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Full text of "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences"

D&W1988 



COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SANCES 
DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



, <8o 4. A. 32. 



maiur'i- -t-T"' r*T'-"'Blir^n 1 iiiffi"" Vi ** 



P4R1S. MPMMFRIK DE BACHELIER, 

rue du JarHinet , 13. 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SANCES 

DE L ACADMIE DES SCIENCES, 

PUBLIAS 

CONFORMMENT A UNE DCISION DE L'ACADMIi. 

oh uixtti Du *3 cnuH-ei -i835, 

PAR MM. LES SECRTAIRES PERPTUELS. 



TOME TRENTE-DEUXIEME. 

JANVIE1! - JUIN i8SI. 



f 

PARIS, 

BACHELIER, IMPRIMEUR -LIBRAIRE 

de l'cole polytechnique, du bureau des longitudes, etc., 
Quai des Augustins, n 55. 

1851 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADEMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 6 JANVIER 1851. 
PRSIDENCE DE M. RAYER. 



RENOUVELLEMENT ANNUEL DU BUREAU ET DE LA 
COMMISSION ADMINISTRATIVE 

L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un Vice- 
Prsident qui , cette anne, doit tre pris parmi les Membres des Sections 
des Sciences mathmatiques. 

Au premier tour de scrutin , le nombre des votants tant 45 , 

M. Piobert obtient 36 suffrages. 
M. Combes. ... 5 



M. Binet. . . . 
M. Cauchy . . . 
M. Liou ville. . . 
M. Poncelet. . . 



M. Piobert, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est proclam 
Vice-Prsident pour l'anne i85i. 

M. Rvter, Vice-Prsident pendant l'anne i85o, passe aux fonctions de 
Prsident. 

Communication de M. Duperrey, Prsident pendant l'anne i85o, 
relativement l'impression des Mmoires de l'Acadmie. 

Messieurs, 
Conformment au rglement, j'ai l'honneur de vous rendre compte de 

C. R., l65l, I er Semestre. (T. XXXII, N 1.) X 



/ 



ce qui s'est fait pendant l'anne i85o, relativement l'impression de vos 
Mmoires et des Mmoires des Savants trangers : 

Le tome XXII des Mmoires de l'acadmie a t termin et distribu 
aux Membres le 16 septembre dernier. 

L'impression du tome XXIII est commence; huit feuilles sont en 
preuves. 

Le tome XI des Mmoires des Savants trangers est termin et sera 
distribu l'Acadmie dans le cours de la semaine prochaine. 

J'ai l'honneur de rappeler l'Acadmie que plusieurs Sections ont a 
faire des propositions pour des places de Membres ; savoir : 

La Section d" Anatomie et Zoologie, pour la place laisse vacante par 
M. de Blaiyville, dcd le I er mai i85o; 

La Section de Physique gnrale, pour la place laisse vacante par 
M. Gay-Lussac, dcd le 9 mai; .. 

La Section de Gomtrie, pour la place devenue vacante par suite d'un 
dcret du I er septembre i85o, qui exclut M. Libri du nombre des' Membres 
de l'Institut; 

La Section de Minralogie, pour la place laisse vacante par M . Beldant. 
dcd le 9 dcembre. 

Une place d'Acadmicien libre tait vacante, par suite du dcs de 
M. F rancoeur, mort le i5 dcembre 1849- M. Bussy a t nomm cette 
place le 2 5 fvrier i85o. 

Quatre Correspondants de l'Acadmie sont morts dans le cours de 
l'anne dernire. Ce sont M. Schumacher, Altona, Section d'Astronomie; 
M. Link (Henri-Frdric), Berlin, Section de Botanique,- M. Ku;wn, 
Berlin, Section de Botanique, et M. Raffeneau de Lile, Montpellier, mme 
Section. 

L'Acadmie a, en ce moment, huit places vacantes de Correspondants, 
savoir : 

Une dans la Section de Mcanique, 

Une dans la Section dAstionomie; 

Deux dans la Section de Gographie et Navigation ; 

Une dans la Section de Physique gnrale; 

Trois dans la Section de Botanique. 

L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination de deux 
Membres appels faire partie de la Commission centrale administrative. 
MM. Chevreul et Poncelet runissent la majorit absolue des suffrages. 



(3) 
MMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE 

M. Cauciiy dpose sur le bureau de l'Acadmie un exemplaire lithographie 
de la Lettre qui renferme les observations adresses par lui M. l'adminis- 
trateur et MM. les professeurs du Collge de France, au sujet de sa can- 
didature. 

A cette Lettre se trouve jointe une Note dont M. Cauchy donne lecture. 
Cette Note est relative l'influence souvent exerce par des circonstances 
trangres la science, sur la solution de questions qui, au premier abord, 
paraissaient purement scientifiques. 

physique chimique. Remarques de M. Biot sur une Note de M. Fremy, 
insre au Compte rendu de la sance dernire. 

Je viens de lire, dans le Compte rendu, l'extrait que M. Fremy a donn 
de ses nouvelles recherches, sur les transformations imprimes l'acide 
tartrique par la chaleur, en rponse aux objections que MM. A. Laurent et 
Ch. Gerhardt, avaient leves contre son premier travail, publi en 1 838 (i). 
Je n'ai garde de vouloir me mler cette querelle, qui exigera sans doute 
du temps, et des circonstances plus opportunes, pour tre vide. Mais, 
M. Fremy a d invitablement m'y envelopper, en raison des expriences 
que j'ai faites sur cette classe de phnomnes, avec l'assistance de M. Lau- 
rent; et toutefois, il semble dispos aussi m'en carter, en raison de mon 
incomptence, comme physicien, intervenir dans une question de chimie 
pure. Je suis donc forc de lui montrer, que, si l'exprience m'a occasion- 
nellement conduit noncer deux faits contraires sa doctrine, ces faits 
sont certains. Peu de mots y suffiront ; et je tcherai de les rendre assez 
clairs, pour que l'on voie nettement les points en litige. 

Lorsque l'acide tartrique cristallis est maintenu une temprature 
constante, que la Note actuelle place entre 170 et 175 degrs [le Mmoire 
de i838 disait aoo degrs environ (a)], il perd progressivement les deux 
quivalents d'eau qu'il tient en combinaison, et qui forment ^ de son 

(1) Annales de Chimie et de Physique, tome LXVIII, page 353. 
(a) Ibid. , page 356. 



(4) 

poids. Cette dperdition, suivant M. Fremy, offre trois phases intermittentes, 
qui donnent autant d'acides dfinis, distincts entre eux. Les intermdiaires 
ne donnent que des mlanges. La priode entire de ces transformations 
se subdivise, comme il suit. 





PERTE D'EAU. 


ACIDE PRODUIT. 




i '" phase 
2 e phase . 
3 1 " phase. 


y quivalent. 

y ou i quivalent. 

y ou 2 quivalents. 


Acide tartralique. 
Acide tartrlique. 
Acide tartrique 
anhydre. 


Soluble dans l'eau. 
Soluble dans l'eau. 
Insoluble dans l'eau immdiate- 
ment. 



Chacun de ces acides drivs, tant tenu dans l'eau, se reconstitue de 
lui-mme, l'tat d'acide tartrique primitif, avec le temps. 

Telle est la doctrine de M. Fremy. 

J'avais bien regrett que la condition prescrite par lui , d'oprer seu- 
lement sur de trs-petites quantits d'acide, n'excdant pas quelques 
grammes, empcht d'tudier ces transformations successives, par les ca- 
ractres rotatoires qui devaient les accompagner. Mais, au commence- 
ment de 1849, -M- La ur ent m'apprit, qu'au moyen d'une manipulation 
spciale, qu'une pratique ritre lui rendait facile et sre, il pouvait 
fondre par la chaleur, et solidifier ensuite l'tat amorphe, des masses 
d'acide tartrique, pesant jusqu' 200 et 3oo grammes, en les conservant 
transparentes, et leur faisant, ou ne leur faisant pas perdre d'eau, sa 
volont. Je m'empressai de mettre profit, son obligeance active et 
zle, pour constater ainsi la persistance du pouvoir rotatoire molculaire 
des corps, dans l'tat solide, ce que je n'avais pu faire jusque-l que 
dans un seul cas, celui du sucre de cannes partiellement dcristallis. 
Crce lui, je pus multiplier l'infini ces preuves, tant sur l'acide 
tartrique isol, que combin, soit avec l'acide borique, soit avec les bases. 
Ce fut l'objet d'une longue suite d'expriences, que je publiai dans les 
premiers mois de i85o (1). 

Ayant ainsi reconnu la sret inespre, que la singulire adresse de 
M. Laurent, donnait ce procd de manipulation, j'entrepris, toujours 
avec son assistance, de soumettre des mesures, les pouvoirs rotatoires 



(1) Annales de Chimie et de Physique , 3 e srie, tome XXVIII, page 35 1. 



(5) 

des produits ainsi prpars, auxquels M. Fremy d'une part, MM. Lau- 
rent et Gerhardt de l'autre, s'accordaient reconnatre des proprits 
chimiques diffrentes de celles de l'acide tartrique cristallis, quoiqu'ils 
les interprtassent diversement. Je ne me proposai point ce travail, en vue 
d'infirmer ou de faire prvaloir telle ou telle doctrine, de combattre ou 
d'appuyer telle ou telle personne. Ces inspirations me sont trangres. 
Le seul dsir de connatre la vrit me suffit. Or, comme l'habile ma- 
nipulation de M. Laurent, me formait toujours ces produits mon gr, 
avec les particularits que j'y dsirais, soit sans perte d'eau, soit entre 
les limites de dperdition que je lui indiquais, et dont je constatais soi- 
gneusement la ralisation par la balance, je pus suivre, par des expriences 
multiplies, les modifications de l'acide primitif, dans l'tendue presque 
totale de leurs phases. Je reconnus ainsi, ma grande surprise, que tous 
ces produits, si diffrents les uns des autres par la proportion d'eau, tant 
redissous dans ce liquide, dosage gal, n'y montraient aucune diff- 
rence de pouvoir rotatoire apprciable, soit entre eux, soit avec l'acide 
cristallis primitif. Mais aussitt que l'on introduisait l'acide borique dans 
ces solutions, en maintenant toujours l'identit du dosage, la diversit 
des tats molculaires de leurs lments tartriques, se manifestait par des 
diffrences d'action, par consquent de combinaison, considrables; quoi- 
que la totalit des lments de chaque systme y participt toujours, comme 
j'ai eu soin de l'tablir. Les moins actifs des lments tartriques, taient 
ceux qui avaient subi les plus grandes pertes d'eau. Toutefois, en les 
abandonnant eux-mmes, sous l'influence commune de la temprature 
ambiante, les dissolutions qui les contenaient tant mises l'abri de l'air 
extrieur, dans des tubes ferms, on voyait leur nergie s'accrotre de 
jour en jour, non par saccades brusques, mais par un progrs lent et 
continu. Enfin, aprs un temps d'autant plus long, qu'ils avaient t mo- 
difis plus profondment, ils se trouvaient tous, avoir repris un degr 
d'nergie gal celui de l'acide cristallis primitif, sans que je pusse saisir 
de diffrence certaine, entre eux ou avec lui. J'ai constat cette complte 
rintgration, par un grand nombre d'expriences, dont j'ai publi tous 
les dtails physiques et numriques (i). Je n'en rappellerai ici que deux, 

(i) Les personnes qui ne sont pas familiarises avpc les conditions suivant lesquelles les 
pouvoirs rotatoires s'exercent, pourraient voir ici le sujet d'une objection, qui ne serait pas 
fonde. Puisque les solutions ici compares, ont t primitivement faites d'gal dosage , avec 
les lments d'acide tartrique , soit cristallis , soit plus ou moins dpouills d'eau , lorsque 
ces derniers se sont reconstitus dans leur tat primitif, en reprenant de l'eau leur solution , 



(6) 

les seules qui ont trait la question, en ce moment controverse. Du reste T 
le mode de prparation, d'o dpend le succs, tait le mme pour toutes, 
sauf- que l'acide tait maintenu plus ou moins longtemps l'tat de fusion, 
selon la perte d'eau qu'on voulait lui faire prouver. 

La premire, est relative l'acide, fondu sans perte d'eau. MM. Lau- 
rent et Gerhardt avaient annonc que ce produit est dj un acide distinct, 
isomre du cristallis, et qu'ils ont appel le mtatartrique. M. Laurent l'a 
form quatre fois sous mes yeux, pour quatre expriences indpendantes 
entre elles, dont le rsultat a t identique. On y employait des cristaux d'a- 
cide tartrique bien pur, dont les quantits, soigneusement peses, ont vari, 
depuis un peu moins de 5g grammes, jusqu' un peu plus de 65 grammes, 
hlles taient contenues dans des fioles de verre sches, long col, dont j'a- 
vais dtermin pralablement le poids. Un des artifices les plus essentiels de 
la manipulation, consistait en ce que, avant de chauffer l'acide, qui tait 
finement broy, mais non pas en poudre, M. Laurent faisait passer au fond 
de la fiole, sous la masse cristalline, trois ou quatre gouttes d'eau, qui, la 
premire impression de la chaleur, formant, avec les parcelles infrieures de 
l'acide, une dissolution trs-concentre, permettaient aux suprieures de se 
fondre leur tour, sans que les unes ni les autres prouvassent immdiate- 
ment la calfaction par contact avec le verre, ce qui les aurait infaillible- 
ment brunies, peut-tre altres. Le reste de l'opration se faisait feu nu, 
en tenant la fiole par son col dans une situation oblique, et la tournant 
sans cesse, autour de son axe, pour rpartir galement l'impression calori- 
fique sur toute la surface de ses parois, et sur toutes les portions de la masse 
intrieure. Le chauffage s'effectuait avec toutes sortes de mnagements, 

leur poids total y devient relativement plus considrable que dans les solutions faites avec 
l'acide cristallis ; tandis que la proportion d'eau libre qui reste en leur prsence devient rela- 
tivement moindre de toute la quantit qu'ils ont absorbe: de sorte que l'identit de dosage 
primitivement tablie pour tous les lments des solutions n'existe plus. Ainsi le pouvoir 
rotatoire restitu , semblerait ne devoir pas tre pareil. Mais les expriences faites directement 
sur les solutions d'acide tartrique cristallis dans l'eau, soit pure, soit charge d'acide bo- 
rique, montrent que la grandeur des dviations qu'on y observe , rsulte du concours de tous 
leurs lments, tant actifs qu'inactifs. De sorte que des dviations sensiblement gales peu- 
vent tre opres par le concours d'lments dont les proportions pondrales relatives ne 
sont que trs-peu dissemblables. J'ai discut en dtail cette question dlicate, dans les 
Mmoires que j'ai insrs au tome XXIX des Annales de Chimie et de Physique pour i85o ; 
spcialement pages 45 et suiv. , pages 377 38o ; et avec plus d'ensemble dans le dernier de 
ces Mmoires qui commence page 420. 



(7 ) 
pour que Ja fusion s'oprt la moindre temprature possible. Quand ell< 
tait complte, on retirait la fiole ; on enlevait, avec des bandes de papier 
Joseph, la lgre rose qui avait pu se dposer vers l'orifice du col ; on aspi- 
rait avec un tube de verre, le reste de vapeur aqueuse qui pouvait y tre en- 
core en exhalation ; et, aprs l'avoir laisse quelques instants refroidir, on la 
bouchait. Les trois ou quatre gouttes d'eau ajoutes, avaient suppl l'va- 
poration avec une approximation si juste, et si adroitement mnage, que les 
pertes finales, soigneusement apprcies la balance, se sont trouves tre, 
dans deux expriences, -nnj- 5 dans une troisime, 1 5 U 3 U , T ;dans la quatrime, 
la perte s'tait change en un excs de , 3 u . Je prsente ces nombres au 
jugement des exprimentateurs. C'est sur ces quatre masses, fondues aussi 
dlicatement, aux moindres tempratures, et avec les moindres modifica- 
tions possibles de la quantit d'eau primitive, que j'ai fait mes observations 
optiques. tant dissoutes en prsence de l'acide borique, leur action imm- 
diate sur lui s'est montre beaucoup moindre que celle de l'acide cristallis, 
dans des solutions de dosage pareil. Le changement survenu dans leur tat 
molculaire, se manifestait ainsi avec vidence, par l'infriorit de cette 
action. Mais elle s'est accrue par degrs avec le temps, et a fini par se remet- 
tre gale. La simple fusion, opre ainsi, avec des pertes de poids nulles, 
ou peine apprciables, avait donc donn d'abord un acide molculaire- 
inent distinct du primitif, mais isomre avec lui, comme MM. Laurent et 
(ierhardt l'avaient annonc. 

M. Fremy oppose ce rsultat deux objections qui, dans l'nonc g- 
nral qu'il leur donne, y ont toutefois une application directe. La premire, 
c'est que l'acide tartrique chauff, mme seulement jusqu' 170 degrs, ne 
dgage pas uniquement de l'eau, mais aussi un acide volatil form aux d- 
pens de sa propre substance, ce qu'il suppose n'avoir pas t remarqu par 
MM. Laurent et Gerhardt. S'il en est ainsi, ces deux exprimentateurs, que 
l'on dit habiles, auront t bien maladroits, ou bien inattentifs. Car le fait 
de cette dperdition, sinon sa quantit, se manifeste avec vidence par l'o- 
deur seule de caramel qui s'exhale trs-perceptiblement des masses d'acide 
tartrique, maintenues pendant quelque temps l'tat de fusion, avec tous 
les mnagements imaginables. Il est pourtant croire qu'ils n'ont pas ignor 
cefait, car ils en parlent plusieurs foisdans leur travail (1). Moi-mme, simple 
physicien, je me suis mfi de cet indice, et je l'ai mentionn expressment. 

(i) Comptes rendus des travaux de Chimie, par MM. A. Laurent et Ch. Gerhardt, 
5 e anne, t84o; pages toi et 102. 



(8) 

Mais j'ai aussi discut les limites de son importance pondrale, dans les pro- 
duits que M. Laurent m'avait prpars; et, en m'appuyant sur la coloration 
peine sensible de leurs dissolutions, comme aussi, avec plus de certitude 
encore, sur la restitution si approximativement complte des dviations 
finales, mme quand la dperdition a t pousse aussi loin qu'il m'a 
paru prudent de le faire , j'ai pu dire que la perte de substance active a t, 
mme alors, si minime, qu'on pouvait la prsumer, plutt que la constater 
matriellement (i). Je ne parle ici, que pour les produits qui m'ont servi; 
car, autant il m'a paru difficile de les prparer avec cette adresse, autant il 
serait ais de brunir, et mme de torrfier partiellement l'acide, si l'on op- 
rait avec moins dmnagements. La dperdition de substance propre, n'ayant 
donc pu tre que trs-petite, dans les cas extrmes de mes observations, 
combien a-t-elle d tre plus petite encore, quand l'acide tait seulement 
amen l'tat de fusion, presque sans changement de poids apprciable, 
comme dans l'exprience dont je viens de rapporter les dtails! Les nom- 
bres mmes le montreraient au besoin. Il s'tait donc form bien rellement 
alors un acide distinct, isomre du primitif , comme MM. Laurent etGerhardt 
l'avaient dit. Or, ce cas initial de transformation, n'est pas compris dans 
les intermittences que M. Fremy avait admises. 

A la vrit, et c'est l sa deuxime objection, il ne reconnat pas l'iso- 
mrie de ce premier produit comme tant molculaire ; et il l'appelle un 
phnomne de trempe. Ceci est un terme de physique, inexactement ap- 
pliqu. Le mot trempe, dsigne une modification survenue entre les posi- 
tions relatives des molcules identiques de deux masses pareilles. Or, ici, 
indpendamment de toute autre considration, le changement survenu dans 
les pouvoirs rota toires, montre que la modification s'est opre dans les mo- 
lcules mmes, puisque leur action immdiate sur l'acide borique, est de- 
venue considrablement moindre que celle qu'exercent, dosage gal, sili- 
ce mme corps, les molcules de l'acide tartrique cristallis. 

Mon second cas de dissentiment, avec M. Fremy, porte sur l'autre 
limite extrme de sa srie. Parmi les masses fondues que M. Laurent m'a 
prpares, avec les prcautions que j'ai dcrites, plusieurs avaient perdu 
plus que i quivalent d'eau; et, pour l'une d'elles, la perte dpassait i \ 
quivalent. D'aprs la doctrine de M. Fremy, ces produits auraient d tre 
des mlanges de son acide tartrlique soluble, o la perte est i quivalent 
d'eau, avec son acide tartrique anhydre, immdiatement insoluble. Cepen- 

(i) Annales de Chimie et de Physique, 3 e srie, tome XXIX, pages 35o et 35i. 



(9) 
dant ils se sont montrs compltement solubles dans l'eau. Et cela ne venait 
pas de ce qu'ils y auraient t dj restitus l'tat d'acide cristallis pri- 
mitif. Car leur action immdiate sur l'acide borique tait beaucoup moindre, 
et d'autant moindre, qu'on leur avait enlev plus d'eau par la fusion. Tou- 
tefois, ils reprenaient une nergie gale la sienne avec le temps. 

Je n'ai pas tudi individuellement les deux acides intermdiaires de 
M. Fremy. J'ai seulement exprim les doutes que m'inspirait la supposition 
qu'ils appartinssent des intermittences exceptionnellement isoles, sans 
toutefois embrasser non plus, en ces points, le sentiment de ses adversaires. 
Ces doutes me restent encore les mmes, aprs la lecture de sa Note, parce 
qu'elle ne dtruit pas les motifs sur lesquels je les fondais. L'ensemble des 
phnomnes observs, me semblerait se prter mieux une interprtation 
diffrente qui ne supposerait pas la discontinuit. Mais ceci est une pr- 
somption qui demande tre prouve par l'exprience. 

Peut-tre aurai -je la possibilit de le faire. Pendant que je me livrais 
ces recherches, et mme bien auparavant, M. Regnault m'avait indiqu un 
procd d'exprimentation, par lequel cette question, et une foule d'autres 
analogues, pourraient se traiter avec infiniment plus de prcision et de cer- 
titude, qu'on n'en a eu jusqu' ce jour. Mais je n'tais pas en position d'en 
faire usage. Je m'empresserai d'y recourir, avec la participation de M. Lau- 
rent, ds que la saison sera devenue moins svre, si une chance heureuse, 
qui semble s'offrir, le mettait en possession d'un laboratoire, o il puisse 
travailler. 

Note de M. Biot. 

J'ai l'honneur d'offrir l'Acadmie, et chacun de ses Membres, en par- 
ticulier, un exemplaire d'un article qui vient d'tre insr dans le Journal 
des Savants sous ce titre : Notice sur Gay-Lussac, lue la sance anniver- 
saire de la Socit royale de Londres, le 3o novembre i85o. 

Je demande l'Acadmie la permission de lui lire le court expos, dans 
lequel j'explique les circonstances qui ont amen cette publication. 

Cette Notice n'a pas t crite de mon propre mouvement, mais pour 
rpondre une invitation aussi honorable qu'inattendue. C'est un usage de 
la Socit royale de Londres, que, dans la sance anniversaire qui se tient 
le 3o novembre, le prsident prsente de courtes Notices sur les Membres, 
tant nationaux qu'trangers, dont le dcs a eu lieu depuis l'anniversaire pr- 
cdent; et, malheureusement pour la science, Gay-Lussac tait un de ceux 
qui devaient recevoir cette marque de souvenir. Au commencement de 

C. R. , i85i , i Semestre. (T. XXXII, N 1.) 2 



( >o) 
juillet dernier, le secrtaire de la Socit pour la correspondance trangre, 
le colonel Sabine, me fit l'honneur de m'crire que lord Rosse, le prsident 
actuel, mettant beaucoup de prix se procurer des documents exacts sur 
la vie scientifique d'un homme aussi distingu, dsirait cpie je les rassem- 
blasse pour lui dans une Notice relative notre compatriote; dont la forme 
et l'tendue fussent appropries au cadre qu'il avait remplir, et qui put 
lui tre remise dans le courant du mois d'octobre. Si je fus sensible, comme 
je devais l'tre, ce tmoignage de confiance, je n'en fus pas non plus m- 
diocrement effray, comprenant fort bien la double responsabilit que 
j'allais encourir, envers la mmoire de Gay-Lussac, et envers la personne 
qui me faisait l'honneur de rclamer mes services. Je trouvais ainsi beau- 
coup plus prudent, de me rcuser comme inhabile, que de m'exposer mal 
remplir des intentions si loyales. Mais un ami que je consultai, me remontra 
que je ferais plus mal encore, en refusant de m'y associer par un motif d'in- 
suffisance personnelle, puisque, aprs tout, il fallait bien que quelqu'un se 
charget d'y rpondre, et qu'on demandait seulement de moi une tude 
consciencieuse, pour laquelle on me donnait un temps suffisant. J'acceptai 
donc; et le secrtaire de la Socit royale se trouvant Paris dans les pre- 
miers jours d'octobre, je lui remis la Notice termine, en le priant de la 
transmettre lord Rosse, pour en faire tel usage qu'il voudrait. J'appris 
alors de lui que lord Rosse avait en vue un but beaucoup plus important, 
j'oserai dire aussi beaucoup plus efficacement utile, que je ne l'avais ima- 
gin. C'tait que ces Notices annuelles, devinssent dsormais de vritables 
Mmoires scientifiques, o le souvenir des individus se trouvt rappel, non 
par des dtails anecdotiques et par de vains loges, mais par le rsum 
fidle de leurs travaux, et des services qu'ils avaient rendus. La Notice que 
j'avais rdige pour lui, d'aprs son dsir, lui a sans doute paru approcher 
suffisamment de ces conditions, puisqu'il m'a fait l'honneur de l'insrer dans 
son adresse la Socit royale, en la prsentant telle que je l'avais crite, 
en franais; circonstance laquelle on m'excusera d'avoir t particulire- 
ment sensible. Il me reste souhaiter que le jugement qu'on en portera, ne 
jette pas de dfaveur sur l'preuve que lord Rosse a voulu faire. Car la 
pense qui lui a inspir cette innovation, si elle tait mieux ralise que je 
n'ai pu y russir, me semble conforme l'intrt des sciences, honorable 
pour la mmoire des hommes laborieux qui laissent aprs eux des titres 
rels, et conue dans l'esprit libral de confraternit qui doit rattacher en- 
semble les savants de toutes les nations. Voici maintenant cette Notice, qu'il 
m'a t permis d'extraire du procs- verbal imprim de la sance. 
(Elle a t distribue aux Membres de l'Acadmie aprs cet expos.) 



( H ) 

chimie ORGANIQUE. Note sur l'acide bromobenzoque; 
par M. Aug. Laurent. 

Dans ces derniers temps, M. Muller a envoy l'Acadmie un M- 
moire sur l'acide bromobenzoque (i), en faisant remarquer que ses exp- 
riences taient contraires certaines ides que j'ai mises sur la chimie 
organique. 

J'ai dj rpondu (2) que les rsultats donns par M. Muller me sem- 
blaient ne pas devoir tre exacts. Mais comme une simple prsomption de 
ma part ne suffisait pas pour dcider une question de fait, j'ai pri M. IV- 
ligot, qui, le premier, avait tudi l'action du brome sur le benzoate d'ar- 
gent, de vouloir bien reprendre ce sujet afin de dissiper l'obscurit qui y 
restait encore. Les nouvelles expriences de M. Peligot sont venues confir- 
mer mes prvisions, comme il a eu la bont de me l'apprendre lui-mme; 
et, d'aprs l'autorisation qu'il a bien voulu m'accorder, je prsente ici les 
rsultats de ses nouvelles analyses, qui dmontrent que l'acide bromoben- 
zoque n'est pas bibasique, et qu'il renferme G" II 10 Br 2 0*. 

Bromobenzoate d'argent. 

Thorie Exprience. 





26,5 


47, i3 


H" 


1,2 


,,46 


Br'Ag. . 


59,4 


60 , 00 





l2 >9 





100,0 

Il paratrait, d'aprs les anciennes analyses de M. Peligot, qu'il existe 
un compos intermdiaire entre l'acide prcdent et l'acide benzoque. 

M. Roux fait hommage d'un opuscule intitul : Faits et remarques 
pour servir l'histoire de l'anviysme artrioso-veineux. 

M. Payen, secrtaire perptuel de la Socit nationale et centrale d'Agri- 
culture, prsente un exemplaire du Recueil des discours prononcs dans la 
sance publique de rentre, tenue le mercredi i3 novembre i85o. 

(t) Comptes rendus, 18 mars i85o. 
(2) Comptes rendus, 25 mars i85o. 



( l* ) 

RAPPORTS 

PALONTOLOGIE. Rapport sur un Mmoire de M. P. Gervais , ayant pour 
titre : Nouvelles recherches relatives aux Mammifres d'espces teintes, 
qui sont enfouies auprs d'Apt, avec des Palaeothriums identiques 
ceux de Paris. 

(Commissaires, MM. Cordier, Flourens , Duvernoy rapporteur.) 

Encourag par les votes favorables de l'Acadmie , et toujours anim 
du mme zle pour les progrs de la palontologie, M. P. Gervais a fait 
connatre, dans les Nouvelles recherches, dont nous devons rendre compte, 
ses rcentes dcouvertes ou dterminations de Mammifres fossiles, qui 
taient enfouis dans les terrains lacustres des environs d'Apt, dparte- 
ment de Vaucluse. 

C'est une lieue au nord de cette ville, sur la pente est de la butte 
de Perral, gale distance des villages de Gargas et de Saint-Saturnin, 
que se trouve ce riche dpt d'ossements fossiles. 

Quoiqu'il n'ait encore t exploit que dans deux ou trois galeries, 
ouvertes dans une proprit qui porte le nom de la Dbruge, M. Gervais 
observe que ce dpt a dj fourni, en bien peu de temps, plus d'espces 
que n'ont eu l'occasion d'en dcrire, pendant un demi-sicle de recherches 
assidues, dans les nombreuses carrires des environs de Paris, M. Cuvier 
principalement, et, aprs lui, M. de Blainville. 

Dans un prcdent Mmoire (i), M. Gervais avait signal l'existence, 
dans ce mme dpt, des Palotherium magnum, mdium, crassum, cur- 
tum, minus et de Y Anoplotherium commune, que G. Cuvier a caract- 
riss, qu'il a nomms et classs, aprs en avoir dcouvert les dbris 
dans le gypse de Montmartre. 

Outre ces Pachydermes si caractristiques des terrains d'eau douce, 
M. P. Gervais en avait, reconnu plusieurs autres dans la mme localit : 

Le Paloplotherium anne tens, dcouvert en premier lieu en Angle- 
terre, dans un terrain analogue, et dtermin par M. Richard Owen, et 
YHjopotamus crispus, dont l'espce a t reconnue par M. P. Gervais. 

Enfin, cette faune se composait de plusieurs Carnassiers : 

(i) Lu l'Acadmie, le 8 octobre 1849, et Sl,r ' e< l ue ' n0l, s avons fait un Rapport le 
19 novembre suivant. 



( 3) 

i. D'une espce du genre Hynodon, de Laiser et de Parieu, ou Ptero- 
don, de Bl., que le savant professeur de Montpellier a ddie au gnreux 
fondateur du muse d'Avignon, M. Requien ; c'est Y Hynodon Requieni; 

a. D'une espce de Cynodon, le Cynodon lacustre, ayant des rap- 
ports avec les Mangoustes, et plus particulirement avec YHerpestes palu- 
dosus, Cuv., originaire du sud de l'Afrique. 

Les nouveaux Mammifres fossiles de cette faune et de cette localit 
restreinte, sont indiqus par des fragments d'os assez caractristiques, pour 
que M. P. Gervais ait pu y reconnatre l'existence prsume de plusieurs 
espces nouvelles d' Jnoplotherium , dont l'une serait un peu plus grande 
et l'autre un peu plus petite que Y Jnoplotherium commune. M. Gervais 
;ijoute, leur sujet, que MM. Bravard et Pomel, qui ont sjourn plus 
que lui la Dbruge, sont arrivs au mme rsultat. 

Il a encore reconnu, dans d'autres de ces fragments, le Xiphodon 
gracile, petit Pachyderme pieds didactyles et formes lances, dcouvert 
en premier lieu par M. Cuvier dans les pltrires des environs de Paris; et 
cet autre petit Pachyderme , si commun dans certaines localits de l'Au- 
vergne, que MM. de Laiser et de Parieu ont nomm Oplotherium (i), et 
M. Bravard Cainotherium. 

Enfin M. Gervais a cru pouvoir tablir, d'aprs d'autres restes osseux 
deux nouveaux genres : le Tapirulus hyracinus , dont les dents molaires ont 
un caractre diffrentiel trs-prononc, dans une crte mdiane longitudi- 
nale qui lie leurs collines transverses. Ce genre devra faire partie du mme 
groupe que les Tapirs et les Lophiodons, tandis que l'autre genre, YAcothe- 
ruluin saturninum, P. Gervais, parat se rapprocher des Ruminants et mon- 
tre beaucoup de rapports avec le Dichobune murinum, Cuvier. 

Mais cette dernire distinction gnrique, plutt prsume que suffisam- 
ment caractrise, ainsi que l'observe M. Gervais lui-mme, aura besoin 
d'tre confirme d'aprs des fragments plus complets. 

Nous avons t mme d'tudier une bonne partie de ces restes fossiles 
dont M. Gervais tait devenu propritaire, et qu'il a bien voulu cder au 
Musum d'histoire naturelle. 

Il sera dsormais facile de se convaincre, dans les riches collections 
palontologiques de cet tablissement, de l'identit des espces enfouies 
dans le gypse de Montmartre (o leurs os ont une teinte jauntre qui pro- 
vient de la matire animale qu'ils ont conserve), avec les espces des ter- 



(i) Annales des Sciences naturelles , 2 e srie, tomeX, page 336, et PL XIII. 



( '4 ) 

vains ligniteux des environs d'pt, dont les os ont t noircis par le sol 
qui les recle. 

L'Acadmie comprendra tout l'intrt que la science doit mettre pou- 
voir ainsi comparer les restes fossiles de localits aussi loignes, mais que 
des faunes identiques rapprochent, du moins pour les circonstances qui leur 
permettaient de nourrir les mmes espces de Mammifres. 

La faune de la Ubruge, prs d'Apt, a t enrichie rcemment, par les 
soins de MM. Bravard et Pomel, d'un petit Mammifre de la sous-classe des 
.Marsupiaux et de la famille des Sarigues, dont les reprsentants actuels vi- 
vent dans les parties chaudes des deux Amriques. 

Cette importante dcouverte, ainsi que l'observe M. Gervais, tablit un 
nouveau rapprochement entre la faune des pltrires de Paris, o M. Cuvier 
avait signal, depuis longtemps, un animal de la mme famille, et celles des 
terrains lacustres des environs d'Apt, du Puy en Velay, et de la Limagne 
d'Auvergne, qui comprennent des petits animaux de la mme sous-classe. 

Une autre considration que nous ne devons pas passer sous silence, 
c'est qu'aucune formation marine n'a montr jusqu'ici de Palotheriuni 
proprement dit, ou des animaux de la mme faune. 

M. Gervais ajoute que les divers bassins palothriens ne reclent au- 
cun des animaux dcouverts dans les bassins miocnes de Sansan, auprs 
d \rles, d'Avaray ( Loir-et-Cber), de Monrabusar ou de Chevilly (Loiret). 

Ces vues gologiques, consquences rigoureuses des dcouvertes pa- 
lontologiques comprises dans le Mmoire de M. Gervais, donnent la me- 
sure du mrite de ce travail et des progrs que les tudes incessantes de ce 
jeune savant contribuent faire faire la palontologie. 

En consquence, nous avons l'honneur de proposer l'Acadmie de 
donner son approbation aux Nouvelles recherches de M. P. Gervais, et de 
voter des remercments leur auteur, pour la communication qu'il lui en 
a faite. 

Les conclusions de ce Rapport sont adoptes. 

MMOIRES LUS. 

physique. Mmoire sur les vibrations sonores de l'air; 
par M. G. Wertheim. (Extrait.) 

(Renvoy l'examen de la Section de Physique.) 

Aprs avoir rappel les rsultats obtenus par Bernouilli , par Euler, 
par Poisson, par Savart et par MM. Biot, Liskovius, Hopkins, Pellissov et 



( f) 

Sonclliauss, l'auteur fait remarquer combien les diffrentes lois nonces 
jusqu'ici sont incertaines et mme contradictoires entre elles, et combien 
sont arbitrairement choisies les limites entre lesquelles ces lois sont cen- 
ses tre exactes. 

Il expose ensuite ses propres expriences, dans lesquelles il s'est sur- 
tout appliqu faire varier les dimensions des embouchures et les dimen- 
sions transversales des masses d'air limites dont il a dtermin le son ; ces 
expriences ont t faites sur un grand nombre de tubes , de caisses et de 
sphres en verre, en gutta-percha , en cuivre jaune, en plomb, en tle et 
en bois , munis d'embouchures gradues depuis le plein orifice jusqu' la 
bouche presque linaire place sur l'une des artes, et jusqu' la bouc lie 
trs-petite, mais semblable la section du rservoir d'air et applique au 
centre d'une de ses faces. 

Voici les rsultats de ces expriences : 

i. Soient L la longueur, Lg la largeur, et H la hauteur d'un tuyau 
rectangulaire, partiellement ferm aux deux extrmits, S sa section per- 
pendiculairement la longueur, s t et s 2 les surfaces des ouvertures qui se 
trouvent ses deux extrmits, v la vitesse du son la temprature la- 
quelle on opre, et n le nombre de vibrations; on a 



L + C. + C 2 



C 1 =,(Lg + H)( I - V /j +V /f);C 2 = c(Lg + H)(.- V /f-f-^)- 

La constante c est gale 0,187 pour les tuyaux ouverts; dans les tuyaux 
bouchs, sa valeur varie avec la substance des parois. 

Cette formule comprend comme cas particuliers les tuyaux d'orgue 
ordinaires, ouverts ou ferms, et les tuyaux embouchs plein orifice, ou- 
verts ou ferms. 

2 . D'aprs cette formule , le son doit baisser indfiniment mesure 
que l'on rtrcit les deux orifices du tuyau; cela n'a rellement lieu que 
pour les tuyaux embouchs par le centre; dans les tuyaux embouchs par 
un ct, cet abaissement atteint une limite, et cette limite est donne par 
l'octave grave du son plein orifice qui correspond la plus grande des 
deux dimensions perpendiculaires la ligne d'embouchure. 

3. Avec certaines grandeurs d'embouchure on peut obtenir, dans 
des tuyaux rectangulaires hauts et courts, deux sons qui ne sont pas des 
harmoniques, et dont l'un correspond la longueur, l'autre la hauteur 
du tuyau. 



( ,6) 

4- Le son d'un tuyau cylindrique est gal celui d'un tuyau Carr 
qui aurait la mme longueur, la mme section et une embouchure qui- 
valente. 

5. Soient L la hauteur d'un segment sphrique, D le diamtre de 
la sphre quivalente ce segment, et d le diamtre de l'ouverture; on 
aura 



n 



pour la sphre on a L = D. 

6. En outre du son longitudinal ordinaire, on observe souvent un sou 
plus grave d'un timbre particulier; lorsqu'on rtrcit l'ouverture, les deux 
sous baissent ensemble, et leur intervalle est toujours compris entre i ,4 i 
et 1,46. 

7 . La loi des volumes semblables se confirme gnralement; elle est, 
do reste, une consquence immdiate des formules prcdentes. 

8. D'aprs ces formules, les constructeurs pourront dterminer 
d'avance, et sans ttonnement, les dimensions qu'il faudra donner un 
tuyau et son embouchure pour qu'il rende un certain son ; et d'un autre 
ct, tous les tuyaux, quelles que soient leurs dimensions, pourront servir 
la dtermination de la vitesse du son dans l'air et dans les gaz. 

physique. Description d'un appareil pour la dtermination de la vitesse 
du son dans les gaz; par M. G. Wertheim. (Extrait.) 

(Renvoy l'examen de la Section de Physique.) 
Cet appareil se compose d'un rservoir gaz, d'un tuyau rallonges et 
d'un mcanisme destin dboucher et reboucher ce tuyau dans l'int- 
rieur du rservoir; le premier mouvement s'effectue par l'attraction que 
deux lectro-aimants, convenablement disposs, exercent sur un levier en 
fer doux, et le second, par l'action de deux ressorts. 

On obtient ainsi des sons faibles, mais parfaitement constants, et que 
l'on peut reproduire aussi souvent qu'on le veut, sans rien changer ni la 
tension, ni la temprature du gaz. L'influence de l'embouchure plein 
orifice est trs-petite; les nombres de vibrations sont donc presque rigou- 
reusement en raison inverse des longueurs de tuyau: du reste, cette petite 
correction pouvant tre dtermine d'avance, soit par le calcul, soit par 
l'exprience, on trouvera la vitesse du son avec toute la prcision d- 
sirable. 



( r) 

MMOIRES PRSENTS. 

statistique. Mmoire sur le commerce du Soudan oriental. Mmoire 
sur les routes du Nil la mer; par M. d'Escayrac de Lautcre. 

(Commissaires, MM. Beautemps-Beaupr , Duperrey.) 

L'auteur annonce ces deux Mmoires comme des parties dtaches d'un 
travail beaucoup plus tendu et qu'il se propose de publier bientt. Dans 
cet ouvrage, dit-il, j'envisage l'Afrique tout entire, Tell , Sahara, Soudan. 
Je dcris ces rgions diverses , les peuples qui les habitent ou les par- 
courent , les produits qu'elles offrent au commerce gnral du globe et les 
routes qui, de l'intrieur du continent africain, traversant de vastes dserts, 
ou suivant le cours des fleuves, aboutissent l'Atlantique, l'ocan Indien, 
la Mditerrane, la mer Rouge. Considrant l'une aprs l'autre ces 
diverses routes, j'examine pour chacune d'elles le march du Soudan 
qu'elle dessert, le prix et la qualit sur ce march des produits que re- 
cherche le commerce, la distance entre ce march et le point de la cte o 
aboutissent les caravanes, le prix des transports, les droits acquitter dans 
les villes qu'on traverse, les risques courir dans le dsert. Comparant les 
rsultats ainsi obtenus, j'arrive cette conclusion : 

Les transports par la voie du dsert sont lents, incertains, coteux; 
Alger ne sera jamais le port de Tombouctou. La route de Bornou et du 
Waday Tripoli par le Fezzan est la seule qui , par sa brivet relative , 
offre des avantages srieux au commerce. Encore ces avantages sont-ils loin 
d'galer ceux que prsenterait la navigation du Sngal, de la Gambie, du 
Niger, ceux surtout qui font, a mes yeux, du Nil la clef du Soudan, la prin- 
cipale artre du monde africain. 

cimiORGiE. Mmoire sur la modification des kystes et autres productions 
accidentelles ou dgnrescences limites par des enveloppes celluleuses; 
par M. Faure, de Roanne. 

(Commissaires, MM. Roux, Velpeau.) 

L'auteur, aprs avoir pass en revue les diffrents moyens curatifs aux- 
quels on a eu recours, et montr que le seul dont les chances de succs 
ne soient pas fort douteuses est l'extirpation au moven du bistouri, remarque 
que ce dernier moyen, outre qu'il n'est jamais compltement exempt de 
danger, est contre-indiqu dans des cas qui ne laissent pas que d'tre 

C. R., l85l, 1" Semestre. (T. XXXII, N 1.) 3 



( 18 ) 

encore assez nombreux. L'opration, d'ailleurs, est redoute par beaucoup 
de malades qui ne s'y soumettent point tant que la tumeur ne leur cause 
pas une grande gne ou de vives douleurs. M. Faure s'est demand, en 
consquence, s'il n'y aurait pas moyen de faire disparatre ces tumeurs en 
imitant le procd par lequel la nature en opre quelquefois la gurison. 
Les tumeurs enkystes, comme on s'accorde gnralement le reconnatre, 
produisent l'effet d'un corps tranger, c'est--dire qu'elles tendent toujours 
dterminer, dans les parties environnantes, une inflammation qui aurait 
pour effet d'en amener l'expulsion. Mais le kyste lui-mme, d'aprs l'opi- 
nion de beaucoup de chirurgiens, participe lui-mme, quoique d'une 
manire plus obscure en raison de sa moindre activit vitale, cette ten- 
dance l'inflammation. On reconnat d'ailleurs, si l'on tudie les circon- 
stances qui ont prcd les cas de gurison naturelle, qu'il suffit souvent 
d'une cause trs-lgre pour amener cette irritation latente au point o elle 
devient efficace et curative. 

M. Faure a pens que ce que le hasard avait dtermin un certain nombre 
de fois, pourrait trs-habituellement tre reproduit par des moyens artifi- 
ciels, tels que l'art les pouvait combine. Le procd qu'il a imagin pour 
dterminer l'inflammation du kyste est de porter jusqu'au centre de la tu- 
meur une goutte de substance irritante au moyen d'un petit appareil qui 
reprsente certains gards la seringue d'Anel, et d'autres gards le trocart 
et la seringue employs dans la cure radicale de l'hydrocle, la tige d'acier 
du trocart tant ici reprsente par une sorte d'aiguille acupuncture qui 
traverse le piston et pntre dans la canule dont elle remplit exactement la 
cavit. Quand cette canule, arme de sa pointe d'acier, a pntr jusqu'au 
centre de la tumeur, l'aiguille-trocartest retire de manire laisser com- 
pltement libre la canule, et le piston tant mis en jeu, la liqueur irritante, 
pralablement introduite dans la cavit de la seringue, est porte au centre 
de la tumeur. La substance que M. Faure a trouv, aprs divers essais, le 
mieux rpondre son but, est l'huile de croton tiglium. 

M. Faure dsigne sous le nom de pompe-aiguille le petit appareil que 
nous venons d'indiquer. Il en avait prcdemment adress un, pour prendre 
date, M. le Secrtaire perptuel, mais en le priant de n'en pas faire 
l'objet d'une communication l'Acadmie, jusqu' l'arrive du Mmoire 
qu'il prsente. 

M. SrrrzEii, ancien mdecin en chef de l'hpital militaire de Vienne, 
adresse de Marseille des Considrations sur le mcanisme de l accouchement, 
et sur l'action du seigle ergot. 



( 



( i9) 

Le passage suivant, que nous extrayons de ce Mmoire, donnera de l'en- 
semble une ide suffisante : 

... Les rsultats auxquels je suis arriv par mes recherches sur les 
effets toxiques et thrapeutiques du seigle ergot, m'ont dmontr jusqu' 
l'vidence que l'action de cet agent consiste dans la proprit qu'il possde 
de rduire le calibre des vaisseaux sanguins; qu'il exerce moins son in- 
fluence sur le cur et sur les gros vaisseaux que sur les petits; qn il agit 
moins sur ceux qui sont l'tat normal que sur ceux qui sont atteints d'une 
lilatation pathologique. 

Quant aux vaisseaux qui se trouvent en tat de dveloppement passager 
par suite d'une ncessit physiologique temporaire, l'ergot du seigle n'agit 
facilement sur eux que lorsque le terme de cette exigence physiologique 
est arriv, et que la persistance de ce dveloppement deviendrait un tat 
pathologique. 

Ainsi, plus la femme est rapproche du terme de la gestation, plus le 
seigle ergot opre facilement la rduction du tissu vasculaire de la matrice, 
laquelle alors, en revenant sur elle-mme par ce fait de la rduction du 
calibre des vaisseaux qui la parcourent, chasse devant elle son contenu 
Le mcanisme de l'accouchement naturel n'est pas autre que celui de l'accou- 
chement provoqu par le seigle ergot... La force dploye par l'organe, 
les transformations qu'il subit, sont tout fait de mme nature que ce qui 
se passe dans les tissus rectiles, et notamment dans le tissu de l'iris. En effet, 
nous voyons cette membrane si dlicate exercer, dans sa retraite dtermine 
par la belladone, des efforts suffisant parfois pour occasionner la rupture 
des adhrences qui retenaient sa marge pupillaire. Pourquoi se refuserait-on 
donc admettre l'explication que nous donnons de l'action du seigle ergot 
dans l'accouchement trop lent? Dire que le seigle ergot dtermine directe- 
ment des contractions dans la matrice ne semble pas plus sens que si l'on 
prtendait que la belladone dilate la pupille en dterminant, dans l'iris, la 
contraction d'un appareil musculaire. De mme que, dans l'iris, l'orgasme 
qui varie suivant l'intensit de la lumire, et qui constitue la mobilit de 
cette membrane, est paralys par la belladone, d'o rsulte le retrait de la 
membrane, et, par suite, la dilatation de la pupille; de mme, dans la ma- 
trice, le seigle ergot opre une rduction de turgescence dans le tissu vas- 
culaire dvelopp par l'orgasme de la grossesse. 

Le Mmoire de M. Spitzer est renvoy l'examen d'une Commission 
compose de MM. Velpeau et Lallemand. 

3.. 



( ao) 

M. Hattier, interne des eaux minrales, soumet au jugement de l'Aca- 
dmie un travail ayant pour titre : tude sur les eaux de Bourbon-Ar- 
chambault. 

On trouve Bourbon quatre sources qui sont : i la source thermale 
( 5 1, i) ; 2 la source de Jonas ; 3 la source de Saint-Pardoux ; 4 celle de la 
Trollire. Les trois dernires sont froides. Dans un tableau que nous ne pou- 
vons rapporter ici, nous avons rsum les proprits physiques et chimiques 
de ces quatre sources. Des recherches que nous fmes avec le concours de 
M. Chtain, pour doser le brome signal par M. Henry, et constater la pr- 
sence de l'iode qui n'avait pas encore t trouv dans ces eaux, il est rsult 
que pour un litre d'eau 

o,oooi d'iodures, 



L'eau thermale renferme. . . 

f 0,00?. de bromures. 

Les eaux de Saint-Pardoux et de la Trollire donnent chacune 0,0000 1 
d'iodures. 

La prsence de l'iode n'a pu tre constate dans l'eau de Jonas. 

En consquence, un bain d'eau thermale de 3oo grammes renferme 

o,o3 centigrammes d'iodures, 
o,6o centigrammes de bromures. 

La source thermale, donnant en vingt-quatre heures i l\oo mtres 
cuhes d'eau, fournit donc, dans le mme temps, 

4 8oo grammes de brome , 
240 grammes d'iodure. 

L'auteur s'occupe ensuite de l'tude des gaz qui sont dissous dans les eaux 
et de ceux qui s'en chappent par bulles plus ou moins grosses. La compo- 
sition des uns et des autres ne parat pas tre la mme. Il est vrai que pour 
une mme source, la composition des gaz dissous, par exemple, n'est pas 
absolument constante. 

L'auteur s'occupe encore des plantes qui croissent, tant dans la source 
thermale que dans les sources froides, et il signale dans le nombre une 
espce de Phormidium qui a t suppose nouvelle. Enfin, il termine son 
Mmoire par un examen gologique du sol au milieu duquel ces sources se 
sont fait jour. 

Le travail de M. Hattier est renvoy l'examen d'une Commission com- 
pose de MM. Andral, Payen, Bussy. 



(a, ) 

chimie. Nouvelle mthode d'extraction de l'azote; 
par M. Scip. Dumoulin. 

(Renvoy l'examen de M. Regnault.) 

physiologie. Doutes relativement l'opinion gnralement admise que 
dans de la respiration, il n'y a jamais assimilation d'une portion de 
l'azote de l'air qui pntre dans le poumon; par M. Arnaud. 

(Renvoi l'examen de M. Regnault.) 

M. Viau adresse un deuxime supplment son Mmoire sur un mo- 
teur mcanique suppos propre remplacer les machines vapeur. 

(Commission prcdemment nomme.) 

CORRESPONDANCE. 

L'Inspecteur gnral de la Navigation et des Ports (Prfecture de police 
de la Seine) adresse pour la bibliothque de l'Institut le tableau des hauteurs 
de la rivire observes jour par jour dans Paris, au pont de la Tournelle, 
pendant l'anne i85o. 

M. Petersen, adjoint l'Observatoire astronomique d'Altona, annonce 
l'Acadmie la perte qu'elle vient de faire dans la personne d'un de ses 
correspondants pour la Section d'Astronomie, M. le professeur Schumacher, 
dcd le 28 dcembre i85o. 

M. Ferd. Martin adresse des remercments l'Acadmie, qui, dans la 
sance publique du 16 dcembre, a rcompens par un encouragement de 
1,000 francs ses nouveaux efforts pour perfectionner les membres artificiels 
et en rduire le prix. 

M. Gosselin prsente une Note sur diverses sortes d'oblitration des 
canaux dfrents. Il montre que pour une de ces varits au moins, il serait 
possible de prvenir l'accident, en arrtant temps le dveloppement d'un 
kyste qui en est la cause mcanique, kyste auquel on laisse d'ordinaire 
suivre sa marche, parce qu'il ne menace en apparence d'aucun danger le 
malade chez lequel on l'observe. 

M. Brachet poursuit ses communications sur des questions relatives 
l'optique. 



( ) 

L'Acadmie, accepte le dpt de trois paquets cachets prsents 
Par M. Bbachet; 
Par M. Canecaude; 
Et par M. E. Robin. 



COMITE SECRET. 



La Section rie Chimie prsente, par l'organe de son doyen, M. Titenabd, 
la liste suivante de candidats pour la chaire de Chimie, vacante au Collge 
de France par suite de la dmission de M. Pelouze : 

En premire ligne, M. Balard, 

En seconde ligne, M. Auguste Laurent. 

L'lection aura lieu dans la prochaine sance. 

La sance est leve 5 heures trois quarts. F. 



BULLETIN BIBLIOGBAPMQUE. 

L'Acadmie a reu, dans la sance du 6 janvier 1 85 1 , les ouvrages dont 
voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciemcs; 
i me semestre i85o; n 27; in-4. 

Faits et Remarques pour servir l'histoire de ianvrysme artrioso-veineux ; 
par M. le professeur Roux; brochure in-8. 

Annales de Chimie et de Physique, par MM. Arago, Chevreul, Dumas. 
Pelouze, Boussingault, Regnault; 3 e srie, t. XXX ; dcembre i85o- 
in-8. 

Annales des Sciences naturelles; par MM. Milne-Edwakds, Ad. Bron- 
GNIART et J. DECAISNE; 3 e srie, 7 e anne; juin i85o; in-8. 

Socit nationale et centrale d'Agriculture. Recueil des discours prononcs 
dans la sance publique de rentre, tenue te mercredi i3 novembre i85o. ( Pr- 
sent par M. Payen, secrtaire perptuel.) 

Socit nationale et centrale d'Agriculture. Bulletin des sances, Compte 
rendu mensuel, rdig par M. Payen, secrtaire perptuel; 2 e srie, t. VI; 
n 4 ; in-8. 

Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine; tome XVI; n 6; 3o d- 
cembre i85o; in- 8. 



( *3) 
Inutiles de la Socit centrale d'Horticulture de France; volume XLI; 
dcembre i85o; in-8. 

Sances et Travaux de l'Acadmie de Reims; Supplment la sance pu- 
blique du iS juillet i85o; in-8, et Programme des concours de la mme 
Acadmie; in-8. 

Annales scientifiques, littraires et industrielles de l'Auvergne, sous la direc- 
tion de M. LECOQ; tome XXIII; juillet et aot i85o ; in-8. 

Dcouverte de la vraie cause de la prcession des quinoxes, ainsi que de la 
rtrogradation des nuds de la Lune contre l'ordre des signes du zodiaque; par 
M. Ant. Deryaux. Vienne (Isre), i85o; in-8. 

Mmoire sur les oblitrations des voies spermatiques ; par M. L. Gosselin. 
Paris, 1847 ; brochure in-8. 

Note sur le terrain de transition suprieur de la Haute-Garonne; par 
M. A. Leymerie. (Extrait du Bulletin de la Socit gologique de France; 
2'' srie, tome VII); brochure in-8. 

Sur le vaisseau arien; par M. Ad. MaiziRE ; - feuille in-8. 

Observations prsentes la Commission de l'Assemble nationale, charge de 
l'examen du projet de convention littraire avec la Sardaigne; par le Cercle de 
la librairie, de l'imprimerie, de la papeterie, etc. ; 1 feuille in-4- 

Journal de Mdecine vtrinaire ; publi l'Ecole de Lyon; tome VI; d- 
cembre i85o ; in-8. 

Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; 
[oue IV; n 5; 5 janvier i85i. 

Journal des Connaissances mdico- chirurgicales , publi par M. le docteur 
A. Martin-Lauzer; n 1 ; in-8. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie, de Toxicologie ; n 1 ; jan- 
vier i85i; in-8. 



ERRATA. 

Tome XXXI. (Sance du 3o dcembre i85o.) 

Page 901 , la fin de l'article commenant par ces mots : M. Fkhnandez adresse la for- 
mule d'une eau hmostatique de sa composition . . ajoutez : La Note de M. Fernandez est 
renvoye l'examen d'une Commission compose de MM. Serres, Roux, Rayer. 



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COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



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SANCE DU LUNDI 13 JANVIER 1851. 



PRESIDENCE DE M. RAYER. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

physiologie. Note touchant les effets de l'ther chlorhjdrique chlor 
sur les animaux; par M. Flourens. 

I. M. le D r Aran a prsent l'Acadmie, dans la sance du a3 d- 
cembre dernier, une Note trs-importante sur les effets anesthsiques locaux 
de l'ther chlorhjdrique chlor. 

A peine ai-je connu les observations de M. Aran que j'ai dsir faire 
quelques expriences; et peine avais-je eu le temps de former ce dsir que 
je recevais d'un chimiste trs-habile, M. Ed. Robin, une certaine quantit 
de la substance nouvelle dont il s'agit. 

C'est avec cet ther chlorhjdrique chlor, qui m'a t remis par 
M. Robin, qu'ont t faites les expriences qui suivent. 

II. J'ai voulu voir, d'abord, quel pouvait tre l'effet anesthsique 
gnral de Y ther chlorhjdrique chlor. 

J'ai donc soumis successivement plusieurs chiens l'inhalation de cet 
ther; et tous ces animaux ont t frapps d'anesthsie gnrale en trs-peu 
d'instants : les uns au bout de trois ou quatre minutes, et les autres au 
bout de quatre ou cinq. 

C. R., i85i, i Semestre. (T. XXXU, N<>3.) 4 



(*6) 

Le nerf sciatique, mis nu sur quelques-uns de ces chiens , avait perdu 
fonte sensibilit, mais il conservait sa motricit (i). 

J'ajoute qu'aucun de ces chiens n'a succomb l'exprience (a). 

III. Aprs m'tre assur de l'effet anesthsique gnral, j'ai voulu 
tudier l'effet de l'injection dans les artres. 

J'ai donc inject dans l'artre crurale droite de plusieurs chiens, et en 
poussant du ct du cur, de 2 grammes a grammes et demi d'ther 
chlorhjdrique chlor. 

Au moment de l'injection, douleur et cris de l'animal. L'injection ter- 
mine, paralysie soudaine du train postrieur, avec roideur ttanique des 
deux jambes (3). 

Enfin, le nerf sciatique, mis nu, conserve encore sa sensibilit, mais 
il a perdu toute motricit (4). 

IV. Ulher chlorhjdrique chlor a donc, soit qu'on le fasse respirer 
l'animal, soit qu'on l'injecte dans ses artres, la mme action que le 
chloroforme. 

V. Je n'insiste, pour le moment, que sur les effets compars de nos 
diverses substances injectes. 

VI. Le chloroforme , inject dans les artres, produit aussitt la paralysie 
des muscles avec roideur ttanique. C'est ce que font aussi les essences, 
par exemple, les essences de trbenthine, de menthe, de romarin, de 
fenouil, etc. 

Au contraire, les thers ordinaires, Y alcool, Y acide sulfurique, Y am- 
moniaque , le camphre , etc. , produisent la paralysie des muscles avec 
relchement. 

VIL Ainsi, de diverses substances injectes dans les artres, les unes 
sparent, dans le nerf, la sensibilit de la motricit, et les autres sparent, 
dans le muscle, la force qui roidit, qui tend, de la force qui relche (5). 

(1) Voyez, sur la sensibilit perdue avant la motricit dans le cas d'inhalation, mes prc- 
dentes expriences : Compte rendu, tome XXIV, page 482. 

(2) Ni aux suites de l'exprience. Ils vivent tous parfaitement l'heure qu'il est. 

(3) La roideur est toujours complte dans la jambe de l'artre injecte; elle est plus ou 
moins incomplte dans l'autre jambe, selon qu'il y est parvenu une plus ou moins grande quan- 
tit de la substance injecte. [Voyez, sur les effets des injections pousses vers le cur, mes 
prcdentes expriences: Compte rendu, tome XXIV, page 483.) 

(4) Voyez, sur la motricit perdue avant la sensibilit dans le cas d'injection dans les 
artres, mes prcdentes expriences : Compte rendu, tome XXIV, page 482. 

(5) Voyez, sur tout cela, mes prcdentes expriences : Compte rendu, t. XXIX, p. 37. 



( *7 ) 

VIII. Et ce n'est pas tout. Ces mmes expriences semblent, de plus, 
sparer l'action musculaire de l'action nerveuse (i); car, d'un ct, la 
raideur ttanique se montre, alors mme que la motricit du nerf est per- 
due (2); et, de l'autre, le relchement musculaire se montre, alors mme 
que la motricit du nerf subsiste (3). 

IX. Il y a donc une indpendance visible entre l'action du nerj et 
l'action du muscle. Ces expriences sont un moyen nouveau d'analyse 
physiologique, et peut-tre le plus dlicat, le plus profond que nous ayons 
pu employer encore. 

ZOOLOGIE. Communication de M. C11.-L. Bonaparte, en prsentant la 
figure d'un Oiseau nouvellement dcouvert sur les rives du Nil-Blanc. 

Les dcouvertes ornithologiques des Anglais se succdent avec une 
rapidit qui ne le cde qu' leur importance. Aprs le Notornis, retrouv 
vivant la Nouvelle-Zlande, nous leur devrons la connaissance d'un des 
tres les plus extraordinaires de la cration. Il s'agit d'un chassier de 
4 pieds de haut, dont le corps, les ailes et les pattes ressemblent un peu 
ceux d'une Cigogne gigantesque ou du Secrtaire, mais qui, sans la moindre 
trace de palmure, se rapproche beaucoup des Totipalmes de la famille des 
Pelecanides. A tout considrer, cependant, on pourrait le prendre pour un 
trs-grand Savacou: et c'est avec empressement que nous consignons ici 
l'opinion de notre savant confrre M. Valenciennes , qui le regarde comme 
le reprsentant africain du genre amricain Cancroma. Sa tte norme, 
munie d'un bec aussi trs-massif et rappelant isolment la tte de la baleine, 
a t compare celle d'un enfant par l'intrpide voyageur Parkyns, qui l'a 
tu en remontant trs-haut le Nil-Blanc. Le naturaliste auquel il vient d'- 
choir de dnommer notre Oiseau, frapp par le caractre du bec, lui a 
impos l'appellation gnrique de Balniceps , et celle spcifique de rex. 

(1) M. Coze, doyen de la Facult de Mdecine de Strasbourg, dans une Note trs-int- 
ressante sur le chloroforme inject dans les artres, a mis quelques vues semblables celles 
que j'indique ici. [Compte rendu, tome XXVIII, page 532.) 

(2) \!ther chlorhydrique chlor, le chloroforme , les essences , etc. , dtruisent la motricit 
du nerf et produisent la roideur du muscle. ( Voyez mes prcdentes expriences : Compte 
rendu , tome XXIX , page 4 < ) 

(3) Les poudres de lycopode , de cigu , de chne, etc. , Y huile de naphte, respectent la 
motricit du nerf et produisent le relchement du muscle. ( Voyez mes prcdentes expriences: 
Compte rendu, tome XXIX , pages 4 et 4 ' , et tome XXIV, page 907 . ) 

4- 



( *8 ) 
La figure, de grandeur naturelle, que je soumets l'Acadmie, est l'esquisse 
originale de M. Gould lui-mme. 

anatomie compabe. Sur Vanalomic du Scorpion; par M. Lon Dcfour. 

En attendant que je puisse prsenter l'Acadmie l'histoire anato- 
mique, accompagne de figures, de cette Arachnide si intressante comme 
organisme de transition, je la prie d'accueillir avec quelque indulgence cette, 
description sommaire des faits principaux . 

Sur les neuf espces de Scorpions que j'ai dissques, Yoccitanus, de 
nos contres mridionales de l'est, a servi de type pour mes descriptions. 

I. Appareil sensitif. i Cerveau: Le cerveau, mal vu, mal tudi 
jusqu' ce jour, est presque sessilesur la partie antrieure du ganglion thp- 
racique, auquel il tient par deux piliers larges et courts, constituant le 
collier sophagien. Il a un petit volume, vu la taille de l'animal, ce qui 
dpose dj pour la faible intelligence et l'industrie borne de cette bes- 
tiole. Il est arrondi, lenticulaire, bilob en avant, bord entier et libre en 
arrire; sa pulpe est molle, unie, homogne, recouverte d'une fine mem- 
brane, d'une arachnode qui s'tend sur le vaisseau dorsal. i Yeux, 
ocelles : Les uns et les autres simples, lisses, comme ceux des Aranides et 
les stemmates des Insectes. Les Scorpions sont myopes, ce qui rsulte et de 
la conformation des globes oculaires et de leur genre de vie. Il n'y a qu'une 
seule paire d'yeux grands, mdians, fort rapprochs. Les nerfs optiques 
oculaires naissent des prolongements antrieurs du cerveau. Le globe de 
l'il est sphrodal; j'y ai dcouvert un muscle pyramidal qui permet de 
croire, malgr l'immobilit de la corne tgumentaire, une direction des 
axes visuels varie au gr de l'animal; une membrane pigmentale noire, 
une choro'le enveloppe le globe d'une calotte jusqu'au cercle gris, calleux, 
qui prcde l'iris, et o la corne tgumentaire s'enchsse comme un verre 
de montre sur sa monture. Les ocelles sont latraux, fort petits, et parti- 
culirement destins voir les objets trs-rapprochs. Les nerfs optiques 
ocellaires partent du cerveau, un peu en arrire des nerfs oculaires. Je n'en 
ai jamais rencontr plus de trois de chaque ct, et les auteurs se sont 
trangement tromps en fondant des genres nouveaux sur un nombre plus 
considrable de ces ocelles. Le scalpel leur donne un dmenti formel, car 
le nerf ocellaire des prtendus genres auxquels ils supposent cinq ocelles, 
ne se divise qu'en trois branches. Un fait bien piquant m'a t fourni par 
Yeuropus. Il n'a que deux paires d'ocelles; le ftus a trois points noirs 



(>9) 
la place des ocelles, el le nerf ocellaire a trois branches. Aprs la naissance, 
l'un des ocelles se confond avec son voisin, et son nerf s'atrophie, disparait. 
3 Ganglion thoracique : Au-dessous de la carcasse de cette cavit, dont je 
parlerai bientt, se trouve enchatonn ce grand centre nerveux, si difficile 
exhiber dans son entier. Plac sur un lger dredon adipeux du plastron, 
il est snbovalaire, chancr en avanl, o s'implantent les nerfs mandibu- 
laires et buccaux, comme ondul sur les cts par les insertions des cinq 
grandes paires de nerfs locomoteurs, entre lesquelles la loupe dcouvre de 
petits nerfs. Dans les trs-jeunes Scorpions, le ganglion thoracique a une 
ligne mdiane, trace fugitive de l'existence embryonnaire de deux moitis 
semblables; en arrire, il s'unit au cordon rachidien. 4 Ganglions abdo- 
minaux : J'ai longtemps cru, avec les zootomistes qui m'ont prcd, qu'il 
n'existait que trois ganglions l'abdomen, et, lorsque je voyais ceux-ci 
mettre pour les trois paires de poumons correspondants des nerfs pulmo- 
naires, je taxais d'anomalie l'origine suppose, au ganglion thoracique lui- 
mme, de la premire paire pulmonaire. J'ai fini par dcouvrir, au bout 
postrieur du grand centre nerveux thoracique, ce premier ganglion , inconnu 
jusque-l, qui fournit la premire paire de nerfs pulmonaires. Ce ganglion, 
ainsi que les trois autres, met une paire latrale de nerfs en partie pulmo- 
naires et un nerf infrieur ou impair. Le cordon interganglionnaire est tou- 
jours double. Il s'accompagne, dans le trajet de l'abdomen, de sachets adi- 
peux oblongs, troitement adhrents, en nombre variable, qui en ont 
impos quelques auteurs. Dans Ynfer, ce cordon est entour d'une gaine 
adipeuse, qui a fait croire un anatomiste moderne qu'il tait simple, tandis 
qu'il est positivement double. 5 Ganglions caudaux : Au nombre de quatre 
seulement, quoique la queue ait six articles, plus arrondis que ceux de 
l'abdomen, et n'mettant que des nerfs latraux. En arrire, le cordon se 
divise en deux grands troncs dont les ramifications pntrent surtout dans 
l'ampoule venin. 6 Systme nerveux stomato-gastrique : Vers l'origine 
de l'sophage on rencontre un petit ganglion ovale-oblong, indpendant 
de la chane rachidienne, donnant naissance, sur ses cts et en arrire, 
des nerfs assez nombreux. 

II. Appareil musculaire. Je ne signalerai que l'ensemble des mus- 
cles des cavits splanchniques. i Muscles du cphalothorax : La nature, 
si ingnieuse dans ses moyens, a invent ici, pour le dsespoir des anato- 
mistes, un squelette intrieur pour l'attache des muscles, une carcasse 
corno-cartilagineuse, hrisse dans tous les sens d'apophyses, et perce a 
son corps ou noyau d'un grand trou pour le passage du cordon nerveux 



(3o) 

rachidien. i Muscles abdominaux : Les peaussiers doublent la face in- 

i 

terne du tgument; leurs fibres ont des directions varies : celles d'un ruban 
mdian du dos et du ventre sont longitudinales et parallles. Les perfo- 
rants traversent le foie de part en part, au nombre de sept paires symtri- 
ques, insrs aux deux rubans dont je viens de parler, ils sont cylindri- 
ques. Les cardiaques, inaperus ou mal interprts par mes devanciers, sonl 
en mme nombre que les perforants, mais fusiformes ; fixs d'une part 
l'enveloppe pricardienne infrieure, de l'autre au ruban musculaire ven- 
tral, ct des perforants. 3 Muscles caudaux : Nombreux et puissants, 
ils protgent les organes inclus et prsident aux mouvements de cette queue 
noueuse, qui exerce une locomobilit beaucoup plus active qu'aucune autre 
partie du corps. 

III. Appareil circulatoire. Le vaisseau principal se porte du cer- 
veau au dernier article de la queue; il est fusiforme, cause de sa plus grande 
largeur l'abdomen. i Portion abdominale : C'est le cur proprement dit ; 
il repose sur la gouttire mdiane du foie. Dans les sujets vivants, ou r- 
cemment morts, il n'a qu'une seule cavit indivise ; il est lisse et uni sa 
paroi dorsale. Dans l'exercice actif de ses fonctions, il se contracte et se dilate 
alternativement; il a une systole et une diastole : l'impulsion du sang est on- 
duleuse. Mais par la suspension de ce mouvement, les contractions et les di- 
latations, au nombre de sept huit, s'effacent compltement. Par l'effet d'une 
mutation uniquement cadavrique, dont j'expliquerai le mcanisme, il y a 
des contractions permanentes, sept ou huit, que j'ai frquemment consta- 
tes comme les autres anatomistes ; mais ceux-ci en ont infr l'existence 
de loges, de chambres, de ventricules, qui n'existent nullement. Ces coarc- 
tations sont l'effet d'une contractilit de tissu qui persiste aprs une mort 
violente. La pression du tgument finit par tre telle, que des empreintes 
transversales simulent un cur articul. Mais ce que n'ont pas vu les ana- 
tomistes illusionns, c'est que l'empreinte de la paroi suprieure ne se con- 
tinue point l'infrieure. Ces dformations cadavriques ont de nombreux 
degrs, et j'en ai vu s'oprer sous mes yeux. Des dessins exprimeront toutes 
ces morphoses. Le cur est revtu de deux tuniques, l'une externe, ou 
pricarde, fibro-musculaire; l'autre interne, membraneuse, lastique, a fi- 
bres annulaires spirodes. Sept paires latrales et symtriques de vaisseaux 
circulatoires naissent du cur, et quatre d'entre elles sont en partie pul- 
monaires. 2 Portion cphalo-thoracique : Grle, simple, courte, dnue de 
tunique pricardienne ; elle va se perdre sous le cerveau : on l'a arbitrai- 
rement appele aorte. 3 Portion caudale : Long Vaisseau filiforme, d- 



( 3i ) 

pourvu le pricarde, fournissant des branches nutritives symtriques, en 
nombre peut-tre en harmonie avec les nuds de la queue, se bifurquant 
en arrire, pour aller se ramifier dans l'appareil vnnifique. 

IV. Appareil respiratoire. Ainsi que la plupart des Arachnides, les 
Scorpions respirent l'air atmosphrique par de vritables poumons, et, sous 
ce point de vue, ils se rapprochent des animaux haut placs pour s'loigner 
des Articuls traches. Mais ces poumons occupent le ventre et non le 
thorax. Il y en a quatre paires symtriquement disposes aux quatre pre- 
miers segments tgumentaires ventraux. Ils s'ouvrent l'extrieur par autant 
de bouches respiratoires linaires ou stigmates. Par un trange abus des d- 
nominations comparatives, on a appel les poumons des poches, des sacs, 
les branchies. Ils ne sont, au fait, rien de cela. Situs au-dessous du panni- 
rule peaussier et parfaitement circonscrits, ils sont ovales-triangulaires, d'un 
beau blanc satin, de texture minemment feuillete, revtus d'une enve- 
loppe propre, d'une plvre. Chaque feuillet est form de deux lames eu cor- 
net falciforme. Ces cornets, connexes entre eux par leurs bases, aboutissent 
a une membrane subvsiculeuse, fixe au stigmate et destine l'inhalation 
et l'exhalation directes de l'air. Le blanc satin des feuillets tient une 
couche pigmentale particulire. Entre les rebords corns du stigmate, existe 
une fine membrane contractile, avec un hiatus mdian fonctionnant dans 
l'acte respiratoire. Cette structure si curieuse, si ingnieuse des poumons, 
avait t jusqu'ici incompltement vue et mal apprcie. 

V. Appareil digestif. Les Scorpions sont insectivores, et ne s'at- 
taquent qu' des proies vivantes. Ces chasseurs de nuit, mal organiss, mal 
construits pour l'agilit, l'adresse, l'habilet, surprennent leur victime dans 
le sommeil. i Glandes salivaires: Dfectueusement dcrites et reprsentes 
par le petit nombre d'auteurs qui les ont connues. Il y en a une de chaque 
ct, loge, ensevelie dans la profondeur de l'anfractuosit postrieure du 
cphalothorax, o elle est fixe par un gros pdicule musculaire. Ovale, sub- 
triangulaire, de consistance molle, filets intrieurs flexueux , elle a deux 
tuniques: l'une interne, membraneuse, hyaline; l'autre externe, fibreuse, r- 
sistante. Le canal excrteur nat d'une tache infrieure centrale ochrace; il 
est maintenu par des ligaments d'une finesse extrme, et aboutit la bouche 
par un filet tubuleux insaisissable. >. Canal digestif: Filiforme, grle, dli- 
cat, submembraneux, allant directement de la bouche au pnultime nud 
de la queue, o est l'anus. OEsophage fin, fragile, engag dans le collier en- 
cphalique. Ventricule chjlifiqneoccupa.nt l'abdomen, o il reoit lescanaux 
hpatiques, distinct de l'intestin parmi lger bourrelet. Intestin parcourant 



( 3 2 ) 

toute la queue, renfermant une pulpe fcale blanche, d'apparence amidon- 
ne. 3 Foie : Glande conglomre norme, remplissant la cavit abdomi- 
nale dont elle est le moule, s'tendant, par de nombreux lobules digitiformes, 
dans les anfractuositsdu cphalothorax, pntrant dans l'origine de la queue 
par deux appendices allongs. Le foie est revtu d'une tunique immdiate 
fibro-membraneuse, se propageant sur tous les lobes, s'enfonant dans 
tous les conduits. Le dernier terme de sa composition intime consiste en 
u triades ovodes, scrtant la bile, se runissant en groupes, en faisceaux, 
munis d'imperceptibles conduits successifs, se rsumant dans les canaux 
hpatiques ou choldoques , qui, au nombre de quatre paires symtriques, 
courts, versent la bile dans le ventricule chylifique. L'existence d'un foie 
si parfaitement organis lie les Arachnides aux Crustacs. 

VI. Appareil gnital. Il est double dans les deux sexes. D'aprs 
la situation des organes extrieurs, l'union copulative doit s'accomplir par 
la supination del femelle. i Organes mles : Un seul testicule pour chaque 
appareil, compos de trois grandes mailles quadrilatres, anastomoses, for- 
mes d'un vaisseau spermifique tubuleux, grle, engages entre les lobules 
pyramidaux de la rgion infrieure du foie. Les conduits dfrents sont la 
conlinuation du vaisseau spermifique et naissent l'angle externe de la pre- 
mire maille testiculaire. Les vsicules sont au nombre de trois : la premire, 
allonge, cylindrode ou en massue; la seconde, plus longue encore et adh- 
rente au canal jaculateur; la troisime, plus antrieure, ovode, recevant les 
deux autres pour s'aboucher ce dernier canal. Les canaux jaculateurs, 
couchs sur les flancs de la cavit abdominale, sont les rceptacles des pices 
copulatrices et se terminent en arrire par un appendice grle reploy. Le 
fourreau de la verge est une tige brune, corne, munie sur le ct d'un cro- 
chet en lame, destine sortir du corps par une singulire volution lors de 
l'union des sexes, et renfermant un pnis charnu et lastique. a Organes 
femelles : Les Scorpions sont ovigres et vivipares. La gestation se prolonge 
au del d'une anne. Les ovaires, organiss sur le plan des testicules, ne sont 
qu'au nombre de deux, runis ensemble par un conduit mdian, forms cha- 
cun de quatre grandes mailles quadrilatres. Les gaines ovigres, fort nom- 
breuses, unilatrales, uniloculaires et monospermes, prexistent la fcon- 
dation; sphriques dans Xoccitanus et autres congnres, oblongues ou 
allonges dans Yafer. Les calices, ou tubes utrins, constituent les mailles 
destines l'incubation des ufs, des embryons, etc. Sous le rapport du 
mode de gestation, il existe deux diffrences remarquables. Dans ocdtanus 
et congnres, les ufs fconds tombent dans les tubes utrins, s'y dvelop- 



( 33 ) 

pent prodigieusement pour clore en embryons ou ftus, images parfaites 
des nymphes nues des Insectes. Dans lofer, l'uf clt dans la gaine ovigre 
elle-mme, et l'embryon y prend une norme croissance avant de s'engager 
dans le tube utrin pour l'poque du part. Les oviductes sont la continuation 
du tronc des mailles ovariennes. Ils font aussi l'office de vagins et prsen- 
tent une dilatation constante comparable au rservoir sminal des Insectes. 
La vulve est unique pour les deux vagins. 

VIL Appareil vnnifique. Les archives de la science sont pau- 
vres de faits positifs sur l'anatomie de cet appareil. L'ampoule venin 
offre sa convexit une sorte de raph, indice extrieur de l'existence de 
deux glandes vnnifiques pour les deux orifices du dard. Il y a, en effet, un 
vide linaire entre les deux moitis de la masse charnue intrieure de l'am- 
poule. Chacune de ces moitis reprsente une capsule subhmisphrodale, 
fibro-cartilagineuse dans ses parois, et fibro-musculaire dans son intrieur. 
La capsule, comme ferme par un bout, se prolonge par l'autre en un col 
qui pntre dans le dard. En dchirant la masse musculaire, on dcouvre un 
petit nombre de vaisseaux blancs scrteurs , quatre ou cinq, simples ou 
diviss, aboutissant un tronc central ou excrteur, qui s'attnue pour 
s'enfoncer dans le col de la capsule. 

M. A. Cauciiy dpose sur le bureau un exemplaire lithographie de la 
Note qu'il avait lue l'Acadmie dans la sance prcdente. 

RAPPORTS. 

zoologie. Rapport sur plusieurs Mmoires, Notes et Lettres de M. de 
Quatrefages et de M. Souleyet, relatifs l'organisation des Mollusques 
gastropodes dits Phlbentrs. 

(Commissaires, MM. Dumril , Serres, Flourens, Milne Edwards, 
Valenciennes , Is. Geoffroy-Saint-Hilaire rapporteur.) 

L'Acadmie sait avec quelle persvrance le groupe des Mollusques 
gastropodes nudibranches a t tudi depuis plusieurs annes par deux 
zoologistes distingus, l'un, M. de Quatrefages, dont le nom est attach 
des recherches nombreuses et importantes, l'autre, M. Souleyet, honorable- 
ment connu par ses travaux comme mdecin et naturaliste dans l'une des 
rcentes expditions autour du monde. 

Dans le sujet, aussi difficile que nouveau, auquel se sont attachs ces 

C. R. , i85i , i" Semestre. (T. XXXII, N 2.) 5 



( 34 ) 

deux observateurs, il tait invitable qu'ils ne se trouvassent pas quelque- 
fois en contradiction. Mais la divergence des rsultats auxquels l'un et l'autre 
sont arrivs, s'est trouve beaucoup plus grande qu'il n'y avait lieu de le 
prvoir : sur un grand nombre de points, dont plusieurs d'une grande im- 
portance, M. de Quatrefages et M. Souleyet ont vu trs-diffremment, et sur 
d'autres, o ils avaient du moins constat les mmes faits, ils ont cru devoir 
recourir pour eux des interprtations trs-diverses. 

L'Acadmie tait le juge naturel de ces dissentiments : MM. de Qua- 
trefages et Souleyet les ont en effet ports devant elle. De l les nombreux 
Mmoires, Notes et Lettres, que nous ont successivement lus ou adresss 
les deux auteurs, chacun d'eux invoquant tour tour, l'appui de ses vues, 
et de nouveaux faits et de nouvelles considrations thoriques, et s'efforant 
de prciser et de dmontrer, tout en les rectifiant sur quelques points, les 
rsultats par lui dduits de ses recherches. 

La Commission laquelle avaient t renvoys tous ces documents, tait 
malheureusement devenue incomplte par la perte de M. de Blainville. 
L'Acadmie, dans sa sance du ojuin i85o, a dfinitivement charg de 
leur examen MM. Serres, Flourens et les Membres de la Section de Zoo- 
logie. 

MM. de Quatrefages et Souleyet se sont mis, avec le plus grand em- 
pressement, la disposition soit de la Commission qui les a, plusieurs re- 
prises, appels dans son sein, soit de chacun de ses membres : ils nous ont 
donn toutes les explications que nous avons pu dsirer sur leurs anciens 
travaux ; ils ont mis sous nos yeux les prparations antrieurement faites 
par eux; ils ont fait, soit devant nous, soit dans les intervalles des sances 
del Commission, toutes celles que nous avions juges propres nous clai- 
rer, toutes celles du moins qui taient possibles dans une saison aussi dfa- 
vorable. 

La Commission a pu ainsi se former une opinion sur plusieurs des 
points mis en discussion; si, sur d'autres, elle a d suspendre son juge- 
ment, les questions sont du moins nettement poses, et nous sommes fon- 
ds esprer que leur solution ne se fera pas longtemps attendre, lorsqu'on 
pourra se procurer des animaux frais et en nombre suffisant. 

Nous n'avons pas seulement dans ce Rapport constater les progrs r- 
cents et l'tat actuel de la science; nous devons aussi dterminer ce qu'elle 
doit chacun des deux zoologistes qui nous ont soumis leurs travaux. Pour 
clairer, autant qu'il est en nous, un dbat si longtemps continu, et devenu 
si complexe, pour en prciser l'objet et les termes, et surtout pour dgager 



(35) 

les faits annoncs et les vues mises par MM. de Quatrefages et Souleyet, d'in- 
terprtations et d'exagrations souvent reproduites, un court historique des 
travaux, successivement prsents l'Acadmie par ces deux savants, nous 
paru devoir prcder l'expos des rsultats de l'examen fait par la Commis- 
sion. Les questions rsoudre vont se trouver nonces dans cet expos par 
les auteurs eux-mmes , et elles le seront dans l'ordre mme o ils les ont 
abordes, et avec les solutions qu'ils ont admises. 

Pour ne ngliger aucun des lments de la question, nous devons re- 
monter l'origine mme de la srie de travaux dont nous avons rendre 
compte l'Acadmie. Cette origine est dans une Note adresse en octobre 
1842, des ctes de la Manche, par M. de Quatrefages : il venait de retrou- 
ver, et il signale, chez une petite Eolide, une disposition trs-remarquable du 
tube digestif et de ses annexes, dj connue par des observations faites pres- 
que simultanment chez d'autres Nudibranches, par M. Milne Edwards 
Nice, M. Lowenen Sude, M. DelleChiaie Naples, et plus anciennement 
chez un Htrobranche , par Meckel en Allemagne. En janvier i843, M. de 
Quatrefages donne, dans une autre Note, le nom d'olidine paradoxale 
l'olide qu'il avait observe, et sur laquelle il revient bientt aprs, pour 
exposer avec dtail, dans un Mmoire tendu, tous les rsultats de ses re- 
cherches. Il n'est encore question, dans ces divers travaux, ni des Phlben- 
trs, ni du phlbentrisme. Mais, dans l'automne de la mme anne, M. de 
Quatrefages, ayant repris en Bretagne ses recherches sur les animaux de nos 
ctes, fixe l'attention sur d'autres Mollusques, les Actons d'Oken, jusqu'alors 
considrs comme voisins des Aplysies, ou mme comme des Aplysies, d- 
montre leurs affinits avec son olidine , c'est--dire avec les Eolides , et in- 
dique, comme devant runir ces divers Mollusques et d'autres encore, un 
ordre nouveau qu'il tablit, en effet, en janvier 1 844? dans un Mmoire ex 
professo. Cet ordre, que M. de Quatrefages a depuis abaiss au rang d'une 
simple famille, est celui des Phlbentrs, Phlebenterata. 

y> Nous avions rappeler, mais non discuter ces divers travaux, sur 
lesquels vin Rapport a dj t fait l'Acadmie, en mme temps que sur 
d'autres recherches de M. de Quatrefages. C'est alors, et sur la proposition 
d'une Commission dont faisaient partie trois Membres de la Commission 
actuelle, que l'Acadmie voulut bien envoyer l'auteur en Sicile, afin qu'il 
pt y poursuivre, dans des circonstances plus favorables, ses observations 
sur divers groupes zoologiques, et, en particulier, sur les Mollusques 
phlbentrs. 

Dans le mme moment o ces Mollusques taient tudis par M. de 

5.. 



( 36) 

Quatrefages sur divers points des ctes de la Mditerrane, ils l'taient sur 
celles de l'Ocan, et Paris mme, par M. Souleyet. Le premier avait 
peine fait connatre l'Acadmie, en juillet 1 844? les rsultats de ses nou- 
velles recherches, qu'elle recevait du second un Mmoire destin les 
rfuter sur plusieurs points capitaux. 

Nous ne pouvons nous dispenser de donner une analyse de ces deux 
documents importants. 

Selon M. de Quatrefages, les Mollusques phlhentrs forment, parmi 
les Gastropodes, un ordre distinct des Nudibranches, par la tendance de 
leurs organes extrieurs la symtrie binaire. Le caractre dominateur de 
cet ordre est la fusion de la fonction digestive avec les fonctions respi- 
ratoire et circulatoire. De l, la disparition des organes de respiration 
proprement dits, et la simplification progressive de l'appareil circulatoire, 
l'absence des veines tant constante, celle des artres et du cur fr- 
quente. Du tube digestif, dont la terminaison n'a pu toujours tre aperue, 
nat un appareil dit gastro-vase ulaire, qui affecte deux dispositions trs- 
diffrentes : tantt il consiste en deux gros troncs, puis en branches don 
partent des ccecums qui pntrent jusque dans les appendices extrieurs 
du corps; tantt, et plus simplement, il se prsente sous la forme de deux 
poches latrales qui occupent la plus grande partie de l'abdomen, mais 
n'envoient aucun prolongement au dehors. Dans le premier cas, la divi- 
sion de l'appareil digestif entrane le morcellement du foie; dans l'autre, 
cet organe forme une portion des parois des poches abdominales; mais 
jamais il n'existe comme organe agglomr. 

Selon M. Souleyet, l'organisation de ces mmes Mollusques est bien 
moins diffrente de celle des autres Gastropodes. Ils sont pourvus d'un 
cur, d'un systme artriel, et mme aussi d'un systme veineux, qu'il est 
toutefois beaucoup plus difficile de dmontrer : l'auteur cite en particulier, 
comme constates par lui, chez l'olide de Cuvier, de petites veines se por- 
tant de la masse viscrale, et surtout de l'ovaire, vers l'enveloppe extrieure. 
Selon M. Souleyet encore, l'oreillette du cur, chez le mme Mollusque, 
communique par des vaisseaux, susceptibles d'tre injects, avec les appen- 
dices extrieurs, ou, comme il les nomme, les appendices branchiaux. Ces 
appendices sont, en effet, pour lui, les organes essentiels de la respiration, 
cette fonction ne pouvant s'exercer, comme on l'avait admis, par l'action de 
l'oxygne dissous dans l'eau, sur les liquides contenus dans les ccums ou 
appendices intestinaux : ceux-ci, en effet, dit l'auteur, sont envelopps, dans 
les appendices extrieurs o ils pntrent, par une couche plus ou moins 



(3 7 ) 
paisse de substance granuleuse, qui n'est autre qu'une portion du foie dis- 
smine. On voit que M. Souleyet adopte ici la dtermination que M. de 
Quatrefages avait donne du foie ; mais il regarde comme une simple dpen- 
dance de cet organe, et il nomme appareil gastro-biliaire, et non plus gas- 
tro-vase ulaire, le systme de canaux qui, chez les olides et dans les genres 
voisins, nat du tube digestif, et se porte vers l'extrieur. De mme, d'ac- 
cord avec M. de Quatrefages sur la disposition ramifie de ce tube, il en 
dcrit diffremment la terminaison, et le prsente comme beaucoup plus 
complet qu'on ne l'avait dit. En rsum, pour M. Souleyet, les trois grandes 
fonctions de la nutrition ne seraient nullement confondues : chacune d'elles 
aurait ses organes propres, comme chez les Mollusques suprieurs. 

Nous devons faire remarquer qu' l'poque o M. Souleyet crivait 
et adressait l'Acadmie le Mmoire que nous venons d'analyser, M. de 
Quatrefages tait encore sur les bords de la Mditerrane , continuant ses 
recherches, et en vrifiant de nouveau les diverses parties. Plus d'un rsultat 
prmaturment annonc, et t, sans nul doute, rectifi par son auteur, si 
le mouvement de la science n'et t si prcipit. C'est bon droit qu'il 
en a fait la remarque; bon droit aussi que, dans les deux Mmoires 
adresss l'Acadmie, comme rponse M. Souleyet, en octobre et no- 
vembre 1 844 , il insiste sur les doutes qu'il avait exprims , sur les rserves 
qu'il avait faites dans divers passages. 

Dans les mmes Mmoires, M. de Quatrefages aborde le fond de la 
question, s'appuyant la fois sur de nouvelles observations et sur des con- 
sidrations thoriques, souvent d'un ordre trs-lev. C'est ainsi qu'il est 
conduit discuter, s'il existe une seule srie animale, descendant, par des 
dgradations successives, des premiers Mammifres aux derniers Radiaires, 
ou plusieurs sries dans lesquelles l'organisation se dgrade paralllement, 
sans qu'il y ait corrlation entre les modifications de la forme gnrale du 
corps et celles de l'organisation interne, par consquent sans que les pre- 
mires puissent tre regardes comme l'indice, et, en quelque sorte, comme 
la traduction extrieure des secondes. C'est la pluralit des sries et la dgra- 
dation organique de plusieurs d'entre elles qu'admet M. de Quatrefages; et, 
selon lui, c'est la fois dans le rgne animal considr dans son ensemble 
et dans plusieurs des sries partielles, que se retrouve le phlbentrisme , 
c'est--dire, car tel est le sens que l'auteur donne ce mot, ici employ 
pour la premire fois, la disposition ramifie du tube digestif. Presque par- 
tout, dit l'auteur, cette disposition concide avec une dgradation manifeste 
de l'organisme entier, avec la disparition totale ou partielle des organes 



(38) 

spciaux de respiration, avec la simplification ou l'annihilation complte de 
l'appareil circulatoire. 

Si l'attention du monde savant s'est si longtemps fixe sur une discus- 
sion qui, pour des esprits superficiels, pouvait sembler d'un trs-mdiocre 
intrt, c'est, qu'en effet, toutes ces questions importantes, et d'autres en- 
core, s'y trouvent implicitement comprises. M. de Quatrefages, que M. Sou- 
leyet y avait d'ailleurs appel, a donc d s'avancer sur ce terrain. Nous ne 
l'y suivrons pourtant pas. C'est aux faits que nous devons essentiellement 
nous attacher; une fois d'accord sur eux, on le serait bientt sur leur ex- 
plication et sur leurs consquences. Et nous croyons devoir aussi, tout en 
signalant l'intrt des faits que rappelle ou que fait connatre M. de Qua- 
trefages relativement divers animaux, soit articuls, soit radiaires, et no- 
tamment aux Pycnogonides, nous abstenir d'tendre encore le champ d'une 
discussion, si complexe dj, et ne point franchir les limites de l'embran- 
chement des Mollusques. 

Au reste, les deux auteurs reviennent bientt eux-mmes, et pour n'en 
plus sortir, au sujet principal de leurs recherches. Une Note et un M- 
moire de M. de Quatrefages en r 845 et 1848, deux Mmoires et une Note 
de M. Sonleyet en i845, 1846 et i85o, sont presque entirement relatifs 
aux Mollusques phlbentrs. 

Dans cette dernire phase du dbat o chacun apporte de nouveaux 
faits l'appui de ses vues, de celles du moins qu'il croit devoir maintenir, 
les recherches relatives l'appareil circulatoire sont celles sur lesquelles 
nous devons surtout fixer l'attention de l'Acadmie. Les auteurs ne sont 
plus alors trs-loin de s'entendre en ce qui concerne le systme artriel 
dont M. de Quatrefages, ds le commencement de ses travaux, avait aperu 
une partie dans deux espces; la dissidence est moindre encore l'gard des 
vaisseaux branchio-cardiaques que M. de Quatrefages, ds sa premire r- 
ponse M. Souleyet, se montrait dispos admettre dans quelques genres; 
mais, sur le systme veineux gnral, le dsaccord est toujours aussi mar- 
qu. M. de Quatrefages nie toujours son existence, et croit pouvoir d- 
montrer que le sang ne peut revenir des organes au cur qu' travers les 
lacunes, et en s'panchant dans la cavit viscrale. M. Souleyet croit, au 
contraire, pouvoir tablir l'existence d'un systme vritablement veineux; 
et si l'on peut faire passer l'injection de la cavit viscrale dans l'appareil 
circulatoire, ce n'est, selon lui, qu'accidentellement et par suite de la 
dchirure des tissus, minemment dlicats, de ces petits animaux. 

Dans les nombreux Mmoires et Notes soumis par eux au jugement de 



(39) 
l'Acadmie, MM. de Quatrefages et Souleyet ont trait de plusieurs autres 
questions que nous avons le regret de ne pouvoir qu'indiquer ici. Tous 
deux ont fait de l'organisation tout entire de plusieurs des animaux dont 
ils se sont si longtemps occups, en particulier du systme nerveux et de 
l'appareil gnrateur, une tude dtaille et trs-fructueuse pour la science. 
Dans leurs Mmoires encore, la dtermination et la caractristique des 
genres, la synonymie des espces, ont t discutes plusieurs reprises, et 
sous ce point de vue aussi, la srie de travaux dont nous avions faire l'examen 
est loin d'avoir t inutile la Zoologie. Mais l n'tait pas l'intrt princi- 
pal des recherches de MM. de Quatrefages et Souleyet, et nous avons d 
nous restreindre aux questions qui ont t l'objet de tant d'efforts de la 
part des deux savants zoologistes, et que nous avons voulu, dans le rsum 
qui prcde, faire poser par eux-mmes devant l'Acadmie. 

Nous allons les reprendre maintenant une une, et examiner la valeur 
des arguments produits de part et d'autre, afin de dterminer lesquelles 
peuvent tre considres comme ds prsent rsolues, lesquelles attendent 
encore une solution. 

Entre toutes, celles qui ont t le plus dbattues entre les deux auteurs, 
sont celles qui se rapportent l'appareil circulatoire et la circulation. 
Aussi, plusieurs points capitaux se trouvent-ils ici, comme on va le voir, 
compltement mis hors de doute. 

Existe-t-il chez les Mollusques dits Phlbentrs un appareil circu- 
latoire? 

Examinons cette premire question partie par partie. 
Le cur existe-t-il ? M. de Quatrefages l'avait, ds l'origine, aperu 
chez l'Eolide paradoxale; il l'a vu aussi en Sicile dans une autre espce. 
M. Souleyet l'a retrouv non-seulement chez les Zphyrines, les Tergipdes 
et les Calliopes, genres voisins des Eolides, mais aussi parmi les Actoniens, 
et chez un Mollusque voisin des Chalides et des Pavois, c'est--dire dans les 
trois tribus qui, selon la classification de M. de Quatrefages, formeraient le 
groupe des Phlbentrs. Dans toutes trois, le cur se compose d'un ven- 
tricule et d'une oreillette. Les observations de M. Souleyet sur ce sujet con- 
cordent gnralement avec celles que venait de faire un peu avant lui 
M. Nordmann chez le Tergipde, ou du moins chez les individus dj trs- 
avancs en dveloppement ; car chez ces Mollusques, comme chez les Actons, 
d'aprs le remarquable travail de M. Vogt, le cur parat ne se former que 
trs-tardivement. Elles concordent de mme avec les rsultats, postrieure- 



(4o ) 

meut acquis la science, des recherches de divers auteurs, notamment, en 
France, de M. Blanchard, et en Angleterre, de M. Allman et de MM. Aider 
et Hancock; celles-ci, particulirement intressantes en ce qu'elles portent, 
en partie, sur un Mollusque appartenant celle des trois tribus de M. de 
Quatrefages, qu'avait le moins tudie M. Souleyet. 

A l'gard des artres, nous n'aurions gure qu' rpter ce que nous 
venons de dire du cur. M. de Quatrefages avait vu et dcrit le systme 
artriel chez son olidine, et depuis, en Sicile, dans une autre espce. 
M. Souleyet a montr qu'il existe dans les autres genres, et divers auteurs 
ont confirm et complt ses observations. 

Il est encore une partie de l'appareil circulatoire, dont l'existence, 
annonce par M. Souleyet, ne peut tre rvoque en doute; c'est ce qu'on a 
appel le systme veineux branchial ou branchio-cardiaque. Ce systme se 
compose-t-il de vritables vaisseaux, ayant leurs parois propres, ou de sim- 
ples canaux plus ou moins lacunaires? On peut conserver des doutes cet 
gard ; mais l'existence mme de ces vaisseaux ou canaux est certaine, et ce 
rsultat est entirement d M. Souleyet. 

Reste la quatrime de l'appareil circulatoire, le systme veineux gn- 
ral ou proprement dit. C'est ici surtout que le dfaut de matriaux s'est fait 
sentir. Les deux auteurs se sont en vain efforcs de produire devant la Com- 
mission des arguments irrcusables ; contre chacun d'eux, il s'est lev des 
objections auxquelles on n'a pu rpondre victorieusement. 

Selon M. de Quatrefages, le systme veineux manque, et les cavits du 
cur communiquent avec des lacunes et avec la cavit viscrale elle-mme ; 
donc une injection suffisamment fine devrait passer librement des unes 
dans les autres. M. de Quatrefages a mis, en effet, sous les yeux de la Com- 
mission une olide chez laquelle l'injection, pousse dans la cavit visc- 
rale, tait parvenue jusque dans les branchies ; mais n'y avait-il pas eu 
dchirure? 

Selon M. Souleyet, le systme veineux est form soit de vritables 
veines parois propres, soit de simples trajets veineux, sans communication 
avec la cavit viscrale. Une seule exprience, dans laquelle nous eussions 
vu revenir au cur, sans panchement intermdiaire, un liquide pousse 
dans le systme artriel, et tranch la question en faveur de M. Souleyet ; 
mais cette dmonstration ne nous a pas t fournie. Quant aux injections 
partielles que ce savant nous a soumises, et dans lesquelles il est bien vrai 
qu'aucun panchement ne s'tait fait dans la cavit viscrale, on a pu objec- 



( 4i ) 

ter l'tat de contraction dans lequel taient, par suite d'un long sjour dans 
l'alcool, les Mollusques dont M. Souleyet avait d se servir, faute de pices 
fraches. 

<> Au dfaut de preuves directes que l'on pt considrer comme, 1'arwi 
de toute objection, MM. de Quatrefages et Soideyet ont eu recours des 
preuves indirectes et analogiques. Le premier s'est appuy sur la conformit 
<lc sa manire de voir avec les rsultats des recherches de MM. Milne 
Edwards et Valenciennes sur la circulation de divers Mollusques, soit de 
la classe des Gastropodes, soit des autres classes du mme embranchement. 
Si cette conformit ne peut fournir les lments d'une dmonstration, du 
moins te-t-elle au rsultat annonc par M. de Quatrefages le caractre 
d'une exception singulire, et par l mme invraisemblable. Ainsi tombe 
l'un des arguments les plus souvent opposs l'auteur, et assurment l'un 
de ceux qui avaient le plus de valeur, selon les ides si longtemps et si gn- 
ralement admises sur la prtendue perfection de l'appareil circulatoire dans 
tout l'embranchement des Mollusques. De son ct, M. Souleyet a cherch 
a confirmer ses vues par l'tude anatomique de divers Gastropodes pris en 
dehors du groupe des Phlbentrs de M. de Quatrefages, mais parmi des 
genres qui se lient intimement avec ces Mollusques, et sous deux points de 
vue diffrents : tels sont les Doris et les Tritonies, qui sont aussi des Nudi- 
branches, mais non des Phlbentrs, et les Diphyllidies, qui appartiennent 
un autre ordre, mais y reproduisent une semblable disposition du tube 
digestif et de ses annexes. Chez ces Mollusques, moins petits, et tissus plus 
rsistants, M. Souleyet a essay de dmontrer, par des injections, l'existence 
partielle d'un systme veineux, sinon parois propres, du moins bien 
limit : les pices qu'il a mises sous nos yeux, tendent, en particulier, a 
dmontrer l'existence d'une veine allant de l'ovaire vers les branchies, 
veine dont l'auteur aurait aperu l'analogue chez les olides, mais sans 
pouvoir l'injecter. La Commission a vu avec beaucoup d'intrt ces injec- 
tions, principalement une injection faite chez une Tritonie. Mais, part 
mme quelques objections qui ont pu s'lever sur le fait en lui-mme, la 
Commission a d juger de ces preuves prises en dehors des Nudibranches 
phlbentrs, comme des analogies invoques d'autre part; elle est loin de 
les regarder comme sans valeur, mais elle ne saurait trouver en elles les l- 
ments d'une dmonstration rigoureuse. Il est clair qu'en pareille matire, 
et surtout l'gard de groupes encore si peu connus, c'est aux faits seuls 
qu'il appartient de prononcer. La question de l'existence du systme vei- 
neux chez les Phlbentrs reste donc encore douteuse. 

C. R., i85i, 1 er Semestre. (T. XXXII, !\ 8.) 6 



( 4* ) 

Heureusement, le doute ne s'tend pas la fonction. Quel chemin suit 
le sang pour revenir des organes? On se divise ici. Mais on est unanime 
reconnatre qu'il revient, que le cur remplit les mmes fonctions que chez 
les autres Gastropodes, et que la circulation existe. Les Mollusques dits 
Phlbentrs rentrent donc, sous ce point de vue, dans les conditions phy- 
siologiques communes toute leur classe. 

Nous avons d insister sur les divers points de la discussion relative 
l'appareil circulatoire. Nous passerons beaucoup plus rapidement sur ce 
qui concerne la respiration. 

Ici, et ds l'origine, les dissentiments ont t bien moindres, et au- 
jourd'hui MM. de Quatrefages et Souleyet sont bien prs de s'entendre, du 
moins en ce qui concerne ceux des Phlbentrs qui faisaient partie de l'or- 
dre des Nudibranches de Cuvier. Les appendices dorsaux sont-ils des or- 
ganes respiratoires? Oui, rpondent de mme MM. de Quatrefages et Sou- 
leyet; seulement le premier a fait ici des restrictions et des distinctions que 
le second n'admet pas, distinctions qui se sont d'ailleurs, en grande partie, 
effaces dans le cours du dbat. Ce ne sont pas des organes respiratoires 
proprement dits, disait d'abord l'auteur dont la pense sur le fond de la 
question ne prte d'ailleurs aucune quivoque; car lui-mme les appelle 
indiffremment, ds ses premiers Mmoires, cirres, branchies et cirres bran- 
chiaux. Ce sont de vritables organes respiratoires, dit-il aujourd'hui, 
mais des organes qui n'ont pas le caractre des branchies proprement dites , 
et qui sont loin d'tre les agents essentiels et uniques de la respiration, 
fonction qui s'accomplirait aussi, en grande partie, par la peau. M. de 
Quatrefages invoque l'appui de ses vues cet gard, divers arguments 
tirs de la disposition anatomique des organes, et deux expriences faites par 
lui sur une Zphyrine et une olide vivantes : toutes les branchies ayant t 
enleves, dit l'auteur, ces deux Mollusques ont survcu cette ablation, et 
l'olide, dont la vie s'est prolonge pendant plusieurs mois, a mme repro- 
duit ses appendices. La Commission ne peut que citer les rsultats de ces 
deux expriences dont elle n'a pas t tmoin. 

Nous avons enfin rendre compte de la dernire partie de la discus- 
sion, celle qui est relative au tube digestif, au foie et aux divers canaux ou 
poches interposs entre eux. Dans les rsultats, souvent opposs, souvent 
aussi concordants, des recherches de MM. de Quatrefages et Souleyet, s- 
parons d'abord avec soin les faits qu'ils ont vus, de leurs dductions, relati- 
vement soit la dtermination anatomique des organes, soit leurs usages 
physiologiques. 



(43) 

Sous le premier point de vue, les deux auteurs ont fait faire la science 
de vritables progrs. 

La disposition anatoinique, minemment remarquable, sur laquelle 
M. Milne Edwards venait de fixer enfin l'attention par ses observations sur 
la Calliope, pouvait encore tre regarde, malgr les indications donnes 
par divers auteurs mentionns plus haut, comme un fait singulier et excep- 
tionnel, lorsque M. de Quatrefages a retrouv, soit cette disposition elle- 
mme, soit une autre non moins remarquable, dans le genre olide, chez 
d'autres Nudibranches et dans le genre Acton, en un mot, chez tous les 
Mollusques qu'il a nomm Phlbentrs . 

Sauf des points secondaires, M. Souleyet a confirm ici les rsultats 
des observations de M. de Quatrefages, sur les espces qu'il a dissques 
aprs lui ; il a vu les mmes faits, ou des faits analogues, chez quelques 
autres Nudibranches, et les a suivis de plus (ici sur les traces de Meckel et de 
M. Dlie Chiaie) chez un Infrobranche, la Diphyllidie. Sur la disposition 
du foie dissmin et comme diffus, il y a de mme accord entre les deux 
savants zoologistes sur les points principaux. Sur la masse buccale, sur les 
glandes salivaires, sur d'autres parties encore, nous les trouvons, au con- 
traire, plusieurs fois en dissentiment; mais ce sont l des points qui, tout 
importants qu'ils puissent tre, ne sont que secondaires dans l'ensemble du 
dbat, et sur lesquels nous ne saurions insister. Nous devons, au contraire, 
signaler, comme d'un grand intrt, les recherches par lesquelles M. Sou- 
leyet a montr que le tube digestif est beaucoup plus complet, dans plu - 
sieurs espces, que ne l'avait suppos M. de Quatrefages, et particulire- 
ment, qu'il existe un intestin ouvert l'extrieur comme l'ordinaire. Sur 
ce point encore, Al. Souleyet a russi ramener au type gnral de leur 
classe plusieurs de ces Mollusques qui avaient t considrs comme excep- 
tionnels et dgrads. Htons-nous d'ailleurs d'ajouter que, dans son M- 
moire sur les Phlbentrs, antrieur, comme on l'a vu, la discussion, 
M. de Quatrefages avait fait des rserves trs-explicites sur l'existence pos- 
sible de l'intestin et de l'anus : il ne les avait pas vus ; il inclinait croire 
leur absence, mais lui-mme en appelait des observations ultrieures. 

Si, des questions de fait, nous passons aux questions thoriques et d'in- 
terprtation, nous retrouvons les auteurs soutenant des opinions trs-oppo- 
ses. Un point, et l'un des plus importants, doit tre toutefois except. 
Qu'est-ce que cette substance granuleuse, tantt opaque et colore, tantt 
aussi transparente que le reste de l'animai, qui tapisse les coecunis plus haut 
mentionns? C'est la substance mme du foie, ici dsagrg et dissmin; 

6.. 



(44) 

lelleest la dtermination, aujourd'hui hors de doute, que M. de Quatrefages 
donne ds ses premiers travaux, dtermination donne aussi, et antrieure- 
ment, par Meckel et M. Dlie Chiaie, et pleinement admise par M. Soulevet. 
Il y a donc ici accord entre tous les auteurs. Mais que sont les ccums que 
revt la substance hpatique, et les canaux avec lesquels ils communiquent? 
C l'est le reste du foie, ce sont des dpendances de ce viscre, c'est un appareil 
gastm biliaire, selon M. Souleyet : ce sont des ramifications du tuhe di- 
gestif, c'est un appareil gaslro-vasculaire , selon M. de Quatrefages. Et les 
deux auteurs ne sont pas moins en dissentiment sur le rle physiologique 
de ce remarquable appareil que sur sa dtermination anatomique. 

Ces questions sont, aprs ce qui est relatif l'appareil circulatoire, 
celles sur lesquelles ont port les efforts les plus persvrants de MM. de 
Quatrefages et Souleyet. Mais ici le problme est plus complexe, et, par sa 
nature mme, il est de ceux dont les observations les mieux faites ne 
suffisent pas fournir immdiatement la solution. La Commission n'a pas 
t mise mme de prononcer. Dans les arguments qu'il a fait valoir devant 
elle, chacun des auteurs a t beaucoup plus heureux dans la rfutation des 
ides opposes aux siennes, que dans la dmonstration de celles qui lui 
taient propres, \insi, aprs les observations par lesquelles M. Souleyet a 
ramen sur tant de points les Mollusques phlbentrs aux conditions des 
Gastropodes ordinaires, aprs celles surtout qui ont dmontr l'existence 
d'un appareil circulatoire et d'une circulation, il n'tait plus possible d'attri- 
buer l'appareil gastro-vasculaire les multiples et complexes fonctions qui 
lui avaient t d'abord assignes, et M. de Quatrefages l'a depuis longtemps 
reconnu. De mme, leur tour, plusieurs des faits tablis par ce savant, les 
dispositions trs-varies et trs-remarquables que prsente cet appareil, et 
surtout les observations par lesquelles on a constat sur le vivant, tant 
l'tranger qu'en France, le passage des matires alimentaires dans les rami- 
fications vasculiformes et jusque dans les circums, fournissent, contre l'opi- 
nion qui fait de toutes ces parties un simple appareil gastro-biliaire, ds 
objections dont il est impossible de mconnaitre la gravit. La Commission 
doit donc dsirer que la question soit reprise; et elle ne peut l'tre plus 
utilement cpie par les deux savants qui ont consacr dj tant de travaux 
sa solution. 

Il nous resterait faire, pour la partie spcialement zoologique des tra vaux 
de MM. de Quatrefages et Souleyet, ce que nous venons de faire pour les rsul- 
tats de leurs recherches anatomiques et physiologiques. Mais nous fatigue- 
rions l'attention de l'Acadmie, s'il fallait suivre les auteurs sur ce nouveau 



( m 

terrain. Nous dirons seulement que si diverses dterminations donnes par 
M. de Quatrefages ont pu tre utilement rectifies par M. Souleyet ou par 
d'autres zoologistes, le premier n'en a pas moins fait faire un pas la science 
en rapprochant les uns des autres, d'aprs des analogies organiques encore 
inconnues, divers Mollusques jusque-l dissmins dans deux ordres diff- 
rents. Les restrictions que lui-mme a fait subir sa premire opinion, et sut 
l'une desquelles il serait fort possible qu'il et un jour revenir, sont loin 
d tre, comme on a quelquefois paru le croire, un abandon dguis des vues 
qu'il avait d'abord mises. Que le groupe des Phlbentrs ait une valeur- 
ordinale, selon la premire opinion de M. de Quatrefages; qu'il doive con- 
stituer une simple famille, selon son opinion actuelle, et mme que cette 
famille doive tre dmembre plus tard, comme l'auteur 1 ui-mme le prvoit, 
il n'en reste pas moins vrai que des affinits, d'un intrt rel, ont t mises 
en lumire, et que la classification des Mollusques a fait un progrs qui n'est 
pus sans importance. Quel naturaliste ferait aujourd'hui de l'Acton une 
\plysie en miniature? Regrettons toutefois qu'en formant un groupe qui 
repose incontestablement sur des caractres d'une grande valeur, la dispo- 
sition ramifie de l'appareil digestif et la dcomposition du foie, M. de 
Quatrefages ait cru devoir donner ce groupe et sa principale subdivision 
ces noms de Phlbentrs et ' Enlrobranches , qu'il et fallu du moins 
clairement expliquer : noms dont l'introduction dans la science a pu com- 
pliquer et prolonger le dbat, les interprtations qui se prsentaient le plus 
naturellement l'esprit, ayant fait attribuer M. de Quatrefages, jusque 
dans ces derniers temps, non-seulement des opinions qu'il n'avait plus, 
mais parfois des opinions qu'il n'avait jamais eues. 

Nous terminons ici cet expos, bien incomplet encore malgr son 
tendue, des longs travaux de MM. de Quatrefages et Souleyet sur les 
Mollusques, objets de cette discussion importante. 

L'Acadmie partage maintenant sans doute avec nous la conviction que 
le dbat qui a si souvent retenti devant elle, n'aura pas t du moins perdu 
pour la science. 

L'anatomie des Eolides, des Actons et des genres voisins tait reste, 
jusque dans ces derniers temps, presque entirement nglige : si aujour- 
d'hui plusieurs questions importantes restent rsoudre leur gard, d'au- 
tres, non moins importantes, et en plus grand nombre, sont ds prsent 
rsolues; et il s'en faut de peu que la remarquable organisation de ces petits 
Mollusques soit aussi bien connue que celle de plusieurs des types les plus 
anciennement tudis par les zoologistes. 



(46) 

Ces rapides progrs de la science sont dus, sans nul doute, en trs- 
grande partie aux efforts de M. de Quatrefages et de M. Souleyet, et l'op- 
position mme de leurs vues, l'un ayant donn l'impulsion, le second l'ayant 
souvent et heureusement rgle et renferme dans les limites de l'observa- 
tion, et tous deux ayant fait connatre, l'appui de leurs opinions respec- 
tives, un grand nombre de faits nouveaux qui sont, du moins, autant de 
rsultats dfinitivement acquis la science. 

La Commission propose donc l'Acadmie d'accorder ses encourage- 
ments MM. de Quatrefages et Souleyet, et si les auteurs n'avaient dj fait 
connatre au public plusieurs fragments de leurs travaux , elle lui et de- 
mand l'insertion des parties les plus essentielles de ces travaux dans le 
Recueil des Savants trangers. 

Les conclusions de ce Rapport sont adoptes. 

Sur la proposition de M. Arago, l'Acadmie dcide que ce Rapport 
sera imprim dans ses Mmoires. 

NOMINATIONS. 

L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un can- 
didat pour la chaire de Chimie, vacante, au Collge de France, par suite de 
la dmission de M. Pelouze. 

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 48, 
M. Balard obtient 35 suffrages, 
M. Aug. Laurent 1 1 . 

Il y a un billet illisible et un billet blanc. 

M. Balard, ayant runi la majorit absolue des suffrages, sera prsent au 
choix de M. le Ministre de l'Instruction publique comme le candidat de 
I' acadmie. 

MMOIRES PRSENTS. 

optique. Note sur les interfrences de la lumire polarise ; 
par M. E. Verdet. (Extrait par l'auteur. ) 

(Commissaires, MM. Arago, Babinet, Regnault. ) 

Tous les physiciens connaissent les expriences par lesquelles M. Arago 
et Fresnel ont dmontr que deux rayons polariss angle droit ne peuven t 
interfrer l'un avec l'autre, quelle que soit leur diffrence de marche. 



(47) 
Dans son Mmoire sur la double rfraction, Fresnel a conclu de cette 
loi exprimentale, que les vibrations de la lumire polarise taient recti- 
lignes, perpendiculaires la direction du rayon et parallles ou perpendi- 
culaires au plan de polarisation. Sa dmonstration n'est pas tout fait 
exacte. En effet, Fresnel trouve cpie l'expression 



a a' cos 2 7i ( u u' -f- x J -+- bb' cos i n f v v' 



CC COS 2 71 \W H>' 



x'- 



doit tre constante, quel que soit x' x, et il en conclut que les troi* 
coefficients a a', b b' et o& doivent tre nuls la fois, tandis qu'il suffit que 
l'on ait 

a' cos arc (u u') -h bb' cos in{v </ ) + ce' cosin (w tv') = o, 
aa! sin iit{u u!) -+- bb' s\n in{v v') + ce' sin -2n{w w') = o ; 

conditions auxquelles on peut satisfaire, en gnral, d'une infinit de 
manires. 

Dans la Note prsente l'Acadmie, j'ai discut ces deux conditions, 
en tenant compte des relations que l'on sait d'avance devoir exister entre 
deux rayons polariss angle droit, et j'ai fait voir qu'on arrivait deux 
solutions diffrentes. L'une est prcisment la solution donne par Fresnel ; 
l'autre indiquerait des vibrations rectilignes, perpendiculaires au rayon, 
mais inclines sur le plan de polarisation. U n'est pas difficile de montrer 
que cette seconde solution est incompatible avec les expriences, qui ta- 
blissent que les deux cts du plan de polarisation d'un rayon polaris 
ont des proprits exactement identiques. Les conclusions de Fresnel sont, 
en consquence, les seules qu'on puisse admettre. 

physique. Remarques sur les expriences faites en i8/j8e< 1849 aux 
Etats-Unis, par M. S.-C. Walker et M. O.-M. Mitchel, pour dterminer 
la vitesse de propagation de l'lectricit ; par M. H. Fizeau. (Extrait. ) 

(Commission prcdemment nomme.) 

Nous avons, M. Gounelle et moi, prsent l'Acadmie, dans sa sance 
du i5 avril i85o, un Mmoire sur la vitesse de propagation de l'lectricit. 

Des travaux trs-tendus sur le mme sujet taient excuts la mme 
poque aux Etats-Unis par M. Walker et M. Mitcbel. Lorsque nous avons 
rdig notre Mmoire, les premiers rsultats de ces recherches nous taient 



(48) 

dj connus, mais d'une manire trop imparfaite pour qu'une discussion 
dtaille ft possible. Nous n'avons pu que les mentionner et indiquer 
plusieurs causes d'incertitude que nous avions aperues dans les expriences. 

De nouvelles publications ont fait connatre d'une manire assez com- 
plte les procds employs par les observateurs amricains et les rsultats 
numriques de leurs expriences. J'en prsente aujourd'hui une analyse 
dtaille, et il me parat ressortir avec vidence de cet examen : 

i. Qu'il existait dans les procds d'observation plusieurs causes 
derreurs constantes ou accidentelles, dont les auteurs n'ont pas tenu 
compte, et dont les effets taient considrables relativement aux quantits 
qu'il s'agissait de dterminer; 

i. Que le rsultat des observations a t interprt d'une manire 
contraire la thorie la plus probable de la propagation lectrique ; 

3. Que les phnomnes observs ne sont nullement en contradiction 
avec la vitesse de propagation que nous avons dduite de nos recherches, 
laquelle est de 25 ooo lieues mtriques par seconde, pour le fil de fer; 

4- Q u ^ cette valeur peut mme se dduire des expriences cites dans 
le Mmoire de M. Mitchel; 

5. Que les valeurs beaucoup plus faibles donnes par les auteurs, et 
qui sont comprises entre 12000 et 5 000 lieues par seconde, ne sont pas 
admissibles. 

astronomie. Note sur la plante Clio (1) [3 e plante de M. Hind]; 

par M. Yvo\ Villarceau. 

J'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie un travail trs-soign sur la 
nouvelle plante de M. Hind que m'adresse M. Carrington, directeur de 
l'observatoire de l'Universit de Durham. 

Depuis l'poque de la dcouverte jusqu' la fin de novembre dernier, 
M. Carrington a fait trente observations de la plante, avec un quatorial 
dont la lunette porte un objectif de Fraunhofer de 6 \ pouces anglais d'ou- 
verture, et de 8 \ pieds anglais de distance focale. Ces observations ont t 
compares par M. Carrington l'phmride que j'ai publie dans les 

(1) M. Gould crit de Cambridge que les astronomes des tats-Unis d'Amrique viennent, 
la suite d'une dlibration , d'adopter le nom de Clio , suggr par M. Hind lui-mme. Si 
cette dnomination vient prvaloir en Angleterre, la nomenclature des plantes ne prsen- 
tera plus que des noms mythologiques : en effet , le Georgian sidus a fait place Uranus dans 
le Nauticnl Almanac de i85i. 



(49) 
Comptes rendus, tome XXXI, n 20, pages 681 et 682, en tenant compte 
des diffrences secondes. Par l'application de la mthode des moindres 
carrs la dtermination des coefficients des sries qui reprsentent les excs 
de l'observation sur le calcul, dvelopps suivant les puissances du temps, 
M. Carrington est parvenu aux deux formules suivantes, o t dsigne le 
nombre de jours compt du 20 septembre, les limites tant le 16 septembre 
et le 28 novembre, 

jr obs. & cale. = o", 688 o", 2102*4- o", 00598 t ' ; 
D obs. D cale. = 4- o", 020 o", o336 1 4- o", 00166 t 1 . 

A l'aide de ces formules, M. Carrington rsume le rsultat le plus 
probable de ses trente observations, dans le tableau suivant : 



DATES. 

i85o. 


ASCENS. DROITE. 

Obs. Cale. 


^DCLIN. 

Obs. Cale. 


DATES. 

i85o. . 


ASCENS., DROITE. 

Obs. Gale. 


DCLIN. 
Obs. Cale. 




Sept. 20. . . 

3o... 
Oct. io... 

20. . . 


s 

0,046 

0,146 

0,167 

0,107 


11 
4- 0,02 

o,i5 

4- 0,01 

4- o,5o 


Oct. 3o... 
Nov. 9. . . 

19... 

29... 


s 

4- o,o3i 
H- o,25o 
4- 0,549 
4- 0,927 


4- 1,33 

+ 2 >49 
4- 3,98 
4- 5,8o 





Une construction graphique accompagnant la Note, reprsente les 
nombres prcdents et aussi les excs des observations sur le calcul, d'o 
ces nombres ont t dduits. 

Si l'on met en regard les diffrences trouves par M. Carrington entre 
l'observation et l'phmride, avec les diffrences relatives aux observations 
mridiennes de Paris, que j'ai prsentes dans le numro cit plus haut des 
Comptes rendus, on reconnatra que les discordances entre les observations 
de M. Carrington et les ntres n'excdent pas o s ,i5 o",20 en ascension 
droite, et qu'elles sont au-dessous de 1" en dclinaison. Ces diffrences 
peuvent tenir l'ingale puissance optique des instruments (nous avons eu 
dj l'occasion d'indiquer la nature des erreurs que l'on commet dans l'ap- 
prciation des passages lorsque, l'astre tant trs-faible, la puissance de l'in- 
strument ne permet pas d'clairer suffisamment les fils). Elles peuvent tenir 
aussi aux positions des toiles tires des catalogues. Quoi qu'il en soit, les 
observations de M. Carrington n'en mritent pas moins une trs-grande 
confiance. 

M. Boreham m'envoie galement des observations de Clio qu'il a faites 

C. R., i85i, I er Semestre. (T. XXXtl, N 8.) 7 



( 5o) 

son observatoire d'Haverhill, et qu'il a pris le soin de comparer mou 
phmride. 

Le rsultat de ces diverses comparaisons montre que les erreurs de 
l'phmride sont faibles et croissent lentement: il n'y aura donc pas lieu 
de corriger les lments de l'orbite de Clio avant la disparition de cette 
plante. 

astronomie. Cinquime Note sur les toiles doubles, 70 p rf'Ophiuchus; 

par M. Y von Vii.l arceau. (Extrait.) 

(Commissaires, MM. Mathieu, Liouville, Mauvais.) 

Plusieurs circonstances runies font de l'toile p d'Opbiuchus la plus 
intressante peut-tre des toiles doubles de notre ciel boral. La dure de 
sa rvolution, actuellement bien connue, n'excde pas d'un dixime celle 
d'Lranus. Les grandes dimensions de l'orbite apparente, l'clat des deux 
composantes et la rapidit du mouvement propre portent considrer ce 
systme comme tant probablement l'un des plus voisins de notre systme 
solaire. . . 

M. Mdler a publi, en 1842, une dtermination de l'orbite de 
p d'Ophiucbus, plus voisine de la vrit que l'on n'aurait pu s'y attendre. 
Les lments de M. Mdler laissent, en effet, entre les observations et le 
calcul, des carts qui s'lvent jusqu' 18 degrs pour l'angle de position 
observ en 1819, ou o",7 en arc, la distance tant 2", 22 ; en 1820, 
l'cart est encore de i3 degrs ou de o",6 en arc, la distance tant 2", 56. 
Ces discordances, qu'il tait impossible d'attribuer aux observations, frap- 
prent vivement M. Mdler, et le conduisirent exprimer le doute que le 
mouvement du satellite de p d'Opbiuchus ft rellement soumis aux lois 
de Kepler. 

Je suis heureux de pouvoir montrer aujourd'hui que les anomalies 
dont s'est proccup M. Mdler et, plus tard, M. Houzeau, sont bien moins 
considrables qu'ils ne les avaient trouves. En effet, les plus grands carts 
qui subsistent actuellement se rduisent o",2 et o",3 en arc, pour les 
angles dposition de 1819 et 1821. M. Otto Struve admet trs- volontiers 
que ces erreurs soient entirement imputables aux observations qui ont t 
faites avec des instruments d'une force optique trs-modique. 

Afin de me renfermer dans les limites qui me sont accordes, je m'abs- 
tiendrai d'exposer les dtails des procds que j'ai suivis dans l'tude du 
mouvement de p d'Ophiuchus. J'ai obtenu une premire approximation 
des lments de l'orbite en faisant l'application de la Mthode rsume 



(Si ) 

pages 4i 45 de mes Mmoires et Notes, etc. [Additions la Connaissance 
des Temps, pour i85a). Il rsulte de ce premier travail, que les donnes 
actuelles sont tout juste suffisantes pour la dtermination des lments. 
Dans la correction des lments, j'ai fait usage des mesures de distance 
obtenues par Bessel, aprs les avoir rendues comparables aux distances 
obtenues par MM. Struve, au moyen d'une correction rduite en Tables 
dans les Mensur micrometric , page CXLI. Voulant puiser les chances 
d'attnuer les discordances qui restent encore, j'ai tent un dernier moyen : 
au lieu de ramener, comme tout l'heure, les distances de Bessel celles 
de M. Struve, j'ai fait l'inverse. Voici les rsultats que j'ai obtenus. 



ORBITE RELATIVE DE 70 p lMU'Ulll 1IIS. 

D ,8a6 '| D = + S*l 4 6t 6C arand 



Passage au prihlie vrai. . 
Moyen mouvement annuel 
Angle (sin = excentricit). 
Longitude du nud ascendant (mridien 

de 1840).. 

Distance du prihlie au nud ascendant 

Inclinaison 

Demi-grand axe dduit de 

19 distances, mesures 



,,, c , I posteriori 

par MM. Struve / 



a priori. 



PREMIERE 

approximation. 



DEUXIMES LMENTS 

corrigs en faisant 

usage des 
dislances obtenues 

par Bessel, 

ramenes celles 

de MM. Struve. 



Dure de la rvolution. 
Excentricit 



181 1 ,195 

3", 8761 

26 4 2 '>9 

3o8. 24. G 

36. 3i,2 

117. 49,6 

4"- 99' 7 
5", oo32 

d'o il suit : 

92 ns ,875 
o, 44955 



1810,671 

30,8987 

26. 23',5 

,307. ai , 4 

32. 57,9 
r 1 18. 7, o 

4", 9 657 



92">s,338 
o,44449 



TROISIMES LMENTS 

corrigs 

en ramenant les 

distances de 

MM. Struve celles 

de Bessel. 



1810,367 

3, 9 i57 

26 3g',8 

3o8 . 12,0 

3i. 34, 3 

:n8. 4,6 

.V',076 



91 -",937 
0.44873 



(Nous donnons dans la Note la valeur du demi-grand axe qui corres- 
pond chaque observateur. ) 

Le tableau suivant prsente le rsultat de la comparaison des I ers et 2 es 
lments avec les observations. Nous devons prvenir que les distances obser- 
ves par MM. Struve sont compares aux distances calcules en employant 
le mme demi-grand axe pour ces deux astronomes. Toutes les comparaisons 
de distance relatives aux autres observateurs ont t faites en employant le 
demi-grand axe particulier chacun d'eux. Enfin, les nombres placs entre 
crochets indiquent que les observations correspondantes n'ont pas servi au 
calcul des lments. 

7-- 



(50 

Comparaison avec les observations. 





OBSERVATIONS. 




OBSERVATEURS. 


PREMIRE APPROXIMAT. 


DEUXI 

ANGLE DE 


MES LMENTS. 






ASGLE 




GROS- 


NOM- 
BRE 


ANGLE DE POSITION 




POSITION 






DATE. 


de 
posi- 


1IIS- 


SISSE- 
MENT 


de 
jours 




observ calcul 


DISTANCE 


observ cacul 


DISTANCE 






' 




d'ob- 




















tion. 




moy. 


serv. 




didre. 


en arc. 


obs.-calc 


didre. 


en arc. 


obs.-calc. 




'779.77 
1700,30 


1 
90. 


]) 








W. Horschel. 


; 
4- 3.17 


-t- 0,237 


M 


-f- i.3i 


-+- o,n3 










4" ,492 








Id. 


,> 





(-f- o",46} 








(-t- o",38) 




1781 ,74 


80.47 





;, 





Id. 


- 0.54 


0,060 




-2.54 


,'99 


1) 




iKoa, 34 


336. 8 


]> 








Id. 


-+- 2.5o 


-f- 0,144 


)) 


-t- 3.5o 


-t- ,'92 







1804,415 


3i8.48 


2,56 





2 


Id. 


- 5. 5 


0,267 


(- 0,46) 


- 3.38 


0,189 


( 0,38) 




1819,64 


168.29 


4,559 





5 


W. Struve. 


- 5. 6 


- 0,K)4 





5. 12 


0,202 


i> 




20,77 
21, 3o 


160. i5 








2 


Id. 


- 5. 7 


0,226 


)> 


5.22 


0,24o 


M 




i56. 4 


3,682 





2 


J. Herschel 


- 6.11 


0,292 


(+- o.46y) 


6.29 


o,3og 


(+- 0.448) 




21 .74 
22, 5i 


.57.39 


<i,85i 


)) 


5 


W. Struve. 


2.19 


o,n5 


)) 


2 37 


o,i3i 


D 




1 54.51 





2 


J. Herschel. 


i.35 


0,086 


(+- ','79) 


- 1.55 


0,104 

0,128 


(-H I,l68) 




22,64 


1 53.52 


3,76 





3 


W. Struve. 


2. 2 


0,11. 





2.21 







23,35 


i53.36 





1, 


2 


. Herschel. 


-+- o.25 


+- 0,024 





-t- 0. 9 


-+- O,00;) 







25,56 


148.12 


4.782 
3,984 








Id. 


-r- 1.38 


-+- o,u5 


(-t- o,o3o) 


-t- 1.22 


-+- 0,on5 


(-+- o,o38) 




25,57 


148. i3 
i45. 9 
140.25 


5no 


'4 


W. Struve. 


-t- 1.4 


-+- 0,n6 


o,o32 


+- 1.24 


-+- 0,098 


0,019 




27,02 
28,60 


4,3,5 


600 


9 


Id. 


-1- i.56 


+ 0,148 


0,028 


-+- 1.42 


-t- 0,l3o 


0,009 













J. Herschel. 


-+- 0.1/j 


-+- 0,020 





-t- 2 


-f- o,oo3 







28,71 


140. |3 


4,782 


600 


6 


W. Struve. 


-+- 0. i3 


-+- 0,0l8 


0,029 


-1- 0. -A 


-i- o,oo3 


0,008 




2 9.59 


i38. 5 


5,087 


56o 


Id. 


0.26 


0,0)8 


-t- 0,081 


o.36 


o,o52 


-t- 0,102 




29,90 


139.10 











J. Herschel. 


-+- - 9 


-f- 0,100 





-r- 0.5 9 


-t- 0,087 







30,24 





5,88i 





J> 


Id. 








( 0,101) 








(~ 0,187) 




3o,36 


i38. 9 





M 


)> 


Id. 


-t- o.5i 


-+- 0,078 





+ 0.41 


-t- 0,061 


) 




3o,5o 


.35.49 


5,474 








Bessel . 


- 1..6 


o,n6 


(-f- 0,082) 


1.26 


, I2 9 


-t- 0,09. 




2 >57 


.37.20 


5,53o 








Dawes. 


-t- 0.21 


-f- 0,o32 


H- ",042) 


-+- 0. 11 


-H 0,017 


(-+- 0,043) 




3o-84 


135.45 


5,3io 


600 


1 


W. Struve. 


5o 


0,076 

-t- 0,032 


-+- o,o}8 


- 0.59 


0,090 


-t- 0,069 




3i,52 


1 36 . 1 


6,00 








J. Herschel. 


+- 0.35 


C- 0,38) 


-+- 0.25 


-t- O,o39 


(- 0,37) 




3i,68 


.34.42 


5,4io 


600 


5 


W. Struve. 


42 


0,o66 


0,010 


- 0.49 


- 0,077 

0,057 


-+- 0,009 




3a, 55 


.33.46 


s,:' 








Dawes 


0.27 


- 0,o44 


- 0,16) 


0.35 


( <V7) 




32, 5 7 


1 35.31 


5,49 








J. Herschel. 


-t- l.iq 


-r- 0, 129 


C- 1,") 


H- I. 12 


-t- 0,116 


(- 1,10) 




32,6g 


.32.58 


5,794 








Bessel. 


- 1. 5 


o,.od 


( 0,020) 


t. ta 


0,117 


0,0.4 




32, 7 5 


.33.58 


5,553 


6j3 


3 


W. Struve. 


0. 


0,000 


o,o55 


- 0. 7 


0,011 


0,037 




33 J 2 
3j,47 


.32.49 


6,i 
5,852 







Dawes. 


0.17 


0,028 


(-r- 0,12) 


24 


0,039 


(-t- 0.12) 




.3.. 9 


690 


4 


W. Struve. 


0.42 

o.o4 


0,07. 


0,021 


0.4s 


0,082 


0,006 




34,61 
34,6n 


i3o.j 7 


6, 127 








Bessel. 


0,092 


(-+- 0,007) 


1.0 


0,1 o3 


-+- 0,009 




i3i.29 











J. Herschel. 


-t- 0.48 


+ 0,082 





-t- 0.42 


-t- 0,072 







35,6o 


i3o-46 
129.3; 


6,108 


64o 


5 


W. Struve. 


-t- o.i3 


-t- o,o23 


-+- 0,082 


-+- 0. 8 


-+- O,0l4 


-f- 0,094 




36 , 5a 


6,344 








liesse!. 


-t- 0. 1 


-+- 0,002 


: 0,029) 


- 0. 4 


0,007 


0,034 




36,52 


129. 6 


6,4i3 








Galle. 


0.26 


0,046 


( 0,o52 ; 


- o.3i 


o,o55 


(- 0,043) 




36,654 


129.15 





)) 


2 


J. Herschel. 


- 0. 8 


0,0.4 





-0.14 


0,025 


M 




36, 66 


129 3 a 


6,i3 7 


570 


8 


W. Struve. 


-H 0. 9 


-f- 0,016 


o.oi5 


+ 0. 4 


-f- 0,007 


0,00 




37U76 


128. 9 


6,716 


V 





Encke. 


0.23 


o4 J 





0.27 


0,049 







129.41 


)> 








J. Herschel. 


+ 1.10 


-t- 0,127 


a 


+ 1.5 


-f- 0, 118 


y 




37,61 


128.25 


6,456 





2 


Bessel. 


-H 0. 2 


-t- 0,004 


( o,o3g) 
0,1.3 


0. 3 


o,oo5 


o,o5o 




37,72 
38,48 
3 9,52 


128. 3 


6 , 1 52 





4 


W. Struve. 


o.i3 


0,024 


0.18 


o,o33 


0,109 




126 55 


6,702 


il 





Gallo. 


- 0.34 


0,062 


{+- o,o32) 


0.39 


0,072 


(-t- o,o3o) 




1 25 . 1 5 


6,785 








Id. 


I. 12 


o,i35 


(-+- 0,020) 


1 16 


0,142 


(-t- 0,016) 




3 9 ,6o 





6,425 








Madler. 








(-t- o,o85) 


w 





(-t- 0,091) 




3 9 ,88 


.25. 2r 


6,443 


4>2 


4 


Otto Struve. 


- 0.45 


o,o85 


0,008 


- 0.49 


0,092 


0,012 




4o,35 


127.58 


6,56. 


)) 





Kaiser. 


-t- 2.20 


-t- 0,264 





-+- 2.l5 


-1- o,255 







m 


127. 16 


6,587 


773 


7 


Otto Struve. 


-f- 2. O 


-+- 0,226 


-+- 0,077 


-+- i.56 


-+- 0,220 


-f- 0,070 




12.5.26 


6,38o 




M 


Madler. 


-t- 0.55 


+- o,io5 


( 0,086; 


-+- o.5i 


-+- 0,098 


( 0,090) 
-+- 0,066 




4' ,65 
42,70 


125.5', 


6,6io 


855 


3 


Otto Struve. 


-t- 1 .3o 


-t- 0,171 


-+- 0,077 


-t- 1.26 


-t- 0,164 




124.34 
121. 5 


6,610 


85S 


5 


Id. 


-i-i-9 


-t- o,i33 


0,0O2 


-t- 1. 5 


-t- 0,123 


0,017 




45.48 


6,616 


5go 


5 


Id. 


-h 0.l3 


-+- 0,025 


(.,070 


-t- 0. 9 
-h 0.55 


-+- 0,0l8 


0,095 




47,25 


120. .5 


6,6. 2 


56o 


4 


Id. 


-t- r. 


-t- 0,117 

-1- 0,023 


o,o85 


-t- 0,108 


0,1 16 




48,79 


118. 3 


6,785 


708 


2 


Id. 


-1- 0.12 


-t- o,n3 


-+- 0. 6 


-+- 0,012 


-f- 0,076 




49,j8 


117. 8 


6,640 


Sti 


3 


Id. 


-t- 0.12 


-f- 0,023 


0,008 


-t- 0. 6 


-+- 0,012 


0,049 





. (53) 

La faible rduction des carts obtenue par la correction des lments, 
montre que ds la premire approximation, nous avions peu prs atteint 
toute l'exactitude que comportent les donnes. 

Les discordances relatives aux deuximes et troisimes lments ne dif- 
frent pas de plus de o",oa5. Il en rsulte que l'toile p d'Ophiucbus n'offre 
pas actuellement le moyen de prononcer entre les mesures de MM. Struve 
et celles de Bessel; mais, avant une trentaine d'annes, peut-tre, les obser- 
vations de cette toile continues Poulkova, comprendront des distances 
assez diffrentes, pour tablir l'incompatibilit avec les lois du mouvement 
elliptique, des distances mesures, soit par les premiers, soit par le dernier 
de ces astronomes, si la question n'est pas dfinitivement tranche d'ici-l. 

-> Le peu de divergence des rsultats que nous venons de prsenter, nous 
permet de considrer les lments de p d'Ophiucbus comme tant des mieux 
connus que l'on possde. Les carts qui restent encore ont d'ailleurs une 
bien moindre influence ici que dans les autres systmes tudis par nous, 
cause des grandes dimensions de l'orbite apparente. On comprendra ais- 
ment pourquoi les erreurs absolues dans la thorie de p d'Ophiuchus, 
excdent celles que nous avons laisses dans d'Hercule, j de la Couronne 
et de la grande Ourse, si l'on se rappelle que MM. Struve ont consacr les 
soires les plus favorables aux observations des toiles trs-resserres, et 
qu'ils n'ont observ les toiles beaucoup plus cartes, comme p d'Ophiu- 
chus, que par des circonstances atmosphriques gnralement moins favo- 
rables. 

M. Mahistre, professeur au collge de Chartres, soumet au jugement de 
l'Acadmie un travail ayant pour titre : Mmoire sur le calcul des lments 
d'un escalier dans une cage rectangulaire. 

(Commissaires, MM. Poncelet, Piobert, Morin.) 

M. Gosselin crit qu'un Mmoire sur les oblitrations des voies sperma- 
tiques, adress par lui la prcdente sance {Voir au Bulletin biblio- 
graphique), tait destin au concours pour les prix de Mdecine et de Chi- 
rurgie, et accompagn, conformment une des conditions de ce concours, 
d'une Note manuscrite, indiquant ce qu'il y avait de neuf dans l'ouvrage 
prsent. 

(Renvoi la future Commission des Prix de Mdecine et de Chirurgie. ) 



( 54) 

CORRESPONDANCE. 

jhimie. Nouveau procd pour la dtermination de l'oxygne contenu 
dans F air atmosphrique ; par M. Lieeig. 

Dans l'tat actuel de l'eudiomtrie, l'ide d'ajouter une nouvelle m- 
thode d'analyse celles dont MM. Regnault et Bunsen ont enrichi la science 
parat, au premier abord, une tche strile et superflue. Mais ces mthodes 
conviennent surtout des personnes qui sont exerces aux manipulations 
dlicates de la physique; elles supposent une certaine adresse, et leur ex- 
cution prend en gnral trop de temps pour qu'on puisse les appliquer dans 
une foule de cas o il serait cependant intressant de connatre la composi- 
tion de l'air. 

C'est ainsi que l'application de ces mthodes sera une chose difficile pour 
un physiologiste qui, dans une srie d'analyses, faites tous les jours pen- 
dant quelque temps, aura dterminer les proportions d'acide carbonique 
et d'oxygne contenues dans l'air; pour un industriel qui voudra analyser 
les gaz qui se dgagent d'un loyer ; pour un mdecin qui voudra connatre 
la composition de l'air d'une salle d'hpital ou vrifier l'efficacit d'un moyen 
de ventilation. Il me semble qu'une mthode vraiment approprie aux usa- 
ges dont je viens de parler ne doit exiger ni un appareil compliqu , ni une 
adresse particulire ; elle doit joindre un certain degr de prcision la sim- 
plicit et la rapidit des moyens d'excution. 

Ces conditions sont ralises par une mthode consistant employer une 
solution alcaline d'acide pyrogallique qui absorbe l'oxygne avec une ner- 
gie bien connue. Si l'on introduit dans un tube rempli de mercure, d'abord 
de la potasse concentre, puis une solution d'acide pyrogallique, les deux 
liquides se mlangent sans donner lieu aucun changement ; mais l'instant 
o l'on introduit une bulle d'oxygne, la liqueur se colore en rouge-noir 
presque noir, et le gaz oxygne est absorb aussi rapidement que l'acide 
carbonique par la potasse. La quantit d'oxygne qui est absorbe dans ces 
circonstances par i partie d'acide pyrogallique est trs-considrable. D'a- 
prs les expriences de Dbereiner, j gramme de cet acide dissous dans 
l'ammoniaque en excs absorbe o gr ,38 ou a6o centimtres cubes d'oxygne. 
Cette quantit d'oxygne est plus considrable que celle qui est ncessaire 
pour dterminer l'oxydation de i gramme de sodium, et qui ne s'lve qu' 
236 centimtres cubes. Dans une exprience faite avec beaucoup de soin, 
j'ai moi-mme fait absorber par i gramme d'acide pyrogallique dissous dans 



( 55) 

la potasse en excs, i8o, cc ,8 d'oxygne. Or, i gramme d'hydrate dpo- 
tasse (KO, HO) absorbe, o degr, 192 centimtres cubes d'acide car- 
bonique pour se transformer en carbonate neutre. On voit donc que le 
pouvoir absorbant de l'acide pyrogallique pour l'oxygne ne le cde en rien 
celui de la potasse pour l'acide carbonique, quand cet alcali se transforme 
en carbonate de potasse. 

Les rsultats suivants, qui ont t obtenus avec l'air atmosphrique, 
donnent une ide du degr de prcision que l'on peut atteindre l'aide de 
cette mthode : 

Diminution de volume Volume de l'oxygne absorb, 

Volume de l'air aprs aprs l'introduction de rapport 100 parties 

l'introduction de la potasse. l'acide pyrogallique. d'air. 

1. 221,5 46 >5 2 >97 

2. 201 4 2 20 >89 

3. ig3 4>6 2i,o3 
4- 210 44 2 >95 

5. 204,5 4 2 )5 2 o>9i 

6. ig5 4?8 2 >9 | 

7. 200 4 1 ?S 20 >9 

8. 200 4 ! >6 20,8 

9. 200 4'5 2 >7 
io. 236 4g 20,8 
11. 258 54 20,9 

Parmi ces dterminations, la troisime a t faite par M. le professeur 
Buff, les trois dernires par M. Strecker, et la sixime par M. -F. M. Faber. 

(1) Avec l'air expir par diffrentes personnes et analys, soit par l'acide gallique, soit 
par l'acide pyrogallique, j'ai obtenu les rsultats suivants : 







Diminution de volume 


Diminution do volume 








aprs l'introduction 


aprs l'introduction des acides 


Volume 




Air. 


de la potasse. 


gallique on pyrogallique. 


de l'azote. 


I . 


220 


9 




36 




175 


2. 


221 ,5 


9 




36,2 




175,5 


3. 


200 


1 1 




3o 




l58 


4 


94 


io,5 




2 9 




i55 




D'aprs ces analyses, 


100 parties de l'air e? 


pire renferment : 










I. 


II. 




m. 


IV. 




Acide carbonique . 




4,o6 




5,5 


5,3o 






16, 36 


i6,34 
79> 23 




i5,o 


5 '99 
79>9 






79> 5 4 




79 



Ces analyses ont t faites uniquement pour vrifier la mtbode , et n'ont aucune valeur 
au point de vue physiologique. 



(56) 

Toutes, on le voit, se rapprochent beaucoup des meilleures analyses d'air, 
et je ne doute pas qu'on ne puisse atteindre, l'aide de la nouvelle mthode, 
la plus grande exactitude, pourvu que l'on se serve, pour la lecture des 
divisions, d'un cathtomtre, comme on doit le faire dans les analyses rigou- 
reuses. Il est vrai qu'en oprant avec cette prcision, il faut renoncer au 
principal avantage de la mthode, celui de pouvoir faire en une heure une 
demi-douzaine d'analyses suffisamment prcises dans la plupart des cas. 

Si cette mthode donne des rsultats d'une telle exactitude, malgr les 
causes d'erreur qui lui sont inhrentes, c'est qu'elle est trs-simple et que 
chaque analyse peut tre rapidement termine. Elle a l'avantage de faire 
disparatre les causes d'erreur qui rsultent du changement de temprature 
et de pression. L'influence que les causes d'erreur inhrentes cette m- 
thode exercent sur les rsultats, n'est pas plus grande, ce qu'il parat, 
que celle qu'exercent les causes d'erreur inhrentes aux mthodes les plus 
parfaites que nous possdions. 

Dans les analyses que nous avons cites plus haut, on a opr de la ma- 
nire suivante : L'air dont on devait absorber l'acide carbonique et l'oxy- 
gne a t mesur dans des tubes gradus, de la capacit de 3o centimtres 
cubes; chaque centimtre cube tait divis en 5 parties. Aprs avoir rempli 
les tubes aux deux tiers avec de l'air, on y a introduit, l'aide d'une pipette 
recourbe, une quantit s'levant -fa ou -g^, d'une solution de potasse 
de i,4 de densit (i partie d'hydrate de potasse et i parties d'eau). En 
imprimant rapidement quelques mouvements de bas en haut, dans la cuve 
mercure, au tube gradu, on tendait la solution alcaline sur les parois du 
tube, et, l'absorption termine, on lisait le volume diminu. 

Quand l'air analys est dessch pralablement l'aide du chlorure de 
calcium, le volume du gaz disparu donne exactement la proportion d'acide 
carbonique. Mais dans le cas o l'on opre sur l'air humide, cette dtermi- 
nation est entache d'une erreur due l'absorption des vapeurs aqueuses 
par la solution concentre de potasse. 

Quand on a ainsi dtermin l'acide carbonique, on introduit dans le 
mme tube, l'aide d'une seconde pipette, une solution de i partie d'a- 
cide pyrogallique dans 5 6 parties d'eau, et l'on en ajoute assez pour 
que le volume de la solution acide soit gal la moiti du volume de la 
solution de potasse. On tend, par quelques secousses, les liquides mlan- 
gs sur les parois du tube, et l'on mesure, quand l'absorption est complte, 
le volume du rsidu d'azote. 

Lorsqu'on mlange la solution d'acide pyrogallique avec la potasse, 



( 5 7 ) 
celle-ci devient plus tendue, et la tension des vapeurs aqueuses cpi'elle met 
augmente par cela mme. La cause d'erreur qui rsulte de cette augmen- 
tation de tension est insignifiante. D'ailleurs elle peut tre carte par un 
moyen bien simple, qui consiste introduire dans le tube un morceau 
d'hydrate de potasse assez grand pour donner la quantit d'eau introduite 
avec l'acide pyrogallique une concentration prcisment gale celle de la 
solution de potasse. 

Au lieu d'acide pyrogallique, on peut employer avec le mme succs 
l'acide gallique ordinaire. L'emploi de cet acide prsente cependant cet in- 
convnient, que l'absorption dure beaucoup plus longtemps qu'avec l'acide 
pyrogallique; elle exige au moins une heure et demie deux, heures, au 
lieu de deux minutes. L'acide gallique, peu soluble dans l'eau froide, doit 
tre employ l'tat de gallate neutre de potasse que l'on prend l'tat de 
solution sature froid. Quand cette liqueur est parfaitement neutre ou 
qu'elle renferme un lger excs d'acide, elle se conserve l'air sans altra- 
tion; elle n'acquiert la proprit d'absorber l'oxygne que lorsqu'on la m- 
lange avec un excs d'alcali. Ds que l'acide gallique s'est mlang avec la 
potasse dans le tube, la liqueur se colore en rouge fonc au contact du gaz 
renfermant de l'oxygne. Des couches minces du liquide prennent mme 
une coloration d'un rouge de sang, qui, au bout de quelque temps, passe au 
brun. On peut facilement suivre la marche de l'absorption, en observant la 
coloration du liquide qui mouille les parois du tube aprs l'agitation. L'op- 
ration est termine quand la coloration ne se produit plus. 

Quant au pouvoir absorbant de l'acide gallique pour l'oxygne, on 
sait, d'aprs les expriences de M. Chevreul, que i gramme d'acide gallique 
dissous dans la potasse concentre, absorbe 290 centimtres cubes ou prs 
de o gI ',4'7 de gaz oxygne; cet acide ne le cde donc en rien, sous ce rap- 
port, l'acide pyrogallique. Les expriences suivantes ont t faites avec 
l'acide gallique : 





Volume de l'air mesure 




Diminution de volume 


Volume de l'oxygne 




avant l'introduction 




aprs l'introduction 


rapport 100 parties 




de lu potasse. 




de l'acide gallique. 


d'air 


I . 


269,5 




55,5 


20.6 


2. 


z32 




48 


20,69 


3, 


217 




45,5 


20,89 


4- 


229 




47 


20,5 


5. 


9" 


. 


4o,8 


20, 85 


6. 


94,2 




4o ,4 


20,80 


7- 


192,5 




40 


20,87 


H. 


244 




5., 7 


21,1 




C. R., t85l, 1" Semestre. <T. 


xx\ a 


, N< % , 


8 



( 58 ) 

Les diffrences que l'on remarque entre ces dterminations sont bien 
pins considrables que celles que prsentent les analyses faites l'aide de 
l'acide pyrogallique. Elles doivent tre attribues, moins au procd lui- 
mme, qu'aux erreurs rsultant du changement de temprature et de pres- 
sion. Dans les deux premires analyses, ainsi que dans la quatrime et la 
huitime, la diminution de volume n'a t mesure que le lendemain, et 
les chiffres expriment le rsultat brut sans aucune correction relative la 
pression ou la temprature. 

A la place de l'acide gallique, on peut aussi employer de l'acide tanni- 
que ; cependant le mlange de tannin et de potasse absorbe l'oxygne beau- 
coup plus lentement que l'acide gallique. L'acide pyrogallique, qu'il est fa- 
cile de se procurer, est certainement le meilleur absorbant. Avec 3o grammes 
d'acide pyrogallique on peut faire i 5o analyses. Ainsi le prix de cet acide 
n'est pas un obstacle son emploi. 

M. Stenhouse a dcrit dans les Annalen der Chemie und Pharmacie, 
l'une XLV, page i, une excellente mthode pour la prparation de l'acide 
pyrogallique. En sublimant l'extrait aqueux dessch des noix de galle, 
dans un appareil exactement dispos comme celui qui sert la prparation 
de l'acide benzoque, il a obtenu au del de i o parties d'acide pyrogallique 
pour 100 parties d'extrait. Quand les personnes qui s'occupent de photo- 
graphie se seront convaincues que l'acide pyrogallique doit tre prfr 
dans beaucoup de cas l'acide gallique, il est probable que cette nouvelle 
application contribuera perfectionner et rendre plus productive la 
mthode de prparation qui vient d'tre dcrite. 

Un des principaux inconvnients de la nouvelle mthode eudiom- 
Irique consiste dans la difficult de lire exactement le volume du gaz dans 
des tubes remplis de mercure, mais renfermant au sommet de la colonne de 
ce mtal des liquides aqueux dont l'adhsion dtermine la formation de m- 
nisques concaves. On peut diminuer la cause d'erreur qui rsulte de cette 
difficult de lecture en employant pour l'analyse des volumes d'air sensible- 
ment gaux. 

Si cette mthode, applique avec le soin convenable, peut dans la 
plupart des cas donner des rsultats comparables, elle n'est nullement des- 
tine remplacer les mthodes de MM. Dumas et Boussingault, Regnault 
et heiset, ou celle de M. Bunsen. 

Je ferai d'ailleurs remarquer, en terminant, que cette mthode eudio- 
mtrique n'est qu'une application des belles observations de MM. Chevreul 
et Dccbereiner sur les acides gallique et pyrogallique, et que le mrite de la 
dcouverte elle-mme doit tre attribu ces savants distingus. 



(5 9 ) 
Note de M. Ciievreul servant de complment la partie historique de la 

Note de M. Liebig. 

Le 23 aot 1824, M. Ciievreul lut un Mmoire l'Acadmie des 
Sciences, dont l'objet tait de montrer V influence des alcalis pour dterminer 
l'altration d'un grand nombre de matiies d'origine organique par l'absorp- 
tion de l'oxygne gazeux Ce travail fait partie des Mmoires du Musum 
(lome XII, page 367). 

On y lit, page 372.... La combinaison alcaline .d'bmatine attire 
l'oxygne avec tant de force, que o gr , 1 d'extrait de campche dissous dans 
2 centimtres cubes d'eau de potasse, rduit 25 centimtres cubes d'air 
atmosphrique, en douze minutes, de l'azote pur, quoiqu'on opre dans 
une cloche de o m ,or de diamtre. On peut donc employer cette combi- 
liaison au lieu d' h) dro sulfate de potasse pour analyser l'air. 

;> M. Chevreul ajoute que, dans le Dictionnaire de Chimie de Y Encyclo- 
pdie mthodique (dernier volume, publi en 181 5), il a consign le fait 
de l'altration de l'acide gallique par l'oxygne gazeux, sous l'influence 
alcaline. 

gologie. Note sur les godes pleines d'eau de Saint-Julien de 
Valgalgne; par M. d'Hombues Firm\s, Correspondant de l'Acadmie. 
(Extrait.) 

... On trouve Saint-Julien et aux environs, vers le nord et le nord- 
nord-est, dans les formations infrieure et moyenne oolitiques, du fer oligiste 
en assez grande quantit, et plus abondamment du fer hydrat, qu'on ex- 
ploite depuis quelques annes pour les hauts fourneaux d'Alais.... On 
remarque, dans les tranches faites en exploitant les minerais, des inter- 
valles remplis par une terre fine, rougetre, ocreuse, que des courants ont 
charrie et qui datent peut-tre de la formation des amas de pyrites; c'est 
dans cette argile, comme au milieu des masses ferrugineuses, qu'on observe 
les godes sous la forme de sphrodes ou de rognons de 10 1 5 centimtres 
de diamtre pour la plupart, mais il y en a de beaucoup plus grosses : j'en ai 
mesur une de 88 centimtres de tour. Elles ne sont pas tapisses intrieure- 
ment de brillants cristaux, comme celles d'Alzon que j'ai dcrites, mais 
quelques-unes contiennent de l'eau. On l'entend clapoter en les secouant, 
et l'on peut la recueillir en les cassant sur une jatte. Les godes qui se 
dtachent, roulent et demeurent assez longtemps exposes l'air et au 
soleil, perdent l'eau qu'elles contenaient, qui transsude travers leur enve- 
loppe, ou filtre par d'imperceptibles fissures. Celles, au contraire, qu'on 

8.. 



( 60 ) 
prend dans leur gisement, que l'on casse ou que l'on perce avec prcaution, 
sont aux trois quarts pleines d'eau. Trouble d'abord par suite de l'agitation 
qu'on lui a cause, elle dpose bientt un peu de terre calcaire, mle d'ar- 
gile, d'ocre et de quelques grains de sable siliceux ; elle devient limpide et 
parat pure, mais le got et les ractifs y dclent du sulfate de fer. ... 

chimie. Recherches sur le phnol {hydrate de phnyle i; 
par M. Auguste Cahours. 

En distillant au rouge sombre, avec un excs de baryte ou de chaux 
caustiques, de l'acide anisique cristallis, ce corps se dcompose en acide 
carbonique qui se fixe sur la base, et en un produit ternaire volatil, Yanisol, 
qui ne diffre du phnol que par C 2 H 2 . J'observai plus tard que le salie \- 
late de mthylne, qui prsente avec l'acide anisique l'isomrie la plus par- 
faite, mais qui possde des proprits trs-diffrentes, donnait, sous les 
mmes influences, de l'anisol entirement identique celui qui prend nais- 
sance par la dcomposition de l'acide anisique. 

La production de l'anisol au moyen du salicylate de mthylne, com- 
pos qu'on peut considrer comme de l'acide salicylique ayant chang 
un quivalent d'hydrogne contre un quivalent du corps C 2 H', me con- 
duisit admettre, il y a plusieurs annes, que l'anisol pourrait bien tre 
du phnol mthyl, c'est--dire du phnol ayant chang H contre C 2 H 3 , 
sa molcule devant ds lors tre reprsente par 

C ,2 H 5 2 = C ,4 H 8 2 . 
C 2 H* 

L'fher salicylique fournit de mme, sous l'influence de la chaleur et des 
bases, un compos ternaire homologue de l'anisol, que j'ai dsign sous 
le nom de phe'ntol, et qu'on peut reprsenter par 

C ,2 H s O 2 = (: ,6 H 10 O 2 . 
C* H 5 

Or, on peut se poser la question suivante : L'anisol et le phntol, qui dif- 
frent du phnol par C 2 H 2 et 2 G 2 H 2 , sont-ils bien les homologues de ce 
corps, ou bien ne sont-ils que des cas d'isomrie des vritables homologues 
de ce dernier? 

Quand on fait agir l'acide formique sur les diffrents alcools connus, 
on obtient une srie de composs dsigns sous les noms cYethers jormio- 
iiithjliaue , formthylique, formio-amylique , dont on peut reprsenter la 
composition par les formules suivantes : 



(6, ) 

C 2 H a 4 . Acide formique = 4 vol. de vapeur, 

(,- II0 4 = C 4 H 4 4 . ther formiomthylique. = t\ 



2113 



C a H 

C 2 H0 4 = C 6 H 8 0*. ther formique : 4. 

C 4 H 

C 2 H0 4 = C ,2 H <2 4 . ther formio-amylique. = 4 ' 

C ,0 H n 

(les composs ne diffrent, comme on voit, de l'acide formique que par 
a H*, aC 2 n% 5C a H 2 , et prsentent une isomrie parfaite avec les acides 
actique, propionique, caproque. Or, ceux-ci sont seulement les vritables 
homologues de l'acide formique, car ils remplissent les mmes fonctions 
chimiques que ce dernier, ce qui n'a pas lieu pour les composs pr- 
cdents. 

Je pensai qu'il devait en tre de mme en ce qui concerne l'anisol et 
lephntol, qui ne prsentent, au point de vue de leurs proprits, aucune 
analogie avec le phnol, et que ces corps devaient tre ce dernier, ce que 
le formiate de mthylne et 1* ther formique sont l'acide formique. 

Dans le but de rsoudre cette question, j'ai suivi la mthode rcem- 
ment employe par M. Williamson, j'ai fait agir de l'iodure de mthyle et 
de l'iodure d'thyle sur du phnol potass dans des tubes ferms la lampe 
et chauffs une temprature de 100 120 degrs; la raction s'accomplit 
assez promptement, et l'on obtient des composs qui prsentent, ainsi que 
je m'en suis assur par l'analyse et par l'examen des proprits, l'identit 
la plus parfaite avec l'anisol et le phntol. J'ai obtenu les mmes rsultats 
en distillant du phnol potass avec du sulfomthylate et du sulfovinate de 
potasse. 

En remplaant les iodures de mthyle et d'thyle par l'iodure d'amyle, 
j'ai obtenu une combinaison nouvelle analogue aux prcdentes. 

Ce compos, que je- dsignerai sous le nom de phnamjlol, se prsente 
sous la forme d'une huile limpide, incolore, plus lgre que l'eau, doue 
d'une odeur aromatique agrable, et bouillant entre 224 et 225 degrs. 
L'analyse de ce produit conduit la formule 

C 22 H ,a 2 = C ,2 H 5 2 . 
c mo H m 

I .acide nitrique fumant l'attaque avec une extrme violence et le transforme 
en une huile pesante, qui, traite par une dissolution alcoolique de sulfhy- 
drate d'ammoniaque, donne une base cristallisable et susceptible de former 
des sels cristallisables. Je dsignerai cette dernire, qui est homologue de 
l'anisidine nitrique, sous le nom de phnamj lidine nitrique. 



( 6, ) 

L'acide snlfurique concentr le dissout en prenant une couleur rouge; 
l'eau ajoute la liqueur n'en prcipite rien : celle-ci, traite par du carbo- 
nate de baryte, fournit par l'vaporation un sel cristallis. 

La formation de l'anisol, du phntol et du phnamylol, au moyen de 
l'action rciproque des iodures de mthyle, d'thyle, d'amyle et du phnol 
dotasse,' ne peut laisser aucun doute sur la vritable constitution de ces 
corps. Ces composs sont videmment l'gard du phnol ce que sont les 
diffrents thers composs l'gard des acides qui leur correspondent, 
quelle que soit d'ailleurs l'hypothse que l'on adopte relativement leur 
constitution. 

Les recherches qui prcdent confirment donc l'hypothse que j'avais 
mise, il y a quelques annes, relativement la constitution de l'anisol et du 
phntol, composs que je considrais comme des thers phniques. 

En terminant cette. Note, je dirai quelques mots d'une combinaison 
que j'ai obtenue en faisant agir le chlorure de benzole sur le salicylol (hy- 
drure de salicyle). 

Ce compos cristallise en prismes quadrilatres brillants, qui fondent, 
une temprature peu leve, en un liquide incolore, et se subliment, lors- 
qu'on chauffe davantage, en aiguilles dlies. Il possde la composition et 
les proprits du parasalicyle. 

Sa formation peut s'exprimer au moyen de l'quation 

C'HI 5 CIO 2 + C ,4 II 9 0* == C1TI -f- C J8 H ,0 O 6 . 

chimie. Recherches sur les wniiles cyaniques ; par MM. S. Cloez 

et CxNNizzAno. 

En mettant en prsence le chlorure gazeux de cyanogne et le gaz am- 
moniac, M. Rineau a obtenu un compos solide qu'il a dsign sous le nom 
de chlorocyanate d'ammoniaque, et dont il a reprsent la composition 

par la formule 

CyCl, a(AzH). 

En essayant de former avec les nouvelles bases de M. Wurtz et le chlo- 
rure de cvanogne, les combinaisons correspondantes celles de l'ammo- 
niaque, nous avons obtenu des rsultats tels, que nous avons d reprendre 
l'tude des composs dj dcrits par M. Bineau; or, nous avons bien vite 
acquis la certitude que le chlorocyanate d'ammoniaque ne doit pas tre con- 
sidr comme une espce chimique, mais bien comme un mlange de chlor- 
hydrate d'ammoniaque et d'une espce d'amide que nous avons pu isoler, 
et dont la composition peut tre reprsente, d'aprs nos analyses, par une 



(G3) 
des formules quivalentes 

Cy,AzHV Aft'(^, CMl'AzV 

Rien de plus facile, d'ailleurs, que de se rendre compte de la formation 
de ce corps, que nous dsignons sous le nom de cyanamide , en effet : 
Cy Cl + i Az H 3 = Az II 3 , l Cl + Cy, Az II 2 . 

a Le procd le plus commode pour obtenir la cyanamide consiste faire 
passer un courant de chlorure gazeux de cyanogne parfaitement dessch 
travers une dissolution de gaz ammoniac dans l'ther anhydre; il se dpose 
du chlorhydrate d'ammoniaque que l'on spare par le filtre, et, en distillant 
l'ther au bain-marie, on obtient pour rsidu, au fond del cornue, de la 
cyanamide parfaitement pure. 

La cyanamide est une substance blanche, cristallisable, fusible /jo de- 
grs, mais pouvant rester liquide bien au-dessous de cette temprature. 
Nous avons conserv une certaine quantit de cette substance l'tat liquide 
pendant vingt-quatre heures dans un lieu dont la temprature ne dpassait 
pas i a degrs ; mais il a suffi de toucher la matire avec l'extrmit effile 
d'unepipette pour quelle se solidifit instantanment. 

Vers 1 5o degrs, la cyanamide prsente un phnomne trs-remarquable ; 
elle se solidifie toutcoxqjen dveloppant une grande quantit de chaleur. 
La composition de la matire ainsi produite est la mme que celle de la cva- 
naniide, mais ses proprits sont diffrentes; elle a tous les caractres de la 
me/amine, que l'on devrait, d'aprs ce nouveau mode de gnration, consi- 
drer comme l'amide de l'acide cyanurique, et dsigner sous le nom de cja- 
nuramide ou cyanuramine, en admettant qu'elle rsulte du triplement de 
la molcule de la cyanamide. 

L'air sec n'altre pas la cyanamide, l'eau la dissout facilement; mais si 
l'on vapore la solution, on obtient un rsidu presque insoluble dans l'eau 
et que nous supposons tre de la cyanuramine. 

L'alcool et l'ther anhydre dissolvent la cyanamide sans l'altrer, les 
alcalis la dcomposent; elle donne avec quelques acides, entre autres l'acide 
azotique (i), des composs cristalliss que nous nous proposons d'examiner. 

Les bases volatiles de M. Wurtz et un grand nombre d'alcalis organi- 
ques, se comportent avec le chlorure de cyanogne de la mme manire que 
l'ammoniaque; on obtient, en gnral, un chlorhydrate de la base et une 
amide cyanique correspondante. Nous avons obtenu dj plusieurs de ces 
composs, mais nous n'avons tudi, d'une manire peu prs complte, 

(i) L'acide azotique, ajout en petite quantit une dissolution thre de cyanamide, 
produit de l'azotate d'ure. 



(64 ) 

(jue ceux qui rsultent de l'action du chlorure de cyanogne sur la mtbiy- 
liaque, l'thyliaqne et l'amyliaqne, c'est--dire la cyanomthylamide , la 
cyanthylamide et la cyanamylamide ; tous ces corps continuent la srie 
dont la cyanamide est le premier ternie, comme on peut le voir par le tableau 

suivant : 

Cyanamide. .... Cy,AzH 2 (^'\ Az = C 2 H 2 \z 2 ; 

Cyanomthylamide. Cy,C 2 H 4 Az = C 2 () Az = C \V Az 2 ; 

Cyanthylamide. . . Cy,C 4 H 6 Az = C 4 (*H Az = CTI 6 Az 2 ; 

Cyanamylamide.. . Cy,C ,0 H ,2 Az = C l0 (Jf") Az == C ,2 H' 2 Az 2 . 

Dans certains cas, le chlorure de cyanogne, en agissant sur une hase, 
peut donner lieu un alcali nouveau, ainsi que M. Hoffmann l'a observ 
pour l'aniline. La constitution des. bases ainsi obtenues, peut tre repr- 
sente par la cyanamide de la base sur laquelle on opre, copule avec cette 
hase elle-mme. D'aprs cette manire de voir, la mlaniline de M. Hoff- 
mann pourrait tre reprsente par la formule suivante : 

C ,2 H 7 Az, C ,2 (J? 6 ) Az = C"H"Az 

Aniline. Cyannnilidc- Mlaniline. 

Le bromure et l'iodure de cyanogne agissent sur l'ammoniaque et les 
alcalis volatils, en produisant des mlanges de bromhydrate ou d'iodhvdrate 
de l'alcali sur lequel on les fait ragir, et de l'amide cyanique correspon- 
dante; on doit donc retrancher du nombre des espces chimiques dfinies, 
les corps dcrits par M. Rineau sous les noms de bromocyanate et d'odif- 
cyanate d'ammoniaque. 

Quant au chlorure de cyanogne solide, il doit produire avec l'ammo- 
niaque lin mlange de sel ammoniac et de cyanuramine, autrement dite 
mlamine. Nous nous occupons de vrifier cette hypothse par l'exprience, 
et nous esprons tre en mesure de soumettre trs-prochainement les rsul- 
tats de notre travail au jugement de l'Acadmie. 

M. Picou prsente une Note sur la pesanteur; cette Note n'est pas de 
nature tre renvoye l'examen d'une Commission. 

L'Acadmie accepte le dpt de quatre paquets cachets, prsents, 

Deux par M. Benoit ; 

Un par MM. de la Provostave et Desai\s: 

Un par M. Tiffereau. 

La sance est leve 5 heures. A. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 20 JANVIER 1851. 

PRSIDENCE DE M. RAYER. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMRRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

physique DU GLOBE terrestre. Appareil pour sonder de grandes 
profondeurs ; par M. Faye. 

Il a t question, dans une des sances du mois dernier, de la difficult 
et des peines que les marins prouvent explorer la mer de trs-grandes 
profondeurs. Quand il s'agit d'envoyer un plomb de sonde une lieue, 
par exemple, la dpense de forces devient norme; car, pour retirer le 
plomb et la longue corde qui le tient, pour vaincre l'inertie de la masse 
considrable de l'eau qui adhre la corde par capillarit, il faut dployer 
pendant plusieurs heures, comme on l'a dit, les forces runies d'un quipage 
nombreux. Je lis, par exemple, dans la Relation du voyage de la Vnus, 
commande par M. Du Petit-Thouars, que, dans une sonde de 3 ooo mtres, 
cent cinq hommes taient occups rentrer la ligne, et que soixante-quinze 
hommes faisaient force en mme temps pour la haler (i). Si la corde casse, 
la perte peut aller plusieurs milliers de francs. 

(i) Voyez tome V, page 1^3, Partie physique, rdige par le savant ingnieur hydrographe 
qui accompagna M. Du Petit-Thouars, M. de Tessan. Voyez encore, page 324. ligne tasse, 
2760 mtres de corde perdue (c'est--dire une valeur de 4o francs, ce que je sup- 
pose). On trouvera, page 226, un curieux passage sur la possibilit d'avoir la profondeur 
avec des bombes qui clateraient en heurtant le fond. 

C. R , l85l , I er Semestre. (T. XXXII, N5.) 9 



( M) 

L'importance bien connue de ces oprations, pour les progrs de la 
physique du globe, m'engage soumettre, l'Acadmie et nos marins, un 
procd extrmement simple par lequel je pense en avoir fait disparatre 
les difficults principales. 

Les questions rsoudre sont les suivantes : i mesurer la profondeur 
dans le sens vertical ; i dterminer la temprature de l'eau au fond de la 
mer et diverses profondeurs; 3 dterminer la vitesse et la direction des 
courants, en supposant ces lments connus pour la surface ; 4 enfin puiser 
de l'eau diverses profondeurs, afin d'en tudier la composition. 

La sonde que je me hasarde proposer permet de rsoudre ces ques- 
tions. Elle n'a pas besoin de corde; il est inutile que l'quipage puise ses 
forces pour la faire remonter, car elle remonte d'elle-mme, soit aprs avoir 
touch le fond, soit aprs tre descendue une profondeur quelconque, 
dtermine d'avance. Enfin elle rapporte avec elle les indications nces- 
saires pour faire connatre l'espace parcouru verticalement, l'espace par- 
couru horizontalement, et la direction de ce dernier mouvement. Et si cette 
sonde se perd par accident, la perte ne saurait, en aucun cas, dpasser 
4oo ou 5oo francs. 

La grande difficult de toute innovation en pareille matire tient 
l'norme pression laquelle l'appareil de sondage est soumis par de grandes 
profondeurs. Cette difficult disparat dans la disposition suivante. La sonde 
consiste en un cylindre de tle ou de cuivre ferm aux deux bouts et perc 
seulement d'un petit trou la partie infrieure. Ce cylindre est rempli d'un 
liquide spcifiquement plus lger que l'eau. La communication permanente 
tablie entre l'intrieur et l'extrieur, a pour but d'galiser les pressions et 
de permettre l'appareil de descendre une profondeur quelconque, sans 
tre cras ni dform par des pressions extrieures de 4oo ou de 800 atmo- 
sphres, par exemple. 

Ce trou laissant l'eau de mer pntrer dans l'intrieur quand le froid 
des basses rgions contracte le liquide, la sonde devient en mme temps un 
thermomtre si l'on a dispos ce trou de manire ce que l'eau de la mer ne 
puisse plus sortir, c'est--dire de telle sorte que son orifice soit un peu au- 
dessus du fond du vase. Lorsque la sonde revient dans les rgions chaudes 
de la surface, le liquide se dilate, il en sort une certaine quantit, mais 
l'eau de mer introduite reste, et son volume dtermine le minimum de la 
temprature. 

Pour faire descendre cette sonde, on y attache deux boulets suspendus 
par un anneau de petites cordes doubles, dont les extrmits sont retenues, 



en haut et en bas, par deux petites chevilles mobiles. Lorsque la sonde 
touche le fond, une de ces chevilles est repousse par une tige verticale 
dont l'extrmit infrieure dpasse un peu les boulets, et cette cheville se 
dgage des extrmits des petites cordes de suspension; celles-ci laissent 
retomber les deux boulets, et la sonde remonte aussitt en vertu de sa lg- 
ret spcifique. Si l'on veut sonder une profondeur dtermine, un mou- 
linet de Woltmann, muni d'un compteur rgl d'avance (une simple roue 
dente avec une dtente) fera partir la cheville suprieure et dgagera les 
cordes de leur second point d'attache. Les boulets tomberont encore, et la 
sonde remontera sans avoir touch le fond. On sait, d'ailleurs, comment 
l'espace parcouru verticalement peut tre apprci l'aide de ce moulinet et 
d'un compteur (i). 

Quant au mouvement horizontal et sa direction, il est vident qu'en 
laissant, au point o la sonde aura t lance, un indice flottant quelconque, 
il suffira de mesurer sa distance au point d'mersion , et de relever la 
direction de cette ligne. (On devra, dans certains cas, envoyer une embar- 
cation pour repcher la sonde. ) S'il y a des courants superposs, on lancera 
au mme point plusieurs sondes destines atteindre des profondeurs diff- 
rentes. Chacune d'elles fournira des relations particulires entre les incon- 
nues du problme. 

Le seau destin puiser de l'eau est maintenu renvers dans la position 
verticale, par une des cordes des boulets. Ses soupapes, plus lourdes que 
l'eau, restent ouvertes. Le seau bascule, par son propre poids, au moment 
o les boulets s'chappent; ses soupapes se ferment aussitt, et son contenu 
est ramen intact la surface. 

On peut objecter que le volume de la sonde ne permet point de la 
considrer comme un vrai thermomtre. Il est facde de lui adjoindre un 
tube vertical beaucoup plus petit, tout fait semblable, c'est--dire ferm 
aux deux bouts, sauf un trs-petit trou l'extrmit infrieure. Ce tube 
tant rempli de mercure la temprature de la surface, le volume d'eau de 
mer qui ira se loger la partie suprieure donnera le minimum de temp- 
rature, sauf de trs-lgres corrections faciles dterminer d'avance. Lors- 
que le thermomtre revient son point de dpart, une certaine quantit de 
mercure est expulse et recueillie, si l'on veut, dans un petit seau. Ce ther- 
momtre suppose que les tempratures sont constamment dcroissantes 

(i) Ce moulinet doit tre libre de se mouvoir un peu dans le sens de l'axe, afin de pou- 
voir engrener avec deux compteurs diffrents, un pour la descente, l'autre pour l'ascension. 



(68) 

vers le fond. S'il pouvait en tre autrement, on serait averti par des son- 
dages effectus des profondeurs moindres. 

Voici maintenant un aperu des dimensions proposes et du prix. 
Cylindre de tle d'acier, \ millimtre d'paisseur, a centimtres de rayon, 
i mtre de hauteur : poids, 6 kilogrammes ; prix, 100 francs. Compteurs et 
moulinets, appareils de dclic, tige mobile, montures ou chssis : poids, 
4 kilogrammes; prix, 160 francs. Appendices divers (i), dorure pour prot- 
ger le mtal, etc. , 4o francs? Le prix ne parait pas devoir dpasser 3oo francs 
et le poids i r kilogrammes. Or, le poids de l'eau dplace est de 129 kilo- 
grammes ; celui de l'appareil et du liquide contenu, en adoptant ici l'huile 
de pomme de terre, dont il faudrait aussi compter le prix, serait d'environ 
1 1 4 kilogrammes; l'excs du poids du volume d'eau dplace est donc de 
i5 kilogrammes. Les boulets seraient chacun de i5 kilogrammes au moins, 
et leur perte serait minime, en taxant la fonte j-5 francs les 100 kilo- 
grammes. 

Je dois l'indication de la plupart de ces prix et de ces poids l'obli- 
geance de l'habile et savant constructeur M . Porro. 

Des expriences pralables paraissant ncessaires pour fixer les formes 
et les dimensions les plus convenables, et pour dterminer les rsistances. 
aucun calcul ne pourrait avoir actuellement d'utilit relle. Il semble 
d'ailleurs facile de varier ces donnes de manire atteindre ou dpasser 
la vitesse du sondage ordinaire (53 centimtres par seconde, en remontant ; 
moyenne vitesse pour 3 000 mtres de profondeur [Ouvrage cit, page 173). 

Il est superflu d'insister, devant l'Acadmie, sur l'intrt qui se rattache 
ces grandes mesures. Je me bornerai dire qu'elles peuvent tre excutes 
presque sans frais, presque sans peine, l'aide de ce nouvel appareil de 
sondage, chaque fois que l'tat de la mer et de l'atmosphre condamnent 
les marins une immobilit force ou une faible vitesse. Elles se trouve- 
raient ainsi aisment multiplies en dehors de toute mission spcialement 
destine aux sciences. 

calcul intgral. Mmoire sur les jonctions irrationnelles; 
par M. Augustin Cauciiy. 

Soient.r, ^ les coordonnes rectangulaires d'un point mobile Z, et posons 

z = x + jr, 

(1) Par exemple un petit pavillon en fer-blanc plac sur la mire, afin de la faire reconnatre 
<le loin. 



(6 9 ) 
i tant une racine carre de i . Le point Z sera compltement dtermin 
quand on connatra la coordonne imaginaire z. Soient encore 

u, v, w,... 

N variables assujetties vrifier N quations simultanes 

u=o, r=o, w=o,..., 

U, V, TV,... tant des fonctions toujours continues de z, u, v, w,.... Alors 

u, e, w,... 

seront des fonctions irrationnelles de z, dont chacune, u par exemple, offrira 
gnralement, pour une valeur donne de z, plusieurs valeurs distinctes u t , 
n 2 , u 3 ,.... 

Soit iig l'une quelconque de ces valeurs; u g sera une fonction de z, 
qui variera, par degrs insensibles, avec la variable z, en demeurant com- 
pltement dtermine, tant que z n'atteindra pas une valeur pour laquelle u g 
deviendra ou infini, ou quivalent un autre terme u h de la suite 

Uf, W 2 , 3 , 

Soient d'ailleurs c, c' , c",... les valeurs relles ou imaginaires de z qui rempli- 
ront l'une de ces dernires conditions, et C, C, C",... les points correspon- 
dants ces mmes valeurs de z. Si le point mobile Z vient dcrire une 
courbe continue et ferme, tellement choisie que les points C,C, C",... soient 
tous extrieurs cette courbe, u,, u 2 , u 3 ,... resteront, pendant le mouvement 
du point Z, fonctions continues de z, et chacune de ces fonctions reprendra 
sa valeur primitive au moment o le point mobile Z reprendra sa position 
initiale. Si, au contraire, quelques-uns des points C, C, C",... sont intrieurs 
la courbe ferme dont il s'agit, un terme u g de la suite 

M,, W 2 > M 3v 

ne reprendra pas toujours la mme valeur, quand le point Z reprendra sa 
position initiale. Cela pos, il semble au premier abord qu'il ne soit pas 
possible de sparer les unes des autres les diverses valeurs de u considr 
comme fonction de z, tant que la valeur de z reste indtermine. Nanmoins, 
pour viter la confusion, et rendre faciles saisir les calculs qui se rap- 
portent aux fonctions irrationnelles, il importait d'effectuer cette sparation. 
J'y parviens de la manire suivante : 

Aprs avoir dtermin les divers points C, C, C", . . . correspondants aux 
valeurs c, c', c", ... (le la variable z, je trace les prolongements indfinis CD, 



(7) 
CD', C'Y)",... des rayons vecteurs mens d'un centre fixe O aux points C, 
C, C",... ; puis, j'assujettis chacune des fonctions 

,, u 2 , u 3 ,... 

varier avec z par degrs insensibles, ou, en d'autres termes, rester fonc- 
tion continue des, tandis que le point Z se meut lui-mme par degrs insen- 
sibles dans le plan des x, y, sans que jamais il lui soit permis d'atteindre les 
prolongements CD, CD', CD",..., dont il pourra toutefois s'approcher in- 
dfiniment. Comme, dans un tel mouvement, les droites CD, CD', CD",... 
peuvent tre compares des obstacles devant lesquels le point mobile 
s'arrterait, sans pouvoir jamais les franchir, j'appellerai ces droites lignes 
d'arrt, et leurs origines C, C, C",..., points d'arrt. Le point O lui-mme 
sera ce que je nommerai centre radical. 

Les diverses valeurs de u tant ainsi distingues les unes des antres, 
les principes tablis dans divers Mmoires que j'ai publis en 1 846, sp- 
cialement dans les Mmoires des 12, 19 et 26 octobre, s'appliquent avec la 
plus grande facilit la recherche des relations qui existent entre les diverses 
valeurs de l'intgrale rectiligne fudz tendue tous les points d'une ligne 
droite, et de l'intgrale curviligne fuY) s zds tendue tous les points d'une 
courbe PQR, dont l'arc, parcouru dans un certain sens, est dsign par s; 
et d'abord, en vertu de la formule (1 5) du Mmoire du 26 octobre, si PQR 
est une courbe qui ne coupe aucune ligne d'arrt, l'intgrale 

S = / bD, zds 

tendue tous les points de la courbe PQR, sera simplement la diffrence 
entre les deux valeurs qu'acquiert l'intgrale rectiligne fudz, quand on 
l 'tend : i tous les points du rayon vecteur OR; 2 tous les points du 
rayon vecteur OP. Donc l'intgrale curviligne ne diffrera pas de l in- 
tgrale fudz tendue tous les points de la corde PR, si cette corde elle- 
mme ne coupe aucune des lignes d'arrt. 

Supposons, maintenant, que la courbe PQR, dont l'origine est au 
point P, et l'extrmit au point R, coupe successivement les rayons vecteurs 

OCD', OCD",..., OC^'D"" 1 

indfiniment prolongs; et soient 

Q', Q",..., Q 

les points d'intersection. La courbe PQR se trouvera divise en plusieurs 



( V ) 
parties, et l'intgrale S en parties correspondantes, dont chacune se dter- 
minera immdiatement l'aide du thorme que je viens de rappeler. Seu- 
lement, si, au moment o le point mobile Z part de la position initiale P, la 
fonction u se confond avec le terme u g de la suite 



.,, u 



ii- 



et si le point Q' est situ non sur le rayon vecteur OC, mais sur son prolon- 
gement, c'est--dire sur une ligne d'arrt, la mme fonction u, suppose 
continue, se confondra gnralement avec un nouveau terme u h de la suite 
u, , u 2 , h 3 ,... , aprs que le point mobile Z aura franchi la position Q', le 
nombre h se rduisant toujours au nombre g dans le cas o Q' serait un 
point du rayon vecteur OC. Cela pos, on pourra gnralement noncer la 
proposition suivante. 

I er Thorme. Supposons que le point mobile Z, en partant de la po- 
sition P, dcrive une courbe continue quelconque PQR, dont l'arc mesur 
dans le sens du mouvement soit reprsent par s; et nommons 



Q', Q",..., Q 

les points d'intersection successifs de cette courbe avec les lignes d'arrt 
qu'elle rencontre, ou avec les rayons vecteurs dont ces lignes sont les pro- 
longements. Supposons encoreque, la fonction irrationnelle u venant avarier 
avec z d'une manire continue, on nomme 

Ug , u h , . . . , u n 

ceux des termes de la suite u t , u 2 , u, , . . '. avec lesquels elle concide quand 
le point mobile Z parcourt successivement les portions de courbe 

PQ', Q'Q",..., QR; 

l'intgrale curviligne 

8 = fuD s zcis, 

tendue tous les points de la courbe PQR, sera la somme des valeurs de 
l'intgrale rectiligne fudz correspondantes aux cordes des portions de 
courbe dont il s'agit, c'est--dire aux droites 

PQ', Q'Q",..., Q (m, R. 

Il est important d'observer que la valeur de s , dtermine par le tho- 
rme prcdent, ne variera pas si l'on fait mouvoir l'extrmit commune 



( 7* ) 
O des deux cordes PQ', Q'Q", en rapprochant indfiniment cette extrmit 
du point d'arrt C, sans lui faire franchir ce dernier point. En effet, suppo- 
sons le point Q' remplac par un autre point q' situ sur la droite Q'C, entre 
Q' et C. La valeur de l'intgrale fudz, correspondante la droite PQ', sera 
la somme des valeurs de la mme intgrale correspondantes aux droites 
P'q', q'Q". Pareillement, la valeur correspondante la droite Q'Q" sera la 
somme des valeurs correspondantes aux deux droites Q'q', q'Q"; et comme 
les deux droites q' Q', Q'q' concident, mais sont censes parcourues en sens 
inverses par un point mobile, les deux intgrales correspondantes ces 
droites seront gales, au signe prs, mais affectes de signes contraires; et, 
p_ar suite, la somme des valeurs de fudz, correspondantes aux droites PQ', 
Q'Q", ne diffrera pas de la somme des valeurs correspondantes aux deux 
droites Pq', q'Q". On prouvera de mme que l'on peut, sans altrer la valeur 
de S, rapprocher indfiniment le point Q" du point C",..., le point Q (m) du 
point C'"". Il y a plus. Si les produits 

{z-c')u, (z c")u,..., (z-c<") 

conservent des valeurs finies, le premier pour z = c', le second pour 
z =r c ",..., le dernier pour z = c (m) , les valeurs de fudz correspondantes aux 
droites 

PC, C'C',..., C""R 

seront toutes finies, et, par suite, on pourra sans inconvnient faire atteindre 
aux points Q', Q",.--?Q <m) , devenus mobiles, les positions C, C",..., C ( f> dont 
ils s'approchent indfiniment. On peut donc noncer encore la proposition 
suivante. 

2 e Thorme. Les mmes choses tant poses que dans le thorme I er , 
si les produits 

(z-c')u, (z-c")u,..., (z-c (m, ) 

s'vanouissent, le premier pour z = c, le second pour z = c",..., le dernier 
pourz= c (m) , l'intgrale curviligne S sera la somme des valeurs de l'in- 
tgrale fudz correspondantes aux droites 

PC, C'C",..., C m) R. 

En vertu de ce thorme, l'intgrale curviligne relative une courbe 
continue OPR se dcompose en intgrales rectilignes, dont une seule dpend 
de l'origine P de la courbe, une seule de l'extrmit R de la mme courbe, 



( 73) 

les autres intgrales rectilignes tant indpendantes des positions des deux 
points extrmes. 

Si le point R concide avec le point P, la courbe continue PQR sera 
une courbe ferme. Si, de plus, on a 



u g. 



la somme des valeurs de fudz correspondantes aux deux droites C f ' n, P, PC, 
sera prcisment la valeur correspondante la droite C (m) C; et l'on obtien- 
dra la proposition suivante. 

3 e Thorme. Les mmes choses tant poses que dans le 2 e thorme, 
si la courbe PQR est ferme, en sorte que ses extrmits P, R concident, et 
si de plus la fonction u reprend la mme valeur quand le point mobile Z 
reprend sa position initiale P, l'intgrale curviligne S, devenue indpendante 
de la position du point P, sera la somme des valeurs de l'intgrale rectiligne 
fudz correspondantes aux droites 

C'C", C"C'",..., c (m, c. 

Il est bon d'observer que dans chaque intgrale rectiligne on peut in- 
troduire la place de la variable z une variable relle dont les limites soient 
zro et l'unit. Ainsi, par exemple, l'intgrale rectiligne fudz, tendue 
tous les points de la droite C'C", ou, en d'autres termes, l'intgrale dfinie 



r 

de' 



udz 



se rduira simplement au produit 

(c"-c') f'udO, 

dO 

si l'on pose 

z = c' + (c"-c')Q. 

Par suite, si l'on nomme z , z, les valeurs de z correspondantes aux extr- 
mits P, R de la courbe PQR, et z', z",..., z (m) les valeurs de z correspon- 
dantes aux points intermdiaires Q', Q",..., Q (m) , l'intgrale curviligne 
S = fuT> s zds, tendue tous les points de la courbe, pourra tre, en vertu 
du I er thorme, dtermine non -seulement par l'quation 

Ugdz -+- I u h dz -+- . . . + / udz, 

z dz Jzi--) 

C. R., i85i, i r Semestre. (T. XXXII, JN 3.) IO 



(74) 

mais encore par la formule 



= Tede, 



la valeur de tant 

= (z' - Z )u g + (z" - Z')u h + ... + (z, - Z (m) ) U, 

et la variable z devant tre remplace, dans le facteur u g par la somme 

z + Q(z' z ), dans le facteur u h par la somme z'-+- 0(z" z'),..., dans le 
facteur u parla somme z (m) 4- 9(z, z (m) ). Si d'ailleurs les produits 

(z-c')u, (z-c")u,..., (z-c< m) )w 

s'vanouissent, le premier pour z = c', le second pour z = c",..., le der- 
nier pour z = c (m) , on pourra, dans la valeur de 0, rduire z' e', z" c", . . . , 

Si, les produits (z c')u, (z c*-),,., cessant de satisfaire la con- 
dition nonce, u renfermait des termes de la forme 

Jl J J(m) 



z d' z_ c "''"' z (')' 

alors, en dsignant par v la somme de ces termes, et supposant que la con- 
dition nonce ft remplie dans le cas o la diffrence u u serait sub- 
stitue la fonction u, on pourrait aisment calculer la valeur de s relative 
la fonction u, en la dduisant de la valeur relative la fonction u u, et, 
pour dduire la premire de la seconde, il suffirait, d'aprs ce que j'ai dit 
ailleurs, d'ajouter celle-ci plusieurs termes de la forme 

.*nl% 2n/"i,..., 

chaque double signe se rduisant au signe + ou au signe , suivant que le 
mouvement de rotation du rayon vecteur OZ serait direct ou rtrograde, 
au moment o le point mobile Z passerait par la position P', ou P",.-- 

Enfin, si pour des valeurs de z voisines de c', la fonction u se dcom- 
pose en trois parties, dont l'une soit de la forme 



a 



en sorte qu'on ait 



(75) 
les fonctions <p, % tant telles que les deux produits 

{z-c')<f, {z-c')x 

deviennent, le premier nul, le second infini, pour z = c', et le second nul 
pour une valeur infinie de z; alors, aprs avoir dbarrass la fonction u du 

terme ,> on pourra, dans la dtermination de S, effectue l'aide du 

premier thorme, commencer par substituer aux droites PQ', Q' Q", les 
droites Pq', q'Q", q' tant un point situ sur la droite Q'C, une distance 
infiniment petite du point C : puis, afin de rduire des quantits finies 
les valeurs des intgrales correspondantes aux droites Pq', q'Q", on ajoutera 
la premire intgrale, et l'on retranchera de la seconde la valeur de f%dz 
correspondante q'r', r' tant un nouveau point que l'on supposera situ 
sur le prolongement de C'q', et qui pourra concider avec le centre radical, 
ou s'loigner une distance infinie de C. 

En oprant de la mme manire dans tous les cas analogues, on rduira 
la dtermination de S l'valuation d'intgrales rectilignes, qui offriront 
toutes des valeurs finies, et parmi lesquelles deux seulement dpendront des 
positions des points extrmes de la courbe donne PQR. 

Les thormes noncs dans cet article supposent videmment que le 
rayon vecteur mobile OZ ne peut jamais dcrire un angle suprieur deux 
droits, tandis que son extrmit Z parcourt, en partie ou en totalit, l'un 
quelconque des arcs PQ', Q'Q",... Q (m) R. Il pourrait arriver que cette con- 
dition cesst d'tre remplie pour l'un de ces mmes arcs. Mais il serait facile 
de le partager en deux autres dont chacun satisferait la condition dont il 
s'agit. 

Dans un autre article, j'appliquerai les thormes ci-dessus noncs 
des cas spciaux ; je dirai en mme temps quels sont les points de contact 
et les diffrences qui existent entre mes recherches, soit anciennes soit nou- 
velles, et un Mmoire trs-remarquable dont M. Puiseux m'a parl. Ce M- 
moire, qu'il se propose de prsenter aujourd'hui mme l'Acadmie, s'ap- 
puie, d'une part, sur les proprits des fonctions irrationnelles traites par 
lui dans un prcdent Mmoire dj publi en partie (voir le Journal 
de Mathmatiques de M. Liouville, tome XV, page 365, anne i85o); d'autre 
part, sur la notion des intgrales rectilignes et curvilignes des quations 
diffrentielles, prsente pour la premire fois aux gomtres, dans mes 
Mmoires de 1 846. 

io.. 



(?6) 

zoologie. Note jw/csTangaras, leurs affinits, et descriptions d'espces 
nouvelles ; par M.. Ch. Bonaparte. 

Pendant le trop court sjour que vient de faire M. Bourcier dans la 
Rpublique de l'Equateur, il n'a rien nglig pour recueillir des objets et 

des observations de toutes sortes, qu'il fera bientt connatre lui-mme 

En attendant, je viens soumettre l'Acadmie quelques-unes de ses plus 
prcieuses dcouvertes ornithologiques, dont il a bien voulu me confier la 
publication. 

C'est l'intrpide cbasseur et habile ornithologiste lui-mme, que je 
crois devoir ddier la plus belle espce qu'il a rapporte des bois de Bagnos, 
prs du Tonguragua, volcan toujours couvert de neige : Calliste Bour- 
cieri, Bp. Splendide viridis, abdomine crulante, plumis omnibus basi 
latissime nigerrimis : vertice uropjgioque fulvis : gula nigra, macula magna 
hinc inde fulvo-castanea. 

Une seconde nouvelle espce portera le nom de Calliste phoeni- 
cotis, Bp. Splendide viridissima, plumis basi obscure plumbeis ; macula 
utrinque auriculari parva rubro-castanea : remigibus rectricibusque nigris . 
rostro exili, compresso. 

Ces deux espces, par leur bec mince et comprim, par leur couleur 
verte brillante, etc., peuvent constituer un petit genre part, que nous 
nommerons ChlorOCHRYSA. 

Une troisime espce, voisine de G. xanthocephala , mais parfaitement 
distincte, prendra place dans le systme comme Calliste icteroce- 
phala, Bp. Nigro aureoque varia : pileo, uropygio, corporeque subtus au- 
reo-flavis : jugulo glauco-pruinoso : remigibus rectricibusque nigris, viridi- 
limbatis. 

Une quatrime espce ressemble au Tanagra punctata de Linn, de 
Cayenne; mais elle est plus forte, n'a pas les taches noires du dessous du 
corps si grandes et si rapproches : son croupion est jaune au lieu d'tre 
vert, et cette couleur jaune teint aussi fortement la tte. Nous la nommerons 
Calliste guttulata, Bp. (probablement le punctata du Prou, des Au- 
teurs). Viridis, plumis nigro-centratis , capite Jlavicante , uropygio imma- 
r.ulato: jronte antice orbitisque luteis : gula pectoteque albo-crulantibus , 
plumarum maculis centralibus nigerrimis : abdomine crissoque flavo- 
virentibus. 

Une cinquime espce nouvelle de Tanagrien, se rapprochant beau- 



( 77 ) 
coup de velia, et appartenant, par consquent, au genre Tanagrclla, Sw., 
ou Hypothlypis, Caban., portera le nom caractristique de T. Rufigula, Bp. 
Nigra, plumis dorsi alarumque viridi-limbatis ; uropygio glauco : gula rufa; 
pectore lateribusque albo-glaucis nigro-maculatis : abdomine albido ; crisso 
rufescente. 

Ce sera la quatrime du genre, car aux deux anciennement connues, 
qui se disputent le nom spcifique velia, de par Linn et Brisson, qui 
ont l'une et l'autre le dessous de la queue roux, et pour synonymes les 
noms de T. tenuirostris , Sw., T. iridina, Hartl., T. cy anomelas, W ied. , et 
T. mullicolor, Sw., M. Cabanis en a dj ajout une troisime. C'est son 
Hypothlypis callophrys, pour nous TanaGrella callophrys, aux sourcils 
d'or et au dessous de la queue noir; elle est dcrite dans le Voyage de 
Schomburgk, vol. III, page 668, comme venant de la Guyane et du Brsil 
septentrional. Nous en avons rdig la phrase suivante, d'aprs un individu 
que les Indiens du Napo ( Rpublique de l'Equateur) ont donn comme 
trs-rare M. Bourcier : T. nigra; subtus et in humeris cyanea : uropygio 
glauco-argenteo : crisso nigro : pileo nigerrimo ; fronte superciliisque aureo- 
versicoloribus. 

Parmi les autres espces importantes rapportes par notre diplomate 
naturaliste, je citerai : i. l'lgante Calliste nigro-viridis, Lafr., dont le bec 
trs-court pourrait lui mriter un petit genre part, mais dont le plumage 
se rapproche de quelques autres espces noires et bleues : Cyaneo nigroque 
varia; dorso, capistro, pecloreque nigerrimis : abdomine albido. 

2. La vraie Calliste, qui est la fois Procnopis atrocrulea de Tschudi 
et Tanagra ruficervix de Florent Prvost. Crulea, plumis basi plum- 
beis; abdomine crissoque pallide rufescentibus ; capistro, loris, et fascia 
transversa verticis nigris : fronte postice, cerviceque atro-cyaneis : nucha 
rufo-castanea : macula utrinque auriculari, tectricibus alarum minoribus, 
plumisque axillaribus albis. 

Cet Oiseau est un exemple clatant de la dplorable ngligence avec 
laquelle notre aimable science a t traite (je dirai presque la Gmelin ) 
dans ces derniers temps ; ngligence qui oblige trop souvent le zoologiste 
plir des nuits entires sur les erreurs des hommes, au lieu d'lever ses 
penses l'tude des uvres de la nature. Ayant trouv un tout autre Oi- 
seau, nos ornithologistes modernes le rapportrent au Tanagra ruficervix, 
si bien reprsent dans le Voyage de la Vnus, mais dont ils changrent le 
nom, par une heureuse inadvertance, en rufivertex. Je dis heureuse inad- 
vertance, car c'est uniquement cause d'elle que le nom spcifique de 



( 78) 
ruficervix peut tre conserv cette espce, rendant inutile celui de Ta- 
tiagra dubusia, sous lequel je l'ai dcrit dans mon Conspectus ; c'est, au 
reste, un vritable Tanagrien, quoiqu'il ait t rang par quelques auteurs 
parmi les Fringillides , et qu'il mrite de constituer un genre part , que 
Lesson avait dj nomm Iridosornis, lorsque Hartlaub lui imposa le nom 
de Pcilornis. 

La famille des Tanagrides offre tant d'affinits, tant de rapports et des 
points de contact si nombreux avec celle des Fringillides , que je suis loin 
d'tre satisfait de la place qu'elle occupe loin d'elle dans mon arrangement 
systmatique. Le fait est que, dans ce cas comme en tant d'autres, le seul 
moyen de reprsenter convenablement les affinits naturelles est d'tablir 
pour ces Oiseaux une srie (i) parallle celle des Fringillides. Cette srie 



(i) Puisque j'ai prononc le mot srie, je devrai dire, eu gard une discussion entame 
dans le sein de l'Acadmie, que j'entends par ce mot une suite de genres appartenant tous 
la mme famille, au mme ordre ou la mme classe, rangs suivant leurs rapports natu- 
rels, et de manire reprsenter, chacun dans leur groupe , les genres analogues d'un ou de 
plusieurs autres groupes paralllement distribus, et se dgradant du type primitif au fur et 
mesure qu'on descend plus bas dans l'chelle. Le mot embranchement , auquel, pour tre 
consquent, on devrait substituer celui de province, n'est que la dnomination de la coupe 
qui suit immdiatement celle de rgne dans la hirarchie zoologique, et qui contient plu- 
sieurs classes, ordres et familles : et quoique chaque embranchement puisse tre dispos en 
srie, l'on voit que les deux mots ne sauraient tre synonymes. 

Tandis que les genres d'une mme srie sont lis les uns aux autres par ce que l'on est 
convenu d'appeler affinit, ils ne montrent chacun , avec les genres correspondants des autres 
sries, qu'une analogie plus ou mois lointaine. Les derniers genres de chaque srie tant les 
plus dgrads, les moins organiss, il s'ensuit que c'est la lin de chaque srie que doit se 
montrer une affinit quelconque, ne ft-elle que ngative. 

Les deux grands rgnes de l'empire organique, l'animal et le vgtal, eux-mmes composs 
de sries complexes , peuvent se rsoudre en deux immenses sries dont l'origine se confond 
presque dans ces tres pour lesquels Bory de Saint-Vincent avait voulu instituer un rgne 
part. Dans plusieurs de mes ouvrages, en traitant des sries et de leur direction (de leur paral- 
llisme et divergence), j'ai cherch dmontrer comment elles tendaient converger pour se 
runir la base ; et comment les diffrentes sries, compares par moi aux tuyaux d'un orgue, 
s'levaient plus ou moins, suivant que la nature avait pris plaisir les perfectionner davan- 
tage. La srie des Primates est certainement la plus leve, grce l'homme, ce miracle de 
la cration, dont l'espce unique pourrait reprsenter, comme je le soutenais il y a plus de 
vingt ans, un rgne part, tandis que l'embranchement des Vertbrs auquel elle appartient 
se dgrade, dans les Poissons, un tel point, que sa dernire espce, le Branchiostome , 
n'est nullement suprieure un Ver, et beaucoup moins haut dans l'chelle des animaux 
que les Cphalopodes, les Crustacs ou les Coloptres. La srie des Batraciens, quoique inf- 



(79) 
commencerait par les Sjlvicoliens bec de Fauvette (bien plus grle encore 
que celui des Chardonnerets parmi les Fringillides), pour terminer par mes 
Pyrrhuphoni parmi les Euphoniens. Mais la collocation de cette srie 
elle-mme est encore pour moi un problme rsoudre; je dis pour moi, 
qui condamne comme entirement artificielle la section des Passereaux 
dentirostres , la considrant aussi peu naturelle que tant d'Ordres et d'au- 
tres groupes abolis par moi dans diverses Classes, et surtout parmi les 
Poissons. Car, pour ceux qui l'admettent avec Cuvier, les Tanagrides 
sont, parmi les Dentirostres, ce que les Fringdlides sont parmi les Coni- 
rostres. Mais qui ne sait que tous les Pitjliens, quoique la plupart Denti- 
rostres , sont de vritables Fringillides, comme, au reste, on trouve, des 
Oiseaux bec entier ou chancr parmi les Sturnides, les Garrulides, etc. 

Quoi qu'il en soit, je profite de cette occasion pour indiquer quelques 
nouveaux genres de Tanagrides , et pour donner quelques rectifications 
relatives aux espces et la synonymie qui serviront, j'espre, mettre en 
ordre cette importante famille, qui est peut-tre la plus imparfaitement trai- 
te dans mon Conspectus Avium. 

Le genre Procnias, 111. (Tersina , Vieill.), jusqu'ici compos d'une 
seule espce , en comptera maintenant deux : 

i . Ampelis tersa, L., p. a32 de mon Conspectus. Major; rostro latis- 
simo; plumis jugularibus rotundatis. 

i. Procnias heini, Caban. (Aglaia labradorides , Mercatorum, err. ) 
Cat. Mus. Hein Halberst. ex Columbia. Plaide mirior (specim. haud adult. ) : 

rieure celle des vrais Reptiles , montre , dans la Grenouille , un type plus parfait que les 
Serpents. Les Didelphes, parmi les Mammifres, tout comme les Monodelphes , ont leurs 
rongeurs, leurs insectivores et leurs carnassiers, et quelques-uns de ces derniers, avec un sys- 
tme dentaire encore plus carnivore que les btes froces elles-mmes ( Thylacynus). Et les 
Oiseaux eux-mmes, beaucoup mieux subdiviss physiologiquement que par leurs caractres 
extrieurs, montrent dans leur double srie, par le mode de dveloppement de l'embryon et 
du jeune, des faits analogues ceux qu'on observe chez les Mammifres, les Reptiles et les Pois- 
sons. Il est vident, en effet, que les Cultrirostres , comme les Hrons, qui ne sont que de 
faux Echassiers , les Longipennes et les Totipalmes si diffrents des Brachyptres et des 
Lamellirostres , doivent tre inclus parmi les Oiseaux de la premire srie, chacune de ces 
coupes n'ayant avec l'ordre auquel on les runit ordinairement, que des rapports du genre de 
ceux qui ont fait confondre les Pigeons avec les Gallinacs. 

Il va sans dire que nos sries, en Histoire naturelle, n'ont aucun rapport avec les sries de 
chiffres des mathmaticiens ou celles d'ides des mtaphysiciens; et n'ont galement rien de 
commun avec les diffrentes poques de cration inventes ou commentes par des gologues 
peu bibliques. 



( 8o ) 

aureo-viridis , capite gulaque jusco-versicoloribus : rostro parum dilatato : 
plumis jugularibus acutis. 

Le genre Procnopis, Caban. , sera galement compos de deux espces : 

i. Tanagra melanota, Vieill., p. s3a de mon Conspectus. Crulea; 
subtus rufescens : fronte, vittaque utrinque oculari latissima nigerrimis : 
dorso inedio, alis, caudaque nigricantibus . 

2. Calliste vassori de mon Conspectus, p. 235, dont Aglaia diva, 
Less., ne diffre pas. Minor : intense cjanea : capistro, loris, alis, caudaque 
ni gris. * Frem. Fusco-crulans , subtus dilutior . 

Calliste gyrola et les espces voisines constituent le genre Gjrola de 
Reichenbach. 

Calliste tatao et ses semblables pourront former le genre Tatao , auquel 
Reichenbach restreint le nom Aglaia, qui ne peut tre conserv. 

Callospiza, Bp., est un petit genre que nous fondons pour trois espces 
bleues gnralement confondues. 

i. Callospiza barbadensis, Bp. [Passer americanus? Seba. Tanagra 
barbadensis crulea, Br. Tangara bleu de Cayenne , Buff. Tanagra 
mexicana, race plus grande, Less., Tr. Orn., p. 461 , sp. i4- Calliste 
albiventer, Gr.) Pi. enl. 1 55. 1 . Mus. Paris, ex Brasil. Major : dilute cjanea, 
""capistro , occipite, dorso , alis , caudaque nigris : abdomine , tectricibusque 
alarum inferioribus albis. 

2. Callospiza mexicana, Bp. {Tanagra mexicana , L. T.Jlaviven- 
tris , Vieill. Calliste mexicana , Gr. Tangara diable enrhum , Buff.) 
PI. enl. 290. 2. Edw. Glean. t. 35o. Desmar. Tang. t. 5. ex Mexico. 
Mus. Paris, ex Antill. mer. Media : intense cyanea : capistro, occipite, cer- 
vice, dorso, alis, caudaque nigerrimis : humeris glauco-cruleis : abdomine 
jlavo. 

3. Callospiza boliviana, Bp. ( Tanagra flaviventris , Orbigny nec Vieill.) 
Mus. Paris, ex Guarajos. Minor: nigric ans , fronte tantum, genis, gula,pec- 
tore, lateribus, uropjgio, humerisque cjaneis : ventre flavissimo. 

C'est au groupe restreint ayant pour types Tanagra cajana, L. et Cal- 
liste chrysonota, Sclater, que nous conservons le nom de Calliste. 

Calliste pulchra , Faun. Per. t. 18, 2, est synonyme de C. arthus, Less. 
111. Zool.,t. 9. 

Calliste wilsoni, Lafresn., n'est autre que C. thalassina, Strickland . 

Calliste fanny , Lafresn., ne diffre pas de C. larvata, Dubus, Esq. 
Orn. t. g. 

Les Tanagra igniventris , lunulala, constantii et erythrotis, qui ne 



(8i ) 

forment probablement qu'une seule espce, nous offrent le type du nouveau 
genre Anisognathus de Reichenbach. 

Tachyphonus, Vieill. Aucun genre peut-tre n'a t plus embrouill 
que celui-ci. Commenons par en fixer le type qui devra tre le Tanagra 
cristata, L., rang tort dans le genre Lanio, et sous lequel on a confondu 
deux espces. Aprs lavoir purg des nombreux Oiseaux qui ne lui appar- 
tiennent pas, il faudra lui runir les Pyrrota de mon Conspectus. Le gnie 
Pjrrota de Vieillot, que cet auteur supprima lui-mme, avait t fond 
pour le Tangaroux, soit que, sous ce nom, il et en vue la femelle de 
Tanagra nigerrima, ou le Volucre, d'une tout autre famille, que l'on a con- 
fondu avec elle. 

Le Tachyphonus tniatus, Boiss. ( Arremon tniatus , Gr. ) de Bo- 
gota, est une espce de mon genre Dubusia, trs-voisine, sinon identique, de 
ma Duhusia selysia; et le T. lachrymosus, Dubus ( palpehr osus, Lafr. ) , 
appartient au mme genre. 

Les prtendus Tachyphonus ruficeps, Strickland, flavipectus , cani- 
gularis et albitempora, Lafr. (ce dernier ne diffrant pas de X Arremon 
ophthalmicus , Dubus), doivent se placer sous mon genre PlPlLOPSis. 

Le Tachyphonus penicillatus, Spix., Av. Br., t. 49* i? constitue mon 
genre Comahophagus avec le Pyranga albicollis, Orb., Voy. Am. m., 
Ois., t. 26, 9., qui en diffre peine, et a t tort plac parmi les Pyrangas. 

Tachyphonus chlo rider us , Vieill., appartient au genre Orthogonys. 

De sorte qu'il ne doit rester, dans le genre Tachyphonus, que les 
espces suivantes : 

1. T. CRISTATUS, Sw. [Tanagra cristata, L., qu'il ne faut pas con- 
fondre avec Fringilla cristata qui est une Lophospiza. T. cayanensis 
nigra cristata, Br. Lanio cristatus, Vieill. L. cristatus et L. vieilloti, 
Lafr. Tachyphonus marlialis, Schiff., ex Temm. ), PI. enl. 7, 1. 
Briss., Orn., t. 4, 3. Jard. et Selby, 111. Orn., t. 3o. Desmar. Tang., 
t. 48, sub nomine Houpette jeune ge, ex Brasil. Nigerrimus ; gula, 
uropygioqueflavo-cinnamoineis : pileo ruhro : tectricibus a/arum injerioribiii 
albis : maxilla dente instructa. 

1. T. SURINAMENSIS, Lafr. (Turdus surinamensis , L. Merula suri- 
namensis, Br. Tanagra cristata, Temm. T ochropygos, Licht. 
T. desmaresti, Aliq. nec Vieill. T. brunnea? Spix, jun. Tachy- 
phonus cristatus, Schiff. Tach. ochropygos , Caban.), Pi. enl., 3oi, 2. 
Briss., Orn., t. 3, 1. Desmar. Tang., t. 47> su k nomine Houpette 
adulte. Av. Bras., t. 49, 2, jun. ex Brasil. Nigerrimus; pileo, uropy- 

G. II., i85i, i Semestre. (T. XXXII, IN 3.) Il 



( 82 ) 

gioque latissime, jlavo-cinnamomeis : teclricibus alaium minoribus et btfe- 
rioribus, lalerumque macula, albis. 

3. Tachyphonus rufiventer, Spix, Av. Bras., 11, t. 5o, i, et Sclater, 
Contr. Orn., i85o, III cunijg., ex Bras., Peru. Ajjinis prced., sed rostro 
denticulis insign. more Phytotom. Niger : vertice latissime, uropygio, gula 
et. cnrpore subtus, porte collarem nigrum, Jlavo-aurantiis; pectore, abdomi- 
neque medio subferrugineis : teclricibus alarum minoribus dorso proximio- 
ribus , inferioribus , et remigibus interne ad basim, albis. 

4- Tanagra conYPHiEUS, Licht. (Tac hyphonits vigorsi, Sw. Jgelaius 
coronatus, Vieil].) Jard etSelb., Orn. 111., t. 36, >., ex Brasil. Nigerrimus : 
pileo rubro : huineris albis. 

5. Oriolus leucopterus et Tanagra nigerrima, Gm. (ruja, Bodd, frein. 
Oriolus melaleucos , Sparrm. Pjrrota leucoptera , Vieill. ex Azara, 76. 

Tachyphonus cirrhomelas , Vieill . Tachyphonus nigerrimus, Gr.) PI. 
enl. , 7 1 1 , 1, mas , et 7 1 j ? fm. Mus. Caris. , t. 3 1 . Desm. Tang. , t. 45, 
mas; t. 46,faem.; t. 49, var.; snb nomine Houpelte noire. ~ Gai. Ois., t. 82, 
ex Bras., Parag. Major: nigerrimus ; humeris albis. Fm. ru fa. 

Plusieurs races sont encore confondues sous ce nom. Je propose le 
nom de Tach. beauperthuyi pour celle rapporte au Musum par ce voya- 
geur, et qui se distingue de la commune, dont elle a la taille, par le 
blanc de l'paule, beaucoup plus circonscrit, rduit une simple tache, et 
par le bec plus effil. 

6. Tachyphonus luctuosus, Orb., ex Bolivia. Miniums : nigerrimus; 
humeris latissime albis. 

Deux races presque identiques, et tout aussi petites, se retrouvent, 
l'une en Bolivie, l'autre la Trinit et dans d'autres Antdles : le blanc, dans 
ces petits Oiseaux, est plus tendu que dans les grands. 

7. T. buevipes, Lafr., Revuezoolog., 1846, p- 206, ex Columbia. Cum 
T. luctuosa, fm. affinis. 

8. T. delatrii, Lafr., Revue zool., 1847, p. 7a, ex Mexico. Niger : 
vit ta aurantia pi Ici mdia. 

9. Tanagra loiucata, Licht. (Tachyphonus loricatus, Vieill.), Cat. 
Dupl. Berl. Mus., 34o mas, 34 1 fm. ex Brasil., Columb. Tota anthra- 
cina, plumis holosericeo- ma/ginatis. Long. 8 poil. 

10. T. phoeniceus, Sw. (saucius, Strickl.) Two Cent, and a Quarter, 
p. 3i 1 , ex Brasil. Nigerrimus; humeris albis, macula rubra. 

1 1 . T. QUAdricolor, Vieill. (suchii, Sw. Tanagra auricapilla, Spix. 

Muscicapa galeata, Licht. M. melanops? Vieill. ex Azara, 101) Jv. 



( 83 ) 
Bros., t. 5i, ex Bras, mer., Parag. Virescens, subtus jlavo-cinnamomens : 
fronte, genis, alis, caudaque nigris : pileo flavo. 

12. achyphonus ruber, Vieill., ex Azara, 85, qui n'est pas du tout un 
Pyranga! (Tanagra jlammiceps, Temm. porphyiio, Licht. Saltator 
rubicus, Vieill.) PL col, 177, ex Bras., Parag. Testaceo-ruber : vertice 
cristnto Jlammeo. 

i3. Saltator! rubicoides, Lafr., Rev. zoolog., 1 844, p- 4<> *P- 4? ex 
Mexico. Similis prcedenti, sedminor; rostro longiore, magis compressn : 
tarsis brevioribus : rubro colore vegetiore. 

MMOIRES LUS 

physique. Note relative aux effets lectro-chimiques produits sous 
l'influence de la lumire; par M. Edmond Becquerel. (Extrait par 
l'auteur.) 

(Renvoi k l'examen de la Section de Physique.) 

J'ai dj eu l'occasion de prsenter l'Acadmie plusieurs Mmoires 
dans lesquels sont consignes les observations relatives aux effets lectriques 
dus aux ractions chimiques qui s'oprent sous l'influence de la lumire. 
Pour observer ces effets, il est ncessaire de placer les substances impression- 
nables la surface de lames mtalliques convenablement disposes et en 
relation avec un multiplicateur suffisamment sensible. 

D'un autre ct, ayant t conduit la prparation d'une couche chi- 
miquement impressionnable possdant la proprit remarquable de rece- 
voir les impressions colores de toutes les parties du rayonnement lumineux, 
comme cela rsulte d'un travail qui a reu l'approbation de l'Acadmie, je 
me suis servi de ce compos pour tudier de nouveau les effets lectriques 
dus au rayonnement , dans l'espoir de parvenir apprcier l'intensit des 
rayons actifs. Tel est le but du travail que je soumets aujourd'hui au juge- 
ment de l'Acadmie. 

Le paragraphe premier contient la description de l'appareil dont j'ai 
fait usage, et que j'ai nomm actinometre. Cet appareil, dans sa plus grande 
simplicit, se compose de deux lames d'argent parfaitement pures , rendues 
impressionnables, et plongeant verticalement dans une petite cuve remplie 
d'eau acidule par l'acide sulfurique. 

Les deux lames impressionnables sont disposes toutes deux parallle- 
ment la face antrieure de la cuve eau , de sorte que si les autres faces de 
cette cuve sont noircies, et que la lumire arrive seulement par la face ant- 

11.. 



(84) 

rieure, une seule lame est expose l'action du rayonnement. Chaque lame 
communique, en outre, avec une des extrmits du fil conducteur d'un 
multiplicateur de trois mille tours de fil au moins. 

La prparation uniforme des lames est le point essentiel ; aussi doit-on 
y donner la plus grande attention. Pour l'effectuer, on suit la mthode in- 
dique dans un prcdent Mmoire (dnnales de Chimie et de Physique, 
3 e srie , tome XXII, page 45 ' , et tome XXV , page 447 ) et d'aprs laquelle 
chaque lame devient apte recevoir, de la part de la lumire, une impres- 
sion colore de mme teinte que les rayons qui la frappent. On doit remar- 
quer toutefois qu'il est ncessaire de donner plus d'paisseur la couche 
impressionnable qu'on ne l'avait indiqu dans le Mmoire cit plus haut, 
et que si l'on value les paisseurs comparatives de cette couche par les teintes 
des lames minces qui se dveloppent dans cette circonstance, on doit s'ar- 
rter l'paisseur correspondante au vert des anneaux colors du cinquime 
ordre. Si les lames reoivent ensuite un certain recuit, elles sont prtes 
servir aux expriences. 

Une fois les lames places dans la cuve eau, et en communication 
avec le multiplicateur, on doit attendre que le courant lectrique d la 
polarisation primitive soit dtruit , avant de procder aux expriences. 

Lorsque ces diverses conditions sont remplies, l'appareil tant plac 
dans une chambre obscure, si l'on fait tomber tout coup un faisceau de 
rayons solaires sur la surface de la lame antrieure, l'aiguille du multipli- 
cateur est chasse violemment dans un sens tel, que la lame expose au 
rayonnement prend l'lectricit ngative. En interceptant la lumire, l'ai- 
guille revient peu peu au zro. 

La lumire d'une bougie, place dcimtre de distance de la cuve 
eau, suffit pour faire dvier l'aiguille aimante du multiplicateur de \i 
i5 degrs. 

Lorsque la lumire solaire ou artificielle impressionne la lame, on a une 
dviation plus ou moins forte qui reste constante tant que la lumire con- 
serve la mme intensit et que la surface est suffisamment impressionnable. 
C'est pour ce motif qu'il est ncessaire de donner une paisseur assez forte 
la couche sensible; en agissant ainsi, on a pu, l'aide d'une lampe, main- 
tenir l'aiguille aimante peu prs la mme dviation pendant plusieurs 
heures. 

Lorsque la couche sensible est plus mince, elle perd rapidement sa 
sensibilit, et le mme faisceau lumineux donne des dviations de plus en 
plus faibles. 



( 85) 

Si l'on ne fait agir la lumire que pendant le temps ncessaire pour- ob- 
server la dviation de l'aiguille du galvanomtre, et que l'on arrte ensuite 
l'action du rayonnement, on conserve au moins pendant un jour la mme 
sensibilit l'appareil (entre certaines limites d'intensit bien entendu). Les 
rsultats sont donc comparables pendant tout ce temps; mais, en prolon- 
geant l'action , la matire finit par perdre son impressionnabilit. 

Le deuxime paragraphe de ce travail est relatif l'action des rayons 
diffremment rfrangibles. Il est ncessaire , dans ces expriences , de n'ex- 
poser qu'une petite portion de la lame qui doit tre impressionne, l'ac- 
tion de rayons d'une rfrangibilit dtermine, afin qu'elle soit effectue 
d'une manire uniforme. J'ai trouv que lorsque les lames sont frappes par 
les rayons compris entre les limites du rouge et du violet, il se produit un 
dgagement d'lectricit, tandis qu'en dehors de ces limites aucun effet n'a 
lieu. En outre, le maximum d'action est situ dans la partie la plus lumineuse 
du spectre entre les lignes noires D et E. D'aprs ces recherches, ce maxi- 
mum occupe une position un peu diffrente, quoique trs-voisine de celle du 
maximum de lumire indiqu parFranhofer. Il est possible que l'on trouve 
que ces deux maxima concident, lorsque des expriences photomtriques 
pourront tre faites l'aide d'un procd permettant de comparer des 
lumires de nuances diffrentes. 

Ainsi, l o il existe dans le spectre solaire des rayons agissant sur la 
rtine, on observe une action sur la surface impressionnable, et il se pro- 
duit une dviation dans le galvanomtre. Le dgagement d'lectricit est 
d'autant plus nergique que la lumire est plus intense; et dans les parties 
du spectre o il n'existe plus de rayons perceptibles l'organe de la vision, 
il ne se manifeste plus aucun effet apprciable l'appareil. La matire sen- 
sible employe ici est donc impressionne entre les mmes limites de rfran- 
gibilit que la rtine et. nullement en dehors du violet, comme cela a lieu 
avec d'autres substances. 

Il rsulte galement des observations , que si l'on place sur le trajet des 
rayons solaires avant leur rfraction dans le prisme , des crans colors 
interceptant diffrentes portions lumineuses du spectre, on trouve, comme 
je l'avais dj observ il v a plusieurs annes avec d'autres composs, que 
dans les parties du spectre o la lumire est intercepte, il n'existe aucune 
action donnant lieu une dviation de l'aiguille du galvanomtre, et que 
dans les portions claires du spectre on observe un dveloppement d'lec- 
tricit , et. par consquent une action sur la couche impressionnable. 

Dans le troisime paragraphe j'ai examin de quelle manire le courant 



( 86 ) 

lectrique varie, lorsque le faisceau de rayons incidents sur la matire 
sensible change d'intensit. 

J'ai d abandonner la formation des tables d'intensit comme ne me 
paraissant pas susceptibles d'assez d'exactitude. J'ai pens alors dduire 
l'intensit des rayons actifs de l'tendue plus ou moins grande que l'on doit 
faire impressionner sur une lame sensible pour arriver la mme intensit 
lectrique; mais les rsultats consigns dans ce Mmoire ne permettent pas 
. d'adopter cette mthode. On peut cependant arriver cette comparaison en 
oprant toujours sur la mme tendue de surface impressionnable, et fai- 
sant varier, suivant des rapports dtermins, l'intensit des rayons actifs 
jusqu' ce que l'aiguille du galvanomtre indique toujours la mme dvia- 
tion. L'appareil dcrit ici sert donc constater le moment o chaque faisceau 
a la mme intensit d'action chimique. 

Je regrette que la saison ne m'ait pas permis d'achever l'tude des ph- 
nomnes dont il est question dans ce travail; mais on peut voir, d'aprs 
les rsultats prcdents, que je suis parvenu construire un appareil indi- 
quant la puissance lectrique due l'action chimique produite par un fais- 
ceau de rayons lumineux sur la substance chromatiquement impressionnable 
que j'ai dcrite; en outre, cet appareil joint, une grande sensibilit, la 
proprit d'tre comparable lui-mme pendant un certain temps. 

physique. Mmoire sur la polarimtrie de la chaleur; par MM. F. de la 

Phovostaye et P. Desains. 

(Renvoi l'examen de la Section de Physique. ) 
Nous soumettons l'Acadmie les rsultats d'un nouveau travail, dans 
lequel nous nous sommes propos de dterminer numriquement le degr 
de polarisation des rayons de chaleur et de lumire mis par le platine 
incandescent. 

Pour rsoudre la premire question, il fallait une mthode polarim- 
trique applicable la chaleur. Voici celle laquelle nous nous sommes ar- 
rts. Lorsqu'un faisceau de chaleur, partiellement polaris dans une pro- 
portion connue, tombe obliquement sur une pile forme de lames de mica 
dont l'axe est dans le plan de rfraction, il se transmet en quantits ingales, 
suivant l'angle que ce plan de rfraction fait avec le plan de polarisation du 
rayon. La transmission est maxima lorsque cet angle est droit, minima 
quand il est nul. Pour une pile qui conserve une mme inclinaison sur le 
faisceau incident, le rapport des transmissions, dans ces deux positions, ne 
varie qu'avec le degr de polarisation et peut servir le dfinir. 



(8 7 ) 
En suivant cette ide, nous avons construit une table l'aide de laquelle 
nous avons reconnu que, dans la chaleur mise par le platine incandescent 
sous les angles 

70, 6o, 4> 3o > > 

il v a des proportions de chaleur polarise gales 

0,70, o,5i, 0,26, 0,06, o. 

En oprant avec une lame de platine platin, nous avons trouv seule- 
ment o, 1 3 de chaleur polarise dans le faisceau mis sous l'angle 70 degrs. 

Pour comparer au phnomne calorifique le phnomne lumineux 
analogue, nous avons eu recours la mthode polarimtrique donne par 
M. Arago. Elle nous a indiqu o,45, 0,3s, o,?.65 de lumire polarise dans 
les faisceaux mis par le platine incandescent sous les angles 70 , 6o, 5o. 

Les diffrences notables qui se manifestent entre le degr de polarisa- 
tion de la chaleur mise par le platine et de la lumire qui l'accompagne, 
tiennent sans doute aux diffrences des longueurs d'onde moyenne des 
deux sortes de rayons. On le voit clairement, lorsque l'on admet, avec Fou- 
rier (1), que la surface extrme des corps chauds agit sur les rayons cpii, 
venant du dedans, se prsentent pour la traverser, absolument comme elle 
le fait sur ceux qui, venus du dehors, tombent sur elle dans une direction 
inverse, et que, dans les deux cas, il y a rflexion et pas de rfraction. 

En effet, d'aprs ce principe qui, s'il n'est pas une ralit physique, 
explique au moins trs-bien l'ensemble des lois de la chaleur rayonnante, 
on peut calculer, priori et de la manire suivante, l'intensit de la pola- 
risation par mission. Supposons qu'il s'agisse de la chaleur. Des exp- 
riences directes nous ont prouv que lorsque 100 rayons, mis par une lame 
de platine incandescent, tombent sur un miroir de ce mtal sous l'angle 
70 degrs, ils se rflchissent dans la proportion de 94 lorsqu'ils sont pola- 
riss dans le plan d'incidence, de 66 lorsqu'ils sont polariss perpendicu- 
lairement ce plan. lien rsulte que, dans l'hypothse de Fourier, si 200 
rayons de chaleur naturelle se prsentaient pour sortir d'une lame de platine 
chauffe au rouge, il s'en rflchirait intrieurement 94 polariss dans le 
plan d'incidence et 66 polariss perpendiculairement, et que par suite il 

(1) Voir Fourier, Annales de Chimie et de Physique , 2 e srie, tome XXVII, page 237 ; 
et tome VI , page 273. 

Poisson, ibid., tome XXVI, page 225. 
Biot , Physique, tome IV, pages 648 et 64g. 



(88) 

mergerait 6 rayons polariss dans le plan d'incidence et 34 rayons polariss 
perpendiculairement: On dduit de ces chiffres que la proportion polarise, 

y S S* * 

dans le rayon mis, doit tre * ~ 6 = 0,70. La proportion dtermine 

directement est prcisment gale. 

. Pour la lumire, l'accord est aussi satisfaisant. En effet, rappelons i que 
lorsqu'on prend dans la lumire solaire, dcompose par un prisme, un 
rayon homogne, la lumire et la chaleur qui s'accompagnent se rflchis- 
sent en mme proportion ; 2 que sur le platine les rayons de couleur rouge 
se rflchissent dans les proportions suivantes : 

Nombre des rayons rouges incidents = 100. 



ANGLES 

d'incidence. 



70 
5o 



rflexion 

(les rayons 

polarises dans le 

plan d'incidence. 



,8 



REFLEXION 

des rayons polariss 
perpendiculairement 
au plan d'incidence. 



43 

5i 



RFLEXION 

des rayons 
naturels. 



60 
6l 



PROPORTION 

polarise par rflexion. 



78 43 35 

^8T43 = 7I7 =0 ' 2 9 

7 2 5 1 21 f. 

0,170 



72+5l 123 



Deux cents rayons se prsentant pour sortir de la lame donneront donc 
l'mergence sous les angles 

70 , 5o : 

22 , 28 rayons polariss dans le plan d'incidence ; 

57, 49 rayons polariss perpendiculairement au plan d'incidence. 

D'o l'on dduit par le calcul, pour la proportion de chaleur polarise 
perpendiculairement au plan d'mission, 



Km 22 35 

Sous l'angle' 70". . . / = 0,46. 

57 + 22 79 '* 

a n i r 4 e ) 2 8 21 

Sous 1 angle 5o. . . i2 _ = _ 2 _ 

49 + 28 77 ' 



L'observation directe donne 



o,45. 



0,26. 



L'accord est donc absolu. 

Les valeurs numriques que nos expriences assignent aux proportions 
de chaleur ou lumire polarises qui existent dans les rayons mis par le 



(8 9 ) 

platine chaud, conduisent, indpendamment de toute hypothse, une 
consquence qui nous parat avoir quelque importance thorique, et sur 
laquelle nous allons insister. 

Considrons une enceinte ferme, de platine incandescent, dont tous 
les points seraient une mme temprature; le pinceavi qui, dans cette en- 
ceinte, se dirige d'un lment un autre, sous une inclinaison dtermine, 
est form d'une portion mise et d'une portion rflchie. 

Ces portions sont entre elles comme les pouvoirs rflecteurs et missifs 
du platine, c'est--dire comme les nombres 80 et 10. Or, d'aprs nos exp- 
riences cites plus haut sur la rflexion de la chaleur mise par le platine 
incandescent, ces 80 rayons rflchis contiennent 80 x 0,175=14 rayons 
polariss dans ce plan. 

Le rayon mis d'intensit gale 20 est polaris dans la proportion de 
0,70, et, par consquent, contient 20 x 0,70= \l\ rayons polariss perpen- 
diculairement au plan d'mission. 

Ainsi, la partie mise et la partie rflchie du rayon que nous consid- 
rons, contiennent des quantits absolues gales de chaleur polarise, l'une 
dans le plan d'mission, l'autre dans un plan perpendiculaire. 

Les mmes consquences tant immdiatement applicables la lu- 
mire, il parat bien tabli que dans une enceinte de platine incandescent, 
dont tous les points seraient la mme temprature, la lumire et la cha- 
leur qui cheminent d'lment lment dans une direction quelconque, 
sont l'tat naturel. 

Ce fait est indpendant de toute hypothse; mais si l'on admet l'ide 
de Fourier que nous avons expose plus haut, il conduit quelque chose 
d'analogue la loi de M. Arago sur l'galit des quantits de lumire pola- 
rise contenues dans les rayons rflchis et rfracts la surface d'une 
lame de verre. 

On remarquera encore que ce thorme, s'il est gnral, indique qu'un 
corps dnu de pouvoir rflecteur, ne pourra donner de lumire ou de cha- 
leur polarises par mission, puisqu'il n'en donne pas de polarises par 
rflexion . 

Nous avons suppos implicitement, dans tout ce qui prcde, que la 
rflexion sur le platine port au rouge, est la mme que sur le platine froid. 

C'est, en effet, ce qui rsulte d'une srie d'expriences que nous avons 
entreprises dans le but de traiter ce point dlicat de la thorie de la chaleur 
rayonnante. Ces expriences ne sont pas sans difficult ; nanmoins nous 

'.:. R., l85i, 1" Sen-estre. (T. XXXII, IN" 3.) 12 



(9 x 
croyons pouvoir rpondre -^ prs de l'exactitude de notre rsultat; et 
cette approximation est bien suffisante pour ne laisser aucun doute sur 
l'ensemble de nos prcdents raisonnements. 

Nous terminerons par la remarque suivante. 

Si le pouvoir rflecteur du platine ne change pas ou change trs-peu 
lorsque ce corps passe de la temprature ordinaire la temprature rouge, 
il faut en conclure qu'il en est de mme de son pouvoir absorbant. Or, le 
platine rflchissant 80 pour 100 de la chaleur mise par le platine rouge, 
absorbe, et par consquent met 20 pour 100 de cette mme chaleur. Ainsi 
le pouvoir missif de ce mtal, double lorsqu'il passe de i5o 900 degrs 
environ. Seulement il double, non pas cause d'un changement dans l'tat 
ou dans la densit de la surface, mais par suite d'un changement dans la 
nature des rayons mis. 

Il est croire que les choses se passent d'une manire analogue pour 
les autres corps, quand on s'arrte une temprature laquelle ils ne sont 
pas altrs. 

mtallurgie. Nouvelles recherches sur la composition des gaz des hauts 
fourneaux et sur la thorie de ces appareils; par M. Eiselmen. (Extrait 
par l'auteur. ) 

(Renvoi l'examen de la Section de Minralogie.) 

Plusieurs travaux ont t publis, pendant ces dernires annes, sur la 
composition des gaz des hauts fourneaux fondre les minerais de fer. 
M. Bunsen est le premier qui ait trait cette question en examinant les gaz 
du haut fourneau de Veckerhagen. Les recherches analogues que j'ai pr- 
sentes l'Acadmie en 18/p et 1844, ont port sur quatre hauts fourneaux 
diffrents, savoir : ceux de Clerval et d'Audincourt qui marchaient au 
charbon de bois; ceux de Vienne et de Pont-1'vque qui roulaient au coke. 
Les conclusions thoriques auxquelles j'avais t conduit dans ces quatre 
sries d'expriences, taient parfaitement concordantes entre elles et de la 
plus grande nettet. Elles diffraient beaucoup, au contraire, de celles qui 
avaient t prsentes par M. Bunsen. 

Depuis la publication de mes Mmoires, M. Bunsen a analys, de con- 
cert avec M. Playfair, les gaz du haut fourneau d'Alfreton (Angleterre) qui 
marche la houille crue. Il a compar, cette occasion, mes rsultats avec 
ceux qu'il avait obtenus auparavant Veckerhagen et ceux qu'il venait 



( 9* ) 
d'obtenir Alfreton. Ces derniers confirment quelques-uns des points les 
plus importants de mon premier travail. 

La mthode analytique que j'ai suivie dans mes premiers travaux tait 
base sur l'emploi de l'oxyde de cuivre, comme agent de combustion. La 
dtermination des divers lments du mlange gazeux rsultait de peses et 
non pas de modifications dans les volumes, ainsi que cela se pratique dans 
la mthode eudiomtrique. M. Bunsen attribue les diffrences essentielles 
qui existent entre ses rsultats et les miens, la mthode que j'ai suivie, et 
qu'il considre comme moins exacte que la mthode eudiomtrique. 

Je discute, dans mon Mmoire, les objections de M. Bunsen, et je 
signale en mme temps les causes d'erreur que prsente la mthode eudio- 
mtrique qu'il a employe, et qui me paraissent avoir amen des erreurs 
notables dans la dtermination des lments combustibles de ses mlanges 
gazeux. Mais le procd dont il s'est servi pour puiser les gaz dans le haut 
fourneau, et que je considre comme trs-dfectueux, me parat tre la 
principale cause des diffrences qui existent entre ses rsultats et les miens. 
Pour confirmer, autant que cela dpendait de moi, les rsultats de mes 
premires recherches, j'ai entrepris deux nouvelles sries d'expriences, l'une 
sur les gaz du haut fourneau de Clerval qui roule au charbon de bois, 
l'autre sur les gaz d'un des hauts fourneaux au coke de l'usine de Seraing 
(Belgique). Les gaz ont t recueillis dans des ampoules en verre fermes 
au chalumeau, et ils ont t analyss cette fois dans l'eudiomtre, et par les 
procds indiqus par MM. Regnault et Reiset. Les rsultats auxquels je 
suis arriv concordent de la manire la plus nette avec ceux obtenus ant- 
rieurement par la mthode des peses. La seule diffrence qui ait t obser- 
ve se rapporte la prsence de quelques millimes de gaz hydrogne pro- 
tocarbon dans les gaz de la partie suprieure du haut fourneau au charbon 
de bois. 

Les gaz ont t recueillis, Clerval, en cinq points diffrents de la 
hauteur du fourneau. J'ai reconnu, par leur analyse, que le courant gazeux 
ascendant qui est essentiellement form, dans la rgion infrieure du haut 
fourneau, par de l'oxyde de carbone et de l'azote, se chargeait successive- 
ment des produits volatils contenus dans le lit de fusion, en mme temps 
que l'oxyde de carbone se changeait partiellement en acide carbonique par 
la rduction du minerai de fer. La zone de rduction qui tait comprise, 
en 1841, entre i m ,6'] et 5 m ,6 r ] de profondeur au-dessous du gueulard, tait 
notablement plus rapproche, cette fois, de la partie suprieure du four- 

12.. 



( 9 2 ) 
neau. Cette circonstance est bien d'accord avec les rsultats observs dans 
l'emploi de l'air chaud dans les hauts fourneaux. En 1841, le vent tait 
chauff 200 degrs. A l'poque de mes dernires expriences, au contraire, 
on employait l'air froid. La temprature de la cuve du fourneau tait nota- 
blement plus leve dans le dernier cas que dans la premire priode de 
roulement. 

A cette diffrence prs, qui est en rapport avec les circonstances du 
roulement du fourneau et qu'il tait intressant de constater, les rsultats 
des analyses conduisent des conclusions identiques celles de mon pr- 
cdent travail. 

Le haut fourneau de Seraing, sur lequel j'ai expriment ensuite, est 
de trs-grande dimension. Il a 16 mtres de hauteur, et produisait 1 7 000 ki- 
logrammes de fonte blanche par jour. Les gaz ont t aspirs en six points 
diffrents de sa hauteur. J'ai obtenu, par l'analyse des gaz, des rsultats en- 
tirement comparables ceux que m'avaient fournis les hauts fourneaux au 
coke de Vienne et de Pont-1'vque. 

Les scories de forges entrent pour moiti dans le lit de fusion du haut 
fourneau de Seraing. Leur rduction parat s'oprer beaucoup mieux dans 
les fourneaux au coke que dans les fourneaux au charbon de bois; rsultat 
qu'il convient d'attribuer la temprature leve que possdent les premiers 
dans toute l'tendue de la cuve. 

En rsum, le travail que je prsente aujourd'hui l'Acadmie me 
parat confirmer compltement les rsultats qui m'avaient t fournis par 
une mthode d'analyse tout fait diffrente, et vrifier les conclusions que 
j'en avais dduites sur la thorie des hauts fourneaux. 

mtallurgie. Sur la composition des gaz produits dans la carbonisation 
de la houille dans des Jours; par M. Ebelmen. (Extrait par l'auteur.) 

( Renvoi l'examen de la Section de Minralogie. ) 
J'ai eu occasion de suivre, l'usine de Seraing, la carbonisation de la 
houille dans des fours. J'ai recueilli les gaz qui s'en dgagent dans les di- 
verses priodes de l'opration, dans l'espoir que leur analyse pourrait fournir 
quelques indications de la manire dont la carbonisation s'effectue. On pou- 
vait se demander, en effet, si l'air introduit en petite quantit dans le four 
coke se portait de prfrence sur le coke ou sur les produits de la distilla- 
tion de la houille; si l'oxygne se changeait en acide carbonique ou en 
oxyde de carbone. 



( 93 1 

J'ai reconnu, en comparant la composition des gaz celle de la houille, 
1 que plus des deux tiers de l'hydrogne contenu dans la houille sont 
brls pendant la carbonisation; le reste se retrouve dans les gaz qui en 
proviennent; -2 que la proportion d'acide carbonique fournie est, en 
moyenne, trois fois plus considrable que celle de l'oxyde de carbone. 

La carbonisation de la houille en fours se fait donc sous des influences 
toutes diffrentes de celles qui agissent dans la carbonisation du bois en 
meules. Dans ce dernier cas, en effet, comme je l'ai montr dans un pr- 
cdent Mmoire, la carbonisation s'opre surtout par la chaleur que dve- 
loppe la combustion d'une partie du charbon dj form. 

Les flammes perdues des fours coke sont utilises Seraing pour 
chauffer la chaudire vapeur qui alimente la machine motrice de la souf- 
flerie des hauts fourneaux. Un massif de dix fours, qui produisent 18000 ki- 
logrammes de coke par vingt- quatre heures, suffit pour chauffer une 
chaudire de quatre-vingts chevaux. 

HMOIRES PRSENTS. 

analyse mathmatique. Sur les fonctions algbriques ; par M. Puisebx. 

(Renvoi la Commission nomme pour examiner une prcdente com- 
munication de l'auteur sur le mme sujet, Commission qui se compose de 
MM. Cauchy, Sturm, Binet. ) 

chimie. Analyse des matires minrales par les gaz. (Extrait d'une Note 

de M. Ciienot.) 

(Commissaires, MM. Pelouze, Regnault.) 

Depuis longtemps j'emploie les gaz comme moyen d'analyse de diff- 
rentes matires mtalliques Aujourd'hui ce moyen me parat susceptible 

d'une telle extension, que je crois devoir le signaler l'Acadmie comme 
base d'un systme complet et gnral d'analyse.... tant donn, par 
exemple, un bisdicate d? fer ou de cuivre, il faudrait, suivant la pratique 
ordinaire, recourir une attaque par les alcalis (potasse ou baryte) pour 
analyser ce compos, et l'on n'aurait la quantit d'oxygne que par induc- 
tion. Si, au contraire, on rduit pralablement ce silicate par l'hydrogne 
pur, la quantit d'eau forme par l'oxygne du bioxyde combin l'hydro- 
gne indiquera exactement cette quantit d'oxygne. De plus, si le bisilicate 
contenait du soufre, du phosphore, de l'arsenic, ces mtaux seraient ou 



( 9* ) 
entrans par l'excs de gaz ou en dissolution dans l'eau, si ce n'est en sus- 
pension; dans l'un et l'autre cas, il serait facile de les doser. 

M. Prang, en adressant une Notice imprime sur la castration des 
femelles mammifres en gnral, et la strilisation de la vache en particu- 
lier (voirie Bulletin bibliographique), demande que cet opuscule soit ren- 
voy, comme pice consulter, la Commission charge de l'examen d'une 
rclamation de priorit qu'il avait adresse l'anne prcdente l'occasion 
d'une communication de M. Charlier. 

( Renvoi la Commission prcdemment nomme. ) 

Sur la proposition de la Commission charge d'examiner plusieurs com- 
munications successives de M. Horlin concernant certains calcaires de la 
l>asse Bretagne, deux nouveaux Membres, MM. Milne Edwards et Decaisne, 
sont adjoints cette Commission. 

CORRESPONDANCE. 

M. Vrolir adresse des remercments l'Acadmie, qui, dans ia sance 
du 1 6 dcembre t85o, lui a dcern une rcompense pour ses recherches sur 
les monstruosits que peut prsenter le ftus humain. 

physiologie. Dductions exprimentales tires de la thorie du canal 
alimentaire; par M. Segond. (Extrait.) 

L'auteur, dans cette Note, a eu pour but principal de faire voir que, si l'on 
veut arriver des notions exactes sur les fonctions digestivs, c'est moins 
du rle de l'estomac qu'on doit se proccuper que de celui de l'intestin 
gicle; et d'aprs cette considration, il s'est occup des moyens de faire 
parvenir directement dans cette portion du canal alimentaire les substances 
sur lesquelles il veut exprimenter. 

En raison de la difficult qu'on prouve de conserver les animaux chez 
lesquels on a pratiqu directement des fistules dans l'intestin grle, sur- 
tout dans la partie suprieure, M. Segond propose d'tablir pralablement, 
chez l'animal soumis aux expriences, une fistule stomacale, et de pntrer 
dans l'intestin grle par le pilore, au moyen d'une sonde en gomme las- 
tique. Quand on voudra simplement porter des substances dans le duod- 
num, il suffira de les injecter par la sonde; quand on voudra recueillir des 
liquides du commencement de l'intestin grle, on ajoutera cette sonde un 
mandrin muni d'une ponge qui s'imbibera du liquide. 



(95) 



ASTRONOMIE. phmricle de Clio (3 e plante de M. Hind), suite (i); 

par M. Y von Villarceau. 

Positions gocentriques apparentes de la plante Clio o h temps moyen de Paris. 













I.OG. 








LOG. 




DATES 




ASCENSIONS 






de la dis- 


DATES, 


ASCENSIONS 




de la dis- 




1851 




droites. 


DCLINAISONS. 


tance 


18J5 1. 


droites. 


DCLINAISONS. 


tance 














la Terre. 








la Terre. 








h m s 




1 II 






h m s 


1 H 






Janvier. 


1 


0. 19 52,9.5 


+ 


5.56.28,0 


o,3if> 19 


Fvrier. i5 


1.29. 4,3o 


-|-I0.4l.20,3 


0,432 44 






2 


21.15,94 


- 


6. i.i',i 





3i8 26 


16 


3o 43,83 


-Mo. 4,8. 33,7 


0,434 5 7 
o,/|36 67 






3 


22.39,48 
24. 3,57 


+ 


6. 6. 8,5 





321 3i 


'7 


32.23,58 


-1-10.55.47,6 






4 


-+ 


6. 11. 7,9 
6. 16 i3,4 





324 34 


18 


34. 3,5 7 
35.43,78 


-Ml. 3. 2,0 


o,438 75 
0,440 82 
0,442 87 






5 


25.28,2o 


+ 





327 35 


J 9 


+11.10.16,8 






6 


26.53,35 


+ 


6.21.24,6 





33o 3} 


20 


37.24,22 
3g 4,88 


-T-I 1.17.31,9 






l 


28. 19,01 


+ 


6.26.41,5 





333 3o 


21 


-MI. 24. 47 ,2 


0,444 89 
0,446 90 






29.45,17 


+ 


6.32. 3,9 





336 25 


22 


40.45,77 


-MI. 32. 2,6 






9 


3i. 11,82 


+ 


6.37.3i ,7 





,339 17 


23 


42.26,87 


+ .I.3 9 .,8,. 


0,448 88 






10 


32.38,9i 


+ 


6.43. 4,6 





342 08 


24 


44. 8,20 
45- 49,74 


+11-46.33,6 


0,450 85 






il 


34. 6,5i 
35.34,55 
37. 3,02 


+ 


6.48.42,6 





34 i 96 


25 


+.1.53.48,9 


0,452 79 






12 


-H 


6.54.25,4 





347 82 


26 


47-3i,49 


+12. 1. 4,1 


>^4 7? 






3 


4- 


7. 0.12,9 





35o 65 


27 


49 i3,45 
50.55,62 


+ 12. 8. 19,0 


o,456 63 






4. 


38.3[,93 


+ 


7- 6 4,9 





353 47 


28 


+ i2.i5.33,5 


0,458 52 






i5 


4o. 1,26 


+- 


7.12. 1,4 





356 26 


Mars. 1 


1.52.37,99 
54.20,55 


+ 12.22.47,5 


0,460 38 






G 


41 .3i.oi 


+ 


7.18. 2,1 





35g 04 


2 


+ 12. 3o. 1,0 


0,462 23 






\l 


43. i,i5 


+ 


7-24. 7,0 





36i 79 


3 


5b. 3,32 


+ .2.37.13,9 


0,464 06 
0,465 87 






4J.3i,6g 


+ 


7-3o. 15,9 
7.36.28,6 





36', 52 


4 


57.46,28 


+12.44.26,2 






'!) 


46. -,62 
47.33,93 
49. 5,62 


+ 





36 7 2 3 


5 


59.29,43 


+ 12.51.37,6 


0,467 C6 
0,469 43 






20 


+ 


7.42.45,0 





36g 0.2 
3 7 2 58 


6 


2. 1.12,76 


+ 12.58 48,2 






21 


+ 


7.49. 5,2 
7.55.28,7 





7 


2.56,27 


+|3. 5.57,7 


0,471 18 






22 


5o. 3 7 ,68 


+ 





3 7 5 23 


8 


439,96 
6.23,82 


+i3.i3. 6,3 


0,472 91 






23 


5a. 10,11 


+ 


8. i.55,6 





377 85 
38o 46 


9 


+ i3.2o.i3,7 


0,474 63 






24 


53.42,89 


+ 


8. 8 25,8 





10 


8. 7,85 


+ 13.27. ,9,8 


0,476 32 






25 


55.i6,o4 


+ 


8.1459,0 
8.21.35,3 





383 04 


11 


9.52,04 


+13.34.24,6 
+ 13.41.28,1 


0,478 00 






26 


56-49,53 
58.23,37 


+ 





385 60 


12 


n.36,39 


0,479 65 






27 


+ 


8.28.14,5 

8.3.56,6 





38 i5 


i3 


l3.20,O0 


+i3.48.3o, 1 


0,481 29 






28 


59.57,56 


+ 





3go 67 


4 


i5. 5,5 7 


+i3.55.3o,5 


0,482 00 






2 9 


1. 1.32,07 


+ 


8.41.41,3 





f93 .7 


i5 


i6.5o,3o 
18.35,35 


+14 


2 - 2 9,3 


0,a84 no 






3o 


3. 6,92 


+ 


8.48.28,6 





395 64 


16 


+.< 


9- 26, 4 


0,486 08 






3i 


4.42,09 
1. 6.17,53 


+ 


8.55.i8,3 





3y8 16 


17 


20.20,46 


i-ii 


.16.21,8 


0487 65 
0,489 19 




Fvrier. . 


1 


+ 


9. 2.10,4 


0, 


ioo 54 
4o2 g5 
4o5 35 


18 


22. 5,73 


+1/ 


.23. i5,4 






2 


7.53.38 


+ 


9- 9- 4,7 
9.16. 1,1 





'9 


23.5. ,14 


+i; 


.3o. 7,0 


0,490 72 






3 


9- 2 9,49 


+ 





20 


25.36,70 


-t-11 


.36.56,8 


0,492 22 






4 


11. 5,90 


+ 


9.22.59,6 





407 72 


21 


27.22,40 


+1; 


.43.44,6 


o,4q3 71 






.-> 


I2.42, r i9 


+ 


9. 2i). 59,8 





410 07 


22 


29. 8,25 


+11 


.5o.3o,2 


o,4 9 5 .8 






6 


i4.i9.58 


+ 


9.37. .,8 





412 40 


23 


3o. 54,24 


+11 


.57.i3,7 
. 3.55,i 


0,490 63 






7 


i5. 56,84 


+ 


9.44 5,5 
g.5i. io,o 





4'4 V 


25 


32.40,37 


+1! 


0,498 07 
0,499 49 






8 


17.34,38 


+ 





417 00 


34.26,64 


+15.10.34,2 






9 


19.12,18 


+ 


9-58.17,4 





4'9 a 7 


26 


36. i3,o5 


+ l5.IT.II,0 

+1.5.23.45,5 


o,5oo 88 






10 


20.50,25 


+ 


10. 5.25,3 





421 52 


a 7 


41 .33,09 


o,5o2 26 






11 


22.28,56 


+ 


10.12.34,4 
10. 19. 44> 3 
10.26.55,6 





423 74 


28 


+1.5.30.17,5 


o,5o3 63 






12 


24. 7,13 
25.45,95 


+ 





425 5 


2 9 


H i5. 36. 47,1 


o,5o4 97 
o,5ob 3o 






i3 


+ 





428 i3 


3o 


43.20,03 


+i4.43.i4,' 






.4 


27.25,00 


+ 


10.34. 7j6 





43o 3o 


3i 


45. 7,10 


+ i5. 4g.38,6 
+I5.56. 0,4 


0,507 61 
o,5oo 90 






i5 


29. 4,3o 


+ 


10.41.20,3 





432 44 


Avril. 1 


2.46.54,29 





(1) Voir, pour la premire partie de l'phmride, le n 20 des Comptes rendus. 
tome XXXI, pages 681 et 682. 



( 96) 

M. Teynard, ancien lve brevet de l'cole des mineurs de Saint- 
tienne, sur le point d'entreprendre un voyage en Orient, dans lequel il 
visitera d'abord une partie de l'Egypte, de la Palestine et la Syrie, se met 
la disposition de l'Acadmie pour recueillir, relativement ces pays, les 
renseignements qu'elle voudrait bien lui indiquer, principalement ceux qui 
sont du ressort de la physique gnrale ou de la topographie. 

MM. Pouillet et Duperrey sont invits se mettre , ce sujet, en rap- 
port avec M. Teynard, qui serait dispos, ainsi qu'il l'annonce, modifier 
son itinraire si cela semblait utile la science. 

M. M atiiias transmet un numro d'un journal anglais intitul : The Ar- 
chitect {voir au Bulletin bibliographique), et demande, au nom de l'diteur, 
l'Acadmie un change entre le Compte rendu hebdomadaire de ses sances 
et la publication ci-dessus mentionne, qui est annonce comme faisant 
suite un ouvrage paraissant poques plus loignes, dont la biblio- 
thque de l'Institut a reu plusieurs livraisons. 

(Renvoi la Commission administrative.) 

M. Demonville prie l'Acadmie de vouloir bien le comprendre dans le 
nombre des candidats pour la place vacante, dans la Section de Physique, 
par suite du dcs de M. Gaj-Lussac. 

M. de Laiiaye prsente les rsultats de quelques-unes des recherches qu'il 
a faites sur les espces de bananiers qu'on cultive dans nos serres; il signale, 
entre autres points, la prsence de l'iode et du soufre dans les plantes vg- 
tant ainsi dans un sol artificiel, principalement pendant les deux premires 
annes. Le nitrate de potasse, qui y existe toutes les poques en quantit 
considrable, augmente encore proportionnellement, d'une manire trs- 
notable, dans les annes suivantes. L'auteur ajoute, enfin, qu'on obtient 
du suc extractif de ces vgtaux, au moyen d'une vaporation convena- 
blement mnage, une substance dflagrante. 

Les rsultats d'autres tudes qu'a faites M. de Lahaye sur les bananiers 
sont consigns dans une Note sous pli cachet, dont il prie l'Acadmie d'ac- 
cepter le dpt. 

Ce dpt est accept. 

L'Acadmie accepte galement le dpt d'un paquet cachet prsent par 
M. Chatin. 



(97 ) 
4 heures trois quarts, l'Acadmie se forme en comit secret. 



COMITE SECRET. 



M. Dumril, au nom de la Section d'Anatomie et de Zoologie, propose 
l'Acadmie de dclarer qu'il y a lieu de nommer la place devenue vacante 
par suite du dcs de M. de Blainville. 

L'Acadmie va au scrutin sur cette proposition : 

Sur 4i votants, le scrutin donne 38 oui et 3 non. 

En consquence, la Section prsentera, dans la sance prochaine, une 
liste de candidats. 

I^a sance est leve 5 heures. F. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu, dans la sance du 6 janvier i85i, les ouvrages dont 
voici les titres : 

Revue thrapeutique du Midi. Journal de Mdecine , de Chirurgie et de Phar- 
macie pratiques; par MM. les D rs FUSTER et Alqui; n 22; 3o dcembre 
i85o;in-8. 

L'agriculteur praticien, Revue d' agriculture , de Jardinage et d' Economie 
rurale et domestique , publi sous la direction de MM. F. Malepeyre , G. TIeuz 
et BOSSIN ; 12 e anne ;n 1 36; janvier 1 85 1 ; in-8. 

Bibliothque universelle de Genve; novembre i85o; 4 e srie; n 5g; in-8. 

Annual Message... Message du Prsident des Etats-Unis aux deux Chambres 
du Congrs, au commencement de la premire session du trente et unime con- 
grs; partie III. Washington, 1849; "1-8. 

Report of... Rapport du Bureau gnral de sant sur le cholra pidmique 
de 1848 et de 1849; SU<1 " de deux appendices A et B; par MM. Suther- 
land et Grainger. Londres, i85o ; 3 vol. in-8. 

The architect... Journal des architectes , n i64- 

Beweise... Preuves de l'innocuit de l'ther sulfurique et des inconvnients du 
chloroforme; par M. J. Weiger. Vienne, i85o; in-8. 

Gazette mdicale de Paris; n 1; i85i. 

Gazette des Hpitaux; n 1 53; Table de i85o, et n 1 de i85i. 

Le Moniteur agricole, publi sous la direction de M. Magne; n 8; 
4 e anne ; in-8. 

C. R. , i85i , i er Semestre. (T XXXU, N 5. ) 3 



( 98 ) 
Bulletin mdical el pharmacologique de Montpellier; n os 3 et 4. 
Rforme agricole; n 27. 

L'Acadmie a reu, dans la sance du i3 janvier 1 85 1 , les ouvrages dont 
voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 
I er semestre i85i ; n 1 ; in-4. 

Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres et des 
Arts, de i Industrie, de l'Agriculture et du Commerce ; nouvelle dition, publie 
par MM. DlDOT frres, sous la direction de M. L. RENIER; tome XXIV, avec 
planches. Paris, i85o; in-8. 

Recherches analomiques, cliniques et exprimentales sur la nature et les causes 
de l'emphysme pulmonaire (asthme continu des anciens); par M. le docteur 
Rossignol; i re partie: Anatomie pathologique. Bruxelles, i84o,;in-8 . 

Du typhon du 11 au 14 septembre i8^g; par M. F.-A.-E. Kellek. Paris. 
i85o; in-8. (Extrait des Annales hydrographiques, i85o; a e partie. ) 

Note sur les courants lectriques qui existent dans les vgtaux; par M. le 
professeur lie Wartmann ; \ feuille in-8. (Tir de la Bibliothque univer- 
selle de Genve; dcembre i8f>o. ) 

Note sur la polarisation des rayons chimiques qui existent dans lu lumire 
solaire; par le mme; \ de feuille in-S. (Tir du mme Recueil; novem- 
bre i85o. ) 

Soixante treize cartes du voyage d'exploration autour du monde, excut par 
ordre des Etats-Unis, de 1 838 1842, sous le (ommandement du capitaine 
Charles Wilkes. ^Ces cartes sont prsentes par M. Wattemare.) 

Monograpb... Monographie des reptiles fossiles de l'argile de Londres; par 
M. le professeur Ovven. Londres, i85o; i re partie; in-:j ; publie par la 
Socit palontologique. 

On the communications... Des communications entre la cavit du tympan 
el le palais des Crocodiles; par le mme. (Extrait des Transactions philosophi- 
ques de Londres. Broch. in-4. 

On the developement... Du dveloppement el des hornolo:/ies des dents 
molaires des Phacochres; par le mme. Extrait du mme Recueil.) Bro- 
chure in-4. 

New and... Opinion nouvelle sur les bruits du cur et sur la circulation ; 
par M. John MoniE. Edimbourg, i85o; in-8. 

Proceedings. . . Procs-Verbaux de la Socit zoologique; annes 1849 
et i85o. 



( 99) 

Reports. . . Rapports du conseil et des auditeurs de la Socit zoologique de 
Londres, pour la sance annuelle de i85o; in-8. 

The architect. . . Journal des Architectes; n i6t. 

Proceedings... Procs- verbaux de V Acadmie des Sciences naturelles dt 
Philadelphie ; volume V ; n 5; in-8. 

Mmorial... Mmorial des Ingnieurs; 5' anne ; u 1 1. 

Gazette mdicale de Paris; n 2. 

Gazette des Hpitaux; n* a 4- 

Moniteur agricole; 4 e anne ; n 9. 



L/ Acadmie a reu, dans la sance du 20 janvier i85i, les ouvrages 
dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de C Acadmie des Sciences; 
1 er semestre 1 85 1 ; n 2 ; in- 4. 

Tableau de population, de culture, de commerce et de navigation, formant, 
pour l'anne 1 846, la suite des tableaux insrs dans les notices statistiques sur 
les colonies franaises. Paris, i85o; in-8. 

De la castration des femelles mammifres en gnral, et de la strilisation de 
la vache en particulier; par M. L. Prang. Paris, i85o; broch. in-8. 

Maladie de la pomme de terre, de la vigne et de plusieurs autres vgtaux, sa 
cause, mojensde In combattre et d'en tirer un grand profit; par M. A. Robouam. 
Paris, i85o; broch. in-8. 

Annales scientifiques, littraires et industrielles de V Auvergne , sous la direc- 
tion de M. LKCOQ; tome XXIII; septembre et octobre i85o; in-8. 

Bulletin de la Socit de Mdecine de Poitiers; n 17 ; in-8. 

Annales de la propagation de la Foi; n i34; janvier i85i ; in-8. 

Annales forestires; 2 e srie; tome IV; n" 1 i ; novembre i85o; in-8. 

Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; 
tome IV; n 6; 20 janvier 85 1 ; in-8. 

Journal des Connaissances mdico-chirurgicales , publi par M. le docteur 
A. Martin-Lauzer ; na; i5 janvier 1 85 1 ; in-8. 

Rpertoire de Pharmacie, recueil pratique, rdig par M. le docteur 
A. Rouchardat; 7 e anne; tome VII; n 7; janvier 1 85 1 ; in-8. 

Revue mdico-chirurgicale de Paris, publie sous la direction de M. Mal- 
gaigne; 5 1 " anne; tome IX; janvier 1 85 1 ; in-8. 

Revue thrapeutique du Midi. Journal de Mdecine, de Chirurgie et de 



( ioo ) 
Pharmacie pratiques; par MM. les D Fuster et Alqui; a*" anne; n" i ; 
i5 janvier i85i ; in-8. 

Annali... Annales des Sciences mathmatiques et physiques; par M. B. 
Tortolini; dcembre i85o; in-8. 

Applicazioni.. . Applications des transcendantes elliptiques la quadrature 
de quelques courbes sphriques; par le mme. Rome, i85o; in-8. 

Soluzione... Solution de deux problmes de gomtrie analytique; par le 
mme. Rome, i85o; une feuille in-8. 

The architect... L'architecte, journal d'architecture, d'archologie et d'art 
du dcors; n ^5; 3i aot i85o; trois feuilles in-fol. 

Nachrichten . . . Nouvelles de /' Universit et de l'Acadmie royale des Sciences 
de Gottingue; n M i et i; a et 1 5 janvier i85i ; in-8. 

Bulletin mdical et pharmacologique de Montpellier ; tome I; n 5. 

Gazette mdicale de Paris; n 3. 

Gazette des Hpitaux ; n* 5 n . 

L'Abeille mdicale ; n i . 

Le Moniteur agricole, publi sous la direction de M. MaGNE; 4 e anne; 
n io. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 27 JANVIER 1851. 
PRSIDENCE DE M. RAYER. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

zoologie. Note sur des ossements et des ufs trouvs Madagascar, 
dans des alluvions modernes, et provenant d'un Oiseau gigantesque; 
par M. Isidore Geoffroy-Sant-Hilaire. 

Nous avons reu avant-hier de M. Malavois, colon de l'le de la 
Runion, et fils de l'un des anciens correspondants de l'Institut, des objets 
d'un trop grand intrt, pour que nous ne nous fassions pas un devoir de 
les mettre, ds aujourd'hui, sous les yeux de l'Acadmie. Ils constatent 
Madagascar, l'existence, gologiquement rcente, d'un Oiseau d'une taille 
gigantesque, nouveau pour la science, mais l'gard duquel il existait, 
comme on le verra plus loin, quelques indications. 

La dcouverte de ces objets a t faite, en i85o, par M. Abadie, capitaine 
d'un navire marchand. Durant une relche Madagascar (1), M. Abadie 
aperut un jour, entre les mains d'un Malgache, un uf gigantesque que 
les naturels avaient perfor l'une de ses extrmits, et qu'ils employaient 

(i) Sur la cte sud-ouest de l'le, d'aprs M. Malavois. On verra plus bas qu'un autre 
oeuf a t aperu l'extrmit nord-ouest de l'le. 

C. K., i85i, 1 er Semestre. (T. XXXII, N 4.) l4 



( ia ) 
divers usages domestiques. Les renseignements pris par M. Abadie auprs 
des Malgaches, amenrent bientt aprs la dcouverte d'un second uf, 
d'un volume presque gal, qui fut trouv, parfaitement entier, dans le lit 
d'un torrent, parmi les dbris d'un boulement qui s'tait fait depuis peu. Un 
peu plus tard encore, on dcouvrit, dans des alluvions de formation rcente, 
un troisime uf et quelques ossements, non moins gigantesques, qui furent 
avec raison considrs comme fossiles, ou plutt, selon une expression 
aujourd'hui consacre, comme subfossiles. Tous ces objets furent aussitt 
expdis, malheureusement sans les prcautions ncessaires, de Madagascar 
l'le de la Runion, et de celle-ci Paris : l'un des ufs est arriv bris 
en une multitude de fragments, mais il pourra tre restaur; les deux autres 
sont en parfait tat de conservation. 

Les objets que j'ai l'honneur de prsentera l'Acadmie, sont les deux 
ufs entiers, un morceau de la coquille de l'uf bris, et quelques frag- 
ments osseux, dont l'un surtout est, comme on va le voir, d'un grand intrt 
pour la science. 

Les deux ufs qui sont sous les yeux de l'Acadmie, diffrent peu par 
le volume, mais beaucoup par la forme. L'un d'eux a les deux bouts trs- 
ingalement renfls; l'autre reprsente presque exactement un ellipsode 
de rvolution . Voici les dimensions : 

OEuf ovode. OEuf ellipsode. 

m. m. 

Grand diamtre o,34 o,32 

Petit diamtre o,2a5 0,23 

Grande circonfrence o,85 >84 

Petite circonfrence 0,71 0,72 

Volume .. o m - c -, 008887 

L'paisseur de la coquille est d'environ 3 millimtres. 

Nous donnerons comparativement les principales mesures, prises ou 
calcules de la mme manire, chez l'Autruche et les autres grands Oiseaux 
du mme groupe, et chez la Poule : 

Autruche. Nandou. Casoar. Drome. Poule. 

m. m. m. m m 

Grande circonfr. . 0,46 o,35 o,365 o,335 0,16 

Petite circonfrence 0,4 25 o,3o > 2 9 0,27 0,1 4 

Volume o m - c -,ooi527 o ,n - c -,ooo735 o m - c ,ooo532 o ra - c -,oo526 o m - c -,oooo6o 

L'paisseur de la coquille, plus grande proportion, est chez l'Autruche 
de 2 millimtres. Elle est de 1 millimtre chez le Casoar, et moindre chez 
les autres Oiseaux. 



( io3 ) 

D'aprs les mesures qui prcdent, on voit que la capacit de l'uf du 
grand Oiseau de Madagascar est d'environ 8 litres f , et que, pour repr- 
senter son volume, il faudrait prs de 6 ufs d'Autruche, 12 de Nandou, 
i6|de Casoar, 17 de Drome, et t48 de Poule. Nous pouvons ajouter, 
pour opposer l'un l'autre les deux termes extrmes del srie, que ce mme 
volume gale celui de 5oooo ufs d'Oiseau-Mouche. 

Les ufs qui viennent de nous arriver de Madagascar, sont-ils ceux 
d'un immense Reptile ou d'un Oiseau gigantesque? Telle fut la premire 
question qu'on se posa lors de leur dcouverte. L'examen de leurs coquilles, 
dont la structure est analogue celle qu'on observe chez les grands Oiseaux 
ailes rudimentaires, et particulirement chez le Drome, et suffi pour 
fournir la solution de cette question ; mais elle est donne bien plus direc- 
tement et bien plus compltement par les pices osseuses venues avec les 
ufs. L'une d'elles est l'extrmit infrieure du grand os mtatarsien du 
ct gauche : les trois apophyses en poulies existent; deux d'entre elles sont 
mme presque intactes. Il suffit de jeter les yeux sur cette pice minem- 
ment caractristique pour reconnatre qu'elle appartient un Oiseau. De 
plus, en l'examinant avec quelque attention, on arrive bientt aux cons- 
quences suivantes. Le grand Oiseau de Madagascar diffre beaucoup du 
Dronte : il manquait de ce pouce, si dvelopp, par lequel le grand Oiseau 
de l'le Maurice diffrait des Struthioniens et des Casuariens; c'est ce que 
nous sommes autoriss conclure de la non-existence, au bas du grand os 
mtatarsien, de la fossette qui correspond l'insertion du pouce chez le 
Dronte et chez les autres Oiseaux o le pied offre la mme conformation. 
Sous ce point de vue, l'Oiseau de Madagascar se rapproche du Dinornis; 
mais il en diffre, ainsi que des autres genres voisins rcemment dcouverts 
la Nouvelle-Zlande, par la forme trs-largie et dprime de la portion 
infrieure (et vraisemblablement de la plus grande partie) de l'os mtatar- 
sien (1). Quant Y Ornithichniles , d'une part, et l'Autruche et aux genres 
voisins, personne, assurment, ne sera tent de les assimiler l'Oiseau gi- 
gantesque de Madagascar, qui, ds lors, doit devenir le type d'un genre 
nouveau dans le groupe des Rudipennes ou Brvipennes. Nous donnerons 



(1) Immdiatement au-dessus des apophyses en poulies, cet os a transversalement prs de 
1 dcimtre, et son paisseur surpasse peine 3 centimtres. Un dcimtre plus haut, on 
trouve encore o-,07 pour le diamtre transversal, et seulement 0,0876 pour le diamtre 
antro-postrieur. 

I4- 



( >o4 ) 

ce genre le nom d'pyornis, /Epyornis (i), et notre espce, l'pithete 
de maximus. 

L'tude des autres fragments osseux confirmera, nous pouvons dj 
l'affirmer, les inductions auxquelles vient de nous conduire l'examen du 
i,'i;ni() mtatarsien, pice laquelle nous avons d d'abord nous attacher, 
comme minemment propre caractriser non-seulement la classe et l'or- 
dre, mais mme le genre auquel se rapportent les prcieux dbris transmis 
par M. Malavois. Cette tude nous permettra sans doute aussi de discuter, 
ce que nous ne pourrions faire encore utilement, la valeur des affinits qui 
unissent l'Epyornis avec les divers genres du mme groupe, et de dter- 
miner avec quelque exactitude les dimensions de ce gant ornithologi- 
que. En attendant, et pour rpondre aux questions qui nous ont t de 
toute part adresses, nous nous bornerons, sur ce dernier point, quel- 
ques remarques, destines surtout prvenir les exagrations auxquelles on 
serait tent de se livrer. 

Les giands diamtres, dans les ufs d'pyornis et d'Autruche que nous 
avons compars, sont, pour l'un, de '5i centimtres, et, pour l'autre, de iO; 
ils sont donc entre eux, : : i \ i . Quant aux volumes, on a vu plus haut que 
ces ufs sont peu prs \\ 6 : 1. Doit-on supposer que les deux Oiseaux 
soient entre eux dans les mmes rapporte que leurs ufs? L'Autruche av;mt 
2 mtres de hauteur, la taille de l'Epyornis s'lverait alors 4 mtres. 
Nous pensons qu'on se tromperait en admettant ce nombre. Si nous ne 
possdions d'autres lments de dtermination que les ufs de l'Epyornis, 
nous aurions dj rappeler que, mme entre Oiseaux trs-voisins, les 
dimensions des ufs sont loin d'tre exactement proportionnelles la taille 
des espces d'o ils proviennent : l'valuation que nous venons d'indiquer, 
serait donc, par cela seul, trs-douteuse. Mais nous pouvons aller plus loin : 
nous nous croyons ds prsent autoriss rduire cette valuation (a). 
D'aprs la comparaison des parties osseuses, l'Epyornis devait tre un Oiseau 
moins lanc et jambes proportionnellement plus courtes que l'Autruche. 
Il se pourrait que son volume ft au volume de ce dernier Oiseau, peu 
prs dans le rapport de 6 ; mais son corps n'tait pas port sur des 
membres tout fait doubles en hauteur. 

(i) Alta ou magna avis. D'(?rJf, haut, grand, et ptt. 

(2) Et mme on la rduirait dj , d'aprs la comparaison des ufs , faite , non plus d'aprs 
les grands diamtres , mais d'aprs les petits, ou d'aprs les circonfrences. L'uf d'pyornis 
est proportionnellement un peu plus allong et moins bomb que celui de l'Autruche. 



( io5 ) 

L'valuation de la taille de l'pyomis, en la fondant sur la comparaison 
de cet Oiseau avec les Rudipennes autres que l'Autruche, avec le Drome, 
par exemple, confirme cette induction. Faite d'aprs les grands diamtres 
des ufs, elle donnerait, pour l'pyomis, non plus 4 mtres, mais environ 
3 m ,8, le Drome tant haut de i m ,5o, et son uf long de o m ,ia5. De la 
comparaison de la portion terminale du mtatarsien chez le Drome, et de 
la partie correspondante chez l'Epyomis, l'une mesurant 5 centimtres, et 
l'autre 12 centimtres, on dduirait un rsultat qui concorde assez bien 
avec le prcdent : la taille de l'Epyomis serait d'environ 3 m ,6. 

Nous arrivons ainsi, par plusieurs voies, cette consquence, que la 
taille de l'Epyomis serait comprise entre 3 et 4 mtres, et, par consquent, 
suprieure celle du Dinornis giganteus lui-mme ; car la taille attribue 
ce dernier par M. Owen (i) est d'un peu moins de 3 mtres. Nous devons 
faire remarquer que la comparaison de l'extrmit du mtatarsien de notre 
pyornis avec la mme partie chez le Dinornis, donne, en effet, une diff- 
rence de dimension en faveur du premier; mais cette diffrence est trs- 
faible, et pourrait s'expliquer aussi bien par des diversits de proportion 
que par une ingalit de taille. 

Une espce aussi gigantesque, qui a vcu sans doute dans des temps 
peu loigns de nous, dont on ne saurait mme affirmer qu'elle ait enti- 
rement disparu de la surface du globe (a), est-elle parvenue jusqu' ces 
derniers temps, sans que rien ait rvl son existence aux naturalistes de 
l'Europe? Nous ne saurions attendre la publication du Mmoire que nous 
nous proposons de publier sur l'pyomis, pour rappeler quelques indica- 
tions que possdait dj la science, relativement cet Oiseau. 

Au nombre des auteurs qui ont connu, du moins par ou-dire, l'Oiseau 
gant de Madagascar, placerons -nous Flacourt? Est-ce l'pyomis que 
ce clbre voyageur avait indiqu, il y a deux sicles, sous le nom de 
Vouron-Patra. C'est, dit-il (3), un grand oiseau qui hante les Ampatres, 
et fait des ufs comme l'Autruche; c'est une espce d'Autruche. Ceux 

(1) On Dinornis, dans les Transact. 0/ the Zoolog. Society 0/ London. La dernire des 
planches de ce remarquable Mmoire (PI. 3o) , Scale of Altitude, donne au Dinornis gigan- 
teus une taille de 9 pieds (anglais) et demi, c'est--dire de 2 m ,9. Cette valuation est, 
toutefois, infrieure celle qu'admettent d'autres auteurs. 

(2) On sait que le Notornis, d'abord connu par des dbris subfossiles, et regard comme 
une espce teinte, vient d'tre retrouv vivant la Nouvelle-Zlande. (Forez la rcente 
communication de M. Ch. Bonaparte l'Acadmie, Comptes rendus, tome XXXI, page 770.) 

(3) Histoire de la grande le de Madagascar, dition de T758, page i65. 



( io6 ) 

desdits lieux ne le peuvent prendre : il cherche les lieux les plus d- 
serts. Il est peine besoin d'ajouter qu'un passage aussi vague peut aussi 
hien et mieux s'appliquer un Oiseau d'une taille leve, mais pourtant 
infrieure celle de l'Autruche, qu' une espce aussi gigantesque que 
l'Epyornis. 

Si Flacourt n'a pas connu l'Epyornis, il est du moins un autre voya- 
geur franais qui en a incontestablement entendu parler, et qui mme 
en a vu un uf, fort semblable ceux que nous avons dcrits plus haut. 
Dans l'une des additions que M. Strickland a rcemment faites (i) son 
remarquable ouvrage sur le Dronte (a), on trouve un document, con- 
sidr d'abord comme fabuleux, mais dont l'intrt scientifique est mis 
aujourd'hui hors de doute. Sous ce titre : Existence suppose d'un Oiseau 
gigantesque Madagascar, M. Strickland a consign un curieux rcit, 
fait en 1848, par un commerant franais, M. Dumarele, M. Joliff, chirur- 
gien du Geyser, et que celui-ci avait transcrit- sur son journal de voyage : 
au Port-Leven, l'extrmit nord-ouest de l'le de Madagascar, M. Du- 
marele disait avoir vu un uf gigantesque, dont la coquille avait l'paisseur 
d'un dollar d'Espagne, et dans lequel on avait pu verser jusqu' treize bou- 
teilles de liquide (the almost incredible quantity of thirteen wine quart 
hottles oj fluid . M. Dumarele avait eu le dsir d'acheter l'uf gigantesque, 
et de l'envoyer en Europe; mais les naturels dans les mains desquels il tait; 
avaient refus de le vendre, comme appartenant leur chef, et en raison de 
son extrme raret [very very rarely met with). Ainsi M. Dumarele ne put 
fournir aucune preuve l'appui de son rcit, et si l'on ne suspecta pas sa 
vracit, on crut qu'il s'en tait laiss imposer par les naturels. 

Selon ces mmes naturels, qui taient de la tribu des Sakalawas, l'Oi- 
seau gigantesque de Madagascar existerait encore, mais il serait extrmement 
rare. Dans d'autres parties de l'Ile, au contraire, on ne croit pas son exis- 
tence actuelle ; mais on retrouve du moins une tradition fort ancienne, rela- 
tive un Oiseau, de taille colossale, qui terrassait un buf et en faisait sa 
pture; c'est cet Oiseau que les Malgaches attribuent les ufs gigan- 
tesques que l'on trouve parfois dans leur le. Nous puisons ce renseigne- 
ment dans une Lettre intressante, par laquelle M. Lpervanche Mzire, 
naturaliste instruit de l'le de la Runion, avait bien voulu informer le 



(1) The Armais and Magaz. of natter, history, n" 3 (novembre 1849), page 338. 

(2) The Dodo and ils hindred, Londres, 1848. 



( '7 ) 
Musum d'Histoire naturelle de la dcouverte des ufs d'pyornis, au 
moment mme o elle venait d'tre faite (i). 

Il est peine besoin d'ajouter que la tradition que nous venons de rap- 
peler, prterait l'pyornis des murs qui sont loin d'avoir t les siennes : 
c'est une fable toute semblable celle qui existe la Nouvelle-Zlande, au 
sujet du Movie, et qui n'a pas un fondement plus srieux. L'pyornis, 
comme le Dinornis, tait un Rudipenne, et cette espce, dont les croyances 
populaires ont fait un Oiseau de proie gigantesque et terrible, comparable 
au Roc ou Rue des contes orientaux (2), n'avait ni serres, ni ailes propres 
au vol, et devait se nourrir paisiblement de substances vgtales. 

M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire fait hommage l'Acadmie de la prface, 
tire part, d'un ouvrage tendu qu'il prpare depuis longtemps, et qui a 
pour titre : Histoire naturelle gnrale du rgne organique, principalement 
tudie chez l'homme et les animaux. [Voir au Rulletin bibliographique.) 

anthropologie. Rsum des leons sur l'embryognie anthropologique; 

par M. Serres. 

1 . Je vais essayer de rsumer, dans une srie de propositions, les faits 
principaux dont j'ai expos les prparations et donn les dveloppements 
dans le Cours de 1 85o. Ces propositions sont uniquement relatives la partie 
de l'embryognie compare du Cours. 

2. L'homme ne forme ni une espce ni un genre comparables aux 
Primates. L'homme lui seul constitue un rgne part, le rgne humain. 
Son explication est le but dfinitif de l'cole embryologique, de ses faits, de 
ses lois et de ses doctrines. 

3. Les deux radicaux de la gnration sont le zoosperme et l'uf. 



(1) Cette nouvelle Lettre nous fait savoir, d'une manire positive, que l'un des ufs au 
moins vient du mme gisement que les fragments osseux. 

(2) Les fables sur le Roc peuvent bien n'tre pas sans rapports avec ces dcouvertes 
d'ufs gigantesques , faites sans doute de temps autre dans l'le de Madagascar, et avec les 
croyances auxquelles elles ont donn lieu parmi les naturels. Mais ce serait aller trop loin 
que de faire du Roc, avec M. Strickland , iin oiseau madcasse , que ds lors on pourrait tre 
tent de rattacher compltement l'pyornis. M. Strickland a mal lu Marc Paul , la seule 
autorit qu'il ait ici invoque. Marc Paul, dans sa clbre relation (livre III, chapitre 4o), 
parle du Roc immdiatement aprs avoir trait de Madagascar, mais non comme appartenant 
cette le. Tout au contraire, il en fait un habitant de quelques autres isles oultre Madagas- 
car sur la coste du midy (dit. franaise de i556, p. 1 15); aliarum insularum ultra Madai- 
gascar (dit. latine de 167 1 , p. i57 ). 



( io8)- 

4- De l'unit de composition et de structure du zoosperme dans la 
srie animale et le rgne humain. 

5. De l'unit primitive de composition et de structure de l'uf dans 
le rgne humain et la srie animale. 

> 6. De la diversit de dveloppement des parties de l'uf dans les deux 
embranchements du rgne animal. 

7. L'embryon se substitue l'uf chez l'homme et chez les Vert- 
brs. Chez les Invertbrs, l'uf se transforme en embryon. 

8. Les divisions et les subdivisions de l'uf sont centriptes et sym- 
triques, soit dans la vsicule prolifre, soit dans la vsicule vitelline. 

9. Dans cette dernire, la masse du jaune se divise d'abord en deux 
moitis symtriques; puis, chacune de ces moitis se divisant son tour, 
la sphre vitelline est partage en quatre segments, puis en huit, puis en 
seize, puis en trente-deux, etc., jusqu' ce que la masse vitelline en entier 
soit transforme en petits jaunes microscopiques entours chacun par une 
pellicule membraneuse. Cette transformation s'opre constamment de la 
circonfrence au centre. (Loi centripte.) 

10. De plus, l'poque o la masse est transforme en petits jaunes, 
il y en a quelques-uns dont la pellicule externe se couvre de cils. Au bas de 
l'chelle animale, ces petits jaunes fractionns se transforment soit en or- 
ganes, soit en embryons nouveaux, qui deviennent libres. Parmi les Infu- 
soires, ceux que j'ai nomms f^itellozoaires, sont particulirement dans ce 
cas. 

1 1 . Ce mode de reproduction peut clairer la gnration alternante 
observe chez les Ascidies composes ; mode de reproduction dont on trouve 
une rptition en organognie, dans la transformation des corps de Wolff. 
(Gnration alternante.) 

12. Ces derniers corps constituent les organes reproducteurs des Inver- 
tbrs. Leur volution symtrique forme les sexes spars ; leur volution 
alterne forme les sexes runis. (Hermaphroditisme.) 

1 3. Chez les Vertbrs, la formation des organes reproducteurs s'opre 
par une scissure des corps de Wolff. Leur volution est toujours symtrique; 
de l la sparation constante des sexes. 

i/\. L'volution premire de l'embryon consiste dans la division m- 
diane du disque prolifre. Cette division par scissure donne naissance la 
ligne primitive. Par une seconde volution, chaque moiti du disque se trans- 
forme en sac germinateur. (Gnration par scissure. ) 

1 5. Il y a ainsi deux sacs germinateurs ; l'un droit, l'autre gauche, ren- 



( '9 ) 
fermant chacun par moiti les lments des organes. (Loi de dualit ou de 
symtrie. ) 

16. Ces sacs se dtachent par scissure de la portion de la lame sreuse 
<jui forme l'aire transparente. L'isolement de l'embryon est le rsultat de 
cette sparation. (Gnration par scissure.) 

17. Des trois lames de la membrane blastodermique, la muqueuse 
produit le canal intestinal, la sreuse donne naissance aux organes de relation 
et l'amnios; la vasculeuse produit le cur, les artres et les veines. A une 
certaine poque, cette dernire environne tout l'embryon par ses radiations. 

18. De mme que l'embryon s'enfonce dans l'amnios, et s'enveloppe 
de cette membrane, de mme les organes s'enveloppent de leurs sreuses 
propres. Il y a unit de composition de ces membranes et unit de procd 
d'enveloppement. (Homozygie organique.) 

19. Tout, dans l'organisme animal, se simplifie et se gnralise, depuis 
l'abandon du systme des prexistences organiques, et son remplacement 
par la thorie si lumineuse de l'pignse. La cellulognie de Swann ouvre 
Y organoplastie un champ tout nouveau parcourir. 

20. La composition de la cellule parat analogue la composition pri- 
mitive de l'uf. L'un et l'autre sont constitus par une sphre renfermant 
deux sphrodes. Ces deux sphrodes sont, pour l'uf, la vsicule prolifre 
et la vsicule vitelline, et, pour la cellule, le nucleus et le nucleolus. 

21 . L'uf est une cellule spciale forme par un organe particulier du 
corps, et destine, par des transformations nombreuses, produire un nou- 
vel individu. 

22. La cellule est un ovule form dans tout l'organisme, dont le but 
parat tre l'accroissement des parties, et peut-tre un des lments princi- 
paux des scrtions. Les ostoplastes sont des cellules du systme osseux. 
Le globule sanguin est la cellule du sang. (Gnration interstitielle. ) 

23. L'ovule ou la cellule ovarique se dtache priodiquement de l'o- 
vaire, et produit les rgles mensuelles chez la femme. La cellule spermatique 
se dtache des canaux sminignes et se transforme en zoosperme. 

24- Le mouvement vital est ainsi reprsent par un tourbillon de cel- 
lules qui naissent, se dveloppent, s'usent, meurent et se dissipent par les 
divers monctoires du corps des animaux. Unit de vie, unit de mort. 
( Vie et mort des appareils organiques. ) 

25. La formation des ufs et des cellules est analogue. Un appa- 
reil d'incubation existe chez beaucoup d'animaux pour favoriser la maturit 
de l'uf et celle du zoosperme. La vessie natatoire des Poissons, les rser- 

C. R., i85i, 1" Semestre. (T. XXXII, N< 4.) l5 



( no ) 
voirs ariens abdominaux des Oiseaux, le sac qui termine le poumon de 
plusieurs Reptiles, appartiennent cet appareil. 

26. La dualit de l'ovaire et du testicule est un fait presque gnral 
dans la srie animale. Chez les Insectes, les Arachnides, les Crustacs, les 
Poissons et les Oiseaux, chez lesquels le testicule parait unique, un raph 
mdian et un double canal dfrent indiquent leur duplicit primitive. Il en 
est de mme de l'ovaire impair de la Scolopendre, du Cobilis barbalula, de 
l'crevisse, du Blennius viviparus, des Petromyzons, des Syrnes, etc. 

27. Chez les Oiseaux, deux ovaires existent constamment jusqu' la 
naissance. A cette poque, un des ovaires se fltrit, s'atrophie et disparat. 
Cette dgradation et la disparition dfinitive de l'organe s'oprent sous l'in- 
fluence du systme sanguin. (Vie et mort des appareils transitoires. ) 

28. Dans toute la srie animale, l'embryon est un compos d'organes, 
et les organes sont le produit du concours homozygique, d'une part, des 
trois lames muqueuse, sreuse et vasculeuse, et, d'autre part, des feuillets 
analogues dont se compose l'embryon naissant. 

29. Deux feuillets muqueux reprsentent d'abord les premiers rudi- 
ments de l'intestin, puis ces feuillets se rapprochent, et, arrivs au point de 
contact, ils s'unissent par engrenure. Aprs cette runion, l'intestin constitue 
un tube cylindrique ferm ses deux extrmits. Plus tard, une scissure 
l'extrmit antrieure forme la bouche, une autre l'extrmit infrieure 
forme l'anus. 

3o. Chez les Infusoires, le canal intestinal est form par des cellules 
uniques ou multiples, fractionnes ou runies. Ce mode de formation se 
remarque chez la Monade vorticelle, la Monade enchelis, le Volvox glo- 
bator, le Prote diffluent, le Cercaire agit, le Cercaire bourse, le Cercaire 
vermiculaire, etc., etc. Chez ces derniers on voit avec vidence que les In- 
fusoires sont des embryons, et que leurs espces ne sont que des temps 
divers de formations embryonaires. 

3r. Chez les Vertbrs, le poumon nait du pharynx et descend dans 
le thorax. Les branchies des Poissons ont la mme origine. Chez le Ttard 
des Batraciens, les branchies se fltrissent mesure que le poumon se dve- 
loppe. Le Prote et laCciliesont, sous ce rapport, des Ttards permanents. 
{ Pharyngognie. ) 

32. En tratologie, l'absence du pharynx entraine ncessairement 
l'absence du poumon. La dualit du pharynx concide toujours avec deux 
paires de poumons. 1 Tratognie.) 

33. Primitivement chez les Vertbrs, le foie est une version fie l'in- 



( Ml ) 

testin. C'est un coecum sans granulations : plus tard les granulations hpa 
tiques entourent et obstruent ce ccum chez les Vertbrs. 

Chez les Invertbrs (Annlides, Insectes, Crustacs dcapodes), le foie 
reste son premier tat de ccums intestinaux. Chez les Mollusques inf- 
rieurs (Eolides, Phylliros, Calliops, etc.), les granulations hpatiques se 
montrent et rptent en permanence l'hpatognie embryonaire des Ver>- 
tbrs. 

34. L'appareil branchial manque chez l'embryon de l'homme, des 
Mammifres et des Oiseaux. 

35. Cet appareil se trouve chez l'homme dans la cavit de la mem- 
brane ovo-utrine. (Membrane caduque.) 

36. Vous avez sous les yeux le premier exemple que l'on ait trouv 
de l'allantode chez l'homme. En la rapprochant de celle des embryons des 
Mammifres et des Oiseaux qui sont ct, vous voyez que la similitude esl 
complte. 

37. Chez l'embryon du Poulet, cette enveloppe est la suite du conduit 
qui descend des corps de Wolff. 

A mesure que l'allantode se dveloppe, la vsicule ombilicale s'atro- 
phie. Le balancement de croissance et de dcroissance est le mme que 
celui des branchies et des poumons des Batraciens. (Balancement des appa- 
reils organiques.) 

38. La lame vasculeuse est l'appareil de la circulation primitive. Elle 
forme une vsicule rythrode qui environne l'embryon et constitue pour 
lui un amnios transitoire. Ce fait sert de base la Thorie des substitutions 
organiques dont nous vous avons montr de si nombreuses applications. 

39. Les animaux Invertbrs sont des embryons permanents des Ver- 
tbrs. Ils se perfectionnent principalement par addition des tissus, tandis 
que les derniers se perfectionnent de classe en classe par addition d'organes. 

[\o. La formation des Invertbrs est soumise aux mmes rgles que 
celle des Vertbrs. 

4 1 . L'addition et la substitution des parties est le procd du perfec- 
tionnement des Vertbrs et des Invertbrs. 

l\i. L'association des animaux, en zoologie, est la rptition de l'asso- 
ciation des Organites en organognie. 

43. Les Zoonites , ou les animaux lmentaires , peuvent tre libres ou 
associs peu prs comme les Organites ou les organes lmentaires sont 
associs ou dsassocis dans les phnomnes d'organognie ; d'o il suit 
qu'en zoognie, de mme qu'en organognie , les formes diverses drivent 

i5.. 



( ** ) 

du mode d'association des lments. Nous en avons vu des exemples dans la 
formation des Polypes, des chiuodermes, dans les larves des Insectes, 
ainsi que chez les embryons des Crustacs. 

44- La vsicule amniotique est produite par le soulvement des lames 
sreuses qui forment l'aire transparente. Elle se dtache par scissure, d'une 
part des sacs germinateurs, et de l'autre dn limbe de l'aire opaque. (Gn- 
ration par scissure.) 

45. Par ce soulvement, l'embryon se replie sur lui-mme, et le mca- 
nisme de son enveloppement par l'amnios a pour effet de concentrer les 
vaisseaux et le pdicule de la vsicule ombilicale sur le milieu de l'ab- 
domen. Le cordon ombilical est le rsultat de cette concentration. (Ompha- 
lognie.) 

4b- La position de l'ombilic, son degr d'ascension ou d'abaissement, 
est un des signes physiognomoniques les plus importants pour la classifica- 
tion du rgne humain. (Anthropoclassie.) 

47- L'abaissement ou l'lvation du foie dans les diverses races hu- 
maines est la cause de cette variation de position de l'ombilic. La cause 
physique de ce balancement rside dans la direction oppose de la veine et 
des artres ombilicales de l'embryon. 

48. Telles sont les vues principales d'embryognie anthropologique 
qui nous ont dirig dans la distinction des coupes que nous avons tablies 
dans le rgne humain. 

MMOIRES LUS 

optique. Description d'un nouveau polariscope , et recherches sui- 
des doubles rfractions peu nergiques ; par M. A. Bravais. (Extrait par 
l'auteur.) 

(Renvoi l'examen de la Section de Physique.) 

L'instrument que j'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie a pour but 
de faire reconnatre la polarisation elliptique de la lumire, et, acciden- 
tellement, sa polarisation rectiligne ou circulaire, lorsque ces cas parti- 
culiers se prsentent. 

Comme analyseur de la lumire vibrations rectilignes, la sensibilit 
de cet appareil n'est point suprieure celle des polariscopes actuellement 
connus ; mais si la courbe des vibrations lumineuses se change en une ellipse, 
mme fort allonge et diffrant peu d'une ligne droite, le nouveau pola- 



( "3 ) 

riscope dcle aussitt cet tat des rayons lumineux, et, en lui adaptant un 
compensateur d'une nature particulire, on peut dterminer avec une 
grande exactitude l'ellipticit de la vibration, ou, ce qui revient au mme, 
la diffrence de marche des deux vibrations composantes, paralllement aux 
bissectrices des axes de l'ellipse. 

A l'une des extrmits d'un tube, noirci l'intrieur, et d'une lon- 
gueur de 2 3 dcimtres, est plac soit un prisme birfringent, soit un 
prisme de Nicol; l'autre extrmit est une lame de mica normale l'axe 
du tube, et de l'paisseur convenable pour donner, dans de la lumire 
polarise, l'une des teintes que M. Biota appeles teintes sensibles. On peut 
employer cet effet une lame de o mm , 1 1 d'paisseur, si l'on veut obtenir 
la teinte sensible qui termine le premier ordre des anneaux de Newton, ou 
une lame de o mm , i% , si l'on prfre celle qui termine le second ordre et qui 
correspond i\ dix-millionimes de pouce anglais, dans la table des pais- 
seurs que Newton a donne pour les anneaux centre noir. 

Cette lame de mica, avant d'tre fixe entre deux lames de verre paral- 
lles, a t coupe en deux, suivant une section faisant un angle de l\B degrs 
avec la section moyenne d'lasticit de la substance, section qui contient 
les deux axes optiques : ensuite l'une des deux moitis a t retourne, les 
faces infrieure et suprieure se substituant l'une l'autre: enfin, aprs ce 
retournement, on l'a rapproche de l'autre moiti reste immobile, de ma- 
nire simuler une lame unique. Le systme des deux lames, dont les 
sections moyennes sont ainsi croises angle droit, est recouvert d'un dia- 
phragme ouverture carre, de io millimtres de ct, et la ligne de spa- 
ration des deux demi-lames juxtaposes forme l'une des diagonales de ce 
carr. 

Le prisme de Nicol et la lame sensible doivent tre disposs, l'un par 
rapport l'autre, de telle manire que cette diagonale soit dans le plan de 
la section principale du prisme, ou lui soit perpendiculaire. 

L'axe de l'appareil tant dirig suivant le rayon que l'on se propose 
d'analyser, et que je supposerai d'abord polaris rectilignement, on verra la 
lame de mica uniformment colore par la teinte sensible, et cette teinte 
acquerra son intensit maximum, pendant la rotation du tube autour de 
son axe, au moment o la section principale de l'appareil concidera avec le 
plan de polarisation initial. Mais alors, pour peu que la polarisation devienne 
elliptique, la teinte de l'une des deux moitis s'lvera dans l'ordre des cou- 
leurs des anneaux, tandis que la teinte de la moiti voisine s'abaissera d'une 
quantit quivalente. 



( n4 ) 

On peut adapter ce polariscope la partie suprieure de l'appareil de 
Norremberg, et placer sur le porte-objet la substance dont on veut tudier 
l'action sur la lumire. 

Mes recherches cristallographiques me portaient penser que peut-tre 
les cristaux du systme rgulier possdaient un faible pouvoir birfrin- 
gent le long des axes que j'ai nomms axes de symtrie ternaire, et qui ne 
sont autre chose que les grandes diagonales des cubes auxquels ces cristaux 
donnent naissance. Si cette prsomption devait se raliser, en plaant le 
cristal, taill paralllement deux de ses faces octadriques, sur le porte- 
objet de l'appareil, je devais observer des changements de teintes dont la 
restitution se ferait priodiquement chaque sixime de tour, pendant que 
le cristal tournerait autour de la normale aux faces d'entre et de sortie de 
la lumire. 

J'ai opr sur une lame de sel gemme de 36 millimtres d'paisseur, 
sur un alun de 26 millimtres , sur un spath-fluor de 9 millimtres , et sui- 
des bryls normaux l'axe, et de 7 9 millimtres d'paisseur. Je n'ai trouv 
aucune variation de teintes qui suivt la priode indique, mais seulement 
des plages plus ou moins bien circonscrites , dont les teintes s'cartaient 
en plus ou en moins de la teinte sensible, et avaient, pour priode, une 
demi-rotation du cristal. Ces effets, trs-marqus sur le spath-fluor et le 
bryl, taient dus des tensions molculaires, variables en intensit et en 
direction d'une molcule une autre. Telle est mme la cause pour laquelle 
la croix noire des anneaux du bryl est toujours lave de blanc, comme l'a, 
depuis longtemps, fait remarquer M. Babinet. 

Je conclus de ces expriences que , dans le sel gemme , s'il existe une 
diffrence de vitesse entre les rayons normaux aux faces octadriques , selon 
que leur plan de polarisation est normal ou parallle aux artes de ces mmes 
faces, cette diffrence ne saurait dpasser la dix-millionime partie de la va- 
leur absolue de la vitesse ; sans cela, elle et t sensible mon appareil. 

> Si l'on opre sur un cube de verre de 16 millimtres de ct, et plac 
sur le porte-objet de l'appareil Norremberg , de faon que ses faces latrales 
soient diriges suivant les azimuts + 45 et 4$ degrs , il suffit de com- 
primer le cube entre les doigts pour que la variation des teintes dnote le 
pouvoir birfringent que prend alors cette substance. 

Pour mesurer l'nergie de ce pouvoir, on placera sur le trajet des 
rayons un appareil compensateur qui permette de ramener les teintes 
l'galit, et qui, en mme temps, se prte une dtermination numrique. 
On peut employer l'un ou l'autre des deux procds suivants : 



( "5 ) 

Une lame de mica, de l 'paisseur convenable pour donner aux rayons 
moyens du spectre qui la traversent normalement une diffrence de marche 
d'un quart d'ondulation, est place sur le porte-objet de l'appareil. Le 
disque diaphragm qui la supporte peut tourner sur lui-mme, et sa rotation 
peut tre mesure sur la circonfrence du disque. La lame d'un quart d'onde 
ayant sa section principale zro, avant l'interposition du cube de verre 
comprim, la lame sensible reste l'galit des teintes; mais ds que la 
section principale vient tourner d'un petit angle + e?, il en rsulte dans 
les azimuts 45 + o" et 45 + , des diffrences de marche, croissant avec 
la rotation, entre deux vibrations rectilignes, d'ailleurs gales en intensit. 

Si l'on place le cube comprim dans les azimuts de ces vibrations, il 
est clair que les diffrences de marche pourront se compenser, et les teintes, 
vues dans l'analyseur, retourneront alors l'galit ; l'angle & tant celui qui 

produit la compensation, - sera la diffrence de marche des rayons ordi- 
naire et extraordinaire du cube, exprime en longueur d'ondulation des 
rayons moyens du spectre. 

a Cet appareil fort simple a l'inconvnient de ne pouvoir compenser fies 
diffrences de marche suprieures un quart d'ondulation. 

Pour des diffrences plus grandes, j'ai imagin un appareil que l'on 
peut nommer un compensateur teinte plate, et qui consiste en deux com- 
pensateurs du genre de ceux qui sont connus sous le nom de compensa- 
teur optique de M. Babinet; ils doivent tre parfaitement gaux, quant 
l'paisseur et l'angle de leur biseau, et les deux moitis de chacun d'eux 
doivent tre invariablement fixes l'une l'autre. On juxtapose alors, soit 
les deux faces suprieures, soit les deux faces infrieures, de sorte que les 
plans obliques intrieurs soient parallles. Un tel systme plac dans l'ap- 
pareil Norremberg, ses axes cristallographiques dans les azimuts + 45 et 
45 degrs, donne la lumire polarise une teinte plate uniforme qui 
varie en suivant l'chelle de Newton, mesure que l'on fait glisser le com- 
pensateur suprieur sur le compensateur infrieur, au moyen d'une vis 
micromtrique. 

On rtablit l'galit des teintes trouble par la lame de verre compri- 
m, et le mouvement de la vis donne facilement la diffrence de marche 
que l'on a ainsi compense. Cet appareil a, comme on le voit, quelques rap- 
ports avec le compensateur saccharimtrique de M. Duboscq, et j'ai su de- 
puis que M. Soleil pre en avait construit un sur des principes peu prs 
semblables, il y a dj quelques annes, mais sans en publier la description. 



( u6) 

Pour mesurer le pouvoir birfringent du verre sous une pression dter- 
mine par des poids connus, j'ai d employer de la lumire horizontale, et 
renoncer par consquent l'emploi de l'appareil de Norremberg. Avec une 
pression variable de o 29 kilogrammes, fournie par un poids suspendu 
une corde de tension variable par un dynamomtre ressort et aiguille, 
j'ai vu le pouvoir birfringent crotre depuis une pression nulle jusqu' celle 
de 1 1 atmosphres ; la diffrence de marche qui s'tablit alors entre les 
rayons ordinaire et extraordinaire traversant 1 millimtre de verre nor- 
malement la ligne de compression, peut tre reprsente en longueurs 
(1 ondulation, pour les rayons moyens du spectre, par la formule 

o,ooo5o n, 

n tant le nombre d'atmosphres que la lame de verre supporte sur chacune 
de ses bases. 

Toutefois, cette diffrence de marche, gale la deux millime partie 
d'une onde pour chaque atmosphre de pression, m'a paru plus forte 
dans les faibles pressions, et plus faible vers les pressions de 10 atmosphres, 
de sorte que l'effet optique de la compression ne marcherait pas aussi rapi- 
dement que la compression mme. 

Pour le sel gemme soumis la pression de 7 atmosphres, je trouve une 
diffrence de marche un peu plus grande que celle du verre, et qui peut 
tre de mme exprime par la formule 

0,00039/2. 

Ces procds de mesure peuvent s'tendre toutes les substances 
transparentes unirfringentes , et mme on peut, avec quelques artifices 
particuliers, les appliquer celles qui sont naturellement doues de la 
double rfraction. 

CORRESPONDANCE. 

M. Laurent prie l'Acadmie de ne point le comprendre dans le nombre 
des candidats pour la place vacante dans la Section de Zoologie et 
d'Anatomie. 

M. Dcjardin demande et obtient l'autorisation de reprendre un Mmoire 
sur le systme nerveux des Insectes, Mmoire qu'il avait lu la sance 
du 21 octobre i85o et qui avait t renvoy l'examen de la Section de 
Zoologie et d'Anatomie. 



( H7 ) 

Aprs la communication de ces deux Lettres, l'Acadmie, sur la proposi- 
tion de M. le Secrtaire perptuel, dcide que le dpouillement des autres 
pices de la correspondance sera renvoy la sance prochaine, et qu'elle 
entendra immdiatement le Rapport de la Section d'Anatomie sur les titres 
des candidats pour la place vacante par suite du dcs de M. de Blainville. 

COMIT SECRET. 

L'Acadmie entend le Rapport sur les titres des candidats pour la place- 
vacante dans la Section d'Anatomie et de Zoologie; la discussion de ces 
titres, qui n'a pu tre termine dans la prsente sance, sera continue 
dans la prochaine. 

La sance est leve 5 heures trois quarts. A. 



ERRATA. 

(Sance du 20 janvier i85i.) 
Page 68, ligne 4> ou lieu de 2 centimtres de rayon, lisez 2 dcimtres de rayon. 



C. R., i85i, I er Semestre. (T. XXXII, N 4.) 



l6 



( "8) 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

r/ Acadmie a reu, dans la sance du 27 janvier 1 85 1 , les ouvrages dont 
voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 
I er semestre i85i ; n 3; in-4. 

Institut national de France. Acadmie des Beaux- Arts. Discours pro- 
noncs aux funrailles de M. Drolling, le samedi 1 1 janvier 1 85 1 ; 1 feuille 
in-4. 

Cours d'anthropologie (anatomie et histoire naturelle de l'homme }. Rsum 
des leons sur l'embryognie anthropologique; par M. Serres, professeur; 
autographie in-4. 

Histoire naturelle gnrale du rgne organique, principalement tudie chez 
l'homme et les animaux; par M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. Paris. 
i85i ; les deux premires feuilles in-4. 

Connaissance des Temps ou des mouvements clestes, l'usage des astronomes 
et des navigateurs, pour l'an 1 853; publie par le Bureau des Longitudes. 
Paris, i85o; un vol in-8. 

Leons de chimie applique l'agriculture; par M. Isidore Pierre, pro- 
fesseur de chimie la Facult des Sciences de Caen; i re anne, cours de 
l'anne 1848-1849; 2 e anne, 1 849- i85o; 3 e anne, i85o-i85i; ["leon; 
trois brochures in-8. 

Recherches sur la dilatation des liquides; thse de physique prsente la 
Facult des Sciences de Paris, le 1 1 aot 1842; par le mme; broch. in-8. 

Recherches sur quelques seb de zinc, et sur les volumes spcifiques ou ato- 
miques; thse de chimie prsente la Facult des Sciences de Paris, le 
1 1 aot r845; par le mme; broch. in-8. 

Note sur quelques faits relatifs la thorie des radicaux organiques; par le 
mme; broch. in-8. (Extrait du Recueil des travaux de la Socit d'mulation 
pour les sciences pharmaceutiques , cahier trimestriel de juillet 1847. ) 

Recherches sur la dilatation des liquides; parle mme; broch. in-8. (Extrait 
des Annales de Chimie et de Physique, 3 e srie; tome XIX.) 



( "9 ) 

Note sur l'quivalent du titane; par le mme; broch. in-8. (Extrait du 
mme Recueil, tome XX.) 

Recherches sur les proprits physiques des liquides, et, en particulier, sur leur 
dilatation; par le mme; broch. in-8. (Extrait du mme Recueil.) 

Sur un nouveau driv chlor de la liqueur des Hollandais; par le mme; 
broch. iu-8. (Extrait du mme Recueil, tome XXI.) 

Recherches sur la dilatation et sur quelques autres proprits physiques de 
l'acide sulfureux anhydre et du sulfate d'oxyde d'thyle; par le mme; bro- 
chure in-8. (Extrait du mme Recueil.) 

Note sur l'acide sulfureux et sur sa combinaison avec l'eau; par le mme; 
brochure in-8. (Extrait du mme Recueil, tome XXI11.) 

Recherches sur les combinaisons du silicium; par le mme; broch. iu-8 u . 
(Extrait du mme Recueil, tome XXIV.) 

Instruction firalique pour l'lve des abeilles en Bretagne ; par M. Aristide 
Vincent. Brest, i85o; broch. in-8. 

Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine; tome XVI; n 7; i5 jan- 
vier 1 85 1 ; in-8. 

Annales mdico-psychologiques ; par MM. Baillarger, Brierre de Bois- 
mont et Cerise; janvier i85i ; in-8. 

Vahea Madagascariensis a Bojero, viro clarissimo, ad vivam plantam depicta. 
Communicavit Alph. de Candolle; cum tabulis III lithographiciis. (Nova 
acta Acad. cs. Leop. Carol. nat. cur. ; vol. XXII, p. 1). In-4. 

The architect... L'Architecte, journal d'architecture, d'archologie et d'art 
du dcors; n 167; a5 janvier 1 85 1 ; 1 feuille in-4. 

Astronomische... Nouvelles astronomiques de M. Schumacher; n os 743 
745. 

Uber die grundformen . . . Sur les formes fondamentales des lignes du troi- 
sime ordre; par M. A. -F. NiOBius. Leipzig, 1849; broch. in-8. 

\llgemeine... Solution gnrale de tout systme d'quations linaires... 

1 
Uber... Sur le dveloppement de la quantit (1 ixU + ce 2 ) 2 , d'aprs 
les puissances de a; par M. P. -A. Harsen. Leipzig, 1849; broch. in-8. 
Uber die cyclocentrische... Sur la conchospirale cyclocentrique et sur la 



( o ) 

loi de la spirale du Planorbis corneus ; par M. C.-F. Naumanjs. Leipzig, 1 8/jg; 
broch. in-8. 

Uber die querschwingungen... Des oscillations transversales des verges 
lastiques tendues et non tendues; par M. A. SEEBECK.. Leipzig, 1849; bro- 
chure in-8. 

Elektrodijnamische... Dterminations des mesures lectro-dynamiques , etc.; 
par M. Wilhelm Weber. Ijeipzig, i85o; broch. in-8. 

Berichte. . . Comptes rendus des sances de la Socit royale des Sciences de 
Leipzig. (Classe des Sciences mathmatiques et physiques, anne 1849 et n 1 
de i85o; 4 broch. in-8. 

Jahresbericht. . . Rapport annuel de la Socit d'Histoire naturelle de Halle; 
2 e anne, juin 1849 i85o. Berlin, i85o; broch. in-8. 

Moniteur agricole; 4 e anne ; n n . 

Gazette mdicale de Paris; n 4- 

Gazette des Hpitaux; n* 8 10. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 3 FVRIER 1851. 

PRSIDENCE DE M. RAYER. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

M. Arago prsente, au nom de M. de Humboldt, la premire partie du 
troisime volume du Cosmos, dition allemande. 

statistique. Mmoire sur la mortalit dans les cinq premires annes 
de la vie; par M. Charles Dupin. 

J'ai souvent fait part l'Acadmie de mes recherches sur la population 
de la France et sur ses progrs remarquables, dont j'ai donn, sous les formes 
les plus varies, la dmonstration mathmatique. 

Je ne me plains nullement, pour moi, qu'un silence peu prs univer- 
sel ait accueilli des rsultats dont la constatation tait pourtant honorable 
pour notre pays, et favorable la concorde publique. 

Il en est rsult, nanmoins, que des erreurs qui, depuis longtemps, 
devraient tre dcrdites, peuvent encore tre produites au grand jour avec 
une incroyable assurance. On en tire la conclusion, charitable en appa- 
rence, qu'une nation dans laquelle des mortalits pouvantables sont passes 
l'tat chronique, est, pour ainsi dire, une nation refaire, reconstituer 
sur des dbris bons seulement dmolir. 

C. R., i85i, i" Semestre. (T. XXX11, N5.) 17 



( I" ) 

C'est la conclusion qu'on s'est efforc de tirer, il n'y a pas plus de quatre 
jours, en allguant des rsultats errons sur la mortalit prtendue, parmi 
les classes laborieuses, que subissent les enfants dans leurs cinq premires 
annes. 

Je vais offrir ce sujet des rsultats puiss des sources dont l'Aca- 
dmie des Sciences a reconnu l'authenticit. 

Pour la dernire partie du xvm e sicle, Duvillard a constat que, depuis 
la naissance jusqu' la fin de la cinquime anne, il survivait 5832 enfants 
sur 10 ooo, pris sans distinction parmi toutes les classes de la population. 

Pour la premire moiti du XIX e 'sicle, Deparcieux, ancien Membre 
de l'Acadmie, par des relvements faits avec soin sur des registres de ton- 
tines, portant des ges constats, avait prsent des calculs desquels on a 
pu conclure qu' cette poque, et pour des ttes choisies, il survivait, au 
bout des cinq premires annes, 6695 enfants sur 10 000. 

Pour constater l'tat plus rcent de notre population, je ne me lasserai 
jamais de citer le savant et beau travail de M. de Montferrand, couronn par 
l'Acadmie d'aprs un examen approfondi et sur le Rapport de l'illustre 
Poisson. ^ 

M. de Montferrand ne s'est pas content d'tudier l'ensemble de la po- 
pulation franaise; il a compar les diffrences trs- sensibles que prsentent 
nos divers dpartements. Il a reconnu qu'il fallait les subdiviser en trois 
grandes classes comprenant chacune deux sections, depuis celles qui- nous 
offrentles moindres mortalits, jusqu' celles qui prsentent les plus grandes. 

Afin de montrer, par un seul fait, la ncessit de semblables distinc- 
tions, je me contenterai de citer la dure moyenne de la vie pour la France 
entire et pour les deux divisions extrmes. 

M. de Montferrand trouve : 

Hommes. Femmes. 

Pour la France entire . . . 38 ans 4 m i s 4 ans lo mois 

Pour les dpartements , premire classe , premire 

section 43 6 43 6 " 

Dernire classe, dernire section 34 11 35 10 

Parmi les dpartements dont les rsultats sont les moins favorables la 
longvit, se trouve le dpartement du Nord; celui que les amateurs de 
pessimisme ont prsent, naturellement, comme un modle sur lequel il 
faut juger la France entire. 

Dans cette catgorie dfavorable, on a cit des rsultats d'aprs les- 
quels les enfants de la principale cit du dpartement priraient avec tant 



( "3) 

d'abondance, qu'au bout de cinq ans il n'en resterait pas un sur qua- 
rante. 

Voici quelle est la ralit des faits gnraux pour la catgorie laquelle 
appartient le dpartement du Nord. 

Sur ioooo enfants, il en parvient l'ge de cinq ans, non pas 35 
4o, mais prs de cent fois plus! 

Hommes. 

Morts avant la sixime anne 20.277 

Pour naissances 63 . 274 

Proportion pour 10 000 3 . 204 

Femmes. 

Morts avant la sixime anne 18. 588 

Pour naissances 59.702 

Proportion pour 10 000 3. 1 14 

Pour les deux sexes runis. 

Morts avant la sixime anne 38.865 

Pour naissances 122.976 

Proportion pour 10000 3. 159 

Par consquent, pour la moyenne des onze dpartements de la catgo- 
rie qui comprend le dpartement du Nord, sur 10 000 enfants des deux 
sexes, 6841 parviennent l'ge de cinq ans. Telle est la proportion la plus 
dfavorable que prsentent les grandes divisions de la France. 

Comparons maintenant ce rsultat, avec ceux que j'ai cits prcdem- 
ment, pour les deux moitis du sicle dernier. 

Comparaison du nombre d'enfants, sur ioooo naissances, qui parviennent l'ge de cinq 

ans accomplis. 

Survivants atteignant 
l'ge de cinq ans. 
Dernire partie du xvm e sicle : l'poque tudie par Duvillard 

pour toute espce de population 5 . 832 

Premire partie du xix e sicle : l'poque tudie par Depar- 
cieux , pour des ttes choisies parmi celles qui prsentaient le plus 

de chances de longvit 6 . 695 

xix e sicle (1816 i832) : l'poque tudie par M. de Mont- 
ferrand , parmi les dpartements les plus dfavoriss , et pour toute 
espce de population 6. 84 

Ainsi, par le progrs admirable des conditions d'existence de la popu- 

17.. 



( i4 ) 

lation franaise, au XIX e sicle, pour les dpartements qui prsentent les 
plus modestes rsultats, sur iooo nouveau-ns pris au hasard, il en arrive 
l'ge de cinq ans, 146 de plus que les enfants choisis, cent ans aupara- 
vant, comme ayant les plus grandes chances de vitalit. 

Je sais bien qu'on pourra dire : Mais il ne s'agit pas d'un dpartement 
entier ni de ses campagnes, c'est d'une ville, et d'une ville exceptionnelle, 
capitale du dpartement du Nord. C'est l que les -| des enfants prissent 
avant de dpasser leur cinquime anne. 

Heureusement qu'on vient de faire un relev officiel sur les mortalits 
de Lille, pendant cinq annes, o le rsultat devait tre un maximum; puis- 
qu'elles contiennent un an de disette, un de cholra et deux de pertur- 
bation. 

Pendant ces cinq annes la totalit des naissances est de 1 1 .819, et le 
dcs des enfants, n'ayant pas vcu plus de cinq ans, est de 4-4!4- 

Naissances 11 .81g 

Dcs au-dessous de cinq ans 4-4'4 

Survivants effectifs 7 . 4o5 

Survivants pour 1000 naissances au bout de cinq ans. 6.a65 

Proclamons bien haut ce rsultat: mme en comprenant les disettes et. 
le cholra, il meurt encore Lille 467 enfants de moins par 1000 naissances, 
que dans la dernire moiti du sicle dernier, sans disette et sans cholra. 

Si maintenant l'on compare ce rsultat avec celui que j'ai conclu des 
tables de M. de Montferrand pour le dpartement du Nord, on trouve : 

Survivants au bout des cinq premires annes. Montferrand , poques ordinaires. 6.84i 
Cinq ans, y compris disette et cholra 6 . 265 

Diffrence attribuable aux deux flaux 576 

Une pareille diffrence n'a rien qui doive surprendre. 

Si l'on rflchit que le dpartement de la Seine a prsent, pour pertes 
dues au dernier cholra, prs de vingt mille dcs extraordinaires en sus 
des trente-six mille dcs ordinaires, on reconnatra qu'il est impossible 
d'accuser les tables de M. Montferrand de porter trop bas les mortalits 
pour les cinq premires annes de la vie. 

Ce qu'il y a, je ne dirai pas de plus singulier, toutes les fois qu'il 
s'agit de la vie des hommes le langage doit rester grave; ce qu'il y a 
de plus dplorable, c'est que des mortalits prtendues appartenir Lille, 
appartiendraient Manchester, et, qui pis est, ces mortalits attribues 






( ia5 ) 

Manchester seraient changes de telle manire, que le nombre des survivants 
semblait exagr dans le rapport de i 17.... 

A Manchester, il meurt de 5 1 00 5 700 enfants sur 1 o 000 dans les cinq 
premires annes; et le nombre des survivants varie de 4900 43oo au lieu 
d'tre de 25o. 

Concluons des faits rduits leur juste valeur : quoique la cit de Lille 
contienne 100000 habitants resserrs par des fortifications dans un espace 
peu favorable la sant publique ; quoiqu'elle renferme une population qui 
vive, en beaucoup trop grand nombre, dans des logements placs au-dessous 
d'un sol humide, comme l'est toute la Flandre; quoiqu'elle persiste dans un 
travail individuel de filature et de tissus, qui ne peut soutenir la concurrence 
avec le travail collectif des manufactures secondes par la mcanique, nan- 
moins la mortalit se trouve, mme dans les annes de disette et du cholra, 
beaucoup moindre que dans les temps ordinaires Manchester, la cit la 
plus opulente dans le pays le plus riche de l'univers. 

Lorsque nous nonons ainsi les rsultats de l'observation et des cal- 
culs, nous prions de nouveau, nous prions toujours qu'on ne voie pas dans 
renonciation consolante de nos rsultats comparatifs, la pense coupable, 
coup sr, qu'il nous suffit d'tre mieux que nos pres ne l'ont t, d'tre 
mieux mme que ne le sont les populations contemporaines des contres les 
plus opulentes, qu'il nous suffit, je le rpte, que notre population ait de 
meilleures conditions de vitalit qu'elle n'en a jamais eu : non, cela ne 
nous suffit pas. 

Ce que nous demandons aux arts clairs par les sciences, c'est de con- 
tinuer leur marche bienfaisante et progressive; c'est d'conomiser pour l'a- 
venir, ainsi qu'elles l'ont fait dans le pass, ainsi qu'elles le font aujourd'hui , 
c'est d'conomiser les forces et la sant des hommes, en multipliant, en 
amliorant les produits de la terre et de l'industrie ; c'est de fournir de 
plus en plus, de mieux en mieux, aux besoins du peuple, en mnageant ef 
son existence et ses forces, en les appliquant avec plus d'habilet, avec plus 
de fcondit. 

Si, pour avoir l'air d'tre sensible aux maux de la socit, il fallait la 
calomnier; s'il fallait dnaturer les faits, et mme les chiffres, notre amour 
de l'humanit ne pourrait aller jusque-l, ni suivre cette triste voie. Mais, 
tout ce qu'il sera possible d'entreprendre et d'accomplir pour amliorer le 
sort de nos semblables, nous serons prts le faire ; et, pour bienfait sup- 
plmentaire, au lieu de consterner leurs mes, au lieu de les irriter contre la 
socit, nous emploierons tous nos efforts pour faire apprcier aux hommes 



( i6 ) 

les avantages qu'ils retirent d'une civilisation seconde par les sciences, et 
dirige par le vrai gnie de l'humanit. 

Je m'estimerai trs-heureux, si les rsultats que je prsente, et qui de- 
vraient, selon moi, porter la conviction dans tous les esprits impartiaux, 
et l'esprance au lieu du dsespoir dans les curs les plus gnreux ; si ces 
rsultats, comme tous ceux que j'ai dj prsents l'Acadmie, ne semblent 
pas aux dfenseurs de la socit mriter autre chose que l'oubli. 

M. Augustin Cauchy prsente l'Acadmie la suite de ses recherches 
sur les fonctions rationnelles et sur leurs intgrales dfinies. Dans ce nou- 
veau Mmoire, M. Cauchy applique les principes tablis dans la sance 
du 26 octobre 1846, la dtermination des intgrales curvilignes dans les- 
quelles la fonction sous le signe / est une racine d'une quation algbrique 
quelconque, et dtermine dans le cas le plus gnral le nombre des indices 
de priodicit, ou, en d'autres termes, des priodes distinctes qui peuvent 
tre ajoutes une telle intgrale. Il est ainsi conduit un thorme qu'on 
peut noncer comme il suit. 

u tant une fonction donne de z dtermine par une quation alg- 
brique du degr ni, si l'on dsigne par u, l'une des valeurs de u, par u 2 , 
m,,..., Up celles dans lesquelles u, peut se transformer en variant avec z 
par degrs insensibles, par n le nombre total des points d'arrt, enfin 
par v le nombre total des substitutions circulaires correspondantes ces 
points, et formes avec les termes u A , u 2 ,..., u^ [quelques-unes de ces sub- 
stitutions pouvant tre censes renfermer chacune un seul terme, et se r- 
duire, par suite, l'unit], le nombre des priodes distinctes qui pourront 
tre ajoutes l'intgrale fu, dz prise entre deux limites donnes [abstrac- 
tion faite des priodes exprimes par des rsidus de la fonction u], sera 
gnralement ( n i)[x (v 1). 

M. Ch. Bonaparte prsente le modle en pltre de l'Hippopotame nou- 
veau qui est actuellement vivant en Angleterre. 

Il offre l'Acadmie un Mmoire sur le genre Eos , nouveau groupe de 
Perroquets intermdiaire entre les Trichoglossin et les Loriin. Ce travail 
est accompagn de trois belles figures colories. 

J'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie , poursuit-il , la seconde par- 
tie de mon Conspectus Avium. Ce petit volume contient plus de 400 genres 
nouveaux et de a,5oo espces. Les Turdi, les Orioli, les Icteri, les Es- 
treld, les Plocins, etc. , y sont traits avec un soin tout particulier : leurs 



( I2 7 ) 
diffrents articles peuvent tre considrs comme autant de Mmoires sp- 
ciaux. Toutes les espces ont t caractrises et compares scrupuleuse- 
ment; leurs diffrents rapports constats et toutes les coupes analyses. 
Je prie l'Acadmie de vouloir bien reconnatre dans ce travail un des efforts 
que je n'ai cess de faire, depuis mon lection, comme correspondant, pour 
chercher justifier le choix qu'elle a fait de moi. Je la prie aussi de n'attri- 
buer qu' ma profonde reconnaissance le vif dsir que j'ai de ne pas sortir 
de son sein, maintenant que, rendu enfin ma patrie, je me suis fix dans 
sa capitale. 

PICES DONT IL N'AVAIT PU TRE DONN COMMUNICATION 
A LA SANCE DU 27 JANVIER 1851. 

MMOIRES PRSENTS. 

PHYSIQUE. tudes de photomtrie lectrique. Sur la lumire produite 
par les courants voltaques dans l'air et dans les liquides (cinquime 
Mmoire); par M. A. Masson. 

(Renvoyes, comme l'ont t les prcdentes parties de ce travail, l'examen 

de la Section de Physique. ) 

Les recherches que j'ai publies sur la lumire lectrique produite par 
les dcharges des batteries, m'ont conduit aux lois et la cause de ce 
phnomne, qui a t l'objet des investigations d'un grand nombre de 
physiciens. 

Persuad de la gnralit des vues que j'ai exposes dans ma dernire 
communication, je me suis empress de constater que la lumire lectrique, 
quelle qu'en soit la source, prsente toujours les mmes caractres. La 
lumire produite dans l'air par les piles ayant t dj tudie avec soin, il 
me restait examiner les proprits de la lumire obtenue dans les liquides 
par les courants voltaques. 

La difficult de conserver, dans l'tat actuel de nos appareils, une 
intensit constante la lumire produite dans l'air par les courants des piles, 
n'a pas encore permis de mesurer exactement les rapports entre l'intensit 
de cette lumire et celle du courant. 

Je me suis principalement occup, dans ce nouveau travail, de la con- 
stitution, et par consquent du spectre de la lumire lectrique produite 
par les courants des piles dans les solides, l'air et quelques liquides. 

Spectre du platine incandescent. M. Draper a publi des recherches 



( "8 ) 

intressantes (Philosophical Magazine, tome XXX) sur l'analyse du spectre 
du platine rendu incandescent l'aide d'une pile ; il a compar les inten- 
sits calorifiques et lumineuses d'un fil de platine progressivement chauff 
par un courant. 

M. Draper n'ayant indiqu aucun caractre particulier du spectre qu'il 
a observ, j'tais convaincu, d'avance, que ce spectre ne possdait aucune 
raie brillante. L'exprience a rpondu mon attente. 

J'ai pris un fil de platine trs-fin, ayant environ 3 centimtres de lon- 
gueur; je l'ai progressivement chauff jusqu' la fusion, par un courant 
produit par des lments de Bunsen, et, en l'observant, pendant toutes les 
priodes de son chauffement, travers un prisme de flint, dou d'un 
pouvoir trs-dispersif, je n'ai aperu aucune raie brillante dans le spectre. 
Dans toutes ces expriences je me suis servi, comme dans mes prcdents 
travaux, d'un goniomtre de M. Babinet, muni d'une lunette. 

Le fil tait observ directement, ou plac devant la fente du collimateur. 
Spectre de la lumire des piles dans l'air. Pour produire la lumire 
dans l'air, je me suis servi de l'appareil lumire constante de M. Dubosq, 
qui a bien voulu mettre ma disposition sa puissante pile de 5o lments 
de Bunsen. Le spectre produit par la vive lumire qui clate entre les ples 
de graphite, ne prsente aucune raie brillante quand ceux-fl sont assez 
rapprochs pour que la fente du collimateur soit principalement claire 
par les charbons incandescents ; mais lorsque l'arc lumineux devient assez 
tendu pour clairer entirement l'appareil, il contribue seul la produc- 
tion du spectre, qui est alors sillonn, comme on le sait, de magnifiques 
raies brillantes. 

Il m'a t impossible, dans ces premiers essais, de mesurer la dvia- 
tion de ces raies, et de comparer leurs positions avec celles des mmes 
raies produites par l'tincelle d'un condensateur. Tout me porte croire 
que l'identit des deux systmes de raies est complte. 

Il sera cependant utile d'tudier l'influence de la combustion du char- 
bon sur ce phnomne. 

Spectre de la lumire lectrique produite dans les liquides par les cou- 
rants voltaques. Eau. J'ai d'abord employ de l'eau acidule par de 
l'acide sulfurique; la conductibilit de ce liquide tant trop grande, j'ob- 
tenais une dcomposition abondante sans aucune lumire. A ce premier 
liquide, j'ai substitu de l'eau pure, et j'ai pu alors produire l'tincelle 
en mme temps que la sparation des lments de l'eau. Malgr le peu de 
fixit de la lumire qui se dplace chaque instant, et la variation de son 



( la 9 ) 
intensit, il m'a t facile de constater que le spectre ne contient aucune 
raie brillante, quand l'tincelle est assez longue pour bien clairer la fente 
du collimateur. 

.-) Essence de trbenthine. Ce liquide m'a prsent de nouveau les dif- 
ficults que j'ai rencontres en le soumettant l'action de l'tincelle ordi- 
naire. Il se dcompose avec dgagement de gaz et production abondante 
d'une matire charbonneuse qui le rend compltement opaque. Un dpt 
de charbon se forme au ple ngatif, et diminue rapidement la longueur de 
l'arc lumineux. 

L'tincelle est cependant trs- vive, trs-condense, et son spectre ne 
prsente aucune raie brillante. 

Alcool. Ce liquide a de grands avantages sur les deux autres; la lu- 
mire est trs-vive et trs-condense, et, malgr sa dcomposition, l'alcool 
reste parfaitement limpide. Les produits de la dcomposition de l'alcool sont, 
d'aprs M. Arthur Connell (Becquerel, lectricit, tome IV), de l'hydro- 
gne, et un produit qui reste en dissolution dans l'alcool. Comme j'ai cru 
reconnatre l'odeur la prsence de l'aldhyde, il est probable que l'oxygne 
l'tat naissant oxyde l'alcool, et que le seul gaz qu'on puisse recueillir est 
de l'hydrogne pur, ainsi que l'a constat le physicien anglais. La distance 
des charbons, et, par consquent, la grandeur de l'arc lumineux, paraissent 
constantes dans l'alcool, car on peut, sans rien changer l'appareil, main- 
tenir pendant longtemps la mme intensit lumineuse. Le spectre que j'ai 
pu observer avec beaucoup de facilit, dont j'ai pu tudier tous les dtails, 
ne prsente aucune raie brillante. Il est trs-continu et trs-intense. 

La constance de l'tincelle clans l'alcool est un indice presque certain 
que, dans les liquides, la matire des ples n'prouve aucun transport par 
les courants lectriques, au moins dans les conditions de mes expriences ; je 
me propose cependant d'examiner plus attentivement et par plusieurs pro- 
cds, ce point important de mes tudes, que j'ai admis sans preuve cer- 
taine dans les exp ications que j'ai donnes des raies brillantes des spectres 
lectriques. J'essayerai en outre de produire dans les liquides, en augmen- 
tant la puissance de mes appareils, un transport de la matire des ples, et 
si, dans ce cas, je produis des raies dans les spectres, j'aurai fait disparatre 
toute incertitude sur la cause relle d'un phnomne rest jusqu'ici sans 
explication. Les conclusions des expriences prcdentes sont : 

i. La lumire lectrique possde toujours les mmes proprits, quels 
que soient les moyens employs pour la produire. 

a. La lumire lectrique produite dans l'air par les courants donne 

C. B., i5i, i Semestre. [T. XXXII, N< S.) '8 



( i3o ) 

un spectre sillonn par des raies brillantes, qui n'existent pins dans les 
spectres de cette lumire produite dans les liquides. 

3. La lumire produite par les courants voltaques parat due, comme 
celle de l'tincelle lectrique ordinaire, l'incandescence des corps qui pro- 
pagent l'lectricit et suit probablement les lois que nous avons trouves 
pour cette lumire. 

M. Claudet adresse, de Londres, un Mmoire ayant pour titre : Des- 
cription du dynnctinomtre , instrument pour mesurer V intensit des rayons 
photogniques , et pour comparer la puissance des objectifs. Diverses re- 
cherches sur la diffrence entre les foyers visuels et photogniques , et sur 
leur constante variation. Hypothse sur les causes de cette variation. 

Ce Mmoire a t lu, par l'auteur, le 7 aot i85o, l'Association bri- 
tannique, runie Edimbourg. Dans un prcdent Mmoire, prsent l'A- 
cadmie des Sciences, sance du 20 mai 1 844 {Comptes rendus, tome XVIU, 
page 954), M. Claudet avait tabli que le foyer photognique ne concide 
pas, en gnral, avec le foyer visuel, et que l'loignement de ces deux 
foyers varie, d'une part, suivant les distances des objets, de l'autre, suivant 
l'intensit de la lumire. Dans deux autres Mmoires, galement prsents 
l'Acadmie les 18 octobre et 20 dcembre 1847, l'auteur considrait les 
actions que les diverses radiations solaires exercent sur les couches sensibles 
des plaques daguerriennes. Ses nouvelles recherches, qui sont, comme on 
le voit, la suite d'un travail dont les premires parties ont t soumises au 
jugement de l'Acadmie, travail ayant pour but de donner aux oprations 
photographiques toute la prcision dsirable, sont renvoyes l'examen de 
la Commission nomme l'occasion de la prsentation du 18 octobre 1847. 

M. Tiieode adresse une Note relative de prcdentes communications 
concernant la thorie des sons musicaux. 

(Renvoi la Commission nomme.) 

M. Pellabiim prsente un supplment ses prcdentes Notes sur le mal 
de mer. 

Le but que s'est propos M. Pellarin, dans cette nouvelle communica- 
tion, est de faire voir que, quelle que soit la position du corps de la per- 
sonne embarque, les oscillations imprimes au sang par le balancement 
du navire contribuent, tant en dterminant des efforts latraux insolites 
sur les parois des artres qu'en augmentant le frottement, rendre plus 



( '3. ) 

difficile l'abord du sang au cerveau, et dterminer dans cet organe l'tat 
hypohmique, duquel dpendent, suivant l'auteur, les vertiges et les vomis- 
sements. 

(Commission prcdemment nomme.) 

M. Cessac annonce la dcouverte qu'il a faite, dans l'arrondissement de 
Gourdon (Lot), de divers gisements de marbres propres tre employs par 
les architectes. A cet envoi est jointe une caisse contenant des chantillons 
de ces diffrents marbres, et d'une pierre lithographique galement dcou- 
verte par M. Cessac, dans le mme arrondissement. 

Lai Note et les chantillons sont renvoys l'examen d'une Commission 
dj charge d'examiner l'importance d'un gisement de marbre dcouvert 
par M. Norj-Dupar, Commission qui se compose de MM. lie de Beaumont 
et Constant Prvost. 

CORRESPONDANCE. 

M. le Mimstue de la Guerre adresse, pour la bibliothque de l'Institut, 
les cinq premiers volumes d'un Recueil de Mmoires de Mdecine, de Chi- 
rurgie et de Pharmacie militaire, publi sous la direction du Conseil de 
sant des armes. M. le Ministre ajoute qu'il enverra les volumes suivants 
au fur et mesure de leur publication. 

M. Isidore Pierre prie l'Acadmie de vouloir bien le comprendre dans le 
nombre des candidats pour une place de correspondant de la Section de 
Physique actuellement vacante. A cette demande est jointe l'indication des 
principaux travaux sur lequels l'auteur fonde sa candidature. 
(Renvoi la Section de Physique.) 

M. Leconte, qui avait fait au mois d'octobre dernier une communication 
relative un systme de signaux applicables aux besoins des armes, adresse 
une Note additionnelle sur l'emploi de la lumire lectrique dans le mme 
but. 

(Renvoi la Commission prcdemment nomme.) 

LECTRO- physiologie. Sur la cause de la contraction induite. 
(Note de M. Ch. Matteucci. ) 

Il est aujourd'hui hors de doute que deux phnomnes se produisent 
par la contraction musculaire en dehors du muscle mme, dont l'un est 

18.. 



( i3 3 ) 

celui de la contraction veille dans un autre muscle qui touche le pre- 
mier avec son nerf, et l'autre celui de la diminution du courant organique 
qui a lieu au mme moment. On peut donc se demander quelle est la 
liaison de ces deux phnomnes, ou plutt si le second est la cause du 
premier. M. du Bois-Reymond soutient que la diminution du courant 
organique qui est indiqu par l'abaissement rapide de l'aiguille du galva- 
nomtre dans l'acte de la contraction est la cause de la contraction induite. 
Il faut, pour admettre cette explication, supposer pralablement qu'un 
courant organique circide toujours dans le nerf de la grenouille rhosco- 
pique qui est pos sur le muscle, avant d'obtenir la contraction induite, et 
que les variations qui peuvent avoir lieu dans le courant et dans les condi- 
tions o l'on obtient la contraction induite sont suffisantes pour expliquer 
ce phnomne. Il n'est pas difficile de s'assurer que la contraction induite 
a lieu indpendamment de ces conditions; en effet, le nerf de la grenouille 
rhoscopique peut tre pos, d'une manire quelconque, sur le muscle en 
contraction, sans que pour cela on cesse d'obtenir la contraction induite. 
Au moment o ce nerf est pos sur la surface et en travers du muscle de la 
cuisse d'une grenouille, on n'obtient jamais de contraction si la grenouille 
rhoscopique est isole de la main de l'exprimentateur : or, la contraction 
induite se produisant dans cette grenouille, il est impossible d'admettre 
qu'elle soit due la diminution du courant organique, puisque l'exp- 
rience a dmontr que ce courant ne circulait pas avant dans le nerf de la 
grenouille rhoscopique. En oprant sur des muscles simples et formes 
rgulires plutt que sur des masses musculaires, le phnomne de la con- 
traction induite a lieu de la mme manire : sur les muscles qui ont une 
extrmit tendineuse trs-dvloppe, tels que le gastrocnmien de la gre- 
nouille, la contraction induite est plus forte et plus persistante, si le nerf de 
la grenouille rhoscopique isole est pos sur la surface tendineuse, dans 
lequel cas il n'arrive jamais que le courant organique circule avant dans ce 
nerf. Enfin j'ai trouv depuis longtemps qu'en faisant passer un courant 
lectrique bien plus fort que les courants organiques, dans un muscle sur 
la surface duquel on a pos le nerf de la grenouille rhoscopique, il n'y a 
jamais de contraction veille, de quelque manire qu'on fasse varier l'in- 
tensit de ce courant. 

On s'explique facilement ce phnomne en se rappelant la grande dif- 
frence de conductibilit entre une masse musculaire et un filet nerveux : 
les contractions s'veillent tout de suite, si, au lieu d'un courant lectrique, 
on emploie les dcharges d'une bouteille de Leyde, dont la charge est la plus 



( 33 ) 

faible possible et insuffisante pour agir sur le plus dlicat denos lectromlres. 
C'est un phnomne analogue cette dcharge ou celle des poissons lec- 
triques, qui a lieu dans la contraction musculaire, comme je crois l'avoir 
dmontr par les dernires expriences qui font partie de la neuvime srie 
de mes recherches lectro-physiologiques, communiques la Socit royale 
de Londres. Je ne puis que citer ici deux de ces expriences. 

Je pose une demi- grenouille sur un plan isolant, et, avec un arc de 
coton imbib d'eau, je touche, d'une part, l'extrmit infrieure de la jambe, 
de l'autre, l'extrmit suprieure de la jambe, ou la cuisse. Cet arc est inter- 
rompu au milieu par une longueur de 10 ou i 2 millimtres, et je complte le 
circuit l'aide du nerf de la grenouille rhoscopique. Les extrmits de l'arc 
de coton peuvent toucher indiffremment des points quelconques du membre 
de la grenouille. Alors, chaque contraction veille dans cette grenouille, 
on voit la grenouille galvanoscopique se contracter, et il suffit d'intervertir la 
position de son nerf pour s'assurer que ces phnomnes sont excits par une 
dcharge lectrique qui parcourt le membre de la grenouille, de la cuisse 
la jambe, c'est--dire en sens contraire du courant organique. Il suffit d'in- 
terrompre l'arc dans un point quelconque pour voir cesser ce phnomne. 
Dans une autre exprience, j'emploie la grenouille entire, et je runis ses 
deux jambes par les nerfs des deux grenouilles rhoscopiques, placs en sens 
inverse. Il n'y a aucun phnomne dvelopp, si les deux membres se con- 
tractent en mme temps ; mais si l'un des membres se contracte pendant que 
l'autre reste en repos, on voit sur-le-champ se contracter l'une des grenouilles 
rhoscopiques, qui est toujours celle qui par les bouts de son nerf touche 
le membre en contraction. Si la grenouille est pose sur un plan mtallique 
ou sur une couche d'eau, ces phnomnes disparaissent. J'en conclus que, 
dans l'acte de la contraction, il y a une dcharge lectrique qui parcourt le 
membre dans le sens de la ramification des nerfs. 

Les phnomnes dcrits ne peuvent tre expliqus par des variations 
dans les courants organiques, parce qu'il faudrait admettre, ce qui n'est 
pas, qu'un courant organique circule toujours avant la contraction dans le 
filet nerveux de la grenouille rhoscopique, et parce que ces variations 
devraient se montrer dans les grenouilles rhoscopiques, soit au moment 
dans lequel ces courants diminuent, soit au moment dans lequel ces cou- 
rants reprennent leur intensit primitive. Cette dcharge lectrique ayant 
lieu au moment de la contraction, ce qui est une nouvelle et trs-intime 
analogie avec la fonction des poissons lectriques, explique toutes les lois 
de la contraction induite que j'ai trouves, et cette diminution du courant 



( m) 

organique flans l'acte de la contraction, que M. du Bois- Rev moud a bien 
dmontre dans ces derniers temps l'aide d'un galvanomtre beaucoup 
plus dlicat que ceux dont j'avais fait usage dans mes recherches lectro- 
physiologiques. 

La relation intime entre l'lectricit et la fonction quelconque des 
nerfs, est donc aujourd'hui dmontre plus que jamais, puisque nous sa- 
vons que la dcharge lectrique dans un muscle dveloppe ces mmes 
actes physiologiques, qui, leur tour, produisent cette dcharge, et cela 
dans des rapporta dtermins d'intensit et de direction. 

PICES DE LA SEANCE DU 5 FVRIER 1851. 

MMOIRES PRSENTS 

analy.sk mathmatique. Mmoire sur la thorie du dterminant d'un 
systme de Jonctions ; par M. J. Rertrand. 

(Commissaires, MM. Sturm, Liouville, Cauchy.) 
Si l'on considre n fonctions de n variables indpendantes 

J t (X, , X 2 ,. .., X I, J 2 { X { ,.. ., Xj,. .., J n \X\, JT a ,.. ., X n ), 

chacune de ces fonctions correspondent n drives partielles, ce qui fait 
en tout n 2 drives. Le dterminant du systme de ces n 2 drives a t 
nomm par M. Jacobi dterminant du systme des n fonctions. L'illustre 
gomtre allemand a insist, dans l'un de ses Mmoires, sur la grande 
analogie qui existe entre le dterminant d'un systme de fonctions et la d- 
rive d'une fonction d'une seide variable. Mais cette analogie rsulte jus- 
qu'ici de la similitude des noncs et de la forme des rsultats bien plus que 
d'une ressemblance dans les dfinitions et le mode de dmonstration. J'ai 
cherch, dans ce Mmoire, rendre cette analogie importante plus sensible 
encore, et je crois y tre parvenu en adoptant la dfinition suivante pour le 
dterminant d'un svstme de fonctions. 

Si l'on attribue aux n variables n systmes d'accroissements simultans 
et indpendants les uns des autres, il en rsultera n systmes d'accroisse- 
ments pour les fonctions. Le dterminant du systme est la limite du rap- 
port du dterminant des accroissements des fonctions au dterminant des 
accroissements des variables lorsque ceux-ci deviennent infiniment petits. 
Cette limite est indpendante des accroissements que l'on a choisis et de la 
loi suivant laquelle on les fait dcrotre. 



( i35 ) 

Cette dfinition, ou plutt ce thorme, conduit toutes les proprits 
du dterminant comme des corollaires vidents. 

physique. Dmonstration physique du mouvement de rotation de la terre 
au moyen du pendule; par M. L. Foucault. 
(Commissaires, MM. Arago, Pouillet, Binet.) 

Les observations si nombreuses et si importantes dont le pendule a t 
jusqu'ici l'objet, sont surtout relatives la dure des oscillations; celles 
que je me propose de faire connatre l'Acadmie ont principalement port 
sur la direction du plan d'oscillation qui, se dplaant graduellement, 
d'orient en occident, fournit un signe sensible du mouvement diurne du 
globe terrestre. 

Afin d'arriver justifier cette interprtation d'un rsultat constant, je 
ferai abstraction du mouvement de translation de la terre, qui est sans 
influence sur le phnomne que je veux mettre en vidence, et je appo- 
serai que l'observateur se transporte au ple pour y tablir un pendule r- 
duit sa plus grande simplicit, c'est--dire un pendule compos d'une 
masse pesante homogne et sphrique, suspendue par un fil flexible un 
point absolument fixe; je supposerai mme, tout d'abord, que ce point de 
suspension est exactement sur le prolongement de l'axe de rotation du 
globe, et que les pices solides qui le supportent ne participent pas au mou- 
vement diurne. Si, dans ces circonstances, on loigne de sa position d'qui- 
libre la masse du pendule, et si on l'abandonne l'action de la pesanteur 
sans lui communiquer aucune impulsion latrale, son centre de gravit 
repassera par la verticale, et, en vertu de la vitesse acquise, il s'lvera de 
l'autre ct de la verticale une hauteur presque gale celle d'o d est 
parti. Parvenu en ce point, sa vitesse expire, change de signe, et le ramne, 
en le faisant passer encore par la verticale, un peu au-dessous de son point 
de dpart. Ainsi l'on provoque un mouvement oscillatoire de la masse, 
suivant un arc de cercle dont le plan est nettement dtermin, et auquel 
l'inertie de la matire assure une position invariable dans l'espace. Si donc- 
ces oscillations se perptuent pendant un certain temps, le mouvement de la 
terre, qui ne cesse de tourner d'occident en orient, deviendra sensible par 
le contraste de l'immobilit du plan d'oscillation dont la trace sur le sol 
semblera anime d'un mouvement conforme au mouvement apparent de la 
sphre cleste; et si les oscillations pouvaient se perptuer pendant vingt- 
quatre heures, la trace de leur plan excuterait dans le mme temps une 
rvolution entire autour del projection verticale du point de suspension. 



( '36 ) 

Telles sont les conditions idales dans lesquelles le mouvement de 
rotation du globe deviendrait videmment accessible l'observation. 
Mais en ralit on est matriellement oblig de prendre un point d'appui 
sur un sol mouvant; les pices rigides o s'attache l'extrmit suprieure 
du fil du pendule ne peuvent tre soustraites au mouvement diurne, et l'on 
pourrait craindre, premire vue, que ce mouvement communiqu au fil 
et la masse pendulaire n'altrt la direction du plan d'oscillation. Toute- 
fois la thorie ne montre pas l une difficult srieuse, et, de son ct, 
l'exprience m'a montr que, pourvu que le fil soit rond et homogne, on 
peut le faire tourner assez rapidement sur lui-mme dans un sens ou dans 
l'autre sans influer sensiblement sur la position du plan d'oscillation, en 
sorte que l'exprience telle que je viens de la dcrire doit russir au ple 
dans toute sa puret (i). 

Mais quand on descend vers nos latitudes, le phnomne se complique 
d'un lment assez difficile apprcier et sur lequel je souhaite bien vive- 
ment d'attirer l'attention des gomtres. 

A mesure qued'on approche de l'quateur, le plan de l'horizon prend 
sur l'axe de la terre une position de plus en plus oblique, et la verticale, au 
lieu de tourner sur elle-mme comme au ple, dcrit un cne de plus en 
plus ouvert; il en rsulte un ralentissement dans le mouvement apparent du 
plan d'oscillation, mouvement qui s'annule l'quateur pour changer de 
sens dans l'autre hmisphre. Pour dterminer la loi suivant laquelle varie 
ce mouvement sous les diverses latitudes, il faut recourir soit l'analyse, 
soit des considrations mcaniques et gomtriques que ne comporte pas 
l'tendue restreinte de cette Note; je dois donc me borner noncer que 
les deux mthodes s'accordent, en ngligeant certains phnomnes secon- 
daires, montrer le dplacement angulaire du plan d'oscillation comme de- 
vant tre gal au mouvement angulaire de la terre dans le mme temps 
multipli par le sinus de la latitude. Je me suis donc mis l'uvre avec 



(i) L'indpendance du plan d'oscillation et du point de suspension peut tre rendue vi- 
dente par une exprience qui m'a mis sur la voie et qui est trs- facile rpter. Aprs 
avofr fix, sur l'arbre d'un tour et dans la direction de l'axe, une verge d'acier ronde et 
flexible, on la met en vibration en l'cartant de sa position d'quilibre et en l'abandonnant 
elle-mme. Ainsi l'on dtermine un plan d'oscillation qui, par la persistance des impres- 
sions visuelles, se trouve nettement dessin dans l'espace: or on remarque qu'en faisant 
tourner la main l'arbre qui sert de support cette verge vibrante, on n'entrane pas le plan 
d'oscillation. 



( 3 7 ) 
confiance, et en oprant de la manire suivante. J'ai constat dans son sens 
et dans sa grandeur probable la ralit du phnomne prvu. 

Au sommet de la vote d'une cave on a solidement scell une forte 
pice en fonte qui doit donner un point d'appui au fil de suspension, 
lequel se dgage du sein d'une petite masse d'acier tremp dont la surface 
libre est parfaitement horizontale. Ce fil est d'acier fortement croui par 
l'action mme de la filire; son diamtre varie entre -j% et |^de millimtre; 
il se dveloppe sur une longueur de i mtres et porte son extrmit inf- 
rieure une sphre de laiton rode et polie qui, de plus, a t martele de 
faon ce que son centre de gravit concide avec son centre de figure. 
Cette sphre pse 5 kilogrammes et elle porte un prolongement aigu qui 
semble faire suite au fil suspenseur. 

Quand on veut procder l'exprience, on commence par annuler 
la torsion du fil et par faire vanouir les oscillations tournantes de la spbre. 
Puis, pour l'carter de sa position d'quilibre, on l'embrasse dans une anse 
de fil organique dont l'extrmit libre est attache un point fixe pris sur la 
muraille, une faible hauteur au-dessus du sol. On dispose arbitrairement, 
par la longueur donne ce fil, de l'cart du pendule et de la grandeur 
des oscillations qu'on veut lui imprimer. Gnralement, dans mes exp- 
riences, ces oscillations comprenaient l'origine un arc de i5 20 degrs. 
Avant de passer outre, il est ncessaire d'amortir, par un obstacle que l'on 
retire peu peu, le mouvement oscillatoire que le pendule excute encore 
sous la dpendance des deux fils. Puis, ds qu'on est parvenu l'amener 
au repos, on brle le fil organique en quelque point de sa longueur; sa 
tnacit venant alors faire dfaut, il se rompt, l'anse qui circonscrivait la 
sphre tombe terre, et le pendule, obissant la seule force de la gravit, 
entre en marche et fournit une longue suite d'oscillations dont le plan ne 
tarde pas prouver un dplacement sensible. 

Au bout d'une demi-heure, ce dplacement est tel, qu'il saute aux 
yeux; mais il est plus intressant de suivre le phnomne de prs, afin de 
s'assurer de la continuit de l'effet. Pour cela on se sert d'une pointe ver- 
ticale, d'une sorte de style mont sur un support, que l'on place terre, de 
manire ce que dans son mouvement de va-et-vient le prolongement 
appendiculaire du pendule vienne, la limite de son excursion, raser la pointe 
fixe. En moins d'une minute, l'exacte concidence des deux pointes cesse de se 
reproduire, la pointe oscillante se dplaant constamment vers la gauche de 
l'observateur; ce qui indique que la dviation du plan d'oscillation a lieu 
dans le sens mme de la composante horizontale du mouvement apparent 

C. R., i85i, I er Semestre. (T. XXXII, N S.) '9 



( '38) 

de la sphre cleste. La grandeur moyenne de ce mouvement, rapporte 
au temps qu'il emploie se produire, montre, conformment aux indica- 
tions del thorie, que sous nos latitudes la trace horizontale du plan d'os- 
cillation ne fait pas un tour entier dans les vingt-quatre heures. 

Je dois l'obligeance de M. Arago et au zle intelligent de notre ha- 
bile constructeur, M. Froment, qui m'a si activement second dans l'ex- 
cution de ce travail, d'avoir pu dj reproduire l'exprience sur une plus 
grande chelle. Profitant de la hauteur de la salle de la Mridienne, l'Ob- 
servatoire, j'ai pu donner au fil du pendule une longueur deii mtres. 
L'oscillation est deveue la fois plus lente et plus tendue, en sorte qu'entre 
deux retours conscutifs du pendule au point de repre, on constate mani- 
festement une dviation sensible vers la gauche. 

Je prsenterai, en terminant, une dernire remarque : 
C'est que les faits observs dans les circonstances o je me suis plac 
concordent parfaitement avec les rsidtats noncs par Poisson, dans un 
Mmoire trs-remarquable lu devant l'Acadmie, le lundi i3 novembre 
1837. Dans ce Mmoire, Poisson, traitant du mouvement des projectiles dans 
l'air, en ayant gard au mouvement diurne del terre, dmontra par le calcul 
que, sous nos latitudes, les projectiles lancs vers un point quelconque de 
l'horizon prouvent une dviation qui a lieu constamment vers la droite de 
l'observateur plac au point de dpart et tourn vers la trajectoire. Il m'a 
sembl que la masse du pendule peut tre assimile un projectile qui d- 
vie vers la droite quand il s'loigne de l'observateur, et qui ncessairement 
dvie en sens inverse, en retournant vers son point de dpart; ce qui conduit 
au dplacement progressif du plan moyen d'oscillation et en indique le sens. 
Toutefois le pendule prsente l'avantage d'accumuler les effets et de les faire 
passer du domaine de la thorie dans celui de l'observation. 

physique du globe. Sur La mesure des plus grandes profondeurs de la mer 
et sur leur temprature. Nouvel hydrobaromtre ; par M. H. Walferdin. 

(Commissaires, MM. Arago, Pouillet, Regnault.) 

Des expriences rigoureuses et souvent rptes (1) ont prouv: 

D'une part, que le moyen le plus sr de garantir des effets de la pres- 

(1) Notamment, pour mes thermomtres minima, par MM. Bravais, Martins et Lottin, 
dans l'expdition du Nord; et, pour mes thermomtres maxima, par M. Arago et moi, 
dans les observations que nous avons faites au puits de Grenelle avant le jaillissement de la 
nappe souterraine. 



( ,3 9 ) 
sion les instruments thermomtriques destins indiquer la temprature 
de grandes profondeurs, consistait les renfermer, ainsi que je l'ai fait, dans 
des tubes en verre d'paisseur proportionne la pression qu'ils ont sup- 
porter, et convenablement scells la lampe d'mailleur ; 

De l'autre, que mes thermomtres dversement taient l'abri de 
toute cause d'erreurs autres que celles qui peuvent provenir des effets de la 
pression; et ils en sont compltement garantis par le procd que je viens 
d'indiquer. 

Aprs avoir obtenu ce double rsultat, je me suis occup de la re- 
cherche de moyens d'une application facile, qui pussent indiquer avec 
certitude les plus grandes profondeurs de la mer. 

C'est en soumettant un de mes appareils dversoir directement la 
pression, au lieu de l'en garantir, que je le rends propre donner la me- 
sure de la pression exerce par la colonne d'eau qu'il doit supporter, et, 
par consquent, de la profondeur laquelle il est mis en exprience. 

Pour bien faire comprendre l'application de cet appareil au cas dont 
il s'agit, je crois devoir rappeler une exprience que j'ai signale depuis 
longtemps dans un Mmoire o j'ai examin les causes d'erreur qui peuvent 
entacher les observations thermomtriques faites sous de fortes pressions, 
suivant la nature des instruments employs (i). 

Si l'on prend un thermomtre ordinaire mercure dont la cuvette, de 
5 6 millimtres de diamtre, ait t souffle sur la tige et non rapporte, 
et si l'on place cette cuvette entre le pouce et l'index, de manire la cou- 
vrir, elle ne tarde pas se mettre en quilibre avec la temprature qui lui 
est ainsi communique, et le niveau du mercure se maintient dans la tige 
une hauteur correspondante cette temprature. Mais si on la comprime 
ensuite en la pressant avec les doigts seulement, le mercure s'lve sensi- 
blement dans la tige lorsque cette dernire est suffisamment capillaire. 

L'ascension du mercure dans la tige ne provient plus, dans ce cas, d'un 
accroissement de temprature, mais de la pression qu'on a exerce sur les 
parois de la cuvette, et l'on fait ainsi descendre ou monter le mercure 
volont, suivant que l'on comprime ou que l'on cesse de presser la cuvette 
de l'instrument. 

(l) Sur les effets de la pression et sur les autres causes d'erreur qui peuvent affecter les 
observations de temprature faites sous l'eau de grandes profondeurs. (Bulletin de ta 
Socit gologique de France, tome XI; 183g.) 

19.. 



( i4o) 

Au lieu de se servir d'un thermomtre ordinaire, emploie-t-on, pour 
la mme exprience, vin thermomtre maxima dversement rempli de 
mercure jusqu' l'extrmit de la pointe, il est vident que le mercure qui, 
dans le thermomtre ordinaire, montait dans la tige sous l'effet de la pres- 
sion, va, dans le thermomtre maxima, se dverser parla pointe, et que 
le dversement aura lieu ds que la pression commencera et tant qu'elle 
s'accrotra : quand elle cessera, au contraire, le mercure descendra dans la 
tige, ayant de moins ce que le maximum de la pression a fait dverser. 
C'est exactement ce qui se passe, lorsque, dans une observation sous-ma- 
rine, l'instrument est librement expos la pression de la colonne liquide 
qu'il doit traverser, et lorsqu'il revient la surface. 

La mthode, pour apprcier le rsultat ainsi obtenu, est des plus faciles 
appliquer bord d'un navire. Si, avant l'exprience, l'instrument a t 
rempli de mercure jusqu' la pointe, la temprature de la surface de la 
mer, il suffit, aprs l'exprience, de le replacer la mme temprature, 
pour lire sur l'chelle de la tige, par la quantit de mercure manquant, 
l'indication de la pression exerce. 

Il ne faut pas perdre de vue que, dans les observations sous-marines, 
on n'a gnralement observer que des abaissements de temprature que 
le thermomtre minima a pour but d'indiquer spcialement. Ainsi le ther- 
momtre maxima ne fonctionne plus ici comme tel, mais seulement comme 
instrument baromtrique donnant la mesure de la pression qu'il a subie. 

On voit que l'effet qui se produit en petit et sous un effort peu con- 
sidrable, pour le thermomtre ordinaire, dans l'exemple que j'ai cit en 
premier lieu, se reproduit en grand, pour le thermomtre maxima d- 
versoir, lorsqu'il est expos une forte pression ; on voit galement que cet 
effet est d l'lasticit du verre dont la cuvette de l'instrument est 
forme. 

Lorsque cette cuvette est convenablement construite, le verre, en raison 
de son lasticit, obit d'autant plus facilement la compression que, sous 
l'eau, celle-ci s'exerce successivement et dans tous les sens. La cuvette se 
comprime, se dforme lentement; sa capacit se trouvant ainsi diminue, 
le liquide se dplace, et le dversement a lieu sans que l'instrument se brise, 
comme on le croit ordinairement : quelque norme que soit la pression 
exerce par la colonne liquide, il est l'abri de toute rupture tant qu'il y 
a dversement. 

Il n'en serait pas de mme du thermomtre ordinaire, ferm sans es- 



( 4i ) 

pace vide dans sa partie suprieure ; une fois que le mercure y serait par- 
venu, la cuvette se romprait infailliblement, quelle que ft l'lasticit du 
verre. 

Il est remarquer , en outre , que lorsque l'instrument revient la sur- 
face, la pression diminuant successivement, la cuvette reprend exactement 
la forme qu'elle avait d'abord. 

Ces faits m'ont t dmontrs par une suite d'expriences rptes sous 
diffrentes pressions. Je citerai, entre autres, l'observation faite le 18 aot 
1 84o , Grenelle , par M. Arago et moi. 

Six thermomtres maxima dversement, garantis de la pression, 
avaient t placs 5o5 mtres de profondeur, et ils ont indiqu, avec un 
accord remarquable, une temprature moyenne de 2,43. {Comptes 
rendus des sances de l'Acadmie des Sciences, tome XI , page 707 . ) 

Mais un septime instrument avait t en mme temps mis en exprience 
sans tre l'abri de la pression, et au lieu de 2,43, il a indiqu 3c) ,5o. 

La pression exerce par 5o,5 atmosphres avait ainsi occasionn un 
surcrot de dversement gal la valeur de i3,07, c'est--dire, pour 
l'chelle arbitraire de l'instrument dont il s'agit, un nombre de divisions 
correspondant, en moyenne, la valeur d'un quart de degr par atmosphre. 
Il rsulte de ce qui prcde que, pour les observations sous-marines, 
le thermomtre minima dversement, garanti de la pression, donne ri- 
goureusement l'indication de la temprature toute profondeur, et que le 
thermomtre maxima, ou du moins un instrument construit d'aprs le 
mme principe et dispos de manire que la cuvette soit soumise directement 
la pression, rapporte la mesure de la profondeur laquelle les deux instru- 
ments ont t mis en exprience, quelle qu'ait pu tre la dviation de la 
ligne de sonde. 

J'ajouterai que, lorsque le rsultat est constat, il y a faire, pour l'in- 
strument maxima ainsi employ, une correction en plus, facile calculer 
d'aprs le dcroissement de temprature qu'a indiqu le thermomtre 
minima garanti des effets de pression. 

J'ai pris le thermomtre maxima dversoir comme type de l'instru- 
ment que je propose d'employer pour dterminer les plus grandes profon- 
deurs de la mer, parce que la thorie de sa marche et de sa construction 
tant bien connue maintenant, il m'a paru faire concevoir assez nettement 
l'application du principe dont je me sers pour la mesure des pressions. 
Ramen aune moins grande marche que le thermomtre maxima qui 



( 4* ) 
peut facilement donner la lecture directe des centimes de degr, lgre- 
ment modifi dans sa partie suprieure et tabli dans des proportions en 
rapport avec sa nouvelle destination, cet instrument n'est videmment plus 
un thermomtre maxima; il n'a de commun avec ce dernier que le prin- 
cipe du dversement, et sa cuvette tant convenablement construite, il peut 
supporter, sans se briser, plusieurs centaines d'atmosphres. C'est un in- 
strument entirement nouveau, un hydrobaromtre qui indique de lui- 
mme, sans rouage et sans mcanisme, les profondeurs dans l'intrieur de la 
mer, comme le baromtre nous indique les hauteurs dans notre atmosphre. 

Je ne me suis point born l dans mes recherches ; je suis arriv au 
mme rsultat par d'autres procds d'une grande simplicit, qui dispensent 
de recourir l'emploi de la ligne de sonde et permettent d'embrasser l'en- 
semble des expriences ncessaires pour tudier les phnomnes qui se 
passent dans les rgions sous- marines leur plus grande profondeur. 

De nombreux essais faits dans le laboratoire, ont cependant besoin 
d'tre confirms par des expriences directes qui seront prochainement r- 
ptes bord ; ils feront alors l'objet d'un second Mmoire. 

Mais de rcentes communications ayant appel l'attention de l'Acad- 
mie sur ces sortes de recherches, je crois devoir, pour viter toute supposi- 
tion de plagiat ou d'imitation, dcrire les autres procds que j'emploie, 
dans une Note cachete dont je prie l'Acadmie de recevoir le dpt. 

M. Carville soumet au jugement de l'Acadmie trois Mmoires concer- 
nant i un nouveau four coke, i un four modrateur cuire le pain, 
3 la fabrication en terres rfractaires de cornues gaz. 

(Commissaires, MM. Pelouze, Morin, Payen.) 

MM. Durand et Laporte, boulangers Toulouse, annoncent tre parvenus 
panifier le gluten qui se perdait dans les fabriques d'amidon, et adressent 
des spcimens des produits qu'ils ont obtenus. 

(Commissaires, MM. Andral, Payen.) 

M. Viau prsente un nouveau supplment sa communication sur un 
moteur qu'il suppose propre remplacer les machines vapeur. 

(Commission prcdemment nomme. ) 



( i43) 

CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de la Marine transmet le Rapport suivant qui lui a t 
adress par M. Bonnet, capitaine au long cours, commandant le navire 
le Lion. 

Le Lion est parti le 1 7 mai de la rivire de Bordeaux avec un charge- 
ment de vins et autres articles, et quatre-vingt-six passagers pour Buenos- 
Ayres. Sa navigation n'a rien eu de remarquable jusqu' l'embouchure 
de la Plata; mais l nous avons t tmoins, durant trois jours, d'un ph- 
nomne singulier. Tandis que sur le pont et dans les rgions infrieures 
de la mture rgnait un calme profond, il ventait jolie brise dans nos per- 
roquets, et nous nous voyions obligs de serrer nos cacatois pour ne pas les 
perdre par la violence du vent. Le ciel, quoique sans nuages, tait trs- 
vaporeux, et un mirage extraordinaire se produisait l'horizon. La mer 
tait unie comme une glace, tandis que nous entendions le sifflement du 
vent dans les cordages du haut de la mture ; ce phnomne avait lieu les 
10, 1 1 et 12 juillet. Dans la nuit du 12 au 1 3, aprs avoir pris le pilote 
la pointe de YIndio, le vent s'est abaiss graduellement dans les huniers, et 
lorsqu'il a atteint les basses voiles, il nous a obligs de prendre des ris : le 
vent tait du nord-ouest au nord. 

Dix jours aprs clatait le coup de vent de sud-sud-est au sud-est cpii 
a fait gonfler les eaux de la Plata, et a caus une inondation qui a submerg 
beaucoup d'habitations et noy beaucoup de bestiaux. Quantit de navires 
ont t jets la cte, et dans le nombre se sont trouvs les navires franais 
la Ville de Rouen, la Zilia, le Lamennais et le Nouveau-Provenal. 

Dans le deuxime ouragan qui s'est fait sentir dans la nuit du 16 au 
1 7 septembre, la mer, quoique moins haute, a t beaucoup plus mauvaise, 
le vent plus violent et les navires ont souffert davantage. Indpendamment 
de nombreux abordages, une quinzaine de navires ont t jets la cte, 
parmi lesquels le Saint-Martin, de Bordeaux, et l'Aukober. 

Il esta remarquer que dans les annes i835, 1820, 1804, '790, de 
semblables coups de vent se sont fait sentir, ce qui semble indiquer qu'ils 
ne se renouvellent qu' une priode d'environ quinze annes. 

Le Lion est parti le 6 octobre de Buenos- Ayres, et est arriv, le 4 d- 
cembre 1 85o, dans le port du Havre, n'ayant rien signaler dans sa traverse 
de retour. 



( i44 ) 

M. le Secrtaire perptuel de l'Acadmie des Beaux-Arts prie l'Acadmie 
de vouloir bien adjoindre deux de ses Membres une Commission qu'elle 
a charge de lui faire un Rapport sur un appareil invent par M. Jean de 
Bay , pour le transport des objets d'art. 

MM. Poncelet et Morin sont dsigns cet effet. 

M. Wertheim demande l'ouverture d'un paquet cachet dpos par lui 
le a3 dcembre dernier. Ce paquet est ouvert en sance, et renferme la 
Note suivante dont il est donn lecture : 

Sur les effets optiques de la compression du verre. 

J'ai modifi l'appareil de Norremberg de manire pouvoir rpter les 
expriences de M. Biot sur la dpolarisation de la lumire par l'effet des 
vibrations longitudinales. J'ai trouv que cette dpolarisation apparente 
atteignait son maximum lorsque le plan de polarisation fait un angle de 
45 degrs avec le plan des vibrations, et qu'elle tait nulle lorsque cet 
angle est gal o ou 90 degrs. 

En excitant des vibrations trs-intenses, j'ai pu voir qu'il n'y avait pas 
seulement dpolarisation, mais que l'image claire s'assombrissait en mme 
temps que l'image sombre s'claircissait. 

J'ai en vain cherch produire le mme effet, au moyen des vibrations 
longitudinales des liquides. 

Pour claircir cette question, j'ai fait construire un appareil dans lequel 
je peux comprimer un cube de verre galement sur toute sa surface : ce cube 
est pos entre deux plans d'acier, dont le suprieur porte la caisse poids 
munie de vis calantes ; au moment o l'on relve ces vis, le verre se trouve 
comprim par toute la charge que la caisse contient. 

Cet appareil est tabli verticalement entre deux bobines de l'appareil 
de Rumkorff. Les sections principales du prisme de Nichol et du prisme 
birfringent qui sert d'analyseur, sont parallles et font un angle de 45 de- 
grs avec la verticale. 

En augmentant successivement les charges, on voit les deux images 
parcourir toute l'chelle chromatique ; j'ai t assez heureux pour trouver 
des verres assez bien recuits pour qu'en visant travers le centre du cube, on 
n'aperoive que des teintes sensiblement plates. De cette manire on peut 



C i45 ) 

dterminer, dans les deux sens perpendiculaires, les diffrences de densit 
linaire, avec lesquelles on obtient chacune des couleurs du spectre; ce qui 
conduit une dtermination plus exacte des diffrences de marche et des 
longueurs d'ondulation. Il est remarquer que les teintes complmentaires 
sont presque insensibles, tant que la diffrence des chemins parcourus ne 
dpasse pas un quart d'ondidation. Ainsi, sans charge, l'image ordinaire a 
disparu, on ne voit que l'image extraordinaire. Par l'effet des premires 
charges, l'image ordinaire s'claircit, et l'image extraordinaire s'assombrit. 
Kn augmentant successivement les charges, on arrive l'galit des deux 
images, qui sont toutes les deux presque blanches. A partir de ce point, on 
voit paratre les couleurs complmentaires qui deviennent de plus en plus 
vives mesure que l'on augmente les charges; ainsi, pour un cube de verre 
de ss 5 millimtres de ct, les deux images se trouvent interverties avec la 
charge de 260 kilogrammes, c'est--dire que l'image ordinaire est trs-vive 
et blanc-gristre, tandis que l'image extraordinaire se trouve sur le passage 
du rouge au violet. En augmentant les charges, on voit apparatre les cou- 
leurs complmentaires de plus en plus vives, jusqu' une nouvelle inver- 



sion, etc. 



Je me propose d'tudier maintenant les changements de teinte que 
l'on obtient par l'effet des lectro-aimants, et de traiter ensuite les questions 
thoriques qui se rattachent ces observations; mais je dsire, avant tout, 
m'assurer la proprit de ma mthode d'observation. 

lectricit. Sur le dveloppement de V lectricit dans les combinaisons 
chimiques, et sur la thorie des piles formes avec un seul mtal et deux 
liquides diffrents. (Note de M. Ch. Matteucci.) 

Je demande la permission de communiquer l'Acadmie les rsultats 
principaux de mes dernires expriences sur ce sujet, qui forment la suite de 
celles publies dans les Annales de Chimie et de Physique, tome X, page 68, 
et tome XVI, page 257, et de celles plus rcemment communiques l'Aca- 
dmie dans la sance du 3i dcembre 1 849. J'ai dmontr d'abord que dans 
la clbre pile de M. Becquerel, dans laquelle le courant dvelopp a une 
intensit qui est au moins cinq six cents fois plus grande que celle obtenue 
dans toutes les autres combinaisons d'acides et de bases, l'acide nitrique 
agit en grande partie indpendamment de son affinit pour la potasse et 
plutt de la mme manire que dans les piles de Grove et de Bunsen. En 

C. R., i85l, I er Semestre. (T. XXXII, N g.) 20 



( 46 ) 

effet, le courant de la pile de M. Becquerel ne diminue pas d'intensit en in- 
terposant une couche d'une solution d'acide sulfurique entre l'acide nitrique 
et la potasse, tandis que cette mme pile cesse d'agir, et son courant n'est 
plus sensible qu' des galvanomtres trs-dlicats, si, tout en laissant l'acide 
nitrique en contact de la potasse, on fait plonger la lame de platine dans la 
solution d'acide sulfurique. Je ne ferai que citer les autres piles formes 
avec deux liquides diffrents, spars par une couche de porcelaine et mis en 
communication par un arc de platine, desquelles j'ai obtenu des effets lec- 
triques plus forts que ceux donns par la pile acide nitrique et potasse, et 
qui dmontrent d'une manire vidente la vraie thorie de ces piles. Dans 
tous les cas que je vais dcrire, le courant tait dvelopp avec la mme in- 
tensit, soit que les deux liquides fussent directement en contact, soit qu'ils 
fussent spars par une couche d'une solution d'acide sulfurique. Une disso- 
lution concentre d'acide sulfureux ou de sulfite de potasse forme avec l'a- 
cide nitrique une pile dont les effets lectriques sont plus forts que dans la 
pile potasse et acide nitrique. Une dissolution dpotasse bouillie avec un 
excs de soufre et l'acide nitrique donnent des effets semblables. De mme, 
au lieu de la potasse on peut employer une solution concentre de proto- 
sulfatedefer. Dans toutes les combinaisons prcdentes, l'acide nitrique peut 
tre remplac par une solution de bichromate de potasse, de persulfate de 
fer, ou par du bioxyde de plomb convenablement tass et mouill avec une 
solution d'acide sulfurique. Les effets lectriques des piles dcrites sont trs- 
forts : ainsi un seul couple d'acide nitrique et d'acide sulfureux ou sulfite de 
potasse ou potasse bouillie avec le soufre, dcompose l'eau du voltamtre 
et donne une tincelle trs- visible en interrompant son circuit dans le mer- 
cure. Avec quatre de ces couples, j'obtiens dans le voltamtre i centi- 
mtres cubes de mlange gazeux par minute, comme on l'obtient avec des 
piles ordinaires trs-fortes. Je rpte que ces effets sont les mmes en ayant 
une couche d'une solution aqueuse d'acide sulfurique interpose aux deux 
liquides. En prenant pour unit l'intensit du courant dvelopp parla com- 
binaison de l'acide sulfurique, oxalique, hydrochlorique, phosphorique, 
avec la potasse, la chaux, la baryte, l'intensit du courant de la pile acide 
nitrique et potasse est 565 et celledes autres piles que j'ai dcrites est de 1 700 
Lorsque le circuit de ces piles reste ferm pour un certain temps, les chan- 
gements chimiques qui s'y produisent sont du mme genre, et la direction du 
courant qui se dveloppe est en rapport avec ces changements. Dans une 
des cavits de la pile on obtient des phnomnes d'oxydation et dans l'autre 



( '47 ) 
des phnomnes de dsoxydation : toujours le courant lectrique est dirig 
dans la pile de la premire la seconde de ses cavits. 

Soit donc que les actions chimiques qui fonctionnent dans la pile soient 
exerces par les deux mtaux du couple sur les lments du liquide conduc- 
teur interpos, soit que ces actions soient exerces par des liquides diff- 
rents en contact des extrmits d'un arc mtallique homogne, le courant 
lectrique se dveloppe galement et avec la mme relation pour le sens 
et l'intensit, avec ces affinits chimiques. L'eau est le liquide dcompos 
dans tous ces cas, et ses lments sont toujours spars par des affinits chi- 
miques contraires places aux extrmits de l'arc mtallique. Le dveloppe- 
ment du courant lectrique que j'ai trouv, il y a longtemps, en tenant un 
arc de platine en contact d'un ct avec le gaz hydrogne et de l'autre avec 
l'oxygne travers de l'eau, rentre sous ces mmes principes, en substituant 
l'action chimique l'action singulire du platine sur ces gaz. 

M. Andrews se dclare l'auteur d'un Mmoire prsent le 3i mars 1 845 
au concours pour le grand prix des Sciences physiques de 1 849, Mmoire 
que l'Acadmie, dans sa sance publique du 16 dcembre i85o, a honor 
d'une rcompense. Le billet cachet, joint au travail en question, est ouvert 
par suite de cette annonce et porte en effet le nom de M. Thomas jindrews, 
professeur de chimie l'institution royale de Belfast. 

M. Sandehet, professeur d'hygine et de mdecine lgale l'Ecole de 
Mdecine de Besanon, communique les rsultats de l'essai qu'il a fait, avec 
l'assistance de deux autres mdecins, du remde que M. Bochet d'Hricourt 
a vu employer, avec succs, en Abyssinie contre la rage. Le mdicament, 
dont le voyageur avait envoy Besanon une quantit suffisante pour plu- 
sieurs essais, a t administr conformment aux indications donnes et n'a 
pu prvenir la mort du malade. 

M. L,\ BnossE demande et obtient l'autorisation de retirer des tableaux 
qu'il avait adresss pour le concours de Statistique de i85o. 

Un Mmoire sur la balistique, adress par un auteur qui ne se fait pas 
connatre, ne peut, d'aprs l'article du rglement de l'Acadmie sur les 
communications anonymes, tre pris en considration. 

Il en est de mme, en vertu d'un autre article du rglement, d'une com- 
munication sur le mouvement perptuel. 



( i48 ) 

L'Acadmie accepte le dpt de quatre paquets cachets prsents 

Par M. Chatin ; 

Par MM. Fohdos et Glis; 

Par M. Mne; 

Et par M. Walferdin. 

COMIT SECRET. 

A 4 heures, l'Acadmie se forme en comit secret, et continue la dis- 
cussion sur les titres des candidats pour la place vacante dans la Section 
d'Anatomie et de Zoologie. 

La discussion est close; l'lection aura lieu dans la prochaine sance. 
MM. les Membres en seront prvenus par lettres domicile. 

Les candidats prsents par la Section d'Anatomie et de Zoologie sont, 
Au premier rang, ex quo et par ordre alphabtique : 

MM. Coste et de Quatrefages. 
Au deuxime rang, ex quo et par ordre alphabtique : 

MM. Emile Blanchard et Charles Bonaparte. 
Au troisime rang : 

M. Martin-Saint-Ange. 
Au quatrime rang : 

M. Alcide d'Orbigny. 

La sance est leve 6 heures. A. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu, dans la sance du 3 fvrier i85i, les ouvrages dont 
voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l Acadmie des Sciences; 
I er semestre i85i ; n 4; in-4. 

Annales de Chimie et de Physique, par MM. Arago, Chevkeul, Dumas, 
Pelouze, Boussingault, Begnault; 3 e srie, t. XXXI; janvier i85i ; 
in-8\ 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 10 FVRIER 4851. 

PRSIDENCE DE M. RAYER. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

tratologie. Sur un nouveau genre de monstres doubles parasitaires, 
de la famille des Polygnathiens,- par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaibe. 

Les monstres n'taient, pour Aristote, quedes erreursdela cration, pour 
Pline que des jeux de la nature. Tant qu'on s'est tenu ces points de vue, 
c'est--dire jusque dans le xvni e sicle, on a suppos que chaque monstre 
avait, je ne dirai pas son type et ses caractres propres, car ces termes 
scientifiques seraient ici sans application, mais ses formes et ses parti- 
cularits plus ou moins bizarres. Quand des ides plus saines se sont fait 
jour sur la nature des tres anomaux, c'est--dire depuis les recherches 
de plusieurs membres de l'ancienne Acadmie des Sciences de Paris et bien 
plus encore de Haller, on a reconnu que les mmes formes , les mmes ca- 
ractres se reproduisent frquemment parmi les monstres; qu'il est, en un 
mot, et nous pouvons maintenant employer cette expression, des types com- 
muns un plus ou moins grand nombre d'individus. Enfin, quand, par les 
travaux modernes, par ceux de mon pre en particulier, on a compltement 
reconnu la rgularit de ces organisations si longtemps rputes en dehors 
de toute rgle et de toute loi, on a vu, dans la reproduction des mmes ca- 

C. R., i85i, i Semestre. (T. XXXII, No 6.) 21 



( i5o) 
ractres chez les monstres, un fait beaucoup plus frquent encore qu'on ne 
l'avait pu supposer. Cette multitude de cas particuliers qu'ont fait connatre 
les auteurs, ou que l'on peut tudier dans les muses et dans les collections 
tratologiques, se ramne, sauf de trs-lgres modifications, un nombre 
trs-limit de types, susceptibles de dfinitions rigoureuses, et pouvant tre 
distribus d'une manire naturelle. C'est ainsi qu'aprs avoir rparti tous les 
monstres, soit unitaires soit doubles, alors connus, en quatre-vingts genres 
et vingt-trois familles, j'ai pu dire, il y a quinze ans : la dcouverte d'un 
nouveau genre sera, contrairement la croyance commune, un fait beau- 
coup plus rare en Tratologie qu'en Zoologie. 

Cette prvision a-t-elle t dmentie ou vrifie par les faits? Afin 
qu'on puisse en juger, je rappellerai sommairement les genres nouveaux 
tablis par divers auteurs depuis l'achvement de mon Histoire gnrale 
des anomalies. 

Durant les quinze annes qui se sont coules depuis lors, six genres 
seulement ont t introduits dans la science, savoir, trois par M. Joly, un 
par M. Pictet, de Genve, et les deux derniers par M. Eudes Deslongchamps. 
Tous les six rentrent d'ailleurs dans les familles dj tablies, et la plupart 
y trouvent mme de trs-proches allis. 

Les trois genres crs par M. Joly, deux en 1 845, le troisime en 1848, 
l'ont t d'aprs diverses monstruosits observes chez des animaux, et ont 
reu les noms de Chlonisome , Streptosome et Dracontisome (1). On voit, 
par ces noms, que tous trois appartiennent l'ordre des Monstres unitaires 
autosites, et la famille des Closomiens, dj riche antrieurement de six 
genres. 

C'est aussi la classe des Monstres unitaires, mais l'ordre des Om- 
phalosites, qu'appartient, ainsi que l'auteur l'a fait voir, le genre Htrode, 
rcemment tabli par M. Pictet (2). Ce genre, fond sur l'tude d'un monstre 
fort singulier de l'espce bovine, a t rapport la famille si remarquable 
les Anidiens, compose jusqu' ce jour du seul genre Anide. 



(1) Pour les deux, premiers de ces genres , voyez les Comptes rendus des sances de l'Aca- 
dmie des Sciences , tome XX , page 897 ; pour le Dracontisome , tome XXVI, page 507. 
Les mmes Mmoires ont t imprims in extenso, et avec des planches dessines par l'auteur, 
dans les Mmoires de l'Acadmie des Sciences de Toulouse, 3 e srie, tome I, page 25 1, et 
tome IV, page 57. 

(2) Description d'un Veau monstrueux, formant un groupe nouveau dans la famille des 
Monstres anidiens ; m-^ . Genve, i85o. 



( 1*1 ) 

Les deux genres dus notre savant confrre M. Deslongchamps, tic- 
mitropage et Rachipage, sont, an contraire, comme l'expriment leurs noms, 
des Monstres autositaires, doubles suprieurement et intrieurement -, tous 
deux sont de la famille des Monomphaliens. Le genre Hmitropage a t 
tabli d'aprs un Agneau double, le genre Racbipage d'aprs un double 
ftus humain. Le Mmoire de M. Deslongcbamps sur le Rachipage ne tar- 
dera pas paratre, et, en attendant qu'il en soit de mme de son travail 
sur l' H mitropage, nous en prsentons aujourd'hui mme, l'Acadmie, au 
nom de l'auteur, un court extrait, qui fera du moins connatre les princi- 
paux caractres de ce nouveau genre (i). 

Un septime genre ne tardera pas s'ajouter aux prcdents. M. le 
docteur Auzias-Turenne a dtermin et dcrira prochainement, sous le nom 
gnrique de Mjognaihe , un Veau monstrueux, tte surnumraire trs- 
iinparfaite, adhrente la partie infrieure de la tte principale. On voit 
qu'il s'agit ici d'un monstre double parasitaire, de la famille des Polygna- 
tbiens; mais ce monstre est dans des conditions particulires, dont l'indi- 
cation prcdera trs- utilement la description de notre nouvelle mons- 
truosit. Chez tous les Polygnathiens jusqu'alors connus, l'union entre le 
sujet principal et le parasite se faisait par les os; il y avait, par exemple, 
soudure de l'un des maxillaires infrieurs avec son correspondant, comme 
chez les Hypognathes et les Augnathes, ou adhrence par les mchoires 
suprieures, comme chez les pignathes. Chez le Myognathe, et de l le 
nom donn ce genre (2), il y a seulement union musculaire et cutane, et 
la tte surnumraire n'est vritablement pas soude la tte principale , 
mais seulement suspendue au-dessous d'elle. 

Cette monstruosit tant connue, il est beaucoup plus facile de se 
rendre compte de celle qui fait le sujet de la prsente Note. Dans celle-ci, 
c'est encore une tte surnumraire et trs-imparfaite, qui est unie au sujet 
principal par des attaches musculaires et cutanes, et non osseuses; mais 
ces attaches sont converties en un long pdicule ou cordon, l'extrmit 
duquel la tte surnumraire est suspendue et comme flottante. De plus, 
ce pdicule s'insre, non sous la tte, mais sous le col ou mme sous la 

1) Les deux Mmoires de M. Deslongchamps, et plusieurs an tivs travaux tratologiques 
du mme auteur, ont t communiqus par lui la Socit Linnenne de Normandie, et sont 
analyss dans l'Histoire de cette Socit. Voyez Mmoires de la Socit Linnenne de Nr^ 
mandic, tome VIII, pages ix et xi. 

(2) Myognathus , de M , muscle, et r9o, mrichoirc. 

a 1 . . 



( 'S* ) 
partie antrieure du sternum du sujet principal. Tels sont les caractres d'un 
genre nouveau de Polygnathiens, qui peut tre nomm Desmiognathe fi). 

Par une de ces rencontres singulires, dont il y a tant d'exemples en 
Tratologie (2), cette monstruosit, qui parat n'avoir pas encore t ren- 
contre, s'est produite presque simultanment, il y a quelques mois, sur 
deux points de la France. Un Veau desmiognathe est n dans les derniers 
jours de mars i85o, prs de Vannes; un autre sujet, c'tait encore un 
Veau (3), dans les premiers jours de septembre, Neuville (Loiret). Tous 
deux se trouvaient, bientt aprs, runis la Mnagerie du Musum. L'un 
d'eux, trop tt spar de sa mre, a bientt succomb; mais l'autre, celui 
de Vannes, est encore vivant. Le Musum d'Histoire naturelle avait reu 
celui-ci, et nous nous faisons un devoir de consigner ici cette circonstance, 
d'un boucher de Paris, M. Vrillotte, qui, ayant vu le Veau monstrueux dans 
un march de bestiaux, et ayant compris l'intrt qu'il pouvait prsenter 
pour la science, s'est empress d'en faire l'acquisition, de nous l'amener, et 
d'en faire don la Mnagerie. 

Les deux Desmiognathes se ressemblent par les conditions gnrales 
et essentielles de la monstruosit; mais les diffrences secondaires sont 
nombreuses. 

Chez tous deux la tte accessoire est une masse, de forme trs-irrgu- 
lire, beaucoup plus petite que la tte principale, en grande partie osseuse 
et musculaire, recouverte par la peau et velue sur une face, prsentant 
dcouvert, sur l'autre, la membrane muqueuse buccale, avec sa structure 
trs-caractristique, une langue rudimentaire et une ou plusieurs dents. 
Sur la partie velue de cette tte imparfaite s'insre le pdicule, sorte de cor- 



(1) Desmiognathus , de Mr/tios , attach , retenu par un lien , et de rrOos. 

Il est presque inutile de faire remarquer que la caractristique de la famille des Polygna- 
thiens, ainsi que les gnralits faites seulement d'aprs les genres ayant la tte surnum- 
raire adhrente par soudure osseuse, doivent tre maintenant notablement modifies. La 
famille des Polygnathiens se composera maintenant de trois sections : 

i. Soudure, par les os, de la masse parasitaire la tte principale. Genres pignatltr, 
Hypognathe, Augnathe (et Paragnathe?). 

2. Adhrence, par les muscles et la peau, la tte principale. Genre Myognathe. 

3". Suspension, par l'intermdiaire d'un pdicule musculaire et cutan, sous le col ou le 
sternum. Genre Desmiognathe. 

(2) Voyez, par exemple, Note sur deux monstres doubles parasitaires, du genre Cphao- 
mclc, dans les Comptes rendus, tome XXIX, page 724. 

(3) Mle, aussi bien que le premier. 



( '53) 

don musculaire et cutan, de forme cylindrique, dont l'autre extrmit se 
confond avec le bord infrieur du fanon. Les poils du pdicide et de la 
tte accessoire sont de mme nature et de mme couleur que ceux du col 
et de la rgion sternale. 

Les diffrences entre les deux sujets sont relatives soit au pdicule, soit 
la tte elle-mme. 

Chez le Desmiognathe de Vannes, le pdicule est insr sous le milieu 
du col, et assez long pour que la masse parasitaire touche le sol ds que 
l'animal baisse un peu la tte. Chez le sujet de Neuville, il est insr tout 
fait la partie postrieure du fanon, et plus court; la masse parasitaire est 
suspendue au niveau de la partie suprieure du canon. 

Chez le premier, la portion velue de la tte accessoire ou masse parasi- 
taire est suprieure et antrieure. En examinant cette masse par la face inf- 
rieure, on reconnat aussitt, en avant, l'extrmit de la mchoire infrieure, 
avec ses huit incisives et la lvre infrieure, et, un peu plus en arrire, la 
langue, place transversalement de gauche droite, et presque continuel- 
lement anime d'une sorte de mouvement vibratoire. En arrire, l'autre 
extrmit de la masse, estime fissure mdiane qui, trs-troite il y a quatre 
mois, s'est beaucoup largie par l'effet du dveloppement de la tte; elle s- 
pare deux minences arrondies qui ne sont autres que les deux moitis d'une 
lvre suprieure et d'un mufle imparfait; un peu en avant, et ( raison de la 
largeur de la fissure" grande distance l'une de l'autre, sont deux petites 
dents, pousses depuis peu, l'une d'elles en remplacement d'une autre, qui 
tait seulement implante dans la gencive, et qui est tombe presque aussitt 
que venue. Ces petites dents sont videmment les deux incisives suprieures 
que tout le monde connat chez les Camlids, et qui, dans l'tat normal, 
n'existent pas chez les autres Ruminants. On voit dj, par ce que nous ve- 
nons de dire , que les parties qui devraient tre superposes, la lvre ef 
les huit incisives infrieures, les deux demi-lvres et les deux incisives su- 
prieures, se trouvent rejetes distance, aux deux extrmits antrieure et 
postrieure de la tte, absolument comme si la cavit buccale s'tait ou- 
verte et tale en table, la manire d'un livre dont on carterait les deux 
moitis jusqu' les placer dans un mme plan. Cette mme disposition se 
retrouve l'gard des molaires : sur les parties latrales de la tte existent, 
en arrire, les molaires infrieures, au nombre de trois de chaque ct; en 
avant, entre les huit incisives et le pdicule, les molaires suprieures, au 
nombre de quatre gauche, au nombre de trois droite, la quatrime d'un 
ct et la troisime de l'autre ayant paru depuis quelques jours seulement. 



( i54) 
Nous ajouterons ces dtails que l'existence de glandes salivaires est atteste 
par l'excrtion d'une salive abondante ; celle de muscles dans la tte, par 
les mouvements de la langue, et, dans le pdicule, par la rtraction mo- 
mentane, trs-sensible en quelques circonstances, de la masse suspendue 
son extrmit. Quant aux os, le toucher en fait reconnatre plusieurs, 
tous mal conforms ou mme trs-imparfaits, l'exception de la portion 
terminale des maxillaires infrieurs. 

Nous devons dire encore que la masse parasitaire a pris, depuis que 
l'animal est sous nos yeux, un accroissement trs-notable, mais trs-inga- 
lement rparti entre les diverses parties de cette masse; son diamtre antro- 
postrieur et son diamtre transversal taient l'un et l'autre, il y a quatre 
mois et demi, d'environ 18 centimtres : le premier a peine chang; le 
second mesure aujourd'hui prs de a3 centimtres. Cet accroissement trans- 
versal a port presque en entier sur le ct gauche; aussi les incisives in- 
frieures, d'abord mdianes, sont-elles aujourd'hui droite de la ligne 
mdiane. 

Nous ne saurions entrer dans autant de dtails sur le Desmiognathe de 
Neuville : la bizarre et informe organisation de sa tte serait absolument inin- 
telligible sans le secours d'une figure. Nous dirons seulement que la masse 
surnumraire, longue de i4 centimtres et large de 1 1, est suspendue par 
une de ses extrmits, et qu'elle a ses faces principales droite et gauche, 
('/est la face, droite qui est velue. La gauche se divise en trois portions trs- 
distinctes : l'une, suprieure, forme par une partie de la cavit buccale, 
ouverte et tale comme dans le cas prcdent, avec un rudiment de langue 
bifide et une dent bifurque la couronne (i); une moyenne, garnie de 
quelques poils et ne prsentant d'ailleurs rien de remarquable; l'infrieure, 
revtue d'une membrane muqueuse, aplatie et se terminant en bas par deux 
lames de forme irrgulire intrieurement cartilagineuse, l'une courte, l'autre 
trs-saillante, celle-ci gnralement regarde comme une oreille mal con- 
forme; dtermination que toutefois nous sommes loin d'admettre comme 
scientifiquement tablie. Ici l'examen anatomique le plus minutieux sera 
ncessaire, et nous avons d le renvoyer au moment o il pourra tre fait 
avec le plus de fruit, c'est--dire lorsque la mort de l'autre sujet fournira 
un terme de comparaison presque indispensable l'gard d'anomalies aussi 
complexes. Il est toutefois deux points qu'il importait de mettre en lumire, 



(i) Il importe de rappeler ici que l'animal est mort a l'ge de trois mois seulement ; d'au- 
tres dents auraient sans doute pouss plus tard. 



.( .55 ) 

ds prsent, la composition du pdicule et les relations vasculaires exis- 
tant entre le parasite et l'autosite. Le pdicide est form par des tguments 
qui se continuent avec ceux de la rgion sternale, par un peaussier assez 
pais, et par un faisceau musculaire, grle et allong, dont les fibres, lon- 
gitudinalement disposes, expliquent parfaitement la rtraction, parfois 
observe chez ce sujet comme chez l'autre, de la masse parasitaire. Dans 
l'intrieur du pdicule, sur la ligne mdiane, est une artre principale qui, 
en haut, se porte un peu gauche, se recourbe derrire le sternum, et 
va s'insrer sur la thoracique interne. La thoracique interne droite fournit 
de mme une branche qui se porte dans le pdicule, mais qui est fort petite, 
et disparat bientt. Le systme veineux prsente une disposition analogue. 
Nous n'avons point, au contraire, trouv de nerf accompagnant l'artre et 
la veine principale du pdicule. Il est presque inutile d'ajouter que les ar- 
tres, veines et nerfs des tguments de cette partie se continuent avec les 
artres, veines et nerfs de la peau que revt le sternum, comme ces tgu- 
ments eux-mmes avec les tguments de la rgion sternale dont ils sont le 
prolongement, et dont ils conservent compltement la structure. 

Ces faits anatomiques sont parfaitement en rapport avec les rsultats 
des expriences, plusieurs fois rptes, que nous avons faites tant sur ce 
sujet que sur le prcdent. Une piqre, une pression, soit sur la peau du 
pdicide, soit, de mme, sur la partie velue de la masse parasitaire, est 
aussi vivement perue par le sujet principal que si elle tait faite sur ses 
propres tguments. Au contraire, les piqres faites sur les parties revtues 
seulement de la membrane buccale, ne provoquent aucun signe de sensi- 
bilit. 

En rapprochant ces faits de ceux qui sont connus chez les Hypo- 
nathes (i) et dans les genres voisins, on voit que les Desmiognathes, quant 
la conformation de la tte accessoire, reproduisent une organisation dj 
connue; mais le mode d'insertion de la masse parasitaire les met, parmi les 
Polygnathiens, dans des conditions toutes spciales, dont l'tude peut tre, 
double titre, d'un grand intrt. 

D'une part, cette tude peut, mieux que celle de toutes les autres 
monstruosits, jeter du jour sur ces masses parasitaires amorphes qui se d- 

(i) Voyez Geoffroy-Saint-Hilairf. , Considrations zoologiques et physiologiques sur des- 
Veaux bicphales nomms Hypognathes, dans les Mmoires du Musum d'Histoire naturelle, 
tome XIII, page g3. 



( i56 ) 

veloppent parfois dans l'utrus, les ovaires ou les trompes, et que l'on a si 
longtemps confondues avec les mles-, de celles aussi qui, incluses cong- 
nialement dans un autre individu, constituent le plus singulier genre de 
monstruosits doubles parasitiques. Dans ces deux cas, chez les Zoomyliens, 
dernier terme de la monstruosit unitaire, aussi bien que chez les Endocr- 
iniens, dernier terme del monstruosit compose, le parasite continue du- 
rant des annes, mais intrieurement et obscurment, une vie dont les sin- 
guliers phnomnes, gnralement soustraits l'observation directe, ne 
peuvent tre connus que par induction et la faveur de circonstances rares 
et accidentelles. Chez les Polygnathiens, ces phnomnes, ossification, pro- 
duction, chute et remplacement de dents, production de poils, accroisse- 
ment gnral ou partiel de la masse parasitaire, ont pu, au contraire, 
tre tudis par l'observation, mais toujours, pour les genres jusqu' pr- 
sent connus, d'une manire incomplte; car la mort survient bientt chez 
les Hypognathes et dans les genres voisins, parce que la prhension des 
aliments devient de plus en plus difficile ; chez les Myognathes, parce que la 
dglutition est empche. Chez les Desmiognathes, au contraire, le pdi- 
cule tant insr trs-loin de la bouche et du pharynx, aucun de ces effets 
n'a lieu, et rien n'empche que l'animal atteigne l'ge adulte; d'o la pos- 
sibilit de suivre, dans toutes ses phases, l'volution de la masse para- 
sitaire, et de constater successivement tous les phnomnes vitaux qui s y 
produisent. 

Les Desmiognathes sont, en mme temps, de tous les monstres doubles, 
ceux dans lesquels la duplicit monstrueuse se montre le plus clairement le 
rsultat de la greffe d'un individu sur un autre, et non du ddoublement 
partiel ou de l'hypertrophie locale d'un sujet essentiellement unitaire. 
L'individualit de chacun des deux sujets qui composent un monstre double, 
ne peut tre dmontre , dans presque tous les autres cas , que par l'tude 
complexe d'un grand nombre de faits anatomiques et physiologiques; elle 
se trouve ici mise en vidence par la nature elle-mme, qui nous montre 
l' autosite et le parasite unis seulement par un pdicule et tenus distance 
l'un de l'autre. Si , dans une discussion clbre qui a longtemps occup 
l'ancienne Acadmie des Sciences , Lmery et pu s'clairer et s'appuyer 
d'un seul fait de ce genre, Winslow et ses allis n'eussent sans doute pas 
russi faire prvaloir cette doctrine de la monstruosit par excs , presque 
universellement admise dans le xvm e sicle, et accepte jusque dans le 
ntre par Meckel et plusieurs autres anatomistes illustres. 



. ( i5 7 ) 

mcanique. Note sur le mouvement du pendule simple en ayant gard 
T influence de la rotation diurne de la terre; par M. Binet. 

v. [/Acadmie a entendu, avec beaucoup d'intrt, la communication que 
lui a faite M. Arago d'une belle exprience excute par M. Foucault: sou 
objet est de montrer qu'un pendule simple et libre, mis en oscillation dans 
un plan dtermin, ne conserve pas l'orientation de ce plan, et que, par 
l'effet de la rotation diurne du globe terrestre, l'azimut du plan oscillatoire 
s'accrot continuellement dans le sens du nord vers l'est, ou de l'est vers lie 
sud, ou du sud vers l'ouest, ou de l'ouest vers le nord, c'est--dire en sens 
contraire de la rotation du globe. 

L'exprience de M. Foucault ralise ainsi un vu que Laplace nonce 
dans ces termes : Quoique la rotation de la terre soit maintenant tablie 
avec toute la certitude que les sciences physiques comportent, cependant 
une preuve directe de ce phnomne doit intresser les gomtres et 
les astronomes. 

Ce rsultat inattendu, qui confirme en quelque sorte physiquement les 
thories de Galile, a t dignement accueilli et apprci par les loges que 
M. Arago et M. Pouillet ont exprims dans la dernire sance de l'Acadmie. 
Depuis quelques jours plusieurs de nos confrres en avaient connaissance; 
M. Foucault m'avait expos une partie des inductions dynamiques et des 
considrations qui avaient form sa conviction : de premires expriences 
avaient justifi ses conjectures et ses vues. En me consultant, l'auteur d- 
sirait savoir quel point le rsultat mcanique auquel il arrivait s'accordait 
avec les thories mathmatiques et avec les dductions obtenues par les 
gomtres. Dans le chapitre V du quatrime volume de la Mcanique cleste^ 
Laplace a considr l'effet de la rotation diurne de la terre sur le mou- 
vement des projectiles dans le vide; il a eu gard, en outre, la rsistance 
de l'air sur la chute des corps qui tombent d'une grande hauteur: toute- 
fois, il ne s'est pas occup du pendule ce point de vue du mouvement du 
globe terrestre. Poisson a trait ce sujet, en 1837, dans le Journal de V Ecole 
Polytechnique; cependant ce n'tait pas l'objet spcial de ce grand go- 
mtre, et il ne s'en occupe qu'incidemment. Il trouve les oscillations ind- 
pendantes du mouvement diurne dans tous les azimuts, quand le pendule 
est assujetti suivre une courbe donne; l'gard du pendule qui peut 
se mouvoir librement dans tous les sens, il dit que la force perpendiculaire 
au plan des oscillations est trop petite pour carter sensiblement le pendule 
de son plan et avoir une influence apprciable sur son mouvement. Cette 

C. R., 85i, i Semestre. (T. XXXII, N 6.) 22 



( i58 ) 

conclusion parat contraire aux expriences de M. Foucault; mais le pas- 
sage que je viens de citer permet un doute : Poisson ne rapporte pas le 
calcul de la force dont il parle, et d'ailleurs il n'est pas suffisant d'avoir 
reconnu qu'une force perturbatrice est trs-petite pour conclure qu'elle ne 
produira qu'un effet insensible aprs un grand nombre d'oscillations. 

Cette question mritait d'tre approfondie; voici les rsulats fournis 
par une discussion attentive des formules du mouvement relatif, laquelle 
je me suis appliqu. J'ai suppos que le pendule ne fait que de trs-petites 
digressions voisines de sa position d'quilibre ; quand elles sont planes, une 
combinaison fort simple et analogue celle qui donne les quations des 
moments, montre que le plan oscillatoire tourne graduellement autour de 
la verticale du point de suspension, avec une vitesse angulaire constante; 
l'azimut du plan, mesur du nord vers l'est, de l'est vers le sud, etc., 
s'accrot uniformment; la vitesse constante est exprime par la rotation 
angulaire de la terre, multiplie par le sinus de la latitude y du lieu de l'ob- 
servation. Ce mouvement angulaire est donc i 5" sin -y, pour une seconde de 
temps sidral, la rotation uniforme de la terre tant de i5 degrs en une 
heure sidrale. Cette expression de la vitesse azimutale tant obtenue, m'a 
port faire une remarque, fonde sur un thorme d'Euler, que Lagrange 
a dvelopp dans sa Mcanique, et sur lequel la Thorie des couples, de 
M. Poinsot, a rpandu beaucoup de clart. Le thorme d'Euler, appliqu 
au cas actuel, autorise regarder la vitesse de rotation de la terre comme 
la rsultante de deux vitesses angulaires qui auraient lieu, l'une autour de 
la verticale du pendule, et l'autre autour de la mridienne dirige vers le 
nord, parce que ces deux lignes et une parallle l'axe de la terre passant 
par la suspension, se trouvent dans un mme plan. La composante de la 
vitesse angulaire, relative l'axe vertical, a pour expression n.siny, selon 
ce thorme, c'est--dire la rotation de la terre multiplie par le cosinus 
de l'angle que forme son axe avec la verticale. Cette vitesse angulaire 
composante est donc la mesure de celle que prend le plan azimutal oscilla- 
toire et en sens contraire. A cette considration, l'on pourrait rattacher 
quelques inductions et considrations synthtiques pour tablir le rsultat 
de M. Foucault; nanmoins il m'a paru qu'une preuve complte et plus 
satisfaisante rsulte des quations du mouvement relatif. Le thorme 
d' l'Aller pourrait servir former les quations diffrentielles du mouvement; 
mais elles ne fournissent toutes les circonstances calculables du mouvement 
<pie par leur intgration plus ou moins avance ou par des propositions 
qui en tiennent lieu. Toutefois, je dois dire qu'au moment o j'nonai 



( i5 9 ) 
M. Foucault l'expression de la vitesse, il me montra une formule qui expri- 
mait la mme loi; ainsi il a su dcouvrir non-seulement le phnomne de 
la dviation du plan, mais aussi la mesure de sa vitesse angulaire autour de 
la verticale. 

Les .oscillations planes du pendule simple sont un cas particulier des 
oscillations coniques considres autrefois par Clairaut, et c'est le. problme 
plus gnral que j'ai effectivement trait, mais en ayant gard la rotation 
diurne del terre. Quand on fait abstraction de ce dernier mouvement et 
pie le pendule ne s'carte que trs-peu de la verticale, notre confrre 
M. Pouillet a remarqu, il y a longtemps, que la projection horizontale du 
pidt mobile dcrit une orbite elliptique dont le centre rpond la verticale, 
et en se bornant au premier degr d'approximation, l'ellipse est invariable. 
En faisant intervenir le mouvement diurne de la terre, je trouve que, quel 
que soit le sens du mouvement du pendule dans son orbite sphrique, cette 
projection horizontale est encore une ellipse dont les deux axes sont con- 
stants; c'est le plan azimutal du grand axe de l'ellipse qui se dplace, dans 
un sens rtrograde, avec une vitesse dont la partie uniforme est nsiiTy, 
c'est--dire la rotation angulaire de la terre estime paralllement l'ho- 
rizon, ainsi que je l'ai expliqu ci-dessus. Tous ces rsultats supposent que 
l'on nglige la rsistance de l'air dont l'effet principal se manifeste sur l'am- 
plitude et sur la dure des oscillations, que cette rsistance finit par teindre ; 
mais cet effet est trs-faible sur la dviation du plan : ce ne sera que dans 
une seconde approximation que j'essayerai d'y avoir gard, n'ayant pour 
objet dans cette Note que de montrer comment l'exprience importante de 
M. Foucault aurait pu tre indique par les quations de la dynamique 
interprtes sans inadvertance, parce qu'elles ne sont autre chose que l'ex- 
pression exacte des lois du mouvement de la matire. 

(L'tendue de la partie analytique de cette Note oblige l'auteur la ren- 
voyer au numro prochain du Compte rendu.) 

A l'occasion du Mmoire de M. Binet, M. Liouvilm: expose de vive voix, 
avec dtail, une mthode synthtique qui lui parait rigoureuse aussi . Cette 
mthode est fonde sur l'examen successif de ce qui arriverait : i un pen- 
dule oscillant au ple ; i un pendule oscillant l'quateur, soit dans le 
plan mme de l'quateur, soit dans le plan du mridien, soit enfin dans un 
plan vertical quelconque. On passe de l au cas gnral d'un pendule oscil- 
lant telle latitude qu'on voudra, par la considration dont parle M. Binet ; 

22.. 



( '6o ) 

c'est--dire en dcomposant la rotation de la terre autour de son axe en deux 
rotations autour de deux axes rectangulaires, dont l'un est la verticale du 
lieu de l'observateur. L'ide est bien simple, dit M. Liouville ; elle a d se 
prsenter tout le monde, aprs la communication de M. Foucault, qui 
rendait tout facile; mais les dveloppements que j'ai ajouts constituent, 
je crois, une dmonstration mathmatique qui se suffit elle-mme, et 
qui donne tout ce que peut donner le calcul. 

Sans contester les principes mcaniques noncs par M. Liouville, 
M. Binet croit pouvoir s'en rfrer sa Note : il espre que les gomtres 
admettront que, dans l'tat de cette question au moment de la premire 
communication de M. Foucault, il tait convenable de montrer que les 
quations du mouvement relatif se concilient avec la belle exprience, et 
comment elles auraient pu l'indiquer. 

analyse ALGBRIQUE. Sur les fonctions de variables imaginaires; 

par M. Augustin Caucht. 

La thorie des fonctions de variables imaginaires prsente des ques- 
tions dlicates qu'il importait de rsoudre, et qui ont souvent embarrass 
les gomtres. Mais toute difficult disparatra, si, en se laissant guider par 
l'analogie, on tend aux fonctions de variables imaginaires les dfinitions 
gnralement adoptes pour les fonctions de variables relles. On arrive 
ainsi des conclusions, singulires au premier abord, et nanmoins trs- 
lgitimes, que j'indiquerai en peu de mots. 

Deux variables relles sont dites fonctions l'une de l'autre, lorsqu'elles 
varient simultanment de telle sorte que la valeur de l'une dtermine la 
valeur de l'autre. Si les deux variables sont censes reprsenter les abscisses 
de deux points assujettis se mouvoir sur une mme droite, la position 
de l'un des points mobiles dterminera la position de l'autre, et rci- 
proquement. 

Ajoutons que le rapport diffrentiel de deux variables relles est une 
quantit gnralement dtermine, et qui nanmoins peut cesser de l'tre 
pour certaines valeurs particulires des variables. Ainsi, par exemple, le 
rapport diffrentiel de J x deviendra indtermin pour x = o, si l'on 

suppose 

i 

y = x sin 



X 



( '6. ) 

Concevons maintenant que, x, y tant des variables relles et in- 
dpendantes l'une de l'autre, on pose 

z = x + j'y, 

i tant une racine carre de i . z sera ce qu'on nomme une variable ima- 
ginaire. Soit 

u = v -+- iv i 

une autre variable imaginaire, v et w tant rels. Si, comme on doit natu- 
rellement le faire, on tend aux variables imaginaires les dfinitions adop- 
tes dans le cas o les variables sont relles, u devra tre cens jonction 
de z, lorsque la valeur de z dterminera la valeur de u. Or, il suffit pour cela 
que v et w soient des fonctions dtermines de x,y. Alors aussi, en consi- 
drant les variables relles x ety renfermes dans z, ou les variables relles 
v et w renfermes dans u, comme propres reprsenter les coordonnes 
rectilignes et rectangulaires, d'un point mobile Z ou U, on verra la position 
du point mobile Z dterminer toujours la position du point mobile U. 

Si d'ailleurs on nomme rie rayon vecteur men de l'origine des coor- 
donnes au point mobile Z, et p l'angle polaire form par ce rayon vecteur 
avec l'axe des x, les coordonnes polaires r et p, lies x, y par les 
quations 

x = rcosp, y = rsinp, 

et z par la formule 

z = re pi , 

seront ce qu'on nomme le module et l'argument de la variable imaginaire z. 
Ces dfinitions tant adoptes, et u tant une fonction quelconque de 
la variable imaginaire z, le rapport diffrentiel de w z dpendra, en g- 
nral, non-seulement des variables relles x et y, ou, ce qui revient an 
mme, de la position attribue au point mobile Z, mais encore du rapport 
diffrentiel de y x, ou, en d'autres termes, de la direction de la tangente 
la courbe que dcrira le point mobile, lorsqu'on fera varier z. Ainsi, par 
exemple, comme on aura 

dz = dx, 

si le point mobile se meut paralllement l'axe des x, et 

dz = i dy, 
si le point mobile se meut paralllement l'axe des y, le rapport diffren- 



( >6a ) 
tiel de u z sera, dans la premire hypothse, 

T) x v + iD x u>, 

et, dans la seconde hypothse, 

D.v + itt.w y. n 

A : ' = D r w iD y v. 

i T x 

Ajoutons que, si ces deux valeurs particulires du rapport diffrentiel de u 
z sont gales entre elles, ce rapport deviendra indpendant de la direc- 
tion suivie par le point mobile, et se rduira simplement une fonction 
des deux variables x, y. 

Dans ce cas particulier, on aura 

D x v = D } w, D r f = D^w; 
par consquent, 

T> x v -+- ) v = o, D^ w + W r w o, 
et 

Di + D} = o. 

Donc alors la fonction u de z sera en mme temps une fonction de jc, y 
qui vrifiera une quation aux drives partielles du second ordre, el repr- 
sentera une intgrale de cette quation. 

C'est ce qui arrivera ordinairement, si les variables imaginaires u et z 
sont lies entre elles par l'quation qu'on obtient eu galant zro une 
fonction toujours continue de ces deux variables. 

Les principes que je viens d'exposer confirment ce que j'ai dit ailleurs 
sur la ncessit de mentionner la drive d'une fonction de z, clans le 
thorme qui indique les conditions sous lesquelles cette fonction peut tre 
dveloppe en une srie ordonne suivant les puissances ascendantes de z. 
C'est, au reste, ce que j'expliquerai plus en dtail dans un autre article, o 
je dduirai des principes dont il s'agit les proprits diverses des fonctions 
d'une variable imaginaire et de leurs intgrales dfinies. 

CALCUL INTGRAL. addition au Mmoire sur les fonctions irrationnelles , 
et sur leurs intgrales dfinies; par M. Augustin Cauchy. 

Le thorme nonc la page 1 26 s'tend au cas mme o u est une 
fonction de z, dtermine non par une seule quation algbrique, mais par 



( i63) 
un systme de N quations simultanes 

u=o, r=o, rv=o,..., 

dans lesquelles U, V, W,... reprsentent des fonctions algbriques ou 
transcendantes, mais toujours continues, des N variables 

u, v, w,... 

et de la variable indpendante z. On peut d'ailleurs supposer que, parmi 
ces quations, foutes celles qui suivent la premire, savoir 

V=o, FF=o,..., 

renferment chacune une seide des variables i>, w,..., avec la variable z, et 
soient en outre semblables entre elles , par consquent, de la forme 

f{v,z) = o, f(w, z) o,.... 

Mors chacune des variables v, w, ... reprsentera l'une des racines i>, , v 2 ... 
de la seule quation 

f(t>, z) = o, 

et la variable u, dtermine en fonction de v, w,..., z par la formule 

U=o, 

se rduira simplement une fonction de z et des racines dont il s'agit. Con- 
cevons, pour fixer les ides, que, chacune des variables v, w,... se rdui- 
sant l'une des racines de l'quation 

f(p, z) o, 
la premire des quations donnes se rduise elle-mme la formule 

= F(z, v, w,...), 

F(z, v, w,...) dsignant une fonction toujours continue de z, v, w, 

Mors u sera de la forme 

F(z, v g , v h ,...), 

plusieurs des indices g, h..., pouvant tre gaux entre eux ; et en nommant Z 
le point mobile dont la variable z dsigne la coordonne imaginaire, on ob- 
tiendra, pour l'intgrale/ u dz tendue tout le contour d'une courbe fer- 



( i64) 
me et dcrite parle point Z, une valeur indpendante de la position ini- 
tiale de ce point, si u reprend sa valeur primitive, au moment o le point Z 
aura parcouru la courbe entire. Ajoutons que la mme intgrale se rduira 
simplement zro, si u est une fonction symtrique de v,, v 2 , t^,..., on 
mme si la fonction u n'est altre par aucune des substitutions circulaires 
correspondantes aux points d'arrt que renferme la courbe, et relatives aux 
diverses racines v,, e 2 , e 3 ,... de l'quation 

f (i>, a) = o. 

physique DU GLOBE terrestre. addition une communication antrieure 
sur un appareil destin sonder en mer de grandes profondeurs ; 
par M. H. F aie. 

J'ai appris par une critique, d'ailleurs trs-bienveillante, de ma der- 
nire communication, que M. Laignel avait propos depuis longtemps un 
appareil de sondage trs-semblable au mien sous plusieurs rapports. Con- 
sult par moi a ce sujet, cet habile ingnieur a bien voulu me montrer son 
appareil, o j'ai retrouv effectivement des dispositions qui permettent la 
sonde Laignel de revenir d'elle-mme la surface aprs avoir touch le 
fond, et un moulinet muni d'une longue vis dont l'crou mobile indique, 
par sa position, le chemin parcouru. Ce que ma proposition contenait d'ana- 
logue mon insu, appartient donc M. Laignel, auquel je m'empresse de 
rendre pleine et entire justice. Mais j'ai d chercher me rendre compte 
du motif qui a forc de dlaisser cette invention. Depuis l'poque o elle a 
t faite, un voyage de circumnavigation trs-important pour la science a 
t excut, comme on sait, sous le commandement de M. DuPetit-Thouars, 
sans que l'on ait essay l'ingnieux procd de M. Laignel. Voici comment 
je me suis expliqu cet oubli. Les marins savent qu'un morceau de bois 
qu'on force descendre de grandes profondeurs dans la mer, y devient 
fondrier (i), c'est--dire plus lourd que l'eau. Sous l'norme pression qu'il 
supporte, l'imbibition est rapide et complte; il coule fond et ne revient 
plus. Or le corps de la sonde de M. Laignel tait en bois : l'appareil a donc 
d tre rejet par les marins la premire inspection, du moins pour les 
grandes profondeurs dont il s'agit ici. 

C'est, au contraire, cette difficult que j'ai eue principalement en vue, 
et qui m'a fait abandonner plusieurs combinaisons. L'appareil auquel je 



(i) Foyagedela Vnus, tome V : partie physique , par M. de Tessan, page i64- 



( >65 ) 

me suis arrt est semblable, je le rpte, sous plusieurs rapports impor- 
tants, l'invention de M. Laignel; je ne doute mme pas qu'on n'en puisse 
perfectionner beaucoup l'ensemble et les dtails : seulement il restait li- 
miner les effets de la pression qui s'exerce au fond de la mer, et qui crase, 
par exemple, comme entre les mchoires d'un tau puissant, les tuis en 
cuivre les plus pais des thermomtrogra plies de Bunten (i). On me fait 
esprer qu'un appareil de ce genre pourra tre employ la mer, et soumis 
des expriences dont il sera rendu compte l'Acadmie. 

J'ajoute que M. Martins, dont on connat la comptence en pareille 
matire, a bien voulu me prvenir qu'il est inutile de se proccuper, comme 
j'avais cru devoir le faire, de la possibilit d'une interversion quelconque 
dans la marche des tempratures sous-marines. Il tait bon toutefois, je 
pense, de montrer combien l'appareil en question est propre lever toutes 
les difficults imaginables (2). 

M. le Prsident prsente le XI e volume des Mmoires des Savants 
trangers, et annonce que ce volume est en distribution au secrtariat. 

NOMINATIONS. 

L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un 
Membre qui remplira, dans la Section d'Anatomie et de Zoologie, la place 
laisse vacante par le dcs de M. de Blainville. 

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 53, 

M. Coste obtient. ... i'5 suffrages. 

M. de Quatrefages. . . 14 

M. Bernard 12 

M. Ch. Bonaparte. . . 2 

M. Aie. d'Orbigny. . . 2 
M. Martin-Saint- Ange. 1 

Vucun des candidats n'ayant runi la majorit absolue des suffrages, 

(i) Voyage de la Vnus, tome V, pages 120, i55 et i56. 

(2) Il s'est gliss une faute d'impression dans les Comptes rendus, page 68, ligne 4; au 
lieu de 2 centimtres de rayon, lisez 2 dcimtres de rayon. Je saisis cette occasion de rparer 
un oubli. Si l'on veut employer dans la sonde un liquide susceptible de se mlanger avec 
l'eau, il suffira d'interposer, dans une cavit suffisante, un liquide indiffrent aux deux 
autres, et communiquant librement par de petits trous non capillaires avec l'intrieur et l'ex- 
trieur de la sonde. 



C. R., l85l, l" Semestre, (T. XXXII, N< 6.) 2 



3 



( 66) 

l'Acadmie procde un second tour de scrutin. Le nombre des votants 
restant le mme, 

M. Coste obtient. ... 27 suffrages. 
M. de Quatrefages. . . t5 
M. Bernard 1 1 

M. Coste, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est proclam lu. 
Sa nomination sera soumise l'approbation du Prsident de la Rpublique. 

MMOIRES LUS 

physique gnrale. Sur les systmes dans lesquels les vibrations 
dextrogyres et lvogyres ne s'effectuent pas de la mme manire; 
par M. A. Bravais. 

(Renvoy l'examen de la Section de Physique.) 

lia rotation si remarquable du plan des vibrations d'un pendule, r- 
cemment dcouverte par M.Foucault, offre, avec le mouvement rotatoire du 
plan de polarisation d'un rayon de lumire homogne transmis suivant l'axe 
d'un cristal de quartz, une ressemblance qui me parat digne de fixer l'atten- 
tion des physiciens. Le phnomne rotatoire du quartz n'avait pas jusqu'ici 
son analogue parmi les mouvements naturels actuellement bien dtermins; 
mais il vient de le rencontrer dans la belle exprience de M. Foucault. 

La seule diffrence consiste en ce que, dans le cas du quartz, suivant 
la thorie des ondes, chaque molcule d'ther situe dans l'axe du rayon 
transmet son mouvement, successivement modifi de proche en proche, 
la molcule qui la suit dans le sens de la propagation, pour rentrer ensuite 
dans l'tat de repos, jusqu' ce qu'un nouvel branlement intervienne pour 
l'en faire sortir, tandis que, dans le cas du pendule, la masse oscillante, tant 
isole, continue vibrer sur place, sans transmettre son dplacement des 
masses voisines. 

Je vais maintenant examiner le cas o la vibration devient circulaire. 
Fresnel a montr qu'une vibration circulaire pouvait tre considre comme 
quivalente deux vibrations rectilignes d'gale amplitude et dont les 
phases diffreraient de 90 degrs : partant de l, il a prouv que, si le plan 
de chacune des deux vibrations composantes vient tourner avec une cer- 
taine vitesse commune, la propagation du mouvement circulaire corres- 
pondant sera modifie en plus ou en moins, selon que la vibration sera 



( i67) 
dextrogyre ou lvogyre ; d'o il a conclu que le quartz ne saurait trans- 
mettre avec la mme vitesse ces deux genres de vibration : enfin il a vrifi 
ce dernier rsultat par des expriences directes. 

En appliquant le mme mode de raisonnement aux vibrations linaires 
et trs-petites d'un pendule, on voit que, si la vibration devient circulaire, 
comme cela a lieu dans le pendule conique, sa dure ne doit pas tre la 
mme, selon qu'elle a lieu dans le sens de la rotation du pan des vibra- 
tions rectilignes, c'est--dire d'orient en occident, ou dans le sens contraire. 
La dure est raccourcie dans le premier cas, elle est augmente dans le 
second, quelle que soit d'ailleurs la cause laquelle on doive attribuer le 
dplacement du plan des vibrations observ par M. Foucault. Il y aura 
donc lieu d'appliquer aux dures des vibrations du pendule circulaire une 
correction dont le signe sera variable avec le sens dans lequel elles s'ef- 
fectuent. 

On arriverait au mme rsultat, en discutant priori l'effet que doit 
produire le mouvement de rotation de la terre sur la dure des vibrations 
du pendule circulaire. 

Si l'on reprsente par t la dure de la vibration rectiligne complte 
d'un pendule (deux secondes, dans le cas du pendule secondes), par T 
la dure du jour sidral , l'angle de rotation de la terre, dans le temps t , 

sera 27: - au ple, et l'angle de sa rotation relative la latitude X, an - sinX. 

Si maintenant le mme pendule oscille circulairement, sa rotation apparente 
dans le temps t sera 



t 



a n -+- 1 n - sin X , 

si la rotation s'effectue d'orient en occident, et 

are 1 t: - sin X , 

si elle s'effectue d'occident en orient. 

Le changement angulaire, produit par la rotation de la terre, au bout 
du temps T sera donc 271 sin X. La diffrence de phase entre les deux 
mouvements dextrogyre et lvogyre sera donc gale, aprs vingt-quatre 
heures sidrales, au produit de deux oscillations compltes par le sinus de 
la latitude. Il en rsultera que le pendule conique secondes tournant 
d'orient en occident avancera, Paris, d'environ trois secondes par jour 
sur le mme pendule tournant d'occident en orient, quantit qui dpasse de 

7.3.. 



( 68) 

beaucoup celles que les astronomes considrent comme tant ngligeables. 

Cette diffrence serait plus sensible encore sur des pendules longue 
suspension, et, par exemple, sur le pendule de i i mtres que M. Foucault 
vient d'tablir l'Observatoire de Paris, elle ne s'lverait pas moins de 
dix secondes par jour. 

On conoit qu'il sera peut-tre possible de dmontrer directement 
cette ingalit, si l'on parvient faire osciller simultanment, mais en sens 
inverse, deux pendules isochrones, de manire pouvoir observer leurs 
concidences sur un mme diamtre ; car la rotation de ce diamtre doit tre 
la mme que celle du plan des vibrations d'un pendule oscillations 
rectilignes. 

Les oscillations tant toujours supposes trs-petites, il est permis 
d'tendre aux vibrations elliptiques ce qui a t dit ci-dessus des vibrations 
circulaires, et aussi de ngliger l'effet de la rsistance de l'air ; mais dans la 
pratique, il pourra tre ncessaire d'y avoir gard, ainsi qu' l'amplitude 
angulaire des oscillations. 

On peut, d'aprs les remarques prcdentes, esprer de soumettre une 
explication plus complte la proprit que possdent certaines substances, 
et notamment les corps soumis l'influence lectro-magntique, de faire 
tourner les plans de polarisation de la lumire, et de transmettre avec des 
vitesses ingales les vibrations dextrogyres et lvogyres de l'ther. 

physique. Sur le moulinet battements dmontrant des phnomnes nou- 
veaux d'acoustique. (Note de M. Cagniard-Latour. ) 

(Renvoi la Section de Physique.) 

Dans deux Mmoires que j'ai eu l'honneur de lire l'Acadmie en 1 83o 
et i83i, sur l'effet sonore produit par les corps solides qui tournent avec- 
une grande vitesse, j'avais dmontr les faits suivants relativement au son 
musical que l'axe d'un cylindre ou d'une roue fait entendre par les frotte- 
ments de ses tourillons contre les collets du support : i dans ce son le 
nombre des vibrations sonores est gal celui des rvolutions du corps 
tournant; 2 la cause principale d'un pareil son consiste en ce que le corps 
tournant, si bien confectionn qu'on le suppose, est ordinairement, peut- 
tre mme toujours, plus pesant d'un ct de son axe que de l'autre, d'une 
quantit quelconque, diffrence dont il rsulte que cet axe, par l'effet de sa 
tendance prendre un mouvement excentrique, prouve, en tournant, des 
vibrations transversales qui se communiquent la monture; 3 enfin, ce son 



( i69) 
que j'appelais son d'axe ou d'excentricit se renforce trs-sensiblement, sur- 
tout dans les tons graves, par l'influence des tables d'harmonie, tandis qu'il 
n'en est pas de mme des sons ordinaires d'une sirne. 

L'appareil qui a servi pour l'tude du son d'axe consistait en un moulinet 
ailes obliques dont l'axe tait tabli verticalement dans une monture que 
soutenait une bote circulaire servant de base au systme; cette bote tait" 
adapt le porte-vent accompagn d'un tube latral que l'on insufflait avec 
la bouche pour faire tourner le moulinet. Je donnais ce dernier, qui portait 
dix ailes, le nom de moulinet sirne par la raison qu'il produisait, pendant 
l'action du courant d'air, des sons du mme genre, mais seulement beaucoup 
moins intenses que ceux d'une sirne ordinaire. Une petite masse mtallique 
fixe l'une des ailes du moulinet servait rendre plus grande sa tendance 
au mouvement excentrique. 

Quand j'insufflais le moulinet de manire lui faire rendre, parexemple, 
un son de sirne de six cents vibrations sonores par seconde, si j'appuyais la 
monture contre une table d'harmonie, le son de sirne tait aussitt clips 
en grande partie par un son grave rpondant soixante vibrations sonores 
dans le mme temps; ce qui s'accordait avec le nombre synchrone des rvo- 
lutions accomplies par l'axe du moulinet. 

Je ne reviendrai pas sur mes anciennes expriences relatives l'effet so- 
nore produit par les corps tournants; je ferai seulement remarquer que le 
son d'axe semble maintenant mriter plus d'intrt qu' l'poque o j'en ai 
fait l'objet de quelques recherches, puisque c'est ce mme son qui se produit 
pendant le mouvement trs-rapide du miroir tournant que M. Wheatstone 
a imagin pour mesurer la vitesse de propagation de l'lectricit; miroir 
l'aide duquel, comme on le sait, M. Lon Foucault, d'une part, et de l'autre 
MM. Brguet et Fizeau, en s'inspirant des ides mises par M. Arago, ont 
pu, dans le courant de l'anne i85o, mesurer, par deux procds assez 
diffrents l'un de l'autre, les vitesses relatives de la lumire dans l'air et dans 
l'eau. J'ajouterai qu'ayant eu l'avantage d'assister aux expriences dont 
M. Foucault rendait si obligeamment tmoins ceux qui dsiraient voir fonc- 
tionner son appareil, je n'ai pu m'empcher de faire une attention particulire 
la puret des sons d'axe que produisait l'espce de sirne employe comme 
turbine pour produire, par un courant de vapeur d'eau, la rotation du 
miroir, et l'application utile que ces sons avaient pour faire connatre la 
vitesse rotative de ce miroir. J'ai cru devoir, en consquence, chercher 
complter ma thorie du son d'axe par quelques nouvelles expriences, et 



( 17 ) 
je viens soumettre au jugement de l'Acadmie les rsultats de celles que j'ai 
faites rcemment. 

Il semble naturel de penser que la vibration sonore produite chaque 
rvolution de l'axe consiste en un effet analogue celui que l'on dsigne 
sous le nom de battement, et que celui-ci se forme au moyen de certaines 
variations d'intensit dans le bruit produit par les frottements de l'axe contre 
les collets. Cependant, si l'on coute avec attention un pareil axe, lorsqu'il 
tourne lentement, on ne distingue aucun battement; j'ai conclu que sans 
doute il ne s'en produisait qu'au moment o la vitesse tait assez grande 
pour occasionner, dans le corps tournant et son support, des trpidations ou 
vibrations secondaires d'une certaine activit. 

Il m'est venu alors l'ide qu'un solide de rvolution, comme, par 
exemple, un cylindre qui serait dispos de manire pouvoir tourner ver- 
ticalement autour de son axe sur deux trous de centre, pourrait, quoique 
n'ayant qu'une faible vitesse, faire entendre des battements, si, d'une part, 
il recevait, dans son trou de centre infrieur, les frottements de l'axe tour- 
nant du moulinet dont il a t prcdemment question, et si, de l'autre, ce 
cylindre tournait en sens contraire du moulinet. 

En rflchissant sur les moyens les plus simples l'aide desquels cette 
condition du mouvement inverse du cylindre pourrait tre remplie, j'ai t 
conduit penser qu'il suffirait : i de prolonger par en haut l'axe du mou- 
linet en une tige flexible ; 2 d'appliquer, vers le sommet de cette tige, le 
poids excentrique au lieu de le laisser sur le moulinet ; et 3 de disposer la 
monture de faon que la partie infrieure du cylindre, pour venir s'appuyer, 
par son trou de centre, sur l'extrmit de la tige, passt librement travers 
une espce de lunette dpendante de cette monture, tandis que le trou de 
centre suprieur du cylindre recevrait une broche conique autour de la- 
quelle il put tourner comme sur une pointe de tour. 

Ce qu'il y a de certain, c'est que dans un appareil construit d'aprs ces 
ides, et dans lequel on a seulement remplac le cylindre par un rouleau en 
ivoire lgrement conique, il suffit que ce rouleau fasse trois quatre tours 
par seconde, pour qu' chacune de ses rvolutions on distingue un batte- 
ment, et surtout lorsque la monture est mise en communication avec une 
surface solide doue de quelque rsonnance. C'est cet appareil que j'ap- 
pelle moulinet battements. Le rouleau, raison de sa forme conique, 
permet que l'on puisse ralentir ou acclrer sa rotation en levant ou abais- 
sant la traverse contenant la lunette dont on vient de parler. Une tache 



( '7' ) 
noire que porte ce rouleau, donne d'ailleurs beaucoup de facilits pour 
suivre des yeux sa rotation, et constater la concidence de chaque battement 
avec chaque rvolution . 

Il est peine ncessaire de faire remarquer que, si l'on supprime le 
poids excentrique fix la tige flexible, il en rsulte alors que le rouleau, ne 
s'appuyant plus avec une force suffisante contre les parois de la lunette, 
cesse de tourner en sens contraire du moulinet, et de faire entendre des 
battements. 

Ce qui prcde autorise donc penser que, pendant la rotation trs-ra- 
pide d'un axe de cylindre ou de roue dans des collets, il se forme, chaque 
rvolution de cet axe, un battement, et que c'est la raison pour laquelle le 
son produit se compose de vibrations sonores dont le nombre est gal 
celui des rvolutions. 

chirurgie. De la cure radicale des hernies inguinales et d'un nouveau 
moyen de l'obtenir; par M. A.-D. Valette. (Extrait.) 

(Commissaires, MM. Roux, Velpeau, Lallemand.) 

... M. Gerdy, en proposant pour la cure radicale des hernies ingui- 
nales l'invagination dans le but d'oblitrer le canal, a ouvert une voie nou- 
velle et ingnieuse; mais son procd, indpendamment des dangers auxquels 
il expose , ne permet qu'une invagination incomplte et insuffisante, et, 
pour emprunter les termes de M. Malgaigne, ne fait que transformer une 
hernie inguinale externe en hernie interstitielle. L'ide d'ailleurs, je le 
rpte, est des plus heureuses, et il fallait seulement trouver les moyens d'en 
obtenir la ralisation d'une manire plus complte et plus sre. C'est quoi 
je crois tre parvenu. 

Le premier temps de l'opration que je propose, consiste refouler 
dans toute l'tendue du canal, et mme au del, un bouchon tgumentaire 
volumineux. Je me suis ensuite appliqu assurer, pendant un temps plus 
ou moins long, cette invagination , afin que le bouchon organique pt subir 
l'action du caustique et et le temps de contracter des adhrences tendues 
et rsistantes. Voici, du reste, la description de l'appareil instrumental que 
j'ai imagin pour remplir toutes ces indications. 

i. Une cheville ou embout en bois d'bne que j'appellerai Yinvagi- 
nateur : sa longueur est de ia i/j centimtres, sa grosseur variable est 
proportionne la dilatation de l'anneau. Cet invaginateur est arrondi 
l'une de ses extrmits. A son extrmit oppose est fixe perpendiculaire- 



( '7 a ) 

aient une longue tige contourne en pas de vis pour recevoir deux crous 
dont je dirai bientt l'usage. L'invaginateur est creus d'un canal courbe 
pour le passage d'une longue aiguille. L'ouverture d'entre de ce canal est 
au point correspondant au centre de l'embout de bois. Son ouverture de 
sortie est sur la face antrieure de l'instrument et i centimtres environ de 
l'extrmit arrondie. 

J'ai fait construire, d'un autre ct, une ceinture qui prsente les dis- 
positions suivantes : Une large bande d'acier en forme le squelette; elle 
est convenablement garnie et rembourre afin de ne pas blesser le malade. 
Elle peut tre fixe une hauteur convenable au moyen de Courroies et 
l'aide de bretelles d'une part, et d'un cuissard de l'autre part. A la partie 
antrieure, cette ceinture porte une longue lame d'acier, qui n'y est pas fixe 
invariablement, mais qui joint, quand on veut, d'un mouvement tel, qu'on 
peut, suivant l'exigence, la rapprocher ou l'loigner de la ligne mdiane du 
corps; la lame elle-mme est articule sa partie moyenne de telle sorte 
que sa moiti antrieure peut tre volont rapproche ou loigne du 
tronc. Quand on a donn l'extrmit libre de la lame la position convenable, 
on l'y fixe au moyen des vis de pression que portent l'extrmit oppose et 
la partie moyenne. La moiti antrieure de cette lame porte une fentre dans 
laquelle passe la tige en acier de l'obturateur qui peut ainsi non-seulement 
monter et dcendre, mais encore avancer ou reculer ; grce cette libert et 
et au double mouvement de la lame, rien n'est plus simple que de relier 
l'invaginateur la ceinture sur laquelle il doit prendre son point d'appui. 
Quand tout est en place, on rend le systme rigide, la lame par rapport la 
ceinture au moyen des vis de pression, et l'invaginateur par rapport la lame 
au moyen des deux crous qui se vissent sur sa tige mtallique, et sont 
amens contre la lame qu'ils pressent l'un en dessus, l'autre en dessous. 

Ceci pos, voici comment se pratique l'opration. Le malade, tant cou- 
ch sur le dos, la ceinture est fixe une hauteur convenable. 

Premier temps. La hernie tant rduite, on refoule, l'aidede l'indi- 
cateur gauche, un bouchon tgumentaire que l'on pousse aussi haut que 
possible. Le testicule et le cordon sont laisss en arrire et en bas. Le doigt 
ainsi introduit s'assure qu'il n'y a pas d'anse intestinale comprise entre le 
bouchon et la paroi antrieure du canal. 

Deuxime temps . L'invaginateur estsubstitu au doigt du chirurgien. 
L'aiguille, il n'est pas besoin de le dire, est compltement cache dans son 
canal. Une manuvre qui simplifie ce temps de l'opration et assure l'in- 
troduction de l'invaginateur, consiste glisser le long de l'indicateur gau- 



( '73) 
che, qui n'a pas abandonn sa position, un gorgeret qui retient la peau 
imagine lorsqu'on retire le doigt. Rien de plus facile ensuite que de glisser 
l'invaginateur dans la rainure du gorgeret. L'instrument est ensuite pouss 
aussi haut que possible; il est des cas o je l'ai fait pntrer une profon- 
deur de 7 8 centimtres. On le dirige dans la direction du canal. 

Troisime temps. On fixe alors l'invaginateur, et, pour cela, on le con- 
fie un aide qui le tient immobile dans la position dans laquelle le chirur- 
gien l'a plac. L'crou infrieur n'a pas quitt la tige. La lame tant mise en 
place et fixe demeure, l'crou suprieur est plac son tour sur la tige, 
et, en le faisant marcher, la lame se trouve bientt prise et fortement ser- 
re. L'instrument est alors solidement fix. 

Quatrime temps. On pousse alors l'aiguille dont la pointe parait 
bientt en avant, aprs avoir travers successivement la peau invagine et 
la paroi antrieure du canal. 

Jusqu' prsent on voit que l'invagination a t faite trs-profond- 
ment, et ensuite que le bouchon organique est solidement maintenu en 
place. 

Cinquime temps. Il consiste pratiquer la cautrisation. Une trane 
de pte de Vienne est applique sur l'abdomen. L'aiguille est un indicateur 
trs-sr du point sur lequel on doit faire cette application. La trane a 
2 3 millimtres de largeur, 4 5 centimtres de longueur. L'aiguille se 
trouve la runion des f internes avec le \ externe de cette ligne. Lorsque 
le caustique a suffisamment agi pour dnuder les tguments, on l'enlve, et 
l'on applique sur le point noirci une bandelette de sparadrap de chlorure 
de zinc prsentant les mmes dimensions et qu'il est trs-facile de fixer en 
le faisant traverser par l'aiguille. 

Vingt-quatre heures aprs on enlve le caustique, on coupe avec pr- 
caution l'escarre, dont il serait trop long d'attendre la chute, mais il est bien 
entendu que jamais le bistouri ne doit porter sur le vif. On se borne creu- 
ser une gouttire dans la partie morte, et l'on rpte l'application du chlorure 
de zinc. Cette application est renouvele une troisime, une quatrime, une 
cinquime fois, jusqu' ce qu'enfin on aperoive au fond de la plaie la face 
antrieure de l'invaginateur. Lorsque ce rsultat est obtenu, l'opration est 
compltement acheve. On enlve l'appareil avec prcaution , et l'on aban- 
donne la nature le soin de l'limination de l'escarre et de la cicatrisation 
de la plaie. On se borne faire des pansements simples. 

Il est facile de se rendre compte de ce qui se passe dans cette opration. 
La peau invagine et la paroi antrieure du canal sont intresses dans une 

,C. R. , i85i, i Semestre. (T. XXXU, N 6.) 2 4 



( 74 ) 

tendue que l'on peut dterminer d'avance trs-approximativement, d'a- 
prs les dimensions que l'on donne au caustique. J'ai dit plus haut celles 
que l'on pouvait, sans inconvnient, lui donner. En mme temps que les 
tissus subissent l'action de l'agent destructeur, la raction s'tablit daiiS la 
partie vivante qui touche celle qui vient de mourir; alors commence le tra- 
vail qui a pour but l'limination de l'escarre dont le premier effet est de 
dterminer, dans le tissu cellulaire interstitiel, l'panchement de lymphe 
plastique, et, par suite, d'assurer la formation d'adhrences entre la por- 
tion invagine et la paroi antrieure du canal. Ces deux phnomnes sont 
solidaires l'un de l'autre; il ne peut pas y avoir chute de l'escarre sans' que 
des adhrences se soient tablies, par la raison toute simple que c'est le 
mme phnomne vital, le mme travail organique qui doit amener ces 
deux rsultats. A la chute de l'escarre la peau invagine est dj fixe par 
de solides adhrences, mais ce n'est pas tout encore ; en effet, l'invaginateur, 
qui reste en place plusieurs jours, suffirait lui seul excorier le bouchon 
cutan, si une autre circonstance n'assurait pas ce rsultat. Lorsque l'escarre 
commence se dtacher, la suppuration qui dlaye quelques molcules de 
caustique dont l'escarre est imprgne a des qualits lgrement irritantes: 
toujours est -il que, lorsqu'on retire l'invaginateur, on voit ce qui reste du 
bouchon organique prsenter l'aspect de la peau dnude par un vsica- 
toire. A mesure que la cicatrisation s'opre, des adhrences nouvelles s'- 
lablissent entre tous les tissus compris dans cette plaie, et au bout d'un 
certain nombre de jours, une cicatrice solide, paisse, rsistante, retient le 
bouchon organique qui ne saurait tre chass au dehors. 

MMOIRES PRSENTS. 

minralogie. Note sur l'antimoine oxyd octadrique de Mimine 
[province de Constantine) ; par M. H. de Senarmont. 

(Renvoy la Section de Minralogie et de Gologie.) 

L'antimoine oxyd tait nagure une raret minralogique. On voyait 
dans les collections quelques chantillons provenant de Bohme, de Saxe, 
de Hongrie, des duchs de Bade, de Nassau et du Dauphin. Mais partout 
on l'avait rencontr en trs-petite quantit , et comme un produit accidentel, 
associ du sulfure d'antimoine, des minraux antimonifres, de la ga- 
lne et de la blende. 

) Depuis quelques annes, au contraire, cette espce minrale arrive en 



( '75 ) 
ibondance sur le march de Marseille; elle provient de la mine de Sansa, 
voisine des eaux minrales d'An-Baboich (province de Constantine): c'est 
un minerai d'antimoine trs-riche, trs-pur et trs-facile traiter. 

(les masses d'antimoine oxyd sont composes de cristaux capillaires 
souds, parallles ou un peu divergents, d'un clat nacr et adamantin; 
elles ont un aspect cari, cause des vides que laissent entre elles ces ag- 
glomrations de cristaux rudimen taises; et les parois des cavits, ainsi que 
l'extrmit des fibres qui y aboutissent, sont quelquefois d'un jaune vif. 

( )nsait quel'antimoine oxyd cristalliseen prisme rhombodal droit, ais- 
ment clivable suivant deux directions paralllesaux faces latrales, sous l'angle 
de i36 58', et peut-tre dans une troisime direction, parallle en mme 
temps la petite diagonale de la base et la hauteur du prisme. Mohs re- 
garde la disposition lamelleuse trs-prononce dans ce sens comme rsultant 
seulement d'un accolement latral de cristaux hmitropes. 

Les angles des clivages sont faciles mesurer; Mohs indique de plus : 
i un angle de 70 32' compris entre des modifications e K places symtrique- 
ment sur les angles aigus de la base ; 2 un angle de 1 o5 38' compris entre 

x 
les modifications dissymtriqus (b 3 , h', b') 7 qui reposent par couples sur 

les angles obtus de cette mme base. Je n'ai pas retrouv ces angles sur 
quelques cristaux de Braunsdorf , o ces modifications paraissaient respec- 
tivement remplaces : i par des modifications e k qui se rencontraient sous 

l'angle d'environ i/ji degrs; 2 par des modifications (:&*', h 12 , b'), qui for- 
maient sur l'angle obtus de la base un biseau d'environ \i\d> degrs, cha- 
cune des faces de ce biseau faisant un angle voisin de 1 23 degrs sur la face 
latrale adjacente du prisme. Toutes ces faces sont d'ailleurs courbes, irrgu- 
lires, et les mesures laissent une grande incertitude. 

Quoiqu'il en soit, les cristaux prismatiques d'antimoine oxyd prsen- 
tent des clivages faciles caractristiques, et l'on ne saurait douter que le 
minerai de Sansa n'affecte cette forme, car les cristaux aciculaires sont fibreux 
et lamelleux paralllement leur longueur, et leurs clivages se croisent sous 
l'angle de r36 58'. 

On a ouvert rcemment, dans le voisinage de Sansa, une exploitation 
qui porte le nom de Mimine; et l'on en extrait un oxyde d'antimoine tout 
diffrent du premier. 

Il est en masses saccharodes, grenues ou compactes, dont les cavits 
sont tapisses de cristaux octadriques, qui ont quelquefois plus de 1 centi- 

24.. 



( 176 ) 

mtre de diamtre, et prsentent des indices d'un clivage quadruple octa- 
drique. 

Cette espce minrale a les caractres suivants. 

Elle est compose d'antimoine oxyd pur contenant : 

Antimoine 84 , 32 

Oxygne i5,68 

Sa forme est l'octadre rgulier, les faces des cristaux volumineux sont 
ordinairement trs-gauches, mais on a trouv sur huit cristaux diffrents, 
choisis et trs-petits, les angles de l'octadre rgulier, sans que les carts 
aient jamais dpass 1 1 minutes. 

Quatre clivages difficiles, gaux, conduisent l'octadre rgulier; 
La densit varie de 5,22 5,3o; elle parait notablement plus faible que 
celle de l'antimoine oxyd prismatique, gale, selon Mohs, 5,56. 

L'antimoine oxyd octadrique est fusible et volatil dans un tube fer- 
m. On distingue sous le microscope, dans la masse fondue et refroidie, de 
longues aiguilles lamelleuses et de petits octadres. 

Le chalumeau le rduit facilement sur le charbon avec dgagement de 
vapeurs paisses qui se dposent en aurole blanche; la matire est ainsi 
compltement volatile sans rsidu. Il est insoluble dans l'acide azotique, so- 
luble dans l'acide chlorhydrique concentr. 

Les cristaux sont peu aigres, rays facilement par la chaux carbonate, 
avec raclure blanche; leur cassure est ingale, souvent lamelleuse, leur clat 
trs-vif, rsineux et adamantin. Ils sont incolores, transparents ou translu- 
cides, fortement rfringents, sans action rgulire sur la lumire pola- 
rise. 

Les masses imparfaitement cristallises ressemblent beaucoup au plomb 
carbonate; elles ont une cassure saccharode, passant la cassure grenue et 
compacte; des zones ou des nodxiles d'un blanc pur sont parfaitement 
compactes, grains indiscernables sous la plus forte loupe; leur cassure 
est unie et mate, leur densit gale 5,23; quelques parties saccharodes et 
presque toutes les parties grenues sont gristres. 

M. Rivot a analys, au bureau d'essais de l'cole des Mines, l'anti- 
moine oxyd octadrique. Il a trouv les cristaux et la varit blanche par- 
faitement compacte composs d'oxyde absolument par. Son poids diminue 
de 1 6 pour 1 00 quand on le rduit par l'hydrogne, et augmente de 5 p. 1 00 
quand on le traite par l'acide azotique. Cet oxyde est d'ailleurs exempt 
d'arsenic, ou n'en renferme que des traces. 



( '77 > 

Quelques varits saccharodes contenaient moins de i pour 100 de 
plomb; les parties gristres sont souilles de i 3 pour ioo d'argile grise. 

Le gte de Mimine est imparfaitement connu ; on a trouv l'antimoine 
oxyd saccharode et les cristaux octadriques prs de la surface du sol, 
envelopps d'argile. A une petite profondeur, on rencontre des eaux ther- 
males toxiques, dont il serait trs-intressant de connatre exactement la 
composition. Ces circonstances pourraient faire penser que le minerai de 
Mimine a d se former par voie humide. 

L'antimoine oxyd naturel est donc dimorphe comme le produit arti- 
ficiel de l'oxydation du rgule. Il est bien connu, en effet, que si l'on brle 
une quantit un peu considrable de mtal dans un moufle demi ferm, 
il se recouvre d'un rseau d'aiguilles prismatiques, lamelleuses, suivant 
deux directions longitudinales, qui se croisent sous l'angle de i36,58; et 
si l'on a laiss la masse se refroidir lentement, on trouve presque toujours 
sur les aiguilles de petits octadres rguliers. 

L'acide arsnieux, isodimorphe avec l'antimoine oxyd, prsente les 
mmes proprits. M. Whler a observ, dans les produits du grillage de 
quelques minerais cobaltifres, des aiguilles d'acide arsnieux, auquel 
M. Mitscherlich a reconnu une forme identique celle de l'antimoine oxyd 
prismatique naturel ou artificiel (1). Il n'est pas douteux que les cristaux 
aciculaires naturels du mme acide, qui se groupent habituellement en 
houppes ou en toiles, n'appartiennent cette varit. Quant aux octadres 
d'acide arsnieux, qu'on forme si facilement par sublimation ou par disso- 
lution, et qu'on trouve galement dans la nature, ils correspondent au 
minerai de Mimine, et possdent comme lui un clivage quadruple. 

chimie physiologique. Relation entre le pouvoir toxique et le pouvoir 
antiputride de la nicotine. (Note de M. Edouard Robin.) 

Par mes Notes prcdentes, j'ai cherch faire voir qu'il existe une 
classe nombreuse de poisons chez lesquels le pouvoir antiputride, c'est-- 
dire le pouvoir de s'opposer la combustion lente des matires organises, 
ds lors la respiration, est parfaitement en rapport avec le pouvoir toxique 
qu'elles exercent sur les animaux et mme sur les vgtaux ; l'exprience 
que j'ai l'honneur de communiquer l'Acadmie, tend montrer que la 
nicotine appartient cette classe. 

(i) Whler, Sur le dimorphisme de l'acide arsnieux ( Annales de Poggendorff, t. XXVI, 
page 177}. 



( i7) 

Cet alcali, dont le pouvoir toxique ne saurait tre compar qu' celui de 
l'acide cyanhydrique , possde aussi un pouvoir antiputride pareil celui 
de cet acide : ds l'instant o la vapeur que la nicotine rpand aux tempra- 
! tires ordinaires dans un vase ferm, est en contact avec les matires ani- 
males, l'action de l'oxygne sur elles est compltement paralyse ; elles res- 
tent indfiniment l'tat o les a trouves la vapeur de l'alcali; leur couleur 
Seulement est un. peu change : elle acquiert une nuance rouge plus vive. 
La chair que je mets sous les yeux de l'Acadmie est en exprience depuis 
quatre mois. 

Cette chair, qui conserve parfaitement sa couleur vermeille, est sus- 
pendue dans un flacon dont le fond est occup par une trs-mince couche 
de nicotine. 

La Note et le flacon sont renvoys la Commission dj charge d'exa- 
miner les prcdentes communications de M. E. Robin sur la mme 
question. 

PHYSIOLOGIE. De la fibrine dans l'albuminurie, et de ses liaisons avec 
l'albumine. (Note de M. Corne.) (Extrait.) 

(Commission prcdemment nomme. 

Deux nouvelles donnes ont t ajoutes depuis peu aux lois hmalo- 
Ingiques connues ; i l'lvation fie la temprature lve la proportion de 
fibrine dans le sang; 2 l'agitation du sang diminue cette proportion. Ces 
donnes ont t tablies par M. Marchai (de Calvi) dans deux Notes commu- 
niques l'Acadmie des Sciences, en 1849 et en i85o. 

J'ai entrepris, de mon ct, sur la seconde de ces lois, la diminution 
de la fibrine par l'agitation (Note communique en mars i85o), une srie 
d'expriences, toutes confirmatives, l'exception d'une seule. C'est de cette 
exprience exceptionnelle que je vais parler,. 

Il s'agissait d'un alhiiminurique, l'tat aigu, saign dans les premiers 
jours de la maladie et guri dans l'espace de six semaines. Le sang de la 
saigne fut reu dans deux vases, les premier et troisime quarts ensemble, 
les deuxime et quatrime quarts ensemble : des deux moitis du sang, 1 une 
fut laisse au repos, l'autre fut agite pendant dix minutes. C'est ainsi, du 
reste, que j'ai procd et que M. Marchai avait procd dans tous les cas. 
lies deux moitis du sang ont donn galement pour chiffre de la fibrine, 
1,8 sur 1000. Ainsi, i la proportion de la fibrine dans les deux sangs tait 
au-dessous de la moyenne; a au lieu d'une diffrence dans la proportion 



( 79 ) 
de fibrine, au dtriment du sang agit, comme dans toutes les autres exp- 
riences, la proportion tait la mme pour les deux sangs. 

Il est impossible de conclure sur un seul fait; mais on peut toujours, 
en attendant, proposer quelques vues propres guider l'observation ult- 
rieurement. 

i. La proportion de fibrine dans les deux sangs tait au-dessous de 
la moyenne. S'il en tait ainsi gnralement dans l'albuminurie, on pour- 
rail expliquer la diminution de la fibrine par la diminution de l'albumine. 
et ce rsultat viendrait l'appui de la prsomption formule par MM. Bec- 
querel et Rodier, d'aprs laquelle la fibrine ne serait autre chose qu'une 
transformation de l'albumine. 

a. Au lieu d'une diffrence dans la proportion de fibrine au dtri- 
ment du sang agit, comme dans toutes les autres expriences, la propor- 
tion tait la mme pour les deux sangs. 

Ne pourrait-on pas expliquer cette exception de la manire suivante? 

L'agitation diminuerait gnralement la fibrine en faisant rentrer dans 
l'albumine la proportion de fibrine qui s'en est spare en dernier lieu et 
qui existe, pour ainsi dire, l'tat intermdiaire : or, dans ce cas* elle ne 
lui aurait rien fait perdre, attendu que, vu la rduction de l'albumine du 
sang par suite de l'albuminurie, cette proportion intermdiaire ne se serait 
point spare de la masse et consquemment n'aurait pu y rentrer. 

D'aprs cette vue, l'albumine existerait dans le sang sous trois tats : 
i" l'tat d'albumine proprement dite; i l'tat intermdiaire ou fibrode; 
3 enfin l'tat de fibrine. 

Ne pourrait-on pas encore admettre que, puisque l'agitation n'a rien 
fait perdre la fibrine, cela tient ce que la partie qu'elle fait rentrer dans 
l'albumine, est aussi la mme partie, d'tat intermdiaire ou transitoire, qui 
est susceptible de reprendre l'tat d'albumine, comme dans ce cas, sous 
l'influence d'une rduction de cette dernire. 

La rduction de la fibrine, par suite de la rduction de l'albumine, 
concourrait expliquer l'atrophie musculaire dans l'albuminurie. 

physique. Sur la courbe dcrite par un corps sphrique, dou d'un mou- 
vement de translation et d'un mouvement de rotation; par M. Fermoyt. 
(Extrait. ) 

La communication que M. L. Foucault vient de faire l'Acadmie 
m'impose l'obligation de ne pas tarder plus longtemps faire connatre, sur 
les oscillations du pendule, des expriences qui me sont propres, et que 



( i8o) 

j'ai communiques, il y a dj quelques annes, la Socit philomathique 
et la Socit d'mulation. Ces expriences, ainsi que d'autres, ont pour 
but d'tablir que, dans certaines circonstances, tout corps sphrique dou 
d'un mouvement de rotation dont j'indique le sens, dcrit une courbe dont 
j'indique encore le sens de courbure, et qui peut tre trs-variable, selon 
les conditions de rotation et de translation. Comme je dsire n'avoir que ce 
qui m'appartient, je dtache d'un manuscrit ayant pour titre : Trait de 
Mcanique molculaire, quatre feuilles o je dcris les dviations que, dans 
certaines circonstances, le pendule peut offrir. Les expriences et les ph- 
nomnes qui y sont dcrits font partie d'une srie d'expriences ayant pour 
but d'tablir le principe des mouvements circulaires, dont l'tude m'a paru 
indispensable pour bien comprendre le mode de gnration des courbes 
hlicodales que j'ai observes dans les tuyaux produisant un son 

La Note de M. Fermont et les feuilles dtaches qui l'accompagnent sont 
renvoyes l'examen de la Commission charge de se prononcer sur le 
travail de M. Foucault. 

A cette Note est jointe une Lettre dans laquelle M. Fermont prie l'Aca- 
dmie de vouloir bien le comprendre au nombre des candidats pour la place 
vacante dans la Section de Physique par suite du dcs de M. Gaj-Lussac . 

physiologie vgtale. Expriences sur l'influence du gaz azote dans la 
vgtation ; par M. Ch. Mne. (Extrait par l'auteur.) 

( Renvoi une Commission compose de MM. Chevreul, Brongniart, Payen ; 

Commission laquelle est invite s'adjoindre celle qui avait t nomme 

pour un travail de M. faille sur le mme sujet. ) 

Depuis les belles expriences de M. Boussingault, on admet gnrale- 
ment que le gaz azote entrant dans la composition de l'air est souvent 
absorb par les plantes. Tout rcemment encore, M. Ville a publi un tra- 
vail dans lequel il semble indiquer cette absorption de l'azote comme jour- 
nalire et indispensable la vgtation. 

Pour m'assurer si l'azote tait absorb, et dans quelles circonstances 
cette absortion avait lieu, j'ai fait trois grandes sries d'expriences, qui 
m'ont conduit aux conclusions suivantes : 

Premire srie. J'ai cultiv pendant quatre mois, dans un sol strile 
form de verre pil, des pois et du bl; ces plantes n'avaient, pour toute 
nourriture, que de l'air et de l'eau distille. En un mot, j'ai rpt les exp- 
riences de M. Boussingault, et je suis arriv ses mmes rsultats. En effet, 
par l'analyse lmentaire des plantes germes et venues terme, compares 



( ti ) 

aux graines qui les avaient fait natre, j'ai vu que, pendant les quatre 
mois de culture, le bl a augment de neuf fois le poids de la graine ; l'eau 
entre dans ce nombre pour 7; le carbone, l'hydrogne et l'oxygne ont 
un peu plus que doubl, tandis que l'azote ne s'est accru que d'un 
quart. Pour les pois, j'ai trouv que o, 1 1 de pois ont gagn, dans ce 
mme mode de culture, 3,4o; l'eau entre, dans ce nombre, pour 1,83a. 
L'azote a presque tripl ; le carbone, l'hydrogne, l'oxygne, ont dcupl. 

Deuxime srie. J'ai cultiv des lentilles, pois, haricots, fves, giro- 
fles, bl, seigle, avoine, dans un sol strile, et sous une grande cloche, de 
manire pouvoir fixer leur atmosphre, et l'analyser chaque jour; l'air 
que j'introduisais tait form de a5 d'oxygne, a5 d'acide carbonique et 
5o d'azote; en outre, j'introduisis une certaine quantit d'azotate d'ammo- 
niaque dans le sol. J'ai compar et analys, aprs la maturit des plantes 
dont beaucoup ont fleuri et graine, les principes lmentaires, avec ceux 
des graines qui avaient donn naissance aux plantes, et j'ai vu que les 
vgtaux avaient fix de l'azote. L'analyse de l'air ne m'a pas montr de 
diminution dans l'azote; mais l'azotate d'ammoniaque a disparu en partie. 
( Voir tous les nombres du Mmoire.) 

Troisime srie. J'ai rpt les mmes expriences que dans la 
deuxime srie; seulement, au lieu d'azote dans l'air que j'introduisais sous 
la cloche, j'ai mis de l'hydrogne. Les plantes sont venues aussi belles que 
prcdemment, et ont absorb l'azote de l'azotate d'ammoniaque. 

De ces expriences, il m'est permis de conclure que, normalement : 
i les plantes absorbent, dans le sol et dans les engrais, tout l'azote qui leur 
est ncessaire, et que, i elles n'en prennent pas directement dans l'atmo- 
sphre. 

conomie rurale. De la dernire maladie du froment [rouille des bls, 
dermatose vgtale); par M. Decerfz, de La Chtre (Indre). (Extrait.) 

(Commissaires, MM. de Jussieu, Payen, Decaisne.) 

... Les bls taient magnifiques au printemps, et tout faisait esprer 
une abondante rcolte, quand les chaleurs insolites de la dernire quinzaine 
de juin nuisirent au dveloppement du grain, qui resta l'tat rudimen- 
taire dans l'pi; ces influences fcheuses vinrent bientt se joindre le 
brusque abaissement de la temprature, les pluies froides et les brouillards 
du commencement de juillet, qui favorisrent le dveloppement des Cryp- 
togames parasites, et, en moins de quinze jours, les froments de nos con- 

C. R. , i85i , i Semestre. (T. XXXU, N 6.) ^5 



( '8a ) 

tres se trouvrent couverts d'une quantit de ces lignes brunes ou points 
noirs, qui constituent ce que l'on appelle vulgairement la rouille des bls. 
Vus la loupe et au microscope, ces points prsentent tous les caractres 
assigns YUredn segetum de Persoon, ou rticulaire des bls de Bulliard. 

En gnral, les parasites jouent un grand rle dans les maladies des 
plantes : on voit des prairies artificielles entirement dtruites par des Puc- 
cinies, et des arbres robustes dont la vgtation est arrte par des Hypoxy- 
lons. Chaque espce de plante a ses ennemis particuliers dans les divers 
parasites qui s'en emparent; les crales les trouvent dans l'Urdo et ses 
varits, dont la multiplication est infinie, alors que certaines conditions 
atmosphriques en favorisent le dveloppement. C'est ce qui, comme 
nous l'avons dit, est arriv, lors de la dernire rcolte, nos froments du 
Berry qui se sont trouvs, en quelques semaines, couverts de YUredo 
segetum, par suite de pluies froides ou de brouillards pais. Ces pluies et 
ces brouillards n'ont pas occasionn la maladie, comme on le croyait gn- 
ralement avant les recherches de Tillet, de Tissier, de Bndict-Prevost et 
de De Candolle, mais en ont favoris la cause par l'closion des sporules 
des Cryptogames parasites qui seraient rests l'tat d'avortement sans ces 
circonstances fortuites. 

Il serait superflu d'insister plus longtemps sur les causes de la rouille, 
et ce qui importe surtout, c'est de chercher les moyens d'en prvenir le 
retour, de soustraire des rcoltes entires ses dsastreux ravages; or, j'ai t 
tmoin cette anne de faits qui m'en font esprer la possibilit. Consult par 
plusieurs agriculteurs sur le chaulage employer sur du bl destin tre 
sem dans des terrains froids et humides et o les rcoltes taient presque 
toujours dtruites par le charbon, la carie ou la rouille, malgr l'emploi 
du chaulage ordinaire, mme pratiqu avec le protosulfate de fer ou le deuto- 
sulfatede cuivre, j'ai conseill un nouveau moyen, simple et facile, et dont 
Je rsidtat a dpass nos esprances. 

Voici la composition de ce nouveau chaulage : 



Hydrochlorate d'ammoniaque. 
Chaux dlite 



| de chaque 5oo grammes. 



Les rduire en poudre et les faire dissoudre dans 9.5 litres d'urine. Saturer 
le bl de ce mlange avant de le semer. Cette dose suffit pour 5 hectolitres 



de grain. 



Ce nouveau procd a t pratiqu l'anne dernire (1849) sur une 
certaine quantit de bl, et les rcoltes qui en sont provenues ont t abon- 



( i83) 

dantes et compltement prserves de la rouille dont tous les bls des 
champs voisins taient atteints sans exception. Le grain ainsi prserv tait 
d'une qualit suprieure et fort recherch pour semence. 

La chaux dcompose l'hydrochlorate d'ammoniaque et forme de l'hy- 
drochlorate de chaux, qui, combin avec l'urine, offre le double avantage 
d'tre tout la fois un engrais concentr et un prservatif assur contre le 
dveloppement des sporules des Cryptogames parasites qui produisent les 
dsastreuses maladies des grains connues sous les noms de charbon, de 
rouille et de carie. 

mdecine. Sur l'emploi des ventouses dans les fivres d'accs, et sur 
les avantages qu'on trouverait faire usage du mme moyen dans bien 
des cas oit l'on recourt d'ordinaire aux missions sanguines. (Extrait 
d'une Note de M. L.-F. Gondret.) 

(Commissaires, M. Dumril, Serres, Andral.) 

L'exprience, dit M. Gondret, m'a dmontr que le vide ou ventouse 
dissipe : i le frisson initial des fivres intermittentes; i les lgers frissons 
et la chaleur qvii se remarquent dans les fivres rmittentes ; 3 le frisson et 
les autres phnomnes concomitants des affections que l'on rapporte la 
plthore (primie), l'inflammation, l'hmorragie et au rhumatisme 
aigu. 

Dans la plupart des affections, la ventouse sche, multiplie sur les 
larges surfaces du tronc et des membres, a une grande part la gurison. 
Dans quelques circonstances, la ventouse scarifie, par la soustraction d'une 
quantit minime de sang, concourt puissamment effacer les symptmes 
les plus intenses et acclrer la gurison 

J'invoque l'examen et le jugement de l'Acadmie des Sciences sur 
le prsent Mmoire, dans lequel je dveloppe et j'tablis les propositions 
qui viennent d'tre nonces. Je la supplie de me croire dvou en faire 
le dmonstration partout o besoin sera dans l'intrt de la science et de 
l'humanit. Pour le traitement des fivres intermittentes et rmittentes, 
Paris n'est pas le sige le plus opportun en raison de sa position heureu- 
sement salubre; mais bien les pays marcageux, tels que la Sologne et 
l'Algrie surtout, cause de la prsence simultane du cholra et des fivres 
de mauvaise nature. Je suis prt me rendre aux lieux dsigns par l'Aca- 
dmie des Sciences pour acqurir une lumire plus vive sur les questions 
importantes que j'ai l'honneur de lui soumettre. 

*5.. 



s 



( 184 ) 

M. Deleau, l'occasion d'une Note adresse en novembre i85o par 
M. Landouzj , rappelle un Mmoire qu'il avait lu l'Acadmie en 1837, 
et dans lequel il avait dj signal la coexistence singulire d'une exaltation 
de la sensibilit de l'oue et d'une diminution de la sensibilit des nerfs 
faciaux. M. Deleau se reprsentait aussi les deux phnomnes comme lis 
par la relation de cause et d'effet; mais, pour lui, la paralysie du nerf facial 
tait une consquence de l'affection de l'organe de l'oue, tandis que pour 
M. Landouzy ce serait exactement l'inverse qui aurait lieu. 

La Note dans laquelle M. Deleau dveloppe les raisons qui le font per- 
sister dans sa premire opinion est renvoye l'examen de la Commission 
charge de se prononcer sur la communication de M. Landouzy. 

mdecine. De la gastro-entrite varioleuse avant et depuis la dcouverte 

de la vaccine ; par M. Bayabd. 

(Commission prcdemment nomme.) 

L'auteur, dans cette nouvelle Note, prsente une srie de propositions 
se rattachant toutes plus ou moins directement cette ide dj soutenue 
par lui dans ses prcdentes communications, que la maladie dsigne sou 
le nom de fivre typhode n'est qu'une variole interne attaquant les indi- 
vidus que la vaccine a prservs, dans leur jeune ge, de la variole avec 
ruption externe. De ces douze nouvelles propositions, nous nous conten- 
terons de reproduire les deux suivantes : 

1 XL La variole confluente et la fivre typhode ne sont, trs-probable- 
ment, qu'une seule et mme maladie, externe dans un cas, interne dans 
l'autre, produite par la combinaison du typhus et de la variole. 

XII. L'inoculation du virus varioleux dans l'enfance prserve le sujet 
inocul des complications, souvent mortelles, dues la combinaison de la 
variole avec les causes morbides intercurrentes. 

M. Girault envoie le duplicata d'un Mmoire qu'il avait adress en 
mars 1848, mais qui n'est jamais parvenu au secrtariat de l'Acadmie. 
Ce Mmoire est intitul : Thorie nouvelle des phnomnes lectriques, et 
application diffrents phnomnes non expliqus jusqu' ce jour. 
(Commissaires, MM. Becquerel, Pouillet.) 

M. Van Honsebrouck adresse, d'Anvers, un Mmoire ayant pour titre : Des 
causes probables qui ont amen le dluge, et de l'origine des habitants qui 
se sont succd sur la terre. 

(Commissaires, MM. Cordier, lie de Beaumont, Milne-Edwards.) 



( >85 ) 

M. Gros soumet au jugement de l'Acadmie les rsultats de ses nou- 
velles recherches concernant Vorigine et les transformations des Infusoires. 

Cette Note est renvoye la Commission qui avait t charge d'exami- 
ner des communications prcdentes de l'auteur sur le mme sujet. 

M. Oppert prie l'Acadmie de vouloir bien hter le travail de la Commis- 
sion qui avait t charge de se prononcer sur une Note, prsente par lui, 
concernant une chane mtrique d 'arpentage de son invention. 

(Commission prcdemment nomme. ) 

M. Chevreul est remplac, sur sa demande, dans la Commission charge 
de faire un Rapport sur les communications de M. Grange, concernant 
les rapports entre certaines constitutions gologiques du sol et l'existence 
du goitre chez les habitants de ce pays. 

M. Boussingault occupera , dans cette Commission , la plafce laisse 
vacante par M. Chevreul. 

MM. Elie de Beaumont et Cordier sont dsigns pour faire partie de la 
Commission charge d'examiner un travail de M. de la Fosse, Commission 
devenue incomplte par le dcs de M. Beudant. 

CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de la Guerre adresse, pour la bibliothque de l'Institut, un 
exemplaire d'un Rapport fait au Prsident de la Rpublique sur le gouver- 
nement et l'administration des tribus arabes de l'Algrie. {Voir au Bulletin 
bibliographique. ) 

Deux autres exemplaires sont destins MM. les Secrtaires perptuels. 

tratologie. Sur un monstre double monomphalien de provenance 
ovine, formant un nouveau genre nomm Hmitropage; par M. Eudes 
Deslongchamps. (Extrait par l'auteur. ) 

Les deux Agneaux, situs paralllement et regardant du mme ct, 
sont souds, par leurs cts correspondants, depuis la base du col jusqu'au 
bassin inclusivement; les deux ttes sont libres, gales et bien conformes. 
Il n'y a que deux membres pour le train de devant, un pour chaque frre, 



( >86) 

le droit pour le frre de droite, et rciproquement. Mais il y a quatre mem- 
bres gaux et bien conforms pour le train de derrire ; il y a aussi deux 
queues. 

Les colonnes vertbrales des deux frres sont situes paralllement et 
distantes l'une de l'autre de 3 4 centimtres; mais chacune d'elles, dans 
sa moiti postrieure seulement, ayant fait sur son axe un quart de rvo- 
lution, l'une de gauche droite, l'autre de droite gauche, la soudure des 
deux troncs n'est plus en arrire ce qu'elle est en avant. Dans leur moiti 
antrieure, ces troncs sont souds par leurs cts, tandis qu'ils sont runis 
par leurs faces abdominales dans leur moiti postrieure. Il est rsult de 
ce singulier mode de coalescence que les quatre membres postrieurs ont 
pu se dvelopper, puisque leurs points d'insertion au bassin taient libres; 
mais il en a t autrement pour les membres antrieurs : deux seulement 
(un pour chaque frre) ont pu se dvelopper, les deux autres ayant t 
rendus impossibles par la confluence des rgions o ils eussent d 
s'attacher. 

Ce genre de monstruosit a beaucoup de rapport avec celui que 
M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire a nomm Ectopage; mais, dans ce dernier 
genre, les deux jumeaux, souds paralllement et dans la direction de leurs 
axes longitudinaux, sont situs de telle sorte que la soudure est beaucoup 
plus tendue vers la rgion infrieure que vers la suprieure, que les co- 
lonnes vertbrales sont notablement cartes, et que la rgion des paules 
est reste libre. D'o rsulte, pour les Ectopages, la possibilit du dveloppe- 
ment des quatre membres du train de devant ; seulement, les deux mem- 
bres les plus voisins sont rejets vers le dos, et souvent souds entre eux 
d'une manire plus ou moins complte. 

zoologie. - Note sur onze espces nouvelles de Trochilides ; 
par M. Jules Bourcier. 

Ces onze espces ont t recueillies, par l'auteur, dans la Rpublique 
de l'Equateur, durant le sjour qu'il y a fait, en 1849 et i85o, comme 
Consul gnral. 

Trochilus Bougueri. Crne dprim. Bec noir, robuste et droit, roux 
sa base. Corps vert bronz, le dessous bleu brillant; ailes brunes; queue 
noire et blanche; pattes noires, dnudes. 

Habite les grands bois (rgions chaudes) de Nangan. 

Tr. Godini. Crne arrondi. Bec noir et droit. Corps vert dor trs- 



( i8 7 ) 
brillant, tache gutturale bleue; ailes brunes; queue fourchue, noire, sous- 
caudales bleues ; pattes noires, avec duvet blanc. 

Habite les ravins de la valle de Guayabamba. 

Tr. Condamini. Crne trs-dprim. Bec noir, fortement arqu. Corps 
bronz et flamm de fauve dessous; ailes brunes; queue termine en pointe, 
verte et jaune-nankin ; pattes blanches, dnudes. 

Habite les environs d'Archidona (rgion tempre), versant oriental des 
Cordillres de l'Equateur. 

Tr. Yaruqui. Crne plat. Bec long; mandibule suprieure noire, l'in- 
frieure rouge. Corps vert sombre; ailes brunes; queue ovale, noir-bleue, 
sous-caudales blanches; pattes blanches et dnudes. 

Habite les bois trs-chauds des environs d'Yaruqui. 

Tr. Pichincha. Crne plat. Bec noir, arqu; tte d'un beau violet bril- 
lant. Corps vert glauque, dessous blanc, noir au milieu ; ailes brunes ; queue 
gale, verte et blanche; pattes emplumeset noires. 

Habite (prs des neiges) sur le volcan du Pichincha. Vit sur le Chuqui- 



riaga. 



Tr. Stanleyi. Crne arrondi. Bec noir, trs-court. Corps noir-fuligineux; 
dos bleu; gorge verte, termine par des pi urnes lancoles lilas; pattes noires ; 
queue fourchue, noir- vert, duvets blancs la rgion anale. 

Habite les rgions froides du Pichincha et Cotopoxi. 

Tr. Benjamini. Crne arrondi. Bec noir, droit. Corps vert; gorge verte 
brillante ; hausse-col violet ; ailes violaces ; queue cordiforme, bronze et 
blanche au milieu; pattes noires. 

Habite les rgions chaudes des environs de Gualea. 

Tr. Jardini. Crne plat. Bec noir; tte violette; nuque noire. Corps 
vert resplendissant, dessous violet; ailes brunes, rousses en dessous; queue 
gale, blanche; pattes noires, emplumes. 

Habite (les rgions chaudes des grands bois) aux environs de Nangan. 

Tr. Villaviscensio. Crne arrondi. Bec noir, droit. Corps vert brillant 
( plus clatant sur la tte), dessous gris-cendr; ailes brunes; queue arron- 
die, verte et bleue ; pattes (dnudes) blanches. 

Habite les bois des environs du Napo. 

Tr. Jamersoni. Crne dprim. Bec noir, droit; front vert brillant. Corps 
vert, parties infrieures plus brillantes; plaque gutturale bleue; ailes brunes; 
gueue fourchue, noir -bleue; pattes noires, dnudes. 

Habite la valle chaude de Calacoli. 

Tr. Duchassaini. Crne arrondi. Bec droit, noir, dessous blanc. Corps 



( '88) 

vert; gorge bleue; ailes brunes; queue noire, bronze au centre; pattes 
noires, dnudes. 

Habite les bois entre la Gorgone et Panama. 

M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, en prsentant cette Note, met sous les 
yeux de l'Acadmie les trois premires espces, ddies par l'auteur i;i 
mmoire des trois astronomes envoys par l'Acadmie des Sciences, il y a 
un sicle, dans l'Amrique quatoriale, Bouguer, La Condamine et Godin . 

Outre ces onze espces, M. Bourcier en a rapport quarante-trois autres, 
dj dcrites, mais pour la plupart fort rares. 

Trois de ces espces vivent dans les rgions neigeuses, et ne sont pas 
moins remarquables que les autres par l'clat de leur plumage. 

Tous ces Trochilids doivent tre dcrits avec dtail et figurs dans 
l'ouvrage tendu que M. Bourcier prpare depuis longtemps sur les Oiseaux- 
Mouches et les genres voisins. 

zoologie. Sur la viviparit de deux Sauriens , le Gongyle ocell et le 
Seps chalcide. (Extrait d'une Lettre de M. Guyon M. le Prsident de 
l'acadmie.) 

M. Dugs a fait part, depuis plusieurs mois, la Socit de Biologie, 
de quelques observations qui tablissent la presque viviparit de certaines 
Couleuvres, notamment de la Couleuvre lisse de Fontainebleau, Coluher 
austriacus. C'est ce que je lis aujourd'hui seulement (i5 janvier), dans le 
compte rendu des sances de la Socit de Biologie, pour le mois d'aot 
dernier. Les observations de M. Dugs m'engagent, Monsieur le Prsident, 
vous prier de faire connatre l'Acadmie que, depuis trois ans et plus, j'ai 
constat la viviparit d'un petit Saurien, le Gongyle ocell. Je n'ai pas cru 
devoir, cette poque, porter mon observation la connaissance de l'Aca- 
dmie; je me suis born la faire connatre notre savant erptologiste, 
M. le professeur Dumril, en lui soumettant les pices anatomiques qui la 
dmontraient. Depuis, MM. Dumril pre et fils ont t tmoins, eux- 
mmes, de la viviparit du petit Saurien ci-dessus dsign. 

La viviparit du Gongyle ocell s'tend probablement d'autres es- 
pces du mme genre, et peut-tre aussi des genres voisins. Toujours 
est-il qu'elle existe galement chez le Seps chalcide (Ch. Bonaparte), ainsi 
que je l'ai constat depuis mon observation sur le Gongyle ocell. J'ai sous 
la main, dans ce moment, plusieurs individus de cette espce, avec des 
petits dans les oviductes, et je vais prendre des dispositions pour que l'un 



( i8 9 ) 
d'eux suive de prs, s'il ne l'accompagne pas, la communication que j'ai 
l'honneur de vous faire aujourd'hui. 

\jk Seps chalcide, annonc par M. Guyon, est en effet arriv, et a t mis 
sous les yeux de l'Acadmie. 

astronomie. Observations des petites plantes, jaites au cercle mridien 
de l'Observatoire de Markree; par M. Graham (Communiques par 
M. Le Verrier). 

Victoria . 













Observation 


Calcul. 








N 


)mbre 










A 


S de fils. 


M. 


3 


>85o. Sept. 


17 ,620081 


h m s 
23.4l-24,62 


1 11 

-+- i3.3i . 1 1 ,0 


5 


0,l5 


+ 1,9 




21 ,506906 


23.38. 9,3g 


12.52.21 ,3 


3 


- 0,48 


H- a, 2 




23,5oo352 


23.36.34,70 


12. 3i -47>8 


5 


0,46 


- ',7 




24,497087 


23.35.48,4i 


1 2 . 2 1 . 20 , 1 


5 


0,32 


1,2 


Oct. 


i,4745i3 


23.3o.48,6o 


11. 5.14,7 


3 


o,56 


0,9 


Dec 


7,304379 


23.49.17,79 


4.39. 2,7 


5 


-+- > 2 9 


-+- 6,0 




13,292639 


23 . 56 . 0,01 


4.49.39,6 


5 


4- o,4i 


+ 7,5 




21 ,277517 


0. 5.42,5i 


5. 12. 32,0 


5 


-+- o,5i 


+ 5,9 



Ces observations sont corriges de la parallaxe : elles sont compares 
avec l'phmride donne par M. Villarceau dans les Comptes rendus, 
tome XXXI, page 68 1 . 

Flore. 

h m s o 1 a * . n 

i85o. Oct. 9,4794i o- 9. 25, 36 11. 5i. 55,4 5 2,94 16,4 

Observation corrige de la parallaxe et compare avec le Nautical 
Almanack. 

grie. 

hmi 1 s n 

i85i. Janv. 13,281945 1.42.46,91 + i3.47- 3 '9 5 ~ ' ' 5 ~" ' 2 

Observation corrige de la parallaxe et compare avec l'phmride de 
Rmker. (Ast. soc. not., n 2, page 34.) 

Mtis. 

h m o 1 n I " g 

i85o. Dec. 11,706193 9.58.22,72 + i8.55. i5,o 5 o,o3 0,0 

i85i . Janv. 8,64o8i5 10. i.i5,34 20.43.24,1 5 + 0,06 0,0 

17,613244 g.56.3i ,85 21.42.44,6 1 + 0,18 + 2,4 

24,590220 9.5110,86 22.32.10,6 4 4- 0,06 -t- 3,i 

C. H., i85i, ir Stmeitre. (T. XXXII, M" C.) 20 



( l 9 ) 
Ces observations sont corriges de la parallaxe et compares avec les 
derniers lments donns par M. Graham, lments que nous reprodui- 
sons ici et qui sont rapports l'poque et l'quinoxe moyen de 1848, 
Mai 0,0 : 

m = i44- 9-4 1 * 2 5 

n Q = 2.33.24,33 

Q = 68.27.46,76 

i= 5.35.48,o3 

tf> = 7. 3.27,32 

P " = 962,6884 

M. Ch. Littrow, que les circonstances avaient priv de son observa- 
toire (Vienne), en est heureusement de nouveau en possession. Il y a fait, 
ds le mois de Novembre dernier, les observations suivantes d'grie : 

Temps moyen Nombre 

de de 

Vienne. * S Comp. 

h m s fa m s 

i85o. Nov 21 8.42.0,3 1.43.29,62 6 Lunettequat. 

21 9. 21. o,5 "... + 84o'53",8 3 \ *B.A.C53 7 

a3 9.32.9,2 1.41.56,92 -t- 8. 4722, 7 Cercle mridien. 

pidmie. Sur la prtendue apparition du cholra Bogota. (Extrait 
d'une Lettre de AI. Levi adresse M. Boussingault.) 

Je suis arriv rcemment de la campagne, o j'tais rest pendant quel- 
que temps afin de rtablir un peu ma sant, et je viens de lire dans les Comp- 
tes rendus des sances de l'Acadmie des Sciences , n 3 ( 1 5 juillet i85o), 
le passage d'une Lettre que M. Wisse vous avait adresse de Quito sur les 
ravages exercs par le cholra dans la ville de Bogota. Je crois de mon de- 
voir de rectifier la Lettre de M. Wisse, qui, probablement, aura t induit 
en erreur par quelques journaux de Quito. 

Pour rtablir la vrit dans toute sa simplicit, je crois devoir vous don- 
ner une petite relation du passage du cholra dans la Nouvelle-Grenade 
depuis qu'on a eu le malheur d'apprendre son apparition dans le pays. 

Le cholra fit son apparition Panama, au mois de fvrier 1849; de l 
il passa Chagres, Cartagena, Santa Marta, Baranquilla, Monpox, 
Ocaiia, Nar, Honda, et enfin Ambalema, o il s'est arrt. Ainsi le 
cholra s'est introduit dans la Nouvelle-Grenade en suivant le cours de la 
Magdalena ; cela n'a rien de particulier et l'on devrait s'y attendre d'aprs ce 



( '9' ) 
que l'on connat dj relativement la marche de cette pidmie. Il n'a pas 
t Rio-Hacha; ainsi, de Cartagena et de Santa Marta, il a suivi les deux 
rives de la Magdalena et il s'est arrt Ambalema; il est positif qu'il n'a 
point t Neyva, ni Popayan, ni Mariquita, ni Bogota, ni dans au- 
cune partie de l'intrieur de la Nouvelle-Grenade, l'exception des villes 
et villages situs sur la rivire de la Magdalena, depuis son embouchure 
jusqu' Ambalema. Telle est la marche qu'a suivie le cholra dans ce pays ; 
c'est principalement les pauvres, les hommes de couleur et les noirs, qui 
ont t attaqus par l'pidmie. On ne connat en tout que deux ou trois 
blancs de la classe aise qui sont morts du cholra. 

Dans une de mes lettres antrieures je vous exprimais mes esprances, 
relativement la capitale de la Nouvelle-Grenade. Bien qu' Bogota on et 
une peur terrible, et que tout le monde penst que la ville n'chapperait 
point cette affreuse maladie : beaucoup de personnes, aux mois de mars, 
avril et mai de cette anne, croyaient fixement que le cholra tait relle- 
ment dans la capitale. J'tais seul, avec le docteur Cheyne, soutenir le 
contraire. A cette poque, c'tait presque de la tmrit de parler contre 
l'opinion gnrale; mais aujourd'hui tout le monde est revenu mon opi- 
nion. On sait maintenant, d'une manire positive, que pendant les trois 
semaines o l'on disait surtout que le cholra rgnait Bogota, il n'est 
mort en tout que treize individus (tous de la classe pauvre, et presque tous 
des hommes de couleur), mais ces individus ne sont point morts du cho- 
lra : deux sont morts empoisonns, l'un par le plomb et l'autre par le cui- 
vre; les autres sont morts par dyssenteries et par la raison qu'il tait presque 
impossible qu'il en ft autrement. Figurez-vous que pendant les premiers 
jours de la fureur du cholra, on cherchait partout des cas cholriques, et, ne 
trouvant pas ce que l'on cherchait, on prenait pour des cholriques ceux 
qui ne l'taient point; on les transportait par la force l'hpital de San Juan 
deDios; on faisait des publications partout, que tel jour il tait entr tant 
de malades et tel autre jour un nombre encore plus considrable. 

L'esprance que javais et que j'ai encore que le cholra ne viendrait 
point Bogota, est fonde en partie sur la hauteur laquelle nous sommes, 
mais principalement sur la constance de la temprature qui, comme vous 
le savez, ne varie que fort peu pendant toute l'anne. 

M. Philippo Zabatti crit de Castel-Novo ne' Monti (duch de Modne), 
que, dans les environs de cette ville, il existe une colline remarquable par- 
le nombre, la varit et la conservation des coquilles fossiles que l'on y 

26.. 



( i9 2 ) 
trouve. Feu M. L. Pilla, qui avait visit cette localit, la reprsentait comme 
le plus curieux gisement de fossiles qu'il connt. M. Zabatti pense qu'il 
pourrait tre intressant d'avoir, dans un grand centre d'enseignement 
comme Paris^ une collection complte de ces fossiles, et offre de se charger 
d'en former une. 

Cette Lettre sera renvoye l'Administration du Musum d'Histoire natu- 
relle, qui, si elle juge utile d'augmenter ses collections de celle que pro- 
pose de former M. Zabatti, se mettra aisment en correspondance avec lui. 

M. Baylet, mdecin, prs d'entreprendre un voyage dans les anciennes 
colonies espagnoles de l'Amrique tropicale, se met la disposition de 
l'Acadmie et lui demande des instructions. 

Cette Lettre est renvoye une Commission compose de MM. Serres, 
lie de Beaumont et Andral, qui feront savoir l'Acadmie s'il leur semble 
convenable de recommander M. Baylet quelques recherches spciales, 
outre celles dj indiques dans les diverses instructions rdiges par l'Aca- 
dmie pour des voyages dans les rgions tropicales du nouveau Monde. 

M. Cessac crit relativement deux Notes qu'il avait prcdemment 
adresses concernant la dcouverte faite par lui de plusieurs nouveaux gise- 
ments de marbres propres tre employs la dcoration des difices. 

L'Acadmie accepte le dpt de deux paquets cachets prsents 

Par M. Grange ; 

Par MM. Mne et Pernot. 

La sance est leve 5 heures un quart. F. 



( 193) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu, dans la sance du 3 fvrier 1 85 r , les ouvrages dont 
voici les titres : 

Recueil de Mmoires de mdecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, 
rdig sous la surveillance du conseil de sant; par MM. Jacob, Marchai, (de 
Calvi) et Boudin ; publi par ordre du Ministre de la Guerre; i e srie; tomes I 
Y ; in-8. 

Notice sur M. Gay-Lussac, lue la Socit d'agriculture, commerce, sciences 
et arts du dpartement de la Marne, dans la sance du 1 6 juin et dans la sance 
publique du 4 septembre i85o; parM. Ant. Gardeur LEBRUN.Chalons, i85o; 
brochure in-8. 

Essai sur la nature et l'origine des diffrentes espces de brouillards secs; par 
M. Ch. Martins. (Extrait de X Annuaire mtorologique de la France, anne 
i85o.) Broch. in-8. 

Notice sur l'pidmie de cholra-morbus qui a ravag le dpartement du Puy- 
de-Dme en i83g, adresse M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce , 
par MM. V. Nivet et H. AguilhON. Paris, i85i ; brochure in-8. 

Histoire statistique du cholra-morbus dans le XI e arrondissement de Paris 
pendant l'pidmie de 1849; P ar ^- E.-A. DUCHESNE. Paris, i85i; auto- 
graphie in-8. 

Courte rfutation du long Rapport de la Commission des brevets belges. 
Fleurus, i85i ; broch. in-8. 

Sur la thorie de la combinaison des observations; par M. W.-J. Donkin, 
professeur d'astronomie l'universit d'Oxford. (Extrait du Journal de Ma- 
thmatiques pures et appliques ; tome XV, i85o.) Broch. in-4- 

Nouvelles Annales de Mathmatiques. Journal des candidats aux Ecoles Po- 
lytechnique et Normale; rdig par MM. TERQUEM et GeroNO; janvier i85i ; 
in -8. 

Journal des Connaissances mdico- chirurgicales , publi par M. le docteur 
A. Martin-LaOZER; n 3; I er fvrier i85 1 ; in-8. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie , de Toxicologie; n a; f- 
vrier i85i; in-8. 



( '94) 

Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine; tome XVI; n 8; 3i jan- 
vier i85i ; in-8. 

Bulletin de l'Acadmie royale de Mdecine de Belgique; anne i85o-i85i ; 
n os i et 2 ; in-8. 

Bibliothque universelle de Genve; dcembre i85o; 4 e srie; n 6o ; in-8. 

Conspectus generum avium. Auctore Carolo-Luciano Bonaparte; sectio 
secunda; in- 8. 

On the trichoglossine... Sur le genre Eos , genre trichoglosse de Perroquets, 
avec la description d'une nouvelle espce; par M. Charles-Lucien, prince 
Bonaparte, Membre des principales Acadmies d'Europe et d'Amrique. 
(Extrait des Comptes rendus de la Socit zoologique de Londres.) Broch. in-8. 

The planetary... Le Systme plantaire, son ordre et sa structure physique; 
par M. J.-P. Nichol. Londres, i85o; i vol. in-8. 

Royal astronomical... Socit royale astronomique de Londres; vol. XI; 
n 2; i3 dcembre i85o; in-8. 

Pharmaceutical . . . Journal pharmaceutique ; vol. X; n 7. 

Kosmos. . . Cosmos, essai d'une description physique du monde; par 
M. AL. de Humroldt ; tome III, i re partie. Stuttgart, i85o; in-8. 

Monatsbericht... Comptes rendus mensuels des sances de l'Acadmie royale 
des Sciences de Prusse; aot et septembre i85o; in-8. 

The architect... L'Architecte, journal d'architecture, d'archologie et d'art 
du dcors; n 168; I er fvrier i85i ; in-4. 

Le Magasin pittoresque, 19 e anne; janvier i85i ; in-8. 

Gazette mdicale de Paris; n 5. 

Gazette des Hpitaux; n* 1 1 i3. 

Le Moniteur agricole ; 4 e anne ; n 12. 

L'Abeille mdicale; n 2. 

Bforme agricole; n 28; dcembre i85o. 



L'Acadmie a reu, dans la sance du 10 fvrier i85i, les ouvrages 
dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de C Acadmie des Sciences; 
I er semestre i85i ; n 5; in-4. 



( 195 ) 

Mmoires prsents par divers savants l'Acadmie des Sciences de l'Institut 
national; tome XI; in-4. 

Rapport adress M. le Prsident de la Rpublique par le Ministre de la 
Guerre, sur le gouvernement et l'administration des tribus arabes de l'Algrie. 
Paris, i85 1 ; brochure in-8. 

Histoire des progrs de la gologie de i834 1849; par M. A. d'Archiac ; 
publie par la Socit gologique de France, sous les auspices de M. le Ministre 
de l'Instruction publique; tome III. Paris, i85o; i vol. in- 8. 

Mmoires pour servir l'histoire anatomique et physiologique de la phona- 
tion; parM. L.-A. SiGOND. Paris, 1849; t rocn - "1-8. (Extraits des Archives 
gnrales de Mdecine.) 

Etudes sur la trigonomtrie sphrique, suivies de nouvelles tables trigonom- 
triques; par M. Alphonse Heegmann. Lille, i85i; 1 vol. in-8. 

Dtermination de la figure connue sous le nom of Ascia, que l'on voit sculpte 
sur des tombeaux anciens ; exameji de la cause pour laquelle on l'y trouve repr- 
sente quelquefois ; par M. H. Ripault. Dijon, 1 85 1 ; broch. in-8. 

Fragment clinique sur l'emploi de iiodure de potassium dans le traitement 
du rhumatisme chronique; par M. le D r A. Massart. Gand, 1849. (Extrait 
des Annales de la Socit de Mdecine de Gand.) Cet opuscule est adress 
pour le concours des prix de Mdecine et de Chirurgie de l'anne 1 85 1 . 

Solution du problme de la quadrature du cercle; par MM. Michel Mila- 
dowski et Antoine Izbigki, son collaborateur; broch. in-4. 

Annales de la Socit centrale d'Horticulture de France; volume XLH; 
janvier 1 85 1 ; in-8. 

Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; 
18 e anne ; tome IV ; n 7 ; 5 fvrier i85i ; in-8. 

L' Agriculteur praticien, sous la direction de MM. F. Malepeyre, Gustave 
Heuz et Bossin; n i3t; fvrier i85i; in-8. 

Revue thrapeutique, journal de Mdecine, de Chirurgie et de Pharmacie 
pratiques; par MM. les D" Fuster et Alqui; 2 e anne; n 2 ; 3o jan- 
vier i85i ; in-8. 

Natural history... Histoire naturelle de New- York; partie 5 e : Agriculture; 
par M. E. Emmons. Partie 6 e : Palontologie; vol. I er ; par M. James Hall; 
2 vol. in-4. (Ces deux volumes sont transmis par M. Vatemare. ) 

Reflections... Rflexions sur l'organisation ou suggestion pour l'tablissement 



( '96 ) 
d'une thorie atomique organique; par M. Heniu Freke. Dublin, 1 848 ; in-8. 
(Cet ouvrage, auquel est jointe une analyse manuscrite faite par l'auteur, 
est renvoy l'examen de M. Magendie, qui est invit en faire l'objet 
d'un Rapport verbal.) 

The architect... L'Architecte, journal d'architecture, d'archologie et d'art 
du dcors; n 169. 

Die Fortschritte . . Progrs de la physique, publication de la Socit de Phy- 
sique de Berlin; 3 e anne; volume rdig par M. G. Karsten ; 2 e partie, con- 
tenant l'lectricit et la mtorologie. Berlin, i85o; 1 vol. in-8. 

Monatsbericht... Comptes rendus mensuels des sances de l'Acadmie royale 
des Sciences de Prusse; novembre et dcembre i85o; in-8. 

Nachrichten... Nouvelles de i Universit et de l'Acadmie royale des Sciences 
de Gttingue; n 3 ; 27 janvier i85i ; in-8. 

Astronomische... Nouvelles astronomiques; n 9 7 46 et 747- 

Intorno... Recherches sur quelques questions de physiologie gnrale; par 
M. C. Studiati, chef des travaux zootomiques de l'Universit de Pise. 
Pise, i85o; broch. in-4. (M. Flourens est invit faire un Rapport verbal 
sur cet ouvrage. ) 

Bulletin mdical et pharmacologique de Montpellier ; 1 " anne ; n os 6 et 7 . 

Gazette mdicale de Paris; n 6. 

Gazette des Hpitaux ; n* i4 16. 

Le Moniteur agricole; 4 e anne; n i3. 

L'Abeille mdicale; n 3. v 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 17 FVRIER 1851. 

PRSIDENCE DE M. RAYER. 



M. le Ministre de l'Instruction publique transmet l'ampliation d'un dcret 
da Prsident de la Rpublique, qui approuve la nomination de M. Coste 
la place devenue vacante dans la Section d'Anatomie et de Zoologie, par le 
dcs de M. de Blainville. 

Sur l'invitation de M. le Prsident, M. Coste prend place parmi ses 
confrres. 

MMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

mcanique. Suite de la Note sur le mouvement du pendule simple en 
ayant gard la rvolution diurne de la terre; par M. Binet. 

1. Les quations diffrentielles du mouvement relatif d'un pendule 
simple d'une longueur r, en ayant gard la rotation diurne de la terre, 
rsultent soit des formules de Laplace, tablies dans le quatrime volume 
de la Mcanique cleste, soit de celles que Poisson a donnes dans le 
Journal de l'Ecole Polytechnique, 26 e cahier; je vais rapporter ces for- 
mules en me servant, peu prs, de la notation de Poisson : n sera la vitesse 
angulaire de la terre de l'occident vers l'orient; -y la latitude gographique 
du point de suspension du pendule ; g la pesanteur terrestre combine avec 

C. R., iP5i , 1" Semestre. ^ T. XXX11 , N 7.) 7 



d'x Nx 

1F + T~ 


dy dz 

m sin y . -*- -4- m cos 7 

' dt ' dt 


d'y Njr _ 

dt' r 


a/isiny.jg, 


d'z Nz 


dx 
- m cos 7. 



( 198) 

la force centrifuge locale provenant de la rotation de la terre ; les coordon- 
nes rectangulaires x, y, z auront leur origine au point de suspension ; 
l'axe positif des x est dirig vers l'est, l'axe desj - vers le nord, et les z posi- 
tifs sont dirigs de haut en bas, dans le sens vertical de la chute des graves; 
N est la tension du fil du pendule simple, ou la pression normale que 
supporte la surface sphrique : cette force est dirige vers l'origine des 

coordonnes, et elle forme avec les axes des angles qui ont -, , - pour 

cosinus. En ngligeant la rsistance de l'air, les trois quations diffrentielles 
du mouvement du pendule seront 



(a) 



Entre les coordonnes x, y, z, on a 

x 2 + y 2 + z 2 = r 2 , 

d'o l'on tire les relations 

xdx+ydy -f-zcfe = o, xd 2 x -+- yd 2 y + zd 2 z-i-(dx 2 -\-dy i + dz 2 ) = o. 

En multipliant par dx, dy, dz les quations (a) et en les ajoutant, tous 
les termes affects de N et de se dtruisent, et il reste simplement 

dxd'x -4- dyd'y -4- dzd'z , 

^ - sdz, 

dt' ' 

dont l'intgrale est 

dx' -4- dy 1 +- dz 1 -, 

-Jy, =*g(z-6-). 

On aura la pression N en multipliant par x, y, z les mmes qua- 
tions diffrentielles et en les ajoutant; on remplacera dans la somme 
xd 2 x -4- y d 2 y -4- zd 2 z par dx 2 dy 2 dz 2 , et il viendra 

dx' -4- dy' +- dz' . xdy r dx xdz zdx 

Nr = gzH hansmy -~ -+- 2cos 7 - 

On substitue la valeur ig(z c), au carr de la vitesse, et il vient 

_.,. . xdy y dx xdz zdx 

Nr = 5gz igc + m sin-y . 1- mcosy 



( '99 ) 
La vitesse angulaire de la terre, reprsente par le coefficient n dans ces 

formules, est une trs-petite fraction, savoir n = gT ' si 1 on prend la se- 
conde sidrale pour unit de temps, et alors n 1 5" de degr ; et quand on 
prend la seconde de temps moyen solaire n = gg-g = -5 3 = ' 5", 3g, ce 

qui surpasse un peu la premire valeur, rapporte une autre unit de temps. 
Tous les termes multiplis par n peuvent tre assimils des forces pertur- 
batrices du mouvement dtermin par les mmes quations o l'on aurait 
pos n = o : ce seraient alors les quations du pendule conique dont on a 
les intgrales gnrales qui renferment quatre paramtres arbitraires; pour 
avoir gard aux termes multiplis par n, selon la mthode connue de la va- 
riation des constantes arbitraires, on rendra variables les quatre para- 
mtres; et leurs diffrentielles tant obtenues pourront tre intgres par 
approximation. 

Notre objet actuel permet de simplifier cette recherche, parce que 
nous pouvons nous borner considrer les petites digressions ou oscilla- 
tions d'un pendide autour de sa position d'quilibre, ou autour de la verti- 
cale; sa distance p = \/x 2 -h y 2 l'axe des z doit demeurer une petite 
quantit, ainsi que les vitesses ---> -jp ': elles seront traites comme des 

quantits du premier ordre. 
On a 

z = y/^-x>-jr> = Vr 1 - p 2 = r-f r -- etc.; 

ainsi, voulant ngliger les p* dans z, on aura 

dz p dp 

dt r dt 

En remplaant z par cette valeur dans la dernire des formules (a), on aura 

r d(pdp) dx-\ ( p' \ 

o 1 + -- remplace le facteur - ; dans la premire approximation, on peut 

ngliger le terme a n cos Y -r 1 ainsi que les termes en p et qui demeurent 

du second ordre : on y aura gard si on le veut dans une approximation 
ultrieure. La valeur N sera ainsi rduite N = g- Pour abrger, nous po- 

a 7 . 



( aoo ) 

N a 

serons - = - = h 2 , et les deux premires quations (a) deviendront 

d'x ,, dy dz 

\- h 2 x = ansin7. T + 2ncos7-ri 

dt* ' at 'ai 

d'y ; , dx 

-f- -+- h 2 y = Ksmy.-r- 
dt> J - ' dt 

le terme aracosy.-^ = zncosy.t doit tre rejet dans l'approxima- 
tion suivante, tant de l'ordre dj nglig dans le premier membre o N 
est remplac par rh 2 . Les quations deviennent donc, en posant n sin y = k, 

On satisfait ces quations linaires par les valeurs 

x = p cos [fLt -ht), j = p sin (pt + i), 

y? et tant deux constantes arbitraires, et p une quantit constante qui va 
tre dtermine. La substitution dans l'une ou l'autre des quations (a) 
donne la mme formule, savoir 

p(h 2 p 2 ) sin (pt + s) = 2 kppsin(pt + e); 
aprs avoir divis par psin(pt -+- e), cela se rduit 

A 2 p 2 = *kp. 
On obtiendra fi en rsolvant l'quation 

f* 2 + ikp h 2 = o; 
ses racines jn et p t sont de signes contraires, savoir, 



p. = + \Jh*-hk 2 , 
p, = -k- yjh 2 + k 2 . 

On remarquera que k 2 = ra 2 sin 2 7 est une quantit ngligeable relativement 
h 2 = ^, parce que n = -= 5 ; et nous prendrons p = h k, |U, = h k. 
On satisfait videmment aux mmes quations [a') par les valeurs 

j: = p K cos(p,t~h =,), j=/>, sin (|M+ O; 



( 2G1 ) 

or, les quations diffrentielles tant linaires, l'on sait que les expressions 
gnrales des variables x ety se composent de la somme des valeurs parti- 
culires, ainsi l'on a 

X=pcos(pt +- s)-t- p i cos(p, i < + ,), y=psin(p.t +- s) -+- p t sin(p t t -4-e,). 

L'instant partir duquel on compte le temps tant arbitraire, on pourra 
rendre gales les constantes arbitraires e = , ; la constante ainsi supprime 
sera comprise dans la variable t : les deux autres constantes p, p, , quoique 
arbitraires, doivent cependant tre telles que x et y demeurent de petites 
quantits, selon l'hypothse. 

Ajoutons les carrs des coordonnes 

X = p COS (pt + )+/), COS (p, t -t- s), 

y = p sin (p.t + s) -f- p K sin (p., t -+- s); 

cela donne, pour p a = x 2 -h y 2 , 

p 2 = p 2 -+- p\ -+- ipp, cos (2 ht), 
parce que cos(pt p., t) = cos(aht). Cette valeur revient 

P 2 = (P + P* Y cos*(ht) H- (p - Pi )* sin 2 (ht) ; 

et, en posant 

P + Pi=P<, P-P<=P*, 
on aura 

p 2 = p? cos 2 (^) + ^ sin 2 (A<). 

Ainsi la valeur de p 2 est ncessairement comprise entre p 2 et p 2 , et en sup- 
posant que p, soit suprieur p 2 , on aura constamment 

P<> P >rV 

Par consquent, il suffit que la constante soit une petite quantit pour 

que ces rsultats soient conformes l'hypothse des petites oscillations. 
2. On voit qu'aprs chaque dure 



n It 



la distance p reprend priodiquement sa valeur, mais il n'en est pas tout 
fait ainsi de x et y : ces coordonnes prouvent de petites altrations dont 
nous allons reconnatre les effets. Substituons dans x et y pour p et ju, 



( aoa ) 
les quantits A h , A A; elles deviennent 

x = pcos(ht -f- e Ai) + p, cos (Ai z -+- Ai), 
_/ = p%m (ht -h Ai) p, sin (Ai + Ai); 
on bien 

x = cos ht [/>-+- />, cos (e Ai)] sin Ai [p p t sin( Ai)] , 
y = sin Ai \ p p { cos (g kt)] -f- cos Ai \ p + p, sin (g Ai)] ; 

or p -+- /! = p,, /> />, = jS 2 ; on a donc 

.r = p, cos Ai cos (e kt) p a sin Ai sin (e Ai), 
j^ = p 2 sin Ai cos (e Ai) -H p, cos Ai sin (e /fi), 

d'o l'on tire 

p, cos Ai = .rcos( Ai) + j-sin (e Ai), 
p 2 sin Ai = .r sin (s Ai) -+-j-cos(e Ai). 

Pour interprter plus clairement ces expressions, nous concevrons le 
pendule simple (ou l'extrmit du rayon sphrique) comme projet sur le 
plan tangent horizontal, infrieur la sphre dcrite avec le rayon r; nous 
nommerons P cette projection mobile l'gard de deux axes des x et y 
parallles ceux qui passaient par le point de suspension; le point mobile 
ne s'cartant du plan tangent infrieur que d'une quantit du second 
ordre, est dans toutes ses situations extrmement voisin de sa nouvelle 
projection : suivre des yeux cette projection est presque suivre le pendule 
lui-mme. 

Soit v l'azimut de la projection horizontale P mesure de Y est vers le 
nord, c'est--dire dans le sens de circulation des x positifs aux y positifs ; 
en sorte que 

x = p . cos v, y = p . sin v ; 

par les valeurs prcdentes, on aura 

p 2 sin (ht) = p[sin vcos (e Ai) cos v sin (e kt)], 

ou bien 

p 2 sin (Ai) = p sin (v i -f- kt), 

et semblablement 

p ( cos(ht) = p cos(v e -+- Ai). 



( ao3 ) 
Soit encore 

| = |3COs(i> s-f- kt), y = psin(f + kt); 

on voit que est la projection du point P sur une droite qui comprendra 
l'angle e kt avec l'axe des x, car elle forme alors l'angle v s -+- kt avec p ; 
y sera la perpendiculaire abaisse de P sur cette mme droite; et et y sont 
deux coordonnes rectangulaires rapportes des axes qui forment avec 

les x positifs les angles s kt, h s kt ; l'axe des est donc une droite 
mobile. Cela pos, on a 



2 



et en ajoutant les carrs de ces valeurs, 



sin ( ht) = -> cos(ht) = - > 



1 = ^ + ^ ; 
P P. 



ainsi les coordonnes u et S, appartiennent une ellipse dont les axes i p , 
et ap 2 sont constants; mais le grand axe de cette ellipse est uniformment 

mobile autour de son centre. La valeur de l'angle azimuthal x% = kt 
prouve que le sens du mouvement est rtrograde du nord vers l'est, la vi- 
tesse angulaire constante -ri tant Ar=sin-y, o y est la latitude. Cette 
vitesse est nulle quand la station est l'quateur o y = o; elle serait 
n = -, pour une station polaire. Quand on pose n = o, selon l'hypothse 

ordinaire o l'on nglige la rotation de la terre, la projection devient l'ellipse 
invariable indique par M. Pouillet, dans le cas des petites oscillations du 
pendule simple. . 

La dure d'une oscillation tant n\ /- la dviation de l'axe de l'el- 

V s _ 

lipse est, pendant ce temps, de siny.7ri/-; quantit extrmement pe- 
tite, mais qui, se reproduisant dans le mme sens chaque oscillation, 
devient promptement sensible et apprciable. 

La vitesse angulaire du plan oscillatoire autour de la verticale est 
k = n sin y ; il convient de remarquer qu'elle est prcisment gale en gran- 
deur, et de direction contraire une composante de la vitesse de rota- 
tion de la terre n dcompose en deux vitesses angulaires : l'une aurait 
pour axe de rotation la verticale, et l'autre, la mridienne dirige vers le 



( 304 ) 

nord. Ces deux droites et une parallle l'axe de la terre passant par le 
point de suspension du pendule sont dans un mme plan ; la parallle l'axe 
de la terre fait avec la mridienne, l'angle 7, et l'angle 90 7 avec la ver- 
ticale; d'aprs le thorme d'Euler sur les vitesses angulaires de rotation, 
la composante de n autour de la verticale est n sin 7, et la seconde compo- 
sante de n autour de la mridienne estncosy. Ainsi l'angle azimuthal s'ac- 
crot comme si la terre tait entrane autour de la verticale par la composante 
horizontale de sa vitesse angulaire, et que le plan oscillatoire ft entire- 
ment fixe, sans avoir gard la seconde composante rc cos 7. Au ple, cette 
dernire composante est nulle; la proposition est alors vidente et c'est le 
point de dpart des considrations ingnieuses qui ont amen M. Foucault 
son exprience. 

On construit facilement les valeurs des coordonnes 

= p, cos (ht), v p 2 sin (ht), 

qui assignent la position du point P sur l'ellipse. 

Soit O son centre, et OG la direction de l'axe 2/s ( , formant avec l'axe 
des x l'angle 1 kt; sur le grand axe ip, comme diamtre, on dcrit un 
cercle, et l'on trace un rayon OP', formant avec OG l'angle GOP' = ht ; du 
point P' de la circonfrence on abaisse une ordonne P'G sur le grand axe; 
elle rencontre en P l'ellipse, et l'on a 

OG= p t cos(ht) = ', 
GP = p t sin (ht) = v. 

Ainsi, p sera OP = VS' + v 2 ; l'angle GOP = v - e 4- kt; et l'on a 

'% = tang (v e -h kt) = & tang (ht). 

Cette construction est semblable celle qui dtermine la position de 
l'axe de la terre l'gard de sa positiqn moyenne, dans la thorie de la 
nutation. 

5. Je rapporterai ici le procd qui me conduisit d'abord au rsultat 
principal, avant d'avoir dvelopp une partie des calculs prcdents. Les 
deux premires quations (a) sont 

d'x Nx dy dz 

| = 1 n sin 7 -~ -+- 2 n cos 7 > 

dO r ' dt ' de 

d 7 y Nr dx 

- H ~ s= %n sin 7 3- ; 
dt' r ' dt^ 



( ao5 ; 
on limine N, et il vient : 

. = a h sin y [x dx + ydy) incosy y dz. 

On peut effectuer l'intgration sur deux parties de cette formule, et l'on aura 
y -y + yj.^ + ^.2^ _ . q _ zncosy fyd^ 

o G est une constante arbitraire. Mais taner i> = - donne dv = y ~ y x ', 

a: x J -)- _r ' 

et l'quation prcdente, divise par p a = a- 8 -+- y 2 , devient 

dv . G n cos 7 r , 

j t + k =?-rfr dz - 

Cette quation admet des oscillations coniques ou planes, et d'amplitude 
quelconque. Au ple, le dernier terme disparat, cause de cos y, et 
alors k = n; une latitude y, le dernier terme contient l'intgrale Jydz, 
qui, tant multiplie par n, autorise remplacer y et dz par les valeurs qui 
conviennent au pendule non troubl. Dans les petites oscillations, et d'aprs 
les valeurs prcdentes (n 2), on aura 

ydz [p\ pl)sin(zht)[p t sin ht cos g -+- j3 2 cos ht sine], 

dont l'intgrale sera priodique : aprs l'avoir divise par p 2 , le terme res- 
tera priodique; il sera, d'ailleurs, d'un ordre infrieur aux autres termes 
de la mme formule, et ngligeable dans la premire approximation ; la 
formule, ainsi rduite 

dy , G 

lt + p] cos 5 ( ht) -4-p; sin 2 (Ar)' 

n'est que la diffrentielle de l'quation 

tang(i> + kt) = - tang(fa), 

que d'autres combinaisons nous ont donne depuis. Quand les oscillations 
sont planes, l'axe ip 2 de l'ellipse mobile est nul, mais p, subsiste toujours, 
et l'on a v = s kt, v tant l'azimut du plan d'oscillation. La formule 
montre ainsi que le plan a un mouvement rtrograde dont la vitesse con- 
stante est k = n sin y, c'est--dire que le plan tourne uniformment autour 
de la verticale du nord vers l'est, ou du sud vers l'ouest, conformment 
la thorie de M. Foucault, que l'exprience a confirme. 

C. 11., l85l, l" Semestre. (T. XXXII, IN 7.) *8 



( ao6 ) 

Remarques de M. Poinsot sur l'ingnieuse exprience imagine par M. Lon 
Foucault pour rendre sensible le mouvement de rotation de la terre. 

Je remarque d'abord que le phnomne dont il s'agit dans cette exp- 
rience ne dpend au fond, ni de la gravit, ni d'aucune autre force. Le 
mouvement qu'on observe dans le plan d'oscillation d'un pendule simple, et 
par lequel ce plan parait tourner autour de la verticale dans le mme sens 
que les toiles, et qui ferait ainsi un tour entier en vingt-quatre heures si l'on 
tait au ple, et ne fait de ce tour qu'une fraction marque parle sinus de la 
latitude du lieu o l'on fait l'exprience ; ce mouvement, dis-je, est un ph- 
nomne purement gomtrique, et dont l'explication doit tre donne par 
la simple gomtrie, comme l'a fait M. Foucault, et non point par des prin- 
cipes de dynamique qui n'y entrent pour rien. 

Le problme est de trouver sur la terre quelque objet ou quelque plan 
dont on puisse assurer qu'il demeure fixe dans l'espace absolu, ou du moins 
qu'il ne participe pas au mouvement de rotation que la terre pourrait 
avoir autour de la verticale du lieu de l'observateur. Car si l'on a un tel 
plan, et qu'on le voie tourner autour de la verticale dans un certain 
sens, il est manifeste que ce sera la terre elle-mme qui tourne en sens 
contraire. 

Toute la difficult de la question est donc de se procurer, sur la terre, 
quelque plan qui jouisse de la proprit qu'on vient de dire. 

M. Foucault prend dans cette vue le plan d'oscillation d'un pendule 
libre suspendu par un fil flexible; et en effet, il est assez clair que ce pendule, 
tant cart de sa position d'quilibre, doit se mouvoir dans un plan vertical 
qui ne participe point la rotation de la terre estime autour de la verticale. 
Ce plan, par la rotation de la terre estime autour de l'horizontale, peut 
bien changer de place, mais il ne change point d'orientation sur le globe. 
Ainsi le plan que M. Foucault a choisi remplit bien son objet, et, par les soins 
dlicats qu'il a mis la construction de son appareil, l'exprience a parfai- 
tement russi. 

Mais j'ai song que ce plan d'oscillation d'un pendule pourrait tre 
remplac par un autre plus persistant, et qu'on pourrait observer aussi 
longtemps qu'on le voudrait sans toucher l'appareil. Ce serait, par 
exemple, de considrer un ressort coud dont les deux branches gales 
auraient t, plus ou moins, rapproches l'une de l'autre, et lies ensemble, 
aux deux bouts, par un fil qui les maintiendrait dans cet tat. 



( a<>7 ) 

Ce ressort ainsi pli serait, au sommet de l'angle, suspendu suivant 
la verticale, et on lui donnerait la plus grande libert possible pour tourner 
sur cette verticale. Le corps tant dans cet tat et en repos, je suppose 
qu'on vienne couper le fil qui retenait ensemble les deux branches; l'angle 
du ressort s'ouvre, et dtermine un plan, qui ne peut tourner autour de la 
verticale qu'avec une vitesse angulaire v', plus petite que la vitesse v qu'il 
avait autour de la mme ligne, quand les deux branches n'en formaient 
pour ainsi dire qu'une seule. 

Et, en effet, par notre opration, la masse du corps n'est pas change, 
mais son moment d'inertie a, relatif la verticale, est augment et de- 
venu A ; et, comme le couple a . v qui l'animait dans l'tat primitif, reste 
gal au couple k.v' qui l'anime actuellement, on a l'quation av = kv', 

d'o l'on tire v ' = % v. Si donc la terre tourne sur la verticale avec la vi- 
A 

tesse v, notre plan nous paratra tourner en sens contraire avec une vitesse 

m v v' = v ^ De cette vitesse observe <p, on conclura e; et, si l'on 

nomme X la latitude, on aura (en prenant le jour sidral pour unit de 

temps), sin/ = ; d'o l'on voit que la machine pourrait donner, au 

besoin, la latitude du lieu o l'on fait l'exprience. 

Je n'ai pas le temps d'entrer ici dans plus de dtails; j'y reviendrai, s'il 
est ncessaire. Je sais, d'ailleurs, que M. Foucault, qui assistait la sance, 
a sur-le-champ saisi mon ide, et qu'il se propose de construire cette ma- 
chine dlicate, ou toute autre quivalente, qui serait galement propre 
fournir une nouvelle preuve du mouvement de rotation de la terre. 

analyse. Mmoire sur l'application du calcul des rsidus plusieurs 
questions importantes d'analyse; par M. Augustin Cauchy. 

Les principes du calcul des rsidus, et les formules que j'en ai dduites 
dans divers Mmoires, fournissent immdiatement la solution d'un grand 
nombre de questions importantes. S'agit-il, par exemple, de dvelopper une 
fonction en une srie d'exponentielles, ou plus gnralement en une srie 
dont les divers termes dpendent des diverses racines d'une quation trans- 
cendante; s'agit-il de dmontrer la convergence d'une telle srie, ou bien 
encore de transformer les fonctions simple ou double priode, et en par- 
ticulier les fonctions elliptiques en produits composs d'un nombre infini 
de facteurs? Les formules et les thormes que j'ai donns, ds l'an- 

28.. 



( 2o8 ) 

ne 1827 dans le second volume des Exercices de Mathmatiques, et dans 
le Mmoire du 27 novembre i83, permettront d'effectuer les dveloppe- 
ments et les transformations demandes, et d'tablir les conditions de 
convergence des sries obtenues. 'Entrons ce sujet dans quelques dtails. 
Soient x, y les coordonnes rectangulaires, r, p les coordonnes po- 
laires, et 

z = x -h yi = re pl 

la coordonne imaginaire d'un point mobile Z. Soit encore y (z) une fonc- 
tion de z, dont la valeur soit unique et dtermine, quand elle ne devient 
pas infinie, et dont la diffrentielle divise par dz fournisse un rapport qui 
dpende uniquement des variables relles x, y. Soit enfin S l'aire d'une 
portion du plan des x, y, nommons PQR le contour qui renferme cette 
aire, et dsignons par (S) l'intgrale ff(z)dz tendue tous les points de 
ce contour que nous supposerons parcouru par le point mobile Z avec un 
mouvement de rotation direct autour de l'aire S. En vertu d'une formule 
que .j'ai donne dans le Mmoire de 1 83 1 (page 9), on aura 

(,) (S)=znil(f(z)), 

le signe (L indiquant la somme des rsidus def(z) relatifs aux valeurs de z 
qui vrifient l'quation 

et correspondent des points renferms dans l'aire S. 

Il est bon d'observer que l'quation (1) peut servir dduire ou l'in- 
tgrale curviligne (S) du rsidu intgral c, {/{%)), ou ce rsidu lui-mme 
de l'intgrale (S). Dans ce dernier cas, l'quation (1) doit tre prsente sous 
la forme 
(3) (/(*)) = ^(S). 

Si l'on suppose que, j\z) tant une fonction transcendante, l'qua- 
tion (2 1 offre une infinit de racines z t , z 2 , z 3 ,... dont quelques-unes offrent 
des modules infiniment grands, le premier membre de l'quation ( 3) offrira 
la somme d'un certain nombre de termes d'une srie simple ou multiple. 
Si, dans la mme hypothse, on fait crotre, dans un rapport donn k, le 
rayon vecteur men aux divers points du contour PQR qui renferme 
l'aire S, ce contour se dilatera, en demeurant semblable lui-mme. Cela 



( aog ) 

pos, soient k,, k 3 ,...,k n des valeurs croissantes du rapport k ; S,, S 2 ,..., S 
les valeurs correspondantes de S, et 

w, , w, + (t> 2 , . . . , u, -+- a -+-...+ w 

les valeurs correspondantes du rsidu intgral <L(./(z))- On aura 

(S ) 

(4) u, + w 2 +...-f- W= ^|> 

w tant la somme des rsidus relatifs des points situs entre les contours 
des aires S_,, S; et si, pour des valeurs croissantes de n, l'intgrale cur- 
viligne S) converge vers une limite fixe, alors, en nommant Q. le rapport de 
cette limite au produit ini, on verra les quantits u,, w a ,..., u se rduire 
aux divers termes d'une srie convergente dont reprsentera la somme, en 
sorte qu'on aura 

(5) w, -+- u a H- Wg -i- ... = Q. 

On dduit des quations (i), (3) et (5) une multitude de rsultats im- 
portants, en assignant des formes dtermines soit la fonctiony (z), soit 
au contour PQR. 

Parmi les formes qu'on peut assigner au contour PQR, on doit remar- 
quer celle qu'on obtient quand on rduit ce contour un polygone dont 
les cts sont des droites ou des arcs de cercle. Dans plusieurs Mmoires, 
j'ai spcialement examin ce qui arrive quand l'aire S se rduit soit Un 
rectangle, soit a un cercle dcrit de l'origine avec le rayon P. Dans cette 
dernire hypothse, l'quation (3) donne 

(R) W 

(6) l (/(r)) = ait(P), 

(o) (-*) 

P tant une fonction de l'argument p dtermine par le systme des for- 
mules 

( 7 ) P = zf{z), (8) z = Re"', 

et 3\l (P) tant la moyenne isotropique de P dtermine par la formule 

(9) ^ {P) - H Pd P 

Si, pqur des valeurs croissantes de R, cette moyenne isotropique con- 



( 2IO ) 

verge vers une limite fixe 0, l'quation (6) donnera 

(08) (*) 

(io) L (/(*)) = . 

(0) (-*) 

Si l'on rduisait la surface S non plus au cercle dcrit de l'origine 
avec le rayon R, mais l'un des demi-cercles dans lesquels ce cercle est 
divis par l'axe des x ou par l'axe des y, alors en dsignant par 

pp" 
M (P) 

p = p' 

la valeur moyenne de la fonction P de p, entre les limites p = p f , p = p", 
c'est--dire la valeur du rapport 

P Pd P 

V 



on obtiendrait la place de l'quation (6) les quatre formules 

<) () =/ 

l ( /(z )) == i / 'M>)-f-^ f* f(x)dx, 

) () p = J - R 

, _\ p = 7T JR 



(I>) 



IO) (o) 
(*) () 



(0) (-*) 

(H) (=j 



() 



^ 



3* 



H) 

Si, pour des valeurs croissantes de ff , les quatre valeurs moyennes de 
la fonction p correspondantes aux demi-circonfrences qui s'appuient sur 
l'axe des x, ou sur l'axe des y, convergent vers des limites fixes; alors, 
en dsignant par Q r , Q_ r , Q x , _ x ces mmes limites, on tirera des for- 



(an ) 
mules (i 1) 

\{m) (o) 

\(o) (-*) J-oo 

et des formules (12) 

c> (I) 

L (/(.)) = x -X f{ij)djr, 

t/ 30 



(>4) 



(-1) 

... ('f ) 



/ \ 1/ 00 

<"> (1) 

Au reste, on peut dduire les formules (12) des formules (11), et les 
formules (1 4) des formules (1 3), en remplaant/^ z) par/'(iz). 

Les formules (i3), appliques la dtermination de l'intgrale 



X 



f(x)dx, fournissent les valeurs de plusieurs intgrales donnes par 

Euler, Laplace, etc., et d'une multitude d'autres. 

Si l'on supposait la surface S comprise entre deux courbes, et ter- 
mine, i par un contour extrieur PQR, 2 par un contour intrieur pqr, 
alors, en nommant S, la surface enveloppe par le contour extrieur PQR, 
et S la surface enveloppe par le contour intrieur pqr, on aurait videm- 
ment S = S, S , et la somme des rsidus de/(z), relatifs des valeurs de z 
qui correspondraient des points renferms dans l'aire S, serait, eu gard la 

(S ) (S ) 
formule (3), la diffrence entre les rapports i-^, i-^. Donc, en dsignant cette 

somme de rsidus par C, (/ (z) ) , on aurait 



(.5) l U{z)) = (lih^l 



2irl 



( 2 I 2 ) 

Supposons, pour fixer les ides, la surface S comprise entre les circon- 
frences dcrites de l'origine comme centre avec les rayons R et r > R, et 
posons 

(16) H^r eP\ v = Re'> i , P =uf(u), P = vf{v). 

Alors, la place de la formule (6), on obtiendra la suivante : 

(, 7 ) l {/(z)) = 3L(P)-3L(P ). 

('; c-ij 

Concevons maintenant que J'on attribue la fonction f{z) des formes 
particulires, et supposons d'abord 

M = ^ 

t tant la coordonne relle ou imaginaire d'un certain point T. On aura, 
si le point T est extrieur la surface S, 

(8) tw=l%' 

et, si le point T est intrieur la surface S, 

(i9) [/(*)) = ^M(0- 

Dans cette hypothse, l'quation (17), jointe aux formules (16), donnera 

(R) <*J 



t Z V t t u 



(o) 9(0= i ^+**HS+^- 



D'ailleurs, le module de t tant, par hypothse, suprieur au module de u 

et infrieur au module de v, les deux rapports , - seront dvelop- 

pables, le premier suivant les puissances ascendantes nulle et positives de la 
variable t, le second suivant les puissances descendantes et ngatives de la 
mme variable. Donc, si <p (z) est une Jonction dont la valeur, quand elle 
demeure finie, soit toujours unique et dtermine, et si le rapport diff- 
rentiel de cp(z) la variable z dpend uniquement de cette variable, alors 



( 2l3 ) ' 

pour un module de t compris entre deux limites donnes r\ R, la Jonc- 
tion <p (t) pourra tre dcompose en trois parties dont la premire sera 
exprime par le rsidu intgral 

() W " 

tandis que les deux dernires auront pour dveloppements deux sries tou- 
jours convergentes, ordonnes l'une suivant les puissances ascendantes , 
l'autre suivant les puissances descendantes de la variable t. D'ailleurs, le r- 
sidu('i[\)sera une somme de fractions simples, qui offriront, avec des num- 
rateurs constants, des dnominateurs reprsents ou par les diverses valeurs 
du binme t z, correspondantes celles des racines de l'quation 

i 

dont les modules seivnt compris entre les limites r , R, ou par des puissances 
de t z, si quelques-unes des racines dont il s'agit deviennent gales entre 
elles. Cela pos, il est clair que l'quation (5 ) fournit simultanment la tho- 
rie de la dcomposition des fractions rationnelles, ou mme des fonctions 
transcendantes en fractions simples, la srie de Taylor avec le thorme sur 
la convergence de cette srie, et le thorme de M. Laurent. 

Soit maintenant t une valeur particulire de t ; et supposons qu'aprs . 

avoir remplac, clans la formule (20) la fonction <p (z) par ^4-r' on intgre 

les deux membres par rapport t, partir de t = t. Alors, en passant des 
logarithmes aux nombres, on trouvera 

> . fit) T, T 

( M ) ^l=e n, 

T, T tant les sommes de deux sries convergentes ordonnes, la premire 
suivant les puissances ascendantes et positives, la seconde suivant les puis- 
sances descendantes et ngatives de t, et II .tant nn produit dtermin par- 
la formule 

wj ' =(:-)" (S:r (S:)"'- r^r^r-- 

dans laquelle z,, z 2 ,... d'une part, et z', z",... de l'autre, dsignent les 
valeurs de z qui vrifient comme racines, d'une part la premire, d'autre 

C. R., 18S1 ,1 er Semestre. (T. XXXU, !N 7.) ' 29 ' 



( i4 ) 

part la seconde des quations 

et qui, d'ailleurs, offrent des modules compris entre les limites r , R, 
tandis que m i reprsente le nombre des radines gales z, ; m u le nombre 
des racines gales z r/ ;..., m' le nombre de racines gales z';... et m la 
diffrence entre les deux nombres qui expriment, pour les deux quations 
dont il s'agit, combien il existe de racines gales ou ingales qui offrent des 
modules infrieurs r . Ajoutons que les valeurs de T et T peuvent tre 
facilement dtermines l'aide des formules 

(a5 ) ' TWat kw]^L r =ai U^llU 

La formule (22) est fconde en rsultats qui paraissent dignes d'attention, 
surtout lorsqu'on l'applique aux fonctions double priode et, en parti- 
culier, aux fonctions elliptiques. O11 doit remarquer le cas o l'on sup- 
pose r = o, i=oo . Alors, en effet, comme je l'expliquerai plus en dtail 
dans un prochain article, on dduit immdiatement de cette formule, non- 
seulement une dcomposition des fonctions elliptiques en facteurs simples 
que l'on peut combiner entre eux par voie de multiplication de manire 
reproduire les beaux thormes de M. Jacobi, mais encore un grand 
nombre de rsultats du mme genre et qui semblaient plus difficiles a 
obtenir. 

J'examinerai aussi ce qui arrive, quand on suppose 



>6) 



/( Z ) = X (z) ><'-">?(,<*)<*>, " 



( a7 ) y ( z) = x (z)jr e '(<-^(^^, 

t tant une variable relle comprise entre les limites a, h. On verra, dans 
cette hypothse, les formules ci-dessus tablies reproduire et mme tendre 
les thormes noncs dans le second volume des Exercices de Mathma- 
tiques (pages 344 et suivantes), relativement au dveloppement des fonc- 
tions en sries dont les divers termes dpendent des diverses racines d'une 
quation transcendante ; et l'on remaYquera que, pour dmontrer facilement 



. ( 2.5) 

ces thormes, il est utile d'appliquer la dtermination du produit zj'(z) 
une intgration par parties, attendu cpie l'on a, par exemple, 

(a8) z f'e'C-^fi^dn^e ' ?(a)-<p{t)-h f'e^'-^f'ifj.) d^. 

J a va 



Ajoutons que, si l'on pose ^(z)= 1 dans les formules (26) et (27), si 
d'ailleurs la fonction <p (jx) reste finie entre les limites p. = a, fx = b, on 
tirera immdiatement des quations (14), jointes la formule (28), les deux 
quations 

(29) f(<) = ;f f e ' .^ \{\J.)dp.dy, 

Jco Ja 

(30) ?( ^ = iX/ *' 'VrO^r 1 ^ 
et, par suite, la formule 

qui peut tre utilement substitue celle de Fourier, eu gard l'avantage 
qu'elle possde de ne renfermer qu'une seule exponentielle trigonom- 
trique. 

RAPPORTS. 

voyages scientifiques. Rapport sur le troisime voyage en Abyssinie 
de M. Rochet d'Hricourt. 

(Commissaires, MM. de Jussieu, Dufrnoy, Duperrey, Mauvais, Duvernoy.) 

Les deux voyages dans le midi de l'Abyssinie, que M. Rochet d'Hri- 
court avait spontanment entrepris et trs-heureusement accomplis, dans 
l'intervalle de 1 83g 1 846, l'avaient bien prpar pour en excuter un troi- 
sime dans la partie septentrionale de cette contre. 

Encourag par les votes favorables de l'Acadmie, qu'elle a mis aprs 
avoir entendu les Rapports de ses Commissaires sur les deux prcdents 
voyages que nous venons de rappeler, M. Rochet d'IIricourt est parti en 
1847 P our sa nouvelle exploration, et il en tait heureusement de retour 
en i84q. 



(ai6) . 

Le nord de l'Abyssinie est la vrit mieux connu que le royaume de 
Choa, tant sous le rapport de ses institutions et de son histoire, des varits 
de l'espce humaine qui l'habitent, de leurs langues diffrentes, que sous 
celui des productions vgtales et animales de cette fertile contre. 

On doit tous ces gards de nombreux et trs-instructifs reuseigne- 
ineuts, aprs ceux dont on a vrifi l'exactitude dans le rcit si attachant du 
clbre -Bruce, au voyageur Sait, M. Ruppel, M. G. Schimper, qui s est 
fix en Abyssinie, et continue de faire de nombreux envois de vgtaux et 
d'animaux, en Europe, depuis la province qu'il habite. 
' Parmi les voyageurs franais qui ont sjourn rcemment dans cette 
contre, trs-utilement pour les sciences dont l'Acadmie s'occupe, on doit 
compter M. Antoine d'Abbadie, MM. Petit et Dillon, qui y sont morts l'un 
et l'autre martyrs de leur dvouement pour l'Histoire naturelle, pendant 
qu'ils exploraient la partie septentrionale de l'Abyssinie, sous la direction 
de M. Lefebvre, lieutenant de vaisseau, en mme temps que M. Rochet 
d'Hricourt excutait son second voyage dans le Choa; nous devons citer 
enfin MM. Galinier et Ferret, officiers d'tat-major, dont il sera question 
dans la partie de ce Rapport concernant la constitution gologique de 
l'Abyssinie. 

Il y avait cependant glaner en Botanique et en Zoologie sur les traces 
de ces savants voyageurs,, et beaucoup faire pour avancer nos connais- 
sances minralogiques et gologiques sur cette vaste contre, ainsi que dans 
toutes les parties des sciences qui concernent la Physique du globe; il y 
avait aussi beaucoup faire pour dterminer la position gographique des 
lieux. 

M. Rochet d'Hricourt avait le projet de se vouer particulirement 
ces observations difficiles. 

Ce n'est pas sans peine, sans avoir rencontr bien des obstacles; sans 
avoir chapp bien des dangers, celui entre autres de prir charg de 
fers dans un cachot, que notre intrpide voyageur a pu pntrer seul et par 
l'unique impulsion de sa ferme volont, dans cette contre dsole par la 
guerre civile, jusqu' prs de 200 lieues de distance des ctes maritimes 
d'o il tait parti. 

Il est cependant parvenu parcourir un espace de prs de /joo lieues, 
aller et venir, et obtenir les rsultats scientifiques dont le Bapport actuel 
fera connatre l'Acadmie un rsum. " 



( 2 '7 ) 

PARTIE CONCERNANT LA GOGRAPHIE, LE MAGNTISME ET LA 

MTOROLOGIE. 

(M. Mauvais rapporteur.) 

M. Rochet tait pourvu, comme pendant ses premiers voyages, des 
excellents instruments de mtorologie, de magntisme et de gographie 
qui lui avaient t confis par l'Acadmie des Sciences et par l'Observatoire. 
\vant son dpart il s'tait exerc avec soin leur usage, sous la direction 
de l'un de nous, et il avait acquis, surtout pour l'emploi du sextant, ce 
qui lui manquait encore d'habitude pour faire de bonnes observations ; nous 
avons trouv, dans la concordance des rsultats qu'il nous a rapports, la 
preuve que , sous ce rapport , il possdait toute l'habilet dsirable. 

GOGRAPHIE. 

>r M. Rochet a dtermin directement, par l'observation des hauteurs m- 
ridiennes du soleil, les latitudes d'un assez grand nombre de points gogra- 
phiques en Egypte, dans l'Arabie Ptre, le long des ctes de la mer Rouge 
et dans le nord de l'Abyssinie. Dans quelques-unes de ses stations et notam- 
ment Suez, au mont Sina et Dvratabor, chef-lieu des tats du roi 
Ras- Ali, M. Rochet a rpt les mmes observations pendant plusieurs jours. 
Chaque observation a t calcule isolment, avec soin, par M. Goujon, dont 
l'Acadmie connat l'habilet et l'exactitude; les rsultats ont pu ainsi tre 
compars les uns aux autres , et nous devons dire que leur accord nous a 
paru extrmement satisfaisant. 

Lorsqu'un voyageur peut prolonger son sjour dans les stations o il 
a occasion de faire quelques observations intressantes , il pourrait donner 
une grande autorit ces observations s'il les rptait un certain nombre de 
fois, des jours diffrents. On n'prouve jamais plus de confiance dans les 
rsultats obtenus , que quand ils sont nombreux , quand on peut se rendre 
compte de tout le dtail des observations, les comparer entre elles, apprcier 
leur concordance et les limites d'erreurs qu'elles comportent , tandis qu'on 
accueille toujours avec quelque dfiance une observation isole. Nous ne 
saurions donc trop recommander aux voyageurs de ne pas ngliger de 
donner tous ces moyens de contrle lorsque le temps le leur permet. 



( ai8 ) 

Tableau des latitudes observes. 



NOMS DES STATIONS. 



Couvent du Sina . . 
Montagne de Mose 
Suez 



Tineh 

Korata 

Deck 

Daga 

Ouanz-Agu 
Gouramba . . 
Dvratabor . 
Hasen-Agu. 
Gondar .... 
La Malmont. 
Djianamora . 



LATITUDES OBSERVEES. 



28.33.l6 

28.33. ig 
29.57.88 
3*i. 3.36 
n.45.54 

n.57. 4 

n.54. 38 
1 1 . 59 . 54 
11. 4*3. 6 
1 1 .5i . 12 
12. 19.26 
1 2 . 36 . 1 
13.17/8 
12.59.46 



MTOROLOGIE. 

Pendant toute la dure de son voyage, M. Rochet a observ la tem- 
prature de l'air et la hauteur du baromtre, soit dans le but de fournir des 
donnes sur la constitution atmosphrique des lieux qu'il a traverss, soit 
pour mesurer la hauteur au-dessus du niveau de la mer des stations les plus 
intressantes, et pour apprcier toutes les variations du relief des terrains. 

Les observations faites sur la montagne de Sainte-Catherine, le pic le 
plus lev du massif du mont Tloreb, dans l'Arabie Ptre, ont donn 
2477 mtres au-dessus de la mer; le sommet de la montagne Dieu, sur la 
pierre o Mose a crit les Tables de la Loi, 1 174 mtres; le sommet du Si- 
na, 1 978 mtres. 

En Abyssinie, M. Rochet a trouv que le niveau du grand lac de Trana, 
au sud de Gondar, est lev de 1 750 mtres au-dessus del mer. Il a excut 
sur ce lac soixante-quatre sondages, dont l'ensemble lui a montr que le fond 
avait une forme conique. La plus grande profondeur est au nord, non loin 
de l'le de Matraha; dans cet endroit, il n'a pu trouver le fond en jetant sa 
sonde J97 mtres de profondeur. 

Plusieurs des montagnes que M. Rochet a franchies dans ce pays, et 
dont il a mesur les hauteurs, atteignent la rgion voisine des neiges per- 
ptuelles. Ras-Gouna, sommet le plus lev de la chane du Beguemder, est 



( 2 '9 ) 
3948 mtres; Ras-Levan, 3oi4 mtres; Ras-Bouhite, sommet le plus 
lev du Samen et de toute- 1' Abyssin ie, 4 33o mtres; Koualakande, autre 
montagne du Samen, 4324 mtres. 

M. Rochet d'Hricourt parcourait ces hautes montagnes vers le milieu 
du mois de fvrier 1849- A cette poque, aucun de leurs sommets si levs 
n'tait entirement couvert de neige; on en remarquait seulement des amas 
au pied des rochers, dans des anfractuosits l'abri des rayons du soleil. 

La Commission de l'Acadmie, dans les instructions qu'elle remit 
M. Rochet, avant son dpart (le 1 aot 1847), avait appel son attention 
sur ce point. Il parat maintenant, d'aprs les observations baromtriques de 
M. Rochet, qu' cette latitude borale d'envion \-i degrs, la limite des 
neiges perptuelles n'est pas atteinte par les sommets des phis hautes mon- 
tagnes du Samen, qui cependant s'lvent jusqu' 4 33o mtres au-dessus du 
niveau de la mer. 

En rapprochant. les observations faites dans des lieux trs- voisins, oli 
peut mesurer des dchirures de terrains, des escarpements d'une profon- 
deur vraiment effrayante. Ainsi, Intiet-Cap, dans le Samen, M. Rochet a 
fait, sur les bords et dans le fond d'un ravin, des observations baromtriques 
d!o rsulterait un escarpement vertical de 83o, mtres de profondeur. Un 
autre escarpement, mesur sur les bords du Takass, donnerait au fleuve, 
en cet endroit, un encaissement de 617 mtres. 

M. Rochet a aussi mesur la temprature d'un assez grand nombre de 
sources d'eaux thermales; les plus remarquables se trouvent l'extrmit 
du golfe de Zoula, peu de distance l'ouest de Massouah. Ainsi, celles de 
Guel vont jusqu' prs de 70 degrs centigrades au-dessus de zro; celles 
de Heylate donnent 65 degrs; enfin, Hatefte, les sources jaillissantes qui, 
en se runissant, forment un assez fort ruisseau, sont une temprature de 
44 degrs. Or M. Rochet a remarqu cette particularit, que des poissons, 
de grandeur variable entre 1 et 1 centimtres de longueur, vivent dans cette 
eau, 44 degrs centigrades au-dessus, de zro, 

MAGNTISME. 

M. Rochet s'est empress de mettre profit les instructions si dtailles 
et si prcises que notre savant confrre, M. Duperrey, lui avait remises 
avant son dpart, pour le diriger dans tous les dtails des observations de 
1'inclinais.on magntique. 

Nous donnons, dans le tableau ci-joint, le rsum des rsultats qu'il a, 
obtenus. 



220 



NOM 

de la station. 



Paris, l'Observa- 
toire 

Alexandrie, au con- 
sulat de France. 

Sinak 

l 

Id 



1847. 

17 juill. 

17 ju'll- 
i5 sept. 
i5 sept 
>4 nov. 

16 nov. 

17 nov. 



1848. 

Suez, cimetire des|3janv. 

Musulmans (18 janv. 

Tineh , prs d'une py- 
ramide 

(23 aot. 
Gondar, palais deii4 aot. 

l'Empereur 25 aot. 

25 aot. 



Adoua 

Massouah, au con- 
sulat de France. . , 



Paris, l'Observa 
toire 



1849 

18 mars 

5 juin 

1831. 

to janv. 
10 janv 



POSITION 




de la station. 






NUMERO 






de l'ai- 


Latitude 


Longit. 


guille*. 





/ 




48.5oN. 


0. 


1 


48. 5o 


0. 


2 


3i,i3 


27.33 E. 


1 


3i.i3 


27.33 


2 


28. 33 


ir.5o 


1 


28.33 


3i.5o 


1 


28.33 


3i.5o 


2 


29.58 


3o. 1 1 


1 


29.58 


3o. 11 


2 


3i. 4 


3o. 12 


1 


12.36 


.it 


2 


12 36 


35 m 


1 


12.36 


35 11 


1 


12.36 


35.li 


2 


4 10 


36 40 


9 


i5.36 


37 12 


2 


48. 5o 





1 


48. 5o 


0. 


2 



INCLINAISONS OBSERVEES 



avant le ren- 
versement 
des ples. 



66.18,2 
6(S . 5o , 2 
4 5 - I 9,9 

44.23,5 

35.20,0 
38. o,8 
37.13,4 



40. 8,5 
42 10,6 

4. .3,8 

8.11,8 
8. 3,7 
3.31.5 
3 . 5o , o 

9 StM 
n.28,5 



67 29,3 
66 44,4 



[>rs le ren- 
versement 
des ples. 



fi 7 -34A 
67. 8,5 
42.12,8 
43.11,6 
38. 1,0 
35.20,8 
36. 9,9 

43. 2,3 

4'- 7,4 
45. 5.o 

3 23,o 
3.26,0 
8. 0,8 
7-44, 

8.12,4 
i3. 10,3 



66. 9,6 
66 59,7 



INCLINAISONS 

conclues. 



INCLINAISON 

moyenne 
des deux 

aiguilles. 



66"56',5 
66.59,4 
43.46,4 
43.47,6 
36.4o,5 
36.4o,8 
36.41,7 



" 1 
66. .".8,0 



4i.35,4 
41.39,0 

43 .8,9 

5.47,4 
5.45,3 
5 46,2 
5,47,0 



9 i,3 
12.19,4 



66 49,4 
66.52,o 



\ V- '17.0 

36-4' .ci 

41.37,3 
43.18,9 

5.. 46; 4 



9 ',3 
12.19,4 



66.5o,7 



Les observations faites Gondar, Adoua et Massouah pourront tre 
avantageusement combines avec les rsidtats dj obtenus par M. Rochet, 
pendant son prcdent voyage dans d'autres parties de l'Abyssinie, pour 
dterminer avec plus d'exactitude la position actuelle et les dplacements 
successifs de l'quateur magntique. 

PARTIE GOLOGIQUE. 
(M. Dufrivoy rapporteur.) 

M. Rochet d'Hricourt, dans ses deux prcdents voyages en Abys- 
sinie, avait spcialement tudi, sous le rapport gologique, le royaume de 



( 2al ) 

Choa. Il avait montr que les plaines qui prennent naissance au golfe d'Aden 
et se prolongent, travers le pays d'Adels, jusqu'aux frontires de ce 
royaume, appartiennent un terrain tertiaire sablonneux, que, d'aprs les 
fossiles qu'il contient, nous avons assimil au calcaire grossier de Grignon; 
que le sol de Choa, montagneux sur toute son tendue, s'lve presque 
subitement du milieu de ces plaines, et forme un massif assez analogue au 
plateau central de la France, qui domine de toutes parts la zone de terrains 
secondaires qui l'enveloppe. La nature des roches augmente cette analogie; 
le granit et le gneiss forment en effet la charpente gnrale des montagnes 
de Choa , et l'on y voit, de distance en distance, des cnes de trachy te et 
de basalte qui s'lvent sur leur surface, la manire de la chane des puys 
en Auvergne ; ces cnes atteignent parfois une assez grande hauteur et em- 
brassent une vaste tendue, comme Angobar et aux environs d'Angolola. 
Dans son second voyage, de 1842 1844, M. Rochet d'Hricourt 
n'avait pas eu l'occasion d'tendre ses explorations au del des limites nord 
du royaume de Choa; dans celui qu'il a excut dans les annes i8/j8 et 
1 849, il s'est propos d'explorer les provinces nord de l'Abyssinie, et il s'est 
rendu directement des bords de la mer Rouge dans le groupe des montagnes 
du Takass et de Gondar. Il a dress avec beaucoup de soin une carte de 
son itinraire, depuis Massouah, situ sur les bords de la mer Rouge, jus- 
qu' l'extrmit du lac de Gondar. Dans ce trajet, qui comprend a4 lieues 
de l'est-nord-est l'ouest-sud-ouest, et qui embrasse environ 3 degrs de 
latitude, il a indiqu la position de plus de deux cents villages ou lieux de 
repos pour les caravanes; la plupart de ces points ont t dtermins par 
de simples reconnaissances faites la boussole. Pour quelques-uns, M. Ro- 
chet d'Hricourt en a relev la longitude et la latitude ; il a trac avec d- 
tails la direction du Takass, ainsi que des diffrents cours d'eau qui ali- 
mentent le lac de Gondar; il a en outre calcul, parle moyen de mesures 
baromtriques, un assez grand nombre d'altitudes. Il rsulte de ces mesures 
que la hauteur moyenne des montagnes du nord de l'Abyssinie est com- 
prise entre 1700 et 1800 mtres. Quelques sommets atteignent une altitude 
beaucoup plus grande; nous citerons particulirement le Ras-Gouna, qui 
domine Dvratabor, situ un peu l'ouest du lac de Gondar, dont la 
hauteur est de 3 948 mtres; la montagne dite Rou-la-Kande et celle nom- 
me Ras-Bouhite, appartenant l'une et l'autre au groupe du Samen qui 
surmonte le Takass. L'altitude de la premire est de 43^4 mtres; celle de 
la seconde est de 4 33o. Ce massif est le plus considrable et le plus lev 
des montagnes de l'Abyssinie. 

C. R., i85i, Semestre. (T. XXXU, N 7.) 3o 



( 222 ) 

Les documents que M. Rochet d'Hricourt nous a communiqus con- 
sistent en notes de voyage, sur lesquelles sont rapportes ses observations; 
quelques croquis figurant la disposition des principaux groupes de l'Abys- 
sinie, et une collection de roches, compose d'une cinquantaine d'chan- 
tillons. 

Ceux-ci portent des tiquettes o sont rappeles les positions exactes 
des lieux o ils ont t recueillis. En comparant ces localits avec la carie 
dresse par M. Rochet, on reconnat que les montagnes de l'Abyssinie, dans 
tout l'espace que nous avons indiqu, offrent une grande analogie de con- 
stitution; elles sont, sous certains rapports, assez diffrentes des montagnes 
du royaume de Choa, dont nous avons rappel la composition il y a peu de 
lignes. 

Le granit et la synite forment encore, dans le nord de l'Abyssinie, 
la charpente intrieure des montagnes; on voit ces roches ressortir dans 
le fond de beaucoup de ravins, soit dans le Tigr, soit dans les montagnes 
du Samen et d'Amara. La ville de Gondar, capitale de cette partie de l'Ain s- 
sinie, repose sur le granit surmont de basalte; toutefois ces roches cristal- 
lines ne s'lvent jamais de grandes hauteurs, et c'est seulement par 
exception qu'on les voit atteindre une certaine altitude, comme Ras- 
Gouna, o elles s'lvent de 1200 i3oo mtres, au tiers environ de la 
hauteur de cette montagne. 

Les roches qui forment la couverture gnrale du pays appartiennent 
deux formations trs-loignes , et constituent deux groupes de mon- 
tagnes distincts : l'un embrasse le Tigr et le Samen, qui, bien que spars 
par la valle de Takass, ont tous leurs caractres communs; l'autre com- 
prend plus spcialement les montagnes de Dvratabor ou de Gondar. 

Dans le Tigr et le Samen, les roches sont des schistes argilo-quart- 
zeux, qui donnent naissance des crtes souvent assez aigus et abruptes, 
analogues celles des Alpes ou des Pyrnes, mais d'un aspect moins 
majestueux. 

Dans les montagnes de Gondar, les roches feldspathiques sont partout 
recouvertes ou mme caches par des roches amygdalodes 'tendant en 
larges nappes peu inclines, sur lesquelles nous donnerons bientt quel- 
ques dtails. Dans l'un et l'autre groupe des montagnes du nord de l'Ain s- 
sinie, il existe des cnes forms par l'panchement de vritables laves ; on 
y voit galement des trachytes et des basaltes. 

D'aprs les caractres extrieurs des schistes, il serait naturel de les 
associer aux terrains de transition ; peut-tre, cependant, sont-ils une d- 



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pendance des terrains cristalliss, la manire de certains schistes micacs 
et de schistes talquenx, si frquents sur la lisire des groupes de montagnes 
anciennes : ce terrain n'est reprsent, dans la collection de M. Rochet d'Hri- 
cottrt, que par un seid chantillon recuedli prs de Hamamot, village situ 
une dizaine de lieues l'ouest des rives de la mer Rouge; mais il rsulte de 
ses notes, que ce terrain existe sur tout l'espace que nous avons signal. Le 
voyage entrepris en iS/ja P ar MM. Galinier et Ferret, dans le Tigr et le 
Samen, conduit la mme conclusion; nous avons, en effet, retrouv dans 
l.i collection que ces voyageurs ont rapporte, et qu'ils ont dpose au 
Musum d'Histoire naturelle, plusieurs chantillons analogues provenant 
des environs de Takass : il existe mme, dans cette collection, des chan- 
tillons de grauwacke schistode, recueillis Matchriarra et Haddadit, situs 
trois heures environ de Takass, et distants de plus de 80 lieues de Ha- 
mamot; ce rapprochement nous permet d'assurer que ce terrain schisteux 
constitue plus de la moiti du pays figur dans la carte de M. Rochet. 

L'chantillon qu'il a rapport est analogue, par ses caractres ext- 
rieurs, aux schistes ampliteux de la Bretagne; il est noir, un peu luisant 
par places, et offre quelques stries argentes par la prsence de petites 
cailles de talc. 

Ce terrain de schiste renferme des veines quelquefois assez consid- 
rables de quartz, tantt hyalin, tantt d'un blanc laiteux. M. Rochet en a 
observ dans l'Amasen , qui lui avaient offert une grande puissance. Le 
quartz blanc laiteux est frquemment associ avec du fer hydrat; nous 
citerons, comme exemple de cette association, un chantillon provenant 
de Hadonfeto, prs de Takass. 

IVous avons annonc que le terrain schisteux cesse au del des mon- 
tagnes du Samen, et que le granit est presque partout recouvert par des 
roches amygdalodes ; celles-ci forment des masses plates, des espces de 
nappes trs-tendues, qui constituent par leur ensemble des plateaux levs 
comme on en observe dans les contres o les volcans anciens prsentent 
un grand dveloppement; M. Lefebvre (1), dans l'ouvrage important qu'il 
a publi sur l'Abyssinie, a remarqu cette disposition particulire, et la 
caractrise par l'expression de montagnes en tables; il annonce qu'au- 
dessus du premier plateau, s'en lve un second, puis un troisime, 

Ci) Voyage en Abyssinie , excut pendant les annes 1839, 1840, i84i, 1842 et 1843, 
par une Commission compose de MM. Thophile Lefebvre, lieutenant de vaisseau ; A. Petit 
et Quastine Dilcoc , docteurs-mdecins, et Vignaud , dessinateur ; tome I er , page 117. 

3o.. 



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lesquels sont spars par des entailles ingales de profondeur comme de 
direction ; quelquefois on observe, en outre, sur ces plateaux, des cnes 
qui les surmontent. 

La disposition caverneuse des roches amygdalodes, les fait tout d'a- 
bord prendre pour des laves, et conduit les associer aux produits volca- 
niques. Sans nier cette association d'une manire absolue, il est ncessaire 
de les distinguer des volcans cratres ou du terrain lavique proprement 
dit; celui-ci, qui existe sur presque tout le littoral de la mer Rouge, 
recouvre encore des tendues considrables Guel, Hatefte et Ras-Levan ; 
mais, mesure que l'on s'avance vers le Takass, les cnes volcaniques 
proprement dits disparaissent : toutefois, nous devons dire que des chan- 
tillons des les de Deck et de Daga, dans le lac de Tsana ou de Gondar, 
appartiennent encore des volcans modernes. 

Quant aux amygdalodes, elles sont identiques, par tous leurs carac- 
tres, aux roches de mme nature qui existent en Islande et particulire- 
ment l'le de Fro; l elles sont associes avec des roches d'un noir fonc, 
d'un noir -verdtre que l'on dsigne sous le nom de trapp ; d'aprs les obser- 
vations de M. Descloiseaux, les amygdalodes d'Islande forment des assises 
intercales et ne sont pas, comme on le suppose assez ordinairement, la 
partie suprieure des roches trappennes; nous ajouterons que l'ensemble de 
ces roches constitue un terrain distinct, auquel nous conserverons le nom 
de trapp, malgr qu'il ait t souvent critiqu; il nous parat, en effet, 
trs-essentiel de ne pas le confondre avec certains terrains volcaniques, et 
notamment avec les basaltes; le trapp, il est vrai, prsente une grande ana- 
logie de caractres extrieurs avec cette dernire roche, mais il en diffre 
essentiellement par la nature des zolithes qui y sont dissmines sous forme 
d'amandes, ainsi que par les rognons d'agate qui y existent trs- fr- 
quemment. 

L'ge des terrains de trapp, malgr qu'il ne soit pas parfaitement connu, 
nous parat en faire galement un groupe particulier; en Islande, on constate 
seulement que le trapp est antrieur aux coules de laves anciennes, 
mais les amygdalodes du Vicentin, analogues, par leurs caractres et par les 
minraux qu'elles contiennent, celles d'Islande, sont contemporaines du 
calcaire Nummulites ; et si les amygdalodes du Vicentin forment , dans 
quelques cas, des filons dans ce calcaire, le plus ordinairement elles y sont 
intercales d'une manire tellement intime, qu'elles paraissent avoir t 
produites l'poque o ce terrain neptunien se dposait. 

Dans la collection que M. Rochet d'Hricourt remise votre Com- 



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mission, il existe quelques chantillons de trapp bien caractriss; les deux 
espces de roches qui constituent en grande partie ce terrain y sont donc 
reprsentes. M. Rochet n'a pas constat leur position relative, et les chan- 
tillons qu'il a rapports ont t, pour la plupart, recueillis en des points 
diffrents. Nous regrettons cette lacune d'observations, mais elle ne sur- 
prendra aucun des gologues qui se sont occups de l'tude des terrains 
isms; ils savent qu'ils se prsentent sur de grandes tendues, avec une uni- 
formit de caractre presque complte, et qu'il est rare de trouver des coupes 
o l'on puisse constater les positions relatives des roches; nous ajouterons 
que dans des contres o les communications sont si difficiles, on ne peut 
recueillir d'chantillons que de distance en distance, et on ne conserve que 
ceux qui paraissent absolument ncessaires pour faire connatre la consti- 
tution du pays. 

Les trapps de l'Abyssinie, identiques avec ceux de l'Islande, sont d'un 
noir fonc, d'un noir-verdtre, cassure grenue; les grains sont trs-fins, 
mais cependant on aperoit des miroitements sur beaucoup de points; lors- 
q