a été introduit en plus faible proportion. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur 1(1 G-mélhylisatine. 
Note de M"'' J. Boxxefoy et de M. Jn. Mautixet, présentée par M. A. Haller. 

La G-métbylisatine a été préparée par W. Findeklee (') qui en a fixé la 
constitution. Mais ce corps n'a été obtenu que péniblement et en très pelile 
quantité. A partir de la mélaloluidine on peut a priori obtenir, soit la 
4-méthylisatine, soit la 6-méthylisatine. 

En fait, nous avons effectué la transformation de la métatoluidine en 
méthylisaline par deux méthodes différentes et nous sommes arrivés dans 
les deux cas à la G-méthylisatine de Findeklee. 

La métatoluidine se condense avec les étliers mésoxaliques au sein de 
l'acide acétique, à l'ébullilion. Nous avons ainsi isolé à partir du mésoxalate 
de méthyle : le 6-méthyldioxindol-3-carbonate de mélhyle (F. 248''-25o" ). 
et, à partir du mésoxalate d'éthyle, le (j-mélhyld:oxindol-3-carbonate 
d'élhyle (F. i8G"). 

Par saponification à l'air, ces éthers se décarbo\ylent, le dioxindol formé 
s'oxyde, la solution se colore en brun, puis, par agitation à l'air, prend la 
teinte jaune caractéristique d'un isatate alcalin. De celle solulion les acides 
minéraux précipitent l'isatine libre. 

(' ) ^^ • I"i.m>i:ki.ki:, /ler.. l. 3S, p. .>543. 



Sl'CANCE DU 24 JANVIER 1 92 1 . 22 1 

Ce procédé utilise donc coiiuïk' intermédiaire la formation des étiiers 
dioxindolcarhoniqiies, dans celui qui suit on emploie la formation de la 
dimétalolyllhiourée. 

Celle-ci se prépare commodément par l'action du sulfure de carbone 
sur la mélatoluidine en présence d'eau oxygénée. Celte diméthyl-3. 3'- 
thiourée déjà connue (') est traitée au bain-marie par le cyanure de 
potassium et le carbonate de plomb en milieu bydro-alcoolique. On obtient 
ainsi avec facilité l'iiydrocyanodimétatolylcarbondiimide de formule 

CsN 

/->_«_i = ._/-> 

Ce sont de petits cristaux jaune pâle qui, après plusieurs cristallisations 
dans l'alcool, fondent à i2(S". 

Ce corps bien sec est dissous dans le benzène et traité pendant 4 heures 
à 4o° par trois fois son poids de chlorure d'aluminium. La solution se colore 
en rouge violacé, on ajoute de la glace, on décante et l'on sèche la couche 
surnageante qui contient la métatoluide de la 6-mélhylisatine. La cristalli- 
sation est fort pénible, nous avons pu cependant isoler des cristaux qui 
fondent à 65°-6-]°. Le produit est soluble dans l'alcool, le benzène, le sulfure 
de carbone, l'acide acétique. Cette anilide d'isatine traitée par l'acide chlor- 
hydrique dilué à l'ébullition se scinde en métatoluidine et en 6-méthylisa- 
tine. La 6-méthylisatine cristallise soit en cristaux rouges, soit en superbes 
aiguilles soyeuses dorées, variété d'aspect souvent observée sur les isatines. 
Elle donne une phénylhydrazone déjà décrite. Traitée en solution acétiqjie 
par la fondue technique de phénylglycine, elle donne le métyl-6-indol- 
3-indol-2-indigo (F. 3o^°). Sa cuve teint la laine et la soie, elle a même 
un peu d'affinité pour le coton qui se colore seulement en mauve très pâle. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Dèrwés des dicétoncs 1.4 et de la semicarbnzide. 
Note de M. E.-E. Blaise, présentée par M. Haller. 

Poursuivant l'étude des propriétés des dicétones 1.4, j'ai été amené 
à examiner l'action de la semicarbazide sur les dicétones. 

J'ai constaté d'abord qu'en opérant dans les conditions ordinaires on 



(') Weitu, Landolt, Bev., l. 8, p. 719. 

C. R., 1921, 1" Semestre. (T. 17Î, N° 4.) *" 



222 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

oblienl simplement 'des disemicarbazoïies. Celles-ci constituent des 
poudres cristallines blanches, à peu près insolubles dans presque tous les 
solvants. L'intérêt que présentent ces corps est d'être facilement transfor- 
mables en N-uréopyrrols. 

Si Ton dissout la disemicarbazonc de l'acétonylacélone dans l'acide for- 
miquc cristallisable, en tiédissant au baiii-marie, puis qu'on ajoute un 
excès d'eau, on obtient un précipité constitué par un corps coinpicteuicnt 
diflérent du produit initial. Ce corps cristallise dans l'alcool en belles 
aiguilles, fondant à 245° (point de fusion inslanlanée sur bain de mercure). 
il dérive de la disemicarbazonc par élimination d'une molécule de semi- 
carbazide et constitue, comme le démontrent ses propriétés et sa synthèse, 
le ^-uréo-aa'-diméthylpyrrol 

CH' GII» 

I I 

Cir— (: = N- MI -CO — NH^ C1I=C\ 

I = NIl^—Nll—CO- NH^-H I ) N _NI1 -CO- NI1-. 

Gin— C = N-NH -GO — NIP GH = G/ 
I I 

GIP GIP 

Cet uréopyrrol, réduit par le zinc et l'acide chlorhydrique, se dédouble 
en urée et aa'-dimêthylpyrroline identique à celle que j'ai obtenue anté- 
rieurement par hydrogénation du \ -oxy-aa'-diméthylpyrrol ou de 
Paa-diméthylpyrrol. Il s'agit donc bien d'un dérivé pyrrolique et non pas 
d'un dérivé pyridazinique. J'ai néanmoins tenu à vérifier synthéliquemenl 
le fait. 

On voit aisément que la synthèse du N-uréodiméthylpyrrol peut être 
réalisée par action de l'acide isocyanique sur le N-aminodiméthylpyrrol et 
j'ai été amené à rechercher pour ce dernier corps, qui ne paraît avoir été 
qu'entrevu par Bulow [fieric/ite, t. 35, p. 43 1 1) une méthode de préparation. 
L'action de l'acétylhydrazine sur l'acétonylacétone, en milieu acétiijue, 
donne aisément Je N-acétylaminodiméthylpyrrol, qui forme de belles 
aiguilles fondant à i38°-i39". Malheureusement, ce corps n'est pas hydra- 
table par les alcalis, et les acides minéraux, par contre, déterminent un 
dédoublement profond, avec élimination d'hydrazine. Au contraire, le 
N-formylaminodimélhylpyrrol (aiguilles fusibles à 178") se laisse aisément 
hydrater par la potasse a((ueuse et fournit le iN-aminodiméthylpyrroi. Ce 
deinier fond à Sa" et bout à 109" sous 21"""; il possède une odeur légère- 
ment indolique et constitue une base faible, très peu soluble dans l'eau, mais 
soluble dans les acides étendus. Il possède les propriétés habituelles du 



SÉANCE DU 2^4 JANVIER 1921. 223 

groupement NH'' hydraziaique et se combine avec les aldéhydes et les 
cétones; enfin, il donne avec l'acide isocyanique un N-uréodimétliyipyrrol 
identique à celui qui résulte de l'action de l'acide formique sur la disemi- 
carbazone de l'acétonylacétone. 

De ces faits et de ceux que j'ai signalés antérieurement, se dégage nette- 
ment la conclusion suivante : les dicélones i . '1 ne donnent de dérivés pyri- 
daziniques (ju'avec Fliydrazine elle-même. Dans ce cas, au moins avec les 
dicétones acycliques, on n'obtient pas les diliydropyridazines prévues, mais 
un mélange de pyridazines et de tétraliydroridazines. Avec les dérivés 
monosubstitués de l'bydrazine : phénylhydrazine, acétyl- et formylhydra- 
zine, semicarbazidc, il ne se forme que des dérivés pyrroliques. 

Il faut, en outre, remarquer que certains dérivés de l'acétonylacétone 
ont été obtenus en partant de l'élher diacétylsuccinique, par élimination 
ultérieure des deux carboxyles. Or, il n'est nullement indifférent de partir 
de l'éther ou de la dicétone. C'est ainsi que l'acétonylacétone donne exclu- 
sivement, avec l'hydroxylamine, une mono- et une dioxime, tandis qu'avec 
l'éther diacétylsuccinique on obtient immédiatement un dérivé N-oxypyrro- 
lique. De même, tandis que le dipropionylélhane fournit avec l'bydrazine 
des dérivés pyridaziniijiies, l'élher diacétylsuccinique, dans les mêmes 
conditions, donne un mélange de dérivés pyridaziniques, et pyrroliques 
(BuLOW, loc. cil.). Il semble donc que l'existence des deux carboxéthyles [3 
cétoniques contenus dans la molécule de l'élher diacétylsuccinique favo- 
rise la production de composés pyrroliques, ce qui s'explique par le fait 
que ces deux carboxéthyles concourent à donner à la molécule la forme 
diénolique, favorable à la production de dérivés pyrroliques. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Noin'elle inèlhodc gènérali' de préparalioli ilcs aminés 
à partir des aldéhydes ou des cétones. Note de M. Georges Micinonac, pré- 
sentée par M. Charles Moureu. 

1. Dans une Note récente, j'ai montré que, par hydrogénation cataly- 
tique de l'hydrobenzamide, on pouvait obtenir très facilement soit la 
benzylamine, soit la dibenzylamine ('). Au point de vue de la préparation 
des aminés, il y avait lieu d'examiner s'il était bien nécessaire d'isoler 
l'hydramide et si l'action simultanée, en présence de nickel, de l'ammo- 

(') G. Mkjnoxac, Comptes rendus, t. 171, igio, p. 1 1 (8. 



2 24 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

niaque et de l'iiydrogène sur l'aldéhyde, ne conduirait pas au même 
résultat. 

L'ammoniaqne en solution alcoolique se combine très facilement aux 
aldéhydes, et, presque immédiatement, l'aldimine (RCH = NH) formée 
se polymerise. ou se condense avec élimination de gaz ammoniac. La nature 
des produits condensés diffère, pour les premiers termes, avec chaque aldé- 
hyde; mais, à mesure que le poids moléculaire s'élève, on tend vers le type 

hydrohenzamide ( . ,,., ~ ,- /CH R j. 

L'action simultanée de l'ammoniac et de l'hydro.uène sur les aldéhydes 
se ramènera donc à l'hydrogénation des substances complexes résultant de 
la condensation de l'aldimine ou à l'hydrogénation de ces substances envoie 
de formation. 

Si l'on envisage les combinaisons de l'ammoniac avec les cétoiies, on 
remarque que l'acétone conduit à la diacélone aminé CHCO-X et à la tri- 
acétone aminé C°H''ON (substances renfermant de l'oxygène). Thomse (') 
a montré que les cétones homologues de l'acétone et l'acétophénone dis- 
soutes dans de l'alcool saturé d'ammoniac conduisent, après un temps très 
long (plusieurs semaines et même plusieurs mois) ou sous l'influence d'une 
température élevée (i5o°-i8o°), à des produits complexes de la forme 









D'autre part, j'ai observé, dans certaines conditions, la formation des céti- 

mines iw/G = NH par l'action directe de l'ammoniac sur les cétones ('-). 

On pouvait donc penser que les substances décrites par Thomœ devaient 
résulter de la condensation de la célimine, et que celle-ci prend naissance, 
môme à la température ordinaire, par action de l'ammoniac sur les cétones 
en solution dans l'alcool absolu 

J|,^CO-hMtP ^ ]^,^C = \H + H=0. 

Dans un tel milieu, il paraît difficile d'isoler la cétimine qui se trouve en 
équilibre; mais elle pourra être mise en évidence par sa transformation en 

(') TiioJi.K, Arc/i. der P/ia/ni.. t. 2'i3, p. 291-296 et 393-099; t. "2VV, p. ("> 1 1-(').'|.5 
el 663-664. 

(-) G. MiGNONAC, Comptes rendus, t. Kj'J, 1919, p. ■207. 



SÉANCE DU 24 JANVIliR 1921. 225 

ainine primaire. Au cours de recherches sur rhydroi;énalioii des nitiiles, des 
oximes, de l'hydrobenzaniide ('), j'ai remarqué, en eiïet, que le groupe- 
ment ( ^C = NH ) five plus facilement l'hydrogène que le groupement 
( ~/C = O ) , et, en outre, que l'on peut préparer un catalyseur fixant à peu 
près uniquement, dans des conditions expérimentales déterminées, l'hydro- 
gène sur la fonction ( /C = NH j. 

Un tel catalyseur, mis en œuvre en présence d'hydrogène et d'ammo- 
niac dans une solution alcoolique de cétone, provoquera la transforma- 
tion de la cétimine en aminé primaire, ce qui aura pour conséquence de 
supprimer la formation des substances complexes qui ont la cétimine pour 
origine. 

L'expérience a entièrement confirmé ces prévisions. 

2. A la suite de ces différentes remarques, j'ai pu établir une méthode très 
simple de préparation des aminés primaires à partir des aldéhydes et des 
cétones et vérifier sa généralité en l'appliquant à l'obtention d'un certain 
nombre d'amincs, qui ont pu être préparées avec des rendements satisfai- 
sants. 

Pour la mise en œuvre de cette méthode on prépare une solution de gaz 
ammoniac sec dans l'alcool absolu (7 à 8 pour 100 de NH"*); on dissout 
l'aldéhyde ou la cétone dans un volume d'alcool ammoniacal tel qu'il ren- 
ferme la quantité théorique d'ammoniac pour la formation de Tiniine 
(1™°' de NH^ pour 1'"°' d'aldéhyde ou de cétone) (-), et dans la solu- 
tion on introduit, à l'abri de l'air, le catalyseur (nickel divisé"). On soumet 
le mélange à une agitation énergique dans une atmosphère d'hydrogène 
maintenue à une pression voisine de la pression atmosphérique. Dans ces 
conditions et à la température ambiante (i5"-20°), l'hydrogénation a lieu 
régulièrement, on l'interrompt quand l'absorption de l'hydrogène devient 
trop faible. 

Après séparation du catalyseur, l'aminé est isolée par les méthodes habi- 
tuelles. La quantité d'aminé obtenue correspond sensiblement à l'hydro- 
gène fixé. 

L'aldéhyde élhjlique (85,6) conduit à un mélange (6s) à'élhylamine et de diéthyl- 
ainine. 



(') Comptes rendus, l. 170, 1920, p. gSG; t. 171, 1920, p. i i4 et p. 1148. 

(^) Dans le cas des célones, un excès d'ammoniac (i""',» à 2™°') est préférable. 



226 ACADÉMIE DES SCIENCES 

V aldéhyde butylique (loS) à un mélange (7?) d« biity lamine et de dilnttylainine 
contenant surtout la base primaire (58). 

V(rnanthol (aSs) a fourni l'heply lamine (i4°)- 

Valdéhyde benzoïque a conduit à un mélange à parties égales de bsnzjlamine et 
de benzalbenzylamine. 

h'aldéhyde p-éthylbenzoïquc (') (aSs) donne surtout la p-élhylbenzylamine {\%i). 
Cette base bout à ioo''-ioi'' sous 10™'", 5; elle donne, à l'air, un carbonate facilement 
dissociable sous l'action de la chaleur. 

L\/cc'lone (12S) conduit à Visofiropy lamine (7^,5) et à une petite quantité de diiso- 
propylamine (is). Avec la mélhylhexylcétone (ia-,8) il se forme uniquement de 
Voclylamine-2 (laS); de même la cyctofre.ranone {\b«) donne aisément la cyclohexyl- 
amine (12s). Dans le cas de Vacélophénone el de la propiophénone, l'hydrogénation 
est lente, les aminés correspondantes a-p/iényléthylamine el cx-p/ié ny Ipropy la mi ne 
sont obtenues avec des rendements de aS à 35 pour 100. Par traitement d'une cétone 
élhylénique, la mét/tylheplénone, j'ai pu préparer, avec de bons rendements (60 pour 
100), l'aminé correspondante, sans hjdrogéner la liaison éthylénique; Vamino-6-mé- 
tliyllieplène bout à lâô^-iôS" : nj,"' = 1 ,4460; le picrate fond à iii°-ii2° et l'oxalale 
à ao2°-2o3<'; ces caractères identifient la base avec celle qu'a obtenue Wallach en 
réduisant l'oxime de la méthylhejiténone ('-). 



GÉOLOGIE. — Les monts de la Margeride ; leurs éruptions porphyriqucs ; leurs 
cycles d'érosion cl leurs glaciers. ?S'ole de M. Ph. Glaxceaud, présentée 
par M. Pierre Termier. 

Les inonts de la Margeride (i3oo'°-i554'") constituent ce bourrelet anti- 
clinal surtout archéo-granitique de direction NNO, qui sur 60'"° de long 
cl sur lo""" à iS""" de large culmine, au Nord, une ancienne pénéplaine oli- 
gocène couverte de volcans démantelés (de looo"" à 1 100™). Au Sud el au 
Sud-Est, par le plateau granitique du Palais du Roi (i44o") et les Trucs de 
Forltinio (1540") et de Randan (i554"), ils s'élèvent au-dessus des causses 
de Monde (ii5o'"), de la plaine jurassique de Montbel (1257") el de la 
vallée du Lot. 

A l'Ouest, ils se dressent au-dessus d'une longue dépression oligocène 
disloquée el volcanique en partie déblayée (de 800" à 900'"), jalonnée par 
la Truyère, cependant qu'à l'Est, des pentes plus douces, un versant plus 
élalc, conduisenl à la gorge pittoresque el volcanique de l'Allier (600"'). 



(') G-t aldéhyde a été préparé par la méthode île M. Somnielct (action du /)-éth\l- 
chloruie de benzyle sur riiexaméthyléne-tétramine). 
(■') Waixacii, Annalen der Chemie, t. 30Î), p. aS. 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921. 227 

Le territoire montai^neux de la Margeride, assez bossue au Nord, est 
parsemé de nombreuses touil)ières sur ses bauteurs (i3oo'"). 

I. Il y a une dissyinêtrie et un contraste marqué des deux rersanls Est et 
Ouest. Celui qui regarde, à l'Ouest, la dépression oligocène tombe brustpie- 
ment sur celte dépression, par une suite de gradins rapprocbés, résultant 
d'effondrements du flanc anticlinal de la Margeride en une série de compar- 
timents. Aussi la montagne apparaît-elle plus massive de ce côté que sur le 
versant Est. 

En debors de ces particularités, l'ensemble offre sous les bauls sommets 
une succession de paliers correspondant à cinq cycles d'érosion, ipie l'on peut 
suivre sur les flancs et les vallées pénétrant fortement dans la montagne où 
ils s'emboîtent : notamment le long des vallées de la Seuges et de la Desges. 

Entre Saugues et les points élevés, on relève la série suivante, qui les 
syntbétise : 

1° llestes de 1res vieilles surfaces tojjo^rap/iiq/ies apparaissant en saillie, 
de i/[Oo'" à i5oo"', au-dessus d'une deuxième surface topograp/iique déve- 
loppée entre i3io'" et 1220'", dans laquelle s'enfoncent en général les 
cirques d'érosion et glaciaires, les vallées glaciaires à faible pente et souvent 
tourbeuses (vallées mijres ou séniles). A l'ouest de Gbàteauneuf-de-Randan, 
les restes des première et deuxième surfaces sont également manifestes. 

Le troisième cycle comprend des plateaux très étendus (io9o"'-io5o"') au 
Nord et à l'Est vers Moncbamp, Védrines-Saint-Loup, Grèzes, etc., culmi- 
nant des paliers (iooo'"-99o"^) qui correspondent au quatrième cycle, longeant 
les vallées qu'ils dominent de 60"' jusqu'à Saugues, tandis que des restes de 
terrasses ou de méplats s'observent à 1 5'" seulement au-dessus des vallées 
dans le même territoire (931)'" ). 

Mais à partir de la dépression alluviale de Saugues qui a servi de niveau 
de base momentanée aux cours d'eau du quatrième cycle, les rivières 
s'enfoncent rapidement sur '600™ de baul dans le socle cristallin, pour 
atteindre l'Allier actuel par des gorges sauvages (^cinquième cycle) que l'on 
utilise pour la houille blanche. Les ruptures de pentes principales séparent 
le deuxième et le troisième cycle, et le quatrième et le cinquième. Les 
cycles d'érosion observés dans la Margeride sont les homologues de ceux 
des monts du Forez, chaîne également dissymétrique, d'altitude à peu près 
semblable, où M. Briquet et moi les avons étudiés. 

On les retrouve dans les grandes régions volcaniques (où ils sont rem- 
placés parfois par des cycles d'érosion glaciaire), dans la Chaîne des Piiys, 
dans le Plateau dé JNIillevaches et le Mont Lozère. Trois cycles ont été 



220 ACADEMIE DES SCIEXCES. 

reconnus par M. Demangeon dans le Limousin et par David dans la mon- 
tagne Noire. Les inférieurs sont en relation avec des terrasses alluviales 
pliocènes et quaternaires. Il sera donc probahlement possible d'établir une 
synthèse de ces cycles et de les dater. 

IL Le granité, 1res po/-p/iyro'ù/e, avec cristaux d'orthose de G"" à lo*^'" 
de long-, riche en biolite, est la roche dominante de la chaîne, dans la 
partie sud et centrale. Il est fortement altéré, parfois sur plus de lo"' d'épais- 
seur, et présente en certains points (Malzieu) de curieux ravinements 
résultant de cette altération, simulant ceux que l'on observe dans les 
argiles. Au Nord, s'étend surtout Varchéen avec failles NE et NW 
(gneiss, micaschistes, schistes à séricite, amphibolites, etc.). L'ensemble 
est traversé au Nord de bosses de gnmitc à mtiscovite plus ou moins ramifié 
(mont Chouvet, Le Clou), avec fréquence de tourmaline en nids, comme 
la muscovite. Sur presque toute l'étendue de la chaîne affleurent de mul- 
tiples et long liions NE et NW (atteignant jusqu'à 8*"") de microgranitc 
à biotitc, de porphyre pèlru-siliceuv, en relation, dans certains cas, avec 
des restes de coulées. Plusieurs de ces filons ont été figurés par Eabre sur 
la feuille de Largentière (environs de la Panouse, Saint-Paul-le-Froid), par 
M. Boule sur la feuille de Mende (La Villedieu) et par Fouqué en quelques 
points de la feuille de Saint-Flour; mais si l'on lient compte des observa- 
lions faites sur cette dernière feuille, où affleurent également des filons de 
rhyolite^ de porphyrite et de kersantite (Lajo, Paulhac, Miolane), on peut 
dire que la Margeride ressemble beaucoup, au point de vue de ces érup- 
tions, au nord des monts du Forez et de la Madeleine. Elle a dû être le siège 
au Carbonifère, comme ces dernières, de multiples éruptions volcaniques 
représentées aujourd'hui seulement par les cheminées d'ascension des 
laves et quelques restes de coulées. Les filons àequaitz. permolriasiques qui 
accidentent celte région achèvent d'établir la similitude des deux terri- 
toires réduits par l'érosion à leurs racines carbonifères. 

III. Les news et les glaciers ont recouvert la Margeride au moins à deux 
reprises, mais le modelé glaciaire et les restes de moraines ne sont pas tou- 
jours discernables, en raison de l'altéiation profonde et rapide des roches 
de ce territoire, ainsi qu'il a été dil plus haut. Je les ai cependant observés 
sur les deux versants. 

La haute vallée de la Desges et ses affluents sont entourés d'un cercle de 
collines (dont l'altitude s'élève de i/|Oo"' à 1/197'") présentant à leur base 
des cirques glaciaires occupés par des tourbières, se continuant par des 
vallées en U (au pied des monts Chauvet, Mongrand 1497'") et olTrant 



SÉANCE DU 2| JANVIER I921. 229 

qiiel(|iies verrous et des resles de moraines. Les environs de Paulliac sont 
parliculièrenienl caractérisliqiies à cet é^ard. 

\a\ première i;lacialion y est figurée par des replats avec blocs errali(}ues 
échelonnés entre 1250" et 1200'", et la deuxième vers ii25'". On les 
retrouve entre Pompeyrin et La Beyssère-Saint-Mary, à Liconesse (huttes 
moutonnées), à Freysscnet-Chazelal (verrou avec alluvions fluvio-gla- 
ciaires), ainsi que dans le grand cirque de Dux-Miolanes, à l'ouest de 
Maizieu, à des altitudes analogues. 



GÉOLOGIE. — Sii7- la répdi-tiiinn et iallure des bassins phosphalés dans 
le Maroc 'occidental. Note (') de M. J. SAVoimiiv, présentée par 
M. Ch. Depéret. 

Le Maroc présente de riches gisements de phosphates sédimentaires 
éocènes (sables blancs ou grisâtres) dans la région dite : Plateau de lieni- 
Meskine, ou d'El Borouj-Oued Zcm.^ qui se continue vers Kasba Tadla. Leur 
étendue méridienne varie de i""" à So'^'", pour une longueur Est-Ouest de 
plus de i2o'"°\ On sait que le tonnage à espérer dépasse 3 à 4 milliards de 
tonnes. 

J'ai observé d'autres gisements dans les bassins hydrographiques de 
l'Oum er Rebia, du Bou Chane, du Tensift et de l'Oued Kçob. 

1° Bassin des Ahmar-Bcliamna. — La moyenne vallée de l'Oum er Rebia 
sépare le grand plateau des Beni-Meskine de celui des Selam-R'eraba-Oulad 
Delim, où l'Eocène est transgressif sur le Primaire et l'Archéen (-). Les 
surfaces des deux plateaux sont formées des mêmes calcaires lutétiens à 
Tliersitées, concordants sur un faisceau de bancs calcaires, marneux, sili- 
ceux e.1 phosphatés qui constituent l'étage Suessonicn. 

Si l'on connaît bien le nombre, la puissance et la teneur des couches 
phosphatées dans le plateau nord de l'Oum er Rebia, aucune prospection 
n'a été faite au Sud; mais je puis y mentionner la présence de ces couches, 
toujours sableuses, dont on voit les déblais autour de certains puits arabes. 
Des blocs silico-phosphatés caractéristiques (fréquemment intercalés vers 



(') Séance du 27 décembre 1920. 

(-) Il repose sur le Crétacé supérieur à l'Est vers la Gada des Selam R'eraba (chez 
les Rehamma) et sur le Crétacé moyen à l'Ouest, près la Zaouïa Sidi b. Madhi er Rhouati 
(chez les Ahraar), 



23o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

le toit do certaines couches à El Boroiij-Oued Zerii) jonchent aussi le sol sur 
les pentes méridionales du Bou Chane. 

Ce bassin s'étend en latitude sur une longueur de plus de 80'"" à Test du lac Zinia, 
pour une largeur niaxima de So*"". La moitié environ de son étendue (Sud-l"sl) est 
probablement noyée sous le niveau hydroslati(|ue. 

Les cartes de MNL Brives et Gentil indiquent l'Eocène iiiféiieur à l'ouest du lacZima, 
en bordure de la plaine-hinlerland de Safi. il ne peut s'agir que de \i retombée d'une 
(lexure, au bord de la falaise crétacée, car celle-ci fait partie d'un grand affleurement 
où domine le Cénomanien gypseux, jusque dans le douar Biassa. Celte indication 
témoignerait néanmoins de l'existence du Suessonien sous une partie du Néogéne 
littoral. 

u" Hésidus sii/jerficie/s de C/iichaou/i. — Je désigne ainsi les affleurements 
éocènes mentionnés par MM. Brives et Lemoine le long- de la route Moga- 
dor-MarraUech (Ank cl Djeincl, Raïat, Tilda), à l'exclusion de ceux qui' les 
caries figurent le long de l'oued Chichaoua et que je n'ai point observés. 

Les calcaires à Thersitées forment ici des tables étroites^ rappelant les « gour » 
désertiques. Le Suessonien occupe autour d'elles une étendue irrégulière, dont j'ai 
relevé les contours déchiquetés. La plus grande dimension Iîst-<)aest est d'eux iron iS'*"', 
pour Kl'"" Nord-Sud. 

Les tra\au\ de prospection ont fait connaître au Tilda l'existence de bancs utiles 
moins riclies qu'à El Borouj. La tiaiuliée de la route, aux Uaïat, montre un banc 
exploitable interrompu pai- une faille. 

On n'y connaissait pas l'existence de bancs phosphatés. 

3° Synclinal des Medala. — Cet affleurement, dont l'étude est facile au 
Khemis des Meskala, est serré dans le crétacé qui forme, au nord du 
Mtouga, une série d'ondulations. (îrossièremenl elliptique, il mesure 25"''" 
de long, sur une largeur méridienne de o'^'". 

Un curieux témoin de Suessonien (où \a couverture lulétienne manque) 
s'en détache et forme le plateau du Zned, dont la superficie n'excède 
pas 3oo'"'. 

La prospection de ces deux gisements, séparé [par un seuil crétacé large de i'"" 
(route du Tieta el Hanchen au Khemis Meskala) est encoie à faire. [L'existence de 
bancs phosphatés que j'y ai \ us est seule acquise. 

4" Témoin du Jbll. — Une minuscule trace de calcaires à silex est au 
flanc sud du -Tiiil (DjebelJhil, sur la carte au ,^„'^,„„ « Dar Kaïd Mtougui »). 
C'est la poitile d'un synclinal relayant le précédent vers l'Est et presque 
tout enfoui sous la plaine alluvionnaire dos Oulad Jemmouna. La partie 



SÉANCE DU ll\ JANVIEK I921. 23 1 

visible occupe quelques iieclares. On y reconnaît des traces de bancs silico- 
phosphatés. 

.'1° Hassin cri/ni n'TanoiU. — J'ai précisé (, ' ) la position stratigraphique 
d'un aflleurement, bord sud de synclinal, à Inii n'Tanoul. Ce pli se ferme 
à l'Ouest à S""" de la Zaouia Sidi Abd cl Moumen. Il se prolonge vers l'Est, 
à la lisière de l'Atlas, jusqu'au delà d'Amismiz. Sa terminaison orientale 
est figurée par MM. Brives et Gentil au pied du plateau de Kik. La presque 
totalité du bassin, dont la largeur peut atteindre i5'""à 20""", est cachée 
sous les alluvions oligocènes et quaternaires. 

Celle siliialion est fâclieuse, au point de vue induslriel, à cause du bassin hydrolo- 
gique, probablement artésien, noyant les piiosphales. La prospection faite à Imi 
n'Tanout et à Kahira a donné des résultats jugés encourageants, mais la remarque ci- 
dessus leur enlève toute valeur pratique. 

6" Bassin de Tanaout ou du Haouz. — J'indique ce bassin sur la foi des 
cartes géologiques. Il est séparé de celui d'Imi n' Tanout par le grand seuil 
éocrétacique et paléozoïque reliant le plateau de Kik à Tameslouht, que je 
n'ai point franchi. 

La disposition tectonique y doit être la même que dans le précédent bassin et le 
phosphate peut s'y trouver. 

Il resterait à rechercher des jalons le leliant, vers le Nord-Est, au synclinal de 
Kasba Tadia, parDemnal et l'oued Abid. 

En résumé, les grandes étendues tabulaires des Béni Meskine et des 
Oulad Delim sont, de beaucoup, les plus importantes pour l'avenir indus- 
triel. Auprès de ces immenses richesses, les résidus de Chichaoua n'ont 
qu'un intérêt théorique : ils montrent la continuité du régime tabulaire 
jusqu'au delà des Djebilel et le retour à la situation peu ou point trans- 
gressive du Suessonien. Les autres bassins nous renseignent sur l'orogénie 
de l'Atlas : la netteté de leur plissement et leur remplissage par la puissante 
formation continentale aquilanienne mettent en valeur l'importance du 
mouvement orogénique pyrénéen, à la bordure du grand et du moyen 
Atlas. 

Quant à la transgression suessoniennc, que j'ai notée au sud de Ben 
Guérir et jusqu'au lac Ziina, elle témoigne d'oscillations euslatiques, non 
accompagnées de plissement. On sait d'ailleurs que ce régime caractérise 
toute l'évolution paléogéographique du Maroc occidental durant les temps 
secondaires. 

(') Comptes renduf!, t. 171, 1920, p. 807. 



232 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

PHYSIOLOGIE VÉGÉTAI.E. — Action nocive des feuiUcs mortes sur la germiiiiilion . 
Note de M. Auguste Lumikrk, présentée par M. (iastoii Boniiier. 

En chercliant à découvrir les causes du rylliine saisonnier et du réveil de 
la terre, qui sont indépendantes des variations de température, nous avons 
antérieurement (') émis l'iiypothèse que les produits solubles renfermés 
dans les feuilles mortes et les débris des plantes annuelles, ainsi que ceux 
qui résultent de leur fermentation, pourraient peut-cHre jouer ua rôle dans 
ce phénomène périodique. 

Pour vérifier cette supposition, nous avons fait tout d'abord macérer 
pendant 12 heures, dans 2' d'eau de pluie, des lots de 5oos de débris de 
végétaux morts, puis de feuilles de marronniers, de platanes et d'arbres 
fruitiers divers, ramassées immédiatement après leur chute. 

Les liquides de macération recueillis sont sensiblement neutres, colorés 
en brun plus ou moins foncé et réduisent très nettement la liqueur de 
Fehling à l'ébullition ; ils donnent un précipité noir vcrdàtre par le per- 
chlorure de fer et des matières colorantes par condensation avec les dia- 
zoïques. Ces solutions sont donc douées de propriétés réductrices très 
nettes et paraissent renfermer des corps phénoliques. 

Elles s'opposent complètement à la germination des graines. 

Après une première macération, si nous remplaçons le liquide relire par 
un égal volume d'eau de pluie, nous obtiendrons un nouvel extrait plus 
dilué, mais qui empêche de la même façon la levée des graines. 

En continuant ainsi des épuisements méthodiques, nous avons constaté 
qu'il fallait en poursuivre la série de nombreuses opérations pour avoir une 
liqueur qui n'agit plus sensiblement sur la germination. 

Dans la nature, les feuilles mortes et les débiis végétaux subissent une 
désorganisation progressive pour aboutir finalement à l'iiumus et il nous a 
paru également important d'étudier l'action des produits qui prennent 
naissance aux premiers stades de leur désagrégation. 

A cet effet, nous avons abandonné ces débris à la fermentation spontanée 
à l'air libre, dans les conditions liabiluelles de leur transformation et nous 
avons constaté que leurs premières modifications s'efTecluenl sous l'in- 
fluence de micro-organismes dont le plus impoitant est un bacille de l'espèce 

(') Auguste I-uihièke, Le réveil de la terre amble (Coni/Ues rendus, l. 171, 1920, 
p. 868). 



SÉANCE DU 2/i JANVIER 1921. 233 

coll. Ail fur el à mesure qu'elle se poursuit, le milieu devient acide, il se 
colore davantage, prend une odeur aromatique prononcée; an bout de 
3 mois de fermentation, le liquide d'extraction est rouge brun, très difficile 
à fdtrer; dès qu'une portion est passée au travers du filtre, elle se trouble 
en absorbant l'oxygène de l'air; sa surface se recouvre d'une pellicule irisée 
et, si l'on procède à des fîltrations successives, les mêmes phénomènes se 
reproduisent par suite de la formation de produits d'oxydation insolubles. 

Cette solution possède aussi des propriétés réductrices analogues à celles 
des macérations préparées immédiatement après la chute des feuilles et 
exerce les mêmes effets d'inhibition sur la germination des graines. 

De nombreux essais sont actuellement en cours afin de préciser les diffé- 
rences que peut présenter la flore microbienne des débris pendant le cours 
de leur désintégration; ces essais auront ainsipour but de déterminer, avant 
l'attaque de la cellulose et des hydrates de carbone, déjà étudiée par d'autres 
auteurs, la composition des produits intermédiaires élaborés dans ces fer- 
mentations et leurs propriétés ainsi que les variations qui peuvent être 
observées dans ces différents éléments quand on passe d'une espèce végétale 
à une autre ou lorsqu'on change de climat. 

Quoi qu'il en soit, l'explication- que nous avons donnée du réveil de la 
terre semble bien confirmée par ces premiers résultats. 

On sait, en effet, que la germination est caractérisée par des oxydations 
d'une grande intensité; en l'absence d'oxygène, elle n'est pas possible; or, 
au moment de la chute des feuilles et de la mort des plantes annuelles, les 
pluies dissolvent les corps solubles réducteurs renfermés dans ces matériaux 
et imprègnent le sol de substances qui tendent à absorber l'oxygène pour 
leur propre compte en privant la graine de cet élément absolument indis- 
pensable à sa levée. 

Au début de la désorganisation des débris végétaux, les mêmes phéno- 
mènes peuvent se poursuivre pendant un certain temps encore. 

Après la chute des feuilles, la terre demeurera donc stérile jusqu'au jour 
où l'oxygène atmosphérique ayant pénétré dans le sol, soit directement, soit 
par sa dissolution dans les eaux de pluies, aura complètement oxydé les' 
produits réducteurs qu'elle renfermait. 

Ce mécanisme permet de comprendre toute l'importance du labourage 
qui ramène à la surface les couches profondes imprégnées d'agents stéri- 
lisants dont l'action paralysante est ainsi plus complètement annihilée. 

Il explique, en outre, le réveil de la terre qui se manifeste aux premiers 
jours du printemps, alors que le relèvement de la température a permis de 



234 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

liàter la fin de ces réactions dont le cycle se trouve terminé à celte époque 
de l'année. 

Nous nous proposons de poursuivre ces expériences, non seulenienl pour 
apporter plus de précision dans l'étude du phénomène de biologie végétale 
qui nous occupe, mais aussi dans l'intention de rechercher des moyens 
de pouvoir rendre à la terre d'une façon précoce la fécondité qu'elle perd 
momentanément en hiver du fait des substances réducliices dont nous 
avons nionU'é l'origine. 11 est inutile d'insislei- sur Tintérèt que pourrait 
présenter la solution d'un tel problème. 



CHIMIE VÉGÉTALE. — Su?- la présence iVacidc ciuinique dans 1rs fciiilles 
de quelques Conifères. Note de M. Geor«es Tanket, présentée par 
M. L. Maquenne. 

L'acide quinique, découvert primitivement dans le quinquina (Hof- 
mann, 1790), a, jusqu'à ce jour, été surtout rencontré dans la famille des 
Rubiacées : dans les (Quinquinas, les Uemijias, le Café, le Caille-Lait de 
nos prairies. Il existe aussi dans les feuilles de certaines Kricacées : lîusse- 
role, Airelle myrtille et différents autres genres de Vaccinium; on l'a cnlin 
signalé dans les feuilles de Tabac, de Betterave et de Groseillier noir. 

Je viens à mon tour de constater sa présence dans les feuilles de (piel(]ues 
Abiétinoes. 

L Des feuilles de Cèdre (^Crdrus Lihani) sont traitées, à deux reprises, 
par cinq fois leur poids d'alcool à 70" bouillant. L'extrait alcoolique est 
déféqué par le sous-acétate de plomb, puis privé de plomb par SO'H- et 
d'acide acétique par agitation avec de grandes quantités d'éther. La 
liqueur, franchement acide, est neutralisée à la baryte, puis amenée en 
sirop : celui-ci est privé de ses sucres par des épuisements à l'alcool bouil- 
lant. Le résidu, surtout constitué par un sel organique de baryte, est 
dissous dans l'eau et additionné de sous-acétate de plomb : le sel basique 
de plomb ainsi précipité est décomposé par H- S : on évapore sa solution, 
on reprend par l'alcool à 95° bouillant qui sépare des sels, on chasse l'alcool 
et l'on concentre la soluti(m aqueuse qui abandonne lentement de beaux 
cristaux d'acide quinique. Des eaux mères on retire encore un peu d'acide 
en l'insolubilisant à l'étal de quinale de chaux. 

L'acide quinique cristallise anhydre. Ti-ès soluble dans l'eau, il l'est 
peu dans l'alcool fort : il se dissout à i4" dans 5o parties d'alcool à 9^", 



SÉANCE DU l!\ JANVIER 1921. 235 

3i parties d'alcool à 90°, i/| parties d'alcool à 80°, 6,6 parties d'alcool à 60". 
Sa soliilion aipieusc a pour pouvoir rotatoire [aj^^ — 4^") 2. Ghaufle avec 
un mélange de SO'H-et deMnO-il donne lieu à la production de quinone 
qu'on isole par sublimation. Ses sels de calcium cl de baryum contiennent 
les quantités tbéori(jues de Ca et de Ba. 

(^uant à son point de fusion, il a été trouvé notablement supérieur à celui 
indiqué par Hesse (161°, 6) et reproduit dans la plupart des livres clas- 
siques : au bloc Maquenne ou en tube effilé fermé, les cristaux ne fondent 
qu'à i83°-i84". 

Des feuilles de Cèdre, récoltées dans la région parisienne, ont ainsi 
donné, au mois de juilliH, un rcndemenl de 5''' d'acide cristallisé par kilo- 
gramme (rapporté aux feuilles à 100"). En décembre, l'acidité libre des 
feuilles avait diminué d'un tiers : on n'a alors pu isoler que 2« d'acide au 
kilogramme. 

II. Au cours de ce travail, on a été amené à rechercher les modifications 
que, comme dans le cas de l'acide tartrique et de l'acide malique (Gernez), 
le molybdale d'ammoniaque apporte à la valeur du pouvoir rotatoire de 
l'acide quinique. On a ainsi constaté que des additions progressives de ce 
sel changent notablement ce pouvoir rotatoire. Rapporté à i'""' d'acide qui- 
nique, on le voit d'abord passer de sa valeur initiale à un premier maxi- 
mum [a]n= — 63" pour ,'- de molécule de molybdate, puis décroître jus- 
qu'à — 54°, 8 pour J de molécule, pour remonter enfin à la valeur limite 
— 71°, 7 avec \ molécule (i» d'acide quinique pour i4""' de solution). 

De telles solutions, longtemps abandonnées à elles-mêmes, déposent 
lentement un polymolybdate peu soluble, analogue à celui que M. Darmois 
a récemment signalé comme se formant dans l'action du molybdate d'am- 
moniaque sur l'acide malique : en même temps le pouvoir rotatoire subit 
de nouvelles modifications. Au bout de deux mois et demi, le minimum 
était tombé à |a]i,— — 21° : le premier maximum ne varie pas, le second 
remontant légèrement à [aj,, = — 7V) 7- 

Cette action sensibilisatrice du molybdate d'ammoniaque peut, dans 
certains cas, aider à la recherche de l'acide quinique et servir de base à une 
méthode approchée de dosage, étant donné que le pouvoir rotatoire de 
l'acide augmente des deux tiers par l'addition d'un excès de molybdate ('). 

III. La recherche précédente a été étendue à un certain nombre deConi- 

(') L'augmeiilalion globale du pouvoir rotatoire de l'acide quinique sous l'induence 
du molybdale d'ammoniaque avait déjà été signalée par liimbach et Schneider {Z. f. 
physik. C/i., t. hk, 1908, p. 467)- L'existence des trois points critiques que je signale 
ici n'a cependant pas été vue nettement par ces auteurs. 



236 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

fères, doni l'acidité libre des feuilles était du reste très variahle, dans le 
rapport de i à 8. 

Les tentatives d'isolement sont restées négatives dans le cas de l'If 
(Taxinécs) et du Genévrier (^Cupressinées). Dans le groupe des Abiétinées, 
on n'a pas trouvé d'acide quinique dans l'Epicéa ni dans le Sapin; par 
contre, le Mélèze (Lari-v eurojvva) m'a fourni des résultats à rapprocber de 
ceux du Cèdre, mais avec des différences sensibles suivant la provenance 
des écbantillons analysés. Des Mélèzes de la forêt de Fontainebleau (juillet) 
ont donné 3^,5 d'acide par kilogramme de feuilles (à loo") : le rendement 
a atteint 5''' pour des feuilles récoltées au même moment dans une vallée 
des Haules-Alpes, à i8oo™ d'altitude. On retrouve donc, dans ce cas par- 
ticulier, l'influence du climat sur la biologie d'un même végétal, aussi 
nette au point de vue chimique qu'elle l'est souvent au [)oint de vue mor- 
phologique. Cet exemple est à rapprocher de l'augmentation de la teneur 
en quinine et en cinchonine des Quinquinas cullivés aux altitudes élevées, 
de la richesse en essence des Lavandes croissant en monlagne, de la com- 
position variable de l'essence de Crisle-Marine selon les points de sa 
récolte (Delépinc et de Belsuuce), et de bien d'autres encore. 



MORl'llOL03IE. — De l'action totirlnllninidirc de Icau sur le corps cl la queue 
des Oiseaux plongeurs. Note de M. A. Mag\an, présentée par M. lulmond 
Perrier. 

J'ai montré, en collaboration avec M. F. Houssay('), que les Oiseaux 
aquatiques se distinguent des autres groupes d'Oiseaux par une aile peu 
large, et cela quelle que soit leur sorte de vol, plané ou ramé. En outre, 
chez ces Oiseaux d'eau, l'acuité de l'aile étant très grande, la queue se 
trouve raccourcie, alors que les autres Oiseaux s'opposent aux précédents 
par une aile moins aiguë et une queue plus longue. 

J'ai essayé de détailler davantage ces conclusions par une analyse plus 
serrée et, à la suite de nouvelles observations, j'ai été amené à adopter le 
groupement suivant pour les Oiseaux (jue j'ai étudiés, tellement les résultats 
(pie j'obtenais étaient caractéristiques, lorsqile je comparais la longueur de 
la (}ueue mesurée en centimètres à la racine cubique du poids exprimé en 
grammes. 

(') l". lIoussAY el A. Magnan, IJ'envergure et la queue chez les Oiseaux {Comptes 
rendus, t. 15'»., IC)I2, p. Sg). 



SÉANCE DU 24 JANVIER 192 1 . 287 

Rapport 
Poids Longueur de l'envergure 

du relative ;i la largeur 

corps. de la queue. de l'aile. 

Rapaces diurnes i443,90 2,6 5,6 

Corvidés 255 2,6 \,i 

A. [ Passereaux 43, 20 2,3 4,'' 

Rapaces nocturnes 587 2,2 5,5 

Gallinacés, Colombins 56o,5o 1,7 5,3 

Palmipèdes à grandes ailes 2026,70 1,7 8,7 

, Grands Ecliassiers 2662 i ,5 6 

I Petits Echassiers 280,40 i ,3 6,7 

\ Oiseaux plongeurs 892 0,8 7 

11 ressort de l'examen de ce Tableau qu'il exisle bien deux séries d'Oiseaux 
très distinctes : 

1° La série A, formée d'Oiseaux terrestres, chez lesquels l'acuité de l'aile 
est assez petite et la longueur de la queue assez grande. 

2° La série B, constituée par des Oiseaux habitués à vivre dans les 
régions aquatiques, qui, de ce fait, ont souvent à supporter les efî'ets de 
grands courants d'air et chez lesquels l'acuité de l'aile est plus grande, 
tandis que la queue est courte. 

^L1is on peut se rendre compte que les Oiseaux plongeurs possèdent une 
queue extraordinairement réduite, plus réduite que celle des autres Oiseaux 
fréquentant les rivages ou les marais, mais ne menant pas la vie aquatique. 
J'ajouterai que les chiffres que je donne ne représentent pas des moyennes 
factices, puisque la longueur relative de la queue varie, pour les espèces 
étudiées, de 2 à 3,3, chez les Rapaces diurnes par exemple, et seulement 
de G, 3 à 1,1 chez les Oiseaux plongeurs. 

On sait, comme plusieurs auteurs l'ont établi, que les Poissons ont leur 
extrémité postérieure effilée. Cet effilement de la partie postérieure de leur 
carène est la conséquence de l'action tourbillonnaire de l'eau qui a eu aussi 
pour effet de provoquer une inversion du corps, avec compression dans le 
plan horizontal à l'avant et dans le plan vertical à l'arrière, ainsi que l'a 
montré C. Weyher ('). 

Or il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que ce modelage par l'eau 
s'est exercé sur les Oiseaux plongeurs de façon identique, effilant la partie 

(') G. Weyher, Revue générale des Sciences pure.> et appliquées, i5 janvier igoS. 
C. R., 1921, i" Semestre. (T. 172, N" 4.) ' '7 



238 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

postérieure de leur corps et réduisant les rectrices en longueur et en poids, 
souvent au point de les faire disparaître presque complètement, et cela est 
vrai aussi bien chez les Palmipèdes et les Echassiers, que chez les Pas- 
sereaux plongeurs tels que les martins-pccheurs dont la longueur relative de 
la quL'ue est de i,i. alors que pour les autres Passereaux, celte longueur 
est en moyenne de 2, 3. 

J'ai constaté d'ailleurs que d'autres déformations avaient été apportées 
au corps des Oiseaux plongeurs en raison de leur déplacement à une cer- 
taine vitesse, quelquefois assez grande, dans le milieu aquatique. Tout 
d'abord leurs membres postérieurs, pressés par les courants d'eau, se sont 
placés dans le prolongement du corps en même temps que les jambes se 
soudaient plus ou moins à celui-ci. En outre, ces Oiseaux ont subi, comme 
les Poissons, une inversion à deux nappes plus ou moins masquée, la com- 
pression postérieure dans le plan vertical étant la plus nette et se traduisant 
particulièrement chez les grands plongeurs comme les grèbes elles plon- 
geons, par un applalissoment des tarses dans ce même plan. 

Celte forme générale de fuselage que l'on observe chez les Oiseaux plon- 
geurs aussi bien que chez les Poissons méritait d'être signalée, car, étant 
donnée sa généralité, elle nous parait susceptible d'applications pratiques. 



BIOLOGIE GÉNÉRALE. — 5///' Id seiiii-f)cri)U'(ihllilé bioloiiit/itc des p/iifn.s cxté- 
rieiiirs des Sipiinciilidrs. Note ( ' ) de M. C Dekhuvsen, transmise par 
M. Y. Delage. 

Les liquides cavitaires des invertébrés marins sont isotoniques avec l'eau 
de mer ambiante. On pourrait admettre que les parois sont, du moins en 
partie, perméables pour l'eau, les gaz et les sels. Les expériences suivantes 
vont montrer que la paroi extérieure du Phascolosomd ruigarc et du Sipiin- 
ciilus nudus est bio/ogù/uemenl semi-perméahle^ c'est-à-dire que l'eau pure, 
CO- et O- passent avec une rapidité incomparablement plus grande que 
les sels. 

Ces animaux sont des sacs vermiformes, à parois musculaires fortes, 
tapissées à l'extérieur par un épiderme, constitué d'une seule couche de 
cellules, couvertes par une cuticule épaisse, tandis que, à l'intérieur, on 

(') Séance du 20 septembre 1920. 



SÉANCE DU 2/| JANVIER I921. 289 

trouve un épilliélium à cils vibratils. La cavité générale très vaste est 
remplie du liquide pcriviscéral. Elle communique avec le milieu ambiant 
par deux pores excréteurs, toujours bouchés. Ce n'est qu'une seule fois, 
au cours d'expériences avec une centaine d'individus, que nous avons vu 
en sortir le liquide périviscéral, très facilement reconnaissable à sa couleur 
rougeàtre, due aux nombreuses hématies chargées de hémérythrine. L'ani- 
mal était en excitation considérable sous l'action du chloroforme. En capti- 
vité, les animaux vident leur tube digestif et ne prennent pas le sable. Aussi 
n'avalent-ils de l'eau de mer qu'en quantités négligeables. Nous avons, 
dans la pesée, un moyen très simple pour étudier l'action de la pression 
osmolique du milieu ambiant. La quantité du liquide périviscéral est d'en- 
viron 58,6 pour 100 du poids des Phascolosomes, de 57,7 à 62,8 pour 100 
du poids des Siponcles. Le point de congélation de 20™', empruntés à 
10 Phascolosomes, était : — 2°, et contenait en chlorures, calculées comme 
NaCl: 2,925 pour 100. Chez un Siponcle nous en avons trouvé 3,25 
pourioo, exactement la même quantité que dans l'eau de mer. Le point 
de congélation en est : — 2°,o3 en riioyenne. 

1. Un Phascolosome en très bon état, pesant 3% 123, est lavé dans 
5,45 pour 100 de NaNO' (à peu près isotonique avec l'eau de mer), puis 
porté en 100™' d'eau distillée. 5 minutes après il pèse 3°, 470; remis dans 
l'eau de mer il pèse après 3 heures S'"', i45 ; le lendemain 3^, 1 27. L'eau dixiillée 
ne contenait qiCune trace de Cl, correspondant à moins de o"'°,2 de NaCl. 
Le liquide périviscéral a absorbé 18,8 pour 100 d'eau sans dommage. 

2. Poids originel du Phascolosome: 2^,429; après 10 minutes dans 
H-0 : 2^,932, donc 35,35 pour 100 de dilution du liquide périviscéral. 
Remis dans l'eau de mer, après 3 heures, il pèse 2^,610. 

3. Poids originel: 4^,3o8; après 20 minutes dans 70""' deH-O : 4''j973. 
L'animal, très vigoureux, avait contracté ses muscles et réduit sa surface 
autant qu'il pouvait, ne diluant son liquide périviscéral que de 26,6 
pour 100. L'eau d'où il sortait contenait 4'"^) 39 de NaCl.; 2 heures dans 
l'eau de mer réduisent le poids à 4^)675. 

4. Un Phascolosome, peu vigoureux, pèse 3°j8Go ; 10 minutes dans l'eau 
distillée portent son poids à 4^)735, donc 38,7 pour 100 de dilution du 
liquide périviscéral ; après 20 heures dans l'eau de mer, il pèse encore 4") 1 5o. 

5. Trois Phascolosomes bien portants : L 7", 8, pèse : après 3o mi- 
nutes ('), 9^^, 5, donc 37 pour 100 de dilution du liquide périviscéral; 

(') En eau douce contenant io"'8 de NaCl par 100'™". 



24o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

45 minutes après remise dans l'eau de mer, 8", 9; iG heures après, 8% 5. — 
H. >",(), pèse : après ^)0 minutes ('), 4%2, donc 28,5 pour 100 de dilution 
du li(juide périviscéral; 4^ minutes après remise dans l'eau de mer, 3*, 9; 
I G heures après, 3'^, 7. — III. 3^,7, pèse: après 3o minutes ('). 4%^j donc 
4i pour 100 de dilution du liquide périviscéral; 45 minutes après remise 
dans l'eau de mer, 4%2; 16 heures après, 3", 9. 

G. Trois autres, moins bien portants : I. 4'">4) après 80 minutes dans 
3oo""' d'eau distillée, 5%9; 18 heures après, l'animal, plutôt moribond, 
avait 4% 2. — II. 4% 2, après 80 minutes dans 3oo""' d'eau distillée, 5% 4'. 
18 heures après, l'animal, moribond, avait 3%8. — III. iS5, après 80 mi- 
nutes dans 3oo™' d'eau distillée, 2% 3; 18 heures après, l*animal, moribond, 
avait 2^,3. 

7. Un Phascolosome en bonne condition, pesant 2", 993, est mis dans 
une solution de 12" de NaCl en loo" d'eau; après 20 minutes, 2', 772: 
remis dans l'eau de mer après 2 heures, il pèse 2', 955. 

Il résulte de ces chiffres que l'état de l'animal joue un o;rand rôle dans le 
passage de l'eau et des sels à travers la paroi. 

8. Deux Siponcles très bien portants pesaient Go-,o et 64% 5; 10 minutes 
dans de l'eau de mer diluée d'un volume égal d'eau douce portent leur 
poids à 64''', 5 et 69", 3. Après 19, heures dans l'eau de mer, nous trouvons 
59^,1 et 64-, 3; mais 2 jours après, le second pesait 67^3 (sans avoir eu 
du sable à sa disposition). Ils avaient dilué leur liquide périviscéral 
de i3 pour 100. 

9. Le Siponcle de 67", 3 transporté dans de l'eau de mer, où l'on avait 
dissous II", o5 de NaCl pur, perd en 10 minutes i^,3. Après G heures 
dans l'eau de mer il en regagne i%8. Son liquide périviscéral contenait 
3'"', 087 pour 100 de NaCl : diminution tout à fait explicable par l'absorption 
de 3", 5 d'eau pure dans les expériences décrites. 

Nous préparons un liquide hypotonique A en mélangeant 900""' d'eau 
de mer avec 100""' d'eau douce, et un liquide bypertonique H en dissol- 
vant 3% 5 de NaCl pur dans i' d'eau de mer. Donc 10 pour 100 de dilution 
et 10 pour 100 de concentration. 

(') l£ri eau douce conlenant io™8 de NaCl par ioû™\ 



SÉANCE DU 24 JANVIER 1921, 



241 













.Dans l'eau 


de mer 




Après 


Le liq. pér. 


Après 


Le liq. pér. 





^' 


l'oids 


■,'0 m imites 


1 ,lnn,- absoi-lR 


■.'Il niiniiles 


a donc perdu 


après 


après 


11- I-.' Pl.asr. 


en A. 


p. mil (■)■ 


en H. 


p. 100 (=). 


1 lieure. 


:i heures 


2,goi.. 


2' 970 


4,1 


« 


» 


B 
2,953 


» 


3,264.. 


3,355 


4,75 


» 


» 


3,294 




4,6J5.. 


4,765 


4 


i> 


.1 


» 


4^,635 


3,562.. 


3,598 


1 ,725 


» 


» 


.. 


3,56o 


3,730.. 


3,835 


4,8 


» 


). 


» 


3,790 


2,733.. 


2,793 


3,625 


» 


.. 


» 


2 ,725 


3,773.. 


3,860 


3,94 


» 


» 


» 


3,785 


2,810.. 


>. 


» 


2^773 


2,25 


2,802 


» 


2,33i.. 


I. 


» 


2,270 


4,1 


2,325 


). 


3,445.. 


» 


« 


3,255 


9>4 


» 


3,4o8 


4,062.. 


» 


» 


3,900 


6,8 




3,993 


3,545.. 


» 


)> 


3,428 


5,6 


" 


3,520 


3,38o.. 


,. 


« 


3,3o8 


3,6 


.1 


3,352 


3,067.. 


» 


» 


3,9i5 


7,39 


). 


2,988 



Quand le milieu ambiant subit des variations de concentration suppor- 
tables, les animaux se défendent. Ils absorbent moins d'eau dans le milieu 
hypotonique qu'ils n'en perdent dans le milieu iiypertonique au même 
degré. Est-ce que c'est leur défense musculaire qui combat la pression 
osmotique? Ce serait un moyen efficace contre le gonflement, impuissant 
contre le dégonflement; d'ailleurs les animaux s'étendent dans le milieu 
dilué. Nous croyons plutôt au rôle des cellules de l'épiderme dans la défense. 
Les gaz respiratoires traversent la paroi : Pbascolosomes et Siponcles 
n'enfoncent dans le sable qu'une partie très peu étendue de leur corps : la 
trompe ou le pôle apical sortent. Les tentacules ne s'étendent que rarement. 
Nous n'avons pu trouver d'indications d'un passage de sels par la paroi tant 
qu'elle était en état normal. C'est donc bien la seini-pciméabililé biologique. 



(') En moyenne 4,49 pour 100 d'eau. 
(-) lîn moyenne 6, S'.', pour 100 d'eau. 



l[\1 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CHIMIE BIOLOGIQIE. — Les végétaux iiifcrirurs et les facteurs accessoires 
de la croissance. Note de M. Pirrre Goy. présentée ]iar M. Gaston 
Bonnier. 

Depuis que le problème des vitamines a été posé au sujet des animaux 
supérieurs, bien des chercheurs se sont demandés si les végétaux, et notam- 
ment les monocellulaires, avaient besoin de tels composés organiques pour 
mener à bien leur évolution. De l'avis de cjuelques auteurs, la question ne 
fit aucun doute et ceux-ci répondirentpar l'affirmative; pour d'autres, il ne 
saurait y avoir la moindre comparaison à ce sujet entre les végé-taux et les 
animaux; enfin, certains ont admis de la part des infiniment petits une 
sensibilité marquée à de tels composés sans que la présence de ces corps 
revête un caractère obligatoire pour leur développement. 

Nous nous sommes donc proposé de chercher si vraiment la présence de 
certains composés organiques était une cause sine qua non au développe- 
ment des végétaux inférieurs, si ceux-ci bénéficiaient d'un apport de corps 
organique à action spécifique, et enfin dans l'affirmative si ces composés 
étaient des vitamines, pouvaient y être assimilés ou non. 

Nous nous sommes servi à cet efi'et du Saccharoniyces cerevisiœ comme 
sujet d'expérience et du Mucor Miicrdo en fait de générateur; toutefois nous 
n'avons pas circonscrit nos recherches à ces deux espèces, ayant expéri- 
menté sur bon nombre d'autres sujets, entre autres Aspergil/us niger. 
Pénicillium glaucwn, Baçillus niegaloriwn et plusieurs autres Bacilles, 
Diplobacilles et Streptocoques. 

Il ressort de nos recherches : 

I" <jue les végétaux inférieurs, notamment ceux précités, n'exigent pour 
leur développement aucun corps organique pouvant de près ou de loin 
être assimilé aux vitamines, ce terme étant pris au sens habituel du mot, 
car ils poussent admirablement en milieux minéraux apjiropriés sans la 
moindre trace de facteurs accessoires; ces solutions composées de corps 
strictement purs ayant été de plus stérilisées, pendant i heure So minutes, 
à i3o°; 

1° Que CCS mêmes végétaux voient, outre leur métabolisme modifié, la 
vitesse de leur prolifération accrue dans des proportions surprenantes 
Tsans augmentation toutefois de poids final récolté) par le simple apj)ort de 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. 243 

quelques fractions d'un milieu minéral analogue, mais où avait proliféré 
auparavant soit une espèce identique, soit un végétal très différent; 

3° Que le corps organique communiquant une telle propriété à ces 
milieux, et que nous avons réussi à isoler d'une culture de Mik-oj-, parl'étlier, 
à l'état pur et cristallisable ne révèle sa propriété accélératrice qu'une fois 
porté en solution au bain-marie à HS^-go", la perdant seulement vers i68°- 
170° (chaleur sèche n'entraînant pas sa carbonisation) et n'ayant pas l'air 
de souffrir beaucoup d'un passage à l'autoclave pendant i heure 3o minutes, 
à i'3o°. 

Nous pouvons d'ores et déjà affirmer que ce corps est un composé car- 
boné à fonction acide, fusible aux environs de i "5'^ sans laisser de cendres, 
non précipitable par l'acide phosphotungstique, ne présentant aucun des 
caractères d'un amino-acide quelconque, et ne décelant pas trace de phos- 
phore on d'azote. 

Dissoute dans l'eau et évaporée sur lame, la cristallisation de cette subs- 
tance vue à fort grossissement, rappelle certaines feuilles de fougère; mais si, 
par exemple, on la porte lentement à son point de fusion elle ne tarde pas à 
se séparer en deux parties : l'une pulvérulente reste au fond du récipient 
qui la contient, tandis que l'autre se condense sur les parois affectant une 
nouvelle forme cristalline de système prismatique, d'ailleurs relrans- 
formable en la première, à peu de chose près, à la suite d'une nouvelle 
dissolution et évaporation. Ni la partie cristallisée, ni celle pulvérulente ne 
possède plus d'action sur le développement des levures ; cette qualité du reste 
ayant été annihilée par chauffage avant qu'aucune modification physique 
ne nous ait frappé. 

Il nous a été possible d'obtenir des résultats analogues à ceux fournis par 
ce corps au moyen d'extraits de tissus végétaux, parmi ceux-ci seuls les jus 
de citron et d'orange se révélèrent comme activant sans même avoir besoin 
d'être chauffés préalablement; mais par contre ces dernières résistèrent 
comme les précédents à des températures qui auraient détruit sans nul 
doute possible les facteurs accessoires dénommés A et B. 

Nous nous baserons sur les faits suivants pour conclure à la non-idenlilé 
des corps appelés ritti/tiincs d'avec relui trouvé au cours de nos recherches : 

i" Besoin d'un chauffage antérieur pour rendre actif ce composé orga- 
nique ; 

2° Non-destruction de celui-ci par la chaleur humide, même à haute 
température; 



244 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

3° Présence de ce corps dans les grains de riz décortiqués. 

Par contre, le peu de matière o™", 8 pour 5o™' de liquide de Mayer néces- 
saire au plein effet de son action vis-à-vis des levures et des végétaux infé- 
rieurs en général, sa destruction par le radium et par ébuUition en solution 
alcaline, sa plus grande résistance aux rayons ultraviolets, et enfin son 
caractère véritablement accessoire nécessitant un couvert des éléments 
minéraux indispensables pour agir efficacement, font que par certains côtés 
ce composé prend figure de véritable vitamine de croissance, non indispen- 
sable à la vie des infiniment petits, mais singulièrement efficace quant à 
leur prolifération. 

11 résulte des rechercbes précédentes que les vitamines ne sont pas indis- 
pensables aux végétaux inférieurs; toutefois l'évolution de ceux-ci est consi- 
dérablement influencée par un corps organique que nous avons isolé, à 
l'état pur et cristaliisable, de cultures de Mucor Miicede en milieux synthé- 
tiques. 

Ce composé n'agit qu'après avoir été chauffé a 85''-9o'' et perd sa pro- 
priété vers 170°. Il ne présente aucun caractère propre aux acides aminés. 



PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Diabète ct glycémie. ^o\.Qà^'S\}A.U..Yim&RX 
et F. Rathery, présentée par M. Henneguy. 

Dans des conditions physiologiques, bien déterminées, un individu 
normal présente une glycémie qui lui est propre et qui peut être regardée 
comme sensiblement fixe. Cette glycémie fonctionnelle doit servir de base 
à des comparaisons ultérieures. 

On observe, dans divers états physiologiques ou pathologiques, une aug- 
mentation sensible de la teneur en sucre du sang, augmentation qui peut 
coïncider avec la présence ou non du sucre dans l'urine. Si l'on admet que 
l'hyperglycémie conditionne la glycosurie, et qu'on prenne le passage du 
glucose dans l'urine comme réactif de l'hyperglycémie, on constate qu'il 
existe toute une marge où l'hyperglycémie peut s'exercer sans effet glyco- 
surique, et cela jusqu'à un cei'taintaux (pii d'emblée déclenche l'élimination 
du glucose par le rein. Nous appellerons hyperglycémie liminaire la teneur 
en sucre du sang nécessaire pour produire le seuil de la glycosurie, (lette 
hyperglycémie liminaire est nettement individuelle. 



SÉANCE DU 24 JANVIER I921. 245 

Faute de pouvoir comparer la glycémie des sujets, atteints de diabète, à 
la glycémie fonctionnelle de ces mêmes sujets lorsqu'ils étaient en bonne 
santé, nous avons été obligés de tourner la difficulté. Voici le mode opéra- 
toire que nous avons adopté pour l'étude de la glycémie des diabétiques, 
cliez lesquels il est possible, par un régime strict ou par le jeûne, de faire 
disparaître le sucre urinaire. 

1° négiine strict. — A un diabétique, présentant de la glycosurie, nous 
faisons une première prise de sang et nous déterminons la teneur du plasma 
veineux en sucre libre et sucre protéidique. Le diabétique est ensuite soumis 
à un régime strict, pauvre en hydrates de carbone, comprenant : œufs, 
viande, légumes verts, beurre, vin et eau. En général, vers le troisième jour 
de ce régime, le diabétique, du type envisagé, est devenu aglycosurique. 
Ce régime est prolongé pendant 8 jours, temps au bout duquel est fait un 
nouvel inventaire en sucre du plasma veineux. Ensuite, on améliore ce 
régime sous le rapport des sucres en y introduisant un aliment riche en 
un hydrate de carbone déterminé (pomme de terre par exemple), et l'on 
cherche, dans les conditions précisées, la capacité de fixation du sujet 
considéré vis-à-vis de cet hydrate de carbone, dont les prises sont progres- 
sivement augmentées, jusqu'à ce que l'urine de 24 heures ne renferme plus 
que des traces de sucre. A ce moment, nous diminuons très légèrement 
la dose de l'aliment hydrocarboné de façon à faire disparaître complètement 
le glucose urinaire (urine de 24 heures), et, par une troisième prise de 
sang ('), nous déterminons ce que nous appellerons V indice glvcémùj ne de 
tolérance, c'est-à-dire la teneur en sucre libre et sucre protéidique du plasma 
veineux à ce moment. 

Les modifications que nous avons constatées à la suite de ces différentes 
épreuves peuvent être résumées ainsi : chez la plupart des diabétiques du 
type envisagé on constate, après 8 jours de régime strict, un abaisse- 
ment très net de la teneur du plasma veineux, à la fois en sucre libre et en 
sucre protéidique. Cette teneur se relève, à la suite du régime de tolérance, 
tout en restant inférieure à la teneur initiale. L'indice glycémique de tolé- 
rance prend ainsi une teneur intermédiaire en sucre libre et sucre pro- 
téidique. A chaque individu correspond un indice particulier. 



(') Les trois prises de sang sont faites à une veine du bras, le matin à jeun, 10 heures 
environ après le repas du soir, à S jours d'intervalle. 11 suffit pour la détermination de 
l'indice glycémique de 8"^™' à lo*^"'' de plasma lluoré. 

' G. R., 1931, !"♦ Semestre. (T. 17Î, N° 4.) '" 



246 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

D'autres modalités ont été observées : à la suite du régime de tolérance, 
le taux du sucre libre peut remonter et même dépasser le taux initial 
(correspondant à la première saignée et à l'état de glycosurie), mais le 
sucre protéidi({ue se maintient à un taux inférieur, ou vice lersa. Avec 
certains cas on assiste aux différentes pliases d'un jeu de compensation 
entre le sucre protéidique et le sucre libre. 

Quand, initialement, la teneur en sucre protéidique est peu élevée, les 
variations du sucre protéidique sont peu accusées. 

2° Jeûne. — Pendant le jeûne, la teneur du plasma veineux en sucre libre 
et en sucre protéidique subit une baisse notable. Exemple : 

Sucre libre Sucre proléiilique 
pour 100. pour 100. 

Avant le jeinie i»-', 33 )P,88 

Pendant le jeûne ''*"!99 i^,3i 

Diabète consomptif. — Dans le diabète consomptif, avec acidose, on 
peut, au cours du jeûne, observer deux sortes de phénomènes : i° la teneur 
du plasma en sucre libre et en sucre protéidique augmente et les symptômes 
de coma apparaissent; 2° les signes d'acidose disparais-sent, la glycosurie 
s'atténue considérablement ou cesse; le taux du sucre libre et protéidique 
baisse dans le plasma. Exemple : 

Sucre libre Sucre proléidii|ue 
pour 100. pour 100 

Avant le jeûne 4^ï3i os,8i 

Pendant le jeûne 3^, 65 O"» io 

Conclusions . — Des recherches faites sur 45 diabétiques nous déduisons 
les conclusions suivantes : 1° chaque diabétique a un indice glycémique de 
tolérance qui lui est propre ; 2° un chiffre élevé de cet indice est en rapport 
avec un pronostic réservé; 3° la valeur de l'indice glycémique proléidi(jue. 
qui n'avait pas été envisagé jusqu'ici, paraît revêtir un intérêt tout parti- 
culier ; 4° l'étude de l'indice glycémique donne le moyen de suivre des 
modalités de diabète que le simple examen des urines ne permet pas d'envi- 
sager. Dans la pratique courante, une seule prise de sang, faite dans les 
conditions précitées, permet de caractériser l'indice glycémique de tolé- 
rance. 



A iG heures et quart, l'Académie se forme en Comité secret. 



SFANCE DU 2/j JANVIER 1921. '247 



COMITE SECUET. 



La Section de Chimie, par l'organe de son Doyen M. Lemoine, pré- 
sente la liste suivante de candidats à la place vacante par le décès de 
M. Armand Gautier : 

En première ligne, ex œquo et par ordre ( MM. Auguste Béhal 
alphabétique ( GEonr.ES Urbaiiv 

!MM. Emile Blaise 
Albert Colson 
Marcel Delëpine 
Paul Lbbeau 

A runanimité, l'Académie adjoint à cette liste le nom de M. Camille 
Matignon. 

Les titres de ces candidats sont discutés. 

L'élection aura lieu dans la prochaine séance. 

La séance est levée à 18 heures. 

K. P. 



24^' ACADÉMIE DES SCIENCES. 



ERRATA. 



(Séance du 3 janvier 1921.) 

Etal de l'Académie des Sciences au i'^"' janvier 1921 : 

Page 16, à la liste des Membres élus depuis le 1"'' janvier 1920, ajouter : 
Académiciens libres. — M. J.-L. Breton, le 29 novembre. 

Page i^, ligné 11, au lieu de M. Vito Voltkrra, décédé, lire M. Vito Noltekha, 
élu Associé étranger. 

Note de M. R. de Forcrand, Sur le point de fusion de 1 heptane et la loi 
d'alternance des points de fusion : 

Page 3i, lig.ie 8, au lieu de exécuté en 1896, lire exécuté en 1916. 

Note de M. A. Liénard, Potentiels scalaire et vecteur dus au mouvement 
de charges électriques : 

Dans toutes les formules des pages 52 et 53, lire partout /• au lieu de c. 



(Séance du 17 janvier 1921.) 

Note de M. C/uirh's Frêinont, Essai, à l'emboutissage, des tùics minces : 
Page 148, lignes 6 et i4, eu lieu de Kg, lire kgni (kilogrammètres). 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 51 JANVIER 1921. 

PRESIDENCE DE M. Gkoiu;es LE.MOINE. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMFE. 



M. le Mi.visTRE DE l'Instruction publique et des Beaux-Arts adresse 
ampliation du Décret, en date du 28 janvier 192 1 . approuvant Téleclion que 
l'Académie a faite de M. Pieiire Iîazy pour remplir la place d'Académi- 
cien titulaire devenue vacante, dans la Section de Médecine et Chirurgie, 
par suite du décès de M. Félix Guyon. 

Il est donné lecture de ce Décret. 

Sur l'invitation de M. le Président, M. Pierre Bazy prend place parmi 
ses confrères. 



Après le dépouillement de la Correspondance, M. le Président s'exprime 
en ces termes : 

L'Académie des Sciences vient d'avoir la douleur de perdre encore un 
de ses membres, M. Emile Iîourquelot, décédé le 26 janvier après une 
courte maladie qui s'est terminée brusquement. 

M. Bourquelot était né à Jandun (Ardennes) le 21 juin 1 85 1 . Il s'adonna 
de bonne heure à l'étude de la pharmacie, mais il se dirigea bientôt vers 
la carrière scientifique. Interne en pharmacie en 1873, il devint pharma- 
cien des hôpitaux de Paris en 1878. H fut attaché au corps enseignant de 
l'Ecole supérieure de Pharmacie comme préparateur de cryptogamie, puis 
comme chef des travaux de micrographie. Ueçu agrégé au concours de 1889, 
il soutint la même année en Sorbonne une thèse de docteur es sciences 

C. R., 1921, I" Semestre. (T. 172, N" 5.) ^9 



230 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

naturelles. En iSqS, il fut chargé à l'École de Pharmacie du cours de phar- 
macie galénique et devint professeur de ce même enseignement en 1897. 

Il fut élu Membre de l'Académie de Médecine en 1897. 

En 1912, nous lui décernions le prix Jecker. 

Il fut élu Membre de l'Académie des Sciences pour la Section de Chimie 
le 2 juin 1919. 

La Cliimie a un domaine tellement vaste qu'elle touche d'une part à la 
Physique et même aux Mathématiques, de l'autre aux sciences naturelles. 
C'est dans cette dernière région que M. Bourquelot a toujours dirigé ses 
recherches. Sa thèse de doctorat avait pour sujet l'étude faite à RoscofT des 
phénomènes chimiques de la digestion chez les Mollusques céphalopodes. 
11 se trouva ainsi dès ses débuts aux prises avec les ferments digestifs qui 
sont des ferments solubles. C'est sur les ferments solubles, envisagés surtout 
au ()oint de vue chiuiique, qu'ont porté toutes ses recherches : chapitre 
très s[)écial de la science, mais qu'il a approfondi avec une admirable persé- 
vérance. 

On sait que les ferments solubles (appelés souvent enzymes) sont des 
corps organiques complexes formés de carbone, d'hydrogène, d'oxygène 
et d azote qui déterminent des réactions sans s'altérer eux-mêmes, comme 
le font nos catalyseurs minéraux. Les types classiques en sont : la diaslasc 
qui change l'amidon en glucose en lui ajoutant de l'eau; l'invertine qui, de 
la même manière, change le sucre de canne en glucose et lévulose; l'émul- 
sine qui dédouble l'amygdaline en glucose et en essence d'amandes amèrcs 
avec acide cyanhydrique, l'amygdaline étant ainsi un glucosule. 

Avant les recherches de M. Bourquelot, on connaissait 10 glucosides : il 
en a découvert 14 nouveaux. 

11 a découvert en même temps G ferments solubles nouveaux. Il semble 
que les êtres vivants disposent pour les réactions de leur organisme des fer- 
ments solubles les plus variés. 

M. Bourquelot s'est également occupé d'une autre classe de ferments 
solubles, les ferments oxydants dont un savant japonais, M. Hikobokuro 
Yoshîda, avait découvert l'existence en i883. M. Bourquelot, en collabo- 
ration avec M. Gabriel Bertrand, a fait connaître, en 1895, les ferments 
oxydants des champignons qui expliquent leur coloration à l'air, et il a 
développé ces recherches. 

Une partie très originale des travaux de notre confrère est l'emploi sys- 
tématiipie des ferments solubles pour trouver la composition des principes 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 25 1 

végétaux sur lesquels ils peuvent exercer leur action : c'est ce qu'il appelait 
la méthode biochimique. Par exemple, à l'aide de l'invertinc, ferment 
soluble qui dédouble le sucre de canne, on arrive à découvrir le sucre dans 
un produit végétal, en s'appuyanl sur l'observation de la lumière polarisée. 

Un autre résultat très curieux est l'incorporation des différents alcools 
au glucose, sous l'influence des ferments solubles, pour former des alcools- 
glucosides. Ceux-ci, inversement, peuvent, sous l'influence du même fer- 
ment, mais en présence de l'eau, s'iiydrolyser, c'est-à-dire fixer de l'eau pour 
redonner l'alcool et le glucose. 

Cette réaction el les réactions analogues constituent la découverte essen- 
tielle de iM. Bourquelot : la démonstration définitive de la réversibilité de 
l action des ferments solubles. Le même ferment qui dédouble un glucoside 
peut le reconstituer quand on change les conditions de l'expérience, notam- 
ment quand on opère avec de l'alcool en excès. Il se produit un équilibre 
entre deux réactions in\ erses comme dans l'éthérificalion. Celle synthèse 
de glucosides et de certains sucres (appartenant à la catégorie des polysac- 
charides) expliquera sans doute plusieurs réactions de la vie des végétaux. 

Ces diverses recherches ont été publiées dans 3oo Notes environ, insérées 
dans les Comptes ren'lus de l' Académie des Sciences ou dans le Journal de P/ia?'- 
macie et de Chimie. Elles n'ont pu être accomplies qu'avec l'assistance de 
beaucoup de collaborateurs quieux-mènips ont étendu dans difl"érentes direc- 
tions l'œuvre de leur maître : l'un de ses grands mérites a élé d'avoir suscité 
de nombreuses vocations scientifiques autour de lui. 

M. Bourquelot était un grand travailleur, il restait l'a journée entière à 
son laboratoire. Il a ainsi passé une quarantaine d'années, paisiblement, à 
la recherche désintéressée de la vérité scientifique el à l'accomplissement 
de ses devoirs professionnels. 

Resté célibataire, il avait près de lui une excellente famille. Un de ses 
frères était resté dans le pays d'origine, gardant le foyer paternel. Un autre, 
ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, était depuis longtemps à Paris. 
M. Bourquelot était très aimé de ses neveux et nièces. 

D'un caractère modeste, il avait recommandé expressément qu'il n'y eût 
à ses funérailles aucun discours et aucune députation officielle. Après la 
cérémonie religieuse, l'inhumation a eu lieu dans le pays natal. 

A tous les parents de notre regretté confrère, l'Académie des Sciences 
ofTre l'assurance de sa très vive sympathie. 



252 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



M. BiGouRDAix (') .1 romis à la bibliothèque de l'Instilut, il y a quelque 
temps déjà, un Glolir céleste à Jaliludr rarifibli- cl à pôle mobile, dont il avait 
été chargé de surveilbr la construction (voir Rapport sur la Fondation 
Debwiisse pour 191 1, p. 76). Cotte construction, interrompue par la guerre, 
a duré assez longtemps. 

Le globe, couvert en fuseaux de papier figurant les constellations. 
a o'",5o de diamètre et est disposé pour permettre de résoudre graphique- 
ment diverses questions chronologiques. Il est porté par un pied d'acajou 
à trois branches, à roulettes et à vis calantes, qui en soutient le centre 
à i" de hauteur environ. Ce pied se termine, à ia partie supérieure, par 
un cercle de métal muni d'un niveau sphérique et représentant l'horizon. 
A son tour, cet horizon supporte un méridien qui peut s'incliner dans son 
plan, pour correspondre à une latitude quelconque et qui, par le moyen 
d'un axe diamétral, porte dans son intérieur un système de deux cercles 
concentriques et rectangulaires : l'un de ceux-ci est un second méridien, 
l'autre l'équateur. La sphère est suspendue à un second axe, diamétral 
aussi, qui est porté par le second méridien et qui fait, avec le premier axe, 
un angle variable que l'on peut rendre égal à l'obliquité de l'écliptique. 
Le mouvement autour du second axe est commandé par un engrenage 
conique placé au pôle sud de l'écliptique et qui permet de commander et 
d'arrêter à volonté le mouvement autour de ce second axe; ce mouvement 
étant ainsi arrêté, le globe ne peut être déplacé qu'autour du premier axe, 
et alors sa rotation figure le mouvement diurne. 

Pour avoir égard à la précession, il suffit de libérer la sphère dans le 
second méridien et de la placer dans la position correspondant à l'époque 
considérée. 

A l'exception de l'horizon, qui, soutenu par du bois, est plus mince, 
ces divers cercles ont 12™"' d'épaisseur et 20'"'" de largeur: tous sont 
divisés. 



NAVIGATION .MARITIME ET AÉRIENNE. — M. L. Fa\é, en faisaul hommage à 
l'Académie, de Gra/i/nVjites destinés éi la détermination des Routes orlho- 
di-omiques, s'expriuie comme il suit : 

Pour tracer sur les cartes marines, en projection de Merralor, la route 
d'un point à un autre, on joint d'ordinaire ces points par une droite. La 

(' ) Séance du i\ janvier 1921 . 



SÉANCE nu 3l JANVIER 1921. 253 

courbe qui, sur la sphère terrestre, correspond à cette droite, n'est pas la 
plus courte de celles que l'on peut tracer entre ces points, car c'est une Io.vd- 
dromie, et non un arc de grand cercle. 

On peut réaliser une économie de temps cl de combusliMe, notable pour 
de longs parcours, en faisant suivre au navire, non plus la loxodromic mais 
l'arc de grand cercle auquel on a donné le nom de route orlhodromique. 

Le tracé de ces arcs et la détermination des angles de route reposent sur la 
résolution de triangles sphériques. On s'est ingénié depuis longtemps à 
remplacer, pour cette application, le calcul logarithmique par des procédés 
plus simples et plus rapides; aucun d'entre eux n'est devenu d'un usage 
général. 

Pour la navigation aérienne, le gain de temps et l'économie de combus- 
tible sont également d'une haute importance et la simplification du tracé de 
la route la plus courte n'est pas d'un intérêt moindre. L'un des procédés 
entre lesquels on a le choix consiste à substituer à la projection de Mercator 
la projection centrale ou gnomonique, sur laquelle tout grand cercle est 
représenté par une droite; cette solution paraît, au premier abord, convenir 
particulièrement à cette application. Des cartes ont été établies dans ce sys- 
tème de projection en 1878, par le commandant Hilleret, et il semble facile 
de les modifier et de les compléter pour répondre aux besoins de la navi- 
gation aérienne. 

Mais on reconnaît, par une étude détaillée, qu'aux inconvénients qui ont 
empêché ce procédé de prendre l'extension que paraissait comporter son 
élégance, s'en ajoutent d'autres résultant de ce que les parcours à envisager 
ne sont plus limités aux océans. 

La solution nouvelle consiste dans l'emploi d'une feuille transparente 
sur laquelle sont tirées des courbes cotées représentant, en projection 
de Mercator, une série de grands cercles coupant l'équatcur aux extrémités 
d'un même diamètre. Si cette feuille est appliquée sur un planisphère 
représentant l'ensemble du globe dans ce même système de projection, 
de façon que les droites équatoriales coïncident, une translation latérale 
permet d'amener les points de départ et d'arrivée marqués sur le plani- 
sphère, à se trouver sous une même courbe. Cette courbe est, en général, 
située entre deux de celles qui sont tracées, dont on fractionne facilement 
l'intervalle à vue, avec une approximation suffisante si elles sont assez rap- 
prochées. En opérant par tâtonnement, on amène très rapidement le gra- 
phique à la position voulue et l'on peut, soit décalquer l'arc de courbe utile 
sur le planisphère, soit en relevant les coordonnées géographiques d'un cer 
tain nombre de ses points, le reporter sur une carte quelconque. 




254 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Une deuxième famille de courbes d'une autre couleur permet, d'une 
part, de mesurer la distance ortliodromique: d'autre part, par un artifice 
très simple, de déterminer l'angle de roule avec une exactitude plus grande 
que par une mesure directe au rapporteur. 

Un premier graphique s'applique à un planisphère spécial embrassant 
l'ensemble du globe, sauf les régions polaires; un second se rapporte au 
planisphère terrestre en trois feuilles, publié antérieurement par le Service 
Hydrographique, qui convient particulièrement à l'étude des itinéraires 
aériens. 

La route la plus courte, au point de vue géométrique, n'est pas toujours 
celle qu'il convient de suivre, mais on peut poser en principe qu'il est 
nécessaire en navigation maritime à vapeur et même à voile, ainsi qu'en 
navigation aérienne, de la prendre comme base de discussion pour trouver 
l'itinéraire le plus avantageux. L'économie qu'elle permet de réaliseï- peut 
sembler négligeable pour de courts trajets, mais il faut remarquer qu'elle 
se multiplie par le nombre des voyages et qu'elle augmente plus rapide- 
ment que la distance à franchir. Les avantages de la navigation aérienne 
seront d'ailleurs d'autant plus grands que l'on pourra effectuer, sans 
escales, des trajets de plus en plus longs. 

Pour réaliser des économies dont l'importance deviendra de plus en plus 
sensible, les marins et les navigateurs de l'air doivent ne négliger dans 
aucun cas la considération de l'orthodromie; les nouveaux graphiques 
leur apportent, à cet effet, toutes facilités. 

Ces graphiques se prêtent à une autre application. 

Les rayons hertziens suivent sur la surface de la Terre, abstraction faite 
des perturbations, des arcs de grands cercles. La délermination de l'orien- 
tation à donner aux appareils pour l'émission et la réception des signaux 
de T. S. F. s'effectue au moyen de ces graphiques avec une grande facilité. 
et ils seront d'un emploi avantageux pour l'élude et la pratique de la radio- 
goniométrie. 



BOTANIQUE. — Observations sur une Aligne citllivér à V obscurité 
depuis huit ans. Note de \l. A. -P. Daxgeaud. 

On sait qu'une plante verte conservée à l'obscurité s'étiole, perd sa 
chlorophylle et ne renferme plus au bout d'un certain temps que des 
pigments carotinoïdcs : c'est le cas de la Barbe de capucin. 

D'autre part, il est facile de constater qu'une graine qui germe en 



SÉANCE DU 3t JANVIER I921. 255 

l'ahsence de lumière fournit une [)lantule qui reste incolore, tant que la 
radiation n'intervient pas. 

La production de la chlorophylle semble donc liée d'une ra(;on étroite 
et même nécessaire à l'aclion de la lumière. 

Il existe pourtant d'assez nombreuses exceptions à cette règle : ainsi cer- 
tains végétaux, comme les Fougères et plusieurs Algues {ChloreUa, Scene- 
desrnus, Stichococcus) conservent leur couleur verte à Tobsourité. 

Ce verdissement chez les Algues privées de lumière a été signalé déjà 
par un certain nombre d'auteurs (Artari, Radais, Malruchot et Molliard, 
Chodat, Kufferath) : il y avait place cependant pour une expérience de 
longue durée du genre de celle dont je vais maintenant indiquer les prin- 
cipaux résultats. 

La culture initiale du Scenedesmiis aculiis m'a été fournie aimablement 
par notre confrère, le professeur Chodat de Genève : les cultures que je 
présente aujourd'hui à l'Académie proviennent, par repiquages successifs 
opérés tous les deux ou trois mois, d'une culture placée à l'obscurité com- 
plèle le 9 janvier 1913 : comme les repiquages sont efîeclués en quelques 
secondes et à tâtons, on peut dire que les milliers de générations qui se sont 
succédées dans les différents milieux nutritifs employés n'ont jamais reçu 
de lumière depuis huit ans : or ces cultures sont aussi vertes que celles qui 
ont été conservées à la lumière et d'autre part l'examen du spectre d'absorp- 
tion de la chlorophylle ne montre aucune différence dans les deux séries. 

Après une expérience aussi longue, on peut donc affirmer que la chlo- 
rophylle, chez le Scenedcsiniis aciitus se forme en l'absence d'une action 
proche ou lointaine de la lumière : on pourra cujiwer cette Algue indéfini- 
ment à l'obscnrité sans quelle cesse d'être- verte^ à condition bien entendu de 
lui fournir un milieu nutritif favorable . 

Tous les milieux de culture ne conviennent pas à une expérience de ce 
genre; celui auquel je me suis arrêté en utilisant les renseignements 
fournis par Grintzesco et Chodat est constitué de la manière suivante : Eau 
distillée, 1000»; nitrate de calcium. 0^,5; chlorure de potassium, o^jS; sul- 
fate de magnésium, o»,5; phosphate de potassium, o",5; sesquichlorure de 
fer, traces; glucose, i pour 100; peplone, 0^,8; le tout rendu solide par 
2 pour 100 de gélose. Il est bon de temps en temps d'utiliser un milieu 
liquide : on supprime alors simplement la gélose. 

En augmentant la dose de glucose, on obtient des colonies étiolées, plus 
ou moins incolores : il arrive également qu'avec la dose normale, le centre 
des colonies âgées soit incolore; mais un nouveau repiquage remet les 
choses en état. 



256 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Le Scenedcsnius se reproduit vraisemblablement au moins une fois par 
24 heures. Dans mes cultures, la nutrition liolopbylique, c'est-à-dire Fassi- 
railalion du carbone de CO- sous Tinlluence de la radiation a donc été 
suspendue au cours de ces huit années d'obscurité, pour des milliers de 
générations. 

Il était dès lors intéressant de voir dans quelles conditions la fonction se 
rétablirait à nouveau en présence de la lumière; or, j'ai pu constater que le 
dégagement d'oxygène, en milieu liquide, se produit déjà parfois à la 
lumière électrique au bout de 5 heures d'exposition, d'où cette conséquence 
un peu inattendue : 

La disparition complète de la fonction chlorophyllienne pendant des années 
n'a pas en plus d'effet sur l'Algue que les quelques heures d'obscurité à laquelle 
elle est soumise chaque nuit dans la nature. Cette constatation n'est guère en 
accord avec tout ce que nous savons par ailleurs des effets du non-usage 
d'une fonction chez les êtres 'vivants. 

Les modifications dans la morphologie de l'Algue et sa structure sont 
très profondes et nombreuses : beaucoup sont. dues à l'influence d'un 
milieu nutritif solide; d'autres résultent de l'absence de lumière. Il est 
difficile, sinon impossible, de faire la part exacte de chaque facteur dans 
les changements observés ; mais ces caractères nouveaux ne possèdent 
aucune fixité : ils disparaissent rapidement sitôt que l'Algue est replacée 
dans son habitat ordinaire ou simplement en milieu nutritif Hquide: leur 
étude, surtout celle qui concerne les variations de structure, est cependant 
fort instructive. 

La structure normale du Scenedcsnius acutus comporte des colonies 
de deux, quatre ou huit cellules associées latéralement (L fig- i) : ces 
cellules sont allongées en pointe à leurs deux extrémités, d'où le nom de 
l'espèce. Sous la membrane, on trouve un cytoplasme qui renferme, 
comme dans toute cellule végétale ('), un plnstidome avec phistes C, un 
vucuorne avec me tachromatine et corpuscules mètachromatiques et un sphé- 
rome avec microsonies : le noyau qui est situé d'ordinaire au milieu du 
cytoplasme comprend une membrane nucléaire, un nucléole cential et un 
nucléoplasme homogène ou finement granuleux (L fîg- 2). 

he plastiJome est représenté par un chlomplaste unique C disposé laté- 
ralement et occupant une partie plus ou moins grande de la cellule : il 



C) l'.-A. DAMîEAnD, Sur la distinction du ciiondriome des auteurs en vacuonie 
plaslidome et spliéronie {Comptes rendus, X. !()!), 1919, p. loo")); La structure de la 
ellule végétale et son mctaholisnie (Comptes rendus, t. 170, 1920, p. 709). 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 267 

renferme en son centre un pyrcnoïde entouré d'une couche d'amidon : 
à Pintérieur du plaste et selon les conditions de l'assiniilalion chloropliyl- 
lienne, on trouve ou non des granules amylacés. 

Le spliéromc comprend un petit nombre de microsomi's réfringents Mt qui 
sont susceptibles de se transformer en i;lobulcs d'huile. 













Le vdcuome mérite un examen spécial, car il ressemble tout à fait à celui 
que j'ai observé chez beaucoup d'Algues unicellulaires {Chlamydomonas 
Gonium, etc.). Le bleu de crésyl fait apparaître dans le cytoplasme un 
nombre variable de sphérules métachromaliques de grosseur différente. 
Ces sphérules M correspondent à des vacuoles élémentaires dont le 
contenu est dense et formé de métachromatine en solution colloïdale : ce 
sont donc des métachromes. 

On sait que ces métaclH-omes, dans les cellules végétales, s'allongent 
ordinairement en bâtonnets ou en filaments qui s'anastomosent ensuite en 
réseau avant de s'unir pour donner les vacuoles ordinaires : ici, chez le 



258 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Scenedesmux, l'évolution du vacuome s'arrête au stade des inétacliromes de 
forme sphérique. Je n'ai vu qu'une fois les niétacliromes s'allonger en fila- 
ments plus ou moins contournés : il s'agissait d'une culture sur agar glu- 
cose, venant de lobscurité et placée à la lumière, après addition du liquide 
nutritif indiqué ci-dessus. Le nombre des métacliroines et leur grosseur scfnt 
très variables : à l'intérieur, il ne se forme, sous l'influence du colorant 
vital, qu'un seul corpuscule mélachromatique qui se confond avec la vacuole 
ou ne s'en trouve séparé que par un mince intervalle; assez rarement et 
seulement avec des vacuoles plus grosses, en nombre réduit, il y a préci- 
pitation de plusieurs corpuscules métacliromatiques. 

La multiplication, chez le Sccncdrsmus acutus, a lieu de la manière sui- 
vante : dans chaque cellule, le noyau se divise suivant l'axe et une cloison 
médiane, perpendiculaire à cet axe, intervient qui sépare le corps en deux 
moitiés ; chaque moitié s'allonge de façon à devenir progressivement paral- 
lèle à la seconde moitié. Si la paroi de la cellule mère se gélifie à ce stade, 
on a une colonie de deux individus qui restent accolés. 

Le plus souvent, chacune des moitiés subit également une division trans- 
versale, d'où l'aspect si fréquent des cellules mères en division ( I, /ig. 6) ; 
chacune des quatre cellules ainsi formées s'allonge suivant l'axe; lorsque 
la membrane de la cellule mère se gélifie, les quatre cellules filles s'étalent 
sur un même plan, en restant parallèles, d'où la forme si curieuse des colo- 
nies ([,/7^. 3-7). 

Pendant ceU3 multiplication, la division du noyau est accompagnée par 
Cille du chloroplastaet la cellule mère, comme les cellules filles, possèdent 
de nombreux métachromes dans leur cytoplasme. 

Dans les cultures conservées à l'obscurité, les modifications qui portent 
sur la morphologie des cellules et leur strucluie se retrouvent pour la 
plupart dans les cultures ordinaires maintenues à la lumière : seule, la 
disparition du pyrénoïde semble être en rapport direct avec l'absence de 
lumière. 

Si celte disparition du pyrénoïde était devenue définitive, on aurait 
obtenu par ce séjour prolongé de l'Algue à l'obscurité une espèce ou tout 
au moins une variété nouvelle : or, il n'en est rien : duns les cultures replacées 
à la lumière et en milieu liquide^ le pyrénoïde fait son a/jparition dés le qua- 
trième Jour chez quelques cellules : au bout d'une dizaine île jours, tous les 
inelividus en sont pounus. 

La conclusion importante qui se dégage de cette observation, au point 
de vue de la systématique est celle-ci : I. a présence ou l'absence de pyrénoïde 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 2,59 

dans une Algue constitue un caractère systématique de premier ordre, à condition 
que celle-ci soit étudiée dans son liahitat ordinaire. 

Les variations d'ordre morphologique qui se produisent clicz le Sccnedes- 
nnis acutus avec les différents milieux nutritifs employés, ont été trop bien 
décrits par Chodat pour qu'il soit nécessaire .d'y revenir ici puisque 
l'obscurité ne semble pas intervenir comme un facteur important; je me 
contenterai donc d'étudier les principales modifications qui portent sur la 
structure cellulaire. 

hes cidlures sur carotte à l'obscurité qui, au début, fournissaient rapide- 
ment de belles colonies, sont devenues par la suite presque impossibles 
à réaliser : après les réensemencements, les colonies restaient microsco- 
piques. 

En général, les cellules de forme ovale ou même complètement sphériques 
sont hypertrophiées, volumineuses : la meml>rane s'est épaissie fortement 
montrant parfois des stries concentriques : elle se colore par le vert d'iode 
et par le bleu de crésyl, prenant avec ce dernier réactif une couleur rouge 
vineux : le chloropilaste plus ou moins décoloré contient de nombreux 
grains amylacés (') ; les métachromes sont également nombreux dans le 
cytoplasme; certains individus renferment un grand nombre de chloro- 
plastes distincts chargés de granules d'amidon : on trouve çà et là des 
sporanges donnant naissance à quatre, huit ou seize spores (\\, fig. i-3). 

Parfois, dès le quinzième jour, les cellules se trouvent arrêtées dans leur 
multiplication : elles sont devenues sphériques el ont subi une sorte d'en- 
kystement; le chloroplaste unique est très développé, presque incolore; 
comme dans tous les cas de décoloration, la teinte verte est visible seule- 
ment autour de certains grains amylacés, que l'on pourrait j>rendre faci- 
lement pour des chloroplastes distincts; les métachromes, nombreux et 
assez gros, remplissent le cytoplasme (II, fig. 5). Beaucoup de ces indi- 
vidus renferment plusieurs noyaux et montrent à leur intérieur des prolon- 
gements internes de la membrane, métachromatiques comme elle et très 
irréguliers (II, //,!>■. 5). 

Les cultures ordinaires sur gélose à l'obscurité sont restées jusqu'ici vigou- 
reuses: elles fournissent assez rapidement de belles colonies. 

Dans les colonies jeunes, tous les individus ont une belle couleur verte 



(') Il est nécessaire de noter que par.toiit, dans ces cultures, l'amidon ne pi-ésente 
pas, avec les réactifs iodés, une couleur bleue, mais une teinte rougeàlre qui est celle 
de l'amylodextrine. 



26o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

(III, //i,''. 8-10), le chloroplasie est souvent fragmenté en 4, 8, iG, 3a cor- 
puscules discoïdes à contour irrégulier (l\l, /ïg. 2-4); cliacun d'eux est 
parfois rempli de nombreux petits grains amylacés serrés les uns contre les 
autres. Ces individus à nombreux chloroplastes se transforment par des 
divisions plus ou moins simultanées de leur contenu en sporani;es à 4, 8, 
16 ou même 32 spores (III, /ig. 3-G), de nombreux métacliromes sont 
visibles dans chaque cellule. 

Sur des cultures âgées, le centre est occupé par des cellules plus ou moins 
incolores, avec seulement quelques granules amylacés et parfois un cristal 
de Caroline; on ne dislingue plus sur le vivant aucune différence entre le 
ehloroplaste et le cytoplasme (III, //i,'\ 12); l'emploi du colorant vital 
permet de reconnaître ce dernier, en y rendant visibles les métachromes, 
alors que les granules d'amidon sont localisés dans le plaste. Dans la zone 
de bordure qui est restée verte, les cellules, pour îa plupart, montrent les 
caractères qu'elles ont dans les colonies jeunes. 

Des cultures anciennes m'ont permis de rencontrer, au milieu d'indi- 
vidus de toutes dimensions, des cellules sphériques à membrane épaisse, 
atteignant une taille considérable, et renfermant des grains d'amidon 
relativement énormes (lll,/îg. i3); ces grains d'amidon ont le volume 
des petits individus {lll, Jig. l/^), quelques-unes possèdent encore un peu 
de chlorophylle, certaines sont incolores, elles renferment toutes de la 
métachromat?ne en abondance, et parfois plusieurs noyaux; cette produc- 
tion exagérée d'amidon est due, évidemuient, à une rupture d'équilibre 
dans les phénomènes de nutrition. 



M. Edmond Peruikii offre à l'Académie un A olumc qu'il a consacré à la 
Terre avant r Histoire. Dans ce Volume sont étudiées successivement, 
d'après les données actuelles de la Science, la naissance de la Terre, les 
transformations successives des continents et des mers et les conditions 
d'apparition de la vie. 11 est difficile de contester aujourd'hui ([ue les êtres 
vivants aient lentement évolué et que les formes actuelles descendent de 
formes antérieures qui se sont lentement modifiées et dont beaucoup ont 
disparu. Les causes de leur évolution ou de leur disparition commencent 
à être connues; un Chapitre a donc été consacré à l'exposé des principes 
d'une généalogie explicative des organismes, principes qui ont été d'abord 
appliqués à l'histoire de la formation des grands types de végétaux. Sont 
ensuite étudiés les animaux lamifiés fixés au sol et les animaux libres dont 



SÉANCE DU 3l JANVIER IQîf. 261 

le corps est segmenté; viennent après les animaux dont l'organisme a été 
profondément remanié à la suite de changements d'altitude et qui sont tous 
issus dos vers annelés,ce sont les Echinodermes couchés sur le cùlé gauche, 
les Mollusques descendant d'animaux nageurs le dos en bas, les Vertébrés 
et los Tuniciers descendant de V Amplno.rus d'abord pleuronecte, puis se 
renversant de manière à faire de sa face ventrale et réciproquement, comme 
l'avait pressenti M. (îeofTroy Saint-Milaire, en raison de la tachygénèse du 
système nerveux. L'histoire du peuplement de la haute mer et des conti- 
nents fait l'objet de Chapitres spéciaux, el un exposé de la faune et de la 
llore aux diverses époques géologiques termine l'Ouvrage. 

PHYSIQUE. — Le diamèlre rectiligne de F hydrogène. 
Note de MM. E. Mathias, C.-A. Crommeli.v et H. Kameri.i\gu Ox.ves. 

1. Nous avons mené à bien, au laboratoire cryogène de Leyde, l'élude de 
la courbe des densités de Fhydrogène entre le point critique ( — aSg^jQi G.) 
et le point d'ébuUition ( — aSa^j^G C). Des études antérieures avaient 
déterminé les densités du liquide entre le point d'ébullilion et le point de 
solidification ('), ainsi que la température et la pression critiques (-). 

2. Nos appareils étaient à peu près les mêmes que dans les recherches 
qui viennent d'être mentionnées et auxquelles nous renvoyons pour les 
questions de détail. Le cryostat seul différait essentiellement des bains de 
liquides employés dans les recherches portant sur d'autres gaz. Comme il 
n'existe pas de corps bouillant sous la pression atmosphérique et les pres- 
sions plus faibles entre — 289°, 91 C. et — 252", 66 C. ('), nous avons fait 
usage d'un cryostat à vapeur d'hydrogène surchauffée, dans lequel la 
vapeur d'hydrogène, obtenue par l'évaporalion du gaz liquéfié, est chauffée 
au moyen d'un courant électrique (')• Grâce à un réglage automatique du 
courant, nous avons pu maintenir la température constante à o°,oi près 
pendant plusieurs heures consécutives. 

(') II. Kamerlingh Onnes el C.-A. Crommelin, Communications fro/n llie phrsical 
Laboralory of Leide/i, 11° 137 a ( Versl. Kon. AI;. Amsterdam, juin igiS). 

('-) II. IvAMEiiLiNGH Onnes, C.-A. Cro.mmelix el P. -G. Catii, Comm., n" loi c {Versl. 
Kon, Ak. Amsterdam, mai 1917). 

{") Le néon excepté. Mais ce corps n'est utilisable que dans un très petit intervalle, 
entre — 2^5°, 92 G., son point délïullition, et — 249°, 76 son point de solidification. 

(') II. KAiiiiiiLiXG OxNES, Comm., n° \o\ a {Versl. AI;. Amsterdam, fi'\rier 1917)- 



262 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les températures ont été déterminées à Taide de deux thermomètre? à 
rêsislance de platine comparés directement au thermomètre à liélium dans 
le même cryostat. 

L'hydrogène, originaire des appareils utilisés pour la litjuéfaclion de ce 
gaz, purifié et distillé à sa température d'ébuUition, pouvait être considéré 
comme 'absolument pur. La série entière de nos déterminations a exigé la 
préparation d'environ 170' d'hydrogène liquide et d'environ l\oo^ d'air 
liquide. 

Nous avons admis pour le poids d'un litre d'hydrogène dans les condi- 
tions normales le nombre de Morley, soit o'^joSgS'yS. 

3. iSous avons réuni dans le Tableau suivant les nombres trouvés pour 
les densités et 0' du liquide et de la vapeur saturée à la même tempéra- 
ture (échelle absolue thermodynamique) et pour l'ordonnée v du dia- 
mètre. JNous y avons joint les nombres concernant la région de — 253" C. 
à — 259''C. déterminés en iQiS par deux d'entre nous, l'ensemble étant 
utilisé pour le calcul du diamètre rectiligne. 



<) 


1' 










.1- 


(0l)S.) 


y (obs.) 


en ileg. C. 


en .lej:. K. 


ô(o1js.). 


S'(obs.). ,1 


i(ol,S.). 1 


i-rcalc). 


—r 


(cale). 


->■ (' 


calc). 


—'240,07 


32° 52 


0,043 16 ' 


i),oi92'. o,()3i 19 1 


i),o3i 38 


— 


,00009 


— c 


r 100 
'.29 


—24., 83 


' 31,26 


5ooi 


i366 


3i84 


3178 


-H 


06 


-1- 


'9 


— 243,03 


3o,o6 


54oi 


loSi 


3241 


3225 


-h 


16 


-t- 


49 


-244,3o 


^^8.79 


5740 


0S06 


3270 


3275 


~ 


0! 


— 


06 


—245,73 


27,36 


6o5o 


061 3 


3332 


333 1 


-h 


01 


+ 


o3 


—247.79 


25, 3o 


6416 


o4o5 


34 1 1 


34 1 i 


— 


01 


— 


o3 


-249.89 


2 3,20 


6724 


0264 


3494 


3495 


— 


01 


— 


o3 


—252,68 


20, 4 I 


7081 


oi35 


36oS 


36o5 


-+- 


• o3 


H- 


oS 


— 353,24 


'9,H5 


7,37 


01 16 


0627 


36', 7 




00 




00 


-253,76 


.9.33 


7192 


0101 


3647 


3648 


— 


01 


— 


o3 


—205,19 


'7-90 


7344 


0064 


3704 


3704 




00 




00 


— 255,9() 


17,10 


742. 


0049 


3736 


3735 


-1- 


01 


-1- 


o3 


-256,75 


16,34 


7^9^ 


oo38 


3766 


3765 


-+- 


01 


-H 


o3 


— 257,23 


1 5 , 86 


7538 


oo3i 


3784 


3784 




• 00 




00 


-2.58,27 


14,82 


763 1 


0020 


3826 


3825 


-)- 


01 


-1- 


o3 



Les valeurs calculées de l'ordonnée du diamètre, déduites des valeurs 
observées par la méthode des moindres carrés en laissant de côté les trois 
valeurs les plus proches du point critique, sont données par la formule 

V (cale.) =-r — o,o63 5 10 — 0,000 39'] 02 9. 



SÉANCE DU 3l JANVIER 192I. 203 

Le coefficient iiiigulairc du diamètre est 

a. -- — 0,000 394 02 ; 

c'est la plus petite valeur qu'on ail jamais trouvée. 

La formule du diamètre donne, à la température critique — 2^9", 91 C, 
pour la densité critique : A = o,o3. 

Le coefficient critique 

H0A „ „ 



(0 = température critique absolue, - = pression critique, R =• constante 
des gaz) fournit aussi la plus petite valeur de cette grandeur. 

4. Les déviations du diamètre sont pour la plupart petites etne dépassent 
guère j-^, en sorte que nous pouvons conclure que l'hydrogène obéit à la 
loi du diamètre rectiligne. Cependant les trois points du diamètre les plus 
proches du point critique montrent un ensemble d'écarts plus considérables 
dont le plus grand atteint 7^. L'azote nous a montré des déviations du 
même genre et même beaucoup plus graves (-^); pour l'argon, les dévia- 
tions conservent le même caractère, mais sont très peu prononcées. 

Nous ne donnerons pas d'explication de ces anomalies. Quoiqu'il soit 
possible qu'il y ail de petites déviations, il nous parait bien plus probable 
que les déviations constatées, à cause même de leur allure, ont leur cause 
dans quelque défaut de la méthode, peut-être même dans quelque irrégula- 
rité de la condensation de la vapeur contre les parois du dilatomètre, 
laquelle se manifesterait principalement au voisinage du point critique. 

5. Les données que nous avons obtenues, combinées avec les tensions de 
la vapeur saturée, permettent le calcul de la chaleur de vaporisation L et de 

la grandeur 

f/L L 
"'-"' = ^-^T' 

dans laquelle m et ««'sont les chaleurs spécifiques du liquide et de la vapeur 
saturée à T". Dans une Note ultérieure nous donnerons les valeurs de ces 
grandeurs, non seulement pour l'hydrogène, mais aussi pour les autres 
corps : l'oxygène, l'argon, l'azote, dont nous avons déterminé le diamètre. 
Ces expériences ont été faites à l'aide de la subvention prise sur le fonds 
Bonaparte, que l'Académie a bien voulu attribuer à nos travaux, et pour 
laquelle nous lui exprimons notre gratitude. 



264 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



ELECTIONS. 

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Membre 
de la Section de Chimie, en remplacement de M. Armand Gautier, décédé. 

Au premier tour de scrutin, le nombre de votants étant Go, 

M. Auguste Béhal obtient 3- suffrages 

M. Albert Colson » lo » 

M. Georges Urbain » lo » 

M. Camille Matignon » 3 » 

M. Auguste Béhal. ayant réuni la majorité absolue des suffrages-, est 
proclamé élu. 

Son élection sera soumise à l'approbation de M. le Président de la 
République. 

Par 1 voix contre i à M. E. H. Frost, M. Er\est AV. Krowx est élu 

Correspondant de l'Académie pour la Section d'Astronomie, en remplace- 
ment de M. l'icAeri/io, décédé. 



CORRESPONDANCE . 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

1° .1. Iloucii, Le compas de navigation aèrirnne. 

■i" Les progrès de la Chimie rn i;)ir). Traduction française autorisée des 
Annual Mrpnrls on the Progress of Chemistry for 1919, vol. XIV, issued by 
ihe CiiKMK.AL So(:u:ty, publiée sous la direction de Andrk Kling. 



L'Académie des Sciences de Lisbonne adresse l'expression de ses condo- 
léances à l'occasion du décès de M. Armand Gautier. 



SÉANCE DU 3l JANVIER I92I. 205 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les fonctions (tiitomorphes. 
Note de M. Guioo Fubixi. 

Dans une Note antérieure ('). M. Cî. Giraud cite le tliéorème suivant, 
énoncé par moi dans mon Traité : Introduzione alla teoria dei gruppi 
discontinui e délie funzioni automorfe. 

Un groupe G de colllnéalions réel'es, privé de transformations infinité- 
simales, qui transforme en elle-même une forme quadratique du type 

\ =: j'\ -\- x:, — ..ri — j'I — ... — a;, 

(ou, ce qui revient au même, une forme réductible au type précédent au 
moyen d'une collinéation réelle), opère d'une manière proprement discon- 
tinue sur les points imaginaires de la quadrique V = o. 

Il trouve que ce théorème est en contradiction avec un de ses résultats. 
Et il a parfaitement raison; mais la contradiction disparaît bien facilement. 
Il suffit de répéter dans V énoncé du théorème une condition, que je suppose 
satisfaite dans ma démonstration, sans l'avoir, par distraction, énoncée expli- 
citement. Dans ma démonstration, on parle, en effet, seulement des points 
imaginaires A de la quadrique. qui jouissent de la propriété suivante : 
La variété polaire, par rapport à la quadrique V, de la droite réelle qui passe 
par A, rencontre la quadrique en des points imaginaires. Et si l'on énonce 
explicitement cette condition, dont ma démonstration fait usage, mon 
ancien théorème coïncide avec le théorème découvert récemment par 
M. Giraud. 

ANALYSE MATHÉMATiQUi:. — Sur une classe de fonctions multiformes. 
Note de M. Théodore Varopoulos, présentée par M. P. Appell. 

1. Dans cette courte Note, je me propose de préciser et de compléter les 
résultats que j'ai obtenus dans mes Notes antérieures (■) et surtout d'établir 
des classes étendues de fonctions d'un nombre infini de branches qui 
n'admettent qu'un nombre fini de valeurs exceptionnelles. 

Soient la fonction a = 9(:;) définie par une équation de la forme 

(I) ¥ {z, u) = \,{z) + \,{z)„ + .K,{z)„'- -\-. . .-^ \„{z.)u" + . . .= 

(') Comptes rendus, t. \~\, 1920, p. i365. 

(-) (Jotnples rendus, t. 171, 1920, p. 991, i2no et i368. 

C. R.,iQ-ii,i" Semestre. (T. 172, N" 5.) 20 



266 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



et e^"'''' Tordre de grandeur de la fu/iclion cnliére A„( : ) | /« = o, i , 2, . . . , oc] 
et^^'' le plus grand des ordres de grandeur de toutes les fonctions A„(;). 
Supposons que r'""' décroît lorsque n croit indéfiniment, de sorte que 
l'on puisse désigner une valeur v de n assez grande mais fixe, telle que l'iné- 
galité ii'p-v entraine 

;J.(/■)>|J(/■;^ 

OÙ > I quelconque, à partir d'une valeur de r = | ^ |. 

Si le rapport p^''^'^'' des ordres de grandeur des coefficients A,+,(;;), 
Ai{z) tond vers zéro avec - à partir d'une valeur /•„ de r, nous aurons l'iné- 
galité 

M,( ;, iij)\ <ci'-"-)'"'. 

a étant assez pelil, quel que soit le nombre itj, ou 

\{, {z,ii) = Av+, ( -- ) "■'+' + A,_^, ( : ) «^+2 _^ _ . 

comme l'a démontré M. Rémoundos dans sa thèse intéressante Sur les 

zéros (Pline classe de Jonclioiis /ransce ridantes. 

Dans ces conditions, nous arrivons à l'énoncé suivant : 

TiiKORK.ME. — L'ensemble de râleurs exceptionnelles (E), (E,), (E.) (') ne 

surpasse Jamais v -+- 2, rin/ini compris. 

En effet, l'élimination des Ponctions A„(;), A, (::), ..., A.,(;) entre les 

équations 

F(c, Hy) = cp,(:), /=: I, 2, 3, ..., V, 

F(.-, uj) = Uj ( Oe«''--\ y = V + I , V -t- 2 

(ce qui est toujours possible), où les o,(-) désignent des fondions entières 
croissant moins vite que e''-''"', nous conduit à l'identité suivante : 

2 ff, cp, ( c) + rtv4-, Pv+, (-■)f''^'"''" + «V-H2 r*v-,-2 ( :)eU"''-"' =^ a,Rv( -", ",), 

OÙ ai a la valeur suivante : 

I II, 11: 



I II,-, ",-., 

I iii+i ii'f^ I 



"v + ! 



(') Comptes rendus, t. 171, 1930, p. 991. 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 267 

et puisque aucune des valeurs '/j+d "via ne fait partie de rensemble (l'".i), 
qui comprend ici toutes les valeurs exceptionnelles de // pour lesquelles le 

rapport 

F(z, II,) : ^"(i, </y) ^r const. ; 

d'autre part, les exponentielles e"-''*'"', r'-' *'"' croissent comme e^^''\ nous 
avons ainsi une identité qui réalise bien les conditions exigées par le 
théorème fondamental de M. Borel \^[émom' sur les zéros des fondions 
entières (Acfa ruathematica. t. 20, 1897)]. 

2. Si entre les fonctions entières A„(:), A,(r), ..., A.,(z) il n'y a pas 
de relations linéaires de la forme 

C„Ao(;) + C,A,(0+--- + CvA,(;) =:/(:), 

qjd Cg, C|, C^, ..., Cv sont des constantes et si la fonctionyi;) croît moins 
vite que c^''''", a étant un nombre positif assez petit, nous aurons le 
théorème suivant : 

Le nombre total des valeurs exceptionnelles de In fonction 11 = y{~-) dé/inie 
par l'équation ( 1 ) ne surpasse jamais v + 2, l'infini compris. 



MÉCANIQUE RATIONNELLE. — P'arialion d'une trajectoire conique sous V action 
d'une résistance de milieu. Note de M. Alex. Véronnet, présentée par 
M. P. Appel). 

Le grand axe et l'excentricité sont reliés aux constantes de la conique et 
aux valeurs r gIv du rayon vecteur et de la vitesse en un point quelconque 
par les formules 



Supposons une résistance infinitésimale, ou une percussion directement 
opposée à la vitesse c, qui introduise une perturbation instantanée w'^ de v"^. 
On obtient pour les variations correspondantes de a et e 

La variation du grand axe est toujours de même sens que celle de v'^ ou v. 
Par conséquent une résistance de milieu a toujours pour effet de diminuer 
le grand axe d'une trajectoire, quel que soit le point de la trajectoire où 



268 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

elle s'exerce, et quelle que soit la forme de cette trajectoire. Considérons 
d'abord une trajectoire hyperbolique. L'axe a est négatif. Si l'eircl delà 
résistance persiste et se renouvelle, cet axe croît en valeur absolue, passe 
par l'infini, devient positif, puis décroit indéfiniment. La trajectoire hyper- 
bolique devient parabolique, puis elliptique, et le grand axe de cette ellipse 
diminue indéfiniment. 

Pour une hyperbole ou une parabole, oe- a toujours le signe de w'- et 
l'excentricité e diminue toujours quel que soit le point de la trajectoire. 
Une trajectoire hyperbolique, e>>i, devient donc d'abord parabolique, 
puis elliptique, comme on l'a vu. 

On peut exprimer v'^ et /• en fonction de l'anomalie excentrique ii et, 

d'autre part, la résistance du milieu en fonction d'une certaine puissance ii 

de la vitesse et inverse d'une puissance //' de la distance au centre. On 

aura 

, > - . 2rt(i — e'-) ecoiii , „ . , i'" , 

(2) oe'= — i— 01% a,a— _/, rfi. 

/M I + (' cos(^ /•"' 

Pour une ellipse, le'- s'annule et change de signe pour /■ = a, c'est-à-dire 
au sommet du petit ave de l'ellipse. Une résistance de milieu diminue 
l'evcenlricilé quand elle s'exerce dans la moitié de la trajectoire qui est du 
côté du périhélie. Elle l'augmente, au contraire, quand elle s'exerce dans 
l'autre uioitié. Poincaré avait déjà fait remarquer qu'il devait en être ainsi 
au voisinage du péribélie et de l'aphélie, sans déterminer la ligne de démar- 
cation. (Hypothèses cosmogoniqiK's, p. i25.) 

Prenons alors la variation instantanée oe correspondant à oc- pour deux 
points symétriques du petit axe (cosu ayant des valeurs égales et de signes 
contraires) et pour la même longueur (/*. On obtient la variation de e durant 

une révolution complète en intégrant par rapport à ;/ de o à - 



'' " (i — e-cos'//)- - 

OÙ l'on a cos« > o. 

Chaque élément d'intégration esl nul, et jjar conséquent aussi oc, si l'on 
a « 4- /(' ;= I, c'est-à-dire /?'= o et // = i, ou /i = o et n' ^ 1 comme limites. 
L^ excentricité d'une orbite elliptique ne varie pas, si la résistance esl proportion- 
nelle à la vitesse, ou inverse de la distance. 

On aura oc <^o et l'excentricité décroit si n + n"^ i, c'est-à-dire «> i 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 269 

OU /('> I. On aura oc > o et rexcentricilé croit si l'on a /« + /«'< r el il faut 
alors « <; I el /«'<] I. VexcentrUlté cVune orbite elliptique tend rers celle d'un 
cercle, si la résistance est proportionnelle à une puissance supérieure à l'unité 
pour la ritesse ou pour l'inverse du rayon. Dans le cas contraire, rexcentricilé 
augmente et Vellipse s'aplatit de plus en plus et tend vers une droite. 

Par exemple, pour «'= o et « = 2, résistance proportionnelle au carré 
de la vitesse, on a 

^ , , «s r ' COS- (/ r/ii 

J y 1 — c'- co%- Il 



(4) 



Dans le cas limite n == «'= o, l'ésistance indépendante de la vitesse et de 
la distance, on obtient la même expression pour or, mais avec le signe 
contraire. 

On peut remarquer par le développement du numérateur de (3) que oe 
est toujours proportionnel à c comme dans (4 ). La variation est de plus en 
plus faible à mesure que l'ellipse tend vers le cercle (deuxième cas), et de 
plus en plus rapide à mesure qu'elle se rapproche de la droite (troisième cas). 

Dans le cas d'une orbite circulaire, f = o et par conséquent oe = o. 
Supposons une faible perturbation qui donne à l'orbite une légère excen- 
tricité. Dans les deux premiers cas, u -!- n'^i, la résistance du milieu tend 
à détruire cette perturbation, ou ne l'augmente pas. Le moinement circulaire 
est stable. Dans le troisième cas /* + «' <C ij la résistance tend à augmenter 
cette perturbation et l'excentricité. Le mouvement circulaire est instable. 

Si l'on désigne par 0„ l'angle du grand axe avec la direction prise pour 
origine, on aura 

,.., /' , r. r ^ ■^r , 2 SI O" a COS" a / C- \ ^ , 

(5) i-=i + ecos 5-.9„ , èB, = e'--. ^-77^1 ' '•"' 

qui donne la variation de la longitude du périhélie, proportionnelle à e'. 

On voit en résumé que la variation oa de a est indépendante de l'excen- 
tricité e. Celle de l'excentricité e est multipliée par e pour une révolution, 
celle du périhélie par e^ en chaque point. Si l'orbite est presque circulaire, 
ce seront des infiniment petits du premier et du second ordre, au moins, 
par rapport à oa. Ces variations seraient à peu près du même ordre pour 
une orbite très aplatie et tendant vers une droite. 



270 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

AÉRODYNAMIQUE. — Sur les instollatinns exoérimcnlalcs de recherches 
aèrodynamiques. Noie de M. Jean Vii.ley, présentée par 
M. L. Lecornu. 

Dans une Note récente ('), M. Margoulis a développé des considéra- 
tions très suggestives relatives à l'emploi de souf fleries aérodynamiques 
mettant en circulation de l'anhydride carbonique sous pression élevée et 
à basse température. Cette méthode expérimentale permettrait de réaliser 
sur des modèles réduits des nombres de Reynolds égaux à ceux des avions 
et dirigeables réels évoluant dans l'atmosphère. Elle permettrait même 
de réaliser en même temps, par le choix convenable de la température, 
entre la vitesse relative.!^ du modèle par rapport au gaz et la vitesse du 
son k' dans celui-ci, un rapport égal à celui de l'appareil réel en vol, 

'^ 
soit - = -• 

Ce projet fort intéressant mérite d'être examiné dans la préparation des 
programmes de recherches expérimentales relatives à l'aérodynamique; il 
doit être envisagé sous deux points de vue différents : d'une part, le point 
de vue utilitaire immédiat qui vise à rendre, si possible, plus efficaces les 
essais pratiques des modèles réduits d'appareils complexes; d'autre part, le 
point de vue scientifique, qui vise à découvrir et préciser le mécanisme des 
réactions aérodynamiques sur des solides, d'abord simples, puis de plus 
en plus complexes, pour en tirer des lois qui puissent guider a priori (et 
peut-être dans des voies très nouvelles) la construction aéronautique. 

a. Au point de vue des essais de modèles réduits, la première question 
qui se pose est d'estimer l'importance du bénéfice réalisable. 

La valeur du rapport - influe sur la forme des ondes élastiques qui 

s'éloignent du solide; elle aurait donc une importance piimordiale dans le 
cas où l'énergie dissipée par ces ondes serait une partie notable de l'énergie 
dépensée. En fait, on s'accorde, en général, à considérer qu'elle n'intervient 
pas de façon sensible dans la valeur de la résistance pour les vitesses nette- 
ment inférieures à la vitesse du son (ce qui revient à considérer la compres- 
sibililé du fluide comme prali(piement négligeable aux vitesses qui inté- 
ressent acluellemenl l'aéronautique). 

Le rôle du nombre de Reynolds — a été, par contre, niis expérimenla- 
lement en évidence à ces mêmes vitesses. I/égalité des nombres de Reynolds 

(') Comptes rendus, l. 171, 1920, p. 997. 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 27 1 

exprimo la condition pour que, dans deux expériences à comparer, les 
forces d'inertie et les forces de viscosité (proportionnelles aux gradients 
tangentiels de vitesse) soient modifiées dans le même rapport. Cela permet, 
non d'évaluer quantitativement, mais de définir qualitativement les cir- 
constances qui peuvent réduire l'importance pratique de la condition de 
Reynolds, et par conséquent aussi les sacrifices à consenti]' pour la satis- 
faire : 

Les forces (le ^•iscosité, bien qu'elles joiienl loujoiirs un rôle primordial dans ramol- 
lissement ultérieur des mouvements imprimés à l:i masse lluide, peuvent n'intervenir, 
dans la réaction exercée sur le solide, que par des termes pratiquement négligeables 
auprès des réactions d'inertie. C'est ce qui se passe par exemple lorsque, pour une 
famille de corps homnihéliques de forme géométrique simple, la loi de résistance 
kl-v'^ reste pratiquement vraie, dans de l'air invariable, pour des variations impor- 
tantes de la dimension / de référence. La condition de Reynolds, nécessaire en toute 
rigueur, est alors pratiquement sans importance. 

Inversement, il pourrait arriver que la condition de Rej'nolds devienne insuffisante, 
et, de ce fait, pratiquement peu inléressante ; par exemple, si des réactions de con- 
tact autres que les forces proportionnelles aux gradients de vitesse (c'est-à-dire non 
introduites dans l'équation généiale hydrodynamique) intervenaient de façon notable. 
Dans le cas des fluides gazeux, les distances inlermoltculaires sont assez grandes pour 
que les actions de contact entre molécules restent probablement négligeables, auprès 
des échanges de quantité de mouvement entre couches voisines qui constituent le 
phénomène normal de viscosité; il semble donc que seule l'influence du polissage des 
surfaces solides puisse introduire dans les résultats des divergences liées à la nature 
des molécules. Dans les milieux liquides, les résultats des essais effectués jusqu'ici à 
des vitesses faibles, et dans des conditions géométriques simples (tuyaux, frottements 
tangentiels de disques, etc.), semblent prolonger ceux obtenus dans l'air, conformément 
à la même équation générale du mouvement des fluides incompressibles (compte tenu 
de la densité p et du coefficient de viscosité normale fx) ; ces essais ne suffisent 
peut-être pas cependant pour affii-mer que, dans ta résistance globale exercée par un 
liquide sur un solide de forme complexe à des vitesses très variées, les décollements 
de filets (qui jouent un rôle si important dans la valeur de la résultante) ne seront pas 
influencés de fiu;on appréciable par les propriétés spécifiques des molécules (mises en 
évidence pjr les phénomènes de lubrification et par les variations de viscosité des 
fluides en fonction de la pression). 

De là résulte seulement que, dans l'élat actuel des données expérimen- 
tales acquises, il y a encore lieu d'être prudent pour extrapoler d'un fluide 
à un autre des résultats d'essais de résistance : il faudra être sûr de ne pas 
introduire ainsi des erreurs du même ordre que celles qu'on cherche à éli- 
miner; cela exige encore tout un ensemble de recherches expérimentales 
comparatives que le Service technique de l'Aéronautique a entrepris de 
réaliser progressivement. 



272 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

b. Au point de vue des recherclies scientifiques, la soufflerie proposée 
par M. Margoulis permettrait sans aucun doute des expériences très inté- 
ressantes pour l'élude comparée des phénomènes aérodynamiques dans 
divers gaz. Il ne faut pas, toutefois, perdre de vue que presque tout reste 
à faire pour arriver à analyser et interpréter les phénomènes aérodyna- 
miques dans l'air; et, pour cela, il importe avant tout d y poursuivre des 
recherches expérimentales méthodiques en étendant progressivement le 
champ de \ariation des vitesses réalisables et des dimensions des solides, en 
étudiant des formes géométriques de complexité croissante, et en faisant 
variei", si possible, la pression et la température. 

En résumé, et c'est la conclusion à laquelle nous aboutissons immédia- 
tement, la réalisation de souffleries à gaz carbonique sous forte pression 
parait intéressante; mais elle doit être envisagée en complément et non pas 
en remplacement des installations d'expérience dans lair atmospliérique 
(tunnels, chariots et dispositifs auxiliaires d'étude des filets d'air), qu'il 
importe avant tout de perfectionner et même de multiplier si l'on veut 
pouvoir espérer des progrès sérieux dans la science aérodynamique (et, 
par contre-coup, dans l'Aéronautique pratique). Des tunnels étanches et 
capables de résister à des différences de pressions notables entre riiilérieur 
et l'extérieur étendraient fort utilement le champ des recherches expéri- 
mentales nécessaires pour arriver à ces progrès; leur réalisation soulève 
d'ailleurs de sérieux problèmes de construction. 



PHOSPHORESCENCE. — Action des rayons rouges et infra-rouges sur les 
substances phosphorescentes. Note de M. Maurice Curie, présentée par 
M. Lippmann. 

L'action extinctrice qu'exerce la partie la moins réfrangible du spectre 
sur les substances phosphorescentes est un phénomène connu depuis long- 
temps; il a été observé sur les sulfures alcalino-terreux et sur le sulfure de 
zinc. On peut, par exemple, projeter un spectre sur une de ces sidjstances, 
au préalable fortement insolée à l'aide d'une source riche en rayons de 
courtes longueurs d'ondes; on o!:)serve que la place où s'étalaient les rayons 
de grandes longueurs d'ondes est rendue obscure. On pîul constater aussi 
que ces sulfures, exposés au soleil, s'insolent mieux derrière un verre bleu 
absorbant une partie des radiations rouges. D'autre part, avec le sulfure de 
zinc notamment, il y a, au début de l'action des rayons rouges, un bref ren- 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 278 

forcement dV'clat suivi d'une cluite brusque; la quantité de lumière resti- 
tuée pendant l'extinction par les rayons rouges est bien inférieure à celle 
restituée lors de l'extinction normale (travaux de Becquerel, Lenard, 
Nichols et Merritt, Ives et LuUiesh, etc.). M. Perrin a observé, comme 
je l'ai remarqué de mon enté, que l'on ne peut provoquer une réappari- 
tion de luminosité par cliauffage; certains échantillons m'ont cependant 
donné un faible retour de luminosité, mais, à l'examen à la loupe, j'ai cons- 
taté la présence de points lumineux montrant qu'il y avait tribolumines- 
cence sous l'action de la chaleur. 

Les divers expérimcnlaleurs ont fait agir successivement les radiations 
excitatrices cl extinctrices. Dans le but d'essayer l'action de ces rayons à 
faibles fréquences sur les substances fluorescentes, j'ai employé simulta- 
nément des radiations excitatrices et extinctrices. La source excitatrice est 
une lampe à mercure munie d'un verre-filtre à l'oxyde de nickel ; ce verre 
a deux bandes de transmission; le centre de l'une d'elles coïncide avec la 
raie du mercure oi'jSGG, qui est transmise sans diminution appréciable 
d'intensité; l'autre bande est dans le rouge, région dans laquelle l'arc à 
mercure n'émet précisément pas de rayons. Avec une épaisseur de filtre 
convenable, on peut avoir un faisceau excitateur invisible; cette combi- 
naison du verre à base de nickel avec l'arc à mercure a été préconisée par 
M. Wood, de qui je liens le filtre qui m'a servi dans ces essais. La source 
extinctrice est une lampe à arc munie d'un verre-filtre fortement chargé en 
oxyde de cuivre, qui laisse passer les radiations du début de l'infra-rouge 
et une très faible partie du rouge visible seulement; ce rayonnement était 
concentré en un cercle de quelques millimètres de diamètre sur la substance 
à étudier. On réalisait, avec celle-ci, une surface de luminosité homogène, 
soit en coulant sur une plaque de verre un mélange de substance et d'une 
dissolution de celluloïd dans l'acétone, ou bien en se servant de soie teinte 
avec une substance organique fluorescente. 

Dans ces conditions : 

1° Avec le sulfure de zinc phosphorescent on observe, à l'endroit où l'on 
concentre les rayons infra-rouges, une tache noire sur fond d'une très belle 
luminosité; si l'on déplace la plage de sulfure, on met en évidence le ren- 
forcement d'éclat signalé ci-dessus; il apparaît une tache lumineuse suivie 
d'une traînée très sombre, derrière le passage du faisceau de rayons infra- 
rouges. Ce renforcement d'éclat varie en intensité et en durée avec la 
substance phosphorescente : avec un sulfure de zinc à phosphorogène 
cuivre de nuance verte, il était très bref et bien moins intense qu'avec un 



274 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

sulfure de zinc à phosphorogène manganèse de nuance jaune. En dt»hors de 
ces échanlillons de ma préparation, j'ai essayé des sulfures de zinc très 
lumineux et de teintes très diverses, variant entre le rouge orangé et le 
violet, obtenus par M. A. Guntz. Tous ces sulfures donnent les mêmes 
apparences. 

Il est à signaler que le sulfure de zinc violet s'insole parfaitement à la 
longueur d'onde peu inférieure o^,3GG, alors que le sulfure de calcium 
violet à phosphorogène bismuth s'insole fort mal dans ces conditions; 
d"autre part, bien qu'à phosphorescence très courte, ce sulfure de zinc est 
très sensible à l'action des rayons rouges. 

2° Avec une substance fluorescente, on n'observe aucune tache ni varia- 
tion d'éclat à l'endroit où sont concentrés les rayons infra-rouges. Les 
essais ont porté sur des plages de celluloïd chargé en nitrate d'urane, sul- 
fate double d'urane et de potasssium, platinocyanure de baryum, ainsi que 
sur de la soie teinte avec l'esculine, les rhodamines B et 6 (1, la fluores- 
céine. 

Cette deuxième série d'essais vient à l'appui d'une théorie récente du 
phénomène qui repose sur l'agitation par résonance des atomes de soufre. 
Dans des expériences en cours, je cherche à mettre cette action en évi- 
dence. 



SPECIROSCOPIE. — Sur les spectres corpiisciildires des élèmenls. Note 
de M. Mai'rice de Broglib, présentée jiar M. E. Bouly. 

On sait que les corps éclairés jiar les rayons X émettent deux sortes de 
radiations; des rayons X caractéristiques, dits de fluorescence, et des élec- 
trons photo-électriques de grande vitesse. 

La connaissance des premiers constitue la nouvelle spectroseopie de 
haute fréquence; les seconds ont élé jusqu'ici beaucoup moins étudiés; ils 
offrent cependant un intérêt au moins égal. 

Ces électrons photo-électriques sont caractérisés par leur vitesse; la 
méthode de déviation dans un champ magnétique, qui a permis l'étude des 
rayons ^ des corps radioactifs, s'applique encore pour mesurer cette gran- 
deur. On peut ainsi obtenir un véritable spectre de vitesses des corpuscules 
expulsés. 

Au laboratoire de sir Ernest Ilulherford. Rawlinson et Robinson (") ont 

(') PlùLMag., ...l'i. 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 27$ 

ol)lenu des lignes plus ou moins nettes avec des radiateurs de fer et de 
plomb; Kang Fu Hu (i) a montré que, pour l'argent et Tétain, on enregis- 
trait deux lignes, qui paraissaient correspondre aux raies K des métaux 
employés par l'intermédiaire de la relation des quanta; c'est-à-dire que 
k'Lirà vitesses r seraient reliées aux fréquences v des raies par la relation 

- 7)H- m //v. 

2 

.l'ai reprisée genre d'expériences, et des observations qui portent déjà 
sur des éléments allant du molybdène (rang 42) au baryum (rang 56) m'ont 
permis de retrouver les raies Iv de ces corps transposées sous forme de 
rayons corpusculaires. 

On voit de plus, et c'est une constatation importante, qu'à un endroit du 
spectre, correspondant à la bande d'absorption Iv des éléments, prend place 
une bande d'émission ^élective de corpuscules photo-électriques, à bord net 
du côté des faibles énergies; c'est-à-dire que les électrons du début de la 
bande possèdent la vitesse correspondant au quantum de la discontinuité 
d'absorption des rayons X, la bande s'étendant du côté des vitesses plus 
grandes. Ce point complète le parallélisme entre les deux émissions. 

De plus, il semble exister d'autres bandes, mais ce dernier résultat ne peut 
être donné que sous réserves. Ce que je veux signaler aujourd'hui, c'est 
que, dans le spectre corpusculaire des éléments, on retrouve tous les traits 
des spectres de rayons X, raies et bandes comprises. L'énergie absorbée 
aux dépens des rayons incidents se retrouve dans le spectre de vitesse des 
électrons secondaires, sous la forme de groupes homogènes, correspondant 
aux raies, et de fond conlinu à début brusque, correspondant aux bandes 
d'absorption, qui deviennent ainsi des bandes d'émission électroniques. 

La comparaison de ces résultats avec les idées émises par Barkla (notam- 
menl dans les Philosophical Transactions de 1917, Bakerian lecture^ est très 
intéressante. 



(') Physical Rei'tetv, 1918. 



276 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



ÉLECTRICITÉ. — Complèmenl à la lliéorie de la réaction d'induit pour 
les alternateurs saturés. Note de M. André Léauté, transmise par 
M. A. Blondel. 

Dans une ÎNole antérieure ('), étudiant la réaction des alternateurs saturés 
à pôles saillants, je suis parti du diagramme de M. Blondel pour déteiminer 
les variations de l'intensité (ou delà puissance) en fonction dudéphasagedans 
une machine fonctionnant avec une tension aux bornes et une excitation 
constantes. Le problème se ramenait à construire le lieu que décrit l'extré- 
mité du vecteur représentant la force électroniotrice joubertique. J'ai montré 
que ce lieu est un limaçon de Pascal, quand il existe une relation linéaire 
entre la force électroniotrice directe et l'intensité réactive, et j'en ai déduit, 
comme résultat essentiel, que le nombre de paramètres dont dépend le pro- 
blème est égal à trois.* 

11 est important de savoir si l'on aboutit à une conclusion analogue pour 
les inducteurs à enroulement cylindrique, lorsqu'on prend le diagrammede 
Potier pour base. Pour simplifier, nous négligerons les fuites. 

Xaus conservons nos nolalions précédentes ('); en outre, nous appellerons .1 le 




couranl d'excitation et a le coefficienl d'équivalence des intensités inductrice et 
induite. Nous réservons sur le diagi-amme un angle £ entre OC et OD ( ftg. 1) pour 
tenir compte de l'hystérésis. 

Pour mettre en évidence la variation de riiiteiisilé en fonction du dépha- 
sage, une première méthode consiste à chercher le lien du point (1, car la 



(') Comptes rendus, t. 1G.3, 1917, p. 1106. 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 277 

longueur AC est proportionnelle à l'intensité et l'angle de ACavcc ()\ fixe 
le déphasage. Menons par C une droite Cil faisant avec le [irolongeinent 
de OC un angle défini [)ar 



l;iiig(o + î) 



et, sur d'Ile droite, marquons un point H, tel que les deu\ triangles ACH 
et ODE soient semblables. Le rapport de similitude m est indépendant de 
l'intensité. Donc le lieu de H, quand le déphasage varie, est un cercle de 
centre A et de rayon —> v étant l'échelle des intensités sur la figure. 

Ce premier résultat, dans lequel l'iiypollièse de la linéarité de la caractéristique 
n'est pas encore intervenue, permet de tracer le lieu de C, point par point, au moyen 
d'une construction analogue à celle qu'a fait connaître récemment W. G. -II. Perrin ('), 
mais qui parait être d'une exécution plus rapide. Traçons la caractéristique de la 
macliine à circuit ouvert (y?,A'. 2) el menons par l'origine O une droite 0£ faisant 
avec Taxe des X et au-dessous de lui un angle i]> défini par l'égalité 

, cos 
tang'i =: -. — ^• 



D'un point quelconque de la caractéristique, abaissons la perpendiculaire sur OX, 
et par son intersection / avec OX menons, jusqu'à sa rencontre /* avec 0£, une droite 
faisant l'angle ô avec la verticale. Pour avoir un point du lieu de C, il suffit de 
marquer sur le cercle, lieu de H, un point H dont la dislance à l'origine soit égale 
à nh; puis, sur OH pris comme base, de tracer un triangle égal à /(/'/;. Le sommet y 
vient s'appliquer en un point du lieu cherché. 

Pour les alternateurs saturés, la caractéristique peut, dans la zone de 
travail, être assimilée à une droite ne passant pas par l'origine. Sans revenir 
sur la justification de celte approximation qui figurait déjà dans ma précé- 
dente Couimunication, nous écrivons : 

(|]\citation lésultante) =— « 4- i X (f. e. m). 

Sur Cil. prenons à partir de C une longueur CI égale à '-^^ On 

cherche le lieu, non plus du point C, mais du point I, qui peut lui être 
substitué ; en effet, si l'on trace un vecteur AA' faisant avec OX au-dessous 
de lui {fig. i) l'angle et dont la longueur soit — ;-, la longueur A'I est, 
comme l'était AC, proportionnelle à l'intensité. 

C) G. -H. Perrin, /?. G. E., t. 8, n° 3, 1920. 



2^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Le lieu de I peut êlrc construit, car H décrit un cercle, et la longueur III 
ainsi que Fanglc HIO sonl const;ints. Le procédé graphique pour traci,-r le 
lieu est analogue à celui par lequel on peut dessiner un liinaçon de Pascal, 
lequel est, d'ailleurs, un cas particulier de cette courbe. Le résultat 
présente donc une certaine similitude avec celui qui correspond au 
diagramme de M. Blonde!, bien qu'il soit moins simple. 

-Mais une différence fondamenlale entre les deux théories se révèle dans le 
nombre de paramétres qui, de trois, est porté à quatre. Nous avons vérilié que, 
tout au moins dans le cas particulier où le déphasage interne diminué de 
l'angle d'hystérésis est nul, le nombre des paramètres est irréductible pour une 
mac/iine saturée. 

Ce résultat est d'autant plus inattendu que la théorie de M. Blondcl 
introduit, en apparence, un coefficient supplémentaire : celui de réaction 
transversale. Il montre l'intérêt qu'il y a à perfectionner la théorie de la 
réaction d'induit, en n'introduisant que le minimum de paramètres. 



CHI.MIE PHYSiQUi:. — Application de la loi d'hydrolyse à hi détermination 
des poids moléculaires. Note de M. H. Colin et de M"' A. Chaudux, 
présentée par M. IL Le Chatelier. 

Nous avons montré que l'inversion diastasique du saccharose est régie 
dans sa marche par le rapport des concentrations du sucre et de l'enzyme ; 
à une quantité fixe «, de catal\seur, mesurée par un certain volume d'une 
solution diastasique donnée, correspond un poids déterminé a, de saccha- 
rose; si à «, centimètres cubes de diaslase, on oppose une niasse a de 
saccharose, inférieure ou égale à r/,, la vitesse d'h\drol\se décroît pendant 
toute la durée de Tcxpérience suivant la loi de \\ ilheim\ ; si, au contraire, 
le poids a de sucre est plus grand que a, , la vitesse reste constante tant que 
l'excès de sucre n'a pas disparu, elle diminue ensuite justju'à la fin de la 
réaction. 

Les mêmes faits se reproduisent lorsqu'on substitue au sucre de canne le 
raffinose, le genlianose, etc., c'est-à-dire les pol\saccharides tributaires de 
l'invertine et sur lesquels le ferment agit d'une façon identique, en décro- 
chant la molécule de lévulose qu'ils renferment. On doit donc pouvoir 
vérifier que les poids des différents sucres susceptibles de Jixer la même quan- 



SÉANCE DU 3£ JANVIER igar. 279 

tité n, de sucrase sont entre eux comme leurs poids moléculiiircs, c'est-à-dire 
comme les nombres 

34.2 (saccliarose ^ C'-Il-'-O"), 

594 (raffinose = C'«H='20">-l-5H'0), 

5o4 (genlianofe = (C'»II"0'«), 



Nous avons livdrohsé, dans des conditions identiques de teneur en 
sucrase et de température, des solutions de saccharose, de raffinose et de 
^enlianose de diverses concentrations, /e sucre étant toujours en excès par 
rapport à l'enzyme. Voici une expérience à titre d'exemple ; 

Conditions e.r péri mentales. 

Concenlration en sucrase... S'"'',!') pour 100 

. 1 .Saccliarose . . . 5"', 4 5o pour 100 

Concenlratioiis en sucre.... Il Rafllnose 5i5..5oo » 

'm Genlianose . . . 4"i26o « 

Teuipéralure 16°, .'j 

Dans le Tableau, x désigne la quantité de sucre transformée à chaque 
instant dans 100™' de solution, et .r,^, — x^ la quantité hydrolysée pendant 
l'unité de temps. 

Tciijps I. .Saccliarose. II. liafliiiose. III. Genlianose. 

quarts d'Iicure. x. j;,^, — x,. x. a:,^, — .«',. x. ^t*\ — ■'^r 

t ï g g s s 

I i,o58 1,0.58 0,172 ",'72 0,080 0,080 

2 2,126 1,068 0,359 "i'87 0,1611 0,080 

3 3,192 1,(166 0,543 0,184 11,240 0,080 

4 3,780 11,588 0,718 .1,175 0,32.. ..,..80 

5 4>'99 .1,4 m 0,9.16 11,188 » » 

6 4i5o5 0,3.16 1.081 1,170 «1,487 11,167:2 

7 '. . » )) 1,265 o,r84 1'^ » 

8 » » 1,45' 0,186 ".647 .1,160:2 

i.v » » i,8i3 0,062:2 0,821 1,174:2 

12 » » 2,137 0,324:2 0,986 ii,i65:2 

i4 » » 2,38i 0,254:2 1,1 5o 11,164:2 

16 » » » » I , 3oo . 1 , 1 5o : 2 

18 » » 2,775 .1,394:4 r,474 .1,134:2 

20......... » » » » i,6ii3 0,129:2 

22 » » 3,078 .i,3o3:4 '1693 0,090:2 

26 » » B » .1,833 o,i4o:4 

On voit que les poids de saccharose, de ratfinose, de gentianose qui 



28o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

subsistent dans les solutions (juand la vitesse d'h\drolyse commence à 
décroître sont compris entre 2.^,-238 et 1^,6-0, 3^,487 et 3''', i63, 2^,786 
et2e,G,')7. 

11 est facile de resserrer Tintervalle et de déterminer exactement pour 
quel poids de sucre le phénomène change d'allure; il suffit pour cela de 
faire varier les conditions expérimentales. On trouve ainsi que les poids de 
saccharose, de raffinose, de gentianose qui peuvent s'unir à une même 
quantité de sucrase, correspondant à 3'"', G de la solution diastasique 
employée, sont égaux à \^,S3, 'P, 18 et 2*"', 69, c'est-à-dire à la même frac- 
lion de leurs poids moléculaires : 

1.83 .„. . 3,18 2,69 „ 

-—- = 53.0X10-': -r^=53Cxio »; -^r^ =r 534 X 10— . 

342 594 304 

Donc, étant donné un groupe de corps de masses moléculaires M,, M^, 
Mj, .. ., M„, tous h\drol\sés de façon identique par un même ferment, on 
a, en désignant par a,, a.^, O3, . • ., ^/„ les poids de ces différentes substances 
capables de fixer des quantités égales d'enzyme, 

rt, a., «3 ^_ a„ _ 

et la loi d'h\drol\se permet de calculer les poids moléculaires de tous les 
termes de la série en fonction de l'un quelconque d'entre eux. 



CHI.VIIE ORGANIQUE. — Piépariition ral(dyli(jui' d" (imlnes scconildires el essai 
d'alcoylation de ces bases. Note (') de xM. Alpho.vse 3Iailiie, transmise 
par M. Paul Sabatier. 

La transformation des bases de Schiff, en aminos secondaires, par hydro- 
génation de leurs vapeurs au contact du nickel au-dessus de 220°, ne 
conduit pas à un bon rendement, par suite de la destruction partielle de la 
base primitive, qui se coupe à l'endroit de la double liaison en donnant une 
aminé primaire et un hydrocarbure (-) 

RCIIr:rMV4- '. H- = liC^P+R^'lI^ 
Afin d'éviter cette scission, corrélative de l'emploi d'une haute tempéra- 

(') Séance du a'i janvier 1921. 

(■) V. Maimik, liull. Soc. c/iim., i. 2"i. igi'». p. 3ii. 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. a8l 

lure, j'ai essayé d'cITectuer la fixation de l'hydrogène sur les bases de 
Schiff à l'élal liquide en les' mélangeant à une petite quantité de nickel 
divisé et en dirigeant, dans le liquide chauffé à 170", un courant d'hydrogène, 
(iràce à une agitation violente, le métal catalyseur est maintenu constam- 
ment en suspension dans le li(juide. Dans ces conditions, l'hydrogénation a 
lieu d'une manière très aisée et régulière : i^a basé primitive se change en 
aminé secondaire sans que Ton puisse observer une scission de la molécule. 

La benz-ylidéne (iniline , C'IPCH = NCH', se transforme totale- 
ment, après /|5 minutes d'hydrogénation, dans la hcnzylpliénylamine, 
C'H^CH-NIIC^H^, qui se dépose en cristaux fondant à 3G°. 

La henzylidènc orthotoliiidinc, C*H'CH = NC'H''CH% qui bout à 3o5", 
fournit, après 3o minutes, un liquide qui cristallise immédiatement 
par simple refroidissement en aiguilles fondant à 55". C'est la benzylorlho- 
tolylamine^ C'H'CH-MHCH^CH' . Cette réaction est totale; toute 
l'imine liquide primitive est changée en composé cristallisé. 

La benzylidènt' paralohddinc fond à 53". Par agitation avec du nickel, 
à une température de 160°, l'hydrogène la change au bout d'une heure en 
un composé liquide, bouillant à 3io"-3i2°. C'est la benzylparaudylamine, 
dont la phénylurée, obtenue par action de l'isocyanate de phényle, fond 
à 123°- 127°. 

Comme dans le cas précédent, il y a un changement net dans la nature 
physique du produit primitif, ce qui permet de suivre aisément la marche 
de la réaction. 

La benzylidéne métaloluidine bout à 3i5°. Agitée avec du nickel, à 160"- 
170°, elle est transformée par un courant rapide d'hydrogène, dans l'aminé 
secondaire, la benzylmélatolylamine^ qui est un liquide bouillant à 3 12°. 

Elle fournit, avec l'isocyanate de phényle, une urée cristallisée fondant 
à i59°. 

La benzylidéne anisidine para, C H" CH = N . C" H'' OCH', dont le point 
de fusion est de 72°, conduit dans les mêmes conditions à la benzylmèlhyl- 
oxyphènylamine, CH^CH^NHCH'OCH^ qui cristallise en aiguilles 
fondant à 64°-65°. 

Dans toutes ces hydrogénations pratiquées à basse température, il n'y a 
pas de scission de la molécule. Je n'ai jamais rencontré d'aminés phéno- 
liques dans les produits transformés. 

Ayant préparé par ce procédé des quantités importantes d'aminés secon- 
daires, j'ai essayé de les alcoyler pour les transformer en aminés tertiaires, 

C. U., 192 1, I" Semestre. (T. 17-2, N° 5. ) 21 



282 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

en appliquant la méthode calalytique que j'ai fait connaître avoc M. de 
Godon, pour la métliylation de l'aniline, des toluidines, etc. ('). 

Le mélange des vapeurs de benzylphénylamine et de méthanol en excès, 
dirigé sur de l'alumine chauffée à 38o°-4oo", fournit un produit qui se sépare 
en deux couches : l'inférieure est constituée par de l'eau-alcool, ayant 
dissous une dose importante d'aldéhyde formique; la couclie sui)érieure, 
soumise à la rectification, abandonne; d'abord un peu d'alcool, puis jus- 
qu'à 125° du toluène, caractérisé par son dérivé dinitré, et entrej89''-i96'', 
on recueille une fraction très importante, entièrement soluble dans l'acide 
chlorhydrique. 

Elle ne contient pas d'aniline. Traitée par l'anhydride acélique, elle 
produit un écliaulTement notable, i""', additionné de 2™' d'anhydride 
acétique, a fait monter instantanément le thermomètre de i4" à 29". 
Elle fournit à froid un chlorhydrate de dérivé nitrosé, en belles aiguilles 
rouges dont la décomposition par la soude conduit au composé nitrosé, 
qui est formé par des cristaux verts fondant à 85". C'est la nilrosodiiné- 
ihylaniline. Il s'est donc formé par mélhvlalion de la base primitive, de la 
diinéthylaniline et de la monométhylanilinc dont la présence a été indiquée 
par l'échaulTeuicnt produit par l'anhydride acétique. 

Ou voit que dans l'alcoylation de la benzylphénylamine, au contact 
d'alumine, il y a eu scission de la molécule en deux tronçons CH^CH- 
et C'IPIMf. Il est vraisemblable qu'en présence de l'hydrogène naissant 
provenant de la décomposition du méthanol, 

CIl'OH = 11^ I- IICOII, 

ces deux résidus se sont complétés pour donner du toluène et de l'aniline. 
Celle-ci, au contact de l'alcool en excès, a conduit à un mélange de mono 
et diméthylaniline : 

G«il^Nll^+CIIM)ll = IIM) + C«H^M1CII\ 

c«H'Nri2H-.!c;iiM)ij = 'ii-o i-C''ii'N((:ii')-. 

Les aminés secondaires décrites plus haut subissent une transforuialion 
analogue par alkylalion. En particulier, le mélange benzylparatolylaminc 
et d'alcool ordinaire, passant en vapeurs sur l'alumine à 38o"-4oo", donne 
un produit qui se sépare en deux couches : l'une, formée d'eau-alcool- 

(') A. MAM.iir! l'i i)i: Godox. Comptes rendus, 1. IGO, njiS, p. .\{'ij et 5i>i. 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 283 

aldéhyde, qui fournit une combinaison cristallisée avec le bisulfite de 
soude, et l'autre, après séparation de toluène, distille entre 2o5" et 2i5°; 
elle est constituée par un mélange de paraloluidines monoélliylée et 
diétliylée. 

Cet essai d'alkylation catalytique des aminés secondaires mixtes, 
CMPCH^NHAr, ne conduit pas à des aminés tertiaires. Toutes ces bases 
se dédoublent au contact du catalyseur en donnant du toluène et des 
aminés phénoliques méthylées ou éthylées. 



CHIMIE AGRICOLE. — La balance du chlore pendant la fabrication du sucre 
et la teneur de la betterave en chlore. Note de M. Emile Saillard, pré- 
sentée par M. L. Maquenne. 

Dans des Communications précédentes ('), j'ai établi la balance de 
l'azote, de la potasse, de la soude, de l'acide phosphorique pendant la 
fabrication du sucre. Je voudrais compléter ce travail en établissant la 
balance du chlore. 

Les dosages de chlore ont été faits sur un poids déterminé de cendres au 
moyen d'une solution titrée de nitrate d'argent et par un titrage en retour 
avec une solution titrée de sulfocyanure de potassium, l'alun de fer étant 
employé comme indicateur. 

Il a été tenu compte du chlore contenu dans les eaux de puits qui ali- 
mentaient la batterie de diffusion (0^,02 par litre). 

Dans les fabriques qui font du sucre blanc, la production de mélasse est 
d'environ 4''^ pat" loo'^s de betteraves et le chlore contenu dans les jus de 
diffusion passe, pour la presque totalité, dans la mélasse. Il ne peut y 
avoir, pendant le travail, que des pertes de chlore insignifiantes ou négli- 
geables. 

La teneur en chlore des betteraves à sucre, des mélasses, des eaux de 
puits varie quelque peu d'une usine à l'autre, d'une année à l'autre, etc. 
Les résultats qui suivent sont des moyennes se rapportant à une dizaine de 
fabriques de sucre : 

(') Comptes rendus, l. 1G6, 1918, p. 697, et l. 170, 1920, p. 129, 



284 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Cour 100. 

Chlore clans la betterave 0,016 

y Chlore dans la mélasse o,3o 

Chlore de la bellera\e passé dans les résidus de (linUsion.. 19 

Chlore lie la betterave passé dans la mélasse So 

Perles indéterminées i 

Il peut être intéressant de savoir comtnent se répartit, entre les dillërenles 
parties de la plante, le chlore pris dans le sol par la racine. 

Voici les résultats qu'ont donnés des échantillons de betteraves à 1 7 pour 
100 de sucre prélevés, au commencement d'octobre 1920, dans un champ 
de Seine-et-Oise et analysés immédiatement, après nettoyage avec une 
brosse et essuyage avec un linge. 



Limbes 

Pétioles avec nervure principale des limbes. 

Collets 

Racines décolletées 



r'oids inoyen 




Cl.l.. 


ire pour 100 


pour 


Eau 




<le 


une plante. 


pour 100. 


matière sèche. 


127 


84,3 




I 


296 


85,9 




1,8 


49 


79.2 




0,34 


53o 


75,3 




0,08 



Soit, dans la plante entière, 1,2 de chlore pour 100 de sucre de la racine 
décolletée, chillre qui peut varier suivant les conditions de culture. 

Ces résultats montrent que ce sont les pétioles qui accusent la teneur en 
chlore la plus élevée. L'observation s'applique aussi aux betteraves fourra- 
gères. 

Ce travail a été fait avec la collaboration de M. Wehrung. 



ANTHROPOMÉTRIE. — Kluch' et mensurations de 117 Belges. Note 
de MM. Léon Mac-Auliffe et A.. Marie, présentée par M. Edmond 
Perrier. 

Les individus étudiés par nous étaient exclusivement des hommes dont 
l'indice céphalométrique a tout d'abord permis le classement suivant : 

Belles Français 

(pour 100). (pour 100). 

Dolichocéphales •">,98 2,68 

Mésocéphales 28,94 23,28 

Hrachycéphales 5i ,28 5o, i4 

llvperbrachycéphales 18,80 23,90 

Ces résultats confirment l'existence d'une dolichocéphalie plus frétjuenle 
et d'une hyperbrachycéphalie plus rare chez le peuple belge que dans le 
nôtre. Les travaux de nos devanciers ont indiqué, en effel (voir les Tableaux 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 285 

de Denilver),que l'indice céphalique des Belges flamands ressortit à la rnéso- 
cépbalie (79, 5), tandis que celui des Belges wallons a comme carach'-rislique 
la sous-bracliycéplialie (82,2 V 

Pour des raisons de voisinage, d'affinité, de communaulé de langue, etc., 
les Belges wallons dominent à Paris, d'où le chiffre de 81, 5 que nous trou- 
vons comme indice céphalique moyen sur les individus soumis à nos obser- 
vations. Bertillon indique d'ailleurs un chiffre très voisin pour l'ensemble 
de la Belgique (80,93). 

La taille moyenne des Belges est plus élevée que la notre. Nous l'avons 
trouvée, comme Bertillon, de i'",669, et nos statistiques paraissent indiquer 
que les plus petites tailles doivent s'observer chez les Belges brachy- 
céphales. 

Voici les caractères soniatiques moyens du Belge d'après les chiffres 
relevés par nous : 

Taille, i'",G69; buste, o"',893; envergure, i^j^iS; coudée gauche, 
o°\454) médius gauche, o'", 1 14; auriculaire gauche, o"',o88; pied gauche, 
o"\259; longueur de tête, o",i9i; largeur de tête, o™,i56; diamètre bizy- 
gomatrique, o™,i4o; oreille droite, o"',o6f\. 

Les caractères chromatiques des cheveux et des yeux offrent un réel 
intérêt, surtout si on les compare aux nôtres et à ceux des populations euro- 
péennes méridionales comme les Espagnols dont nous avons parlé récem- 
ment (') et une série à l'étude de iV-^ Italiens. 

En voici les traits principaux : 

Comparaison des couleurs des cheveux des Belges, des Français, 
■ des Espagnols el des Italiens. 

Belges : Français : Espagnols : Italiens : 

117 cas 6Gj'2 cas l'^2 cas 142 cas 

(pour 100). (pour 100). (pour 100). (pourlOO) 

lilond albinos » 0,01 » » 

» clair 2,67 1,24 » » 

» moyen 5,35 4>5o 0,81 i,''i7 

» foncé 8,o3 5,5o 5,-3 4>4i 

Chàlain clair 28, 21 i^i'"? 7 1^7 6,61 

» moyen 38,39 42,97 27, o4 36, 02 

Il foncé II, 5o . 22,98 4o,i6 42,64 

1) noir.- 0,89 2,70 ïij47 2,94 

Noir pur . 0,89 ' i,83 '^•,4^ 2,20 

Roux clair 0,89 0,10 » » 

» moyen » o,3i » » 

» foncé » o , 3o » » 

» blond 2,07 1,06 0,81 ",7'i 

» châtain 2,07 2,25 3,28 2.94 

(') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 1077. 



286 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ces chiffres semblent établir que, toutes choses égales d'ailleurs, la pigmen- 
tation des cheveux est en relation avec la latitude et l'ensoleillement. En 
Europe les populations méridionales sont les jilus pigmentées. 

La couleur noire pure des cheveux est par contre exceptionnelle en 
Europe, occidentale; elle est probablement d'origine asiatique, si l'on en 
juge par la |)roj)ortion extraordinairement élevée des cheveux de cette 
couleur que nous avons observés chez les Ilomanichels même français 
(26,6 pour 100). 

Broca envisageait Térythrisme comme pathologique ; Di'uiker l'attribuait 
seulement au mélange de sang de plusieurs races blanches, brunes ou 
hlondes; nos recherches donnent raison à Broca, en ce sens que les cheveux 
roux paraissent s'apparenter à l'albinisme, qu'on les constate en proportions 
très voisines cliez les différents peuples européens avec une prédominance 
toute naturelle chez les peuples dont la pigmentation des cheveux est peu 
prononcée. 

Nous avons établi, par ailleurs, au cours de notre étude de 6652 Fran- 
çais (') qu'il existe un parallélisme, sinon absolu, du moins très notable, 
entre le développement du pigment des cheveux et des iris : plus la pigmen- 
tation des yeux s'accentue, plus se développe celle des cheveux et inverse- 
ment. L'étude de notre série de 1 17 Belges confirme cette loi une fois de 
plus ainsi que le montre le Tableau suivant : 

Comparaison des couleurs des yeux des Belges^ des français, 
des Espagnols et des Italiens. 

Belges : l-'i'aiiçais : ICspagnols : Ilalicns : 

ll'i cas 0652 cas 127 cas l.!(j cas 

(pour IDfl). (pom-lOO). (pourlOU). (pour 100). 

Impigmentés (bleus) 2i,-.'> i8,r)8 7>87 4i92 

Peu pigmentés. . ; \^i.'^.\ 'yi.'S'x 4')73 " 4o>84 

Très pigmenlés 2>.\,t<'\ '^S.^j 50,87 54,22 

A pigment jaune 24,3'| 21,76 11,81 'QjO' 

)) orange 2t),86 20,76 2(),(j> 2i,t>3 

» châtain ' 7 j ^9 2 1 , 96 ■>.'\ J\o 2 '1 , 64 

» marron en cercle .'5,21 6,70 2,36 7:74 

» marron verdâtre 8,6() 7,24 21, 25 '5)49 

» marron pur '^75 ^'97 2,36 ■ 6,35 

(') Vai. IJavi.h el Léon Mac-Ah.iii'k, /('ec. gêner, des Sciences, u"' l.'i-lC, aoùl 1920. 



SPANCK DU 3r JANVIER 1921. 287 



BIOLOGIE. — Sur In croissance des Poissons maintenus en milieu de tempé- 
rature constante. Note de M. P. Ai-diké, présenlce par M. Kdmond 
Peirier. 

La conslance de la lempératutc du milieu était réalisée au moyen d'un 
mélange, en proportions délînios, des eaux d'un puits artésien (32°) et 
d'une source {^^"), dont les températures sont invariables pendant toute 
l'année. 

Au point de vue des résultats expérimentaux, il y a lieu de distinguer les 
Poissons Eurythermes dos Sténothermes. 

EuiiYTiiEiîiMES [Cypriniis carpis L., Carossius aurntus L., Sca/dinius erytro' 
phthalmus L.) : 

a. T. — i4° à i5". — l. La croissance est régulière et continue. Sa 
courbe ne présente pas la succession de paliers et d'ascensions rapides 
observés dans des conditions expérimentales différentes. 

2. Dans l'ensemble, la taille demeure inférieure à celle des animaux 
soumis aux variations saisonnières de température. Après quatre ans, elle 
n'atteint pas la moitié de celle des Poissons élevés dans des conditions 
naturelles, compte tenu du nanisme de confinement qui affecte les sujets 
placés dans des bassins de faibles dimensions et que nous avons signalé par 
ailleurs. 

3. Les paliers des périodes de production sont absents. Ceci trouve son 
explication dans le fait que les glandes sexuelles des animaux maintenus 
dans de telles conditions n'offrent qu'un métabolisme restreint, n'abou- 
tissant jamais à la production d'éléments sexuels. 

h. T. = 20° à 21°. — l. L'accroissement en longueur est aussi régulier 
que dans l'expérience précédente, mais il est plus rapide. Il présente 
chaque année un palier d'une durée de 2 mois à 2 mois et demi, correspon- 
dant à la période d'élaboration sexuelle. Les organes génitaux prennent 
un développement normal et leur structure histologique est la même que 
celle des animaux élevés en liberté. Il n'y a pas cependant émission des 
éléments sexuels et les glandes ne tardent pas à rentrer en régression. La 
croissance paraît légèrement accélérée à ce moment. 

'2. A la fin de la première année, la taille est un peu inférieure à celle des 
Poissons témoins (^ environ). A 2 ans, il y a égalité de dimensions entre 
les uns et les autres. Après 3 ans, ceux-là ont de 2*='" à 3''" de plus que 
ceux-ci. En tenant compte du nanisme de confinement, il est de toute 



288 ACADEMIE DES SCIENCES. 

évidence que la croissance, dans ces conditions, est beaucoup plus rapide 
que celle des animaux soumis aux alternances annuelles de température. 

c. T. = 24" à 2.5°. — l. Cette disproportion est encore plus marquée 
à ces températures qui correspondent aux optima. La dillerence de taille, 
au bout de 4 ans, va du simple au double, en faveur des sujets placés dans 
les conditions de l'expérience. 

2. La croissance est moins régulière que chez les animaux maintenus 
à des températures moins élevées. Elle procède par paliers nettement 
accusés, de durée et de fréquence irrégulières. L'un des paliers est en 
correspondance évidente avec la période d'élaboration sexuelle; d'autres 
n'ont avec celte période aucune relation. La croissance se produit donc 
par à-coups. Il semble qu'après une période de croissance rapide, l'orga- 
nisme fatigué ait besoin de repos. 

3. La présence et la répartition de ces paliers de repos sur la courbe 
permettent de se rendre compte que la croissance et la reproduction sont 
indépendantes l'une de l'autre. Leurs inscriptions graphiques peuvent, 
pendant un temps, coïncider ou se confondre, mais elles n'en sont pas 
moins distinctes et seulement superposées. Celte dissociation fonctionnelle 
met en évidence l'indépendance relative du Sonia et du Germe n , dont la 
séparation précoce a, depuis longtemps déjà, été mise en lumière par les 
travaux des biologistes. 

d. T. = 3i° à 32°. — l. L'irrégularité est encore plus sensible. Les 
paliers se succèdent dissemblables dans la durée et dans l'espacement. 
A des périodes d'ascensions courtes et rapides succèdent de plus ou moins 
longues phases de repos. On assiste à un véritable afîolement de la fonction. 

2. A un moment donné, les paliers de croissance se superposent au palier 
de reproduction qui, lui, conserve son caractère de régularité et de cons- 
tance, montrant encore plus nettement la dissociation des deux manifesta- 
tions vitales. 

3. Une précocité plus grande peut se montrer dans la date d'apparition 
du palier sexuel. En aucun cas cependant cette avance n'a dépassé une 
trentaine de jours. 

4. Dans fensemblc, la croissance se ralentit et n'atteint pas celle des 
animaux laissés en liberté. 

SiK.NOTiiKPiMKS {Siihnd ( riiims Mitch., Sa/vc/inus fonlinalis Mitch.) : 
a. T. = i5" à iG". — 1. Celte température correspond à l'optimum de 
croissance. Celle-ci dépasse parfois de trois fois celle des Poissons soumis 
aux variatioifs lliermi({ues annuelles. Cette poussée rapide n'est pas sans 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 289 

intérêt au point de vue pratique. Elle donne une explication des diiïérences 
de poids et de taille que l'on constate chez les sujets de même âge provenant 
d'établissements de pisciculture différents, l^^lle fournit aussi des indica- 
tions sur les meilleures conditions à réaliser dans les élevages. 

2. Comme précédemment, l'accroissement procède par bonds successifs. 

h. T. = 20" à 22". — Beaucoup de Poissons ne résistent [)as à ces tem- 
pératures. Le nombre des décès est très élevé au bout d'un temps relative- 
ment court. La croissance de ceux qui résistent est considérablement 
ralentie. 

c. T. = 26° à 27°. — Quelles que soient les précautions prises, aucun 
Poisson ne résiste dans ces conditions de température. 

BIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Vinsùiicl parcdyscur des Araignées. 
Note de \\. Etienne Rabaud, présentée par M. P. Marcbal. 

Dans une Note antérieure (' ), j'ai montré que les Hyménoptères vulné- 
rants ne « choisissaient » en aucune manière le point du corps de leur vic- 
time correspondant à un ganglion. L'aiguillon ne pénètre que dans la 
mesure où il rencontre un interstice articulaire. Il était tout indiqué d'exa- 
miner la même question chez les Araignées. 

Suivant J.-H. Fabre, les Thomises saisiraient leur proie de façon à 
piquer droit sur un g'anglion, tandis que les Kpeires les piqueraient en un point 
quelconque. La différence proviendrait de ce que les premières captureraient 
presque exclusivement des Abeilles, tandis que les secondes prennent toute 
proie qui tombe sur leur toile et no sauraient connaître, pour toutes, le point 
vulnérable. 

Cette différence n'existe pas. Les Thomises capturent bien d'autres 
Insectes que les Abeilles, et elles les capturenl tous en les saisissant par une 
partie quelconque du corps. Qu'il s'agisse de Tliomisus onusti/s, de 
Misumena vatia, de Synema glohostim, le temps nécessaire à l'installation de 
la paralysie ne semble en rapport ni avec la taille relative de l'individu qui 
mord, ni avec le point d'application de la morsure. Dans tous les cas, la 
paralysie survient rapidement. J'ai vu une Abeille, mordue à la partie pos- 
térieure du thorax et immédiatement lâchée, devenir immobile au bout de 
5o secondes. Une Mouche commune mesurant 8™™ de long, mordue à la 

(') L'inslincl paralyseur des Hyménoptères vtilnéranls {Comptes rendus, t. 165, 
1917, p. 680). 



290 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

partie moyenne de l'abdomen par un Misumenn latia mesurant/)'""', devient 
immobile en i minute. Les morsures d'Araignées ' plus volumineuses 
n'agissent pas plus rapidement. 

Une fois abolis ou très diminués les mouvements de la proie, la Tiiomise 
la fait souvent tourner entre ses pattes et vient appliquer sa bouche sur une 
région du corps différente de celle sur laquelle a porté la morsure initiale. 
Fréquemment, cette région est l'articulation céphalo-thoracique, corres- 
pondant, si l'on veut, à la « nuque » dont parle Fabre. Mais il importe de 
remarquer que l'application des chélicères et de la bouche sur ce point a 
lieu au moment où la victime, presque sans mouvements, ne saurait ni se 
défendre, ni s'échapper. D'ailleurs, la membrane céphalo-thoracique n'est 
pas un point plus privilégié qu'une autre membrane aiticulaire. La marche 
des événements se reconstitue de la faeon suivante : saisissant sa victime 
par n'injporte quelle partie du corps, l'Araignée plante souvent ses chéli- 
cères sur des téguments assez résistants; lorsque, la victime immobilisée, la 
succion commence, ces téguments y font obstacle; l'Araignée est donc 
amenée à changer sa bouche de place, jusqu'au moment où elle rencontre 
une surface de moindre résistance. 

En somme, les Thomisides ne procèdent pas autrement que les Épeirides; 
les unes comme les autres se comportent, au point de vue de l'inoculation 
du venin, de la même manière; elles frappent au hasard, il suffit que les 
chélicères puissent pénétrer. 

Le parallélisme se prolonge, d'ailleurs, assez loin, el derrière l'indiffé- 
l'ence apparente du point d'inoculation existe un déterminisme précis. Pour 
les Araignées, comme pour les Sphégiens, la façon dont le prédateur saisit sa 
victime dé[)end de la position relative des deux individus au moment où ils 
se rencontrent. Le fait est très net quand on introduit une Mouche ou une 
Abeille dans un tube renfermant une Thomise. Il n'est pas moins net 
lorsqu'un Insecte tombe sur la toile d'une l<>peiride; tantôt l'Araignée arrive 
suivant une direction [)erpendiculaire à l'axe longiludinal de la proie, 
tantôt suivant une direction perpendiculaire à l'axe transA ersal. 

Dans le premier cas, l'Araignée aborde la proie par côté et, tout en 
l'enveloppant de sole, lui imprime un mouvement de rotation sur 
l'axe longitudinal ; dans le second cas, elle l'aborde par l'une des extré- 
mités et la fait tourner sur l'axe transversal. Dans les deux cas, le mouve- 
ment de rotation dure un temps variable et, quand il cesse, la partie du 
corps de la victime qui se trouve en face de l'Araignée est forcément quel- 
conque : c'est celte partie que mord l'Araignée. 



SÉANCE DU 3l JANVIER I92I. 291 

Ces indications concernent exclusivement la première morsure. Celle-ci 
reste unique quand elle est ellective, c'est-à-dire quand la résistance des 
téguments de la proie ne s'oppose pas à la pénétration des chélicèt-es. Dans 
le cas contraire, l'Araignée mord à plusieurs reprises, sans aucun ordre, 
tout le long du corps, jusqu'au moment où, rencontrant une membrane de 
moindre résistance, les cliélicères s'accrochent et pénètrent. 

Si, la proie demeure immobile ou bouge peu, les morsures se succèdent 
sans interruption; si la proie s'agite, l'Araignée cesse de mordre et reprend 
le mouvement d'enveloppement. J'ai pu provoquer des alternatives de 
morsures et d'enveloppement pendant plus de 45 minutes en jetant un 
Carabus viohiccus sur la toile d'une Argiope brunneicld. Encore ai-je arrêté 
l'expérience qui menaçait de durer indéfiniment, aucune partie des tégu- 
ments du Coléoplère ne permettant la morsure. 

Quant à l'action du venin des Epeires, elle varie infiniment, suivant 
les proies, pour une même Araignée. Il n'est pas exact de dire, avec Fabre, 
que la paralysie doit s'installer lentement pour que l'Araignée ait à sa. 
disposition une proie conservant un reste de vie jusqu'à la fin du repas. 
Parfois, l'action du venin est 1res rapide. Au bout de 5 minutes, un Homhns 
teirestris n'a plus que de légers mouvements spasmodiques de rextrémité 
des tarses; mais au bout de 45 minutes il a repris son activité. Au contraire 
un Gryllide, OEcanthus pelluscens ment\.?,\xv\e. coup. Sur les Acridiens, proies 
fréquentes des Epeires, l'elTet du venin varie suivant les individus. J'ai vu 
des Sicnobolhrus bicolor mourir rapidement et d'autres se remettre de 
la blessure; les Abeilles et les Guêpes, vite paralysées, ne survivent pas. 

Au surplus, Argiope branneichi accepte sans la moindre difficulté les 
proies mortes qu'on lui tend au bout d'une pince et les mange. 11 y aurait, 
d'ailleurs, beaucoup à dire sur la façon dont mangent les Epeires : elles 
enduisent extérieurement leurs proies d'un liquide qui fait penser à une 
sorte de digestion externe; et le fait que la proie est progressivement réduite 
en bouillie appuie cette suggestion. 



PHYSIOLOGIE. — L'insuffisance respiratoire aux très hautes altitudes et sa 
correction par les injections sous-cutanées d'oxygène. Note de M. Raoul 
Baveux, présentée par M. Roux. 

Une injection sous-cutanée d'oxygène, faite sur un sujet en bonne santé 
augmente son débit respiratoire; on peut s'en assurer en le faisant respirer 



292 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

à travers un spiromètre pendant un lempe égal, avant et après l'injection. 
L'excès du second volume d'air sur le premier rcprésenle numériquement 
le pouvoir ainplilicateur de l'oxygène sous-ciitané, sur la ventilation pul- 
monaire. 

Ce résultat expéi imenlal, que je crois nouveau, démontre que c'est par 
voie indirecte que l'oxygène sous-cutané active l'hémalose. Son appli- 
cation m'a permis d'évaluer la puissance d'action des injections d'oxygène 
sur l'asphyxie des très hautes altitudes, pendant l'expédition que j'ai faite, 
en 1919, à rOhservaloire du mont Blanc au moyen des ressources mises à 
ma disposition par M. J. Vallot. J'y ai déterminé, pendant neuf jours, mes 
valeurs spirométriques avant et après oxygénation sous-cutanée; je les ai 
comparées aux valeurs similaires déterminées à Paris et à Chamonix avant 
mon ascension, puis, de nouveau, à Chamonix et à Paris, après mon retour 
du mont Blanc. J'ai ainsi effectué cinq séries d'expériences donnant un total 
de soixante (lélrrminations en trente séances. Je me suis toujours servi d'un 
spiromètre très sensible, avec soupape de Tissot. 

La pression barométrique et la température de l'air ont été notées à 
chaque altitude pour corriger, en les ramenant à o" et 760""" les chiffres 
spirométriques. Sans cette correction, ils n'indiqueraient que la venti- 
lation pulmonaire relative, et ils ne seraient pas comparables; celle correc- 
tion étant faite, ils indiquent les l'entilalions absolues qui, seules, corres- 
pondent aux valeurs pondérales de l'oxygène aspiré, quelle que soit Taltilude 
où on les ait recueillies. 

Le Tableau suivant donne les moyennes de chacune de mes cinq séries. 
Les respirations sont comptées par minute; les débits respiratoires en litres 
et fractions de litre. Nous utiliserons uniquement le débit par minute, qui 
varie en fonction des deux autres quantités et qui les résume. 

Taiîleau I. 

Moyennes respiratoires avant et a/ircs oxygénation sous-cutanée (H, HavouxV 

Paris. Cliamoiiix. Moiil Ulanc. Clianionix. 

Années Avant Obseivaloiie Après 

1910 et 1920. Il' mont lilanc. Vallot. le mont tilanc. 

Oxygène. 



Avant. Apiès, Avant. Apirs. \v:uit. Apios. Avant. Apivs. 

Hespirations. . . 17 16,6 18,* il'),'i i(),S \-^ù iS,<. 1 '| , '| 

Débit-imilé . . . ",79 ijf'9 <'.*>-i <>,IS") o.'ii <s.")8 "-99 '•■^7 

Dêbil-iiiiiiiilo. . iL-V! if^.i"! ii.ii."> i.î.()'i '^.71 i".7i i8.()'.> 19.73 



Kiiss. 


Guilleniard. 


Baveux. 


générale 


5,59 


8, .4 


18,67 


8,37 


5,00 


7,o3 


I I ,60 


7,38 


4,o4 


5,58 


8,63 


5,66 



SÉANCE DU 3l JANVIKR 1921. 298 

L'examen des cliilTres de débit consignés dans ce 'rabicau permet 
d'énoncer les deux proposilions suivantes : 

1° Le débit respiratoire absolu diminue rjuand r altitude augrn-nle. 

2." A toutes les altitudes, F injection sous-culanée iPoxYgèiK' corrige l'insuf- 
fisance progressif du débit respiratoire. 

Ma première proposition est corroborée par les résultais spiromélriqucs 
qu'ont obtenus, au mont Blanc, avant les miennes, les recherclies de 
J. Vallot ('), de Kuss (-), et de Guilleniard et Moog ('). 

Ces auteurs ont expérimenté sur 14 sujets, d'âge et de poids différents, 
au cours de six expéditions réparties sur une période de huit années. Leurs 
chiffres concordent entre eux et avec les miens. 

Tableau II. 

Moyennes de ventilation aljsolue prises à diverses altitudes. 

Moyennes 
J. Vallot. 

Plaine 6,11 

Chanioûix 5,42 

Mont Blanc 4,42 

Ma seconde proposition est démontrée par la comparaison entre les 
cliiffres de débit que j'ai obtenus avant et après oxygénation, car on voit 
que ces derniers sont toujours plus forts que les premiers. Cette comparaison 
permet de calculer dans quelle proportion l'oxygénation sous-cutanée peut 
compenser l'insuffisance respiratoire à la très haute altitude do l'Observa- 
toire du mont Blanc. 

Déficit respiratoire en passant de Chanionix au mont Blanc. 

Lilres d'air 
par minute. 

Sans oxygénation hypodermique 2 ,g4 

Avec oxygénation hypodermique i ,44 

Diminution du déficit par l'oxygénation 1,.50 

L'oxygénation sous-cutanée donne donc une amélioration de cinquante 
et un pour cent dans la ventilation pulmonaire à la très haute altitude de 
l'Observatoire du mont Blanc (435o™). 

(') J. Vallot, Annales de l'Observatoire nietéurologiijue du mont Blanc. Expé- 
ditions de 1898, 1899 et 1900, t. 6, igoS. 

(-) G. Kiss, Comptes rendus, t. 14-1, 1903, p. 270. /^S 

(^J GuiLLEHARD Cl MooQ, Comptes rendus, t. 14o, 19117, p. 828. /^ ■ c*^^ ' 

i>^ ^<^- 



294 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Un calcul très simple montrerait que, d'après ces chiffres, une injection 
sous-cutanée d'oxygène permettrait de respirer aussi amplement à Sooo™ 
d'altitude qu'on respire, sans oxygénation, à l'altitude de (>hamonix. Or 
j'ai montré (') que l'effet utile des injections d'oxygène peut durer une 
vingtaine d'heures. 

Nous voyons cependant qu'il reste encore, à l'altitude du mont Blanc, un 
déficit respiratoire de 49 pour 100. 



PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Sur la nature du choc anaphylactique. 
Note de MM. Auguste Lumière et IIenri Couturier, présentée par 
M. Roux. 

Dans des recherches publiées antérieurement (-), nous avons montré 
que l'injection intra-vasculaire d'un précipité insoluble et inerte, constitué 
par du sulfate de baryte émulsionné dans du sérum artificiel isoloniquc et 
isovisqueux, permettait de provoquer non seulement des symptômes iden- 
tiques à ceux du choc anaphylactique, avec tous ses caractères, mais aussi 
des lésions et des troubles semblables à ceux de l'anaphylaxie chronique ; la 
similitude de ces effets tendait donc à faire attribuer la crise et les acci- 
dents de l'anaphylaxie à une cause physique plutôt qu'à des phénomènes 
chimico-loxiques. 

Pour confirmer celte hypothèse, nous avons réalisé les expériences 
suivantes : 

Des cobayes ont élé sensibilisés au mojen d'injeclions sous-cutanées de sérum de 
cheval de -^ de centimètre cube. Vingt jours après cette préparation, l'injection 
intra-cardiaque de \ de centimètre cube du même sérum amène chez ces animaux 
des accidents qui débutent au bout de 20 à 3o secondes. Une minute plus tard 
environ, les témoins ainsi traités, tombent sur le côté et meurent vers la fin de la 
deuxième minute. 

Si l'on administre par la même voie à d'autres animaux du même lot o''"'',5 d'émul- 
sion barytique à 0,265 pour 100, puis, 3o secondes après, la dose mortelle de sérum, 
on n'observe alors que des troubles légers et passagers, ne se manifestant qu'à partir 
de la deuxième minute; pendant quelques lieures, les sujets eu expérience demeurent 
hérissounés, mais ils se rétablissent bientôt i:omplètement ayant ainsi toléré, sans 
dommages appréciables, des doses qui les auraient infailliblenienl lues Siins l'injection 
préalable de suspension barylique. 

{^ ) Comptes rendus, t. 169, 19 19, p. i 179. 

(■-) Auguste LiinikRE et Mrnri Goutuiueii, Sur le clioc provoqué par rinlroduction 
de substances inertes dans la circulation {Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 1 172). 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 29,6 

(^>uaiul, I mimite après la première injeelion immunisante, on en prali(|ne une 
seconde dix fois plus concentrée, le coliaye la supporte parfaileuieul bien et peut 
recevoir au bout de 24 heures l'inoculation anaphylactique, mortelle chez les témoins, 
sans présenter d'autres symplùmes que du prurit et un peu d'in(|uit-lnde, troubles qui 
disparaissent en un quart d'heure. 

L'iiniiiuiiité contre le choc anapliylactique vrai, créé par le précipité 
inerte, n'a donc qu'une durée assez limitée, mais elle n'en est pas moins 
réelle et complète; elle est effective aussi contre l'anaphylaxie passive et 
contre les chocs déterminés par l'introduction de certains colloïdes dans la 
circulation. Les expériences que Bordet a instituées avec le sérum gélose 
conduisent d'ailleurs à des résultats semblables. 

Nous avons voulu montrer, par les essais complémentaires rapportés 
plus haut, que l'immunisation contre le choc pouvait être également réalisée 
au moyen d'un corps inerte n'intervenant q\u& physiquement. 

In verse nient, la vaccination contre le choc anaphylactique, par le pro- 
cédé des doses subintrantes de Besredka, protège aussi temporairement, 
contre le choc barytique, les animaux qui y sont soumis. C'est ainsi que 
des cobayes sensibilisés comme nous l'avons indiqué, puis vaccinés par des 
injections variant de ^- k -^ àQ centimètre cube d'antigène, peuvent, une 
demi-heure après ce traitement, tolérer des doses mortelles d'émulsion de 
sulfate de baryte en ne présentant que des symptômes insignifiants et 
même aucun trouble suivant les quantités d'antigène administrées préala- 
blemeiit. 

La durée de l'immunité dans ce cas est aussi longue que le traitement 
inverse et peut se prolonger pendant il\ heures. 

Toutes ces expériences tendent à montrer que les causes du choc ana- 
phylactique sont les mêmes que celles des crises anapliylactoïdes résultant 
de l'introduction brusque de substances insolubles dans la circulation. 

Si l'état d'antianaphylaxie durable créé par la vaccination au moyen des 
doses subintrantes est bien, comme le fait remarquer Besredka ('), la 
pierre de touche la plus importante de l'anaphylaxie vraie, elle n'est point 
celle du choc pi^oprement dit car, en réalité, l'état de protection conféré 
par les faibles doses d'antigène ne constitue une vaccination contre le choc 
que pendant quelques heures après lesquelles les sujets ainsi traités, soumis 
de nouveau à des injections d'un mélange de sérum d'un autre animal sen- 



(■) A. Besredka, Anaphyloloxine el anaphylaxie {Annales de l'Institut Pasteur, 
lai 1920, p. 334). 



296 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

sibilisé el du même antigène ou dun précipité inerte, n'échappent plus à la 
crise; ils ne sont point immunisés d'une façon persistante contre le choc 
mais sim[)lement désensibilisés. 

Les inoculations suhintrantcs ayant en (|uel(jue sorte saturé les éléments 
précipitahles du sang, de nouvelles quantités d'antigène ne peuvent plus 
déterminer la formation de précipité et il n'y a, par conséquent, plus de 
choc possible. L'emploi de ces doses subintrantes conduit donc à deux 
résultats distincts : 

i" Une immunisation temporaire générale contre tout choc quel qu'il 
soit; 

1° Une désensibilisalion spécifique de l'animal dont le sang ne peut plus 
réagir sur l'antigène sensibilisant pour donner le précipité indispensable 
à la production du choc. 

Les efl'els de protections réciproques que nous venons de rapporter 
semblent bien constituer une démonstration cruciale de l'identité du méca-- 
nisme du choc dans tous les cas considérés. 



MICROBIOLOGIE. — Essais de vaccination conlrc le pcdadisme des oiseaux dû 
au Plasmodium relictum. Note de MM. Etie.vne et £d.>io.\d Seu^e.nt, 
présentée par M. Roux. 

On admet que le paludisme ne confère pus une immunité absolue, mais 
que toutefois les paludéens dont l'infection est passée à l'état chronique ont 
une immunité relative, c'est-à-dire qu'ils ne réagissent plus aux réinfections. 
Nous avons cherché à voir si, dans le paludisme des oiseaux, il est possible 
d'obtenir l'immunité relati\e, sans passer par le stade initial d'infection 
aiguë toujours grave et même mortel dans un tiers des cas. 

Nous avons essayé déjà l'inoculation de sporozoïtes conservés invitro (*). 
Sur 24 sujets, 7 avaient acquis par ce procédé l'immunité relative immé- 
diate sans phase d'infection aigu*'. 

Dans une nouvelle série d'expériences, nous avons utilisé, pour atteindre 
ce but, non pas un virus vieilli, mais un viius prélevé, soit chez le mous- 
tique, soit chez l'oiseau, pendant la période d'incubation. 



(') lvriK>>E et Ei)MO.M> Skrgent, Sur Vimniunilé ilnns le paludisme des oiseauu-, 
Conscii'alion in vilro des sporozoïtes de l'Iasmodiuni relictiiiii. Iminiinité relathe 
ohli-nue par inueulalion de ces sporozoïtes {Comptes renlus, l. I.'il. uji". p. 107). 



SÉANCE DU 3l JANVIER I921. 297 

jo J/^irus prélevé pendant son évolution sporogonique cliez /'i'n.yetVe (Gulex 
pipiens). — Nous considérons comme période d'incubation le slade de 12 
à 1 5 jours de durée (à une température de 25° à So") pendant lequel le virus 
se présente sous forme de zygotes enkystés dans la paroi de l'estomac du 
moustique, avant l'apparition des sporozoïtes. 

On injecte, dans le péritoine d'un canari, quatre ou cinq estomacs de Ca/ex nourris, 
6 jours auparavant, de sang d'oiseau riclie en Plasmodiuni. Les estomacs présentent de 
très nombreux zygotes de 3o!* à !\oV- de diamètre ; on n'y voit pas encore de sporozoïtes; 
ils sont broyés dans de l'eau chlorurée à 7,5 pour lobo. L'expérience est faite sur huit 
canaris. 

Aucun de ces oiseaux ne présente d'immunité consécutive : l'inoculation 
de virus, faite 1 5 jours après rinjection des zygotes, est suivie, comme chez 
les témoins, d'une infection intense. 

2" Virus prélevé pendant son évolution chez l'Oiseau (Canari) (Expériences 
faites en inoculant aux oiseaux du sang parasité). — La période d'incuba- 
tion est celle qui sépare le moment de l'inoculation de celui de l'apparition 
des parasites dans le sang périphérique. La durée de cette période varie 
de 3 à 10 jours, elle est en général de 6 jours. 

Nous injectons dans le péritoine de 61 canaris une goutte de sang de 
canaris inoculés 24 ou 48 heures auparavant. 

A. Dans une première série de recherches, une seule injection de sang 
prélevé 48 heures après l'inoculation donne l'immunité relative à 2 sujets 
sur i3. 

B. Dans une deuxième série, une seule injection de sang prélevé 24 heures 
après l'inoculation donne l'immunité relative à 3" sujets sur 12. 

C. Dans une troisième série, deux injections, répétées à 8 jours d'inter- 
valle de sang prélevé 48 heures après l'inoculation donnent l'immunité rela- 
tive à 5 sujets sur 18. 

D. Dans une quatrième série, deux injections, répétées à 8 jours d'inter- 
valle, de sang prélevé 24 heures après l'inoculation donnent l'immunité 
relative à 3 sujets sur 18. 

Chez les témoins, la proportion des oiseaux naturellement réfractaires 
est infime : 0,72 pour 100 (7 sur 963 au i5 décembre 1920). Donc 
99,28 pour 100 des témoins s'infectent gravement à la première épreuve. 

Au contraire, si l'on résume les résultats obtenus sur les 61 sujets traités 
par le sang de canaris inoculés depuis 24 ou 48 heures, on voit que i3 au 

c. R., 192 Semestre. (T. n2, N° 5.) 22 • 



298 ACADÉMIE DES SCIENCES 

total ont acquis rimmunité relative immédiate (2 i ,3 pour 100); les autres 
s'infectent «gravement à la première épreuve. 

Les i?> sujets « acclimatés» cl'eml)lée ont été suivis 2 et 3 mois; 4 d'entre 
eus ont subi 2 et 3 inoculations, auxquelles ils ont résisté, sauf un qui 
s'infecte à la troisième inoculation, 3 mois après Tinjcclion immunisante. 

On peut donc conclure : Le sang d'un oiseau prélevé pendant la jxh-iodf 
(rinciibalion du paludisme des oiseaux, c'est-à-dire avant l'apparition des 
parasites dans le sang périphérique, n'est jamais infectant et peut conférer, 
dans 21,3 pour 100 des cas, l'immunité relative à des sujets neufs sensibles. 



HYGIÈNE. — Le rôle des mouches dans le transport de germes pnt/ioiiénes 
étudié par la technique des éleva<^cs aseptiques. Mote de M. E. Woi.i.man, 
présentée par M. E. Roux. 

Le rôle des mouches en tant que véhicules de microbes pathogènes a fait 
l'objet de très nombreuses recherches. Nous citerons celles de Ficker, de 
Faichnie, de Graham-Smith, de Ledingham, de Marchoux, pour ne parler 
que des plus récentes ('). A part quelques cas particuliers où le microbe 
étudié est facile à mettre en évidence (bacille tuberculeux, b. de la lèpre), 
de telles recherches se heurtent à de grosses difficultés du fait de la richesse 
de la flore bactérienne normale de ces insectes. On a évalué, en elîet, à 
plusieurs millions le nombre de bactéries couramment transportées par une 
mouche ('■'). L'isolement d'un germe pathogène quelconque est dans ces 
conditions pénible et aléatoire. Cet isolement devient presque impraticable 
pour les bactéries du groupe du h. typhique ç\. des paralyphiques^i particu- 
lièrement importants au point de vue tjui nous occupe. Un grand nombre 
des bactéries normales de la mouche se rapproche, en effet, des germes de 
ce groupe : ni la morphologie, ni l'aspect des colonies, ni les réactions 
biochimi(jues ne permettent de les en distinguer; seules les méthodes 
sérologiques peuvent donner un résultat ('). 

(') On Irouvera la bibliographie, ainsi que la tcrbniijue et la marche de nos expé- 
riences, dans le travail détaillé qui païaîtra pi'ochaineiiienl dans' les Annotes de l' Ins- 
titut Pasteur. 

('■') D'après Coix, Lewis et Glynn, ce nombre s'élèverait à 5oo millions pour les 
mouches capturées dans des endroits très soiiillés (Journ. of Hyg., Vl). 

(') Gv.k\\>i.y\-'è>i&\i\\. Files and Diseuse,-^. i23. 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 299 

Il nous a semblé, pour toutes ces raisons, que la question inérilail d'être 
reprise par la technique des élevages aseptiques ('). Les expériences 
deviennent, dans ces conditions, schématiques : le milieu de culture reste 
stérile ou présente une culture pure du microbe employé. T.'absencc de 
germes autres que celui introduit par Texpérience permet de recourir à des 
épreuves particulièrement sensibles : ensemencement en milieu liquide, 
inoculation dans la chambre antérieure de l'œil (b. tuberculeux), etc. 

Enfin, le germe pathogène étant soustrait à l'action de la flore normale se 
trouve dans des conditions particulièrement favorables; les résultats posi- 
tifs obtenus dans ces conditions semblent pouvoir être considérés comme 
des résu/latx /imites. 

Les mouches peuvent être contaminées soit à l'état de larves, lorsque le 
développement se fait dans des matières renfermant des microbes patho- 
gènes, soit à l'état d'irisecle parfait. De là, deux séries d'expériences. Dans 
la première, il s'agissait de rechercher chez l'adulte les germes englobés à 
l'état de larves. En cas de résultat positif, il était intéressant de savoir 
comment se faisait le passage. Dans la deuxième série, nous devions établir 
comment se comportaient les mouches aseptiques contaminées à l'état 
adulte. 

I. Les expériences de la première sécie ont porté sur les larves de la 
mouche à viande {Calliphora vomitoiïa), celles de la mouche verte (Lucilia 
césar) et celles de la mouche domestique. Les œufs aseptiques (") étaient 
déposés sur de la cervelle stérilisée pour les deux premières espèces, sur du 
crottin de cheval stérilisé pour la mouche domestique. A l'éclosion des 
larves on introduisait dans le milieu une suspension de microbes pathogènes : 
b. lypMque, b. dysentérique (Shiga), b. tuberculeux. C'est, en effet, la con- 
tamination par les bactéries du groupe du typhique et des dysentériques 
qui doit se réaliser le plus souvent dans la pratique, les larves pouvant ren- 
contrer ces germes dans les déjections de malades ou de porteurs. Le 
bacille tuberculeux peut, lui aussi, être éliminé en quantité avec les déjec- 
tions (Calmette) et présente, d'autre part, un intérêt particulier par suite 
de sa grande résistance à Faction de facteurs nocifs : dessiccation, etc. Enfin, 



(') Au cours de raïuiée dernière, nous avons pu étendre celle lecliniciue à l'élevage 
de la mouche domestique et obtenir des générations aseptiques successives de cet 
insecte. 

(2) Pour la technique, voir Annales de l' Institut Pasteur, t. 25, p. 79. 



3oO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

dans quelques expériences, nous nous sommes adressé à la hnctcridie char- 
bonneuse, microbe sporulé qui dans la nature peut également se rencontrer 
dans les habitats des larves de muscidés. 

Dans un certain nombre de cas, le contenu des pupes a été ensemencé 
soit aussitôt après la transformation des larves, soit plus tard, lorsque l'éclo- 
sion ne se produisait pas : dans tous les cas nous avons obtenu une culture pure 
et abondante du microbe contaminant. 

Dans la majorité des expériences les pupes étaient transportées dans des 
tubes stériles après ou sans stérilisation préalable au sublimé à 2 pour 1000 
pendant2à 3 minutes et lavage à l'eau stérile. Dans tous les cas et quel q'u eût 
été le germe infectant, les mouches êcloses de pupes ainsi stérilisées se sont mon- 
trées aseptiques. ( Ensemencement sur gélose et en bouillon pour les larves 
contaminées de b. typhique, de b. dysentérique , de charbon; broyage et ino- 
culation dans la chambre antérieure de l'œil à des lapins, pour le b. tubercu- 
leux bovin.) Pour ce qui est de mouches êcloses de pupes qui n'avaient pas 
été stérilisées, un certain nombre ont donné des cultures du microbe conta- 
minantl (6. typhique, b. dysentérique). 

Cesexpérience.-î permettent de conclure que les germes pathogènes englobés 
par les larves ne passent pas à l'insecte parfait. Toutefois, dans la pratique, 
celui-ci peut se contaminer par les microbes adhérant à la surface de la pupe. 
II. Les expériences de la deuxième série ont porté exclusivement sur la 
mouche domestique. C'est, en eiïet, cette espèce qui entre surtout en ligne 
de compte, à l'état adulte, au point de vue de la dissémination des germes 
pathogènes pour l'homme. 

Après avoir été contaminées par des cultures pures de b. typhique, do 
b. dysentérique ou de b. tuberculeux (une seule expérience), les mouches 
étaient recueillies dans des ballons stériles contenant du coton hydro()hile 
imbibé d'une petite quantité d'eau et de lait. Conservées dans ces conditions, 
les mouches ensemencent abondamment le microbe en question {b. typhique 
ou b. dysentérique) pendant tout le temps que dure l'expérience : plus de 
trois semaines dans certains cas. Cet ensemencement se fait aussi bien par 
la surface du corps (pattes et trompe) que par les déjections. 

Si, au contraire, on leur fait changer de ballon tous les jours ou tous les 
deux jours, on constate que très rapidement les mouches se débarrassent de 
leurs germes et redeviennent aseptiques. Dans certaines expériences cette 
auto-stérilisation était complète au bout de huit jours. Dans runi(|ue expé- 
rience faite avec le b. tuberculeux ce germe avait disparu quatre jours après 
l'infection (inoculation dans la chambre antérieure de l'œil). 



SÉANCE DU 3l JANVIER 1921. 3oi 

Ces expériences élablissent (jiie les mouches contaminées restent infectantes 
pendant un temps assez court (quelques jours). Eloignées de la source de 
contamination, elles se débarrassent très vite (probablement niécaniqueinenl) 
des germes infectants. 



MÉDECINE. — L'élimination et la fixation des novarsenicaux thérapeuti- 
ques. Note (') de IVÏVI. Kohn-Abrest, Sicard et Pakaf, présentée par 
M. d'Arsonval. 

Les recherches de l'un de nous(-) établissaient que l'ensemble des 
viscères de près de 3 pour loo de nos contemporains contiennent, outre 
l'arsenic « normal », des doses d'arsenic anormales. Mais ces dernières 
r;sLent cjixipriàes entre i et 2 milligrammes. Elles sont donc très faibles et 
inférieures à celles que l'on trouve dans les viscères des personnes ayant 
réellement succombé à l'empoisonnement arsenical. 

Les données ci-dessus onl été déduites de l'analyse des viscères de 116 personnes 
prises au hasard des morts violentes ou subites, survenues à Paris entre igii et 1918; 
mais sans qu'il s'agisse d'empoisonneinenl par l'arsenic. Parmi ces sujets devaient se 
trouver une certaine proportion de syphilitiques, traités au moyen des arsenobenzols. 
Aussi ces recherches confirment-elles, ce que l'on savait déjà (') de la prompte élimi- 
nation de ces composés. Elles ont contribué à distinguer, dans certains cas de la 
chimie légale, l'arsenic « vénéneux » de l'arsenic simplement « médicamenteux. ». 

Depuis ces recherches, nous avons systématiquement rassemblé les cas 
dont nous étions saisis, de personnes ayant succombé, alors qu'elles étaient 
réellement soumises plus ou moins anciennement à des traitements novarse- 
nobenzoliques. A de rares exceptions près, la mort de ces sujets n'a pas été 
consécutive à l'intoxication arsenicale; mais à révolution naturelle de la 
maladie (cancer, ramollissement cérébral, anévrisine, etc.). 

La destruction des matières organiques, des viscères pris isolément, en vue de la 
recherche de l'arsenic, a été ellectuée par nos procédés habituels : chlorate de potasse 
et gaz chlorhydrique (*); mélange sulfonitrique (^), calcination en présence de 
magnésie seule ("), ou d'un mélange de magnésie et de nitrate de magnésie ('). L'ar- 

(' ) Séance du 24 janvier 1921 . 

(^) E. KoHiN-A.BREST, Travaux du Laboratoire de Toxicologie à la Préfecture de 
Police et Bull. Soc. Méd. légale, 1918. 
(^) Notamment d'après Bongrand. 
(*) Ogier. (^) Bartlie Deniges. (") Geneuil. (') Kohn-Abrest. 



3o2 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



senic, dans les produits de la deslriictioii, a lonjours été reclierclié et dosé au moyen 
de l'appareil de Marsh. 

l^es résultats de nos reclicrclics ont été rassemblés, suivant le mode d'in- 
jection du produit, et de la durée écoulée entre la dernière injeclion et la 
mort. Comme produit injecté, il s'est presque toujours agi des mélanges 
formant les spécialités à base de dioxydiamidoarsênobenzohnéthylène sul- 
foxyhile de soiide^ mais dont la définition laisse à désirer. 



i 
I 

I 

? 
I 



'Placés représenta lifs fies quantités d'arsenic retrouvées dans 
les viscères de personnes traitées plus ou moins ancien- 
nement par les dérives des arsénobenzols, notamment par 
le novarsénobenzol (914). 






eigiig Iminimum habituelf 




p./Arsanic pisudo normal) 

——.^-^firiertic narmal} 



01294567831 _ ^_^ ^ ^ 

en ABClSSES/c nombrB dsjours «cou/as errttv h c/emisrv iryaction et h dévii du malada 

Le tracé' n" 1 indique quelles quantités d'arsenic on a retrouvées en cas d'injections intraveineuses. 
Le tracé n " 2 indique quelles quantités d'arsenic on a retrouvées après injections sous-cutanées. 
L'ordonnée = lo — exprime la quantité d'arsenic formant la limite inférieure de ce que l'on 
trouve habituellement dans les viscères en cas d'intoxication arsenicale aiguë. L'ordonnée = i — 
exprime la quantité d'arsenic « pseudo-normale » que l'on trouve très fréquemment de nos jours 
dans les viscères liuuiains. L'ordonnée = o,io — exprime la quantité d'arsenic dite normale. 

Le taux de l'injection variait de o*-', i.5 à o''',2o; et la tjuantité totale de 
produit qui a été administré, avait atteint chez certains sujets plus de lo^^C) 
en quelques semaines, d(!ux mois ejiviron. 

Di\ cas concernaient des personnes traitées par injections inlr/n'ei- 
iieuscs et sept cas, par injections sous-cutanécs. Le temps écoulé entre la 
dernière injection et la mort (due à des causes diverses) variait entre 



(') Nous indiquerons les détails dans un Mémoire. 



SKANCE DU 3l JANVIER 1921. 3o3 

/fî minutes cl 120 jours. Les grapliiques ci-conlrc représentent les quantités 
crarscnic retrouvées, et permettent de se rendre compte de la lixalion et de 
l'élimination des « novarsénobenzols » ('). 

Les conclusions (jiie nous croyons devoir tirer de nos recheixlics sont les 
suivantes : 

L Au point de vue c/i'/»iy?/'' ; 

i" L'élimination des « novarsénobenzols » donnés en injection intravei- 
neuse parait très rapide et autant que celle des autres arsénohenzols. Elle 
est ralentie (de moitié) lorstju'il s'agit d'injections sous-cutanées. 

2° I^es organes où l'on a retrouvé l'arsenic dans les cas susvisés sont par 
ordre de teneur croissante : poumons, intestins, rate, rein, foie. Quant au 
cerveau, en cas de traitement intraveineux, et quelles qu'en soient la durée et 
l'intensité, ce viscère ne contient pas de traces notables d'arsenic, ou tout 
au plus des doses relativement très faibles (0^,0002). Mais il en contient 
plus,fréquemment, et en doses plus élevées (0^,0002 à 08,00075) apiès 
traitement sous-cutané ( -). 

3° La présence dans l'encéphale de doses d'arsenic atteignant plusieurs 
milligrammes présente une signification pathologique et constitue un indice 
de l'intoxication. 

IL Au point de vue de V expertise toxicologique : 

Nos recherches confirment les indications données par l'un de nous et 
que nous formulons actuellement ainsi : 

i" Il n'y a pas lieu de tenir compte de la présence de très petites quan- 
tités d'arsenic, soit environ i'^°(^), pour la totalité réunie des viscères 
humains. 

2° Lorsque les doses trouvées sont comprises entre 1 "'^ et 3"'^, elles ne pré- 
sentent guère d'autre intérêt que d'être l'indice d'un traitement thérapeu- 
tique arsenical. On les trouve généralement dans le foie, les reins, l'intestin, 
sans ordre de priorité immuable. 

3° Même la présence dans les viscères de 3'"" à 7™° d'arsenic, compte tenu 

(') Un seul cas, non compris parmi les précédenls, fait exception et a montré la 
présence de plusieurs centigrammes d'arsenic dans les viscères 9 jours après la 
dernière injection d'un « novarsénobenzol ». 

(^) La reclierclie de l'arsenic dans les liquides céphaloracliidiens des sujets en cours 
de traitement novarsenical ordinaire, nous a donné des résultats négatifs. 

(') Arsenic « pseudo-normal » à peu près constant de nos jours, chez l'homme et 
dépassant notablement les quelques centièmes de milligrammes d'arsenic « normal », 
signalé il y a une vingtaine d'à n née s par A. Gautier et G. Bertrand. 



3o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

de sa répartition, n'est pas en désaccord avec l'hypothèse d'un traitement 
novarsénobenzolique datant de i jours à 25 jours, le composé étant en voie 
d'élimination normale. 

4° Par contre, la présence dans les viscères de cenli grammes d'arfcnic 
s'accorde pleinement avec l'hypothèse d'une intoxication arsenicale. 

En résumé : Au point de vue clinique^ nos recherches encourag;ent, en 
matière novarsenicale, à pratiquer des traitements répétés et prolongés; de 
préférence par injection sous-cutanée; 

Au point de vue toxicologique ^ elles contribuent à la distinction si diffi- 
cile et si importante au point de vue judiciaire, entre les traces que laisse 
dans les viscères, l'arsenic médicamenteux et celles qu'y laisse l'arsenic 
riénéneux. 



A 17 heures, l'Académie se forme en Comité secret. 

La séance est levée à 17 heures et demie. 

A. Lx. 



ERRATA. 



(Séance du 27 décembre 1920.) 

Note de M. Georges Giraud., Réponse à une Note de M. Fubini sur les 
fonctions automorphes : 

F^age i365, lignes 22 et .î3, la parenllièse ne doit être fermée c[n après les mois : au 
moyen d'une collinéalion réelle. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

SÉANCE DU LUNDI 7 FÉVRIEll 1921. 

PRÉSIDENCE DE M. Georges LE.MOIXE. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'AGADÉMFE. 

M. le Ministre de l'Instkcction publique et des Beaùx-Arts adresse 
ampliation du décret, en date du 4 février 192 r, approuvant l'élection que 
l'Académie a faite de M. Augiste Iîéhal pour occuper, dans la Section de 
Chimie, la place vacante par le décos de M. Armand Gautier. 

Il est donné lecture de ce décret. 

Sur l'invitation de M. le Président, M. Auguste Béual prend place 
parmi ses confrères. 

OPTIQUE. — Sur les systèmes de prismes à arêtes parallèles. 
Note de IVU^G. Gouv. 

1. Dans une Note récente ('), nous avons étudié, au moyen d'une 
construction géométrique, la vision d'un objet un peu éloigné à travers un 
système quelconque de faces réfringentes ou réfléchissantes planes, les 
milieux optiques étant en général anisotropes, et le système placé dans 
l'air. Nous allons ici nous restreindre au cas, souvent réalisé, où toutes ces 
surfaces sont parallèles à une même direction, que nous prendrons rcm'crt/^. 
Nous nous bornerons à énoncer les résultats, dont la démonstration est 
immédiate. 

Le faisceau privilégié incident provient d'un point P à l'infini. Sa section 

(') Comptes rendus, t. 1T2, 1921, p. 196. 

C. R., 1921, i~ Semestre. (T. 172, N° 6.) ^3 



3o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

droite él;iiil aihitrairc. nous admettrons, comme précédemment, que c'est 
un carré de côté a, dont deux côtés sont liorlzontaux. Le faisceau privilégié 
émergent fait avec la verticale le même anglc'cjue le faisceau incident. Sa 
section droite est un paiallélogramme; deux de ses côtés, qui correspondent 
aux côtés du carré contenus dans des plans verticaux ('), sont eux-mêmes 
dans des plans verticaux, et leur longueur est (i\ les deux autres, de lon- 
gueur />, correspondant aux côlés horizontaux du carré, peuvent être plus 
ou moins inclinés; l'angle aigu du pardUélogramme est oj. 

2. Appelons Largeur du faisceau la dislance des plans verticaux qui le 

limitent. A l'entrée, la largeur /, = a; à la sortie, la largeur 1.^=^ bs'ini». 

Si rolijel Pi'' à l'inlini est horizontal et de grandeur apparente y, il résulte 

de notre conitruclion que l'image est aussi horizontale et que sa grandeur 

« ^ 

apparente est 7-^ — ■. — = y-r- 

Le pouvoir grossissant du sysli'/ne poir un oitjcl hoiizontal est donc le rap- 
port des largeurs du faisceau à rentrée et à la sortie : c'est la généralisation 
de la loi connue pour un prisme ordinaire. 

Pour un objet PI'' contenu dans un plan vertical, l'image a une direc- 
tion perpendiculaire aux côtés b du parallélogramme, et sa grandeur 

appareille est -. Il est facile, d'après cela, de construire l'image d'un 

objet très éloigné quelconque, qui est en général déformée, agrandie ou 
diminuée. 

Pour l'astigmatisme, il n'y a rien à noter de particulier sur la construc- 
tion déjà donnée, qui consiste à tracer l'ellipse tangente aux côlés du paral- 
lélogramme en leurs milieux; ses deux axes, de longueurs /* et/-, donnent 
les directions des deux focales virtuelles, et, le point lumineux étant à la 

distance L, ces focales sont aux dislances l>— et F^-^- 

a- a- 

3. Minimum de déviation. — Appelons la déviation produite par le 
système, et A la projection de sur un plan horizontal. 

Considérons, dans le faisceau, un observateur vertical qui voit venir à 
lui les rayons. Si les réflexions sont nulles ou en nombre pair, les ra\ons 
qui ont passé par un des côtés non horizontaux du carré se trouvent, à la 
sortie, du même côté de l'observateur. Si donc l'objet PP' est horizontal, 
le point P' est pour lui du même côté du point P dans l'image et dans 
l'objet. 

(') C'eil-à-Jire qui sont icncoiUics par les mêmes rayons. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 19'il. 807 

Admettons, ce qui est ordinaire, que les prismes sont dis|)Osés di' telle 
sorte que chaque réfraction produise une déviation projetée de même sens. 
Alors A est délini sans ambiguïté, et les angles seront comptés positivement 
dans ce même sens. Supposons que le point P' se déplace horizontalement 
en tournant d'un angle d^ autour d'un axe vertical passant par le sys- 
tème. L'image de P' tournera autour de cet axe dans le même sens, de 
l'angle d'^j- La déviation A prend l'accroissement dl : 

Si nous parlons de l'incidence rasante pour arriver à l'émergence 
rasante, j- varie de o à œ, augmentant avec ^. comme on le voit en consi- 
dérant isolément chaque réfraction, il y a donc une position pour 
laquelle -7^ =: o, et, en partant do ce point, A augmente dans les deux sens 

dp 
(et de même ù), car /, — l., est du signe de d"^. 

. Si nous laissons fixe le faisceau incident et faisons tourner le système 
autour d'un axe vertical, il en résulte qu'on observe un minimum de dénation 
quand les largeurs du faisceau à Ventrée et à la sortie sont égales. Comme 
pour le grossissement, on a ici la même loi que pour un prisme ordinaire, 
mais l'égalité de largeur ne correspond plus, en général, à l'égalité des 
angles d'incidence et d'émergence, même pour un seul prisme anisotrope. 

On remarquera aussi qu'en général, le minimum de déviation ne fait pas 
disparaître l'astigmatisme ni la déformation de l'image. 

Si toutes les réfractions ne sont pas de même sens, la condition /, = l., 
peut correspondre à un maximum au lieu d'un minimum. 

Si le système comporte un nombre impair de réflexions, les rayons qui 
ont passé par un des côtés non horizontaux du carré changent de côté pour 
l'observateur; par suite, l'image de PP' est de sens opposé à l'objet. 11 en 

résulte que l'on a ^A = ( ^ -1- i jf/j*i. Si l'on fait tourner le système, la condi- 
tion /, = /., correspond au point où le faisceau émergent tourne avec une 
vitesse angulaire double de celle du système. 

4. Admettons maintenant que les rayons incidents sont hovizontaux. Si 
les milieux sont isotropes, ou si la surface d'onde de chacun d'eux a un 
plan de symétrie horizontal, le parallélogramme devient un rectangle, dont 
le côté vertical est a. 11 en résulte qu'un objet vertical est vu tel et sans 
grossissement, tandis que, comme précédemment, un objet horizontal est 



3o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

VU tel el avec le grossissement j-- Les deux droites focales sont, l'une hori- 
zontale, à la même dislance L que le point lumineux, l'aulre verticale, à la 
distance Lyf • 

Si les largeurs /, et !.. sont égales, il y a à la fois minimum de déviation 
et absence d'astigmatisme ainsi que de déformation pour les images. Ces 
avantages sont les mêmes que si chaque prisme était au minimum de 
déviation ('). 

En particulier, pour un speclroscopc à deux prismes pareils, on peut 
fixer l'un el rendre l'autre solidaire de la lunette d'observation, de manière 
que les axes du collimateur et de la lunette fassent toujours le même angle 
avec la première et la dernière face. Les avantages du minimum sont réalisés 
sans complication mécanique, et, en outre, rien ne se perd du faisceau, si, 
l'on donne à cet angle fixe la valeur qui correspond au minimum de dévia- 
tion de chaque prisme pour le violet (-). 

Si le système comporte un nombre impair de réflexions, comme dans 
certains spectroscopes, il n'y a pas de minimum de déviation pour 
l'ensemble, mais l'absence d'astigmatisme et de déformation est encore 
réalisée pour /, == 4. 

5. Réseanv. — Tout ce que nous avons dit s'applique aussi bien aux 
ondes paragéniques des réseaux qu'aux ondes proprement dites. En parti- 
culier, pour un réseau plan à traits verticaux, il y a, dans le sens horizontal 

seulement, un grossissement de l'image égal à j-, en appelant /, la largeur 

du faisceau incident et 4 celle du faisceau diffracté; fait connu et important 
pour les applications des réseaux à l'étude des protubérances solaires. 
L'astigmatisme et la déformation disparaissent quand on a /,=/.; en 
même temps, s'il s'agit d'un réseau transparent, il y a un minimum de 
déviation. 



(') Sauf pourtant si l'objet est liés lajjproclié, ce qui n'a pas lieu dans le spec- 
lroscopc. 

(') C'est le dispositif de njon spectrophotoraètre {Annales de Chimie cl de Phy- 
sique., 5° série, t. 18, 1879). La méthode encore employée par les constructeurs, 
qui consiste à faire pivoter chacun des deux prismes pour le mettre au minimum de 
déviation, est vicieuse en ce que le faisceau est fortement diaphragmé aux extrémités 
du spectre, là où il serait le plus nécessaire de ne pas perdre de lumière. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 192I. 3o9 

S. A. S. le Pbince de Monaco fait hommage à l'Académie des fasci- 
cules LV et LVI des Héstiltats des campagnes scientifiques accomplies sur 
son yaclil par Albert /"'', prince soM-erain de Monaco, publiés sous sa direction : 
Madréporaires provenant des campagnes des yachts Princesse-Alice et Hiron- 
delle II (i8g3-i9i3), par Cii. Guaviku ; Contribution à Vanatomie du 
Simenchelys parasilicus (iill, par Maurice Jaouet. 



CORRESPOIVDAIVCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

E. Kaysep,, Microbiologie appliquée à la fertilisation du sol et Microbio- 
logie appliquée à la transfornmtion des produite agricoles (4" édition). (Pré- 
sentés par M. Lindet.) 



ANALYSÉ MATHÉMATIQUE. — Résolution de l 'équation algébrique générale 
par des fonctions hyper géométriques de plusieurs variables. Note (') de 
M. Richard Birkeland, présentée par M. E. Goursat. 

Le résultat établi dans une \ote antérieure (Co/^p/r.v /v7;^///.v, t. 171, 1920, 
p. 1370) peut être complété comme il suit. On a, d'après la formule (7) de 
cette Note, F(v) et /'(v) ayant la même signification. 

F' (y )=: V ""', 






la sommet étant étendue à toutes les valeurs entières, non négatives, satis- 
faisant à l'égalité a, + a.-i-. . .+ a„_| = r. Donc 

/(y)'-F'(j)=- — ^y'— ^ r^^^ ;hl'...hJ^Ù-^y'-'-9, 

•' •' •' Il — 1 .— J ai ! a,! . . .a„_, ! - " ^ j 

(' ) Séance du i(\ janvier 192 1 . 



3lO ACADÉMIE DES. SCIENCES. 

le noml)re p étant 



P 

o = — 

' n 

il vient 



0^ — , p = 2 «2 + 3 a, + . . . + ( /) 



>) ,, 



Quand V devient égal à l'unité, F{ y) = }' ""' devient une des racines de 
l'équation v""' = i. Soit v une racine primitive de cette dernière équation, 
et supposons que F(r) devient v' quand y devient i, i étant un des nom- 
bres I, 2, 3, . .., n — I. Si nous posons dans les formules (5) et (6) de ma 
Note précédente V ^ i, a = — Z, et si nous introduisons les valeurs de F(0 ) 
ety"(0), la formule de Lagrange (6) donne une racine c, de l'équation algé- 
brique (4) par la formule 

' ..-d « — 1 jLd a,! a,! . . . a,,_, ! ' ' " '' 

/•— -1 

i_ 

carj''*= y "^' devient pour y =: i égal à v'''. En donnant à t successivement 
les valeurs i, 2, ..., n — i, nous obtenons les n — i des racines de l'équa- 
tion (4). Nous avons 

la somme^ étant étendue à toutes 1rs valeurs entières, non négatives de a,, 
«2, . . ., y.„_, ; le système de valeurs a, = -j.., = . . . = jc.,_, = o est excepté. Si 
nous introduisons 1=^1^^ Ih., = A, //*., = /.,, . . ., ///„_, = /„_,, l'équation algé- 
brique (/)) devient l'équation considérée (i) dans ma Note précédente et 

^ «—I «1! «jl • • -«n-l' 

Introduisons maintenant, comme dans ma Note précédente, 

«>, = X), H- /.x ( « — i) (■/, = I, 2, . . ., « — l), 

X) étant positif el moindre que n — t, nous pouvons écrire la somme précé- 
dente 

,. - v'o- V .v.< /■'.,//, /•/.„ , V (-■^''"' (p^')(p + 2)...(p + /--i) ^^ ,,. J - 

^^ - ' X^ Il — I «I ! «,! . . . «n 1 ! 



SÉANCE DU 7 Fl.VRlER 1921. 3ll 

en introdi:isanl "C, = /" ',.'^2 = /""', ...,-„_, = /"ij. La première somme V 

X 

est élcndiie à toutes les valeurs 

X| = O, I , 2, . . ., /( — 1, Xo=^ O, I , 2, . . . , « — 2, . . ., X„. , = O, I , 2, . . . , /( — 2, 

La seconde somme V est étendue à toutes les valeurs entières et positives 

A- 

et les valeurs nulles de /(•,, /"o, . . ., kn-\- Le système de valeurs 

est excepté. Le nombre ^ = Xo -+- 2X3 -1- . . . -1- (« — a)/.,,., — /., + i est 
congru à jo (module n ^- 1). Mais la série 






. (p + !)(&+ 2)... (p + '• — !). 



est l'élément d'une fonction hypergéométrique de n — i variables '(,, 
'Ç.,, ..., C„_, , ce que nous avons démontré dans ma Note précédente. Le 
tliéorème est donc démontré. Nous pouvons donc exprimer chaque fonc- 
tion algébrique par une somme de fonctions hypergéomélriques d'un cer- 
tain nombre de variables, et nous avons trouvé ces fonctions hypergéomé- 
lriques. 

Dans l'équation algébrique (i)de ma Noie précédente, nous avons sup- 
posé le coefficient de la première puissance de v égal à l'unité. Nous 
pouvons aussi, par une transformation convenable, supposer que le coef- 
ficient de (''' soit égal à l'unité. Nous avons alors, au lieu de (i), à consi- 
dérer l'équation 

et nous pouvons trouver n—p des racines exprimées par une somme de 
fonctions hypergéomélriques. Nous pouvons facilement trouver les condi- 
tions de convergence des séries hypergéomélriques obtenues. 



ÉLASTICITÉ. — Sur le cas de Poincnré dons la ihéorie de 1^ élasticité. 
Note de M. E. Jouguet, présentée par M. L. Lecornu. 

L Poincaré a montré comment on pouvait étudier les petites défor- 
mations d'un solide élastique à partir d'un état initial où les tensions ne, 
ne sont pas nulles. Nous nous proposons d'examiner quelques propriétés 
thermodynamiques des solides élastiques dans de telles déformations. Elles 



3l2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

contiendront naturellement comme cas particulier les propriétés des petites 
déformations des liquides et des gaz. ^ 

Les formules relatives aux coefficients thermodynamiques des solides 
élastiques ont été données par Voigt. Mais cet auteur ne considère que des 
états initiaux voisins d'un état naturel à tensions nulles. D'une manière 
analogue, Duhem, dans ce qu'il a dit du cas de Poincaré. a toujours supposé 
implicitement que les tensions dans l'état initial étaient petites ( '). C'est 
de ces restrictions que nous voudrions nous affranchir. 

IF. Loi de réciprocité. — L'état initial est supposé quelconque mais homo- 
gène et de densité r. Soient Ç, •/], C les déplacements, p et la densité et la 
température absolue d'un état déformé quelconque. Le potentiel interne 
de l'unité de masse $ est fonction de et des six fonctions c, et y, associées à 
la déformation (notations de M. M. Cosserat). 

Marquons par l'indice zéro une valeur correspondant à £,= v,= o et 
posons 

' J- I 10^1 -H 1 ïo'i + ' 30=3 "1 } ■ /l "■ ~f /2 "< ; /3 

4 I 4 

-*- U,o-/,(£, -+- £3) + U,„-/,(£3+ £,) -^ UsoyjCîi + £2) 

-H-U,„y.y3 4- -U20 73-/I+ ^^^Bo/r/î- 

Les p et les U sont fonctions de la température 0. 

Les formules de M. Boussinesq (Cosserat, premier Mémoire, équation Gi) 
donnent l'expression des tensions N et T. Si la déformation est infiniment 
petite et SI, en outre, elle est supposée pure, il est facile de voir que ces for- 
mules donnent, au second ordre près, 

(.) \ 

Dans le cas particulier où les tensions dans l'étal initial sont supposées 
petites, on a simplement 

N,- d<b T, (;<!> 

/• </£, /• ôy, 

et cela pour une déformation quelconque, non forcément pure. 

A partir d'un étal initial où les £ el les y sont nuls, considérons deux 

(') Nous enlendoii'. (lar tensions petites des leii>ion> comparables à celles que pro- 
voquent les défoinialions iiifiMiiiieiil peliles envisagées à pailir de lélul initial. 



ja> dv 


T, J«l> dV 


-X- , 




àzi Oi, 


p â'/i d'/i 



SÉANCE DU 7 FÉVRIEH 1921. 3l3 

modifications in fininicnl petites 6^î, (h(, d& et 0£, oy, o0 qui soient /lomogénrs 

elpiirrs. Les équations (i) nionlrenl que l'on a, cm désignani p.TP S l'en- 
tra» 

-(3) ^ df~) oJ/-(-^ (/(y\ 6y,-+-d& Ô5 = V 5 l'^A f/î, -(-^ ("7) ''■''' "^ ''''® "'^• 

C'est l'expression, pour les corps élastiques, du lliéorème général connu 
sous le nom de loi de réciprocité de lord Ra yleigh. 

Si l'élat initial est très voisin d'un état naturel à tensions nulles, la loi (3) 
s'applique à deux déformations infiniment petites quelconques. Elle con- 
tient alors comme cas particulier le théorème de l'éciprocité de Bclti. 

III. Chaleurs spécifiques . — La loi (3) permet d'étendre au cas de Poin- 
caré les formules données par Voigt pour les états voisins d'un état naturel 
à tensions nulles. 

Prenons, pour modification 0, une élévation de température 00 à N et T 
constants et posons 

C 

ôc/^ a, 00, oy,= i3,ô0, oS=:7rô0. 

Pour modification d, prenons une élévation de température c/Q à défor- 
mation nulle et posons 

La loi (3) donne 

Prenons maintenant, pour transformation 0, une transformation isentro- 
pique 11, Ay, A0 (AS = o) et, pour transformation f/, une élévation de tem- 
pérature à déformation nulle. La loi (3) donne 

(5) - /■|A0=2^'^^'+]S'^'■^■'''• 
Envisageons une transformation isotherme Dî, Dy, DS (D0 = o) pro- 
duisant dans les tensions N, Tles mêmes variations que la transformation A. 
Les formules (4) et (5) donnent alors 

(6) _ ,.^A0:=2 A,Dc,4-2B,Dy„ 

(7) ^ = :^ ±^ 

' ;^A,A.,+;^B,-Ay, 



3r4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

(4), (5), (6), (7) sont les formules de ^ oigt. Pour les solides isotropes, 
(/j) et (7) deviennent 

c-c [ds) c 3/.-H2M. + .V + — (^J 



3 X -t- 2 fji 4- 2 V c 3 A -H 2 /JL 4- 2 V 

expressions qui diiïèrent des deux expressions analogues données par 
Duhem, par la présence de a 4- v cà la place de a. Cette formule (8) est 
d'ailleurs identique à la formule de Reecli pour les fluides, qu'elle com- 
prend comme cas particulier. 

I\ . Célérité des ondes. — - Dans une \ole antérieure (') nous avons étudié 
les célérités des ondes d'accélération pour les solides isotropes dans le cas 
de Poincaré. Ces célérités sont-elles réelles? 

Duhem a nionlvé ( liec/icfc/ies sin- 1' /ilaslicité, 3'' Partie) que cette question 
se rallaclie à celle de la stabilité. Mais les résultais de cet auteur doivcnl 
être révisés si l'on envisage des tensions non petites dans l'état initial. Sans 
entrer dans le détail de cette révision, disons que les paragraphes l\ et \ II 
du Chapitre II peuvent être maintenus à condition d'y remplacer A et M 
par A -h- II(, et M — 11,,. La modification ne change ni le résultat suivant, ni 
le degré de rigueur (non absolu ) avec lequel il est démontré : la stabilité de 
l'équilibre entraîne la réalité des célérités des ondes transversales et longi- 
tudinales. 



CHRONOGRAPHIE. — C/u-onoiiraphe à poinlctgc p/iotograp/uque pour la mesure 
des durées brèves à mouvernenl harmonique, — ou à mouvement circulaire 
uniforme au moyen des ftgin-es de Lissajous. iNole de M. A. Guillet. 
présentée [)ar M. G. Lippmann. 

Au cours de recherches comportant la mesure précise de durées relati- 
vement brèves, j'ai été conduit à employer une disposition de chronographe 
à pointage photographique d'une manipulation commode et sûre (-). 

En raison de l'étendue du champ de fréquence des oscillations de flexion, 
de la masse vibrante et de l'amplitude qu'elles admettent, j'ai adojjlé le 
diapason comme vibra teur définissant par sa période T l'unité auxiliaire de 
temps choisi. 

(') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 5i>. 

(') Grâce à la I*"on(liUion Clt-menl l'élix. iinune décision l)iunveillanle de rAciuléiiiie 
des Sciences m'a allribni-e en 1920, j'ai pu consiniire, avec l'aide de M. (lii. l'.nlres- 
sengle, un modèle à peu près définilif de cel appareil. 



SÉANCE DU 7 FKVIUER I921. 3l5 

Le stylet eniegislroiir est constitué par l'image O' que donne un miroir 
spliérique M de rayon U solidaire du diapason avec un degré de liberté, 
d'un très petit trou O, fortement éclairé, percé dans un disque opaque 
situé dans le plan du centre du miroir. Ue la sorte, le stylet O' décrit, 
dans ce plan et d'un mouvement liaimonique, une trajectoire rectiligne 
horizontale A'O'A. 

Comment pointer, à un instant donné, la position occupée par ce stylet 
malgré le mouvement rapide dont il est animé? 

Il suffit, pour cela, d'imprimer au miroir un mouvement de grande accé- 
lération initiale autour d'un axe horizontal. Alors le stylet O' se détache 
presque verticalement de sa trajectoire et revient à sa position première 
après avoir tracé un diagramme de son mouvement. Dans certains cas, il 
suffit, pour pointer la position de O', d'agir sur le disque de façon à 
déplacer le trou O. 

Les vibrations du diapason sont enregistrées par le stylet optique O' sur 
une large pellicule sensible couvrant la périphérie d'un tambour formé 
d'une feuille cylindrique d'aluminium montée sur la roue d'un vieux rouet 
enfermée dans une boîte obscure. Ce tambour est entraîné par un mouve- 
ment d'horlogerie à une vitesse telle que les vibrations successives soient 
suffisamment séparées sans dépense inutile de pellicule. 

Pour un long enregistrement, on substitue au tambour un magasin 
à pellicule avec dérouleur et récepteur, d'un type analogue, à la largeur 
près, à celui que le télégraphe et le cinématographe ont vulgarisé. 

Le plus souvent, le nombre entier de périodes T, contenu dans la durée 
de l'événement étudié, est connu ou rafudement déterminé, et il suffit de 
faire porter l'effort de répétition sur la mesure de la fraction complé- 
mentaire de période; alors, suivant les cas, une plaque sensible ou une 
longue pellicule fixe tendue horizontalement suffit. 

Enfin, l'opérateur a seulement à pousser le levier libérant le mouvement 
d'horlogerie, la succession et la durée des autres opérations que comporte 
l'expérience étant réglées par des exC'Mitriques, convenablement décalés 
les uns par rapport aux autres, montés sur l'axe du tambour et comman- 
dant chacun un circuit électrique. Ce jeu d'excentriques, dont je me suis 
servi en 1892 ('), se prête aux combinaisons variées que la succession des 
opérations d'une mesure quelconque peut exiger. 

Après développement et fixage, on compte le nombre entier de périodes 

(') Détfiriniaation directe d'un kilohm absolu {Comptes rendus des Travaux de 
l' Ecole pratùjue des Hautes Études, 1892). 



3l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

comprises entre les deux pointés P, Q, et il ne reste plus qu'à exprimer 
les temps complémentaires, définis par les deux pointés P, Q et les extré- 
mités A ou A' des oscillations correspondantes comprises dans la durée 
totale du phénomène. 

Pour cela, on relève sur le cliché, au moyen d'une vis microméliique, les 
lectures qui correspondent aux translations A', P, Q, A, dans l'ordre où 
elles se présentent en allant, par exemple, de A' vers A. Le pas de la vis 
étant pris comme unité arbitraire de longueur, on a alors A'A=:rt, 
A'P = v,, A'Q = V2 et par suite l'élongation r/sinco/ est positive ou néga- 
tive suivant que le point considéré est situé entre O' et A ou entre A' etO'. 

Les époques auxquelles le stylet passe en un mêuie point P sont 
donc données par la formule ï= -— T, dans laquelle a = 2K--i-a„ 
ou (2K -+- 1)- — aj, selon que le passage en P a lieu de A' vers A ou de A 
vers A', k„ étant le plus petit angle admettant comme sinus. 

Comme l'examen du diagramme indique immédiatement le sens des mou- 
vements du stylet lors des pointages, les temps qu'il y a lieu d'associer pour 
exprimer la durée du pliénouiène enregistré sont déterminés sans ambi- 
guïté. 

A une erreur d'appréciation t dans le relevé d'un pointé correspond une 
erreur î' de la mesure de temps telle que 






Pour <i = 2o''"\ et l'on peut obtenir aisément 1'" ouda\antage à l'aide 
d'ampliiicateurs spéciaux adaptés au diapason, une fréquence basse N = 100 
et une indécision £ = io~-cm : 

(0 



120(564 



v-s 



La sensibilité décroît lorsque le pointage a lieu de plus en plus près de A 
ou de A', mais il est à remarquer que dans le mouvement harmonique la 
presque totalité de la période s'écoule au voisinage immédiat des positions 
extrêmes A et A'; ainsi : 

Poiil-=o 0,2 n,4 0,6 0,S 11,8(16 I 



SÉANCE DU 7 l'ÉVRIEK 1921. 3l7 

Pour que la sensibilité soil réduite de moitié, il faut atteindre le dernier 
dixième de la course vibratoire. 

Si i était la largeur de l'image d'une fente lumineuse projetée sur la 
pellicule, la loi (1) serait la loi pliotométrique de la pose harmonique de 
l'image. La sensibilité de la méthode est limitée seulement par la sensibi- 
lité des plaques ou des pellicules ainsi éprouvées. 

Si l'on tient à enregistrer les temps à l'aide d'un stylet optique animé 
d'un mouvement de rotation circulaire véritablement uniforme, comme on 
cherche à le faire dans la méthode du miroir tournant, il convient d'opérer 
avec deux diapasons en synchronisme, vibrant à angle droit et en quadra- 
ture sous la même amplitude; le spot du miroir à pointage décrit alors, 
d'un mouvement uniforme, une trajectoire circulaire le long de laquelle on 
peut, et de diverses façons, effectuer les pointés. 

Le rapport des sensibilités des méthodes d'enregistrement harmonique 
et du miroir tournant a pour expression NRO„ : N' R'; N, X' étant les fré- 
quences; R, II' les rayons des miroirs et 0„ l'angle d'oscillation. 

PHYSIQUE. — Pi/c à dépolarisation par V air . Note (') de M. Ch. Férv, 
présentée par M. d'Arsonval. 

L La dépolarisation par l'air n'a donné jusqu'ici que des résultats peu 
encourageants et il n'a subsisté aucun élément dépolarisé uniquement par 
l'oxygène de l'air atmosphérique. 

C'est cependant de ce côté que je me suis tourné lorsque, au cours de la 
guerre, M. le général Ferrie voulut bien me faire part des ennuis rencontrés 
dans l'emploi des piles au manganèse, et de l'utilité qu'il y aurait à rem- 
placer ce produit. 

Le bioxyde de manganèse français ne présente pas en effet les propriétés 
physiques, ni la pureté indispensable pour servir de dépolarisant, et nous 
ne pouvions plus en faire venir de l'étranger. 

Tel a été le motif des études que j'ai entreprises sur ce sujet, ainsi que de 
celles ayant pour but la construction d'un petit accumulateur à liquide 
immobilisé, pou\ant remplacer la pile sèche et qui m'a valu une récom- 
pense de l'Institut (-). J'espère pouvoir présenter d'ici peu cet accumula- 
teur. 

(') Séance du 3i janvier 1921. 

(^) Subvention sur la fondation Clément Félix. 1919. 



3i8 



ACAUKMIt: DES SCIENCES. 



il. Je me suis demandé tout d'ab3rd quelles soiil les causes qui ont pu 
s'opposer à la réalisation prali(|ue d'un élément employant un aussi bon 
dépolaiisant que l'oxygène dont Taclion doit être conslante, non seulement 
parce qu'il est un corps simple, mais aussi |)arce qu'il est illimité. 

11 faut remarquer tout d'abord ([ue, comme une règle, dans tous les élé- 
ments employés couramment, le zinc sous forme de bâtonnet, de lame ou de 
cylindre occupe toute la hauteur du liquide; or ce métal très oxydable 
tend à se combiner avec l'oxygène dissous, et prive ainsi Li solution de son 
gaz dépolarisant. 



PILE FERY-i 

B^i^S.G.D.G. 




|[VlEin"R 



15 



20 



I ' ' ' 
25 



' ' ' I 
40- 



IV51 



N2 2 



N55 



Comme c'est par la surface du liquide (jue se produit la dissolution de 
l'oxygène, c'est là aussi que l'usure locale du zinc à circuit ouvert est le 
plus rapide, l'expérience a montré depuis longtemps que les bâtonnets des 
piles de sonnerie, où les périodes de repos sont longues, se coupent généra- 
lement à la surface de la solution de sel ammoniac. 

Ces deux remarques indi(pienl iii'llement (]ue le zinc doit être placé le 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER I921. '6ig 

])lus loin possible de la surface du liquide, c'est-à-dire tout au fond de 
l'élément. La forme d'une lame horizontale est la meilleure, car tous les 
points da métal seront dans une même sti'ate horizontale, c'est-à-dire de 
même densité et de composition constante, ne donnant pas lieu à du 
courant parasite d'un point à l'autre de l'électrode soluble. 

Pour avoir une faible résistance intérieure, les deux électrodes zinc et 
charbon ne doivent pas être trop distantes l'une de l'autre; mais d'autre 
part le charbon doit baigner dans la solution superficielle aérée qui constitue 
le dépolarisant. 

Ces deux conditions qui semblent un peu contradictoires sont remplies 
par une électrode verticale de charbon = cylindre, prisme ou tube occupant 
toute la hauteur de la pile, et dont la partie inférieure n'est distante que de 
quelques millimètres de la plaque de zinc placée au fond. 

m. La figure i donne la coupe d'un élément ainsi réalisé et dont le 
fonctionnement est le suivant : 

Dès que l'élément travaille, les ions CF du chlorure d'ammonium, qui 
est le sel employé pour préparer la solution excitatrice, se portent sur 
le zinc où ils donnent du chlorure^ de zinc ZnCl- dense qui reste au fond 
du vase. 

D'autre part, 2>;H* se porte sur le charbon et donne avec de l'eau la 

solution 

2 NH' -t- 2 II'-O = 2 NH'OH + 11-. 

La solution légère d'ammoniaque ainsi formée monte à la surface du 
Jiquide, tandis que les ions hydrogène polarisent le pied du charbon. 

Dès qu'on ouvre le circuit, le charbon recouvert d'hydrogène en bas, et 
baignant dans un liquide aéré à sa partie supérieure, constitue une véritable 
pile à gaz fermée sur elle-même. Les courants qui prennent ainsi naissance 
entre les deux extrémités du charbon ont pu élre mis en évidence en 
employant un charbon coupé en deux; ce sont eux qui dépolarisent 
l'élément. 

La distance entre les deux électrodes doit être petite comme nous l'avons 
dit et la solution qui remplit cet intervalle est du chlorure de zinc dont la 
cjnstitution ne changera plus dès cjue des cristaux apparaîtront sur le 
charbon vers le ^ de sa hauteur ; toute nouvelle dissolution du zinc ne servira 
qu'à accroître le volume des cristaux bien connus d'oxychlorure de zinc et 
.d'ammonium qui prennent naissance dans toutes les piles à sel ammoniac. 
La grande constance de cette pile, son rendement théorique puisqu'elle 
n'a pas d'usure locale, l'absence de sels grimpants, et aussi l'économie due 



320 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

à la suppressfon du bioxyde de manganèse, ont été 1res appréciés par 
l'Administralion française dos Postes el Télégraphes (') où ces éléments 
fournissent un service trois fois plus long que les anciennes piles. 



MAGNÉTISME. — Anomalie de diliitulion accompagnant la tninsformatinn 
magnéli'ine de la pyrrholine et de lamagnélilc. Note de M. P. Cheveaaud, 
présentée par M. H. Le Chatelier. 

L'anonaalie de dilatation corrélative de la variation thermique du 
magnétisme, observée pour la première fois dans les ferronickels par 
M. Ch.-Éd. Guillaume, puis retrouvée dans le fer a, le nickel, la cémen- 
lite, etc., parait être une conséquence habituelle delà transformation réver- 
sible des subslances^ ferromagnétiques. Je me suis proposé de rechercher 
comment les transformations de la pyrrhotine et de la iiiat;iictite affectent 
la dilatation de ces minéraux. 

Pyrrholine {Jig. i et 2). — La dilatabilité de la pyrrhotine augmente 
rapidement avec la température; puis, au voisinage de 820°, apparaît un 
phénomène critique caractérisé par un brusque el notable accroissement de 
longueur; la courbe de dilatation reprend, au delà, une direction peu 
différente de celle qu'elle avait au départ. Au refroidissement, la courbe 
de retour, très voisine de la première dans la partie quasi verticale, s'en 
écarte progressivement et, après refroidissement, l'échantillon a subi un 
allongement de plusieurs millièmes. 

Si Ton répète l'expéricrice {Jig. i, courbe 2), on constate des phéno- 
mènes analogues. Mais, alors que la température de brusque ascension 
demeure sensiblement constante, l'accroissement de longueur correspon- 
dant diminue d'amplitude à mesure qu'on réitère les chauffes, d'abord 
rapidement, puis de plus en plus lentement. Comme le montrent les courbes 
de la figure 2, les propriétés irréversibles subsistent quand la pirrhotine a 
été préalablement chauffée cinq fois à l\oo°. 

J'ai renoncé à élucider le méciuiisme de Tirréversibilité de la pyrrhotine, 
car je me préoccupais surtout de préciser le caractère de sa transformation. 
Or le changement de longueur quasi réversible et presque isothermique 
autour de 820° correspond, très probablement, à une véritable transfor- 
mation allotropique (avec changement de phase) analogue au changement 

(')Voir Annales des Postes, Télégraphes' el Téléphones, S' année, n° '1, iQn.i, 
p. 654. 



iTyi^i^koli 




o loo 2oo 5oo ^bo 



Fi:;. r. — Pvrrliotinc vierge. 



6 


^^^ ryrvnoluae 


5 




/ 


f^ 


3 


\ 1 


z 


\V^ 


1 


è^ 


o 


SS^»3^^v,2gP ?oo 4foo 



l'i, 



— Pynhotine préalablement cliaulTée 
5 fois à 4o"". 



Courbes de dilatation dilTérentielles : Pyrrliotine (Ech°"de 25""'), Baros ( Éch"" de jo"'"'), tracées 
automatiquement par le dilatomètre. 

L'abscisse est proportionnelle à la dilatation de l'écliantillon de Baros et l'ordonnée, à la diircrer.ce 
de dilatation des deux écbantillons. Pour éviter l'enchevêtrement, les i ourbes d'une incnie ligure 
ont été décalées entre elles d'une petite quantité dans le sens des ordonnées. 





\ 


Ma gTi élite 

/'' 

/i 

1 1 

' 1 

' 1 

/' ' 

, ! 

/ 1 

/ 1 

/■ \ 








O 


^\^\>o 3oo 


4bo / 300 * 


JOO 


5oo 


900 


1 


^"^>- 

^ 


^~^ 


\ 


^ 


\ 


-2 








"^ - 




5 


lO^ 











^0 



Fig.3. — Courbe de dilatation différentielle: Magnétite vierge (Ech°" de o"'» , Baros ( Kclr" de ' 
(traits pleins). Courbe dérivée en traits et points. 

24 



C. R., 1921 



' Semestre. (T, 17Î, N° 6.) 



3a2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'état aL:^y du fer. Celle liypothèse est confirmée par une observation 
de M. Weiss(') : le coefficienl d'aimantation de la pyrrholine est presque 
indépendant de la lempéralure au delà de 320°; la variété de pyrrholine 
stable à chaud est donc nne substance paramagnéliquo. dont le point 
de Curie est, non pas à 820°, mais à une température extrêmement basse. 

Comme Ta déjà noté M. Weiss, la pyrrholine se comporte donc tout 
autrement que la plupart des substances ferromagnétiques. 

Magnéiite (/ïg. 3). — Après un recuit de quelques minutes, la dilata- 
tion de la magnétile devient presque exactement réversible dans tout le 
domaine des lempéralures inférieures à celle du recuit. Le coefficient de 
dilaUilion vrai qui, à 0°, est sensiblement égal à 8. 10'", augmente avec la 
température d'une manière accélérée, alleinl à S^o" (lempéralure peu diffé- 
rente du point de Curie magnétique déterminé par M. Weiss) (^) un 
maximum extrêmement accusé : 2'i . io~% puis décroît rapidement au delà. 

La transformation de la magnétile, prestjue rigoureusem'ent réversible 
et largement étalée dans l'échelle des températures, s'efl'ectue certaine- 
ment sans changement de phase. Elle paraît donc entièrement comparable 
à celle de la cémentile et à celle des ferronickels réversibles; mais, pour 
interpréter l'allure des courbes de dilatation, il faut admettre que la 
forme [3, stable à chaud de la magnétile, est moins dense que la forme a, 
stable à froid : la transformation réversible a=i|5 entraîne donc, dans le 
domaine de température où elle est active, une accélération de la dilatation 
thermique normale. La magnétile fournil ainsi un evemple bien carao'.érisé 
d anomalie positii'e . 

Vers 680", la courbe différentielle présente une singularité qui ressort 
avec plus d'évidence sur la courbe dérivée; ce phénomène coïncide avec la 
variation progressive de la constante de Curie, observée par M. Weiss 
auteur de la même température ('); par contre, les brusques changements 
de cette constante, qui surviennent à 625° et 766", n'agissent pas sensible- 
ment sur l'allure de la dilatation. 



(') I'. Wkiss et G. l'oEX, AiinaïUalioii des corps ferroinai^iiéli(jiics [Journal de 
Pltysit/iie, 5" série, l. 1, p. ']5:i). 

(*) P. Wkiss et FoEX, toc. cil., p. -^^. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 1921. 323 



THERMODYNAMIQUE. — lùicrgie élcctromagnéliquc et potentiel thermody- 
namique d'un système de courant. Note de AI. A. Liënakd, présentée par 
M. L. Lecornu. 

J'ai donné, dans une précédente Communication ('), les expressions 
du potentiel thermodynamique, de l'énergie et de l'entropie d'un système 
de courants en présence de corps magnétiques sans hystérésis. Je me pro- 
pose d'étudier quehjues applications des formules établies. 

Soit, tout d'abord, le cas d'un seul circuit électrique avec substances 
magnétiques à perméabilité indépendante de l'état de saturation. Alors 
$ = L?', le coefficient de self L ne dépendant que de T et des variables 
normales, et les relations (10), (6), (5) et (11) de la précédente Note 
deviennent 

H=— -L/-, S=^«^^, rft = -!-f/|L 
2 1 (ji 2 



et 

(,2) TJ = 1(L + T|^).•^ 

Un autre auteur avait donné (-) la formule 

„., <-'=5('---'-|^)'-. 

qui est en contradiction avec la précédente. 

Pour obtenir la formule (12'), l'auteur a été obligé de faire plusieurs 
hypothèses qui ne sont conciliables entre elles que pour i = o. Mais dans ce 

cas particulier le signe devant le terme T -^f est indifférent. 

Revenons au cas général d'un système de courants quelconques dans un 
espace à trois dimensions. ïïU et âc représentant les vecteurs induction et 
force magnétique, on sait que l'on a 

et de même 

(i3) liltdi=-^ jHî^dXdM. 

(') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 208. 
(^) Comptes rendus, t. 127, 189S, p. Soj. 



324 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Dans la formule (i3), di e\. dx. sont des variations de courant et de force 
magnétique dans un système au repos et à température- constante. 

Je me bornerai au cas de milieux isotro[)es et restant isotropes en se 
déformant. Pour de tels corps, en absence d'hystérésis, les vecteurs îÎ!; et 5c 
ont même direction, d'où résultent les identités 

liU âë -- iiS,3C ( iJU rfJC = ii'.> dX.). 
Soit en outre 

ilî) := '■^(•^^, 1 , ^)i f = volume spécifique 

la relation entre ii!. et JC pour la matière qui constitue l'élément c/w. Il sera 

commode de poser 

■.X 
j o(X.T,a)dX = '\/{X,'l\rr), 

d'où 

On déduit de là, en vertu de (lo) et (i3), 

= —7^ f-UX,T.<7)</<,u 

Par suite, 

(}H I rdû>{X,T,G) ^ 

— — — ' a'j). 






O'V 



La formule (i6) se justifie comme suit : lorsque la température varie, 
tout étant au repos et les intensités de courants restant constantes, le champ 
se modifie par suite des modifications de perméabilité. A une variation oT 
de la température, coircspond pour H une variation 

[^T-J \0X ÔV ) kv.J dl \tJ 

La seconde intégrale est identiquement nulle, ce qui justifie la rela- 
tion (iC). Cela résulte de ce (jue le vecteur m. a une distribution solénoidale, 
tandis que le vecteur 03C a une distribution irrotationnelle, les courants 
n'ayant pas varié d'intensité pendant la modification. 



SÉANCE DU 7 rÉVKIER 1921. 325 

On trouve ensuile facilemenl 

^T.J fiT.J Ô.XL 

L'enlropie derélément f/to est -; ^dL<i et la quantité de chaleur absorbée 

dans une modiQcation élémentaire est j—di '^dii^y le symbole de différen- 
liation s'appliquant aussi bien à r/co. s'il y a changement de volume, qu'à ~- 

Quant au travail r/t, son expression est susceptible de prendre diverses 
formes que je me propose d'étudier dans un travail plus étendu. 

Les formules se généralisent facilement pour les corps non isotropes ou 
ne restant pas isotropes en se déformant. 

Dans le cas de substances à perméabilité indépendante de l'intensité du 
champ, les formules précédentes deviennent 

i(!, = a(T, c7)3€, ■^^-u.X-, 
' ' ' 2 ' 



CHIMIE PHYSIQUE. — Anomalie de dilatalion des alliages or-cuivre. Note 
de MM. x\lbert Portevix et Jeax Durand, présentée par M. H. Le 
Chatelier. 

Les alliages or-cuivre, à l'état brut de coulée, présentent, aux teneurs 
voisines de 20 pour 100 Cu, une très grande fragilité (') qui disparaît par 
trempe. Cet effet de la trempe, connu et utilisé par les lamineurs de métaux 
précieux, résulte d'une transformation qui a été reconnue au moyen de 
l'analyse thermique par N. Kurnakow, S. Zemczuzny et M. Zasedatelev(-). 
Nous avons continué l'étude de ces alliages, interrompue par la guerre, en 
procédant à des déterminations dilatométriques. La transformation est 
accompagnée à réchauffement par une dilatation brusque de plusieurs 
millièmes. La figure i, relative à un alliage à 25.2 pour 100 Cu, donne les 
courbes d'échauffement et de dilatation tracées au moyen du dilalomètre 



(') A. PoRTEviN et Jean Durand, Revue Met., l. Ki. 1919, p. i49- 
(^) Journ. liisl. Metals, 1916, et Rev. Mél., l. 16 bis, 1919, p. î25. 



326 



ACADEMIE DES SCIENCES. 



différentiel Chevenard ('). L'anomalie se manifeste vers 4oo° à l'écliaulVe- 
ment el vers Sjo" au refroidissement. 



A- 


iô' 












■/ 








n^ 


c::^ 







^ 


2«o 


Soo 

' 1 


4oh 


iflO "^00 




-/ 




^^ 




^ 






-2 















Fig. I. — Alliage recuit préalaljleriiont à 700°. 



En procédant sur le même alliage, préalablement trempé à l'eau (à 700" 
en barreaux de S'"'", 5 ]de diamètre), à une série de cycles thermiques, on 




Fig. 2. — Alliage inilialemenl trempé ^ 7110° ilans l'eau. 

Aliscisses : Températures en degrés. 

Ordonnées : Allongements diiïéreuliels par unité de longueui'. 

obtient le résultat donné par la fij^ure 2. reproduisant 5 cycles successifs 
allant depuis 100° jusque vers 55o°; les courbes ont été décalées de 5""' 



(') llprouveltcs de 35'""'. 5 de lonsneiir opposées à un étalon de Marcs do 5o™'" de 
Jongueiir. 



SÉANCE DU 7 FÉVUIER I921. 827 

environ pour éviter leur siiperposilioii. Jusqu'à 3o()", le revenu de l'alliagei 
initicilemenl trempé provoque une contraction progressive; mais le quatrième 
cliaulîage, poussé jusqu'à 4t>o", donne la dilatation brus([ue tignalée plus 
haut; la comparaison des courbes 4 et 5 montre en outre que l'anomalie 
due à la transformation devient moins importante lorsque l'alliage a été 
préalablement porté à une température atteignant ou dépassant la trans- 
formation à l'échaufTement, c'est-à-dire a été recuit. 

Ces phénomènes sont comparables dans une certaine mesure à ceux que 
l'on obtient avec les aciers trempés. Il convient d'ailleurs de remarquer que 
les anomalies de dilatation sont de sens inverse dans les deux cas. 

Dans ces conditions, il nous est apparu nécessaire de reprendre, avec 
M. Chevenard, l'étude du mécanisme de la trempe des alliages or-cuivre. 
Etant donnés l'importance et le sens de l'anomalie, cette étude permettra 
vraisemblablement d'apporter des précisions au sujet de la question des 
vitesses critiques de trempe, des modifications de volume consécutives à la 
trempe, etc. 



CHIMIE MmÉRALE. — Systèmalique et constitution des dérivés de l'acide 
molybdiqiie II. Note (') de M. L. Forsé.v, présentée par M. A. Haller. 

Dans une- Note précédente, j'ai signalé que les molybdates sont les 
dérivés d'un acide molybdique hexabasique Mo^'O'-H" auquel j'attribue 
une constitution cyclique 

OH 

OH I O 

\l .• 
Mo O 

O^ />Mol-OII 

Mo O ^011 

OH I O 
OH 

On peut obtenir en cristaux purs l'acide anhydre Mo^O"H'' auquel 
on peut rattacher les nombreux sels anhydres, tels que ]VIo^O"Li*, 
Mo''0"(NH' )-H-, etc. Les sels anhydres absorbent l'eau en solution et 
possèdent toutes les propriétés des dérivés de l'acide molybdique Mo^O'^ H^ 

Les tétramolybdates 

4(MoO'jM20aq. 

(') Séance du 3 1 janvier 1021. ,^ ^ ~^^ , c \ 

j L I B R ARY =cj 



328 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

et les octomolybdates 

8(MoO'')\POa.|. 
dérivent d'un autre anion. 

C'est ce que montrent pour ces sels le mode de formation, les courbes de 
neutralisation, ainsi que la solubilité des sels alcalinoterreux. La différence 
entre Fanion du trimolybdate [Mo'0'-]H*Na-etranion du tétramolybdate 
de sodium de formule brute 4(MoO')Na-0 aq. apparaît lorsqu'on ajoute, 
aux solutions de ces sels, de l'acide chlorli ydrique ou de la soude. On obtient 
alors des solutions dans lesquelles (abstraction faite de NaCI) le rapport 
Mo ; Na est le même, mais qui sont acides ou alcalines par rapport à Ihé- 
lianthine suivant qu'on est parti du tri ou du tétramolybdate. 

L'isomorpbisme des tétratungstates avec les pbosphododecatungstates, 
les silicododecatungstates et les borododecalungstales complexes, exige 
dans la molécule des tétratungstates la présence de 12 atomes de tungstène 
(Copaux). D'après l'analogie des composés du tungstène et des composés 
du molybdène, on est conduit à supposer que les tétramolybdates et les 
octomolybdates doivent également être interprétés comme des dodeca- 
composés contenant 12 atomes de molybdène. 

La teneur en eau de cristallisation des sels de ^a des acides complexes 
contenant Si et P, de l'octomolybdate de sodium et de l'acide molybdique 
jaune, devient la même lorsqu'on ramène toutes ces formules à Mo'- : 

[PoMo"0'Ul«]iNa^-h i8H'0, 

[SiOMo'20"H«]iVa'+ i8H"-0, 

[Mo'^O'-Mr'JH^Na^-HiSH^O, 

[Mo"'0"H»]H«+iSll-0. 

On connaît, pour les combinaisons du tungstène, des sels du même 
genre au même degré d'hydratation et qui sont, de plus, isomorphes 
entre eux. 

Les réactions de formation des sels complexes tribasiques et des octo- 
molybdates deviennent claires si on les ramène aux formules analogues 

[1^0Mo'20*'-ir']Ii3+a/olale - [POMo•20'•Ml'>]M^ 
[SiOMo'-O'Ul"]!!'-!- azotate -y [SiOMo'^O'MP] HM», 

[Mo'n)"H'-'JH'=+azoiale -> [ Mo'^'O'MI''] I1\M'. 

La formule la plus probable pour l'acide métamolybdique est ainsi 

|Mo'm:)''MI"]ii''. 

Les sels principaux sont les sels tribasiques et bexabasiques : 
Tétramolybdates ( Mo"0"H'']M''; 
Octomolybdates [Mo'-0' = H"JH'M\ 



SÉANCE DU 7 l'i:VRIER 1921. 829 

On doit mettre H" dans le noyau, puisque Ton ne peut pas préparer de 
sels plus basiques que les sels hexabasiques ; l'acide métamolybdique donne, 
en effet, avec une plus grande quantité d'alcali, des sels de l'acide moiyb- 
dique Mo^O' = H«. 

L'acide molybdique jaune (ordinairement formulé MoO^+ 2 H'- O) est, 
comme on l'admet généralement, l'acide métamolybdique. 11 doit donc être 
formulé [Mo'-0''H"] H" + 18IPO. On sait qu'il se décompose facilement 
en acide molybdique par l'action de l'eau. J'ai réussi à produire la transfor- 
mation inverse de l'acide molybdique en acide métamolybdique en le 
cbauffanl avec de l'acide chlorhydrique el une petite quantité d'acide 
nitrique, 

MCI 
Il-O 

La réaction renversable analogue est déjà connue pour les sels corres- 
pondants : 

11=0 

L'acide métamolybdique est donc un produit de condensation de quatre 
molécules d'acide molybdique Mo^O'-H"; on peut présenter la foi-mule de 
constitution de la façon suivante : 




/OH 
\" 





HO/''"^ 


L , 



o^"<:oH 



ou 

Mo— ÔH 
O 



/OH 



O^ \0H 



L'acide mélamolybdique doil être considéré comme hexabasiquc. Toute 



33o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

une série de faits relatifs à la fonnalion des complexes permet d'affirmer 
que ce sont les hydroxyles isolés (on caraclères gras dans la formule) qui 
ont le caractère acide. 

L'acide mélamolybdique a, d'après cette formule, la composition 

[Mo^O^MI'^']!!''. 

Mais cette formule montre que l'acide métamolybdiqne donne naissance par- 
ticulièrement aux anhydrides [Mo'-O'-H"] IP et [Mo'-0-"'JIl^ semblables 
aux anhydrides de l'acide molybdique. Les résidus secs des tclia et oclo- 
molybda tes correspondent à la formule générale [iVlo'-O'^H^JH"; les télia- 
molybdates anhydres, comme par exemple 

[Mo'^O^'KMr-)" et [iMo'^Oî-']Rb'> 
correspondent à l'anhydride complet [ Mo' -0''' J H''. 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur T acide i.sntine 5-sttlfonif/iie. 
Note de MM. ♦!. Martinet et O. Dorxier, présentée par ^L A. Haller. 

Jusqu'ici, l'isatine n'avait pas été sulfonée; on avait seulement signalé 
sa dissolution en jaune brun dans l'acide sulfurique fumant, à chaud, avec 
une vive effervescence. 

Pourtant nous sommes arrivés facilement à introduire un groupe sulfoné 
dans l'isatine. 

La règle d'Ifollemann relative à l'orientation des substitutions dans un 
noyau benzéniquc nous permet de prévoir l'introduction du groupe SOMl 
en position 5: mais les migrations de ce groupe sont fréquentes dans l'acte 
de la sulfonation. Il importe donc de vérifier cette prévision. 

Vorlaender et Schubart (') ont démontré par synthèse que le carmin 
d'indigo était le sel de sodium de l'acide 5-5'-disulfonique, et Schlieper (-)r 
par oxydation de ce produit, est arrivé à une isatine identique à celle que 
nous obtenons [)ar sulfonation directe : ce qui fixe bien la place de la subs- 
titution. 

Nous avons opéré de la manière suivante : 

i6' d'isatine sont dissous dans 48" d'acide sulfuii(|ue fuiuant à -.'.o pour loo d'anliv- 
dride. La niasse est cliautrée au iiain-niarie pendant 3o minutes, puis veisoe sui' de lu 
glace pilée. ( )a évapore la solution jusqu'à consistance sirupeuse ; par rerroidisseiuenl, 
il se forme une bouillie cristalline de l'acide sulfoniqiie cherché. Cristallisé de l'élher 

(') h. Voiti.AiîNomi et Fil. Sciubmit, Deutsche client, fies.. 1. ti'i, p. if^(>a. 
(-) A. et G. Snii.iRi'iîR, Liebigs Aunalen, I. 120, p. 6. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 192I. 33l 

ncéliqiie lioiiillaiil, il forme une poudre ciislallini' jaune oinu;;(', très soluMc dans 
Teau el dans l'alcool. l'rojelé sut- le l>loc Maquenne, il^loiid vois i.'i3° en un iiciuide 
l'ougeàlre. La solution jaune orangé, d'acide isatine-sulfonique Imitée par les alcalis, 
se coloie en violet foncé, puis peu à peu vire au jaune comme il était à prévoir. Elle 
contient le sel neutre de l'acide 5-sulfoisatique. 

Nous avons préparé une série de ces sels el les avons idenlifiés avec ceux 
de Schlieper (/oc. cit.). 

Ces sels dibasiques li\tilês par l'acide chlorhydrique en excès se lacla- 
misenl rapidement, à l'ébuUilion, assez lentement à froid en donnant les 
sels monobasiques. Ceux d'entre eux dont le sulfate est soluble se pré- 
parent plus facilement en versant le produit de sulfonation de l'isatine dans 
une solution concentrée et refroidie du clilorure mélallique. 

Le sel de potassium, cinstalliscavec une molécule d'eau, forme de longues 
aiguilles jaune d'oj, groupées en rosettes. 

Le sel de baryum cristallise de sa solution aqueuse en petites aiguilles 
rouge-bichromate. On l'obtient moins hydraté en cristaux jaune paille par 
cristallisation dans l'acide chlorhydrique concentré. 

Nousa vous caractérisé l'acide isaline 5-sulfonique par sa phényihydrazone 
qui forme de petites aiguilles jaunes (K. vers 27o"avec décomp.). Elle donne 
un sel de baryum jaune et un sel de potassium en aiguilles jaune citron très 
soluble dans l'eau et dont la solution a beaucoup d'affinité pour la laine et 
la soie qu'elle teint en une belle nuance jaune vert, rappelant colle obtenue 
avec le jaune de quinoléine; cette phényihydrazone est un isomère du 
jaune d'isaline. 

Par action de l'hydroxylamine sur l'isatine sulfonate de potassium, nous 
avons préparé l'oxime correspondante : longues aiguilles jaunes qui s'eflleu- 
rissent dans le vide et sont solubles dans l'eau. 

Son sel d'argent, en paillettes jaune pâle est peu soluble dans l'eau 
froide. 

L'isatine sulfonate de potassium condensé en milieu acétique avec l'in- 
doxylc donne facilement l'indirubine. Elle forme un feutrage d'aiguilles 
violettes. En solution aqueuse, elle teint en bain acide, la laine et la soie, 
en nuance violette. Sous l'action réductrice de l'hydrosulfile de soude 
elle donne une cuve jaune cjui a peu d'affinité pour les fibres. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



BOTANIQUE. — Considêrntions sur l'endoderme. Note de M. II. Bouygues, 
préscnlée par M. Gaslon Bonnier. 

Dans ma dernière Noie (') j'ai désigné sous le nom d'écorce l'ensemble 
des tissus parenchymateux situés à la périphérie du système libéro-ligneux 
et limités à Tcxtérieur par Tépidernie. 

En définissant ainsi celle région, j'ai eu surtout pour but de montrer que, 
contrairement à ce qui est admis actuellement, celle-ci n'est diiïérenciée 
dans la tige qu'à partir du moment où la première ébauche du système 
libéro-ligneux apparaît au sein du mérislème général. 

Or cette notion d'écorce, sans limite vers l'intérieur, enlève complète- 
ment à l'endoderme son rôle déllmitatif, lequel est de séparer l'écorce du 
cylindre central. 

Cette modification, ainsi introduite dans le schéma classique, est impor- 
tante et présente des avantages appréciables, comme on peut en juger par 
ce qui suit. 

On sait en effet que bon nombre de pétioles par exemple ('-) possèdent 
des faisceaux libéro-ligneux concentriques individuellement entourés d'une 
assise de cellules en tous points identique à l'endoderme qui entoure, dans 
les rhizomes ou les tiges aériennes des mêmes plantes, le système libéro- 
ligneux. 

Or, malgré l'analogie profonde de ces assises entre elles, il est impos- 
sible, à cause de la définition actuelle de l'endoderme ( '), de les désigner 
sous ce dernier nom. Si partant, en effet, des idées classiques, on effectue 
des recherches d'origine et de développement, on est amené à reconnaître 
que les gaines des faisceaux concentriques sont des dépendances du méris- 
tème vasculaire (*), tandis que l'endoderme est considéré comme dépen- 
dance du méristème cortical. Il n'est donc pas possible de rendre identique 
des assises d'une origine aussi différente. Du reste, M. Gaston Bonnier 



(') II. UouïGUES, /.e méristème vasculaire de la lige et sa dii-ision en régions 
{Comptes rendus, l. 171, 1920, p. 926). 

(■-) H. BoLYGUES, Structure, origine et développement de certaines formes anor- 
males du pétiole des Dicotylédones ( Th. Doct. Sci., l'aris, 27 juin 1902). 

(') Van Tiegiirm, Les canaux sécréteurs des plantes {Ann. Sci. Aat. Bot., 5'' série, 
l. IC, 1872, p. 96. 

(') H. Bjuygues, Sur l'interprélalion an atomique, etc. (Soc. lincenne de Bor- 
deaux. 1902, p. 85). 



Sb■•A^'CK DU 7 FÉVRIER I92r. 333 

avait déjà senli lui-même cette iiiif)ossil)ilité, car dès kjoo ( ' ), dans l'exposé 
qu'il lit de ses savantes recherclies sur les méristèmes foliaires, il fut amené 
à employer les expressions d'endoderme général et d'endoderme spécial, 
pour désigner, par la première, la dernière assise du méristème cortical, et 
par la deuxième, l'assise entourant chaque faisceau. 

On sait encore que, dans la tige à' Equiseturn lùnosum, chaque faisceau 
est entouré d'une assise d'éléments plissés exactement semblables à ceux 
d'un endoderme (^). On sait aussi que celui-ci manque tout autour de 
l'ensemble des faisceaux de la tige. 

Or, malgré la ressemblance complète des éléments de ces gaines fascicu- 
lairos avec ceux d'un endoderme, il n'est pas pofesible d'établir une analogie 
quelconque entre ces diverses assises puisque les gaines fasciculaires n'ont 
rien de cortical (■'). En outre, du fait qu'un endoderme ne délimite pas ici 
l'écorce du cylindre central, il est classique de dire que celui-ci n'existe pas 
et que l'organe considéré est astélique. 

Donc, pas d'endoderme autour de l'ensemble des faisceaux, pas de 
cylindre centra!. Mais alors remarquons en passant combien sont nom- 
breuses les liges où il n'existe pas d'endoderme autour de la région vascu- 
laire; combien sont nombreux, par conséquent, les cas d'astélie et, par 
suite, combien la notion du cylindre central perd de sa valeur au point de 
vue général. 

On sait enfin que dans le rhizome de Pleris aqnilinn il existe des foima- 
t ons libéro-ligneuses spéciales individuellement entourées d'une assise 
d'éléments identiques à ceux d'un endoderme. On sait aussi qu'il est clas- 
sique de voir, dans chacune de ces formations, un cylindre central et de 
désigner, sous le nom d'ècorce, le parenchyme général au sein duquel ces 
formations sont plongées (^). Il en résulte que chaque gaine plissée reçoil, 
de ce fait, le nom à' endoderme. Or ces gaines sont en tous points seml)lal)les 
aux gaines que nous avons déjà rencontrées dans les exemples précédents. 
Mais, encore ici, ne faut-il point songer à établir entre elles la moindre 
analogie, puisque les gaines du rhizome sont considérées comme dépendance 
d'une région qu'on appelle ècorce. 

(') G. BoNMF.R, Sur la différencialion des tissus vasculaires de la feuille et de la 
lige {Comptes rendus, t. 131, igoo, p. 1276). 

(-) Van TiiiGHEM, Traité de Botanique, 1891, p. 76.5. 

(') II. Bouygues, Contribution à Vétude 'du système libéro-ligneux des Crypto- 
games vasculaires {Soc. linn. de Bordeaux, t. 39, 1906, p. ]25). 

(•) Vax Tieghe.m, lac. cit., p. 765. 



33/t ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ces exemples, comme on le voit, suffisent à nous montrer les inconsé- 
quences anatomiques qui résultent des idées admises de nos jours sur la 
division de la tige en régions, dès le point végétatif même, et sur le rôle 
qu'on fait jouer à l'endoderme dans celte division. 

Or, en considérant Técorce comme un reste du mérislème général, 
dépossédée de toute limite du côlé interne, toutes les impossibilités précé- 
dentes disparaissent. L'endoderme redevient en effet, dans ce cas, la simple 
assise de cellules telle que Caspary l'avait définie, c'est-à-dire l'assise qui 
entoure toujours, lorsqu'elle existe, une formation ou un ensemble de for- 
mations libéro-ligneuses. 

En somme, avec la notion d'écorce sans limite inlerne, l'cndodenne n'est 
plus une constante anatomique de la tige; il en devient une particularité. 

Si nous avions avant tout le souci de l'intérêt historique, nous devrions 
d'abord délaisser l'expression d'endoderme, reprendre, quoique inexacte, 
celle de membrane protectrice créée par Caspary, et appliquer exclusive- 
ment celle-ci aux assises ponctuées sur leurs parois latérales et entourant 
une formation vascnlaire. 

Mais on sait que la' présence des ponctuations ne constitue pas, pour la 
gaine protectrice, un caractère spécifique d'une fixité absolue. On sait aussi 
que souvent les formations libéro-ligneuses sont entourées d'une assise de 
cellules se distinguant très nettement des cellules voisines grâce à des carac- 
tères aussi spéciaux que variés. Une telle assise semble isoler, pour ainsi 
dire, du reste des tissus voisins les formations vasculaires qu'elle entoure. 
Aussi nous semble-t-il rationnel de l'assimiler à la gaine protectrice de 
Caspary, même lorsqu'elle est dépourvue de ponctuations sur les parois 
latérales de ces éléments. 

En résumé, il y aurait lieu, à notre avis : 

1° De ne plus faire de l'endoderme la limite entre l'écorce et le cylindre 
central de la lige; 

2" De voir en lui une parlicularité et non une constante anatomique : 
particularité qui, du reste, peut être retrouvée soit dans le pétiole, soit dans 
le limbe autour de si-s nervures ; 

3° D'étendre enfin les noms d'endoderme ou de gaine protectrice à toute 
assise se distinguant, d'une façon quelconcpie, des tissus voisins, et entou- 
rant directement une formation libéro-ligneuse isolée ou un groupe de ces 
formations. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 1921. 335 

BIOLOGIE. — De la Tion-tojcicité du citlvie pour le inihUou. 
Nolt> de M. cl M""" G. Vii.LEDiEu, présentée par M. P. Viala. 

L'emploi des sels de cuivre dans les bouillies anlicryptogamiques a 
loujours élé considéré comme indispensable depuis la publicalion des 
travaux de Millardet ('), travaux concernant la toxicité des solutions de 
sulfate de cuivre d'un ordre voisin de celui du millionième, pour les zoos- 
pores du mildiou. De ce fait Millardet avait déduit une série d'hypothèses 
pour e\pli(iuer l'action des bouillies bordelaises neutres ou légèrement 
a'calines sur le mildiou. Il admettait : 

i" Que dans les bouillies ci-dessus il se formait de l'oxyde de cuivre 
devenant à l'air de l'hydrocarbonate; 

2" Que cet hydrocarbonate ou l'oxyde étaient dissous par les eaux do 
pluie ou de rosée contenant de l'acide carbonique et de l'ammoniaque (ou 
du carbonate d'ammoniaque); 

3'^ (^iie, dans cette eau cuivrée, les conidies libérant leurs zoospores, 
celies-ci, grâce aux traces infinitésimales de cuivre qu'elles y trouvaient, 
étaient condamnées à une destruction certaine. 

Dans des Notes antérieures (-), nous avons en partie infirmé ces hypo- 
thèses en démontrant : 

1° Que par l'action d<' la chaux sur des solutions de sulfate de cuivre 
les produits obtenus, en réalité, sont constitués par di's sulfates basiques 
de cuivre; 

2° Que le sulfate basique et l'hydrocarbonate de cuivre ne peuvent 
donner que des solutions bien inférieures à l'ordre du millionième avec les 
eaux de pluie; 

3° Pour la troisième hypothèse, il nous avait été possible de faire vivre 
du mildiou de la pomme de terre sur des solutions de sels de cuivre à 
acides convenablement choisis, mais nous avons préféré montrer directe- 
ment que les conidies de mildiou pouvaient germer, libérer leurs zoospores 
et que ces zoospores pouvaient évoluer et germer à leur tour dans une solu- 
tion contenant de l'hydrocarbonate de cuivre, dissous dans le carbonate 
d'ammoniaque. 

Nous avons eu recours pour cette expérience au Phytophlliora infcstans 
(mildiou de la pomme de terre) cultivé sur des tranches de pomme de terre 
non étérdisées; nous avons employé une solution d'hydrocarbonale de 

(') Millardet, Traitement du mildiou et du rot, 1886. 
(-) Comptes rendus, t. 171,, 1920, |>. 36o et 787. 



336 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cuivre dissous à saluration dans des solutions de carbonate d'ammoniaque 
au ■— ^ ou au j^, limite qu'on ne peut dépasser, car le carbonate d'ammo- 
niaque agit alors lui-même et sans le secours du cuivre pour entraver le 
développement des zoospores. 

Une telle solution contient d'ailleurs 80 à 100 fois plus de carbonate 
d'ammoniaque que les eaux de pluie ou de rosée; elle réalise la solution 
idéale la plus favorable à la dissolution de l'hydrocarbonate de cuivre, car 
en général les dépôts de bouillies étant acides ou alcalins, seul un des élé- 
ments du carbonate d'ammoniaque peut agir, circonstance moins heureuse 
pour la solution. 

Ces solutions ont été préparées de la manière suivante : dans la solution 
«*" sTnny o" 7Vir;rj de carbonate d'ammoniaque on a ajouté, pour 100™' de 
solution, 0°, 5o ou 1° (constituant un grand excès) d'hydrocarbonate de 
cuivre pur, sec et bien exempt d'alcali; on agite vivement pendant 
i5 minutes et l'on filtre sur un filtre serré. 

Dans une partie de la liqueur, on recherche la présence du cuivre par le 
ferrocyanure de potassium en liqueur acétique (pour 100™' de solution on 
ajoute 2 gouttes de ferrocyanure au j^ et 4 gouttes d'acide acétique). Cette 
solution, au colorimètré^ correspond, pour sa teneur en cuivre, à une solu- 
tion de T^T^nJTpj ou ^^^ de sulfate de cuivre cristallisé. 

Dans des chambres humides (méthode de la goutte suspendue), on place 
quelques gouttes de ces solutions où l'on ajoute, à l'aide d'un fil de platine, 
des conidies de mildiou prélevées sur cultures obtenues sur tranches de 
pommes de terre. Les chambres humides sont mises à l'étuve à -l-i5° 
ou + 16°; au bout de qo minutes environ, les conidies germent et l'on peut 
suivre au microscope l'évolution des zoospores issues de ces conidies; leurs 
mouvements se continuent pendant au moins une demi-heure à la tempéra- 
ture du laboratoire (i3°) sans se ralentir, puis elles se fixent et elles germent 
comme dans l'eau ordinaire. 

Cette expérience achève de détruire l'hypothèse émise par Millardet qui, 
dans ses expériences, n'employait que le sulfate de cuivre, sulfate de cuivre 
dont l'entité disparait complètement dans les bouillies neutres ou alcalines. 

Elle démontre d'une façon indiscutable que ce n'est pas au cuivre qu'est 
due l'action des bouillies anticryplogamiques et qu'il n'intervient pas, ainsi 
qu'on l'avait admis jusqu'à ce jour, comme toxique, à doses infinitésimales, 
des zoospores du mildiou. 

Ou peut donc désormais envisager sûrement la possibilité de la suppres- 
sion du cuivre dans les bouillies anticrypiogamiqucs. 

i\ous nous proposons de continuer cette ( tude. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER I921. 337 

PHYSIOLOGIE. — Le rôle de la tension superficielle dans tes phénomènes du choc. 
Note (') de M. W. Kopac/.ewski, présentée par M. d'Arsonval. 

Dans deux Notes toutes récentes, MM. A. Lumière etClievrotier (-), tout 
on se déclarant partisans de noire théorie de floculation micellaire de l'ana- 
pliylaxie et des chocs par contact, ont en même temps formulé des réserves 
quant au rôle éventuel de la tension superficielle dans ces phénomènes. 
Partant d'un fait connu de la floculation de deux sérums hétérogènes, les 
auteurs ont recherché systématiquement les substances capables de disperser 
le floculé formé ('). L'hyposulfite de soude à 5 pour 100 s'est montré, 
in vitro, doué de cette propriété et l'injection déchaînante du sérum, dilué 
de son volume de cette substance, a été inoffensive. Dans ces conditions 
d'expérimentation, il est possible de conclure, non à la dispersion d'un 
floculé formé, mais uniquement à l'empêchement de cette floculation. 

Nous étions curieux de savoir si la tension superficielle ne joue vraiment 
aucun rôle dans ce processus antifloculant, et voici nos mesures. 

Densité Tension superficielle 
à en dynes 

N»'. Substances. ib° C. par centimètre. Viscosité. 

1. L'eau distillée 0,9991 -3, 00 1,0000 

2. Solution physiologique à 8 pour 100 i,oo45 73,21 1,0019 

3. Hyposulfile de soude à 5 pour 100 1,0240 69,62 1,8260 

k. Sérum humain normal i ,0280 66,35 l ,8860 

5. » dilué à moitié avec H^O i,oi5o 69,15 i,3263 

6. » dilué à moitié avec la solution 

physiologique i,oi65 67,84 i,326i 

7. » dilué à moitié avec hyposulfite 

de soude à 5 pour 100 1,0275 63,63 1,8273 

8. Sérum du cobaye normal i ,0228 68,27 i ,8869 

9. » dilué à moitié avec tPO. . . 1,0124 73,42 1,1242 

10. » dilué à moitié avec la solu- 

tion physiologique i,oi3o 71,28 i,i25i 

11. >> dilué à moitié avec hypo- 

sulfite à 5 pour 100 i,02i5 60,93 1,12.58 

Il apparaît nettement que la tension superficielle du sérum est diminuée 
par l'hyposulfite de soude, et ceci non seulement par rapport au sérum 
dilué dans l'eau distillée ou dans la solution physiologique, mais aussi par 
rapport au sérum normal, tel qu'on l'injecte pour déterminer le choc. Une 
fois de plus le rôle de la tension superficielle est sûrement établi. La 

(') Séance du 3i janvier 1921. 

(^) A.* Lumière et H. Chevrotier, Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 741 et 1172. 
(') Nous employons ce terme au lieu de précipitation puisqu'il s'agit d'un phéno- 
mène colloïdal et non de chimie pure, régi par des lois diflérentes. 



C R., 1951, I" Semestre. (T 172, N- 6.) 



25 



338 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

suppression du choc anaphylactique par l'hyposulfite constitue donc un fait 
de plus à l'appui de notre théorie, un fait d'autant plus intéressant qu'issu 
d'une orientation diirérenlc. Et il ne peut pas en être autrement : la flocu- 
lation (phénomène traduisant la labilisation, le bouleversement de l'équi- 
libre colloïdal) dépend de l'aug'menlalion de la tension superficielle, de la 
diminution de la viscosité, de l'introduction d'une charge électrique nou- 
velle. Il est possible que d'autres facteurs y interviennent (facteurs encore 
inconnus aujourd'hui); il est probable aussi qu'aucun des facteurs connus 
n'agit pas seul mais associé aux autres; il est évident, enfin, que la flocula- 
tion du sérum ne nécessite pas des perturbations énormes, le complexe 
colloïdal sanguin étant excessivement labile, comme le prouve suffisamment 
l'extrême facilité de provoquer les différents états de chocs par contact 
par l'introduction d'une substance physiquement étrangère à ce milieu. 

Si donc on admet notre théorie de floculation, on ne peut' pas formuler 
des réserves quant au rôle éventuel de la tension superficielle dans la 
suppression des phénomènes du choc. El d'autre part MM. Lumière et Chevro- 
lier ont apporté en faveur de cette théorie une autre preuve : des expé- 
riences sur la production du choc par des injections directes dans le 
système circulatoire des suspensions fines de sulfate de baryum. 

Remarquons en passant, que Foa et Aggazzotli, Wasserraann el surtout 
Thiele et Eniblelon en 1913 ont bien décrit les phénomènes du choc, 
observés à la suite d'injections intraveineuses de substances colloïdales, ainsi 
que de suspensions fines de sulfate de baryum, de carmin, de kaolin, etc., 
et les ont assimilés aux phénomènes d'anaphylaxie. Toutefois, les lésions 
à l'autopsie et les symptômes cliniques, d'après leurs observations, 
ainsi que d'après nos propres expériences, ne sont pas tout à fait identiques 
à celles du choc anaphylactique. Soulignons un seul point observé : la coa- 
gulation intravasculaire du sang et la formation des caillots sont très rapides, 
tandis que dans le choc anaphylactique on observe régulièrement un retard 
de la coagulation sanguine. Il est peut-être prudent de ne pas généraliser 
et d'apporter plus de finesse dans l'observation de ces phénomènes. 

Mais au point de vue qui nous intéresse, MM. Lumière et Chevrotier 
ont eu soin d'incorporer leur suspension dans un liquide « isotonique et 
isovisqueux » pour « faire la part dans ces troubles anaphylactoïdes des 
effets dus aux modifications de la tonicité et de la tension superficielle du 
sang et de ceux qui peuvent résulter de la seule présence dans le torrent 
circulatoire des particules insolubles ». 

Tout d'abord soulignons que, dans le travail des auteurs, il n'y a pas de 
données sur l'isolonicilé du li{juide injecté au point de vue de la tension 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 1921. 339 

superficielle. Mais cela n'a aucune importance pour démontrer que dans les 
conditions des expériences des auteurs la viscosité, la tension superficielle, 
l'isolonicité n'ont aucun rôle à jouer, puisque les « particules insolubles » 
au lieu-de se former m situ, grâce à l'intervention justement de ces forces 
et au profit des micelles colloïdales du sang, sont introduites directement 
et toutes faites. Dans ces conditions, seule une bougie Ghamberland ou 
un ultra-filtre, installé à l'entrée des petits vaisseaux, peut préserver l'ani- 
mal du choc, les « particules insolubles «, charriées par le torrent sanguin 
arrivant automatiquement dans les capillaires, provoquent la coagulation 
et les obstruent. La différence est capitale. Il est donc aisé de comprendre 
les nuances observées dans les chocs par injection des suspensions, aussi 
bien dans leur symptomatologie que dans les lésions anatomo-patholo- 
giques et dans la modalité de leur suppression ('). 

En résumé, les expériences de MM. Lumière et Chevrotier apportent 
seulement un fait nouveau : la suppression du choc anaphylactique par la 
dilution du sérum lors de l'injection déchaînante par son volume d'hypo- 
sulfite de soude. Le mécanisme de cette suppression s'explique par la dimi- 
nution de la tension superficielle du sérum, produite par cette substance, et 
constitue un argument de plus à l'appui de notre théorie du choc. D'autre 
part, on vient de signaler en faveur de cette orientation physiqus : la sup- 
pression du choc par les arséno-benzènes, constatée par M. Sicard, avec le 
carbonate de soude ou de la dyspnée toxique sine materia signalée par 
M. Lhermitte avec le sérum glycosé. 

Toutes ces modalités de la suppression des chocs par contact sont la con- 
clusion logique de la théorie de floculation micellaire la base des chocs 
humoraux et cellulaires. 



HYGIÈNE. — Iniluence de l'état de division des gouttelettes microbiennes 
sur l' ensemencement des terrains de culture. Note de M. A. Trillat, 
présentée par M. Roux. 

J'ai montré dans de précédents travaux (^) relatifs au transport aérien 
des germes et à leur localisation parle froid (') que l'ensemencement de 



( ' ) Le fait que rinjeclion iiUracardiaque ne produit pas de ce choc, parle encore 
en faveur de cette difîérence. 

(') Comptes rendus, t. 157, igiS, p. iS^y. 
(') Comptes rendus, t. 158, igiAi P- 5i8. 



•3/»0 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

terrains de culture solides ou liquides dont la surface était exposée à des 
nuages microbiens se faisait très facilement. Ce mode d'ensemencement 
est en réalité l'image de ce qui se passe dans la vie courante lorsqu'une sur- 
face comme celle d'un objet, d'un vêtement, d'une muqueuse ou de toute 
autre substance pouvant servir de terrain de culture est exposée à l'air qui 
renferme souvent de nombreuses poussières microbiennes en suspension. 
J ai cherché à me rendre compte de la difîérence que ce mode d'ensemence- 
ment pouvait présenter au point de vue de la marche du développement 
microbien avec l'ensemencement pratiqué directement en mélangeant la 
semence microbienne avec le milieu de culture. Les observations que j'ai 
recueillies m'ont paru assez intéressantes pour justifier leur publication dans 
cette Note. 

Un essai comparatif sur gélose avec le B. prodigiosas m'avait déjà 
montré par la numération des colonies que, pour les mêmes doses de mi- 
crobes, le développement de la culture par ensemencement superficiel au 
moyen d'un nuage microbien présentait une avance notable sur l'ensemen- 
cement par la dilution des microbes dans le terrain de culture. 

Pour mieux étudier le phénomène, j'ai cherché un germe dont on pût 
suivre facilement le développement dans un terrain de culture approprié et, 
dans ce but, je me suis adressé au ferment lactique dont l'activité peut 
être facilement mesurée en dressant une courbe d'acidification. 

Sous deuv récipients cylindriques de 4o', on dispose des cristallisoirs plais de même 
diamètre renfermant la même quantité de lait écrémé décaséinifié et étendu de «on 
volume d'eau. Les liquides de culture du premier récipient sont ensemencés suivant la 
teclinique ordinaire par une quantité connue d'une éraulsion aqueuse de ferments 
lactiques extrêmement étendue et dont la dilution variait de -rèwô ^" Tôo'oo?- Dans le 
deuxième récipient, on pulvérise le même poids d'émulsion et l'on découvre les cristal- 
lisoirs en suivant le procédé déjà indiqué ailleurs. Après une durée d'exposition 
variable, les liquides ensemencés par les deux procédés sont portés à l'éluve et l'on dose 
leur acidité après un temps déterminé. Il y a lieu d'observer que, par suite de diverses 
circonstances, les surfaces des cultures découvertes ne reçoivent en réalité qu'une très 
faible fraction (environ ^i^ d'après mon évaluation) de l'émulsion utilisée. Je rappel- 
lerai aussi que la vitesse de chute des gouttelettes sur le terrain de culture est inverse- 
ment proportionnelle à son volume : d'après mes essais, elle est d'environ i"" en 
lo minutes pour des gouttelettes dont le diamètre est d'environ \v-, ce qui est d'ailleurs 
conforme h la loi de Stock. 

Le Tableau suivant donne les résultats comparatifs obtenus au cours de 
quelques essais pris comme exemples. 

Les chiffres représentent en milligrammes la (juantité de Na OU nécessaire 
pour saturer l'acidité de loo'^"' de liquide de culture (^Acidité iiiiliale en 
acide lactique : So'"'' par litre. Durée d'incubation : i8 heures). 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER 1921. 34 I 

N" des essais. I. II. III. IV. V. VI. Vil. Mil. IX. 

Ensemencement direct 180 170 i3o 170 280 120 .5o 100 aSo 

Ensemencement jiar surface. 290 280 290 210 Sso 290 i3o igo 3io 

A la longue, les acidités se rapprochent. Dans certains essais, rensemcii- 
ccmenl direct reste infructueux. Les résultats montrent donc que pour des 
doses. extraordinaireinent faibles, l'ensemencement superficiel s'esl traduit 
au début dans mes conditions d'expérience par une plus grande activité 
microbienne. 

On peut expliquer ainsi le mécanisme de ce phénomène qui doit évidem- 
ment s'appliquer d'une façon générale aux germes aérobies. 

1. La pulvérisation d'une émulsion microbienne donne lieu à une libé- 
ration considérable de germes par suite de la fragmentation des gouttelettes 
et de l'ensemencement des gouttelettes d'eau naturellement en suspension 
dans l'atmosphère qui en résulte ( ' ). 

2. Les germes aérobies, aérés par la pulvérisation et déposés sur une 
surface exposée à l'air, sont dans des conditions de vitalité plus favorables 
que lorsqu'ils sont répartis dans la masse du terrain de culture. 

3. La surface couverte par la chute des gouttelettes microbiennes est 
considérable, malgré le poids infime de l'émulsion microbienne mise en 
jeu. La somme des surfaces dessphérules tend en effet vers l'infini à mesure 
que leurs surfaces diminuent et que leur nombre augmente (-). 

La division d'un agii;lomérat microbien, circonstance qui se produit sous 
l'effet d'une action mécanique dans une foule de cas journaliers, notamment 
dans l'acte de parler et de tousser, augmente en quelque sorte à l'infini la 
puissance d'ensemencement des projections microbiennes en multipliant 
les contacts. On peut dès lors entrevoir le rôle important joué par cette 
multiplication microbienne dans la propagation de la contagion : on 
comprendra mieux comment les surfaces offertes par les voies respiratoires, 
les vêtements, et dans un autre ordre d'idées par les aliments comme le lait, 
peuvent être très largement ensemencés par un poids infinitésimal de 
germes quand ceux-ci se trouvent, par suite des circonstances, sous la forme 
spéciale que je viens d'étudier. 

(') Comptes rendus, t. 170, 1920, p. 1291. 

(^) Un simple calcul montre qu'un agglomérat de quelques millimètres cubes formé 
de microbes d'une dimension de -j-ffô "^^ f^ "^ pourrait fournir un nombre de sphérules 
microbiennes capables de couvrir plusieurs mètres carrés. 



342 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

HYGIÈNE. — Sur l'emploi des polysulfures alcalins pour neutraliser certains 
gaz toxiques. i\ote(')de MM. Desghez, (îuillemard et Labat, présentée 
par M. J.-L. Breton. 

Nous avons donné (-) les formules de quelques solutions qui permettent, 
employées en pulvérisations, d'assainir l'atmosphère contaminée par cer- 
taines vapeurs toxiques. En terminant, nous appelions l'attention sur ce 
fait curieux que le polysulfure de sodium, que nous avons appliqué à la 
neutralisation de la chloropicrine, convient également pour d'autres gaz 
suffocants. Comme il s'agit de faits qui intéressent l'hygiène industrielle, 
nous avons cru devoir effectuer les déterminations nécessaires pour fixer les 
rapports à observer entre les proportions de produits toxiques et la quantité 
de solution à pulvériser. Si l'on adopte, pour cette solution neutralisante, 
la formule suivante : foie de soufre sodique, 240'''; lessive des savonniers, 
i4o™'; eau, quantité suffisante pour i', solution mère que l'on dilue en 
l'additionnant de 10' d'eau au moment de l'emploi, les expériences con- 
duisent à des résultats qui ont été condensés dans le Tableau suivant : 

Quantité 

de Volume 

produit toxique de solution 

dans la étendue 

pièce de ÎO""". à pulvériser. 
I 

Chloropicrine b^ ''ï 

Cliloramine(3o' de chlore saliiréb d'aiiiiiionlaqiie). 12 

Chlore 20' 12 

Oxychlorure île carbone 2' 18 

Acroléine 3"^"'' 1 2 

Broinacétone ^i""" 1 2 

Chloroformiale de mélhyle chloré 3'^'"'' 12 

Chloroforiniate de mélhyle surchloré 3""'' 2^ 

Bromure de benzyle 1 '"'"', 5 2^ 

lodure de benzyle 1 ''"'', 5 7.!\ 

Mélanges : 
'{ Bromure de benzyle o'''"\ "3 / , 

^ ' , ' 1 > 2^1 

j Bromacélone ("^"'jD \ 

Chlore 20' ) „- 

Oxychlorure de carbone 19" \ 

1 Chlore 20' l . 

( Chloropicrine l'^^ô ) 

(') Séance du 3i janvier 1921. 

{') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 1177. 



SÉANCE DU 7 FÉVRIER I921. 343 

(lomnie on le voit, ces résultats établissent, pour noire solution, une 
polyvalence très étendue. Il faut mentionner que des essais comparatifs, 
elTectués avec des solutions de monosulfure de sodium, de richesse en 
soufre égale à celle de la solution précédente, ont montré que ce sel doit 
être employé en quantité un peu supérieure, pour neutraliser une même 
dose de chloropicrine. 

La solution mère se prépare facilement, à chaud, en i5 minutes, le 
soufre libre que contiennent tous les poiysulfures entrant en combinaison 
avec la soude. Si l'on opère à froid et en agitant, la solution du sulfure 
n'est complète qu'en 45 minutes; de plus, le soufre libre ne disparaît qu'à 
la longue. 

La composition des solutions varie avec la qualité du produit employé. 
Les foies de soufre du commerce peuvent être, en effet, rapportés à deux 
types distincts ; 

1° Le foie de soufre H; plaques gris blanchâtre à l'extérieur, présentant 
une zone brune au centre de la tranche. L'analyse donne pour 100 parties : 
soufre actif (à l'état de polysulfure), i5,5o; hyposulfite anhydre, 35,55; 
une très faible quantité de sulfate anhydre (moins de 1,00). Il faut ajouter 
une notable proportion de soufre libre. 

2" Le foie de soufre S; plaques gris blanchâtre à l'extérieur, présenlant 
à l'intérieur une zone brun rougeâtre qui occupe presque toute la hauteur 
de la tranche. Pour 100 parties, l'analyse donne : soufre actif, 18,24; 
hyposulfite anhydre, '(,74; sulfate anhydre 17, i3. La proportion de soufre 
libre est très faible. 

Il faut attribuer ces différences de composition non seulement à la nature 
des matières, mais encore à la température à laquelle a été porté le mélange 
de soufre et de carbonate, dans la préparation. Les recherches de Vau- 
quelin, de Gay-Lussac, de Berzélius, de Fordos et Gélis établissent en 
effet qu'entre 25o° et 3oo°, on observe surtout la formation d'hyposulfite, 
comme produit accessoire, alors qu'au-dessus de 3oo° ce sel se transforme 
en sulfure et sulfate. Comme, d'autre part, la réaction du soufre sur le 
carbonate de sodium s'opère à température plus élevée qu'avec le sel de 
potassium, on s'explique la richesse fréquente, en sulfate, du foie de soufre 
sodique. Ces faits s'accordent également avec notre observation, à savoir 
qu'un foie de soufre sulfaté fournit des solutions plus riches en sulfure 
qu'un foie riche en hyposulfite. Pour ces raisons, la richesse en soufre actif 
des solutions mères expérimentées par nous a varié, pour le foie H, 
de 35 à 4o pour 100, et, de 4o à 45 pour 100, pour le foie S. Bien que l'ex- 



344 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



périence nous ait montré que ces deux composés ont sensiblement la même 
activité vis-à-vis des gaz toxiques, la solution de foie riche en hyposulfite 
présente cependant l'inconvénient, après la neutralisation de fortes quan- 
tités de chlore, de donner naissance à de l'acide chlorhydrique d'odeur 
piquante, inconvénient qui ne se produit pas avec la solution de foie riche 
en sulfate. Pour cette raison, c'est à notre second type de foie de soufre que 
vont nos préférences. Ses solutions laissent déposer, à basse température, 
des cristaux de sulfate de soude. 11 n'y a pas à craindre que ces cristaux 
obturent l'embout pulvérisateur, si on laisse refroidir la solution avant de 
l'introduire dans les flacons et si on ne la verse, dans les appareils Vermorel, 
qu'à travers les fdtres dont ils sont munis. 



A i6 heures, l'Académie se forme en Comité secret. 



COMITE SECUET. 



La Section d'Anatomie et Zoologie, par l'organe de M. Edmond Pcrrûr 
remplaçant le doyen empêché, présente la liste suivante de candidats à la 
place vacante par le décès de M. Yves Delage : 



En première ligne ^ ex œqiio 
par ordre alphabétique . . . . 



En seconde ligne, ex œquo 
par ordre alpliahêlique. . . . 



MM. Charles Gravier 
Louis Joubin 

MM. Raoul Anthony 

Matrice Cauli.ery 
Félix Mesnil 
Louis Roule 



Les titres de ces candidats sont discutés. 
L'élection aura lieu dans la prochaine séance. 



La séance est levée à 18 heures trois quarts. 



É. P. 



ACADEMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 14 FÉVRIER lî)21. 

PRÉSIDENCE DE M. GiiouGRS LEiMOINE. 



MEMOIRES ET C03IMUIVICATI0IVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



CHIMIE. — Sur les doubles décompositions salines et leur représentation 
géométrique. Note de M. Henry Le Chatelier. 

L'étude des doubles décompositions salines est rendue assez complexe 
par la multiplicité des cas à envisager. Dans cette Note je voudrais signaler 
les avantages d'une représentation géométrique particulière, celle du dia- 
gramme carré, employé déjà au cours de mes recherches sur la fusibilité de 
mélanges de carbonates. Je prendrai comme exemple la double décompo- 
sition saline étudiée récemment par M. Rengade : 

NaNO^-)-NH<CI =NH*NO' + NaCI. 

Ions a y (3 ô ,3 -^ a 5 

Sels A B C D 

Groupes AB CD 

Pour la représentation géométrique de systèmes semblables, Van't Hofî 
employait comme coordonnées les quatre arêtes partant du même sommet 
d'un octaèdre. Il conslruisaitainsi une figure dans l'espace dont il donnait 
les projections orthogonales sur deux plans perpendiculaires. On obtient 
une représentation d'une lecture beaucoup plus facile en se servant d'un 
diagramme à base carrée, combiné avec le système des plans cotés. On 
peut représenter la composition d'un mélange de quatre sels récipro- 
quement transformables les uns dans les autres, en portant en ordonnées 
les ions acides et en abscisses les ions métaux. Il y a nécessairement égalité 
entre les ions des deux espèces; la somme des ordonnées sera toujours 

c. R,, 1921, I" Semestre. (T. I7'î, N° 7.) 2^ 



346 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

égale à la somme des abscisses. Prenons un mélange renfermant au total 
une molécule de sels et traçons un carré ABCD, dont le côté sera pris 
comme unité. Nous compterons les ions Cl, de C vers B, et les ions NO', 
de B vers C; les ions Na, de C vers A, et les ions NH*, de A vers C. Le 
point O, par exemple, pris à l'intérieur du carré ABCD, correspond à un 
mélange de sels renfermant au total, pour une molécule de mélange, les 
quantités suivantes de quatre ions : 



Na 




NO" 

Cl 


.... y r=: o , 2 
.... = 0,8 


NH* 


(3 = (.,3 




! ,0 




1 ,0 



Pour représenter sur ce diagramme la concentration de la solution, on 
élève au point O une perpendiculaire au plan du carré et l'on porte sur 
cette verticale une longueur égale au poids d'eau dans lequel est dissoute 
la molécule totale du mélange des différents sels. Ces quantités d'eau, 
empruntées aux recherches de M Rengade, sont indiquées entre paren- 
thèses, sur la figure, pour certains points Intéressants du diagramme. On 
pourrait également représenter la concentration de la dissolution en portant 
sur cette ordonnée le nombre de molécules du mélange dissoutes dans 
ioqs d'eau. 

Passons en revue les divers problèmes dont cette représentation facilite 
la solution. 

PpiF.MiF.ri CAS : Détermination îles mélanges de trois sels de composition 
identique à celle du mélange considéré. — Une infinité de mélanges de quatre 
sels peuvent représenter également une même composition globale; le pro- 
blème est donc indéterminé. On peut obtenir cette même composition par 
un mélange de trois sels seulement, mais dans ce cas le nombre des solu- 
tions est limité. Un calcul algébrique très simple donne quatre solutions, 
dont deux seulement sont acceptables, les deux autres conduisant à des 
quantités négatives pour la proportion de l'un des trois sels. 

Le diagramme carré donne la solution du même problème sans aucun 
calcul. Traçons les deux diagonales du carré et les ordonnées parallèles aux 
côtés, passant par le point O. Appelons a, i, c. d les intersections de ces 
deux systèmes de lignes. Les longueurs des segments A«, ah, /;B et Ce. cd. 
dD sont proportionnels aux nombres de molécules des trois sels donnant 
une composition identique à celle définie par la position du point O. Si 
nous projetons ces segments sur un côté du carré et si nous prenons comme 
unité de molécule la longueur de ce côté, les quantités de ces divers sels, 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER IQar. 347 

exprimés en molécules, sont représentés par les projeclions des sep;menls. 
Nous désignerons ces projections par le symi)ole ( ) embrassant la lon- 
gueur du segment. On trouve ainsi, par simple lecture, les quatre solutions 
suivantes, dont les deux premières seules conduisent à des valeurs toutes 
positives: 

Na^O' =(B6l= 7=0,-1. „ (Ba)— 0,7 —(«/)=— 0.1 

NH'CI —(\a)— (3 = o.2 (cd) =0.1 (.\.h)= o,S 

NH»NO'= » {Dd) =o,>. — (ab) =~o.'> {Dc]= o.:i 

NaCl =(f7i) =a — -/-(..S (Ce) =0,7 .. (Cd} = . o,S 

2° Surface de saturation. -- Si l'on part d'une solution avec un excès d'eau 
suffisant pour maintenir la totalité des sels en dissolution, et que l'on 




évapore progressivement cette solution à température constante, on verra 
à un certain moment l'un des sels cristalliser. L'ensemble des points 



3 48 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

représenlillifs de la concentration correspondante constitue la surface de 
saturation. Cette surface sera composée de plusieurs nappes, sur chacune 
desquelles le même sel se dépose le premier. Ces nappes se coupent suivant 
des lignes que l'on peut projeter sur le plan horizontal du carré; elles 
correspondent au dépôt simultané de deux sels différents. Enfin ces lignes 
se rencontrent elles-mêmes en des points correspondant au dépôt simultané 
de trois sels. Ce sont les points invariants, que l'on appelle encore points 
eutectiqiics. 

Les expériences de M. Rengade permettent de tracer pour la température 
de i5° le diagramme de la figure i. La zone DEIF correspond au dépôt de 
NaCl;lazone CGJK, au dépôt de NO'NH''; la zone AFIJC, au dépôt de 
NaNO'jCl la zone BEIJK, au dépôt de NH'Cl. Aux points I et J, les sels se 
déposent avec la composition globale qu'ils possèdent dans la solution, 
c'est-à-dire que le nombre de chacun des ions déposés simultanément corres- 
pond aux ordonnées de ces deux points I et J. On aurait le nombre de 
molécules de chacun des trois sels déposés à ces points, en déterminant les 
intersections des ordonnées de ces points avec les diagonales du carré et 
appliquant la règle énoncée plus haut. 

3° Marche de la cristallisation. — A partir du moment où le premier sel a 
commencé à cristalliser, la continuation de l'évaporation modifie constam- 
ment la composition du mélange resté en solution et occasionne un déplace- 
ment du point figuratif donnant la composition de la dissolution. 

Pour le point O, le premier sel déposé sera NaCl et le point figuratif 
de la solution se déplacera suivant la ligne DOK; cela résulte de ce que le 

rapport ^Tû n'est pas modifié par le dépôt de NaCl. En K, le second 
sel rvH'Cl commence à se déposer et alors le point figuratif de la solution 
suit la ligne Kl; il arrive finalement au point eutectique I, où la solution 
gardera une composition invariable, tant que trois sels subsisteront en con- 
tact avec elle. Dans l'exemple actuel, l'évaporation à sec laissera un 
mélange des trois sels NaCl, NaNO' et NH* Cl, dont le nombre de molécules 
sera donné par les projections des segments de la diagonale ('//'), (B/') 
et (Art). 

4° Quantité de sel déposé. — Il peut être intéressant de connaître à un 
moment quelconque de l'évaporation, la quantité de chaque sel déposé, 
c'est-à-dire le nombre de molécules pour une molécule mise priiuilivement 
en expérience. 

La quantité de NaCl déposée en K est donnée par Je rapport -p-î- ou 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 1921. 349 

bien, so rappelant que le côté du carré représente l'unité de molécules ou 
d'ions, on mène la ligne KB et par O une parallèle à cette ligne, et la 
longueur du segment projeté BX- donne le nomijre cherché de molécules 
de NaCI. A partir de K, on a à la fois un dépôt de NaCl et Nil' Cl. On 
trouve la proportion des sels déposés en traçant la ligne BI et prolongeant 
la ligne DOK jusqu'en L. Une parallèle menée par O à BL donne le seg- 
ment B/qui représente le nombre total de molécules de NaCl déposées en 
arrivant en I. 

On aurait par un procédé semblable la proportion de NH'Cl dépose en 
même temps. Il suffit de projeter le point L sur le côté BD par une paral- 
lèle à la ligne DI. Pour éviter la confusion, cette parallèle n'a pas été tracée 
sur le diagramme. 

Enfin, en I, commence à se déposer NO^Na. Après l'évaporation 
à sec la proportion déposée de ce sel sera représentée par le segment 
(Bb) = ^. Supposons que ce sel se dépose d'abord seul, le point figu- 
ratif suivra la ligne AIN et s'arrêtera à un point N déterminé par l'inter- 
section d'une droite menée par D parallèlement à la ligne IP. 

En joignant BN et prolongeant jusqu'à l'intersection avec la ligne DI, 
le segment (NQ) donnera la nouvelle quantité de NH'Cl déposée au 
point I. Enfin le dépôt de NaCl doit ramener la solution au point I 
puisque celui-ci est un point invariant, où la composition de la solution ne 
peut changer. La longueur QI donnera la proportion de NaCl mise enjeu 
simultanément avec les deux autres sels. Mais ce segment étant dirigé vers 
le sommet du carré, au lieu de s'en éloigner, est négatif, c'est-à-dire qu'une 
partie du sel déjà déposé se redissout. Les constructions graphiques précé- 
dentes montraient d'ailleurs que la quantité de NaCl déposé en arrivant 
en I était déjà supérieure à la quantité totale qui doit se trouver dans le 
mélange après dessiccation complète. Celle-ci est égale à a — y, c'est-à-dire 
est représentée par le segment {Oh), projeté sur le côté du carré parallèle- 
ment à la diagonale AB, soit Bo. Or Bo est plus petit que B/ trouvé précé- 
demment pour la quantité totale de sel déposé en arrivant en I. 

5" Redissolution de l'un des sels au point invariant. — Cette redissolution 
de l'un des sels lorsque l'on arrive au premier point invariant I est un fait 
nouveau, très important, découvert par M. Rengade. Le mode de repré- 
sentation géométrique employé ici permet de prévoir très simplement dans 
quel cas il y a redissolution de l'un des sels et dans quel cas la redissolution 
est complète, de telle sorte que la solution, après avoir traversé un état 
invariant, redevient univariante et se met alors à suivre la ligne IJ pour 



35o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

aboutir linalement à un second point invariant .1, où les trois sels en pré- 
sence se précipitent simultanément jusqu'à évaporation à sec. 

Dans le cas où le premier sel déposé est NaCl, c'est-à-dire que le 
point représentatif du mélange initial tombe dans la zone DEIF, NaCl 
se redissout en I, si ce point invariant est, par rapport à la diagonale AB, 
du coté opposé au sommet D; c'est le cas envisagé ici. Si au contraire le 
point I est du même côté que le sommet D, NaCl continue à se déposer 
au point invariant. 

Lorsque le point invariant I est du côté opposé au sommet 1) et qu'il y a 
redissolution de NaCl, celle-ci est incomplète tant que le point originel O 
est du même côté de la diagonale que le sommet D. Il reste finalement du 
NaCl dans le mélange sec. Si au contraire le point (_) est de l'autre côté de 
la diagonale, c'est-à-dire du même côté que le point I, la redissolution est 
complète, le système redevient de nouveau univariant et il arrive finale- 
ment au second point invariant .1. Si enfin le point O se trouve sur la dia- 
gonale AB, NaCl acbève exactement de se redissoudre au moment où 
l'évaporation à sec se termine et le mélange sec ne renferme que deux sels 
NaNO^eiNH'Cl. 

Il est facile de vérifier que tous ces résultats sont en plein accord avec les 
conséquences déduites de la loi des phases. 



HYDRODYNAMIQUE. — Sw le mouvement rtirié ilrsjluides. 
Note de M. L. Lecorxu. 

Dans le mouvement non permanent d'un Huide, on peut, à chaque ins- 
tant, considérer trois courbes convergeant en un point fixe quelconque, A, 
et définies de la façon suivante : 

i" La iriijectoire C, est le lieu des positions successives d'une même molé- 
cule, située en A à cet instant / ; 

li" La file de molécules, C^, ou, simplement, la file, est le lieu des posi- 
tions occupées à l'instant / par toutes les molécules (|ui ont passé ou passe- 
ront successivement en A; 

3" La ligne de couranl {\ est la courbe menée par A et assujettie à être 
une enveloppe de trajectoires prises dans leurs positions actuelles. 

Je me propose de préciser ici les positions respectives de ces courbes au 
voisinage de A. 

Il est évident (jue, dans le cas du mouvement |iermanenl, C,, C.j, C., coin- 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. 35l 

rident et dcinourenl invariables. Ici, au contraire, ce sont des courbes dis- 
tinctes et qui se dét'ormenl |)rot(ressivenient. Plaçons en \ l'origine des 
coordonnées el appelons l'instant du passage d'une molécule déterminée. 
Si l'on connaît le mouvement du iluide, on peut, pour cette molécule, 
exprimer chacune des coordonnées .*', j, s en fonction de f et 0. Ces trois 
fonctions s'annulant pour f = 0, nous écrirons 

(!) .T = {1-0)1 y^^{t—o)r„ z = (i-0)t:, 

expressions où ^, y], Z désignent des fonctions de / et qui demeurent finies 
pour / = 0. 

Les équations (i), quand on y prend / el comme variables indépen- 
dantes, définissent une surface S présentant en A un point singulier. En 
attribuant à une valeur constante et faisant varier t, on obtient, quel que 
soit 0, une trajectoire située sur S. En faisant inversement varier sans 
faire varier t, on obtient, quel que soit t, une file située également sur S. 
Cette surface est donc à la fois le lieu de toutes les courbes C, et de toutes 
les courbes Co passant en A. 

A l'instant t, la vitesse V de la molécule qui se trouve en A s'obtient en 
dérivant les équations (i) par rapport à t et faisant ensuite ^ —■ t. Il vient 
ainsi, pour les composantes de cette vitesse, 

(2) " = i, f' = ri, iv=x^ (6=0- 

en sorte que'?, •/), 'Ç sont les paramètres directeurs de la tangente en Aà C,. 

Au même instant, les paramètres directeurs de la tangente à Co s'ob- 
tiennent en dérivant les équations (i) par rapport à 0, puis faisant = /, 
ce qui donne — ^, — •/], — '(. On voit que C, et C„ se touchent en A. 

C^i, d'après sa définition, touche aussi C, et, par conséquent, C^,. 

Voyons maintenant à quoi conduit, quand on tient compte des quantités 
du second ordre, la comparaison des trois courbes. 

Pour la trajectoire C,, il y a une accélération totale y,, dont on obtient 
les composantes u\, p, , i\\ en dérivant une seconde fois par rapport à f, puis 
faisant ô = ï, ce qui donne 

(3) «^=^J7' '^^'-j]^ "^.=^"^7 ^^=')- 

En ce qui concerne C., remarquons cjne celle courbe peut être regardée 
comme étant la trajectoire d'un mobile dont les positions sont définies par 
les équations ( i), en admettant que désigne le temps, tandis que / joue le 
rôle d'une constante. L'accélération /_, de ce mouvement se calcule alors 



352 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'une façon analogue, et Ion trouve que ses composantes sont 

(4) u,=-.-^, '■^=-^^' -^=-^^ (^ = 0- 

EnGn la ligne C^ est, à l'instant /, décrite par un mobile animé, en chacun 
des points où il passe, de la vitesse actuelle de l'élément qui se trouve en ce 
point. Ceci posé, on a, pour un déplacement effectué sur cette courbe, 

, du dv , di\' , / du du du\ , 

dx dv •' dz \ dx dy d: ) 

D'ailleurs la composante u^ de/', \érifie la formule connue 



du - du 


du du 


—^ — (- " -; — y 


- (' Y- d' 


dt dx 


dv dz 



De même pour les deux autres axes. 

Il suit de là que l'accélération /, sur Cj est la différence géométrique 
entrey, et \ accélération locale, dérivée géométrique, par rapport au temps, 
de la vitesse en A. 

Cette accélération locale, /„, s'obtient de la façon suivante : La diffé- 
rentielle totale de w, quand / et varient simultanément, est 



du=.$,d,+ ^4M^ d\{t-o)f\ 



dt ^ dO 



Pour que .r, y, z soient et demeurent nuls, il faut et il suffit que l'on ait 
/ = 0, dt = <!<), d'où 

du = { —^ + —j- ] d/, 
\dl d9j 

dv, dw se calculent de même. On a donc dans ces conditions 

r- du ùi dl àf _ df) ^ an c^ic _ JÇ d^ , 



Telles sont les couq)osantes de/',,. Celles de y', sont, par suite, 

,^, , di dl , dv, dû , d'Ç dHi /a ,^ 

(^^ "^=Ji-j9' ''^ = Tt-W '''^=dï~dÔ ^^ = '^- 

On voit que, géomélriciuement parlant, y, esl la moyenne dey, el dey^. 

Connaissant V,/|, y'.,, y.,, on en déduil, par le procédé connu, la grandeur 
et la direction des rayons de courbure des trois courbes. 

i*our un mouvement permanent, ^, r^, '(, dépendent de Tunique variable 



SÉANCE DU l4 l'ÉVRIER 192I. 353 

/ — ei l'on vérifie alors que l'accélération locale est nulle, tandis que 
j\ijiij\ se confondent. 

Ces considérations conduisent à envisager remploi éventuel, en hydro- 
dynamique, d'un genre spécial de variables indépendantes. Dans le système 
de Lagrange, on pose 

équations où a\,, r,,, '„ désignent les coordonnées initiales d'une molécule 
et X, y, - ses coordonnées actuelles. Les variables indépendantes sont 
*'o) J'o' ^0' '• ^^^ li^'i ^^ cela, choisissons une surface arbitraire 2 et. expri- 
mons les coordonnées de l'un quelconque de ses points au moyen de deux 
paramètres À, fx. Les coordonnées d'une molécule sont connues, à l'instant/, 
si l'on se donne les valeurs de X, [j. au point A où cette molécule franchit S 
et l'instant de son passage. On a ainsi 

x — <^^Çk,y.,B,t), y=.<f,{l, ij., 6, t), z = c^,(l, p., 0, t), 

et les variables indépendantes deviennent A, i^., 9, /. Dans les questions 
examinées plus haut, X, jx étaient des constantes et l'origine était placée 
en A. En supprimant cette double restriction, on obtient des équations 
aussi générales que celles de Lagrange et pouvant, dans certains cas, leur 
être avantageusement substituées. 

M. L.vvERAN présente le tome 13 du Bulletin âc la Société de Pathologie 
exotique (année 1920). 

ÉLECTIONS 

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Membre 
de la Section d'Anatomie et Zoologie, en remplacement de M. Yves Déluge, 
décédé. 

Le nombre de votants étant 58, 

M. Louis Joubin obtient 3 1 suffrages 

M. Charles Gravier » i3 » 

M. Maurice Caullery » 6 » 

M. Félix Mesnil » 5 » 

M. Louis Lapicque » 2 ^ » 

M. Paul Portier » i suffrage 



354 ACADÉMIE DES SCIENCES 

M. Louis Joubix, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est 
proclamé élu. 

Son élection sera soumise à l'approbation de M. le Président de la 
République. 

CORRESPOND AXCE . 

L'Académie est informée que M. le Recteur de I'Univeiisitk de Virginie 
invite l'Institut de France à se faire repréfcnter aux cérémonies de la célé- 
l)ration du centième anniversaire de la fondation de ce': établissement, qui 
auront lieu du 3i mai au 3 juin 1921. 

M. Mittag-Leffler adresse des condoléances à l'occasion du décès de 
M. G. Humbert. 

M. le Secrétaire perpétiei, annonce à l'Académie le décès de 
M. Pfeffer, Correspondant pour la Section de Botanique, survenu à 
Leipzig, le 3i janvier 1920. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

EuGKNE Simon, Histoire nalunUr (/es Tvoc\\'\\ida^ (.synopsis e/ ca/aloi^iie). 
(Présenté par M. E.-L. Bouvier.) 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les fondions automorphes. 
Note de M. Georges Giraud. 

L'accord paraissant établi sur la proposition dont il a été question entre 
M. Fubini et moi ('), je me permets d'ajouter quelques mots pour éviter 
tout malentendu. La condition dont M. Fubini parle maintenant n'est 
formulée explicitement nulle part, ni dans l'énoncé, ni dans la démonstra- 

(.') Comptes rendus, i. 171. igio, p. iSG et 1365; t. 172, i()9.i. p. 'iC'). 



SÉANCE DU l4 l'KVRIER I92I. 355 

lion de son Livre, où un fail équivalent (le fait que le cône /, = est à 
génératrices imae^inaircs) est même présenté comme une conséquence de 
riiypolhèse, insuffisante et reproduite explicitement dans l'énoncé, que le 
|)oint considéré n'est pas sur une génératrice rectiligne réelle de la qua- 
drique V = o; il était donc facile au lecteur de ne pas apercevoir la condi- 
tion exacte. L'énoncé reproduit par M. Fubini dans sa dernière Note, et 
où celte hypothèse insuffisante ne figure point, n'est pas celui de son Livre, 
mais celui de son Mémoire antérieur (licndiconli del Circolo mateinaliro di 
l>(ili-rmo, I. 21). 

iMifin Findépendancc de mes recherches est évidente aussi en ce qui 
concerne le reste du Chapitre visé de mon Livre, puisque les propositions 
qui s'y trouvent n'oni pas d'analogue dans le Livre de M. Fubini. 

AiNALYSlC MATHÉMATIQUE. — Sur quelques points de (a lliéorir des nombres. 
Note de M. Théodore Varopoui.os, présentée par M. Appell. 

I . Soit un polynôme 0(^.17) 

o(,r) = xV-+ «i.j-C-'-i- aïX\'---^ . . . -\- a^:^^x -4- fl,j., 

OÙ les nombres a,, «2» • • • . «11 ne sont pas tous algébriques. Considérons 
une équation de la forme 

(l) 9(.r)rrAt'^ 

les nombres A, y. étant algébriques. Alors, dans le cas où x :^ o, le second 
membre de celle équation (i) sera un nombre transcendant, conformément 
au théorème de M. Lindemann bien connu. 

M. Hémoundos, dans son Mémoire : Sur quelques points de la théorie des 
nombres ('), a démontré que les racines de l'équation (1) sont des nombres 
transcendants et qu'une équation de cette forme, admettant des racines algé- 
briques, doit être considérée comme exceptionnelle. 

Appelons (E) l'ensemble des valeurs algébriques de x pour lesquelles ^(a;) 
est un nombre algébrique; (E') l'ensemble des valeurs 'algébriques de .x- 
telles que ^{x) soit de la forme A f" (A, a étant algébriques et difîéreuls 
de zéro). Deux nombres x^, ,v.,, de l'ensemble (E'), seront appelés équi- 
valents lorsque le quotient cp (a;, ) : '^(^•2) = algébrique. 

('} Annales scientifiques de l'Ecole Normale supérieure, 3' série, l. '2-i, 1906. 



356 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



Soit encore (E,) l'ensemble des valeurs (E') non équivalentes. Dans ces 
conditions, je veux établir un théorème analogue à celui que j'ai énoncé 
déjà ('), et qui concerne la théorie des fonctions multiformes. 

Théorème. — L'ensemble des valeurs (E), (E,) ne surpasse jamais le 
nombre p.. 

En efïet, l'élimination des nombres «,, a., . . ., a^ entre les équations 

(!f{Xi) — \i [j=:l, 2, ..., (fX — l)], 

(A, a étant des nombres algébriques et A^, y.j^o) (ce qui est toujours 
possible) nous conduira à l'égalité suivante 

|X-1 

(3) 2 >.,A, -(- ^p, A,xe^ +>.,.+ , A^_^, e«.+.= >., 

1 

analogue à l'identité de M. Borel où 






et puisque a^^ ay_+, et les coefficients A^A^, \^^+, A^^, --^ o, d'après le théo- 
rème de Lindemann l'égalité (2) est impossible. 

CoROLLAnîE. — Le nombre des valeurs équivalentes ne surpasse jamais [/. — i. 

Je signale le fait que le Mémoire susdit de M. Réinoundos m'a été très 
utile dans mes recherches en question. 



GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur la détermination des congruenees de 
droites dont le plan moyen est donné, ^otc de M. Axel Egnell, présentée 
par M. Appell. 

Dans la recherche des congruenees de droites dont le plan moyen est 
donné on peut laisser de coté le cas où ce plan ne dépendrait que d'un seul 
paramètre. Il y correspondrait, en effet, des congruenees dont l'un des 



(') Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 991. 



SÉANCE DU 14 KÉVRIER 192I. 357 

foyers serait rejeté ;i l'infini et pour lesquelles on ne pourrait définir un plan 
moyen. 

Soit S une surface quelconque, non développable, enveloppe d'un plan II. 
Désignons par a;,, x.j,, a;^ les coordonnées du point M(.r) qui décrit la 
surface S, par X,, X., X3 les cosinus directeurs de la normale en M. Il 
s'agit de déterminer, dans le plan II, un point l'( = ) qui soit le centre do la 
congruence sur la droite D passant par P et perpendiculaire au plan II. 

Supposons la surface S rapportée à deux familles de lignes para- 
métriques C„, C^, quelconques. Les deux vecteurs, dont les paramètres 
directeurs sont -^ et -p respectivement, sont parallèles au plan II et ne 
sont pas parallèles l'un à l'autre. Les coordonnées d'un point P(z) quel- 
conque du plan n peuvent alors être exprimées sous la forme 

^ ' du ^ âf 

La condition pour que le point P soit le centre de la congruence sur D 
peut s'écrire comme suit : 

\^ àz dX\ \^ âX d3\ 
^ ' \ au ai' \ \ ou or I 

Les deux termes figurant au membre gauche de cette relation désignent 
des déterminants dont on obtient les trois lignes en affectant aux X et aux z 
les indices i, 2, 3 successivement. 

Si, dans l'équation (2), on substitue à :; la valeur (i), on trouve une 
relation qui peut être réduite à la forme suivante : 



,. dX dx I 



^,^ ô r !.. ^X dXU d \p\^ dX dX\-\ \ dx dX\ \ dX 

(3) -r- « X,-T-) -rr-\ H-T-pP^i-r-'T- +Xî-r-' -irH--^iT~ 
du\_ \ du di'W dv\^\ 'du dv \\ \ du dv \ \ 'du 

Désignons par H et par K la courbure moyenne eî la courbure totale de 
la surface S, par E, F, G les coefficients habituels de Gauss, par w la 
quantité 

w = ^EG — F-. 

L'équation (3) prend alors la forme très simple 

(4) ^(aKa)) + jJ;([3Kco) + Hoj:rzo. 

Des quantités a et [3 on peut donc choisir l'une arbitrairement; l'autre se 
trouvera ensuite déterminée par une quadrature. 



358 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

L'équation (4) donne lieu à plusieurs remarques intéressantes. Tout 
d'abord, on voit que si l'on connaît une solution (a, , p, ) de cette équation, 
on peut, sans quadrature, déterminer toutes les solutions sous la forme 

I âo or, l ÔJ 

Ko) i)^- ^ \\',\ du 

cp étant une fonction arbitraire de a et de c. En pailiculier, si le point P(r) 
décrit la surface moyenne d'une certaine congruence C, le centre P( s) de 
toute congruence ayant même plan moyen que C sera déterminé par les 
formules 

1 [ù-a dS. tjy ()\\ 

^''' " ~-^ "•" I rJ\ <^.\ I V j7' Ou ~ ôii 7Â^ ) ' 

Si l'enveloppée moyenne S est une surface minima, le point MO') qui 
décrit cette s,urface est le centre de la congruence des normales de S. La 
formule (5) détermine donc toutes les congruences de droites admettant 
comme enveloppée moyenne une surface minima donnée. 

Appelons caractérislique principale d'une congruence la droite Ml' qui 
joint les deux points qui se correspondent sur l'enveloppée moyenne et sur 
la surface moyenne. L'équation (4) fournit encore la solution du problème 
suivant : Déterminer toutes les congruences de droites dont les caractéris- 
tiques principales enveloppent, sur l'enveloppée moyenne S, une famille de 
courbes donnée F. En effet, clioisissons sur S comme lignes paramétriques 
la famille C„, conjuguée des trajectoires ortbogonales de F, et une seconde 

famille C,, quelconque. Le vecteur — est alors parallèle à la tangente de F 

et il suffit de poser dans la formule (/j) p = o, pour avoir la solution 
cherchée : 

V étant une fonction arbitraire de v. 

Parmi les congruences déterminées par (4) on peut rechercher quelles 
sont les congruences de normales. Si l'on rapporte la surface S à dcu.v 
familles de lignes paramétriques dont la représentation sphérique forme un 
système isotherme, on trouve la solution suivante : 

,. Ô'a ^.. ÛQ 

y. K fj) ;:3 -;— ; p K 'jj =; -r-^ » 

au ^ dv 



SÉANCE DU l/j FÉVRIER I921. SSg 

la l'onction o devant satisfaire à la condition 

-r-T, -h -rt + Hwrro. 
Ou- Ov- 

Kn particulier, si S est une surface mininia, on peut déterminer, sans 
(juadrature, toutes les congruences de normales qui admettent S comme 
enveloppée moyenne. Les courbes Y, enveloppes des caractéristiques prin- 
cipales de la congruence, forment, avec leurs trajectoires orthogonales, 
deux familles de lignes conjuguées d'un système isotherme de la surface. 

Si le plan moyen II enveloppe une certaine courbe C, les congruences 
correspondantes se déterminent toutes sans quadrature. 

Enfin, si le plan II passe par un point fixe, on trouve une solution 
analogue à (3), mais où le terme indépendant de a et p a disparu. Le 
résultat est donc le même que si le plan II enveloppe une surface minima. 
Ainsi, pour déterminer les congruences cherchées, on peut prendre une 
surface minima quelconque, construire les congruences qui admettent cette 
surface comme enveloppée moyenne, puis contracter la surface minima en 
un seul point en laissant invariables la direction des caractéristiques prin- 
cipales et des droites de la congruence ainsi que la longueur des segments MP. 
Cette construction s'applique, en particulier, si Ton veut déterminer les 
congruences de normales dont le plan moyen passe par un point fixe. 
Rappelons que M. Appell a déterminé toutes ces congruences de normales 
en montrant qu'à chacune d'elles se trouve associée une certaine surface 
minima. La méthode exposée ci-dessus conduit au même résultat en 
l'étendant à des congruences quelconques. 



HYDRODYNAMIQUE. — Sur les mouvements cycUcjues il' un fluide limité 
pai un mur, et contenant un solide. Note de M. He.vri Vii.lat. 

Soit D le domaine d'un plan z(:^œ -{- iy), compris entre un solide S 
donné, et un mur (plan ou courbe) R; on suppose Dillimité au moins dans 
une direction. Un courant fluide occupe ce domaine; il provient de l'infini, 
et vient entourer S de part et d'autre (il ne s'agit donc pas d'un simple 
mouvement de rotation autour de S). Suivant que la variation du potentiel tp 
a ou n'a pas la même valeur le long des deux bords de S suivis par le 
courant, le mouvement est acyclique, ou cyclique. 

Si l'on se place dans le premier cas, on peut former tous les mouvements 



36o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

correspondants, en appliquant les résultats de mon Mémoire précédent ('). 
On applique d'abord D sur une couronne d'un plan Z, en appliquant les 
résultats en question, puis on fera une opération analogue concernant le 
domaine du plan /'(= (p + r]/) qui correspond à D. Ce dernier domaine est 

1 • 1 > II •!• loirZ 

un demi-pian perce d une coupure recliligne; en posant / = —^, on aura 

entre Z et /' la relation 

/ = ^'-L, ,'^' '' — ^Ç(2Wi< — '.'.ùiic,) -H /p(2&j,c, + w3) 4-consl. 

(A et l'i étant des constantes); 
avec une condition pour exprimer que le domaine du plan y est fermé : 

(l) J)(2f,),C, -h(,)3)4- -i =0. 

Le problème s'acbève ensuite facilement. On peut démontrer que si le mou- 
vement est cyclique, bien que le problème se pose alors tout autrement, il 
se résout par les mêmes équations, en supprimant simplement la condi- 
tion (i). Ce fait tient à ce que ~ reste analytique dans le plan coupé, et que 

par conséquent une intégrale de certaine fonction F(s)-^ prise le long 
d'un chemin fermé entourant la coupure, est indépendante de ce contour 
fermé. 

Pour indiquer un exemple, si le profil de S est circulaire et le mur H rec- 
tiligne, on utilisera entre c et Z la relation 



ni 



Ze--™"' 



La vitesse à Tinfini du courant sera V = -^ ^,v, ' • 

La pression exercée par le fluide sur S n'aui^a qu'une composante non 
nulle; un calcul, que l'on ne peut reproduire ici, donne pour cette pression 






-2.'.) 



On est ramené à intégrer une fonction clli{)tiquc et deux fonctions pério- 
diques de seconde espèce avec des multiplicateurs spéciaux. L'intégrale 
indéfinie ne peut être obtenue ; mais, dans le cas actuel, diverses transfor- 

(') Annales de r Kcole [\'onnal(\ 1921. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 1921. 36l 

malions, et une [iropriété que je démontre relative à la fonction 

,,.,.-. .., -.(0^.('--'--''.\ 

conduisent à rcxpression sous forme finie 

L 1 2 (.) 1 J 

De là on peut tirer diverses conséquences intéressantes. On constate que le 
théorème de Joukowski, relatif à la circulation du fluide indéfini, ne 
s'applique pas ici, où le fluide n'est pas illimité dans tous les sens. 

Des cas nombreux se traitent d'une façon semblable et permettent d'étu- 
dier diverses particularités de mouvements. Les exemples traités ainsi se 
trouvent être précieux, non seulement en eux-mêmes, mais parce que de 
lels mouvements se présentent comme essentiellement utiles pour la cons- 
truction des mouvements avec sillage dans le régime non permanent, ainsi 
que je l'ai montré dans une Note antérieure ('). 



CINÉMATIQUE. — Méthode graphique pour V élude des trains èpicycloidnux . 
Note de M. Pol Havigneaux, présentée par M. (i. Ivœnigs. 

Lorsqu'on veut étudier les vitesses angulaires simultanées de deux 
membres d'un train épicycloïdal dont le troisième membre se trouve soit 
immobilisé, soit animé d'une vitesse angulaire connue, on n'aperçoit, à 
simple inspection des formules, ni la grandeur, ni le sens relatif de ces 
vitesses. Encore moins, lorsqu'il s'agit de mécanismes complexes pouvant 
comporter plusieurs trains épicycloïdaux ayant un ou deux membres com- 
muns, ainsi qu'il se présente pour de nombreux types de changement de 
vitesses. Cela est gênant dans la pratique. 

La méthode graphique exposée ci-dessous présente l'avantage de mettre 
en évidence, avec une précision fonction seulement de l'échelle adoptée 
pour le dessin, toutes les combinaisons; toutes les possibilités d'un train 
épicycloïdal simple ou complexe. Elle est particulièrement féconde dans 
les recherches d'avant-projet d'un mécanisme. 

Son principe repose sur la propriété suivante : 

(') Comptes rendus, t. 170, iQio, p. 653. 

G. R., 1901, I" Semestre. (T. 172, N" 7.) ^7 



362 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Théorème. — Etant donnés, d'une part, trois membres, P,Q,1\, d'un liain 
é|)icycloïdal, et d'autre part troispoinls, P,Q,ll, figuratifs respectiv<'mentde 
chacun des membres, et répaitls sur une droite horizontale de telle faron que 
l'un d'entre eux, R par exemple, divise le segment P,(^>, joignant les deux 
autres dans un rapport algébrique égal au rapport algébrique des vitesses 
que possèdent respectivement ces deux membres quand K est fixe, chacun 
des points, ou niembi-es F et Q, jouit vis-à-vis des deux autres points, ou 
membres, de la même propriété qui est par conséquent réciproque. 

Coiolldire. — Une droite passant par le point figuratif d'un membre 
supposé immobilisé coupe les verticales élevées aux deux autres points, 
à des hauteurs représentant algébriquement, à une certaine échelle, les 
vitesses conjuguées de ces deux membres. 

Méthode graphique. — Pour éviter les transformations pénibles dans 
l'étude d'un train dont on connaît par exemple la raison géométrique, il 
suffit de i-épartir sur une droite comme indiqué ci-dessus, les points figu- 
ratifs des trois membres pour avoir les autres rapports par simple lecture. 

Généralisation du corollaire. — En l'hypothèse, aucun des trois membres 
n'est fixe, une droite du plan coupe les verticales élevées en P, Q, R, en 
des points a, [3, y tels que les hauteurs Pa, (^[i, Ry, représentent toujours 
en grandeur et sens, à une certaine échelle, des vitesses simultanées des 
trois membres. 

On peut donc compter, sur deux des verticales, des hauteurs égales par 
exemple au nombre de tours par minute des deux membres figurés, et lire 
le nombre de tours correspondant à la rotation du troisième membre. 

Chaque droite du plan est figurative d'un mouvement. 

Vitesse angulaire d' un satellite dans respaveet vitesse d'un satellite sur son 
axe. — On peut placer en plus sur le diagramme le point figuratif d'un 
membre satellitaire (il suffit de considérer sa liaison avec deux membres 
déjà figurés, soit par exemple l'une des roues centrales et le bâti). 

On aura sa vitesse angulaire dans l'espace par le point d'intersection 
avec la droite figurative du mouvement considéré. Il suffira d'ailleurs d'en 
retrancher algébriquement la vitesse du bâti (ou porte-satellite) pour avoir 
en grandeur et sens la vitesse du satellite sur son axe. 

Trains complexes. — Quand plusieurs trains ont des membres communs, 
il suffit de faire le diagramme pour trois membres d'un des trains, et de 
placer sur la droite chacun des autres points figuratifs en supposant le 
membre correspondant accouplé à deux membres du train déjà ligure. Et 
ainsi de suite et de proche en proche, s'il y a plus de (jualre membres. 



SÉANCE DU l4 l'ÉVRIER I921. 363 

Chaque droite issue de l'un des points P, T, O/P fournit, parlcsordonnéi^s 
qu'elle détermine sur les verticales des autres points, les valeurs conjuguées 
dos vitesses angulaires des mennbres mobiles quand on rend successi- 
vement fixe l'un des membres P, T, Q, R, 

On lit sur le même diagramme toutes les combinaisons pouvant résulter 
de l'emploi de trois des quatre membres, c'est-à-dire de l'emploi do quatre 
trains épicycloidaux PQï, PRT, UQT, PQT. 

Toute droite du plan coupe encore les verticales élevées en ces points 
à des hauteurs représentant à une certaine échelle les vitesses conjuguées 
des membres figurés par les points. 

On placerait sur ce diagramme le point figuratif du satellite s'il y avait 
utilité. 



MÉCANIQUE. — Sur les systèmes (irticulés déformahles ou Iransjormablcs. 
Note de M. Bektr^vnd Gambier, présentée par M. G. Kœnigs. 

1. M. Bricard a signalé (^Nouvelles Annales de Malhémadqucs, no- 
vembre 1920) des mécanismes intéressants. 

Dans l'espace (ou dans le plan), m points donnés A, d'une première série 
sont reliés chacun aux/) points By donnés d'une seconde série par un total 
de mp tiges rectilignes rigides; cela constitue un mécanisme à m +/> nœuds 
d'articulation, en génénil strictement l'ndé/'ormable. 

En cffel Ijj étant le nombre qui mesure la distance A,By, l'ensemble des 
équations A,By = /;y, où les coordonnées des points A,- et By sont prises 
comme inconnues, est un système de tnp équations contenant 3(m +p)— 6 
paramètres de forme pour l'espace, ou 2(m + p) — 3 pour le plan. Sim>6, 
/>>-4dans l'espace, ou m^ 3, p'^3 dans le plan, le nombre d'équations 
surpasse le nombre d'inconnues; si les seconds membres /,y sont pris au 
hasard, il y a incompatibilité; mais si les Ijj sont les nombres mesurés sur 
la configuration donnée, le système est compatible et l'on peut avec 
les mp tiges données reconstruire le mécanisme, supposé démonté, soit 
dans sa configuration primitive, soit dans la configuration symétrique de 
celle-là par rapport à un plan ; en général, il n'y aura pas d'autre solution, 
nous avons donc un mécanisme indéformable. 

Mais le système, compatible, peut avoir une ou plusieurs solutions diffé- 
rentes, isolées : le mécanisme est alors transformable ; on passe d'une confi- 
guration à une autre par un démontage suivi d'un remontage. 



364 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Le syslème, compatible, peut admettre une infinité de solutions dépen- 
dant d'un paramètre arbitraire : c'est un système déformahle. 

On [)eut imaginer des combinaisons de ces propriétés : une config^ura- 
tion non susceptible de déformation continue peut, après démontage, être 
remontée dans un nouvel état susceptible cette fois de déformation con- 
tinue. Ou bien deux séries de déformations continues peuvent exister sépa- 
rément, un démontage étant nécessaire pour passer d'un étal de la première 
série à un état de la seconde; on peut au contraire dans ces deux séries 
obtenir un état A' embranchement , c'est-à-dire une configuration commune 
aux deux séries et telle que si cbaque point, au cours de la déformation 
continue de la première série, y arrive avec vitesse nulle, on puisse aban- 
donner cette première série et aiguiller le mécanisme dans la déformation 
de la seconde série. 

2. On peut imaginer que les nombres m et/» grandissent indéfiniment : 
les points A sont répartis sur une courbe (ou surface) (A), les points B sur 
une courbe (ou surface) (B). On suppose qu'à la courbe (A) on associe 
une courbe («) telle qu'il existe une correspondance ponctuelle entre un 
point A et un point a ; de même (B) est associée à une courbe (A) et l'on 
doit avoir AB — ah, quels que soient A sur (A) et B sur (B). Nous négli- 
geons bien entendu un déplacement d'ensemble de (A), (B) ou une 
symétrie cfTecluée sur ce syslème. La détermination des mécanismes de 
courbes (ou surfaces) est plus aisée que celle des mécanismes à nombre 
fini de points. 

Une solution banale est fournie par une courbe (A) réduite à un jioint et 
une courbe (B) arbitraire, dont on déplacerait cliatpie point arbitrairement 
sur une sphère ayant son centre en A. 

// existe dans V espace à trois dimensions un mécanisme transformable, non 
déformable, et un seul : il se compose de deux quadriques liomofocales, dont 
l'une peut être an plan. 

Pour la réalité de la transformation, i) et Q' seront deux (juadriques 
homofocales non sécantes; le fait curieux est que (^ s'écliange avec (V et 
(Y avec (^ ; Q et Q' appartiennent à une même famille de Lamé, dont les 
trajectoires orthogonales sont les intersections des deux familles homofo- 
cales associées : ce sont ces trajectoires qui établissent la correspondance 
ponctuelle entre (^ et Q'. Celte proposition a déjà été signalée par Ivory. 

La condition nécessaire et suffisante pour qu'un mécanisme soit iléfor/nable 
est qu'il comprenne comme première courbe une conique (ou une droite), ou 
hie/i qu'il se conqjose de deux courbes planes dans deux plans rectangulaires. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. 365 

.'5. Je classe d'abord les déformations possibles formant une suite conti- 
nue, sans embrancliement. Il y a alors qualic types seulement. 

Premier type : une surface (te révolution et son axe. — Nous pouvons 
prendre l'axe pour courbe (a ) et réduire la surface à une courbe (^) tracée 
au basard dans l'espace : cbaque point de (a) reste invariant, cbaque 
point de {h) tourne d'un angle arbitraire autour de l'axe («). 

Deuxième type : une droite et une courbe plane arbitraire dans un plan 
perpendiculaire à la' droite, — Soient (o, o, g) et {x^y, o) les points (|ui 
engi'udrent la droite et la courbe. On écrit 

Z- — ;^ + // , \^ + Y-' = ,r-^ -H )-2 — /, , 

OÙ // est un [)aramètre de déformalion arbitraire; il reste une fonction 
arbitraire d'une variable dans la déformalion, X et Y n'étant liées à .r, y 
que par une seule équation. 

Troisième type : une conique et une courbe arbitraires . — La déformation 
comporte un seul paramètre arbitraire : on peut transformer la conique en 
une conique bomofocale, non sécante si l'on se borne à la déformation réelle. 
Soient (rt|, a.,, o) le point qui engendre la conique, (6,, b^, b.^) le point qui 
décrit la courbe. Supposons pour fixer les idées la conique à centre et 
rapportée à ses axes 



On éi 



\/a-' 






\ 


_.v/p-^- 


G 


B 










T: 



A, = o, 



,2_G (3= -G' 



pour déterminer la contlguration dépendant du paramètre arbitraire C, qui 
pour C = o se réduit à (a), (b). 

Quatrième type : deux courbes planes arbitraires dans deux plans rectangu- 
laires. — La déformation dépend de trois paramètres arbitraires. Prenons 
pour plan {x(.)y) celui de {a), pour plan {xOz) celui de (b) : là-position 
de l'origine sur la droite Ox sera le premier paramètre arbitraire; le choix 
fait, (a) sera lieu du point (a,, «o, o) et {b) celui du point (/>,, 0,^3). 



366 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Nous écrirons avec deux nouveaux paramètres ai'bilraires / et C : 

B,= ^, B\-i-hl = b\ + bl-hC, B., = o; 

pour / = I , C = G, on a simplement («), (h). 

Une seconde solution de la déformation s'obtient dans ce cas en écrivant 
avec deux paramètres 7u et C : 

Ai = ai — m, A] + Al = (oi + m)^+ al —C, A3=o, 

Ces deux solutions peuvent être condensées dans Tunique système où 
figurent les trois paramètres l, m, C : 

A,= lîti — m, AJ + A5 = («, -h niy-h a\ — C, 
bi =/B,- w, b\ 4- 6^ = (B, + /«)'-+ B| — C. 



A-ÉROXAUTIQUE. — Une série de t^ols en liélicoptère libre monté effectués les i5, 
28 et 2.Ç) janner 1921. Note de M. Etienne OEhmichen, présentée par 
M. J.-L. Breton. 

L'appareil dont il s'agit est destiné à des recherches méthodiques sur 
l'utilisation par l'aviation des hélices sustentatrices. 

Il comporte deux hélices à deux branches, d'un profil spécial, et d'un 
diamètre de 6™,4o. Les hélices, tournant en sens inverse l'une de l'autre, 
sont placées aux extrémités d'un châssis en bois armé portant un moteur 
de 25 chevaux à deux cylindres, de modèle ancien (type Dutheil-Chalmers 
1910). 

Le profil des hélices, ou plutôt des sustentateurs, dont les |)ales sont 
constituées par des surfaces sensiblement cylindriques, avec une certaine 
inclinaison de leurs génératrices en dessous de l'horizontale, a élé Iracé de 
telle sorte que lesdites pales soient très larges au voisinage du moyeu et 
amincies vers leurs pointes. Elles rappellent l'aspect des ailes de certains 
sphinx crépusculaires à l'instant du changement de plan en fin d'abaisse- 
ment, tel que j'ai pu l'observer au slrobographe électrique. D'après mes 
théories, cette phase du battement correspond au moment de la récupéra- 
tion de l'énergie cinétique contenue dans les courants de remous (Comptes 



SÉANCE DU l4 FKVRIER 1921. 367 

rendus-, mars 1920; liiiUctin de In Dirrclion des Reclierrhes et des Inventions, 
avril-mai 1920). 

Cette forme dérive directement des théories susdites et m'a conduit à la 
qualité sustontatrico maximum, soit : o,32 à la balance sur modèle réduit, 
en atmosphère indéfinie, et o,36 à 0,37 sur l'appareil en grandeur, la 
chasse étant perpendiculaire au sol. 

La commande des sustentateurs a lieu par courroies. Un ballonnet stabi- 
lisateur cubant 144"" et gonflé à l'hydrogène surmonte l'appareil auquel 
il est l'igidement fixé par sa poutre armée. Le poids de l'appareil complet 
(en y comprenant mon poids propre qui est de 75"'^) est de SSG''*''. La force 
ascensionnelle utile du ballonnet, à déduire, est de 71''». L'effort demandé 
aux hélices est donc de aSS'''^, soit à peu près les \ du poids total. 

A bord de cet hélicoptère, j'ai effectué, les i5, 28 et 29 janvier, une série 
de vols soutenus, en complète liberté, ce qui, à ma connaissance, n'a pas 
encore été accompli jusqu'à ce jour. Ces vols ont eu lieu dans les circons- 
tances suivantes : 

Le i5 janvier, l'appareil s'enleva à six reprises, à des hauteurs variant 
entre o"\5o et i'°,70 et se maintint chaque fois à hauteur à peu près con- 
stante, en complète liberté, pendant i minute en moyenne, éprouvant un 
fort roulis et un tangage à peine sensible. Les vols ne purent être prolongés 
longtemps, car le vent, dont la vitesse atteignit par instants 2™, transportait 
rapidement l'appareil jusqu'aux limites du terrain marquées par des bar- 
rières. Les atterrissages furent tous très faciles, .sauf un seul où, par erreur, 
un peu avant de toucher terre, je fermai les gaz alors que je croyais les 
ouvrir, pour freiner la descente. 

L'appareil ne possède aucun dispositif amortisseur et porte, à sa partie 
inférieure, un simple plateau de bois de i'"' dont les bords sont relevés. 

Le 28 janvier, l'expérience fut reprise en présence de l'officier délégué 
par la Section technique de l'Aéronautique. Quelques incidents survinrent, 
dont le plus grave, éprouvé déjà dans des essais préliminaires, fut la rup- 
ture d'un axe de galet de transmission qui entraîna le déraillement de la 
courroie, l'appareil étant encore à terre. A 18'', à la lumière d'un projec- 
teur, eurent lieu quatre courts vols dont le dernier dura [\o secondes. Le 
vent déporta l'appareil de près de 4o™ avec un mouvement de roulis sen- 
sible que je parvins à atténuer notablement par des mouvements de corps. 
Les atterrissages furent bons et doux, mais je ne parvins pas à éviter les 
rebondissements. La hauteur maximum du vol ne dépassa pas i"", 5o. 

Le 29 janvier, par un temps complètement calme, j'exécutai cinq vols au 



368 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cours desquels je montai à une hauteur de 3"' dans un équilibre parfait. 
L'insécurité de la commande par courroies, sujette à de fréquents acci- 
dents et à des glissements, ainsi que l'absence de tout dispositif parachute, 
m'empêchèrent seules de m'élever plus haut. L'appareil atterrit normale- 
ment avec la plus grande douceur trois fois sur cinq. A la cinquième, le 
vent s'élant levé, il y eut rebondissement avec inclinaison et saut de coté. 

L'appareil a montré une remarquable stabilité en altitude, que j'attribue 
à l'iniluence du sol. L'interception normale de la chasse d'air par une sur- 
face plane de grande étendue et impénétrable au fluide gêne en effet l'éva- 
cuation de celui-ci en l'obligeant à changer de direction. Il en résulte une 
surpression qui équivaut à un accroissement de la densité du milieu. L'efl'et 
augmente naturellement d'intensité lorsque la surface interceptante se rap- 
proche de l'hélice. En dessous d'une certaine limite d'altitude, l'appareil 
est donc d'autant plus facilement soutenu en l'air qu'il est plus voisin du 
sol; de là résulte la stabilité en hauteur observée et que des expériences à 
la balance concernant la qualité sustentatrice m'avaient permis de prévoir. 

J'attribue à la même cause l'absence de tangage (ou oscillations dans le 
plan vertical contenant les axes des hélices), alors que le roulis se fait 
fortement sentir; le premier mouvement ne peut en effet se produire que si 
les distances des deux hélices au sol subissent des variations inverses l'une 
de l'autre, tandis que le roulis suppose simplement des inclinaisons simul- 
tanées des hélices de part et d'autre de la verticale, sans qu'il y ait varia- 
tion sensible de leurs distances au sol. 

MÉïAI.LURGlli;. — Bc la fragilité an bleu dans certaines .soudures d acier. 
Note de M. Charles Frémont, présentée par M. L. Lecornu. 

La soudure de deux pièces d'acier doux peut, en pratique, être plus ou 
moins bien réussie, mais rien ne l'indique. 

Le seul essai qui permette d'évaluer la qualité de cette soudure exige le 
sacrifice de la pièce soudée, aussi est-il réservé pour l'étude de la valeur rela- 
tive d'échantillons ou de spécimens de soudures, mais ne peut être employé 
pour la réception des pièces finies. 

En principe, pour une bonne soudure, la résistance vive, suivant le plan 
de la soudure, devrait être égale à celle du métal même, la mesure de cette 
résistance vive étant obtenue par un essai de choc sur éprouvette entaillée. 

.l'ai montré ailleurs (') que, même [)our des soudures bien exécutées, la 

(') Le Génie civi/, 26 février 1910. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. 369 

résistance vive est toujours très inférieure à celle du métal soudé, par suite 
d'oxytlation [tendant la température élevée. Aussi ai-je conclu de ces expé- 
riences que les soudures ne doivent être considérées que comme un collage 
avec plus ou moins d'adhérence. 

Cependant, parmi les divers procédés de soudure d'acier, il y en a un qui 
permet d'obtenir du métal non oxydé, c'est celui qui consiste à souder élec- 
triquement et en bout, sous une pression suffisante pour refouler le métal 
et faire écouler latéralement, par une forte bavure, lout le métal qui s'est 
oxydé au début de l'opération {Jlg. \). 

J'ai parfois constaté un résultat satisfaisant dans ces soudures. Mais à 




Fig. I. Fig. 1. Fig. 3. 

Fig..i. — Soudure électrique de deux morceaux d'acier, sous pression longitudinale suffisante pour faire 

écouler une forte bavure. 
Fig. î. — Tuyau en acier soudé électriquement par rapprochement sous pression. 
Fig. 3. — Fragment de ce tuyau rompu au choc dans la zone fragile au bleu (Echelle double). 



l'occasion des expériences que j'ai effectuées sur ce procédé de soudure, 
j'ai pu constater un autre cas de fragilité du métal que celui par oxyda- 
tion dans la soudure, c'est celui de fragilité par suite de déformation au 
bleu. 

Ainsi, dans un tube en acier doux, soudé électriquement par rapproche- 
ment sous pression (^fig- 2), j'ai constaté, en effectuant sur ce tube des 
essais de frao^ilité suivant la méthode décrite dans ma Note du 3 no- 



370 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

vemhre 191 9, que la rupture se produisait toujours à la même distance de 
la soudure, dans la zone déformée au bleu, celte zone étant fragile [fig. 3). 

En effet, à une petite distance de la soudure, une région, pour laquelle la 
température est comprise entre 200° et 450" environ, subit la pression éner- 
gique destinée à souder le métal, et, sous cette pression, se déforme an 
bleu. 

On sait que des aciers, non fragiles, deviennent généralement fragiles à 
froid après une déformation' permanente produite, statiquement ou par 
choc, pendant que le métal est à une température critique comprise entre 
200° et 45o° environ. 

Mais, ainsi que je Tai dit dans ma Note du 12 décembre 1901, j'ai pu 
constater expérimentalement que cette fragilité au bleu n'est pas une pro- 
priété absolue du métal, mais un défaut qui peut être évité, au moins dans 
certains cas et dans certaines conditions de fabrication du métal. 

Il doit donc être possible de réaliser des soudures non fragiles en choisis- 
sant des aciers non fragiles au bleu et en les soudant électriquement, par 
rapprochement sous pression, mais avec un écoulement de la bavure suffi- 
sant pour éliminer, du plan de soudure, tout métal oxydé. 

ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observations du Soleil, faites à l'Obser- 
vatoire de Lyon, pendant le quatrième trimestre de 1920. Note de 
M. J. Guillaume, présentée par M. B. Baillaud. 

Il y a eu 65 jours d'observation dans ce trimestre ('), et les principaux faits 
qu'on en déduit se résument ainsi : 

Taches. — Le nombre des groupes de taclies enregistré est le même que précédem- 
ment ('^), soit 34, mais l'aire totale est un peu moindre, avec 3'?.'j6 millionièmes au 
lieu de 3468. 

Leur répartition entre chaque hémisphère est resiée la même de part et d'autre, 
avec 18 groupes au Sud et 16 au Nord; mais dans l'ensemble la latitude moyenne est 
moindre : on a, en effet, — 1 1°,4 »" l'eu de — 12°, 5 d'une part, et -1- i l'jG au lieu 
de H- 12°, 5 d'autre part. 

Un groupe à — 11° de latitude, qui a passé au méridien central le 5,8 novembre, a 
été visible à l'œil nu ('). Kn outre, le disque solaire ne s'est montré dépourvu de 
taches en aucun des jours d'observation. 

(') Avec l'aide de M"' Gauthier. 

(') Voir Comptes rendus, t. 172, igai, p. 48. 

(') Le passage suivant de ce groupe s'est effectué le 2,4 décembre. Aux passages 
précédents, les 10, 4. octobre, 18,7 septembre, 18,'} août, 28,1 juillet, cette région, 
resiée en activité durant six rotations solaires, ne présentait que des facules. J. G. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 192I. 37 1 

Régions d'activité. ^— Les groupes de facules onl (liminiié d'environ un lieis, tant 
en nombre qu'en étendue : on a, au total, 86 groupes ot 97 , ( millièmes au lieu de 
i3o groupes et 11^,7 millièmes. 

Dans leur réjiartition, on note i8 groupes en moins au sud do l'équateur (42 au lieu 
de 60) et îS groupes, en moins également, au nord (42 au lieu de 70). 



Dates Nombre 
axlrémes d'obser- 
d'obscrv. vaUoDS. conlra). 



Taiîi.kau I. — Taches. 

nés Surfaces 





Octobre 1 


)ii). — 


n,00. 




2- j 


4 3,5 


— 5 




II 


2-10 


H 7,0 




-+- 7 


46 


4-1 j 


11 ll),0 




-H 8 


209 


10-17 


8 12,3 




-+- 9 


118 


7-17 


10 i3,(> 


— 17 




232 


l4-2'2 


7 '(i,7 


— 9 




116 


ï5-22 


5 21,5 




+ 12 


38 


ai-3o 


9 ■•'-4,5 




-f-i8 


102 


22-28 


(i 25,2 


-14 




a ( 


23-31 


8 26,2 


— 15 




7; 


26-29 


3 26 , 9 




+ 16 


6 


22-29 


7 27,3 
26 j. 


— 14 




5i 




— 12° 


3 -l-ii°7, 






NovomI) 


■c. — 


00. 




3 


1 2,6 




-•- 9 


2 


3o 


I 4,1 




+ 7 


5 


3o- 6 


7 4,0 




•+•10 


4" 


il- 6 


G 5,8 


— 1 1 




7",(> 


6 


I 6,2 




-+-i3 


5 


rj-i5 


3 9,5 




-+- I 


108 



, Surfaces 
moyennes 
réduiies. 



Novembre (suite). 



16 


1 


l3,2 


— 1 1 




18 


24-26 


,3 


20,7 


— 15 




35 


14-26 


9 


20,8 




-+-'9 


109 


22- I 


9 


28,2 


— 10 




88 


23- 5 


1 1 
.8j. 


29,5 


— 12 




33 




— 12° 


2 -t- 9°,8 








Décembre 


. — 


00. 




26- 5 


9 


2,4 


— 9 




281 


10-18 


5 


i3,8 


— 1 1 




38 


18 


1 


18,0 


— 13 




7 


18-23 


4 


18,4 




-hi5 


159 


13-16 


3 


18,8 


— 9 




36 


.7-26 


8 


22,4 




+ 14 


5o 


18-27 


7 


23,5 


- 8 




ai 


21 


I 


25,8 


— 8 




9 


21- I 


II 


26,6 




+ 9 


220 


2,4- 5 


12 


3o,i 


— 13 




147 


■',5- I 


7 


3i,4 




-1-18 


75 




21 j 




— 10° 


I -i-i4°,o 





19^20 . 

Octobre. 



Décembre. 
Totaux.. 



Tableau II. — Distribution des taches en latitude. 

Sud. Nord. 

10°. 0°. Somme. Soma 



6 



Tolaux 


totales 


meosueli. 


f réduites 


12 


io3i 


l l 


1 193 


1 I 


1052 



3276 



Octobre 

Novembre. . , 
Décembre. . 

Totaux.. , 



Tableau III. 

Sad. 

90*. 40". 30°. 50". 10' 
» I I 6 



4 

274 
211 4 

5 24 12 



Distribution des facules en latitude. 

Nord. 
Somme. Somme. 0*. 10°. !0". 30". W. 90*. 

12 l4 4 8 2 » » 



21 



3 6 

l3 22 



6 



utaui 


Surface 
totales 


nsuels. 


réduites 


26 


32,5 


34 


33,7 


26 


3l,2 



97,4 



'i-j-i. ACADÉMIE DES SCIENCES. 

PHYSIQUE APPLIQUÉE. — Allumeur ct extincteur dc becs de gaz des Inntcnirs 
publiques, >ote de MM. Paul Ber\ard et Barbe, présentée par 
M. d'Arsonval. 

Cet appareil, robuste et simple, fonctionne de rnsine à yaz elle-même, à 
riienre que Ton veut, par toutes les températures, ne demande pratique- 
ment aucun entrelien. 

La partie essentielle de cet appareil consiste en une cloche plongeant dans la glycé- 
rine et en communication avec la conduite du gaz. Une surpression progressive dans 
la conduite finit par soulever la cloche, dont le poids el la section ont été calculés de 
telle manière que le phénomène se produise pour une surpression de 75™"" à So""" 
d'eau. On peut d'ailleurs modifier d'une façon simple cette surpression, si besoin est, 
en lestant convenablement la cloche. Celte cloche entraîne dans son mouvement un 
tube obturateur plongeant dans un godet de mercure et commandant l'arrivée du gaz 
dans la lanterne. Quand la cloche est en haut de sa course, le tube émerge du mer- 
cure et livre le passage au gaz. Une veilleuse allume le bec. Quand la pression revient 
à sa valeur primitive, il faut que l'appareil reste allumé. On y arrive par un dispositif 
ingénieux d'acciochage de la cloche : un crochet solidaire d'un lléau muni de poids 
inégaux, dont l'un se trouve décroché du fiéau lorsque la cloche s'élève, se meut par 
le simple jeu de la pesanteur, le long d'un guide de laiton découpé solidaire de la 
clociie. C'est ce crochet qui maintient la cloche en place rpiand on diminue la pres- 
sion. 

Pour éteindre le bec, on doune^iine nouvelle surpression; le crochet abandonne la 
cloche dont le tube obturateur ferme l'arrivée du gaz dès que la pression redevient 
normale. 

lMifin,'par une^ troisième surpression, le crochet est ramené à sa position primi- 
tive, en empêchant le tube obturateur d'émerger du mercure. Le bec reste éteint et se 
trouve prêt à décrire un nouveau cycle d'opérations. 

Deux systèmes d'accrochage ont été réalisés, l'un d'eux pouvant être 
employé de deux façons ditîérenles, en décalant les temps, de sorte qu'on 
peut, en ^définitive, réaliser les trois marches suivantes de l'appareil, répon-* 
dant à tous les besoins de la pratique : 

1° Allumage le soir, extinction à minuit, pas d'elTet au jour; 

2° Allumage le soir, pas d'ell'et à minuit, extinction au jour; 

3" Pas d'elfet le soir, allumage à minuit, extinction au jour. 

L'appareil ne comporte doive aucun ressort, aucun clapet, aucun méca- 
nisme susceptible de se dérégler ou de se briser. Il ne donne lieu à aucun 
raté. Le fonctionnement en est assuré non par un coup de bélier, qui doit 
être absolument proscrit, mais par une surpression lente <pn ne risque pas 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 192I. 3']3 

de soufllcr les veilleuses. L'étanchéité des joints est assurée; les licjuidcs 
employés ne peuvent se congeler, même en plein hiver; le laiton oxydé 
dont est fait l'appareil ne peut être attaqué par lés agents chimiques 
contenus dans le gaz. L'effet des vibrations ne peut dérégler l'appareil. 
La verticalité, théoriquement nécessaire puisqu'on fait appel à la pesan- 
teur, n'a pas besoin d'être assurée à plus de 20" près. Enlin, le montage et 
le démontaere sont faciles et l'entretien est nul. 



CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la précipitation Jrrictioiinèe. Note de MM. Pieuriï 
JoLiBois, Robert Bossuet et Chevry, présentée par M. Le Chalelicr. 

Dans des Notes précédentes ('), l'un de nous a décrit un appareil qui 
permet d'étudier systématiquement la précipitation consécutive à une 
réaction chimique. Nous avons essayé d'appliquer la technique précé- 
demment décrite à l'étude de la précipitation fractionnée. 

Le principe de la méthode employée est le suivant. Nous faisons réagir 
deux solutions étendues A et B dont le mélange donne lieu à une précipita- 
lion d'un solide. Le titre de A est fixe dans toute la série d'expériences. 
Le litre de B est variable d'une expérience à la suivante et calculé de telle 
manière que dans chaque expérience une fraction connue de la substance 
cherchée se précipite. Après la précipitation on analyse le liquide et le pré- 
cipité. Le résultat de ces analyses en fonction de la concentration de la 
liqueur B nous donne l'image du fractionnement. 

Nous avons appliqué cette méthode à deux cas particuliers. Dans une 
première série d'expériences nous avons cherché à fractionner une liqueur 
contenant de l'azotate de cuivre et de l'azotate d'argent en la précipitant 
par la soude. Ces métaux, quoique voisins dans leurs propriétés, ont des 
oxydes d'une basicité différente. Ainsi l'oxyde d'argent déplace l'oxyde de 
cuivre d'un sel de cuivre (■). 

En introduisant au moyen de notre appareil une solution de soude dans 

un mélange de deux solutions — d'azotate de cuivre et d'azotate d argent, 

on obtient un précipité qui passe du vert au noir lorsque l'on augmente la 
proportion de soude. Tant que l'on n'a pas ajouté la" moitié de la soude 
nécessaire à une précipitation totale, il n'y a pas d'argent dans l'oxyde de 

(') Comptes rendus, t. 169, 1919, p. logj et 1161. 
(-) Sabatier, Comptes rendus, U 123, 1897, P- '7^' 



374 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

cuivre précipité. Dès que Ton dépasse cette quantité de soude, l'oxyde 
d'argent apparaît dans le précipité de cuivre et la liqueur snrnageant ne 
contient plus de sel de cuivre. 

Nous avons vérifié qualitativement et quantitalivement ces résultais qui 
nous permettent de conclure que la précipitation par la soude d'un mélange 
d'azotate de cuivre et d'azotale d'argent donne lieu à un fractionnement 
quantitatif, le cuivre précipitant alors que l'argent reste en solution. 

Dans une seconde série d'expériences nous avons abordé l'étude du frac- 
tionnement de deux métaux très voisins : le nickel et le cobalt. Nous avons 
adopté pour cette étude une technique analogue. La liqueur de laquelle 
nous sommes partis contenait par litre ^NiCP, ^COCP mélangés. Nous 
avons formé des précipités en introduisant des quantités de soude crois- 
santes depuis -pj de la quantité nécessaire à une précipitation totale juscju'à 
plus de 1^". 

L'analyse quantitative des précipités et des liquides surnageants a été 
faite par électrolyse pour avoir Ni + Co et en précipitant par la diméthyl- 
glyoxime pour avoir Ni. 

Le Tableau suivant rend compte de nos expériences. 

Mélange à volume égal (Vune liqueur de soude A et d^iiiic liqueur B 
contenant -^ Nitll-, ,'„ Colll- par litre. 
Liqueur A. 

is Liquide surnageant. 

Précipilé. 





En conliinètii 

cub.-s 

tleiNaOn 


■s 

l' Faction 
de la 






Li 


iqui 


de sur 




En millig 


rammt 


■spj 


ir 100" 




normale 


précipitation 




. — 


— 


._ 


_- 


N«. 


par litre. 


totale. 


C0 + 


Ni. 






Ni. 


!.. 


5 


0, I 


66 








33 


2. 


.. 6,9 


0, i4 


63 








3o 


3. 


11,1 


0,22 


■>9 








28 


.'i.. 


25 


o,5o 


35 








1 4 


.T. 


.. 28,6 


0,57 


28 








1 1 


6. 


. . 32 ■ 


o,64 


23 








8 


7. 


.. 40 


0,80 


8, 


5 






2,'l 


8. 


.. 45 


0,9 


5, 


2 






1,8 


9. 


. . 06 , 5 


I 















pporl-^. 


Rapport^ 


I 


1,43 


o,yi 


1 ,4i 


0,90 


I ,52 


0,67 


',49 


0,05 


1,36 


i),53 


1,33 


o,4o 


1,34 


, 53 


' > "-O 



La précipitation se produit, quelle que soit la proportion de soude, d'une 
manière caraclérislique. 

Le liquide, une fois le mélange terminé, prend une teinte vert émeraude 
en restant limpide. Il se troublt^ peu à peu, et en agitant le liquide au bout 
de quebjues heures on obtient le dépôt du précipilé. Lorsque l'on cherche 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I92I. 375 

à laver ce dernier il se met facilemenlen suspension colloïdale et il convient 
d'ajouter à Toau de lavage environ 5''' par litre d'azotate d'aninionium pour 
éviter cet inconvénient. 

Les nombre inscrits dans le Tableau précédent nous pcnnellentde porter 
les conclusions suivantes : 

I" Le fractionnement du nickel et du cobalt par précipitation au moyen 
de la soude est imparfait; 

2" Le précipité est toujours plus riche en nickel que ne le comporterait 
une précipitation à partage égal; 

3" Le liquide surnageant est d'autant plus riche en cobalt que la teneur 
en soude du liquide précipitant est plus grande; 

4° Il est probable qu'il ne se forme pas de sels basiques dans cette pi-éei- 
pitalion puisque les quantités de métal restant dans le liquide décroissent 
à peu près proportionnellement à la quantité de soude introduite. 

En résumé, la méthode d'analyse des précipités précédemment décrite 
(loc. Ci/.). permet de suivre avec précision les différentes phases d'une 
précipitation fractionnée ainsi que nous l'avons montré par ces deux 
exemples dont l'un représente un fractionnement total (cuivre, argent) et 
l'autre une séparation imparfaite (nickel, cobalt). 



CHIMIE PHYSIQUE. — Su7- le mécanisme des échanges (rénergie dans la vapo- 
risation. Note de M. Re\é Audubekt, présentée par M. P. Janet. 

La vaporisation d'un liquide met enjeu une certaine quantité d'énergie 
qui est représentée par la chaleur latente de vaporisation interne; on peut 
donner à cette dernière une signification particulièie en considérant la 
vaporisation comme un phénomène énergétiquement analogue à la disgré- 
gation d'un solide ou d'un liquide à l'état de phase dispersée (suspension, 
émulsion, solution colloïdale). Cette assimilation permet de considérer la 
chaleur latente de vaporisation interne comme un travail effectué contre 
les forces de cohésion, ce qui permet de la représenter par une variation 
d'énergie superficielle. On peut arriver à une même conclusion sans faire 
appel à une analogie semblable. Considérons, en effet ('), une molécule qui 
passe de la zone interne du liquide à sa surface libre en franchissant la zone 
superficielle; ce déplacement exige un travail W et ce travail est égal au 

(') Stefan, Wied. A/m., t. :>9, r886, p. 555. 



376 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

travail W qu'il faut dépenser pour que la molécule abandonne la surface 
libre pour pénétrer dans l'atmosphère extérieure, puisque dans le premier 
cas comme dans le second, au sens près, la molécule passe d'une région où 
les forces de cohésion sont nulles dans une région où elles ont une valeur 
bien déterminée. La quantité W représente le travail nécessaire pour arra- 
cher une molécule à la surface libre, c'est-à-dire pour la vaporiser; or W 
représente la variation d'énergie superficielle quand une molécule pénètre 
dans la zone superficielle, W = y. 6?S, a étant la tension superficielle du 
liquide et r/S la variation de surface de la zone superficielle ; mais, en pre- 
mière approximation, on peut admettre que dS est sensiblement égal à la 
surface de la molécule, ce qui permet d'écrire, si d représente le diamètre 
de la molécule : W = W = ar/S = a-nrf''. 

En considérant la vaporisation d'une molécule-gramme, L représentant la 
chaleur latente de vaporisation totale pour i'', N le nombre d'Avogadro, 
J l'équivalent mécanique de la calorie, M la masse moléculaire, on a 

MJL — «Trrf-N + RT. 

Cette équation permet de calculer d. Le calcul a été fait pour un certain 
nombre de corps et pour deux températures; les résullats contenus dans le 
Tableau suivant comparés soit à ceux que fournit la théorie cinétique, soit 
à ceux que fournissent les travaux de Bragg, indiquent une concordance 
satisfaisante. 

{1=0" d=:> . 

\tau i , , 

( l = 100 a = ■) 

Sulfure de ( / = o d=^6,i 

carbone. (/= 46 f/r=6,i 

< := o d^zô,"" 

tz= So d = 6,S 

Clilo- U= o rf = 6,8 

roformo. 1 i = 80 d^6,S 

Clilorure de U= o d = 6,'t 
inéthyle. ( i =; 5o d=z6,5 

t = 30 of = 2, '|G 

<= 100 (5?=2,5o 



IJenzène . . . 



Mercure , 



» 


cm 


[ Par 

1 


la théorie 
nélique. 


ci-j 


' rf = 4 




)) 




! 


» 




d = 6., 


|0 


» 




1 


» 




r/ = 6 
d = 6, 


.6 

3 


» 






» 




d:z^Ç>, 


,3 


1 » 
1 » 




) Par 


les expériences 
de Bragg. ' 


d—1. 


.5( 






/ Par 


! les résu! 


liais ' 






1 Tl 




\ de Robinson 
) l'absorption 


sur 1 
des 1 




,2. 






[ ra 


yons X. 




1 





Brome /— 58 rf=r3.5o 

Chlore.. .. < -^ —35,8 (/= 3,60 » » ^=3,76 



SÉANCE DU r/| FKVRIER 1921. 877 

Les considérations précédentes permettent d'oljtenir quelques consé- 
quences intéressantes. 

Par exemple, en transportant I^ tiré de l'équation de Clapeyron dans 
l'équation précédente, et en supposant pour a une vaiiation linéaire avec 
la température, on trouve, en intégrant. la relation suivante qui exprime la 
variation de la tension de vapeur avec la température, 

Elle est de même forme (jue celle obtenue par Dupré, Hertz et Nernst. 
En outre, on peut retrouver la loi de Pietet Trouton, qui prend alors une 
signification nouvelle; on vérifie en effet facilement que pour plusieurs 

liquides le quotient —^Tp — (T„ étant la température normale d'ébullition) 

est constanl. Pour la vaporisation d'une molécule, on trouve 

-7= — = 10 X io~'° environ. 
' 

Ce résultat montre que la vaporisation est un phénomène discontinu dans 
lequel la quantité élémentaire d'énergie mise en jeu est égale à 

10 X lo-'Toergs, 

M. J. Duclaux, en partant de l'expression normale de la loi de Pietet 
Trouton, de la règle de Matignon ou de la cbaleurde dépolymérisalion des 
vapeurs, a trouvé ii à 12 x 10-'" T„ ergs. 

Enfin il était a priori possible de penser que la même interprétation était 
applicable à la loi d'Eotvos; on vérifie en effet facilement pour un assez 
grand nombre de liquides l'existence d'une relation «->i"rf-= K(Tc— T), 
on trouve ainsi pour K en partant des données expérimentales et des 
valeurs de f/, calculées plus haut, les résultats suivants : 

K. 

Sulfure de carbone 880 X 10' 

Benzine 888 x lo''' 

Chloroforme 890 x 10^ 

Chlorure de méthj'le 85o x 10" 

Alcool 900 X 10'^ 

A l'avance, la valeur de K aurait pu être calculée en admettant que 



C. p., igai, i" Semesfre. (T. \n, N» 7.) 



28 



378 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

— - — = -(Mu) (') cl en calculant (Mu) parla relation d'Eutvôs apprujuéc 

aux li({uides a(VIu)' = X(T, — T), on trouve en effet 
s'.r.'Sd'-= jDo X io*(T, — T). 

La valeur de la constante ainsi calculée concorde donc d'une manière satis- 
faisante avec celles qu'on obtient à partir des données expérimentales, lin 
égalant cette valeur de a-Nrf- à celle déjà obtenue par l'évaluation du 
quantum élémentaire d'énergie intervenant dans la vaporisation, on trouve 

. T 2 
entre la température d'ébuUition et la température critique la relation;j^ = 

(environ), qui a été vérifiée par Guldborg (^) pour un certain nombre de 
corps. 

En résumé, on peutdire que la vaporisation est un phénomène discontinu, 
le quantum élémentaire a une valeur voisine de 10 x 10-""' T„ ergs, il repré- 
sente le travail nécessaire pour vaporiser une molécule et peut être exprimé 
par une variation d'énergie superficielle. 



CHIMIE MINÉRALE. — Sur le déplacement des métaux dans les .solutions .salines. 
Note de M. Bari.ot, présentée par M. A. Haller. 

On sait qu'un métal existant à l'état d'ions dans une solution aqueuse 
d'un de ses sels peut être déplacé par un autre métal lorsque ce dernier est 
plus électronégatif que lui; ou encore, si l'on adopte la théorie de Nernst 
sur la dissolution des métaux, lorsque la tension de dissolution du second 
métal est suffisamment grande par rapport à celle du premier. C'est ainsi 
qu'un fragment de zinc ne tarde pas à se recouvrir d'utie masse spongieuse 
de cuivre cristallisé, lorsqu'il est immergé dans une solution aqueuse d'un 
sel cuivrique; on explique ce déplacement par une atli'action électrosta- 
tique des ions cuivre par le zinc. 

L'expérience faite sans précautions spéciales ne permet pas de se rendre 
compte des particularités de la précipitation du cuivre. Il n'en est plus de 
même si l'on étudie le phénomène dans un plan horizontal, c'est-à-dire si. 

(') lîn suppusant les molécules collées au zéio absolu les unes conire les autres el 
disposées comme une pile de boulels, el en négligeant, ce qui n'inlroduil pas une très 
grosse difTérence, les termes dus à la dilatation. 

(') GuLDBKRi;, Zeii. ph. Cli., l. 5, 1S80. p. 'i-j!\. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 1921. 'i'][) 

au lieu d'opérer avec une masse considérable de solulion, on se sert d'une 
mince couche liquide homogène, étalée sur une surface plane, ou, plus 
commodément, d'une feuille de papier non collé inibil-éo de la solulion à 
étudier. 

Nous utilisons le dispositif suivant : sur une lame de verre plane et 







l^. 



horizontale est étendue une feuille de papierà tiltrer imprégnée d'une solu- 
tion de chlorure cuivriquc, par exemple; un fragment de zinc est placé sur 
la feuille, et le tout est abandonné dans une enceinle fermée de façon à 
réduire l'évaporation au minimum. Le cuivre est déplacé par le zinc et se 
dépose peu à peu entre le verre et la feuille de papier; il ne forme pas une 
couche continue, mais dessine des arborisations en éventail partant du zinc. 



38o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les ligaes de cristaux ainsi formées s'accroissent par leur extrémité, ne se 
coupent pas et sont disposées régulièrement à partir du centre. L'accroisse- 
ment centrifuge peut s'expliquer en admettant que la décomposition de la 
solution est faite par le couple Zu-Cu. 

La figure 2 représente une photographie grandeur naturelle d'un 
« spectre » ainsi obtenu, avec le système Zn-CuCI-; le dessin de la figure i 
a été obtenu avec le système Sn-CuCl". On peut d'ailleurs, après un lavage 
parfait, conserver les préparations elles-mêmes en les recou\ rant avec pré- 
caution d'une couche de gomme ou de vernis. 

En employant deux fragments de zinc au lieu d'un, on obtient de curieuses 
figures, telles que celle représentée en 4; le dépôt de cuivre est formé de 
lignes de cristaux partant de chaque zinc, comme dans le cas précédent, 
mais les lignes issues d'un zinc ne touchent en aucun point celles provenant 
de l'autre fragment; il semble qu'il existe une répulsion entre elles, et l'on 
observe nettement un espace blanc, que nous appellerons ligne neutre et qui 
est perpendiculaire à l'axe joignant les deux zincs, espace dans lequel aucun 
cristal de cuivre n'a pris naissance. 

La figure 3 a été obtenue en utilisant trois fragments de zinc: la ligne 
neutre est alors formée de trois droites disposées régulièrement à 120° les 
unes des autres. On peut obtenir des figures plus compliquées en employant 
un plus grand nombre de fragmeiits de zinc et en les disposant de toutes les 
manières possibles. 

Ces expériences ont été répétées avec un grand nombre de solutions mé- 
talliques. Dans l'ensemble, les résultats sont identiques à ceux décrits ci- 
dessus; on observe toujours des lignes neutres, mais la forme des lignes de 
cristaux varie. La formation du dépôt métallique peut être plus ou moins 
rapide; avec une solution de nitrate d'argent décinorniale et un fragment 
de Cu on obtient en quelques minutes des dendrites de plus de i'"', 
alors qu'avec le système nitrate de plomb-zinc il faut 12 à i5 heures pour 
arriver à un résultat comparable. 

Jusqu'à présent les composés suivants oui été étudiés : 

Mi'lal. Sels. 

Zii CiiCl-, (NO^)-Cu, SO'Cu, (N0=)2Pb, CH^COni, 

SnClS SnCI-, CdCl"', (NO-^)'Bi, N0^\!; 

Al CuClS NO^\g, SnCP, SnCl' 

Mg CuCIS (NO^)-Cu, (NO')^Pb, SnCP 

l'I) CuCl- 

Sii CuCl^ 

Gu NO^Ag 



SÉANCE DU l4 l'KVRII-R 192I. 38 1 

Il semble, d'après des expériences actuellement en cours el dont les 
résultats seront publiés ultérieurement, que les forces électriques jouent un 
rôle importanl dans la production de ces « spectres métalliques ». 

CHIMIE MINÉRALE. — Réactions génératrices du magnésium. Note 
de M. Cahiii.le Matigxo.v, présentée par M. H. Le Chatelier. 

Les besoins en magnésium, pendant la guerre, ont appelé mon attention 
sur la rechercbe de nouvelles méthodes de fabrication du magnésium. 

J'ai déjà indiqué le principe d'une préparation (') qui fournit au labora- 
toire d'excellents résultats, mais qui fait intervenir la poudre d'aluminium, 
produit assez coûteux pendant la guerre. Cette méthode n'a d'ailleurs 
jamais élé essayée jusqu'ici sur une échelle industrielle. 

Mon but était avant tout d'obtenir un procédé économique. 

Envisageons les trois réactions suivantes : 

(1) MgCl-„„ -\- C^Ca,„,= CaCl^„, 

(2) MgO,„, -1- C^Ca,„, =CaOs„i 

(3) MgOMgCl^ + aC'Ca =CaOCaCl' 

dans lesquelles tous les corps sont réfractaires, sauf le magnésium el le chlo- 
rure de magnésium, ce dernier ayant toutefois un point d'ébullition très 
élevé et pouvant supporter de hautes températures sans se volatiliser 
rapidement. L'application de la loi de volatilité, dont j'ai donné autrefois 
l'expression ("), rend probable la possibilité de dégager à une température 
suffisamment élevée le magnésium volatil des systèmes initiaux. 

La chaleur de vaporisation du magnésium monoatomique peut être 
calculée appro.ximativement, elle est voisine de3i''-^'; on en déduit, pour les 
réactions précédentes, les absorptions de chaleur suivantes par molécule de 
vapeur de magnésium mise en liberté : 

-8-1,6. -39-1,4, -29-', 9. 

D'après ces chiffres, la première réaction sera la plus facile à réaliser, les 
deux autres exigeront des températures plus élevées. Il importe toutefois, 
pour que les deux dernières réactions s'effectuent réellement, que la zone de 

(') Comptes rendus, t. 136, 1910, p. 11.57. 
('-) Comptes rendus, t. 136, igiS, p. i536. 



2C„ 


„+ Mg,„, + 22"',4; 


2G 


+ Mg,„,- 8-, 4; 


4C 


+ 2Mg5„, -+- i«»',i X 2, 



382 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

température n'atteiii^ne pas celle de l'action du carbone sur la chaux pour 
former le carbure de calcium. 

En opérant comme je l'ai fait autrefois pour la préparation du baryum (') 
et du magnésium, j'ai reconnu que le mai^nésium pe!it être ainsi isolé à 
partir du chlorure, de l'oxychlorure et de la magnésie. 

La première réaction marche assez vile aux environs de 1200° dans le 
vide, les deux autres fournissent bien le métal, mais avec lenteur, même 
dans le vide entre 1200° et 1300°. Par exemple, une réaction effectuée avec 
un mélange de dolomie calcinée aux températures suivantes et pendant les 
durées indiquées, soit pendant près de 5 heures aux environs de i3oo", 
n'a donné en magnésium que le quart du rendement théorique : 

Il ^ m u Ml _o 

10.42 1200 . 12. l5 1295 

II. i3 125(1 ''•i-29 i3oo 

1 1 . 45 1 3oii i'4 ■ l'^» 1 280 

11.47 '^o^ '3 1276 

11.55 1 3oo i5.25 1275 

Les deux dernières réactions, plus lentes il est vrai que la première, 
évitent la préparation du chlorure de magnésium anhydre, opération 
industrielle délicate et coûteuse; elles permettent d'opérer, soit avec l'oxy- 
chlorure de magnésium, si facile à obtenir par une dessiccation brutale du 
chlorure hydraté, soit avec la magnésie, ou mieux encore avec le mélange 
de chaux et de magnésie obtenu en calcinant la dolomie naturelle. On 
comprend l'intérêt pratique de la mise en œuvre de matières premières 
aussi peu coûteuses. 

T3es essais sur une échelle semi-industrielle ont été poursuivis pendant 
près d'une année sans aboutir à des résultats pratiques par suite des diffi- 
cultés rencontrées dans l'appareillage. 

Le mélange réaclionnel était chauffé dans de petites cornues horizontales 
en fer prolongées par un tube de condensation et logées dans des cellules 
appropriées formant résistances de chauffage. Malheureusement, aux hautes 
températures nécessaires à ces opérations, le fer s'affaisse même quand on 
opère dans un courant d'hydrogène ou de carbures d'hydrogène, car 
l'hydrogène traverse rapidement la paroi et l'on est toujours exposé à des 
rentrées d'air qui oxydent et azoturent le métal dégagé. 

Il faut attendre que l'on puisse disposer communément d'un gaz inerte 



(') CoinpWs rendds. i. \'M\. i()i3, p. 1378. 



SÉANCE DU I^ FKVRIER 192 t. 383 

comme l'argon pour reprendre les essais dans des conditions de succès très 
probable; en opérant dans un courant lent d'argon on éviterait rallaisse- 
inenl de la cornue qui jusqu'ici devait être renouvelée à chaque opération. 



CHIMIE ORGANIQUK. — Sur (/iielqiics transpositions rétr'opinacoliques. 
Note de M"' Jean.mî Lévy, présentée par M. Haller. 

La transposition rélropinacolique consiste dans la transforinalion des 
alcools primaires ou secondaires Irisubstitués dissymétriques, lors de leur 
désIiNdratation, en carbures symétriques ou moins dissymétriques : 

lAC — CHOH — R' -^ ^C — C<(1,. R'= H ou un radical quelconque. 

Pour interpréter le mécanisme de cette réaction on a émis diverses 
h\pothèses qui ont été successivement. rejetées : triméthylénisalion (Cou- 
turier, 1891; Klinger, 189(3); échange préalable à la désh\ dratalion 
(Zelinsky, 1901; A. VVerner, igoS). 

Deux autres interprétations ont été proposées par M. Tilïeneau. L'une 
consiste dans l'élimination de H-0 sur le carbone porteur de la fonction 
alcoolique (' ) 

^\ -IPO '^\ I R\ /R 

(I) R^C-CHOH:-R' — > R--)C-G-R' — ^ r/^==*^\R'- 

K R 11 



L'autre consiste dans l'élimination, de H-0 entre l'oxhydryle alcoolique 
et l'un des radicaux non migrateurs, sans formation de noyau trimélhylé- 
nique (^) : 

f^\ . -H-0 -^nT^ \ R\ /R 

(11) R^C-CHpHj-R' — ^ R^C-CH-R' -> qh^^C - GH<^j^,. 

CH^H GH^ I 

I 

Par la simple inspection des formules, on voit que le choix entre ces deux 
mécanismes peut être résolu expérimentalement, puisque avec le méca- 

(') M. ïiFFENEAU, Bull, de la Soc. chini. de France, t. 35, 1906, p. ii56; Revue 
générale des Sciences, 1908, p. 5Si. Ce mécanisme ne s'applique pas à la désliydra- 
lalion des alcools tertiaires, bien que quelques-uns donnent lieu à une transposition. 

(-) M. TiFFENE.\u, Bull, de la Soc. chim. de France, l. 'Ti , igw, p. 'iSg. 



384 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

nisme (II) Ton doit obtenir un carbure méthénique (c'est-à-dire à double 
liaison à rextrémité de la chaîne), tandis que d'après le mécanisme (1)16 
carbure formé doit posséd<T sa double liaison en position symétrique. 

Les recherches que j'ai entreprises ont ou pour but de vérifier celte posi- 
tion de la double liaison dans plusieurs cas de transposition rétropinaco- 
lique. Dans tous les cas la réaction s'est passée suivant le mécanisme (I). 
Sans doute, on pourrait objecter que la double liaison a pu se déplacer; 
mais pour prévenir cette objection, je me suis attaché le plus souvent à ne 
réaliser la déshydratation que par la simple distillation, en l'absence de 
tout agent acide isomérisant. 

1. Déshydralntioii du diphéayl-i.i-bulnnol-Z. — Le diphénvl-a .2-butanol-3 

CH' — C(C'''H^)2— CHOU - Cli' 

{\lb. ifigo-ijo" sous i^™'") a élé obtenu par action de IMgCH' sur la dipliéuyl-a.a- 
propaldélijde; sa déshydratation réalisée soil par dislillalion à la pression ordinaire 
eu présence de terre poreuse, soil par distillation dans le vide eu présence d'une 
trace de SO'Il-, fournit un produit unique, le dipliénvl-2.3-l)uténe 

C'ii ■ ( cip) c -^ G — ( cir') cm- ( • ) 

(F. io4"-io5'') dont la constilulion est démontrée par identification avec le produit 
de déshydratation du diphényl-2.3-bulanol-2 C HM Cll^) — COH — CH — (CIP)G'^li^ 
( Eb : i-f>° sous 20"""). 

2. Déshydratation du diphcnyl-'o.i-peiilanol-'\. — Le iliplién\ l-3.H-pentauol-4 

C^M'(CMl')^ - C - CtlOH ~- CIP 

(Eb. iSô^-igo" sous iD""")a été obtenu par action de IMgCH' sur la diphényl-3.3- 
butanol. Sa déshydratation par simple distillation à la pression ordinaire fournit un 
produit unique, le diphényl-2.3-penténe-2 C''H^(C'H')C = C — {CIP)C''H» (Eb. 297°- 

299°) • 

L'oxydation de ce carbure et celle du produit de déshydratation du diphényl-S.'l- 
penlanol-3 C«H»(C^H») COH — CH — (CH')C«H5 (Eb. 175° sous 1 5""") m'ayanl fourni 
de l'acélophénone caiaclérisée par sa seiiii-carbazone (F. 202°), sa constitution 
se trouve démontrée. 

3. Déshydratation du rnétliyl-i-diphényl-?..Z-propanol-Z. — Le mélhyl-2-diphényl- 
2.3-propanol-3 C''H'(CH')-— C — CIIOH — C«H^ (Eb. iSS-'igo"" sous i8"'"') a été 
obtenu par action de BrMgC'H' sur la mélhyl-2-|)hényl-2,-propanaldéhyde ; sa déshy- 
dratation, réalisée soit par distillation à la pression ordinaire, soit par distillation sous 
pression réduite en présence d'une trace de SO'Il-, fournit le diphén\l-i . i-méthyl-2- 

(') Mkiîrwein, Ann. Lieb., t. 39G, 1913, p. 2.59; t. 397, i9i4i P- '74- Get auteur 
n'a pas examiné la question de la déshydratation de cet alcool sans agents acides. 



SÉANCE DU I 1 FÉVRIER I92I. 385 

|)roi)ène (G'''ll=)'- — G r= C(CII')'- ( Kb. ?.8o''-282'') iilenlifié par comparaison avec le 
proilult de désliydralalion du m('!lliyl-9.-dipliényl-i . i-propanol (') 

(C"n»)H;(oii) — CH(CH')^ 

k.DcsIiydralationdd Iriphényl'i.-î.Zpropaiiol-o. — Lclriphéiiyl-2.2.3-propaiiol-3(') 
(F. i2i-'-i22°) (C''1H)-.C1P.C.CH0H.C''H= a été préparé par action de BrMgC" 11-' 
sur la dipliényl-2.2-propaldéliyde. Gel alcool distille sans déconiposilion sous pression 
réiluilc, mais, en présence d'une trace de SO'IP, il fournitdu Iripliényl-i . 1.2-propène 
(G'^II5)=.G=:C(GFP)C''IP (F. SQ-'-go") dont la constitution a été démontrée par 
identification avec le produit obtenu soit par déshydratation du mélliyltriphéiiyl- 
1.2.2-éllianol (F-SCjo-S;") (GHl«)2.Gli .G0H(CIP).G«H', ou du triphényl-i .1 .2-pro- 
panol (F. .SS"-89'')(C''H'*)2G0II.GH.(C1P)CMI'' ('), soit par action de BrMgGMl^ 
sur le cliloropropionale d'éthyle. 

Conclusions. — Dans la transposition rétropinacolique, le carbure trans- 
posé possède sa double liaison en position symétrique. A moins d'admettre 
un déplacement de cette double liaison au cours de la réaction, déplacement 
peu probable étant données les conditions expérimentales que j'aiemployées, 
il faut en conclure que la transposition n'a pas lieu par le mécanisme II 
exposé ci-dessus. Il faut donc revenir à la première hypothèse émise par 
M. TilTeneau (élimination de H-0 sur le même atome de carbone). Sans 
doule, Meerwein (") a récemment soutenu que, dans le cas du bornéol, 
cette hypothèse n'est pas vérifiée par l'expérience; mais cette conclusion 
est basée sur ce qu'une même structure intermédiaire devrait conduire au 
même produit définitif. Il ne semble pas que cette proposition soit rigou- 
reusement nécessaire et M. TilTeneau admet qu'une même structure inter- 
médiaire doit pouvoir conduire à des produits difTérents suivant le réactif 
employé et suivant les conditions énergétiques de la réaction transpositrice. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur h rôle calalylique du mercure dans la sulfonadon 
de Vanthraquinone. Note de M"'' A. Roux et M. Jh. Martinet, présentée 
par M. A. Haller. 

Par l'action, à chaud, de l'acide sulfurique fumant sur l'anthraquinone, 
on obtient l'acide anlhraquinone-^-sulfonique. Cette opération effectuée un 

(') Sabatier et MuRAT, CojnpLes rendus, i. 156, igiS, p. i433. 

(-) TiFFE.NEALi et DoRLE.NCouRT, Ànii. Cli. P/iys., 8° série, t. 16, igog, p. 255. 

( ') GiAMiciAX et Sn.BER, lier. d. D. cli. Gcs., t. 43, 1910, p. i536. 

('•) Meerwein et Van Emster, fier. d. D. c/i. Ges., t. 53, 1920, p. i8i5. 



386 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

jour à Taide d'un acide sulfurique provenant d'une pyrite mercurifère 
conduisit inopinément à l'acide anthraquinone-a-sulfonique. Cette décou- 
verte fit grande sensation dans les milieux industriels, elle retient aussi 
l'attention an point de vue scientifique. D'abord le rôle catalyliquc du 
mercure, bien qu'il ne soit pas unique, est fort curieux, on s'étonne de voir 
un catalyseur changer l'orientation d'une substitution. 

D'autre part, les dérivés de l'anthraquinone qui s'obtiennent directement 
avec le plus de facilité sont des dérivés a, pourquoi n'en est-il pas de même 
pour les dérivés sulfoniques? 

Voici comment nous nous expliquons les faits. Le groupe suifonique doit 
d'abord s'introduire en a, puis passer en p, ce qui est conforme à une 
remarque d'une portée assez générale et que nous pouvons énoncer ainsi : 
quand un substituant entre dans une molécule, il remplace d'abord l'atome 
d'hydrogène le plus mobile, puis sous l'influence de la chaleur ou de liquide 
dissociant ii rem[)lace ceux qui le sont moins, c'est-à-dire se fixe dans des 
positions de plus en plus stables. 

Il y a donc deux choses à considérer : 

1° La vitesse d'introduction du groupe suifonique en a; 

2" La vitesse de transposition de ce substituant de la position a à la posi- 
tion p. 

(^uand on sulfone l'anthraquinone, en l'absence de toute substance étran- 
gère, l'introduction du groupe suifonique nécessite une tem|)érature assez 
élevée. A cette température, la vitesse d'introduction du groupe suifonique 
en a est du même ordre de grandeur que la vitesse de transposition de la 
position a à la position p, de sorte que pratiquement c'est l'acide ^ qu'on 
obtient. 

Pour obtenir l'acide a, il s'agit de trouver un catalyseur qui abaisse la 
température de sulfonation sans influer sur la vitesse de transposition. Le 
mercure remplit ce rôle. Pratiquement, on obtient l'acide a à plus basse 
température et en présence de mercure. Si cette manière d'interpréter les 
faits est exacte on peut prévoir : 

1° Que l'acide a isolé se transposera en acide ^ sous l'inlluence de la 
chaleur; 

2" Qu'en se plaçant dans les conditions de température et de concentra- 
tion d'obtention de sel [3, mais en présence de mercure, on doit encore 
obtenir du se' p. 

L'expérience confirme ces prévisions, 

On dissoul a» d'âc-anthraquinone sulfonaie de sodium dans 8' d'acide siilfiiri(|ue 



SÉANCK DU l4 l'ÉVRIER I921. 387 

ordinaire. On chaufTe pendant i heure 3o minutes au bain d'Iuiile à 1811°, puis on 
verse dans l'eau froide, le précipité est essoré, purifié et identifié avec Fanthraqui- 
none-j3-sulfonate de sodium. 

Pour la deuxième vérification on Iraile .ïs d'antlnaquinone par S^^ d'acide sulfurlfiue 
à j(i pour 100 d'anhydride pendant i heure 3o minutes à 160", en présence île 
mercure. (In oiilient l'acide anlhraquinone-p-sulfonique. L'analyse du sel de sodium 
a donné les résultais suivants : 

Na pour 100. 

Calcule. Trouve. 

Dérivé monosuKonique 7,4 7.2 

iJérivé disulfonique 11,6 

Ce qui prouve qu'il ne s'est pas introduit un deuxième groupe sulfo- 
nique. 

L'acide anthraquinone-|îJ-sulfonique a été caractérisé par la solubilité de 
son sel de sodium dans l'eau inférieure à la solubilité du sel 7. et peu dilTc- 
rente à froid ou à chaud, par son aspect au microscope, il forme des 
oursins constitués de petites aiguilles. Contrairement au sel a il ne donne 
pas de précipité avec le chlorure cuivrique. Nous l'avons transformé en 
la jîJ-oxyanthraquinone correspondante par la baryte sous pression. Nous 
avons diiïérencic l'acide p de l'acide a par la facile transformation de 
celui-ci en dérivé chloré correspondant par le chlorate de soude et l'acide 
chlorhydrique. 

Il est à remarquer que la sulfonation en présence de mercure pour 
l'obtention du dérivé |3 fournit, en un temps donné, un rendement supérieur 
à celui obtenu en l'absence de a métal, toutes choses égales d'ailleurs. 



CHIMIE ORGANIQUE. — 5a/- la nature pinacolique de cjitelqites transpositions 
dans la série du phènyldimélhylglycol. Note de MM. M. Tiffexeau 
et Orèkhoff, présentée par M. Haller. 

Nous avons repris l'étude des transpositions dans la série du phényl- 
diméthylglycol en examinant successivement la déshydratation de ce 
glycol et de ses moiioéthers, l'élimination de HI dans l'iodhydrine cor- 
respondante et l'isomérisation de l'oxyde d'éthylène qui en dérive. 

1. Phènyldimélhylglycol (phényl- i -méthyl-2-propanediol- 1 . 2) et ses 
èthers mononièthyliques . — La déshydratation du phényldiméthylglycol par 



ICC " --^ " ^''■ 
_ Ll 3 R A R Y' 



388 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

l'action à chaud de l'acide sulfuriquc dilué (') conduit à la diméthylphényl- 
acétaldéliyde par suite d'une migration phénylique analogue à celle qui se 
produit dans la transposition hydrobenzoïnique 



C'^IF-CH0H-C(0H)<^^Jj3 > t'n'-C\\-C(^, -^ CHO — C^CH 



CH' 



Les deux étiiers monométhyliques de ce glycol, soumis à chaud à l'action 
de l'acide sulfurique au tiers, se comportent de même. L'un de ces éthers 
CH'^— Cli(OCH') - C(OH)(CH')% déjà étudié en même temps que le 
glycol ci-dessus, avait été obtenu en faisant réagir l'iodure de magnésium 
méthyle sur l'a-méthoxyphénylacétate d'éthyle (-). Nous avons préparé le 
second de ces éthers C«H'' — ClIOH - C(OCH\)(CH^)- en soumettant 
la mélhyliodhydrine dérivée du diméthylstyrolène à l'action de la potasse 
alcoolique 

+ IOf.H» 

C«H3— CM =C(CH3)- y C«H'-CH1-C(OCHO(CH')' 

+ KOII 

V C« IP — CH OH — C (OCH' ) (CH^ f. 

-- Kl 

2. Oxyde de dimélliylstyrolène. — Cet oxyde (l'>b. iQG^-igy" sous 7G0""") 
a été obtenu en agitant à froid une solution élhérée de l'iodhydrine dérivée 
du diméthylstyrolène C"H' — CHl — C(()H) (CIP)- avec un excès de 
potasse caustique en poudre. Chauffé en présence de chlorure de zinc ou de 
traces d'acide sulfurique, cet oxyde s'isomérise avec migration phénylique 
en phényldiméthylacétaldéhyde, suivant un mécanisme analogue à celui 
exposé ci-dessus : 

I i C^ H5 

Ci>H^-CH-C<^,„ -> C^H^-CH-CCXm -> CHO-C^CH' . 
\ / ^C" . 1 I ^^" \CH^ 

o 

1 

On voit que la rupture de l'oxygène pontal s'est produite du côté de 

(') TiFFKNEAU et DoRLENCOURT, Àtiiiales de Chiinie et de Physique, 8'^ série, t. 16, 
p. 287, 257. L'étude des autres agents déshydratants a conduit iM"' J. Lévy, dans 
notre laboratoire, à des résultats curieux : dans certains cas, on obtient l'oxyde 
diétiiyléni(|ue; dans d'autres cas, on obtient les deux produits de transposition possibles. 

(') TiFFKNKAU et DoRLENCOURT, loc . Cit., p. a/Jg. 



SÉANCE DU I '( FÉVRIER I92I. 889 

l'atome de carbone le plus substitué, ainsi qu'on l'observe pour tous les 
oxydes d'élhylène ('). 

3. lodhydrinc du phènyldimèlhylglycol. — Celte iodhydrine s'obtient par 
action do l'iode, en présence de l'oxyde jaune de mercure, sur le dimélhyl- 
st\ rolène dissous dans l'étber aqueux. La solution étbéréc de l'iodbydrine, 
agitée par petites portions avec une solution concentrée de nitrate d'argent, 
fournit un-abondant précipité d'iodonitrate d'argent. De la solution éthérée, 
on isole la phényl-2-bulanone (Éb. 2io''-2i2°; semicarbazone F. 172°) 
déjà décrite (-) : 

i 1 r 

C«H.-CHI-C(OH)(CH')^-"4c«H^-CH-C/CH3_^^„jj,,_^^_^Q_^j^3 

I I \CH^ 

O 



On voit (|u'il ne s'est pas produit ici de transposition phénylique, mais qu'il y a eu 
simple migration d'un métliyle, migration qui d'ailleurs est nécessaire, puist[ue le car- 
bone auquel l'oxvgène reste attaché ne peut satisfaire l'entière capacité de saturation 
de cet atome d'oxygène qu'en perdant un de ses deux substituants. 

Ainsi, dans la transposition des glycols trisubstitués ou de leurs dérivés, la nature 
de la migration dépend, en dernière analyse, de la nature des radicaux substitués sur 
le carbone resté porteur d'oxygène 



R\ ^ /R' ^ \ 

„ )C - C< „, -^ R _::c _ GO - R". 
Il/, ,\R ,^/ 



Si ces substituants R' et R" sont des radicaux carbonés, la transposition est néces- 
saire au même titre que dans la transposition pinacolique, Si, au contraire, l'un des 
radicaux R' et R" est un atome d'hydrogène, la forme de la réaction dépendra de la 
nature de l'autre substituant; lorsque celui-ci est un radical aliphatique, c'est l'hydro- 
gène qui émigré et il n'y a pas de transpositioti ; mais lorsque ce substituant est un 
radical aromatique, ce radical émigranl de préférence à l'atome d'hydrogène, il se 
produit une migration phénylique. 

La transposition phénylique ne constitue donc qu'un cas particulier de la 
transposition pinacolique. Comme cette dernière, elle répond à une néces- 
sité structurale absolue. Toutefois, tandis que dans la transposition pinaco- 
lique cette nécessité est toujours évidente, elle ne devient nettement appa- 

(') TibFENEAU et FofRXEAu, Comples rendus, t. 141, igoS, p. 662; t. 146, 1908, 
p. 697. 

('-) TiFFENEAU, Ann. Ch. Phys., 8" série, t. 10, 



390 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

rente dans la transposition phcnylique que lorsqu'on tient compte de la 
propriété du radical aromatique (phénylique) d'émigrer de préférence 
à l'atome d'iiydroffène. 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur un nouveau scl (le calcium. 
Note de MM. Louis Gaucher et Georges Rom.i\, présenlée par M. lîoux. 

En Uailant l'acide propanoloïque concentré et pur par l'iodure de plios- 
piiore, nous avons réussi à isoler un corps nouveau, parfaitement défini, 
cristallisé en petits prismes, fondant à 120°, inaltérable à l'air sec, qui est 
l'acide anliydropropanoloylpropanoloïphosphoreux 

Cet anhydride, traité par l'eau, fournil l'acide dipropanoloïphosphorcux 

r/H"0'l' 
ou 

CH^— GH — co.on 

O 
I 
/P - ( )H 

' I 
O 

I 

cip-cn -r.o.oii 

qui possède, comme on le voit, trois acidités basiliablcs. 

En neutralisant exactemcnl cet raide pm- la chaux, on oblienl ledipro- 
panoloïphosphite lricalci(|ue, sel soIuIjIc diins l'eau, inaltéiable à fioid : 

(","H'<()-|"(;;.^ |ll-(). 

Les solutions aqueuses de ce sel, stériles, neutres ou très légèrement 
acides, se conservent indéliniment à froid. Elles possèdent la propriété de 
se décomposer très facilement, même à basse température, lorsqu'on les 
additionne d'un alcali, en déposant du phos|)hilr de chaux insoluble. 

Cette propriété permettra sans doute d'utiliser ce sel de chaux, dont 
nous étudions les propriétés thérapeutiques. 



SÉANCE DU l4 KÉVRIER I921. 39I 



CUIMIK ANALYTIQUE. — Critiquf des mél/iudcs de dosage des faibles (luiinliliis 
d'oxyde de carbone dans Cair et les gaz de fumées. Noie de MM. Damel 
Floke.vtiv et II. Vandenbergue, présentée par M. A. Haller. 

Le dosage exact des petites quantités d'oxyde de carl)one qui peuvent 
exister dans l'air et les gaz de fumées présente un grand intérêt pour Tliy- 
giénisle ainsi que pour l'ingénieur appelé à étudier des appareils de chauf- 
fage ou des moteurs à combustion interne. 

Quand la teneur en oxyde de carbone est de Tordre de 2 pour 100 ou plus, 
on peut doser ce gaz, avec une exactitude suffisante, par les méthodes 
ordinairement utilisées dans l'analyse des gaz (absorption par Cu-'Cl- am- 
moniacal, grisouiiiètre, etc.). 

Pour doser les quantités inférieures à ce chiffre, et jusqu'au ^^y^^, on a 
préconisé deux méthodes : l'une consiste à oxyder l'oxyde de carbone 
par PO' ('), l'autre à mesurer le volume de gaz nécessaire pour provo- 
quer l'apparition des bandes d'absorption caractéristiques de l'hémoglobine 
oxycarbonée (-). 

Méthode à Vacide lodique. — Elle présente Tinconvénient de n'être pas 
spécifique, car I-O' est réduit par de nombreux gaz qu'il est 1res difficile, 
sinon impossible, de séparer au préalable. 

Une étude approfondie de celte méthode nous a permis do préciser, entre 
autres, les points suivants : 

i" L'anhydride iodique commercial doit être purifié par dissolution dans 
l'eau, évaporation lente au bain de sable à iSo", puis chauffage dans un 
courant d'air à 20o"-2io", pour chasser l'iode occlus et décomposer PO' ('). 

2° La teneur en oxyde de carbone ne doit pas être supérieure à i pour 1000, 
sous peine de voir l'iode se déposer sous forme de fines paillettes, dans les 
parties froides de l'appareil, paillettes qu'il n'est possible de chasser que par 
une purge prolongée. 



(') Métliode indiqciée par A. Gautier {Comptes rendus, t. 12G, 1898, p. 798, 981 el 
1299) el mise au point par M. Nicloux {Ami. Cli. et Pli., 7" série, t. \k, p. 565); 
depuis, celte mélliode a été l'oljjel de la pari de dilTéreiits auteurs de modifications 
général emenl malheureuses. 

(-) Ogier el Kohn-Abrest, Aim. (Jhiinic anal., 1908, p. 169 el 218. 

(^) \ oir M. Nicloux, Comptes rendus, l. Loi, 1912, p. i 166. 



392 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

3° L'appareil, de préférence, ne doit renfermer ni coton de verre, ni 
amiante, ces substances fixant de petites quantilés d'iode. 

l\° L'appareil ne doit comporter aucun joint direct en caoutchouc entre 
le tube à PO' et le barboteur destiné à fixer l'iode dégagé. 

5° Il y a lieu de tenir coniple du fait que la vitesse de la réaction : 
ja Qô _j_ 5 CQ _ 12 _j_ 5 (]Q2 est lente. 11 est donc nécessaire, d'une part, de 
laisser le gaz un temps suffisant au contact de PO' (ce que l'on obtiendra 
en utilisant un tube en U contenant une colonne de PO' pulvérisé, d'envi- 
ron 20"", et un débit de 700""' à 800""' à l'heure) et, d'autre part, de porter 
le tube à une température assez élevée (i4o°-i5o°), sous peine de voir une 
portion notable de l'oxyde de carbone échapper à la réaction. 

Certains appareils, tels que ceux de Lévy et Pécoui, de Goûtai, dans 
lesquels le tube n'est chauffé qu'à 100° ou même 70", sont à rejeter. C'est 
ainsi que, par passage dans un tube de Goûtai, 60 pour 100 seulement de 
l'oxyde de carbone sont oxydés : 

Teneur initiale de l'air en 00 Teneur de l'air 

(en looooo'). après passage. 

42 16 

a5 II 

On peut mettre dans le barboteur soit une solution diluée de soude 
pure, soit du chloroforme, mais il y a lieu, dans ce dernier cas, de se méfier 
des retours en arrière et du fait que, par simple barbotage de l'air, le chlO' 
roforme fournit des quantités appréciables d'oxyde de carbone. 

11 sera toujours prudent, avant d'utiliser un tube, de vérifier qu'il oxyde 
complètement l'oxyde de carbone, ce qui, somme toute, rend cette méthode 
d'un emploi délicat. 

Méthode au sang. — La technique à suivre est celle indiquée par Ogier 
et Kohn-Abrest. 

L'air sera aisément privé d'oxygène par agitation du gaz avec une solu- 
tion sodique concentrée d'bydrosulfite de sodium. 

On peut utiliser soit une solution de sang au y^, soit des sohi lions d'hémo- 
globine que l'on trouve dans le commerce cl que l'on étalonne au piéiilable. 
La vilesse de passage du gaz ayant une certaine importance, on utiliseia un 
débit aussi voisin que possible de Goo""' à l'heure. 

l'ji nous arrêtant dès le début de l'apparition des bandes de l'hémoglo- 
bine oxycarbonée nous avons obtenu une échelle (piehiuc peu différente de 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 192I. SqS 

celle indiquée par les auteurs; les ciiifîres ci-dessous ont d'ailleurs clé con- 
trôlés à l'aide de la méthode à l'acide iodique : 

Volume Teneur 

de l'air privé d'oxygène de l'air initial 

amenant en ()i) 

l'apparition des l>andes. (en iuoduo"). 

90 1 00 

125 60,6 

1 5o 45 , o 

- 200 25,0 

3oo 1 3 , 3 

4oo 8,8 

5oo 6,5 

7^0 3,7 

1 000 3,1 

1 3oo 2,0 

2200 1,11 

11 est recommandable de vérifier soi-même cette échelle, en ayant soin de 
préparer les mélanges d-'air et de CO au moment même de leur emploi, 
car, en présence d'eau, leur teneur en CO baisse assez rapidement. 

Si les gaz à analyser renferment des quantités de CO supérieures 
à I pour 1000, il est nécessaire de les diluer au préalable. 

Cette méthode nous a fourni dans l'analyse des fumées provenant des 
combustibles les plus variés (sciure de bois, lignite, etc.), des résultats 
absolument constants, alors que la précédente, indépendamment des 
causes d'erreurs que nous avons signalées, ne nous a donné, le plus souvent, 
■que des résultats fantaisistes par suite de la présence dans les gaz de combus- 
tion de substances organiques variées. 



GÉOLOGIE. — L'évolution du dynamisme terrestre. 
Note de M. A. Romieux, présentée par M. R, Bourgeois. 

.Fai signalé, le 22 décembre i8go, puis confirmé par une autre iNote, le 
23 juin (7 juillet) 1913, que les évaluations géhypsographiques mettent 
en évidence deux égalités, peut-être seulement approximatives, mais 
impressionnantes, qui suggèrent la réalité d'un certain équilibre océano- 
continental, et j'ai donné aussi le principe d'une théorie simple qui en 
explique les lois. Mon but présent est d'esquisser la conception à se former, 

C. R., 1921, I" Semestre. (T. 172, N" 7.) 29 



394 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'après elles, de l'évolution du dynamisme dans la zone corticale, je veux 
dire jusqu'au niveau de plus en plus interne, dénommé nucléaire, où cesse 
par hypothèse l'influence déformatrice. 

Cette théorie considère, on le sait, un schéma èciuinivclé qui substitue à 
la courbe géhypsographique les niveaux moyens (^yHc'nîV^aMa?) des èquivo- 
lumes déblai et remblai répartis sur les champs respectifs en lesquels la 
courbe partage son propre équiniveau (niveau d' équidé formation première)', 
celui-ci n'est autre que Véqinniveau lithosphérique d'avant déformation, que 
surmontait le niveau hydrosphériquc des mers. Ainsi se conçoivent un 
voussoir océanique à socle submergé en tout temps et un voussoir continental 
dont le socle, d'abord ennoyé, puis afileurant le niveau hydrosphériquc, 
finit par émerger au-dessus, ce qui ravale le niveau, dit synocéanique, pris 
alors par les mers. Ces trois /V/rwev 'd'évolution, dites anté-optima, opltma, 
post-opliiiKi, forment cycle d\'quilibre caduc et renouvelable. 

Pourquoi qualifier d^optima la phase d'affleurement? et pourquoi cette 
caducité ? Parce que (/« surampleur corticale grandissant avec le refroidis- 
sement planétaire et, avec elle, V équidè formation qui l'absorbe), des deux 
états d'ennoyage et d'affleurement, c'est le second qui permet la plus volu- 
mineuse équidéformalion susceptible d'assurer à l'un et à l'autre voussoir, 
OLELLF, QUE SOIT l'ajIplkur uespective DE LEURS CMA.Mi's, même densité moyenne 
(roches et eau) par le seul jeu des deux lois conjointes qui leur assurent 
dans tout le cycle même pression moyenne à leur base nucléaire (voir Note 
de 1913) : alors est obtenu, avec un maximum de liberté pour le choix des 
formes, un minimum de trouble de l'équilibre astral, fait éminemment 
propice à une stabilité prolongée. Et parce que l'état d'émergence rend 
l'indiirérence quant à l'ampleur des champs incompatible avec le maintien 
de l'égalité des moyennes densités respectives des voussoirs : d'où (on 
verra comment) une exagération croissante des causes de crise dynamique. 

L'une des deux lois détermine la densité du socle océanique en fonction 
du volume d'équidéformation, de la densité des mers, de leur volume et 
de leur proportion ennoyanle; elle ne dé[)end qu'implicitement de Vépais- 
seiir (wticale moyenne et de l'ampleur des champs. L'autre détermine la 
densité du socle continental en fonction explicite de ces six éléments. 

Etant admis : 1° comme critérium rationnel, la tendance au moindre 
effort: 2° comme très plausible, que V épaisseur corticale moyenne va, comme 
l'équidéformation, en augmentant; 3" poui' simplifier, que la densité et le 
rolume des mers sont constants dans tout le cycle, voici à quelle conception 
du cycle on est conduit : 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. 395 

/'(■//• /{/ première loi (déterminant la densité du socle océanique) : une 
descente continue de l'équiniveau - déblai freinée par l'inertie infra- 
nucléaire; une montée de l'équiniveau-remblai, coupée par le sUilionne- 
menl d'optima au niveau hy(irosphéri(iue ; et, corrèladvement par plia.sc, 
llux, rellux, puis récidive de flux du champ océanique entre deux limites 
déterminées par les résistances dynamiques tant infra que supra-nucléaires; 
décroissance certaine de la densité du socle océanique à partir de la deuxième 
phase, mais pouvant avoir débuté dès la première. 

Parla deuxième /o;' (déterminant la densité du socle contincnlal), en recou- 
rant à la formule de Roche sur la croissance linéaire des densités des couches 
mlernes avec les profondeurs faibles et appelant cogradient l'inverse du taux 
de variation : aux phases de flux, croissance du cogradient des densités du 
socle continental; à la phase de reflux (l'optima), atténuation du taux de 
cette croissance, et même transformation probable en décroissance tempo- 
raire ; en résumé, dans tout le cycle, surtout aux régions supérieures, 
transfusion forcée de la densité vers le domaine continental en trois temps, 
dont le deuxième consacré à une détente de l'effort. La discussion constate 
la possibilité qu'il y ait dans le socle océanique, soit entier (et alors aux 
débuts du cycle), soit seulement vers le haut (et plus persistante), inversion 
de l'ordre normal de croissance des densités dans certaines conditions, parmi 
lesquelles les relations régnant entre la répartition du refroidissement et 
celle de la matière le long du rayon. Elle amène à évaluer entre 45'^'" et 85'^'" 
l'épaisseur corticale actuelle, valeur déjà géothermiquement présumable. 

Transportons sur la sphère le schéma équinivelé. Les champs se muent 
en deux calottes de même axe, les voussoirs en deux troncs de fuseaux em- 
boîtés. Le long du cône de joint, leurs poids se décomposent, en chaque 
point du joint, en deux poussées méridiennes tangentielles opposées et deux 
efforts radiaux opposés, toutes forces proportionnelles au produit de la den- 
sité à ce niveau par le carré du rayon. Les dissymétries nées de la suram- 
pleur déséquilibrent ces forces : elles créent, de l'équiniveau-remblai à 
l'équiniveau-d^blai, une zone de surcharge inerte à excédent continental el, 
de là au niveau nucléaire, une zone active corticale, où des prépondérances 
de poussée, maxima en haut et en bas, nulles au milieu, océaniques au-dessus, 
continentales au-dessous, tendent à faire basculer le joint. 

Les modalités du dynamisme sont réglées par celles de ces deux facteurs. 
A la lumière des expériences de Daubrée on voit qu'il tend à se former, 
aux deux lèvres supra-médianes, une série de rides, déversées (surtout 
celles des niveaux supérieurs) vers le domaine continental, et que la lèvre 



SgÔ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

océanique (la moins surchargée) tend à se soulever plus que sa voisine en 
s'inclinant plus ou moins vers elle : donc, en anlêoplima, tendance à ce 
ridement général dissymétrique. Or dans tout le cycle, tm l'e\v/uiïon des 
densités : i° la prépondérance océanique de poussée fléchit peu à peu et de 
moins en moins; 2" l'excédent continental de surcharge croît au contraire, 
mais moins vite en optima (ou même il peut décroître), beaucoup et plus 
vile en posl-optima. L'optima marque donc une accalmie des tendances 
engagées. Puis le post-optima les voit reprendre, la surcharge exagère le 
dos du ridement, et la prépondérance océanique, faiblissante mais persis- 
tante, de la poussée le fait déferler. Quant à la couverture continentale, la 
reptation sous elle, de la zone active en a décollé, soulevé la lèvre; sa sur- 
ampleur la fait chevaucher les plis; d'où son cJiarriage, la crise venue. 

Les voussoirs réels ne sont pas équinivelés : de là, sur les densités, la 
faible anomalie d'ennoyage partiel que le pendule décèle (Note de h)i3). 
Dans tout le cycle, renforçant l'excédent continental de surcharge, aidant 
le joint à basculer, c'est le lubréfiant du mécanisme. 

Selon Lehrhuch der Géographie (H. Waonek, 9" édition^ '9'^)' 1^^ 
j'ignorais, l'équiniveau-remblai domine de 48'" le niveau hydrosphérique 
(à peine o""",i sur une sphère de 25" de diamètre). Le cycle actuel aurait 
ainsi dépassé quelque peu la phase optima de la théorie. 



OCÉANOGRAPHIE. — Cartes de pêche . 
Note de ^L En. Le Danois, présentées par le Prince de Monaco. 

Il n'existait pas encore en France une carte applicable spécialement à la 
pêche maritime et sur laquelle un capitaine de chalutier ou un patron de 
pêche pussent trouver les indications nécessaires à leur métier. Le projet 
de ce document figure cependant au programme de l'Office scienlillque dos 
pêches : c'est pour répondre aux désirs des professionnels que je viens de 
dresser les cartes que j'ai Thonneur de mettre sous les yeux de l'Académie. 

Débarrassées des indications diverses qui compliquent la lecture des 
cartes marines ordinaires, celles-ci portent uniquement les informations 
dont les pêcheurs ont besoin pour se rendre directement sur les lieux et 
pour entreprendre le travail qui leur convient, suivant la saison ou Dicure. 
La profondeur, la nature du fond et la qualité des animaux utiles, dont ces 
renseignements font pressentir la présence, sont marquées par des signes 
conventionnels. Hieii entendu, il ne s'agit que de fixer sur un document 



SÉANCE DU l4 FÉVIUER I92I. 897 

très simplifié, des concordances bien constatées par une longue pratique. 
L'observation des décliets rap[)ortés par le cbalut est un des plus précieux 
éléments pour celte carte établie à l'usage des pêclieurs; elle donne une 
sorte de faciès du terrain qui permet de connaître, avec une grande proba- 
bilité d'exactitude, les espèces utilisables qui l'iiabitent. 

Profilant d'études poursuivies dès 1897 par le professeur Pruvol et 
d'observations réalisées par le Pourquoi -Pas? du docteur Cbarcot ou la 
Pcrclu\ ainsi que de nombreux entretiens avec les meilleurs patrons de la 
pêche côtière, j'espère pouvoir aujourd'hui rendre service à l'industrie dos 
pèches sur certains points des régions françaises. 

PHYSIOLOGIE. — Mécdiiisme de l'immunité /tumorale chez les Insectes. 
Note de M. A. Paillot, présentée par M. Paul Marchai. 

Nous avons décrit, en 1919 ('), un cas d'imnMinité naturelle humorale 
caractérisé parla très grande rapidité d'apparition du pouvoir bactérioly- 
tique, dans le sang des Insectes inoculés. Ce pouvoir, qui se manifeste 
quelques heures après l'inoculation, ne difTère pas, sendile-t-il, de celui 
qu'on observe dans l'immunsérum des Vertébrés. Après une première ino- 
culation, la baclériolyse des microbes réinoculés commence beaucoup plus 
tôt: ce caractère est le seul qui permette de différencier l'Insecte en état 
d'immunité de celui qui n'a pas encore été inoculé. 

On sait que la théorie actuelle explique la bactériolyse des microbes 
dans les humeurs des animaux en état d'immunité par l'action combinée de 
deux substances (hypothétiques) : l'une, l'alexine, qui existerait dans les 
séruins normaux comme dans les immunsérums; l'autre, la sensibilisatrice 
ou complément, rigoureusement spécifique, qui apparaîtrait dans le sang, 
seulement après l'inoculation des microbes. Seules, l'action de la chaleur 
et celle du vieillissement (nous sous-entendons par là l'action des facteurs 
inconnus qui agissent à la longue sur rimiiiunséruni pour lui faire perdre 
ses propriétés) permettent de différencier les deux substances : l'alexine est 
détruite à 55°, la sensibilisatrice, vers ôo^-ôS" seulement; la première dis- 
paraît spontanément de l'immunsérum abandonné à l'action de l'air; 
l'autre subsiste sans altération sensible. Aucun fait, jusqu'ici, n'est venu 
infirmer celle théorie. 

(') Comptes rendus, l. 169, 1919, p. 1122. 



SgS ACADÉMIE DES SCIENCES. 

?S^ous avons essayé, dans le sang de chenilles d''Âgronssem'tumimmumsé(;s 
contre le B. melolontha; non litjuefaciens y de mettre en évidence les deux 
substances de Bordet. Si l'on ajoute à du sang de chenille inoculée depuis 
24 heures (et maintenu à 24°) une goutte d'émulsion de bacilles dans Teau 
physiologique, on observe une transformation rapide en granulations suivie 
de lyse comme dans le phénomène de Pfeiiïer. Si Ton chauffe le sang de 
chenille immunisée une demi-heure à 55°, le pouvoir bactériolytique n'est 
pas aboli, ni même atténué; vers 6o''-62°, le sang coagule et se prend en 
masse; mais en brisant le coagulum et cenlrifugant, on sépare une certaine 
quantité de liquide clair dont le pouvoir bactériolytique est sensiblement le 
même que celui du sang non chauffé. A partir de G8'\ on constate un affai- 
blissement assez rapide du pouvoir bactériolytique; celui-ci disparaît à peu 
près complètement vers la température de 75". Il ne peut être récupéré par 
addition de sang neuf non chauffé. 

Le sang de chenille immunisée perd rapidement ses propriétés caracté- 
ristiques lorsqu'il est exposé à l'action de l'air, plus rapidement à 24'^ qu'à 
basse température; il les perd de même, mais un peu moins vite, lorsqu'on 
le soustrait à cette action; enfin, le pouvoir bactériolyti(}ue disparaît même 
du sang vivant, quelques jours seulement après l'inoculation de la chenille. 
Le sang inactif ne peut être réactivé par action de sang neuf. 

Ni l'action do la chaleur ni celle du vieillissement ne permettent de déceler, 
dans le sang des chenilles en état d'immunité, la présence de deux 
substances comme dansl'immunserum des Vertébrés; noussommesdonc en 
droit de conclure que ce cas d'immunité constitue une exception à la théorie, 
des « deux substances ». Doit-on admettre alors que le pouvoir bactérioly- 
tique s'exerce par l'intermédiaire d'une seule substance, homologue par 
exemple, de la sensibilisatrice de l'immunserum des Vertébrés, ou voisine 
des diastases, et sécrétée parles cellules du sang ? Celle Irj'pothèse serait 
assez conforme aux idées actuelles; nous même avons admis, en étudiant la 
réaction cellulaire de caryocinétose, que les macronucléocyles, qui parti- 
cipent seuls à cette réaction, devaient jouer un rôle actif dans l'élaboration 
des anticorps. 

A la suite de nos recherches récentes sur le mécanisme de l'immunité 
humorale et sur l'origine du pouvoir bactériolytique. il ne nous est plus 
possible de soutenir une telle opinion. Si l'on centrifuge du sang de chenille 
à' Agroiis segctum prélevé aseptiquement, qu'on ensemence le plasma 
dépourvu de cellules, d'une trace de culture de B. m. non lique/aciens y, et 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. Sgg 

qu'on abandonne ainsi le milieu à la température do 21°, en évitant l'action 
de l'air, on observe toujours que les microbes végètent; le plus souvent, on 
observe aussi ([u'un plus ou moins grand nombre se transforment en gra- 
nules apiès un intervalle variable, puis se bactériolysent. Pour des causes 
qui nous échappent, mais qui tiennent à ladifliculté d'opérer dans des con- 
ditions toujours semblables à elles-mêmes et aussi rapprochées que possible 
des conditions naturelles, la réaction provoquée in vitro n'a ni la constance 
ni l'intensité de la réaction similaire qu'on peut observer in vivo. On observe 
les mêmes réactions lorsqu'on opère sur le dépôt du lube de centrifugation 
riche en cellules. Lorsque le sang infecté est largement en contact avec l'air 
ambiant, la réaction ne se produit pas, mais la culture reste pauvre. 

Puisqu'il est possible, dans certaines conditions, de réaliser in vitro, avec 
le sang centrifugé, une réaction humorale du même type que la réaction 
produite in vivo, nous croyons être en droit de conclure que la transformation 
en granulations et la bactériolyse subséquente peuvent exister en dehors de 
toute activité cellulaire, en dehors même de l'action d'un anticorps particu- 
lier (nous prenons ce mol avec le sens précis qu'on lui donne généralement). 
Ces deux phénomènes nous apparaissent comme les dernières phases d'une 
série de réactions colloïdales entre les microbes ou leurs produits et certains 
constituants du sang. Sans conclure fermement à l'identité de la bactério- 
lyse et du phénomène de la dispersion, nous pouvons souligner dès mainte- 
nant l'analogie assez frappante des deux réactions, au moins dans le cas 
particulier qui nous occupe. 



PARASITOLOGIE. — Sur la biologie de l'Altise de la Vigne (Haltica ampelo- 
phaga Guér,). Note MM. F. Picard et T. Pagliano, présentée par 
M. Paul Marchai. 

La biologie de l'Altise de la Vigne {Haltica ampelophaga Guér.) a donné 
lieu à un certain nombre de publications qui ne font, pour la plupart, que 
reproduire les observations de V. Mayet (') et de J. Feytaud (-). D'après 
le premier de ces auteurs, chaque femelle sort en avril de ses abris d'hiver, 
prend un peu de noumture, s'accouple, pond moins de 3o œufs et meurt. 
Le nombre des générations serait de trois ou quatre dans les conditions 



(') V. Mayet, Les Insectes de la Vigne (Montpellier, 1899). 

(') J. Feytaud, TJ Attise de la Vigne {Bull. Soc. Zool. agric, Bordeaux, 191 1)- 



4oO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

naturelles du midi de la France el jusqu'à cinq en captivité. Feylaud con- 
firme les vues de V. Mayet, sauf en ce qui concerne le nombre de généra- 
tions; il n'en admet que deux sous le climat du Bor'delais. 

Nous avons isolé lo couples d'Altises dès leur apparition, vers le milieu 
d'avril, noté chaque jour les accouplements, les pontes et suivi intégrale- 
ment leur descendance. Nous nous sommes ainsi rendu compte que, contrai- 
rement à ce que pensait V. Ma3'et, la vie des adultes de première apparition 
est de très longue durée; elle se perpétue pendant tout le cours du prin- 
temps et la plus grande partie de l'été, jusque dans les derniers jours de 
juillet. 

Pendant celte longue période, les accouplements sont presque journa- 
liers; les œufs ne sont pas émis une fois pour toutes en un paquet, mais 
continuellement, durant toute la vie de la femelle, en petits amas de 4 
à 25 oîufs, d'abord chaque jour ou tous les deux jours, puis par intervalles 
un peu plus espacés à mesure que l'Insecte vieillit. La fécondité est donc 
considérable et le total de la ponte atteint généralement 5oo œufs. (Maxi- 
mum 52i(, avec dernière émission le 22 juillet.) 

Le développement de l'œuf et de la larve, qui subit deux mues, est 
d'autant plus rapide que la température est plus élevée. Mais, de toute 
façon, les premiers œufs, émis en avril, donnent des adultes alors que les 
parents pondent encore, de sorte que, tout le long de la belle saison, il y a 
dans les vignobles des Altises à tous les stades appartenant à des générations 
différentes. 

Les plus précoces de ces adultes de deuxième apparition, qui sont en 
somme l'aboutissant de la première génération, ont été mis en élevage. 
Leur première ponte fut observée le 24 juin et se continua jusqu'à l'au- 
tomne. Ces Altises se conduisirent comme leurs parents, mais leur fécon- 
dité fut moindre, car le nombre des œufs ne dépassa pas -ig^, avec une 
moyenne beaucoup plus faible. 

Les premiers de leurs d escendanls (3'' apparition) furent élevés à leur 
tour. Très peu d'entre eux pondirent, du l'^'au 3o août, et leur fécondité 
fut moindre encore, le maximum ayant été de i4oœufs. Quelques adultes 
issus de ces pontes, et constituant la 4" apparition ou 3' génération, se 
montrèrent du 7 au 3o octobre. 

Ln résumé la vie el la période de ponte sont de bien plus longue durée 
qu'on ne le pensait, de sorte que les générations s'enchevêtrent et que dans 
chacune d'elles les premiers adultes éclos ont seuls le temps de se repro- 
duire. On |)eul ol)server trois générations partielles en captivité, mais 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER 1921. 4oi 

vraiseirihlahlemoiU deux seulement au deliors. L'arrêt de la ponte et de 
l'alimentation, puis l'inhernation commencent avant les froids et semblent 
déterminés au moins en partie par le changement de qualité de la nourri- 
ture. [jCS hibernants appartiennent aux trois générations, mais surtout aux 
derniers nés de la première et à ceux de la seconde. 

Contrairement à l'opinion courante, l'Altise de la Vigne ne peut vivre 
aux dépens des Saules. Adultes et larves ont refusé de s'alimenter avec 
divers Sa/ia- mis à leur disposition. En revanche, nous avons réussi très 
facilement des élevages sur Vigne-vierge, Salicaire, ÉpiloJje et plusieurs 
espèces d'OEnolhères, moins aisément sur Eglantier. Réciproquement nous 
avons élevé Yllaltica lythri, espèce des Lythnim et Epilohium, avec de la 
Vigne et sans la moindre difficulté. 

Nous avons réussi, dans un cas sur quatre, à obtenir des adultes issus du 
croisement d'//. lythri cf X Ampelophaga Ç . 

Les caractères classiques différenciant ces deux espèces nous ont paru 
à peine apprécialiles, même en ce qui concerne le pénis, si distinct cepen- 
dant chez les autres Hahica comme Oleracea. Pour toutes ces raisons nous 
sommes portés à croire que H. ampelophaga n'est qu'une race ou sous- 
espèce d'//. lytliri qui s'est adaptée à la Vigne. Le même phénomène de 
migration des Lythrariées et Onagrariées vers la Vigne, qui a certainement 
eu lieu pour le Gribouri (/iromiiis ohsciinis) et les quatre espèces de Sphinx 
ampélophages, se serait donc produit chez l'Altise, le seul Coléoptère de la 
Vigne que l'on considérât jusqu'à présent comme spécifique. 

La Mouche de l'Altise {hegccria funcbris Meig.) ne produit pas néces- 
sairement une castration parasitaire totale, comme le prétendent Vaney 
et Conte (' ). Un de nos mâles, après s'être accouplé, mourut en donnant 
issue à une larve de Dcgceria, tandis que sa femelle pondit de nombreux 
œufs féconds. Des expériences concomitantes nous permettent d'éli- 
miner la parthénogenèse. 



HYGIÈNE. — Influence (le la température stu- le nombre de décès par diarrhée 
infantile, à Paris, ^ote de M. Louis Besson, présentée par M. Bi- 
gourdan. 

Il est bien connu que la mortalité par diarrhée infantile augmente en été 
avec la température, mais, autant que je sache, on n'a pas déterminé quan- 



(') Vanjîy et Conte, Comptes rendus, 1. 136, 1908, p. 127.5. 
C. R., igîi, I" Semestre. (T. 172, N« 7.) 



3o 



402 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

tilalivemenl cette relation. L'intérêt pratique d'une telle détermination est 
évident. S'il étail possible de calculer le noniljre de décès en fonction de la 
température, la comparaison des résultats du calcul et des constatations de 
la statistique révélerait les variations intrinsèques de l'état sanitaire et, au 
cas où des mesures prophylactiques auraient été prises, permettrait de 
contrôler l'efficacité de ces mesures. 

J'ai fait cette recherche en me servant des données fournies par le Bulletin 
hebdomadaire de Statistie/iie municipale, qui donne, pour chaque semaine, If 
nombre de décès par diarrhée infantile de o à i an à Paris et les éléments 
météorologiques enregistrés à l'Observatoire de Montsouris. Les moyennes 
de chaque semaine ont été calculées sur les dix années 1904-1913 ('). La 
mortalité, remarquablement constante jusque vers le milieu de mai, com- 
mence à augmenter lorsque la température atteint 16" ou 17°, passe par un 
maximum une semaine après celle-ci et revient ensuite lentement à sa 
valeur initiale, en décroissant pendant l'automne avec une allure expo- 
nentielle. 

Cette variation rappelle d'une façon frappante la variation diurne de la 
température de l'air. Au lever du soleil correspond ici le moment où la 
température commence à dépasser 16° ou 17°; au coucher, celui où le 
refroidissement automnal la ramène à cette valeur. On peut donc supposer 
que, comme cela a lieu pour la chaleur pendant le jour, il y a, dans le phé- 
nomène considéré, un effet d'accumulation, contre-balancé par une perte 
proportionnelle, dans l'unité de temps, à l'excès atteint. 

Avant de développer cette hypothèse, il était nécessaire de préciser le 
degré à partir duquel la température agit sur la mortalité par diarrhée. 
A cet effet, j'ai cherché quel est, pour les diverses valeurs de la température 
moyenne, au début de l'été, le nombre moyen de décès enregistré la même 
semaine. Les résultats de 1904-1913 sont d'accord avec ceux de 1894-1903, 
que j'ai calculés aussi. D'après l'ensemble des vingt années, on a la corres- 
pondance suivante : 

Température moyenne, en périod e iiscendante. 

1^. Ï3\ l'i". 15». \6-. 17"-. 1S°. 19^ 2(>7~ 
Nombre moyen de décès. 27 1- 28 28 27 3o 34 34 36 

On voit que la température cherchée est sensiblement de 16°, 5. La tem- 
pérature moyenne dont il s'agit est la moyenne des minima et des maxima, 
supérieure d'environ o°,7 à la moyenne vraie. 

(') D'après les recensements de 1906 et de 191 1, il y avait en moyenne à Paris, pen- 
dant celte période, 34^00 enfants âgés de moins d'un an. 



SÉANCE DU l4 FÉVRIER I921. 4o3 

J'appellerai pour abréger température efficace la température diminuée 
de iG", ") et mortalité llicrniirjue le nouibre hebdomadaire de décès diminué 
de la valeur qu'il présentait au début de la saison, avant que la température 
s'élevât au-dessus de iG",'). 

Considérons maintenant les moyennes décennales. A partir de la St*" se- 
maine, la température efficace est nulle; la mortalité thermique tend vers 
zéro d'une manière dont rend bien compte la formule y = y^.a'''', x est le 
numéro de la semaine diminué de 87, lest la mortalité thermique cor- 
respondante et a = o,8i3. 

J'admets que la valeur de « ne varie pas. Cela étant, pour une semaine 
d'été dont la température moyenne resterait inférieure à iG°,5, la mortalité 
thermique serait égale à celle de la précédente multipliée par 0,81 3. Si la 
température surpasse iG",5, on peut avoir une mesure de son effet immédiat 
en retranchant de la mortalité thermique observée celle de la semaine pré- 
cédente multipliée par o, 8i3. C'est ce que j'ai fait pour les dix années 
1904-1913, en groupant les températures efficaces de iG°,5 à 18", 5, de 
18'^, 5 à 20°, 5, etc., et faisant pour chaque groupe la moyenne des diffé- 
rences calculées comme je viens de le dire. Le résultat est le suivant : 



,,„, i obser\é. 
t-flel l , ,, 
calcule . 



l'empérature 


efficace. 




3". 5C~ 


7°. 


9». 


I 1 .'.0 


4i 


62 


10 21 


38 


63 



La deuxième ligne donne les nombres fournis par la formule 

(1) /M = 3 Ô -h o,o5 6^ 

qui, comme on le voit, représente bien la fonction considérée et permet de 
calculer l'effet immédiat m d'une température efficace quelconque 0. 

Dès lors, il est possible de calculer la mortalité thermique de chaque 
semaine. 

Pour la i'''"" elle est 

(2) M,- = »i, + a 7n,_ , -1- «^ m ,_2 -+■ a^ /«,_3 + . . . . 

Les valeurs de m sont calculées au moyen de la formule (i) en remontant 
jusqu'à la première semaine dont la température a été supérieure à 16°, 5. 

Pour avoir le nombre total de décès de la semaine, il faut encore ajouter 
la mortalité non thermique, qui paraît à peu près constante, et que je 
prends égale à la moyenne des nombres de décès des quatre semaines pré- 
cédant celle dont la température moyenne a surpassé pour la première 
fois 16'', 5, 



t\Ol\ ACADÉMIE DES SCIENCES. 

J'ai fait le calcul semaine par semaine pour les dix années et j'ai pris la 
moyenne des résultais pour cliacune des 32 semaines de l'année. Les 
nombrqs moyens de décès ainsi calculés serrent d'assez près la réalité. 

Sachant calculer l'effet de la température, on peut chercher sur les 
résidus celui des autres éléments météorologiques. Ni l'humidilé, ni le 
nombre de jours d'orage ne semblent avoir d'influence sur la mortalité 
considérée. Peut-être est-elle légèrement accrue par les venls du sud-ouest. 
Pratiquement, on peut dire qu'elle ne dépend que d'un seul élément 
météorologique, la température. 

Ce que l'on demandera aux formules proposées ci-dessus, c'est surtout le 
nombre total de décès d'une saison. Il convenait donc d'examiner ce 
qu'elles indiquent pour les dix années i9o4-if)i3. Voici les résultats 
relatifs à la période thermique, de la dix-neuvième à la quarantième 
semaine : 



Nombre 


Erreur 


calculr. 


pour 100. 


'329 


7 


1073 


— 1 1 


1019 


— '9 



1904 '■329 — 7 1909. 

1906 1073 — II i9>o- 

1906 '019 — 19 19''' 

1907 762 — 28 '9'''-. 

1908 923 — I 19' >. 



Nombre 


Errtur 


.alculr. 


pour 100. 


662 


— ' i 


6o3 


— 3 


216- 


+ .55 



Sous l'action de causes non météorologiques dont l'intervention n'a rien 
de surprenant en pareille matière, une ou deux années ont présenté des 
écarts importants, mais, dans l'ensemble, les indications du calcul sont, 
semble-t-il, satisfaisantes (l'erreur sur le total des dix saisons est 
de — I pour 100). 

M. II. Lehercier adresse un Mémoire intitulé : Structure moléculaire des 
nitiiles et des caihylarrdnes. 

M. Massai.ki adresse une Note dans laquelle il établit la sensibilité que 
présenterait un baromètre à deux liquides supcrjxisès et les difficultés ijue 
rencontrerait la réalisation de cet appareil. 

A iG heures et quart, l'Académie se forme en Comité secret. 

La séance est levée à 17 heures et demie. 

A. Lx. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 

SÉANCE DU LUNDI 21 FÉVRIER 1921. 

PRÉSIDENCE DE M. Georges LEMOIXE. 



ME3I0IRES ET C0M3IUIVICATI01VS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Recherches siir V atmosphère des étoiles. Reconnais- 
sance d'étoiles qui ont les mêmes raies brillantes de l'atmosphère que le 
Soleil. Note de MM. H. Deslandres et V. Burson. 

Dans une Note récente ( ' ), l'un de nous a exposé avec détails les moyens 
de distinguer dans la lumière d'une étoile la lumière propre de son atmo- 
sphère et même des couches successives qui la composent. La méthode 
repose sur la découverte dans le spectre solaire en 1892 et iSg/j de raies 
doublement renversées, et donc brillantes et noires appelées K^ et H^, K, 
et H3, qui apparaissent sur tous les points de l'astre au milieu des larges 
raies noires K et II les plus larges du spectre solaire. Les raies K^, ou H^ 
qui sont brillantes, surtout sur les facules, sont émises par la couche 
moyenne de la chromosphère; avec une dispersion forte, elles se dédoublent, 
ayant entre elles une raie noire plus fine, K3 ou H;,, qui correspond à la 
couche supérieure (-). 

(') Deslandres, Comptes rendus, i. 171, 1920, p. 45i. Voir aussi Comptes rendus, 
t. 115, 1892, p. 22; t. 116, 1893, p. 238; t. 119, 1894;^ p. 467; t. 151, 1910, p. 4i6; 
t. loi, 1912, p. i32i, et Annales de Meudon, t. k. p. io4 à loB. 

(-) Le mot chromosphère désigne tout particulièremenl la partie gazeuse de 
l'atmosphère solaire, qui apparaît rose au bord de l'astre pendant les éclipses totales. 
La chromosphère comprend trois couches superposées, à savoir : i" la couche basse 
ou couche renversante qui donne naissance aux raies noires du spectre solaire et en 
particulier aux larges raies noires Ki et H,; 2° la couche moyenne, qui émet les raies 
brillantes K., et H., et qui est spécialement considérée dans celte Note; 3° la couche 



C. R., 1921, I" Semestre. (T. 172, N" 8.) 



3i 



4oG ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Ces mêmes raies brillantes, doublement renversées, se retrouvent avec une 
forte dispersion, faibles mais nettes, dans la lumière générale du Soleil, 
c'est-à-dire dans la lumière que nous enverrait le Soleil, s'il était aussi 
éloigné de nous que les étoiles. D'où l'idée naturelle de les rechercher dans 
les étoiles et en particulier dans les étoiles jaunes voisines du Soleil. 

Les raies chromosphériques Ko et Ho du calcium sont bien les seules 
raies brillantes que présente la lumière générale du Soleil. On a examiné 
à ce point de vue les autres raies brillantes, dues à l'hydrogène et à l'hélium, 
qui sont visibles au bord ou près des taches; or, dans la lumière générale 
du Soleil, les raies de l'hydrogène sont toutes noires, et la raie jaune de 
l'hélium manque absolument. 

T^e Soleil est donc, grâce à ses radiations brillantes Ko et H^, une étoile 
à raies brillantes; mais, pendant longtemps, elle est restée seule de son 
espèci'. Les autres étoiles à raies brillantes, au nombre de ySo d'a|)rès un 
Mémoire de 19 17 de l'Observatoire d'Harvard, offrent en effet seulement 
les raies brillantes de l'hydrogène ('), et elles appartiennent aux premiers 
types P, O, B, A, et aux derniers types M, N et R de la classification 
d'Harvard, qui range les étoiles dans l'ordre de leurs températures actuelles, 
en commençant par les plus chaudes. Les types intermédiaires F, G, K (-) 
ne sont pas représentés dans le tableau d'Harvard, et l'on sait que le Soleil 
est du type (î. La rc-connaissance généiale des spectres stellairesa élépi>ur- 
suivic à Harvard avec des appareils de faible dispersion; et, comme les 
raies Ko et Ho de la lumière générale du Soleil apparaissent seulement avec 
un appareil puissant et une pose relativement longue, on a expliqué d'abord 

sujjérleure, décelée seulement avec une forte dispersion par les petites raies relative- 
ment noires K3 et H3, qui apparaissent au milieu des raies Ko et llj. 

Dans les reclierclies exposées ci-dessus, la di^persion est faible et les raies K, et Ilj 
ne sont pas dédoublées. Il serait plus exact de dire que, dans ces, conditions, les 
raies Ko et H, représentent l'ensemble des couches moyenne et supérieure; mais la 
couche moyenne est de beaucoup la plus lumineuse. 

(') Ces raies brillantes de Ihydrogèiie apparaissent tn général dans les éiuiles qui 
offrent les raies noires de l'hydrogène très larges. 

(') Les types stellaires d'une pari, et les raies noires du spectre solaire d'autre part, 
sont désignés par des lettres tle l'alphabet; ce qui entraîne des confusions fâcheuses. 
Ainsi la lettre K représente le type d'étoiles qui, dans l'évolution normale, succède au 
type solaire; et la même lettre représente la raie la plus large du spectre solaire. Aussi 
a-t-on soin d'accoler à la lettre K soit le mot type ou classe, soit le mot raie ou radia- 
tion, pour bien spécifier qu'il s'agit dans un cas d'étoiles particulières et dans l'autre 
d'une r:iie spéciale du spectre. 



SÉAJVCE DU ai KÉVKIER 1921. 4^7 

par ces raisons que les étoiles solaires à raies brillantes n'aient pas été 
signalées en Amérique. 

Puis, en igiS, Schwarzschild et Eberhard(') ont annoncé la présence 
des raies brillantes H^ et K^ du calcium dans les étoiles Arcturus (a Bouvier), 
Aldébaran (x Taureau) et a- Gémeaux, qui appartientau type K d'Harvard. 
Les raies brillantes ont été obtenues avec une cbambre prismatique de 
dispersion relativement faible (10™™ d'intervalle entre la raie H-^, de l'bydro- 
gène et la raie K du calcium); et elles sont notablement plus fortes que 
dans le Soleil. 

Tel était l'état de la question lorsque nous avons, après la guerre, en 1920, 
entrepris la recherche systématique des raies brillantes chromosphéri(|ues 
dans les étoiles, et en particulier dans les étoiles des types V, G et K, qui 
ont les raies noires H et K du calcium particulièrement larges. Nous avons 
utilisé un spectrograpbe à fente, fixé à la grande lunette de Meudon (24'"™ 
entre II,, de l'hydroircne et K du calcium) et une chambre prismatique 
(i8™'" entre H^ et K). Les deu.v appareils offrent des dispositions spéciales 
qui seront décrites dans un Mémoire ultérieur. 

Nous donnons aujourd'hui seulement dans une Note préliminaire l'indi- 
cation brève des premiers résultats. Notre élude a porté d'abord sur une 
vingtaine d'étoiles dont le spectre a été photographié avec une pose plus 
longue que celle employée d^ordinaire ; la pose a été surveillée par Bursan. 
Le Tableau ci-joint relève celles de ces étoiles qui, à une date déterminée, 
ont montré nettement les raies brillantes K^ ou Ho, émises par la chromo- 
sphère moyenne. 

Type Appaieil Haies Uemarques 

Noms des étoiles. specli-al. Éclat. eiii|iloyé. des épreuves. sur les raies brillantes. 

« Bouvier (Arcturus). K 3,09 Specl. fente 19, 20, 2 i , 26 jiiill., K2 et^ Hj '"tensité passable. 

21 août 1920 
Cil. prisin. 19 féviier 1921 Id. 

^ l^etite Ourse K o,33 Specl. fente iiaoùligao K,, et Hj faiblem' visibles. 

Id. Iv 0,91 Ch. prisai. 11 octobre 1920 Id. 

aTaureau(.\ldébaran). Iv 0,91 Id. 11 novembre 1920 Kj et H, intensité passable. 

y Dragon K 0,28 Id. 12 novembre 1920 K, et IJ2 faiblem' visibles. 

(xBiVier K o,33 Id. i/( janvier 1921 K, seule et faible. 

P Gémeaux K o,83 Id. 4 février 1921 Id. 

ff Gémeaux K id. 16 jan v., i", 4 et K^ et IIj fortes. 

I 5 février 1921 
a Cocher (La Chèvre). G 2,09 Id. i4 et 19 fév. 1921 K, et Hj assez fortes. 

(') Aslrophysical Journal, 1913. 2'' Partie, p. 192. 



4o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Les raies Iv, et IL, avec la faible dispersion employée, apparaissent 
simples; selon toute vraisemblance, elles seraient doubles et renversées 
en leur milieu avec une dispersion plus forte, qui même pourrait être moins 
forte que celle exigée pour le Soleil ('). 

Sur les huit étoiles du tableau, sept sont du (ype K, qui, dans l'évolution 
normale, succède au type solaire G, et trois de ces étoiles ont été déjà 
signalées à Potsdam comme étoiles à raies brillantes. Les quatre autres, 
reconnues à Meudon, sont nouvelles. La 8' étoile, a Cocher ou La Chèvre, 
est la plus intéressante, car elle est notée par tous comme ayant un spectre 
du type Ç, absolument identique à celui du Soleil, et elle est actuellement 
la seule étoile de ce type, qui ail montré les raies brillantes K„ et H, de la 
chromosphère solaire; même ces raies y sont beaucoup plus brillantes que 
dans le Soleil. 

Avec toutes les étoiles du tableau, d'ailleurs, l'intensité des raies chro- 
mosphériques K^ et IL est supérieure à celle atteinte dans le Soleil, et elle 
est variable d'une étoile à l'autre. Celte intensité, qui est liée intimement 
à l'état électrique de la chromosphère moyenne, ne dépend donc pas seule- 
ment de la température moyenne de l'astre, comme on avait pu l'admettie 
jusqu'alors. D'autres causes interviennent; et, dans la Note d'août 1920, 
Deslandres a indiqué une cause possible ou même probable, suggérée par 
l'élude de l'éleclricité almosphérique terrestre, qui est l'émission d'un 
rayonnement X extrêmement pénétrant par le noyau de l'astre. 

L'étoile La Chèvre se dislingue aussi de notre Soleil sur un autre point. 
Elle est une double speclroscopique, et ses deux composantes, de masses 
très voisines, ont une orbite presque circulaire avec une période de 104^02. 
Il convient de suivre les fluctuations de ses raies chromosphériques K^ 
et Hn au cours d'une période ou de plusieurs périodes, d'aulanlque ces raies, 
d'après les études spectrales antérieures, sont probablement variables (-). 



(') Avec une dispersion plus forte, on aurait en eflet les raies fines K;, et llj de la 
couche supérieure; ces raies onl dans le Soleil des largeurs variables d'un point à 
l'autre. Elles pourraient, dans certaines étoiles, être plus larges que dans le Soleil, et 
donc apparaîlie avec une dispersion moindre. 

D'autre pail, la raie brillante K» ou IJj apparaît a\ec une disjiersion d'nutanl moins 
forte <|ii'elle est elle-même plus brillante. 

(-) Dans j)hisieurs épreuves de La Chèvre, obtenues les années précédentes avec 
une pose déjà longue, la raie brilhinle Kj n'est pas visible. De plus, Schwar.-.schild, 
dans son Mémoire de i()k>, noie que I-a Chèvre, et aussi l'étoile |5Gcnican\, inscrite 
égalinieiil dans notre lableau, n'ont pas montré les raies btili:inlrs du calcium. 



SÉANCE DU 2 1 FÉVRIER I921. /Jog 

GÉOLCiE. — Le lanihcaii de rccimvremenl de Propiac {Drame), témoin d'une 
raslc nappe, d'origine alpine, poussée, avant le Miocène, sur la vallée du 
Rhône. i\ole de MM. Pierre Tkrmier et Léonce Jolealo. 

La feuille L" Huis de la C irte géologique détaillée de la France indique 
au sud-ouest et au sud-est des Baionnies, dans les régions levées par 
MM. Leenhardt et Paquier, plusieurs témoins de la formation appelée 
horizon de Suzette. En des points très disloqués, dit la Notice delà feuille, 
existent des gypses au milieu de cargneules. « Celles-ci se présentent 
comme le résultat de la transformation, sous l'action d'agents hydrother- 
maux, des différents termes locaux de la série sédimentairc : /' àMontrond, 
Beauvoisin,y- à Propiac, /^-'* àMérindol, y^-c,,, à Montaulieu, au massif 
d'Auzière; et jusqu'à" /«, , à Grillon, peut-être même, avec doute, m'"' à 
Propiac. » 

Nous avons, au cours de l'été dernier, étudié le lambeau de cette forma- 
tion de Suzette qui affleure près de Propiac et de Mérindol, et nous avons 
constaté qu'il était entièrement constitué par des sédiments triasiques. 
Nous y avons rencontré, sur le bord du sentier du Pas de Manevrale, à 
5oo"' au nm-d du Vieux-Mérindol, au-dessous du piton d'Auzière 
(cote 759), des calcaires en plaquettes, de couleur jaune ocre, qui renfer- 
maient des fossiles. A côté d'une empreinte douteuse de Myophorie et de 
nombreux autres moulages de I^amellibranches rappelant, par leur forme 
générale, le genre Anoplophora, nous avons trouvé plusieurs coquilles 
remarquablement conservées d'une Lingule, bien caractérisée par ses deux 
plis transversaux, faiblement accusés, qui, partant du crochet, divisent les 
valves en trois régions à peu près égales. Ce Brachiopode est identique à 
Lingala Zenkeri von Alberti (') des grès de la Lettenkohle moyenne à 
Eslheria minuta et Végétaux, ainsi que des dolomies de la Lettenkohle 
supérieure à Myophoria Gold/ussi, du Wurtemberg et de Bade. Leur niveau 
straligraphique correspond à la partie supérieure du Trias moyen. Les 
calcaires ne jouent pas un rôle important dans le massif triasique de Propiac, 
qui est formé surtout de cargneules, associées à des gypses et à des marnes 
et argiles versicolores. 

(') Ueberblick iiber die Trias mil Beriicksichtigang ihres Vorkuinmens iii deii 
A/peu. Slullgard', i864, p. 161, pi. VI, fig. /!• — Skiphos, Jahrb. /.. k. geol. /ieic/ts,, 
l. 4.3, 1893, p. 28, pi. V, fig. 11-12. 



4lO ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Lorsqu'on suit la route de Propiac à Mérindol, on voit, à 400"" à 
l'est de la bifurcation du cliemiii qui monte au pittoresque village du Vieux- 
Mèr'indo\, la formalion de Suzrlle arri\er directement au contact an schlier 
iielvélien. De la façoa la plus nette, on constate ici la superposition du 
Trias au Miocène : ce dernier terrain a, d'ailleurs, été sensiblenienl modifié 
par le broyage, au voisinage du contact anormal, tandis que les catgneules 
triasiques sont fortement mylonitisées. 

La limite occidentale du lambeau de Trias montre, plus au Nord, les 
cargneules touchant les marnes oxfordiennes, puis les schistes à Posidono- 
mies du Callovien supérieur et, de nouveau, les marnes oxfordiennes. La 
masse triasique est ainsi discordante et transgressive sur les différents étages 
d'un substratum jurassique. Elle a même rebroussé le Jurassique et l'a 
ramené sur le Miocène immédiatement à l'est du Yieux-Mérindol. 

Il y a donc, à Propiac et à Mérindol, indépendance complète entre le 
Jurassique et le Trias : celui-ci est charrié sur celui-là. Le Trias est un 
paquet, d'allure simple, mais où les couches sont fréquemment broyées et 
transformées en mylonites ; ce paquet repose sur du Jurassique violemment 
plissé. Les conditions tectoniques sont exactement les mêmes à Propiac- 
Mérindol qu'à Suzette-Gigondas : ici comme là, il y a eu des mouvements 
posl-helvéliens (') qui, localement, ont fait avancer sur le Miocène les 
terrains de la nappe ou les terrains de son substratum. D'autres lambeaux 
ou paquets analogues, tous formés de Trias, traînent çà et là sur le pays 
jurassique et crétacé plissé : ce sont les multiples témoins de la fom/atiim 
de Sitzeltc indiqués par la Carte géologique; ce sont en réalité les débris 
d'une grande naj)pe triasique qui, avant le Miocène, a recouvert toute la 
région. 

Le charriage de cette nappe triasique semble avoir déterminé, près de 
Propiac, la formation ou plut('it l'accentuation d'un régime d'imbrications 
dans la série subordonnée du Jurassique et du Crétacé, aussi bien vers le 
Nord-Ouest, à l'est du hameau des Géants, que vers le Sud-Ouest, dans la 
roche d'Oie et dans la serre des Gipières. Celle-ci emprunte son nom aux 
nombreux petits témoins de la nappe triasique respectés par l'érosion à la 
surface des schistes ù Posidonomies et des marnes oxfordiennes, de part et 
d'autre de la région déprimée et largement ouverte que l'on parcourt dans 
sa longueur quand on va du Salin, près de Propiac, à la ville de lîuis-les- 
lîaroimies. 

('1 l'iKitHn TiiRiiii:!! el I.koxck .Iolkaid, Comp/rs rendus, t. 172, ni^i, p. 191. 



SFANCE DU 2 1 1 liVIilER 192t. /jH 

A l'esl du relief triasique d'YVuzièie, la liinile oricrilale rie la masse des 
carg-aeLiles recoupe perpendiculairement les assises du suhstratum, marnes 
oxfordiennes, calcaires marneux rauraciens, calcaires lilés séquaniens, cal- 
caires massifs kimeridi;iens, marnes valanginicnnes, ainsi que le monlre les 
tracés de M. Leenhardt : ici, comme sur d'autres points de la région, la 
présence du Trias est liée à une minéralisation plus ou moins étendue; de 
la calamine a été exploitée dans le Séquanien d'Auzièrc, non loin de la surface 
de charriage. 

Les diverses assises jurassi(|ues et crétacées du voisinage de la mine 
d'Auzière font partie de la retombée nord-ouest du dôme de la serre des 
•Gipières. Cet accident tectonique, qui est antérieur à la mise en place 
de la nappe triasique, dessine une ellipse dont le grand axe est orienté 
Ouest-Est. Le dôme est lui-même affecté d'accidents secondaires impor- 
tants, plis imbriqués et plis failles, dont la première ébauche est sans doute 
antérieure au charriage. Lorsque le recouvrement s'effectua, le dôme était 
déjà profondément érodé, puisqu'on retrouve des paquets de Trias depuis 
\e voisinage du Buis, vers la cote 35o, sur le Callovien, jusque près de 
Beauvoisin, vers la cote 63o, sur l'Oxfordien, et, jusqu'au sommet 
d'Auzière, à la cote ySç). 

Toutes ces observations cadrent avec celles que nous avons faites dans les 
montagnes de Gigondas, où nous avons vu que les plissements (.)uest-Est 
étaient déjà passés, avant le charriage de la nappe triasique, par plu.'-ieurs 
phases : 1° une phase de bossellement; 1° une phase de dislocation ayant 
donné naissance à des chevauchements qui se traduisent aujourd'hui par 
d'importantes lacunes stratigraphiques; 3° une phase de dcnudation 
intense ('). 

Au nord du piton d'Auzière, le Trias déborde sur le Miocène qui, ici 
encore, est rebroussé ; le long du contact, le Burdigalien a été ramené sur 
l'Helvétien sous la forme d'une lame discontinue. 

Plus loin, le Miocène est chevauché par les marnes oxfordiennes du 
substratum de la nappe. Ce contact anormal, qui se continue sur tout le 
revers oriental de la montagne d'Auluche, va rejoindre les dislocations 
du substratum des lambeaux de recouvrement triasiques situés à 8'"" 
au nord de Propiac, entre Montaulieu et Condorcet, sur les deux rives de 
l'Eygues, à l'est de Nyons. Les gypses et les cargneules de cette région ont 

(') Pierre Termier et Lèo.nce Joleald, loc. cit. 



4l2 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

été décrits par Paquier ('); ils viennent en rocoiivremenl sur le Callovo- 
Oxfordien, chevauchent même le Burdigalien d sont accompagnés défilons 
de célestine, de quartz, etc. 

Les mêmes formations se retrouvent au sud-est des Baronnies. aux envi- 
rons de Serres, notamment à Montrond, où elles reposent sur le Bajocien- 
Balhonien par l'intermédiaire d'une brèche où sont repris des blocs calcaires 
du Jurassique moyen et supérieur. Paquier, à qui l'on doit la plus récente 
description géologique de cette, localité, y signale le passage graduel des 
brèches aux cargneules. Les assises du Jurassique et du Crétacé inférieur 
dessinent, à Test de MoiUrond, au bois de l'Llbac, une remarquable cuvette 
synclinale allongée de l'Ouest à l'Est, dont la formation serait ainsi anté- 
rieure aux charri-ages. 

La nappe triasique des Baroimies méridionales et des montagnes de 
Gigondas se rattache, par les lambeaux des environs de Serres, aux grands 
plis couchés de la région de Digne, dont l'histoire géologique a été très 
heureusement mise en relief, dès 1891, par AL l'jnile Haug. Le Trias à 
faciès germanique joue là, en effet, un rôle capital dans les masses chevau- 
chantes qui s'avancent sur les plis de direction Ouest-Esl, parallèles à l'an- 
ticlinal du nord de la montagne de Lure ("). 

Ainsi une nappe de charriage, formée d'assises Iriasiques. s'est étendue 
sur le Sud de la Drômc et le Nord du V^iucluse, depuis Serres jusqu'à 
Nyons et Gigondas ; à celte na])pe, dont il ne, reste plus aujourd'hui (pie 
des débris, tel le lambeau de Pjopiac, se lie un régime d'écaillés, développé 
dans le Nord des Bouches-du-Rhùne et TEsl du Gard, depuis la Monta- 
gnette jusqu'à Alais C). Ces accidents tectoniques alpins sont venus, entre 
l'Oligocène et le Miocène, se superposer, vers les confins du Daujdiiné. de 
la Provence et du Languedoc, aux plis pyrénéens Ouest-Est, qui avaient 
été déjà le théâtre de phénomènes de chevauchement et qui venaient d'être 
profondément érodés. Plis pyrénéens et nappe alpine ont été ensuite repris 
par les poussées miocènes, qui ont déterminé des remises en mouvement, 

(') neclierclics gi^ologùjdcs (laits le hioisel les flarun/r'es, U(00, p. SS.S-Sgf). 

C) lilMiLK llArii, Les chaînes siihalpines entre (inp et Digne^ '891, nol;immenl 
planche 1. 

(') PuiitiiE TF.inuKii el Gkohgks I'riivDei., Comptes rendus, t. 168, 1919, p- 1034; 
i. Kiî), 1919, p. 752 el 1371. — l'iEiuiii Termu;r, Ihid., t. 168, 1919, p. 1291. — Paul 
TiiiÉuv, Ibid., t. 16S, 1919, p. 902; i. 1(50, i()i(), p. i/jS el J83. — I'ikrre Termier et 
Léonce Joi.eaud, Ibid., i. 172, 1921, p. si. 



SÉANCE DU 21 KÉVIUER I92I. /}l3 

toutes locales, de la nappe, avant la naissance des boinhements à grand 
rayon de courbure, phase ultime des plissenienls tertiaires. 

La nappe tria^ique en question a été, senible-t-il, la matrice des impré- 
gnations métallifères que l'on a signalées, et même exploitées, en de nom- 
breux points de la région où confinent la Drôme, les Basses-Aljies et le 
Vaucluse. A l'heure actuelle encore, des sources salées, parfois tiès con- 
centrées, sortent des lambeaux de Trias, témoins de la nappe : telles sont 
les sources exploitées c^ Propiac (Propitit/ nqua) et à Montmirail, près de 
Gigondas, pour leurs propriétés purgatives. Les gîtes métalliques ont offert 
de la calamine, de la blende, de la galène, accessoirement de la célestine. 
Le gîte de Menglon, près .de Chàtillon-cn-Diois, a été de beaucoup le plus 
important (environ 80000' de calamine et blende); celui de Brette, 
près de Saint-Nazaire-le-Désert, a fourni quelques milliers de tonnes de 
calamine; plusieurs autres (') ont donné quelques centaines de tonnes de 
ce même minerai de zinc. Tous les gîtes calaminaires de la région sont 
contenus dans le Séquanien et semblent avoir été formés/jf/- desce/isnm, par 
des eaux minéralisées provenant d'une couverture du Jurassique, couver- 
ture qui, pour nous, n'était autre que la nappe de Trias. S'il en est ainsi, 
l'extension maxima, vers le Nord et vers l'Ouest, des gîtes de zinc de la 
Drôme, nous renseigne sur l'extension ancienne de la nappe : celle-ci aurait 
recouvert une grande partie du Diois. 

Il y a là une curieuse analogie de genèse entre les gîtes de plomb et de 
zinc de cette région du Sud-Est français et les gîtes de plomb et de zinc de 
la Tunisie et de l'Est de Constantine. La plupart des gîtes tunisiens et 
constanlinois sont : ou bien des giles pi-i maires, contenus dans le Trias; ou 
bien des gîtes secondaires résultant du transport, par les eaux, des minerais 
triasiques. Les gîtes secondaires sont situés dans des terrains quelconques; 
ils sont presque tous formés per descensum ; les eaux qui les ont apportés 
avaient traversé une nappe de Trias, recouvrant ces terrains, nappe dont 
il reste encore des lambeaux et dont l'un de nous a signalé, il y a quelque 
vingt ans, le charriage sur une vaste région de l'Afrique du Nord. 



(') ^folammelU celui d'Auzière, près de Propiac, où la relalion entre le gîle de 
calamine et la nappe iriasiqne qui le surmonte est presque évidente. Il est bien 
remarquable que la précipitation des sels de zinc provenant de la nappe n'ait été 
réalisée que dans les calciires, très légèrement marneux, du Séquanien. 



4l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

MÉDECINE. — Dêsi'nsihilisallons et rescnsibilisalions à rnlontè chez une 
malade anaphylactiséc à Vantipyrine. INole de MM. Fer.vaxd AVidai. 
et Pasteur Vallery-IIadot. 

Nous rap[)orlons un nouveau cas d'anaphyla^ie à l'anlipyrine. Clu-z une 
malade, dont l'Iiistoire a été précédemment publiée, nous avions montré 
comment une phase de désensibilisation pouvait succéder à la phase de 
sensibilisation. Dans roi)servation dont nous allons relater les diverses péri- 
péties, on verra que nous avons fait plus encore et (]ue nous avons pu, plu- 
sieurs fois de suite, à volonté, désensibiliser et refensibiliser notre sujet. Un 
tel fait, qui a été suivi avec une rigueur expérimentale, tire son intérêt des 
notions précises qu'il apporte sur l'évolution de certains phénomènes ana- 
phylactiques et des applications qui peuvent en découler pour la pratique. 

Il s'agit dans notre cas, d'une femme de 42 ans atteinte de diabète 
depuis 8 ans. Avant de ressentir les premiers symptômes de ce diabète, elle 
prenait depuis de longues années, à intervalles assez espacés, de l'anlipy- 
rine pour calmer de rares migraines, sans ressentir aucun symptôme anor- 
mal. Il y a trois ans, alors que depuis le début de son diabète, c'est-à-dire 
depuis cinq ans, elle ne prenait plus d'antipyrine, un médecin lui conseille 
de revenir à ce médicament. Dès l'absorption du premier cachet appa- 
raissent des accidents. Cinq minutes après avoir ingéré l'anlipyrine, elle 
éprouve une sensation de tiraillement au-dessus de la lèvre supérieure près 
de la commissure labiale droite. En même temps se manifestent en cette 
région de la rougeur et de l'enflure; quelques heures après, apparaît une 
vésicule d'herpès. Les jours suivants, à l'endroit de la vésicule, une petite 
croûte se forme. La malade continue, malgré ces troubles, à prendre de 
l'anlipyrine pendant deux mois, d'une façon discontinue. Aitiès chaque 
ingestion, les mêmes symptômes apparaissent. Emue par ces manifestations 
cutanées, elle va consulter un second médecin qui lui conseille de cesser 
l'anlipyrine. 

Depuis un an. la malade était restée dans l'abstinence complète de ce 
médicament, lorsqu'un autre médecin lui ordonne à nouveau de l'anlipy- 
rine. I']lle reprend un cachet. Les mêmes symptômes que précédemment se 
manifestent. Elle renonce désormais à cette thérapeutique. 

Lorsque nous vîmes pour la première fois la malade, en janvier 1920, elle 
n'avait plus absorbé d'antipyrine depuis dix-huit mois. Nous recherchâmes 
si elle était toujours sensibilisée. Le 17 janvier, à 17'' 5'°, nous lui faisons 



SÉANCE DU 2 1 FKVIllER I921. 4l5 

ingérer i» d'aiitipyrine. i7''f)"', sensation de « battements « dans la lèvre 
supérieure près de la commissure labiale droite. I7''i4"', légère enllureàcet 
endroit. i7''22'", sensation de brûlure localisée. i7''25'", la malade ressent 
comme des picotements d'aiguille entre le nez et la lèvre supérieure, i y'v'io"', 
rougeur localisée. i7''39"', fenflurc et la rougeur augmentent d'intensité. 
La malade dit ressentir une sensation de « battements » et de brûlure dans 
la région naso-labiale droite. Los heures suivantes, les mêmes symptômes 
persistent. La nuit, elle ne oeut dormir. Le lendemain matin iS janvier, 
nous la revoyons à 10''. La lèvre supérieure du coté droit, fortement 
œJématiée, est complètement déformée. A l'œdème s'ajoute une rougeur 
accentuée. 

Le 19 janvier, une vésicule d'herpès se forme à la lèvre supérieure, dans 
la région œdématiée. Le 20 janvier, la vésicule se dessèche. Les jours 
suivants, à la place de la vésicule, existe une croùtelle; la lèvre reste 
tuméfiée. Le huitième jour seulement, les symptômes ont complètement 
disparu. Ainsi, quatre minutes après l'absorption, ont apparu des symp- 
tômes subjectifs et, neuf minutes après l'absorption, les symptômes 
objectifs se sont manifestés. 

Il est remarquable de constater la (ixité de la topographie des accidents 
chez la malade dont nous rapportons actuellement l'histoire. C'est toujours 
au même point précis que chez cette malade les symptômes cutanés appa- 
rurent au cours des très nombreux essais que nous fîmes dans la suite. Bien 
plus, ayant pratiqué une cutiréaction à l'an tipyrine dans le but de rechercher 
si de l'érythème et de l'œdème n'apparaissaient pas au point de scarifi- 
cation, nous fûmes fort étonnés quand, un quart d'heure après la cuti- 
réaction qui resta négative, la malade se plaignit de picotements à la lèvre 
supérieure, exactement dans la même zone où elle avait coutume d'éprouver 
cette sensation après l'ingestion d'antipyrine. Il y a donc ici, ainsi que 
pour de nombreux cas d'anaphylaxie observés en clinique, un point d'appel : 
comme l'un de nous l'a exprimé avec MM. Abrami et Et. Brissaud, si tel 
sujet fait une crise d'asthme, tel autre une attaque d'urlicaire, tel autre 
une crise d'épilepsie, c'est par suite d'une sensibilité organique spéciale 
que le « choc » vient réveiller. Tels ou tels éléments cellulaires se montrent, 
suivant les sujets, plus particulièrement fragiles et traduisent leur souf- 
france par un syndrome fonctionnel déterminé. Notre observation actuelle 
est une démonstration frappante de ces localisations de la crise anaphylac- 
tique en un point toujours le même. 

Cette anaphylaxie à l'antipyrine était spécifique. D'autres médicaments, 
tels que le salicylate de soude, l'aspirine, étaient bien tolérés. 



4l6 ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Nous avons recherché si les symptômes d'anaphylaxie à la suite de 
l'ingeslion d'antipyrine étaient précédés de la crise hémoclasique. Dans 
notre précédente observation d'anaphylaxie à l'anlipyrine nous n'avions pu 
déceler celte crise. Ici nous avons pu la mettre en évidence en faisant des 
prises de sang toutes les deux minutes après l'ingestion d'antipyrine. Voici 
une de nos expériences : à ()''4o'", la malade ingère i*-' d'antipyrine. Le 
nomhre de ses leucocytes est de 7.600. Jusqu'à 9'' 5o'", ce chiiïre n'a pas 
varié; mais à celte minute même, il tombe à 55oo. A 9"5i"', le prurit appa- 
raît. A f)''54"' les leucocytes remontent à 9900 et à 9'' "JS™ ils reviennent au 
chiiï're de 7800, tandis que l'érylhème apparut. Donc, 10 minutes après 
l'ingestion, la crise sanguine apparaît préludant les signes cutanés. Elle fut 
extrêmement fugace, ne durant que quelques minutes. Cette crise est bien 
dilTérente de la crise hémoclasique qui s'observe dans les anaphylaxies 
d'origine albuminoïdique, où les troubles vasculo-sanguins se déioulenl 
d'ordinaire suivant un rythme lent. 

Nous avons recherché ensuite la dose niinima d'antipyrine capable de 
déclancher les accidents. Il est résulté de nos essais que os,oi élail la dose 
la plus faible capable de déterminer des symptômes cutanés. Ayant constaté 
que la malade était bien anaphylactisée elque des doses même extrêmement 
minimes étaient capables de provoquer chez elle des troubles cutanés, nous 
nous sommes appliqués à la désensibiliser en la soumettant à des doses 
d'antipyrine progressivement croissantes, allant de o*'',oi à i^, du i5 mai 
au iL\ juillet, mais en laissant parfois des intervalles de i à 7 jours entre les 
prises d'antipyrine. Sous Tinfluence du médicament donné ainsi, d'une 
façon réitérée, à doses faibles puis progressivement plus fortes, la désensi- 
biiisation fut obtenue. Cette désensibilisation cependant n'était pas absolue : 
l'ingestion de i^ provoquait encore des troubles, bien qu'extrêmement 
atténués; la suite de l'oljservalion montrera que la désensibilisation n'aurait 
pu être complète que si la malade avait pris tous les jours, sans interruption, 
de Tanlipyrine. 

A la suite de cette désensibilisation nous laissâmes notre nuilade pendant 
43 jours, du 2/J juillet au G septembre, sans ingérer d'antipyrine. Après 
ces 4^ jours nous constatâmes, à notre surprise, qu'elle avait retrouvé son 
état anaphylactique; lessN mplômes étaient cependant un peu moins intenses 
que ceux du 17 janvier. 

Jusqu'au ^5 octobre nous lui fîmes ingérer tous les 3 jours i*' d anti- 
pyrine et la malade perdit petit à petit de nouveau son état anaphylactique. 
Ici la désensibilisation a pu être obtenue rapidement en donnant à la malade, 
non plus comme la première fois des doses progressivement croissantes du 



SÉANCE DU 21 1-ÉVRlER I921. 4liJ 

médicament nocif, mais des doses d'emblée massives. C'est par des somma- 
tions réitérées à l'organisme que l'état anaphylactique a pu, cette deuxième 
fois, disparaître. Cependant, ici encore, la désensibilisation n'a pas été 
complète : l'ingestion d'antipyrine provoquait encore le dernier jour des 
manifestations cutanées. Il eût fallu, comme nous allons le voir, laisser la 
malade sous l'influence constante de l'antipyrine pour obtenir une désensi- 
bilisation complète. 

Ainsi, nous avons pu voir se dérouler sous nos yeux Jeux cycles de sen- 
sibilisation et de désensibilisalion. Les reclierches que nous finies dans la 
suite nous montrèrent que ce n'était pas un fait du hasard : il nous fut 
possible de désensibiliser et de resensibiliser de nouveau à volonté celte 
malade. Bien plus, nous pûmes graduer, pour ainsi dire, l'état anaphylac- 
tique suivant le laps de temps entre les ingestions du médicament nocif. 

Nous laissons la malade sans antipyrine pendant 55 jours, du 25 octobre 
au 20 décembre. Le 21 décembre nous lui faisons ingérer |S d'antipyrine. 
Au bout de 11 minutes des accidents surviennent, calqués sur ceux des 
deux précédentes reprises, mais un peu moins violents. Pour la troisième 
fois, la malade était anaphylaclisée. Le 22 et le 23 décembre, i" d'anti- 
pyrine provoque les mêmes symptômes que le 21 décembre, mais plus 
atténués et d'apparition plus tardive. Le 24 décembre i*'' d'antipyrine reste 
sans aucun eflet. A dater de ce jour jusqu'au i*''janvier inclusivement, la 
malade prend tous les jours i« d'antipyrine sans qu'aucun phénomène se 
produise, subjectif ou objectif. Dans cette nouvelle phase de notre obser- 
vation nous avons donc assisté à un nouvel état anaphylactique qui disparut 
celte fois-ci complèlement sous l'influence de doses massives ingérées d'une 
façon continue sans laisser à l'organisme un jour de repos. 

Si nous jetons un coup d'oîil en arrière, nous voyons jusqu'ici trois cycles 
de sensibilisation suivie de désensibilisalion. Chaque nouvel état anaphy- 
lactique était un peu moins prononcé que le précédent et la désensibilisa- 
tion était chaque fois plus facile. C'est seulement la troisième fois que la 
désensibilisation put être complète. Les essais suivants montreront que 
cette désensibilisation totale fut obtenue parce que nous attaquâmes chaque 
jour l'organisme. 

Le 4 janvier, après être restée 2 jours sans prendre d'antipyrine, la 
malade ingère i«; 3o minutes après, apparaissent du prurit et un très 
léger érythèmc à la lèvre supérieure; cet érylhèmedure3 heures 3o minutes. 
Du 5 au 10 janvier inclusivement, elle ingère quotidiennement i" d'anti- 
pyrine : aucun symptôme. Donc, 2 jours d'abstention d'antipyrine avaient 



4l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

suffi pour que la malade retrouvai son état anaphylactique. Dès le lende- 
main, elle était désensibilisée. 

Du 1 1 au i4 janvier, elle ne prend plus d'anli|iyrine. Le i5 janvier elle 
ingère i^'. Au bout de i4 minutes apparaissent les mêmes symptômes que 
lors de la reprise du 4 janvier, un peu plus accentués cependant et d'une 
durée de i4 heures. Du i6 au 19 janvier inclusivement, la malade ingère 
quolidiennement i^ d'anlipyrine sans qu'aucun symptôme se manifeste. 
Quatre jours sans anlipyrine ont donc fait réapparaître l'état anaphylac- 
tique. Les svmplôuies sont plus accusés, plus rapides dans leur apparition 
et plus persistants que les symptômes ol)servés, alors que la malade était 
restée 2 jours sans antipyrine; mais, la désensibilisation a été obtenue ici, 
comme précédemment, après le premier cachet. 

Depuis, nous laissâmes de nouveau la malade sans antipyrine pendant 
2 jours et nous vîmes réappaïaître ensuite les mêmes symptômes que 
le 4 janvier. Ainsi, l'abstinence d'antip\rine pendant 2 jours redonne à la 
malade son état anaphylactique. Pour qu'elle reste désensibilisée, il faut 
donc qu'elle soit sous l'influence constante du médicament nocif. 

Cette observation nous a montré dans son ensemble l'évolution des phé- 
nomènes anaphylactiques et nous a révélé toute l'action que l'on peut avoir 
sur eux. Nous avons pu, à notre gré, désensibiliser et resensibiliser plu- 
sieurs fois cette malade, et il nous a été possible d'intensifier ou d'atténuer à 
volonté les symptômes d'anaphylaxie : moins long était le temps laissé entre 
la dernière et la nouvelle ingestion, moins violents étaient les symptômes et 
plus était facile la désensibilisation. C'est la première fois, croyons-nous, 
que l'on put ainsi à volonté désensibiliser et resensibiliser un sujet anaphy- 
lactisé. Ces sensibilisations et ces désensibilisations, nous avons pu les disci- 
pliner et même les graduer pour ainsi dire. Il nous a été possible de régler 
la marche de cette observation clinique avec une précision rigoureuse et 
d'étudier ce cas d'une façon expérimentale. 

De tels faits de sensibilisations et de désensibilisations successives ne sont, 
sans doute, pas exceptionnels. Notre constitution humorale doit être sans 
cesse modifiée par ces alternatives et bien des troubles morbides qui appa- 
raissent, disparaissent, et reviennent, sans que nous puissions saisir les 
causes de ces variations, doivent trouver là leur explication. 

Du point de vue pratique enfin, cette observation montre que par des 
sommations réitérées de l'organisme, en soumettant le sujet à des doses 
massives de la substance anaphylactisante d'une façon continue, on par- 
vient, dans certains cas, à la désensibilisation. 



SÉANCE DU 31 l'KVRIER I921. 419 



OPTIQUE. — Sur raphinélisme et la cnndilion des sinus. 
^()le ( ' ) de M. G. Gouy. 

I. ÎNous considérons un système optique ayant un axe de révolution. On 
dit qu'il y a sligmalismc quand il existe sur l'axe deux points A, et Ao, tels 
que tous les rayons issus de l'un passent par l'autre, et qu'il y a aplanètisrnc 
quand le même fait se produit, aux quantités du deuxième ordre près, pour 
deux points B, et Bj, pris sur des plans normaux à l'axe aux points yV, et 
Ai, et infiniment voisins de ces points (-). 

Considérons un rayon parti de A, en faisant avec l'axe l'angle //,, et qui 
arrive en A^ en faisant avec l'axe l'angle u.^. La condition des sinus 



SI 11 II., 

siii ti. 



est la condition de l'aplanétisme. Plusieurs démonstrations en ont été 
données depuis Abbe. Celles que je connais montrent bien que la condition 
des sinus est nécessaire pour l'aplanétisme, mais ne réussissent pas à 
prouver qu'elle est suffisante. Les unes se bornent à considérer les rayons 
contenus dans des plans passant par l'axe. D'autres s'appuient sur un 
théorème qu'on formule ainsi : 

Considérons deux ondes correspondantes quelconques S et S', et un de 
leurs rayons qui les perce aux points iZ et C. Prenons sur S et S' deux 
points quelconques B et B' voisins de C ou de C Si l'on regarde BC et B'C 
comme des infiniment petits du premier ordre, on calcule que la diflérence 
des chemins optiques (BB') et (CC) est un infiniment petit du deuxième 
ordre. D'après cela, on établit aisément la condition des sinus comme 
nécessaire et suffisante. 

Mais cette proposition est erronée quand les ondes S ou S' se trouvent 
infiniment voisines de deux points stigmatiques, tels que A, et \.. Consi- 
dérons en effet le rayon A, CA^C' normal à S et à S', et le rayon A, B qui, 
après avoir passé par Ao, vient percer S' au point B'. On a, dans l'air par 
exemple, 

( BB' ) := ( A, Aj ) - ÂTb + \7b^, 
(CC ) = ( A, A,) — ÀTC -f- ÂJ? ; 

C) Séance du i!\ février 1921. 

C^) Nous supposons que l'espace-objet et l'espace-image sont occupés par des 
milieux isotropes. Dans tout ce qui suit, les points Aj, A», B,, B2 peuvent être des 
foyers réels ou virtuels. 



420 

d'où 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 



{ BB') _ (CC-) =- ( A, B - A,C) -t- A^B' - \,C' . 



Nous pou\ ons confondre les éléments de S et de S' aven leurs plans tangents. 
Dans le triangle A, lîC, rectangle en C, si A, C est de Tordre de BC, il en 
est de même pour A, B — A, C. On peut en dire autant du triangle A^BC. 
Par suite (BB') — (CC') est du premier ordre, si A, C ou A 2 C' le sont aussi ('), 
sauf (par compensation) pour une position particulière de S'. Dès lors, on 
ne peut achever la démonstration de la condition des sinus, car on est 
obligé de considérer des ondes pour lesquelles A, C et A^C sont des infini- 
ment petits du premier ordre. 

2. La construction géométrique que j'ai indiquée récemment (-) permet 
de donner de la condition des sinus une démonstration qui paraît correcte. 

Soient B, et Bj deux points infiniment voisins de A, et de A^ dans le plan 

de la figure, qui contient l'axe AiAj. Appelons 0, et 0^ les angles B,A,A2 





'v A, 



et - — B, A.À|. Soient A.D, et A.D. deux rayons conjugués ; appelons u, 
et u„ les angles aigus qu'ils font avec l'axe. 

Soit Y] l'angle dièdre que fait le demi-plan D, A, A;,D^, avec le demi-plan 

(') La raison de celle anomalie esl facile à reconnaître. Chacune des ondes S et S' 
esl l'enveloppe des ondes élémentaires émises partons les points de l'antre. Ces ondes 
élémentaires oui en général des rayons de courbure finis, et, par suite, si le point 
considéré se déplace très peu sur S ou sur S', la variation du chemin optique esl du 
deiixiènie ordre. Mais, si les points A, ou Aj sont infiniment voisins de S ou de S', 
certaines de ces ondes élémentaires ont des rayons de courbure infiniment petits; 
(le là l'anomalie. 

{-) Comptes rendus, t. 172, 1921, p. 196. 



SÉANCE DU 2 1 FÉVIUER 1921. ' 421 

B,A,Aj. Considérons, à un certain instant, deux ondes S, et S',, issues 
de A, et de lî,, qui se coupent sur l'axe; leurs diamètres diffèrent 
de 2A,B, cosO,. Soit s, leur dislance mesurée sur A,D| ; 0, sera positif 
quand S', sera en avant de S,. On a 

£, = A, B, \cos B, A,D, — co&Oi) = Ai B, [cos(?,(cos(/i — i) -h sin 0, siii «1 cos ri], 

A un autre instant, les ondes S, et S, sont devenues S^ et S',. L'onde So, 
par hypothèse, est une sphère dont le centre est A^. L'onde S'^, d'après 
notre construction, passe par le point obtenu en portant sur DjAo, à partir 
de So, une longueur t.> : 



n, et n^ étant les indices des deux milieux. 

Construisons ainsi point par point l'onde S.,. Pour qu'elle soit sphérique 
avec son centre en B^, il faut et il suffit qu'on ait partout 

£2 — A.2B.,[cos9j(cos«2 — ') + sin $2 *iu "2 cosrj]. 

Cette égalité doit être satisfaite quel que soit y], et 11.^ ne dépend pas 
de q; il faut et il suffit qu'on satisfasse à l'un des trois groupes de condi- 
tions : 

(2) s'inO^ =r siiiSo =^ o 



"1 «2A2B2 

. I 

un- - Ui - — TT- 

2 //,A,B, 



(3) cos9, = cosîjrr o, 



si„.I„, «.A2B2' 
2 

siii «2 /(, A, B, 



S'il", /i.,A,B., 



Pour (2), les points B, et B, sont sur l'axe; on a la condition d'Herschel. 

Pour (3), les points B, et B, sont sur les plans de front passant par A, et 
Ao; on a la condition des sinus. Ainsi cette condition est nécessaire et suffi- 
sante pour l'aplanétisme. 

La même construction nous donne la forme de l'onde S, dans le cas où la 
condition des sinus n'est pas satisfaite. Elle nous montre que, en pareil cas, 
l'aberration au point B, (coma) est déterminée par la seule fonction qui lie 
sinMoàsin//,, sans autres données, ce qui n'était pas certain. De cette fonc- 

C. R., 1921, i" Semestre. (T. 17v!, N' 8.) ^^ 



422 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

lion on peut déduire le coma par un calcul simple, problème qui a un 
certain intérêt pratique, et qui fera l'objet d'une autre publication ('). 
3. Considérons en terminant une difficulté apparente qui se présente 

dans le cas où u, = -• Admettons que l'on ait ^^ — - -c^ i. La condition des 

sinus étant supposée-satisfaite, il devrait y avoir aplanélisme, tandis que 
celui-ci est loin d'exister dans ce cas particulier. En effet, le rayon A,B, 
émis perpendiculairement à l'axe devrait passer à la fois par A., et par Bj, 
ce qui est impossible, puisqu'il fait un angle aigu avec l'axe en arrivant 
en A^. 

Examinons le cas mieux défini d'une sphère d'indice n, placée dans l'air, où 
les points A, et Aj occupent les positions conjuguées de stigmatisme, c'est-à- 
dire que O étant le centre, on a OA, = — et OAj = n\\. Le fait qui nous 

occupe se produit de même ici, quand on considère le rayon AjB, émis 
perpendiculairement à la ligne A, Ao, tandis que pour toute valeur de «, non 

infiniment voisine de -> il y a une image virtuelle Bo où viennent se croiser 

les prolongements des rayons issus de B, . 

Le calcul montre que pour ;/, = -, le rayon émergent est tangent à la 

splière, et cette remarque nous donne la clef de la difficulté. Dans la 
d ''monstration de notre construction, nous avons remarqué qu'il faut 
exclure le cas où il y a une réfraclion avec émergence rasante; il se peut 
donc, dans ce cas limite, que la relation générale entre l'aplanétisme et la 
condition des sinus cesse d'exister. Cela nous apprend, par une voie indi- 
recte, que, pour réaliser la condition des sinus jusqu'à la limite -> il est 

nécessaire de faire intervenir une réfraction, qui, à cette limite, se fasse avec 
éiuergeiice rasante. 

Dans le cas du dioptre, l'anoujalie peut être étudiée en détail, (^uand u, 

( ' ) Le lésuliat le plus saillant de ce calcul est le siii\ aiil : 'l'euons compte seulement 
d^s rayons émis par B, qui font un angle «, avfc l'axe. Ces rayons dessinent sur le 
plan f(>cal réel ou virtuel une courbe qui représente l'image de li, pour ce groupe; 
l'ensemble de ces courbes, pour les diverses valeurs de </,, est le coma. Ces courbes 
sont toujours des cercles, quelle que soil la fonction qui lie sinj/j à sin«,. Les valeurs 
de cette fonction et de sa dérivée première déterminent leur diamètre et leur position, 
a.nsi (|ue l'angle variable sous lequel on les verrait du point B,, image de B, ])our les 
rayons centraux. A la limite, pour //, très petit, cet angle est de 60", résultat connu 
dipuis longtemps. 



SÉANCE DU 21 FKVIUER 1921. ^23 

se rapproche de-> lant qu'il y a une différence finie, le proIonj;cmenl du 
rayon émergent passe par B^; mais, quand //, devient infiniment voisin 
de -> celte ligne se déplace et vient passer par Ao. 



GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur certains réseaux qui se présentent dans 
l'étude des congruences qui appartiennent à un complexe linéaire. Note 

de M. C. GUICHABD. 

' Je prends comme troisième axe de coordonnées l'axe du complexe que je 
suppose vertical. Soit G une droite qui décrit une congruence du com- 
plexe. Je désignerai parC son premier foyer, par D le second; parC,,C.j, ... 
les réseaux déduits de C par l'application de la méthode de Laplace ; par 
D,, Do, ... ceux qu'on déduit de 1). Si M est un réseau quelconque, je dési- 
gnerai par 11,11,, ... les réseaux déduits de M en allant de u vers t-; par 
S, S|, ... ceux qu'on en déduit en sens inverse. 

Cela posé, je désigne par (a) un réseau qui correspond à (G ) par orlho- 
gonalité; par (ji) un réseau conjugué à G; par (y) un réseau harmonique. 

I. Si M décrit un réseau (a), les plans MRll,, MSS, sont perpendicu- 
laires respectivement aux droites CC, et DD, ; les projections horizontales 
de ces droites étant parallèles, les plans MRR, et MSS, se coupent suivant 
une horizontale. Il est clair que la réciproque est exacte. Or les plans 
MRR|, MSS, sont les plans osculateurs des courbes du réseau M. Donc : 

La propriété caractéristique du réseau (a) est la suivante : La droite 
(l^ intersection des plans osculateurs aux deux courbes du réseau est horizontale :, 
d'où Ton déduit le théorème suivant : 

Pour que les plans osculateurs aux lignes de courbure d'une surface se 
coupent suivant une horizontale, il faut et il suffit que la représeniation sphé- 
rique des lignes de courbure soit la même que celle d'un hélicoide d'axe 
vertical. 

II. Je suppose maintenant que le réseau M soit un réseau (fï), c'est-à-dire 
que M soit conjugué à la congruence G. D'après la théorie générale des 
réseaux et congruences, CC, ])asse par S, DD, par lî. La droite RS qui 
rencontre les droites CC, et DD, , qui sont polaires réci[»roques par rapport 
au complexe, appartient au complexe. 

• La réciproque est exacte. Si la droite RS appartient au complexe, il y a 



424 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

une infinilè de congruenccs. formant un faisceau linéaire, qui sont conjuguées 
au réseau M et qui appartiennent au complexe. 

Soit alors 1 le pôle du plan tangent en M ; le point I est sur RS; il décrit 
un réseau polaire réciproque du réseau M; ce réseau 1 est harmonique à la 
congruence G ; la droite US est la droite d'intersection des plans osculateurs 
aux courbes du réseau I. 

D'où les propriétés suivantes : 

Pour qu un réseau soit un réseau (^), il faut et il suffit que la droite RS 
appartienne au complexe. 

Pour qu un réseau soit un réseau (^{), il faut et il suffit que r intersection des 
plans osculateurs aux courbes du réseau appartienne au complexe. 

Si le réseau M est un réseau O, les points R et S sont les centres de 
courbure géodésiques des lignes de courbure, la eongruence G est O ou 2 O. 
Donc : 

Les réseaux O pour lesquels la droite qui joint le centre de courbure géodé- 
sique des lignes de courbure appartient au complexe sont tracés sur un liélicoïde 
ou sont conjugués à une congruence lO du complexe. 

Si le réseau I est O, la congruence G est une congruence C. Donc : 

Pour que la droite d^ intersection des plans osculateurs aux lignes de cour- 
hure iTune surface appartienne au complexe, il faut et il suffit que le réseau O 
formé par ces lignes soit harmoiwfue à une congruence C du complexe. 

Dans une Note précédente j'ai étudié les congruences C et les 
congruences 2O qui appartiennent à un complexe linéaire. 

III. Je su|)pose toujours que M soit conjugué à G; par l'origine je mène 
une droite g parallèle à G, sur cette droite ^ il y aura des points m qui 
décrivent des réseaux parallèles à M ; je désigne par /•. s, les réseaux 
déduits de m par la méthode de Laplace. On sait que CC, et DD, sont 
respectivement parallèles à O* et à O/-; donc Os et Or sont dans un même 
plan vertical, ce qui revient à dire que la droite rs rencontre l'axe du 
complexe. Il est clair que, réciproquement, s'il en est ainsi, la droite Om 
décrit une congruence point parallèle à une congruence du complexe; 
donc : 

Les réseaux pour lesquels la droite RS rencontre une droite fixe sont 
parallèles aux réseaux p. 

En particulier, on voit comment on peut trouver les réseaux O pour 
lesquels RS rencontre une droite fixe. 

IV. Je projette horizontalement les réseaux (a), (^^), (y); soient (a ). 
(? )' (y) ^^^ réseaux plans respectivement parallèles à ces projections. 



SÉANCE DU 21 FÉVRIER I921. 425 

Je vais indiquer sans démonstration les propriétés caractéristiques de ces 
réseaux. 

Réseaux [i'. — Ils sont caractérisés |)ar la relation 

(i) ?iri2— ^sYii = wU + «V. 

Si {a) est un réseau plan pour lecjuel la propriété (i) existe, (Aj un 
réseau qui se projette suivant {(i)\ il y aura une infinité de réseaux 
parallèles à (A) et qui sont conjugués à une congruence du complexe. 

Iléseaux a' el y\ — Ces réseaux sont identiques. Pour les caractériser je 
prends le système d'équations 



<2) 



-r- = "' , 

dr 

au ' 



qui admet les solutions (f = H^, /• ^ ■/^/,.. Le système (2) admet deux couples 
de solutions 17, , r, et y^, r.. tels que ^ 

(3) iro,— i, ■/),-+- (]i7\_— f/,ri = o. 

SoienT: alors (b) un réseau plan possédant la propriété indiquée, (B) un 
réseau qui se projette suivant i; je désigne par ^3 et y], les troisièmes para- 
mètres des tangentes au réseau B. 

Si ;;, est une fonction linéaire de q, et q^, le réseau (B) est un 
réseau (a). 

Dans le cas contraire, le réseau (^B) est parallèle à un réseau (y). 



HYDRAULlQUi:. — Calcul du coup de bélier dans une conduite alimentant 
une turbine à forte réaction. ?Sote ( ' ) do M. de Sparre. 

Dans une Communication précédente (^), j'ai montré que, dans une 
conduite alimentant une turbine à forte réaction, le coup de bélier peut 
dépasser de beaucoup, pour une loi de fermeture donnée, celui qui se pro- 
duirait si la conduite alimentait une turbine sans réaction. 

Dans ce qui suit, je vais donner des formules permettant de calculer le 
coup de bélier pour les conduites dont il s'agit. 

(') Séance du 14 février ig^i, 

(-) Comptes rendus, t. 171, 1920, p. 833-835. 



426 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Je désigne par H„ la hauteur de chute, par II„y) le coup de bélier, par V, 
la vitesse de l'eau dans la conduite pour le distributeur complètement 
ouvert, par «„ la vitesse d'un point de la turbine du côté de l'entrée de l'eau, 
par )•„ et ?■, des rayons des circonférences d'entrée et de sortie de la tur- 
bine ('), par y-n et j3„ les angles des vitesses absolues et relatives de leau, à 
l'entrée de la turbine, avec w, lorsque la turbine travaille à pleine charge. 
[îi„ est donc aussi l'angle des aubes à l'entrée de la turbine avec u„. Je désigne 
en plus par «'c,,' (-) la perte de charge dans le distributeur lorsque la vitesse 
de l'eau à sa sortie est i\. Jo pose, de plus, 

2i,'H„ /■- _ (1 + «')sin-j3„ _ sina„cosi3„ 

"l ' ''l ' '^ sin-([3o — !/.(,)' " sin(|3o — a»)' 



K 



\ = t/P-, B=^A — I, A,--, B,= A, —■ 



Ceci posé, je rappelle que, pour le calcul du coup de bélier, on doit 

partager la durée de fermeluie en périodes de durée = —, L étant la 

longueur de la conduite et a la vitesse de propagation. Je désigne par \]„r^„ 
et par X„ la valeur du coup de bélier H,,-/], et la fraction X, dont le distri- 
buteur est ouvert à un instant t quelconque de la /«"'""'période, HhYj,,-, et 
X„_, étant les valeurs de H„y] et A à l'instant / — 0, correspondant de la 
période précédente. 

On peut alors calculer de proche en proche le coup de bélier, dans le cas 
d'une loi de fermeture quelconque, avec une approximation très suffisante 
par la formule suivante (') : 

^^ „ «V,, A _H(X„ + ?.„_,) .-K}.„_,(A|-B,>.„_.) 

(,) M„-«„= — (A,,-.- /.«) , + K/.„(A,-B,).„) - "»^"-' , + lv/.„(A,-H,/.„) 

Dans cette formule on a pour la première période H|,y]„ = o et elle permet, 
par suite, de calculer de proche en proche le coup de bélier à un instant 
(pielconque. 

Si l'on suppose maintenant que la vitesse de fermeture soit constante et 



(') .le suppose qu'il s'agit d'une luiltim; centrifuge ou cenlripèle et, par suilf, si d) 
est la vitesse angulaire de la turbine, on a «0= uiio- 
(■-) D'après M. Haleau, on pourrait prendre a = 0,06. 
(■■') En supposant toutefois que le coup de Ijélier ne dépasse pas environ la moitié 

de la 11 auteur de clin te, donc rj 1 •-• 



SÉANCE DU 21 lÉVRIER 1921. 427 

que Ton désigne par T le temps de la fermeture totale pour le distribiileur 
complètement ouvert, on aura 

_ ô _9.L 

et la formule (i) devient par suite 

., ,, _2LV, A -H(>.„ + /.„_,) i-k7„-,(Ai-B,/.„) 

En partant de cette dernière formule, on peut faire voir que, dans le cas 

présent d'une vitesse de fermeture constante du distributeur, le coup de 

bélier maximum se produit, comme lorsque la conduite alimente une 

turbine sans réaction, si l'ouverture initiale est telle que la fermeture totale 

2 L , 
se fasse sur un temps = — -> égale à la durée d'une période. 

On devra donc, pour avoir le coup de bélier maximum, faire dans la for- 
mule (2) 

i al 

On aura alors, pour ce coup de bélier maximum, 

(3) ll„-fl„,= — =^ A — B.-= 



Toutefois, s'il s'agit d'une fermeture peu rapide, auquel cas tt, est une 

H 
fraction assez petite comnie d'ailleurs B = A — i, on pourra négliger^ 

devant A et prendre, par suite, pour le coup de bélier maximum, 
où, comme nous l'avons dit. 

Ces formules ont été établies dans l'hypothèse où la fermeture du distri- 
buteur se fait par tiroir, mais on peut montrer qu'elles sont encore 
applicables au cas où cette fermeture se fait par directrices mobiles. 



428 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



BOTANIQUE. — La zygomorpliose endotiènc dans les fleurs normalement 
actinomorplics. \o\q ( ' ) de M. Paui. Vuillemix. 

J'ai précédemment défini la zygomorphose endogène; je l'ai opposée à 
la zygomorphose exogène en m'appuyant d'exemples empruntés à une 
fleur normalement asymétrique. La même anomalie est fréqufnle chez des 
espèces habituellement polysymétriqucs. 

Dans les fleurs aclinomorphes, la zygomorphose résulte de modifications 
portant sur la position, la configuration, le nombre, quand ces modifica- 
tions sortent des limites de l'oscillation normale. 

A. MoDnicvTiON DE POSITION. — Dcs appendices, dont les rudiments ont 
une position fixe, sont déplacés par des inégalités de développement. Le 
déplacement, radial ou circulaire, peut dépasser les limites d'amplitude de 
l'oscillation normale. 

a. Déplacement radial. — Deux fleurs de LHiuin candidiim (igoo) sont rendues 
zygomorplies par ailhérence de l'élamine anlérieure au pistil. Une fleur penlamére de 
Fuchsia coccinea (1897) ^ "J"® étamine postérieure dont le filet se confond avec le 
style et dégage son anthère à a"""', .5 de stigmate. 

b. Déplacement circulaire. — Dans une fleur de l'apaver orientale (10 oc- 
tobre i8g3), le déj)lacenient des sépales et des pétales, ([ui amène la zygomorphose 
médiane, résulte de l'influence de l'appareil végétatif sur la fleui-. Tout en restant 
tétramères, le calice et la corolle ont des appendices divergeant de i44° comme les 
feuilles. Toutefois la divergence est de 108° entre la dernière feuille et le premier 
sépale, de 252" entre le dernier sépale et le premier pétale, de 288" entre le troisième 
et le dernier pétale. Tout se réduit à l'avortement du cinquième sépale et du (|ua- 
Irième pétale, qui devraient, suivant la phyllolaxie, occuper. la médiane, le premier 
en,arriéi-«, le second en avant, par suite d'une diveigence de passage, qui fait reculer 
de 36° le piemier sépale et du même angle le ]ireniier^)élale. Le changement phyllo- 
laxique et ra\orlement sont dans ce cas les fadeurs du déplacement circulaire et de 
la zygomorphose. 

Morren songeait au déplacement circulaire quand il ciéait le nom de méiaphérie 
pour l'anomalie d'une fleur de /'"«c/(.5/a dont lus pétales étaient superposés aux sépales. 
L'exemple est des plus discutables; les pièces pétaloïdes, concrescentcs aux étamines 
épisépale.s, étaient sans doute issues de l'aiidrocée. tandis que la corolle était avortée. 

B. Moi)iric.\TiON DE LA coNrii;uiiATio\. — D'après leur oi'iginc^, les appen- 
dices floraux sont des phyllomes ou des frondomes. Bien que tous les fron- 
domes soient homologues, ilsdiiïèrenl jiar la siruclure et les proportions. 

(') Séance du 7 février 192 i. 



SÉANCE DU 21 FÉVRIER 1921. 429 

Pétales, étamlnes, placentas prolongés par les stig-mates, ont leur structure 
difTérenlielle imprimée par leurs rapports avec les organes reproducteurs. 
Les pièces homologues sont interchangeables par simple oscillation de 
structure dont on connaît des exemples, restreints il est vrai, à l'état 
normal. Les proportions de chaque membre sont sujettes aussi à des oscilla- 
lions de faible amplitude. 

I^'anomalie commence quand les oscillations dépassent les limites habi- 
tuelles. Les oscillations exorbitantes se traduisent : a, par des substitutions 
homologues; h, par une disproportion exceptionnelle. 

a. SubsliliUions homologues. — Un filet surmonté de deux anthères adossées 
remplace létauiine et le pétale postéiieurs dun Colcliiciim aulumnale (iSgS). Le 
pétille antérieur duii Lilium candidiim est réduit à une crêli' prolongeant le connectif 
de létamine. Chez le Philadelphits coronarius. la pélalisalion de;* étaniines est fré- 
quente. Selon Schleehtendai (1842), Jacobasch (1882), elle aflTecte avant tout les 
quatre premières, superpo^ées aux sépales. Cette substitution, limitée à une élamine 
ou à deux opposées, nia fourni (1917) des exemples de zygoinorpliose niédirtiie ou 
transversale. 

Chez le Forsythia viridissiina (1908) la zygomoiphose transversale est souvent due 
à un lobe interpétalaire détaché d'un rudiment slaniinal. 

J'en rapproche un petit pél;ile situé en dehors d'une étamine courte d Arabis 
alpina (1902). Dans un autre exemplaire (1894) les deux étamines de droite étaient 
réduites au filet; une anthère se détachait de la lame malingre de chaque pétale 
correspondant. 

La staminodie d'un ou deux stigmates, mentionnée par Massalongo (i883) chez Vliis 
squalens x Jlore/iCina. est à retenir comme cause tie zygomorphose. 

b. Disproportion. — Rien n'est plus commun qu'une dépression marginale parta- 
geant en deux lobes un sépale ou un pétale. Le plus souvent le bord de la pièce voi- 
sine offre un retrait semblable. J'ai vu chez le Seringat le lobe supérieur déborder 
rinférieur dans un pétale, tandis que c'était l'inverse dans l'autre. D'ordinaire les 
échancrures sont symétriques. Suivant la remarque de Pippow (1877) elles sont 
surtout fréquentes dans les espèces dont la prélloraison oscille entre le type imliriqué 
et le type tordu. Elles ont pour origine un déplacement et une collision des membres 
au cours de la croissance. 

La répétition du même ])hénomène en divers points du bouton peut détruire toute 
symétrie. S'il se limite à une paiie où à des paires disposées symétriquement, il 
devient la cause la plus eommune de la zygomorphose médiane, oblique ou trans- 
versale. 

La moitié postérieure d'une fleur de I^is (igrS) est uniformément atrophiée. L'aii- 
drocée est réduit aux trois étamines antérieures. I^es )>élales postérieurs, trop rajipro- 
chés, se sont heurtés sur la médiane, puis repliés symétriquement chacun de son côté; 
ils restent en contact parla face dorsale. 

Ailleurs, deux sépales contigus coniluenl en une pièce bifide et le pétale intermé- 



43o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

diaire reste nidimenlaiie. Ainsi -.e réalise une 7,vgomor]iliose ol)Iique signalée précé- 
demmenl ( ' ) chez la Fuchsia coccinca. Uildebrand (1899) a décrit un cas analogue. 

C. Modification df. nombre. — Les nombres définis compalililes avec la 
symétrie sont oscillants ou fixes. Les nombres oscillent fréquemment de 
2 à 4 dans des espèces haliituellement trimères, de 3 à 5 dans des espèces 
d'habitude tétramères, de 4 à 6 dans des espèces habituellement penta- 
mères. L'oscillation ne modifie pas la symétrie quand elle est concordante 
dans tous les cycles. Il en est autrement quand elle est discordante et change 
les rapports numériques entre les cycles d'une même fleur. Les nombres 
fixes sont altérés par avorlemenl ou par addition. Les nombres additionnels 
sont soit supplémentaires, soit complémentaires. 

Les modifications numériques qui entraînent la zygomorphose se ramè- 
nent à. trois : a. Oscillation discordante; h. Avortement ou addition de 
membres supplémentaires; c. Développement de membres complémen- 
taires. 

a. Oscillation discordante. — Une (leur de Lilium candidum (1907)3 tous les 
cycles diiiières, sauf quatre étamines épipétales. Dans une autre, tous les cycles sont 
trimères, à l'exception du pistil formé de deuN carpelles médians et des étamines 
épipétales dont la médiane manque. Le périanihe d'un Scilla bifolia (1909) n'a que 
cinq pièces, dont une plus large; le reste est trimère. Une fleur de Colchicuni atitiini- 
nale (1890) serait exactement dinièrc si l'étamine postérieure épisépale n'était bifide. 
Six autres ont deux pétales entre les sépales postérieurs. La première a une étamine 
bifide entre ces deu\ pièces; les suivantes ont autant de ])ièces séparées à Tandrocée 
qu'au périanthe. La corolle est d'ailleurs complète, ainsi que le calice et le pistil dans 
les deux premières fleurs. Dans les quatre autres, les pétales antérieurs se confondent 
en un seul, ainsi que les étamines, et le sépale médian est avorté. L"avortement 
s'étend au carpelle médian dans la dernière. 

I^a zygomorpliie n'est troublée que dans la troisième fleur, où le pétale antérieur 
et le postérieur gauche ont des échancrures symétriques. Les autres fleurs de Col- 
chique, de même que les làs et la Scille, ont acquis la zygomorphose médiane. \ous 
la reli-ou\ons dans deux fleurs A'Anagallis phcenicea (1908). L'hexamérie n'est 
troublée dans la ])remière que par l'absence du sépale postérieur; le type 5 n'est altéré 
dans la seconde que par rin(li\ idualisation.d'un petit pétale postérieur. La zygomor- 
phose oblique résulte, dans d'autres spécimens, de l'inlcrcalation d'un petit pétale 
entre les pétales normaux ou de la bipartition de l'un d'eux'. 

h. A t'orientent. Addition de membres supplcmentaires. — La fleur tVO.ralis cor- 
niculata est normalement aclinomorjilie et penlamère. Cinq exemj)laires (1894-189.J) 
sont rendus zygomorphtîS par l'aNortement de l'étamine médiane antérieure. Rien 
d'autre ne distingue la première; le ()i'laie et le sépale médians manquent aux suivantes. 

(') Comptes rendus, t. 171, '930, p. 1195, fig. 7. 



SÉANCE DU 21 FÉVRIER 1921. 43l 

iJans la Iroisiènie, les étaiiiines épiinHales anlero-lalérales sont aussi longues que 
les épisépales. Oulre le pistil normal, la qiiatiièine possède un carpelle médian posté- 
rieur, rudiment d'un cycle épisépaie. Ce cycle esl complet dans la cinquième qui, par 
contre, n'a gar.lé du cycle normal que le carpelle médian antérieur. 

Le Sm'nga vitlffaris n'a qu'un plan de symétrie quand la coiolle compte trois ou 
cinq pièces, le pistil restant dimère. Il en esl de mètiie du Gentiana Cruciata (1906). 
Tout en restant pentamére dans le calice et le pistil, le Campanula Trachelium a 
souvent six pétales et six élamines. 

Les f^ychnis dioica et Malachiurn aijuaticum (1894), Cerasliuin arvense (i<S97), 
m'ont fourni des fleurs tétramères, sauf dans le pistil demeuré peniamère. 

Le Cornus sangtiinea est fréquemment irimére ou pentamére, à l'exception du 
pistil. La zvgomorphie est habituelle dans la (leur teiminaie, le plus souvent penta- 
mére. 

c. Développement de membres complcmenlaires. — La iygomorphose médiane 
provient chez un Iris variegata (18S9) du développement, devant le pétale j)oslé- 
rieur, de l'étamine médiane d'ordinaire avortée. 

Chez un Diplotaxis tenuifolia (iSgS) les deux étaiiiines antérieures sont soulevées 
jusqu'au voisinage du sommet obtus d'une colonne due au développement excep- 
tionnel d'une étamine médiane. Les pétales antérieurs ont des échancrures symé- 
triques qui accusent mieux encore la zygomor|iliie médiane. 



M. L. Bertiv fait liomiiiage à l'Acadéinie de deux volumes posthumes 
de M. Jui.es Boci.vin, Correspondant pour la Section de Mécanique : Cours 
de Mécanique (ippliquèc aitv macluiws, professé à l'Ecole spéciale du Génie 
civil de Gand : Cf volume (2'' partie), 2'" édition : Machines et chaudières 
marines et leurs appareils auxiliaires; 8'' volume, 2'' édition : Compresseurs. 
Transmission du travail à distance. Appareils de levage. 



ELECTIONS. 



Par 48 suffrages contre i à M. P. Zreman, Sir Er\est Hutherford 

est élu Correspondant de l'Académie pour la Section de Physique géné- 
rale, en remplacement de M. .4. Michelson. élu Associé étranger. 

Par l'unanimité de 48 suffrages, M. Jui.es Iîordet est élu Correspondant 
de l'Académie pour la Section de Médecine et Chirurgie, en remplacement 
de M. Pierre Morat, décédé. 



432 ACADÉMIE DES SCIENCES. 



CORRE SPOIXD AXCE . 



M. Louis Froc adresse des remercîments pour la subvention qui a été 
accordée à V Observatoire de Zi-ka-\rei sur la Fondation Louircuil. 



M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
correspondance : 

M. L. Patuizi. // CAr.AVAGGio c la nova crilica d'artc. (Prési-nté par 
M. Cil. Richet.j 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une équation de Fredholm dans le domaine 
complexe et son apolication à la théorie des systèmes d'équations linéaires 
à une infinité d'inconnues. Note de M. Roi.ix Wavre, transmise par 
M. Hadamard. 

On sait que la théorie de l'équalion de Fredholm est étroitement liée à 
celle des systèmes d'équations linéaires à une infinité d'inconnues, qui, après 
Poincaré, doit ses progrès essentiels aux travaux de M. von Koch. Quoique 
l'on ait habituellement ramené la discussion d'une équation de Fredholm 
à celle d'un système infini, je voudrais montrer ici qu'il y a intérêt à faire 
l'inverse dans certains cas. 

S'>it l'équation intégrale 

C) 9(.r) = ^.y^cp{..)N(^.r,l)^+/(.r), ' 

où F désigne un contour fermé entourant l'origine du plan complexe; 
?s(.r, - ) une fonction holomorphe en x et bornée dans un domaine D, 

contenant le contour 1" au sens étroit, et cela quel que soit ; sur Y\f{x) 
une fonction holomorphe dans un domaine contenant, également au sens" 
élpiiit, le contour V . 

Snns ces hypothèses, ?S (x, -) étant bornée sur F, la théorie de l'iedholm 
s'iq)|>lique à l'équation ( i ) et nous assure de l'existence et de l'unicité pour 



SÉANCE DU 21 FÉVRIER 1921. 433 

une valeur non caractérislique de X, d'une solution 9(j'), bornée sur V. On 
en oonclul immédiatement que cp(j') — fi-'^') est holomorphe dans D. 
Dès lors, en posant 



NU^HSS'^-i' f^^^-^=l' 



et en prenant pour F un cercle de rayon p, centré en .r = o, sur lequel je 
supposerai que le développement de N(.r, -j converge absolument; 
(i) équivaut formellement au système d'équations 

(3) j:„—l'^a,„:J-„=Cp, 

les œ„ étant les coefficients de Tayior de 9(^7). Ceci étant, j'appellerai, 
d'une manière générale, fonction génératrice d'une solution quelconque 

(a;,, a;,, ..., x, ) du système (2) la fonction 9(0?) =V^-„a;" et solution 

n = l 

régulière de (2) toule solution qui est aussi solution de (i). Je puis alors 
énoncer le lliéorème suivant : 

La solution unique de l'équation (i) est aussi solution de (2). fm'erscment, 
toute solution de (2^ telle que sa fonction génératrice converge dans un cercle 
de rayon supérieur à p est solution de (^1) et par suite est unique. 

On voit que si l'on connaît la nature analytique de N f .r, -j et de/(x), 
on connaîtra, sans avoir explicitement résolu le système (2), les inconnues x„ 
par l'intermédiaire de leur fonction génératrice, dont nous connaîtrons 
intégralement ou partiellement le domaine d'existence suivant la nature 
de N /a', - j • On sait que pour un grand nombre d'applications les rensei- 
gnements obtenus de cette manière sur les solutions régulières x\, sont les 
renseignements essentiels. 

En tirant parti de ce que les hypothèses faites au début sur les a^,„ et 
les Cj, peuvent être satisfaites pour plusieurs valeurs de p, on peut énoncer 
le corollaire suivant : 

Si les hypothèses faites sur les a^,„ et les c^ sont satisfaites quel que soit p, 
compris entre deux nombres fixes p, et p., qui peuvent être o et ao, la 
fonction génératrice de la solution régulière aura un rayon de convergence 
au moins égal à p,; les fonctions génératrices des solutions non régulières 
auront un rayon au plus égal à p, . 



434 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Au point de vue de la théorie des délerminanis infinis, les hypothèses 
faites sur les n^,,, montrent que le déterminant infini du système (2) est 
normaloïde au sens de M. von Koch. 

La discussion précédente s'applique au nombre bien déterminé de solu- 
tions de l'équation homogène (i) pour une valeur caractéristique de A. 
Pour donner un exemple très simple, je citerai l'équalion 



■^ 1T.lJy{Z-UX)" 



" < I . 



qui n'admet aucune solution. Donc le système correspondant a toutes ses 
solutions singulières et leur fonction génératrice a un rayon de convergence 
nul. 

ALGÈBRE. — Résuliilion de Véqwiliun inilélcrminée 
qX' — p\-y^ «\Y--t- V3=i. 

Note do M. Boris Delaunay, transmise par M. HadamaiJ. 

1. Soit a la racine réelle de l'équation cubique a^ = nvr -F-/>a 4- '/. Avant 
tout il faut calculer l'unité fondamentale £„ de l'anneau 0(a), ce qu'on fera 
par la méthode de Woronoï. Soit î„ = «a- -+- èa -4- c cette unité (celle 

entre t, -, — i, — - qui donne o <<£„<; i ), alors toutes les solutions (X,Y) 

seront les puissances e'J' ou e^'", avec des exposants entiers positifs m, qui 
seront binômes, c'est-à-dire de la forme Pa -f- i). 

'2. Nous appellerons l'unité réduite s'il n'y a pas de nombre À tel que a 
soit divisible par A' et b par A; au cas où cela se rencontrerait, nous adjoin- 
drions À à a en remplaçant a par a --^ Aa. 

Théorème. — Aucune puissance de l' unité réduite (ic.-+ hy. -1- r ne peut être 
binôme s'il y a un nombre premier impair t. qui est diviseur conimlm ck' <i et b. 
Soit (a7.^ H- 07. + c)'" = Px -I- Q, en remplaçant a par ^ — ■/, et en posant 

X = — —, où a = oa, ; b = o/>, et (^/,, A, ) =^ i [nous désignerons par (x, c) 

le plus grand commun diviseur], nous oblenons (op- -+- t)'" = P'p + Q', 
où p = 2a, P, = (a, b), «7 =: !^a,e — cb'^. Nous avons (0, c) = i, puisque 
(a, è, c)^T, et (0, «,) = i, puisque l'unité est réduite, et nous voyons 
que (0, cr) ne peut être qu'un diviseur de 4, fl alors si a un diviseur pre- 
mier impair -, (-, 7) = 1 . Posons (0:'"'+ a-)"'= M'p--i- P'p + (/,- alors 



SÉANCE DU 2 1 FKVRIER I921. 

m ( //( - - 1 ):•_,„- ^ A , iii(ni — i) ( m — ■>, ) 



^A, 



!.3 



A.. 



435 



, ce qui 



ne peut être nul puiscjuc si m = Ti'-m, où (w,, ti) — i, les termes suivant le 
premier seraient divisibles au moins par -'•"*"' par le t'ait que -rS'-<:^ 2; tt-'^S; 
et ainsi de suite.- ',. (.1. v. d. 

Remauque I. — Si (/i, b) =^ù esldidsiblr par-' mais que l'iinilé soit réduite, 
et {ax- -\- h'j. + c )'" = M y.- + P x + ( J , alors (NI, P ) est divisible seulement 
par -'■, si m ne V est pas par -, et sûrement par •û'''^"', si m est divisible par t:'' . 

Remarque 11. — Toutes les puissances telles que (M, P) soit divisible par t. 
sont puissances de la plus basse d'entre elles z'^^-. ~- Nous appellerons les 
nombres premiers - pour lesquels la |)remière puissance î",- dans laquelle 
(M, P ) est divisible par - n'a pas le nombre M divisible par -- de première 
espèce par rapport à £„ et tous les autres de seconde espèce. 

L'exposant a„ est, si - ne rentre pas dans l'indice de a, un diviseur 
de o{-), où '^ est la fonction d'Eulor pour le corps cubique correspondant. 

3. (^)uand le nombre cp(- ) est grand, il est très pénible d'élever î„ à la 
puissance u.„ pour savoir de quelle espèce est -. Pour faciliter ce calcul, 
nous avons trouvé les critères suivants. Pour que - soit de la seconde espèce 

si ( — j = + 1(7: n'étant pas idéal premier, cas qui ne se rencontre pas dans 

l'algorithme de reluiussenvnt), il faut et il suffit que la congruence V;^o 



■inod-)soit s 



alisfaite aui 



— ) = — I , c'est V £:^ G ( mod - ) qui joue 



le même rôle : V et T sont les quantités 



£i/'(^i) 
<L{x.i'){'îax,-+- b) 

1^ ( uC,, ) ( 2 rt X:, 



0) 



Tr= 



'\i{-r, ) {ici .r^ 



b) 



t|;((3')(2q(3'+6) 

M,3')/'(,8') 
^{^"){2a^"+b) 



S'' 



H 



pose 



v.t: £(,3")/'(,S") 

-px—q =/{x) = (x — .fi) {x - x.,) (./■ - x,) + r.'\^{x); 



/i36 ACADÉMIE DES SCIENCES 

dans le premier cas, x,, j^, .r., sont des nombres entiers réels, 

T, = , Zi= a .î-,- ■+- h j-, + (■ ; 

dans le second cas a-, seulement est réel et oc.,= [i', j-., — j5" sont des racines 
imaginaires de la congruence considérées par Woronoi (1894) ('). 

4. Abordons l'algorithme de rchaiissemeju . Calculons, pour cela, le 
nombre — a,x + i, -1- «,« où a = Ort,, b= oh, et où (a,, b,) = 1, et soit 
>'• = ^( — «I y- -I- l>, -h a,u) sa norme; tous les P des solutions doivent être 
divisibles par z. Soit t. un diviseur premier de x : il faut savoir s'il est de 
deuxième espèce; pour cela, trouvons la première puissance 

sï=Mjj.s<--H l\j,a + (),,,. 
dans laquelle M^ et P^,, sont divisibles par - ; u. sera un diviseur du nombre 
~ — 1 si / - I = H- I , ou bien de -- — i si ( — j = — i , dans le cas excep- 
tionnel où - divise D, a sera diviseur de ~^ — t., si - n'est pas diviseur de 
l'indice de y., au dernier cas tout à fait exceptionnel a peut être plus grand, 
mais il est toujours facile de le trouver. Si n'est pas une puissance de 2, 
ou bien si -1^2 et que M|^ne soit pas divisible par --, le théorème du para- 
graphes montre qu'il n'y a pas de solutions. 

■ La non-divisibilité de M^^ par -= est donc le critère d'arrêt pour l'algo- 
rithme de rehaussement. Si M^^eo (niod-r:-) nous passons dans l'anneau 
0(a)^ 0(7:7.), et nous y cherchons de la même manière de nouveaux 
multiplicateurs û, que nous essayons de nouveau au point de vue de leur 
espèce envers t„, et ainsi de suite jusqu'à ce que : ou bien, à un certain 
moment, l'unité fondamentale d'un anneau soit binôme, et alors nous avons 
la solution et il n'y en a plus; ou bien se rencontre un nombre - de première 
espèce (c'est le critère d'arrêt), alors il n'\ a pas de solutions du tout. Si 
le nombre 7: est trop grand, nous emploierons les critères du paragraphe 3. 

5. .Soit — ay. -^ h -^ an une unité, alors notre forme est équivalente à 
une forme qui a ses deux coefficients extrêmes égaux à i, et dont la racine 
est £„. Nous appelons une telle forme fondamentale réversible. Soit celte 
forme (i, — p, n, i). Dans ce cas nous trouvons /.— N(£' + £'), et nous 
passons aux deux équations (x% — py.^, n/., 1)^ 1 et (7.% n/.-, — p/.. 1) = i 
qui ne se réduisent déjà pas à des formes réversibles et que nous résolvons 
comme au paragraphe précédent. Toutes leurs solutions donnent toutes les 
solutions de (i, — p, n, i) = i. 

(') WoitONOï, Sur les nombres algébriques entiers dépendant de la racine de 
l'équation cubique. SaiiU-l'olersbourg, iSç)4" 



SÉANCE DU 21 l'KVUIER I92I. f\Z'] 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur certains modes de dèterininalioii des solutions 
de \ii = m'-u. Noie de M. Georuks Boumga.xd, présenléo par .M. E. 
(ioursal. 

.Fai donné, ici iiièinc ('), quelques [)i'oposilions relatives à la délerini- 
nalion unique d'une solulion de Au = ku, dans un domaine infini, par ses 
caractères aux points très éloignés, el par ses valeiirs à la frontière. Il y a 
intérêt à ne pas s'en lenir, comme je l'ai fait jusqu'à présent, à la considé- 
ration exclusive des solutions partout bornées. Soil un domaine D de 
frontière S, non singulière à dislance finie; D possède un nombre limité de 
branches infinies, de genre fini. Soil une solution de 

.}'U J-U O'I] 
o.c- Or- dz- 

analytique dans D, nulle sur S. Quel ensemble de conditions suffit-il de lui 
imposer aux points 1res éloignés de D pour affirmer qu'elle y est partout 
nulle ? On peut ado()ter deux points de vue bien distincts : 

1" ( )u bien chercher des propositions s'appliquant collectivement à tous 
les domaines ou tout au moins à des classes très étendues de domaines; 

2° Ou bien, se limitant aux domaines dont l'ensemble des points à l'infini 
répond à quelque hypothèse bien précise, chercher pour eux seuls des 
critères d'unicité, moyennant des conditions moins restrictives. 

Lorsque co n'est pas nul, on gagne relativement peu de précision lorsqu'on 
passe du premier ordre d'idées au second. Voici en effet, quant au premier 
point de vue, un théorème qui résulte aisément de mes recherches précitées : 

Une solution de (i), nulle sur S, analytique dans D, est nulle en tout 
point P de ce domaine, si Von a | Up| <C/(>')^ '" désignant la distance de P à 
un point Jixc ijuelconque et /{r) une fonction telle que le produit 

re-""'f{r) (oj > o 1 

tende vers zéro lorsque /• augmente indélinimi;nl . 

Il en sera ainsi, par exemple, si _/(/") est de la forme Ar'"' , eu, désignant 
un nombre positif inférieur à w. 

Essayons maintenant, en nous ralliant au second [loint de vue, d'obtenir 
des résultats plus précis. Supposons que chaque branche de D, à partir 

(') Comptes rendus, t. 169, 1919, p. 893 et 10:10. 

C. K., lyîi, I" Semestre. (T. 172, N- 8.) ^^ 



438 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

d'un cerlain moincnl, soil limilée par un cylindre, c'est là une hypolhèse 
favorable à noire ohjel aciuel, et à lacjuetlc on peut appliquer le dévelop- 
peiiienl indiqué dans ma thèse (') pour loule solution U de (i), analytique 
dans un cylindre, au delà d'une certaine section droite et nulle sur sa 
surface. Ce dévelop])ement procède suivant les fonctions fondamentales de 
la section droite, les coefficients sont des fonctions exponentielles de la 
dislance de P à une section droite fixe n. 

Supposons que P s'éloigne indéfiniment sur une parallèle aux géné- 
ratrices : la croissance de Dp sera le moins rapide possible si. à partir de 7, 
Up garde un signe constant. Soit p la projection de P sur t, on a alois une 
expression asymptolique de Up au moyen de la fonction fondamentale et de 
la constante caractéristique de rang un : 

Up=H9,(/<)^v»^^"V'^_£, 

î tendant vers zéro lorsque P s'éloigne indéfiniment . De là résulte un crité- 
rium d'unicité, spécial aux domaines à tranches cylindriques, facile à 
énoncer, et dépassant en précision le théorème collectif indiqué plus haut. 
En même temps, ces considérations conduisent à nne proposition inté- 
ressante en elle-même. Elles montrent qu'une solution de (i), analytique et 
positive dans un domaine à branches cylindriques, nulle sur sa frontière et 
tendant vers zéro à l'infini dans toutes les branches, sauf une, est déter- 
minée à un facteur constant près. D'où il suit qu'une solution de (i), ana- 
lytique et positive en D, nulle sur S, a une expression générale de la forme 

C,U,(t>)+...+ C„U„(I'), 

C,, . . . , C„ désignant des constantes positives arbitraires en nombre égal à 
celui des branches. 

Mais ce cas est bien particulier el c'est seulement lors(jue les diverses 
branches infinies de D seront suffisamment « é/m/wev » (jue nous pourrons 
espérer gagner en précision sur l'énoncé du théorème collectif. On s'en rend 
parfaitement compte en étudiant le cas d'un domaine à branches infinies 
coniques, et l'on est conduit dans celle hypothèse à un résultat négatif, à 
savoir l'absence de critère d'unicité spécial, (juelle (jue soit la petitesse des 
angles solides des diverses branches. Si, en effet, on étend à une branche 
conique l'analyse exposée plus haul pour une branche cylindrique, on 

(') Sur les foiKlio/is (le Gree/t el de Neiiinanii {HiilUuin de la Société iiialhé- 
inaliijiie de Fiance, 1914. \o)e/. priDcipaleinent le 11° 17). 



SÉANCE DU 21 KKVIUI'H 1921. 43() 

()l>liont. pour une solution U de (i). analytique dans cette branche à [)aplir 
d'une certaine section droite sphérique, el nulle sur la surface, un dévelop- 
penienl procodanl suivant les fonction.s fondamentaies de cette section, 
issues d'une ccpiation de lieltrami. Les cocl'licients sont des fonctions de 
la distance /de 1' au sommet du cône, vérifiant des équations diirérentielles 
telles que 

dr- \ I- j 

dont toutes les intégrales ont même ra[)iditc de croissance et sont compa- 
rables à 

/■ 

En même temps, la proposition relative à l'indétermination reslrcinle 
d'une solution positive el analytique dans le domaine, nulle à la frontière, 
cesse d'être vraie. C'est ainsi que, dans le domaine à une seule branche, 
formé par l'ensemble des points de cote positive, dont la frontière S est le 
plan x( ) \', une solution analytique nulle sur ce plan n'est plus déterminée 
à un facteur constant par la condition d'être positive dans tout le douiaine : 
l'expression 

^ s]>(;voj--«Oa'(«)'/« / /\9)e»i—"-.v-,„0,^^^ 

fournit en effet, quelles que soient les fonclionsyet o" positives, une solution 
réalisant l'ensemble des conditions précédentes. 

Il en est tout autrement pour l'équation de Laplace : nous montrerons 
prochainement que les domaines à branches coniques compoitent des 
critères spéciaux et qu'on peut leur étendre le théorème de l'indétermination 
restreinte d'une fonction positive, nulle sur la surface. Le gain qu'on réalise 
alors en passant du premier point de vue au second est notablement plus 
important. 



OPTiQUt;. — Absorption des rayons X de grande longueur d'onde. Lim'son 
entre (es rayons X et la lumière. Note de M. Uolweck, présentée par 
M. Lippmann. 

Dans une Note précédente ('), nous avons indiqué le dispositif employé 
pour produire des rayons X de grande longueur d'onde et mesurer leur 

(') Comptes rendus, t. 171, iy2o, p. Sly. 



44o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

absorplion dans les gaz. Pour faire variej' la masse de gaz absorbant traversé, 
on peut, soit laisser fixe la profondeur de la chambre d'ionisation et faire 
varier la pression du gaz, soit laisser la pression fixe et faire varier, au 
moyen d'un plateau mobile, le parcours des rayons dans le gaz. Les coeffi- 
cients d'absorption déterminés par ces deux piocédés concordent sensible- 
ment entre eux et avec les mesures faites en changeani aussi la pression du 
gaz et le signe des ions recueillis (' ). 

On a pu déterminer, pour les longueurs d'onde A variant de loo à 
4i.io~* cm (X,„i„ des rayons produits par i 9.3 à 3oo volts), la loi de variation 

de -, p étant la masse spécifique du gaz absorbant, en fonction deX et nous 

avons trouvé pour : 

Oxva;èiie — = 1,0 /r' 

P 
Azote 0,8 

Hydrogène 0,2 

A étant exprimé en io~' cm et u. en ■;^^. le gaz étant dans les conditions 
normales. 

Si Ton compare ces nombres avec ceux trouvés parOwen ( -), on voit que 
le rapport des coefficients d'absorption entre eux et leurs lois de variation 
avec \ sont sensiblement les mêmes, pour les rayons X ordinaires et pour 
ces rayons, de longueur d'onde 100 fois plus grande. Les coefficients d'ab- 
'sorplion des rayons X mous sont ce[)endaiit 10^ fois plus grands que ceux 
des rayons X ordinaires. 

A partir de A^j„4i.io"*' cm justprà A„„„ 10.10"" cm (rayons de 3oo à 
1200 volts), ces coefficients d'absorption semblent devenir constants. En 
réalité, on atteint très probablement, à ce moment, la bande d'absorption K 
du carbone contenu dans la feuille mince de celluloïd qui sépare le tube 
producteur des rayons de la chambre d'ionisation. Le coefficient d'absorp- 
tion du carbone passant, à ce moment, par un minimum très prononcé, la 
longueur fl'onde minimum des rayons filtrés ne varie plus avec la tension 
aux bornes du tuije jusqu'à ce qu'on ait atteint la fréquence correspondant 
à l'autre branche de la discontinuité; le coefficient d'absorption recommence 
alors à décroître et la courbe obtenue se raccorde avec celle provenant de 



(') La précision des mesures publiées dans celle Noie esl assez, faible, les expé- 
riences étant difficiles. Les erreurs peuvent atteindre ) et (|utl(|ucfois 10 pour 100. 
(') (-)wiiN, Proc. Jioy. Soc, t. %, 1918, p. 5io. 



SÉANCE DU 2 1 KÉVRIKR I921. /^/^i 

l'extrapolation des mesures faites sur les rayons X ordinaires. Ce pliérioiiiène 
masque les bandes d'absorption K de l'azole et de l'oxygène. 

Pour déterminer, avec un système plus sensible que celui décrit dans la 
précédente Note, quelle est la plus faible diflerence de potentiel, entre 
l'anode et la catbode, sous laquelle apparaissent les rayons mous, etpoui 
déterminer l'absorption de ceux-ci dans une feuille mince de celluloïd, nous 
avons employé, comme chambre d'ionisation, un électroscope étanche 
contenant de l'air à la pression de o"", i de mercure et sans chute de tension 
le long de l'isolant. La fuite de cet instrument était très faible. Les rayons 
étaient produits par l'arrêt des électrons provenant d'un fil de tungstène 
incandescent, sur une anode de molybdène en forme de V, des écrans conve- 
nables empêchaient la lumière issue du filament d'entrer dansl'électroscope. 
L'anode avait été portée au rouge, pendant une heure, dans un bon vide 
pour éliminer les gaz occlus. Les rayons entraient dans la chambre d'ioni- 
sation en traversant une feuille de celluloïd de 2,5. io~' cm d'épaisseur; un 
dispositif, mu de l'extérieur par rodages, permettait de superposer à cette 
lame, une, deux ou trois feuilles identiques. 

Nous avons pu déceler un rayonnement pour une différence de potentiel 
de 25 volts entre l'anode et la cathode ("A„i„ du spectre continu : 
/(93.io~*cni) et acquérir la certitude qu'il ne s'agissait pas de rayons 
ultraviolets parasites, en déterminant l'absorption de cette radiation dans 
le celluloïd, comme il sera indiqué plus loin. 

De X =: 4o à À = «So.io'* cm, le coefficient d'absorption du celluloïd 
varie, avec la longueur d'onde, suivant une loi en À''* semblable à celle 
trouvée pour les gaz ; mais pour X ^ 80. io~* cm, le [coefficient d'absorption 
croit de moins en moins vite, passe par un maximum pour X = 32o.io~* cm 
(4o volts aux bornes du tube), puis diminue lorsqu'on se rapproche de 
l'ultraviolet, [j.,,,^,^ pour le celluloïd = i4,5.io'' ^^. 

Le rayonnement de l'anticalhode devenant trop faible, lorsque la tension 
entre l'anode et la cathode devient inférieure à 3o volts, pour permettre la 
mesure d'un coefficient d'absorption, on peut, pour obtenir de plus 
grandes longueurs d'onde avec une intensité suffisante, utiliser la production 
de lumière ultraviolette, de longueur d'onde minimum bien déterminée, 
accompagnant l'ionisation d'un gaz. On introduit, à cet effet, dans le tube, 
un gaz à une pression telle que le libre parcours moyen d'un électron soit 
du même ordre que la distance entre l'anode et la cathode, et, dans l'élec- 
troscope, le même gaz à une pression suffisante pour absorber tout le 
rayonnement. On établit, entre l'anode et la cathode, une différence de 



442 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

potentiel légèrement supérieure au potentiel d'ionisation du gaz envisagé. 
On peut mesurer ainsi l'absorption, par le celluloïd, d'une radiation doni 
on connaît la longueur d'ondo. On fait varier celle-ci en changeant la 
nature du gaz ('). * 

On trouve que, pour la longueui' d'onde correspDudant à Tionisatlon de 
rii\ drogène (environ 980. ïo~' cm, ultraNiolet de Scliumann), une feuillo 
de celluloïd de 2, 5. 10— cm d'épaisseur laisse passer 20 pour 100 do la 
radiation incidente, alors qu'elle ne laissait passer que .5 pour 100 de la 
radiation correspondant au maximum d'absorption (A = 320.10-'' cm). 

On a donc réalisé, par l'étude de l'absorption des corps, pour des radia- 
tions de longueur d'onde comprises entre 1000 et lo.io""' cm, une liaison 
continue entre la lumière et les raNons X, et mis en évidence le maximum 
d'absorption existant dans celte région. 



PHYSIQUE. — Sur rétftf aciuci de la synllièsc de l'iimmoniaque par les liyper- 
pri'ssions. Note de M. (iEOROEs Ci-ai'de, présentée par M, d'Arsonval 

Je crois utile de mettre l'Académie au courant des progrès réalisés dans 
la synthèse de l'ammoniaque par les hyperpressions depuis mes Notes pré- 
cédentes (- ). Je préciserai surtout ici les étapes franchies en ce qui concerne, 
l'importance des appareils. 

Je rappellerai d'abord que plusieurs membi'es de l'Acadéinie ont bien voulu visiter 
ù deux, reprises mes inslallalions. Dans la première, le 9 janvier 1920, ils onl assisté 
aux premiers pas de celle industrie hors dû laboratoire. Le mélange N + II' était 
préalablement comprimé vers 100"'™ par un compresseur ordinaire de 60 m': h. Deux 
liypBrcompresseurs en série l'amenaienl à 3oo'"'", puis à 1000""". Ce mélange liyper- 
couiprimé, apj'ès purification, alimenlait un tube calalvseur uni(|ue. dont la production 
élait de 6' à 7' d'amiuoniaque liquide par heure. 

L'évacuation de la chaleur de réaction se faisait dans cet appareil à l'aide d'un 
courant de plomb fondu circuilant le long de la paroi du tulse catalyseur par le prin- 
cipe du thermosiphon : tout l'appareil do catalyse, assez dangereux pour des raisons 
curieuses que j'indiquerai plus tard, était placé au fond d'un puits. Son maniement 
et, en particulier, le remplacement (le la matlrre catalysante ubagée. étaient peu aisés. 



(' ) (îe dispositif expérimental semble susceptible de rendre de grands services dans 
l'élude du rayonnement et des potentiels critiques des gaz. 

C) Comptes re/ir/i/s. I, lOS, i<)i9. p. 1001; t, 170, l'.cJo, p. i-\. 



SÉANCE DU 2 1 FÉVRIER 1921. /|/i3 

Cepeiuliinl, je crois pouvoir ilire (|iie la siiiipliciié de rinstall;ilioii, le foiiclionnemeiil 
parfail des liypercoriipiesseurs, l'absence de fuites malgré la inuliiplicité des joints 
eoiivain(|uiient dés cette date les visiteurs de l'enicacité des principes mis imi jeu et 
de la légitimité des espérances conçûtes. 

La seconde visite a eu lien le ',0 novembre 1930. Un sysiènic très didérent de luhes 
catalyseurs étudié depuis quel(iues mois et permettant, entre autres avantages, le 
remplacement assez facile du catalyseur, avait été mis en service. Les tubes cataly- 
seurs étaient, cette fois, au nombre de ipialre : deux en parallèle, les deux, antres en 
série à la suite, et permettaient la combinaison de 80 pour 100 des gaz traités. Ces 
((uatre tubes étaient jiiacés dans les niclies sépaiées d'un simple petit abri bétonné 
reconnu suffisant. 

Les liypercompresseurs alimentant cette batterie de tubes étaient les mêmes cjue 
ceux de la première visite, mais leur fonctionnement s'était montré à tous égards si 
bon (|u'en augmentant simplement leur alésage et leur vitesse, on avait pu porter leur 
débit de 60'"' à i5o m^:li. J'ajoute qu'à plusieurs reprises. In durée des cuirs emboutis 
sous ces énormes pressions, qui était mise en doute, a atteint l'ordre des centaines 
d'heures. Huant à la possibilité, non moins discutée, d'obtenir des canalisations et des 
appareils étanclies dans de telles conditions, les faits se sont chargés d'en donner la 
démonstration la plus péremploire, puisque, comme on a pu le noter, toute odeur 
d'ammoniaque est très généralement inexistante dans l'usine. 

Celte fois, la production des appareils montrés aux visiteurs s'était éle\ée à 60' ou 
70' d'ammoniaque lUiuide par heure, soit environ i',25 par 24 heures. Kile avait 
donc décuplé depuis janvier. 

Celle installation continue à fonctionner, à titre de démonstration seule- 
ment bien entendu, avec l'hydrogène très coTiteux fourni par une batterie 
d'éleclrolyse alimentée par du courant d'usine thermique, en attendant le 
jour très prochain oii une source d'hydrogène bien plus économique sera à 
sa disposition. 

A l'heure actuelle, une nouvelle étape a été franchie. Un hypercompres- 
seur, réunissant dans un bâti unique les deux étapes 100 à 3oo et 3oo à 900, 
pression finale employée, a été construit par M. Le Rouge. Il « agit celte 
fois d'un puissant appareil, capable de comprimer par heure, malgré ses 
dimensions réduites, 700'"' du mélange N + H', quantité nécessaire pour 
alimenter une unité de 5' d'ammoniaque anhydre, soit l'équivalent de 26' 
de sulfate par jour. 

Une fois de plus, toutes les prévisions concernant la marche et la consom- 
mation d'énergie d'un tel appareil ont été vérifiées. 

Les mesures au wattmètre sur le moteur alimentant l'hypercompresseur 
indiquent en effet, pour un débit de 710 m': h comprimé de 100 à 9.00''''"', 
une puissance électrique de 97 kw; soit, au rendement de 90 pour roo, 
une puissance mécanique de \ii chevaux développés au moteur. Si l'on 



'|/,4 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

admet d'autre part, ce qui est aisément réalisabli- avec de bons compres- 
seurs industriels, un rendement pratique des j de la compression isother- 
mique à I j°, on trouve, pour la compression de 710 m' : h de i"'"' à 100"'"', 
187 chevaux. 

La puissance totale requise de i»'"' à 900"'"' est donc de ')io chevaux, 
soit plus de 2""' comprimés à 900"'" par clievai et par heure. 

Quant à l'étanchéité, l'expérience suivante fixera sur sa \aleur. L'hyper- 
compresseur, alimenté d'abord parle compresseur de basse pression, amène, 
au débit normal de 700 m* : h, les appareils sous hypercompression à la 
pression normale de 900'''"'. On supprime alors l'alimentation de la basse 
pression et l'on ouvre en même temps un hy-pass reliant à l'aspiration 
le circuit d'hyperpression, en réglant le débit de ce hy-pass do telle sorte 
que la pression d'aspiration reslc constante à sa valeur normale, soit 
100""". Les fuites sont alors mesurées, si l'on connaît le volume du circuit 
sous byperpression, par la diminution progressive de celle-ci. Or, la 
capacité du circuit d'hypercompression correspondant environ à 10'"' de 
gaz comptés à la pression atmosphérique, la diminution dépression a été 
au maximum, dans ces essais, de 100""" en i5 minutes, ce qui correspond, 
en tenant compte de la compressibililé des gaz à ces pressions, à moins 
de 3""' de fuites par heure : c'est, par rapport au débit di' 700'"', une 
fuite de moins de o, 5 pour 100. Le résultat esl d'autant plus intéressant 
qu'il n'y a aucune espèce de recueille-fuit(^s. 

Parallèlement à l'hypercompresseur, un des quatre tubes catalyseurs 
d'une installation de 5 tonnes de NH ' par jour a été essayé avec succès. 

Il était nécessaire de faire cet essai pour certifier la possibilité d'installa- 
tions aussi puissantes, car le dégagement d'énormes quantités de chaleur 
dans un volume de plus en plus réduit par rapport aux surfaces d'évacua- 
tion posait de difficiles problèmes (ju'il eût été mauvais de croire réali- 
sables sur la foi d'une simple extrapolation. 

L'expérience de notre installation piécédente montrant qu'il n'y a 
aucune difficulté dans le fonctionnement simultané de quatre tubes soumis 
au même courant gazeux, la certitude est donc maintenant acquise, grâce 
aux efforts de collaborateurs parmi lesquels je suis heureux de citer 
M. Parer, et tout spécialement M. Schideler. de pouvoir réaliseï' jusqu'aux 
plus grosses unités actuellement désirables la synthèse de l'ammoniaque 
par les hy])erpressions, en tant qu'on peut se procurer l'hydrogène néces- 
saire. 



SÉANCI' I>ll 2 1 l'ÉVRIER IQÎI. 4/|5 



CHIMIE PHYSIQUE. — Stir la résix/ii/irc é/rrfritfur des aciers au /iic/,f/. 
\oW de M. A. PoKTEviN, présentée par M. If. Le t^lialelici'. 

Nous avons donné, en 190^ ( ' ), des valeurs de la résistivité d'nne séiie 
d'aciers au nickel conlenanl de o, 1 à o,H pour 100 de carbone et de 2 à 
3o pour 100 de nickel ; postérieurement, \1. O. l^oudouard (") a publié les 
résultats de mesures analogues faites sur la même série d'aciers. Dans l'en- 
semble, il y a concordance 1res satisfaisante entre les données numériques 
obtenues; cependant on relève des écarts énormes, atteignant de 20 à 
4o pour 100 de la valeur la plus faible, [lour certains aciers cont(^nant de 
7 à i5 pour 100 de nickel. 

Ce désaccord semble être dû à des différences de traitement thermique. 
M. O. Boudouard n'indiquant pas les conditions du recuit subi par ses 
échantillons, il devenait indispensable, en vue d'élucider la cause de ces 
divergences, de préciser par de nouvelles expériences l'influence des condi- 
tions de recuit, notamment de la lenteur de refroidissement, sur la résisti- 
vité de ces aciers. 

Dans ce but, on a soumis une série d'aciers au nickel à deux traitemenis 
qui seraient désignés tous deux sous le nom de recuit dans la pratique 
industrielle: l'un, correspondant à des conditions courantes et consistant 
en un chauffage vers lono" suivi d'un refroidissement d'une durée totale de 
4 à 5 heures ; l'autre, correspondant à des conditions volontairement exagé- 
rées, consistant en un chauffage vers i3oo" suivi d'un refroidissement d'une 
durée totale d'environ 3 jours. Nous désignerons ces deux traitements sous 
les noms de recuit avec refroidissement lent et très lent. 

La comparaison des résistivités obtenues sur une même éprouvette après 
ces deux traitements n'accuse que des écarts nuls ou de l'ordre des erreurs 
expérimentales pour les aciers à très basse teneur en carbone, mais fait res- 
sortir des différences considérables pour les aciers contenant de o,3 à 
0,8 pour 100 de carbone et 7 à i5 pour 100 de nickel. 

Voici quelques exemples des résultais obtenus : 



(') Iron and Sieel Instiliile, Carnegie Scholnrship Memnirs. i. 1 , igog. p. 
Rev. Met., l. 6, 1909, p. i3o4. 
(-) Jiet'. Mél., t. 9, 191a, p. 294. 



446 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

lii-sistivitê en iniri-olnti^ 
a |iiii- ■entiniflie riilie. 

l«e<uil Kecuil 

Caihone Nickil Hvec lefroidisseiiienl avec refroidisseinenl 

pour lllO. [Miiir mil. liés lent. lenl. 

o,:r!:. 9,7 3o,7 .!6,i 

0,4 12,2 36,0 40,4 

0.3 j5,o 4',)i'> 69,7 

0,5 ' ' )7 45 1 7 55 , 3 

0,6 7,0 3o,G 43,9 ^ 

0,75 7,0 3 1,0 44 > 3 

o,S 7,1 33, () 44,9 

0.8 9,9 \o,(> 55,9 

Cette variation considérable de la résistivité (de 10 à '|0 pour 100 de la 
plus faible des deux valeurs) est accompagnée ou non de modifications 
caractéristiques de la microstruclure ('); en particulier, certains acii-rs 
oflVent ainsi un changement iniporlanl de la résistivité tout en présentant 
la structure dite mar/ensiii/fiie. Ce fait est à rapprocher de l'observation 
analogue que nous avons signalée pour les aciers au nickel à o,i< pour 100 
de carbone à propos de la trempe (^). Celte structure n'est donc nullement 
caractéristique de propriétés physiques définies d'un acier et peut corres- 
pondre [)Our un même acier à des teneurs en carbone dissous très variables, 
et, par suite, à une infinité d'états trempés ou hyperlrempés ('). 

Les résultats de M. O. Boudouard, dans la zone de discordance, se rappro- 
chent plutôt de ceux obtenus par nous avec le refroidissement très lent. S'il 
en était besoin, ces constatations a|)porteraient une nouvelle preuve de la 
nécessité de définir les traitements thermiques par les conditions complètes 
dans lesquelles ils sont effectués et notamment par l'indication de la rapidité 
du refroidissement. , 

En complétant, par ces nouvelles données, celles déjà fournies par la 



- (') Les modificalioiis de slriicliire résiillaiil tl'uri lecuil suivi de refiiiidissemeiil 
liés lent, modificalioris très complexes dans le cas des aciers au nickel, seront exposées 
iilti-rienrement. Nous les avons déjà fait connaître (A.is. i/il. essais des maléiiati.r, 
noveniltie 1911), notamment, pour les aciers au chrome {Comptes rendus, t. 153, 
i()i I, p. (l'i ) et au ui;tnt;anèse ( Comptes rendus, t. tG5, 1917, p. 6')- 

('■') Imc. cit., p. i324. 

(^) Voir les diagrammes des courbes caractéristiques do trempe et de recuit 
(A. PoRTKViN, Chimie et Industrie, t. 2. 1919, |). ii'|!: I'. < liif:vK>.iRi), /fec. Met., 
t. 2". 1920, p. 688). 



SÉANCE DU 21 FÉVRIER 192I. 44? 

résislivilè des aciers au nickel recuits à 950° avec refroidissemcnl loiil, ou 
peut tracer le diagrainuio de la figure ci-dessous, lequel indique, par des 




courbes de niveau, l'allure de la variation de la résistivilé(en niicrohmspar 
centimètre cube) en fonction des teneurs en carbone et en nickel. 



CHIMIE PHYSIQUE. — Contribution à l'élude du système iode-tellure. Etude 
de la vaporisation. Note de M. A. Damikns, présentée par M. H. Le 
Cliatelier. 

L'étude thermique du système iode-tellure, appuyée par les examens 
métallographiques, nous a conduit précédemment (') à établir une courbe 
détaillée et à montrer la véritable nature du sous-iodureTel-, qui n'a aucun 
caractère de composé défini. Nous avons fait parallèlement l'étude de la 
vaporisation de produits plus ou moins riches en iode et tellure. 

Berzélius, Gutbier et Flury n'ont pu obtenir par sublimation un corps 
répondant à la formule Tel-. Wright a mesuré les tensions de mélanges 
plus riches en iode que le tétraiodure et il trouve des chiffres sensiblement 
égaux à ceux que donne l'iode pur, ce qui ne fournit aucun renseignement 
sur l'existence d'un sous-iodure. Il en conclut que l'iode et le tellure ne 
donnent pas de solution solide, conclusion que nous savons erronée dans sa 
généralité. Dans la zone qu'il étudie plus spécialement, celle des produits 
renfermant de 80 à 100 pour 100 d'iode, nous avons montré antérieurement 
qu'il V a une solubilité très faible du tétraiodure dans l'iode et abaissement 
de la tension de vapeur de celui-ci, manifesté par un accroissement, faible 
d'ailleurs, de son point d'ébullition. 



(') A. IJamiess, Comptes rendus, l. 171, 1920, !>. ii4"- 



448 ACADÉMIE DES SCIENCES. 

En réalité, la mesure directe et précise de la tension de l'iode est 1res 
délicate, et nous avons eu recours à une méthode indirecte d'un usage très 
simple et rapide. Le principe est de chauffer dans le vide à des températures 
aussi basses que possible des mélanges de compositions différentes, et à 
étudier les fractions obtenues dans cette opération. 

Nous avons préparé par fusion et refroidissement lent sept produits de 
compositions différentes. Après pulvérisation, un poids connu de chacun 
(le ces produits a été placé dans un tube de verre qui a été scellé après 
qu'on y eut fait le vide. Les tubes furent disposés en faisceau, et placés dans 
un thermostat constitué par un bloc d'aluminium chauffé électriquement. 
Les produits d'iode et de tellure commençant à émettre des vapeurs à 120", 
mais avec une extrême lenteur, nous avons fait deux séries d'essais, l'une 
à i:")o", l'autre à 170", températures où les produits restent entièrement 
solides. La chauffe a duré 80 heures à iSo", 5 heures 3o minutes à 170°. 

Ln fin d'expérience, chaque tube renfermait trois produits différents : 
un résidu, un produit A déposé en un point correspondant à la sortie du 
four, où la température était voisine de 100°, un produit B formant de gros 
cristaux dans les parties les plus froides du tube. Les produits B sont cons- 
titués par de l'iode pur; les produits A par du létraiodure pur. 

Ces résultats montrent que, dans tous les cas, deux phénomènes se 
superposent : sublimation du tétraiodure et dissociation. Les quantités de 
tétraiodure et d'iode vaporisées sont fonction, la première de la sublima- 
lion, la seconde de la dissociation. Llles ne permettent pas d'apprécier 
avec quelque exactitude les tensions, car elles sont seulcMuent fonction de la 
vitesse d'établissement des équilibres, elle-même dépendante de nombreux 
facteurs, mais leurs variations dans chaque série d'expériences parallèles 
permettent d'établir une série de courbes utiles. On peut ainsi tracer sim- 
plement les courbes de vitesse de vaporisation, et celles qui sont relatives à 
la composition des vapeurs émises. 

Nos résultats permettent les conclusions suivantes : 

1° La vaporisation (courbe I) s'accentue quand la température s'élève 
et quand le produit s'enrichit en iode. Le système est en effet divariant 
(trois constituants et trois phases). 

2° Les courbes présentent un point anguleux, au voisinage des points j] 
ou E' de la courbe thermique, ce qui est lié à la présence dans les produits 
entre E et !'/ de tétraiodure sous forme d'eutectique, à droite du point |], 
de tétraiodure libre. 

3" A droite du point E', la dissociation s'accroît plus vite (|ue la subli- 



SÉA^fCE ou 21 FÉVRIER 1921. ^^Ç) 

niation, ce qui se manifeste par le croisemenl des combes I[, dans chacune 
des expériences, et en outre par l'allure des courbes IlLet IV qui s'écartent 
nettement l'une de l'autre à partir du point E'. 



Oodu total' % au cl.;,t;ffal . 







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1.7 


IV. CoK^i^sUioït- 


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ISO'-"""'^ 


(jotn^aU 


Jtn- \i\jodtiil 1 


uUtt- 



1° On n'observe aucune anomalie des courbes au poinl correspondant 
à la composition TeP, ce qui démontre par un nouvel argument l'inexis- 
tence de ce corps comme composé défini. 

En [résumé, nous avons employé une méthode simple el d'application 
rapide, susceptible d'èlte généralisée, pour l'étude méthodique de la vapo- 
risation d'un système chimique. Appliquée à l'étude du système iode-tellure, 
elle nous a apporté des faits qui viennent à l'appui des conclusions de l'ana- 



/l5o ACADÉMIE DES SCIENCES. 

lyse llierini(|ue ol de la inclallofrraphie, et f|ui nous onl coiifiriué l'inexis- 
lence du sous-iodure de tellure. 



AGKONOMIE. — lli'lalions entre les propriétés mécanir/iics des pâles ilc 
farine et la panificalion . Note de M. Marcel Ciiopi\, présentée par 
M. L. Lindet. 

Nous nous proposons d'établir qu'il existe une relation simple entre la 
faculté que possède une pâte de farine de se développer en membrane 
mince et le poids spécifique apparent du pain susceptible d'être obtenu 
avec cette farine. Nous avons, dans ce but, réalisé un instrument de mesure 
des propriétés mécaniques des matières plastiques, qui permet de délimiter 
l'éprouvette sur laquelle porte la mesure, et de développer cette éprouvette 
en constituant une alvéole analogue à celle qui forme la partie élémentaire 
de la mie de pain. 

Cet appareil comprend deux, plateaux horizonlaux dont l'un est monté sur un socle 
de fonle maintenu à température constante, et dont l'autre peut se déplacer parallè- 
lement au premier. Ces plateaux sont percés au centre d'ouvertures Ironconiques 
dont les axes coïncident. Des clapets, de même forme, peuvent obturer ces ouver- 
tures. Les diamètres des petites bases des clapets inférieurs et supérieurs ont res- 
pectif ement 8""" et 58""". Une manette latérale permet d'abaisser le clapet inférieur 
dans une chambre reliée a un manomètre doué d'amortissement des oscillations, et 
à un tube mesureur en veiie réuni par la partie inférieure à un llacon de manœuvie 
renfermant de l'eau. 

Les deux clapets étant placés sur leurs sièges, on dispose au centre du plateau nui- 
bile un échantillon de pâte et on le comprime pai- la descente progressive du plateau 
supérieur jusqu'à la rencontre d'une cale de 3™"" de hauteur. On enlève les clapets. 
L'érliantllloii de pâte se trouve divisé en deux parties, dont l'une centrale constitue 
une éprouvctli; lie dimensions bien déterminées, qui peut se déplacer à travers l'ou- 
veiture du plateau supérieur. A l'aide du llacon de nianceuvre, on refoule l'air du 
mesureur sous l'éprouvette. Celle-ci décolle et s'épanouit sous la forme d'une calotte 
spîiérique dont les parois s'amincissent à mesure que son volume croît, ju><]u";i ce cpie 
la rupture de la membrane se produise en un point. Le volume d'air refoulé à ce 
moment est sensiblement proportionnel à la surface de rupture delà membrane et sei 1 
démesure à ce que nous pouvons appeler le coefficient d'extension de la pâte, repré- 
senté par IC. Au début de la montée de la pâle, il a été possible de relever la pression 
maximum atteinte, définissant la ténacité de la jiàte. 

Il est indispensable que les essais soient faits dans des condition* liien driinies. Une 
pâte homogène est obtenue en pétrissant pendant 8 minutes dans un petit pétrin mé- 
canique .33.^» de farin(! additionnée de irt6""'' d'eau salée à -.iô" G. Cette pâte repose 



SICANCIÎ \)V 2 1 I KVRIEU 19'^- 1. /|5l 

peiidaril 20 niiniilcs avant Testai el l'apijaieil poilr la iiieinln aiic de ])i'iL(; à iino leiiipé- 
ratiu-e constante de a'i". 

l'^nfin la loi de variation de l'elToit au((nel est soumise réprouvelle reste inva- 
riable, puisqu'elle suit, à peu de chose près, l'écoulement du liquide entre les vases 
communiquants. L'essai porte sur une moyenne de huit échantillons tirés d'une même 
l)àte. Les résultats moyens obtenus avec une même farine s'écarlentde 2 ii 3 pour 100. 
i-a durée totale d'un essai est de 1 heure. 

Différentes farines ont été essayées par ce procédé et soumises parallèlement à des 
panifications efifec