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COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SÉANCES 
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



PARIS. — lUPHIMEBIB DE GAUTHIEH-VILLARS, QUAI DES AUGUSTINS, 55. 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PUBLIÉS, 

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE 

Cil 3aJe Du <3 wuiMet ^835, 

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. 



TOME QUATRE VINGT-DIX-IIUITIÈME 

JANVIER — JUIN 1884. 



"paris, 

GAUTHIER- VILLARS , IMPRIMEUR- LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER, 

Quai des Auguslins, 55. 

1884 



ÉTAT DE L'ACADÉMIE DIS SCIENCES 

Al i" mmw 1885. 



SCIENCES MATHEMATIQUES. 

Seci'iox i"-'. -~ Géoinélrie, 

Messieurs : 

Hermite (Charles) (o. ©). 

Serret (Joseph- Alfred) (o. i&). 

BONiSET (Pierre-Ossian) (o. ^). 

Bouquet (Jean-Claude) ^. 

Jordan (Marie-Eiinemoiid-Camille) ^. 

N 

Sf-ction II. — Mécanique. 

Saint-Venant (Adhémar-Jean-Claude Barré de) (o.;;^'). 

Phillips (Edouard) (o. ^). 

Rolland (Eugène) (g. o. C^). 

Tresca (Henri-Edouard) (o. ^). 

Resal ( Heury-Anié) ®. 

LÉVY (Maurice) (o. ^). 

Section III. — Astronomie. 

Paye (Hervé-Auguste-Élienne-Albans) (c. S'). 

Janssen (Pierre-Jules-César) (o. ^). 

LOEAVY (Maurice) (o. ^). 

Mouchez (Contre-Amiral Ernesl-Amédée-Barthélemy) (c. ^'). 

Tisserand (François-Félix) ^•. 

WOLF (Charles-Josepii-Étienne) ^. 

Section IV. — Géo(/raphie el Navicjalion. 

Paris (Vice-Amiral François-Edmond) (g. O.^). 

JURIEN DE LA Gravièue (Vice-Amiral Jeau-Pierre-Edmond) (g.o.#) 

DUPUY DE LOME (Stanislas-Chailes-Henri-Laurcnl) (g. o. ^). 

Abbadie (Antoine-Thompson d') @. 

Perrikr (Colonel François) (o^). 

N 



ÉTAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. 
Section V. — Phjsique générale. 

Messieurs : 

FiZEAU (Armand-Hijjpolyte-Louis ) (o. ^). 

Becquerel (Alexandre-Edmond) (c. §). 

Jamin (Jules-Célestin) [c.^). 

Berthelot (Marcelin-Pierre-Eugène) (c. ^). 

Desains (Quentin-Paul) (o. C^). 

Cornu (Marie-Alfred) ^. 



SCIENCES PHYSIQUES. 

Section VI. — Chimie . 

Chevreul (Michel-Eugène) (g. c.^). 

Fremy (Edmond) (c. ^). 

WURTZ (Charles-Adolphe) (g. o. ^). 

Cahours (Auguste-André-Thomas) (c. ^). 

Derray (Jules-Henri) ^. 

Friedel (Charles) ^. 

Section VII. — Minéralogie. 

Daubrée (Gabriel- Auguste) (g. o. ^). 

Pasteur (Louis) (g. c. ^). 

Des Cloizeaux (Alfred-Louis-Olivier Legrand) 

Hébert (Edmond) (o. ^). 

FOUQUÉ (Ferdinand-André) ^. 

Gaudry (Jean-Albert) ^. 

Section VIII. — Botanique. 

TuLASNE (Louis-René) ^. 

Duchartre (Pierre-Étienne-Simon) (o. ^). 

Naudin (Charles-Victor) ^. 

Trécul (Auguste-Adolphe-Lucien). 

Chatin (Gaspard-Adolphe) (o. ^). 

Van TiEGHEM (Philippe-Édouard-Léon) ^. 



ETAT DK L ACADEMIE DES SCIENCES. 



Section IX. — Economie rurale. 

Messieurs : 

BoussiNGAULT ( Jeaii-Bapliste-Joscpli-Dieudonné) (g. O. ffi), 

Peligot (Eugène-Melchior) (c. ^). 

TiTENARD (le Baron Arnould-Paul-Ecimond) ^. 

BOULEY (Henri-Marie) (c. C^). 

Mangon (Charles-François-Hervé) (c. ^). 

SCHLOESING (Jean-.Tacques-Théophile) (o. ^), 

Section X. — Annlomie et Zooloyie. 

Edwahds (Henri-Milne) (c.iS). 

QuATREFAGES DE Bréau ( Jean-Louis-Armand de) (c. i&). 

Blanchard (Charles-Éniile) (o. ^). 

Robin (Charles-Philippe) ^. 

Lacaze-Duthiers (Félix-Joseph-Henri de) (o. <^). 

Edwards (Alphonse-Milne) ^. 

Section XI. — Médecine et Chirunjie. 

GossELiN (Athanase-Léon) (c. ®). 

Vulpian (Ed nie-Félix- Alfred) O. J^. 

Marey (Étienne-Jules) ^. 

Bert (Paul). 

Richet (Didier-Domiiiique-Alfrcd) (c.^). 

Charcot (Jean-Martin) (o. ^). 



SECRÉTAIUES PERPETUELS. 

Bertrand (Joseph-Louis-François) (c. ^), pour les Sciences 

mathématiques. 
Dumas (Jean-Baptiste) (g.g.®), pour les Sciences physiques. 



ÉTAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. 

ACADÉMICIENS LIBRES. 

Messieurs : 

Larrey (le Baron Félix-Hippolyte) (g. o. ^). 

COSSON (Ernest-Saint-Charles) ®. 

Lesseps (Ferdinand-Marie de) (g. c. ®). 

Du Moncel (le Comte Théodose-Achille-Lonis) (o. ^). 

Favé (Général Tdelphonse) (g. o. ^). 

Damour (Augustin-Alexis) (o. #). 

Lalanne (Léon-Louis Chrétien-) (g. o.^). 

Freyginet (Charles-Louis de Saulces de) (o. ^). 

N 

N 

ASSOCIÉS ÉTRANGERS. 

Owen (Richard) (o.^), à Londres. 

KUMMER (Ernest-Édouard), à Berlin. 

AiRY (George-Biddell) ^, à Greenwich, 

TcHÉBiCHEF (Pafnntij), à Saint-Pétersbourg. 

Candolle (Alphonse de) CS à Genève. 

S. M. Dom Pedro d'Alcantara (g. c. ^), Empereur du Brésil 

Thomson (Sir William) (c. >^),à Glascow. 

Bunsen (Robert-Wilhelm-Eberhard) (o. ^), à Ileidelberg. 



CORRESPONDAIVTS. 

Nota. — Le règlement du C juin 1808 donne à chaque Section le nombre de Correspondants suivant. 



SCIENCES MATHÉ3IATIQUES. 

Section V. — Géométrie (6). 

Neumann (Franz-Ernest), à Rœnigsberg. 
Sylvester (James-Joseph), à Baltimore. 
Weierstrass (Charles) iji^ à Berlin. 
Kronecker (Léopold) ^, à Berlin. 
Brioschi (François), à Milan. 
N 



KTAT DK l'académie DRS SCIENCES. 
Section II. — Mécanique (6). 



Messieurs ; 



Clausius (Jnlius-Emmanuol-Rudolph) (o.^), à Bonn. 

Caligny (Anatole-François HuE, Marquis de) ^, à Versailles. 

Bhoch (Ole-Jacob) (o. ^), à Christiania. 

BoiLEAU ( Pierre-Prosper) (o. -^), à Versailles. 

COLLADON (Jean-Daniel)^, à Genève. 

Dausse (Marie-François-Berijamin) ^, à Grenoble. 

Section III. — astronomie {\6). 

HiiSD (John-Russell), à Londres. 

Adams (J.-C.), à Cambridge. 

Cayley (Arthur), à Londres. 

Struve (Otto-Wilhelm), à Pulkova. 

LOCKYER (Joseph-Norii)an), à Londres. 

HuGGiNS (William), à Londres. 

Newcoaib (Simon), à Washington. 

Stephan (Jean-Marie Edouard )C', à Marseille. 

Oppolzer (Théodore d') (o.^), à Vienne. 

Hall (Asaph), à Washington. 

Gyldén (Jean-Augnste-TIngo) ^, à Stockholm. 

SchiapaRELLI (Jean-Virginius), à Milan. 

De la Rue (Warren) (c. ®), à Londres. 

Gould (Benjamin-Apthorp), à Cordoba. 

N 

N 

Section IV. — Géoijrapliie et Navigation {8). 

TCHiHATCHEF (Pierre-Alexandre de) (g. ^) , à Saint-Pétersbourg. 
Richards (Contre-Amiral George-Henry), à Londres. 
David (Abbé Armand), missionnaire en Chine. 
Ledieu (Alfred-Constant-Hector) (o. ^), à Versailles. 
Nordenskiold (Nils-Adolf-Erik Baron) (c. ^), à Stockholm. 
ClALDi (Alexandre), à Rome. 

N 

N 

c. R., i8f4, 1" Sfmrstre. (T. Xr.VlII, ^'' I.) ^ 



lO TTAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. 

Section V. — Physique générale [g). 

M'.'i'ïieurs : 

Webep, (Wilhelm), à Gôtlingne. 

HiRN (Gustave-Adolphe), au Logelbach. 

HELMnOLTz(Hermann-Louis-Ferdinan(l) (c. •^), à Berlin. 

KiRCHHOFF (Gustave-Roliert) (c.^), ta Heidelberg. 

Joule (James-Prescott), à Manchester. 

Stokes (George-Gabriel), à Cambridge. 

Abria (Jérémie-Joseph-Benoît) (o.®), à Bordeaux. 

Lallemand (Etienne-Alexandre) ^, à Poitiers. 

N 



SCIENCES PHYSIQUES. 

Section VI. — Chimie (9). 

HOFMANN (Augnste-Wilhelm), à Berlin. 

Marignac (Jean-Charles Galissard de), à Genève. 

Frankland (Edward), à I^ondres. 

Dessaignes (Victor), à Vendôme. 

WlLLiAMSON (Alexander-William), à Londres. 

Lecoq de Boisbaudran (Paul-Émile dit François) ^, à Cognac. 

Chancel (Gustave-Charles-Bonaventure) ^, à MontpelUer. 

Stas (Jean-Servais) ^, à Bruxelles. 

N 

Section Vn. — Minéralogie (8). 

KOKSCHAROW (Général Nicolas de), à Saint-Pétersbourg. 

Studer (Bernard) ^, à Berne. 

LORY (Charles) ^, à Grenoble. 

Cailletet (Louis-Paul) *, à Châtillon-sur-Seine. 

Abich (Guillaume-Germain), à Vienne. 

Favre (Jean-Alphonse), à Genève. 

Sella (Quintino), à Rome. 

N 



ÉTAT Dli L'ACxVDiiMJE DES SCIEJSCKS. i i 

Section YUl. — Botanique (lo). 

Messieurs : 

HoOKiiR (Jos. Dalton), à Kew. 

PiUKGSHEiM (Nathanael), à Berlin. 

Planciiom (Jules-Emile) ^, à Montpellier. 

Bentham (George), à Londres. 

Saporta (Loiiis-Charles-Joseph-Gaston, Comte de) ^, à Aix. 

Gray (Asa), à Cambridge (Massachussels). 

Clos (Dominique), à Toulouse. 

N 

N 

N 

Section IX. — Économie rurale [lo). 
GiRARDiN (Jean-Pierre-Louis) (o. C^), à Rouen. 
Reiset (Jules) (o. C^), à Écorchebœuf. 
Martins (Charles-Frédéric) (o. ^) , à xMontpellier. 
Vergnette-Lamotte (Vicomte Gérard -Elisabeth-Alfred de) c, à 

Beaune. 
Mares (Henri-Pierre-Louis) ^, à Montpellier. 
Lawes (John-Bennet), à Rolhamsted, Saint-Albans station (Hertfor- 

shire). 
Mac CoRMiK, à Chicago (Illinois). 
Gasparin (Paul-Joseph de) *, à Orange. 
Demo.ntzey (Gabriel-Louis-Pro.sper) CS à Aix. 
Gilbert (Joseph-Henry), à Rothamsted, Saint-Albans station 

(Herfortshire). 

Section X. — Analomie el Zoolofjie (lo). 

Beneden (Pierre-Joseph van), à Louvain. 
SiEBOLD (Charles-ïhéodore-Ernest de), à Munich. 
LovÉN (Sveuon-Louis), à Stockholm. 
Steenstrup (Japetus), à Copenhague. 
Dana ( James-Dwight), à New-Haven. 
Carpeinter (Guillaume-Benjamin), à Londres. 
JOLY (Nicolas), à Toulouse. 
Huxley (Thomas-Henry), à Londres. 

N 

N 



la ETAT DE LACAUÉMlli DES SCIENCES. 

Section XI. — Médecine et Chirurgie (8). 

Messieurs : 

ViRCHOW (Riidolph de), à Berlin. 
BOUISSON (Étieiine-Frédéric) (o. ^), à Montpellier. 
Ollier (Louis-Xavier-ÉcloLiard-Léopol(i) (o. ^), à Lyon. 
Tholozan (Joseph-Désiré) (o. ^), à Téhéran. 
Chauveau (Jean-Baptiste- Auguste) ^, à Lyon. 
DOINDERS (François-Corneille), à Utrecht. 
PaLASCIANO (Ferdinaud-Antoine-Lt'opold ), à Naples. 
N 



Commission pour adminislrer les propriétés et fonds particuliers 

de l'Académie, 
Becquerel (Edni). 
H.-MiLNE Edwards. 
Et les Membres composant le Bureau. 



Changements suivenus dans le cours de l'année i883. 
[fuir à la page i 7 de ce volume.) 



COMPTES RENDUS 



DES SÉANCES 



DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



SÉANC1-: DU LUNDI 7 JANVIER 1881. 
PRÉSIDENCE DE M. ROLLAND. 



REI\OLVELLEMEi\T AIVIVUEL 

DU BUREAU ET DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE. 

L'Académie procède, par la voie du s-cruliii, à la noiniiialioii d'un V'ice- 
l'résident, qui doit èlre pris, celte année, dans l'une des Sections de Sciences 
pliysiques. 

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 56, 

M. Bouley obtient 4^ suffrages, 



M. Gosselin 

M. Milne Edwards 

M. Duchartre 

M. Robin 

M. Caliours 

M. Van Tiegbem 



Il y a trois bulletins blancs. 

M. îîoiiLEY, ayant obtenu la majorité absolue des suffrages, est proclamé 
Vice-Président pour l'année i884' 



( '4 ) 

L'Académie procède ensuite, par la voie du scrutin, à la nomination de 
deux Membres qui seront appelés à faire partie de la Commission centrale 
administrative pendant l'année 1884, et qui doivent être choisis, l'un dans 
les Sections de Sciences mathématiques, l'autre dans les Sections de Sciences 
physiques. 

Au premier tour de scrutin, le nombre des volants étant 5), 

M. H. -Milne Edwards obtient 5i suffrages, 

M. Becquerel » 5o » 

MM. H. -Milne Edwards et Edm. Becquëkel, ayant réuni la majorité 
absolue des suffrages, sont élus Membres de la Commission. 



Conformément au règlement, le Président sortant de fonctions doit, 
avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état où se trouve 
l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements arrivés parmi 
les Membres et les Correspondants de l'Académie dans le cours de l'année. 

M. Blakcuakd donne à cet égard les renseignements suivants : 

Etat de l'impressiuji des RecueUs de V Académie au \" janvier i884- 

Folu mes pu hliés , 

Comptes rendus des séances de l'Académie. — Le tome XCIV (1'"' se- 
mestre 1882) et le tome XCV {2^ semestre 1882) ont paru avec leur 
Table. 

Les numéros de l'année i883 ont été mis en distribution avec la régula- 
rite habituelle. 

Mémoires de l'Académie. — Le tome XLIl a été distribué an mois de mai 
dernier. Il contient la suite des recherches de MM. Becquerel sur la tem- 
pérature à la surface du sol et à 36"" de profondeur; le Mémoire de M. de 
Lacaze-Dulhiers sur la Laura Gcrardiœ et le travail de M. Chevreul sur la 
vision des couleurs matérielles en mouvement de rotation. 

Mémoires présentés par divers savants. — Le tome XXVII a été distribué au 
mois d'octobre. Il renferme les Mémoires dont les titres suivent : 
Sur le rabotage des métaux, par M. Tresca; 



( i5 ) 

Sur les solutions singulières des équations aux dérivées partielles du 
premier ordre, par M. Darboux ; 

Sur les vibrations calorifiques des solides homogènes, par M. Félix 
Lucas; 

Recherche de la brnchislochrone d'un corps pesant eu égard aux résis- 
tances pa?sives, par M. Haton de la Goupillière; 

Recherches expérimentales sur le mode de formation de divers minéraux 
niétéoritiques, par M. S. Meunier; 

Mémoire relatif à l'application des surfaces les imes sur les autres, par 
M. D. Codazzi ; 

Sur les faisceaux de formes binaires ayant une même jacobienne, par 
M. C, Stephanos, 

Volumes en cours de publication. 

Mémoires de C Académie. — Le tome XLIII a été réservé au travail de notre 
regretté Confrère, M. Yvon Yillarceau, sur l'établissement des arches de 
pont. Le Mémoire proprement dit forme dix-se|)t feuilles qui sont tirées; 
viennent ensuite les Tables, qui ont dix-huit feuilles tirées et dont la com- 
position se continue. Le dévouement apporté par l'un des collaborateurs 
de M. Yvon Yillarceau à la correction des épreuves permet d'espérer que 
cette importante publication ne subira pas de retards. 

Le tome XLIV ne renferme jusqu'ici que deux Mémoires de MM. Bec- 
querel, faisant suite à leurs recherches sur la température de l'air à la sur- 
face du sol et de la terre, jusqu'à 36'" de profondeur, pour les années 1881 
et 1882; ces deux Mémoires forment treize feuilles. 

L'imprimerie a épuisé sa copie. 

Documents relatifs au Passage de Vénus. — La publication intégrale des 
documents concernant l'observation de 1874 peut être considérée comme 
achevée; la 2" Partie du tome III, la seule qui restait à publier, renferme 
les travaux de Botanique, d'Anatomie et de Géologie de M. leD"^ H. Filhol, 
attaché à la Mission de l'île Campbell. Elle a actuellement quarante-sept 
feuilles tirées; la conqjosition se poursuit et prendra bientôt fin. Les plan- 
ches qui accompagnent ce Mémoire sont à l'impression. 

Dès le mois de juillet 1882, l'Académie s'est préoccupée de la préparation 
du premier Yolume desdocumentsconcernant le Passage deYénus du mois 
de décembre de cette même année. 

Elle a déjà obteiui les bons à tirer des Rapports ou Mémoires suivants : 



( iG ) 

Rapport au nom de la Sous-Gommission chargée de faire des propositions 
définitives au sujet de l'installation des appareils photographiques du Pas- 
sage de Vénus en 1882 et des dispositions à prendre pour les mesures 
micrométriques, par M. P. Hatt ; 

Noie relative à des expériences faites sur l'oculaire d"Ar;!go, à prismes 
biréfringents, par M. G. Fleuriais; 

Projet d'instructions (Traduction des instructions anglaises) ; 

Instruclion pour l'observation des contacts des bords (Traduction des 
instructions allemandes) ; 

Remarques de MM. Stone et Newcomb sur les instructions formulées 
par la Conférence internationale de Paris; 

Sur les opérations à exécuter pour tirer parti des photographies du Pas- 
sage de Vénus, par M. Wolf ; 

Sur les mesures des épreuves photographiques, par M. Bouquet de la 
Grye ; 

L'ensemble de ces Mémoires ou Rapports forme aujourd'hui vingt-trois 
feuilles. 

Mémoires présentés par divers savants. — Le tome XXVIII est terminé 
et pourra être mis en distribution à la fin de ce mois. I.e Mémoire n° I, siu" 
la réduction des équations différentielles linéaires aux formes intégrables, 
par M. Halphen, forme trente-huit feuilles; le Mémoire n° 2, intitulé : 
Expériences sur le réservoir du Furens, par M. Graeff, forme douze 
feuilles; il est accompagné de dix Planches; le Mémoire n°3, sur les ma- 
tières al bu m inoïd es, par M. Béchamp, forme cinquante-deux feuilles. Les cin- 
quante premières sont tirées, les autres sont corrigées; le Mémoire n°4, sur 
la trière athénienne, par M. le contre-amiral Serre, forme cinq feuilles, ac- 
compagnées de deux Planches; le Mémoire n° 5, portant pour titre : Pro- 
blème inverse des bracliistochrones, par M. Haton de la Goupillière, 
forme six feuilles. 

Le tome XXIX est en cotus d'impression. Il renfermera le Mémoire de 
M. Henry J.-S. Smith, sur la représentation des nombres par âes sommes de 
cinq carrés. Ce Mémoire formera neuf feuilles dont les bons à tirer sont à 
l'imprimerie. A la suite de cet Ouvrage, viendra celui deM. Minkow,-ki, sur 
le même sujet. La composition de celui-ci est moins avancée; la première 
feuilleseuleestbonneà tirer. Douze placards sont entre les mains de l'auteur. 



( •?) 



Changements arrivés parmi les Membres depuis le i^" janvier i883. 

Membres décédés 

Section de Géoinétiie : M. Fuisiirx, le 9 septembre. 

Section de Mécanique : M. Hresse, le 22 mai. 

Section de Géoijraiihie et Niwujation : M. Yvon Villarceau, le 2^ dé- 
cembre. 

Section lie Médecine el Chirurgie : M. Sédillot, le 29 janvier; M. le baron 
Ci.OQUET, le 23 février. 

Académiciens libns : M. de i.a Gournerie, le 25 juin; M. Bueguet, le 
27 octobre. 

.Membres élus. 

Section de Mécanique: M. Maurice Lévy, le ii décembre, en remplace- 
menl de M. Bresse. 

Section d' Astronomie : M. Wolf, le iG avril, en remplacement de 
M. Liouville. 

Seitton (le Médecine et Cliirunjie : M. Richet, le 7 mai, en remplacement 
de M. Sédillot; M. Charcot, le 12 novembre, en remplacement de M. le 
baron Cloquet. 

Membres à remplacer. 

Section de Géométrie : M. Puisecx, décédé. 

Section de Géographie et Navigation : M. Yvon Villarceau, décédé. 

Académiciens libres : M. de la tiouHNERiii, décédé; M. Bréguet, décédé. 



Changements arrivés parmi les Correspondants 
depuis le i''' janvier i 883. 

Corres//nfidririts rlécédés. 

Section de Gcométiie: M Spottiswoode, à Londres, le 27 juin. 

Section d'Astronomie : M. Roche, a Montpellier, le 18 avril. 

Section de Géographie et Navigation : M. le Cxénéral Sabixe, à Londr.s, le 

26 juin. 

Section de Physique: M. Plateau, à Gand, le i5 septembre. 

C. R., iSS'i, I" Srmestre. (T. \CVni, N" t.) '^ 



( '8 ) 

Section de Minérnlogie : M. Lawrence Smith, à Lonisville (Kentucky), le 
12 octobre. 

Section de Botanique : M. DrvAi,- Jocve , à Montpellier, le 25 aoiit; 
M. Heer, à Zurich, le 27 septembre. 

Correspondant plu. 

Section d'Economie rurale: M. Gilbert, à Rolhamsled, le 9 juillet, en 
remplacement de M. Cornalia, décédé. 

Correspondants à rrmplncrr. 

Section de Géométrie: M. Spottiswoode, à Londres, décédé le 27 juin i883. 

Section d'Astronomie : M. Plantamocr, à Genève, décédé le 7 septembre 
1882; M. Roche, à Montpellier, décédé le 18 avril i883. 

Section de Géoqraphie et Navigation : M. l'Amiral Lutke, à Saint-Péters- 
bourg, décédé le août 1882; M. le Général Sabine, à Londres, décédé 
le 26 juin i883. 

Section de Physique: M. Plateau, à Gand, décédé le i5 septembre i883. 

Section de Chimie : M. Bunsen, à Heidelberg, élu Associé étranger, le 
26 décembre 1882. 

Section de Minéralogie : M. Lawrence Smith, à Lonisville (Kentucky), 
décédé le 12 octobre i883. 

Section de Botanique ;M. Darwin, à Dow^n, Bekenham, décédé le 19 avril 
1882; M. Duval- Jouve, à Montpellier, décédé le 25 août i883; M. O. Heer 
à Zurich, décédé le 27 septembre i883. 

Section d' Anatoniie et Zoologie : M. Brandt, à Saint-Pétersbourg, décédé 
le i5 juillet 1879; M. Mulsant, à Lyon, décédé le l\ novembre 1880. 

Section de Médecine et Chirurgie : M. Schwan, à Liège, décédé le 2 1 janvier 
1882. 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. Van Tieghem fait hommage à l'Académie du ÎX^ et dernier fascicule 
de son « Traité de Botanique ». 



( '9 



MEMOIRES LUS. 

M. Sanduas donne lecture d'un Mémoire portant pour titre : « Des 
nspirations ou inhalations antimicrobiques et médicamenteuses. » 

(Commissaires : MM. Vulpian, Paul Bert, Charcot. ) 

ME3I0mES PRÉSENTÉS. 

MISSION DU CAP HORN. — Rapport sur les recherches hydrocjraphiqucs de la 
Romanche dans l'arcliipcl du cap Horii; par M. F. xMartial. 

« Suivant le désir manifesté par l'Académie, la /?omanc/ie devait consa- 
crer aux travaux d'Hydiographie et aux recherches d'Histoire naturelle 
l'année du séjour de l'expédition du cap Horn dans les eaux magellaniques. 

» Les instructions rédigées à cet effet par M. le Directeur du Dépôt des 
cartes et plans se résument ainsi : 

o La EuiiKinche |)c)urrait explorer toutes les îles de l'arcliipi'l du cap Horn, surtout au 
point de vue des mouillages à recommander. Elle pourrait aussi déterminer des positions 
géograpliiqiics, en partant de l'observatoiie qui sera étalili pour la mission, en le rattactiant 
au cap des Vierges, aux îles Mal<juints, à I^unta-Arenas, où M. Fleuriais a fait, en 1867, 
des déterminations directes et aux îlots Saint-Udefonse et Diego Ramirez. 11 y a là une ré- 
gion mal connue où un hâtimeni à vapeur, muni de bons chronomètres, peut toujours s'em- 
ployer ulilenient. » 

» Pour m'aider dans l'exécution de cette lâche, dont je me réservais la 
direction, j'avais fait choix de MM. de Carfort, de Lajarte et de la Monne- 
raye, qui furent désignés pour faire partie de l'état-major de la Romanche. 

» M. de Carfort, qui m'a plus particulièrement assisté, joint à une 
pratique déjà longue des travaux hydrographiques une grande habileté 
comme observateur ; M. de Lajarte, par son incessante activité, a contri- 
bué dans une large mesure au succès de nos opérations; M. de la Monne- 
raye, malgré les recherches météorologiques et magnétiques dont il était 
chargé, a pris cependant une grande part aux observations exécutées sur le 
terrain. 

» Il est juste de signaler l'activité et le zèle de tous les instants déployés 



( 20 ) 
par ces officiers qui coordonnent actuellement, au Dépôt des cartes et 
plans, les documents rapportés et rédigent le travail commencé à la Terre- 
de-Feu. 

» J'aurai l'honneur de présenter à l'Académie les Cartes qui résulteront 
de ces études, quand le Dépôt en aura autorisé la publication; je dois me 
borner aujourd'hui à mentionner dans ce rapport sommaire les procédés 
dont nous avons fait usage et les résultats auxquels nous sommes parvenus. 

» L'arcliipel du cap Horn comprend tout le groupe d'îles qui s'étend au 
sud du canal du Beagle, du 55* parallèle environ jusqu'au cap Horn; ces 
îles ont été reconnues en partie lors des voyages de YAdventute et du Beagle 
par King et Filz Roy. Ce dernier, en particulier, a exécuté un travail con- 
sidérable dans ces parages ; la Carte anglaise n° 1373, The soutli easlern part 
of Tierra del Fiiego est le résultat des reconnaissances rapides pratiquées de 
i83o à 1834 par l'éminent hydrographe anglais. 

» Cet archipel présente la même constitution géologique que l'extrémité 
du continent, qu'il prolonge dans le sud. 

)) Dans l'ouest, des terres hachées, dominées par de hautes montagnes 
couvertes déneige, continuent jusqu'au cap Horn la Cordillère des Andes; 
dans l'est, le terrain relativement bas, de formation tertiaire, rappelle les 
pampas et les vastes plaines du continent. 

» Sur toute la côte ouest, une chauie presque continue d'îles, d'îlots et 
de rochers constitue ce qu'on nomme en Norwège le Skjerganrd, la défense 
contre la mer. Ces îles et la côte sont le plus souvent séparées par des ca- 
naux profonds, où la difficulté de la navigation pendant la nuit, non moins 
que les mauvais temps presque continuels, rendent très difficile tout travail 
d'ensemble ; en outre, le sol montagneux et boisé ne permet souvent pas de 
cheminer de proche en proche pour installer les signaux de la triangulation, 
et les grands vents qui soufflent constamment sur les sommets gênent et ar- 
rêtent souvent les observateurs. 

» Ces difficultés naturelles, jointes à celles qui résultaient des obligations 
multiples auxquelles devait satisfaire le bâtiment, ne permettaient pas d'ap- 
pliquer les procédés habituels de l'hydrographie à l'immense étendue de 
côtes que nous devions explorer. La seule île Hoste, dont les contours 
mesurent environ 160 milles de longueur de pointe en pointe, a un dévelop- 
pement de plus de 45o milles de côtes. 

» Nous avons donc été conduits à faire usage de procédés rapides qui 
ne nécessitent pas des opérations d'une grande précision, comme celles 



( 2. ) 

qu'entraînent les méthodes géodésiqiies tisiielles, mais qui assurent cepen- 
dant une exactitude supérieure à celle que l'on peut attendre des construc- 
tions graphiques qui restent le but que l'on se propose. 

» Le lrav;)il exécuté comprend donc trois parties distinctes, qu'on peut 
classer suivant le degré d'exactitude que les procédés employés permettent 
de leur attribuer : 

» i" La triangulation régulière de tout le canal du Beagle depuis l'anse 
Banuez, dans l'île Piclon, jusqu'à la pointe Divide, à la jonction des bras 
du nord-ouest et du sud-ouest avec ce canal; celle des côtes de l'archipel 
du cap Horn, comprises entre les méridiens de ces deux points extrêmes, 
ainsi que les plans ou croquis, au nombre de vingt, des différents mouil- 
lages que nous avons occupés. 

2° Le levé sous vapeur avec station faite simultanément à terre du bras 
nord-ouest, de la moitié environ du bras du sud-o>iest du canal du Beagle 
et des îles Ildefonse; 

3° La reconnaissance sous vapeur de l'extrémité nord-nufst du passage 
Talbof, de la ]>artie ouest du bras du sud-ouest, de la cùte ouest de l'ar- 
chipel depuis la baie de Cook jusqu'au cap Black-Head; enfin la recon- 
naissance rapide des divers canaux qui rejoignent le Whaleboat et le 
Darwin-Sounds au passage Brecknock. 

» La première partie de ce travail a été exécutée par les procédés ordi- 
naires de l'Hydrographie, eu établissant un réseau de triangles embrassant 
tout l'archipel; le terrain, dans ces contrées, oppose un obstacle presque 
insurmontable à la mesure des bases terrestres. Cette difficulté, déjà 
signalée par Fitz-Roy, provient non seidement de la rareté des plages 
de dimensions convenables, mais surtout de la nature tnarécageuse du 
sol; on a donc fait usage des observations astronomiques pour déter- 
miner une double base en latitude et en longitude; puis des stations au 
théodolite, faites à chacun des sommets de la triangulation, ont permis 
de dessiner tous les détails du littoral, dont chacun des points était placé 
par son azimut et sa distance zénithale, suivant le procédé décrit par 
l'amiral Mouchez [Piocédé rapide pour le levé des plans hydrofjraphkjues); 
toutefois, comine vérification, on a mesuré sur plusieurs points de petites 
bases terrestres; les calculs préliminaires de la triangulation d'une partie 
du canal du Beagle accusent une différence de Soo" environ eutre les 
résultats auxquels on est parvenu suivant que l'on a fait usage de la 
bise astronomique ou de la base terrestre sur une longueur de près de 



( 22 ) 

5o milles; il suffit de remarquer que les instruments employés ne per- 
mettent pas de compter sur une plus grande exactitude. 

» L'une des bases astronomiques aboutit à la baie Orange, dont la posi- 
tion a été soigneusement déterminée par M. de Carfort. 

» La longitude de ce point a été obtenue par sept transports de temps 
effectués dans de bonnes conditions, une fois de Montevideo à la baie 
Orange, six fois de ce dernier point à Punta-Arenas; la position du pied 
de l'anémomètre delà mission, choisi comme point de départ de la trian- 
gulation, est, d'après cet observateur : 

Latitude 55''3i'24"S. 

Longitude 70° aS' 11" O. 

» D'après Fitz Roy, la latitude de l'observatoire de l'anse Forge, dont 
la position est à un demi-mille environ au nord de notre observatoire, est 
de55°3o'5o"S. 

» Les différentes valeurs attribuées jusqu'à présenta la longitude delà 
baie Orange sont les suivantes : 

King (milieu de la baie) 70"2o'3'j" 0. 

Fiiz Roy ( plan n'^ 2026) 7o<'27.'57",5 

» observatoire de l'anse Forge 70''25' 3i" 

» sommet de l'île Burnt 70" 22' 34" 

» Ces différentes valeurs ont été déduites d'observations chronométri- 
ques; il importe de remarquer, à ce sujet, que les longitudes calculées par 
Fitz Roy, lors de son premier voyage, ont subi une correction de a'iS" 
résultant de la différence de la position attribuée à Port Famine par Ring 
et par cet officier. 

» Cette partie du travail embrasse une étendue de côtes de ii5o milles 
marins environ; le temps si court dont nous disposions a obligé de faire 
usage, pour le compléter, des plans particuliers exécutés par nos prédéce.s- 
seurs quand ils ont été reconnus exacts. 

» Le procédé dont on s'est servi pour la seconde partie du travail con- 
siste à faire simultanément usage de stations à terre et à bord; l'impossibi- 
lité de gravir les hautes montagnes qui bordent des deux côtés les bt as qtii 
terminent le canal de Beagle, non moins que le peu de temps dont nous 
disposions, ne permettant pas d'effectuer cette seconde partie du travail 
par les méthodes ordinaires de la triangulation, ce procédé a paru pou- 
voir utilement servir pour le levé rapide de ces canaux. 



( 23 ) 

» On procédait de la façon suivante : 

» Un observateur était déposé à terre, de façon à voir le signal précé- 
dent; puis le navire allait se placer en vue de l'observateur et de ce même 
signal et restait immobile en mouillant un plomb de sonde. A un signal 
convenu, l'observaleur placé à terre observait l'azimut astronomique, 
quand cela était possible, sinon magnétique, du signal précédent, en 
même temps qu'il mesurait sa distance au mât de misaine, d'où un 
second officier prenait en même temps la distance de l'observateur à ce 
signal. 

» Les positions des extrémités du parcours étant déterminées par des 
observations astronomiques, les erreurs sont comprises entre des limites 
relativement restreintes, l'erreur commise dans un triangle restant indé- 
pendante de celle du triangle suivant. 

» Ce procédé a été employé pour lever ime longueur de 35 milles de 
côtes environ. 

» La troisième partie comprend la reconnaissance rapide de la partie 
ouest du bras du sud-ouest, de toute la côte extérieure de l'archipel depuis 
la baie de Cook jusqu'à la baie Tufusis et de la partie nord du passage Tal- 
bot. 

» Pour l'effectuer, on a estimé la route du bâtiment dont la machine 
était soumise à une allure bien réglée; on gouvernail, en outre, à un cap 
bien nettement déterminé par un alignement, quand cela était possible; 
deux observateurs placés aux compas relevaient, à l'aide d'une alidade fixe 
à 45° et à 90°dela roule, chacun des points saillants de la côte, dont ils des- 
sinaient en même ternps les contours; on notait en même temps l'heure 
exacte : les extrémités des parcours et celles de quelques positions inter- 
médiaires sont déterminées directement par des observations astrono- 
miques, ce qui limite les erreurs. 

» Nous avons fait usage de ce procédé pour la reconnaissance de 1 5o milles 
de côtes environ; bien qu'd ne soit possible de lui attribuer qu'une exac- 
titude restreinte, les plans qui ont été dressés par ce moyen serviront utile- 
ment à rectifier et à compléter la reconnaissance rapide opérée dans les 
mêmes parages par les embarcations du Beagle, notamment celle du canal 
intérieur, qui met en communication le canal de ^ce nom et le détroit de 
Magellan. 

» Cette route, qui permet de passer d'un détroit à l'autre en se tenant 
à l'abri de la grosse mer du large, sera facilement pratiquée par les vapeurs 



( 24 

à faible machine h l'aide du tracé que nous en avons fait et pourrait 
être d'un grand secours, en cas d'opérations militaires, au navire qui vou- 
drait se rendre par les canaux intérieurs des environs du cap Horn jus- 
qu'à l'extrémité des canaux latéraux de la Patagonie. 

» Le canal est sain et tous les dangers découvrent ou sont balisés par les 
goémons ; il court à peu prés en ligne droite sur une longueur de 90 milles 
depuis la baie des trois bras dans le bras du nord-ouest jusqu'à sa jonction 
avec le passage Brecknock; les positions de [)Iusieurs points de ce parcours 
ont été fixées par les observations astronomiques, ce qui permettra, en se 
servant de la position de l'île Saint-Paul déterminée par Fitz Roy, d'en faire 
un tracé suffisamment exact. 

» En résumé, le travail hydrographique poursuivi au cap Horn comprend 
la reconnaissance de la majeure partie de l'archipel magellanique située 
dans le sud de la Terre-de-Feu, celle du canal du Beagle et des différents 
canaux qui mènent de celui-ci au détroit de Magellan ; cette reconnaissance, 
appuyée sur la détermination astronomique de quelques positions suffisam- 
ment espacées, permet de rectifier sur beaucoup de points les cartes actuel- 
lement en usage. 

» Elle complète la géographie de l'île Hoste dont la côte ouest n'était pas 
encore dessinée. Le New Year Sound, grande baie parsemée d'iles et 
d'îlots et terminée par quatre grands bras, le canal de la Romanche qui 
sépare les îles Pothuau et Jauréguiberry de la péninsule Hardy, sontactuel- 
lement bien déterminés; nous avons délunité exactement les coniours du 
groupe des Wollaslon, composé en réalité de trois grandes îles, Grévv, 
Bayly et Wollaston; enfin les explorations qui ont accompagné ces recon- 
naissances contribueront à faire connaître la constitution géologique de 
ces îles, formées en réalité de presqu'îles soudées ensemble par des isthmes 
étroits et bas que séparent des fiords profonds, terminés souvent par des 
glaciers descendant jusqu'à la mer. Le plus vaste de ces fiords, le Ponsomby 
Sound, pénètre à plus de 28 milles dans l'intérieur de i'ile Hoste et limite 
dans le sud la presqu'île Dumas. 

» Le nom de l'illustre savant rappellera la grande part qui revient à 
l'Académie dans la réussite de l'expédition du cap Horn. » 



( 25 ) 



MISSION DP CAP HORN. — Sur le dinuil du cajj Horn. 
Noie de M. J. Lephay. 

« Sur l'invitation de la CoIIImis^i(ln du cap Horn, j'ai l'honneur de pré- 
senter aujourd'hui à l'Académie les principales moyennes météorologiques 
des observations régulières prises d'heure en heure à la baie Orange, 
pendant le séjour de la Mission. Les calculs qui restent encore à faire 
n'apporteront à ces premiers résultats que des corrections insignifiantes. 

» Les Tableaux qui suivent se liront aisément; je ne donnerai donc ici 
que les quelques explications nécessaires. 

» Baromètre. — La pression atmosphérique, exprimée en millimèlres, a 
été ramenée à o^C; elle correspond à l'altitude de 1 2°" au-dessus du niveau 
moyen ties mers. 1^' oscillation moyenne du baromètre a été obtenue 
chaque mois en divisant le total des hausses de la colonne mercurielle 
par le nombre des dépressions observées sur la courbe de l'instrument en- 
regiblreur. 

M Tem/jéralure de l'air. — Les heures moyennes du maximum et du mi- 
nimum moyens diurnes résultent de la moyenne des heures correspon- 
dant à ces données pour chaque jour et déterminées au moyen des 
courbes de l'enregistreur. 

» Par heure de gehe, j'entends toute heure à la fin de laquelle l'enre- 
gistreur accuse une température inférieure à o°C. Les jours de gelée sont 
ceux pendant lesquels le thermomètre à minima est descendu au-dessous 
dco'^C. 

» Pluies. — Les pluies sont exprimées en millimètres. 

» Par jour de pluie, j'entends toute journée pendant laquelle il est 
tombé de l'eau, sous quelque forme que ce soit. Le total des jours de pluie 
comprend donc à la fois : les jours de pluie, les jours de neige et les jours 
où il est tombé de la grêle et du grésil. 

» Eldl du ciel. — La nébulosité était observée directement de quatre en 
quaire heures, le chilfre lo correspondant à un ciel totalement couvert. 

» Les heures de soleil ont été fournies par l'héliographe Campbell. 

') Les nuits étoilées sont celles qui ont donné heu à une observation de 
nébulosité égale ou inférieure à 5. 

» Feiils. — 1-a vitesse du vent est donnée ici en kUomètres et à l'heure, 

C. K., i8S4, i" Se/nestie. (T. XCVIll, K" 1.) -i 



( 26 ) 

au moyen des observations d'Iieure en heure prises au compteur de l'ané- 
momètre Robinson. 

» Les jours de coup de vent sont ceux qui comprennent au moins une 
beuie pendant laquelle la vilesse moyenne du vent a été trouvée égale on 
supérieure à GS""". La même règle a servi à déterminer les heures de coup 
de vent. 

» Sont considérées comme heures de calme celles qui n'ont pas vu la 
vitesse moyenne du vent dépasser i'^'". 

)) Un lop à l'anémomélre correspond à vingt tours de l'instrument, soit 
à nne vilesse du vent égale à loo'", en admettant un rapport constant égal 
à 3 entre la vitesse du vent et la vitesse absolue des coupes de l'instru- 
ment. 

M Nous publions enfin, dans les deux derniers Tableaux, des indications 
assez complètes sur les vents et les bourrasques du cap Horn. 

» Tel qu'il est, ce document a nne importance immédiate pour les ma- 
rins, à quelque nation qu'ils appartiennent; nous souhaitons vivement 
qu'ils en tirent quelque profit. 

I) Dans les derniers Tableaux, résumé d'environ 8000 observations de di- 
rection et d'intensité des vents, on trouve, pour chaque rhundj de vent, 
fleux colonnes dans lesquelles n exprime le nombre d'observations pour 
le rhumb considéré, N le total des observations du mois et V,„ la vilesse 
moyenne en kilomètres et à l'heure. 

» C'est ainsi que la coJonne — exprime, en cenlièmes, la fréquence rela- 
tive du vent considéré. 



( 27) 









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( ^8 ) 



Moyennes mensuelles ilcs principales données inétéoio 
du 26 septembre 1882 au 3i 



MOIS 

et 

Saisons. 



Septembre 1SS2 (5 jours) 

Octobre 1882 

Novembre 18S2 

Décembre 18S2 

Janvier i883 

Février i883 

Mars i8S3 

Avril i883 

Mai i883 

Juin i883 

Juillet i883 

Août i883 

Été 1882-83 

Hiver i883 

Année i882-83 



Vitesse 
myvontie. 



19,70 
2e, 86 
27,06 
33,14 

27>98 
2 3,66 
21,21 
21,37 
20,02 

21.84 

21,17 
26.400 

21,121 
•23,760 



Vilesso 
Qiaximu. 



Il 

102 
100 

100 
io5 

120 

140 

80 

79 
83 

l32 

88 



moyen 
diurne. 



43,70 
53,90 
06,80 
07,10 
56, 10 
49,10 

45,41 
38,02 
46, 3o 
45,5o 
02,78 
43,98 
48,38 



Heure moyeniiû 

(lu maximum 

diurne. 



1. 15 s. 
2.20 s. 
2.5o s. 

12.20 S. 

I . 5. 

I . S. 

1 .06 S. 

12.45 S. 

1 .5o s. 

3. s. 

13.10 s. 

1 .3o s. 

1.22 S. 

1.26 S. 



Jours 
de coups 
de veut. 



^ 
5 

6 

6 

43 

28 



Heures 
de coups 
de vent. 



i3 

54 
5o 



iG 



20 



291 
ii5 
406 



Heures 

do 
ealuie. 



^1 

';6 



88 
90 

123 
100 



02 



808 



Marches moyennes diurnes et annuelles du baromètre, du thermomètre. 





1'' M. 


l^a. 


ai-M. 


4'' M. 


5*" M. 


6'' M. 


7- M. 


8'' M. 


9" Ji. 


10,''M. 


1 !■>.«. 




46,12 
3,95 

S7,. 

5,35 


46 , 1 
3,94 
87. 4 

5,33 


46,01 
3,91 

5,3o 


46,o4 
4.o'i 
87,3 

5,36 


46,06 

4,10 

87,3 
5,39 


46,09 

4. '^6 
86,4 

5,42 


^6,06 
4,83 
85,0 

5,55 


46, o3 

5,47 
83,5 

5,69 


46,o4 

6,12 

81,5 
5,76 


46,02 

6,86 
7«,4 

5,86 


46, o3 

7.44 
75,3 

5,85 


Température de lair 

État hygrométrique de l'air. 
Tension de la vapeur d'eau 





























Marche moyenne de la vitesse du l'ent i 





!'■ M. 


i'- a. 


a»' .11. 


i^ M. 


5" .>i. 


6" M. 


7'' M. 


8'' M. 


9'' M. 


lu'- M. 


11'' M. 




kui 

24,55 

21,35 
20,33 
,9,.3 


km 
39,56 

22,43 

21,93 

20,42 


km 
29,42 

21,07 

21,49 
19,80 


km 
3o, 17 

20,48 
2 I , 98 

'9-49 


km 

3o,o5 
'9,74 

22,84 

20, 17 


km 
3i,46 

20,64 

23,16 
22,17 


km 
3o,45 

18,26 

22,99 

20,37 


km 

3>,79 
■9,59 

24,37 
20, 17 


km 

37,08 
19,10 
=6,45 

20,58 


km 

39,97 
20, 12 
29,14 
21,17 


km 
39,9" 

"9,9' 

29,61 

22,00 




Été 




























^■^^"H 



( ^'J ) 



logiques observées à la baie Orange, Terre-cle-Feu, 
août i883 t'i minuit. (Suite.) 



TLJIPÉUATCRE DU SOL A 


u"',i5. 


TEMPÉRATURE DU SOL A 


o"',3o. 


TEMPKRATURi; 




Moyenne. 


Maximum. 


MiiiimuQi. 


Mo yen no. 


Miuituiim 
a 01", ij. 


>Iaxiiiia 
a 0", Ju. 


de l'eau de mec. 


ilu 1 eau douce. 






5,ûi 


6,0 


u 
4,0 




4,53 



3,9 


5, 1 




5,3 



// 




5,85 


8,.) 


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5,3i 


3,5 


6,8 


6,3 


7,21 




7,54 


8,9 


5,2 


6,74 


5,0 


8,2 


8,6 


8,9 




8,9'4 


11 ,u 


7,0 


8,00 


7,4 


8,8 


9,7 


9,9 




9.02 


10,6 


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8,7 


7.7 




J.49 


7,-' 


4.9 


D,fi5 


4,> 


6,5 


7,6 


5,6 




4,11 


5,li 


3,7 


4,5o 


2,8 


5,v, 


6,4 


4,i 




•^,89 


!^,<> 


■i,'^ 


3,36 


2,0 


'1,4 


0,7 


3,0 




a, 39 


4,0 


2,4 


■i,86 


1,8 


3,5 


5,5 


2,5 




--Al 


4,0 


I,S 


2,65 


1,6 


3,4 


5,2 


3,1 




8,oi 


/, 


tf 


7,37 


ff 


// 


9," 


(j,oy 




3,73 

5,87 






3,92 
5,64 


1/ 


tl 


5,95 
7,53 


2,95 























de l 't tat h) groniétrique Je l 'air et de la tension de la vapeur d'eau. 



MIDI. 


!'■ s. 


2'- s. 


S" s. 


4" s. 


5'- s. 


6'' s. 


7'' s. 


8'' s. 


9" s. 


10" s. 


11" s. 


.Mi.M'ir. 


MOYEN.NE. 




46,07 


45,95 


45,93 


45,95 


4 6, 04 


46, oS 


46,18 


.',6,25 


46,33 


46, 3i 


46,29 


46,27 


46.25 


46,12 




7,63 


7,68 


7.46 


7, -3 


6,36 


5,83 


5,32 


4.9' 


4,66 


4,4" 


4,3. 


4.>7 


4. -7 


5,37 




74,6 


73,5 


71." 


75,1 


77,9 


79,^ 


81,7 


83,7 


8 1,9 


85,9 


86,3 


86,8 


87,0 


82,01 




5,83 


5,80 


5,80 


5,73 


5,62 


5,54 


5,5o 


5,43 


5,47 


5,4. 


5,3i 


5,44 


5,4o 


5,55o 





en jaiuicr, en juin, en été, en hiver. 



MIUI. 


Il" s. 


•2" s. 


31^8. 


4'' s. 


5'' s. 


6'' s. 


7" s. 


SI- s. 


9" s. 


10" s. 


lli-s. 


Mi.Mir. 


MOÏESNL. 


kui 
38, 3y 


km 

40,99 


kui 

4i,33 


km 
40,98 


km 
37,69 


„ km 
36,95 


km 
36, go 


km 

32, i3 


kui 

28,69 


km 
27,60 


km 
27,52 


km 
26, 5o 


km 
25,29 


km 
33,i3o 


19,53 


'9,79 


20,44 


19,87 


"9,>7 


>9,'7 


20, i5 


18, 84 


17,56 


18,19 


21,29 


21,73 


21,9, 


20,019 


3o,35 


32,43 


39,69 


33, 16 


3i,58 


3i,S9 


3o,3o 


-'7. '9 


25, 78 


23,33 


23,80 


22,17 


21,4. 


26,400 


23,32 


20,70 


23,29 


23, o3 


20,35 


20,9'l 


22, jo 


20,87 


20,37 


'9,94 


21,46 


^.,47 


20,74 


21,121 
































( 3o) 



T'ents en fn-f/uence relative. — Vitesse inoyenne des vents dans choque rhumb, 

— — Fréquence relative en centièmes. 

\ „j =: VîtesbC moyenne en kilomètres à l'heun'. 





MOIS 


NORD . 


NNK. 


NE. 


KNE. 


E. 


ESE. 


SE. 


SSE. 


SID. 




ri 





• — — 




,^- 


. 


— 


'--^ 














, 










Sai^uiis. 


> ' 


v,„ 




v,„. 


« 


V,M . 


n 


v,„. 


n 


v,„. 


n 


V,,,. 


S' 


V,,,. 


n 


v,„ 


.N ■ 


v,„ i 




Octobre 18S2 (3. j) 


0.9 


km 

8,,o 


// 


km 




km 
II 


» 


km 

II 


// 


km 


// 


km 
II 


II 


km 


„ 


km 


„ 


km 




NdviMiibre 18S2. 


1,8 


16, 2 


0,8 


i3,33 


1 ,3 


.3,70 


0,7 


3/,(S 


0.5 


7.85 


0,8 


6,4o 


1,6 


6, '10 


O.iJ 


7,85 


, 1 


9 ,5o 




Décembre 1S83.. 


1 ,5 


20,86 


0,6 


5,70 


0,6 


5,o3 


0,4 


6, !0 


0,2 


4.7" 


0,4 


3,. 70 


0,6 


1 i , 60 


n. 3 


2,70 


1 , 1 


23,07 




Janvier 18S0 . . . 


0,5 


21 ,JO 


1,3 


14.10 


1,5 


17,00 


2,'i 


7,3o 


2,9 


7,00 


// 


// 


0,8 


3,70 


0,9 


4,3o 


1 ,2 


10,00 




Février i883.... 


2,6 


i3,7o 


3,5 


18,20 


1,6 


9 ,00 


0,9 


•4,0 


0,6 


9,00 


0,9 


6,66 


0,6 


7,5o 


0,3 


18, 5o 


0.7 


20,20 




Mars iS83 


5,6 


9.20 


4.6 


23,00 


1,5 


12,00 


4.3 


14, 3i 


2,8 


1 . 3o 


1,6 


14.33 


1 .2 


5,77 


0,3 


7.5o 


0,8 


9.33 




Avril i883 


i.6 


8,09 


3,6 


i4,65 


3,2 


14, o5 


1,0 


11, .4 


0. 1 


6,00 


0, 1 


7,00 


// 


II 


0,7 


18,20 


'>9 


- ' . 1 2 




Mai iS83 


5,8 


14,18 


.1,8 


25,73 


6,6 


21,89 


4,9 


12,92 


1 . 2 


8.87 


1,2 


7.87 


0.3 


8,5o 


0,5 


4.5o 


0,3 


10,00 




Juin iS83 


0.7 


9.io 


3,9 


15,75 


3.7 


i'l,66 


4,4 


19,65 


5,1 


11,54 


4.8 


i5,23 


4.. 


6,83 


1 ,2 


1,^-i 


'.1 


4,5o 1 




Juillet i883 ... 


1,6 


19,80 


5,5 


23,60 


6,2 


8,40 


3,5 


7,5o 


2 ,0 


3,3o 


0,4 


7.3o 


1,5 


3,70 


1,3 


4,90 


0,7 


i3,8o 




Août i883... . 


7.9 


,2,8', 


8,8 


23,38 


5,6 


16,57 


2-7 


21, i5 


0,9 


18,43 


0,5 


7,25 


4,3 


1 5 , 00 


0,2 


7,5o 


'.9 


16,20 1 




Été 188-2-83 


2,2 


'4,93 


1,8 


14,86 


1 , 1 


...34 


1 ,5 


9,o3 


1 ,'■! 


7" 77 


0,6 


8,22 


0,8 


7. '9 


0,3 


8,16 


0,6 


'Î.43 




Hiver 1882-83... 


'l>> 


12,86 


6,8 


20,62 


5,0 


i5, 1 1 


3,3 


■ 4.47 


1,8 


9.63 


',4 


8,93 


2,0 


8,5i 


0,8 


7,86 


1 ,2 


i3,i8 




\niice 1882-83. . 


3, i5 


13,895 


4.3 


'7.7I" 


3,2 


l3,225 


2,6 


11,750 


1 ,7 


8,70 


1 . 1 


8,575 


■ •4 


7.85 


(1,6 


8,010 


0,9 


i3,8o 



Vents en fréquence relative. — Vitesse moyenne des vents dans chaque ihnmb. (Siiile.] 





MOIS 


ssvv . 


s\v. 


wsw. 


\v . 


WNW. 


NW. 


ÎINW. 


CALMES 


TOTAL 
dps 

observa - 
lions. 






Pi 
Saisons. 




v,„. 


s ■ 


v,„. 

km 




v„,. 


n 

N ■ 


v,„ . 


S ■ 


v,„. 




v,„. 


n 

iv ■ 


v,„. 


In ' 










km 






km 




km 




km 




km 




km 








Octobre 1S.S2. . . 


" ,7 


'|0,OO 


2.7 


45,00 


,5,3 


19,06 


8,1 


14.76 


26,1 


24.74 


29.7 


20,12 


7.2 


8,78 


, , s ■' 


M' 1 






INovemljrc 1882. 


0,7 


23,42 


3,8 


3l,6', 


34,6 


38, 16 


20,7 


36, 5 '1 


.4,8 


28,83 


7.5 


19,08 


4,4 


i3,47 


10, 


720 






Dccembre 1882. . 


8,3 


32, 10 


10, '1 


37,55 


;^i ,0 


■'17.67 


17,7 


3l,2', 


7.0 


26 , 5o 


4.9 


12.85 


1,8 


16,09 


' !-9 


53o 






Janvier i.SS3.. . . 


9,J 


32, 80 


a-!. 9 


'l8,oo 


■-' ■' j 7 


4' .-0 


■',7 


33,60 


11,0 


3o , 00 


4,0 


19,50 


1,3 


24,80 


',..s 


744 






Février i883. . . . 


'l,' 


3i ,3o 


i5,i 


41.80 


■4.0 


49, 5o 


.4,8 


27,20 


9,6 


18, 4o 


4,. 


1 2 , 00 


I ,:) 


1 1 ,60 


14.5 


(i-2 






Mars i883 


3,5 


2 2,8'| 


6.7 


26,. 34 


l:,,6 


39.13 


1 1 ,3 


40,40 


'5,7 


39,92 


9,6 


.8.43 


4,9 


8,8', 


12,7 


744 






Avril i883 


2,3 


29,52 


8.7 


29,35 


i3,8 


4i , 10 


■1,1 


39,44 


9.7 


27,60 


6.9 


13,76 


8,6 


8,92 


'9 '9 


720 






Mai i883 


1,2 


21,38 


6,8 


28,04 


M. 9 


35,5a 


9.5 


3i,25 


10,7 


25,88 


11,0 


18,89 


7.0 


12,02 


9,5 


744 






Juin i883 


6,6 


i7>9' 


12,3 


25,04 


8,4 


39 , 1 1 


12,0 


35,54 


8,4 


27,91 


7,6 


21, 5i 


0,8 


■4. '7 


.4,2 


720 






Juillet i883 


4,5 


3i ,3o 


6,8 


39,30 


i4,6 


3o,qo 


.'1,6 


38, 3o 


12,2 


2I,4o 


8,6 


18.60 


5,2 


iS,oo 


10.7 


744 






■VoiU i883 


2,J 


36,21 


'1,8 


37.94 


6.7 


3 1,43 


'5,9 


25,85 


11,5 


27.37 


12,2 


21,64 


4.2 


i3,3a 


8,6 


744 






Été 1882-83 


4,8 


3o,4i 


10,3 


38,39 


2., 7 


.39,12 


14,. 


30,62 


'4.0 


28.06 


10,0 


16,98 


3,7 


13,93 


9,5 


.'i5i5 






Hiver i8S2-83... 


3,4 


27,26 


7.9 


3 1,93 


11,1 


35, '|3 


i3,3 


34,07 


10,5 


26, o3 


9.3 


18,76 


'). 1 


1 :i , 28 


11. 6 


367 > 






Année 1 882-83.. 


4,« 


28,835 


9>i 


35, 160 


16,4 


37,275 


'3,7 


32,345 


12,3 


27,045 


9.7 


17,870 


4.4 


1 ii , 6o5 


1 1 . 


7'^7 





( 3i ) 



Coups df. veut. 
Il = Nombre d'observations dans le rbiinib considère. 
I\ = Nombre lolal dans le mois (h\ la saison. 



Novembre 1882 
Décembre 1883. 
Janvier i8H3... . 
I"'evrier i883. . . . 

Mars i883 

Avril i883 

IHai i8S3 

Jnin iS83 

Juillet i883.... 

Août i883 

Été 1882-1883.. 
Hiver i883-i883 
Année i882-i883 



ssw. 


sw. 


wsw . 


w. 


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N * 


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N ■ 


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^.9 


(i 

1 1 

3j 
19 

3 
10 

19 
91 


11,1 
20,0 
6(i,o 
.'(j,o 

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If 

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24,3 
20, u 
■j5,o 

■ 2,7 

19,2 


iB 
30 
i3 
ji 

-4 

8 
2 

A 

7 

8 
i3o 

39 
169 


29,6 
64, 

21.8 

vA 

^7.4 

ôo.o 
20,0 
60.3 
17.0 

32,0 

44.0 

35,8 
39,9 


31 
I 
1 
1 

10 
li 

.1 
21 

(i 
34 
43 
i t 


38,9 
2,0 

'-■9 

1.4 

19, (i 

37,0 

5o,o 

21,5 

5 1 , 2 
24,0 
'2,8 
36,8 
24,8 



■'9 



0,9 



'•9 



"•4 



4,u 

0/1 

0,8 

0,6 



M. E. Fo.\TA\KAU soumet au jugement de l'Académie un Mémoire inti- 
tulé : « Stii- la délbrmalion et les mouvemtnits intérieurs des corps élas- 
tiques ». 

(Commissaires : MM. Fizeau, Resal, Cornu.) 

M. le WiMSTKK DU l'I.vstructio.v publique transmet à l'Académie une 
Lettre et un Mémoire de M. Baré, relatifs à une nouvelle méthode d'ar- 
pentage. 

Le Mémoire de M. Baré sera soumis à l'examen de MM. Jordan et 
Lalanne. 



M. A. Wackenzie Cameron adresse une nouvelle Communication relative 
an choléra. 

(Renvoi à la Commission du prix Bréanf.) 



( 3a ) 



CORliESPONDAIXCE. 

M. le Ministre de l'Ixstkiction publique invite l'Académie à lui 
adresser une liste de deux candidats pour la chaire de Culture, laissée va- 
cante au Muséum d'Histoire naturelle par le décès de M, Decaisne. 

(Renvoi aux Sections de Botanique et d'Économie rurale.) 

M. le MiNisTitE DE l'Instruction publique transmet à l'Académie les ren- 
seignements suivants sur l'Exposition italienne, dont l'ouverture doit avoir 
lieu à Turin le i" avril i88/j. 

« L'Exposition italienne, dont l'ouverture aura lieu à Turin le j*" avril 
1884, est accessible aux étrangers pour tout ce qui concerne l'électricité 
et ses applications. Par décision de la Direction générale des Douanes, les 
objets destinés à l'Exposition seront exempts de tous droits à leur entrée 
en Italie. Un drcret royal attribue un prix de dix mille francs à l'invention 
(ou à l'ensemble d'appareils) constituant un progrès notable dans les ap- 
plications industrielles de l'Electricité, la transmission du travail mécanique 
à distance, la production de la lumière, etc. » 



ASTKONOMiE PHYSIQUE. — Sur le spectre de la comète Pons-Brooks. 
Note de M. Cii. Trépied, présentée par M. Mouchez. 

« Je demande à l'Académie la permission de compléter ma précédente 
Note sur le spectre de la comète Pons-Brooks. Je disais, dans cette Note, 
que je n'avais pu distinguer la bande orangée des hydrocarbures; je n'y 
ai pas réussi davantage par l'emploi d'un prisme moins dispersif et d'un 
grossissement oculaire plus faible. J^a bande violette ne se voit pas non 
plus. 

» Jusqu'au 26 décembre, il ne m'avait pas été possible de séparer le 
spectre du noyau de celui des couches voisines dans la chevelure; mais, 
dans la sou'ée du 27, le specti'e du noyau s'est montré formé, comme à 
l'ordinaire, d'une bande longitudinale, étroite, continue, avec un notable 
renforcement de lumière à ses intersections avec les trois bandes du car- 
bone, il est dû, probablement, à de la lumière solaire réfléchie. Cette 
probabilité se transformerait en certitude si l'on pouvait distinguer, dans 



( 33) 
cette partie du spectre, quelques-unes des lignes de Fraunliofer, comme 
M. Hiiggins en a observé dans le spectre photographique de la grande co- 
mète de 1881. J'ajouterai que le spectre continu ne se prolonge qu'à une 
très faible distance au delà des deux bandes extrèines. 

» L'éclat du noyau, qui avait augmenté beaucoup du i5 au aS dé- 
cembre, semble maintenant stationnaire. Pendant ces quelques jours, on 
a pu voir la queue de la comète se développer rapidement. Ce développe- 
ment aussi paraît s'arrêter (2 janvier). » 



ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observations spectrosropiqiies faites, à Nice, 
stir la comète Pons. Note de M. Tiiollon. 

« Depuis le commencement de novembre, nous avons, M. Perrotin et moi, 
profité delà récente installation d'un i4 pouces (o™, 378) au mont Gros pour 
faire des éludes spectroscopiques sur la nouvelle comète. Ou sait déjà que 
son spectre ressemble à celui de toutes les comètes observées jusqu'à ce 
jour et qu'il se conqiose de trois bandes identiques à celles que donnent 
les composés du carbone. Mais ce qui nous a frappés, c'est l'éclat et la net- 
teté extraordinaires de ces bandes, qui se distinguent sans peine, même 
quand l'intérieur de la coupole est éclairé par plusieurs lampes, tandis que 
le spectre continu donné par le noyau est lui-même si faible qu'il ne dépasse 
guère, en étendue, la région des trois bandes et qu'on n'y peut reconnaître 
aucune des couleurs .spectrales. Il faut conclure de là que l'élément gazeux 
domine dans la constitution de cet astre, conclusion qui semble justifiée 
par les singularités d'aspect qu'il a présentées jusqu'à ce jour. 

» Il offre une analogie qui mérite d'être signalée avec la comète c 1881, 
que j'ai étudiée avec soin au i/j pouces de l'Observatoire de Paris. Dans 
cette dernière, le spectre gazeux semblait aussi avoir une certaine prédo- 
minance; les bandes étaient nettes et brillantes. Or sa queue, au lieu d'être 
formée par deux bandes lumineuses parallèles à l'axe, qui reste relativement 
obscur, était constituée par une seule bande se confondant avec l'axe et se 
ilégradant symétriquement de part et d'autre. Il en est de même pour celle 
que nous voyons aujourd'hui, avec cette différence que la lumière de la 
queue, au lieu de se dégrader symétriquement par rapport à l'axe, se ter- 
mine brusquement du côté sud par une ligne à peu près droite. Il serait 
fort remarquable que cette particularité fût le caractère propre des comètes 
où le spectroscope indique la prédominance des éléments gazeux. » 

c. R., iSSt,. i" Semestre. (T. XCVIII, N» 1.) 5 



( ^^ ) 



ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observation de la coinèle Pons-Brooks. Note 
tle M. E.-L. Trouvei.ot, présentée par M. Janssen. 

« Le 17 décembre, à 6''3o™, temps moyen deMarseille, j'ai observé la co- 
mète de 1812 à l'aide d'une lunette de i/ïG"™ d'ouverture, armée d'un 
ociilHire grossissant 85 fois. Le ciel n'était pas d'unebien granrie pureté, el 
rol)servation fut même plusieurs fois interrompue par les vapeurs épaisses 
qui obscurcissaient la comète. 

» La comète était très facilement visible à l'œil nu, et paraissait plus 
brillante que l'amas stellaire d'Hercule, auquel elle ressemblait ; seulement, 
on voyait parfois luire sur sa nébulosité une vague étincelle, qui indiquait 
qu'elle possédait un noyau. 

» Vue dans la lunette, la comète se montrait avec un noyau, une 




chevelure el inie queue. Le noyau avait l'éclat d'une étoile de G« grau 
deur, bien que ses contours diffus rendissent assez difficile une compa- 
raison exacte avec les étoiles. Ce noyau, qui avait un diamètre très aj)- 



( :^:' ) 

préciable, n'était pas circulaire, mais un peu allongé dans inie direction à 
peu près perpendiculaire à l'axe de la queue. 

» La chevelure, qui était très brillante, avait un diamètre de lo' envi- 
ron ; mais elle se fondait si doucement dans le ciel, qu'il était impossible 
de reconiiaitre ses limites exactes. A |)remière vue, elle ressemblait à une 
nébuleuse globulaire, fortement condensée autour d'un noyau central, 
mais avec un peu d'attention elle apparaissait comme si elle fût double et 
formée de deux parties semi-circulaires, qui étaient tournées vers le Soleil et 
qui, à l'arrière, se prolongeaient pour former la queue. I.a partie intérieure, 
beaucoup plus brillante que l'extérieure, entourait le noyau, qui cepen- 
dant n'était pas placé au centre de sa courbe, mais était plus rapproché 
d'elle vers le côté du Soleil. En se [nolongeant à l'arrière, celte chevelure 
interne formait à elle seule presque toute la queue. La chevelure externe, 
qui était beaucoup moins lumineuse, avait beaucoup plus d'étendue, et se 
prolongeait aussi vers l'arrière pour former la queue, mais elle s'évanouis- 
sait à une très courte distance, donnant ainsi à la queue un aspect pyra- 
midal. 

» La queue, bien qu'elle ne fût pas très brillante, se distinguait cepen- 
dant à première vue, se terminant en pointe à une distance de 2;'/ du 
noyau. Comme ceux de la chevelure, ses bords se fondaient doucement 
dans le ciel et n'étaient pas susceptibles d'être saisis du regard. La queue 
avait une direction nord-ouest, et était approximativement dirigée à l'op- 
posé de la place occupée parle Soleil. 

» La figure qui accompagne cette Communication est la reproduction 
du dessin que j'ai obtenu dans cette observation. Elle représente la comète 
telle qu'elle apparaissait alors. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur colaines fondions doublemenl périodiques 
de seconde espèce. Note de M. E. Gocrsat, présentée par M. Hermite. 

« Une Lettre de Fuss, publiée dans le Bullelin des Sciences malhcmali(jues 
de AL Darboux (mai 1879, p. 226), contient un exem|)le remarquable, dû 
à Euler, d'une dilférenlielle contenant un radical carré portant sur un 
polynôme du quatrième degré qui, par une substitution algébrique, se 
réduit à une différentielle rationnelle. M. Hermite a indiqué, à propos de 
cette formule, un mode particulier de décomposition en éléments simples 
des fonctions doublement périodiques, aux périodes 2R et 2/K.', qui véri- 



( 36 ) 
fient en oulre une des relations 

F(x + K + /K')= -F(a-), 
F(a- + K)= -F(^) 

[Journal de Liouville, 3^ série, t. VI, 1880). De ce mode de décomposition 
on déduit immédiatement que l'intégrale d'une pareille fonction s'exprime 
au moyen de fonctions doublement périodiques et de logarithmes de fonc- 
tions doublement périodiques. Ce résidlat peut, à un certain point de vue, 
être généralisé comme il suit : Soil F(a") une fomlion doublement périodique 
de ieconde espèce dont les niulliplicateurs sont des racines de runité, l'an au 
moins étant différent de runité,- l'intégrale f p[x)dx' est égale A une fonction 
doublement périodicpie augmentée d'une somme de logarithmes de fonctions dou- 
blement périodiques multipliées par des facteurs constants. 

» Soient 2K et 2/K.' les périodes de ¥{x); je suppose que l'on ait 

b étant une racine de l'équation b'" —1 = 0, différente de l'unité, de telle 
sorte que 

( I ) i + b-\-b-+ ... -+■ b'"-' = o. 

3'emploierai, pour la décomposition de F(x) en éléments simples, une 
méthode analogue à celle de M. Hermite; seulement la fonction qui joue 
le rôle d'élément simple sera ici 

où l'on a posé 

Il est clair que celte fonction vérifie les relations 

/■(a- + 2/K')=/(^), 

et qu'elle a un seul pôle à l'intérieur d'un parallélogramme dont les sommets 
ont pour affixes les quantités 

^., «H ) u-\-2iW, a -f- • h 2;Iv'. 

m ' m 



( 37 ) 
» Cela posé, la fonction F{z)/{oe — z) sera une fonction doublement 

périodique de z aux périodes — et 2/K', et, en écrivant que la somme 

des résidus à l'intérieur du parallélogramme des périodes est nulle, on 
parvient à la formule de décomposition 

¥{x) = v[A„/(a- - n) + A, D,,/(a- ~ fl) + . . . + A„D:./(a; - «)]; ^ 

par conséquent, on aura aussi 

f¥{x)ctcc --ZZ lfA„/{x - a)da:-hl[k,f{x-a) + . . . + A^D'^ '/(x - a}]. 

» La seconde partie du second membre est évidemment une fonction 
doublement périodique, aux périodes 2 R et 2 iK' ; pour évaluer la première, 
je remarque que 

jj\x - a)dx 
peut s'écrire 

jj[x-a)dx--^j[z[x-a)-z{.x--a-'^)'\dœ 

-H(, + *)/[z(..-.-f)-z(..-«-i^)]./..+ ... 



m 

■i I m 



L\x — a— — au7, 

L '« J ) 



et l'on est ramené à des termes de la forme 



rrZ(a - h) -Zir-h- 



9.K 



dx 



, n{x — b] I , 



H I ,; - i 



H .<: -b- 



•2K 



] 



et la fonction sous le signe logarithme est manifestement une foiicliou 
doublement périodique aux périodes 2K et 2/K'; d'où résulte la proposi- 
tion annoncée. 

» Soit F(a) une fonction telle que celles qui viennent d'être définies, et 

soit 

sua; =^ t; 
on aura 



(38 ) 
9 désignant une fonction rationnelle, et l'intégrale 



/' 



s'exprimera au moyen de symboles élémentaires. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les cqiiations différentielles linéaires à coejfi- 
cienls doublemenl périodiques. Note de M. G. Floquet, présentée par 
M. Hermite. 

« Soit l'équation différentielle linéaire 

à coefficients doublement périodiques, aux périodes w et w', et dont l'in- 
tégrale générale est supposée uniforme. 

>> Faisant abstraction de la période w', je regarde les coefficients comme 
périodiques, de période w. Je suis ainsi dans un cas que j'ai étudié (' ). 
J'en conclus l'existence de m solutions distinctes de la forme 

P(j?) = ^„(x) + X(f,{x) + x-<^.,[x) + ... + X'(9i[x), 

les fonctions Ço, ?., • • -.yiSe reproduisant à un même facteur constant près, 
par le changement Aq x en x + w. Ce facteur est racine d'une certaine 
équation algébrique A = o, que j'ai appelée V équation fondamentale relative 
à la période co. Soient s,, s^, , . , 2„ ses ii racines distinctes. Chacune d'elles 
£, a deux caractéristiques, son degré de multiplicité /u,/, et l'ordre X, à partir 
duquel les déterminants mineurs de A cessent d'être tous nuls pour £,. La 
première |u,, représente le nombre maximum des solutions distinctes qui 
sont de la forme V{x) avec le multiplicateur e„ et la seconde 1, le nombre 
de celles S(j:), qui sont telles queS(x 4- w) =£,S(a7). En désignant parv 
la somme X, -\-\n +... + 1,,, P r= o admet comme intégrales distinctesv fonc- 
tions S[x), et seulement v, par exemple S, [x], S^ia-), . . . , S^! .r). 

» Si je n'envisage maintenant, dans les coefficients p, que la période w', 
j'en conclus pareillement m solutions 



[' ) Annales de l'École Normale (février et mars l883) 



( ^9 ) 
G) ,»',,... ç), se reproduisant à un même facteiu- constant près p ar le chan- 
gement de X en x + w'. Les caractéristiques u.\ et 1\ , fA'^ et X',, . . . , fi.,',, et 1^ 
des n' racines distinctes de V équation fondamenlnle A' = o, relative à la pé- 
riode w', jouiront de propriétés analogues aux précédentes, et P = o ad- 
mettra v' solutions S', (a?), S!^{x), . . .,S',.(x), telles que S' (.r + o/) = i.'S'{x), 
v' désignant la somme V, 4- V^ + . . . -H !'„,. 

n Cela posé, en considérant simultanément les deux périoies w et w', 
on reconnaît sans peine que, hi, parmi les v intégrales S{x) ou parmi les 
v' intégrales S'{x), une fonction se trouve seule de son multiplicateur, elle 
est doidîlement périodique de seconde espèce. Comme, en général, une 
des équations fondamentales aura ses racines toutes différentes entre elles, 
on peut dire que, en général, P = o admet comme solutions distinctes 
m fonctions doublement périodiques de seconde espèce. C'est le beau théo- 
rème de M. Picard. Soit N le nombre maximum des solutions distinctes de 
celte nature. N ne peut surpasser ni v ni v'; mais il ne peut être inférieur 
ni h n ni à 7i', de sorte que ce nombre est toujours aumoinségal à l'unité, 
comme l'ont démontré aulremen! MM. Picard et Mittag-Leffler. Voici les cir- 
constances où N est exactement égal à m. Il Jaiit et il suffit (j ne toute racine de 
citaque équation fondamenlnle annule tous les mineurs du premier membre 
jusqu'à l'ordre marqué par son degré de multiplicité exclusivement. Les limites 
V, v' et n, n' du nombre N, et certaines interprétations qu'on peut en 
trouver, donnent d'ailleurs divers théorèmes, parmi lesquels celui-ci, qui 
complète le précédent : quand un seul des nombres y) et v' est égal à /«, N est 
égal à l'autre. 

» Quelle est la forme des intégrales qui ne sont pas doublement pério- 
diques de seconde espèce? Pour l'obtenir, je montre l'existence d'un sys- 
tème fondamental de solutions susceptibles chacune des deux formes P(x) 
et V'{x). Il s'agit alors d'exprimer une fonction capable de ces formes. 
J'établirai, dans une autre Note, queson expression est un polynôme aux deux 
variables X etZ[x), ayant pour coefficients des fondions doublement périodi- 
ques (le seconde espèce, de mêmes multiplicateurs. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUiî. — Sur une notation propre et repiésenter certains 
développements. Note de M. R. Radau. 

« Pour représenter, sous une forme condensée, les polynômes hyper- 
géométriques, on peut se servir avec avantage de la notation de Vander- 



( 4o ) 
monde, qui désigne par {a, r)" la factorielle 

n{a -\- r){a + 2.r). ..[a -\- Jir — r). 

» On a ainsi, pour la série hypergéométrique ordinaire, 

» Le binôme des factorielles peut s'écrire sous diverses formes, telles 
que les suivantes : 

{^a + h,r)"=[[a,r) + {b,r^]", 

n,~\\" fc/-hh,i\" [ (i,\\" lh — a,i\" 



/', I / \ b, i j \ b, j / \ b, i 

Il s'ensuit que 



Al\'7, P 



, I .--+-« — I, — I \" 
— — ^ 1^ ) ' 

,ls — d + n — I, — I / 



. V) 

formule qui exprime un théorème dû à M. Tisserand ( ' ). 

» Eu convenant de remplacer cos(j:)" par cosw.r dans le développe- 
ment du second membre, on peut aussi se servir de la formule symbo- 
lique 

(2 cosa-)" = cos ( j:' + - ) 5 



qui comprend les arguments positifs et négatifs; en ne prenant que les ar- 
guments positifs, il faut doidiler tous les termes, sauf cehii dont l'argu- 
ment est nul. Si f[z) désigne une fonction entière de s, celle formule 
donne 

/(a cosjt) = 2 cosy'/ j: H — ]• 
On aurait de même, en faisant z — [j. cosa; -|- v cosy, 

(22)" = 4 coscos ( [j.x -+- - H- vj>' +■- ) 
et, en posant 71 = [a + i) + a -\- [b + j) + b. 



(22)" = 4»! coscos y 



„/+2«.y + 2/. ,.,^.y 



[a + i]\a\[b-\rj]\b\ 



Comptes reiulus, t. XCVII, p. 88 |. 



( U ) 

» Cette formule conduit à la suivante : 

qui coïncide avec celle de M. Backlund, à la condition d'arrêter le dévelop- 

pement de (i + 0-)"'"^"' au termeO ' ou ' , si le développement 
dt> (i — 20Z + 0'-)"* est arrèti' au terme 0''P'''''(;), comme l'a expliqué 
M. Backlund, condition que je n'ai pas mentionnée en indiquant l'expres- 
sion des coeffirieiits E^/'('); la différence ne porterait d'aiilein-s que sur 
des termes d'un ordre supérieur à p. Ou a ici n = i ^ j -+- if. » 



'e cn- 



MltCANIQUE. — Calcul de l'arc de contact d\me bande métallique flexihli 
foulée suivant certaines conditions données, mais quelconques, sur un lylindre 
circulaire. Note de M. II. Lé.vuté, présentée par M. Resal. 

« Considérons tout d'abord le cas simple d'une lame primitivement 
droite; nous reconnaîtrons ensuite que le cas plus général où la lame est 
circulaire à l'état naturel n'exige aucutie modification dans la méthode et 
donne lieu à la même suite de calculf;. 

» Prenons l'équation de la courbe affectée par la lame, l'origine étant à 
l'extrémité et l'axe des S, étant dirigé suivant la force P qui agit en cette 
extrémité; les sens positifs des axe s des ^ et d<syj, qui sont rectangulaires, 
seront choisis de telle sorte que les points de la lame voisins de l'origine 
aient des coordonnées positives. 

» Le moment fléchissant eu chaque jioint est égal à P/j; le moment des 

forces élastiques qui lui font équilibre est -^, E étant le coefficient d'élasti- 
cité longitudinale, I le moment d'inertie de la section droite de la lame 
par rapport à l'axe de flexion, p le rayon de courbure au point considéré. 
Ou a ainsi 



I _ n 
a^ 



F.I , , , ., 
eu posant -— égal a cr. 

» Mais, si l'on désigne par a l'arc de la courbe élastique et par a l'angle 



(') Comptes rendus, t. XCVIl, ]>. 1470 ft 'S^S. 

C. R., iSS'i, 1°' Semestre. (T. XCV1II, K» ! .) 



( 42 ) 

de sa tangente avec Taxe des ^, on a 

1 dv. 

P 



(-) „-..' 



d'où l'on conclut, en représentant pur «„ la valeur de a au point où la 
courbure de la lame devient nulle, cVsl-à-dire à l'origine, 

(3) X =r^h^os--- coi>-- 



^d7 I U- \ 2 2 

Si donc on pose 



cos 



^" = A-, 



on en conclut 



cos - = Il sin ( 

2 



" y'i — /i- sin- (j) 



on déduit de là 

équation dans laquelle 
ce qui donne 
On trouve alors 



c==Fr- =K, 



o = coam -• 



, , , sin aiii - 
I 2 /./■' a 



a 1 

Aam - 
a 



cosain- 

,,. . " 7 « . a A' 

U cos- = A 5 sui- = ' : 

^ ' -1 u 1 a' 

Aam - Aam - 

<i a 

d'où l'on tire l'ordonnée (\ 



sin a ni 



(7) -/j = ■i.akk' 

Mais, d'autre pari, oii a la relation 

d'I 



A uni 



, — cos« ^^ 2 cos- - — I 

da 2 



( 4^^ ) 

ce qui devient, parles équations (6), 



,„ cos-am- 



•V (7 



d'où l'on déduit, par intégration 

(8) ^=a + 7n 



sinam - cosam - 

/.= — 'L_^_^l\ I, 

A uni - 

a 



} 



où l'on a représenté par £(-) l'intégrale / A'am-c^(- 

» Il est facile de voir que les équations (7) et (8) de la courbe élas- 
tique s'obtiendraient de la même manière si la lame, au lieu d'être recti- 
ligne à l'état primitif, était circulaire. Il suffirait, en effet, de remplacer 

dans l'équation (i) ~ par ; mais l'équation (3), qui provient de la 

différentiation de (1), resterait identiquement la même, et, à partir de là, 
les calculs se reproduiraient sans modification. On obtient donc les mêmes 
formes de courbes élastiques, soit en prenant une pièce rectiligne à l'état 
naturel, soit en prenant une pièce primitivement circulaire. 

» Les équations de la courbe élastique une fois obtenues, on peut en 
déduire la longueur de l'arc embrassé par la méthode suivante : 

» Les extrémités de l'arc de contact doivent être sur la poidie; les deux 
courbes élastiques formées par les parties de la lame comprises entre les 
poin ts d'attache et les points de contact sont tangentes à la poulie en ces 
derniers; les rayons de courbure en ces points sont égaux au rayon du 
cercle; la longueur de la lame est invariable ; les points d'attache appar- 
tiennent à un système à liaisons complètes, c'est-à-dire que leurs coor- 
données satisfont à trois relations; enfin les forces appliquées en ces points 
d'attache se font équilibre sur le mécanisme qui relie les points d'altache 
et font équilibre sur la poulie aux forces de frottement, puisque le glissement 
est uniforme. 

» En exprimant ces diverses conditions, on arrive à déterminer, dans 
le cas le plus général, l'arc embrassé, c'est-à-dire à résoudre d'une façon 
complète le problème du frein à lame, puisque nous avons démontré (') 

(') Comptes rendus, 22 octobre ib83. 



(44 ) 

que la question pouvait to ijotirs être raiiieiiée à la détermination de 
cet arc. 

» Mais cette solution théorique, qui exige la résolution d'un grand 
nombre d'équations simultanées, conduit à des calculs beaucoup tro|i 
compliqués et il est indispensable d'avoir un procédé plus pratique. J'in- 
fiiquerai, dans une autre Communication, comment on peut déduire de 
l'analyse qui vient d'être sommaireuient indiquée des formules approxi- 
matives très sim|des, permettant de traiter toutes les ap])lications. » 



OPTlQUIC. — Action exercée sur la luinicre polarisée par les solulions de cellulose 
dans le réactif de Sctiweizer. Note de M. A. Levallois. 

Il Différentes solutions du cellulose dans le réactif de Schweizer ont été 
examinées à la lumière polarisée. L'intense coloration des liquides m'a 
forcé à recourir à un arc électrique évalué à environ 3oo carcels. 

» Le plan de polarisation est fortement dévié à gauclie par toutes ces so- 
lutions. Les celluloses examinées étaient celles du colon, du lin, du papier 
Berzéliuset d'un papier à filtrer allemand dont les fibres, très désorganisées, 
se dissolvent avec la plus grande facilité. 

» Ces observations, faites avec des liqueurs de concentrations différentes, 
m'ont semblé indiquer que la rotation n'est proportionnelle à la concen- 
tration que dans certaines limites. La combinaison ammoniaco-cuivrique 
de cellulose ne serait donc pas constante. 

)i La difficulté des observations ne permettant |)as d'atteindre, des le 
début, une grande approximation, je ne pourrai donner de chiffres que 
lorsque j'aurai nnilliplié les expériences. 

» ]'ai remarqué, au cours de ces recherches, que la teinte de la liqueur 
de Schweizer est affaiblie lorsqu'elle est chargée de cellulose. » 



THEKMOCHIMIE. — Sur la chaleur de combinaison des fluorures soluhk-s et la 
lui des constantes ihenniques de substitution. Note de M. D. Tojijiasi. 

« M. Guutz a déterminé tout récemment les calories de combinaison de 
quelques fluorures (' );or les valeurs thermiques qu'il a obtenues sont iden- 
tiques à celles que ma loi des constantes thermiques permet de prévoir. 



[ ' ) Comptes rendus, séance du 3.4 décembre r 883. 



f 45 
)) Eli effet : 



Calories de combinaison 



trouvées. calculées. 

Fluorure de polassiiim 9^,4 P^jS 

36,2 35,9 



Fluorure crainuionium. s / ,,v 

t 70.7 70'4 (') 

» Quant aux calories de combinaison des fluorures de baryum, ^\e 
stronliuni et de calcium, également déterminées par M. Giintz, il ne m'est 
possible de faire aucun rapprochement entre les calories trouvées et celles 
prévues par la loi, attendu que ces fluorures sont insolubles dans l'eau et 
que ma loi (-) s'applique seulement aux composés solubles. 

» Ce nouvel exemple prouve une fois de plus l'exactitude de la loi des 
constantes thermiques, laquelle, jusqu'à présent, ne souffre pas luie seule 
exception ('). » 

CHIMIE. — Nouveaux sels sulfurés dérivés du trisulfure de phosphore. 
INote de M. G. Lemoine. 

i> J'ai obttnii, en partant du sesquisulfure de phosphore des sels sul- 
furés, les sulfoxyphosphites, qui peuvent élre considérés comme dérivés 
d'un acide phosphoreux sulfuré PhOS-,7zHO [Conijiies rendus, 19 sep- 
tembre 1881). Des composés analogues jienvent être préparés d'une ma- 
nière plus directe, en partant du trisulfure de phosphore PhS^ qui, sous 
l'influence de l'eau, tend à donner de l'acide phosphoreux et de l'hydro- 
gène sulfuré. 

» Le trisuKure de phosphore était obtenu en faisant réagir dans une 
atmosphère d'acide carbonique le phosphore rouge sur te soufre (96»'' de 
soufre pulvérisé et ôa^'' de phosphore rouge dans une cornue en grès 
de 5oo™, chauffée au bain de sable). Le produit était épuisé par le sulfure 
de carbone, où le trisulfiue est insoluble, puis séché vers 200° dans un 
courant d'acide carbonique. 

» Action de la soude sur le trisulfure de phosphore pris en excès. — Lors- 
qu'on fait réagir vers o" un excès de trisulfure de phosphore sur de la soude 



( ') En tenant compte de la chaleur de formatif)n de l'eau. 

(') Relations numénques ttntre les dorinres thcnniqu.cs [Comptes rendus, séance du 7 août 

1882). 

(') Voir à ce propos mon Mémoire Sur les calories de combinaison des gljcoUites 
Comptes rendus, 26 mars i883). 



( 46 ) 
caustique même extrêmement étendue (r\;), et qu'on évapore flans le vide 
la liqueur filtrée, on ne retrouve pas de soufre dans le produit obtenu. 
L'hydrogène sulfuré finit par être enlièrement chassé; on obtient seule- 
ment du phosphite acide de soude. 

» action du Irisuljure de phosjjhore sur la soude en excès. — J'ai cherché 
à modérer la réaction en prenant la soude en excès. L'hydrogène sulfuré 
est alors absorbé à mesure qu'il se produit et reste en présence de l'acide 
phosphoreux : on conçoit que, dans ces conditions, la formation de phos- 
phites sulfurés soit plus facile. 

)) On a projeté par portions 5o^'' de trisulfure de phosphore dans gSS"*' 
d'une dissolution de soude au j. refroidie vers o° : au bout de vingt-trois 
jours, on a filtré, puis évaporé dans le vide en présence d'acide sulfurique 
et d'acide phosphorique anhydi'e. On a séparé l'excès de soude en frac- 
tionnant l'évaporation de la manière suivante : 

» i" Après cinq mois, on a eu des cristaux qui paraissent dériver d'un 
prisme à base carrée et dont la composition correspond à la formule 
(NaS, 5H0). C'est un sulfure de sodium dont le degré d'hydratation diffère 
des hydrates décrits jusqu'ici, (NaS, 9HO) et (NaS, 3 HO); 

» 2" Après un mois d'évaporation, la liqueur mère a donné un nouveau 
dépôt qu'on a séparé en passant à travers une capsule à trous. Ce sel a été 
séché trois mois dans le vide (sur PhO^) : il donne avec l'acétate de plomb 
un précipité jaune orangé; il paraît correspondre à la formule 

PhO', 2N;.S, 5H0 = PhOS-, 2NaO, 5H0. 



Phosphore. Sodium. Soufre. Hydrogène. 

29,3 j _ ^ ( 2,6 

Théorie .. 17,4 25,8 18,0 ■>.,8 



Expérience (en centièmes). ... 18,7 j '„[ '754 ! 



» 3° Après quatre mois d'évaporation, la liqueur mère nouvelle a donné 
un troisième dépôt qu'on a lavé avec de l'eau froide et séparé par filtra- 
tion. Ce sel a été séc-hé trois mois dans le vide (sur PliO') : il donne avec 
l'acétate de plomb un précipité blanc légèrement jaunâtre; il correspond 
à la formule 

PhO% 3NmO, 2HS, 2HO = PhO.S^ 3NaO, 4HO. 

Phosphore. Sodium . 

,, ■ ■ , .. , ^ i 34,?. ) 

Expérience en centièmes'. ... i5,i i __ 

( 33,2 ) 

Théorie " .... i5,'j 34,5 



Soufre. 


Hydrogène. 


16,3 


2, f 


16,0 


2,0 



( 47 ) 
.. Dans une autre préparation distincte, dont je ne peux indiquer ici les 
détails, j'avais obtenu un sel dont la composition se rapprochait de 

PhO',3NaO,3HS, 3II0; 

» 4" Enfin, la dernière liqueur mère, passée à travers une essoreuse et 
évaporée dans le vide, a donné au bout de six mois une matière solide 
où s'était concentré l'excès de soude libre, mêlée à une certaine proportion 
de composés sulfurés. 

» Le corps PhOS^, 3NaO, 4HO est intéressant en ce qu'il représente 
un dérivé sulfuré de l'acide phosphoreux PhO',3HO, où les 'i'"^ d'eau 
seraient remplacés par 3'^^'' de base : or jusqu'ici on n'avait décrit que des 
phosphites renfermant a'"'' de base ('). 

» Action du trisuljure de phosphore sur le stttjliydrate d'ammoniaque. — 
I. On verse, par portions, un excès de trisuU'ure de phosphore dans du 
hulfhydrate d'ammoniaque refroidi vers o" (So'''' de PhS' et 23o«'' d'une 
dissolution de AzH'S renfermant environ 34'''' de AzH* réel). 

» Après avoir laissé la réaction se compléter pendant quinze jours, 
on constate la formation de cristaux blancs qui, recueillis par décan- 
tation, redissous dans l'eau et mis à cristalliser, ont donné du phosphite 
d'ammoniaque PhO% 2 AzH'O, 2HO mêlé d'un peu de matière sul- 
furée. 

» La liqueur mère de la réaction primitive, évaporée dans le vide, dégage 
de grandes quantités d'hydrogène sulfuré. Au bout de six mois et demi, 
on a obtenu un sel qui donne avec l'acétate de plomb un précipité jaune 
orangé; il paraît correspondre à la formule 

PhO% aAzH^S, 3HO = PhOSS 2AzH*0, 3H0. 

» IL Une seconde cristallisation a été essayée sur le sel précédent, en 
le redissolvant dans l'eau et évaporant de nouveau dans le vide. Après avoir 
si^paré un premier dépôt, on a obtenu un nouveau sel donnant avec l'acé- 



(') Cependant M. Zimmeiniann a obtenu, suns l'analyser, un phosphite de soude triba- 
sique par l'action de l'acide pliosphoreux sur un excès de soude en ])résence de l'alcool 
absolu [Bulletin de la Société chimique, année 1874, t. XXII, p. i56, et Annalen cler Che- 
wic und Pharmacie, t. CLXXX, p. ■21). M. Wurtz a obtenu un phosphite basique de plomb 
PhU0',2Pb0 4-Pb0. 



(48 ) 

tate de plomb nii précipité blanc à peine jaunâtre : 

PhO',2AzH*0, HS, 5HO = PhO-S, 2AzH*0,6HO. 

Phosphore. Azote. Soufre. Hydrogène. 

„ , . . . > i 1 5 , 3 ) _ 

Expérience ( en centièmes .. . 2i,q ,, > ii),7 7iQ5 

( iu,o t ' " 

Théorie » ... i8,4 i6,6 9,5 8,3 

» On voit avec quelle facilité ces sels perdent de l'hydrogène sulfuré, 
puisqu'on ne peut les faire cristalliser une seconde fois dans l'eau sans les 
décomposer. 

» Le corps qui vient d'être décrit dérive d'un acide qu'on pourrait ap- 
peler l'acide monosulfoxyphosphoreux PliO'S, 71HO, tandis que les sels pré- 
cédents dérivent de l'acide dihulfoxypliosplioreux PliOS-,/^HO. 11 peut 
donc y avoir, soit i'^'', soit a""! d'oxygène de l'acide pliosphoreux remplacés 
par du soufre. 

» M. L. Calvet m'a prêté, dans ces recherches, son meilleur concours : 
je le prie de recevoir tous mes remerciements. » 

ANATOMIE VÉGÉT.\LE. — Loi (les surfaces libres. Note de M. C.-Efi. Bertband, 

présentée par M. Ducliartre. 

« Au moment où je publiais, dans mon Mémoire Sur la Théorie du fais- 
ceau, les régies auxquelles sont soumis : i'' les rapports de position du bois 
et du liber secondaires dans les faisceaux primaires et dans les faisceaux 
secondaires qui en dépendent; 2° les rapports de position du liège et du 
tissu fondamental secondaire, M. G. Dutailly faisait connaître, dans son 
travail sur les productions secondaires tardives des tiges et des racines 
des Dicotylédones, un grand nombre d'exemples de productions secondaires 
qui, sans rapports immédiats avec les tissus primaires, semblent échapper 
à toute règle, toutes les combinaisons possibles de rapports de ti.ssus s'y 
rencontrant. Depuis M. Dutailly, plusieurs auteurs ont signalé des faits 
du même genre; je citerai, parmi ces derniers, M. A. Bouriez et M. R. Gé- 
rard. Antérieurement à M. Dutailly, nombre d'auteurs avaient étudié ces 
formations singulières dans les tissus cicatriciels des blessures, dans les 
cols, les nécroses, les néoformations provoquées par des parasites, dans 
les canaux sécréteurs, et jusque dans les tissus qui provoquent la chute 
des feuilles. Depuis longtemps donc et de tous côtés l'attention des obser- 
vateurs était attirée sin* ces productions secondaires anormales que ne 



( 49 ) 
semblait régir aiicuiie règle. Malgré la variété de ces formations secon- 
daires, je crois avoir reconnu que leurs rapports de position sont soumis 
à une loi générale que je désigne sous le nom de Loi des surfaces libres. 

» Lorsque des productions secondaires tardives se forment dans un or- 
gane, elles sont toujours dues à l'activité d'une zone génératrice à cloison- 
nements tangentiels dépendant d'une surface libre. Par surface libre dans 
la plante j'entends : 

» 1° La surface du corps de la plante; 

» 2° La surface limite de ses cavités intérieures, lacunes, déchirures, 
méats et généralement solutions de continuité de ses tissus naturelles ou ac- 
cidentelles, en communication ou non avec l'air extérieur; 

» 3° Par extension, la surface limite d'un tissu mortifié ou écrasé, la 
surface d'une cellule cristalligène, celle d'un sclérite, celle d'un vaisseau 
vide, une paroi cuticularisée et généralement la surface de tout tissu où la 
vie se ralentit. On ?ait depuis longtemps que, quand des éléments où la vie 
se ralentit ou s'éteint sont en contact avec un tissu où la vie est active, il 
s'établit entre les deux une couche génératrice isolante qui tend à entourer 
la partie morte ou en sommeil. Les éléments de celte zone génératrice se 
cloisonnent parallèlement à la surface de l'objet à entourer; les tissus ainsi 
entourés sont en quelque sorte sacrifiés. On peut, en enfonçant une ai- 
guille dans un organe bien vivant, provoquer à volonté de ces lames iso- 
lantes. Lorsqu'elles sont très actives, elles produisent du liège et du tissu 
fondamental secondaire; elles peuvent même produire du liber secondaire 
et du bois secondaire. Ces zones génératrices isolantes, que l'on a provo- 
quées accidentellement, s'établissent spontanément par rapport à la surface 
de sclérites,de cellules cristalligènes, d'une paroi interne, d'un méat, d'un 
canal. I^es éléments entourants se segmentent parallèlement à la surface de 
l'objet à isoler, et si la zone génératrice est très active, les tissus produits 
sont ceux cités ci-dessus. 

» D'une manière générale, lorsqu'une zone génératrice camhifornw est sous 
la dépendance d'une surface libre, elle produit du lièye entre elle et la surjace 
libre, du lissu fondamental secondaire sur sa face opposée. On a donc : distance 
de la surface libre au liège << distance de la surface libre au cambiforme 
<; distance de la surface libre au tissu fondamental secondaire. 

» On, en désignant par S la surface libre, par J.g le liège, par Ty^ le 
tissu fondamental secondaire, et par Cb/\e cambiforme, on a 

S.Lg<S.C/y<S.T/2. 

0. R., 188/1, i"' Semestre. (T. XCVIll, N° 1.) 7 



( 5o ) 

» Si le cambiforme est simple, c'est-à-dire s'il n'est que phellique ou 
fondamental, la même règle s'applique à I'um des tissus secondaires faisant 
défaut. 

)> D'une manière générale, toute zone cambiale dépendante d'une surface 
libre pioduit du liber secondaire entre elle et la surface libre, du bois seconlaire 
sur sa face opposée; on a donc : distance de la surface libre au liber secon- 
daire <C distance de la surface libre au cambiuni <[ distance de la sur- 
face libre au bois secondaire, ou, en désignant par \jh.^ le liber secondaire, 
par Bo le bois secondaire, par Ch la zone cambiale, on a 

S.Lèo<S.C/v<S.B,. 

» Je donne à l'ensemble de ces deux règles le nom de loi des surfaces 
libres. En appliquant cette loi, on trouve donc, quelle que soit la forme de 
la surface libre, qu'elle soit enveloppante, enveloppée ou parallèle à la zone 
génératrice, la succession suivante, quelles que soient la nature et l'orien- 
tation des tissus au sein desquels sont apparues les productions secondaires 
tardives : 



Coinbinaîsoîi I. 

Surface libre. 
Tissu sacrifié. 



7 . Zone génératrice. 



Tissu vivant. 



Combinaison W. 
Surface libre. 
Tissu sacrifié. 
Liège. 

Cambiforme double. 

Tissu fond, second. 
Tissu vivant. 



Combinaison III. 
a. Surface libre. 
p. Tissu sacrifié. 
1,'. Liège. 

2'. Liber secondaire. 
7. Cambium. 
2". Bois secondaire. 
1". Tissu fond. sec'', 
rj. Tissu vivant. 



» Le tissu sacrifié, le liège ou le tissu fondamental secondaire peuvent 
se réduire à zéro. 

» Sans entrer ici dans le détail des faits qui prendront place dans un 
Mémoire spécial, j'ai reconnu expérimentalement que la loi des surfaces 
libres s'applique : i" à la décortication des tiges; 2° à la formation des 
canaux sécréteurs; 3° à l'isolement des noyaux sclérifiés; 4° à la forma- 
tion des coques ligneuses des fruits; 5" à l'isolement d'éléments inactils; 
G" à la formation des thylles ; 7° à la formation des tissus libéro-ligneux se- 
condaires dans l'intérieur des tiges; d»" à la formation des cercles de fuis- 



( ' ) Ce système de tissus peut être remplacé par un cambiforme double ou se répéter 
plusieurs fois. 



( 5. ) 
ceaiix secondaires de la plupart des tiges anormales, comme celles des Nyc- 
taginées, Chénopodées, Crassulacées, Ménispermées, Stylidiées, Gnétacées, 
Cycadées, etc. ; 9° à l'isolement de grands massifs de tissus dans les racines 
tubéreuses des Ci)nvolvulacées; 10° au mécanisme de la chute des feuilles; 
11° à la cicatri.-ation des blessures; la** à la formation des massifs libéro- 
ligneux étoiles de la moelle des lUieaui. » 

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Des inodifica lions que présentent les iiniscles à la 
suite de la section des nerfs qui s'y rendent ('). Note de M. J. Babinski, 
présentée par M. Vulpian. 

« Les modifications que présentent les muscles à la suite de la section 
des nerfs ont été étudiées déjà par plusieurs hislologistes, parmi lesquels je 
citerai Mantegazza, A. Vulpian, Erb, Bizzozero, Golgi. Les résultats aux- 
quels ces auteurs sont arrivés sont que le travriii pathologique du côté des 
faisceaux musculaires consiste essentiellement en une atrophie simple de 
la substance contractile avec multiplication des noyaux du sarcolemme. 
La nature intime du processus de destruction des fibres est encore un sujet 
de discussion. S'agit-il réellement d'une atrophie simple, c'est-à-dire d'un 
phénomène passif, ou bien, au contraire, d'un phénomène actif, d'une 
sorte de myosite, comme semble l'indiquer la multiplication des noyaux? 
Quelle est la véritable cause de ces modifications? Ce sont là des questions 
controversées. 

)) J'ai constaté, à la suite de la section du sciatique, chez le lapin, une 
disposition particulière des fibres musculaires altérées, qui me paraît propre 
à faire comprendre la nature des lésions qu'elles ont subies. 

» Des muscles de lapin adulte, six semaines après la section du nerf 
qui leur correspond, m'ont paru un bon sujet d'observation, parce qu'on 
peut y trouver, à tous leurs degrés, les altérations des fibres musculaires. 
Pour voir la disposition que je vais indiquer, il suffit de fixer les muscles, 
soit parle bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, soit par l'acide chro- 
mique à 2 pour 1000, de compléter le durcissement par la gomme et l'al- 
cool et de pratiquer des coupes transversales que l'on colore, soit par le 
picrocarmin, soit par l'hématoxyline. Sur la plupart des fibres musculaires 
auxquelles se rendait le nerf sectionné, les champs de Cohnheim sont bien 
plus distincts qu'à l'état normal; ces champs ou polygones, qui corres- 

( ' ) Travaii du Laboratoire de M. Cornil, à lu Faculté de Médecine de Paris. 



( 5:.) 
pondent à la coupe transversale des cylindres primitifs, sont séparés les uns 
des autres par un réseau fourni par le protoplasma non différencié de la 
fibre : ce protoplasma en voie d'accroissement dissocie les cylindres pri- 
mitifs. A côté de cette disposition commune, on trouve des dispositions 
particulières à telle ou telle fibre, mais cpii se rapportent toutes à la tumé- 
faction du proloplasma non différencié. Sur un certain nombre de fibres 
musculaires, il existe toute une couche protoplasmique parsemée de 
noyaux, qui sépare du sarcolemme la substance striée; celle-ci, dans cer- 
tains faisceaux, est extrêmement réduite et le protoplasma remplit presque 
à lui seul la gaine du sarcolemme. Sur d'autres fibres, c'est une disposition 
inverse qui s'observe : le protoplasma avec ses noyaux en occupe le centre, 
et la substance striée, plus ou moins réduite, accolée au sarcolemme, siège 
à la périphérie; ces figures sont tout à fait comparables à celles que pré- 
sentent les fibres musculaires en voie de développement. On voit donc que 
l'atrophie de la substance contractile marche de pair avec la tuméfaction 
de la substance protoplasmique non différenciée. Le travail qui s'effectue 
dans les muscles est donc absolument comparable à celui qui se produit 
dans le bout périphérique d'un nerf sectionné et dont on doit la connais- 
sance exacte aux travaux de M. Ranvier. De part et d'autre, on observe la 
multiplication des noyaux, le développement du protoplasma non diffé- 
rencié, l'atrophie et la disparition du proloplasma différencié. 

M Sous l'influence de la section du nerf, le protoplasma non différencié 
de la fibre musculaire prend une vitalité plus grande, et c'est à cette sur- 
activité nutritive qu'est due vraisemblablement l'atrophie de la substance 
contractile qui est absorbée par le protoplasma. 

» Ainsi donc le mot d'atiopliie, si l'on considère le processus intime de 
la lésion, ne convient pas plus à ce travail pathologique que le mot de 
dégénération ne convient aux phénomènes qui se passent dans le bout péri- 
phérique des nerfs après leur section. 

M Si l'on compare la fibre musculaire altérée à la fibre musculaire nor- 
male, voici comment on peut comprendre le processus pathologique : à 
l'état normal, la fibre musculaire est uu élément très dilférencié, dont la 
différenciation morphologique est en rapport avec la différenciation fonc- 
tionnelle; à la suite de la section du nerf, la fonction venant à être suppri- 
mée, la différenciation morphologique tend à s'effacer, lélément tend à 
revenir à l'état embryonnaire. » 



( 53 



MÉDECINE. — De la mjopathie alrophique progressive {myopathie héréditaire 
(lébiilantj dans l'enfance, par la face, sans altération du système neiveiix). 
Note de MM. L. Laxdouzy et J. Dejerine (' ), présentée par M. Viil- 
pian. 

« Il existe en clinique une forme rare d'atrophie musculaire progressive, 
débutant dans l'enfance, queDuchenne (de Boulogne) a décrite sous le nom 
d'atrophie musculaire progressive de l'enfance et dont la symptomatologie 
est connue. Ij'affection débute dès les premières années par les muscles de 
la face, et, après un temps plus ou moins long, se montre dans les muscles 
des membres supérieurs, du tronc et des extrémités inférieures. 

» Ce mode de début par la face marque une distinction absolue entre 
l'atrophie musculaire progressive de l'enfance et celle de l'adidte. Il y a 
dans tout le reste de la symptomatologie une similitude telle, que, n'était 
l'amyotrophie faciale, toute distinction clinique .serait impossible, d'autant 
plus que, jusqu'à ce jour, en l'absence de toute autopsie d'atrophie mus- 
culaire progressive de l'enfance, on était naturellement porté à considérer 
cette affection comme dépendant de la lésion que l'on sait exister dans la 
moelle (atrophie lente des cellules des cornes antérieures) dans le type 
Aran-Duchenne. 

)) Dans la Note actuelle, nous nous proposons de démontrer que, malgré 
l'extrême ressemblance de ces deux aflèctioiis, il s'agit, en réalité, de deux 
maladies toutes différentes, puisque l'atrophie musculaire progressive de 
l'enfance évolue sans aucune des altérations nerveuses que l'on a toujours 
rencontrées dans l'alrophie de l'adulte, type Aran-Duchenne. 

» Le cas que nous rapportons ici concerne un jeune homme que nous 
avons suivi pendant des années et dont l'observation clinique peut se résu- 
mer ainsi. Début de l'atrophie par les muscles de la face à trois ans, d'où 
faciès particulier, air niais et béat, lèvres saillantes, yeux grand ouverts. 
A l'âge de dix-huit ans, cette atrophie gagne peu à peu les muscles des 
membres supérieurs, puis tous les autres muscles du corps. Cette généra- 
lisation du processus s'est faite pour ainsi dire sous nos yeux, car nous 
avons observé ce malade pendant cinq années consécutives. L'atrophie 
musculaire, qui était parvenue à un degré extrême, comme c'est la règle 

(') Travail du Laboratoire de M, Vulpian, ;i la Faculté de Médecine de Paris. 



( 54 ) 
du reste, ne s'accompagnait ni de troubles paralytiques ni de troubles 
sensitifs. 

» Dans noire observation, comme dans la plupart des faits d'atrophie 
musculaire progressive de l'enfance, décrits par Duchenne, et comme dans 
un cas rapporté par l'un de nous (*), l'origine héréditaire de l'alfection 
était nettenient démontrée par l'existence chez le père d'une atrophie 
musculaire progressive. Un frère et une sœur de notre malade sont atro- 
phiques et, jusqu'à ce jour, leur atrophie musculaire reste limitée à la face, 
par où elle a débuté. 

» Notre malade ayant succombé, à vingt-quatre ans, à la tuberculose 
pulmonaire, l'autopsie nous révèle les particularités suivantes : atrophie 
de tous les muscles du corps, à l'exception des muscles de la langue, du 
pharynx, du larynx, de l'œil, du diaphragme, des intercostaux et des 
sous-scapulaires. 

» Au microscope, on constate, dans les muscles malades, l'existence 
d'une atrophie simple des faisceaux primitifs. Les nerfs intramusculaires 
des muscles malades, aussi bien les nerfs des muscles de la face que ceux 
des muscles des membres, sont absolument normaux. Les racines antérieures 
les racines et le tronc du facial le sont également. Cet examen a été pra- 
tiqué à l'état frais, après action de l'acide osmique et du picro-carmin. 
La moelle épinière et le bulbe rachidien, examinés après durcissement, ne 
présentent pas d'altérations. Les cellules motrices sont remarquablement 
saines. 

» Voici donc un fait héréditaire d'atrophie musculaire progressive de 
renfonce, dans lequel, le système nerveux central et périphérique étant in- 
demne, le système musculaire est lésé primitivement. Jusqu'ici, il n'a pas été 
publié d'autopsie d'atrophie musculaire progressive de l'enfance, et le cas que 
nous rapportons (dont la relation détaillée fera l'objet d'un Mémoire spécial), 
démontre, de la façon la plus positive, qu'à côté de l'atrophie musculaire 
progressive de l'adulte (type Aran-Duchenne), qui relève d'une lésion spi- 
nale, il existe une autre forme d'atrophie musculaire progressive, com- 
mençant dès l'enfance par la face, sans lésion du système nerveux périphé- 
rique ou central. 

» Conclusions. — i° Dans l'atrophie musculaire progressive de l'enfance, 
la moelle épinière et les nerfs périphériques sont indemnes : c'est une af- 
fection du système musculaire. 



( ' ) Société de Biologie, 1 874- 



( 55 ) 

» 2° Cette atrophie musculaire progressive de l'enfance diffère complète- 
ment, dans l'état actuel de la Science, de la forme décrite chez l'adulte 
Aran-Di:chenne, par les caractères suivants : 

» a. Le début par les muscles de la face est constant; c'est là une des 
particularités des plus importantes, qui fait défaut dans l'atrophie muscu- 
laire progressive de l'adulte, type Aran-Duchenne. 

» b. Dans l'alrophie musculaire progressive de l'enfance, le système 
nerveux ne joue aucun rôle dans la pathogénie de la myopathie, ce qui 
est le contraire dans l'atrophie musculaire progressive de ladulte, où la 
chaîne nervo-tiuisculaire s'altère dans toute sa lons^ueur. 

» 3° On doit donc désormais, en dépit de si grandes analogies cliniques, 
distinguer nettement l'atrophie musculaire progressive niyélnpalliicjue de 
l'adulte, type x\ran-Duchenne, de l'atrophie musculaire progressive myo- 
fjiitjiique de l'enfance, et faire de cette dernière une affection à part. 

••) Pour éviter toute confusion, nous donnons à cette affection le nom 
de myopathie ait ophi^uc pi ocjressive. » 

PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Recherches sur la rage ('). Deuxième Noie 
de M. P. Gibier, présentée par M. Bouley. 

« Dans ces derniers temps, l'opinion publique s'est émue de prétendues 
découvertes de spécifiques infaillibles contre la rage. Il appartenait à ceux 
qui se livrent à l'étude de cette terrible affection de contrôler la vertu de 
ces agents thérapeutiques et d'assigner à ceux-ci leur véritable valeur à 
l'aide du seul critérium irréfragable : l'expérimentation. 

» Il y a quelques mois, mon cher maître, M. le professeur Bouley, 
communiquait à l'Académie de Médecine un cas de guérison de rage 
humaine, obtenue par l'administration de la pilocarpine, principe actif 
du jaborandi, tout en faisant suivre cette Communication de réserves 
commandées par le doute qui planait sur l'authenticité de ce cas de rage. 

» Plus récemment c'était l'ail dont ou vantait les propriétés antirabiques, 
véritable exhumation thérapeutique, car dans les vieux manuscrits de 
Recelles el secrets on voit l'ail recommandé au même titre. 

» A la suite du compte rendu de ces Communications dans le Recueil de 
Médecine vétérinaire, M. Bouley manifestait le désir de voir le sujet s'éclaircir 
au contact de la véritable pierre de touche en cette matière : j'entends 



[ ' ) Travail du laboratoire de Pathologie comparée du Muséum d'Histoire naturelle. 



( 56 ) 
l'expérimentation. Je me suis chargé de cette besogne et voici comment 
je m'en suis acquitté : 

» En ce qui concerne l'ail, mes recherches ont porté sur des rats : 

K Première expérience. — Avec une dilution aqueuse de matière cérébrale provenant d'un 
chien mort de rage furieuse à l'infirmerie de M. Bourrel, vétérinaire h Paris, j'ai pratiqué 
riuDculation à neuf rais, suivant la méthode que j'ai exposée dans une Communication du 
mois de juin dernier. 

< Trois de ces rats furent abandonnés à eux-mêmes et les six autres furent soumis, dès 
le joui' même de l'inoculation, à une alimentation se corai)osant d'un mélange d'ail pilé et 
de viande, le tout intimement mélangé au mortier et dosé de telle sorte que chaque rat 
mangeait, en moyenne, 4*'' d'ail ])ar jour. Tous ces animaux moururent du'dixième au quin- 
zième jour avec les symptômes oïdinaires de la rage chez le rat (agitation, pria|)isme, fureur, 
altération du cri, puis trémulation, paraplégie, inappétence et paralysie générale. A l'au- 
topsie : aucune lésion du cerveau appréciable à l'œil nu). 

>. Deuxième expérience. — Quatre rats, pesant en moyenne iSof, furent soumis pen- 
dant un mois à la même alimentation alliacée que les précédents. Au bout d'un mois, ces 
animaux subirent l'inoculation rabique et l'on continua à leur faire manger de l'ail aux 
même» doses quotidiennes. Ils n'en succombèrent pas moins dans les délais ordinaires avec 
tous les symptômes pathologiques et anatomiques que nous venons d'énumérer. 

» La substance nerveuse de ces rats fut inoculée à plusieurs animaux de la même espèce 
et l'inoculation fut suivie de rage. Deux chats, inoculés avec cette même matière, succom- 
bèrent, l'un au bout de dix jours, l'autre le douzième jour, après avoir présenté les acci- 
dents effrayants de la rage furieuse si bien exposés par M, Bonley dans sa description de 
celte maladie chez le chat. 

» Ainsi donc, dans cette dernière expérience, voilà des animaux qui ont 
mangé, dans l'espace de quarante jours, une quantité d'ail supérieine à 
leur propre poids, et cette énorme proportion a été impuissante à em- 
pêcher le développement de l'agent morbide dans leur substance. Celle-ci 
devait cependant en être saturée car, à l'ouverture des cadavres, on per- 
cevait une odeur d'ail très accentuée. 

» Un homme de taille moyenne ne pourrait sans doute pas se préserver 
davantage de la rage, mètne s'il consommait, à partir du jour oit il aurait 
été mordu, i''^ ou 2^^ d'ail par jour, ce qui me semble impossible malgré 
le goût que l'on puisse avoir pour ce végélal et le désir que l'on ait de se 
guérir. 

» Troisième expérience. — Pour juger des effets de la pilocarpine, j'ai injecté chaque 
jour, en deux fois, à un rat o5'',oo5, et à im jeune chat o^'', 010, de chlorhydrate de cet 
alcaloïde, après leur avoir inoculé la rage. 

k Chez ces deux animaux, chaque injection était suivie de salivation abondante, de diar- 
rhée et de diurèse accompagnées d'une accélération notable de la resi)iration. I^e chat 



( 57 ) 

éprouvait, de plus, des vomissements, et le rat, une demi-heure après chaque injection, 
présentait une opacité lactescente très appréciable des milieux de l'œil. Ce phénomène, 
qui disparaissait quelques heures après l'effet physiologique des médicaments et se repro- 
duisait d'une façon constante, me semble dû à la grande déperdition de liquide provoquée 
par l'injection. 

» Un chat du même âge que le précédent et deux rats servaient de témoins. Tous ces 
animaux périrent indistinctement avec des symptômes à peu près semblables et non moins 
caractéristiques. L'inoculation de leur matière nerveuse produisit les mêmes manifesta- 
tions rabiques chez d'autres sujets d'expérimentation. 



» Si l'on s'en tient à ces expériences, qui me semblent réunir les condi- 
tions (l'une observation rigoureuse, on peut conclure que l'ail et la piio- 
cnrpine, administrés même à doses quasi toxiques, ne sauraient efficace- 
ment être employés pour combattre la rage. » 



CHIRURGIE. — Note accompagnant les photographies, de grandeur naturelle, de 
deux enjants extraits par la pnralomie dans des grossesses extra-utérines j par 
Al. Chatupionnière, à ihôpitid Tenon. Note de M. Ju.st Lucas CnAMPmN- 
NiÈiiE, présentée par M. Paul Bert. 

« Ces deux photographies représentent, dans leurs dimensions exactes, 
deux iiièces, intéressantes surtout parles opérations qui ont été faites avec 
succès pour extraire les enfants. 

» Il s'agissait, dans les deux cas, de grossesse extra-utérine; dans les detix 
cas l'enfant s'était développé en dehors de l'utérus, en arrière et au-dessus 
de lui dans le péritoine. L'enfant s'était dévelop|)é à peu près jusqu'à l'é- 
poque régulière du terme de la grossesse, puis il avait succombé. Des ac- 
cidents d'inflammation et de putréfaction s'étaient pUis tard développés, et 
les femmes, dans un état de santé générale déplorable, étaient menacées dans 
leur vie à très courte éciiéance. 

» Dans les deux cas, le même procédé fnt adopté. L'abdomen fut lar- 
gement ouvert, le kyste contenant l'enfant fut également ouvert, l'enfant 
fnt extrait. Dans les deux cas le péritoine était com|)ris dans les incisions. 
Les parois de la poche furent suturées à la paroi abdominale et la poche 
fut drainée largement. La guérison se fit sans accident aucun. 

» Pour l'enfant de la PL I, M. Championnière opéra la femme Dn- 
mont (Noémi), âgée de trente et lui ans, le 6 juin i883, à l'hôpital Tenon. 
La grossesse datait de quinze mois. Le kyste contenait l'enfant nageant dans 
une quantité considérable de pus fétide, 5'"à6'" environ. La photographie 

G. R., lSS4, 1" Semestre. (T. XCVIII, N" ! . ) O 



( '» ) 

montre hien rcnfanl: mâle conservant sa forme et ses limites. Il él;iil néan- 
moins très friable et la photographie en a été difficile. L'opérée, qui n'a 
présenté aucun accident, est sortie de l'hôpital le i8 août, conservant une 
petite fistule qui a diminué jusqu'à ce jour et donne encore quelques 
gouttes de pus. Mais elle est très bien portante et a complètement recouvré 
ses fonctions génésiques. Les régies sont très régulières. 

» Pour l'enfant de la PI. Il, la femme Calratte (Julia) a été opérée par 
M. Championiiière à l'hôpital Tenon, le 3 août i883. Celte femme était 
atteinte de grossesse extra-ulérine depuis plus de vingt-six mois. Elle avait 
passé onze mois dans le service de M. Depaul et, en dernier lieu, elle était 
en proie à des accidents si grands de fièvre continue avec émaciation, qu'elle 
jjaraissait sur le point de succomber. Malgré une ouverture très large de 
l'abdomen, du kyste et du péritoine, l'opération fut très laborieuse. La 
peau de l'enfant était complètement fusionnée avec la paroi du kyste en de 
nombreux points. Ellese déchira souvent sur la tête, le cou, les bras, et pour 
les jambes il fut impossible de détacher du kyste la jambe gauche et le 
pied droit. 

» La simple inspection de la photographie fait connaître aisément tous 
ces détails; l'aspect déchiqueté de l'enfant, la jainbe gauche et le pied 
droit qui manquent, se rap])ortent à cet incident opératoire. 

» Malgré une opération laborieuse ayant duré une heure six minutes 
(la première n'avait duré que cinquante minutes), cette opérée guérit plus 
ra[)idement que la première. Elle sortit à la fin de novembre n'ayant plus 
de fistule, mais portant un pansement sur la petite surface de la cicatrice. 
Les règles sont revenues et elle a repris le cours de ses occupations ordi- 
naires. 

» Ces pièces sont intéressantes par leur rareté. Les cas d'opérations 
faites intentionnellement pour grossesse extra-utérine et suivies de succès 
ne sont pas très communes en France, et la guérisou n'a souvent été oble- 
luie qu'après des accidents déplorables. Dans les deux cas de M. Cham- 
pionnière, le procédé opératoire employé paraît être plus simple et n'a 
donné lieu à aucun accident inflammatoire. 

» Pour reproduire les pièces, une photographie de petite dimension, due 
à ini élève du service, M. Cormak, a été grandie juste aux dimensions 
des deux enfints, soit o™, 38 poiu' l'un et o'^.Sq pour l'autre. » 



( % ) 



MÉTrîOROLOGHi. — Ohscivations (le lueurs crépusculaires. 
Leitre de M. Soucvze à M. I^nircy . 

« Campan, le 3i décembre i883, 

» .... Depuis plus d'un mois, nous sommes témoins d'un phénomène 
bien extraordinaire : une lueur rouge intense colore le ciel au sud et au 
sud-est, le matin et parfois le soir, à l'ouesl:, quel que soit l'état de l'atmo- 
sphère, avec ou sans nuages. Par un temps clair et serein, j'ai vu les étoiles 
briller d'un vif éclat à travers celte espèce d'aurore. La lumière rouge élait 
assez vive pour éclairer l'intériem- d'un appartement et pour dessiner 
l'ombre des objets qu'elle rencontrait. 

» Quelle peut être la cause de ce phénomène? Il semble qu'on ne puisse 
l'attribuer aux rayons solaires, puisqu'il se produit même, et surtout, quand 
il n'y a pas de nuages pour les dévier, et qu'à 5'' du matin, en novembre 
et en décembre, le Soleil est assez éloigné de notre horizon pour que la 
lumière ne puisse nous parvenir par réflexion. 

)) Les journaux ont parlé d'une matière ténue et pulvérulente, lancée dans 
l'air par quelque volcan en ériqition ; mais alors pourquoi la coloration du 
ciel n'est-elle pas permanente? Pourquoi dis[)aralt-elle quand le Soleil ap- 
proche de l'horizon ? » 

M. Chapfx adresse une Lettre rt-lative aux secousses de tremblement de 
terre cpii se sont manifestées le 3o décembre à Dorignies (Nord). ( Extrait.) 

« Tandis qu'à la surface du sol les maisons ont été fortement ébranlées, 
que les poutres et les boiseries craquaient, que les objets de vaisselle s'en- 
trechoquaient bruyamment, il ne s'est produit ni éboiilement ni trouble 
d'aucune sorte dans les nombreuses galeries souterraines qui sillonnent 
Dorignies, et les mineurs qui travadlaient dans ces galeries n'y ont pas res- 
senti la [dus légère secousse. " 

M. Daubrée fait remarquer que ces secousses ne paraissent pas provenir 
d'un véritable tremblement de terre, dont le siège serait dans les ré- 
gions profondes; mais, d'après M. Soubeiran, ingénieur des raines,"de tasse- 
ments brusques produits dans des travaux anciens d'exploitation de mines 
de houille, et probablement à un niveau moins profond que les galeries 
actuelles. 



( 6o 

M. H. CoiFFiN adresse un Mémoire porlaii! pour tiiie : « Esquisse d'une 
méthode simple el facile pour la vériBcation des médicaments ». 

M. David adresse une Noie « Sur les lueurs crépusculaires observées 
pendant les mois de novembre et de décembre ». 

La séance est levée à 4 heures trois quarts. J. R. 



ERRATJ. 

(Séance tin lo décembre i883.) 

Page i34o, lij^ne 4' "« Heu (/e B^ + B + i = o, lisez B^ + B i- i — AC = o. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



SÉANCE DU LUNDI 14 JANVIER i88i. 

PRÉSIDENCE DE M. ROLLAND. 



MEMOlllES ET COMMIIIXICATIOIXS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

THERMOCHIMIE. — Sur la chaleur déformation des fluorures ; 
par M. Berthelot. 

« J'ai présenté à l'Académie les résultats des expériei)ces de M. Guniz 
sur la chaleur de formation des fluorures, tant dans l'état solide que dans 
l'état dissous. Cette présentation me fait un devoir de défendre mon élève 
contre les assertions réitérées de M. Tommasi. Ce dernier se trompe sur la 
portée de ses publications. Il n'a rien à réclamer, parce qu'il n'a fourni, dans 
la question particulière des fluorures, pas plus que dans la question gé- 
nérale des constantes thermiques, ni expériences, car il n'en a fait aucune, 
ni prévision originale, car il se borne à s'approprier textuellement des lois 
connues depuis trente ans, la loi d'Andrewset la loideFavre et Silbermann. 
Cet emprunt littéral de la loi des moilules a été relevé de la façon la plus 
précise par M. F. Le Blanc, par moi et par M. de Forcrand : nous avons cité 
des textes catégoriques, publiés dans les grands Recueils scientifiques. 

G. K., i884, I" Semestre, (T. XCVIII, PS» 20 9 



(62) 

» M. Tommasi se méprend donc en réclamant comme sienne la loi des 
modules. 

» Cette loi même se rapporte à un état de la Science dépassé depuis long- 
temps et il n'est pas plus correct de l'invoquer en la matière, que ne le 
serait la réclamation d'un auteur qui croirait de nos jours avoir redécou- 
vert la loi de Mariolte et qui l'invoquerait pour contester l'originalité des 
expériences de Regiiault. En effet, la loi des modules n'est pas très exacte; 
son emploi aurait pour effet de substituer des valeurs approximatives aux 
chiffres plus précis, mesurés depuis par M. Thomsen et par moi-même : 
nous n'ignorions, ni l'un ni l'autre, celle relation, et nous avons fourni, 
avec un long et pénible travail, les données expérimentales nécessaires 
pour la rectifier. Y revenir aujourd'hui serait un véritable recul scienti- 
fique. 

» Les chiffres mêmes, présentés comme déduits de cette loi, sont, par 
leur grandeur, de nature à faire illusion au lecteur sur l'ordre réel des pré- 
visions et des approximations; à peu près comme celui qui, pour vérifier 
la loi de Mariotte, ajouterait le volume total des gaz à leurs dilatations. 

» D'abord la loi des modules ne permet nullement de calculer d'emblée 
le nombre initial de la série, tel que 98,5; ce nombre s'obtient en ajoutant 
la chaleur d'oxydation du métal, soit 82,3, pour le potassium, donnée par 
les Tables et non prévue, avec la chaleur de neutralisation de son oxyde 
imi à l'acide fluorhydrique, soit 16,2, également donnée par l'expérience 
et non prévue. Le premier nombre étant ainsi obtenu, toute la loi consiste 
à admettre que la différence des chaleurs de neutralisation des divers 
oxydes par un même acide est constante, c'est-à-dire indépendante de la 
nature de l'acide. 

» Cette différence serait nulle pour la potasse, comparée à la soude et 
aux terres alcalines, comme Hess, Graham et Andiews l'ont signalé for- 
mellement en 1842; elle serait égale à i,3 pour l'ammoniaque, etc. Un 
écart de 0,1 ou o,3 présente ici de l'importance, puisqu'd s'agit d'une loi 
fondée sur des diflerences. Or il est dissimulé et pour ainsi dire noyé dans 
la grandeur des nombres additionnels, tels que la chaleur d'oxydation du 
métal, laquelle n'est pas prévue par la loi et n'a rien à faire avec elle. La 
loi ne dispense donc pas des expériences. 

» Elle en dispense d'autant moins qu'elle ne s'applique pas, même par 
approximation, aux sels solubles des acides faibles, à cause de leur disso- 
ciation partielle en présence de l'eau : ce que j'ai établi en principe et 
démontré en fait par des expériences détaillées sur les carbonates et les 



( e-î ) 

borates de soude et d'ammoniaque, en iSyS, ainsi que sur les sels de 
peroxyde de fer. C'est là que M. Tomm;isi a trouvé la définition thermique 
des acides faihles. 

» La loi dt'S modules n'est pas non j^lus applicable, même par a|)[)roxi- 
inalinn, aux sels solubles des oxydes de plomb, de mercure et des mét;iux 
analogues, comme je l'ai établi par l'étude comparée des chlorures, bro- 
mures et cyanures. 

» Enfin elle ne permet de prévoir ni la chaleur de formation des sels 
insolubles, ni celle des sels même solubles, mais envisagés à l'état solide : 
terme de comparaison plus général. 

» On voit par là ce que nous apprennent les expériences exacles qui 
embrassent toutes ces questions, telles que celles de M. Lougiunine sur 
les chloricétates, de M. Chroutschoff sur les succinates, de M. de For- 
crand sur les glycolales, de M. Guniz sur les fluorures. » 

PHYSIOLOGIE APPLIQUÉE. — L'aneitlicsie pnr la méthode des mélanges litres (le 
vapeurs et d'air; son application à l'homme pour les vapeurs de chloroforme ; 
l)ar M. Paul Bert. 

« Les expériences dont j'ai eu l'honneur d'entretenir à plusieurs re- 
prises l'Académie ont montré que l'état anesthésique produit par les gaz 
proloxyde d'azote et chlorure de méthyle, ou par les vapeurs de chloro- 
forme, d'élher, d'amylène, de bromure d'éthyle, dépend beaucoup moins 
de la quantité du médicament employé que de la proportion suivant 
laquelle il se trouve mélangé à l'air inspiré. 

» Sans doute, il est nécessaire qu'un certain poids de la substance soit 
absorbé pour que le sang et les tissus eu soient suffisamment chargés et 
que l'effet recherché soit produit; mais on peut ensuite entretenir cet état 
d'insensibilité juste au degré obtenu, par l'emploi de très faibles quantités 
convenablement diluées dans l'air. 

» Il en résulte qu'avec So^' de vapeurs de chloroforme, par exemple, 
on peut tuer en quelques minutes un chien, si elles ne sont mélangées 
qu'à loo''' d'air; tandis qu'une dose trois fois plus forte entretiendra pen- 
dant deux heures une anesthésie profonde et sans péril, si elle est diluée 
dans 1°"^ d'air. 

» Ce n'est donc pas en mesurant ou en pesant la quantité du médica- 
ment anesthésique qu'ils emploient, que les chirurgiens peuvent apprécier 
son effet utile et se préserver de ses inconvénients ou même de ses dan- 



(64) 

gers, mais en connaissant l'état de dilution dans lequel se trouvent ses 
vapetu's dans lair inspiré, autrement dit la tension de ces vapeurs. 

» L'agent anesthésique idéal serait un liquide qui, à la tempéraiure 
moyenne des salles d'opérations, émeltrait des va|)eurs ayant juste la ten- 
sion nécessaire pour produire l'anesthésie. Il suffirait de respirer l'air qui 
se serait saturé en traversant ce liquide, pour obtenir l'insensibilité sans 
coTirir aucun risque. 

» Mais la Chimie ne nous a pas encore fourni un tel corps. Et les li- 
quides aneslhésiques connus émettant des vapeurs d'une tension beaucoup 
trop forte, trois méthodes se présentent pour diminuer cette tension : 
l'abaissement de la température; le mélange avec des liquides neutres; 
la dilution des vapeurs dans une quantité déterminée d'air. 

» Les deux i)remières méthodes m'ont donné déjà des résultats assez 
intéressants, sur lesquels j'aurai l'honneur d'appeler, un jour, l'attention 
de l'Académie. Mais c'est de la troisième que je veux l'entretenir aujour- 
d'hui. 

» C'est elle qu'emploient les chirurgiens lorsqu'ils insensibilisent leurs 
malades, soit à l'aide d'appareils plus ou moins compliqués, soit à l'aide 
de la simple compresse imbibée du liquide anestliésique. Ces procédés 
permettent bien de mesurer la quantité du médicament employé, élément 
auquel les praticiens attribuent une importance tout à fait exagérée, mais 
ils ne peuvent eu aucune façon doser ni régler la tension des vapeurs. 

» Il en résulte que chaque chirurgien modifie les détails des procédés 
anesthésiques suivant les résultats de son observation, ou même suivant 
des idées théoriques préconçues. .le parle ici tout spécialement du chloro- 
forme, le seul anesthésique que j'aie vu employer un très grand nombre 
de fois. 

» Les uns débutent par des doses massives et foudroient, comme ils 
disent, le malade, afin d'éviter, ou tout au moins d'abréger, ce qu'on a 
appelé la période d'excitation. D'autres commencent avec précaution, 
versant goutte à goutte sur la compresse le liquide anesthésique. D'autres 
suivent une pratique intermédiaire. 

» Il en est qui procèdent par intermittences, laissant, suivant une règle 
plus ou moins précise, le malade respirer de temps en temps à l'air libre. 
D'autres maintiennent avec soin une anesthésie continue. Le plus grand 
nombre suspendent les inhalations de chloroforme quand l'insensibilité 
est complète, pour les reprendre aussitôt que le malade commence à se 
réveiller. 



f fi5 ) 

» Ces procédés, lorsqu'on les regarde de près, reviennent à faire res- 
pirer aux malades les vapeurs de chloroforme à des tensions taniôt dange- 
reuses et qui seraient bientôt mortelles, tantôt simplement anesthésiques, 
tantôt insuffisantes. De là une irrégularité très grande dans les résultats, 
même pour la pratique d'un seul chirurgien, et des différences très re- 
marquables quand on compare ce qu'obtiennent les divers chirurgiens. 

» Souvent la scène s'ouvre par des manifestations de résistar)ce de la 
part du malade, qui, après quelques inspirations, s'efforce d'expulser les 
vapeurs qui irritent ses muqueuses buccide, nasale et laryngée, suspend 
ses respirations, secoue la tète et essaye d'écarter la compresse avec ses 
mains, qu'il faut déjà contenir. 

» A cette |iériode de répulsion succède la période iVexcitation, avec la- 
quelle on la confond d'ordinaire. Celle-ci, qui est simplement, comme je 
l'ai démontré dès 1866 (voir Comptes rendus, séance du 18 mai 1867), le 
résultat de rêves, de délires provoqués par la perversion des sensations 
musculaires, cutanées et sensorielles proprement dites, affecte les formes 
les plus diverses et se présente avec une intensité fort variable. Très faible 
en général chez les enfants et beaucoup de fenunes, elle amène parfois chez 
les hommes et surtout chez les alcooliques, une véritable lulte entre les 
aides et le malade. La face de celui-ci se cong< siionne, il parle ou même 
crie, se contorsionne et résiste violemment. Enfin, vaincu, il retombe sur 
le ht; l'insensibilité et la résolution musculaire apparaissent, et le chirur- 
gien commence. 

» Quand l'opération est terminée, le patient, qui respire alors à l'air 
libre, a très souvent une prostration, des malaises, des nausées, des vo- 
missements, avec un aspect spécial qui rappelle l'ivresse alcoolique à 
son plus haut degré; on voit même les vomissements survenir plus tôt et 
gêner singulièrement le chirurgien, surtout lorsqu'il s'agit d'opérations 
sur l'abdomen. Ils persistent quelquefois pendant des heures et même des 
jours. 

» Pendant toute la durée de l'emploi du chloroforme, le chirurgien fait 
surveiller prudemment la respiration et le pouls. Fréquemment on l'en- 
tend s'informer de l'état du patient; il confie à un aide expérimenté le soin 
de l'observer; il s'en préoccupe toujours, je puis même dire il s'en inquiète, 
et cette inquiétude devient souvent, surtout chez les opérateurs peu exer- 
cés, une véritahle anxiété. C'est que, si les accidents mortels sont extrê- 
mement rares, surtout entre les mains si habiles de nos chirurgiens des 
hôpitaux, il n'est pas rare, au contraire, de voir les malades donner des 



( 66 ) 
inquiétudes, les uns par la congestion ou par la pâleur de la face, d'autres 
par des irrégularités du cœur ou de la respiration. On écarte alors la com- 
presse, et si tout ne rentre p;is dans l'ordre, on abaisse la lête, on flagelle 
la face, on pratique des pressions sur le thorax. Alors le malade reprend ini 
aspect normal, et souvent uiéme la sensibilité revient : on la fait disparaître 
en rapprochant la compresse. 

» J'ai tenu à reproduire avec quelques détails les effets de la chlorofor- 
misalion par les procédés ordinaires, parce que ceux de la méthode des 
mélanges titrés forment avec eux un contraste frappant, et sont bien autre- 
ment satisfaisiints. 

» J'ai pu, jusqu'à ce jour, grâce au bon vouloir et à res|irit d'initiative 
de M. le D"" Péan, l'appliquer chez l'homme dans vingt-deux cas. La condi- 
tion des patients a été des plus variées : enfants (depuis l'âge de dix-sept 
mois), adolescents, adultes et viedlards des deux sexes; alcooliques plus 
ou moins avancés, malades vigoureux ou anémiques, ou extrêmement ner- 
veux, ou épuisés par une longue suppuration. Les opérations ont été toutes 
assez sérieuses : extirpations de tumeurs, amputations de membres, abla- 
tions des maxillaires, ovariotomie. Leur durée a naturellement été très va- 
riable; sauf l'ovariotomie, qui a duré cinq quarts d'heure, la plus longue 
a nécessité une respiration du mélange pendant trente-sept minutes. 

» Malgré de si grandes différences dans les conditions des expériences, 
elles ont toutes donné des résultats si semblables, je dirais presque si iden- 
tiques, qu'il est permis de les confondre toutes dans une description com- 
mune et de les résumer dans un petit nombre de propositions : 

» L Le mélange employé a toujours été de S^'' de chloroforme vaporisés 
dans loo'" d' tir. Quand on l'abaisse à 7, le sommeil est moins profond. Il 
m'a paru absolument inutile d'essayer une dose supérieure. 

» IL Ce mélange n'est pas désagréable à respirer; quelques malades 
même le trouvent lion. 

» Il en résulte que la phase de répulsion est complètement supprimée : 
point de toux, de suffocation, d'arrêts respiratoires. 

» III. La phase d'excitation est toujours très médiocre et très courte. 
Même du z les alcooliques, elle n'a jamais amené de lutte; un seul aide 
suffisait aisément pour maintenir les bras; elle n'a duré au plus que deux 
ou trois minutes. Chez les autres personnes elle est très faible et ne dépasse 
pas une ou deux minutes; et même dans plus d'un tiers des cas, chez des 
adultes, elle n'a pas existé, le malade étant arrivé sans aucun mouvement 
à l'anesthésie et à la résolution musculaire. 



(«7 ) 

) rv. L'insensibilité complète est produite en six ou huit minutes au 
plus. Elle se maintient très régulière pendant toute la durée de la respira- 
tion du mélange anesihésique. 

» Le pouls, qui s'est un peu accéléré généralement au moment de la 
période d'excitation, redevient tout à fait calme et régulier pendant le 
sommeil. La section de la peau ou des troncs nerveux, le sciage des os, 
en un mot les temps les plus douloureux des opérations, ne réagissent pas 
sur lui. 

» La respiration se comporte comme la circulation. Les adultes ron- 
flent quelquefois, mais comme ils le font dans le sommeil normal. Les 
excitations douloureuses accélèrent légèrement les mouvements respira- 
toires. 

» La pupille se contracte au moment del'anesthésie, et l'œil se retourne 
en dehors et en haut; cependant deux ou trois fois cette contraction n'a 
pas été sensible; au réveil, la pupille se dilate. La sensibilité de la cornée 
disparaît bien après et reparaît bien avant celle de la conjonctive. 

» Il n'y a jamais eu, pendat)t l'anesthésie, de nausées ni de vomisse : 
ments. La salivation est très faible. 

» La température n'est pas sensiblement modifiée. Après trente-sept 
minutes d'anesthésie, elle s'était abaissée de moins d'un demi-degré. A la 
fin de l'ovariotomie, qui avait duré cinq quarts d'heure, elle s'était abaissée 
d'un degré et demi (résultat bien différent de ce que j'avais observé sur 
les chiens, où la température s'abaisse rapidement). 

» En un mot, à aucun moment de l'anesthésie, le chirurgien n'éprouve 
aucune inquiétude sur l'état du malade, qui dort et respire avec le plus 
grand calme. 

» V. Lorsque l'embouchure par laquelle arrive le mélange anesthé- 
sique e.^t enlevée, on observe toujours une prolongation considérable de 
l'état d'insensibilité. Cette prolongation parait être en rapport avec le 
temps pendant lequel on a fait respirer le mélange; on comprend qu'il 
faudra de très nombreuses observations pour permettre d'établir une loi. 

» Cette aneslliésie consécutive a permis d'exécuter, sans que les malades 
souffrissent, des opérations sur la face, dont quelques-unes (deux résec- 
tions du maxillaire inférieur, une résection des deux maxillaires supérieurs) 
ont été longues et pénibles. Chez un malade extrêmement anémié et épuisé, 
auquel on devait amputer la jambe dans des conditions assez difficiles, 
j'ai enlevé l'embouchure après la section de la peau. Ij'insensibilité a 
persisté pendant tout le temps de l'opération, la ligature des artères et 



f 68 ) 
le pansement définitif, c'est-à-dire pendant vingt-deux minnies. A la 
dix-huitième minute, le malade ouvrit les yeux et put répondre à nos 
questions. 

» Replacés sur le brancard et reportés dans leur lit, les malades conti- 
nuent à dormir pendant un temps variable. Quatre fois seulement sur vingt- 
deux, il y eut des nausées légères qui amenèrent deux fois un faible 
vomissement; rovariolomisée n'a pas vomi. Le réveil est fort calme; les 
malades n'accusent ni malaises ni maux de tête; quelques-uns même sem- 
blent joyeusement excités. 

" VI. Les vapeurs que respire le malade étant très diluées, leur propor- 
tion dans l'air ambiant devient extrêmement faible, et l'odeur de chloro- 
forme ne peut arriver à gêner l'opérateur et les assistants. 

» Enfin la dépense en chloroforme est ainsi réduite à son minimum. Elle 
est de moins d'un gramme par minute. Pendant l'ovariotomie on n'en a 
usé que 45^"^ en une heure un quart. 

» VIL L'appareil, imaginé et construit par M. le D"^ Saint-Martin, que j'ai 
mis en usage dans ces essais, comme dans mes dernières expériences sur 
les animaux, est simple, peu encombrant, assez commode à manier et d'un 
prix modéré. 

» Il consiste en deux gazomètres cylindriques à réservoir annulaire, 
de i5o''' chacun, dont, par le jeu de contre-poids, l'un se remplit pendant 
que le malade épuise l'autre. L'air, en entrant dans le gazomètre, traverse 
un petit flacon contenant la dose voulue de chloroforme et la réduit en 
vapeur. La respiration se fait à l'aide d'une embouchure de caoutchouc à 
deux soupapes, semblables à celles dont se servent les dentistes. 

» Dans les opérations sur la bouche, sil'anesthésie consécutive n'est pas 
suffisante, il est très facile, l'embouchure eidevée, de porter le tuyau de 
caoutchouc jusque dans l'arriére-bouche, et de faire ainsi respirer le patient 
dans l'atmosphère anesthésique que pousse le gazomètre. 

» Du reste, cet appareil pourra être sinifilifié, amélioré et réduit dans 
ses dimensions. Des constructeurs en ont même imaginé d'autres basés sur 
des principes tout à fait différents. C'est un détail technique à préciser. 

» VIII. Revenant maintenant aux résultais de la méthode des mélanges 
titrés, je les résumerai dans les termes suivants : 

» Pas de période répulsive. Période de délire toujours faible, même chez les 
alcooliques ; quelquefois nulle, même cIk z les adultes. Insensibilité absolue 
et régulière, obtenue en six ou huit minutes. Sommeil calme, respiration, 
circulation, température normales; pas de nausées; aspect normal et tout 



( % ) 

à fait Iranquillisimt du malade qui doit, ylnesthésie coiiséculive coiistaiilc et 
toujours très prolongée; réveil calme, bien-être consécutif, rarement quel- 
ques nausées très faibles. Notable économie sur la dépense en cbloro- 
forme ('). » 

Vu l'heure avancée, sur l'invitation de M. le Président, M. Gossemn 
remet à la procliaine séance les observations qu'il désirait présenter à 
propos de la Communication précédente de M. P. Bert. 

ÉLliCTlUCITÉ. — Généralisation et démonslration liijoureusemenl mécanique 
(le la formule de Joule. Note de I\l. A. Ledieu. 

« 1, Les lois fondamentales de l'électricité et du magnétisme, dues à 
Coulomb, Faraday, Ampère et Ohm, sont toutes, au fond, expérimentales, 
et cela d'une manière plus ou moins exclusive. D'ailleurs, considérées 
dans des cas |iarticuliers et suivant \\n ordre déterminé, elles constituent 
les formules de définition des diverses sortes de grandeurs électriques; 
en même temps que l'ordre choisi, concilié avec la suppression aussi 
complète que possible des coefficients parasites, caractérise le système de 
mesures absolues que l'on adopte. 

» De son côté, la formule de Joule w := ieT n'est, elle aussi, jusqu'à 
présent, qu'une relation exclusivement expérimentale; car les démonstra- 
tions qui en sont données, en s'appuyant du reste sur certaines des lois 
précitées et sur le principe de la conservation des éneri,'ies, se trouvent 
tout à fait incorrectes au point de vue de la Dynamique ("). De plus, cette 
relation, en mesures absolues, ne comporte, ipso fado, aucun coefficient 
dansson second membre; autrement dit, elle se trouve cohérente, suivant 
l'expression consacrée en Aijgleterre. 

» C'est Sir W. Thomson, on le sait, qui a découvert, en i85i, celte 
importante propriété de la formule de Joule, où du reste l'équivalent 
mécanique ii; de la quantité de chaleur d'échauffement du conducteur 
peut être remplacé par le travail extérieur 6, quelle que soit son origine, 
qui engendre le phénomène Mais ni l'éminent physicien ni aucun autre 
auteur après lui n'ont, jusqu'ici, songé à expliquer une circonstance aussi 
singulière. Il n'y a pas à nous opposer que cette circonstance se trouve 
implicitement expliquée par la manière dont MAI. Hehnholtz et W. Thoin- 



(') Je suis heureux de remercier ici M. le D'' Dubois, dont l'aide assidue et intclligiule 
m'a été des plus utiles pendant ces longues et nombreuses expériences. 
(*) Comptes rendus, l. XCV, p. 67.2. 

C R., iSS'i, 1" Semestre. T. XCVIIl, K" 2. ) 'O 



( 7'» ) 
son ODt tiré les phénomènes d'induction dn principe de la conservation 
des énergies ('). Il résulte bien de là incidemment que si la formule de 
Joule est cohérente, celle de Neumann sur l'iniluction l'est pareillement; 
mais In question ne se trouve ainsi qu'élargie sans être résolue. Au surplus, 
la démonstration dont il s'agit, sous quelque forme qu'on la présente, 
renferme des omissions et des paralogismes, que le lecteur pourra y con- 
stater après l'étude attentive de notre Note. 

» II. Dans notre théorie de l'électricité ('), la loi de Joule s'explique 
rationnellement avec une entière rigueur, et en prenant une extension 
importante. Considérons, en effet, un ou même plusieurs pôles magné- 
tiques actionnant un circuit, qui se meut, par rapport à eux, en une ou 
plusieurs parties mobiles reliées entre elles par des portions fixes (à l'aide 
de balais), ou vice versa. En outre, pour donner à la question le plus de 
généralité possible, admettons que le circuit, au lieu d'être fermé sim- 
plement sur lui-même, soit garni, sur les portions fixes de son parcours, 
d'électro-aimants, qui commandent, de leur côté, soit d'autres parties mo- 
biles du circuit ou d'un courant étranger, soit des i)ôles magnétiques. Sup- 
posons, enfin, qu'il existe aussi sur le circuit des appareils d'éclairage 
(lampes à incandescence ou arcs voltaïques). 

» Cela entendu, nous allons appliquer rigoureusement les règles de l;i 
Mécanique rationnelle au jeu des divers groupes de points matériels pon- 
dérables et éthérés s'actionnant mutuellement; et nous établirons ainsi 
l'équation qui relie les travaux des forces extérieures aux variations des 
diverses sortes d'énergie des groupes. Nous adopterons d'ailleurs le système 
de mesures électromagnétiques absolues; et l'uulice m servira à noter les 
grandeurs ainsi mesurées. 

» Soient 

L la longueur du circuit total; 

v,„ l'intensité d'un des pôles magnétiques actionnant ou actionnés, sans se préoccuper, 

pour les électro-aimants, de la dépendance de cette intensité vis-à-vis de leur courant 

inducteur, ce qui constitue une question à part; 
Lj la distance dudit pôle à un élément du circuit; 

« l'angle <juu forme cet élément avec la droite le long de laquelle se compte L, ; 
i> la vitesse relative du ])ole par rapport au plan qui le contient avec l'élément de circuit; 
p l'angle de la direction de la vitesse avec la normale au plan précédent; 
e,„ la force éleclromolrice afférente à l'action positive ou négative du pôle magnétique v,„ sur 

le courant du circuit, son signe étant du reste celui de son action; 
i,„ l'intensité du courant du circuit résultant tant des actions simultanées sur ce dernier des 

( ' ] Blavier, Grandtjurs rleclriques, p. 358 ; et Vkruet, OEuvrcs complètts, t. VIII, p. i 5 i 
et i68. 

(') Comptes rendus, t. XCV, p. 669 et ^53. 



( 7' ) 

divers pôles magnétiques et portions mobiles de courant, que des réactions des appareils 
d'éclairage; 

le travail moteur total, dû au\ forces extérieures entraînant les portions de circuit ou les 
pôles mobiles ; 

0' le travail résistant total, dû aux forces cxtéiieures rclenant les portions de circuit ou les 
])ôles mobiles; 

ir la variation en général de la demi-force vive vibratoire moyenne des atomes pondé- 
rables et éthércs du circuit et un peu aussi des systèmes en regard comprenant les corps 
actionnant et aciionnés, et même ceux simplement voisins du circuit, laquelle variation 
correspond à des e'chauffements; 

ir, l'énergie, sous forme de demi-force vive vibratoire poiidéiable et élhérée, particuliè- 
rement consommée par les appareils d'éclairage, cette quautité s'évaluant à l'aide de 
la force électromotrice intégrale et du courant propres à chaque appareil; 

(l'j la variation de la demi-force vive des mouvements d'ensemble des diverses pièces mo- 
biles de tout le mécanisme; celte demi-force vive se combinant, d'après un théorème 
connu, avec «• et wj pour représenter la variation de l'énergie totale de vilesse de tous 
les points matériels en vue dans l'application du principe de la conservation des énergies ; 

(!■' le travail intérieur dû aux changements subis ])ar les énergies de position éthéro-pon- 
dérables du circuit et desdits systèmes, et même par les énergies de position pondé- 
rables, s'il survient des modifications dans la matière proprement dite des corps en vue, 
ces énergies étant d'ailleurs considérées indU'iduellcincnt pour le circuit et pour chaque 
système; 

i\\ le travail dû à la variation de l'énergie de position, qu'on peut appeler intermédiaire, 
afférente aux actions réciproques des atomes éthérés et pondérables du circuit et des 
systèmes en regard; 

T la durée de l'expérience. 

» 111. Les forces extérieures peuvent êlre regardées comme appliqtiées 
aux éléments de circuit mobiles ou aux pôles mobiles. Une fois établi un 
régime de marche normal, ces forces se trouvent moyennement égales en 
intensité, et de sens contraire en direction, aux atti^ictions ou répulsions, 
s'exerrant, à leurs points d'application, entre le circuit ou ses électro-ai- 
mants et les systèmes qui l'actionnent ou en sont actionnés. Elles ont donc 
pour expression générale celle de l'action réciproque d'un pôle magnétique 
sur une portion de courant ou sur un second pôle, ou encore de deux por- 
tions de courant entre elles. Mais les deux derniers cas peuvent être 
ramenés fictivement au premier. Dès lors, l'expression générale dont il 
s'agit peut s'écrire : v,„/L;" sin «/,„f/L, chaque composante de l'action étant 
d'ailleurs dirigée normalement au plan qui passe par le pôle magnétique et 
chaque élément de la portion de courant. Le travail individuel des forces 
extérieures vaut dès lors 

I ) //,„ V ,„ / L^" sin c/.dhv cos ^ dT, 

la première intégrale à effectuer s'étendant à toute la portion de cir- 



( 72 } 

ciiil sur laquelle l'action du pôle magnétique se fait senlir. Quand le 
régime n'est pas normal, il suffit évidemment d'ajouler u\ à l'ensemble 
des expressions de l'espèce précédente pour avoir les travaux extérieurs. 
» En tout cas, d'après la formule de Nenmann (' ), au fou'l purement 
conventionnelle, dans le système démesures absolues éleclroinagnéliqnes, 
on a 

(2) e,r, = v,„fi.]' sinar/Li'cosp. 

» Il est capital de ne pas oublier que les trois grandeurs caraclérisliques 
dudit système, c'est-à-dire les grandeurs qui doivent logiquement s'y déter- 
miner a priori et expérimentalement, sont v,„, ?„ et <?,„. Dans notre tbéorie, 
ces grandeurs, ainsi que celles qui s'en déduisent de procbe en proche, n'ont 
pas de réalité objeclive, comme en possèdent les quatre quantités primor- 
diales et sinyiles L, T, M, F : ce sont des grandeius mécaniques complexes, 
fonctions monômes de puissances entières desdites quantités, et analogues 
à la force vive, a la quantité de mouvement, au travail, à la vitesse, etc. 
Elles n'ont, d'ailleurs, qu'une relation algébrique avec les grandeurs de 
même nom des autres systèmes de mesures. Il suit de là, en particulier, 
que la formule (2) est uniquement la définition mathématique de chaque 
grandeur e,„ dans le système qui nous occupe. De par sa définition, cette 
grandeur e,„ demeure invariable, quelles que soient la longueur totale, la 
section et la nature du circuit, tant que chaque portion de ce dernier in- 
fluençable par un pôle magnétique ou une j)ortion de courant conserve les 
mêmes longueur, orientation et mouvement relatif. 

» De son côté, la fixation de l'unité de résistance en électromagné- 
tisme repose expressément sur les valeurs a priori de /,„ et de e,„, que nous 
venons d'expliquer, et se déduit de la loi de Ohm, e,„=r,„i,„ : c'est seule- 
ment par un détour que, une fois cette unité déterminée, on calcule désor- 
mais e,n au moyen der,„, pour plus de facilité expérimentale. 

» En tout état de cause, d'après la manière dont nous venons de 
préciser avec une entière netteté la force électromotrice e,„ : en mesures ab- 
solues électromagnétiques, la valeur des divers travaux extérieurs devient 
manifestement 2//,„e,„f/T + {\\. Le principe de la conservation des éner- 
gies mène facilement ensuite, sans l'omission d'aucun terme, à 

(3) Q — Q'=z lfi,^e,„dï + u'j = w -+- h\ + w., -+- w' ■+■ w\ . 

» IV. Ce qui précède est applicable à l'emploi de piles. Le travail moteur 
extérieur se' trouve là, il est vrai, dû aux variations d'énergie de position, 
siu-tout pondérable, des éléments de chaque i)ile, sous forme de phénomène 

(') Voir Blavier, Grandeurs électriques, p. 355. 



( 73 ) 
chimique, au lieu de provenir de l'action d'un pôle magnétique en mou- 
vement relatif par rapport à un circuit. Mais ce second cas peut se ramener 
fictivement au premier. Il sulfit, à cet eiïet, d'imaginer un conducteur de 
même nature et section que celui de la pile et d'une longueur correspondant 
à la résistance totale de celle-ci, puis de supposer un pôle magnétique ac- 
tionnant ce conducteur, île façon à y déterminer isolément la mètne force 
éleclromotrice et le même courant que la pile. Les phénomènes constatés 
ne relèvent, en somme, selon notre théorie, que des coordinations de l'éther 
du conducteurpar rapport à ses molécules pondérables, et sont exclusive- 
ment fonction de la quantité de travail pénétrant ])ar unilc de temps h son 
intérieur. 11 faut donc que cette quantité d'énergie se trouve la même dans 
les deux cas, et que, par suite, elle soit égale à i,„e,m aussi bien dans le 
cas delà pile que dans le cas d'un pôle magnétique. 

» On peut, par suite, regarder la relation (3) comme comprenant aussi 
le cas de courants de pile servant de générateurs de travail introduit dans 
un circuit général. Celle relation représente, dès lors, la loi de Jonle dans 
sa plus large extension, en constituant du même coup la formule générale 
des machines électromotrices dans le cas le plus complexe; elle est d'ail- 
leurs cohérente. Toutefois, il reste à examiner si les nombreux points de 
départ de notre démonstration ne sont pas soumis, comme dans les dyna- 
momachines entre autres, à diverses exceptions et réserves. C'est ce que 
nous nous proposons de discuter dans une autre Communication. » 

PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — De la préparation en grandes masses des cul- 
tures atténuées par le chauffage rapide pour l'inoculation préventive du sang 
de rate. Note de M. A. Chauve.vu, présentée par M. Bouley. 

« On ne peut douter, après les expériences dont j'ai fait connaître les 
résultats [Comptes rendus, séance du 3 décembre i883), que la méthode du 
chauffage rapide ne puisse être exploitée couramment pour la préparation 
des cultures atténuées propres aux inoculations préventives. Ces résultats, 
répéterai-je, sont très satisfaisants, et cependant j'ai cherché à améliorer 
les conditions d'utilisation pratique de la méthode, en adoptant un pro- 
cédé de culture à l'aide duquel on peut préparer, d'un seul coup, dans le 
même réservoir, la quantité de virus nécessaire pour pratiquer, sur quatre 
à huit mille moutons, la double inoculation préventive. Je ne saurais dire 
encore si je suis arrivé à satisfaire les différents desiderata que j'avais en 
vue; mais, en tout cas, le procédé mérite une place spéciale dans l'étude 
générale de la culture des virus atténués. 



( 74 ) 

» Le principal avantage de ce procédé, mis en œuvre, avec le concours 
de M. Wosnersenski, par les moyens que je vais exposer tout à l'heure, 
c'est de permettre des essais préalables avec chaque culture massive. Par 
ces essais, on détermine, dans chaque cas, le degré de chauffage auquel on 
devra soumettre les deux liquides d'inoculation pour leur communiquer 
le minimum d'atténuation utile. Ou peut ainsi ne pas dépasser la mesure ni 
rester en deçà et créer une solide immunité en s'exposant au moins de 
risques possible. 

» C'est grâce au passage continu de l'air à travers ces grandes cultures 
qu'on parvient à les mener à bien. 

» Voici comment je procède : 

« Comme pour les cultures en petits malras, l'opération comprend deux 
séries de temps : ceux qui servent à la préparation de la semence atténuée 
et ceux qui sont consacrés au dévelojîpement de celte semence et à l'atté- 
luiation complémentaire des spores qui en résultent. 

» Les premiers temps sont la reproduction exacte de ceux des petites 
cultures; on projette une goutte de sang frais infecté, pris sur un cobaye, 
dans un ballon contenant 20^'' de bouillon stérilisé, et l'on cultive vingt 
heures à la température +43°; puis on chauffe la culture jiendant trois 
heures, à +47°-49, plutôt 47° que l\çf; voilà la semence préparée. 

» La deuxième série des manipulations se fait dans des récipients de 
jiit Q^j ^l't^ suivant qu'on veut préparer le virus nécessaire à l'inoculation 
de 4ooo moutons ou de 8000 moutons. Ces récipients sont des flacons de 
Chimie en verre, à trois tubulures, remplis aux | de bouillon stérilisé. La 
fubidure médiane est gainie d'un tube plongeant, qui descend en s'effilant 
jusqu'au fond du vase; c'est par ce tube, pourvu à son extrémité extérieure 
d'un tampon de coton, que l'air s'introduit dans le liquide en fines bulles, 
pour y barboter plus ou moins activement. Des deux tubulures latérales, 
l'une donne naissance à xui tube abducteur fermé aussi par un tampon de 
colon; ce tube est mis en rapport avec un appareil aspirateur. A la troi- 
sième tubulure est adapté lui tube eftilé qui sert à vider le flacon. 

» C'est par ce dernier tube et en aspirant par la deuxième tubulure 
qu'on introduit la semence, dans la proportion de i goutte environ pour 
106'' de liquide de culture, soit %^' de .semence pour une culture de iGoo?"", 
dose que l'on peut doubler et même tripler si la semence est pauvre. Après 
l'introduction de la semence, le tube est fermé à la lampe. 

» La culture, ainsi préparée, est placée dans un thermostat à + [^5", 37. 
Le développement y serait pénible, c'est-à-dire lent et incomplet, si elle 
était abandonnée au repos. Mais, quand le jeu de l'aspirateur y détermine 



( 75 ) 
le passage contiiui de l'air, elle deA'ient le siège d'nne abondante proliféra- 
tion. En une semainp, l'évolution est généralement terminée et aboutit à 
une riche formation de spores, que le chauffage achèvera d'atténuer. 

» Pour mettre chacun à même de vérifier et d'exploiter la valeur de ce 
procédé de cuhure, sans passer par de longs tâtonnements, je vais donner 
de courtes indications complémentaires sur un certain nombre de points. 

» Liquide de ciillure. — Je n'ai pas encore résolu la question du choix 
du liquide qui convient le plus aux grandes cultures. Celles que j'ai le 
mieux réussies, jusqu'à présent, ont été faites dans un flacon d'un litre 
garni de bouillon de poulet (i partie de viande maigre pour 4 à 5 parties 
d'eau ). 

» Aération. — L'aspirateur doit entretenir un courant d'air très régu- 
lier, à travers le liquide de culture, à raison de i'" ou i'",5 par heure. 
C'est assez, surtout si l'on a soin, matin et soir, d'agiter le flacon avec pré- 
caution. 

a Teiiipérciture du thermostat. — Plus on se rapproche de la tempéra- 
ture 4- 4o°î5, qui est encore suffisamment eugénésique, plus on a chance 
d'obtenir une bonne atténuation primitive de la culture; mais on s'expose 
davantage aux risques de développement pénible. J'ai fait comparative- 
ment deux cultures préparées avec la même semence et le même liquide 
traversé par la même quantité d'air, mais l'une à -+■ 35°, l'autre à -t- 40°. 
Celle-ci a été sensiblement plus atténuée que l'autre, quoiqu'il fût impos- 
sible de constater des différences appréciables dans les caractères morpho- 
logiques des éléments virulents. Je conseillerai donc l'emploi d'une tem- 
pérature assez rapprochée de + 4o"> "'ais sans en faire une condition 
fondamentale, vu la facilité qu'offre le procédé de compléter autant qu'on 
veut l'atténuation. 

» Résultats des cultures. — Le développement commence plus ou moins 
tôt; il est parfois à peine visible au bout de vingt-quatre heures. Des 
nuages blancs floconneux troublent le liquide et lui communiquent une 
légère teinte laiteuse opaline. Les progrès de la cultiu-e, en y faisant déve- 
lopper les spores, changent cette couleur en une teinte gris jaunâtre carac- 
téristique. Malgré l'agitation entretenue par le passage continu de l'air, 
les produits de la culture tombent en grande partie au fond du vase : 
voilà pourquoi il est bon d'agiter de temps en temps. 

» L'étude microscopique de ces cultures a été faite aux diverses périodes 
de l'évolution. Au début, on ne trouve que le mycélium type fragmenté, 
ou en forme de longs filaments, isolés ou enchevêtrés les uns dans les 



( 7'' ) 
autres, à protoplasme homogène. iMiis tard se mouttenl, comtiie dans les 
cultures ordinaires, quelques spores dont le noini^e peut se multiplier 
graduellement. Mais, en général, avant de fournir les s|)ores, le mycéliuia 
se décompose en fragments irrégulièrement dodus, renflés souvent en 
forme de sporanges, fragments tout à fait libres ou réunis en petites masses 
dans lesquelles on distingue difficilement les limites des éléments primitifs. 
Il peut arriver que les spores qui se développent dans ce protoplasme 
modifié n'aient pas toutes les caractères considérés comme normaux; on 
en trouve de dimensions diverses : quelques-unes sont fort petites. De 
plus, ces spores s'agglutinent souvent ensemble de manière à former des 
amas plus ou moins irréguliers, où elles paraissent très déformées. J'ai cru, 
au premier abord, que cette déviation de développement impliquait une 
altération des pro|)riétés fondamentales du virus. Il n'en est rien; néan- 
moins, il est à peu près sûr que l'aptitude à l'atténuation n'est pas égale- 
ment dévelo|)pée dans ces spores disparates et que le chauffage n'a pas 
sur toutes une influence uniforme; en sorte que les cultures où se re- 
marquent ces caractères particuliers de la sporulation ne ddivent être 
utilisées qu'avec défiance pour l'inocu'ation préventive ('). 

» Comparaison des grandes el des peliles cultures. — Dans tous les cas où j'ai 
préparé de grandes cultures, avec passage continu d'air, j'ai eu soin d'in- 
staller comparativement les petites cultures ordinaires, avec même liquide, 
même semence, même température. Les différences de conditions ne por- 
taient quesur la masse cidtivéeet la manière dont celle-ci était mise en con- 
tact avec l'oxygène atmosphérique. Indépendamment des différences moi-- 
phologiques que ces différences de conditions peuvent déterminer dans les 
deux sortes de cultures, j'ai toujours trouvé entre elles une notable dif- 
férence d'activité. Ce sont les grandes cultures qui, dans tous les cas, ont 
manifesté la moindre atiénualion. Le liquide des petites eu Ituies, chauffé 
à -+- 80°, s'est toujours montré inoffensif sur le mouton, comme dans mes 
premières expériences. Quant au liquide des grandes cultures correspon- 
dantes, le chauffage à + 80° est loin d'avoir sur lui la même influence at- 
ténuante. Dans les lois de moutons inoculés avec ce liquide, il v a eu le 
plus souvent des pertes qui ont varié de { à ^. Ainsi l'inlervention plus 



(') Dans les culluits ordinaires, on obscive aussi frecjiK'ni nient la réunion des courts 
bàlonnels en petites lujs.ses iiivyulièies, où les spores se développent, en apparence, au 
liasard, sans que l'on puisse distinguer si le développement se fait entre les bords limites 

(le tel (lit tri rr;ii;infiil de nivcéliiini. 



( 77 ) 
active de l'air, (i;ir)s les grandes cultiire-i, n'augmente pas l'alténnation ; 
tont au contraire, l'aclivité des spores est encore telle que, dans le plus 
granii nombre des cas, on ne pourrait les employer sans chauffage préa- 
lable pour servir à la deuxième inoculation préventive, ce que l'on peut 
faire, sinon toujours, au moins le pins souvent, avec les spores des petites 
cultures. 

» Ajoutons que le défaut d'iiomogénéité qui s'observe parfois dans les 
produits des grandes cultiu-es ne se manifeste pas dans les petites cultures 
bien conduites. Aussi celles-ci paraissent-elles s'atténuer, en général, 
d'une manière plus uniforme quand on les soumet au cliauffage et gar- 
dent-elles, au moins pour le moment, une évidente supériorité sur les 
autres, au point de vue des applications à l'inoculation préventive. » 



NOmiVATIONS. 

L'Académie |)rocède, par la voie du scrutin, à la nomination de l'un de 
ses Membres, qui devra faire partie de la Commission mixte chargée de 
juger les Ouvrages adressés pour le Concours du Prix triennal fondé par 
M. Louis Foiild'n l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, sur l'Hiitoire 
des arts du dessin jusqu'au siècle de Périclès. 

M. Jamin réunit la majorité des suffrages. 



MEMOIRES PRESENTES. 

M. Jordan est adjoint à la Commission chargée d'examiner le Mémoire 
de M. Fontaneau sur « la déformation et les mouvements intérieurs des 
corps élastiques ». 

M. DuuoY adresse une réclamation de priorité au sujet de l'appareil dé- 
crit par M. Sandras dans le Mémoire qu'il a lu devant l'Académie sur 
les '< Inhalations médicamenteuses ». 

(Renvoi à la Commission nommée pour examiner le Mémoire 

de M. Sandras.) 



C. R., i884, 1" Semestre. (T. XCVIll, ?,• 2.) ^ ^ 



7« 



CORRESPOINDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de in 
Correspondance : 

1° Les livraisons 64 et 65 de la « Paléontologie française. Terrain juras- 
sique : Crinoïdes », par M. deLoriol; « Échinodermes réguliers », par M. G. 
CoUenii. (Présentées par M. Hébert.) 

2° Le numéro de mars 1 883 du Bullellino publié par le prince Boncompacjni. 

Ce ntunéro est consacré à la fin de l'arlicle intitulé : « Alcuni scritti ine- 
diti di Galileo Galilei, tratti dai manoscritli délia Biblioteca nazionale di 
Firenze, pubblicati ed illustrati da Jnlonio Favaro » 

M. I'Inspectecr général de la Navigation de la Seine adresse les états 
des crues et diminutions de la Seine observées chaque jour au pont Royal 
et au pont de la Tournelle pendant l'année i883 : 

« Les plus hautes eaux ont été observées, le 5 janvier, au pont de la 
Tournelle, à 6"", 01, et le 5 janvier, au pont Royal, à 6'",94. 

» Les plus basses eaux ont été observées les g, 10, 16 et 17 septembre 
au pont de la Tournelle, à — o",2o, et les 9 et 17 septembre au pont 
Royal, à i™,55. » 



ASTRONOMIE. — Observations de la comète Pons-Broohs, faites à l' équatorial 
coudé {Observatoire de Paris); par M. Périgaud. Présentées par M. Mou- 
chez. 



Dates. 

1884. 



Janv. 



3 

9 
12 . 



Étoiles. 

a 

. b 



Temps moyen Asccns. droite 



Correction 
de 



de Paris, 
h m s 
5.38.37 

5.33.49 

5.21.49 



apparente 
h m s 

21.59. '»3ï -i-i8,63 
22.40.16,50 +18,92 
22,59.22,98 +18,00 



Distance polaire 
lepliéniéride ('). apparente. 

+ 19.80. 16,4 
+ 8.41.28,4 

+ 3. 0.42,4 



Posilions des étoiles de comparaison. 



Étoiles. 

n 42836 Lai 
h 4483 1 .. . 
c 45io5 » 



Ascension droite Réduction 

moy. pour 1884,0. au jour. 

Il ni s s 

21.52.12,04 — o,3o 

22.49 17,93 —0,04 

22.57.58,21 —0,10 



Déclinaison 

moy. pour 1884,0. 

+ 19.45. 3,9 

+ 8.5o.3i,5 
+ 3.11.44,8 



Réduction 

au jour. 
« 

+ 11,0 
+ 7,0 
+ 4,3 



Correction Nombre 
de de 

l'épliéméride('). comp. 



— 4.42,0 
-5.54,7 

-6.i3,8 



Autorité. 

3 et 2 obs. iiiérid. Paris. 
3 obs. inérid. Paris. 
Iil. 



Astronomische Nticlirichte/i, 11" 2538. 



79 ) 



ANALYSE MATtiÉMATiQur:. — Sur le genre de quelques fonctions (nticrcs. 
Note (le M. Laguebre, pivseiitée par M. Ossian Bonnet. 

« Je considère une fonction entière F(x) du genre n, et je suppose que 
l'équation Y{3c) = o ait toutes ses racines réelles, ou, du moins, ait un 
nombre limité de racines imaginaires. 

» Soient |3,, jBoj ■ ■ ■■> ^k 'es racines imaginaires de cette équation ; je sup- 
pose, pour fixer les idées, que le nombre des racines réelles négatives soit 
limité et, en les rangeant par ordre croissant de grandeur, je les désigne 
par «1, «2, . . .. 

» En posant 

m 

^-w = ''•'-•"'■■■ (■ - ^) (■ - r) - (■ - s) n (' - .-)• 

où les fl,- désignent des quantités variables dépendant de la valeur du 
nombre entier m, on a évidemment 

F(x) = limF,„(.r) 
et 

F'„,(x) est une fonction de la forme 

e'""-^"=''-^--^""'"$,„(a;), 

où ^ml-^) fst un polynôme entier. 

» Les racines de l'équation $m(a') = o sont les mêmes que celles de l'é- 
quation 



F' 



ou encore de l'équation 



a, -+- la.^x + . . .-+-na„a: 



72— ( 



Pi -r-h ^-P 






cette équation, mise sous forme entière, est du degré (k + m -h n — i). 

» Elle a [in — i] racines réelles respectivement coniprises entre les 
nombres a, et «a, «o et a,, a, et a,, . . ., et qui, quelle que soit la valeur 
attribuée au nombre entier m, demeurent comprises entre des limites par- 
faitement déterminées; ces racines, je les désignerai par les lettres 

7i» 7^» 73' • • •» 7'n-f 



( 8o ) 

» Les k + n auties racines peuvent èlre réelles ou imaginaires, et la va- 
leur (le leur module put croître indéfiniment avec le nombre iw, elles sout 
essmliellement en nombre limité, et je les désignerai parles lettres 



I, 'J21 • • •, 'J/y^n- 



« On a donc, en désignant |)ar A,„ un nombre dépendant du nombre 
entier m. 



$,„(.)= A,„n('-^-)n('-j 



■) Le facteur fjf i — yj a pour limite un polynôme entier M(j), dont 
1 
le degré est au plus du degré {/c -h n); il peut être d'un degré moindre, s 
plusieiu-s valeurs de c?, croissent indéfiniment avec le nombre m. 

» On aura donc 



m-l 



F'( :r ) = 1 i m r ;„ ( ,r ) = vjr ( ^ ) 1 i ,„ g^. .• .„, ,■•- :-. .^-„„ ..... ^^ ^^_ -q j^ ^ 



1 



et, comme chacune des quantités y,- demeure comprise, quel que soil le nombre 
entier m entre deux limites déterminées, il est clair que la limite du produit 



m — I 



1 

est une fonction entière du genre n. 
» D'où cette conclusion importante : 
» La dérivée ¥'{x) est une fonction entière du genre n. 
» 2. L'équation 0,„(a-) = o ayant au plus k + n racines imaginaires, on 

voit, à la limite, que l'équation 

F(^) = o 

a également, au plus, /c -h n racines imaginaires; ce nombre étant essentiel- 
lement limité, il en résidle que F"{x), F"'{.v), .:., et en général toutes les 
dérivées de F(x), sont du genre 7?. 

>) La démonstration précédente suppose expressément que le nombre 
des racines imaginaires de l'équation F{x) = o est limité ; il est probable, 
toutefois, que le théorème subsiste encore, même dans le cas où elle a une 
infinité de racines imaginaires; mais, jusqu'à présent, je n'ai pas réussi à 
en obtenir une démonstration riootu'euse. 



( cS. ) 

)) 3. Ou rtablirait, comme ci-de'^siis, la proposition plus génf'rale qu 
suit : 

» F(.r) (lési(jnnnl une fonction entière du genre ?i, n'aihnellanl qn'tin nombre 
liinilé de fiicletirs iniarjinnires, la fbnctio)i suivante : 

fi„ F(.r) + R, V'{x) -h 02F"(^) + ... 4- HAF"".r, 

oii h i/ésigne un nombre entier quelconque , et ©p, 0,, . . ., 0;^ des polynômes 
entiers à coefficients réels ou itnaginaires, est une fonction entière du genre n. m 

GÉO.MÉTKIE. — Sur le limaçon de Pascal. Note de M. A. Genocchi. 

« Dans nn récent miméro des Comptes rendus (l'j décembre i883, 
p. 1/124), on a remarqué qu'une transformation, indiquée par Chasies pour 
obtenir h s ovales de Descartes, donne seulement des Hmaçon.s de Pascal. 
Cette remarque est juste, mais n'est pas nouvelle. M. Cayley l'avait 
déjà publiée en i85o dans le Journal de Liouville. J'y suis revenu en i855 
dans les Nouvelles Annales de Mathématiques, p. 206, où j'ai montré qu'em- 
ployant les coordonnées polaires p et w, si l'on remplace p par —p- et w par 

a'j, on transforme les courbes appelées limaçons en cercles; j'ajoutais : 
« Réciproquement, on transformera les cercles en limaçons, en remplaçant 
» p et co par s/nTp et ^oj. Ainsi il est visible que ce moyen, employé par 
» MM. Chasies et W. Roberts, pour obtenir les ovales de Descartes, fournit 
» seulement le limaçon de Pascal, comme l'a remarqué M. Cayley (^Journal 
n de Liouville, t. XV, p, 3.5/|). Il s'ensuit, en particulier, que l'ovale men- 
» tionné dans le tbéorèine, dont M. P. Serret a indiqué la démonstration 
» dans les Nouvelles Annales de Mathématiques, t. IX, p. 821 , n'est aussi 
» qu'un linuiçon. « Je rappelais aussi (p. 204) que cette courbe est en 
même temps une conchoïde circulaire et uneépicycloïde, et qu'elle a été étu- 
diée par Quetelet comme la caustique secondaire par réflexion dans le cercle, 
quoique la dénomination de limaçon de Pascal, introduite par Roberval, 
soit restreinte dans le Mémoire de Quetelet à un cas particulier. L'équation 
polaire d'un ovale de Descartes étant 

p- — 2|2(rtC0SW + ^) = /(-, 

j'en déduisais celle du limaçon par deux bypollièses distinctes, savoir en 
supposant ^ = o et A = — {a — b)- ou k = — [a-hb)-, suivant que a 
et b sont du même sij^ne ou de signes contraires. J'obtenais ainsi deux 



( 82 ) 
expressions de l'arc du limaçon, et leur rapprochement me donnait le 
théorème de Lnnden sur la réduction d'une intégrale elliptique de pre- 
mière espèce à deux arcs d'ellipses, avec la transformation analytique 
qui sert à cette réduclion. Pour le cas particulier indiqué par Quetelet, on 
doit faire de plus a = 2b; et c'est Quetelet qui a reconnu que l'arc d'un 
limaçon est toujours égal à un arc d'ellipse. Dans cette Note des Nouvelles 
Annales de Matliématiques, je sim|)lifiais l'expression de l'arc des ovales de 
Descartes qu'avait trouvée M. William Roberts, et un peu plus tard (même 
Volume, p. 260) j'ai montré qu'elle était réductible aux intégrales ellip- 
tiques. 

» Dans mon Mémoire de 1864 sur les caustiques secondaires, j'ai eu 
encore à m'occuper des limaçons, et j'ai remarqué que pour eux un foyer 
résulte de la coïncidence de deux foyers des ovales. En outre, ces courbes 
doivent jouir des propriétés que j'ai exposées pour les caustiques secon- 
daires, en général, et aussi de celles qui se rapportent aux caustiques par 
réflexion. Je mentionne à cet égard la généralisation que je crois avoir 
donnée le premier d'un théorème célèbre deDandelin, en démonirantque 
le lieu des pieds des perpendiculaires abaissées d'un point fixe sur les tan- 
gentes d'une courbe donnée est la caustique secondaire par réflexion 
d'une courbe semblable, la lumière étant supposée dans le point fixe : cela 
établit l'identité des caustiques par réflexion avec les développées des 
courbes appelées podaires. J'ai étendu la même propriété aux pieds des 
obliques faisant avec les tangentes un angle constant (pod;iires incli- 
nées). » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les équations différentielles linéaires à coeffi- 
cients doublement périodiques. Noie de M. G. Floquet('), présentée par 
M. Hermite. 

« La fonction Z{x) étant telle que 

Z(x 4- w)= Z(;r) -+- 7, Z{x +(,)') =Z{.t) -h q', oyq'— qi^'— any/— i, 
je pose 

(') IJre partout, dans la Note précédente, p. 38, '^(x) el 'l"(-^) au lieu de P(.r) et V'[x\. 



(83 ) 
de sorte qu'on aura 

11(0- -h oi) ~ u.(x), u'(x-hi'>) — u'{x) — <j>, 

u[x + w') = u[x) — w', il'[x + w') = u{x), 

« Soit alors F(a;) une fonction capable des deux formes 'r(.r) et 'r'(x). 
avec les multiplicateurs s et s.'. 

» î'(x) = çio(a:) +. . .4- a;'?, (a?) étant de degré quelconque /, je suppo- 
serai d'abord <S'{x) du degré zéro, auquel cas il vient 

f„{x-^r w') + ... + (^4- w')'<p,(a: + w') = i'[^fo{^') -^ ■ ■ --^ x'?i{-^)]- 

» En identifiant, on obtient i -+■ 1 équations qui dotinentles expressions 
de<p,(a;), ?,-,(x), . .., (po{.r). La première de ces expressions montre que 
(pi{!v) est doublement périodique de seconde espèce. La seconde conduit à 

t p,-i(^ + (■)') _ fi-i (^i _ . , 

'1 T~~ I \ ^ f 

ip,-(.r-t- w J tf,lJ:j 

et, par conséquent, la fonction 

qui admet la période w, admettra aussi la périotie oj'. J'en déduis 

W(,„(ar) désignant!}), (a;), et w,o(a.-) étant doublement périodique de seconde 
espèce, comuie Woo(x). On aura pareillement 

(pi-2{x) = CT2o(j^')+ '-^-C3,o(a-)ji+. ..-1- ' t^a ' ^oo(-^)"% 
et finalement 

Si l'on substitue ces valeurs des fonctions f dans l'expression U'(x), en 
ayant égard 'au + x = — u', on trouve 

F(x) = 5ro(^) +îy,(x)H'4- w,(a7}^f'- + ...4- w,(a;)M'', 

où les z7(j:) sont doublement périodiques de seconde espèce, aux multipli- 
cateurs eet s', et où zSi{x) est égal k (— i)'ip,(a'). 

» Le cas où 'l'(^) serait du degré zéro, et <S'{x) du degré /', se conclut: 



( H ) 

par analogie 

(i) r(£c) = 5y'y(a;) 4- zs\{jl')u ■+- . . .-h zs^jc) u''. 

» Quant au cas général des degrés /et /'quelconques, il se ramène aux 
précédents. Je démontre, en effet, que <p/(.r), g5,_, (x), . . ., 9o(-^) sont alors 
de la forme '-^'(a;), avec le multiplicateur s', mais avec des degrés respec- 
tivement égaux ou inférieurs à i', Z'+i, .. ., i'-\-i. Ces fonctions m sont 
donc des polynômes en u tels que (i). En les substituant dans ^S{x), puis 
remplaçant explicitement x par son identique —[u-j-ii'), on obtient 
pour F(a7) un pol3nôme Si{u, u') aux deux variables u et ;/ ayant pour 
coefficients des fonctions doublement périodiques de seconde espèce, de 
mêmes multi|)licateurs £ et s'. Ce jiolynôme est au plus du degré i -}- U . Il 
est toujours de degré i' par rapport à u, et de degré i par rapport à u' . 

» En appliquant ces considérations aux intégrales de l'équation 
P{j-) = o, on arrive aux résultats suivants : 

» P := o admet toujours, comme intégrales distinctes, m polynômes A. Leurs 
multiplicateurs sont les racines des équations fondamentales. Un polynùiue qui 
appartient aux multiplicateurs i et £', racines multiples d'ordres p. et p.', est de 
degré inféiieur à p.' par rapport à u et de degré inférieur à p. par rapport à u'. 
N de ces polynômes sont indépendants de u et de u', v — N de n', et v — N de 
M, de sorte que ce système fondamental renjer me à la fois les intégrales distinctes 
simplement périodiques de seconde espèce, en nombre maxinninij j)our cliaque 
période, et, parmi elles, toutes les solutions doublement périodiques de seconde 
espèce. 

» Le cas le plus ordinaire, après celui où l'une au moins des équations 
fondamentales a toutes ses racines inégales, sera celui où aucune des ra- 
cines multiples n'annulera tous les mineurs du premier ordre. Notre système 
fondamental se partage alors en groupes simples. En effet, chaque racine £ 
de A ^ o est alors associée à une racine i' de A' =^ o, ayant même ordre de 
multiplicité, et, si le cou])le (s, e') est multiple d'ordre p., à ce couple cor- 
respond un groupe de p. éléments âi^, Si,, ..., Ajj.-,, de degrés o, i, 
2, ■ .., p. — I, et de multiplicateurs £ et a', les coelticienls des plus hautes 
puissances de u et de u' ne différant que par des facteurs constants. 

» Voici, pour une équation P = o du second ordre, le système fonda- 
mental qui répond à tous les cas : 

sr„(x) et zô{x) étant doublement périodiques de seconde espèce. Les con- 



( o.^ ) 

sfantes A et B sont nulles si v el v' sont tons deux éganx à 2. Sinon, une au 

moins diffère de zéro, et 7Sg{x), 7:s(.x) ont toujours alors mêmes mullipli- 

/-\ I. Am . , A m' , 
cateurs. On a B = lorsque v=2,v = i,etB = lorsque v = i, 

v'^ 2. » 



therM0DYNAM1QI;e. — Sur In détente adiabatique de la vapeur d'eau. 
Note de M. P. Charpentieu, présentée par M. H. Debray. 

« Dans un précédent travail ('), nous avons rappelé que pratiquement 
on ne pouvait considérer comme négligeable l'influence des parois du 
cylindre où s'opère la détente d'mie vapeur, et que, par suite, celte délente 
ne pouvait se faire adiabatiqnement. 

» Au point de vue pinement théorique, il est cependant nécessaire d'étu- 
dier les phénomènes qui pourraient s'accomplir dans le cas d'une détente 
rigoureusement adinbalique. 

» On sait que la détente adiabatique d'une vapeur est accompagnée d'une 
condensation aliquote de cette vapeur. Cette condensation est la consé- 
quence de la détente qui a produit un travail utilisable, mais non la cause 
de ce travail , comme on l'a souvent dit à toi t. Quoi qu'il en soit des autres 
phénomènes, qui, en pratique, peuvent masquer la production de cette 
condensation, il n'en est pas moins vrai que la cause tendant à la produire 
existe toujours, quelles que soient les conditions du fonctionnement pra- 
tique du cylindre; elle doit entrer en équation, non pas à titre auxdiaire, 
mais à titre fondamental. 

M Pour établir la valeur numérique de cette condensation, MM. Clau- 
sius et Zeuner ont proposé plusieurs formules. 

» Nous pouvons arriver au même résultat en suivant une marche très 
simple, qui nous permettra de déterminer aussi exactement que possible, 
étant donné l'état actuel de nos connaissances sur la vapeur d'eau, la va- 
leur de l'exposant fx, qui figure dans l'équation de la courbe adiabatique 
D^'i^ = p,e'^, proposée par M. Rankine pour représenter la détente de la va- 
peur d'eau sèche et saturée. 

» En continuant à employer les notations que nous avons précédem- 



(') Comptes rendus, séance du 19 mars i883. 

C. R., 188^, 1" Semeslre. (T. XCVII1,N° 2.) '2 



( 86) 
ment indiquées, supposant que nous étudions une vapeur d'eau sèche et 
saturée, et nommant : 

i> le volume occupé par le poids de vapeur cy; aux température et pression 

initiales t el p; 
<', le volume occupé par cette même vapeur après sa détente adiabatique; 
ij; le poids de vapeur persistant à la fin du phénomène; 
T le travail externe total produit par cette détente. 

» On sait que l'on obtient pour la vapeur assimilée un instant à un gaz 
parfait la relation approchée 

/ ^ 



[J. — l 



» Écrivons que la chaleur transformée en travail de détente est identi- 
quement égale à la différence existant entre la chaleur possédée par le 
poids de vapeur cy, au départ et la chaleur conservée par le mélange 
final (l* + [i'yc — A) ; nous aurons l'équation suivante : 



A/;.. ( ;j, V- 



"7 1 [h— <}[,,] 

J'i ~ '7', 

» Des considérations spéciales ont amené M. Zeuner à adopter pour la 
vapeur d'eau sèche et saturée la valeur constante et moyenne f x = i,i35. 
Mais, sans qu'il soit besoin de donner la démonstration très simple qui 
nous amènerait au résultat important que nous allons énoncer, nous di- 
rons que les valeurs successives de '^i qui seraient fournies par la relation 
précédente, dans laquelle on ferait p. — i,i35, satisfont à très peu prés, et 
quelles que soient les pressions, à la relation 

» Ce nouveau théorème de Thermodynamique, dont on pourra plus 
tard apprécier l'importance, peut s'énoncer ainsi : 

» Dans la délente adiabatique de la vapeur d'eau sèche et saturée, le poids 

relatif— de vapeur persistant à chaque instant est donné par le rapport qui 

existe entre la chaleur latente externe finale el la chaleur latente externe initiale. 
» En calculant par la suite les diverses valeurs numériques de cette va- 



(87) 
riable ij;, nous montrerons que les valeurs de (j. ne sont pas constantes et 
qu'il n'est pas permis de lui assigner une moyenne pratique, telle que le 
nombre i,i35, tout au moins tant que l'on persistera à adopter une va- 
leur constante pour le coefficient de dilatation. 

» Nous pourrons nous convaincre que les rendements théoriques déjà 
faibles le devieniîent encore bien davantage si l'on considère ce qui se 
passe réellement en pratique, et nous serons amené à insister sur ce fait, 
que dans l'étude d'un moteur à vapeur il faut non seulement considérer 
la quanlité de chaleur mise en jeu, mais aussi la qualité de cette chaleur. 

» Ces considérations auront leur utilité dans nos études ultérieures pour 
la détermination de l'exposant ja, dans le cas de la détente d'autres va- 
peurs subceptibles d'une application industrielle, et pour la recherche de 
la constitution intime des vapeurs. 

« Il lie faut pas, croyons-nous, s'exercer à trouver des modifications 
phis ou moins ingénieuses aux mécanismes actuels : là n'est pas le pro- 
blème. Nous devons remonter à l'origine et modifier profondément le 
cycle. Pour en arriver là, il est fort utile, en se basant sur les principes de 
Thermodynamique reconnus comme vrais aujourd'hui mathématiquement 
et philosophiquement, de chercher à élucider les phénomènes physiques 
accompagnant la détente des vapeurs. Il est, de plus, nécessaire de se rap- 
peler que le défaut du moteur à vapeur réside dans l'existence de la chaleur 
lateiile inletne p, qu'il faut chercher à faire disparaître, ou tout au moins à 
atténuer la néfaste influence de celte chaleur latente, si 1 on ne peut éco- 
nomiquement parvenir à la retransformer en IravaU utile. » 

CAPILLARITÉ. — Sur l'accord de l'expérience et de la théorie dans l'élévation 
de l'eau entre des plaques verticales, parallèles et mouillées. Note de M. Quet. 

« La loi théorique qui régit les surfaces capillaires, lorsqu'elle est appli- 
quée à la section principale d'un liquide compris entre deux plaques verti- 
cales et parallèles, consiste en ce que l'élévation de chaque point de la 
courbe au-dessus du niveau général est en raison inverse du rayon de 
courbure. Si Cts est un élément de la courbe, que cljc soit sa projection sur 
l'axe horizontal ax- mené dans la section principale et sur le plan du 
niveau, et que h désigne l'inclinaison de cls sur l'axe des x, on a 

dv = dscosu, 

et, d'une autre part, R étant le rayon de courbure et du l'angle sous lequel 



( ^"^'"^ ) 

(h est vil (lu centre du cercle osciilaieiir, l'arc ds doil se confondre avec 
l'arc correspondant ^du de ce cercle. Il suit de là que l'on a 

{ 2 ) ( /a,' = R cos H du, 

(3) dz^ tangudx; 

le coefficient a^ est égala 15,1199. Il a été calculé par Laplace et ensuite 
par Poisson, d'après des expériences très précises, faites avec des tubes 
capillaires par Gay-Lussac. En éliminant R et dx, on tire de ces équations 



dz = — sin?^ du, 
1 ' 



s= c — a- cosu, 
(4) z- = h^ -\- n- — a- cosu: 

h représente la hauteur du point où la tangente est horizontale et qui est 
le point central de la courbe, point qui existe toujours lorsque les plaques 
sont préparées d'après les indications de Gay-Lussac; la dernière expres- 
sion est luie des formes que peut avoir l'équation de la courbe capillaire. 
Je désigne par h' la hauteur du point où la courbe rencontre une des 
plaques, et j'ai 




(5) 
(6) 

L'équation (6) permet de calculer la flèche lorsque h est donné et de la 
comparer à l'observation. Avec l'équation (5), on peut calculer la hauteur 
h' — a, à laquelle le liquide s'élève contre les parois planes et verticales 
des vases mouillés. 

» J'ai institué, avec M. Seguin, une nombreuse série d'expériences pour 
lesquelles M. Valson a prêté son utile concours, et je vais en indiquer les 
principaux résultats. 

Il Nous avons tiouvé que, dans les vases à parois planes et bien pré- 
parées, l'eau s'élève moyennement contre les parois à la hauteur de 3""", 89. 
Ce nombre diffère très peu de 3"", 88, qui est la valeur de la racine carrée 
de 1 5, 1 199, ou celle de a. 



( % ) 

)) Etitn^ (les plaques dont les distances étaient 

i""",25, i""",9'i, 7""", 84, 11'"'", 20, 
nous avons trouvé pour les flèches les valeurs suivantes : 
o'"-", 5/|, a™'", 04, 2""", 78, 3""", 22; 
les flèches calculées à l'aide de la formule (6) sont 

Omm 5-.^ 2""°, 07, 2'"'°, 77, 3""", 24. 

L'accord de la théorie et de l'expérience est, comme l'on voit, satisfaisant. 
» Considérons le problème à un point de vue plus général. 
Si l'on élimine R et :; entre les équations (1), (2), (4), on obtient 

, r/- roSH i/ti 

aa; = — 



2 sja--\-h*' — a-costt 



je désigne par t la tangente d'un angle auxiliaire 7 dont le double a pour 
sinus le rapport de «- à a- + /r, et j'ai 



((- •} t , a- / i ->!- t- cositdn 

SU! 27 = —, 77, = -, ' OJ: = — l / -; 

' «- -t- /i- , I -t- «- 2 V «- -t- /r ^, _ 2t coaii -+- t^ 

(.r, la puissance — r, du trinôme i — 2fcosM + ^' peut être développée, 
d'après la formule d'Euler, en luie série convergente de termes propor- 
tionnels aux cosinus des multiples de l'angle u, et l'on a 

(1—2/ cosii -ht') ' = Ao + A, cosM ■+- A, cosa/i -H A., cos3« -1- . . .. 

Les coefticients Ao, A,, A^, ... sont des séries convergentes contenant les 
puissances entières det; on a, par exemple, 

Ao = "(I + "1 '■ -+- "i"^' + "ii^" -!-..., 

A, = 2(«, ù -+- n, iint' -+- «2^3^^ -h . . ., 

A.= ; 

on a posé, pour plus de simplicité, 

r 1.3 1.3.5 

" 1 2.4 2.4.6 

d'après cela, la valeur de cLr devient 

dx ~ - \l 2 1 cos u du { A ^i -+- A,cos;i -t- A2Cos2«, . . .), 



(90) 
et, en remarquant que x = o pour u = o, on déduit de là 

(7 r. / 1 . \ ■ A, -4-A, . , A,-i-A,, . „ H 

X = - \ 2 .' A , «/ + ( 2 Ao + A 1 1 SU) Il -\ — ■ sin 2n-+- -^ — s\n5n-+- .. ] . 

» Cette expression donne une nouvelle forme de l'équation de la courbe 

capillaire. Si d est la distance des plaques, comme on a u = - pour 

</ ., . 
a- = -) u vient 

d = a \ it (k, ^ -h 2 \„ -h A , '~Y~^ + •••); 

en ordonnant par rapport aux puissances de /, on a 

d— a V 2t(i+ j i-h - i- -h -^l"^ -h ~t' 
* \ 4 3 32 24 

i5i7 . 5q „ inS- , \ 

H — T^r-^ — ^i" + y—. ^' + ...). 

21D 2100 109'J / 

» Cette équation permet de calculer la distance des plaques, lorsqu'on 
mesure h, et de la comparer à la valeur que l'on a trouvée par expérience. 
Je donne ici le Tableau de celte comparaison, où r/est la distance mesurée, 
d'iii distance calculée, h la hauteur du point central de la courbe, ramenée 
à la température de 8'^, 5, 

>oms 
^. A. /t(/. d' . d — (/'. des observateurs, 

mm niiii mm mm uim 

0,33 48j72 16,076 o,3i +0,02 Quel et Seguin . 

0,70 21,69 i5,i55 0,696 +0,004 " 

0,84 '7)8o 14,952 0,848 — 0.008 Edouard Desains. 

3,069 '3,773 i4)7i3 • ,090 —0,021 Gay-Lussac. 

i,i5 i-)94 145885 i,i5) — o,oo5 Qiiet et Seguin. 

4,96 2,58 12,797 4>92 +0,04 » 

7>84 1,34 10,427 7,75 +0,09 » 

11,20 0'7' 7>n~'- '0787 -)-o,33 >> 

» La petitesse des différences àe d ~ d' montre clairement l'accord qui 
existe entre l'expérience et la théorie. La plus forte de ces différences n'est 
pas la trente-troisième partie de la valeur, et l'on remarquera que le calcul 
porte sur cette valeur les erreurs relatives aux deux variables que l'on 
mesure. » 



(9' ) 



PHYSIQUE. — Nouvelle méthode de déterminer iinclinnison magnétique avec ta 
boussole à induction. Note de M. Wii.d, présentée par M. Faye. 

« Dans le n*^ 22 du t. XCVII des Comptes rendus (26 novembre i883), 
M. Mascart a publié so\is le titre : « Sur une boussole magnétique à induc- 
tion», un article dans lequel il fait mention de la méthode que j'ai indiquée 
pour l'emploi de cet instrument, mais son exposé pourrait faire croire que 
ma méthode ne comporte qu'une complication assez inutile de l'ancienne 
méthode de M. Weber. Qu'il me soit permis de décrire ici mon procédé 
pour démontrer qu'il comporte un avantage réel sur l'ancienne méthode. 

» La méthode indiquée par j\I. Weber pour déterminer l'inclinaison 
magnétique à l'aide de courants induits dans une bobine par les compo- 
santes horizontale et verticale du magnétisme terrestre est d'une expéri- 
mentation très facile et très exacte et ne demande pas un calcul compliqué. 
Elle est plus simple que les modifications que M. Mascart et moi avons 
indiquées, parce qu'elle ne demande pas un cercle divisé et que l'orienta- 
tion et le nivellement de l'axe de la bobine induite restent à peu de chose 
près les mêmes pour les trois méthodes. De plus, elle exige pour l'exécution 
moins de temps que la détermination de l'inclinaison avec une boussole 
ordinaire d'inclinaison à aiguilles aimantées et donne pourtant des résul- 
tats plus constaiits. Si son emploi n'est pas plus répandu, cela tient surtout 
à ce que l'appareil demande pour son installation plus de temps et un lieu 
convenable. 

» Dans plusieurs observatoires où l'on a introduit la boussole à induc- 
tion, on avait trouvé d'assez grandes différences (jusqu'à i5') entre les in- 
clinaisons déduites de ces expériences et celles obtenues avec les bous~ 
soles ordinaires, et l'on était généralement disposé à donner la préférence 
aux premières, comme impliquant moins de sources d'erreurs. Par des re- 
cherches plus approfondies à l'Observatoire de Pawlowsk, avec deux 
boussoles à induction de construction différente et une très bonne bous- 
sole à aiguilles de Dover, j'ai le premier démontré que cette supposition 
était erronée, et que la plus grande partie de l'erreur provenait des 
boussoles à induction. L'une des deux boussoles que j'ai employées don- 
nait une différence de 1 5' et l'autre seulement une de 5', en comparaison 
avec une même boussole d'inclinaison ordinaire. Dans le Mémoire (Mc- 
moires de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg , t. XXVI, n° 8, 
novembre 1878) où j'ai décrit ces expériences, j'ai ensuite démontré que 



' 92 ) 
l'erreur provenait de ce que les déviations des galvanomètres employés ordi- 
nairement dans ces expériences n'étaient pas rigoureusement proportion- 
nelles à l'intensité du courant, même lorsque ces déviations n'atteignent 
que 2" à 3", 5. Il fallait donc, pour éviter ces erreurs, ou déterminer la 
fonction d'après laquelle varie la sensibilité du galvanomètre avec la dé- 
viation et développer la théorie de l'oscillation d'un aimant dans un gal- 
vanomètre sous de telles conditions, ou trouver une méthode d'opération 
avec la boussole à induction qui fût indépendante de cette non-constance 
de la seDsibilité du galvanomètre. 

» C'est M. Chwolson, à Saint-Pétersbourg, et un peu plus tard M. Sclie- 
ring, àCôtlingue, qui ont entrepris de modifier la théorie de l'amortisse- 
ment d'un aimant oscillant dans un galvanomètre, en prenant en con- 
sidération sa sensibilité variable avec l'angle. M. Cliwolsou a, de plus, 
communiqué dans ses Mémoires à ce sujet [Mémoires de C Académie impériale 
des Sciences de Sainl-Pétersbomy, t. XXVI, n° 4, 1879, et t. XXVII, n" 3, 
1880) la détermination des fonctions de sensibilité |)our les deux galvano- 
mètres que j'avais employés dans mes recherches et en a déduit ensuite, 
d'après sa théorie, les corrections à appliquer à mes résidtals. Il a trouvé 
de cette manière que les différences entre les indications de la boussole à 
induction et de la boussole ordinaire à aiguilles se réduisaient, pour l'un 
des instruments, de i5' à o',6 et, pour l'autre, de 5' à o',6. 

» De mon côté, j'ai cherché à surmonter cette difficulté en expérimentant 
de façon à rendre les déviations à peu près égales dans les deux opérations. 
On y parvient en fixant l'axe de rotation de la bobine dans deux positions, 
qui fussent avec la direction de la force totale du magnétisme terrestre le 
même angle des deux côtés. Les déviations de l'aimant du galvanomètre 
changent alors de sens, mais elles sont à peu près égales dans les deux 
cas, et la variabilité de la sensibilité avec l'angle de déviation est alors éli- 
minée du résultat. 11 est vrai qu'il faut ajouter à l'instrument de M. We- 
ber, pour la réalisation de ce procédé, un cercle divisé qui permet de lire 
l'angle de l'axe de rotation avec la verticale. En appelant ces angles 
^1 et b., dans les deux opérations et rj), et cJj, les déviations constantes du 
galvanomètre obtenues d'après la méthode de multiplication, l'inclinaison 
magnétique / est donnée par la formule simple 

<jj,cosA| — (l), cos/', 

tanei = j^ i-^ ^• 

(p^sinè, — tp, sinô, 

» Des expériences que j'ai faites à l'observatoire de Pawlowsk (voir le 



( <)'^ ) 

Bulletin (le l' À endémie imjiériate des Sciences de Saint-Pétersbnurq, t. XXYIl, 
mai 1881) d'après cette niétho'ie, en choisissant des inclinaisons de l'axe 
de rotation distantes seulement d'environ 1° de l'inclinaison magnétique, 
douiiaient comme moyenne de i5 observations, pendant les mois de juin et 
juiUt't 1880, l'équation 

boussole à induction — boussole à aiguilles (Dover) = — o'5i"± 1 1", 

où ±11" représente l'erreur moyenne d'une comparaison. 

)> En i88r, j'ai encore j)erfectionné cette méthode en employant un 
galvanomètre dont la fonction de sensibilité était peu variable et en choi- 
sissant une fois la position verticale poiu* l'axe de rotation (l'angle avec la 
direction de la force totale est alors 90 — /'), l'anlre fois une position qui 
faisait avec la verticale l'angle /^ = i8o° — 2 1', où /' représente l'inclinaison 
approximative du lieu. Cette modification rend les observations beaucoup 
|ilus simples, et la formule devient alors 



tang/ = tang/'( 



(}j| étant la déviation constante de l'aimant pour la position verticale de 
l'axe. L'angle i' se trouve en mesurant h sur le cercle divisé. Douze obser- 
vations, d'après celle méthode, faites à la fin de l'année 1881 et au com- 
mencement de 1882 par trois observateurs différents, ont fourni le ré- 
sultat: / 

boussole à induction — boussole à aiguilles (Dover) = — o'5o"± 9". 

Le résultat est donc presque le même, et l'on trouvera que l'exactitude de 
la méthode ne laisse rien à désirer. 

» De plus, une détermination complète demande moins de temps qu'avec 
la boubsole à aiguilles (3o"). Les recherches seront encore poursuivies 
avec des appareils modifiés, et surtout plus petits. » 

ÉLECTRICITÉ. — Sur l'obseiuation des coufaiils tetluiiques. 
Note de M. LviincQUE. (Extrait.) 

« ... El) résumé, interprétant mes obsprvations personnelles, je dis que 
l'inteubité du courant telliiriqiie subit des tbictuations secondaires dépen- 
dant du de^ré d'humidité et de la température de la bande terrestre com- 
prise dans le circuit; i\ur- des forces électromolrices sont développées aux 

C. B.. iP8/|, i" S,-me<lrc. (T. \GV11I, N' 2.) t3 



(94) 

contacts; que les longues lignes sont exposées à des actions secondaires 
pouvant provenir de leur inserlion sur des zones de signe électrique con- 
traire, de l'induction électrostatique que la Terre peut exercer sur ie fil, 
des vicissitudes atmosphériques lorsijue la ligne est aérienne et nue, et de 
l'induction magnétique lorsque le fil est magnétique. 

» La méthode suivie par M. Blavier pour éliminer ces diverses actions 
secondaires, et les résultats qu'il a ohtenus et dont quelques-uns, très inté- 
ressants, m'ont été obligeamment communiqués, sont hors de cause. 

» Mais il existe une autre méthode, plus pratique, à mon sens, qui con- 
siste à observer sur des lignes très courtes, lesquelles ont l'avantage de 
pouvoir être installées dans le local même d'un observatoire. Un réseau 
de quatre ou cinq lignes de quelques mètres de longueur, rayonnant autour 
d'un point et abritées sous un hangar ou dans une cave, répond à fous les 
besoins (un |)hysicien italien, M. Galli, a fait une tentative dans ce sens). 
Dans ces conditions, les actions secondaires sont éliminées en grande 
partie, et l'on a tout avantage à se servir d'un fil très peu résistant et non 
magnétique. Ce dernier détail a, je crois, son importance lorsqu'on se pro- 
pose de rechercher si les courants telluriques sont la cause ou l'effet du 
magnétisme terrestre. » 

THERMOCHIMIE. — Dclevminalion de la chaleur de coinbmtion de quelques 
acéloues et de deux élliers de l'acide carbonique. Note de M. W. Lour.iu- 
xiNE, présentée par M. Berlhelot. 

« Je me suis servi dans ces recherches des mêmes méthodes d'expérimen- 
tation et de calcul que dans mes travaux précédents. 

» Les acétones sur lesquels j'ai opéré ont été pour la plupart préparés 
dans mon laboratoire, purifiés et analysés par moi. 



C^ H= 



» {a) Chaleur de combuslion du diélhylkélone ^ . ^ CO : 

1 8'56i74 

2 8586,6 

-- 3 8559, 1 

» Moyenne, 8569"', o pour 1*='" de substance brûlée, cl pour i'""' en grammes 'j36c)34<^''', 
correspondant à l'équation 

C'H\ 

CO liquide +140 gazeux = SCO* gazeux + 5 H* liquide. 



( 05 ) 



» (b) Dipropylkéione CO : 

cal 

1 9216,6 

2 9249'2 

3 93o3,6 

'i 9'^':>3 

o 9'235,c) 

>' Moyenne, 9244*^"', 5 pour 1°'' de substance brûlée, et i)our l'^'^'eii grauimes i o53 873"', 
coriespondant à l'cqualion 

^ CO liquide + 20 gazeux = 7 CO- gazeux H- 7 H- G liquide, 

» (r) Dmop'o/j//^e7one [CH(CH')^]-CO ; 

rai 

1 9'4i,4 

2 9 1 96 , 8 

3 9'89,4 

'* 9'62,i 

» Moyenne, 91 72"', 4 pour i-^' de substance brûlée, et pourr""'en grammes 1 045654"^", 
correspondant à l'équation 

CH(CHM% „ .. 

. CO liquide 4- aoOeazeux = 7C0- gazeux + tM'O liquide. 
CH(CH^)-^/ b > b ; 1 

» {d) Mélliylhexylhétone .^^CO: 

(j Jtl ' ' 

1 9486,0 

2 9454,9 

3 9460,4 

» Moyenne, 9467"',!, dégagées dans la combustion de i^'' de substance et dans la com- 
bustion de 1"'°' en grammes 1211789"', dégagées suivant l'équation 

C*H"'0 liquide -1- î30 gazeux = 8 CO^ gazeux + 8H-0 liquide. 

» Il suit de ces recherches : 

» (rt) Que les différences entre les chaleurs de coinbustiou des acétones 
isomères dipropyliqnes et diisopropyliques sont de 1053873*^"' et 
I o/j5 654'^"''' = Saigcii, ce qui fait à peu près 0,8 poiu' 100 des nombres 
correspondants, et ne dépassent pas la limite d'erreur de ce genre d'expé- 
riences. Donc, encore une fois, il y a confirmation de cette règle géné- 
rale que les corps isomères de même fonction chimique dégagent dans 



leur combustion approximativement les mêmes quantités de chaleur. 

» [b) Les différences entre les chaleurs de combustion des acétones 
homologues sont : entre le dipropylkétone 1 053873*^"' et le diélhylké- 
tone, 736954""' = 316969"' pour aCH" et pour CH-, i5846o''''; entre 
le niéthylhexylkétone 121 r 789^^^' et le dipropylkétone i o53873*'''', ce qui 
fait pour CH^, 157916*^*', nombres qui se rapprochent beaucoup de ceux 
observés dans d'autres séries homologues. 

» J'ai étudié également les chaleurs de combustion des deux éthers de 
l'acide carbonique : 

» (a) Ellier méthr [carbonique l CO : 

cal 
1 3784,97 

2 3785,80 

3 3753,70 

4 3772,90 

» Moyenne, 3774"'» 34 pour i^'' d'éther brûlé, et pour i"'"' en grammes 339691"^"', dé- 
gagées suivant l'équation 

C'H'O' liquide -I- 60 gazeux = 3C0^ gazeux + 3 H=0 liquide. 

» ib) Ëlhef ëthylcarbonique ^ CO : 

1 5462',"3 

2 5428,3 

3 5433,9 

4 5446, "1 

» Moyenne, 5441"', 8 pour 1'""' de cet étiier brûlé, et pour i^^'en giaiiiuies 642250"^'' 
dégagées suivant l'équation 

C' H'» O' liquide + 12O gazeux = 5 CO- gazeux -1- 5 H'^0 liquide. 

» On déduit de ces expériences pour les différences entre les chaleiu's de 
combustion de ces deux éthers homologues 3o2 559"' pour 2CH- et 
iSiaSo"^'"' pour CI1-. Donc, c'est un peu moins que dans d'autres séries 
homologues. 

» En comparant les chaleurs de combustion des éthers de l'acide car- 
bonique dont les formules sont symétriques avec celles de l'acéloiie ordi- 
naire pour l'un et du diéthylkétone pour l'autre, et n'en diffèrent que par 
les deux atomes d'oxygène qui s'ajoutent dans les éthers aux radicaux 
alcooliques, on trouve que l'intraduction de ces deux atomes d'oxvgène a 



(97 ) 
amené une diminution dans les chaleurs de combustion de 424000*^^'' (acé- 
forie) à 339691™' (éllier métliylcarbonique) = 843io'=*' pour 2O et pour i"' 
d'oxygène 42i55''^'. 

» En comparant de la même manière les chaleurs de combustion de 
l'éther éthylcarbonique et du diélliylkétone, on trouve que l'introduclion 
des deux atomes d'oxvgène amène, dans ce cas, une diminution dans la 
chaleur de combustion de 736 934*^"" (diéthylkélone) à 64225o"' (éther 
éthylcarbonique) := 94(384*^"' pour les 2^' d'oxygène introduits dans la for- 
mule de l'éther et pour 1*' d'oxygène 47342*^*', nombre légèrement supé- 
rieur à celui trouvé précédemment; néanmoins, comme ces différences sont 
prises sur des nombres considérables, elles ne dépassent pas de beaucoup 
les limites des erreurs de ce genre d'expériences. » 

CHIMIE. — Sur les plicnomènes de clissocialion. Note de M. Isambert, 
présentée par .M. Debray. 

o Comme conséquence de mes recherches expérimentales sur la disso- 
ciation, j'ai été conduit à chercher s'il ne serait pas possible de réunir les 
faits connus par une théorie simple basée sur les données thermiques, qui 
permettent seules de se rendre compte des phénomènes de la Chimie. 

» Quand la décomposition d'un corps ne donne pas naissance à un gaz 
ou à une dissolution, il ne saurait se produire de phénomène de dissocia- 
lion. La réaction est réglée par la loi générale formulée par M. Berlhelot : 
Q^=Q,-1-/^ — c; Q,. et Qf, chaleurs de combinaison aux températures T 
et t, et II — u, différence des chaleurs absorbées par le composé et ses élé- 
ments pour passer de t à T. La combinaison subsiste tant que Q-,. est supé- 
rieur il zéro; elle est complètement détruite si cette quantité devient infé- 
rieure à zéro. 

» Le phénomène change de caractère lorsqu'on est en présence d'un 
liquide qui dissout un ou plusieurs des produits de la décomposition; à la 
même température, Q,. varie alors avec la concentration de la dissolution. 
La décomposition est arrêtée quand l'élément libre est en dissolution assez 
concentrée pour que la chaleur produite dans la recombinaison fasse équi- 
libre à l'action décomposante du dissolvant. Ce phénomène a été nettement 
étudié par M. Berlhelot et M. Ditte dans les décompositions par l'eau des 
éthers, de l'azotate de bismuth, du sulfate de mercure, etc. 

» Le cas le plus difficile est celui dans lequel la décomposition donne 
naissance à un élément gazeux : la différence Q, — Q, se compose alors non 



( 9« ) 
seulement de m — c, mais, en outre, d'un terme représentant la chaleur 
qui correspond au travail mécanique produit. L'expérience nous apprend 
que la tension maximum, constante à la même température, va en aug- 
mentant d'nne façon régulière avec la température, suivant les mêmes lois 
que les forces élastiques des vapeurs; V étant le volume d'un équivalent 
à la température T et à la pression Ji, T et t les températures auxquelles 
correspondent les pressions II et h, le travail développé par le gaz est 

j^ représentant les logarithmes népériens, La formule qui donne le poids 
d'un gaz, en évaluant en kilogrammes la pression normale, donne 

yTT yvi'l H- aT]lo333 

1 , 293 X 'l 

En appelant E l'équivalent mécanique de la chaleur, on a 

|=A(.+aT).f = B. 

Pour qu'il n'y ait aucun changement, ni dégagement de gaz, ni condensa- 
tion, f< — r-l-B = o et alors Qr = Qf.Mais u — v est proportionnel kT — t: 
la relation devient donc 

L'égalité u — i>-{-^ peut s'énoncer d'une manière très nelte; elle indique 
que la chaleur perdue par suite de la différence des chaleurs spécifiques a 
été transformée intégralement en travail extérieur. Quant à la formule (a), 
elle fournit la relation théorique qui relie entre elles les quantités H, h, 
T et t, cette relation dépendant, en outre, des chaleurs spécifiques et de 
(Z, coefficient de dilatation des gaz, qui est le plus souvent fonction de T 
et de H. 

» Cette formule générale s'applique aussi bien à la condensation des 
vapeurs qu'à la combinaison des gaz avec les solides ou les liquides, phé- 
nomènes très voisins l'iui de l'autre. Dans le premier cas, on a en effet 

dans le second cas, 

Qt = Qt + «' — t" = rt + >-f 4- «' — ^ ; 



(99) 
à une température suftisaniDieiil élevée, Qt, = ^m ^^ g'^z liquéfié et le gaz 
combiné répondent au même dégagement de chaleur quand les tempéra- 
tures sont respectivement / et T, ; les forces élastiques maxima sont alors 
les mêmes; quand les températures changent, ces tensions suivent la loi (rt), 
et pour une même différence de température on a 

, H „ l-t 

et 

Tn étant supérieur à T, on a H'-< H, et la différence est d'autant plus sen- 
sible que ï, — t est plus grand. L'expérience nous montre précisément 
qu'il en est toujours ainsi : les courbes des forces élastiques ou des tensions 
niiixima s'éloignent d'autant plus vite de l'axe des x que les températures 
qui correspondent à une même pression initiale sont plus basses. 

» Du reste, les formules logarithmiques, telles que (a), sont celles qui 
représentent le mieux la variation des forces élastiques des vapeurs; cette 
expression revient à la formule de Roche. Il est bon de remarquer que les 
gaz étrangers n'exerceraient aucune action, car leur pression ne saurait 
modifier la chaleur de combinaison ou de condensation du gaz soumis à 
l'expérience. 

» Ces données permettent d'arriver sans peine aux formules qui règlent 
la dissociation des corps, tels que le bisulfhydrale d'ammoniaque, qui se 
décomposent en donnant des volumes égaux des gaz composants. A une 
température T, dans le vide, on a, pour chaque gaz, d'après la formule (a), 

^ 'jfao ' ^ 760 ' 

la pression totale étant 2II. A la même température, l'un des gaz étant en 

excès, on a 

H' , H" 

"7^ = "i> 'og—T- 



loo;-7^=:«,, loe;-7^=a,; 



l'équilibre correspondant à l'égalité de chaleur dégagée par le travail mé- 
canique sera obtenu si a -\- a'=: n,-h a\ ; on a donc 

2log-^ = log4^-^log^ ou H==H'H". 

C'est la loi quia été donnée en parlant de considérations théoriques très 



( '°" ) 
(lit'férenles, et que j'ai vérifiée par l'expérience pour le bisulfhyclrato d'ati!- 
inoniaque et d'autres corps de même composition. 

)) On arrive de même à la relation qui donne la loi de (lissocialioii alors 
que les volumes gazeux résultant de la décomposition sont inégaux. Ainsi, 
pour le carbonate anhydre d'ammoniaque, la dissociation dans le vide 
donne deux volumes de gaz ammoniac pour un d'acide carbonique. A la 
température T, on aura les deux relations suivantes : 



H , H 

—^ ^ a. 1 loar—^ 



En présence d'un excès de l'un ou de l'autre gaz, H' étant la tension de 
l'acide carbonique, H" celle du gaz ammoniac, 

,11' , , H" 

» 7fao =■ 7b() 

En égalant a -i- <^" à « + ^>.a^, on a H^ = H' H"-. C'est ici encore la loi que 
j'ai vérifiée expérimentalement. 

» Ainsi, en partant de cet énoncé très simple, la chaleur qui disj)araît 
en vertu des différences de chaieiu's spécifiques se transforme totalement 
en travail extérieur; on arrive à des lois simples qui sont rigoureusement 
vraies pour les gaz parfaits et d'autant plus approchées que les gaz sont 
plus éloignés de leur point de liquéfaction. Ces lois, qui s'appliquent à la 
liquéfaction comme à la combinaison des gaz, seront donc mieux vérifiées 
par l'expérience dans le cas des phénomènes de dissociation. 

» J'espère présenter bientôt à l'Académie quelques nouvelles réflexions 
sur ces études générales, mais je ne saurais oublier de foriiuder ici une 
conséquence immédiate de ces recherches. La dissociation résultant de 
variations dans la valeur de u — c, ou des chaleurs sj)écifiques, est un 
phénomène régulier, et il ne saurait y avoir discontinuité, si ce n'est quand 
u — V éprouve des variations brusques, par suite d'une transformation iso- 
mérique par exemple. » 

CHIMIB:. — Sur la préjiaration du sulfate de sesqiiioxjde de chrome pttr. 
Note de M. 11. B.vubigxy, présentée par M. Debray. 

« L'oxyde de chrome calciné peut facilement être obtenu très pur, 
mais l'acide sulfurique concentré et bouillant, le seul acide qui le dissolve 
en quantité appréciable, n'en dissout encore que si peu, même après luie 



( lo, ) 
longue ébullition, que cette mélliode n'est point possible pour la prépara- 
tion du sulfate; il faut opérer avec l'hytlrale, et le sel le plus convenable 
à cet eflet est le bichromate. Les aluns de chrome eux-mêmes, pour des 
raisons que l'étendue de cette Note ne permet pas de donner, se prêtent 
moins bien à la préparation du sulfate pur, 

» Le bichromate purifié par plusieurs cristallisations est redissous et la 
solution traitée par un courant de HS. L'oxyde CrO^, qui se précipite d'a- 
bord, se transforme peu à peu en hydrate de sesquioxyde mél.ingé de 
soufre, qui se sépare dès le commencement de la réaction. En solution, 
reste la potasse à l'état de sulfate, d'hyposulfite et de sulfiiydrale de sulfure 
avec un peu de soufre. C'est au dernier composé que le liquide doit sa 
réaction alcaline et sa teinte jaune, qui pourrait faire croire, lorsqu'on 
opère avec des dissolutions étendues, à la présence de chromate neutre 
en solution. L'as[)ect de la liqueur et les rapports de poids des diffé- 
rents composés oxygénés de soufre formés, varient d'aiileiu's avec les con- 
ditions de l'opération, notamment l'état de concentration et la tempé- 
rature. 

» A l'origine, il ne se forme que du sulfate; l'hyposulfile n'apparaît que 
dans la dernière période d'oxydation. 

» En opérant à froid, le quantité de chrome qui reste dans la liqueur 
est fort minime, et la précipitation du chrome est totale, si l'on opère à 
chaud, ou même en portant simplement à l'ébullition après saturation par 
HS('). 

» L'hydrate est alors lavé d'abord à froid, puis à chaud, en le mettant 
en suspension dans de l'eau bouillante, qu'on renouvelle jusqu'à ce qu'elle 
ne noircisse plus par l'action de quehpies gouttes de nitrate d'argent. 

» Si l'opération a été bien conduite, on peut avoir ainsi de l'hydrate de 
sesquioxyde de chrome, absolument exempt dépotasse, et ne retenant en 
combinaison que de petites quantités de composés oxygénés du soufre, qui 
ne présentent aucun inconvénient pour la préparation du sulfate pur. 

» On peut en effet retrouver dans l'oxyde de chrome des traces d'alcali, 
même à l'état de sel, de sulfate par exemple, d'une manière très simple. 
On calcine l'oxyde à examiner, à haute température, dans un moufle à 



( ' ) Je signale ce fait, parce que H. Rose, dans son Traité d'Analyse, dit qu'it est ahso- 
ument nécessaire d'ajoiiler de l'acide libre, même dans une dissolution d'acide chromique 
pur dans l'eau, si l'on veut le réduire complèleuient à l'état de Gr'O' par HS. L'assertion 
est donc contraire à la réalité. 

C. R., iS8'|, 1" Semeslre. (T. XCVUI, N° 2.) '4 



( I02 ) 

atmosphère oxydante, et ensuite on arrose l'oxyde refroidi avec un peu 
d'acide nitrique pur étendu. La présence de l'alcali est dénoncée par la 
teinte jaune que preiul le liquide et due à l'acide chromique formé. Dans 
le doute, on peut caractériser la présence de cet acide plus nettement en- 
core, en évaporant à siccité le liquide filtré et additionné d'une goutte de 
nitrate d'argent. Par l'évaporation de l'acide nitrique où le chromate d'ar- 
gent est soluble, ce sel apparaît alors avec sa couleur rouge caractéristique. 
Dans le cas où l'oxyde de chrome est pur, il ne se produit aucune colora- 
tion, car l'action de l'air seul est insuffisante pour transformer l'oxyde 
Cr^O' en acide chromique. 

» Ce contrôle, par l'acide nitrique, est une précaution que l'on ne doit 
jamais omettre pour vérifier la pureté de Cr=0' quand on le dose en pré- 
sence des alcalis. 

» Il y a plus, si la quantité de sel alcalin est sensible et a fortiori un peu 
notable, cas qui se présente en calcinant /o/<eme/U l'alun de chrome potas- 
sique, il y a perle d'oxyde de chrome. Le bichromate, formé par l'action 
de Cr=0' sur le sulfate alcalin en atmosphère oxydante, perd au rouge de 
l'acide chromique par volatilisation, et à l'état de vapeur cet acide CrO', 
étant soustrait à l'influence de l'acali, qui s'opposait à sa destruction, se 
décompose et l'on trouve les parois supérieures du creuset et souvent celles 
du moufle tapissées de lamelles cristallines de l'oxyde Cr^O'. Cette expé- 
rience de volatilisation apparente du sesquioxyde de chrome réussit naturel- 
lement très bien avec le bichromate de potasse, et l'on ne peut parer à cette 
volatilisation que si l'acide chromique est en présence d'un excès d'alcali, 
ou au moins à l'état de chromate neutre. 

» L'hydrate de chrome, une fois purifié et essoré, est dissous dans la 
quantité minimum d'acide nitrique, qui par l'action de la chaleur fournit 
le sel violet. A la liqueur refroidie on ajoute ensuite un léger excès d'acide 
sulfurique étendu et, dans ces conditions, on précipite le sulfate de chrome 
violet par addition d'alcool, puisque la variété verte seule y est soluble. On 
filtre rapidement le sulfate pour éviter de le laisser en présence du liquide 
qui peut s'échauffer, par suite de l'action de l'acide nitrique sur l'alcool. 
Le sel essoré et redissous dans l'acide sulfurique très étendu est précipité 
une seconde fois et l'on termine la purification par deux redissolntions dans 
l'eau pure et deux séparations par l'alcool, en essorant le produit après 
chaque opération. 

» De même que, pour l'alumine, on recueille de préférence les derniers 
cristaux qui se forment et sont constitués par de petits feuillets nacrés, car 



( '«3 ) 
de la sorte, si le produit pouvait encore renfermer des traces de potasse, 
comme les aluns sont beaucoup moins solubles que les sulfates des ses- 
quioxydes dans les liqueurs alcooliques, on les éliminerait par cette mé- 
thode de sélection, en rejetant les premiers cristaux formés. 

» Comme le sulfate de sesquioxyde de chrome présente la même parti- 
cularité quecelui d'alumine, c'est-à-dire de retenir encore à 44o° et même 
dans le vide, et cela très énergiquement, de petites quantités d'acide sul- 
furique en excès, cette méthode est la seule certaine pour avoir ini sel 
correspondant à la formule Cr-O', 3S0'. 

» Une seconde méthode de préparation du sulfate de sesquioxyde de 
chrome consiste à traiter par l'eau un poiils donné d'acide chlorochro- 
mique, à le réduire peu à peu, en évitant avec soin toute élévation de 
température, par des additions ménagées d'alcool, puis à ajouter à froid, 
de manière à conserver la variété violette du sel, de l'acide sulfurique 
étendu de 2 à 3 volumes d'eau, et en quantité déterminée, puisqu'on part 
d'un poids connu d'acide chlorochromique, pour transformer en sulfate 
tout le sesquioxyde de chrome. En opérant ainsi avec des produits tous 
volatils, on peut donc encore obtenir un sulfate propre à des détermina- 
tions du genre de celles qui m'occupent ; car, pour le purifier, il suffit de 
le soumettre à la méthode des précipitations successives par l'alcool. 

» Dans la prochaine Note, j'aurai l'honneur de communiquer à l'Aca- 
démie les résultats numériques que m'ont donné mes déterminations d'é- 
quivalent avec ces sulfates de chrome. » 

CHIMIE. — Sur la densité de Voxygène liquide. Note de M. Menges. (Extrait.) 

« Pour déterminer la densité de l'oxygène liquide, je propose la méthode 
suivante : 

» Le tube de l'appareil Cailletet plonge en partie dans un liquide froid; 
le reste du tube est entouré par un liquide à la température ambiante. 
Soient v le volume du gaz liquéfié et V celui de la partie gazeuse. Si d est 
la densité du liquide et Q le poids total, on peut poser 

(a) Ç^ = vd + Nx, 

M Avec le même tube, on fait une seconde expérience, mais avec une 
longueur moindre dans le liquide froid. Eu abaissant le mercure, on di- 
minue la quantité de gaz liquéfié jusqu'à ce que le volume de la partie ga- 
zeuse, entouré par le liquide froid, soit le même qu'auparavant. Si le volume 



{ '0/, ) 

total de la partie gazeuse est maintenant V -+- V,, et t', le volume liquide, 
on a 

(13) i^ = i>,d-^-Yx-\-Y,c/,, 

d, étant la densité du gaz dans la partie du tube voisine du mercure. Celle 
densité est connue, puisqu'on connaît la pression, et la température est 
celle du liquide qui entoure cette partie du tube. Ces deux équations 
donnent 

» La méthode employée par M. Wroblewski (voir Comptes rendus, 
séance du i6 juillet i883), et dont il vient d'indiquer les détails dans les 
Aunalen cler Physik und Cliemie, t. XX, p. 860, repose sur une supposition 
qui n'est pas justifiée. M. Wroblewski fait deux expériences, l'une avec 
l'oxygène, l'autre avec l'acide carbonique. Cela donne les ô.ey\\ équations 

(1) Q. = v,^. + ^,. 

(2) Q2 = VaC^j + f/o, 

Çi et (jfj étant les quantités restées gazeuses. 
M Ces deux équations donnent 

Il admet que le second terme est négligeable; il reste alors 

(3«) ^'=^=?l;- 

» Celte supposition revient à admettre que les quantités restées gazeuses 
sont proportionnelles aux quantités des gaz. Cette supposition me semble 
invraisemblable, à cause de la grande différencedes températures (i3o°C.) 
pour les deux gaz. M. Wroblewski calcule la valeur du terme qu'il néglige, 
mais ce calcul ne prouve rien, car il se sert de la valeur de d, tirée de la 
formule (3rt), c'est-à-dire de la formule (3), dans laquelle on a adnns que le 
teime qu'il s'ayit de calculer est égala zéro. Il est donc évident qu'on obtien- 
dra toujours zéro pour le terme négligé. 

» La valeur exacle de la densité de l'oxygène liquide est donc encore à 
déterminer, et il me semble qu'on peut l'obtenir par la méthode que j'ai 
indiquée. » 



( io5 ) 

ClllMiK ORGANIQUE. — Sur l'élli)' laie f'ertiqite el l'hydrate feriiqne colloïdal. 
Noie de M. Ed. GniM.vux, présentée par M. Wiirtz. 

« Lorsqu'on fait réagir une molécule de chlorure ferrique dissous dans 
l'alcool absolu sur six n)Q.lécules d'éthylale de sodium, il se forme immé- 
diatement un précipité de chlorure de sodium et une solution limpide d'un 
rouge brun très foncé, qui ne renferme plus de chlore. Tout le fer se 
trouve dissous dans l'alcool à l'état d'éthylate ferrique. 

» Cette solution, faite avec 3^', aS de chlorure ferrique dissous dans 25'^" 
d'alcool absolu et i^%4o ''^ sodium dissous dans le même poids d'alcool, 
peut être distillée au bain-marie s^ns altération; il reste une masse noire, 
pâteuse, soluble dans l'alcool absolu, la benzine, le cliloroforme, l'éther, 
de pétrole et l'alcool méthylique. Mais, si l'on chauffe ce résidu dans le 
vide, de manière à enlever les dcriiièros traces dn dissolvant, il se sépare une 
poudre brune qui est formée d'hydrate ferrique; la petite quantité d'eau 
que poiivait encore retenir l'alcool ou qu'il a prise pendant les manipula- 
tions, réagit sur l'éthylate ferrique et le décompose presque entièrement. 
En ayant la précaution d'opérer les filtrations dans l'air sec, on parvient à 
n'avoir pas nue décomposition totale : le produit ne donne à l'analyse que 
i8,5 pour loo de carbone. 

» La sohition alcoolique d'éthylate ferrique n'est pas précipitée par un 
courant de gaz ammoniac sec; avec l'acide carbonique sec elle donne im- 
médiatement un précipité brun ocracé; l'hydrogène sulfuré sec fournit du 
sulfure ferreux. Le ferrocyanure de potassium se comporte avec elle comme 
le ferait l'eauet précipite de l'hydrate ferrique. 

» L'action de l'eau est différente suivant les proportions employées; 
la solution alcoolique, abandonnée à l'air ordinaire, absorbe rapidement 
l'humidité atmosphérique et donne une coagulation épaisse d'hydr;ite fer- 
rique; l'addition d'une petite quantité d'eau amène immédiatement le 
même résultat. Si l'on verse la solution alcoolique d'éthylate fenique dans 
un excès d'eau, on obtient des liqueurs limpides qui présentent les carac- 
tères des solutions de l'hydrate de fer colloïdal décrit par Graliam. Elles 
se coagulent spontanément, au bout d'un temps plus ou moins long, ou 
rapidement par l'action de la chaleur; elles précipitent par l'addition d'un 
grand nombre de corps, tels que : acide carbonique, acide sulfurique, 
acide tartrique, azotate, chlorure, bromure et ferrocyanure de potassium, 
chlorure de sodium, de baryum, eau de baryte, carbonate de soude ; l'eau 
de rivière amène également la précipitation. Il n'y a aucun trouble par 



( >oG ) 
l'addilion d'acido acétique, d'acide azotique, d'acide chlothydrique et 
d'ammoniaque. L'hydrogène sulfuré donne un précipité noir. 

» Pour compléter les notions que nous devons à Graham sur les coagu- 
lations de l'hjdrate de fer colloïdal, j'ai étudié les conditions dans les- 
quelles cette coagulation a lieu avec de l'hydrate de fer colloïdal prove- 
nant de la décomposition de l'éthylate ferrique. Celle étude monire que la 
dilution retarde la coagidation, qui exige un temps d'autant plus long et 
une température d'autant plus élevée que la solution est plus étendue. 

» Influence du temps sur la coagulalion. — La température de l'eau étant 
de 12'^ et celle du laboratoire de 19", on observe : 

Par addition d'eau. Temps de coagulalion. 

.',''°' Immédiate 



I voi I m 

2"" 17™ 

3>°' 5o"' 

4*"' ai'iS'" 

5""' 4''io"' 

6""' 5'' 3o"' à G'' 

7 et 8""' après 1 2'' environ 

lO'"' 23'' 

iS'"' 3i 

» Influence de la chaleur. — Ces clulfres ne sont qu'approximatifs: la 
coagulation dépend aussi de la température. Une température basse la 
retarde ; ainsi des solutions qui se coagulent en vingt heures dans le labora- 
toire mettaient deux fois plus de temps quand on les abandonnait à l'air 
extérieur, à une température variant entre 5° et 8"; une solution était en- 
tièrement coagulée après huit minutes, à i4°> qui était encore limpide au 
bout de vingt minutes à 0°. Pour établir l'influence de la température, on 
a déterminé la coagulation de solutions de richesses diverses en les chauf- 
fant au bain-marie : 

Température 
Par addition d'eau. de coagulation. 

Toi 
2 60" 

3 (14° à 65° 

4 71° à 74» 

5 78° à 79" 

6 81° à 82° 

7 85» 

8 91" 

9 94°,5 

10 ébullition 



( '07 ) 

» Les solutions à iS'^"' ne se coagulent qu'après- une ébuUition de 
quatre heures au réfrigérant ascendant. 

» Ces cliifl'res ne sont aussi qu'approximatifs, car l'influence du lemps 
se fait sentir quand on étudie l'action de la chaleur; la coagulation a 
lieu à une température plus basse si le bain-marie est échauffe lentement; 
une solution qui se coagule à 64° et 65° immédiatement, et en cinquante 
minutes à 19", se coagule en sept minutes à la température de 55°. De 
plus, il est difficile d'observer nettement le point de coagulation dans 
les diverses expériences, car elle se fait progressivement, le liquide don- 
nant d'abord une gelée presque transparente. Enfin l'agitation accélère la 
coagulation ; si l'on chauffe rapidement au bain-marie, en laissant la solu- 
tion au repos, la liqueur reste limpide à quelques degrés au-dessus du 
point habituel de la coagulation ; mais, si l'on agite à ce moment, la prise 
se fait immédiatement avec formation d'un coagulum contracté. 

» Nature du coagulum. — Le coagulum d'hydrate ferrique constitue une 
gelée épaisse, d'abord transparente et qui retient par affinité capillaire, 
suivant la juste expression de M. Chevreul, une telle quantité d'eau qu'elle 
occupe tout le vase, même avec des solutions étendues. Peu à peu à froid, 
et plus rapidement à chaud, cette gelée se contracte, exprime une partie 
de l'eau qu'elle renferme et se sépare du sérum incolore qui la surnage. 
Cette contraction du caillot, dans les solutions étendues qui se coagulent 
spontanément, n'est complète qu'après ]dusieurs jours. 

» Les faits précédents tendent à ra[)procher les colloïdes minéraux des 
colloïdes azotés de l'organisme; le retard de la coagulation de l'hydrate 
ferrique par l'abaissement de la température s'observe également dans le 
phénomène de la coagulation spontanée du sang. Il semble donc qu'il y 
ait une grande analogie entre les divers colloïdes, qu'ils soient d'origine 
minérale ou d'origine organique, et que les conditions de la coagulation 
soient du même ordre. Diverses recherches que j'ai commencées sur la 
silice soluble, sur l'albumine et siu- un colloïde azoté de synthèse, et que 
j'aurai bientôt l'honneur de communiquer à l'Académie, apporteront de 
nouvelles preuves à l'appui de cette opinion. » 

CHIMIE. — Sur un silicate chloruré de manganèse. Note de M. Al. Gorgeu, 

présentée par M. Friedel. 

« Lorsque l'on fait agir pendant trois quarts d'heure, à la température 
du rouge-cerise, un courant d'hydrogène chargé de vapeur d'eau, sur un 



( io8 ) 
mélange de 20"'' de chlorure de manganèse par et de i""^ de silice préci- 
pitée, on obtient, comme résultai de l'opération, un culot rose renfermant 
au sein du chlorure en excès, delà rhodonile(SiO-iMnO), de la tcphroïte, 
(SiO'MnO) (') et surtout un silicate chloruré (-), dont je vais avoirl'hon- 
neur d'entretenir l'Académie. 

» Ce corps est rapidement dédoublé par l'eau, mais résiste bien pendant 
vingt-quatre à quarante-huit heures à l'action de l'alcool concentré. C'est 
à l'aide de ce dissolvant que l'on enlève l'excès de chlorure après avoir 
concassé le culot. 

M Le résidu insoluble que l'on sèche sur de la porcelaine dégourdie, 
puis dans le vide, est un mélange de silicates simples biréfringents et de 
grandes lamelles à arêtes vives qui n'agissent pas sur la lumière polarisée 
et apparliennent au nouveau sel double. 

» 11 est facile de s'assurer que les cristaux préexistaient dans la masse 
fondue; celle-ci présente, après son refroidissement, une texture feuilletée, 
el l'on dislingue, parmi les lames roses qui la composent, celles du chlorure 
qui dt-viennent hiunides à l'air sans perdre leur transparence et celles du 
chloro>ilicate qui deviennent blanches dans le même milieu. Les premières, 
vues au microscope polarisant de M. Emile Bertrand, présentent une croix 
et des anneaux; les antres n'offrent rien de semblable. 

» Le sable substitué à la silice agit comme elle, mais plus lentement; 
dans tous les cas, la présence du silicate acide rose auprès du chlorosili- 
cate est nécessaire, afin d'éviter la formation d'oxychlorure ou de prot- 
oxyde vert, cristallisés, qui rendraient impossible l'analyse du sel double. 

)) Pour déterminer la composition du silicate chloruré, on traite rapide- 
ment la partie insoluble dans l'alcool par 5o à 100 fois sou poids d'eau 
froide, aiguisée de yItô '' ro"ô fl'^'cide azotique pur et de quelques gouttes 
d'aciile sulfureux; cette liqueur acide n'attaque pas sensiblement les sili- 
cates sim[des, et l'on ti'ouve dans la solution nitrique filtrée tous les élé- 
ments du sel double, éléments faciles à doser par les méthodes ordinaires. 

( ' ) Comptes rendus, séance du 3o juillet i883. 

(^) M. Le Cliâtelùr, dans sa dernière Communication à l'Académie, séance du 24 dé- 
cembre, après l'exposé des propriétés du ehiorosilicate de chaux, s'exprime ainsi : « On 
ne connaissait pas de composés semblables, etc. ». Je me |)ermcitrai de faire observer 
à M. Le Cliâtelier (jue dans ma Note, présentée le 3 ilécembie, j'ai signalé (p. 1 3o4) l'existence 
dun silicate cldoruré de manganèse, sel dont j'avais sommairement fait connaîire la lornuile, 
la préparation et les propriétés en novembre à lu Société de Minéralogie, dont M. Le Châtelier 
est un m( inbre distingué. 



( '09 ) 

» Les résultais de l'analyse prouvent que le rapport de l'oxygène de la 
silice à celui du protoxydede manganèse, qui lui est coinbiné, est : : r ; i,o3, 
et celui du silicate neutre au chlorure ;:i:r,07en moyenne; l'excès de 
chlorure provient di* petits cristaux biréfringents de ce sel contenus à 
l'état d'inclusion dans les lamelles. 

» La formule SiO^, aMnO + MnCl répond à la composition et aux 
pro|jriélés chimiques de ce composé; en atonies on pourrait l'écrire 

SiO''Mn"(MnCI)'-. 

» La synthèse de ce corps s'effectue rapidement en fondant le silicate 
neutre de manganèse avec un excès de chlorure dans un courant d'hydro- 
gène sec. 

» Propriétés. — La forme des cristaux du chlorosilicate manganeiix n'a 
pu être déterminée exactement. Ils appartiennent certainement au pre- 
mier système cristallin, puisqu'ils sont monoréfringenrs, mais leur appa- 
rence est si bizarre et ils sont tellement allongés qu'on ne sait à quelle 
forme de ce système on doit les rattacher. 

» Ils sont anhydres : l'air sec est sans action sur eux; mais, exposés à 
l'air humide, ils en absorbent assez rapidement l'humidité et bnuiissent. 

» Sous l'influence d'un grillage lent, le silicate chloruré perd |ieu à peu 
son chlore, sous forme d'acide chlorhydrique, à partir du rouge sombre, 
et laisse un résidu dans lequel on trouve à l'état de suroxyde la plus grande 
partie du manganèse. 

» L'eau privée d'air, tout en retenant opiniâtrement quelques centièmes 
de chlorure, sépare un silicate neutre hydraté, d'autant plus oxydable que 
le lavage a été plus prolongé ; si l'air intervient, la silice est mise en liberté 
et le manganèse suroxydé. 

» Les solutions aqueuses saturées d'acide carbonique ou sulfhydrique, 
après une semaine de contact et d'agitation, décomposent à peu |)rès 
complètement le chlorosilicate ; elles dissolvent du carbonate ou du sulfure, 
de la silice et laissent un résidu renfermant, à l'état insoluble dans les 
acides et solubledans le carbonate dissous, la plus grande partie de la silice 
mélangée de carbonate ou de sulfure manganeux. 

» Une solution contenant la même proportion de bicarbonate de soude 
que l'eau de Vichy agit comme la solution carbonique. 

» Dans les produits décomposés de ces divers traitements, on trouve ,-i-g 
de chlore environ; ce résultat est dû sans doute à la préservation d'une 

C. R., i88^, i" Semestre, (T. XCVIll, N° 2. ' ^ 



( 'lo ) 
certaine quantité de silicate chloruré par la silice qui se produit autour des 
cristaux. 

» En résumé, l'action des agents naturels acides ou oxydants s'opérant 
au sein de l'eau, et celle-ci isolant peu à peu le silicate neutre sous une 
orme très divisée, doit être et est en effet de même espèce, mais plus éner- 
gique que celle exercée par ces agents sur le silicate neutre cristallisé. 

» Dans toutes ces réactions, les silicates simples n'amènent aucune per- 
turbation, la rhodonite parce qu'elle n'est pas attaquée, la téphroïte parce 
qu'elle l'est peu et qu'elle donne d'ailleurs naissance aux mêmes produits 
de décomposition que le chlorosilicate. 

» Lorsqu'on fait agir le bromure de manganèse sur la silice dans les 
mêmes conditions que le chlorure, on obtient successivement les deux sili- 
cates, et enfin des cristaux monoréfiingents présentant sous le microscope 
le même aspect que la combinaison chlorée, soluble comme elle dans les 
acides très étendus et renfermant du brome, du manganèse et de la silice. 

» L'iodure de manganèse produit encore assez facilement les silicates 
simples, mais difficilement les cristaux d'iodosilicate ; on les a obtenus en 
petite quantité en fondant la téphroïte artificielle dans un mélange d'io- 
dure de manganèse et de potassium, qui supporte mieux l'action de la cha- 
leur que le sel pur de manganèse. 

» Ces deux nouveaux sels doubles, le dernier surtout, sont plus aisément 
dédoublés par l'alcool que le chlorosilicate. 

» Leur étude fera l'objet d'une prochaine Communication. » 

CHIMIE APPLIQUÉE. — De l'influence du plâtrage sur la composition et les ca- 
ractères chimiques du vin. Note de M. L. Magxiek de la Source, présentée 
par M. Wurtz. 

« Amené par des recherches antérieures à reprendre l'étude de l'in- 
fluence du plâtrage sur la composition et les caractères chimiques du vin, 
je me suis efforcé de réduire le problème à ses termes les plus simples, en 
plâtrant avec du sulfate de chaux chimiquement pur un vin de composition 
parfaitement définie. 

» Je me suis fait expédier, à cet effet, de Saragosse, un poids assez con- 
sidérable (environ lo''^) de raisin noir, que j'ai divisé en deux parties 
égales et bien homogènes. Chacune de ces parties, après écrasement des 
grains, a été soumise à la fermentation spontanée, l'une sans addition 



( "• ) 

d'aucun corps étranger, l'autre après addition de looS'' de sulfate de chaux 
pur. 

» Au bout d'environ vingt jours ('), la fermentation étant achevée, je 
soutirai les deux vins. Les ayant ensuite filtrés, je les soumis à l'analyse 
et j'examinai les principaux caractères de leurs matières colorantes : 

» Le Tableau suivant indique les résultats obtenus ; 



Action des réactifs généraux sur la matière colorante ('•) 

du vin non plâtré. du vin plâtré. 

Bicarbonate de sodium Liqueur jaune verdàlre. Liqueur violacée. 

Carbonate de sodluui i ''^'r'V " brunraarron. . brun marron. 

( a cliaud . . <> >. „ „ 

Ammoniaque u jaune verddtrc. » jaune vcrdâtre. 

Eau de baryte » « „ » 

Borax » gris marron. » lilas vineux. 

Alun et carbonate de sodium » » » gris marron. 

Sous-acétate de plomb Précipité jaune verdàtre. Précipité bleu. 

Acétate d'alumine Liqueur lilas vineux. Liqueur violacée. 

Aluminate de potassium » lilas rose. » rose. 

Tache produite par une goutte de 
vin sur un bâton de craie albu- 
minée Tache gris marron. Tache bleue. 



» Je dois ajouter que le vin non plâtré est d'une couleur jaunâtre, rap- 
pelant celle des vins vieux, tandis que la couleur du vin plâtré est d'un 
rouge vif intense, sans aucune pointe de jaune. 

IL 

Composition du vin 

non pl.itré. plâtré 

o o 

Titre alcoolique centésimal à -l-i5° 12,00 12,20 

Extrait sec par litre iy 100" 33,3o 27,80 

Sucre réducteur, par litre i )54 i >46 



(*) Pendant ces vingt-quatre jours la température du laboratoire ne s'abaissa jamais 
au-dessous de -1- 16°; elle s'éleva parfois jusqu'à -+-22°. 

('') Pour ce qui est des proportions et du mode d'emploi des divers réactifs dont il est 
ci question, voir A. Gautier, Sophistication des vins, p. 64 et suiv. 



( •!- ) 



Crème de tartre, par litre ( ' ) . 

Acidité totale, par litre (en SO^H^) 

^ , ■ 1 Partie soluble , 

Cendres { ^ . . , , , 

I Partie insoluble 

Anide carboniqne (CO^) . 

Acide sulfnrique (SO') . . , 

^ . , , , , Chlore 

Parties solubles ( 

Calcuini 

Potassium 

Sodium . , 

( Acide carbonique (CO^), . 

j Acide siilfuriqiie (SO*) . . . 

Parties insolubles... { Acide phosphorique (PO'' 

Calcium , 

Magnésium 



Composition du 


vin 


non plâtré. 


plâtré. 








1-94 


» 


2,58 


3,10 


2,o6o 


5,38o 


0,662 


0,612 


o,56o4 


0,0765 


0,2275 


2,7600 


o,i835 


non dosé 


,0000 


0,0377 


I , 1209 


2,4608 


traces 


traces 


0,2200 


o,i45o 


,0000 


0,0748 


0,2060 


0,1945 


0,1741 


o,i5o6 


, 06 I 6 


0,0600 



» Conclusion. — 1° Certains caractères chimiques de la matière colorante 
dti vin sont modifiés par le plâtrage. 

» 2° Le plâlrage n'a pas jioiir seul effet, ainsi qu'on le croit générale- 
ment, (le décomposer la crème de tartre suivant l'équation 

2(C^H=KO'') + SO"Ca = C'H*CaOf+SO^R- + C"H»0«. 



M Par le fait du plâtrage, chaque litre de vin analysé s'est enriciii en 
potassium de i^'", 33. Or, si ce potassium provenait delà décomposition 
de la crème de tartre enlevée à la pulpe de raisin, l'acidité, d'après l'équa- 
tion ci-dessiis, aurait dû augmenter de i^%6'; par litre (euH-SO'), tandis 
qu'elle a augmenté seulement de o^'', 62 d'après le dosage direct. 

» Le plâtrage a donc pour effet de décomposer non seulement la crème 



(') Après addition de qs'', 075 d'acide acétique à 25" de vin et nouvelle précipitation, 
on a trouvé le même nombre, i'%94 pour poids de la crème de tartre dans le vin non 
plâtré. 

Après addition de O"'", 075 d'acide tartrique, le poids de la crème de tartre s'est élevé à 
4^'', 46- On voit donc que le vin non plâiré ne renferme pas de tartiale neutre do potassium, 
ce (pii était A prévoir, mais qu'il renferme au contraire un poids considérable de potassium 
non ccimbiné à l'acide tartrlcpie. 



( i>3) 
de tartre, mats des combinaisons organiques neutres de potassium qui existent 
en pioporlion très notable dans le raisin parvenu à maturité complète (' ). 

» 3° Le plâtrage d'un vin n'aiigtnenle pas sensiblement le poids des sels 
de chaux qu'il renferme. » 



MINÉRALOGIE. — De ta présence du diamant dans ime pegmatite de tindoustan. 
Note de M. Chaper, présentée par M. Fouqué. 

« Jusqu'à l'époque de la découverte des mines de diamant de l'Afrique 
australe, ce minéral se retirait exclusivement de gîles au sein desquels il ne 
s'était pas formé. On le trouvait dans des sables, graviers ou poudingues, 
c'est-à-dire au milieu de matériaux de transport, dont il faisait partie, pro- 
venant comme eux de roches préexistantes non déterminées. 

» La découverte des mines du Griqualand-West et de leurs voisines de 
l'Etal libre d'Orange fit connaître l'existence du diamant dans un milieu 
minéralogique tout à fnit nouveau. 

» Ce milieu, cette boue serpentineuse éruptive, aujourd'hui consolidée, 
est-elle la matrice du diamant, ou n'en est-elle que le véhicule? C'est là 
luie question sur laquelle il est malaisé de se prononcer. 

» Différentes observations viennent à l'appui de l'une ou de l'autre opi- 
nion. D'un côté, on a fait la remarque que, lorsqu'on trouve un diamant 
incomplet, on ne retrouve jamais le ou les morceaux permettant de le re- 
constituer; d'où la conclusion que le minéral a été arraché à une roche 
préexistante dont tui long transport souterrain a dissocié les éléments phy- 
siques, séparant le diamant et allant jusqu'à le fragmenter sous pression. 
D'aulre part, la manière dont le diamant se |)réseiite dans la roche encais- 
sante, le revêtement calcaire dont il est toujours enveloppé et qui lui est 
spécial à l'exclusion des autres cristaux, son association à des minéraux 
extraordinairement clivables, etc., font naître la pensée qu'il pourrait s'être 
formé dans le sein de la matière éruptive, non loin de l'orifice d'éja- 
culation, et soit pendant, soit même après le mouvement de la masse du 
fluide. 

» De toutes ces remarques, aucune ne constitue un argument probant. 

(') Je ne saurais me prononcer avec cerlitiule sur la nature de ces combinaisons, mais 
je suis porté à croire qu'une partie de potassium non combiné à la crème de tartre et dé- 
placé par le plâtrage est unie à la matière colorante du vin. 



( "4 ) 

» De toiilrs façons d'ailleurs, même en admetlant que la roche diaman- 
tifère du Griqualand fut la roche mère du diamant, la question n'en serait 
pas, semble-t-il, plus avancée en ce qui concerne l'origine des diamants de 
rinde et du Brésil. Il n'existe dans ces deux contrées aucun témoin miné- 
ralogique reconnu permettant de croire que les éléments des terrains de 
transport à diamants aient été, même pour partie, empruntés à une roche 
analogue à celle de l'Afrique australe. 

» Au coiu's de ma mission scientifique dans l'Indoustan (1882), j'ai été 
assez heureux pour trouver des diamants m situ. 

)) C'est dans leNaïzam, non loin de Bellary, chef-lieu d'un district de 
la présidence de Madras, que j'ai rencontré le diamant dans une pegmatite 
rose, épidotifère, où il est associé au corindon. Dans une Note géologique 
luî peu détaillée qui paraîtra prochainement, je me propose de faire con- 
naître toutes les circonstances de cette découverte. Quelques indications 
sommaires suffiront en ce moment. 

» Le pays, sur de grands espaces, est entièrement dénudé ; la roche ap- 
paraît au jour, nourrissant à peine çà et là quelques maigres plantes dont 
les racines plongent dans les interstices des éléments cristallisés attaqués 
parles actions atmosphériques; chaque année les pluies, parfois peu fré- 
quentes, mais toujours torrentielles, continuent leur oeuvre de destruc- 
tion et remettent à vif les surfaces, en entraînant les parties superficielles 
suffisamment désagrégées. Ainsi s'explique que, de temps immémorial, les 
habitants de la localité où j'ai fait mes recherches trouvent chaque année, 
après la saison des pluies, des diamants sur le sol. 

» L'étude de ce sol ainsi dénudé est facile. On le voit traversé par de 
nombreux filons de matière feldspathique, d'âges divers, et quelques très 
rares filets de quartz épidotifère. J'ai ainsi pu m'assurer que le diamant se 
trouve bien dans la pegmatite rose épidotifère en place, ou dans les sables 
qui en proviennent. Les Indous savent par expérience qu'il ne s'en trouve 
pas dans les roches voisines, gneiss, granulile à amphibole, schistes mica- 
cés, etc. Mes expériences, portant sur un faible cube de matières, ne font 
que confirmer leurs propres observations. 

» Le diamant est, en petite quantité, cristallisé et accompagné d'une 
plus forte proportion de corindon amorphe plus ou moins coloré. Les 
cristaux que j'ai pu observer étaient octaédriques ; les arêtes étaient vives, 
mais la forme n'en avait pas la parfaite netteté des cristaux sud-africains, 
qui semblent s'être formés dans un milieu où la cristallisation s'opérait 
plus librement. 



( >>5 ) 

» Je crois i)ouvoir lésumer de la façon suivante le résuUat des obser- 
vations qui précèdent : 

» 1° Le diamant dans le Naïzam se rencontre in situ dans une pegmalite 
à ortliose rose, fortement chargée d'épidote, et contenant également de 
l'oligoclase et du microcline. La détermination de cette roche a été con- 
trôlée par M. Fouqué. 

» 2° Il y a lieu d'admettre comme phis que probable que celte roche 
est celle qui a fourni les diamants contenus et exploités dans les dépôts de 
matériaux de transport de l'indouslan, dépôts dans lesquels tous les rap- 
ports de témoins oculaires aftirment la présence du (jianile, sans préciser 
de quelle roche granitoïdc il s'agit. 

» 3° Les proportions, généralement faibles, et en tons cas variables, de la 
quantité d'affleurements pegmatiques à celle des masses rocheuses dif- 
férentes, expliqueraient la richesse très variable, et généralement faible, 
des dépôts de matériaux de transport de l'Indoustan. 

M 4° Le mode de formation du diamant dans la nature paraît ne pas 
être unique. Il serait très difficile, en effet, de concevoir une analogie sé- 
rieusement probable entre l'état de la pegmalite fluide ou molle et celui, 
soit de la boue aqueuse magnésienne de l'Afrique australe, soit des roches 
qui ont fourni le diamant à celte dernière, et qui ne sauraient être en tous 
cas granitoïdes, puisqu'on ne trouve pas de fragments de cette nature. 

» 5° Le diamant ayant pu se former dans une roche aussi ancienne que 
la pegmalite, ou peut en trouver dans tous les matériaux de transport et 
d'érosion de tout âge provenant ou pouvant provenir de la destruction des 
pegmatites, c'est-à-dire dans des grès et des quartzites avec ou sans mica, 
dans des argiles, dans des poudingues, etc. 

■» 6° La présence du diamant alléguée dans les ilacolumites, et reconnue 
dans d'autres roches sédimentaires en compagnie de quartz cristallisé, 
d'apatite, de rutile, de fer oligiste, etc., ne conduit donc pas à conclure 
nécessairement que le diamant soit ou un minéral de fdon ou un minéral 
développé dans une pâte sédimentaire à la façon des staurotides, ma- 
cles, etc. B. 



( "6 ) 

PALÉONTOLOGIE. — Sur les Echinides du terrain éocéne de Sainl-Palais ( Cha- 
renle-Infétieure). Note de M. G. Cotteau, présentée par M. A. Miliie- 
Edwards. 

<( A quelques kilomètres de Royan, près du village de Saint-Palais, s'é- 
tend, sur le bord de la mer, un double lambeau de terrain tertiaire, repo- 
sant en stratification discordante sur les couches crétacées de l'étage séno- 
nien. Ce terrain est très riclie en Echinides : les espèces que nous avons 
déterminées sont au nond)re de vingt et une, dont quelques-unes, telles 
que Ecliinolampas dorsalis et Sisinondia Archiaci, sont fort abondantes. 

» Huit espèces seulement, Cidaris Loiioli, Hebertiameridanensis, Cœlopleu- 
rus Delbosi, Echinanllius Ducrocqui, Ecliinolampas dorsads et ellipsoidatis, Sclii- 
zaster Jrclùaci et Brissopsis eler/ans, se sont rencontrées, sur d'autres points, 
dans l'éocène inférieur et ne peuvent laisser aucun doute, au point de vue 
paléontologique, sur l'âge des couches tertiaires de Saint-Palais. 

» Sur les vingt et une espèces que nous avons recoiuuies, douze sont 
signalées pour la première fois à Saint-Palais, Cidaris Pomeli et Lorioli, He- 
berlia meridanensis, Micropsis Orbignp, Echinocynmus Lorioli et Pomeli, 
Echinanllius Ducrocqui, Echinolnmpas ellipsoidaliSj Donvillei et Heberli, Linihia 
carentonensis et Ducrocqui, auxquelles il y a lieu d'ajouter trois autres espèces, 
Sismondia Jrclùaci, Ecliinolampas Archiaci etSchizaster Archiaci, que d'Ar- 
cliiac avait rapportées à tort à des espèces déjà connues, mais qui nous ont 
paru différentes et par cela même nouvelles. Six espèces seidement, Cœlo- 
pleunis Delbosi, Goniopygus pelagiensis, Echinolanipas dorsalis, Brissopsis ele- 
gans, Echinocardium subcenlrale et Guallieria Orbignyi, étaient indiquées par 
les auteurs comme se rencontrant dans le gisement de Saint-Palais. 

» Les espèces de Sainl-Palais sont réparties en douze genres : cinq font 
partie des Echinides réguliers et sept des Echinides irréguliers; le plus 
nombreux en espèces est le genre Ecliinolampas; il en renferme cinq, deux 
déjà décrites et trois nouvelles. 

» Plusieurs type*, au point de vue zoologique, méritent d'être signalés : 

') Hebeutia MERIDANENSIS, Cotteau. — Celte espèce, fort rare, n'est re- 
présentée à Saint-Palais que par un échanlilloii unique, mais cet exemplaire 
est parfaitement caractérisé par ses pores simples et ses petits tubercules 
crénelés et perfoiés, et ceriainement est identique à l'espèce de l'Ariège 
décrite et figurée dans nos Echinides des Pyrénées. 

» Goniopygus pelagiensis, d'Archiac. — Dernier représentant d'un 



( ^17) 
genre abondamment répandu dans les divers étages du terrain crétacé, 
cette espèce offre bien tous les caractères du type et nous montre que ce 
genre curieux, si remarquable par la disposition de ses tubercules ambu- 
lacraires et interambulacraires, et surtout par la structure bizarre de son 
appareil apical, n'avait éprouvé, avant de disparaître tout à fait, aucune 
modification importante dans l'ensemble de ses caractères. 

>> SisMONDiA Archiaci, Cotteau. — D'Archiac avait réuni par erreur 
cette espèce à V Echinocjamm subcaudatm. Des Moulins. Elle est fréquente 
à Saint-Palais, et nous avons sous les yeux un grand nombre d'exemplaires 
très variables dans leur forme et leur taille, mais reconnaissables à la posi- 
tion du périprocte, toujours placé à la même distance du bord postérieur; 
aucun d'eux ne saurait être ra[)proché de ['Echinoc. subcaudatus du terrain 
tertiaire d'Antibes. 

» EcHiNANTHUS DucROCQUi, Cotteau. — Plusieurs espèces 6'Ecfii- 
nanUuis se rencontrent dans les terrains éocènes du midi de la France; celle 
qu'on trouve à Saint-Palais est fort rare et se dislingue de ses congénères 
par sa forme'élevée, subhémispliérique, arrondie en avant, dilatée et sub- 
tronquée en arrière, par sa face inférieure pulvinée sur les bords et un 
peu déprimée dans le sens de la longueur, par ses aires ambulacraires 
pétaloïdes, superficielles et très resserrées à leur extrémité, par la petitesse 
de son péristome. 

» EcHiNOLAMPAS Archiaci, Cotteau. — Cet Ec/uno/amp^s avait été con- 
fondu par d'Archiac avec une espèce de Biarritz qui nous a paru bien dis- 
tincte; après avoir comparé de nombreux échantillons, nous n'avons 
pas hésité à considérer l'espèce de Saint-Palais comme nouvelle et 
parfaitement caractérisée par sa taille plus développée, par sa face supé- 
rieure plus haute et plus régulièrement bombée, par sa face inférieure bien 
moins concave, par les zones porifères plus étroites et formées de pores 
plus égaux, par son péristome s'ouvrant presque à fleur de test et par son 
périprocte moins large. 

» LiNTHiA CARENTONENsis, Cotteau. — Le genre Lintliia, avant nos 
recherches, n'avait pas été signalé à Saint-Palais. Nous eu connaissons deux 
espèces : la plus remarquable est le Linthia carenlonensis, facilement recon- 
naissable à sa forme carrée et trapue, à son somtnet très excentrique en 
avant, à ses pores petits et largement espacés dans l'aire ambulacraire im- 
paire, à ses aires ambulacraires paires antérieures droites et presque trans- 
verses, beaucoup plus longues que les aires postérieures, qui sont courtes, 
arquées et forment entre elles un angle aigu. 

C. p., lS84, I" Semestre. (T. XCVIII, N» 2.) '^ 



( .uS ) 

» GuALTiERtA Orbignyi, Agassiz. — Cette espèce est sans contredit la plus 
intéressante de la petite faune qui nous occupe; très anciennement connue 
et jusqu'ici exclusivement propre au gisement de Saint-Palais, elle constitue 
un Echinide très curieux, dont Agassiz, dès 18/17, '^ ^"^^^ ^^ ^YP^ d'un genre 
nouveau que distinguent sa forme ovoïde, arrondie en avant, tronquée en 
arrière, la disposition de ses aires ambulacraires, coupées aux deux tiers par 
un fascioie interne, et surtout les protubérances inégales, irrégulières, très 
accentuées, qui entourent le péristome et se prolongent siu- le milieu de 
l'aire interambulacraire postérieure. 

» Considérée dans son ensemble, la faune de Saint-Palais mérite assuré- 
ment de fixer l'attention. LesÉcliinides ont rencontré dans ce gisement des 
conditions éminemment favorables à leur développement; ils dominent à 
l'exclusion des autres fossiles, qui sont rares et représentés seulement par 
quelques Mollusques. Les vingt et une espèces que nous avons étudiées 
ont été recueillies sur un espace relativement très restreint. Si quelques-unes 
d'entre elles i-attachent ce dépôt aux couches les plus anciennes du terrain 
tertiaire, beaucoup sont nouvelles, spéciales jusqu'ici à ce gisement et lui 
donnent une physionomie particulière. » 

M. A. MoTTEz adresse à l'Académie une brochure portant pour titre: 
« Réflexions sur des points de Météorologie ». Cette brochure est accom- 
pagnée d'une Note manuscrite. 

M. V. Poulet adresse une Note sur les lueurs crépusculaires de la fin 
de décembre i883 et du commencement de janvier 1884. 

A 4 heures, l'Académie se forme en Comité secret. 



( "9 ) 



COMITE SECRET. 

I^a Commission présente, par l'organe de son Président, M. Blanchard, la 
liste suivante des candidats à la place laissée vacante, dans la classe des 
Académiciens libres, par le décès de M. de la Gournerie : 

En première ligne M. le Vice-Amiral de Jonquières. 

„,..,. , 1 M. Cailletet. 

Ln deuxième hqne, ex aequo, pat ordre \ 

II,,- ; M. Haton de la (xoupillière. 

alphabelique ^ n. 

'^ ' f M. E. Tisserand. 

En troisième ligne, ex œquo, par ordre \ M. Bi.avier. 

alphabétique j M. Laussedat. 

En quatrième ligne, ex xquo, par ordre ( M. Biscuofesheim. 

alphabétique ) M. Trêve. 

Les titres de ces candidats sont discutés. 
L'élection aura lieu dans la prochaine séance. 

La séance est levée à 6 heures. .T, B. 



BULLETIN OIBLIOGHAPUIQDI'. 



OnVaAGES REÇCS DANS LA SÉANCF, DD 7 JANVIER 1884. 

Rapport présenté à M. le Ministre du Commerce par l'académie de Méde- 
cine, sur les vaccinations pratiquées en France pendant l'année i88i. Paris, 
Impr. nationale, i883; in-B". (Trois exemplaires.) 

Ministèie du Commerce. Comité consultatif d'hygiène publique de France. 
Rapport sur l'importation des viandes de porc salées de provenance américaine; 
par M. BouLEY. Paris, Imp. nationale, i883; in-8°. (Deux exemplaires.) 

Traité de Botanique ; par Pli .Y anTieghkm ; fasc.IX. Paris, F.Savy, i884; 
in-8°. 

Notice topographique, statistique et historique sur Foniette ; par \ . Thévenot. 



( >20 ) 

Bar-sur-Seine, imp. Saillard, i884; in-S". (Adressé au Concours de Statis- 
tique de l'année 1884.) 

Faits et accidents tnétéorologiques survenus à Trojes et aux environs avant 
1790; par A. Thévenot. Troyes, L. Lacroix, i883; in-8°. (Adressé au 
Concours de Statistique de l'année i884-) 

Mémoires sur la chaîne flottante des mines de fer de Dicido [province de San- 
tander, Espagne); par M. A. Brdll. Paris, J. Baudry, 1884 ; in-8". 



ERRATJ. 

(Séance du 3i décembre i883.) 

Page 1569, ligne i5, au lieu de Gadeau de Nerville, lisez Gadeau de Kerville. 
Même page, ligne c) en remontant, nu lieu de trente-deux grosses dents, lisez vingt-deux 
grosses dénis. 

(Séance du 7 janvier 1884.) 
Page 34, ligne 3, au lieu de temps moyen de Marseille, lisez temps moyen de Meudon. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCF, DU LUNDI '21 JÂNVIKR 188i. 

PRÉSIDENCE DE M. KOLLAND. 



»iem(»h;es et communications 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Ministre de l'Instruction publique adresse l'ampliation du décret 
par lequel le Président de la République approuve l'élection, faite par- 
l'Acadéuiie, de M. Maurice Ltvy pour remplir la place laissée vacante, dans 
la Section de Mécanique, par le décès de M. Bresse. 

Il est donné leciure de ce décret. 

Sur l'invitation de M. le Président, M. Maurice Lévy prend place parmi 
ses Confrères. 

PHYSIOLOGIE APPLiQUÉii. — Réflexions sur lu dernière Communication de 
M. P. Bert, relative ci l' anesthésie chez l'homme. Note de M. Gosselin. 

H S'il ne s'agissait que d'examiner l'application, dans la pratique géné- 
rale, du procédé nouveau de M. P. Bert (inhalations de S^*" de chloroforme 
mélangés avec loo'" d'air, au moyen du gazomètre de M. Saint-Martin), 
la question serait bien vite jugée. L'appareil est encombrant, très lourd, 

C. F., i884, 1" Semestre. (T. XCVllI, N^S.) »7 



( 122 ) 

difficile, sinon impossible à transporter. Il ne pent doiic remplacer l'ou- 
tillage si simple et si inotfensif, pour ceux qui en connaissent bien l'emploi, 
dont nous nous servons presque Ions, savoir une compresse ou un mou- 
choir sur lequel on verse peu à peu les doses nécessaires de l'agent anes- 
thésique. 

» Sans doute l'installation et l'emploi du gazomètre dans la salle d'opé- 
rations d'un hôpital peuvent être d'une certaine commodité. Mais à l'hôpital 
même, nous sommes souvent obligés d'endormir dans leur lit, et sans les 
déplacer, bon nombre de sujets. D'un autre côté, nous en avons beaucoup 
à endormir chez eux, soit à la ville, soit à la campagne, et le gazomètre, 
même avec les modifications que se propose d'y faire M. P. Bert, sera tou- 
jours trop volumineux et trop lourd pour que nous puissions l'emporter 
partout avec nous. 

» A mon avis, d'ailleurs, le mélange titré de M. P. Bert pourrait bien 
quelque jour devenir préjudiciable à certains malades. Ce qui fait le danger 
du chloroforme, ce sont les susceptibilités individuelles en vertu desquelles 
les uns sont endormis très vite et peuvent être sidérés par des doses qui, 
chez les autres, amènent le sommeil beaucoup plus lentement et d'une 
façon inoffensive. Pour éviter les accidents dépendant de ces idiosyncrasies 
exceptionnelles, il faut donner le chloroforme progressivement et avec des 
intermittences, de manière à habituer peu à peu l'organisme, et surtout 
les parties délicates de l'axe encéphalo-rachidien, au contact du médica- 
ment, et à amener le sujet k cet état que nous appelons la tolérance anes- 
thésique. Nous arrivons à ce résultat en versant d'abord inie petite quantité 
de chloroforme (i^', 5 à 2^') sur le mouchoir, plaçant ce dernier à quelques 
centimètres du visage et, après quelques inspirations de chloroforme large- 
ment mêléà l'air, laissant respirer de l'air pur. Peu à peu nous augmentons 
la quantité que nous versons sur le mouchoir, nous rapprochons davantage 
cedernierdu visageet, tout en continuant les intermittences, nousles faisons 
de plus en plus rares, si nous constatons que la respiration et la circulation 
se fout bien. Bref, sans pouvoir calculer exactement la proportion d'air 
que nous mélangeons avec l'agent anesthésique, nous donnons certainement 
pendant les premières minutes, celles que l'expérience a démontré être 
les plus dangereuses pour les sujets très susce|)tibles, un mélange dans 
lequel le médicament est, par rapport à l'air, en moindre quantité que dans 
le gazomètre; nous n'arrivons que progressivement, au bout de trois ou 
quatre minutes peut-être, aux proportions indiquées par M. P. Bert, et, 
quand nous y arrivons, la tolérance est établie, et nous pouvotis sans incon- 



( '^^ ) 

vénient atteindre et même dépasser la proportion indiquée par notre 
savant confrère. 

» Ainsi ce qui, à mes yeux, mettrait encore le [irocédé ilouveau an- 
dessous du procélé usuel, c'est qu'il donne d'emblée une dose uniforme 
que je trouve trop forte pour Ir début des inhalations, et à laquelle on ne 
doit venir qu'après avoir obtenu, par des doses plus faibles et progressive- 
ment augmentées, cette tolérance qu'il faut chercher avant tout, et qu'on 
trouve chez tous les sujets, très vite chez les impressionnables, pins lente- 
ment chez les réfraclaires. 

» M. P. Bert, il est vrai, peut avoir rencontré des chirurgiens qui ad- 
ministrent une quantité trop grande de chloroforme, mais ils sont au- 
jourd'hui très rares. Le plus grand nombre ont adopté les excellents 
préceptes de Sédillot, c'est-à-dire prennent soin de faire respirer, au com- 
mencement, beaucoup d'air avec le chloroforme, d'augmenter peu à peu 
les proportions de ce dernier et de faire des interru|)tioL)s. J'ai, dans ces 
derniers temps ( ' ), formulé avec plus de précision qu'on ne l'avait fait, les 
instructions de Sédillot. 11 est possible que quelques imprudents aient le 
tort de ne pas les suivre ; mais certainement l'opinion dominante aujour- 
d'hui est qu'il faut donner le chloroforme progressivement et avec des inter- 
mittences. 

» D'ailleurs, pour ceux qui continuent à donner trop de chloroforme à 
la fois et pour tous ceux qui, dans l'avenir, auront à se familiariser avec 
cette question, le procédé le M. P. Bert aura l'avantage de démontrer, beau- 
coup mieux que nous n'avons pu le faire jusqu'ici, et d'une façon tout à fait 
scientifique, combien il faut peu de chloroforme pour amener l'anesthésie. 
Nous n'avions à cet égard que des approximations et, tout en prescrivant 
les doses progressives, nous pensions que, pour obtenir et entretenir le 
sommeil anesihésique, il fallait introduire dans la circulation plus ou 
moins de chloroforme suivant les sujets, mais qu'il en fallait, terme moyen, 
beaucoup plus que ne nous le fait savoir aujourd'hui M. P. Bert; et bien des 
malheurs ont été dus a l'habitude générale qui av.tit été prise de faire con- 
sommer plus d'agent anesthésique qu'il n'était nécessaire pour arriver à 
l'insensibilité voulue. J'ai bien combattu déjà cette erreur dans mes écrits, 
en m'appuyant sur un procédé de M. L. Labbé, qui consiste a ne verser ja- 
mais que de très petites doses de chloroforme sur le mouchoir. Mais je n'ai 
pu fixer exactement la quantité qui pénètre dans i'économie, soit lorsqu'on 

(•) Cnmmiinication à rAcadéiiiie tie Médecine, mars et avril 1882, article Anesthésie 
chirurgicale de X Ency clopédie internationale de Chirurgie. PariSj l883. 



( .2/1 ) 

emploie ce procédé un peu lent, soit lorsqu'on emploie le procédé plus 
expéditif des doses plus élevées, auquel je donne la préférence. 

» La Conimunicalion de AT. P. Bert va sur ce point fixer les idées. Puisque 
son mélange à S^'' pour loo'" endort très bien, quelquefois sans que le ma- 
lade ait consommé les loo'", d'autres fois après une tonsommation supé- 
rieure à celle-là, il en résulte que, terme moyen, on peut évaluera y^'ouS^^"' 
la quantité de chloroforme absorbée, et l'on comprendra mieux dès lors 
qu'il est inutile, et qu'il peut être dangereux, quand on se sert du mou- 
choir, de verser au hasard, comme je l'ai vu faire autrefois, des quantités 
qui pouvaient être évaluées à 6^', 8^'' et lo*»'. 

» L'innovation de M. P. Bert, en donnant un argument nouveau à ceux 
qui conseillent les doses modérées en même temps que progressives, aura 
donc contribué à rendre de plus en plus sûr le procédé si simple auquel la 
majorité des chirurgiens seront toujours obligés de donner la préférence. » 

Réponse de M. P. Bert aux oliscrvulions précédente'^. 

« I>es observations de mon savant maître, M. Gosselin, portent à la 
fois sur la mélhode d'anesthésie par les mélanges titrés et sur l'appareil de 
M. le D'' de Saint-Martin, qui m'a servi à l'hôpital Saint-Louis. 

» M. Gosselin reproche à cet appareil d'être volumineux, d'un manie- 
ment compliqué, d'un transport difficile. Ces critiques me semblent très 
exagérées, surtout pour une installation d'hôpital, mais il sera facile de 
les éviter; je fais construire deux gazomètres parallélépipédiques, rentrant 
l'un dans l'autre, qui n'occuperont que le faible volume de un hectolitre. 
D'autres appareils sont à l'étude qui seront bien moins encombrants encore, 
et qui fonctionneront d'une manière automatique. Il convient donc de 
réserver sur ce point le jugement définitif. 

» Je ne fais cependant nulle difficulté de reconnaître que les médecins 
de campagne n'auront que rarement un tel appareil à leur disposition. 
Aussi, je me préoccupe de chercher pour eux une autre méthode d'appli- 
cation du chloroforme qui ne vaudra pas, tant s'en faut, celle des mélanges 
tilrés, mais qui sera toujours supérieure à la compresse. 

). Rien n'est plus simple que la compresse, je le reconnais. Mais rien 
n'est plus mauvais, car son emploi est l'inverse tie toute précision scien- 
tifique ; c'est l'a-peu-près, le tâtonnement, l'empirisme, élevés à la hau- 
teur d'un principe. 

» Je sais bien que notre savant Confrère affirme avoir, depuis quelques 



( '25 ) 

années, donné de la précision à cette méthode informe, en procédant à la 
fois par doses progressives et par intermittences; m;<is son dire n'a pas 
été accepté par tons les chirurgiens, tant s'en faut, et une discussion ré- 
cente a montré que chacun d'eux tenait à son propre procédé, affirmant 
sa supériorité surceiui du voisin et déclarant q\i'il est, grâce à lui, à l'abri 
de totit danger. Cela prouve tout simplement qu'entre des mains habiles et 
expérimentées, avec une surveillance suffisante, le chloroforme donne ra- 
rement des accidents mortels; mais il faut précisément faire disparaître la 
nécessité de cette habileté et de ces précautions. 

» M. Gosselin commence, dit-il, par des doses faibles. Il verse d'abord 
i^"^, 5o à 2^', c'est-à-dire environ de vingt à treille gouttes de chloroforme, sur 
la compresse, et le malade respire au milieu de ces vapeurs. Mais, quand 
je pense que, pour donner à chaque inspiration la tension anesthésique 
et non dangereuse de vapeurs, il suffit (Viine demi-goutte de chloroforme, 
je ne puis considérer comme faible celte dose de début; elle est très cer- 
tainement supérieure, au moins à certains moments, à celle que j'emploie. 
Et comme une goutte introduite à chaque inspiration amènerait à coup siir 
et rapidement la mort, je ne m'étonne pas que des accidents aient été si- 
gnalés, je m'étonne seulement qu'ils soient moins fréquents. M. le D"" Pey- 
rand (de Libourne) endort ses malades avec trois gouttes de chloroforme 
versées sur la compresse à chaque inspiration. 

» On m'objecte les idiosyncrasies : je réponds que la dose de S^"^ pour 
loo'" d'air a réussi identiquement dans vingt-septcas, où les patients étaient 
des plus variés par les conditions physiologiques et pathologiques. C'est 
peu de chose sans doute que vingt-sept cas, et l'on peut aventurer des 
prédictions limitées. Mais la dose de 8^' est un minimum, puisqu'à 78' on 
n'a déjà qu'une anesthésie peu intense. 

» Ce minimum, les chirurgiens le dépassent toujours, et souvent de 
beaucoup, en employant la compresse. Le danger, s'il y en avait, serait donc 
toujours moindre avec ma méthode, et il serait tout aussi facile à conjurer 
en éloignant momentanément l'einbouchure; car, si la survediance n'est 
pas nécessaire, elle n'est évidemment pas interdite. Le système des inter- 
mittences peut lui-même être facilement appliqué. 

» En résumé, les chirurgiens, en se servant de la compresse, mettent en 
usage des tensions de vapeurs ou inefficaces, ou utiles, ou dangereuses. 
C est en louvoyant avec habdeté entre les doses inefficaces et les doses dan- 
gereuses qu'ils obtiennent l'anesthésie et évitent les accidents. Or, s'il faiu 
en croire les expériences faites sur les animaux, ces doses sont rapprochées 



( 126 ) 

d'une manière inquiétante. Ainsi, avec 6s'"dans loo'" d'air, on ne peut pas 
endormir complètement lui chien; avec lo^"', l'insensibilité arrive en 
quelques minutes, et l'animal dort sans danger pendant une heure et 
demie; aveci4^', la mort survient en quarante-cinq minutes. Cliez l'homme, 
pour une inspiration d'un demi-litre, ces doses représenteraient o^', o3, 
oS'',o5et o^'',07 de chloroforme. Un peu plus ou uu peu iiioins de liquide 
sur la compresse, im écarlement plus ou moins grand de la compresse, 
occasionnent des différences bien autrement considérables. 

» La méthode des mélanges titrés a l'immense avantage de mettre à l'abri 
de toutes ces inégalités et irrégulai ités. La dose limite que j'emploie, étant 
toujours au-dessous de celles que donne la compresse, risque infiniment 
moins que celle-ci d'amener des accidents. En uu mot, cette méthode me 
parait être la seule qui puisse dégager absolument la responsabilité des 
chirurgiens. » 

PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE — Du cliaitffnge des (jvandts cultures de bacilles 
du samj de raie. Note de M. A. Chauveau, présentée par M. Bouley. 

« J'ai indiqué (séance du i4 janvier) la manière d'obtenir en grandes 
masses les cultures de bacilles du sang de rate propres à subir l'action atté- 
luiante du chauffage. Il me reste à faire connaître les conditions d'exé- 
cution de cette importante opération. 

Du degré de chaujfage auquel il faut soumettra les liquides des grandes cul- 
tures pour y compléter l' atténuation. — Voici comment on procède aux 
essais préalables, à l'aide desquels on détermine la mesure dans laquelle 
le chauffage doit intervenir pour produire l'atténuation qui rendra la 
matière propre à la double inoculation préventive. 

» Il suffit d'extraire du flacon, a[)rès l'avoir agiié, une certaine quan- 
tité de liquide. Ou la ré(*artit entre une dizaine des petits récipients tubu- 
laires utilisés par M. Pasteur pour la distiibution du liquide vaccinal. 
Ceux que j'em|)loie n'ont qu'une capacité de 20^^', et il suffit de les rem- 
plir à moitié. On peut aussi se servir de petits matras à cultures. Ces 
parcelles servent à expérimenter l'influence du chauffage a partir de 80", 
81° jusqu'à 89", 90". Ou place les récipients, soit dans un bain d'eau, soit 
dans une bonne éluve à air. Chacun d'eux est maintenu pondant une 
heure bien complète à la température voulue, et la culture s'atténue ainsi 
plus ou moins suivant cette température. Pour apprécier le degré res- 
pectif d'atténuation de ces liquides, on fait une première opération très 



( 127 ) 

simple, l'ensemencement de petits matras ordinaires, chacun avec une 
goutte de culture. Mis à l'étuve, ces matras font connaître ceux des li- 
quides auxquels le chauffage a fait perdre toute faculté prolifique. On 
sait ainsi qu'il faut exclme les températures correspondantes et choisir 
parmi les autres. 

» A la rigueur, cette indication peut suffire : on adopte, pour le chauf- 
fage du premier liquide vaccinal, la température la plus rapprochée de 
celle qui fait disparaître toute activité prolifique, et pour le chauffage du 
deuxième liquide une température inférieure de 2° à la première. Ce sont 
là des liquides vaccinaux avec lesquels on obtient le maximum de sécurité 
pour la pratique des inoculations préventives. L'immunité ainsi commu- 
niquée est-elle suffisante? Oui, d'après mes expériences, mais la preuve 
cerlaine n'en peut être donnée que parles résultats d'une pratique étendue. 

» En abaissant d'un degré encore, pour chaque liquide, la température 
du- chauffage, l'immunité comnuuiiquée est probablement d'une plus 
grande résiïitance; peut-être est-ce celle qu'il faut recheicher, malgré les 
chances de pertes auxquelles expose la plus grande activité des virus. Il 
est facile, du reste, d'en faire l'essai sur un lot de moutons. Quand il s'agit 
d'une quantité de virus suffisante pour l'inocidation préventive de 4ooo à 
8000 moutons, on peut bien s'engager dans quelques dépenses préalables, 
pour déterminer le degré auquel il faut amener l'atténuation. 

» Ce qui rend ces épreuves, tout au moins celles qui consistent en cul- 
tures d'essai, indispensables pour chaque cas particulier, c'est que, même 
en se plaçant toujours dans des conditions identiques, on n'est jamais sûr 
d'obtenir des cultures également atténuées dans leur viridence. Les diffé- 
rences qu'on observe sont plus marquées qu'avec la méthode des petites 
cultures. J'ai eu des cultures dont la faculté prolifique n'était pas éteinte pai- 
le chauffage à 88°, d'autres où cette faculté avait été détruite par une tem- 
pérature de 86°. Il est donc nécessaire de déterminer pour chaque cas le 
degré de chauffage qu'il faut adopter. Dans la plupart des circonstances, 
on se trouve bien du chauffage à 84° pour la première inoculation préven- 
tive et à 82° pour la seconde. J'ai eu des cultures qui, chauffées à -f- 80°, 
constituaient un très bon premier liquide vaccinal, le second étant formé 
par la culture non chauffée, ou chauffée seulement à -h 78°. Ce sont hà de 
grands écarts; mais, d'après mes observations actuelles, ils sont appelés à 
diminuer; la possession plus parfaite des procédés tend à en rendre les ré- 
sultats plus uniformes. 

« Mode de rhauflnrje. — Ce point a une grande importance, parce que 



( '=« ) 

le chaiittage atténuant des virus doit être fait avec une grande précision. Or 
tous les procédés sont loin de fournir des résultats sur l'exactitude desquels 
on puisse également compter, surtout si le chauffage porte à la fois sur une 
notable quantité de doses de virus. De plus, ces résultats peuvent être in- 
fluencis par diverses conditions tenant à la nature du liquide virulent, à 
sa masse, etc. 

» Pour m'en tenir au virus des grandes cidtures, je dirai que le meil- 
leur milieu chauffant est l'eau, dans laquelle il est si facile, avec un bon 
régulateur, d'entretenir une température constante. Les tubes entre les- 
quels ou a distribué la matière vaccinale, à la dose de 20^' par- tube, sont 
bouchés, ficelés, plongés eu plein dans le milieu chauffé et portés ainsi à 
la température atténuante dont on a à l'avance déterminé le degré. 

» Deux procédés sont en présence pour l'exécution du chauffage au sein 
de l'eau ■ 

» 1° Ou bien on agit avec une très grande masse d'eau portée préala- 
blement et entretenue à la température voulue; celle-ci baisse nécessaire- 
ment au moment de l'immersion, mais elle se relève promptement si le 
foyer est suffisant. 

» 2° Ou bien la masse de liquide chauffant est faible; on peut alors y 
placer les tubes avant de chauffer et élever le tout rapidement et graduel- 
lement à la température convenable. 

» Dans les deux cas, celle-ci doit être maintenue pendant une heure. 
L'action du chauffage m'a paru régularisée et favorisée si l'on agite les 
tubes à virus de temps en temps, sans les sortir de l'eau et sans troubler 
l'équilibre de température, 

» C'est le premier procédé, de beaucoup le plus commode, que j'em- 
ploie couramment. Le second est peut-être plus favorable à la production 
tuiiforme de l'atténuation; mais il exige, avec un bon instrument, une 
scrupuleuse surveillance pour le réglage de la température, afin d'arrêter 
celle-ci au point exact, sans oscillations ni tâtonnements préjudiciables 
au résultat de l'opération. 

M Dune de la conservation de l'activité des grandes cultures. — Les masses 
de liquide atténué, fourni par les grandes cultures, m'ont procuré une fois 
de plus l'occasion de constater, d'une manière générale, que la durée de 
la conservation des propriétés de ce liquide marche en raison inverse de 
l'intensité de l'atténuation. 

» Le fait se constate même avec les cultures non chauffées. Lorsque leur 
activité virulente est encore très grande, celle-ci se conserve presque aussi 



( »29 ) 
bien que dans les virus forts : c'est le cas de mes premières grandes cul- 
tures, qui remontent à la fin du printemps dernier et qui, au milieu de dé- 
cembre, se sont montrées à peu près aussi actives qu'au moment de leur 
préparation. D'autres, qui étaient à ce moment relativement peu actives, 
ont, au contraire, perdu l)eancou|> plus proportionnellement, même à 
la fin du deuxième mois. 

» Si les cultiu-es ont été chauffées pour complément d'atténuation, 
les mêmes faits se reproduisent avec des caractères encore plus marqués. 
Je viens d'essayer des liquides chauffés depuis quatre mois et demi; les ré- 
sultats ont été à peu près identiques à ceux que j'avais obtenus immédia- 
tement après le chauffage et qui dénotaient la possession d'une virulence 
encore assez active. Par contre, une culture naturellement très atténuée et 
chauffée de manière à être rendue absolumsnt inoffensive, aussi bien sur le 
cobaye que siu^ le mouton, n'était plus capable, vingt-quatre jours après 
le chauffage, de communiquer à cet animal le même degré d'immunité 
qu'au moment où lechaulfage avait eu lieu. 

» Au point de vue de l'utilisation pratique des grandes cultures atté- 
nuées par le chauffage, il faut tenir le plus grand compte de ces faits. Ils 
prouvent qu'il n'y a aucun fond à faire sur la conservation prolongée delà 
faculté prolifique des spores de grande culture chauffées au degré voulu 
pour constituer un premier vaccin inoffensif, ainsi que de leur aptitude 
à communiquer un premier degré d'immunité. Entre les grandes et les pe- 
tites cultures, il ne me paraît exister sous ce rapport aucune différence 

sensible. 

» Faleur pratique du système cC inondation préventive avec, les grandes cul- 
tures atténuées par le chaujfacje. — Au cours des nombreux essais que j'ai 
faits pour déterminer les meilleures conditions d'application de ce système, 
j'ai inoculé bon nombre de moutons, avec des liquides d'activité très 
variée. Ces inoculations ont causé la mort d'une certaine quantité d'ani- 
maux, quand les virus étaient peu atténués, et n'ont entrahiéquedes pertes 
insi'ynifiantes ou ont été tout à fait inoffensives quand l'atténuation du virus 
avait été portée au degré suffisant. Or, tous les sujets survivants ont été 
soumis à des inoculations d'épreuve réitérées avec du virus très fort : il 
n'en est pas mort un seul. La double inoculation préventive exécutée avec 
les virus chauffés des grandes cultures atténuantes jouit donc de la pro- 
priété de communiquer une iiréprochable immunité, même aux animaux 
sur lesquels cette double inoculation est pratiquée avec les virus amenés 
à leur minimum d'activité. 

G. R., i88^, 1" Semestre. (T. XCVIII, N° S.) '8 



( >3o ) 
» Soumis à l'épreuve de la contagion spontanée, les sujets y résisteraient- 
ils aussi bien ? Il n'y a aucune raison d'en douter; mais c'est à l'expérience 
à donner la réponse. Je l'attends avec la plus grande confiance. Dès à 
présent, je regarde la méthode comme étant appelée à entrer dans la pra- 
tique, quoiqu'elle ne donne pas encore l;i même sécurité que celle des pe- 
tites cultures, au point de vue de l'innocuité de la double inoculation pré- 
ventive. » 



M. Daubrée présente l'extrait suivant d'une Lettre de M. Nordenskiôldj 
afin que des observations du même genre que celle dont il y est question 
puissent être faites dans quelques-unes de nos régions montagneuses, con- 
formément au vœu de l'émineut Correspondant de l'Académie : 

« Les remarquables effets d'optique de lever et de coucher de Soleil que 
l'on a pu observer dans les deux derniers mois ont été suivis et étudiés en 
Suéde avec beaucoup d'intérêt. 

» J'espère que je pourrai un jour vous communiquer des renseignements 
détaillés sur l'apparition de ce remarquable phénomène en Scandinavie. 
Je me bornerai aujourd'hui à vous indiquer une observation faite à 
Stockholm, qui montre que la cause de ce phénomène ne peut être attribuée 
exclusivement aux poussières provenant des éruptions volcaniques des îles 
de la Sonde. 

» On a remarqué que la neige tombée à la fin du mois de décembre, 
aux environs de Stockholm, était souillée de petites quantités de poussière 
noire. 

» J'ai analysé de cette poussière, recueillie par M. le lieutenant-colonel 
Rlercker; elle contenait beaucoup de matière charbonneuse qui, à l'état 
sec, brûlait avec flamme en laissant un résidu rougeâtre, contenant du fer 
oxydé, de la silice, du phosphore et du cobalt. La quantité de cobalt et de 
nickel était relativement grande, o,5 pour xoo ('). 

» L'analyse microscopique n'est pas encore faite, et la quantité de ma- 
tière que j'avais à ma disposition était si petite qu'il m'a été impossible d'en 
faire une analyse quantitative complète. 

» Mais, à ma demande, l'Académie des Sciences a alloué les fonds né- 
cessaires pour renouveler ces recherches dans une partie plus éloignée de 
Stockholm et sur une échelle plus gn.nde. 



' ) J'ai obtenu o«'',oo8 d'oxyde de cobalt et de nickel de 0^'', i de poussière bridée. 



( i3. ) 

» Comme témoignage, je vous envoie par la poste un petit grain de sel 
de phosphore [fosforsalt] coloré d'oxyde de cobalt provenant de cette 
poussière, et un petit tube contenant de l'acide phosphorique précipité avec 
du nitromoiybdate d'ammoniaque. 

» Il serait intéressant de faire en France des recherches analogues, par 
exemple, dans les Alpes, les Pyrénées et dans le Jura, et c'est pour cela que 
je vous fais cette Communication préliminaire. » 

NOamVATlONS. 

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un 
Membre libre, en remplacement de feu M. de la Goarnerie. 
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 66, 

M. Haton de la Goupillière obtient. . . . 1 8 suffrages. 

M. E. Tisserand i3 » 

M. de Jonquières • 12 » 

M. Bischoffsheim 10 » 

M. Cailletet 7 » 

M. Trêve 6 » 

Aucun des candidats n'ayant réuni la majorité absolue des suffrages, il 
est procédé à un second tour de scrutin. Le nombre des votants étant 
encore 66, 

M. Haton de la Goupillière obtient. ... 26 suffrages. 

M. de Jonquières i5 » 

M. E. Tisserand 11 » 

M. Bischoffsheim 8 » 

M. Cailletet 4 " 

M. Trêve 2 » 

Aucun des candidats n'ayant encore réuni la majorité absolue des suf- 
frages, il est procédé à un troisième tour de scrutin, qui doit être un scrutin 
deballotage entre MM. Haton de laGoupilliêreet de Jonquières. Le nombre 
des votants étant encore 66, 

M. Haton de la Goupillière obtient. ... 87 suffrages. 
M. de Jonquières 27 » 

Il y a deux bulletins nuls. 



( '32 ) 
M. Haton de la Goupillière, ayant réuni la majorité des suffrages, est 
proclamé élu. Sa nomination sera soumise à l'approbation du Président de 
la République. 

MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 

M. F. FoLACci soumet au jugement de l'Académie un nouveau Mé- 
moire portant pour titre : « Dispositif applicable à la propulsion des 
ballons dans une direction quelconque ». 

(Renvoi à la Commission des aérostats.) 

M. V. Roussel adresse, de Blois, diverses observations relatives à la ré- 
daction de V Annuaire du Bureau des Longitudes. 

M. Faye est prié d'examiner la Note précédente. 

M. A. Mackenzie-Cameron adresse à l'Académie, pour le Concours du 
prix Bréant, un Mémoire portant pour titre : « Scarlet fever, its cure, etc. ». 

(Renvoi à la Commission du prix Bréant.) 

M. Languet adresse une Communication relative au Phylloxéra. 
(Renvoi à la Commission du Phylloxéra.) 



CORRESPOI\ UAIXCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

1° Une Brochure de M. Cli. Naudin, portant pour titre : « Mémoire sur 
les Eucalyptus, introduits dans la région méditerranéenne »; 

2" Un Ouvrage de M. Ch. Ricliet, intitulé : « L'homme et l'intelligence, 
fragments de Physiologie et de Psychologie ». (Présenté par M. Richel.) 

3° La 19" année du Journal « Le Ciel », publié par M, J. Vinot. 



( '33 ) 



ASTRONOMllî. — Observations de ht comète Pons-Biooks, faites à i équalorial 
de 6 pouces (o'", 160) de Bruiiner, à l'Observatoire de Lyon (suite); par 

M. F. GoNNESSI.VT. 



Dates. 

1883-8 i. 



Dec. 

Janv, 



■25. 

2. 

2 . 

3. 

8. 
1 1 . 
16. 



Temps moyen Ascens. droite Log. fact. 
de Lyon. apparente. parallaxe, 

h D) s II m s 

5.52. I 20.54.22,56 

5.21 . 3 21 .5i .44)^2 

7. 16. 7 2 I .53. 18,82 

7.32.38 21.59.31,83 

8.23.34 22.34.21,8.5 



1 ,56i 
1,395 
''^99 

1,595 
î,6o8 



Déclinaison Log. fact. 

apparente. parall. 

+ 32. 1 1 . i4 ,5 0,497 

21 . 1 1 . i3,2 0,604 

21 . 3 25, 7 0,690 



Nombre 

de 

corap. 

10:10 

3:3 
4:4 



19.22.49,4 0,703 4:4 



10.21 . 37 ,3 0,772 
5.52.57 22.53. i3,3i ï,382 -H 4'52.5o,4 0,767 
5.47.19 23.23. 2,o4 1,337 — 4-^8.11,4 0,826 



4:4 
6:6 

4:4 



Correction 

de 

l'éphéméridc ( ' ) 



Étoiles 

de 
coiup. 



+ 16,23 — 2. 3i , I 9 

-+-18,57 ~4-''7''^ 'o 

+ 18,68 —4.26,9 11 

+ 18, 83 -4.43,9 12 

+ 18,68 -5.47,0 i3 

+ 18, 96 — 6. 11,0 i4 

+ 17,49 -6.i3,8 i5 



Positions moyennes ries étoiies de comparaison (l883,oef 1884,0). 



Étoiles 

de 
comp. 



Ascension droite 
moyenne. 

Il D) s 

9 .... 20 . 54 ■ 20 , 24 
10 2 1 . 5 1 . 7,71 

11 21 .50.40,34 

12 21 .54.43,5g 

i3 22.35.40,48 

l4 22.55. 9,88 

i5 '^^■^9- '6,43 



léduction 


Déclinaison 


Réduction 


au jour. 


moyenne. 


au jour. 


+ 1,88 


+32'.' 8'. 28" 2 


+ 27", 


—0,29 


21 . 14.35,1 


+ 11,6 


— o,3o 


21 . 7. 8,2 


+ 11 ,5 


-0,28 


19.21.19,1 


+ 10,9 


— 0, 1 3 


10. 13.34,6 


+ 7,3 


— 0, 10 


+ 4.57.19,1 


+ 5,0 


— o,o5 


— 4.29.46,0 


+ 0,8 



Autorité. 

Leitlon IV, Z.90 et Z. 100. 
BB lV + 2i°465o. 
» + 2o">5o43. 

W,, 21'' i3o7; Lam. -i- iS" ii 21» i45i. 
Conn. des T., Ç Pégase. 
Sclijt-lleriip 9448-g. 
0,8 Lai. 46194, Piiris 1878 (2 ; lobs.) 



» Les positions ci-dessus ne sont pas corrigées de la parallaxe, dont on 
a seulement tenu compte dans les comparaisons à l'éphéméride. 

» Ces observations ont été presque constamment gênées par les nuages. 
Le iG décembre, le noyau, allongé dans le sens transversal, semble pourvu 
de deux aigrettes à l'opposite de la queue. Celle-ci est visible, sur son bord 
occidental-austral, jusqu'à 8° du nuyau ; ce bord est sensiblement recti- 
ligne, et son angle de position, relevé sur une Carte céleste, est de 5c)°. 
L'autre bord disparait à 4° ou 5" de distance. » 

(') Aslronoinischc Nnchiicliten, 2338-60. Ajouter aux corrections publiées dans le nu- 
méro des Comptes rendus du 24 décembre les variations correspondant au temps d'aber- 
ration. 



( i34 



ANALYSE MATiiiÎMATlQUE. - Sur les multiplicateurs des équations différentielles 
linéaires. Noie de M. Halp!iex('). 

« Dans ma dernière Communicatio», j'ai indiqué comment, par le moyen 
des niulliplicateiirs homogènes, on peut intégrer une équation du troisième 
ordre, connaissant, en fonction de la variable indépendante, l'expression d'un 
poljnôme homoyène du troisième degré, composé avec les solutions inconnues. 
Je vais donner les formules explicites qui résolvent ce problème el présenter 
un exemple. 

» Soit p une fonction donnée comme l'expression du polynôme envisagé, 
et soit 

Mf"+ 3 N7"+ 3P7'4- Qj = o 

l'équation proposée. Considérant la fonction adjointe 

F = (M2)'"- 3 (Nz)"+ 3(Pz)' - Qz, 

on détermine le multiplicateur du second degré, qui ap pour source. Ce 
multiplicateur A est un polynôme homogène et du second degré par rap- 
port à z, z', z"; ses coefficienls sont des fonctions de la variable indépen- 
dante; le coefficient de z"- est 3M-/?, et les autres, comme je l'ai précé- 
demment montré, s'en déduisent par la condition que AF soit la dérivée 
d'un polynôme du troisième degré en z, z', z". 

n Le discriminant de A fournit la source d'un multiplicateur analogue. 
Il est plus commode de féùre intervenir dans les formules une combinaison 
linéaire quelconque des deux sources, comme il suit. 

» A la fonction p est conjuguée une autre fonction analogue p,, source 
d'un second multiplicateur A,. 

» Soit p = e V ""; envisageons les deux formes quadratiques 

pk^lUij z"' Z^^\ pk,=lbij 2"' z '>) 

et leurs discriminants D, D, ; formons, en outre, avec les coefficients a, ^ 
des formes adjointes, les combinaisons 

C = lbijC<,j, C, = ln,j[-i,j, = 2a„,Po. - «ooj'Sn ~ a.i^oo- 
Ces diverses fonctions sont liées entre elles par les relations suivantes, 

(') Voir le précédent Volume, pages i4o8 et i54i. 



( -35 ) 
où u, c, «I, l'i, w désignent des constantes : 



(0 



I C =: 3((p/j — up,), C, = - 3((^y/;, + M,/j). 
Il existe, en outre, entre les constantes la relation 
(2) . w^ — [\uii^ = 3(P". 

» Soit maintenant /: /, racine de l'équation 

(•/'• - 4 uP /, - 6wr- /; -f- 4 «, //,' ~ V, l\ == o 
et m, m,, a déterminées par l'ensemble des relations concordantes 
,,,3 _ (ani ("1/1- "lO ' 












» Les solutions de V équation différentielle sont données par réquation du 
troisième degré 

j'-' -(//; + l,p, )y" -h{mp-h m,p, )j' 

Il est à remarquer que cette solution ne se trouve pas en défaut dans le cas 
où la source donnée est égale à zéro. C'est précisément à ce cas que se 
ra[>porte l'exemple suivant : 
» Intécjier l'équation 

(3) ,/>" + !/'/" + y?' -^/'"j = o, 

ou /désigne un polynôme du Itoisième degré, sachant qu'il existe entre les solu- 
tions une relation homogène du troisième degré à coefficients constants. 

» Le multiplicateur A, dont la source est zéro, ;i l'expression suivante : 



( ' ''*; ) 

La source conjuguée est runifé, et voici le mulliplicateur correspondant : 

En appliquant les formules ci-dessus, on obtient le résultat que voici : 

» 5oi7 /(jr) = «00:^+ 3^,0:^4- 3(7o.r + rt, /e pot/nôme qui figure dnns 
(3); on en déduit l'équation 

déterminant une constante 1. Les solutions de l'équation [3) sont données par 
l'équation du troisième degré 









- 8 = o. 



La même méthode peut être appliquée à l'équation plus générale 

fr'"-^ \f'f^ î(' - f ) /"/ - ""'"^'.^i^~'W - o, 

où n est un entier, positif ou négatif, premier avec 3. Celte équation, dont 
la précédente est un cas [n = i), et dont l'adjointe s'obtient par le change- 
ment de 11 en — n^ admet toujours des mulliplicateurs, du second degré, 
ayant pour coefficients des polynômes entiers. Son groupe est hessien, et 
elle a pour solutions des polynômes entiers et homogènes formés avec les 
solutions de (3). Je l'ai déjà étudiée par des procédés tout différents dans 
mon Mémoire sur la réduction des équations différentielles linéaires, en prenant 

pour variable l'intégrale | -^- » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les valeurs que prend un j)olynôme entier 
lorsque la variable varie entre des limites déterminées. Note de M. Lvcuerre, 
présentée par M. Hermite. 

« 1. Il est souvent utile dans certaines questions d'Analyse, notam- 
ment dans la recherche de la valeur approximative des intégrales définies 
et des racines des équations algébriques, de déterminer des limites entre 
lesquelles demeure constamment comprise la valeur d'im polynôme F(x), 
lorsque la variable varie entre deux limites données. 

» En supposant les nombres ^ et vj positifs, Cauchy a donné la règle 



( '3: ) 

suivante : Si l'on pose, en mettant en évidence les termes positifs et les 
termes négatifs de F (^), 

F(.r) F„(.r)-F,(.r). 

la valeur de F(.r), lorsque x varie depuis | jusqu'à y;, demeure constam- 
ment comprise entre les nombres 

I'o(l)-F,(v,) 
et 

F,/-^)-F,(?). 

» Celte règle, dont l'exactitude est évidente, donne généralement des 
limites beaucoup trop écartées ; on obtiendra des résidtals ])lus précis par 
la méthode suivante, que, poin- plus de clarté, j'exposerai d'abord en con- 
sidérunt un polynôme dti quatrième degré. 

» 2. Etant donné le polynôme entier 

F{3r) =z n -h hx -+- cx^ -+- dx^ -+- ex* 

et deux nombres positifs H et yj, où je suppose r, ^ Ç, formons la suite des 

nombres 

F„ = ./ + A?-f-c;= + ^?' -\-el\ 

V , — a -h hri -h clvj + d^'-v] -+- p?'-/;, 
Fo = ff -f- hri -h CY]^ -h r/^n'^ -+- e-;''r,-^ 
¥3 = n -\- bin -+- CYi^ -+- d-t}^ -h PSrr, 
F, = rt + A>7 + cri^ -+- dri^ ■+- er,\ 

dont la loi de formation est évidente,, 

» Cela posé, la valeur du polynôme F(,r) demeure, lorsque x varie de- 
puis S, jusqu'à y;, constamment comprise entre la plus petite et la plus 
grande des quantités F„, F,, F.,, F3 et F,; j'ajoute que le nombre des racines 
de l'éqnatioii ¥[x) = o, qui sont comprises entre B, et r;, est au plus égal 
an nombre des variations de la suite 

F F F F F 

M En général, soit le polynôme entier 

Y{x) = naX" -¥- rt,.a" ' + tux"- +. . .-!- ri„_,x 4- a„; 
formons, par voie récurrente, les quantités suivantes : 

C. R., 188'), I" Semesrre. (T. XCVIII, N° ô.) I9 



( i38 ) 

P„=Q„, P„-,= P„ + (/7-?)Q„... P„-= = P„-, + (-'3-r)-oQ„-. 

P„= i>,-uf-^_^V/]"-'Q„: 

en supposant 5 et ïj positifs e' y; ^ ç, on peut énoncei' les deux propositions 
suivantes : 

» Le nombre des racines de l'équation F(,r) =: o, qui sont comprises 
entre Ç et yj, est au plus égal au nombre des variations de la suite 

P P P P P 

et la valeur du polynôme Ff.r), quand x varie depuis B, jusqu'à ri, de- 
meure constamment comprise entre la plus petite et la plus grande des 
quantités P,. Soit, par exemple, 

F(.r) = x^ — 2x'' + x' — 3.r- -I- l\x — 2 ; 

si l'on pose S = 1 e; V; = 2, on aura le Tableau suivant : 

Coefficients de l'équation 1 — 2 H-i 3 -f-4 — - 

Valeurs des Q, i — 1 o — 3 -f- 1 — i 

Valeurs des P, . -y. — 1 4 — 6 — G o — 1 

d'oîi il résulte que l'équation Y {x) = o a une seule rncine comprise 
entre i et 2 et que la valeur de ce polynôme, quanti x varie depuis i jus- 
qu'à 2, demeure comprise entre les nombres — 14 et -l-a; la règle de 
Cauchy donne les limites — l\o et -\-!\i. 

» En considérant encore le mètne polynôme, faisons ; = 2 et r, ^=r. 3, 
nous aurons le Tableau suivant : 

I — 2 4- I — 3 -4-4 — ■?. 

I O -•- I I + ?. -4- T 

-fpi -t-io H- 10 +1 +4 -J-?. 

d'ot'i l'on voit que l'équation F(.r) = o n'a aucune racine comprise 
entre 2 et 3, et que la valeur de ce polynôme, quand r varie depuis 2 jus- 
qu'à 3, demeure toujours comprise entre -h r et +91, les deux valeurs 
extrêmes étant d'ailleurs +2 et 4-91. 

» La règle de Cauchy donne dans ce cas les limites — i43 et +236. 

)) 3. Les résultats précédents subsistent encore, en en modifiant légère- 
rement l'énoncé, dans le cas où F(a') est un polynôme de la forme 

rto + (7,.r*i 4- rtj a;"' -f- . . . + anX""", 



( '39) 
les quantités a, étant des nombres positifs quelconques, entiers, fractiou- 
naires ou incommensurables; ils s'étendent donc au cas où F(a-) est une 
fonction transcendante de la forme 



A„' 



GtiOMETRlf. ~ Note bW le lavis d'une sphèiej par M. J. Cottillon. (Extrait.) 

« Les fléves de l'École Polytecbnique ont conservé la tradition d'une 
splière lavée d'a|)rés les indications théoriques de Monge et dont la perfec- 
tion provoqua 1 émotion du fondateiu" de la Géométrie descriptive. 

» Ce lavis, en quelque sorte légendaire, ayant disparti avant qu'on ait 
songé à le reproduire, il n'est peut-être pas sans intérêt de le reconstruire, 
dans la mesure du possible, mais en apportant, toutefois, à la formule 
d'après laquelle il parait avoir été établi, quelques modifications complé- 
mentaires indispensables. 

» L'application rigoureuse de la loi du produit des cosinus tend à donner 
au contour apparent de la sphère un éclat nul et à le représenter, de même 
que la ligne de séparation d'ombre et de lumière, par une teinte absolu- 
ment noire, ce qui est évideniment inadmissible pour les surfaces usuelles. 

» Cette loi, rigoureusement vraie au point de vue purement géomé- 
trique, n'a donc pas tenu sulfisamment compte de quelques éléments se- 
condaires du modelé. 

» Des expériences, dont la description serait peut-être dépourvue d'in- 
térêt, tout en faisant connaître l'importance relative de ces éléments, indi- 
quent les modifications de détail qu'il est nécessaire d'apporter à la formule 
de Dupuis pour concilier, dans une mesure convenable, les résultats fournis 
par la théorie avec ceux qui sont relevés par l'observation. 

» Ces éléments peuvent se résumer à trois : 

» 1° Lumière diffusée par l'atmosphère et dont l'action s'étend même 
sur la ligne de séparation d'ombre et de lumière; 

» 2° Rugosité des surfaces, dont l'influence entraîne le déplacement du 
point brillant; 

» 3° Irradiation lumineuse, dont le défaut de proportionnalité des 
effets conduit à l'envahissement successif des zones obscures par celles qui 
le sont moins. 

» L'intervention de ces divers éléments modificateurs donne, en défini- 
tive, la sphère dont j'adresse la reproduction. 



( i4o ) 

» Cette sphère étant obtenue, l'emploi des constructions graphiques 
accoutumées, soutenues ou complétées, s'il y a lieu, par le calcul, permet 
de déterminer rapidement les limites et la valeur des teintes d'une surface 
géométrique donnée. 

» Le lavis de cette surface s'exécute ensuite avec une sûreté et une pré- 
cision en quelque sorte malhéinatiques. » 



ÉLECTRICITÉ. — Sur la conductibilité des dissolutions salines très étendues. 
Note de M. E. Couty, présentée par M. Jainin. 

« La conductibdité électrique des sels dissous dans l'eau varie avec la 
concentration d'une manière extrêmement complexe et différente d'un sel 
à un autre. On ne possède à cet égard ni loi générale ni formule empirique 
d'une application quelque peu étendue. On conçoit a priori que cette con- 
ductibilité dépend à la fois de la nature chiniiipie du sel, des hydrates 
qu'il est susceptible de former et de leur stabilité : l'expérience établit 
aussi qu'elle n'est passans relations avec quelques-unes des propriétés phy- 
siques de la dissolution,, en particulier avec son degré de viscosité. Mais la 
part de ces diverses circonstances n'a pu être faite jusqu'ici. 

» 11 m'a paru qu'il y avait lieu de siin|)lifier d'abord le problème en ne 
considérant que des dissolutions de propriétés physiques identiques. J'ai 
donc pris des dissolutions tellement étendues que leur densité et leur vis- 
cosité se confondent avec celle de l'eau pure : leur conductibilité élec- 
trique est encore relativement énorme par rap[)ort à celle de l'eau et se me- 
sure aisément par une méthode électrométnque dérivée de celle de 
M. Lippmann (' ). 

» En opérant ainsi, je n'ai pas tardé à reconnaître que la conductibilité 
des sels est liée à leur composition chimique par des lois d'une extrême 
simplicité. Je ne m'occuperai ici que des sels neutres. 

» Soient/) le poids de sel contenu dans l'unité de poids de la dissolution, 
e l'équivalent chimique, c la conductibilité d'un cylindre liquide de lon- 
gueur et de section égales à l'unité. Il y a pour chaque sel une valeuryj, 
deyj au-dessous tle laquelle la conductibilité varie proportionnellement au 
poids du sel dissous; si l'on compare alors les conductibilités des divers sels 
entre elles, on reconnaît qu'elles sont en raison inverse de l'équivalent, et 

(') Lippmann, Comptes rendus, t. IjXXXIII, \i. 192; i8'j6. 



( >4i ) 

l'on peut é*'iire 

(I) c = klL^ 



e 



Le coefficienl k est le même pour tous les sels neutres que j'ai éludiés. 

)i Fai>ons dans la formule (i) p = e, c'est-a-dire considérons des disso- 
lutions qui contiennent, sous le même volume, un équivalent des différents 
sels, c'est-à-dire le même nombre de molécules : la conductibilité c est la 
même pour tous. Ln conductibilUé moléculaire de tous les sels neutres est la 
même. 

» Pour les sels qui cristallisent anhydres, il est en général facile d'at- 
teindre un degré de ddution tel que la loi se vérifie exactement ( ,-^ à ,^) ; 
mais, pour les sels hydratés, il faudrait aller bien au-dessous de ces limites, 
et les nombres que je publie prouvent seulement que leur conductibilité se 
rapproche de plus en plus d'obéir à la loi à mesure que la dilution aug- 
mente. 

» Les expériences ont été faites en comparant les résistances de disso- 
lutions contenant ^, ^, j^, j^ de sel dissous aux résistances de 
dissolutions de chlorure de potassium de concentration identique. I>e 
rapport de ces résistances, variable avec la dilution, doit, à la limite, se 
confondre avec le rapport p des équivalents. Les deux Tableaux qui suivent 
permettent de se rendre compte du degré d'exactitude de cette loi : 



Sels anhydres. 

\'aleurs de r poiii- des concentrations de 



l'orinnlc ihi sel. Équivalent. 

AzU'CI 53,5 

KCI 74,5 

Az ll'O, AzO^ 80 

KO, SO' 87 

KO, CrO^ 98 

KO, AzO' loi 

KBi- 119 

KO, ClO^ 122,5 

KO, CIO" i38,5 

AgO, SO^ .56 

PbO, AzO' i65,5 

la 16G 

Ag O, Az O^ 170 



-k- 


TVi- 


IIIOO- 


«oon- 


p- 


0,743 


0,730 


0,72^ 




0,718 


1 ,000 


I ,000 


I , 000 


1 ,000 


1 , 000 


1 , 7.ll3 


,..34 


i,i56 


1,1 3> 


1,074 


1 ,5o7 


1,338 


.,257 


I , 182 


1 ,169 


1,473 


.,375 


1 ,3l2 




.,3o4 


1,555 


1,43' 


1 ,37 1 




1,356 


1,472 


1,536 


I , J3i 


i; 


'»597 


» 


'>7'7 


',t^49 


w 


1,649 


■») 


1,898 


1,867 


" 


1,859 


» 


» 


2,,3l 


1,981 


2,094 


3,721 


2,834 


2,53o 


2,212 


2,221 


2, l32 


2 , 202 


2, 108 


>i 


2,233 


2,865 


2,480 


2,480 


2,149 


2,281 



( '4:^ ) 

Sels hydratés ou formant avec l'eau des combinaisons définies. 
Valeurs de r pour des concentrations de 
Formule du sel. Équivalent. 4^. t^. ToVô- yoVô' To'oo- p- 

CaCI(') 55,5 ',071 0,998 0,982 u 0,880 o,74j 

KFl(') 58 » 0,999 «^'O^g " o,94-.i 0,778 

MnCl+4H0 99 2,070 1,868 1,673 " 1,567 1,329 

MgCl-i-6H0 101,5 1,824 1,645 1,541 V i,4o3 1,362 

B;iCl-4-2H() 122 2,ii4 1,857 ''772 » i,558 i,638 

CuO,S03+5HO.. . 124,75 5,241 3,703 2,664 .. 2,194 1,674 

NaO, CO--M0HO.. 143 3,53i 2,735 2,461 ' 2,324 i>9'9 

ZuO, S0'+ 7HO.. . 144 5,65o 3,715 .. 2,429 2,358 1,982 

CuO, Az05-t-6lIO. 147,75 2,924 2,541 2,486 .. 2,25i 1,983 

ZiiO, Az0^h-6H0. i49 2,842 2,569 2,533 » 2,345 2,000 

Cd O, AzO'*-)- 4HO. i55 -5,144 ^iVQ*' 2,701 « 2,55g 2,o8r 

NaO,S03+ioHO.. 161 3,556 2,876 » 2,578 .. 2,161 

» Les acides et les bases hydratées, les sels acides des acides [lolyba- 
siques se coniportenl d'une manière [jHriiciiliere. Leur étude fera l'objet 
d'une prochaine Communicaliou. Je me propose de continuer ce travail, 
et d'eludier en particulier l'influence de la nature du ilissoivant, celle de 
la température, etc. (-). » 

M. Berthelot insiste sur rimportaiice des résultats obtenus par ALBouty. 
D'après la nouvelle loi cpi'il Lut connaître, la résistance électrique dans 
les solutions très étendues est déterminée par l'équivalent chimique des 
coi'ps et non par leur poids atomique : c'est ce qui ressort des nombres ob- 
tenus avec l'azotate de plomb, comparé avec les azotates de potasse et 
d'argent, par exemple. Cette relation semble avoir quelque lien avec la loi 
de Faraday, qui porte également sur les poids équivalents et non sur les 
poids atomique-s. Les poids équivalents sont donc la base des lois électro- 
cbimiques, de même que de la plupart des lois physiques où interviennent 
les masses relatives des corps. Toutes ces lois deviennent plus obscures et 
plus compliquées lorsqu'on les exprime au moyen des poids ato- 
miques. 

( ' ) Ces deux sels ont été pesés à l'état anhytlre. 

(■-) Les expériences ont été exécutées au iabonitoiie de recherches physiques de la 
Facuhé des Science.s de Paris. 



i43 



F,I,ECTRICITR. — Sur la lépiitsion de deux parties coniériitives (fan même 
cmiratil. Note de M. Izarn, présentée par M. Berthelot. 

« L'expérience classique instituée par Ampère pour constater cette ré- 
pulsion est ordinairement considérée comme peu démonstrative, parce 
que le petit équipage contient forcément, outre les deux parties horizon- 
tales qui flottent sur le mercure, d'autres parties taisant unangle avec elles. 
Mais personne, jp crois, n'a encore f.iit observer que, si l'on retourne l'é- 
quipage de façon que le courant qui traverse le mercure soit obligé de re- 
venir sur ses pas pour parcourir ces parties horizontales, celles-ci doivent 
être attirées au contraire, les effets sur les autres restant de même sens 
que dans le premier cas. Or, si l'on fait l'expérience, on remarque que, 
pour une certaine direction du courant dans le fil horizontal, c'est bien 
en effet ce qui arrive, tandis que pour la direction opposée il y a répulsion. 
Cette direction favorable est justement est-ouest si la cuve est orientée 
nord-sud. Il y a donc là une complication à laquelle il ne me paraît pas 
qu'on ait songé : c'est l'action du courant terrestre. Mais, s'd en est ainsi, 
rien n'est plus facile que de construire un système complètement asiatique, 
l'équipage ordinaire ne l'étant que pour tontes les parties qui ne sont pas 
horizontales. Il suffit, pour cela, de rapprocher deux cuves pareilles et 
d'employer deux équipages identiques, parcourus en sens inverse par le 
même courant et solidaires l'un de l'autre. Avec cette disposition nouvelle, 
la complication disparaît et le mouvement attractif se produit nettement, 
quoique peu énergique, quelle que soit la direction du courant employé. 
L'expérience d'Ampère démontre donc bien ce qu'elle a la prétention de 
démontrer, puisqu'ici les actions sur les parties faisant un angle avec le 
courant fixe sont de sens contraire à celles qu il s'agit d'observer. D'ail- 
leurs, si on la répète avec une cuve orientée comme il vient d'être dit, on 
reconnaît que la répulsion est bien plus vive lorsque le courant marche 
est-ouest dans la portion horizontale, la terre ajoutant son effet à celui que 
produit le courant lui-même. 

» Il n'est peut-être pas inutile de remarquer que toutes les expériences 
relatives à l'action des courants, delà terre et des aimants siu- les courants 
peuvent être répétées ainsi sur de petits équipages flottants que chacun 
peut facilement imaginer et construire lui-même, et même avec de sim- 
ples aiguilles à coudre posées à angle droit sur la cloison qui divise la ctive 
en deux autres, en ayant soin de faire monter les niveaux du liquide au- 



( '4'. ) 

dessus du bord (le cette cloison en profitant de l'action capillaire. Seule- 
ment il est souvent indispensable de disposer de petits crins ou de petits 
rails très légers pour guider l'équipage et l'empêclier d'aller se coller sur 
les bords, entraîné par la capillarité. 

» Il y a une autre précaution tout aussi importante à observer si l'on 
veut réussir à coup sur toutes ces petites expériences : elle consiste à ne 
verser le mercure, dont on ne peut employer du reste que de très petites 
quantités, qu'au moment même de l'opération, en le faisant rapidement 
écouler d'un entonnoir que l'on a incomplètement bouché avec le doigt, 
et arrêtant l'écoidement avant que tout le liquide ait passé. Il suffit sou- 
vent de quelques minutes d'attente pour que le mercure se soit recouvert 
d'une couche infiniment mince d'oxyde, invisible, mais qui modifie énor- 
mément la tension superficielle, et qui se dissout probablement dans la 
masse si ou la reverse dans l'entonnoir pour remplir de nouveau la cuve. » 



CHIMIE. — Sur le développemenl des cristaux nacrés de soufre. 
Note de M. D. Gernez, présentée par i\l. Debray. 

« Prenons un tube en U dont le diamètre ne dépasse pas o'",oo2 et à la 
surface extérieure duquel on ait gravé des traits équidistanfs, mettons-y 
du soufre et chauffons-le vers i6o°, puis portons-le dans un bain d'eau 
bouillante : ce liquide peut produire la variété cristalline de soufre qu'on 
voudra. Supposons que l'on fasse naître, en un point de l'une de ses brandies, 
des baguettes nacrées (') par frottement, refroidissement local ou semis, 
comme je l'ai indiqué précédemment : on peut suivre l'allongement de ces 
cristaux dans cette bianche hiu- une longueur de o"',o4 à o'", o5 sans que 
le tube soit obstrué, tant est lent l'accroissement de ces cristaux dans le 
sens transversal. Vient-on alors à toucher avec un prisme ordinaire le 
soufre surfondu qui les baigne, on y fait naître des prismes qui envahissent 
avec une très grande rapidité la région partiellement occupée par les cris- 
taux nacrés, puis arrivent à l'autre branche où ils continuent, mais bien 

( ' ) On peut obtenir ces cristaux nacrés très facilement par voie de dissolution : il suffît 
pour cela de faire dans un tube scellé une solution, su/saturée à chaud sans résidu, de 
soufre dans la benzine, le toluène, l'alcool, le sulfure de carbone, etc., puis d'introduire 
Vtxtréinité du tube seulement dans un mélange réfrigérant, par exemple dans de l'eau où 
l'on jette quelques cristaux d'azotate d'ammonia(]ue; de longs feuillets nacrés prennent 
naissance au point refroidi et s'avancent peu à peu dans le reste du liquide. 



( '45 ) 
plus lentement, à solidifier la région qui élait encore loiit entière liquide. 
En mesurant l'allongement de ces mêmes prismes dans les deux régions 
du liquide, on trouve que, si celle durée varie de cinq à vingt-cinq secondes 
pour un allongement de o^jOio dans le liquide libre, il n'est que d'environ 
une seconde dans la région partiellement occupée par les cristaux nacrés. 
J'ai fait un grand nombre de mesures sur des tubes soumis aux conditions 
les plus variées et dans lesquels j'ai produit simultanément des octaèdres, 
des cristaux nacrés et aussi des prismes dont j'ai suivi la formation dans 
les deux régions, celle où le liquide occupait toute la largeur du tube et 
celle où il baignait les baguettes nacrées. Pour une température ambiante 
voisine de loo", la mesure étant effectuée queUjues heures après l'inimersion 
dans le bain de surfusion, la durée de l'allongement dans ces conditions 
était d'environ sept secondes pour o™, oio dans la région où le liquide était 
libre, elle était toujours un peu inférieure à une seconde dans la région où 
les cristaux nacrés s'étaient développés. 

» Je ferai d'abord remarquer que la vitesse de solidification est indé- 
pendante du diamètre du tube lorsqu'il n'est pas supérieur à 2™", comme 
c'est le cas dans ces expériences : on ne peut donc attribuer la différence 
des deux vitesses de solidification des prismes au fait que le liquide qui 
baigne les cristaux se trouve comme dans un tube plus étroit. De plus, le 
mode de dévelop|)ement des cristaux nacrés est très différent de celui que 
présentent les deux autres formes : ainsi, tandis que les octaèdres ou les 
prismes, semés dans le liquide surfondu, grossissent aux dépens du liquide 
ambiant qu'ils transforment totalement, suivant la forme du germe, en oc- 
taèdres ou en prismes, les baguettes nacrées s'allongent dans le liquide 
ambiant comme le feraient des cristaux dans un liquide peu sursaturé. 
Pour interpréter tous ces résultats, sans s'écarter de la réserve qu'd con- 
vient de garder lorsqu'il s'agit de se prononcer sur la constitution d'un li- 
quide, admettons, comme point de départ, que l'action de la chaleur sur 
le soufre ait pour effet d'en produire la transformation parlielle en une 
variété allotropique soluble dans le liquide non modifié : à l'appui de cette 
manière de voir, nous pouvons, en effet , remarquer que le liquide reste 
limpide et que les changements qu'il éprouve ne sont jamais complets, puis- 
que, comme je l'ai démontré précédemment, ils dépendent de la tempé- 
rature et de la durée pendant laquelle elle a été maintenue. Faisons, de 
plus, l'hypothèse que les baguettes nacrées représentent la forme cristal- 
line de la partie modifiée du soufre, et considérons un cristal nacré intro- 
duit dans le liquide mixte qui résulte de l'action de la chaleur : il se déve- 

C. R.. iSS'i, I" Semestre. (T. XCVIII, N° 3.) 30 



( i4G ) 

lopperait aux dépens du soufre transformé et le liquide ambiant serait, au 
bout de peu de temps, presque entièrement composé par la partie du soufre 
non modifiée. Si cette manière de voir est exacte, ce liquide doit présenter 
les caractères du soufre chauffé très peu de temps et à une température peu 
élevée. Or j'ai montré que, dans ces conditions, la durée de la solidifi- 
cation du soufre prismatique est très petite, et, de plus, sensiblement con- 
stante, puisqu'il s'agit de soufre non modifié. Ce sont bien là les résultats de 
l'expérience ; car, tandis que les durées de la solidification observées dans 
un bain de surfusion, toujours à la même température, varient beaucoup 
avec les conditions de l'expérience, lorsqu'on mesure l'accroissement des 
cristaux dans la branche du tube qui contient le liquide mixte, on trouve, 
au contraire, dans l'autre branche, où le liquide baigne les cristaux na- 
crés, que la durée de la solidification des prismes a une valeur très sen- 
siblement constante dans les diverses expériences, et cette valeur est un 
peu inférieure à une seconde pour lo™™ quand la température ambiante 
diffère peu de loo". Cette manière de voir se trouve aussi corroborée par 
ce fait que la production des baguettes nacrées n'est facile que si le soufre 
a été chauffé au delà de i6o°, c'est-à-dire aux températures les plus favo- 
rables à la transformation qu'éprouve le soufre fondu. » 

CHIMIE. — Détermination de l'équivalent du chrome à l'aide de son sulfate 
de sesquioxyde. Note de M. H. Badbigny, présentée par M. Debray, 

« Le sulfate de sesquioxyde de chrome violet, purifié de tout excès d'a- 
cide, comme je l'ai indiqué dans ma dernière Note, à l'aide d'une série de 
cristallisations déterminées par l'addition d'alcool à la solution aqueuse du 
sel, est desséché, puis pulvérisé. Le sel vert, qui en résulte, est chauffé fina- 
lement, pour chaque opération, dans une nacelle tarée, à 44o° jusqu'à poids 
constant. 

» Les deux premières déterminations que je donne ont porté sur des 
sulfates de sesquioxyde de chrome, faits avec l'hydrate obtenu en rédui- 
sant du bichromate de potasse pur par l'hydrogène sulfuré, et la troisième 
a été faite avec le sulfate préparé en partant de l'acide chlorochromique. 

» Première expérience. — Le sel a été desséché dans l'air sec à la pression normale; iB^gSg 
par calcination, et à deux reprises pour contrôle, adonné oS'', 7715 Cr'-0\ Donc la différence 
S0'=: 1,2175, ce qui conduit à l'équivalent Cr = 26,020 si S = 16 et Cr = 26, o55 si 
S = 16,087. 

» Deuxième e.r/iérience, — En répétant l'opération avec un autre sulfate, mais en opérant 



( i47 ) 

la dessiccation dans le vide (3™'") à 44°°. j'^iieu is', 535Cr=0^ pour 38'',958de Cr-0% 3S0^ 
La perte S0'*=: 26', 423, ce qui donne Cr = 26, 012 si 8 = 16, etCr:= 26,046 siS=: 16,037. 

n La moyenne de ces deux déterminations conduit donc à l'équivalent Cr = 26,016 si 
8= 16, et Cr = 26, o5o si S =: 16,037. 

» Troisième expérience. — Le sulfate f;iit à l'aide de l'acide chlorocliromique, desséché 
dans l'air sec sous pression normale, a donné i8',oi i5Cr-0' pour 25'', 6o52 de Cr-OS380'. 
Donc la perte 80'=; 1^', 5937. 

» Ce qui conduit à l'équivalent Cr = 26, o8i si S = 16, et Cr =: 26, 1 16 si S = 16,037. 

» La moyenne des deux premières opérations est donc inférieure de o, o65 
au nombre fourni par la troisième expérience. Mais, quoique cette moyenne 
résulte de deux déterminations assez concordantes, je crois devoir cepen- 
dant accorder plus de confiance à la troisième. En effet, le sulfate employé 
a été préparé avec des produits tous volatils, et, comme cette opération a 
satisfait à tous les contrôles auxquels je l'ai soumise, je puis affirmer son 
exactitude. D'ailleurs, qu'il me suffise de faire remarquer que cette diffé- 
rence en plus de o,o65 obtenue pour l'équivalent dans la dernière déter- 
mination ne dépend que d'un faible écart dans les résultats, puisque cette 
opération m'aïu'ait donné l'équivalent 26,016, identique à la moyenne des 
deux premières, si les a^'jôoSa de sulfate de la troisième expérience eussent 
renfermé seulement i™^' de plus, comme acide sulfurique. 

» La décomposition du sulfate de chrome se fait à une température re- 
lativement basse; car, avec le temps, elle peut déjà être complète à une 
température inférieure à celle de la fusion de l'argent. Néanmoins, j'ai tou- 
jours terminé la calcination à la température de fusion de l'or, pour pou- 
voir appliquer le contrôle par l'acide nitrique, dont j'ai parlé dans ma der- 
nière Communication, à la recherche des sels alcalins. 

» Je n'en ai trouvé dans aucun des oxydes, résidus de la calcination des 
sulfates. 

» Quant à la vérification par la voie humide de la décomposition totale 
du sulfate, elle était, pour ainsi dire, inutile, puisque le poids de l'oxyde 
Cr^O', obtenu par calcination du sulfate à la température de fusion de l'ar- 
gent, ne se modifie pas à celle de fusion de l'or. J'ai tenu cependant à la faire 
une fois, quelque impossible qu'elle puisse paraître a piiori, puisque Cr- O' 
est réputé insoluble dans les acides. On parvient en effet à le dissoudre, en 
mettant à profit une observation déjà ancienne de Storer ('). L'oxyde et 
les sels de chrome, à l'état pulvérulent ou en solution concentrée, s'oxydent 

(') Proc. 0/ the Americ, Jcocl. 0/ Aits andStiences, iBSg. 



( ^àS ) 
1res facilement «une c/o«cec/ia/e«r, en présence de l'acide nitrique, lorsqu'on 
y projette du chlorate de potasse. Dans ces conditions, même l'oxyde de 
chrome calciné se transforme presque instantanément en acide chromique 
soluble (' ). 

» Opérant ensuite la destruction de l'excès de chlorate, afin de pouvoir 
effectuer ultérieurement la réduction de l'acide chromique en oxyde Cr'O', 
il devient alors possible de rechercher l'acide sulfurique avec les sels de 
baryum. 

» Ce contrôle m'a prouvé à nouveau la décomposition complète du sul- 
fate de chrome par la chaleur. 

» Parmi les anciennes déterminations de l'équivalent du chrome, je ne 
citerai que les principales. La première est dueàBerzelius : par lechromate 
de plomb, il trouva Cr = 28,1. Il reconnut lui-même l'imperfection de ce 
nombre, et le remplaça plus tard par 27,35, obtenu à l'aide du chromate 
de baryte. 

» Ce fut M. Peligot, en i844> qui, l"rs deson étudedes sels de protoxyde 
de chrome, constata que cette seconde valeur donnée par Berzelius était 
toujours trop élevée, et donna l'équivalent, encore admis aujourd'hui, 
Cr= 26,28, 'compris entre les limites 26 et 26,4, et déterminé à l'aide du 
chlorure CrCi et de l'acétate de protoxyde de chrome. Berlin, la même 
année, en opérant avec le chromate d'argent, ayant trouvé que ce nombre 
26,28 concordait avec la moyenne de ses résultats (de 26,226 à 26,468), 
l'équivalent donné par Berzelius fut abandonné. 

» Quant à Moberg, à l'aide du sulfate et de l'alun ammoniacal de 
chrome, il avaitconclu,en 1848, à l'équivalent 26,79. Je "^ veux pas entrer 
ici dans le détail des expériences; mais je ne puis que m'étoiiner que les 
méthodes grossières qu'il a employées ne l'aient pas conduit à un nombre 
plus erroné. 

Enfin les deux déterminations les plus récentes datent de 1861, et toutes 
les deux se rapprochent de l'équivalent que m'a fourni le sulfate. En com- 
parant les poids de bichromate et de chlorate de potasse nécessaires pour 
transformer l'acide arsénieux en acide arsénique,etFeCl en Fe-CI\ Kessler 
a donné le nombre Cr = 26,i5, et Sievi^ert a conclu à Cr = 26,o47 en 
dosant le chlore d'un poids connu de chlorure violet Cr-Cl' sublimé. » 



(') Ce piocc'dc irattaque de Cr'O' par l'acide nitrique et le chlorate de potasse est le 
plus rapide et le plus parfait pour neUcyer des vases de platine ou de porcelaine incrustés 
d'oxyde Cr-0'. 



( '4o 



chimie:. — Dépêche relative à ta Uqnéfaclion de l'hydrogène, adressée par 

INL WiioBLEWsKi à M. Debray. 

« Hydrogène refroidi par oxygène bouillant s'est liquéfié par détente. » 



M. Debkay présente les observations suivantes, à propos de la Commu- 
nication de M. TVroblewski : 

« La dernière Communication de M. Wroblewski sur la solidification 
de l'azote contient un passasse sur la délente de l'hydrogène qui a paru à 
quelques personnes en contradiction avec les remarquables observations 
de M. Cailletet sur la détente de ce gaz. M. Wroblewski, en détendant 
l'hydrogène comprimé à iSo" et refroidi dans l'oxygène, n'avait pas 
aperçu le brouillard signalé par M. Cailletet et observé par divers savants 
au laboratoire de l'École Normale. Ce brouillard était l'indice certain de 
la liquéfaction de l'hydrogène sous l'influence du froid pro luit par cette 
délente. La dépêche de M. Wroblewski confirme de tout point le fait capital 
découvert par M. Cailletet. Je communiquerai à l'Académie les détails de 
ses expériences aussitôt qu'ils me seront parvenus. » 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les produits de réduction de l'érylhrite par l'acide 
formique. Note de M. A. IIenmnger, présentée par M. Wurtz. 

« Il y a longtemps déjà, M. Tollens et moi nous avons fait connaître 
à l'Académie un mode de préparation de l'alcool allylique C'H'(OH), 
fondé sur la réduction de la glycérine C'H*(OH)' par l'acide oxalique ('). 
Dans cette réaction, il se produit, comme terme intermédiaire, une formine 
de la glycérine, que la chaleur dédouble en alcool allylique, gaz carbo- 
nique et eau. 

» La régularité de cette réaction m'a engagé à l'étendre à d'autres al- 
cools plurivalents, aux glycols, à l'érythrite, à la tnannile, et j'ai reconnu 
sa généralité. Les expériences que j'ai décrites en 1873 ont amené à cette 
conclusion que l'acide formique fait successivement descendre les alcools 
plurivalents de deux en deux rangs dans leur valence et engendre des 
corps incomplets ('). L'acide formique est jusqu'ici le seul réactif qui 

(') Comptes rendus, t. LXVIII, p. 266. 

(-) Association française pour l'ai'ancemcnt (les Sciences, session de Lyon, p. 276. 



( i5o) 
agisse ainsi. J'ai reconnu, en outre, que la production d'une formine doit 
nécessairement précéder la réduction; si l'on place l'alcool plurivalent 
dans des conditions où il ne peut s'éthérifier, on n'observe aucune réduc- 
tion. Depuis, j'ai poursuivi en détail l'étude de la réduction de l'érythrite 
et les résultats obtenus me paraissent dignes d'être présentés à l'Académie. 

M Lorsqu'on fait bouillir pendant six heures l'éry thrile avec 2 ^ fois son 
poids d'acide formique (D = i,i85), acide qui donne des résultats plus 
nets que l'acide oxalique primitivement employé, et que l'on distille en- 
suite l'excès d'acide en élevant la température à la fin vers 190-200°, le 
résidu se prend parle refroidissement en une masse radiée. Celle-ci ren- 
ferme 49 à 5o pour 100 d'acide formique combiné, ce qui correspond 
sensiblement à la composition d'une diformine C^H''(OH)^(CHO^)-. Mais 
en réalité c'est un mélange de plusieurs formines que l'on peut séparer 
par des crislallisaiions dans l'éther anhydre et dans l'alcool absolu. Parmi 
ces composés, la télraformine mérite d'être particulièrement mentionnée, 
quoiqu'elle n'existe qu'en petite quantité dans le mélange. Elle se produit, 
en effet, avec lapins grande facilité, lorsqu'on distille l'érythrite à deux 
reprises avec 3 à 4 parties d'acide formique; dans la deuxième opération, 
on emploie de l'acide formique crislallisable. 

» La télraformine de l'érythrite C''H*(OCHO)* est en longues aiguilles 
d'un éclat soyeux, peu solubles dans l'alcool froid, encore moins solubles 
dans l'eau et dans l'éther. Elle fond à iSo". L'eau chaude la saponifie aisé- 
ment et régénère de l'érythrite. 

» Le mélange de forminas, dont la composition moyenne correspond à 
la diformine, a été décomposé par la chaleur, vers 210-220°; on observe 
im dégagement abondant de gaz, en même temps qu'il distille un liquide 
faiblement coloré, d'une odeur pénétrante et caractéristique; on le condense 
dans un récipient fortement refroidi. A mesure que l'opération avance, la 
température s'élève vers 250-255", et à ce moment l'appareil ne contient 
qu'un faible résidu, à peine supérieur à -57, du poids de l'érythrite employé. 
11 ne se forme aucune trace de matière charbonneuse. 

» Les gaz sont formés d'anhydride carbonique, d'oxyde de carbone et 
de crotonylèneC*H'', facile à absorber par le brome. Cet hydrocarbure C*H' 
semble être identique avec le crotonylène de M. E. Caventou ; on doit le 
considérer comme le radical hydrocarboné de l'érythrite, car la réduction 
complète de cet alcool est régulière et ne s'accompagne pas d'un chan- 
gement moléculaire, comme je le montrerai dans une prochaine Commu- 
nication. 



( i5i ) 

» Le liquide qui s'est condensé dans le récipient refroidi est un mélange 
fort complexe d'eau, d'acide formiqiie, de monoforme d'un nouveau glycol 
non saturé, le crotonjlène-glj^col C" H^ [OK)'- ; de deux composés répondant 
à la formule C^H*0, l'un identique avec l'aldéhyde crotonique, l'autre 
nouveau, bouillant vers 67°, pour lequel je propose le nom de dihydrofuv- 
furane. 

» Enfin on trouve, partie dans le liquide distillé, partie dans le résidu 
de l'appareil, une siibstance un peu épaisse renfermant C*H^O', qui n'est 
autre que le premier anhydride de l'érythrite, Véiythrane, encore inconnu. 
Les équations suivantes rendent compte de la formation de tous ces com- 
posés, que l'on sépare par la distillation fractionnée 

C*H''(OH)-(OCHO)- 

Diformine de Téiythrite. 

I" =CO- + H20-hC^H«(OH)(OCHO), 

0." =aC0=4-2H-0 + C^H», 

3° =C0= + C0 4- 2H^0 + C^H«0, 
4« C'H^''0* = H-0-+-C*H*0'. 

» Ayant répété mes expériences un grand nombre de fois et opéré sur 
plus de -2^^ d'érylhrite, je crois n'avoir laissé échapper aucun des produits 
de cette réaction complexe. Je reviendrai prochainement sur ces produits, 
auxquels se rattachent de nombreux dérivés ( ^). » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur une diacélone aromatique. Note de M. E. Louise, 

présentée par M. Friedel. 

« La constitution du mésitylène, considéré comme la triméthylbenzine 
symétrique, permet de prévoir que le remplacement successif des hydro- 
gènes aromatiques par le radical benzoyle donnera lieu à trois composés 
acétoniques. Dans une Communication que j'ai eu l'honneur de présenter 
dernièrement à l'Académie, j'ai indiqué la prépnration du produit mono- 
substitué, le benzojlmésilylène; cette acétone, qui cristallise en prismes vo- 
lumineux, a été obtenue au moyen de la méthode de synthèse de MM. Friedel 

( ' 1 Ce travail a été fait au laboratoire de M. Wurtz. 



( 1^2 ) 

et Crafts, en faisant réagir le chlorure de benzoj le sur le mésitylène, en 
présence du chlorure d'aluminium. 

» Ce produit, que l'on obtient en quantité théorique, m'a servi de point 
de départ pour la préparation du composé disubstitué, le dibenzoylmésity- 
lène. C'est encore en faisant réagir le chlorure de benzoyle sur le beiizoyl- 
mésityléne que j'ai pu obtenir cette nouvelle acétone. 

» A cet effet, "io^' de benzoylmésitylène sont dissous dans SoS'' de 
chlorure de benzoyle, et le liquide est porté à la température de i5o°, que 
l'on maintient pendant toute l'opération. 

» On ajoute alors le chlorure d'aluminium : la léaclion commence et se 
manifeste par un dégagement abondant d'acide chlorhydrique. Entretenu 
par des additions successives de chlorure d'aluminium, elle est terminée au 
bout de vingt-quatre heures; il suffit de 3''''^ à 4''' ^^ chlorure d'aluminium 
pour arriver à ce résultat. 

» Le liquide, primitivement incolore, est maintenant transformé en une 
boue épaisse et noire; il renferme l'acétone cherchée, dissoute dans du 
chlorure de benzoyle en excès et des produits de décomposition, en par- 
ticulier du charbon. 

» Ces derniers produits, qu'il est difficile d'éviter, ne se forment qu'en 
petite quantité si l'on opère à la température que j'ai indiquée. 

» Pour détruire le chlorure de benzoyle en excès, le liquide est traité 
plusieurs fois par l'eau chaude en y ajoutant au besoin un peu de potasse, 
jusqu'à ce que l'on ne trouve plus d'acide benzoiqne. La résine noire solide 
que l'on obtient ainsi est dissoute dans l'alcool mélangé d'éther; par une 
fillration à chaud, on sépare le charhon pulvérulent que cette liqueur tient 
en suspension. 

» Le liquide filtré abandonne bientôt des cristaux qui sont généralement 
noirâtres et que des cristallisations répétées ne peuvent suffisamment pu- 
rifier; on arrive seulement à ce résultat en les recueillant et en distillant 
dans le vide. 

» Vers 3oo° environ, il passe un liquide transparent qui se solidifie im- 
médiatement. 

» Ce produit dissous dans l'alcool abandonne des cristaux parfaitement 
purs qu'on a soumis à l'analyse. 

» o^', 3o'2 ont donné : 

CO- . o , cjSoS 

H-0 0,18 



( i53 ) 
ce qui coirespond, en centièmes, à 



C . 
H 





La formule 




C-'H'-O- 




exige : 


84,02 


84,. 4 


6,62 


6,09 



» Le radical benzoyle est donc venu se substituer une seconde fois à un 
atome d'hyilrogène du noyau aromatique pour donner une diacétone 
((.''H'CO)=C''H(CH')' ou d'ibenzoylmésityléne. 

» Comme son correspondant inférieur, le benzoylmésitylène,ce produit 
ne peut admettre d'isomère, au moins en admettant que la substitution soit 
faite dans le noyau mésilylénique. Son point de fusion est à 117°. 

» Le dibenzoylmési'ylène est incolore, transparent, solublc dansTéther, 
l'alcool, le pétrole, etc., qui l'abandonnent en cristaux très nets; lors- 
qu'on le dissout dans un mélange d'acétone ordinaire et de chloroforme, 
on l'obtient en cristaux volumineux dont les dimensions atteignent parfois 
plusieurs centimètres. 

» Il se présente alors sous forme de prismes obliques à base rhombe, 
allongés parallèlement à l'intersection des faces/:» et /z'. 

» Bien que le rendement ne soit pas théorique comme celui du benzoyl- 
mésitylène, à cause des produits de décomposition qui se forment pendant 
la réaction, il est encore très satisfaisant. 

» Ce composé, comme son homologue inférieur, soumis aux agents d'hy- 
drogénation, donne différents produits dont je poursuis l'étude. » 



CHIMIE APPLIQUÉE. — Dosage de l'Intinidité des matières amylacées. 
Note de M. L. Bondonneau, présentée par M. Berihelot. 

« Le dosage de l'humidité des matières amylacées, amidons, fécules, etc., 
donne, dans le commerce, sujet à de nombreuses contestations, par suite 
des différents modes d'essais par dessiccation mis en pratique. 

» Eu effet, l'amidon ou la fécule humide porté brusquement à une tem- 
pérature supérieure à 60° donne naissance à de l'empois formant enve- 
loppe imperméable, très difficile à dessécher, empêchant par suite rémis- 
sion de l'eau contenue dans les grains ainsi englobés. En outre, il faut tenir 
compte des impuretés de la substance qui peuvent pendant la dessiccation 
amener un écart de 2 et 3 pour 100 et quelquefois empêcher totalement 

c. R., i884, i" Semestre. (T. XCVIII, N» 3.) ^ ' 



( «54 ) 
l'essai; les produits acides, que certains fabricants emploient pour obtenir 
des produits plus blancs, sont la cause principale de ces écarts. 

» Nous avons montré {Bulletin de la Société chimique, t. XXI, p. i4y) 
qu'une quantité d'acide extrêmement faible (même les acides de fermenta- 
tions) donnait, pendant la dessiccation et la torréfaction d'une fécule après 
dessiccation lente et à basse température dans un courant d'air sec, une 
quantité assez considérable de glucose fixant par suite le ^5 de son poids 
d'eau; à plus forte raison, cette quantité de glucose augmente rapidement, 
si l'on n'a pas le soin d'éliminer la plus grande proportion d'eau à basse 
température; et cette quantué d'acide est si peu négligeable qu'une fécule 
sèche à 20 pour 100 d'eau, contenant ^-^ô^ d'acide, se transforme en sirop 
après quatre à cinq heures de chauffage en tube scellé. 

» Nous employons de préférence le procédé suivant, qui nous a toujours 
donné des résultats concordants. 

» Au préalable, nous examinons la teneur en acide de la matière à exa- 
miner. 

» La matière amylacée étant reconnue sans acide énergique, on eu 
prend S*-' ou loS' pesés sous une faible épaisseur dans une capsule rectan- 
gulaire en verre, porcelaine ou platine, qui sont introduits dans l'étuve 
du D"" Courber froide; la température est élevée progressivement et lente- 
ment (environ trois heures) jusqu'à 60°; à ce moment l'étuve est portée à 
100° en une heure, et cette température est maintenue jusqu'à ce que deux 
pesées consécutives n'indiquent pas de variation de poids : la dessiccation 
est alors complète, elle peut même être portée à 110° sans amener de 
changement pour des matières entièrement neutres, celles-ci restant 
blanches. Si elles sont acides, la perte peut s'augmenter de 7^ à j~, 
mais les produits prennent une teinte jaune, indiquant un commence- 
ment d'altération et de transformation en dextrine. 

» Si la matière amylacée est franchement acide, il faut d'abord la neu- 
traliser; les 58' ou 10^' pesés dans la capsule avec un petit agitateur sont 
additionnés de leur poids d'eau distillée quand ils sont secs ou du \ s'ils 
sont verts, et d'une ou deux gouttes d'ammoniaque pure, puis, après 
mélange intime, portés à l'étuve froide, dont la température est main- 
tenue encore plus basse jusqu'à dessiccation à peu près complète vers l\o°; 
à partir de ce moment, la marche de l'essai précédent est suivie exacte- 
ment dans les mêmes conditions. 

» La dessiccation de l'amidon ou de la fécule à l'état vert doit toujours 
être conduite aussi lentement. 



( '55 ) 
» Dans l'éitive Gay-Lussac à eau, la température de la substance n'at- 
teignant jamais plus de 98", la dessiccation des matières amylacées n'est 
rompiète qu'à la condition de chauffer à it5° ou de faire intervenir le 
vide; car, par lenr nntiue, les matières amylacées renferment non seule- 
ment de l'eau d'hydratation, mais encore de l'eau de combinaison formant 
hydrate, lequel, quoique se dissociant à basse température, exige une 
dessiccation plus énergique pour amener l'élimination des dernières por- 
tions d'eau; en effet, une fécule desséchée et bien refroidie à l'abri du con- 
tact de l'air s'échauffe légèrement dans son mélange avec l'eau (So»' de 
fécule anhydre et So^'' d'eau donnent une élévation de température de 17° 
environ), prouvant bien par cette élévation qu'il y a combinaison, » 

ZOOLOGIE. — Sur la classification des Sarcoptidesplumicoles. Note deMM. E.-L. 
Trouessaut et P. i!èSÉGNiN, présentée par M. Alph.-Milne Edwards. 

« Ainsi que nous l'avons indiqué dans une première Note [Comptes 
rendus, séance du 3 décembre i883), la sous-famille des Analgésinés, ou 
Sarcoptides plumicoles, se subdivise en trois groupes secondaires désignés 
sous les noms de Pteroticlieœ, Ànalgeseœ et Proctophyllodeœ. On peut for- 
mer un quatrième petit groupe poiu' deux genres, représentés chacun par 
une seule espèce et qui se distinguent de tous les autres par l'absence de 
ventouses copulatrices chez le mâle adulte, et de la plaque notogastrique 
à tous les âges. 

» Outre les caractères que nous avons déjà signalés, les espèces ap- 
partenant à chacun de ces groupes présentent, en général, ini faciès jjarti- 
tictilier qui fait reconnaître facilement, avec un peu d'habitude, le groupe 
auquel elles appartiennent. Il est à noter cependant qu'ici, comme dans 
beaucoup d'autres groupes zoologiques, on passe par des transitions in- 
sensibles d'un genre et même d'un groupe à un autre : c'est ainsi que le 
genre P/eron}'5S(/s est intermédiaire entre les Ptérolichés et les Annlcjésés, et 
le genre AUoptes entre ceux-ci et les Proctophyllodés. Comme on devait le 
prévoir, dans iu\ groupe exclusivement formé d'animaux parasites, toutes 
les modifications morphologiques que l'on pouvait imaginer , a priori, d'après 
l'élude des types déjà connus, existent réellement dans la nature, comme le 
montre en particidier l'étude des genres nouveaux, Bdellorhynchus, -Pleral- 
toptes et Protalges, que nous décrirons dans un travail ultérieur, ainsi que 
les espèces qui leur servent de types. 

» Quant à la synonymie des genres que nous adoptons, nous ferons 



( i56 ) 
remarquer que Dermalichus (Koch, i84o) doit rester synonyme d'Jiialges 
(Nitzich, i8t8), qui a de beaucoup la priorité. Le nom de Dinioiplius 
(Haller, 1878), déjà employé, ne peut non plus élre conservé pour le 
genre démembré A'Analges et caractérisé par des ambulacres à tontes les 
pattes, avec l'abdomen bilobé : ce genre devra prendre le nom de Megninia 
(Berlese, ]883). — 11 faut écarter du genre ^//o/;to (Canestrini, 1879), 
ayant pour type A. crassipes (Can.), non seulement toutes les espèces dont la 
femelle na pas l'abdomen fourchu (nos genres Pseudalloptes et Pteralloptes), 
mais encore, à plus forte raison, les Acariens parasites des Coléoptères ( Jl- 
loptes cerambycis, Can., etc.), qui n'appartiennent même pas à la sous- 
famille des Analgesinœ. 

Tableau des Genres de la ious-faniille des âkalg£sin£, 

A. Pas lie ventouses copulatrices chez le mâle : Dermo. 
glypheœ. 

a. Palpes ordinaires : pas de plaque de l'épi- 

stome 1, AnopUtes, g. n. 

b. Palpes dilatés en palettes : une plaque à l'é- 

pislome 2, Dermoglyphus (Mégnin). 

B. Des ventouses copulatrices chez le mâle : 

A. Femelle adulte ayant toujours Vabdomen entier^ sans 
prolongenienls autres que des poils : 
A. Mâles peu différents des femelles par le développe- 
ment des pattes postérieures : Pterolicheœ. 
aa. Toutes les pattes sensiblement égales dans les 
deux sexes : 

a. Pattes des deux paires postérieures sous-ab- 
dominales 3. Freyana (Haller). 

b. Pattes postérieures à insertion latérale : 

aa. Mandibules normales 4. Plerolichus (Robin). 

bb. Onglet inférieur des mandibules allongé 

en faucille 5. Falciger, g. n. 

bb. Pattes postérieures un peu inégales chez le mâle : 

a. Patles de la quatrième paire atrophiées et 
sous-abdominales : 

aa. Deux formes de mâles, l'une à rostre nor- 
mal, l'autre à mandibules énormes 6. Bdellorhynchus, g. n. 

bb. Rostre toujours normal chez le mâle. ... 7. Paralges, g. n. 

b. Pâlies de la quatrième paire plus développées 
que les autres : 

aa. Toutes les pattes terminées par des ambu- 

'acres 8. Pseudalloptes, g. n. 



( 1^7 ) 
1)0. Pattes de la quatrième paire terminées par 

un ongle (sans ainbulacre) 9. Xolopics (Canestrini). 

II. Mâles très diftérenls des femelles par le développe- 
ment des pattes postérieures : Aiialgeseœ. 
aa. Pattes antérieures inermes : celles de la troi- 
sième paire plus grandes que les autres 10. Ptero/iysnis [Robin). 

bb. Pattes antérieures épineuses : 

a. Pattes de la quatrième paire jjlus gjCandes que 

les autres , . . . . 11. Pteialloptcs, g. n. 

h. Pattes des troisième et quatrième paires plus 

grandes que les autres 12. Protalges, g. n. 

c. Pâlies de la troisième paire plus grandes que 
les autres : 
(la. Pattes de la troisième paire terminées par 

un ongle : abdomen enlier 13. Analges (Nilzsch). 

hb. Toutes les pattes terminées par des ambu- 

lacres : abdomen bilobé li. Megninia (Berlese). 

B, Femelle adulte ayant Vabdomen bitobé, et cliaque 
lobe terminé par des appendices gladiformcs ou séti- 
formes : Proctophyilodeœ. 

a. Pattes de la quatrième paire plus grandes 

que les autres citez le mâle 15. Adoptes (Canestrini). 

h. Toutes les pattes sensiblemeut égales : 

(la. Abdomen du mâle rétréci en arrière en 

forme d'appendice uni ou bilobé 16. Pterucotus (Haller). 

hb. Abdomen du mâle lron(|ué et portant des 

appendices foliacés 17. Proctophyllodes ( Robin 1. 

ce. Appendices d»^ l'abdomen du mâle réduit à 

l'état d'aiguillons ou de soies 18. Pterodeclcs (Robin). 

dd. Abdomen du mâle légèrement bilobé sans 
prolongements foliacés : femelle à lobes 
renflés simplement sétifères 19. Pteiopluigus (Mégnin), 

GÉOLOGIE. — Sur le cipoUn de Paclais [Loire-Inférieure). 
Note de M. StxIN. Meunier. 

« Ayant eu récemment l'occasion de visiter le gisement de cipolin de 
Paclais, près de Montoire (Loire-Inférieure), découvert par Bertrand-Geslin 
et décrit en i85g par M. Lory, j'ai été frappé des différences de l'état 
actuel du terrain avec la disposition observée par ce dernier géologue. I^a 
figure insérée par lui dans le Bulleùn de la Société géologique de Fiance (') 

(M Volume XVII (2" série), p. 20. 



( '58) 
montre, an travers du calcaire constituant la Sîirf.ice du sol, des filons plus 
ou moins verticaux et relativement minces (o™,9.o à o'°,8o) de pegmatife 
à grands éléments. Or la coupe que j'ai relevée avec grand soin dans la 
même localité ne m'a rien montré de semblable : sur le front de taille orien- 
tal de la carrière de Paclais, une assise de calcaire de 2™, 5o d'épaisseur 
est comprise entre deux nappes de pegniatile dont la plus inférieure n'est 
visible que sur o™, 5o et se perd dans la profondeur, tandis que l'autre, 
superposée au cipolin, mesure près de 3™. Cette dernière est elle-même 
surmontée de 2^,90 environ d'un terrain meuble argileux rempli de boules 
pierreuses. On ne peut douter que cette assise superficielle ne dérive du 
gneiss qui abonde dans le pays et ne représente le résultat de sa décom- 
position sur place. C'est, en effet, une argile quartzifère et très micacée : 
les boules ne sont autre chose que des blocs ayant résisté plus que les 
parties voisines aux agents de démolition. 

» DiUis la portion qui, au moment de ma visite, n'était ni inondée ni 
recouverte de déblais, le sol, au fond de la carrière, présentait deux couches 
de calcaire de i™ à peu près d'épaisseur, dirigée du nord-ouest au sud-est 
et alternant avec trois filons parfaitement parallèles de pegmatite dont 
l'épaisseur est sensiblement la même. Au contact de l'un des filons, le 
calcaire constitue une couche de o^jio environ, largement spathique, as- 
sociée à des feuillets de gneiss surmicacé. 

» A Paclais, le calcaire est exploité assez activement pour la fabrication 
de la chaux et comme pierre de construction : c'est une roche fort remar- 
quable. A l'œil nu et mieux encore à la loupe, on y aperçoit, dans une 
masse saccharoide, des paillettes de mica plus analogue par sa couleur 
foncée à celui du gneiss qu'à celui de la pegmatite. Un silicate vert, déjà 
mentionné par M. Lory, s'y révèle également; des grains jaunâtres et des 
particules très noires tranchent de leur côté sur le fond clair de la roche. 

» Après la dissolution du c;dcaire, un acide très étendu laisse un résidu 
dont la proportion est d'autant plus grande que l'échantillon examiné a 
été prélevé plus près des bancs de pegmatite. Ce résidu, lavé rapidement, 
contient des portions attaquables par un acide plus concentré et en parti- 
culier des grains de wollastonife ou bisilicate de chaux. Après lavage à 
l'acide fort, la poussière séchée est encore fort complexe. Il est facile d'en 
séparer des grains de quartz, quelques grenats bien cristallisés, des fragments 
d'orlhose, du mica de diverses nuances où dominent des paillettes très 
noires et un silicate verdâtre assez fusible en émail grisâtre et que ses pro- 
priétés rapprochent d'un minéral amphibolique L'aimant sépare quelques 



( 1% ) 

grains noirs très brillants et très fragiles dont la poussière salit le papier 
comme fait la magnétite. 

» L'union du calcaire et de la pegmatite est si intime qu'on n'observe 
aucune tendance à la séparation entre les deux roches : rien n'est plus 
facile que de tailler des échantillons qui soient moitié cipolin et moitié 
pegmatile. Dans ce cas, et contrairement à l'assertion de M. Lory, on re- 
connaît souvent aux salbandes que le calcaire a subi une altération très 
notable et que la pegmatite elle-même a acquis des caractères nouveaux. 
C'est dans les salbandes mêmes que j'ai trouvé des grains, d'ailleurs rares, 
de pyrite n-agiiétique. 

M J'ai examiné une lame mince coupée de façon à être à la fois dans la 
pegmatite et dans le cipolin. D'un côté, le calcaire domine, reconnaissable 
à ses clivages en rhonibes ; de l'autre, l'orthose se signale par sou mode 
d'action spécial sur la lumière i)olarisée. Mais, tandis que le calcaire s'est 
insinué dans la matière même de la pegmatite, le cipolin laisse voir divers 
minéraux cristallisés. Un feldspath Iriclinique y constitue des agrégats 
disséminés; le quartz, le mica, le grenat s'y voient çà et là, et avec eux le 
silicate amphibolique déjà mentionné. 

» Bien plus encore que le marbre bleu d'Arilrim, le calcaire de Paclais 
peut être considéré comme un type de roche métamorphique par contact, 
et la très haute antiquité du phénomène d'où il résulte doit augmenter 
encore l'intérêt de son étude. 

» Quant à la pegmatite, dont l'intrusion au travers du calcaire a déter- 
miné tous ces accidents, elle offre, pour sa part, des particularités sur 
lesquelles j'aurai prochainement l'occasion de revenir en traitant d'un 
autre pointement de roches analogues, d'ailleurs peu distant de Paclais 
et que j'ai soigneusement étudié. » 

MICROGRiVPHlE. — Sur la nature des dépàls observés dans l'eau d'un puits 
contaminé. Note de M. E. Gactuelet. 

« On sait que, lorsqu'on abandonne au repos, en vase clos, une eau 
contaminée par infiltrations de fosses d'aisances, il se produit dans cette 
eau, au bout de quelques jours, un dépôt dont la majeure partie est con- 
stituée par des flocons bruns. 

» Je les ai examinés au microscope, avec un grossissement de 800 dia- 
mètres; j'ai eu soin non seulement d'écraser les flocons entre le porte-objet 
et la lamelle, mais de les diviser par frottement de la lamelle contre le 



( i6o ) 
porte-objet. J'ai obtenu une série de parties, les unes agglomérées, les 
autres simples. 

» Toutes ces parties étaient formées d'une cellule spbérique unique, ne 
présentant aucune trace de division intérieure, à parois très minces, colo- 
rées en jaune brun. 

» Cette cellule porte, à sa surface extérieure, une sorte de pli épais, 
coloré en brun, et la divisant en quatre triangles courbes (quatre trigones), 
dont les sommets sont occupés chacun par une ouverture ponctuée, entou- 
rée d'un bourrelet circulaire. 

» Chacune de ces cellules a un diamètre moyen de jj-, de millimètre. 
La nature de ces flocons est azotée, et ces flocons jouissent même, d'après 
mon analyse, de la faculté d'enlever à l'eau contaminée une partie de 
ses éléments azotés. Je les considère comme des microzoaires inconnus 
jusqu'alors, et auxquels, afin de rappeler leur origine et leur forme, je 
propose de donner le nom de Slerccgonn teliastorna. 

» Ces microzoaires se trouvent en quantité beaucoup plus considérable 
dans l'tau puisée à la surface qu'au fond du puits contaminé. 

» L'eau du puits contaminé ne contient point d'oxygène dissous. 

» Les microzoaires trouvés sous forme de flocons bruns ne sont que les 
cadavres de Slercogonn telrastoma préexistant dans l'eau contaminée, morts 
par manque d'oxygène en vase clos et précipités alors inertes. 

» Le Sterrogona tetrastoma me semble, pour plusieurs raisons, devoir 
être le Microbe lyphique. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les oscillations produites par l'éruption du Km- 
kaloa. Note de M. E. Renou, présentée par M. Hervé Mangon. 

« Le journal la Nature a publié, dans son numéro du 19 janvier, la tra- 
duction d'un article communiqué au Moniteur de l Empire d' Allemagne par 
M. Forster, directeur de l'Observatoire de Berlin. Cet article signale des 
oscillations insolites de la pression atmosphérique, à la suite de l'éruption 
du volcan de Rrakatoa. 

)) Ces oscillations sont nettement indiquées sur les courbes de l'inscrip- 
teur Redier, obtenues à l'observatoire du parc de Saint-Maur; elles sont 
d'autant plus faciles à remarquer qu'elles se sont produites pendant un 
beau temps, avec un baromètre élevé et au milieu de courbes très peu 
accidentées. 

» IjC premier mouvement a eu lieu le 27 août i883, à i'' du soir : c'est 



( i(3i ) 
une ascension brusque de quelques dixièmes de millimètre, suivie, à 
i''45°', d'un abaissement de plus de o™, ooi et d'ondulations assez fortes 
jusqu'à 5'' du soir. La courbe redevient tranquille jusqu'au 28, à 3''45'" du 
matin, où une baisse subite se produit, atteignant, à 4'' 25", une chute 
de o'",oo2. Elle redevient régulière après 6'". Deux autres ondulations 
moindres, mais celles-là consistant, au contraire, en élévation de o°',ooo5, 
se remarquaient encore le 29 août, à 2'' du matin et à 3'" du soir. 

» L'île de Krakatoa est à 6^ 54" à l'est de Paris; ainsi la catastrophe a 
eu lieu à fort peu près vers minuit de la nuit du 26 au 27 à Paris. L'onde 
atmosphérique a donc mis i3'' à parcourir les i r Soo'^"", distance du volcan 
à Paris; c'est une vitesse de 246™ par seconde, bien moindre que celle du 
son dans l'air. 

» La seconde oscillation est due évidemment à l'onde atmosphérique qui 
nous est parvenue par le chemin exactement opposé, lequel est de 28 500*"". 
La vitesse de cette seconde onde serait donc de 1000''™ à l'heure ou 278" 
par seconde, moindre encore que la vitesse du son, mais exactement con- 
cordante avec celle que M. Forster a déduite des oscillations de Berlin. 

» Les autres mouvements sont produits par des ondes ayant fait un 
tour entier du monde, après avoir touché l'Europe une première fois. » 

MÉTÉOROLOGIE. — Lueurs crépusculaires du 27 décembre, observées au sommet 
du puy de Dame. Note de M. Allcard, présentée par M. Jamin. 

« Depuis les derniers jours de novembre jusqu'à cette époque où le 
phénomène continue, toutes les fois que l'horizon s'est montré découvert, 
le matin au lever du Soleil, le soir à son coucher, on a pu voir, à Clermont 
et au puy de Dôme, les lueurs crépusculaires d'un rouge orangé signalées 
depuis plusieurs mois sur tous les points du globe. Celles du 27 dé- 
cembre i883 méritent une attention particulière : je les ai observées au 
sommet du puy de Dôme dans des conditions atmosphériques bien déter- 
minées. Ce jour-là, toutes les plaines du centre de la France étaient sous 
une couche de nuages de près de 1000™ d'épaisseur. En émergeaient seule- 
ment les cimes les plus élevées de la chaîne des Dômes, du mont Dore, du 
Cantal et du Forez. Le Soleil éclairait la couche supérieure des nuages qui 
simulait une mer tranquille parsemée d'îlots et inondée de lumière. Il 
en résultait une interversion de la température; à Clermont, la tempéra- 
ture moyenne du jour était i°,3, au puy de Dôme 8°. Le vent, très faible 
à la station de la montagne, soufflait de l'est le matin et du nord-esl à par- 

C. R., 1884, 1" Semestre. (T. XCVIU, IN» ô.) 22 



( i62 ) 
tir de midi. Quant à l'état hygrométrique, il est descendu à 12 à midi; 
dans la journée il n'a pas dépassé Sa; sa moyenne a été 21. L'air était donc 
très sec, quoique nous fussions à une faible distance des nuages, à 3oo" 
environ au-dessus d'eux. 

» Le ciel avait une grande pureté : aussi le coucher du Soleil fut-il très 
beau. Le disque solaire disparut dans la couche de nuages à 4''3o" et une 
lueur où le rouge orangé dominait, embrassant un arc de go<*, 45° à droite 
et 45° à gauche du point où le Soleil s'était couché, fut visible jusqu'à 6'' 1 5". 
A G"", la clarté était encore assez grande pour permettre de lire un journal. 
La lueur montait jusqu'à 20° au-dessus de l'horizon, et Vénus, située de ce 
côté, se distinguait parfaitement à travers. 

» Un quart d'heure avant le coucher du Soleil, la transparence de 
l'air fut très légèrement troublée sur une petite étendue pendant quelques 
minutes entre le Soleil et moi, probablement par une bouffée d'air froid, 
à une hauteur dépassant le sommet du puy de Dôme. Une illumination 
jaune orangé apparut aussitôt : elle semblait formée par réflexion ou 
réfraction dans ce trouble à peine visible et dès lors très clairsemé dans 
l'atmosphère. 

» La réflexion de la lumière sur des couches d'air très pur en appa- 
rence est un phénomène fréquent et facile à observer à la cime du puy de 
Dôme. Lorsque, de la tour de l'observatoire, on assiste, par un ciel sans 
nuages, au lever ou au coucher du Soleil, on voit successivement appa- 
raître à l'horizon, dans toutes les directions, les couleurs de l'arc-en-ciel ; 
celles qui persistent le plus et qui ont un éclat bien supérieur aux autres 
sont le rouge, le jaune et l'orangé. Si, tournant le dos au Soleil, on re- 
garde dans une direction opposée à son lever ou à son coucher, on a de- 
vant soi une véritable illumination qui ne peut être due qu'à des réflexions 
sur des couches d'air de densités différentes ou à des cirrhus si dissémi- 
nés qu'ils sont invisibles. L'intensité de ces illuminations, sans atteindre 
celle des lueurs signalées en France depuis six semaines, est souvent très 
grande, et parfois ne s'en éloigne pas beaucoup. 

» Les lueurs crépusculaires du matin et du soir, vues du puy de Dôme, 
ont été très remarquables pendant l'hiver 1879-1880, et surtout celui de 
i8(Si-i882, qui a été caractérisé par une sécheresse excessive et une 
longue durée. Il ne faut pas oublier que, dans ces deux hivers, l'interver- 
sion de la température avec l'altitude a été fréquente et très accentuée. 

)i Pourquoi ne pas admettre qu'il y a souvent, dans les couches d'air de 
l'altitude où se forment les cirrhus ou même un peu plus haut, des par- 



( i63) 
celles excessivement minces d'eau glacée, trop rares pour être visibles, et 
jouant un rôle rians les phénomènes décrits ci-dessus? C'est un peu avant 
le lever du Soleil que ces parcelles doivent se former, par suite de l'abais- 
sement maximum de la température; c'est par une raison semblable, 
qu'elles doivent se produire aussi au moment où le Soleil se couche, et 
former des nu;iges pour ainsi dire invisibles, à cause de la grande dissémi- 
nation de la matière qui les compose. Cela doit arriver quand l'air est 1res 
sec dans ces régions de l'atmosphère, avec un refroidissement snifisant, 
ainsi que nous l'avons constaté dans les observations du 2'j décembre, au 
sommet du puy de Dôme, 

» Un autre phénomène mérite aussi l'attention des physiciens. Nous 
sommes souvei)t, au puy de Dôme, au-dessus d'une couche de nuages 
couvrant tout le centre de la France, comme à la date du 27 décembre de 
l'année dernière. Elle se termine par une surface de niveau d'une régu- 
larité parfaite, et de même altitude partout. On croirait voir la surface 
d'une mer tranquille ou d'un immense lac. Chaque fois que nous en avons 
été témoin, nous l'avons constaté au moyen des repères que nous offrent 
les montagnes qui en émergent. Si un vent violent agite cette surface, l'ap- 
parence est celle d'une mer houleuse; mais le niveau général n'est pas 
changé. Il semble que l'atmosphère se partage parfois en couches d'épais- 
seur régulière, où les éléments météorologiques différent d'une manière 
notable. Cette circonstance est sans doute la cause de beaucoup de phéno- 
mènes; son étude ne pourra se faire que dans les observatoires de mon- 
tagne. 

» Lorsqu'on gravit les pentes du puy de Dôme, on est quelquefois 
surpris de passer subitement, sans transition pour ainsi dire, d'une couche 
d'air calme dans une couche d'air très agité, où la vitesse du vent atteint 10™ 
à 1 5™ par seconde. D'autres fois, c'est la température qui varie de quelques 
degrés, avec la même rapidité. S'il y a des variations aussi brusques dans 
des couches d'air voisines, elles peuvent bien produire des réflexions de la 
lumière à leur séparation, réflexions qui ne deviennent apparentes qu'au 
moment du crépuscule. Aussi n'est-il pas besoin, suivant moi, pour expli- 
quer les lueurs crépusculaires de ces derniers temps, de faire intervenir 
des poussières volcaniques apportées de Java dans les régions élevées de 
l'atmosphère, ou des poussières venant des espaces planétaires sur notre 
globe. Il suffit d'admettre un régime particulier dans des couches d'air un 
peu élevées, régime qiù se présente souvent, et qui n'est exceptionnel 
maintenant que par sa durée et son intensité. » 



i64 ) 



MÉTÉOROLOGIK. — Sur Ics crépuscules colorés. Note de M. A. Angot. 

« L'Académie a paru accueillir avec intérêt les diverses Communications 
relaiives aux crépuscules colorés que l'on a observés plusieurs fois depuis 
la fin (le novembre; elle me permettra d'ajouter quelques mots, non pas 
tant pour apporter de nouveaux détails que pour rappeler des observations 
anciennes, auxquelles on ne semble pas jusqu'ici avoir fait allusion. 

» Dans le Cours de Météorologie de Raemtz (traduction Ch. Martin, 
Paris, 1843), ouvrage qui se trouve entre les mains de tous les météoro- 
logistes, après une explication des |)hénomènes crépusculaires, on lit ce 
qui suit (p. 4' ') • 

« Loisfiiie les vapeurs sont très élevées, tandis que les couches inférieures de l'atmosphère 
sont bien transparentes, le crépuscule peut durer fort longtemps. L'été de i83i a été fort 
remarquable sons ce point de vue; on vit des crépuscules très prolongés depuis Madrid 
jusqu'à Odessa, et les journaux de l'époque sont rem|)lis d'observations de ce genre. Ces 
crépuscules furent surtout remarquables les 24» ^S et ■2(1 septembre. Le ?,5, le coucher du 
Soleil n'offrit rien d'extraordinaire, mais bientôt la couleur du ciel jM-it une teinte orangé 
très foncé; l'éclat de la lumière crépusculaire diminua lentement et passa au rouge, la partie 
éclairée du ciel se rétrécit de plus en plus et correspondait exactement au point où le Soleil 
se trouvait au-dessous de l'horizon; on la voyait encore vers 8'', heure à laquelle le Soleil 
était à 1 9° 3o' au-dessous de l'horizon; il en fut de même des soirées suivantes, et les au- 
rores présentèrent aussi des phéjiomènes extraordinaires. » 

» Parmi les apparences qui ont été notées en Angleterre, oij les crépus- 
cules récents paraissent avoir excité im très grand intérêt, on trouve la 
coloration du ciel en rouge ou en orangé, près de l'horizon et au milieu 
même du jour. A ce projios, on lit encore dans Kaemtz (p. 412): 

« Nous avons déjà vu que leur durée et leur coloration (des aurores et des crépuscules) 
dépendent de l'état de l'atmosphère. L'air est-il rempli de vapeur vésiculaire et le ciel a-t-il 
pendant la journée un aspect blanchâtre, alors le rouge est plus ou moins mat et mêlé de 
stries grises, quelquefois d'une couleur de carmin foncé, et déjà pendant le jour la partie du 
ciel qui est au-dessous du Soleil paraît plus ou moins rouge.... Ainsi en hiver, dans nos 
climats ('), le ciel est souvent rouge pendant toute la journée, et en été par un temps plu- 
vieux, quand des cirrhus déliés flottent dans l'atmosphère, il en est de même plusieurs heures 
avant la culmination du Soleil. » 

» On trouvera enfin dans le même Volume (p. 498) deux Notes ajoutées 

(') Kœmlz habitait Halle (Saxe prussienne). 



( '65 ) 
par Ch. Martins et qui donnent le résumé des observations classiques de 
Bravais sur la durée du crépuscule, sur les colorations qu'il présente et en 
particulier sur la teinte verte, qui joue aussi un grand rôle dans quelques 
descriptions récentes. 

» Comme on le voit, les crépuscules colorés dont nous venons d'être 
témoins ont déjà été observés en i83i sur une étendue considérable et que 
l'on trouverait peut-être beaucoup plus grande encore, s'd ne s'agissait pas 
d'une époque où les communications avec les pays lointains étaient longues 
et difficiles et les observations météorologiques très peu répandues. 

» Nous n'entrerons pas clans la discussion des hypothèses que l'on 
a proposées pour expliquer ce phénomène; il est clair que, parmi ces 
hypothèses, on doit rejeter dorénavant celles qui, bonnes pour l'hiver 
i883-i884, ne conviendraient pas à l'été de i83i. Nous ferons seulement 
remarquer en terminant que, pour se rendre compte de ces crépuscules, 
Kaemtz n'a pas eu recours à des causes exceptionnelles, volcans ou pous- 
sières cosmiqu< s : il lui suffit de vapeurs vésiculaires et de particules de 
neige très élevées, tandis que les couches inférieures de l'atmosphère sont 
bien transparentes. » 



M. Cil. MousfïETTE présente à l'Académie une photographie reproduisant 
l'aspect du ciel observé dans la direction du couchant, le 1 8 décembre 1 883, 
à 4''2f>'"du soir, quelques instants après la disparition du Soleil derrière les 
collines de Sèvres. 

« Cette vue est prise d'Auteuil. Au premier plan, on aperçoit le sommet 
des arbres et des maisons de Billancourt; au second plan, les hauteurs de 
Meud on, Sèvres et Saint-Cloud. Une éclaircie des nuages, parallèle à l'ho- 
rizon, présentait la teinte vert clair signalée par plusieurs observateurs. 
Le reste du ciel avait une teinte ardente, variant du rouge orai)gé au 
rouge vif, avec des zones horizontales, et d'autres s'élançant vers le zé- 
nith. » 



M. Stroumbo adresse, par l'intermédiaire de M. Jamin, une Note « Sur 
les lueurs crépusculaires ». 



( i66 ) 

M. Chapel adresse une nouvelle Note sur les mouvements du sol, obser- 
vés à Dorignies. (Extrait.) 

« Le fait signalé à Dorignies d'un ébranlement superficiel, restant sans 
écho dans les couches profondes du sol, a été constaté nombre de fois dans 
des tremblements de terre; je citerai les tremblements de terre de Schem- 
nilz (1763), de Persberg (iSaS), de Cherbourg (iS/jS), de Lone-Pine 
(Californie) (1872). 

» Les catalogues séismiques renferment d'assez nombreux exemples du 
fait signalé à Dorignies. Je n'ai pu découvrir aucun cas du phénomène in- 
verse. On pourrait regarder, d'après cela, comme probable que les ébran- 
lements séismiques sont naturellement plus sensibles à la surface du sol 
qu'à une certaine profondeur. 

» J'ajouterai enfin que le jour même où s'est produit le tremblement 
de Dorignies, d'autres se sont fait sentir en divers lieux : en France 
même, la ville d'Argelès (Hautes-Pyrénées) a éprouvé d'assez violentes 
secousses. » 

M. D. Mendeleeff adresse à l'Académie un Mémoire « Sur la dilatation 
des liquides ». 

M. Maumené adresse une Note « Sur les hydrates alcalins ». 

M. DuFFAUD demande et obtient l'autorisation de retirer un Mémoire 
intitulé : « Étude sur les formes rationnelles à donner aux grands sup- 
ports isolés en maçonnerie », Mémoire sur lequel il n'a pas été fait de 
Rapport. 

A 5 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. 

La séance est levée à 5 heures trois quarts. J. B. 



i67 ) 



BULLETIN DIBUOGRAPIIIQUE. 



Odvbages reços dans la séance do i4 janvier 1884. 

Recueil de Mémoires et observations sur l'hygiène et In médecine vétérinaires 
militaires, rédigé sous la surveillance de la Commission d' Hygiène publique et pu- 
blié par ordie du Ministre de la Guerre (2* série), t. X. Paris, J. Dumaine, 
i883; iii-S". 

Paléontologie française ou description des fossiles de la France; i'^ série : Jni- 
mnux invertébrés. Terrain jurassique, liv. 64 et 65. Paris, G. Masson, i884; 
2 liv. in-8°. (Présenté par M. Hébert.) 

Etude sur les épices, aromates, condiments, sauces et assaisonnements; par 
C. HussoN (dcToul). Paris, Diiiiod, i883; in-8''. 

Des mouvements périodiques du sol accusés par des niveaux à bulle d'air 
(cinquième année); par M. Ph. Plantamour. Genève, i883; in-8°. (Extrait 
des archives des Sciences physiques et naturelles. ) 

Sur l'origine des pierres tombées du ciel; par José-J.Landerer. Sans lieu ni 
date, opuscule in-S**. (Extrait des Jnal. de la Soc. Esp. de Hist. nat., t. XII; 
i883.) 

Quelques déterminations myologiques ; par A. Lavocat. Toulouse, Imp. Du- 
rand, i883; br. in-8». 

Sur quelques anomalies apparentes dans la structure des queues cométaires; 
par Ta. Bredichin. Moscou, i883; br. in-S". 

Meteorological Allas oftheBritish Isles. — The quarterl/ weather Report 0/ 
the meteoTo/ogical Office. New séries. — Houily leadings, 1882. London, J.-D. 
Potter, i883; 3 vol. ïii-lf. 

Report ofthe second meeting of the international meteorological Committee, 
heltat Copenhagen august 1882. London, J.-D. Potter, i883; in-8". 

Sunshine records ofthe United Kin g dom for i88(. Reducedjrom the original 
traces from 3i stations. London, J.-D, Potter, i883; in-8°. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCE DU LUNDI 28 JANVIER ISSi-. 
PRÉsinENcn; de m. RoixANn. 



»IÉ^IOinES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le MixisTUE DE l'Instruction prni.iQrE adresse rampliation du décret 
par lequel le Président de l.i République approuve l'élection faite par 
l'Académie de M. Ilaton de la Goitpillicre, à la place d'Académicien libre 
devenue vacante par suite du décès do M. de ta Gournerie. 

Il est donné lecture de ce décret. 

Sur l'invitation de M. le Président, M. Iïvton de l.v Gocpili.ière prend 
place parmi ses Confrères. 



PHYSIQUE. — Étude spectrale du groupe de mies telluriques nommé et 
par Angsirom. Note de M. A. Cornu. 

« La conlinuatiou de mes études sur les raies tplluriques des régions 
les plus lumineuses du spectre solaire m'a conduit naturellement à exami- 
ner en détail le groupe a, découvert par Rrewster, situé dans l'orangé, 

■> 

C U., i88'|, I" Semes/rc. (T. XCVlll, 1N° ■'<.) 2J 



( 17") 
entre les raies C et D de Fraunhoter. Ce groupe, d'.ipparence complexe ('), 
mérite une alfenlion toute spéciale; d'abord il devient extrêmement 
intense lorsque le Soleil s'approche de l'horizon, ce qui dénote dans l'al- 
mosphère terrestre la présence d'un élément doué d'un pouvoir absor- 
bant considérable et dont l'étude s'impose nécessairement. Angstroni a 
depuis longtemps reconnu que la substance absorbante qui le produit n'est 
pas la vapeur d'eau, car il persiste aux plus grands froids des hivers de 
Suède. En second lieu, ce groupe, bien que situé dans une région déjà 
assez sombre, reste très visible, même avec une forte dispersion, lorsque le 
Soleil atteint l'horizon : l'étude peut donc en être suivie à toute époque 
de la journée. 

» L'Atlas d'Angstrom est malheureusement assez incomplet dans celte 
région : il a donc fallu commencer par refaire la carte de ce groupe en 
adoptant une échelle quatre ou cinq fois plus grande. Les premières jour- 
nées d'observation (août et septembre i883, Courtenay, Loiret) se passèrent 
à relever les raies visibles et à noter leurs variations relativesavec la hauteur 
du Soleil. Conune mes devanciers, je ne vis d'abord qu'un amas complexe 
de lignes sombres, distiilmées irrégulièrement comme les raies telluriques 
voisines de D ; tnais de cette confusion sortit tout à couj) une régularité siii- 
gidière lorsque je parvins à démêler avec certitude les diverses espèces de 
raies qui se superposent dans ce groupe et qui appartiennent au moins à 
trois catégories distinctes. Il n'est peut-être pas sans intérêt d'indiquer 
brièvement la marche suivie pour atteindre ce réstdtat. 

1° Raies d'origine solaire. — Avec le réseau Butherfurd dont je faisais d'a- 
bord usage ( Comptes rendus, t. XCV, p. 80 1), la distinction des raies tellu- 
riques fl'avec les raies solaires se faisait par la considération des intensités 
relatives à diverses hauteurs du Soleil. Cette détermination est extrême- 
ment longue et pénible : elle exige des séries d'observations de plusieurs 
heures faites dans des conditions météorologiques à peu près constantes, et 
les résultats ne sont décisifs que si les raies à comparer sont voisines 
comme distance et comme intensité. Ayant reçu de M. le professeur 
Rowland un magnifique réseau sur métal que l'Université John Hopkins 
de Baltimore a gracieusement offert à l'Ecole Polytechnique, j'essayai une 
méthode permettant d'abréger le travail et de déterminer, à la simple 
inspection, les raies d'origine solaire. Grâce à la dispersion des spectres, à 



Voir Mdileiia .■.pcctroscujji,-, piu- M. C. l^iazzi Siiiylli, et l'Allas de M. Ficvez. 



( '71 ) 
l'inlensité et à la perfection ties images de cet admirable réseau ('), la réussite 
a été complète. 

» Le principe de la méthode est le déplacement des raies dans le spectre 
de la lumière émisepar une source en mouvement absolu ou relatif, principe 
énoncé pour la première fois en 1849 par "Otre illustre Confrère M. Fizeau, 
dans un Mémoire leclifiant les idées de Doppler. Ce déplacement des raies 
spectrales a été depuis considéré bien dis fois par divers spectroscopistes(Sec- 
clii, Hiiggius, Zollner, etc.), mais c'est à M. Thollon qu'on doit l'expérience 
où le déplacement dû à la rotation du Soleil a été mis hors de doute : l'ar- 
tifice très élégant, imaginé par M. Thollon, consiste à comparer à des raies 
tclluriques fixes les raies solaires, qui se déplacent suivant qu'on prend 
comme source l'une ou l'autre extrémité de l'équateur solaire [Comptes 
rendus, t. XCl, p. Sôg). Par cette observation différentielle l'auteur s'est 
mis à l'abri des effets de parallaxes auxquels les dispositifs employés jus- 
qu'ici à ces mesures peuvent donner lieu. 

» L'analyse des conditions optiques de la formation des images m'a 
permis de faire faire à la question un pas de plus et de rendre absolue 
l'observation relative que M. Thollon a si bien utilisée à la démonstration 
du principe de M. Fizeau. 

» Voici connuenl on doit opérer : on projette sur la fente du collima- 
teur l'image très petite du disque solaire produite par une lentille achroma- 
tique de o", 10 à o"", 12 de distance focale : on fait osciller rapidement (deux 
à trois fois par seconde) la lentille, de manière à amener alternativement 
les deux bords du disque tangentiellement au même point delà fente. On 
voit alors les raies d'origine solaire osciller comme la lentille, tandis que 
les raies telluriques restent fixes : les grains de poussière dont le fil hori- 
zontal du réticule est toujours parsemé servent de repères très commodes. 
L'amplitude de ce balancement des raies mobiles est d'autant plus grande 
que la direction de l'équateur solaire est plus près d'éti'e normale à la 
fente ; mais, grâce à l'oscillation rapide qu'on donne à l'image, le balanci- 
ment est si net qu'd est recoiiuaissable à peu près dans toutes les orienta- 
tions de l'équateur solaire. Au moindre balancement, il se produit même 

(') La surface striée ne mesure pas moins de o'", 06 (longueur des U-aits) sur o'",o8 de 

largeur : la distance constante des traits est égale à o""", 001 760. L'appareil d'observation 

se compose d'un collimateur de i'",i8 de longueur focale (o'", ego d ouverture) et d'une 

unetle de i™,4o (o, io5 d'ouverture) : l'angle des angles optiques est fixe (environ ^2.") de 

manière à observer le deuxième specire sous une incidence presque norm.de. 



( '7'^ ) 
une singulière ilhisioa : les raies mobiles paraissenl se détacher en relief et 
osciller en avant du plan des raies fixes. 

» L'emploi d'une très peiite image solaire en oscdialion rapide (') con- 
slilue déjà lui perfectionnement notable à la mélliode onlinairement em- 
j)loyée; mais il reste à indiquer les conditions cpie doivent rem[ilLrles ap- 
pareils, conditions sans lesquelles le pliénomèiie perd sa netteté et se réduit 
à l'ap|)arence différentielle de M. Thullon, au lieu d'offrir le phénomène 
absolu qu'il importe d'obtenir. 

» La première condition est bien connue : le plan de l'image du disque 
solaire doit coïncider exactement avec la fente du collimateur; mais la se- 
conde est non seulement négligée dans les spectroscopes, mais elle est 
mémo parfois rejetée comme défavorable à la beauté des images. 

Celle condition est Vaplaiiélisine de l'image spectrale : elle consiste à faire 
coïncider, dans le plan du réticule de la lunette d'observation, les foyers des 
deux systèmes rectangulairesdelignes qu'on peut apercevoir dans le champ, 
a savoir les raies s[)ectrales et les stries transversales causées par les dé- 
fauts de la fente du collimateur (-). On reconnaît aisément que, si ces condi- 

(') Le lj;ii;mixMiifnl des imIl-s est lulluiiicnl favorable (]ii'il rend visiljle des dé|ihiceiiicnts 
(]ui passeraient inaperçus sans cet aJtiûce : on s'en convaine en n\->\:i-iinlstaliqueincnl ; à cet 
clfet, on inteipose entre la fente et la lentille collettiice un iirisiue biréfringent (|ui permet 
de rendre tangents nornialeaient à la feule les deux bords oj)posés du disque solaire. Les 
raies lelluriques restent lectilignes, les raies solaires sont inelinées et brisées. La brisure qui 
caractérise la double ilévialion n'est bien nette (|ue lorsque l'orienlation du disque solaire 
est voisine du maximum d'elfet. 11 est juste d'ajouter que ce mode oi)éraloire diminue au 
moins de moitié l'intensité générale ducliainp de vision. 

Néanmoins c'est celui qu'on doit appiiipier à la distinction des raies tellurlques et solaires 
l)ar \ii/j/io.'og/ap/iic dans les régions inira-rouge ou ultra-violette. Il est alois ulde d'employer 
le dis])osilif bien connu du prisme à réflexion totale pour orienter l'équateur solaire dans 
la direction la jjIus favorable, c'est-à-dire paralléleniint à la fente du collimateur. Des essais 
préliminaires m'ont prouvé qu'on ne saurait trop s'attacher à réaliser la rigueur des con- 
ditions focales dont il est ici question ])our obtenir sur les clicliés des résultats piobanis. 

{'') Dans le Mémoire détaillé, je donnerai la manière de cirriger les spectroscopes de 
cette erreur d'aplanétisme, erreur généralement considérée comme avantageuse l' comme 
dans les réseaux concaves), parce qu'elle débanasse le cliamp de vision des stiies horizon- 
tales ù peu |>iés inévitables. 

Il suffira de dire ici cpie celle correction s'obtient très aisément avec les réseaux, sans len- 
tille auxiliaire, par la variation mclhodiipie du tirage du collimateur cl l'observalion séjiarée 
des foyers des deux espèces de raies : les sli ies horizontales suivent la loi ordinaire des foyers 
eoiijngnes, eoninie si le réseau n'existait pas; les raies spectrales sont siMunises à une loi 



( •-■M 

lions soiil remplies, le iléplaccmoiit des faisceaux coiicenlrL''S exaclemenl dans 
le plan de la feule par la leiilille collective est sans influence sur la position 
des raies spectrales, quelle que soit la loi de variation des intensités suc- 
cessives des faisceaux; tandis que, dans le cas conlraire, il peut se |)roduire 
un déplacement anormal, ou parallaxe des images : de là l'impossibilité 
d'obtenir la fixité absolue des raies telluriques lors du balancement de la 
lentillccolleclrice. C'est probablemml faute d'avoireuégard à celte seconde 
condiliou que l'on n'a pas jusqu'ici obtenu cette (ixilé parfaite nécessaiie 
à la ligueur dt s rébullats. Lorsque les plans de toutes les images focales 
remplissent bien la condition de coïncidence indiquée ci-desSus, la distinc- 
tion des raies solaires et telluriques devient immédi.ite : on interroge, en 
quelque sorte individuellement, cliaque raie; elle répond, par sa fixité 
qu'elle est d'ongine leneslre, par son balancement qu'elle est d'origine 
so'aire. 

n \a\ {igure ci-après met en évidence les principales raies métalliques du 
grou[)e a (raies |)rolongécs vers le bas) : pres(pie tontes sont comparables 
en intensité aux raies lellurit|ui'S \oirîines, ce cpii produit la complexité 
apparente du [)remier abord. L'examen ailenlif de ces raies métalliquis, 

GROUPE TEI.LUR1QUE a (ANGSTROVI). 




iLiclicUu- eal duublu ijy ii-llc de lAlla^ a Au^aliuui. 
LtCESDE. 

m, laies d'abàorplioii Je l'ulmosphèio srclie (laics du S|iei.'lio complel i)roloii[;éei vci-â le haut), lo 

Soleil étant à (inchiues iU'[;ix'S de riiorizon; 
fl, spectre complet; 
p^ raies d'origine solaire (raies du spectre complet prolongées j)ar le bas). 

Les raies attribuées à la vapeur aqueuse sont celles qui no sont prolongées ni vers le liaut ni vers 
le bas. 



dilférente, de sorte tiii'il est lonjouis [lossible dedétermiiier le plan où les deux systèTnes de 
loyers coïncident. 

Avec les spcclroscopes à prismes, la correclioii sans lentille uuxiliuiie est moins sin)j)le : 
on l'olitient par une rotation convenable des prismes reialivcnicnt à la position du niinimuni 
de dévialioa 



^ '74 ) 
sous une grande dispersion, montre que leur aspect est tout autre (]u'on 
ne le croit généralement. Parmi les plus fortes, quelques-unes (telles que 
1=627,94; 628,97; 629,84; 63o,o3; 63o,i3, etc.) paraissent grises, 
larges et estompées sur les bords, caractère ordinaire des bandes d'absorp- 
tion à froid; au contraire, les raies telluriques sont nettes, comme tracées 
au tire-ligne, et d'un noir très accentué. Cette sorte d'interversion des carac- 
tères ordin;iires apportait une difficulté de plus à l'étude de cette région et, 
sans la méthode du balancement des raies, il eût fallu bien du fem|)s pour 
éviter les confusions ( ' ). 

)) 2° Raies (lues à C nlmosj)itère sèche. — Le départ des raies d'origine so- 
laire étant effectué, les priiici[)ales raies telluriques qui subsistent (raies 
prolongées vers le bas, figure ci-dessus) forment deux séries inégales de 
doubles raies dont l'aspect cannelé rappelle imméilialenient celui des 
groupes telluriques A et R, si bien éiudiés par M. I^angley [Proceedimjs oftlie 
American Academy, 1878). l'iuson examine ces trois groupes, plus l'ana- 
logie devient frappante; on retrouve, ligne poui- ligne, les moindres détails 
de structure, si bien qu'on doit les considéier comme formant véritable- 
ment trois groupes liarmoniques, analogues à ceux que présentent les 
spectres des éléments métalliques ( doublets de l'aluminium, du calcium ; 
triplels du magnésium, du zinc, du cadmium, etc.). 

» Cette identité de structure conduit forcément à admettre que le groupe a 
est produit par le même élément absorbant que A el B : c'est ce que pen- 
sait Aiigslrom, d'après ses observations hivernales; l'étude ci-dessus eu 
constitue une véritable démonsliation. La conséquence qu'on en déduit 
est fort importante : d'après des expériences directes, M. Egoroff (Com/3<es 
rendus, t. XCVII, p. 555) a annoncé que les groupes A et B tloivent être 
attribués à l'absorption par l'oxygène de l'air (-). Il faut en conclure que oc 



(') Le Mémoire de Al. C. Piuzzi Smylh, Madeira sjjeclroscojitc, en loiirnitune preuve : les 
deux Planclies (IX et X) consacrées à la comparaison du groupe a aux grandes et aux 
faibles hauteurs du Soleil au-dessus de l'horizon présentent un relevé très détaillé de toutes 
es raies avec leurs intensités respectives dans les deux cas : malgré la variété el le nombre 
des observations ((u'elles représentent, la distinction des raies telluri(iucs n'a pas été assez 
f lappante pour mettre en évidence la syuu-liie de leur répartition, de sorte que l'analogie 
du gioiipe K avec H et A paraît avoir coin|)lètemcnt échapi)é à l'éminent astronome royal 
d'Ecosse. Ces deux l'ianches (IX et X) reproduisent liilèlement l'aspect complexe que |)ré- 
sente le grou])e a lorsqu'on l'examine pour la première fois. 

(■) M. Piazzi Smyth ( Madcira spcctroscnpic, p. i/J ) était, de son côlé, arrivé à soupçonner 
ce résultat : « .... Je puis peut-être mentionnei' que j'ai récemment (novembre ifrSiJ 



( '75 ) 
est également dû à l'oxygène. Comme l'intensité des groupes A, B, oc va en 
diminuant, on comprend comment l'aiiteni-, ayant observé A d'abonl, puis 
B, déjà très faible, n'a pu apercevoir a ('). 

» 3" Raies de In vapeur aqueuse. — En dehors des raies solaires et de 
celles de la série précédente, on observe encore des raies qui prennent 
aux basses hauteiu's du Soleil une intensité considérable; elles ont un 
aspect particulier qui les distinguerait à la rigueur des groupes précédents, 
mais leur caractère propre est de s'effacer presque entièrement lorsque 
l'atmosphère est froide et sèche : c'est ce que j'ai constaté définitivement le 
24 janvier dernier, où le point de rosée s'est abaissé à — 3", 2; dans le voi- 
sinage des raies D, les raies telluriques avaient presque disparu; il est donc 
naturel de les attribuer, comme les raies voisines de D, à l'absorption causée 
par la vapeur d'eau. Les principales d'entre elles sont indiquées sur la 
figure par des lignes qui ne sont prolongées ni vers le haut, ni vers le bas 
{1=628, i3; 6a8,44;63i,5r). 

» Pour terminer, je ferai remarquer que la comparaison de ces diverses 
espèces de raies entre elles pourra conduire, ainsi que j'ai déjà eu l'occa- 
sion de l'exposer [Journal de l'École Polyleclinujue, lAlV Cah'wv), à des ré- 
sultats intéressant la Météorologie et l'Astronomie. Les raies du groupe oc 
appartenant à l'atmosphère sèche auront l'avantage de présenter une 
échelle régulière d'intensité qui facilitera les mesures absolues. 

» En résumé, la présente étude du groupe a a conduit d'abord à une 
méthode pratique pour distinguera la simple inspection les raies d'origine 



découvert une configuration des lignes du spectre de l'oxygène à basse température toutes 
différentes de celles de l'azote, mais ayant un grand air de famille avec les séries de lignes 
qu'on trouve dans ce mystérieux i,'roupe a [n strnn^ fainily rcscmhlance lo the bnndetets 
of Unes in tliis niysterioux a band).-» [Trrins. R. Soc. Ediiibiirgh, 1880-81 .) Toutefois, dans 
le spectre de l'oxygène publié par l'auteur, il ne se trouve aucune raie coïncidant avec le 
groupe «. 

( ' ) Les inverses des longueurs d'onde, des lignes homologues dans les trois bandes A, B, a 
sont à fort peu |)rcs en progression aritlimétique : on est ainsi amené à prévoir la posi- 
tion approximative d'autres bandes complétant une série plus étendue. Dans l'infra - 
rouge, la Carte publiée par M. W. de W. Abney [Philosoph. Transactions of thc Roy. Soc, 
1880) montre en effet des groupes d'apparence très analogue; mais la définition des raies 
n'est pas assez parfaite pour qu'on puisse établir une concordance décisive. 

Du côté du jaune, le calcul indique la possibilité d'une bande harmonique dans la posi- 
tion de la bande tellurique à (Angstrom); cette bande subsiste en effet par les plus grands 
froids; mais le groupe est si complexe et les raies sont si faibles que je n'ai pu encore par- 
venir à les ramener au type ABa. 



( r(^> ) 

terrestre et celles d'origine solaire ; elle a permis ensuite d'élnblir la relation 
intime de ce groupe avec les bandes A et T5 de Fraiinhofer; enfin elle a 
pour conséquence d'attribuer ce groupe à l'absorption par l'oxygène de 
l'air. » 

ÉLFCTROCIIIMIE. — Remarques Sur la loi de Faraday et sur la loi découverte 
jiar M. Boutj. Note de M. Wurtz. 

« La loi découverte par M. Routy, concernant la conductibdité des 
solutions salines très étendues, présente un lien avec la loi de Faraday, 
ainsi que M. Bertheiot l'a fait remarquer. Notre confrère est d'avis que 
l'interprétation de ces lois devient plus obscure et plus compliquée lors- 
qu'on les exprime au moyen des poids atomiques. Te demande la permis- 
sion de présenter une observation à ce sujet. 

» Les différents chlorures soumis à l'action d'un même courant laissent 
déposer, au pôle négatif, des quantités de métaux équivalentes à i atome 
de chlore ('). 

» Ainsi, pour i atome de chlore mis en liberté au pôle positif, les quan- 
tités de métaux déposés au jjôle négatif dans l'électrolyse des chlorures 

NaCl, Cu»Cl% CuCl-, BiCi', SnCl*, Fe^Cl" sont Na, —, -, ~, ^, ~, 

et ces quantités sont strictement équivalentes, mais ne répondent nullement 
aux « équivalents » dans le cas des chlorures cuivreux, bismuthique, stan- 
niqne, ferrique. 

» De même, dans l'électrolyse des composés hydrogénés H Cl, H-O, 
IPAz, |)our I volunie ou i atome d'hydrogène mis en liberté au pôle 
négatif, on recueillera au pôle positif i volume de chlore, ^ volume d'oxy- 
gène, i de volimae d'azote ('). Ces dernières quantités sont strictement 
équivalentes, et l'on ne saurait soutenir que ^ de volume d'azote repré- 
sente I «équivalent » d'azote. 

)) Il ne s'agit donc ici ni d'une qtiestion de poids atomiques, ni d'tuie 
question « d'équivalents » dans le sens attaché ordinairement à ce mot, 
mais d'une question de valence ou d'atomicité des éléments, ainsi que 
M. Salet (■') l'a établi dès 1867. 

(') Voii- l'JD. liEcnci.REL, .liinolrs de Chiinif cl ilc Physique, 3° série, I. XI, p. \G>.. 
(') A. -AV. WinsiKss, Dcrirhie lier Detiisrhcn Cliem . Grsellsrhn/t, iWiç), p. ■?.\!\. 
(') Lnbonilory, iSfi^, j) . 247, l'I Ja/iicshi'rir/.t, \S6'], p. 117. 



( '77 ) 

» C'est cette notion de valence, précisée par la théorie atomique, qui 
s'est substituée à la notion ancienne des équivalents. Celle-ci ne simplifie 
nullement l'énoncé de la loi de Faraday, car on vient de rappeler que, dans 
le cas de l'électrolyse de l'ammoniaque, de certains chlorures et de tous 
les sels correspondants, les quantités d'hydrogène ou de métaux, mises eu 
liberté au pôle négatif, ne répondent nullement aux équivalents adoptés. 

» M. Boutv vient de démontrer que la résistance électrique des solutions 
salines est la même lorsque ces solutions renferment des quantités équi- 
valentes de métal. Mais les chlorures qu'on vient d'indiquer ne renferment 
pas des quantités équivalentes de métal, et il y a lieu de croire que des 
molécules, si différentes par leur forme et leurs grandeurs relatives, oppo- 
seront au courant des résistances moléculaires différentes. On peut prévoir 
qu'il en serait de même pour la conductibilité moléculaire du nitrate, du 
sulfate, du phosphate et du pyrophosphate sodique 

NaAzO', Na^SO', Na'PhO", Na^PlrO'. » 

PHYSIQUE DU fiLOBE. — Sur les ondulalions almosj)héiiques allribuées à 
réruption du Krakaloa et sur la tempête du samedi 26 janvier. Note de 

M. C. WOLF. 

« J'ai vérifié sur les courbes de l'enregistreur barométrique de M. Ré- 
dier, qui fonctionne à l'Observatoire, l'existence des accidents signalés par 
M. Renou, dans la dernière séance, et qu'il attribue, d après M. FœrsLer, 
à l'ébranlement atmosphérique produit le 27 août 1 883 par les éruptions 
du volcan de Krakatoa. Ces accidents sont reproduits à Paris exactement tels 
que les a observés M. Renou au parc Saint-Maur. Sont-ils les mêmes qu'a ob- 
servés M. Fœrster à Berlin, et ont-ils l'origine que leur a attribuée ce savant? 

» Pour m'en assurer, voici conuuent j'ai conduit le calcul : 

» Les deux ondes observées à Paris se sont produites le 27 (jour astro- 
nomique), l'une à i''5o™, l'autre à 16'' 20"", intervalle i4''3o'". La diffé- 
rence des chemins parcourus suivant le grand cercle qui passe par Paris 
et Anjer par les deux ondes se propageant, l'une de l'est à l'ouest, l'autre 
en sens contraire, est 285o3'^'" — 11497'^"= 17006'"" : d'où l'on conclut 
une vitesse de propagation de 1 173*"" par heure. 

» Il est très remarquable que la vitesse, ainsi déterminée indépendam- 
ment de toute by potlièse sur l'heure de l'ébranlement originel , soit presque 
exactement celle du son, 327'"" par seconde. 

C. K., iS*l, I" Samestrc, (T. XCVIII, N° i.) ^k 



( '78 ) 

)) Pour parcourir à cette vitesse 11497'"" d'une part et aSSoS"*" de 
l'autre, les deux ondes ont dû employer, l'une p*" 48", l'autre 24'' 18™ : d'où 
l'on déduit pour l'heure du phénomène, en temps de Paris i6''2™, et en 
temps d'Anjer 22'' 56", à peu près f i"* du matin, le 27 civil. 

» MM. Fœrster et Renou ont admis que l'onde principale s'était produite 
le 27, vers 7'' du matin, ou à peu près à minuit de Paris. D'après un ré- 
sumé des rapports des capitaines de navire qui se trouvaient aux environs 
du Rrakatoa à l'époque de son effondrement, publié par le journal anglais 
iVa/iire (numéro du 10 janvier 1884), il ne paraît pass'ètre produit de forte 
détonation avant 9'' ou 10'' du matin, mais seulement de sourds gronde- 
ments. Je trouve cette phrase dans le Rapport du C/tar/es Bail : « At i l'^iS™, 
» there was a dreadfiil explosion in the direction of Rrakatoa, now over 
» thirty miles distant. » Cette heure coïncide assez bien avec celle que je 
déduis des maxima de la dépression barométrique. 

» A la vitesse de 1173'-"" par heure, le tour de la Terre est fait en 
33''56". Les ondes auraient dû se reproduire, la première le 28, à 1 1''46'", 
la seconde, i4''3o" après, soit le 29 à 2'' 16'". Je ne retrouve aucun acci- 
dent de la courbe barométrique à ces heures, mais seulement quelques 
ondulations le 28, à partir de minuit (le 29, 2'' du malin, M. Renou), et 
un petit ressaut brusque (élévation ) le 2g à 3'\ L'intervalle est, cette fois, 



13» So™. 



.) D'après l'examen des deux ondes principales du 27, il semble donc 
que nous nous trouvons réellement en présence d'un phénomène d'ébran- 
lement atmosphérique, pouvant être attribué à une cause unique et S8 
propageant avec la vitesse du son. Cependant, le problème ne me paraît 
pouvoir être résolu d'une façon complète que par de nombreuses compa- 
raisons des heures d'observation des accidents si singuliers des courbes 
barométriques, faites par la méthode que j'ai indiquée. Ces courbes sont 
enregistrées aujourd'hui dans tous les points du globe et fourniront cer- 
tainement des documents d'un grand intérêt pour l'impor'ante question 
soulevée par M. Fœrster et M. Renou. 

» Je mets sous les yeux de l'Académie l'enregistrement de la vitesse du 
vent et de sa direction, pendant la tempête de samedi dernier, obtenu à 
l'aide de l'enregistreur de M. Bourdon. 

» Le vent, de direction à peu près constante, entre sud-sud-ouest et 
ouest-sud-ouest, a atteint sa vitesse maxima entre 9'' du soir et i"" du matin • 
cette vitesse s'élève au moins à 38" par seconde, la roulette de l'enregis- 



( '79) 
treur étant à bout de course. Le fait le plus singulier est l'arrêt brusque 
qui s'est produit vers i'' du matin, où la vitesse est tombée tout d'un 
coup à 12™. 

» L'enregistreur Rédier montre que, de io''/io'" à minuit aS™, le baro- 
mètre est resté à une hauteur constante de 73i°"",4, en baisse de 12°"° 
sur la pression de i''3o™; il s'est relevé rapidement jusqu'à minuit 45'°, 
puis plus lentement jusqu'à midi le dimanche. 

» Le thermomètre a subi également un abaissement très rapide : le mi- 
nimiuu était de 4"? 2 à i"", en baisse de 2°, 5 depuis la'^So™. 

» La tempête avait été annoncée dès la veille par de grandes oscillations 
des courbes magnétiques, et en particulier de celle du déclinomèlre. » 



MÉTÉOROLOGIE. — Sur tes troubles physiques de ces derniers temps; 

par M. Faye. 

« On remarque depuis quelque temps de nombreux phénomènes ex- 
ceptionnels, tels que l'effroyable explosion volcanique du Krakatoa, des 
ondes immenses qui parcourent la mer ou l'atmosphère en faisant le toiu- 
entier du globe, des lueurs et des colorations étranges dans le ciel, un 
mois de janvier qui ressemble au mois d'avril ordinaire pour la tempé- 
rature, des oscillations étranges dans la fréquence des taches du Soleil 
dont le maximum semble ne pas pouvoir se produire, des dérangements 
non moins singuliers dans l'allure ordinaire de l'aiguille aimantée. Ce qui 
me frappe surtout, c'est que tous ces faits ont été prédits ou expliqués par 
des influences cosmiques; c'est à Jupiter, à Mars, aux essaims d'étodes 
filantes qu'on les rapporte, et, comme les mouvements de ces astres sont 
bien connus et peuvent être calculés longte<ïips d'avance, il semble facile 
désormais de prévoir à très longue échéance les phénomènes géologiques, 
météorologiques, magnétiques et même solaires. 

» Je crois néanmoins que cela ne doit pas nous empêcher de les enre- 
gistrer et de les étudier comme à l'ordinaire. C'est pourquoi je conti- 
nuerai à communiquer à l'Académie ce que j'ai recueilli dans ces derniers 
temps. 

» En ce qui touche la température exceptionnelle de cet hiver, je ferai 
lemarquerque, d'après le Times du 19 janvier, on jouit, dans l'Amérique 
méridionale, d'une température estivale tout à f;àt extraordinaire. Il est 
rare, à Buenos-Ayres, qu'en été (décembre-janvier) la température dépasse 



( i8o ) 
92" F. (33°, 3) à l'ombre; elle a été, cette année, de loi" F. (38°, 3). 
Le Buenos-Àyres Standard suppose que cette température sans précédents 
tient aux cinq petites comètes que notre célèbre Correspondant, IM. Goiild, 
est en train, dit-on, d'observer à Cordoba, capitale de la République Ar- 
gentine. Vous voyez par là que les influences cosmiques n'ont pas moins 
de vogue sur l'hémisphère austral que sur le boréal. Il est bien vrai que 
la température de notre mois de janvier ne s'accorde pas très bien avec 
une prédiction toute récente qui nous avait annoncé un mois de janvier 
particulièrement rigoureux; mais avec les étoiles filantes il y a toujours 
moyen de s'arranger. Si donc on constatait une surélévation de tempéra- 
ture un peu générale à cette époque, ainsi que l'observation précédente 
semblerait le faire croire, il n'y aurait qu'à supposer que notre atmosphère 
a été envahie par un essaim de météores venant frapper la Terre avec une 
vitesse de 60 à 70""" par seconde, et à calculer la quantité de chalenr qui 
serait engendrée ainsi dans notre atmosphère par le choc de quelques kilo- 
grammes de cette matière-là à l'état de diffusion cométaire. 

» Voici, en second lieu, une observation de Soleil bleu, dans le Ve- 
nezuela, qui m'a été communiquée par M. Haas. C'est, dit la Revue de 
Carupano, la première fois qu'on a vu pareille chose. Le dimanche 2 sep- 
tembre, le Soleil, à son lever, était d'un très beau bleu : sa lumière était 
douce; on aurait dit celle de la Lune. Aucun nuage au ciel. A midi, le So- 
leil était plus brillant, mais toujours d'une couleur bleuâtre. Au couchant, 
on pouvait contempler le Soleil; autour de son disque on apercevait de 
nombreuses raies horizontales d'un bleu foncé sur fond de même teinte 
claire. A mesure que l'astre disparaissait, la teinte bleue est devenue gri- 
sâtre et, après le coucher comjilet, on vit une auréole splendide couleur 
de feu. Celle-ci a duré jusque vers les 8''. Les nuages présentaient les di- 
verses teintes de l'iris et produisaient un spectacle grandiose dans cette 
partie du ciel. Des phénomènes analogues ont été observés à Puerto-Ca- 
bello. 

» Je présente, en outre, à l'Académie les combes photographiées du ba- 
romètre à Montsouris, en date des 27 et 28 août. On lira plus loin la Note 
de M. Marié-Davv à ce sujet. Enfin voici une F^etlre fort intéressante de 
M. R. Wolf sur la marche actuelle de la fréquence des taches solaires et 
des variations diverses de la boussole. » 



( i8. ) 

ASTRONOMIE. — Sur répotjtie du nouveau maximum des tacites, 
d'après les données de M. R. Wolf, de Zurich; par M. Faye. 

« M. R. Wolf m'a prit' de communiquer à l'Académie une Noie sur la 
marche actuelle des taches solaires et me demande d'exprimer mou opi- 
nion à ce sujet. Voici d'ahord la Lettre de mon savant correspondant : 

1 J'ai riionneur de vous adresser — je pense qu'il vous intéressera, vous et l'Académie — le 
résultat de ma statistique solaire pour l'année passée, et j'y joins relie de l'année préce'dente 

188'2. 1S83. 

Jours Jours 
Nombre relatif, sans taches. Nomlire relatif, sans taclies. 

Janvier 4' 5^ o ^9,4 o 

Février 68,8 o 4"'» 5 i 

Mars 66,7 o 4'»^ ' 

Avril 97 'O o 83, o o 

Mai 63,9 o 3o,i I 

Juin 4^i5 o 77 19 ^ 

Juillet 4^>9 ^ 77 >^ o 

Août 4'2>7 ^ 46»o o 

Septembre 59,4 o f)o,6 i 

Octobre 5^5 9 o 83, i o 

Novembre 8^,9 o 82,6 o 

Décembre 40»^^ ^ 75,3 o 

Moyenne ^9 > 3 " 62,8 4 

» 11 en résulte que la moyenne des nombres relatifs s'est encore un peu relevée dans 
l'année i883, mais que la plus grande moyenne mensuelle appartient;! l'année 1882, et que 
le nombre de jours sans taches (pour l'instrument normal) a été de quatre en i883, vis- 
à-vis de zéro en 1882. J'ajoute la co|)ie d'au diagramme qui représente la fréquence des 
taches de janvier 1877 à janvier 1884. La ligne noire correspond aux moyennes mensuelles 
ordinaires des nombres relatifs, la ligne rouge aux moyennes mensuelles compensées. On y 
voit que, depuis le minimum de 1878-1879, les deux lignes montent assez régulièrement 
jusqu'en avril 1882, c'est-à-dire jusqu'au moment où (voir mon travail de 1877) le maxi- 
mum moyen devait entrer; mais que depuis ce temps-là il y a toute une suite de montées et 
de descentes (on les dirait occasionnées par des interférencts), et qu'il n'y a pas moyen jus- 
qu'à présent de déterminer, d'une manière sijre, le moment où le phénomène a passé ou 
passera le maximum, et // est très intéressant qite les rarlations magnétiques suivent les 
taches dans toutes leurs irrégularités. 11 va sans dire que ce sont justement ces iiréguiarités 
communes qui fournissent un témoignage irrécusable d'une intime relation entre les deux 
phénomènes, et l'on peut présumer ( comme je l'ai dit dans le n" 60 de mes Mittlieilungen, 
(]ue j'ai envoyé dernièrement à vous et à l'Académie) (jue dans quclipies années, lorsque 



( I«2 ) 

cette période anormale sera terminée, on fera un nouveau grand progrès dan» la théorie de 
ces piiénoniènes compliqués et curieux. J'aimerais bien vivre jusqu'à cette époque, et 
réussir à couronner alors mes travaux de trente à quarante années. • 

» D'après les moyennes annuelles, des nombres relatifs à la fréquence 
des taches, 59,3 en 1882 et 62,8 en i883, il paraît tout d'abord que le 
maximum doive être reporté en i883, et l'on vient de voir que M. Wolf 
lui-même doute qu'on puisse s'en tenir là. Évidemment cela l'inquiète et 
le préoccupe. 

» Cependant le chiffre 97 au mois d'avril 1882 est si considérable que 
l'on est porté à le considérer comme le vrai maximum. C'est ce qui ressort 
d'une antre manière de grouper ces nombres, non par année, mais par se- 
mestre. On trouve alors pour les sommes : 

1882. Premier semestre , /^2^ 

» Deuxième semestre 827 

1883. Premier semestre 339 

» Deuxième semestre 4 '5 

» Il s'agit donc d'un maximum en avril 1882, suivi d'ondulations pré- 
sentant, en i883, deux maxima de 83, o et 83, i, bien inférieurs à celui 
d'avril 1882. C'est ce qui peut fort bien arriver pour la marche d'un 
phénomène périodique qui passe, rapidement et sans hésitation, d'un 
minimum au maximum suivant, mais qui passe lentement, par une série 
d'oscillations secondaires, du maximum au minimum suivant. Telle est, 
en effet, l'allure bien connue des taches solaires. 

» Ce qui confirme cette manière de voir, c'est l'autre face du phéno- 
mène. Schwabe a découvert la périodicité, non en comptant les taches, mais 
seulement le nombre de jours où le Soleil n'en présente aucune. A l'époque 
d'un maximum, il n'y a pas de jours sans taches. A partir de là, on voit 
apparaître çà et là quelques jours sans taches, mais en très petit nombre. 
Au minimum, au contraire, il arrive souvent que le disque solaire est en- 
tièrement blanc. 

» Eh bien ! en 1 882, d'un bout à l'autre de l'année, on n'a pas vu un seul 
jour le Soleil sans qu'il fiit piqué de taches! L'année suivante, en i883, les 
taches ont manqué à quatre jours différents. C'est un indice évident d'ac- 
tivité décroissante. Probablement le nombre des jours sans taches ira en 
augmentant un peu en 1884, pour croître ensuite bien plus rapidement en 
i885, en 188G, en 1887, . . ., justiii'à l'époque du miniinutn. 11 ne s'agit 



( i83) 
donc pas ici d'un pliéiiomène exceptionnel dans l'histoire de l'activité so- 
laire. Du reste, nous saurons bientôt à quoi nous en tenir sur ce point. 

M Quant à l'allure de l'aiguille aimantée, M. R. Wolf affirme qu'elle suit 
fidèlement celle des taches, même à cette époque où le mnximum ne lui 
semble pas se dessiner avec netteté. S'il en est ainsi par toute la Terre, ce 
sera un argument vraiment décisif en faveur de l'opinion que les oscilla- 
tions diurnes de la boussole sont régies par la fréquence des taches du So- 
leil. Ou ne comprend pas, il est vrai, qu'une telle dépendance puisse 
exister entre ces deux ordres de phénomènes, mais on n'est pas autorisé à 
nier ce qu'on ne comprend pas, par cela seul que la chose est incompré- 
hensible. Cependant, on peut se den)ander si le fait est bien certain. 
Pour moi je conserve des doutes, et voici quelques-unes de mes raisons : 

» Eu premier lieu, il y a contradiction frappante entre les conclusions 
des astronomes de Kew, qui ont démontré que les phases du mouvement 
de la boussole, vers i85o, suivaient celles des taches à cinq mois de dis- 
tance, et les assertions d'autres astronomes qui ont cru au contraire con- 
stater tout récemment que l'influence des taches sur le magnétisme ter- 
restre est immédiate. 

» Or voici comment on pourrait lever cette contradiction. Supposons 
qu'aujourd'hui il y ait simultanéité purement accidentelle entre les deux 
phénomènes, et qu'il y ait entre leurs périodes une différence d'un mois 
environ, c'est-à-dire de 7^ de leur durée. A l'époque des observations de 
Carrington et de Rew, les maxima des taches auront dû avancer de trois ou 
quatre mois sur ceux de la boussole, et, il y a cent ans, à l'époque des 
observations capitales instituées par Cassini à l'Observatoire de Paris, cette 
avance aurait été de onze mois, ou d'une année presque entière. Or c'est 
ce qui a eu lieu réellement. Il suffit, pour s'en assurer, de jeter un coup 
d'œil sur les courbes des deux phénomènes vers 1787. Quant aux coïn- 
cidences de détail entre ces courbes à noire époque, je n'y attache pas une 
importance décisive, parce que les oscillations diurnes de l'aiguille sont 
soumises à toute sorte d'influence, ptu-ement terrestre, qu'il serait bien dif- 
ficile de défalquer pour mettre en plein jour leur concordance supposée 
avec les taches solaires. 

» Il n'en est [)as moins vrai que, si j'avais tort de révoquer en doute 
cette concordance, si elle existait réellement, comme le croit M. Wolf 
dont l'airtorité est si grande en ces matières, ce serait là le plus étonnant 
problème de la Science actuelle. » 



( '«4 ) 



TOPOGRAPHIE ET CARTOGRAPHIE. — La Carte topograpltique régulière 
(le r Algérie ; par M. F. Pekrieii. 

« J'ai l'honneur de présenter et d'offrir à l'Académie, an nom de M. le 
Ministre de la Guerre, les douze premières feuilles de la Carte topogra- 
phique régulière de l'Algérie, à l'échelle de r^^jj^. 

» Cinquante feuilles de cette carte sont levées sur le terrain et les minutes 
des travaux exécutés par les officiers sont déjà entre les mains des dessina- 
teurs et graveurs du Dépôt de la Guerre, pour être bientôt reproduites et 
livrées au public. 

» La Carte entière comprendra, pour la région du Tell seulement, en- 
viron deux cents feuilles; elle paraîtra par livraisons de six feuilles chacune 
et sera terminée en dix ans. Je place sous les yeux de l'Académie les deux 
premières livraisons. 

» C'est là une œuvre considérable, originale, qui s'accomplit sous ma 
direction et sur laquelle l'Académie me permettra d'appeler un instant sa 
bienveillanle attention. 

)) L'idée de faire une Carte de l'Algérie est contemporaine de la conquête 
même. A peine installés à Alger, en i83o, les ingénieurs géographes du 
corps expéditionnaire mesurent, vers l'embouchure de l'Harrach, une 
base de 5oi6" qui sert de côté de départ à la première triangulation du 
territoire d'Alger; en même temps, ils déterminent la latitude, la longitude 
et l'azimut d'une dhection, d'abord à l'observatoire du Bureau topogra- 
phique de la rue de la Fonderie, ensuite au phare même. Les années sui- 
vantes, attachés comme géodésiens topographes aux colonnes expédition- 
naires et renlorcés par des officiers d'Elat-Major, ils recoupent Ions les 
points remarquables de la plaine de la Métidja, les crêtes du Sahel, celles 
du petit Atlas, et même quelques points des territoires de xMilianah et de 
Médéah, levant à la boussole les territoires parcourus et ceux qu'on occu- 
pait d'une manière définitive, à mesure que les colonnes pénétraient ou 
prenaient racine dans l'intérieur des terres. La triangulation s'étendait 
ainsi de proche en proche, et, avec elle, les levés topographiques, à toute 
la province d'Alger. 

» Des opérations analogues de triangulation et de levers sontexécutées, 
à partir de i838, dans la province de Constantine et, àpartir de i844, dans 
la province d'Oran ; et ce n'est qu'en i854 que les travaux exécutés dans 
les trois provinces se rejoignent entre eux. 



( i85 ) 

» La triangulation s'étend alors d'une manière à peu près continue des 
frontières du Maroc à celles de la Tunisie; quoique bien imparfaite, elle 
permet cependant d'obtenir, avec une exactitude suffisante, les positions 
géographi(]ues des principaux points de l'Algérie et de raccorder entre 
eux les levés ou itinéraires exécutés dans les trois provinces. 

» A l'aide de cet ensemble de travaux accomplis dans des circonstances 
difficiles, et qui ne pouvaient, par cela même, remplir les conditions de 
haute précision requises dans des opérations régulières, le Dépôt de la 
Guerre a pu confectionner un certain nombre de Cartes qui ont été fort 
utiles aux officiers, aux voyageurs et aux ingénieurs et constituent encore à 
l'heure actuelle les seuls documents originaux sérieux que nous possé- 
dions sur la topographie du sol algérien. 

» Les Cartes, toutefois, à peine terminées, étaient reconnues insuffisantes. 
L'occupation, en effet, était désormais devenue défitiitive, la colonisation 
s'implantait rapidement dans le Tell et jusque dans la région des Hauts- 
Plateaux; les travaux publics, routes, chemins de fer, ports, barrages, etc., 
prenaient une extension considérable et il devenait urgent, pour satisfaire 
aux légitimes exigences des divers services, de construire une carte topo- 
graphique à grande échelle de la colonie. 

» C'est en i85i seulement que le Dépôt de la Guerre put songer à doter 
l'Algérie d'une Carte semblable à la Carte de France, formée par des levés 
réguliers et assise sur une triangulation de haute précision. 

» J'ai déjà fait connaître à l'Académie l'ensemble des travaux géodé- 
siques de premier ordre exécutés dans le Tell algérien : trois bases mesu- 
rées à Blidah (i854), à Bône (1866), à Oran (1867); une grande chaîne 
de cent triangles courant de l'ouest a l'est entre la Tunisie et le Maroc de 
1859 à 18G8; des positions géographiques fondamentales déterminées di- 
rectement : à Alger (187/4), à Bône et à Nemours, en 187G ; tous les élé- 
ments de la chaîne, longueurs des côtés, altitudes des sonunets, positions 
en longitude et latitude, calculés en partant d'Alger et vérifiés par des 
observations directes aux deux extrémités. 

M Sur celte chaîne, considérée comme formant l'ossature géodésique du 
Tell algérien, est venue se greffer la triangulation secondaire, entreprise à 
partir de 1864, ])oussée activement jusnu'eu 1870, puis interrompue et 
re|)rise après la guerre, qui s'exécute encore en ce moment même aux deux 
confins de l'Algérie, couvrant déjà d'un réseau continu de Inangles les j île 
la surface totale du Tell, et au cours de laquelle ont été recoupés les 

C. R., iSS'i, 1" Semestre. (T. XCVIll, N' -i.) ^^ 



( >86) 
points topographiqiies remarquables du sol, koubas, églises, fermes, 
pics, etc. 

» Les premiers levés topographiques réguliers exécutés en Algérie 
remontent à l'année 1867. Continués pendant les années suivantes, ils 
furent brusquement interrompus en 1870, et ce n'est qu'en 1879 qu'ils ont 
pu être entrepris à nouveau, et celte fois d'après un plan systématique bien 
étudié, avec des moyens d'action, personnel et matériel, proportionnés à 
l'importance de l'œuvre à accomplir. 

» Tous les ans, vers les premiers jours de novembre, soixante officiers, 
capitaines, lieutenants ou sous-lieutenants de toutes armes, sont convo- 
qués à Paris, au Dépôt de la Guerre, pour y recevoir des instructions spé- 
ciales. Ils sont aussitôt répartis en douze brigades, à raison de cinq officiers 
par brigade et trois brigades par province. Chaque brigade est dirigée par 
un officier du grade de chef de bataillon ou capitaine. Un lieutenant-colo- 
nel est chargé de contrôler les opérations et de leur imprimer l'homogé- 
néité qui est indispensable. 

)' Chaque officier reçoit une feuille de projection, sur laquelle sont tra- 
cés, par points, de décigrade en décigrade, les méridiens et les parallèles 
de la région qu'il doit lever, et c'est sur cette feuille qu'il place, à l'aide 
du compas de proportion, les points qui lui sont donnés par leurs coor- 
données en latitude et longitude. 

» La projection adoptée est la même que celle de la Carte de France, 
projection à développement conique du colonel Bonne (improprement 
appelé de Flamsteed modifié). C'est la projection véritablement française, 
que nous avons tenu à conserver et qui convient remarquablement à l'Al- 
gérie. 

» En jetant les yeux sur une Carte générale de notre colonie, on voit 
que l'Algérie forme comme une bande relativement étroite, dont la profon- 
deur maxima dans le sens nord-sud est de 400'"" environ, entre les paral- 
lèles de 41*^' et de 37*^'', et qui s'étend au contraire dans le sens est-ouest sur 
luie amplitude voisine de i3'''. 

» Si donc on imagine le cône circonscrit à l'ellipsoïde terrestre le long 

du parallèle moyen de ou Sq*^', la surface de ce cône se confondra 

très sensiblement, pour toute l'Algérie, avec celle de la Terre même et 
pourra être substituée à celle-ci pour être ensuite développée sur un plan. 
Ce parallèle de 3c)'" est le parallèle principal ou central de notre Carte et, 



( ï87) 
pour méridien principal, nous avons conservé le méridien de Paris qui 
coupe le massif du Djebel Chenoua à i3'''°à l'est de Cherchell et à 66'^" en- 
viron à l'ouest d'Alger, et qui peut aussi devenir un jour véritablement 
centrai, si la Carte est jamais prolongée vers l'occident. 

» En adoptant les valeurs suivantes pour les dimensions de l'ellipsoïde 
terrestre (valeurs de Clarke), savoir 

I grand axe a =6378253°', 

i petit axe /; =6 356 5 18'", 
d'où 

aplatissement = =: a 



29^, t) 



ou trouve pour le rayon du développement du cône circonscrit et tangent 
à la Terre le long du parallèle de Sg'^'jOu rayon principal de la Carte, 

NcotL^R — 9 585 561'"; 

soit, à l'échelle de ^j^, 

r= 191'", 7. 

» A l'aide des formules connues, ou a calculé, de décigrade en décigr;ide, 
pour toute l'étendue de la Carte, c'est-à-dire 4*^' en latitude et 7*^' en longi- 
tude, les longueurs des arcs de méridiens et de parallèles, ainsi que des 
Tables qui permettent d'obtenir par interpolation les coordonnées rectan- 
gulaires, par rapport aux axes principaux (méridienne et perpendiculaire) 
des points géodésiques dont les longitudes et les latitudes sont connues. 
Ces Tables, analogues aux Tables de Plessis qui ont servi pour la Carte de 
France, constituent un travail considérable; elles seront prochainement 
publiées in extenso. 

» Dans la Carte d'Algérie, les surfaces sont rigoureusement conservées; 
les longueurs ne subissent aucune altération dans le sens des parallèles, ni 
le long du méridien principal. Quant à la déformation ou altération des 
angles, elle est tout à fait insensible, même aux extrémités de la Carte, 
puisqu'au bord nord-est, où elle est maxima, elle ne dépasse pas 18' cen- 
tésimales (soit 9'43" sexagésimales). Notre mode de développement est 
donc à peu près irréprochable, puisqu'il conserve à la fois les surfaces, 
les angles et par suite les longueurs, et qu'il pourra plus tard sans doute 
être maintenu, sans déformation appréciable, aux régions limitrophes du 
Ponant ou du Levant. 

» Les levés sont exécutés sur le terrain à l'échelle de j~^j^, pour élie 



( i88 ) 
ensuite réduits à l'échelle de ~^ dans la rédaction et la publication de la 
Carte. 

» Quand nn terrain a été déjà l'objet de levés planimétriqnes antérieur!?, 
exécutés par les services topographiques civils de la colonie, le topographe 
militaire reçoit à Paris une réduction au xûvôô ^^ ^^^ levés (cadastre, 
levés généraux, sénatus-consulte). 

» l>es levés du sénatus-consulte ne donnent que les grandes lignes de la 
planimétrie, les noms des tribus, douars, oueds, etc.; ils constituent un 
bon renseignement, mais trop inexact pour pouvoir être employé par les 
topographes. Au contraire, les levés généraux et le cadastre fournissent 
une planimétrie excellente, sur laquelle ceux-ci peuvent appuyer générale- 
ment leurs travaux d'une manière »ûre. Mais ce n'est pas là le cas le plus 
fréquent : certaines régions, même voisines de la mer, n'ont pas été re- 
connues jusqu'ici, et là tout est à faire, planimétrie et nivellement, et le 
tojiographe n'emporte pas d'autre renseignement que la position et l'alti- 
tude de ses points géodésiques, 

» Chaque oflicier est pourvu d'une boussole à éclimètre avec ses acces- 
soires et d'un baromètre anéroïde; il doit lever une superficie de i3o'"i en 
moyenne. Les chefs de brigade sont pourvus d'une planchette et d'une 
alidade nivelatrice. 

» Que le levé se rapporte à un terrain cadastré ou non, une reconnais- 
sance [iréliminaire est toujours nécessaire pour rechercher les points géo- 
désiques, les reconstruire s'ils sont détruits, en élever de nouveaux sur les 
points saillants du sol, et former ainsi, avec la planchette ou l'éclimètre, 
comme un quatrième réseau géodésique à mailles serrées. 

» Le levé définitif couqiorte : le complétage ou les corrections de la pla- 
nimétrie et le nivellement, qui se fait à l'aide de l'éclimètre, et dans quel- 
ques cas particuliers, pour les cols, les fonds de vallée, les endroits cou- 
verts, à l'aide du baromètre anéroïde. 

» Quand les levés sur le terrain sont terminés, les officiers de chaque 
brigade sont réunis sur un point central du terrain qui présente tomes 
les ressources nécessaires au campement commode de toute la brigade, 
et l'on procède, sous la direction et le contrôle du chef, à la mise au net 
de la planimétrie, à l'étude et au tracé définitif des courbes de niveau, 
ainsi qu'à la rédaction d'un Mémoire statistique et descriptif. Ce Mémoire 
contient des renseignements aussi complets que possible sur l'aspect 
général du pays, son orographie, ses richesses végétales ou minéralogiques, 
ses cultures; sur la description des côtes, le régime des eaux, la nature des 



{ >!^9 ) 
voies de communication, le chiffre de la population, les races, les langues, 
les religions, etc. 

M Un Mémoire spécial est consacré à la description, accompagnée de 
croquis, dt^s ruines soit mégalitliiques, pliéniciennes, romaines, espagnoles 
ou arabes qu'on a |ni relever sur le terrain. 

» Enfin, si un officier a découvert une inscription importante, il doit en 
faire l'estampage et le rapporter à Paris. 

» Dans les travaux relatifs à la Carte de France, les courbes de niveau 
étaient complèlement considérées comme les directrices des hachures tra- 
cées suivant les lignes de plus grande pente et n'étaient pas reproduites 
sur la minute définitive. La confection de ces hachures é'ait liborieuse 
et délicate et absorbait toute la saison d'hiver. 

» Il est vrai qu'elles permettaient d'accentuer certains mou-oments du 
sol et produisaietit, par l'intensité plus ou moins grande de la teinte, un 
effet plastique saisissant, comparable à l'effet réel de la n:Uure, effet que 
les coui bes seules sont impuissantes à donner; mais elles présentaient l'im- 
mense inconvénient d'entraîner, dans les opérations de la gravure, surtout 
avec le cuivre, des lenteurs et un accroissement de dépenses consi- 
dérables. 

» C'est pourquoi, dans la Carte de l'Algérie, nous les avons supprimées; 
le topographe ne construit plus que les courbes et j'indiquerai tout à l'heure 
comment nous avons pu obtenir, d'une manière rapide, simple et peu 
dispendieuse, l'effet plastique sans lequel une Carte topographique ressem- 
ble fort à une Carte plate. 

» Sur notre Carte du reste, connue sur la Carte de France, les cotes 
seules constituent des données précises. Les courbes ne sont pas, comme 
dans les levés à grande échelle, filées par points et ne reproduisent pas 
mathématiquement toutes les formes du sol, les accidents secondaires, ou 
les ondulations légères, qu'il est impossible d'exprimer à l'échelle ordinaire 
d'un levé topographique. C'est en combinant les cotes des points princi- 
paux avec les formes du sol qu'il a dessinées de visu, sur le terrain, en le 
parcourant et le contemplant sous ses divers aspects, que le topographe 
construit ses courbes, et celles-ci ne sauraient, en conséquence, être con- 
sidérées comme offrant une représentation, pied à pied, du sol, mais seule- 
ment comme une étude très approchée, ou plus exactement comme étant 
les sections équidistantes, de lo™ en lo", d'une surface enveloppe ayant 
un contact intime avec la surface de la Terre. 

» L'orthographe des noms est l'objet de soins tout particuliers; les 



( '90 ) 
topographes doivent, pour éviter des erreurs grossières, demander ces 
noiiis à des Arabes du voisinage, les écrire eux-mêmes en français en tâ- 
chant de reproduire le mieux possible la prononciation arabe ou kabyle, 
et hs faire écrire ensuite, à côté, en caractères arabes, par des indigènes 
letlrés. Ces noms sont l'objet, plus tard, d'un premier contrôle de la part 
des officiers ou interprèles du chef-lieu du cercle ou de la subdivision, et, 
enfin, lorsque le calque des écritures est terminé, il est soumis à l'examen 
d'un interprèle principal de l'armée qui opère une dernière revision, en se 
conformant, pour l'orthographe des noms, au vocabulaire de MM.de Slane 
et Gabeau. 

)) Lorsque les minutes des levés sonl remises au service du dessin, elles 
sont d'abord découpées et assemblées en feuilles; les dessinateurs font 
ensuite des calques complets de ces minutes, qui permettent d'obtenir, 
par les procédés connus de la Photozincographie, à l'échelle de Yoilûjf 
une maquette sur zinc, d'où l'on tire enfin, pour guider le travail du gra- 
veur, autant de faux décalques que la Carte comporte de couleurs. 

D Chaque feuille publiée est limitée par un cndre de o™,G4 de base sur 
o'",4o de hauteur ; elle correspond, dans la nature, à un rectangle de 
32''™ sur 20''™ et embrasse par conséquent une superficie de 640'"'"', soit, 
pour fixer les idées, exactement le j de la superficie d'une feuille de la 
Carte de France au ^irl^pj- Le format que nous avons adopté est commode, 
ni trop grand, ni trop petit, et se prête aisément aux délicates opérations 
du repérage. 

» Noire Carte est gravée sur zinc. Ce métal permet d'obtenir, comme 
la pierre et à un degré au moins égal, sinon supérieur, une gravure 
artistique rapide. IMais il possède, en outre, des avantages si considérables 
au point de vue de la dépense, des frais et des difficultés de conservation, 
de logement et de manutention, que nous avons, depuis plusieurs années, 
au Dépôt de la Guerre, abandonné la pierre jiour le zinc dans tous les 
travaux nouveaux de gravure ou de dessin, au crayon et à la plume, aussi 
bien que pour tous les tirages en noir et en couleurs, à bras et à la 
machine. 

» Le Tableau suivant ('), dont nous avons pu vérifier l'exactitude, fait 
ressortir ces avantages de la manière la plus frappante; il résume la com- 
paraison, connue valeur, poids et volume, de ^5oo zincs de trois formats 

(') Communiqué par M. Monrocq. 



( '91 ) 
(grand monde, colombier et Jésus), avec pareil nombre de pierres de mêmes 
formais : 

Valeur. l'oids. Voliime. 

Zinc 85ooof' i33oo''" 2"»= 

Pierre Sooooo 645ooo aSo 

» Ces chiffres ont une éloquence irréfutable. 

)) Chaque feuille ne comportait, à l'origine, que six Planches, savoir : 

» La Planche de rouge, affectée aux lieux habités et aux chemins régu- 
lièrement entretenus et carrossables en tous temps; 

)) Celle de noifj aux écritures, aux chemins dont la viabilité n'est pas 
toujours assurée et aux sentiers; 

» De bleu, aux eaux; 

» De vert, aux bois ; 

» De u/o/t'tj aux vignes: 

M De bistre, aux courbes de niveau. 

» Dès les premiers tirages, on s'aperçut que le figuré du relief par les 
courbes laissait beaucoup à désirer. Si, en effet, dans les pentes très accu- 
sées, le simple rapprochement des courbes suffit à donner un certain re- 
lief aux formes du terrain, il n'en est pas de même dans les parties ondu- 
lées ou dans les pentes faibles. Là, l'œil a quelque peine à les suivre: elles 
deviennent peu saisissables. En un mot, l'expression plastique du sol, si 
bien rendue par les hachures, fait comi^lètement défaut. C'est pourquoi 
nous avons cherché à obtenir le modelé du terrain au moyen d'un estom- 
page au crayon lithographique, basé sur la lumière zénithale et rehaussé 
par un léger sentiment de lumière oblique : de là résulte, pour chaque 
feuille de la Carte, une septième Planche, tirée en gris bleuté. 

» De nombreux essais ont montré que le gris bleuté appliqué sur des 
courbes bislre fines convient le mieux, par sa douceur, à l'estompage de la 
montagne; il ne tire pas l'œil, s'harmonise bien avec les autres couleurs et 
donne, avec une grande transparence, beaucoup de modelé aux formes du 
terrain, sans nuire en rien aux détails de la planimétrie, qui ressortent avec 
la plus parfaite clarté, et sans produire aucun effet désagréable de miroite- 
ment. 

» Les Planches de lettres ont été jusqu'ici gravées. Elle.'v ne le seront 
plus désormais. Afin de gagner du temps, sans rien sacrifier du côté artis- 
tique et pour assurer l'identité des écritures dans toute l'étendue de la 
Carte, la lettre sera obtenue par impression typographique exécutée sur 
papier autographique et reportée ensuite sur zinc. Dans les caractères 



( 192 ) 

adoptés, nous avons renforcé les déliés, afin d'obtenir une plus grande 
netteté de la lettre et une facilité incomparablement supérieure dans la 
lecture. 

» Grâce à l'emploi du zinc, tous les levés exécutés sur le terrain, dans 
le courant d'nne campagne, pourront être gravés et les feuilles livrées au 
public à la fin de la campagne suivante. Des retards inévitables démise 
en train se sont produits au début, mais les travaux de dessin et de gravure 
sont actuellement poussés avec activité, et je suis heureux d'annoncer à 
l'Académie que les 5o feuilles levées déjà sur le terrain seront toutes 
publiées vers la fin de l'année qui commence. La Carte du ïell alt'érieu 
sera terminée en 189^1, et l'Algérie sera ainsi dotée d'une excellente Carte, 
assurément bien supérieure à notre Carte actuelle de la France. 

» La Carte d'Algérie est une œuvre collective qui résume les travaux 
successifs des géodésiens, des topographes et des artistes du Déi)ôt de la 
Guerre. Cliacuu a fait son devoir; la liste serait trop longue de ceux qu'il 
me faudrait citer avec éloee. 

» Qu'il me soit permis toutefois d'adresser d'ici même, au nom de l'Aca- 
déuiie, un salut cordial à nos vaillants topographes de l'Algérie et à leur 
digne chef, M. le lieutenant-colonel Mercier. » 



PHYSIOLOGIE APPLlQuiÎE, — Sur l'emploi des mélanges titrés de vapeurs 
aueslliésicjues et d'air dans la chloroformisalion ; par M. Ricuet. 

n II est malheureusement bien à craindre, et je le dis avec regret, que, 
malgré les belles expériences de notre savant Confrère M. P. Bert sur les 
animaux, et nonobstant lesquelques applications à l'homme de sa nouvelle 
méihoded'aiieslhésie par les mélanges titrés de vapeurs etd'air, la question 
de la chloroformisalion n'ait pas fait un grand pas. 

» Déjà M. Gosselin, dont je partage sans réserve les opinions, a 
démontré que ce nouveau mode d'administration des anesthésiques, tel 
au moins qii'd est employé aujourd'hui, serait d'une application difficile 
dans la pratique, et qu'il ne lui paraissait pas d'ailleurs avoir apporté des 
avantages incontestables sur les procédés universellement employés par les 
chirurgiens. Je ne reviendrai pas sur cette partie de son argumentation. 

» Suivant M. Bert, les avantages de son nouveau mode d'administration 
seraient d'éviter aux patients les inconvénients irdiérents aux autres pro- 
cédés, ttls que la toux, la suffocation du début, l'agitalioii, les nausées et 



( '93 ) 
les vomissements, et enfin les malaises qui souvent persistent longtemps 
après le réveil. 

» Sans cloute ces inconvénients, très réels, sont fort gênants, mais ils 
sont loin de se produire constamment; ils sont même assez rares relative- 
ment, surtout entre les mains des praticiens exercés. 

» D'ailleurs, est-il bien démoniré que par la nouvelle méthode on les 
évitera sûrement? C'est ce qui avait soulevé déjà quelques doutes dans mon 
esprit, car la Note insérée dans les Comptes rendus du i4 janvier dit que, 
quatre fois sur vingt-deux, il y eut de légères nausées et une fois même un 
vomissement. Mais, pour juger par moi-même des effets des mélanges titrés, 
je me suis rendu à l'hôpital Saint-Louis, et, je dois le dire tout de suite, 
mes doutes ne se sont pas dissipés, au contraire : vous allez en juger. 

» L'appareil ayant été préparé comme pour une opération, c'est-à-dire 
la^'de chloroforme vaporisés dans i5o''' d'air, je m'appliquai l'embou- 
chure sur la bouche et le nez, et tout d'abord je n'éprouvai d'autre sen- 
sation que celles que j'avais ressenties lors d'autres essais d'anesthésie 
par la compresse, auxquels je m'étais antérieurement soumis. Mais, à 
peine avais-je fait dix aspirations que je fus pris d'un accès de toux suffo- 
cante qui m'empêcha absolument de continuer l'expérience. Mon collègue, 
le D' Régnier, chirurgien de l'hôpital, qui m'accompagnait, se soumit 
alors à la même expérimentation et n'éprouva rien de semblable. C'était 
donc là une action toute spéciale, toute personnelle, du chloroforme sur mes 
bronches, en un mot une idiosyncrasie, mais momentanée, car je n'avais 
jamais rien éprouvé de semblable dans mes précédeules anesihésies. 

» Trois jours après, M. Peau me convoquait pour assister à la chloro- 
formisation par le même appareil de trois malades. Les trois anesthésies 
furent dirigées avec une grande précision par M. le D''Dubois, l'aide assidu 
de M. Bert. 

>. Un premier malade, garçon de trente ans, auquel une opération assez longue fut pra- 
tiquée avec le thermocautère, fut rapidement anesthésié en quatre ou cinq minutes, et 
maintenu dans un état d'insensibilité absolue pendant trente-cinq minutes sans aucune 
excitation. Mais on dut employer 5oS'' de chloroforme, dose énorme. Dans le cours de 
l'aneslhésie, des nausées se manifestèrent .à plusieurs reprises, et lorsque, une demi-heure 
après, je fus le voir à son lit, il vomissait. 

» Une deuxième malade, femme de quarante ans environ, atteinte de grosses hémor- 
rhoïdes, opérées également par le cautère actuel, fut plongée dans le sommeil anesthési<|ue 
en huit minutes; elle offrit une période d'excitation assez marquée. 

» Enfin une troisième malade, de quarante-cinq à cinquante ans, atteinte d'une tumeur 
du sein volumineuse enlevée avec le bistouri, fut également soumise au chloroforme. 

C. R., i8S1, !•■' Semestre. (T. XCVIII, N° 4.^ ^ ^^ 



( >94 ) 

Celle-ci eut une période d'excitation très marquée et ne fut plongée dans le sommeil anesthé- 
sique qu'après plus de dix minutes. 

» Il ne faudrait certainement pas tirer de ces faits nue conclusion défini- 
tive, niais néanmoins il en faut tenir compte et dire que, sur trois opérés, 
l'uH a été pris de nausées et vomissements, tandis que les deux autres ont 
eu une période d'excitation, très accentuée chez l'une d'elles du moins, 
chose d'autant plus remarquable qu'il s'agissait de lémmes, lesquelles, ainsi 
qu'on le sait, sont beaucoup moins sujettes que les hommes à l'alcoolisme 
et par conséquent à l'excitation chloroformique. 

» Je n'insisterai pas davantage sur ce que j'appellerai volontiers le petit 
côté de la question, d'autant mieux que pour nous, opérateurs, ces acci- 
dents ne sont que des épiphénomènes plus ou moins gênants, mais jamais 
inquiétants ; et si même j'en ai aussi longuement parlé, c'est pour suivre 
notre savant Confrère sur le terrain qu'il a choisi. Mais il m'a [;aru y at- 
tacher luie trop grande importance. C'était probablement pour établir la 
supériorité de sa méthode sur les procédés ordinaires; je doute qu'il y ait 
complètement réussi. 

» Mais j'ai hâte d'arriver au point capital. 

» Dans sa Réponse à M. Gosselin, M. Bert dit (p. 12S) : 

o En résumé, les chirurgiens, en se servant de la compresse, mettent en usage des ten- 
sions de vapeurs ou inefficaces, ou utiles, ou dangereuses. C'est en louvoyant avec habileté 
entre les doses inefficaces et les doses dangereuses qu'ils obtiennent l'anesthésie et évitent 
les accidents. " 

» Et un peu plus loin : 

«1 La méthode des mélanges titrés a l'immense avantage de mettre à l'abri de toutes ces 
inégalités et irrégularités. La dose ///«/Ve que j'emploie, étant toujours au-dessous de celles 
que donne la compresse risque infiniment moins que celle-ci d'amener des accidents. En un 
mot, cette métliode me paraît être la seule qui puisse dégager absolument la responsabilité 
des chiritrgie/ts. >< 

» Voilà des paroles graves; la dernière phrase surtout, que je souligne, 
me paraît de nature à faire réfléchir sérieusement les praticiens. 

» Sa signification est claire : elle revient à dire que ceux qui, n'ayant pas 
employé la nouvelle méthode, auraient le malheur de perdre un malade, 
encourraient de graves responsabilités et pourraient être appelés, cela 
s'est vu, à en subir les dures conséquences. 

» Il faut donc rechercher si la démonstration de notre Confrère s'im- 
pose réellement, ce que, pour mon propre compte, je serais tout disposé à 



( 19^ ) 
accepter, car nous serions dorénavant délivrés d'un grand souci pendant 
DOS opérations. 

» Théoriquement, il me paraît sinon impossible, du moins bien difficile, 
d'admettre qu'on puisse jamais faire la démonstration de l'innocuité d'une 
méthode quelconque d'anesthésie avant d'avoir découvert la. cause de la 
mort par les inhalations du chloroforme. Or, jusqu'ici, tout est mystère, 
et, malgré les travaux si nombreux et si consciencieux des physiologistes, 
nous en sommes réduits à des hypothèses. C'est donc par hypothèse que 
procède notre savant Confrère quand il nous parle de sa dose [imite, et, jus- 
qu'à plus complète démonstration, je me refuse à l'admettre, 

» Mais alors où sera le critérium? Dans la clinique, et jusqu'à présent 
dans la clinique seulement, c'est-à-dire dans la coordination d'une loncjue série 
d'observations sur r homme, et c'est là ce que je vais chercher à démontrer. 

» Je dirai d'abord qu'on, a singulièrement exagéré les dangers de mort 
par les anesthésiques : sur plusieurs millions d'individus qui y ont été sou- 
mis, on a relevé à grand' peine 290 à 3oo cas de mort, attribués à ces inha- 
lations. 

» Et remarquez que je dis attribués, car un grand nombre de ces ter- 
minaisons fatales sont dues certainement à d'autres influences. Ceux qui 
attribuent toutes ces morts exclusivement aux anesthésiques oublient, en 
effet, qu'avant la découverte des propriétés de l'éther et du chloroforme 
les cas de mort subite pendant ro|)ération n'étaient point rares. On en 
rassemblerait facilement un assez bon nombre de cas; j'en citerai quel- 
ques-uns, ne voulant pas abuser de l'attention de l'Académie. 

» J.-L. Petit rapporte l'histoire d'un homme vigoureux qui mourut, pen- 
dant la réduction d'une luxation du genou, de douleurs (')? dit-il. Garen- 
geot, Chopart, Roux ont cité des faits analogues. Desiiult, sur tui ecclé- 
siastique qui allait subir l'opération de la taille, trace avec l'ongle du doigt, 
sur la peau du périnée, la ligne que suivra l'instrument tranchant. Le 
malade pousse un cri et meurt. Civiale veut sonder un vieillard qui se 
croit atteint de la pierre; à peine la sonde touche le méat urinaire, que, 
frappé de terreur, il expire devant de nombreux assistants ("). 

» Croit-on que, depuis l'usage des anesthésiques, ces cas de mort ont 
cessé de se produire? Erreur; au contraire, ils semblent se multipher, 



( ' ) J.-L. Petit, Traité des maladies des os. 

(■-) Chailly, Des considérations puissantes qui doivent empêcher d'user de l'éther et du 
chloroforme dans les accouchements. Paris, i853, p. 12. 



( '96 ) 
et, par l'effet même de cette cause, à savoir la terreur qu'inspirent à 
quelques patients les aiiesthésiques, surtout lorsqu'on les leur présente 
avec un appareil qui leur ferme lierinétiqiienient la bouche et le nez, c'est- 
à-dire les voies respiratoires, menaçant de les as])hvxier. Cazenave (de Bor- 
deaux) allait amputer un homme de quarante ans; pour l'encourager, il fait 
un simulacre de chloroforinisation et approche de la bouche du malade un 
mouchoir sur lequel on n'avait pas mis une goutte de chloroforme : le ma- 
lade f^it quatre inspirations, tombe en syncope et meurt ('). 

» Voici un fait qui emprnnle son originalité an nom du chirurgien au- 
quel il est arrivé. Simpson, celui-là même qui a découvert les propriétés 
du chloroforme, envoie un de ses aides en chercher un flacon dans son 
laboratoire. Celui-ci, en l'apportant, fait un faux pas et brise le flacon; il 
n'y en avait pas d'autres. On commence alors l'opération, mais sans anes- 
thésie; à la première incision, le malade pcàlit, le pouls s'arréle, et il suc- 
combe à une syncope subite {Bulletin de l'Jcadémie de Médecine, 1 882, p. 255). 
Tout dernièrement, à l'hôpital de Toulouse, un paysan vigoureux, âgé de 
quaranle-cinqans, est admis pour une luxation de la cuisse. Voulant la ré- 
duire par le procédé du àe douceur^ on est obligé de le placer sur le ventre; 
pour cette raison on renonce à le chloroformiser. La réduction se fait avec 
une facilité dont on s'applaudissait, lorsqu'un assistant s'écrie : << Le malade 
» est mort! «C'était malheureusement vrai. L'observation complète m'est 
communiquée par le professeur Fontagnères, de Toulouse. 

» Je pourrais multiplier ces exemples : ceux-ci suffiront, j'espère, pour 
démontrer que bon nombre de morts attribuées aux anesthésiques recon- 
naissent d'autres causes. Lesquelles? La terreur, la douleur, une sorte de 
sidéralion morale, selon l'heureuse expression de notre savant Confrère, 
M. H. Larrey {Bulletin delà Société de Chirurgie^ t. IV, p. 100), me paraissent 
en rendre compte, sans les expliquer. La conclusion à tirer de ces faits 
étranges, c'est que, pour rester dans la réalité, il importerait de réduire 
notablement le chiffre total de la mortalité attribuée aux anesthésiques. 

» Il faut actuellement établir dans quelles proportions meurent les in- 
dividus soumis aux anesthésiques. 

» Je serai bref, ne donnant que les chiffres et renvoyant aux sources. 
C'est un travail aride, mais indispensable pour établir ce que je veux dé- 
montrer. 



Bulletins de VAcadèinie de Médecine, p. 254; '882. 



( '97 ) 

» Richardson ('), faisant les relevés des chloroforniisations dans huit 
hôpitaux de Londres, les partage en denx périodes : la première de 1848 à 
1864, dans laquelle il relève i mort sur 17000 opérés; la deuxième de 1867 
à I 869, où il trouve 6 morts sur 7500 chloroformisés, soit une moyenne de 
I mort sur 35oo chloroformisés. 

)) Les relevés de six autres hôpitaux lui ont donné dans les mêmes pé- 
riodes une mortalité de i mort sur 2765. 

» Ker Hugh Richard (^), pour les dix dernières années au grand hôpital 
d'Edimbourg, relève i mort sur 36 5oo. 

» Rillroth(') dit n'avoir eu son premier cas de mort qu'après i2 5oochlo- 
roformisations. 

» Nussbaum (^), suriSooo anesthésies, n'a pas eu un seul cas de mort. 

» Ronig ('), sur environ 7000 chloroforniisations, n'a jamais eu de 
mort. 

n En Amérique, pendant la guerre de la sécession ('), sur environ 
80000 chloroforniisations, on n'a eu à déplorer que 7 morts, soit i mort 
sur 1 1 l^l^8. 

M Orschsradt ('), pendant toute la guerre du Danemark, en 1864, qui a 
nécessité de 1res nombreuses chloroformisations, n'a pas eu un seul cas de 
mort. 

» En France, à l'armée de Crimée, sur plus de 20 000 chloroformisations, 
M. Rizet relève deux cas de mort, soit i sur 10000 chloroformisés (*). 

» Plusieurs de nos Confrères, et je citerai particulièrement Sédillot et 
M. Gosselin, n'ont jamais eu de mort, dans une pratique longue et occupée. 
Moi-même, sur plus de 10 000 chloroformisations, je n'ai perdu qu'un seul 
malade et dans des conditions exceptionnelles. 

» La conclusion qui ressort avec évidence de toute cette discussion, 
c'est qu'en évaluant à i sur 10 000 ou 12000 la proportion des morts, on 
reste au-dessous de la réalité, surtout si l'on veut bien se rappeler que plu- 
sieurs de ces morts reconnaissent certainement pour cause, soit la terreur, 

(') On deathfrom chloroforme [Médical Times aiid Gazette, 1870, 7 et 21 mai). 

(*) Médical Times and Gazette, 8 et 19 avril 1876. 

(^] Wiener Medicinischc Vochenschrift, p. 796; 1868. 

(') Anesthesia, Handhuch fur Chirurgie von Pitha und Billroth, p. 60g. 

[') Centralblattfiir Chirurgie, p. 611; 1877. 

C^) ArniY Circular on the United States. 

['•) Kriegschirurgie Erfahrungenwùhrenddes Krieges gegenDanemarh, i864;P- 372. 

(*) Traité d'anesthésie chirurgicale de MJI. Peebin et Lallemaxd, p. 236. 



( '98 ) 
soit la douleur, soit les secousses morales qui ébranlent les malheureux 
blessés au moment où ils sont soumis à de cruelles opérations; sans compter 
qu'il est d'autres causes encore qui pourraient réclamer leur part, car elles 
aussi foudroient les opérés : l'entrée de l'air dans les veines par exemple, 
qui a failli me faire perdre l'année dernière, à l'Hôtel-Dieu, une de mes 
malades. 

» Il demeure donc établi que la proportion des morts est de i snr loooo 
à I2 000 chloroformisations, et cela malgré les modes d'adminisîration les 
plus divers, tantôt avec des appareils, tantôt avec la simple compresse, 
maniée elle-même de différentes manières. 

» Les questions de cet ordre, a dit un membre de notre Compagnie, 
l'illustre mathématicien Poisson, ne peuvent être résolues qu'à l'aide de 
masses de chiffres considérables; je crois m'étre placé dans ces conditions. 

» Quelle sera donc la conclusion à tirer de ces faits? C'est que la nou- 
velle méthode d'anesthésie parles mélanges titrés de vapeurs et d'air, si elle 
veut se substituer aux anciennes méthodes, doit d'abord nous offrir une 
sécurité et des avantages, sinon supérieurs, du moins égaux. 

» Nous pourrions donc nous borner à lui demander simplement de faire 
ses preuves, c'est-à-dire de nous apporter un nombre de loooo à 12000 chlo- 
roformisations sans accident, et attendre. 

» Il ne faut pas, en effet, que notre savant Confrère M. P. Bert se fasse 
d'illusions; les ciiirurgiens ne changeront pas leur manière d'opérer ac- 
tuelle, si facile et à peu près exempte de périls, sans cette évidente démon- 
stration, 

» Les raisonnements les plus spécieux, même appuyés et déduits d'expé- 
riences sur les animaux, dont le système nerveux central, soit dit en pas- 
sant, ne peut pas entrer en comparaison avec celui de l'homme, ne les 
convaincront pas. Il leur faudra des faits cliniques en nombre suffisant. 

M Ils ne peuvent pas oublier que déjà, à d'autres époques, les mélanges 
titrés de vapeurs anesthésiques et d'air ont fait leur apparition dans la 
Science et dans la pratique. Que sont devenus ces essais? C'est ce qu'il me 
reste à examiner. 

» Il y a vingt-quatre ans environ, le Comité du chloroforme de la Royal 
mcdiral and clnntrgical Society de Londres recommandait ces mélanges et 
surtout de ne pas dépasser 3,5o pour 100 de chloroforme vaporisé dans 
l'air si l'on voulait agir avec une sécurité relative. Je ne rappellerai que 
pour mémoire les appareils de Snow, de Demarquay, de Duroy, de San- 
son, de Junker, de Skinner, d'Esmarck et de Billroth, pour ne m'attacher 



( '99 ) 
qu'à celui de Clover, parce qu'il offre avec celui de M. Bert la plus grande 
analogie. Les principes sont les mêmes, la forme de l'appareil offre seule 
des dissemblances. 

» Le nciméro du 9 août 1862 du Médical T/mes faisait connaître, il y a 
vingt-deux ans bientôt, un appareil, imaginé par M. Clover, pour ar.esthésier 
les malades avec un mélange titré de vapeurs de chloroforme et d'air. Cet 
appareil, d'ailleurs très ingénieux et très portatif, se compose d'un grand 
sac d'une capacité suffisante pour contenir le mélange nécessaire à une ou 
plusieurs chloroformisalions. Ce sac, fort léger, est porté sur le dos par 
l'opérateur; il en part un long tube qui aboutit à une embouchure que l'en 
applique sur la bouche et le nez du patient; le mélange a été préailablement 
fait de la manière suivante : 4o gouttes de chloroforme, soit 45 pouces 
cubes de vapeurs par 1000 pouces cubes d'air; total 4»5o pour 100 de va- 
peurs anesthésiques. C'est, je tieiis beaucoup à le faire remarquer, à peu près 
le même mélange que celui de l'appareil de M. Bert, seulement un peu 
moins concentré et, par conséquent, moins actif. 

» Inutile d'ajouter que l'air expiré sort par une soupape, comme dans 
l'appareil de M. Bert, et ne rentre pas dans le sac contenant le mélange 
titré. 

» En 1869, après trois années d'expériences, voici ce qu'écrivait M. Clo- 
ver à M. Sanson, de Londres : 

a J'ai trouvé que mon inhalateur produisait l'anestliésie plus légiiliorement que par tout 
autre procédé : rarement les malades ont de la toux, la grande majorité est anestliésiée en moins 
de dix minutes, et ils sortent du sommeil anesthésique certainement avec plus de facilité, 
moins de malaise et moins de prostration que je ne l'observais lorsque je ne me servais pas 
de mon inhalateur. » 

» Ne croirait-on pas entendre M. P. Bert? Quelques années se passent, 
les applications de l'appareil de Clover se succèdent sans incident fâcheux 
non seulement en Angleterre, mais en France, où je me souviens l'avoir vu 
employer, à la Charité, par un médecin anglais, dans le service de Velpeau, 
et, suivait le témoignage si autorisé du professeur Erichsen {System qf 
Sunjery, dernière édition), on était arrivé à 3ooo chloroformisations sans 
accident. 

» En 1867, un homme chez lequel on voulait réduire une luxation 
du pouce est soumis aux inhalations de chloroforme par l'appareil de Clo- 
ver : à peine il avait respiré trois minutes qu'il succombait brusquement; 



( 200 ) 

on n'avair emplové cependant que i'^'-','] de chloroforme, soit environ 
37 gouttes ('). 

» En 1870, à Uinversity Collège hospilnl, de f.ondres, un nouveau fait de 
mort se produit avec le même appareil. On avait amputé la cuisse, le 
chloroforme élait enlevé depuis deux minutes et le pansement commencé, 
lorsque tout à coup le malade pâlit, est pris de syncope et meurt ('-). 

» Toujours en 1870, un troisième fait de mort survient. Le D"^ Mars- 
chall, voulant sonder un malade, lui administre le chloroforme par la mé- 
thode de Clover; on est obligé, a|)rès cinq minutes, d'interrompre l'admi- 
nistration du chloroforme à catise du sleitor, le pouls s'arrête et le malade 
meurt (' ). 

» En 1 873, quatrième cas de mort sept minutes après le début des inha- 
lations, au moment où l'on introduit la sonde dans la vessie (*). 

» Enfin en 1874, cinquième cas de mort : celui-là entre les niains de 
Clover Ini-mème, quinze minutes après le début des inhalations [^). 

» Ce qu'il y a d'instructif dans ce dernier fait, c'est que, pour exonérer 
sans doute son procédé de tout reproche, Clover estime qu'il doit y avoir 
eu une méprise et qu'on a mélangé lui peu plus de chloroforme à l'air 
que de coutume. 

» Ces cinq c:\s de mort, qui se sont ainsi succédé à peu d'intervalle, 
avec un appareil contenant un mélange titré de vapeur anesthésique et de 
chloroforme, lequel avait aussi la prétention d'obtenir une sécurité rela- 
tive, paraissent avoir singulièrement refroidi l'enthousiasme de nos voisins 
pour la méthode de Clover, car on n'eu entend plus parler. 

» La nouvelle tentative de noire savant Confrère aura-t-elle une meil- 
leure fortune? Je le désire sans trop l'espérer. » 

(') Voyez TSritisli mcdicnl Journal, i mars 1867. 

(2) The Lancet, ^3 avril 1870. 

(') British Dicdicat Journctl, i/j mai 1870. 

('') Tlie Lancet, 1^ mai 1873. 

(") fîritisk medicid Journal. 20 juin 1874. 



( 20I ) 

CHIMIE AGRICOLE. — JSole stii la (lisiciniitalioii, l'a^simi'alion cl la delenni- 
nation de Caàde pho^plioriqiie dans les tctns ambles. Note de JM. 1*. de 
Gasparin. 

« Aucune connaissance n'est plus iiii|)oi tante, pour rAi;ronoinie et la 
pratique agricole, que celle de l'état île l'acide phosphorique dans le sol. 

M La source de l'acide phosphorique réparti dans les sols arables n'est 
pas en qiieslioii : toutes les roches granitiques, ir.étamorphiques, volcani- 
ques, scliisieuses et calcaires de tous les étages contiennent de l'aciile 
phosphorique, depuis lui maximum de 3 pour loodans les laves jusqu'à 
un minimum de j-^ dans certains granités et certains calcaires néocomiens. 
Les roches métamorphiques sont généralement plus riches que les terrains 
primitifs et les calcaires lerliaires.il est tout nalurel que les terres arables 
formées des débi is des roches contiennent également tontes de l'acide 
|)hosphorique en ([uantilé plus ou moins abondante suivant la nature des 
rochfs d'oiigine. Il (ant pourtant s'arrêter ici et se demander si l'acide 
phosphorique contenu dans le sol cultivé s'y trouve au même état que 
dans les roches, ou s'il n'a pas déjà subi une transformation, et si ce n'est 
pas justement cette Iransforuiation qui l'a rendu assimilable et propre au 
dévt loppemcnt des végétaux cultivés. 

" Il ne huit s'adresser £[u'à l'observalion directe. Oi- elle nous apjjrend 
que l'un des agents les plus actifs de la décom|)osilion des roches et de 
leur transfoi-mation en terre végétale est l'attaque de leur surface par les 
mousses et les lichens. Sur une roche néocomieime contenant j^ d'acide 
phosphorique, le kilogramme sec de mousses et de lichens contenait i'''"", 2 
d'acide phosphorique, c'est-à-dire si.\ lois autant que la roche qui les por- 
tait. Les débris de cette roche entamée par les mousses étaient donc cer- 
tainement appauvris, et, une fois mêlés aux débris végétaux eux-mêmes et 
entraînés ensemble jiar les pluies pour venir accroître le sol cultivable, on 
peut affirmer que le siège de l'acide phosphorique utile se trouvait plutôt 
dans les débris organiques que dans les débris minéraux. 

» Toutes les végétations succédant à cette végétation élémentaire qui a 
fait en quslque sorte le défricbement de la roche s'emparent à leur lourde 
l'acide phosphorique qu'elles rendent à la terre par leurs débris. En met- 
tant en dehors les graines et les fourrages qui contiennent jusqu'à 3^', 5 
d'acide phosphorique par kilogramme sec, les bois, les feuilles et la paille 
en contiennent de o^', 5 à iS'', 5, et le premier dépouillement des roches 

G. K., i8S4, I"' Semestre. (T. XCVIll, K" 4.) 27 



( 202 ) 

par les végétaux élémentaires se transmet de végétal à végétal, sans qu'il 
soit cependant permis d'affirmer que les végétaux supérieurs n'emprun- 
tent rien eux-mêmes aux phosphates minéraux combinés dans les roches. 
Toutefois, il ne faut pas méconnaître le mode primordial de transmission 
de l'acide phosphorique de corps organique désorganisé à corps organique 
vivant. 

» L'acide phosphorique incorporé dans les tissus végétaux est très résis- 
tant. Nous avons voulu le doser sur un très bon papier à filtrer blanc 
donnant seulement ^wû ''^ cendres, i'"^ de ce papier a donné o?'', o3 d'a- 
cide phosphorique dans ses ceridres; et cependant, indépendamment des 
lavages subis par la pâte, la calcination du papier semblait devoir amener 
une réduction de l'acide. 

» Il faut maintenant nous transporter sur le sol arable. Nous nous 
adressons à tm sol argilo-calcaiie de la plaine de Tarascon, contenant 2,. 5 
pour 100 de matières organiques sèches, soit par mètre carré, pour 5oo''S [Je 
sole, 12''^, 5 de matières organiques. Ces matières contiennent au minimuin 
dans ces terrains f~ d'aci le phosphorique, ce qui est du reste la 
moyenne de la teneur des débris végétaux (feuilles et tiges seulement). Ce 
terrain contient donc 12'='', 5 d'acide |)hospliorique organisé par mètre 
carré, ou laS**^ par hectare. C'est peu relativement à la masse de l'acide 
phosphorique contenu dans ce terrain qui en contient 25oo''S par hectare. 
Ou peut donc dire que 5 [)oin' 100 de l'acide phosphorique est à l'état 
de combinaison organique et 90 pour 100 à l'état de combinaison miné- 
rale. Sans doute les gS pour 100 ne sont pas à négliger; mais dans ces sols 
argilo-calcaires, contenant /|0 pour 100 de carbonate de chaux et 5o pour 
100 d'argile ou de sable excessivement fins, très pauvres en alumine et ri- 
ches en sesquioxyde de fer, il ne faut [)as compter sur une assimilation fa- 
cile des pbosphates minéraux, toujours sollicités à reprendre la forme tri- 
basique. Ou |)eut donc compterque les i 25"*^ d'acide phosphorique engagés 
clans les matières organiques sont sous la forme la plus propre à entrer dans 
la végétation, et que, si cette petite fortune est alimentée, et mieux encore 
accrue par des engrais qui l'apportent bOUS une forme analogue, vous 
pourvoyez sous ce ra|)port à l'alimentation des végétaux cultivés. 

» Sans doute l'addition de phosphates sous une forme soluble et associés 
àdesmalières organiques pourra être d'un grand secours, surtout dans les 
cultures fourragèios; mais la présence des matières organiques est le point 
capital, et ceux qui se figurent qu'ils pourront s'en passer vivent dans le 
pays des chimères. Tous les agric:ill(uis ont eu le spectacle de ce qu'on 



( 2()3 ) 

appelle une terre séchée, c'est-à-dire dépouillée de la plus grande partie de 
ses réserves organiques. Ou s'épuise pendant des années à lui rendre la fer- 
tilité perdue. Que lui nianque-t-il? Ce ne sont pas les matériaux carbonés, 
car l'expérience prouve que ces matériaux, pour la plus forte part, sont 
puisés dans ratmos[)hère. Ce qui lui manque, c'est l'acide phosphorique as- 
similable et surtout l'azote; car, si pour l'acide phosphorique il s'agit d'un 
approvisionnement médiocre, plus important par sa forme que par sa quan- 
tité, pour l'azote il s'agit encore (dans le terrain assez pauvre que nous 
avons pris pour sujet d'études) de aSoo''^ par hectare, et cette richesse ne 
se remplace pas économiquement et promptement quand elle est trop for- 
tement entamée, quoi c[u'en puissent penser ceux qui chargent l'atmo- 
sphère de la restitution. 

» Le dosage exact de l'acide phosphorique dans les terres arables est, 
après celui de l'azote, le plus important. La méthode de M. Dumas et 
celle de M. Warrentrapp pi^rfectionnée par M. Peligot, la première pour 
l'azote total, la seconde pour l'azote alcalin, sont absolument certaines. 
L'application de la méthode de Sonnenschein au dosage de l'acide phos- 
phorique dans les terres arables par l'emploi du nitroinolybdate d'ammo- 
niaque comme réactif appelle et mérite quelques critiques. Ayant contribué 
à vulgariser ce procédé, nous avons dû nous appliquer à le perfectionner, 
de manière à faire tomber les dernières objections. On reproche avec juste 
raison à ce procédé sa lenteur et la persistance d'une petite quantité de fer, 
qui ne ] eut être séparée par l'ammoniaque qu'eu entraînaut de l'acide 
phosphorique. Les longueurs tiennent à la présence de la silice, inévitable- 
ment attaquée par les bases alcalines et même alcahno-terreuses dans la 
calcination oxydante qu'on fait subira l'échantillon. Il faut débarrasser les 
liquides de cette silice qui rendrait les lavages impossibles. Enfin, le fer 
lui-même est influencé par les bases dans la calcination oxydante, et l'a- 
cide azotique, même très dilué, en redissout une plus forte proportion, ce 
que du reste la pratique de l'analyse connue des terres pouvait faire pré- 
voir. Le postulatum de l'analyse était donc de faire disparaître toutes les 
bases, said la petite quantité combinée avec l'acide phosphorique, ainsi que 
toute la silice. On répond à ce postulatum en attaquant l'échantillon de 
terre par voie humide, soit par l'eau régale avec acide chlorhydrique en 
excès ou au bain-marie à chaud, et procédant comme dans l'.uialyse nor- 
male des terres pour séparer la partie inattaquable et la silice. Dans le li- 
quide séparé on précipite par l'ammoniaque avec précaution, de manière 
que les sesquioxydes soient précipités avant que la réaction de la li- 
queur soit alcaline. Alors on sature d'ammoniaque, on filtre et les sesqui- 



( 20', ) 

oxydes recueillis sur filtre retiennent «/;5o/«me/!/ la totalité de l'acide phos- 
pliorique. Le précipité est calciné une première fois dans une capsule de 
platine avec le filtre. Le produit de la calcinalion, réduit en pondre impal- 
pable, est calciné au ronge blanc dans un petit creuset de platine. Celte 
poudre calcinée est mise en digestion avec de l'acide azotique au ~. 
Le liquide séparé par filtration , cohobé au bain-marie, est précipité 
par le nitromolybdale d'ammoniaque. On sépare le liquide clair surnageant 
après vingt-quatre lieures de repos, et un simple lavage avec le réactif 
exécuté sonuiiairement laisse le phospbomolybdate absolument pur et se 
redissolvant en entier dans l'ammoniaque, d'où on le précipite à l'état de 
phosphate ammoiiiaco-magnésien. 

» L'opération est ainsi devenue trois fois moins longue, sans ombre de 
difficulté, paifaitement correcte; elle donne des dosages différant d'iuie 
très petite quantité, mais toujours en plus de ceux obtenus par l'attaque 
de la calcination oxydante. Enfin ce procédé a l'avantage de permettre à 
l'analyste de déterminer avec un seul échantillon tous les éléments de la 
terre arable sans exception, à la seule réserve de renoncer à la pesée sé- 
parée de l'alumine et du sesqnioxyde de fer, détermination qu'il est inu- 
tde de répéter plusieurs fois tant qu'on reste dans des terrains de même for- 



mation. » 



NOMIIVATIOIVS. 



L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la formation d'une liste 
de deux candidats qui doit être présentée à M. le Ministre de l'Instruction 
publique, pour la chaire de Culture laissée vacante au Muséum d'Histoire 
natiu-elle par le décès de M. Decaisne. 

Au premier tour de scrutin, destiné à la désignation du premier candidat, 
le nombre des votants étant Sy, 

M. Maxime Cornu obtient 5o suffrages. 

M. Bâillon G .. 

M. Vcsque i » 

Au second tour de scrutin, destiné à la désignation du second candidat, 

M. Vesque obtient 4'7 suffrages. 

M. Bnillon 8 » 

Il y a deux bulletins blancs. 

En conséquence, la liste qui sera adressée à M. le Ministre comprendra : 
(Il l>iciitière lirpie, M.Maximh Coumt; en seconde ligne, M. Vesque. 



( 2n5 ) 
L'Académie procède, par la voie du scniiin, à la noinination crime 
Commission de cinq Membres, qui sera charg.'c de faire des propositions 
relatives à l'emploi des fonds légués par M. Petit d'Onnoy. 

MM. Bertrand, Becquerel, INIdne Edwards, Dumas et Boulev réunissent 
la majorité des suffrages. 

RIÉMOIRES LUS. 

M. G. Cauanellas donne lecture d'un Mémoire portant pour titre : 
« Les bases doctrinales et l'avenir du transport de l'énergie. » 

(Commissaires : MM. Jamin, Tresca, Cornu.) 

CORRESPONDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuei- signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

Une brochure de M. Pli. Gilbert, portant pour titre : « Victor Puiseux, 
esquisse biographique ». (Présentée par M. d'Abbadie.) 

ASTRONOMIE. — Sur le mouvement du premier satellite de Saturne ( Mimas) ; 

par M. B. Baili.aud. 

(( L'étude attentive des 91 observations de Mimas faites à Toulouse de- 
puis le 24 octobre 1876 m'a fourni, sur les irrégularités apparentes du 
mouvement de ce satellite, des renseignements très précis, et m'a permis de 
déterminer son moyen mouvement. 

» Ces observations ont été instituées par M. Tisserand ; elles ont été faites 
au grand télescope de o", 83 d'ouverture, successivement par MM. F. Tis 
serand, Perrotin, Baillaud et Cii. Fabre; 5 d'entre elles ont été faites en iS'yG 
Ben 1877, I en 1878, i/j en 1880,42 en 1881, i3 en i88a, 8 en i883 
Jusqu'en 1880, on ne put observer que des élongations. Le 28 septem 
bre 1880, je réussis à voir Mimas à l'un de ses passages (S.-W.) aux tan 
gentes aux extrémités de l'anneau, et je pus renouveler l'observation h 
lendemain avec M. Ch. Fabre, qui obtint, le 25 novembre de la même 
année, luie observation semblable (N.-E.). En i88r, 1882, i883, M. Fabre 
fut chargé seul des observations. Des 63 observations qu'il obtint pendant 
ces trois années, 22 seulement se rapportent à des élongations, 39 à des 



^ 2uG ) 

passages anx tangentes aux exirémités de l'anneau, et 2 à des oppositions 
on conjonctions. 

)) La discussion des observations faites chacpie année en vue de déter- 
miner des époques, l'excentricité et le périsaturne, m'a conduit à des v.iIptus 
très différentes et non douteuses du niny n mouvenirnt, savoir : 

En 1877 38il8oi 

1880 38i,85.f 

1881 j ^^-'«9^ 

l 382,110 

1882 381,920 

» Les observations fiiites en 1 883 donnent une valeur moindre que 082" ; 
la série n'est d'ailleurs pas terminée. 

)) En groupant les observations par intervalles peu étendus et les repré- 
sentant graphiquement, j'ai constaté d'abord une inégalité périodique dont 
le coefficient est sensiblement 8°, et la période de 3oo jours, et une se- 
conde inégalité, dont le coefficient ne doit pas différer beaucoup de 8°, et 
dont la période paraît être sensiblement de cinq aimées. Ces deux inégalités 
paraissent s'être trouvées en même temps à leur minimum vers le mois de 
juillet 1882. 

» En comparant nos observations .à celles faites par Newcomb, à Wash- 
ington en 1874, et à celles du capitaine Jacob, en i856 et 1857, j'ai été 
conduit à admettre que ces dernières correspondaient aussi à un miniir.uui. 
J'en ai conclu pour le moyen mouvement la valeur 38i°,9934. 

» Étant assuré du nombre des révolutions faites par le satellite, pendant 
une période de près de trente années, j'ai comparé, en adoptant la valeur 
précédente, le résultat des observations de W. Herschel en 1789, l'ob- 
servation de J. Herschel en i836, le résultat obtenu par de Vico en i838, 
ceux du capitaine Jacob en i856 et 1857, les élongations de Washington 
en 1874, 1876, 1877, 1878, et les résultats obtenus à Toulouse. Voici le 
Tableau des résultats obtenus : 

Originedii temjis, 1789 septembre i4,o (temps moyen de Paris). 
(Les longitudes sont vraies, et non ,i])])arentes.) 

Observateurs. Dates. t. __ L -ni. 

rév. 

W. Herschel 1789 sept. i4,568 0,568 o +217 +47 

J. Hersch'il 183G juin 3,3i3 17068, 3i3 i8io5 +273 +4 

De Vico 1838 août 28,842 i7879,84_. 18972 +62 +10 

Jacob 185G déc. 31,007 24579,007 26080 +218 +i5 

» 18.o7 déc. 31,007 2'jg44,oo7 26467 +320 H-24 

Newcomb. 1874- sept. 24,878 31055,878 82953 -i- 60 +42 



( 207 ) 

m. 
Obscrvalciirs. Dales. t. — - — . I, — ut. 

rcv. o i> 

A. Hall 187G sept. 1,872 31763,872 33704 +149 -h^B 

Toulouse 1877 sept. 3.5, 000 32i5i,ooo 3:fni -i-35i 4-io 

Hall ft !li)Ukn . . .. 1877 sejjt. 30,891 32157,391 34iif> + Q'î +16 

» .... 1878 oct. 27,749 32549,749 34538 H~io9 -Haï 

Toulouse 1880 nov. 6,000 33290,000 35323 ^ 2S0 -1-29 

.) 1881 oct. 11,000 33629,000 35683 1 176 -r-i.5 

1882 janv. 8,000 33718,000 35777 + >33 -1-26 

!• 18.S2 tlcc. 18,000 34062,000 36142 -1-339 -1-26 

1883 oct. 18,000 34366,000 36465 -i-i85 -f-37 

» Ce Tableau fait suffisanimciil re.^sorlir l'existence d'une période de 
cinq ans dont les niiiiima correspondent à 

18S2, i^^77, 1857, 1837, 

ce qui donne des niaxima en 

1789. 187/i, 1880. 

» La longitude moyenne est sensiblement représentée par cette for- 

nude, 

J- =: lit -f- 3o°— 8"cos;;(/ — T) — 8"cos^(f - T), 

oii T correspond à juillet 1882. Les coefficients ne pourront être déter- 
minés avec précision que |)ar une suite continue d'observations. Le mode 
d'observation par les passages aux tangentes aux extrémités de l'anneau 
paraît être le meilleur. 

M J'avais d'abord cherché à déterminer l'excentricité et le mouvement 
du périsalurne par la discussion des observations faites chaque année. 
L'existence des deux inégalités signalées dans la présente Note rend peut- 
être illusoire tout le travail que j'ai fait à cet égard ; je me propose de le 
reprendre. Je crois i)oiutant non douteux que l'excentricité ne peut sur- 
passer -^. » 

ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Obseivulion de la coinèle Pons-Biooks, faite à 
l' Observatoire de Meiidon. Note de M. E.-L. Tuouvelot, présentée par 
M. Janssen. 



« Le 1 5 janvier, vers S** du soir, je profitai d'une éclaircie soudaine du 
ciel qui n'eut que peu de diu'ée, mais qui cependant me permit d'observer 
la comète et d'en faire le dessm qui est reproduit ici. Mais a ce moment 




( 2o8 ) 

l'aslrc s'abaissail, et sa lète, déjà engagée 
sous les vapeurs r|iii s'élivaient au-dessus 
do riiorizon et qui la recouvraient comme 
d'un voile, avait |)er(lu de son éclat. 

" Observé à l'œil nu, Cft objet avait 
quelque chose de la majesté des grandes 
comètes. De sa tèle, brillant du doux 
éclat nébuleux, s'élançait une queue très 
bien visible qui s'élargissait graduelle- 
ment en s'éloignant de l'aslre, et que l'on 
pouvait tracer jusqu'à une distance de 5° 
environ. Cette queue, qui était un peu 
inclinée vers le sud et dirigée à l'oppo- 
^ile du Soleil, ])araissait à peu près droite 
et était .sensiblement parallèle à l'éclip- 
lique, dont elle était fort peu éloignée. 

1) Observée avec la lunette, la tète, qui 
était très brillante, apparaissait comme 
un am is globulaire très fortement con- 
densé \ers le centre qui brillait d'un éclat 
presque stellaiie, bien cpie le noyau, qui 
était fort diffus, fût plutôt soupçonnéqu'ii 
n'était distingué avec certitude, sans 
doute à cause des vapeurs déjà épaisses 
qui le recouvraient. La queue paraissait 
très distincte, et, bien que ses bords fus- 
sent assez faibles, ils étaient nets et bien 
définis, surtout celui qui était tourné 
vers le sud, qui était mieux défini et 
plus brillant que le bord opposé. I-e 
milieu de la queue était indiqué par une 
nébulosité plus brillante, qui la parcou- 
rait dans toute sa longueur et qui s'affai- 
l)lissait doucement de chaque côté, aussi 
bien qu'en s'éloignant de la tète. Bien 
qu'il fût moins brillant que celui du 
sud, le bord de la queue qui était tourné 
vers le nord était un peu plus lumineux 



( 209 ) 

que les parties qui lui étaieut contiguës. La queue ne se terminait pas en 
pointe, comme le ry décembre, mais était coupée carrément. 

» Je profiterai de cette occasion pour présenter quelques critiques sur 
la gravure de la iiièiue comète, publiée avec ma Noie à la page 34 dts 
Comptes rendus. Le noyau ne parait pas assez lumineux et les contours ex- 
térieurs de la partie lumineuse qui l'entoure sont trop forlement accentués. 
Ils devraient être beaucoup plus vagues et se fondre plus doucement avec 
la nébulosité qui les entoure, surtout du côté de la queue. Une erreur s'est 
aussi glissée dans le texte : à la ligne 3, au lieu de temps moyen de Marseille, 
lisez temps moyen deMeudon. 

» Au point de vue de l'Astronomie physique, il eût été intéressant de 
suivre avec assiduité les cliangeinents subis par la comète de i8i2 en ap- 
prochant du Soleil; mais l'état presque continuellement nuageux du ciel 
cet hiver ne permet que rarement de l'observer. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — i>ur lit lécluitioii enfroclion conlinued'itne J'raC' 
tion qui satisfait à une équalion linéaire du premier ordre à coefficienls ration- 
nels. Noie de M. Lagcerke, présentée par M. Hermite. 

« Je me suis déjà à plusieurs reprises occupé de cette question, notam- 
ment dans une Note insérée dans le Bulletin de la Soc. math. (t. VIII, p. 21); 
mais, bien que l'objet principal de mes recherches soit résolu par l'analyse 
que j'y ai employée, je n'ai pas énoncé explicitement le résultat et je 
demanderai la permission de revenir sur ce sujet. 

» Soit 2 une fonction, développable suivant les puissances décroissantes 
de X, qui satisfait à l'équation 

Wz'= aVz -t-U, 

où U,VetW désignent des polynômes entiers; sa réduction en fraction 
contmue se ramène à la recherche de deux polynômes dont les coefficients 
dépendent du degré n du dénominateur f„ de la réduite de rang /i et dont 

l'un 0„ est du degré de la fonction - -H — ' l'autre i^„ étant d'un degré su- 
périeur d'une unité. Ces polynômes sont déterminés par les conditions sui- 
vantes, à savoir que D„ + i2„+, soit divisible par 0„ ^, el fl,"^ — V- — P„ ,-1 e„e„,., 
par W; P„^, désigne un coefficient variable avec n et dont la valeur est 

C. R., lis/,, i" Semestre. (T. XCVIII, N» 4.) ^° 



( 2!0 ) 

prise arbitrairement; on a donc 

(>) ",:-V^-P„,.0„0„^,=WR„ 

et 

(2) ii«+, + ^„ = H„^-,Q„+., 

I^K 6t Qn+i désignant deux polynômes entiers dont le dernier est du pre- 
mier degré. Cela posé, on a les formules suivantes : 

eX 

(3)W0„/;+i(2v+w')0„-W0;]/;+[0„(o„-vj--e„(R„+D;-v')]/„=o. 

)) Des relations (i) et (2) on déduit d'ailleurs l'identité 

0„^, [(0„^, - iî„)Q„^, - (P„^, 0„^, - IV, H„)] = W(R„^, - R„), 
qui se décompose en les deux suivantes : 

(4) (iV, - a,)Q„., - (P„-., H„,, - P„^,0„) = WT„ 

et 

(3) R«+, -R„ = 0„^,ï„, 

où T„ désigne un polynôme entier. 

» Comme application, soit d'abord ; — log ' "^ ' » d'où(r ~ a'-)z' = 2; 

dans ce cas, W = i — a- et V = o. h„ est donc une constante a,, : je ferai 
P„ = Ji- et poserai i\ = a„x -+- b„. T/équation (3) devient 

{^-^- )/:, - 2 j^x; - (R„ + «„ )/, = o, 

d'où l'on voit que B„ = — «(72 + i) — «„ ; l'identité (i) devient alors 

{a„x + h,,)- — [n + i)-a„a„+, = {x- — i){n- + 71-i- a„); 

on déduit de là h„ = o, a^ — a„ — n{n + i) ~ o ; ce qui donne les deux va- 
leurs suivantes de a„ : a„= — n (une discussion facile montre qu'elle doit 
être rejetée) et a, = « h- i ; puis ensuite «„«„+, = i , d'où, si l'on prend «0 = 1, 
a„=i et enfin, en vertu de la formule (2), Q„_^| = (2» + 3)^, ce qui 
donne la formule de récurrence^,., — {211 + \)xf„-\- h-J,^_, = o. 



{ 211 ) 

» Soir, en second lieu, la fonction ^ = e ' '\ qui satisfait à l'équation 

X^ z' ^= 2(.r ~>r g)z\ 

on a, rians ce cas, 

W = a;" et V = .r + j». 

f)„ est donc nn polynôme du premier degré a„.r -\- /3„ et fi„ un polynôme 
du second degré; je ferai P„ ^= i. Soit p le coefficient de x^ dans fi„ ; l'é- 
quation (i) montre qnep- est le coefficient de .r dans R„ et, en égalant à 
zéro le coefficient de x"^- dans le premier membre de l'identité (3), on 
obtient l'équation 

la racine p s= h, comme on le prouve aisément, est à rejeter : on a donc 

p = — («+ o> 

et Q.,1 est de la forme — 11 + i)x- + a„x + b„. 

» On tire tle la relation (fi) T„ = et, la relation (4) montrant que 

Q,;+, est la partie entière du quotient de T„a^ par (i„^, — f>„, on en déduit 

Q„+, = — ^f^ [x + «„+, - a„). 

"■Il + X 

» L'identité (2 ) donne alors les relations 

(6) (2« + 3),3„+, = «„+, [(2« + 2)«„-(2« + 4)«„+i] 

et 

(7) *„-,, + l'n = (««^-, - ^«)[( 2/^ + 4)^»+, " (2?« + 2)«„]. 

» Enfin, de l'identité (2) on déduit les relations suivantes : 

(8) a„«,„., = al - 2{7i 4- i)/-',,- I, 

(10) P„ P,,-*-. = *', - g' 

et 

R„ = (/i + \)-x — 2{ri -+- i)rt„. 

» Cela posé, on voit que, si l'on connaît les valeurs de a„, /3„, a„ et b„, 
les valeurs de «„_^, et dep„+, pourront se tirer des formules (8) et (10); 
la formule (6) permettra ensuite de calculer a„+,, et la formule (7), è„+,. 



( 2r2 ) 
On saura donc calculer, Je proche eu proche et p.ir voie récurrente, les 
polynômes Q,,, dont la vileur est doiniée par la formule 

Q, = (X + (7„ — f/„_ , ), 

puis les dénominateurs et les numérateurs des réduites par les formules 

?«-! — Q» ?» + ?«-. = o- » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Abais^emenl des limites journies par la rkjle des 
signes de Desi ailes. Note de M. IV AxonÉ, présentée par M. Hermite. 

« Étant donnée une équation algébrique quelconque f[x) = o, la règle 
des signes de De>cartes fournit, comme on sait, deux limites supérieures, 
l'une V, du tiondire des racines positives de cette équation, l'auire w, du 
nombre des racines négatives. Ces deux limites peuvent se déterminer, 
sans calcul, sur le polynôme f[3c). Elles sont d'ordinaire trop élevées, et 
il y a intérêt à les abaisser, 

» Grâce à une étude approfondie d(^s variations qui se perdent dans la 
multiplication lie f[x) par j: + a, je suis parvenu, poiu" cet abaissement, 
à deux théorèmes, relatifs, l'un aux racines positives, l'autre aux racines 
négatives de l'équation y(jr) = o; et ces théorèmes présentent ce double 
avantage : d'abord, de donner tout l'abaissement que l'on peut tirer de la 
considération fie ces variations perdues; ensuite, d'être applicables dès que 
quelques coefficients dey(.r) satisfont à certaines inégalités, c'est-à-dire 
dans des cas très généraux, (|ui se rencontrent à chaque instant. 

» Ce sont ces théorèmes que je vais exposer, en les faisant précéder de 
quelques préliminaires indispensables. 

» Soit f{x) un polynôme entier quelconque, complet ou incomplet, 
ordonné par rapport aux puissances décroissantes de x. Considérons-y 
trois termes consécutifs, c'est-à-dire trois termes où les exposants de x 
soient trois nombres entiers consécutifs. Si, dans ce groupe de trois termes, 
les coefficients extrêmes soîit de même signe, et que le carré an coefficient 
moyen ne dépasse pas le produit des coefficients extrêmes, ce groupe con- 
stitue un Itinànie abaisseur. Les trinômes abaisseurs sont de la première ou 
de la seconde espèce, selon qu ils nous présentent deux variations ou deux 
permanences. Si l'on désigne par L, M, N les valeurs absolues des trois 



( 3i3 ) 
coefficients d'un trinôme abaissent-, soit de la premièi-e, soit de la seconde 
espèce, le carré M" est toujours inférieur ou égal au produit LN; et l'on 
dit que le nombre positif a est compris dans ce trinôme abaisseur, lorsque 
ce nombre satisfait à cette double relation 



M, ^N 
L - - M 



» D'ailleurs, deux trinômes abaisseurs sont distincts lorsqu'ils n'ont pas 
plus d'un terme en commun; plusieurs trinômes abaisseurs sont distincts, 
lorsque deux quelconques d'entre eux sont distincts; et des trinômes 
abaisseurs, en nombre quelconque, sont compatibles lorsqu'il existe nu 
nombre a, au moins, qui soit compris dans chacun d'eux. 

). Ces définitions posées, nous pouvons énoncer, sur la multiplication de 
i[x) par ce -\- a, le théorème fondamental suivant : 

» TnÉORi'.ME FONDAMENTAL. — Lotsque l' On mullipHe J[x) par x -+- a, le 
nombre a étant positif, il se perd juste autant de couples de variations qu'il y a, 
dnns f{x), de trinômes abaisseurs de la première espèce, distincts les uns des 
autres et comprenant a. 

» Ce théorème nous permet de résoudre, sur la n)ulliplication par jc- -+- a, 
un certain nombre de problèmes intéressants. Il nous montre notamment 
qtie le nombre maximum des variations qui se peuvent perdre, dans cette 
nniltiplicalion, est juste égal au double du plus grand nombre de trinômes 
abaisseius de la première espèce, distincts et compatibles, que présente le 
polynôme /(.r). Et celte remarque nous conduit immédiatement aux deux 
théorèmes que voici : 

» TnÉORTîME I. — Si l'on désigne par 6 le plus cjrand nombre de trinômes 
abaisseurs de la première espèce, distincts et compatibles, que présente le poly- 
nôme f{x), le nombre des racines positives de l'équation/{x) = o est au plus 
,}jjal à (' — iQ, et s' il est inférieur à celte limite, c est d'un nombre pair. 

» Théorème II. — Si l'on désigne par x le plus cjrand nombre de trinômes 
abaisseurs de la seconde espèce, distincts et compatibles, que présente le polynôme 
f{x), le nombre des racmes négatives de l' équation J\x) — o est au plus égal à 
n' — 2T, et s' il est injérieur à cette limite, c'est d'un nombre pair. 

)) Tels sont les deux théorèmes que je voulais faire connaître. On peut 
remarquer que les quatre nombres v, w, Ô et t qu'ils contiennent se dédui- 
sent, sans calcul, de l'examen du polynôme/(a). Pour en donner une ap- 
plication, je considérerai l'équation 

a-* — x'^ -f- y.x" -+- x^ ■+- 'ix- — a.r -j- 5 = o, 



( 2i4 ) 

où les nombres c, tv, ô et Tont pour valeurs numériques respectives 4, 2, 
2 et I. Il s'ensuit que, pour celte équation, chacune des différences i> — 2Q, 
u' — 2-: est égale à zéro; par conséquent, cette équation n'a aucune racine 
positive, ni aucune racine négative : toutes ses racines sont imaginaires. 

» On peut d'ailleurs, en général, remarquer que, si l'on désigne par m 
le degré de réquation/(a;) — o, le nombre des racines imaginaires de cette 
équation est au moins égal à m — c + 20 — w -h 2t, c'est-à-dire, a fortiori, 
au moins égal 3 25 + 2-:. 

» Dans un Mémoire qui paraîtra bientôt, je donnerai, avec tout le détail 
nécessaire, les démonstrations des théorèmes qui précèdent, ainsi qTie 
les énoncés et les démonstrations de plusieurs autres théorèmes. Je ferai 
connaître, en même temps, un mode très simple et très utile de repré- 
senter graphiquement le système des trinômes abaisseurs, soit de la pre- 
mière, soit de la seconde espèce, qui se trouvent dans un polynôme 
donné. » 



PHYSIQUE MATHÉMATIQUE, — Sur la distribution du potentiel dans des masses 
liquides limitées par des faces planes. Note de M. Appell, présentée par 
M. Bouquet. 

« Dans une Note présentée à l'Académie le 28 septembre i883, 
M. Chervet a exprimé, à l'aide d'une formule intéressante, la distribution 
du potentiel dans une masse liquide indéfinie limitée par deux plans pa- 
rallèles, en supposant les électrodes placées en deux points symétriques 
par rapport au plan médian. La fonction introduite par M. Chervet pour 
exprimer ce potentiel est, d'après les dénominations que j'ai employées 
dans ma Note du 5 février i883, une fonction uniforme dejc,j-,z admet- 
tant un groupe de périodes et ayant une infinité de pôles du |)remier de- 
gré sur la droite joignant les électrodes. Il résulte d'une correspondance 
que nous avons échangée à ce sujet, M. Chervet et moi, que cette même 
méthode peut être étendue au cas d'une masse liquide indéfinie ayant 
la forme d'un prisme droit à base rectangle, les électrodes étant placées 
aux milieux des côtés opposés d'une même section droite; le potentiel 
est alors une fonction uniforme de .r, j, z, ayant deux groupes de pé- 
riodes et admettant une infinité de pôles simples dans la section droite 
des deux électrodes. 

)) J'ai reconnu depuis que ces résultais sont susceptibles d'ime grande 
extension, et jusqu'à présent j'ai résolu la même question : 



( 2i5 ) 

» 1*^ Pour une masse liquide indéfinie limitée par deux plans parallèles 
ou ayant la forme d'un prisme droit à base rectangle, mais en supposant 
les électrodes placées d'une façon quelconque ; 

» 2° Pour une masse liquide ayant la forme d'un parallélépipède rec- 
tangle, les électrodes étant placées d'une façon quelconque. 

» La solution de toutes ces questions peut se résumer ainsi : en consi- 
dérant l'une des électrodes comme un point lumineux et les faces planes de 
la masse liquide comme des surfaces réfléchissantes du côté du liquide, on 
construit toutes les images de ce point et l'on forme une fonction F(x, j, z) 
satisfaisant à l'équation AF = o, et admettant pour pôles de résidus -+-i le 
point lumineux et toutes ses images; considérant, de même, l'autre élec- 
trode et toutes ses images, on formera une fonction analogue F,(a:, j-,s) 
ayant tous ces points pour pôles de résidus + i ; la différence 

F(.r,j,s) -F,(a?,j,s), 

augmentée d'une fonction entière convenable, sera le potentiel cherché. 
La formation de ces deux fonctions F et F, repose sur l'extension du théo- 
rème de M. Miltag-Leffler aux fonctions uniformes vérifiant l'équation 
AV =: o, extension que j'indique en détail dans un Mémoire actuellement 
en cours de jiublication dans les Acla inathematica. Il est à présumer que 
cette règle fournira le potentiel dans un grand nombre d'autres masses li- 
quides limitées par des plans : c'est ce que je me réserve d'examiner dans 
un Mémoire plus étendu (' ). 

» Je me borne, dans cette Note, à indiquer le résultat pour une masse 
liquide ayant la forme d'un parallélépipède rectangle, en me plaçant dans 
le cas le plus simple. Supposons les axes coordonnés choisis de telle façon 
que les six faces du parallélépipède aient pour équations 

x = ±i, ^ = ±i, 7 = 0, j = ^; 

supposons de plus les électrodes placées aux points où l'axe Oy coupe les 
deux faces j = o et r =; -'-. 

» Le potentiel s'exprime alors à l'aide de la fonction Z[x, )^, s), définie 
dans ma Note du 5 février 1 883, fonction qui a pour pôles de résidus + i, 
tous les points ayant pour coordonnées 

X — Ill, }=ti, z = p. 



Foir à ce sujet le Traité d'Électricité de Maxwell, vol. I, p. igi et 366. 



(2.6) 

où m, n, p sont des entiers quelconques positifs, négatifs ou nuls; la fonc- 
tion Z(x, y + ,',, z) a de même pour pôles de résidu + i tous les points 
ayant pour coordonnées 

x = /«, y ■= n -h r,, z^= p. 

» Le potentiel cherché est alors, à un facteur constant prés, égal à la 
fonction 

V(x, 7, z) -= y + ^ r + Z(jr, j, z) - Z(.r, j + i, z), 

où X est une constante numérique connue (' ). 

M Cette fonction V(j:,/,z) admet, par rapport à chacune des variables jr, 
j', z, la période i et elle véritie l'équation 

^{^> j + v> '■) + "^('^r r> z) = o; 

de plus, elle est paire par rapport à chacune dos variables. 

» Une méthode semblable peut êlre appliquée à la recherche de la dis- 
tribution du potentiel dans des plaques polygonales; la formation des fonc- 
tions analogues à celles que nous venons de désigner par Y[x^y^z) et 
F, (a;, /,z) dépend alors du théorème de M. Weierstrass sur la décompo- 
sition d'une fonction uniforme d'une variable imaginaire en fadeurs pri- 
maires. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les équalions aux dérivées pnttielles du second 
ordre^ qui contiennent linéairement les dérivées les }>his élevées. Note de iVl.R. 

LiOUVILLE. 

« Soit, en adoptant les notations d'Ampère, 

(i) Rr-h 2Ks-h Lt -+-M= o 

une équation linéaire relativement aux dérivées du second ordre; les coef- 
ficients H,K, L, M qui y figurent ne sont assujettis qu'à la seule condition 
de ne pas renfermer la fonction inconnue. 

» 11 existe toujours une substitution par laquelle, prenant pour inconnue 
nouvelle une certaine fonction des dérivées du premier ordre de l'inconnue 

(') Cette constante > est celle qui figure dans les relations exprimant les propriétés fon- 
damentales de la fonction Z(.r, i, :) ; la constante p de ces mêmes relations est égale à -• 



( 2>7 ) 
primitive et des variables indépendantes, on transforme réqiiation proposée 
en une autre, également linéaire par rapport aux dérivées du second ordre. 
La résolution de cette dernière entraîne celle de l'équation qu'on étudie, 
et inversement; enfin cette nouvelle équation peut admettre des intégrales 
intermédiaires, alors que la proposée n'en avait aucune. 

» Soit, eu effet, V une fonction des seules variables x, j, p, q, et sup- 
posons qu'elle soit choisie de manière à satisfaire la première équation des 
caractéristiques, c'est-à-dire la suivante : 

(2) -L^4-(R±v/G)^ = o. 

où G désigne le binôme R^ — HL. 

» Représentons par z, ce que devient la fonction V, lorsqu'on y substi- 
tue k p et q leurs expressions, supposées connues, en fonction dex et dey, 
et par/j,, </,, t\, s,, t, ses dérivées des deux premiers ordres. Il est facile 
de voir qu'on a, en vertu de l'équation proposée (i), 

(3) H/., + (K±v/G)7.^Hg + (Kdzv/G)|-Mg, 
et cette relation, jointe à celle qu'on a déjà, 

permet d'exprimer les fonctions p et q k l'aide de z,, p,, q, et de x et y. 
Comme, d'ailleurs, on doit avoir 

âp dff 

ôr Oj: 

on en déduit une équation aux dérivées partielles du second ordre à la- 
quelle satisfait la fonction z, ; c'est la transformée que nous nous proposions 
d'obtenir, évidemment linéaire relativement kr^,s^,t^^ comme nous l'avons 
dit. Si l'équation donnée (i) est linéaire à l'égard des dérivées du premier 
ordre p el q, comme de celles du second ordre, la transformée est aussi 
une équation purement linéaire. 

» 2. Comme première application de la transformation proposée, nous 
étudions l'équation 

(4) {x-'~y'){r-t) + k^-ys = o, 

par laquelle on détermine toutes les représentations planes de la sphère, 

C. R., i884, I" Semestre. (T. XCVllI, N° ^t.) 20 



2I< 



qui conservent les aires infiniment petites et en même temps l'orlhogona- 
lité des méridiens et des parallèles. Nous parvenons à ce résultat : 
» Toute solution connue de l'équnlion 

en fait connaître une autre qui s'exprime ainsi 

(5) z., = {j-i-x)p-^-{r -~x)c/, 

et une autre encore donnée par la formule 

et celle-ci en fait connaître une autre par une transformation semblable^ et ainsi 
de suite. 

» Comme première intégrale, on peut prendre, par exemple, 



(7) s =; arc tang 



» Entre les intégrales déduites des équations (6) et (7), on prouve aisé- 
ment qu'il n'existe jamais une relation linéaire. 

» On obtient des résultats tout à fait analogues pour l'équation 

/■ + 2qs -+- [q^ — b'-)t = o. 

de laquelle dépend le mouvement d'un fluide élastique, lorsqu'on tient 
compte de la grandeur de ses vibrations. 

» Si l'Académie veut bien le permettre, j'indiquerai, dans une autre Com- 
munication, quelques conséquences de la transformation proposée plus 
haut relativement aux équations purement linéaires, à celles .surtout dont 
les coefficients ne dépendent que de l'une des deux variables indépen- 
dantes. » 



( 2>9 ) 

MÉCANIQUE. — Relation entre la puissance et ta résistance appliquées aitx deux 
j'oint, (l'attache il'un frein à lame, lorsqu'on tient compte de rélaslicilé de la 
lame. Note fie M. H. Léacté, présentée par M. Resal. 

" Nous avons vu, clans une Communication précédente ('),que le mo- 
dule >{ des fonctions elliptiques qui s'introduisent dans la théorie générale 
du frein à lame, lorsqu'on lient compte de l'élasticité, est donné par la re- 
lation 

cos ~ =z k, 

où «0 est l'angle de la tangente à la lame au point d'attache, avec la force P 
appliquée en ce point. 

» Plus la lame est flexible, et plus «„ ^st pelit; il est bien clair que, 
pour une hirne |)arfaitement flexible, a^ serait nul, puisfjue cette lame ne 
pourrait résister que suivant sa longueur; k serait donc égal à l'unité, Or, 
dans la pratique, on a intérêt à prendre la lame aussi flexible que possible, 
car on augmente ainsi l'arc embrassé et, par suite, l'énergie du frein; aussi 
«0 est-il toujours une petite quantité. Dans les applications, le module k se 
trouve, dès lors, très voisin de l'unité, et on peut le supposer égal à cette 
limite. Ceci permet de ramener les fonctions elliptiques à de simples fonc- 
tions hyperboliques, fait disparaître la principale difficulté du calcul et 
conduit, comme on va le voir, à des résultats particulièrement simples. 

» Si, en effet, on désigne par c l'arc compté à partir de l'extrémité libre 

de la lame, par p le ravon de courbure, par u l'angle de l'élément de lame 

considéré avec la force P appliquée à l'extrémité, par E le coefficient 

d'élasticité longitudinale, par I le moment d'inertie d'une section normale 

/EÎ 
par rapport à l'axe de flexion, et par a la quantité y-^-» on a, ainsi que 

nous l'avons montré dans le travail précédemment cité. 



sinani- 
I ikk ai /,. (7 

=: -cos am K. 



p a c a \ " 

"^ Aam- 



Comptes rendus, 'j janvier 1 884. 



( 220 ) 

(7 

cos am - . , 

cos - =: k = k sin am f K — - ) > 

2 T \ al 

a 

sin " = = Aam (R — - )•, 

Aam- ^ ' 

a 

on en déduit, qnand le module devient égala l'unité, 

I 2 i 

cos nyp I K. 1 

COS " = tanghyp (R — - 

. a I 

sm - = 

2 



cos hy]) ( K 



ce qui donne 



p SU) - =-- -5 

' 2 2 



et comme, en pratique, 1 angle - est toujours petit, on peut remplacer dans 

cette relation le sinus de cet arc par l'arc lui-même et la ramener à la forme 
très simple 



TEn^ 



» On voit ainsi que, si l'on a une lame flexible encastrée à une de ses 
extrémités et soumise à l'autre à une traction, l'angle de chaque élément 
de lame avec la direction de la force est inversement proportionnel au rayon 
de courbure en cet élément. De pins, cet angle, que l'on peut appeler 
l'angle de déviation, varie en raison inverse de la racine carrée de l'effort 
exercé. Il en est de même évidemment pour la distance de l'élément à la 
direction de la force. Il résulte de là que les directions des efforts qui tirent 
les extrémités de la lame étant connues, on en déduit immédiatement, en 
fonction de ces efforts, la position des points où cette lame cesse de loucher 
la poulie. Il suffit donc d'appliquer la formule que nous venons d'obtenir 
à la lame flexible qui, enroulée sur la poulie, constitue le frein, pour dé- 
terminer l'arc embrassé A. 

» Dans ce but, représentons par A, l'arc, plus grand que A, qui consti- 
tuerait l'arc embrassé si la lame était parfaitement flexible; cet arc A, dif- 



( 221 

± 1 

T r"FT~i- I pffh- 
fère de A des deux quantités - „- ^' ïï" ' dans lesquelles P,, et P, 

sont les deux forces qui agissent sur le frein aux deux points d'attache et 
où rest le rayon de la poulie. 
1) On a, dès lors, 



^-*-:["r-^ 



1 
El 



Pi 



et comme l'on a, entre P„ <t P,, ainsi que nous l'avons démontré ('), quand 
la lame est circulaire avant l'enroulement, 



on en déduit 



P. = P 



efM 



.1 1 

mais les quantité^'- ( — j el-f-^j étant toujours petites, on peut écrire 

(i) p, = P^,/.a,_.f(ETf^-l, + J,U 

et cette formule, facile à mettre en nombre, suffira pour les besoins de la 
pratique. 

» En résumé, le problème du frein à lame, pris dans toute sa généralité, 
exige, pour être résolu d'une manière absolument rigoureuse, l'emploi des 
fonctions elliptiques, et nous avons indiqué les formules qui en donnent 
la solution. Mais, si l'on tient compte des conditions particulières, toujours 
remplies dans les a])plications, la solution se simplifie notablement et se 
laisse réduire à luie formule unique d'une application facile. Ou peut ainsi 
énoncer comme il suit la règle simjile qui constitue le résultat pratique de 
ce travail : 

•) Dans un frein à lame flexible oii la lame est rectiligne ou circulaire à l'état 
primitif y on a, entre la puissance et la résistance, lorsque le glissement est sur te 
point (le se produire ou lorsqu'il a lieu unijormément, In relation [i) oie A, est 
l arc qui serait embtassé si la lame était parfaitement Jlexible , et r le rajon de 
la poulie. 

« Cette formule (i) permet aisément le calcul de P, en fonction de Pj 

(') Comptes rendit!:, il octobre )883. 



( 222 ) 

par ia méthode des approxioinîions succrssives; on prend d'abord 
puis, portant celle valeur dans la formule (i), on a 



el ainsi de suite. » 



,-f(Hy (,..--)} 



ÉLECTRICITÉ. — Sur l'action réciproque de deux sphères électrisées. 

Note de M. ;^2ascart. 

« Poisson a traité d'une manière générale le problème de la distribution 
de l'électricité sur deux sphères conductrices, mais les calculs très longs 
qu'entmîne l'iipplicalinn de sa méthode n'ont été effectués que pour un 
petit nombre de cas particuliers. En partant de l'idée ingénieuse des images 
électriques, Sir W. Thomson a indiqué des développements en série qui 
permettent de déterminer les masses électriques de deux sphères en fonc- 
tion des potentiels et l'action réciproque en fonction des masses ou des 
potentiels; les calculs ont été réduits en Tables, pour le cas de deux 
sphères égales dont la distance des centres ne dépasse pas le double de 
leur diamètre. 

» Lorsqu'on emploie la balance de Coulomb pour des mesures absolues, 
il peut être avantageux d'opérer à une distance plus grande, et il n'existe 
pas, à ma connaissance, de formule simple ni de Tables qui permettent 
alors de calculer les piiénomènes avec une approximation suffisante. La 
méthode de Sir W. Thomson, simplifiée en quelques points, conduit à des 
formules dont l'exactitude paraît répondre à tous les besoins des expé- 
riences. 

» Il suffit d'admettre que les images successives provenant de l'induction 
mutuelle des deux sphères sont respectivement concentrées au point qu'oc- 
cupe la première d'entre elles, c'est-à-dire au point conjugué du centre de 
chaque sphère par rapport à l'autre. Avec celte hypothèse, si l'on consi- 
dère deux sphères égales dont r est le rayon, do\.\ cr la distance des centres, 
met m' les masses électriques, V et V les potentiels, on trouve aisément 
que la masse tn de la première a pour expression 



( 223 ) 

» On peut considérer celte masse totale comme formée de deux parties, 
l'une m^ = /V, dont la distribution est homogène et dont l'action exté- 
rieure est la même que si elle était concentrée au centre; l'autre, 
— WÎ2 ^ m — /7i,, qu'on pourra aussi supposer concentrée au point conjugué 

du centre de la seconde sphère, c'est-à-dire à la distance — du centre de 

h) première. 

» La masse m' de la seconde sphère étant de même partagée en deux 
autres nî^ et — nî^, l'action réciproque des deux sphères a pour expres- 
sion 

m 1 m\ m ^ m\ -+■ m\ in , m\ m'„ 



/ = 



O 

d 



["-'^' 



On pourra ainsi calculer les valeurs de m, m' et yen fonction des poten- 
tiels. 

» Les résultats se simplifient beaucoup quand on suppose m = m' et 
par suite V = V; il vient alors 



77i — rV I 



ce» + c — I 



/=:v^r- '"-- + '''-''' 1, 

J Le'- [c'- — l][c- — c—\)^(c' — iY-[c-+c—i)\ 

d'où l'on déduira le l'apport-— en fonction de la distance des centres. 

>) Il est clair, par la nature même de l'hypothèse admise, que ces for- 
mules sont d'autant plus exactes que la distance est plus grande. Pour 
avoir une idée de l'approximation qu'elles comportent, nous considérerons 
le cas extrême c =; 4) qui correspond à la limite des Tables de Sir W. 
Thomson. On obtient ainsi 

m = rV X 0,080262, 
/ = V- X 0,08761, 

/ :=^J xo,o5838. 

" Les valeurs des coefficients numériques données par les Tables sont 
respectivement o,o8o258 — 0,03766 — o, o5846. L'erreur relative des for- 
mules approchées est donc d'environ 0,001 dans ce cas, qui est le plus 
défavorable. Si la valeur de c dépasse 5 ou 6, il est plus avantageux de 
développer les expressions eu séries ordonnées suivant les puissances crois- 



( 224 ) 

santés de-» dont les premiers termes sont 



^. c r I / ! 9, 3 5 

m = r\ I -f- - I -+- — -, + — - 


■■)] 


, V- r 9. / I 4 7 11 

/= - I 2 -1- - -t- - 

' (r-l- l)2 c' \ c c^ c' c' 


■•■)] 


,. /n^ a / 3 *") 4 


/ _ 



» Le terme principal dans chacune de ces expressions représente la va- 
leur que l'on aurait trouvée en supposant que l'action extérieure de chaque 
sphère est la même que si sa masse électrique était concentrée en son 
centre. 

» On remarquera, en particulier, que, pour la valeur de la force en 
fonction des niasses, la formule simple employée par Coulomb ne comporte 
pas une erreur relative de 0,02 quand on faitseulement c = 6, c'est-à-dire 
quand la distance des centres est triple du diamètre des sphères. » 

ÉLECTRICITÉ. — Sur la pile Skrivanow ( modèle de poche). 
Note de M. D. Monnier, présentée par M. Jamin. 

n L'élément est constitué par une lame de zinc et par du chlorure 
d'argent enveloppé de papier parcheminé, plongeant dans une liqueur 
alcaline (70 parties de potasse caustique pour 100 parties d'eau). 

» L'enveloppe est constituée par une petite auge en gutta-percha qui 
peut être hermétiquement fermée. Les conducteurs et les contacts exté- 
rieurs sont en argent. L'élément complet pèse environ loo^'', La force élec- 
tromotrice de cet élément est de i^°", /jS à 1^°'', 5o. Il peut débiter un cou- 
rant de I ampère pendant une heure environ. Au bout de ce temps, il suffit 
de renouveler le liquide potassique. 

» Après deux ou trois renouvellements du liquide potassique, le chlo- 
rure d'argent doit être remplacé. » 

ÉLECTRICITÉ. — Sw les variations de la force éleclromolrice dans les accumu- 
lateurs. Note de M. E. Reynier, présentée par M. du Moncel. (Extrait par 
l'auteur.) 

" Les expériences ont porté sur trois systèmes de piles secondaires : 
1" l'Hccumulateur Planté: plomb réduit, plomb peroxyde, eau acidulée 



( 2^5 ) 
sulfiiriqiie; 2° racciiiniilateii!- r/» cuivre: plomb cuivre, plomb peroxyde, 
solufion acidulée de sidfafe de cuivre ; 3" l'accumulateur au zinc amnlc/amé : 
ploml) zingué, plomb peroxyde, solution acidulée de sulfnte de zinc. Les 
trois spécimens expérimentés n'étaient pus complètement /b/mc5. 

» Des mesures de force électromolrice ont été faites, pendant \a charge 
et la décharge, par la méthode de Végnle déviation. 

» Mes expériences confirment précisément et étendent les observations 
déjà anciennes de M. Gaston Planté, sur les variations de la force électro- 
motrice dans les accumulateurs. Voici les conclusions de mon travail : 

» I. Dans les trois systèmes d'accumulateurs étudiés, la force électro- 
motrice secondaire est notablement pins élevée durant la charge que pen- 
dant la décharge. Le ra|)port de la plus petite de ces valeurs à la plus grande 
pourrait être appelé coefficient de baisse; c'est un fadeur lU^ perle qui affecte 
le rendement des accumulateurs. 

>) IL La surélévation fugitive de la force électromotrice augmente : 

» i" Avec l'intensité du courant de charge (G. Planté); 

» 2" Avec la force électromotrice fie la source. 

» III. Dans l'accumulateur Planté, la force électroniotrice est au moins 
i^"'',95 pendant la charge, et au plus i™",8.') pendant la décharge. Le 
coefficient de baisse est donc o, q5, dans les conditions les plus favorables. 

» IV. Dans l'accumulateur au cuivre, la force électromotrice est au 
moins i''''',43 pendant la charge, et au plus i™'', aS pendant la décharge. 
Le coelficient de baisse est o, 8-7, dans les conditions les plus favorables. 
L'accumulateur au cuivre est celui qui perd le plus. 

» V. Dans l'acciunulateur au zinc amalgamé, la force électromotrice est au 
moins 2™''*, 4 pendant la charge, et au plus 2^"''*, 36 pendant la décharge. 
Le coefficierit de baisse est o,qH3, clans les conditions les plus favorables. 
L'accumulateur au zinc amalgamé est celui qui perd le moins. 

» VL Dans la pratique, les pertes à subir par les variations de la force 
électromotrice seront presquo toujours supérieures à celles qu'on vient 
d'indiquer, parce qu'on emploie généralement des régimes de charge et de 
décharge plus rapides que ceux qui correspondent aux expériences dont 
les résidtats sont résumés ici, » 



C. R., iRS'i, 1" Semeure. (T. XCVIII, N' /j. 



3o 



( 226 



GÉOGRAPHIE. — Sta^ un moyen d'obtenir In longitude d'un lieu, où l'on con- 
naît la latitude et le temps sidéral, par l'observation de In hauteur vraie de 
la Lime à un moment précis connu d'avance. Note de M. Ch. Rouget, 
présentée par M. F. Perrier. 

« Dans un Mémoire présenté le lo janvier 1881, j'ai fait voir que l'on 
peut calculer, exactement, pour une nuit déterminée, ies coordonnées de 
la Lune au moment de son passage sur une trajectoire de même hauteur 
ou de même verticalité, avec l'heure sidérale de Paris correspondante. 

» Lorsqu'on observe le passage de cette trajectoire sur un parallèle 
donné (il suffit de son époque dans le cas actuel), en général la Lune aura 
déjà passé ou n'aura pas encore passé sur la trajectoire, puisqu'il n'y a 
qu'un point sur le parallèle d'où l'on puisse observer le phénomène com- 
plet. J'ai pensé que le calcul de la correction à faire pour obtenir la longi- 
tude du lieu d'observation pouvait s'effectuer autrement que par la méthode 
des azimuts que j'avais alors indiquée. 

» On peut, en effet, employer la hauteur vraie de la Lune à l'heure du 
passage de la trajectoire qui est constante pour tous les points du parallèle. 

» Soient («', â') les coordonnées de la Lune au moment de son passage 
en L' sur la trajectoire {6-j,A-[), et Z'L' la distance zénithale de ce point 
comprise sur cette trajectoire jusqu'au zénith Z' situé sur le parallèle /. 
Cette distance ne change pas. 

» Si, avec deux positions de la Lune prises dans la Connaissance des 
Temps et situées, d'après la Carte, avant et après le passage, on calcule les 
éléments (5,, , A, ) d'une trajectoire de même verticalité (la Lune décrit un 
grand cercle dans ces limites), on aura au point L'(a', â'), en y menant uii 
méridien, deux angles H, et 11^ formant l'angle total H. 

» Chacun de ces angles défini par les relations 

. „ , cosAx . „ cosAi . „ sin). sinA, sinA 
Sn)nT.= =t — -i;r» SUlIT,, = zp -— ^, SU! 11 = ~ , 



COSlî' 



ou 



» Or la Lune n'est pas en L', elle est en L, le zénith actuel est en Z; on 
a, dans le triangle LL'Z, en mesurant directement la distance zénithale Zf. 
de la Lune, 

cosZL = cosZL'cosLL'-+- sinZL'sinLL' cosll, 



( ^27 ) 

d'où l'on (ire LL', cheiuin parcouru ou à parcourir depuis ou avant le 
passage. 

» Joignant au pôle les points L, L', on a 

sin($'+ dâ'') = sinc?'cosLL'-t- cos5'sinLI/ cosIIl, 

d'où l'on conclura la variation d^' en déclinaison de la Lune, que l'on 
convertit facilement en temps sidéral employé, par l'éphéméride de Paris; 
d'où la correction demandée. 

» La variation du' en ascension droite, que l'on peut encore mieux em- 
ployer, est donnée par la formule 

, , sinrii taneLL' 

tangrfa = — ^, .—r-, — ^-—-, — • 

° coso' — sin-î' tangLL'cosriL 

Les circonstances du phénomène indiquent la solution qix'il faut choisir, 
car il y a deux points de la route de la Lune qui ont la même distance 
zénithale. D'ailleurs, l'aziuiul de la trajectoire est connu, et les deux couples 
de coordonnées que l'on aura calculés, en cas de doute sur la position de 
la Lune, donneront deux azimuts différents que l'on pourra comparer à 
celui de la trajectoire. Celte observation est possible à la mer. » 

MÉCANlQUli. — Sur le gyroscope marin. Note de M. Eum. Dubois, 
présentée par M. Faye. (Extrait par l'auteur.) 

« D'après les ordres du Ministre de la Marine, de nouvelles expériences 
sur \q (jyroscope marin ont été faites, le 1 1 et le i6 novembre i883, en 
rade de Brest, à bord du cuirassé le Tiaenne, qui faisait ses essais de ma- 
chine, de canon et de vitesse. 

» La Commission, composée de MM. Boulhac de Rochebrune, capitaine 
de frégate. Le Fournier, lieutenant de vaisseau, et Alheilig, ingénieur de 
la Marine, devait utiliser les gyrations faites par le Turenne pour ses essais 
de machine, pour s'assurer que le gyroscope marin déterminait bien, pen- 
dant un temps suffisant, un plan invariable. 

» La marche du bâtiment, pendant ces essais, ne permettant pas de 
comparer le plan du tore à des points fixes à terre, on a comparé les mou- 
vements de gyration indiqués par le gyroscope à ceux qui étaient indiqués, 
en même temps, par un compas Thompson, parfaitement sensible et bien 
réglé trois jours avant, dans la baie de V Auberlach, eu même temps que 
les autres compas du bord. 



(2.8 ) 
» Voici les résultats des comparaisons faites dans les journées du 1 1 el 
du i6, comparaisons qui se divisent en cinq séries. Dans les deux pre- 
mières, nous indiquons les intervalles de temps m;irqut's à une montre à 
secondes, pour les gyrations successives d'un arc de 3o" au gyroscope. 
A la 4« série, les lops étaient donnés après chaque lo", et à la 5^ série 
après chaque 20°. 

Le 1 I novembre, i''» série [arc de oo" au gyroscope). 
Indications 
Indications coriigées Arcs indiqués Diffé- 

du compas. de la déviation. parlecompas. lencc. Intervalles. 

S.82 E S. 7840 E. " ■ o ' 

N.70E N.71.40E. '•9''l° -°-^° ^' 

N.40 E N.40.20E. ^'-'^ +'-'° ^^ 

N. 9 E N.,0.00 E. ^"■'■° -^°'° 4> 

N.23 N. 20.40 O. ^°-4° -^°-4" ^' 

N.53 O N.50.40 O. ^''•°° " *^^ 

N.84 O N.85.30 O. ^"^-^^ ■^'î-^" ^4 

S.64 O S. 65.30 0. ^9-°'' "' ^^ 

Le I 1 nucembic, 2.' série [arc de 3o" au (^jroscope). 

N-42 E IV. 42. 20 E. 

N.72 E N. 73.40 E. 

S. 79 E S. 75.20 E. 

S-49 K S. 43.40 E. 

S. 20 E S. 14.40 E. 

S. lo O S. i3.2o O. 

S. 4o O S. 4i .40 O. 

s. 69 o s. 70.20 o. 

Le 16 nofe/nbre, 3' série [a/c t/e So" au gyroscope] 

N.83 E N.85.20 E. 

S. 68 E S. 63.40 E. 

S.40 E S. 34.40 E. 

S. 10 E s. 5.20 E. 

S.20 O S. 22.40 O. 

S.5i O S. 52.40 0. 

S. 80 O S. 81.20 O. 

Le 16 aoie/ub/c, 4" série (arc de 10» an gyroscope]. 

N-So O N.78.20 0. 

N.7' O N,69 O. !'•■-'« -0.40 

W.6i.3oO N.59.30 O. •'•^" -o.3o 

N.52 N.4'8.4o 0. '°''" ^''•^° 

N.44 O N.4,.200. '-^^ +='•4° 

N.35 O N.32.30 O. ^-^^ +'-'° 



3t .20 


-+■1 


. 20 


1 
3 1 


3i .00 


+ \ 


.00 


32 


3i .40 


-f-i 


.40 


6. 


2g . 00 


— I 


.00 


63 


28.00 


— 2 


.00 


56 


28.20 


— 1 


.40 


57 


28.40 


— 1 


.20 


4. 



3 1 . 00 


-+-I 


.00 


29.00 


— I 


.00 


29 3o 


— 


.3o 


28.00 


— 2, 


,00 


3o.oo 







28.40 


— 1 , 


, 20 



( 229 ) 

Lu i6 iKncinbie, 5' série [orc de la" lai gjioicnpc). 

Indicalions 
liiilicutions coi'ji(;ccs Ai'CS indiqués Dift'é- 

dii compas. de la déviation. par le compas. rencc. Iiilei'valles. 

N.48 E N.48.30 E. 

N.68 K N.6q..oK. '-"-J" "^"-^^ 

S.88E S.85E. ^^"f ^^-T 

i- r 2 V c r-i r 2i.5o +1.J0 

S.by. ûo L S. 63. 10 E. 

» Des deux premières séries, il résulte que le tore a tourné pendant 
5"* 34^ pour la première, et pendant S""/!'' pour la seconde. Dans chacune 
de ces séries, le navire a effectué une gyration de 210° à la suite de laquelle 
le mouvement du tore a été arrêté. 

» Le navire a mis 48% tu moyenne, à parcourir 3o°, ce qui donne 1'*, 5 
pour chaque degré. On comprend alors que les erreurs de lecture au 
compas Thompson, au moment des tops donnés par l'observateur du gy- 
roscope, peuvent aller jusqu'à 1° ou :i°. Les gyrations de 210" ont élé 
paicourues sans interruption, et le gyroscope n'a élé réglé qu'une seule 
fois, le II, avant de commencer les expériences. 

» Des cinq séries d'expériences, il résulte que, sur les vingt-huit compa- 
raisons qui ont été faites entre les arcs indiqués au gyroscope et ceux 
qui étaient indiqués au compas Thonqison, vingt-six donnent un accord dts 
plus satisfaisants; aussi la conclusion de la Commission, dans son Rapport 
au Ministre, est la suivante : 

« Des résuilals précédents, la Commission croit devoir conclure qne l'appareil de M. Du- 
bois parait bien réaliser sur un navire la condition d'avoir un /j/an iimiuiablc d'après leque 
on pourrait, en marche et au moyen d'une gyration, relever les ■■ déviations relatives » 
d'un compas par rapport à la position initiale d'où il serait parti.... » 

» A la suite de ce Rapport, le Ministre de la Marine a ordonné que le 
gyroscope marin serait placé sur l'éclaireur d'escadre le Ducliaffaut, qui 
part pour la Nouvelle-Calédonie dans quelques jours. » 



CHIMIE. — Sur un nouveau mode de préparation du permanganate de baryte. 
Note de MM. G. Rousseau etB. Buuneau, présentée par M. Berlhelot. 

« Ce sel a élé décrit pour la première fois par Milscherlich ; il l'a obtenu 
en décomposant le peimanganale d'argent par le chlorure de baryum. Il 



( 23o j 
n'a pu réussir à le préparer par double décomposition, à l'aide du perman- 
ganate de potasse et du chlorate de baryte ( ' ). 

» Depuis, divers expérimentateurs, Fromherz, Wœhler, Bœttger, ont 
essayé de décomposer le manganate de baryte, en suspension dans l'eau 
bouillante, par un courant d'acide carbonique. Malheureusement, la réac- 
tion ne s'opère qu'avec une grande lenteur, et la majeure partie du manga- 
nate resie toujours indécomposée; de plus, l'acide carbonique tend à dé- 
truire le permanganate formé eu mettant l'acide permanganique en liberté 
(Aschof). 

» Nous avons pensé que l'étude de cette question méritait d'être reprise. 
L'acide permanganique, par l'énergie de ses propriétés oxydantes et de 
son pouvoir décolorant, semble en eifet appelé à de nombreuses applica- 
tions. Mais l'emploi de cet agent est resté impraticable jusqu'ici, par suite 
des difficultés de préparation du permanganate de baryte. 

» Tous nos essais pour obtenir directementce produit à l'aide du bioxyde 
de manganèse et des sels barytiques ont échoué. La seule méthode qui 
nous ait fourni des résultats satisfaisants consiste dans la décomposition du 
permanganate dépotasse par l'acide hydrofluosilicique. 

» On prépare une dissolution saturée à froid de permanganate de po- 
tasse; on y verse un poids connu d'acide hydrofluosilicique à So" B. Il 
faut, pour déplacer complètement l'acide permanganique, ajouter un excès 
d'acide, 2 équivalents environ pour i équivalent de sel de potassium. Pour 
ioo«' de permanganate de potasse, on emploiera donc 3ooS' à 4ooS'' d'acide 
hydrofluosilicique concentré. 

» On laisse reposer quelques heures; quand le précipité s'est rassemblé, 
on décante la liqueur surnageante, on jette le dépôt sur un filtre d'amiante 
et on lave à l'eau froide. 

» Il se produit dans cette opération une légère décomposition, accusée 
par la teinte brun clair du magma de fluosilicate de potasse. 

» En évitant avec soin toute élévation de température, cette cause de 
perte est tout à fait insignifiante. 

» La liqueur limpide, contenant un mélange d'acides permanganique 
et hydrofluosilicique, est saturée à froid par un lait de baryte qu'on y 
ajoute peu à peu, en remuant. La baryte se dissout dans l'acide perman- 
ganique et se reprécipile aussitôt à l'étal d'hydrofluosilicate de baryte inso- 
luble, tant qu'd reste de l'acidd fluosilicique libre; la saturation s'opère 
par suite avec une grande rapidité. 

(') Annales de Chimie et de Plijsique, 2" série, l, XLIX,, p. 123. 



( 23r ) 

» L'emploi du carbonnfe He baryte ne nous a pas réussi; la liqueur se 
décolore brusqiiemeut et tout le manganèse se précipite à l'état d'hydrate 
brun de peroxyde. 

» Ut) quart d'heur;' environ après l'addition des dernières portions du 
lait de baryte, on cesse d'agiter. On laisse reposer, on décante la liqueur 
claire et l'on soumet le magma de fluosilicate de baryte à une série de 
lavages pardécantation. Les liqueurs décantés, réunies aux eaux de lavage, 
sont évaporées au bain-marie, jusqu'à ce qu'une goutte de liquide, déposée 
sur une lame de verre, se prenne rapidement en une masse cristalline. 
Par refroidissement on obtient une cristallisation abondante. 

« Toutefois, le produit est encore souillé par la présence d'un peu de 
bioxyde de manganèse ou de manganate vert de baryte, selon que la 
liqueur retenait un faible excès d'acide ou d'alcali. Pour obtenir le sel 
dans un grand état de pureté, il vaut mieux évaporer à sec, reprendre le 
résidu par une petite quantité d'eau bouillante, filtrer la dissolution sur 
l'amiante et la concentrer jusqu'au point convenable. 

» On obtient ainsi de 1res beaux octaèdres orthorhombiques, presque 
noirs, à reflets violacés. 

» Les cristaux qui se déposent d'une dissolution abandonnée à l'éva- 
poration spontanée sont d'une dimension remarquable. Nous avons l'hon- 
neur d'en soumettre un échantillon à l'examen de l'Académie. 

)) Ils renferment : 

Expérience. Théorie. 

Baryum 36,52 36,53 

Manganèse 79, 74 ^g, 33 

» Il est probable qu'on pourra préparer, par un procédé analogue, la 
plupart des permanganates, et notamment les permanganates alcalino- 
tcrreux ('). )> 



CHIMIE ORGANIQUii. — Sur it)i colloïde azoté dérivé de l'acide arnidobenzoïque . 
Note de M. E. Grimaux, présentée par M. Pasteur. 

« Les recherches sur l'hydtate ferrique colloïdal et des expériences en- 
core inédites sur les conditions de coagulation de la silice soluble m'ont 
amené à reprendre l'étude des colloïdes azotés organiques de synthèse, 

[M Ce travail a élé fail au I,aboratoire de Chimie de la Sorbonne. 



( 2'^^^ ) 

étude dont j'ai ou l'honneur de présenter, il y a doux ans, les premiers 
ré^ultats à l'Académie ('). 

» Je suis arrivé à préparer une substance colloïdale azotée, se rappro- 
chant des matières aibuminoïd-^s par ses réactions, car, dans des condi- 
tions déterminées qu'on peut reproduire avec une solution ammoniacale 
de caséine, elle fournit des liquides concjulables par In chaleur. 

» Pour obtenir cette substance, on dissout dans l'ammoniaque la poudre 
blanche formée dans l'action du perchlorure de phosphore sur l'acide 
amidobenzoïque et qui paraît èlre un anhydride, provenant de l'union, 
avec déshydratation, de plusieurs molécules d'acide. La solution ammo- 
niacale, qui filtie très lentement, est évaporée dans le vide à la tempéra- 
ture ordinaire. Le colloïde amidobenzoïque forme d'abord une gelée 
épaisse, puis se dessèche en plaques translucides, jaunâtres, inodores et 
insipides, ressemblant à l'albumine du séruuK II se gonfle dans l'eau froide 
où il se dissout peu à peu; il est facilement soluble dans l'eau chaude. Il 
peut être chauffé à loo" sans perdre sa solubilité dans l'eau ; mais, si l'on 
évapore la solution au baiu-marie, le résidu, quoique présentant le même 
aspect, est devenu complètement insoluble. On sait que ce caractère appar- 
tient à l'albumine. 

» Le colloïde amidobenzoïque, devenu insoluble dans l'eau, se dissout 
dans l'ammoniaque, dans le phosphate de soude et dans les alcalis. 

» Les essais faits scn- la solution à 2 |)our 100 du colloïde amidoben- 
zoïque montrent qu'il est analogue par ses réactions aux colloïdes azotés 
fournis par les organismes vivants, et qu'il se comporte comme eux sous 
l'influence de substances diverses. 

» L'acide chlorhydrique, l'acide azotique, l'acide acétique, l'acide tar- 
triqup, l'acide oxalique le précipitent; l'acide acétique en excès redissout 
difficilement le précipité qu'il a fourni, et la solution dépose des flocons 
par l'addition de ferrocyanure de i^otassium. L'acide azotique dissout à 
chaud le colloïde en se colorant eu jaulie. Les aie dis font passer la cou- 
leur jaune à l'orangé. 

» L'eau de chaux en excès donne lu) précipité; mais, si l'on ajoute seulement 
^'„(l'eaudecbauxà la solution du colloïde, la liqueur reste limpide ou présente 
à peine une fadjle opalescence; mais elle a acquis la propriété i\e se conjulcr 
eu une rjelée épaisse par C action de la chaleur; le chlorure de sodium en solu- 



(') Sur fies colloïdes azotes, rolloïdc aspaitKjiie [Compter reiuliis, 1881, t. XCllI 
V' 77' )• 



( 233 ) 
tion saturée, le chlorhydrate d'ammoniaque même très étendu, le chlorure 
de calcium, le sulfate de magnésie à i pour loo, les sulfates d'ammoniaque, 
de chaux, de strontiane; les chlorures de potassium, de baryum, se com- 
portent comme l'eau de chaux ; ajoutés à la solution en quantité insuffisante 
pour la troublera froid, ils lui communiquent la propriété de se coaguler 
à chaud. Cette coagulation commence vers 5o°; le liquide, à ce mo*«ent, 
devient opalescent, puis laiteux, et le coagulum se forme entre 70" et 80°. 
La température de coagulation varie avec la proportion de sel ajouté. 

» De faibles quantités de sels suffisent pour amener la coagulation; 
diverses causes l'empêchent ou la retardent; une des plus importantes est 
la dilution; ainsi, quelle que soit la quantité de chlorure de sodium en 
solution à 10 pour 100, la coagulation n'aura pas lieu, quoique la propor- 
tion de sel soit beaucoup plus grande qu'avec l'addition d'une solution 
saturée. Le sulfate de soude, l'azotate de potasse, l'acétate de soude re- 
lardent l'action des coagulants dont il faut une ])lus forte proportion. 
Par exemple, l'addition de 1'='^ d'une solution de sulfate de soude à 1'='' de 
la solution du colloïde exerce une action telle qu'au lieu de 5 à 6 gouttes 
de sulfate de chaux il faut 4*^"^ à 5'^'^ pour que le liquide ait la j^ropriété de 
se coaguler. 

» On peut ajouter le sel coagulant en quantité insuffisante pour déter- 
miner la coagulation même à l'ébullition ; mais, si l'on fait passer dans le 
liquide un courant d'acide carbonique, après ou ayant l'addition du sel, 
il devient coagulable par la chaleur. L'acide carbonique, qui seul est 
sans action, permet d'employer une plus faible quantité de sel. 

» Ce fait est à rapprocher des expériences si intéressantes de MM. Ma- 
thieu et Urbain ( ' ), qui ont fait jouer un rôle à l'acide carbonique dans le 
phénomène de la coagulation de l'albumine; seulement l'acide carbonique 
n'est pas le seul agent de cette coagulation : il est nécessaire de tenir compte 
de la présence des sels que renferment les albuminoïdes naturels. 

» L'acide carbonique détermine à froid la précipitation du colloïde 
amidobeiizoïque en présence du sulfate de soude, de l'azotate de potasse, 
du chlorure de sodium étendu, qui seuls sont sans action, même à l'ébulli- 
tion. 

» La solution de phosphate de chaux dans l'acide carbonique coagule à 
chaud le colloïde, comme le font le sulfate de chaux et les autres sels coa- 
gulants. L'alun, le sublimé corrosif, l'azotate mercureux, le tannin, don- 

(') Bulletin de la Société chimique, t. XXI, p. 181; l. XXII, p. 484» 187 4' 

C. R., 1884, 1" Semestre. (T. XCVUI, N» 4.) 3l 



( 234 ) 
nent à froid des précipités volumineux; avec le sulfate de cuivre, le coagu- 
lum est verdàtre et se dissout dans uv. excès de potasse, en prenant une 
couleur bleu violacé, mais qui n'a pas la teinte rose produite par les albumi- 
noïdes ou par l'anhydride aspartique. 

» Les coagulurn formés par l'action des sels alcalins ou des acides sont 
solubres dans l'ammoniaque; ceux que produisent les sels de chaux, de 
baryte et de magnésie y sont insolubles. 

» Enfin la présure liquide coagule la solution du colloïde amidoben- 
zoïque dans les mêmes conditions que la caséine. 

» Les expériences précédentes montrent que la solubilité des albumi- 
noïdes est modifiée par la présence des sels et de l'acide carbonique qui les 
accompagnent dans les liquides de l'organisme; mais il faut remarquer de 
plus que le phénomène de la coagulation ne dépend pas seulement du rap- 
port en poids de l'agent coagulant et de la substance coagulable, il est en 
outre fonction de la dilution : ainsi, dans les solutions d'albumine à i 
pour loo, la dilution annule l'aclion coagulante des sels, mais la propriété 
de se coaguler est rendue au liquide, soit par l'acide carbonique, soit par 
les sels qui modifient la solution du colloïde amidobenzoïque; la solution 
de caséine dans l'ammoniaque à 5 pour loo présente les mêmes propriétés. 

» Cet effet de la dilution est confirmé par la réaction dont j'ai parlé 
plus haut, à savoir que le colloïde amidobenzoïque, rendu si facilement coa- 
gulable par l'addition de quelques gouttes de sel marin en solution con- 
centrée, n'est pas modifié par la solution à lo pour loo. Dans toutes les 
recherches qui ont été faites sur les albuminoïdes naturels, acidalbumine, 
paraglobuline, syntonine, etc., on n'a pas assez tenu compte de la richesse 
des liquides en matière solide; c'est à cette cause qu'on doit attribuer 
les contradictions que présente l'histoire des albuminoïdes, puisque la 
dilution suffit pour changer les caractères d'un seul et même corps. 

» Les conditions dans lesquelles on observe le phénomène de la coagu- 
lation étant les mêmes avec les albuminoïdes et le colloïde amidobenzoïque, 
on voit qu'il n'y a rien de mystérieux dans les propriétés des premiers, et 
qu'une fois sortis de l'organisme, ils obéissent aux lois physico-chimiques. 

» Parmi les nombreuses recherches qui doivent suivre ees premières 
expériences, j'ai l'intention de chercher d'abord à déterminer, avec un 
corps peu complexe comme le colloïde amidobenzoïque, quels change- 
ments subissent les colloïdes azotés par leur passage de l'étal soluble à l'état 
insoluble. » 



(a35) 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la hilidine du goudron de houille. Noie 
de M. Oechsneu deConixck, présentée par M. Wurtz. 

« J'ai fait connaître récemment (séance de la Société chimique du 28 dé- 
cembre i883) quelques propriétés remarquables de la lutidine provenant 
du goudron de houille et contenue dans la fraction iSo^-iGo"; en même 
temps, j'ai annoncé que j'avais oxydé cette base au moyen d'une solution 
étendue de permanganate de potassium, et que j'étais occupé à isoler l'a- 
cide carbopyridique formé. J'ai employé, à cet effet, la méthode des sels 
de cuivre, qui m'a toujours fourni d'excellents résultats et sur laquelle je 
crois inutde de revenir ici. 

» L'acide libre présentait l'aspect et possédait la composition, le point 
de fusion (3o8°), les solubilités dans l'eau et dans l'alcool étendu etabsolu, 
en un mot, tous les caractères de l'acide isonicotinique ('). On sait que cet 
acide a été découvert par Weidel et Herzig parmi les produits d'oxydation 
des lutidines de l'huile de Dippel. Il prend également naissance dans la 
décomposition pyrogéiiée de l'un des acides tricarbopyridiques et de l'a- 
cide lutidique [Weidel et Herzig (-)J. Il y a donc dans le goudron de 
houille une lutidine identique avec l'une des lutidines de l'huile de 
Dippel et avec celle dont M. Ladenburg a fait récemment la synthèse, et 
qu'il considère comme une y-éthylpyridineC*!!' Az(,)(C-II')(i). 

» Dans un Mémoire récent (*), MM. Goldschmidt et Constain annon- 
cent qu'ils ont oxydé, au moyen du permanganate de potassium, la fraction 
r3o°-i4o'' des bases pyridiques du goudron de houille; outre l'acide pico- 
lique, ils ont obtenu une très petite quantité d'acide isonicotinique. Ils 
attribuent la formation de cet acide à la présence, dans la fraction i3o°-i4o'', 
d'une y-picolineou d'une lutidine. Le résultat que je viens défaire connaître 
montre que cette dernière supposition était exacte (''). » 



(M Cet acide est au acide raonocarbopyridique; il est isomérique avec les acides />ico- 
lique et iticotianique; sa composition répond à la formule 

C^H^Az-CO^H. 

(2) Monatshefee fur Chemic, t. I, p. i à 47 et p. 184 (janvier 1880J. 

(3) Deutsche c/iemisc/ie Gese/Isc/u/ff, t. XVI, |). 2979. 
fM Ce travail a été fait au laboratoire de M. Wurtz. 



( 236 ) 

zoOLOGlii. — Sur l'opercule des Gastéropodes. Note de M. Houssay, 
présentée par M. de Lacaze-Duthiers. 

« En iSaS, de Blainville écrivait, dans son Manuel de Malacologie : 

« L'opercule est évidemment le produit de la peau (|ui recouvre le pied. . . Mais com- 
ment une surface plane, ovale ou circulaire, produit-elle une matière qui s'enroule en spirale 
d'une manière souvent fort réj^ulière et en formant quelquefois un grand nombre de tours? 
C'est une question à laquelle il me paraît réellement assez difficile de répondre, surtiait 
peut-être parce qu'elle n a pas été suffisamment étudiée. = 

» En 1829, Dugè.s essayait de combler la lacune; mais, considérant seu- 
lement des opercules détachés des animaux, il aboutit à cette conclusion 
fausse que l'opercule était une production du manteau. Les auteurs qui ont 
siiivi ne se sont plus guère préoccupés que de recherclier à quelle partie 
des acéphales l'opercule était fiomologue; mais, leur argumentation man- 
quant de base, ils sont arrivés aux résultais les plus contradictoires : les 
tuis y voyant l'homologue de la deuxième valve des Lamellibranches, les 
autres, avec Lowen, le comparant au byssus, 

M Le pied seid concourt à la formation de l'opercule; je me suis proposé 
de déterminer avec précision quel les parties de cet organe excrètent lamalière 
et comment se fait l'accroissement de l'opercule. Contrairement à ce qui est 
généralement admis, j'ai reconnu que la surface du pied n'intervient pas 
tout eniière dans la production, mais seulement une petile portion très 
nettement limitée. 

» J'appellerai bord coluinellaire de l'opercule celui qui se trouve du côté 
lie la columelle quand l'animal est rentré dans sa coquille, et boid pariétal 
la partie opposée. L'opercule présente une surface interne et une surface 
externe ; il convient de les distinguer, car elles n'ont pas le même mode de 
formation. 

» Occupons-nous d'abord de la partie externe. Elle présente à sa surface 
des stries de forme variable suivant les genres auxquels on s'adresse. En 
examinant avec attention une Littoiiiie, im Murex ou ime Poitrpre, on aper- 
çoit, tout auprès du bord coluinellaire de l'opercule, une petite fente trans- 
versale qui s'enfonce d'environ i""" dans l'épaisseur du muscle columellaiie 
et qui occupe toute la longueur du pied. Les parois de cette fente pédieuse 
sont tapissées d'un épithélium particulier, plissé ou mieux gauffré, de façon 
à rappeler un peu lui polypier de Méandriuo. On voit s'y engager une lamelle 



(237 ) 
transparente très mince et très flexible. Avec une aiguille fine, on peut 
faire sortir cette lamelle. Après un séjour de quelque temps à l'air, elle se 
dessèche et prend une apparence cornée. 

» En faisant des coupes, on reconnaît que les cellules épiihéliales de la 
fente excrètent une matière anhiste, un peu jaunâtre, forleinent réfrin- 
gente, qui, par agglomération, constitue la lamelle hyaline. Celle-ci sort de 
la fente pédieuse et vient s'ajouter à l'opercule ancien. 

» Les parties nouvellement formées s'appliquent sur l'épithélium situé 
entre la fente et les parties de l'opercide déjà fixées. Les cellules épithé- 
liales sont, eu ce point, unies très faiblement les unes avec les antres et 
seulement par leur partie basilaire, remarquable exception parmi les épi- 
théliums. Il en résulte que la matière operculaire, encore plastique, em- 
pâte ces cellules et se répand même u!i |)ea entre les éléments des tissus 
sous-jacents (fibres musculaires et cellules conjonctives). C'est ainsi que, 
par appositions successives de parties nouvelles soi'ties de latente pédieuse, 
se forment les stries, dont on n'aperçoit que les plus saillantes à l'œil nu 
ou à la loupe. 

M Sur l'autre face de l'opercule, il faut distinguer deux régions, la sur- 
face d'insertion du muscle columellaire et la surface libre interne. Il est 
très aisé de voir que la face inférieure libre et la face externe de l'opercule 
n'ont pas la même constitution. La surface interne est revêtue d'une 
couche homogène, qui forme comme un vernis sans aucune strie sensible 
à l'œil. Cet enduit peut être même ass'^z épais pour qu'on ne puisse voir 
au travers les stries de l'autre face [Murex). D'autres fois, il est suffisam- 
ment mince pour ne pas les dissimuler [Litloiina, Troclius). Cette différence 
de constitution provient d'une différence d'origine. En avant de la sur- 
face d'insertion, le métapodium forme une expansion ou lèvre antérieure 
qui, pendant la vie de l'animal, est constamment appliquée sur la partie 
interne non fixée de l'opercule. Les cellules épithéliales de cette lèvre 
antérieure produisent le vernis. 

» Il re=te toujours à savoir pourquoi la matière operculaire s'enroule 
en spirale. Il faut, pour éclaircir ce point, étudier l'impression musculaire. 
A mesure que l'opercule s'accroît, la surface d'insertion de l'opercule se 
déplace avec un petit mouvement de rotation, puisque pendant le même 
temps la coquille s'accroît en spirale. Le muscle s'applique sur les parties 
nouvellement formées, en abandonnant les parties anciennes du côté du bord 
pariétal. Celles-ci, devenant sans point d'appui, sont immédiatement ren- 
forcées par l'enduit dont j'ai parlé plus haut. Ces étapes du muscle colu- 



( 2.-J8 ) 

niellairesont marquées par des stries indépendantes de celles de la face su- 
périeure. On les aperçoit en préparant un opercule après avoir enlevé toute 
trace du muscle. On s'explirpie même, eu étudinutces lignes, pourquoi ily 
a des opercules dont la forme reste tonjours semblable à elle-même, tandis 
qu'il en est d'autres dont la forme varie avec l'âge de l'animal. Ces derniei'S 
sont dits à noyait de formalion : la partie postérieuie sécrétante du pied 
conserve toujours la même forme dans le premier cas, tandis que dans le 
deuxième on la voit de presque circnlaire devenir à j)eu près droite. 

» On voit, en résumé, que l'opercule est une production d'une portion 
limitée de l'épithélium du pied, qui paraît bien différente du byssns des 
Acéphales, produit par une glande très développée occupant une bonne 
partie du volnme du pied. Il est encore bien plus différent de la deuxième 
valve d'une coquille. 

» Cette Note renferme les résultats généraux d'un Travail cjui doit 
paraître avec plus de détails. Les recherches ont été faites au Laboratoire 
de l'École Normale, grâce à la bienveillance de M. de Lacaze-Duthiers, 
qui m'a fait envoyer de Roscoff les animaux dont j'avais besoin, et au 
Laboratoire de Banyuls-sur-Mer, où j'ai pu passer une partie de la saison 
d'hiver. » 

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la propoiiion de phosjjho) e incomplètement oxydé 
contenue dans l'urine, spécialement dans quelques états nerveux. Note de 
MM. R. Lépine, Eymonnut et Aubert, présentée par M. Charcot. 

« Bien que l'attention ait été attirée par quelques auteurs, notamment 
par M. Zuelzer, sur le phosphore qui se trouve dans l'urine à l'état d'oxy- 
dation incomplète, on n'a pas jusqu'ici déterminé suffisamment sa quantité 
par rapport à l'azote et à l'acide phosphorique, et les variations qu'elle 
peut présenter dans diverses conditions. Nous avons, il y a dix-huit mois 
( Lépine et Eymonnet, Comptes tendus de la Société de Biolo(jie, p. 622 ; 1 882), 
indiqué la méthode de dosage que nous avons constamment employée ( ' ), 
et dont la rigoureuse exactitude a été éprouvée par l'un de nous (Eymon- 



(') Elle consiste essentiellement dans la précijiitation complète de l'acide pliosplioriqne 
par la mixture magnésienne, dans la calcination (avec le nitrate de potasse) du résidu du 
liquide (iltré, et dans la pesée, à l'état de phosphomolybdate d'ammoniaque, de l'acide 
phdsphorlque pioduit par la calcination , aux dépens du phosphore incomplètement 
oxydé. 



( 2^9 ) 
NET, Journal de Pharmacie et de Chimie, 1882). Nous avons de plus fixé In 
proportion normale du phosphore incomplètement oxydé, chez l'homme et 
chez le chien; enfin nous avons montré qu'elle peut être fort .lugmentée 
chez les phtisiques affectes de foie gras, ce qui est sans doute en relation 
avec la forte proportion de lécithine (Dastre et Morat) que renferme ce 
dernier. 

» Tout récemment, M. Zuelzer [Untersuchungen ueber die Sémiologie d. 
Uarns, p. 18 et 19; 1884) a publié quelques dosages dont le résultat le 
plus important est la grande augmentation du phosphore incomplètement 
oxydé dans l'urine des malades soumis à l'anesthésie chloroformique. Ce 
fait intéressant nous engage à faire connaître les principaux de nos nom- 
breux dosages de ce phosphore dons plusieurs états nerveux. 

» Rappelons que chez l'homme, à l'état normal, pour 100 parties d'azote 
(dégagé par l'hypobromite de soude), il y a dans l'urine des vingt-quatre 
heures moins de 20 parties d'acide phosphorique à l'état de phosphates 
(Zuelzer), et, en général, moins de o,25 d'acide phosphorique prorfiat (') 
(Lépine et Eymonnet). Ou voit que le phosphore incomplètement oxydé 
ne représente pas beaucoup plus de i pour 100 du phosphore total. Cela 
posé, voici nos résultats : 

» 1" Dans un cas d'ajjofjlexie (causée par un gros foyer hémorrhagique 
dans la capsule externe et la portion externe du noyau lenticulaire), la 
perte de connaissance ayant duré deux heures environ, nous avons trouvé 
que l'urine excrétée pendant les six heures consécutives à l'attaque renfer- 
mait (par litre) : 

Pour 
100 d'azote. 

Aznte ilégagé par l'hypobromite do soude 2,5 » 

Acide phospliorique à l'état de phosphates o,54 21,6 

Acide phosphorique produit OjO^ôS i ,07 

» Ainsi, l'acide phosphorique, à l'état de phosphates, étant, par rapport 
à 100 d'azote, augmenté d'une manière insignifiante (21,6), il y avait une 
quantité d'acide phosphorique produit (1,7) quatre fois plus forte qu'à 
l'état normal, et constituant 4,7 pour 100 du phosphore total. 

» Quarante-huit heures plus tard, la proportion était normale. 



(') Dans notre Note à la Société de Biologie, nous avions exprimé en acide p/tosp/io 
glyeérique le phosphore incomplètement oxydé, d'où la dilïérence du chifl're. 



( -iko ) 
» 2" Dans un cas ii'épilepsie, l'iiriiie rendue après l'attaque renfermait 
(par litre) : 

Pour 
100 d'azote. 

Azole dégagé par rijypobroinite de sonde ^,6 >> 

Acide pliosphorique des pliosphates , '7 44 3 i 

Acide pliosphorique produit o,o33 0,71 

» Ainsi, par rapport à l'azote, augmentation fort sensible de l'acide 
phosphoricpie (' ) et du phosphoi-e incomplètement oxydé, ce dernier 
atteignant le triple de l'état normal et représentant 2,2 pour 100 du phos- 
phore total. 

» 3° Chez une jeune hystéro- épilepliqiie, l'urine des six heures consécu- 
tives à une attaque renfermait (par litre) : 

Pour 100 
d'aiote. 

Azole (dégagé par rhypobromite de soude) i ,0 » 

Acide pliosphorique à l'état de phosphates 0,275 27 ,5 

» (produit) o,oo5 o,5 

» Ainsi, par rapport à l'azote, légère augmentation de l'acide pliospho- 
rique (elle a manqué à la suite d'une autre attaque), le phosphore incom- 
jîlètement oxydé atteignant le double de l'état normal et représentant 1,8 
pour 100 (lu phosphore total. 

» 4° Dans un cas de delirium tremens, l'urine renfermait (par litre) : 

Pour 100 
d'azote. 

Azote (dégagé par rhypobromite de soude) 9)7^ « 

Acide phosphorique à l'état de phosphates 3,38 34,5 

» (produit) 0,046 0,4; 

» Ainsi, par rapport à l'azote, notable augmentation de l'acide phos- 
phorique et du phosphore incomplètement oxydé, ce dernier restant avec 
le phosphore tolal dans un rapport sensiblement normal : i,3 pour 100. 

» 5° Chez un chien, après l'injection sous-cutanée de plusieius centi- 

(') L'augmentation parfois considérable de l'acide phosphorique, surtout de la portion 
d'acide phosphorique combinée aux terres, dans l'urine excrétée pendant les preriiiprcs 
heures consécutives à l'attaque épileptique, a déjà été indiquée par l'un de nous, en colla- 
boration avec M, Jacquin [Rci'ite mensuelle, p. 720; 1879). 



( 2/,I ) 

grammes de chlorhydrate de morphine, grande augmentation de l'acide 
phosphoriqne et du piiosphore incomplèlement oxydé. 

» Chez un chien de chasse, augmentation de ce dernier après l'ingestion 
stomacale de phisienrs grammes de bromure de potassium. 

)) Dans plusieurs états nerveux organiques, notatnnient dans quelques 
méningites, nous avons au contraire observé une diminution, par rajtport 
à l'azote, du phosphore incomplèlement oxydé, coïncidant ou non avec 
une augmentation relative de l'acide phosphoriqne. 

» Outre la dégénérescence graisseuse du foie chez les phtisiques et les 
états nerveux prérédemment signalés, il est bien d'autres conditions dans 
lesquelles augmente, par r.ipport à l'azote, le phosphore incomplèlement 
oxydé de l'urine. Aujoiu'd'hui nous nous boinons à nientioiuier {^anémie 
(jnwe, dans laquelle la proportion de ce phosphore peut quadrupler, qii'd 
y ait ou non augmentation de l'acide phosphoriqne, et ccrlaiiis cas d ulère, 
de fièvre typhoïde, de pneumonie aiguë. Dans quelques cas de scarlatine 
et rougeole bénignes, nous ne l'avons pas tronvée accrue. » 

PHYSIOLOGIE. — Recherches sur Cinlamlé des phénomènes chimiques de la 
respiration dans les alniosphèrcs swoxycjénécs. Note de M. L. de S.vixt- 
Martin, présentée par M. lîerthelot. 

« 1. Lavoisier et Seguin (') n'avaient constaté aucnn changement dans 
les produits de la respiration, quand, au lien d'air ordinaire, ils employaient 
connue milieu respirable, soit de l'air suroxygéné, soit de l'oxygène pur. 

)) Ces faits ont été confirmés depuis par Regnault et Reiset dans leur 
beau Mémoire (-). Ces deux savants s'expriment comme suit : 

La respiratioa des animaux des diverses classes, dans une a[mos|)hèie renfermant deux 
ou trois fois plus d'oxyf^ènc que l'air normal, ne prëseiUe aucune différence avec celle 
qui s'exécule dans notre atmosphère terrestre. » 

» M. Paul Bert est arrivé à des résultats différents ('). D'après ce physio- 
logiste, « l'activité des combustions organiques » dans les atmosphères 
suroxygénées « va en augmentant d'abord pour diminuer ensuite, après 
» avoir passé par un certain maximum qui est probablement placé au- 
» dessus » de 42 pour 100 doxygène. 

(') Mémoire de 1789, rec. cité, p. 578. 

(') Jnnales de Chimie et de Physique, 3= série, t. XXVI, Exp. 

(') La pression barométrique, p. 829 et suiv. 

C. R., 1884, I" Semestre. (T. XCVIII, W 4.) ^2 



( ^/i2 ) 

» Ces conclusions découlent de quatre expériences faites sur un rat. Dans 
le même laps de temps (vingt-quatre heures), nous apprend M. P. Bert, 
cet animal produisit 7'" d'acide carbonique dans l'air ordinaire, et 10''', 3 
dans une atmosphère artificielle renfermant 4^,7 pour 100 d'oxygène. 

» Les animaux à sang froid auraient donné un semblable résultat au 
même expérimentateur (' ). 

» 2. En présence de cette contradiction, j'ai pensé qu'il serait utile de 
reprendre l'étude d'une question dont la solution intéresse également la 
Physiologie et la Thérapeutique. 

» Mes expériences, au nombre de seize, ont porté, onze sur un cobaye 
et cinq sur un rat. Les animaux à l'étude étaient soumis à un régime 
régulier. Ces recherches ont été effectuées à l'aide d'un appareil analogue à 
celui de Regnault et Reiset, mais de plus petites dimensions. L'acide carbo- 
nique était dosé à part par des pesées directes. 

» Les modifications principales apportées dans l'agencement des di- 
verses parties sont les suivantes : 

» a. J'ai interposé entre la cloche et les pipettes un système de laveurs 
à potasse, dans lesquels l'air en mouvement barbotait deux fois, à l'aller 
et au retour. Celle addition permet d'obtenir une absorption beaucoup 
plus, complète de l'acide carbonique, et de fait la proportion de ce gaz dans 
mon appareil ne s'est élevée en moyenne qu'à o,5 pour 100 en volume. 

)' b. J'employais un moteur basé sur le principe de la fontaine inter- 
mittente pour mettre en mouvement les deux pipettes. Cette disposition, 
dont je me sers depuis trois ans, suffit pour assurer une ventilation suffi- 
sante dans la cloche avec une dépense minime d'eau. 

» 3. Voici maintenant, sous forme de tableaux, le résumé des résultats 
que j'ai obtenus, réduits à o" et o™, 760 : 

A. — Cobaye femelie adulte. 

Numéro Poids Riclieb»e en O Tempoialiire 00^ O CO' 

de l'expéiience. de l'auiinal. de l'air. sous la cloche, exlialéàl heure, absorbé à l'Iieurc. 

gr pour lou c ce oc 

1 570 20,95 17 5ii 544 0,92 

2 620 » 17 5oi 577 0,87 

3 63o ■> 19,8 558 608 0,92 

4 665 » 20,4 475 547 ",85 

7 G70 » 18,5 5:-io 576 0,91 

Moyennes 18, 5 5i5 570,4 0,89 

(') P. Bert, loc. cit., p. 832. 



( 243 ) 

Numéro Poids Pichesse en Température CO' O CO- 

de l'expérience, de l'animal. de l'air. sous la cloche, exhalé à l'heure, absorbé à l'heure. O 

gr pour 100 ce ce 

5 66o 66 17,2 5ig 607 0,87 

6 665 58 18,6 5oo 573 0,89 

8 680 5o 18,4 5o4 571 0,88 

Moyennes 18,1 5i3 583 0,87 

10 655 20,95 14,5 567 63o,5 o>9o 

11 665 " 11,7 629 689,0 0,91 

Moyennes i3,i 598 ô6o 0,91 

9 655 ^o i3,2 6i3 670 0,91 

» Ces onze premières expériences sur le cobaye ont duré chacune six 
heures. On voit nettement qu'eu moyenne les différences existant entre 
les expériences faites dans l'air ordinaire et celles effectuées dans l'air 
suroxygéné sont très faibles, d'ordre purement physiologique, et qu'elles 
n'atteignent même pas la valeur des différences observées entre deux expé- 
riences faites à la même température dans l'air ordinaire. 

B. — Rai mâle adulte. 

Numéro Poids Richesse en O Température CO' CO' 

(le l'expérience, de l'animal. de l'air. sonslacloche. produit à l'heure. consomméàVheure. O 

gr pour too o rc ce 

14. 275 55 12,3 5o6 536,5 0)94 

15 278 20,95 12,4 SaS 5t4 1,02 

13 275 75 9 535 586 0,91 

16 281 20,95 9,1 55i 569 0,97 

» Ces expériences ont duré chacune vingt-quatre heures, sauf l'expé- 
rience n" 13, qui, faute d'oxygène, n'a pu être prolongée au delà de seize 
heures. L'expérience n° 12 doit être mise à part; l'animal, blessé pendant 
qu'on l'introduisait dans l'appareil, s'est tapi, a dormi constamment et n'a 
pas mangé sa ration de pain. 

)) Mais, si l'on compare les expériences 14 et 15, faites à la même tem- 
pérature, ainsi que les expériences 13 et 16, qui, pour la même raison, 
doivent être rapprochées l'une de l'autre, on est conduit à la conclusion 
suivante, qui confirme les résultats de Lavoisier et Séguin et ceux de 
Regnault et Reiset. 

» Les phénomènes chimiques de la respiration ne subissent aucun chanyerncm 
appréciable par le fait de la suroxyçjénatiun de C atmosphère dans laquelle ils 
s'accomplissent. » 



(«44 ) 



MÉDIXINE. — Recherches sur les déviations menstruelles. Note deM. J.Rocvieiî. 

« 1° Le seul travail un peu complet au point de vue statistique sur les 
dévialions menstruelles est celui du 1)"' Ptiech, présenté à l'Académie des 
Sciences le i3 avril i863. 

» 2° Les déviations menstruelles sont des hémorragies périodiques, pou- 
vant avoir pour siège toute région du corps humain, sauf l'utérus. 

» 3° Elles peuvent s'accompagner ou non du flux cataménial. 

)i 4" Elles coïncident généralement avec l'ovulation. 

» 5° Elles se rattachent à l'une des causes suivantes, exerçant une in- 
fluence plus ou moins prépondérante sur leur lieu d'élection : 

» a. Atrésie des voies génitales; 

» b. Travail et fatigue physiques ou physiologiques d'un organe (sein 
dans l'allailement, doigts dans certaines professions, etc.); 

» c. Faiblesse laissée dans un organe par une lésion traumatique ou 
morbide, guérie depuis peu; 

» d. Troubles nerveux ; 

» e. Lésion traumatique ou morbide actuelle d'un organe, se tradui- 
sant au dehors par des symptômes aoparents; 

)) j. Influence d'une diaihèse (cancer, tubercules, etc.) encore à l'état 
latent. 

» 6° Dès 1879, nous avons indiqué, dans un Mémoire publié ("), les 
influences qui produisent les déviations menstruelles. 

M '7° Sur 3o8 observations de déviations mensiruelles réiuiips par nous, 
nous avons trouve qu'elles siégeaient 277 fois dans une région unique ou 
sur des pnriies similaires à droite et à gauche du corps, et 3i fois dans des 
régions multiples. Dans 38 cas, la déviation se faisait par des plaies, idcères 
ou tumeurs. 

» 8° L'exhalation sanguine s'est produite par : 

Nombre 
de fois. 

La muqueuse pulmonaire 5i 

La muqueuse stomacale 5o 

Les membres inférieurs 38 

La muqueuse nasale 36 

Les yeux 29 

L( s membres supérieurs, mains, doigts 27 

(') Savy, libraire-éditeur. 



( a45 ) 

Nombre 
de fois. 

Les mamelles 26 

L'anus et l'intestin 23 

Le conduit auditif 21 

La bouche, la langue, les lèvres l'j 

La f.ice 1 3 

Le tronc, dus, abdomen 1 3 

Les gencives et alvéoles dentaires 1 3 

La muqueuse des voies urinaires 10 

Le cuir chevelu 9 

Le nombril 9 

Tout le corps 4 

Le ))li de l'aine 2 

Le creux de l'aisselle i 

» 9° La grossesse et la lactation exercent la même influence sur les dé- 
viations menstruelles que sur les règles normales. 

» 10" Limitées ortiinairement à uiieou plusieurs époques, les déviations 
menstruelles peuvent subsister depuis la puberté jusqu'à lâge critique. 

» I 1° On peut les r.ipprocher de certains pbéuomènes supplémentaires 
et périodiques : ictère, érysipèle, affections cutanées, sécrétions, etc., eux 
aussi intimement liés à la menstruation. 

M 12° Les déviations menstruelles et les phénomènes supplémentaires 
des règles sont d'origine pathologique et méritent, par leur fréquence re- 
lative, 2,320 pour 100, l'attention des praticiens. Dans quelques cas, ils 
permettront ou faciliteront le diagnostic d'affections diathésiques. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les oscillations barométriques produites par l'érup- 
tion du Kiakaloa. Deuxième Note de M. E. Rexou, présentée par 
M. Hervé Mangon. 

« Depuis ma Note du 2 1 janvier ( ' ), M. Mascart a bien voulu mettre à ma 
disposition les courbes des inscripleurs barométriques obtenues en France 
dans différentes stations : à Perpignan par M. le D"^ Fines, à Lyon par 
M. André, à Clermont par M. Alluard, à Nantes par M. Larocque, à 
Saint-Marlin-de-Hinx par M. Ciirlier, à Douai par M. Desmarets. 

» Les courbes de toutes ces stations indiquent que le phénomène s'est 
manifesté presque au même instant avec les mêmes caractères dans toute 

(') Comptes rendus, t. XCVIII, p. 160. 



( 246 ) 
la France. La disf;ince la pins éloignée de Paris, celle de Perpignan, a peu 
d'influence sur l'instant du phénomène, parce que l'onde atmosphérique 
arrivait presque de l'est, perpendiculairement au méridien commun des 
deux villes. 

» Je m'étais borné à signaler seulement, dans ma première Note, les 
deux ondes secondaires qui se sont manifestées après un tour entier de la 
Terre; la première a mis trente-six heures vingt-cinq minutes à faire le 
tour du monde; la deuxième, trente-qnatre heures cinquante minutes : les 
vitesses ont donc été de 3o5™ et de Sig™ par seconde, très rapprochées de 
la vitesse moyenne du son dans l'air. 

» Les observations du puy de Dôme sont, sous ce rapport, particulière- 
ment intéressantes. La première ondulation a eu lieu en même temps dans 
la plaine et au sommet de la montagne; la distance étant de 8'^'" est-ouest, 
le son ne mettrait pas une demi-minute à se propager d'une station à 
l'autre. Quant à la deuxième onde, quia eu lieu dans la direction opposée, 
le retard pour la station de la plaine paraît très sensible; la propaga- 
tion se ferait donc plus rapidement dans les grandes hauteurs que dans les 
plaines. 

» Les autres ondes qui ont effectué en plus un tour entier du globe 
donnent lieu à des remarques analogues. 

>i La courbe barométrique obtenue au cap Horn, par M. Lephay, porte 
la trace des mêmes perturbations; elle est malheureusement à une trop 
petite échelle pour qu'on y puisse suivre sûrement le détail des ondulations 
dues à l'explosion du Krakatoa; la saison était pour nous très favorable à 
ce genre de constatation, à cause du calme de l'atmosphère; au cap Horn, 
au contraire, on était au moment des plus grandes perturbations atmo- 
sphériques, qui rendaient le phénomène plus difficile à observer. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les oscillations barométriques du 27 aoiit^ 
observées à Montsouris. Lettre de M. Marié-Davy à M. Faye. 

« J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint deux feuilles du baromètre 
enregistreur de Montsouris (baromètre-balance), et deux feuilles corres- 
pondantes de l'enregistreur Rédier. 

)) Le fait que vous signalez s'est réellement produit à Paris comme 
ailleurs, mais il ne me paraît pas s'être renouvelé aussi longtemps qu'on 
l'a affirmé. Voici du reste ce que je lis sur nos courbes. 

» Je ferai remarquer d'abord que notre enregistreur-balance marche avec 
une vitesse de o'", oo3 à l'heure. L'épaisseur du trait étant de o"'",oi en- 



( ^Ai ) 

viron,il en résulte que toute oscillation, duraut moins de deux minutes, 
donnera lieu à deux traits qui se superposeront. En réalité, toute impulsion 
donnée à l'instrument se traduit par une ligue qui peut avoir toute la 
hauteur du cylindre et se reproduire à piusieiu's reprises sans que le trait 
cesse de paraître rigoureusement simple. 

)i II en est ainsi même pour les à-coups du vent pendant Us tempêtes, et 
leur répétition continue n'a d'autre résultat que de dilater la courbe, 
comme vous pouvez le voir dans la tempête du 2 septembi'e i883. 

» Au contraire, quand la courbe baiométric|ue présente des dentelures 
à traits purs et distincts, il faut les attribuer à des ondes dont la période 
dure plus de deux à trois minutes et sont absolument indépendantes de 
l'instrument. 

» La première crise du détroit de la Sonde a eu lieu dans la nuit du 26 
au 27 août, entre minuit et 2'". La seconde, correspondant au grand efton- 
drenient, se serait produite le 27 à 3'% c'est-à-dire, en temps moyeu de 
Paris, le 26 à 20'' (S*" du soir). 

» A partir de la seizième heure du 26 (4*" du soir), la courbe baromé- 
trique présente des dentelures très faibles, mais très distinctes, qui n'ont 
pas d'ex plicai ion dans l'état du temps à Paris, mais qui sont assez communes 
quand l'atmosphère est troublée à une assez faible dislance. 

» Le 27, à 10'' 40"" du malin, le même phénomène se reproduit, mais 
d'une manière plus marquée; puis, à partir de i3'', même jour, ilacquiert 
une assez grande intensité. En trois oscillations, durant environ quinze 
minutes, le baromètre baisse de 3'""', 2 et une autre oscillation double 
le ramène au niveau de la courbe descendante. 

» Ces oscillations manquent complètement dans leurs détails sur la 
courbe de l'enregistreur Rédier qui, par sa nature même, ne peut enre- 
gistrer que des variations à plus longue période; mais, et je ne saurais trop 
insister sur ce point, ces mêmes oscillations ne peuvent, en aucune façon, 
être attribuées à l'instrument. Elles ont eu une existence réelle dans l'air. 
La pureté de la courbe ne peut laisser aucun doute sur ce point. 

» Le 27, à 23'' (il'' du soir), la courbe barométrique présente encore 
des dentelures très fines, mais très distinctes. Le phénomène s'accentue 
jusqu'au 28 aoiit vers 3''du matin, a'^So™ environ. En deux oscillations le 
baromètre monte un peu, puis il se met à baisser. Sept oscillations, d'une 
durée totale de trente-cinq minutes, conduisent à une dépression de 3"'"',3 
de mercure; puis la pression remonte de 4"'">2 dans un intervalle de 
quinze minutes, comprenant l'inertie de l'appareil. Pendant cette ascension 



( 248 ) 

rapide, un faible retour de l'aiguille vers la baisse montre que les oscilla- 
tions à courte période se superposeat encore à ce grand mouvement. Huit 
oscillations suivent encore jusqu'à 5''5o". 

» Trenle-sept beures après la première grande oscillation, trenle-cinq 
heures après la seconde, nous en retrouvons deux autres beaucoup plus 
faibles, ayant le même caractère d'oscillations successives moins nom- 
breuses et qui, déjà, pourraient èlre confondues avec les mouvements que 
l'on constate fréqueaiment dans l'atmospbère. Au delà de ces deux séries 
d'inipulsions, ayant fait cliacune le tour de la Terre en sens inverse, il nous 
est impossible de rien distinguer qui puisse être rattaché à la catastrophe 
du détroit de la Sonde. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les causes : i° de la production de l'électricité 
atmosphérique eu général; 2.° dans les orages; 3" dans les éclairs de chaleur. 
Note de M. G. Le Goarant de Tuomelin, présentée par M. Faye. 

« 1. En recherchant dans la nature les forces capables de produire de 
l'électricité, j'ai été conduit à admettre en première ligne le frottement de 
l'air humide ou sec contre la surface des terres ou des mers. 

» Tout le monde connaît la machine hydro-électrique d'Armstrong. On 
sait que, lorsque la vapeur d'eau sort de la chaudière, cette dernière reste 
chargée négativement, tandis que la vapeur l'est positivement. Cette ma- 
chine comporte une boîte remplie d'eau pour refroidir les tubts d'échap- 
pement. La vapeur, avant d'atteindre les ajutages de sortie, éprouve ainsi 
un commencement de condensation et sort mélangée de vésicules d'eau. 
C'est une condition nécessaire. 

M D'après les expériences de Faraday, le passage de la vapeur sèclieou 
d'un courant d'air sec ne dégage pas d'électricité, tandis qu'un courant d'air 
humide donne le même résultat que la machine d'Armstrong, mais à un degré 
moindre. 

» Il est vrai que M. Sprit)g a trouvé, au contraire, que le frottement 
de l'air sec contre une boule de cuivre donnait un peu d'électricité, mais 
en quantité incomparablement moindre que dans l'expérience de Faraday. 
D'autre part, de nombreuses expériences ont prouvé que Ve'vaporalion 
seule de l'eau, même acidulée, ne produisait pas d'électricdé. 

Mais, dans l'évaporation produite par le vent, il y a en }^>\\^^S: fi ottement . 
C'est dans ce dernier travail mécanique que réside la source cherchée. 

» Le vent, en rasant la surface des mers, entraîne des particules 



( 249 ) 
aqueuses de la crête des lames, qui jouent ici le rôle du peigne de la ma- 
chine d'Armstrong. 

» Les aspérités du sol jouent encore le même rôle, lorsqu'un vent hu- 
mide vient à le frotter. 

» Ces molécules d'eau restent électrisées et montent dans l'atmosphère 
former les nuages, et, comme l'électricité se porte à la surface des corps, 
elle tendra à se répandre sur les surfaces atmosphériques les plus élevées, 
et je pense, comme M. Faye, que les cirrhus doivent retenir une grande 
partie de cette électricité. 

» N'y a-t-il pas une grande analogie entre les expériences de cabinet 
rapportées plus haut et l'opération immense des forces naturelles? 

» 2. Cela posé, on peut donc concevoir qu'un nuage soit électrisé s'il 
s'est formé dans les conditions précitées. (Il n'en serait pas de même d'un 
nuage qui se serait formé par de simples vapeurs s'élevant le matin dans 
Tatmosphère.) 

» Mais, pour que les éclairs se produisent, il faut qu'il y ait décharge 
entre le nuage et un autre point (terre ou nuage), tel que la différence de 
potentiel entre le point et le nuage, existant au moment considéré, soit 
suffisante pour produire l'éclair en question. 

» Or la distance à laquelle éclate l'étincelle dépend de la pression élec- 
trique et de la résistance mécanique que le milieu oppose à la décharge. 
Cette pression varie avec le carré du potentiel du nuage, sa forme, sa sur- 
face, la charge du nuage et sa distance au point spécifié. 

» Or V énergie potentielle d'un nuage dépend de sa forme, de sa surface et 
de sa température. Lorsque ce nuage primitivement électrisé éprouve une trans- 
formation quelconque, condensation, congélation des vésicules aqueuses, etc., 
il absorbe une certaine quantité d'énergie qui doit se retrouver sousjorme d'une 
augmentation d'énergie potentielle. 

» Cette conséquence résulte du principe de la conservation de l'énergie 
et du principe de Carnot, dont M. Lippmann a su tirer un parti si remar- 
quable. 

» Si donc on suppose que la charge d'électricité du nuage reste con- 
stante pendant un certain temps, une condensation, un abaissement de 
température augmentera le potentiel de sa masse. 

» Lorsqu'un orage éclate, il est rare qu'il se produise sans manifestations 
électriques. L'abondante condensation (jue Ion remarque devient la cause de 
l'augmentation du potentiel de la masse orageuse et, lorsque ce potentiel est suffi- 
sant, il y a décharge sous forme d'éclairs. 

C. R., i88^, 1" Semestre. (T. XCVIU, N° 4.) 3^ 



( 25o ) 

» D'ailleurs, le renouvellement continuel de la chnrge doit indiquer 
que la cause doit résider sans le pliénomène orageux lui-même. 

» 3. L'air étant diélectrique, la vapeur devient le réservoir naturel de 
l'électricité. Supposons un amas de vapeur d'eau éleclrisée en suspension 
dans l'atmosphère; le soir, lorsque le Soleil aura disparu, il s'opérera un 
refroidissement dans la masse nuageuse. Pour les raisons énoncées plus 
haut, son potentiel augmentera. 

» Or, si le potentiel arrive à un certain chiffre, les vésicules considérées isolé- 
ment ne pourront conseiver leur charge, c'est-à-dire qu'elle s'échappera dans 
l'atniosphère sous forme de décharges silencieuses. 

» Ainsi on calcule qu'à la pression ordinaire une petite sphère de ^ 
de millimètre ne peut conserver de l'électricité au potentiel que l'on ob- 
tient avec nos bonnes machines de cabinet. 

» En raison même de la petitesse du rayon des vésicules, on comprend qu'un 
nuage r^e puisse conserver une charge à un potentiel dépassant un certain chiffre. 

» Telle serait la façon dont se produit le phénomène connu sous le nom 
d'éclairs de chaleur. 

» Comme, pour différents observateurs, ces lueurs se montrent à l'ho- 
rizon, il est logique de penser qu'elles se produisent également au zénilh, 
et qu'elles ne sont pas le reflet d'éclairs des oi^ages lointains. C'est un phéno- 
mène analogue qui se passe lorsqu'un navigateur en marche voit toujours à 
l'horizon une bande de brume, tandis qu'il a un ciel clair au-dessus de sa 
tête. Ce n'est qu'une différence d'épaisseur de couches traversées par les 
rayons visuels. » 

Ml^.TÉOROLOGIE. — Sur une illumination aurorale et crépusculaire du ciel 
observée dans l'océan Indien. Note de M. Pélagauo, présentée par 
M. Faye. 

« Le 8 septembre i88j5, me trouvant à Saint-Paul, sur la côte nord- 
ouest de l'île de la Réunion, j'aperçus, quelques instants après le coucher 
du Soleil et le commencement du crépuscule si court des régions tropi- 
cales, luie lueur d'un rouge sombre et sanglant qui éclairait le ciel à l'ho- 
rizon ouest-nord-ouest. A quelque distance du rivage et à travers les 
branches des arbres, on aurait dit l'incendie en mer d'un navire de 
pétrole. Mais, parvenu sur la plage, je reconnus bien vile qu'il s'agissait 
d'iuie lumière crépusculaire, formant au-dessus de l'horizon un arc de 
rercle à bords fondus d'environ iS". 



(25i ) 
» La lumière zodiacale est très marquée dans l'ile à celte époque de 
l'année et occupe à peu près la même place dans le ciel. Mais il s'agissait 
là d'un tout autre phénomène, qui la masquait complètement et qu'il était 
impossible de confondre avec elle. 

M Le lendemain et les jours suivants, cet éclat orangé du crépuscule 
s'accentua et s'étendit peu à peu dans le ciel. Une heure après le coucher 
du Soleil, environ, l'illumination s'éteignait lentement et tout rentrait dans 
l'obscurité profonde des nuits tropicales. 

» Quelques jours plus tard, me trouvant à Saint-Benoît, à Test de l'île, 
je pus m'assurer que le même phénomène se produisait à l'orient, une heure 
environ avant le lever du Soleil. 

» Sur la fin de septembre, celle illumination quotidienne avait pris des 
proportions considérables. Durant les mois d'octobre et de novembre, 
c'était un spectacle féerique. Le Soleil se couchait comme à l'ordinaire; le 
jour baissait rapidement, puis tout à coup de grands arcs multicolores 
venaient empourprer l'horizon jusqu'au zénith. Une nuance verdâtre pre- 
nait d'abord naissance à l'endroit où le Soleil avait disparu; [)uis une zone 
jaune, une orangée, une rouge foncé enfin se fondait avec l'azur profond 
du ciel. Cela durait une demi-heure, trois quarts d'heure, puis tout pâlis- 
sait et s'éteignait peu à peu. A la fin du phénomène, on voyait les étoiles 
paraître sons la lumière connue à travers une gaze épaisse et lumineuse. 
Parfois les arcs resplendissants étaient traversés de grands secteurs sombres 
qui se comportaient comme si quelque obstacle eût hitercepté à leur point 
de départ sous l'horizon les rayons lumineux, source de celte gloire 
immense et radieuse. 

» Le matin, le même phénomène se produisait au lever de l'aurore dans 
le ciel oriental, mais avec une intensité moindre. 

» Peu à peu le phénomène se déplaçait vers l'ouest, le sud-ouest et le 
sud-sud-ouest, semblant suivre le Soleil dans sa marche vers le pôle sud. 
A partir du milieu de décembre, cette illumination diminua rapidement 
d'intensité et, à l'heure où j't'cris (3i décembre), elle s'est considérablement 
éteinte. Tout porte à croire qu'elle ne tardera pas à disparaître complè- 
tement. 

» L'année i883 a été marquée dans l'océan Indien par des phéno- 
mènes météorologiques particuliers. A la Réunion, nous avons eu d'abord 
une sécheresse prolongée, et, pendant la première moiiié de l'année, une 
atmosphère si pure, que les personnes même d'une vue médiocre pouvaient 



( 232 ) 

suivre facilement à 1 œil nu la planète Vénus dans le ciel durant toute la 
journée. 

» Le volcan de l'île a donné en novembre quelques traces d'activité. 

» Enfin, la lame de fond produite par l'éruption volcanique du détroit 
de la Sonde s'est fait sentir sur nos côtes avec une force très remarquable 
le 27 août. On aurait dit un violent mascaret, et les navirps qui nous 
arrivent de l'Inde traversent encore de vastes étendues de lapilli qui flottent 
à la surface de l'Océan. 

» Il aurait été très curieux de savoir si celte illumination crépusculaire 
se produisait dans les régions hautes ou basses de l'atmosphère et un obser- 
vateur placé au sommet du Piton des Neiges, à plus de Sgoo"" d'altitude, 
aurait pu s'en assurer. Malheureusement nos montagnes sont absolument 
désertes et très difficilement accessibles. Un observatoire construit sur 
leur point culminant rendrait certainement les plus grands services à la 
Science. 

» Nous n'avons dans l'Ile ni speciroscope ni même aucune boussole de 
précision. Je n'ai donc pu faire aucune étude sur le phénomène en question 
et j'ai dû me contenter d'en décrire les apparences perceptibles à l'œil nu. 

» Mais, en faisant relever avec soin les journaux de bord des navires qui 
nous arrivent de tous les |)oints de l'océan Indien, j'ai pu constater ce fait 
curieux que cette illumination ou cette gloire amorale et crépusculaire 
n'était visible que sur une zone allongée en forme de fuseau du sud-ouest 
au nord-ouest et dont la Réunion occupe presque le centre. 

» Cette zone est comprise à peu prés entre iS" de latitude australe et 90° 
de longitude orientale d'une part, et 3o" de latitude australe et 35° de lon- 
gitude orientale d'autre part, soit iS^de latitude en largeur sur 55° de lon- 
gitude. L'axe de cette zone est dirigé est-nord-est, ouest-sud-ouest, et passe 
à environ 5" au sud de la Réunion. 

» En elfet, les navires qui viennent du nord-est commencent à remar- 
quer ces levers et couchers de Soleil extraordinaires entre i4°et 16° de 
latitude sud; les couleurs du ciel deviennent de plus en plus vives à me- 
sure que ces navires se rapprochent de la Réunion en courant au sud-ouest 
ou à l'est-sud-ouest. 

» Les navires qui viennent du sud-ouest (du Cap) remarquent le même 
phénomène dès qu'ils atteignent le 3o* degré de latitude sud, entre les 35* 
et 40* degrés de longitude orientale. 

» Au contraire, les navires venant franchement du nord ou de l'ouest 



( 253 ) 
(des Seychelles ou de Madagascar) ne commencent à apercevoir ces gloires 
crépusculaires que lorsqu'ils approchent: des atterrissages de la Réunion. 

» Je n'ai pu me procurer de renseignements sur ce qui se passe à l'est 
et au sud-est de l'île. Il n'y a que les paquebots de la ligne d'Australie qui 
fréquentent ces |)arages et il nous est impossible de communiquer avec eux, 
l'administration delà colonie les mettant depuis près d'un an en rigou- 
reuse quarantaine. Mais il sera facile, en France, de se renseigner sur ce 
point. 

B En traçant sur une planisplière la zone luminense, telle qu'elle résulte 
des nombreuses observations de navires que j'ai pu recueillir, on constate 
que son axe part du détroit de la Sonde pour aboutir au sud de Madagas- 
car, et coïncide avec la ligne de translation des cyclones. Enfin le phéno- 
mène a suivi à brève dislance le mascaret pioluit par l'éruption de Java. » 

M. A. BoiLLOT transmet à l'Académie quelques documents relatifs aux 
lueurs crépusculaires. (Extrait.) 

• « L'apparence de la lumière crépusculaire s'est manifestée avec viva- 
cité à Paris le 24 janvier. A 5''2o'", l'horizon ouest, d'une couleur rouge 
sang, était surmonté par des couches où l'on distinguait tuie nuance jaune 
orangé, puis, plus liaut, en se rapprochant du zénith, une teinte violacée. 
Ces effets variés décoloration, donnant les principales couleurs du prisme, 
le ronge vif, l'orangé jaunâire et le violet, m'ont conduit à penser que cette 
lumière inaccoutumée est due aune réfraction des rayons solaires à travers 
des vésicules aqueuses ou glacées nageant dans les régions supérieures des 
nuages. » 

M. Chapel adresse une nouvelle Note sur les secousses de tremblements 
de terre. (Extrait. ) 

« Lorsque de fortes secousses se succèdent dans l'espace île quelques 
heures, la tension électrique de l'air augmente sensiblement à l'instant où 
le sol est le plus agité. » 

M. D. SiLow soumet au jugement de l'Académie une Communication 
relative à l'aérostation. 

(Renvoi à la Comnussion des aérostats.) 



( 254 ) 
M. E. FoNTANEAU demande et obtient l'autorisation de retirer deux Mé- 
moires qu'il a présentés sur la détermination des forces élastiques et sur la 
déformation et les mouvements intérieurs des corps élastiques. 

La Communication de M. Cii. Moussette insérée dans le Compte rendu 
de la dernière séance, et la photographie des lueurs crépusculaires qui 
l'accompagnait, avaient été présentées à l'Académie par M. Ecbn. Bec- 
querel. 

La séance est levée à 5 heures trois quarts. J, B. 



BULf^ETIN BIUMOGRAPHIQL'E. 



Odtbages rkços dans la séance on 21 janvier 1884. 

L'homme et V intelligence. Fragments de Physiologie et de Psychologie j 
pnrCn. Richet. Paris, F. Alcan, 1884 ; in-8°. 

Journal du Ciel. Notions populaires d'astronomie pratique; par J. Vinot; 
19* ajinée. Paris, courdeRohan, i884; in-S". 

L'espion aérien; parW. de Fonvielle. Paris, Ch. Bayle, i884; iii-8". 

Société des Sciences médicales de Gannnt. Compte rendu des travaux de l'année 
1882-1883. Paris, A. Delahaye et E. Lecrosnier, i883; in-8°. 

Guide du /j/«?2<eiir (/'Eucalyptus; par A. Certeijx. Alger, A. Jourdan; 
Paris, Challamel, 1877; in-8°. 

Le néflier du Japon; pur A. Certeux. Alger, V. Aillaud, 1878 ; br. iu-8'^. 

Histoire des Sciences mathématiques et physiques ; par M^. Max. Marie; t. II : 
De Diophante à Viète; t. III : De Fièle à Descartes. Paris, Gaulhier-Villars, 
1 883-1 884; 2 vol. in-8°. 

Bulletin de la Société impériale des Naturalistes de Moscou, publié sous la ré- 
daction du D'^ Renaud; année i883, n" 2. Moscou, A. Lang, i883; iM-8°. 

Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen ; 2* série, 
I 883, i" semestre. Rouen, L. Deshays, i883; in-8°. 

Annuaire de l'Observatoire royal de Bruxelles 1884. Bruxelles, F. Hayez, 
i883;in-i8. 



( 255 ) 

Du rôle dit cœar dans le choléra; parE. BERNAUD(de Partlienay). Toulouse, 
imp. L. Hébniil, i884; br. in-S". 

Reflexions sui' des points de Météorologie ; parM . le contre-amiral A. Mottez , 
P.iris, Berger-Levraulf, i884; br. iii-8°. 

De l'utilisation conwie énergie électrique de la force hydrauliriue perdue an 
barrage de Gileppe ; par M. D. Tommasi. Paris, typogr. Collombon et Brûlé, 
sans date; br. in-8''. 

Proceedings oftlte Acadeniy ofnatural Sciences oj Philadelphia, 1882 ; Part. 
I, II, III. Philadelphia, 1882; in-8". 

Proceedings oj ihe american association for iheadvancement of science, tturty- 
ftrst meeting held at Montréal, Canada, august 1882. Salem, i883; in-8°. 
(Deux exemplaires.) 

Proceedings of ihe Boston Society of natural Hislorj' ; vol. XXI, Part IV ; 
vol. XXII, Parti. Boston, i883; a vol. in-8°. 

Bulletin of the philosophical Society of JFashington ; vol. IV. Washington, 
1881; in-8°. 

Maps and panoramas. Tiveljili annual report of the United States geological 
and geographical Survey oftlte territories, 1878 ; in-8° relié. 

Malhematical and physical papers; liy G. -G. Stokks; vol. II. Cambridge, 
i883; in-8° relié. 

Twelflh atinufil report oftlte United States geological and geographical Survey 
qf the territories : a Report ofprogress of the exploration in TFyomhuj and Idaho 
fbrtlie year 1878. In two parts ; Part. I et II, by F.-V. Hayden. Washington, 
Government printing office, i883; 2 vol. in-8° reliés. 

Researches on the hexatomic coinpounds of cobalt. — Researches on the 
cornplex inorganic acids. — On coniplex inorganic acids. — On osinyl- ditelramin; 
by WoLcoTT GiBBs. Sans lieu ni date; 8 broch. in-8°. [Proceedings of the 
american Academy of Arts and Sciences. ) 

Beri-Beri; door D" F. Schneider. Batavia, Ernst et CP, i8f<3; in-8°. 
Nova acta Academiae Caesareae Leopoldino-CaroUnae gerrnanicae natutae 
Cutiosorum; l. XLIV. Halle, E. Blochmann, i883; in-4". 

Nunquam oliosus. Leopoldina. AinlUches Organ der Kaiserlichen Leopoldino- 
Carolimschen deutschen Akademie der Naturforsciter; achtzehntes Heft, Jahr- 
^ang 1882. Halle, E. Blochmann, 1882; in-4°- 

Denlischriflen der Kaiserlichen Akademie der TVissenschaJïen, Mathematisch- 
natunvissenschajiliche Classe; XLVI Band. Wien, i883; in-4". 



( 256 ) 

ERRATJ. 

(Séance du ar janvier 1884.) 

Page i33. Observations du i i janvier, au lieu de 18', 96, lisez iS^,'j6. ' 
;> ligne en remont.int, au lieu de 16 décembre, lisez 16 janvier, 
" 2° " " «« iieit de occidental, lisez oriental. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCb; DU LUNDI i FÉVRIER 1884. 

PRÉSIDENCE DE M. ROLLAND. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

ASTRONOMIE. — Nécessite de la création d'une succursale de l' Observatoire 
hors de Paris. Note de M. Mouchez. 

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie un Mémoire que je viens 
d'adresser au Conseil de l'Observatoire sur l'urgence de transférer dans une 
succursale hors de la ville les principaux services actifs de l'Observatoire 
de Paris. Lorsqu'en 1667 Louis XIV fit construire l'Observatoire p-ar Per- 
rault, à 2''™ au sud du Luxembourg, la ville ne s'étendait guère alors au delà 
de ce Palais, et les astronomes de l'époque ne pouvaient désirer une situation 
plus favorable. Mais depuis lors, et surtout pendant les cinquante dernières 
années, la ville, s'étendant dans toutes les directions, a complètement enve- 
loppé l'Observatoire de hautes et nombreuses constructions dont l'éclairage 
au gaz, les fumées, les poussières, les émanations de toutes sortes troublent 
profondément l'atmosphère autour de nos instruments; et ces conditions 

C. R., iSS!,, 1" Semestre. (T. XCVllI, N» fi.) 34 



( 258 ) 
sont aujourd'hui d'aulant plus fâcheuses que, par suite des progrès inces- 
sants de l'Astronomie et des procédés d'observation, les astronomes sont 
obligés d'accroître continuellement la puissance et la précision des instru- 
ments et (le les placer dans les conditions les plus favorables de pureté et 
de calme de l'atmosphère. En outre, par suite de la présence des cata- 
combes sous nos terrains et du voisinage des rues, le sol n'a pas la stabilité 
et la tranquillité qui nous sont indispensables. 

M Pendant que tous les grands Observatoires de l'étranger, sans exception, 
reconnaissaient et subissaient la nécessité d'émigrer hors des villes, l'Ob- 
servatoire de Paris s'est trouvé au contraire englobé dans un quartier de 
plus en plus populeux. Déjà en i854, puis en 1868, sur les plaintes una- 
nimes des astronomes, cette mauvaise situation a été signalée au gouver- 
nement et discutée devant l'Académie; après une étude approfondie, qui a 
duré près d'une année, la Commission académique nommée pour examiner 
cette question émettait, en 1869, un vote unanime pour demander la 
construction d'une succursale hors de Paris, et l'Académie, appelée à 
donner son avis, sanctionnait, par 53 voix contre un bulletin blanc, le vote 
de sa Commission; mais, pour divers motifs, inutiles à rappeler, ce projet 
ne fut pas exécuté, 

j) Depuis lors, la situation n'a fait que s'aggraver et toutes les amélio- 
rations qu'on a essayé d'introduire n'ont pu la modifier sensiblement : 
il devient donc indispensable d'effectuer ce transfert le plus tôt possible si 
l'on ne veut voir décroître l'importance des travaux de l'Observatoire et 
sa situation relativement aux observatoires étrangers. 

» Les trois obstacles les plus sérieux que j'aie rencontrés, pour donner à 
nos travaux tout le développement qu'ils comportent, consistent : dans le 
trouble de l'atmosphère au milieu d'une grande ville et les trépidations du 
sol, dans l'impossibilité de loger les astronomes à l'Observatoire, comme 
cela a lieu dans tous les grands Observatoires de l'étranger, d'où résulte 
un obstacle insurmontable à la bonne organisation du service de nuit, 
enfin dans l'impossibilité d'améliorer suffisamment l'ancienne installation 
de nos instruments et d'acquérir ceux qui nous manquent, pour lesquels 
d'ailleurs nous n'aurions pas d'emplacement convenable. 

» Pour construire seulement la tour et la coupole de la grande lunette 
dont l'Observatoire s'occupe depuis'lrente ans, il faudrait obtenir de l'État 
une somme de 5ooooo à 600 ooo*^'". Il faudrait, en outre, une somme au 
moins égale pour empêcher la construction de hautes maisons devant nos 



(^59) 
nouveaux terrains et acheter les instruments qui nous manquent; et, en 
supposant même que nous obtenions ces crédits des Chambres, ce qui nous 
semble impossible aujourd'hui, nous n'en subirions pas moins toujours 
le double inconvénient de l'atmosphère parisienne, du logement des 
astronomes hors de l'Observatoire et d'un sol miné par les anciennes car- 
rières. En présence dételles difficultés et ne pouvant pas admettre qu'on 
laisse plus longtemps l'Observatoire de Paris dans ces conditions défavo- 
rables, j'ai eu l'honneur de proposer au Conseil, dans sa dernière séance, 
une solution qui, sans imposer à l'Etat, aucune charge nouvelle, nous per- 
mettrait, tout eu conservant le vieil édifice historique de Louis XIV, de 
construire dans un des domnines de l'Etat, près de Paris, un magnifique 
observatoire de premier ordre, pourvu de tous les progrès réalisés par la 
Science moderne et nous replaçant immédiatement au premier rang des 
grands Observatoires. Il suffirait pour cela d'aliéner pour des constructions 
particulières environ 22000 mètres de jardins et terrains vagues qui en- 
tourent actuellement l'Observatoire sans autre utilité que de l'isoler des 
maisons voisines et qui forment par le fait un capital mort; en les vendant 
à raison de loo*""" à iSof' le mètre, ce qui est une évaluation modérée de 
lem- valeur, ou obtiendrait une somme de près de 3 millions, plus que suf- 
fisante pour créer notre succursale. 

» En défalquant la superficie du terrain nécessaire pour percer deux 
rues nouvelles, prolongeant l'avenue du Luxembourg et isolant l'Obser- 
vatoire de tous les côtés, il lui resterait encore la cour du nord et un 
jardin au sud, de 70" à 80"° de longueur sur So" de largeur, qui con- 
serveraient exactement à l'édifice l'nspect qu'il avait quand il fiit con- 
struit par Perrault. On y laisserait les archives, le Bureau des Calculs, le 
musée et trois ou quatre instruments qui pourraient rendre encore quel- 
ques services et être mis à la disposition de la Faculté des Sciences pour 
l'instruction des élèves. 

» Les plans et devis, très détaillés, d'un avant-projet de cette succur- 
sale ont été faits, sur ma demande, avec le plus grand soin par un habile 
architecte, M. Deharme; ils comprennent les logements de trente astro- 
nomes et employés avec leur famille, toutes les salles des instruments 
et de service, les salles et une galerie souterraine de loo"" de long, un 
pylône de ioo°> de haut pour l'étude de l'atmosphère, une usine à gaz, 
ime galerie couverte rehaut tous les instruments au logement des astro- 
nomes, et enfin la grande coupole pour la lunette de 16""; le devis total, 



( 2C)0 ) 

d'après la série de prix de la Ville, est de 2459000''. En ajoutant le prix 
des instruments nouveaux, du mobilier des bureaux et du mur de clôture, 
ou arriverait au chiffre de 2700000*^', qu'on obtiendrait à très peu prés de 
la vente de nos terrains. Je ne vois donc aucune objection sérieuse à l'a- 
dopiion de ce projet, qui peut seul faire cesser les mauvaises conditions 
dans lesquelles nous nous trouvons aujourd'hui et doter la France du 
plus complet et plus bel Observatoire moderne. 

» Nous avons à l'Observatoire un personnel nombreux et exercé, nous 
avons un budget ordinaire très suffisant, mais ces forces sont en partie 
perdues par les défauts que j'ai signalés; après cinq années d'exercice 
comme Directeur, je n'ai pu que constater l'impuissance de mes efforts 
pour les faire disparaître. Nous avons pu sans doute faire des travaux 
d'une réelle valeur, tels que la revision du Catalogue des 45 000 étoiles 
de Lalande, qui est à peu près terminée et dont nous avons commencé 
cette année l'impression. Cet important Travail fera certainement grand 
honneur à l'Observatoire de Paris. 

» Nous avons beaucoup avancé la construction de l'Atlas écliptique 
commencé par Chacornac et continué par MM. Henry; enfin nous avons, 
depuis ces dernières années, outre notre service méridien à trois instru- 
ments, organisé un service régulier à trois équatoriaux; on travaille donc 
activement à l'Observatoire de Paris; mais il est cependant certain que 
nous n'en sommes pas moins très entravés dans nos travaux et que nous 
n'avons pas pu prendre une part suffisante dans les découvertes modernes 
de l'Astronomie d'observation, par suite des mauvaises conditions »)até- 
rielles où nous nous trouvons. Elles nous placent dans une infériorité re- 
lative sensible vis-à-vis des grands Observatoires étrangers, tous recon- 
struits aujourd'hui dans de bonnes conditions en dehors des villes, et qui, 
donnant asile à leurs astronomes, obtiennent un travail plus régulier et 
plus productif que nous ne pouvons le faire à Paris, 

» C'est pour faire cesser cet état d'infériorité relative et mieux utiliser 
les excellents éléments dont nous dis()osons que j'ai proposé, dans la der- 
nière séance du Conseil, le projet contenu dans ce Mémoire. Le Conseil l'a 
adopte à l'unanimité, en demandant son renvoi à l'Académie et au Bureau 
des Longitudes, qui ont d'ailleurs déjà émis un avis favorable en i854 et 
1868. 

» J'ose donc espérer que l'Académie, qui a toujours montré un si vif 
intérêt pour tout ce qui peut contribuer à la prospérité de notre Observa- 



(26. ) 

toire national et qui, en 1869, a voté ce projet à l'unanimité, voudra bien 
l'appuyer encore par un vote semblable s'il est une seconde fois soumis à 
son examen. » 

L'Académie décide que les Sections de Géométrie, d'Astronomie, de Géo- 
graj)hie et Navigation seront chargées d'examiner le projet présenté par 
M. Mouchez. 



ASTRONOMIE NAUTIQUE. — Sur une nouvelle (implication du niveau à mercure 
pour obtenir la hauteur des astres à la mer quand l'horizon n'est pas visible, 
appareil imaginé par 31. Renouf. Note de M. Mouchez. 

« Le problème depuis si longtemps cherché dans la Marine, consistant 
à obtenir à la mer la hauteur d'un astre à moins de 4' ou 5' près, quand 
l'horizon est rendu invisible, soit par la brume, soit par la nuit, semble 
complètement résolu aujourd'hui par une nouvelle manière, aussi simple 
qu'ingénieuse, imaginée par un capitaine au long cours, M. Renouf, d'ap- 
pliquer le niveau à mercure aux instruments tenus à la main. 

» Jusqu'ici tous les chercheurs qui avaient essayé de résoudre ce pro- 
blème à l'aide du niveau avaient cru à tort devoir s'astreindre à l'appli- 
quer aux instruments à réflexion; ils rencontraient alors cette difficulté 
insurmontable d'amener en contact, dans le champ très petit de la lunette, 
deux objets essentiellement mobiles par suite du mouvement du navire 
et de la main de l'observateur; et quand on parvenait, après une longue 
tentative, à apercevoir simultanément la bulle si fugitive du niveau sphé- 
rique ou du niveau à deux fioles et l'image réfléchie de l'astre, le con- 
tact, quand on l'obtenait, ne durant qu'une fraction de seconde, il était 
impossible d'avoir une idée de l'approximation qu'on obtenait et l'on 
était très souvent exposé à commettre d'énormes erreurs, comme je l'ai 
souvent constaté dans les essais que j'ai faits de ces instruments; aussi 
aucune de ces tentatives n'a-t-elle réussi. 

» M. Renouf a fait disparaître la moitié de la difficulté de l'observation 
en supprimant les miroirs du cercle à réflexioti et en visant directement 
sur l'aslre sans avoir à se préoccuper de la bulle du niveau qui, par une 
disposition fort ingénieuse, se fixe d'elle même sur le point du cercle cor- 
respondant à 1 horizon vrai par la simple touche d'un bouton à ressort, 
quand on a pointé la lunette sur l'astre à observer. 

» On observe alors de la même manière que les navigateurs arabes des 



( 262 ) 

XV* et XVI* siècles, avec leur anneau astronomique tenu suspendu à la main ; 
ils pointaient la pinnule de leur cercle sur l'astre et ils lisaient le degré de 
hauteur correspondant; la seule différence qui existe aujourd'hui, c'est 
qu'on a adapté une lunette et un niveau pour rendre cette observation 
plus exacte. 

» M. Renouf a adapté au bord intérieur d'un cercle ordinaire un tube 
circulaire trans|)arent, à moitié rempli de mercure, de manière que les 
deux extrémités du métal soient à très peu près sur un même diamètre. 
Dans la partie correspondant au bas de ce tube, quand l'instrument est 
dans sa position moyenne d'observation, est installé un robinet dont la 
fermeture instantanée est commandée par un bouton à déclic; quand le 
robinet est ouvert, le mercure circule librement dans tout le tube; mais, 
dès qu'on touche le bouton, le robinet se ferme subitement et fixe les deux 
parties du mercure dans une position invariable, tant que l'instrument 
reste à peu près vertical. 

» Le mode de procéder est donc bien facile à comprendre : l'obser- 
vateur vise directement sur l'astre en tournant le cercle tenu verticalement 
jusqu'à ce que le réticule d'une lunette fixée à demeure sur ce cercle 
vienne tangenter l'astre, ce qui est très facile dans les temps ordinaires* 
dès que le contact est obtenu, on touche le bouton : le mercure devient 
subitement immobile et ses deux extrémités indiquent les deux points du 
cercle divisé qui, à cet instant, correspondent à l'horizon vrai. Il suffit 
alors de pointer, avec une alidade munie à chaque bout de deux petites 
lunettes à réticule, les deux extrémités du mercure et de lire sur le vernier 
les divisions du cercle correspondantes : la moyenne donne la hauteur 
cherchée de l'astre. Il est indispensable de faire cette double lecture, qui 
fait disparaître à la fois les deux principales causes d'erreur, celle qui pro- 
vient de la dilatation du mercure avec les variations de températine et 
celle qui provient de la différence, en plus ou en moins, de la quantité de 
mercure nécessaire pour faire i8o°. On s'était d'abord servi d'un tube eu 
verre; mais, comme il était trop fragile, on l'a remplacé par un tube trans- 
parent en celluloïd. Il est probable que ce tube circulaire pourra quelque- 
fois présenter des irrégularités de forme; mais il suffirait d'une étude 
facile, faite à terre, une fois pour toutes, avant le départ, pour déter- 
miner les erreurs de division qui en résulteraient. 

» M. Renouf, qui vient de se servir de cet instrument pendant un 
voyage aux États-Unis sur les paquebots transatlantiques, dit que toutes 
les observations étaient obtenues avec une erreur moindre que 4'. Quand 



( 263 ) 
le hasard m'a fait rencontrer cet instrument, il y a deux jours, chez le 
constructeur, ]M. Huriiinann, successeur de Lorieux, je l'ai immédiatement 
essayé sur une mire, et j'ai été fort surpris de trouver que les huit ou dix 
hauteurs que j'ai prises ne s'écartaient pas de plus de 2' ou 3' autour de la 
moyenne; il est donc évident qu'avec un peu d'habitude, et à la mer par 
temps ordinaire, on doit parvenir facilement à obtenir le résultat indiqué 
par l'inventeur. 

» Cet instrument sera également très précieux pour les voyageurs dans 
l'intérieur des continents; en le fixant sur un appui quelconque pour éviter 
les tremblements de la main, on pourra probablement obtenir les hauteurs 
à l'on 2' près, par l'observation la plus simple, à la portée de la personne la 
moins expérimentée; cela évitera en même temps les ennuis et les difficultés 
de la manœuvre du bain d'huile ou de mercure de l'horizon artificiel dont on 
est obligé de faire usage aujourd'hui avec les instruments à réflexion. 

» Il faut encore faire remarquer qu'il pourra toujours être utilisé pour 
l'observation du Soleil, même dans les régions éqiiatoriales où les instru- 
ments à réflexion deviennent inutiles quand le double de la hauteur du 
Soleil atteint i25° ou 130°, ce qui est le cas le plus général entre les tro- 
piques. 

» Je ne crois pas qu'aucun des différents systèmes que cherchent encore 
quelques marins, soit à l'aide de niveau, soit à l'aide d'appareils à rotation, 
puisse être d'une telle simplicité et donner des résultats d'une aussi grande 
exactitude. 

» L'intervention de l'observateur dans l'emploi du niveau est tellement 
faible, qu'on pourrait assez justement désigner cet instrument sous le nom 
de cercle à niveau automatique; il a été parfaitement exécuté par M. Hurli- 
mann. 

» J'ai trouvé cette invention si remarquable et si utile pour les marins et 
les voyageurs, que j'ai cru devoir la signaler à l'Académie, persuadé 
qu'elle est appelée à rendre de réels services à la navigation et pour la 
détermination de positions géographiques dans les voyages d'exploration. » 

J/appareil de M. Renouf sera soumis à l'examen de la Commission chargée 
de juger le Concours du prix de Mécanique de la fondation Montyon. 



264 



OPTIQUE. — Sur un phénomène de vision produit par la lumière d'un incendie 
et d'une flamme propre à l'éclairage de In voie publique; par M. E. Che- 

VUECL. 

« L'incendie qui a eu lieu le 3i janvier 1884, à la cité Joly, n" 1 1, rue 
du Chemin-Vert, et dont j'ai observé les progrès durant environ une heure, 
d'une des fenêtres de la maison que j'habite au Muséum d'Histoire natu- 
relle, m'a permis d'examiner l'influence de la lumière, partant du violet- 
rouge jusqu'au rouge-orangé, sur la flamme d'un b c de gaz éclairant la 
voie publique; flamme que je ne voyais que lorsque le vent coiubait les 
branches d'arbres interposées entre la cité Joly et le Muséum. 

» Eh bien, la lumière du gaz d'éclairage m'a présenté, pendant trois 
quarts d'heure, les couleurs complémentaires des lumières de l'incendie, 
à savoir du jaune-vert au vert et au bleuâtre, et je ne me trompe pas en 
disant que les sensations se rapportaient à la fois et au contraste simultané 
et au contraste successif, suivant que je voyais les deux lumières à la fois 
ou que je n'en voyais qu'une seule. » 



ÉLECTROCHIMIE. — Sur la loi de Faraday; ^AT M. Berthelot. 

« D'après la loi de Faraday et les expériences de notre savant Confrère 
M. Becquerel, lui même courant électrique, traversant une suite de sels 
électrolysables, pendant le même temps, sépare au pôle négatif des poids 
pes divers métaux proportionnels à leurs équivalents : c'est-à-dire que, 
1 07^% 9 d'argent étant précipités, le même courant précipite en même temps 
103^*^,5 de plomb; il sépare simultanément Sg^"^, i de potassium et G8*'',5de 
baryum (ces derniers métaux déconq^osant l'eau ne demeurent pas libres, 
mais se retrouvent sous forme de base libre autour du pôle), 

1) Tous ces poids sont, je le répète, proportionnels aux équivalents, c'est- 
à-dire, d'après la définilion classique, aux poids relatifs suivant lesquels 
les métaux se substituent les uns aux autres. Pour qu'ils fussent propor- 
tionnels aux poids atomiques, on devrait obtenir, en même temps que 
107^', 9 d'argent, 207^'' de plomb, c'esl-à-dire un poids double de celui 
qui se précipite réellement; en même temps que Sg^', i de potassium, on 
devrait obtenir 137s'" de baryum : ce qui n'a pas lieu. 



( 2ti5 ) 

» De même, pour les éléments éleclronégatits ( ' ), si l'on élecJrolyse dans 
tin même circuit le chlorure et l'oxyde d'un même métal, les poids de 
cldore et d'oxygène, mis en liberté dans le même temps, sont proportion- 
nels à So^"^, 5 pour le chlore et à 8^"' pour l'oxygène, c'est-à-dire aux 
équivalents. S'ils étaient proportionnels aux poids atomiques, on devrait 
obtenir, pour 35b'', 5 fie chlore, i6^^ d'oxygène : ce qui n'a pas lieu. 

» Sans entrer dans aucune discussion sur les corps plurivalents, dont la 
notion est antérieure à la nouvelle notation atomique, ainsi qu'il résulte de 
la découverte des acides polyhasiqnesparGrahain, en i835, de la découverte 
des alcools |iolyatomiques par moi-même, en i854, et de la découverte 
même du glycol, deux ans après, par mon savant ami, M. Wurtz; sans 
entrer, dis-je, rlans aucune discussion sur les corps plurivalents, dont la 
théorie est identique d'ailleurs pour les chimistes qui conservent les équiva- 
lents et pour ceux cpii préfèrent les nouveaux poids atomiques, je me borne 
à constater que la loi de Faraday est exprimée en général d'une façon plus 
simple au moyen des équivalents qu'au moyen des poids atomiques, et cela 
aussi bien pour les éléments électropositifs que pour les éléments électro- 
négatifs. » 



PHYSIOLOGIE APPLIQUÉE.— Réponse (itix observations présenlëes pur M. Richet*, 

par M. Pacl Bert. 

« Noire savant Confrère, M. Richet, m'a reproché de m'être servi, en 

(') La décomposition de rammoniatjue par le courant ne peut être invoquée ni pour ni 
contre la loi, attendu que l'azote qu'elle fournit n'est pas un produit direct d'électrolysc, 
pas plus que l'azote fourni par la décomposition analogue de l'acide azotique dans cer- 
taines conditions. Les sels, les acides hydratés, les bases hydrate'es et les corps de con- 
stitution analogue paraissent seuls susceptibles d'une électrolyse directe dans les dissolu- 
tions. L'ammoniaque, en tant qu'azoture d'hydrogène, ne leur est pas assimilable, car elle 
ne forme pas des azotures solubles, comparables aux chlorures. 

Lorsque M. Hofmann a électrolyse une solution saturée de chlorure de sodium con- 
tenant une petite quantité d'ammoniaque, il se proposait uniquement de faire une expé- 
rience de cours, destinée à démontrer le rapport entre le volume des éléments gazeux de 
l'ammoniaque et celui des éléments de l'eau, rapport indépendant de la question de 
l'électrolyse directe de l'ammoniaque. Mais l'azote, mis à nu dans ces conditions, est un 
produit secondaire, résultant de la décomposition de l'ammoniaque par le chlore, qui 
est le produit direct de l'électrolyse du chlorure de sodium. La loi de Faraday, dans ces 
conditions, s'applique au chlore et non à l'azote. 

C. R., 1884, I" Semestre. (T. XCVIIl, N° S.) 3j 



( '266 ) 
parlant de la méthode d'anesthésie par les mélanges litres de chloroforme 
et d'air, des expressions suivantes : 

« Cette métliode me paraît être la seule qui puisse dégager absolument la responsa- 
bilité des chirurgiens. » 

» Je ne voudrais pas que cette phrase fût considérée comme une forme 
nouvelle donnée à l'affirmation de M. Sédillot que « le chloroforme pur 
» et bien administré ne tue jamais », on à celle de M. Gosselin que « le 
» chloroforme, même légèrement impur, ne donne pas la mort lorsqu'il 
» est bien administré ». Je n'ai pas l'autorité nécessaire pour émettre des 
formules dont les conséquences peuvent être si graves. Je sais trop, d'antre 
part, combien sont encore nombreuses les inconnues de l'histoire physio- 
logique des anesthésiques pour prétendre que l'emploi de ma méthode 
mettra certainement les chirurgiens à l'abri de tous les accidents. Mais je 
dis qu'elle constitue un progrès important stn- toutes les autres, progrès 
qui compense largement les inconvénients de l'emploi d'un appareil spé- 
cial, et que le chirurgien qui, sans l'avoir mise en usage, aura le malheur 
de se trouver en face d'un accident mortel, pourra vivement regretter de 
ne ])as l'avoir employée. 

» 11 est vrai que M. Richet me dénie le droit de parler ainsi. Vous n'y 
serez autorisé, me dit-il, qu' « après avoir fait vos preuves, c'est-à-dire 
» après nous avoir apporté tni nombre de looooà 12 ooo chloroformisa- 
» tions sans accident, et encore faudra-l-il attendre ». S'il en était ainsi, 
ma méthode serait à l'avance condamnée, puisque notre savant Confrère 
me déclare en même temps que « les chirurgiens ne changeront pas leur 
» manière d'opérer actuelle sans celte démonstration », ce qui la rendrait 
évidemment tout à fait impossible. Mais je vais indiquer les motifs d'ordre 
scientifique qui justifient ma confiance. 

M Un mot tout d'abord sur la fréquence des cas de mort par le chloro- 
forme. M. Richet a accepté comme moyenne le chiffre de i mort sur 10 000 
à 12000 chloroformisations; pour M. Gosselin, ilya i mort sur 520o; pour 
leD' Coles, i mort sur 2800. Rien de moins précis, on le voit, que ces ré- 
sultats statistiques, d'autant plus qu'il n'est nullement démontré que tous 
les cas de mort soient publiés. 

o II faut, (lit M. Dartt ('), quadrupler et peut-être quintupler le cliiffie des cas de mort 
connus, pour arriver à une appréciation très approximative, car nombre de cas ne sont pas 
publiés, u 

(') Des contie-indicalions de l'ancsthésie, p. 60. Paris, 1880. 



( 2G7 ) 

» Du reste, il est admis, comme l'a rappelé M. Richet, et comme M.Hipp. 
Larrey l'avait fait remarquer depuis longtemps ('), qu'un certain nombre 
de ces accidents peuvent être mis sur le compte des impressions morales, 
et qu'on n'en doit pas incriminer le chloroforme. Je n'ai [)as plus que per- 
sonne la jjrétention de me mettre à l'abri de ces catastrophes, qui survien- 
nent, bien entendu, au début des opérations. 

» Bien que la mort semble n'arriver que très rarement, elle ne laisse pas 
que de préoccuper singulièrement les chirurgiens. Là-dessus, tous sont 
d'accord : «Les anesthésiques, disait Velpeau (^), sont des armes très dange- 
» reuses. » Dans la discussion de 1882 à l'Académie do Médecine, tous les 
chirurgiens ont parlé dans le même sens. « Je sais très bien, dit M. Ver- 
» neuil ('), que lorsque je m'approche d'un malade avec la compresse de 
» ehlorol'ornie, je fais naître pour lui des chances de mort. » Selon M. Ro- 
chan (*) : « La question de vie ou de mort est toujours posée, quand on 
» a recours aux anesthésiques. » EtM. Trélat (^) déclare que, « chaque fois 
» qu'il s'approche d'un malade avec luie compresse de chloroforme, il est 
» pénétré de la responsabilité qu'il assume ». Du reste, Robert avait dit 
avec raison, il y a longtemps : « Le chloroforme est un danger, parce que 
« c'est une puissance. » 

» Les cas de mort sont peu nombreux, je le veux bien; mais il n'en est 
pas de même des cas d'inquiétude, si l'on peut ainsi parler. Les chirur- 
giens les plus expérimentés sont, suivant la juste expression de M. Richet, 
« en grand souci pendant leurs opérations ». 

« Combien de fois n'ont-ils pas à se préoccuper d'une respiration ster- 
toreuse ou irrégulière, d'une congestion ou d'une pâleur de la face, etc., à 
ce point que quelques-uns ne semblent rassurés, et je crois qu'Us ont grand 
tort, que par les plaintes sourdes et les contorsions d'un patient insuffi- 
samment aneslhésié : « L'anesthésie incomplète, dit avec raison M. Pa- 
» uas C), est une pratique qu'on a de la tendance à suivre trop souvent, 
» sous prétexte de sécurité fallacieuse. » 

» Aussi lej chirurgiens surveillent-ils de 1res près leur malade sans trop 

(') £iill. de la Suc.de Chirurgie, [. IV, i853. 

('■') Bull, de l'Jcad. de Médecine, t. XXII, \>. 829; iSS^j. 

(^) Bull, de l'Jcad. de Médecine, 2' série, t. XI, p. 197; 1882. 

(*) Ibul., p. 202. 

( ^) Ibid., p. 260. 

[') Ibid., p. 417. 



( 2G8 ) 

s'entendre cependant sur les phénomènes les plus importants à observer. 
Les nns s'occupent surtout du pouls, d'autres de la respiration, d'autres 
de la sensibilité de diverses parties du corps. Ils diffèrent encore bien plus 
sur la manière dont il convient d'employei' l'anesibésique. « J'ai assisté 
» à un bon nombre de cbloroformisalions, disait, il y a quelques mois, 
» M. Gosselin ('), et j'ai été rarement satisfait de la manière dont on pro- 
» cédait. » C'est que, pour notre savant Confrère, il est indispensable de 
procéder par « des doses moyeiuies » administrées par intermittences sui- 
vant une règle à la fois très précise et très compliquée (^). D'autres, comme 
M. Labbé, préfèrent des « doses faibles », mais données d'une manière 
continue. La gramle niajorité, sans prétendre à une telle précision, se 
préoccupe surtout de permettre au malade de respirer une quantité d'air 
suffisante pour se melti-e à l'abri de l'asplnxie, approchant ou éloignant la 
compresse et renouvelant le chlorofornie, suivant la manière dont se com- 
porte le palieut. 

« A la moindre alerte, dit M. ïrélat, pour pou que le système respiratoire perde sa 
régularité, son uniformité, au moindre changement de coloration de la face, nous enlevons 
brusquement la compresse. Nous avons tous, et chacun en parliculier, nus petites précau- 
tions, nos petites ingéniosités de surveillance ('). i' 

» Or, à chaque moment, les inégahtés de l'évaporalion dues à la 

(') Bulletin de l'Académie de Médecine, ■i'' série, t. XI, p. \-Ç). 

('-) Je commence par verser au centre de la compresse la quantité de chloroforme (i"'',5 
à 2^'') nécessaiie pour donner une tache qui a l'étendue enviion d'une pièce de 5 francs, et 
je place cette tache devant le nez et la bouche, à la distance de o'", o4 ou o'", oS. Ajjrès six 
inspirations, que je compte moi-même, je retire la compresse et je verse la même quantité 
de chloroforme que hi ])remière fois; pendant ce temps le malade fait deux inspirations à 
l'air libre; je place alors la compresse un peu plus près du nez et de la bouche sans l'y appli- 
quer, de façon à laisser toujours passer une notable quantité d'air avec lequel se mélangent 
les vapeurs anestln-siqucs. Après six ou sept nouvelles inspirations bien complètes, je vcise 
une nouvelle quantité de chloroforme sur la compresse, que j'éloigne exprès et conqilète- 
ment de la bouche et du nez : deuxième intermittence, pendant laquelle deux inspirations 
sont faites avec de l'air pur. Je rapproche alors la compresse sans la mettre en contact avec 
la peau, afin d'éviter l'irritation de celle-ci et toujours pour laisser venir assez J'air; je fais 
faire sept nouvelles aspirations avec le chloroforme, après quoi nouvelle intermittence de 
deux inspirations et addition d'environ 3*^' de chloroforme sur la com]U'essc. Si la lespira- 
tion reste calme et uniforme, je continue de lu même façon en faisant des intermittences un 
peu plus rares, toutes les dix, douze et même quinze inspirations. (Gosselin, Encyclo- 
pédie internationale de Chirurgie, t. II, p. iG5. Paris, i883.) 

(^) Bull. Acad. de Méd., 2° série, t. XI, p. 247 ; 1882. 



( ^-69 ) 
températuie, a la ventilation et à la respiration, les quantités variables de 
chloroforme, les distances variables de la compresse aux voies respira- 
toires, modifient dans des limites qu'il est impossible de mesurer, mais 
qui sont, à coup sur, très étendues, la projiortion des vaj)eurs de chloro- 
forme dans l'air inspiré. 

» J'ai donc eu raison de dire, étant donné le faible écart qni existe entre 
la proportion efficace (oS^,o4 |>ar inspiration) et la proportion très dan- 
gerense (oS'',o8 par inspiration) des vapeurs de chloroforme dans l'air, 
qne c'est « en louvoyant avec habileté » au milieu de ces difficultés que 
« les chirurgiens obtiennent l'anesthésie et évitent les accidents ». 

M Beaucoup l'ont compris, et, effrayés de leur responsabilité, ont essayé 
de régler la dépense du chloroforme à l'aide d'appareils divers; mais ces 
appareils ont été abandonnés, et avec raison, car ils étaient tons fondés 
sur le faux principe de la mesure des quantités de chloroforme à employer, 
an lien du principe vrai de la mesure des tensions de vapeur. Ils avaient 
ainsi tons les inconvénients de la compresse ou de l'éponge, avec en plus 
(sauf le cornet employé par les chirurgiens de la marine) des difficultés 
d'application, et leur fausse précision était la source d'une fausse sécurité. 
Ces critiques expliquent parfaitement la défiance des chirin-giens pour les 
appareils nouveaux qu'on leur présente. 

» J'ose dire que ce n'est pas un appareil, c'est une méthode nouvelle 
que j'apporte. Mon but est de régler et de maintenir constante dans l'orga- 
nisme la quantité de chloroforme nécessaire à l'anesthésie, et j'y parviens 
en faisant respirer les vapeurs de chloroforme juste à \n tension néces- 
siire. L'emmagasinement chimique du chloroforme étant faible et lent à 
se produire, et pouvant être négligé pendant la durée des opérations chi- 
rurgicales, le sang et les tissus contiendront, au bout de quelques minutes, 
ce qu'il faut de chloroforme, ni plus ni moins. 

» On n'a donc pas à craindre les accidents d'empoisonnement qui ne 
pourraient se manifester qu'après un très long temps, et dont avertirait sû- 
rement le graduel abaissement de la température. On n'a pas davantage à 
craindre les accidents d'asj)hyxie, puisque la proportion d'oxygène dans 
l'air inspiré n'est diminuée que d'un centième. Enfin, on n'a pas à craindre 
(réserve faite, bien entendu, des syncopes ou des congestions cérébrales 
dues à l'émotion) les accidents du début de la chloroformi^ation. 

» Ceux-ci sont les plus redoutables de lous par leur nombre [puisque, 
dans la moitié environ des cas de mort, celle-ci est arrivée avant l'anesthé- 



( 270 ) 

sie (' ) ] et par leur soudaineté. Ils consistent en arrêts brusques des mou- 
vements respiratoires on des battements du cœur, arrêts cpii surviennent 
dès les premières inhalations. Je pense, avec la plupart des physiologistes, 
qu'il faut y voir des actes réflexes bulbaires, provenant de l'excitation, par 
les vapeurs trop concentrées du chloroforme, des nerfs des cavités naso- 
bucco-pulmonaires, et particulièrement de ceux que j'ai appelés les « sen- 
tinelles de la respiration )) : le nasal, le laryngé supérieur, le pneumogas- 
tiique {^). 

M Ces excitations se manifestent, dans les circonstances ordinaires, par la 
toux, la suffocation, la salivation et les autres phénomènes que j'ai désignés 
sous le nom de période de répulsion. Lorsque les vapeurs sont diluées dans 
la proportion que j'ai indiquée, ces effets disparaissent et le patient entre 
d'emblée dans la période du rêve, du délire, de YagilatioUj comme l'on 
dit. On objectera que la mort soudaine est apparue dans des cas où l'on 
n'avait versé sur la compresse que très peu de chloroforme : lo»'", .')°', 2^'^ 
même. Mais si, par un ensemble île circonstances malheureuses, a^'' ont 
été volatilisés rapidement et portés en deux respirations, par exemple, sur 
les nerfs sentinelles, il y aura là, dans l'air inspiré, une proportion vingt 
fois plus forte de chloroforme que dans mon mélange titré. Et c'est de quoi 
expliquer aisément la sidération mortelle. 

» Quand la période d'agitation, pendant laquelle il faut bien se garder 
d'opérer, est passée, et qu'on est arrivé à l'uisensibilité, le mélange titré 
évite les afflux trop forts du chloroforme irrégulièrement versé sur la 
compresse et protège à la fois contre l'emmagasinement et contre l'.ip- 
pauvrissement : le mélange titré fait un sang titré. Et il ne semble pas 
que l'on ait à craindre les réflexes inhibiteurs de la respiration et du cœur 
dont ont parlé plusieurs physiologistes; car, ainsi que je l'ai indiqué, pen- 
dant les opérations faites sur l'homnie, les excitations les plus douloureuses 
n'amènent aucun changement dans le pouls et produisent seulement une 
accélération légère de la respiration. 

» On paraît supposer, aprioti, que la valeur du titre du mélange devrait 
changer suivant les dispositions individuelles que le langage médical 
appelle les idiosyiicrasies. Ce que j'avais vu sur les animaux rendait la chose 
peu probable. Les expériences sur l'hounne, aujourd'hui au nombre d'une 

( ' ) Le roET, Jlull. Acad. de Mcd., 2' série, t. XI, p. 260 ; 1882. 
('-) Paul Bert, Leçons sur la respiration, p. 483; Paris, 18'jo. 



( 27' ) 
quaraulaiiie, ont moiitri- que cette supposition est peu vraisemblable, car 
les malades, choisis dans les conditions les plus variées, ont tous été en- 
dormis par le mélange à Ss"" de chloroforme pour loo'" d'air, sans présenter 
de différences notables. 11 semble que les écarts les plus considérables 
doivent osciller entre 78'- et C)^". 

» Du reste, s'il paraissait nécessaire, dans quelques circonslancesexcep- 
tionnelles, d'employer des proportions différentes, un dispositit instru- 
mental que je ne puis décrire ici donnerait immédiatement le résultat dé- 
siré. 

.. Ainsi l'emploi des mélanges titrés a la précision qui do:me la sécurité 
et la souplesse qui peut se prêter à toutes les éventualités. On peut, je 
viens de le dire, changer les proportions, on peut, cela est bien évident, 
si on le désire, procéder par intermittences. Mais ce qu'd ne permet 
pas, c'est de faire courir des dangers par l'emploi de doses trop élevées. 
Il donne à coup sûr, et mécaniquement, ce que recherchent et ce qu'ob- 
tiennent les praticiens les plus habiles au prix d'une longue et souvent 
pénible expérience. 

» Je n'ai donc rien exagéré en disant que son emploi peut seul permettre 
au chirurgien d'affirmer, en cas d'accident morlel, el de prouver, s'il est 
nécessaire, qu'il a pris loutes les précautions qui doivent couvrir sa res- 
ponsabilité. J'irai volontiers jusqu'à penser que, grâce à lui, les accidents 
inhérents au chloroforme lui-même doivent absolument disparaître. 

» Notre savant Confrère, M. Richet, me permettra de le remercier de 
m'avoir signalé l'appareil de Clover. J'avoue qu'il m'était iiicoiuiu. Il n'en 
a été fait mention ni dans les livres, tlièses, articles de dictionnaires les 
plus récents, ni dans les discussions devant les corps savants. 

» L'examen auquel je me suis livré m'a montré d'abord que son inven- 
teur n'était pas dirigé par les idées théoriques qui m'ont amené à propo- 
ser mes méthodes d'anesthésie par le protoxyde d'azote, le chloroforme et 
l'étlier. 

» Mais, comme les titrages employés par Clover sont analogues au 
mien, bien qu'un peu plus faibles (de 3o à 4o minimes pour 1000 pouces 
cubes, soit de S^'' à 7^'- par 100 litres d'air), je puis mettre à l'actif de la 
méthode les résultats excellents qu'elle a donnés dans des milliers de cas. 
Quant aux accidents, ils me paraissent dus, comme le dit Clover lui-même, 
à des erreurs dans le dosage. Et ceci vient à l'appui de cette idée à laquelle 
je m'étais arrêté, qu'il faut en arriver à supprimer l'intervention de 



( ^1-^ ) 

l'homme dans la préparation du mélangPtitré, et la remplacer par tiii dispo- 
sitif m(''caiiique. On devra donc renoncer anx gazomètres, aux sacs de 
caontchouc, et s'arrêter anx appareils automatiques. Il y a là un petit pro- 
blème que résolvent en ce moment, par des moyens différents, d'habiles 
constructeurs. 

» Je pense que notre savant Confrère me s.iura gré de relever, en termi- 
nant, nne phrase de son Mémoire qui pourrait avoir le grave inconvénient 
d'al)riter sous l'autorité de son nom une erreur historique déjà trop ré- 
pandue, même dans nos livres classiques. 

» Simpson, dit-il, celui-là même qui a découvert les propriétés du chlo- 
» roforme M (p. ig6). Or, c'est le 4 novembre 1847 que Simpson, essayant, 
sur lui et sin* quelques amis, l'action d'un grand nombre de substances vo- 
latiles, s'adressa, entre autres, au chloroforme; et déjà, le 8 mars de la même 
année, Flourens (') avait entretenu l'Académie des expériences faites sur les 
animaux avec le chloroforme. 

» C'est donc Flourens qui, le premier, a découvert les propriétés du chlo- 
roforme. A Simpson le mérite de l'avoir appliqué à l'homme et de l'avoir 
fiiit passer définitivement dans la pratique chirurgicale. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Courbes du mnrègynplie de Colon. [Tremblements 
de terre à Snntander, Giiyaquil, CItio, etc.) Note de M. de Lksseps. 

« Comme suite à la Communication que j'ai eu l'honneur de faire à 
l'Académie le 26 novembre dernier, sur l'etuegistrement, par le marégraphe 
de Colon, d'une commotion marine paraissant se rattacher au tremble- 
ment de terre de Java, je dépose aujoind'hui, sur le bureau, les courbes 
données par ce même marégraphe dans les joiunées des x'j et i4 octobre 
i883. 

» Sur la courbe du i/J octobre j'ai fait indiquer, en pointillé, la coutbe 
du i5 octobre, tout àfait régulière, faisant ressortir les anomalies de celles 
du 14. 

» Les ondulations des courbes des i3 et i4 octobre indiquent sans 
doute les commotions souterraines occasionnées, à ces dates, par les trem- 
blements de terre constatés à Santander sur l'Atlantique, à Guyaquil sur 
le Pacifique, à Cliio dans la Méditerranée, etc. 



Comptes rendus, t. XXIV, p. 342. 



273) 

» Le niarégraphe de l'île de Naos (golfe de Panama, océan Pacifique) 
n'a signalé aucune situation anormale. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les quanlilés formant un groupe de nouions 
anulocjues aux quaternions de Haniillon; par M. J.-J. Sylvester. 

« Dans une Note précédente ( ' ), j'ai fait allusion an cas où le détermi- 
nant àex -\- jm -+- zn devient une fonction linéaire de x^,y^, z^ sans que 
la quantité nommée Q s'évanouisse. Dans ce cas, on aura 

(l) (772«)-' + Q("") — R = 0> 

R étant le déterminant de mn. C'est bien la peine, comme on va le voir, 
de donner plus de précision aux équations qui lient ensemble nui et lun 
pour ce cas. 

» En suivant la même marche que pour le cas particulier où Q = o, on 
trouvera sans difficulté les résultats suivants : 

( 2 ) nm= 7^ mn y ^ mn ^ > 

(a) mn — — ^ inmy ^nni h — ^ , 

Ç étant le produit des différences des racines de la fonction X' + Qa — R, 
de sorte que "(- = 4Q' + -7R'- 
» Conséquemment on peut écrire 

(4) uni— A(/n«)- + R mn + C, 

(5) m« = — A(nm)- + B'm/i — C, 

où A et C peuvent être tous les deux zéro, ou tous les deux des quantités 
finies quelconques, mais non pas l'un d'entre eux une quantité finie et 
l'autre zéro, et B, B' les deux racines par rapport à B de l'équation 

(6) B=+B-t-i+^ ('). 

(») Comptes rendus, t. XCVII, p. i 336. 

i'^) En omettant de consulter ses calculs et en se fiant à sa mémoire, l'auteur de cette 
Note a donné comme le dernier terme de cette équation aux Errata [Comptes rendus, 

AP 

■j janvier 1884 ) — AC au lieu de — • 

C. R., 188^, i- Semestre. { T. XCVUl, N° K.) 36 



( 274 ) 

» On peut vérifier, comme je l'jii fait, par un calcul algébrique direct, 
que les équations (4) et (5), en vertu des équations (i) et (6), sont compa- 
tibles. 

» Or une chose digne de remarque, c'est ce qui arrive quand Ç = o, car 
cela servira à révéler un phénomène d'Algèbre universelle d'un genre que 
personne n'avait encore même soupçonné. 

» Dans ce cas, les deux équations (4) <ït (5) changent leur caractère et 

deviennent 

Q{mn)- — 3R77^7^ -+- 2Q = o, 

Q{nin)'- — 3Rnin -+- aQ — o. 

de sorte que inn et nin cessent d'être fonctions l'un de l'autre. 

» Nommons, pour le moment, mn = u, Tim = i>; on aura, comme 
auparavant, iw = vu, sans que {> et u soient fonctionnellement liés en- 
semble. Dans le Johns Hopkins Circular de janvier 1884 (dans l'article 
intitulé On the three laws of motion in the world of universal ^kjebra, 
p. 34, en haut), on trouvera le moyen d'établir qu'en général cette équa- 
tion amène à la conclusion que ou u doit être un scalar, c'est-à-dire de la 

C o o 
forme o C o, ou bien v un scalar, ou sinon que nm, mn doivent être fonc- 

o o C 
tions l'un de l'antre; mais on remarquera (ce qui m'avait alors échappé) 
que, si Yu = o est l'équation identique en u et que la dérivée fonction- 
nelle Y'u est une matrice vide [vacuoiis), c'est-à-dire dont le déterminant 
est zéro, le raisonnement est en défaut; cette vacuité a lieu dans le cas, et 
seulement dans le cas où deux des racines latentes (lambdaïques) de m sont 
égales. On peut généraliser cette conclusion et l'étendre à deux matrices u 
et i> d'un ordre quelconque au-dessus du deuxième; c'est-à-dire quand les 
racines latentes de u (ou bien de u) ne sont pas toutes inégales, il est des cas 
où iiv --= (;Hj sans que u ou v soient des scalars et sans que i> et u soient 
fondions l'un de l'autre. Par exemple, si l'on fait 



u = 



on trouvera 



o 
t 



UV ■ 



o 



I 
o 



-p 



1 
o 



= vu. 



( 275) 

» Mais on démontrera sans difficulté que v ne peut pas s'exprimer 
comme somme de j)uissances de «, ni vice versa v comme somme de puis- 
sances deii. 

» On n'a pas besoin de remarquer que la seule condition de l'existence 
de racines latentes égales en u ou en v ne peut pas suffire en elle-même 
pour assurer que uv = l'w, mais il faut réserver pour une autre occasion la 
pleine discussion de la totalité des solutions de cette équation importante. 

» J'ajouterai seulement cette remarque, qui est essentielle. En supposant 
l'existence des équations 

m'-n -+- m/un + nin- = o, 

71- m -+- ninn -+■ mn- = o, 
{mny^ + Qm« — R = o, 
{nmy-rQnm— R = o, 

qui ont lieu nécessairement quand le déterminant de x + j/?3 + zn devient 
une fonction linéaire de cc^, j'\ r\ et en regardant nm comme fonction 
de mn (en vertu de l'équation 772«.n/w = nm.mn), alors, en additionnant aux 
deux valeurs de nm (exprimé comme fonction de mn) données ci-dessus, 
qui correspondent aux deux valeurs de '(, c'est-à-dire y/4Q^+ 27 R-, on 
a à considérer quatre autres valeurs, le nombre total en étant six. Car si l'on 
suppose nm — A{mny -\-Bmn-hC et si ).,, ).o, ï^ sont les trois racines de 
■).' 4- Q>. — R = o, les valeurs de A, B, C sont déterminées en mettant 

AX'ïH-BX, + C = X,-, 

AX^ + 6X3 + = Xa, 

où /, j, k sont respectivement 

1 3 2 

■i 2 3 I 

12 OU OU bien 5 2 i 

3 I 2 

2 I 3 

» Les valeurs de A, B, G données ci-dessus correspondent au deuxième 
de ces groupes de valeurs de i, j, k. 

» Si l'on écrit i = i, / = 2, A" = 3, on trouvera nm = mn. 

» Si l'on écrit i = i,y = 3, k = 2, en faisant X, = A, on trouvera 

3\lmnY— Qinn + 2AQ 

mn = — i ■ ^^ ^' 

3A^+Q 



( 276 ) 
» Dans le cas critique où Ç = o, de sorte que 3 A- -(- Q = o, l'équation 
devient {innY -\- Amn — 2A- = o, comme dans le cas déjà traité. Quand 
on suppose Q égal à zéro et R (c'est-à-dire le d<^terminant de mn) fini, 
les seules solutions possibles avec ces conditions sont celles fournies en 
écrivant/, y, /• = 2, 3, r, ou 3, i, 2; mais, pour le cas générai, il n'y a pas de 
raison (au moins très évidente) pour exclure aucune des trois classes de 
solution. Si l'on admet la légitimité des solutions de la troisième classe, 
en écrivant Jini = A{!in)- 4- Bin/i -+- C, on trouvera 



au lieu de l'équation 



B^+B + — =0 



B^ + B+i + — = 0, 



qui est applicable aux solutions de la deuxième classe. » 

MÉTÉOBOLOGIE. — Résumé des observations météorologiques faites pendant 
Vannée i883, en quatre points du Haul-Rhin et des Vosges. Note de 
M. G.-A. HiRN. 

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie le résumé des observations 
faites l'année dernière, i883, à Colmar, Munster, la Schluclit et Thann. 
Je renvoie le lecteur, pour les détails, aux Comptes rendus au 3o janvier 1882. 
M. Léonhardt, directeur du blanchiment chez M. Hartmann, a bien 
voulu continuer les observations faites à Munster par mon regretté ami, 
O. Hallauer, que la Science a perdu récemment. 

Observations actinomètriqaes. 



min. 

Janvier 20,8 

Février 20,9 

Mars 23,2 

Avril , 22,2 

Mai ? 

Juin 25,7 

Juillet 22,4 

Août 25,2 

Septembre 26,2 

Octobre 24,5 

Novembre , 21,4 



Décembre 24 , 





Nombre 


^ — , 


d'observations 


max. 
24,4 


par mois. 

7 


22 ,2 


10 


26,4 


12 


? 


I 1 


? 


i3 


29,5 
24,8 

33 
3o 

3o,5 
24,5 


12 
7 

'9 

9 

9 
6 


27,5 


4 



( ^77 ) 
» On voit par ce Tableau que les différences entre le thermomètre, à 
l'ombre et le thermomètre à boule noire, au soleil, ont été notablement 
plus grandes, en moyenne, que les deux années précédentes; les diffé- 
rences maxùna sont aussi plus frappantes. Ainsi, au mois d'août, cette dif- 
férence s'est élevée à 33°. 

Tableau relnlif aux vents. 























Nombre 








Vents 




Vitesse 










de 








dominants 


— _ 


. .^_ 


-^ 


- — 


— 


jours où le ven 








à Col mai'. 


moyenne. 


maxima. 


a 


été notable. 






Janvier 


N 

S. 


-O.-O. 


m 
2,?. 

7>2 






m 

4 

25,5 




«7 

4 






Février 


S. 


-S.-O. 


3,4 






i5 






8 






Mars 


N 


-N.-E. 


4,8 

3,8 
3,6 
6 






"7 
10 

6 

•4 


5 




'4 

'7 

i5 

.5 






Avril 








N. 


-N.-E. 
-N.-E. 
-0. 






Mai 


i '^ 








1 S. 






JlUQ 


N 


-S.-O. 

-0. 

-N.-E. 


2,6 

4,2 

5 

3 






10 
10 
■ 4 

6 






.5 
21 
1 1 

ri 






Juillet 


S. 






Août 


S. 
N. 






Septembre 


S. 




4,5 






i5 






1 1 






Octobre 


S. 


-0. 

-0. 


2,5 

6 






4 
22 






1 3 

7 






Novembre 


s. 




5,5 






i5 






i5 






Décembre 


s.- 

\ N. 


0. 


6 

2,5 






20 

4 






6 

i5 










Température 


















minima. 












I 


naxims 

ster. 


. 






Schluchl. Munster. 


Colmar. 


Thann. 


ScliUicht. 


Mun 


Colmar. 


Thaiin. 


Janvier 


-3,8 — 2,3 


— 0,94 


— 2 


,6 


— 


'9 




3 


<9 


4,08 


2,9 


Février 


— 3,1 — 0,3 


0,90 


— I 


32 


I 


,8 




7 


9 


9,20 


7 


Mars . . 


-7 - 3,3 


— I ,70 


- 4 


,10 


— I 


» ' 




4 


,8 


6,90 


5,37 


Avril . . 


—0,7 2,8 


3,65 


2 


i6 


6 


43 




12 


85 


'5,97 


i3,85 


Mai . . . 


4,3 7,34 


8,90 


6 


.<39 


12 


7 




17 


.96 


21 ,52 


19,88 


Juin.. . 


7'37 9>95 


1 1 ,60 


8 


,68 


i5,8 




21 


,23 


24,41 


22,22 


Juillet . 


7,88 11,60 


i3 


I ( 


.70 


14 


7 




21 


,60 


24,37 


21,70 


Août. . 


7,63 10, 5o 


io,97 


9 


65 


.6 


33 




23 




25,84 


22,45 


Sept . . . 


6 8,70 


9-87 


9 


01 


II 


66 




i8 


% 


20,84 


17,87 


Oct . . . 


1,45 3,3o 


5,52 


4 


5i 


7 


,3 




12 


,60 


i4,85 


12 


Nov... 


. —1,71 >'ï6 


2,98 


I 


,85 


1 


,8 




8 


,22 


9,54 


7»9o 


Dec. . . 


-5,44 0,47 


— 0,57 


— I 


70 


— I 


35 




3 


'9 


4, '7 


2,84 



■ 07 



4, .6 



5,35 



3,71 



7,18 12,98 i5,i4 



i3 



( 27» ) 

l'icssioii atmosphérique. E;ui tombée (hauteur en millimelres). 

Schlucht. Munster. Coluiar. Thaim. Schlucht. Munster. Colmar. Ihann. 

Janvier... 662,90 789 746,42 734,70 68,4 40 i5,7 101,2 

Février... 668, 3o 735,9 75i,34 739,70 38, i 20, 3 18, 5 26,7 

Mars 657, 5o 726,02 740,82 728,95 53,3 26,5 11,4 53,2 

Avril 662,30 728,93 743,53 731,60 53,2 19 6,4 23,1 

Mai 663,67 728,58 743,27 733,75 67,6 35,6 34,9 83, i 

Juin 664,97 729,94 744,17 733,30 83 73,2 78,5 67,5 

Juillet.... 664,73 729,58 744,08 733,50 169,5 72,7 5o,5 97,6 

Août 667,55 732,20 747,07 736 66,5 29,3 i3,3 42,1 

Septembre. 663, 3i 729-90 743, 61 782,35 i52,6 5o,5 36,9 97 

Octobre... 665,20 781,8 74«,53 785,08 214, 3 5o,6 19,5 142,8 

Novembre. 662,92 780,24 745,48 784,08 179,4 71,6 26,7 159 

Décembre. 664,44 782,90 748,18 786,16 116,8 » i6 91,8 

668,98 781,25 745,88 784,10 i"',262 . o-'>,3283 o">,984 

Orages à Colmar. 

Avril Le 20, 2 coups de tonnerre à l'est à 3''45'" s. 

Mai Le 24, coup de tonnerre à l'est à S*" s. 

» Le 2, orageux à l'est à 4'' 20™ s. 

» Le 7, id. au nord à 5'' i5"' s., tonnerre. 

> Le 29, orage à l'ouest à raidi. 

» Le 3o, id. et à l'est à midi au nord à 8'' s. 

Juin Le 1"='', averse d'orage à 8''45"'. 

» Le 2, orage avec pluie et grêle à 2'' 3o"» s. 

" Le 3, orage à 5'' s. 

» Le 5, orage à 4'' s. et à 9'' i5 s.; id. de tous côtés à lo"" s. 

» Le 7, orageux le soir. 

» Le 9, pluie d'orage à 3''3o"', orage à i"" s. 

» Le 10, orageux, orage au sud à midi. 

» Le i5, orage au sud à 5''3o"' s. 

» Le i8, orage au sud à &^ s. 

» Le 3o, orage à l'ouest à midi; id. à l'est à 4'' s. 

Juillet Le 1^', orage à l'ouest le mutin. 

» Le 3, orage à l'ouest à midi. 

" Le 5, soirée orageuse, orage à l'ouest à 5'' s.; id.au sud à 7' s. 

» Le 6, orage à l'ouest à 6'' s. 

« Le 10, averse d'orage à 10'' m. 

» Le i3, pluie d'orage à partir de 7'' s. 

» Le 28, orage à 1 1*" m. 

» Le 26, coup (le tonnerre à 1 1"* m. 

» Le 27, orage au sud l'après-midi. 

Août Le 4, tonnerre matin. 



( 279 ) 

Aoûl Le 7, averse d'orage à ^''. 

> Le i5, orage à 4''; id. à 8''i5'" m. 

» Le n-j, coup de tonnerre à l'ouest à midi; orage à l'ouest à a'' 40"" s. 

Septembre. . . Le 27, orage à cf'. 

» Si l'on compare les trois années qui vientient de s'écouler, on voit 
qu'en i883 le vent du nord-nord-est a été notabletnent plus fréquent; ce 
qui s'accorde, comme le montre le Tableau général suivant, avec la dimi- 
nution de la quantité d'eau tombée. Au point de vue des mesures pluvio- 
métriques, les différences entre les trois années sont considérables et l'on 
voit qu'elles ne marchent pas dans le même senspour les mêmes hauteurs. 
Nous avons, en effet, en mettant les extrêmes en regard : 



1881. 
1882, 
1883 



Schlucht. 


Colmar. 


i,3ii 


0,52I 


a,o33 


0,636 


1 ,262 


0,328 



» En i883, la différence entre Colmar et la Schlucht est énorme. Les 
réflexions générales que j'ai présentées à cet égard quant à l'année 1882 
[Comptes rendus du 3o avril et du 7 mai i883)sont ici encore à leur place, 
ainsi que toutes les autres qui terminent mon résumé; je n'y reviendrai 
donc pas. 

» L'illumination rouge intense du ciel, après le coucher du soleil, vers 
la fin d'août jusqu'au solstice d'hiver, a été visible ici comme ailleurs. Si 
j'en parle autrement que sous forme de simple citation, c'est parce que je 
crois pouvoir me permettre quelques remarques critiques que je n'ai pas 
vu se produire encore. Des hypothèses, comme de coutume, ont été pro- 
posées, et en grand nombre, pour l'explication du phénomène, et, comme 
de coutume aussi, sans que leurs auteurs se préoccupent de constater si 
elles répondent à toutes les conditions dans lesquelles le phénomène s'est 
montré. Ces conditions, en effet, sont assez multiples. L'une des plus frap- 
pantes, c'est l'immense hauteur où se produisaient les rougeurs du ciel. 
Certains jours, j'ai vu une rougeur très accentuée à 60° au-dessus de l'ho- 
rizon, deux heures après le coucher du Soleil. En ne tenant pas compte 
de la réfraction atmosphérique, on trouve, soit à l'aide d'une formule tri- 
gonométrique facile à établir, soit à l'aide d'iui simple tracé géométrique, 
que ceci répond à une hauteur verticale de plus de Soc'"". En faisant même 
la plus large part à l'effet de la réfraction, on est amené à reconnaître que 
les lueurs rouges se produisaient à une hauteur considérablement supé- 



( 28o ) 

rieiire aux limites extrêmes probables de l'atmosphère. Une remarque im- 
portante est d'ailleurs à présenter quant à l'intervention de la nfraction 
atmosphérique. L'illumination rouge pourpre s'est |)rodnite, pour un 
grand nombre d'observateurs, en des moments où le ciel était fortement 
nuageux. Ainsi notamment, vers l'époque du solstice d'hiver, j'ai vu des 
lueurs rouge pourpre splendides à travers les interstices ou les éclaircies 
de nuages orageux qui couvraient la plus grande partie du ciel et qui 
s'étendaient tort au delà de l'horizon visible pour moi, puisqu'ds étaient 
amenés par un vent du sud-ouest assez notable. En comptant seulement 
S""" ou 6*"" pour la hauteur des couches supérieures de ces nuages, ce qui 
est probablement au-dessous de la vérité, on reconnaît que les rayons du 
soleil couchant, qui pouvaient traverser la partie limpide de l'atmosphère 
et être par suite réfractés, étaient limités à une hauteur assez grande, en 
d'autres termes, étaient bien loin de raser la surface terrestre même, comme 
le suppose le tracé auquel j'ai eu recours. 

» En un mot, et pour me résumer, je pense qu'on est autorisé à con- 
clure que les matières (en vapeur ou en poussière?) illuminées par les 
rayons solaires et produisant les lueurs crépusculaires se trouvaient, du 
moins en grande partie, en dehors de l'atmosphère terrestre, et en tous 
cas à des hauteurs où jamais on n'a observé ni cirrhus, ni trace de vapeur 
d'eau. 

» On peut se demander à bon droit dans quelle mesure la conclusion 
précédente s'accorde avec le plus grand nombre des hypothèses explica- 
tives proposées. 

» J'aurai prochainement l'honneur de présenter à l'Académie la des- 
cription d'un nouvel actinomètre totaliseur, indiquant la quantité de cha- 
leur solaire reçue par une surlace connue pendant un temps voulu. » 



MÉTÉOROLOGIE. — Lueurs crépusculaires. Note de M. de Gasparin. 

« Une circonstance capitale et négligée du phénomène, c'est sa durée. 
Du ig novembre i883 au 24 janvier 1884, c'est-à-dire pendant soixante- 
dix jours consécutifs, il n'a été interrompu dans le sud-est de la France, 
au 44* degré de latitude, que par les perturbations atmosphériques ordi- 
naires. 

» Je l'ai observé plus de trente fois parfaitement complet dans toutes 



( 28l ) 

ses phases, et rilliiniinatioii du 2^ janvier 1H84 a élH aussi spleiulide que 
celle du 19 novembre i883. Je rappelle ces phases. 

» Quinze à seize niinules après le coucher apparent du Soleil, au 1110- 
ineut où, sous celle latitude, la lecture des caractères ordinaires d'imprime- 
rie commence à être pénible, le ciel s'dlumine, la campagne semble éclairée 
par un immense (eu de Bengale, et les caractères se distinguent aussi bien 
que dans le jour. L'illumination, d'abord dorée, avec prédominance du 
jaune, passe à Vorainje /ose, et par gradalions, au bout de quinze miiuiles, 
au roiKje de sainj. Le zéniih devenu sombre, une bande rouge de sang 
persiste au sud-ouest et va s'assondjrissaut [lendant dix munîtes environ, 
en sorte que ce second crépuscule a entièrement disparu quarante minutes 
après le coucher apparent tlu Soleil. 

» Ainsi : j° le caractère principal du [)héuomene est riiluminalion non 
pas subite, mais 1res rapide, de quinze a seize minutes après le coucher du 
Soleil; 2" la circonstance principale est la constance du phénomène, en un 
lieu donne, pendant soixante-six jours. 

» Les observations faites en des lieux différents, les analyses de pous- 
sières, les mouvements réguliers ou irréguliers de lu couche alinosplié- 
rique, etc., doivent être rapprochés de ces faits incontestables pour que 
l'hypodiese sur les causes réelles ait une valeur sérieuse. 

» En tout cas, les habitants de la Provence peuvent se féliciter de ce que 
leur ciel, ordinairement si agité, ait été choisi pour un aussi long séjour 
parles poussières volcaniques ou cosmiques qui planent aux limites de 
l'atmosphère terrestre. » 

aiÉMOIRES PUÉSENTÉS. 

M. P. Ethéakt adresse, de Port-au-Pririce, un Mémoire intitulé : « Par- 
tager un nombre entier quelconque en cinq carrés parfaits ». 

(Commissaires : MM. Hermite, Bonnet, Bt-rlrand, Bouquet, Jordan.) 

M. L. Sasdkas soumet au jugement de l'Académie un Mémoire portant 
pour titre : « Relation de deux observations de diphtérie grave (croup et 
angine couenneuse), guérie par les inspirations ou inhalations anti-niicro- 
biques d'essence de térébenthine, de goudron, etc. ». 

(Commissaires : MM. Vulpian, Paul Bert, Charcot.) 

C. R., i8S'|, 1" Semestre. (T. XCVIII, ^'■ S.) ^1 



( 2^2 ) 

M. F. TocRNEcx prie T Académie de comprendre parmi les pièces desti- 
nées an Concours pour le prix Godard, en i884, deux Mémoires qu'il a 
adressés en mai i883 et qui ont pour titres : « Des cellules inlersiilicllos 
du testicule » et « Des restes du corps de Wolfl chez l'adidle ». 

(Renvoi au Concours du prix Godard.) 

M. A. Pel adresse un Mémoire relatif au Phylloxéra. 

(Renvoi à là Commission du Phylloxéra.^ 



CORRESPONDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, j)armi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

1° Un Ouvrage de M. de Coiiunines de Manilty, intitulé : « Les Lois de la 
matière. Essais de Mécanique moléculaire ». 

2° Une Brochure portant poiu' titre: « Expédition danoise poiu* l'obser- 
vation du passage de Vénus, 1882, publiée par ordre du Ministre de l'In- 
struction publique, par M. C.-F. Pechûle ». 

3° Le premier Vohune des « Annales t\n Musée d'Histoire naturelle de 
Marseille », publiées aux frais de la Ville de Marseille, sous la direction de 
M. le Professeur J.-F. Marion. (Présenté par M. Alphonse Milne- 
Edwards.) 

4° Une Thèse de M, A. Pomel, portant pour titre : « Classification mé- 
thodique et générale des Echinides vivants et fossiles ». (Présentée par 
M. Hébert.) 

5° La Livraison 3o et la Livraison 66 de la « Paléontologie française ». 
«Terrain crétacé : Zoophytes », par M. de Fromenlel. « Terrain jurassique : 
Échinodermes réguliers », par M. G. Cottenu. (Présentées par M. Hébert.) 

6° Un Rapport médical sur les accidents qui ont suivi plusieurs bles- 
sures par flèches prétendues empoisonnées, dans les îles du Pacifique; par 
M. Brassac. (Présenté par M. Larrey.) 



( 283 ) 



ASTRONOMIE. — Sur un instruineiil pouvant donnei , dans la même lunelte, les 
imaijes de deux astres au moment oit ils ont la même hauteur et, de plus, per- 
mettant de déterminer, par une seule observation, l heure sidérale du lieu, la la- 
titude et l'orientation exacte, pour le tour d' horizon. ^o[e de M, Ch. Rouget. 
présentée par M. F. Perrier. 

« Cet instrument, approprié aux observations des trajectoires de même 
hauteur, que j'ai indiquées dans mes Notes des 3 et lo janvier 1881 
et 17 juillet 1882, comporte essentiellement un miroir verliial monté sur 1x1 
centre avec ni\eau et vis calantes : il y a, de plus, une lunette tournant sur 
le même centre, avec mouvement indépendant et mouvement dans un plan 
vertical. Elle est placée de telle façon que son axe optique passe toujours 
par le milieu du bord central vertical du miroir, tandis que l'arête de ce 
bord se confond avec l'axe de rotation de l'appareil entier : il en résulte 
que la moitié de l'objectif a vue sur le miroir et l'autre moitié sur le 
ciel, 

» Le principe utilisé est très simple : tout rayon émis traversant la lu- 
nette et réfléihi par le miroir dans un azimut quelconque fait, par son 
prolongement inférieur, le même angle avec le plan horizontal qu'au dé- 
part et le plan du njiroir est bissecteur des azimuts du rayon émis et du 
rayon réfléchi. 

» Il résulte dececique, si deux étoiles, à un moment donné, ont même 
hauteur au-dessus de l'horizon, il y a une position du miroir où l'on verra 
leurs images se confondre à la croisée des fils de la lunette; si les étoiles 
sont de mouvements différents, le phénomène se produit très rapide- 
ment. 

» En second lieu, le plateau horizontal tournant, qui porte le miroir 
vertical, a une division azimulale : le plan du miroir passe par le zéro de 
cette division, à laquelle il est invariablement fixé. 

» La lunette est montée sur l'autre cercle concentrique, qui porte le ver- 
nier : le zéro de celui-ci est dans le plan vertical d'observation. 

)> Alors l'angle compris entre le zéro du vernier et le zéro du limbe 
est égal à la moitié de la différence des azimuts des astres observés, au 
moment où ils ont la même hauteur : l'angle lu est une Jonction résolue des 
inconnues du problème. Je représente cet angle par la notation 

-:(A:;'7- A=7). 



( 28.^4 ) 
)) Si l'on petit flétermiiier la distance du zénith du lien fl'observatioti à 
l'équateiir, comptée sur la trajectoire de même hauteur, le prohième sus- 
érioncé est l'ésolu : car, en menant le méridien du lieu et appelant M le 
point où il coupe l'équateur et T/, le nœud de la trajectoire de même hau- 
teur sur l'équateiu- on a un triangle rectangle ZMT;,, dont on connaît 
l'hypoténuse ZT/, et l'angle aigu A/,. I-es inconnues sont la latitude /=ZM 
et la différence d'iieure sidérale 

Elles sont données par les équations très simples 

sin/ = sinA;, sinZT^, 
lang((oc — 0)1) = cosA/^tangZT^. 

» Or la dislance ZT^se compose de deux jjarlies. Soit m h pojul milieu 
de l'arc qui réunit les deux étoiles observées, et par lequel passe à angle 
droit la trajectoire de même hauteur; on a 

ZTa = Zni -h m T/, 

(si le lieu d'observation était situé autrement, ce serait la différence). 

» Le grand cercle de jonction des deux étoiles n'est autre chose que la 
trajectoire de même verticalité. On tire donc du nouveau triangle rectangle 
T.,, m, T/,, dont les angles aigus sont i8o°— A^,et A,, : 

sin/7iT;, = sin Asin A„, 
et, si l'on appelle 

i(As;-A4) 

la demi différence des azimuts des astres vus, au moment du phénomène, du 
iiœudT^, et I A la moitié de l'arc de jonction des deux étoiles, 

tang.;(A.': - A4)-'"^^^""~"''lanaA. 
lang^A=:sinmï;, tangi(Ar: — Az',), 

suiZm= — ^ T— • 

tang^(Az"/ — Az7) 

» Enfin, pour l'orientation, on fixe l'instrument, sauf le cercle de la lu- 
nette, et le zéro delà graduation correspond à l'azimut sin A:; = — £!!i^, 

cos/ 
constante à ajouter à tous les angles relevés sur le tour d'horizon. 



( 28S ) 

» Je fpp.ii observer que le réglage de rinstniment offre de nombreux 
contrôles, et qu'en croisant les observntions rians la même nuit, les erreurs 
seront en sens inverse, suivant que l'on visera directement, soit une étoile 
ascendante, soit une étoile descendante. » 

GÉOMKTRIE. — Sur les involtitions buitiarhritiqncs. Note de M. C. Le Paick, 

présentée par M. Hermite, 

« Dans une Note iiisérc^e anx Comptes rendus (t. I^XXXVII, p. 6'ii, 
28 octobre 1878), M. P. Serret a développé une ingénieuse méthode poni' 
ol)tenir le vingtième élément d'une involntion du quatrième ordre et du 
troisième rang au moyen des dix-nenf autres. Celte méthode a été récem- 
ment reproduite dans un intéressant travail de M. Schlesinger (Malli. Anii., 

t. xxu, p. 532). 

» De notre côté, nons avons abordi- ce problème dans une Communi- 
cation faite à la Société royale dePragTie {Sitznngsberichle, 28 janvier 1881). 

» Bien que ces procédés puissent être regardés comme satisfaisants, an 
point de vue théorique, il n'en est plus de même ponr certaines applica- 
tions géométriques. 

» La méthode de M. Serret exige notamment que les groupes de quatre 
éléments soient composés de deux couples, connus séparément. Ponr l'ap- 
plication immédiate, elle demande, de plus, que les éléments d'un groupe 
soient tons réels. 

» Les premières conditions rappelées sont sans doute toujours vérifiées; 
mais, si les groupes de quatre éléments sont donnés par des équations du 
quatrième degré, dont on connaît a priori une racine, l'application de la 
méthode de M. P. Serret exigerait la résolution d'une équation du troi- 
sième degré on la solution du problème géométrique équivalent. 

» Notre méthode conduit à des ddficultés semblables, bien que deux 
des groupes seulement doivent être nécessairement séparés en couples au 
moins. Je me propose de faire connaître une méthode de construction 
linéaire, les éléments des quatre groupes caractéristiques étant définis par 
un élément isolé et trois éléments associés. 

» Je supposerai, dans ce qui va suivre, que les éléments soient repré- 
sentés par les points d'une cubique gauche R3. 

» Constructions relatives àunel*. — Une pareille involntion est caracté- 
risée par deux quaternes A,B,C,D,, AoBjC^Do. 

» Soient D,, Dj les deux points donnés isolément; A,B,C,, AaBjCa 



( 286 ) 
sont an contraire définis par les intersections inconnues de R, et de deux 
plans U),, zs... 

» On se propose de compléter un terne dont on connaît un point D.j. 

» u,, zô., se coupent suivant une droite d. D3 et d déterminent un plan a 
qui coupe l\j en deux points I, J, situés sur une droite d', facile à con- 
struire. 

» Menons les plans D^d'^E^ H,, D^d'^E^Ui, qui coupent respectivement 
sTo et zs, suivant la droile /', /. 

» Ces deux droites se coupent et déterminent un plan a'. Ce plan a' 
rencontre R^ aux points cherchés A3 BjC;). 

» En effet, zs, U,, z^.^^.i^ ^zsc' constituent trois surfaces du second ordre, 
appartenant à un faisceau, puisqu'elles ont en commun les droites /, /', 
d, d'. 

» Ces surfaces passant toutes par les points I, J, leurs quatre autres in- 
tersections appartiennent donc à une I*. 

» ConslnicUons relatives à une l^. — Soient A,B;C,D,- (/ = i, 2, 3), les 
trois groupes fondamentaux caractérisés comme il a été dit précédemment. 
jNous les désignerons par G|,Go,G3. Soient encore C,, D4 deux points 
d'un groupe qu'il s'agit de compléter. 

» Les groupes G,, G2,G,, G3 déterminent chacun une 1|, ilans lesquelles 
nous cherchons les ternes A'^ B'^ C'^ , A'^ B'^ C'^ correspondant à D4. Ces 
deux ternes définissent une IJ, dans laquelle nous cherchons le couple 
correspondant àC^. Ce couple A4B4 est le couple cherché. 

» La solution semble exiger que l'on connaisse individuellement C, et 
D,; un artifice, que nous n'exposerons pas ici, permet d'appliquer la solu- 
tion si l'on connaît seulement la bisécante de R3 qui passe par C,, D^. 

» Conslr actions relatives à une \\. — Soient A,BjC,D,(/ = i , 2, 3, 4) les 
quatre groupes fondamentaux G,, Go, G3, G.,; B5C5D5 le terme a com- 
pléter. 

» G,, Go, G3 déterminent une 1*, dans laquelle nous cherchons les élé- 
ments A'^B'g correspondant à C5D5. De même G,, Go, G, donnent A'^Bg. 

M Les deux couples A'^B'^, A'^ b"g définissent une \\ dans laquelle il fau- 
dra construire l'iiomologue A5 de B5. 

» Cette solution semble exiger que B5, C5, D5 soient définis isolément. 
On peut néanmoins l'appliquer si B3C5 D5 sont simplement définis par leur 
plan |3. 

» En effet l'IJ contient une \\ formée de ternes neutres, et caractérisée 
par une droite g facile à construire. 



( 287 ) 

» Cette (Iroîip perce |3 en tin point P. Or tout plan qni passe par P ren- 
contre P13 en fies points BCD, qui peuvent être substitués à BjC^D^ pour 
la recherche de A5 ('). 

» Or, si l'on choisit arl)itrairement rlenx points B, C sur R3, le troi- 
sième point D se construira linéairement. 

» Si l'Académie vent bien nous le permettre, nous montrerons, dans 
une procliaine Communication, comment cette méthode s'applique à la 
construction des courbes du quatrième ordre. » 



ANALYSE MATHI^MATIQUE. — Sur les coitrbes définies par les équations 
différentielles. Note de M. H. Poixcark, présentée par M. Hermite. 

« Dans une Note que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie le 
i3 février 1882, j'ai étudié les points singuliers des courbes de l'espace 
définies par les équations 

. fl.r dv dz 

où X, Y et Z sont des polynômes entiers en x, jet z. Mais l'étude de ces 
courbes dans le voisinage d'un point singulier ne nous donnerait qu'une 
idée imparfaite de leur forme générale. Il est nécessaire d'introduire ici un 
genre nouveau de considérations. 

» Il faut d'abord chercher à reconnaître si, parmi les courbes qui satis- 
font aux équations (i) et que j'appellerai, pour abréger, les courbes C, il 
y a des courbes fermées; on y parviendra en appliquant des procédés ana- 
logues à ceux que j'ai employés dans ma Note du 23 juillet i883. Suppo- 
sons donc qu'on ait trouvé parmi les courbes C une courbe fermée C„, et 
étudions la forme des courbes C dans le voisinage de Cq. 

» Prenons pour origine un point de C^; soit {jc,j) un point du plan des 
xy très voisin de cette origine. Par ce point passera une courbe C qui 
viendra couper de nouveau le plan des ay en uu point (a-,, j,). Eu général, 
X, etj ,, qui s'annuleront en même temps que x et y, seront des fonctions 
holomorphes de ces coordonnées initiales, de sorte qu'on aura 

L Xi — ax-h ^y -I-. ., 

^^^ [j.^-ix-r-^r-^-.... 



{') Nous avions déjà fait usage d'un artifice semblable dans le cas du troisième ordre. 
Voir notre Mémoire Sur les surfaces du troisième ordre [Acta mat lu- ni a lieu, t. III, |). i84j 



( .88 ) 

» Premier cas. — Si ac? — py <! o, les C()Utl)es C qui passent dans le 
voisinage île Co, après s'être aji|)rocliées d'aboiil de celte combe, finissent 
par s'en éloigner. 

i> Dtuxièrnc cas. — Si i<cJ — py > o, a + c?^o, on peut constiuire une 
surface qui enveloppe Cq et qui ne louche en aucun f)oint anciuie des 
courbes C. C'est une surface sans t'o///rtt< qu'une courbe C ne peut traverser 
qu'une fois. Un point qui décrira la courbe C se rapprochera indéfiniment 
de la courbe C,,. 

» Troisième cas. — Supposons maintenant «c? — j3y ^ o, aH-cî=:o; si 
une iiifinité d'autres conditions où entrent lescoefficienls des termes d'ordre 
supérieur des développements (2) ne sont pas remplies à la fois, il y a 
encore une surface sans contact, et l'on retombe sur le cas précédent. 

» Quatrième cas. — Supposons maintenant que toutes ces conditions, 
dont je viens de parler, soient rem|jhesà la lois. Il pourra se faire alors qu'il 
existe une surface S sur laquelle la courbe C reste constamment, et qu'elle 
remplisse complètement [ïiberaUdiclu). 

» CiiKjuièine cas. — Mais il peut arriver aussi qu'il n'existe pas de pareille 
surface, et que les coordonnées x,y, z d'un point de la courbe C puissent 
croîlre sans limite. Dans ce cas, la courbe C remplit complètement [liber' 
atldiclil) l'espace tout entier. 

» Sixième cas. — Enfin il peut se faire que la courbe C ne reste pas con- 
stamment sur une surlace, mais qu'elle reste constamment à l'intérieur d'uin': 
certauie surface, de sorte qu'elle remplisse complètement (((/*e/(///(//c///) non 
l'espace tout entier, mais toute une région de l'espace. 

» Voyons maintenant comment ce qui précède peut se rattacher à la 
question de la convergence des séries de M. Liudsledt. 

» Nous pourrons écrire les équations de la courbe C'„ sous la forme 

(3) x = y(0, / = y(0. -=-Hi), 

(p, ^}/ et 5 étant des séries ordonnées suivant les sinus et cosinua des nud- 
liples de t. Posons ensuite, poiu" une courbe C voisine de C„, 

les équations (1) devieiuiront 

, , . U r}j; tiX ^ </X ., f/X -v I <•/* X ^ „ 

4) —- = — ÔX-+ -r- 0V + — OiH -^ OX- -+-... , 

\^' (U ilx (If - dz ■! il.i-^ 

I 1 I 1 . il <lr <l3z 

avec deux écpiatious analogues donnant les valeurs de —r- et -— -• 



( =% ) 

n Dans les équations (4), on a remplacé, dans les coefficients -r^» 
-^j •• 'j oc, j- el z par leurs valeurs (3). Ces coefficients sont donc les fonc- 
tions périodiques de t avec la période 271, de so te que les équations (4) 
sont bien de la forme étudiée par M. làndstedt. 

>> Appliquons donc à ces équations la méthode de ce savant. Dans les 
trois premiers cas, il s'introduira des termes séculaires dans les séries 
auxquelles on sera conduit, et la méthode ne s'appliquera pas. Dans les 
trois derniers cas, au contraire, et c'est ce qui arrive en général dans les 
équations de la Dynamique, il n'y aura jamais de pareij terme, et les séries 
trigonomélriques existeront toujours. Mais, dans le quatrième cas, elles 
seront convergentes et même uniformément convergentes pour touiis les 
valeurs de t; dans le cinquième cas, elles seront encore convergentes, mais 
pas uniformément [gleichmdmg). Dans le sixième cas enfin, elles ne sont 
plus convergentes. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une classe de fonctions abéliennes et sur 
un groupe liyperjui hsien. Note de M. E. Picard, présentée par M. Her- 
mite. 

« On sait que, k côlé de nombreuses analogies, la théorie des fonctions (■) 
de p variables présente avec la théorie des fonctions d'une seule variable 
des différences très sensibles, et celles-ci apparaiss-nt snrlout dans les 
questions relatives à la transformation. Peut-être cependant existe-t-il, 
pour chaque valeur du nombre/;, des classes particulières de lonctions 0, 
dont l'étude relativement plus simple conduirait à des résultais se rappro- 
chant davantage de ceux que l'on rencontre dans la théorie des fonctions 
elliptiques. C'est un point qui paraîtra probable, si l'on considère une 
classe particulière de fonctions 6 relatives à p — 3, que j'ai rencontrée dans 
une reclierche précédente, et dont il m'a paru intéressant de faire une étude 
plus complète. 

»> Soit 

(p[m,,m.., m^) = ain\-\- binl^ cinl-^- idin^m^-t- lem^m^-h ifni\pn^ 
la forme quadratique servant à définir les fonctions 0. Nous particularisons 
les six coefficients de cette forme en posant (on désigne par À li racine cu- 

C. R., i88'|, I" Semestre. (T. XCVIM, W 3.) 38 



bique de l'unité 



( 290 ) 

■I +/V3" 






H et V sont deux paramètres complexes arbitraires; toutefois, pour la con- 
vergence des séries, on devra avoir 

2(''+ «'- -f- /<"= < O, 

si l'on pose 

u = u -+- iu" et ('=('' + iv", 

» A cette classe de fonctions 0, je fais correspondre le groupe hyper- 
fuchsien G, admettant les cinq substitutions fondamentales qui suivent 
(je nie suis arrêté à cette expression pour désigner tout groupe discon- 
tinu relatif à deux variables indépendantes, dont toutes les substitutions 
transforment en elle-même une certaine surface) : 

V^lii, Y = \>, 

U = >.='« + (i - ).), V = t^+ (>.- >.= )« - (i - X-), 

U = X-« + (i - 1-), Y = V + [ï -k')n - [i -l-), 

TT — " V — lv-h{\-~x) 

» La surface dont j'ai parlé plus haut est ici 

2C'+ u'--{- 7l"- = 0. 

» Je désignerai par 

^'^ A3M + B3P + C3' A3H •4-B3r + C3 

une substitution quelconque du groupe G. 

» Je veux seulement indiquer ici une formule relative à la transforma- 
tion des fonctions G quand on y remplace u et c par U et V. 

» Soit 

^(«,«(^. J, z) 

une fonction û relative aux systèmes d'indices (r/, b) et correspondant aux 



( «91 ) 
valeurs a et v; nous représenterons par 6 la même fonction correspondant 
à U et V. 

» Étant donnée la substitution (i), on pourra trouver trois expressions 

M,jr-|-N, y + P,z, M, j; + N„7 + P.s, Mjar + Njj + PaZ 

t't un polynôme i|;(a;, /, z) homogène et du second degré en x, y et z, 
tel que l'on ait 

j 0(„,w(M,x + ]N,j + P,-, 
(2) ]VLa'-4-N2j + PoZ, 

( MaO; + N3J + V,z)é^^^-y-^ = C. e,„,p, (.r, J,z), 

les indices (a, p) étant convenablement choisis en fonction des indices (rt, h). 
C est une constante dont, pour la suite de ces recherches, il était utile 
d'avoir la valeur. Pour cette détermination, j'ai pu employer une méthode 
analogue à celle qui a été suivie par M. Hermite dans la question de la 
transformation du premier ordre des fonctions d'une seule variable 
[Journal de Lioiiville, i858). Je multiplie par dx dy dz les deux membres 
de l'identité (2), et je prends des deux côtés l'intégrale triple, les limites 
étant zéro et l'unité pour les trois variables. On arrive, après diverses 
transformations de calcul, au résultat suivant : 

C= ^ 

A3 M + B3C -4-C3 

£ désignant une racine douzième de l'unité; ce résultat rappelle celui qui 
a été obtenu par M. Hermite {loc. cit.) dans la théorie des formes en 
nombre infini des fonctions 6 d'une seule variable. 

» Les fonctions 0, pour les valeurs nulles des arguments x,j,z{en 
laissant, bien entendu, de côté celles qui sont identiquement nulles ), 
donnent des fonctions intéressantes de u et i>. Les relations telles que (2), 
en y faisant x = j = z = o, permettent de trouver ce que deviennent ces 
fonctions de i^ et i>, quand on effectue sur ces variables une substitution 
du groupe G. Je développerai ces relations dans un travail plus étendu; 
nous pourrons ainsi exprimer au moyen des fonctions Q les fonctions 
hyperfuchsiennes relatives au groupe G, absolument comme on exprime 
les fonctions modulaires au moyen des fonctions d d'une variable. » 



( 292 ) 



ANALYSE MATI1L.MAT1QUE. — Nombre exacl des variations gagnées dans la 
multiplication par x ~ a. Note de M. 1>. Ax\dré, présentée par M. Her- 
mite. 

« J'ai fait connaître, dans une Note récente ('), un théorème qui donne, 
dans tous les cas et sans aucune exception, le nombre exact des varia- 
tions perdues dans la multiplication du polynôme entier /(x) par le bi- 
nôme X -^ a. 

» Je viens de trouver un théorème analogue, malheureusement un peu 
moins simple, qui donne, dans tous les cas aussi et sans aucune exception, 
le nombre cxiict des variations gagnées dans la multiplication du polynôme 
entier y(j:') par le binôme x — a. 

» Ce nouveau théorème repose sur la considération des trinômes éléva- 
teurs, que l'on peut définir de cette manière : un trinôme élévateur est le 
groupe que forment les coefficients de trois termes consécutifs du poly- 
nôme /(a), lorsque ces coefficients sont tous les trois de même signe et 
que le carré du coefficient moyen est moindre que le produit des coeffi- 
cients extrêmes. 

» Si l'on désigne par L, M, N les valeurs absolues des coefficients qui 
constituent un trinôme élévateur, le carré M^ est toujours inférieur au 
produit LN; et l'on dit que le nombre positif a est compris dans ce tri- 
nôme lorsqu'il satisfait à cette double condition 

M , ^ N 
L '^ ^ M 

» Ainsi définis, les trinômes élévateurs sont, en apparence, identiques 
aux groupes que j'ai considérés, dans ma précédente Note, sous le nom de 
trinômes abaisseurs de la seconde espèce. En réalité, ils diffèrent de ces der- 
niers par deux particularités essentielles : d'abor,!, dans le trinôme éléva- 
teur (L, M,N), le carré M" n'atteint jamais le produit LN; ensuite, lorsque 
le nombre a est compris dans ce même trinôme élévateur, il n'atteint 

jamais non plus la fraction — • 

» Un trinôme élévateur comprenant « est un trinôme élévateur superflu, 
lorsque ses deux premiers coefficients composent ou terminent une suite 
de coefficients consécutifs, tous de même signe, formant une progression 

(') Séance du 28 janvier 1884. 



( --^93 ) 
géométrique de raison a, et précédés immédiatement soit d'nne lacune, 
soit d'un coefficient de signe contraire, soit d'un coefficient de même 
signe, trop petit en valeur absolue pour faire partie de la progression. Il 
est évident que ces trinômes élévateurs superflus ne peuvent se rencontrer 
que dans des cas très rares, tout à fait exceptionnels. 

» Quoi qu'il en soit, le théorème qui fait l'objet de la présente Note peut 
s'énoncer ainsi : 

» Théorème. — Dans ta muUiplicalion du polynôme entier f[x) par le 
binôme x — «, oii a esl posilif, il se gagne : autant de couples de variations 
qu'il y a, dans J\ ce), de trinômes élévaleurSj comprenant a et non superflus; 
pluSj autant de couples de variations quU y a, dansj{x), de lacunes présentant 
une permanence ; plus enfin, une variation unique. 

)) Comme on le savait, le nombre total des variations gagnées est tou- 
jours un nombre impair. On voit, sur cet énoncé, que ce nombre total se 
compose de trois parties : la piemière toujours paire, susceptible de s'an- 
nuler, et dépendant à la fois de la forme du polynôme /(a?) et de la valeur 
numérique de a; la deuxième, toujours paire aussi, susceptible de s'an- 
nuler, dépendant de la forme du polynôme/'(a:), mais non pas de la valeur 
de «; la troisième enfin, constamment égale à l'unité, et ne dépendant ni 
de la forme de/(x), ni de la valeur de x. 

» Le théorème qui précède nous donne le moyen de résoudre différents 
problèmes intéressants; le moyen notamment de déterminer entre quelles 
limites la valeur numérique de a doit être comprise pour que la multipli- 
cation par r — a nous fasse gagner un nombre donné de variations, ou 
même le plus grand nombre possible de variations." 

» Quant à la démonstration de ce théorème, c'est une démonstration 
nu peu longue, mais très simple et absolument directe. Je la donnerai, 
avec tout le détail nécessaire, dans un Mémoire qui paraîtra bientôt. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la composition de polynômes algébriques 
qui n'admettent que des diviseurs premiers d'une forme déterminée. Mémoire 
de M. Lefébdre, présenté par M. Hermite. (Extrait par l'auteur.) 

« 11 existe des expressions algébriques qui n'admettent que des diviseurs 
premiers de la forme H/, -t-i, r, désignant un nombre premier quel- 
conque ; il en est ainsi du polynôme A'"'^' + A'''~-B -f- . . . + AB'^i"- ■+• B''>*, 
où A, B sont des nombres entiers quelconques premiers entre eux. Ledivi- 



( 294 ) 
seur /■, s'y trouve aussi, si la différence A — B est divisible par /•, . J'en ai 
donné une démonstration dans un précédent Mémoire. 

» Je me propose, dans le Mémoire que j'ai l'honneur de présenter à l'A- 
cadémie, de rechercher, d'une manière générale, des polynômes qui ne 
contiennent que des diviseurs premiers de l'une quelconque des formes 
H /■, Tj + I , H r, /', /'j + I , . . . , H r, To . . . /p + I , /■, , / , , . . . , r^ représen tant des 
nombres premiers quelconques en quantité arbitraire. 






» J'établis d'abord que l'expression — a pour 

diviseurs premiers des nombres de la forme H/, + i . . . H/- + i ; 
Wr,i\-\- \ .. .; H/', /•„... TpH- I, dans lesquels les nombres i\,i\^...,r^ 
entrent tous isolément, et dans toutes leurs combinaisons r à /', . . ., p à p. 
Déplus, parmi ces diviseurs, se trouvent ensemble ou isolément r,,r„, .. .,/•, 
lorsqu'ils divisent la différence A — B. J'ai déjà indiqué cette composilion 
des diviseurs dans un précédent Mémoire, mais sans démonstration. 

» Je déduis ensuite de l'expression précédente, par des divisions de po- 
lynômes, les polynômes qui n'admettent que des nombres premiers de 
l'une des formes H/-, /'a + i , ..., H/, r., .../■-+- r . 

» Ces polynômes, homogènes et symétriques par rapport à A,B, sont du 
degré 7-, — I , /'o — i, ..., /-p — i, quand ils sont fonctions d'une seule des 
lettres r,, /•,,... ,7'p; ils sont dudegré(r,— i)(7^- i), . . ., ou (/-, — i)(/p-i), 
quand ils sont fonctions de deux des lettres 7-, ,7.,,. ..,7p; et ainsi de suite; 
ils sont du degré (r, — i)(/,, — i) .. .(rp — i) quand ils sont fonctions de 
7'|,7'2, . . ., 7'p lettres. 

» J'ai fait sur ces polynômes quelques applications numériques qui ser- 
vent en même temps de vérification. 

» Je considère, en particulier, le cas de deux nombres r,, r^, et j'arrive 
à une règle très simple pour former les polynômes dont il s'agit. 

» n étant un nombre premier quelconque, on sait qu'il y a une infinité 
de nombres premiers de la forme H/i 4- i. Les propositions établies dans 
ce Mémoire m'ont permis de démontrer qu'il y a une infinité de nombres 
premiers de la forme H/z-M, ti désignant un nombre quelconque non 
premier. » 



(^95 ) 

THERMOCHIMIE. — Transformation du cjlyoxai en acide gif colique. 
Note de M. de Fokcrasd, présentée par M. Berthelot. 

« La préparation du glyoxal pur par la méthode de Debus (oxydation 
de l'alcool par l'acide azotique) présente de grandes difficultés et donne 
un rendement très faible. 3'ai observé que la plupart de ces inconvé- 
nients provenaient de la présence de l'acide sulfureux dans la liqueur 
finale, cet acide réagissant sur le glyoxal et laissant une matière visqueuse, 
fortement colorée, qui ne présente aucune garantie de pureté. 

» J'ai réussi à préparer ce composé, en substituant l'aldéhyde à l'al- 
cool, d'après les indications de M. Lubavine ('), et en évitant de passer 
par l'intermédiaire des glyoxal bisulfite de soude et de baryte. 

» Le produit brut, provenant de l'action de l'acide azotique sur l'al- 
déhyde, est évaporé, repris par l'eau et saturé par le carbonate de chaux; 
laliqueiu' filtrée est additionnée d'acétate bibasique de plomb, qui permet 
de précipiter les acides glycolique et glyoxylique; on filtre et l'on pré- 
cipite exactement la chaux par l'acide oxalique. Les liquides filtrés de 
nouveau ne contiennent plus que de l'acide acétique et du glyoxal. Eu 
évaporant au bain-marie, ou obtient une matière amorphe, incolore, qui 
retient encore de l'acide acétique et de l'eau. 

» On peut enlever ces deux impuretés en chauffant le produit pulvérisé 
dans un courant d'hydrogène à i6o°-i8o°. 

» L'analyse donne alors : 

Calculé pour C'H^O'. 

C 4i>^o 4'>37 

H 3,83 3,45 

» Cependant ce composé contient du glycolide et il est toujours un peu 
coloré. Il vaut mieux le dessécher dans le vide sans dépasser 120"; le pro- 
duit retient alors un peu d'eau (C = 3ç), 38 pour 100 et H = 4» 07, soit un 
peu moins de ^ d'équivalent d'eau), mais il n'y a que des traces du gly- 
colide, et il est complètement incolore. 

» Il se dissout lentement à froid dans l'eau; à chaud, la dissolution est 
plus rapide, mais accompagnée d'une transformation partielle en acide 
glycolique. Cette fixation d'eau se produit très rapidement à froid *n pré- 
sence d'un alcali. J'ai utilisé cette réaction pour mesurer la chaleur dé- 

( ' ) Bulletin de la Société chimique de Saint-Pétersbourg ; iSyS. 



( 296 ) 
gagée dans le passage de C'H=0' (glyoxal) à C'H'O* (acide glycolique). 

)) J'ai employé constamment un excès de soude (1^1= 2'''), soit 2'''', soit 
3*''', soit 4'"'' pour i**! de glyoxal. 

» Avec 2'''i de soude j'ai trouvé + 17^"', 35; avec 3"', -+■ 18^"', o5; avec 
4^'', H- 18^="', 00, à + io'\ 

» Pour avoir la valeur thermique de la réaction 

C'H-O' (glyoxal) sol. -F- NaO étendue = C'H'NaO" étendu, 

il faut retrancher du premier nombre +o'^''',7i, et des deux derniers 
+ i*^^',oi, qui représentent l'action de l'excès de soude sur le glycolate 
formé ('). On trouve ainsi + i6"-'^',64, + 17c"', 04, + 16*^"', 99; moyenne, 
+ i6C«',89. 

» Connaissant la chaleur de dissolution de l'acide glycolique (— 2,76), 
et la chaleur de neutralisation de l'acide par la soude étendue ( + 1 3, 60), 
on en déduit : 

C*H=0< (glyoxal) sol, + IPO'Iiq. =C'H*0«sol +6r..i,o5 

C«H'0'(glyoxal)soI. H- H'02soI.=zC*H«0»sol + 'i':»i,62 

» Avec le glycolide. j'avais obtenu précédemment (-) : 

C'H'O* (glycolide)sol. + H-O'liq. = C' H'O" sol. . . . -h i':'i,i2 
C^H^O' (glycolide) sol. + H'O'sol. = C'H'O' sol.. . . — o^'^ag 

» Cette comparaison est conforme à la fonction très différente de ces 
deux isomères, dont l'un est un aldéhyde double, et l'autre un acide 
anhydre. 

» On déduit encore, pour la transformation du glyoxal en glycolide, 
+ 6,o5 — 1,12 = + 4^"'. 93. 

» Les nombres précédents ont été vérifiés par l'examen du liquide pro- 
venant de la dissolution du glyoxal dans la soude employée; ces liqueurs 
ont été additionnées successivement de plusieurs équivalents d'acide sul- 
furique étendu, et l'on a mesuré chaque fois la chaleur dégagée. 

» Premier liquide. — l'^'i de glyoxal et ^^t de soude. En ajoutant ri d'a- 
cide sulfuriqup, on a trouvé 

-4- i5'^'',92 (au lieu de -^ 15,90 — 0,71 = + i5'^-'', 19). 

Après cette première addition, on a pris le titre alcalin de la liqueur qui 



(') Comptes rendus, t. XCVI, p. 712. 
(*) Comptes rendus, l. XCVI, p. 1662. 



( 297 ) 
aurait dû ne contenir que du glycolate neutre et du sulfate neutre de 
soude; elle contenait -^ d'équivalent de soude libre, ce qui correspond à 
une transformation incomplète ou à la présence d'une dose d'acide digly- 
coliqiie correspondante. Un second équivalent d'acide a donné -+- 2^"',i8 
(au lieu de -I- 15,90 — i3,6o = + 2'"''',3o). 

» Deuxième liquide. - t'^i de glyoxal et 3*^1 de soude. Le premier équiva- 
lent d'acide a donné -+- iS'-^'.gg (au lieu de + 15,90 — o,3o = + i5^"', 60); 
le second + iS^^^SS (au lieu de -1- 1 5, 19); à ce moment le titre alcalin 
correspondait à -^ d'équivalet)t de soude libre. Enfin, le troisième équi- 
valent d'acide snllnriquc a donné -4- 2'^''', 38 (au lieu de 4- ^^''^So). 

» Troisième Ihjinde. — i^*! de glyoxal et /[''i de soude. Les deux premiers 
équivalents d'acide sidfurique ajoutés ont fourni -+- 15^"', 81 pour cliaciui 
(au lieu de -+- i5^"',Go); le troisième -H i5^"',39 (au lieu de + i5^''',i9). Le 
litre alcalin indiquait alors la présence de ^ d'équivalent de soude libre. 
Le dernier équivalent d'acide a donné -t- a^^'jSg (au lieu de -t- 2^''',3o). 
» La présence constante d'une certaine quantité de soude libre avant 
l'addition du dernier équivalent d'acide indique que le glyoxal se trans- 
forme en partie (de-^à ~) en acide diglycolique, ou bien qu'une portion 
reste inattaquée; toutefois cette cause d'erreur est trop faible pour modi- 
fier le sens des résultats obtenus. 

M Les nombres précédents expliquent pourquoi le glyoxal se change en 
acide glycolique au contact de l'eau; à froid, il ne s'en forme que des traces, 
même au bout d'un tenqis très long; à cliaiid, il se produit beaucoup plus 
rapidement; à i5o", cette transformation peut atteindre le tiers du glyoxal 
employé, en présence d'un grand excès d'eau. 

» Ces faits permettent de se rendre compte des difficidtés qu'on ren- 
contre dans la préparation du glyoxal. Lorsqu'on évapore au bain-marie 
ses dissolutions, il retient encore beaucoup d'eau, et si l'on cherche à 
l'éliminer en élevant la tem[)érature jusque vers 160" ou 180", il se forme 
d'abord de l'acide glycohque, ce qui dégage -H 6^"', o5, puis cet acide perd 
deTeau pour donner non du glyoxal, mais son isomère le glycolide, dont 
la production absorbe moins de chaleur, de sorte que le résultat final est 
la transformation d'ime certaine quantité de glyoxal en glycolide, réaction 
qui dégage H- h*^"^,^?). On peut ainsi, en chaulfant à 180°, obtenir un pro- 
duit dont l'analyse conduit à la formule théorique C^H^O*, mais il peut 
contenir beaucoup de glycolide; il est préférable de ch^uiffer seulement a 
120" dans le vide; le glyoxal obtenu retient alors encore un peu d'eau, 
mais il n'y a que des traces de glycolide et d'acide glycolique; eu outre, 
il est complètement incolore. » 

C. R., iSS'i, 1" Semestre. (T. XCVIII, N» 3.) -'9 



[ 298 ) 

THEr.MOCHlMlE. — Sur la citaient de Jbnnalion des oxychlonires de mercure. 
Noie de M. G. André, présentée par M. Berthelot. 

« Les oxychlonires de mercure sont très nombreux : ils ont été princi- 
palement décrits par Milion, Roucher, Grouvelle. J'en ai préparé un cer- 
tain nombre, pour les étudier au point de vue thermique. 

» 1° HgO, HgCl. — Ce composé n'a pas été décrit et je n'ai pu réussir à 
le préparer parla ■voie humide. Je l'ai obtenu en chauffant en tube scellé 
à 3oo°, pendant six heures, un mélange intimement pulvérisé de — d'équi- 
valent d'oxyde rouge de mercure avec un peu plus de ^ d'équivalent de 
bichlorure, car il se sublime toujours un peu de ce dernier corps à la 
partie supérieure du tube. 

» Le corps ainsi obtenu est rouge brun foncé, d'apparence homogène, 
facilement décomposé, même par l'eau froide. Il donne avec la potasse de 
l'oxyde jaune et sa composition a été vérifiée par l'analyse. 

» Dissous dans l'acide chlorhydrique, il a donné à 9" : 

HgO, HgCl 4- H Cl étendu, dégage -h 7^^1,0 

» Or, comme on a, à 9° : 

HgO 4- HCl étendu = HgCI dissous, dégage -I- iof^"',2 

HgCI + Eau = HgCl dissous, dégage — l'^^'.SS 

)) On en déduit pour l'union de HgO avec HgCl : 

HgO + HgCI, dégage + i'^''',65 

» 2° HgO, HgCl. — Je l'ai obtenu, comme l'indique Milion, en versant 
à froid i'"'' d'une solution saturée de bicarbonate de potasse dans 3""' 
d'une solution saturée de bichlorure de mercure, puis agitant. Le précipité 
rouge pourpre qui se rassemble peu à peu a été recueilli, lavé avec très 
peu d'eau froide, qui le décompose assez vite, et séché à l'étuve à 100° 
pendant deux jours, car il retient avec opiniâtreté des traces d'eau. 

» L'analyse a donné : 

Calculé 
pour 
Trouvé. 2Hj;0, HgCl. 

CI 10,08 10,0g 

Hg 85,25 85,34 

» Cfi composé, que j'ai préparé plusieurs fois, peut également avoir une 
couleur rouge brun 
» Il a donné, à 9° : 

aHgO, HgCl 4- 2HCI étendu, dégage 4-i5'--'', 7 



( 299 ) 

d'où 

2HgO + IlgCI + SC"", i5 

» Un mélange intimement pulvérisé de -j^ d'équivalent d'oxyde rouge 
avec un peu plus de ~ d'équivalent de bichlorure, chauffé à 3oo° en tube 
scellé pendant six heures, présente, après ce temps, l'aspect d'un corps 
rouge brun foncé, facilement altéré par l'eau froide, donnant avec la po- 
tasse de l'oxyde jaune de mercure. 

» Sa chaleur de dissolution dans H Cl étendu est voisine de la précédente 
et égale à +i5*^"',8, et sa chaleur de formation, à partir de TIgO et de 
HgCI,estégaleà+3^"',o5. 

» Eu versant i^'^' de dissolution saturée de sublimé dans i^"' de bicar- 
bonate de soude saturé, j'ai obtenu un corps rouge-brique qui présente 
aussi la composition aHgO, HgCl et dont les eaux mères laissent déposer, 
quand on les chaulïe seulement jusqu'à l'ébuliition, un précipité cristallin 
gris de fer, de la formule 4HgO, HgCl. 

» '5° 3HgO, HgCl. — Je m'occuperai ultérieurement de trois de ces 
composés, qu'on obtient aisément par voie humide, comme l'a indiqué 
Millon. 

» J'ai préparé un corps rouge brun, de cette formule, en chauffant en 
tube scellé ~ d'équivalent d'oxyde rouge avec -^ d'équivalent de bichlo- 
rure. On a : 



3ngO, %C1 -t- 31ICI ctenilu, dégage -(-25<^»', i 

3HgO + HgCl + 3C",95 



» Cesoxychlorures 3llg(), HgCl, obtenus, soif par voie humide, soit par 
voie sèche, ne sont que très peu altérés par l'eau froide. 

» 4" 4HgO, HgCl. — Les composés de cette formule sont de beaucoup 
les plus nombreux. J'en ai étudié trois au point de vue thermique : 

» i" On chauffe les eaux mères du composé aHgO, HgCl, préparé au 
moyen du bichlorure de mercure et du bicarbonate de potasse, comme je 
l'ai rappelé plus haut (Millon). 

» J'ai observé qu'il était indispensable de s'arrêter dans le chauffage un 
peu avant l'ébuliition ; car, si l'on prolonge l'action de la chalein-, le corps 
gris de fer cristallin qui prend peu à peu naissance, à mesure que l'acide 
carbonique du bicarbonate se dégage, et qui flotte dans le liquide, se dé- 
compose assez prompteuient, de sorte qu'au bout d'une dizaine de minutes 
d'ébullilion il n'y a plus dans le liquide que de l'oxyde rouge. 

» Le corps qui m'a servi aux mesures thermiques possédait la compo- 



{ 3oo ) 
sition suivanlc : une fois lavé à l'eau froide et séché à l'étuve à loo", 

Calcule 
Trouvé. ]ioiir 4 Ui;0, HgCI. 

Cl 5,93 (),3.5 

Hg 88,3i-88,4o 88,10 

J'ai obtenu, à 9" : 

4HgO,UgCl -+-4HClPten(lu, degaye +34'^'", 39. 

d'où 

4HgO + HyCI, dégage + ^<^-" ,i)3 

» 2" Un cor[)s j)iésentant cette même composition, obtenu par voie 
sèche, en tube scellé, et d'une couleur gris légèrement rouiioàtre, m'a 
donné, comme chaleur de dissolution dans H Cl étendu, + 34*^"', 55, d'où 

4HgO + HgCI, dégage + 4i-»',7o 

nombre voisin du précédent. 

» 3" J'ai encore obtenu les mêmes nombres avec un oxyohlorure 
amorphe, brun, préparé, connue l'a indiqué Millon, en versant à froid 
1^"' de solution saturée de bichlornre de mercure dans 3^"' île solution sa- 
turée de bicarbonate de potasse. 

» Ces trois composés sont très peu altérés par l'eau froide. 

» Ou peut remarquer que la chaleur déformation de ces divers oxyclilo- 
rures va en croissant de -t- i'^^' environ à mesure que la basicité du corps 
augmente de i'^'' de HgO, et cela, que le corps soit obleiui par voie liiuuide 
ou |)ar voie sèche. 

>) J'ai eu l'occasion de dire récemment que la chaleur de formation des 
oxychlorures de plomb présentait le même accroissement de i*^"' environ à 
mesure que la basicité augmente de i'*' de l'bO. Toutefois la chaleur de 
formation de ces derniers com[)osés est un |)eu plus forte que celle des 
composés correspondants du mercure. 

» Je ferai, dans un Mémoire plus détaillé, diverses observations relatives 
à la préparation des corps que je viens de décrire et d'autres dont je ne 
parle pas ici. » 

THERMOGHlMilî. — Sur It fluotuve d\tii!iinoine. Note de M. Gt-'MZ, 
présentée par M. Berthelot. 

« 1/acide fluorhydrique, même très étendu, jouit de la propriété de 
dissoudre très rapidement, et à froid, l'oxyde d'antimome cristallisé ou 



( ^^oi ) 
amorplie; ces solutions ne sont pas décomposées par l'eau, comme cela 
arrive pour les autres sels d'antimoine, et, de plus, l'évaporalion de ces 
solutions au haiu-marie reproduit le fluorure cristallisé. 

» Cette propriété exceptionnelle m'a engagé à étudier, au point de vue 
thermique, la formation du fluoriu'e d'antimoine cristallisé et sa dissolution 
soit dans l'eau pure, soit dans des solutions d'acide fluorhydrique. 

w i" Dissoluhon dans l'eau. — Voici les résultats obtenus dans quatre 
séries d'expériences concordantes vers i3°: 

Clialeurs spécificiiies. 



SbFI^+ 101 H-0- = 


.SbFP dissous 


SbFI' + 229ir-0- 


.. 


SbFI^-4-4o7H^O^ 


•" 


Sl)Fl<-t- 89H-O- 


M 


SbFP + 274H-0- 


U 


SbFP+ 58H^O^ 


U 


SbFI'-t-2i9H^0- 


w 


SbFr' + 344H^02 


m 



Cal 

- .,42 

— 1,61 


0,899 
0,945 


0,897 
,943 


— 2,00 


0,970 


o>9;4 


- .,26 

— I ,70 


, 890 
0,954 


, 895 
0,957 


- .,t6 


0,80') 


0,807 


- .,63 

- 1,88 


0,940 
0,963 


0,943 


- .,4> 

- 1,68 







SbFP+iiiH-O^ 
.SbFI' + 22iU-0- 

)i Dans chaque série, le premier nombre est obtenu en dissolvant direc- 
tement le fluorure dans l'eau ; les autres se déduisent de la chaleur absorbée 
par la dilution de la solution obtenue. 

» On voit que l'absorption de chaleur augmente avec la ddution et tend 
vers — 2'^-^',o pour les solutions très étendues. Le fluorure d'aiilimoiiie se 
comporte donc comme un sel st.djle dans sa di.-.solution. 

» 2" Clidleiir de dissolution dujlnoruie d'aidiinoiiie cnslallisé dans des solu- 
tions d'acide fluorhydrique. — On opère comme dans le cas précédent, l'eau 
pure étant remplacée par une solution étendue d'acide fluorhydrique 
(i'^i= 2'"^ de solution). Voici mes résultats: 



SbrF+ 1,358 (HF-+- 110H-O-) =SbFl' dissous 

SbF12-H2,629 

SbFP 



■4,io4 



SbFF- 
SbFI'- 
SbFF- 



2 , o 3 1 
4.3io 
6,601 



» On voit que, lorsqu'il y a en présence plus de k""^ d'acide fluorhydrique 



o ,0 > 

0,09 
0,24 

0,08 

0,29 

o , 29 



( 302 ) 

pour i*^ de fluorure d'antimoine, une nouvelle dose d'acide ne produit 
plus d'effet thermique appréciable. 

» Ces expériences conduisent à une conclusion plus importante. 

» La chaleur dégagée dans la réaction est la somme algéhriqui' de deux 
effets qui se passent simultanément : 

» i'^ La chaleur absorbée par la dilution du fluorure; 

» 2° L'action de l'acide fliiorhydrique sur ce sel. 

B Comme, dans cette dernière réaction, il y a un dégagement de chaleur 
notable [( + 2,00 + o,-i4 pour SI)FP+ 4)io(HFl + 1 lofFO")], on peut 
en conclure qu'd se forme un fluorhydrafe de fluorure d'antimoine. Je n'ai 
pas réussi à isoler ce composé à l'état de pureté; cependant, en traitant 
une solution concentrée de fluorure par l'acide flunrhydrique concentré 
et pur, on obtient im fluorure cristallisé contenant un excès d'acide. 

» Il était nécessaire de connaître l'action de doses successives d'acide 
fluorhydrique sur le fluonu-e d'antimoine pour déterminer la chaleur de 
formation île ce sel, la dissolution complète de l'oxyde dans la dose écpii- 
valente d'acide étant beaucoup trop lente. En mesurant la chaleur dégagée 
dans la dissolution de l'oxyile d'antimoine prismatique dans un grand 
excès d'acide fluorhydrique (i'"' dans 2''^), 'j'"i d'acide pour i d'oxyde, ce 
qui dégage +io^''',i par équivalent d'oxyde, on a les données nécessaires 
pour mesurer la chaleur de formation du fluorure d'antimoine cristallisé à 
partir de l'acide fluorhydrique gazeux etde l'oxyde d'antimoine prismatique. 
» J'ai trouvé que 

SbO^sol, prismati(iiie -t~ 3 HIFI gaz— Sb FI' sol. H- 3 HO sol +47^^1,8 

» Celte chaleur de formation explique pourquoi le fluorure d'antimoine 
n'est pas décomposé par l'eau. 

» En effet, d'après M. Berthelot [Mécanique chimique, t. II, p. 5G8), 
voici la condition nécessaire et suffisante pour que cette décomposition 
n'ait pas lieu : il f^ut que l'on ait entre la chaleur déformation du fluorure 
et de l'oxyde d'antimoine de l'acide fluorhydrique en solution étendue de 
l'eau l'illégalité suivante. 

» Désignons par la notation (Sb 4- Fl') la chaleur de formation du fluo- 
rure d'antimoine à partir de l'antimoine métallique et du fluor gazeux, par 
(H + Fl ) celle de l'acide fluorhydrique, pir (Sb + ()■') celle de l'oxyde, 

(Sh + FP)>(Sb4-0') + 3[(H + Fl) + ir,8 - 3/|,5] 
ou bien 

(Sb-f-FP)-3(]I + Fi)>(Sb + 0')+3(ii,8-3/i,5). 



( 3o3 ) 
» En prenant pour la chaleur de formation de l'oxyde le nombre 84,0 
d'après M. Berlhelot, ou le nombre de M. Thomsen, 83,7, on trouve 

que 

(Sb -h FI' ) - 3(n + Fi) = + 25*^^',g, 

(SI) + 0^') + 3(11,8-34,5) = + i5c»',6. 

» Par conséquent, le fluorure d'antimoine ne doit pas être décoinposé 
par l'eau : c'est ce que l'expérience confirme. Au contraire, le chlorure d'an- 
timoine est décomposé par l'eau, parce que sa chaleur de formation ne 
surpasse pas celle de l'oxyde d'une quantité supérieure à +4'"''', 8 pour 
chaque équivalent de chlore. Lr stabilité relative du fluorure d'antimoine 
en présence de l'eau opposée à la décomposition du chlorure fournit donc 
une nouvelle vérificalion des théories thermiques. » 



THF.RMOCHIMIE. — Sur la cluileui' de Iransjhr malin n de T oxyde (Vaidimoint 
prlsinaliijueen oxyde octaédriqiie. Note de M. Guntz, présentée par M. Ber- 
thelot. 

« Les deux modifications cristallographiques de l'oxyde d'antimoine se 
dissolvant facilement dans l'acide fluorhydrique étendu, j'ai pu déterminer 
la chaleur dégagée |)ar la transformation d'une modification dans l'autre. 

» On sait que, contrairement à l'acide arsénieux pour l'oxyde d'anti- 
moine, la forme la plus stable est la forme prismatique : mes expériences 
confirment ce résultat. 

» En effet, si l'on mesure la chaleur de dissolution dans l'acide fluorhy- 
drique des deux modifications, on trouve qu'elles se dissolvent en déga- 
geant des quantités inégales de chaleur. 

Pour l'oxyde octaédrique + 9'''', 5 

» prismatique -4-io''^',i 

On peut en conclure que la transformation de l'oxyde octaédrique en 
oxyde prismatique dégage +o'^'',6. 

SbO^ sol. prismatique = SbO' sol. octaédrique. . . +o'=-'',6 

» L'oxyde d'antimoine amorphe paraît se comporter comme l'oxyde 
prismatique ; car, eu se dissolvant dans l'acide fluorhydrique, il dégage la 
même quantité de chaleur. » 



( 3o4 ) 

ClliMlK. — Sur In iKjuéfndinn de riiydrnr/cne. Note de M. S. Wrorlewski, 

pré.senlée par M. Debrav. 

« Je (lenmnrle à l'Acaflétnie la permission de lui conimunicpier une ex- 
pérjpiice qui complète celles de MM. Cnilletet et Raoul Pictet, et prouve 
que l'hydrogène ne fait pas une exception parmi les gaz liquéfiables. 

» Dans un appareil construit tout spécialement pour cette expérience, 
je comprime l'hydrogène justprà 1 00="'", dans un tube en verre, disposé 
verticalement, d'environ 2""" de diamètre extérieur et de o""", 2 à o""",4 de 
diamètre intérieur. T/appareil permet, à l'aide d'une vis, de faire échap- 
per instantanément dans l'air le gaz comprimé, c'est-à-dire de produire inie 
détente qui est beaucoup plus brusque que celle qu'on peut obtenir à 
l'aide de l'appared de M. Cailletet. 

» Ayant entouré le tube d'oxygène liquide et l'ayant refroiili par une 
série d'èhullilions de ce gaz, j'ai vu, au moment de la détente de l'hydro- 
gène, se produire dans le tube une ébullition tout à fait analogue à celle 
qui a été observée par M. Cailletet sur l'oxygène dans ses expériences de 
l'année 18S2. 

» Le phénomène se produit de la même manière à une certaine dis- 
tance du fond du tube. Il persiste seulement beaucoup moins île temps, il 
est moins prononcé et il est beaucoup plus difficile à apercevoir. 

» La raison de cette dernière difficulté peut être expliquée par la très 
faible densité de l'hydrogène liquide. MM, Cailletet et Haiitefeuille, dans 
leurs remarquables recherches Sur la densilé de l'oxygcnc, de l'hplrn,jène el 
de l'azolc li(ju('lics en jirëseiice d'un liquide sans action rhiinique sur ces corps 
simples, ont déduit, |)Our la densité de l'hydrogène liquide, le nombre o,o33. 
Puisque la même méthode a fourni, dans les mêmes conditions, le nombre 
0,89 pour la densité de l'oxygène, et que ce dernier nombre est en 
complète concordance avec mes mesures directes, on jieiit admettre que la 
densité, désignée par MM. Cailletet et Hautefeuille, pour l'hydrogène, ne 
s'éloigne pas beaucoup de la réalité. D'un autre côté, l'hydrogène gazeux 
atteint cette densité o,o33, à basse température, sous des pressions peu 
considérables. De là résulte la difficulté optique de distinguer les parties 
liquides des parties gazeuses de l'hydrogène. 

» C'est probablement à celle difficulté que je dois attribuer de n'avoir 
jamais pu reproduire l'expérience de M. Cailletet sur l'hydrogène. 

» L'analogie entre le phénomène décrit et ceux que présente l'oxy- 



( 3o5 ) 
gène permet de supposer que la température nécessaire pour la licpié- 
faction coinplète de l'hydrogène n'est pas trop éloignée de celle qu'on 
peut obtenii' à l'aide de l'oxygène bouillant. » 



M. Caillktet présente les observations suivantes, relatives à la Com- 
inunicalion de M. fFrobfeioski : 

K M. Wroblewski, en fai^ant connaître à l'Académie les intéressants ré- 
sultats de ses expériences, rappelle qu'd n'a jamais pu obtenir, par la dé- 
tente de l'hydrogène, le brouillard que j'avais signalé en 1877 comme le 
signe certain de la condensation de ce gaz. 

» Dans mes premiers essais ('), je n'avais rien reconnu de particulier; 
mais, en reprenant mes expériences au laboratoire de l'École Normale dans 
des conditions nouvelles et en opérant la détente de l'hydrogène com- 
primé vers 300"'™, pression bien supérieure à celle que M. Wroblewski a 
employée depuis, j'avais observé la production d'un brouillard fin et sub- 
til, suspendu dans toute la longueur du tube et qui disparaissait subite- 
ment. 

» La production de ce brouillard, malgré son extrême rareté, avait 
semblé être la preuve manifeste de la condensation de l'hydrogène à 
MM. Boussingault, Bertbelot, Sainte-Claire Deville, qui avaient bien voulu 
alors m'antoriser à invoquer leur témoignage. 

» La liquéfaction de l'hydrogène, que M. Wroblewski vient de réaliser 
si heureusement, confirme ce que j'annonçais récemment à l'Académie en 
lui présentant la description d'un appareil continu qui doit permettre 
d'obtenir, par la détente d'un volume limité d'étliylène, de grandes quan- 
tités d'oxygène liquide , que je devais utiliser pour arriver à la condensa- 
tion de l'hydrogène (^). 

)) J'avais déjà obtenu, dès l'année 1882, la liquéfaction de l'oxygène 
dans les conditions où M. Wroblewski vient de liquéfier l'hydrogène (^), 
et j'avais reconnu qu'en détendant l'oxygène gazeux comprimé et refroidi 



(M Sur lu condensation des gtiz ri'putt^s hicoercil/les [Comptes rendus, t. l^XXXV, 

p. 1270]. 

(2] Sur la production des températures très liasses au moyen d'un appareil- continu 

[Comptes rendus, t. XCVII, p. Ili5). 

(ï) Sur l'emploi des gaz liquéfiés, et en particulier de l'éth) lène pour la production des 
basses températures [Comptes rendus, t. XCIV, p. 1224). 

G. R., i88.'i, i" Semestre. (T. XCVlll, N» â. ) 4^ 



( 3o6 ) 
dans l'éthylène bouillant sous \n pression atmosphérique, il se produit, à 
une certaine distance du fond du tube, une ébullition tumultueuse qui per- 
siste pendant un certain temps. 

)j C'est aussi avec l'éthylène liquide que MM. Ilautefeuille et Chap])uis 
ont pu obtenir un froid suffisant pour condenser, sous forme d'un liquide 
bleu foncé, l'ozone, qui n'avait pu être liquéfié avec l'acide carbonique et 
le proloxyde d'azote. 

» C'est enfin en se servant de l'éthylène et des appareils que j'employais 
à l'Ecole Normale que M. Wroblewski a liquéfié l'oxygène dont il s'est 
servi comme corps réfrigérant pour liquéfier l'hydrogène. 

» M. Wroblewski a reconnu que la détente de l'hydrogène condensé 
donne lieu à une ébullition tumultueuse, mais moins durable que celle 
que j'avais constatée dans mes expériences sur l'oxygène. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur un cas d'isonir-rie du camphre chloronilré . 
Note de M. P. Cazeneuve, présentée par M. Friedel. 

<c Dans une Note que nous avons eu l'honneur de présenter à l'Aca- 
démie au mois de février i883, nous avons décrit la préparation du 
camphre chloronilré, sous l'influence de l'acide nitrique fumant, aux dé- 
pens du camphre monochloré normal. Il suffit de traiter ce dernier corps 
par quatre fois son poids d'acide nitrique fumant, de précipiter par l'eau, 
de laver à l'eau, puis à l'ammoniaque, et défaire cristalliser dans l'alcool. 
Nous disions que l'alcool mère de cette cristallisation soumis au froid se 
prend en une masse indistinctement cristaHisée, constituée probablement 
par un dérivé chloronitré isomère ('). 

» Nous sommes parvenu à purifier ce corps en l'essorant, le faisant 
bouillir à plusieurs reprises avec de l'alcool chargé d'ammoniaque et le 
faisant recristalliser dans l'alcool froid. 

» L'analyse donne alors des chiffres constants : 

Théorie 
Expérience. C'»H'»CI(A7.0^)0. 

C 5i,32 5i,83 

H f) , 2 1 6 , o4 

Cl 15,92 i5,33 

Az 'ï,gi 6,04 



(') BuIlcHii de la Société c/iimiqi/e, i883, t. XXXIX, |). 'io3. 



( 3o7 ) 

» Ce camphre chloronitré est d'une grande blancheur. Il possède une 
odeur de nature camphrée et une saveur anière aromatique, qui rappelle 
les caractères de son congénère. Il crislallise indistinctement à l'œil nu. 
Au microscope, on reconnaît des arborescences terminées en massues. 

» Ce corps est mou, se masse sous le pilon. Le corps normal est dur et 
peut se pulvériser. 

» Il est insoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool froid et dans 
l'éther. La solution éthérée donne par évaporation une solution sirupeuse, 
qui finit par abandonner une niasse cristalloïde mal définie. Le camphre 
chloronitré normal, au contraire, se dissout mal dans l'alcool froid et 
cristallise au sein de l'élher en prismes volumineux. 

» Le corps isomère est dextrogyre, 

[«J,=4-I7«. 
» Le corps normal est lévogyre, 

[a]j = -^%i. 

» Le corps isomère fond à 83° en >in liquide incolore. Au-dessous de 
aoo°, il se décompose assez vivement, avec dégagement de vapeurs acides, 
et laisse un résidu charbonneux. 

» Sous les influences hydrogénanles, le camphre chloronitré isomère 
donne du camphre nitré comme sou congénère. 

). Ce cas d'isomérie du camphre chloronitré est essentiellement compa- 
rable à ceux que nous avons signalés dans la formation des camphres mono- 
et deutochloré normaux accompagnés chacun d'un isomère, se distinguant 
par sa grande solubdité dans l'alcool et son caracten- cristalUn, aussi bien 
que par un pouvoir rotatoire et par un point de fusion différents. 

» Postérieurement à nos découvertes des camphres mono- et deuto- 
chlorés, normaux et isomères, et des camphres chloronitrés, MM. Robert 
Schiff et J. Puliti ont publié un Mémoire sur la préparation du camphre 
monochloré el des dérivés chloronitrés ('). Nous tenons, à celte occasion, 
à faire valoir notre priorité et à nous réserver absolument cette étude dans 
la voie que nous avons tracée, et qui doit nous permettre d'obtenir des 
produits de substitutions plus avancés. » 



R. Schiff et Puliti, Deutsche cheinische Geselhchaft, t. XVI, p. 887. 



( 3o8 ) 

EMBRYOGÉNIE. — Sur les organes seqmentmres et le podocjste des einhrynns 
de Limaciens. Note de M. S. Jourdain, présentée par M. Robin. 

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie des observations sur flenx 
points de l'histoire enibryogéniqne des Limaciens, que, pour mieux fixer 
les idées, je fais précéder de quelques notions sur l'embryon de ces Pul- 
monés. 

» Lorsque s'est produite l'invagination de l'ectoderme qui doit donner 
naissance au vestibule digestif et à son ouverture externe, on voit appa- 
raître un épaississement du mésoderme ou plaque soléaire, qui détermine 
la face inférieure ou ventrale du corps; puis, latéralement, deux autres 
plaques qu'on peut nommer lubio-tentaculaires, du nom des parties qui en 
dériveront. De bonne heure, sur la face dorsale, on remarque une saillie 
hémisphérique, qui ne tarde pas à devenir très volumineuse et que je pro- 
pose de i^ommer gihbosilé prépallénie. En effet, elle est placée en avant de 
la plaque palléale, qu'elle semble repousser et relever comme le couvercle 
d'une boîte à charnière. La gibbo^iié prépallélale est coiistiiuée par un 
noyau central de matière granuleuse, véritable vitellus posteinbryonnaire, 
qui paraît destiné à suppléer à l'insuffisance du vitellus primilif, qui est 
très petit. Ce noyau vitellin est recouvert d'une couche mésodermique 
dont les plans profonds forment un stratum de cellules ou même d'alvéoles 
plus ou moins régulières, rendues polygonales par pression latérale réci- 
proque. 

» L'organe segmentaire, dont je vais parler tout d'abord, a déjà été 
aperçu, par Gegenbaur en parfictdier, qui ne semble pas toutefois en 
avoir saisi la véritable nature, non plus que la structure exacte. L'analo- 
miste allemand l'appelle Norniere. 

» Cet organe est pair. Il consiste en un tube recourbé en siphon, à con- 
vexité supérieure ou dorsale, placé au-dessous de la couche exodermique 
et sur les parties latérales inférieures de la gibbosité prépalléale. Il est 
formé d'une membrane de soutien tapissée par ime couche de cellules 
polygonales, contenant un gros noyau granuleux, brun verdàtre chez la 
Limax ofjieslis, et dont la face interne possède des cils vibratiles très fins. 
Ce tube est ouvert à ses deux exlrén)ités. En arrière, il débouche au dehors 
par un orifice évasé en entonnoir, pratiqué au devant du bord palléal. En 
avant, il débouche au milieu du lacis mésodermique qui revêt la cavité 
génér.de, un peu i n arriére et au-dessous de la plaque tentaculaire. 



( 3o9 ) 

» Il est iiuporianl d'ajouter que cet organe n'a aucune relation avec 
le rein définitif, qui se développe d'une manière indépcndatUe, sous la ca- 
lotte palléale. 

» Je pense que cette description suffit à légitimer la dénomination d'or- 
gane segmeniaiie que je propose poiu' cet orj^ane transitoire, qui se re- 
trouve, avec des modifications, chez beaucoup de Gastéropodes et peut- 
être même chez tous. 

» Je ne suis point encore fixé sur la destinée ultérieure de l'organe seg- 
mentaire, dont on pourrait bien retrouver des vestiges chez l'adulte. 

» En arrière de la calotte palléale, s'étend la partie postérieure du corps, 
formée chez l'enibryou de mésodenne revêtu d'un mince exoderme fine- 
ment cilié, mésoderme au milieu dtiquel se creuse la cavité générale, par 
une sorte de délamination. 

» Cette loge postérieure de l'enveloppe somatique se prolonge en un 
appendice contractile, de forme et de dimensions variables suivant les es- 
pèces, et que, pour abréger, je nommerai le podocyste. Dans l'embryon de 
Limax agreslis, il demeure court et eu forme de; pompon, tandis que, dans 
i'^rion rufiis, il est tiès allongé, cylindrique et eiu'oulé en s|)irale. I^es pa- 
rois soutconslituées par un stratum de cellules mésodermiques à gros noyau 
nucléole, entouré d'un protoplasina contractile, irrégulièrement étoile et 
dont les branches s'unissent les unes aux autres. Extérieurement se voit 
un exoderme finement cilié. Le liquide de la cavité générale remplit le 
podocyste, qui est le siège de mouvements de diastole et de systole, en 
vertu desquels le liquide passe de la cavité générale dans sa propre cavité, 
et réciproquement. if an^ * 

» Quelque temps avant l'éclosion, le |)odocysle se résorbe et, quand la 
jeune Limace sort de l'œuf, il n'en reste plus de traces. 

» Quel est le rôle de cet organe embryonnaire? Il est important de re- 
marquer qu'il est en contact immédiat avec la fiice interne de la coque, sur 
laquelle il est promené d'un mouvement contiiui par la rotation de l'em- 
bryon, due elle-même aux cds vibratils que possède ce dernier. Le podo- 
cyste se trouve donc dans les conditions les plus favorables pour servir aux 
échanges osmotiques nécessaires entre le liquide sanguin et l'air ambiant. 

» D'autre part, il est en rapport immédiat avec la réserve alimentaire 
albumineuse que doit utiliser l'embryon. 
, » Il est donc légitime de penser que le ])odocyste représente, au point 
de vue fonctionnel, mais à ce point de vue seulement, l'allantoïde des Ver- 



( 3io ) 
lébrés supérieurs, c'est-à-dire qu'il sert tout à la fois à l'osmose nutritive et 
respiratoire. 

» On a prétendu que la gibbosité prépalléale était également un sac 
contractile, antagoniste du podocyste. Quand les contractions de ce der- 
nier sont énergiques, on voit, en eifet, le tissu mésodermique de la gibbo- 
sité s'élever et s'affaisser alternativement. Mais ces mouvements ne sont 
pas localisés dans cette partie : quand le podocyste se contracle, tous les 
tissus mésodermiques se distendent ; seulement, à cause de leur structure 
plus lâche dans la gibbosité, les mouvements de dilatation et d';iffaissement 
y sont plus accusés et plus visibles. » 

GÉOLOGIE. — Gisement tongrien de Lomjjurneaii [Scine-et-Oise]. 
Note de M. Stan. Meunier. 

« Comme suite aux observations que j'ai présentées déjà sur le terrain 
tongrien des environs de Paris ('), je crois devoir signaler une coupe en 
ce moment visible à Longjumeau. Je dois tous mes remercîments à M. A, 
Laville pour le relevé exact qu'il a bien voulu m'en fournir. 

» Ouverte entièrement dans la masse inférieure dessables de Fontaine- 
bleau, cette excavation est située sur le bord de la route de Paris, à loo'" 
environ du pont du chemin de fer de Grande-Ceinture. Elle donne la su- 
perposition de couches que voici : 

8. Terre végétale. 

7. Sable jaune sans fossiles , o,5o 

6. Marne sableuse micacée verdâtre sans fossiles 3,5o 

5. Sable jaune sans fossiles 0,5o 

4. Petite zone de sable, rouge |)ar places, renfermant des ro - 
gnons de fer hydraté et une grande quantité de dents de 

Squales, de Myliobates, elc o,4o 

3. Sable micacé jaune verdâtre, très coquillier, avec Halitherium 

à la partie supérieure i ,8o 

2. Sable blanc sans fossiles, avec quelques galets quelquefois re- 
couverts de Balanes o,^o 

1 . Sable blanc très coquillier i 

» Parmi les coquilles les plus abondantes sont des espèces très caracté- 

'"{*) Comptes rendus , séance à\iÇ) octobre 187g; Nouvelles Archives du Muséum, 2« série, 
t. III, p. 235, PI. XIII et XIV. 



(3,, ) 
ristiques delà faune de Jeiirre, à commencer par Ostrœa cyatlnda, Cylherœ.a 
incrassala,Avicula Stampinensis, Lucina Heberti, Dentaliuin Kickxii, Cerilhium 
plkalum, etc. Avec ces débris se trouvent des pinces de Crnslacés déca- 
podes et des valves de Balanes, ainsi que des côtes à' Hnlilhcniun Gtietlardi. 

» Mais ce qui rend surlout intéressante la localité que je signale, c'est 
l'abondance des restes de Poissons ganoides et placoïdes, Lepidotus (frag- 
ments de mâchoires et dents), Myliobales, et spécialement des Squalides. 
L'un de ces derniers me parait n'avoir pas encore été cité dans le bassin 
parisien : c'est un Caicharodon, dont le gisement de Longjumeau a fourni 
une dent très bien conservée et d'une dimension qui contraste avec celle 
desautres « Glossopèlres » du même terrain. Elle mesure o",o6i de lon- 
gueur et o",o53 de largeur; ses caractères concordent avec la figure don- 
née par Agassiz du Carchnrodon pro litctus recueilli à Alzpy; mais il nefaut 
pas oublier que la détermination de ces Poissons est toujours difficile, à 
cause de leur variabilité. 

» En tout cas, il m'a paru utile d'appeler de ce côté l'attention des géo- 
logues. » 

GIîOLOGIE et PALÉONTOLOGIE. — Sur (pielqucs formations d'enii douce tertiaires 
d'/ilgérie. NotedeM. Ph. Thomas, présentée par M. A. Gaudry. 

a J'ai observé, entre la plupart des ridemenls tertiaires de l'Atlas algé- 
rien, une série de formations d'eau douce que je considère comme des épi- 
phénomènes de chacun de ses grands soulèvements. 

» a. Les plus anciennes de ces formations sont d'âge éocène et se 
trouvent placées sur l'horizon des marnes à Ostrea multicostata : telles sont 
celle de la vallée d'El Kantara, au sud de Dalna, et celle du massif des 
monts Fafah, au sud de Bogliar (déparlement d'Alger). Cette dernière est 
caractérisée par des débris de Paludines et par une grosse Hélice d'espèce 
nouvelle. 

» b. Plus haut dans la série géologique, au-dessus des marnes miocènes 
à Ostrea ciassissima, on rencontre une formation lacustre bien développée 
dans les environs de Constantine, où elle prend les caractères d'un ensemble 
de transition mio-pliocène dont le terme inférieur, déjà bien connu des 
géologues, occupe le bassin de l'oued Smendou, l'un des affluents du 
Rummel en aval de Constantine. L'argile inférieure des dépôts du Siuendou 
renferme les énormes Unios et Anodonfes décrits parCoquand ( U. Dubocqui 
et J. Smendovensis), auxquels mes recherches personnelles ont ajouté 



( ^'2) 

quelques Hélices, ainsi que la grande et curieuse Mélanopsicle décrite par 
Tournoiiër sons le nom de M. Thomasi. Diins les marnes lignitifères supé- 
rieures à Flabellaria Lamanonis (Coquand) et à Mastodon (P. Gervais), j'ai 
recueilli quelques ossements d'une grande Antilope et d'iiuiombrables 
Limnécs, Planoibes, Paludinei, BilhjnteSj Mélanoiiddcs, Ancylestt^ Cyinis, qui 
sont encore à déterminer. 

» Au-dessus de l'horizon des ligiiites, siu' les deux rives du Rummel en 
amont de Constantine, on rencontre une formation lacustre analogue à la 
précédente et, comme elle, fortement imprégnée de gypse cristallin. Elle 
contient une faune spéciale, caractérisée par ces nombreuses et bizitrres 
Hélices dentées, autrefois décrites par Crosse [H. semperiana, desoiidiniana, 
subsenilis, Bulimus Jobœ, etc.). J'ai ajouté à cette faune ime Féntssacie, 
quelques petites flëlices non dentées et plusieurs débris indéterminables de 
Pacliydermes et de Rwninants. Ce méiDe horizon se retrouve sur la lisière 
nord du Sahara avec Hélix Tissoti (Bayan), et dans les environs de 
Tiemcen (département d'Oran) avec Hélix Bleicheri (^Tournnuër). 

» c. Au-dessus de ces formations, vient un étage calcaire épais de loo'", 
où l'on trouve, eu même temps que des formes miocènes, des formes plus 
récentes, telles que \e Bulimus Bavotixi {Coqu',\nâ), très semblable au £. r/eco/- 
latus{h.), deux Hélices que je n'ai pu différencier d'espèces encore vivantes 
dans la même localité [H. pyrainidaln et H. Constnnlinœ, Forbes), et un 
petit Planorbe très voisin du P. loiitndntus actuel. Aux fossiles précédents, 
répandus dans toute l'épaisseur de ces dépôts, se joignent quelques formes 
de transition, parmi lesquelles je citerai deux Hélices, dont l'une rap()elle 
dans ses formes générales VU. Vanvinqiiiœ (Crosse) mio-pliocène, tandis 
que l'autre n'est qu'une variété, à bord columellaire simple et arrondi, de 
1'//. semperiana (Crosse), une sorte de subseniperiana dentée à sa commis- 
sure externe, mais dont le bord columellaire n'est pas échancré comme 
celui de la variété typique mio-pliocène. Je vois dans cette variété pliocène 
de VH. semperiana lui passage du type mio-pliocène à une forme actuelle- 
ment très répandue dans toute la région lusitanienne : V H. candidissima (L.). 
Enfin, les travertins pliocènes du plateau d'Aïn-el Bey, près de Constantine, 
m'ont foiuni quelques ossemenlsde Vertébrés, parmi lesquels j'ai pu recon- 
naître, avec l'aide de M. Gaudry : i" un Sanglier que je nomme Sus plia- 
cocliœroules, à cause des caractères mixtes de sa dentition indiquant une 
tendance marquée vers le type actuel des Phacochères; 2° un Hippopotame 
indéterminé; 3" un Hipparion semblable à la variété grêle de i'H. gracile 
du mont Léberou. 



( 3.3) 
» d. Un ravinement profond de tontes les formations précédentes a clos 
la période si longue des calcaires lacustres; les grands fleuves qui ont pro- 
duit cette détiudation ont charrié et déposé sur de vastes espaces leurs 
limons, leurs galets et leurs arènes; ils st mhlent avoir escaladé toutes 
les pentes de l'Atlas par leurs coupures transversales, où s'accrochent les 
quelques lambeaux que le phénomène diluvien quaternaire a laissé subsis- 
ter. Ces dépôts fluviatiles terminent la série des formations d'eau douce 
tertiaires, et ils semblent correspondre chronologiquement à notre Saint- 
Prestien d'Europe. Ils sont très développés dans le Sahara, où ils se ter- 
minent par les couches à Cardium edule; sur le littoral, ils ont un faciès 
fluvio-marin ou d'estuaire; dans le Tell, ils se développent surtout le long 
de celte grande ligne de cliolts qui s'étend du nord-est de la Tunisie au sud- 
est de l'Atlas oranais. Ceux qui reposent sur la formation précédente, aux 
environs de Constantine, sont constitués à leur base par un limon argileux, 
à la surface diupiel on trouve souvent, soit des détritus végétaux transfor- 
més en oxyde de fer hydraté, soit des concrétions limoneuses, ovoïdes, 
contenant souvent à leur centre des fossiles brisés des formations précé- 
dentes : Melanopsis Tliomasi, Hélix subsenilis, Biilimus Bavouxi, etc. Au- 
dessus de ce limon vient un conglomérat gréseux très ferrugineux, passant 
graduellement à des couches gréso-sableuses qui ont l'apparence de dunes 
nivelées. Le conglomérat contient une intéressante faunule où dominent 
un Unio et une Néritine voisine de la N. fluvialitis actuelle, ainsi que de 
nombreux ossements de Mammifères, parmi lesquels je citerai : i" un 
grand Singe ayant quelques analogies avec Cjnocephalns porcarius actuel, 
du Cap; z^Xe Bubalus anliqmis [Tinsern.), buffle jusqu'ici spécial aux allu- 
vions quaternaires récentes d'Algérie; 3° une grande Antilope appartenant 
au groupe des Palœoreas, créé par M. Gaudry, et que je dédie à ce savant 
paléontologiste sous le nom de P. Gaudryi; 4" "ne autre grande Antilope 
remarquable par ses cornes très divergentes, longues, fortes, cylindriques 
et bizarrement incurvées en avant, que je dédie à la mémoire du savant et 
regretté géologue R. Tournouër, sous le nom de J. Townoueri; 5° une 
Gazelle que je nomme G. allantica, à cornes plus droites, plus petites et 
plus comprimées que celles des espèces connues; 6° un Hippopotame in- 
termédiaire entre H. major el H. ampliibiis, mais différent d"//. hipponensis 
(Gaudry) de la même époque; 7° un Hipparion semblant n'être qu'une va- 
riété de ÏH. gracile (Kaup) du miocène d'Europe; 8° un Cheval paraissant 
identique à l'^f/uus Stoionw du pliocène d'Europe; 9" un Éléphant, que 

C. R., i884, I" Semestre. (T. XCVUI, N° S.) 4^ 



(3i4) 
M. Gaudry croit être l'E. menrf/ona/îs (Nesti); lo" un Rhinocéros indéter- 
miné. » 

PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Influence de V oxygène sous pression augmentée 
sur la culture du Bacillus anthracis. Note de M. J. Wosnessenski, pré- 
sentée par M. Paul Bert. 

« M. Paul Bert a démontré que l'oxygène comprimé à 20^"", 4o'"" 
tue le protoplasma du Bacillus anlhracis du sang et détruit ainsi le virus 
charbonneux. Ne pouvait-on compter obtenir, non pas la mort, mais seu- 
lement la diminution de la virulence de cet agent infectieux, en employant 
des pressions moindres, comme celles de a''"", 4"'™! 6"'™? Cette question a 
été laissée en suspens par M. Chauveau dans un beau travail sur le rôle de 
l'oxygène et delà chaleur dans l'atténuation des virus. Il m'a confié le soin 
de l'étudier. 

» Mes expériences ont consisté en cultures de Bacillus anlhracis sous des 
conditions variées de température et de pression d'air. Les cultures ont été 
faites dans les petits matras ordinaires, garnis de bouillon de poule stéri- 
lisé, en couche épaisse ou en couche mince, représentant l'une iS^"^ à ao^"^ 
de liquide, l'autre 5^^ à y^r seulement. On ensemençait ce liquide, tantôt 
avec du sang de cobaye récemment mort, tantôt avec les spores d'une cul- 
ture active. Les matras étaient fermés dans un appareil à compression que 
l'on plaçait dans le thermostat. Suivant le résultat à atteindre, on refoulait 
soit de l'air, soit de l'oxygène pur, de manière à obtenir, pour ce dernier 
gaz, la tension voulue. 

» Je vais commencer par faire connaître l'influence de la pression aug- 
mentée à la température eugénésique. 

» A la température -4- 35° environ, toutes les cultures se développent 
bien, quelle que soit la semence, quand la pression d'air s'élève à S""", 
5ai.u^ gatm^ j^aun gt même iS"'". Lcs matras restés sous cette pression pen- 
dant trois, six, neuf, douze jours se montrent toujours troubles. Mais une 
grande différence existe entre ceux qui sont garnis d'une couche épaisse de 
bouillon et ceux qui n'en contiennent qu'une couche mince. Dans les der- 
niers matras (couche mince), il se développe de bonne heure une très 
grande quantité de superbes spores libres, qui tombent au fond du vase. 
Dans les premiers matras (couche épaisse), le liquide reste uniformément 
trouble; il tient en suspension du mycélium fragmenté, tantôt homogène. 



(3.5) 

tantôt pourvu de spores; celles-ci sont d'abord très rares à l'état libre ; le 
nombre de ces spores libres augmente avec le temps, tout en restant bien 
inférieur, même au bout de douze jours, à ce qu'il est, dès le quatrième 
jour, dans les matras à couche mince. 

1) É[)rouvés par l'uioculation, ces liquides se montrent très virulents. Ils 
tuent les cobayes en trente-six heures. Ceux des matras à couche mince 
sont tout particulièrement actifs, car les cobayes inoculés avec ces liquides 
meurent trois, cinq et même huit heures plus tôt que les autres. 

» Ainsi l'oxygène sous pressiofi modérée, loin d'atténuer les cultures de 
Bacillus anthracis, semble plutôt en augmenter la virulence. Mais, si les pres- 
sions d'air dépassent i^"^" et iS""", c'est le contraire qui arrive. On re- 
produit alors les faits de M. Paul Bert. Toutes les cultures soumises à ces 
pressions supérieures restent parfaitement claires; il ne s'y montre aucun 
développement. Lorsque l'ensemencement a eu lieu avec les bacilles du sang, 
non seulement ceux-ci ne se multiplient pas, mais ils sont tués très rapide- 
ment. Si la semence a été fournie par des spores, celles-ci ne se dévelop- 
pent pas mieux, il est vrai, que les bacilles du sang ; mais elles ne périssent 
pas. On s'en assure en replaçant sous la pression normale, à la même tem- 
pérature -h 35", les matras gardés pendant deux, trois, six jours sous la 
pression de iS^'^à 25'"'" d'air. 

» Voyons maintenant ce qui survient dans le cas où l'on fait agir les 
pressions augmentées simultanément avec une température dysgénésique, 
celle de 4'-i°-43", qui a été employée par M. Chauveau dans ses recherches 
sur l'action atténuante de la chaleur. Dans cette deuxième série d'expé- 
riences, on n'a opéré que sur des cultures ensemencées avec du sang char- 
bonneux frais, et l'on a écarté les fortes pressions capables d'empêcher 
tout développement. Même on s'est astreint à ne pas dépasser les pressions 
de 3*"°, 4""™» 5*"" et 6""" d'air, afin de rester sîirement dans les limites 
compatibles avec la conservation de l'aptitude prolifique. Dans ces condi- 
tions, le développement, quoique entravé, s'effectue toujours. Ici encore, 
on trouve, entre les matras à couche épaisse et ceux à couche mince de 
bouillon, de très grandes différences. Dans les premiers, le liquide est uni- 
formément trouble; dans les seconds, il est clair et tient en suspension 
d'assez gros flocons. Dans les premiers, le liquide contient du mycélium 
fragmenté en filaments courts à protoplasma tout à iait liomogèue, ou 
d'aspect granuleux. Dans les seconds, les flocons sont formés de très longs 
filaments entrelacés, tous granuleux, avec d'intéressantes particularités que 
le défaut d'espace m'empêche de décrire. 



( 3i6) 

-> De grandes différences existent aussi, sous le rapport de la virulence, 
entre les cultures en couche épaisse et les cultures en couche mince de 
bouillon. Laissées jusqu'à douze jours dans le thermostat à -(-42°- 43°, sous 
la pression de 4 à 6""", les premières cuhures sont encore virulentes et tuent 
les vieux cobayes dans l'espace de quarante-deux, quarante-huit heures. 
Mais les mêmes cultures en couche mince perdent toute virulence en quatre 
à six jours; après être restées ce temps dans le thermostat, elles ne sont 
plus capables de tuer même les jeunes cobayes. Cependant ces cultures 
ne sont pas mortes; car, quand on les replace dans des conditions eugéné- 
siques, au point de vue de la température et de la pression, elles repren- 
nent leur évolution et finissent par donner de véritables spores. Ces cul- 
tures remises en train, soit à la première, soit à la deuxième génération, 
ont été beaucoup étudiées par moi. J'y ai retrouvé toutes les propriétés 
atténuées décrites par M. Chauveau dans les cultures analogues, dont la 
préparation initiale avait été fnite à la pression normale ou sous pression 
diminuée. 

» Une troisième et dernière série d'expériences a été consacrée à l'étude 
de l'influence de la pression augmentée sur l'action atténuante du chauf- 
fage rapide. On sait que les cultures restées pendant vingt heures à la tem- 
pérature ■+- 42", 43° perdent toute virulence si on les chauffe pendant trois 
heures à la température -+- 47°- 48°, sous la pression normale. Or le même 
chauffage, exécuté sous la pression de 20*^™ d'air, n'atténue l'agent infectieux 
que d'une manière très incomplète, car les cobayes inoculés avec les liquides 
qui avaient subi ce chauffage sont morts cinquante-six heures environ 
aptes l'inoculation. 

» D'après ces expériences, on peut établir les conclusions suivantes : 

» 1° M. Paul Bert a eu raison de considérer l'oxygène à très haute ten- 
sion comme un poison mortel pour le protoplasma eu Bacillus anthracis. 

» 2° Néanmoins, l'augmentation graduelle de la tension de l'oxygène 
n'amène pas graduellement à la perte de la vitalité du microbe, l^endant 
une première période et avant que la tension de l'oxygène atteigne 3""" 
^jgatm d'air), le microbe résiste mieux qu'avec la tension normale, beau- 
coup mieux surtout qu'avec la tension diminuée, à l'action atténuante de 
la chaleiu'. 

» 3" Suivant que les cultures sous pression augmentée se font en couche 
épaisse ou en couche mince, les résultats qu'elles donnent varient d'une 
manière remarquable : la culture en couche mince accentue toujours l'in- 
fluence exercée par les autres conditions ambiantes. Ainsi, à la température 



( 3i7 ) 
eugénésique H- 35°- 38°, le développement est plus rapide, plus complet 
et la virulence plus prononcée que dans les cultures en couche épaisse, 
comme l'a déjà établi M. Chauveau pour les pressions normales. Au con- 
traire, à la température dysgénésique de + 42°- 43", les cultures en couche 
mince sont plus entravées dans leur développement et deviennent plus 
complètement inoffensives. » 

MÉTÉOROLOGIE. — Sur la cause des tueurs crépusculaires de i883. 
Note de M. G. Tissandier, 

« L'intensité et la persistance des lueurs crépusculaires observées en un 
grand nombre de localités dans les derniers mois de l'année i883 ont dû 
faire chercher une cause exceptionnelle à ce phénomène anormal, et plu- 
sieurs observateurs ont trouvé, dans les poussières volcaniques qui ont dû 
être disséminées dans les hautes régions de l'air à la suite de la grande 
éruption du détroit de la Sonde, une explication de ces remarquables co- 
lorations. 

» Un grand nombre de faits ont confirmé cette appréciation. Cependant, 
dans la séance de l'Académie du 21 janvier 1884, M. Angot a rappelé que 
de semblables lueurs crépusculaires avaient été observées en i83( sur une 
étendue considérable, pendant un espace de temps prolongé, et l'auteur 
ajoute, en faisant allusion aux hypothèses dont nous venons de parler : 
« Ou doit rejeter dorénavant celles qui, bonnes pour l'hiver i883-i884, 
ne conviendraient pas à l'été de 1881. » 

» Nous allons montrer que les circonstances atmosphériques en i83i 
ont été en tous points semblables à celles de i883. Dans les premiers jours 
de juillet i83i, une éruption volcanique très considérable a eu lieu dans 
la mer de Sicile, entre les côtes calcaires de Sciacca et l'ile volcanique de 
Pantellaria. Une île nouvelle, l'île Julia, qui devait disparaître plus tard, 
surgit tout à coup du sein de la mer, au milieu d'une éruption de feu et de 
torrents de cendres. Arago, dans son Ashonomie populaire, t. III, p. 124 et 
suivantes, rappelle l'histoire de ce grand événement géologique. 

1) M. Constant Prévost fut envoyé par l'Académie des Sciences pour 
étudier la formation de l'île nouvelle. Le prince Pignatelli lui assura que 
dès les premiers jours de l'apparition, le 10 et le 1 1 juillet, la colonne 
qui s'élevait du centre de l'île brillait la nuit d'une lumière continue et 
très vive, « comme le bouquet d'un feu d'artifice ». 

» Au commencement d'août, une immense colonne de poussière s'éle - 



( 3i8 ) 
vait dans l'atmosphère et répandait une vive lumière. Le 5 du même mois, 
l'observateur dit textuellement : « Une poussière impalpable entraîntepar 
les vents tombait en abondance. » 

» Cette éruption dura plusieurs mois. Or les crépuscules colorés de i83i 
eurent lieu dès les premiers jours d'août, peu de temps après le début du 
phénomène volcanique, et, comme on peut le lire dans le Cours de Météo- 
rologie de Raemtz, l'état du crépuscule fui remarqué à Odessa, en Alle- 
magne, à Rome, à Gènes, à Madrid, c'est-à-dire dans une zone immense, 
dont le cratère de la mer de Sicile était le centre. 

» On voit que les crépuscules colorés de i83i, comme ceux de i883, 
ont été précédés par des phénomènes volcaniques qui ont lancé dans l'at- 
mosphère des torrents de produits gazeux et de fines poussières. » 

MÉTÉOROLOGIE. — Sur les lueurs crépusculaires de ces derniers mois. 
Note de M. Peruotin, présentée par M. Faye. 

« Dans la Note concernant les crépuscules colorés de ces derniers 
temps, qui a paru dans les Comptes remlus, M. Aogot combat, en définitive, 
la théorie volcanique, en partant de ce lait que déjà, en i83i, des phé- 
nomènes semblables avaient été observés et que Kaemtz, qui les signale, 
a pu les expliquer sans faire intervenir des causes extraordinaires, cos- 
miques ou autres, et en admettant tout simplement un état particulier de 
la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Il n'est peut-être pas sans ititérèt de 
rapprocher de ces crépuscules de septembre i83i le passage suivant du 
t. XII (Mélanges) des CEuvres d'Jrago. On lit (p. 239 de ce volume) : 

« i83i, 10 et II août, la Barbade. — Il y eut, pendant un ouragan extrêmement vio- 
lent, plusieurs secousses accompagnées d'elïets électriques. Il se produisit en même temps 
une éruption volcanique. On évalue à 3ooo le nombre des individus qui ont péri sous 
les décombres. » 

» Les crépuscules observés en Europe les 24, 26 et 26 septembre i83i 
pourraient bien avoir été causés par les poussières de l'éruption de la 
Barbade apportées en Europe par les courants atmosphériques. 

» Dans tous les cas, les crépuscules de i83i ne prouvent rien contre la 
théorie volcanique; ils viennent plutôt l'appuyer. » 

La séance est levée a 4 heures et demie. J. B. 



( 3.9) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



OOVBAGES KEÇDS DANS LA SÉANCE nn 28 JANVIER 1884. 

Catalogue des Cartes, Plans et attires Ouvrages composant le fonds du Dépôt 
général de la guerre [service géographkpie de l' armée). 1884. Paris, Imp. na- 
tionale, i884; in-S". 

Victor Puiseux, Esquisse bingrapliique; par Ph. Gclbert. Bruxelles, A. Vro- 
mant, 1884 ; br. in-8". (Extrait de la Revue des questions scienlifiques.)Vré- 
senté par M. d'Abbadie. ) 

Mémoires de la Société d'émulation du Doubs; 5* série, t. VII, 1882, Be- 
sançon, imp. Dodivers, i883; in-8°. 

Monographie des Isoeleœ ; par L. Motelat et Vendrtf.s. Bordeaux, J. Du- 
rand, i884;in-8°. (Benvoi au Concours Thore 1884.) 

Factor table fur ttie sixtlt million, containing the leaslfaclor of everj number 
nol divisible by 2, 3 or 5 between doooooo and 6000000; by J. Glaisher. 
London, Taylor and Francis, i883 ; in-4° relié. 

Astronomical and metenrological observations made during ihe year 1879 al 
the United Slales naval Observatory . Wasbington, government printing office, 
i883; in-4" relié. 

Second annual Report of the United Slales geological Survey lo the Secrelarj 
oflhe inlerior, 1880-81; 6j J.-W.Powel, director. Washington, government 
printing office, 1882; gr. in-8° relié. 

Utiited Slales geological Survej', J.-W. Poivel director. Terliary history oflhe 
grand canon district ivilh Allas; by Clarence E. Luttow. Washington, go- 
vernment printing office, 1882; in-4'', avec atlas in-f°. 

Saturated steam the molive power in volcanoes and Earlliquakes; greal im- 
portance of eleclricily; by R.-A. Peacock. London, Spon, 1882; in-8° relié. 

Bulletin oflhe Uniled Slales fsh commission, 1881-1882. Washington, go- 
vernment printing office, 1 882-1 883; 2 vol in-8° relié. 

OCVBAGES REÇUS DANS LA SÉANCE DD 4 FEVRIER 1884. 

Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d'invention ont 
été pris sous le régime de la loi du 5 juillet 1 844 > publiée par les ordres de M. le 
Ministre du Commerce; t. XXVI ( i"' et 2^ Parties). Paris, Imp. nationale, 
i883; 2 vol. in-4°. 

Observatoire de Paris. Rapport adressé au Conseil, dans sa séance de janvier 



( 320 ) 

i884, sur la nécessité de la création d'une succursale de l' Observatoire en dehors 
de la ville; par M., le contre-amiral Mouchez, Directeur de l'Observatoire. 
Paris, Gauthier- Vil lars, i884; br. in-4°. 

Annales du Musée d' Histoire naturelle de Marseille, publiées aux frais de ta 
ville, sous la direction de M. le prof . A. -F. Marion. Zoologie. Travaux du la- 
boratoirede Zoologie marine; t.I( i ''^ et 2*" Parties). Marseille, typogr. J. Cayer, 
i882-i883; 2 vol. iii-4°. (Présenté par M. A. Milne-Edwards.) 

Les lois de la matière. Essais de Mécanique moléculaire ; par L.-J.-A. de Co-\i- 
MiNES DE Marsillt. Parls, Gauthier-Villars, i884; in-4°. 

Mémoire sur l'applicalion de la méthode de Lagictnge à divers problèmes de 
mouvement relatif; par Ph. Gilbert. Bruxelles, F. Hayez, i883; in-8°. (Ex- 
trait des Annales de la Société scientifique de Bruxelles. ) 

Démonsti'ation siniplifiée des formules de Foutier; par Ph. Gilbert. 
Bruxelles, F. Hayez, i883; br. in-8°. 

Paléontologie française ou description des fossiles de la France; i'^ série : Ani- 
maux invertébrés. Terrain crétacé, liv. 3o. Terrain jurassique, liv. 66. Paris, 
G. Masson, i884; 2 liv. in-8°. (Présenté par M. Hébert.) 

Nouvelle-Calédonie et dépendances. Rapport médical sur les accidents qui ont 
suivi plusieurs blessures par flèches prétendues empoisonnées dans les des du Pa- 
cifique, etc. Nouméa, imp. du Gouvernement, i883; br. in-8°. (Présenté 
par M. le baron Larrey.) 

Thèses présentées à la Faculté des Sciences de Paris; par M. A. Pomel. 
I''* Thèse : Classification méthodique et gênera des Echinides vivants et fossiles. 
2* Thèse : Contribution à la classification méthodique des Crucifères. Alger, 
typogr. A. Jonrdan, i883; in-4°. (Présentées par M. Hébert.) 

Expédition danoise pour l'observation du passage de Vénus 1882. Publié par 
ordre du Ministère de l'Instruction publique; parC-F. Pechdle. Copenhague, 
imp. Schultz, i883; br. in-8''. 

Chemins de Jer et trannvaj's à câbles sans locomotives ni chevaux, etc.; par 
Fr. Devooght. Anvers, Demeyer-Diimercy, i884; br. in-8°. 

Note sur l'établissement de la carte au ,„gl„„^, de la région comprise entre 
le Touat et Tombouktou, publiée par ordre de M. Tirman, gouverneur général 
civil de l'Algérie. Alger, imp. Cheniaux-Franville, i883 ; in-8°. 

Essai sur le Calcul infinitésimal; par A.-E. Pellet. Clerniont, lypogr. 
Thibaud, sans date; br. in-S**. 

Die Ausgrabungen zu Szeged- Othalom in Ungarn, etc.; von Joseph E. von 
Zenhossek. Budapest, i884; in-4° cartonné. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



SÉANCE DU I UNDl 11 FÉVRIER 1881. 
l'RÉSIDENCE DE M. UOLLAND. 



MEMOIISKS Er COMMLINICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

CHIMIE. — iVo/e sur la loi de Faraday; par M. Ad. Wurtz. 

« J'ai fait observer, dans ma dernière Note, que, dans l'itilerprélation 
de la loi de Faraday, ce u'e>.t pus la notion des |)oids atomiques qui doit in- 
tervenir, mais bien la notion de valence, et que les quantités de métaux 
qui se déposent au |)àle négatif, dans le cas de i'électrolyse de sels à mé- 
taux plurivalents, ne répondent nullement aux équivalenls ordinairement 
adoptés. Dans I'électrolyse du chlorure cuivreux, pour 35,5 de chlore mis 
en liberté au pôle positif, il se dé[)ose au pôle négatif 63,5 de cuivre : ce 
n'est pas l'équivalent du cuivre. Dans I'électrolyse du chlorure de l)ismuth 
il se dépose 70 de bismuth : ce n'est pas l'équivalent du bismuth, etc. 

» M. Berihelot n'y contredit pas; il semble donc inutUe île prolonger 
cette discussion et, si mou savant ami préfère se servir, dans l'interpré- 

C. R., i8*i, I" Semestre, (T. XCVIII, K° 6.) 4 2 



( 322 ) 

tation de la loi de Faraday, des équivalents fixés il y a quarante ans et qui, 
dans le cas des éléments plurivalents, ne re[)résentent pas des quantités 
réellement équivalentes, c'est une afiaire de convenance personnelle : je 
n'ai rien à y objecter. » 

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur tes pelils Ireinblemenls de terre; par M. d'Abbadie. 

n Depuis plusieurs années j'observe les petits mouvements de la ver- 
ticale et du sol à Abbadia, près de Hendaye. Mon appareil consiste 
en un cône tronqué de béton, construit loin des murs dans l'intérieur 
de mon observatoire, large de i"',8oen haut et dont la pente est d'un 
dixième de sa hauteur. A l'exception d'un diaphragme vers son milieu et 
d'une voûte de ôo*^" qui le termine, l'axe de ce cône est un vide large de 
I™ et prolongé jusqu'à la profondeur de 2" dans le rocher qui sert de fon- 
dation. A la surface de la troncature on a placé, sur un trou central, une 
croisée de fils de platine fixes et maintenus dans le champ d'un micro- 
scope muni d'un micromètre. A plus de 12™ en contre-bas est un bassin de 
mercure surmonté d'une lentille large de 12*=", qui sert à renvoyer dans le 
plan des fils leur image réfléchie à la surface du miroir métallique dont 
l'horizontalité fait ressortir les petits mouvements de la verticale autour 
de l'axe du cône. Cette lentille est placée à demeure, de manière à laisser 
dans le champ du microscope un intervalle notable entre la croisée des 
fils et son image. L'observation, faite au moins deux fois par jour, con- 
siste à mesurer, en divers azimuts, la distance entre la croisée des fils et 
son image, après avoir nettoyé le mercure, en le faisant passer par le petit 
trou d'un réservoir, pour laisser ce métal s'étaler dans un récipient de bois 
rainé. Le registre d'observations a des colonnes spéciales pour noter les 
distances mesurées dans trois azimuts normaux, le baromètre, le thermo- 
mètre, etc., et enfin l'état de l'image. L'explication qui précède était néces- 
saire pour faire apprécier à sa juste valeur la coïncidence suivante. 

» Ayant appris par un journal que le 27 décembre dernier, entre 5^ et 
6*" du matin, on avait ressenti un séisme à Ainhoa, qui est à 20"^"° environ 
à l'est-sud-est d'Abbadia, et sachant que mon aide observait vers 6'', je lui 
ai demandé quel était alors l'état de l'image. Elle avait disparu à G'^iS™ 
du matin et il fallut renoncer aux mesures habituelles des distances. Le 
soir du même jour, à 6''io'", l'image était visible, mais mauvaise. Jusqu'à 



( 323 ) 
preuve contraire, j'attribue l'état défectueux de cette image à des mouve- 
ments du sol et du mercure, trop petits pour être aperçus autrement; elle 
disparaîtrait enfin quand ils devieiment plus forts. J'ai eu quelques occa- 
sions de constater ce phénomène : entre autres, le 5 du mois dernier, 
l'image cessa subitement de se montrer pendant qu'on l'observait. 

» Il restait à savoir au juste ce qu'on avait noté à Ainhoa : je m'y 
adressai à M. Haran, et il m'écrit que le 27 décembre on a senti trois se- 
cousses de la terre, entre minuit et i*" du matin, quelques minutes après ô**, 
et enfin vers 8^, toujours dans la même matinée. On peut donc présumer 
que le deuxième séisme, inaperçu d'ailleurs à Abbadin hors démon appa- 
reil, y avait perdu sa force en s'éloignant du lieu d'origine. Quoi qu'il en 
soit, il est bien à désirer qu'on établisse en France, au moins dans les 
stations météorologiques, des séismographes tels qu'on les emploie en 
Italie. Ils fourniraient des observations pour arriver à connaître les causes, 
encore si mystérieuses, des tremblements de terre. » 



COSMOLOGIE. — Météorite tombée à Grossiieheiithal, près d'Odessa, 
le y/iQ novembre 1881. Note de M. Daubrée. 

« En m'offrant pour le Muséum un échantillon d'ime météorite tombée le 
7/19 novembre 1881, non loin d'Odessa, M. Romulus Prendel a bien voulu 
me communiquer quelques détails sur celte chute qui, sans sa vigilance, 
eût sans doute été complètement perdue. 

» Entre 6'' et 7'' du matin, les habitants d'Odessa virent passer au-dessus 
de la ville un serpent de feu extrêmement lumineux. Supposant que cette 
apparition coïncidait avec une chute de météorites, M. Prendel annonça 
par la voie du journal qu'il donnerait une forte récompense à la personne 
qui la lui apporterait. 

» Il est inutile de dire qu'il y eut affluence d« personnes et de matériaux 
terrestres de toutes sortes; mais, trois jours après, l'instituteur de Gross- 
liebenthal répondit réellement à son appel. Un cultivateur de la commune, 
que le phénomène avait effrayé au point de lui faire perdre connaissance, 
avait, en effet, trouvé, en hersant son champ, un trou de o'",35 au fond 
duquel il aperçut une pierre noire dont ses connaissances lui firent soup- 
çonner la nature et dont il ne voulait pas parler aux voisins, de crainte de 
susciter leurs moqueries. Cette pierre, qui pesait plus de 8''^', avait une forme 
grossièrement polyédrique. 



( 32/, ) 

» En oti're, an même moment, à 42''" aii nord-est d'Odessa, près de la 
station de poste Sitscliawska. nne météorite tomba sur le sol en hlessrinf 
nn j)ostillon; elle fut bientôt brisée et dispersée chez les paysans, qui 
s'en disputaient les fragments, comme autant de talismans. 

» D'antre part, à la même lienre, à Elisabetligrad, qni est à 265'''° an nord- 
nord-est d'Odessa, on vit nne trajectoire luminense peu inclinée à l'hori- 
zon, qui paraissait se diriger vers le sud -sud-ouest. 

» Ee rapprochement de cette dernière direction avec les deux chutes 
qui ont eu lieu sur le mèmealignement montre, app'oximativement, quelle 
était la direction du bolide. 

» La météorite de Grossliebenthal est une sporadosidère oligosidère. 
Par ses caractères extérieurs, comme par sa structure microscopique, elle 
offre tous les caractères du type de la météorite tombée à Lucé (Sarthe), 
le i3 septembre 1768, type qui est déjà représenté dans la collection du 
Muséum d'Histoire naturelle par cinqiiante-rpiatre chutes distinctes dont 
les produits sont identiques entre eux. » 



PHYSIQUE APPLlQuriE. — JclinoinHie inlalisein nhsnl.n 
Note de M. G. -A. HiKN. 

« Cet instrument repose sur le principe flu condenseur à grande surface 
(\p!i machines à vapeur : une vaj)eiir sntiirée, coiilenue dans un récipienl 
fermé, se met à In tension qui réiioiid à la lempéraliire mininia des parois de 
l'enceinte. Voici comment ce principe se trouve utilisé au cas particidier. 

» Concevons un alambic dont la cucurbite est exposée au Soleil et dont 
au contraire le serpentin et le récepteur du liquide à distiller se trouvent 
placés à l'ombre, mais en plein air d'ailleurs. Mettons dans la cucurbite 
nu liquide volatil : de l'eau, de l'alcool, de l'éther snlCurique, du sulfure 
de carbone — Nous verrons tout à l'heure lequel il faut choisir. Faisons 
le vide dans l'appareil de façon qu'il ne contienne plus que la vapeur 
qu'engendre le liquide. Que va-t-il se passer? Supposons d'abord le ciel 
complètement couvert, de telle sorte que tout l'appareil soit dans l'air, à 
nne même température. I.ie liquide restera tel quel, dans la cucin-bile; 
aucune distillalioii, aucune condensalion au réfrigérant ne se manifestera. 
Dés que le ciel se découvrira, dès que les rayons solaires frapperont la 
cucurbite, la chaleur absorbée par les parois, au lieu iVécliauffer le liquide, 
au lieu d'eu élever la températine, le fera bouillir à la tension qui répond 



( 3.5 ) 
à la température minima de l'appareil, à celle du réfrigérant et du réser- 
voir placés à l'ombre. Si la surface de ces derniers est suffisante pour que 
la rlialeur sans cesse apportée se disperse rapidement dans l'air ambiant, la 
lempérnliire de tout l'appareil deviendra promptement slationnaire et ne 
sera que fort peu supérieure à celle que marquera un thermomètre placé à 
l'ombre, à côté du réfrigérant. 

» I^a quantité de chaleur solaire reçue dans l'unité de temps par les 
parois de la cucurbite sera donc presque rigournusemetit proportionnelle à 
la quantité de liquide condensée daus l'unité de temps aussi. A l'aide des 
équations de Regnault, concernant la chaleur totale d'évaporation des li- 
quides à pression constante, on poinra donc calculer rigoureusement la 
chaleiu' solaire absorbée par une surface connue, sans avoir pour ainsi 
dire à recourir à aucune correction concernant les pertes accessoires, la 
masse de liquide et du métal, etc., etc. 

» Telle est la disposition en quelque sorte théorique de l'actinomètre lo- 
tabseur; voyons comment il peut recevoir ime forme pratique, ex|)érimen- 
fale, telle que ses indications soient sûres et, de plus, faciles à relever. 

» I. La cucurbite consiste en un tube de cuivre mince de o'",() de lon- 
gueur et de o™, I de diamètre. Ce tube, fermé par le bas et terminé en 
haut en cône, est dirigé parallèlement à l'axe de la terre, d'où il résulte 
que, pendant le cours d'iuie journée, les rayons solaires frappent la péri- 
phérie à peu près sous le même angle. A partir de o™, 4 au-dessus du fond 
inférieur, le tube est protégé contre les rayons solaires, dételle sorte que le 
niveau du liquide dépasse toujours notablement la partie qui reçoit la 
clialeur solaire; il est d'ailleurs tenu de façon à être libre en tous sens; il 
est peint en noir de fumée mat, de façon que la chaleur perdue |)ar ré- 
flexion soit réduite au mininnnn. A la pointe du cône supérieur est sondé 
im tube d'étain, d'un petit diamètre, qui d'abord monte en pente raide, 
puis descend régulièrement, poiu' aboutir au serpentin. Ce tidji^ est, autant 
que possible, exposé partout à la radiation solaire, defaçon qu'il ne s'v opère 
aucune condensation. 

II. Le serpentin ou condenseur est placé à l'ombre en un Heu de 
l'observatoire où un thermomètre indiquerait à coup sûr la teiiqîérature 
effective de l'air; il consiste eu tui tube de ciûvre de o"',o5 de diamètre, de 
6™, 5 de longueur, enroulé régulièrement en hélice de o'", 5 de diamètre, à 
pas assez rapide. On voit que la sin-face rafraîchissante est de r'"i,022, et 
par suite 2"), 5 fois celle fie la cucurbite (o""',o4) exposée au sf)leil. 



( 326 ) 

» III. L'extrémité inférieure du serpentin, coudée verticalem-Mit, se 
termine [liir un cône auquel est mastiqué un tube de cristal, divisé en vo- 
lumes égaux sur une hauteur de o™,8. Au bas de ce tube de cristal est 
mastiqué un cône auquel est soudé un second tube d'étain qui se rend 
au bas de la ciicurbite et qui est muni d'un robinet. La partie infé- 
rieure du tube de cristal est plus élevée que la partie supérieure de la cu- 
curbite, de sorte que, quand on ouvre le robinet, le liquide condensé 
retourne à son point de départ. 

» IV. Le choix du liquide employé n'est pas iodifférent. L'eau ne peut 
convenir, par trois raisons : i° en hiver, elle empêcherait l'instrument de 
fonctionner par suite de la gelée; 2" elle ne mouillerait pas toujours les 
parois du serpentin, avec quelque soin qu'on les nettoyât, et l'écoule- 
ment au récipient se ferait par saccades; 3° enfin, sa chaleur d'évaporation 
étant très grande, il n'en distillerait que très peu dans l'unité de temps, 
même par des radiations solaires très intenses. D'tm autre côté, l'éther sul- 
furique s'altère, comme on sait, à la longue; et les expériences de Regnault 
montrent que l'alcool suit une loi d'évaporation très irrégulière. Parmi les 
liquides bien étudiés, les deux seuls qui m'aient semblé à l'abri de ces 
divers inconvénients sont le sulfure et le bichlorure de carbone. Je me suis 
arrêté au premier à cause de sa plus grande volatilité, quoique le masli- 
quage du verre au cuivre présente des difficultés réelles avec un liquide 
qui dissout presque toutes les résines. 

» V. D'après Regnault, la loi d'évaporation du sulfure est 

ly = 90 + o,i46rti< — o,ooo4i23i". 

A 35°, il faut donc 94,6 — 90 — ^"1^ f^e plus pour évaporer i''^ de ce corps 
qu'à zéro. Quoique faible en elle-même, cette différence ne pourrait être 
négligée : il importe donc de connaître tout au moins la température 
moyenne à laquelle se fait la distillation dans i'actinoniètre. Cette tempé- 
rature se détermine avec la plus grande précision à l'aide d'un manomètre 
à mercure adapté eu n'importe c[uel point de l'instrument. Ce manomètre, 
en effet, en nous faisant connaître la tension de la vapeur, nous en fait 
connaître aussi la température. 

» VI. Malgré l'énorme surface relative du serpentin ou condenseur, il 
est impossible que la température ne s'y élève pas un peu au-dessus de 
celle de l'air ambiant, quand l'atmosphère est bien pure. Un thermomèire 



( 327 ) 
placé à l'ombre à côté du i afiaicliibsoir est donc utile pour [jermettre de 
faire les légères corrections que nécessite ce surcroît de température. 

» VII. J'ai dit que l'axe de la cornue cylindrique est placé parallèle- 
ment à celui de la Terre, de façon que l'angle suivant lequel les rayons 
solaires frappent la surface soit à peu près constant pendant le cours d'une 
journée. Si nous désignons par 6 la déclinaison moyenne du Soleil |JOur 
chaque jour, par L la longueur de la partie exposée au soleil et par D le 
diamètre du cylindre, on a pour la valeur de la surface éclairée 

S — DLcosH, 

et, comme le métal est peint en noir tout à fait mat, on peut, sans com- 
mettre une grande erreur, admettre que cette surface calculée équivaut à 
une surface plane réelle de même valeur; en d'autres termes, on peut ad- 
mettre que la quantité de chaleur réfléchie, et perdue pour la mesure, est 
sensiblement nulle. 

» L'usage de notre actinomètre est des plus simples. Désignons par V le 
volume du liquide (sulfure de carbone) qui se condense en lui temps T 
dans le tube de cristal, par A sa densité à zéro, |)ar Q la quantité de ch.i- 
leur absorbée par unité de temps et par unité de surface; on a visiblement 

q étant la chaleur totale d'évaporatiou et c étant la correction relative aux 
quantités de chaleur que perd ou gagne l'appareil par suite de la diffé- 
rence de température de la cucurbile avec celle de l'air ambiant. Cette 
quantité, en tous cas très petite, si l'instrument est bien exposé et si la sur- 
face du réfrigérant est assez grande, est aisée à déterminer chaque jour. 
Il suffit pour cela, à un moment voulu, de couvrir la cucurbite convena- 
blement, de façon à la mettre complètement à l'abri des rayons solaires, 
et de vérifier ce qui distille de liquide en un temps donné, dans ces nou- 
velles conditions; et puis en même temps d'observer de combien la tension 
de la vapeur diminue dans le même temps. 

» Je pense n'avoir pas à entrer dans d'autres détails, quant à l'emploi 
de cet appareil. Il est visible qu'il peut servir à volonté à déterminer les 
quantités de chaleur solaire absorbées, soit en une seule minute, soit pen- 
dant toute une journée. 



( 328 ) 

)> L'iiititriimeiit que j'ai construit et installé dans luon ob.servaloirc 
fonclionne jusqu'ici à mon entière satisfaction. Je n'en duiuierai toutefois 
les résultats numériques que quand je me serai assuré qu'ils sont léelle- 



menl dignes de confiance. » 



MEMOIRES PRESENTES. 

ÉLECTRIClTli. — l'televt des coiifjs de Joiidie obsei-vcs en France f)endanl le 
premier btineslre de l'année i883, conuminiqné par M. le Mimstke des 
Postes et des ïélégraphis. 

(Renvoi à la Conunission des Paratonnerres.) 

« La Conférence internationale des unités électriques, réunie à Paris in 
octobre 1882, a exprimé le vœu qu'un système d'observation des effets 
produits par la foudre fût organisé dans les divers pays, et que l'on préci-ât 
la nature des éléments qui devraient être pris en considération dans l'étude 
des cas signalés. Suivant ces indications, il a été établi, par les soins des 
membres français de la Conférence, un modèle de questionnaire qui a été 
distribué, sur tous les points du territoire français, aux agents du Ministère 
des Postes et des Télégraphes, ainsi qu'à ceux des autres Départements 
ministéi'iels et des Conqjaguies de chemins de ft-r qui ont bien voulu 
donner leur concours. 

» L'enquête, ouverte en janvier (883, a porté jusqu'à ce jour sur plu- 
sieius centaines de coups de foudre, sans parler des décharges observées 
sur les lignes télégra|jhiques qui ont été l'objet tl'une étude distincte. 

» Conformément à nu désir exprimé par M. Flervé Mangon, j'ai fait 
établir pour l'année i883 un relevé, par ordre chronologique, des coups 
observés en dehors des lignes télégraphiques, avec la statistique des per- 
sonnes ou des animaux tués ou atteints, et l'indication sommaire des objets 
frappés et de la nature des dégâts produits. J'ai Ihonneur de cominu- 
uiqutM' à l'Académie la première partie de ce travail, embrassant la période 
du [^'janvier au 3ojuin. 

» Des instructions sont données pour que les questionnaires eux-mêmes 
soient communiqués aux membres de l'Académie qui désireraient con- 
naître, d'une manière [)lus circonstanciée, les détails des phénomènes 
signalés. 



COUPS DE FOUDRE OBSERVES EN FRANCE 

PENDANT LE PREMIER SEMESTRE DE L'ANNÉE 1883. 



C. R., 1884, I" Semestre. (T. XCVUl, N" G.) 



43 



33o ) 



DATES. 


HEDRtS. 


LOC.iLlTtS. 


DÉPARTEMENTS. 


PERSONNES 


ANIMAUX 




tuccs. 


atleinles. 


tués. 


atteints. 
















MOIS DE 





h m 

5..'ps. 


Dienné. 


Vienne. 




I homme. 


// 


II 












MOIS DE 












Néant. 












MOIS DE 


9 


9.00 m. 


Hyùi'es. 


Var. 


" 


'/ 


H 


// 





2 m. 


Tourrcltes. 


Var. 




// 


II 


n 


2'' 


11 .5o m. 


Jlollèges. 


Bouches du-Rh6ne. 


„ 


// 


II 


II 


27 


I .55 s. 


Sermentot. 


Calvados. 


// 


" 


II 


if 












MOIS 


13 


.'(S. 


Orlliez. 


Basses-Pyrénées. 


" 


Plus. pers. 


II 


// 


13... - 


I m. 


Aignan. 


Gers. 


'■ 


/.' 


II 


II 


19 


2S. 


Le Perthus. 


Pyrénées-Orientales . 


// 


3 soldats. 


II 


// 


23 .... 


4 s. 


Lalande de Cubzac. 


Gironde. 






II 


II 












MOIS DE 


1 


6 s. 


Solesmes. 


Sarthe. 


// 


" 


" 


II 


3 


9.40 s. 


Mirambeau. 


Charente- Inférieure. 


,/ 


// 


„ 


II 


li 


3 s. 


Amiens. 


Somme. 


" 


" 


II 


II 


.'i . ... 


5 s. 


.Moulier-Roseille. 


Creuse. 


/' 


n 


II 


" 


5 


2 s. 


Tulle. 


Corrcze. 


'•■ 


ti 


" 


II 


7 


9 s. 


Saint-Maurice. 


Creuse. 


/' 




G bètes à cornes 


II 


8 


8.i5ni. 


Villcrs-Brclonneiix. 


Somme. 




" 


// 


II 


8 


! S. 


Lacliaux. 


Puy-de-Dcimc. 




'' 


2 chevaux 


I clieval 



I 



( 3:^1 ) 




JANVIER 1883. 

9 I Fond dénudé d'arbres. La personne atteinte portait un parapluie ouvert dont les baleines métalliques ont di- 
I visé la défliarse. Plusieurs coups successifs. Pluie. 



FEVRIER 1883. 
Néant. 



MARS. 
9 
9 



27 



Phare de l'ilot du Grand Ribaut, terminé par une coupole en cuivre sans paratonnerre. Dégâts divers. 2 coups 
successifs. Grêle. Coup de foudre le même jour à S" soir sur l'autre point culminant de l'ile. 

Une minoterie élevée de 6-, située près d'une autre la dominant de 10», a été complètement brûlée. Pluie abon- 
dante. 

La maison la plus élevée du village, entourée d'nn platane et d'autres maisons, a été frappée. Vitres brisées, 

pierres déplacées. Pluie et grêle. 
Un chêne très élevé, situé près d'une habitation, à 7"- de Villers-Bocage, a été dépouillé de ses branches. La tige 
a été en partie morcelée. Grêle. 



D'.VVRIL. 



13. 



19. 
03. 



Peupliers de 4 à 7» dans un terrain de culture. Plusieurs personnes ont reçu des commotions. Coups répétés. Ni 

pluie, ni vent. 

Girouette à l'angle sud d'un château sur un mamelon sans arbres. Mur percé. Six chambres parcourues. Com- 
mencement d'incendie. Légère pluie. 

Cloche sur le toit du fort de Bellegarde. 3 soldats renversés, dont l'un tenait le fil métallique de la cloche. Pluie. 

Maison isolée en pays plat et sablonneux, hauteur 5". La foudre entrée par la cheminée serait sortie par la porte 
sans dégâts. 



DE MAI 

1.. 



Maison de garde-barrière isolée (chemin de fer de la Flèche à Sablé), sur le haut d'une colline, frappée en deux 

points. Forte pluie avec grêle. , „, ■ . , 

Girouette d'un moulin à vent de la- isolé. Murs lézardés; mécanismes en bois bouleverses. Pluie abondante. 
Peuplier d'Italie de i5 à 18- faisant partie de la plantation qui borde chaque rive du canal. Pluie forte. 
Dàtiment en bois, couvert en paille, contenant des fourrages, incendié. Pluie et grêle. (Domaine de Maleche.) 
Flèche du clocher de la cathédrale de Tulle (35») muni d'un paratonnerre. Terrain granitique. Orage du sud- 
ouest vers nord-est. Pluie très forte. 
Le faîtage, élevé de 9-, d'un bâtiment a été frappé, et la construction incendiée; six bêtes à cornes foudroyées ou 

brûlées. Pluie. , ,. , . 

Maison de 5- entourée de maisons pareilles. Toiture enlevée, tuyaux de gaz perces, gaz enflammé. Ni pluie, m 

cZTol attelé de quatre chevaux arrêté prés d'une grange et de grands arbres. Altitude : «8"; terrain granitique 
et siliceux. Orage du sud-ouest vers nord-est. Pluie et grêle. 



, 333 











P RSONNES 


ANIMAUX 


DATES. 


HCLllES. 


LOCALITÉS. 


DÊP.ÏRTEMENTS. 


. — ™^ - 


^ ^ 




.^.^^ 










luces. 


aiieinles. 


lues. 


atioints. 
















MOIS DE 


8, 


I .II) S. 


Cliàteaiiroux. 


Indre. 


// 


" 


" 


// 


S. . , 


2 S. 


Tulle. 


Corrèze. 


I homme 


" 


// 


// 


III. . . 


.3 S. 


Vermanclovillers. 


Somme. 


I homme 




1 clieval 


1 cheval 


M . . 


"i . .30 S. 


Tompleux-la-Fosse. 


Somme. 


" 


3 personnes 


" 


// 


2;) 


5 S. 


Saiute-Fortuniulc. 


Corrèze. 


// 


// 


// 


II 


21.. . 


3 s. 


Limoges. 


Haute-Vienne. 


// 


" 


„ 


/' 


2.') ... 


2 s. 


Blosseville-BoDsccours. 


Seine-Inférieure. 


■■' 


^^ 


// 


// 


Q-j 


y 


Putanges. 


Orne. 


// 


I homme 


I vache 


// 


"2:1. .. 


3 s. 


Lancuville-lesBiay. 


Somme. 


" 


// 


" 


„ 


9-, _ 


8.3os. 


Qiiiers. 


Loiret. 


'■ 


r/ 


" 


II 


2J 


8.^5 s. 


Bleigny-le-Carreau. 


Yonne. 


// 


" 


// 


II 


25 


8.5os. 


Dannemoine. 


Yonne. 


// 


" 


" 


N 


25... . 


9.55 s. 


Sainl-Florentin. 


Yonne. 


" 


// 


// 


// 


25.., . 


Çj.'lJS. 


Montigny-la-Resle. 


Yonne. 


" 


// 


tl 


// 


25. ... 


9..')o s. 


Serbonnes. 


Yonne. 


// 


rt 


f 


// 


26... . 


2 m. 


Jard. 


Vendée. 


" 


« 


fl 


1/ 


2G 


3,11. 


.\Iontceaux-les-Provins. 


Seine-et-Marne. 


/.■ 


n 


1/ 


// 


26.. . 


3.. Ho m. 


.\Ionlcea u x-l es-Prov i 11 s . 


Seine-el-.Marne. 


// 


II 


II 


» 


29 


6 s. 


Charost. 


Cher. 


" 


Plus. ouvr. 


II 


II 


31 


2 s. 


Draguignan. 


Var. 


// 


f/ 


If 


II 



3 s. 

'i.r.os. 

6 s. 



lluiiihécourl. 

Nully. 

Poissons. 



Haute-Marne. 
Haute-Marne. 
Haute-Marne. 



( 333 ) 



ODJETS FRAPPÉS. DESCRIPTION DES LIELX. DEGATS PRODUITS. OBSERVATIONS. 



MAI. (SmE.) 

Maison de 3", couverte en luiles avec bonlure en 7.inc, clans le haut de la ville, entourée de maisons semblables. 
La foudre a suivi la bordure mélallique. Trombe et pluie. 

La foudre a labouré un châtaignier de 5" planté en sol sablonneux et tué un homme abrité dessous. Pluie. 

Plaine légèrement en pente à 200" d'un taillis sous grands arbres. Un homme et un cheval tués; un cheval ren- 
versé. Plusieurs coups précédés de pluie et grêle. 

Trois personnes travaillant en plaine ont été frappées simultanément et ont éprouvé des effets physiologiques très 
violents. Forte pluie avec petits gréions. 

La foudre a frappé un chêne de i5" en terrain plat et marécageux à So" des maisons et 20" d'un réservoir. Pluie 
avant et après le coup. 

Toiture et muraille d'un bàtimenl-caserne très élevé au-dessus des terrains avoisinants. Pluie abondante. 

Christ en chêne doré à aoo" en avant de l'église de Bonsecours, dominant i pic la vallée de la Seine. Paratonnerre 
sur l'église. Orage du sud-ouest vers nord-est. Pluie forte. 

Une vache tenue à la longe à Pontécrépin sur le coteau qui domine l'Orne a été tuée. Le gardien a reçu une vio- 
lente commotion et n'a pu revenir seul chez lui. 

La foudre a frappé une cheminée de sucrerie de 33", et est descendue en se fractionnant en trois décharges qui 
ont donné lieu à des effets mécaniques puissants. Forte pluie préalable. 

La foudre a parcouru la cuisine d'une maison, puis une pièce contiguë, et est sortie par la cheminée en la dété- 
riorant. Coup simple précédé de pluie légère. 

La foudre a brisé la cime d'un peuplier de 6" faisant partie de la bordure d'une marc au pied d'un tertre boisé. 
Pluie et grêle. 

Dégâts divers dans une maison dont les habitants ont éprouvé une vive commotion. Un autre coup a brisé à 2''"' 
de là un peuplier de ao-". Pluie abondante. 

Dégâts divers à la cheminée d'une maison de 10" entourée de maisons d'égale hauteur. Pluie forte pendant dix 
minutes. Orage du sud-ouest vers le nord- est. 

La foudre a érallé en deux points le pignon nord-est d'une écurie de S^.So de hauteur, située prés de maisons 
aussi hautes et bordant une ruelle. Pluie. 

Détériorations sur un groupe de quatre cheminées terminé par un tuyau en tùlc sur une maison isolée, au milieu 
d'un jardin. Petites ondées. 

La foudre a fendu la cheminée d'une maison de 4" près d'autres maisons et d'arbres plus élevés. Elle est tombée 
en même temps, à 700» de là, à l'Isle-Bernan. Pluie. 

Un peuplier de 3o", au pied duquel est un grillage en fer galvanisé bordant un parc, a été frappé à S" du sol. 
Pluie. 

La foudre a frappé l'angle nord-ouest du toit du clocher et pénétré dans l'église. Pierres arrachées, crépis enlevés. 
Pas de paratonnerre. Pluie violente. 

Halle aux marchandises de la station. La foudre a suivi les tuyaux de descente et atteint les hommes à l'abri sous 
l'auvent les plus voisins du rail. Mine de fer dans le voisinage. 

L'escalier extérieur d'une maison, située prés de rochers escarpés, a été frappé. Trou de 0», a5 de diamètre dans 
le mur. Pluie et grêle. 



Quatre peupliers de 20- à 25", entourés d'arbres aussi hauts, ont été brisés à des hauteurs différentes. et fendus 

jusqu'au bas. Pluie préalable pendiint dix minutes. 
Un chêne de 10°, à 5o» d'un chêne de 12», a été dépouillé de ses branches, fendu suivant une rainure sinueuse 

profonde de 0", 08 à o'",io et déraciné du même côté. Pluie. 
La foudre a frappé un peuplier de lo" faisant partie d'une rangée bordant une prairie. Pluie. 



( 334 ) 



LOCALITtS. 



DEPARTEMEXTS. 



PEnSIlNNf.S 



1 .... 


6.30 5 


1 


S..1J s 


1 


I I s. 





G m. 





S m. 



3. .. 



3.. 
3.. 
3.. 
3.. 



;i.35 s. 



y. 4.5 s. 



■1 .3o s. 

3.i5s. 
4. 20 s. 
3 s. 



■;. I j s. 
7.40 s. 

8 s. 



5 à (1 



Aulnois-en-Perlliois. 

V'itry-cn-Perthois. 

Chaource. 

Vigneulles. 

Semilly. 

Saint-Privé. 

Civry-Ies-Marcillcs. 

Chassières. 

Tarzy-SoqueUcs. 
Bruneliamcl. 
Bninehamc). 

Dinozé. 

La Roche. 

Rumigny. 

Bcaulieu. 

Villaniblartl. 

Saint-Jacques. 

Lisicux. 

Kpaignes. 

Launois. 

Villamblaid. 
A lljry-sur-Chéran . 

Charron. 
Cliampagnac. 

Donviilc. 

Ewaires. 
La Flèche. 

Cprcclles-les-Monts. 
Rennes. 



Meuse. 

Marne. 

Aube. 

Meuse. 

Haute-Marne. 

Yonne. 

Hante-Marne. 

Ardèche. 

Ardennes. 
Aisne. 
Aisne. 

Vosges. 

Ardennes. 
Ardennes. 
Ardennes. 
Dordogne. 

Calvados. 

Calvados. 
Eure. 

Ardennes. 

Dordogne. 
Haute-Savoie. 

Charente-Inférieure. 
Haute-Vienne. 

.Manche. 

Nord. 
Sarthe. 

Cùle-d'Or. 

Ule-cl-Vilaine. 



homme. , '^ hommes. 



homme. 



1 homme. 
3 enfants. 



Plus. pers. 



3 personnes 



homme. 



I lioninic. ! i femme. 



berger. 



cheval . 



vaches. 



III moutons. 



( 535 ) 



OBJETS FRAPPÉS. DKSClllPTIOS DES LIEUX. BÉOATS PRODUITS. OUSERV.iTlUSS. 



(Sbite.) 

Un homme et un cheval altelc à une cliarrue, qu'il lenail par la biide, ont clé lues. Un homme placé derrière la 

charrue et deux travailleurs voisins ont été renversé.'^. 
Ln peuplier du Canada, de 25», faisant partie de la bonlure du canal, et dont un voisin était cassé à ij'", a été 

frappé à 0" du sommet. Pluie et grêle. 
Un sapin de i^", entouré d'arbustes, a été atteint à 5'» du sol. Pluie. 
Clocher de l'église. 
Deux cheminées de 20°" de hauteur au-dessus du sol, sur une maison dominant les constructions voisines, onl été 

détruites. Pluie. 
La foudre a frappé et suivi normalement le paratonnerre, élevé de 70», de l'église située au pied d'une colline et 

entourée de maisons. Pluie. 
Un homme à sa charrue, sur un des points les plus élevés du territoire, a été précipité d'un côté, et ses chevaux 

de l'autre. Pas d'arbres. Orage venant de l'Est. 
La foudre a causé divers dégâts dans une maison de 10" entourée de mûriers et d'une prairie. Trois enfants ont 

reçu de fortes commotions. Pluie. 
A Tarzy le toit d'une grange a été enlevé. A. Soquettes un arbre a été atteint. 

Deux vaches ont été tuées dans une pâture, sur un terrain élevé, à 600" à l'est de Brunehamel. Pluie préalable. 
La cheminée du château (8»), bâti sur le point le plus élevé de la commune, a été démolie; la charpente a été 

endommagée. Pluie préalable. 
La foudre a frappé le cûlé est du bâtiment de la station du chemin de fer et a pénétré dans le bureau du chef de 

station. Pluie. 
La foudre a parcouru une usine sans causer de dégâts. 

Un peuplier de 18", entouré d'arbres moins hauts, et à So" des maisons, a été atteint. Pluie préalable. 
Un arbre de /^""iSo a été atteint. 
La foudre a frappé un clocher de 25» et parcouru l'église, un homme tué, un homme blessé. Plusieurs personnes 

renversées. Pluie avec un peu de grêle. 
Un orme de 25», entouré d'arbres et de haies (village du Chien), a été dépouillé de son écorcc sur presque toute sa 

hauteur. Pluie. 
La cheminée (élevée de i5») d'une maison entourée de jardins et d'arbustes a été frappée. Pluie. 
La foudre est tombée dans un herbage planté de pommiers, à 60° de l'église munie d'un paratonnerre élevé de 26" 

en mauvais état. Trois personnes atteintes. Pluie. 
La foudre a légèrement détérioré l'enveloppe en bois d'un réservoir d'eau en tùlc de 100»", élevé de 12». Pluie cl 

grêle. 
La tour du château (3o») a été atteinte. Dégâts divers dans les appartements. Un homme renverse. 
La foudre a frappé un fil de fer soutenant une vigne et l'a suivi jusqu'au grenier d'une maison qu'elle a incendiée. 

Pluie torrentielle. 
Une meule de foin, de 5», isolée, a été incendiée. 
La cheminée, élevée de 12», du bâtiment de la station, isolée sur un point culminant, a été détériorée; pas de 

dégâts notables dans l'appartement. Forte pluie après le coup. 
Près d'une haie, dans un herbage en terrain rocailleux, un homme a été tué cl une femme brûlée à la poitrine. 

Pluie. 
Une ferme isolée, entourée d'arbres, en pays très plat, a été incendiée. Un arbre a été coupé. Pluie. 
Une maison de 7», située à 25° d'un parc planté d'arbres très élevés, a subi divers dégâts. Une perche de puits, 

à 10» de là, a été éraflée. Le coup parait avoir été double. Pluie. 
La foudre a frappé une bergerie en bois, de 4»,5o, sur un plateau, à 100» d'arbres plus élevés. Dix moutons tués. 

Le berger et son chien ont éprouvé une violente commotion. Coup suivi de pluie. 
Dégâts sur la toiture élevée de 20» d'une école entourée de jardins et de maisons basses, à 100» d'un clocher très 

élevé avec paratonnerre. Grande pluie. 



( 336 ) 



DÉPARTEMENTS. 



PERSONNES 



5 


3.3o s. 


Ponl-I'Evèque. 


Oise. 


// 


It 


5 


3.3o s. 


Amiens. 


Somme. 


II 


II 


5 


3.3„s. 


Aiulcchy. 


Somme. 


II 


If 


5 


4 s. 


IMaire. 


Meuse. 


" 


// 


5 


4^- 


Verdun. 


Meuse. 


II 


// 


5. . . ■ 


5 s. 


Bar-le-Duc. 


Meuse. 


" 


It 


5 


7 **• 


Jarny. 


Meurthe-et-Moselle. 


" 


II 


6 


8 m. 


Vagncy. 


Vosges. 


// 


II 


G . . . . 


I s. 


.\lcnçon. 


Orne. 


" 


II 


G . . 


n s. 


Lagarde. 


Corrézc. 


" 


II 


G 


4 s. 


La Côte. 


Haule-Saùne. 


" 


1/ 


G 


8.:i.js. 


Bourmont. 


Haute-Marne. 


// 


II 


8.. .. 


4.3., s. 


Beaune. 


Cùte-d'Or. 


' 


1/ 


8.. -. 


8 m. 


Arches. 


Vosges. 


" 


II 


8 


8. i5 ni. 


Saint-Cyr-sur-Morin. 


Seine-el-JIarnc. 


" 


I femme 


8 


S. 01) m. 


Dinan. 


C(Mes-du-Nord. 


" 


I femme 


S 


2.45 s. 


Mereuil. 


Hautes-Alpes. 


I homme 


I femme 


■ 9 


I m. 


Palhers. 


Lozère. 






9 


4 m. 


Lunel-Viel. 


Hérault. 


// 


// 


9 


10 m. 


Fleury. 


Meuse. 


// 


// 


9 


11 m. 


Saint-Dizier. 


Haute-Marne. 


" 


3 hommes 


9 


1 1 .45 m. 


Sainl-Dizicr. 


Haute-Marne. 


" 


// 


9 


13. 3o s. 


Triaucourt. 


Meuse. 


f, 


// 


9 


i2.3o s. 


Marc-cn-Barouel. 


Nord. 


n 


" 


9 


13.40 s. 


Lyon. 


Rhône. 


" 


II 


9 


9^- 


Maubourguct. 


Hautes-Pyrénées. 


,> 


II 


111 


1 s. 


Saint-Saens. 


Seine-Inférieure. 




II 


Il 


1 1 . '1 ) m. 


Pouan. 


Aube. 


f/ 


II 



cheval 



I chèvre 
II moulons. 



337 ) 



OBJETS FRAPPÉS. DESCRIPTION DES LIEUX. DÊr.ATS PRODUITS. OBSERVATIONS. 



JUIN. (Suite.) 

5 La foudre a frappé une clieminée d'usine de 20" isolée, a suivi une échelle en fer intérieure et troué la maçon- 
nerie. Pluie et grêle préalablement. 
5. . . . Une façade et le toit d'une maison de 5", faisant partie d'un groupe de maisons de même hauteur, ont été touchés. 
Grande pluie. 

5 La foudre a avarié le toit d'une grange de '1" à n.i" d'arbres plus élevés, ainsi qu'une cuve en zinc pleine d'eau 

placée sur ce toit. Pluie préalable. 

5 Un attelage de plusieurs chevaux et le conducteur ont été frappés près du fort de Marre. Le cheval de devant a 

été tué. Paratonnerre à 80". 

Des pierres chargées sur un chariot en repos, sans attelage ni conducteur, ont été broyées. 

La foudre a détérioré et fendu le faite d'une cheminée de 18", sur le bord de l'Ornain, à iSo" d'un paratonnerre 
de 44'">5o. Pluie. 

La foudre a frappé à 14" du sol et détérioré un clocher terminé par une girouette élevée de 35". Forte pluie 
après le coup. 

Un sapin de i5", isolé sur une colline, a été frappé à la cime et brûlé en partie. Pluie. 

La foudre a frappé la cheminée élevée de 12" d'une maison environnée de constructions plus hautes, et enllammé 
le foin du grenier. Pluie. 

A une seconde d'intervalle, la foudre a atteint un orme de 20", et une petite construction voisine qui a été in- 
cendiée. Pluie. 

Un trou circulaire de i", 20 de profondeur a été creusé dans une tranchée sur le talus de la route au-dessous d'un 
char non atteint. Pluie. 

Un peuplier de S" a été atteint sur une colline, à 2J" d'habitations. Pluie. 

Dégâts à la toiture d'un atelier élevé de io'°, prés d'une maison ordinaire, à 5o" d'un paratonnerre. Pluie, quel- 
ques grêlons. 

Dégâts dans une maison élevée de 9", à 8" d'une autre maison. Pays encaissé entre les montagnes. Une femme 
renversée. Pluie. 

La cheminée élevée de 7", 5o d'une maison isolée sur une colline a été frappée. Une femme a ressenti une vio- 
lente commotion. Pluie. 

La foudre a traversé la cheminée (12"°) d'une maison adjacente à une autre plus basse et est descendue au rez- 
de-chaussée. Pluie. 

Dégâts dans une maison de 6" isolée dans une vallée sans arbres. Un homme et une chèvre tués. Une femme 
blessée. Pluie. 

Plateau dénudé à 939"" d'altitude. Kulgurites de 1" de profondeur. 11 moutons tués sur 100. Pluie. 

Clocher élevé de i5" sans paratonnerre. Dégâts divers; horloge détruite. Pluie et grêle préalablement. 

La foudre a émoussé et recourbé la pointe d'un paratonneri-e élevée de 12". Trois hommes travaillant près de là 
ont senti une forte commotion. Gouttes de pluie. 

La cheminée d'une maison de 9"" formant angle de deux rues a été brisée. La foudre est descendue par deux 
corps pendants. Coup suivi de pluie et grêle. 

La foudre a détérioré une cheminée et frappé trois autres bâtiments assez rapprochés. Après le coup, forte pluie 
avec un peu de grêle. 

Une ouverture a été pratiquée dans le toit d'une maison. 

Dégradations à la cheminée élevée de 11" d'une maison isolée en pays plat, dominant une avenue de tilleuls. Pluie. 

Dégâts divers au pignon et dans une pièce d'une maison de 5" sur le coté d'un chantier de matériaux de la voie 
ferrée. Pluie. 

Dégradations aux latrines de la station, construction de 4",5o entourée d'arbres la dominant de 5". Violente pluie. 

La foudre a incendié le clocher surmonté d'une croix en fer (4"'°); cloches fondues, église endommagée. Pluie. 

La foudre a frappé le pied d'une girouette élevée de 6° sur l'arête E d'une maison entourée de plus hautes. Com- 
mencement d'incendie. Pluie et grêle. 



C. R., 1884, 1" Semestre. (T. XCVllI, ^'' 0.) 



44 



338 ) 



LOCALITES. 



DEPARTEMENTS. 



PERSONNES 



12. 
12. 

1.3. 
13. 
16. 

16. 

17. 

19 
20. 

21. 

24. 
9i. 



25. 



25. 
25. 



25. 



12 . I 5 s. 


2 S. 


3.55 s. 


4.i5s. 


I .on m. 


6 s. 


3 s. 


6. lo s. 


2 S. 


9.3(1 s. 


7 s. 


II .3o s. 


1 .20 m. 


1.45 m. 


3.3i> 111. 


1 .3o s. 


■ .'|„S. 


2.3o s. 


3 s. 


3.i:.s. 


3. i5 s. 


3.20 s. 


3.-J0 s. 


3.45 s. 


4 s. 


.') S. 


.» . .11) s. 


j.3os. 



Saint-Gcncsl-Malifaux. 

Corté. 

Trcts. 

Gémenos. 

Saint-Laurent. 

Saint-Dizier. 

Louvemont. 

La Cellc-Dunoisc. 
Épinal. 

Lyon. 

Hcndaye. 

St-.Vubin-Quillebœuf. 

Grisolles. 

Juillé. 

Saint-Maurice. 

Cbaumont. 

Glénal (Artonnc). 

Ambérieu. 

Mcnde. 

Sl-Aubin-sur-Yonne. 

Vilrac. 
Saint-Loup d'Oidon. 

Sainl-Julieii-du-Sault. 
Guercliy. 

Meung-sur-Beuvron. 
Conand. 

(■.bamp.-en-Valrona\ . 

\ uiz-eu-Salley. 



Loire. 

Corse. 

Bouchcs-du-Rhùne. 

Bouches-du-Rliônc. 

Seine-Inféi'ieurc. 

Haute-Marne. 

Haute-Marne. 

Creuse. 

Vosges. 

Rhône. 

Basses-Pyrénées. 

Eure. 

Tarn-et-Garonne. 

Charente. 

Creuse. 

Haute-Marne. 

Puy-de-Dùme. 

Ain. 

Lozère . 

Yonne. 

Puy-de-DAme. 
Yonne. 

Yonne. 
Yonne. 

Loir-et-Cher. 
Ain. 

Ain. 

Haute-Savoie. 



Iiomme 



I ito 



6 personnes 



!hnni.,i fcni 



I pouliche 



2 chevaux 



brebis 



I vache 



( 339 ) 




JUIN. (Suite.) 



La foudre a frappe le toit d'une maison, à 35"' du clocher. A 2''3o°', le clocher lui-même a élé endommagé. Pluie et 

grêle fine. 
Le toit d'une maison de lo»' a été percé; i homme lue. X loo" de là se trouve un paratonnerre en bon élat, plus 

élevé de 60". Un peu de pluie et de grêle. 
Dégâts divers dans une maison élevée de iC", isolée, entourée d'arbres moins élevés. Pluie. 
Avaries à une fenêtre au premier étage d'une maison. Pluie lorronlielle.' 
Dans une vaste plaine', sans arbres, une pouliche sans fers, portant un licol eu cuir avec anneaux et boucles en 

fer, a été tuée. Pas de pluie. 
La foudre a frappé la cheminée d'une maison de 6'", 5o à l'angle d'une rue, prés de constructions semblables. 

Pluie préalable. 
Le mur, épais de o"',55, d'une chambre à four élevée de 2", et située à 5"° d'un corps de logis, élevé de 5", a été 

percé. Pluie préalable. 
Dégâts nombreux dans une maison élevée de iS" qui a été frappée sur la cheminée nord-est. Pluie. 
La foudre est tombée sur un sol gazonné, à quelques mètres d'une baraque en bols, à 100" d'un paratonnerre. 

Coup suivi de pluie. 
Dégâts divers aux cheminées et dans les appartenienls de deux maisons conligués. Six personnes ont éprouvé des 

commotions. Pluie préalable. 
Trois arbres et le paratonnerre de Koutarabic, frappés successivement dans l'espace d'une heure dix minutes. 
Une jument et son poulin tués dans un herbage en terrain plat, i 250" du village. Pluie. 
La foudre a frappé la cheminée nord d'une maison de 8", isolée, en pays plat. Dégâts divers. Pluie. 
Dégâts dans une guérite, de 2", 75, sur la voie ferrée, près des lils télégraphiques et de grands arbres. Un homme 

resté sans connaissance une heure. Grande pluie. 
Dégâts nombreux dans une grange de 8", à 3o" d'autres maisons et d'un peuplier très élevé. Coup double. Pluie 

torrentielle. 
Une décharge a traversé les cuisines des casernes, près de bâtiments plus hauts, et a atteint, à 20" de lii, un lià- 

timent plus élevé. Pluie. 
Le bord sud du faitage d'une grange, voisine de deux maisons moins élevées, a été troué et les fourrages ont été 

incendiés. Korte averse. 
La foudre a atteint la cheminée (lo") d'une maison isolée et est descendue sur le toit d'un atelier adossé à la 

maison. Pluie. 
La foudre a frappé à la fois un noyer de 7" et un mur en pierres sèches, de i°',5o, auquel il est adossé. Mur dé- 
moli. Pluie et grêle. 
Un pêcher, de 3", planté dans les vignes sur le versant est d'une colline, a été en partie briilé et déraciné, ainsi 

que les ceps voisins. Pas de pluie préalablement. 
Une maison de i5°, entourée de bâtiments, en pays plat, a été atteinte. Un homme tué. 
Un pommier, ;de 5», faisant partie d'une rangée, a eu une branche cassée. A ce moment, un pot de fleurs était 

brisé sur une fenêtre, à Cudot, à i5oo" de là. Pluie. 
Le couronnement de la cheminée (i2»,4o) de la station, isolée en pays plat, a été atteint et brisé. Pluie préalable. 
Une grange, élevée de 7",5o, environnée de maisons de même hauteur, à 3o" d'un château beaucoup plus élevé, 

a été incendiée. Pluie douce. 
Une vache broutant un chêne de 2",5o, isolé, a été tuée. Pluie après le coup. 
Deux hommes et une femme, se trouvant dans les vignes, loin d'arbres et de maisons, ont été atteints et brûles. 

Trombe préalable. 
La foudre a frappé le toit (17") d'une maison entourée de constructions, sur une colline, et a rebondi sur la 

place. Pluie et grêle. 
Un poirier de 20", entouré d'arbres moins élevés, a été fendu et dépouillé de la plupart de ses branches. Pluie et 

grêle. 



3/(0 ^ 



DATES. 


HEURES. 


LOCALITÉS. 


DÉPARTEMENTS. 


26 


3.35 s. 


Valence. 


DnJmc. 


28 


3 s. 


Eloges. 


Vosges. 


29 


4 s. 


La Serre. 


Creuse. 


29 


4 s. 


Alirandouz. 


Gers. 


29 


5 s. 


Le Quartier. 


Puv-dc-Dùme. 


29 


5. i5 s. 


Varennes-sur-Armance. 


Haute-Marne. 


29 


6 s. 


Fais. 


Lot-et-Gai-onne. 


29 


6.3os. 


Fort Saint-Eymard. 


Isère. 


29 


6.45 s. 


Sablé-sur-Sarthc. 


Sarthc. 


29. ... 


7 s. 


Vassy. 


Calvados. 


29 


8.3os. 


Nonards. 


Corrèzc. 


29.. .. 


2 m. 


Ecouché. 


Orne. 


30 


? 


Perrier. 


Puy-de-Dùme. 


30 


I m. 


Hondaux. 


Haute-Savoie. 


30 


1 . 1 5 m . 


Havre. 


Seine-Inférieure. 


30... . 


4 m. 


Ocleville. 


Seine-Inférieure. 


30 


2.40 s. 


Champlitte. 


Haute-Saône. 


30 


3.3o s. 


Vitrey. 


Haute-iMarnc. 


30 


4 s. 


Savlgny. 


Haute-Marne. 


30... . 


5 s. 


Aix-la-Fayetlc. 


Puy-de-Dome. 


30.. .. 


5.20 s. 


La Biolle. 


Savoie. 


30 


6.28 s. 


Libourne. 


Gironde. 


30 


G.3o 5. 


Granville. 


Manche. 


30 


95- 


Fort du Bruissin 


niionc. 


.30 


•? 


S'-Georges-d'Hurtiêres . 


Savoie. 



PEUSONNES 



1 lioniine 



femme 
homme 



plus, soldats. 



Jeune fille. 



I homme. 



homme. 



Jeune fille. 



vache 



40 moutons. 



2 vaches. 



MOIS DE 



2 vaches, i chien 



( 34i 



OBJETS FliAPPÉS. DESCRIPTION DES LIEIX. DEGATS PRODUITS. OBSEIIVATIONS. 



DE Jl 

■IG. . . 
28... 

29... 
29. . . 

29. . . 
29... 
29... 
29... 

29... 
29... 
29.. 
29. . . 
30... 

30. . . 
30. . . 



30 

30 

30 
30 
30 

30 
30 
30 

30 

30 



IN. (Fin.) 

Délérioralions dans une maison à trois étages, à loo"' d'une église protégée par deux paratonnerres. Muie et grêle. 

De deux liomnies abrités sous un bouleau, de 4",3o, l'un, portant une faulx, a été tué: l'autre simplement ren- 
versé. Grêle. 

Une maison de 7", couverte en chaume, voisine d'une maison de 6"", a été incendiée. Ni pluie, ni grêle. 

Un même coup a frappé un chêne de 8" et la cheminée du château de Fieux, isolé sur un plateau. Trombe après 
le coup. 

Un bâtiment (lo") du village, situé sur une colline, a été frappé cl incendié. Pluie. 

Commcncemenl d'incendie dans une maison de 4" entourée d'autres constructions. Trombe. 

Un ancien moulin à vent, de iS", situé sur un monticule dominant les environs, a été incendié. Pluie. 

La foudre a frappé un poteau en bois de 7» à 8°, et, après l'avoir pulvérisé, a causé divers dégâts à une con- 
struction voisine. Les hommes du poste ont reçu une violente commotion. Dans un espace de deux heures 
et demie, la foudre est tombée plusieurs fois dans la vallée. 

Dégâts divers;! une maison d'habitation. ( Gouttière en zinc percée, gonds descellés, conduite de gaz coupée, etc.)... 

La foudre a atteint un arbre de 10", au bord d'une mare, à 10" de maisons, et projeté une jeune fille à terre. 

Une décharge a frappé la cheminée (iS") d'une maison isolée, entourée d'arbres. Dégâts dans le bâtiment. Pluie. 

Deux maisons entourées d'arbres ont subi des dégâts. Pluie et grand vent. 

La foudre a frappé le clocher terminé par une croix (34») et traversé l'église. Un homme momentanément para- 
lysé. Pluie. 

40 moutons tués près d'un chalet de 4", entouré d'arbres, qui a reçu une forte secousse. Pluie préalable. 

La foudre a frappé le paratonnerre ouest du théâtre, mais, au lieu de suivre le conducteur, a sauté sur une 
échelle de sauvetage et causé différents dégâts. Elle a frappé également deux autres points dans le voisinage. 
Pluie, grêle et grand vent. 

Une fenêtre a été brisée dans une boulangerie entourée de maisons de même hauteur. Pluie avant, grêle après. 

Un acacia de 10", formant bordure avec d'autres espacés de 20", a été frappé à ti'" de hauteur et fendu sur 3" de 
long. Coup suivi d'une trombe d'eau. 

Deux peupliers de 12», au bord d'une rivière, en plaine, ont été brisés par leurs milieux. Coup double. Pluie. 

Une maison de g"", au pied d'un coteau de vigne exposé au nord, a été incendiée. Trombe d'eau après le coup. 

La foudre a atteint une grange isolée, sur une élévation, étourdi une jeune fille, frappé 2 vaches et i chien. Un peu 
de pluie et de grêle. 

La foudre a frappé le clocher de l'église, élevé de 22", situé sur une colline, au milieu de maisons. Pluie. 

Un wagon à marchandises, placé parmi d'autres wagons, a été atteint. Pluie préalable. 

La foudre a frappé à trois reprises, en deux minutes, le paratonnerre du phare de Granvillc, qui a fonctionné 
régulièrement. Grande pluie préalable. 

Dans l'espace de une heure et demie, un des paratonneres a été frappé trois fois; il a fonctionné régulièrement. 
Pluie et grêle. 

Dégâts divers dans une écurie de ô", située sur une colline, au milieu d'arbres élevés. 2 vaches tuées. Grêle. 



( 3/, 2 ^ 

M. Ad. LiTRiiÈitE adresse une Note relative à un cas d'é([uilibre instable 
de la sphère sur un système suspenseur particulier. 

(Commissaires : MM. Resal, Joidan.) 

M. Al. Ki.apomn adresse, d'Alouchia (Crimée), une Noie concernant l'em- 
ploi d'une eau cauipluée ou d'uiie solulion de borax contre l'Oidium et le 

Phylloxéra. 

(Renvoi à la Commission du Phylloxéra.) 



CORRESPONDANCE. 

L'Ui\ivEi!siTÉ d'Eduîuomsg aunouce qu'elle célébrera ie troisième cente- 
naire de sa fuuilaîion, les i6, 17 et f8 avril 1884, et invile l'Académie à se 
faire représenter à cette solennité. 



M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces de la Correspon- 
dance, le deuxième et le troisième volume d'un important Ouvrage de 
M. Tommaso S'ilvndori, membre de l'Académie des Sciences de Turin, sur 
l'Ornithologie de la Nouvelle-Guinée et des Moluques [Ornitoloçjia délia 
Papuasia e délie Molucche, 1881 et 1882, iii-4°). (Pré.sentée par M. Alpli. 
Mdne-Edwards.) 

M. le Sf.crétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance, une Noie de M. de Saint /io6e;/^ intitulée : « Perclièighiac- 
ciaj si vadano rilirando >: . (Extraite des Mémoiies de la Reale Accademia 
dei Lincei. ) 



ASTRONOMiK. — Obsetvalioii des taclies el (IcsJ'acuks solailcs Cil i883. 
Lettre de IM. P. Tacchini à M. le Président. 

« Rome, 9 février i88,'|. 

» .T'ai l'honneur de présenter à l'Académie un résumé des observations 
des taches et des facules solaires, faites à Rome pendant l'année i883. Le 



( 343 ) 

temps a été ;issez favorable et 'e nombre des jours d'observation s'tst 
élevé à 291. Voici les résultats : 

Fréquence Giaiideiir 

— ^ I,, ,1 Nombre 

relative des jours relative relative des groupes 

des sans des des do taches 

18S3. taches. taches. taches. facules. par jour. 

Janvier 16, 65 0,00 56,68 68,18 4,18 

Février 1-2,74 o,o5 57, i5 82,37 3, 16 

Mars 18,29 ">o6 65,47 85, 3o 3,70 

Avril 23, o5 0,00 i65,8o 101,00 5,5o 

Mai 8,77 0,11 36,74 119,78 3,70 

Juin.. 18,88 0,00 198,36 64,20 4,88 

Juillet 21,54 0,00 224,89 93,78 5,53 

Août.... ,1,,, 0,00 64,35 io5,35 3,83 

Septembre 16,46 o,o3 137, 5o io3,83 4,37 

Octobre 3 1,26 0,00 '97) '5 98,80 7,03 

Novembre 3i,28 0,00 '47,52 76,87 7,12 

Décembre 3i ,6"! 0,00 154,82 72,87 6,91 

» En comparant ces iJoniiées avec celles de l'année précédente, on est 
amené à conclure que l'activité solaire a augmenté; car, bien que la dif- 
férence relative au nombre de taches soit très petite, le nombre des 
groupes, en i883, a été bien plus grand, et l'extension des taches a été 
vraiment extraordinaire; elle a été double de celle de 1882. 

» Il importe particidièrement de reiriarquer, dans le Tableau ci-dessus, 
d'une part le ininiinuni du mois de mai, d'autre part le nombre extraordi- 
naire et la grande extension des taches pendant le dernier trimestre. Ces 
chiffres élevés et cette longue période 11e se trouvaient pas dans les an- 
nées précédentes, et cette activité s'est conservée en janvier 1884; les ob- 
servations faites en février montrent qu'elle continue encore, en sorte 
qu'on est porté à croire que le maximum des taches n'est pas encore arrivé. 
Un autre pointa signaler, c'est qu'au minimum de l'extension des taches 
correspond le maximiun pour les facules, qui, à cette époque de calme re- 
latif, trouvent encore les conclilions nécessaires à leiu" formation, tandis 
que la force éruptive ou le travail ne soiit pas suffisants pour produire les 
taches dans ces mêmes régions. » 



34 i ) 



ASTRONOMIE. — Sur la comète Pons-Biooks (^Obsennitoiie de Nice). 
Note (le M. Perrotin, présentée par M. Faye ('). 

« Les changements brusques qui se manifestent d'un jour à l'autre, 
dans l'aspect du noyau de la coniele Pous-Brooks, sont un des caractères 
remarquables de cet astre. A ce point de vue, les apparences qui se sont 
produites les i3 et 19 de ce mois méritent d'être signalées. 

» Le i3, le noyau, qui, la veille et les jours précédents, était comme 
une étoile de 3* grandeur, avait pris des proportions extraordinaires; 
il se présentait sous la forme d'un di^qne circulaire, fortement coloré en 
jaune lougeâtre, de 34" de diamèiie environ, nettement limité sur les 
bords, plus biillant vers le centre et siu- la circonférence, entouré d'une 
auréole nébuleuse, blanche, de 1 10" de diamètre à peu prés. 

» Le noyau proprement dit, placé au nnlieu, et deux diamètres de ce 
disque, faisant entre eux un angle de 3o° à I\o°, et dont l'un, j)lus lumineux 
que l'autre, paraissait dirigé dans le sens de la queue, se détachaient en 
blanc et comme en relief sur le fond jaune du disque. 

» Du côté ouest et dans l'angle obtus de ces diamètres, une région 
presque obscure contrastait, d'iuie manière frappante, avec le brillant des 
autres parties de cette enveloppe lumineuse. 

» Enfin, la nébulosité plus condensée, qui, d'ordinaire, entoure le noyau 
dans un rayon de 3', avait [;erdu, d'une manière notable, de son intensité. 

» Dans i'euNendjle, on auiait dit un halo d'une nature particulière. 

>) Un dessin de M. Tiiollon, que j'ai l'hoinieur d'adresser à l'Académie, 
reproduit très fidèlement l'aspect de la tète de la comète pendant cilte 
soirée. 

» Le lendemain i4 et jours suivants, la comète avait repris sa forme 
habituelle. 

» C'est seulement le 19 que le phénomène a été aperçu de nouveau, avec 
les mêmes caractères génér.mx. Ce jour-là, le disque central s'était légère- 



(') J'ai reçu cette Lettre le 21 oii le 22 janvier, mais, quelques remarques critiques qui 
m'ont été faites sur sou contenu ui'ayant fait désirer de plus auijiles détails, j'ai cru devoir 
en différer la piihlicatinn. Les ex])lications (|ui m'ont été fournies ont levé ces scrupules, et 
je regrclleruis aujourd'hui ce retard s'il pouvait priver MM. Perrotin et Tliullon du mérite 
d'avoir signalé les premiers des faits tout nouveaux, je crois, dans l'histoire des coinèles. 

H. F. 



f :i4j ) 

ment allongé, normalement à la queue, les deux diamètres lumineux 
étaient sensiblement perpendiculaires l'un à l'autre, la région sombre 
était plus obscure tt jjIus étroite, l'auréole extérieure bien plus faible. 




)i Chaque fois, les observations spectroscopiques, organisées par M . Thoi- 
lon et poursuivies attentivement tous les soirs, ont présenté des particula- 
rités remarquables. 

» Le i3, malgré la Lune, les trois bandes ordinaires des comètes avaient 
un éclat iiiaccoiitiuné,. le disque lumineux donnait un spectre continu, 
très intense dans le rouge. Le i/j, le rouge était moins brilhmt et présentait, 
vaguement, l'apparence d'une bande; les jours suivants, il était seule- 
ment visible sur le noyau. 

)) Le 19, le spectre continu du disque était plus brillant encore et toutes 
les couleurs apparaissaient d'une manière saisissante, du rouge au violet. 
Ce spectre était divisé par une bande transversale noire, provenant, sans 
doute, de la partie obscure qui faisait tache sur l'enveloppe lumineuse du 
noyau. 

» Des apparences de condensation de lumière dans le jaunenous ont 
paru être un indice de la présence probable du sodium dans le noyau. 

» Dans le cours de nos observations, nous avons aussi aperçu, à plu- 
sieurs reprises, la bande violette qui correspond à la raie d (Angstrom) du 

C. K., iSS4, 1" Semestre (T. XCVIII, N° C.) 43 



( 3/,6 ) 
spectre du carbone. Des mesures répétées nous ont fait voir le spectre de 
bandes sur la nébulosité de la tête, à 6' du noyau dans la direction de la 
queue, et à [\ dans les autres régions. » 

ASTRONOMIE. — Suï la comèle Pons-Brooks. Note de M. Perrotin, 
présentée par M. Faye. 

« Dans la précédente Note, communiquée à M. Faye, nous avions, 
M. Tbollon et moi, signalé certaines particularités que présentait la comète 
Pons-Brooks, les i3 et 19 janvier. 

» Les observations deM. Vogel, à Potsdam, le 1^'' janvier, publiées dans 
le n° 2570 des Aslronomische Nachricliten, corroborent en grande partie nos 
propres observations qui, sans aucun doute, recevront avant peu des con- 
firmations nouvelles. 

» Comme nous pensions que les faits des i3 et 19 correspondaient à des 
maxima, exagérés à l'approche du périhélie, de l'éclat variable du noyau 
de l'astre, nous avions été amenés à supposer que la période de la variation 
pouvait être de six jours. Malheureusement, l'aspect de la comète, le aS, 
ne vint pas confirmer celte hypothèse. Il n'est pas cependant sans intérêt 
de constater que les observations de Potsdam semblent la justifier. » 

ASTRONOMIE. — Sur les aigrettes el les panaches de la comète de Pons (1S12 
au voisinaye de son passage au périhélie. Note de M. G. Rayet, présentée 
par M. Wolf. 

« La comète de Pons a, comme toutes les comètes, présenté, en appro- 
chant de son périhélie, les changements de forme rapides qui sont l'indice 
des modifications profondes que le voisinage du Soled produit dans la dis- 
tribution de la matière de ces astres. Quoique, dans le cas actuel, ces 
modifications aient été moins marquées que celles que l'on a reconnues 
dans les dernières grandes comètes, elles m'ont cependant semblé dignes 
d'être notées, et je vais essayer de les décrire à l'aide des observations faites 
à l'équatorial de o'",38 de l'observatoire de Bordeaux. 

» Jusqu'au 26 octobre, la masse nébuleuse delà comète a conservé une 
forme circulaire, avec un noyau assez brillant, mais d'un éclat variable 
d'un jour à l'autre; ce noyau avait, à la fin d'octobre, l'éclat d'une étoile 
de 10" à 1 1" grandeur, et la nébulosité un diamètre d'environ 3' à 4' d'arc. 

» La première trace de queue a été notée le 27 octobre i883. 



( 347 ) 

» Jusqu'au 21 novembre i883,les observations physiques ont été con- 
trariées par la présence de la Lune, mais, dans cet intervalle, la physionomie 
de l'astre ne parait pas s'être modifiée. 

» Le 22 novembre 1 883, la nébulosité cométaire est ronde, avec une légère 
trace de queue et un noyau très marqué ayant l'éclat d'une 8" grandeur. 

)> Le 24 novembre i883, le noyau brille comme une 8'' grandeur et en 
arrière de la nébulosité, dont le diamètre est d'environ 6' d'arc, il y a, à la 
naissance de la chevelure, une sorte d'étranglement qui donne à l'ensemble 
de l'astre une ressemblance marquée avec la forme des courbes de niveau 
de M. Roche. 

» Le 29 novembre i883, le diamètre de la nébulosité est d'environ 7' 
d'arc, et le noyau, un peu diffus, un peu estompé, paraît avoir une ten- 
dance à émettre des panaches dans la direction du Soleil. 

» Le 16 décembre i883, le diamètre de la nébulosité s'est un peu aug- 
menté; le noyau brille comme une 8* grandeur et a un diamètre sensible; sa 
lumière, blanche jusqu'alors, est devenue orangée et tranche sur la masse 
bleuâtre de l'astre; au contact immédiat du noyau, on remarque une aug- 
mentation d'éclat très sensible et brusque. 

» Le 20 décembre i883, le noyau brille comme une 7* grandeur, et 
sa couleur est redevenue blanche. La nébulosité, dont le diamètre est 
environ 8', présente en avant une condensation de lumière très marquée. 
La comète est visible à l'œil nu. 

» Le 22 décembre, la tdnte du noyau est très légèrement orangée et 
l'existence des aigrettes est certaine. 

» Le 24 décembre, les premiers panaches se montrent avec leur forme; 
la coloration légèrement jaunâtre du noyau est bien visible par contraste 
avec la teinte blanche de la chevelure. 

» Le 2 janvier 1884, l'équatorial de 14 pouces (o'",37) montre deux 
panaches dissymétriques très marqués; celui du premier bord (bord ouest) 
naît dans une direction presque perpendiculaire à l'axe de la queue et pré- 
sente une courbure très marquée ; celui du second bord, plus faible, est 
presque dans la direction de l'axe de la queue. 

Le 1 1 janvier i884> un éventail de lumière, à éclat presque uniforme, 
remplit l'intervalle des deux panaches, ainsi reliés entre eux d'une ma- 
nière continue. 

» Le 12 janvier 1884, un éventail de lumière très net se montre en 
avant de la comète; la branche de l'éventail, la première en ascension 
droite, se recourbe en arc de cercle vers la chevelure et est la plus lumi- 



( 3/,8 ) 
lieuse; le cleiixiéine liord de l'éventail est presque d.uis la direction de la 
queue. L'ouvertin-e totale de l'éventail est d'environ 90". I.e noyau , 
orangé, p irait très net vers la ciievelure et estompé vers la tète. Le dia- 
mètre de la nébnlosité est d'environ 9'. 

I) Le 1 3 janvier i884, la forme de 1h comèlp a complètement changé et 
est devenue très singulière. Autour du noyau d'iui éclnt très vif, comparable 
à celui d'une 5* grandeur, il existe une zone circulaire continue d'environ 
3o" de diamètre et d'une lumière très vive ; cette zone est enveloppée dans 
une seconde zone moins lumineuse, comprise elle-même dans l'ensemble de 
la nébidosité. La zone lumineuse centrale est traversée par deux rayons très 
brillants dirigés vers la queue. L'éclnt du noyau central est tel qu'il paraît 
s'élever au-dessus de la masse cométaire, comme certains pics lunaires font 
saillie au-dessus des plaines de quelques cratères. 

» Cette même apparence se montre dans les deux équatorianx de 
8 et \l^ pouces (o'",2i et o'^jSt); elle parait donc réelle. 

» Le 16 janvier 1884, la cotnète a repris l'apparence connue de ces 
astres. Un éventail de lumière, d'ut)e ouverture d'environ 100°, se montre 
en avant, et la majeure partie de sa lumière se déverse vers le deuxième 
Jaovdside la queue (bord est), qui est ainsi sensiblement plus intense que 
tl'autfe. Deux sillons de lumière se montrent dans cet éventail. Le noyau 
.esti;^ensibl«ment blanc et d'un éclat très vif. 

» Le 17 janvier 1884, le noyau de la comète est blanc, extrêmement 
J-HniitieiiiXi Nisible, sur le champ très brillamment éclairé de l'équaiorial. A 
partir du noyau et dirigé en avant, existe un éventail de lumière très in- 
.4ensevKlqi3o'';de!diftn^^|Ke et d'une ouverture de 200°; l'axe en est incliné 
■de 45,°<surnli^ dir!ecitio,a,j<^ie )J;a queue. De la partie antérieure de l'éventail 
part un rayon de lumière diffuse, dont l'épanouissement se relie avec une 
iYt^Mçhpl^^TOin^I^^€_p;^,r')a^J.iiq,^lje|4istante du centre d'environ 1' d'arc. Les 
(bpri<jl(!» (W' l?)qW»e|Sp;?jl;fnl|H!f!j^çi!Unt^ique le centre, donnant ainsi la sen- 
jS^t^O(ii,tj;ji.iV]Çqi)e,cr.ej.ix^ ,. ■nnilnuil.Ki'Hp.,,, 

)^..,)).J^fl,84JFinfier«J^iC0}î)^j§^q'j|i)piiii.pl!r6O.b|-'ffrvée que dans la brume, et sa 
nébulosité centrale ne paraît,. , p^^iç;! ci?;-a,çt,éçi$fe que par un éventail de 
.htnwri?: ,|prqjf,té,.^n ft>fi)y tj,et^4,pRniprè$!|^y,n.i^|i;i/q,u,ef, ^ 

-,,u¥ ■)Tw>.e^,fi^S:WJ?''>''^WÇ!* *ft'.ii^,a?SiÇPjifi;fti|CiJ?fS,ià.4fPri''e; je me suis ef- 
lorcé de les reproduire dans les dessins joints à celte Noie, 
u'. «iiQuant-i^Ui^pecti;^ «-WjA^iÇft'OjÇteijjjili^s^.^oujiOur^^^ijté.çp^jmosé des trois 
ilMPi#:§;.9''ti'PW^i(lft1^Hîl'',T?gfiiyv^:)qat)?PMÛS,MiUl^^ bande 

-iîiuji «ulc| i^l \iifi la ■jiulHViido ni ari'jf abiso ab oiv. as sdiuoaai »« ,9j 



( Md ) 

verte et bande bleue. La bande centrale était extrêmement lumineuse. Le 
noyau donnait un spectre coniinii très faible. 

» Le ciel s'est d'ailleurs montré défavorable aux études sur la comète; 
plusieurs des observations précédentes ont été faites dans des éclaircies de 
peu de durée ou à travers des brumes légères. » 

F'FIYSIQUE DU GLOBE. — Sur les osrillntio7is barométriques produites par Cérup' 
tion du volcnn de Krakatoa, et enregistrées au hnromètre Rédier de l'Oliser- 
vatoire de louloiise. Note de M. Baillaud, présentée par M. C. Wolf. 

« La première forte dépression a commencé le 27 août à l'^Ço"' du soir, 
et le minimum a eu lieu vers 3'' 10'". La seconde, dont le caractère acci- 
dentel est très caractérisé, s'est produite le 28, deV à 4''3o'"du matin. Les 
accidents du 29 sont assez nettement accusés : une dépression dont le mi- 
nimum a eu lieu à i''3o'" du matin et une élévation de 3'' à 3''4o'^ du soir. 

» En prenant l'intervalle entre les minima du 27, je trouve i3''2o", 
d'où une vitesse de i256'"'" par heure, ou 349'" P'^'' seconde. L'inter- 
valle entre les commencements des deux dépressions est t4'' 10'", d'où une 
vitesse de 1182'"" à l'heure, ou 328'" par seconde. D'après ces nombres, la 
vitesse de propagation serait bien la vitesse du son. 

L'intervalle entre les accidents du 29 est i3''45"', nombre moyen entre 
les intervalles de i3''2o™etde i4''io"'(le l'alinéa précédent. Mais la vitesse 
suivant laquelle les ondes auraient fait le tour entier de la Terre devrait 
s'abaisser à 1166'^"* par heure, ou 324™ par seconde. 

L'observation directe du jjaromètre a donné (lecture réduite à 0°) . le 27 
à midi, 749'"'",o; à 3'", 746""",9 . » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les Substitutions linéaires. 
Note de M. H.Poincaré, présentée par M. Hermite. 

« On sait quelle importance a, dans la théorie des substitutions linéaires 
de la forme ix, "'' "^ ,, 1 et dans celle des groupes fuchsiens et kleinéens 

\ ' a'x -h b'J 01 

qu'elles peuvent former, la classification de ces substitutions en substitu- 
tions loxodromiques, hyperboliques, elliptiques et paraboliques. 

» Celte classification peut s'étendre aux substitutions linéiùres à deux 

variables 

. / ax + bx-^c a'x + b' y + c' \ 

^ V \^n'\ y^r-i-b'y-hc" ' «".r+Z/'r + c",/ " 



( 35o ) 
et spécialement à celles qui conseivent l'hypersphère 

(2) xjf,, -h 77o = I , 

et qui, par conséquent, peuvent engendrer ces groupes hyperfuchsiens 
dont M. Picard a donné des exemples. Dans l'équation (2), comme dans 
tout ce qui va suivre, j'ai représenté, à l'exemple de M. Hermite, par ?/„ la 
quantité imaginaire conjuguée de u. Mettons la substitution (i) sous la 
forme homogène 

(i bis) [oc, y, z; ax + bj -\- cz, a' x -f- b'j + c'z, a x 4- b"j H- c"z). 

» On peut, par un changement convenable de variables, amener cette 
substitution à l'une des formes suivantes, que l'on peut appeler Jorines 
canoniques : 

(A) {x,j,z;y.x,(if,yz), «^/3>7, 

(B) {x,f,z;o.x,^y+z,^z), a>p, 

(C) {x,jr,z;ccx,^y,^z), a>|3, 

(D) (x, j,i;; ax +;-, aj + i:, as), 

(E) (x, j, z ; cf.x, ay -+- z, as). 

» Ne nous occupons pour le moment que de la forme (A); car toutes les 
autres, qui sont analogues aux substitutions paraboliques, n'en sont que 
des cas particuliers. 

» Les quantités a, p, y sont appelées multiplicateurs. De plus, la substi- 
tution (i) admet trois points doubles qu'elle laisse inaltérés. Quand on con- 
naît les points doubles et les multiplicateurs d'une substitution, elle est 
entièrement déterminée. Quand elle est ramenée à la façon canonique, ces 
trois points doubles sont 

x=j = o, y z= z = o, x = z^^o; 

à la substitution (A) correspond la substitution conjuguée 

» On voit aisément que toute substitution de la forme (i bis) change 
toute forme quadratique du faisceau 

( Axxo + Ba^To + B„ jx„ 4- Cjjo 
I 4-D£Ci;„-f-Doza;„ + Ej0„ + E„s7n+ Fc3„ 

eu ime autre (orme du même faisceau. 



( 35, ) 
» Pour que la substitution (A) reproduise, à un facteur constant près, 
une des formes (3) dont le discriminant ne soit pas nul, i! faut que trois au 
moins des quantités 

aa-o, a/3„, /Sx^, ,6/3„, Ky», 77.„, /S'/o, y/S^, 770 

soient égales entre elles. Or, si l'on suppose, comme nous l'avons fait, que 
les trois multiplicateurs soient différents, cela ne peut arriver que des trois 
manières suivantes : 

(4) aa„ = |3/3„ = 77o, 

(5) «='-„ = j37„ = 7^0, 

(6) a|3o=P7„ = 7a.o. 

» L'hypothèse (G) doit être rejetée, parce que la forme (3) qui serait 
reproductible par la substitution (A) serait imaginaire. L'iiypothèse (4) 
signifie que les trois multiplicateurs ont même module : nous dirons alors 

que la substitution est elliplique. L'hypothèse (5) signifie que la quantité ^ 

est réelle et égale au carré du module de -• Nous dirons alors que la substi- 
tution est hyperbolique. 

V Cherchons maintenant quelles sont les substitutions elliptiques ou 
hyperboliques (que je ne suppose plus réduites à la forme canonique) qui 
reproduisent l'hypersphère (2), c'esl-k-dire la forme 

» Cherchons d'abord les substitutions elliptiques; soient 



X y 2 


x _ jr _ £ 


j: y 






— "—Z. — ■ 


>l ~ pi V, 


^2 P2 "2 


'•a H 



les trois points doubles. Nous trouverons les six relations suivantes ; 

qui définissent les conditions auxquelles doivent satisfaire les points 

doubles. 

» Ces conditions peuvent être satisfaites d'une infinité de' manières; en 
effet, le premier point double peut être choisi d'une façon arbitraire, le 
second peut encore élre choisi d'une infinité de manières, car il n'est assu- 
jetti qu'aux relations 

X,Xoo+ P-.;-'-2o— ^1 '''20 = >w>'10 + f^2P-10 — V.V,o= O. 



( 35. ) 

» Le li'oisiéme point double est alors eiitiéreineut déiermiiié. Il résiille 
de là qu'il entre dans les substitutions liyperfuchsiennes elliptiques liuil 
paramètres arbitraires. 

» Passons aux substitutions hyperboliques : nous trouvons les condi- 
tions 

XoLu-f- [J-.lJ.no — VoVoo — '^■sho-'r- lJ-3P-3i> — V3V5u= O, 
>•.'*-„ -I- !->-,y-jo — V| V20 -= >-2>-,o + ,'^^,"-10 — ■■'i'-',,, = O, 

de sorte que i'Iiyperspbère (2) est encore conservée par une infiidié de 
substitutions hyperboliques dépendant de huit paramètres arbitraires. 

» Disons encore quelques mots de la substitution canonique (B), qui est 
la plus générale après celles que nous venons d'étudier. Supposons |5 = i 
pour simplifier. Pour que celte substitution reproduise la fnrme (3), il faut 
d'abord que l'on ait 

C = B = Bo = o. 
Il faut ensuite que l'on ait 

v.y.ff = r ou oc = c-o, 

ce qui montre que les substitutions (B) peuvent se ivj^artir en deux classes 
qui peuvent être regardées comme des cas particuliers des substitutions 
elliptiques et hyperboliques. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Généralisation du théorème de Jacobi sur 
les éijuotions de Haniillon. Note de M. J. Faukas, présentée par 
M. Hermite. 

« Soit 

( P +/(-^» x,,x.,, ..., JC„, p,, p., ..., pn) — o, 
(•) { ôr dr Or dj 

une équation aux dérivées partielles de premier ordre. 
» En désignant par 

(3) p,^p,{x,xixi,...,x:,p[,p:,...,p:) )^' ',2^ •••,«., 

où x". et/j" sont les valeurs initiales de a?, et p^ correspondant à la valeur 



( 3î3 ) 
initiale ir^ de x, les intégrales du système de Hamilton 

, f s lîl' — ^ ^' '}[_ 

^"*) dx ^ dp' d.r ~ do- 

dans l'expression 






Après l'exécution de l'inlégration, pour les quantités 



-t,, a^, ..., a„,, /^„,^|, /J„,^j, .-., /''„, 



substituons ses valeurs, fonctions des quantités 



„0 



.Z j ^', , .r^, . . . , ^„, 

tirées des équations (2). 

» L'expression j"„,, ainsi transformée, est une intégrale complète de 
l'équation (1); théorème dont celui de Jacobi et celui de M. Mayer sont 
des cas particuliers [m = o, m = n). La démonstration a son analogue dans 
le Mémoire de M. Ma\er [Mathemntisclie Annaleii, t. III). 

» Exemple. — Pour l'équation pp,p^^^ i , noire théorème fournit les 
trois intégrales complètes 



J» =5\{^v — n){a-, — h) [x., - c ; + cl. 



J, = \/- "^ !:'''' ''^ + ex, + d, 

J2 -— —y^ 1- A.r, + ex, 4- d, 



dont la première répond au théorème de Jacobi et la troisième à celui de 
M. Mayer. a 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les courbes du quatrième ordre. 
Note de M. C. Le Paige, présentée par M. Hermite. 

« Nous avons, dans une Communication précédente, montré comment 
on peut résoudre linéairement, à l'aide d'une cubique gauche Rj, le pro- 
blème fondamental des involutions 1' lorsque chacun des quatre groupes 

c R., 1884, I" Semestre. (T. XCVIll, IS" 6.) 46 



( 35/, ) 
cnrai'térisliques qui définissent celle-ci est fonn° d'un point donné isolé- 
ment et de trois points marqués par les plans qui les contiennenl. 

» Nous nous bornerons à employer cette solution eénérnle, en réser- 
vant, pour un travail plus détaillé, les cas particuliers qui peuvent se 
présenter. 

» Supposons que l'on se donne quatorze points A, (/ = i, a, ..,,i'i) 
par lesquels nous voulons faire passer une quartique. 

» Séparons ces quatorze points en deux groupes G = {^,, An. . . , A,o) ; 
G' = (A,,,A,,. ..., A,,). 

» Au groupe G adjoignons un point quelconque de G', A,, par 
exemple. Nous obtenons ainsi un groupe de onze points par lesquels nous 
pouvons faire passer des quartiques composées d'une cubique et d'une 
droite. Or nous pouvons aisément déterminer les groupes de quatorze 
points où cbacune de ces quartiques rencontre une transversale Z, ou 
plutôt les images de ces intersections sur une cubique gauche R3. Il suf- 
fira, pour cela, de se rappeler la construction que nous avons donnée 
ailleurs ( '), d'une cubique plane déterminée par neuf points et la méthode 
de détermination du plan qui coupe Rj aux points correspondant à ceux 
où nue transversale donnée rencontre la cubique. 

)) Nous aurons précisément ici des groupes de quatre points composés 
d'un point isolé et de trois points donnés par un phui. 

» Toutes les quartiques du système (A,, Ao, . . ., A, , ) déterminent, sur /, 
une rj. 

» Si l'on substitue à A,, successivement A,,, A, 3, A,^, nous aurons, 
sur /, quatre systèmes en 1*, qui auront, en général, un seul groupe 
commun. 

» Ce groupe marquera les intersections de l avec la quartique à con- 
struire. 

)) Faisons observer maintenant que, si la transversale l passait déjà par 
un, deux, trois points connus du lieu cherché, nous pourrions, au lieu 
d'involutiou I^, employer des involutions liî, 1^, I,' (ce dernier cas reve- 
nant à compléter ini groupe de quatre points dont trois sont connus). 

» Supposons, pour fixi'r les idées, que l passe par A, 3, A,.,. 

>) Alors, dans l'involution I3, déterminée par les courbes du système 
(A,, An, . .., A,„, A,,), nous chercherions les couples correspondant à A, 3, 
A, 4, c* qui nous donnerait une ]J. 



('] /Irin ninllirmritirn, I. HT, p. iiS'j Pt siiiv. 



( 355 ) 

» Le système (A,,Ao, ..., A,o, Ai^) nous donnerait de même unel',-; 
ces deux involutions quadratiques ont, en général, un seul couple com- 
mun, qui marque les deux dernières intersections de L avec la courbe à 
construire. 

>) Ces problèmes étant résolus, nous voyons que, si nous choisissons 
arbitrairement, parmi les quatorze points, quatie points A,, A^, A,, A,, les 
droites AjAo, AjA,, A, A3, A2A > nous permettront de construire les 
couples A'j A!,, A3 A,, A", A'^, AlA'^. 

» Alors, les points A", A!,, A", A', nous conduiront à des couples A™ A™, 
a!,' A',', dont les deux premiers seuls devront être déterminés, puisque les 
huit points A', A,, A',A',, A^A!^', A'^'A,' sont une conique Co. 

» Nous avons ainsi deux quartiques composées l'une de quatre droites, 
l'autre de deux droites et d'une conique formant, avec la courbe C4 à con- 
struire, un faisceau. 

» En faisant pivoter autour de A5, par exemple, une droite, celle-ci 
rencontrera les trois quartiques en trois groupes de quatre points qui 
sont en \\. 

» Il suffira de déterminer, sur chacune d'elles, les trois points qui, 
avec A5, constituent un quaterne de l'involution. 

» Nous ])ouvons observer, en passant, que le même procédé s'applique 
à lies courbes de degré n. 

I « 'n + 3 ) , , , , . 

)) Posons [j. rrr. '- et supposons que 1 on se donne les pouits 

A,, A,. . ., A^. 

)i Nous les séparons en deux groupes 

G=(A,A3 ..A^._„), G' = (A|,._„^,, .. .A|i). 

» Chaque groupe G,, composé de G et d'un point de G', contient 



2 points : d en resuite que, par ces points, nous pouvons 

faire passer des courbes d'ordre n composées d'une droite et d'une courbe 
d'ordre [n — 1). 

Les n groupes G,, G^, . . , G„ ainsi formés nous donnent, sur une trans- 
versale Z, « systèmes en I^^i qui ont, en général, un seul grou[)e conunun. 

» Des combinaisons analogues à celles que nous avons employées pour 
les quartiques nous permettront de ramener la construction de la courbe 
cherchée à celles de courbes du [n — i )''''"* ordre. 

» Nous nous borneions à cette indication générale d'une méthode que 
nous espérons développer ailleurs. » 



356 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la propagation de la lumière dans un milieu 
cristallisé. Note de M™" Sophie Kowalevski, présentée par M. Hermite. 

« Dans ses Leçons sur l'élasticité, Lamé ramène la question de la propa- 
gation de la lumière dans un milieu cristallisé à l'intégration d'un système 
de trois équations aux différences partielles 





= U'"È 


dj / a: \ O: 


- «= -* 

dx 


,r-r, 
àt- 


=i[^'% 


o àr,\ d 1 o t)f, 

— c- -p +-y- a- -j- 


- Ir f 




~ lu- V' dz ' 


--a-il*'! 


" '" ^ 



» Dans ces équations, t représente le temps, jc, j-, z les coordonnées 
d'un point du milieu vibrant, ^, ri, Ç les projections de l'écart de ce point 
de sa position d'équilibre et a-,b^,c^ les trois constantes optiques du 
cristal. 

» Lamé a trouvé trois expressions analytiques pour ^, vj, Ç qui satisfont 
à ces équations et qui peuvent représenter par conséquent un certain mou- 
vement vibratoire ayant lieu à l'intérieur du milieu pendant la propagation 
d'une onde lumineuse, émanant d'un seul centre de vibration. Pourtant 
ces expressions, trouvées par Lamé à l'aide d'un calcul très pénible, mais 
extrêmement ingénieux, offrent certaines particularités qui font que le 
mouvement représenté par elles est physiquement impossible, car elles se 
présentent sous la forme ^ pour chaque point d'un axe optique et devien- 
nent oo pour le centre de vibrations lui-même. Pour expliquer ce résultat 
étrange, Lamé a eu recours à l'hypothèse de l'existence d'un éther impon- 
dérable qui entoure chaque molécule de la matière vibrante et joue, pour 
ainsi dire, le rôle d'un coussin élastique. Du reste, cette hypothèse, ex- 
primée par Lamé comme simple possibilité, n'est nullement développée 
par lui dans ses conséquences mathématiques. 

» Dans le travail que je viens de terminer, je me suis occupée de cher- 
cher un système d'intégrales générales du système d'équations proposé et 
j'y suis parvenue à l'aide d'une méthode que M. Weierstrass avait déjà 
trouvée depuis bien longtemps, mais qui n'avait pas encore eu d'applica- 
tion jusqu'ici. Les résidtats auxquels je suis parvenue peuvent s'exprimer 
de la manière suivante : 



( 357 ) 
)) Si, en employant les abréviations introduites par Lame, 

q = a'- b- c', 
R = JC-- + y- + î-, 
P = n'-x- 4- b^j- -i- c'^z-, 

Q = a-[b- + c-).r^ 4- b- yC'- -+- à' ) f- 4- c-\^a- 4- //-):•-, 
je définis une certaine quantité t par l'équation 

ç^* -qt' H-RP^-o, 

l'équation t = const. représentera une surface cConde. Cette surface est 
formée de deux nappes qui n'ont que quatre points communs entre elles; 
je puis me figurer ces deux nappes comme séparées l'une de l'autre et j'ob- 
tiens alors un espace uniforme, limité par une de ces nappes (l'extérieure 
par exemple). 

w Cel.i posé, je trouve trois fonctions particulières y, [x,j^z), q^[x,j,z), 
'fi[3c, y, z), qui ont la propriété suivante : si je représente \iM'j[x, y, z) une 
fonction ayant, pour chaque point de l'espace coiîsidéré, une valeur finie 
et déterminée, de même que ses deux premières dérivées, mais qui pour le 
reste est absolument arbitraire, et si je pose 

I = fj'ff,{", *', "')y('^' + ". / + ''? '■ + ^f'j(b( (Iv chv, 
= ///92(«> '') "^)7('^' + '<» J' ^ ^'> 2 -+- i.v)du(h>(hv, 
Ç = fff'p^in, (', ■i\')/{x -f- //, j- -f- r, c H- n')rlii (h (hv, 

où la triple intégration est étendue à tous les points de l'espace limité p.ir 
une nappe (extérieure ou intérieure) d'une surface d'ondes corrcsuondant 
à une valeur quelconque de t, ^, ■(], Ç seront des fonctions de 3c,y, z, t qui 
satisferont au système d'équations proposé. 

» En adjoignant à ces valeurs S, y), f d'antres à peu près de la même 
forme, je parviens à un système de valeurs c,, ri, 'Ç qui me permet de démon- 
trer : 1° qu'il satisfait au système d'équations proposé; 2" que pour t =^ o 
chacune des quantités ^, vj, Ç, de même que leurs premières dérivées par 
rapport à t, deviennent égales à desfonclions données de x, j, z, qui doi- 
vent être choisies pourtant en accord avec l'équation 

dl dn dç 

T" + 1- + :ï- = "■ 
ax oy or 

» Ces formules générales représentent un certain mouvement possible 
physiquement sans avoir recours à l'hypothèse de l'éther. •> 



( 358 ) 



PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Sur la diilribuUon du potentiel dtiits une masse 
liquide ayant la forme d'un prisme rectangulaire indéfini. Note de 
MM. Appell et Ciiervet. 

« Soit une niasse liquide indéfinie ayant la rorme d'un prisme droit à 
base rectangle; si l'on place en deux poinls de celte masse les deux élec- 
trodes d'une pile, un régime permanent s'établit et le prisme devient le 
siège d'un courant constant. Appelons V(x, j, z) le potentiel en un point 
de coordonnées x,j, z situé à l'intérieur du prisme, potentiel que l'on 
peut mesurer en reliant ce point par un fil avec un électroscope isolé. 
D'après l'hypothèse de M. Rtrchhoff, rappelée dans le Traité d'électricité de 
MM. Mascartet Jonbert, j). 218 et 23o, nous admettrons que la quantité 
d'électricité qui, dans l'unité de temps, traverse un élément de surface ^S, 

situé dans l'intérieur du prisme, est proportionnelle à — y^ di, ~- désignant 

la dérivée de V prise suivant la normale à dS. Les conditions analytiques 
auxquelles est assujettie cette fonction V(.r, j, z) sont les suivantes: dans 
l'intérieur de la masse liquide, elle vérifie l'équation AV = o qui joue ici le 
rôle de l'équation de conliriuité en Hydrodynamique; de plus, les sur- 
faces de niveau V = const. sont normales aux parois et, parmi ces surfaces, 
se trouvent celles des deux électrodes. Nous nous proposons, dans cette 
Note, de donner l'expression analytique de cette fonction V : c'est à cette 
expression qu'd est fait allusion au commencement de la Note que M. Ap- 
pell a présentée à l'Académie dans l'avant-dernière séance. 

» Rapportons le prisme considéré à trois axes rectangulaires Ox, O j , 
O:;, choisis de telle façon que les quatre faces du prisme aient pour équa- 
tions respectives 

a a b 

^ = r ^ = -ï' ^■ = °' J = .t; 

les deux électrodes sur la surface desquelles le potentiel a des valeurs 
constantes + V^ et — V^ sont situées l'une à l'origine des coordonnées, 

l'autre au point .r = o, ;• = -^, = = o ; ces électrodes sont supposées avoir 

la forme de sphères de rayon très petit par rapport aux dimensions du 
prisme. 

» Eu nous appuyant sur le principe des images, nous sommes conduits, 
pourla fonction V, à l'expression suivante, que nous vérifierons eubuite. Si 



{ 359 ) 
nous supposons l'espace indéfini rempli de lu substance conductrice et, 
flans le plan " = o, une infinité d'éleclrodes positives de potentiel + ¥„ aux 

poinis de coordonnées a- -~ ma, y = 2p -^ puis nncinfiiiilé d'éleclrodes né- 
gatives de potentiel — V„ aux points .v =-- in{!,y = (2/j -h ij- (/?ietp étant 

des entiers quelconques positifs, négatifs on inils), la valeur du potentiel en 
chaque point du prisme sera la même que si le prisme était considéré seul 
avec ses deux électrodes; par suite, en posant 



Bm,« = ^- y ( -f — "il ]- -t- (j — n -- ) - 
l'expression de ce potentiel sera, à une const;uite près, 

(1) V(^,j, .)= ^ ( 



^m,1i> "w(.-:/i+l 



formule analogue à celle qui a été donnée par M. Cliervel dans sa Note du 
24 septembre i883. Cette série (i) peut être mise sous la forme de la dif- 
férence de deux séries absolument convergentes. Pour le montrer, posons 



et considérons la fonction 

, , , > I V / ' ' fim.T + />nr\ 

(2) ofa-, y, s) = ^- > 5 ' 

où la somme 2' est étendue a toutes les valeurs entières de m et 71 de. — co 
à 4- oo , la combinaison m = « ^ o étant exceptée. La convergence de 
cette série (2) se démontre par la méthode que M. A|ipell a employée à 
l'égard d'une série analogue dans sa Note du 5 février i883. La fonction 
o{cc, y, z) ainsi oblenue est paire par rapport à chacune des variables œ, 
j\ Z-. elle vérifie l'équation A's = o et les deux relations 

(3) (p{a; + a, j, r,_, = o'x, y 4- h, z) = o(,r, j, -). 

» Le potentiel V est alors donné, à un f.icleur constant près, par la for- 
mule 

(4) V(x, J, -) = 9(.r,j-, :;) - o [x, J + -'' z]. 

» On vérifie facilement, en s'appuyant sur les propriétés de la fonction 



( 36o ) 

ff[3C,y, s), que la fonction tléfinie par l'éqnalion (4) remplit toiiles les 
conditions analytiques que avons rappelées et qui, comme il est connu, 
déterminent complètement le potentiel cherché. » 

ÉLECTniCiTÉ. — .Sî/r la loi de Joule. Note de M. P, Garbe. 

« Au cours d'un travail que j'ai entrepris sur la relation qui existe entre 
la nature des radiations émises par les lampes à incandescence et l'énergie 
rayonnée par ces lampes^ j'ai été amené à la vérification de la loi de Joule 
dans le cas des corps incandescents, et, quoique l'exactitude de cette loi ne 
paraisse pas devoir être mise en doute, les résultats auxquels je suis arrivé 
sont assez nets pour que je demande à l'Académie la permission de les lui 
présenter. 

» La manière la plus directe de mesurer l'énergie rayonnée par une pa- 
reille lampe est de la plonger dans un calorimètre et de mesurer l'échaulfe- 
ment qu'flle y produit; mais les déteriuinations calorimétriques seraient 
tellement délicates et incommodes que je préférai leur substituer la mesure 
électrique de l'énergie dépensée, par la détermination de l'intensité du cou- 
rant et de la diflérence des potentiels aux bornes de la lampe. Toutefois, 
avant de faire celte substitution, je tenais à m'assurer que les nombres 
absolus fournis par les appareils dans ces deux modes de détermination 
étaient concordants, et, en second lieu, que la loi de Joule s'appliquait aux 
leujpératures si élevées auxquelles le charbon se trouve porté. 

» Je me suis servi du calorimètre de M. Bertheiot. Deux thermomètres, 
donnant le -^ de degré par divisions de i'"™ environ, plongent, l'un dans 
l'enceinte extérieure, l'autre dans le calorimètre par l'ouverture rectangu- 
laire du couvercle. La lampe à incandescence est suspendue au sein du li- 
quide par deux gros fils de cuivre recouverts de gulta, qui traversent côle 
à côe les ouveriures centrales des couvercles et vieiuient plonger à leur 
sortie dans deux godets A, B remplis de mercure, où aboutissent également 
les fils de l'électromètre. Deux autres godets, situés en face des premiers, 
reçoivent les fils qui amènent le courant et qui sont assez gros pour ne pas 
s'échauffer pendant l'expérience. 

» La mesure de l'intensité se faisait au moyeu d'un galvanomètre de 
Weber, nuuii d'un shunt au jj-j environ, et mis en dérivation sur le courant 
principal. Ce galvanomètre, nuuii du shunt, avait été gradué en ampères 
par la décomposiiion du sulfate de cuivre, en partant des données de 
M. Mascart. 



( 36, ) 

» N'ayant pas à ma disposition d'élcctromètre Thomson, j'ai construit 
un éleclromèlre ordinaire de M. Lippmann, dont j'ai déterminé la courbe. 
Au moyen <rélémeiits Daniell mis en opposition et d'un comniulateur, j'ob- 
tenais la différence de potentiel entre A et B par nue indication de l'électro- 
mètre inférieure à o"^, 5. La force électromotrice d'opposition de ces daniells 
fut déterminée, au moyen du galvanomètre précédent, par la méthode in- 
diquée par M. Creva ('). 

» La mesure des différences de potentiel en A et B, pendant la marche 
de la lampe, doit être faite avec soin. On sait, en'effet, que la résistance du 
charbon diminue rapidement à mesure que sa température s'élève, à tel 
point que, dans la lampe Maxim qui a servi à mes expériences, cette rési- 
stance qui, à froid, est de 5°'""%4, "est plus que de S"*""' pour une inten- 
sité du courant égale à 2'""p,4. 

» Une première détermination, faite avec environ Goo^^'' d'eau distillée 
dans le calorimètre, m'a donné : 

Intensité Iravail électrique Ctialcur reçue 

en ampères. dépensé en lo". par le caloriniélre en lo". 

0,926 43°"', 94 430"', 71 

l'équivalent mécanique de la chaleur étant pris égal à 0,428. 

» La concordance de ces nombres est parfaite et même inespérée; car, 
bien que les conditions calorimétriques fussent excellentes, l'erreur possible 
de 2"^ de degré changerait de 3 unités le nombre de calories dégagées. 

» M'étant aperçu que, pour de fortes intensités, des traces d'électrolyse 
se manifestaient entre les fils si rapprochés de la lampe ; n'ayant plus, d'ail- 
leurs, pour la vérification de la loi de Joule, à hïre de mesures absolues, 
je remplaçai l'eau par de l'alcool à gS". A ce titre, l'alcool, tout en isolant 
parfaitement, n'est pas assez hygrométrique pour troubler les expériences. 
D'ailleurs le calorimètre avait été fermé, et cette condition est indispensable 
si l'on veut que les radiations de toute nature, émises par le charbon incan- 
descent, soient retenues dans l'appareil. 

» D'après la nature du phénomène calorifique à mesurer, il semblait 
naturel d'appliquer la méthode de compensation de Rumford ; mais je n'ai 
pas tardé à m'apercevoir, ainsi que l'a montré M. Berthelot, que, mêaie 
dans le cas actuel, ce mode de correction est illusoire. En se plaçant, au 
contraire, dans les conditions indiquées par M. Berthelot et en ayant soin 



(*) Journal de Physique, t. HI, p. 278. 

C. R., 1884, i" Semestre. (T. XCVIII, N» 6.) 4? 



( 362 ) 
que l'élévation de lempéralure du calorimèlre ne dépasse pas 2", la correc- 
tion du rayonnement est insignifiante et le seul refroidissement qu'éprouve 
l'appareil est dû à l'évapor-ition de l'alcool. Aussi la chute de température, 
à la fin d'une expérience, ne dépassait-elle jamais o°,oo6à la minute. 
•> Le Tableau suivant donne les résultats obtenus : 

Elévation 
Déviation Différence de température 

du de potentiel rapportée 

galvanomètre = ^. en daniells r^ e. à lo" de passage = d. Rapport — ■ 

39 1,49 6-323 179,9 

i4o,5 4)f'^3 3,189 '79'^ 

187,8 5,9.28 5,43 180,8 

23i,4 (i,25 8,02 180,3 

» Si l'on se reporte aux nombres doniiés parLenz, on voit qu'ils présen- 
tent entre leurs extrêmes une différence de -^ environ de leur valeur, 
quoique cependant les fils, s'échauffant peu, restassent presque identiques 
à eux-mêmes, tant au point de vue de leur structure que de la nature des 
radiations qu'ds émettaient. La vérification actuelle ne paraîtra donc pas 
sans intérêt, si l'on remarque que la température du charbon a varié depuis 
les températures ordinaires jusqu'à celles où son rayonnement est voisin de 
celui de la lampe Carcel, ainsi que je l'ai reconnu par la comparaison de 
ces deux sources au speclrophotomètre. » 

ÉLECTRICITÉ. — Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines 
très étendues. Note de M. E. BofTV, présentée par M. Jamin. 

.( Dans une Note antérieure ('), j'ai établi que l'équivalent de tous les 
sels neutres en dissolution très étendue possède la même conductibilité 
électrique. Les expériences avaient été réalisées à la température moyenne 
de l'air du laboratoire. Il restait à savoir si la même relation continuerait à 
se vérifier à des températures différentes. 

» Pour m'en assurer, j'ai comparé la conductibilité électrique de disso- 
lutions identiques d'un même sel maintenues à des températures diffé- 
rentes, qui ont varié arbitrairement de 2" à 44°» et j'ai déterminé la loi de 
la variation de la conductibilité avec la température. Voici les résultats 
que j'ai obtenus : 



(') Voir Comptes rendus, t.XCVIII, p. i4o;2l janvier 1884. 



( 363 ) 
» i" La conductibilité électrique d'un sel neutre en dissolution très 
étendue croît proportionnellement à l'élévation de la température, d'après 
la formule 

c, = C(,(i -^kt). 

» 2° J.e coefficient k est le même pour tous les sels neutres (' ). On s'en 
convaincra par l'examen du Tableau suivant ; 

rioportioii Nombre 

Natiiic du sel. de sel. /s, d'espériences. 

( TTô o,o33a 8 

I^Cl tVo-o o,o34o I 

' 7T5T 0,o333 1 

A^H'CI ^ 0,0354 4 

KO, SO' . o,o3i9 3 

KO, CrO' .. 0,0326 4 

KO, AzO^ » 0,0343 3 

PbO, AzO-^ „ o,o358 3 

AgO, AzO^> .. o,o320 3 

CuO, S0»4-5H0 » o,o338 4 

Moyenne o,o33543 

» AluNi la conductibilité de toutes les dissolutions étudiées est une même 
fonction de la température. Le rapport de ces conductibilités demeure 
donc invariable quand la température change, et la loi des équivalents, 
établie vers i5°, est exacte à toute autre température. 

)> Ce résultat était, a ptiori, assez vraisemblable. Mais les expériences 
actuelles tirent un intérêt particulier de la valeur numérique trouvée pour 
le coefficient k de variation de la conductibilité avec la température. 

' M. Grossmann (*) a déduit des expériences de MM. Kohirausch et 
Grotrian sur la conductibilité de divers chlorures et du sulfate de zinc en 
dissolution dans l'eau, et de celles de M. Grotrian sur le frottement intérieur 
des mêmes dissolutions, une loi dont voici l'énoncé : Le produit de la conduc- 
tibilité électrique par le frottement intérieur est, pour un même sel, au même étal 
de dilution^ indépendant de la température. Pour les dilutions extrêmes que 

(') M. F. Kohirausch [fpicd. Ann., VI, p. 191 et suiv.) avait déjà observé fine la va- 
riation de la conductibilité électrique avec la température est sensiblement la même pour 
un grand nombre de sels neutres en dissolution étendue. La plus faible concentration qu'il 
ait employée est ~^. La loi n'est rigoureusement exacte que pour des dilutions bien plus 
grandes. 

(^) Grossmann, IVied. Jiin., t. XVIII, p. i iq. 



( ^<i'. ) 

jVinploie, cet énoncé devient : Le pioduil du In coiidiictibililétlei trique d'une 
dissolution saline par te froltemenl intérieur de l'eau est indépendnnl de la tempé- 
rature, on, ce qui revient hu même, Ln ronluctibilité électri<jue varie propor- 
tion ne llemcnt à la quantité d'eau qui s'écoute dans un même temps à travers 
un même tube capillaire aux diverses températures et sous une même pression. 

» D';iprès Poiseiulle ('), cette quantité d'eau varie pro[ ortionnelle- 
inent au trinôme 

(i) r --1- o,o336y93^ + 0,000209930/'-, 

tandis que, d'après l'ensemble dénies expériences, la conductibilicé de dis- 
solutions salines étendues varie proportionnellement au binôme 

(2) I + 0, 033543 ^ 

Les limites de températures des expériences de Poiseuille et des miennes 
sont très sensiblement les mêmes. 

» Il est impossible de ue pas être frappé de l'identité presque absolue 
du coefficient des termes en t dans les formule (i) et (2); mais la fermiile 
de la conductibilité est plus simple: elle n'admet pas de termes en i^. La 
moyenne des meilleures expériences effectuées d'une part entre 2° et 24°, 
d'autre part entre 2° et 44°> "le donne, en effet : 

De 2" à 24" / = o , o34o2 j 

De ■i" h 44° / = o,o33838 

nombres identiques à ^Jy, P''ès- Le frollement éleclrolytique, auquel il faut at- 
tribuer la résistance électrique, est donc un pbénomène de même nature, 
mais un peu plus simple que le frottement intérieur, tel qu'il est évalué 
par le moyen des tubes capillaires. L'action de la paroi des tubes doit en 
effet, introduire des complications particulières. 

» On sait que l'électrolyse des dissolutions salines s'accompagne du 
transport d'une certaine quantité d'eau, effectué dans le sens du courant. 
On peut imaginer que les molécules électrolytiques entraînent cbacune 
une petite atmosphère d'eau, qui doit se déplacer avec elles au sein de la 
masse liquide immobile; il en résulte un frottement qui, dans le cas limite 
où je me suis placé, est celui de l'eau sur elle-même. Tel serait, dans ce 
cas, le mécanisme très simple de la résistance électrique des dissolutions 



(') PoiSKUiLLE, Mcmoiiv des scivanls étrangers, t. XI, ]). 433. Voir aussi le Rappon de 
Regriaiill s.ir le Mciiiolic de l'oiscuillf [Annales de Cli. cl de Pins., 3" série, t. VII, p. 5o). 



( 3'35 ) 
salines étendîtes. Celie-ci ne dépendrai! que du coefficient de frottement de 
l'eau et du nombre de molécnles d'eau entraînées par les éléments d'une 
molécule de sel. La loi des équivalents, que j'ai énoncée, signifierait que, 
dans les flissolutions très étendues, le nombre de molécules d'eau entraî- 
nées par une molécule des divers sels neutres est invariable (' ). d 

CHIMIE. — Essais de liquéfaction de l'hydrogène. Note de M. K. Olszewski. 

' Bien que mes expériences tendant à liquéfier l'hydrogène, expériences 
que je poursuis depuis quelques mois, n'aient pas encore abouti à un ré- 
sultat définitif, je crois opportun de communiquer à l'Académie un aperçu 
de ces tentatives, d'autant plus que M. Wroblewski, dans une Communi- 
cation faite à l'Académie de Criicovie le 21 janvier, déclare avoir réussi à 
lif|uéficr ce gaz. 

. M. Wroblewski dit avoir obtenu la liquéfaction de l'hydrogène par 
défente, en abaissant la température jusqu'à — i86°C., à l'aide de l'oxy- 
gène bouillant avec rapidité. Il a mesuré cette température à l'aide d'un 
procédé thermo-électrique, mais il n'a pas [précisé le phénomène de la li- 
quéfaction de l'hydrogène, ni donné de détails sur la pression de l'oxygène 
bouillant. 

» Dans la même séance, l'Académie de Cracovie a donné lecture de mes 
deux lettres concernant le même sujet; je me permets d'en communiquer 
ici le contenu. 

» Apres avoir comprimé l'hydrogène jusqu'à 100^"", au moyen d'une 
[)ompe de M. Cailletet, je l'ai soumis au refroidissement par l'oxygène 
liquéfié [&'^ environ) et j'ai supprimé toute pression. Grâce à la con- 
struction de mon appareil, j'ai pu éliminer réchauffement de l'oxygène 
liquide par l'éthylène environnant et le maintenir à cet état pendant un 
temps assez loug (2'^'' environ) sons la pression atmosphérique. 

«> La température n'étant pas encore assez basse pour liquéfier l'hydro- 
gène, nia l'état statique, ni par détente, j'ai fait bouillir l'oxygène dans le 
vide. Cette expérience ayant encore échoué, j'ai cherché à abaisser la tem- 
pérature à l'aide de l'air liquéfié. Pour en obtenir &'' sous la pression 
fie So""", j'ai dû abaisser la température de l'éthylène jusqu'à — 142° C, 
en faisant le vide à l'aide d'une pompe mise en mouvement par un moteur 

(') Ce travail a été exécuté au luboiatoiie de Kecherclies plwsiqiu's do la Faculté des 
Scicncts. 



( 366 ) 
à gaz. Cet air liquide était mis en ébiiliition d'abord sous la pression at- 
mosphérique et ensuite dans le vide; il s'évaporait bien plus vite que 
l'oxygène et ne me laissait que très peu de temps pour l'observation de l'ex- 
périence. I/hydrogène n'a pas été liquéfié, ni sous la pression de loo'"™, 
ni au moment de la détente. 

I) L'air et l'oxygène liquides restaient toujours transparents et ne se 
solidifiaient pas même dans le vide. Ce n'est que dans mes premières expé- 
riences que je voyais l'oxygène déposer sur le tube de verre une couche 
blanchâtre, assez mince, mais ne permettant pas de voir ce qui se passait 
avec l'hydrogène. Bientôt après, j'ai constaté que ce dépôt était dû à l'acide 
carbonique et à l'eau, qui se formaient par l'oxydation du cuir du piston 
pendant la compression de l'oxygène dans l'appareil de Natterer; en éli- 
minant ces impuretés avant la liquéfaction de l'oxygène, ces dépôts ont 
cessé de reparaître. 

» Ces résultats ont été annoncés dans mes deux Lettres adressées à 
l'Académie de Cracovie; les deux expériences que j'ai faites depuis ce 
temps ont été plus heureuses et plus positives. Elles démontrent que l'hy- 
drogène, soumis à la pression de 190*'°' et refroidi par l'oxygène bouillant 
dans le vide (G""" de mercure), ne laisse pas reconnaître de ménisque; 
mais, quand on lui fait subir une détente ra])ide, il laisse voir une ébulli- 
tion momentanée, ne durant pas même une seconde, et projette de petites 
gouttes incolores et transparentes dans la partie supérieure du tube. Ce 
phénomène est donc absolument analogue à celui que M. Cailletet a observé 
dans l'oxygène refroidi par l'éthylène (bouillant sous la pression atmo- 
sphérique) et soumis à une détente subite. J'en conclus que la température 
de l'oxygène bouillant dans le vide est aussi peu suffisante pour liquéfier 
l'hydrogène soumis à une pression même considérable, que l'est la tempé- 
rature de l'éthylène bouillant sous la pression atmosphérique pour obtenir 
l'oxygène liquide à l'état statique. Il me semble que l'évaporation de l'oxy- 
gène liquide ne peut pas donner de température sensiblement plus basse 
que celle qui a servi à mes expériences. » 

PHYSIQUE APPLIQUÉE. — Sur wi bec de gaz donnanl la lumière blanche par 
r incandescence de la magnésie. Note de ÛI. Ch. Clamond, présentée 
par M. Edm. Becquerel. 

■ « L'intensité de la lumière émise par un corps radiant, croissant beau- 
coup ])lus vite que sa température, comme l'ont établi les expériences de 



( 367 ■ 
M. Ed m. Becquerel, je me suis proposé de réalisersurce principe un brûleur 
économique donnant la lumière blanche et dans lequel l'air comburant est 
porté au préalable à une température d'environ looo" C. J'ai dû, en outre, 
préparer des fils de magnésie tressés en corbeille, disposition nécessaire 
pour pouvoir colliger la chaleur des différents points de la flamme dont 
le volmne est d'autant plus grand que l'air comburant est plus chaud et 
plus dilaté. Dans le premier brûleur que j'avais réalisé, j'étais obligé d'user 
d'une canalisation spéciale pour lui amener l'air, sous une charge de 
quelques centimètres d'eau. Mais, dans le nouveau système, l'appel d'air 
se fait simplement au moyen d'une cheminée de verre, et l'appareil peut 
se visser à la place de n'importe quel bec de gaz ordinaire. 

" Il se compose de trois parties distinctes : 

" La première consiste en une colonne centrale en matière réfractaire, 
percée de conduites disposées pour alimenter de gaz le foyer intérieur 
destiné au chauffage de l'air et le foyer supérieur destiné à l'incandescence 
de la magnésie. 

') La deuxième partie, qui enveloppe la première, consiste en deux 
cylindres concentriques réunis et solidarisés par des entretoises creuses, 
mettant en communication l'intérieur du plus petit cylindre avec l'exté- 
rieur du plus grand. 

La troisième partie renferme les deux autres. C'est une enveloppe en 
porcelaine, percée de trous convenablement disposés. 

» La combustion du premier foyer a lieu dans l'espace annulaire com- 
pris entre les deux premières parties. Ses produits sont évacués excentri- 
qtiement par les entretoises creuses. Elle a pour effet de chauffer au rouge 
le tube intérieur de la deuxième partie. 

1) L'air qui pénètre par les trous de l'enveloppe frappe ce tube incan- 
descent, s'échauffe fortement à son contact et s'élève vers le foyer supé- 
rieur où les jets de gaz sont disposés de manière à donner de petites 
flammes indépendantes, enveloppées chacune par le courant d'air chaud 
et effectuant leur combustion complète dans l'intérieur de la corbeille de 
magnésie. 

)i Pour fabriquer cette corbeille, je prépare une pâte plastique de ma- 
gnésie, en malaxant avec une dissolution d'acétate de magnésie, de consi- 
stance sirupeuse, cette substance cuite à une température élevée et 
finement pulvérisée. J'introduis cette pâte dans un cybndre d'où, sous la 
pression d'un piston compresseur, elle s'écoule par une filière en un fil 
flexible et résistant, analogue aux fils de veraiicelle. Ce fil est enroulé 



( :^d8 ) 

mécaniquement sur un luaiidrin couiijue, suivant deux plans à angle 
droit, les différentes spires superposées se soudant entre elles à leur point 
de conlact. 

» Les corbeilles, une fois fabriquées, sont séchées et cuites ensuite à 
une température élevée, la décomposition de l'acétate de magnésie laissant 
im résidu de magnésie solide qui agglomère la poudre de magnésie incor- 
porée. 

M Comme dans tous les autres systèmes, le rendement en lumière de ce 
brûleur varie suivant la puissance du foyer. Le brûleur est d'autant plus 
économique qu'd est |)lus puissant. 

» Toutefois son rendement lumineux est bien supérieur, pour des con- 
sommations identiques, à celui des becs de gaz ordinaires. Avec une 
dépense de i8o'" de gaz à l'heure, il donne quatre carcels, ce qui porte 
ha consommation par carcel et par heure, à 45'" de gaz. 

» La durée des corbeilles de magnésie dépend de la grosseur du fil. 
Elle est au moins de douze à quinze heures. » 

THERMOCHIMIE. — Sur la loi des constante^ tliermiques de substitution. 
Note de M. D. Tommasi. (Extrait.) 

« Dans la Note que j'ai eu l'honneur de présenter récemment à l'Acadé- 
mie, je m'étais proposé de montrer que les calories de combinaison des 
fluorures solubles, obtenues par M. Guntz, sont exactement les mêmes 
que les calories de combinaison que la loi des constantes thermiques per- 
met de prévoir. Je n'ai jamais eu la prétention de critiquer les résultats 
obtenus par M. Guniz, et encore moins de me les approprier. Si ma loi 
semble être en défaut lorsqu'il s'agit de prévoir les calories de combinaison 
des acides faibles avec les bases, cela tient, comme je l'ai dit, à ce que ces 
sels se trouvent partiellement dissociés dans l'eau. Dans ce cas, ce sont les 
résultats de l'expérience qui ne sont ni ne peuvent être exacts. 

" La loi des modules, dit M. Berthelot, n'est pas applicable, même par 
" approximation, aux sels solubles des oxydes de plomb, de mercure et des 
n métaux analogues. » 

1) Or ma loi s'applique au contraire, non seulement aux sels de plomb 
et de mercure, mais aussi à tous les autres sels solubles, sans aucune excep- 
tion, comme le montre la comparaison des nombres calciilés avec les 
nombres fournis par l'expérience.... 

» Le formiate et l'acétate de zinc, de cuivre et de plomb présentent seuls 



( 3C9 ) 
(les différences assez grandes. Ce résultat est dû à ce que ces composés ont 
un coefficient de dissociation l)ieii plus considérable que celui de l'acélafe 
et du formiate de potassium. On sait, en effet, combien les solutions des 
acétates et des formiatcs métalliques sont peu stables par rapport à celles 
lie l'acétate et du formiate de potassiiun. 

M Quant aux composés solubles du mercure, je ne puis établir aucune 
comparaison entre l'expérience et la théorie, attendu que les calories de 
combinaison de ces composés n'ont pas encore été déterminées » 



CHIMIE ORGANIQUK. — Sur In formation de fioditre de mélhyte cl de l'induré 
de inéllijlène niix dé/jens de rioiiofbrnie. Note de M. P. Cazexhuvr, pré- 
.«-enlée par xM. Friedel. 

« Dans une Noie précédenle, j'ai dit que l'iodoforme donnait nais- 
sance à de l'acétylène quand on le chauffe avec certains métaux en pré- 
sence de l'eau; ceci a lieu spécialement |)our l'argent, le cuivre, le zinc et 
le fer. Je signalais, corrélativement à la production du gaz acétylène, ini 
dérivé iodé liquide à odeur élliérée agréable, et un corps iodé que j'ai 
recueilli à l'état gazeux. 

» L'étude de ces produits congénères m'a permis d'établir qu'il se for- 
mait constamment, dans cette réaction, de l'hydrogène, de l'ioduredemé- 
thyle ou formène monoiodé, et de l'iodure de méthylène ou formène biiodé. 
L'hydrogène entraîne des vapeurs d'iodure de méthyle qui lui prêtent 
les caractères que j'avais constatés dans la flamme du mélange gazeux. 

» Les conditions les plus favorables à la production simultanée de 
l'iodure de méthyle et de l'iodure de méthylène aux dépens de l'iodoforme 
sont les suivantes : 

» On a recours préférablement au fer réduit par l'hydrogène, qui donne 
une réaction plus facile à diriger qu'avec le zinc; 5oo^' de fer réduit sont 
mélangés intimement avec Soo^'" d'iodoforme finement pulvérisé, puis addi- 
tioiuiés de 200«'' d'eau. Cette proportion d'eau est indis[)ensable à la 
marche régulière de l'opération. On chauffe; peu à peu la réaction s'éta- 
blit. On l'entretient en contiiuiant à chauffer légèrement. 

» On recueille 120"'' d'un mélange de 40^"^ d'iodure de méthyle CH' I 
et de 808'' d'iodure de méthylène CH^P, qu'on sépare facilement en chauf- 
fant dans le vide. Ou évite ainsi la décomposition de l'iodure de méthylène 
par la chaleur. 

( R., 1884, I- Semestre. (T. XCVlII, N° V.) 4° 



(370 ) 

» J'ai caractérisé les deux corps par leur point d'ébullition et leur den- 
sité. 

» Cette double réaction s'explique aisément par les équations suivantes : 

CnP + 2Fe + H=Or= CH^I + Fel- -+- FeO, 
2(CHP) + 2Fe + H=0=: 2(CHn-) + FeI2+FeO, 

lequel protoxyde de fer, à l'état d'hydrate sans doute, devient oxyde (le 
fer magnétique avec dégagement d'hydrogène à la fin de l'opération. 

» L'analyse méthodique de la réaction m'a permis d'établir qu'il se 
fait d'abord de l'acétylène, de l'iodure de méthylène, puis fie l'iodure 
de méthyle et de l'hydrogène. A la fin de la réaction, on ne recueille que 
de l'hydrogène souillé de vapeurs d'iodure de méthyle. L'action hydrogé- 
nante est donc progressive. 

» En résumé, le fer et l'eau agissant sur l'iodoforme permettent de piisser 
facilement du forméne triiodé à ses produits de substitution inférieurs. 

» L'iodure de méthylène a déjà été obtenu aux dépeus de l'iodoforme, 
mais par une action hydrogéuante qui demande plus de soin, action com- 
binée du phosphore et de l'acide iodhydrique (Baeyer) ou action de l'acide 
iodhydrique à i5o° (Boutlerow). 

» La formation simultanée de l'iodure de méthyle n'a pas été signalée. Elle 
me paraît d'autant plus intéressante que, jusqu'à ce jour, on n'a obtenu ce 
dérivé monosubstitué du forméne qu'en éthérifiant l'alcool métliylique. » 

CHIMIE ORGANIQUK. — Sur le méthylchloroforme monobrome CCP-CH'Br. 
Note de M. L. Hejîry, présentée par M. Wiutz. 

« Le méthylchloroforme monobromé CCI--CH-Br permet de résoudre 
une question intéressante au sujet de la différence d'aptitude réactionnelle 
des corps halogènes dans les dérivés de l'éthane. Cette question, la voici : 

» Comment s'établit la réaction des alcalis caustiques sur un dérivé 
mixte, alors que le corps halogène qui, dans l'ordre normal, devrait s'éli- 
miner virtuellement à l'état d'hydracide halogène, ne trouve pas dans le 
chaînon voisin l'hydrogène nécessaire, cet élément y ayant été totalement 
remplacé par un corps halogène, notamment par un corps halogène d'une 
aptitude réactionnelle moindre? 

» Je dirai d'abord comment j'ai obtenu ce composé et quelles eu sont 
les propriétés. 

» Le méthylchloroforme monobromé ne s'obtient pas commodément 



(:^7' ) 

parla méthode directe, c'est-à-dire par la réaction du brome sur le méthyi- 
chloroforme lui-même COP'-CH'. La substitution a lieu en vase clos, vers 
i5o°-i6o°, mais il se forme surtout des produits d'une bromuratiou plus 
avancée; ou y arrive aisément par la réaction du pentachlorure d'anti- 
moine SbCI% soit sur 

CCI-Br 

CH-Br ' 

produit de l'addition directe du brome à l'éthylèue bichloré dissymétrique 

eu- CCI-, soit sur 

CClBr= 

CH-Rr ' 

produit de l'addition du brome à l'éthylèue chlorobromé dissymétrique 
CH^=CClBr (ébuliition, 63°). J'ai fait voir précédemment (') que l'action 
cldoro-substiluaute de SbCl^ se porte exclusivement sur l'atome de brome 
fixé sur le carbone le moins hydrogéné. 

» Comme tous les composés de cette sorte, le méthylchloroforme *mo- 
nobromé constitue un liquide incolore d'une limpidité parfaite, ne s'alté- 
rant pas à la lumière, d'une odeur éthérée spéciale, d'une saveur douceâtre 
et piquante à la fois; sa densité à o° est, par rapport à l'eau, à la même 
température, i ,883g. Il bout sans décomposition, sous la pression ordinaire 
à i5i°- i53°; c'est le point d'ébullition que lui assignent ses relations de 
composition avec d'autres dérivés éthaniques; sa densité de vapeur a été 
trouvée 7,46; la densité calculée est 7,34. 

» J'ai soumis ce corps à l'action de la potasse caustique en solution 
alcoolique; la réaction est énergique et immédiate. 38^"^ de ce composa 
avec 12^'' de potasse caustique, ce qui constitue un léger excès, ont lourni 
i38''de précipité potassique. I-e chlorure de potassium correspond à i38'^,3, 
le bromure à aiS''', 2. L'analyse a constaté que ce précipité était du chlo- 
rure de potassium pur. La solution alcoolique, précipitée par l'eau, a 
fourni une huile insoluble, plus dense que l'eau; celle-ci est constituée 
exclusivement par de l'éthylene bichloromonobromé CCI- - CHBr, liquide 
incolore, d'une odeur très forte et absorbant rapidement l'oxygène, bouil- 
lant à I i4°-i 16°; densité de vapeur trouvée 6,062, calculée 6,081. 

» On voit donc que, sous l'action des alcalis caustiques, le méthyl- 
chloroforme monobromé CCP-CHBr^ perd virtuellement i^^'deHCl, 



Comptes rendus, t. XCVII, p. i-ig'- 



( ^72 ) 

t'ii pruduisiiiit CCl'^CHBi'. Il est à reiDarqiier que le bioine, dans le 
chaînon -CH'Br, est à son niaximuin d'aptilnde léactionnelle vis-à-vis 
des réaclifs positifs; l'absence d'hydrogène dans le chaînon voi^in -CCI" 
a donc entraîné un renversement dans l'ordre normal de réaction ou 
d'élimination des corps halogènes dans le composé en question. 

» Je ferai observer, en terminant, que le niélliylchloroforniemonobromé 
complète Ja série de chloruration j3 du bromure d'élhyle. J'ai fait connaître 
successivement les divers termes de celle-ci : 

iibullition. DiiiVrence. Di'risitë à o". Diiréreiicc. 

CH^-CH^Br 38 ( « i ,4^33 / 

CH^Cl-CH^Br(') io8 ) '° 1,738:; ° ' '^ 

CHCF-CH^BrC^) .38 « , .,8587* "''T 

CCF-CH=Br .5, I '^ ,,8839 ! ^^'^^^'^ 

» On sait donc que l'influence de la substitution progressive du chlore 
à l'hydrogène se lait d'autant moins sentir sur la volatilité, pour la dinnnuer, 
sur la densité, pour l'augmenter, que cette substitution est d'im degré plus 
avancé. Ces modifications dans les propriétés du composé primitif 

CH'-CIl^Br 

ont pour origine luie augmentation dans le poids moléculaire; il est inté- 
lessant de constater qu'elles sont en relation moins avec l'augmentation 
dans le poids moléculaue total, que dans le poids du chaînon carbone 
unique qui subit la substitution. 

Augiucntatioii ponr loo 
délermiueo dans le 

l'oidb molociilairu poids niolccitlairc ]>oids 

tolal. total. deCH'. 

CH»-CH»-Br ,09,0 ., 

CH^^CI-CH^Br .43, 5 i^',o:i o5o,oo 

CHCP-CH-^Br.... ,,8 ''^^''^ ''^9'7' 

CCP-CM'^Br ai2,5 "i-»''" "^'•"7 

» Ce fait montre bien l'individualité de chaque groupement hydrocar- 
boné dans les composés organiques. « 



[') Coiii/jles iriidiis, t. LXXI, 1870. 
[■) Ibul., t. XCVII, .883. 



( 373 ) 

CHIMIK ANIMALli. — Sur les inaiièrcs albuininoïUes du lait. Noie 
de M. E. Duci.Aux, picseiitée pir IM. Pastedr. 

(( Malgi-é le nombre déjà grand de travaux dont elles ont été l'objet, les 
matières albuminoïdes du lait sont encore peu connues. La |)lns abondante 
d'entre elles, la caséine, est elle-même une substance mal définie. En altri- 
biiant ce nom à ce qui se précipiie sous l'action des acides étendns, de 
l'alcool ou de la présure, on omet de dire que, dans un même lait, ces 
divers réactifs précijMtent des quantités très inégales de matière et, de pins, 
que le même réactif en sépare des proportions Ires différentes suivant la 
température, la ddulion des liqueurs, la nature et la proportion des sels 
dissous, etc. 

» Quand on a séparé la caséine par un des procédés ordinaires, il reste 
un liquide qui précipite sous l'action de la chaleur et que l'on consiiléi'e, à 
raison de ce fait, comme renfermant île l'albumine : après qu'une ébnllition 
l'a débarrassé de cette albumine, il précipite encore par le sons-acétate 
de plond) et le réactif de Mdlon, ce qui conduit à y admettre la présence 
d'une troisième substance albiuninoïde, la bwlOjJi oléine de Millon et 
Commaille. 

» Je ne parle ici que desmatéruuix les plus importants elles mieux carac- 
térisés en apparence. .Te laisse de côté d'autres termes moins connus, tels 
que l'albunsinose, la galactine, les peptones et aussi tous ceux de la classi- 
fication nouvelle que MM. Danilewski et Radenhansen ont récemment 
proposée. Je voudrais montrer que tous ces corps si divers ne sont que 
des formes de la caséine authentique, insoluble dans les liqueurs très faible- 
ment acidulées. 

» l^a caséine n'est jiasicie dans le lait. Il y a d'abord de la caséine solide, 
tombant au fond des vases par le repos, et dont j'ai vu la proportion, dans 
un cas, représenter les o,4 de la caséine totale. 11 y a, en outre, de la caséine 
a l'état colloïdal, passant au travers de tous les filtres de [)apier, mais 
incapable de passer au travers d'un fdtre de porcelaine dégoiudie conve- 
nablement cuit, qui doit fournir un liquide aussi limpide que de l'eau. 
Dans ce liquide filtré, où il n'y a plus de caséine, l'einploi de la chaleur 
permet de reconnaître l'albumine, et le réactif de Millon y fait reirouver 
toute la lactoprotéine du lait initial. 

» On pourrait donc dire, en acceptant l'interprétalion actuelle, que la 
paroi de porcelaine sépare l'albumine et la lactoprotéine de la caséine. 



( 374 ) 
Mais reprenons, après l'avoir lavée, cette casénie restée adhérente aux 
parois du filtre; remettons-la en suspension dans l'eau; puis, au bout de 
quelques heures, soumettons de nouveau à l'action du filtre poreux le 
mélange obtenu, qui sera resté neutre si l'expérience a été bien faite, parce 
qu'aucun microbe ne sera intervenu. Nous veirons reparaître l'albumine 
et la lactoproléine dans le produit de la filtration, en quantités compara- 
bles à celles qu'on trouve dans le lait, et d'autant plus grandes qu'on 
aura laissé l'eau agir plus longtemps sur la caséine en suspension. 

» En s'aidant de l'action du temps et en se tenant toujours à l'abri de 
l'intervention des microbes, on peut même redissoudre à peu près 
toute cette caséine. Dans une de mes expériences, les -j étaient redis- 
sous après trois ans. Ou arrive en effet à un état d'équilibre sur lequel je 
reviendrai bientôt à propos du lait; mais ce qui nous intéresse, c'est que 
la portion redissoute, fiitrable au travers de la porcelaine, présente tous 
les caractères de la lactoprotéine. 

» La simple mise en suspension dans l'eau de la caséine suffit donc à 
provoquer l'apparition dans le liquide de toute la série des matériaux que 
l'on a rencontrés et cherché à caractériser par leurs réactions tians le lait. 
Tons les termes de cette série sont présents dès l'origine, la caséine 
passe de l'un à l'autre par des transitions insensibles, mais elle tend de plus 
en plus vers ceux qui correspondent à l'état de solubilité parfaite. 

» Cette solubilisalion sous l'action du temps se manifeste encore dans un 
cas intéressant, celui où l'eau dans laquelle on a remis en suspension la 
caséine est légèrement acide ou alcaline. En liqueur acide, la caséine dis- 
soute est précipitable par les alcalis; elle l'est par les acides en liqueur' 
alcaline. Or, ces deux réactions sont les principales de celles qu'on in- 
voque en faveur de l'existence, comme corps définis, de la syntonine 
d'un côté, des albuminales de soude de l'autre. Je ne veux pas nier que 
l'action des acides ou des alcalis sur les matières albuminoïdes ne finisse, 
lorsqu'elle est assez intense, par en faire des substances nouvelles; mais si 
l'on a été conduit à exagérer les doses, c'est parce qu'on a méconnu ou 
qu'on voulait réduire l'influence du temps. En la mettant en oeuvre, on 
arrive à produire de la syntonine et des albuminales avec des proportions 
d'acide ou d'alcali trop faibles pour qu'on puisse songer à une combinai- 
son chimique, et ici encore la caséine nous apparaît comme une substance 
plastique par excellence, se pliant aux conditions du milieu neutre, acide 
ou alcahn où on la met en suspension, s'y dissolvant peu à peu, mais en 
quantités variables avec le temps, variables aussi avec la composition du 



( 375 ) 
liquide; de sorte que, si à un moment quelconque on fait varier cette com- 
position, si l'on rend alcalin un milieu acide, ou acide un milieu alcalin, si 
l'on ajoute à vui milieu neutre d'autres sels que ceux qu'il renferme, ou une 
plus grande quantité de ceux qu'il contient déjà, si, pour une même com- 
position, on fait variir la température, etc., on modifie, dans de larges 
proportions quelquefois, l'état d'équilibre de dissolution de la caséine 
et on détermine des dissolutions on des précipitations nouvelles. En don- 
nant, comme on l'a fait trop souvent jusqu'ici, un nom particulier aux 
jjrécipités divers qu'on peut obtenir dans ces condition-^, on arrive à un 
émiettement qui n'est pas, je crois, dans la nature des choses et auquel la 
Science n'a rien à gagner. » 

PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Nouvelles observations sur V Ànquillule de 
rOignon. Note de M. Joannès Chatin ('), présentée par M, Pasieur. 

« Le présent travail, complément de celui que j'ai précédemment sou- 
mis à l'Académie, a pour objet la morphologie, l'anatomie et le dévelop- 
pement de l'Angnillule de l'Oignon. 

» La forme générale du corps diffère à l'état larvaire et à l'état adulte : 
la larve est fusiforme; l'Angnillule conqîlètement développée devient cy- 
lindrique. La tète n'est pas distincle du corps, elle se montre légèrement 
tronquée en avant. L'extrémité postérieure du corps, en arrière de l'anus, se 
rétrécit et s'effile assez brusquement pour constituer une queue toujours 
facile à distinguer. Celte queue est plus grêle chez la femelle que chez le 
mâle, quoique celui-ci ne porle pas d'ailette semblable à celle qui caracté- 
rise diverses espèces voisines, particuljèrement le Tjlenchus Hyacinlhi, né- 
matode qui cause la maladie vermiculaire des Jacinthes et a été fort bien 
étudié par M. Prillieux (-). 

» L'enveloppe tégumentaire est de nature mixte : simplement cutanée 
dans sa partie superficielle, elle est contractile dans sa région profonde; on 
doit donc la considérer comme un tube muscido-cutané. La zone exté- 
rieure, qui seule représente le véritable léginuent, peut être assimilée à la 
« cuticule » des autres Nématodes; elle est striée, contrairement à ce qui 
s'observe chez plusieurs Anguillides. Parmi celles-ci, il en est, en effet, qui 
sont absolument lisses; d'autres sont siriées à l'état adulte, lisses à l'état 



(') Voir Comptes rendus, a4 décembre i883. 

( -) Prili.ikux, La maliidic veriiiiciihiire des Jacinthes Journ. de ht Soc. d'Horlic. ,l88l) 



( 376 ) 
larvaire; or, chez l'Angiiilliile de l'Oignon, la cuticule est toiijoursstriée et 
parfois même c'est sur la larve qu'on peut le mieux constater l'existence 
des stries. 

» La solution étendue dncide osmiqne colore assez fortement la région 
ciiticnlaire du tégument pour permettr-e de la distinguer de la couche 
sous-jacente. Celle-ci, comme je l'indiquais plus haut, est essentielleiuent 
contractile; on comprend que, sur des vers d'aussi faibles dimensions, il 
soit difficile de procéder à de rigoureuses investigations histologiques : la 
couche musculaire se montre comme une masse hyaline parsemée de fineâ 
granulations. Cet aspect peut être rapproché de celui que MetschnikofC 
a figuré dans le même tissu chez le Chœlosomn Clnpnredii. 

» Plus long que le corps, le canal intestinal serpente dans la cavité 
générale, en y décrivant quelques circonvolutions. Il olfre dans sa partie 
antérieure plusieurs dilatations qui apparaissent comme autant de renfle- 
ments; en arrière de la c^ivité buccale se voit un renflement pharyngien à 
la suite duquel vient un bulbe œsophagien qui précède l'estomac et l'in- 
testin. Par sa conâguration générale, cet appareil ressemble plutôt à celui 
du Leptoilern stercoratis qn k celui du T/lenchiis Trilici. 

» On distingue à la face dorsale du corps, au-dessus de l'œsophage, un 
canal étroit et sinueux qui rappelle assez exactement 1' « organe rubani- 
forme » des Pilaires. 

» Chez le mâle, l'appareil reproducteur se montre sous l'aspect d'un 
tube plusieurs fois replié sur lui-même. Ce tnbe n'offre aucune dilatatinu 
locale, aucune expansion latérale; il se termine à la région caudale (u'i se 
voient deux pièces péniennes qui viennent f.iire saillie au dehors. 

>) L'appareil femelle est très analogue au précédent : sa partie initiale, 
étroite, débute par une extrémité cœcale et constitue l'ovaire proprement 
dit; puis vient inie partie plus large qui représente l'utérus; le canal va- 
ginal lui succède et se termine à la vulve. Celle-ci est située plus en avant 
que chez rAngnillule du blé niellé; elle est bordée par un repli saillant. 

» Le développement de l'ovulî s'accomplit comme dans les espèces voi- 
sines. La reproduction est toujours ovipare. Observé à l'état de complet 
développement, l'œuf est de forme ellipsoïdale; revêtu d'une coque épaisse 
et comme vitreuse, il laisse voir par transparence l'embryon enroulé. Lors 
de l'éclosion, la tête sort généraleinent la première et assez rapidement ; 
cependant j'ai vu, à deux reprises, la queue se montrer d'abord au dehors. 
Chez quelques Anguillides et Leptodères, l'embryon se trouve, après l'éclo- 
sion, dans un état d'engourdissement qui peut se prolonger durant un temps 



( 377 ) 
variable; ici on n'observe rien de pareil et, aussitôt après l'éclosion, la 
jeune larve commencé à exécuter des mouvements de reptation. Dans l'An- 
^uillule (lu blé niellé, les larves, au sortir de l'œuf, ont acquis leur taille 
définitive comme larves; chez l'Anguillule de l'Oignon, elles se dévelop- 
pent encore progressivement, avant de quitter la forme larvaire. Les or- 
ganes génitaux commencent à se constituer durant cette période et souvent 
même on voit déjà s'esquisser les caractères extérieurs qui distingueront 
les deux sexes. Il n'est pas rare de rencontrer les larves agglomérées sur 
le même point en assez grand nombre, en faniUles, pour employer l'expres- 
sion consacrée. 

» Un savant helminlhologiste allemand, M. von Linstow, m'apprend 
que rAngiiillule de lOignon vient d'être observée en Allemagne et en 
Russie; M. Rùhn lui a donné le nom de Tylenchus pulref ariens, qui pourra 
|)robablemt'nt être conservé. Je dois également à l'obligeante communica- 
tion de M. von Linstow la connaissance d'un fait intéressant : en étabiis- 
SMut que celte Anguillule peut traverser le tube digestif des Mammifères 
sans' que ses caractères extérieurs soient altérés, j'exprimais la crainte 
qu'elle ne fût prise pour un parasite propre aux hôtes chez lesquels on 
pourrait fortuitement la rencontrer; c'est précisément ce qui est arrivé. 
Un médecin russe, examinant au microscope les matières intestinales d'iui 
homme qui avait ingéré des fragments d'Oignons infestés de ces Nématodes, 
a cru découvrir un nouvel Helminihe parasite de l'espèce humaine et, 
trom[)é par l'aspect spirale de ces vers, les a considérés comme des Tri- 
chir.es, poiu- lesquelles il a même créé un nouveau type spécifique ( T//- 
clùna coidoilii). Cet exemple montre, une fois de plus, à quelles méprises 
on s'expose en abordant de semblables recherches sans y être préparé 
par de sérieuses études helminthologiques. » 

CHIMIE AGRICOLE. — Sur la fabticntion du fumier de ferme. 
Note de M. P. -P. Dehérain. 

« J'ai abordé l'étude du fumier de ferme en prenant pour guide les 
recherclies de M. Pasteur sur les fermentations, celles de M. Fremy sur 
la constitution des tissus des végétaux et les travaux de M. P. ïhenardsur 
les matières riches du fumier. J'indiquerai, dès aujourd'hui, quelques-uns 
des résultais auxquels je suis parvenu. 

» Températures constatées dans le fumier. — Le fumier de l'école deGrignon, 
sur lequel ont particulièrement porté mes études, est déposé sur deux plate- 

C. K., iHS4, 1" Semestre. (T. XCVIII, N° 6.) 49 



( ^7« ) 
formes limitées pur un rtiisseaii pavé qui conrluit les liquides dans une 
fosse à purin, munie d'une pompe à l'aide de laquelle on pratique de 
fréquents arrosages. 

» En enfonçant >in thermomètre dans des trous pratiqués à diverses hau- 
teurs dans la paroi latérale d'un fumier fait, on voit la température varier 
de 28° à 35" à mesure qu'on la prend plus près de la face supérieure de la 
masse; dans un fumier en voie de fabrication, 1rs températures sont beau- 
coup plus élevées de 55° à o",5o du sol; elles s'élèvent à 65" et à 68" dans 
les couches jupérienres. 

.' Gaz confiné dmis le fumier. — Pour savoir à quelles réactions étaient 
dues les hautes températures observées dans le fumier en voie de fabrica- 
tion, j'ai cherché d'abord quels étaient les gaz confinés dans cette masse 
de matière organique. A l'aide d'un tube de verre enfoncé jusqu'à o'°,45 de 
la paroi latérale et d'une pompe à mercure, j'ai pu facilement les obtenir. 

» Les gaz confinés à la partie supérieure du finnier en fabrication sont 
exclusivement forujés d'acide carbonique et d'azote; la proportion de 
l'acide carbonique surpasse souvent celle de l'oxygène dans l'air normal : 
on ne trouve pas de gaz combustible. Au bas de ce tas de fumier en voie de 
fabrication, la proportion d'azote diminue beaucoup, celle de l'acide car- 
bonique augmente, on trouve un gaz combustible; si enfin on puise les 
gaz au bas du tas de fumier fait, on ne rencontre que de l'acide carbonique 
et im gaz combustible. 

» Ce dernier, quelque soit le point oii il ait été recueilli, présente 1 



es 



mêmes caractères; il ne diminue ni par le protochlorure de cuivre anniio- 
niacal, ni par l'acide sulfurique, ni par le brome; dans l'eudioniètre il 
présente, parla détonation, une contraction double de l'acide carbonique 
produit: c'est donc du formène ou gaz des marais; jamais on n'a trouvé 
d'hydrogène libre. 

» Ces résultats, obtenus sur les gaz puisés directement dans le tas de fu- 
mier, sont d'accord avec ceux qu'avait observés, il y a déjà plusieurs an- 
nées, M. Reiset, qui n'a trouvé de formène que dans le gaz obtenu d'un 
fumier fait, maintenu pendant plusieurs jours à l'abri du contact de l'air. 

» Les recherches précédentes établissent que les hautes températures ne 
se rencontrent dans le ftunier que là où la |)résence de l'azote eu propor- 
tion notable indique la pénétration de l'air; dans les parties où ne se trou- 
vent que de l'acide carbonique et du formène, la température est peu éle- 
vée; c'est donc a l'action de l'oxygène libre et non à une combustion 
interne qu'est due l'élévation de température du ftunier, et il reste à re- 



( J7D ) 
connaître si la combustion est une simple oxydation chimique on si elle 
est due à Faction d'ini ferment figuré; il reste également à iléterminer la 
cause de production du forinène. 

» Feiiiieiit du/iiiiiierde ferme. — En triturant sous l'eau du fumier en 
voie de fabrication et en examinant une goutte de liquide à un fort gros- 
sissement, on la voit peuplée de microbes allongés, présentant souvent nue 
forte réfringence quanti ils ne sont pas exactement au point; en même 
temps on aperçoit beaucoup de points brillants peu mobiles. Le liquide 
préparé à l'aide du fumier fait présente à peu prés le même aspect, sauf que 
les bacilles y sont [)lus rares, moins actifs et les points brillants beaucoup 
plus nombreux. Je reprendrai |jrochainement l'histoire de ce ferment; au- 
jourd'hui je chercherai seulement à reconnaître si la production de l'acide 
carbonique et celle du forméne sont dues à son activité. 

» Si l'on introduit, dans un matras placé dans un bain-niarie à 45", le 
liquide obtenu en triturant du fumier frais sous l'eau, puis qu'on tasse pas- 
ser un courant d'air, qui a traversé des flacons à potasse caustique, on 
obtient un abondant dégagement d'acide carbonique. Quand le liquide est 
additionné de chlorofoniie, le dégagement diminue beaucoup, souvent de 
moitié, mais il ne cesse pas. 

» L'examen du liquide montre cependant que les bacilles, au lieu d'être 
actifs, sont étendus immobiles. Comme l'opération a lieu à ZjS" ou 5o° et 
qu'à cette tempéralure le chloroforme est facilement entraîné, que, de 
plus, il existe dans le fumier des bicarbonates faciles à décomposer, on 
pourrait craindre que tous les bacilles n'aient pas été paralysés et que 
l'acide carbonique recueilli fût dû à l'activité de ceux qui ont résisté ou à 
un simple entraînement. Pour s'assurer qu'une action physiologique n'était 
pas seule en jeu, on fil l'essai suivant : on plaça dans des tubes renfermant 
encore de l'air les liquides du fumier avec oit sans chloroforme, on ferma 
à la lampe et l'on maintint au bain-marie pendant quelques jours; ou trouva 
que l'oxygène avait été complètement transformé en acide carbonique, 
même en présence du chloroforme. 

)) Si deux causes différentes interviennent dans l'oxydation de la matière 
organique de fumier, la production du formène est due exclusivement à 
l'action d'un ferment hguré. Si, en effet, on entasse du fumier dans un fla- 
con muni d'un tube de dégagement et maintenu à 45°, on recueille après 
quelques jours un mélange de formène et d'aciile carbonique; mais tout 
dégagement cesse quand on ajoute du chloroforme; il cesse également par 



( 38o ) 
l'action d'une température de 85°, pour reparaître après ensemencement 
de quelques gouttes de liquide provenant de fumier normal. 

» Conclusions. — Des expériences précédentes on tire les conclusions 
suivantes : 

» 1° Les hautes températures observées dans le fumier de ferme sont 
dues à une oxydation de la matière organique par l'oxygène libre; 

» 2° Cette oxydation n'est provoquée que partiellement par un ferment 
figuré; 

» 3° Le dégagement de formène observé dans le fumier privé d'oxygène 
est dû exclusivement à l'action d'un ferment figuré. » 



géOLOGIB:. — Présence de la pegmalile dans les sables diamantifères du Cap ; 
observation à propos d'une récente Communication de M. Cliaper. Note 
de M. Stan. McuNiEn. 

« Parmi les conclusions du Mémoire de M. Chaper (') sur le diamant 
trouvé par lui, pour la première fois in situ, je relève celle-ci : 

1 4""-- Il serait 1res difficile de concevoir une analogie sérieuse prolwhle entre l'état 
de la |)egmatite fluide et molle et celui de la houe acjueLise magnésienne de l'Afrique australe, 
soit des roches qui ont fourni le diamant à cette dernière et qui ne sauraient être en tous 
cas graiiitoïdes, puisqu'on ne trouve pas de fragments de cette nature. » 

» Or, dès mon premier travail sur la composition et l'origine des sables 
diamantifères deDutoit's Pan (^), j'ai signalé la pegmatite parmi les roches 
mélangées au diamant et je conserve au Muséum, comme démonstration, 
(les petits échantillons qui ne peuvent laisser aticun doute. C'est le même 
fait que constataient MM. Des Cloizeaux et Diubrée dans I ■ Rapport favo- 
rable dont ils ont honoré mon travail (^) : 

" Quant aux roches granitiques, disent-ils, elles y sont représentées par des échantillons 
peu nomhieux de grains de quartz biilleux, identique au quartii du granité ordinaire, ainsi 
que |)ar des débris du feldspath. >. 

(') Comptes rendus, t. XCVIII, p. it3, if janvier 1884. 
("-) Comptes rendus, t. XCIV, p. 25o, 5 février 1877. 
(") Comptes rendus, I. XCIV, p. 1127, 21 mai 1877. 



( 38i ) 
» D'un autre côté, dans l'Ouvrage que viennent de publier MM. Henr 
Jacobs et Nicolas Clialrian, sur le Diamant, on lit à la p. 2o5 : 

« Dans le kopje de Doyl's rush, à 5'"" deKimberley, la roche qui entre en plus grande 
abondance dans la constitution du conglomérat est un granité roulé; les nombreux échan- 
tillons que nous avons vus, et qui font partie de la remar(|ual)]e collection de M. Motdie, 
sont grands comme deux fois le poing. Le jW/oir de cette mine inexploitée contient aussi de 
nombreux fragments de granité (pi'on distingue parfaitement à l'œil nu ». 

)) Pour ma part, quand j'ai eu l'avantage de visiter la colleclion de 
M. MouUe, ces échantillons ne m'ont pas été signalés, et je ne puis person- 
nellement rien ajouter à leur égnrd. 

» En tous cas, sans vouloir eu auctiue façon diminuer le contraste pro- 
fond qui sépare les mines du Cip de celles du Brésil et de l'Inde, je crois 
que ce n'est pas à la présence des roches granitiques qu'il faut demander 
leur caractéristique la plus différentielle. » 



GÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE, — Sur quelques formations d'eau douce qua- 
ternaires d'Jlcjèrie. Note de M. Pu. Thomas, présentée par M. A. Gaudry. 

« Quaternaire ancieii. — Les dépôts de cette époque recouvrent les re- 
liefs et les dépressions de l'Atlas algérien, d'un immense manteau détritique 
s'élevant à des altitudes tout à fait insolites. I.a formation de ce dduvium a 
été accompagnée et suivie d'émissions internes, hydrothermales, sulfureuses 
et même ignées. Il y a eu aussi des coulées basaltiques littorales et des for- 
mations de tufs volcaniques ou de marnes salifères et dioritiques. Quant-à 
la composition du dikivium proprement dit, elle consiste en alternances de 
cotjches argilo-marneuses et de lits bien réglés de galets parfois conglo- 
mérés en poudingue à ciment calcaire. Sur le littoral, la base du dduvium 
est formée par im conglomérat gypseux, profondément dénudé, surmonté 
d'alluvions rougeâtres et graveleuses qui se relèvent fortement sur le flanc 
des montagnes, en prenant l'importance de puissants dépôts de transport 
où M. Pomel a découvert des ossements d'£'/ep/j(75 nntiquus. Il est à remar- 
quer que, sur les hauteurs insolites qu'ils atteignent dans le massif atlan- 
tique, ces dépôts de transport sont, en général, moins dénivelés que leurs 
synchroniques du littoral; ils y sont souvent accostés de corniches puis- 
santes de travertins, contenant déjà le lierre, la vigne et le figuier, avec les 
restes d'une Emyde, très voisine mais un peu différente de VEmys Sigriz 
actuelle, et à laquelle j'ai donné le nom à'Emys pro-Sigriz. D'autre part, à 



ces altiiudes élevées, le diluvium s'est infiltié clans toutes les crevasses on 
fissures rocheuses qu'il a trouvées ouvertes au moment de sa formation, et 
il y a entraîné de nombreux débris de Vertébrés, parmi lesquels j'ai reconnu, 
dans les environs de Constantine : i° un grand Bovidé indéterminé, mais 
qui pourrait bien être le Bubalns anliijuits (Duverne); 2° V Jnlilope Gaudryi 
du pliocè,.e; 3° V Ook tioijeùiphns (Geofle); 4" V Hippopolainus aiuplùbimilu.); 
5° un Rhinocéros indéterminé; 6° un Cheval dont les dents ne peuvent se 
distinguer de celles de VE(jmis Slenonis du pliocène d'Europe. 

» Quaternaire récent. — Correspond à un régime aqueux beaucoup plus 
lent, plus calme et plus régulier que le précédent, inauguré par le retrait 
des eaux diluviennes dans le lit des vallées qu'elles avaient creusées et 
qu'elles comblèrent en partie, plus tard, de leurs puissantes alluvions. Une 
letite exondation de la côte fit alors émerger de minces cordons littoraux, 
qui ne présentent aucune trace de dénivellations et contiennent des osse- 
ments de VElephus africanus. Dans l'Atlas, c'est surtout sur les berges des 
cours d'eau actuels que l'on peut étudier ces dépôts alluviens, lesquels s'y 
montrent presque toujours formés de deux étages directement superposés. 
L'étage inférieur, argilo-tourbeux, offre une composition homogène, com- 
pacte, une coloration brune, et répand souvent une odeur fétide; il repose 
généralement sur le substratum marin de la contrée; sa surface ondideuse 
atteste la dénudation profonde qu'il a subie. L'étage supérieur repose di- 
rectement sur le précédent, et sa puisance est relativement beaucoup plus 
considérable; il est tout entier formé d'une marne calcaire grisâtre, friable, 
dans laquelle s'intercalent de nombreux lits de galets calcaires aussi inco- 
hérents que ceux des rivières actuelles; cette alluvion renferme des traces 
nombreuses de l'industrie humaine, les plus intérieures appartenant à l'é- 
i)oque de la pierre taillée, dite monsiérienne. Ces alluvions des plaines et des 
vallées sont souvent traversées par des sources jaillissantes, quelquefois 
thermales, dont les orifices multiples ont accumulé à leur siuface des amas 
considérables de sables n'ayant aucune corrélation avec les reliefs orogra- 
phiques voisins : tels sont les amas sablonneux de la plaine d'Eghis, près 
de Mascara, décrits par M. Pomel, et ceux qui sont situés au voisinage des 
sources thermales de l'oasis de Chelma, dans les Zibans. 

» Toutes ces alluvions, quelle que soit leur origine, contiennent une 
faune malacologique actuelle, mais quelques-unes d'entre elles renferment 
une riche faune de Vertébrés, dont je vais faire connaître les principaux ca- 
ractères, et qui diffère assez notablement de la faune actuelle des mêmes 
latitudes. 



( 383 ) 

)) n. Les îilliivions quaternaires récentes de la plaine de la Mitidja, aux 
environs d'Alger, ont fourni à Nicaise des ossements d'ElepIms JJricdnus 
associés à Bubnhis aniiqiius (Diivern.) et à Hijipopotnmus ninpliihins. 

» b. Les sables d'Aïn-Ternifine, accumulés au-dessus de l'atterrissement 
quaternaire récent de la plaine d'Eghis (dép;u teinent d'Oran), ont livré à 
M. Pomel : un Éléphant voisin d'^. priscus, qu'il nomme E. Âtlnntictis 
(Pomel), lequel était associé à un Hipponoiame, au Cheval et à de grands 
Ruminants. 

» c. L'argile tourbeuse infériein-e des berges de l'Oued-Djelta (départe- 
ment d'Alger), près de sa source située à i loo'" d'altitude, ainsi que celle 
de l'oued Seguen, affluent du Rummel (département de Constantine), à 
Goo'" d'altitude, m'ont livré : i" un Buffle [Buhnius anlicpius, Duvern.) dont 
les cornes cylindriques mesviraient plus de 3'" d'envergure et o™,47 de cir- 
conférence à leur base; 2° un Bœuf que j'ai nommé P. primiçieuitis Mauri- 
laiiicus, dont la taille colossale devait mesurer au moins i'",9o au garrot et 
S^.So de la tête à la croupe; 3" deux Antilopes : A. corinnn, Pollas, et 
Jlcelnplius bubalis, id.; 4" deux Ovis : O. mies et O. tragelnphus; 5" un Ca- 
mélien que l'on est fort surpris de trouver à pareille époque dans le nord 
de l'Afrique, d'autant plus que ses molaires ne peuvent se distinguer de 
celles du Dromadaire; 6" un Cheval dont le crâne offrait plusieurs carac- 
tères de celui de VE. Africanm (Sanson) actuel ; 7" un très curieux Lquidé 
asinien, que je nomme E. asiinis Atlanticus, parce qu'il présente dans sa 
dentition de lait plusieurs caractères queje n'ai retrouvés dans aucune espèce 
vivante : le plus important consiste dans la présence, siu* l'angle postéro- 
externe de chacune de ses troisièmes prémolaires inférieures de lait, d'un 
fort denticule supplémentaire, exactement semblable à celui qui caracté- 
rise la variété prustyltiin (P. Gervais) de VHipparioii gracile du miocène 
d'Europe. 

» d. Enfin, les sables accumulés au voisinage des sources thermales de 
l'oasis de Chetma, près de Biskta (département de Constantine) ont fourni 
des fragments d'une molaire de Rhinocéros qui, habilement restaurée par 
M. Gaudry, ne peut se distinguer de celles du R. ticliorliitms. » 

MÉTÉOROLOGIE. — Sur les grains arqués des mers de Cliide. Lettre de M. I^Iillot 
à M. Le Goarant de Tromelin, présentée par M. Faye. 

« .... Ces trombes internubaires, en forme d'entonnoirs ou d'enclumes, 
observées poiu' la première fois par le commandant Rozet dans les Py- 



(384 ) 
rénées, sont fréquentes dans la zone des calmes de la ligne. Elles surmontent 
généralement les grains sporadiques de ces parages. Quand vous passerez 
par là, pensez à observer ce phénomène : vous verrez que les grains que l'on 
voit à l'horizon tout autour du navire sont sut montés d'une vaste enclume 
blanche dominant les cumulus noirs et ceux-ci le rideau de pluie, comme 
ci-dessous {fig. i)- 

Fis- I- 




» Il serait facile, si l'on assistait à la formation d'une de ces enclumes, 
de trancher une fois pour toutes (et très certainement en faveur de I;i 
théorie de M. Paye) la question toujours si controversée des trombis 
ascendantes ou des trombes descendantes. 

» Dans le cas ou vous n'auriez pas prochainement l'occasion de passer 
la ligne, recommandez cette observation à un collègue sûr, et, par sûr, 
j'entends dépourvu de toute idée préconçue. 

» J'ai toujours négligé de faire cette observation chaque fois que j'ai 
passé la ligne (si jeimesse savait!); mais, comme je dessinais et observais 
beaucoup, je me souviens très nettement de la figure caractéristique des 
points qui entourent l'horizon dans les calmes de la ligne. 

» Quand on les reçoit, ils versent des torrents d'eau et la brise totirne 
plus vite que l'on ne peut orienter les voiles, ce qui, par parenthèse, vous 
attire des remotitrances itntuéritées du comtuandaiit. Avant comtne après 
le grniu, caltiie absolu. Ce sont bien là, je crois, les caractères d'une trombe 
venue des régions supérieures vers les couches inférietires des nuages; et 
même ceux-ci ne sont que la résultante du froid occasionné par l'irruption 
de l'air d'en haut. 



( 385 ) 
» J'aimerais bien avoir votre avis sur les grains mqiiés [fig. 2); je les ai 
décrits, dans ma brochure, tels que je les ai toujours observés et en me 
gardant bien de hasarder la moindre explication : je n'en ai pas qui me sa- 
tisfasse. 

Fin- r<. 



m 



» J'ai dit qu'ils semblaient à eux seuls renfermer la foudre dans leur 
sein, parce que telle en est l'apparence, mais je me repens de celte tour- 
nure donnée à ma phrase. On pourrait croire que je suis d'avis qti'ils sont 
eux-mêmes à eux seuls une source d'électricité, tandis que je ne doute pas 
qu'ils ne la tirent des régions supérieures pour la conduire au sol. Sans cela, 
le réservoir commun aurait vite absorbé leiu- provision, à moins de les 
comparer à des accumulateurs, mais cela deviendrait de la fantaisie. 

» C'est à cette forme en arc que je ne trouve pas d'explication satisfai- 
sante. Ce n'est pas un effet de perspective : les pieds touclient bien le sol ; 
ils ont la violence d'une trondje; le milieu de l'arc se comporte comme 
un grain ordinaire. 

» Ils sont fréquents dans le détroit de Malacca, aux changements de 
moussons. » 

M. Faye, après avoir présenté la Note qui précède, ajoute les remarques 
suivantes : 

« Il me semble que la forme si singulière des grains arqués s'explique- 
rait tout naturellement par l'accouplement de deux grains ordinaires, 
formant deux trombes largement séparées par en bas, mais se réunissant 
en haut par leurs entonnoirs. Cet accouplement a été plusieurs fois ob- 
servé. Nous en trouvons tmi exemple mémorable dans le double tornado 
qui a parcouru et ravagé la France en 178(8 sur deux bandes parallèles. 
Si l'on avait eu en France le ciel des tropiques, si le phénomène avait eu lieu 
le jour et non pas la nuit, ces deux tornados, accouplés en haut, mais dont 

G. R., l8S/|, 1" Semestre. (T. XCVlli, N°G. ) 5^* 



( 386 ) 

les pieds étaient séparés par une distance de 5 à G lieues et même plus, 
auraient certainement revêtu à peu près l'apparence des grains arqués 
dont on vient de voir un croquis. Il existe pourtant certaines différences 
d'aspect entre ces tornados accouplés et les grains arqués qui ont empêché 
M. Millot d'accepter cette explication. Mais, s'd est vrai que tous les 
phénomènes orageux proviennent d'un mouvement tourbillonnaire descen- 
dant des hautes régions de l'air, on sera porté à attribuer à des circon- 
stances purement locales les différences dont il s'agit et à retenir comme 
vrai le fond de l'explication précédente. » 

MÉTÉOROLOGIE. — Sur les poussières de la neige. Note de M. E. Yung. 

« Les observations relatives aux poussières contenues dans la neige 
tombée dans les environs de Stockholm, à la fin du mois de décembre 
dernier, qui viennent d'être communiquées à l'Académie des Sciences, au 
nom de M. Nordenskiold, se trouvent partiellement confirmées par celles 
que je suis en train de poursuivre sur la neige des montagnes des environs 
de Genève. 

» Dans une première Note ('), je signalais la présence du fer dans la neige 
tombée à Genève et sur le montSalève. Durant un séjour fait, à la fin de dé- 
cembre, au sommet du col du grand Saint-Bernard (2490"°), j'ai constaté, 
à la surface des immenses champs de neige qui couvrent cette haute région, 
la présence fi'iuie très fine poussière noirâtre, irrégulièrement dispersée et 
se montrant çà et là sous l'aspect de petits sphérules isolés. Nulle part, cette 
poussière ne s'est rencontrée en quantité suffisante pour donner à la neige 
une teinte noire continue. 

» L'examen microscopique de cette poussière y a fait découvrir des 
particides minérales (silice), des fragments irréguliers attirables à l'aiguille 
aimantée et des globules de fer caractéristiques. 

i> D'autre part, j'ai évaporé sur les lieux environ i5'" d'eau de neige, 
dans le résidu de laquelle j'ai rencontré, outre les particules sus-mention- 
nécs, des poussières de nature organique. Les cendres ont donné la réac- 
tion très forte du fer. 

)i Depuis lors, le R. P. Caruzzo, prieur de l'hospice du Saint-Bernard, 
a eu l'obligeance de recueillir et de m'expédier, dans des flacons spéciale- 



Cnmpfes ipniliii, t. XCVII, |). l449' 



( '>^7 ) 
ment destinés à cet usage, de la neige tombée dans la dernière semaine de 
janvier et ramassée immédiatement après sa chute. Malgré l'altitude du 
lieu et les précautions prises pour éviter l'introduction de corps étrangers 
de la part de l'opérateur, cette neige est souillée d'une assez grande quan- 
tité de poussières, parmi lesquelles j'ai recueilli des globules microscopiques 
de fer, dont j'adresse un échantillon à l'Académie. 

» La faible quantité des résidus a empêché toute analyse quantitative 
et ne m'a pas permis jusqu'ici d'y déceler avec une netteté suffisante la 
présence du nickel et du cobalt. » 



MÉTÉOROLOGii£. — Obseivations actinomélruiues Jailes à Moiil/jellier pendant 
l'année i883. Note de M. A. Cuova, présentée par M. F. Perrier. 

a Dans de précédentes Communications ('), j'ai donné les résultats des 
observations aclinomélriques faites à Montpellier pendant les années 187$ 
et 1876. Depuis cette époque, j'ai continué ces observations; mais ce n'est 
que depuis les derniers mois de l'année 1882 qu'elles ont pu être faites 
avec plus de continuité, à l'Observatoire météorologique institué cette 
année à l'École d'Agriculture. 

» Les observations actinométriques qui y sont faites régulièrement sont 
de deux ordres : 

). 1° Un héliographe y inscrit, pour tous les jours de l'année, le nombre 
d'heures pendant lesquelles le soleil a brillé; 

» 2° Des mesures absolues de l'intensité calorifique de la radiation so- 
laire sont faites à midi, tous les jours où ces observations sont possibles, et 
expriméesen petitescalories (gramme-degré), reçues normalement en une 
minute sur une surface de i'^''. 

» Cesdétermuiations sont faites au moyen de mon actinomètre, préala- 
blement étalonné avec un pyrhéliomètre absolu, comme je l'aiindiqué dans 
mes précédentes Communications. 

» Les observations ont été faites avec beaucoup de zèle et d'exactitude 
par M. Iloudaille, répétiteur, et M. Bernard, stagiaire à l'École d'Agricul- 
ture de INIoutpellier; elles ont été résumées en deux Tableaux numériques 



(■-) Comptes rendus, t. XCI, p. i2o5; t. XCII, p. 8i et SSy ; t.XClV, [>. 495; t. XCVII, 
p loG; t. XCIV, p. 493. 



( 388 ) 

et représentées gt;i[)liiqiiement en.deiix planches que j'ai l'hoinieur de pré- 
senter à l'Académie îles Sciences. 

1° Heures (l'insolation ; totaux mensuels. 

h Dl 

1883 



1882 . Dccenibro 87.0 

1883. Janvier i3o.55 

Février i45. 18 

Mars 2o5 46 

Avril 206. 16 

Mai 254. 1 1 



Juin 327 . i3 

Juillet 3i6.5i 

Août 345 .52 

Septembie 201 .Sq 

Octobre 178.38 

Novembre 1 28 . 3'4 



Hiver 363 . 1 3 

Printemps 666. i3 

Été î^Sg-Sg 

Automne 5og. 1 1 

Année 2428.33 

au lieu de 438o'', si le soleil avait brillé constamment. Donc, pendant 
l'année, les hetu-es de soleil ont été les 0,687 de ce qu'elles auraient dû 
être, si le soleil avait toujours brillé. 

1) Le Tableau numérique, qui a été dressé pour tous les jours de l'année, 
pourra fournir aux agriculteurs les nombres d'heures d'insolation com- 
prises entie deux dates déterminées. 

» L'influence considérable que la lumière solaire exerce sur l'activité 
de la végétation pourra donc être exprimée en heures de soleil, comme 
cela a été déjà fait, dans un autre ordre d'idées, pour les degrés de tem- 
pérature. 

1° Intensités calorifiques. 
Moyemies mensuelles. Moyenne des saisons. M.ixim.i. 



Hiver 1,01 

Printemps . i , 1 ) 

Été 1 ,02 

Automne . . i , ig 



1,07 


1,11 


1 ,06 


1,36 


Le 25 février. 


I ,2g 


1,21 


1,22 


i,4i 


Le 16 mai. 


■ ,.4 


i,i8 


1,11 


1 ,60 


'Le 8 août. 


1,19 


1,18 


1,19 


1,43 


Le 17 septembre, 



w L'intensité calorifique a donc varié à peu près de la même manière 
qu'en 1875 et 187G; mais, les observations ayant présenté plus de conti- 
nuité en i883, on peut en déduire les conclusions suivantes : 

« On observe nettement deux maxiuia et deux ininiiiia annuels, comme 



( 389 } 
en 1875 et 1876; leurs époques seules varient un peu avec l'état météoro- 
logique de l'année. 

» 1° Le premier minimum se proJuitini mois de décembre oudejanvier, 
selon que l'aulomne a été plus ou moins pluvieux; il est causé par le dé- 
faut de transparence calorifique de l'atmosphère, qui est la conséquence de 
la condensation de la vapeur d'eau atnios[)hérique par les froids de 
l'hiver. 

» 2" L'air ayant été desséché pendant l'hiver par les vents de nord-ouest 
qui sont passés sur le Plateau central et les sommets neigeux des Cévennes, 
la radiation croît en intensité, à mesure que la température se relève et 
que son état hygrométrique diminue, et atteint un maximum vers le mois 
de mars (1876) ou d'avril (1870 et i883); c'est le plus fort maximum 
moyen annui-1 de l'année. 

» 3°Apartir du mois de mai, généralement pendant la seconde quinzaine 
de ce mois, la radiation diminue rapidement et atteint son minimum dans 
le mois de juin; l'absorption atmosphérique est due à l'augmeiitalion 
croissante de la vapeur d'eau contenue dans l'air, causée par le réchauffe- 
ment du sol et l'activité de l'évaporation accrue par la reprise de la végé- 
tation. 

» 4°.Vers le milieu de l'été, le sol, desséché par le rayonnement solaire, 
cesse de fournir d'abondantes vapeurs; la transparence calorifique aug- 
mente, et la radiation croît pour atteindre un second maximum plus 
faible, vers le mois d'octobre ou de septeadjre, selon que le commence- 
ment de l'automne a été plus ou moins pluvieux. Après ce maximum, la 
radiation décroît et tend vers le minimum de décembre. 

» Les circonstances qui déterminent les dates desmaxima et des minima 
sont toutes locales et varieraient avec la position de la station. A ce point 
de vue, ce genre d'observations devrait se répandre; il donnerait, de la 
nature de chaque climat, une idée plus nette que ne peuvent le faire les 
autres observations météorologiques qui sont relatives à la couche d'air 
qui touche le sol, tandis que les résultats de» observations aclinométri- 
ques dépendent de la constitution de toute la couche atmosphérique dans 
laquelle se produisent les variations météorologiques. » 

M. Chapel adresse : 1° une Note rappelant que le soleil bleu, signalé au 
Venezuela le 2 septembre i883, avait été observé le 18 août 1821 par le 
météorologiste anglais Forster et par M. Hovard, dans des conditions mé- 



( 390 ) 
téorologiques exce|)tioiinelles et à la suite de perturbalions analogues à 
celles que M. Faye a rappelées dans nue Communication récente; 

2° Une Note portant pour tilre : « Sur la compatibilité d'un |n'incipe de 
météorologie cosmique avec l'invariabilité des grands axes des orbites pla- 
nétaires. » 

M. Daubhée fait tiommage à l'Académie, de la |)art de M. Habich, Di- 
recteur de l'École spéciale des Ingénieurs et des Constructions civiles et 
des Mines de Lima, du tome 111 des Anales de Conslrucciones civiles y de 
Minas que publie cet établissement. On y trouve : i*^ une description du 
district minéral de Yauli par M. Pflikker, au point de vue de la minéra- 
logie, de la géologie, de la paléontologie et de l'exploitation ; 2° un article 
de M. A. Raimondi, bien connu par ses éludes niinéralogiques antérieures 
sur la République Argentine; 3'^ un Mémoire sur les mines d'or de Cara- 
baga; 4" une Notice de M. de Chatenet sur l'exploitation métallurgique du 
dépaitenient d'Ancalis; 5° sur le traitement métallurgique des minerais 
d'argent par la (iision avec un combustible qui n'est autre que la fiente 
de lama, traitement qui est propre au Pérou et qui paraît remonter à une 
époque antérieure à la conquête; 6'^ un article sur la législation des mines 
du Pérou, par M. Fuente. 

Cette intéressante publication a été exécutée au milieu de circonstances 
que les événements politiques ont rendues difficiles. 

La séance est levée à 4 beures et demie. J. B. 



BULLETIN BlULlUUItAPUlQUE. 



Ouvrages reçus dans la séance du ii février 18B4. 

Mémoires de l'Académie des Sciences, InscrijJlions et Belles- Lettres de Tou- 
louse; t. V, i" et 2* semestre. Toulouse, imp. Douladoure-Privat, i883; 
2 vol. iri-8°. 

Observations géologirjues sur les failles du dcpnrleinent de la Nièvre; par 



( %• ) 

F. Lefort. Nevers, imp. Mazeron, i883; in-S". (Présenté par M. Daubrée.) 

Société des Sciences liisloriques et naturelles de la Corse. Voyage géologique 
et minéralocjique en Corse; par M. E. Gueymard, 1820-1821. Bastia, imp. 
Ollagnier, i883; in-S". 

Le monde physique; par Am. Guillemin, t. IV. La Chaleur, 20^ série. 
Paris, Hachette et 0% i883; gr. in-8" illustré. 

Anales de construcciones civiles de niinns del Petit, tomo III. Lima, C. Paz 
Soldai!, i883; in-S". (Présenté par M. Daubrée.) 

Otnitologia délia Papuosia e délie Molucche diT. Salvadori ; Parte seconda- 
terza. Torino, Paravia, 1881-1882; 2 vol. in-4''. 

Terza determinnzione deila latitudine geografica del R. Osservatorio di Capo- 
dinionte con esame délie osservazioni faite il 1820 da Carlo Brioschi ; per A. No- 
bile. Napoli, tipogr. D. de Falco, i883; in-4°. 

Koninkrijkder Nederlanden. Statisticlivan den in-, uit-en doorvoer, over het 
jaar 1882; Tweede gedeelte. S.-Gravenhage, i883; in-4''. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



SÉANCE DU LUNDI 18 FÉVRIER 1884, 

PRÉSIDENCE DE M. ROLLAND. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Présidext annonce à l'Académie la perle douloureuse qu'elle 
vient de faire dans la personne de M. Th. du Moncel, Académicien lihre, 
décédé le i6 février. 

L'Académie décide que la séance sera levée, en signe de deuil, immé- 
dialement après le dépouillement de la Correspondance. 

ASTRONOMIE. — Observations des petites planètes, faites au grand instrument 
méridien de l'Observatoire de Paris, pendant les troisième et quatrième 
trimestres de l'année i883. Communiquées par M. Mouchez. 









Correction 




Correction 


Dates. 


Temps moyen 


AsceDsioii (le 


Distance 


de 


1883. 


de Paris. 




droite. l'éphémér. 
(™) ChrysÉis. 


polaire. 


l'éphémér. 


Juin. 9... 


h m s 

g.5i.3o 


1 

'7 


lu s 3 

I .?.'j,oi » 

(S) CoKCORDIA. 


102. 5g. 33, 2 


9 


Juin. 6... 


. ,..0.44 


18. 


5. 2,40 -+- 5,3-1 


106. 9.58,9 


— 0,8 


9 ••• 


io.52.3o 


18. 


2.33,24 -+- 5,32 


106. i5. 18,4 


+ 0,6 



C. R., iSS.'i, 1" Semestre. (T. XCVIII, ff° 7.) 



( 394 ) 



Dates. 

1883. 



Sept. 24. 



Oct. 



Oct. 


26 




3i 


Nov. 


■ÎO 




23 




27 


Dec. 


I 




6 




7 


Oct. 


22 




26 




3i 



Dec. 



Nov. 7 
10 
20 

23 







Correction 




Correction 


Temps moyen 


Ascension 


de 


Distance 




de 


de Paris. 


droite. 


l'éphcmér. 


polaire. 


l'éphémér. 




(mT) Barbara 


(')• 








Il m ^ 

9. 0.36 


Il m s 
2 1 . 13.57 ,39 

Q Callisto 


S 


II 3" 23. 54", 7 






10.37.25 


23.22.34,80 

(T) Pallas 


+ 2,3[ 


87.34.13,4 




i5,3 


10.46-23 


1 . 6. I I ,98 


— 1,38 


108.46.27,2 


— 


2.7 


10.23. i4 


I. 2.41,96 


- 1,28 


109.36.46,0 


— 


2,4 


8.55. 5 


0.53. 9,69 


— 0,91 


I I I .33.39,6 


— 


2,5 


8.42.38 (^) 


o.52.3o,o3 


— 0,90 


1) 




» 


8.26.22 


o.5i .57,70 


— 1,16 


III. 44.51. 8 


— 


1,2 


8.10.31 {-) 


o.5i .50,09 


— 0)9i 


111.45.12,7 


— 


0,7 


7 .5i . i5 


o.5i. i4,25 


— 1 ,02 


1 II .40. 0,4 


— 


2,2 


7.47.29 


o.Sa, 23,66 


- 0'97 


III. 38. i4, 3 


— 


4,4 




(S) POMONE. 








II. 21. 58 


1.26. 6,01 


— 1 ,80 


78.37.13,9 


-)- 


i3,o 


II. 2.55 (-) 


I .22.47,03 


— 2,10 


79. 4.45,3 


•4- 


",9 


10.39.21 


i.i8.5i,4i 


- '-D'î 


79.38.30,0 


4- 


10,4 



(g) Égérie. 



Ocl, 


22. . . 


1 1 


,29.19 


1.33.28,65 


+ 0,73 


89.36.53,5 


- 13,4 




3i... 


10 


44.32 


1.24. 3,10 


+ 0,64 


89.25.44,2 


— i3,o 










@ Antiope. 






Oct. 


26.... 


1 1 


.28.49 


1.48 45,33 


s 

+ 1 ,62 


» 


11 




3i.... 


1 1 


5.20 


1.44.54,40 


+ 1 ,70 


81,28.52,0 


- «5,7 










i^ôj Abéthuse. 







11,17.39 

II. 3 . 38 
10. 17 .42 
10. 4- i5 
9.46.37 
9,29,9.. 
9. 4.12 



2,24.51 ,57 
2,22.37,54 
2 , 1 5. 5g, 96 
2. 14.20,53 
2. 12.25,76 
2. 10.53,01 
2. 9.18,97 



-67,41 
-66,67 
— 64, o3 



67- 29- 9,4 
67.56.50,7 
69 . 3o . 0,1 
69.57.27,4 
70.32.42,3 
71 . 6.27,2 
71.53. 4,3 



■120,6 
■124,4 
■128,4 



(') On n'a pu s'assurer si l'astre observé était bien la planète. 
(") Observation douteuse, faite à travers les nuages. 



■^'95 ) 



Correction Correction 

Dates. Temps moyen. Ascension de Distance de 

1S83. de Paris. droite. l'éphémér. polaire. l'éphémér 



h 



@ CÉLUTA ( '). 

5 h m S s o / " 

Dec. 7.... 10.27.58 3.33.18,70 » 5'2.5o.56,4 » 

(W FORTUNA. 

11.55.57 4'22. 7,38 +20,59 7^' 8.38,4 — 36,5 

II. 21. 21 4* '5. 1,53 4-20,53 70.31. [0,3 — 36,7 

ii.i6.27(-) 4-'4- ^>93 +20,57 70.34.15,6 — 37,9 

I I . I r . 33 4-'3. ^,82 +20,24 70.37.16,3 — 4'»' 

II. 6.4o(^) 4-'2. 7,95 +20,21 70,40.18,8 — 39,8 



Nov. 27 

Dec. 4 

5 

6 



» Les comparaisons de Pallas se rapportent à lephéméride du Naiitical 
Almanacli; celles de Callisto et d'Aréthuse, aux éphémérides publiées dans 
les n"' 211 et 214 des circulaires du Berliner Jahrbuch; toutes les autres se 
rapportent aux éphémérides du Berliner Jahrbuch. 

» Les observations ont été faites par M. Henri Renan. » 



STATIQUE CHIMIQUE. — Sur les déplacements réciproques entre rncide 
fluothydrique et les autres acides; par MM. Berthelot et Guxxz. 

« Les déplacements réciproques des acides dans leurs sels sont régis par 
la grandeur relative des chaleurs de formation : cette règle, établie par l'un 
de nous, peut être vérifiée en complète rigueur, pourvu que l'on fasse entrer 
en compte tous les composés, tels que hydrates, sels neutres, sels acides et 
sels doubles, susceptibles de prendre naissance dans les conditions des expé- 
riences; chacun d'eux étant pris dans le degré actuel de stabilité ou, s'il y 
a lieu, de dissociation qu'il éprouve individuellement, sous l'uifluence de la 
chaleur ou du dissolvant. 

» Ce sont les sels acides en particulier qui déterminent d'ordinaire les 
partages, à cause de l'excès thermique résultant de leur formation. Les 
équilibres résultent de leur dissociation partielle par l'eau, s'ils sont dissous, 
ou par la chaleur, s'ils sont isolés. 

» La prépondérance thermique de l'un des sels neutres peut être ainsi 
compensée par l'excès d'énergie dû à la formation soit du sel acide qui y 



(') On n'a pu s'assurer si l'astre observé était bien la planète. 
( 2 1 Observation douteuse faite à travers les nuages. 



( 39^5 ) 
répond [bistilfale, bioxalate (' ), etc.], soit du sel acide antagoniste [bichro- 
mate (-)J, soit des deux à la fois. Si cet excès n'est pas suffisant, les acides les 
plus forts donnent seuls lieu à des équilibres (sulfates et acide chlorby- 
drique); tandis que les acides faibles n'entrent pas en balance [sulfates et 
acide acétique (')j. Mais, s'il est assez considérable, il y a partage et équilibre 
entre un acide puissant et les acides même les plus faibles. L'acide fluorhy- 
drique va nous en fournir la preuve. 

» I. Soient les flc/(/es flaorhydrique el c h loi hydrique, opposés l'un à l'autre 
dans leurs sels de potassium : cherchons d'abord le maximum ther- 
mique; pour cela, examinons les quantités de chaleur dégagées dans les 
quatre réactions possibles, en envisageant les corps antagonistes sous des 
états respectivement comparables (') : 

Cal 

i 2HFga7. -)- 2K.CIS0I. = 2KF solide + 2HCI gaz — 22,0 

( . = KF, MF sol. -h K Cl sol. H- H Cl gaz. +10,0 

( 2HClgaz+ aKFsol. = 2KCI sol. +2HFgaz +22,0 

( .. i=K.F,UF soI. + lCCl sol. +IICI gaz. +32,0 

Dans tous les cas, le maximum thermique correspond à la formation du 
fluorbydrate de fluorure. 

» L'expérience vérifie la théorie. En effet, si l'on fait passer à froid un 
courant d'acide chlorhydrique gazeux et sec sur du tluorure de potas- 
sium sec, contenu dans une nacelle de platine, l'acide chlorhydrique est 
absorbé, sans que l'acide fluorhydrique se dégage : il se forme du chlorure 
et du fluorhytlrate de fluorure de potassium, ainsi que l'analyse le dé- 
montre. De même, l'acide fluorhydrique gazeux^ agissant sur le chlorure 
de potassium, le transforme en fluorbydrate de fluorure, et l'acide chlorhy- 
drique se dégage. Si l'on élève la température, la dissociation iiuervient, 
le fluorbydrate se décompose en sel neutre, qui reste dans la nacelle, et en 
acide Ouorbydrique, qui se dégage. Par suite, l'acide chlorhydrique con- 
tinuant à affluer, une nouvelle portion du fluorure est attaquée, avec for- 

(') Essai de Mécanique chimique, t. II, p. 584 et 638. 

(■■') Coinplcs rendus, t. XCVI, p. 3gg. 

(^) En négligeant les traces d'acétates acides, qui prennent naissance dans les solulions, 
et les effets résultant de leur présence. 

(') Dans les réaclions où intervient le fluorhydrate, il conviendrait peut-être de dé- 
duire '^'■•'',2 pour tenir compte do la condensaliDU du gaz fluorhydrique. iMais la foiniation 
(lu lliiorliydrale répond encore à + a'-'', 8, à partir d" l'acide fluorhydrique li(|uide. Ceci 
ne niodilie donc pas nos conclusions. 



( ^^97 ) 
malion d'une nouvelle dose de chlorure et de fluorhydrate de fluorure, qui 
se dissocie à son tour par la chaleur. Ces actions, se réitérant, finissent 
par amener la transformation totale du fluorure en chlorure. 

» Réciproquement, lorsqu'on fait passer un courant d'acide fluorhy- 
drique gazeux sur le chlorine, la transformation du chlorure en fluorure 
a lieu peu à peu, et elle s'explique d'une façon identique. 

» Les mêmes réactions ont lieu dans les dissolutions; seulement les va- 
leurs thermiques ne sont jdus assujetties à être nécessairement positives, à 
cause de l'inégalité des chaleurs de dissolution des corps mis en présence. 

» En fait, l'expérience donne, |)our les deux valeurs réciproques : 

1 HF (i''i = a''') + KGl(i''^'i = 2'"), vers 8" +o,i8 

I HCI(i«i = 2'") + KF (t''i = 2'") — 2,i8 

» Il y a réaction dans les deux cas et partage inégal du métal entre les 
deux acides : résultat conforme d'ailleurs aux observations de M. Thom- 
sen sur les sels de .sodium. Mais l'interprétation nous en paraît tout à fait 
différente de celle du savant professeur danois, qui invoque un coefficient 
affiiiitaire nouveau, l'avidité, propre à chaque acide. Nous l'attribuons, en 
effet, uniqueuient à des phénomènes thermiques connus, à savoir la for- 
mation du fluorhydrate de fluorure et sa dissociation partielle en pré- 
sence de l'eau : nous établirons plus loin ce point d'une façon plus précise, 
en faisant varier les proportions relatives des divers composants du sys- 
tème. 

» La réaction est la même en définitive pour l'état des corps dissous 
que pour l'état des corps séparés de l'eau. On peut la prévoir et s'en rendre 
compte, soit par les calculs thermiques présentés |)lus haut pour les corps 
séparés de l'eau, soit eu envisageant les deux hydracides dans l'état dis- 
sous, afin de tenir compte, autant que possible, de la formation de leurs 
hydrates stables, mais en opposant cependant les sels eux-mêmes dans 
l'état solide, ce qui est permis, en raison de l'absence d'hydrates stables 
des sels envisagés; les corps antagonistes sont encore ici pris deux à deux 
sous des états comparables. 

» On aura, par ce procédé de calcul : 

\ aHF dissous + -ïKCl solide = atlCl dissous + aKF solide .' — io,4 

j » » = H Cl dissous + K Cl solide- + K.F,HF solide.. . + 4,o 

2 HCl dissous -H altF solide =z 2HF dissous -t- 2lvCl solide +io,4 

» » = HCl dissous -4- K Cl solide -f-RF,HF solide.. -m4,8 



(398 ) 

» Le maximum thermique est toujours le fluorhydrate, eu présence 
comme en l'absence du dissolvant. 

)> II. Les mêmes conclusions s'appliquent, en théorie comme en fait, aux 
déplacements réciproques entre les ncicles azotique et fluorhydrique, le fluor- 
hydrate répondant toujours au maximum thermique. 

» IIL De même, avec V acide sulfuriqae, il se forme d'abord un bisul- 
fate et un fluorhydrate, que l'élévation de température décompose ensuite; 
mais nous n'insisterons pas. L'acide acétique est plus intéressant. 

» IV. acides fluorhydrique et acétique. — Voici les calculs pour l'état 
gazeux des deux acides antagonistes; ils établissent la nécessité du par- 
tage : 

Cal 

2HFgaz-+- 2C*H3KO*sol. = 2C'H'0*gaz + 2KFso]ide + i9,4 

= C'H'0*gaz-^CHl'KO*sol.^-KF, HFsoI.. -I- 3o,8 

2eH*0'gaz4-2KFsolide = 2HFgaz + 2C>H3KO'solide — I9»4 

=:C*H*0'gaz + C*H^KO' + KF, HFsoHde.. +ii,4(') 

)> Pour l'état d'hydrates stables et dissous des deux acides ( = ), les sels 
étant solides : 

l'fl) 

i 2HFdissous-+-2C'H'KO* sol.=: 2C'H'0' étendu + 2 KF solide -+"4,8 

1 » =C*H*0*acide-)-C*H'RO'sol. +KF, HFsol. +11, S 

j 2C'H*0* dissous+ 2KFS0I. = 2HF étendu -+- 2 C H' KO' solide — 4,8 

I » =C'H*0'étendu + C'H^KO'soI.-i-KF, HFsol. -Mo,o 

» En fait, il y a déplacement et partage, tant à l'état anhydre, comme 
nous l'avons vérifié, qu'à l'état dissous. Nous avons trouvé, par exemple, 
à 10° : 

( C'H*0'(r'J = 2i'') -f- KF(ri = 2'") — oC='',43 

( KFfi*'! = 2'") 4- C*H^K0''(i*'i = 2'i'). .. +2C»i,8 

» Le déplacement partiel de l'acide fluorhydrique par l'acide acétique, 
diJ à la formation du fluorhydrate de fluorure, est très digne d'intérêt et 
contraste avec la résistance du sulfate à l'acide acétique : cette difféi'ence 
est une nouvelle confirmation de nos théories thermiques. 



(') On néglige l'acétate acide, qui doit aussi concourir au phénomène. Les chiffres re- 
latifs au fluorhydrate demeurent posilifs, même si on les diminue de 7^.11^2 po„P tenir compte 
du changement d'état du gaz fluorhydrique. On |)eut aussi faire les calculs depuis les deux 
acides liquides; la conclusion demeure la même. 

(2) Ou plutôt de l'acide fluorhydrique; la chaleur d'hydratation de l'acide acétique était 
minime. 



(399) 

» V et VI. Les acides oxalique et tarlriifue donnent lieu à des partages 

semblables et prévus par le calcul, soit pour l'étatanhydre, soit pour l'état 

hydraté desacides, lesquels partages résultent toujours de la formation du 

fluorhydrate, accompagnée cette fois de celle de l'oxalate acide oudutar- 

trate acide, qui concourent au phénomène. Nous supprimerons le calcul 

pour abréger; mais nous croyons utile de donner les expériences relatives 

à l'état dissous : 

Oxalates. 

l I C' H^O" dissous -H KF(i'^i = 2'i'), à 9" — iC-'',23 

j iCMv-O» dissous + IlF(i^i= 2'") +o«-'',82 

Tartrates. 

{C*H''0'2dissous + KF(i'<i = 2'''), à g" — i-^'^aS 

JC'K'O'- dissous -i-HF(i'^i = 2''') + i'^"',4'5 

» Les liqueurs mélangées demeurent transparentes pendant deux ou 
trois minutes, ce qui permet l'observation calorimétrique, avant la préci- 
pitation de la crème de tartre. 

» VIL Mais arrivons à l'une des conséquences les plus remarquables de 
la théorie thermique : nous voulons dire les déplacements réciproques 
entre les acides cyanhydniiue et fluorhydrique. 

» D'après la théorie. 

Cal. 

2HF gaz + aKCy solide = 2HCy gaz -t- ?,K.F solide.' +27,6 

» = HCy gaz -H KCy solide -H KF,HF solide . . +28,7 

2 H Cy gaz 4- 2KF solide = 2HFgaz4- aKCy solide — 37,t> 



H Cy gaz H- KGy solide -+- KF, HF solide. . 



•?• 



» Le déplacement de l'acide cyanhydrique par l'acide fluorhydrique est 
conforme aux analogies; mais le déplacement inverse est plus singulier. 
En fait, l'expérience a confirmé ces prévisions. 

M Au rouge sombre, il y a déplacement sensible de l'acide fluorhydrique 
par l'acide cyanhydrique, agissant sur le fluorure de potassium, et for- 
mation de cyanure de potassium. A froid, l'action se fait aussi, mais 
elle est plus lente. Inversement, l'acide fluorhydrique agit sur le cyanure 
de potassium et en déplace l'acide cyanhydrique, en formant d'abord du 
fluorhydrate de fluorure. » 



( 4oo ) 

THERMOCHIMIE. ~ Sur la loi des modules ou constantes thermiques 
de substitution. Note fie M. Berthelot. 

« Je croirais abuser des moments de l'Académie en revenant soit sur 
l'historique de la loi des modules, soit sur son degré réel d'approximation 
pour les sels stables des acides forts, soit sur son peu d'exactitude pour les 
sels des acides faibles ou des bases faibles, en raison de leur dissociation 
par l'eau, ainsi que je l'ai expliqué expressément eu iS^S et justifié par de 
nombreuses expériences, explication que M. Toramasi reproduit aujour- 
d'hui sans y rien ajouter : tous ces points sont acquis et ne souffrent 
aucune discussion (vo/r ce Volume, p. 6i). 

» Mais il parait utile de montrer, par des chiffres précis, à quel point la 
loi est en défaut pour les sels solubles de mercure; ces chiffres sont tirés 
des expériencesque j'ai présentées à l'Académie, et ils figurent depuis quel- 
ques années dans V Annuaire du Bureau des Longitudes. 

Différence. 

... 1,1,. ( potasse +i3,7) , 

Acide chlorhydrique et , , i + a .t. 

( oxyde de mercure. .... + 9, > ) 

Acide bromhydrique et , ' „'' ' + 0,0 

( oxyde de mercure -H iS,^ ] 

. . , , . i potasse -)- 1 3 , 3 ) _ 

Acide acétique et ,, .,+ïO,3 

( oxyde de mercure + j,o ^ 

, ., 1 . . , ( potiisse +2,9) . 

Acide cyanhydnque et , , ^ '^ — 12,0 

( oxyde de mercure + i5,5 ) 

» Ou ne saurait d'ailleurs parler de dissociation sensible poiu' les chlo- 
rure, bromure, cyanure de mercure. 

» On voit combien les expériences directes sont nécessaires et quelles 
erreurs on commettrait en appliquant ici la loi des modules, d'après laquelle 
on aurait dû obtenir, dans tous les cas, une différence constante et égale 
à M- 4 , 2 . » 



MilTliOROLOGiE. — Controverses, an xviil" siècle, au sujet des trombes, 
à propos d'une Note de M. J. Luvini; par M. Faye. 

« L'Académie se rappellera peut-être que, après avoir exposé et défendu 
longuement mes idées sur les tourbillons persistants à axe vertical qui se 
produisent dans les courants liquides ou gazeux sous l'influence de simples 
différences de vitesse entre les filets parallèles de ces courants, j'ai rocher- 



( 4oi ) 

ché si, dans le passé, ces idées avaient été aussi unanimement méconnues 
qu'elles l'étaient de notre temps, il y a peu d'années. En ce qui touche le 
point spécial de savoir si les tourbillons aériens sont ascendants, comme 
le proclamaient alors tous les météorologistes, ou s'ils sont descendants, 
comme je crois l'avoir démonirè, j'ai eu la satisfaction de trouver que 
deux des plus grands observateurs du siècle passé, Buffon et Spallanzani, 
avaient soutenu la même thèse que moi. Malheureusement leur interven- 
tion a été inutde: le préjugé qu'ils combattaient était trop répandu et trop 
fermement ancré dans les esprits. M. J. Luvini, professeur de Physique à 
l'Académie militaire de Turin, vient de m'adresser un complément pré- 
cieux de ces recherches. Il fait connaître une Note de Spallanzani sur les 
orages et analyse une discussion qui a eu lieu, au sujet des tourbillons, 
entre B. Franklin et plusieurs de ses correspondants, Beccaria , Perkins, 
Cadwalader-Colden. 3e demande à l'Académie la permission de mettre sous 
ses yeux un extrait de cette Note et d'y joindre quelques réflexions. 

« Une nouvelle théorie île la grêle, que je publierai dans quelques semaines ou, pour 
mieux dire, un complément de la belle théorie de IM. Faye et une élude sur l'origine de 
l'électricité de l'atmosphère, des trombes et des cendres des volcans ont appelé mon atten- 
tion sur les tourbillons et sur les publications de M. Faye à cet ét;ard. Inutile de dire que 
je trouve la tlicoiie de M. Faye bien raisonnée et juste, le plus souvent, jusque dans les 
derniers détails. 

» Ayant trouvé, dans mes recherches, des faits nouveaux, qui concourent à l'appui de la 
théorie de M. Faye et des auteurs, qui, dès le siècle dernier, l'ont ébauchée et appuyée 
de bonnes observations, je pense ne pas faire chose inutile en présentant ce que j'ai pu 
recueillir. 

» M. Faye se préoccupe justement de trouver des observations relatives à l'existence de 
tourbillons ou de trombes entre la région des cirrhus et celle des nuages orageux, et, après 
celles de Lecoc et de Sevcrizow, il ajoute [Jiuiunire de 1875, p. 549) : 

» Naturellement, des observalions pareilles, faites sur les lieux, c'est-à-dire au sein 
» d'un nuage à grêle, doivent être rares »; et plus loin (p. 55i) : « Un grand nombre 
d'observations démontrent que lâgyration se prolonge souvent au-dessous du nuage à grêle 
» jusqu'au sol. Mais rien n'indique dans ces relations qu'on ait aperçu quelque mouvement 
. tourbillonnaire au-dessus, c'est-à-dire dans le vaste espace compris entre les nuages à 
I- grêle et la couche supérieure des cirrhus ('). » 

» Or voici, à ce propos, une observation qui, et par sa nature et par l'autorité de son 
auteur, mérite bien d'être rappelée. Elle est de Spallanzani. 

« En traversant les Apennins pour aller de Parme à Portovenere, le a3 juillet (1783?), 
il se trouve enveloppé par un orage. Tout en faisant de précieuses observations sur ce qui 



(') Voir à ce sujet une lettre de M. Millot sur les Trombes Internuhaircs [Comptes ren- 
dus du II février, p. 383). H- Fa\e. 
C. R., i88'|, I" Semestre. (T. XCVIII, N" 7.) 52 



( 402 ) 

se passait autour de lui, il se hâtait vers le haut, pour descendre de l'autie côté de la mon- 
tagne, quand quelques rayons de lumière appelèrent son attention, et il nconnut, un peu 
après, que c'était le Soleil qui comiiunçait à percer les couches sujiérieurts du nuage 
orageux, dont il avait traversé la presque totalité. A ce [loiiit, il changea d'idée et il monta 
sur une haute crétc pour contempler le spectacle de haut en bas. 

» De là il voyait l'orage comme un lac immense, illuminé par le Soleil et tout en tem- 
pête. Sans parler ici des autres observations, voici comment il s'exprime pour ce qui re- 
garde le mouvement du nuage : «■ Tandis que là-bas se montrait un fort vent de sud-ouest 
» (libeceio), on voyait les nuages courir dans la direction opposée, pleins de crispations et 
» d'ondes [piene (Vincrcspamenti e (Von<le)\ età leur mouvementde translation et commun, 
>) il s'en ajoutait d'autres particuliers, et un distinctement de rotiuion, d'où se produi- 
>> saient en eux çà et là plusieurs tourbillons et parfois se détruisaient les uns les autres, 
» semblables à ceux que nous voyons en petit dans les eaux des canaux et des fleuves. » 
[Menwria delta Società italiana , vol. II, parte a'', p. 892, dans une Lettre à Charles Bonnet 
en date du 12 février 1784.) 

» 'Voilà donc le mouvement tourbillonnaire au-dessus des nuages orageux bien observé 
et démontré; il était nécessairement à axe vertical et descendant, car il était semblable à 
ceux des eaux courantes. 

» Maintenant je demande la permission d'ajouter quelques notes à V Histoire d'un pré- 
jugé nautique de Y Annuaire pour 187$. M. Faye, probablement d'après quelque Traité par- 
ticulier de Météorologie, cite parfois, et notamment dans Y Annuaire de 1877, p. SgS, 
Franklin, qui aurait introduit, le premier, l'hypothèse des tempêtes d'aspiration; mais il 
ne dit rien de sa théorie des trombes. 

» Franklin a eu l'occasion d'observer et d'étudier plusieurs ouragans d'aspiration, diri- 
gés de nord-est vers sud-ouest, et notamment un, qui l'empêcha de voir, à Philadelphie, 
nne éclipse de Lune, qui devait arriver un vendredi à c^ du soir. Quand la poste lui ap- 
porta les nouvelles publiques de Boston, où l'on rendait compte des ravages que ce même 
ouragan y avait faits, il trouva qu'on y avait bien observé le commencement de r( clipse, 
(pioique Boston soit environ à 400 milles au nord-est de Philadeljihie. C'était un oura- 
gan do nord-est, et il aurait dû passer sur celte ville plus tard qu'à Boston. « Je m'en ex- 
j» pli(]uai donc dans une lettre à mon frère, qui demeurait à Boston, dit Franklin, et il 
» m'apprit par sa réponse que l'ouragan n'y avait commencé que sur les 9'' du soir, de 
» sorte qu'ils avaient très bien observé l'éclipsé; et en comparant toutes les autres rela- 
» tions, que je reçus de plusieurs colonies, des heures du commencement du même ouragan 
» et de celui d'autres ouragans de la même espèce depuis ce temps, je trouvai que le 
» commencement était toujours plus tardif en remontant vers le nord-est. Je n'ai pas mes 
» notes en Angleterre, et je ne puis vous dire de mémoire quelle est la proportion des 
» temps aux distances; mais il me semble qu'elle est d'environ une heure par centaine de 
» milles. » [OEuvres de Franklin, traduites en français par M. Barbeu-Duboiirg; Paris, 
1773,1. II, p. 78.) 

» L'ouragan dont il parle était arrivé environ vingt ans avant la date de la lettre, et il 
explique ces faits en supposant une grande chaleur et une grande raréfaction de l'air dans 
le golfe du Jlexiipie, ou dans le voisinage. « Je vous offre ceci, disait-il à Small, comme 
» une hypothèse pour rendre raison de ce fait particulier, et peut-être qu'une plus mûre 



( 4o3 ) 
" réflexion pourra nous en faire trouver une meilleure et plus vraie. Je ne prétends pas dire 
» que tous les ouragans se forment de la même manière. Je sais qu'il n 'en est pas ainsi de 
>> nos orages de nord-ouest de l 'Amérique. « 

» Franklin s'dccupa aussi des lourliillons atmosphériques, ou trombes, et dans ses Ob- 
servations, conjectures et suppositions j)/n siques et météorologiques, lues à la Société Royale 
le 3 juin 1756, il en ébaucha même une théorie. Voici comment il s'exprime (vol. cité, 
p. 10): 

« Des fluides pesants, qui descendent, forment souvent des tournants ou tourbillons, 
» comme cela se voit dans un entonnoir, où l'eau acquiert un mouvement ciiculaire en 
>> s'éloignanl de toutes paris du centre et laissant au milieu un vide plus grand par le haut 
» et diminuant veis le bas, comme un porte-voix ayant sa principale ouverture tournée vers 
» le haut. 

» L"air qui descend ou qui monte peut former des tournants ou tourbillons tous sem- 
» blables, les parties de l'air acquérant un mouvement circulaire et s'éloignant du milieu 
» du cercle par une force centrifuge et y laissant un vide; si l'air descend, le vide est plus 
» grand par le haut et va en diminuant vers le bas. Si, au contraire, l'air monte, le vide 
» est plus grand par le bas, comme un porte-voix ayant sa plus large ouverture contre 
» terre. 

» En même temps que l'air descend avec violence en quelques endroits, il peut s'élever 
» avec la même violence en d'autres et former ainsi tout à la fois deux tourbillons de dif- 
» férentes espèces. » 

» Tout cela, en ligne de raisonnement, peut bien aller; mais il semble que Franklin au- 
rait dû, tout de suite, ajouier : maintenant, toutes les trombes observées sont évasées eu 
haut; donc il n'y a que des trombes descendantes. Au lieu de cela, épris du préjugé si 
bien décrit et combattu par M. Faye, il continue de la manière suivante : 

» L'air, dans son mouvement de tournoiement, s'éloign.mt en tout sens du centre, ou 
• de l'axe de la trompette, y laisse un vide, qui ne saurait être rempli par les côtés, parce 
» que l'air tournovant forme comme un arceau cpii en empêche : il faut donc qu'il y soit 
i> précipité par les extrémités béantes. 

» La plus grande pression de dehors en dedans doit être à l'ouverture inférieure, oîi se 
» trouve le plus grand poids de l'atmosphère environnante. L'air qui y pénètre y monte 
» rapidement et enlève avec lui de la poussière, des feuilles et même des corps plus gros- 
» siers, qui se trouvent en son chemin, lorsque le tourbillon ou trombe passe sur 
» terre. 

» S'il passe sur l'eau, le poids de l'atmosphère environnante pousse l'eau dans sa 
). cavité, où une partie se joint successivement à l'air environnant, et, augmentant son 
» poids et participant à son mouvement accéléré, elle s'éloigne de plus en plus du centre 
>> ou de l'axe de la trompe, à mesure que la pression diminue. A la fin, à force d'élargir la 
» trompe, l'eau se brise en menues parcelles, assez adhérentes à l'air pour en être soutenues, 
» et paraît comme un nuage obscur au sommet de la trompe. 

» Ainsi ces tournoiements d'air peuvent former des tourbillons sur terre et des trombes en 
» manière de jets d'eau sur mer. » 

» Cette doctrine de Franklin n'a pas trouvé grâce auprès de tous ses amis et contem- 
porains. 



( /|o4 ) 

B Voici comment s'exprime Cadwaiader-Colden en écrivant à Franklin ; 

o Vous avez embrassé l'opinion commune sur les trombes, el ma propre observation ocu- 
" laire me persuade que c'est une fausse idée. Dans un voyafje aux Indes occidentales, j'eus 
» occasion d'observer plusieurs trombes. Il en passa une à moins de 3o ou 4o verges du 
>■ vaisseau où jV'tais ; je la considérai avec toute l'attention ])ossible et, quoi(|u'il y ait actuel- 
» leraent quarante ans, elle fit sur moi une impression si forte, que je nie la rappelle encore 
» bien distinctement. Toutes ces trombes parurent dans des intervalles de calme, c'est-à-dire 
■) entre les vents réguliers et les vents variables, au mois de juillet. Celle qui j)assa si près de 
» nous avait la figure d'un cône renversé, c'est-à-dire sa pointe tournée vers la mer, en ap- 

• prochant à peu près à 8 pieds de distance de sa surface, et sa base dans un nuage noir. 
» Nous avions un calme absolu; la trombe passa lentement à côté du vaisseau ; j'eus la faci- 
» lité d'observer clairement qu'il sortait delà trombe un courant violent de vent, qui faisait 
« une trouée d'environ 6 pieds de diamètre sur la surface de l'eau et soulevait l'eau en forme 
» de bourrelet circulaire et inégal autour de cet enfoncement, comme pourrait le faire un vent 
>) très fort d'une paire de gros soufflets dont le tuyau serait dirigé perpendiculairement sur 
» la surface de l'eau, et nous entendions clairement le même bruit de sifflement que les 
» bouffées de vent d'un pareil soufflet juoduiraient sur l'eau. Je suis très sûr qu'il n'y avait 
« rien que l'on pût rapporter à une succion de l'eau de la mer dans la trombe, à moins 
» qu'on ne voulût se faire illusion, en prenant le rejaillissement de l'eau, qui s'élevait en 
>. forme de bourrelet à j)eu de hauteur, pour de l'eau montant dans la trombe. Je distinguais 

• aisément un espace vide d'environ 8 pieds entre la mer et la pointe du cône, où rien n'in- 
» terrompait la vue, comme cela n'aurait pas manqué d'arriver s'il s'y était élevé de l'eau 
•> de la mer. Je vis dans le même voyage plusieurs trombes.... Je suis convaincu qu'il sortait 
>> de chacune de ces trombes un courant de vent et que c'était par ce courant de vent qu'il 
» y a souvent des vaisseaux tout à coup renversés,... quoiqu'il fît un calme parfait l'instant 
» d'avant que cette bouffée les frajjpàt. » 

» Voyons maintenant ce que dit le D'' Perkins dans ses lettres à B. Franklin [vol. cité). 
« Ce qui m'a donné occasion de penser que toutes les trombes descendent, c'est que j'ai 

• trouvé la chose bien constatée par rapport à quelques-unes; c'est qu'il m'a paru difficile 
>. de concevoir qu'un corps aussi pesant que l'eau put être élevé par aucune force à nous 
» connue qui soit suffisante pour cela; et c'est principalement l'inspection des dessins de 
» trombes que M. Stuart nous a donnés dans les Transactions philosuphiques. 

'> ... Cette circonstance de la courbure du sommet du buisson en dehors ne paraît pas 
» s'accorder avec ce que j'appelle un tourbillon direct [ascendant], mais elle s'accorde à 
» merveille avec un tourbillon renversé (descendant) ; car un tourbillon direct balayerait 
.« l'intérieur du buisson, si toutefois dans ce cas il y avait quelque apparence de buisson. 

» Quant au pilier d'eau, comme on l'appelle par rapjjort à sa forme, je suppose que ce 
» n'est que le bout de la trombe plongé dans le buisson, un peu obscurci ])ar la surface du 
» nuage, et qui est peut-être enflé à l'œil fort au delà de sa véritable grosseur, par une réfrac- 
>. tion qui peut encore occasionner cette apparence de séparation entre la partie qui plonge 
« dans le buisson et celle d'au-dessus. La partie engagi'e dans le buisson est cylindrique 
> aussi bien que celle d'au-dessus, c'est-à-dire que son épaisseur est la même depuis le 
. haut du buisson jusqu'à la surface de l'eau. Dans le cas d'un tourbillon {trombe ascen- 
» danle , au lieu de cette figure, ce devrait être celle d'une pyramide... 



( 4o5 ) 

o Je pourrais continuer ces extraits, mais je pense que cela suffit pour montrer qu'au 
xvm' siècle il y a eu bien des savants qui ne se sont pas laissé entraîner par le préjugé 
nautique dont il est question, et M. Faye peut être fier de rencontrer dans Perkins un cham- 
jjion qui a combattu dans le même tournoi que lui et pour la même cause. 

» Les réponses de Franklin à s(in ami ne sont pas à la hauteur du nom deceluiquiles a faites. 

» La théorie des trombes de Beccaria repose sur les attractions électriques, comme celle 
imaginée bien plus tard pal' Peltier et développée par M. IMarié-Davy. Il imitait, comme 
Peltier, les trombes en suspendant des goiittesd'eau au conducteurde la machine électrique 
au-dessus d'un vase d'eau. En clectrisant le conducteur, la goutte s'allongeait en bas et l'eau 
inférieure s'élevait sous la goutte. Il paraît que plus tard il ne donnait plus tant d'impor- 
tance à son explication, car, dans VEtettricismo artifiaalc (Turin, 1773), il n'en parlait plus 
exprès; seulement, en rap[)elant les expériences de Prieslley (p. 255) sur les gouttes d'eau 
suspendues qui s'allongeaient, il ajoute : Similmente clie io con gocce cosi alliirignte rap- 
presentava le trombe di mare ncW ElettriciMno naturale. 

1) Partant, si, aux écrits de Perkinsetde Cadwalader-Colden que j'ai cités, nous ajoutons 
les belles déductions de Buffon et les observations et conclusions de S])allanzani, dont jiarle 
M. Faye dans les Comptes rendus àe 187g, nous pouvons conclure que, dans le xviii° siècle, 
le préjugé nautique a été combattu par des savants illustres avec de solides raisons et d'ex- 
cellentes observations. 

» Spallanzani a vu directement et déclaré dans plusieurs endroits de son Mémoire le mou- 
vement tourbillonnaire dans les trombes qu'il a observées, soit dans le nuage et à la base 
de la trombe, soit dans les autres parties de celle-ci, et dans les conclusions, qui ne se trou- 
vent pas dans les Co«(/^/e\ rp«(/«j-, il dit explicitement que le mouvement tourbillonnaire, 
qui doit avoir son origine dans le clioc de vcnis contraires, part d'en haut, perce et tra- 
verse le nuage et descend en bas, quelquefois jusqu'à la nier, et quelquefois moins [irofon- 
dément. C'est donc au mouvement tourbillonnaire descendant qu'il attribuait l'abaissement 
des eaux et la formation du buisson, et non pas à un simple souffle de haut en bas. Certes 
il n'avait aucune idée de la vraie origine des tourbillons qu'il a observés. 

» Tout cela ne diminue en rien la gloire de M. Faye, qui, dans la discussion d'un 
nombre immense d' observations, a su démêler les faits vrais qui étaient dus à des illusions 
optiques ou à des préjugés, et surtout en déduire, d'après un mûr examen, la seule théorie 
qui soit d'accord avec les faits exactement constatés et à la hauteur de la Science actuelle. 
Les théories de ceux qui l'ont précède dans ce chemin sont loin d'avoir la précision et l'exac- 
titude de celle de M, Faye; quelques-unes même sont ridicules, et c'est pour cela que, dans 
mes citations, je n'ai rien dit des idées théoriques du D' Perkins et de Colden. > 

» Le passage précédent sur les tempêtes d'aspiration de Franklin a 
l'avantage de montrer par quelle voie ce grand physicien est arrivé à une 
idée si radicalement fausse. Un ouragan éclate à Philadelpliie juste au 
moment où Franklin se disposait à observer une éclipse de Lune. Le 
vent soufflait du nord-est vers le sud-ouest. Cependant, à Boston, situé à 
400 milles [Jus au nord-est, l'ouragan n'éclata que plus tard, soufflant aussi 
du nord-est, en sorte qu'on y put observer cette même éclipse. Il parut 
donc à Franklin que l'ouragan s'était propagé en sens inverse du vent 



( 4o6 ) 
violent qui le constituait. Pour s'en rendre compte, à une époque où l'on 
ignorait encore la nature gyratoire des tempêtes, il ne voyait, il ne pou- 
vait trouver qu'un moyen, c'était de supposer que lèvent soufflant du 
nord-est vers le sud-ouest était provoqué par un centre d'aspiration situé 
au sud-ouest, en arrière de Philadelphie (|)ar rapport à Boston), dans le 
golfe du Mexique par exemple, et que cette aspiration se propageait suc- 
cessivement, de manière à éhranler l'air de Philadelphie beaucoup |)lus 
tôt que celui de Boston, ville plus éloignée du centre d'appel. 

» Cependant, cette explication, suggérée par un premier aperçu, n'était 
pas admissible, même à l'époque de Franklin. En offet, une raréfaction 
qui se serait produite dans les couches inférieures de l'atmosphère, sur le 
golfe du Mexique, n'aurait pas aspiré seulement l'air situé dans la direc- 
tion de Philadelphie et de Boston : elle aurait été comblée par l'air affluant 
de tous les côtés à la fois, non seulement des régions basses de l'atmosphère, 
mais aussi des régions élevées, et ainsi elle n'aurait pas produit une tempête 
sur une ligne dirigée du sud-ouest au nord-est. 

» Pour rendre quelque vraisemblance à cette tempête d'aspiration, on 
était conduit à admettre cette autre hypothèse non moins singulière, à 
savoir que l'air affluant de tous côtés, non en souffle de brise, mais eu 
tempête, vers le vide du golfe du Mexique, ne parvenait pas à combler ce 
vide, parce qu'il se produisait là un puissant tirage vertical et que l'air 
affluant à basse température se trouvait enlevé à une grande hauteur. Par 
là, le vide ainsi produit devait tendre à se perpétuer sur place. 

» Cet échafaudage d'erreurs ne se serait pas un seul instant présenté à 
l'esprit de Franklui s'il avait su, comme nous, que les tempêtes sont gy- 
ratoires. Il aurait vu alors que si, dans cette tempête marchant du sud- 
ouest au nord-est, le vent soufflait du nord-est à Boston, en sens contraire 
de la marche de la tempête, c'est que Boston se trouvait dans le demi-cercle 
maniable, à gauche de la trajectoire de son centre. A droite, Franklin au- 
rait éprouvé un vent violent de sud-ouest. La marche de ce cyclone avait 
lieu, comme toujours, vers le nord-est : il a donc dû frapper Boston plus 
tard que Philadelphie, et si l'on a observé un vent de nord-est dans ces 
deux villes, c'est tout bonnement que la droite qui joint ces deux villes 
était située du même côté gauche de la trajectoire de l'ouragan. 

» Cette citation de M. J. Ijuvini a donc l'avantage de mettre en pleine 
lumière l'origine d'une erreur tenace qui a longtemps dénaturé la météo- 
rologie dynamique; elle répond, comme on le voit, à des faits, mais à des 
faits bien imparfaitement connus, sur lesquels on s'est trop hâté d'écha- 
fauder une théorie d'ailleurs insoutenable en elle-même. » 



( 4o7 ) 



MEMOIRES PRESENTES. 

M. Cii.-V. Zenger adresse, de Prague, un « Résumé des observations 
héliophotographiques et des grands mouvements atmosphériques et endo- 
gènes ». 

D'après l'auteur, ce résumé mettrait en évidence une périodicité de dix 
à treize jours, déjà signalée par lui, pour les grands mouvements cyclo- 
nitiues des couches élevées de l'atmosphère; il confirmerait l'opinion qui 
attribue une cause cosmique aux orages, aux aurores boréales et à tous 
les changements d'équilibre électrique ou magnétique de notre planète. 

(Commissaires : MM. Faye, d'Abbadie, Daubrée.) 

M. Debruge adresse une nouvelle Note sur les aérostats dirigeables. 
(Renvoi à la Commission des Aérostats.) 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de l'Instruction publique communique à l'Académie le 
désir exprimé par le gouvernement des États-Unis, que la France soit re- 
présentée à la réunion de la Conférence internationale, pour l'établisse- 
ment d'un méridien universel^ qui sera convoquée à Washington le i" oc- 
tobre prochain. 

(Renvoi à la Section d'Astronomie et à la Section de Géographie 

et Navigation.) 

ASTRONOMIE. — Détermination de la différence de longitude entre Paris et 
r observatoire de Bordeaux {Floirac). Note de MM. G. Rayet et Salats, 
présentée par M. Lœwy. 

« Les observations astronomiques nécessaires à la détermination de la 
ditïérence de longitude entre Paris et l'observatoire de Bordeaux (Floi- 
rac) ont été faites en octobre et novembre 1881 . La station de Paris avait 
été placée dans le pavdion méridien de la Marine, à l'Observatoire de Mont- 
souris. La station de Bordeaux était établie à 26"", 10 dans l'est du cercle 
méridien de l'observatoire de Bordeaux, et se trouvait pourvue d'un cercle 



( 'loS ) 
méridien i!e Rigaïul, très obligeamment prêté par M. l'amiral Mouchez, 
et d'nn chronographe de Breguet, appartenant an Bureau des Longitudes. 

« Les observateurs ont été : M. le lieutenant de vaisseau Salats, au nom de 
l'observatoire deMontsonris; M. G. Rayet, pour l'observatoire de Bordeaux. 

» Lt méthode suivie pour les observations et pour la discussion des résul- 
tats individuels est, dans ses principes essentiels, analogue à celle qu'a em- 
ployée M. Lœvi'y, dans son Mémoire Sur les longitudes de Berlin el de Bonn. 

» L'équation personnelle relative des observateurs a été déterminée 
deux fois, au commencement et à la Hn des observations, et les observa- 
teurs ont été intervertis. Dans chaque soirée les pendules ont été compa- 
rées deux fois. 

» Le Tableau suivant renferme les différentes valeurs de la longitude(non 
corrigées de l'équation personnelle) obtenues dans les diverses soirées : 

Première série (M. Rayet, à Paris; M. Salats, à Bordeaux). 

Dates. Loiigitnrle. 

m s 

1881. Octobre 16 ii.a6,3i6 

1. I ^ I 1 . 26, 223 

» 18 I I . 26 , 364 

» 29 I I . 36 , 296 

» 3o II .26,279 

Moyenne pondérée. ... 11 .26,2^5 
Krreur moyenne de la moyenne 

Deuxième série (M. Salats, à Paris; M. Rayet, à Bordeaux). 

Dates. Longitude. Erreur moyenne. Poids. 

111 s s 

1881. Novembre 6 11.26,014 ±o,o4o 1,27 

» 7 11.25,973 ± 0,042 1,1 5 

» 8 II .25,939 ± 0,029 '•'>4' 

i> Q 11.25,975 ± 0,029 2,4i 

» II 11.26,033 dr o,o3o 2,25 

» 12 11.25,907 ± 0,02g 2,4i 

» 19 11.26,008 ± o,o25 3,27 



Erreur moyenne. 


Poids. 


s 

± 0,025 


3,27 


± 0,024 


3,52 


± 0,025 


3,27 


±: 0,024 


3,52 


± 0,028 


2,58 


Poids de la moy . 


16,16 


± O'.OI I 





Moyenne pondérée.... 11.2^,977 Poids de la moy. r'),i7 
Erreur moyenne de la moyenne dz o',oi2 

» Les deux séries de longitudes |)résenlent une différence de o^agS, dont 
la moitié, o%i/)9, devrait être égale à la différence d'équalion persoiuielle 
des observateurs. En réalité, cette équation personnelle (Salats-Rayet) a 
varié de + o', 1 58 à + o%098 entre le 4 octobre et le 3o novembre, époques 
moyennes des deux déterminations directes. 



( 4o9 ) 

M Les valeurs individuelles de la longitude doivent donc être combinées 
a l'aide de deux hypothèses différentes. 

M Première hypothèse. — On peut d'abord supposer que les séries d'ob- 
servations antérieures au lO octobre ont définitivement fixé la manière 
d'observer des observateurs; la première série des longitudes doit alors 
être diminuée de o%i4<.) (valeur de l'équation personnelle révélée par la 
longitude elle-même), et la seconde augmentée de la même quantité. 
Dins cette hypothèse, les longitudes individuelles sont : 

Diitcs. Longitudes. Dates. Longitudes. 

111 s 111 3 

1881. Octobre i6 ii.a6,i67 1881. Novembre 7 11.26,12?. 

» 17 11.26,074 » 8 11.26,088 

i> 18 II. 26, 11^ » 9 11.26,124 

u 29 11.26,145 » Il Il 26,182 

» 3o 11.26, i3o » 12 ii.26,o56 

Novembres 11.26,163 » 19 11.26,157 

Moyenne pondérée 1 1 . 26, 126 

Erreur moyenne de la moyenne. ... ± oSooS Poids de la moyenne. . . 3i ,33 

» L'unité de poids est le poids d'une observation dont l'erreur moyenne 
serait ± o%o45. 

» Les nombres précédents ne montrent pas de marche sensible, en sorte 
que l'hypothèsede la constancedel'équation personnelle parait très probable. 

» Seconde hypothèse. — Si l'on suppose, au contraire, que l'équation per- 
sonnelle a varié proportionnellement au temps, et c'est la seule hypothèse 
mathématique susceptible d'être traduite en chiffres certains, puisque l'on ne 
dispose que de deux déterminations directes de cet élément, il faut appliquer 
aux longitudes individuelles une correction proportionnelle à la date de la 
longitude considérée et variant de o% 1 58 (4 octobre)à 0% 098 (3o novembre). 

» Les valeurs individuelles de la longitude sont alors les suivantes : 

m s m s 

1881. Octobre 16 11.26,170 1881. Novembre 7 11.26,097 

17 11.26,078 » 8 11.26,062 

18 11.26,120 » 9 "-26,097 

29 II 26,163 » Il 11.26,153 

, 3o ii.26,i'l7(') » '2 11.26,026 

Novembre 6 11.26,139 " >9 11.26,120(2) 

Moyenne pondérée i 1 .26, 1 16 Erreur moyenne de la moyenne ±0,008 

(') Moyenne pondérée de la première série, ii'"26%i35. 
h] Moyenne pondérée de la seconde s;'rie, 1 1" 26', 097. 

C. R., 1884, :" Sewest-e.iJ!. XCVllI, IS- 7.) ^^ 



( 4io ) 

M L'erreur probable de ce second mode de combinaison est identique 
à celle du précédent, le mode de correction de l'erreur systématique d'équa- 
tion personnelle n'intervenant pas dans le calcul. 

» Cette seconde valeur de la longitude diffère de la première de o%oio 
seulement, mais elle ne nous paraît pas devoir être adoptée. 

» En effet, dans cette seconde hypothèse : 

» i'' La moyenne des longitudes d'octobre est i i"'2G% i35, et la moyenne 
de celles de novembre, ii"26%097, inférieure de o ,o38 à la précédente, 
ce qui ne devrait pas se produire dans le cas où la correction de l'équation 
personnelle aurait été faite correctement. 

» 2° Les longitudes de chaque série sont concordantes entre elles, et 
ne montrent pas de variation systématique analogue à celle que donnerait 
un changement progressif dans l'équation personnelle, 

» 3" Si l'on considère les diverses déterminations individuelles de la lon- 
gitude comme des mesures indépendantes et de même poids, d'une quantité 
constante, l'erreur moyenne de la valeur delà longitude est, dans la première 
hypothèse, de dr o%oi i, et dans la seconde hypothèse, de ± o%oi3 ; l'ac- 
croissement de l'erreur moyenne dans la seconde hypothèse semble prouver 
qu'elle comporte une correction inexacte de l'équation personnelle ('). 

» 4° Enfin tout concourt à faire penser que les conditions physiolo- 
giques dans lesquelles se fait la détermination directe de l'équation per- 
sonnelle sont assez différentes des conditions des observations elles-mêmes 
pour pouvoir conduire à une valeur inexacte de l'équation personnelle. 

» Pour ces diverses raisons, nous croyons qu'd faut adopter le mode de 
combinaison qui suppose l'équation personiielle constante et prendre pour 
différence de longitude des piliers de Montsouris et de Bordeaux 

II '"26% 126 ±:o%oo8. 

» Le pilier de Montsouris est de 0% 238 à l'ouest du méridien de Cassini ; 
le cercle méridien de l'observatoire de Bordeaux est à o%o8o à l'ouest du 
pilier de la longitude. 

» La longitude du cercle méridien de l'observatoire de Bordeaux est donc 

Il '" 26% 444 ±0% 008 
à l'ouest du méridien de Paris. » 



( ' ) La moyenne arithmétique des longitudes individuelles calculc'cs dans la première hy- 
pothèse est ii'"26Si'24±o',oii; la moyenne des longitudes individuelles calculp'es dans la 
seconde hypothèse est 1 1'"36*, 1 14 ± o',oi3. 



( 4ii 



PHYSIQUE DU GLOBE. — Remarques à propos des recherches qui ont été faites 
sur la propagation des ondes atmosphériques produites par les explosions de 
Kiakatoa. Lettre de M. Foerster à M. Wolf. 

« Dans quelques Communications publiées dans les Comptes rendus, sur 
la propagation des oncles atmosphériques produites par la grande explo- 
sion de Rrakatoa, on a fait mention des observations analogues de Berlin, 
publiées par moi, comme si elles constituaient une espèce de titre de priorité. 

» Le texte de ma publication ne justifie pas cette interprétation ; cepen- 
dant, dans l'intérêt de la vérité scientifique, je vous serais très obligé, si 
vous vouliez bien déclarer en mon nom que je ne prétends à aucune priorité 
dans ces observations. J'ai simplement été amené, par une publication du 
général Strachey, dans le journal anglais Nature, sur les observations 
barométriques de ces ondulations en treize stations différentes, à exa- 
miner les courbes barométriques de notre Institut des Poids et Mesures : 
j'y ai trouvé les ondulations indiquées de la manière, si distincte et si 
décisive, que j'ai décrite dans ma Communication destinée au grand public, 
en ajoutant expressément que c(S observations n'étaient qu'une contribu- 
tion à l'évidence qui ressortait d'un grand nombre d'autres faites en diffé- 
rents lieux. J'ai seulement omis de nommer à cette occasion M. le général 
Strachey, parce que, d'après sa publication elle-même, on ne pouvait pas 
décider encore quel était le premier et véritable auteur ou promoteur de 
cette recherche intéressante. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les diviseurs de certains polynômes et l'exis- 
tence de certains nombres premiers. Note de M, A. Genocchi. 

« Les théorèmes indiqués par M. Lefébure ( ' ) me rappellent une 
Note que j'ai publiée en 1868 dans les Annales de MM. Brioschi et Cremona 
et dont j'ai présenté un extrait dans la séance du 21 mai 1876 de l'Aca- 
démie de Turin, à l'occasion de recherches analogues de i\L Edouard 
Lucas. Dans cette Note, j'ai considéré des polynômes A^ et B^, fonctions 
entières des deux quantités quelconques a et b, en posant l'équation 

(a + v' è)' = A, + B,V^ 

(') Voir même Tome, p. 293. 



( 4'2 ) 

et désignant par A' un nombre entier positif. Les polynômes A^ et Ba, quoique 
différents de ceux qu'a étudiés M. Lefébure, jouissent de propriétés inté- 
ressantes, dues en partie à Euler, Lagrange, Legendre, et qui conduisent à 
démontrer l'existence de certains nombres premiers. 

» Si rt et è sont deux nombres entiers, A/, et B;; sont des nombres entiers 
et ne pourront avoir pour diviseurs communs des nombres premiers im- 
pairs qui ne soient pas diviseurs communs de a et h. Nous supposerons 
toujours a (i\.b premiers entre eux. Pour deux valeurs m et m' de k^ dont 
le plus grand commun diviseur soit p., tout diviseur impair commun àB,„ et 
B,„' sera aussi un diviseur de B|j. ; m et ii étant deux nombres entiers posi- 
tifs, on aura B„„, divisible parB,„, et le quotient Q ne pourra avoir avec B,„ 
des diviseurs impairs communs qui ne soient pas diviseurs du nombre n. 

» Soit p un diviseur premier impair de ce quotient Q, tel que ni b ni Ji 
ne soient divisibles par p : b sera un résidu ou un non-résidu quadratique 
de p, et dans le premier cas B^ ,, dans lesecond B^^, seront divisibles par /;. 
De là on conclut que, si n est un nombre premier, et m mie puissance 
74'"' du même nombre, l'indice p =p i sera un multiple de mn — n', et l'on 
aura p z^z 1 = /l'z, p ^^ n'z± i. Ainsi nous aurons trouvé des nombres 
premiers de ces deux formes ii'zdz i, où 71 peut avoir la valeur 2, et /, :; 
seront des nombres entiers positifs. 

» On peut discuter les cas particuliers de b = dz i , i = zt 2, avec a 
multiple du nombre premiers. Il est facile d'en déduire que, pour b=^-hi 
tout diviseur premier impair de Q sera de la forme n' z + i , m pouvant être 
égal à 2 ; et que pour è = — i , si l'on prend a pair et n de la forme 4 /?• -1- 3, 
Q aura quelque diviseur premier n'z— i de la même forme 4A' + 3. Pour 
h :^ ± 2, on obtiendra encore des nombres premiers p = n' z — i diviseurs 
de Q, qui soient de l'une des formes 8A±3si // est de la forme 8/t— i 
ou bien qui soient de la forme Sk — 3 ou de la forme Sk — i si « est de 
l'une des formes 8k — i, 8k ± 3. 

» En prenant a = 2, b = — i, on démontre qu'il existe des nombres 
premiers de la forme -i'z — i qui sont diviseurs de la formule 

(,-^v/^)*-(2-v/— r 



ay/— I 



si l'on suppose que A; soit une puissance de 2. 

» Si n est un nombre premier impair quelconque et b l'un de ses non- 
résidus quadratiques, on trouvera aussi des nombres premiers p — n'z—j, 



(4i3 ) 
qui, de plus, vériBent la condition d'avoir b pour non-résidu quadra- 
tique. 

» Soit enfin m un nombre entier quelconque : on peut démontrer qu'il 
existe des nombres premiers de la forme mz ■+- i et de la forme mz — i , et 
qu'il en existe une infinité pour chacune de ces formes. Pour la forme 
mz + I , on prend a multiple de tous les diviseurs premiers de m, et i = i ; 
pour la forme mz — i, on a recours à l'équation binôme oc'" — i =o et à 
l'équation X = o, ayant pour racines les racines [)rimitives de l'équation; 

on fait X = " "^ _ et l'on prend b — — Ir, avec a et h nombres entiers : 

a — v'^ 
la valeur que prendra la fonction entière X aura des diviseurs premiers 
mz — I de la forme 4^' + 3. 

» Quelques-uns de ces théorèmes fournissent une démonstration simple 
du théorème de Fermât généralisé depuis immensément, par Legendre, 
d'après lequel le double d'un nombre premier «delà forme 8X- — i est la 
somme de trois carrés. En effet, on déduit de nos énoncés qu'il est possible 
de déterminer trois nombres entiers r, s, t satisfaisant à l'équation em- 
ployée par Dirichlet 

2nt- + /• — 2 «/.y = — 1 . 1) 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la coinfjosilioit de ijol/tiùmes cjui nadmelteiit 
que des diviseurs premiers d'une forme délerminée. Note de M. Lefébure, 
présentée par M. Hermite. 



n—1 _, TJ«-) 



« Les polynômes de la forme A""' + A"-=B + . . . 4- AB''-^ + B 



ou 



« est un nombre premier, où A et B sont des nombres quelconques premiers 
entre eux, B pouvant prendre le signe —, n'admettent que des diviseurs de 
la forme Un 4- i; n est aussi diviseur si A — B est divisible par n. 

» Je vais établir que ces diviseurs, à l'exception de ri, sont nécessaire- 
ment de la forme H'n- + i si A et B sont des puissances «"""=*. 

» Je rappelle d'abord l'énoncé d'un théorème que j'ai démontré dans 
un Mémoire sur les résidus des puissances n'^™»* des nombres, sur lequel je 
m'appuierai, et qui a aussi ses applications dans d'autres questions. 

» p désignant un nombre premier de la forme H/z + i, les résidus des 
puissances «''"'»<'" des nombres obtenus par le diviseur p sont au nombre 
de H. Si je considère la suite des (p — i) premiers nombres i , 2, 3, . . . , (p—i), 
cette suite peut se partager en H séries de Ji nombres chacune, de telle sorte 
que les nombres d'une même série élevés à la puissance «"""* conduisent à 



( 4i4 ) 

un même résidu et que leur somme soit un multiple de p. J'ai démonlré, 
de plus, qu'il se présente toujours l'un des deux cas suivants : i" les nom- 
bres sont tous résidus dans certaines séries, et dans les autres aucun d'eux 
n'est résidu; 2*^ dans chaque série il y a un résidu, mais un seul. 

» Exemples. — Soient p = ig, H = 6, n — 3. Ces dix-huit premiers 
nombres forment les six séries suivantes : 



sidiis. 




Résidus. 




RL'sidiis. 






I.. 1+7+11=: 


'9' 


8.. 


2+ 3+i4 = 


19,1 II.. 


1 + 1 3 + I j =1 


19,2 


■j.. 4+6+ 9 = 


•9. 


i8.. 


8+12 + 18=- 


19,2 II.. 


')+ 6+ 17 = 


■9-2 



Dans chaque série, les sommes sont des multiples de p. Les résidus com- 
posent deux séries; dans les autres, il n'y a pas de résidus. 

» Soient p = 4i, H = 8, « = .5; on a les huit séries suivantes : 



Résidus 

3. . 

9-- 
,4.. 



Résidus. 

1+ 10+ 16+ i8 + 37 = 4',2 4o--- 40 + 3i +25 + 23 + 4 = 4' >3 

ii + i2 + 28 + .34 + 38 = 4i,3 38... 3o + 29+ i3+ 7 +3 = 41 ,2 

5+ 8+ 9 + 21+39 = 41,2 32... 36 + 33 + 32 + 20 + 2 = 41,3 

i5 + 22 + 24+27 + 35 = 4i ,3 27... 26+19+17 + 14 + 6 = 41,2 



Dans chacune de ces séries, un seul des termes est résidu. 

» Lorsque le premier cas a lieu, H est nécessairement divisible par n, 
car le nombre des résidus est un multiple de n, et H représente ce nombre; 
p est alors de la forme Wn- -+- i . 

» Cela posé, soit p un diviseur de A""' -1- A" "B + . . , + AB"'= + B"^', 
diviseur de la forme H/i -t- i; soit A = C" et d'abord B = i , Je remplace 
A et B par C" et i dans le polynôme précédent; il vient 

C«'«-" + C«t«--) -t- . . . -+- C" + I = (mod. p), 

et, si l'on multiplie par C"— i , on obtient 

(C")" — = (mod.^). 

Soit a le résidu de C" divisé par p, de sorte que 

C"^a (mod. ^), a" — 1^0 (mod./j). 

a ne peut éîre l'unité, car alors C"'"~"-f- C"*""-' -t- . . . -t- C"-|- ieeeo (mod. p) 
deviendrait «seeo (mod. p) en vertu deC's^i (mod. p), ce qui est impos- 
sible. 

» Soient r, s des nombres moindres que n, de sorte que r — s soit 
moindre que fi et, par suite, premier avec « nombre premier; les résidus 



(4.5 ) 
obtenus par les divisions de a'^, «* par p sont différents. Eu effet, supposons 
qu'ils puissent être égaux; on aura 

a''E^(/J {mod. p), c/' {a.''' — i) ^EEi o (inod. p), a''— t^^o (raod./j), 

en posant /• — .? = h. On a déjà x"— i ^o (mod./j). Soit ?i r= /ip -+- h'; il 
vient, en remplaçant n par sa valeur dans a" — i^o (mod. p), 

[c/J'Y c/}' — \ ^^z o (mod./j), d'où a.'''— iheeo (mod. /î), 

en vertu de a^— ie=o (mod. /j). Comme 7i et h sont premiers entre eux, 
on arrive, eu agissant sur h et /^' comme sur n et A, et ainsi de suite, à un 
dernier reste égal à l'unité; par suite, on obtient a — i^o(mod./;), ce 
qui n'est pas possible, puisqu'on a vu que « est différent de l'unité. Ainsi 
(/!', /3% divisés par/?, donnent des résidus différents. De plus, si on les élève 
à la puissance ii'""% ils conduisent à un même résidu, au résidu i. En 
effet, on a 

a"— lEso (mod./?), d'où (x')"— ie^ o (mod. /?), (x*)" — ieeho (mod./?). 

On est donc dans le premier cas indiqué précédemment. Ainsi /j est de la 
forme \\'n'^-{- i, ce qu'il fallait établir. 

» Nous avons supposé B = r; soit, plus généralement, B = D"; alors 
A"-' 4- A"--B + . . . 4- B"-' conduit à 

C"("-') + C"f"-=)D"+ . . . 4- C"D""'-*' -+■ D"f"-" = G (mod. /)), 
(C)"— (D")" = o (mod./j). 

Posons D"hsC"R" (mod./j), ce qui est toujours possible d'après les pro- 
priétés des résidus; il vient, en remplaçant D" par sa valeur et en suppri- 
mant les facteurs C"'"""", (C")", qui n'admettent pas le facteur p, 

, _l_R«4-...-l-R"(«-2) 4-R"("-))==o (mod.p), (R")"-i = o (mod./;). 

On est donc ramené au cas précédent; p est donc encore de la forme 

H'Ai»+I. 

» Applications. — Soient « = 3, A = 4S B = i; on a 

4» + 4^' + i = 3.19.73, 19 = 2.3--+-!, 73 = 8.3=4-1. 

» Soient « = 5, A = 2% B = i; on a 

22»— 2"4- 2'»— 2=4-1 = 1016801, 
nombre de la forme H'fr 4- i . 



( 4i6) 
» Soient n = 3, A = 3', B = 2' ; on a 

3"+ 3'. 2-'+ 2^ = 1009, 

nombre premier de la forme B'tr + i . » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur cerlaines substiltilions linéaires. 
Note de M. E. Picard, présentée par M. Hermite. 

« J'ai, en étudiant quelques groupes hyperfuchsiens, montré l'inlérèt 
qui s'attache aux substitutions linéaires relatives aux deux variables ce 
et j^, de la forme 

, . „ _ M,j+ P,,)--i-R| - . _ M../+P».)- + R; 

^'^ ~ M,.,:-^-P,x + r/ - M3.*- + P,r + R3' 

spécialement dans le cas où ces substitutions conservent l'hypersphère 

» Diiis une Note insérée au dernier numéro des Comptes rt'ndus,M..Vo'm- 
caré a montré comment ces substitutions pouvaient être classées en sub- 
stitutions elliptiques, hyperboliques ou paraboliques. Eu me plaçant h un 
point de vue un peu différent de celui de IM. Poincaré, j'avais aussi été 
conduit à celte classification : c'est ce que je demande la permission d'in- 
diquer rapidement. 

» En supposant, comme il est permis, que le déterminant des coeffi- 
cients (M, P, R) soit égal à l'unité, on a les relations suivantes : 

j M./x.+Mo/x, -m,iJ., = 'P,T:,-hP.,7:,-?,T:,= i, 

les lettres grecques désignant les conjuguées des grandes lettres correspon- 
dantes. 

» Cherchons maintenant les points doubles de la substitution (i); ils 
seront déterminés par les équations 

_ Mi.J4-Pir + Ri _ Mj.v + Pa.r -f-Rj 

^ ~ M,.r + P,j- + R,' J" — M,.,: + P,r 4- R, ' 



( 4i7 ) 
ce qui peut s'écrire, en désignant par k le dénominateur, 

m.x -I- (p, - k)j -H R, = o, 

Mja; 4- P37 + R3 — A-= o; 

d'où une éi| nation du troisième degré en k. Or, en tenant compte des rela- 
tions (2), celte équation peut s'écrire 

(a) k'-^Bk-—B,k-i=o, 

où l'on pose B = — (M, +Po 4- R3), et Bo étant la conjuguée de B. 

» Bornons-nous au cas génrrai où l'équation (a) aura ses racines dis- 
tinctes. Deux circonstances peuvent seulement se présenter : 

» 1° Les trois racines de l'équation (a) ont un module égal à l'unité : 
c'est le cas de la substitution elliptique. Une discussion bien simple montre 
que, parmi les trois poinis doubles, il y en a un seulement à l'intérieur de 
l'hypersphère, les deux autres étant à l'extérieur. 

» 2" Les trois racines de l'équation («) ont la forme 

le module réiant différent de l'unité; c'est le cas de la substitution lijpei- 
Loliqne. Aux racines A', et A., correspondent des points doubles situés sur 
l'hypersphère : c'est ce que l'on voit, en remarquant que l'on a 

XXo+YYo-i= „^^.„^^,,^^:^p^^^^^) (.rXo + ;7o-0- 

Puisque X = a: et Y = j, on en conclut xx^ -+- 7/0 — 1 = 0; car 

norme(M3a; + P37 + R3), 

qui est égal à AA,,, est différent de l'unité. 

» Quant au troisième point double, correspondant à la racine A,, il est 
situé en dehors de l'hypersphère. » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une équation du degré m qui n a jamais plus 
de deux racines réelles. Note de M. D. André, présentée par M. Hermite. 

« L'équation que je considère est l'équation algébrique 

i/ox"' — II, x""^' + u,.x"'~- — u,x"'-' + . . . — o, 
dont le premier membre est un polynôme entier en x, du degré m, com- 

C. R., iS84, 1" Semestre. ( T. XCVIII, N» 7.) ^4 



(4.8 ) 

pose de m + i termes, ne présentant que des variutions, et dans lequel 
les valeurs absolues ;/„, m,, lu, u^, . . . des coeffici 'nls sont les termes d'une 
série récurrente proprement dite, définie par l'égalité 

» Tous les coelficients de cette équation sont évidemment déterminés 
dés que l'on donne les valeurs absolues m,,, h, des deux premiers, ainsi 
que les valeurs des paramètres constants a et /3. Dans toute cette Note, u^ 
et u, seront des nombres positifs quelconques, et il en sera de même de 
a et de |3. 

» L'équation considérée n'a évidemment aucune racine négative. Pour 
trouver une limite supérieure du nombre de ses racines positives, il suffit 
de lui appliqiier l'un des théorèmes que j'ai fait récemment (' ) connaître. 

» D'après ce théorème, si l'on appelle v le nombre des variations du 
premier membre de l'équation et 6 le plus grand nombre de trinômes 
abaisseurs de la première espèce, distincts et compatibles, que présente 
ce premier membre, le nombre des racines positives est au plus égal à 
i> — 29, e!, s'il est inférieur à cette différence, c'est d'un nombre pair. 

» On connaît déjà v, qui est toujours égal à m, puisque le premier 
membre de l'équation considérée se compose de m -+- i termes et ne pré- 
sente que des vari.itions. Il reste à calculer 0. 

» Or, le premier membre en question nous offre une suite ininterrompue 
de trinômes abaisseurs de la première espèce, car, les termes de la série 
11^, u,, u.,, W;,, . . . satisfaisant, comme il est facile de l'établir, à l'égalité 

K — ««-1 "«+1 =— fii'C , — "u 2 "«)» 

K'S valeurs successives du carré u^ sont allernativemeul supérieiu'es et 
inférieures à celles du produit ii„_,M„+,. Ces trinômes abaisseurs sont 
d'ailleurs tous distincts. Ils sont aussi tous compatibles : en effet, on peut 

voir aisément que les valeurs successives de la fraction -^^ ne sont antre 
chose que des valeurs approchées, et de plus en plus ajiproché's, alterna- 
tivement par excès et par défaut, de l'expression ^ (a + V'^' -f-4iS), qui 
en est la limite; d'où il suit que cette expression est comprise, à la fois, 
dans tous ces trinômes abaisseurs. 

» Cela étant, supposons, en premier lieu, que le degré m de notre 



Dans la séance du 28 janvier 1884. 



[ 4i9 ) 
équation soit pair et égal à 2k. Si la suite des trinômes abaisseurs com- 
mence avec le premier terme de l'équation, Q est égal à k; la limite supé- 
rieure V — 2 est égale à zéro, et l'équation n'a aucune racine positive. Si 
la suite des trinômes abaisseurs commence seulement avec le second terme 
de l'équation, d est égal à jt — 1; la limite supérieure t^ — 20 est égale à 2, 
et l'équaliun ou bien a deux racines positives, ou bien n'en a aucune. 

» Supposons maintenant m impair et égal à 2/c + i. Que la suite des 
trinômes abaisseurs couunence alors avec le premier ou avec le seci nd 
terme de l'équation; cette suite contient toujours A' trinômes; la limite 
ç — 2Q est toujours égale à l'unité : l'équation a une racine positive, ni pins 
t)i moins. 

» Couuiie application de ce qui précède, on peut citer l'équation mi- 
métique 



X" 



3a;'«-3-H 3x"'-' 



où la valeur absolue de chaque coefficient est la somme des valeurs ab- 
solues des dtux coefficients qui le précèdent, c'est-à-dire où les valeurs 
absolues des coefficients forment la série récurrente i, i, 2, 3, 5, 8, . . . , 
qui a été imaginée par Cassini, et que l'on désigne d'ordinaire sous le nom 
de séiie de Lamé. 

» Cette équation numérique correspond au cas particulier le plus 
simple, celui où les nombres u„, u,, a et p sont tons égaux à l'unité. Si 
m est impair, elle n'a qu'une racine réelle, qui est positive; si m est pair, 
elle n'a que des racines imaginaires. » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une équation dijjérendelle du troisième ordre. 
Note de M. E. Gours.vt, présentée par M. Hermite. 

i< Le problème de la transformation des séries hypergéométriques, tel 
qu'il a été posé par M. Kummer {Journal de Crelle, t. 15), conduit à la 
lecherche des intégrales de l'équation différentielle du troisième ordre 



/ -J" _l(^ 



[ - ■y'-]z''-h (),^ + ■/-— p^'— iiz + (i — X-) _^,, 



2Z^ Z 



(') J (i-./^)r^+ (V^ + -/-^ -t.'^-i]t+[i-V^) 



o,r-{( — 



qui sont des fonctions algébriques de t. Un calcul facile montre que l'équa- 
tion (i) est vérifiée par toute intégrale commune aux équations du premier 











( 4^-0 ) 


ordre 










(2) 








A;2+Bz + C ,2 A' r- -h W t -h C 


(3) 








z' k 


z'[z — i)"' ~~ ti'[t— l)'"'' 


pourvu 


que 


l'on 


ait 





X==(/-i)=-/iC, 'u.= =r(m -i)='-4(A +B + C), v==:.(Z + m - i)= = 4A, 
X'2 = (Z'-i)=-4C', ii.'- = [iu'- ,)^-4(A'+B'+C'). V' = [l' + m'- if^l^k'. 

3'ai déterminé, dans ma Thèse, tous les cas ou les équations (2) et (3) 
admettent une intégrale commune, et calculé ces intégrales. Ou n'obtient 
pas ainsi toutes les intégrales algébriques de l'équation (1), mais la métho le 
que j'avais suivie est susceptible d'être généralisée et appliquée à l'étiule 
des solutions rationnelles de l'équation de Kummer. J'ai l'honneur de pré- 
senter à l'Acadéfiiie les résultats que j'ai obtenus. 

» Si un des éléments X, p., v doit rester arbitraire, il n'existe pas 
d'autre intégrale rationnelle que les intégrales déjà connues, qnirésnltent 
des équations (2) et (3). Pour qu'd en existe d'autres, il faudra que >,, u., 

V soient les inverses de nombres entiers supérieurs à i : X= — > a = -> 



V = -• Cette condition étant remplie, la question se ramène à un [iroblème 

d'Algèbre, qui consiste à former une fonction ratioiuielle ^{t) jouissant des 
propriétés suivantes : 

M 1° Pour toute valeur de a, différente de o, i , co , l'équation 

(p[t) = a 
n'a que des racines simples; 

» 2° Les racines des trois équations 

( 9(0 = 0, 
(4) 9(0 = ', 

( 9(0 = ^. 

qui ne sont ni o, ni i, ni co , sont racines multiples, d'ordre m pour la pre- 
mière, d'ordre ?i |)Our la deuxième, d'ordie p pour la troisième. Inverse- 
ment, toute fonction rationnelle Jouissant de ces pi'Oj)riétés sera une inté- 
grale de l'équation (i) pour des valeurs convenables de X', ^i , v', qui seront 
réelles et comnifiisurablos. Il est visible qu'à chaque fonction (p{t) corres- 



(5) 



') 



( 42. ) 
pond une identité d'une forme simple, telle que 

l f{t -iyP'«+Q"4-R''=o, 
I rP'"+(/ - i)^Q"+ 11''= o, 

P, Q, R étant des polynômes en ^ ; et à chaque identité de cette forme cor- 
respond aussi une intégrale, sous certaines restrictions relatives au degré 
des polynômes qui y figurent. Il est aisé d'obtenir un grand nombre de 
pareilles identités, soit en partant des transformations déjà connues, soit 
par la méthode des coefficients indéterminés. Voici comment on pourra les 
grouper. Soit p le plus petit des degrés des polynômes P, Q, R; il est com- 
mode, pour le calcul, de ranger dans une même catégorie toutes les iden- 
tités pour lesquelles p a la même valeur. Les intégrales d'une même caté- 
gorie peuvent être regardées comme les intégrales communes à deux 
équations différentielles du premier ordre, analogues aux équations (2) et 
(3). Ces équations sont très utiles pour donner une limite supérieure des 
nombres r et 5 et des degrés des polynômes P, Q, R. 

)/ J'ai calculé toutes les identités pour lesquelles le nombre p est égal à 
l'iuiité; ces identités sont très nombreuses. La plupart se rapportent aux 
cas d'intégration algébrique de l'équation hy[)ergéométrique. D'autres 
correspondent aux cas étudiés par M. Halphen (Coi»/j<es /oit/ws, 4 avril i88r), 
où la variable est une fonction uniforme du rapport des intégrales, et par 
là se rattachent à la théorie des fonctions fuchsiennes; je citerai les sui- 
vantes, qui sont précisément dans ce cas : 

(6) (5«' + i5«- + io« 4- 2)- — 4(2;^ + i)* = n*(25H'" + 22« + 5), 



ou 



(7) 



ou 



4 J— I , I I + 9. J— I 

"25 25 

i6(3ii' + iou--\-%u-^ hf — (63«''+ \[\ou'^ + i68i^=-t- 96M -f- 32)^ 
= 9m'(48h- -h 39M + 24), 



7 \/7 V^- ' , i3-f-7 s/vy/^ . 

" - KJ ^ 3^ ' 

(8) l - ^'i2t[i - tf {i + tf 

( = (r' — 60^'+ i34i-— 60/î 4- i)\ 

» On a resprclivement pour valeurs de X, p., v, X', p.', v' dans ces trois 



422 



exemples 



>- = ^. 


F- = ï^ 


v = |, 


A'=,^' = i, 


v'=ïï; 


^^h 


t^- = h 


V = {, 


X'=fx'=i, 


v' = i; 


>- = ï. 


F- = ^' 


v = i, 


x'=:, /x'=i 


, v'=^ 



» La catégorie précédente comprend, comme cas particuliers, les trans- 
iormations trouvées par M. Brioschi pour l'équation de l'icosaédre [Annali 
di Maiematicn, t. X, a'' série, p. 127). 

» Je ferai encore la remarque suivante. Dans les identités (5), on peut 
supposer que l'un des nombres m, 7î, p soit nul; alors l'élément corres- 
pondant n'est assujetti à aucune condition : c'est précisément le cas que j'ai 
étudié dans ma Thèse. Il peut aussi arriver que l'un des deux nombres r, s, 
ou même tous les deux soient nuls; mais il est à remarquer que cette cir- 
constance ne pourra se présenter que dans les cas d'intégration algébrique, 
et elle se présente en effet. Si l'on a à la fois r = ^ = o, on retrouve les 
identités signalées par M. Halphen au début de la Communication déjà 
citée. » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une courbe élastique. Note de M. Halphen, 
présentée par M. Maurice Lévy. 

« M. Maurice Lévy a montré (') qu'une verge élastique, de forme cir- 
culaire, soumise à une pression toujoiu's normale et uniforme dans toute sa 
longueur, se place en équihbre suivant une courbe dont la courbure en 
chaque point est une fonction linéaire du carré de la distance de ce point à un 
centre fixe. Il en a conclu que les questions concernant l'équilibre de la 
verge se ramènent à des problèmes sur les fonctions elliptiques. Effecti- 
vement, l'arc s, le raj on vecteur r et l'angle polaire ô de la courbe d'é- 
quilibre sont liés ainsi : 

, . , rdf ,. dr Ar*+B/-2+C 

(l) flJ = -^= , dd = — 



» Les constantes B, C ne sont pas données; elles dépendent des condi- 
tions du problème, mais la constante A est donnée; son expression est rr^, 

(') Sur un nouveau eus inlcgrahle du problème de l 'élastique et l'une de ses fipplications 
( Comptes rendus, t. XCVII, p. Gg4 ; et Journal de Mathéinaliqucs pures et appliquées, 
3° série, t. X, p. 5). 



( /,23 ) 

oélant la pression, £ le coeificient d'élaslicilé et 1 le iiionieiit d'inertie de 
la section droite par rapport à un axe, mené au centre de gravité de la sec- 
tion, perpendiculairement au plan de la coui be. 

» Avec les notations des fonctions elliptiques adoptées par M. Weicrstrass, 
l'inversion des. formules (i) se fait comme il suit. La lettre u désigne une 
variable), p et a des constantes. Ces quantités sont réelles ainsi que les 
invariants g2, g^, 






►\. 






'«)]• 



V . \ /'3 c 



V\ I \2 



2/ " /•' . \ /3<' 

iu\ c[ 



» Voici les expressions des constantes primitives : (}'3(c) désigne la fonc- 
tion relative à la multiplication par 3, savoir '^^{v) = "^ ^' • 

A _ ' p_ P'>) r— "'^^t"), 

2«''p'(<')- 2«|,(c)- p (c)- 

» Pour le cas où la figure primitive de la verge est un anneau, M. Mau- 
rice Lévy a précisé le problème ainsi : La courbe doit être fermée et avoir un 
périmètre donné. 11 l'a résolu par l'emploi direct des formules (i). J'ai 
traité le même problème au moyen des formules inverses (2), et je vais 
brièvement indiquer les résultats. 

» Les équations (2) représentent des courbes très variées, qui peuvent 
avoir des points doubles ou être formées de plusieurs parties distinctes. Ces 
cas doivent être écartés ici : pour ce but, il faut supposer le discriminant 
gr^ — 2'] gl négatif, c'est-à-dire les périodes alv' et K -1- i'R', K et K' étant 
réels et positifs. En outre, l'argument v, qui, en général, peut sans restric- 
tion être choisi entre R' et 2R', doit être moindre que jR'. En posant 

K^ _ TOI'— K'i 

fj — e~'^'', h^e '^ , 

on exprime la condition de fermeture en fonction d'un nombre positif et 
entier n par l'égalité 

(3) ;=^-=[7i-,(7,-'')-^(i-''=)— ^^--''- 



■l'\k' 



); Comme h et q sont positifs et moindres que l'unité, le second membre 
est moindre que l'unité. Donc, s'il y a déformation, le nombre n est, au moins, 



( klk ) 

éijal à 2, comme l'a trouvé M. Maurice Lévy. Le périmètre S est donné 



ainsi : 



A 



(4) 






-4^,o,-")-T#7(p-'")-T¥^.a.-''')--} 

)i De là se déduit aisément un minimum pour AS'. Soit -r = r, 

on a 



Ai >"' 



^"•(^-O- 



» Or, le second membre décroît constamment pourra' croissant à partir 
de l'unité. Comme ?i' est compris entre i et n, la |)lus petite valeur qu'on 
puisse supposer au second membre correspond à l'hypothèse n' = n. Donc 



» T.a supposition n^= i donne le nombre 3 pour le minimum absolu. 
D'après l'expression de A, donnée plus haut, si l'on fait S = 27tR, on a 

El ^^- 

)) Donc toide déformation est impossible si l'on a pris ~- <; 3. C'est le ré- 
sultat que M. Maurice Lévy a annoncé comme probable. 

» La limite (n- — i) ne peut être atteinte que si ç est nul : les fonctions 
elliptiques disparaissent et la déformation est nidle. C'est ce qui se vérifie 
dans les formules ci-après, où l'on trouvera, sous forme explicitement 

réelle, les éléments de la courbe. La variable u a été remplacée par — > 

et X est compris entre zéro et n. La courbe a pour axes de symétrie les 
rayons aboutissant aux sommets d'un polygone régulier de 2« côtés; les 
formules donnent la portion de courbe répondant aux angles polaires de 

zéro à -, ce qui suffit à cause de la symétrie. 
(5) s = ^jc. 



X ^ f\ — Jh <l , ■>■'. 

--H X — arc tane '^^^tans- )— arc tai 

\n "V 1-4- Jlr'n ^ 2 



(6) 6 = { ,„=« 7«=« 

V' I— (/iV/)"' lq\"'. Y'(--'l"'+' I — (/w)'" lq\'" . 



( 425 ) 

» Parmi les divers modes de développement que fournit la théorie des 
fonctions elliptiques, j'ai choisi ce dernier parce qu'il met en évidence la 
condition nécessaire, dont j'ai parlé plus haut, t'<^R'. En effet, cette 
condition équivaut à <7 << A'; elle est exigée pour la convergence du déve- 
loppement ((')). 

» L'expression du rayon vecteur se compose avec deux séries 



2 / «TT 



-[ — ] v'iM^ + N^ 



f'Y- 
M 






, + y/,)cos^_a^ _ V ^ _ , \'«-. ... ' + {n''y , . , ^^^ „^^ 






sHim.r. 



» Cette dernière formule donne, avec (5) et (6), les éléments de la 
courbe en fonction du paramètre a: variable et des constantes positives q, 
h, astreintes aux conditions A<^ i, ç < //% liées, en outre, par les éga- 
lités (3) et (4) aux données, qui sont AS' et le nombre entier n. » 

THERMODYNAMIQUE. — Sur ta détente ndiabalique de la vapeur d'eau. 
Note de M. Paul Charpentier, présentée par M. Debray. 

« Nous avons précédemment établi (') que le poids i]/ de vapeur persis- 
tant à la fin de la détente adiabatique d'un poids c/f de vapeur d'eau, sèche 
et saturée, était donné par la relation 

(■) *=l?i'7.. 

et qu'en outre on pouvait écrire en attribuant toujours une valeur con- 
stante au coefficient de dilatation « 



{2) 4-= ' 



[L--J 



J',— 11, 



[') Comptes rendus, séance du 1 4 janvier 1884. 
C. R., i884, 1" Semestre. (T. XCVlll, W 7.) 



( 426 



On tire de là 

(3) AT=.v,[v-(.-^),„-^J„]. 

» Si nous posons 

(4) 

le rapport de détente £ sera 
(5) 



"it 



S = > 



(7 étant le volume de l'unité de poids du liquide, qui pour l'eau peut être 
regardé comme sensiblement constant et égal à o'"*^,ooi . Enfin, de l'équa- 
tion pt't^ = pir'|, nous tirerons 

P_ 
'P\ 



log^ 



(6) p. 






» Les diverses pressions initiales qu'il peut être utile de considérer en 
pratique varient dep ^ lo'"" à p^ o""", i ; et les pressions finales p, peu- 
vent être prises égales h p, = o""", i on à p, = i"*"", i, suivant que la ma- 
chine est ou non à condensation. 

» Dans ces conditions, le calcul donne le Tableau suivant, pour les va- 
leurs de <\i\ £ et p. correspondantes à la détente adiabatique de l'^^de va- 
peur d'eau sèche et saturée, entre les pressions p et/?, : 



Pressions 
initiales. 

p. ■^. 

atm k^ 

10 O)77094 

9 o, 77556 

8 0,78080 

7 0,78686 

6 0,79374 

5 o,8o25o 

4 G , 8 1 3 1 3 

3 0,827 "3 

2 0,84718 

1,1 0,87736 

0,5. .. . 0,91788 

0,2. .. . 0,96464 

0,1.... I ,00000 





Pressions finales 






.,!,., 






n l'ili' I 




'l 0,1 


,j.. 




/'l — ' ! ' 




£. 


^'- 


e. 


F- 


59,140 


1,12874 


0,87870 


6,98374 


I , I 3569 


" 


" 


o,883g6 


U 


D 


48,578 


I , I 2846 


0,88994 


5,749 


i,,3442 


& 


U 


0,89685 


1» 


u 


37,698 


I , I 2804 


0,90494 


4,463 


I ,i34i2 


1> 


» 


0,91467 


i> 


» 


26,389 


1,12708 


0,92679 


3,123 


I, 13365 


» 


» 


0,94274 


1> 


» 


14,339 


1,12498 


0,96562 


1,697 


i,ï3o44 


» 


» 


1 ,00000 


1 ,000 


1 ,00000 


i,8Gi 


1,11 596 


» 


B 


u 


1 , 000 


1 ,00000 


A 


a 


m 



» Ce Tableau nous montre que la valeur de l'exposant y. n'tst pas con- 
stante, et que sa limite minimum est égale à l'unité. Au point de vue théo- 
rique, on ne saurait donc prendre poiu' p. une valeur moyenne. Quant au 
point de vue pratique, nous savons que des phénomènes d'échange de cha- 
leur particuliers, échappant au calcul et s'opposant à ce que la détente 
soit adiabalique, priment complètement l'importance que cette valeur de 
p. peut avoir dans l'établissement des formules. 

» Dans la détente adiabalique de la vapeur d'eau sèche et saturée, le tra- 
vail externe total produit T peut se décomposer en deux parts : l'une e** 
correspondante à la chaleur disparue A0'' par suite de la détente du poids 
de vapeur t'7(-, l'autre Q" correspondante à la chaleur latente A G'' aban- 
donnée par le poids de vapeur vyt— '^, condensé pendant la durée du phé- 
nomène. 

» On a évidemment 



(7) 
et 

(8) 



A0"=(J,-J,,)i'7, 



A0<^=(yV,-4;)(J,,-f/,,). 



Les valeurs numériques que nous venons d'établir nous permettent main- 
tenant de tracer le Tableau suivant, dans lequel les valeurs AT', A0''', A0'' 
seront afférentes à la détente adiabatique de i''^ de vapeur d'eau sèche et 
saturée : 



Pressions 

initiales . — _ 

p. -Ve'. 

alui cal 

10 3o,364 

g 29,253 

8 28,047 

7 •26,729 

6. 25,365 

5 23,6o5 

4 21 ,676 

3 19,336 

2 16,292 

1,1 12,266 

0,5 7,654 

0,2 3,043 

0,1 0,000 



AC-> . 

i-;il 
123,429 

120,939 

118,116 

1 i4,8jo 
III, 143 

106,422 

I 00 , 6q5 

93,i5i 

82,342 

G6,o85 

44 1 25o 

19,054 
o , 000 



Pressions 


finales 










/'. = '"""■' 




AT. 


AÔ-". 


A0''. 


AT'. 


lmI 


tal 


cal 


cal 


153,793 


18,098 


59,944 


78,042 


150,192 


16,987 


57,345 


74,332 


146, i63 


15,781 


54,389 


70,170 


i4i,579 


14, 463 


50,975 


65,438 


I 36, 408 


12,999 


46,977 


59,976 


1 30,027 


11,339 


42,168 


53,507 


122,371 


9,410 


36,179 


45,589 


112,487 


7,070 


28,297 


35,367 


98,634 


4 , 026 


16,990 


21 ,016 


78,351 


0,000 


0,000 


0,000 


5i,9o4 


>j 


u 


B 


22,097 


a 


» 





0,000 





>» 


» 



( /128 ) 

» Ce Tableau numérique lait voir clairement rnnportHuce de la quan- 
tité A G'' qui serait la chaleur réellement récupérée sur la grande perle p 
si la détente était rigoureusement adiabaliqiie. 

)i Dans nos machines actuelles, cette quantité de chaleur A0* ne pent 
être transformée, même partiellement, en travail utile externe, car elle est 
communiquée aux parois qu'elle réchauffe; elle sert ainsi uniquement à 
combattre en partie l'influence si néfaste du refroidissement, qui est la 
conséquence de la communication du cylindre avec le condenseur pendant 
la période d'échappement. 

» Nous devons donc en tirer cette première conclusion, que tous les 
efforts des praticiens devraient tendre à obtenir, dans les cylindres, des 
délentes aussi complètement adiabatiques que possible. 

» C'est le seul moyen, dans l'état actuel de la Science, de récupérer une 
faible partie de l'énorme perte de chaleur p, en attendant que nous ayons 
pu trouver un nouveau mode d'emploi de la vapeur d'eau. » 

THERMOCHIMIE. — Recherches sur lefiiiorhydrale de fluorure de potassium et sur 
ses états d'équilibre dans les dissolutions. Note de M. Gilvtz, présentée par 
M. Berthelot. 

« J'ai montré précédemment que la chaleur de formation du fluorhy- 
drate de fluorure de potassium, à partir du fluorure de potassium solide et 
(le l'acide fluorhydrique gazeux, est considérable et qu'on a 

K.F solide + HF gaz =IvFHF solide +2iC''i,o4 

Au contraire, en dissolution, vers lo", on a 



Ca 



KF dissous (ri = i^^) -f- HF dissous (l'i = i*^-) = KF, HF dissous. . . — o,35 

(,éq_2kB) „ (iéq_2ke) „ ___ — 0,33 

(i'<i=4i'^) ,. (,^q = 4i'6) . ... -0,33 

» Ce nombre négatif résulte de la compensation qui s'établit entre les 
chaleurs de dissolution des composants et celles des composés : la réaction 
n'ayant un caractère complet que lorsqu'elle est calculée en dehors de 
l'intervention d'un corps étranger, tel qu'un dissolvant. 

» A cet effet, j'ai fait réagir les solutions de fluorure de potassium sur 
les solutions d'acide fluorhydrique, en variant les proportions relatives des 
composants, fluorures, acide fluorhydrique et eau, suivant la méthode déjà 
employée par M. Berthelot {Mécanique chimique, I. If, p. Sig) pour éta- 



( ^29 

Llir la constitution du bisulfate de potasse dissous et pour eu déduire le 
calcul du partage de la potasse entre l'acide sulfurique et les autres acides. 

» Les solutions dont j'ai fait usage étaient titrées, de façon à renfermer 
un demi-équivalent de la substance dans 2''^ de solution. J'ai évité soi- 
gneusement, dans ces expériences, Teuiploi du verre, qui est attaqué |)ar 
les solutions des fluorures; l'une des solutions était pesée directeimnl 
dans le calorimètre, l'autre dans une bouteille de gutta. Les deux thermo- 
mètres étaient protégés par une gaine de platine remplie de mercure. 

» Faisons varier d'abord la proportion d'eau dissolvant le fluorhydrate. 
Diluons pour cela une solution concentrée de ce sel. Je suis parti d'une 
soludon contenant 2^1 par litre, c'est-à-dire ijO*-''' par litre, ce qui fait une 
solution à peu près saturée; j'ai déterminé les chaleurs spécifiques des so- 
lutions contenant 

l'i par liU'c c = o ,949 

\éq c'= 0,976 

» On trouve (*) que 

l'^i de KFHF (2*1 par litre), amené à i"^'' =: 1'", dégage. . . —0,225 
» (i*i = i''<) .. i'^i=2'" » ... —0,080 

» Ces nombres montrent que la dilution fait varier la proportion du fluor- 
hydrate de fluorure réel dans sa dissolution. 

» Si l'on admet que la production de ce composé dissous réponde à une 
absorption de chaleur, on voit que la dose existant réellement diminue 
avec la dilution, comme on devait s'y attendre. 

» Soit maintenant le fluorure de potassium dissous (l'^i = 2''"); ajoutons 
à la liqueur des équivalents successifs d'acide fluorhydrique, nous obtien- 
drons les résultats suivants : 

KF(i^i=::: 2'''"), agissant sur HF(i=i= 1^'^), absorbe, vers 10" — o,33 

KF " |HF » — o,5i 

KF » 5HF » —0,78 

» La chaleur mise en jeu varie avec les proportions relatives d'acide et 

( ' ) J'ai trouvé encore, pour la dilution du fluorure neutre, 

KF(2'^'i = i'") + eau=: KF(i"i = i'it) — o, n6 

KF(i'*<I=;l'") >. {i"l=2''') —0,060 

Au delà, les effets de la dilution deviennent insensibles. 



! 43o ) 

de fluorure, et l'absorplion de chaleur croît avec la pro|)oriioii d'acide, ce 
qui indique un accroissement de la dose de fluorhydrate de fluorure. On 
peut admelire que le nombre — 0,78, obtenu en présence d'un grand excès 
d'acide, correspond à ime transformation aussi avancée que possible, eu 
égard à la proportion d'eau présente, du fluorure neutre en fluorhydrate 
réel dans la solution et chercher le rapport entre la quantité actuellement 
transformée dans une liqueur quelconque et la proportion maximum ('). 
Ce rapport serait celui de j, par exemple, dans la liqueur qui renferme 
équivalents égaux de sel neutre et d'acide. 

» Examinons maintenant l'influence de l'autre composant. 

» A la solution d'acide fluorhydrique ajoutons des équivalents succes- 
sifs de fluorure neutre; nous obtenons les nombres suivants : 

HF(i'=i := '2-^'), agissant .sui-KF(i'i;= '■t^'^), dégage, vers 10" — o,33 

HF » |ICF » — o,36 

HF .. 5KF .. —0,54 

» On voit qu'il se produit encore de nouvelles absorptions de chaleur, 
croissant aussi avec la proportion du sel neutre. C'est ce qui doit être, la 
présence d'un excès de sel neutre tendant à accroître la proportion de 
l'acide combiné et la production du sel acide; de même que la présence 
d'un excès d'acide, mais suivant une progression un peu plus faible que 
dans la série précédente. En effet, le rapport n'atteindrait pas tout à fait 
le double en présence de S'") de fluorure neutre. La présence d'un excès 
de l'un ou de l'autre des composants modifie l'équilibre et augmente la 
proportion combinée; précisément comme l'ont établi, il y a vingt ans, 
MM. Berthelot et Péan de Saint-Gilles pour les équilibres qui président à 
la formation des éthers; l'influence de l'acide est supérieure, dans les deux 
cas, à celle de l'autre composant, sel neutre ou alcool. 

» En résumé, dans une liqueur renfermant équivalents égaux de fluo- 
rure de potassium et d'acide fluorhydrique, au degré de dilution envisagé, 
la dissociation est deux fois aussi avancée que dans un mélange de même 
concentration renfermant un grand excès de sel neutre, deux fois et 
demie aussi avancée qu'en présence d'un grand excès d'acide. Ces résul- 
tats sont analogues à ceux que M. Berthelot avait obtenus pour l'état du 
bisulfate de potasse dissous. Ils peuvent servir de même à évaluer les 

(') Celle-ci ne ropoml pas à une combinaison intégrale, l'eau ayant toujours [xnir effet 
lie dissocier une fraction du sel. 



( 43t ) 
partages de la potasse entre l'acide fluorhydrique et un autre acide mis en 
présence dans la dissolution. » 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les dérivés nitrés de Vhydrure d'étliylène. 
Note de M. A. Villiers, présentée par M. Berihelot. 

« 1. J'ai décrit {Comptes rendus, t. XCVII, p. 258) un premier dérivé de 
réduction de la combinaison potassique du bromure d'éthylène tétranitré 
C*Br'-'(AzO*)\ 2KO. Ce dérivé, obtenu par l'action du sulfhydrate d'am- 
moniaque sur ce dernier, a pour formule C'R-(AzO^)''. Il diffère de ce 
dernier en ce qu'il ne contient plus de brome et que le potassium formé 
par la réduction de la potasse en est venu prendre la place. 

» J'ai essayé de poursuivre l'action réductrice de l'acide sulfhydrique : 
j'ai obtenu une base contenant du potassium et du soufre, et qui forme 
avec le chlorure de platine un très beau chloroplatinate; mais je ne l'ai 
pas encore obtenu en assez grande quantité pour pouvoir l'analyser. 

» 2. J'ai aussi étudié l'action de l'acide sulfureux sur la combinaison 
potassique du bromure d'éthylène tétranitré. L'acide sulfureux ne peut 
être employé à l'état libre, car il donne une réduction complète avec pro- 
duction d'ammoniaque, d'acide bronihydrique et d'acide cyanhydrique. 
J'ai employé du sulfite de potasse additionné de carbonate de potasse. Il 
suffit de pulvériser le composé dans un mortier avec une solution de ces 
deux sels. Il change immédiatement d'aspect et prend une couleur jaune- 
soufre, en même temps qu'il se dégage de l'acide carbonique. Le produit 
jeté sur un filtre, essoré et redissous dans l'eau bouillante, cristallise par re- 
froidissement en beaux cristaux, souvent groupés autour d'un axe, légè- 
rement colorés en jaune-soufre et présentant des reflets blancs brillants. 

» Ce corps n'est autre chose que la combinaison du composé C''K.^(AzO'')' 
avec le sulfate de potasse. 11 a pour formule 

2 C^K=(AzO ■')■•+ 3K0S0% 

ainsi que le montrent les résultats suivants de l'analyse : 

Trouvé. Calculé. 

Az 14.09 '3,44 

K 33,5o 32,77 

so' 14.73 «4.4i 

» J'ai du reste obtenu la même combinaison en unissant directement le 
sulfate de potasse au composé C'K'' ( AzO')'', obtenu par le sulfhydrate 



( ^"^2 ) 

d'ammoniaque. J'ai ainsi obtenu des cristaux identiques (potassium trouvé : 
32,91 pour 100). Ce composé détone vers 210", à peu près à la même tem- 
pérature que le corps C'''R''(AzO'')'. 

» En traitant par le chlorure de baryiun, en solution chaude et con- 
centrée, le composé 2C''K-(AzO'' )' -H 3K0S0', ou obtient le corps 
C''K-(AzO'')'', qui cristallise par refroidissement en beaux cristaux bril- 
lants d'une couleur jaune clair (potassium trouvé : 27,13 pour 100; 
calculé, 27,27). C'est là un procédé de préparation facile de ce corps (' ). 

» Dans l'action du sulfate de potasse, il se forme d'après l'équalion 

C^Br=(AzO")^aKO + 4SO=K6-(-2HO 
= C''R=(AzO')* + 4SO'KO -f- 2HBr. 

» C'est à cause de la production de l'acide bromhydrique qu'il est né- 
cessaire d'ajouter du carbonate au sulfite de potasse, sinon la liqueur de- 
viendrait acide et la réduction totale. 

» 3. La formation du corps C'R" (AzO*)* par l'action de l'acide sulfu- 
reux donne lieu à une remarque intéressante. La réaction se produit en 
donnant le rendement théorique, et un équivalent du composé 

C'Br-(AzO'')"2KO 

exige, pour se transformer en C^R^(AzO'')% li"'^ d'acide sulfureux. Je me 
suis assuré de ce fait en faisant agir sur le composé C*Br-(AzO^ )' 2RO 
une solution étendue de sulfite et de bicarboiiate de potasse, saturée d'acide 
carbonique, et en y dosant l'acide sulfureux par la teinture d'iode avant et 
après ; j'ai vérifié, d'autre part, que la teinture d'iode employée était, 
dans tes conditions de l'analyse, sans action sur le corps formé par réduction-. 
J'ai obtenu en effet les mêmes résultats en ajoutant un poids quelconque de 
celui-ci : 

» Avec une solution d'iode contenant, pour i'^'^, o*?', 02099 d'iode, ^^"^^ 
de la solution de sulfite de potasse exigeaient 34*"^, 1 ; 10'='^ de la solution 
-f- oB%i deC''Br=(AzO'')',2RO en solution, 28"-'=, 7. 

» La réduction avait donc absorbé l'acide sulfureux correspondant à un 
poids d'iode égal à 5,4 X o^'', 02099 ^^ o^'', 1 13 (caictdé pour 4'"'^ de sulfite, 
oB%iio). 



(') Les cristaux que j'avais décrits |)rcnédemnicnt coiiinic éliint (l'uni> cdiileiir hniiie 
étaient souillés jiar une matière étrangère inslai)lc. 



( /-.ss ) 

» J'insiste sur ce fait, car il montre avec quelle facilité le potassium vient 
prendre la place du brome dans la réaction précédente. 

» La transformation inverse se fait avec la même facilité, car le brome 
réagit sur le composé C''R-(AzO'')'' additionné de potasse, en donnant 
naissance au corps primitif, d'a])rès l'équation 

C'K-(AzO'')' + 4Br-t- 2HO = C' Br=(AzO' )'2R0 + aHBr. 

» Il en est de même du chlore et de l'iode, ce qui donne le moyen de 
préparer le chlorure <U l'iodure d'éthylène tétranitré. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur le nombre probable des rosanilines homologues et 
des rosanilines isomères. Note de MM. A. Rosenstiehl et M. Gerber, 
présentée par M. Friedel. 

(( Nous rappelons qu'en oxydant un mélange d'aniline et de paratolui- 
dine on obtient une rosaniline qui, d'après MM. Emile et Otto Fischer, 
ne contient que 19"' de carbone; elle résulte du concours de 2'"°' d'aniline 
et de 1""^' de paratoluidine; on sait encore que, si l'une des molécules 
d'aniline est remplacée par i'"'*' d'orthotoluidine, il se forme une rosaniline 
contenant 20''' de carbone. Nous avons montré, en outre ('), qu'on peut 
remplacer les 2"'°^ d'aniline par 2™°' d'orthotoluidine, et la paratoluidine 
elle-même par l'a-métaxylidine : on obtient ainsi une rosaniline contenant 
22^" de carbone, ce que nous avons mis hors de doute en transformant 
cette rosaniline en un hydrocarbure C-'^H--, le mélatrilolylméthaiWj 

2C'H'»Az + C*H"Az+ 30 = C"H"Az'0+ 2II-O. 

>> L'existence d'une série de rosanilines homologues n'est donc plus 
douteuse, puisque les quatre premiers termes sont bien connus. En réu- 
nissant les données expérimentales que l'on trouve dans les travaux de 
M. Hof mann ( ^ ) et dans les nôtres, on arrive à conclure que le nombre total 
des rosanilines qui ont été préparées est de neuf, dont six homologues et 
trois isomères. 

» Quelque grand que paraisse déjà ce nombre, nous allons faire voir 
qu'il n'est qu'une petite fraction de celui qui représente l'ensemble des 

(') Comptes rendus, t. XCIV, p. iSig; t. XCV, p. 238. 

(^) Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft, t. VIII, p. 6i. 

C. R., 1884, 1" Semestre. (T. XCVIIl, N» 7.) 56 



( 434 ) 
rosanilines dont on peut prévoir fiés maintenant l'existence. Pour déter- 
miner ce chiffre, nous admettons que, pendant l'oxydation, les homo- 
logues supérieiu's de la paralolnidine el de l'aniline ne perdent pas CH', 
mais que tons les atomes de cai'bone se retrouvent dans la rosaniiine cor- 
respondante. Nous ne connaissons aucun fait qui contredise cette propo- 
sition, mais nous en avons signalé plusieurs qui l'appuient. Nous n'envi- 
sagerons que les rosanilines qui résultent du concours de deux alcaloïdes; 
car nous avons prouvé que la rosaniiine ordinaire, que l'industrie produit 
avec un mélange de trois alcaloïdes, peut aussi être obtenue avec deux 
seulement, l'aniline et ra-métaxylidine. Nous bornerons la discussion aux 
seules amidométhylbenzines, aucun fait ne nous permettant de nous rendre 
compte du rôle des éthylbenzines et homologues. 

» Nous avons montré précédemment que, parmi les aminés dont nous 
avons expérimenté l'aptitude à former des rosanilines, on peut distinguer 
trois catégories, correspondant aux trois amidotoluènes isomères. A la pre- 
mière catégorie appartiennent la paratoluidine, l'a-métaxylidine, la mési- 
dine el l'amidopentaméthylbenzine. Leur rôle est de fournir le carbone du 
méthane, d'après MM. Emile et Otto Fischer. Leur caractère distinclif, au 
point de vue de leur constitution, est le suivant : 

» 1° L'un des groupes CH' est, par rapport à AzH^, dans la situation 
para; 

» 2° La situation des autres groupes CH' est indifférente. 

» Sur les vingt amidométhylbenzines dont l'existence est admise, dix 
remplissent ces conditions. 

» A la deuxième catégorie appartiennent l'aniline, l'orthotoluidine, la 
7-métaxylidine C''H'(AzH=) (CH') (CH'). 

1 2 6 

»i Leur constitution présente les parlicidarités suivantes : 
» Dans le groupe phényle, l'atome d'hydrogène qui, par rapport à 
AzH^, est dans la position para (4), n'est pas remplacé par CH' ; mais cette 
condition, qui est nécessaire, n'est pas suffisante : il faut, en outre, cjue, pour 
les homologues de l'aniline, CH' soit avec AzH- dans la situation ortho, 
comme dans l'orthotoluidine et dans la y-métaxylidine. Si aucun des 
atomes d'hydrogène 2 et 6 n'est remplacé par CH', ainsi que cela a lieu 
pour la n)élatoluidine et la xylidine Cnr'(AzH=) (CH') (CH'), l'alcaloïde 

1 3 S 

est fmpropre à la production des rosanilines et appartient à une troisième 



catégorie. 



» Il se présente ici une incertitude que nous devons signaler. 



( 435 ) 
» A quelle catégorie appartiendrait un alcaloïde de la composition 

1 -2 3 

contenant un CIP à la place du deuxième atome d'hydrogène et un Cil' à la 
troisième place, qui serait à la fois un ortho et un meta dérivé? 

)i Nous ne possédons actuellement aucun fait expérimental propre à 
résoudre celte question, ce qui nous oblige à envisager successivement les 
deux cas. 

:• Si CW, dans la position 3, n'est pas un obstacle à la formation des 
rosanilines, l'alcaloïde le plus complexe appartenant à cette catégorie sera 
l'araidotétraméthylbenzine 

C''(AzH=)(CfF)CH')H(Cïr')(CH'). 

1 2 3 4 5 6 

» Dès lors, la rosaniline la plus élevée de la série résultera du concours 
de 1'"°' d'amidopentaméthylbenzineet de 2™°' de télramétliylbenzine amidée 

C"ir'Az + 2C"'Il'5Az + 30 = 2H-0 + C'"H*Uz'0; 

elle contiendra Si"' de carbone et sera le dernier terme d'une série de treize 
homologues; mais l'isomérie augmente ce chiffre dans une mesure consi- 
dérable; en discutant l'une après l'autre les vingt amidométhylbenzines 
dont l'existence est admise, on trouve qu'il y a huit orthodérivés qui, avec 
les dix paradérivés, pourront produire quatre-vingts rosanilines. 

» En envisageant le deuxième cas, on arrive à un minimum. S'il faut en 
effet que, dans deux groupes CR* de la rosaniline, les atomes 3 et 5 ne 
soient pasremplacés par CH'', il n'est guère possible qu'une triméthylbenzine 
puisse fournir un alcaloïde de la deuxième catégorie, puisque l'un des trois 
CIP se trouverait nécessairement à la place 3 ou 5. C'est donc parmi les 
diméthylbenzines amidées que se trouverait le terme supérieur de cette 
série d'homologues, qui ne comprendrait guère que trois aminés : l'aniline, 
l'oithotoluidine et la y-métaxylidine. 

» La rosanihne la plus élevée de la série des rosanilines homologues 
résulterait du concours de 

C'ir'Az + 2C''H"Az + 30 = C"H'=Az'0 + 2H=0, 

et la série des homologues de la rosaniline ne renfermerait que neuf termes. 
Avec les isoméries possibles, leur nombre serait toutefois de trente, chiffre 



1436) 
encore très considérable et qui montre une fois de plus à quelles compli- 
cations conduit cette merveilleuse faculté de combinaison du carbone. 

» Quand on réfléchit à la difficulté que l'on a rencontrée pour distinguer 
entre eux les quatre premiers termes de la série des rosanilines, au point de 
les considérer soit comme identiques, soit comme isomères pendant près de 
vingt ans, on peut prévoir des difficultés encore plus grandes pour distin- 
guer les termes supérieurs, et il y aura bien des cas où l'isomérie sera con- 
fondue avec l'identité. » 

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur un composé nouveau prenant naissance dans (a 
préparation de V hexacidorure de benzine. Note de M. J. Mecnier, pré- 
sentée par M. Friedel. 

« J'ai obtenu un corps de même composition centésimale que l'hexa- 
chlorure de benzine, en préparant celui-ci de la manière suivante : 

» Un courant de chlore arrive dans de la benzine cristallisable débar- 
rassée du ihiophène, d'après la méthode deM."V. Meyer, par une ébullition 
de dix heures avec l'acide sulfurique concentré, et redistillée. Cette ben- 
zine est placée dans une cornue, exposée à la lumière et maintenue à l'ébul- 
lition. La cornue communique avec un récipient tubulé disposé verticale- 
ment, de façon à faire refluer la benzine et à condenser les produits solides 
entraînés, tout en permettant aux corps réagissants d'achever leur action 
réciproque. La transformation de la benzine n'est jamais intégrale, et 
l'opération peut être poursuivie jusqu'à ce que le thermomètre, plongé 
dans le liquide de la cornue, marque de 135" à 140°; on l'arrête alors 
et l'on verse ce liquide dans une capsule où il se prend par refroidissement 
en une masse blanche cristalline qu'on essore à la presse. 

» Quand on soumet à la sublimation ce produit, et notamment ce qui 
s'est condensé dans le récipient, on obtient d'abord des lamelles, suivant 
les cas, larges ou aiguës; puis, vers la fin de l'opération, de petits cristaux 
octaédriques qui constituent la substance nouvelle. 

» Les lamelles possèdent toutes les propriétés de l'hexachlorure de Mit- 
scherlich; elles fondent à 157° et cristallisent dans les dissolvants en tables 
clinorhombiques décrites par Bodewig [Groth's Zei-tsclirift, t. IH, p. 38i). 

» Les octaèdres, au contraire, ne fondent que vers Soo", en se volatili- 
sant aussitôt d'une manière brusque; quand on réduit la pression à o'", 10, 
ils présentent ces mêmes phénomènes à 280°. Ils sont trèssolubles dans la 
benzine, moins solubles dans l'alcool, qui les laisse déposer en petits cris- 



( 437) 
taux isolés et transparents. Ils sont sans action sur la lumière polarisée et 
appartiennent au systèraeicubiqiie ; j'ai observé les faces du cube, le té- 
traèdre et le tétraèdre pyramide. La sublimation les groupe d'ordinaire en 
cliapelets d'octaèdres; elle m'a donné toutes ces formes et le plus souvent 
des faces creuses. 

» Les propriétés chimiques des deux corps sont aussi fort distinctes, 
mais parallèles. L'hexachlorure ordinaire se décompose, aux températures 
supérieures à 3oo°, en acide chlorhydrique et en benzine trichlorée ; son 
homologue se décompose de même, en donnant de l'acide chlorhydrique 
et une benzine chlorée, ce qui le caractérise comme « produit d'addition » 
de la benzine. 

» Cette même décomposition a lieu sous l'influence de la potasse alcoo- 
lique; mais, tandis qu'une ébullition d'une heure suffit pour dédoubler le 
premier, il faut prolonger cette opération quatre ou cinq heures avec le 
second. 

» Comme je n'avais qu'en petite quantité la benzine chlorée provenant 
du dédoublement de ce dernier, je n'ai pu la soumettre à la distillation 
et à l'analyse; mais, en la plongeant dans un mélange réfrigérant à côté 
de la benzine trichlorée provenant de l'hexachlorure ordinaire, j'ai ob- 
servé que ces deux produits se congèlent, se liquéfient, restent en surfusion 
en même temps et de la même manière. Bientôt je serai en mesure de lever 
tous les doutes à ce sujet. 

» Voici, enfin, un fait qui établit une distinction essentielle entre les 
propriétés chimiques de ces deux corps : le cyanure de potassium, en solu- 
tion alcoolique, dédouble l'hexachlorure ordinaire, tandis qu'il laisse in- 
tact son homologue. Ce fait a été le point de départ du procédé de sépara- 
tion. 

On emploie 3 parties de cyanure de potassium pour 4 d'hexachlo- 
rure, on en place le mélange pulvérisé avec sept ou huit fois son poids 
d'alcool dans un ballon muni d'un réfrigérant à reflux, et l'on chauffe 
au bain-marie pendant vingt-cinq ou trente heures. Au bout de ce temps, 
l'hexachlorure ordinaire est détruit; on distille au bain-marie jusqu'à 
complet épuisement pour séparer l'alcool. La benzine trichlorée reste 
dans le ballon avec les résidus charbonneu.x; il est avantageux de l'en- 
traîner à la trompe, au moyeu d'un courant de vapeur d'eau. Cela fait, on 
lave à l'eau la matière noirâtre dans laquelle on distingue les petits cris- 
taux octaédriques, on la sèche et on la reprend par l'alcool bouillant. La 
solution alcoolique, en se refroidissant, laisse déposer ces mêmes cristaux, 



( 4.^8 ) 
qu'il est nécessaire de sublimer deux ou trois fois pour les débarrasser 
d'une poussière charbonneuse qu'ils renferment toujours après avoir cris- 
tallisé dans les dissolvants. 

» Ainsi purifiés, ils ont donné à l'analyse les chiffres suivants : 

Calculé Trouvé 

pour C^ H» Cl" — — 

ou (C'H'Cl')". 1. II. 111. IV. 

c 24,74 24,00 24,71 " » 

H 2,06 2,55 2,55 u II 

Cl 73,40 » >' 72,76 73, 3i 

■) L'hexachlorure ordinaire sublimé, fondant à 157°, m'a donné 

C 24,46 

H 2,25 

Cl 

» Certains faits, que je désire compléter avant de les publier, m'ont con- 
duit à penser que ce nouveau produit n'est autre qu'un polymère de 
l'hexachlorure de benzine (' ). » 



CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur la constitution du lait. Note de M. E. Dcclacx, 

présentée par M. Pasteur. 

« Les idées que j'ai développées dans ma dernière Communication 
m'ont conduit à une nouvelle méthode d'analyse du lait, dans laquelle je 
remplace la recherche, vaine et illusoire à mon avis, des proportions d'al- 
bumine et de lactoprotéine, par le dosage de la portion de caséine filtrable 
au travers de la porcelaine, que je distinguerai désormais, sous le nom de 
caséine dissoute, de la caséine en suspension et de la caséine colldidale, que le 
lait renferme aussi. Ces trois formes de la caséine mériteraient d'être étu- 
diées séparément. Si je me borne au dosage de la caséine dissoute, c'est 
qu'elle est le terme auquel aboutissent les deux autres, et que ses variations 
traduisent toutes les transformations que subit le lait, soit dans la pratique 
industrielle, soit dans l'alimentation. 

1) Je la sépare de la caséine en suspension et de la caséine colloïdale en 
aspirant, au moyen du vide, le lait au travers de tubes de porcelaine 
fermés par un bout, ou encore de vases poreux de pile, choisis parmi les 



'y Ce travail a olc fail au laboratoire de Chimie Je la Faciillé dis Sciences. 



( 439) 
plus homogènes et les plus petits. Les vases plus grands, souvent fissurés, 
laissent passer des liquides de composition si variable, que Zahn, qui a le 
premier ap|)liqué au lait ce mode de fiUration, n'a pu tirer de ses expé- 
riences aucun enseignement précis. Avec mes tubes, j'obtiens des liquides 
parfaitement limpides, et toujours de même composition avec le même 
lait. 

» Ces liquides sont étudiés, concurremment avec le lait, par des pro- 
cédés simplifiés dont on trouvera le détail dans un Mémoire sur le lait, 
actuellement à l'impression pour les Jnnales de l'Institut agronomique. Il 
suffira (le faire remarquer ici que la filtration sépare les éléments en sus- 
pension dans le lait, à savoir : la matière grasse, les deux premières variétés 
de caséine, et aussi, comme je le montrerai, une partie du phosphate de 
chaux, des éléments en solution vraie, à savoir : le sucre de lait, la caséine 
dissoute, le reste du phosphate de chaux et les autres sels minéraux. 

» On pourra donc présenter les résultats de l'analyse comme le montre 
l'exemple suivant, qui se rapporte à un lait du Cantal, du r i août : 

Éléments 

en suspension. eu solution. 

Matière grasse 3 ,3a » 

Sucre de lait » 4)9^ 

Caséine 3 , 3 1 o , 84 

Pliosphate (le chaux 0,22 o,i4 

Sels solubles » Oj^g 

6^75 6735 

1) On voit que, pour ce lait, la caséine dissoute représentait le cinquième 
environ de la caséine totale. C'est un chiffre qui est rarement atteint. D'or- 
dinaire, pour les laits du Cantal, les proportions de caséine dissoute varient 
entre 4 et G^'' par litre. 

'I Elles se maintiennent, en outre, assez constantes, et, à l'inverse des 
solutions artificielles de caséine dont j'ai parlé dans ma dernière Commu- 
nication, le lait est un édifice assez stable vis-à-vis de certaines influences. 
C'est ainsi que la proportion de caséine dissoute ne change pas sensiblement 
sous l'action du temps. Dans un lait vieux de trois ans, je l'ai trouvée à peu 
près normale. 

» Elle ne varie guère non plus sous l'action de la chaleur. Il est vrai 
que l'ébullition précipite un peu de matière, puisqu'elle louchit le liquide 
filtré au travers de la porcelaine; mais ce précipité est d'un poids très faible 



i 44o ) 

et se redissout peu à peu. L'elfel de la chaleur est donc transitoire sur la 
caséine dissoute. Elle donne seulement de la cohésion au mélange des deux 
autres caséines, les fait passer de l'état niuqueux à un état plus condensé; 
c'est ce dont on s'aperçoit très bien à l'aspect du dépôt qui recouvre, après 
filtration, les parois du tube de porcelaine. Avec le lait bouilli, ce dépôt est 
toujours plus résistant et moins volumineux qu'avec le lait naturel. 

/) Une très légère acidité fait passer à l'état solide une portion de la 
caséine colloïdale : une très légère alcalinité fait au contraire passer à l'état 
colloïdal une ])ortion de la caséine solide; mais aucune de ces influences 
ne change sensiblement les proportions de caséine dissoute. Je montrerai, 
dans une prochaine Communication, qu'il en est de même pour la présure. 

» La quantité de caséine dissoute dans un lait normal est donc assez 
stable. Il y a plus : elle semble indépendante de la nature du lait. Dans du 
lait de vache de diverses provenances, dans du lait de chèvre, d'ànesse et 
de femme, j'en ai trouvé des proportions très voisines. 

» Il y a pourtant deux influences qui augmentent la quantité de caséine 
dissoute : l'une peu active, c'est l'addition de l'eau au lait; l'autre plus 
puissante, c'est l'intervention de la diastase que j'ai nommée caséase dans 
mes travaux antérieurs. 

» Sous l'action de cette caséase, j'ai vu la proportion de caséine dis- 
soute, qui était originairement de o,6i pour loo, passer à i,8o après huit 
heures, à 2,20 après vingt-quatre heures. A ce moment, il restait encore 
I de la caséine totale à l'état colloïdal. Cette proportion est restée la même 
après vingt-quatre nouvelles heures. Un état d'équilibre était atteint qui 
aurait exigé, pour être détruit au profit de la caséine dissoute, soit un con- 
tact beaucoup plus long, soit une addition nouvelle de diastase. 

» Il y a un moyen d'arriver plus vite à la solubilisation de la caséine 
totale, c'est d'ensemencer dans le lait des microbes producteurs de caséase, 
tels que ceux que j'ai décrits dans mon Mémoire sur le lait ('). Ces êtres 
détruisent constamment l'état d'équilibre auquel j'ai fait allusion plus 
haut, en sécrétant sans cesse de la diastase nouvelle, en même temps qu'ils 
consomment et transforment, pour leurs besoins nutritifs, la caséine dissoute 
existant déjà. Cette sécrétion de diastase est, en effet, pour eux, un moyen 
de se préparer une substance alimentaire aux dépens de la caséine solide 
et de la caséine colloïdale, qui ne sont pas immédiatement utilisables dans 
l'état où elles existent dans le lait; et la digestion préalable que leur font 



I') Annales (le l'Iitatitut agronomique, t. IV, 1879 -1880. 



( 44i ) 

ainsi subir les microbes est identique, comme je l'ai montré, à celle que 
produit l'action du suc pancréatique des animaux supérieurs. » 

PHYSIOLOGIE ANIMALE. — Sur la J'onclion piginentaire des Hirudinées. Note 
de M. RÉMY Saint-Loup, présentée par M. de Quatrefages. 

o Lorsqu'on étudie le développement de la Néphélis, on peut constater, 
lorsque l'intestin est formé, sa différenciation nette en quatre régions : une 
région œsophagienne, une région stomacale, une région intestinale, à pa- 
rois plus épaisses et fortement colorées en jaune, et enfin une sorte de 
cloaque. 

» Quand la jeune Néphélis a mangé, on voit apparaître sur toute la sur- 
face des trois dernières régions de petites granulations jaune brun d'abord 
assez espacées et qui, augmentant en nombre, finissent par former une 
sorte d'étui brun à ces régions du tube uitestinal. Sur une coupe de l'ani- 
mal on reconnaît que ces granulations ou sphérules brunes sont disposées 
sur les parois des vaisseaux capillaires qui viennent se mettre en contact 
avec l'épithélium intestinal, et dont le rôle est évidemment de permettre la 
pénétration dans le sang des matériaux digérés. 

» Chez l'animal adulte, la tunique de sphérules jaune brun qui, chez les 
Sangsues, a été décrite sous les noms de lunica cellulosa par Knolz, de lii- 
7uca villosa par Runtzmann, s'éloigne de l'intestin et lapisse la face interne 
de la couche musculo-cutanée, tout en restant en rapport avec l'intestin 
par l'intermédiaire des vaisseaux fins dont elle revêt les parois. 

» La substance de cette tunique est composée, comme le dit Eraudt, 
d'une multitude de canaux intestiniformes enlacés, mais qui ne renferment 
pas de matière grenue et ne s'ouvrent pas dans l'intestin. 

» Ray Lankester, à propos de son travail sur les capillaires intra-épi- 
théliaux de la Sangsue médicinale, a reconnu les sphérules jaune brun sur 
les fins vaisseaux de la Iwnca villosa, et il remarque que dans l'intervalle 
des cellules columellaires de l'épilhéliimi aboutissent les extrémités pig- 
mentées des tissus fibro-vaseux. Il insiste sur l'identité du tissu fibro- 
vaseux et du tissu des vaisseaus capdlaires. llay Lankester décrit aussi les 
terminaisons en culs-de-sac de quelques-uns des capillaires revêtus de 
sphérules jaune brun. 

)) Mes propres recherches m'ont démontré la relation de continuité qui 
existe entre les sphérules jaune brun et les granulations pigmentaires. De 
nombreuses coupes faites sur des Néphélis, des Hirudo et des Aulastomes 

C. R., l884, 1" Semestre. (T. XCVllI, N» 7.) ^7 



{442 ) 

m'ont permis d'admettre chez les Hirudinées l'existence d'une élimination 
des cellules jaune hriiii sous forme de substance pigmentaire, l'existence 
(l'une fonction d'excrétion spéciale ou fonction pigmentaire. 

» D'autres considérations appuient celle opinion et me conduisent à des 
conclusions plus générales. 

)) Chez l'Aulastome vorace, j'ai reconnu dans la région intestinale une 
tunica villosa constituée comme chez les Néphélis et les Sangsues, mais ici 
la substance colorante était plus foncée, presque noire. Dans les coupes 
de la région stomacale et œsophagienne, la timica est moins vasculaire, les 
granulations sont plus noires encore, et dans la région céphalique il n'existe 
plus que la matière pigmentaire noire, qui s'étale en figures rameuses de 
plus en plus ténues à mesure qu'on approche de l'extrémité céphalique, 
et dont les derniers ramuscules se dispersent dans les couches épithéliales 
et dans le parenchyme du corps. 

» Chez les Clepsines, les sphérules jaune brun sont distribuées dans le 
parenchyme mésodermique. Leydig les a figurées et décrites sous le nom de 
cellules graisseuses. 

» Dans les coupes que j'ai faites, j'ai remarqué que les sphérules se frac- 
tionnent et deviennent de plus en plus petites et nombreuses à mesure 
qu'on les considère, des couches les plus profondes aux couches les plus 
extérieures, et que leur substance dans les couches cutanées se réduit à 
des granulations pigmentaires qui donnent à la peau sa coloration. 

» La fonction pigmentaire existe encore ici; il me reste à examiner jus- 
qu'à quel point on peut considérer les cellules jaune brun comme de 
nature hépatique. 

» La liinica villosa de la Sangsue a été considérée jadis comme un foie, 
mais des discus.sions se sont engagées sans aboutir à des résultats positifs, 
et le champ est resté libre au combat des opinions. 

» M. Camille Viguier a décrit chez \a. Balracobdella Lalastiim^ renflement 
mûriforme qui enveloppe la région interposée entre l'oesophage et les 
premières poches gastriques et constitué par de petites sphérules de même 
nature que celles qui se trouvent sur les parois de la portion axiledu tube 
digestif. Il considère cet ensemble comme un appareil hépatique plus loca- 
lisé que la lunica villosa, mais de même nature. 

» Chez les Aunélides polychètes, comme V Arenicola piscalorum, Cosmo- 
vici décrit et figure des vaisseaux capillaires terminés en cœcums et cou- 
verts d'une couche de cellides à granulations pigmentaires. Il compare ces 
culs-de-sac à ceux des petits vaisseaux de la Sangsue; sans se prononcer 
sur leur rôle, il combat l'idée qu'ils constituent des glandes. 



( 443 ) 

» En présence de ces diverses opinions et des observations résultant de 
mes recherches personnelles, j'ai dû chercher quelles relations pouvaient 
exister entre la fonction pigmenlaire et la fonction hépatique. 

» Les mots cœur, poumon, rein, foie ont été imaginés pour désigner les 
parties de l'organisme «les Vertébrés supérieurs. Or qu'est-ce que le foie 
d'un Vertébré supérieur? Une masse brune constituée d'un assemblage 
étroit de vaisseaux et de dépôts cellulaires. Du sang amené par la veine- 
porte des capillaires de l'intestin dépose dans la masse hépatique quelques- 
uns des principes qu'il contient, puis rentre par la veine sus-hépatique 
dans le torrent de la circulation. 

» Ainsi considéré, le foie est l'organe d'une première fonction, le dépôt 
de certains des matériaux que contient le sang après qu'il a absorbé les 
produits de la digestion. Il est compliqué de conduits spéciaux, d'une vési- 
cule biliaire, d'un appareil enfin qui conduira, en des points où ils seront 
utilisés ou excrétés, les produits de cette purgation du sang. C'est la 
deuxième fonction du foie. 

» Or ces deux parties de l'appareil hépatique, au lieu d'être réunies, 
peuvent constituer deux organes distincts. Je verrais volontiers l'homologue 
de la première partie dans les amas de sphérnles jaune brun qui tapissent 
les capillaires en contact avec l'intestin cliez les Néphélis et dans les glo- 
bules jaunes du parenchyme des Clepsines. 

M Chez ces dernières, où le tube digestif est très ramifié et présente une 
grande surface d'échanges avec le liqtnde sanguin, les capillaires intesti- 
naux n'existant plus, le foie ne présentera plus les mêmes rapports anato- 
miques assimilables à ceux que nous constatons chez les Vertébrés et chez 
les Sangsues, mais en certains points seront déposés les produits d'excré- 
tion correspondants sous forme de sphérules jaunes. 

» L'élimination n'est pas laite par des canaux biliaires, mais par les 
pioments. Quant à la fonction correspondant à la production de la bile, 
c'est-à-dire d'un liquide utilisé en partie dans la digestion, elle est localisée, 
chez les Vers que j'ai considérés, dans les parois mêmes delà partie intesti- 
nale (lu tube digestif. 

» La différenciation de cette partie, le volume et la coloration des cel- 
lules qui la constituent, sont évidents chez les Néphélis jeunes et- surtout 
chez les Clepsines, et les changements brusques de coloration des matières 
ingérées qui arrivent de la région gastrique témoignent de la puissance des 
modifications chimiques qu'elles subissent dans l'intestin. 

» L'étude du développement du foie chez certains Invertébrés et chez 
les Vertébrés a montré qu'il se forme aux dépens des parois de l'intestin et 



( kkk ) 

quelquefois qu'il tire son origine d'un diverticulum de Tinteslin. Je pense 
qu'il est conslittié en réalité non seulement de celte poriion intestinale, 
mais encore de matériaux assimilables aux sphérnles jaune brun des Hiru- 
dinées. A ce point de vue seulement, on peut étendre à la hinica villosa et 
aux organes homologues des Vers la dénomination de foie. » 



ZOOLOGIE. — Sur le développement des Comalules. Note de M. Edm. Pekrier, 
présentée par M. de Quatrefages. 

« Pour arriver à une détermination rigoureuse des diverses parties qui 
constituent une Comatule adulte, nous avons cherché à établir, grâce à des 
matériaux que nous a obligeamment envoyés M. le D"^ Viguier, professeur 
à l'Ecole supérieure des Sciences d'Alger, quelle est l'organisation de 
l'animal aux trois phases : i" de Cptidé; i° de Penlncrine; 3° de Comalide 
libre, mais non encore adulte. 

» 1° A la fin delà phase de Cystidé, la jeune Comatule ne possède en- 
core que des tentacules buccaux et pas de bras. Son tube digestif forme une 
demi-spire et présente lui anus situé sur le côté du corps. Autour de la 
bouche existe un canal annulaire danslequelviennents'ouvrirles tentacules 
buccaux. Un tube court, recourbé en U, part du canal annulaire, traverse 
la paroi du corps, en changeant légèrement de structure et en se soudant 
aux tissus ambiants, puis s'ouvre à l'extérieur par un pore situé sur la 
paroi du corps. Ce tube a été comparé au canal hydrophore des Holothu- 
ries, lui-même considéré comme homologue de ce qu'on appelle le canal 
du sable chez les Oursins, les Astéries et Ophiures. Il sert incontestable- 
ment à introduire l'eau dans l'appareil tentacidaire, mais nous devons 
faire les plus expresses réserves sur son homologie avec le canal du sable 
des autres Échinodermes. 

» Le pédoncule du jeune animal contient six cordons cellulaires : un 
central, cinq formant, autour du cordon central, les arêtes d'un prisme 
pentagonal dont il occuperait l'axe. Le cordon central se prolonge dans la 
partie renflée du corps, de manière à occuj)er l'axe de la spire formée par le 
tube digestif, et ses parois cellulaires s'épaississent de manière à former lui 
corps ovoïde, dont les grandes cellules sont toujours, sur les coupes, dis- 
posées en deux rangées contiguës, de sorte que le corps ovoïde est [)lein. 
Ce corps est entouré d'une enveloppe fibreuse et vient se souder, à sa partie 
supérieure, à la paroi du pharynx. Il occupe exactement la même posi- 
tion, par riipport au tube disgesiif, que le canal du sable des Oursins. 



(445 ) 

» Les cinq cordons qui enveloppent le canal axial se renflent légè- 
rement à leur entrée dans le corps proprement dit; une cavité apparaît 
dans lein- région renflée : il en résulîe la formation de cinq chambres qui 
sont la première trace de Vorgane cloisonné. Des bourgeons cellulaires, 
parlant du sommet de ces cliambres, arrivent bientôt, en rampant le long 
des parois du corps, jusqu'au canal circiuiibuccal ; celui-ci forme un 
bourgeon au point de rencontre; les deux bourgeons se portent alors 
vers l'extérieur: la paroi du corps leur forme une sorte de coiffe, et toutes 
ces parties, grandissant ensemble, finissent par constituer un bras. Les 
cinq bras n'apparaissent pas simultanément, mais successivement, et mon- 
trent encore de grandes différences de taille pendant presque toute la durée 
de la phase suivante. Leur croissance s'accomplit dès le début, comme 
nous l'avons indiqué dans notre Communication du 16 juillet. 

» 2° La phase pentacrinoïde s'étend depuis ra})parition des bras jus- 
qu'à la formation complète des cirrhes. A ce moment, par suite du déve- 
loppement des bras, la surface ovale de la larve, qui était tout d'abord 
entièrement occupée par l'anneau tentaculaire, s'est considérablement 
agrandie, et l'anus y a été transporté; il s'ouvre désormais au sommet 
d'un tube spécial. Cette surface est découpée par les canaux tentaculaires 
qui se rendent aux bras en cinq secteurs. Sur chacun de ces secteurs se 
voit un orifice hydrophore semblable à l'orifice unique de la phase précé- 
dente. A chacun de ces cinq orifices correspond un tube hydrophore. 
Dans les coupes, ces cinq tubes paraissent se terminer par une extrémité 
libre dans la cavité générale, mais nous avons des raisons de penser que 
ces tubes sont normalement en continuité avec les cinq canaux qui tra- 
versent la paroi du corps pour aboutir aux cinq orifices hydrophores. 

» Le corps ovoïde qui traversait l'axe de la cavité généi'ale a mainte- 
nant l'aspect d'un double canal dont les deux parties semblent s'ouvrir 
dans le pharynx, point qui demande cependant encore quelques études. 
L'organe cloisonné a pris à très peu près sa forme définitive. A son niveau, 
du cordon pédonculaire central, on voit, chez les individus dont les bras 
sont encore peu développes, naître des bourgeons claviformes alternes 
avec ceux qui, des bras. Ces bourgeons, se dirigeant en bas et en dehors, 
atteignent bientôt les téguments. Ceux-ci se renflent et s'allongentau-Jessus 
d'eux; dès lors, ces diverses parties, croissant ensemble, finissent par consti- 
tuer un cirrhe. Les cirrhes n'ont donc pas de véritable homologie avec les 
bras; ils naissent du cordon central du pédoncule; les bras, des cinq cor- 
dons périphériques. A cet âge, il n'y a aucune trace d'appareil vasculaire, 



( 446 ) 
et l'organe axial conserve à très peu près la structure histologique de l'or- 
gane ovoïde de la phase précédente. 

» 3" Au moment où la jeune Comatule se détache, le tube digestif a 
formé de nouveaux replis autour de l'organe axial. Les tubes hydrophores 
se sont considérablement multipliés, mais on observe les mêmes rapports 
enire eux et les canaux qui traversent la paroi du corps pour s'ouvrir à 
l'extérieur. L'organe axial a toujours la structure exclusivement cellulaire 
qu'il n'a cessé de présenter jusqu'ici, mais ses parois se recourbent inté- 
rieurement en lames enroulées qui rappellent d'assez près les dispositions 
du canal du sable des Etoiles de mer. Cet organe se termine inférieurement 
en un tube conique qui pénètre, en s'amincissanl toujours, dans l'axe de 
l'organe cloisonné. 

» Les trabécules de tissu conjonclif de la cavité générale sont très 
nombreux, et quelques-uns, qui viennent se rattacher à l'enveloppe de 
l'organe axial, pourraient être pris pour des vaisseaux; mais il n'existe 
rien que l'on puisse désigner sous ce nom. Parmi les vides qui existent 
entre ces trabécules, courent un petit nombre de cordons cellulaires 
pleins qui se rendent manifestement aux bras. Le tissu cellulaire qui en- 
veloppe l'organe cloisonné est extrêmement épais et a tout l'aspect d'un 
tissu en voie de multiplication rapide. Ce tissu se prolonge au centre de 
l'axe calcaire des bras et présente déjà toutes les connexions, que nous 
avons précédemment décrites, avec le tissu musculaireet le tissu conjonctif 
des bras. 

» En résumé, jusqu'à cet âge, les pores qui font communiquer la cavité 
générale avec l'extérieur peuvent être considérés comme les orifices de 
tubes hydrophores avec lesquels ils sont liés tout à la fois parleur nombre 
et leur position; ces tubes, homologues peut-être à ceux des Holothuries, 
ne correspondent nullement au canal du sable des autres Échiuodermes ; 
ce canal du sable paraît, au contraire, représenté par l'organe axial des 
Comatules, qui possède tout à la fois la structure du canal du sable des 
Astéries et la position de l'organe de même nom chez les Oursins. Cet 
organe est évidemment en rapport avec la nutrition des cirrhes, dont 
l'origine et la nature sont bien différentes de celles des bras. 

» Nous discuterons la signification de ces faits en exposant l'organisa- 
tion des Comatules mûres pour la reproduction. » 



( 447 



EMBRYOGÉME.— Sur un orqane placenloïde chez i embryon des Oiseaux. 
Note de M. MathiasDuval, présentée par M. Ch. Robin. 

« Tous les embryologistes contemporains sont muets sur certains rap- 
ports que présente l'allanloïde des Oiseaux avec la masse d'albumine ac- 
cumulée, dés le cinquième jour de l'incubation, vers le petit bout de l'œuf. 
Dutrocbet [Mémoires pour servir à l'histoire analomique et physiologique des 
végétaux et des animaux, t. II, p. 211) avait cependant signalé ce fait, que 
l'allantoïde s'étale sur toute l'étendue de la face interne de la coquille, à 
une époque où il reste encore beaucoup d'albumine, et que, par suite, 
cette albumine se trouve incluse dans une cavité circonscrite par la vésicule 
allanloïde ; mais il ne connaissait pas l'existence de la fente pleuro-périto- 
néale, sé|)arant le filet fibro-cutané de la vésicule ombilicale d'avec son 
feuillet (ibro-intestinal, et, par suite, il n'avait pas eu à se préoccuper de 
chercher comment l'allantoïde peut cesser de s'étendre dans celle fente, 
pour aller, en quittant la sphère vilelline, s'étendre autour de la masse al- 
bumineuse. Depuis Dulrochel, les embryologistes ne paraissent s'être occupé 
du poulet que comme inlroduclion à l'endjryologie des Mammifères, et ils 
ont admis, sans vérification, que l'allantoïde s'étendrait uniquement dans 
la fente pleuro-péritonéale, chez les Oiseaux comme chez les Mammifères, 
c'est-à-dire ne quitterait jamais la sphère vitelline. C'est la conclusion que 
formulent nettement Forsler et Balfour dans leur Ouvrage, consacré 
cependant uniquement à l'embryologie du poulet [Éléments d' Embryologie, 
traduction française par E. Rochefort, 1877). 

» Cependant le plus simple examen d'un œuf de poulet, au douzième 
jour de l'incubation, par dissection faite sous l'eau, montre nettement qu'à 
cette époque, l'embryon avec l'amnios occupant le gros bout de l'œuf, la 
partie moyenne de l'œuf est occupée par la vésicule ombilicale, et que le 
petit bout de l'œuf est occupé par une niasse d'albumine épaisse et très 
visqueuse, incluse dans un sac très vasculaire formé par un prolongement 
de l'allantoïde. 

» Des coupes faites sur des œufs de petite dimension (œufs de fauvette), 
à toutes les périodes de l'uicubation, nous ont permis d'élucider le mode 
de formation et la signification de ce sac appendu à la partie inférieure de 
la vésicule ombilicale. 

» L'allanloïde s'étend dans la fente pleuro-péritonéale jusqu'au niveau 
de l'équateur de la sphère vitelline; mais, dès qu'elle en atteint l'hénii- 



{ 448 ) 
sphère inférieur, elle cesse de s'étendre dans la t'ente pleuro-péritonéale; 
elle repousse devant elle le clioriou (lame fibro-cutanée doublée de 
l'ectoderme) dont elle se revêt, se détache ainsi de la vésicule ombi- 
licale, et se porte vers le petit bout de l'œuf, en suivant la face interne de 
la coquille. Le sac ainsi formé se ferme par un mécanisme analogue à celui 
que produit l'occlusion de l'amnios, et il est alors rempli par l'albumine 
autour de laquelle il s'est développé. 

» La surface extérieure comme la surface intérieure de ce sac sont for- 
mées par le choriou. Or bientôt le chorion de la surface intérietue donns 
naissance à des villosités, longues et serrées les unes contre les autres, et qui 
plongent dans la masse d'albumine, à l'absorption de laquelle elles prési- 
dent. Ces villosités sont vasculaires, car elles sont pénétrées par les vaisseaux 
de l'allantoïde. 

» Un organe d'absorption, formé de villosités clioriales, avec vaisseaux 
allantoïdiens, ne saurait recevoir d'autre nom que celui t!e placenta. C'est 
pourquoi nous donnons le nom de sac placenloïde à l'organe que nous avons 
découvert dans les annexes de l'embryon d'Oiseau. 

» Dans un prochain Mémoire nous décrirons, avec planches à l'appui, 
tous les détails de révolution de ce sac, lequel, après avoir présidé à l'ab- 
sorption de toute l'albumine, se flétrit et s'atrophie, pour ne laisser que des 
restes méconnaissables au moment de l'éclosion. Il nous suffira, pour le 
moment, de signaler la signification générale des faits sus-indiqués, à savoir 
que les Oiseaux possèdent un organe annexe tout à fait comparable au pla- 
centa des Mammifères, et que nous trouvons ainsi, dans l'embryologie des 
annexes, de nouvelles formes de transition et de nouvelles affinités entre 
les Vertébrés allantoïdiens nninis d'un placenta et ceux qui jusqu'à ce jour 
étaient considérés comme aplacentaires. Il est vrai que les villosités du pla- 
centa de l'Oiseau, au lieu de pénétrer dans le terrain maternel pour y pui- 
ser les sucs nutritifs, ainsi que cela a lieu chez les Mammifères, plongent 
dans l'albumine que les organes de la mère ont déposée, comme provision 
nutritive, dans l'espace que circonscrit la coquille de l'œuf. C'est là un 
fait d'adaptation spéciale aux circonstances particulières du développement 
de l'Oiseau; par suite, la présence de la coquille détermine le placenta à 
prendre la forme de sac avec villosités à la face interne, au lieu de s'étaler 
en surface avec villosités externes. Pour les mêmes raisons, si le placenta 
des Oiseaux est un organe d'absorption nutritive par sa surface intérieure, 
il est un organe d^échange respiratoire par sa surface extérieure, c'est-à-dire 
qu'ici se trouvent réparties, en deux régions différentes, les fonctions qui, 



(449) 

dans le placenta des Mammifères, s'accomplissent simultanément en un seul 
et même lieu. » 

GÉOLOGIE. — Origines et modes de Jormntion des calcaires dévonien et carboni- 
fère de la Belgique. Note de M. E. Dupont, présentée par M. Hébert. 

« En olfrant à l'Académie un exemplaire de deux feuilles de la Carte 
géologique de la Belgique, levées par MM. IMourlon, Purves et moi-même, 
j'ai l'honneur de lui exposer sommairement les résultats de mes recherches 
sur les calcaires dévonien et carbonifère de ce territoire. 

» Le calcaire dévonien s'étend concentriquement, dans les bassins pri- 
maires de Dînant etdeNamur, autour des roches quartzeuses et schisteuses 
du dévonien inférieur. Le dévonien supérieur, formé de schistes, de psam- 
mites, de grès et de macigiio, lui succède; puis vient le calcaire carboni- 
fère, au centre duquel se présentent des bassins houillersd'étendues variées. 
Ces terrains ont subi, au commencement delà période secondaire, les effets 
d'un soulèvement quia fortement contourné et fracturé leurs couches. 

» J'ai signalé depuis longtemps la grande variété des roches calcareuses 
du calcaire carbonifère belge, et, dans sa partie moyenne, des exemples 
singuliers de distributions interrompues ou lacunes stratigraphiques. A plu- 
sieurs égards, l'étude détaillée de ce terrain paraissait inextricable. 

» Nos calcaires dévoniens me mirent sur la voie du phénomène qui a 
donné naissance à ces conditions. 

M Je fis des recherches sur la nature précise des variétés de ces calcaires, 
au moyen de préparations micrographiques en lames transparentes d'une 
surface de près de o""i,25 ; je pus ainsi reconnaître que ces calcaires sont 
coDStitués par des coraux, tantôt agglomérés, tantôt à l'état de débris tri- 
turés, absolument comme les calcaires actuels provenant des îles coral- 
liennes de la mer du Sud. L'identité de constitution de ces roches actuelles 
et des calcaires dévoniens est frappante. Ceux-ci sont entourés de schistes, 
et, comme cela a lieu aujourd'hui, dés qu'apparaît l'élément argileux, les 
coraux disparaissent; et, de même aussi, ils ne pouvaient croître qu'à des 
profondeurs voisines de celles que leurs analogues exigent aujourd'hui. 

)) La démonstration directe en est fournie notamment par le calcaire car- 
bonifère, où l'on peut reconstituer la disposition d'une ride sous-marine, 
à relief accidenté, dont l'une des protubérances porte seule une sorte de 
chapeau calcaire corallien. 

» Enfin, ces calcaires dévoniens sont à leur tour disposés en barrières 

G. R., l8S4, i" Semestre. (T. XCVIII, N" 7.) 58 



{45o ) 
frangeantes contre les nnciennes côtes, dont elles sont séparées par des 
schistes contenant les mêmes mollnsqnes, ainsi que M. Gosselet l'a établi, 
et entourant aussi ces barrières extérieurement. Il y a lieu d'en conclure 
que des chenaux existaient primitivement entre les récifs et la plage, et 
qu'ils furent comblés par les apports dans la mer de substances argileuses 
qui envasèrent les constructions coralliennes. 

» De même, d'innombrables îlots coralliens, enfouis dans ces schistes, 
apparaissent dans le voisinage des récifs frangeants, et j'ai fait le levé de 
plusieurs d'entre eux, qui sont a-iisociés sous la forme d'anneau ébréché 
avec les caractères essentiels des atolls. 

» M. H. Mil ne-Edwards, résumant, en i 860, les affinités zoologiques qu'il 
venait de définir entre les coralliaires anciens et actuels, prévoyait déjà 
qu'on reconnaîirnit un jour que les coraux paléozoïques avaient formé, sous 
nos latitudes, des bancs semblables à ceux des mers intertropicales. 

» Les mêmes circonstances se retrouvent dans le calcaire carbonifère, 
mais avec des variantes telles, que son étude stratigraphique repose avant 
tout sur la recherche des origines multiples de ses roches calcareuses. 

» Celles-ci se divisent tout d'abord en deux catégories : les calcaires 
stratifiés et les calcaires massifs. 

" Les calcaires stratifiés ont des dispositions semblables aux dépôts de 
grès et de psammites dévoniens sur lesquels ils reposent , et il est aisé 
d'établir une succession chronologique dans la suite de leurs couches. 

- Tout autres sont les conditions des calcaires massifs. Ils présentent 
l'allure des calcaires dévoniens; on tente en vain de classer chronologi- 
quement leurs éléments constitutifs. 

» Les plaques minces dévoilèrent que ces deux catégories de calcaires 
répondent à des éléments de natures distinctes. Les calcaires massifs se 
montrent sous un aspect marbré, dû à des agglomérations de stromato- 
poroïdes analogues à ceux qui ont largement contribué à la formation des 
îlots dévoniens de marbre rouge. Ces organismes ont donc construit des 
roches semblables à nos calcaires coralliens de l'époque dévonienne, dont 
ils reproduisent en outre les dispositions en barrières ou en îlots détachés, 
suivant la proximité ou l'éloignement de la côte primitive. 

» Au contraire, les calcaires stratifiés, étudiés sur des lames transpa- 
rentes, se présentent sous des formes avant tout détritiques. Sous ce rap- 
port, ils se répartissent à leur tour en deux groupes différents. 

» Les uns sont formés presque exclusivement de débris de crinoïdes, 
dont l'accumulation a suffi à créer des amas de plus de 200'" d'épaisseur. 



i 45t ) 

Ces débris sont disposés comme le sont les éléments des couches de sable 
et de gravier, et sont essentiellement sédimentaires. 

Lorsqu'on se rappelle quelescrinoïdes peuvent vivre depuis des points 
assez voisins de la surface jusqu'à des profondeurs de 2000" et plus, ainsi 
que les explorations du Talisman vieiuient encore de nous le révéler, et que 
ces organismes fragiles ne sont à aucun litre des constructeurs de récifs, 
on ne peut être surpris que les roches qu'ils ont produites par leurs débris 
aient des caractères si contrastants avec les calcaires dus à la croissance 
directe des stromatoporoïdes. 

» L'autre groupe de calcaires stratifiés est aussi nettement sédimentaire. 
Observés par transparence, sur des plaques assez grandes pour montrer 
leurs agencements intimes, on les voit constitués par des grains amorphes 
de calcaire, par des débris variés d'organismes, surtout de coquilles, et par 
d'innombrables foraminifères. Ils sont com[)acts, grenus ou bréchiformes, 
souvent même oolithiques, comme les dépôts des plages calcareuses, que 
les naturalistes navigateurs ont désignés sous les noms de boue, de sable et 
de conglomérat coralUqaes, et dont ils attribuent l'origine à l'action destructive 
de la vague. De telles roches atteignent souvent une puissance considé- 
rable, jusqu'à 3oo™ et 400"^, en Condroz et dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. 

" Les roches du calcaire carbonifère se classent donc en calcaires con- 
struits et en calcaires sédimentaires, répondant à des origines et à des 
gisements différents. 

» Tandis que les calcaires massifs sont des récifs édifiés suivant les lois 
qui règlent la formation des roches produites par les coraux constructeurs, 
les calcaires stratifiés sont de véritables dépôts, qui ont joué, vis-à-vis des 
précédents, principalement le rôle des matières terreuses auxquelles est dû 
l'envasement des récifs dévoniens. Ici, les matières de remplissage des che- 
naux et des fonds de mer sont des débris d'organismes ou des détritus de 
calcaires préexistants; là elles sont argileuses et d'apport extérieur. Aussi 
observe-t-on, dans les récifs carbonifères, entre les rangées frangeantes, 
des amas stratifiés de calcaire à crinoïdes et de calcaire amorphe, qui 
tiennent la place des amas de schistes entre les rangées frangeantes dévo- 
niennes. Dans les deux cas, ces rangées étaient primitivement découpées 
en archipels, comme le sont les récifs frangeants de nos mers. 

» L'origine corallienne des calcaires massifs révèle aussi la cause de 
leurs nombreuses lacunes stratigraphiques à distance de la côte. Les orga- 
nismes constructeurs n'avaient, en effet, d'action que dans une étroite zone 
bathymétrique, voisine de la surface; là seulement pouvaient s'établir des 



( 452 ) 
récifs. Dans les points plus profonds, que des perturbations mécaniques ont 
amenés ultérieurement au jour, les calcaires détritiques seuls se déposaient. 
» Ainsi la formation des roches marines d'origine organique peut être 
expliquée aux époques primaires par les causes actuelles : nouvelle preuve 
de l'efficacité de la méthode comparative mise à l'usage de l'étude du 
passé de notre globe, et de la persistance des lois auxquelles les manifes- 
tations de la nature sont assujetties; la Géologie les a prises depuis long- 
temps pour guide dans ses recherches. » 

HYDROLOGIE. — Sur In variabilité de (a concenlralion et de (a composition 
des sources minérales. Mémoire de M. A. Inostranzeff, présenté par 
M, Daubrée. (Extrait.) 

« Il résulte d'une nombreuse série d'analyses que, dans trois localités 
différentes, le puits artésien de Saint-Pétersbourg, les sources de Drouske- 
niki (gouvernement de Grodno) et celles de Tzekhofzinsk (Pologne), on 
a pu constater des variations quotidiennes de concentration et de compo- 
sition, » 

M. C. Mallet adresse une Note relative à un nouveau procédé de fa- 
brication des pavés en bois durci, pour le pavage des rues. 

La séance est levée à 3 heures et demie. J. B. 



ERRATA. 

(Séance du ii février 1884.) 

Page 382, lij,'ne 5, au lieu de Duveine, lisez Duvern. 

» ligne 6, au lieu de Geoffe, lisez Geoff. 

u ligne 2'j, au lieu de monstérienne, lisez moustérienne 

Page 383, ligne 16, au lieu de Pollas, lisez PiiUas. 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCE DU LUNDI 25 FÉVRIER 1884. 
PRÉSIDENCE DE M. ROLLAND. 



MEMOIRES ET COMMUIXICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. Faye donne lecture-, au nom des Sections d'Astronoinif et de Géo- 
graphie et Navigation réunies, d'un Rapport qui doit élre adressé à M. le 
Ministre des Affaires étrangères, au sujet de la Conférence internationale 
qui sera convoquée à Washington, pour rétablissement d'un méiidien 
universel. 

Notice sur tes travaux de M. ïh. du Moncel, 
par M. Edm. Becqcerel. 

M Théodose-Acliille-Louis, comte du Moncel, Membre libre de l'Académie 
des Sciences, eut, des sa jeunesse, le goût des Sciences et des Arts. Il suivit 
en cela les nobles exemples de sa famille, carson grand-père maternel, M. de 
Magn'evilie, naturaliste distingué, fonda à Caen un musée d'Histoire natu- 
relle, un Jardin des plantes, une Société linnéenue et celle des Antiquaires 
de Normandie, et son père, général du génie, se livra avec ardeur a l'Agri- 
culture. 

C. R., i884, 1" Semestre. (T. XCVllI, N» 3.) 5y 



( 454 ) 

» Il avait à peine terminé ses études, qu'il fit paraître un Trailé de 
Peisjieclive et s'occupa de l'examen archéologique des ni )num nts de la 
Normandie, En i843, à l'âge de 22 ans(' ), il entreprit un voyage en Orient, 
d'où il rapporta un grand nombre de souvenirs hisloriques, scienlifiqufs 
et artistiques qui firent le sujet d'un Ouvrage : De Venise à Coiiblun- 
tinople à Imvers la Grèce, dont les planches furent dessinées et lithogra- 
phiées par lui. Il fit encore plusieurs publications de ce genre; mais, à 
partir de i85o, il s'adonna exclusivement à l'étude des Sciences physiques, 
qu'il poursuivit depuis sans interruption. 

» Il commença par établir un observatoire météorologique pourvu 
d'inslrume.its enregistreurs de son invention, qui non seulement lui don- 
nèrent le goût de la Mécanique, mais encore le conduisirent à s'oecuper 
d'Électricité, science qui allait devenir l'objet de tous ses travaux; il avait 
trouvé sa voie, et il ne s'en écarta plus pendant le reste de sa carrière. 

» La Télégraphie électrique venait d'être installée en France ; il vit aussi- 
tôt que l'on pouvait y introduire de nombreux perfectionnements et con- 
struisit des appareils enregistreurs de différents genres, qui, justement 
appréciés à l'Exposition universelle de Paris, en i855, lui valurent une des 
premières récompenses. 

» A partir de ce moment, et à diverses reprises, il fit connuitre d'autres 
instruments analogues, tels que télégraphes, moniteurs électriques, sys- 
tèmes divers pour rinfliimmulion des mines, dont l'un fut employé au 
creusement du port de Cherbourg, ainsi que plusieurs appareils, utilisés 
avec avantage dans diverses circonstances. 

» L'appareil d'induction de Ruhmkorff fut pour lui l'objet d'une élude 
attentive; il analysa un des premiers les effets des courants induits à haute 
tension, directs et i