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A. L. KELAHDER 

From Ihe Library of 

J. M. ALDRICH 






CONTRIBUTION A L'ÉTUDE 



DES PUPIPARES 



Lyon. — A. REY, Imprimeur de TUniversité, 4, rue Gentil. — 521b7 



AUGî 



Exemplaire N"! 



ANNALES DE L'UNIVERSITÉ DE LYON 

NOUVELLE SÉRIE 

I. Sciences, Médecine. — Fascicule 2 8. 



CONTRIBUTION A L'ETUDE 



DES PUPIPARES 



EMILE MASSONNAT 

Docteur es Sciences, 
Préparateur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Lyon. 



Avec 112 figures dans le texte et 7 planches hors texte. 




LYON 

A. REY, IMPRIMEUR-ÉDITEUR 

Rue Gentil, 4 



PARIS 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS 

Rue Ilautefeuille, 19 



9«9 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE 

DES PUPIPARES 



INTRODUCTION 



L'objet de ce travail consiste dans l'étude anatomique et taxono- 
mique des Diptères Pupipares. 

Cette étude se justifie par l'importance acquise, dans ces dernières 
années, par ces Insectes comme agents propagateurs de certaines 
maladies. 

Les Pupipares sont également intéressants en raison des modifi- 
cations organiques qui résultent de leur vie parasitaire. 

Le parasitisme est fréquent chez les Diptères ; il peut se présenter, 
dans la vie de l'individu, soit pendant la période larvaire, soit chez 
l'imago. 

Les différentes larves de Diptères offrent d'assez grandes varia- 
tions dans leur mode de vie ; les unes sont complètement libres 
comme la larve du Ciilcx ; d'autres, saprophj^tes, vivent sur des 
matières organiques en décomposition ; enfin, certaines d'entre elles 
sont franchement parasites. 

Entre ces deux dernières séries, il existe des formes larvaires 
habituellement saprophytes qui, dans certains cas, deviennent 
parasites et rentrent alors dans les « parasites inchoatifs » de 
Giard (1880). 

Gertaineslarves des pays chauds, notamment celles de Sarco/^/ia^ra, 
Univ. de Lyon. — Massonnat 1 

I' 



2 INTRODUCTION 

parasitent accidentellement les plaies. En Algérie, ces cas sont assez 
fréquents et donnent lieu k des Myases humaines *. 

Les agents de ces Myases fournissent un terme de passage aux 
larves qui deviennent franchement parasites. Parmi celles-ci, on 
connaît les larves d'OEstres qui vivent dans le tube digestif du 
cheval ( Gastrophilus equi). Kieiîer - cite une Cécidomyie zoophage, 
Endaphis perfidis Kieff. , qui vit à l'état larvaire à l'intérieur de 
l'abdomen de son hôte, un iiuceron, YAphis platanoïdes Schr. Je 
citerai encore tout le groupe des Tachinaires dont les larves se 
trouvent dans d'autres Arthropodes et les nombreuses espèces 
parasites des végétaux (Gécidomyes, Tipulaires, Anthomyia, 
Phytomyza, Trypeta, etc.). 

Mais à ce point de vue, un des parasites les plus redoutables en 
raison des dommages qu'il cause à l'Homme, est la larve d'une 
Mouche de la famille des OEstridés, Y Hypoderma hovis de Geer"^, qui 
vit sur le Bœuf. L'œuf est pondu par la Mouche sur les poils de cet 
animal ; celui-ci en se léchant, l'introduit dans son estomac où il 
donne naissance à une larve. Cette dernière se localise dans certaines 
régions de lestomac, chemine ensuite à travers les tissus de l'hôte, 
séjourne un certain temps dans le canal vertébral et finalement 
se localise sous la peau du Bœuf où elle forme une « galle animale ». 
Puis elle perce la peau et tombe sur le sol ; elle y subit la nymphose 
et se transforme en insecte adulte qui vit en liberté. La peau de l'hôte, 
ainsi perforée par ces larves, perd de sa valeur marchande. Pour 
l'Angleterre seulement, on évalue les dégâts annuels, dus à cet 
insecte, à cinquante millions de francs ^. 

Dans ce groupe assez nombreux de larves parasites, on peut 
encore citer les Cuterehra qui attaquent les troupeaux de l'Amérique 
du Sud, les OEstrus ovis L. qui vivent dans les fosses nasales du 
Mouton, etc.. 

Le régime parasitaire est moins fréquent chez les Diptères 
adultes. Quand il existe, il offre également un certain nombre de 
variations des plus intéressantes. 

' D"" Sergent, Ann. de llnst. Pasteur, 1907. 
- Soc.ent. de France, LXIX, 1900, p. 33o. 

3 Ilermann Jost Beitrage ziir Kenntnis des Entwicklnngsganges des Larve 
von Hypoderma hovis de Geev (Zeitschrifl f. iviss. Zool.). 
^ iMeunier et Vaney, Traité de tannerie. 



INTRODUCTION à 

C'est ainsi que certaines Mouches sont nettement saprophytes, 
c'est-à-dire vivent de matières org-aniques en voie de décompo- 
sition. Mais le plus grand nombre de ces Diptères appartient au 
groupe des parasites externes. 

Le groupe qui a le plus particulièrement attiré mon attention, 
est celui des parasites externes. 

La vie parasitaire dans ces conditions, c'est-à-dire en restant sur 
la surface externe de l'hôte, peut comporter l'absorption des liquides 
organiques de celui-ci. 

Il en résulte pour le parasite l'obligation de posséder des appareils 
qui lui permettront : i" de percer la peau de l'hôte ; 2" d'aspirer les 
liquides alimentaires. En outre, il est de toute nécessité qu'il pos- 
sède des organes qui le fixeront à cet hôte, d'autant plus éner- 
giquement qu'il deviendra moins mobile. L'ingestion de matières 
déjà élaborées, comme le sang, doit amener une simplification 
dans la structure du tube digestif ; de même que la facilité avec 
laquelle le parasite se procure son alimentation, provoquera aussi 
une régression des organes des sens, notamment des plus spécia- 
lisés comme ceux de la vision ^ 

Mais en dehors des répercussions qui se produisent sur l'orga- 
nisme du parasite, il en est d'autres qui font sentir leur action sur 
l'hôte lui-même. Elles sont tout aussi intéressantes et elles peuvent 
être d'une extrême importance au point de vue de la pathologie 
générale et en particulier de celle de l'homme et des animaux 
domestiques. 

Les piqûres du parasite peuvent en effet, par leur fréquence, 
produire un affaiblissement de l'hôte, en raison des prélèvements 
trop nombreux effectués à ses dépens ; elles peuvent aussi lui inocu- 
ler des germes de maladies, l'insecte servant ainsi d'agent de trans- 
mission pour ces derniers, d'un individu malade à un individu sain. 

Au point de vue du mode de vie, on peut observer quelquefois 
des différences sexuelles. C'est ainsi que les mâles du Culex ne 
se nourrissent que du suc des fruits tandis que, chez les femelles, 
il semble qu'il y ait nécessité pour leur complet développement et 
surtout pour la ponte, de l'absorption du sang de Vertébrés. Chez 

* Massonnat, Variations des yeux composés chez les Pupipares f^ssoc. franc, 
pour l'avanc. des Sciences, 1907). 



4 INTRODUCTION 

les Stomoxes et les Tabanides, l'un et Tautre sexe ont le même 
mode de vie que la femelle des Gulicides. Dans ces diverses familles, 
les modifications se ramènent, en général, à des adaptations spé- 
ciales des pièces buccales et de la partie antérieure du tube 
digestif qui leur permettent la piqûre et la succion. 

Mais, parmi ces DijDtères, il est un groupe particulièrement inté- 
ressant, celui des Pupipares où s'observent des modifications plus 
profondes qui s'étendent ici à d'autres organes. 

L'étude de ce groupe est devenue plus importante encore depuis 
que l'on connaît le rôle joué par les Diptères piqueurs dans la pro- 
pagation des maladies. C'est en se dirigeant dans cette voie que 
la Zoologie a guidé la Médecine dans létiologie d'un certain nombre 
de maladies, fréquentes et particulièrement graves dans les régions 
tropicales. Elle lui a permis d'entrevoir les mesures prophylacti- 
ques qu'il convenait d'appliquer pour chacune d'elles. 

Pour montrer toute l'importance de ce groupe à ce point de vue, 
je passerai brièvement en revue les différentes maladies que les 
Insectes piqueurs et suceurs peuvent inoculer à l'Homme et aux 
animaux en insistant plus particulièrement sur celles qui sont 
propagées par les Diptères. 

Après la découverte par Yersin, en 1894, du bacille de la peste 
et du rôle des rats dans la propagation de cette maladie, le D"" Simond 
établissait que les agents de transmission étaient les puces qui, en 
abandonnant les rats morts de la peste, allaient infester Thomme 
par leurs piqûres. 

Les travaux de Reed, Carroll et Agramonte et ceux des mem- 
bres de la mission française envoyée à Rio-de-Janeiro en 1904, 
E. Marchoux ' et P.-L. Simond-, ont établi expérimentalement que 
l'agent de la fièvre jaune est transmis par unCulicide, le Stegomyia 
fasciata. La guerre méthodiquement faite aux moustiques a amené 
la disparition de cette maladie de régions où elle sévissait jus- 
qu'alors à l'état permanent 

Une autre catégorie de maladies, les fîlarioses caractérisées par 



* E. Mai-clioux, Salimbeni et P.-L. Simond, la Fièvre jaune (Ann. Inst. 
Pasteur, 1903, XVII, p. 665). 

2 E. Marchoux et P.-L. Simond, la Fièvre jaune (Ann. Inst. Pasteur, 1906, 
XX, p. 16, 104 et 161.) 



INTRODUCTION 5 

la présence de Nématodes dans le sang- des individus atteints, sont 
transmises également par la piqûre des Insectes, 

En 1876, Bancroft découvrait en Australie la fdaire adulte. 
Patrick Manson montrait plus tard que les Gulicides, surtout 
C. pipiens et C. ciliaris, servaient d'agents de propagation des 
filarioses. Les embryons^ qui se trouvent dans les gros vaisseaux 
pendant le jour, émigrent à la périphérie pendant la nuit. Le mous- 
tique, en piquant l'homme, en aspire un certain nombre; du tube 
digestif, ceux-ci passent dans la cavité générale, vont se loger dans 
les muscles des ailes où ils subissent des transformations; puis ils 
se dirigent vers la tête et la trompe. Par quel mécanisme se fait 
ensuite l'inoculation? Dans un mémoire récent, Ashburn et Graisr ^ 
ont suivi l'évolution de la fîlaire dans le corps de Culex fatigans et 
observé des fîlaires engagées dans le labium de l'insecte et 
prêtes par suite à pénétrer dans le corps de l'individu qui serait 
piqué par le moustique. En 1908, Fiïlleborn - confirme le rôle déjà 
bien connu des moustiques au point de vue de la propagation des 
filarioses. 

Une autre catégorie de maladies, le paludisme, qui afflige 
l'homme et les animaux qui vivent dans les régions humides, est 
également propagé par les Insectes piqueurs. 

En 1880, Laveran faisait l'importante découverte de l'hémato- 
zoaire du sang, le Plasmodium malariœ de la fièvre paludéenne. 

En 1897 et 1898, le major Ross montrait expérimentalement le 
rôle des Moustiques dans la propagation du paludisme des Oiseaux ; 
il établissait en outre les dift'érentes phases de l'évolution du para- 
site dans le corps de l'insecte. Les savants italiens, Grassi, 
Bignami et Celli, démontrèrent enfin que l'hématozoaire de l'Homme 
était transmis par les Anophèles et indiquèrent qu'il y avait ici aussi 
dans le corps du moustique une évolution du parasite correspondant 
à la phase sexuée. 

D'autres maladies plus redoutables encore, les trypanosomiases, 



^ Ashburn et Ch. F. Graig-, Observations upon Filaria Philippinensis and 
its development in the mosquito. (Philippine Journal of Se. B. med. Se, t. II, 
mars 1907.) 

2 FuUeborn, Uebertragung von Filarienkrankeiten durch Miicken (Arch. f. 
Sch. u. Trop. Hyrj. t. XI, n" 20, 1907). 



6 INTRODUCTION 

et parmi celles-ci la terrible maladie du sommeil, sont encore 

transmises par l'intermédiaire des mouches piquantes. 

Ce fut Évans qui, le premier, découvrit aux Indes que la cause 
d'une maladie appelée le « Surra », mortelle aux Equidés et aux 
Chameaux, est un Protozoaire du groupe desTrypanosomes. 

En 1894, Bruce trouvait à son tour ce même parasite dans une 
autre maladie la u Nagana » des Equidés et des Bovidés du 
Transvaal ; il montrait qu'elle est propagée par une Glossine, la 
tsé-tsé. 

Dans ces dernières années, on a découvert que le « mal de Gade- 
ras » qui affecte les Equidés de l'Amérique du Sud et la maladie du 
sommeil sont dus à des Trypanosomes, toutes ces maladies étant 
transmises par l'intermédiaire des mouches piquantes. 

En 1905 et 1907, les D""* Edm. et Et. Sergent' ont montré que 
1' (( El Debab » ou Trypanosomiase des Dromadaires, maladie très 
répandue dans l'Afrique du Nord, avait les Taons comme agents de 
transmission. 

D'après ces considérations, on voit combien une telle étude a 
de l'intérêt et de quelle importance elle est au point de vue de la 
pathologie comparée de l'homme et des animaux. 

Au Congo, Broden- considère comme agents de transmission des 
trypanosomiases humaine et animales — ces dernières affectant les 
Bovidés, les Dron^adaires, les Anes et les Moutons — les Glossines 
et surtout Glossina palpalis qui domine dans la région. 

Dans la boucle du Niger, Bouffard ^ étudiant la « Baléri » ou 
trypanosomiase qui sévit sur les Chevaux, les Anes, les Chiens et 
qui tue une grande quantité de ces animaux, attribue la transmis- 
sion de la maladie aux Tsé-tsé, surtout à Glossina palpalis et 
G. tachinoides qui abondent dans ces contrées. Par contre, compara- 
tivement au rôle des Tsé-tsé, il regarde comme très secondaire celui 
des Taons et des Stomoxes. 



* Edm. et Et. Sergent, « El Debab », trypanosomiase des Dromadaires de 
l'Afrique du Nord (Ann. Inst. Pasl., t. XIX, igoS, et t. XX, igoO, p. ()G5). 

• Broden, les Trypanosomiases dans l'Etat du Congo (Soc. belge d'études 
coloniales, fiapp. sur les travaux du Lab. méd. de Li^opoldville, iyo6). 

^BoulTard, la Baléri, trypanosomiase des territoires de la Boucle du Niger 
(Ann. Inst. Pasl., yAn\. 1908). 



INTRODUCTIOX 7 

L. Gazalbou ' étudiant la « Souma », trypanosomiase des Bovidés 
et des Equidés du Soudan, évalue à 40 pour 100 la mortalité des 
Bœufs et considère que la maladie est propagée par les piqûres des 
Taons et des Stomoxes, les Glossines étant absentes de cette région. 

Si tous les Insectes piqueurs en général, et notamment toutes ces 
Mouches piquantes, jouent un rôle considérable au point de vue 
pathologique, elles ont aussi, comme nous venons de le voir, un 
intérêt considérable au point de vue économique. Leur présence 
produit en effet une situation générale désastreuse dans les régions 
qu'elles infestent; et comme le dit le D'" Bouffard- dans son étude 
de la « Souma », elle rend impossible tout élevag-e dans certaines 
régions du Soudan et notamment dans la riche vallée du Haut- 
Niger. Edm. et Et. Sergent^ constataient en 1900 que la trypanoso- 
miase « El Debab » de l'Afrique du Nord, propagée par les Taons, 
affecte le dixième au moins des Dromadaires ; et comme la maladie 
est presque toujours fatale, on voit les pertes énormes qu'elle 
occasionne. 

Jusqu'ici l'attention des observateurs s'était portée presque 
exclusivement sur les Gulicides et sur les Mouches piquantes apparte- 
nant aux Glossines et aux Tabanides. Dans ces dernières années, 
l'attention de quelques-uns s'est tournée vers un autre groupe de 
mouches piquantes, celui qui nous intéresse plus particulièrement, 
le groupe des Pupipares. Ges derniers, il est vrai, s'attaquent 
rarement à l'Homme ; par contre, ils piquent surabondamment les 
animaux et surtout les animaux domestiques. Gomme les Mouches 
précédemment étudiées, ils doivent incontestablement contribuer 
aussi à la propagation des maladies. 

J'insisterai maintenant d'une façon plus spéciale sur ce que l'on 
connaît à l'heure actuelle relativement à ce rôle des Pupipares. 

En 1905, le D"" Theiler'^, dans son étude sur les trypanosomiases 

* L. Cazalbou, la Souma, Trypanosomiase des Equidés et des Bovidés du 
Soudan (Rev gén. méd. vét., t. VIII, 190G, p. 240). 

2 Bouffard, Trypanosomiase du Soudan français (Ann. Inst. Past., 1907, 
p. 587), ^ 

3 Dr^ Edm. et Et. Sergent, « El Debab », trypanosomiase des Dromadaires de 
l'Afrique du 'Nord (Ann. Inst. Past., 1905, p 17). 

■* DrTheiler. Maladies des troupeaux de l'Afrique du Sud (Bull. Inst. Past. 
1905). 



s INTRODUCTION 

des Bovidés de l'Afrique du Sud, considère Hippobosca nippes Olf., 
espèce qui est commune sur les Chevaux de cette région, comme 
l'agent de propagation de la maladie. 

Memmo, Martoglio et Adani^ étudiant les Protozoaires des ani- 
maux domestiques de l'Erythrée, attribuent leur propagation, en 
raison de l'absence des Tsé-tsés, aux Taons ou à un Hippobosque. 

Mais les études les plus décisives concernant le rôle joué par les 
Pupipares, ont été faites en 1905 et 1906 par les D*"^ Edm. et 
Et. Sergent*. Elles sont relatives à la propagation d'une maladie 
des Pigeons, qui est provoquée par la présence dans le sang d^un 
Hématozoaire, V Hcemoproteus columhœ Kruse. Ce parasite est très 
fréquent chez les Pigeons algériens. 

Jamais ces savants ne purent observer la présence de ce parasite chez 
les Moustiques qui piquent fréquemment ces Oiseaux. Ils se deman- 
dèrent si le deuxième hôte de l'évolution de celui-ci n'était pas un 
Pupipare, le Lynchia maura Bigot, qui abonde sur les Pigeons des 
régions méditerranéennes. Les Pigeons de Paris, qui ne présentent 
jamais la moindre trace d'infection, leur servaient de sujets. Après 
piqûres de Lynchia infestés, c'est-à-dire de Lynchia qui s'étaient 
nourris préalablement sur des Pigeons malades, ils obtinrent dix 
résultats jDOsitifs sur onze : les pigeons de Paris, piqués, présen- 
taient tous des gamètes dans le sang périphérique après une assez 
longue incubation de trente-sept à trente-huit jours. Ils s'assurèrent 
par d'autres expériences : 1° qu'il n'y avait pas de transmission 
héréditaire, la piqûre de Lynchia éclos de pupes produites par des 
femelles infestées laissant les Pigeons toujours indemnes; 2° qu'il 
n^y avait jamais infection du Pigeon lorsque celui-ci mangeait des 
Lynchia parasités. 

L'étude de l'évolution du parasite chez Lynchia n'est pas encore 
complète; les D''^ Ed. et Et. Sergent n'ont aperçu le parasite que 
dans la première portion de l'intestin moyen et à létat d'ookinètes. 
Toutefois, ils instituèrent un très grand nombre d'expériences afin 
de s'assurer que, là où le microscope ne décelait rien, le germe de la 



1 Memmo, Martoglio, Adaui, Infezioni protozoarie negli animali domestici 
in Erytrea f^/irt. d'hj. sperini., 1905, p. i-4r)). 

2 D" Ed. ot El. Sergent, Etudes surles Hématozoaires d'Oiseaux ('.l/!/i.//isf. 
Past., 1907, p. 25 1). 



INTRODUCTION 9 

maladie existait cependant. En effet, après injection à la seringue 
des org-anes broyés, abdominaux et thoraciques, de Lynchia 
infestés, le Pigeon montrait toujours des Hœmoproteus dans le sang 
périphérique, après une incubation de vingt-huit jours. 

Les différents stades de l'évolution de V Hsemoproteus columbse 
chez le Pigeon ont été décrits depuis leur apparition dans le sang 
périphérique jusqu'à la forme adulte; les D*' Sergent remarquèrent 
qu'au fur et à mesure que les Ilsemoproleus grandissent, ils 
deviennent de plus en plus rares dans le sang périphérique, si bien 
que l'animal guérit peu à peu s'il est tenu à l'abri des réinfections. 

D'autre part, l'injection à la seringue des organes broyés de 
Lynchia infestés à d'autres Oiseaux (Canaris, Poules...) ne leur a 
donné aucun résultat, alors qu'elle produit l'infection constante du 
Pigeon. 

Tels sont les travaux des D*"* Edm, et Et. Sergent, relatifs à 
l'Hématozoaire du Pigeon : ils établissent que l'agent de transmis- 
sion est Lynchia maura ce Pupipare qui est si fréquent et parfois 
en si grand nombre sur les Pigeons du littoral méditerranéen. 

Les mêmes auteurs se sont encore occupés de Y Hœmoproteus du 
Moineau pèlerin d'Algérie dont ils ont constaté la présence presque 
constante dans le sang de ce dernier. Celui-ci étant très souvent 
piqué par les Moustiques, ils se sont demandé si le deuxième hôte 
du parasite ne serait pas un Culicide : les résultats de la piqûre de 
Gulex qui s'étaient infestés eux-mêmes sur un Moineau malade, ont 
toujours été négatifs sur des Canaris sains. Ils sont arrivés à cette 
conclusion (( qu'il est très probable que Y Hœmoproteus du Moineau, 
et, en général, toutes les différentes espèces d' Hœmoproteus d'Oi- 
seaux (sauf, probablement, H. noctuœ), ont comme second hôte 
des Hippoboscidés dont on connaît l'existence si fréquente sur les 
Oiseaux ». 

L'Hippoboscide parasite du Moineau, très difficile à se procurer 
en raison de ce qu'il est bien doué au point de vue du vol, est 
Ornithomyia avicularia L., espèce d'ailleurs très ditfuse se trouvant 
sur un grand nombre d'Oiseaux : on peut s'en assurer en jetant un 
coup d'œil sur la liste que je donne des hôtes sur lesquels cette 
espèce a été rencontrée Elle existe, d'ailleurs, en Algérie : j'en 
ai trouvé des spécimens dans une collection de Pupipai'es recueillis 
dans l'Afrique du Nord que M. Olivier, directeur de la Revue 



10 INTRODUCTION 

scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France, avait eu 
l'amabilité de me communiquer. 

Depuis les recherches des D''* Serg-ent, d'autres observations 
ont été faites relativement au rôle des Pupipares comme agents 
inoculateurs.de germes infectieux. 

En 1907, Thiroux et Teppaz ^ ont constaté que la trypanosomiase 
des Dromadaires était liée, dans la région en face de Bakel, à la 
présence des Tabanides et des Hippoboscidés. 

Le D'' Gustave Martin-, au sujet des trypanosomiases de la 
Guinée française, incrimine non seulement les Tsé-tsés et les 
Taons, mais aussi les Hippobosques : très nombreux en Haute- 
Guinée. 

G. Bouffard^ soupçonne les Hippoboscidés et les Stomoxes d'être 
des agents de transmission. 

Le Dr Vassal*, étudiant des Chauves-souris de l'Annam, chez les- 
quelles il a observé un Hémocjtozoaire, ne peut préciser quel est 
l'agent d'infection : il cite, parmi les parasites de ces Chéiroptères, 
mais sans l'incriminer, le Nycteribia oceanica Bigot. 

A ce sujet, je ferai la remarque que les Nycteribiae sont les 
parasites habituels et quelquefois particulièrement abondants 
des Chauves-souris. H y a tout lieu de les soupçonner d'agir par 
rapport à celles-ci, comme des agents propagateurs de germes 
pathogènes. 

D'après cet ensemble d'observations et surtout d'après les 
recherches des D""* Edm. et Et. Sergent, on voit que les Pupipares 
constituent un groupe de Diptères suceurs de sang, qui agissent 
manifestement vis-à-vis des animaux, comme inoculateurs de 
maladies. 

Cependant le rôle de chacun d'eux, à l'exception, toutefois, de 
Lynchia, n'est pas encore bien défini. 

Ces recherches auront un réel intérêt au point de vue écono- 

* Thiroux et Teppaz, les Trypanosomiases animales au Sénégal (Ann. Inst. 
Past.,t.XXl, 1907, p. 21 1-228). 

* Gustave Martin, les Trypanosomiases de la Guinée française (Ann. de 
rinsl. Pasteur, t. XXI, 1907, p. 384). 

^ Bouffard, G. B. Soc. Biologie, t. LXII, 1907, p. 71. 
• * D"" Vassal, Sur un Hémocytozoaire d'un Cheii'optère (Ann. Inst. Past. 
1907-) 



INTRODUCTION 11 

mique : en s'attaquant principalement aux animaux domestiques, 
ces Insectes sont susceptibles de causer de sérieux préjudices par 
les maladies qu'ils peuvent inoculer. 

J'attire encore l'attention sur le rôle probable d'un autre parasite 
au sujet duquel aucune étude n'a été faite à ce point de vue ; c'est 
sur le Brailla, parasite des Abeilles. Bien qu'aptère et presque 
aveug-le, tellement ses yeux latéraux sont réduits, on le voit cepen- 
dant passer avec la plus grande facilité d'une Abeille sur une autre. 
On n'est pas d'accord sur son genre de parasitisme. Est-il vraiment 
un piqueur et suceur de sang? Est-il simplement un commensal? 

Chacune de ces manières de voir a des partisans. 

Pour les premiers, le parasite piquerait l'Abeille dans les parties 
les plus minces du tégument, celles qui se trouvent entre les articu- 
lations des anneaux de l'abdomen; et c'est pour cette raison, disent- 
ils, qu'il abonde sur les reines où on le trouve toujours en très 
grand nombre. Si cet insecte est vraiment suceur de sang, la dis- 
tension des anneaux de l'abdomen, par suite du développement des 
ovaires, aurait pour résultat de faciliter en effet les piqûres. 

D'autres, comme J. Pérez(i882), pensent qu'il partage simplement 
la nourriture de son hôte. Cet auteur a vu l'Abeille « dégorger une 
gouttelette de miel, que le pou vient lécher et absorber aussitôt ». 
Il ne serait donc qu'un commensal. Le Braula se comporterait 
comme ce curieux Acarien de Ch. Janet ^, ÏAntennophorus Uhl- 
nianni, par rapport à la fourmi Lasius mixtus. D'après l'étude 
que j'ai faite du Branla, notamment celle de ses appendices 
buccaux, je ne crois pas qu'il soit capable de perforer le revêtement 
chitineux de son hôte et j'ai plutôt une tendance à me ranger à la 
manière de voir de J. Ferez. 

Les ruchers sont affectés par un certain nombre de maladies qui 
leur sont très préjudiciables; l'une d'entre elles, la loque, d'origine 
bactérienne, est due au Bacilliis alveolaria. Il est possible que le 
Braula puisse jouer un certain rôle dans la transmission de cette 
maladie. 

Les Diptères Pupipares ont donc une importance incontestable 
au point de vue pathologique et économique. Leur intérêt n'est pas 
moins grand au point de vue biologique. Leur structure et leur con- 

* Ch. Janet, C. R. Ac. Se, 1897. 



12 INTRODUCTION 

formation générale subissent, en effet, de profondes variations, qui 
doivent être attribuées à leur mode de vie parasitaire et à leur 
fixation plus ou moins grande sur l'hôte. 

Les Glossines, ces redoutables Tsé-tsé de l'Afrique équatoriale, 
se comportent, au point de vue reproducteur, comme de véri- 
tables PujDipares. Comme chez tous les insectes de ce dernier 
groupe, les larves évoluent dans le corps des femelles (Bruce 
1895, 96, 97). Arrivées à maturité, elles sont pondues à l'état de 
larves de couleur jaunâtre qui se transforment au bout de quelques 
heures en pupes d'un noir brillant, à douze segments. Le stade 
pupaldure à peu près six semaines. Puis l'insecte sort à l'état parfait. 
Les deux sexes sont ici piqueurs et suceurs de sang. Cette Mouche 
affectionne les rives boisées des cours d'eau, d'où elle s'élance, d'un 
vol rapide, sur l'Homme et les animaux (Bovidés et Equidés) 
séjournant sur eux le temps nécessaire à la succion. 

Dans nos pays, le Pupipare le mieux conformé pour le vol, est 
VOrnitJiomyia. Ce dernier parasite les Oiseaux, dont il suce le sang et 
sur lesquels il est solidement fixé par ses pattes munies de griffes 
tridentées. Ses ailes bien développées lui permettent de se porter 
avec la plus grande facilité d'un hôte sur un autre ; on s'explique 
ainsi sa présence sur un grand nombre d'Oiseaux, et la difficulté que 
l'on éprouve pour s'en emparer, Tinsecte abandonnant immédiatement 
l'Oiseau qui vient d'être frappé et de tomber à terre. Sur les parties 
latérales de sa tête se trouvent de gros yeux k facettes ; le thorax 
porte une paire d'haltères. Par son aspect, cette espèce est en tous 
points semblable à notre Mouche ordinaire. 

Un autre Pupipare de nos contrées, \e Melophagus, est aptère et 
vit en parasite sur le Mouton. Il est plongé dans la laine de son 
hôte ; avec son rostre puissant, il pique et suce le sang de ce dernier. 
Ses yeux sont rudimentaires ; les balanciers ont disparu et enfin, 
l'absence d'ailes le fixe à demeure. Ce n'est que par contact que le 
parasite peut passer d'un Mouton à un autre. Son aspect est donc 
tout différent des Glossines, deVOrnithomyia et de la Mouche com- 
mune ; il a plutôt l'apparence d'un pou ; d'où le nom de « pou de 
mouton » qui lui est donné vulgairement. 

Entre ces deux formes extrêmes et si différentes de Pupipares 
dont l'une, YOrnitho/nyia, a l'aspect d'une Mouche et l'autre, le 
Melophagus^ celui d ua Pou, il existe toute une série de formes 



INTRODUCTION 13 

intermédiaires à ailes de plus en plus atrophiées qui permettent le 
passage naturel de la première espèce à la seconde. 

On trouve en effet des formes à vol lourd, comme Hippohosca, 
et d'autres presque fixées, comme Stenopteryx^ Crataerhinu et 
Myiophthii'ia. Chez Stenopteryx, les ailes sont un peu plus long-ues 
que l'abdomen ; chez C/'a^aer/ima, elles sont égales ou plus courtes 
que cette partie du corps ; enfin chez Myiophihiria, elles sont plus 
rudimentaires encore que celles de Crataerhina. 

Mais au point de vue de la transition des formes ailées aux for- 
mes aptères, le genre le plus curieux est certainement le Lipoptena, 
parasite des Cervidés. A la sortie de la pupe, ce Lipopdena est muni 
d'ailes qu'il perd, lorsqu'il rencontre son hôte définitif, un Cervidé 
(Cerf, Daim, Chevreuil). 

Le Lipoptena prend, du fait de la perte des ailes, une si grande 
ressemblance avec le « pou de mouton », que Linné et les premiers 
observateurs le placèrent dans le même genre que celui-ci sous le 
nom de Melophagus cervi L. 

Ces espèces à ailes rudimentaires et surtout Lipoptena, nous 
amènent ainsi aux formes qui en sont dépourvues comme Melo- 
phagus. A ce dernier groupe appartiennent encore Nycterihia et 
Brailla. 

Le tableau ci-dessous résume ces différentes formes de Pupipares 
qui permettent ainsi le passage des espèces ailées aux espèces fixées. 

i" Espèces très mobiles Ornithoinyia. 

2° Espèces moins mobiles Hippohosca. 

i Stenopteryx. 
Crataerhina. 
Myiophihiria. 
30 Espèces fixées . <| ailées, puis aptères . Lipoptena. 

l MelopJiacjus. 

aptèi^es < Nycterihia. 

{ Branla. 

Ces considérations d'ordre biologique, pathologique et économique 
sur le rôle des Diptères Pupipares m'ont amené à faire tme étude 
complète de ce groupe, au point de vue morphologique^ anatomique 
et systématique, afin de fournir toute la documentation nécessaire 
aux recherches ultérieures. 

J'ai étudié tout d'abord la morphologie externe. L'étude morpho- 



14 INTRODUCTION 

log-ique se ramène à celle des modifications dues à l'ectoparasitisme 
ou au commensalisme, et c'est à ce point de vue qu'elle est vraiment 
intéressante. Ces parasites se sont adaptés à des hôtes différents qui 
appartiennent aux Mammifères, aux Oiseaux et aux Insectes sociaux. 
Il y a là une diversité manifeste dans le milieu, une variation de 
l'habitat, l'un de ces milieux étant caractérisé par la présence des 
poils, l'autre par celle des plumes et le troisième par le revêtement 
chitineux des Arthropodes. La fixation du parasite est d'autre part 
plus ou moins grande, suivant les conditions favorables présentées 
par l'hôte; et rien n'oifreplus d'intérêt que cette étude des relations 
entre la forme du parasite et ses rapports avec son hôte. 

Au point de vue anatomique, je me suis demandé 'si cette diffé- 
rence d'habitat n'avait pas une répercussion sur la structure et la 
disposition des organes internes. Cette étude m'a conduit à la con- 
naissance de points nouveaux relatifs à leur anatomie. 

Enfin, j'ai terminé par une révision systématique de ce groupe^ 
grâce aux nombreux documents que j'ai eus en mains. C'est ainsi 
qu'il m'a été permis de décrire toutes les espèces françaises et de les 
figurer. 

La plupart de ces espèces proviennent de la collection rassem- 
blée par M. Glaudius Côte comme annexe de sa riche collection 
ornithologique des Dombes. Chassant depuis de nombreuses 
années dans cette région, qui, en raison de ses caractères géogra- 
phiques, forme un centre où s'arrêtent un grand nombre d'Oiseaux 
migrateurs, M. Côte a pu donner déjà une liste de ^74 espèces 
d'Oiseaux. Cette liste a été publiée dans les Annales de la Société 
Linnéenne de Lyon^. Tous les Pupipares ont été recueillis avec le 
plus grand soin, aussitôt l'Oiseau tombé à terre, étiquetés avec la 
date et le nom de l'hôte sur lequel ils avaient été pris. Cette collec- 
tion prend, de ce fait, un intérêt tout particulier et extrêmement 
important, quand on considère un groupe de parasites comme celui- 
ci. Elle a été ma principale source de documents et, sans cette 
aide, il m'eût été impossible de faire l'étude de certains genres. 

Je me fais un plaisir de remercier bien vivement M. Claudius 
Côte de l'empressement avec lequel il m'a confié sa collection de 

1 Cl. Côte, Catalogue des Oiseaux du département de l'Ain (Annales de la 
Soc. Linnéenne de Lyon, iyo6, LUI). 



INTRODUCTION 15 

Pupipares de la région lyonnaise et de rendre hommage au talent 
du naturaliste, qui a su rassembler d'aussi riches documents, malgré 
l'extrême difficulté de leur récolte. 

Ces recherches ont été faites au Laboratoire de Zoologie de la 
Faculté des Sciences de L^'on, sous la direction de M. le professeur 
Kœhler. Je lui adresse ici l'expression de toute ma gratitude pour 
la bienveillance qu'il n'a cessé de me témoigner pendant les nom- 
breuses années que j'ai eu l'honneur de faire partie de son service 
et pour les ressources qu'il a mises si obligeamment à ma disposi- 
tion au cours de ces recherches. 

Mon ami, M. Vaney, maître de conférences, m'a indiqué ce sujet 
et m'a dirigé dans l'exécution de ce travail. Il n'a cessé de me pro- 
diguer les ressources de sa riche érudition et de sa grande expé- 
rience. Les importantes recherches tju'il a poursuivies sur les 
Diptères lui donnaient toute autorité pour me guider dans l'étude 
d'un groupe de cet ordre. Il ne m'a ménagé ni son temps ni ses 
conseils. Je l'en remercie bien vivement. 

Je tiens aussi à remercier M. Caullery, professeur à la Sorbonne, 
de la bienveillance qu'il ma témoignée lors de son séjour à Lyon 
comme maître de conférences. Je lui suis particulièrement recon- 
naissant d'avoir bien voulu s'intéresser encore aux travaux et aux 
recherches de son ancien préparateur. 

Mon entière et bien sincère gratitude va également à mon excel- 
lent ami et collègue Conte, chef des travaux de Zoologie, qui a mis 
à chaque instant son expérience et ses conseils à mon entière dispo- 
sition pendant toute la durée de ces recherches. 

Je témoigne ma vive reconnaissance à M. le D'" Speiser dont la 
haute compétence sur les Pupipares est universellement connue. Il 
a bien voulu vérifier mes déterminations et ses conseils m'ont été 
des plus utiles pour la confection du tableau de la systématique des 
Hippoboscidés. 

Je ne saurais oublier aucun de ceux qui ont eu l'amabilité de me 
fournir des matériaux d'étude : M. le D"" J. Villeneuve, le savant 
diptérologiste de Rambouillet, M. Mingaud, conservateur du 
Muséum d'Histoire naturelle de Nîmes, MM. les D""* Edm. et 
Et. Sergent, de l'Institut Pasteur de Paris ; M. Allarousse, vété- 
rinaire militaire en premier à l'Etat-Major d'Alger; M. Olivier, 
directeur de la Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la 



16 INTRODUCTION 

France à Moulins (Allier) ; M. Chifflot, chef des travaux de bota- 
nique à la Faculté des Sciences de Lyon ; M. Vanney, vétérinaire 
militaire, alors détaché à Beni-Ounif (Figuig) ; M. Allemand-Mar- 
tin, sous-directeur du Laboratoire maritime de Sfax, et M. Marboud, 
apiculteur k Montceaux (Ain). 

Je tiens aussi à remercier bien vivement mes excellents collè- 
gues et amis, MM, de Rouville et Galvet, de l'Université de Mont- 
pellier, et M. L. Germain, du Muséum d'histoire naturelle de Paris, 
qui m'ont grandement facilité dai^s mes recherches bibliogra-, 
phiques. 



PREMIÈRE PARTIE 
MORPHOLOGIE 



HISTORIQUE 

L'organisation particulière des Pupipares, leur aspect arachnoïde, 
la présence d'ailes chez quelques-uns, l'absence de ces mêmes orga- 
nes chez d'autres ont attiré depuis longtemps sur ce groupe l'atten- 
tion des observateurs. 

En 1742, le naturaliste français Réaumuî" s'en occupa pour la 
première fois. Ses observations, consignées dans ses Mémoires 
pour servir à r histoire des Insectes (p. 569-608), sont relatives sur- 
tout à Hippobosca et à Ornithomyia, aux Insectes qui vivent sur le 
Cheval, le Bœuf et l'Hirondelle. Il reconnut que la femelle ne 
pondait pas un œuf, mais une nymphe. Il donna à ce groupe le nom 
de Nymphipares. Il avait également décrit le « pou de l'Abeille », 
le Brailla. 

Jusqu'à Léon Dufoiir, les observations relatives aux Pupipares 
sont surtout d'ordre systématique. Avec ce dernier, on trouve pour 
la première fois de nombreuses et très exactes observations consi- 
gnées dans son Mémoire relatif aux Diptères Pupipares (i845) ; il y 
étudie les organes digestifs, respiratoires et génitaux à Hippobosca, 
d'Ornithomyia et de Melophayus. A l'encontre des observations de 
Réaumur, il émit cette idée assez singulière que le produit qui se 
développait dans l'utérus était, non un œuf, mais un fœtus. 
Univ. de Lyon. — Massonnat 2 



18 MORPHOLOGIE 

En i858, Leuckart entreprit l'étude des org-anes femelles de 
Melophagus ovinus L, : il montra que le produit qui existait dans 
l'utérus maternel était bien une larve, comme l'avaient pensé les 
anciens naturalistes, et non un fœtus, comme l'avait cru Léon 
Dufour. Il fit une étude très complète de la structure externe et 
interne de celle-ci. 

Le travail de Leuckart avait eu pour résultat, en s'appuyant sur 
le développement, d'établir l'étroite parenté des Pupipares avec les 
Diptères. 

D'après des recherches personnelles et en tenant compte des tra- 
vaux du précédent auteur, Braiier (1889) arrivait à la conclusion 
que les Pupipares comi^osaient un g-roupe de mouches aberrantes. 

Des études plus spéciales furent encore faites sur les appendices 
buccaux par Beckor (1882) et surtout par Muggenburg (1892); 
elles montrèrent l'identité de la conformation de l'appareil buccal 
avec celui des Muscides. 

Pratt (1893) a repris l'étude de la larve du Melophagus ovinus par 
la méthode des coupes en série ; dans un deuxième travail (1900), il 
a fait l'examen du développement des disques imaginaux dans la 
même espèce. 

MÉTHODE 

La méthode que j'ai employée pour déterminer les modifications 
que subissent les org'anes, par suite du parasitisme, est celle des 
mensurations comparées. 

Pour chaque espèce, j'ai pris le plus g-rand nombre d'échantillons 
dont j ai pu disposer; et afin d'établir les variations sexuelles, j'ai 
fait dans chacune d'elles deux lots, en nombre égal, de mâles et de 
femelles. 

En général, chaque fois que j'ai pu le faire, ces mensurations ont 
été effectuées sur dix exemplaires de l'un et de l'autre sexe. 

Dans chaque échantillon, j'ai mesuré la long-ueur du corps, 
comptée de la base du rostre à l'extrémité de l'abdomen. 

Pour chaque espèce et dans chaque sexe, j'ai pris ensuite la 
moyenne de toutes ces longueurs et j'ai considéré cette valeur 
comme caractéristique de cette espèce et de ce sexe. 



MÉTHODE i9 

J'ai obtenu ainsi une série de longueurs moyennes L. L', L", 
L'", etc.. caractéristiques de chacune des espèces que j'ai étudiées. 
La valeur moyenne, obtenue par cette méthode, permet en effet de 
se dégag-er, en grande partie sinon en totalité, des variations indi- 
viduelles. On pourrait objecter que la véritable moyenne ne s'obtien- 
drait en réalité que par un très grand nombre de mensurations. Le 
manque d'échantillons pour certaines espèces ne m'a pas toujours 
permis de faire une stricte et rigoureuse application de cette 
méthode. 

Cependant, j'estime que les valeurs obtenues par ces mensu- 
rations en nombre limité, sont suffisamment approchées de celles 
que je viens de définir, pour que je puisse les considérer comme 
caractéristiques de chacune d'elles. 

Il est évident que ces valeurs ne sont pas immuables et qu'elles 
se modifient avec les espèces elles-mêmes, essentiellement variables 
avec les conditions de milieu; mais, somme toute, elles représentent 
les grandeurs moyennes caractéristiques de ces espèces en leur état 
actuel. 

J'ai effectué ensuite de semblables mensurations, en même 
nombre, dans chaque espèce, pour tous les organes : tête^ thorax, 
abdomen, pattes, ailes, etc.. Gomme précédemment, j'ai obtenu des 
longueurs moyennes /, l\ Z", l"\ etc., caractéristiques de chaque 
organe dans chacune d'elles. Pour les mêmes raisons, je les consi- 
dère comme suffisamment dégagées des variations individuelles. 
Mais ces longueurs varient évidemment avec la taille des individus 
et par suite, ces nombres ne sont pas comparables entre eux. 

C'est pour cette raison que, dans chaque espèce, j'ai pris ensuite 

l l' l" , ,. , longueur de l'organe 

les rapports t^,-^-, -:r,---c est-à-direlesrapports-j t ; 

^^ L L L longueur du corps 

j'arrive ainsi à des rapports moyens caractéristiques de chaque 

organe dans les différentes espèces. 

Ces rapports moyens m'ont servi à la comparaison et m'ont 
permis d'apprécier les variations de grandeur et de dimension de 
ces organes, c'est-à-dire les dégradations parasitaires. 

Pour que la méthode soit rigoureuse, il faudrait évidemment 
réaliser certaines conditions. 

i'* Disposer d'un très grand nombre d'échantillons de chaque 
espèce; 



20 MORPHOLOGIE 

2" Pour être comparables, ces mesures doivent être effectuées 
suivant des points bien déterminés et bien repérés, dans chaque 
individu et pour chaque organe, les échantillons se trouvant tous 
dans les mêmes conditions de conservation. 

A mon grand reg-ret, je n'ai pas toujours pu réaliser la première 
de ces conditions. 

Dans certaines espèces, très rares dans nos contrées, je n'ai pu 
me procurer qu'un seul exemplaire fOlfersia, Ornitheza, Orni- 
thoeca) et que des femelles; ailleurs quatre ou cinq comme pour 
Stenopteryx, et plus d'une dizaine pour Lynchia. 

Par contre, pour d'autres espèces comme Hippobosca, Lipoptena^ 
Melophagus^ Ornithoniyia, Crataerhina et Braula, j'ai disposé d'un 
très grand nombre d'exemplaires. Mais, là encore, j'ai dû borner 
mes mensurations à une dizaine au plus, en raison du temps consi- 
dérable qu'il aurait fallu y consacrer. 

D'ailleurs, je ne crois pas qu'un très grand nombre de mensu- 
rations soient aussi strictement nécessaires pour les groupes d'In- 
sectes et surtout pour celui des Pupipares, ce dernier étant dans des 
conditions de développement qui se prêtent peu aux variations 
individuelles ou qui en provoquent moins l'ajîparition. 

Je pense donc avoir obtenu des données très rapprochées de celles 
que fournirait un plus grand nombre de mesures. 

Enfin, j'ai tenu compte, quand même, des données fournies parles 
espèces à un seul exemplaire ou à nombre restreint. Dans ce cas, 
il reste les variations individuelles qui peuvent être évidemment 
très appréciables et qui n'ont pas été éliminées. 

Toutefois, il faut remarquer que l'on est ici dans un groupe, où 
l'individu ne subit plus de variations appréciables de taille, une fois 
arrivé au stade imago. 11 est vrai que celle-ci a pu être modifiée par 
les conditions dévie de la larve, suivant qu'elle a eu à sa disposition 
une alimentation abondante ou qu'elle a plus ou moins souffert de 
privations. 

Là encore, il n'y a pas lieu de tenir grand compte de cette 
cause de variation. C'est qu'en effet, dans le groupe des Pupipares, 
la larve a toujours une nourriture abondante : elle vit dans l'utérus 
maternel jusqu'au moment de sa transformation en pupe, toute son 
alimentation lui étant fournie par la mère. 

Quant aux mensurations, je me suis efforcé de me trouver dans 



VARIATIONS DANS LA CONFORMATION DU CORPS 21 

les conditions les plus strictement rigoureuses. Elles n'ont jamais 
été effectuées à la main et à l'œil nu. Elles ont toutes été faites, l'échan- 
tillon restant dans le liquide conservateur, alcool à 70 deg'rés; la 
mesure était prise au moyen d'un micromètre divisé au dixième de 
millimètre; l'animal était observé soit au moyen de la loupe bino- 
culaire de Zeiss, soit au moyen du microscope. Les mensurations 
ont toutes été contrôlées au moins une fois, quand elles ne l'ont pas 
été davantage. Enfin les échantillons se trouvaient dans les mêmes 
conditions de milieu. Aussitôt leur capture, ils ont été fixés, puis 
conservés dans l'alcool à 70 degrés. Ils ne se trouvaient pas les 
uns dans l'alcool, les autres à l'état sec : ils étaient tous dans les 
mêmes conditions de conservation. 

Je crois avoir apporté tout le soin et toute la précision qui sont 
de rigueur dans un semblable travail. 



VARIATIONS DANS LA CONFORMATION DU CORPS 



Je me suis demandé si le parasitisme n'exerçait pas une in- 
fluence sur les différentes parties ducorps de l'Insecte, s'il ne modifiait 
pas les proportions relatives des unes, par rapport aux autres, et si 
avec une fixation plus ou moins grande du parasite sur l'hôte, il 
n'y avait pas un retentissement sur les grandeurs respectives de la 
tête, du thorax et de l'abdomen ; en un mot, quelles étaient les 
modifications d'aspect que l'on observait dans la série de ces Insectes 
au fur et à mesure que l'ectoparasitisme devenait plus complet. 

J'ai étudié ces modifications, d'après la méthode que je viens 

d'exposer, en établissant pour chaque espèce le rapport ( — 1 de la 

longueur / de chacune de ces parties à celle L du corps tout entier. 

Cette méthode m'a permis de dégager tout un ensemble de 
données. 

J'étudierai ces modifications en divisant toujours ces Insectes en 
séries, caractérisées par le milieu auquel ces Pupipares ont dû 
s'adapter : les parasites des Mammifères, les parasites des Oiseaux 
et les parasites des Invertébrés. 

Parasites des Mammifères. — Cette étude des variations présen- 



22 MORPHOLOGIE 

tées par les ditïérentes parties du corps a été faite à la fois chez les 

mâles et chez les femelles. 

Dans cette série de parasites, j^observe: i° Un allongement de la 
tête avec le plus fixé de tous, le Melophagus : 

Hippobosca equina L i65 iSa 

Lipoplena i54 i4i 

Melophagus 2o3 170 

1° Un raccourcissement très notable du thorax, raccourcissement 
qui est d'autant plus accentué que l'espèce est plus parasite. 

Hippobosca equina L 4'5 387 

Lipoptena ago 276 

Melophagus 212 199 

3'^ Un allongement très marqué de l'abdomen. 

cf 9 

Hippobosca equina L 420 4^1 

Lipoptena 55 1 583 

Melophagus 585 636 

Cette double étude, chez les mâles et les femelles, conduit aux 
mêmes conclusions. Toutefois, les nombres obtenus ne sont pas 
identiques pour les individus, mâles et femelles, de la même espèce; 
mais dans chaque série les variations sont semblables, justifiant 
ainsi complètement les conclusions que je crois devoir en tirer. 

La difféi^ence des résultats tient à la longueur plus grande du 
corps chez les femelles, en raison du développement de l'abdomen ; 
les longueurs de la tête et du thorax sont au contraire sensiblement 
les mêmes. Aussi les résultats obtenus dans la série des rapports 

f- pour la tête et le thorax seront chez les femelles, L y étant plus 

X-i 

grand, tous inférieurs à ceux des mâles : et c'est en effet ce que 
j'observe. Un résultat inverse se produit pour l'abdomen : les 
nombres que j'obtiens relativement à cette dernière partie du corps 
sont pour les femelles tous supérieurs à ceux des mâles. 

Quelle est la cause qui produit cet allonge ment de la tête chez 
Melophagus, l'espèce la plus fixée du groupe ? Au premier abord, 
on pourrait être tenté d'émettre l'idée que cet allongement est en 



VARUTIOXS DANS L.\ Ci3>T0RM.VTI0> DC CORPS 23 

rapport avec ua développement plus considérable des organes de 
succion. Tous ces parasites ont cependant un rê^me identique : 
tous sont piqueurs et suceurs au même de^ré : tous se nourrissent 
exclusivement de liquide sanguin. Toutefois, dans l'étude spéciale 
aux variations de longueur de la trompe, on observera que les 
organes de succion deviennent plus importants dans cette espèce 
très fixée. 

Cependant, je pense que cet allongement relatif de la tète par 
rapport à la longueur du corps doit être considéré surtout comme 
le résultat d'une adaptation à 1 hôte. 

La tète, qui est aussi le siège des organes des sens, doit être pro- 
tégée contre les contacts incessants des poils de l'hôte, en un mot 
. « du milieu o : et ce résultat s'obtient par enfoncement de cette 
partie dans le thorax, région plus compacte et plus massive. 

Si cette manière de voir est exacte, on doit observer cet enfonce- 
ment de la tête d une façon progressive en allant des espèces ailées 
aux espèces fixées, de l'Hippobosca au Melophagas. Et c'est en 
effet ce que je constate. 

Dans le genre ailé Hippobosca. la tète est toujours libre et bien 
dégagée du thorax. Chez Lipoptena, dont les ailes sont caduques, la 
tête est adhérente au thorax, encastrée dans une cavité de celui-ci. 
Il en est de même chez le genre aptère Melophagas. mais la cavité 
qui renferme la base de la tète est plus profonde que dans le çenre 
précédent . 

On peut s'en assurer en jetant un coup d'œd sur le tableau des 
mensurations qui expriment la valeur des parties protégées. 



L0>"GIELR> 


RAPK^RTS 


PARTIE 

tetî: 


mm. nini. 

Hippobosca equinaL i^3 o 

Lipoptena i 0,8 o.3 

.V-'or"3;7"> t.: ,'- 


i 
o.oni) 

0,375 



Ce tableau montre que la protection latérale de ia tête va en 



24 MORPHOLOGIE 

progressant et qu'elle est plus grande chez Melophagus que chez 
Lipoptena. Chez ce dernier le rapport est plus élevé que la valeur 
i/3 ; chez le premier il tend vers un 1/2 : la moitié de la tête à peu 
près se trouve garantie latéralement de tout contact de l'hôte. 

La tête est donc protégée de plus en plus, par enfoncement dans 
la cavité thoracique, au fur et à mesure que l'ectoparasitisme 
devient plus complet. 

Quelle est la cause du raccourcissement de la i^égion thoracique ? 
Le thorax renferme les muscles moteurs, des pattes et des ailes. Or, les 
muscles des ailes s'atrophient et disparaissent avec une fixation 
plus complète du parasite sur l'hôte. Cette régression a un reten- 
tissement sur la région thoracique, dont l'importance diminue à 
mesure que les espèces sont plus fixées. 

Mais si le thorax diminue de longueur dans sa région médiane, 
on observe, par contre, un phénomène inverse et parallèle au précé- 
dent, qui consiste dans le développement de plus en plus marqué de 
ses parties latérales et même de sa région inférieure pour envelopper 
et protéger la tête : il se forme ainsi chez Lipoptena et surtout chez 
Melophagus des saillies scapulaires de plus en plus prononcées. 

Quelles sont les causes qui provoquent \ allongement de Vabdo- 
men ? 

Cet allongement qui est très prononcé chez les femelles, s'observe 
dans les deux sexes. L'abdomen renferme les organes digestifs et 
génitaux. C'est un fait biologique bien connu que le parasitisme 
provoque le développement des organes génitaux et les Pupipares 
n'échappent pas à cette règle générale. 

Le développement des organes femelles est ici en relation surtout 
avec la pupiparité. 

Quoique moins prononcé, l'allongement de l'abdomen avec la 
fixation sur l'hôte, est également très net dans la série des mâles. 
Je relève dans Berlese (1899), l'observation d'un fait qui me paraît 
devoir provoquer chez ces Insectes un développement particulier 
des organes génitaux mâles. Cet auteur a remarqué que les mâles 
de Melophagus déversaient dans l'utérus de la femelle une quantité 
considérable de liquide spermatique. Dans l'étude du développement 
de la larve, on remarque que celle-ci passe brusquement à une 
très grande taille et que ce moment coïncide avec celui de la dispa- 
rition totale du sperme en excès. Berlese admet qu'elle utilise cette 



VARIATIONS DANS LA CONFORMATION DU CORPS 25 

provision de matières albuminoïdes dans l'intérieur de laquelle elle 
flottait tout d'abord, et que c'est grâce à celle-ci qu'elle peut acqué- 
rir cette taille énorme de la larve adulte remplissant et distendant 
la cavité de l'utérus maternel. Le mâle contribuerait ainsi à la 
nourriture du jeune. 

Il en résulterait par suite im développement particulier des 
organes génitaux mâles, développement que le parasitisme aurait 
pour effet d'augmenter et d'amener au maximum chez le plus fixé 
de cette série, le Melophagus. 

HiPPOBOSCiDÉs PARASITES DES OisEAUx. — De même que dans le 
cas précédent, je fais ici les constatations suivantes ; 

Rapport — 

6 9 

Olfersia americana Leach » i43 

— ardeœ Macq » 20a 

Ornithoeca » 261 

Ornitheza » 217 

Lynchia 241 222 

Ornithomyia avicularia L 247 201 

— frlngillina Curt. . , . 288 2.5o 

Stenopteryx 261 355 

Crataerhina 283 266 

1° La tête subit un certain allongement. Par rapport à la longueur 
du corps, elle est relativement plus longue dans les espèces les plus 
fixées à l'hôte. 

2° Je constate d'autre part un raccourcissement progressif du 
thorax. 

cf 9 

Ornithoeca » 3qi 

Olfersia americana L » '.]ji 

— ardeœ Macq » 384 

Ornitheza » 435 

Ornithomyia avicularia L 876 347 

— fringillina Cui't. . . . 357 341 

Lynchia 345 3 18 

Stenopteryx. . • 288 275 

Crataerhina 288 242 

La lecture de ce tableau montre que, chez les espèces qui volent 



26 MORPHOLOGIR 

bien, le rapport de la long-ueur du thorax à celle du corps est 
exprimé par un nombre relativement élevé ; il est au contraire très 
petit dans les espèces à ailes rudimentaires. 

Les deux séries de mensurations accusent très nettement, l'une et 
l'autre, un raccourcissement progressif de la région thoracique 
atteignant son maximum dans Crataerhina, l'espèce qui possède les 
ailes les plus rudimentaires. 

Cette diminution dans l'importance de la région thoracique est 
évidemment liée à la régression de plus en plus grande des muscles 
alaires. 

Un autre fait est encore à signaler dans les variations que le 
thorax présente chez les Hippoboscidés parasites des Oiseaux. 

Chez les parasites des Mammifères, nous avons observé une pro- 
tection de la tête parallèle à la disparition des ailes. J'observe, chez 
les Hippoboscidés parasites des Oiseaux, un phénomène identique, 
qui s'effectue d'une manière un peu différente. Ici, la tête est 
également protégée, non par un développement des parties latérales 
du thorax, mais par la formation de bosses scapulaires, dont la 
longueur augmente avec la fixation sur l'hôte. 

Ces bosses ou saillies scapulaires n'existent pas chez Ornithœca 
turdi Latr., dont la tête, bien dégagée du thorax, rappelle celle de 
YHlppobosca. Elles apparaissent dans Olfersla ardese Mcq. et 0. 
americana Leach. Elles sont très nettes dans les genres Lynchia, 
Ornithcza et Oniithomyia. Elles sont plus grandes dans le genre 
Stenopteryx et elles atteignent leur maximum de longueur dans 
Crataerhitia. 

J'ai établi l'importance de ces saillies protectrices par le rapport 
de leur longueur à celle de la tête. Le tableau ci-dessous donne l'en- 
semble des résultats obtenus. Pour bien montrer que la protection 
de la tête marche parallèlement avec le degré d'ectoparasitisme de 
l'Insecte, je mets à côté du précédent tableau, celui du rapport 

(long, de l'aile. \ ... 
ï j I qui peut indiquer le deeré de fixation du parasite 
long, du corps./ ^ ^ ^ o r 

sur l'hôte. 



VARIATIONS DANS LA CONFORMATION DU CORPS 



27 





ProlccliOD (le la léle 


Degré (l'ei'toparasitisnie 


GENRES 


long, rie la saillie 
long, de la tète 


long, de l'aile 


long, du corps 


Ornilhoeca . . 


0,000 


1 ,3o 


Olfersia . . . . 


0, io5 


1 ,2,") 


Lynchia . . . . 


0.182 


1 , 20 


Ornitheza . . . 


o,25o 


1,1 S 


Ornilhomyia . . 


o,25o 


1,12 


Stenopteryx. . . 


0,320 


0,9 


Crafaerhina. , . 


0,333 


0,7 



Gomme les genres sont disposés dans ce tableau, d'après leur 
aptitude pour le vol, en allant de ceux qui sont bien doués à ceux 
dont les ailes sont rudimentaires, on voit que la protection de la tête 
augmente avec la fixation de l'individu sur l'hôte ; ces saillies scapu- 
laires varient en effet de zéro dans Ornithoeca où elles sont nulles, à 
un tiers de la longueur de la tête dans Crataerhina, le genre le plus 
fixé de cette série. 

3° Avec le raccourcissement du thorax, je constate, chez les Hip- 
poboscidés parasites des Oiseaux, un certain allongement de l'abdo- 
men ; mais ce phénomène est moins net et moins prononcé que celui 
de la tête. Il est aussi moins accusé que dans la série des parasites des 
Mammifères ; il convient de remarquer toutefois que dans cette der- 
nière série je suis parti de formes ailées pour aboutir à des formes 
aptères, tandis qu'ici, le dernier terme delà série, Crataerhina, l'es- 
pèce la plus fixée de ce groupe, possède encore des ailes rudimen- 
taires. 



Ornithœca 

Ornitheza 

Olfersia americana Leach . . 
— ardex Mcq .... 
Ornilhomyia fringillina Curt. 
— avicularia L. 

Lynchia 

Stenopteryx 

Crataerhina . 



348 
348 
486 
414 
409 
452 

414 
470 
492 



4ori 

377 
460 

456 

484 



28 MORPHOLOGIE 

PupiPARES PARASITES DES INVERTÉBRÉS. — Ce gToupe ne renferme 
que le genre aptère Braula. 

Je ne puis donc pas, comme dans les groupes précédents, étudier 
les variations présentées par un ensemble de formes; mais on peut 
du moins, grâce à la méthode employée, comparer ce genre aux 
Hippoboscidés parasites des Mammifères et des Oiseaux. 

Les mesures que j'ai faites sur Braula ont toujours été effectuées 

sur la région dorsale de l'insecte. J'ai obtenu la série suivante de 

long, organe x 

rapports pour 2__^ — 2 := — p» 

long, du corps i,5 



BRAULA MELOPHAGUS CRATAERHINA 



d' cf cf 

Tête . 200 20."^ 283 

Thoi'ax i33 212 233 

Abdomen 667 585 484 

Si l'on compare ces rapports avec ceux des parasites de Mam- 
mifères, on constate que la tête, par rapport aux autres parties 
du corps, subit également un allongement manifeste : en se repor- 
tant à notre tableau, on voit que le nombre 200 qui le caractérise 
est sensiblement égal à celui du Melophagus. Mais par rapport à la 
série des parasites des Oiseaux, on remarque que ce rapport leur est 
inférieur à tous, c'est-à-dire qu'il n'y a pas ici, comme dans ces 
formes, un allongement aussi grand de cette partie du corps. 

Toutefois, il faut tenir compte que dans Braula la tête est aplatie 

d'avant en arrière; sa position est non horizontale comme dans tous 

les autres Pupipares, mais verticale, c'est-à-dire que les organes 

buccaux, au lieu d'être en avant de la tête, sont en dessous, au 

voisinage des pattes. Dans cette position, sa longueur qui était de 

o mm. 3 devient de o mm. 5 et celle du corps de i mm. 7. J'obtiens 

, lon^-. orsrane x 

alors pour ^— — =r-. . 

long, du corps i ,7 



BRAULA MELOPHAGUS CRATAERHINA 



Tête 294 2o3 283 

Thorax 118 212 233 

Abdomen 588 585 484 

Dans ces conditions, le rapport '294 indique que l'allongement 



VARIATIONS DANS LA CONFORMATION DU CORPS. 29 

de la tête est plus considérable que chez Melophagus (= 2o3) ; 
il place notre Branla au voisinage de Cralacrhina [= 283), 

11 m'est donc permis de conclure que, dans cette forme très fixée, 
l'allong-ement de la tête par rapport aux autres parties du corps 
est toujours très manifeste ; mais, pour le constater, il faut tenir 
compte que celle-ci est verticale au lieu d'être horizontale, l'insecte 
étant hypognathe. 

Par rapport aux autres parties du corps, le thorax subit lui aussi 
un raccourcissement plus accentué que dans les autres formes. 
Le nombre ii8 obtenu place le Branla bien au-dessous du 
Melophagus [■=■ 212), du Stenopteryx et de Craiaerhina {= 233). 
il indique que, dans cette forme très fixée, le raccourcissement du 
thorax s'est continué et qu'il est ici bien plus considérable que dans 
les genres cités. 

Chez le mâle comme chez la femelle, l'abdomen subit aussi un 
très grand allongement. Il occupe sensiblement les 4/7 de la lon- 
gueur du corps. Le nombre 588 que l'on obtient comme mesure de 
ce rapport, indique un allongement beaucoup plus grand que 
celui observé chez Stenopteryx et Crataerhina (=- 484)- Cet allon- 
gement est sensiblement le même que dans Melophagus (== 585). 

Enfin, il y aune différence importante d'aspect à relever dans la 
conformation générale du corps de Branla par rapport à celle des 
autres Pupipares. Le corps est presque cylindrique au lieu d'être 
très aplati dorso-ventralement comme chez tous les Pupipares, 
Nycterihia compris. 

La comparaison avec les Hippoboscidés permet de constater 
chez Braula: 

1" Un allons^ement de la tête; 

2° Un raccourcissement extraordinaire du thorax ; 

3*' Un allongement considérable de l'abdomen, 

Nycterihia. — La forme générale du corps est ici très particu- 
lière. Elle comprend un thorax aplati, en forme de socle, qui sup- 
porte la tête devenue ainsi supra-thoracique. En arrière se trouve 
un abdomen cylindrique. Les pattes sont tout à fait latérales et très 
grandes. On obtient ainsi cet aspect arachnoïde que l'on observe 
un peu partout chez les Pupipares, et que l'on retrouve au plus haut 
degré chez les Nyctéribiés. 



30 MORPHOLOGIE 

NYCTERIBIA MELOPHAGUS 

Tète 164 2o3 

Thorax 204 212 

Abdomen 082 585 

En comparaison des autres Pupipares et en tenant compte de la 
longueur de la tête, on observe, relativement à l'importance des 
différentes parties du corps, que la tête est très petite, que le 
thorax est plus considérable que dans Melophagus et que l'abdomen 
a un développement égal à celui qu'il possède dans cette forme très 
fixée. 



TÉGUMENT ET PRODUCTIONS TEGUMENTAIRES 

Tégument. — Le tégument a un aspect assez variable. 

Nous envisagerons successivement la coloration, la segmenta- 
tion et les autres particularités qu'on observe à la surface du corps. 

Le corps est toujours divisé en trois régions, tête, thorax et 
abdomen, réunies les unes aux autres par des parties étroites. 

Il y a lieu de faire une exception pour Branla. Comme chez les 
autres Pupipares, la tête est réunie au thorax par un cou étroit ; 
mais il n'en est pas de même de l'abdomen. Au lieu d'une région 
étroite, on observe ici que l'abdomen, bien qu il forme une région 
distincte, est réuni au thorax dans toute sa largeur et même par sa 
partie la plus large. 

D'une manière générale chez les Pupipares, le thorax ne présente 
sur sa face dorsale aucune trace de segmentation. On y distingue 
cependant des sillons transversaux qui paraissent le diviser en trois 
régions. On pourrait être tenté de considérer celles-ci comme les 
représentants du prothorax, du mésothorax et du métathorax ; mais, 
en réalité ces divisions, même le scutellum, appartiennent au méso- 
thorax, segment qui porte les ailes. La véritable segmentation 
n'apparaît qu'à la face inférieure divisée en trois parties et, à cha- 
cune de celles-ci, correspond une paire de pattes. 

L'abdomen présente, au point de vue de la segmentation, d'assez 
grandes variations, sur lesquelles j'insisterai dans le chapitre relatif 
à cette partie du corps. 



TÉGUMENT ET PRODUCTIONS TÉGUMENTA RES 31 

Coloration. — La coloration du tégument diffère suivant les 
genres et dans une même espèce. Elle présente des variations 
dont il faut tenir compte, selon qu'on considère ces insectes à 
Tétat frais ou conservés dans l'alcool. 

Mes échantillons ont tous été conservés en liquide alcoolique. 

En général, le thorax est la partie la plus colorée de l'insecte ; 
la tête a une coloration quelquefois équivalente ; l'abdomen est 
toujours la région la plus claire du corps. Chez Hippobosca^ Lipo- 
ptena, Ornithoeca, Ornifheza, Olfersia et Lynchia^ la coloration de 
la tête et du thorax est marron foncé avec disque thoracique noir, 
quelquefois même à reflets métalliques comme chez Ornitheza 
metallica Schin. et Olfersia ardcfc Mcq. 

La coloration générale du corps est beaucoup plus claire 
dans Ornithomyia et surtout dans les espèces très parasites 6'/e/io/)- 
feryx et Crataerhina. Dans ce dernier genre, l'abdomen est grisâtre 
par suite de la pilosité. 

Dans Ornithomyia, Stenopteryx et Crataerhina, la colorationest 
verte à l'état frais ; mais celle-ci disparaît avec le séjour dans 
l'alcool. J'ai observé cette variation de couleur, à ces deux états, à 
propos de Crataerhina. A l'état frais, les exemplaires étaient d'un 
vert foncé et cette coloration était particulièrement accusée pour la 
région abdominale. Dans l'alcool, ces mêmes échantillons sont 
devenus gris noirâtre. 

Dans une même espèce, la coloration peut être très variable et 
prêterait à confusion, si on se basait sur ces différences, pour carac- 
tériser de nouvelles espèces. Il y a en effet, dans une même espèce, 
des échantillons très clairs, d'autres foncés et certains ont des colo- 
rations intermédiaires. Ainsi Ornithomyia avicularia L. est, en 
général, de couleur marron foncé ; la coloration à' Ornithomyia 
fringillina Gurt. est claire. Cependant, dans cette dernière espèce, 
j'ai rencontré des échantillons d'une teinte marron si foncé qu'on 
pouvait les prendre, à première vue, pour Ornithomyia avicularia L. ; 
et, si on fait intervenir la différence de taille pour les distinguer 
de celle-ci, on pourrait être amené alors, en raison de la coloration, 
à les considérer comme appartenant à une espèce différente à' Orni- 
thomyia fringillina Curt. : ce qui ne serait pas exact. 

J'ai fait une observation semblable avec Hippohosca equina L. 
Les échantillons d'Europe que je possédais étaient d'une coloration 



32 MORPHOLOGIE 

bien différente de ceux qui provenaient de Fig-uig (Sud- Algérien). 
Les premiers étaient noirâtres ou marron très foncé, alors que ceux 
d'Algérie étaient d'une couleur claire avec un abdomen presque 
blanchâtre. Maisà part cette différence de coloration, tous les autres 
caractères étaient rigoureusement semblables et, ici encore, rien 
ne justifiait la création d'une espèce. 

Parmi les particularités relevées sur la surface du corps, je ne 
distingue que les bosses scapulaires dont j'ai étudié les variations 
dans le chapitre précédent. 

On trouve, en outre, des saillies latérales qui correspondent aux 
régions d'insertion des ailes ; celles-ci sont toujours très accusées 
même dans les espèces où les ailes sont rudimentaires ou absentes. 

Poils, — J'ai étudié les variations du système pileux chez les 
Pupipares. 

PupiPARES PARASITES DES MAMMIFÈRES. — Dans la série des para- 
sites des Mammifères, on observe chez Hippobosca, bien adapté au 
vol, un système pileux peu développé. La tête ne présente de poils 
que sur le rostre et sur l'antenne. A part ces derniers qui sont 
noirs, tous les poils sont blanchâtres ou plutôt transparents. Sur le 
thorax, on en trouve à la racine des ailes et sur l'écusson ; 1 abdomen 
est plus pileux, surtout en arrière, sur les bosses génitales. Mais 
tous les poils de la tête, du thorax et de l'abdomen^ à l'exception 
de ceux de l'antenne, sont clairs, transparents, même dans les 
échantillons les plus fortement chitinisés et teintés en noir 
d'H. equina L. et surtout d'//. cainelina Leach. 

Chez Lipoptena, possesseur d'ailes caduques, l'allure de la pilosité 
change complètement : les poils sont encore peu nombreux sur la 
tête, mais, sur le thorax et l'abdomen, leur nombre devient consi- 
dérable ; les pattes sont modérément pileuses, sauf les tarses, les 
postérieurs surtout. Mais tous ces poils, au lieu d'être transpa- 
rents, grêles, à aspect flexible, comme dans le genre Hippobosca, 
sont ici noirs, longs, rigides, ayant l'allure de véritables piquants. 

Il y a donc, dans ce genre jjlus fixé à l'hôte quHippohosca, un 
système pileux beaucoup plus développé, à poils rigides et, par 
conséquent, plus aptes à la fixation. 

L'augmentation et le durcissement de la pilosité se retrouvent 
très exagérés chez Melophagus. La tête est ici très velue, alors 



TÉGUMENT ET PRODUCTIONS TF^GUMENTAIRES 33 

qu'elle l'était modérément dans le genre précédent. Le thoz'ax, 
l'abdomen et les pattes sont abondamment fournis de poils. D'une 
manière générale, ces derniers sont très développés, noirs, très, 
long-s et volumineux, semblables k des piquants. Melophagiis 
oviniis L. constitue donc une espèce beaucoup plus velue que 
Lipoptena cervi L. 

En résumé, on vient de constater que la pilosité est : 

i'' Faible dans le genre ailé Hippohosca ; 

2° Plus développée dans le genre Lipoptena, possesseur d'ailes 
caduques ; 

3° Très développée dans le genre aptère Molopliagus. 

En un mot, il y a une hypertrophie très nette du système pileux, 
en rapport avec le degré de fixation sur l'hôte. 

Nycterihia. — Dans ce genre, le thorax est peu velu; il en est de 
même de la tête ; seul le rostre présente des poils d'une longueur 
extraordinaire. Par contre, l'abdomen porte des poils nombreux, 
longs, noirs, disposés en rangées; ils ont tous l'aspect de piquants. 

Le système pileux est donc bien développé dans Nycterihia. 

Par la coloration noirâtre des poils et par leur robustesse, qui 
les transforme en véritables piquants, le système pileux rappelle 
celui du Lipoptena et du Melophacjus : il présente le même aspect 
général que celui observé chez ces espèces très fixées à leur hôte. 

PupiPARES PARASITES DES OisEAUx. — Je passerai en revue l'aspect 
de la pilosité chez les différents genres dont j'ai eu des représentants. 

Dans cette étude, je constate : 

1° Très peu de poils chez Ornithoeca, qui est la forme la mieux 
adaptée au vol ; 

2" Très peu de poils également mais pourtant un peu plus que 
dans le genre précédent, chez Olfevsia, qui vole aussi très bien ; 

3" Très peu de poils sur la tête et le thorax, mais avec un abdomen 
relativement velus, chez Ornitlieza; 

4° Tête, thorax et abdomen assez velu chez Lynchia ; 

5" Tête très velue en avant (surtout rostre et antennes), thorax 
plus velu que dans les genres précédents, abdomen très velu à 
poils courts, chez Ornithomyia. 

Mais, avec les deux espèces les plus fixées, Stenopteryx et Cra- 
taerhina, je trouve le maximum de développement du système 
pileux ; si Ton compare maintenant entre eux ces deux derniers 
UiMV. DE LvoN. — Massonnat 3 



34 MORPHOLOGIE 

g-enres, c'est, sans contredit, Crataerhina qui est, à ce point de 
vue, le mieux doué. Les poils sont ici longs et noirs sur la tête, 
surtout sur le rostre et les antennes, sur le thorax (saillies scapu- 
laires, parties latérales et écusson) et sur l'abdomen dont les faces 
supérieure et inférieure sont bien garnies de poils. Enfin, les pattes 
sont également très velues, les tarses surtout. 

La conclusion générale, qui se dégage de cette étude des Pupipares 
parasites des Oiseaux, est que le système pileux présente un déve- 
loppement qui est manifestement en rapport avec la fixation sur 
l'hôte : le maximum de la pilosité s'observe, en effet, chez les 
espèces à ailes rudimentaires, Stenopteryx et surtout Crataerhina. 

Comparaison des deux séries. — Si l'on compare maintenant, au 
point de vue de la pilosité, les deux séries que nous venons d'étu- 
dier, celle des Pupipares parasites des Mammifères et celle des 
Pupipares parasites des Oiseaux, on observe les différences suivantes. 

Chez les Pupipares fixés sur des Mammifères, les poils sont 
rigides et semblables à des piquants. 

Chez ceux, fixés sur les Oiseaux, les poils sont longs et soyeux, 

11 y a là une différence très nette et bien caractéristique. 

Si l'on compare maintenant les extrêmes de ces deux séries, c'est- 
à-dire Lipoptena et Melophagus avec Stenopteryx et Crataerhina, 
on observe que ce sont les premiers qui présentent encore le déve- 
loppement le plus considérable du système pileux. 

Cette constatation ne doit pas étonner. Dans la série des parasites 
des Oiseaux, nous sommes allés d'espèces munies d'ailes très bien con- 
formées à des espèces encore pourvues de ces organes, bien qu'ils 
soient rudimentaires ; tandis que, dans la série des parasites des 
Mammifères, nous allons d'espèces ailées à des espèces aptères, c'est- 
à-dire à des espèces où les ailes ont complètement disparu. Il est 
naturel de constater, chez ces derniers, de plus profondes modifica- 
tions. 

Bralla. — L'étude du Branla est intéressante au point de vue 
de la pilosité. 

Les poils sont extraordinairement développés sur la partie anté- 
rieure de la tête, où ils sont longs et très nombreux sur le rostre, 
comme je le constaterai dans l'étude de cet organe. 

Sur le thorax, j'en observe un assez grand nombre disposés en 
trois ou quatre rangées. Ils sont également multipliés sur l'abdomen. 



TÉGUMENT ET PRODUCTIONS TEGUMENTAIRES 



35 



aussi bien à la face inférieure qu'à la face supérieure ; ils sont 
plus longs sur cette dernière région, surtout sur les parties latérales 
et postérieures. 

Le Brailla constitue un genre de Pupipares chez lequel on trouve 
un système pileux très développé. Comme dans Melophagus et 
Crataerhina, on constate, ici aussi, une exagération de la pilosité dans 
cette espèce également très fixée. 

A quoi répondent les variations du système pileux chez les Pupi- 
pares? 

J'ai démontré que, parallèlement à l'accrois- 
sement du degré de parasitisme, il se produi- 
sait des modifications concomitantes de l'appareil 
pileux. Ces variations contribuent à assurer 
l'adhérence du parasite à son hôte. 

Cette adhérence se fait par différents procédés: 

i*' Par l'accroissement du nombre des poils : 
ce que j'ai constaté dans les deux séries ; 

2° Par l'allongement de ces poils dans les Pu- 
pipares parasites des Oiseaux ; 

3° Par la rigidité des poils, les transformant en 
véritables piquants, dans la série des Pupipares 
parasites de Mammifères. 

Mais, d'autre part, on sait que chez les 
animaux la pilosité est en général en rapport avec la sensibilité, 
les poils étant alors des organes sensoriels. Je constaterai que, 
chez les Pupipares, la série des variations, ci-dessus décrites, est 
parallèle à une régression des yeux que j'étudierai plus loin. Chez 
ces animaux, comme chez les cavernicoles, on voit la sensibilité 
tactile remplacer la sensibilité visuelle. A la base de chacun des poils, 
on aperçoit une masse ganglionnaire formée de quelques éléments 
cellulaires, à laquelle aboutit un nerf (fig. i). 

Je suis donc en droit d'admettre que le développement exagéré 
du système pileux vient d'une façon générale suppléer à l'insuffi- 
sance de la vision. 




FiG. I. — 7), poil sen- 
soriel; f, couche de 
chitine; h, hypoder- 
me ; 3, ganglion. 
Gr m 60. 



Etude des différentes parties du corps. — Le corps des Pupi- 
pares comprend toujours trois régions : 



36 MORPHOLOGIE 

Tête. 

Thorax. 

Abdomen. 
Dans le chapitre précédent, j'ai étudié les variations de forme de 
chacune de ces régions. 11 me reste à les étudier isolément avec leurs 
divers appendices. 

TÊTE 

La tête porte d'avant en arrière : 
1° Les pièces buccales ; 
2° Une paire d'antennes ; 
3° Deux yeux composés ; 
4° Des ocelles. 

PIÈCES BUCCALES 

L'orilîce buccal est placé à l'extrémité antérieure de la tête. 11 est 
muni d'un appareil perforant qui permet aux Pupipares de percer la 
peau de l'hôte et de puiser le sang dont ils s'alimentent. 

La partie essentielle de cet appareil buccal est une ti'ompe mobile 
d'avant en arrière, très rigide, lisse, légèrement incurvée, de couleur 
jaune ambré. L'extrémité antérieure de cette trompe ou haustel- 
lum présente un orifice par où pénètre le sang. La structure interne, 
assez complexe, sera étudiée plus loin. 

A l'état de repos, cette trompe est entièrement cachée par deux 
lames rigides, latérales, dont l'ensemble constitue le rostre. Celui- 
ci est plus court que la trompe ; mais, lorsqu'elle se dévagine, 
en dépasse de beaucoup le bord antérieur. Au cours de cette 
dévagination, les deux lames rigides du rostre sont légèrement 
soulevées et forment une sorte de toit au-dessus de la base de la 
trompe. 

Ce rostre est non seulement un organe de protection, mais la 
présence de poils sur sa surface externe le signale aussi comme un 
organe du tact. 

Ces deux parties, rostre et trompe, présentent des caractères qui 
varient suivant les espèces. Pour les étudier, j'ai appliqué la même 



TÊTE 37 

méthode que pour d'autres organes, c'est-à-dire la mensuration et la 
comparaison numérique des résultats obtenus,- 

Variations du rostre. 

PuPiPARES PARASITES DES MAMMIFÈRES. — Lcs rapports obtenus sont 
les suivants exprimés en millièmes. 

Hippohosca eqiiina L 08 

— camelina Leach. . 74 

Lipoptena , 82 

Melophagus ifiy 

Nycteribia • 109 

Le rostre est donc beaucoup plus développé dans les espèces très 
fixées, notamment chez Melophagus où ce rapport devient deux 
fois et demie plus grand que celui d' Hippohosca eqiiina L. 

PupiPARES PARASITES DES OisEAux. — J'obticus la série suivante de 
rapports exprimés toujours en millièmes. 

Olfersia 70 

Ornîlhoeca 87 

Lynchia . ^ io3 

Ornithomyia 107 

Stenopteryx ' 108 

Crataerhina 112 

Le rostre ne subit pas ici des variations comparables à celles du 
groupe précédent. On observe cependant une importance un peu 
plus grande de cet organe dans Crataerhina, c'est-à-dii'e dans le 
genre le plus fixé de ce groupe. 

Variations des poils. — Par les poils répandus à sa surface, le 
rostre devient un véritable organe des sens. 

Parasites des Mammifères. — Dans les différentes espèces du 
genre Hippohosca, H. equina L. et H. Camelina Leach, le rostre est 
médiocrement velu ; les poils sont d'égale longueur sur toute l'éten- 
due ; ils sont courts et assez gros. 

Dans le genre Lipoptena, le rostre est aussi très peu velu. 

Chez Melophagus, les poils sont courts et rares à la base ; puis, ils 
deviennent de plus en plus longs ; ils sont très longs, nombreux et 
plus denses à l'extrémité. 

Chez Nycteribia, ils sont peu nombreux, mais ils deviennent de 



38 MORPHOLOGIE 

plus en plus longs de la base au sommet, où ils sont d'une longueur 
double de celle de l'organe. 

Les poils du rostre augmentent donc en nombre et en dimension 
à mesure que l'espèce devient plus fixée. 

Parasites des Oiseaux. — Dans le genre Ornithoeca, le rostre est 
très finement velu. Chez Olfersia et Ornitheza, il est couvert de 
poils courts et fins. 

Chez Lynchia et Ornithornyia, le rostre est très velu, à poils 
d'égale longueur, sauf à l'extrémité où se trouve un poil d'une 
longueur presque égale à celle de l'organe. 

Chez Stenopteryx, cet organe possède des poils nombreux, denses 
et tous d'égale longueur. 

Enfin, chez Crataerhina, les poils de l'extrémité sont longs et, 
sur les côtés, le rostre est couvert de poils beaucoup plus longs que 
dans Ornithomyia, Lynchia et même Stenopteryx. 

Dans cette série, je constate donc également une augmentation 
très marquée de la villosité dans l'espèce la plus fixée, Crataerhina. 

Résumé. — Chez tous les Pupipares, l'augmentation du nombre 
des poils sensoriels du rostre coïncide, surtout chez les parasites des 
Mammifères, avec un développement de cet organe et avec un 
ectoparasitisme plus accusé. 

Braula. — L'appareil buccal est conforme dans ses grandes lignes 
h celui décrit précédemment. 

Il comprend une trompe conique et un rostre constitué de deux 

lames en forme de palpes disposés latéralement. 

T-i 1 /long. rostre\ i .• , i i /.o 

Ln prenant le rapport ( , — , on obtient le nombre loJ. 

^ \long, corps / 

Celui-ci, comparé avec ceux des deux séries précédentes, montre que 
Braula se trouve placé à côté des formes les plus modifiées par la fixa- 
tion, au voisinage de Nycterihia, de Melophaffus el de Crataerhina. 

Poils. — Sur toute la surface antérieure de la tête on trouve, chez 
Braula, des poils longs et denses, mais les deux lames du rostre sont 
particulièrement velues et leurs longs poils forment comme une 
véritable barbe : ce qui justifie leur homologation à des palpes. 

Le Braula se conforme donc à la règle générale que je viens de 
tirer de l'étude des deux groupes précédents, soit au point de vue de 
la longueur du rostre, soit au point de vue de la multiplication des 
poils sensoriels, 



TftTE 



39 



Variations de la trompe. — La trompe, organe à la fois piqueur 
et suceur, présente, comme le montre le tableau ci-dessous, des 
variations importantes de longueur. 

J"ai déterminé aussi exactement que possible les dimensions de 
cette trompe d'après des préparations in toto, et j'ai comparé ensuite 
sa longueur : 

1° Avec celle de la tête ; 

2" Avec celle du corps. 



GENRES 



Hippohosca equina L. 

— camelina Leach 

Lipoptena 

Melophagiis 

Lynchia 

Ornithomyia fringilliita Curt 

Stenopferyx 

Crataerhina 



long trompe 


long, trompe 


long, corps 


long, corps 


{•) 


(2) 


184 


1,077 


196 


1,180 


200 


I ,23.") 


370 


1 , 66G 


200 


0,852 


220 


0,870 


217 


o,83o 


224 


0,800 



De l'examen de ce tableau résultent les considérations suivantes : 

1° Comparativement à la dimension de la tête (tableau 2), la 
trompe est beaucoup plus longue chez les Pupipares parasites des 
Mammifères que chez les parasites des Oiseaux. Ce résultat est en 
rapport avec le fait que la peau des Mammifères est beaucoup 
plus épaisse que celle des Oiseaux ; 

2" Chez les Pupipares parasites des Oiseaux, la longueur de la 
trompe et ses dimensions relativement au corps et à la tête de 
l'insecte ne présentent que de faibles variations dans les difTérentes 
espèces ; 

3° Chez les parasites des Mammifères, la trompe est d'autant plus 
longue que l'animal est plus parasite. A première vue, l'importance 
de la trompe semblerait devoir être en rapport avec l'épaisseur 
du tégument de l'hôte. Il n'en est rien. Ainsi que le montre la 
comparaison des chiffres obtenus pour les parasites du Bœuf et du 
Cheval, animaux a peau très épaisse, avec celui obtenu pour le 



40 MORPHOLOGIE 

parasite du Mouton, dont la peau est cependant beaucoup plus 
mince. L'observation des mœurs de ces Insectes permet toutefois 
une explication. On remarque en effet que les Hippobosques qui 
parasitent les Chevaux et surtout les Bovidés, recherchent plus 
particulièrement pour se poser le pourtour de l'orifice anal où la 
peau est nécessairement plus mince. Dès lors la progression que j'ai 
observée, me paraît être justifiée par le lieu habituel d'implan- 
tation de ces parasites. 

YEUX 

Les Pupipares présentent comme appareils visuels : 
1° Des yeux médians ou ocelles; 
2° Des yeux latéraux. 

Ocelles. 

Les ocelles ou yeux simples sont localisés à la partie posté- 
rieure et médiane de la tête, sur la région du front appelée le 
vertex. Lorsque les ocelles existent, le vertex est toujours légè- 
rement surélevé et, en cet endroit, il présente une coloration plus 
foncée que le reste de la surface frontale. Ils sont toujours au 
nombre de trois, disposés en triangle, dont deux postérieurs et un 
antérieur. Ils sont circulaires et d'un diamètre assez variable. 
Regardé au microscope, l'ocelle apparaît blanchâtre et ne dénote 
aucune trace de pigment. 

Dans la série des Pupipares, parasites des Mammifères, les ocelles 
n'existent que chez Lipoplena ; ils sont absents chez Hippobosca 
et Melophagus. 

Dans la série des Pupipares parasites des Oiseaux, je constate leur 
existence dans Ornithoeca^ Omithomyia et Stenopteryx et leur 
absence dans Ornitheza, Olfersia, Lynchia et Crataerhina. 

Voyons maintenant les variations dans la forme et les dimen- 
sions de ces organes. 

Chez Omithomyia, les ocelles sont larges, circulaires et bien 
distincts. Ils constituent trois cercles blanchâtres qui se détachent 
vivement sur le vertex, de coloration noirâtre en cette région 

(pLiv, fig. ;v,). 

11 n'en est pas de même chez Stenopteryx. J'observe ici une véri- 



TÊTE 41 

table régression de ces appareils visuels et une tendance à leur 
disparition Chez certains d'entre eux, il m'a été impossible, dans 
les meilleures conditions d'éclairag-e, de les distinguer, même avec 
l'aide du microscope. Je me demande si les ocelles, dans ces individus, 
n'étaient pas absents. Dans d'autres, je les ai distingués avec beaucoup 
de difficultés: les ocelles étant infiniment petits et à peine percep- 
tibles. 

Cette régression des ocelles du Stenopteryx par rapport à ceux 
d'Ornithomyia, ne doit pas étonner. Stenopteryx est en effet une 
forme très fixée : elle se distingue d'Ornithomyia par ses ailes 
rudimentaires et par ses yeux composés plus petits. Cette régres- 
sion manifeste des yeux composés du Stenopteryx, en raison 
de la fixation plus grande de cette espèce sur l'hôte, se fait égale- 
ment sentir sur les ocelles (pi. Vil, fig. 56), dont nous constatons 
ici l'extrême petitesse, bien qu'ils appartiennent à une forme plus 
volumineuse qu Ornithomyia . 

Il n'est donc pas étonnant d'observer dans le genre Crataerhina, 
qui est le plus voisin de Stenopteryx, la disparition des ocelles. En 
outre de la forme légèrement différente des ailes, l'absence de ces 
organes est aussi un des caractères, auquel on fait appel pour 
distinguer l'une de l'autre ces deux espèces si semblables. 

On pourrait encore comparer les ocelles du Lipoptena, autre 
forme également très fixée, à ceux à'Ornithoniyia. De même que 
dans Stenopteryx, on observe ici des ocelles très petits. 

Ainsi par rapport à Ornithomyia, l'une des espèces les mieux 
douées pour le vol, Lipoptena et surtout Stenopteryx paraissent 
présenter des indices manifestes de régression ocellaire. 

Yeux latéraux. 

J'étudierai successivement : 

i" Les yeux latéraux simples du Branla; 

2" Les yetix composés. 

Brailla, — On ne connaissait aiTtrefois chez cet insecte aucune trace 
d'appareil visuel : d'où son nom de Branla cseca. Si on examine 
la surface de la tète, surtout après traitement par la potasse causti- 
que, on aperçoit nettement deux points oculaires (pi. VII, lig. Sg). 

Ces deux points oculaires ont été mis en évidence pour la pre- 



42 MORPHOLOGIE 

mière fols par Mûgg^enburg, et la fig-ure qu'il donne est rigoureu- 
sement semblable à la mienne. 

Ces yeux sont situés sur la rég'ion frontale, très latéralement, en 
arrière des antennes. Ils sont entourés par une région où les poils 
sont assez nombreux, et c'est la présence de ces derniers qui les 
rend difficilement observables. Tout autour, il semble exister une 
sorte d'orbite. La surface ne présente aucune facette : l'œil du 
Braula n'est donc pas un œil composé ; par sa structure extérieure 
il rappellerait plutôt un ocelle. A l'intérieur, s'aperçoivent quelques 
traces de pigment. 

Yeux composés. 

Ces yeux qui sont constants chez les Pupipares, à l'exception du 
Braula Qi de Nycterihia, sont des yeux à facettes hexagonales. 
Leur couleur varie du noir au rouge brique. 

Ils forment deux masses, plus ou moins hémisphériques, disposées 
très latéralement sur la tête et bien séparées l'une de l'autre par 
une large surface frontale. Ils débordent légèrement du côté ventral. 
Ils sont toujours glabres, mais leur périphérie, légèrement surélevée 
en forme d'orbite, est en général bordée de poils plus ou moins 
longs. 

J^ai étudié ces yeux composés au point de vue du nombre des 
facettes et des variations de dimension qu'ils peuvent présenter. 

Facettes oculaires. — Les variations du nombre des facettes 
ont été déterminées d'après une surface donnée ; ceci revient en 
somme à apprécier les variations de grandeur des yeux élémen- 
taires. 

Je donne le tableau de ces mensurations. 

I ° Parasites des Mammifères : 

NOMBRE DE FACETTES 

pour une même surface 

Hippobosca camelina Leach 20 

— equina L 26 à 28 

Mnlophagus 82 

Lipoptena 40 



TÊTE 43 

2° Parasites des Oiseaux : 

Crataerhina 27 à 3o 

Stenopteryx 32 

Lynchia . 32 

Ornitliomyia ' 36 à 38 

Le nombre des facettes oculaires est sensiblement constant : il 
est d'une trentaine pour la surface que jai prise comme mesure. 

On remarquera que les variations les plus grandes sont présentées 
par le groupe des parasites de Mammifères avec vingt pour 
Hippobosca camelina et quarante pour Lipoptena cervi. 

Variations de dimension des yeux composés. — Les varia- 
tions relatives aux yeux composés sont considérables. Elles four- 
nissent des documents très intéressants. Elles sont en rapport avec 
l'adaptation graduelle des parasites : l'œil subit ici une régression 
qui peut aller jusqu'à la disparition totale, par exemple chez Nycte- 
rihia . 

J'envisagerai successivement les deux groupes de Pupipares. 

PupiPARES PARASITES DES Mammifères. — L'étude dcs variations 
de l'appareil visuel a été faite par la détermination, pour chaque 
espèce, du rapport de la surface occupée par cet appareil à celle de 
la partie dorso-latérale de la tête. 

Cette méthode conduit aux résultats suivants : l'œil occupe : 

Les deux tiers de la surface dorsale de la tête dans Hippobosca; 

Le quart dans Lipoptena ; 

Le neuvième dans Melophagus. 

Cette série de nombres, deux tiers^ un quart, un neuvième, atteste 
une régression de l'œil à' Hippobosca à Melophagus avec Lipoptena 
comme terme intermédiaire. 

Si on compare maintenant cette régression avec celle des ailes, 
on constate un parallélisme complet entre ces deux sortes de 
phénomènes. 

Le genre ailé Hippobosca possède l'appareil visuel le plus déve- 
loppé, et le genre aptère Melophagus a des yeux tout à fait rudi- 
mentaires. Entre ces deux extrêmes, le genre Lipoptena, à ailes 
caduques, forme un terme naturel de transition : son appareil visuel 
est en effet intermédiaire, par sa surface et par sa position, entre 
l'œil de V Hippobosca et celui du Melophagus, 



44 MORPHOLOGIE 

Cet appareil diminue donc manifestement d'importance au fur et 
à mesure que l'individu perd ses ailes et qu'il devient plus fixé à 
son hôte. 

L'étude comparée de la conformation générale du corps dans ces 
divers parasites permet d'entrer dans plus de détails sur la marche de 
la régression. 

Dans le genre Hippobosca, le moins parasite des trois, la tête est 
libre, bien dégagée du thorax, et les yeux sont largement développés 
de chaque côté. 

Mais, ainsi que je l'ai remarqué en étudiant la forme générale du 

corps chez les Pupipares, la tête 
a une tendance, dans les espè- 
ces les plus fixées à leur hôte, 
à s'enfoncer dans le thorax. 

Aussi, dans les genres Li- 
poptcna et Melophagus plus 
ectoparasites que Hippobosca, 
observe-t-on que l'œil dispa- 
raît des parties latérales de la 
tête et se trouve rejeté à la face 
dorsale de celle-ci. Dans le 
genre Lipopfena, il ne peut dé- 
border, à la face inférieure de la 
tête, qu'à la partie antérieure. 
Cette tendance s'accentue dans 
le genre Melophagus où l'œil 
devient complètement dorsal, linéaire et rejeté très en avant. 

La figure 2 montre cette régression de l'œil dans les parasites des 
Mammifères. On l'a faite en portant la tête du Lipoptena et du 
Melophagus à la même échelle que celle d'Hippobosca equina L. 
Elle établit que l'œil couvre une surface de plus en plus petite et 
qu'il est rejeté progressivement vers la face antérieure et latérale 
de la tête. 

Pupipares parasites des Oiseaux. — Dans les genres parasites des 

Oiseaux, on observe, d'une façon tout aussi nette, cette régression 

de l'appareil visuel, parallèlement à la fixation de l'insecte sur l'hôte. 

Comme précédemment, j'ai déterminé le rapport de la surface de 

l'œil à celle de la tête en ne tenant compte, il est vrai, que de la 




$. 



mie 









FiG. 



TETE 



45 



partie dorsale. Dans mes calculs, j'ai négligé la face inférieure où 
l'œil déborde en général; mais je me suis assuré au préalable, en 
relevant dans les différents genres le dessin de cette partie que, loin 
d'atténuer les rapports obtenus, l'introduction, dans mes données, 
de ce terme de correction n'aurait eu pour résultat que de les accen- 
tuer sans déterminer aucun changement dans leur ordre. 

J'ai constaté ainsi que la variation de l'appareil visuel va sensi- 
blement d'un peu plus de la moitié au dixième de la surface dorsale 
de la tête. 

J'ai cherché également s'il existait une relation entre cette varia- 
tion et le parasitisme. 

On se rend compte dans cette série de la fixation plus ou 

moins grande de l'animal, en déterminant pour chaque espèce le 

long-, de l'aile ... , ^ ^ -i. ^ ic 

rapport -; — - — ; . Je tire ces rapports du chapitre relatii aux 

long, du corps 

variations des organes du vol. 





DEGRÉ 


VARIATION 




d'ectoparasitisme 


DE l'appareil visuel 


GENRES 


d'après le rapport 


d'après le rapport 




longueur de l'aile 


surface oculaire 


longueur du corps 


surf, dorsale de la tête 


Orniihoeca . . 


1 ,3o 


o,552 


Olfersia . 


i,.r, 


Oj^ia.") 


Lijnchia . . . 


1 ,20 


, 3oo 


Ornitheza . 


1,18 


0, i5o 


Ornithomijia . 


1,12 


0, 146 


Stenopteryx 


^>,9 


0, i33 


Craiaerhina 


0,7 


, 1 00 



La comparaison de ces deux tableaux dont l'un donne, pour 
chaque genre, le degré d'ectoparasitisme et l'autre celui de la 
régression de l'appareil visuel, montre immédiatement que la 
variation a lieu dans le même sens : au fur et à mesure que l'im- 
portance de l'aile diminue, c'est-à-dire que l'insecte est plus fixé, 
celle de l'œil régresse proportionnellement. 

De la même manière que pour les Pupipares parasites des Mammi- 
fères, j'ai schématisé dans la figure 3 la disposition de l'œil dans les 



46 MORPHOLOGIE 

différents g-enres parasites des Oiseaux en prenant comme unité la 
tête de V Hippohosca eqiiina L. 

Cette figure montre très nettement la régression de l'œil. On voit 
que la surface occupée par ce dernier tend à devenir de plus en plus 
petite. Le maximum s'observe dans le genre Ornithoeca et le mini- 
mum dans Craiacrhina, le plus parasite de tous ces genres. 

Elle montre d'une façon tout aussi nette que l'œil tend à se porter 
en avant de la région céphalique et sur les parties latérales. 
Ce dernier mouvement est dû à une cause semblable à celle que 

nous avons observée dans la 
série des Pupipares parasites 
des Mammifères. Ici aussi la 
tête est protégée de plus en 
plus. Cette protection se fait 
non par enfoncement dans le 
thorax^ mais par formation, sur 
la partie antérieure de celui-ci, 
de bosses scapulaires qui l'en- 
cadrent de plus en plus. 

Ces bosses ou saillies scapu- 
laires n'existent pas chez Orni- 
thoeca turdi Latr. dont la tête 
est bien dégagée du thorax, 
mais elles apparaissent et se dé- 
veloppent dans les autres espè- 
ces. Dans le chapitre relatif aux 
variations des différentes par- 
ties du corps, j'ai établi que ces 
saillies augmentent de longueur 
avec la fixation du parasite sur l'hôte et que la surface latérale de la 
tête, qui se trouve ainsi protégée, varie de zéro dans Ornithoeca^ le 
genre le mieux doué au point de vue du vol, à un tiers dans le genre 
Crataerhina qui est le plus parasite et aussi celui de cette série qui 
possède l'œil le plus rudimentaire. 

Résumé. — Dans les deux séries de Pupipares, parasites des 
Vertébrés, on observe une régression de l'œil composé parallèle à 
celle des ailes et, par suite, en rapport avec le degré de fixation de 
l'insecte sur son hôte. 








FiG. 3. 



TÊTE 47 

On observe en outre une variation dans la position de l'œil sur 
la surface de la tête, et cette disposition semble être en relation avec 
une tendance de la tête à être protégée : 

Soit par enfoncement dans le thorax (Pupipares parasites des 

Mammifères), 
Soit par la formation de saillies scapulaires (Pupipares parasites 

des Oiseaux). 
Toutes ces modifications anatomiques sont en relation directe avec 
le degré de l'ectoparasitisme. 

Il reste maintenant à envisager la cause qui a pu déterminer la 
régression de l'œil dans ces deux séries de parasites. 

Chez les animaux cavernicoles, la suppression de la lumière a 
provoqué la disparition de l'œil par suite du non fonctionnement de 
l'organe. 

Ce n'est pas le cas chez les Pupipares. Evidemment la régression 
ne provient ici que du parasitisme. Je viens en effet d'établir que 
cet organe couvre une surface céphalique de plus en plus petite au 
fur et à mesure que l'ectoparasitisme devient plus complet. A 
mesure que ce dernier grandit, l'insecte n'a plus à se préoccuper de 
chercher sa nourriture qui est toujours à sa portée et à sa disposi- 
tion. Les organes des sens .les plus spécialisés comme ceux de la 
vision s'atrophient; seuls restent importants pour l'insecte le tact et 
l'olfaction. 

Dans les chapitres précédents, j'ai observé en effet que la pilosité 
allait en augmentant avec la fixation; ici je constate que parallèle- 
ment à cette hypertrophie, l'organe visuel diminue d'importance à 
mesure que la fixation sur l'hôte devient plus complète : l'œil est 
très petit chez Crataerhina à ailes rudimentaires, et ses dimensions 
sont encore beaucoup plus faibles chez Melophagus dont les ailes ont 
disparu. 

Le maximum de réduction de cet œil latéral s'observe chez 
Brailla où il n'est représenté que par une tache oculaire. 

Enfin, chez Nycteribia^'û n'existe aucune trace d'appareil visuel. 

Les taches oculaires du Braula ne sont pas des ocelles. Quand 
ces derniers existent chez les Pupipares, ils sont disposés sur la 
région médiane frontale, en général au nombre de trois. Or, chez 
Braula, ces taches oculaires sont latérales, au nombre de deux, 



48 MORPHOLOGIE 

occupant chacune la place des yeux composés et situées, comme 
ceux-ci, au voisinag'e des antennes. Elles sont réellement à la place 
que les yeux composés occuperaient, s'ils existaient. 

En effet, si on compare les fig-ures 2 et 3 avec celle du Branla^ 
on voit que le trait correspondant k l'œil chez Branla vient se 
placer à la suite de la série^ qui exprime la dégradation de cet organe 
chez les Pupipares, et il nous apparaît comme le terme extrême 
de cette série de dégradations. 

J'admets donc, pour ma part, que l'œil du Branla, presque 
dépourvu de pigment, correspond morphologiquement k un œil 
composé. L'absence, ou plutôt le peu de pigment qu'on trouve dans 
cet œil, est l'indice d'une perte de la fonction visuelle. L'absence 
de facettes qui ramène l'œil, au point de vue anatomique. k la 
structure d'un œil simple, n'est que le résultat d'une dégradation 
correspondante. 

L'œil composé se réduit ici k une forme ocelle dont la phyloge- 
nèse du groupe nous permet de comprendre la signification. 

Résumé. — 1° Les appareils visuels des Pupipares qui comprennent 
des ocelles et des yeux latéraux, présentent des variations intéres- 
santes surtout pour ces derniers organes ; 

a** L'œil composé subit une régression directement en ra^iport avec 
'ectoparasitisme ; 

3'^ L'œil du Braula doit être regardé comme le représentant d'un 
œil composé arrivé au dernier terme d'une régression qui l'a 
ramené k l'état d'œil simple ; 

4° Il n'y a pas trace d'appareil visuel, simple ou composé, chez 
Nycteribia. 

ANTENNES 

Les antennes constituent chez les Insectes le plus important des 
organes sensoriels. A une fonction tactile incontestable .s'ajoutent 
une fonction d'olfaction et même, selon certains auteurs, une fonc- 
tion d'audition. Il était donc important d'en étudier les variations 
dans le groupe des Pupipares, variations qui se relient d'une façon 
très étroite k celles du parasitisme. 

Lorsqu'on regarde la partie antérieure de la tète d'un Ilippo- 
boscide, on aperçoit, de chaque côté des appendices buccaux, un 



TÈTE 49 

organe massif, court, g-énéralement en forme de bouton, à extrémité 
couverte de poils en nombre variable et dont l'axe diverge plus ou 
moins de l'axe médian céphalique : c'est l'antenne. 

Je n'entrerai pas, en ce moment, dans le détail de sa constitution 
que j'aborderai plus loin. Je n'étudierai ici que les variations d'aspect 
et de dimensions. 

Conformément à la méthode que j'ai suivie jusqu'ici, jai mesuré 
la longueur de l'antenne dans les différentes espèces et j'ai déterminé 
ensuite son importance par rapport à la dimension de l'individu. 
Les résultats obtenus, exprimés en millièmes, se trouvent dans 
le tableau ci-dessous : 

Hippobosca eqiiina . 4° 

— camelina i54 

Lipoptena 3G 

Melophagus . . . ' 38 

Ornithoeca Ha 

Olfersia 4^ 

Lynchia 56 

Ornitheza 85 

Ornithomyia gS 

Stenopteryx loo 

Crataerhina ii3 

Braula 200 

Parasites des Mammifères. — Dans ce groupe, l'antenne est 
enfoncée dans une cavité dite cavité antennaire d'où sa partie ter- 
minale émerge, chez quelques-uns, en faisant une légère saillie à 
l'extérieur. 

Dans le genre Hippobosca, cette saillie est à peine de o mm. o5 ; 
elle devient nulle dans les genres Lipoptena et Melophagus. Dans 
ces deux dernières espèces, l'antenne est complètement rétractée 
dans la cavité antennaire. Elle a sensiblement même longueur, 
o mm. 19 dans Lipoptena cervi L. et o mm. 20 dans Melophagus. 

Dans Hippobosca equina la surface terminale présente d'une façon 
constante trois poils noirs, saillants à l'extérieur, recourbés vers le 
bas, inégaux, le médian long et les deux latéraux courts. Ces trois 
poils sont sensiblement de même longueur dans Hippobosca came- 
lina Leach. 

Sur l'antenne du Lipoptena, je n'observe que deux ou trois poils, 
petits et légèrement noirâtres ; mais le nombre de ces poils devient 
Uniy. de Lyon. — Massonnat 4 



50 MORPHOLOGIE 

plus élevé, une douzaine au moins, dans le genre Melophagus. Ils 
sont ici toujours petits, noirâtres, microscopiques ; quelques-uns 
cependant font une saillie presque inappréciable hors de la cavité 
antennaire, en avant de la tête. 

Si l'on tient compte maintenant de la taille de l'individu, pour 
juger de l'importance de ces variations, on voit, d'après le tableau 
ci-dessus, que, dans ce groupe, l'importance de cet organe est sensi- 
blement constante et ses variations négligeables. 

Dans la série des Pupipares parasites des Mammifères, en allant 
du genre ailé Hippohosca au genre af)tère Melophagus^ on fait les 
constatations suivantes : 

i** L'antenne, par rapport à la longueur de l'individu, conserve 
sensiblement la même valeur morphologique. 

2° Elle tend à se protéger, en s'enfonçant dans la cavité antennaire, 
au fur et à mesure que la fixation devient plus grande. 

3" Les poils noirs, que l'on observe sur sa surface, deviennent très 
petits, mais leur nombre se multiplie avec la fixation. 

Parasites des Oiseaux. — L'antenne, toujours insérée dans une 
cavité, fait dans les différentes espèces qui appartiennent à ce groupe, 
une saillie très accentuée à l'extérieur. 

La longueur varie avec la taille de l'individu. Elle est de o mm. \i 
chez Ornithoeca, de o mm. 3o chez Olfersia, de o mm. 35 chez Lyn- 
chia^ de o mm, 4» chez Ornitheza et Ornithomyia, de o mm. 4^ 
chez Stenopteryx et de o mm. 65 chez Crafaerhina. 

La taille de Fantenne varie donc sensiblement de o mm. 12 à 
o mm. 4o chez les espèces bien douées au point de vue alaire qui 
appartiennent aux genres Ornithoeca, Olfersia, Lynchia, Ornitheza et 
Ornithomyia. Elle devient légèrement plus longue, de o mm. 45, 
dans le genre Stenopteryx^ plus fixé à l'hôte que les genres qui 
précèdent; elle atteint le maximum^ de o mm. 65 à o mm. 70, dans 
Crataerhina, le genre le plus parasite du groupe. 

Précédemment, j'ai dit que dans ce groupe, à l'inverse de ce 
qui se passe chez les Pupipares parasites des Mammifères, l'antenne 
fait toujours une forte saillie à l'extérieur. Ce n'est pas absolu et la 
différence n'est pas aussi tranchée. On observe en effet des transi- 
t ons entre les deux groupes. 

La saillie antennaire est presque nulle chez Ornithoeca et rappelle 
celle que l'on observe dans Hippohosca ; elle est un peu plus accen- 



tI':tr 51 

tuée chez Olfersia. L'antenne est au contraire très saillante dans 
tous les autres genres. 

Mais la taille des espèces étudiées est assez variable et, par suite, 
on ne saisit pas très bien jusqu'ici l'importance des variations de 
l'antenne. Ce n'est que par la comparaison avec la longueur de 
l'individu que l'on obtient un ensemble de données qui permettent de 
s'en rendre compte. Les résultats se trouvent au tableau précédent 

(P-49)- 

Les nombres obtenus sont de beaucoup supérieurs à ceux des 

parasites des Mammifères où leur moyenne était de iîy. Ici, ils varient 

de 52 pour le genre Ornithoeca à ii3 pour le genre Crataerhina. 

D'autre part, le tableau montre que l'importance de l'antenne est 
constante dans les espèces bien douées pour le vol. Elle est plus 
élevée chez le genre Ornithomyia ; elle devient maximum chez 
Stenopleryx et surtout chez Crataerhina^ c'est-à-dire dans les deux 
genres où les ailes sont rudimentaires. 

L'antenne est toujours couverte de poils noirs. Ces derniers sont 
très courts et peu nombreux chez Ornithoeca, le mieux doué au 
point de vue alaire ; j'en compte une douzaine à extrémité recourbée 
vers le bas. 

Les poils sont plus nombreux, une vingtaine, dans le genre 
Olfersia; ils sont noirs, recourbés vers le bas et plus saillants que 
dans le genre précédent ; certains d'entre eux atteignent une lon- 
gueur de o mm. 3. 

Chez Ornithcza, l'antenne est très velue et ses poils sont noirs, 
rigides, de o mm. 4 de longueur. Elle est également très velue dans 
les genres Lynchia et Ornithomyia et la longueur des poils est 
ici de o mm. 5. Les antennes sont enfin très velues chez Stenopteryx 
où les poils ont une dimension de o mm. 6, mais elles le sont bien 
davantage chez Crataerhina où les poils extrêmement nombreux 
atteignent des longueurs qui varient de o mm. 6 à o mm. 9. 

En résumé les antennes sont d'autant plus longues et elles sont 
couvertes de poils d'autant plus nombreux et plus longs que l'es- 
pèce est plus fixée à l'hôte. 

Braula. — L'antenne du i?rau^a est de o mm. 3, Pour un individu 
dont la longueur est de i mm. 5, cette antenne est relativement 

développée. Le rapport i -^ 1 donne en effet un nombre élevé 200, 



52 MORPHOLOGIE 

bien supérieur à 1 13 qui est celui de Cralaerhina, le genre du groupe 
des j^arasites d'Oiseaux qui possèdent l'antenne la plus développée. 
L'importance de cet organe sensoriel est donc beaucoup plus grande 
dans ce genre très fixé. 

Différences sexuelles. — Je ne relève dans l'antenne aucune dif- 
férence sexuelle. On sait que chez beaucoup d'Insectes cet organe 
présente un développement considérable en rapport avec la recherche 
de la femelle pour l'accouplement. Dans les Pupipares, je n'ai con- 
staté aucune différence de cet ordre. 

Différences d'aspect de l'antenne chez les Pupipares. — La diffé- 
rence d'aspect de lanteane est très nette entre les deux séries que 
je viens d étudier. 

Dans la première, celle des parasites des Mammifères, l'antenne 
est enfoncée dans une cavité de la région antérieure de la tête ; elle 
ne fait aucune saillie à l'extérieur et sa surface ne présente que 
quelques poils rigides assez longs dans Hippobosca, microscopiques 
chez Lipoptena et chez Melophagus. 

Dans la deuxième, celle des parasites des Oiseaux, l'antenne fait 
largement saillie à l'extérieur ; elle est très visible et sa surface est 
toujours couverte de poils nombreux, noirs, longs et serrés. 

Les genres Ornithoeca et Olfersia constituent toutefois une tran- 
sition entre ces deux séries. Gomme chez les parasites des Mam- 
mifères, leur antenne fait une saillie presque inappréciable rappelant 
celle à' Hippobosca ; mais elle s'en distingue et se rattache à la 
deuxième par le plus grand nombre de ses poils. 

Enfin, dans le genre Branla., le seul parasite des Invertébrés 
que j'ai étudié, l'antenne est plus longue et fait une saillie beau- 
coup plus importante que dans les deux groupes précédents. Sa 
constitution est d'ailleurs toute particulière : j'y reviendrai plus loin. 

Au sujet de cet organe, je relève donc deux aspects bien tranchés : 

i" Raccourcissement de l'antenne dans la série des parasites de 
Mammifères ; 

2° Allongement de celle-ci dans la série des parasites des Oiseaux 
et dans le Braula. 

Quelles sont les causes de ces variations en sens contraire, d'un 
même organe, dans ces deux groupes? 

A mon avis, ces variations doivent provenir d'une adaptation à 
des habitats différents. 



TETR 53 

Les premiers vivent entre les poils rudes des Manimifères. L'an- 
tenne, org-ane des sens, doit être protég-ée contre les contacts inces- 
sants que l'insecte éprouve dans sa course à travers les poils extrê- 
mement serrés des Mammifères : d'où une tendance à diminuer de- 
longueur et à s'abriter dans la cavité antennaire. 

Si cette hypothèse est exacte, on doit trouver une variation de 
longueur de l'antenne entre les espèces munies d'ailes et les aptères, 
entre celles qui font sur l'hôte un séjour intermittent et celles dont 
le séjour devient permanent par suite de la disparition des ailes. 
C'est en effet ce que l'on observe. 

Dans le genre Hippohosca, à espèces munies d'ailes et se posant 
sur le Cheval, le Bœuf, le Chameau, dont les poils sont courts, l'an- 
tenne fait une saillie légère mais appréciable en avant de la tête. 
Dans le genre Lipoptena, les ailes tombent et l'insecte^ devenu 
aptère, ne quitte plus son hôte : l'antenne est ici protégée du 
contact incessant des poils de l'hôte par son inclusion dans la 
cavité antennaire. De même, chez la forme aptère Melophagiis, 
l'antenne ne fait plus aucune saillie à l'extérieur. 

D'autre part, on constate, pour la même raison, parallèlement à 
l'invagination de l'antenne, une tendance à la diminution de la lon- 
gueur des poils terminaux et sensoriels, en allant des espèces ailées 
aux espèces aptères. On observe, en effet, comme on l'a déjà vu, 
que l'antenne à' Hippobosca cquina présente trois poils noirs, dont 
le médian est plus long que les deux autres. Les poils antennaires 
sont très courts chez Lipoptena et Melophagus. 

En somme, dans la série des Pupipares parasites de Mammifères, 
il se produit une régression dans la longueiu* de l'antenne et des 
poils ; ceux-ci deviennent microscopiques. 

L'Oiseau au contraire constitue avec ses plumes un milieu, sinon 
plus souple, du moins divisé en lames, à travers lesquelles l'insecte 
peut facilement se glisser. Dans ces conditions rien ne s'oppose 
à l'allongement de l'antenne. 

L'antenne est essentiellement un organe de tact et d'olfaction. 
Lorsqu'un organe des sens s'atrophie, l'œil par exemple, une réper- 
cussion se fait immédiatement sentir sur les autres organes. Ces 
derniers s'hypertrophient au fur et à mesure que l'autre régresse. 

Viré (1899), dans son Etude sur la faune des cavernes,ai observé 
une relation entre le développement des antennes et la régression 



54 MORPHOLOGIE 

des yeux. Il a constaté que dans ces espèces, où les yeux ont disparu 
par défaut d'usage, les antennes sont très longues et couvertes de 
poils : elles doivent ainsi suppléer à la disparition de l'œil. 

En se reportant aux figures qu'il donne des trois variétés de 
Campodea, le type lucicole, le type des cavernes du Jura et le type 
des cavernes des Causses qui est le plus profondément évolué, on 
voit que les antennes, d'un tiers seulement de la longueur du 
corps dans le type lucicole, deviennent égales à cette longueur dans 
celui du Jura et à une fois et demie cette longueur dans le type des 
Causses. En un mot, elles deviennent dans les types cavernicoles 
de trois à cinq fois plus grandes que dans le type normal. 

Chez les Coléoptères, Viré observe aussi un développement 
extraordinaire des poils, une hypertrophie des poils tactiles motivée 
par la régression des yeux. 

De même chez les Asellus, la comparaison des types modifiés par 
l'adaptation aux cavernes avec ceux qui vivent à la lumière, montre 
que, dans les premiers, les poils tactiles augmentent de longueur et 
que ces poils atteignent une dimension, qui est de cinq à six fois 
celle qu'ils possèdent à l'état normal. 

J'observe dans le groupe des Pupipares une relation semblable 
entre le développement de l'antenne et la régression de l'œil. Ici, ce 
n'est plus le facteur lumière qui intervient, mais le parasitisme qui, 
en déterminant l'atrophie de certains organes des sens, de l'œil 
notamment, provoque l'hypertrophie des organes tactiles. 

Dans nos deux séries, on a vu l'œil subir une régression, devenir 
rudimentaire dans Melophagus et Crataerhina et disparaître presque 
complètement dans le genre Branla. Il y a donc une régression 
très nette de l'organe visuel au fur et à mesure que les espèces 
deviennent plus fixées à l'hôte. 

Dans la série des parasites des Mammifères, l'antenne, au lieu 
de se développer, régresse sensiblement et, de saillante qu'elle est 
dans Ilippohosca, elle devient complètement cachée dans la cavité 
antennaire chez les genres fixés Lipoptena et Melophagus. On vient 
de voir que c'est une question de milieu qui intervient ici : l'antenne 
est courte et invaginée, protégée ainsi des contacts incessants et un 
peu rudes des poils de l'hôte. 

Le développement de l'antenne est au contraire très net et très 
accusé dans la série des parasites d'Oiseaux; dans la première série, 



TÊTE 55 

l'antenne conservait sensiblement une même valeur en raison du 
milieu qui ne se prêtait pas à son développement ; mais dans celle-ci 
où cette question de milieu n'intervient pas, on remarque au con- 
traire un allongement de cet organe parallèle à la régression de 
l'œil composé. 

Le développement du tact qui supplée à l'atrophie des organes 
visuels est ici vraiment remarquable. L'antenne se couvre de poils 
sensoriels, poils d'an tant plus longs et plus nombreux que l'indi- 
vidu est plus parasite. Ainsi, chez l'espèce la plus fixée, Crataerhina, 
où se trouve un œil très rudimentaire et où l'antenne est la plus 
développée de tout le groupe, on constate que celle-ci est couverte 
de poils particulièrement longs et serrés (pi. VI fig. 49 et 5o). 

Le Brailla vient encore confirmer cette manière de voir. L'appa- 
reil visuel se trouve réduit à deux taches oculaires pauvres en pig- 
ment. Par contre, l'antenne fait ici la saillie la plus notable, de 
beaucoup supérieure à celle de tous les autres Pupiparesque je viens 
d'étudier. 

On observe aussi, dans la série des parasites des Mammifères, des 
faits semblables qui confirment encore cette manière de voir. Bien 
qu'il j ait diminution dans la longueur de l'antenne, on constate, 
parallèlement à la régression de l'œil, une augmentation dans le 
nombre des poils sensoriels ; mais, ainsi qu'on vient de le voir, ceux-ci 
deviennent microscopiques en raison du milieu. h'Hippobosca dont 
les yeux sont très gros, présente une antenne avec trois poils très 
visibles et assez saillants. Chez Lipoptena dont les yeux sont bien 
développés, les poils, devenus infiniment petits, sont au nombre 
de deux ou trois. Les yeux sont au contraire très réduits chez 
Melophagiis; par contre, on observe ici une hypertrophie des poils 
sensoriels de l'antenne qui, tout en restant microscopiques, 
deviennent plus nombreux (de douze à quinze) et légèrement plus 
longs que ceux de Lipoptena. 

Dans les deux séries, il y a donc bien, parallèlement à la régres- 
sion de l'œil, augmentation du nombre des poils, cest-à-dire des 
organes tactiles de l'antenne. 

Résumé. L'antenne subit diverses modifications dans le groupe 
des Pupipares. 

I. — Parallèlement à la régression de l'œil, on observe les faits 
suivants : 



56 MORPHOLOGIE 

a) Dans la série des parasites des Mammifères (Hippohosca, 
Lipoptena et Melophagus ) Vantenne diminue de longueur et tend à 
s'invaginer dans la cavité antennaire. 

b) Dans celle des Oiseaux (Ornithoeca, Olfersia, Ornitheza, Lyn- 
chia, Ornithomyia, Stenopteryx et Crataerhina) Fantenne se déve- 
loppe et fait à l'extérieur, en avant de la tête, une saillie de plus en 
plus prononcée. 

c) Chez Braula, où l'appareil visuel est réduit à deux taches, l'an- 
tenne présente, relativement à la taille de l'individu, le maximum de 
développement. 

II. — Dans Tune et l'autre série, avec la fixation de plus en plus 
grande sur l'hôte, on constate aussi un développement très marqué 
dans le nombre des poils sensoriels de l'antenne. 

Chez les parasites des Mammifères, des espèces munies d'ailes 
aux espèces aptères, âi'Hlppohosca à Melophagus, ces poils senso- 
riels tendent à devenir microscopiques. Mais chez les parasites des 
Oiseaux, leur longueur augmente au contraire avec la fixation, 
c'est-à-dire en allant des genres bien doués pour le vol aux genres 
à ailes rudimentaires. 



THORAX 

Le thorax, dont j'ai déjà étudié les variations de dimensions, est 
la partie importante du corps de l'insecte sous le rapport de la 
locomotion et de la fixation. 

Les trois anneaux sont fusionnés et forment un ensemble com- 
pact. Le thorax présente cependant quelques traces de segmentation 
qui délimitent des régions assez constantes chez la plupart des 
Pupipares. 

Ces lignes sont : 

■L'une, longitudinale médiane, qui se rend du cou à l'écusson, une 
deuxième, transversale antérieure, qui se jette généralement dans 
la précédente, et une troisième, transversale, qui délimite l'écusson. 

La face inférieure est nettement trisegmentée. Sur chaque segment 
se trouve l'insertion dune paire de pattes. Ces régions de la face 
ventrale correspondent aux trois anneaux constitutifs du thorax des 
Insectes : prothorax, mésothorax et métathorax. 



THORAX 57 

La face dorsale, au contraire, répond pour la plus grande partie 
au mésothorax^ à l'article qui porte les ailes. 

Deux paires de stigmates se trouvent sur la région thoracique. 

Les stigmates antérieurs sont bien visibles, de couleur blanchâtre, 
avec un anneau chitineux noir ; ils sont situés en avant sur les par- 
ties latérales et en arrière des saillies scapulaires. 

Les stigmates postérieurs ne sont pas visibles, parce que cachés 
par la saillie du scutellum. 

En arrière du thorax se trouve une paire d'haltères ou balanciers. 

Le thorax est donc essentiellement sous la dépendance d'organes 
importants : les ailes, les pattes et les haltères. 

Sa forme générale est celle d'un hexagone irrégulier, plus long 
en avant du sillon transversal antérieur qu'en arrière. Il est formé 
d'une chitine épaisse, de coloration foncée, qui varie du noir au 
roux-clair, mais toujours plus claire sur la face ventrale. 

J'étudierai successivement : 

1° Les ailes; 

2*^ Les pattes ; 

3" Les haltères ou balanciers. 



AILES 



Les ailes sont des formations tégumentaires, membraneuses, 
toujours uniformément minces, à apex très obtus ou très aigu, 
suivant les genres. Leur couleur est généralement grisâtre. Elles 
sont soutenues par une nervation qui se rapporte d'une façon géné- 
rale à un type bien défini. 

A sa base, l'aile présente un petit repli qui constitue ime allule. 

La surface de l'aile est revêtue d'une villosité microscopique ; le 
bord costal présente sur toute sa longueur une ou plusieurs rangées 
de poils beaucoup plus longs à la base de l'aile, surtout dans les 
genres très fixés. 

La nervation se rapporte au type général établi par Comstock et 
Needham. Elle comprend un massif costo-radial et un massif 
cubito-anal qui offrent la particularité d'être très rapprochés l'un 
de l'autre, formant ainsi un support solide pour le bord antérieur de 
l'aile. 



58 .MORPHOLOGIE 

J'ai étudié successivement les différentes variations présentées 
par cet organe. 



Variations des nîles. 

Les ailes subissent dans ce groupe de très grandes variations. 

Elles se modifient soit en forme, soit en étendue. Elles sont, en 
effet, très développées dans quelques genres, et, chez d'autres, 
rudimentaires ; enfin, certains genres sont aptères. 

On trouve donc, dans le groupe des Pupipares, tous les termes 
nécessaires pour passer des formes, susceptibles de se porter avec la 
plus grande facilité d'un hôte sur un autre, à celles qui ne volent 
plus et qui, par suite, sont fixées à leur hôte. 

En raison de leur mobilité, les premières se trouvent sur une 
multitude d'hôtes d'espèces ditTérentes et constituent des formes 
dune plus ou moins grande diffusion. 

Chez les autres, l'habitat est, au contraire, de plus en plus res- 
treint pour se borner finalement à une espèce déterminée. 

Pupipares parasites des M.\mmifères. 





LONGUEUR CORPS 


LONGUEUR AILES 


RAPPORT 

longueur ailes 


longueur corps 


Hippobosca equina . 

Lipoptena 

Melophagus . . . . 


mm. 
7,558 

5,2 

5.3 


mm. 

7,545 

ailes caduques 

aptère 


, 998 
» 



Dans le genre Hippobosca, les ailes sont bien développées; leur 

longueur moyenne est presque égale à celle du corps. Le rapport 

longueur aile , m . . 1 . o . . . i- • • j 

, ^ est, en eiiet, égal a qqo, c est-a-dire voism de 

longueur corps 70^^ 

l'unité. Mais, en raison de la grosseur de l'insecte, le vol ne peut 
être considéré comme très puissant : les Hippobosques se trans- 
portent, en effet, par un vol lourd d'un hôte à l'autre. 

Au point de vue alaire, Lipoptena est certainement le genre le 
plus curieux des Pupipares. Il est utile de rappeler qu'au sortir de 
la pupe, les espèces de ce genre sont munies d'ailes, qu elles perdent 



THORAX 59 

lorsqu'elles rencontrent leur hôte définitif, un Gervidé. Les Lipo- 
ptena deviennent alors complètement parasites de cet hôte, qu'ils ne 
peuvent plus quitter. 

Tous les échantillons que j'ai examinés appartiennent au Lipo- 
ptena cervi L. ; tous possèdent des tronçons d'ailes d'un millimètre 
de longueur. 

J'insisterai sur une particularité relative à cette espèce. On relève 
dans les auteurs que l'on ne rencontre sur le Cerf que la femelle 
du Lipoplena cervi: la difficulté de recueillir les mâles proviendrait 
de ce qu'ils conservent leurs ailes. 

Cette opinion n'est pas exacte ; car le mâle, tout comme la 
femelle, perd ses ailes et se fixe définitivement à son hôte. 

Je dois la plupart de mes échantillons à la grande bienveillance 
de M. le D"' Villeneuve, qui a eu l'extrême amabilité de recueillir 
ceux dont j'avais besoin pour mes études anatomiques. Je lui 
témoigne ici toute ma reconnaissance. 

Dans les deux lots qu'il m'a adressés à un intervalle d'un mois 
et demi, l'un dans les premiers jours de janvier, l'autre vers fin 
février^ j'ai constaté que tous les échantillons avaient les ailes 
brisées dans les mêmes conditions, et chaque fois j'ai compté autant 
de mâles que de femelles. 

Peut-être le mâle conserve-t-il ses ailes plus longtemps que la 
femelle, mais il les perd lui aussi et, du moins en hiver, on le ren- 
contre sur le Cerf ou le Chevreuil en nombre égal aux femelles, 
toujours avec des ailes brisées, réduites à des moignons d'un milli- 
mètre de longueur. 

Le dernier genre de ce groupe, le Melophagus, est complètement 
aptère. 

Au point de vue des organes du vol, les variations observées 
dans ce groupe vont donc de la présence d'ailes dans Hippobosca à 
leur absence complète dans Melophagus; le genre Lipoptena avec 
ses ailes caduques forme encore ici une transition naturelle entre 
les deux genres précédents. Les premiers peuvent se déplacer d'un 
individu à un autre; les Melophagus, au contraire, sont définitive- 
ment fixés à un individu, qu'ils ne peuvent abandonner que par 
contact. Lipoptena, au sortir de la pupe, grâce à ses ailes, peut 
se déplacer comme Hippobosca; mais après la chute des organes 
du vol, il devient, comme Melophagus, fixé à un individu. 



60 MORPHOLOGIE 

Variations de la longueur des ailes dans le genre Hippobosca, 





o" 


LONGUEUR AILES 


LONGUEUR CORPS 


RAPPORT 

longueur ailes 


longueur corps 


Hippob. equina France . 

— — Algérie . 

— camelina. . . 


mm. 

7,54 
7,08 

9,^7 


mm. 

7,5(i 

7,25 

10,45 


",997 
«J976 
0,94^ 



La comparaison de ces rapports moyens permet de constater que 
l'importance de l'aile subit dans ce genre de légères variations. 

Pour les échantillons mâles, on obtient les valeurs : 0,997 ^• 
equina de France, 0,976 H. equina d'Algérie, 0,945 H. camelina. 

H, equina d'Afrique posséderait des ailes un peu moins dévelop- 
pées que l'espèce française, mais cette variation est très appréciable 
chez H. camelina. L'aile est ici manifestement plus courte. * 

Par rapport à notre espèce européenne, cette espèce africaine 
paraîtrait donc un peu plus fixée à son hôte. 

Genres parasites des Oiseaux. — Le tableau ci-dessous contient 
les résultats des mensurations. 





a- 


9 


LONGUEUR 


LONGUEUR 


RAPPORT 


LONGUEUR 


LONGUEUR 


RAPPORT 




AILES 


CORPS 


1. ailes 
1. corps 


AILES 


CORPS 


1. ailes 
1. corps 




mm. 


mm. 




mm. 


mm. 




Ornithoeca . 


)) 


» 


)) 


3 


2,3 


i,3o 


Lynchia . . . . 


7,<)3 


5,75 


I ,22 


7,37 


6,27 


1,18 


Olfersia americajia 


)) 


)) 


» 


8 , 20 


7,4" 


i,ii 


— ardea' . 


» 


1) 


» 


5 ,60 


4,9''' 


i,i3 


Ornitheza 


» 


■> 


» 


5 j 20 


4,60 


i,i3 


Ornithom. nvicul. 


«,14 


5,26 


I ,22 


<> , (54 


6 , 08 


i,"9 


— fringillina. 


5 . ofi 


4,20 


I , 20 


4,85 


4,40 


1,10 


Stenopteryx. 


4 , (io 


4 , 60 


I 


4 , 90 


5, 10 


<> , 9^ 


Crataerhina. . . 


4,60 


6, 


<>w7 


3,76 


C,4o 


0,59 



THORAX 6t 

Les résultats de ce tableau sont incomplets pour l'une des séries : 
je n'avais pas de représentants mâles de certaines espèces. Leur 
comparaison permet, toutefois, de constater que les rapports 
obtenus pour la série femelle sont toujours inférieurs à ceux de 
la série mâle, mais malgré cela la suite des résultats concorde rig-ou- 
reusement avec ceux tirés du tableau des femelles. 

C'est le genre Oj'nithoeca qui présente les organes dvi vol les plus 
développés : le rapport de la longueur de l'aile à celle du corps est 
exprimé par i,3o, le nombre le plus élevé de la série. Viennent 
ensuite le genre L?/7ic/iia avec i,i8, Ornitheza i,i3, Olfersia i,ii, 
Ornithomyia 1,10 avec des rapports sensiblement égaux et à 
variations négligeables. Ce sont des espèces toutes également bien 
douées au point de vue du vol. 

Les deux derniers genres se différencient des précédents par 
leurs ailes pointues. 

Citons en premier lieu le genre Stenopteryx, dont le rapport moyen 
est de 0,96 chez les femelles et i chez les mâles. Ces rapports sont 
très faibles comparativement à ceux des genres qui précèdent, mais 
ils sont relativement assez élevés si on se contente de cette simple 
donnée pour établir l'aptitude au vol de cet insecte. Le genre 
Hippobosca possède le même rapport moyen, et il est susceptible, 
cependant, malgré son vol lourd, de se déplacer facilement d'un 
hôte à un autre. Mais si dans Stenopteryx les ailes sont relative- 
ment longues, elles sont, d'autre part, très réduites en largeur : de 
là, la forme en couteau caractéristique de l'aile de cette espèce. 
Cette disposition la rend impropre au vol ; cette espèce doit être 
considérée comme très fixée à son hôte, l'Hirondelle. 

Le genre Crataerhina se rapproche du précédent par ses ailes 
pointues, mais il en diffère par leur longueur qui est moindre et 
par une dilatation de la région médiane. Ici aussi, ces organes 
sont impropres au vol, surtout si l'on tient compte du poids 
assez considérable de l'insecte dont l'abdomen est toujours très 
développé, aussi bien chez le mâle que chez la femelle. Le 
rapport 0,69 est le plus faible de toute la série. Crataerhina 
constitue donc une forme très fixée à son hôte, qui est l'Hirondelle 
ou le Martinet. 

De cette étude préliminaire, on pevit grouper de la façon suivante, 
au point de vue alaire, les formes françaises des Diptères Pupipares. 



62 MORPHOLOGIE 

I. — Genres à ailes bien développées. 



Genre Ornithoeca . 

— Lynchia. 

— Ornitheza . 

— Olfersia . 

— Ornithomyia, 

— Hippobosca 



RAPPORT 


MOYEN 


9 


d' 


,3o 


n 


,i8 


1,22 


,i3 


» 


, 1 1 


» 


, lO 


I,20 




I ,o5 



Ces genres renferment des espèces capables d'une grande diffu- 
sion, d'autant plus qu'ils sont meilleurs voiliers, et ils sont suscep- 
tibles de se trouver sur des hôtes appartenant à des espèces bien 
différentes d'Oiseaux et de Mammifères. 



II. — Genres à ailes rudimentaires. 



RAPPORT MOYEN 



Genre Stenopteryx o,gi i 

— Cratnerhina 0,59 o,77 

Localisation réduite : Hirondelle et Martinet. 

III. — Genre intermédiaire, ailé au début, puis aptère. 

Genre Lipoptena. 

Localisé sur les Cervidés. 

IV. — Genres aptères : 

Genre Melophagus. 

— Nycteribia. 

— Braula. 

Ces espèces sont toujours localisées, la première au Mouton, la 
deuxième aux Chauves-souris et la troisième à l'Abeille. 

YarîatioBs des dimensions de l'aile 
et de la nervation. 

Après cette première étude des rapports des ailes à la longueur du 
corps, j'étudierai successivement les modifications que les ailes 
peuvent présenter dans leur étendue, c'est-à-dire le rapport de la 



THORAX 63 

hauteur h à la longueur / de Faile ou -r-, et enfin les variations de 

la partie nervée ou squelettique d'après sa hauteur h' et sa lon- 
gueur /' par rapport à la longueur / et à la hauteur h de l'aile. 

Cette étude est donc relative aux variations présentées par les 
rapports : 

h largeur ou hauteur de l'aile 



l longueur de l'aile 

V longueur de la partie nervée 
/ longueur de l'aile 

h' largeur de la partie nervée 
h largeur de l'aile 

Variations de la largeur de l'aile. — L'étude du rapport —r- donne 

d'utiles indications sur la valeur de l'aile au point de vue du vol et 
sur la marche de la régression. 

Hippobosca equina 0,^94 o,385 

— camelina 0,400 0,410 

Ornithoeca turdi » 0,400 

Ornitheza » o,3oo 

Olfersia americana » o/Sij 

— nrde,T » 0,367 

Lynchia maura. o,335 0,324 

Ornithoinyia avicularia .... 0,328 o,33i 

— fringilUna .... o,356 0,347 

Stenopteryx o,i52 0,146 

Craiaerhina o,3i2 o,35i 

Ces mensurations mettent en relief certains faits : 

1° La largeur de l'aile est constante dans Hippobosca equina L. 
et Hippobosca camelina Leach. 

2" Ornithoeca offre la plus grande largeur d'aile du groupe des 
parasites des Oiseaux; sa valeur est égale à celle du genre 
Hippobosca. Précédemment, j'ai montré que cette espèce présentait 
l'aile la plus développée par rapport ô la longueur du corps ; cette 
nouvelle observation vient encore attester les qualités de cette 
espèce pour le vol. 

3° Les autres espèces du groupe des parasites d'Oiseaux ont 



64 



MORPHOLOGIE 



une plus faible largeur. La valeur moyenne est voisine deo,33o: 
elle est caracléristique d'une aile très étirée. 

4° La valeur la plus faible est présentée par Stenoptcryx. La 
régression de l'aile s'effectue donc dans cette espèce en longueur et 
en larg-eur. 

5" Chez Crataerhina oii l'aile est plus rudimentaire que dans 
Stenopteryx, on constate que, comparativement à la long-ueur, 
l'importance de la largeur n'a pas varié : cet org-ane a donc rég'ressé 
essentiellement en long"ueur. 

En résumé, les variations de largeur de l'aile sont les suivantes : 

Chez Hippobosca et Ornithoeca, la largeur de l'aile est égale 
aux 2/5 de la longueur; 

Chez les parasites des Oiseaux, au i/3; 

Chez Stenopteri/x^ au i/y. 

Variations du système des nervures. — La nervation consti- 
tue le squelette de laile. 

a) Etude du rapport -y-. 



Hippobosca equina Europe 

— — Afrique 

— caniclinn. 

Ornilhocca 

Olfersia 

Ornitheza 

Lijnchia 

Ornithomijui nviculariu . 

— frinffillina. . 

Stenopteryx 

Cratafrliina 



l' 1. partie nervée 

/ Ions, de l'aile 



Cf 



,7 ■'•4 



.720 

, 80.") 
,801 
, 760 

.6:>(i 



..,743 

".7'i!) 
(),7(i7 

",77!) 
0,77:) 
0,780 
0,69.") 
0,810 
0,78:5 
o ,808 
0,64 9 



h. partie iiervée 



haut, de laile 



(f 



o , 3 .") a 
0,3:57 



") i<)o 
0,405 
0,355 
0,400 
0.353 



0,369 
0,348 
0,353 
0,411 
0,327 
o,388 

o. 2<)(> 
0,426 
0,367 

0.382 



Je distinguerai deux parties 



THORAX • 65 

i" La partie antéro-externe occupée par les troncs primaires; 

2" La partie postéro-interne avec quelques nervures secondaires. 

La première, avec ses grosses nervures, forme le véritable squelette 
de l'aile; la seconde comprend les petites nervures qui se détachent 
des précédentes pour se rendre à la périphérie. 

Il est naturel d'admettre que plus le squelette de l'aile est 
développé, plus l'insecte est meilleur voilier. Déterminer dans 
les différents genres l'importance de la partie nervée revient à 

faire l'étude des rapports — et -r-, c'est-à-dire à déterminer les 

variations de la longueur /' et de la hauteur h' de la partie nervée 
par rapport à la longueur / et à la hauteur h de l'aile. 

En se reportant au tableau ci-contre, on constate que, dans le 
groupe parasite des Oiseaux, la longueur de la partie nervée de 
l'aile est un peu plus grande que dans Hippobosca; enfin, c'est 
Ornithomyia avlcularia qui présente le plus grand développement 
de cette région squelettique. 

Dans Stenopteryx, le nombre 0,808 que l'on obtient montre 
que cette partie a conservé sa valeur primitive et qu'il n'y a 
pas eu diminution de son importance, par rapport à la longueur de 
l'aile. 

Dans le genre Crataerhina, qui comprend des individus plus 
fixés, on observe au contraire une véritable régression attestée par 
le rapport 0,649, beaucoup plus petit que celui des autres espèces. 

7 f 

h) Etude de -7-. — A l'exception de Lynchia, les variations 

sont peu appréciables. 

On constate cependant que les espèces Ornilhocca tardi et Orni- 
thomyia avicularia ont une partie nervée qui présente le maximum 
de largeur. 

Résumé. — L'étude de la partie squelettique de l'aile montre que 
le genre Hippobosca^ le seul représentant ailé des parasites de 
Mammifères, possède une région de grosses nervures moins impor- 
tante que celle des parasites d'Oiseaux. 

Parmi ces derniers, les genres Ornithoeca et Ornithomyia pré- 
sentent le plus grand dé^^eloppement de cette région : ce qui vient 
encore attester leur aptitude pour le vol. 

Dans Cratacrhina, le plus parasite de ce groupe^ le squelette 
Umv. db Lyon. — Massonnat 5 



66 MORPHOLOGIE 

alaire est en voie manifeste de diminution et cette régression est 
plus accusée en longueur qu'en largeur. 

Le parasitisme a donc bien une action sur le système des nervures 
de l'aile, 

Bema7'c/ue. — La partie squelettique est moins développée dans 
le genre Lynchia que dans les autres genres, surtout si on la com- 
pare à celle à'Oniithomyia avicularia L. 

—r- Ornithomyia avicularia 0,8 lo Lynchia. . . ' . . 0,69.5 

—T- — — 0,426 — 0,206 

Dans Lynchia^ la portion squelettique est donc moins longue et 
plus étroite. Cette espèce, qui n'a été rencontrée jusqu'ici que sur 
le Pigeon, présente des indices de régression alaire ; sous le rapport 
de la nervation, elle semble en effet moins bien conformée pour le 
vol qvi Ornithomyia avicularia, espèce dont on connaît au contraire 
l'extrême diffusion. 

c) Nervures périphériques. — De la région des grosses ner- 
vures partent de fines ramifications qui se rendent à la périphérie 
de l'aile ; elles sont plus ou moins développées suivant les genres ou 
les espèces. 

Leur importance est incontestable ; dans le vol, elles assurent la 
rigidité de l'aile. 

Chez tous les Pupipares, je relève la présence constante de trois 
nervures périphériques. 

Elles sont visibles jusqu'à la moitié de leur trajet dans //^//)/)o/josca 
equina; elles sont moins accusées dans Hippohosca camelina. Pré- 
cédemment, j'ai constaté qu'il y avait quelques raisons de consi- 
dérer cette espèce africaine comme moins apte au vol que l'espèce 
européenne. 

Elles sont très visibles et très nettes sur toute l'étendue de leur 
trajet dans le groupe des parasites d'Oiseaux, d'une couleur jaune 
corne et d'une nuance aussi foncée que les grosses nervures. La 
seule différence que Ion observe, consiste dans la présence dans 
Ornitheza metallica d'une quatrième nervure périphérique située 
dans la région anale. Je n'ai relevé l'existence de cette nervure que 
dans cette seule espèce malgré l'étude attentive de nombreuses 
nervations. 



THORAX 67 

Dans les genres munis d'ailes bien développées, Ornithoeca, 
Olfersia, Ornifheza, Ornithomyia, Lynchia, ces nervures sont très 
nettes et bien marquées. Leur aspect est partout sensiblement le 
même. 

La seule variation que l'on peut relever dans le groupe des 
parasites d'Oiseaux, ne s'observe que dans les espèces les plus 
dégradées, dans celles qui appartiennent aux genres Slenopteryx et 
Crataerhina. Les nervures périphériques s'aperçoivent sous forme 
de traces jaunâtres, sans limites bien définies, même lorsqu'on les 
regarde à un fort grossissement. Il y a donc là manifestement une 
régression. 

Résumé. — Dans tout le groupe des Pupipares, j'observe 
l'existence continuelle de trois nervures périphériques, à l'excep- 
tion du genre Ornitheza qui en présente quatre. 

Ces nervures sont/JCH accusées, visiblesjusqu'à moitié de leur trajet, 

dans Hippohosca. 

Elles sont très accusées et très nettes jusqu'au pourtour de l'aile 
chez les Pupipares parasites des Oiseaux, et bien adaptés au vol; 
elles sont en voie de disparition dans les espèces très fixées Stenop- 
teryx et Crataerhina. 

Les nervures périphériques sont donc d'autant plus développées 
que l'insecte est meilleur voilier. 

Étude de la nervation. 

L'étude de la nervation est basée sur les travaux de Gomstock 
et Needham. 

Par de nombreuses études comparatives et par l'étude préalable 
de la structure de l'aile dans les pupes ou nymphes, les deux 
savants américains furent amenés à considérer un type d'aile pri- 
mitive, d'où dériveraient les ailes des Insectes actuels. Ce type 
ancestral serait représenté par l'aile d'une nymphe primitive. 

Les principales nervures proviennent de deux troncs longitu- 
dinaux : l'un dorsal, l'autre ventral, qui constituent deux groupes 
bien distincts de trachées (fig. 4) • 

Le groupe costo-radial supérieur ou externe (i); 

Le groupe cubito-anal inférieur ou interne (2). 

Ces deux troncs sont généralement réunis entre eux par une 



68 MORPHOLUGIK 

trachée basale traiisverse (3) située à rinlérieur du corps de 
l'Insecte, vers le point d'insertion de l'aile. 

Chaque nervure est désignée par la première lettre de son nom 
et ses ramifications par la même lettre, k laquelle on ajoute un 

^ C ScR M Se, Rs Se. 



R, 




% 



FiG. 4- — Nervation primitive de l'aile des Insectes 
(d'après Comstock et Necdham), 

numéro d'ordre: la ramification dorsale ayant le numéro i, les 
autres les numéros qui suivent. Chaque nervure se ramifie dicho- 
tomiquement. 

Le groupe costo-radial comprend : 

1° La costale C ; 

2° La subcostale Se, susceptible de se diviser en Scj et Scg; 




FiG. 5. — Type de la nervation de l'aile des Diptères 
(d'après Comstock et Needham). 



3° La radiale R, qui donne les ramifications R^ et Rs (radial- 
sector), se subdivise celle-ci en R2+3 et R.i+5 et ces dernières forment 
finalement R.^, R3, R4 et R5; 

4° La médiane M, avec ses ramifications Mj, M, et Mg. 

Cette nervure médiane émigré j)eu à peu vers la partie infé- 
rieure ou interne, pour se souder avec le tronc cubito-anal, et elle 
semble, en général, lui appartenir. 



THORAX 



69 



Le groupe cubito-anal possède deux ramifications : 

1° La cubitale Gu; 

2° L'anale A. 

La cubitale donne les ramifications Guj, Cuo et Cug et l'anale A 
les ramifications Ai, A., et Ag, 

Ce type ancestral de l'aile des Insectes s'est modifié soit par la 
multiplication des nervures, soit par la coalescence de quelques 
troncs qui ont constitué ainsi des nervures composées. 

Des nervures transverses délimitent des espaces ou cellules qui 
reçoivent le nom de la nervure bordant leur partie dorsale ou externe. 

La figure 5 représente la nervation des Diptères ; elle est carac- 
térisée par une fusion d'un certain nombre de nervures longitu- 
dinales et par celle de la médiane M avec le groupe cubito-anal. 




FiG. 6. 



Nervation de l'aile des Pupipares. — L'aile des Pupipares 
comprend, d'une façon générale (fîg. 6), pour le tronc costo-radial [i)'. 

Une costale C qui 

se confond avec le -> — i .•' — -.-b — r^ — i ^' 

bord externe de l'aile; 

Une subcostale Se 
simple et très fine; 

Une radiale R avec 
ses trois divisions Rj, 
R2 et R3. 

Toutes ces nervures 
viennent se brancher 
sur la costale, la der- 
nière Rg vers les 4/5 du bord externe de l'aile. Cette dernière Rg 
est très importante ; elle forme la limite postérieure de la partie 
squelettique de l'aile des Pupipares. 

Le tronc cubito-anal (2) donne : 

Une médiane M ; 

Une cubitale Gu ; 

Une anale A. 

Ces nervures sont d'abord parallèles entre elles et à celles du tronc 
costo-radial^ puis elles obliquent vers l'intérieur, pour se terminer 
à la périphérie ou s'effacer avant d'atteindre le pourtour, suivant 
les genres et les espèces. 



Type de la nervation de l'aile des Pupipares 
fHippohosca eqiiina L.). Gr:=8. 



70 MORPHOLOGIE 

Il existe en outre un certain nombre de nervures transverses : 

I ° La nervure humérale h ; 

2° La nervure médio-radiale nir^ située en général au delà de la 
moitié de l'aile ; 

3° La médio-cubitale mcu, dont la plus g-rande partie du trajet 
est en général incolore. 

La partie basilaire comprend des cellules très allongées : 

Une cellule costale C; 

Une cellule subcostale Se très réduite ; 

Les cellules radiales R, B^ et R^\ 

La cellule médiane M. 

La partie périphérique comprend les cellules /?3, Afj, Cu et A. 

J'étudierai maintenant les variations particulières aux genres et 
espèces dont j'ai eu des exemplaires. 

Pupipares parasites des Mammifères. — Hippobosca. J'ai pris 




FiG. 7. — Aile d'Hippobosca camelina Leach. Gr. = 8. 



comme type schématique la nervation d' Hippobosca equina L. Je 
ne reviendrai donc pas sur cette description. 

Je ne relève dans les différents Hippobosca que la particularité 
suivante : chez Hippobosca camelina (fig. y), les nervures /?i et /?2 
convergent vers un même point de la nervure costale, au lieu 
d'aboutir en des points différents comme dans Hippobosca equina. 
Dans cette dernière espèce (Europe et Afrique), le point de contact 
de R2 avec la costale se trouve presque à égale distance entre 
ceux de R^ et de R3. 

C'est donc un caractère nettement spécifique à' Hippobosca came- 
lina que j'ai trouvé toujours très constant. 

Dans Hippobosca equina et H. camelina, entre les nervures 



THORAX "^^ 




a 



anale A et cubitale Cu, je relève l'existence d'une nervure rudi- 
mentaire, légèrement jaunâtre et dans laquelle on observe assez 
rarement une trachée. Celle-ci, quand elle existe, après un trajet 
plus ou moins long-, se rabat sur A et se soude avec cette der- 
nière. C'est donc certainement une ramification de l'anale. 

Lipoptena. — Je n'ai pu malheu- 
reusement me procurer l'aile complète 
du Lipoptena. 

Je n'ai eu à ma disposition que les 
tronçons qui existent chez les individus 
parasites du Cerf et qui, à ce moment, 
ne sont plus que des moignons alaires 

(fig- 8)- , , A 

Dans le grand nombre de prépara- ^^^ g _ ^.j^ ^^ Lipoptena 

tions d'ailes ainsi tronquées, aussi bien cervi, L. Gr. = 53. 

de mâles que de femelles, je relève 

l'existence du tronc costo-radial (i) et du tronc cubito-anal (2). 

On distingue très nettement une costale C, une radiale R avec 
sa partie nodale, une cubitale Cuetune anale A, mais pas de mé- 
diane M. Chez tous les Pupipares, en effet, cette nervure M est déjà 
dans cette région de l'aile très peu visible et presque transparente. 

HiPPOBOSCiDÉs PARASITES DES OiSEAUX. — Lcs Pupiparcs parasites 
des Oiseaux ont une conformation alaire identique à celle du groupe 

précédent. 

La nervation se compose des nervures principales, costale L, sub- 
costale Se, radiale R qui se divise toujours en R,, R^ et R„ 
médiane M, cubitale Cu, anale .4 et de nervures transverses dont le 
nombre est assez variable. Seules sont toujours constantes la médio- 
radiale mr et l'humérale h ; les deux autres nervures transverses 
peuvent exister ou disparaître. 

La présence et l'absence de ces nervures transverses donnent 
d'excellents caractères spécifiques. 

Sous le rapport de la nervation on peut diviser les genres que 
j'ai étudiés en deux groupes : 

lo Les genres caractérisés par Yabsence d'une nervure transverse 

■2" Les genres caractérisés par la présence d'une nervure transverse 
anale. 



72 



MORPHOLOGIE 



Au premier groupe appartiennent les genres Lynchia, Olfersia, 
Sfenopteryx ; au deuxième, les genres Orniihomyia, Ornifhoeca et 
Crataerhina. 




FiG. 9. — Aile d' Olfersia americana Leach. Gr. = 11. 



Genres sans nervure transverse anale. — Olfersia. — J'ai 
étudié comme espèces appartenant à ce groupe, Olfersia ardeœ 
Macquart et 0. americana Leach. 

La nervation est semblable à celle prise comme type. Elle se dis- 
tingue toutefois 
(fig. 9) par l'ab- 
sence de la ner- 
vure transverse 
anale et par la 
présence d'une 
nervure médio- 
cubitale mcu dé- 
limitant une cel- 
lule médiane qui ne s'observe pas dans le genre Lynchia. La ner- 
vure humérale existe, mais incolore, attestée toujours par l'échange 
de trachées qui se produit en ce point. 

Lynchia. — Le genre Lynchia (fig. 10) présente la nervation 
typique ; mais il offre une très grande réduction des nervures 

transverses. Je 



n'observe en effet 
que la nervure 
méclio -radiale 
(mr). La nerva- 
tion se distingue 

Fig. 10. — Aile de Lynchia maura Bi^. Gr. = 11. ^°"^ "^ ^^^^^ "®^ 

genres qui appar- 
tiennent au premier groupe par Y absence de cellule médiane : 
ce qui fournit un caractère très net à ce genre. 

Au premier abord, il semble que la nervure humérale n'existe 
pas ; elle est en effet incolore, et indiquée par l'échange de tra- 
chées qui se produit toujours en ce point entre la nervure radiale 
et la nervure costale. 

Dans l'angle formé par la nervure anale et la nervure cubitale, il 
existe une nervure supplémentaire très courte^ légèrement chiti- 




THORAX 73 

nisée et de couleur jaune-ambre. Je n'ai jamais relevé à son intérieur 
l'existence de trachées. On peut la considérer comme une nervure 
anale atrophiée analogue à celle observée chez Hippobosca. 

Stenopteryx. — En raison de sa forme allong-ée et étroite, l'aile 
comprend des nervures très ramassées, très condensées, par suite 
difficilement distinctes les unes des autres. Un essai de descrip- 
tion de cette nervation a été fait par Zetterstedt (1848), mais cette 
description n'est pas 

1 



complète. J'ai éprouvé 
moi-même les plus 
grandes difficultés et 
je n'ai pu réussir que 
grâce à la coloration, 




FiG. II. 



Aile de Stenopteryx hirundinis L. ; 
Gr. = i3. 
à la longue, au moyen 

du paracarmin, d'ailes séparées, provenant d'exemplaires fraîche- 
ment tués et fixés. 

Dans ces préparations les nervures se séparent nettement les 
unes des autres. 

La nervation a l'allure typique de l'aile des Pupipares ; mais, 
en raison de la forme allongée de l'aile, les nervures sont paral- 
lèles, peu divergentes et très ramassées vers la partie externe 
(fig. II). 

On y distingue nettement la présence des nervures costale C, 
subcostale Se, radiale /?, , se subdivisant en B^, /?2, et B^, des ner- 
vures médianes M, cubitale Cu, anale A. La nervure humérale h 
est difficilement visible, mais les nervures médio-radiale mr et 
médio-cubitale (mcuj sont très distinctes. La nervure humérale 
n'est marquée que par la tra- 
chée, qui pénètre en ce point 
dans la costale. 

La cellule basilaire M est 
petite, peu allongée, presque 
arrondie ; par contre, la cellule 
R est grande et très dilatée à la 
base. 

Dans certaines préparations dailes de Stenopteryx (fig. 12), je 
relève l'existence d'une division de la nervure anale en deux rami- 
fications A^ et A2; la première A^ se dirige vers l'intérieur de l'aile 




Fig. 12. — Stenopteryx hirundinis L. ; 
tronc cubito-anal, 2, Gr. = 64. 



74 MORPHOLOGIE 

pour se souder à la cubitale, l'autre, A,, se rend à la périphérie, en 
continuité directe avec A. 

Mais ce fait n'est pas constant. Dans beaucoup de préparations, 
cette nervure transversale ne s'aperçoit pas ; dans d'autres, on voit 
la trachée de la nervure anale émettre une ramification dans A^. 

Cette observation a une certaine importance : elle établit un 
passage naturel entre le groupe, que j'étudie en ce moment, et celui 
que je vais aborder : ce dernier étant précisément caractérisé par 
l'existence d'une nervure transverse Aj qui délimite une cellule 
cubitale. 

Elle montre que l'aile du Stenopteryx doit provenir, par atrophie, 
de celle d'un insecte qui présentait une nervure transverse anale A^. 

Genres avec nervure transverse anale. — La nervation est ici 
caractérisée par une nervure anale qui se divise en deux branches 
Aj et Ag. La nervure Aj qui se soude à la cubitale forme une nervure 
transverse, qui délimite une cellule cubitale, caractéristique de ces 
genres. Ag se rend à la périphérie de 1 aile. 

A partir du point de fusion de Aj avec la cubitale, on trouve une 
nervure composée des nervures anale et cubitale et répondant à la 
formule (Gu + Ai). 

A ce groupe appartiennent parmi les genres que je possède, 
Ornithoeca, Ornithotnyia^ Ornitheza et Crataerhina. 

Ornithoeca. — Ce genre n'est représenté dans ma collection que 
par la seule espèce Ornithoeca turdi Latr. 

On retrouve ici les caractères généraux de l'aile des Pupipares 
(fîg. i3). 

Cette aile diffère de celles de tous les autres genres par une 
radiale R3 qui s'infléchit rapidement pour se souder à la costale, 
mais en restant toujours bien distinctes l'une de l'autre, les deux 
nervures étant séparées par une rainure très nette. La radiale se 
soiïde à la costale sensiblement vers la moitié du trajet qui sépare 
la nervure médio-radiale jur de l'extrémité de la costale. 

Rondani a donné un dessin de l'aile d'O. beccarina Rnd. Malheu- 
reusement ce dessin n'est pas d'une grande exactitude. Il a été heu- 
reusement rectifié depuis par le D"" Speiser dans une étude nouvelle 
du type de Rondani. En comparant les deux dessins, celui du 
D"" Speiser et le mien, tous deux relevés à la chambre claire, on 




FiG. 



Aile d'Ornithoeca turdi Latr. 
Gr. =: 23. 



THORAX 75 

constate la parfaite identité de la nervation dans ces deux espèces 
0. turdi Latr. et 0. heccarina Rnd. 

On est donc en droit de considérer ce mode de nervation comme 
caractéristique du genre Ornithoeca. 

Ornithomyia. — L'étude de ce genre est basée sur les deux espè- 
ces très communes ^ 
dans la région lyon- 
naise Ornithomyia 
avicularia Se h. et 
0. fringillina Grts. 

La nervation est 
ici très importante : 
elle fournit d'excel- 
lents caractères spé- 
cifiques, qui per- 
mettent, en dehors de la taille, de différencier immédiatement ces 
deux espèces. 

Cette nervation répond toujours à celle que j'ai prise comme 
type au début de cette étude; elle s'en distingue, comme le genre 
Ornithoeca^ par 
l'existence de quatre 
nervures transver- 
sales : humérale /i, 
médio-radiale mr, 
médio-cubitale nicu 
et anale A (fig. i4). 

Elle se distingue 
de celle à' Ornitho- 
eca par une nervure R non confluente avec la costale C et toujours 
complètement distincte de celle-ci. 

A l'intérieur de la cellule cubitale, on relève l'existence constante 
de deux légers épaississements chitineux et jaunâtres (a et h), qui 
disparaissent après un court trajet : l'un part de l'angle situé entre 
les nervures A et Cu, l'autre se détache de la nervure A. 

Ornitheza. — Dans ma collection, ce genre n'est représenté que 
par Ornitheza metallica Sch. 

La nervation est spéciale et caractéristique du genre {fig. i5). 

L'aile est, en effet, caractérisée par une nervure Ro qui, après s'être 




Fig. 



14. ■— Aile d'Ornithomyia avicularia L.j 
Gr. = 12. 




76 MORPHOLOGIE 

soudée avec la costale, s'en distingue nettement par sa coloration 
plus foncée. Elle court parallèlement à la costale jusqu'au point de 
convergence de R3, mais en disparaissant un peu en avant de ce 
point. La subcostale Se, faible dans les genres précédents, est ici 
relativement volumineuse. Enfin, la nervure transverse médio- 
cubitale mcii, qui est caractéristique du genre Omit lie za, est située 
loin de la nervure transverse médio-radiale mr et très près de la 
nervure transversale anale. Du fait de cette position de la nervure 
médio-cubitale mcu, la nervation prend dans le genre Ornifheza 
un aspect tout à fait particulier. 

/. Dans 0. metallica 

je distingue en outre 
une troisième ner- 
vure anale bien dé- 
veloppée et non plus 
rudimen taire com- 
me dans les genres 
précédents. D'ail- 
leurs, cette dernière 
nervure ne se trouve 
pas à l'intérieur de l'angle cubito-anal, comme toutes celles qui ont 
été observées jusqu'ici, mais elle est située à l'extérieur de celui-ci, 
du côté interne de l'aile. 

En admettant la division en trois de la nervure anale primitive, 
on a Al qui forme la nervure transverse délimitant la cellule cubi- 
tale, Aj, qui se rend à la périphérie de l'aile, et enfin A3, celle que 
l'on vient d'observer. 

Je n'ai relevé l'existence d'une semblable nervure que dans 
Ornitheza metallica. Dans tous les genres qui précèdent, Hippohosca, 
Lynchia, Sfenopteryx, Olfersia, Ornithoeca., de même que dans 
Crataerhina, je n'ai jamais observé les traces d'une semblable 
nervure. 

Crataerhina. — Les nervures sont dans ce genre serrées et 
localisées vers la base et la partie externe de l'aile (fig. 16). 
Elles sont assez nettes, larges et jaunâtres. 

On y reconnaît immédiatement l'allure générale de la nervation 
caractéristique des Pupipares, avec une costale G, une subcostale Se, 
une radiale R et ses trois divisions R,, R^ et R3, une médiane M, 



Aile d'UrniUieza metallica Sch. 
Gr. = i3. 




THORAX 77 

une cubitale Cu, une anale A et les quatre nervures transverses 
humérale /i, médio-radiale /?ir, médio-cubitale mcn et la ramifica- 
tion Aj. 

La nervure humérale est incolore : en réalité, il n'y a que trois 
transverses distinctes mr, mcu et Aj. Cette nervure humérale se 
reconnaît cependant à l'existence de la trachée, qui se rend à la cos- 
tale. 

La nervure médio-radiale mr n'est représentée que par une 
simple coalescence de la mé- 
diane M et de la radiale R 
et il n'y a pas, en ce point 
comme partout ailleurs, 
échange de trachées. 

J'insiste sur ce fait, car ^'"- '6. -Aile de Crataerhina palUcIa 01. 

, . ~ . Gr. = 10. 

c est la première fois que 

l'on observe chez les Pupipares une nervation très floue, peu 
accentuée et à nervures périphériques tout à fait indistinctes ; 
enfin les trachées ne suivent pas toujours les nervures et se trou- 
vent parfois dans les cellules. 

On a donc manifestement devant soi une aile non fonction- 
nelle, à nervures en A^oie de disparition : d'où le peu d'impor- 
tance de celles-ci au point de vue squelettique, leur teinte jaune 
très clair entremêlée cependant de pigment noir irrégulièrement 
réparti et leur élargissement toujours très irrégulier. De plus, les 
trachées suivent des trajets quelconques et non plus, comme dans 
les types précédents, ceux fixés par la position des nervures. 

Comparaison des deux groupes. — D'après cette étude de l'organe 
du vol dans les différents genres, dont je possédais des exemplaires, 
on constate que l'aile a partout la même constitution générale. 

Je suis donc en droit de conclure que cet organe dérive chez les 
Pupipares d'un type primitif unique. 

Les divergences consistent essentiellement en une aile qui est 
plus courte dans le groupe des parasites des Mammifères et plus 
longue dans celui des parasites des Oiseaux. Ces divergences pro- 
viennent d'une adaptation de ces parasites à des hôtes, qui diffèrent 
par leur mode de locomotion. 

Dans les deux groupes, on a constaté que l'aile subit une dimi- 
nution progressive, qui peut aller, chez les parasites des Mammifères 



78 MORPHOLOGIE 

du moins, jusqu'à la disparition complète. Le résultat est une fixa- 
tion de plus en plus grande de l'insecte à son hôte, amenant l'ap- 
parition de ce groupe de « mouches-poux », dont Crataerhina, 
Stenopteryx et surtout Lipoptcna, Melophagiis, Nycterihia et Branla 
sont les exemples les plus typiques. 

Au point de vue de lensemble du groupe, on voit nettement 
aussi que la nervation est beaucup plus développée chez les Pupi- 
pares parasites des Oiseaux que chez ceux parasites des Mammifères. 
Ce phénomène est en rapport avec ce fait que j'ai déjà relevé, que 
les parasites des Oiseaux semblent moins fixés que ceux des Mam- 
mifères. 

Enfin, la nervation m'a permis de diviser d'une manière très 
nette les parasites des Oiseaux en deux sous-groupes, par la pré- 
sence ou l'absence d'une nervure transverse anale. J'ai montré d'autre 
part que, par sa nervation, Stenopteryx dérivait d'une forme, dont 
l'aile devait posséder autrefois cette nervure transverse. 

La première sous-famille, à nervure transverse anale, comprendra 
donc les genres Ornithoeca., Orniihomyia, Ornitheza, Crataerhina 
et Stenopteryx. 

La seconde sous-famille renfermera les genres Olfersia et 
Lynchia. 



HALTÈRES OU BALANCIERS 

Le balancier a la forme habituelle observée chez les Diptères. 

j, Il est placé transversalement et très en arrière du 

^__^ thorax, toujours caché par un repli postérieur de 

Q^^y l'écusson. Il est petit, généralement blanc, quelquefois 

^ avec des taches jaunâtres aux extrémités (fîg. 17). 

I L'haltère ou balancier présente : 

M 1 ** A sa base, une partie renflée appelée scabellum 8c ; 

(""^f '-i° Une tige avec une faible annulation dans sa région 

•J inférieure t ; 

'^ 3° Une tête beaucoup plus large que haute T. 

FiG. 17.— Hal- Conformément à la même méthode, j'ai efïectué au 

, .^^. sujet des haltères les mensurations habituelles. 

Doscaegutna L. "^ 

Gr. = 45. J ai pris un certain nombre d'échantillons de cha- 



79 
THORAX 



queespèce. J'en ai déterminé la longueur. Pu.s, d^/^^^^Yc eTt 
rai détaché les haltères pour les monter en préparations. Et c est 
à l'état isolé que j"ai déterminé la longueur de ces organes. 

J'ai obtenu les résultats moyens suivants pour le rapport de la 
longueur de l'iialtère à la longueur du corps. 

PUPIPARES PARASITES DES MaMMIFÈRES. 

Hippobosca equma. 

;• ... 104 

— cameiina 

69 
Lipoptena ^ ^^ 

Melophngus 

PUPIPARÈS PARASITES DES OiSEAUX. 

Ornithomyis. avicularia ^ 

frinqillina 

.... 70 

Lynchia gg 

Cralaerhina 

Ces deux tableaux, qui donnent les résultats des mensurations, 
montrent que le maximum de longueur des haltères s observe, dans 
nos deux séries habituelles, chez les formes les mieux adaptées au 
w\. HippohosatetOrnithomijia. 

Les balancers sont plus petits chez Lynchta et L.poptena Us 
sont très courts, par rapport à la longueur du corps, dans Cratae- 
rhina et surtout dans Melophaç/as. 

11 y a donc bien, dans les deux séries de Pup.pares, une certa ne 
régression decet organe quiest dueàunectoparasitisme plus comple^ 

A part la régression que nous venons de constater, la seule 
remarque que Von puisse faire encore au sujet de cet organe est 
rerative à l forme la plus parasite, le Meloph.gus. A la partre 
postérieure du thorax, on observe de chaque côté, cache par des 
poU,un petH prolongement, qui ne rappelle en rien la strucure 
ordinaire des balanciers. C'est ic. une t>ge de ,5 vndUmetres de 
hauteur, cylindrique, de même diamètre jusqu à son ex remite d.stale 
où se trouvent quelque poils assez longs. Il ne présente pas de tête, 
1rs qu'il en existe toujours une dans les haltères des Pup.pares. 
Ces prolongements ont été considérés comme des balanciers par 

tous les auteurs, , ,,,i - +„„f 

Mais est-ce bienrhaltère? Ne serait-ce pas plutôt le représentant 

de l'aile complètement atrophiée ? 



80 iMORPHOLOGIE 

Il est hors de doute que cet organe n'a pas la forme habituelle 
de l'haltère. 11 n'en a pas non plus la position ordinaire. Seule 
l'étude anatomique pourra peut-être montrer si cet org'ane en saillie 
est bien le représentant atrophié du balancier ou de l'aile. 

J'avoue que, d'après la position que ces saillies occupent sur le 
thorax, j'ai plutôt une tendance à les considérer comme un reste 
de l'aile. 

En comparant la région postérieure du thorax de Melophagus à 
celle de Lipoptena, qui est la forme la plus voisine de la précédente 
et surtout avec celle de Cratacrhina, on voit très nettement 
qu'elles n'ont pas la position habituelle des balanciers et qu'elles 
sont, au contraire, très rapprochées de celles, qui seraient occupées 
par les ailes, si elles existaient. 

Ces résultats, obtenus par l'étude morphologique, concordent 
avec ceux que P. Stange(i907) a tirés du développement de la larve 
du Melophagus. 

Cet auteur a retrouvé les disques imaginaux des ailes et des 
haltères. 

D'après lui, ces derniers se transforment en une paire de stig- 
mates postérieurs. 

Ce résultat demande à être contrôlé à nouveau. 11 est en contra- 
diction avec les données fournies par la morphologie comparée du 
groupe des llippoboscidés. Dans toutes ces formes, on observe à 
la fois deux haltères et une paire de stigmates postérieurs. Si les 
choses se passaient comme l'indique P. Stange, il devrait exister 
chez Melophagus deux paires de stigmates postérieurs, dont l'une 
représenterait ceux que l'on retrouve dans tout le groupe, et l'autre 
proviendrait de la transformation des haltères. Or, il n'en est 
rien : il n'y a qu'une seule paire de stigmates postérieurs, située à 
une place identique à celle, qu'ils occupent dans les autres formes 
d'Hippoboscidés. Il est donc à présumer, malgré l'observation de 
P. Stange, que les disques des haltères doivent disparaître complè- 
tement, sans laisser de traces. 

On est amené à penser que, dans l'espèce la plus fixée des Hippo- 
boscidés, celle où les ailes se retrouvent sous la forme de deux 
petites saillies, les haltères ont complètement disparu et ne sont 
représentés par aucun rudiment. 



THORAX 81 

Résumé. — i° Dans les deux séries d'Hippoboscidés les haltères 
manifestent une tendance à la régression. 

2° Cette régression est parallèle à la fixation, c'est-à-dire à la 
disparition des ailes. 

3° Dans la forme la plus fixée, la seule aptère du groupe des 
Hippoboscidés, le Melop/iagus, les haltères ont complètement 
disparu chez l'adulte bien qu'on en retrouve, chez la larve, les 
disques imaginaux. 

4° Il n'y a pas d'haltères chez Branla. 

Rudiments alaires du Melophagus. — L'étude morphologique de 
ces deux petites saillies et surtout leur position sur le thorax m'ont 
déjà fait admettre qu'elles ne devaient pas être des balanciers, mais 
qu'elles étaient les derniers représentants des ailes des Diptères, 

Une nouvelle preuve de cette manière de voir est fournie par 
l'étude du développement. P. Stange ( 1 907) a, en effet, retrouvé dans la 
larve du Melophagus les disques imaginaux des ailes et des balan- 
ciers. Il en a suivi le développement. Il a constaté que ceux des 
ailes aboutissaient à la formation d^une dent, qui faisait bientôt 
saillie à la partie postérieure du thorax. 11 a observé, en outre, qu'il 
y avait pénétration de nerfs à l'intérieur, et il émet finalement 
l'ojoinion que, vraisemblablement, ce sont des organes nerveux. 

Observations. — Chacune de ces saillies est d'une hauteur qui 
varie de i mm. 5 à i mm. 8. 

Observons une coupe longitudinale. 

Le tégument est de même nature que celui du corps : il com- 
prend une couche hypodermique et une couche externe de chitine. 
A la base de la saillie, sa constitution est un peu différente : le 
tégument est formé d'une série de lamelles parallèles, distinctes et 
colorables en violet par l'hématoxyline. 

La partie terminale comprend à l'intérieur, au-dessus de la 
couche hypodermique, une région violacée continuation de l'hypo- 
derme basilaire ; à l'extérieur se trouve une chitine plus compacte, 
jaune, analogue à celle de la surface générale du corps. 

Un nerf pénètre dans chacune des saillies. Il est situé dans la 

région médiane et se divise en une série de ramifications, qui se 

dirigent vers les parties supérieure et latérale de l'organe (fig. 18). 

Chacune d'elles se termme dans des groupes de cellules ner- 

Univ. de Lyon. — Massonnat û 



82 



MORPHOLOGIE 




veuses qui forment des ganglions innervant des poils sensoriels 

(%• '9)- 

Tout l'intérieur constitue une lacune remplie par du sang, dont le 

plasma se colore légèrement en rose parl'é- 

osine. Je ne distingue aucune trachée. 

De Tétude anatomique de ces saillies alai- 
res, je déduis les faits suivants : 

i" La disparition complète du système 
trachéen de l'aile, 

2° La formation d'un organe sensoriel. 

Si le système trachéen a disparu, par con- 
FiG. i8. — Melophaijus ^^'® °" observe ce fait inattendu, de trouver 
ovinas, coupe longitudi- sur chacune de ces petites dents alaires un 

naledu rudiment alaire; g-j-and nombre de poils sensoriels, posses- 
71, nerf. Gr. 20. , , , ,. . 

seurs à leur base de ganglions assez volumi- 
neux. Les moignons alaires se sont modifiés et transformés ici 
en de véritables or^-anes des sens. 

Les premiers auteurs, qui reconnurent la 
présence de ces saillies postérieures et la- 
térales du thorax, les ont considérées 
comme des balanciers : au point de vue 
anatomique, ainsi qu'on vient de le voir, 
ils n'avaient pas tout à fait tort. On doit 
en effet les regarder comme des forma- 
tions analogues, qui proviendraient, non 
des ailes postérieures, mais de la régres- 
sion des ailes antérieures. 

Au sujet des haltères, l'opinion admise 
par les auteurs est que ces organes déri- 
vent d'une modification phylogénique des 
ailes postérieures : l'aile se serait ainsi 
transformée en un organe sensoriel. 

L'étude morphologique des Pupipares 
permet d'assister, au cours de la régression 
des ailes antérieures, à un phénomène de 
même ordre. Dans Melophagus, l'espèce 
la plus fixée des Hippoboscidés, les ailes antérieures sont repré- 
sentées, en effet, par ces deux moignons qui fonctionnent comme 




FiG. 19, — Melophaçius oiu- 
nus h,; coupe longitudinale 

du rudiment alaire; (i, nerf; 

(f, ganglion nerveux. Gr. 

— 900. 



THORAX 



83 



org-anes des sens. Ainsi, la disparition des ailes ne serait pas com- 
plète dans ces formes et conduirait à la formation d'un organe sen- 
soriel. Il semble donc que dans les Pupipares on ait bien, en sui- 
vant la régression des ailes antérieures, un phénomène identique à 
celui qui s'est produit autrefois pour les ailes postérieures des Di- 
ptères. Ces dernières, en disparaissant, ont donné les haltères; ici, 
dans ce sous-ordre des Diptères, les Pupipares, les ailes antérieures, 
par régression due au parasitisme, aboutissent également à la for- 
mation d'organes sensoriels comparables aux haltères. 



PATTES 



t, 




FiG. 20. 



Patte 



Les pattes sont chez ces Insectes insérées à la partie ventrale 
Elles sont formées d'une série d'articles, la coxa, 
le trochanter, le fémur, le tibia et un tarse pen- 
tamère. 

L'articulation basale se compose toujours 
d'une coxa et d'un trochanter : la coxa, qui est 
l'article essentiellement destiné à relier la patte 
au corps, est toujours très grosse alors que le 
trochanter est relativement petit (fîg. 20). 

Le fémur est l'article le plus long- et le plus 
volumineux de la patte; il est légèrement incurvé 
du côté interne, et sa section montre qu'il est 
fortement aplati. 

La longueur du tibia est égale à celle du 
fémur ou un peu plus petite ; le tibia est tou- 
jours grêle et au lieu d'être aplati comme le 
fémur, il est cylindrique sur toute sa longueur. 

Le tarse est pentamère ; les quatre premiers articles sont petits 
et sensiblement égaux. Il y aune exception, toutefois, pour la patte 
postérieure, dont l'article basai est beaucoup plus long : le double, 
et quelquefois le triple des autres. 

L'article terminal du tarse est particulièrement intéressant et 
compliqué. C'est d'ailleurs l'organe de fixation par excellence. Il 
est volumineux, aplati, large et plus long que les autres articles 
du tarse. Il possède des griffes acérées, dont j'étudierai plus loin les 



d'inppobosca. equinii 
L. ; c, coxa; /'\ tro- 
chanter; /", fémur; 
t^ , tibia; t' , tarse 
pentamère ; /j, pulvil- 
lc;e, empodium, Gr. 
= 14. 



84 MORPHOLOGIE 

variations, une paire de pulvilles de couleur blanchâtre et un em- 
podium médian bipectiné ; sur toute sa surface, on observe des poils 
nombreux ; mais c'est sur la face interne que ces poils sont parti- 
culièrement abondants, courts, acérés, semblables à des piquants. 
Tout concorde à faire de cet organe terminal l'agent de fixa- 
tion par excellence du parasite sur l'hôte. 

Rôles des pattes. — Les pattes servent à la locomotion et à la 
fixation . 

Dans ce groupe de parasites, les pattes sont surtout les agents 
essentiels de fixation. C'est à ce point de vue qu'elles présenteront 
les modifications les plus profondes et les plus intéressantes, sui- 
vant que Tinsecle, sera fixé plus énergiquement à son hôte. Le perfec- 
tionnement des moyens de fixation est évidemment moins nécessaire 
pour l'insecte, qui possède des ailes lui permettant de se jîorter d'un 
animal à un autre ou de le rattraper, s'il l'a quitté momentanément ; 
mais il est indispensable à un individu, si celui-ci n'a que des ailes 
rudimentaires et surtout s'il a perdu la faculté de voler. 

J. Bonnier (1900). dans son travail sur les Epicarides, parasites 
externes des Crustacés, constate que les pléiopodes ou pattes tho- 
raciques deviennent des appendices solides, munies de griffes 
recourbées, fixant énergiquement le parasite. 

C'est une étude semblable que je vais entreprendre. Ce groupe 
de parasites externes se prête admirablement à des études de ce 
genre ; on y trouve, comme on Ta vu au chapitre précédent, 
tous les termes de transition entre les formes ailées et les formes 
aptères, entre celles pour qui la fixation est facultative ou secondaire 
et celles où elle devient une nécessité absolue. 

J'essaierai donc de déterminer les modifications qu'on observe 
dans la conformation des pattes, au fur et à mesure que l'individu 
est plus fixé à son hôte. 

Variationsde long^ueiir îles pattes 

HiPPOBOsciDÉs PARASITES DES MAMMIFÈRES. — Je ne considérerai 
tout d'abord que les variations dans la longueur des pattes. 

Dans le genre Hippobosca, on observe un allongement progressif 
d'avant en arrière des différents appendices locomoteurs, la patte 
la plus courte étant l'antérieure, la plus longue la postérieure ; la 



THORAX 85 

première a 4 nim. 7, la deuxième 5 mm. 5, la troisième 7 mm. 6. 

Cet allong-ement que je viens d'observer chez Hippobosca, de la 
première à la troisième paire, est beaucoup plus faible dans les 
genres Lipoptena et Melophagus. Il y a même une tendance très 
manifeste vers l'égalité de ces deux paires d'appendices. La diiîé- 
rence de longueur entre la première et la troisième paire, qui est 
de 2 mm. 9 chez Hippobosca^ n'est plus que de o mm. 8 chez 
Lipoptena et de o mm. 5 chez Melophagus. 

En allant à' Hippobosca à Melophagus., cest-à-dire vers des espè- 
ces de plus en plus fixées, on observe également une prédominance 
de plus en plus marquée de la première paire de pattes sur la 
deuxième. Dans Hippobosca, la deuxième patte est plus longue 
que la première, 5 mm. 5 au lieu de 4 rnm. 7 ; elle devient plus 
courte dans Lipoptena où elle n"a plus que 2 mm., 7 contre 3 milli- 
mètres pour la première, et dans Melophagus où sa longueur est de 
2 mm. 5 tandis que celle de la première paire est de 2 mm. 7. 

11 esta remarquer que ces variations sont très appréciables, ob- 
servées comme elles l'ont été chez Lipoptena qï Melophagus, sur des 
échantillons de même taille. 

Déjà, dans Hippobosca, la première paire de pattes a comme 
longueur une valeur très rapprochée de celle de la deuxième ; en 
effet, la différence de longueur de la deuxième paire et de la première 
est de o mm. 8 tandis que celle qui existe entre la deuxième et la 
troisième, est beaucoup plus grande, de 2 mm. i, sensiblement trois 
fois plus grande. 

Il y a donc bien allongement de la première paire de pattes, au 
fur et à mesure que l'espèce devient plus fixée à son hôte, et ce fait 
se prévoit déjà dans Hippobosca. 

La deuxième paire de pattes, qui a dans ce dernier genre une 
longueur intermédiaire entre celle de la première et celle de la troi- 
sième, présente des valeurs toujours plus petites que celles-ci chee 
les espèces plus fixées. Elle mesure 2 mm. 7 chez Lipoptena et 
2 mm. 5 chez Melophagus, valeurs plus petites que celles de la patte 
antérieure et de la patte postérieure, ainsi qu'on le voit dans le ta- 
bleau suivant. 



86 



MORPHOLOGIR 





Hippohosca 
equina 


Lipoplena 


Melophagus 


i''« paire de pattes 

3e _ _ 


mm. 

4,7 
5 , 5 

7,6 


mm. 

3 

2,7 
3,8 


mm. 

2,7 
2,5 
3,2 



Tous ces nombres représentent des moyennes, obtenues par des 
mesures faites sur un grand nombre d^échantillons. 

Les résultats précédents, tirés de la comparaison des longueurs 
des appendices, ne peuvent être considérés comme exacts que si 
Ton tient compte de la taille de lindividu. Aussi, pour leur donner 
plus de rigueur, dois-je les contrôler en faisant intervenir maintenant 



- /longueur de la patte\ 

le rapport I — r-^^ -, I. 

'■ '■ \ longueur du corps / 



RAPPORTS = 



long, de la patte 



long, du corps 



!''« paire de pattes 



Ilipp 


jljnsca 


eq 


uiiia 


o 


,628 


o 


734 


I 


,009 



Lipoplena 



o,568 
o,5i4 
Oj732 



Melophagus 



o,;)i2 
0,47,5 
0,606 



La lecture de ce tableau permet de constater, que, pour chaque 
paire de pattes, les rapports vont en diminuant de gauche à droite, 
ce qui indique un raccourcissement général de chaque appendice 
à' Hippohosca à Melophagus, c'est-à-dire à mesure que les espèces 
deviennent plus fixées. 

Comme précédemment^ on voit que chez Hippohosca la deuxième 
paire de pattes est plus importante que la première. D'autre part, 
je constate que sa longueur est aussi beaucoup plus rapprochée de 
celle de la première patte que de celle de la troisième. 

J'obtiens donc ainsi une confirmation de toutes mes précédentes 
observations, où je ne tenais compte que de la longueur des appen- 
dices, sans intervention de la taille de l'individu. 



THORAX 



87 



Dans ce même tableau on observe que, pour la première paire 
de pattes, le rapport tend vers celui de la troisième paire, en allant 
d'Hippohosca à Melophagus. Ainsi, la dilîérence des rapports de la 
troisième paire et de la première est de o,38i pour le genre Hippo- 
bosca, de 0,164 pom^ le genre Lipoptena et de 0,094 pour le genre 
Mclophagiis. 

Il y a bien une tendance manifeste vers une égalité d'importance 
des appendices antérieur et postérieur, à mesure que l'espèce devient 
plus fixée. En raison de son rôle au point de vue de la fixation de 
l'insecte, le parasitisme provoque, chez Mclophagus surtout, une 
importance de plus en plus grande de la patte antérieure. 

L'importance au point de vue de la fixation d'un appendice, par 

rapport à celui d'une autre espèce ou à un autre appendice d'un 

même individu, peut être tirée aussi de sa robustesse, ce dernier 

,. j'j • .1 L / largeur de l'article \ 

caractère se déduisant du rapport : ( 1, 

ylongueur de la patte/ 

Les articles les plus importants d'une patte, au point de vue de 
la fixation, sont évidemment ceux qui relient l'appendice au corps 
de l'individu, le coxo-trochanter ou hanche et le fémur. 

D'après le tableau ci- dessous des rapports moyens, on constate 
que l'importance de la coxa va en augmentant dans chaque patte, 
àHippobosca à Melophagus. 



D*nnADTc 'o'»^- ^'^ 'a coxa 


Hippohosca 
equinu 


Lipoptena 


Melophagus 


long, de la patte 


i""* paire de pattes 

2« — 

3° — 


0, 128 
0,073 
0, io5 


0, i33 
0,077 
0, 122 


, 1 ."io 
, 1 20 
0, iSa 



La coxa de la patte antérieure est la plus robuste. Les nombres 
obtenus pour la deuxième patte sont toujours plus petits que ceux 
des deux autres, et attestent une importance moins grande au point 
de vue de la fixation. 

Les nombres que j'obtiens pour la coxa de la patte postérieure, 
montrent que son importance augmente à' Hippohosca à Melophagus, 



88 



MORPHOLOGIE 



pour atteindre, finalement, la valeur de celle de la première 
paire de pattes. 

On remarquera, d'autre part, que ces valeurs tendent toutes à 
s'élever, à mesure que l'espèce devient plus fixée, aussi bien pour la 
coxa de la deuxième patte que pour celles des deux autres. Ainsi, 
chez Melophagiis, si la valeur de la hanche est la même pour la 
première et la troisième, celle de la deuxième est également très 
rapprochée des précédentes : il y a donc là, dans la forme la plus 
fixée, une tendance manifeste vers une égalité d'importance. 

En résumé, à mesure que l'espèce devient plus parasite, la robus- 
tesse de la hanche augmente. 

J'arrive aux mêmes résultats avec le fémur, ainsi qu'on peut s'en 
rendre compte par le tableau suivant : 



RAPPORTS 



largeur du tëmur 
long, de la patte 



Fémur i'''^ paire 

2<^ 

— 3^ — 



IlippoLosca 
equina 



0,128 
0,109 



Lipoptena 



G, I.)0 

o, i5o 
o. io5 



Mclophagus 



0,1»,) 
o, 160 
o. 121 



Des données de ce tableau on déduit : 

1° Le fémur de la patte antérieure est le plus robuste de tous ; 

2° Dans chaque espèce, la robustesse va en diminuant de la patte 
antérieure à la patte postérieure ; 

3° La robustesse du fémur augmente dans cette série avec la 
fixation ; 

4° Pour toutes les pattes, le maximum de robustesse du fémur 
s'observe dans Melophagus. 

Si l'on compare maintenant les deux derniers tableaux qui 
donnent des indications relatives à l'importance de la hanche et du 
fémur, on en déduit qu'au point de vue de la fixation la patte 
antérieure est la plus importante de toutes. C'est elle qui présente 
toujours les plus grandes valeurs. 

Particularités des Hippohosca algériens. — J'ai eu à ma disposi- 
tion un très grand nombre d'échantillons du genre Hippohosca qui 



THORAX 



89 



m'ont été adressés de Tunisie et surtout de Figuig. Ces Hippobosca 
appartiennent aux deux espèces H. equina et H. camelina. 

Une comparaison s'imposait entre ces formes et celles de France ; 

1° Longueur des pattes des espèces à' Hippobosca (mâles). 



PATTES 


//. equina. 
de France 


//. equina 
d'Algérie 


//. camelina 




i""" paire 

2« — 


mm. 
4,7 

■\-' 

7,6 
7,« 


mm. 

4,7 
5,4 

7,3 
7,2 


mm. 

7,5 

8,3 

10,3 

10,2 




3e — 




Longueur de l'animal .... 





Je constate tout d'abord, du moins d'après mes échantillons, que 
l'espèce H. equina d'Algérie est d'une taille moyenne légèrement 
plus petite que celle de France, 7 mm. 2 au lieu de 7 mm. 6. 

Du tableau ci-dessus, donnant la longueur moyenne de chaque 
paire de pattes, il ressort, chez les espèces africaines, une tendance 
de la première et de la deuxième paires à s'allonger par rapport à 
la patte postérieure. La différence de longueurs entre la première 
et la troisième est de 2 mm. 9 chez H. equina d'Europe, de 1 mm. 6 
chez H . equina d'Afrique et de 2 mm. 5 chez H. camelina. 
lerueur patte \ 
igueur corps/* 



2° Rapports 



/lon| 
\lonj 



PATTES 


H. Equina 
France 


//. Equina 
Algérie 


//. camelina 




V^ paire 


0,628 
0,734 
1,009 


0,654 
0,7^0 
I ,014 


0,735 
o,8j4 
1 ,009 




3« — 





D'après ce tableau, on voit que le résultat, pour la troisième 
paire de pattes, est sensiblement constant dans les trois séries 
de mesures ; mais, pour les deux autres, les nombres obtenus pour 



90 MORPHOLOGIR 

l'espèce africaine sont supérieurs à ceux à' H. equina de France ; ils 
sont plus élevés encore chez //. camelina. 

Cette dernière est, en outre, plus volumineuse que lespèce euro- 
péenne : le développement de la patte antérieure me fait admettre 
qu'elle doit être plus fixée à son hôte. 

Si cette conclusion est exacte, on doit constater une répercussion 
sur les organes locomoteurs par excellence des Insectes, les ailes. 

Le taijleau qui fournit des indications sur l'importance de l'aile, 

/ long-, aile \ , 

donne comme rapports moyens de ( , l, dans ces trois 

\long. corps/ 

espèces : 

0,997 Hippobosca equina, France. 

0,976 — — Algérie. 

0,945 — camelina — 

L'aile est donc relativement moins développée dans les espèces 
africaines, surtout dans //. camelina. Je viens de constater que 
les pattes, organes de fixation, paraissent par contre plus importantes 
dans celle-ci que dans //. equina de France. 

Tous ces faits confirment qn Hippobosca camelina paraît être plus 
solidement fixé à son hôte qn Hippobosca equina d'Europe. 

Résumé. — Les modifications observées dans la structure des 
pattes forment des séries continues, des espèces ailées aux espèces 
aptères, et peuvent être résumées delà façon suivante : 

i" Importance de plus en plus grande de la première paire de 
pattes au point de vue de la fixation ; 

2" Importance toujours plus faible, à ce même point de vue, de la 
deuxième paire de pattes par rapport aux deux autres ; 

3° Tendance manifeste à l'égalité des trois paires de pattes qui se 
traduit par un raccourcissement de plus en plus grand des deux 
paires postérieures. 

On arrive ainsi à des formes qui possèdent des pattes de plus en 
plus petites, de longueurs égales, trapues et robustes. 

4° J ai constaté également une variation assez appréciable entre 
les espèces d' Hippobosca de France et celles d'x\lgérie consistant en 
une fixation plus grande de ces dernières. 

Toutes ces modifications sont en relation avec l'ectoparasitisme. 

HiPPOBOSCiDÉs PARASITES DES Oiseaux. — Les résultats des mensu- 
rations se trouvent dans le tableau ci-dessous. 



THORAX 



91 



Pour la comparaison, j'ai ajouté celui des Pupipares parasites de 
Mammifères ; dans la partie spéciale aux parasites des Oiseaux les 
espèces sont disposées, à peu près, dans l'ordre de décroissance de 
l'adaptation au vol. 



PATTES 


HIPPOBOSCIDÉS 
parasites de Mammifères 


HIPPOBOSCIDÉS PARASITES U'OISEAUX 


o 
<n 

O 

-Q 

o 
a. 
.0, 


11) 

t 


Si 

te 

"a, 



p3 

1- 


-5" 


es 

ai 







5 




es 


-^ 
"S, 



35 


et 

es 

=S 
fc. 


i^e paire . . . . 
a« — . . . . 
3e _ . . . . 


o,63 

I 


0,57 
o,5i 
0,73 


0,51 

0,47 
, 60 


0,54 
0,68 
1 ,0.") 


0,73 
0,82 
I , i5 


0,80 
0,87 
1,17 


0,82 

','7 


o,8C 
^',«9 
i,'7 


0,88 
0,97 
•,17 


I ,02 

1,09 
1,21 



La lecture de ce tableau montre immédiatement que les rapports 
vont en sens inverse dans les deux séries. Ils vont en diminuant, 
de g-auche à droite, dans la première, attestant que le parasi- 
tisme en s'accentuant a eu pour effet de rendre les pattes plus 
petites. Ils vont au contraire en augmentant, de gauche à droite, 
dans la deuxième ; ils attestent ici que ce même parasitisme a eu 
pour résultat de les rendre de plus en plus longues. 

D'autre part, dans la série des parasites des Oiseaux, ces rapports 
ont une tendance à se rapprocher de l'unité, au fur et à mesure que 
l'espèce, par la régression des ailes, devient plus fixée à son hôte. 
Dans les différents genres que j'ai étudiés, ils sont tous supérieurs 
à Tunité pour la troisième paire de pattes ; ils le sont également pour 
toutes les pattes chez Crataevhina, l'espèce la plus fixée de ce 
groupe ; les pattes ont alors une longueur égale ou supérieure 
à celle du corps. Ce fait ne s'observe jamais dans la série des 
Pupipares parasites des Mammifères, sauf chez Hippohosca, pour la 
troisième paire de pattes, où exceptionnellement ce rapport est égal 
à l'unité. 

Les effets du parasitisme se traduisent donc de deux manières 
différentes : 



92 MORPHOLOGIE 

1° Chez lesPupipares parasites de Mammifères, il y a raccourcis- 
sement des appendices de fixation ; 

2° Chez les parasites des Oiseaux, il y a au contraire, allong-ement 
de ces mêmes appendices. 

On voit donc qu'une même cause, lectoparasitisme, peut produire 
des effets contraires. Le cas n'est point isolé dans la nature. C'est 
ainsi que les pêches effectuées dans les grandes profondeurs ont révélé 
deux sortes de phénomènes adaptatifs rig-oureusement opposés : 
d'une part, chez certains animaux, on observe une hypertrophie des 
org-anes visuels ; d'autre part, chez d'autres, il y a disparition de 
ces mêmes org-anes. 

Ce résultat peut provenir de la conformation différente de l'hôte, 
c'est-à-dire du milieu dans lequel vit l'insecte, suivant que cet hôte 
a des poils ou des plumes. 

D'autre part, les Oiseaux qui exécutent des mouvements plus 
brusques et plus rapides que les Mammifères, exigent du parasite 
une plus grande fixation. Le parasitisme a pour effet d'accentuer 
ici ces organes, en les rendant plus longs et plus puissants. 

Chez les cinq genres munis d'ailes bien développées, ceux de 
gauche de notre tableau, les genres Ornithoeca, Lynchia, Olfersia, 
OrnithomyiaetOrnitheza, les rapports qui donnent l'importance des 
ailes sont sensiblement égaux et ne présentent que des variations 
d'ordre négligeable. Dans l'étude ci-après, je laisserai de côté'inten- 
tionnellement les genres Olfersia, Ornithoeca et Ornitheza, dont je 
n'ai eu à ma disposition qu'un exemplaire de chaque espèce. 

Je bornerai l'étude des variations particulières aux espèces bien 
douées pour le vol, aux seuls genres Lynchia et Ornithomyia. 

La lecture du tableau (page 6o) montre d'ailleurs que ces genres, 
laissés de côté sont, à ce dernier point de vue, extrêmement voisins 
des genres Lynchia et Ornithomyia^ et que ces derniers peuvent 
servir de types d'espèces bien adaptées au vol et susceptibles d'être 
comparées aux espèces dont les ailes sont rudimentaires. 

Sans trop insister, je constaterai cependant que tous les rapports 
relatifs aux pattes sont supérieurs, chez Ornithomyia, à ceux de 
Lynchia. 

Ce résultat s'accorde avec le fait de la localisation de Lynchia sur 
le Pigeon des régions méditerranéennes. Cette localisation semble 
démontrée, d'abord par l'expérience des D""* Sergent, et enfin 



THORAX 93 

par les observations qui n'ont révélé jusqu'ici la présence de cette 
forme que sur des Pig-eons. 

Mais l'influence parasitaire devient très nette, si on reporte la 
comparaison de tous ces g'enres, bien doués au point de vue alaire, 
avec les deux genres Stenopteryx et Craiaerhiiia chez lesquels 
les ailes ne sont plus fonctionnelles. 

Parallèlement à la régression de l'aile, je relève, d'après le tableau 
précédent, chez Stenopteryx^ la présence de pattes plus longues et 
plus robustes que dans les genres Lynchia et Orniihomyia. 

Elles deviennent plus longues et plus robustes encore chez Cra- 
taerhina où les ailes sont les plus rudimentaires du groupe. Les 
rapports que j'obtiens sont les plus élevés de la série. Tous sont 
supérieurs à l'unité : ils indiquent un considérable allongement des 
pattes, delà première surtout, et aussi de la troisième dont le rap- 
port s'est sensiblement élevé, de 1,17 à 1,21. 

De même que dans le groupe des parasites des Mammifères, je 
constate, une tendance réelle à l'égalité des trois paires de pattes. 
Entre la troisième paire et la première, on relève les différences 
de rapports : 

Olfersia o,5i 

Lynchia 0,4^ 

Ornithoeca 0,37 

Ornithomyia o,35 

Ornitheza o,3i 

Stenopteryx 0,29 

Crataerhina 0,19 

Ces différences vont donc en s'atténuant avec la fixation. 

La troisième paire de pattes ayant une valeur constante dans ce 
groupe, on peut en conclure logiquement que la patte antérieure 
prend une importance de plus en plus grande avec la fixation du 
parasite et qu'elle tend vers la valeur de la troisième paire de pattes. 

Résumé. — Dans les Pupipares parasites des Oiseaux, on observe : 

1° Un allongement des pattes, parallèle à la fixation. 

2" Une tendance manifeste vers une égalité de longueur. 

Dans la série des Pupipares parasites de Mammifères, ce dernier 
résultat était obtenu par un raccourcissement des appendices; il 
résulte ici de leur allongement. 

Parasites d'Invertébrés. — La tendance à l'égalité des pattes 



94 3I0RPH0L0GIE 

observée dans les deux groupes de parasites, s'est accentuée ici. 
Chez Braula, les pattes sont toutes d'égale longueur et chacune 
d'elles mesure i mm. 3. 

Si Ion détermine maintenant 1 importance de ces appendices, par 
rapport à la longueur du corps, on trouve un nombre relativement 
élevé 0,9 voisin de lunité. alors que l'on avait constaté, chez les 
parasites des Mammifères, une tendance générale à la diminution de 
ces rapports. 

Ce rapport 0.9 relativement élevé par rapport à celui du Melo- 
phagus, aptère comme Branla, indique que le raccourcissement 
constaté chez les parasites des Mammifères n'a plus lieu dans cette 
espèce, et que les pattes se sont relativement très allongées. 

Le Braula est en effet très agile. Si on l'observe sur un cadre de 
ruchers, on le voit courir avec rapidité sur les Abeilles et passer de 
l'une à l'autre avec la plus grande facilité. 

L'allongement des pattes est ici le résultat dune adaptation parti- 
culière à la course et répond à un besoin spécial à cette espèce. 

Variations des d ilférentes parties de la patte. 

J'étudierai successivement les variations que peuvent présenter 
i°la partie basale (hanche) : 2» le fémur; .'3" le tibia: 4° le tarse et ses 
différentes parties. 

Partie basale ou coxo-trochanter. — L'articulation de la patte 
avec le corps comprend deux articles : 

1° La coxa ou hanche qui sert à l'insertion de la patte; 

1° Le trochanter, toujours très petit, qui réunit la coxa au fémur. 

L'article basilaire ou coxa est le plus important des deux. Je ne 
m'occuperai que de celui-ci. 

A. En règle générale, chez les parasites des Mammifères, la coxa 
delà première paire de pattes est toujours la plus puissante, celle qui 
possède le plus gros article :1a coxa de la patte postérieure est la plus 
longue et celle de la patte moyenne est toujours la plus faible. 

Il est à remarquer que la hanche contribue pour la plus grande 
part à 1 allongement de la patte postérieure, toujours plus longue que 
les autres. 



THORAX 



95 



„ /laro-eur hanche\ 
napport I - — ^= I. 

'■ ^ ylongueur patte/ 





IlippoIjoKca 


Lipoptena 


Melophaguti 


Patte antérieure 

— moyenne 

— postérieure 


128 
io5 


1.53 

77 
122 


i5o 
120 

l52 



Le tableau ci-dessus, qui donne des indications sur l'importance 
ou plutôt la robustesse de la hanche, montre les divers faits 
suivants : 

1° La robustesse de la coxa va en aug-mentant dans chaque patte 
à mesure que l'espèce devient plus fixée ; 

2° L'articulation antérieure est la plus puissante de toutes, celle 
de la patte moyenne étant la plus faible; 

3" La troisième et la première hanches tendent à prendre la même 
importance, avec une plus grande fixation, et la deuxième, celle de 
la patte moyenne, toujours plus faible, tend également vers cette 
même valeur. 

B. Je mets ci-dessous le tableau des mesures et des rapports que 
j'ai obtenus chez les parasites des Oiseaux. 



L y ne J lia 
Orniihomyia 
Stenopteryx 
Crataerhina 



LARGEUR DE LA COXA 



mm. 

0,55 

0,6 

o.G 



il 


mm. 


0, 


rny 


0, 


3 


Oj 


6 


0, 


7 



G.O. 



mm. 
o,() 

o,() 
0.8 



RAPPORTS 

larg. de la coxa 
longueur patte 



146 
i/i.-. 



i4<> 
102 



Ci ^ 



91 

94 
118 



La lecture de ce tableau montre que la largeur de l'article basi- 
laire augmente avec le parasitisme ; c'est en effet dans Stenopteryx 



96 



MORPHOLOGIE 



et dans Crataerhina surtout que se trouvent les articles les plus 
larges. 

Le tableau des rapports n'est pas très concluant. 11 en ressort 
cependant, Crataerhina excepté, que la hanche antérieure est la 
plus robuste de toutes. Chez Crataerhina elles ont toutes trois sen- 
siblement la même valeur. 

Chez Braula, l'importance de la coxa est la même dans les trois 

G mm. I 



paires de pattes. Ce rapport est égal à 



I mm. 



- = 0,077 ou 77. 



Fémur. — Parasites des Mammip^ères. On observe chez tous un 
fémur j)Ius long que le tibia ; il est en outre toujours plus robuste 
que ce dernier. 

















RAPPORTS 


RAPPORTS 






FEMUR 




TIi5IA 




1 


ang. fémur 


loncr. tibia 
long, patte 


long, patte 


S_5 




n d 

es. 


1^ . 
1^ 


II' 







n 2 


a 





2>, 

a g 


ai ^ 

g 9 




mm. 


mm. 


mm. 


mm. 


mm. 


mm 














Hippobosca equina 


1,3 


i,'"^ 


2,8 


1,6 


2, 1 


2,4 


28 


33 


36 


35 


39 


32 


Lipoplena . . . 


I 


I 


•,^ 


0,9 


Oj9 


I 


33 


35 


34 


3o 


3i 


26 


Melophagus . . 


0,8 


•>,9 


0,9 


0,8 


0,7 


<J,7 


3i 


36 


28 


3i 


28 


22 


Braula . . . . 


0, 5 


, 5 




, .") 


0,5 


0,5 


h 


39 


39 


39 


39 


39 


Ornithoeca . 


(),G 


0,8 


•J,9 


(),G 


o,(; 


0,8 


32 


40 


33 


32 


3o 


3o 


Olfevsia . . . . 


1 ,2 


i,S 


3 


1,6 


2 


2,4 


3o 


36 


38 


40 


40 


3i 


Ornilheza 


1,4 


1,4 


1,8 


1,4 


1,4 


i,(î 


35 


34 


33 


35 


34 


3o 


Lynch ia . . . . 


i,"^ 


',9 


2,5 


1,6 


i,^ 


2,4 


35 


39 


37 


37 


37 


35 


Ornithornyia . 


1,4 


1,7 


2, 1 


1,4 


1,7 


1,9 


35 


38 


36 


35 


38 


33 


Stenopteryx. 


1,4 


■,C 


1,7 


1,4 


I ,.") 


1,7 


M 


37 


33 


34 


35 


33 


Crataerhina . . . 


2,4 


2,6 


2,6 


2,1 


2,4 


2,2 


38 


38 


34 


33 


35 


29 



La différence de longueurs entre les fémurs des pattes postérieure 
et antérieure est maximum dans //i/)/)Oj6osca; puis, elle diminue dans 
les espèces plus fixées et devient nulle chez Melophagus. Les fémurs 
des trois paires de pattes tendent à devenir de même longueur. 

longueur fémur \ 



Le tableau des rapports 1 



, ) montre que l'impor- 

longueur patte/ ^ 



THORAX 97 

tance du fémur par rapport k la longueur de l'appendice augmente 
d'avant en arrière chez Hippobosca, mais cet ordre est renversé chez 
Melopliagiis. Chez ce dernier, c'est le fémur antérieur qui est le 
plus important. 

Braula. — Dans Branla, les fémurs ont tous même longueur et 
même importance. 

Pakasites des Oiseaux. — Le tableau des rapports accuse des 
variations d'ordre négligeable. Dans les formes peu fixées le fémur 
postérieur paraît être plus important que le fémur antérieur ; un 
phénomène inverse se produirait dans les formes fixées, le fémur 
antérieur devenant ici le plus important. 

Tibia. — Parasites des Mammifères. La différence de longueur 
entre le tibia de la troisième paire de pattes et le tibia de la patte 
antérieure est importante dans Hippohosca; elle devient nulle et 
même négative dans les formes fixées: le tibia antérieur du Melo- 
phagus étant en elfet le plus long. 

Par rapport à la longueur de l'appendice, le tibia de la patte anté- 
rieure est toujours le plus important des trois. 

Parasites des Oiseaux. — Les tibias des pattes antérieure et pos- 
térieure ont des longueurs, qui tendent à s'égaliser dans les formes 
très fixées. 

Le tableau précédent montre que 1 importance de cet article subit 
de très faibles variations, et que le tibia antérieur est celui qui pré- 
sente les plus grandes valeurs. 

Tarse. — Parasites des Mammifères. D'une façon générale, dans 

toutes ces espèces, le tarse a une longueur de plus en plus grande de 

la patte antérieure à la patte postérieure. 

. / longueur du tarse\ 
bi on se reporte au tableau qui donne le rapport 1 j — ~ — - — p — - 1 . 



long, de la patte/* 



on observe des faits assez intéressants. 



Univ. de Lyon. — Massonnat 



98 



MORPHOLOGIE 







RAPPORTS 




LONGUEURS 


long', du tarse 
long.de la patte 


'■- c 
a a 


- 

2 s 


■ 
5 =. 






_; 
2 fi. 




111 m. 


lUIll. 


mm. 








Hippohosca cquina 


0,75 


o,85 


1 , 1 


169 


i54 


145 


Lipopfena 


0,6 


0,6 


0,7 


200 


222 


184 


Melophaqus 


0. 55 


0,6 


0,7 


204 


240 


219 







Daïis Hippohosca, l'importance du tarse va en diminuant d'avant 
en arrière. Dans Lipoptena et dans Melophagiis, celle des tarses 
antérieur et postérieur tend à prendre la même valeur ; le tarse de la 
deuxième paire est ici le plus important. 

Comparons maintenant les genres entre eux. Pour chaque appen- 
dice, on constate que l'importance du tarse aug'mente avec la 
fixation. Le parasitisme, ou plutôt la fixation de plus en plus com- 
plète sur riiôte, a donc pour résultat, dans une patte qui diminue de 
plus en plus de longueur, de maintenir pour le tarse la même valeur 
relative et même de l'accroître d'une quantité appréciable. 





LONGUEURS 


RAPPORTS 

long, du tarse 
longueur patte 


9 ■ 
3 ^ 


t c 


j, 

2 c 


'- c 


.■ 


2fi. 


Hippohosca e(/uina. France . 

— — Algérie . 

— camelin;} . . . . 


iiini. 

0,7,-) 
0, 80 
I .aTi 


iiini. 
, <S.") 


ni m. 

I . 10 
I , 10 
I ,()() 


170 
167 


I ."),") 
167 
ir.7 


14Ô 
1 .") .'î 



Comparaison des Hippohosca de Franee et de l'Afrique du Xord. 
— Chez tous ces Hippobosques, les tarses vont en augmentant de 
longueur d'avant en arrière : le tarse postérieur est toujours le plus 
long, l'antérieur le plus court. 

Hippohosca cquina de France et la même espèce d'Afrique présen- 



THORAX 



99 



tent des tarses qui ont des longueurs semblables; ces tarses sont très 
longs dans H. camelina qui est une espèce de plus grande taille. 

La comparaison des tarses, au point de vue de leur importance, ne 
montre que des variations d'ordre négligeable. 

PUPIPAKES PARASITES d'OiSEAUX. 



Ornithoeca 

OrnLthomyia fringillina Curt. 

— avicularia L. 

Olfersia. ainericana Leach. 

Lynchia 

Ornitheza 

Stenoptcryx 

Crataerhina 



LONGUEURS 



DU TARSE 



mm. 

0,8 
1 ,0 

0,7 
0.8 



mm. 

«,4 

o,H 
0,8 
I ,0 
0.8 

*J,9 
0,7:. 



RAPPORTS 

long du tarse 
longueur patte 



,84 
195 



184 
•77 



i()() 



i-'9 



if)() 
20,3 



188 



,87 
21 r 



On constate également un allongement progressif des tarses 
d'avant en arrière ; toutefois, les deux premiers sont égaux, le plus 
souvent, ou ne présentent entre eux qu'une très faible différence. 
Le troisième offre l'allongement le plus considérable. 

Précédemment, j'ai observé chez ces parasites un allongement 

très marqué des pattes avec la fixation. Ce phénomène, inverse de 

celui observé chez les parasites des Mammifères, vient évidemment 

/\oïï^ tarse\ 
troubler les rapports l — ^ — 1 : il en résulte cependant que 

cet article conserve partout la même valeur. On remarquera toute- 
fois, que cette valeur est toujours plus élevée que celle obtenue pour 
Hippobosca, mais qu'elle est inférieure à celle du Lipoptena et du 
Alelophagus, sauf pour Crataerhina dont le troisième tarse, le plus 
important des trois, atteint la valeur 211, correspondant à celle du 
tarse de cette même patte chez Melophagus. 

Résumé. — Chez les Pupipares parasites des Mammifères l'impor- 
tance du tarse augmente avec la fixation. 



100 



MORPHOLOGIE 



Elle est à peu près la même dans Hippohosca equina L. d'Algérie 
et H. camelina Leach que dans H. equina L. de France. 

Chez les parasites des Oiseaux les variations du tarse, en relation 
avec la fixation sur l'hôte, ne sont pas très appréciables. 



Griffes. — Les griffes constituent des organes importants au point 
de vue de la fixation du parasite sur l'hôte. 

PupiPARES PARASITES DES MAMMIFÈRES. — Le tableau ci-dessous 

donne pour les trois genres les longueurs des griffes externe et 

'Ions:. griffe\ , , 

I de chacune 



interne de la même patte et les rapports i ; 
d'elles. 



ong. patte/ 





LONGUEURS 


RAPPORTS 

longueur grille 
longueur patte 


patte 
antérieure 


grilTe 
externe 


grille 
interne 


grille 
externe 


grille 
interne 


Ilippohosca equina . . . . 
Lipoptena 


mm. 

4,7 
.3 o 


mm. 

o,5 

o,33 

o,4 


mm. 

o,4 

0,27 

0,3 


106 
1 10 
i5o 


85 
1 1 1 


Melophagus 


2,7 



La lecture de ce tableau montre une inégalité très nette entre les 
deux griffes de la même patte ; Tune d'elles, l'externe, est toujours 
plus développée que l'interne. 

Dans Hippohosca, Lipoptena et surtout Melophagus, les pattes 
ont une allure caractéristique. Elles sont rejetées en dehors, puis 
elles s'incurvent vers le corps ; la première est dirigée en avant, la 
deuxième latéralement et la troisième en arrière. En raison de cette 
forme incurvée des pattes, les griffes externes deviennent essen- 
tiellement fixatrices et la griffe interne apporte un complément à 
cette fixation. A ce point de vue, la griffe externe joue un rôle plus 
important, attesté par son plus grand développement. 

Cette dilTérence de longueur entre les deux griffes s'observe dans 
toutes les espèces de ce groupe ; elle est déjà sensible chez 
Hippohosca. 



THORAX 



lOi 



La méthode des rapports permet maintenant de se rendre compte 
de leur importance et de leurs variations. 

Le tableau des rapports montre que l'importance de la griffe 
externe s'accroit avec la fixation sur l'hôte . De io6 chez Hippobosca 
et de iio chez Lipopiena, le rapport devient égal à i5o dans le 
genre aptère Melophagiis. 

Une étude semblable, faite au sujet de la griffe interne, établit 
que l'importance de cette dernière progresse également avec la fixa- 
tion : de 85 chez Hippobosca, la valeur du rapport passe à 90 et à 
1 1 1 dans les deux autres genres. 

Dans l'espèce aptère Melophagus, forme qui est manifestement 
plus évoluée que Lipoptena, il semble que le parasitisme ait eu 
pour résultat de développer les organes de fixation. Les deux 
griffes sont, en effet, très développées ; mais il y a toujours pré- 
dominance très marquée de la plus importante des deux au point de 
vue de la fixation, la griffe externe. 

Dans le groupe des Pupipares, parasites des Mammifères, l'impor- 
tance des griffes paraît augmenter dans le 
même sens que la fixation, 

Pupipares parasites des Oiseaux. — La 
complication est plus grande chez les Pupi- 
pares adaptés aux Oiseaux que chez les espè- 
ces parasites des Mammifères ; de simples, 
les griffes deviennent ici tridentées (fig. 21). 

La partie basale supplémentaire, observée 
dans le groupe précédent, s'est transformée 
en une dent ; à cette deuxième dent, s'en 
ajoute une troisième plus petite dont la cou- 
leur jaune-ambre la différencie des deux au- 
tres, toujours très noires et plus accusées. 

Le genre Ornithoeca forme une transition 
entre le groupe des Pupipares parasites des 
Oiseaux et celui des Pupipares parasites des 

Mammifères. Comme ces derniers, il est muni de griffes simples, 
c'est-à-dire à une seule dent. Ce genre est, d'autre part, celui qui 
possède, relativement à la longueur du corps, les ailes les plus déve- 
loppées ; il renferme, enfin, les espèces les plus petites de Pupi- 
pares, celles dont la taille varie de i mm. 5 à 3 mm. 5, Pour toutes 




Fig. 21. — Ornithomyia 
avicularia L., article 
terminal du tarse avec 
griffes tridentées; p, 
pulville; e, empodium. 
Gr. =: 40. 



102 



MORPHOLOGIE 



ces raisons, on doit admettre que les griffes simples suffisent à la 
fixation du parasite (pi. IV, fig-. 82). 

Mais tous les autres genres que j'ai étudiés possèdent des griffes 
tridentées. 



Ornithomyia avicularia L. 
— fringillina Curt. 

Ornilheza 

Lynchia 

Stenopteri/x 

Crataerhina 



4,6 

4,6 
4,^1 
5,6 



LONGUEURS 



o c 



4 

4,3 

4,3 

3,65 

4,9 



0,4 
0,37 

0,37 
0,37 

0,5 
0.6 



0,27 
0,3 
0^3 
0,4 

0,5 



0,22 
0,25 

0,27 
0,33 
0,43 



RAPPORTS 



grilTe 



long, corps 



87 
65 

69 

80 

1 1 1 

107 



1. 1" gi-iiïe 
1. pat. ant. 



100 

86 

90 
102 
100 
107 



La longueur de cette griffe tridentée est de o mm. 87 chez 
Lynchia, chez Ornithomyia avicularia L. et 0. fringillina Curt., 
de o mm. 5 chez Sfenopteri/x et de o mm. 6 chez Crataerhina. 
Les griffes sont donc relativement grandes chez les deux espèces 
à ailes rudimentaires. 

Les dents internes jouent également un rôle dans la fixation: elles 
sont plus grandes dans ces mêmes espèces. 

J'ai constaté, chez les Pupipares parasites des Mammifères, une 
différence de longueurs entre les deux griffes externe et interne de 
la même patte. 

Ce fait ne s'observe pas chez les Pupipares parasites des Oiseaux. 
Ici, les longueurs sont identiques. 

Si on établit l'importance de la griffe de la patte antérieure, par 
rapport à la longueur de cet appendice, les nombres que l'on obtient 
ne sont pas très concluants; ils sont identiques, à peu de chose 
près. Ils indiquent que l'importance de la griffe se maintient à 
peu près sans variation, à mesure que la patte s'allonge par suite 
de la fixation. 

Si une comparaison identique est faite par rapport à la longueur 



THORAX 103 

du corps, on trouve des variations plus sensibles : les griffes parais- 
sent plus accusées dans les espèces très fixées.' Stenopieryx et 
Crataerhina. 

A part les deux genres Ornithoeca et Ortholfersia, munis de grif- 
fes simples, les Pupipares parasites des Oiseaux possèdent toujours 
des grifîes tridentées et , dans chaque patte, les griffes externe et 
interne ont même longueur et, par suite, même importance. 

Parasites des Invertébrés. — Chez Braula, l'organe terminal du 
tarse n'est plus une griffe, mais un véritable peigne. Chaque peigne 
comprend une trentaine de piquants très fins, acérés, chitineux, de 
couleur jaune-ambre. Le peigne se subdivise en deux parties égales 
comprenant quinze dents, fusionnées sur la ligne médiane en une 
seule rangée: l'indication du point de soudure est toujours bien 
marquée. Gomme dans les autres Pupipares, il existe deux pulvilles, 
une de chaque côté, à tige étroite, assez longue, à extrémité renflée 
portant des filaments divergents : l'ensemble formé par chaque 
pulville, raj)pelle assez bien la feuille de l'Elodea (pi. VII, fig. 6-2). 

Cet organe n'a aucun rapport avec les précédents. 

Si on se reporte au milieu et aux conditions auxquels le Branla a 
dû s'adapter, la transformation de l'organe terminal en un peigne 
s'explique. A la surface du corps de l'Abeille, on aperçoit une infi- 
nité de poils d'une finesse extrême, certainement utilisés par le para- 
site pour sa fixation. Relativement à sa taille, l'Abeille doit être 
considérée comme très bien douée au point de vue alaire et le Branla, 
pour se maintenir sur elle, doit y être énergiquement fixé. 

L'organe terminal du tarse a dû s'adapter à un milieu un 
peu différent des précédents, à un Arthropode à vol rapide, à revê- 
tement chitineux et à surface présentant un grand nombre de poils 
très fins. 

On peut admettre ici une multiplication des dents de chaque 
griffe. Par rapport à l'axe de la patte, cette multiplication s'est 
faite transversalement et non longitudinalement, comme dans les 
Pupipares parasites des Oiseaux. Dans chaque patte, les deux séries 
de dents ainsi formées se sont soudées sur la ligne médiane, et elles 
ont constitué, par leur fusion, ce peigne si caractéristique du Braula. 

Ces peignes, à travers lesquels peuvent passer les poils très fins 
de la surface du corps de l'Abeille, constituent d'excellents organes 
de fixation, les mieux appropriés à cet hôte. 



104 MORPHOLOGIE 

Il convient de remarquer que, dans Thaumatoxena, parasite des 
Termites, les griffes sont tridentées (Borner, 1908). 

Résumé. — Les griffes présentent de grandes variations dans le 
groupe des Pupipares. 

Elles sont toujours simples, c'est-à-dire à une seule dent chez les 
Hippoboscidés, parasites des Mammifères. 

Elles sont encore simples chez Ornithoeca, qui renferment 
les espèces les plus petites de Pupipares. Il en est de même dans 
le genre Ortholfersia Speiser. 

Mais, en général, elles sont tridentées dans tout le groupe des 
Hippoboscidés, parasites des Oiseaux; elles sont ainsi plus puis- 
santes au point de vue de la fixation et mieux adaptées aux mou- 
vements brusques et rapides de l'hôte. 

Enfin, chez Braula, cet organe se transforme en un peigne. 

La puissance de la fixation varie donc : 

i" Avec l'hôte, suivant que celui-ci est un Mammifère, un Oiseau 
ou une Abeille ; ces derniers exécutent des mouvements plus 
brusques et plus rapides que les Mammifères ; 

2° Avec l'Insecte parasite, suivant ses qualités pour le vol (insectes 
ailés, insectes à ailes rudimentaires, insectes aptères). 

Il y a aussi une relation très nette entre l'accroissement du 
nombre des griffes et la mobilité de l'hôte. 

Coloration des pattes. — La coloration des pattes de ces 
Insectes est assez variable, même pour des échantillons conservés 
dans l'alcool, où cette coloration s'atténue légèrement par disso- 
lution du pigment. 

D'une façon générale, ou observe que les pattes sont d'une colo- 
ration plus foncée chez les Hippoboscidés parasites des Mammifères 
et plus claire chez les Hippoboscidés parasites des Oiseaux. 

En effet, chez les premiers, la chitine est d'une couleur presque 
noirâtre chez Hippohosca, Lipoptena et surtout chez Melophagus; 
la nuance est jaune ambré chez les autres. Quelques-uns de ces 
derniers peuvent avoir des appendices diversement nuancés; c'est 
ainsi que les pattes sont verdâtres dans Ornithomyia fringillina et 
Ornithomyia avicularia, les deux espèces si communes de nos pays. 
Toutefois, cette coloration disparait dans les exemplaires conservés 
dans l'alcool. 



THORAX 



1C5 



Poils. — Les poils sont répandus sur toute l'étendue de la patte, 
mais avec des variations assez grandes dans leur nombre suivant 
les articles. 

D'une façon générale, dans la région proximale de l'appendice, 
ils abondent sur la face externe, tandis qu'ils sont rares du côté 
interne; mais, vers l'extrémité distale, on les trouve répartis égale- 
ment sur les deux faces interne et externe. 

Sous le rapport de vue de la structure des poils une différence très 
accusée s'observe entre les deux séries de parasites. Chez les parasites 
des Mammifères, les poils sont volumineux, courts, semblables à des 
piquants; ils sont longs, flexibles, soyeux chez 
les parasites des Oiseaux. 

Dans Hippobosca, ils sont incolores ou plutôt 
transparents vers la base de la patte, puis ils 
deviennent plus gros et noirâtres sur le tarse. 
Ils sont gros, courts et noirâtres dans Lipoptena. 
Ils deviennent gros et noirs dans Melophagiis. 
Ces piquants sont en grand nombre sur l'article 
terminal du tarse et sur la face interne de celui- 
ci; ils sont particulièrement abondants dans le 
plus parasite de tous, le Melophagus (lig. 22). 

Il y a donc ici, avec un ecto parasitisme plus 
complet, une sorte de transformation de ces 
poils en véritables piquants ; ceux-ci doivent 
manifestement aider la patte dans son rôle de 
fixation du parasite sur l'hôte. 

Chez les parasites des Oiseaux, la pilosité augmente de même avec 
la fixation et, d'autre part, les poils deviennent de plus en plus longs. 

Chez Ornithoeca et Olfersia, espèces les mieux douées au point 
de vue du vol, les poils sont rares. Ils sont plus nombreux et plus 
allongés chez Ornithùmyla, Ornitheza et Lynchia, mais ils sont 
particulièrement nombreux et longs chez Stenopteryx et surtout 
chez Crataerhina. 

On arrive donc, avec les parasites des Oiseaux, à la même conclu- 
sion qu'avec ceux des Mammifères. 

Sur la saillie antérieure et interne du tibia on observe toujours 
un piquant — l'épine tibio-tarsienne — qui est d'autant plus long 
et plus acéré que l'espèce est plus fixée; je constate qu'il existe, 




FiG. 22. — Tarse de 
Melophagus ovinus 
L. ; a, piquants ; p^ 
pulvilles. Gr. 53. 



]()6 



MORPHOLOGIE 



chez iWe^/î/ia^rHs, plusieurs épines tibio-tarsiennes; il y a donc multi- 
plication de ces organes fixateurs dans cette espèce aptère (fig. 22). 



ABDOMEN 



L'abdomen est la partie la plus volumineuse du corps. 

Ses variations dépendent essentiellement des organes génitaux. 

D'une façon générale, je constate que, dans les Pupipares, 
l'abdomen a une certaine tendance vers la forme rectangulaire chez 
les mâles, vers la forme sphérique chez les femelles. 

J'ai étudié dans les deux sexes les variations de ses dimensions 
en longueur et en largeur. 

Variations dans la longueur. 

Au point de vue de la longueur, les variations du t3^pe moyen 
sont consignées dans les tableaux ci-dessous. 

I. — Espèces bien douées pour le vol : 



Ornithoinyia nvicularia L. 

Lynchia 

Hippohosca camelina Leach 
— eqiiina L. 



9 





DIFFÉRENCES 


mm. 


mm. 


mm. 


.,8 


2 


0,8 


2,9 


2,4 


0,5 


5,1 


^,7 


1,4 


3,8 


2,9 


0,9 



II. — Espèces fixées : 

Lipoptena . 
Melophagas. 
Stenopleryx. . 
Cratacrhina. 



3,4 


2,9 


0,5 


3,8 


3,1 


0,7 


2,4 


2,1 


0,3 


3,3 


3,1 


0,2 



Ces nombres, obtenus par un assez grand nombre de mesures, 
mettent en évidence des différences assez appréciables dans les 
dimensions de l'abdomen du mâle et de la femelle. On constate 
que cette région du corps est toujours plus longue chez la femelle 
que chez le mâle. 

Cette variation est plus grande chez les espèces qui volent bien 
et elle tend à s'atténuer dans les espèces très fixées. 



ABDOMEN 10"^ 

Variations dans la largeur. 

I. Espèces bien douées pour le vol : 

Q cf DIFFÉRENCES 

mm. mm. mm. 

Ornithonujia avkularia. . 3,2 2,3 0,9 

Lynchia. 3,6 3 0,6 

Hippobosca camelina. . . 5,3 4,3 > 

_ equina . . . 3,5 3,2 o,3 

II. — Espèces fixées : 

^ Q Cf DIFFERENCES 

Lipoptena 2,9 2,) o, 

Melophagus 3,4 2,8 0,6 

Slenopleryx 2,6 2,4 0,2 

Crataerhina 3,7 3,2 o,.) 

La largeur de l'abdomen est, en général, un peu plus grande 
chez les femelles que chez les mâles, surtout dans les espèces 
bien douées pour le vol. 

De ces deux tableaux, relatifs à la longueur et à la largeur de 
l'abdomen, Ton peut déduire que les dimensions de cette partie du 
corps sont beaucoup plus grandes chez les femelles que chez les 

TTlfllPS 

Au point de vue de la pilosité, nous avons vu quelle augmen- 
tait avec la fixation et que c'était dans les espèces les plus fixées, 
Lipoptena, Melophagus, Crataerhina, Braula, et Nycterihia, que 
l'on observait sur l'abdomen le système pileux le plus développe. 
En général, la partie postérieure est échancrée sur la ligne 
médiane chez les femelles et arrondie chez les mâles. 

On observe une variation assez constante dans la couleur de l'ab- 
domen, qui, chez le mâle, a une teinte légèrement rose brique au 
lieu de la coloration grise ou blanchâtre de celui de la femelle. 
Cette coloration est même quelquefois très accusée. Elle provient 
des organes génitaux qui sont, chez les mâles, légèrement pig- 
mentés en rose. 

Cette remarque s'applique aux échantillons conservés dans 
l'alcool; je n'ai pas eu l'occasion de constater si, à l'état frais, 
ils présentent une variation aussi accusée. 

Par rapport aux autres Insectes, l'abdomen présente en général 
une segmentation très effacée. Elle est, le plus souvent, révélée par 



108 MORPHOLOGIE 

l'existence de parties colorées en nombre plus ou moins grand. 
Celles-ci sont très développées chez Ornithoeca (pi. IV, fîg-. 3o) ; 
on les retrouve également, mais beaucoup plus petites il est vrai, 
chez Hippohosca, Ornitheza, Lynchia et Ornithomyia, c'est-à-dire 
dans les espèces bien douées pour le vol. On ne trouve pas trace 
de cette segmentation dans Stenopter^yx, Crataerhina et surtout 
Melophagus. La segmentation tend à disparaître avec la fixation. 

Lipoptena, qui est bien fixé à son hôte, présente cependant une 
segmentation plus accusée que dans le premier groupe. On remar- 
quera toutefois que cette espèce est munie d'ailes bien développées 
à sa sortie de la pupe, alors que les espèces constituant le second 
groupe sont toujours aptères ou munies d'ailes rudimentaires. 

Au point de vue de la segmentation, je relève encore une variation 
assez appréciable entre le mâle et la femelle. En se reportant aux 
figures que je donne des deux sexes et pour chaque espèce, on voit 
que le mâle d' Hippohosca présente une segmentation plus nette que 
la femelle (pi. 1, fig. i et 2). 

Un phénomène inverse se produit chez Ornithomyia. La femelle 
(pi. IV, fig. 34) présente cinq épaississements visibles, indices de 
segments abdominaux alors que ces parties colorées ne s aperçoivent 
pas toujours chez le mâle (fig. 3y). 

Voyons maintenant les espèces bien fixées, Lipoptena et Melopha- 
gus^ Stenopteryx et Crataerhina. 

A ce point de vue, Lipoptena fait encore exception : la segmenta- 
tion de l'abdomen est très accusée, aussi bien chez la femelle que . 
chez le mâle ; elle le serait même davantage chez la femelle (pi. II, 
fig. i3 à 16). 

Mais chez Melophagus (pi. II, fig. 20), il n'y a plus de segmen- 
tation visible et les segments ne peuvent être comptés qu'en se 
reportant aux stigmates. On ne constate aucune différence entre 
les deux sexes. 

Chez Stenopteryx (pi. VI, fig. 54) et chez Crataerhina surtout, 
(pi. VI, fig. 48) on ne distingue également aucune trace visible de 
segmentation, pas plus dans un sexe que dans l'autre. 

En résumé, l'étude de la segmentation abdominale montre les 
faits suivants : 

1° Ornithoeca présente la segmentation de l'abdomen la plus 
marquée et ayant les caractères les plus primitifs ; 



ABDOMEN 109 

2° La segmentation tend à disparaître avec la fixation ; 

3° Dans les espèces bien douées au point de vue du vol, la segmen- 
tation de l'abdomen est un peu plus accusée chez les mâles que 
chez les femelles ; 

4° Cette variation sexuelle disparaît dans les espèces bien fixées, 
notamment dans Melophagus et Crataerhina ; 

5° Seul Lipoptena fait exception à la règle des espèces très fixées. 

Braula. — L'abdomen est de forme ovale, à section arrondie. 
Sa coloration est rouge brique à l'état adulte, blanche lorsqu'il est 
très jeune. Dans l'alcool, sa teinte rouge brique s^atténue peu à peu 
et devient jaune clair. 

La segmentation est ici très nette (pi. VII, fig. 58 et 6o) ; elle est 
même la plus marquée de tous les Pupipares quoi que ce soit une 
forme bien fixée. L'abdomen comprend cinq anneaux nettement sépa- 
rés les uns des autres, à direction oblique sur les côtés, s'articulant 
avec cinq plaques sternales. 

Je ne relève aucune différence sexuelle au point de vue de la 
segmentation. 

Le mâle présente toujours cinq segments dont le dernier porte, à 
sa face inférieure, le pénis entouré de ses deux valves. 

Cependant la partie postérieure de la femelle offre, dans certains 
cas, des différences très accusées : c'est lorsque celle-ci renferme 
des œufs bien développés. 

Dans ce cas (pi. VII, fig. 6o), la région abdominale se termine par 
un prolongement grêle, transparent, dans lequel on reconnaît les 
rudiments de trois anneaux. Ceux-ci sont plus distincts sur la 
face ventrale. En effet, la partie inférieure présente dans chaque 
anneau et de chaque côté de la ligne médiane, deux plaques 
épaissies, chitinisées et jaunes, qui représentent des sternites 
divisés en deux. 

Chez les autres femelles, ce prolongement assez complexe est 
invaginé dans la cavité abdominale, et, lorsqu'on regarde celle-ci 
par la partie postérieure, on voit les trois anneaux rentrés les uns 
dans les autres, comme autant de cercles concentriques. 

Nycteribia. — La coloration de l'abdomen est jaune corne plus 
ou moins sombre. 

La segmentation de l'abdomen est aussi nette que dans Braula. 
Elle est même plus accusée, par suite de l'existence sur chaque 



.110 MORPHOLOGIE 

seg-ment d'un cercle de poils très longs et noirs, qui fait le tour de 
l'abdomen. Dans les segments antérieurs, entre les cercles précé- 
dents, se trouvent des rangées de poils plus petits. 

La seg-mentation présente ici des variations sexuelles très accu- 
sées. 

Chez la femelle, la face ventrale montre huit anneaux auxquels il 
faudrait encore ajouter la saillie génitale ; ce qui porte ce nombre à 
neuf. 

La segmentation de la face dorsale du mâle est plus réduite et 
ne révèle que l'existence de cinq anneaux en y comprenant celui, 
très g-rand^ sur lequel repose l'organe pénien, qui, dans cette espèce 
est placé sur la région supérieure de l'abdomen. 

La face ventrale montre, au contraire, six anneaux, c'est-à-dire 
un nombre plus grand dune unité que la face dorsale. 

Gomme dans la femelle, chaque anneau se termine par un cercle 
de poils très long-s et noirâtres, surtout sur les parties latérales ; 
chaque espace intersegmentaire, les antérieurs surtout, est cou- 
vert de poils très fins et nombreux, disposés en plusieurs rangées 
et souvent sans ordre bien déterminé. 

Résumé. — i° La segmentation de l'abdomen est très effacée 
chez les Hippoboscidés ; 

2° Elle est très accusée chez Braula et Nycterihia. 



DEUXIEME PARTIE 
ANATOMIE 



MUSCLES 



Le système musculaire des Pupipares comprend : 

1^ Les muscles de la tête ; 

2° — des pattes ; 

3° — thoraciques ; 

4° — abdominaux. 

En laissant de coté les muscles de la tête, dont les plus importants 
seront vus à propos du tube digestif, et ceux de l'abdomen, qui le 
eront avec les organes génitaux, cette étude se bornera aux mus- 
cles thoraciques et à ceux des pattes. 

Les muscles des Pupipares appartiennent tous au type ordinaire 
des muscles striés des Insectes. 

D'une manière générale, les muscles des pattes sont bien déve- 
loppés dans tout le groupe. Partout on les retrouve avec un égal 
développement ; peut-être sont-ils plus puissants dans les formes 
fixées, comme Crataerhina et Melophagus ; ce qui est assez dif- 
ficile à apprécier, étant donnée la différence de taille des espèces 
comparées. A la fin de ce chapitre, j'aurai cependant l'occasion de 
revenir sur ce sujet. 

Les muscles thoraciques sont les plus importants ; ils occupent 



112 ANATOMIE 

la plus grande partie de la cavité thoracique et se divisent en 
dorsaux et en stcrno-dorsaux. 

Les dorsaux forment, de chaque côté de la ligne médiane, cinq à 
six larges bandes musculaires, qui s'étendent de la région posté- 
rieure du thorax à la région antérieure. Ils sont légèrement inclinés 
vers le haut, d'arrière en avant. On considère ces mviscles comme 
appartenant au mésothorax, cest-à-dire au segment sur lequel sont 
insérées les ailes. 

Les sterno-dorsaux sont verticaux et situés sur les côtés, perpen- 
diculairement à la direction des dorsaux. 

Quel est le rôle de ces muscles ? On admet qu'ils sont les véri- 
tables agents du vol chez les Insectes. Ils agissent sur les ailes, en 
altérant la convexité du dos et en modifiant les relations de celui- 
ci avec le mésosternum. Il est admis par les auteurs 
que les dorsaux abaissent l'aile et que les sterno-dor- 
saux relèvent. 

L'anatomie comparée de ces muscles chez les 
Pupipares, c'est-à-dire dans un groupe où les or- 
ganes du vol régressent jusqu'au point de dispa- 
raître, ma paru digne d'intérêt ; il s'agit, en effet, 
d'observer s'il existe ici des phénomènes de régres- 

_, _ -^. sion en relation avec ceux des organes alaires. 

FiG. 23. — Dissec- ^ 

liondU) m Uhomyia <l'ai procédé à cet examen par la dissection des 
avicularia-, L. d, principales formes de Pupipares et par l'observation 

muscles dorsaux : j j „ 

, , , ' des coupes de ces mêmes espèces. 

sa, sterno-dorsaux. ^ ^ 

Gr. — 7. Lorsqu'on dissèque des formes bien douées pour 

le vol comme Hippohosca parmi les parasites des 

Mammifères, Ornithomyia (fig. 23) et Lynchia parmi les parasites 

des Oiseaux, on aperçoit les grands muscles thoraciques dorsaux 

et sterno-dorsaux remarquablement développés. Dans toutes ces 

formes, on trouve deux grandes bandes médianes qui s'étendei)t 

sur toute la région dorsale thoracique ; chaque bande ^^résente, 

plusieurs faisceaux superposés, quatre ou cinq, séparés par un grand 

nombre de trachées qui pénètrent à leur intérieur et s'y ramifient. 

Les sterno-dorsaux forment, de chaque côté, trois larges faisceaux 

de fibres musculaires. Le faisceau médian est perpendiculaire à 

la face ventrale ; l'antérieur et surtout le postérieur sont légèrement 

inclinés. Chacun d'eux comprend un ensemble de faisceaux secon- 





MUSCLES il3 

daires, une dizaine. Dans ces formes de Pupipares tous ces muscles 
sont développés au même degré. 

Voyons maintenant les espèces à ailes rudimentaires. 

Lorsqu'on sectionne tangentiellement la région dorsale de 
Crataerhina (fig. 24), on observe une disparition 
presque complète de tous les muscles du thorax. Je 
ne trouve, d'une façon bien nette, que les deux 
muscles, placés dans la région antérieure, qui 
agissent sur la coxa de la première paire de pattes. 
Le thorax, ouvert, laisse apercevoir ici les muscles, 
situés à la partie inférieure, relatifs aux pattes. 

Il en est de même dans Melop ha ff us et Lipoptena. 

Cette dernière espèce eût été curieuse à étudier, 

au point de vue des répercussions sur la structure ^■*^- ^4- — Dissec- 
,, . • . 1, i 1 1 1,1 •! .1 lionde Crataerhina 

thoracique, qui résultent de la chute des ailes et de nnUidaOlL • c mu- 
la transformation de l'individu ailé en un individu scies de la patte 
aptère. On assiste peut-être ici à une régression de antérieure. Gr.— 7, 
ces muscles thoraciques, semblable à celle que Gh. 
Janet (i907)a décrite à propos des muscles alaires delà fourmi-mère. 
Cet auteur montre que, dans la reine du Lasius niger^ les muscles vi- 
brateurs du vol sont remplacés, après le vol nuptial et la perte dé- 
finitive des ailes^ par des colonnes d'adipocytes : en un mot, le 
tissu musculaire se modifie et fait place peu à peu au tissu adipeux. 

Malheureusement, je n'ai pu me procurer le premier stade du 
IJpoptena, celui de l'individu ailé. Je ne pourrai faire de compa- 
raison qu'entre l'individu à moignons alaires et les Hippoboscidés 
mieux doués au point de vue du vol. 

Mais ces d' - ;ctions, surtout celles des espèces à ailes rudimen- 
taires, ne peuv ,nt être concluantes que si elles sont contrôlées par 
l'étude des c( pes en série. 

La coupe transversale d'un Hippobosca (fig. 2.1) montre, au 
centre, la s- r ,on de muscles longitudinaux, les dorsaux, disposés 
en deux séi , une de chaque côté de la ligne médiane, formée de 
quatre à ciac; faisceaux superposés. Latéralement, on observe un 
certain noi./l.re de faisceaux verticaux, qui s'étendent de la partie 
ventrale à ] région dorsale, quelques-uns dans toute leur longueur, 
d'autres si me portion seulement de la coupe : ce sont les sterno- 
dorsaux. Ceite coupe montre l'importance de ces muscles thoraciques 

Univ. dk Ltton. — Massoisn.\t 8 



114 



ANATOMIE 




no-dorsaux; td, tube digestif; tr, trachées. 
Gr. = 16. 



qui occupent à eux seuls les quatre cinquièmes de la cavité thora- 

cique : le reste appartient aux muscles des pattes. 

Dans Melophagus (fig. 
26), la coupe faite dans une 
rég-ion identique présente 
une disposition bien diffé- 
rente. 

Les muscles verticaux 
ont disparu : il n'y a plus 
de sterno-dorsaux. Quant 
aux muscles longitudinaux 

FiG. 25.— Coui)e transversale du Ihorax, Hippo- OU dorsaUX, ils n'ont plus 
boscR eqiiina L.; d, muscles dorsaux; sd. ster- l'aspect observé chez Hip- 

pobosca. Ils sont situés ici 
très latéralement et le mi- 
lieu de la cavité thoracique est envahi par du tissu adipeux. 
Enfin, une couche épaisse de fibres musculaires longitudinales ta- 
pisse la région dorsale. 

^ Cette disposition est celle 

que l'on observe dans toutes 
les formes aptères où une 
couche musculaire, véritable 
muscle seg-mentaire, est ap- 
pliquée contre la paroi du 
corps. 

Par rapport à Hippobosca, 
il y a donc chez Melophagus: 
i" Une disparition com- 
plète des muscles sterno-dor- 
saux ; 

2" Une réduction considé- 
rable et une transformation 
des muscles dorsaux en une 
couche musc:'laire appliquée 
contre la paroi supérieure du thorax. 

Parasites des Oiseaux. — Une comparaison ané. ogue s'impose 
entre Lynchia, Ornithomyia et Crataerhlna. 

Chez Lynchia (fig. 27) et Ornithomyia, la disposition des muscles 




FiG. 26. — Coupe transversale de la région 
thoracique de Melophagus ovinus L. ; d, 
muscles dorsaux ; sd, sterno-dorsaux ; td, 
tube digestif; ra, canal du réservoir ali- 
mentaire; rs, réservoir salivaire ; n, nerfs. 
Gr. = 60. 



MUSCLES 115 

est semblable à celle observée chez Hippobosca, avec des muscles 
longitudinaux qui occupent la région médio-dorsale du corps, et des 
muscles verticaux situés sur les parties latérales. Les muscles 
longitudinaux me paraissent plus importants que dans Hippobosca : 




FiG. 27. — Coupe transversale du thorax de Li/nchia maiira Big. ; rf, muscles 
dorsaux ; se/, sterno-dorsaux , <d, tube digestif; Ir, trachées. Gr. ^40. 



ils semblent occuper une hauteur plus grande de la région thoracique. 
Les muscles verticaux semblent également plus développés. 

La coupe longitudinale (fîg. 28) montre la superposition de ces 
grandes lames musculaires, qui 
s'étendent de la région du cou où 
elles s'insèrent en avant, à diver- 
ses régions de la partie dorsale. 
Leur longueur est de plus en plus 
grande de bas en haut. Le nombre 
des faisceaux musculaires est plus 
élevé que dans Hippobosca : j'en 
compte de sept à neuf, au lieu de 
quatre à cinq. 

La coupe longitudinale de Cra- 
tacrhina ne montre de muscles 
importants que dans la région inférieure du thorax ; et ceux-ci sont 
relatifs aux pattes. Quant aux muscles dorsaux, les coupes faites 
dans le sens longitudinal nous laissent très perplexe pour déter- 
miner s'ils existent. 




FiG. 28. — Coupe longitudinale du tho- 
rax de Lynchia maiira Big. ; c/, mus- 
cles dorsaux; tr. trachées. Gr. = 40. 



116 



ANATOMIE 



Les coupes transversales seules peuvent élucider la question. 
Celle qui est représentée (fig. 29) intéresse la région moyenne du 
thorax, c'est-à- dire celle qui se trouve un peu en arrière du proven- 
tricule sphérique. Je constate ici l'absence de muscles verticaux : 
l'examen des différentes coupes, situées en avant et en arrière de 
celle-ci, montre que les muscles sterno-dorsaux ont complètement 




FiG. 2g. — Coupe transversale du thorax de Crataerhina pallida Olf. ; d, 
muscles dorsaux; ta, tissu adipeux; td, tube digestif; es, canaux salivaires; 
ra, canal du réservoir alimentaire; /r, trachées; gt, ganglion thoracique. 
Gr. =54. 



disparu. La coupe présente dans la région dorsale deux faisceaux, 
situés de chaque côté de la ligne médiane, représentant les 
muscles longitudinaux, mais il n'y a plus le nombre, lallure et 
la disposition de ceux que l'on observe chez Lynchia. Ils ressem- 
blent à ceux du Melophagus et ils tendent également à présenter 
l'aspect de muscles segmentaires. 

De même que dans le groupe précédent, on assiste ainsi, chez les 
parasites des Oiseaux, à une régression presque complète de ces 
muscles. 

Intéressante est également la comparaison des coupes de deux 
Insectes bien fixés : Crataerhina et Melophagus (fîg. 26 et 29). 

Chez ce dernier les muscles longitudinaux forment une couche 
continue qui tapisse la paroi dorsale. Il n'en est pas de même 
chez Crataerhina, où les muscles dorsaux forment quatre faisceaux 
séparés, bien distincts, de chaque côté de la ligne médiane. Mais il 
ne faut pas oublier que le Melophagus aptère représente une forme 



MUSCLES 



117 




FiG. 3o. — Coupe longitudinale de Lipoptena cervi 
L.. passant vers le tiers de la largeur du thorax; 
d, muscles dorsaux; tr, trachées. Gr. = 54. 



plus fixée, et par suite plus dégradée que Crataerhina possesseur 
encore d'ailes rudimentaires. 

Abordons maintenant le cas particulier du Z/«/3op^c/ia qui, d'ailé, 
devient aptère, en se fixant sur les Cervidés. 

La coupe longitudinale (fig. 3o), qui passe vers le tiers de la 
largeur du thorax, mon- ^ 

tre chez Lipoptena un 
grand développement 
du tissu musculaire ; 
elle n'ofîre pas la moin- 
dre trace des sterno- 
dorsaux; mais par con 
treonvoitici une masse 
importante de fibres 
musculaires partir de 
la région postérieure du 
thorax, se diriger obli- 
quement en avant, pour aller s'insérer sur les parties latérales et 
antérieures : ce sont les muscles dorsaux. Quant aux nombreux 
muscles situés au-dessous de ceux-ci, ils sont tous relatifs aux 
pattes : on peut juger 
par là de leur impor- 
tance danscetteespèce. 

Dans la coupe trans- 
versale (fig. 3i), les 
deux faisceaux muscu- 
laires qui représentent 
les dorsaux, se voient 
Fun à gauche, l'autre 
à droite de la figure, 
importants tous les 
deux par leur volume 
mais ils n'offrent pas la 
disposition en faisceaux superposés à' Hippohosca ou A'Ornithomyia. 
Leur disposition rappelle au contraire celle du Melophagus, 

Les coupes transversales confirment l'absence complète des ster- 
no-dorsaux. Elles attestent aussi le grand développement des muscles 
des pattes et des apodèmes qui leur servent de lieux d'insertion. 




Fig. 3i. — Coupe transversale du thorax de jLtpopte/ia 
cervtL. ; d, muscles dorsaux; mp, muscles des pat- 
tes ; <r, trachées; <d, tube digestif; sn, système 
nerveux. Gr. = 64. 



118 ANATOMIE 

En résumé, sous le rapport des muscles alaires, Lipoptena est 
identique à Melophagus ; il n'en diffère que par un développement 
plus considérable des dorsaux ; cette forme s'éloigne enfin des formes 
ailées, par l'absence de sterno-dorsaux et par la disposition toute 
différente des dorsaux qui rappelle Melophagus et non Hippo- 
hosca. 

La structure musculaire confirme la proche parenté du Lipoptena 
et du Melophagus; elle laisse prévoir également que, si les ailes 
fonctionnent, dans les débuts de la vie de l'imago, le vol de cet 
insecte ne peut être très puissant : il ne doit lui permettre que la 
simple recherche de l'hôte, pour s'y fixer définitivement. 

L'anatomie comparée du système musculaire des Pupipares 
conduit à des constatations remarquables. Elle montre les muscles 
thoraciques très développés dans les espèces munies d'ailes bien 
conformées pour le vol (Lynchia, Ornithomyia), plus faibles dans 
Hippobosca, enfin leur régression et leur disparition dans les formes 
aptères ou à ailes rudimentaires. Les variations du système muscu- 
laire sont donc parallèles à celles des ailes. 

L'anatomie comparée fournit ainsi la preuve du rôle physiolo- 
gique de ces muscles. 

La régression des ailes provoque donc de profondes modifications 
dans la structure de la région thoracique. Par contre on observe un 
développement remarquable des muscles des pattes, organes dont 
l'importance au point de vue de la stabilité de Tinsecte sur son 
hôte augmente, au fur et à mesure que sa mobilité diminue. La 
comparaison des figures de Lynchia et de Crataerhina permet 
d'observer, chez ce dernier, des apodèmes beaucoup plus saillantes : 
or, celles-ci servent à l'insertion de ces muscles. Par suite du grand 
développement des muscles thoraciques, le tube digestif est logé 
dans Lynchia, comme dans toutes les formes ailées, un peu au- 
dessous de la région médiane de la cavité thoracique, profondément 
enfoncé à l'intérieur de celle-ci. 

Il n'en est plus de même dans Crataerhina. En raison du déve- 
loppement des muscles des pattes et des apodèmes de la région infé- 
rieure du thorax, le tube digestif se trouve rejeté ici à la partie 
supérieure, presque en contact avec la paroi dorsale. 

En résumé, la structure anatomique du thorax se modifie, en pas- 
sant des formes ailées aux formes aptères : 



APPAREIL DIGESTIF 1^^ 

I» Par la régression des muscles alaires (dorsaux et sterno- 

dorsaux) ; 

-J.0 Par la présence de muscles moteurs des pattes, beaucoup plus 

puissants; 

3° Par le caractère plus accusé des apodèmes, qui servent à l mser- 

tion de ces derniers. 

APPAREIL DIGESTIF 

PIÈGES BUCCALES 

L'étude des pièces buccales a été faite par Mû-genburg chez 

Melophagus. 

Il m'a paru plus rationnel de reprendre cette étude dans un type 
moins fixé que Melophagus, pour n'arriver qu'en second lieu à 
un type aussi dégradé. J'ai pensé, que je saisirais mieux amsi 
les modifications de cet appareil, et que je serais en droit de 
les considérer comme le résultat d'une plus grande fixation a 

l'hôte. 

Cette étude a été faite sur des formes munies d ailes, Hippobosca 

camelinaei H. equina. 

Constitution. — Les appendices buccaux forment, par leur 
ensemble un organe, long et effilé comme une aiguille, élargi à sa 
base, enfoncé en grande partie dans la tête et protégé latéralement 
par les deux valves du rostre. . 

Vésicule céphalique (fig. 32). - Avant de commencer l'étude de 
ces appendices, il convient de décrire la grande cavité dans laquelle 
ils sont logés : ils ne deviennent externes qu'au moment où l'insecte 
parasite perfore la peau de l'hôte. 

A la partie antérieure, la tète présente une profonde invagmation 
qui produit une chambre spacieuse ou cavité céphalique, destmée à 
renfermer les organes buccaux. 

La paroi est formée d'une assise interne de chitine qui tapisse 
toute la cavité; elle est en continuité, par le bord de l'orifice, 
avec le revêtement chitineux de l'insecte; c'est elle qui produit les 
saillies et les arêtes que l'on y observe. A ^extérieur, se trouve une 



120 



ANATOMIE 



tns, 




couche hypodermique. La constitution est donc semblable à celle 
de la paroi générale du corps ; elle s'en distingue par une chitine 
plus mince, moins colorée, d'un jaune très clair presque blanc ; cette 
enveloppe est peu rigide, et se prête facilement aux différents mou- 
vements, qui seront exécutés par cette région. 

Cette région est en effet protractile : lorsque l'Insecte pique, elle 

contribue à augmen- 
ter encore la longueur 
de pénétration de la 
trompe. Celle-ci est in- 
sérée au fond et vers 
la région inférieure de 
ce large vestibule, 
comme on le voit dans 
la figure 82. On remar- 
quera que cette cavité, 
très large en arrière, 
se rétrécit en avant, où 
elle communique avec 
l'extérieur par un ori- 
fice assez étroit. 

Trompe. — La figure 
82 montre que l'organe 
buccal proprement dit ou trompe comprend deux parties : 

1° Une région basale très élargie, en forme de poire, enfermée 
dans la vésicule céphalique ; 

2° Une région terminale, cylindrique, beaucoup plus longue, 
grêle, acérée, dont une partie fait saillie à l'extérieur. 

Au repos, cette dernière portion de la trompe est cachée et pro- 
tégée par les deux valves du rostre, qui, pendant la protraction, 
s'écartent latéralement de bas en haut, et forment une sorte de toit 
au-dessus de la base de l'organe. 

Toujours d'après la figure 82, on observe que le diamètre de la 
région basale de la trompe est bien supérieur à celui de l'orifice de 
la vésicule céphalique; la partie basale élargie ne peut donc faire 
saillie à l'extérieur. Elle est retenue par les parois rigides de la 
■région antérieure de la tête ; seule la région cylindrique peut être 
projetée à l'extérieur. Cette particularité a pour résultat de garantir 



FiG. 32. — Coupe longitudinale médiane de la partie 
antérieure de la t<ite de Crataerhina pitllida Olf. ; 
ce, vésicule céphalique; tr, trompe; ph, pha- 
rynx; rtisj, muscle suceur ; <s, canal salivaire ; niS2, 
muscle sali vaire. Gr. = 58. 



APPAREIL DIGESTIF 121 

la partie basale de la trompe, contre les effets de trop fortes trac- 
tions provenant de l'extérieur, qui provoqueraient des déchirures 
du côté du tube digestif. 

Chez Hippobosca, cet organe se compose essentiellement de trois 
stylets : 

Une lèvre supérieure ; 

Un hypopharj^nx ; 

Une lèvre inférieure. 

Dans la figure 82, les lèvres supérieure et inférieure sont, d'une 
manière très nette, en continuité avec la surface interne de la cavité 
céphalique, et nous voyons celle-ci l'être également avec la paroi 
générale du corps. Elles paraissent être ainsi les homologues des 
lèvres des autres Diptères. 

Lèvre supéi'ieure. — La lèvre supérieure est le labrum des auteurs^ 
leprélahj'uinde Lowne. Elle est l'homologue, ainsi que nous venons 
de le voir, de celle des autres Diptères. Elle forme un arc, recourbé 
vers le bas, constituant le toit du canal alimentaire (fig. 34). On peut 
la regarder comme composée de deux sclérites, un dorsal et un 
ventral, appliqués l'un contre l'autre à l'extrémité de la trompe ; 
mais peu à peu, vers la région postérieure, les deux parois, supé- 
rieure et inférieure, s'écartent l'une de l'autre et, entre elles, 
apparaissent des trachées, divers tissus et des nerfs. Ces deux 
parois chitinisées sont réunies de chaque côté, par des parties 
membraneuses (fig. 89) . Lowne dans Calliphora indique du tissu 
musculaire entre les deux sclérites : je n'en ai jamais observé 
chez les Pupipares. 

La lèvre supérieure est enveloppée presque complètement par la 
lèvre inférieure, sauf dans la région dorsale : elle constitue un stylet 
interne qui est le plus court des trois stylets buccaux. Il est en effet 
moins long que la lèvre inférieure et que l'hypopharynx, ainsi que 
nous le verrons dans l'étude de la lèvre inférieure. 

Hypopharynx. — L'hypopharynx est le stylet médian (fig. 34). 
11 a reçu'divers noms. 11 est appelé langue par Savigny (1816), 
Westwood (1840), Taschenberg (iSBo), ligula par Kirby et Spence 
(1828) et par Lowne {1890), dans Calliphora. Le nom d'hypopha- 
rynx a été proposé en 1816 par Savigny. 

Libre en avant, l'hypopharynx est fixé, en arrière, à la lèvre infé- 
rieure. 11 est aplati, en forme de ruban ; sa section est plus grande 



122 ANATOMIE 

dans la région moyenne de la trompe. 11 renferme un canal très 
fin, à section circulaire, en continuité avec le conduit salivaire. 
Dans les préparations, on suit très bien ce passage du canal salivaire 
au conduit de l'hypopharynx. On voit le canal salivaire aborder la 
région postérieure de la trompe, sous le tube digestif, et s'enfoncer 
dans la partie médiane de la lèvre inférieure ; puis l'hypopharynx 
apparaît, se dégageant de celle-ci, et, en son milieu, se trouve main- 
tenant le conduit sécréteur des glandes salivaires. 

Cet aspect est conforme à celui que l'on observe chez les autres 
Diptères. 

Lèvre inférieure. — Dans les différentes préparations de cet 
organe, j'observe que la lèvre inférieure est toujours en continuité 
avec la surface de la cavité céphalique. Elle peut donc être consi- 
dérée comme l'homologue de celle des autres Insectes. En réalité, 
son origine est plus complexe, comme nous le verrons au chapitre 
relatif aux homologies des diverses pièces buccales (pag. i5o). 

Elle comprend deux régions, l'une antérieure très mince, l'autre 
postérieure très élargie ; mais, quoique d'aspect bien différent, Tune 
et l'autre ont même structure fondamentale. 

Voyons d'abord cette structure; j'en étudierai ensuite les 
variations. 

La figure 34, qui représente une section faite dans la région anté- 
rieure de la trompe, montre que la lèvre inférieure se compose de 
deux parties, une supérieure et une inférieure, très chitinisées, très 
résistantes, réunies l'une à l'autre par une membrane articulaire 
mince et flexible. La lame supérieure arquée, concave vers le haut, 
forme la gaine qui renferme la lèvre supérieure et l'hypopharynx : 
c est V hypoglosse de Lowne. L'autre externe et inférieure par rapport 
à la précédente, est très chitinisée : elle est l'homologue de la pièce 
que Lowne désigne sous le nom de thyroïde dans Calliphora. 

Les positions réciproques de ces deux parties, hypoglosse et 
thyroïde, se modifient beaucoup dans les différentes régions de la 
trompe : on peut s'en assurer par la figure 33, qui représente 
une série de sections faites d'avant en arrière en divers points 
de la trompe, le rostre compris, La première coupe ne montre que 
les deux valves du rostre : la trompe qui était rétractée, se 
trouve plus en arrière. Elle apparaît dans (2) ; elle est ici formée 
de deux parties latérales et par suite elle est bifide tout à fait à 





FiG. 33. — Coupes transversales de la trompe de 
Crataerhina pallida Olf., faites d'avant en 
arrière ; r, rostre ; li, lèvre inférieure; /), hypo- 
pharynx ; Is, lèvre supérieure. Gr. = 64. 



APPAREIL DIGESTIF i23 

son extrémité. Dans (3), (4) et (5) qui sont les coupes suivantes, ces 
deux parties latérales deviennent de plus en plus importantes et 
dans (5), elles sont sur le point de se souder sur la lig-ne médiane, 
vers la région inférieure. ^^ 

Cette soudure est effectuée 
dans la coupe (6), qui repré- 
sente une section agrandie 
de la trompe en laissant de 
côté les deux valves du ros- 
tre ; la lèvre inférieure ainsi 
constituée est en forme 
d'arc à concavité tournée 
vers le haut. Les deux 
parois supérieure et infé- 
rieure s'écartent beaucoup 
l'une de l'autre; la paroi 
externe devient plus épais- 
se, tandis que l'interne 
mince fait saillir à la région dorsale ses parties terminales filiformes 
Celles-ci se rapprochent en même temps que les parois devien 
nent plus épaisses (6) et qu'une mince mem- 
brane très distincte réunit les deux arcs exter- 
ne et interne qui forment la lèvre inférieure. 
A ce moment apparaît l'hypopharynx : ce- 
lui-ci est donc plus court que la lèvre inférieure . 
et ce n est qu après un certam nombre de cou- 
pes qu'on voit apparaître enfin la lèvre supé- 
rieure (8). Cette dernière forme donc bien le q 
stylet le plus court des organes buccaux. Puis pjQ. 3^. —Coupe transver- 
la région supérieure ou hypoglosse devient sale de la trompe faite 
plus importante; elle se superpose alors 
exactement au thyroïde (fig. 34). La lèvre 
inférieure présente à ce moment l'aspect 
que j'ai décrit pour en indiquer la structure 
générale. L'importance de la région infé- 
rieure augmente beaucoup lorsque la section 

intéresse la partie postérieure élargie de la trompe (fig. 37). On s'a- 
perçoit que le développement remarquable de cet organe, dans cette 




très près de la partie 
élargie. Crataerhina pal- 
lida Olf. ; Is, lèvre supé- 
rieure; h, hypopharynx ; 
li, lèvre inférieure; hg, 
hypoglosse ; th, thyroïde. 
Gr. =43o. 



124 ÂNATOMIE 

région, est dû en réalité à l'élargissement tout à fait extraordinaire 
du thyroïde ; les autres parties, hypoglosse, hypopharynx et 
lèvre supérieure conservent à peu près leurs dimensions primi- 
tives. D'autre part, ces dernières parties, tout en restant dans la 
région dorsale, sont complètement enveloppées par le thyroïde qui 
constitue pour elles une véritable gaine dont les bords supé- 
rieurs arrivent presque en contact Fun avec l'autre. Entre les 
deux parties chitinisées de la lèvre inférieure, hypoglosse et thyroïde, 
on observe maintenant un très grand nombre de muscles : l'élar- 
gissement de cette région est évidemment en relation avec la pré- 
sence de fibres musculaires destinées à actionner les stylets. 

Jusqu'ici, l'hypoglosse et le thyroïde avaient une épaisseur sem- 
blable. 11 n'en est plus de même dans la région élargie : l'hypoglosse 
reste épais, mais le thyroïde forme maintenant une membrane chi- 
tineuse externe très mince. 

Dans cette région de la trompe, l'articulation de l'hypoglosse et 
du thyroïde a un aspect bien différent de celui que nous avons 
observé jusqu'ici. L'hypoglosse porte, de chaque côté, à sa 
partie inférieure, des pointes articulaires qui se transforment peu 
à peu en saillies latérales. De celles-ci partent les portions mem- 
braneuses qui se dirigent maintenant vers le haut pour se souder 
aux parties terminales de l'arc extérieur, le thyroïde. Lowne, dans 
Calliphora^ regarde ces pièces latérales comme des sclérites qu'il 
appelle paraphyses. D'après lui, la lèvre inférieure — la théca — 
comprendrait dans Calliphora quatre sclérites : Vhypoglosse, le 
thyroïde et les deux paraphyses. Je retrouve chez les Pupipares 
une structure analogue. 

Projection de la trompe. — Kraepelin a montré que chez les 
Muscides, la projection de la trompe se fait surtout par l'intermé- 
diaire des sacs aériens céphaliques qui se gonflent d'air. Dans les 
Pupipares, je constate que les trachées de la tête sont peu dévelop- 
pées et qu'elles ne présentent pas, en tout cas, le développement que 
figure Hewittdans son étude de Miisca domestica. Elles ne peuvent 
donc intervenir dans la projection de cet organe ou du moins leur 
action ne peut être que très faible. 

La projection de la trompe se fait, chez les Pupipares, par l'inter- 
vention d'une musculature puissante et très compliquée, que j'étu- 



APPAREIL DIGESTIF 125 

dierai plus loin. Le mécanisme est donc différent de celui des 
Muscides. 



Musculature. 



Pour la commodité de l'exposition, je distinguerai : 
i« Les muscles de V organe buccal, c'est-à-dire ceux qui servent 
à mouvoir l'ensemble de cet organe en le projetant à l'extérieur ou 
en le rétractant à l'intérieur de la vésicule céphalique ; 

2° Les muscles des pièces buccales, c'est-à-dire ceux qui meuvent 
isolément ces pièces. 

Muscles de l'organe buccal. — Je n'observe que deux paires de 
muscles qui agissent sur l'ensemble de la trompe : le résultat de 
leur action est la dévagmation et l'invagination delà vésicule cépha- 
lique. L'un de ces muscles est protracteur, l'autre rétracteur. 

I. Muscle protracteur de la trompe. — Le muscle protracteur 
s'insère (fig. 35), d'une part, en arrière de cet organe, très exacte- 
ment sur le fond et sur la région dorsale de la vésicule céphalique, 
au voisinage de l'extrémité de la lèvre supérieure, et, d'autre part, 
sur la région médiane antérieure de la tête. Les deux faisceaux 
musculaires de droite et de gauche convergent vers un même point du 
tégument dorsal de la tête, où celui-ci est très épais et fortement 
chitinisé. Par sa disposition, ce muscle aura pour effet, en se con- 
tractant, d'amener en avant la partie postérieure de la cavité cépha- 
lique et de projeter ainsi la trompe à Textérieur. 

C'est le protusores proboscidis de Miiggenburg. - 

II. Muscle rétracteur de la trompe. — Je n'observe qu'un seul 
muscle, qui ramène en arrière la partie postérieure de la vésicule 
céphalique et qui rétracte, par suite, l'organe buccal. 

Il s'insère à la partie inférieure de la portion élargie de la 
trompe (fig. 35); puis, après un trajet oblique, il se fixe en haut, 
dans les régions voisines du cou, près du foramen occipital. Ce 
muscle est l'antagoniste du précédent. 

Miiggenburg l'appelle retractores proboscidis superiores. Je ne 
suis pas d'accord avec lui sur le lieu d'insertion de ce muscle 
sur la partie postérieure de l'organe buccal ; d'après lui la fixation 



126 



ANATOMIE 



a lieu au point de jonction de la lèvre supérieure avec la vésicule 
céphalique. En réalité, dans toutes mes préparations, je trouve 
que cette insertion se fait sur la base prolongée de la lèvre inférieure, 
de chaque côté de la ligne médiane et près du conduit salivaire. 
Chez les Muscides, on observe un muscle analogue que Kraepelin 
désigne sous le nom de rétracteur du rostre : il s'insère, d'une part, 
près du foramen occipital et, d'autre part, au voisinage du thy- 
roïde, sur les sclérites sésamoïdes. 




FiG. 35. — Dissection des organes buccaux (VBippobosca camelina 
Leach ; p, pharynx; tl, tige latérale du fulcrum; a, apodèmes; 
<r, trompe; es, conduit salivaire; I, II, VI, VIII, XI, XIII, mus- 
cles des organes buccaux. Gr. = 5o. 



Muscles des pièces buccales. — Voyons maintenant la muscu- 
lature interne de la trompe, c'est-à-dire les muscles qui actionnent 
les différentes pièces buccales. Ces derniers sont tous localisés à la 
partie élargie de la lèvre inférieure. 

Lowne, dans Calliphora erythrocephalu, figure un muscle dont 
les fibres réunissent les deux valves de la lèvre supérieure ou 
prelahrum. Je n'ai rien trouvé de semblable chez Hippobosca et 
chez les différents Pupipares que j'ai étudiés. 

Ce muscle — le prelahral muscle de Loiune — n'existe donc pas 
chez les Pupipares. 

m. Muscle protracteur des pièces buccales (fig . 36). — Le muscle 
protracteur dé la lèvre inférieure s'insère sur la région médiane et 
inférieure de l'hypoglosse. Ses fibres, dirigées obliquement d'arrière 
en avant, vont se fixer sur la région inférieure du thyroïde, en 




APPAREIL DIGESTIF 127 

des points très rapprochés du plan médian. Ce muscle est le plus 
interne, celui qui est le plus voisin de l'axe de la lèvre inférieure. 
La région d'insertion sur l'hypoglosse commence vers le tiers pos- 
térieur : elle s'étend ainsi à peu près sur les deux tiers de la lon- 
gueur de cet organe dans la partie élargie de la trompe ; sur le 
thyroïde, elle commence sensiblement à partir du milieu. 

Mûggenburg n'indique ce muscle, — le musculi labiales obliqui 
anteriores — dans la ligure 3 de son mémoire, que dans la portion 
rétrécie et cylindrique de la trompe. Sa présence dans cette région 
est difficile à mettre en évidence, 
parce que les coupes transver- 
sales ne sont pas très conclu- 
antes; il faudrait observer des 
coupes longitudinales de cet 

organe, et celles-ci sont tou- Fig. 36. —Coupe schématique de la partie 

jours difficiles à obtenir. Tou- postérieure de la trompe ; III, muscle 

„. ., . xi'V •„ protracteur des pièces buccales; /ijr, hy- 

tefois, j en ai constate 1 exis- |^^„i^^^^. ^^^ thyroïde; Id, tube digestif. 

tence danSil/e/o/)/ia^Hset Hip- 

pobosca. Ce muscle est donc surtout localisé dans la région élargie 

de la trompe. 

D'après la figure 36, l'action de ce muscle semblerait avoir pour 
résultat de porter en avant l'hypoglosse et l'hypopharynx qu'il 
supporte. Le résultat de la contraction est bien, en effet, de déter- 
miner une saillie de ce stylet, mais celle-ci est obtenue par un pro- 
cédé un peu différent de celui que suggère la simple inspection 
de la figure. Elle est obtenue, non par un rejet en avant de l'hypo- 
glosse, mais bien par une rétraction du thyroïde, dont la paroi 
devient, en arrière, mince et flexible : ce qui a pour résultat de 
dégager de la gaine, qui les enveloppe et les protège, la lèvre sup- 
rieure, l'hypoglosse et l'hypopharynx. 

La plaque supérieure ou hypoglosse et non la partie inférieure 
ou thyroïde, est en effet seule susceptible de trouver un point 
de résistance, en s'appuyant en arrière sur les parties très 
chitinisées du tube digestif, des apodèmes et du fulcrum ; d'autre 
part, le thyroïde, formé d'une membrane mince et flexible, se plisse 
dans sa partie postérieure, ainsi que je l'observe dans certaines 
préparations. 

Ces observations, relatives à l'impossibilité d'une traction en 



128 



ANATOMIE 



arrière de Thypog-losse et à la flexibilité de la paroi du thyroïde, 
permettent de concevoir l'action protractrice du muscle. 




Muscles rétracteurs. — De chaque côté du plan médian de 
la lèvre inférieure se trouvent deux paires de muscles rétracteurs : 
Une paire inférieure ; 
Une paire supérieure et latérale. 

IV. Muscle inférieur (fîg. 87 et 38). — Celui-ci naît très en 
arrière, sur le pourtour inférieur du thyroïde. Sur des coupes trans- 

y versales, en allant d'arrière en 

avant, ce muscle est toutd'abord, 
de chaque côté, divisé en deux 
faisceaux, dont l'un, inférieur, est 
placé près de la ligne médiane, 
et l'autre, supérieur, est latéral 
(fîg-. .37). Cet aspect tendrait à 
faire admettre l'existence de deux 
muscles : la section du premier 
est conique, plus rétrécis et un 
peu plus élevée que le second, 
qui est plus régulièrement hémis- 
phérique. Puis ces deux faisceaux 
se rapprochent et se confondent 
peu à peu en un seul. Leur insertion commune est, au début de 
la partie rétrécie de la trompe, sur la pièce supérieure et médiane 
de la lèvre inférieure. En se contractant, il a pour effet de porter le 
thyroïde en avant, et, par suite, de déterminer le retour dans leur 
gaine de la lèvre supérieure, de l'hypoglosse et de l'hypopharynx : 
c'est donc un muscle rétracteur. 

V, Muscle rétracteur supérieur. — Ce muscle est situé sur les 
parties latérales et supérieures de l'organe buccal; il s'insère en 
arrière sur le pourtour supérieur de la théca ; ses fibres sont diri- 
gées obliquement vers le bas; elles vont se fixer, d'autre part, sur 
les paraphyses ou saillies latérales de l'hypoglosse. La figure 89 
montre leur disposition en éventail, lorsqu'on les observe sur des 
coupes transversales ; mais, d'après les coupes longitudinales ou 
horizontales de la trompe (fig. \o), on voit qu'elles sont, en outre, 
dirigées d'arrière en avant, et qu'elles s'insèrent tout le long de 



FiG. 37. — Coupe transversale de la 
partie postérieure de la lèvre infé- 
rieure (Hippobosca eqiiina L.) ; hg 
hypoglosse ; IV, muscle rétracteur 
inférieur; V. muscle rétracteur supé- 
rieur. Gr. = i3. 



APPAREIL DIGESTIF 



129 



l'hypoglosse à partir du tiers postérieur. L^hypoglosse ne peut être 
rejeté en arrière en raison du point d'appui que lui offre la partie 
antérieure chitinisée du tube digestif, et c'est le thyroïde, plissé dans 
sa région postérieure par l'action du muscle protracteur, qui est ainsi 
poussé en avant : 
ce muscle contribue 
donc à faire rentrer 
dans leur gaine l'hy- 
poglosse et r hypo- 
pharynx. Son action 
est parallèle à celle 
du précédent et , 
je le considère éga- 
lement comme un 
muscle rétracteur. 

Mais là ne se borne pas son rôle. 

Par suite de la disposition en éventail de ses fibres (fîg. 89), ce mus- 
cle a encore pour effet de rapprocher l'une de l'autre les deux pièces 




FiG. 38. — Coupe longitudinale schématique de la partie 
postérieure de la trompe ; IV, muscle rétracteur infé- 
rieur des pièces buccales; hg, hypoglosse; th, thy- 
roïde ; id, partie chitinisée du tube digestif. 





FiG. 3g. — Coupe transversale semi -schématique 
de la partie postérieure de la trompe (Hippo- 
bosca equina L.); V, muscle rétracteur supé- 
rieur ; Is, lèvre supérieure ; /i, hypopharj'nx ; 
hff, hypoglosse ; pa, paraglosse ; i/i, thyroïde. 
Gr. = i3. 



FiG. 40. — Figure schéma- 
tique de la lèvre inférieure 
vue de la partie dorsale ■ 
V, muscle rétracteur su- 
périeur; hff, hypoglosse. 
th, thyroïde. 



de la lèvre inférieure, l'hypoglosse et le thyroïde, et de déterminer 

une fermeture plus complète du canal buccal au moment où, la piqiire 

étant faite, l'animal s'apprête à aspirer le liquide sanguin de l'hôte. 

La direction oblique du muscle, d^arrière en avant (fig. 4o), 

Univ. de Lyon. — Massonnat 9 



130 



ANATOMIE 



permet de décomposer son action en deux forces, dont l'une rétrac- 
trice est dirigée en avant suivant, l'axe de l'organe, et dont 
l'autre est perpendiculaire à ce même axe. Cette dernière force 
est celle que nous venons d'envisager : elle a pour eifet de rap- 
procher l'une de l'autre les parties supérieures du thyroïde et de 




p,G_ 41. — Coupe longitudinale de la trompe, faite un peu en avant du plan médian 
(Cratixerhlna pallida Olf.) ; ce, cavité céphalique; is, lèvre supérieure; hg. hypo- 
glosse; ir, trachée; III. muscle protracteur des pièces buccales; IV, muscle 
rétractcur inférieur; V, muscle rétracteur supérieur. Gr. .■= Z20. 

rendre ainsi plus intime le contact des différentes pièces buccales. 
Dans la figure 4i qui représente une coupe longitudinale de la 
portion antérieure et rétrécie de la base de la trompe, faite dans 
une région très voisine du plan médian de cet organe, on aperçoit 
les insertions de ces différents muscles : 1 ^ celles du muscle III 
sur la base de l'hypoglosse ; 2° en avant quelques-unes de celles du 
muscle V dont les faisceaux croisent ceux du précédent ; 3° celle 
du muscle IV dont le faisceau musculaire se trouve presque en 
entier dans le plan de la figure. 



Organe mûriforme. — Chez Ilippobosca il existe, à la base de la 
lèvre inférieure, un organe particulier que je désigne sous le nom 
d'organe mûriforme. Il est situé sur la partie membraneuse qui 
relie de chaque côté les deux portions compactes de la lèvre 
inférieure, dans la rainure qu'elles laissent entre elles. Il s'étend^ 
d'ari-ière en avant, sensiblement jusqu'au deux tiers de la partie 
élargie et basale de la lèvre inférieure. 



APPAREIL DIGESTIF 



131 




FiG. 42, — Coupe longitudinale de la partie an- 
térieure de la. léle (Craiaerhina pallida Olf.) ; 
ce, cavité céphalique; tr, trompe; om, organe 
mûriforme. Gr. =:;:53. 



Cet organe (fîg. 42) comprend des cellules qui forment, dans la 
cavité de la lèvre infé- 
rieure, des saillies arron- 
dies qui donnent à cette 
région un aspect mûri- 
forme très particulier et 
bien caractéristique : 
d'où le nom que je lui 
ai donné momentané- 
ment. Du côté externe, 
c'est-à-dire du côté de la 
rainure située entre l'hy- 
poglosse et le thyroïde, 
les cellules émettent des 
poils fins, chitineux et jau- 
nâtres (fîg. 43). Enfin, du côté interne de ces cellules, dans la 
cavité de la théca, il semble 
exister quelques filaments 
mais je n'ai pu déterminer 
ni leur nature, ni leur rela- 
tion avec ces cellules. 

Le rôle de cet organe mû- 
riforme est resté pour moi 
très énigmatique. 

J'en constate l'existence 
dans Hippohosca, Lynchia, 
Ornithonii/iaetCralaerhina. 

Il n'existe pas dans Lipo- 
ptena, Melophagus et Nyc- 
teribia. 

En résumé, je relève la 
présence constante de cet 
organe chez les Pupipares 
parasites des Oiseaux. Il est 
toujours absent chez les Pupipares parasites des Mammifères, à 
l'exception toutefois à' Hippohosca. 

Résumé. — La structure de la trompe de VHippobosca est iden- 
tique à celle que Mûggenburg a décrite chez Melophagus, espèce 




FiG. 43. — Coupe transversale de la partie 
postérieure de la région élargie de la trom- 
pe, Craiaerhina. pallida OU. ; Is, lèvre 
supérieure; /i//, hypopharynx et canal sali- 
vaire; luj, hypoglosse; om, organe mûrifor- 
me. Gr. =:4oo. 



132 ANATOMIE 

cependant plus fixée. J'ai comparé cette structure avec celle de tous 
les Hippoboscidés que j'ai eus à ma disposition : je n'ai constaté 
aucune variation appréciable. 

La seule différence apparente consiste dans la présence de l'organe 
mùriforme, placé à la base de la trompe. 

J'arrive donc à cette conclusion que, chez les Hippoboscidés, la 
trompe est un organe à structure bien définie et homogène dans tout 
le groupe : les seules différences consistent en variations dans les 
parties constituantes, mais le type reste toujours le même. 

Cette constance de structure est en relation avec le mode de vie 
qui est le même pour toutes ces espèces qui sucent le sang de leur 
hôte toujours par un processus identique. 



II. - ROSTRE 

Le rostre est situé tout à fait à l'extrémité antérieure de la tête. 
Il constitue un organe protecteur de la trompe. Il est formé de deux 
valves soudées à la tête de chaque côté de la ligne médiane ; celles- 
ci sont latérales, concaves du côté interne, libres en haut et en 
bas sur toute leur longueur. Les parties convexes et externes sont 
très chitinisées et couvertes de poils; les parties concaves et 
internes sont membraneuses. 

La longueur du rostre varie avec les espèces : elle est évidemment 
en relation d'abord avec la grandeur de celles-ci. Dans un précé- 
dent chapitre j'ai constaté que sa longueur subissait également des 
variations indépendantes de la taille, en relation avec le degré de 
fixation de l'insecte à son hôte : Melophagus, aptère et beaucoup 
plus petit quHippobosca camelina, possède un rostre de i milli- 
mètre de longueur, beaucoup plus long que celui de ce dernier. 

La couleur est assez uniforme, toujours très foncée. 

Par ses deux valves allongées, aplaties latéralement et appliquées 
l'une contre l'autre sur toute leur étendue, le rostre a l'aspect d'un 
étui qui renferme la trompe à son intérieur. Sur les faces externes, 
les poils sont toujours nombreux. D une façon à peu près constante, 
il existe à l'extrémité, dans les espèces bien douées pour le vol, un 
ou plusieurs poils particulièrement longs, alors que les autres restent 



APPAREIL DIGESTIF 133 

courts. On a vu précédemment que leur nombre et surtout leur lon- 
gueur sont en relation avec le degré de fixation à Ihôte. 

Les mouvements du rostre ne sont pas très variés ; ils sont au 
nombre de deux, en relation avec ceux de la trompe : la protraction 
de la trompe ayant pour effet de soulever les deux valves du rostre 
et de les écarter l'une de l'autre, la rétraction, d'abaisser et de rap- 
procher ces deux valves. 

Je ne vois pas de muscles susceptibles de mouvoir ce rostre ; les 
mouvements de cet organe me paraissent purement passifs. 

Le rostre joue divers rôles. 

Le plus important est, d'une façon évidente, celui de protéger la 
trompe. En s'appliquant l'une contre l'autre, les deux valves con- 
stituent une gaine protectrice de la partie terminale de la trompe, qui, 
fine comme une aiguille, se briserait, si elle était soumise à des con- 
tacts extérieurs un peu brusques. Ce rostre, solide et volumineux, 
protège cet organe mince et effilé, du contact incessant des poils ou 
des plumes de l'hùte jusqu'au moment où il vient s'appliquer contre 
la peau et où la trompe va se dévaginer. A cet instant, le mouve- 
ment du rostre, dont les valves se soulèvent et s'éloignent l'une de 
l'autre, aura pour résultat d'écarter les poils ou les plumes et de 
mettre ainsi la trompe en contact direct avec la surface de la peau 
de 1 hôte. 

D'autre part, le rostre aide à la piqûre, en offrant un point de 
résistance, qui permet à la trompe une plus facile pénétration. 

Enfin, par ses poils en relation avec des éléments nerveux, le 
rostre fonctionne aussi comme organe des sens. 

Nycteribia. — L'organe buccal a été décrit sommairement par 
Mûggenburg. 

Dans son ensemble, il est identique à celui des Hippoboscidés : il 
se compose en effet des mêmes éléments. Sa longueur est de o mm. 3 : 
il comprend une partie basale élargie de o mm. i5 et une partie 
terminale, de même longueur, fine comme une aiguille et destinée 
à la piqûre. 

L^organe est ici rectiligne et non recourbé vers le bas comme 
dans les Hippoboscidés. 

On y distingue : 

Une Lèvi^e supérieure de même forme ; 



134 



ANATOMIE 



Un hypopharynx à la base duquel débouche le canal salivaire; 
Une lèvre inférieure formant gaine. 

Le rostre des Hippoboscidés nest pas présent. Toutefois, de 
chaque côté de l'org-ane buccal, il existe une grosse tige prisma- 
tique d'une longueur de o mm, 'i^ et légèrement recourbée en 
arrière. L'organe buccal, placé entre ces deux tiges, se trouve ainsi 

protégé ; elles constituent donc un 
organe protecteur homologue au ros- 
tre. Ces tiges sont, d'autre part, cou- 
vertes de poils dont quelques-uns 
sont très longs; certains d'entre eux 
ont une longueur double de celle de 
la tige qui les porte. 

Il existe aussi une cavité céphali- 
que chez Nj/cteribia, mais elle est 
très petite et apparaît surtout dans 
la région inférieure. Lorsque l'organe 
buccal est au repos {fig. 44)» on le 
voit en partie rentré à l'intérieur de 
la tête et son extrémité effdée se 
trouve placée entre les deux tiges 
prismatiques qui le protègent. 

Dans la figure 4^, où cet organe 

est en situation pour piquer, on le 

voit complètement sorti de la cavité 

céphalique et dans une position très 

oblique. La partie basale renflée est ici à nu et non protégée 

comme chez les autres Pupipares. 

Les mouvements que cet organe peut exécuter sont donc très 
faibles comparativement à ceux des Hippoboscidés, mais il y a com- 
pensation par suite de la grande mobilité de la tête. 

La musculature rappelle dans son ensemble celle des Hippo- 
boscidés. De même que Mùggenburg, je trouve un muscle rétrac- 
teur (II) de l'organe buccal ; mais j'observe en outre, un muscle 
protracteur, homologue du muscle (1) des Hippoboscidés. Comme 
ce dernier, il s'insère à la partie postérieure de l'organe buccal et, 
en haut, à la base du rostre. Sa contraction a pour effet de 
soulever l'organe buccal ; mais, en raison du peu de développe- 




FiG. 44. — Tctc de Syclerihia ; a 
antennes; r, rostre; <r, trompe 
Gr. =97. 



APPAREIL DIGESTIF 



135 



ment de la cavité céphalique, ce dernier prend alors la position 
oblique représentée dans la figure ^5. 

A l'intérieur de l'organe buccal, on observe une musculature 
identique à celle d'Hippobosca avec 
les muscles protracteurs et rétrac- 
teurs III, IVetV. 

Résumé. — La structure de l'or- 
gane buccal deNycteribia est iden- 
tique à celle des Hippoboscidés : 
on y trouve les mêmes éléments. 

Cet organe en diffère toutefois : 

Par l'absence complète d'une pro- 
tection de la partie basale élargie 
de la trompe ; 

Par un appareil perforant plus 
court et rectiligne ; 

Par une vésicule céphalique rudi- 
mentaire ; 

Par la conformation bien différente 
du rostre. 




FiG. 45. — Tête de Nycteribia (co- 
lorée au paracarmin et éclaircie 
à l'essence de girofle) ; a, anten- 
ne; r, rostre; tr, trompe; c, 
ganglion céphalique; p, pharynx; 
o, œsophage; III, muscle protrac- 
teur des pièces buccales; IV, 
muscle rétracteur; XI. muscle 
suceur. Gr. = 97. 



Braula. — Le Braula étant hypo- 
gnathe, les appendices buccaux sont 
placés à la partie inférieure de la tête, 
presque en contact avec les pattes 
(pi. VII,fig.59). 

La région inférieure possède un 
clypéus constitué par une plaque 
semi-circulaire, plate et nue. 

11 existe aussi une petite vésicule céphalique, comme on l'observe 
dans la figure 46, dans laquelle les organes buccaux sont légèrement 
rentrés. 

Ces derniers comprennent, comme chez les Hippoboscidés : 

Une lèvre supérieure ; 

Une lèvre inférieure ; 

Un hypopharynx. 

Il existe en outre : une paire de palpes maxillaires et une paire 
de palpes labiaux. 



136 



ANATOMIE 



hdi lèvre supérieure est courte et de forme conique. Elle est cons- 
tituée de deux lames, l'une supérieure, l'autre inférieure, plate, 
formant le plafond buccal (épipharynx), entre lesquelles on distin- 
gue, surtout dans la partie profonde, des fibres musculaires. Ces 
dernières paraissent avoir pour but de pousser l'épipharynx en 
avant, ou plutôt de le soulever et de l'écarter de la lèvre infé- 
rieure : ce mouvement est rendu possible, en raison de l'existence 
d'une partie membraneuse (r), plissée dans la figure 4^ et située 





FiG. 46. — Coupe longitudinale de la 
partie antérieurede la tètede Branla 
cxca ;p, pharynx ; cb, cavité buccale ; 
XI, muscle suceur. Gr. := 240. 



FiG. 47. — Coupe de la partie anté- 
rieure de la tête de Branla cseca; 
h, hypopharynx. Gr. =. 36o. 



en arrière de l'épipharynx. Dans ce dernier cas, l'elfet serait une 
augmentation du volume de la cavité buccale : celle-ci partici- 
perait ainsi à la succion. 

hliypopharynx est rudimentaire^ très court (fig. 47) ; il fait une 
légère saillie à l'intérieur de la cavité buccale. Il est plus large à sa 
base. Sur l'hypopharynx vient également déboucher le canal sali- 
vaire. 

La lèvre inférieure supporte l'hypopharynx. Elle se continue 
latéralement par deux palpes labiaux, élargis en avant et couverts 
de poils sensoriels. 

A l'extérieur des palpes labiaux, se trouvent les palpes maxil- 
laires en relation par leur base et, du côté interne, avec la lèvre 
supérieure et le clypéus. Ils sont en forme de massue ; leur partie 
dilatée est couverte de poils longs et fins (pi. VII, fig. Sg). 

Par rapport aux Hippoboscidés et aux Nyctéribiés, la conforma- 
tion de l'appareil buccal du Braula est donc bien différente. On y 
trouve les mêmes appendices placés dans une cavité céphalique rudi- 



APPAREIL DIGESTIF 137 

mentaire comme celle des Nyctéribiés, mais on observe en plus des 
palpes labiaux. Les palpes maxillaires ont manifestement un rôle 
protecteur analogue à celui qu'ils jouent chez les Nyctéribiés : leur 
forme est toutefois bien différente de celle des palpes maxillaires 
des Hippoboscidés. 

Enfin, les appendices buccaux ne me paraissent pas constituer un 
appareil piqueur, comme chez les Hippoboscidés et les Nyctéribiés 
car ils ne comprennent pas, comme chez ces derniers, une partie 
basale élargie, réservée aux muscles, et un appareil perforant 
terminal. 

D'après cette constitution de l'appareil buccal, il est à présumer 
que cet Insecte n'est pas un véritable parasite de l'Abeille. On le 
rencontre, il est vrai, en grande abondance sur les reines. L'api- 
culteur qui m'a procuré des Braula en récoltait un très grand nombre 
sur celles-ci, quelquefois jusqu'à une vingtaine, alors qu'il n'en 
recueillait qu'un ou deux sur les autres Abeilles. 

Les partisans du parasitisme de cetinsectejustifîentcette préférence 
par la distension des anneaux de l'abdomen, qui résulte du dévelop- 
pement des ovaires et qui a pour résultat de mettre à nu les 
parties articulaires minces et flexibles, que le Braula peut alors 
facilement perforer. 

En m'appuyant sur la conformation de l'appareil buccal, qui n^est 
nullement celle d'un insecte piqueur, je considère avec J. Pérez que 
Braula est un commensal et non un véritable parasite. Le fait 
qu'il se trouve en abondance sur les reines, peut s'expliquer tout 
aussi bien par la grande abondance de nourriture, mise à la dispo- 
sition de celles-ci, dont les Braula peuvent profiter. 



111. — PHARYNX. 

J'étudierai successivement : 
1° Le tube digestif ou pharynx proprement dit ; 
2° Les apodèmes ; 
3° Le fulcrum ; 
4" Les muscles. 

Le pharynx est la partie du tube digestif située en arrière de la 
trompe qui s'étend jusqu'à l'œsophage. 



138 ANATOMIE 

Sa structure est relativement compliquée. 
Il a deux rôles importants : 

à) Par ses pièces squelettiques, il contribue à augmenter la 
puissance de pénétration des org-anes piqueurs ; 

b) Il constitue, d'autre part, l'organe de succion de ces Insectes, 
Je passerai en revue la portion du tube digestif relative au 
pharynx, puis les pièces squelettiques accessoires : les deux apodè- 
mes et le fulcrum. J'examinerai ensuite en détail les différents mus- 
cles qui les mettent en mouvement et qui contribuent puissamment 
au fonctionnement des organes piqueurs, qui viennent d'être 
décrits. 

Le tube digestif se divise ici en deux régions faisant entre elles 
un angle, dont le sommet est dirigé en avant (fig. Sa et 35). Ces 
deux régions n'ont pas la même structure et doivent jouer des rôles 
différents. 

La partie inférieure ou tube prépharyngien présente une cavité 
dont la section est circulaire. Ses parois sont entièrement chitinisées ; 
les parties latérales forment sur toute leur longueur des arêtes 
très prononcées, qui servent à l'insertion des fibres musculaires 
(fig. 5o). Le pharynx inférieur s'articule par une partie molle avec 
la région supérieure de cet organe. 

Observée par la partie antérieure, la région supérieure du pha- 
rynx présente une forme en entonnoir (fig. 49) i très régulièrement 
élargie, dans sa région médiane et supérieure, elle se rétrécit vers 
le bas, au point où elle se continue avec la première partie. 

Mais, l'aspect est tout autre si on étudie cet organe sur une 
coupe horizontale et même sur une coupe transversale. Le pharynx 
se montre alors sous la forme d'un croissant (fig. 5i). Il est constitué 
par une paroi formant deux arcs de cercle qui se coupent, à con- 
cavité dirigée en avant ; les deux parois, qui délimitent la cavité 
pharyngienne, sont très rapprochées l'une de l'autre dans la partie 
médiane et presque en contact, sur une assez grande longueur dans 
les parties latérales. 

Cette partie du pharynx constitue l'organe de succion : elle 
présente des régions squelettiques, qui seront mises en mouvement 
par le muscle suceur. 

Le squelette comprend des régions chitinisées, réunies entre elles 
par des portions membraneuses. 



APPAREIL DIGESTIF 139 

La paroi postérieure est complètement chitinisée et régulière- 
ment incurvée. 

La paroi antérieure ne présente de portion chitineuse que 
dans la région médiane, ses parties latérales restent toujours mem- 
braneuses. Elle comprend antérieurement une arête dure, solide, 
dirigée de bas en haut et située dans la partie médiane de l'organe : 
elle servira à l'insertion des fibres du muscle suceur. 

Apodèmes. — Les apodèmes sont au nombre de deux, (figures 35 
et 49). Ce sont des tiges de chitine de o mm. 8, de longueur et 
de o mm. 8, de largeur dans H. carnelina, qui s'insèrent sur la 
partie postérieure et latérale de la lèvre supérieure par une région 
épaissie en bouton et, d'autre part, sur les parties latérales du 
fulcrum. 

A l'état de repos, elles sont inclinées, d'avant en arrière, et for- 
ment un angle de 45 degrés avec l'axe de la tête(fig. 35). 

L'extrémité supérieure est effilée et aplatie, au lieu d'être de 
forme arrondie comme dans Musca domestica ; elle est réunie par 
des fibres musculaires aux parties latérales du fulcrum. Sur toute leur 
longueur, chacune de ces tiges sert à l'insertion de nombreuses 
fibres musculaires (fig. 48 et 49). 

Fulcrum. — Constitué par deux tiges horizontales, qui se soudent à 
la partie antérieure, le fulcrum est articulé, en avant, avec la région 
frontale de la tète, en une région fortement chitinisée et très résis- 
tante, et, en arrière, avec la portion supérieure et élargie du 
pharynx. Sur le pourtour et à l'intérieur, s'observent de nombreuses 
fibres musculaires dont j'étudierai plus loin le rôle et le fonctionne- 
ment. 

Cet ensemble a la forme d'une nacelle suspendue à la partie 
supérieure de la cavité céphalique. L'aspect est un peu différent de 
celui présenté par le fulcrum de [Musca domestica que Krœpelin 
compare à un étrier. 

Muscles s'insérant sur les apodèmes (fig. 35 et 48). — Ces 
muscles servent les uns à augmenter la puissance de pénétration 
des organes buccaux ; les autres, en retirant ces organes, fonction- 
nent comme des muscles rétracteurs. 



140 



ANATOMIE 



Je compte quatre paires de muscles : deux s'insèrent sur la tête 
de l'apodème, les deux autres ont leur insertion sur les parties laté- 
rales. 

Gomme pour les org-anes buccaux, j'affecte à chacun de ces mus- 
cles un numéro d'ordre pris à la suite des précédents. 

VI. Muscle protracteur. — Celui-ci s'insère à la partie antérieure 
du pilier ; il se fixe, d'autre part, latéralement sur le fulcrum 
(%• 35). 




FiG. 48. — Dissection des organes buccaux en état de protraction, Hippohosca 
c ameli lia Lench ; f, fulcrunV; /), pharynx; pp, tube prépharyngien; a, apodème ; 
<r, trompe; Is, conduit salivaire ; I, muscle protracteur de l'organe buccal et II, 
muscle rétracteur; VIII, muscle élévateur du tube prépharyngien; IX, muscle 
rétracteur des apodèmes; X, muscle protracteur du fulcrum; XI, muscle 
suceur; XIII, muscle salivaire. Gr. =27. 



Ce muscle a une double fonction : 

1° D'une part, par la rigidité qui résulte de sa contraction, il 
assure un point d'appui à l'ensemble des organes buccaux au mo- 
ment où ceux-ci pénètrent dans la peau de l'hôte ; 

2° D'autre part, son action a encore pour effet d'augmenter la 
puissance de pénétration, en poussant en avant tout l'ensemble 
devenu rigide. 

Mûggenburg Fappelle le levator maxillse. 

Je le considère comme un muscle protracteur. 

VII. Muscle rétracteur (fig. 49)- — Ce muscle s'insère sur la 
partie postérieure de la tête de Tapodème, et sur la région posté- 
rieure du fulcrum. 



APPAREIL DIGESTIF 



141 




Comme le précédent, il concourt à la fixité de Tapodème ; son 
action consiste surtout à ramener celui-ci en arrière. Il fonctionne 
donc comme un muscle rétracteur, antagoniste du précédent. 

Mûg'g-enburg' l'appelle retractores ma- 
xillarum. 

Cet auteur fait encore jouer à ces 
muscles un rôle dans les mouvements 
latéraux de l'organe buccal qui permet- 
tent à l'animal d'explorer les régions 
voisines de la bouche : la contraction 
combinée des muscles de droite et de 
gauche produit le déplacement laté- 
ral de la trompe. 

L'étude anatomique de ces muscles 
me conduit à la même conclusion. 

VIII. Muscle élévateur. — Sur la ré- 
gion supérieure de Tapodème viennent 
s'insérer de nombreuses fibres muscu- 
laires (fîg. 48 et 49) qui vont se fixer 
d'autre part sur les parties latérales 
du tube digestif, sur toute la longueur 
de la moitié inférieure de celui-ci jusqu'à 
l'extrémité élargie où il se continue 
avec la base de la trompe. On a vu que 
le tube digestif présente dans cette 
région des épaississements latéraux, qui servent à l'insertion de ces 
libres musculaires (fig. 5o). 

Quelle est l'action de ce muscle? 

Il suffît, pour montrer cette ac- 
tion, de considérer l'appareil buc- 
cal au moment où celui-ci perfore 
la peau de l'hôte (voir fig. 48). Les 
apodèmes se trouvent alors sur le 
prolongement de la partie supé- 
rieure et médiane de la lèvre infé- 
rieure ; ils ont oscillé d'arrière en 
avant, comme un pendule, sensible- 
ment de (9o°-l-45'')= 1 35 degrés,par rapport à leur position primitive 



Fig. 49. — Partie postérieure du 
fulcrum iVHippohosca camelina 
Leach; p, pharynx; tp, tube pré- 
pharyngien; a, apodèmes; VII, 
muscle rétracteur des apodè- 
mes ; VIII, muscle élévateur du 
tube prépharyngien. Gr. = 53. 




FiG. 5o. — Coupe transversale du tube 
prépharyngien d'Hippobosca eqnina 
L.; s, saillies latérales; VIII, muscle 
élévateur ; Ip, tube prépharyngien, 
Gr. =r 400. 



142 ANATOMIE 

La partie inférieure du phai'ynx se trouve disposée en dessous 
des apodèmes, formant un arc de cercle, et les fibres musculaires 
s'aperçoivent alors, comme autant de cordes qui partent du même 
point sous-tendantcetarc. L'action de ces fibres se comprend immé- 
diatement; leur contraction a pour effet de soulever cette région 
arquée du tube digestif, dont la partie terminale antérieure est en 
continuité avec la trompe ; et, si le résultat n'est pas d'amener cette 
région à se trouver en ligne droite avec la trompe, — ce qui aurait 
naturellement pour résultat de pousser celle-ci en avant — il n'en 
est pas moins vrai que ce muscle a pour effet manifeste de donner 
à l'ensemble plus de rigidité, c'est-à-dire plus de résistance ; car la 
partie postérieure repose, elle aussi, sur la portion fortement chiti- 
nisée du pharynx supérieur. 

D'autre part, on voit que cette disposition a encore pour effet de 
répartir la résistance opposée par l'hôte à la pénétration, sur trois 
points du fulcrum, aux deux points d'insertion des apodèmes sur 
les tiges latérales du fulcrum et en un point médian, celui du pha- 
rynx supérieur chitinisé. Par le fulcrum, cette résistance vient 
s'appuyer finalement sur la partie frontale céphalique fortement 
chitinisée. 

IX. Muscle rétracteiir (fig. 4^ et 49)- — C'est un des muscles 
les plus puissants et, en tout cas, le plus long de l'appareil buccal 
àHippobosca. 11 s'insère sur la face antérieure de l'apodème, sur 
presque toute sa longueur et surtout vers le sommet ; il le con- 
tourne par la face externe et se fixe en arrière au voisinage du cou. 
Cette disposition montre nettement un muscle rétracteur dont l'effet, 
par son action sur les apodèmes, est de ramener les organes buccaux 
en arrière. 

Lorsque l'insecte pique , ce muscle est allongé ; on s'aperçoit alors de 
sa grande longueur. Lorsque la trompe est rétractée, il est contourné 
plusieurs fois sur lui-même, pour se diriger enfin en arrière où se 
trouve son point d'insertion. En raison de cette disposition, on 
obtient avec les coupes en série des portions musculaires difficiles 
à rattacher les unes aux autres qui incitent le plus souvent à 
des conclusions erronées. Ce n'est que par des préparations in toto 
que j'ai pu déterminer l'existence, la position et le rôle exact de ce 
muscle. 



APPAREIL DIGESTIF 143 

Muscles du fulcrum. 

Muscle protî^acteuj' (fîg. 35 et 48). — Un autre muscle agit sur 
le sommet du fulcrum. Il s'insère sur la partie postérieure et supé- 
rieure de cet organe et, d'autre part, en avant, sur le pourtour de 
l'orifice céplialique, à la base du rostre. 

Quelle est son action ? L'examen du système buccal soit à l'état 
de repos, soit au moment de piquer, permet d'admettre que ce 
muscle a pour résultat de pousser en avant les organes buccaux 
en faisant basculer, jjar rapport à son point d'articulation antérieur, 
l'organe en nacelle sur lequel sont fixés les apodèmes. 

Si on considère les organes buccaux dans la situation représentée 
par la figure 48, qui est celle de la trompe, au moment où celle-ci 
perfore la peau de l'hôte, on voit que ces organes, placés les uns à 
la suite des autres, formant en ce moment un ensemble rigide, 
subiront par la contraction de ce muscle une poussée vers la partie 
antérieure ; c'est bien un muscle protracteur. 

Le muscle paraît avoir^ d'autre part, une action sur le rostre, à la 
base duquel il vient s'insérer. Je crois qu'il doit par sa contraction 
soulever légèrement celui-ci et contribuer à l'écartement des deux 
valves. Toutefois, l'écartement des deux valves du rostre est sur- 
tout provoqué par la dévagination de la cavité céphalique, lors de la 
projection de la trompe. 

Ce muscle est appelé depressores falcri par Mûggenburg, dans 
son travail sur Melophagus ; d'après lui, il complète l'action 
protractrice du muscle protusoi'es pfohoscidis. Mon étude sur Hippo- 
hosca confirme complètement cette manière de voir. 

Nous venons de passer en revue la musculature très compliquée 
desorganes buccaux, musculature qui est destinée à assurer soit la 
perforation de la peau de l'hôte, soit le retrait de ces organes 
dans la cavité céphalique. 

XI. Muscle suceur (fig. 48 et 5i). — Gomment s'effectue mainte- 
nant l'entrée des liquides alimentaires dans le tube digestif de l'in- 
secte ? 

Le muscle XI, destiné à la succion, se trouve à la partie supérieure 
de la région pharyngienne.il est localisé à la partie postérieure de 
l'organe en nacelle. La coupe transversale du pharynx montre qu'il 
est formé de deux régions chitinisées, réunies entre elles par des 
parties membraneuses (cj. La région antérieure présente une arête 



144 



ANATOMIE 



médiane solide (fig. 5i). C'est sur celle-ci, le raphé (r), que vient 
s'insérer le muscle suceur, dont les libres se fixent d'autre part sur 

une saillie de la paroi an- 
térieure de la tête. 



On comprend immédiate- 
ment le fonctionnement de 
l'org-ane. Son action est 
semblable à celle d'une 
pompe aspirante. Le mus- 
cle, en se contractant, écarte 
la paroi antérieure de la pa- 
roi postérieure rigide et dé- 
termine ainsi un vide, d'où 
résulte une aspiration du 




FiG. 5i. — Coupe transversale du fulcrum, 
Hippobosca eqiiina L.; pa, paroi antérieure 
el pp, paroi postérieure du pharynx; r, raphé; 
a, apodèmes; VII, muscle rétracteur des apo- lianide San2"uin de l'hôte 
dèmes: XI, muscle suceur; XIII, muscle sali- „ . . -j.- 

vaire. Gr. = ii3. ^^ revenant a sa position 

d'équilibre, les liquides 
comprimés sont chassés dans l'œsophage. Une nouvelle aspiration 
aurait pour effet de les ramener dans le pharynx ; ce retour est 
empêché par l'existence de muscles situés dans la région supérieure, 
au point où le tube digestif se courbe pour se diriger vers le cerveau. 

XII. Sphincter œsophagien. — A la 
partie supérieure du pharynx se trouvent 
deux muscles dont l'action est analo- 
gue à celle d'un sphincter. J'observe 
un muscle situé à la partie supérieure 
de la courbure et un autre à la partie 
inférieure (fig. 52). L'un et l'autre 
s'insèrent latéralement sur des portions 
chitinisées du fulcrum. Le rapproche- 
ment des deux parois et, par suite, la 
fermeture du tube digestif, sera le ré- 
sultat évident de la contraction de ces 
muscles, les parties latérales du ful- 
crum chitinisées étant fixes et ne pouvant se déplacer l'une vers 
l'autre. 

XIII. Muscle salivaire (fig. 53), — Le treizième muscle vient 
se fixer sur le canal salivaire et sera décrit, plus loin, avec cetorgane. 




Fig. 52. — Coupe transversale 
de la partie supérieure du 
pharynx, Hippobosca equina 
L.; td, tube digestif; pi. tiges 
chitineuses latérales du ful- 
crum ; X, muscle protracleur 
du fulcrum; XII, sphincter 
œsophagien. Gr. := ii3. 



APPAREIL DIGESTIF 



14^ 




Nyctéribiés, — Nycteribia. — Le pharynx a une constitu- 
tion qui rappelle celle des Hippoboscidés. Il est recourbé vers le 
haut, à concavité tournée en avant. Il constitue, de même, une 
rég-ion modifiée qui sert à l'aspiration des liquides, avec paroi 
postérieure chitinisée et avec paroi antérieure, présentant un 
raphé médian qui sert à l'insertion du muscle suceur (XI). 
Celui-ci (fîg, 53) s'insère 
à la base des deux palpes 
maxillaires. De même on 
retrouve le muscle (X) qui 
est ici le véritable muscle 
protracteur s'insérant, 
comme chez les Hippobos- 
cidés, sur les parties su- 
périeure et latérale du ful- 
crum et, d'autre part, en 
avant vers la base des palpes 
maxillaires . Sa direction 
horizontale montre qu'il aura 
pour résultat de pousser le 
fulcrum en avant et, par 
suite, Torg-ane buccal lui- 
même. 

Je constate l'absence de ces apodèmes si caractéristiques du 
pharynx des Hippoboscidés. 

Braulidés. — Braula. — La structure générale du pharynx rap- 
pelle celle des Hippoboscidés, 

Le pharynx a une direction verticale, un peu en forme d'arc, à 
concavité dirigée en avant. Il est presque perpendiculaire à la direc- 
tion de la cavité buccale. Cette position est celle que l'on observe 
lorsque les organes buccaux sont in vag-inés dans la cavité céphalique, 
ainsi que le représente la figure 54 ; elle est rendue possible par 
suite d'une articulation de chitine flexible qui se trouve à la base, 
en arrière de la cavité buccale. 

Mais lorsque les org-anes buccaux sont saillants, les deux cavités 
pharyngienne et buccale sont dans le prolongement l'une de l'autre. 
Dans ce cas, le sommet du fulcrum, au lieu d'être au voisinage de la 
Univ. de Lyon. — Masso>nat ' 10 



FiG. 53. — Coupe longitudinale antérieure de 
la tête de Nycteribia; p, pharynx; o, œso- 
phage ; es, conduit salivaire ; s, soupape 
d'arrêt; XIII, muscle salivaire; X, muscle 
protracteur du pharynx; XI, muscle suceur. 
Gr. = 320. 



146 ANATOMIE 

cavité transverse externe de la tête, se trouve dans une région plus 
inférieure ; cet organe a donc dû basculer sur lui-même et être 
poussé en avant et vers le bas, par l'action du muscle analogue au 

muscle X des Hippobos- 
cidés. 

En coupe transversale 
(fig. 55), le fulcrum a une 
forme semi-circulaire . Sa 
paroi postérieure est entiè- 
rement chitinisée et de colo- 
ration jaunâtre. La j)aroi 
antérieure ne l'est que sur 
la partie médiane, où elle 
constitue un rajDhé assez 
large, un peu cintré, qui 
sert à l'insertion de fibres 
musculaires ; les parties la- 
térales sont formées de chi- 
tine flexible. 

La musculature rappelle 
celle des Hippoboscidés, 
toutefois elle est plus ré- 
duite. En outre du muscle suceur 
(XI), il existe un sphincter œso- 
phagien (XIII) de même forme et 
de même situation (fîg. 54). 

Le muscle suceur s'insère sur 
le raphé et sur la paroi antérieure 
de la tête, avec une tendance 
générale des fibres musculaires à 
se diriger 




Fig. 54. — Coupe transversale de la partie 
antérieure de la tète du Branla csecu ; p, 
pharynx; o, œsophage; XI, muscle suceur; 
XII, sphincter œsophagien. Gr. = 240. 



II 




Fig. 55. — Coupe transversale de la 
partie antérieure du fulcrum de 
Branla cieca; p, pharynx; r, raphé; 
XI, muscle suceur. Gr. = 90. 



vers le bas. Sur une 

section transversale de la tête, 

les fibres se montrent (fîg. 55) 

bien séparées les unes des autres ; elles n'offrent pas cet aspect 

compact et serré du muscle suceur des Hippoboscidés (fig. 5i) 

et des Nyctéribiés (fig. 53). 

Les deux faisceaux du muscle rétracteur II (fig. 56) s'insèrent 
par côté, du cône céphalique au voisinage de l'ouverture du canal sali- 



APPAREIL DIGESTIF i47 

vaire; ils sont parallèles jusqu'à la base du ganglion céphalique, et 
de là ils divergent, pour aller 
se fixer vers la région dorsale 
de la tête, de chaque côté du 
cou. 

Résumé. — Le fulcrum du 
Braula a une constitution ana- 
logue à celle des Hippobosci- 
dés. 

Il s'en distingue toutefois : 

1° Par l'absence de ces apo- 
dèmes, toujours très constants 
chez les Muscidés et les Hippo- 
boscidés ; 

2° Par une musculature plus 
réduite. 

De même que chez les Nycté- 
ribiés, il manque tous les 
muscles qui s'insèrent sur les 

apodèmes ; mais il y a ici, par rapport aux deux groupes précédents, 
une réduction très caractéristique du muscle suceur. 




FiG. 56. — Partie postérieure de la tète du 
Braula, colorée au paracarniin et éclair- 
cie à l'essence de girofle ; c, cerveau ; 
p, fulcrum ; II, muscle rétracteur de 
l'organe buccal. Gr. = 64. 



IV. — GLANDES SALIVAIRES 



Les glandes salivaires appartiennent au type des glandes en tube. 
Elles sont constituées, chez Ilippohosca, par un tube dont la 
partie terminale de o mm. i de diamètre se pelotonne sur 
elle-même, formant une sorte de glomérule. Les deux glomérules 
se trouvent de chaque côté de la partie antérieure de l'abdomen et 
non dans la partie postérieure comme dansiVff/sca (Hewitt, 1907). 
Les tubes salivaires qui deviennent alors plus étroits, de o mm. o5 de 
diamètre, pénètrent dans le thorax après avoir traversé la partie 
rétrécie qui relie l'abdomen au thorax. A hauteur du pro ventricule, 
de chaque côté de celui-ci, les glandes forment un grand réservoir 
ellipsoïdal dont les dimensions sont chez H. camelina, longueur 
o mm. 6, hauteur o mm. 4 et largeur o mm. 45. A leur sortie, après 
un certain trajet, les deux canaux se réunissent en un seul et for- 



148 ANATOMIE 

ment le conduit excréteur salivaire qui traverse le cou pour se rendre 
dans la tête. Il se dirige vers la portion postérieure du fulcrvim. Le 
diamètre du tube chang-e alors brusquement ; il devient très large, 
avec des épaississements spirales qui rappellent une trachée, mais 
à saillies plus marquées. 

La pénétration du liquide salivaire dans cette région élargie, est 
réglée par une valve actionnée par un muscle (fig. 35 et 48). 
Cette valve ferme le canal ; elle est soulevée par la contraction du 
muscle et elle règle ainsi l'écoulement du liquide du canal propre- 
ment dit dans le tube à épaississements annulaires. 

Le muscle salivaire est formé en réalité de deux faisceaux diver- 
gents qui s'insèrent, d'une part, en haut et en arrière de chaque 
côté de la portion arrondie du fulcrum et, d'autre part, en bas, sur 
la valve operculaire. Sa contraction a pour effet de soulever celle-ci 
et, par suite, d augmenter la largeur de l'orifice d'écoulement. 

Les cellules, qui constituent la paroi de l'organe sécréteur^ ont 
toutes les caractères des éléments glandulaires. Le protoplasme est 
finement granuleux et coloré en violet par l'hématoxjline. Les 
noyaux sont vésiculeux, à nucléole central, avec de la chromatine 
toujours située à la périphérie. A l'extérieur, on aperçoit une mince 
membrane, colorée en rose par l'éosine, formée d'éléments muscu- 
laires. 

Les conduits excréteurs comprennent un épithélium mince, 
entouré de quelques fibres musculaires, parmi lesquelles on distin- 
gue surtout les fibres longitudinales. 

Les réservoirs (fig. Sy-i) sont placés de chaque côté et un peu en 
avant du proventricule. La paroi est formée d'une couche de grandes 
cellules cylindriques, très allongées, dont les noyaux sont situés 
vers la périphérie. A l'intérieur, la membrane présente un revê- 
tement chitineux avec des épaississements en pointe (fig. 5 7-2) qui 
correspondent très exactement aux séparations cellulaires. A la sur- 
face externe s'observent quelques fibres musculaires. Le réservoir 
salivaire est donc contractile. 

Chacune de ces cellules présente deux régions qui se colorent 
d'une manière dilférente : l'une située vers le centre est colorée en 
rose par l'éosine ; l'autre externe retient l'hématoxyline et se diffé- 
rencie de la première par une nuance bleu violacé. Une semblable 
dimension de ces cellules exclut l'idée que le rôle de cet organe 



APPAREIL DIGESTIF 149 

soit simplement celui d'un réservoir. Il doit, lui aussi, contribuer à 
la sécrétion du liquide salivaire ; les cellules présentent, en effet, 
tous les caractères des éléments sécréteurs et notamment celui 
de fixer fortement l'hématoxyline. 

Des modifications s'observent aussi dans le diamètre du tube 
g-landulaire. C'est dans la partie pelotonnée ou glomérule que ce 
dernier présente la plus grande largeur : c'est ici la véritable 
région sécrétrice. Son diamètre 
est très faible soit avant, soit 
après le réservoir. 

J'ai fait l'étude de cette 
glande dans tout le groupe des 
Pupipares. 

On retrouve une constitution 
identique à celle à' Hippobosca 
camelina chez //. ec/uina, Li- 
poptena cervi, Lynchia maura, 
Ornithomyia et Crataerhina. 

Dans Crataerhina^ le tube 
sécréteur est dans la région tho- 




FiG. 57. — I. Coupe longitudinale du réser- 
voir salivaire. Gr. = 87. — 2. Paroi du 
réservoir salivaire ; /"m, fibres musculai- 
res; e, épiLliélium; se, saillies chitineu- 
ses internes. G. ^ 480, 



racique, très pelotonné sur lui- 
même au lieu d'être rectiligne. 

Chez Melophagus^ ainsi que l'observa Léon Dufour, le tube sali- 
vaire se termine dans l'abdomen par une partie sphérique d'assez 
grand diamètre. 

Chez Braula, la constitution est à peu près identique à celle 
d'Hippohosca. On a deux canaux glandulaires situés de chaque côté 
du réservoir alimentaire ; les parois sont formées de grandes cellules. 
La longueur de cette région glandulaire est de o mm. i5, for- 
mant un organe dont la largeur est quatre ou cinq fois celle 
du tube excréteur. La paroi de ce dernier est extrêmement mince et 
cesse d'être sécrétrice. Les deux tubes restent séparés jusqu'à la 
région du cou^ où ils se soudent en un canal unique, qui se termine 
dans un hypopharjnx un peu rudimentaire comme longueur, mais 
assez large à sa base. 

Dans les coupes de Braula, je ne trouve ni les épaississements 
spirales, ni les réservoirs salivaires. Il existe un muscle salivaire 
peu développé. Sa position est identique à celle des Hippoboscidés. 



150 ANATOMIE 

Il est appliqué contre la paroi postérieure du fulcrum et vient s'insérer 
sur le tube salivaire, dans la région terminale de celui-ci. 

Mùggenburg admettait Fabsence d'une soupape d'arrêt. D'après 
mes recherches sur Braula, il me paraît exister un dispositif qui 
fonctionne comme tel. On voit sur la figure 58, représentant une 
coupe de cette région, que le canal salivaire dont la paroi était 
jusque-là extrêmement mince, devient plus volumineux dès qu'il a 

traversé la région du cou, 
et surtout vers le voisinage 
du fulcrum. En ce point, 
on observe une partie 
étroite (a), située entre 
deux régions plus larges et 
qui doit fonctionner comme 
sphincter. L'appel de la 
sécrétion se produit par la 
contraction du muscle sa- 
livaire qui, en soulevant la 
paroi supérieure du canal, 
détermine l'écoulement du 
liquide de la glande vers 
rhypopharj'nx. 

D'après Mûggenburg, la 
fermeture du canal est obtenue par une sorte d'écrasement, que le 
tube salivaire subirait au repos. En réalité, le mécanisme est à peu 
près semblable à celui des autres Pupipares. 




FiG. 58. — Coupe longitudinale de la partie 
antérieure du pharynx; es, conduit salivaire; 
a, partie rétréciede ce conduit; XIII, muscle 
salivaire ; XI, muscle suceur. Gr. == 56o. 



Nycteribia. — Je n'ai pas étudié les glandes salivaires de Nycte- 
ribia, mais j'ai observé la terminaison du canal excréteur. Ce dernier 
débouche à la base de rhypophar3^nx. Gomme chez les Hippoboscidés, 
on constate l'existence d'un muscle salivaire et d'une soupape 
d'arrêt (fig. 53). 

V. — RAPPORTS DES PIÈCES RUCCALES DES PUPIPARES 
AVEC CELLES DES MUSCIDES 



11 est intéressant de comparer les organes buccaux des Pupipares 



APPAREIL DIGRSTIF 151 

à ceux des autres Diptères et surtout à ceux de la famille des 
Muscides, avec laquelle les Pupipares ont le plus d'-affînités. 

Au début de cette étude, pour ne pas entrer dans tous les dévelop- 
pements que la question des homologies des pièces buccales eût 
comportés, j'ai admis que les trois pièces buccales des Pupipares 
protégées par le rostre, correspondaient à la lèvre supérieure, à 
rhypopharynx et à la lèvre inférieure des autres Insectes. 

Les seules raisons, invoquées jusqu'ici pour admettre cette homo- 
logie, sont leur position et le fait d'être en continuité directe avec 
le revêtement externe de la tête. 

En réalité, la question est plus complexe. 

La question des homologies des pièces buccales des Diptères 
a donné lieu à de nombreuses controverses, en particulier, la lèvre 
inférieure. 

Savigny (1816) fut le premier, qui fît une étude détaillée des 
organes buccaux, dans les divers ordres d'Insectes, et qui aborda 
celle beaucoup plus difficile des pièces buccales des Diptères et de 
leurs homologies avec celles des autres groupes. La théorie de 
Savigny ^ fait époque. Relativement aux Diptères, cet auteur homo- 
loguait leur conformation buccale à celle des Hyménoptères et 
la considérait comme constituée des mêmes pièces, séparées ou 
fusionnées. 

Il admettait, en effet : une lèvre supérieure, une paire de mandi- 
bules, une paire de maxilles qui supportent des palpes maxillaires, 
un hypopharynx et une lèvre inférieure formant le proboscis. 

Cette étude de la conformation buccale des Diptères, de celle 
des Muscides et de leurs homologies, a été reprise par un grand 
nombre d'auteurs, notamment par Gerstfeldt, Meinert, Krœpelin et 
Low^ne. 

Nous rappellerons très brièvement les conclusions de ces auteurs. 

La question présentait, en effet, de particulières difficultés en 
raison des variations de l'appareil buccal chez les Muscides. 

C'est ainsi que chez les Tabanides on observe un appareil très 
compliqué avec les cinq stylets que Savigny décrivait ; mais, chez 
les autres Muscides, et notamment dans le groupe des Mouches 
proprement dites, cet appareil se simplifie et se réduit à trois 
organes. 

Des différences sexuelles peuvent même s'observer dans la 



152 



ANATOMIE 




Pjq 5g_ — Organe buccal des Muscides 
(d'après Lowne) ; r, rostre; h, trompe 
ou haustellum; .s, suçoir oral; p/?i, 
palpes maxillaires. 



conformation des org-anes buccaux. C'est ainsi que les femelles des 
Culicides ont une lèvre supérieure, une lèvre inférieure et cinq 
stylets, en un mot un appareil conformé comme celui des Tabanides; 

chez le mâle il se réduit et il 
n'existe plus qu'une lèvre infé- 
rieure et trois stylets (lèvre 
supérieure et les deux maxilles). 
Pour l'étude de l'appareil 
buccal des vraies Mouches, on 
peut prendre comme exemple 
Calliphora décrite par Krœpelin 
(1880)^ et dont Lowne a fait 
une magistrale étude en iSgS, 
et la Mouche ordinaire, dont 
Hewitt (1907) vient de donner 
tout récemment une descrip- 
tion détaillée. On trouve ici un appareil très réduit et adapté au 
mode de vie de l'insecte. 

L'appareil buccal des Mouches présente trois parties (fig-. 69): 

une partie basale 
cylindrique, char- 
nue , compacte , 
appelée rostre (r) 
qui supporte à son 
extrémité anté- 
rieure des palpes 
munis de soies 
sensorielles ; une 
région moyenne , 
haustellum ou 
trompe (h) ; une 
région terminale, 
le suçoir oral (s). Le rostre de la Calliphora comme celui de Musca 
domestica ne rappelle en rien le rostre des Pupipares. Ici le nom de 
rostre est donné à une partie membraneuse et compacte située à 
la région inférieure de la tête. Elle est de forme conique, remplie 
de trachées, et elle renferme le fulcrum, dont les parties squeletti- 
ques servent d'insertion aux muscles rétracteurs et suceurs. 




Fig. 60. — Coupe schématique de l'organe buccal des 
Muscides (d'après Lowne) ; p, pharynx ; tp, tube prépha- 
ryngien; a, apodème; es, conduit salivaire; s, soupape 
de ce conduit; XIII, muscle salivaire; Is, lèvre supé- 
rieure; /i, hypopharynx; h(j, hypoglosse; /;a, paraphyse. 



APPAREIL DIGESTIF 



153 



Comme dans les Pupipares, l'haustellum (fig-, 60) ou trompe ren- 
ferme une lèvre supérieure (Is), un hypopharynx (h) et une lèvre 
inférieure (li). La conformation est donc identique dans les deux cas. 

L'org-ane terminal ou suçoir est une dépendance de la lèvre infé- 
rieure : c'est une région élarg-ie, en forme d^entonnoir, riche en 
pseudotrachées, qui sert à l'insecte à palper et à prendre contact 
avec la surface sur laquelle se trouvent des liquides à ing-érer. 

J'étudierai maintenant les homologies de ces organes buccaux des 
Muscides avec ceux de Diptères ayant des appareils plus complexes. 

Rostj^e. — Le rostre (fig-. 61) est formé d'une portion dorsale (a) 
que Lowne dans Calliphora 
considère comme le labrum, 
et d'une partie latéro- ventrale. 
En s'appuyant sur le déve- 
loppement de la tête de la 
Forficiila auriciilaria, Lo^vne 
admet que la partie latéro- 
ventrale (h^ h' , h") du rostre 
est constituée par la fusion du 
labium et des maxilles ; le 
labium ou la véritable lèvre 
inférieure en forme la région 




Fig. 61. — Coupe transversale de la 
partie antérieure de, la tète d'une Mus- 
cide (d'après Lowne) ; p, pharynx ; r, 
raphé ; es, conduit salivaire; Ir, tra- 
chées; ap, apodèmes. 



médiane inférieure, les maxilles 
les parties latérales (Jï) et dor- 
sales (b). Gomme les écailles 

palpigères appartiennent à cette dernière région et qu'elles sup- 
portent les palpes, ces derniers ne sont autre que des palpes maxil- 
laires. 

Le fulcrum ou squelette céphalo-pharyngien a été diversement 
interprété. Gerstfeldt avait admis que les maxilles entrent dans sa 
composition : la partie dorsale (c) avec le raphé résulteraient de la 
soudure des deux lames des maxilles; la partie inférieure fd) lui 
paraissait formée par les stipites soudés ; les apophyses du fulcrum 
représenteraient les cardines. 

Menzbier prétend, au contraire, que le fulcrum est un org-ane 
d'origine interne, qui se développe, d'après lui, dans la membrane 
chitineuse du stomodeum. 

Lowne, dans une série de travaux faits sur la Calliphora, 



154 



ANATOMIE 



.k 



th. 



a repris cette étude des organes buccaux ; il arrive aux mêmes 
conclusions que Gerstfeldt. L'idée de Menzbier, que le fulcrum est 
d'orig-ine interne, est, d'après lui, en contradiction avec l'histoire 
du développement et surtout en opposition avec le fait des 
connexions de cet organe avec le clypéus : ce qui n'est pas 
admissible en effet pour un organe d'origine interne. 

D'après les travaux de Gerstfeldt et surtout de Lowne le ful- 
crum proviendrait donc des maxilles, ou plutôt les maxilles entre- 
raient réellement dans sa composition. 

Reste maintenant à discuter l'origine des apodèmes, de ces tiges 
, chitineuses pleines, qui réunissent 

le fulcrum à la partie basale de la 
C r\ ^\ \\ trompe. 

\^\ y^23 \\ Gerstfeldt pensait qu'elles prove- 

naient des cardines, c'est-à-dire de 
l'article de base de l'appendice buc- 
cal. Mais, ainsi que Lowne le fait 
remarquer, les cardines des maxilles 
représentent l'article basai creux 
d'un appendice ventral : aucune de 
leurs modifications ne pourrait pro- 
duire un simple apodème interne ; 
d'autre part, l'attache externe de 
ces apodèmes, en face de l'écaillé 
palpigère, exclut complètement une telle origine. Lowne se range à 
la manière de voir de Menzbier qu'il croit correcte : les apodèmes ne 
seraient que de simples tendons musculaires. 

Haustellum. — L'haustellum (fig. 62) comprend chez les 
Mouches une lèvre supérieure (ls).i un hypopharynx (h) et une lèvre 
inférieure (U). L'ensemble formé par l'haustellum et le suçoir est 
appelé par Krœpelin le vrai proboscis; c'est la partie saillante de 
l'organe buccal. 

La lèvre supérieure est appelée rostre par Fabricius, labrum- 
épipharynx par beaucoup d'auteurs et prélabrum par Lowne. 
D après ce dernier, elle comprend deux paires de sclérites, soudées en 
une paroi dorsale et une paroi ventrale^ réunies l'une à l'autre laté- 
ralement, par une région mince et flexible. Elle est l'homologue 
de la lèvre supérieure des Diptères. 




Fig. 62. — Coupe transversale de 
la trompe ou haustellum de Mus- 
cides, d'après Lowne. 



APPAREIL DIGESTIF 155 

L'hypopharynx est conforme à celui des autres Insectes et sem- 
blable à celui des Pupipares ; il est soudé lui aussi à la lèvre infé- 
rieure et renferme le canal salivaire. 

La lèvre inférieure a la constitution de celle des Pupipares. 
Lowne lui donne le nom de théca. D'après cet auteur, elle est 
constituée de quatre sclérites : l'hypoglosse (hg), les deux para- 
phjjses (hg) ou tiges latérales et le thyroïde (th). Fonctionnellement 
c'est bien une lèvre inférieure^ mais, d'après Lowne, son dévelop- 
pement et ses relations avec le rostre montrent que ce n'est pas un 
véritable labium et qu'elle n'est pas constituée par la deuxième 
paire de maxilles. Celle-ci serait très rudimentaire et peut-être 
même absente dans les Mouches. La place serait prise par la pre- 
mière paire de maxilles^ dont les galéas s'unissent pour former cette 
lèvre inférieure. 

La lèvre inférieure n'a donc pas la même origine que celle des 
autres Diptères et que celles des Mouches à appareil buccal 
complexe comme les Tabanides : elle est constituée essentiellement 
par la première paire de maxilles, au lieu de la deuxième paire. 
Ce n'est pas une lèvre inférieure dans le sens réel du mot, bien 
qu'elle en remplisse la fonction. Ce n'est pas un véritable labium, 
mais un pseudolabiuni comme l'appelle Lowne. 

Le suçoir oral termine l'haustellum. Il est destiné à la succion; 
sa conformation est très spéciale ; il est inutile d'insister sur ce 
point en raison de l'absence de cet organe chez les Pupipares. 

Comparaison de Vappareil buccal des Pupipares et des Muscides. 
— Si l'on compare maintenant l'organe buccal des Pupipares à celui 
des Mouches vraies, on constate entre eux les plus grandes ressem- 
blances. On trouve en effet une trompe, dont la structure est 
identique à celle de l'haustellum ; elle est constituée des mêmes 
éléments semblablement disposés : une lèvre supérieure, un 
hypopharynx et une lèvre inférieure. Cette dernière comprend, 
comme chez les Mouches, un hypoglosse, deux paraphyses et un 
thyroïde. En arrière, on observe un fulcrum de constitution iden- 
tique, un pharynx de même structure, deux apodèmes, un tube 
prépharyngien chitinisé, possédant aussi des rebords chitineux laté- 
raux, qui servent aux insertions musculaires, un canal salivaire 
avec valve, mue par un muscle inséré à la partie postérieure du 
pharynx 



156 ANAT03IIE 

La constitution est donc tout à fait semblable à celle observée 
chez les Muscides. 

Les différences dans la conformation buccale sont néanmoins 
profondes. 

Il n'y a pas de suçoir oral à l'extrémité. D'autre part, la trompe 
ou haustellum est invag-inée dans une cavité céphalique spéciale et 
elle n'est qu'en partie saillante à l'extérieur. Elle se différencie 
ici en deux régions à aspect bien tranché : une partie très étroite 
terminale et une partie basale très large. Le fulcrum est plus 
développé chez les Pupipares : au lieu de la forme en étrier des 
Muscides, il a plutôt celle d'une nacelle suspendue à la voûte 
céphalique. 

Les trachées sont peu nombreuses dans la tête. Elles ferment des 
tubes très étroits ou peu dilatés ; elles ne constituent pas ce 
système de sacs trachéens si développé chez la Mouche, en relation, 
avec le mode de protraction des organes buccaux. 

Par contre le développement musculaire est plus conséquent chez 
les Pupipares ; les faisceaux musculaires sont plus volumineux, 
notamment le muscle suceur. Un très grand nombre de muscles 
sont communs; quelques-uns cependant n'existent pas chez les 
Mouches, spécialement ceux qui servent à la protraction de l'haus- 
tellum ou trompe. 

Enfin, ce qui différencie très nettement comme aspect les Pupi- 
pares des vraies Mouches, c'est la présence de cet organe protec- 
teur de la partie terminale de la trompe, formé de deux valves, 
que nous avons appelé le rostre. Celui-ci est, en effet, caractéristique 
des Pupipares et sépare immédiatement ce groupe de celui des 
Mouches. 

Ces différences, dans la structure des organes buccaux des Pup- 
pares, par rapport aux véritables Muscides, doivent être rattachées 
à leur mode de vie spécial. 

L'haustellum ou trompe comprend une partie terminale, fine 
comme une aiguille, tandis que la région basale élargie sert de lieu 
d'insertion aux muscles^ assez nombreux et puissants, qui actionnent 
les stylets. Il semble qu'il y ait là une réelle adaptation de la trompe 
de ces Insectes à l'action de piquer. 

D'autre part, la trompe, au lieu d'être saillante comme dans les 
Muscides, est invaginée dans la cavité céphalique ; la région élargie 



APPAREIL DIGESTIF 157 

s'y trouve enfermée, sans qu'elle en puisse sortir à cause de l'obstacle 
que présentent les parties chitineuses de la région antérieure de la 
tète; de cette façon elle se trouve garantie contre les tractions de l'exté- 
rieur, qui résulteraient de la pénétration de la trontpe dans la peau 
de l'hôte et qui pourraient amener des ruptures du côté du tube 
digestif. 

La Mouche, elle, ne fait que palper délicatement les surfaces et 
appliquer son suçoir sur celles où se trouvent des liquides alimen- 
taires ; ici, il n'y a pas de tractions possibles. 

L'existence d'un moins grand nombre de trachées est aussi en 
relation avec le régime parasitaire de l'animal. Leur développe- 
ment est en rapport avec le vol et c'est un fait bien établi que, chez 
les Insectes parasites, les vésicules trachéennes sont peu développées 
ou n'existent pas. 

Le développement musculaire est également en rapport avec le 
régime de ces Insectes. Le Pupipare n'a pas comme la Mouche à 
palper simplement les surfaces ; il doit au contraire produire une 
énergie suffisante, pour perforer la peau de l'hôte, et son appareil 
suceur doit être, d'autre part, assez puissant pour aspirer les 
liquides puisés à l'intérieur de celui-ci. 

Ce développement des muscles a une répercussion sur les parties 
squelettiques qui servent à leur insertion : il est donc tout naturel 
de constater, chez les Pupipares, un développement plus considéra])le 
du fulcrum. 

Enfin, la trompe, qui est très fine à son extrémité et par suite très 
fragile, est protégée ici contre les chocs extérieurs. Cette protection 
est assurée par les palpes maxillaires, qui, en se développant et en 
se transformant en lames incurvées, constituent les deux vaWes 
formant gaine de l'organe que nous avons appelé le rostre. 

Entre la forme des palpes maxillaires des Muscides et celle de 
ces mêmes organes, chez les Pupipares, je trouve des termes de pas- 
sage dans Brailla et surtout dans Nycleribia. 

Dans Brailla, les palpes maxillaires sont en forme de massue, 
volumineux et placés sur les parties latérales de la bouche, dont ils 
protègent les appendices en raison même de leur masse. Il y a bien 
là un premier stade dans la transformation des palpes maxillaires 
en organes protecteurs. 

Mais, chez Nycterihia, la protection devient plus évidente et s'ef- 



158 



ANATOMIE 



fectue d'une façon plus parfaite. Il suffit, pour s'en convaincre, de se 
reporter à la fîg-ure 44, où l'on observe l'org-ane buccal à l'état de 
repos. Ce dernier est placé manifestement entre les deux palpes et 
à la base de ceux-ci. Il est incontestable que les palpes maxillaires 
protègent ici les appendices buccaux. 

Il suffit maintenant de concevoir que ces palpes, au lieu de rester 
prismatiques comme chez Nycteribia, se sont élargis et incurvés 
afin de s'adapter d'une manière plus parfaite à leur rôle de pro- 
tection, pour arriver enfin à la forme du rostre caractéristique des 
Pupipares. 

Telles sont les homologies des différentes pièces buccales des 
Pupipares avec celles des Muscides : j'ai rappelé les différents 
travaux qui ont été faits à ce sujet et j'y ai ajouté quelques obser- 
vations personnelles. 

Je terminerai cette question en donnant un tableau qui la résume : 



PUPIPARES 

Lèvre supérieure. = 

Hypopharynx . . = 

Lèvre inférieure . = 

Rostre .... = 

Fulcrum. ... == 

Apodèmes ... = 



lèvre supérieure, 
prélabrum (Lowne). 
hypopharynx. 
théca (Lowne). 
pseudolabium (id.). 
palpes maxillaires, 
fulcrum. 
apodèmes. 



DIPTERES 

= labrum. 

= hypopharynx. 
= i'"^^ maxilles. 

= palpes maxillaires. 

= i""" maxilles. 

= tendons musculaires. 



En résumé, la comparaison des pièces buccales des Pupipares et 
des Muscides montre une analogie complète dans les deux cas. Elles 
ne comprennent, en effet, que la lèvre supérieure, l'hypopharynx et la 
lèvre inférieure avec des variations qui résultent d'adaptations spé- 
ciales. 

1° Chez les Muscides, les pièces buccales constituent un organe 
aspirateur qui est formé essentiellement par la lèvre inférieure très 
développée ; les palpes maxillaires le sont au contraire très peu. 

2° Chez les Pupipares, les palpes maxillaires sont très dévelop- 
pés et servent de gaine protectrice aux pièces buccales (lèvre infé- 
rieure, hypopharynx et lèvre supérieure), dont Pensemble forme 
une aiguille perforatrice. 



APPAREIL DIGESTIF 159 



VI. - ŒSOPHAGE 

L'œsophag-e commence à la partie supérieure du fulcrum, à par- 
tir du point, où le tube digestif se dég'ag'e de celui-ci pour s'inflé- 
chir vers le bas, immédiatement après le sphincter, qui empêche le 
retour dans le pharynx des liquides ingérés. Puis il se recourbe et 
traverse le cerveau en se rétrécissant ; il pénètre ensuite dans le 
thorax, pour former immédiatement le proventricule et le réservoir 
alimentaire. 

Structure . — La paroi de Tœsophage a une structure très simple. 

Elle comprend : une couche musculaire externe qui entoure une 
couche de cellules épithéliales aplaties. 

Elle est identique chez les Hippoboscidés, les Braulidés et 
Nyctéribiés. 

VII. — PROVENTRICULE 

Le proventricule des Pupipares est formé de deux parties : 

1° Le proventricule proprement dit, faisant suite à l'œsophage, 
muni d'une valvule au point de jonction ; 

2° Un jabot ou réservoir alimentaire, plus ou moins développé, 
qui communique par un canal avec le proventricule proprement dit. 

Ce type général se retrouve dans toutes les espèces avec des 
variations que je vais maintenant examiner. 

Hippoboscidés parasites des Mammifères. — i° Hippobosca. — 
Le proventricule est très court. Le début est marqué par une 
constriction du tube digestif. En ce point, on constate l'existence 
d'un plus grand nombre de fibres transversales qui forment une 
sorte de sphincter. A l'intérieur, la membrane constitue un repli 
valvulaire en forme d'entonnoir, très court, avec un orifice arrondi 
à son extrémité. La constriction ou sphincter se trouve à peu près vers 
le tiers du trajet du tube digestif à travers le thorax. Le tube digestif 
s'élargit ensuite et forme le ventricule chylifique ; celui-ci est limité 
par la membrane stomacale plissée et présentant un grand nombre 
de digitations à saillies plus ou moins prononcées à l'intérieur du 
canal alimentaire. 



160 ANATOMIE 

En outre l'œsophage est en relation à la base du proventricule, en 
avant du repli valvulaire, avecle réservoir alimentaire, qui est logé 
dans la partie antérieure rétrécie de l'abdomen. Peu visible sur les 
coupes longitudinales, le canal de jonction s'aperçoit sur les coupes 
transverses; il vient s'insérer sous l'œsophage, en avant de la cons- 
triction du jDro ventricule. 

2° Llpoptena. — Le proventricule a ici un aspect qui diffère un 
peu du précédent. Il répond davantage au type classique décrit par 
Kowalevsk}^ dans la larve des Muscides. 

Il comprend une partie valvulaire (fig. 63j très allongée. En 

continuité directe avec 
l'œsophage, cette der- 
nière forme un conduit 
d'une longueur de 



omm. oy, situé à l'in- 
térieur d'un élargisse- 
ment du tube digestif. 
La membrane de cette 
région valvulaire pos- 
sède, sur sa face in- 
terne, des cellules 
aplaties semblables à 
celles de l'œsophage ; 
la couche formée par 
ces cellules est en con- 
tinuité avec celle de la première partie du tube digestif. A l'exté- 
rieur, la partie réfléchie est formée, au contraire, de cellules très 
élevées. 

Gomme dans Hippohosca^ l'œsophage est en relation par un 
canal très fin, bien visible sur les coupes transversales, avec un 
réservoir alimentaire abdominal. Celui-ci est également logé dans 
la partie étroite de l'abdomen, dans la région ventrale, sous le tube 
digestif; la longueur est de o mm. 2, la hauteur de o mm. i, et la 
largeur de o mm. ly : il est peu développé. Sur coupe longitudinale, 
on l'aperçoit divisé en deux parties superposées qui se réunissent 
en avant. La paroi est mince et à contours très sinueux. 

3° Melophaffus {liir. 64)- — L'aspect est identique à celui d'Hip- 
pohosca avec proventricule en forme d'entonnoir très court, délimité 




Fig. 63. — Coupe lont^itudinale médiane de la tête 
et du thorax de Llpoptena cervi L. ; p, proven- 
tricule; c, ganglion céphalique ; g, ganglion tho- 
raciquc. Gr. = 5o. 



APPAREIL DIGESTIF 



161 




FiG. 64. — Coupe longitudinale du 
proventricule de Melophngus ovi- 
niis, L.; jj, proventricule; ca, canal 
du réservoir alimentaire; 7i, gan- 
glion thoracique. Gr. = 5o. 



en avant par une constriction et un canal qui se rend au réservoir 
alimentaire abdominal. Le proventricule me paraît être plus volu- 
mineux dans cette espèce que dans Hippobosca ; il en est de même 
du réservoir alimentaire, dont le p 

débouché dans l'œsophage est ici 
bien distinct ; le canal de jonction 
est beaucoup plus large dans toute 
sa longueur. Ce dernier, toujours 
peu développé, est logé dans le pédi- 
cule. Sa longueur est de o mm. 25. 

Résumé. — Chez les parasites des 
Mammifères, j'observe le même type 
de pro ventricule. Dans les trois 
genres^ il présente la forme d'un 
entonnoir : 

1° Très court dans Hippobosca et Melophagus, 

2° Plus allongé dans Lipoptena. 

Chez tous, il y a, en outre, un réservoir alimentaire logé dans la 
partie antérieure de l'abdomen et réuni à l'œsophage par un étroit 
canal. 

HiPPOBOSCIDÉS PARASITES DES 

Oiseaux. — L'étude anatomique 
de ces organes a été faite dans 
Lynchia^ Ornithomyia et Cratae- 
rhina. 

Son aspect est bien dilférent de 
celui des Hippoboscidés parasites 
,des Mammifères. 

Lynchia. — Le proventricule 
est ici de forme globuleuse (fig. 65). 
A la partie inférieure de l'organe 
se trouvent l'œsophage et l'ouver- 
ture du canal, qui provient du réservoir alimentaire abdominal. 

L'œsophage pénètre dans l'organe par la région inférieure et forme 
un tube ascendant, situé dans l'axe du proventricule. Le ventricule 
chylifîque est fixé au pôle opposé de l'œsophage. 

Les deux orifices du pro ventricule, qui servent à l'entrée et à la 
sortie des aliments sont opposés et situésdans l'axe médian de l'organe. 
Univ. ue Lyon. — Massonnat, 11 




cma. 

Fig. 65. — Coupe longitudinale du 
proventricule de Lynchia inaurit 
Big.; 0, œsophage; cma, canal médian 
ascendant ; rni, valve médiane; iv, 
ventricule chylifîque; bh, bourrelet 
basai. Gr. = 80. 



162 ANATOMIE 

Les aliments, ainsi que je l'observe dans les coupes, s'infiltrent 
de bas en haut, à travers ce corps g-lobuleux, pour se rendre de 
l'œsophage à l'estomac. 

L'orifice inférieur est entouré de libres musculaires qui constituent 
un sphincter. 

Le canal médian s'élève jusqu'aux deux tiers de l'org-ane ; il est 
assez larg-e à la base, et se rétrécit vers le sommet. Sa partie supérieure 
libre forme tout autour de l'orifice interne un bourrelet circulaire 
qui fait une saillie assez accusée k l'intérieur du proventricule 

(fig-. 66^ b). Sur les par- 
ties latérales, sa paroi 
se continue (fig. 65, 
vm.) par une valve 
circulaire médiane, re- 
courbée vers le bas, 
libre sur son pourtour 
et qui flotte dans la 
cavité du proventri- 
cule. 

La présence de cette 
valve circulaire déli- 
mite, à l'intérieur de 
cet organe, deux cavi- 
tés superposées, l'une, 
inférieure, située au- 
dessous de la valve, 
l'autre, supérieure, placée au-dessus de celle-ci. Toutefois, les deux 
cavités communiquent entre elles sur le pourtour de la valve circu- 
laire^ bien que celle-ci soit le plus souvent en contact avec la paroi 
du pro ventricule, mais il y a ici simple contact et non adhérence. 
Le tube ascendant produit encore un gros bourrelet basai entre 
la partie inférieure du proventricule et la valve interne circulaire, 
tout autour de cet axe médian (fig. &Ç)^ hb). 

La structure histologique est intéressante : elle permet de tirer 
d'utiles indications, relativement aux fonctions probables de cet 
organe. 

Sur toute la longueur du tube ascendant, on observe (fig. &6) à 
l'extérieur de l'épithélium, de chaque côté, un certain nombre de 




Fio. 66. — Partie de la figure 65 vue à un plus fort 
grossissemenl ; /), bourrelet supérieur; ep, épilhé- 
lium; /"m, fibres musculaires. Gr. ^ 200. 



APPAREIL DIGESTIF 163 

libres, qui s'allong-ent dans le sens du canal, se colorant en rose par 
l'éosine et qui doivent être de nature musculaire. Dans le bourrelet 
saillant supérieur, on retrouve ces mêmes éléments, dirigés ici en 
éventail. Toute cette rég-ion axiale est colorée en rose par l'éosine; 
il en est de même de la valve circulaire interne. Le reste du pro- 
ventricule se colore en bleu foncé par Thématoxyline. 

Les cellules du bourrelet inférieur sont cylindriques, extrêmement 
allongées, avec des no^'aux situés vers l'extrémité externe de 
chaque cellule et à chromatine très divisée. Toutes retiennent 
l'hématoxyline avec intensité. Du côté de la cavité proventriculaire, 
la paroi est tapissée par une mince couche chitineuse formant de 
petites saillies à l'intérieur de l'organe. 

La même structure s'observe sur le pourtour du proventricule, 
mais les cellules ont ici de plus petites dimensions. Enfin, à l'exté- 
rieur de l'organe, sur toute sa périphérie, on trouve une mince 
couche musculaire formée de fibres circulaires internes et de fibres 
transversales externes. 

Quoique d'une façon moins nette, la valve circulaire interne 
semble avoir également une structure fibrillaire ; elle se teint en 
rose par l'éosine ; par sa coloration, elle se rattache donc à la partie 
centrale musculaire du tube ascendant et elle est, d'ailleurs, en 
continuité avec celle-ci. 

L'estomac suceur ou réservoir alimentaire se compose d'un canal 
longitudinal assez grêle, situé au-dessous de la partie stomacale du 
tube digestif, et se termine par un sac abdominal. Cette partie 
fonctionne bien comme un réservoir : j'y ai souvent constaté, 
dans Lynchia^ l'existence d'une grande quantité de globules 
sanguins. 

Ornithomyia. — La constitution est identique à celle de Lynchia. 

Crataerhina (fig. 67). — La constitution est également semblable, 
mais avec un développement peut-être un peu plus grand des diffé- 
rentes parties. 

J'insisterai sur quelques détails de structure qui se sont offerts 
ici avec plus de précision que dans Lynchia et Ornithomyia. 

Le canal du réservoir alimentaire est plus large : on l'observe ici 
sur toute sa longueur — ce qu'il ne m'a jamais été possible d'obtenir 
dans Lynchia et Ornithomyia ; — on aperçoit sur son trajet de 
nombreuses fibres musculaires transversales. Le réservoir abdo- 



164 ANATOMIE 

minai est un sac bilobé ; chacune de ces divisions présente des 

parois très sinueuses. 

Le sphincter de la base du proventricule, très développé, est 
formé de fibres circulaires. 11 s'étend jusqu'à la moitié de la hauteur 
du tube ascendant. 

La valve circulaire médiane est formée de deux couches de cel- 
lules, l'une supérieure, l'autre inférieure, toutes deux à noyaux 
bien distincts. Le bourrelet inférieur est formé de cellules allongées, 




FiG. G7. — Coupe loiigitiiclinale médiane du thorax de Crataei'hina pnllida Olf. ; 
(1, œsophage; p, proventricule; sp, sphincter; c et ra, canal et réservoir ali- 
mentaires; vc, ventricule chylifique; i, intestin; vd, vaisseau dorsal. Or. = 5o. 



divergentes, à noyaux périphériques et qui se colorent fortement 
par l'hématoxyline. 

Par le paracarmin, on retrouve la même différence de coloration ; 
le tube ascendant et les valves sont alors de couleur claire un peu jau- 
nâtre, tandis que le bourrelet inférieur et la partie périphérique 
du proventricule fixent le carmin avec intensité. 

Brailla. — Le proventricule du Branla (fîg. 68) est conformé 
comme celui du Lipoptena. Il comprend un entonnoir faisant une 
saillie très prononcée dans la cavité stomacale, et un réservoir 
alimentaire. Ce dernier organe a la forme habituelle décrite 
jusqu'ici : un canal très grêle et un réservoir proprement dit à 
parois très sinueuses. 

Le proventricule a une forme qui répond à celle de la larve des 



APPAREIL DIGESTIF 165 

Muscides : à l'intérieur de la valvule, la paroi comprend une assise de 




FiG. 68. — Coupe longitudinale du proventricule de Braula cxca Nitzsch; 
o, œsophage; p, proventricule; rc, ventricule chylifique. Gr. z= 36o. 

cellules petites et aplaties en continuité avec l'épithélium de l'œso- 
phage. La partie réfléchie de la paroi val- 
vulaire et la paroi externe du proventri- 
cule sont formées de cellules très élevées. 

J'ai observé une particularité très 
curieuse présentée par le réservoir ali- 
mentaire de jeunes Braula. Dans ces 
Braula blancs (fig. 69), on est frappé de 
l'existence d'une immense cavité qui 
remplit la moitié du thorax et de l'ab- 
domen : elle renferme un corps allongé, 
légèrement brunâtre, possédant en son 
milieu un corps sphérique qui ne se 
colore pas par le glychémalun. 

Je n'ai jamais fait cette observation 
chez l'adulte, c'est-à-dire chez celui qui 
a pris la teinte habituelle rouge brique 
caractéristique du Braula. 

Si on suit la série des coupes horizon- 
tales, on s'aperçoit alors que cettegrande 
cavité communique avec le tube digestif, 
par un canal court, à parois bien délimi- 
tées et s'ouvrant en avant du proventri- 
cule. 

Cette vésicule n'est donc que le réservoir alimentaire dans un 
état de distension extraordinaire. 




FiG. 6g. — Coupe longitudinale 
médiane du Braula cœca; p, 
proventricule; c et va, canal 
et réservoir alimentaires ; v, 
ventricule chylifique; 0, œso- 
phage ; gc, ganglion céphali- 
que; g</i, ganglion thoracique 
Gr. = 60. 



166 ANATOMIE 

Nycteribia (fig. 70). — Le proventricule se rattache à celui des 
Hippoboscidés parasites des Mammifères. Toutefois, je n'ai pu déce- 
ler la présence d'un réservoir alimentaire. De l'examen de mes 
préparations, celui-ci ne me paraît pas exister chez Nycteribia. 

Le proventricule commence immédiatement en arrière du gan- 
glion thoracique : il comprend une partie valvulaire interne et une 
paroi externe épaisse. 

Cette dernière qui se colore vivement par le g-lychémalun est 
plissée et renferme un grand nombre de cellules à gros noyaux. 

Par sa forme, le proventricule de Nycteribia rappelle celui 



P 




Pio. yo. — Coupe longitudinale du proventricule de 
Nycteribia: o, œsophage ;/5, proventricule; i;, ventri- 
cule chylifique; [jth. ganglion thoracique. Gr. = 32o. 



des Pupipares para- 
sites des Mammifères, 
mais il s'en distingue 
par l'absence probable 
de réservoir alimen- 
taire. 

Fonctions du pro- 
ventricule. — Des opi- 
nions très diverses ont 
été émises à ce sujet. 
Suivant les groupes étudiés, on a prétendu que le proventricule 
était: 

1° Un organe sécréteur (Wandolleck) ; 
2° Un organe triturateur (Lowne) ; 
3° Un organe d'arrêt (Kowalevsky). 

Vaney (1902), dans son étude sur les larves des Diptères, consta- 
tant l'absence complète de pièces cornées, conclut qu'il ne peut 
être un organe de trituration. De mon côté, je n'ai jamais observé 
l'existence de pièces dures ; d'ailleurs, un semblable appareil, étant 
donnée la nature de l'aliment des Pupipares, qui consiste essentiel- 
lement en liquide sanguin, ne répondrait à aucune utilité. 

Les particularités suivantes , que présentent certaines préparations, 
établissent bien le rôle du proventricule comme organe d'arrêt ; 
le réservoir alimentaire est rempli de globules sanguins; à la 
base du proventricule s'observe un amas de ces globules et quel- 
ques-uns d'entre eux se trouvent sur le trajet médian, les uns à 
la suite des autres ; dans d'autres préparations, à la partie supé- 
rieure de Torgane, la région stomacale en est également remplie. 



APPAREIL DIGESTIF 167 

Entre ces deux parties, remplies l'une et l'autre de globules sanguins, 
le proventricule dans lequel on observe ceux-ci passer les uns à la 
suite des autres, fonctionne bien comme un organe d'arrêt. 

Je me rallie donc volontiers à l'opinion de Kowalevsky et de Vaney . 

Toutefois elle n'exclut pas, du moins pour le proventricule des 
Pupipares parasites des Oiseaux, l'hypothèse d'une fonction glan- 
dulaire que laissent supposer les dimensions considérables de cet 
organe. 

En m'appuyant, en effet, sur les précédentes observations anato- 
miques et histologiques, je suis amené à admettre dans le proven- 
tricule l'existence de deux régions bien distinctes, chacune d'elles 
ayant des rôles physiologiques différents. 

La première région est formée par le tube ascendant, qui part de 
l'œsophage, et par la valve circulaire interne. L'autre comprend 
toute la région périphérique. 

La première doit fonctionner comme organe aspirateur des 
liquides alimentaires de l'œsophage ; la seconde agit surtout comme 
région sécrétrice. 

Nous avons vu que les parois du tube ascendant renferment de 
nombreuses fibres musculaires, alors qu'on ne les distingue dans la 
deuxième région que sur les parties externes du proventricule 
où elles forment une mince couche périphérique. 

Il y a là une distribution très caractéristique des éléments 
musculaires. 

D'autre part, l'affinité de ces régions pour les colorants n'est pas 
la môme et permet de les distinguer sur coupes avec la plus 
grande facilité. La première partie, aspiratrice, se colore en rose 
par l'éosine ; le pourtour du proventricule et le bourrelet basai 
dans sa région périphérique, se teignent vivement en bleu foncé 
par Ihématoxyline. 

On a donc ainsi dans ce même organe deux régions à colorations bien 
distinctes : la première, celle de la partie interne du tube aspirateur 
et de la valve interne, qui est d'une coloration rose semblable à celle 
de l'œsqphage, peut être considérée comme appartenant à celui-ci, 
c'est-à-dire à l'intestin antérieur; la deuxième, qui aune coloration 
identique à celle du ventricule chylifîque, doit être regardée comme 
une partie sécrétrice appartenant à l'intestin moyen. L'étude his- 
tologique des cellules de cette région montre, qu'elles ont tous les 



168 ANATOMIE 

caractères des éléments sécréteurs : coloration intense du proto- 
plasme par rhématoxyline, no^^aux à chromatine dissociée.,. 

Toutes ces observations me conduisent à admettre que le pro- 
ventricule des Papipares, parasites des Oiseaux, joue plusieurs 
rôles : 

1° En raison de l'existence d'un sphincter à sa base, il fonctionne 
comme organe d'arrêt; 

i" Le tube ascendant et la valve circulaire interne doivent agir 
comme organe aspirateur ; 

3° Les parties externes et le bourrelet basai interne constituent 
un organe sécréteur. 

Chez les Pupipares parasites des Mammifères, le proventricule 
n'est qu'un organe d'arrêt. 

Comparaison avec les Muscides. — Chez les Muscides, il existe un 
tube dig-estif avec proventricule sphérique et réservoir alimentaire 
relié à l'œsophage par un canal d'assez grand diamètre. A ce sujet, 
on peut se reporter aux descriptions et fîg-ures des mémoires de 
Lowne (1890) et d'Hewitt (1907). 

Les Pupipares ont une conformation identique : ils se rappro- 
chent donc encore des Muscides par cette structure du tube digestif. 
Mais ce sont les Hippoboscidés parasites des Oiseaux qui présen- 
tent les affinités les plus étroites. Gomme chez les Muscides, le 
proventricule est sphérique, le réservoir alimentaire est volumineux 
et réuni à l'œsophage par un large canal. 

Chez les Pupipares parasites des Mammifères, le proventricule 
n'est jamais sphérique ; il est séparé de l'œsophage par une simple 
valvule. Le réservoir alimentaire a de faibles dimensions ; sa réunion 
à l'œsophage se fait par l'intermédiaire d'un très fin canal. 

Des différences anatomiques existent donc entre les deux groupes 
de Pupipares. 

D'autre part, si l'étude du réservoir alimentaire est des plus 
faciles chez les Pupipares parasites des Oiseaux, il n'en est plus de 
même chez les parasites des Mammifères. On éprouve ici de plus 
grandes difficultés pour déceler sa présence, même dans des formes 
volumineuses comme Hippobosca canielina, alors qu on obtient cet 
appareil, dans toutes les formes de l'autre groupe, avec la plus 
grande facilité, par simple dissection, même dans de petites espèces 
comme Ornithomyia avicularia L. 



APPAREIL DIGESTIF 169 

Je suis donc en droit de conclure à une certaine régression de 
cet appareil chez les Pupipares parasites des Mammifères. 

Résumé. — Nos recherches relatives au proventricule se résu- 
ment ainsi : 

1° Il existe un proventricule chez tous les Pupipares ; 

2° A celui-ci est annexé un réservoir alimentaire bien développé 
chez les Hippoboscidés parasites des Oiseaux, très petit chez les 
Hippoboscidés parasites des Mammifères ; cet organe manque 
probablement chez Nycteribia ; 

3° Le proventricule est sphérique chez les Hippoboscidés parasites 
des Oiseaux; il est valvulaire chez les parasites des Mammifères, 
chez Branla et chez Nycteribia; 

4° Dans ces deux groupes, il existe des variations spécifiques ; 

5° La structure de cette région du tube digestif rapproche les 
Hippoboscidés parasites des Oiseaux du groupe des Muscides et 
tend à faire considérer les parasites des Mammifères comme des 
formes un peu plus dégradées que celles du premier groupe; 

6° Le proventricule fonctionne comme un organe darrêt chez les 
parasites des Mammifères, chez Braula et Nycteribia ; il agit en 
outre comme organe aspirateur et organe sécréteur chez les Pupi- 
pares parasites des Oiseaux. 

VIII. - VENTRICULE CHYLIFIQUE 

Après le proventricule, le tube digestif s'élargit et forme la partie 
de l'intestin moyen désignée sous le nom de ventricule chylifique. 

Ce dernier est localisé dans le thorax. 

Dans Hippobosca equina il est situé dans la région ventrale, au- 
dessus du ç^anarlion nerveux, enserré entre les masses musculaires. 
Son trajet est rectiligne. Le ventricule chylifique se rétrécit pour 
traverser la partie étroite qui relie le thorax à l'abdomen. 

La paroi présente de nombreux replis, qui font des saillies plus ou 
moins prononcées dans la cavité stomacale. Celles-ci délimitent des 
cavités sécrétrices. 

L'épithélium interne comprend des cellules cylindriques 
(fig. 72, 2), qui se colorent fortement par le glychémalun. Il ren- 
ferme des noyaux nombreux et serrés : chacun d'eux possède une 



170 



ANATOMIE 



aire périphérique très claire et au centre se trouve un amas compact 
de chromatine fortement colorée. Il semble qu'il y ait aussi des 
noyaux en voie de désagrégation. 

A l'extérieur, se trouve une couche musculaire avec fibres circu- 
laires internes et fibres longitudinales externes. 

Anatomie comparée. — Chez les Pupipares parasites des Oiseaux 
(fig. 71), la section du ven- 
tricule a un contour en géné- 
ral très irrégulier ; la paroi 
est épaisse avec quelques 
replis externes très colorés 
par Thématoxyline ; à l'ex- 
térieur se trouve une couche 
musculaire assez faible. 

La section est d'un aspect 





Fig. 71. — Coupe transversale du 
ventricule chylifique, Cratae- 
rhina. pallida Olî.\ e, cpithélium; 
fine, fibres musculaires circu- 
laires ; fini, fibres musculaires 
longitudinales. Gr. = 45o. 



Fio. 72 — Coupes transversales du ventri- 
cule chylifique, //ippo^josca cainelina Leach, 
2, portion agrandie de la fig. i ; e, épithé- 
lium ; fine, fibres musculaires circulaires; 
fml, fibres musculaires longitudinales. 
Fig. I. Gr. = 87. Fig. a. Gr. = 5oo. 



un peu différent dans les parasites des Mammifères (fig. 72) ; elle est 
d'un contour plus régulier, de forme presque circulaire. La paroi me 
paraît être plus volumineuse; la couche musculaire montre à côté 
des fibres circulaires internes, une couche plus nette de fibres lon- 
gitudinales externes. 

IX. — LNTESTIN. 



Après avoir traversé la partie étroite qui relie le thorax à l'abdo- 
men, le tube digestif s'enfonce dans ce dernier jusqu'au quart de 



APPAREIL DIGESTIF 



171 



sa longueur. Il constitue un canal très fin de o mm, i de diamè- 
tre; son aspect est blanchâtre, presque transparent. Puis il se renfle 
brusquement, devient très large (d.= o mm. 5). Il change alors de 
couleur. Sa coloration est plus ou moins foncée, souvent noirâtre. 

Dans l'abdomen, le trajet du tube digestif est assez compliqué. 
Lorsqu'on ouvre l'insecte par la face dorsale, on voit que l'intestin 
se dirige d'abord en arrière (fîg. 78) ; puis, il s'enfonce vers la région 
ventrale, en se recourbant vers la partie antérieure, pour se porter 
ensuite vers le côté gauche. Il revient 
vers la droite, en suivant un trajet 
transversal parallèle au précédent. Ar- 
rivé du côté droit, il se dirige en arrière 
et forme une anse, qui le ramène à la 
partie antérieure ; il se porte ensuite 
vers la gauche, en décrivant plusieurs 
circonvolutions et forme de ce côté une 
anse semblable à celle du côté droit. 
A partir de l'anse située du côté gauche, 
le diamètre du tube digestif diminue 
(d. = o mm. 2 à o mm. 25). Ici se ter- 
mine l'intestin moyen. 

Intestin postérieur. — La dernière 
région du tube digestif ou intestin 
postérieur commence au débouché des 
tubes de Malpighi ; elle est marquée 
par un élargissement très accusé du 
tube digestif (d. ==0 mm. 4)- 

L'intestin postérieur se laisse diviser nettement en quatre parties, 
distinctes les unes des autres par des différences de diamètre. 

La première partie est celle dans laquelle viennent déboucher à 
son extrémité antérieure les quatre tubes de Malpighi. Son diamètre 
est de o mm. 4- 

La deuxième partie est d'une longueur égale à la précédente, mais 
à diamètre plus faible et égal à o mm. i5. 

La troisième partie ou rectum proprement dit se caractérise par 
son extraordinaire largeur et par la présence de glandes rectales. 
Le rectum forme une grande poche, très large en avant (largeur = 
1 millimètre)^ et dont la largeur va en diminuant vers la partie 




FiG. 73. — Dissection du tube di- 
gestif cVIIippohosca camelina 
Leach ; vc, ventricule chylifi- 
que; 1, intestin; ip, intestin 
postérieur ; pr, poche rectale ; 
tm, tubes de Malpighi^; gr^ 
glandes rectales. Gr. = i5. 



172 ANATOMIE 

postérieure. Sa longueur est de o mm. 8. La membrane rectale est 
mince; on distingue toutefois d'une façon très nette, par l'action de 
colorants chimiques, un réseau de fibres musculaires transver- 
sales et longitudinales. 

La quatrième partie très rétrécie constitue la région anale. Les 
fibres musculaires forment ici un réseau très serré ou sphincter. La 
longueur est de o mm. 3 surune largeur de o mm. 2. 

Tubes de Malpighi. — Les tubes de Malpighi ont été décrits chez 
l'adulte par Léon Dufour(i845) et chez la larve par Leuckart (i858) 
et Pratt (1809). Léon Dufour les regardait comme des organes 
biliaires. 

Ils comprennent quatre longs tubes, capillaires, pelotonnés et 
flottants dans la cavité abdominale. 

Leur nombre est constant dans tous les Hippoboscidés que j'ai 
étudiés (Hippohosca, Lipoptena, Melophagus, Ornithomyia, Lyn- 
chia, Crataerhina.) 

Glandes rectales. — Les glandes rectales sont au nombre de 
deux paires chez Hippohosca. Elles constituent des sortes de boutons 
saillants dans la cavité du rectum. 

Elles ont été figurées pour la première fois par S^^amme^dam 
(1669). Elles frappèrent vivement l'attention de Léon Dufour (i 845) 
qui les décrivit avec le plus grand soin chez Hippohosca et Melo- 
phagus. En 1876, Ghun en étudia la structure chez divers 
Insectes. 

Léon Dufour (i845), dans son travail sur les Diptères Pupipares, 
représente les glandes rectales comme des boutons à surface lisse 
chez Hippohosca et à surface hérissée de piquants chez Melophagus. 
Il avait dû observer les mouvements rythmiques, les véritables 
pulsations qu'éprouvent ces organes ; il les regarde en effet comme 
destinés à l'expulsion des matières excrémentielles. 

Depuis Léon Dufour, on a considéré les glandes rectales comme 
des organes respiratoires : ce qui est exact chez certains Insectes 
comme les Libellules. Mais en réalité, dans la plupart, ainsi que 
Chun en fait la remarque à propos de la Mouche, ces organes 
ne peuvent fonctionner comme organes respiratoires, entourés 
comme ils le sont par les excréments. 

D'autres auteurs les ont regardés comme de simples glandes. 



APPAREIL DIGESTIF 173 

Hewitt (1907), dans son mémoire relatif à Musca domestica, 
leur attribue une fonction rénale semblable à celle des tubes de 
Malpighi. (( Les produits usés seraient tirés du sang- par les larges 
cellules glandulaires et excrétés dans le rectum à travers les pores 
du revêtement externe de la glande. » Les trachées doivent, d'après 
lui, assister les cellules dans le processus d'excrétion, comme elles le 
font pour les tubes de Malpighi. 

Observations. — Dans Hippobosca camelina, chaque glande forme 
une saillie conique de o mm. 4 de longueur sur une base de 
mm. 25. La paroi consiste en une assise de cellules cylindriques, 
très allongées et une cavité interne, qui communique avec la cavité 
générale et qui est remplie par un faisceau de trachées. Celles-ci 
envoient de fines ramifications intercellulaires. La paroi de ces 
glandes est en continuité directe avec celle de l'intestin. 

Lorsqu'on traite sur coupes par le glychémalun, on constate que les 
cellules retiennent peu la matière colorante : la coloration du pro- 
toplasme est faible, mais les noyaux sont vivement colorés. 

Si on entre dans le détail histologique, on observe que les noyaux 
ont des formes très variées; parfois ils sont vésiculeux; dans 
d'autres cellules ils semblent en voie de disparition. Ailleurs, deux 
noyaux se trouvent dans la même cellule : un, bien net, doit être le 
noyau actif; l'autre présente tous les caractères d un noyau en voie 
de disparition. Toutes ces observations semblent indiquer que ces 
organes ont une fonction glandulaire. 

Comme toutes les glandes, ils sont abondamment pourvus de 
trachées et ce n'est pas là un caractère qui soit propre aux organes 
excréteurs. En tout cas, il n'est pas suffisant pour me faire admettre 
une fonction rénale. 

D'ailleurs, la manière différente dont se comportent les tubes 
de Malpighi et les glandes rectales vis-à-vis des mêmes colo- 
rants, ne permet pas non plus de conclure à une identité de fonctions. 
Nous avons vu que les cellules des glandes rectales comme les cel- 
lules adipeuses ne sont que légèrement colorées parle glychémalun. 
Au contraire, ce même colorant se fixe avec intensité sur les 
cellules des tubes de Malpighi. 

Résumé. — i* Les glandes rectales ne semblent pas fonctionner 
comme organes excréteurs ; 

2° Elles paraissent être de simples organes glandulaires. 



174 ANATOMIE 



APPAREIL RESPIRATOIRE 

L'appareil trachéen consiste en tubes plus ou moins développés 
qui s'ouvrent à l'extérieur, de chaque côté, par un certain nombre 
de stigmates dont deux thoraciques et cinq abdominaux. 

Le stigmate antérieur thoracique est situé sur les parties latérales 
du thorax, en arrière des saillies scapulaires. Le stigmate postérieur 
se trouve par côté et au-dessous de l'écusson. 

Les stigmates abdominaux sont petits, peu visibles : l'un, très 
difficile à apercevoir, est placé de chaque côté du pédicule, les trois 
autres sur les parties latérales de l'abdomen et le dernier sur les 
saillies postérieures qui avoisinent l'orifice génital. 

La tête renferme un certain nombre de troncs trachéens dont les 
plus gros se trouvent en arrière et au-dessus du cerveau. Ils se 
raccordent avec ceux du thorax. Bien que volumineux dans Hippo- 
bosca camelina, ils sont loin toutefois de posséder le développement 
de ceux de la tête des Muscides, tels que les décrit Hewitt (1907) 
dans sa monographie de Musca. 

Le thorax comprend deux troncs trachéens longitudinaux dorsaux 
et un ventral situé sous le système nerveux, 

La coupe transversale d'//. camelina (flg. aS) montre plusieurs 
troncs trachéens, l'un, inférieur et médian, situé sous le système 
nerveux, deux autres sur les côtés du tube digestif, enfin une paire 
située extérieurement de chaque côté des muscles verticaux, 

La coupe transversale du Melophacfus {fig. 26) montre une dispo- 
sition semblable avec un égal nombre de troncs trachéens aussi volu- 
mineux, 

La même comparaison peut être faite avec les Hippoboscidés 
parasites des Oiseaux. En se reportant aux figures de Lynchia (fig, 27) 
et de Cratacrhina (fig, 29), on arrive à la conclusion que les 
troncs trachéens paraissent même plus volumineux dans l'espèce 
parasite que dans l'espèce ailée. 

On aperçoit de chaque côté de l'abdomen un tronc longitudinal 
dans lequel débouchent les cinq tubes stigmatiques. Les deux troncs 
trachéens courent parallèlement vers le thorax. 

Chez la femelle, la disposition est un peu différente de celle du 



' APPAREIL RESPIRATOIRE 175 

mâle. Chez celle-ci on observe une masse énorme de trachées, qui 
viennent se ramifier sur l'utérus. Elles se divisent en deux groupes : 
les unes proviennent des stigmates postérieurs, les autres des 
stigmates antérieurs abdominaux et des postérieurs thoraciques. 
Toutes convergent vers le milieu de l'abdomen et couvrent l'utérus 
de leurs ramifications. 

Cette disposition différente de l'appareil trachéen de la femelle 
doit certainement être en relation avec le mode de vie de la larve 
et contribuer à la respiration de celle-ci. 

L'appareil trachéen de la larve effectue ses échanges avec le 
milieu ambiant par les stigmates postérieurs, l'air pénétrant par 
l'intermédiaire de l'orifice vulvaire maternel ; mais je crois qu'il 
convient d'admettre que les stigmates latéraux de la larve intervien- 
nent aussi dans les échanges respiratoires. Dans certaines larves je 
constate que ces derniers sont ouverts et, par suite, susceptibles de 
servir aux échanges gazeux. Grâce à cette ouverture des stigmates 
latéraux de la larve et à l'abondance extraordinaire de trachées sur 
l'utérus maternel, il doit donc s'effectuer des échanges respiratoires 
entre la larve et la mère. 

Cette disposition différente de l'appareil trachéen de la femelle 
serait ainsi en relation avec la pupiparité, c'est-à-dire avec la vie 
prolongée de la larve dans l'utérus maternel ; cette abondance de 
trachées contribuerait à la respiration de celle-ci. 

L'appareil trachéen me paraît également développé chez tous les 
Hippoboscidés ; il semble même plus important dans les formes 
très fixées que dans les formes ailées. 

Braula. — Le système trachéen répond à celui des Hippo- 
boscidés. 

Sur le thorax se trouvent également deux paires de stigmates : 
l'une antérieure, située latéralement sur le thorax, l'autre postérieure, 
difficile à apercevoir. 

Dans l'abdomen, on remarque, de chaque côté, un tronc latéral 
assez grêle dans lequel viennent déboucher les cinq troncs latéraux 
stigmatiques : les stigmates abdominaux sont situés à la partie 
inférieure, à l'extrémité des arceaux latéraux, près de leur point de 
soudure avec les segments parallèles inférieurs (pi. VII, fig. 60). 

Résumé. — Les observations que j'ai faites relativement à l'appa- 
reil trachéen se résument ainsi : 



176 ANATOMIE 

1° Il n'y a pas de modifications bien sensibles dans l'appareil 
trachéen des formes ailées, par rapport à celui des formes à ailes 
rudimentaires et à celui des aptères ; 

2° Chez les aptères, il semble qu'il y ait plutôt une tendance au 
développement de l'appareil trachéen ; 

3° Chez les femelles, il est caractérisé par une abondance extra- 
ordinaire de trachées sur l'utérus, en relation avec la pupiparité, 
c'est-à-dire avec la respiration de la larve par échange entre celle-ci 
et' la mère; 

4° L'appareil trachéen du Branla correspond exactement à celui 
des Hippoboscidés. 



APPAREIL CIRCULATOIRE 

SANG 

Le sang- est formé d'un liquide incolore ou plasma et d'éléments 
figurés ou leucocytes. 

Le plasma se teint très légèrement en rose par l'éosine. 

Les leucocytes sont peu abondants dans l'imago. Je les ai trouvés 
assez nombreux dans le thorax et surtout dans la tête à'Hippobosca 
carïielina, toujours au voisinage des trachées et du tissu adipeux 
dont ils entourent les cellules. 

Appareil circulatoire. — L'appareil circulatoire est chez les 
Pupipares conforme à celui des Insectes en général. 

II se compose d'un vaisseau dorsal qui se termine en avant par 
une aorte. 

Le vaisseau dorsal est logé dans un sinus péricardique qui est 
séparé de la cavité viscérale par une cloison horizontale, le septum 
péricardique. De chaque côté se trouvent des muscles alaires et des 
trachées. Des nerfs viennent y constituer un plexus cardiaque. 

Vaisseau dorsal (fig. 74). — Le vaisseau dorsal ou cœur propre- 
ment dit est logé dans la partie médiane et supérieure de l'abdo- 
men, presque appliqué contre la paroi du corps. C'est un tube 
musculaire dont le diamètre est de o mm. 3 chez Hippobosca 
camelina. Il est relié aux parties environnantes par des éléments 
tendineux. 



AIM'AISKIL C.llir-rLATlHIii; 177 

Il comprend plusieurs chambres ou ventricules, dont le nombre 
est de cinq chez tous les Pupipares que j'ai étudiés. 

La chambre antérieure est courte, larg-e et placée dans la partie 
étroite qui relie l'abdomen au thorax; la suivante est plus haute et 
plus larg'e que la précédente ; les trois autres sont moins larges et 
plus allongées. 

Chaque ventricule communique 
avec le sinus péricardique par une 
paire d'ostioles, placés oblique- 
ment sur les parties latérales et à 
peu près vers la région moyenne 
de chaque ventricule. 

L'ostiole est fermé par deux 
replis membraneux, qui font saillie 
à l'intérieur, disposition qui per- 
met le passage du sang du sinus 
au ventricule et qui s'oppose au 
retour. 

Suivant certains auteurs, il 
existe de fines cordes tendineuses 
qui partent de ces replis valvu- 
laires allant s'insérer sur les parois 
du ventricule. Elles ont été dé- 
crites par Graberet par Verloren, 
Je n'ai jamais pu les observer dans 
le cœur des Pupipares. 

Aoi'tc, — L'aorte est le prolongement du vaisseau dorsal. C'est 
un tube très fin, qui se dirige vers la tête k travers le thorax. Il 
n'est pas entouré d'un sinus. Il est placé au-dessus du ventricule 
chylifique, du proventricule et de l'œsophage ; il pénètre dans la 
tête ; là, il s'indéchit I^rusquement et se termine au-dessus des 
ganglions cérébroïdes. A l'intérieur, on ne distingue ni valvules, 
ni orifices latéraux. 

Septiim péricardique. — Le septum péricardique est une mem- 
brane délicate, située au-dessous du cœur, séparant le sinus péri- 
cardique de la cavité viscérale. Elle est trouée de fenêtres ou ouver- 
tures qui font communiquer ces deux cavités. 

Cette membrane est doublée de muscles alaires et démuselés lon- 

Um\'. Dii Lyo.\. — Massu.n.nat. 12 




1m( 



74. — Vaisseau dorsal d'/lijijio- 
bosca caiiieUna Lcach ; vd, vais^icau 
dorsal; /»vi, muscles alaires; cp, cel- 
lules péricardiales; Ir, trachées. 
r.r. = 23. 



178 



AMTO.MIK 



g-itudinaux : ces derniers appartiennent à la cavité viscérale. La 
cloison membraneuse s'attache de chaque côté au corps adipeux et 
à riiypoderme. 

Le septum péricardique est donc essentiellement une membrane 
fîbro-musculaire . 

Muscles alaires. — Chez les Pupipares, les muscles alaires cor- 
respondent au type décrit par Strauss-Durckeim (1828) dans le 
Hanneton. Ils sont bien différents de ceux de la Calliphora, où ils 
consistent, d'après Lo^vne, en une paire de deux grands faisceaux 
musculaires, qui naissent de la partie antérieure de l'abdomen et qui 
s'étendent tout le long' des parties latérales du cœur. 

Chez Ilippohosca, on trouve cinq paires de muscles transver- 
saux (fig-. 74) qui se développent sur le cœur en éventail et qui 

s'insèrent, d'autre part, sur la paroi 
abdominale. Il convient de remarquer 
qu'ils reposent sur deux larges ban- 
des musculaires, très épaisses, une 
de chaque côté du cœur, qui s'éten- 
dent de la partie antérieure à la 
partie postérieure de l'abdomen. Si 
on n'a pas soin de les détacher, ces 
derniers muscles par leur épaisseur 
masquent les alaires et peuvent être 
pris pour eux: dans ces conditions le 
ca'ur semblerait avoir une conforma- 
tion analogue à celle que Lowne 
décrit au sujet de la Calliphora. 
Chaque muscle alaire (fîg. 70) comprend un faisceau compact, qui, 
arrivé près du C(eur, se résout en un grand nombre de fibres mus- 
culaires. Celles-ci émettent latéralement des libres à trajet oblique 
ou transverse, qui forment un réseau enchevêtré, à mailles très 
serrées. Elles sont iinalement en relation avec des éléments cellu- 
laires très particuliers, qui en remplissent les mailles et sur lesquels 
je vais insister. 

Tous ces muscles sont striés ; la striation en est d'ailleurs très nette 
comme on peut s'en assurer par la figure 77 qui représente une de ces 
fibres. Mais ces dernières perdent peu à peu leur caractère strié, de- 
viennent homogènes et prennent alors l'aspect de cordons tendineux. 




FiG. 75. — Faisceau détaché du 
muscle alaire (Hippobosca came- 
lina Leacli). Gr. := 200. 



APPAREIL CIRCL'LATOIKI': 179 

Les éléments cellulaires, auxquels on vient de faire allusion, sont 
volumineux ; ils forment plusieurs plans superposés de cellules ; 
ils prennent avec intensité les matières colorantes, le paracarmin, 
par exemple. Chacune de ces cellules péricardiales renferme un noyau 
vésiculeux ; elles émettent un nombre variable de prolongements 
non ramifiés, deux ou un plus grand nombre. 

Quelle est la nature de ces éléments ? Lowne les considère comme 
des cellules nerveuses qui constituent au-dessous du cœur un centre 
nerveux cardiaque. La fi- 
gure qu'il donne à ce pro- 
pos n'est pas très claire. 
On y trouve une superposi- 
tion d'éléments muscu- 
laires et de cellules, mais 
elle ne montre nullement 
leurs relations entre elles 
et surtout avec les fibres 
musculaires. 

Par des préparations in 
totoei coloration préalable, 

je suis arrivé à déterminer ^''«- 7^- - Kelations des cellules péricardiales 
. ,, ., (cpj et des fibres f/";u) du muscle alaire. Gr. = 

ces relations d une manière ^^^ 

très précise. Ce sont ces 

résultats que traduisent la série des figures (74 à 78), qui ont toutes 

été dessinées à la chambre claire. 

J'ai fait ces recherches sur Hippobosca camelina. Ce dernier, en 
raison de sa taille volumineuse, se prête bien à ces sortes d'in- 
vestigations par voie de dissection. Après avoir opéré la section des 
parties latérales de l'animal et détaché avec le plus grand soin, au 
moyen d'une aiguille à dissection, le tégument dorsal de l'abdomen, 
le cœur se trouve mis à nu. Il n'y a plus qu'à le séparer de la partie 
viscérale. 

C est ainsi que j'ai pu monter des préparations de cet organe, que 
j'avais préalablement coloré au paracarmin. Cette méthode des pré- 
parations m tolo m'a permis de déterminer très exactement les 
relations de tous ces éléments qui environnent le cœur. L'examen de 
coupes en série faites à travers cet organe, en n'importe quel sens, 
m'a confirmé certains détails, mais ce procédé ne m'aurait jamais 




180 ANATOMIE 

donné les résultats, auxquels je suis arrivé très facilement par l'autre 
méthode. 

Dans la figure 76, qui représente quelques-unes de ces cellules 
péricardiales, on voit les filaments a et h de deux d'entre elles, 
venir se fixer sur les parties latérales des fibres du muscle alaire. 
On remarquera que celles-ci n'ont pas encore perdu leur stria tion. 
On se croirait en présence d'une véritable plaque motrice : ce qui 
confirmerait la manière de voir de Lowne. 

Malgré ces apparences, je ne conclus pas à la fonction nerveuse 
de ces cellules et je ne me range nullement à 
la manière de voir de Lowne. Les éléments 
sont très volumineux ; leur taille est très 
grande et égale à celle des éléments adipeux ; 
leur aspect est tout différent de celui des cel- 
lules nerveuses; elles apparaissent comme bal- 
lonnées; en résumé, elles ne sont pas compara- 
bles aux cellules ganglionnaires de l'insecte. 
De plus, les filaments qui s'en détachent, 
n'ont pas l'aspect des fibres qui partent des 
cellules nerveuses. Ils ont plutôt l'apparence 
de filaments tendineux, Ils vont se souder 
aux cellules voisines ou à des fibres muscu- 
laires. En se reportant à la figure 76, déjà 
citée, on voit que deux de ces cellules A et 
B, sont l'éunies entre elles et aux cellules 
A^oisines; enfin, par d'autres prolongements 
simjDles a et h, elles sont en relation avec 
une fibre musculaire. 
Si on suit maintenant jusqu'à son extrémité le prolongement 
d'une des fibres du muscle alaire, on le voit perdre^ peu à peu, son 
aspect strié (fig, 77 t) ; il se divise bientôt en un certain nombre de 
filaments ; ces derniers se terminent sur les cellules péricardiales. 
Le réseau se continue de cellules à cellules, toutes se reliant les unes 
aux autres jusqu'au voisinage du cœur. 

Les dernières ramifications, celles qui .se trouvent les plus voisines 
du cœur, envoient de ce côté des filaments, qui entrent en connexion 
avec cet organe. Dans la figure 78, la cellule qui est représentée^ 
émet du côté du cœur un filament a qui se divise ici en trais 




Fkj. 77. — Tcrniiiiaison 
des fibres du muscle 
alaire ; /, tendon ; /"m, 
fibres musculaires. Gr. 
= 35o. 



APPAREIL CIRCULATOIRE 181 

ramifications et chacune de celles-ci pénètre dans la paroi de cet 
organe. 

En résumé, ces cellules péricardiales forment, par leur enchevê- 
trement et par leurs relations soit entre elles, soit avec les fibres 
musculaires d'une part, et avec le cœur, d'autre part, une sorte de 
réseau de soutien de cet organe. 

Dans une note récente de Gh. Pérez (1908), relative à la structure 
du vaisseau dorsal chez les larves des Mouches, je trouve des con- 
clusions semblables. 

Gh. Pérez parle de iilaments qui partent du cœur « mais les plus 
importants suivent un plus long' trajet, se 
ramifiant en pinceau à leur extrémité distale 
où ils apparaissent comme le tendon d'une 
fibre musculaire. Gertains d'entre eux, ren- 
contrant sur leur trajet une g-rosse cellule 
péricardiale, se résolvent à sa. surface en 
un réseau serré si bien que cette cellule appa- 
raît comme un ballon pris dans son filet ; 
puis, de nouveau, au delà de la cellule, les 

grosses cordelettes se reforment pour devenir 

1,1 1 • 1 • A • ' • FiG. 78 — Relation des 

les tendons de muscles mtervisceraux, m- „ , 

cellules pericarcliales et 

sérés, d'autre part, sur les trachées ou sur 
l'intestin postérieur. » 

L'aspect de ces cellules dans //. came- 
lina me paraît être un peu difïérent. Je ne 
retrouve pas ce réseau superficiel décrit 
par Gh. Pérez; le revêtement est continu autour de la cellule. 

Enfin, les tendons ne sont autres que ceux des muscles alaires 
qui vont se terminer sur la paroi abdominale. Je n'ai jamais 
observé de relations avec les trachées pourtant assez nombreuses. 

Je n'ai pu observer les points d'attaches sur l'intestin, celui-ci 
ayant été préalablement enlevé de mes préparations. Toutefois, je 
doute beaucoup qu'il en existe, car dans le type que j'ai étudié, ces 
éléments sont séparés des viscères par une épaisse couche de mus- 
cles lon£:itudinaux. 

A part ces quelques détails, mes conclusions concordent, dans leur 
ensemble, avec celles de Gh. Pérez. Les diverg-ences proviennent 
très probablement de la diiïérence de types que nous avons étudiés. 




per 

du vaisseau dorsal: cp, 
cellules péricardiales; a, 
filament tendineux ; p, 
paroi du vaisseau dorsal. 
Gr. =7 260. 



182 ANÂTOMIR 

Nerfs. Trachées. — Le nerf cardiaque et les ramifications, qui 
proviennent du gang^lion thoracique, forment un véritable plexus 
que 1 on aperçoit dans les préparations in toto. * 

Les trachées sont nombreuses. 

Le système trachéen comprend des troncs principaux, dont les 
ramifications divergent en éventail, un peu à la façon des muscles 
alaires. 

Résumé. — i" La constitution du cœur est identique dans tout le 
groupe des Pupipares (Hippoboscidés et Braulidés) ; elle est conforme 
à la structure du cœur chez les Insectes ; 

2° De chaque côté il existe cinq muscles alaires ; 

3" Les cellules nerveuses, décrites par Lowne dans la Càlliphora 
ne sont, en réalité, que des éléments conjonctifs; 

4*^ Ces éléments, unis entre eux et rattachés, d'une part, avec les 
muscles alaires et, d'autre part, avec le cœur, constituent un réseau 
de soutien de cet organe. 



TISSU ADIPEUX 

Le tissu adipeux joue un rôle important dans les phénomènes 
de nutrition; s'il abonde dans les larves et les pupes, il est, au 
contraire, très réduit dans les formes adultes. 
...-•; Observations. — Chez Hippobosca camelina 

on trouve des amas adipeux dans la tête, au 
voisinage des ganglions cérébroïdes, dans le 
thorax et dans l'abdomen, principalement autour 
des organes génitaux et des tubes de Mal- 
pighi. 

Les cellules ont une forme sphérique en rai- 
FiG. 79. — Cellule adi- g^j^^ probablement, de leur petit nombre; dans 

peuse , Hi/tpobosca < 1 1 

camelina Leach ; l. ^'/50/J^<''î^, OU les éléments sont plus Comprimés, 
leucocytes. Gr. = 52. la forme tend à devenir polygonale. 

Dans chacun de ces gros éléments (fig. 79), 
on observe un protoplasme vacuolaire avec un ou plusieurs noyaux 
arrondis à chromatine dissociée. A l'intérieur, se trouvent une infinité 
d'enclaves sphériques de divers diamètres et d'aspect différent : 




TlSSr ADIPEUX 



183 




Fi(i. 80. — Coupe transversale du thorax de Melo- 
phugiis ovinus L/; ta, tissu adipeux; Ir, trachées; 
(flh, ganglion thoracique. Gr. = 47. 



Les unes, iacolores, sont des vacuoles graisseuses; 

D'autres, plus petites, sont colorées sur coupes, soit en violet par 
rhématoxyline , soit 
en rose par l'éosine 
pour quelques-uns de 
ces éléments. 

Au voisinage, on 
observe toujours de 
nombreuses trachées. 

Autour de toutes ces 
cellules, on remarque 
l'existence constante 
de nombreux leuco- 
cytes. 

La cellule repré- 
sentée (fis^. 79) appartient au tissu adipeux céphalique à' Hippohosca 
cainelina. Sa forme est sphérique; elle renferme trois noyaux dont 
la chromatine est dissociée sous forme de ponctuations; les vacuoles 
sont plus importantes au centre qu'à la périphérie. Tout autour 
de la cellule se trou- 
vent de nombreux leuco- 
cytes. 

Cette présence d'un très 
g-rand nombre de leuco- 
cytes autour des cellules 
adipeuses, se trouve in- 
diquée dans un travail de 
Vanev et Maiffnon (1Q06), ^ o (-1 t r,ni, 1, n.o 1 

'^ o \ J /' Pli-. 81. — Loupe loni;itudinale du lliorax de 

relatif aux phénomènes IJpoptena cerviL.; la, tissu adipeux; p, pro- 

de o"lvcoo"énèse chez le ventricule ; o, œsophage ; v. ventricule chyli- 

^r , . fique ; rs, réservoir salivaire ; iith, ganglion tho- 

Ver a soie. . , , , . ^ ', 

racique; Ir. trachées, (xr.^.'iy. 




Anatomie comparée. — Je remarque la présence du tissu adi- 
peux dans les formes fixées comme Melopharjus (fig. 80), Cra- 
taerhina et Lipoptena (fîg-. 81), à la place qui est occupée par les 
muscles dorsaux dans les formes à ailes bien développées (Orni- 
thomyia, Hippohosca). 

On ne peut pas admettre cependant une transformation de ces 



184 ANATOMIR 

muscles dorsaux en tissu adipeux. Ces muscles ont dû disparaître 
dans la transformation progressive de la forme ailée primitive en 
la forme aptère actuelle. La place, laissée libre par la modification des 
muscles dorsaux en muscles seg-mentaires, est simplement occupée 
aujourd'hui par du tissu adipeux. 

Il doit en être de même pour Lipoplena cervi L. 

Dans l'étude relative aux muscles de cette dernière espèce, j'ai 
constaté : 

i'' La présence de muscles dorsaux très modifiés qui se rappro- 
chent par leur aspect des muscles segmentaires du Melophagus; 

■1° L'absence de muscles verticaux ou sterno-dorsaux. 

J'ai conclu de ces observations que, si la structure musculaire ne 
subissait aucune modification depuis la sortie de la pupe, le vol ne 
pouvait être très puissant dans la forme ailée. 

On pourrait admettre toutefois l'existence de ces muscles au 
début de l'imag-p. Dans cette hypothèse, on devrait assister ici à 
une modification analogue à celle que décrit Ch. Janet (lyofî), pour 
le Lasiiis nigei\ c'est-à-dire à une transformation des filtres muscu- 
laires en colonnes d'adipocytes, qui serait totale pour les sterno- 
dorsaux et partielle pour les dorsaux. 

Observations. — i" Je ne constate jamais de tissu adipeux à la 
plaça que devraient occuper les sterno-dorsaux ; 

2° Il en existe au contraire au dessus du tube digestif à la 
place occupée chez Hippobosca et Ornitliomyia par les muscles 
dorsaux. 

Cependant, il convient de remarquer que ce tissu n'est pas plus 
considérable que celui que l'on observe chez Cratacrhina, muni 
d'ailes rudimentaires, et chez le genre aptère Melophagus. 

Si les muscles sterno-dorsaux existaient dans la forme ailée, on 
devrait constater maintenant, à leur place, une modification analo- 
gue à celle du Lasias niger et trouver également ici du tissu adi- 
peux . 

A moins toutefois que l'étude anatomique de la forme ailée ne nous 
montre qu'il y a réellement des modifications dans la structure mus- 
culaire — ce que je pense peu probable — il convient d'admettre 
que l'on a ici une transformation d'ordre phylogénique, qui a provo- 
qué la disparition progressive des muscles sterno-dorsaux. Cette 
disparition est devenue complète dans l'espèce actuelle. Dans cette 



SYSTriME NER\TA:X ET 0R(.AM:S DES SENS 185 

dernière, les seuls muscles dorsaux doivent suffire à assurer le vol 
nécessaire à la recherche de l'hôte. 

Mon opinion est que les muscles sterno-dorsaux n'existent pas dans 
rimago, à la sortie de la pupe; elle est basée sur l'absence de tissu 
adipe'ux à la place habituelle de ces muscles dans le Lipoptenn 
à moignons alaires. 

Quant au tissu adipeux qui se trouve dans le thorax, au-dessus 
du tube digestif, il doit être considéré comme ayant une significa- 
tion analogue à celle que je lui ai donnée chez Melophagus ei 
Crataerhina. C'est un tissu de réserve, qui s'est localisé en ce point 
où se trouve une lacune laissée libre par régression phylogénique 
des muscles dorsaux. Dans le Lasius niger de Gh. Janet, la modifi- 
cation s'effectue dans le cours de la vie de l'individu. 

Cette étude comparée des muscles et du tissu adipeux du 
Lipoptena permet de conclure qu'il ne doit pas y avoir dans cette 
espèce de différences appréciables, au point de vue de la structure 
musculaire, entre l'imago à la sortie de la pupe et l'adulte à moi- 



gnons alaires. 



SYSTÈME NERVEUX ET ORGANES DES SENS 



SYSTÈME NERVEUX 

Hippoboscidés. — Le système nerveux se compose de deux 
masses ganglionnaires, l'une céphalique et l'autre thoracique, 
réunies entre elles par un connectif. Il se prolonge dans l'abdomen 
par un nerf médian, qui se détache d\m ganglion abdominal faisant 
partie de la masse thoracique. 

J'examinerai le système nerveux dans les différentes espèces. 

Hippobosca. — L'espèce étudiée est //. camelina Leach. 

Ganglion céphalique. — La masse ganglionnaire céphalique est 
volumineuse. Elle comprend un ganglion optique, situé de chaque 
côté d'une masse nerveuse médiane, perforée elle-même pour livrer 
passage au conduit œsophagien. 



18r, 



ANATOMIE 




Cette masse médiane doit être considérée comme formée par les 
ganglions cérébroïdes, pour la partie située au-dessus du tube diges- 
tif, et par les ganglions sous-œsophagiens, pour celle qui est située 
au-dessous, le pourtour du foramen œsophagien représentant les 
connectifs œsophagiens. 

Elle émet différents nerfs dont les plus importants sont les nerfs 
optiques et antennaires. 

En arrière et à la partie inférieure se détache le cordon nerveux 
qui se rend au ganglion thoracique 

Structure. — Sur les coupes on distingue comme parties con- 
■ r. stitutives : 

1° Une région centrale, 
la substance ponctuée, 
colorée en rose par Téo- 
sine ; 

•x° Une région périphé- 
rique , constituant une 
gaine, formée de cellules 
qui fixent l'hématoxyline 
avec intensité. Les cellu- 
les sont petites avec 
noyaux volumineux et à 
chromatine compacte. 
Ganglion thoracique. — Le ganglion thoracique est situé dans la 
rég^ion antérieure du thorax. Il forme une crosse masse nerveuse 
qui, sur les coupes longitudinales, semble même plus importante 
que la masse cérébrale. En réalité, cette dernière avec les ganglions 
optiques est la plus volumineuse : on s'en aperçoit dans l'observa- 
tion des coupes transversales. 

Le ganglion thoracique résulte de la fusion des masses nerveuses 
thoraciques et abdominales, qui, dans les premiers stades du dé- 
veloppement larvaire, forment une série de ganglions séparés les 
uns des autres. 

La dissection et les coupes en série permettent de reconnaître 
dans cette masse trois paires de ganglions antérieurs et un ganglion 
impair, postérieur et médian. 

Les ganglions pairs antérieurs représentent les ganglions qui 
appartiennent aux anneaux prothoraciques, mésothoraciques et 



iG. 82. — Système nerveux de Crataerhina 
pa//jc/3 Olf.; c, ganglion céplialique; 3, ganglion 
thoracique; 0, œsophage. Gr. =z 4o- 



SYSTEME NERVRUX ET ORGANES DES SENS 187 

métathoraciques ; de chacun d'eux se détachent les nerfs qui se 
rendent aux trois paires de pattes. 

Le ganglion impair postérieur doit donc résulter de la fusion de 
tous les ganglions abdominaux. 

Ces ganglions sont unis entre eux dorsalement par une bande 
médiane de fib;^es nerveuses, prolongement du cordon nerveux 
qui vient de la masse céphalique et qui se termine dans le ganglion 
abdominal. 

Structure. — Gomme le précédent, ce ganglion possède deux 
sortes de substances : la substance ponctuée centrale, éosinophile, 
et la couche corticale formée de cellules qui retiennent l'hématoxyline. 

Dans cette dernière, on distingue de petites et de grosses cellules 
nerveuses. C'est même ici que chez H. canielina, j'observe les 
cellules les plus volumineuses, beaucoup plus grandes que celles de 
la masse céphalique : elles sont situées sur les parties latérales. 

Nerfs. — De cette masse ganglionnaire partent différents nerfs 
qui se rendent aux muscles thoraciques, aux pattes, aux haltères et 
aux organes abdominaux. 

La paire de nerfs la plus importante est celle des haltères ou 
balanciers. 




Hippoboscidés. — Chez les autres Hippoboscidés, le système 
nerveux est identique à celui d'Hippo- 
hosca dans nos deux séries habituelles, 
d'une part, Lipoptena [W^. 63 et 83) et 
Melophagiis et, d'autre part, Ornitho- 
niyia, Lynchia et Crataerhina (lig. 82). 

La seule variation que l'on observe 
consiste dans la diminution du gan- 
glion optique, dont j'étudierai la struc- 
ture avec celle de l'oeil. 

Le système nerveux est donc, chez 
les Hippoboscidés, conforme à celui 
des Muscides. 

Ce type se maintient constant dans 
tout le groupe. A part le ganglion 

optique, le système nerveux central ne semble pas être influencé 
par l'adaptation à l'ectoparasitisme. 



FiG. 83. — Coupe longitudinale 
du ganglion Ihoracique (gth) 
de Lipoptena cervi ; L. 7/, 
ganglions thoraciques : ga, 
ganglion abdominal; o, œso- 
phage ; p, proventricule. Gr. 
= 60. 



188 



ANATOMU: 



Nyctèribiés. — Nycteribia (%. 84). — Chez Nycieribia, le 
système nerveux est conforme à celui des Hijapoboscidés c'est-k-dire 
avec deux masses ganglionnaires, réunies entre elles par un cordon 
nerveux, La seule différence réside dans les positions respectives 
de ces deux masses lune par rapport à l'autre, en raison, de la 
situation dorsale de la tête chez ces Insectes. Gomme d'habitude, la 
masse céphalique est traversée par l'œsophage, qui reste ensuite 
dorsal par rapport au cordon nerveux. 

Le g-ang-lion thoracique, situé vers le milieu du thorax, au-dessous 

de la partie stomacale du 
tube digestif, résulte, ici 
aussi, de la fusion des trois 
paires de ganglions thoraci- 
ques et des ganglions abdo- 
minaux. 

Les ganglions qui appar- 
tiennent au thorax sont net- 
tement indiqués par les trois 
régions saillantes de la subs- 
tance ponctuée, comme on le 
voit dans la figure d'ensem- 
ble du système nerveux de 
Nycteribia. Dans la figure 
84, on aperçoit, en outre, le 
ganglion abdominal dont l'aspect est identique à celui àHippobosca. 




FiG. 84. — Coupe longitudinale du système 
nerveux de Syclerihia ; c, ganglion cépha- 
ique ; (flh, ganglion thoracique; ijl, les 
trois ganglions Mioraciques proprement 
dits; (jr<T, ganglion abdominal; o, œsophage, 
(îr. — 7o. 



Braulidés. — Braula. — Le système nerveux du Branla comprend 
une masse ganglionnaire céphalique et une masse thoracique, réunies 
entre elles par un cordon nerveux sous-(iL*sophagien. 

La masse céphalique est surtout développée en largeur, par suite 
de l'aplatissement de la tête (fig. 88j. Sur les coupes longitudinales 
(fig. 85), la partie située au-dessous de l'œsophage semble être plus 
importante que la partie sus-œsophagienne; elle s'étend davantage 
en avant et en arrière que les ganglions cérébroïdes. 

Par rapport aux Hippoboscidés, le système nerveux du Braula en 
difTère par l'absence de ganglions optiques ou du moins ceux-ci se 
trouvent réduits à deux cordons ou nerfs, qui se rendent à la tache 
visuelle. 



SYSTKME NKRVKUX RT OUGAM'S DKS SKNS 



1S9 



La masse thoracique présente également une légère dilTerence. I 
y u toujours trois paires de ganglions thoraciques, fusionnes e 
distincts sur les coupes longitudinales, et le ganglion abdominal 
moins fusionné (lig. 86) dont il est séparé 
par une scissure profonde. Je n'ai jamais 
observé cette séparation dans les autres 
Pupipares. Enfin, cette masse, qui appar- 
tenait jusqu'ici tout entière au thorax, dé- 
borde dans l'abdomen, et le ganglion pos- 
térieur appartient nettement à la région 
abdominale. 

GANGLION OPTIQUE 



Hippoboscidés. - L'œil composé des 
Insectes a fait l'objet d'un très grand nom- 
bre de travaux, parmi lesquels je me conten- 
terai de citer ceux de Leydig (i864), de 
Grenacher (1879), de Hickson (i885), de 
Giaccio (188G) et de Viallanes (1891). 

L'organe de la vision des Arthropodes 
est bien connu dans tous ses détails de 
structure. Aussi bornerai-je ma description 
k l-énumération de ses parties constituantes 
en me basant sur les travaux de Viallanes. 
Je la ferai suivre des variations observées 
dans le groupe. 

Ganglion optique. - Le ganglion optique 
se compose essentiellement de trois masses 
ganglionnaires de substance ponctuée, colo- 
rabies sur coupes en rose par l'éosine et 
entourées de cellules nerveuses qui forment 
un revêtement externe (iig. 87). 

Ces masses ganglionnaires sont de l'mtérieui 




Fid. 85 — Coupe longi- 
tudinale de Braala fie- 
ra, • c, ganglion cépha- 
lique ; (jlh, ganglion 
thoracique; f/a, gang- 
lion abdominal. Gr. 
= 60. 




FiG. 86 — Coupe longi- 
tudinale du ganglion 
Ihoracitiue '//t'O '^'^ 
lirauh cœcn; f/a, gang- 
lion abdominal, Gr. 



à Textérieur : 



La masse médullaire interne, mi; 
La masse médullaire externe, me 
La lame ganglionnaire, hj. 



190 



ANATOMIK 



La masse médullaire interne (opticon de îlickson) est réunie 
d'une part au cerveau par des faisceaux de fibres, qui se rendent à 
diverses régions de cet organe et, d autre part, à la masse médullaire 
externe par d'autres fibres, dont la plupart en s'entrecroisant forment 
un chiasma interne (chi). 

La masse médullaire externe (éplopticon de Hickson) est en forme 
d'arc de cercle à convexité externe, avec ses trois zones habituelles. 
Elle est réunie à la lame ganglionnaire externe par deux faisceaux 
qui partent de chacune de ses extrémités et qui s'entrecroisent, en 
formant le chiasma externe (ch. e.J beaucoup plus net que le pré- 
cédent. Bien distincts 
sont également les 
masses ganglionnaires 
internes, le ganglion 
en coin et les masses 
ganglionnaires exter- 
nes. 

La lame ganglion- 
naire Ig (périopticon 
de Hickson) n'est pas 
très épaisse et se con- 
tinue du côté externe 
par la couche des fibres post-rétiniennes qui correspond à 1 anas- 
tomose terminale de Hickson. Cette dernière résulte de fibres qui 
proviennent de cellules et qui se rendent aux ommatidies. Il existe 
ici de nombreuses trachées. 

Anatornic comparée. — Cette structure se retrouve chez tous les 
Hippoboscidés. 

Toutefois, il y a lieu de constater une diminution dans l'importance 
du ganglion optique, qui s'allonge et qui devient de moins en 
moins volumineux, au fur et à mesure de la fixation de l'animal. 
Cette variation est parallèle à la réduction de l'd'il, dont j'ai déter- 
miné les phases successives dans l'étude morphologique de cet 
organe. 




FiG. 87. — Coupe fi'ontale du ganjilion optique 
(Hippobos cacarnelina Leach); c, cerveau; o, œso- 
phage. Gr. = 60. 



Structure de l'œil composé. — L'œil composé (ommateum) se 
compose d'une infinité d yeux élémentaires ou ommatidies, chacun 
possédant une lentille particulière. 



SYSTÈMi': NKRViax i;t oh(;am:s di:s sk.ns 



191 



A la partie interne se trouve une membrane hasale toujours bien 
distincte traversée par les fibres qui se rendent aux onimatidies. 

On distingue les rdlinules, formées d'un certain nombre de cel- 
lules rayonnantes, dont le centre commun est occupé par le 
rhabdome ; au dessus et du côté externe, se trouve V appareil cristal- 
linien. Entre les rétinules s'observent de nombreuses cellules pigmen- 
taires. 

Je n ai pu déterminer les relations des fibres nerveuses avec les 
rétinules : en raison de la dureté de leur chitine, ces Insectes ne se 
prêtent pas à des coupes suffisamment minces pour apercevoir ces 
détails de structure. 

Anatomie comparée. — Je ne trouve pas de difïérences sensibles 
dans la structure des yeux composés. Celle-ci ne varie que dans le 
nombre des onimatidies. Ce nombre est considérable chez Hippo- 
bosca et Ornitliomyia : il se réduit et devient très petit chez Craiae- 
rhina et surtout chez Melophagus, l'espèce la plus fixée. 



Braulidès. — Branla. — En 1 890, P. Boise observait sur le Branla 
blanc, de chaque côté de la tète, des yeux parfaitement constitués 
qui deviennent invisibles lors- 
que l'Insecte prend sa couleur 
rouge ordinaire (pi. VII, fig. Sc)). 

En 1892, l'œil latéral du 
Brailla fut décrit sommaire- 
ment par Mûggenburg dans 
son travail sur les organes 
buccaux des Diptères Pupi- 
pares. 

Observations. — I. Nerf 
optique. De la partie latérale 
du ganglion sus-œsophagien, 
qui forme en ce point une très 
légère saillie, part un nerf 
grêle qui se rend en ligne 

droite à la région oculaire (fig. 88). Ce filet nerveux est homogène 
dans toute sa longueur; il ne présente aucun détail particulier de 
structure, aucun renflement; il n'est constitué que de fibres ner- 
veuses, et je n'aperçois sur son trajet aucune trace de cellules. 




FiG. 88. — Coupe trans\orsalc de la Icle 
de Branla cieca ; c, ganj^lion cépliali(|ue; 
œ, foranien œsophagien; no, nerf opti- 
que; o, œil latéral; ca, cavité antcn- 
naire; p, pharynx, (ir. = 53. 



192 



ANATOMir. 



Arrivé vers la région oculaire, ce nerf s'étale brusquement et 
forme un g-ani»-lion (fig-. 89). Celui-ci comprend une substance libril- 
laire mélangée d'un certain nombre de cellules. 

Je le considère comme le dernier reste du ganglion optique, 
dont la régression était déjà manifeste avec les Hippoboscidés les 
plus fixés, Crataerliina et MelopJiagus. 

Œil. — L'd'il est formé de chitine transparente, en continuité 
directe avec celle du corps, légèrement bombée, qui forme une len- 





FiG. 89. — Portion agrandie de la figure 88, Branla cxca ; c, ganglion céplialiquc; 
(10. nerf optique; go, ganglion optique; cl^ lentille oculaire; co, couche de chi- 
tine; f.i, cellules adipeuses. Gr. = 400. 



tille convergente ci. La surface est unie et ne présente aucune 
trace de facettes oculaires : c'est un (ril latéral simple. 

Dans la masse ganglionnaire, située au-dessous se trouve un cer- 
tain nombre de cellules avec noyaux volumineux et à chromatine 
dissociée. Je n'aperçois pas cette orientation des cellules que figure 
Mîiggenburg. Contrairement à cet auteur, j'observe quelques masses 
pigmentaires bien distinctes, lorsqu'on regarde l'œil de face et non 
sur coupes, mais elles sont peu nombreuses. 

L'(t'il est donc ici un organe à structure très simple, qui doit 
être ramenée à celle d'une ommatidie. 

Borner(i()o8), dans sa comparaison du Branla et du TJiaiimaloxcna 
parasite des Termites, dit au sujet du premier qu'il ne possède pas 
d'yeux latéraux — ce qui est une erreur — mais il donne à propos 
du Thaumatoxcna quelques indications intéressantes relatives ii 
l'appareil oculaire de cet Insecte, très voisin du Branla, parasite 
comme lui d'Insectes sociaux. 



svsTKMK .m:hvi:l.\ i:t oiscanks i»i;s sii.ns 193 

Les yeux sont situés près de la fosse antenuaire, du côté externe 
et latéral, et présentent des facettes oculaires peu nombreuses et 
arrondies. 

Nous avons ici un (lùl, qui est manifestement moins dégradé que 
celui du Brailla et qui représente un terme de passage entre la struc- 
ture de ce dernier et celle des autres Pupipares. 

Nyctéribiés. — Nycterihia. — Nous avons là une forme aveugle. 
On ne trouve aucune trace dorganes visuels dans l'espèce 
européenne. L'observation des préparations in toto de tètes colorées 
au paracarmin et rendues transparentes par l'essence de girofle, 
montre un ganglion cérébroïde, qui n'émet comme ramifications 
que le nerf antennaire, d'ailleurs ici fort volumineux. 

Résumé : I. Système nerveux. — Dans tous les Pupipares, le sys- 
tème nerveux a une constitution homogène. 11 se compose toujours 
d'un ganglion ce plialiquc et d'un ganglion thoracique, réunis par un 
cordon nerveux. 

Le ganglion thoracique résulte de la fusion des trois paires de 
ganglions du thorax et d'un ganglion abdominal. Chez Branla, 
ce dernier paraît avoir une certaine indépendance par rapport aux 
précédents. 

Quant au ganglion céphalique, ses variations consistent dans la 
régression du ganglion optique. 

II. Ganglion optique. — Chez les Hippoboscidés, le ganglion 
optique qui est volumineux dans les espèces bien douées pour le vol 
(Hippohosca,Ornit/iomi/ia), Lijnchia, diminue d'importance avec une 
fixation plus grande du parasite sur l'hôte. 

Chez Braula, il se réduit à un simple nerf. 

Chez Nycterihia, le ganglion optique et le nerf optique disparais- 
sent complètement. 

III. OEil. — Les yeux composés ont une structure identique 
chez tous les Hippoboscidés, mais le nombre d ommatidies diminue 
avec la fixation. 

Chez Brailla, l'œil latéral est simple, à une seule lentille et réduit 
à une ommatidie. 

Chez Nycterihia on n'observe aucun appareil visuel simple ou 
composé. 

IV. Par rapport aux Hippoboscidés, le système nerveux des Brau- 

U.MV. DE L\ONi — MasSON-NAI 13 



194 A.NATO.MIK 

lidésetdes Nyctéribiés est caractL*risé, chez les premiers, par la réduc- 
tion du nerf optique à un mince filet nerveux et par son absence totale 
chez les seconds; par contre, on observe un certain développement 
du nerf antennaire, qui me paraît ici plus volumineux que dans les 
Hippoboscidés. 

ANTENNES 

Lantenne est de forme très particulière chez les Pupipares. 

Son étude morphologique a montré quelle subit dans ce groupe 
d'assez grandes variations. 

Voyons, maintenant, sa structure et les modifications anatomiques 
quelle peut présenter dans les différents genres. 

Des détails plus ou moins exacts, relatifs à la structure de l'an- 
tenne, ont été successivement donnés par Lyonet, Nitzsch, Léon 
Dufour; mais sa constitution n'a été établie que par Mûggenburg 
dans son travail sur Melophatjus ovinus L. 

Je prendrai comme type de cette étude, non un Pupipare fixé 
comme Melophac/us, mais une forme ailée Hippohosca cquina ou 
H. cainelina. A Hippohosca, je rapporterai ensuite les différents 
genres, et je déduirai — si elles existent — les diverses modifications 
que subit cet organe, en raison de la j)lus ou moins grande fixa- 
tion de 1 insecte à son hôte. 

Constitution. — L'antenne est logée dans une cavité delà région 
dorsale et antérieure de la tête, cavité profonde et allongée parallè- 
lement au plan médian de la tète. Elle est insérée en un point 
situé en haut et du côté interne de cette cavité, très exactement au 
quart de la largeur de celle-ci, à partir du plan médian de la tète 
vers l'extérieur. Elle est comme suspendue à l'intérieur de cette 
cavité et les mouvements qu'elle exécute doivent ressembler plus ou 
moins à ceux d'un pendule. 

Traitée par des réactifs éclaircissants, par la potasse caustique ou 
après un séjour prolongé dans l'essence de girofle, elle montre une 
structure très compliquée. Des coupes longitudinales et transver- 
sales deviennent nécessaires pour en établir la constitution. 

L'antenne comprend deux parties (fig. 90) : 

L'une, externe (ae). globuleuse, possède à son intérieur une 
srrande cavité en communication avec l'extérieur ; 



SYSTKME NERVRLIX RT 0UGAM:S DES SENS 



195 



L'autre, interne (ai), est logée dans cette cavité. 
La partie externe présente à sa surface des cils chitineux très fins 
et serrés. Son aspect varie avec les genres. 

La partie interne a une forme triangulaire ; elle s'articule avec la 
région enveloppante en un point un peu excentrique et situé vers 
le haut. Un prolongement très fin, le flagelle (fl), à division dicho- 
tomique, fait une saillie plus ou moins prononcée hors de la 
cavité de l'antenne. L'ouverture plus ou moins arrondie à travers 
laquelle ce dernier fait sail- 
lie, est garnie de prolonge- 
ments chitineux, jaunâtres, 
lonors et nombreux. 

En arrière de la cavité 
antennaire se trouve une 
région, située à l'intérieur 
de la tète, délimitée par des 
parties chitineuses qui ser- 
vent à l'insertion des mus- 
cles antennaires. 

Articulation. — L'articu- 
lation de l'antenne avec la 
tête se fait en deux points 
très rapprochés l'un de l'au- 
tre, situés à la partie supé- 
rieure, du côté interne et 
postérieur de cet organe 
(tîg. i)0 et ()4). 

Le plus élevé de ces deux 
points (p), s'articule par une partie formée de chitine flexible avec 
la région dorsale et épaissie de la tète, qui produit une légère saillie 
au-dessus de la cavité antennaire. Il y a lieu d'observer que la 
chitine épaissie et jaunâtre de la région supérieure de l'antenne se 
prolonge légèrement au delà de cette partie flexible servant à 
l'articulation. Elle constitue une sorte de talon destiné à l'insertion 
des muscles de cet organe (fig. 90, t). 

Le deuxième point d'articulation (p) est déterminé par la bran- 
che inférieure de l'antenne qui s'élève à angle droit, formant une 
partie montante qui se rapproche de l'articulation supérieure. Elle 




Fi(i. 90. — Coupe longitudinale de l'antenne 
d'Hippobosca camelina Leach ; ;ie, article 
externe; ai, article interne; 7ia, nerf anten- 
naire; ^<t, ganglion antennaire; f/;i, masses 
ganglionnaires; <//', ganglion du flagelle, fi -. 
tr, trachées. Gr. = i25. 



196 AXATOiMIK 

se continue avec la paroi de la cavité antennaire par une portion de 
membrane très flexueuse qui permet ainsi les mouvements de Tan- 
tenne. 

Le vide laissé entre les deux branches établit la communication 
de la cavité de l'antenne avec celle de la tête; c'est par là, en elTet, 
que pénètrent une trachée et le nerf antennaire. 



Variations aiiatomiii iies «le l'antenne. 

I*' HlPPOBOSCIDÉS PARASITES DES MAMMIFÈRES. H'ippohoSCa. La 

longueur de Tantenne, observée sur coupes, est de o mm. \\ dans 

H. equinn [iiy;. 91) et de o mm. 35 
dans //. canielina. 

L'antenne est inclinée vers 
l'extérieur de .\\y degrés par rap- 
port au plan médian du corps. 
Elle est de forme dissymétrique. 
Sa partie globuleuse, couverte en 
avant de poils extrêmement fins 
et serrés, porte en arrière et du 




FiG. 91. — Antenne d'IIippohosca 
equina L. ; a, antenne; //, flagelle; 
o, œil. Gr. = 40. 



côté interne une bosselure régu- 



lièrement arrondie. L'antenne, 
qui fait une légère saillie en avant 
de la cavité antennaire, porte à sa surface trois poils noirs de lon- 
gueur inégale dans //. equina et d'égale longueur dans H. camclina. 

A l'intérieur de la cavité, l'article externe forme une saillie 
conique qui renferme le ganglion antennaire et qui donne insertion 
par sa pointe à l'article interne. 

Ce dernier est de forme irrégulière; il comprend, du côté interne 
et inférieur, une partie sphérique et vers le haut une région de 
forme triangulaire, à pointe dirigée vers le bas, qui donne en avant 
le flagelle. Ce dernier n'est pas articulé, mais en continuité avec 
les parois de Tarticle interne. Sa base est légèrement et progressi- 
vement renflée; par l'orifice de l'antenne, il fait à l'extérieur une 
saillie assez prononcée et s'y divise dichotomiquement deux ou trois 
fois. 

Lipoplena (flg. 92), — L'antenne ne fait pas saillie en avant 
de la cavité antennaire. Sa dissymétrie est moins accusée que 



SYSTftMR NRUVraiX ET ORGANRS DES SENS 197 

dans Hlppohosca : elle est plus régulièrement globuleuse. Elle est 
plus haute que longue, d'une hauteur de o mm. 25 et d'une longueur 
de o mm. 20. 

A la surface supérieure, on observe deux ou trois poils courts, 
légèrement noirâtres, et une infinité de cils jaunes, très courts et 
serrés. A la surface interne et sur le pourtour de Torifice, se 
trouvent des saillies chitineuses jaunâtres, serrées et longues. 

L'article interne est de même forme que celui d'Bippohosca c'est- 




FiG. 92. — Antenne de Lipoptena cervi 
L. ; ae, article externe; a/, article 
inlomo; /;, flagelle. Gr. = 87. 




FiG. 93. — Antenne de Melnphacjiis ovi- 
nus L. ; ae, article externe ; ai, article in- 
terne ; //, flagelle; o, œil. (Ir. = 87. 



k-direavec bosselure inférieure, à partie supérieure étirée, triangu- 
laire, et prolongée d'un flagelle. 

Melophagus (fîg. 9.3). — L'antenne est profondément enfoncée 
dans la cavité antennaire. Elle paraît régulière quoique plus haute que 
longue, d'une hauteur de o mm 2.5 et d'une longueur de o mm. 20. 

Le fait le plus saillant comme différence par rapport aux genres 
précédents, Hippohosca et Lipoptena, consiste, comme j'en ai déjà 
fait la remarque, dans la présence, à la surface supérieure, d'un assez 
grand nombre de poils, une douzaine au moins, dont quelques-uns 
font même une très légère saillie en avant de la cavité antennaire. 
Le reste delà surface est couvert de cils jaunâtres, fins, nombreux, 
longs en avant et près de l'orifice de la cavité, mais déplus en plus 
courts en arrière. La cavité est tapissée en avant de poils très 
courts. 

L'article terminal dont la longueur, flagelle compris, est de 
o mm. 20, comprend toujours, en haut, une partie triangulaire, un 



193 ANATOMIK 

flagelle et, en bas, du côté interne, une partie sphérique deo mm. i5 
de diamètre. 

2° Hn'POiiOsciDÉs PAKAsiTEs DES OisEAux. — Lijiichia. L'antenne 
fait ici largement saillie à l'extérieur. Sa longueur est de o mm. 4- 

Elle comprend une partie très allongée, un peu aplatie dorso- 
ventralement et couverte de poils. Vers la base, du côté interne et 
inférieur, on rencontre une bosselure creuse, en forme de bouteille, 
d'une longueur de o mm. 22 et d'une hauteur de o mm. 20. A l'inté- 
rieur se trouve l'article terminal, formé comme précédemment d'une 
partie triangulaire insérée vers le haut et dont la partie inférieure se 



3?- / 




FiG. 94. — Coupe longitudinale de l'antenne de Cralnerliina pallitla Olf. ; .le, article 
externe; ai, article interne; ;j,'i, prolongement anlennaire; na, nerf antennaire; 
(/a, ganglion antennaire; pp, parties articulaires; <, talon pour l'insertion du 
muscle me. Gr. = 47. 



renfle fortement, pour constituer une région sphérique, qui en remplit 
la cavité. Par l'orifice fait saillie un flagelle à division dichotomique. 

C'est la région correspondante à la bosselure qui constitue la 
véritable antenne. La structure générale de l'antenne est donc la 
môme que celle des Ilippoboscidés parasites des Mammifères. 

Elle en difTère toutefois : 

1" Par un prolongement de la partie supérieure de l'article externe 
formant une saillie qui double ici la longueur de l'antenne propre- 
ment dite ; 

2" Par la présence d'un très grand nombre de poils recouvrant 
les parties latérales et antérieures. 

A la région saillante^ Mûggenburg a donné le nom de prolonge- 
ment antennaire. 

Genre Ornithomyia. — L'antenne a une structure identique à 



SYSTIvME NRRVRl'X KT (IIUIAXRS DKS SENS 1<.)9 

celle du genre précédent. L'antenne et son prolongement antérieur 
ont une longueur totale de o mm. \, l'article terminal et le flagelle 
o m m . '2 5 . 

Genre Cratnerliina (fig. 94)- — La structure de l'antenne est 
identique à celle des deux genres précédents. Elle ne diffère que 
par une plus grande longueur, o mm. 6, et par sa surface qui est 
couverte de poils longs et noirs : certains d'entre eux atteignent 
o mm. 9 de longueur. 
La bosselure basale 
est de o mm. 25 : le 
prolongement anten- 
naire a donc une di- 
mension qui est pres- 
que le triple de la pré- 
cédente. Ce dernier est 
comparativement plus 
grand que dans les es- 
pèces précédentes o\x il 
n'atteignait que le dou- 
ble de la longueur de la 
cavité interne. Il est 
toujours aplati dorso- 
ventralement, mais sa 
partie antérieure est 
plus étalée : c'est aussi 
celle où les poils sont 
les plus nombreux et 
les plus longs. 

En résumé chez les Hippoboscidés, parasites des Mammifères, 
la constitution de l'antenne reste toujours identique. La variation 
ne consiste que dans son raccourcissement, assez faible d'ailleurs, 
dans les espèces les plus fixées, Lipoptena et Melopliagus. 

Chez les Hippoboscidés parasites des Oiseaux, la constitution 
de l'antenne est semblable à celle des parasites des Mammifères. 
Elle ne diffère que par la saillie très prononcée, qu'elle fait hors de 
la cavité antennaire. 

Cette étude d'anatomie comparée montre que cette partie saillante 
est due, non à l'ensemble de l'antenne, mais simplement à la partie 




Fui. 95. — Structure comparée de l'antenne des 
Hippoboscidés parasites des Mammifères (i) et des 
IIippol)oscidés parasites d'Oiseaux (2); ae, article 
externe; ni, article interne; joa, prolongement an- 
tennaire; //, flagelle; p et //, parties articulaires; 
t, talon servant à Tinsertion des muscles éléva- 
teurs. 



200 



ANATOMiK 



externe et supérieure de celle-ci, laquelle s'allong-e par son extré- 
mité antérieure; la région basale, en forme de ]>outeille reste, dans 
les deux cas, sensiblement de même longueur et correspond, d'après 
sa structure, à la véritable région antennaire. C'est ce que traduit la 
figure schématique c)5. 

Mûggenburg a donné à cette partie saillante le nom de « prolon- 
gement antennaire » pour la différencier de Tantenne proprement 
dite. Ainsi que je l'ai constaté dans l'étude morphologique, celui-ci 
s'allonge d'autant plus que l'espèce est plus fixée. J'ai observé qu'il 
V avait aussi une relation entre la régression des yeux et le double 
phénomène de l'allongement antennaire et de la multiplication des 
poils sensoriels. 

Au point de vue anatomique, l'antenne a donc la même structure 
fondamentale dans les deux séries : la seule variation consiste dans 
l'existence de ce prolongement antennaire chez les Pupipares 
parasites des Oiseaux. 



Nyctéribiées. — Nycteribia (fig, 96). L'antenne est petite, 
conformée comme celle de tous les autres Pupipares; mais elle 

nest pas logée dans 
une cavité spéciale de 
la tête aussi profonde 
que dans les Hippo- 
boscidés. Sa position 
semble un peu particu- 
lière : elle nous appa- 
raît relevée et d'un 
aspect un peu différent 
de celle du groupe pré- 
cédent, en raison même 
de la singulière situa- 




a.L 



Fin. 9G. — (^.oiipe longitudinale de l'antenne de 
Nycteribia : ae, article externe; .a, article interne; 
//, flagelle; /la, prolongement antennaire; nu, nerf 
antennaire, (îr. =: 32o. 



tion de la tête, au-des- 
sus du thorax. 

La hauteur est de o mm. i5 et la longueur (suivant l'horizontale) 
est de o mm. i i chez un individu dont la taille est de 2 mm, .'L 

Gomme chez les Hippoboscidés, l'antenne comprend un article 
externe, qui renferme un article interne émettant à l'extérieur un 
flagelle très saillant et particulièrement ramifié. 



SYSTflMR NERVEUX ET ORGANES DES SENS 201 

Elle est ég-alement dissymétrique par la présence d'une bosselure 
du coté interne. 

L'article externe forme une masse plus haute que larg-e. 11 émet 
en avant un prolongement antennaire d'une long-ueur ég-ale à celle 
de la partie principale. Celui-ci est recourbé légèrement vers le bas 
et couvert de cils fins et nombreux; mais jamais on n'observe sur sa 
surface ces poils noirs si caractéristiques de l'antenne des Pupi- 
pares parasites des Oiseaux. 

L'article interne est aussi de forme irrég-ulière avec une région 




FiG. 97. — Coupe longitudinale do l'anlenno de Brailla aeca. Gv. = 3oo, 

inférieure arrondie. En avant, il émet un flagelle qui traverse un 
orifice étroit et qui se divise dichotomiquement plusieurs fois. Ce 
dernier est remarquable par sa longueur et ses multiples divisions. 
Par suite de l'existence d'un prolongement antennaire, l'antenne 
de Nycteribia se rattache, par sa conformation, à celle des Pupipares 
parasites des Oiseaux. 

Braulidés. — Branla. L'antenne nous apparaît comme étant 
d'une constitution bien différente de celle des genres précédents. 

Elle comprend (fig. 97) : 

l'aune région bien délimitée de la tête, dont les parois chitineuses 
servent à l'insertion des fibres musculaires; 

2° L'antenne proprement dite. 



•20i ÂNATOMIK 

Cette dernière se compose de l'article basai, de forme triangulaire 
et d'un article terminal (jui supporte un flag-elle. 

La région d'insertion est quadrangulaire et conforme à celle que 
l'on observe chez les autres Pupipares. 

L'article de base (A) présente aussi, dans sa région médiane, une 
saillie de forme tétraédrique, beaucoup plus allongée en pointe que 
dans les genres précédents. Le côté latéral inférieur (a) a une lon- 
gueur égale à celle du côté basai (h), mais celui de la partie supé 
rieure {c) est légèrement plus petit. Le côté latéral inférieur (a) se 
termine par une région arrondie très prononcée (d). Les parties 
basales se prolongent latéralement par des bords qui ont une ten- 
dance manifeste à -se relever (e, f). 

L'article terminal ( B) repose sur la pointe de la pièce triangulaire 
précédente. Sa forme générale est arrondie. Latéralement et du 
côté externe, il est allongé, globuleux ; il porte à sa partie supé- 
rieure un flagelle de forme très caractéristique. En allant de l'exté- 
rieur à l'intérieur, on passe progressivement à une région où la 
forme de l'antenne est moins allongée, plus massive. Elle est 
recouverte peu à peu par la paroi céphalique : il se constitue ainsi 
une cavité antennaire analogue à celle des Hippoboscidés. 

La région de l'antenne placée dans cette cavité a la forme repré- 
sentée par la figure 97 : on A^oit qu'elle est arrondie en avant, que 
l'article terminal siusère sur l'autre en un point, situé vers le quart 
de sa hauteur, et qu'elle se trouve comme suspendue à l'intérieur 
de la cavité antennaire. 

Malgré cette conformation, l'antenne est rendue stable par le 
mode d'articulation qui est, d'ailleurs, général à tous les Pupipares; 
mais il est ici un peu plus accusé en raison de la forme plus volu- 
mineuse de l'article terminal. Au-dessous du point d'articulation, 
on observe une région concave dans laquelle vient se loger la partie 
renflée ^(7 j du précédent article et qui s'oppose ainsi à toute flexion 
plus prortoncée de l'article terminal sur le basai. 

Le flagelle est de forme différente de celui des autres Pupi- 
pares. Il est rectiligne, renflé à sa base, assez gros et couvert de 
cils sur toute sa longueur ; il n'y a plus ici de division dichoto- 
mique. 

La structure de l'antenne du Branla dift'ère donc beaucoup de 
celle des types précédents. On y retrouve bien les mêmes éléments, 



SYSTÈMR NERVFAX ET ORCANES DES SENS 20?, 

en nombre égal, mais leurs rapports et leurs dimensions respecti- 
ves sont profondément modifiés. 

Résumé de la constitution de l'antenne dans le rjroupe des Pupi- 
pares. — Au cours de cette étude, j'ai constaté la présence de trois 

formes d'antennes. 

lo La première, celle des parasites des Mammifères, est petite, 
peu saillante et cachée dans la cavité antennaire. 

■1'^ La deuxième, celle des parasites des Oiseaux, est de même 
constitution, mais elle se différencie par un prolongement anten- 
naire plus ou moins long et faisant une saillie, en avant de la tête, 
variable avec les genres. 

3» Celle de Ntjcteribia se rattache à la série des Pupipares, 
parasites des Oiseaux, par la présence d'un prolongement antennaire 
mais elle s'en distingue par l'absence complète de poils sensoriels ; 
il n'y a ici que des soies tactiles. 

4» Celle du Branla est composée des mêmes éléments, mais avec 
l'article terminal non protégé et à flagelle rectiligne, couvert de soies 
et sans division dichotomique. 

Musculature de l'antenne. — La musculature est très simple. 
Elle se compose de trois muscles dont deux élévateurs et un 
abaisseur. 

Les élévateurs compren- 
nent un muscle externe et 
un muscle interne. Tous les 
deux viennent s'insérer à 
l'extrémité de la branche 
supérieure de l'antenne (fig. 
98), au delà du point d'arti- 
culation, l'un à droite, l'autre 
à gauche de celle-ci (fig. 
100). L'un de ces muscles va se fixer sur la partie externe delà 
cavité située en arrière de l'antenne, en formant un faisceau peu 
■ oblique, presque perpendiculaire (muscle externe). Le deuxième 
muscle se fixe du côté interne de cette même c^Viié ( muscle in- 
terne), mais avec une direction très oblique. 

On peut admettre que ce dernier se compose, en réalité, de 
deux faisceaux, l'un peu divergent, l'autre presque horizontal. 




p„, g8. — Coupe longitudinale de l'tintenne 
cVflippobosc.i camelina, Leach; me, muscle 
élévateur, Gr. = 100. 



20 i 



AN A TO M IF 



mr 




FiG. 99. — Coupe longitudinale d7//'yj 
j)oboiica equina L. ; mr, muscle ré 
tracteur. Gr. = 5'^. 



née. 



Les coupes montrent que ce muscle interne est plus important 

que le premier. 

Le muscle abaisseur se trouve dans une position intermédiaire 

entre celles des deux précédents, cest-à-dire dans le plan médian 

de l'org-ane. Il s'insère en arrière 
de la cavité (fig. 99) ; sa direction 
est très oblique, toutefois la partie 
supérieure est presque horizon- 
tale ; il se fixe sur l'extrémité de 
la branche montante de Fantenne, 
En arrière de ce point d'inser- 
tion, l'antenne se continue, par 
une membrane, mince etflexueuse 
(aj qui lui permet de se soulever 
ou de s'abaisser. 
D'après les iig-ures 98 et 100, on voit que les muscles externe et 

interne en se contractant soulèvent l'antenne : ce sont bien des 

élévateurs. L'externe a de plus 
pour fonction de ramener l'appen- 
dice vers la ligne médiane. L'in- 
terne qui est plus volumineux que 
le précédent, a pour action de 
rejeter l'antenne vers l'extérieur 
à la suite de la contraction de son 
faisceau horizontal. 

Ces deux muscles soulèvent 
donc l'antenne, mais par leurs 
mouvements de latéralité, ils sont 
antagonistes l'un de l'autre. 

Le troisième muscle en se con- 
tractant tire la branche montante 
vers l'arrière : il a pour résultat 
d'abaisser l'antenne et de la 
ramener dans sa cavité. C'est 

l'antagoniste des deux précédents. 

L'antenne est ainsi douée d'une certaine mobilité, assezrestreinte 

chez les Pupipares parasites des Mammifères où elle est très courte 

et incluse dans la cavité antennaire, mais celte mobilité est beau- 



fnei. 

- — i— 




FiG. 100, — Coupe transversale de la 
partie postérieure de l'antenne, Li/n- 
chia, maiira Big. ; f, talon servant à 
l'insertion des muscles élévateurs, 
externes (meei cl internes (mei). Gr. 

= 320. 



SYSTÈMI': NERVFA'X i:T OlîCAXKS DES SENS 205 

coup plus grande dans la série des parasites d'Oiseaux où cet 
organe atteint de plus grandes dimensions, grâce à l'existence du 
prolongement antennaire. 

Ces muscles, en soulevant et en déplaçant latéralement l'antenne 
permettent à l'animal d'explorer la région située au-dessus et lmi 
avant de la tête. 

Innervation. — Cette étude de l'innervation de l'antenne a été 
faite sur Ilippohosca cnmclina (lig. 92). 

Le nerf antennaire part de la base de la masse nerveuse céplia- 
lique. Après le nerf optique qui est plutôt une succession de gan- 
glions, c'est le nerf antennaire^ qui est le plus volumineux de la 
tête. Il se rend directement à l'antenne; il pénètre dans Tarlicle 
basilaire par la partie supérieure, au point d'articulation, et forme a 
l'intérieur de celui-ci une grosse masse ganglionnaire. Celle-ci 
renferme un grand nombre de cellules. Elle est de forme conique à 
sommet dirigé vers le point d'insertion de l'article terminal. La partie 
centrale est creuse et occupée par une trachée et par un nerf déri- 
vant directement du nerf antennaire. De là, résulte l'aspect que l on 
observe sur les coupes longitudinales qui passent à travers la région 
médiane duganglion antennaire, ce dernier consistant en deux masses 
nerveuses, l'une inférieure, l'autre supérieure, entre lesquelles se 
trouvent le nerf et la trachée, qui pénètrent dans l'article terminal. 

Les cellules de cette masse ganglionnaire sont orientées de 
manière à ce que leurs extrémités convergent vers le point d in- 
sertion de cet article. 

De ce plexus nerveux partent deux grosses ramiiications : la 
première se rend dans l'article terminal et la seconde dans le pro- 
lonsrement antennaire. 

Divers filaments prennent encore naissance et innervent les 
parties latérales et inférieures de l'antenne. 

Le nerf, qui pénètre dans l'article terminal, se divise en un certain 
nombre de ramifications. Deux d'entre elles sont importantes : 
l'une se dirige vers le flagelle, après avoir donné un filet nerveux 
qui se rend dans la région inférieure ; l'autre se dirige vers la région 
supérieure de l'article terminal. 

Le nerf du prolongement antennaire se détache de la base du gan- 
glion; il émet des filaments nerveux, qui se rendent à l'extrémité et 



206 



ANATOMIE 



à la partie supérieure de l'organe, où se trouvent localisés les poils 
sensoriels. 

Le mode d'innervation ne présente aucune variation dans les dif- 
férents genres que j'ai étudiés. 

Je n'observe de différences que dans Ni/cterihia où le ganglion 
antennaire (fig. loi) me paraît plus volumineux que dans les 




Fia. loi. — Coupe lungitudinale de l'antenne de Sycleribia; ae, article externe; 
ai, article interne; pa, prolongement antennaire ; j/a, ganglion antennaire; me, 
muscle élévateur; mr, muscle rétracteur. G. ^= 287. 



autres genres avec des cellules plus nombreuses. Il va lieu de remar- 
quer que Nyclerihia est aveugle. 

Y aurait-il une relation entre la disparition de l'œil et le dé- 
veloppement du ganglion antennaire ? C'est probable. Il y a là 
certainement un phénomène de suppléance. 

Le nerf antennaire, qui part de la partie antérieure du ganglion 
céphalique, laquelle correspond à la région basale, constitue ici la 
2)lus grosse ramification de la tête. 

Parties sensorielles. — Je considère dans l'antenne deux régions 
sensorielles : 

1° L'article basilaire avec son prolongement antennaire chez les 
espèces parasites des Oiseaux; 

-2" L'article terminal qui est devenu interne chez les Pupipares. 

Prolongement antennaire. — C'est la partie importante de l'arti- 
cle basilaire au point de vue sensoriel. Sur sa surface on observe : 



SYSTKMi': NKUvKix i:t onc.ANES Di:s sr.NS 207 

1° Des poils noirs et volumineux ; 

u" Des soies tactiles — ou poils très lins — toujours nombreuses et 
serrées. 

Poils. — Les poils sont en nombre très variable, trois chez 
Ilippobosca, deux chez Lipoptcna, une douzaine au moins chez .1/c- 
lophagus. On a vu précédemment qu'ils deviennent beaucoup plus 
nombreux chez les espèces parasites des Oiseaux et d'autant plus 
nombreux et plus longs que l'espèce est plus fixée à l'hôte. J'ai 
établi, surtout chez les espèces parasites des Oiseaux — mais le 
fait est également vrai pour les Pupipares parasites des Mammi- 
fères — qu'il y avait une certaine relation entre le développement 
des poils sensoriels et la régression de l'appareil visuel. C est un 
fait qui montre toute l'importance de cette région, en tant qu'appareil 
sensoriel. 

A la base de chaque poil on observe toujours au moins une cellule 
qui est en relation, du côté interne, avec le nerf, et qui émet, du côté 
externe, un prolongement se rendant dans la cavité du poil. 

Soies tactiles. — Les soies tactiles sont courtes. Chez Hippohosca 
camclina, elles sont localisées à l'extrémité et elles me paraissent 
en relation par des prolongements internes avec des cellules très 
nombreuses en ce point. A part celles qui se trouvent à la base de 
chacun des poils de 1 antenne, on observe, en elfet, de telles cellules 
que dans la région où ces soies sont localisées. 

Article terminaL — L'article terminal présente la région basi- 
laire et le flagelle. 

La région basilaire est entourée de poils chitineux jaunâtres très 
iîns et serrés, sauf dans la région postérieure. 

a) A la partie antérieure s'observent des régions sensorielles 
formées d'agglomérations de cellules. On aperçoit dans les coupes 
des filaments nerveux, qui se rendent à chacune de ces masses gan- 
glionnaires et qui y pénètrent par la base. 

Dans une coupe à' Hippohosca canielina (fig. yS), ces cellules me 
paraissent émettre un filament, qui occupe le centre d'un poil chi- 
tineux jaune clair et que l'on distingue par sa coloration. 

A la partie supérieure on observe encore une région allongée, de 
forme évasée, se terminant par un bord rectiligne perpendiculaire à 
l'axe, où les cellules sensorielles sont réunies en très grand nombre 



i08 



A-NATOMIK 



et où l'on observe des cils chitineux, avec prolong'ements internes 
colorés. Ce sont des éléments de même nature que ceux delà partie 
inférieure de l'article basilaire. 

h) On disting-ue encore dans cette réi^ion une cavité allongée en 
forme de tunnel à trajet rectiligne ou sinueux (Melophagus). Tout 
autour se trouvent des cellules réunies en très grand nombre. 
Sur les coupes longitudinales, on aperçoit, dans le voisinage de 
ces cellules, des filets nerveux dont quelques-uns pénètrent dans 

les agglomérations cellulaires. 

L'intérieur de la cavité(fig. 102) 
est revêtu de chitine jaunâtre. On 
y observe des saillies chitineuses 
(se) qui délimitent des cavités. Au 
fond de chacune de celles-ci, la 
chitine paraît être trouée et livrer 
passage à un prolongement proto- 
plasmique (c). Ce dernier, qui pro- 
vient des cellules situées à sa 
base, fait une saillie assez pro- 
noncée ; il se colore par le gh- 
chémalun ; il semble strié longi- 
tudinalement ou, du moins, il sem- 
ble formé dun certain nombre de 
fibrilles parallèles qui divergent 
à la base. 

Dans Braula, je trouve une 
forme particulière présentée par 
ces cellules sensorielles. 
Dans tous les Pupipares, celles-ci sont situées sur l'article ter- 
minal logé dans la cavité de l'antenne : elles sont par suite tou- 
jours protégées. 

Chez Braula, l'article terminal, sur lequel les cellules senso- 
rielles sont également localisées, n'est pas entouré par l'article 
basilaire : ces éléments se trouvent ainsi en contact immédiat 
avec l'extérieur et présentent une conformation particulière. 

La cellule olTre un noyau à chromatine (fig. io3), divisée en gros 
amas ; le protoplasme est toujours librillaire ; les fibrilles colorées 
légèrement par Thématoxyline sont parallèles entre elles dans le 




FiG, 102. — Coupe transversale de 1 ar- 
tielc interne ou terminal, Uippohosci 
equ'nia I>. ; c/î, couche de chitine; 
.<>r. saillies chitineuses; c/, cavité en 
tunnel; c, prolongements prutoplas- 
miques ; g, masses ganglionnaires. 
Vsv. -= 900. 



SYSTf;iMi'; m:uvi:ux et oiu'.axI'S I)i;s si;\s 209 

sens de l'allongement de la cellule. Le revêtement de l'antenne est 
troué et livre passage au prolongement protoplasmique, qui se 
termine presque aussitôt en une partie eflîlée. C^'est ici que la cel- 
lule me paraît présenter une structure différente. 

La partie librillaire externe se prolonge par un filament (a), 
coloré en bleu par l'iiématoxyline ; à la base de celui-ci, s'observe 
une petite masse arrondie (h) plus fortement colorée. (]e filament 
est placé au centre d'un corps cylindrique transparent (c) qui pa- 
raît lui constituer une gaine probablement de nature chitineuse. 

La cellule sensorielle se terminerait ainsi par une sorte de fila- 
ment ou bâtonnet entouré d'une gaine chiti- 
neuse, qui le protégerait des contacts exté- 
rieurs. Par coté on aperçoit encore les saillies 
jaunâtres f se) du revêtement externe de 
l'antenne. 

La protection de ces cellules se trouve 
donc assurée chez Branla comme chez les 
autres Pupipares. 

Flagelle. — Le flagelle (fig. 90) n'est pas 
articulé. C est un prolongement de l'article 
basilaire qui se divise d'une manière dichoto- 
mique à son extrémité libre. Un nerf y pénè- 
tre et se termine dans une masse de cellules 
qui forment un ganglion à la base du fla- 
gelle (ijf). Je n'ai pu observer les terminaisons externes de ces 
cellules. Toutefois, sur une coupe partielle de cet organe, on 
trouve une région, colorée jusqu'à 1 extrémité, en continuité avec 
le ganglion de base. 

Résumé. — Au sujet des terminaisons sensorielles cette étude 
me conduit à admettre diverses catégories d'éléments : 

I" Les poils et les soies tactiles qui recouvrent l'antenne extérieu- 
rement ; 

•2^ Les soies de la surface exberne de l'article terminal ; celles-ci 
sont semblables aux précédentes mais plus courtes ; 

3° Les prolongements protoplasmiques fibrillaires des cavités de 
l'article interne ou terminal ; 

4** La modification de ces dernières cellules dans Branla. 

Pht/siologie. — - Les auteurs admettent que l'antenne sert aux 




a. i(i3. — Cellule scii- 
surielle de l'organe ter- 
minal de Bruulii aeca. 
Gr. := i.5oo. 



Umv. iiii Lyon. — Maissonnat 



14 



210 ANATOMIF. 

Insectes à la fois comme organe tactile et comme organe olfactif. 

Je n'ai fait aucune expérience relative au rôle physiologique de 
l'antenne. Cependant cette étude d'anatomie comparée me permet 
de formuler quelques conclusions. 

Les poils et les soies, distribués sur toute la surface externe, ser- 
vent au tact. On en voit une preuve dans leur multiplication au fur 
et à mesure de la régression de l'appareil visuel. 

En raison de la disposition des cellules et de leur forme, je consi- 
dère que la cavité en tunnel et l'article terminal de l'antenne sont 
les sièges probables des organes d'olfaction; les éléments sen- 
soriels seraient ces prolongements protoplasmiques fd^rillaires 
qui font saillie à l'intérieur de la cavité en tunnel et de la cavité 
antennaire. 

IIoinolo«^ie de l'aiileiinc des Ptipipnres avec celle des Muscides. 

Pour se rendre compte des homologies de cette antenne avec celle 
des Muscides, il convient de rappeler, en quelques mots, sa structure 
générale chez les Diptères. Elle se rattache à la constitution de 
tous les appendices des Insectes. On admet généralement qu'elle 
correspond au sympodite et à Tendopodite du type primitif de ces 
organes. 

L'antenne comprend, chez les Diptères, quatre parties princi- 
pales : 

1° Un bourrelet basai qui sert à l'articulation de l'antenne; 

2° Un deuxième article ou scape ; 

'S" Un troisième article, le pédicelle; 

4° Un quatrième article, le flagelle, composé lui-même de plu- 
sieurs segments diversement modifiés. 

Cette structure olfre d'assez grandes variations suivant les 
familles de Diptères. 

De longues et multiarticulées chez les Nématocères, les antennes 
deviennent courtes et formées de quelques articles chez les Bra- 
chycères. Chez les Muscides, ce nombre se réduit à trois. 

Dans .cette dernière famille, la plus voisine des Hippoboscidés, 
cet organe, lorsqu'il est au repos, est également placé dans une 
cavité destinée à le recevoir. 

Si on prend comme type de l'antenne des Muscides celle de la 



SYSTÈMK NKRVFA'X. RT On(.ANI']S DRS SENS 211 

Call'iphora^ dont Lowne a fait une description détaillée, on voit 
qu'elle se compose (fig'. 10.4. A et B) : 

1° D'un article basai ou bourrelet traversé par le nerf anten- 
naire ; 

2" D'un deuxième article constitué de deux pyramides irrégulières 
accolées par leurs bases et renfermant le ganglion nerveux; 

3'' D'un troisième article terminal, long, ovoïde, avec un certain 
nombre de saccules ou cavités sensorielles communiquant avec 
l'extérieur; 

4° D'un flagelle triarticulé, semblable à une soie, placé sur les 
parties latérales du précédent article. 

Mais, avant d'aborder la comparaison de cet organe dans ces 
deux familles de Diptères, il est nécessaire de donner l'interpré- 
tation morphologique, émise par Mïiggenburg, au sujet delà consti- 
tution de l'antenne chez les Pupipares, 

D'après cet auteur, celle-ci est constituée de deux articles et 
correspondrait à la structure d'un palpe, dont l'article basilaire a 
développé ses parties latérales de manière à envelopper progres- 
sivement le distal. Ce dernier, d'externe, devient ainsi interne. 

Miiggenburg trouve une preuve de sa manière de voir dans 
la constitution de l'antenne du Br-aula cœca qui représenterait, pour 
lui, un stade intermédiaire entre la forme des Brachycères et celle 
des Hippoboscidés. 

En se reportant à la figure (jj, on reconnaît en effet que, chez 
Brailla, l'article basai a une tendance évidente à relever ses bords 
sur tout son pourtour et à envelopper la base de l'article terminal. 

L'exaifération de ce mouvement nous amènerait ainsi à la struc- 
ture ordinaire de l'antenne des Pupipares. 

Comparons maintenant l'antenne des Pupipares à celle des 
Muscides (fîg.io4). On s'aperçoit aussitôt, par suite de la présence 
du ganglion nerveux, que l'article basai correspond au deuxième 
segment de l'antenne des Muscides. L'article interne des Pupipares 
devient ainsi l'homologue du troisième des Muscides, avec cette 
différence qu'il porte le flagelle à l'extrémité et non sur les parties 
latérales. Il convient de remarquer toutefois que la forme de cet 
article est très dissymétrique et que le flagelle n'est pas, en réalité, 
situé sur le prolongement de l'axe médian, mais très latéralement 
par rapport à cet axe. 



212 AMTOMIK 

La différence qui existe enh'e les deux organes consiste donc dans 
la disparition d'un article : au lieu de trois, comme dans les 
Muscides, l'antenne des Pupipares n'en posséderait que deux. 

Toutefois, on peut admettre que l'homologue de l'article basilaire 
des Muscides fait, en réalité, partie intégrante de la tête des Pupi- 
pares. Je considère, en eil'et, que la région de celle-ci (C, i), située en 
arrière de l'antenne et d'ailleurs nettement séparée de la cavité 

céphalique par des parois chi- 
tineuses, représente cet article. 
11 suffit, pour s'en convaincre, 
de jeter un coup d'œil sur la 
figure io4 qui donne la struc- 
ture de cet organe dans les 
deux groupes. Dans les Pupi- 
pares, on voit que cette ré- 
gion (i), traversée également 
parle nerf antennaire, est située 
en arrière de l'article (2) qui 
contient le ganglion nerveux ; 
elle est donc, de par sa posi- 
tion, l'homologue du premier 
article de l'antenne de la Cal- 
liphora. Ce dernier a dû se 
modifier et s'adapter chez les 
Pupipares à l'insertion des mus- 
cles destinés à mouvoir l'en- 
semble de l'organe. 
Chez les Diptères, l'antenne subit un raccourcissement conti- 
nuel, des Nématocères, où le nombre des articles peut s'élever de 
vingt k quarante, aux Brachycères et, parmi ces derniers, aux 
Muscides, oîi ce nombre devient égal à trois. Ce raccourcissement 
atteint son maximum avec les Pupipares, où le dernier article, 
s'enfonçant dans la cavité céphalique, fait corps avec la paroi de 
celle-ci; c est ainsi que la partie sfiillanfe de l'antenne ne se com- 
poserait plus que de deux articles. 

L'antenne des Pupipares est donc semblable à celle des Muscides. 
Comme cette dernière, elle comprend trois articles, dont l'un (1) 
fait partie du squelette de la paroi céphalique et dont les autres (2) 




FiG. 104. — Slructuro comparée de l'an- 
tenne des Muscides (A et B) et des Pupi- 
pares (C). 



systi:me nerveux et or(,anes des sens 213 

(3), qui en forment seuls la partie saillante, sont emboîtés l'un 
dans l'autre. 

Elle est également placée à l'intérieur d'une cavité, mais cette 
dernière est plus profonde que celle des Muscides; Tantenne y est 
à demeure el les seuls mouvements qu'elle peut exécuter sont ceux 
qui lui permettent d'explorer, sur une faible étendue, l'espace 
situé au-dessus de la tête. 

En résumé, par rapport aux Muscides, il y a une réduction 
plus g-rande de l'antenne chez les Pupipares, mais l'identité de 
structure est des plus manifestes. 

Cependant, les différences sont importantes. Elles se résument 
dans les caractères suivants : 

Cavité antennaire plus profonde ; 

Deux articles saillants, au lieu de trois, emboîtés l'un dans 
l'autre ; 

Prolongement antennaire particulièrement long chez les Pupi- 
pares, parasites des Oiseaux. 

Toutes ces modifications, par rapport au type primitif, doivent 
être attribuées, comme le dit Mûggenburg, au régime parasitaire 
de ces Insectes. 

L'antenne, siège des organes des sens, doit être protégée des 
contacts incessants des poils ou des plumes de l'hôte, d'où son 
raccourcissement plus grand et sa situation dans une cavité plus 
profonde que chez les Muscides. 

Ce besoin de protection est encore plus manifeste pour l'article 
terminal, qui est le siège probable des organes d'olfaction. Celui-ci 
doit être à l'abri des souillures qui abondent dans le revêtement 
de l'hôte ; ce résultat est atteint par l'enveloppement de l'article 
terminal par le basai. Braula semble indiquer le premier stade de 
cette évolution, dont le résultat est de placer cet article terminal 
dans une cavité, qui ne communique avec l'extérieur que par un 
étroit orifice. 

Je trouve un stade intermédiaire entre la forme de l'antenne 
chez les flippoboscidés et celle du Branla, dans l'antenne du para- 
site des Termites, le Thaumatoxena. 

Je renvoie le lecteur aux conclusions de la systématique, pour 
tout ce qui est relatif aux aftînités de ce très curieux parasite avec 
les Pupipares et avec Braula. 



21'i AXATOMIE 

Son antenne, également située dans une fosse profonde, est con- 
stituée comme celle du Branla, de deux articles, dont l'un basai 
entoure l'article terminal; mais l'enveloppement de ce dernier est 
plus accusé que dans Branla; il se constitue ainsi une sorte de 
cloche autour de l'article terminal. Celui-ci porte à son extrémité 
un flagelle triarticulé. Je ne trouve pas de renseignements relatifs 
à la région d'insertion des muscles de l'antenne que j'ai considérée 
comme le représentant du troisième article ; mais elle doit proba- 
blement exister. 

Cette forme se rattache donc d'une façon plus évidente encore 
que Branla, d'une part aux Muscides et, d'autre part, aux Hip- 
poboscidés. Elle se relie aux Muscides par son antenne réduite 
probablement à trois segments et par son flagelle triarticulé. Mais 
le fait curieux et important à signaler, c'est qu'elle représente sur- 
tout un terme de transition caractérisé par un plus grand envelop- 
pement de l'article terminal par l'article basai, reliant amsi la 
structure très simple de l'antenne du Braula à celle plus modifiée des 
Hippoboscidés. 

Cet organe se trouve donc ici à un stade plus avancé que chez 
Braula vers la réalisation du type de l'antenne des Pupipares. 

Au sujet de l'évolution de l'antenne, je crois qu'il convient 
maintenant d'admettre la série schématique suivante, qui en repré- 
sente très vraisemblablement les différents termes successifs : 

Muscides, 

Braula, 

T liaumatoxena , 

Pupipares (Hippoboscidés, NyctérihiésJ. 

ORG.\NES GÉNITAUX 



L'étude des organes génitaux a été faite d'après Hippohosca came- 
lina et //. equina L. 

J'étudierai successivement les organes mâles et les organes 
femelles. 



or(;.\m:s t.kmtaix 



215 



ORGANES MALES 




Historique. — Les org'anes mâles ont été décrits pour la première 
fois par Léon Dufour (184;")). Ses observations furent faites sur 
Hippobosca, Melophagus et Ornifhonii/ia. 

Berlese (1899), à propos de Melophagus, en a esquissé la consti- 
tution dans son mémoire relatif au corps adipeux des Insectes. 

Observations. — Les org'anes génitaux mâles (fig. io5) se com- 
posent, chez Hippobosca, de deux testicules. Chacun d'eux com- 
prend un tube testiculaire replié un ^.^^ 
gTand nombre de fois sur lui-même ; 
il forme, par son enchevêtrement, 
une masse assez compacte, située 
de chaque côté de la région anté- 
rieure et latérale de l'abdomen. 
D'après Berlese, chaque tube se ra- 
mifierait pour former des tubuli ; il 
n'en est rien ; le tube reste simple 
sur toute sa longueur. 

L'aspect du tube testiculaire varie 
avec la région étudiée ; à son extré- 
mité, il est renflé et pyriforme ; 
dans la partie compacte, formée par 
l'enchevêtrement du tube, on l'aper- 

Voit cylindrique et grêle ; dans sa partie terminale, celle qui se 
rend de la région compacte à l'autre spermiducte, il devient large 
et plus volumineux. 

La paroi est légèrement pigmentée ; le tube prend une teinte 
rosée qui s'aperçoit même de l'extérieur : ce qui donne à Labdomen 
des mâles une coloration qui peut constituer une différence sexuelle 
dans les espèces où le tégument n'est pas trop chitinisé. 

La réunion des deux spermiductes forme un canal déférent com- 
mun. Au point de convergence se trouvent les débouchés des canaux 
excréteurs des glandes accessoires. En ce point, le canal déférent 
se renfle et constitue la région la plus élargie. Il est rectiligne et 
non pelotonné sur lui-même, comme le spermiducte ou le tube 
testiculaire. Il se dirige vers la gauche du péuis, puis remonte 



Fia. io5. — Dissection de l'organe 
génital mâle d'Hippohesca came- 
lina Leacli ; /, testicule; //, sper- 
miducte; ce, canal déférent; ga, 
glandes accessoires. Gr t= a». 



216 



AXATO.MIK 




sur les parties latérales de cet org-ane, pour pénétrer dans celui-ci 
par la face dorsale, à peu près vers le milieu de sa longueur. Il 
devient alors le canal éjaculateur. 

Glandes accessoires. — Les glandes accessoires appelées vésicules 
séminales par L. Dufour, sont au nombre de quatre et répondent 
bien à la description donnée par cet auteur. De chaque côté, elles se 
réunissent, pour déboucher dans le canal déférent par un canal 
excréteur commvm très court (fig. io6). 

Ces glandes sont tubulaires, assez longues. Dans chaque groupe, 
l'une est large et aplatie, l'autre, plus 
grêle et cjdindrique. Le canal excréteur, 
d'abord aussi volumineux que la glande 
elle-même, s'amincit peu à peu pour de- 
venir très fin vers son ouverture dans le 
conduit déférent. 

Pénis. — - Le pénis est volumineux. 
Il s'étend sur les deux tiers de la longueur 
de l'abdomen (fig. loj). Sa forme est 
allongée, un peu ellipsoïdale. 

L'ensemble constitué par cet organe 
comprend deux valves latérales, un canal 
éjaculateur et un très grand nombre de 
muscles. 

Les valves latérales sont chitineuses, 
d'une coloration jaune foncé, de la dimension du pénis et de la 
hauteur de celui-ci (fig. 109). Arrondies en avant et terminées en 
pointe en arrière, elles protègent d'une fac^-on très étroite le canal 
éjaculateur. Elles sont écartées l'une de l'autre sur toute la lon- 
gueur de la partie dorsale du pénis ; il en est de même dans la région 
ventrale, sauf à la partie antérieure où elles se soudent l'une ii 
l'autre. 

Canal éjaculateu7\ — Le canal éjaculateur comprend (fig. iio) : 
une lame impaire et miédiane. et le canal éjaculateur proprement dit. 
La lame impaire, située dans la partie médiane du pénis^ est ver- 
ticale, placée entre les deux valves, libre à sa partie supérieure, 
mais insérée en bas au point de soudure des deux valves du pénis. 
Elle est formée de chitine transparente et elle est presque circu- 
laire. Son bord postérieur comprend une chitine plus épaisse, d'une 



Fia. 106. — Dissection des 
glandes accessoires, Hip- 
pohosca camelina mâle; 
f/a, glandes accessoires ; 
cç/a, canaux excréteurs ; 
c^ spcrmiductcs; ce, con- 
duit déférent. Gr. := 3o. 



ORGAXKS Gl'MTM'X 217 

coloration foncée, formant une arête de couleur jaune noirâtre. La 
région articulaire inférieure est de chitine très mince, en continuité 
avec la partie inférieure des A^alves. En haut, elle s'articule avec le 
canal éjaculateur proprement dit. 

Le canal éjaculateur proprement dit se compose d'une partie 
chitineuse dorsale très longue et d'une partie membraneuse hyaline 
située à la partie inférieure de la précédente : celle-ci forme en avant 
une grande vésicule blanchâtre. Le 
canal éjaculateur se termine en 
arrière, à la partie supérieure de 
cette vésicule, 

Muscles. — Les parties chitineu- 
ses du pénis permettent l'insertion 
de muscles nombreux destinés à le 
mettre en mouvement. 

Us sont de deux sortes : 

i ° Les muscles externes à la gaine ; 

2° Les muscles internes de la 
gaine. 

Muscles externes. — Lorsque l'on 
dissèque l'abdomen d' Hippohosca ca- 
melina et que l'on met à nu la face 
ventrale, on aperçoit aussitôt un' 
ensemble de muscles destinés à 
mouvoir le pénis (fig, loy). 

Parmi ceux-ci, deux s'insèrent à l'extrémité antérieure de cet 
organe. 

Muscle L — Le muscle I, dont la région d'insertion est à l'extré- 
mité antérieure du pénis, sur la partie latérale et externe des valves, 
se fixe, d'autre part, sur la surface interne du tégument de l'abdomen, 
dans les parties latérales et postérieures de cette région du corps. 
Sa direction est donc très oblique. 

La disposition de ce muscle indique, si l'on se reporte à la 
figure 109, un pro tracteur du pénis. Toutefois, en raison de son 
obliquité, il peut servir aussi à écarter les deux valves l'une de 
l'autre. 

Muscle II, — Le muscle II est plus puissant que le précédent 




Fi(i. 107. — Dissection do rabclonieu 
l'ace ventrale) iVHippohoscà ci- 
melina Leach ; ji, pénis; I, muscle 
prolracteur supérieur ; II, muscle 
protracteur inférieur; III et IH', 
muscles élévateurs. (Ir, = 12. 



218 



anatomm: 




[iig. 109); sa direction est antéro-postérieure, avec une légère 
obliquité ; il présente une grande aire d'insertion sur la surface laté- 
rale et externe de chaque valve. Il se fixe en 
arrière, sur les bosses génitales où la chitine 
est très dure, de coloration presque noire, 
par suite très résistante, et aussi sur la sur- 
face de la peau, au voisinage du pénis. La 
direction de ce muscle montre qu'il sert 
évidemment k la protraction de cet organe. 

Muscle III. — Une troisième paire de 
muscles, III, s'observe à la partie inférieure 
du pénis {Iig. 107). Le point d'insertion est 
sur la région médiane, à peu près vers le 
milieu de la longueur de l'organe; il se fixe, 
d'autre part, sur le tégument de la région 
dorsale de l'abdomen. 

C'est donc un muscle élévateur. 
En réalité, ce muscle se divise en deux 
faisceaux qui contournent le pénis en se diri- 
geant, l'un (III), un peu en avant, l'autre (IH), 
un peu en arrière de son point d insertion. 
Ce dernier faisceau musculaire semble jouer 
ainsi un certain rôle dans la 
protraction. 

La face dorsale présente 
également un certain nombre 
de muscles (fig. 108). 

Muscle IV. — De cha- 
que côté de la ligne médiane 
dorsale du pénis, on aperçoit 
un faisceau musculaire, dont 
les points d'insertion sont, en 
avant, sur la surface interne 
des valves et, en arrière, sur 
la surface de la peau. 
La direction de ce muscle indique sa fonction : c est un muscle pro- 
tracteur. Mais il peut servir également à rapprocher les deux valves 
lune de l'autre et à ce point de vue, il est l'antagoniste du muscle I. 



Fig. 108. — Dissection 
de rabdomeii (lace 
dorsale) d'Hipj)oho!ir;i 
camelina Leach. ; p, 
pénis; I, muscle pro- 
tracteup supérieur ; II, 
muscle protracteiu" in- 
férieur ; 1\', muscle 
prolracteur médian ; 
V, muscle rélracLeur. 
Gr. = i3. 




Fk;. 109. — Vue latérale du pénis, Hippohosca 
camelina Leach.; ce, canal éjaculateur; vl, 
valves latérales; vh, vésicule blanchâtre: 
VI, muscle protracteur du canal éjaculateur; 
VIII, muscle abaisseiu'du canal éjaculateur. 
(îr. =: 20. 




Fie. iio. — Dissection du pénis, Hippobosca came- 
lina Leach. ; vl, valve latérale : /;», lame médiane: 
VI, muscle protracteur du canal éjaculateur: 
A'II, muscle rétracteur du canal éjaculateur. Gr. 

=: 20. 



()H(,AM<:S (JKMTAIX 219 

Muscle V (fig. io8). — La dernière paire de muscles externes 
s'insère, d'une part, à la partie postérieure des valves et, d autre 
part, sur lu surface de la peau. Il sert à la rétraction du pénis. 

En résumé, on trouve 
comme muscles externes 
de cet organe : 

I* Trois muscles pro- 
tracteurs, I, 11 et IV ; 

2" Un muscle rétrac - 
teur, V; 

3" Un muscle à la 
fois élévateur et pro - 
tracteur, III. 

Muscles internes (fi g. 
109 et 1 10). — Ces 
muscles viennent se fixer sur la lame médiane du pénis. Il en 
existe trois paires. 

Muscle VI. — La première paire s'insère sur le bord anté- 
rieur arrondi de la lame médiane et, d'autre part, en arrière, sur 
la surface interne et postérieure des valves latérales. Son action est 
de porter le canal éjaculateur en arrière et un peu vers le bas : c'est 
un protracteur. 

Muscle VII. — La deuxième paire 
s'insère sur la surface antérieure et 
interne de la valve latérale et, d'autre 
part, sur la région inférieure et interne de 
la partie fortement chitinisée de la valve 
médiane. Son action est de ramener 
celle-ci en avant et en même temps de 
soulever légèrement le canal éjacula- 
teur. C'est un rétracteur et l'antago- 
niste du précédent. 

Muscle VIII. — Celui-ci s'insère, en arrière, à la base du 
canal éjaculateur et, en avant, à la partie interne et latérale des 
valves du pénis. Il abaisse le canal éjaculateur. 

Branla. — La structure du pénis du Branla que représente la 
figure 1 1 1 est identique à celle des autres Pupipares. II se compose, 
en effet, d'une pièce itupaire (a), d'un canal éjaculateur (h) et de 




Vu 



3 

III. — Pénis de Branla 
cœca. Gr. = 87. 



22() ANATOMIK 



deux valves latérales (c). Toutefois, il se complique de deux anneaux 
invag^inés A et B. La musculature paraît aussi légèrement dif- 
férente. Je trouve un muscle protracteur (i) et deux muscles 
rétracteurs {2 et 3), 



ORGANES GÉNITAUX FEMELLES 

Historique. -— > Diverses observations relatives à l'appareil génital 
femelle furent faites par Nitzsch et Latreille. 

Dans son mémoire sur les Diptères Pupipares, Léon Dufour 
(1845) décrivit les organes génitaux femelles de Melophaç/us, 
d'IIippobosca et d'Ornifhomyia. Les descriptions, faites d'après la 
dissection de ces Insectes, sont très exactes. 

L'étude de cet appareil fut reprise par Leuckart (i858). 

La structure des organes génitaux a été revue chez Melophagus, 
par Berlese (i8c)9'), dans son travail sur l'origine et l'évolution du 
tissu adipeux. 

Dans tous ces mémoires, on trouve une description minutieuse 
de cet apjaareil. 11 n'est donc pas nécessaire que j'entre ici dans 
tout le détail de cette structure. Je me bornerai à en donner une 
description très succincte renvoyant le lecteur aux mémoires cités 
et surtout au travail très complet de Leuckart. Je n'insisterai que 
sur certaines particularités. 

Constitution. — L'appareil génital femelle àlïippohosca canielina 
comprend deux ovaires de forme compacte, allongée, ovoïde, et 
volumes inégaux. 

Chaque ovaire renferme quatre œufs à différents degrés de déve- 
loppement, enfermés dans une enveloppe commune plus ou moins 
musculaire qui forme la paroi de l'ovaire. 

Les ovaires fonctionnent alternativement : lorsque lun de ces 
organes émet un œuf qui descend dans l'utérus pour se transformer 
en larve, immédiatement les phénomènes de maturation commen- 
cent dans un ovule de l'autre ovaire. 

De chacun d'eux part un oviducte à court trajet. En se réunis- 
sant, les oviductes forment un conduit impair (l'atrium de Berlese) 
très court, qui débouche dans un large utérus. 

L'utérus constitue une longue et large ca^■ité qui s'étend sur 



OKGA.NES (,i:.MTAL\ -31 

toute la région ventrale de l'abdomen et qui est susceptible d'une 
très grande distension. Il se laisse diviser en deux régions séparées 
par une partie plissée, bien distincte, de sa paroi inférieure : 

L'une, antérieure, ou utérus proprement dit; 

L'autre, postérieure, ou vagin. 

Deux paires de muscles antagonistes, décrits par Leuckart, 
agissent sur cet organe. 

Les rétracteurs sinsèrent en avant sur la région abdominale et 
en arrière sur les parties médianes et latérales de l'utérus. 

Les protracteurs se fixent sur les parties latérales de l'utérus au 
même point que le muscle précédent et, en arrière, sur les deux 
bourrelets génitaux postérieurs. 

Des troncs trachéens se ramilient en abondance sur la surface de 
1 utérus; les antérieurs proviennent des stigmates thoraciques pos- 
térieurs et du premier stigmate abdominal; les postérieurs tirent 
leur origine des stigmates situés sur les bourrelets génitaux placés 
de chaque côté de la région vulvaire. 

Deux paires de glandes accessoires, décrites par Léon Dufour, 
sont annexées aux organes génitaux, l'antérieure très petite, la 
postérieure beaucoup plus longue. 

La glande postérieure, est formée d'un tube, qui se divise un 
grand nombre de fois, donnant des ramifications très enchevê- 
trées. 

La glande antérieure, très courte, était regardée par L. Dufour 
comme une poche séminale. Pour Leuckart, qui ne constata jamais 
de spermatozoïdes à l'intérieur, elle remplit les mêmes fonctions 
que la glande postérieure. 

Celle-ci sécrète un liquide lactescent destiné à la nutrition de la 
larve : la nécessité de subvenir à l'alimentation de cette dernière 
provoquerait l'extraordinaire développement de cette glande acces- 
soire. 

Chez Hippohosca, les deux troncs de chaque paire de glandes se 
soudent en un seul; chez Melophagiis, ils se jettent séparément 
dans l'oviducte (Léon Dufour). 

L'orifice vulvaire est situé au-dessous de l'anus. Il se compose de 
deux lèvres chitineuses, l'une supérieure, l'autre inférieure, suscep- 
tibles d'une extrême dilatation. 

La lèvre supérieure est la plus petite ; elle présente sur ses bords 



2-?2 ANATU.MJi; 

des poils courts et raides. La lèvre inférieure est plus grande, 
et sur son bord libre se trouvent des poils plus longs que les 
précédents Latéralement sont situés les bourrelets ou saillies 
génitales. 

OnsERVATiONS. — Vagin. Le vagin a des parois très minces, dou- 
blées d'une couche musculaire avec fibres longitudinales internes et 
fibres transverses externes très nettes. 

Utérus. — Une différence dans la structure de la membrane 
utérine s'observe ici entre celle de la région supérieure et celle de 
la région inférieure. 

En haut, cette membrane est mince ; en bas, elle est épaisse et 
plissée. Les cellules de cette dernière région sont cylindriques, 
d'un protoplasme, qui se colore par le glychémalun en violet clair, 
avec noyaux situés du côté externe de la cellule. A l'extérieur de 
la membrane utérine se trouvent des éléments musculaires longitu- 
dinaux et circulaires ; les fibres circulaires paraissent plus nom- 
breuses et plus distinctes que les longitudinales. 

A la partie supérieure de l'utérus, l'épithélium est à cellules très 
aplaties et à éléments musculaires disposés comme dans le cas 
précédent. 

Oviducte impair ou atrium. -- En avant, l'utérus communique 
avec une chambre appelée atrium ou oviducte impair : celle-ci est 
séparée par un rétrécissement de la paroi, bien distinct, quand 
lutérus est distendu par la présence d'une larve en voie de déve- 
loppement. 

Dans l'atrium viennent déboucher, en haut et en avant, les 
canaux des glandes accessoires et, sur les côtés, les oviductes. 

La cavité se prolonge quelque peu en avant et se termine en cul- 
de-sac arrondi. 

Comme pour l'utérus, je retrouve une dilFérence dans la structure 
de la paroi. La paroi postérieure est mince. L'antérieure est sem- 
blable k celle de la région inférieure de l'utérus dont elle n'est, 
d'ailleurs, que la continuation; mais l'épithélium cylindrique y est 
plus contourné et forme des saillies plus accusées. Ce dernier 
délimite ainsi de grandes cavités d'où semblent partir des traînées 
de matières liquides. Les cellules sont à protoplasme très granuleux 
colorable en violet foncé par l'hématoxyline, avec noyaux à chroma- 
tine dissociée. L'aspect de cet épithélium me fait admettre que 



oh(.am:s (.K.MT.UX 2-^3 

cette région doit être sécrétrice, ce qui expliquerait la présence de 
ces traînées de liquide qui paraissent en provenir. 

Ouiductes. — Dans la partie terminale de chaque oviducte pair, 
près de leur ouverture dans l'atrium, je trouve les réserves de 
sperme. Je n'ai jamais observé la présence de spermatozoïdes dans 
la chambre atriale. 

Ouaire. — La coupe de l'ovaire le moins développé montre à 
l'intérieur quatre ovules (%. ii'i) dont trois très petits et peu 
développés ; le quatrième a pris une avance considérable sur les 
trois autres ; il présente l'ovule avec son aire 
"•erminative et à un de ses pôles se trouvent 
quatre g-rosses cellules vitellogènes. 

Dans l'ovaire le plus développé, celui où 
l'œuf est prêt à descendre dans l'utérus, les 
cellules vitellog-ènes ont disparu et une 
réserve abondante de vitellus s'est constituée 
à l'intérieur de lœuf. 

Fécondation. — La fécondation s'eiïectue 
lors de la descente de l'œuf à travers l 'ovi- 
ducte où nous avons constaté les réserves de 
sperme. Immédiatement après son arrivée 
dans l'utérus, les phénomènes de sei^menta- 
tion commencent. 

Développement. — Les principales phases 
du développement ont été décrites par Leuckart (i858) et Pratt 
(1900). Je n'ai pas l'intention de m'étendre sur cette question. A 
ce point de vue, je me bornerai à l'exposé rapide de ses différentes 
phases. 

Dans l'utérus, l'embryon se dégage bientôt de ses enveloppes 
ovulaires et se transforme en larve. Celle-ci évolue dans l'utérus 
maternel jusqu'au moment où elle doit devenir une pupe. Sa 
structure externe et interne a fait l'objet d'une monographie 
détaillée de Leuckart, complétée par Pratt. 

C'est une larve vermiforme sans trace d'appendices locomoteurs. 
Son axe correspond à celui de la mère. L'ouverture buccale est 
située en avant ; en arrière se trouve la plaque stigmatique noirâtre 
et fortement chitinisée. Sa taille devient bientôt considérable ; la 
larve remplit presque la totalité de l'abdomen : cet accroissement 




FiG. 112. — Section longi- 
tudinale de l'ovaire, ///;)- 
pohosca etiiiina. Gr. =^ 
80. 



22 i A.XATOMIi; 

est dû surtout à une accumulation extraordinaire de matières de 
réserve à 1 intérieur du tube dig-estif : quant aux organes, ils sont 
à peine ébauchés et sous forme de disques imag-inaux. La larve se 
nourrit de la sécrétion des glandes sébiliques. Elle respiré par les 
deux paires de stigmates de la plaque postérieure, qui communiquent 
avec l'extérieur par l'orilice vulvaire. Nous avons vu précédemment 
que le ^rand nombre des trachées qui recouvrent l'utérus maternel 
doit également contribuer à la respiration. 

La larve est pondue au moment précis où elle va se transformer 
en pupe. De blanc d'ivoire elle passe, en quelques heures, à une 
couleur rougeàtre, puis à celle d'un noir brillant, sauf chez Melo- 
phagus où elle devient jaune-corne. 

Pupe. — La pupe est en forme de tonnelet légèrement déprimée 
dorso-ventralement. Sa coloration est d'un noir brillant, sauf chez 
Melopliagus où elle est jaune- corne foncé. 

Sur ses faces supérieure et inférieure, elle présente sept paires 
d'impressions qui ont été prises tout d'abord pour des stigmates et 
que L. Dufour a considéréescommedes points d'attache de muscles: 
ce qui a été vérifié plus tard par Leuckart. 

A l'extrémité postérieure se trouvent toujours les deux plaques 
stigmatiques, qui permettent seules la pénétration de l'air dans la 
pupe. 

Dans le groupe des Pupipares les pupes sont les unes lisses, les 
autres ag-glutinatives. 

Les pupes lisses se trouvent ciiez tous les genres adaptés aux 
Oiseaux et dans Hippobosca. Elles tombent à terre ou dans les nids 
au fur et à mesure de la ponte. 

Les pupes agglutinatives s'observent chez MelopJiagus et Lipop- 
lena : elles adhèrent aux poils des Mammifères. 

La durée de la pupation est variable avec la température. J'ai 
expérimenté sur un lot de pupes à' Ilippohosca equina en juillet et 
août. Pour la plupart, la durée de la pupation a été de trente jours : 
chez d'auti'es, elle s'est élevée à trente-cinq jours ; enfin, lune 
d'elles étant restée une cinquantaine de jours sans s'ouvrir, je lai 
brisée et j'ai été très surpris de trouver Timago vivant et prêt à 
sortir. J'explique la longue durée de la pupation chez cette dernière 
par une variation de température assez brusque à laquelle je l'avais 
soumise et qui a dû influencer son évolution. 



ORGANES GÉMTAIK 225 

De cette expérience, il résulte que la durée de la pupation est, 
en moyenne, d'une trentaine de jours chez Hippobosca eqiiina. 

La sortie de l'imago se fait par un mécanisme déjà signalé chez 
les Muscides et les OEstrides : la tête de l'imago présente une vésicule 
céphalique, qui se gonfle et amène le détachement de la partie anté- 
rieure de la paroi de la pupe (puparium) sous forme d'une calotte ; 
il se produit ainsi un orifice circulaire. Les Pupipares appartiennent 
donc aux Cycloraphes et, par ce caractère, se rattachent encore aux 
Muscides. 

En résumé, les travaux de Leuckart et de Pratt ont montré que, 
par tous les caractères de leur larve, la structure de celle-ci et les 
particularités de leur développement, les Pupipares sont des Dip- 
tères, qui se rattachent à la famille des Muscides. Ils en diffèrent 
par une larviparité exagérée. 



Lyo.n. — Massunnaï: ^^ 



TROISIÈME PARTIE 

SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS 
ET BHAULIDÉS 

Dl-: IRANCi:, ALGKUII-: i-:ï tumsie 



CLASSIFICATION 

C'est Linné (1761) quia le premier décrit la plupart des princi- 
pales espèces, qui constituent le groupe des Pupipares et qu'il 
rangeait dans la famille Hippohosca. Dans ses travaux, le « pou du 
Mouton » est déjà mis à côté de formes ailées. On y trouve cité 
//. equina, H. avicularia, H. hirundinis et //. aptera ou ovina. 

Les espèces aptères, excepté H. ovina, furent rapprochées par 
lui des Pédiculidés; c'est ainsi que Lipoptena, malgré ses grandes 
ressemblances avec Melophagus ovinus, fut placé parmi les Poux 
sous le nom de Pediculus cervi L. Il en fut de même de Ni/cterihia 
(P. vcspertilionis). 

Cette manière de voir fut partagée par les naturalistes contem- 
porains de Linné et par ses successeurs, comme Fabricius, de Geer 
et Geoffroy. Fabricius sépara même le « pou du Mouton » des 
Hippohosca et en fit un Pediculus ovinus. 

La systématique était, en effet, basée uniquement sur des carac- 



228 CLASSIFICATION 

tères extérieurs, faciles à apercevoir, et non sur les affinités natu- 
relles des différents groupes : les observateurs devaient éprouver 
beaucoup de difficultés pour entrevoir la parenté des Pupipares, 
surtout celle des aptères, avec les mouches ordinaires. 

Ce fut par l'étude des organes buccaux et par l'observation de 
certaines particularités communes à ces insectes, que l'on fut amené 
à rapprocher ces espèces, si différentes entre elles au premier abord, 
pour en faire un groupe spécial de Tordre des Diptères. 

Le caractère, qui servit au rapprochement de ces dilTérentes 
espèces, fut le mode particulier de parturition. Ce dernier fut observé, 
en 1742, par Réaumur dans OrnitJiomyia et dans II ippohosca eqiiina, 
sa « Mouche araignée » ; il reconnut que la femelle ne pondait pas 
un œuf, mais une nymphe. Il en fit le groupe des NympJiipares. 

L'observation de Réaumur fut confirmée, en 1779, par le natura- 
liste genevois Bonnet. Celui-ci constata toutefois que c'était une 
pupe qui était pondue parla femelle. Le groupe de Réaumur deve- 
nait ainsi tout naturellement celui des Pupipares. 

En s'appuyant sur l'observation de Réaumur, confirmée par 
Bonnet, Latreille (1802) fit de ces insectes la famille des Coriacse 
dont le nom rappelait la ténacité plus ou moins grande de leur 
tégument . 

Il avait le mérite de faire appel le premier à des affinités natu- 
relles, pour réunir dans le même groupe des formes aptères, prises 
jusque-là pour des Poux, et des formes ailées, mises auparavant 
dans le voisinage des Mouches. 

Jusqu'à Latreille, la classification avait été fondée sur un certain 
nombre de caractères externes de facile observation. Pour la pre- 
mière fois, on voit la sA'stématique se dégager de cette conception 
simpliste et tenir compte, pour la détermination des affinités, des 
données fournies par l'étude anatomique et parcelle du développe- 
ment. 

Latreille établit des divisions dans la famille des Ilippohosca de 
Linné : il créa les genres Ornithomyia, pour toutes les espèces qai 
vivent sur les Oiseaux, et Melophagiis, pour le pou du Mouton. 
Enfin il rattacha aux Coriaces, sous le nom de Mj/cferihia^ le Pedi- 
culus vcspcrlilionis de Linné. 

En i8i5, von Olfers décrivit la Mouche du Martinet sous le nom 
de Cratacrhinn jjullida. 



SYSTÉMATIQUI': DES HIPPOHOSCIDÉS KT imAULlUÉS 229 

Leach (1817) démembra à son tour le groupe OrniiJiomyia de 
Latreille. Il fit, des Mouches parasites des Oiseaux, trois nouveaux 
genres : 

1° Le genre Feronia qui s'est maintenu, mais dont le nom a été 
transformé par Wiedemann en celui d'Olfersia, seul admis aujour- 
d'hui malgré la priorité due à Leach ; 

■2° hegenre Stenoptcri/.r y^out Ornithoniyia hirundinis L. ; 
3" Le g-enre Oxyplerum pour 0. pallidum L. Celui-ci corres- 
pond à Crataerhina de von Olfers. 

Mais il eut le tort d'en éloigner le genre Nycterihia de Latreille 
qu'il rattacha d'une façon assez singulière aux Arachnides et dont il 
fit le groupe des Notostomes. 

Nitzsch (18 18) fonda avec le Melophagus cervi de Linné le nou- 
veau genre Lipoptena ; il rapprocha desPupipares une espèce décrite 
autrefois par Réaumur, le pou d'Abeille, dont il fit le genre Branla. 
Résumons maintenant les prog-rès accomplis par la classification 
des Pupipares après les travaux de Latreille, Leach et Nitzsch. 
Vers 1820, les Pupipares comprenaient les genres suivants : 
Hippohosca Linné. 
Ornithomyia Latreille. 
Olfersia Leach. 
Sienopteryx Leach. 
Crataerhina Olfers. 
Melophagus Latreille. 
Lipoptena Nitzsch. 
Brailla Nitzsch. 
Nycterihia Latreille. 
Les observateurs qui vinrent ensuite se bornèrent à placer dans 
ces groupes les différentes espèces qu'ils rencontraient et à les 
décrire ; ils le firent trop souvent sans tenir suffisamment compte 
des travaux de leurs contemporains ou de leurs devanciers. Il en 
résulta que des mêmes espèces furent décrites sous des noms 
différents : de là une synonymie des plus compliquées. 

C'est cette classification que l'on trouve suivie dans les ouvrages 
classiques et dans des mémoires importants, comme ceux de Meigen 
(181 8-1 838), de Macquart(i838), de Zetterstedt (1848), de Schiner 
(1864), etc., toutefois avec quelques modifications de noms. Celles- 
ci consistèrent à remplacer certains noms de genres par d'autres 



230 CLASSIFICATION 

qui leur paraissaient mieux appropriés, mais l'usage n'a pas ratifié 
ces innovations, sauf celle du remplacement de Feronia en Olfersia 
par Wiedemann (i83o). 

C'est ainsi que, dans Meigen, nous vo^'ons le mot Anapera se 
substituer k celui de Crataerhina, ceux à'Ornithomyza à Ornitho- 
mi/ia, et de Melophaga à Melophagus dans Zetterstedt, de Leptotena 
k Lipoptena dans Alacquart et Zetterstedt, etc 

Il convient de rappeler cependant la création du genre Ornithobia 
par Meigen, pour une espèce nouvelle, son 0. pallida, qui fut 
reconnue plus tard comme le mâle ailé du Lipoptena cervi. 

Mais les travaux les plus importants relatifs à cette curieuse et 
intéressante famille de Diptères, ont été accomplis pendant ces 
trente dernières années. Ils sont dus à Rondani, Speiser. Goquillet, 
Wej'enbergh, Williston... Ils ont abouti à la création d'un certain 
nombre de nouveaux genres, dont la plupart proviennent du démem- 
brement du groupe OriiitJiomyia de Latreille. 

Leach (1817) laissait déjà pressentir cette division. Dans son 
travail sur les « Eproboscideous Insects », il classait en effet les 
Ornithomyés qu'il décrivait, en deux groupes : 

Le premier contenait des espèces à grandes antennes recouvrant 
le rostre. 

Le second, des espèces à petites antennes, divergentes, et à rostre 
allongé et à découvert. 

Le premier renfermait deux espèces exotiques : 0. nigricans du 
Bengaleet 0. ei-ythrocephala du Brésil ; dans l'autre, se trouve notre 
espèce européenne : 0. aviciilaria L. 

Rondani (1879) divisait les Ornithomvés de la péninsule italique, 
en deux groupes qu'il avait caractérisés : 

Le premier par la présence d'une nervure transverse interne 
(mcu) voisine de l'extérieure (mr) et très éloignée de l'axillaire (Ai ); 

Le second par la présence d'une nervure transverse interne (mcu) 
située à égale distance de (mr) et de (Aj ). 

Dans le premier groupe se trouvent 0. aviciilaria L. et 0. frin- 
gillina Gurt., dans l'autre (J. Gcstroi Rnd. et 0. metallica Sch. 

Dans ces dernières années, Speiser (1902, h) a consacré ces tra- 
vaux antérieurs, en démembrant résolument le groupe Omit ho my ta 
de Latreille en trois nouveaux genres qu'il caractérise de la 
manière suivante : 



SYSTKMATIQIR DES HIPPOBOSCIDIÎS ET BRAULIDKS 231 

1° Le premier genre renferme des espèces à prolongements anten- 
naires infléchis^ recouvrant le rostre ; ce sont d'autre part des formes 
larges et massives. Ce groupe qui correspond à la première divi- 
sion de Leach et dont le type est 0. erythrocephala Leach, a reçu 
de Speiser le nom d'ÛRNiTHOCTONA. 

2" Le second renferme des espèces à prolongements antennaires 
divergents, à rostre allongé et à découvert; ce sont aussi des espè- 
ces de forme effilée et non massive comme les précédentes. Ce 
groupe qui correspond à la deuxième division de Leach, à la pre- 
mière de Rondani et qui a pour type 0. avicularia L., a reçu de 
Speiser le nom d'ÛRNiTHOMYiA s. r. Latreille. 

3° Le troisième groupe correspond à la deuxième division de 
Rondani. Il diffère des deux précédents par des caractères de ner- 
vation très particuliers : la nervure transverse (mciij se trouve à 
mi-distance entre les nervures transverses médio-radiale (mrj et 
anale (Aj). Speiser en a fait le genre Ornitheza, dont le type est 
Ornithomyia Gestroi, Rnd. 

A Rondani (187.5 et i8y8) nous devons la création d'un 
certain nombre de genres : Ornithoeca, Myiophthiria et Ornitho- 
phila. 

Ornithoeca Rnd. peut être considéré comme un des rameaux de 
l'ancien genre Ornithomyia de Latreille. Gomme ce dernier, il 
présente une nervure transverse anale A^; il s'en distingue, d'une 
part, par ses grilYes simples et, d'autre part, par des détails très 
particuliers de nervation. En exceptant 0. heccarina qui servit à 
Rondani à la création du genre, la plupart des espèces étaient 
déjà connues et avaient été placées par les auteurs dans le genre 
Ornithomyia. Ce travail de revision, qui a établi la plupart des espè- 
ces actuelles du genre Ornithoeca, nous le devons aux patientes 
recherches et à la grande érudition de Speiser. 

Ornithophila se rattache aux Ornithomyés par ses caractères gé- 
néraux et notamment par la présence d'ocelles ; il s'en distingue 
par l'absence d'une nervure transverse anale. 

Myiophthiria Rnd. comprend des espèces asiatiques à structure 
voisine de celle de Crataerhina, mais à ailes plus petites. 

Williston (1896) a créé le genre Brachypteromyia pour des espè- 
ces nord-américaines, munies d'ailes encore plus rudimentaires. 

En s'appuyant sur des caractères fournis par le clypéus, Coquil- 



232 CLASSIFICATION 

let (^1899) fut amené à démembrer à son tour le groupe Olfers'm de 
Leach en deux genres: 

i" Genre Olfersia s. r. Leach, caractérisé par un clypéus court, 
2» Genre Pseudolfersia Coq. caractérisé par un clypéus allongé. 
De même que les Olfersiés, le genre Stilbometopa du même auteur 
ne présente pas d'ocelles; il en difîère par la présence dune trans- 
verse anale. Ce dernier caractère le rapproche du groupe Ornitho- 
myia de Latreille. 

En 1881, Weyenbergh, étudiant une nouvelle espèce d'Hippo- 
boscidés de l'Amérique du Sud, créa le genre Lynchia dont les 
caractères généraux sont très voisins de ceux à' Olfersia, mais qui s'en 
distingue immédiatement par l'absence de nervure transverse médio- 
cubitale. A ce genre, Speiser rattacha bientôt une forme très com- 
mune dans nos régions méditerranéennes, Lyncliia inaura, que Bigot 
avait trouvée en Algérie et que ce dernier avait décrite en i885 
sous le nom à'Olfersia maiira. 

A la suite d'études poursuivies pendant plusieurs années, soit 
pour la revision d'anciennes espèces, soit à propos d'espèces nou- 
velles, Speiser admit encore cinq nouveaux genres : Orf/iolfersia, 
Ornitliopertha, Allobosca, Icosla et Ec/testypus. 

Comme son nom lindique, Ortholfersia ressemble aux Olfersiéa 
par l'absence dune nervure transverse anale, mais il s'en distingue 
par des griffes simples et non tridentées. 

Par ses ailes rudimentaires, Allohosca se rapproche de Cra- 
taerhina; il s'en éloigne par ses griffes sirnjjles. 

Ornithopert/in doit être considéré aussi comme provenant de l'an- 
cien genre Ornithoinyia Latreille ; il est très voisin d'Ornitlioc- 
tona Sp. ; il en diffère par la constitution de la tête : ici les prolon- 
gements antennaires sont dune longueur égale au double de leur 
largeur et égale aux deux tiers de la longueur de la tète. 

Icosla (1905) a été créé pour Olfersia dioxyrrliina Speiser : son 
principal caractère est de présenter un clypéus foi'tement échancré. 
Ec/testypus (1907), spécial à l'zVfnque, est un Lipoptena sans 
ocelles. 

Pour compléter cet aperçu de la classification, il convient de 
rappeler qu'on admet plusieurs groupes dans les Pupipares : 

1° HiPPOHOsciDÉs, 2° Braulidés, 3° Nyctéribiés, 4° Stréblidés, 

5" AsCODlPTKlilDÉS. 



SYSTIÎMATIQI'E DES H|I>POBOSrjDr:S ET P.HAULIDÉS 233 

J'ai laissé de côté les trois derniers. Cependant dans l'étude 
générale des Pupipares, je fais souvent appel à l'organisation très 
curieuse du parasite des Chauves-souris de nos pays. 

Dans les Hippoboscidés et les Braulidés, que j'ai plus spéciale- 
ment étudiés^ je me bornerai à la description des espèces françai- 
ses et plus particulièrement de celles de la région lyonnaise, aux- 
quelles j'en ajouterai quelques-unes, tirées de notre faune algérienne. 
Ces dernières émigrent quelquefois sur nos rivages méditerranéens; 
dans la collection Côte, je trouve des Hippohosca camelina saisis 
sur des Chevaux de la Camargue. 

On trouvera ci-après le talsleau de la classification actuelle des 
Hippoboscidés, telle qu'elle résulte des différents travaux que je 
viens de passer en revue. 

Dans son dernier travail, Speiser (1908) divise, d'après leurs affi- 
nités, les Hippoboscidés en quatre sous-familles : 

i^ Olfersiinjî (genres : Ort/iolfersia, Olfcrsia, Lyncjiia, Icosta^ 
Pseudolfersia) ; 

2'' Hippoboscinjî; (genre Hippohosca) ; 

3'' Alloboscin^î (genre Allohosca) ; 

4° L1POPTE1MN.E (genres Lipoptena, Echesfypus^ Melophagus) ; 

S"' Ornitiiomyiinje (genres Ornithoeca, Oniithomyia, Stenopteryx, 
Ornitheza, Ornithoctona, OrnitJiopertha, Ornithopliila, Cralaerhina, 
Myiophth iria , Brachypteromyin , Slilhomelopa). 



HIPPOBOSCIDES 

Genre HIPPOBOSGA Linné. 

he genre Hippohosca, qui remonte à Linné, comprend des espèces 
dont la taille est en général assez grande, à corps aplati, coriace, 
brillant et relativement peu velu. 

Les caractères du genre sont : 

Tête orbiculaire, plate, bien séparée du thorax ; yeux composés 
volumineux ; pas d'ocelles; antennes avec trois poils noirs à l'extré- 
mité. 

Thorax volumineux, séparé de la tête par un bord antérieur recti- 
ligne ; écusson plus ou moins large ; 



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SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAILIDÉS 235 

Pattes robustes, terminées par des griffes simples ; 

Ailes à extrémité arrondie, plus longues que l'abdomen, d'une 
longueur égale à celle du corps, présentant sept nervures longitudi- 
nales, très accusées et sans nervure transverse anale. 

Leur vol est lourd mais rapide. Ils se glissent avec la plus 
grande facilité à travers les poils des Mammifères. Leur marche rap- 
pelle celle de l'Araignée, et, comme celle-ci, ils exécutent des mou- 
vements de recul ou de côté. Ils sont difficiles à saisir, et, lorsqu'on 
les prend entre les doigts, on a l'impression de mouches à tégument 
résistant et coriace. 

Habitats : Mammifères : Chevaux, Bœufs, Chiens, Chameaux, 
Dromadaires. Rarement sur les Oiseaux : Rapaces et Autruche 
(H. strulhionis Orm.). 

Ce genre se dilférencie des autres Pupipares : 

i" Par des ailes bien développées, à extrémité arrondie et à lon- 
gueur égale k celle du corps ; 

2° Par des griffes simples ; 

3° Par les trois soies noires des antennes ; 

4" Par l'habitat sur les Mammifères. 

Les deux espèces que je possède sont : 

Hippobosca cquina Linné. 

Hippohosca camelina Leach. 

HIPPOBOSCA EQUINA L. (pi. I, fig. i à 5). 

L Hippobosca cquina est une espèce très commune en France et 
dans l'Afrique du Nord. 

D'après les mensurations, sa taille varie : 

Mâles, longueur . . de 9 mm. 8 à 11 mm. 2 (avec ailes). 

— . . 7 mm. à 8 mm. 2 (sans ailes). 
Femelles, longueur. 10 mm. T) à 11 mm. 4 (avec ailes). 

— . 7 mm. à 9 mm. 2 (sans ailes). 

Les longueurs moyennes de l'espèce, que j'obtiens à la suite de 
ces mensurations, sont : 

Mâles 10 mm. 6 (avec ailes). 

— 7 mm. 2 (sans ailes). 

Femelles 10 mm. 9 (avec ailes). 

— 8 mm. 2 (sans ailes). 



236 CLASSIFICATION 

La taille de la femelle est donc, en g-énéral, plus grande que celle 
du mâle. 

La coloration du corps est assez variable, surtout dans la partie la 
plus colorée, le disque dorsal du thorax. Elle est plus ou moins 
foncée et même très claire, dans certains échantillons. Dans nos 
rég-ions, les spécimens, que j'ai recueillis en grand nombre, sont de 
couleur jaune foncé, à disque dorsal noir, à reflets métalliques, 
présentant de grandes taches blanches ou jaunes. Leur comparai- 
son avec ceux que j'ai reçus de Figuig et de Tunisie, permet de 
constater que ces derniers sont d'une coloration générale plus claire : 
j'en ai trouvé qui étaient presque blancs, à côté de quelques-uns 
aussi colorés que ceux de nos régions. 

Tête (pi. I, fig. 3). — La tète est orbiculaire, aplatie, plus large 
que longue : elle est surtout caractérisée par le grand développe- 
ment des yeux composés ; elle est bien dégagée du thorax, dont 
elle est séparée par un bord rectiligne. 

Les dimensions varient dans les deux sexes de i mm. 2 à 
I mm. 4- 

Le rostre, saillant de o mm. 6, est formé de deux valves 
chitineuses, dures, d'une hauteur de o mm. 20. Il est couvert 
de poils noirs, courts, dirigés en avant, avec un ou deux poils à 
l'extrémité, plus longs et divergents. 

La trompe est en général peu visible, le plus souvent rétractée 
jusqu'à l'extrémité du rostre. 

Le clypéus est plus long que large ; il recouvre en partie de cha- 
que côté la fosse antennaire. Sa couleur est un peu jaunâtre avec une 
région légèrement plus foncée sur le bord interne de la fosse 
antennaire. Il se termine, de part et d'autre de l'orifice buccal, par 
des parties divergentes qui présentent quelques poils à leur extré- 
mité. 

Les antennes, à peine visibles, font une saillie inappréciable en 
avant de la tête ; elles sont révélées surtout par la présence de trois 
poils entièrement noirs, situés au-dessus et presque à l'extrémité 
de l'antenne, le médian long (o mm. 3), et les deux latéraux 
très courts. Regardée à un fort grossissement, la bosselure anten- 
naire qui les supporte présente une infinité de poils très fins, d'une 
coloration blanc-jaunâtre. 

La dépression céphalique constitue une fente transversale très 



SYSTÉMATIQUE DKS HIPPOBOSCIDÉS RT BKAILIUÉS 9,31 

nette dans ce genre, surtout dans sa partie médiane. Elle est en 
forme d'arc de cercle et sépare le front du clypéus. 

Le front est allongé, rétréci ; il occupe le tiers de la surface dorsale 
céphalique, si l'on admet que le pourtour orbi taire fasse partie de 
cette région. La région frontale comprend alors : 

1° Le pourtour orbitaire, jaune pâle, assez large dans la région 
moyenne de la tête, avec quelques poils en avant, dirigés vers le 
milieu du front, et en arrière, avec un plus grand nombre moins 
longs qui bordent l'œil de chaque côté. 

2° La région médiane, d'une couleur très sombre, marron-rouge 
foncé, est limitée de chaque côté par des bords légèrement arqués avec 
deux poils en arrière. Ceux- ci, placés de chaque côté du vertex, 
se dirigent obliquement et viennent se croiser vers le milieu du 
thorax. 

Le A^ertex est de couleur très pâle, de forme semi-circulaire, tou- 
jours sans ocelles, et semble divisé en deux par une ligne blan- 
châtre. 

Les yeux sont de couleur jaune-rouge très foncé dans les échan- 
tillons conservés dans l'alcool, et noirâtre dans les échantillons 
secs. Ils occupent les deux tiers de la surface dorsale de la tête et 
débordent sur la face inférieure, dont ils couvrent une assez grande 
partie, surtout en avant. 

Il n'y a jamais d'ocelles dans Hippobosca. 

A la face inférieure de la tête, s'observent quelques poils longs et 
transparents, distribués sur toute la surface surtout en avant et sur 
le pourtour des yeux. Une sorte de lèvre s'aperçoit aussi à la base 
des organes buccaux. 

Thorax. — Le thorax est la région la plus volumineuse du 
corps de l'insecte ; sa forme tend vers celle d'un pentagone irrégu- 
lier, élargi en arrière au niveau de l'insertion des ailes. Sa longueur 
varie, chez les mâles comme chez les femelles, de 3 à 3 mm. 4- 

Son bord antérieur, qui le sépare de la tête, est rectiligne et ne 
présente de chaque côté aucune saillies scapulaires, protectrices de 
la tête, observées dans certains genres de Pupipares. 

La partie dorsale offre un certain nombre de dépressions ou sillons. 

Le sillon médian, très superficiel^, est rendu visible par sa colo- 
ration plus claire, qui tranche sur celle des parties voisines, le plus 
souvent noires et à reflets métalliques. 



238 CLASSIFICATION 

Par contre, les sillons transverses sont plus nets ; le premier, 
situé k la hauteur de l'insertion des ailes, est très accusé sur tout 
son trajet jusqu'au point où il se réunit au médian ; le sillon 
postérieur délimite le scutellum ou écusson. 

Les poils, peu nombreux et de coloration blanchâtre, sont distri- 
bués d'une manière assez régulière sur la surface dorsale du tho- 
rax ; on les trouve de chaque côté de la région antérieure, sur le 
pourtour du disque dorsal, en avant de l'insertion des ailes, et enfin 
une rangée est disposée sur le bord libre de l'écusson, 

L'écusson est allongé transversalement. La largeur étant de 

Q * 1 A ru*-* largeur 1.8 

I mm. o et sa longueur de o mm. 5, on obtient , = — p = a.o ; 

longueur o.5 

il est donc trois fois et demie plus large que long. Son bord pos- 
térieur forme une courbe régulière avec quelques poils assez longs, 
noirâtres à la base, et une lisière de poils fins et blancs. Sa colora- 
tion générale est grisâtre ; elle est plus foncée, pres({ue noire, 
sur les parties latérales de l'écusson et du sillon scutellaire, 
avec une tache médiane, jaune ou blanc jaunâtre, allongée transver- 
salement. 

La coloration du disque dorsal offre des caractères spécifiques, 
très utiles, sur lesquels il convient d'insister. La chitine est de cou- 
leur jaune foncé, assez variable. C'est ainsi que certains échantillons 
peuvent être peu colorés, tandis que chez d'autres la coloration est 
beaucoup plus accusée; mais, chez tous, les détails de l'ornementa- 
tion de la surface dorsale restent constants. 

D'une manière générale, le disque dorsal est noir, à reflets métal- 
liques. Il présente un certain nombre de taches noires et jaunes 
régulièrement disposées. Dans le segment antérieur du disque 
dorsal, les parties noires consistent en deux bandes longitudinales 
confluentes en avant, sur le sillon médian, et divergentes en arrière 
vers le sillon transverse, dont elles restent séparées par une bande 
jaunâtre. De chaque côté se trouve encore une tache noire, de 
forme triangulaire, constituée elle-même de plusieurs parties 
séparées par des lignes blanchâtres, qui partent d'un point commun. 

Au-dessous, entre les deux sillons transverses, on observe de 
chaque côté trois taches noires, dont deux latérales formées elles- 
mêmes de deux parties allongées transversalement, et une troisième, 
rapprochée de la ligne médiane, qui paraît continuer les taches 



SYSTILMATIQUK DES HIl'POBOSCIDES ET BRAILIDFLS 230 

long-itudinales divergentes du précédent segment. Au-dessous de ces 
dernières taches se trouve une région médiane, dont la coloration .est 
assez variable ; blanche dans certains échantillons, elle devient jaune 
marron dans d'autres. 

Enfin, nous venons de voir que l'écusson est d'une coloration 
blanche en son milieu et noirâtre dans ses parties latérales. 

Dans les échantillons à coloration peu accusée, on retrouve la 
même disposition et dans certains d'entre eux, où la teinte est uni- 
forme, on observe des raies qui délimitent d'une manière très nette 
les régions où les taches devraient exister. 

Ainsi, on trouve tous les passages entre les types qui présentent 
un disque dorsal à coloration uniforme et ceux dont le thorax offre 
des taches très prononcées. 

L'absence de ces taches ne peut donc être considérée comme un 
caractère d'une nouvelle espèce. 

Abdomen. — La forme de l'abdomen est globuleuse chez les 
femelles, surtout lorsqu'elles renferment une larve mûre ; elle est 
plus allongée dans les mâles ; mais l'abdomen est toujours plus 
large que long. 

La longueur varie de : 

Mâles 2 mm. 4 à 3 mm. 2 

Femelles 2 mm. 9 à \ mm. 8 

La longueur moyenne est de S millimètres chez les mâles et de 
3 mm. 8 chez les femelles. 

L'abdomen est donc plus volumineux chez les femelles. 

L'ornementation de la face dorsale varie légèrement avec le sexe. 

D'avant en arrière on distingue chez le mâle (pi. I, fig. 2) : 

1° Le pédoncule d'insertion au thorax, de couleur marron foncé ; 

2" Le bourrelet antérieur de même nuance ; 

3° Trois régions chitinisées jaunes, couvertes de poils, séparées par 
des parties blanches et nues, la dernière étant grande et assez large ; 

4" La région postérieure, échancrée, qui présente de chaque côté 
un bourrelet chitineux de couleur jaune foncé, couvert de poils 
blancs, fins et longs. 

Chez les femelles (pi. I, fig. i), on distingue également : un 
pédoncule et un bourrelet antérieur, de couleur marron foncé ; 
trois bandes transversales chitinisées, jaunes, couvertes de poils. 



240 CLASSIFICATION 

séparées par des parties blanches et nues; toutefois elles sont à 
peu près de même largeur et non de largeurs très différentes comme 
dans les mâles. 

La région postérieure est encore plus caractéristique chez les 
femelles. Latéralement s'observent deux paires de bourrelets chiti- 
neux, couverts de poils blancs et longs, et une lamelle postérieure 
médiane, saillante, de forme semi-circulaire, présentant une bor- 
dure de poils noirâtres sur sa partie libre. 

Les poils sont toujours blanchâtres; on les trouve très nombreux, 
petits et répartis d'une manière uniforme à la face ventrale. Du 
côté de la face dorsale, ils s'aperçoivent sur les parties latérales de 
l'abdomen, sur les régions chitineuses médianes et sur les bourrelets 
postérieurs. Sur ces derniers, ils sont particulièrement longs, fins et 
blanchâtres; partout ailleurs, ils sont au contraire petits avec une 
surface d'insertion ronde et un peu noirâtre, La région médiane, à 
l'exception des parties chitinisées, est nue et d'une couleur plus 
blanche. 

Ailes{p\.l, fig. 4). — Les ailes sont d'unecouleur gris-fumé. Leur 
région d'insertion est très chitinisée et couverte de poils courts et 
noirâtres. 

Leurs dimensions varient : 

Mâles, longueur 6 mm. G à 8 mm. 4- 

— largeur 2 mm. 6 à 3 mm. 2. 

Femelles, longueur 7 mm. 6 à 8 mm. G. 

— largeur 2 mm. 6 à 3 mm. 2. 

La moyenne obtenue pour la longueur de l'aile est de 7 mm. 4 
chez les mâles et de 8 millimètres chez les femelles. Enfin, les 
ailes dépassent l'abdomen en moyenne de 3 mm. 4 cbez les 
mâles et d'une quantité un peu plus faible chez les femelles, en 
raison du plus grand développement de cette partie du corps. 

Les grosses nervures sont larges et noires. 

Les nervures périphériques sont à peine visibles, surtout vers le 
bord de l'aile. Toutefois^ à côté de ces nervures et leur étant paral- 
lèles, oij aperçoit encore une série de plis divergents. 

Les grosses nervures sont : G, Se, R avec ses trois divisions R, 
R2 R3 M, Gu et A, Gomme nervures transverses, on distingue 
l'humérale /i, la médio-radiale mr et la médio-cubitale mcii, cette 
dernière incolore sur la plus grande partie de son trajet. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 241 

La radiale R est bien distincte de l\^ sur toute son étendue et 
son débouché sur la costale est à égale distance de ceux de Ri et 
de R3. 

Haltères. — Les haltères sont visibles et formés d'une tige 
blanche et d'une tête, qui présente une région légèrement jaunâtre. 
Ils sont situés sur le thorax, très près de l'insertion de l'abdomen. 
Leur longueur est de o mm. 7 avec une tête de o mm. i5 de longueur 
et d'une largeur de o mm. 2. 

Pattes. — La longueur des pattes va en augmentant d'avant en 
arrière. 

Les longueurs moyennes sont : 

i''"^ paire 4 mni. 6 

2* — 5 mm. 4 

.i" — 7 mm. 6 

Ces pattes sont formées de gros articles, surtout les basilaires, 
coxas et fémurs ; mais la patte antérieure, qui est la plus courte, 
semble par contre la plus robuste. 

Les insertions des pattes sur le thorax sont d'une forme assez 
variable, en relation avec l'importance de la patte, sous le rapport 
de la fixation sur l'hôte. C'est ainsi que la coxa de la première paire 
est très grosse, sphérique, formant une saillie de chaque côté de la 
partie inférieure de la tête, alors que celle de la deuxième paire est 
grêle et que celle de la patte postérieure, assez volumineuse, est 
allongée et jîresque cylindrique. 

Dans chaque patte, les fémurs forment l'article le plus long et le 
plus gros, surtout celui de la paire antérieure ; les tibias sont d'une 
longueur à peu près égale à celle des fémurs, mais leur forme est 
grêle et cylindrique ; les tarses sont pentamères, avec un article 
terminal, dont la longueur est égale à la moitié de celle du tarse ; les 
quatre autres sont courts^ de même longueur, à l'exception de 
celui de la troisième paire de pattes, où il est un peu plus long 
que les trois autres. L'article terminal du tarse porte une paire de 
griffes simples, à une seule dent, noires, très fortes (pi. I, fig. 10), 
avec deux pulvilles et un empodium long et bipectiné. 

Toutes ces pattes sont peu velues, avec poils assez longs, surtout 
sur le tarse où quelques-uns d'entre eux forment de véritables 
piquants, qui contribuent certainement à la fixation du parasite sur 
riiôte. 

Umv. uiî. Lyon. — Massonnat 16 



242 CLASSIFICATION 

Organes sexuels. — Les org-anes sexuels sont bien distincts chez 
le mâle et consistent en un pénis chitineux, le plus souvent saillant 
à l'extérieur, protégé par deux valves latérales chitineuses et por- 
tant à sa face inférieure terminale une sorte de grosse poche mem- 
braneuse et blanchâtre. 

Chez la femelle, on trouve un orifice sexuel bien visible, situé dans 
réchancrure médiane postérieure. 

Différences sexuelles (pi. I, fig. i et '2). — Je ne constate aucune 
différence entre le mâle et la femelle dans la forme et les dimensions 
du front, des antennes, des yeux, du vertex et du scutellum. On 
n'en observe que dans lornementation de l'abdomen. On trouve ici 
une différence très nette dans la forme et la disposition des 
bandes transversales chitineuses; celles-ci sont plus régulières chez 
la femelle et de longueurs très différentes chez le mâle. Une autre 
différence s'observe à la partie postérieure, où Ton aperçoit une paire 
de bourrelets très saillants et volumineux chez le mâle et deux 
paires de ceux-ci, plus petits, avec une languette médiane chez la 
femelle. 

Habitats. — Je donne l'indication des hôtes et des localités oùces 
échantillons ont été recueillis. 



es 


SEXE 


33 





•^ ^ 




2 


6 


9 




» 
» 

I 


I 
1 

» 




» 


I 




1 


I 
» 




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1 




» 


I 




» 


I 


gr. n. 


gr. n. 


gr.D. 


t. g. D. 


gr. D. 


gf.D. 


10 


4 


c> 


12 


;") 


7 



HOTES 



Chouclle-Chexèche, Strixnoctua 



Cheval 

Milan royal, il/t/iius/'c^rcT/i'SjBriss. 

Cheval 

Dromadaire 

Bœuf 

Chien 

Dromadaire 



LOCALITÉS 



Villars (Ain) 



Bouligneiix, près Villars 

Lyon. 

Beni-Ounif (Sud-Algér.). 

Abattoirs de Lyon. 

Extrême-Sud algérien. 

Tunis. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÊS ET BRAULIDÉS 243 

Classons maintenant les hôtes : 

I. Oiseaux. Rapaces. 

Strix noctua Boie 8 éch. 

Milvus 7'egalis Briss . . . . i éch. 

II. Mammifèkes. 

Cheval 2 

Dromadaire grand nombre. 

Bœuf très grand nombre. 

Chien lo 



HIPPOBOSCA CAMELINA Leach (pi. III, fig. 24 à -28). 

Cette espèce, citée pour la première fois par Savigny comme ren- 
contrée en Egypte sur le Chameau, fut décrite par Leach en 181 7; 
son caractère distinctif, d'après cet auteur, consistait dans la pré- 
sence d'unscutellum noir rouille à tache longitudinale jaune. 

Un très grand nombre d'exemplaires m'ont été adressés de Figuig 
grâce à l'extrême obligeance de M. Allarousse, vétérinaire en pre- 
mier à l'Etat-Major d'Alger. Je lui adresse ici mes plus vifs et mes 
plus sincères remerciements de l'amabilité avec laquelle il s'est mis 
k ma disposition pour me fournir tout ce que je pouvais désirer au 
sujet de cette étude sur les Papipares. Je dois remercier aussi parti- 
culièrement M. Vanney, vétérinaire militaire, alors à Beni-Ounif, 
qui a bien voulu se charger de recueillir et de madresser tous ces 
échantillons. 

Hippobosca camelina se caractérise d'il, equina par une taille 
beaucoup plus grande. 

Les mensurations de cette espèce me donnent comme valeurs 
extrêmes : 

Mâles, longueur (avec ailes) . 12 mm. 8 à 14 mm. <S 

— — (sans ailes) . 9 mm. G à 10 mm. 4 
Femelles, — (avec ailes) . 12 mm. 4 à 14 mm. 5 

— — (sans ailes) . 11 mm. 2 à ii mm. 7 

Les longueurs moyennes que l'on obtient pour cette espèce, 
sont : 



244 CLASSIFICATION 

Mâles, long-ueur (avec ailes) l'i mm. 4 

— — (sans ailes) lo mm. 

Femelles, — (avec ailes) i3 mm. 2 

— — (sans ailes). . . . . , 11 mm. 5 

La différence de longueur entre le mâle et la femelle est donc très 
appréciable surtout sans les ailes, la longueur étant mesurée de la 
base du rostre à l'extrémité de l'abdomen. 

Tête (pi. III, Gg. 26). — La tête est aplatie, presque circulaire 
lorsqu'on l'observe détachée du corps. Dans ce cas, elle a de 2 mm. 3 
à 2 mm. 4 de longueur sur 2 mm. 5 à 2 mm. 6 de largeur; mais 
lorsqu'elle est adhérente au thorax, elle apparaît à l'observateur, en 
raison de son inclinaison, plus large que longue. 

Le rostre, brun noirâtre, est robuste, couvert de poils fins, blan- 
châtres et très petits; sa longueur varie de o mm. jS à o mm. 8. La 
trompe est le plus souvent rétractée à l'intérieur du rostre. 

Le clypéus est allongé (i millimètre); il est délimité de chaque 
côté par la fosse antennaire, en arrière par l'invagination céphalique 
de couleur jaunâtre moins foncée que le ton général de la têle ; il 
est d'une coloration marron, plus foncée sur les bords de la fossette 
antennaire. 

Les antennes, enfoncées dansleur cavité, ne font pas saillie en avant 
de la tête; leur présence est attestée par trois poils noirs saillants et 
de même longueur, celle-ci étant de o mm. 5. Si on la regarde au 
microscope ou avec une bonne loupe, on s'aperçoit que l'antenne est 
formée dorsalement d'une lame chitineuse jaune foncé, dont la colo- 
ration tranche vivement sur la couleur blanche de la fosse antennaire. 

Le front a une largeur supérieure au tiersde celle de la tête ; il est 
un peu plus dilaté en avant qu'en arrière. 

Gomme chez H. eqiiina L., on distingue, ici aussi, dans le front, 
deux parties : 

La première ou région orbitaire est d'une coloration plus pâle ; 
elle est d'autre part plus large vers le milieu de la tète ; 

L'autre, ou région frontale proprement dite, est d'une coloration 
très foncée. Cette dernière région, très étroite, en arrière surtout, 
me paraît plus large chez les mâles que chez les femelles. 

Les yeux composés sont volumineux; ils couvrent à peu près les 
deux tiers de la surface dorsale de la tête; ils en occupent les parties 
latérales et débordent un peu à la face inférieure. Les bords internes 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDIÎS 245 

ne sont pas rigoureusement parallèles, comme dans H. equina : 
ils sont plus rapprochés en arrière qu'en avant et leur direction est 
un peu oblique. 

Il n'y a pas d'ocelles. 

Le vertex est allong-é, de forme triangulaire, avec une base et une 
hauteur de o mm. 6. 

Thorax. — Le thorax est la partie la plus volumineuse du corps 
de l'insecte. Il est plus large que long. 

Mâles, longueur 4 nim. à 5 mm. 

— largeur 5 mm. à 5 mm. 4 

Femelles, longueur 4 mm. 4 à 5 mm. a 

— largeur ,") mm. à 5 mm. 8 

La longueur moyenne du thorax est sensiblement la même dans 
les deux sexes : 4 mm. 8 pour les mâles, 4 mm. 9 pour les femelles. 

L'ornementation de la surface dorsale est différente de celle 
d'^. equina. 

Gomme chez ce dernier, le disque dorsal présente trois sillons : un 
sillon médian longitudinal, mais plus accusé, un sillon transverse situé 
un peu en avant du niveau de l'insertion des ailes et un autre qui 
délimite lescutellum. La coloration générale est plus foncée, noire, 
à reflets métalliques. L'ornementation est très caractéristique. 

Dans le segment antérieur — en avant du sillon transverse — en 
outre de la tache blanche ou jaune, médiane, étirée en pointe en 
avant et en forme de tète en arrière, on trouve deux taches laté- 
rales, une de chaque côté, formées elles-mêmes de deux parties 
plus larges, l'une vers le centre, l'autre vers les bords du disque, 
réunies par une région étroite. 

Dans le segment moyen, situé entre le sillon antérieur et le sillon 
scutellaire, s'observent deux taches blanches ou jaunes, disposées 
obliquement, plus larges vers le milieu du disque dorsal que du côté 
externe. 

Il faut noter aussi la rainure blanchâtre, qui sépare le scutellum du 
disque dorsal. 

Enfin, le scutellum présente une tache blanche ou jaune dans sa 
région médiane. Celle- ci s'observe quelquefois chez H. equina dans 
les exemplaires fortement colorés, à thorax noir ; mais, même 
dans ceux-ci, elle est beaucoup plus large que celle d'^. camelina 
qui est plus étroite, plus allongée et plus claire. 



246 CLASSIFICATION 

Le thorax présente donc sur sa surface dorsale une ornementation 
dillerente de celle d'H. equina : elle consiste, en résumé, dans la pré- 
sence de six taches blanches ou jaunes, dont deux impaires et 
médianes (en y comprenant celle du scutellum, étroite et allongée) 
et de deux autres paires latérales. 

Le disque dorsal est à peu près nu avec quelques poils blanchâ- 
tres disposés, comme ceux à' H. equina. 

L'écusson ou scutellum a une forme caractéristique, différente de 
celle d'//, equina L. Au lieu d'être très large, il est ici plus étroit et 
plus long. Le rapport de la largeur (L) à la hauteur (H) ou 

— = '— est égal à i,8 au lieu de 3,5 dans H. equina. Sur 

H 1 mm. 2 

son bord postérieur se trouve une rangée de poils blanchâtres, 

longs, fins et dirigés de chaque côté vers la ligne médiane. 

La face inférieure est trisegmentée et nue; chaque segment porte 
une paire de pattes. 

Abdomen. — L'abdomen a une forme presque rectangulaire; il 
est plus large que long. 

Mâles, longueur 3 mm. 234 mm. 

— largeur 4 nim. 4 à 4 mm. 8 

Femelles, longueur 4 rnm. 6 à 5 mm. 6 

— largeur 5 mm. à 5 mm. 6 

Les dimensions de Tabdomen chez les femelles sont donc notable- 
ment supérieures à celles des mâles. La même observation ressort 
de la comparaison des longueurs moyennes qui sont ici de : 

Mâles 3 mm. 7 

Femelles S mm. i 

La segmentation ou plutôt l'ornementation de la partie dorsale 
varie également avec le sexe. 

Chez le mâle (pi. III, fig. 24), on distingue d'avant en arrière : le 
pédoncule d'insertion de l'abdomen et le bourrelet antérieur très 
chitinisés, et une partie postérieure membraneuse, sur laquelle on 
distingue quelques régions chitinisées, plus colorées. Ces dernières 
sont d'avant en arrière : une région antérieure assez large, appli- 
quée presque contre le bourrelet, deux autres, situées très en arrière 
et à la même hauteur, enfin deux gros bourrelets postérieurs, ces der- 
niers couverts de poils blanchâtres et longs. 



SYSTEMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS KT BR.UiLIDÊS 247 

Chez la femelle (pi. III, fig. aS), on a également, d'avant en 
arrière, le pédoncule d'insertion et le bourrelet antérieur chitinisés ; 
mais l'ornementation de la partie postérieure membraneuse est diffé- 
rente de celle du mâle. On retrouve quelquefois une région chitinisée 
de couleur marron voisine du bourrelet antérieur; à la partie posté- 
rieure, il existe deux paires de boum^elets chitineux couverts de poils 
longs et jaunâtres ; enfin, sur la région postérieure et médiane, on 
observe encore une partie saillante, recouvrant l'orifice génital, qui 
présente des poils noirs sur le bord libre. 

Du côté ventral, on observe, à la face inférieure du pédon- 
cule, une région chitineuse, couverte de poils, colorée en jaune et 
divisée en deux lobes divergents. 

Les poils sont en particulier longs et blanchâtres sur les régions 
latérales et postérieures, notamment sur les bourrelets ; sur la par- 
tie médiane dorsale, ils sont toujours blancs, plus petits, et 
avec une aire d'insertion noirâtre. Sur la face ventrale, les poils 
sont répartis d'une façon régulière ; d'autre part, ils sont plus petits 
et noirâtres. 

Ailes (pi. III, fig. 27). — Les ailes sont bien développées. 

Les résultats des mensurations de ces organes sont : 

Mâles, longueur <) mm. à 10 mm. 4 

— largeur 3 mm. 8 à 4 mm. 

Femelles, longueur 9 mm. à 11 mm. 4 

— largeur 4 mm. à 4 mm. 2 

La longueur moyenne de l'aile est ici 

Mâles î) mm. G 

Femelles 10 mm. 

La nervation est semblable à celle d'//. equina L. 

Les grosses nervures sont noirâtres, larges, bien accusées. Les 
nervures périphériques, au nombre de trois, sont peu visibles ; entre 
elles se trouve une série de plis divergents. 

On a les mêmes nervures longitudinales et transverses que dans 
H. equina L. : G, Se, R avec ses divisions Rj, Rj et R3, M, Cu et A, 
A, mr et mcii. 

La différence au point de vue de la nervation réside dans le point 
de convergence de R^ avec la nervure costale. Dans Zf. equina^ il se 
trouve à peu près à égale distance entre ceux de R, et de R3 : dans 



•248 CLASSIFICATION 

H. camelina, ce point de converg-ence de Ro se confond avec celui de 
Ri ; ce qui donne ici à R^ un trajet très court. 

Haltères. — Les haltères ont o mm. 8 de longueur avec une 
tête dont la longueur et la larg-eur sont de o mm. 2. 

Pattes. — Les pattes sont de conformation identique à celles de 
VH. equina. 

Les longueurs sont : 

!''« paire 7 mm. 5 

2« — 8 mm. 2 

3e — 10 mm. 3 

Organes sexuels. — Les organes sexuels sont semblables à ceux 
d'i/. equina. 

Différences sexuelles (pi. III, fig. 24 et 25). — Les différences 
sexuelles ne se présentent que sur l'abdomen. 

En dehors des organes sexuels toujours bien visibles, on remarque 
sur la face dorsale et postérieure de l'abdomen, deux paires de bour- 
relets postérieurs chez la femelle, et une paire seulement, très 
accusée_, chez le mâle. 

Développement. — Femelles pupipares : pupes d'abord blanc 
d'ivoire avec une tache noire postérieure ou plaque stigmatique, 
puis rougeâtres, et enfin dun noir brillant. 

Habitats. 

Dromadaire Beni-Ounif (Algérie). 

— ........ Tunisie. 

Cheval Algérie et Tunisie. 

LTn exemplaire a été recueilli sur un Cheval de la Camargue. 

Itésumé des différences entre llippobosea equina L. 
et H. eamelina I.eacli. 

1° Taille: 

II. equina cf H- eamelina çf 

Longueui avec ailes . . 10 mm. 6 i3 mm. 4 

— sans ailes . . 7 mm. 2' 10 mm. 

2° Vcrtex : 

Gliez H. equina.^ forme semi-circulaire (pi. I, fîg. 3). 
H. eamelina, forme triangulaire (pi. III, fîg. 26). 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCfDKS ET RRAULIDÉS 249 

3° Ornementation du thorax : 

Présence dans H. camelina de six taches jaunes (deux 

médianes et quatre latérales). 

4° Ornementation du scutellum: 

Chez H. equina il existe une tache médiane claire, étroite, 

allong-ée dans le sens transversal (pi. I, tig. i). 

Chez H. camelina^ cette tache médiane est allongée dans 

le sens longitudinal (pi. III, fîg. 24). 

5° Forme du scutellum : 

H. equina large. 

H. camelina étroit. 

u .« , 1 , largeur L , 

hn eliet, le rapport , — ~, = — donne : 

^ hauteur H 

Chez H. equina jj =^ 3,5. 
ri 

Chez H. camelina ~= 1,8. 
ri 

6° Nervation . 

H. equina. — Le point de convergence de R2 est à égale distance 
de ceux de Rj et de R3 (pi. I, fig. 4)- 

H. camelina. — Il y a ici convergence en un même point sur la 
costale des nervures Rj et lu (pi. III, fig. 27). 

Genre LIPOPTENA Nitzsch. 

Le genre Lipoptena fut créé par Nitzsch en 18 18 pour le Pedi- 
culus cervi de Linné. Dans Macquart (i838) et Zetterstedt (1848), 
ce nom est modifié en Leptotena. 

Seule la femelle, munie d'ailes brisées à la base, fut tout d'abord 
connue comme parasite du Cerf. Pour le mâle, qui conserve plus 
longtemps les ailes et qui se rencontre sur les Oiseaux, Meigen (i838) 
créa le genre Ornithohia avec son espèce 0. pallida; il est encore 
décrit comme tel dans Macquart (i838) et Zetterstedt (1848). 
Toutefois, ce dernier auteur émet l'opinion qu'O. pallida Meig. 
est peut être le mâle du Leptotena cervi L. 

En hiver, j'ai constaté que les deux sexes sont en égale abon- 
dance sur le Chevreuil, tous deux avec des ailes, brisées à la base, 
d'un millimètre de longueur. 



250 CLASSIFICATION 

Caractères génériques. — Corps aplati ; tête protégée latéra- 
lement par des saillies scapulaires et encastrée dans une cavité 
peu profonde du thorax ; yeux larges; ocelles petits; antennes 
incluses dans une cavité, sans poils visibles extérieurement. 

Thorax plat; écusson court, allongé transversalement. 

Abdomen à ornementation variable avec le sexe. 

Ailes bien développées à la sortie de la pupe, puis brisées dans 
les deux sexes. 

Pattes fortes, à griffes simples. 

Habitat. — Cervidés. 

Ce genre se distingue des avitres par les caractères suivants : 

1° Ailes rudimentaires, en forme de moignons: 

2° Présence de trois ocelles : 

3** Yeux composés larges ; 

4° Griffes simples ; 

5° Habitat sur les Cervidés; 

LIPOPTENA CERVI L. (pi. II, fig. i3 à ai). 

La forme générale de cette espèce est ovale, allongée, très aplatie, 
à coloration variant du brun foncé au brun clair ou jaune corne. 

C'est une espèce de moyenne grandeur. 

Les mensurations donnent, la longueur étant comptée de la base 
du rostre à l'extrémité de l'abdomen : 

1° Mâles, longueur du corps . . . 5 mm. à 5 mm. 4 
2° Femelles, — ... 5 mm. 5 à <J mm. i 

La longueur moyenne est : 

1° Mâle 5 mm. a 

2° Femelle 5 mm. 8 

Il y a lieu de constater, dans cette forme fixée, la différence 
fort appréciable des longueurs du corps chez le mâle et chez la 
femelle. 

Tête (pi. III, fig. 17). — La tête a un aspect très pai'ticulier. Elle 
est petite, plate, arrondie en avant, polygonale en arrière, beaucoup 
plus large que longue, près du double avec 1 mm. 2 sur o mm. j de 
longueur. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 251 

Sa rég-ion postérieure est encastrée dans le thorax ou, d'une 
manière plus exacte, protégée jusqu'à la moitié de sa longueur par 
les régions coxales des membres antérieurs, qui forment de chaque 
côté de la tête des parties saillantes protectrices. 

Son bord antérieur forme un arc de cercle ; le bord postérieur 
présente trois côtés, dont les deux latéraux divergent de ^i> degrés 
du médian. 

La tête a donc une forme différente de celle d'HippohoscH, qui 
est sphérique. 

Le rostre est d'une long-ueur de o mm. 4) incliné vers le bas, de 
couleur brune ; la surface externe de chaque valve est couverte 
d'un duvet très lin ; quelques soies plus longues s'observent à 
l'extrémité. 

La trompe ou haustellum est de chitine jaune clair. 

Le clypéus, de o mm. -jS de longueur, de coloration blanche ou 
à peine jaunâtre, à partie postérieure en arc de cercle, est bordé 
sur ses parties latérales par les rebords foncés de la fossette anten- 
naire. 

Le repli céphalique, bien distinct, en forme d'arc, sépare le 
front du clypéus. 

Le front est d'une largeur de o mm. 7, presque ég-ale au double 
de la longueur (o mm,4). Il comprend trois parties : une médiane 
et deux latérales. Les parties latérales, qui constituent un deuxième 
pourtour orbitaire, large en arrière, sont moins colorées que 
la région médiane frontale. Celle-ci se divise à son tour en deux 
parties : l'une, antérieure, sombre et très chitinisée, l'autre, pos- 
térieure, plus claire. Quelques poils noirs, disposés en ligne, se 
trouvent sur les bords des orbites. 

Le vertex forme une région étirée transversalement de o mm. 2 
de hauteur sur o mm. G de largeur. Son bord antérieur est en arc 
de cercle ; sa région médiane présente une partie plus colorée, 
sombre, où sont localisés les trois ocelles. 

Les antennes ne sont pas visibles à l'œil nu et sont peu distinctes 
à la loupe ; au microscope, on aperçoit une fosse antennaire à rebords 
minces, chitineux, avec une réijion noirâtre du côté de la lig-ne 
médiane frontale formant deux stries sur la partie antérieure de la 
tête, en arrière des appendices buccaux. Les antennes sont d'une 
couleur à peine jaunâtre, sans poils visibles. 



252 CLASSIFICATION 

La forme des veux composés est intéressante à observer. Elle est 
très caractéristique du genre. Si, par l'aspect général, Lipoptena. 
se rapproche du Melophagus, il s'en distingue immédiatement par 
le développement des yeux composés. La forme de la tête est 
également différente de celle d'Hippohosca, différence qui est due, 
dans ce genre formé d'espèces plus fixées à l'hote, à une protec- 
tion plus grande de cette partie du corps par le thorax et les coxas 
des pattes antérieures. Il en résulte pour l'œil un aspect très parti- 
culier. Les yeux composés sont rejetés à la partie dorsale et forment, 
en effet, de chaque côté de la tête, une figure presque triangulaire 
dont la pointe, dirigée en arrière, est arrondie et dont la base se 
confond avec le pourtour céphalique antérieur ; en ce point seule- 
ment, les yeux peuvent déborder à la face inférieure. 

Les ocelles, au nombre de trois, disposés en triangle, sont 
petits, blancs et localisés sur la région médiane et colorée du 
vertex. 

La face inférieure de la tête présente : i° en avant, un hypostome 
et un épistome blanchâtres, ce dernier plus large que long et de 
forme arrondie; 2" sur les parties latérales, la terminaison anté- 
rieure, en forme d'arc de cercle, des yeux composés. La partie 
postérieure, encastrée dans le thorax, est ici très allongée, en 
forme de pointe, au lieu d'être polygonale comme la face dor- 
sale; elle est protégée de chaque côté par les coxas et aussi par 
deux prolongements saillants de la partie inférieure du thorax. 

Thorax. — • Le thorax est plat, étroit, de forme pentagonale, de 
coloration brune, quelquefois très foncée, avec des taches d'un 
jaune plus ou moins clair. 

Dans l'échantillon- que je décris, la longueur est d'i mm. \ et la 
largeur d'i mm. 6. La taille varie d'ailleurs avec les individus et 
même avec le sexç. C'est ainsi que je trouve comme valeurs 
extrêmes : 

i" Mâles, longueur i mm. 4 à i mm. 6 

— largeur i mm. G à i mm. 8 

2" Femelles, longueur i mm. 4 îi i mm. 7 

— largeur i mm. 7 à i mm. 9 

Le thorax est donc d'une longueur qui est sensiblement le double 
de celle de la tête (o mm. 7). Son bord antérieur présente une légère 
échancrure pour la réception de celle-ci. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS ^53 

Les saillies scapulaires sont peu prononcées, presque nulles; leur 
place est surtout attestée par la présence de nombreux poils noirs 
semblables à des piquants. 

Le sillon médian est de coloration plus claire. 

Au lieu d'être, comme d'habitude, perpendiculaire au précédent, 
le sillon transverse est très incliné et converg'e, de chaque côté, sur 
le sillon médian, au point de réunion de celui-ci avec le sillon 
scutellaire. 

Les poils ont un aspect différent de ceux à'Hippobosca. Ils sont 
noirs, gros, courts, pour la plupart semblables à des piquants et 
enfin, surtout en arrière, disposés en rangées assez régulières. Ils 
sont plus nombreux sur les côtés et en avant du point d'insertion 
des ailes. 

L'écusson est étroit, petit, de forme triangulaire, avec une base 
de o mm. 7 et une hauteur de o mm. 3. Cette dernière représente le . 

cinquième de la longueur du thorax. Le rapport 7y- = ^-^est 

Il o mm. 3 

égal, dans cette espèce, à 2,33. La couleur est uniforme, sans taches 

particulières. Les poils, au nombre de cinq à six, forment une rangée 

sur le bord postérieur avec des longueurs décroissantes de chaque 

côté, ceux du milieu étant les plus longs et les plus gros. 

La face inférieure est velue et trisegmentée. 

Abdomen. — L'abdomen est de forme allongée, quelquefois 
presque sphérique : dans l'échantillon qui sert à cette description^ 
je trouve une largeur de 2 mm. 9 pour une longueur de 3 millimètres. 

Au point de vue des dimensions, on observe ici des variations 
sexuelles plus accusées que pour le thorax. 

i" iMàlcs, longueur. .... li mm. 7 à 3 mm. 2 

— largeur a mm. 6 à 3 mm. 

a" Femelles, longueur. .... 3 mm. i à 3 mm- 6 

— largeur ..... 1 mm. G à 3 mm. -i 

Les longueurs moyennes sont ! 

Mâles ............... 2 mm. y 

Femelles. ............. 3 mm. 4 

L'ornementation de la partie dorsale est bien différente de celle 
d'Hippobosca et même de tous les Pupipares : on observe ici des 
différences sexuelles beaucoup plus accusées. 



254 CLASSIFICATION 

Chez la femelle (pi. II, %. i3), on a, d'avant en arrière, un 
pédoncule, qui porte sur la partie dorsale, de chaque coté de la lig-ne 
médiane, une surface évasée, régulièrement incurvée, chacune avec 
un rebord chitineux externe. En arrière, une partie chitineuse, très 
colorée, forme, de chaque côté de l'abdomen, des sortes de pans 
qui descendent jusqu'au milieu de celui-ci. Sur la ligne médiane, 
entre les pans, se trouve une portion chitineuse, à bord externe et 
antérieur en forme d'arc de cercle, qui renferme en son milieu une 
tache blanche ou jaune. La partie postérieure de l'abdomen présente 
latéralement deux paires de régions chitineuses, très colorées, bru- 
nâtres, l'antérieure assez étendue, la postérieure plus petite. Enfin, 
sur la ligne médiane, on observe encore trois autres surfaces chiti- 
neuses, plus petites, de coloration brunâtre, allongées transversale- 
ment, sans qu'elles atteignent les taches latérales. 

Chez le mâle (pi. Il, iig. i6), V ornementation de la partie posté- 
rieure est différente. 

En avant, on a toujours le pédoncule avec les parties latérales 
incurvées, les pans latéraux et la portion médiane en forme d'arc de 
cercle : mais, en arrière, on n'aperçoit que les trois segments chiti- 
neux médians et point de régions ehitineuses et colorées sur les 
parties latérales postérieures, comme on les observe chez la femelle. 

La face ventrale est également très caractéristique et présente 
aussi des variations sexuelles, d'autant plus accusées que les indi- 
vidus sont plus colorés. 

En avant, sous le pédoncule, se trouve chez les mâles et les 
femelles une région chitineuse, formée de deux lobes divergents, de 
coloration brun foncé, presque noir. 

Chez les femelles (pi. II, fig. i4), sur les bords de l'abdomen, se 
trouvent les trois paires de régions chitineuses, prolongements de 
celles de la surface dorsale. 

Chez les mâles (pi. II, fig. i5), en arrière du lobe médian anté- 
rieur, se trouve une paire de régions colorées, brunâtres, spéciales à 
la région ventrale de l'abdomen, c'est-à-dire sans relation avec celles 
de la surface dorsale. 

Les poils de l'abdomen sont noirs, nombreux, très petits et gros. 
Ils forment des lignes assez régulières ; ils sont plus volumineux et 
plus longs sur les parties chitineuses et surtout sur les bordures de 
celles-ci. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 255 

La face inférieure est régulièrement velue, sauf sur la région qui 
entoure les organes sexuels, qui est glabre. 

Ailes (pi. II, fîg. i8). — Les ailes sont brisées dans tous les 
échantillons que je possède, aussi bien mâles que femelles. Elles 
forment des moignons de i millimètre de longueur, sur lesquels on 
distingue le début des nervures. On aperçoit une nervure costale, 
une radiale, une cubitale et une anale, mais pas de médiane. L'anale 
semble s'atrophier aussitôt. 

Je n'ai pas eu malheureusement de Lipoptena ailé à ma disposi- 
tion. On trouvera la description de l'aile dans Schiner (i864). 

Haltères. — Les haltères sont de couleur blanche, uniforme. Leur 
longueur est de o mm. 3 avec une tête sphérique de o mm. i5. 

Pattes. — Les pattes ont comme dimensions : 

Patte anlérieuro, longueur 3 mm. 

— moyenne, — 2 mm. 6 

— postérieure, — 3 mm. 8 

Chez Lipoptena, contrairement à ce qui existe chez Hippobosca, 
la première paire de pattes est donc plus longue que la deuxième, 
mais la patte postérieure reste toujours la plus grande de toutes. 
Ces pattes sont à chitine pâle ou brunâtre ; toutes sont très velues. 

Les pattes antérieures sont les plus robustes. 

Les coxas antérieures sont grosses, trapues, formant de fortes 
saillies, qui protègent les régions latérales de la tête jusqu'à la 
moitié de sa longueur. Elles sont couvertes de poils noirs, très 
courts. Les coxas de la deuxième paire de pattes sont grêles ; celles 
de la patte postérieure sont longues et cylindriques. 

Les fémurs^ surtout l'antérieur, sont gros, trapus, couverts de 
poils noirs assez longs et fins. 

Les tibias sont cylindriques, assez gros, surtout celui de la patte 
antérieure ; ils sont plus petits que les fémurs, modérément pileux, 
avec un piquant ou épine tibio-tarsienne à l'extrémité interne. Seul 
le tibia postérieur possède à son extrémité interne plusieurs de ces 
piquants : j'en compte généralement quatre, dont un plus grand et 
plus fort que les autres. 

Le tarse est pentamère, très velu, avec quelques piquants dis- 
posés latéralement et à la face interne de chaque article. Les quatre 
premiers articles sont égaux ; le terminal est muni de deux pul- 



2Ô6 CLASSIFICATION 

villes bien développées, d'un empodium bipectiné et d'une paire 
de griffes simples (pi. II, iig. 19). Dans chaque patte, la griffe 
externe est toujours plus développée que l'interne. 

Organes sexuels. — Pénis bien visible, chitineux, de couleur 
jaune corne, avec deux valves latérales de même nuance. 

Orifice génital femelle assez distinct. 

Différences sexuelles. — On n'observe de différences sexuelles 
que sur l'abdomen. 

La coloration générale de cette partie du corps est plus foncée 
chez les femelles que chez les mâles. 

L'ornementation est aussi différente (pi. II, iig. i3, i4, i5 et 16). 

Sur la partie postérieure de la face dorsale, on distingue, chez 
les femelles, deux paires de surfaces chitinisées latérales., qui sont 
absentes chez les mâles. 

A ce point de vue, la partie inférieure du corps est aussi très 
caractéristique, et cette particularité est tout à fait spéciale au 
Lipoptena : je ne l'ai rencontrée que dans cette espèce. 

Chez la femelle, on observe trois paires de taches chitinisées 
latérales, plus ou moins colorées, et une région médiane blan- 
châtre. 

Chez le mâle, il n'existe en arrière de la tache antérieure bilobée, 
commune aux deux sexes, qu'une paire de surfaces chitinisées, de 
couleur marron clair, située vers le milieu du corps, les parties 
latérales de celui-ci restant blanchâtres. 

Développement. — - Femelles pupipares. J'en possède un grand 
nombre, dont la plupart renferment des larves à différents stades 
de développement. 



36 

34 

t 




16 



19 

18 



HOTES 



C:erf. . 
Cerf. . 
Blaireau 



LOCALITÉS 



Rambouillet 

Rambouillet 

Dombes 



DATES 



Décembre igoS 
Février 1906 



svsti;matiuii> dI'^s iiiimmhîosciih-s i;t bhallidks 257 

Genre MELOPHAGUS Latreille. 

Latreille est le créateur du genre dont le type est Melophagus 
ovinus. 

Cette espèce est désignée pour la première fois dans les travaux 
de Linné (1767), sous le nom àHippobosca aplera. Si le savant 
suédois n'avait pas été heureux pour déterminer la place du Lij)0])- 
lena dans la systématique, il avait au contraire admirablement 
reconnu les affinités naturelles du « pou du Mouton ». 

D'autres auteurs, même après Linné, comme Frisch, le rangèrent 
encore parmi les Pédiculidés sous le nom de Pediculiis ovinus. 

Depuis Latreille, tous les naturalistes qui se sont occupés du 
groupe des Pupipares comme Leach, Meigen, Hondani, Speiser,etc., 
ont admis le genre créé par le savant entomologiste français. 

Ce genre comprend des espèces aptères, petites et très velues^ 
dont la tête et le thorax sont de coloration brun sale et l'abdomen 
grisâtre. 

Les caractères sont : 

Tête plate, courte, très large, encastrée dans la })artie antérieure 
du thorax et protégée latéralement par les coxas des pattes anté- 
rieures ; rostre bien développé, très long; front large, plus large 
que long, velu; vertex nu; antennes peu distinctes; yeux linéaires; 
pas d'ocelles ; 

Thorax petit, étroit, aplati ; écusson rudimentaire ; 

Abdomen très développé, en général au moins deux fois plus 
long que le thorax, sans trace de segmentation ; 

Pattes fortes, très velues, à griffes simples ; 

Pas de balanciers ; 

Un rudiment alaire en forme de saillies ; 

Pupes de moyenne grosseur, de coloration jaune corne. 

En résumé, ce genre se distingue de tous les autres de la famille 
des Hippoboscidés : 

i" Par l'absence d'ailes; 

2" Par des griffes simples ; 

3" Par des yeux rudimentaires; 

4" Par l'absence d'ocelles; 

50 Pj^j. l'habitat sur le Mouton. 

U.MV. uii Lyo>'. — Masso^n.vt 17 



258 CLASSIFICATIOX 

Nous verrons plus loin que riiabitat sur le Mouton n'est pas 
absolu et qu'on le rencontre ailleurs que sur les Ovidés; mais ces 
cas sont exceptionnels et, comme tels, curieux à citer. 

Le genre Melophagus comprend, d'après Speiser (190S), trois 
espèces qui se trouvent dans les régions méditerranéennes, Europe 
et Asie orientale : Mclophagus ouinus L., M. rupicaprinus Rnd. 
et M. antilopes Wied. 

Je n'ai trouvé en France que M. ovinus L. 

MELOPHAGUS OVINUS Linné (pi. II, l\g. 20 à 2;{). 

Melophagus ovinus L., ou « pou du Mouton » est aptère. 

C'est une espèce de petite taille, de couleur brunâtre, et très 
velue ; elle est caractérisée, en effet, par le développement du système 
pileux sur tovites les parties du corps, notamment sur l'abdomen. 

Les mensurations de l'espèce me donnent ; 

i" Màles, longueur du corps . . ô mm. 2 à 5 mm. 4 

1" Femelles, — ... 5 mm. 8 à G mm. 3 

La longueur moyenne chez les femelles, celle qui est la plus fré- 
quente, est de 6 millimètres. 

Tête (pi. II, fig-. '2i). — La tète est très large, de i mm. 5 de lar- 
geur pour I millimètre de longueur. 

Les mensurations donnent comme valeurs extrêmes : 

i" Màles, longueur (sans le rostre), i mm. à i mm. 2 

— largeur — . i mm. 5 à i mm. 6 
a" Femelles, longueur — . o mm. 9 à 1 mm. 2 

— largeur — . i mm. 5 à i mm. G 

La longueur moyenne est de 1 millimètre. 

Par rapport à la taille de 1 individu, la tète est donc plus longue 
que dans Lipoptena. Gomme chez ce dernier, la partie antérieure 
est en arc de cercle, la partie postérieure est à trois côtés, mais les 
angles sont arrondis, d'où une certaine tendance de celle-ci vers la 
forme circulaire. 

Le rostre est très long. Pour une tète de i mm. 2 de longueur, 
on trouve un rostre de i millimètre, à peu près de la longueur 
de la tète. II. est couvert de poils noirs ; ses valves sont larges et 
protègent la trompe ou haustellum. Les poils du rostre sont assez 
longs, surtout à l'extrémité. 



SYSTÉMATlun: DI'>S HIPPOBOSCIDKS ET HRAILIDKS 259 

L^épistome et rhypostome ne sont pas visibles de la face dorsale. 

Le clypéus a une largeur de o mm. 5 pour une longueur de 
o mm. 4 ; il est délimité en arrière par le repli céphalique en forme 
d'arc de cercle, et latéralement par les rebords chitinisés de la fosse 
antennaire. Sa surface est nue, de couleur uniforme, jaune blan- 
châtre brillant. 

Les antennes, en forme de verrues, sont petites, jaunes, bien 
visibles au microscope. On aperçoit, sur celles-ci, quelques poils 
saillants à la partie antérieure de la tête, hors de la cavité anten- 
naire : ce qui ne se voit pas chez Lipoptena. Les rebords de la cavité 
sont très chitinisés, de couleur marron foncé ; ils en délimitent 
ainsi nettement le contour, surtout du côté de la lig-ne médiane du 
corps. 

La région frontale présente un aspect particulier; large sur les 
parties latérales, elle est très réduite dans sa région médiane en 
raison du développement du vertex. Elle se trouve ainsi divisée en 
deux parties latérales bien distinctes. Celles-ci ont une surface bom- 
bée, couverte de poils noirs, très courts, gros, presque semblables 
à des piquants; en arrière et de chaque côté, se trouvent deux poils, 
longs, qui viennent se croiser sur la ligne médiane du thorax. 

Le vertex est très développé, de forme triangulaire, à base arron- 
die ; sa surface, dépourvue de poils, le différencie aussitôt de la 
région frontale, au contraire, très velue. La couleur est jaune clair 
brillant. 

Les yeux composés, localisés à la face supérieure, sont très réduits 
et forment, de chaque côté, une ligne un peu inclinée par rapport à 
Taxe médian de la tète. La région occupée par les facettes ocu- 
laires constitue une surface de o mm. 35 de longueur sur o mm. i3 
de largeur, à bords latéraux parallèles entre eux et à la bordure 
céphalique. Le pourtour orbitaire se prolonge en arrière jusqu au 
vertex : il délimite ainsi une région qui appartient manifestement 
à l'œil. Les facettes oculaires, bien visibles au microscope, sont en 
général de quatre à cinq par ligne transversale. 

Il n'existe pas d'ocelles. 

A la face inférieure de la tète, dont le tégument est mou et blan- 
châtre, on observe un épistome et un hypostome, qui forment le 
pourtour de l'orifice de la vésicule céphalique. 

La partie postérieure de la tête, allongée en pointe, est protégée 



260 CLASSIFICATION 

latéralement par les s-aillies coxales des membres antérieurs et par 
deux saillies, très accusées, de la rég-ion inférieure du thorax. 

La tête du Mclophagus diffère donc de celle du Lipopfena : i" par 
une protection plus grande de ses parties latérales ; 2" par des yeux 
composés plus petits ; 3° par l'absence d'ocelles ; 4° P^^r une pilo- 
sité plus accusée. 

Thorax. — Le thorax est étroit, rétréci au milieu, très réduit, 
comparé au développement de l'abdomen. Son contour est formé 
de deux bords en arc de cercle, l'un concave en avant, l'autre con- 
vexe en arrière, et de deux côtés latéraux presque parallèles; ces 
derniers toutefois offrent une certaine courbure du côté interne. 

Le thorax mesure : 

Mâles, long'ueur 1 mm. 2 

— largeur i mm. 6 

Femelles, longueur i mm. i à i mm. 3 

— largeur i mm. 4 ^ i mm. 8 

Lalar"-eur movenne est de i mm. 2. 

Le bord antérieur est incurvé pour la réception de la tête. Deux 
saillies scapulaires très nettes protèg-ent ainsi les parties latérales 
de celle-ci, protection qui est continuée par les coxas de la première 
paire de pattes. 

Le thorax ne présente pas sur sa surface dorsale de sillons 
médians et transversaux visibles, sauf celui tout à fait postérieur, 
d'ailleurs peu accusé, qui délimite le scutellum. 

Le thorax est très velu; les poils qui le couvrent sont gros, nom- 
breux, quelquefois très longs : ils sont d'autant plus longs qu'ils 
appartiennent à une région plus postérieure. 

Les stigmates antérieurs sont larges, blanchâtres, bien distincts, 
situés en arrière des saillies scapulaires ; les stigmates postérieurs 
sont cachés par le repli du scutellum. 

En arrière, on observe de chaque côté une petite saillie de o mm. 1 5 
de longueur, qui présente quelques poils à son extrémité libre; cette 
saillie est entourée d'une petite plage nue, recouverte en avant d'un 
grand nombre de poils longs et enchevêtrés. D'après tous les auteurs, 
ces deux saillies seraient des haltères. Leur position sur le thorax m'a 
fait admettre qu'elles représentent au contraire les derniers vestiges 
des ailes, 



SYSTI':MATIQIK des HIPPOBOSCJDÉS et RRAULIDÉS 261 

L'écusson est très petit, de o mm. . de longueur sur o mm. 6 de 
laro-eur- il est couvert de longs poils noirs. Si on compare ses 
dimensions à celles du thorax, on s'aperçoit que Fimportance du 
scutellum est devenue beaucoup plus petite que dans le genre voism 
Lipoptenn. Le rapport des dimensions ^^nontre que la longueur 
du scutellum, au lieu d'être le i/5 comme dans Lipoptena, n'est plus 
ici que la .sixième partie de celle du thorax. La même réduction 
s'observe au point de vue de la largeur. Le scutellum tend donc a 
devenir rudimentaire chez Meloplutç/us. 

La face inférieure du thorax est velue et divisée transversale- 
ment en trois parties, qui correspondent aux trois paires de pattes. 
Abdomen - L'abdomen est volumineux, très allonge, de forme 
ovale, un peu moins aplati que le thorax. Il semble plus allonge 
chez les femelles avec une partie postérieure plus arrondie. 
Les mensurations donnent comme valeurs extrêmes : 

X" Mâles, longueur 3 mm. à 3 mm. . 

__ largeur 2 mm. 7 a 2 mm. S 

20 Femelles, longueur 3 mm. G à 4 mm. 3 

• _ lari-eur 3 mm. i à :5 mm. 7 

J'obtiens comme longueur moyenne : mâle, 3 mm. i, et femelle, 

3 mm. 8. ^ j.- . „ 

L'abdomen ne présente aucune trace visible de segmentation, sa 

membrane est plutôt blanchâtre, alors que celle du thorax est jaune 

roux ou brunâtre. , 

Les parties 'colorées et chitinisées ne s'observent que sur le 
pédicule et se prolongent un peu en arrière de celui-ci. Il en existe 
une paire à la face dorsale et une paire à la face ventrale. 

Celles de la face dorsale, de coloration foncée, se termment en 
pointe vers le quart de la longueur de l'abdomen. Leur coloration 
est brunâtre, surtout vers leurs extrémités où celle-ci devient pres- 
que noire. Leur surface est velue, couverte de poils noirs. 

Les parties colorées et chitinisées de la face inférieure sont plus 
claires et toujours situées sur le pédicule. 

L'ornementation est la même dans les deux sexes. 

L'abdomen est très velu sur les faces dorsale et ventrale : les poils 
sont nombreux, longs et noirs. 



262 CLASSIFICATION 

Ailes. — Mclophagus est aptère. En raison de leur position, je 
considère les deux petites saillies postérieui*es du thorax comme des 
représentants des ailes complètement atrophiées (pag. 8i). 

Hrillères. — Pas d'haltères. Les haltères décrits autrefois comme 
tels par les auteurs (Zetterstedt) doivent être considérés comme les 
derniers vestiges des ailes. 

Pattes. — Les pattes ont comme longueur moyenne pour un échan- 
tillon de 6 millimètres. 

Patte antérieure 3 mm. 3 

— moyenne a mm. 9 

— postérieure 3 mm. i 

Les pattes sont courtes, fortes, toujours très velues. 

De même que pour Lipoptena, on observe, contrairement à ce qui 
existe chez Hippobosca, des pattes antérieures plus grandes que la 
deuxième paire; mais ici elles deviennent encore plus grandes que 
les postérieures : les pattes antérieures sont donc, en général, chez 
Melopliagus, les plus longues de toutes. 

Les coxas ont des aspects diiférents avec la paire de pattes. L'an- 
térieure est volumineuse, saillante en avant et protégeant les parties 
latérales de la tète : elle présente une bordure de longs poils noirs. 
Celle de la deuxième paire est grêle ; la coxa postérieure est plus 
volumineuse, cylindrique et très allongée. 

Les fémurs sont gros, l'antérieur surtout; tous sont courts, 
trapus et couverts de longs poils. 

Les tibias sont cylindriques, un peu plus petits que les fémurs, 
mais assez volumineux, très velus particulièrement à l'extrémité de 
chacun d eux, où l'on observe en outre, du côté interne, un gros 
piquant ou épine tibio-tarsienne : il existe une seule de ces épines 
tibio-tarsiennes à la première et à la deuxième paires de pattes, et un 
plus grand nombre à la postérieure. 

Les tarses sont pentamères. Les quatre premiers articles sont 
égaux, sauf le premier delà patte postérieure, qui est deux fois plus 
long que les autres : tous sont très velus, portant du côté interne 
un certain nombre de piquants. L article terminal est long, aussi 
long que l'ensemble des quatre autres, avec de nombreux piquants 
sur la face interne, deux pulvilles, un empodium bipectiné et une 
paire de griffes simples et noires, la gritïe externe étant plus 
accusée que l'interne (pi. II, iig, 22 et 23). 



SYSTK.MATlcn'l' IH-S HII'r>OROSCIDKS HT HRAILIDÉS 263 

Organes sexuels. — Les organes sexuels comprennent : 

1° Chez le mâle, un pénis et deux valves chitineuses très saillantes; 

'2° Gliez la femelle, un orifice assez distinct. 

Différences sexuelles. — Je n'ai observé ici aucune différence 
sexuelle. 

Le seul moyen de déterminer le sexe consiste dans l'obser- 
vation des organes génitaux externes, d'ailleurs toujours bien 
distincts. 

Développement. — Femelles pupipares. Pupes blanches, puis 
brun-corne, adhérentes aux poils du Mouton. 

Adultes vivent en parasites sur le Mouton. M. Côte a recueilli 
cette espèce sur le Chamois. 

Habitats. 





SI-: 

a* 

g.n. 




HOTRS 


LOCALITES 


DATES 


g.n. 

1 


Ovis aries L., Mouton . . . . 
RupicapraeiiropœaPa\l.,Chan\o\s 


Abattoirs de Lyon. 
La Pelouse, P'réjus. 


2() sept. 1908 



Genre ORNITHOEGA Rondani 



Le genre Ornithoeca peut être considéré comme un des rameaux 
de l'ancien genre Ornithomyia de Latreille. La plupart des espèces 
qu'il renferme avaient été décrites avant Rondani, le créateur du 
genre, comme appartenant à Ornitliomyia. 

Le genre Ornitlioeca fut créé par Rondani à propos d'une espèce 
nouvelle 0. heccarina Rnd. On y rattache aujourd'hui un certain 
nombre d'espèces, qui avaient été décrites comme des Ornithomyiés 
Ce travail de révision a été fait par le D"" Speiser. Dans son mémoire 
Studien ïiber Hippobosciden, Speiser donne la liste des espèces 
d' Ornithoeca connues en 1900. Comme détail intéressant, on relève 
que leurs tailles varient de i mm. 5 à 3 mm. 5 et que cette dernière 
grandeur est en général exceptionnelle. 



234 ' CLASSIFICATION 

Ce sont les petites espèces qui prédominent, celles dont les 
tailles varient de i mm. 5 à 2 mm. '.]. 

Ce g-enre est surtout exotique : il appartient nettement aux régions 
tropicales. Seul Ornithoeca turdi Latr. se rencontre dans l'Europe 
méridionale. Cette espèce a été trouvée dans le Levant et décrite 
par Latreille, en 181 8, sous le nom à'Ornithomyin turdi. Elle a été 
rencontrée, plus tard, à Trivia et von Roder en a donné de très 
brèves descriptions. En s'appuyant sur celles-ci, Speiser, en 1900, 
la rangea dans son tableau des espèces actuellement connues, mais 
sans être très affirmatif, étant donné la brièveté des descriptions de 
von Rôder. 

Je l'ai retrouvée (1907, a) dans la collection Cote, prise dans la 
région lyonnaise sur Muscicapa grisolea. 

L'étude, que j'ai faite de cette espèce, me permet d affirmer aujour- 
d'hui qu'elle doit être rangée sans aucun doute dans le genre (Jrni- 
tlioecci. 

Caractères génériques. — Ce genre comprend de petites espèces 
dont la taille varie de 1 mm. 5 à 3 mm. 5 avec prédominance des 
petites tailles. Les caractères sont : 

Tète bien dégagée du thorax rappelant Hippohosca ; antennes 
tuberculiformes avec quelques poils à l'extrémité ; yeux volumineux ; 
trois ocelles ; 

Thorax pentagonal; scutelluin plus ou moins losangique ; 

Abdomen avec indices dorsaux de segmentation ; 

Pattes à griffes simples; 

Nervation de l'aile très caractéristique : la radiale R.i s'infléchit 
pour se souder avec la costale et, ainsi soudée, descend longuement 
côte à côte avec celle-ci; la radiale Rj s'infléchit à son tour et se 
soude également avec la costale sur la moitié de son trajet ; une 
nervure anale. 

Espèces exotiques à l'exception d'O. /wrr// (France et régions 
orientales de la Méditerranée). 

En résumé, le genre Ornithoeca est caractérisé : 

Par des ailes bien développées; 

Par des griffes simpjles; 

Par \di présence d'ocelles; 

Par la soudure avec la costale de Ro et /?.-;.■ 

Par la. présence d'une cellule anale, 



SYSTÉMATIQUE DES H|l>POP.OSCIDfiS RT BRAULIDKS 265 

OBNITHOECA TURDI Latreillo (pi. VII, fig. ■'^o à ^W). 

OrnithoecH turdi est un Hippoboscidé de petite taille. 
Les mensurations de cette espèce, qui est très rare en Europe et 
que j'ai sig-nalée pour la première fois en France, sont: 

Longueur (ailes comprises) \ n^"^- ' 

— (sans ailes) 2 mm. .1 

La longueur du corps, 4 mm. 1, est comptée de l'extrémité du 
rostre, Vautre. 2 mm. '^, de la base du rostre à l'extrémité de l'ab- 
domen ; les ailes dépassent l'abdomen de i mm. 8. 

Les trois parties du corps, tète, thorax et abdomen, sont bien 
séparées les unes des autres. 

La couleur fondamentale de l'échantillon dans l'alcool est jaune 

rouge . 

Tète. — La tête est grosse, bien séparée du thorax, presque rec- 
tangulaire et rappelle celle à'HippohoscH, 

Ses dimensions sont: 

Lonf^ueur .... •• mm. (> (o mm, 8 avec le rostre) 
Largeur o mm, H 

Le rostre (1 = o mm. 2) est court, de couleur noire et très 
finement velu ; la trompe est rétractée et ne s'aperçoit pas dans cet 
échantillon. 

Le clypéus est blanc, très petit. 

Les antennes sont petites (1=0 mm. 2), saillantes à peine de 
o mm. I en avant de la tête, en forme de bouton, avec un poil noir, 
très long (1 = o mm. 2) à l'extrémité et, k côté, quatre ou cinq autres 
plus petits; l'extrémité est blanche et à la base se trouve une 
écaille de couleur foncée. 

La couleur générale de la région frontale est rouge, très foncée, 
presque noire, en avant, vers la dépression céphalique. Le front 
présente des bords latéraux parallèles, à bord postérieur rectiligne ; 
sa surface est à peu près le tiers de la surface dorsale de la tête. 
Une bordure de poils très fins et transparents se trouve autour des 
orbites et sur la région postérieure. 

Le vertex constitue une région hémisphérique de coloration fon- 
cée ; il porte les ocelles. 



266 CLASSIFICATION 

Les yeux composés sont grands, hémisphériques ; chacun d'eux 
couvre à peu près le tiers de la surface dorsale de la tète ; ils 
débordent fortement à la partie inférieure de celle-ci. Sur le pour- 
tour s'observe un cadre orbitaire noir, très rétréci, avec poils en 
g"énéral petits et transparents, dont les surfaces d'insertion forment 
autant de petites aires blanchâtres. 

Les ocelles, au nombre de trois, disposés en triangle, sont loca- 
lisés sur le vertex; les deux latéraux sont larges, bien visibles, le 
médian l'est un peu moins que les deux précédents. 

Thorax. — Le thorax est la partie la plus volumineuse du corps. 
Sa forme générale tend vers celle d'un carré ; sa largeur est plus 
grande au niveau de l'insertion des ailes. 

Ses dimensions sont : longueur o mm. 9, la plus grande largeur 
I mm. 2. 

Le bord antérieur, rectiligne et non adjacent à la tête, ne présente 
pas latéralement ces saillies scapulaires si accusées dans les autres 
genres de Pupipares parasites des Oiseaux ; seuls quelques poils 
noirs en indiquent la place habituelle. 

Les parties périphériques sont jaunâtres ; la région centrale, de 
couleur marron foncé, presque noire en avant, constitue un disque 
dorsal, de forme hexagonale, légèrement bombé. Au centre de ce 
dernier, on distingue encore une région pentagonale plus sombre 
qui tranche, par sa coloration noire, sur le reste du disque dorsal. 

Gomme autres détails, on observe, avec beaucoup de difficulté, 
l'indication d'iin sillon longitudinal médian, toujours très net, au 
contraire, dans les autres genres de Pupipares; un sillon trans- 
versal, situé au niveau de l'insertion des ailes, bien accusé latérale- 
ment, qui disparaît, lorsqu'il atteint la région médiane plus colorée 
du disque dorsal ; enfin, plus en arrière, le sillon transversal qui 
délimite l'écusson. 

La répartition des poils est à noter. 

1" Sur la surface entière du disque dorsal, écusson compris, on 
observe une série de points blancs, microscopiques, qui sont les 
lieux d'insertion de poils blanchâtres et extrêmement fins ; 

•j.° Quelques poils noirs se trouvent à la place habituelle des sail- 
lies scapulaires ; 

3" Trois paires de poils noirs, dirigés obliquement en arrière, 
très longs, sont symétriquement disposées de chaque côté de 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDF^S ET RRAILIDÉS 267 

la lig-ne médiane et ont des long-ueurs décroissant d'avant en 
arrière. 

Ces dernières sont situées : 

Une paire en arrière de la région où se trouvent habituellement 
les saillies scapulaires ; 

La deuxième paire à l'orig-ine latérale du sillon transverse ; 

La troisième paire près de la base de la région d'insertion des 
ailes, un peu à l'intérieur du disque dorsal. 

Le scutellum ou écusson est de forme losangique : il ne présente 
aucun poil noir sur sa surface, mais seulement des poils trans- 
parents, extrêmement fins, à répartition uniforme, dont les 
insertions constituent une série de points blancs à la surface de 
l'écusson. 

La face inférieure du thorax est trisegmentée et nue. 

Abdomen. — L'abdomen est plus court que le thorax, surtout si 
on ne compare que la région élargie. 

Ses dimensions sont : 

Longueur o mm. 8 

Largeur i mm. 2 

La portion élargie de l'abdomen est sensiblement deux fois plus 
large que longue. 

La face dorsale se divise longitudinalement en trois parties : une 
région médiane segmentée et deux régions latérales, qui ne pré- 
sentent aucune trace de segmentation. Les parties latérales forment 
de chaque côté des régions saillantes en avant et en arrière. 

En arrière, la région médiane constitue une partie saillante, qui 
porte en son milieu une rangée de poils courts et fins et, de chaque 
côté, dans la rainure latérale, quatre à cinq poils noirs et très longs. 

Le pédicule d'insertion au thorax est formé de deux anneaux : 
l'un, antérieur et blanchâtre, et l'autre, postérieur et de couleur 
marron très foncé. 

Sur la face dorsale, la portion élargie de l'abdomen présente des 
indices très accusés de plusieurs anneaux, attestés par des régions 
plus ou moins colorées. En avant se trouve un bourrelet trans- 
versal blanchâtre; en arrière de celui-ci, on observe quatre épaissis- 
sements chitineux, très larges, bien nets, les deux antérieurs forte- 
ment colorés, les deux postérieurs à coloration plus faible. 



268 CLASSIFICATION 

La face inférieure est blanche ; elle présente aussi des plis trans 
versaux, qui paraissent indiquer l'existence de six seg-ments, com- 
pris le bourrelet génital. 

Ailes (pi. IV, fig", 3i). — Les ailes sont bien conformées pour le 

, , ^ longueur aile 3 mm. . , , ^ 

vol : le rapport , — - — = ^ qui esteoralà i,Jo, est 

long-ueur corps a mm. ,) ^ 

le plus élevé pour tous les Pupipares que j'ai étudiés. 

La longueur est de 3 millimètres, la largeur de i mm. 2; les 
ailes dépassent l'abdomen de i mm. 8. La coloration est grisâtre. 

La nervation de l'aile est très caractéristique. 

La nervure costale s'étend un peu au delà des trois quarts du 
bord marginal de laile; les nervures longitudinales sont bien 
accusées, assez serrées contre le bord externe de l'aile. De cette 
région se détachent trois nervures périphériques, dont deux très 
nettes jusqu'à leur extrémité et de coloration jaune corne. 

Parmi les grosses nervures, on distingue comme nervures longi- 
tudinales : G, Se, R avec ses trois divisions habituelles R,, Rj et 
R3,. M, Cu, et A. Les nervures transverses sont l'humérale h bien 
visible, la médio-radiale mr, la médio-cubitale mcu et Aj. 

On observe, en outre, sur les nervures diiférentes parties inco- 
lores : 

1° Celle de la costale, placée entre les débouchés de Se et de R^ ; 

2° Celle de la nervure transverse médio-cubitale mcu, incolore 
dans sa région moyenne et colorée à ses deux extrémités ; 

3* Celle de la nervure médiane M, dans la partie qui correspond 
au milieu de la cellule M. 

Certaines nervures présentent des poils à leur surface. On en 
observe une rangée, noirs et lins, sur la nervure costale, de la base 
à son extrémité : ce qui est le cas général chez les Pupipares. Mais 
ici d'autres nervures en olfrent également comme Ri, R^ et surtout 
R3, ce qui est tout à fait exceptionnel. 

Voyons maintenant les détails importants et caractéristiques de 
la nervation àOrnithoeca. 

i" La radiale R.7 s'infléchit brusquement et se soude avec la ner- 
vure costale à hauteur de la nervure transverse mr. tout en restant, 
sur une assez grande étendue, distincte de celle-ci par suite dune 
dilTérence de coloration ; 

2° La radiale R3 s'infléchit à son tour du côté externe, après la 



SYSTKMATIQLI': UI<:S HllM'UltOSCIDKS l'T BHAILIDF.S 2G9 

nervure transverse m/-, pour se souder également à la nervure cos- 
tale, tout en lui restant distincte jusqu'à Textréniité de celle-ci; 

3° Les débouchés de Se et de Rj sont très rapprochés l'un de 
l'autre et séparés simplement par la rég-ion incolore de la costale ; 

4" Après que R3 sest jetée à la périphérie de l'aile, le bord mar- 
ginal externe devient en ce point assez complexe ; il est constitué 
parlestrois nervures fusionnées, mais distinctes en raison d'une dil- 
férence de coloration : Rjtrès noire sépare G et R3 moins colorées. 

Si on se reporte maintenant au dessin rectifié, donné par Speiser 
(1900) de l'aile d'O. heccarina^ l'espèce type du genre, celle dont 
s'est servi Rondani pour le créer, et qu'on le compare avec celui 
d'O. /H/'f/f Latr., on voit que les deux dessins concordent exacte- 
ment. La nervation est donc bien caractéristique du genre et Orni- 
t/iomi/ia turdi deLatreille appartient aujourd'hui, sans contestation 
possible, au genre Ornifhoeca. 

Haltères. — Les haltères sont de o mm. 3 de longueur, blanchâtres, 
à tête grosse, sphérique et blanche. 

Pattes. — Un des caractères les plus remarquables de ce genre 
consiste dans la présence sur les pattes de griffes simples 
(pi. IV, fig. 3:i), ce qui est en opposition avec la règle générale 
des griffes tridentées des Pupipares parasites des Oiseaux, excep- 
tion partagée, il est vrai, par le genre Ort/wlfersia. 

La longueur des pattes va en augmentant d avant en arrière : 

PatLe antérieure i mm. 7 

— moyenne 2 mm. 

— postérieure 2 mm. 7 

La patte antérieure présente une coxa volumineuse ; son fémur 
est trapu, le plus gros de tous ; par contre, le tibia est grêle et 
cylindrique; le tarse, assez velu, comprend des articles égaux, sauf 
le dernier qui est beaucoup plus long et porteur d'une paire de 
grilfes simples, de deux pulvilles et d'un empodium bipectiné. 

La patte moyenne est la plus grêle des trois; tous ses articles sont 
un peu plus petits que ceux de la patte précédente. 

La patte postérieure est la plus longue des trois; la coxa est 
volumineuse et très allongée (o mm. 4) j le fémur est très long 
(o mm. 9), plus grêle que celui delà première paire de pattes, mais 
plus robuste que celui de la deuxième ; le tibia est cylindrique ; le 



Zli) CLASSIFICATION 

tarse est le plus long- de tous : sa longueur qui est de o mm. 6 est 
supérieure à celle des tarses précédents dont la longueur n'est que 
de o mm, 4- 

Ces pattes sont, en g-énéral, peu garnies de poils. La pilosité va 
en s'accentuant d'avant en arrière : s'il v a très peu de poils sur la 
première paire de pattes, il y en a davantag-e sur la deuxième paire, 
surtout sur le fémur ; et enfin, dans la patte postérieure, le fémur, le 
tibia et surtout le tarse sont assez velus. 

Organes sexuels. — Femelle : orifice sexuel peu distinct, situé 
au fond de la dépression postérieure. 

Habitat. — Muscicapa grisolea L. ou Gobe-Mouche gris ; un éch 9 . 

Localité. — Les Dombes (Ain). 

Genre ORNITHOMYIA Latreille. 

Ce genre est pris avec le sens restreint que lui a donné Speiser 
(1902) dans ces dernières années. 

Les caractères du genre sont : 

Espèces de moyenne g-randeur pouvant être assez petites ; 

Tête arrondie ; yeux bien développés^ orbiculaires ; des ocelles ; 
prolongements antennaires divergents et non parallèles ; partie 
antérieure de la tête (rostre, antennes, pourtour orbitaire ) cou- 
verte de poils nombreux et longs ; < 

Thorax avec bosses scapulaires épineuses, très saillantes; surface 
dorsale relativement velue ; disque dorsal nu, d'une coloration plus 
ou moins foncée, avec sillons médian et transverse bien nets; 

Ailes à nervation bien accusée ; nervures jaune corne ; une cellule 
anale; la nervure médio-cubitale, mcii, très rapprochée de la médio- 
radiale, m/-, et très éloig-née de l'anale Aj; 

Pattes à griffes tridentées. 

En résumé, le genre Ornit/iomi/ia est aujourd'hui caractérisé ! 

r- Par des ailes bien développées ; 

2' Par des griffes tridentées; 

3" Par la présence d'ocelles ; 

4° Par la nervation : 

aj Avec une cellule anale; 

b) A nervure transverse mai très rapprochée de mr et très 
éloignée de A^ ; 



SYSTÉMATIQl'l': DES HIIM»(>lîOS(:il>ÉS l-T iîIiAULIDi: S ;i71 

5° Par les prolongements antennaires diverg-ents. 
Aug-enre OrnitJioinijia appartiennent deux espèces très communes 
de la résrion lyonnaise : 
0. avicularia L. 
0. fringillinn Gurt. 

ORNITHOMYIA AVICULARIA L. ipl. IV, fig. ."ÎS et 34. ) 

Cette espèce a été décrite la première fois par Linné (1761), 
Elle est d'assez g^rande taille, à teinte légèrement verdàtre ; 
mise dans l'alcool, elle change de couleur et devient d'un jaune- 
rouge plus ou moins foncé. A l'état frais ou sec, elle présente de 
grandes variations de couleurs: certains échantillons sont de colo- 
ration jaune corne ou brune presque noire, d'autres ont les parties 
claires colorées en vert foncé. 

Les mensurations d'un assez grand nombre d individus, me 
donnent comme valeurs extrêmes pour cette espèce : 

1° Mâles, longueur (avec ailes) . 8 mm. 7 à 9 mm. 2 

— — (sans ailes) . 5 mm. i à ."» mm. 7 
2° Femelles, — (avec ailes) . 8 mm. 8 à 9 mm. 8 

— — (sans ailes) . ô mm. 6 à 7 mm. i3 

Gomme valeur moyenne de la longueur, j'obtiens dans les deux 
sexes : 

1" Mâles, longueur (avec ailes) 8 mm. 9 

— — (sans ailes) 5 mm. i5 

li" Femelles, — (avec ailes) 9 mm. 4 

— — (sans ailes) H mm. i 

Les variations de grandeur, dues au sexe, sont ici très appré- 
ciables. 

Tête (pi. IV, fig. []\). — La tête est orbiculaire, plus large que 
longue, un peu tronquée en arrière, plate et d'une teinte jaune 
rouge foncé (échantillons dans alcool). Elle est adjacente au thorax 
et protégée des deux côtés par les saillies latérales de ce dernier. 

Les dimensions moyennes, sensiblement les mêmes chez les mâles 
et femelles, sont : 

Longueur (avec rostre) i mm. 4 

— (sans rostre) i mm. 

Largeur i mm. 6 



272 CLASSIFICATK» 

Le rostre est d'une longueur de <> mm. 4'>5 couvert de poils 
noirs, fins, courts, sauf un très long à l'extrémité. La trompe 
est en général rétractée dans la gaine formée par les deux valves du 
rostre. 

Le clypéus est blanc, court et très rétréci en raison du dévelop- 
pement des fosses antennaires ; mais il ne présente jamais de parties 
chitinisées inter-antennaires de coloration plus foncée. 

Les antennes ont une longueur de o mm. 4, avec un prolon- 
gement antennaire saillant, aplati dorso-ventralement. La surface 
dorsale antérieure est couverte de poils noirs, dont la plupart ont 
une longueur de o mm. G. L'antenne porte en arrière, toujours sur 
la région dorsale, une sorte d'écaillé ou plutôt une partie chitinisée 
de coloration plus foncée. 

Le front se divise en deux parties: le pourtour orbitaire et le 
front proprement dit. 

Le pourtour orbitaire est très étroit, de couleur claire. 

Le front proprement dit comprend lui-même deux régions : 1 une 
antérieure, en arrière de la dépression céphalique, qui la sépare du 
clypéus, et qui est de coloration rouge brique très foncé ; l'autre, 
postérieure, qui est de couleur plus claire. A la partie anté- 
rieure, on aperçoit un certain nombre de poils longs et noirs, dont 
trois ou quatre, de chaque côté, viennent sentre-croiser sur la ligne 
médiane, au-dessus du clypéus. 

Le vertex est triangulaire, petit, avec trois ocelles situés sur une 
région de coloration très foncée, presque noire. De chaque côté, en 
arrière, se trouve un poil noir très long, dirigé obliquement 
vers le milieu du thorax. 

Les yeux composés sont de couleur marron très foncé, presque 
noir, subarrondis et couvrant un peu moins des deux tiers de la 
surface dorsale de la tète; ils débordent légèrement à la face infé- 
rieure. Les orbites forment un pourtour de coloration marron clair 
brillant. 

Les ocelles, situés sur la région colorée du vertex, sont au 
nombre de trois, larges, bien visibles, blancs, circulaires, sauf 
l'antérieur qui parait allongé transversalement. 

La face inférieure céphalique est plus blanche que la partie dor- 
sale; elle ne présente comme particularité que les yeux, qui débordent 
légèrement de chaque côté. 



SYSTKM.VTIQIE DES Hll>l'Ol'.<»St:il)i:S KT IU5.ULI1)KS 2^3 

Thorux, -La forme du thorax est polygonale; il est un peu plus 
larse au niveau de l'insertion des ailes. 

La mensuration de cette partie du corps donne comme valeurs 

extrêmes : 

,0 Mâles, longueur - m.n. à . mm. , 

_ largeur ^ n^"^- ^' ^' '' ™"^- ^ 

1 ■) mm à 2 mm. 4 

•jo Femelles, longueur ..... - mm. 

largeur - "^"^- " ' ^" "^"^- '' 

Le disque dorsal est de coloration jaune clair, léj^èrement rou- 
.eâtre : il convient de remarquer que celle-ci peut devenir très 
Foncée, marron noir, dans certains échantillons. En avant se 
trouvent deux saillies scapulaires, assez prononcées, de o mm. à de 
longueur, coniques, pointues et couvertes de pmls noirs. 

Sur les parties latérales, en arrière des sadlies scapulaires, on 
observe la première paire de stigmates thoraciques, qui forment de 
chaque côté une aire blanchâtre bien visible. 

La surface dorsale présente un sillon longitudinal médian, peu 
distinct, qm s'étend jusqu'à Técusson, et deux sillons transverses ; 
lun antérieur, très noir sur les côtés, devient peu à peu mcolore et 
disparaît vers le milieu du thorax, lorsqu'il atteint le sillon médian , 
l'autre, postérieur, délimite le scutellum. 

Le disque dorsal est nu dans sa région médiane : les poils ne se 
trouvent que sur les parties latérales. Ici, ils sont noirs et souven 
très longs On les observe sur les bosses scapulaires, sur les parties 
latérales du thorax, en avant des ailes et de chaque côté, à 1 intérieur 
de celles-ci, et enfin sur le scutellum. 

Le scutellum ou écusson est de forme elliptique, plus large que 
long- en avant, il présente une bordure de poils très hns, micro- 
scopiques, et une rangée postérieure de poils noirs, très longs, 
..énéralement au nombre de hmt. 11 convient de remarquer aussi sa 
coloration gris terne, qui tranche sur la coloration jaune rouge du 
reste du thorax, d'autant plus que l'échantillon est plus colore. 
La face inférieure du thorax est nue et trisegmentee. 
\hdomen - La forme de l'abdomen est presque sphérique chez 
les femelles ; elle est plus allongée et tend vers celle d'un carre chez 

les mâles. , o^».>p 

La mensuration de l'abdomen me donne comme valeur, extie- 

mes: ^- 

Umv. ue LYO^. — Massonnat 



•274 CLASSIFICATION 

lo Mâles, longueur . . . . , i mm. 632 mm. u 

— largeur 2 mm. 232 mm. 4 

2" Femelles, longueur 2 mm. 4 à 3 mm. 7 

— largeur 2 mm. 6 à 2 mm. 8 

Les variations sexuelles sont ici très appréciables. 

La segmentation n'est pas très nette. Cependant elle accuse 
entre le mâle et la femelle de légères différences, sur lesquelles 
j'insisterai jilus loin au sujet des variations sexuelles. 

La teinte de l'abdomen est grisâtre et non jaune rouge comme 
celle de la tête, ou jaune clair, comme celle du thorax. Elle est 
grisâtre, en raison du grand nombre de poils courts et noirs, qui 
couvrent ses régions dorsale et ventrale. Les poils sont plus longs 
sur les parties latérales antérieures et postérieures, et surtout sur 
les bosses génitales, mâles et femelles. 

Ailes. — La mensuration des ailes dans un grand nombre 
d'espèces, donne pour la longueur comme valeurs extrêmes : 

Mâles 6 mm. 4 à (J mm. 6 

Femelles 6 mm. 237 mm. i 

et comme largeur 2 mm. 2. 

Les ailes sont un peu jaunâtres, à nervures très nettes, celles-ci 
de coloration presque noire. 

L'aile comprend une région assez large de grosses nervures bien 
chitinisées, quelques-unes très noires, et une région comprenant 
trois nervures périphériques bien distinctes, de couleur jaune 
corne. 

On y distingue comme nervures longitudinales : C, Se, R avec 
ses ramifications Rj, R^^ et R3, M, Cu et A. Les nervures transversès 
sont l'humérale /;, la médio-radiale mr, la médio-cubitale mcu et 
l'anale Aj. 

La nervure transversale médio-cubitale mcu, incolore dans 
presque toute son étendue, est caractérisée par sa longueur, qui est 
égale à quatre fois celle de la médio-radiale inr. 

Enfin, les trois nervures périphériques, quoique d'un jaune plus 
clair que les grosses nervures, sont bien accusées jusqu'à leur 
extrémité. 

A la base de la nervure costale se trouvent des poils assez longs 
qui se rabattent sur la surface de laile. 



SYSTÉMATIQUE DES HIP1>0B0SC1DÊS l'T HBAULIDÉS ?75 

Haltères. — Les haltères sont entièrement blancs, tige et tête; 
leur longueur est de o mm. 5. 

Pattes. — Les pattes ont comme longueurs : 

i>e paire 4 m"i- ' 

oe f^ mm. 6 

lie — 5 mm. G 

La coxa de la patte antérieure est grosse, presque sphérique, 
formant une saillie de chaque cté de la région inférieure de la tête ; 
celle de la patte moyenne est grêle; celle de la patte postérieure est 
grosse, allongée et cylindrique. 

Les fémurs sont volumineux et couverts de poils, celui de la 
patte antérieure paraît le plus trapu. Les tibias sont cylindriques, 
moins velus; l'antérieur paraît encore le plus gros. Les tarses sont 
pentamères, les quatre premiers articles égaux, sauf au tarse pos- 
térieur où le premier est très long. L'article terminal est muni de 
griffes tridentées avec les deux dents externes noires et l'interne 
jaune ambré, de deux pulvilles, d'un empodium bipectiné, de deux 
brosses et de poils assez longs sur toute la surface, en pai'ticulier 
à l'extrémité. 

Organes sexuels. — Les organes sexuels sont bien distincts. Ils 
consistent, chez le mâle, en un pénis chitineux, marron foncé, quel- 
quefois 1res saillant, dirigé en avant et protégé par deux valves 
latérales de même nuance. 

L'orifice génital femelle est plus ou moins béant, suivant l'état 
de distension de l'utérus. 

Développement. — Femelles pupipares ; utérus très souvent plus 
ou moins distendu par suite de la présence d'une larve, Pupes 
rondes, d'abord blanches avec un stigmate postérieur noir, bientôt 
entièrement noires. 

Différences sexuelles. — A part les organes sexuels, toujours 
bien visibles, on trouve comme différences extérieures entre le 
mâle et la femelle ; 

i" Sur l'abdomen, une fosse postérieure et médiane chez la 
femelle et qui n'existe pas chez le mâle ; 

2° Des différences d'ornementation de cette même partie du 
corps. Toutefois, celles-ci ne sont bien visibles que dans certains 
individus, surtout ceux dont l'abdomen est bien distendu et non 
ratatiné. 



.276 CLASSIFICATKt.N 

Elles consistent : 

i" Chez le mâle (pi. IV, fig-. 33), en deux larg-es sef>-ments posté- 
rieurs jaunâtres ou marron foncé et deux bourrelets de même 
nuance, ces derniers situés au voisinage de Forifice génital ; 

2" Chez la femelle (pi. III, fig. 29), en deux bourrelets situés de 
chaque côté de la dépression médiane postérieure et de trois 
petites régions colorées, qui correspondent aux segments abdo- 
minaux. 

Je mets ci-après la liste des hôtes sur lesquels cette espèce a été 
capturée. 



Dans cette liste, on remarquera que les femelles sont beaucoup 
plus nombreuses que les mâles, et qu'elles représentent les deux 
tiers des échantillons recueillis. 

Classons maintenant les hôtes par familles. 

I. Rapaces. 



Butco vulgaris L., Buse ordinaire 
Milvus regalis Briss., Milan 
Syrnium aluco L., Chat-Huant 
Astiir pnlumharius L., Autour 
67/'/u7 o/h5 L., Moyen-Duc . 
Strix buho L., Grand-Duc . 

Total. . 

II. Passereaux. 

Tiirdus merula L., Merle .... 
Fringilit domcsiica L., Moineau . 
Orioliis galbula L., Loriot .... 
llirundo riparia L., Hirondelle 

Pica caudata L., Pie 

Lanius colliirio L. , Pie grièche écorcheui 
Corvus cora,r L., Corbeau .... 
Garrulns glandarius L., Geai . 
Ciiculus canoriis L., Coucou jeune . 

Total. . . . 



iT) échantillons 



i() échantillons 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDKS KT HH.ULIDKS 



277 




HOTES 



Buteo vulgaris, Buse ordinaire. 

Turdus inerula. Merle. 

Oriolus galbula, Loriot o* • 

Milviis regalis, Milan . . . . 

Recueilli à terre 

Ardea nycticorax, Héron biho- 
reau çf 

Buteo vulgaris, Buse ordinaire. 

Pris sur vêtement 

Fringilla domestica, Moineau . 

Columba paluinbus. Pigeon ra- 
mier 

Ardea nycticorax, Hérons biiio- 
leaux de l'année 

Pica caudata, Pie . 

Ardea nycticorax^ Hérons biho- 

reaux jeunes 

Pica caudata, sur deux Pies. 
Laniu^ collurio, Pie-grièche 

écorcheur 

Syrniuni aluco, Chat - huant 

jeune 

Astur palumbarius. Vautour. 
(lorvus corax, Corbeau 
Cuculufi cannrus, Coucou jeune. 

Corvus, Corbeau 

Strix otus, Moyen-Duc . 
Ardea stellaris, Héron butor . 
Buteo vulgaris, Buse ordinaire. 
Strix bubo, Grand Duc . . .| 

J'ajoute quelques échantillons personnels i 

Turdus rnerula, Merle. . 
Ilirundo riparia, Hirondelle 
Columba livia, Pigeon. 
Pica caudata, Pie . 
Garrulus glandarius, Geai 



LOCALITÉS 



Villars (Dombes) 

Vassieux (pr. Lyon 

Villars 



Birieux (Dombes) 
Villars • 



Chaselay (Villars) 

Villars 
Chaselay (Villars) 

Villars 
Chaselay (Villars) 



DATES 



Villars 
Lentilly (Rhône) 

ecueillis dans la région lyonnaise 



i9o;i 

Juin 1906 

2() Juillet 190G 

S Juillet itjoC) 



3i Août 1906 
9 Juin 1907 
II Août 1907 

l'I Juillet 19(17 

18 Août 1907 
l'i Juillet 1907 

18 Juin 190H 

22 Juillet 1908 
29 Août 1908 

4 Octol)re 1908 
9 Août 1908 
Octobre 1908 

24 Octobre 1908 



7 Nov. 1908 
3o Octobre 1908 





'> 








2 


16 


38 



Région lyonnaise 



1906 
•9<»7 



278 CLASSIFICATION 

111. ECHASSIERS. 

Ardea nycticorax L., Hérons bihoreaux . 12 
Ardea stellaria L., Héron butor ... i 



Total \\\ échantillons 

IV. GOLOMBINS. 

Columha palumbus\u.^^\^eon TSiVcnev . i 

Columha livia Brisson, Pigeon bizet . . 1 



Total 2 échantillons 

En résumé, on voit que cette espèce est très fréquente sur les 
Rapaces et les Passereaux; à part le Moineau, ces derniers sont 
tous d'une assez grosse taille. A l'exception des Hérons, sur les- 
quels elle a été souvent recueillie, elle doit être rare sur les Echas- 
siers et les Palmipèdes ou sur les Oiseaux aquatiques. 

On remarquera qu'elle n"a été recueillie qu'une seule fois sur 
l'Hirondelle. 

Elle se rencontre sur le Pigeon. 

ORNITHOMYIA FRINGILLINA Curt., (pi. IV, fig-. ,'^6 à 39). 

Cette espèce a été créée par Curtis ( 1828- 1840). On la retrouve 
décrite par Schiner (1864) sous le nom d 0. teiiella. 

L'O. frinçfillina est une espèce de petite taille, à coloration de 
plus en plus claire, dans les échantillons conservés dans l'alcool, 
en allant de la partie antérieure à la partie postérieure du corps : 
la tête est de coloration rouge brique très prononcé, le thorax 
rouge brique pâle, l'abdomen blanc. 

L'espèce vivante a une coloration différente de celle de léchan- 
tillon conservé dans lalcool. Nous venons de voir que chez ce 
dernier elle varie du rouge brique au jaune corne. A l'état vivant, 
l'espèce est verdàtre, quelquefois vert sombre, avec pattes et tarses 
verts. 

C'est une forme assez velue. Les poils sont toujours noirs, très 
longs sur les parties latérales du thorax, fins et serrés sur l'ab- 
domen. 

Les ailes sont bien développées, longues, à nervures chitineuses 
de coloration toujours jaune clair. 



SYSTÉMATIQUE DKS HIPPOBOSGIDÉS RT HHMLIIJKS 279 

Les mensurations assez nombreuses que jai faites de cette espèce 
donnent comme valeurs extrêmes : 

Mâles, longueur avec ailes . . G mm. 3 à 7 mm. \ 

— — sans ailes . . 4 mm. à 4 mm. 4 
Femelles, — avec ailes . . (! mm. 4 à 7 mm. G 

— — sans ailes . . ii mm. 8 à 4 mm. 8 

Les valeurs moyennes que j obtiens sont : 

Mâle, longueur avec ailes 7 mm. 

— — sans ailes 4 mm. 2 

Femelle, — avec ailes 7 mm. 3 

— — sans ailes 4 mm. 4 

Têfe (pi. IV, tig. 38). — La tète est ronde, aplatie, plus larg-e 
que long-ue, d'une teinte jaune brun foncé, adjacente au thorax et 
protégée sur les parties latérales par les saillies scapulaires du 
thorax. 

Ses dimensions sont : 

Longueur avec rostre i mm. 2 à 1 mm 4 

— sans rostre 1 mm. 

Largeur i mm. 2 

Le rostre est assez court, de o mm. 4-^ de longueur, noirâtre, 
très velu, avec quelques poils plus longs à l'extrémité. En général, 
la trompe est rétractée entre les deux valves du rostre formant 
gaine. 

Le clypéus présente plusieurs régions : une partie supérieure 
blanche, située au-dessus des valves buccales, formant une sorte 
d'épistome, une partie moyenne écailleuse jaune, de coloration plus 
sombre de chaque côté, et, en arrière, une région chitineuse jaune 
clair. 

Le repli céphalique sépare le front du clypéus. 

Le front est très large ; il comprend le pourtour orbitaire et le front 
proprement dit. Le pourtour orbitaire est large, très dilaté, de cou- 
leur claire, avec des poils répartis sur son bord interne et surtout 
dans la région antérieure. Le front proprement dit comprend une 
partie antérieure, de coloration marron foncé, et une partie posté- 
rieure plus claire. En avant, il porte un grand nombre de poils 
très longs, dont la plupart viennent se croiser sur la ligne médiane 
dorsale au-dessus du clypéus. 



280 CLASSIFICATION 

Les antennes, d'une long'ueur de o mm. 4? sont divergentes, 
velues, saillantes, de couleur pâle avec une partie dorsale chitinisée, 
de couleur plus sombre, formant à la base de l'org-ane une sorte 
d'écaillé. Le prolongement antennaire est couvert de poils noirs 
dont la longueur peut atteindre o mm. G. 

Le vertex a une forme triangulaire : il présente en avant une 
région plus colorée, brune, qui porte les ocelles. 

Les yeux composés sont de couleur très foncée, presque noire ; 
ils débordent un peu k la face inférieure de la tête. Ils couvrent une 
surface bien inférieure à la moitié de la surface dorsale de celle-ci. 
Leur forme est allongée. 

Les ocelles, au nombre de trois, dont deux latéraux très visibles 
et un antérieur moins net, sont situés dans la région antérieure et 
colorée du vertex. 

A la partie inférieure, on trouve un hypostome blanchâtre qui 
constitue une sorte de lèvre bien développée. 

Sous le rapport de la pilosité, on observe que toutes les parties 
de la région antérieure de la tête (rostre, antennes, fronts pourtour 
orbitaire), sont abondamment pourvues de poils longs et noirs. Cette 
espèce est plus velue qu'O. aviciilarin ; par contre, j'observe que les 
yeux sont un peu moins développés et rejetés davantage sur les 
parties latérales de la tête, 

TJiovHx. — Le thorax est très développé. Sa forme est celle d'un 
polygone k sept côtés. Il est un peu plus large dans la région d'in- 
sertion des ailes ; il est assez velu, avec un disque dorsal k colora- 
tion en général peu foncée, sensiblement la même dans ce cas que 
celle du pourtour thoracique. 

Ses dimensions sont : 

Longueur i mm. 2 à i mm. (\ 

Largeur 1 mm. 8 à a mm. 2 

II est toujours plus large que long. 

Les saillies scapulaires sont très prononcées, coniques, d'une 
longueur de o mm, 3, à extrémités couvertes de poils. 

Le sillon longitudinal n'est pas très accusé. Sur les parties laté- 
rales du thorax, le sillon transversal se montre très marqué et de 
coloration noire ; il disparaît vers le milieu, au moment où il va se 
jeter dans le sillon médian. En arrière, se trouve le sillon scutel- 
laire, bien distinct et en forme d'arc de cercle. 



SYSTKMATItirK DKS HlPPOBOSCfDÉS RT imAlLlDI-S 281 

Le disque dorsal est nu ; les régions latérales sont, au contraire, 
très velues, couvertes de poils longs et noirs. Ces derniers, dont 
quelques-uns sont très longs, se trouvent sur les bosses scapulaires, 
sur les parties latérales du thorax, à la base des ailes, en arrière 
du disque dorsal, et enfin sur l'écusson. 

L'écusson tend vers la forme ellipsoïdale. Son bord postérieur, 
très arrondi, fait une légère saillie. Sa surface est très velue, cou- 
verte de poils noirs dont les uns, petits, sont distribués d'une façon 
irrégulière, et les autres, très longs, sont rangés sur une ligne 
située près du bord postérieur. 

Abdomen. — La forme générale est presque quadrangulaire chez 
les mâles ; elle est plus arrondie et plus allongée chez les femelles. 

Les mensurations donnent comme valeurs extrêmes ; 

j° Mâles, longueur i mm. 5 à 2 mm, 

^_ ! mm, a 

20 Femelles, — . , . , . » mm. 4 -i 2 mm, 2 

_^ , . , , , I mm, 2 à I mm, l\ 

La longueur moyenne, que j'obtiens, est de i mm. 7 chez les mâles 
et de I mm. 8 chez les femelles. 

La face dorsale semble présenter une légère segmentation. On 
distingue, d'avant en arrière, un pédoncule, un bourrelet antérieur, 
en arrière, trois segments délimités par des régions dépourvues do 
poils et, enfin, les bourrelets postérieurs. 

Cette segmentation est plus nette chez le mâle que chez la 

femelle. 

Les poils sont très fins, noirs et serrés. Ils semblent répartis sui- 
vant une certaine segmentation. Ils sont plus longs sur les parties 
latérales du bourrelet antérieur, en avant des bourrelets postérieurs 
et sur ceux-ci. 

Ailes (pi. V, fig. 47). — Les ailes sont longues, transparentes 
et d'une longueur qui varie de \ mm. 6 à 5 mm. 2 ; la largeur est 
de I mm. 8. Elles dépassent la partie postérieure de l'abdomen de 
2 mm. 6 à 3 millimètres. 

Les grosses nervures sont ici de coloration peu foncée, jaune 
clair; les nervures périphériques sont très claires, mais toujours 
visibles jusqu'à leur terminaison au pourtour de l'aile. 

Gomme dans 0. avicularia L., les nervures longitudinales sont : 



282 CLASSIFICATION 

C, Se, R avec Rj, R, et R3, M, Gu, A; les nervures transverses, 
riiumérale h, la médio-radiale mr, la médio-cubitale mcii et l'anale 
Al, la médio-cubitale étant transparente dans la moitié de son 
trajet. 

De longs poils noirs se trouvent à la base de la nervure cos- 
tale C, et une série de poils courts sont disposés sur toute la lon- 
gueur de celle-ci. 

Dans la nervation, on relève, par rapport à Tespèce voisine 

0. aviciilaria L., une différence assez importante au point de vue de 

la détermination : elle consiste dans le rapport des longueurs de la 

médio-radiale mr et de la médio-cubitale mcu^ rapport dont s'est 

servi Rondani (iSyç)) pour distinguer les deux espèces. Le rapport 

j j /médio-cubitale\ , . , . , . r. y • 

de ces deux nervures ( — — p rr-^ — I est égal a deux chez O. trin- 

\ medio-radiale / 

gillina et à qualité chez O. aviciilaria L. Il faut avoir soin de pren- 
dre exactement la distance qui se trouve entre les bords internes, se 
faisant face, des nervures longitudinales. 

Haltères. — Les haltères sont peu visibles, d'une longueur de 
o mm. 35 à o mm. 4, à tige et tête blanchâtres. 

Pattes. — Dans cette espèce, les pattes ont comme longueurs 
moyennes : 

i""" pairo ."$ mm. 7 

2« — 4 nim. 

;')« — ."> mm. 

Les coxas de la première et de la troisième paire de pattes sont 
volumineuses ; celle de la première est sphérique, l'autre est allon- 
gée, cylindrique. La coxa de la deuxième paire de pattes est grêle. 
Les fémurs sont toujours les articles les plus gros ; le premier 
semble le plus volumineux. Les tibias sont grêles, cylindriques, 
velus. Les tarses sont également velus, formés de quatre articles 
égaux, sauf pour le tarse postérieur où le premier est très long. L'ar- 
ticle terminal, élargi, comprend toujours une paire de griffes tri- 
dentées (pi. IV^ fîg, 89) avec les deux dents externes noires et l'in- 
terne jaune corne, une paire de brosses, deux pulvilles et un empo- 
dium bipectiné. 

Les pattes sont relativement velues, couvertes de poils longs et 
noirs. 



SYSTÉMATIQUE DRS HIPPOROSCIDÊS ET I5RAI LIlJÉS 283 

Organes sexuels. — Le pénis, quelquefois très saillant à la face 
inférieure de Tabdomen, consiste en une partie chitineuse. brunâtre, 
entourée de deux valves de même nature. 

L'orifice sexuel femelle est toujours très distinct. 
Différences sexuelles. — Les difTérences sexuelles sont peu accu- 
sées, peu nombreuses, bien moins que dans certaines espèces. 

A part l'observation des organes génitaux, toujours très visibles 
chez le mâle, je ne trouve, comme autre distinction entre le mâle 
et la femelle, qu'un abdomen à partie postérieure arrondie chez le 
premier, et profondément échancrée chez l'autre. 

Cependant dans certains exemplaires un peu moins décolorés 
par l'alcool, on distingue sur l'abdomen de la femelle (pi. IV, fig. 37), 
en arrière du bourrelet antérieur, trois taches médianes allong-ées, qui 
correspondent à trois seg'ments,et,tout à fait en arrière sur les saillies 
latérales, de chaque côté^ une tache, couverte de poils noirs et longs. 
Chez le mâle (pi. IV, fig. 36), on ol^serve, ég-alement en arrière, 
deux taches latérales couvertes de poils longs et noirs et, un peu 
plus en avant, une large tache jaune transversale, qui porte des poils 
très longs à ses deux extrémités. 

Développement. — Femelles pupipares; un g-rand nombre des 
échantillons ont l'abdomen distendu par la présence d'une larve 
plus ou moins développée. Pupes d'abord blanches avec stig-mates 
noirs à la partie postérieure, puis rouges et enfin d'un noir brillant. 
Habitai . — • Je mets ci-après 1 indication des hôtes sur lesquels 
les échantillons de la collection Côte ont été recueillis; j'v ajoute 
les localités et la date de leur prise. 

De même que pour O. avicularia, on constate, d'après ce tableau, 
que les femelles ont été rencontrées en plus grand nombre que les 
mâles; elles représentent un peu plus des deux tiers des échan- 
tillons recueillis, c'est-à-dire dans une proportion semblable à celle 
de la précédente espèce. 

On remarquera qu'O. fringillina a été saisi surtout sur l'Hiron- 
delle. Dans les deux casoîi le nombre des échantillons est très élevé, 
ceux-ci ont été recueillis dans des nids où ils infestaient les jeunes. 
La lecture du tableau des habitats montre ég-alement que cette 
espèce est toujours en très petit nombre sur les adultes, un, deux 
ou trois au maximum; elle indique aussi qu'elle tend à devenir 
sédentaire dans le nid de 1 Hirondelle. 



,284 



CLASSIFICATION 



os 


SRXR 












— 


■ — 


HOTKS 




LOCALITÉS 


DATES 


O 

z 


c^ 


9 












» 


I 


MotaciUa citreola, Bergeron- 
nette jaune 




)) 


9 Avril 1905 




I 


2 


Ilirundo riisticn, Hirondelle. . 




» 


20 Août 1905 


;i2 


9 


23 


— — Hirond. ordin. 




Villa rs 


2 Juin 1906 


ij.-) 


1 1 


24 


_____ 




— 


4 Juin 1906 




» 




Sylvia cinerea, Fauvette grise. 




— 


— 




» 




Miiscicapa grisoha, Gobe -mou- 
che gris 






19 Août 190G 




» 




Ilirundo rusiica , Hirondelle 
jeune. 






5 Août 1906 




» 




lipgulus ignicapillu<<. Roitelet à 
triple bandeaux, adulte 9 






21 Sept. 1906 




)) 




? ? 




— 


1906 




)) 




HalluH crex, Roi de caille . 
Rer/ulus ignicapillus, Roitelet à 
trois bandeaux 






18 Octobre 1907 
1:5 Sept. 1907 




I 




Ilirundo riii<tica, Hirond, ordin. 




— 


8 Juin 1908 




I 




_ — _ _ 


Parc 


Quéquet(Vill.) 


21 Juin 1908 




» 




Totanus hypoleucos, Chevalier 














guignette 


Efan 


g Chaselay (V.) 


5 Sept. 1908 




» 




Fringilla f/i/o/'/s, Verdier adulte 


Parc 


Quéquet(Vill.i 


1 1 Juillet 1908 




» 




Phyllopneustes icterina, Pouil- 
lot-ictérine, jeune .... 






12 Juillet 1908 




» 




Ilirundo rusiica, Hirond. ordin. 




— 


Août 1908 




» 




_ _ _ _ 




ViUars 


27 Juin 1908 




4 


2 


- — — — 


Rég 


ion lyonnaise 


1 906-1 907 


ni 


27 


64 











Classons comme précédemment les hôtes par familles : 

I. — Passereaux. 

Motacilla citreola L., Bergeronnette isiune . . 1 écli. 

Hirundo riistica L., Hirondelle ordinaire . . y5 

Miiscicapa grisolea L., Gobe-Mouche g-ris . . i 

Sylvia cinerea L., Fauvette grise i 

Rer/ulus ignicapillus Briss., Roitelet à triple 

bandeau 2 



SYSTÉMATiai'l': DI^S HIPPOBOSCiDÉS KT BHALLIDÉS ÎSS 

Fringilla chloris L., Verdier i 

Phyllopneustcs icfeWna Vieil., Pouillot ictérine. i 

Total 8-^ 

II. — ECIIASSIERS. 

Ballus crex h., Roi de Caille i 

Tofanus lij/poleucos h., Cheyalier gmgnetie. . i 

Total a 

En résumé, cette espèce est fréquente sur les Passereaux, surtout 
sur l'Hirondelle, où elle se rencontre quelquefois en grande abon- 
dance sur les jeunes. 

Elle se trouve rarement sur les Echassiers. 

Elle n'a pas été rencontrée sur les Rapaces, les Colombins et les 
Hérons où l'on a vu, au contraire, abonder 0. avicularùi L. 

Différences ««péelfiiiues il'Ornitlioinyia a^icularia L. 
et d'O. ffringillina Curt. 

Voyons maintenant les principales différences, sur lesquelles les 
auteurs se sont appuyés pour caractériser O. avicularia L. et 0. frin- 
fjillina Curt., ces deux espèces si communes dans nos régions. Ces 
auteurs n'ont eu pour les décrire qu'un nombre très restreint d'exem- 
plaires et non le grand nombre que j'ai trouvé dans la collection 
Côte. Il était intéressant de soumettre ces caractères aune nouvelle 
vérification et d'en apprécier la constance ou les variations. 

Schiner (i864) distingue les deux espèces 0. tcnella (notre frin- 
f/iUinajei 0. avicularw L., en s'appuyant sur le caractère : 

a) « La première nervure longitudinale (notre Rj), débouchant 
sur ou au-delà de la petite nervure transversale fmr) du bord anté- 
rieur de l'aile » chez 0. tcnella Sch. 

h) « La première nervure longitudinale (Rj) assez large se jetant 
dans le bord antérieur de l'aile en avant de la petite nervure trans- 
versale f^ mr) » chez 0. avicularia L. 

Dans les nombreux dessins, quej'ai relevés de la nervation de 
l'aile de l'une et de l'autre espèce, je constate que la nervure longi- 
tudinale Ri se jette dans la costale avant d'arriver au niveau de la 
transverse mr dans 0. avicularia et à ce niveau dans 0. fringillina. 

Ce caractère est assez constanti 



286 CLASSIFICATION 

Schiner dit qu"0. nviciilaria L. a une antenne proportionnelle- 
ment plus épaisse et plus courte que celle d'O. friiiffillina. 

Les mensurations que j'ai faites de Tantenne de ces deux espèces 
me donnent, par rapport à la longueur de 1 insecte, des valeurs sen- 
siblement égales, montrant que l'antenne a proportionnellement 
la même taille dans l'une et Fautre espèce. 

Schiner dit encore : u La petite plaque en forme décroissant située 
au-dessus de l'antenne porte en arrière une empreinte superficielle 
chez 0. nvicularia L. » 

D'après mes préparations et aussi d'après toutes mes observa- 
tions, il semble que c'est plutôt 0. fringillina qui présente en réa- 
lité sur l'antenne une partie chitinisée de couleur noirâtre très 
observable. 

« Les ailes sont d'une teinte jaune brunâtre » dans 0. avicuhiria^ 
« pâle noirâtre fumé » dans 0. fringillina. 

A ce dernier point de vue, je n'observe pas de différences dans 
les échantillons conservés dans l'alcool. Mon attention n'a pas été 
attirée sur ce caractère, lorsqu'ils étaient à l'état frais. Je ne puis 
donc ici ni l'aftirmer, ni l'infirmer. 

« La distance entre les débouchés de la première (Ri) et de la 
deuxième (Rg) nervures longitudinales est au moins double de celle 
entre les débouchés de la deuxième (Rj) et de la troisième \\ » chez 
(J. aviculnria L. Chez (). tenella Sch., elle n'est jamais double. 

Ce caractère sur lequel s'appuie Schiner est exact pour 0. frin- 
gillina, mais il ne l'est pas pour 0. avicularia. En effet, toujours la 
distance (R2-R3) est égale où le plus souvent supérieure à deux fois 
celle de (Ri-Rg) dans 0. fringillina. Chez 0. avicularia L., cette 
distance (R2-R:{)est /rèssouuf/i/ égale à deux fois la distance (Rj-R,), 
mais elle lui est quelquefois supérieure dans 0. tenella. 

Ce caractère n'est donc pas absolu. 

Rondani (1879), dans son travail sur les Hippoboscidés italiens, 
cite également le caractère, sur lequel s'appuyait Schiner, du débou- 
ché de la nervure R, sur la costale. On doit remarquer qu'il le cite 
secondairement. En réalité il distingue ces deux espèces en cons- 
tatant que chez 0. fringillina « la longueur de la transverse interne 
^ mcu) égale deux fois la transverse externe (nir) » et que chez 0. 
avicularia « elle est égale à quatre fois ». 

Les mensurations que j'ai faites m'ont permis de constater 



SYSTÉMATIULK Ui:s HII'I'OHOSCIDÉS I:T IîIîALLIDKS 287 

Texactitude du caractère de Rondani; mais il faut avoir soin de ne 
mesurer que la longueur réelle des nervures transverses, c'est- 
à-dire de prendre d'une manière très exacte la distance qui sépare 
les deux bords se faisant face des deux nervures longitudinales 
reliées ainsi par la transverse. 

Après l'étude de ces deux espèces si communes dans nos régions 
et après discussion des données, sur lesquelles les auteurs se sont 
appuyés pour les distinguer Tune de l'autre, j'énumérerai maintenant 
les différents caractères qui, d'après moi, permettent leur distinction 
immédiate. 

i"" La taille : 

0. frinjillinn Curt., longueur avec ailes . . 7 mm. 3 
— sans ailes . . 4 mm. 4 

O. avicularia L., — avec ailes . . ' y mm. 4 
— sans ailes . . 6 mm. i 

0. (wicular'ui L. se distingue donc de O. fring'dlina Curt. par sa 
plus grande taille. 
•1° La nervation. 
Les grosses nervures sont toujours très colorées, noires, dans 

0. avicularia L 

Elles sont jaune corne, par suite très claires, dans 0. fringillina 

Curt. 

3" Le rapport des longueurs de la nervure transverse interne nicu 
et de la nervure transverse interne mr. 

Dans toutes les mensurations, je trouve pour 0. avicularia L : 

long, mcu o mm. 4 . 

long, mr o mm. 1 

Pour 0. fringillina Curt. 

long, mcu o mm. 2 

long, mr o mm. i 

La transverse médio-cubitale mcu est quatre fois plus grande 
que la médio-radiale mr dans 0. avicularia L. et deux fois plus 
grande dans 0. fringillina. 

Le caractère de Rondani est donc très exact. 

40 Sur le clvpéus, entre les antennes, se trouve une plaque chi- 



388 CLASSIFICATION 

tineuse, qui est toujours très colorée chez O. fnncjillina Gurt.; elle ne 
l'est jamais ou très peu chez 0. aviculnria L. (pi. IV, %. 35 et 38). 

5" Le front est plus large chez O. fringillina Gurt. et plus étroit 
chez 0. aviculnria L., lorsqu'on prend comme région frontale toute la 
partie dorsale non occupée par les facettes oculaires (pi. IV, 
lig. 35 et 38). 

Les mensurations donnent pour O. fringillina : 

larf^ceur du front onim.fi.ï 

0,02 



largeur de la tête i mm. 25 
Pour (}. avicularia L : 

largeur du front o mm. 7.") 



largeur de la tête 1 mm. 7 



= 0,44 



Il en résulte un développement plus considérable des yeux chez 
(). avicularia L. que dans 0. fringillina Gurt. 

Ci" D'une manière générale, la pilosité est plus développée chez 
0. fringillina que chez 0. avicularia. 

On observe en effet que la partie antérieure de la tête et surtout 
le thorax, et dans ce dernier l'écusson, sont plus velus dans 0. frin- 
gillina que dans O. avicularia. G'est un phénomène inverse du pré- 
cédent, où l'on a constaté un développement plus grand des yeux 
dans l'espèce la moins velue. 

Genre ORNITHEZA Speiser. 

Ce genre a été créé par Speiser (1902). Il provient du démembre- 
ment de l'ancien groupe Ornithoniyia de Latreille. 

II comprend des espèces de moyenne grandeur. Ge sont des Ilip- 
poboscidés à tête large, à rostre bien visible, à prolongements anlen- 
naires larges, peu divergents, presque parallèles. 

Thorax à bosses scapulaires saillantes ; 

Scutellum de forme elliptique; 

Abdomen et pattes sans particularités ; 

Ailes bien développées; 

Nervation caractéristique : la ramification R^ de la radiale se 

soude à la costale immédiatement après R' et court ensuite paral^ 

élément à la costale, jusqu'au point de convergence de Ro. Enfin la 



SYSTÉMATIQUE Dl-S HIIM>UBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 289 

nervure transverse médio-cubitale (mcu ) est située à égale distance 
des transverses anale et médio-radiale (?nr). 

En résumé, le genre Ornitheza se distingue des autres Hippobos- 

cidés : 

i» Par des ailes bien développées; 

■x° Par des griffes tridentées. 

3° Par la présence d'ocelles; 

4» Par des prolongements antennaires larges et sensiblement 

parallèles; 

5° Par une nervation, caractérisée surtout : 

a) Par la présence d'une cellule anale ; 

/>) Par R, soudée à la costale sur la plus grande partie de sa lon- 
gueur ; 

c) Par la transverse mcu située à égale distance entre mr et 

l'anale A v 

A ce genre appartient une espèce de la collection Côte, représen- 
tée par un seul échantillon d'Ornithez.i metallica Sch. 

Cette espèce a été citée pour la première fois par Schummel, qui 
lui donna le nom cVHippobosca metallica. 

Elle a été décrite par Schiner sous le nom d'Ornithomyia metal- 
lica, d'après un seul type, sans désignation d'hôte. 

Elle fut citée plus tard par Rondani, sous ce même nom, et décrite 
d'après un échantillon recueilli dans l'Italie centrale sur le Gar- 
rulus glandai'ius. 

Je la retrouve dans la collection Côte, prise dans la région lyon- 
naise sur Ardea cinerca, Héron cendré. 

De l'étude de cet exemplaire, il est résulté pour moi la con- 
viction que cette espèce se rattache par tous ses caractères, et surtout 
par la nervation, au genre Ornitheza Speiser. 

Pour cette raison, je crois indispensable d'insister à nouveau sur 
cette espèce, bien que d'excellentes descriptions en aient déjà été 
données par Schiner et Rondani. 

J'ajoute, à la description détaillée, toutes les figures destinées à 
établir d'une façon certaine, d'une part, la diagnose de cette espèce 
et, d'autre part, les caractères génériques. 

Tous mes dessins ont été relevés à la chambre claire. 



L'.Niv. Dii Lyon. — Massonna+ 



;i90 CLASSIFICATION 

ORNITHEZA METALLICA Sch. (pi. I, fig. ii et i-i). 

Cette espèce est caractérisée par une grosse tête, de couleur 
marron foncé, bien dégagée du thorax, avec des yeux bien déve- 
loppés, par un thorax volumineux, noir, très brillant, à reflets 
métalliques, et par un abdomen relativement court et petit. 

La lon"'ueur de l'échantillon est de : 

o 

Longueur (avec ailes) 7 mm. 8 

— (sans ailes) 4 mm. 6 

Tète. — La tète est beaucoup plus large (1 mm. 6) que longue 
(i millimètre) avec un rostre peu saillant et des antennes élargies et 
tuberculiformes. 

Le rostre est court, d'une longueur de o mm. 3. En raison de la 
proéminence de 1 épistome, il prend une forme légèrement conique. 
Ses valves sont couvertes de poils noirs très fins ; leur coloration est 
grisâtre et non noire, comme l'indique Rondani, qui se sert précisé- 
ment de ce caractère pour le distinguer d'O. Gestroi^Yind. 

La trompe ne dépasse pas le rostre; elle est de chitme jaune 
presque blanche. 

En avant, dans la région située entre les antennes, en arrière du 
rostre, le clypéus présente une tache d'un noir foncé, en forme 
d'étoile à quatre branches, dont deux dirigées en avant et deux en 
arrière; la partie postérieure forme, au contraire, une région quadran- 
gulaire de coloration jaune clair. 

Les antennes sont saillantes de o mm. 3 et dilatées à leur extré- 
mité. Leur longueur totale est de o mm. 4- Le prolongement anten- 
naire, qui est très élargi (o mm. aS) à son extrémité distale, est tuber- 
culiforme et d'une coloration très claire, d'un blanc brillant; il porte, 
à son extrémité et latéralement, des poils assez nombreux, noirs 
gros et d'une longueur qui est égale pour quelques-uns à celle de 
l'antenne. Sur sa base qui est étroite, arrondie et décoloration grise, 
on observe une écaille jaune corne foncé, située sur le côté externe. 
La direction réelle de l'axe de l'antenne est oblique par rapport au 
plan de symétrie de la tête ; mais en raison de leurs parties termi- 
nales, saillantes et élargies, elles donnent au premier abord à l'ob- 
servateur l'impression d'être presque parallèles entre elles. 

On remarquera que le rostre et les antennes se terminent à la 
même hauteur. 



SYSTÉMATIUUK UES HIPPOBOSCIbKS KT BHALLIDÉS 201 

Le front est large ; il est délimité en avant par le repli cépha- 
liqueet latéralement par les bords oculaires qui forment des lignes 
parallèles. Il comprend trois parties : une médiane un peu rétrécie 
vers le milieu et de coloration générale brun foncé, et deux laté- 
rales. Celles-ci, dune coloration claire brillante, forment un 
deuxième pourtour orbitaire par rapport aux yeux composés. La 
partie médiane qui se prolonge de part et d'autre entre le clypéus 
et les yeux composés, est très noire en avant, tandis qu'elle est 
brune en arrière. Le pourtour orbitaire qui est d'une coloration 
blanche ou jaune clair brillant, s'élargit vers le milieu du front; 
il est étroit en avant et en arrière. 

Le vertex est de forme triangulaire, brun foncé, de la même 
nuance que la région médiane frontale. A la partie antérieure, qui 
s'avance jusqu'au tiers de la longueur de la tète, se trouvent les 
trois ocelles. En ce point, le vertex constitue une région un peu 
surélevée et de couleur plus noirâtre que le ton général de la partie 
médiane de la tète. Il faut un bon éclairage pour distinguer les 
détails du vertex, ses limites, et surtout pour apercevoir les trois 
ocelles. 

Les yeux composés sont larges, de coloration rouge brun foncé, 
à bords internes parallèles. Ils couvrent un peu plus de la moitié 
de la surface dorsale céphalique et débordent à la face inférieure, 
en avant et sur les parties latérales. Le rebord oculaire est de 
couleur jaune clair brillant.. 

Les ocelles sont au nombre de trois, assez difficiles k apercevoir, 
mais très nets au microscope, surtout les deux latéraux ; l'antérieur 
l'est beaucoup moins. 

D'une façon générale, la tête est peu velue. On ne distingue de 
poils noirs qu'à sa partie antérieure, sur les antennes et le rostre. 
La région frontale est nue. 

Thorax. — Le thorax est la partie la plus volumineuse du corps. 
Sa longueur est de -2 millimètres ; sa plus grande largeur est 
de 2 mm. 4, de i mm. 8 dans sa partie la plus étroite. 

Dans l'échantillon que je possède de cette espèce, il est remar- 
quable de constater, d'une part, la coloration noirâtre et uniforme 
du disque dorsal et, d'autre part, ses reflets métalliques ; de cet 
aspect provient le nom de metallica^ qui lui a été donné par les 
premiers observateurs, Schummel et Schiner. 



292 CLASSIFICATION 

Les parties latérales antérieures sont d'une coloration plus claire 
que le disque dorsal ; sur celles-ci, en arrière des bosses scapulaires, 
se trouve le stigmate antérieur, large, circulaire et liien distinct. 

Le thorax présente, en avant et de chaque côté, deux bosses 
scapulaires blanches, à extrémité arrondie, saillantes de o mm. 2, 
avec quelques poils noirs sur les exti^émités. Le sillon longitudinal 
est net, profond ; il va se jeter dans le sillon, tout aussi net, qui 
délimite le scutellum ou écusson. 

Le sillon transversal est très accusé sur les parties latérales, 
mais il disparaît avant d'atteindre le sillon médian. 

Les poils ont une répartition assez régulière et conforme à ce 
que l'on olîserve chez la plupart des Pupipares bien adaptés au vol : 
quelques-uns sur les bosses scapulaires, d'autres en avant de l'inser- 
tion des ailes et sur le scutellum. 

L'écusson ou scutellum est de forme ellipsoïdale, allongé trans- 
versalement, de couleur noire ; une bordure transversale un peu 
claire semble le séparer du disque dorsal ; sa partie postérieure, la 
médiane surtout, est légèrement surélevée, très noire et à reflets 
métalliques. Le sillon scutellaire est un peu arqué et bien distinct ; 
il est plus profond au milieu ; il va se jeter sur les côtés dans une 
dépression en forme de fosse. Sur la bordure postérieure, on 
observe, de chaque côté, une rangée de poils très longs, fins et 
blanchâtres, interrompue vers le milieu. En ce point, j'observe 
quatre trous, profonds et larges, qui devaient servira l'insertion de 
poils plus volumineux, absents dans Téchantillon. 

La région inférieure du thorax est nue et trisegmentée. 

Abdomen. — L'abdomen est de forme générale rectangulaire; 
il est de faibles dimensions, de i mm. 6 de longueur et de 2 milli- 
mètres de largeur, de couleur grise et très velu. 

D'avant en arrière, on distingue : le pédoncule d'insertion au 
thorax, de couleur marron clair, un bourrelet transversal et l'abdo- 
men proprement dit. 

Toute la partie postérieure, située en arrière du pédoncule, c'est- 
à-dire les deux dernières régions, est de couleur jaune-blanc 
uniforme ; son aspect est rendu grisâtre par la grande pilosité de 
l'abdomen. 

Le bourrelet transversal antérieur est très accusé ; il est saillant 
de chaque côté de Tabdomen. 



SYSTl'lMATlQL'n DRS HIPPOIîOSGlUKS RT BRALLIUKS 293 

Sur la région postérieure, de coloration grisâtre uniforme, on 
observe deux petites taches jaunâtres, lune antérieure petite, l'autre 
postérieure plus grande, et enfin, au voisinage des bosses génitales, 
deux autres d une coloration très foncée, beaucoup plus larges que 
les deux précédentes. 

L'extrémité de l'abdomen se termine par deux bosses génitales 

assez saillantes. 

Toute la surface de l'abdomen est couverte de poils noirs et courts, 
sauf sur les taches et bourrelets génitaux où ils sont plus longs. A 
la partie inférieure, les poils sont plus courts, gros, à l'exception 
des régions postérieures où ils sont de plus grandes dimensions. 

Ailes (pi. I, fig. 12). — Les ailes sont bien développées. Dans 
un échantillon de 4 mm. 6 de longueur (du bord buccal à l'extrémité 
de l'abdomen), elles ont une longueur de 5 mm. 2, une largeur 
de I mm. 7 et dépassent l'abdomen de 2 mm. 8. 

Les grosses nervures sont épaisses, noirâtres, très serrées les 
unes contre les autres ; la région où elles sont localisées occupe a 
peine le tiers de la largeur de l'aile. Les nervures périphériques 
sont toujours très nettes jusqu'à la périphérie et de coloration 

jaune corne. 

La nervation est remarquable et tout à fait caractéristique. En 
outre des nervures longitudinales G, Se, R et ses ramifications R„ 
R.> et R3, M, Cu et A, on trouve ici une nouvelle nervure anale 
A3 située dans l'angle anal. Je n'ai observé celle-ci dans aucun des 
gemes que j"ai étudiés. Elle est bien spéciale à 0. metallica. 
Ailleurs on peut trouver, dans cette région, des plis de l'aile plus 
ou moins chitinisés, mais toujours peu développés; ici on a 
devant soi une véritable nervure, partant du tronc anal, se termi- 
nant au pourtour de l'aile et de même coloration que les trois 
autres nervures périphériques. 

Gomme nervures transverses, on trouve h., la médio-radiale mr, 
la médio-cubitale mcu et une nervure anale. La présence de cette 
dernière rattache ce genre à l'ancien groupe Ornithomyia. La 
position de la nervure médio-cubitale est très caractéristique et 
permet la distinction immédiate de ce genre. Au lieu d'être, comme 
dans Ornithomyia, voisine de la nervure médio-radiale mr, elle est 
située à égale distance des nervures transverses anale et médio- 
radiale . 



294 CLASSIFICATION 

En outre des parties non colorées que l'on observe habituel- 
lement chez les autres Pupipares, c'est-à-dire celles de la médiane 
et de la médio-cubitale, on trouve sur la costale une région non 
colorée, très spéciale, située avant le débouché de la radiale Rj. 

Enfin la nervation a une allure très caractéristique du genre. 

La costale est bien distincte, large, marron-clair, avec une rangée 
de poils noirs à la base et une ou plusieurs rangées de soies sur 
toute sa lonofueur. 

La subcostale est très fine, mais rendue bien visible par sa colo- 
ration noire. 

La radiale R est surtout caractéristique par ses ramifications: Rj, 
d'abord de coloration claire, devient bientôt noirâtre; Ro est d'une 
couleur noir foncé sur toute son étendue, elle est très rapprochée de 
Ri, puis elle se soude à la costale en un point très voisin de celui de 
/?i et, de là, elle se continue tout le long de la costale dont elle 
diffère par une coloration plus foncée. 

La médiane M et la cubitale, jusqu'à la transverse médio-cubitale 
mcu, sont également très noires. 

Le tronc anal et les nervures Ao et A3 sont d'une coloration plus 
claire. 

La nervation de cette espèce est donc caractérisée : 

i" Par la présence d'une nervure anale supplémentaire ; 

2° Par la nervure transverse médio-cubitale mcu située à égale 
distance des transverses anale A et médio-radiale mr; 

[V^ Par l'allure de Rj , qui se soude avec la costale, tout en restant 
distincte de celle-ci par une coloration plus foncée sur la plus 
grande partie de sa longueur; 

4" Par la présence sur la costale d'une région non colorée située 
entre les débouchés de R^ et de R2. 

Haltères. — Les haltères sont petits, cachés et blanchâtres. 

Pattes. — Les pattes ont comme longueur : 

La i"^ paire 4 n\m. 

La a** — 4 nim. 3 

La 3« — 5 mm. 4 

Leur couleur générale est jaune clair. Elles sont peu velues. 

Les articles basilaires ou coxas sont, comme à l'ordinaire, gros et 
sphériques pour les antérieurs, grêles pour les moyens, et plus forts, 
allongés et cylindriques pour les postérieurs. 



SYSTÉMATIQUE DRS H1I>P0R0SCIDKS ET BRAULIDÉS 295 

Les fémurs constituent les articles les plus volumineux de chaque 
patte, surtout celui de la patte antérieure; les tibias sont grêles, 
cylindriques, blanchâtres, avec un piquant à l'extrémité interne du 
premier et du second et plusieurs sur le troisième. 

Les tarses sont pentamères ; les quatre premiers articles sont 
égaux, sauf à la troisième paire où le premier est plus long que 
les trois autres. La coloration est variable : le tarse antérieur est 
clair, les tarses moyens et postérieurs de couleur marron. L'article 
terminal est muni d'une paire de griffes tridentées, de pulvilles 
bien développées et d'un empodium très grêle. Les griffes triden- 
tées ont toujours les deux dents externes noires, très accusées et la 
dent interne, plus petite, de coloration jaune clair. 

Organes sexuels. — Je ne possède qu'un seul exemplaire femelle. 

On distingue, en arrière, un bourrelet génital, divisé en deux, 
entre lesquels se trouve l'orifice sexuel. 

Habitat. — Ardea cinerea L., Héron cendré, Villars (Ain). 

Genre LYNCHIA Weyenbergh. 

Le genre Lynchia a été créé par Weyenbergh, en i88r, à propos 
de sa nouvelle espèce Lynchia penelopes. 

Les espèces qui appartiennent à ce groupe avaient été placées 
auparavant, quelques-unes dans le genre Ornithoniyia, d'autres 
dans le genre Olfersia. La re vision des espèces déjà connues a 
été faite par le D'' Speiser. Dans son mémoire, celui-ci cite une dizaine 
d'espèces déjà connues qui, en 1902, appartenaient à ce genre. 

Le genre Lynchia est donc de création récente. 

Les caractères sont les suivants : 

Espèces de moyenne grandeur dont la taille varie de 3 à 6 mil- 
limètres (sans les ailes); 

Tête à prolongements antennaires courts, divergents, velus; pas 
d'ocelles ; 

Thorax à scutellum rectangulaire, ce dernier, d'une largeur 
égale à quatre ou cinq fois sa longueur ; 

Abdomen et paties sans particularités ; 

Ailes très développées, à nervation remarquable : en plus de la 
costale, il existe sept nervures longitudinales et, comme nervures 
transverses, l'humérale et la médio-radiale; mais cette nervation 



29Q CLASSIFICATION 

est caractérisée par l absence de trnnsve/'se médio-cubitale (diffé- 
rence avec les Olfersiés) et de transverse anale (différence avec les 
Ornithomvés j . 

Les caractères du genre sont donc : 

1° Ailes bien développées ; 

2° Griffes tridentées ; 

3° Pas d'ocelles ; 

4° Une nervation qui se distingue de celle des autres genres : 

a) Par l'absence de cellule anale; 

b) Par l'absence de nervure transverse médio-cubitale. 

LYNCHIA M AURA Bigot (pi. I, fig. 6 à lo). 

Cette espèce a été trouvée en Algérie et décrite par Bigot, en 
i885, sous le nom à'Olfersia maura. 

Elle a été revue par Speiser (1902, aj et classée par lui dans le 
genre Lynchia sous le nom de L. maura Bigot. 

Cette espèce a été trouvée également par M. Côte dans la région 
Ivonnaise. 

D'autre part, je dois à l'extrême obligeance de M. Edm. Sergent, 
un grand nombre d'échantillons recueillis par lui sur les Pigeons 
algériens : ce qui m'a permis d'en faire Pétude anatomique et 
une description détaillée. 

Lynchia maura est une forme assez volumineuse, à longues ailes, 
de couleur gris -fumé et k coloration générale brune ou marron 
très caractéristique. 

Les mensurations donnent comme valeurs extrêmes de la lon- 
gueur du corps : 

1° Mâles, longueur avec ailes 9 mm. G à 10 mm. G 

— sans ailes 5 mm, 2 à 6 mm. G 

7.° Femelles. avec ailes 9 mm. 8 à 10 mm. 6 

— sans ailes .) mm. (i à G mm. 

La moyenne de la longueur du corps est : 

I» Mâles, longueur avec ailes 10 mm. 

— — sans ailes 5 mm. 8 

'2° P'emelles, — avec ailes 10 mm. 3 

— — sans ailes 6 mm. 3 

Les femelles ont donc des dimensions légèrement plus grandes. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET imAULIDÉS 297 

T^te. — En raison de sa position inclinée, la tête apparaît plus 
large que longue. En réalité, lorsqu'on la détache du thorax, on 
s'aperçoit qu'elle est presque sphérique avec i mm. 3 de lon- 
gueur sur I mm. 4 de largeur. 

Le rostre est bien développé, de o mm. 7 de longueur, avec des 
valves noirâtres, couvertes de poils noirs, courts et serrés; 
quelques poils, plus longs que les autres, s'observent à l'extrémité 
de chacune d'elles. 

La trompe n'est pas visible, en général rétractée jusqu'à moitié 

du rostre. 

Le clypéus est de couleur jaune clair, peu développé, relative- 
ment étroit; on trouve comme dimensions : longueur = o mm. 3 
et largeur = o mm. 1 ; il est bordé de chaque côté par les fossettes 
antennaires, dont les rebords internes sont très chitinisés et noirs. ^ 
Les antennes sont légèrement saillantes, de o mm. 2 ; leur véri- 
table longueur est de o mm. 4; à l'extrémité se trouvent un grand 
nombre de poils noirs, serrés, dont quelques-uns ont o mm. 4 de 
longueur, dimension de Tantenne. 

Le front, y compris les pourtours orbitaires, est large, de 
o mm. 7. presque la moitié de celle de la tète. Il présente, de 
chaque côté, des poils fins et blanchâtres, qui s'entre-croisent sur la 
ligne médiane frontale. En avant, vers les antennes, se trouvent 
quelques poils plus longs et noirs. Les pourtours orbitaires sont 
larges et réduisent la partie frontale proprement dite k coloration 
plu" foncée. Cette dernière se divise elle-même en une région 
antérieure noire et une région postérieure brune, de 'coloration 

plus claire. 

Le vertex est grand, de couleur plus claire que le front, de 
forme trapézoïdale avec une dépression en avant, au milieu du bord 

antérieur. 

Les yeux composés sont relativement petits, si on les compare 
à ceux d'Hippobosca ; ils sont cependant bien développés et occu- 
pent les q/iT) de la surface dorsale de la tête, c'est-à-dire un peu 
plus de la moitié de celle-ci. Ils débordent légèrement à la face 
inférieure de la tète. 

Il n'y a pas d'ocelles. 

Thorax. — Le thorax est de forme hexagonale : il est plus large 

que long. 



298 CLASSIFICATION 

Ses dimensions varient : 

1° Mâles, longueur 2 mm. à 2 mm. 2 

largeur 2 mm. 6 à 2 mm. 7 

20 Femelles, longueur 2 mm. à 2 mm. 2 

largeur 2 mm. 8 à 2 mm. <) 

Dans l'un et Tautre sexe, j'obtiens 1 millimètres comme longueur 
moyenne du thorax. 

Le disque dorsal est de coloration noire, à reflets métalliques ; sa 
surface est bombée. Les parties latérales et antérieures du thorax 
sont plus claires et jaunâtres. 

Le disque dorsal présente un sillon médian longitudinal très 
accusé, qui s'étend jusqu'au sillon scutellaire. Le sillon transverse 
est très marqué sur les parties latérales; il vient se terminer en 
s'effaçant peu à peu sur le médian. Le sillon scutellaire est profond 
et constitue une ligne transversale, perpendiculaire au plan de 
symétrie de l'animal. 

En avant, le thorax présente deux saillies scapulaires, de couleur 
jaune clair, très proéminentes, de o mm. 6 de longueur avec une 
extrémité arrondie, qui porte quelques poils assez courts. En arrière 
de chacune d'elles se trouve le stigmate antérieur. 

Le thorax semble peu velu au premier abord. Les poils sont en 
efîet blanchâtres, par conséquent peu distincts ; quelques-uns sont 
noirâtres et longs. On les observe, en avant, sur la bordure du 
disque dorsal, en arrière, en avant de l'écusson. Leur présence est 
surtout indiquée par les insertions de coloration claire, qui forment 
autant de taches blanchâtres sur le disque dorsal de coloration 
noire. 

L'écusson est marron pâle et rectangulaire. Il est quatre fois et 
demie plus large que long, ses dimensions étant : longueur o mm. 3 
et largeur i mm. /}. Il présente une bordure postérieure de lon- 
gues soies, fines et transparentes, et, de chaque côté, un poil long et 
noir. 

La face inférieure est toujours trisegmentée, nue et de couleur 
jaune rouge. 

Abdomen. — La forme générale est rectangulaire, presque sphé- 
rique dans certains échantillons, avec une largeur plus gronde que 
la longueur. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET HRAILIDÉS 299 

Les dimensions sont : 

lO Mâles, longueur i mm. Sas mm. 8 

— largeur .'i mm. 

2» Femelles, longueur 2 mm, 9. à 3 mm. 1 

— largeur S mm. a à 4 mm. 

La longueur moyenne est de 2 mm. f\ chez les mâles et de 2 mm. 9 
chez les femelles. 

Il y a donc dans les deux sexes des ditVérences accusées dans les 
dimensions de l'abdomen. 

La couleur générale est blanc-jaunâtre, avec une tache longitu- 
dinale, rectangulaire, très large, d'un brun noir plus ou moins 
foncé, située sur la région médiane et s'étendant sur toute la lon- 
gueur de l'abdomen. 

La segmentation est peu visible : en arrière du pédoncule, 
s'observe un bourrelet transversal dont les rebords latéraux sont 
couverts de poils ; presque en contact avec celui-ci se trouve une 
région chitineuse foncée, très étroite, allongée ; puis, tout à fait en 
arrière, on observe deux bosses génitales plus colorées, réunies entre 
elles par une région chitinisée, couvertes de poils noirs, très longs. 
En outre, il existe chez le mâle, un peu en avant des saillies géni- 
tales, deux petites taches chitineuses. 

De chaque côté, l'abdomen présente trois stigmates visibles ; il 
en existe encore deux autres, l'un en avant près du thorax et l'autre 
en arrière de chaque côté des bosses génitales. 

La villosité est assez développée. Les poils sont blancs ; leur pré- 
sence n'est indiquée que par leurs insertions, qui forment autant 
d'aires circulaires noirâtres constituant une sorte de ponctuation. 
Leur disposition atteste une réelle segmentation ; elle correspond à 
cinq parties couvertes de poils, séparées par des régions qui en sont 
dépourvues. 

La pilosité de la région ventrale est identique à celle de la région 
dorsale avec poils semblables et à insertions noires. Mais la pilosité 
semble localisée à la région médiane et postérieure chez les mâles. 
Elle paraît différente chez les femelles où les poils sont plus noirs, 
plus nombreux et répartis sur toute la surface ventrale. 

Ailes (pi. 1, fig. (j). — Les ailes sont bien développées. 

Leurs dimensions sont : 



300 CLASSlFICATKt.X 

Mâles, longueur 6 mm. 8 à 7 mm. 4 

— largeur 2 mm. 

Femelles, longueur 7 mm. 2 à 7 mm. 4 

— largeur 2 mm. 4 

La longueur moyenne que j'obtiens pour cette espèce est de 7 milli- 
mètres pour les mâles et de 7 mm. 4 pour les femelles. Les ailes 
dépassent de beaucoup l'abdomen, en moyenne de 3 mm, 8 ; elles 
sont donc remarquablement développées. Leur coloration est gris 
fumé. Les nervures sont très nettes, fortement chitinisées, de 
coloration noire. 

Les nervures longitudinales sont : G avec plusieurs rangées de 
poils, .Se faible, mais très noire, R qui se divise en R^ un peu 
claire et qui se jette dans la costale au niveau de la transverse 
m/', Rg très noire sur toute son étendue et R3 de coloration plus 
claire ; Rj ajDrès s'être soudée à la costale, parait se prolonger 
sur une assez grande longueur, en restant distincte de celle ci 
par suite d'une différence de coloration. Viennent ensuite M très 
noire jusqu'à la transverse m/-, Gu noire à sa base seulement et A. 
Il n'existe que deux nervures transverses, l'humérale ]i et la médio- 
radiale mr. Une partie claire s'observe sur la médiane. 

Les nervures périphériques, de couleur claire, au nombre de trois, 
s'étendent jusqu'au pourtour interne de l'aile. 

La nervation est donc dans Lynchia caractérisée par la présence 
de grosses nervures, noires et bien accusées et par l'absence de ner- 
vures transverses anale Aj, et médio-cuhitale mcu. 

Haltères. — Les haltères ne sont pas visibles, cachés par le 
rebord scutellaire. Leur longueur est de o mm. 4- 

Pattes. — La longueur des pattes va en croissant d'avant en 
arrière. 

Elle est de : 

Patte antérieure 4 mm. 3 

— moyenne 4 mm. 9 

— postérieure 6 mm. 8 

Elles sont peu velues ; beaucoup de leurs poils sont blanchâtres, 
quelques-uns noirs, mais toujours très fins. 

La coxa antérieure est volumineuse, sphérique ; celle de la patte 
moyenne est la plus grêle des trois ; celle de la patte postérieure, 
cylindrique et allongée, est plus volumineuse que la première. 



SYSTÉMATIQUE DKS HIPPOBOSCIDÉS ET BHAULIDÉS 301 

Les fémurs ont une long^ueur de plus en plus grande d'avant en 
arrière ; mais, quoique le plus court, l'antérieur paraît être le 
plus robuste. 

Les tibias sont grêles, cylindriques, peu velus, avec un ou deux 
piquants à l'extrémité. 

Les tarses sont pentamères, les quatre premiers articles égaux à 
l'exception delà patte postérieure où le premier article est très long. 
L'article terminal porte deux brosses, deux pulvilles, un empodium 
filiforme et bipectiné et une paire de griffes tridentées (deux dents 
noires et une jaune-corne pour chaque griffe) (pi. I, fîg. lo). De 
gros poils ou piquants se trouvent sur les différents articles du 
tarse, surtout sur celui de la patte postérieure. 

Organes sexuels. — Les organes sexuels sont bien distincts. 

Chez le mâle on observe un pénis et deux valves latérales de 
couleur jaune brun. Cet organe fait saillie sur une région en forme 
de bourgeon ; de chaque côté se trouve un tubercule avec quelques 
poils k l'extrémité. 

L'orifice femelle, situé dans l'échancrure postérieure, est bien 
distinct. 

Différences sexuelles. — On ne relève de différences sexuelles que 
sur la surface dorsale de l'abdomen. 

On distingue chez le mâle (pi. I, fîg. j et 8), en plus de l'orne- 
mentation de la femelle, deux petites taches situées en avant du 
bourrelet postérieur. 

En outre, la tache brune rectangulaire, qui couvre la plus grande 
partie de la surface dorsale de l'abdomen, est plus large chez le mâle 
que chez la femelle et, d'autre part, elle est de coloration plus 
foncée. 

Hnhitnfs. 



5 

s 
o 

I 
2 

i8 


SE 
6 

I 
G 


9 
I 

12 


HOTES 


LOCALITÉS 


DATES 


Pigeon domestique 

Pigeon domestique 


Villnrs (Ain) 

Lyon-Mon plaisir 

Algérie 


I()02 

Octobre 1907 



302 CLASSIFICATIO 

Dévelojipement. — J emprunte ces divers détails au mémoire 
d'Edm. et Et. Serg-ent. La copulation dure fort longtemps; celle-ci 
a lieu au repos ou pendant le vol. La pupe est ovoïde ; d'abord 
blanche, avec une tache stig-matique à l'un des pôles, elle devient 
noire en une heure. Ses dimensions sont de 3 millimètres sur 
2 mm. 5 : elle éclôt au bout de 23 à 28 jours à la température 
de 24 à 3o degrés. 

Mœurs — « Les Lynchia vivent surtout sur les jeunes Pigeons 
de quinze à vingt jours dont les plumes commencent à pousser: on 
en observe quelquefois de cinquante à soixante par pigeonneau. II 
est assez rare d'en trouver sur les adultes. » Ces derniers détails 
sont communs, comme nous l'avons vu, avec ceux présentés par 
les autres Pupipares. 

<( Ces Insectes sont cachés dans le plumage; leur grand nombre, 
on le comprend, provoque par leurs piqûres un amaigrissement des 
Pigeons. Ils s'envolent si le Pigeon s'ébroue fortement ou si celui- 
ci est pris à la main. Ils changent d hôtes très facilement; leur vol 
est alors rectiligne et très rapide. » Ils sont donc bien doués au point 
de vue du vol; c'est d'ailleurs ce que j'ai constaté dans l'étude par- 
ticulière aux ailes des Pupipares. 

D'après le mémoire d'Edm. et Et. Sergent, les Lynchia parais- 
sent ne pouvoir vivre sur d'autres Oiseaux que les Pigeons. Ces au- 
teurs l'ont constaté expérimentalement en plaçant des Lynchia en 
présence de canaris; ceux-ci n'ont jamais été piqués ; et, ainsi éloi- 
gnés de leurs hôtes habituels, les Lynchia mourraient au bout de 
quarante-huit heures. 

De cette expérience, on peut conclure que Lynchia maura est 
une espèce vraiment adaptée aux Pigeons. 

Lynchia maura Big. est-elle une espèce appartenant à la faune 
de la région lyonnaise? Telle est la question qu'il convient main- 
tenant de poser et de résoudre. Elle présente un certain intérêt 
au point de vue de la répartition géographique. 

A part l'exemplaire, saisi au cours d'une chasse, sans désignation 
d'hôte, les deux autres de la collection Côte ont été pris dans un 
colombier à Lyon-Monplaisir. Le propriétaire s'était aperçu que ses 
gracieux volatiles dépérissaient ; et, en inspectant le colombier, il 
avait été très surpris de le trouver infesté d'une nuée de mouches 
parasites. D'après lui, ce fait ne s'était jamais présenté et l'infection 



SYSTÉMATIUrK DI'.S HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 303 

était due à des Pi-eons importés du Midi et facilitée par un été 
particulièrement long et chaud. Lynchui maura ne se trouve donc 
qu'accidentellement dans la ré-ion lyonnaise, mais cette espèce 
abonde en Algérie, en Italie et dans toutes les contrées médi- 
terranéennes. D'après la collection Côte, elle se trouve remplacée 
dans la région Ivonnaise par Ornitliomi/in avicularia L. (p. 278). 
Cette conclusion est analogue à celle que je trouve dans un mémoire 
de Speiser (1903) où ce dernier fait la même observation pour 
l'Allemagne du Nord. 

Genre OLFERSIA Leach. 

Ce genre a été créé par Leach, en .817, sous le nom de Feronia. 
On co'nsidère son espèce Feronia americana comme tA'pe de ce 

genre. 

Le nom de Feronia a été remplacé par Wiedemann (i83o) en 

celui d'Olfersia qui a été conservé depuis. 

CoquiUet (i899)a démembré le groupe de Leach et de Wiedemann 
en deux nouveaux genres : le genre Olfersia Leach. s. r., avec 
clvpéus court, et le genre Pseudolfersia Coq., avec clypéus long. 

Le genre Olfersia Leach, tel qu'il est actuellement défini, est 
donc caractérisé par un clypéus court. 

Il renferme des espèces qui vivent, en général, sur des Oiseaux 
aquatiques: Hérons, Martins-Pêcheurs ; certaines espèces ont été 
rencontrées sur quelques Uapaces, notamment sur les Hiboux, et 

sur les Pigeons. 

Caractères génériques. — Ce genre présente certaines ressem- 
blances avec Eippobosca. Il comprend des espèces d'assez grandes 
tailles, de 5 à 7 millimètres de longueur. 

Les caractères sont les suivants ; 

Tête arrondie, plate; antennes saillantes, peu velues; clypéus 
court; front allongé; yeux très développés; pas d'ocelles. 

Thorax présentant, en avant, des saillies scapulaires ; écusson 
laro-e arrondi en arrière en forme d'arc de cercle. 

Abdomen volumineux, assez velu. 

Pattes avec griffes tridentées. 

Ailes comprenant sept nervures longitudinales et, comme ner- 
vures transverses, une médio-radiale mr et une médio-cubitale 



304 CLASSIFICATION 

mcu, mais pas de transverse anale (différence R\ecOrnUhomyia ). La 
nervure médio-cubitale est située très loin de la médio-radiale 
(différence avec Hippobosca), sensiblement vers le milieu de la 
cellule médiane. 

Le genre Olfersia est donc caractérisé : 

I ° Par des ailes bien développées ; 

•i" Par des griffes tridentées ; 

3° Par l'absence d'ocelles; 

4° Par l'absence de cellule anale ; 

5° Par la présence d'une nervure médio-cubitale; 

6° Par un clypéus court; 

7** Par l'habitat sur les Oiseaux, notamment sur les Oiseaux aqua- 
tiques. 

Deux espèces ont été trouvées dans la région lyonnaise : 

i" Olfersia ardeœ Macquart; 

2° Olfersia americana Leach. 

OLFERSIA AMERICANA Leach (pL V, fig. 40 à 43). 

Cette espèce a été étudiée pour la première fois par Leach (1817) 
et indiquée comme provenant de la Géorgie (Amérique du Nord), 
sans mention d'hôte. 

Elle fut citée par Macquart (i838) avec l'indication de l'Amérique 
septentrionale, sans mention d hôte. 

C'est la première fois qu'elle est signalée en Europe; elle a été 
prise par M. Côte dans la région des Dombes, sur la Spatule 
(Platalea leucorodia L.). 

Olfersia americana Leach est considéré comme le type du genre 
Olfersia. 

L'échantillon que je décris est de grande taille. Par son aspect, 
il rappelle Hippobosca ; mais cette espèce s'en distingue par la 
coloration noirâtre et métallique du thorax, la tête moins ronde, 
les yeux légèrement plus petits, les antennes plus saillantes et 
couvertes de poils, les ailes beaucoup plus longues et les griffes 
tridentées. 

Sa longueur est de : 

Avec ailes .^ . . . . . 11 mm. 4 

Sans ailes 7 mm. 



SYSTliMATIQUR DRS HlPPOBOSCIDÉS ET imAULIDÉS 305 

Les ailes dépassent le corps de 4 millimètres. 

Leach ne donne aucune dimension; d'après Macquart, cette 
espèce mesure 2 lignes 2/3 ou 6 mm. 7, ce qui correspond sensi- 
blement à la longueur que j'ai trouvée. 

Tête (pi, V, fig, 42). — La tête est beaucoTip plus large que 
longue : i mm. 8 de largeur sur 1 millimètre de longueur, rostre 
non compris. Elle est bien séparée du thorax et non encastrée dans 
une cavité de ce dernier. Dans sa description du genre, Mac- 
quart (i838) cite comme caractère que la tête est insérée dans une 
échancrure du thorax. Schiner (1864) donne également, pour le 
genre Olfersin, une « tête aplatie située dans une profonde échan- 
crure du thorax ». Dans cette espèce, je ne trouve nullement ce 
caractère ; la tête est ici bien dégagée du thorax, le bord rec- 
tiligne de ce dernier ne présente latéralement que deux légères 
saillies, dont la présence ne donne en rien l'apparence d'une cavité. 
Le rostre est bien développé, chitineux, noirâtre, couvert de poils 
noirs, courts et tins sur sa face dorsale; entre les deux valves, on 
aperçoit la trompe qui arrive presque à l'extrémité du rostre. 

Les antennes, saillantes à peine d'un millimètre, un peu plus que 
dans Hippobosca, ont une longueur réelle de 3 millimètres; des 
poils noirâtres et assez nombreux couvrent sa surface terminale ; 
une écaille chitineuse de coloration foncée s'observe vers la partie 
externe et un peu en arrière de l'extrémité. 

Le clypéus est court, caractéristique du genre Olfersia, tel que le 
définit Coquillet (1899). Il présente en avant deux petites languettes 
divergentes, chitineuses et noires; en arrière, au contraire, le 
clypéus est blanchâtre, bien délimité sur ses parties latérales par 
des lignes noires presque parallèles, constituant une région dont la 
figure est à peu près celle d'un carré ; la région située en avant des 
languettes chitineuses divergentes est blanche, formant le pourtour 
buccal. 

Le front est large; il occupe un peu moins de la moitié de la 
surface dorsale de la tête, le reste est pris par les yeux et le pour- 
tour orbitaire. Le front présente, de chaque côté, un bourrelet 
saillant qui double en dedans le pourtour orbitaire; au milieu du 
front, entre les deux bourrelets latéraux, se trouve une région un 
peu excavée. En arrière s'observe un vertex nu, trapézoïdal, for- 
mant une région légèrement surélevée; de chaque côté de celui-ci 

L'mv. de Lton. — Massonnat 20 



306 CLASSIFICATION 

se trouve un poil noir, très long-, dirigé obliquement en arrière vers 

la ligne médiane du thorax. 

Les yeux composés sont bien développés, orbiculaires, noirâtres, 
avec un pourtour orbitaire assez accentué, surtout dans la rég-ion 
postérieure; ils débordent un peu à la face inférieure de la tête. 

Pas d'ocelles. 

Thoj'r'ix. — Le thoraxest volumineux, de formepresque hexagonale. 

Sa mensuration donne 2 mm. 6 de longueur sur 3 mm. 6 de 
larg-eur. 

Son bord antérieur rectilig-ne ne présente sur ses parties latérales 
que deux petites saillies scapulaires de o mm. 2 de longueur, qui 
encadrent très lég-èrement la tête. 

Sur le disque dorsal, on observe : 1 " un sillon longitudinal profond 
présentant trois lig-nes parallèles, qui vont se terminer au sillon qui 
délimite le scutellum ; 2" un sillon transversal, situé au niveau de 
l'insertion des ailes, profond, noir, qui disparaît lorsqu'il arrive au 
sillon longitudinal médian. 

L'écusson, plus large que long, est délimité en avant, d'une façon 
bien nette, par une région blanche moins chitinisée ; en arrière, il 
est régulièrement arrondi, en forme d'arc de cercle ; sa surface est 
nue et lég-èrement surélevée. 

Voyons maintenant la répartition des poils. On en observe 
quelques-uns, très lins, sur la région des saillies scapulaires; d'autres 
transparents, blanchâtres, forment des plages obliques de chaque 
côté du disque dorsal ; enfin l'écusson présente un poil long et noir 
de chaque côté. 

La face inférieure du thorax est nue et trisegmentée. 

Abdomen. — L'abdomen est plus volumineux que le thorax. Il 
est un peu plus large que long, \ mm. 2 de largeur sur 3 mm. 4 de 
longueur. 

En avant, le pédoncule d'insertion et le bourrelet antérieur sont 
noirs, fortement chitinisés. En arrière du bourrelet, on trouve une 
partie médiane blanche et des parties latérales de couleur marron 
foncé, couvertes de poils noirs, courts et gros. Plus en arrière, tou- 
jours latéralement, on observe une partie moins chitinisée avec poils 
noirs plus longs. Enfin, tout à fait en arrière, se trouve une région 
marron clair, bien délimitée, avec quelques poils noirs, longs, surtout 
à la partie postérieure. 



sYSTi'LMATiuii-: URS HippoHosciDÉs i:ï brai;lidés 307 

D'avant en arrière, on observe donc sur la surface dorsale de 
l'abdomen : 

1° Un bourrelet antérieur très prononcé ; 

'2° Deux bourrelets latéraux de chaque côté, l'antérieur marron 
foncé, le postérieur gris ; 

3° Un bourrelet postérieur jaune roux chitineux. 

Au point de vue de la répartition des poils, l'abdomen est nu 
dans la région médiane dorsale, mais il est velu en avant, sur les 
côtés et, en arrière, sur le bourrelet génital. 11 l'est aussi k la 
partie inférieure ; les poils y sont courts et noirs, un peu plus longs 
sur les côtés. La région d'insertion de chaque poil forme une petite 
surface noirâtre; de telle sorte que l'abdomen, sauf sur sa région 
médiane dorsale qui est nue, apparaît comme criblé d'une série de 
petits points noirs. 

Ailes (pi. V, fîg. 40- — Les ailes ont une longueur de 8 mm. a 
et une largeur de 2 mm. 6. Elles dépassent le corps de 4 niilbniètres. 
Elles sont donc très développées. 

Leur couleur est gris foncé. Leur extrémité est arrondie, légère- 
ment en pointe. 

La nervation est importante et donne d'excellents caractères du 
genre. 

Les grosses nervures sont bien accusées, chitineuses, noires pour 
la plupart, quelques-unes marron plus ou moins foncé. Les nervures 
périphériques sont bien distinctes jusqu'à l'extrémité de l'aile. 

L'aile présente : 

Une nervure costale G, bien accusée, qui s'étend à peu près jus- 
qu'aux trois quarts de la longueur de l'aile, couverte d'une oude plu- 
sieurs rangées de poils suivant les régions, poils toujours très fins ; 

Une nervure subcostale Se fine, de coloration marron très clair; 

Un gros tronc radial R qui donne successivement les divisions Rj, 
très noire, R,, de coloration moins foncée et Rg : cette dernière 
forte et noire, se jette dans la costale à l'extrémité de celle-ci ; 

Une nervure médiane M qui présente une partie blanche au milieu 
de la cellule cubitale ; 

Une nervure cubitale Gu, très noire, bien accusée ; 

Une nervure anale A, d'abord noire qui devient, après un court 
trajet, de coloration claire. 

Au sujet des nervures transverses, on relève l'absence complète 



308 CLASSIFICATION 

de nervure humérale, la place de celle-ci n'étant même pas indiquée 
au microscope par Téchange habituel de trachées, qui se fait en ce 
point, une nervure médio-radiale (nir) et une nervure médio-cubi- 
tale (nicii) mais point de nervure anale. La nervure médio-cubitale 
noire, très forte dans sa partie interne, devient blanche ou plutôt 
transparente dans sa partie externe. 

L'aile des Olfersiés est donc caractérisée par f absence de nervure 
transverse anale. 

D'autre part, la nervation fournit un excellent caractère du g-enre 
Olfersia qui permet de le distinguer de Li/nchia dont il est le plus 
voisin : la présence d'une transverse médio-cubitale et celle d'une 
cellule médiane qui en résulte, différencient Olfersia de Lynchia 
chez lequel on n'observe ni cellule transverse médio-cubitale, ni 
cellule médiane. 

Haltères. — Les haltères sont peu visibles. 

Pattes. — La longueur des pattes augmente d'avant en arrière. 

Patte antérieure 4 mm. 

^ moyenne 5 mm. 

— postérieure 7 mm. 8 

La patte antérieure est la plus forte de toutes ; la patte moyenne 
est la plus grêle. D'une façon générale, les poils sont assez rares et 
très disséminés. 

Dans la première paire de pattes, la coxa est toujours volumineuse 
formant de chaque côté, au-dessous de la tête, une assez forte saillie, 
le fémur gros et trapu, le tibia cylindrique, le tarse formé d'articles 
égaux, sauf le dernier avec griffes tridentées, deux pulvilles bien 
développées et un empodium filiforme et bipectiné. Les griffes tri- 
dentées ont les deux dents externes noires, l'interne de couleur 
jaune ambré. 

La conformation des deux autres paires de pattes est la même, sauf 
que les articles sont, dans chaquepatte, d'autant plus longs que celle-ci 
est plus postérieure, à l'exception de la coxa de la deuxième paire qui 
est la plus grêle de toutes. Le tarse pentamère a ses quatre pre^ 
miers articles égaux ; seul, celui de la patte postérieure a une confor-^ 
mation un peu spéciale : le premier article est ici extraordinairement 
allongé, les trois autres sont égaux mais un peu plus longs, que ceux 
des autres pattes. 



SYSTIÎMATIQUR DES HIPPOBOSCIDÉS RT liRAULIDÉS 309 

Organes sexuels. — La collection Cote ne possède qu'un échan- 
tillon femelle de cette espèce. 

Développement. — Femelles pupipares. L'exemplaire renferme 
une larve déjà très avancée. 

Habitat. — Platalea leucorodia L. ou Spatule, 

Localité. — Région des Dombes (Ain). 

OLFERSIA ARDE^ Macquart (pi. V, fig. 43 à /,6). 

Cette espèce a été citée pour la première fois par Macquart fiSSS) ; 
elle est accompag-née d'une description des plus brèves. Elle fut 
prise en Sicile sur un Héron. 

Je la retrouve, dans la collection Côte, comme appartenant à la 
rég-ion lyonnaise. Elle a été saisie sur le Grand Butor Etoile, Ardea 
stellaris L, 

Cette espèce se disting-ue de la précédente par une taille plus 
petite et par sa couleur générale noire. 

Ses dimensions sont : 

Longueur (avec ailes) 7 mm. 7 

— (sans ailes). 5 mm. 

La longueur donnée par Macquart est de 2 lig'nes ou 5 millimètres, 
c'est-à-dire la même que celle de mon échantillon. 

Les ailes dépassent l'abdomen de 2 mm. 8. 

Jusqu'ici, c'était la seule Qlfersia qui était citée comme existant 
dans l'Europe occidentale. 

Tète (pi. V, fig. 44)- — La tête est toujours plus large que 
longue, I mm. 4 de lai^geur pour i millimètre de longueur, rostre 
non compris. 

Elle est toujours bien dégagée du thorax ; par cet aspect, elle 
rappelle aussi Hipipohosca. 

Le rostre est très saillant, de o mm. 3, à valves noirâtres, cou- 
vertes de poils noirs, petits, de même longueur, sauf à l'extrémité 
où il en existe un ou deux plus longs que les autres. Par rap- 
port à 0. aniericana Leach, les poils sont plus nombreux et plus 
noirs. 

Les antennes réalisent toujours le type des Olfcrsia. Elles sont 
d'une longueur de omm. 2, peu saillantes, de couleur gris noirâtre. 



310 CLASSIFICATION 

couvertes à l'extrémité de poils noirs, nombreux, serrés, recourbés 
un peu vers le bas. Par rapport à 0. americana, je constate qu'elles 
sont ici plus saillantes, à poils plus nombreux et de coloration plus 
foncée. 

Vers la base de l'antenne on observe aussi une écaille ou plutôt 
une région plus colorée que la partie antérieure. 

Par les dimensions du clypéus, cette espèce appartient au g'enre 
Olforsin tel qu il a été défini par Goquillet (1899). Cette région est 
courte, de o mm. 'i de longueur, de couleur générale uniforme gris 
foncé. En avant, on retrouve les deux petites languettes divergentes; 
cette région est séparée de la postérieure, de même coloration, par 
une ligne noire située entre les antennes. La partie postérieure du 
clypéus est élargie transversalement et de forme triangulaire. 

Par rapport à O. americana, le clypéus présente des caractères 
qui séparent nettement ces deux espèces. 

Le front est très large, surtout si, en raison de son aspect noir, 
foncé, métallique et uniforme, on considère comme région frontale 
toute la partie dorsale de la tête non occupée par les facettes ocu- 
laires. Il est plus large en arrière. En raison de la coloration uni- 
forme de cette région, on y distingue avec la plus grande difficulté 
trois parties : l'une, médiane, glabre, très noire, et deux latérales, 
de même nuance, formant un deuxième pourtour orbitaire, sur lequel 
on aperçoit une infinité de points blancs microscopiques. 

En avant et sur les pourtours orbitaires, se trouvent un grand 
nombre de poils fins et blancs; en avant, il existe, en outre, des 
poils plus longs qui viennent se croiser au-dessus du clypéus. 

Gomme dans l'espèce précédente, le vertex est de forme trapézoï- 
dale avec un poil noir de chaque côté. 

Les yeux composés sont de couleur rouge brique. 

Le pourtour orbitaire est ici d'un noir foncé, extrêmement brillant. 

Pas d'ocelles. 

Thorax. — Le thorax est de forme arrondie, entièrement noir et 
à reflets métalliques. 

Ses dimensions sont de i mm. 9 de longueur et de u mm. à de 
largeur. 

Son bord antérieur est rectiligne ; il présente latéralement deux 
saillies scapulaires, larges, peu saillantes, de o mm. 1, noirâtres, 
couvertes de petits poils noirs à leur extrémité. 



SYSTÉMATfQlR DKS HIPPOROSCIDÉS ET BRAULIDl'S 311 

Le disque dorsal n'est pas délimité du reste du thorax, comme 
dans la précédente espèce; les parties latérales sont de même 
nuance, d'un noir foncé; en avant, de chaque côté, une ligne un 
peu plus claire délimite cependant les parties pleurales. 

Sur le disque dorsal, on distingue un sillon longitudinal, très net 
quoique peu profond, mais bien distinct en raison de sa coloration 
rougeàtre, un sillon transversal très accusé qui se jette dans le sillon 
médian, et le sillon scutellaire profond et de forme un peu arquée. 

La limite antérieure du scutellum ne présente pas de région 
plus claire ; elle est presque rectiligne et perpendiculaire à la 
direction du sillon médian ; elle se recourbe un peu sur les parties 
latérales. Les dimensions de l'écusson sont de i mm. i de largeur 

et de G mm. 4 de hauteur. Le rapport —~ est égal à 2,75, Il est donc 

de forme moins allongée que dans 0. Hmcricana Leach. 11 est de 
coloration noire, uniforme, à reflets métalliques. Son bord posté- 
rieur est fortement arrondi; sa surface est nue et ce n'est que laté- 
ralement, à chacune de ses extrémités que Ton trouve un poil noir, 
très long. 

La répartition des poils est très régulière. La région médiane du 
disque dorsal et celle du scutellum en sont dépourvues; cependant je 
constate qu'il en existe quelques-uns extrêmement fins et blanchâtres 
sur les parties tout à fait latérales du disque thoracique. On ne 
trouve de poils noirs que sur les parties latérales du thorax, sur les 
saillies scapulaires et sur la région située en avant de l'insertion des 
ailes. Enfin, une paire, à raison d'un seul de chaque côté, est placée 
sur les trois segments dorsaux du thorax : la première paire à la 
limite postérieure du premier segment, la deuxième vers le milieu 
du second segment, la troisième de chaque côté du scutellum. Tous 
ces poils sont longs et noirs. 

La face inférieure du thorax est nue et trisegmentée. 

Abdomen. — L'abdomen est plus volumineux que le thorax. 

Ses dimensions sont : longueur a mm. o5 et largeur 2 mm. 5. 

Proportionnellement ces dimensions sont identiques à celles 
d'O. americann Leach. 

On a toujours, d'avant en arrière, un pédoncule et un bourrelet 
antérieur très accusé, de couleur marron foncé et même noirâtre sur 
les parties latérales; la région, située en arrière, est de coloration 



312 CLASSIFICATION 

plus claire, marron rouge. La partie médiane présente ici une tache 
antérieure très petite, marron noir, nue, et une grande tache posté- 
rieure de même coloration couverte de longs poils noirs. Entre ces 
deux taches se trouve une surface couverte de petits poils, noirs, 
d'égale longueur, chacun présentant une aire d'insertion noirâtre. 
Deux régions seulement, de petite surface, situées sur la ligne 
médiane, en sont dépourvues. Les parties latérales présentent de 
chaque coté deux épaississements de coloration plus foncée. 

La face inférieure est très velue ; sur les parties latérales s'ob- 
servent les deux épaississements chitineux cités plus haut qui 
débordent sur la région ventrale. 

Dans cette espèce, Tornementation de Tabdomen, quoique plus 
accusée, est donc semblable à celle d'O. aniericana Leach. 

Ailes (pi. V, fig. 45). — Dans cette espèce, les ailes mesurent : 

Longueur 5 mm. <J 

Largeur 2 mm. 

Elles dépassent l'abdomen de 2 mm. 8. 

Leur coloration est gris fumé, presque noire, « fuligineuse » 
d'après Macquart. Les grosses nervures sont très accusées, noires; 
la nervure costale est particulièrement élargie et vers sa terminaison 
elle est couverte de poils noirs très courts. Les nervures périphé- 
riques sont faibles, mais toujours bien distinctes. 

La nervation est identique à celle d'O. ninericana Leach; toute- 
fois, dans l'angle formé par la nervure anale et la nervure cubitale, 
il existe un épaississement chitineux assez court. Enfin, toutes les 
cellules sont couvertes de villosités noires et microscopiques. 

Haltères. — Les haltères sont peu visibles. 

Pattes. — Les pattes, de plus en plus longues d'avant en arrière, 
ont comme dimensions : 

i'*^ paire 2 mm. 6 

a« — 3 mm. 6 

3» — 5 mm. 2 

Les pattes sont noires, très velues, surtout les antérieures. 
Le reste est identique à 0. aniericana Leach. 

Organes sexuels, — L'échantillon unique que je possède est une 
femelle. 



SYSTÉMATIQll' DKS IIIPPUBOSCIDÉS ET RIUILIDÉS 313 

Habitat et Localité. — 0. ardeœ a été saisi sur Arclea stellaris L. 
le Grand Butor Etoile (Echassiers), à Birieux, dans les Dombes 
(Ain), le 20 novembre 1908, 

Caractères distiiictlfs d'O. amerlcana et O. ardese. 

Il convient de préciser maintenant les caractères distinctifs des 
deux espèces d'ÛLFERSiA, 0, ardeœ Macq. et 0. aniericana Leach. 

i" Taille : 

0. americana 0. ardew 

Longueur avec ailes. , . 11 mm. 4 7 i^^"^* 7 

— sans ailes ... 7 mm. 5 mm. 

la variation de taille est très appréciable ; 

2° Couleur générale du corps (échantillons dans alcool) ; 

0. americana Leach, de couleur marron foncé ; 

0. ardese Macq., de coloration noirâtre ; 

3» Différence de constitution du clypéus (pi. V, %. /\<2 et 44) '- 

0. americana Leach : languettes antérieures divergentes, noires; 
la partie médiane située en arrière des languettes, en forme de carré 
de coloration blanchâtre ; 

0. ardese Macq. : coloration générale du clypéus uniforme et gris 
foncé (languettes divergentes et partie médiane) ; partie médiane 
située en arrière des languettes, de forme triangulaire à base située 
en avant; 

4" La partie antérieure de la tête comprenant le rostre, le clypéus 
et les antennes, fait une saillie plus prononcée dans 0. ardex que 
dans 0. americana; 

5° Forme du scutellum. Celui-ci est (pi. V, fig. 4o et 43) '• 

a) Plus large dans 0. americana; 

b) Plus étroit dans 0. ardeœ. 

L lare-eur du scutellum , , 

En effet, le rapport ^^ ,^^^°^^^,. ^^^ ^^^^^„^„^ donne dans : 

a) 0. americana., 



b) 0. ardese, 



L I 

H ~o 


mm. 
mm. 


4 = 3,4 


L I 


mm. 


' — 2 75 


H ~ 


mm. 


4 -^'7-^ 



314 CLASSIFICATION 

La différence est très appréciable ; 

6° Coloration des yeux. J'observe que celle-ci est : 

Noirâtre dans 0. americana ; 

Rouge-brique dans 0. ardeœ. 

7" Pilosité de l'abdomen : 

a) (). americana. Espèce à région dorsale nue dans la partie 
médiane ; les parties latérales possèdent des poils avec des inser- 
tions noirâtres qui forment ainsi une série de ponctuations. 

b) 0. ardeœ. Espèce à région dorsale entièrement velue (parties 
médianes et latérales), sauf deux petites surfaces médianes ; poils 
noirs uniformément répandus. 

Genre STENOPTERYX I each. 

Le genre Stenopferi/x comprend dans nos pays une seule espèce 
qui vit sur l'Hirondelle et le Martinet. 

On la trouve mentionnée pour la première fois par Linné, sous le 
nom cVHi])pohosca hirundinis L. Plus tard, Latreille la classa dans 
son genre OrnilJiomyia. En i8i8, Leach la prit comme type de 
son nouveau genre Stenepteri/x, dont le caractère était d'avoir « le 
corps pâle terne outestacé ». 

Depuis, le nom donné par Leach s'est un peu modifié en celui de 
StcnopteryjT, qui est aujourd'hui employé. 

Rondani (i^r-ç)) a essayé de réunir Sfenoj)teri/.r et Oxi/pierum 
(=z Crataerhina) pour en créer le genre Cheli/do?ni/ia, caractérisé 
par les ailes étroites, à extrémité aiguë, et par 1 habitat sur les 
Hirondelles et les Martinets. 

Malgré l'autorité de Rondani, en raison des caractères naturels 
des deux groupes, les deux genres de Leach ont persisté dans 
l'usage courant. 

A ce point de vue, j'ai adopté la classification de Leach. 

J'ai dit au début que le genre Stenopferijx ne renfermait qu'une 
espèce européenne. 

Toutefois, Macquart en désigne deux espèces dans son ouvrage sur 
les Diptères : Stenopteryx hirundinis L. et S. pygniœa Mcq. Ron- 
dani cite également deux espèces italiennes, S. hirundinis L. et S. 
cypseli Rnd. 

Je trouve, dans la collection Cote et parmi les exemplaires que j'ai 



SYSTKMATIQUR DES HIPPOBOSCIDKS ET BRAl'LIDÉS 315 

recueillis des échantillons de taille assez variée, mais qui appar- 
tiennent tous à S. hirundinis L. 

Caractères. — Les espèces du genre Stenojt/eri/.r présentent des 
ailes impropres au vol, à extrémité pointue, plus longues que 
labdomen, étroites et allons^ées, en forme de couteau, en mo venue 
sept fois plus longues que larges. 

La tête est plate, ronde, adhérente au thorax et protégée sur ses 
parties latérales par des saillies scapulaires très accusées ; les 
antennes sont longues, couvertes de poils nombreux ; les yeux sont 
étroits et arrondis, les ocelles peu distincts et au nombre de trois. 

Thorax plat, de couleur uniforme, pâle ou un peu jaunâtre, large 
en arrière, avec un écusson court, large, à poils nombreux. 

Abdomen rendu grisâtre par la présence de poils nombreux, 
noirs, fins et serrés. 

Dans ce genre, les espèces présentent une pilosité toujours très 
développée à la partie antérieure de la tète, sur le thorax et sur 
l'abdomen. 

Les pattes sont longues, trapues; les griffes tridentées. 

Pour distinguer Stenopleryx et Oxypterum (= Grataerhina), 
Rondani cite, comme caractère distinctif, l'existence dans le premier 
genre d'une nervure transverse médio-radiale, alors qu'il n'existe 
dans le second qu'une simple coalescence des deux nervures longi- 
tudinales radiale R3 et médiane M. Jai trouvé ce caractère toujours 
très constant. Mais il n'y a pas lieu d'en tenir grand compte dans 
les déterminations, étant donné le caractère différentiel, plus visible, 
de la forme des ailes dans les deux genres. 

Les ailes longues, étroites, en forme de couteau, plus longues 
que l'abdomen, en moyenne sept fois plus longues que larges, la 
présence d'ocelles et les griffes tridentées caractérisent donc ce 
genre. 

STENOPTERYX HIRUNDINIS Leach. 
(PI. VI, fig. .".4 et r).") ; pi. VII, fi--. r>ô et r^-j). ■ 

Stenopterijx hirundinis est une espèce de moyenne grandeur. 
Les mensurations faites sur les divers échantillons que je possède 
donnent comme valeurs extrêmes de la longueur du corps : 



316 rXASSIFlCÂTION 

1° Femelles, longueur avec ailes . 7 mm. à 8 mm. 

— — sans ailes . 4 nim. 4 à 5 mm. 8 
2° Mâles, — avec ailes . 7 mm, à 7 mm. 5 

— — sans ailes . 4 ram. 2 à 5 mm. 

La longueur moyenne est de : 

Avec ailes 7 mm. 4 

Sans ailes 4 nim, 9 

Tête (pi. VII, fîg. 56). — La forme générale de la tête est ronde, 
aplatie, d'une largeur à peu près égale à la longueur (longueur 
I mm. 55 et largeur i mm. 6). Elle rappelle celle d'Ornithomyia 
fringillina, mais avec des yeux plus petits. 

Le rostre est de moyenne longueur, omm. 5, très velu; les poils 
qui le couvrent sont noirs, longs, surtout à l'extrémité. 

L'épistome et l'hypostome, ce dernier un peu plus long que 
le premier sont blancs et presque transparents. 

La trompe est quelquefois rétractée entre les deux valves du 
rostre; souvent elle fait saillie hors des valves. 

Le clypéus est allongé, jaunâtre, très étroit entre les antennes. 
Sa longueur, de o mm. 65, est égale à celle du front. 

Les antennes ont une longueur de o mm. 5 ; elles font en avant de 
la tête une saillie de o mm, 2 ; les poils qui la couvrent, atteignent 
des longueurs considérables, de o mm. 6 à o mm. 8, presque le 
double de celle de l'antenne. Elles sont d'une chitine blanchâtre, 
sauf à leur base, où celle-ci devient jaunâtre, surtout du côté 
externe de chacune d'elles. En ce point, on observe une tache 
marron foncé. Sur leur base, se trouvent quelques poils. 

Le front comprend le pourtour orbitaire et le front proprement 
dit. 

Les pourtours orbitaires sont ici très dilatés et d'une couleur plus 
claire que la région médiane. 

Le front proprement dit, rendu très étroit par suite du dévelop- 
pement en largeur des pourtours orbitaires, se divise en une région 
antérieure toujours très foncée et une région postérieure plus claire. 
En avant, sur la région antérieure et dorsale de la tête, les pour- 
tours orbitaires présentent des poils larges et noirs, dont quelques- 
uns font saillie en avant et d'autres viennent se croiser au-dessus 
du clypéus. 



SYSTKMATIQUR DES HIPPOBOSCIDÉS RT BHAULIDÉS 317 

La présence de tous ces poils, ceux des antennes, du rostre et du 
pourtour orbitaire, rend très velue la partie antérieure de la tête de 
Stcnopterjix. 

Le vertex est nu, de forme trian"-ulaire, d "une hauteur de o mm. 3 
sur une largeur de o mm. 65. A Taniji-le antérieur, où se trouvent 
les ocelles, la région est toujours un peu plus colorée, du moins 
dans les échantillons frais. 

Les yeux sont relativement petits, arrondis, allongés, moins 
développés et plus rejetés en avant que dans O. fringillina qui se 
rencontre si fréquemment aussi sur l'Hirondelle : c'est ce que l'on 
observe par la comparaison des rapports de la largeur de l'œil à 
celle de la tête dans les deux espèces. Ce rapport est de o mm. 69 
pour . fringillina (]urt, et de o mm. 48 pour Stenopteryx hirun- 
dinis. L'orbite, de largeur assez grande, est de coloration marron 
clair brillant. 

Les ocelles sont peu visibles et au nombre de trois. Dans certains 
exemplaires, il est difficile de dire s'ils existent, même au micro- 
scope et avec les meilleurs éclairages. D'autre part, lorsqu'on en 
observe la présence, on constate qu'ils sont très petits, à ouverture 
peu appréciable. Peut-être y a-t-il là, dans cette forme très fixée, 
une régression de ces organes parallèle à celle des yeux composés? 

Thorax. — Le thorax est plat, large, un peu arrondi en arrière ; 
son bord extérieur est échancré, constituant une région protectrice 
de la tête par la formation de saillies scapulaires très prononcées. 

Les dimensions du thorax sont variables : 

1° Mâles, longueur i mm. 2 à i mm. 4 

-=• largeur 2 mm. 232 mm. 4 

3" Femelles, longueur i mm. 2 à i mm. 6 

— largeur 2 mm. 232 mm. 4 

Les variations dues au sexe sont peu appréciables. 

Le disque dorsal ne se distingue pas du reste de la partie dorsale 
du thorax, comme dans les genres précédents, par une coloration 
différente, en général un peu plus foncée. Il est ici de même nuance 
que les parties latérales. 

Il existe un sillon médian large, peu distinct, et pour ainsi dire 
pas de sillons transverses : le scutellum se distingue du reste du 
thorax surtout par la présence d'un très grand nombre de poils. 



318 «'XASSIFICATION 

Les poils sont, dans cette espèce, noirs et particulièrement longs. 
On les trouve en abondance sur les bosses scapulaires, sur les par- 
ties latérales du thorax, en avant de l'insertion des ailes, et, enfin, 
sur Técusson ; mais la partie médiane du thorax est nue. 

L'écusson a une surface apprécia])le. Pour un thorax de i mm. 35 
de longueur, ses dimensions sont de i mm. i de longueur sur 
o mm. 4 de hauteur. Ce dernier nombre représente un peu moins 
du tiers de la longueur du thorax ; la largeur est égale k trois 
fois la hauteur. Il est donc très étiré dans le sens transversal. 
De forme triangulaire et à bord postérieur rectiligne, l'écusson se 
trouve encore caractérisé, dans cette espèce, par un développement 
extraordinaire de la pilosité. La longueur des poils est très 
variable : les uns petits, les autres longs. 

La face inférieure du thorax est trisegmentée et presque nue. 

Abdomen. — En général, l'abdomen, chez les femelles, est assez 
large en arrière; il est plus régulièrement arrondi chez les mâles; 
il est rendu grisâtre, dans l'un et l'autre sexe, par le grand nombre 
de poils qui le couvrent. 

Au point de vue de la taille, les mensurations donnent : 

1° Mâles, longueur i mm. 8 à 2 mm. 4 

— largeur 2 mm. 4^2 mm. 5 

2° Femelles, longueur i mm. 8 à 2 mm. 8 

— largeur 1 mm. 5 à 2 mm. C 

On n'observe ici aucune trace de sesrmentation. 

En arrière du pédoncule, se trouve un bourrelet transversal très 
accusé, qui se rejette sur les parties latérales assez loin en arrière. 
La partie postérieure n'offre pas de traces visibles ou d'indices d'une 
segmentation, pas plus chez le mâle que chez la femelle ; en général, 
elle présente une échancrure médiane, peu prononcée chez le mâle, 
mais très accusée dans l'autre sexe. 

En général, les poils sont petits, noirs, gros ; ceux-ci forment le 
fond de la pilosité de tout l'abdomen, face dorsale et face ventrale. 
Us sont plus longs sur les parties latérales du bourrelet antérieur, 
très longs et volumineux, semblables k des piquants, sur les parties 
latérales de 1 échancrure postérieure. 

Ailes (pi. VI, lig. 55). — La forme des ailes est tout k fait carac- 
téristique du genre. Elles sont pointues, très allongées, peu larges, 
semblables k un couteau. 



SYSTÉMATIUUI': Di:S HIPl'OHOSCJUÉS KT BHAULIUÉS 319 

Je trouve comme limites extrêmes : 

Longueur 4 ™"i- 4 «^ ■' rnm. 

Largeur • . . . o mm. (i à <> mm. 8 

D'après un grand nombre de mensurations, la longueur moyenne 
est de 4 mm. 8 pour une largeur de o mm. 7 : il en résulte que la 
longueur de l'aile est égale à sept fois sa largeur. 

Les ailes dépassent l'abdomen, d'une longueur qui varie de 
I millimètre à 2 mm. 6 ; en général, elles dépassent l'abdomen de 
'1 mm. 5 en moyenne. 

La nervation se compose d'un réseau de grosses nervures, très 
serrées, peu colorées, assez difficiles à distinguer les unes des 
autres, et de nervures périphériques, transparentes, mais toujours 
visibles. 

La costale G est grosse, avec de longs poils noirs à sa base, qui 
couvrent la face supérieure de l'aile. On aperçoit une subcostale 8c 
très difficile à observer, une radiale R avec ses ramifications Rj, Rj 
et R3, une médiane M, une cubitale Cu et une anale A. La transverse 
humérale n'est pas distincte ; seule est visible la médio-radiale mr. 
La nervation est donc caractérisée par l'absence de trnnsvcrse médio- 
cuhitale mcu et de cellule anale. 

Haltères. — Les haltères sont petits, à tige et tête blanchâtres, 
peu visibles, cachés par le scutellum. 

Pattes. — Les pattes ont comme longueurs moyennes : 

1" paire 4 mm. 

26 — * 4 mm. 6 

3e — 5 mm. 6 

Elles sont toutes très velues, avec poils noirs, très longs surtout 
sur les fémurs. 

Parmi les coxas, les antérieures sont toujours grosses, sphéri- 
ques et velues^ les moyennes grêles, les postérieures grosses et 
allongées. ' 

Les fémurs constituent les articles les plus volumineux des 
pattes, surtout celui de la patte antérieure ; les tibias sont cylindri- 
ques et, si on les compare avec ceux d'O. fringillina, on s'aperçoit 
qu'ils sont plus robustes. Les tarses sont pentamères, 1res velus, 
à poils longs sur la partie dorsale et à poils courts, très gros, sem- 



320 CLASSiFICATlOX 

blables à des piquants sur la face inférieure ; les quatre premiers 
articles sont égaux, sauf au tarse de la troisième paire de pattes, 
où le premier est un peu plus long- que les trois autres ; l'article 
terminal porte deux brosses, deux pulvilles bien développées, un 
empodium bipectiné et une paire de griffes tridentées (pi. VII, 
fig-. ay) (chacune avec deux dents noires, très prononcées, et une 
dent interne jaune corne). 

Organes sexuels. — Les organes sexuels sont bien visibles chez 
le mâle, où ils consistent en un jîénis chitineux, saillant, protégé par 
deux valves latérales jaune corne. 

L'orifice génital femelle est assez distinct. 

Différences sexuelles. — A part les organes génitaux, toujours 
reconnaissables chez le mâle, les différences sexuelles sont peu 
importantes et consistent en un abdomen très échancré en arrière 
chez les femelles, peu chez le mâle. 

Développement. — Femelles pupipares. 

Je n'ai pas eu de pupes à ma disposition, mais je constate ici, 
dans mes échantillons, un certain nombre de femelles dont 
l'abdomen est distendu par la présence d'une larve en voie de déve- 
loppement. 



i/i 



SEXE 



cf 



HOTES 



Hirundo ruslica L., Hirondelle 

— — H. cheminées. 

Chelidon urbica L., Hirondelle 

cul blanc 

Ilirundorustica L., H. cheminées 

— — II. ord.jeun«. 
Chelidon u)-bica L., Hirondelle 

cul blanc 



LOCALITÉS 



La Pape (pr. Lyon) 
Villars 



DATES 



1904 



24 Mai 1906 

Juin 1906 

15 1 Août 1906 

Août 1908 



Habitat. — Comme on le constate d'après cette énumération, 
Stenopteryx semble localisé sur l'Hirondelle. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 321 



Genre GRATAERHINA If ers. 

Ce genre fut créé par v, Olfers (i8i5). En 1 817, il fut désigné 
sous le nom à'Oxypterum par Leach et, plus tard, sous celui 
à^Anapera, par Meig-en (i8i8-i838). C'est cependant le nom donné 
par Leach, qui fut jusqu'ici le plus employé par les auteurs. Comme 
le fait remarquer Speiser (1900, /j), c'est à v. Olfers que revient 
incontestablement la priorité au point de vue de la création du 
genre. Je me range à cette manière de voir et j'adopte le nom de 
Crataerhina au lieu de celui d'Oxijpterum. 

Les caractères du genre sont les suivants : 

Tête petite, plate, allongée; antennes très velues, ; pas d'ocel- 
les ; yeux très petits ; thorax échancré à la partie antérieure, 
avec bosses scapulaires très saillantes ; écusson large et couvert de 
poils ; abdomen très velu ; ailes pointues, trois fois plus longues que 
larges ; pattes fortes, longues, couvertes de poils ; griffes tridentées. 

Ce genre ressemble beaucoup à Stenopteryx. Comme ce dernier, 
il possède des ailes pointues et atrophiées, qui ne peuvent servir 
au vol. Il s'en distingue par V absence d'ocelles, par des yeux plus 
petits et surtout par des ailes plus courtes et plus larges, en moyenne 
trois fois plus longues que larges, au lieu de sept fois comme dans 
Stenopjtej'yx. 

CRATAERHINA PALLIDA 011ers (pi. VI, fig. 48 à 53). 

Crataerhina pallida Olf. est une forme d'assez grande taille, à 
tête allongée et à abdomen volumineux, chez les mâles comme chez 
les femelles. 

Dans son ensemble, elle a une forme triangulaire très caractéris- 
tique. 

Les mensurations que j'ai faites de cette espèce donnent comme 
valeurs extrêmes : 

Mâles, longueur avec ailes . . H mm. 8 à 7 mm. 2 

— — sans ailes . . 4 nim. 8 à 6 mm, 3 
t'emelles, — avec ailes . . G mm. à 8 mm. 

— — sans ailes . . 5 mm. à 7 mm. G 

IJmv. db Lyo.w — ^IAsso^■^At 21 



322 CLASSIFICATION 

Les valeurs moyennes sont : 

Longueur (avec ailes) 7 mm. 3 

— (sans ailes) 6 mm. 4 

La coloration du corps, surtout celle de l'abdomen, est vert foncé 
à l'état frais. Cette teinte disparaît dans l'alcool : les échantillons 
deviennent alors d'une coloration jaune foncé ou rouille, pour la 
tête et le thorax, et brunâtre pour l'abdomen. Cette dernière teinte 
est due au grand nombre de poils qui couvrent cette rég-ion du corps. 

Tête (pi. VI, fig-. 49 et 5o). — La tète est allongée en avant, 
arrondie en arrière et encastrée dans une profonde échancrure du 
thorax. 

Les valeurs extrêmes que j'obtiens dans mes mensurations sont : 

1° Mâles, longueur ..... i mm. 5 à i mm. <) 

— largeur imm.4àimm.5 

2° Femelles, longueur i mm. 6 à 2 mm. 

— largeur i mm. 4 à i mm. 6 

Dans l'échantillon qui sert plus spécialement à cette description, 
on trouve une long-ueur de i mm. 9 pour une largeur de i mm. 65. 

Le rostre est allongé, o mm. 6, couvert de poils longs sur toute 
son étendue, alors qu'ils étaient très courts, chez les autres Pupi- 
pares moins fixés à leur hôte, et qu'ils n'étaient longs qu'à l'extré- 
mité de cet organe. Il est entouré à sa base par des rebords mem- 
braneux blanchâtres qui forment l'épistome et l'hypostome. 

La trompe est souvent saillante. 

Les antennes de o mm. yS de longueur sont très longues, à pro- 
longement antennaire dilaté, aplati et à surface dorsale couverte de 
poils noirs extraordinairement longs i\ = i millimètre). 

Le clypéus est très allongé (1 = o mm. 9): il représente presque 
la moitié de la longueur de la tête ; en raison du développement 
du clypéus la tête prend un aspect effilé caractéristique du genre 
Crataerhina. Une ligne transversale chitineuse le divise en deux 
parties, une région antérieure très blanche, membraneuse, la plus 
longue, et une région postérieure chitinisée de couleur jaunâtre 
plus ou moins foncée. 

Le front est court et très large. En considérant comme front toute 
la partie comprise entre les yeux, on obtient comme rapports 



SYSTEMATIQUE DES HIPPOBOSCIDKS I;T HHAULIDKS 323 

largeur front o.q ^ lono-ueur front o.65 

1 — ' rrr' = — 7^? = o..'>5 et ^, — ^^ ^ — ^= = o.oA : 

largeur tête i.65 longueur tête 1.90 

La région frontale est donc beaucoup plus développée en largeur 
que dans Stenopteri/x ; elle est proportionnellement plus large 
que longue. 

Le front comprend : un pourtour orbi taire qui est très large et 
légèrement blanchâtre et le front proprement dit. Ce dernier est 
constitué d'une région antérieure à coloration marron foncé et dune 
région postérieure de couleur plus claire, rouge-brique. En avant et 
de chaque côté, se trouve une rangée de poils qui s'entre-croisent 
sur la région médiane dorsale et antérieure delà tête^ au-dessus du 
clypéus. 

Le vertex est de couleur claire : il occupe presque le cinquième 
de la longueur de la tête ; ses dimensions sont de o mm. 35 de 
longueur sur o mm. 6 de largeur. Sa forme est un peu triangulaire 
avec des côtés arrondis. 

Les yeux sont très petits, de forme elliptique, dune longueur de 
o mm. 7 et d'une largeur de o mm. 3^, lœil étant regardé de face. 
Ils sont situés sur les parties latérales et antérieures de la tête. 
Les facettes sont bien distinctes. L orbile est de couleur marron 
clair brillant. La région postérieure del'orljite se poursuit en arrière 
de l'œil et délimite une région qui appartient manifestement à cet 
organe. L'œil paraît avoir régressé et disparu de cette région pour 
ne se maintenir qu'à la partie antérieure. 11 y a donc là un fait qui 
atteste que cet insecte possédait autrefois un organe visuel plus 
développé que dans l'espèce actuelle. Enfin l'absence d'ocelles 
distingue Crafaerhinn du genre Stcnopferi/x. 

Thorax. — La forme générale du thorax est très particulière : 
c est celle d'une lentille avec une concavité très prononcée en 
avant, constituant une région protectrice de la tête, et une faible 
convexité en arrière. Cette dernière partie forme en effet la bordure 
presque droite de la région postérieure du thorax. Enfin les parties 
latérales sont légèrement concaves. 

Les dimensions du thorax sont : 

1° Mâles, longueur i mm. 4 

— largeur 2 mm. 6 

•j." Femelles, longueur i mm. 4 ti i mm. (i 

— largeur u mm. 6 à 3 lum. 



324 CLASSIFICATION 

La rég-ion antérieure présente deux saillies latérales très accusées 
de o mm. 7 de longueur qui protègent la tête dans le rapport de 

'—i— = 0.37, c'est-à-dire plus du tiers de sa longueur. 

I mm. 90 

Le sillon longitudinal médian est de coloration jaune chitineux. 

II est visible quoique peu profond. Le sillon latéral le serait davan- 
tage, mais il est situé très en arrière, près du sillon scutellaire : il 
n'atteint pas le médian. 

Le sillon postérieur qui délimite l'écusson est également peu 
accusé. 

Gomme la tête, le thorax présente des poils longs et noirs. La 
région médiane est nue. Les poils se trouvent localisés sur les 
saillies scapulaires, sur les parties latérales, en avant des ailes et 
du côté interne de leurs insertions, et enfin sur le scutellum. 

L'écusson est large et étroit: sa largeur est de i mm. 3 et sa 
longueur de o mm. 4- En longueur, il représente à peine le tiers 
du thorax. Les poils sont plus abondants que dans Stcnopteryx : 
ils sont longs, noirs et répartis sur toute la surface. 

La face inférieure est trisegmentée et peu velue. 

Abdomen. — L'abdomen a une forme régulièrement élargie 
d'avant en arrière, sa partie postérieure étant la plus dilatée, sauf 
dans les échantillons les plus volumineux où il tend à devenir 
sphérique. 

Les mensurations donnent : 

1" Mâles, longueur i mm. G à 3 mm. 4 

— largeur 2 mm. 4^4 mm. 2 

20 Femelles, longueur 2 mm. à 4 mm. 2 

— largeur 2 mm. à 5 mm. 4 

On constate que les variations sont très grandes, aussi bien chez 
les mâles que chez les femelles. Elles sont plus grandes que celles 
observées chez les autres Pupipares parasites des Oiseaux ; mais il 
faut remarquer que Crataerhina est une forme très fixée chez 
laquelle on observe une partie abdominale toujours très volumi- 
neuse comparativement aux dimensions de la tête et du thorax. 

Les valeurs moyennes que j'obtiens pour une quinzaine d'indi- 
vidus, sont en effet de 3 mm. i de longueur et de 3 mm. 7 de lar- 



SYSTFMVTIftUIÎ DES HIPPOBOSClDliS ET BRAIXIDÉS 325 

geur : ce sont des dimensions considérables relativement à celles 

'\trde ces échantillons - qui n'est pas une femelle dont 
..rLte.itdUatépa.lap^^^^^^^ 

z: rsiaLtilT-rao-pilt i::^ l. ... ...me 

'"ulbfomen ne présente pas de segmentation visible ou qui puisse 

êt.e oupçonnée parla dis os.tion des poUs. On d.stmgue un pe on- 

Z nn bourrelet antérieur très prononcé se rabattant sur les 

l'orifice génital. , 

r. ^c loc mAlps la tache médiane n existe pas. 

n : te :^^^^^^^^^^ tontelois que ces détaOs d'ornementat.on ne 

côté de 1 échancL-e médiane, sur les deux part.es marron (once qm 
,.oisinentrorir,ce^gé,ùtal_ ,„„ ,„,„i,,,, eonnne dans le 

J: " oîi: mlis elles se distinguent par une taUle plus 
' L e car leur forme dilatée dans la partie médiane. 
^ Les iTsurlns de l'aile donnent comme valeurs extrêmes : 

A mm. 2 à 5 mm. a 

Mâlfs longueur ^ , . 

iViaies, 1" o ^ ^^^ 2 jj , jnm. 4 

largeur ..•••• - 

, " ;i mm. 4 a 4 m^- '^ 

Femelles, longuem , rnm. . à i mm. 4 

__ largeur 



32C, CLASSIFICATIOX 

Le rapport entre la longueur et la largeur de l'aile est en moyenne 
de trois au lieu de sept comme dans Stenoptcryx. 

En général, les ailes dépassent labdomen d'une quantité plus ou 
moins grande qui varie de o millimètre 2 à 2 mm. Dans les formes à 
abdomen très dilaté, elles sont même plus courtes que celui-ci. 

Les grosses nervures sont moins ramassées, plus élargies, et par 
suite plus visibles que dans Slenoptei'i/x. Elles sont encore rendues 
plus distinctes par la présence fréquente de pigments noirâtres, 
le plus souvent disséminés sur toute leur longueur ; la base est 
couverte de poils noirs beaucoup plus longs que dans Stenoptcryx. 

On distingue les nervures longitudinales C, qui s'étend jus- 
qu'aux deux tiers de l'aile, Se peu distincte, R et ses trois divisions 
R,, R. Gt R3, M, Gu et A. Gomme nervures transverses, on 
trouve une humérale h qui est très peu visible, mais les nervures 
médio-radiale (mr)^ médio-cubitale (mcu) et anale (A,) sont bien 
distinctes. Toutefois, il est à remarquer que (mr) et (mciij résultent 
de simples coalescences des nervures longitudinales. 

La nervation présente donc par rapport à celle de l'aile de 
Stcnopterijx des différences bien nettes qui consistent dans l'ab- 
sence dans ce dernier genre des nervures transverses médio-cubitale 
et anale. 

Haltères. — Les haltères sont petits, blanchâtres et d'une lon- 
gueur de o mm. 4- 

Pattes. — Les mensurations donnent comme valeurs moyennes 
de la longueur des pattes : 

i'"'^ paire . . . • 5 mm. 8 

2*' — G mm. 3 

3» — 7 mm. 5 

Les pattes sont donc très longues ; les articles sont gros surtout 
ceux de base, coxas et fémurs. Enfin les pattes sont couvertes de 
poils nombreux, longs et noirs. 

Parmi les coxas, celle de la patte antérieure est volumineuse, la 
deuxième grêle, la troisième très grosse et allongée. Les fémurs 
sont robustes, surtout l'antérieur qui est le plus trapu ; tous sont 
très velus, couverts de poils surtout à la partie externe et terminale 
de chacun d'eux. Les tibias sont cylindriques, velus, et relativement 
gros par rapport à ceux des espèces précédentes. Les tarses sont 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOROSCIDHS ET BRAHLIDKS 327 

pentamères, robustes, très velus, k articles égaux, sauf à la patte 
postérieure où le premier serait un peu plus long que les trois autres. 
L'article terminal du tarse est toujours grand, large, avec de longs 
poils et muni dune paire de griffes tridentées très fortes et bien 
accusées (pi. VI, fig. 5^ et 53), de deux brosses, de deux pulvilles 
et d'un empodium bipectiné. 

Organes sexuels. — Les organes sexuels sont bien distincts à la 
face inférieure de l'abdomen et consistent chez le mâle en un pénis 
et deux valves latérales chitineuses et, chez la femelle, en un orifice 
postérieur toujours bien visible. 

Différences sexuelles. — En dehors des organes génitaux, on ne 
trouve de différences sexuelles que dans les formes à abdomen dilaté 
où le mode d'ornementation diffère légèrement, par suite de la pré- 
sence d'une tache médiane chez les femelles et de son absence chez 
les mâles. 

Dans les formes à abdomen ratatiné, ces différences ne sont pas 
perceptibles ou ne sont visibles qu'avec les plus grandes diffi- 
cultés. 

Développement. — Femelles pupipares. Pupes noires, brillantes. 

Habitats. 



O 


SEXE 


HOTES 


LOCALITÉS 


DATES 


3 

1 

o 

3o 


9 

9 
a"et9 


ButeovulgarisL., Eiuse ordinaire 
Hirundo rustica L., Hirondelle 

de cheminées 

Cypselus apus L., Martinet. . 


Villars (Ain) 
Nîmes 


1904- 1908 



Je dois les échantillons assez nombreux, que je possède et qui 
m'ont permis de faire l'étude morphologique et anatomique de cette 
espèce, à la grande complaisance de M. Mingaud, conservateur 
du musée de Nîmes. Je lui adresse ici tous mes remerciements. 

Ces échantillons, au nombre d'une trentaine, ont été pris sur le 
Martinet. 



328 CLASSIFICATION 

Remarque. — En se reportant aux tableaux des habitats du 
Stenopleri/x et de Crataerhina^ on s'aperçoit que ces deux espèces 
ont été rarement recueillies par M. Côte. Il ne faudrait pas en 
conclure cependant qu'elles sont peu répandues dans la région 
lyonnaise. Il faut tenir compte, en effet, que ces deux espèces sont 
localisées sur le Martinet et l'Hirondelle, oiseaux que Ton ne chasse 
pas et qui ne sont tués qu'accidentellement. 



BRAULIDES 
Genre BRAULA Nitzsch. 

(PI. VII, fig. 58 à 62.) 

Le genre Branla fut créé par Nitzsch, en 1818, qui le rattacha aux 
Pupipares. 

Une seule espèce appartient à ce genre. Elle fut décrite pour la 
première fois par Réaumur (1742). 

BRAULA CAECA Nitzsch. 

L'aspect général de cette espèce est bien différent de celui des 
précédents Pupipares. 

La tête est aplatie d'avant en arrière. Le thorax est très court. 
L'abdomen est volumineux et segmenté. Le corps tout entier est 
couvert de poils nombreux et longs ; il est arrondi, un peu aplati 
dorso-ventralement, avec un abdomen qui s'amincit régulièrement 
d'avant en arrière, La coloration est rouge brique. Les jeunes sont 
blancs. 

Les mensurations donnent pour la taille du Branla : 

Mâles I mm. 4 à i mm. 5 

Femelles 1 mm. 4 à 1 mm. 6 

Cette dernière longueur (i mm. ()) ne se présente que chez les 
femelles, dont l'abdomen renferme un œuf très développé ; la partie 
postérieure se continue alors par un prolongement de petit diamètre 
formé de quelques anneaux à parties chitinisées, qui alternent avec 
des parties membraneuses. 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET MAULIDÉS 329 

Tête (pi. VII, fîg-. 5c)). — La tête est aplatie d'avant en arrière et 
semble, de ce fait, peu développée lorsqu'on observe l'insecte par la 
face dorsale. L'insecte est hypog-nathe : les pièces buccales se trou- 
vent en contact avec les pattes. 

Les appendices buccaux se rattachent, comme nous l'avons vu, à 
ceux des Pupipares. Ils comprennent : 

Une lèvre supérieure, dont la longueur est un peu plus de o mm. i , 
bien distincte, placée entre les deux lobes labiaux, de forme 
conique, .arrondie à son extrémité et se prolongeant un peu au- 
dessus du clypéus; 

Deux palpes maxillaires, en forme de massue, très élargis au 
sommet, avec une grande surface latérale d'insertion, couverts de 
poils dont la longueur est égale à celle de ces organes; 

Deux lobes labiaux situés en dedans des palpes maxillaires, en 
forme de poinçon, avec quelques poils sensoriels situés sur les 
parties latérales; ces poils sont longs et assez gros; 

Une lèvre inférieure très peu distincte; 

Un htjpopharynx rudimentaire qui n'est visible que sur coupes. 

Les antennes ont une structure très particulière, qui se rattache 
cependant à celle des Pupipares. Elles sont logées dans une fosse 
profonde située de chaque côté de la tète. Chaque antenne comprend : 

1° Un i:\elit article basai de forme triangulaire; 

2" Un article terminal arrondi, allongé un peu en cône à sa partie 
supérieure et couvert de cils lins, courts et transparents ; 

3° Un flagelle long, presque cylindrique, couvert de cils fins et 
transparents sur toute sa longueur. 

On peut distinguer deux parties dans le clypéus : 

i** Le clypéus proprement dit; 

2° Le post-clypéus. 

Le clypéus proprement dit est plus large que long, en forme d'arc 
de cercle avec une base de o mm. 28 et une flèche de o mm. 12. Il 
est dépourvu de poils à sa surface. 

Le post-clypéus est délimité en avant par la suture du clypéus 
proprement dit, en haut par la fosse céphalique et latéralement 
par les deux fosses antennaires. Il est couvert de poils très fins 
répartis uniformément sur sa surface. 

Le front est très étroit, court, allongé transversalement et bosselé 
sur sa partie supérieure. Lorsqu'on regarde l'insecte par la face 



330 CLASSIFICATION 

dorsale, le front est la seule partie visible de la tête. Celle-ci étant 

détachée et regardée par la partie antérieure, c'est-à-dire de face, le 

I 5 
front représente le -—■ de la hauteur de la tête ou o,3, un peu 

moins du tiers. Il est couvert de poils; ceux-ci, nombreux, long-s et 
transparents, sont distribués d'une façon très régulière. J'observe 
d'autre part, qu'ils se dirigent tous, de chaque côté, vers la ligne 
médiane frontale. 

Il n'existe pas de vertex. 

Le clypéus et le front sont séparés par un sillon transversal qui 
passe par derrière la fosse antennaire. Il est rempli de poils très 
fins, courts, serrés et jaunâtres. Il paraît beaucoup plus profond 
vers la ligne médiane. 

Les yeux sont rudimentaires et situés sur les parties latérales du 
front, au-dessus des antennes. Ils sont entourés d'une sorte de 
cadre orbitaire, visible après traitement par la potasse caustique, 
arrondi en bas et étiré obliquement en pointe vers le haut. Lœil ne 
présente pas de facettes, mais sa position latérale, voisine des 
antennes, atteste qu'il est le représentant d'un œil composé, aujour- 
d'hui atrophié. On aperçoit seulement quelques traces de matières 
pigmentaires. 

Il n'existe pas d'ocelles. 

La face inférieure de la tête est glabre. 

Thorax. — Le thorax a une forme discoïde. Il est très court sur 
la face dorsale et plus allongé du côté ventral. 

On obtient : 

c^ 9 

Longueur (face dorsale). . o mm. 2 o mm. lâ à o mm. 2 

— (face ventrale) . o mm. 3 à o mm. 4 o mm. 35 à o mm. 4 
Largeur o mm. G o mm. G 

Les variations sexuelles ne sont pas appréciables. 

Lorsqu'on observe le thorax par la face dorsale, il semble formé 
par la fusion de deux anneaux séparés par une rainure visible 
sur les parties latérales. Dans cette rainure se trouve de chaque 
côté le stigmate antérieur, large, circulaire, avec une rangée de poils 
rayonnants. 

Le bord antérieur du thorax est rectiligne et ne présente aucune 
saillie scapulaire. Son bord postérieur, incurvé, donne insertion 



SYSTÉMATIQUE DES HIPPOBOSCIDÉS ET BRAULIDÉS 331 

par toute sa largeur à l'abdomen ; mais la séparation entre ces deux 
parties^ thorax et al)domen, n'en est pas moins très nette, en raison 
de l'existence d'une rainure, qui devient profonde -sur les parties 
latérales. 

Sur chacun des anneaux du thorax se trouve une rangée de 
poils, longs sur les côtés et recourbés en arrière. 

L'importance du thorax est plus grande du côté ventral et sa 
longueur, qui est de o mm. 6, est égale à trois fois celle de la face 
dorsale. Il est trisegmenté, chaque segment portant une paire de 
pattes. La face inférieure est dépourvue de poils. 

D'autre part, le thorax ne présente chez Branla aucune trace 
dailes, ni d'haltères, ni d'écusson. 

Abdomen (pi. VII, fig. 60). — L'abdomen tend vers la forme 
ellipsoïdale ; il est plus allongé que large, et légèrement aplati 
dorso-ventralement. 

Les mensurations donnent : 

6 9 

Longueur (face dorsale). . i mm. à i mm. 1 i mm. i à i mm. 2 

— (face venti'ale) . o mm. 8 ko mm. 9 o mm. 8 à o mm. 9 

Largeur (la plus grande) . o mm. 85 à o mm. y 1 mm. 

Les variations sexuelles ne sont pas très appréciables. 

La face dorsale présente cinq segments, tous avec plusieurs séries 
de poils courts sur le dos et plus longs sur les parties latérales et 
postérieures. 

Il faut observer encore que, chez la femelle qui renferme un œut 
bien développé, il existe un prolong-ement postérieur de l'abdomen 
composé de 4 segments. Celui-ci est de coloration blanchâtre, d'une 
longueur de o mm. 35 à o mm. 4 et d'une largeur de o mm. 3. Sur 
chaque segment, il existe de chaque côté une région chitinisée de 
couleur jaune clair. Sur l'article terminal s'observent deux saillies 
latérales, jaunâtres, arrondies et couvertes de poils. 

La face inférieure offre quelques particularités : sur les parties 
latérales, on retrouve toujours très nets les cinq segments, dirigés 
ici obliquement en arrière. Dans la rég'ion médiane, les lignes de 
séparation des cinq segments sont perpendiculaires au plan de 
symétrie de l'animal ; le premier segment est beaucoup plus g-rand 
que les quatre suivants. 

Chacun d'eux présente une rangée de petits poils placés sur 



332 CLASSIFICATION 

son bord antérieur, sauf sur le premier segment où ces poils, toujours 
petits, sont disséminés sur toute la surface. Le fait intéressant à 
relever et qui différencie Braula de tous les Pupipares, est la pré- 
sence d'un abdomen qui est ici nettement segmenté ; enfin cette 
région est particulièrement velue. 

Pattes. — Les trois paires de pattes sont d'égale longueur, de 
I mm. 3 chacune. Elles sont toutes semblables, de même confor- 
mation, sauf la coxa de la patte antérieure qui est sphérique et la plus 
volumineuse de toutes. Les autres coxas sont grêles et allongées. Les 
fémurs sont gros et cylindriques, les tibias gros et aplatis et le 
tarse pentamère (pi. VII, fîg. 6i), Le dernier article est large ; au 
lieu de griffes, il possède un peigne d'une largeur de o mm, 2 et 
deux pulvilles en forme de feuille à'Elodea. 

Le peigne (pi. Vil, fig. 62) se compose d'une trentaine de dents, 
fines, acérées et de couleur jaune corne ; il se divise en deux séries 
de quinze dents; celles-ci se soudent sur la ligne médiane et l'on 
observe, en ce point, une échancrure très nette qui les sépare lune 
de l'autre. 

Les pattes. sont toutes également velues, surtout les tarses. 

Organes sexuels. — Les organes sexuels mâles consistent en un 
pénis accompagné de deux valves latérales ; ces parties sont de chi- 
tine de couleur jaune foncé. En arrière de l'orifice génital, se trouvent 
deux petites saillies qui appartiennent au dernier segment 
abdominal. 

Les organes sexuels femelles externes consistent en un orilice 
qui se trouve sur le dernier anneau. 

Différences sexuelles. — A part le pénis toujours bien visible chez 
le mâle, on n'observe aucune différence sexuelle appréciable entre 
le mâle et la femelle, sauf dans le cas où il existe un prolongement 
postérieur blanchâtre. 

Développement. — Inconnu. Lapupiparité n'a jamais été observée. 

Habitat. — Ruchers d'abeilles. 

Localités. — Montceaux (Ain). 



CONCLUSIONS 



Pour conclure ce travail, je passerai en revue dilîérentes questions 
relatives aux Pupipares à propos desquelles j'utiliserai les données 
et les résultats de cette étude. 

Ce sont : 

1° Les caractères de classification ; 

2° Les affinités du g-roupe des Pupipares avec les Diptères ; 

3" La pupiparité. 

Enfin, pour terminer, je présenterai quelques observations rela- 
tives à la question de la spécificité des parasites. 

CARACTÈRKS DE CLASSIFICATION 

L'aperçu historique de la systématique des Pupipares et l'exposé 
détaillé des espèces françaises m'amènent à jeter un rapide coup 
d'œil sur l'ensemble de leur classification et à passer en revue les 
différents caractères, sur lesquels on s'est appuyé pour l'établir peu 
à peu ; en faisant appel aux résultats de Fétude morphologique et 
anatomique et aux nombreux renseignements de la collection Côte, 
je pourrai également fournir quelques indications sur les affinités des 
genres entre eux. 

La conformation générale du corps a permis de diviser les Pupi- 
pares en trois principales familles' : i° les Hippoboscidés : 2° les 
Braulidés ; 3^" les Nyctéribiés. 



* Je laisse de côté les Stréhlidés dont je n'ai pas de représentants dans la 
faune française. 



334 CONCLUSIONS 

Chez tous ces insectes, le corps est divisé en trois parties dis- 
tinctes : tête, thorax et abdomen ; mais laspect et les relations de 
ces parties, les unes avec les autres, ne sont pas toujours identiques. 

La tête est aplatie dorso-ventralement chez les Hippoboscidés, 
d'avant en arrière chez les Braulidés, latéralement chez les Nycté- 
ribiés. Elle est en continuité avec le thorax chez les Hippoboscidés 
et les Braulidés ; elle est située au-dessus du thorax chez les 
Nyctéribiés. 

Le thorax est bien développé et aplati dorso-ventralement chez 
les Hippoboscidés et les Nyctéribiés ; il est court et de section 
arrondie chez les Braulidés. 

L'abdomen est aplati dorso-ventralement et n'ofTre que peu ou 
pas de traces de segmentation chez les Hippoboscidés; il est au 
contraire arrondi, de section elliptique et nettement segmenté chez 
les Braulidés et les Nyctéribiés. 

C'est en s'appu^ant sur la conformation générale du corps que 
l'on peut ainsi justifier cette division des Pupipares. 

Le mode de vie parasitaire est déjà un point commun à tous ces 
Insectes ; tous sont en efîet des parasites externes et, comme tels, 
plus ou moins dégradés. Si la fixation sur un hôte, aux dépens 
duquel ils vivent, nous apparaît aujourd'hui comme un fait qui dût 
les rapprocher les uns des autres, elle fut au contraire au début une 
cause d'éloignement. A cette époque on ignorait les relations des 
aptères avec les individus ailés : il était tout naturel et logique d'agir 
comme le fit Linné en mettant les premiers parmi les Pédiculidés. 

La pupiparité est le caractère qui permit à Latreille de réunir 
toutes ces espèces en un même groupe ; et ce fut aussi cette 
curieuse particularité du développement qui le conserva en entier 
jusqu'à nos jours malgré certaines tentatives de dislocation, 
entre autres celle de Leach {1817) qui essaya de rapprocher les 
Nyctéribiés des Arachnides. 

Chez les Hippoboscidés que j'ai plus particulièrement étudiés, j'ai 
montré que Vaspect de l'insecte varie avec le degré de fixation sur 
l'hôte, en raison de la régression des ailes, des yeux composés... ou 
du développement des organes de fixation, du système pileux..., 
toutes modifications qui résultent de l'adaptation au régime parasi- 
taire et qui sont précieuses à l'établissement des caractères géné- 
riques. 



CONCLUSIONS 335 

On s'est ég-alement servi du milieu auquel le parasite a dû s'adap- 
ter, en un mot de Vhahitaf, lequel diffère soit au point de vue du 
revêtement externe de l'hôte (poils ou plumes), soit en raison de la 
mobilité de ce dernier. Dans l'étude générale, nous avons reconnu 
que certains genres étaient plus spécialement adaptés les uns aux 
Mammifères ( Hippohosca^ Lipoptcno, Melojjlwn/us), les autres aux 
Oiseaux, Branla à l'Abeille et Nycteribia aux Chauves-souris. 

Aussi les noms génériques et spécifiques rappellent-ils souvent 
les hôtes sur lesquels ils ont été saisis. D'après son nom, Hippohosca 
equina L. ne devrait se rencontrer que sur le Cheval. Or, on le 
trouve en abondance sur le Dromadaire africain, assez fréquemment 
sur les Chiens du Sud algérien', sur les Chouettes-Chevêche, et le 
Milan (p. 243). En France, c'est surtout sur le Bœuf que je me suis 
procuré des matériaux d'étude, et j'ai éprouvé, au contraire, beau- 
coup de difficultés pour en obtenir quelques-uns pris sur le 
Cheval. 

De même Melophagus ovinus L. ne se rencontre pas que sur le 
Mouton ; il a été saisi également sur le Chamois (p. 263). 

Je ferai encore une observation d'un autre ordre d'idées, à propos 
de Stcnoplerijx Jiirundinis L. En se reportant aux tableaux des 
habitats, on voit (}ue cette espèce n'a été trouvée que sur l'Hiron- 
delle (p. 32o), mais on reconnaît aussi qu'elle est rare, par 
rapport k Or/iilhomj/ia fringillina (p. 284), autre espèce qui, dans 
nos régions, vit également sur le même Oiseau. En dépit du nom, 
qui tendrait à faire admettre que c'est Stenopteryx hirundinis que 
1 on doit rencontrer communément sur l'Hirondelle, c'est la der- 
nière espèce qui est au contraire la plus fréquente. 

On fait quelquefois appel au pays d'origine pour désigner une 
espèce. C'est ainsi qaOlfersia americana Leach, semblerait localisé 
à l'Amérique. Il n'en est rien. Je l'ai retrouvé en France sur la Spa- 
tule (p. 3o4) Platalea leiicorodia. 

Toutes ces considérations m'amènent à penser que les caractères 
éthologiques ne peuvent servir à la classification que d'une façon 
assez grossière et non rigoureusement exacte : un même hôte peut 
avoir en eifet plusieurs jaarasites (cas de l'Hirondelle), ou bien le 

1 Le D>' Ed. Sergent m'a communiqué toute une collection d'exemplaires 
qu'il avait recueillis sur des chiens du Sud- Algérien. 



336 CONCLUSIONS 

même parasite peut vivre sur plusieurs hôtes différents (cas dHip- 
pobosca ec^uina qui parasite le Cheval, le Bœuf, le Dromadaire, le 
Chien, la Chouette-Chevêche, le Milan et la Buse). 

Reste cependant Lynchia maura Big-. qui, d'après les expériences 
des D'* Edm. et Et, Sergent (1907), paraît être adapté uniquement 
aux Pigeons. 11 conviendrait qu'une étude dans le genre de celle-ci, 
c'est-à-dire faite d'après une collection d'individus recueillis dans la 
région méditerranéenne, dans les mêmes conditions que ceux de 
M. Côte, vint confirmer cette expérience. Cette espèce peut se com- 
porter, lorsqu'elle est en liberté, d'une façon différente qu'en état 
de captivité. Comme elle est bien douée pour le vol, je serais très 
étonné, si on ne la rencontrait pas un jour, dans ces pays, sur d'au- 
tres Oiseaux que sur le Pigeon. C'est une opinion que j'émets et je 
n'ai nullement l'intention d'infirmer l'observation des D""* Sergent. Je 
me base, pour l'émettre, sur les tableaux des habitats des différentes 
espèces de la région lyonnaise, où je vois toutes les espèces bien 
douées pour le vol se trouver sur un grand nombre d'hôtes diffé- 
rents ; la localisation sur un hôte déterminé ne s'observe que pour 
des espèces à ailes rudimentaires ou pour des espèces aptères. Et 
encore, elle est loin d'être absolue ! D'ailleurs une espèce qui serait 
strictement adaptée à un hôte unique, devrait présenter des carac- 
tères de dégradation considérable, comme cela a lieu pour toutes les 
espèces parasites d'un seul hôte. 11 est loin d'en être ainsi pour 
Lynchia maura. 

Les ailes ont été dune grande utilité dans la classification des 
Pupipares. Leur présence a déterminé le rapprochement immédiat 
des formes munies d'ailes avec les Diptères et, parmi ces derniers, 
avec les Muscides. On a vu qu'elles sont très développées dans un 
grand nombre de genres: Hippobosca, Olfersia, Ornithoeca, Lt/iichia, 
Ornithomyia, Ornîtheza, etc. 

La forme des ailes paraît être aussi sous la dépendance de l'hôte; 
elles sont proportionnellement plus courtes et plus larges chez 
Hippobosca, plus longues et plus étroites chez les Hippoboscidés 
avicoles. 

La considération des ailes rudimentaires et des transitions qu'elles 
présentent entre elles, a démontré la parenté des aptères avec les 
formes ailées ; elle a permis en outre la création des genres Sle- 
nopteryx, Crataerhina, Myiophthiria et Allobosca, et c'est par la 



CONCLUSIONS 337 

forme de l'aile et par son atrophie progressive qu'on les distingue 
les uns des autres. 

La présence d'ailes caduques est particulière au genre Lipoptena 
et leur absence totale est caractéristique de Melophagus, de Braula 
et de Nycteribia. 

Dans la classification des genres à ailes "bien développées, la 
nervation a été des plus utiles : elle a fourni des caractères généri- 
ques d'une constance remarquable. Gomme on peut s'en assurer 
par les figures que je donne de cette nervation, celle-ci est tout à 
fait caractéristique des genres Ornithoeca (fig. i3), Ornitheza 
(fig. i6), Lijnchia (fig. 9), Olfersia (fig. 10). 

L'étude de la nervation (p. 78) chez les Hippoboscidés avicoles 
montre qu'ils sont susceptibles de se diviser en deux sous-groupes : 

i" Le premier à nervure transverse anale, renferme les genres 
Ornithoeca, Ornithomi/ia, Ornitheza, Crataerhina auxquels j'ai rat- 
taché Stenopteri/x. 

2° Le deuxième, sans nervure trans verse anale, comprend les 
genres Lynchia et Olfersia. 

Enfin, certains détails de nervation peuvent utilement servir à la 
distinction d'une espèce d'une autre très voisine. C'est ainsi 
q\ïHippobosca canielina Leach (fig. 7), en dehors de sa taille plus 
grande que celle d'//. ec/uina L. (fig. (i), présente un remarquable 
point de convergence des nervures H, et W^ que l'on n'observe 
jamais dans l'autre espèce. 

L'étude morphologique a montré que les griffes, organes de fixa- 
tion du parasite sur l'hôte, ont une importance parallèle à la régres- 
sion des ailes, importance qui varie également avec la mobilité de 
l'hôte. Nous avons vu en effet que les griffes simples sont caracté- 
ristiques des espèces adaptées aux Mammifères, que les griffes tri- 
dentées sont spéciales aux Hippobosci.dés avicoles, dont les hôtes sont 
plus mobiles, et que les griffes multidentées, en forme de peigne, 
s'observent chez Braula. 

Mais le caractère des griffes tridentées n'est pas absolu chez les 
Hippoboscidés avicoles. En outre de la nervation, au sujet de laquelle 
j'ai déjà insisté, Ornithoeca se distingue encore des autres genres 
par ses griffes simples (pi. IV, fig. Sa). C'est également la présence 
de celles-ci dans certaines formes voisines des Olfersiés, qui apermis 
à Speiser de créer le genre Ortholfersia. 

Umv. de Lyon. — M.\ssonnaï 22 



338 CONCLUSIONS 

D'après l'étude générale des ailes, il semble que les griffes simples 
ne se rencontrent, chez les Hippoboscidés avicoles, que dans les 
espèces les mieux douées au point de vue du vol. Ce fait je l'ai 
déduit à'Oniithoeca (p. 62). Comme les Muscides possèdent des 
griffes simples, on doit regarder dans les Hippoboscidés avicoles la 
présence de celles-ci comme un caractère ancestral, et les formes 
qui les possèdent comme les plus voisines du type primitif. C'est^ 
en effet, la signification que je donne aux genres Ornithoeca et 
Ortliolfersui. 

Ces deux derniers genres se distinguent aussi l'un de l'autre 
par la présence d^occlles chez le premier et leur absence dans le 
second. 

Ces derniers organes permettent encore de séparer le genre Ste- 
noptenjx (avec ocelles) de Crataerhina (sans ocelles). Cependant, j'ai 
montré que ces organes rattachent manifestement Stenopteryx à 
Ornithomyia (p. 4')) tie même que leur régression manifeste, quel- 
quefois complète dans Stenopteryx, établit le passage à Crataerhina. 
En outre de la régression progressive des ailes à' Ornithomyia à 
Crataerhina avec Stenopteryx comme terme de transition, celle des 
ocelles apporte une nouvelle preuve des affinités qui existent entre 
ces trois genres. 

Enfin, la présence des ocelles éloigne Lipoptena d Hippohosca, 
mais elle le rapproche à' Ornithomyia ; par rapport à ce dernier, j'ai 
constaté dans ce genre plus fixé une régression réelle de ces appa- 
reils visuels (p. 40- 

La structure externe de la tète et la conformation générale du 
corps relient étroitement les genres Lipoptena et Melophagus, et 
les éloignent du genre Hippobosca. 

Enfin, la constitution du clypêus a permis à Coquillet la création 
du genre Pseudolfersia distinct d'Olfersia, et à Speiser celle du 
genre I cas ta. 

A toutes ces particularités que peuvent présenter ces Insectes, et 
qui en permettent la distinction, viennent s'ajouter encore la con- 
formation de l'antenne variable avec le milieu, la régression des 
yeux composés en rapport avec l'état de fixation du parasite, la 
pilosité variable aussi avec cette fixation, etc. ; tous ces détails 
morphologiques sont extrêmement utiles à l'établissement des 
caractères génériques et spécifiques. 



CONCLUSIONS 339 

Cet exposé des caractères de classification permet, en raison des 
affinités, de diviser les Hippoboscidés de France en quatre sous- 
familles et me conduit ainsi à des conclusions identiques k celles de 
Speiser (1908) : 

1* La première comprend le seul genre Hippobosca; 

•1" La deuxième se rattache à la précédente par l'aspect général 
du corps (tète bien dégagée du thoi^ax, absence d'ocelles); son 
caractère principal consiste dans l'absence d'une transverse anale. 
Elle comprend les genres Olfersia et Lynchia. 

Par ses griffes simples, le genre Ortholfersia représenterait dans 
cette sous-famille la forme la plus voisine du type primitif ; 

3' La troisième est caractéi'isée par la présence d'une transverse 
anale. Elle renferme les genres : 

Ornithoeca, Ornitliornyia, Ornitheza, Crataerhina et Stcnoplcryx. 

Le genre Orniihoeca, par ses griffes simpjles (pi. IV, fig. ^2), est 
ici le plus voisin du type primitif : ce qui est encore attesté par un 
abdomen à segmentation plus accusée que dans les autres genres 
(pi. IV, fig. 3o). 

4" La quatrième comprend les genres Lipopfena et Mclophagus. 
Par la présence d'ocelles chez Lipopfena, ce groupe séloignc des 
deux premiers, mais se rattache manifestement à Ornithomyia. 

Ce travail, qui est spécial aux Hippoboscidés de France et qui 
était terminé, lorsque j'ai reçu le mémoire de Speiser (1908), con- 
firme complètement les vues de ce savant relatives à la classification 
de ce groupe et k sa subdivision en sous-familles. Il précise, en 
outre, les affinités de certains genres. 

Cet exposé de la classification des Pupipares montre que les 
caractères morphologiques ont été éminemment utiles pour établir 
celle-ci. Ce sont ces derniers, et non les caractères éthologiques, 
qui ont donné des indications sérieuses sur les affinités des genres 
et des espèces et qui peuvent seuls en fournir encore. 

AFFINITÉS AVEC LES DIPTÈRES 

L'affinité avec les Diptères s'établit par la comparaison des 
Hippoboscidés et des Nyctéribiés avec les Muscides. 

Les affinités des Hippoboscidés avec les Diptères sont indiscu- 
tables avec les Muscides en particulier. Ces relations sont des plus 



34U CONCLUSIONS 

nettes, quand on compare, avec les Mouches ordinaires, les espèces 
munies d'ailes bien développées des genres Ornithomijia et Hippo- 
bosca. 

En outre d'une paire d'ailes, d'une paire de balanciers et de méta- 
morphoses complètes, caractères communs à tous les Diptères, 
les Muscides présentent certains caractères que l'on observe chez 
toutes les Mouches communes. Elles possèdent toujours des antennes 
trisegmentées et une trompe membraneuse conformée pour la 
succion. Celle-ci est formée d'une lèvre supérieure, d'un hypopha- 
rjnx et d'une lèvre inférieure à la base de laquelle se trouve une 
paire de palpes maxillaires. Le thorax présente un bouclier dorsal 
compact et résistant, avec une suture transverse à la hauteur de 
l'insertion des ailes. L'abdomen est segmenté -, le nombre des 
anneaux varie de quatre à sept. Les griffes sont simples; l'article 
terminal du tarse porte^ en outre, deux pulvilles ou lobes adhésifs. 

Tous ces caractères, plus ou moins modifiés par le régime parasi- 
taire, se retrouvent chez les Hippoboscidés, et, lorsqu'on observe 
un Ornithomyia ou un Hippohosca, on ne saurait douter un seul 
instant que l'on ait devant soi une espèce voisine des Muscides, tel- 
lement la ressemblance est grande avec la Mouche commune. 

Seule l'antenne est considérablement modifiée ; elle est, en outre, 
formée de deux segments, au lieu de trois. J'ai démontré, au cours 
de ce travail^ que l'on retrouve les traces du troisième segment et 
qu'elle est formée, en réalité, comme celle des Muscides, de trois 
segments, dont les positions respectives ont été modifiées en raison 
du régime parasitaire des Pupipares. 

Les ressemblances avec les Muscides ne sont plus aussi évidentes 
lorsqu on en rapproche les formes aptères, celles que les analogies 
d'aspect firent autrefois placer parmi les parasites de la peau. Cette 
difficulté n'existe plus à l'heure actuelle : on connaît aujourd'hui 
tous les termes de la régression des ailes et la série des formes qui 
relient le Melophngus aptère aux Hippoboscidés ailés, les formes 
fixées aux formes mobiles. 

Les rapports des Hippoboscidés avec les Muscides sont donc éta- 
blis d'une façon nette et précise. Il en est de même pour les Nycté- 
ribiés. 

Les Nyctérihiés sont également des Diptères, car, s'il y a des 
espèces non munies d'ailes comme celles de la faune européenne, il 



CONCLUSIONS 341 

en existe d'autres qui possèdent une paire d'ailes, rudimentaires 
chez les unes, mais qui peuvent être très développées chez d'autres. 

Les Nyctéribiés se rapprochent des Muscides par la grande 
réduction du nombre des articles de l'antenne, par la conformation 
des appendices buccaux et par la structure anatomique. Ils s'en 
éloignent par la position singulière de la tète au-dessus du thorax 
et par l'antenne qui ne présente ici aucune trace du troisième 
segment. 

Par rapport aux Muscides, les Nyctéribiés nous apparaissent donc 
comme des Pupipares beaucoup plus dégradés que les Hippobosci- 
dés : ils représentent pour nous une forme plus profondément 
modifiée, en raison de l'adaptation au milieu représenté par la 
Chauve-souris et au mode particulier d'existence de cette dernière. 
On en voit une preuve dans la complète disparition de ce troisième 
segment de l'antenne, dont on trouve encore des vestiges chez les 
Hippoboscidés, et aussi dans l'exagération de l'aspect arachnoïde 
qui est général dans cette dernière famille. 

LesNyctéribiés sont donc des Diptères et, d'après leur structure, 
ils proviennent vraisemblablement des Muscides. 

Le Brailla est-il, lui aussi, un Diptère? La réponse n'est plus 
aussi facile. On ne trouve plus ici, comme chez certains Nyctéribiés, 
des traces d'appendices alaires, dont la présence trancherait immé- 
diatement la question. 

Toutefois, nous avons constaté, au cours de cette étude, de réelles 
analogies de structure entre le Braula et les Hippoboscidés ; mais 
celles-ci peuvent résulter de phénomènes de convergence. 

Dans un travail récent, Borner (igo8) vient de montrer les analo- 
gies de structure et les affinités qui relient Braula, au curieux 
parasite des Termites, le Thaumatoxena. Comme le pou d'Abeille, 
ce dernier représente une merveilleuse adaptation aux Invertébrés, 
à une forme sociale d'un ordre très élevé. Il fut étudié d'abord par 
Borner, qui en fit un Hemiptère, puis par Silvestri (iqoS), qui 
reconnut en lui un Diptère. Le Thaumatoxena possède, en effet, une 
paire d'ailes antérieures, coriaces, triangulaires et étroitement appli- 
quées au corps. Dans son dernier mémoire. Borner accepte l'opi- 
nion de Silvestri et établit la proche parenté de ces deux genres, si 
curieux et d'un si grand intérêt au point de vue biologique : Braula 
et Thaumatoxena. 



342 . CONCLUSIONS 

Ces deux formes se relient étroitement par toute une série de 
caractères communs. 

Comme Branla, Thaumatoxena a le corps aplati dorso-ventrale- 
ment; la tête est hypog-nathe ; les antennes ont une structure sem- 
blable et les appendices buccaux sont composés des mêmes éléments 
(lèvre supérieure, hypopharvnx rudimentaire, lèvre inférieure, 
palpes labiaux et palpes maxillaires). Il n'y a pas d'ocelles ; il 
existe aussi des yeux latéraux, mais qui se distinguent des yeux 
simples de Branla par la présence de facettes, toutefois peu nom- 
breuses et isolées. 

Regardé par la face dorsale, le thorax ne paraît formé, ici aussi, 
que d'un seul segment. 

Les liens de parenté qui unissent ces deux espèces sont donc 
réels et nombreux. 

Borner remarque en outre la persistance, dans ces deux formes, 
de caractères primitifs, qui appartiennent certainement à la souche 
commune d'où seraient sortis Branla et Thanmatoxena; mais ces 
caractères ne sont pas les mêmes dans l'une et l'autre espèce. 

Dans Branla, on retrouve comme caractères ancestraux la seg-- 
mentation bien marquée de l'abdomen, la présence de stigmates 
alidominaux et la constitution des pièces buccales, et dans Thanma- 
toxena la présence d'une paire d'ailes, des yeux à facettes, d'un 
flag'elle triarticulé à l'antenne et de grilTes simples. 

L'exposé de ces caractères primitifs montre les affinités qui 
existent entre- Thanmatoxena et les Diptères. Par suite, Branla 
doit être rapproché également des Diptères en raison des liens de 
parenté qui l'unissent à Thanmatoxena. 

Mes études comparatives du Branla et des Hippoboscidés me 
permettent de me rallier à l'opinion des auteurs précédents, Borner 
et Silvestri. Je considère donc Branla comme un Diptère, voisin des 
Pupipares. adapté à un Invertébré, l'Abeille. La constitution de 
l'antenne formée de trois articles me permet, en outre, de consi- 
dérer Branla et peut-être Thanmatoxena comme pouvant dériver 
des Muscides alors que d'autres auteurs les rapprochent des Pho- 
ridés. 

PU PI PARITÉ 
Ainsi que nous lavons vu au cours de l'historique, ce fut surtout 



CONCLUSIONS 343 

le mode particulier de parturition observé la première fois par 
Réaumur, la pupiparité, qui permit à Latreille de réunir sous le nom 
de Pupipares, l'Hippobosque, VOrnifhomyia, le pou du Mouton et 
le pou de la Chauve-Souris. Nitzsch y rattacha bientôt le pou de 
l'Abeille, bien qu'il n'eût pas constaté la pupiparité de ce dernier : 
il le lit probablement en raison de ce que c'était, comme les précé- 
dents, un parasite externe. Néanmoins, la question reste obscure, 
car certaines espèces ont im développement encore imparfaitement 
connu, et c'en est une autre de savoir si la pupiparité est un carac- 
tère exclusif. 

Les Nyctéribiés sont des Pupipares : c'est un fait indiscutable 
aujourd'hui. Speiser a retiré d'échantillons femelles, des larves très 
développées. D'autre part, j'ai dans mes préparations des coupes 
d'abdomen renfermant des larves en voie de développement très 
avancé. 

Par contre, la pupiparité du Branla est loin d'être démontrée. 
Leuckart a élevé des doutes à ce sujet. Pour mon compte, j'ai 
débité un très g-rand nombre d'abdomens de femelles prises à diffé- 
rentes époques de l'année ; je n'ai jamais constaté de larves à l'inté- 
rieur, mais toujours des œufs à différents degrés de développe- 
ment. La question du développement de l'individu reste donc 
entièrement inconnue : de l'œuf que l'on aperçoit dans la femelle, 
on saute au stade imago, au moment où celui-ci nous apparaît sous 
la forme de Branla blanc. 

Il faut attendre que l'on connaisse les détails du développement 
du Branla. 

Au point de vue de la systématique de ce groupe, une autre ques- 
tion se trouve soulevée en raison d'observations faites dans ces 
dernières années. La pupiparité est-elle suffisante pour justifier la 
création d'un groupe spécial ayant cette particularité comme carac- 
tère fondamental? Poser cette question, n'est-ce pas ébranler tout 
l'édifice actuel de la systématique des Pupipares? On a constaté, en 
effet, que ces derniers n'étaient pas les seuls à posséder ce mode de 
parturition. Il est établi aujourd hui que les Sarcophagidés, les 
Glossines et notamment Glossina moi'sitans, la tsé-tsé, sont pupi- 
pares. Dans Auesten ( 1908- 1906), on trouve une reproduction de 
cette pupe et tous les détails qui y sont relatifs. 

Enfin des mouches ovipares peuvent devenir vivipares à l'occa- 



344 CONCLUSIONS 

sion; c'est ainsi que 71/us<"cT vomiforiu, troublée ddius sa ponte, garde 
momentanément l'œuf dans l'utérus et pond ensuite une larve. 
Holmgrem (1903) a montré qu'on pouvait admettre toute une série 
de transitions entre la forme ovipare et la forme vivipare; et le 
terme ultime et exagéré de cette dernière s'observe avec le mode 
pupipare où la femelle g-arde et nourrit la larve jusqu'au moment où 
celle-ci va se transformer en pupe. 

En résumé, la pupiparité est donc un caractère qui n'est pas 
limité au groupe que nous étudions. 

D'autre part, des familles très voisines par leur structure et leur 
conformation générale, les Braulidés et les Thaumatoxénidés, que 
pour ces raisons l'on rattache habituellement à ce groupe, ne pré- 
sentent pas cette particularité du développement. Pourquoi? Peut- 
être en raison des conditions particulières de leur mode de vie. La 
larve peut trouver sa subsistance dans les nids d'Abeille et de Ter- 
mites et la pupiparité n'a pas été ici une condition favorable et peut- 
être nécessaire à. la persistance de ces espèces. 

Il est plus probable que le développement est direct, car Was- 
mann (1901) a observé, dans une forme voisine, le Tcrmitoxenia, 
que l'œuf pondu par ce dernier donne immédiatement naissance à 
l'imago. Pour cette raison, Heymons (1907) considère ces Insectes 
comme les types de ses Gryptométaboliens. 

Au contraire, la pupiparité a dû être et elle est actuellement une 
condition indispensable à l'existence de toutes ces espèces qui 
vivent du sang d'animaux à température constante. Oiseaux et 
Mammifères, où la pupiparité se trouve aujourd'hui localisée. 

Spécificité des parasites. — Dans leurs études sur les parasites 
des Crustacés et notamment dans celles relatives aux Epicarides, 
Giard et Bonnier (18S7) ont été conduits à la conception de la spéci- 
ficité des parasites : ils émirent cette idée que chaque espèce de 
parasites serait localisée à un hôte bien déterminé. 

Les Pupipares, comme les Crustacés qu'ils ont étudiés, sont aussi 
des ectoparasites; ils présentent également les degrés les plus 
divers d'adaptation à ce régime. Il me paraît utile et d'un certain 
intérêt de déterminer si la théorie admise par Giard et Bonnier 
s'applique au groupe des Pupipares. 

Les statistiques, que j'ai données au cours de la systématique, 
relativement à chacune des espèces, constituent à ce point de vue une 



CONCLUSIONS 345 

source précieuse de renseignements. Elles résultent d'observations 
faites de igolJ à 1908; les hôtes ont été relevés avec le plus grand 
soin. Elles sont évidemment incomplètes; tous les genres et toutes 
les espèces d'ilippoboscidés ne sont pas représentés; cependant je 
ne crois pas que jusqu'ici, du moins pour la plupart des espèces que 
j'ai étudiées, on ait disposé de renseignements plus complets et 
surtout plus précis. 

Après un premier examen de toutes ces formes, il semble qu'il y 
ait en effet Une réelle localisation de ces parasites. C'est d'ailleurs 
pour cette raison que j'ai été amené à les diviser, d'après l'habitat, 
en trois sous-groupes, adaptés le premier aux Mammifères, le second 
aux Oiseaux et le dernier aux Invertébrés. 

Au cours de ce travail, j'ai insisté longuement sur les différences 
de forme qui justifient cette division. 

l'' PUPIPARES PARASITES DES MAMMIFÈRES. — QuclqUCS objectionS 

peuvent être formulées au sujet de la localisation sur les Mammi- 
fères; elles sont relatives surtout au genre Hippohosca : la présence 
d'il, equina L. a été relevée sur quelques Rapaces (p. 243) et une 
autre espèce, H. striifhionis Orm. vit sur l'Autruche de l'Afrique 
du Sud. 

Les autres genres se trouvent plus nettement localisés sur les 
Mammifères : Lipoptena cervi, à ailes brisées, se rencontre exclusi- 
vement sur les Cervidés, Nijcterihut sur les Chauves -Souris et 
Melop/uijus ovinus sur le Mouton. 

Je rappelle que j'ai signalé la présence de ce dernier sur le Cha- 
mois (p. 2()3) et de Lipoptena cervi sur le Blaireau (p. 25(5). Enfin 
ce dernier parasite, lorsqu'il est ailé, ne se rencontre que sur les 
Oiseaux. 

Mais ces deux genres ont en réalité comme hôtes habituels, l'un 
les Cervidés, l'autre les Ovidés; les autres habitats doivent être 
regardés comme des cas tout à fait exceptionnels. 

Avec une fixation de plus en plus complète sur l'hùte, il semble 
donc bien que les parasites aient une réelle tendance à se localiser 
sur une espèce déterminée ; mais cette spécificité n'est jamais 
complète. C'est ce que l'on observe même pour Melophaffus, l'espèce 
la plus fixée de ce groupe. 

HippoBOSCiDÉs AVICOLES. — Chez les Hippoboscidés avicoles, les 
espèces les mieux douées au point de vue alaire, comme Ornitho- 



346 CONCLUSIONS 

mijia avicularin y se rencontrent également sur un très grand nombre 
d'hôtes qui appartiennent à des espèces bien dilTérentes. 

La lecture des tableaux des habitats permet de constater certains 
faits qui viennent compléter les précédentes observations. 

1° Ornithomyia avicularia L. (p. 276) se rencontre communément 
sur les Rapaces, les Echassiers, les Colombins et les Passereaux. 
C'est une espèce de très g-rande dillusion. 

2" La présence à'Ornithomiiia fringillina Curt. (p. 284) n"a été 
relevée, au contraire, que sur des Passereaux, tous de petite taille. 
Cette espèce est plus localisée que la précédente. 

3° A part l'exception de l'Hirondelle, d'ailleurs relative à un 
seul cas, il est curieux de constater que les hôtes de ces deux 
espèces très voisines sont tous différents, 

4° Ornithomyia fringillina Curt., que je viens de signaler comme 
fréquent sur les petits Passereaux, a l'Hirondelle comme hôte de 
prédilection, 

5" Les Olfersiés (p. 809) n ont été rencontrés ici que sur des 
Oiseaux aquatiques'. 

C^° La présence de Lynchia rnaura B\g. (p. 3oi) n'a été relevée 
jusqu'ici que sur le Pigeon; cette espèce, bien douée pour le vol, 
présente le cas tout à fait exceptionnel d'une forme ailée qui serait 
localisée à un seul hôte. 

7° Slenopteryx hirundinis L. (p. 32o), forme à ailes rudimen- 
taires, n'a été rencontré que sur l'Hirondelle. 

8° Crataerhina pallida Gif., à ailes plus courtes encore, se trouve 
sur le Martinet, la Buse et l'Hirondelle; mais le Martinet est son 
hôte de prédilection (p. 827), 

A part Lynchia, on constate donc, chez les Hippoboscidés avicoles, 
une diffusion des formes ailées sur un très grand nombre d'hôtes qui 
appartiennent à des espèces bien ditférentes ; et, de même que chez 
les parasites des Mammifères, on s'aperçoit que le nombre des 
hôtes tend à se restreindre avec la fixation . 

Dans ces g-roupements dhôtes parasités par une espèce donnée, 
on relève dans certains cas (Ornithomyia fringillina, Crataerhina 
pallida) l'existence d'un hôte de prédilection. 

Les formes à ailes rudimentaires ont un nombre d'hôtes très 

* La présence d'Olfersia a été relevée sur d'autres oiseaux (p. 3o3). 



CONCLUSIONS 347 

restreint; ce nombre peut descendre jusqu'à un seul pour Sfenop- 
teri/x hiriindinis {p. 820) . 

,'i' PupiPARES PARASITES DES Invertéhrés. — Brauhi caeca ne se 
trouve que sur Apifi mellifica. 

Résumé. — Cet examen des trois g-roupes me conduit aux conclu- 
sions suivantes : 

1° Les Pupipares ailés parasitent un grand nombre d'hôtes qui 
appartiennent aux Oiseaux et aux Mammifères; 

'1° Avec une plus grande fixation, les espèces tendent à se loca- 
liser à un nombre d'hôtes de plus en plus restreint ; 

3*' A part Branla et Stenoptery.v, il ne semble pas qu'il y ait, 
chez les espèces très fixées, une spécificité absolue des parasites à 
un hôte déterminé, même dans les formes très évoluées; mais, chez 
toutes, on constate qu'il existe toujours un hôfe de prédilection; 

4° Lynchia maura Big. fait jusqu'ici exception à la règle de la 
diffusion des espèces bien douées au point de vue alaire. 



D'après toutes les données fournies par la morphologie et la systé- 
matique, il m'est possible, en terminant ce travail, d'émettre l'opi- 
nion que les Pupipares ne forment pas un groupe très homogène. 
Ce groupe peut provenir, par convergence, de familles différentes de 
Diptères. Seule la famille des Hippoboscidés dérive nettement des 
Muscides. Les Nyctéribiés et les Braulidés présentent certains 
caractères qui les rapprocheraient aussi de cette même famille, 
mais la question de leur origine ne sera éclaircie que le jour où 
l'on connaîtra les particularités de leur développement. 

Enfin, il y a tout lieu de penser que ce groupe est de formation 
récente. Cette opinion, que j'émets en terminant, expliquerait cette 
tendance vers la spécificité des parasites, tendance qui est manifeste 
dans les formes les plus dégradées par l'ectoparasitisme, mais qui 
n'est pas encore réalisée à l'heure actuelle, même dans les formes 
les plus évoluées, c'est-à-dire dans les espèces les plus fixées 
de ce groupe. 



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— c) — Diptera Pupipara in Fauna Plaivaiensis, vol. III. 

1903. a) — L'ebereinen SicilianischenTaubenparasiten (Centralhl. Rak- 

ter. Parasit. u. Infectionskrankheiien, Bd. XXXIII). 

— />) — Diptera Pupipara (Fasciculi Malayensis Zoology, vol. I). 

— cj — Eine neue Dipterengattung mit rudimentiiren Fliigeln und 

andere dipterologische Bemerkungen (Berlin Entom. 
Zeilschrift, Bd. XLVIII). 

1904. a) — Studien ûber Hippobosciden (Ann. Mus. civ. Genova). 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 355 

1904. h) Speiser, Beschreibung einiger Gattungen uncl Arien der Diptera 

pupipara (Ann. hisl. nal. Mus. nal. Hungar., Budapest, 
vol. II). 

— c) — Typenuntersuchungen an Hippobosciden (Zeilschrifl. syst. 

Hymenopt. unil. Dipt., Bd. W). 

— d) — Drei palaearktische Hippobosciden (Zeitsch. f. Ilym. u. 

Dipl., Bd. IV). 

1905. — Beilriige zur Kenntnis der Hippobosciden (Zeilsch. Sysl. 

Hym. u. Dipl.). 
ir)oj.a) — Check-List of North American Diptera Pupipara (Enlom. 
News, vol. XVIII). 

— h) — Diptera Pupipara (Sjosledts Kilimandjaro-Meru Expédi- 

tion, N° 10, i, Uppsala.) 
1908. ■ — Die geographische ^'erbeitung der Diptera pupipara und 

ihre Phylogenie (Zeilsch. f. ivisseusch. Insehtenhiologie, 

Bd. IV). 
1907. St.\nge (P.), Ueber die Rûckbildung der Flûgel-und Halterenschein- 

ben bei Melophagus ovinus (Zoologischer Jahrlmcher). 
1828. Straus Durckheim, Aualomie comparée des animaux articulés. 
1900. Stefani-Perez, Olfersia falcinelli Rnd. ('fio//. del Naturalista,Siena, 

vol. XX). 
1907. Turnbull (J.) and VVm. Grant Glthrie, On Stenopteryx hirundi- 

nis L. a parasite of the Swalow observed at Lauder 

(Uist. Berxv. Nat. Cluh.,voï. XV). 
1900. Vaney, Gontiibution à létude des phénomènes de métamorphoses 

chez les Diptères (C. R. Acad. Se, t. CXXXI). 
1902 — Contribution à létude des larves et des métamorphoses 

des Diptères [Ann. de lUniv. de Lyon, nouv. sér. I). 

1906. Vaney et Maignon, Contribution à l'étude physiologique des 

Métamorphoses du ver à soie (Rapports du Laboratoire 
d'Etudes de la soie, vol. XII). 
1845-46. \^ERLOREN, Mémoire sur la circulation dans les Insectes (Mém. 
cour, et mém. sav. étrang., Acad. roy. Belgique). 

1886. V^iALLrtNEs, Sur la structure de la substance ponctuée des Insec- 

tes, Paris. 

1887. — Etudes histologiques et organologiques sur les centres ner- 

veux et les organes des sens des animaux articulés (Ann. 
d. se. nat. ZooL, 6^ série, t. XVII, XVIII, XIX, 7^ série, 
t. IV, IX). 
1899. ^iRÉ (A.), Essai sur la faune obscuricole de France (thèse de la 
Fac. des Sciences de Paris). 



356 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

1849. Walker, Lisl. Dipt. Bril. Mus., vol. W. 

1902. Wasmann (E.), Zur naheren Kenntnis der terniitophilen Dipteren- 

gattung Tevmitoxenia Wasm. ( Verh. 5 Inlernat.Zool. — 
Congress). 
1887. W'aterhouse (C. 0.), Note on a new parasitic Dipterous Insect of 
the family Hippoboscidae (Proc. Zoo/. Soc. London). 

1903. Wesciié (W.), Parasite on the ^^'allaby (Ann. Mag. nal. Ilisl. (7) 

vol. XIj. 
1906. — The genitalia of both sexes in the Dipteraand their relation 

to the armature ot" the Mouth (Trans. Linn. Soc, vol. 

IX). 
1881. Weyenbergh (E. h.), Dos nuevas especies del grupo de los Dipte- 

ros pupiparos ('A/ia/. Soc. Cienlif. Argent., t. XI). 
i83o. WiEDEMANN, Ausscreuropaische Ziveiflûger, Bd. II, Hamm. 

1896. WiLLisTON (S. W.), A new Genus of Hippoboscida? (Brachyple- 

romyia) (Enlom. News Philad., vol. VU). 
1889. WuLP (F. VAN der), Olfersia arde^e Macq. en Nederland (Tljdschr. 

V. Enlom. Nederl. Enl. Vereen, 82). 
1894 — Over Hippoboscidœ (Tijdschr. v. Enlom. Nederl. Enlom. 

Vereen, 87). 

1897. — Zur Dipteren Faiina von Ceylan, Termes. Fuzetek, XX. 
1848 Zet JËB^STEDT, Diptera Scandinaviœ. 



PLANCHE I 



i 



PLANCHE I 



Fig. I. — Hippohosca equina L., 9 ■ Gr. = 7. 

— 2. — Abdomen d'il, equina J.. a" . Gr. = 8. 

— 3. — Tête d'il, equina L.. Gr. = 24. 

— 4- — Aile d'il, equina L.. Gr. :^ 8 

— 5. — Griffe dll. equina L.. Gr. = 2.4. 

— n. — Lynchia maura Big. a' . Gr. = 8. 

— 7. — — — abdomen 9 • Gr. = 9. 

— 8. — — — abdomen cf. Gr. =- 7. 

— 9. — — — aile. Gr. ^9. 

— 10. — — — griffe. Gr. = 'Sj. 

— II. — Oriiil/ieza melallica Sch. 9 • Gr. = 7. 

— 12. — — — aile. Gr. ^= 9. 



Contribution à l'étude des Pupipares. 



PI. I. 




E. Massonnat del. 



PLANCHE II 



PLANCHE II 



Fie 



i3. 


— 


Lipoptena 


cervi I^., 9 , face dorsale. Gr. 


14. 


— 


— 


— 9 1 face ventrale. Gr. = 


i5. 


— 


— 


— cf , face ventrale. Gr. = 


16. 




— 


— cf" , abdomen face dorsa 


^7- 


— 


— 


— tête. Gr. = 4. 


18. 


— 


— 


— aile. Gr. = ST). 


M)- 


— 


— 


— -ri lie. Gr. = 43. 


20 


— 


Melophagos orinus L., cf. Gr. = 9. 


21 


— 


— 


— tête. Gr. = 3o. 


aa. 


— 


— 


— griffe externe. Gr. 


a3. 


— 


— 


— • erriffe interne. Gr. 



= 10. 



le. Gr. 



= 45. 
= 45. 



Contribution à l'étude des Pupipares. 



FI. 11. 




E. Massonnat del. 



PLANCHE III 



PLANCHE III 



Fig. 24. — Ilippohusca cainelina Leach cf. Gr. ==6. 

— 25. — — — abdomen $ . Gr. = 10. 

— 26. ~ — — tête. Gr. = 18. 
27. — — — aile. Gr. = 7. 

— 28.— — — griire. Gr. = 43. 

— 29. — Oriu/honiytH aviciihiriri L., abdomen ^ . Gr. = 14. 



Contribution à l'étude des Pupipares. 



PI. m. 




Fig.28 '^î^ 




E- Massonnal del. 



PLANCHE IV 



Univ. uii Lyon. — Massu>>a.t 



24 



PLANCHE IV 



Fig. 3o. — Orni/hoeca lurdi Latreille 9 • Gr. = 12. 

— 3i. — — — — aile. Gr. = ai. 

— 39.. — — — — griffe. Gr. ^i3o. 

— 33. — Ornilhoniyia avicuhria L. 0". Gr. =: 9. 

— 34 — — — tête. Gr. = 23. 

— 35. — Ornilhoiuyia frint/illina cf Curt. Gr. =^ 8. 

— :W>. — — — abdomen 9 • Gr. = 16. 

— 3y. — — — abdomen c/ .Gr.=^ 20. 
38. — — — tête. Gr. = 2i. 

— 39. — — — griffe. Gr. = 45. 



PI. IV. 




E. Massonnat del 



PLANCHE V 



PLANCHE V 



Fif^. 40. — OJfevaia americana Leach, 9 • Gr. = 7. 

— 41 • — — — — aile. Gr. =: 10. 

— 42. — — — — tête. Gr. = 3o. 

— 4:5. — Olfersia ardce Macquart, 9 • Gr. = 8. 
_ /,/,.-- _ _ _ tête. Gr. =38. 

— 4'>. — — — — aile. Gr. = 11. 

— 46. — — — — griffe, (ir. r=4o. 

— 47. — Orni/h(ij)u/i/i, frinqillina, aile. Gr. = i3. 



Contribution à l'étude des Pupipares 




E. Ma330nnat del. 



PLANCHE VI 



PLANCHE YI 



Fig. 48. — Cralaerhiun p;illi(lft Olf., 9 . Gr. = 7. 

_ 4(). — — — tête, 9 . Gr. = 27. 

_ r,o. — — — tête, a'.Gr.=27. 

— 51. — — — aile. Gr.= i2. 

52. — — griffe externe. Gr. =45. 

53. — — griffe interne. Gr. =:45. 

— 54. — StenoplL'vyx hiriiiidinis L., 9 • Gr. ^(i. 

— 55 — — — aile. Gr. = 12. 



(contribution h l'étude des Pu 



piparf's. 



PI. VI. 




K. Massonnat del. 



PLANCHE VII 



PLANCHE VII 



Fis;. .->G. 



Go. 
(h. 
62. 



S/ennplcryx hiriindniis L., télé. Gr. =23. 

— — grllFes externe et interne de 

la même patte. Gr. = 45. 
Brailla aven Nitzsch, 9 • Gr. = 33. 

— — — tète. Gr. = ioo. 

— — — abdomen, face ventrale. Gr. = 43. 

— — — larse. Gr. = i5o. 

— — — peigne. Gr. ^220. 



Co'ntribution à fétudo des Pupipares. 



n. VH. 





Fig.58 





F.g.62 






Fig:60 



Fig.57 




Fig.56 



E. Massonnat del. 



TABLE DES MATIERES 



Introduction »., i 

PREMIÈRE PARTIE. — Morphologie. 

Historique • » . . 17 

Méthode 18 

Variations dans la conformation du corps. . . . v at 

Tégument et productions tégumentaires 3o 

Tégument 3o 

Poils 32 

Etude des différentes parties du corps . . . v . . . 35 

Tête 36 

Pièces buccales 36 

Variations du rostre. .*......!.... 37 

Variations des poils 37 

Variation de la trompe 39 

Yeux V . 40 

Ocelles 40 

Yeux latéraux 4' 

Yeux composés ................. 42 

Facettes oculaires ». 42 

Variations de dimension des yeux composés. ..... 43 

Antennes 48 

Thorax 56 

Ailes 57 

Variations des ailes 58 

V^ariations des dimensions de l'aile et delà nervation .... 62 

Variations de la largeur de l'aile 63 

Variations du système des nervures 64 

Etude de la nervation 67 

Nervation de l'aile des Pupipares 6<j 

Umv. de Lyon. — Mas30nnat 25 



386 TABLE DES MATIÈRES 

Pupipares parasites des Mammifères ........ "jo 

Hippoboscidés parasites des Oiseaux 71 

Genres sans nervure transverse anale . 72 

Genres avec nervure transverse anale 74 

Haltères ou balanciers ................ 78 

Rudiments alaires du Melophagus 81 

Pattes 83 

Variations de longueur des pattes 84 

Variations des différentes parties de la patte 94 

Partie basale ou coxo-trochanter 94 

Fémur 98 

Tibia , 97 

Tarse , 97 

Griffes. . 100 

Coloration des pattes 104 

Abdomen ................ loG 



DEUXIEME PARTIE. — Anatomie. 



Muscles. ...................... m 

Appareil digestif 119 

Pièces buccales 119 

Musculature laS 

Muscles de l'organe buccal i25 

Muscles des pièces buccales , 126 

Muscles rétracteurs 128 

Organe mûriforme, . , i3o 

Rostre. i32 

Nycteribia . i33 

Braula. i35 

Pharynx 137 

, Apodèmes 139 

Fulcrum .,.,.. , 139 

Muscles s'insérant sur les apodèmes 139 

Muscles du fulcrum . , i43 

Nyctéribiés i45 

Braulidés i45 

Glandes salivaires 147 

Rapports des pièces buccales des Pupipares avec celles des Muscides . i5o 

Œsophage , i5g 

Proventricule 169 

Ventricule chylifique 169 



TABLE DES MATIÈRES 387 

Intestin 170 

Intestin postérieur 171 

Glandes rectales 172 

Appareil respiratoire 174 

Appareil circulatoire 176 

Sang 176 

Vaisseau dorsal 176 

Tissu adipeux. 182 

Anatomie comparée i83 

Système nerveux et organes des sens i85 

Système nerveux i85 

Hippoboscidés i85 

Nyctéribiés 188 

Braulidés 188 

Ganglion optique 189 

Hippoboscidés i8g 

Braulidés loi 

Nyctéribiés kjS 

Antennes lo^ 

Variations anatomiques de l'antenne 196 

Hippoboscidés iq6 

Nyctéribiés 200 

Braulidés 201 

Musculature de lantenne 2o3 

Innervation 2o5 

Parties sensorielles 206 

Article terminal 207 

Homologie de V antenne des Pupipares avec celle des Viscides . 210 

Organes génitaux 214 

Organes mâles 2i5 

Historique 2i5 

Muscles 217 

Organes femelles 220 

Historique 220 

Développement 223 



TROISIÈME PARTIE. — Systématique des Hippoboscidés 
et Braulidés de France, Algérie et Tunisie. 



Classification . 227 

Hippoboscidés 233 



388 TABLE DES MATIÈRES 

Genre Hippobosca Linné 233 

Hippobosca equina. Linné 235 

Hippobosca canielina Leach 243 

Genre Lipoptena Nitzsch 249 

Lipoplena cervi L 260 

Genre Melophagus Latreille 267 

Melophagus ovinus Linné 268 

Genre Ornithoeca Rondani 263 

Ornithoeca turdi Latreille 265 

Genre Ornithomyia Latreille 270 

Ornithomyia avicularia L 271 

Ornithomyia fringillina Curt. 278 

Genre Ornitheza Speiser 288 

Ornitheza metallica Sch 290 

Genre Lynchia Weyenberg 295 

Lynchia niaura Bigot 296 

Genre Olfersia Leach 3o3 

Olfersia americana Leach 3o4 

Olfersia ardese Macquart 309 

Genre Slenopteryx Leach 3i4 

Slenopteryx hirundinis Leach 3i5 

Genre Cralaerhina Olfers 32 1 

Crataerhina pallida Olfers 32 1 

Braulidés 328 

Genre Braula Nitzsch . 328 

Braula caeca Nitzsch 328 

Conclusions ^333 

Caractères" de classification • 333 

Affinités avec les diptères 339 

Pvpiparité . 342 

Spécificité des Parasites 344 

Index bibliographique 349 

Planches • . 357 



Lyon. — Imprimerie A. Bit et 0", 4, me Gentil. - 52167 



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