;:
1^:
TART" '—' COITTENTS
m T .' \ -^ •■ o ■nTTo^-r.'^ rnT'
IV. SOCIAL QUtiSTIONR
1921
1. InteriuitLonal Convention for the A.125{?) . 1921 . IV
Suppression of the Traffic in
'.Vomen snd Children. (Geneva,
Sept. ."^0, 1921
2. Records of International Conference C. 484. M, 339. 1921. TV
on Traffic in Women and Children.
Jtme 30 -July 5, 1921
3. Deportation of Women and Children A. 35. 1921. IV
in Turkey and Neighboring (C.281.M,218.
Countries 1921. IV)
1-3
I Communique au Conseil, aux Membres
de la Societe et aux Delegues a I'Assemblee.]
A. 125. (3). 1921. IV. /
Geneve, le 31 rnars 1922.
Soci^t^ des Nations
CONVENTION INTERNATIONALE
POUR LA SUPPRESSION DE LA
TRAITE DES FEMinES ET DES ENFANTS
GENEVE, LE 30 SEPTEMBRE 1921.
League of Nations
INTERNATIONAL CONVENTION
FOR THE SUPPRESSION OF THE
TRAFFIC IN WOMEN AND CHILDREN
GENEVA, SEP'REMBER 30 1921.
SQCIETE PES NATIONS j^^f
CONVENTION INTERNATIONALE POUR LA SUPPRESSION
DE LA TRAITE DES FEMMES ET DES ENFANTS
v::''II^4LRA.jrp;^ I'Allemagne, I'Autriche, la BblgiQuk, le Bresll, I'Empire Britannique
•^tavec le Canada", le Commonwealth d'Australie, I'Union Sitd-Africaine, la Nouvellb-
ZfeLANDE et riNDE) Chili, Chine, Colombie, Costa-Rica, Cuba, I'Esthonie, la
GRfeCE, la HoNGRiE, I'lTALiE, le Japon, la Latvib, la Lithuanie, la Noev^ge, les Pays-Bas,
la Perse, la Pologne (avec Dantzig), le Portugal, la Eouthanie, le Siam, la SuiiDB, la
Suisse et la Tch^coslovaquib.
D^sireux d'assurer d'une manifere plus complete la repression de la traite des femmes et
des enfants d^sign^ dans les pr^ambules de I'Arrangement du 18 mai 1904 et de la Convention
dn 4 mai 1910 sous le nom de « Traite des Blanches »,
Ayant pris connaissance des recommandations inscrites ^ I'Acte final de la Conference
Internationale qui s'est r6unie sb Geneve, sur convocation du Conseil de la Society des Nations,
du 30 juin au 5 juillet 1921; et
Ayant decide de conclure une Convention additionnelle a I'Arrangement et a la Convention
ci-dessus mentionn^s :
Ont design^ ^ cet effet pour leurs pienipotentiaires :
Le PBfelDENT DU CONSEEL SUPREME DE L'ALBANEE :
Monseigneur Fan S. Noli, Depute au Parlement, D^l^gue ^ la deuxifeme session de
I'Assembiee de la Society des Nations.
Le Pr^sidbnt du Eeich Allemand :
Son Excellence le D' Adolf Muller, Envoy^ Extraordinaire et Ministre Pl^nipoten-
tiaire ^ Berne.
Le Pb^sedent de la R^publique d'Autrichb :
Son Excellence M. Albert Mensdorfp-Pouilly-Dietrichstein, Ancien Ambassadeur,
deWgue h la deuxifeme Assembl^e de la Society des Nations.
Sa Majest6 le Roi des Belges :
Monsieur Michel Levie, Ministre d'Etat, President de la Conference Internationale
sur la Traite des Femmes et des Enfants.
Le Pe6sident de la R^publique des Etats-Unis du Br^sil :
Son Excellence le D'' Gastao Da Cunha, Ambassadeur k Paris et Dei^gue k la deuxieme
Assembiee de la Society des Nations.
Sa Majesty lb Roi du Royaume-TJni de Grande-Bretagne et d'Ielande et des Domi-
nions BRITANNIQUES AU-DELA DBS MERS, EMPEREUR DES INDES :
Le Tr^s Honorable Arthur James Balfour, O.M., M.P., Lord President du Tr^
Honorable Conseil prive de Sa Majesty, Dei^gu^ ^ la deuxi^me Assembl^e de la
Societe des Nations,
et
Pour le Dominion du Canada :
Le Tr^s Honorable Charles Joseph Doherty, Ministre de la Justice et Procureur
General, Dei^gue k, la deuxieme Assembl^e de la Society des Nations.
Pour le Commonwealth d'Australie :
Capitaine Stanley Melbourne Bruce, M.C, Membre de la Chambre des Depute?,
Deiegue ^ la deuxl^me ^ssembl^e de la Societe des Nations.
Pour l'Union Sud-Africaine :
L'Honorable Sir Edgar Harris Walton, K.C.M.G., Haut-Comnussaire de TUnion
Sud-Africaine au Royaume-Uni, Deiegue k la deuxi^me Assembl^e de la Society
des Nations.
PouB LE Dominion de la Nouvelle-Z^lande :
Le Tr^s Honorable Sir James Allen, K.C.B., Haut-Commissaire pour la Nouvelle-
Zeiande dans le Royaume-Uni, D^l^gu^ k la deuxifeme Assembiee de la Society des
Nations.
LEAGUE OF NATIONS
INTERNATIONAL CONVENTION FOR THE SUPPRESSION OF THE TRAFFIC
IN WOMEN AND CHILDREN.
Albania, Germany, Austria, Belgium, Brazil, the British Empire (with Canada, the
Commonwealth of Australia, the Union of South Africa, New Zealand and India),
Chile, China, Colombia, Costa Eica, Cuba, Esthonia, Greece, Hungary, Italy, Japan,
Latvia, Lithuania, Norway, the Netherlands, Persia, Poland (with Danzig), Portugal,
Eoumania, Siam, Sweden, Switzerland and Czechoslovakia.
Being anxious to secure more completely the suppression of the Traffic in Women and
Children described in the preambles to the Agreement of May ISth, 1904, and to the Convention
of May 4th, 1910, under the name of "White Slave Traffic" ;
Having taken note of the Recommendations contained in the Pinal Act of the International
Conference which was summoned by the Council of the League of Nations and met at Geneva
from June 30th to July 5th, 1921 ;'and
Having decided to conclude a Convention supplementary to the Arrangement and
Convention mentioned above :
Have nominated for this purpose as their Plenipotentiaries :
The President of the Supreme Council of Albania :
Monsignor Fan S. Noli, Member of Parliament, Delegate to the Second Assembly of
the League of Nations.
The President of the German Reich :
His Excellency D' Adolf Muller, Envoy Extraordinary and Minister Plenipotentiary
in Berne.
The President of the Austrian Republic :
His Excellency Monsieur Albert Mensdorff-Pouilly-Dietrichstein, Former
Ambassador, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
His MA.JESTY the King of the Belgians :
Monsieur Michel Levie, Minister of State, President of the International Conference
on traffic in women and children.
The President of the Republic of Brazil :
His Excellency D' Gastao Da Cunha, Ambassador in Paris, Delegate to the Second
Assembly of the League of Nations.
His Majesty the King of the United Kingdom of Great Britain and Ireland and of
THE British Dominions beyond the Seas, Emperor of India :
The Right Honourable Arthur James Balfour, O.M., M.P., Lord President of His
Majesty's Most Honouiable Privy Council, Delegate to the Second Assembly
of the League of Nations,
and
For the Dominion of Canada :
The Right Honourable Charles Joseph Doherty, Minister of Justice and Attorney
General, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
For the Commonwealth of Australia :
Captain Stanley Melbourne Bruce, M.C, Member of the House of Representatives,
Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
For the Union of South Africa :
The Honourable Sir Edgar Harris Walton, K.C.M.G., High Commissioner for the
Union of South Africa in the United Kingdom, Delegate to the Second Assembly
of the League of Nations.
For the Dominion of New Zealand :
The Honourable Sir James Allen, K.C.B., High Commissioner for New Zealand in the
LTnited Kingdom, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
S. cl. N. 950. 5/2R. Impr. Tribnns de QenAve.
757349
2 —
Pour lInde
L'Honorable Theo Russell, Envoye Extraordinaire et Ministre Plenipotentiaiie de
Sa Majesty Britanniqiie a Berne.
Lf. President de la Republique du Chili :
Son Excellence Monsieur Agustin Edwards, Envoyd Extraordinaire et Ministre
Pl^nipotentiaire a Londres, Dc'l^gue a la dcuxieme Assembl^e de la Soei^te des
Nations.
Son Excellence Monsieur Manuel RiVAS Vicuna, Envoy^ Extraordinaire et Ministre
Pl^nipotentiaire a Berne, D61egu4 d, la Conference Internationale sur la Traite
des Femmes et des Enfants, et a la deuxi^me Assembl^e de la Soci^te des Nations.
LE PRjfcSIDENT DE LA REPUBLIQUE DE ChINE :
Son Excellence Monsieur Ouang Yong-Pao, Envoy<5 Extraordinaire et Ministre
Pl^nipotentiaire a Berne.
Le President de la RfepuBLiQUE de Colombie :
Son Excellence Monsieur le D'' Francisco Jose TTrrutia, Envoy^ Extraordinaire et
Ministre Pl^nipotentiaire a Berne, D^li^guc? a la dcuxieme Assenililei^ de la Socii^te
des Nations.
Son Excellence Monsieur le D"" A. J. Restrepo, Avocat de la Republique pour I'arbi-
trage colombo-venezuelien, Del^gue a la deuxi(>nie Asseniblee de la Societe des
Nations.
Le PRlfeSIDENT DE LA REPUBLIQUE DE CoSTA-RiCA :
Son Excellence Monsieur Manuel Maria de Pekalta, Envoys Extraordinaire et Ministre
Pl^nipotentiaire a Paris, D^l^gu^ il la deuxifeme Assembl^e de la Soci/'t^ des
Nations.
Le President de la REpublique de Cuba :
Son Excellence Monsieur Guillermo de Blanck, Envoye Extraoi-dinaire et iMinistre
Pl^nipotentiaire a Berne et a la Ilaye, D^l^gu^ a la deuxienie Assembl^e de la
Society des Nations.
Le President de la REpublique Esthonienne :
Son Excellence Monsieur Antoine Pup, Ministre des Affaires Etrangeres, D^l^gu^ a
la deuxi^me Assembl^e de la Soci<^t4 des Nations.
Sa MajbstE le Roi des Hellenes :
Monsieur Vassili Dendramis, Directeur du Secretariat Helienique Permanent aupres
de la Societe des Nations, Dei^gue a la Conference Internationale sur la Traite
des Femmes et des Enfants.
Son Altesse SErEnissime le Gouverneur de Hongrie :
Monsieur F^lix Parcher De Terjekfalva, Charge d'Affaires &, Berno.
Sa Ma.iestE le Roi d'Italie :
Son Excellence le Marquis G. Imperiali Dei Principi Di Franca villa, Ambassadeur,
Deiegue k la deuxltoie Assembl^e de la Society des Nations.
Sa MajestE l'Empereur du Japon :
Son Excellence Monsieur le Baron G. Hayashi, Ambassadeur k Londres, Ddl^gue a la
deuxi^me Assembiee de la Societe des Nations.
Le President de la REpublique de Lettonie :
Monsieur M. V. Salnais, Sous-Secretaiie d'Etat aux Affaires Etrangeres, Deiegue si la
dcuxieme Assembiee de la Societe des Nations.
Le President de la REpubliqtjb Lithuanienne :
Monsieur Ernest Galvanauskas, Ministre des Finances, du Commerce et de I'lndus-
trie et des Voies de Communication, Deiegue a la deuxieme Assembiee de la
Societe des Nations.
Sa MajestE lb Roi de NorvEge :
Monsieur le Professeur D"" Fridtjof Nansen, President de la Delegation Norvegienne
k la deuxieme Assembiee de la Societe des Nations.
Sa MajestE la Reine des Pays-Bas :
Monsieur le Jonkheer A. T. Baud, Attache k la Legation des Pays-Bas k Benie.
Sa MajestE ImpEriale le Shah de Perse :
Son Altesse le Prince Arfa-Rd-Dowleh, Deiegne k la dcuxieme AssemhUV de la
Societe des Nations.
— 2 —
For India :
The Ilouourable Tlieo Russell, Envoy Extraoidiniiry and Minister Plenipotentiary
of His Britannic Majesty in Berne.
The President of the Republic of Chile :
His Excs'Ilency Monsieur Agustin Edwards, Envoy Extraordinaiy and Minister
Plenipotentiary at London, Delegate to the Second Assembly of the League of
Nations.
His Excellency Monsieur Manuel RiVAS VicunA, Envoy Extraordinary and Minister
Plenipotentiary in Berne, Delegate to the International Conference on traffic
in women and children and to the Second Assembly of the League of Nations.
The President of the Republic of China :
His Excellency Monsieur Ouang Yong-Pao, Envoy Extraordinary and Minister
Plenipotentiary in Berne.
The President of the Republic of Columbia :
His Excellency D"' Francisco Jose Urrutia, Envoy Extraordinary and Minister
Plenipotentiary in Berne, Delegate to the Second Assembly of the League of
Nations.
His Excellency D' A. J. Restrepo, Barrister for the Republic in the Columbo-Vene-
zuelan arbitration, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
The President of the Republic of Costa Rica :
His . Excellency Monsieur Manuel Maria de Peralta, Envoy Extraordinary and
Minister Plenipotentiary in Paris, Dclegat* to the Second Assembly of the League
of Nations.
The President of the Republic of Cuba :
His Excellency Monsieur Guillermo de Blanck, Envoy Extraordinary and Minister
Plenipotentiaiy in Berne and the Hague, Delegate to the Second Assembly of the
League of Nations.
The President of the Repxtblic op Esthonia :
His Excellency Monsieur Antoinc PliP, Minister for Foreign Affairs, Delegate to the
Second Assembly of the League of Nations.
His Majesty the King of the Hellenes :
Monsieur Vassili Dendbamis, Director of the Permanent Greek Secretariat for the
League of Nations, Delegate to the International Conference on traffic in women
and children.
His Serene Highness the Governor of Hungary :
Monsieur Felix Parcher de Terjbkfalva, Charg^ d'Affaires in Berne.
His Majesty the King of Italy :
His Excellency the Marquis G.Imperiali Dei Principi Di Franca villa, Ambassador,
Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
His Majesty the Emperor of Japan :
His Excellency Monsieur le Baron G. Hayashi, Ambassador at London, Delegate to
the Second Assembly of the League of Nations.
The PiiEgiDENT OF the Republic of Latvia :
Monsieur M. V. Salnais, Under-Secretary of State for Foreign Affairs, Delegate to the
Second Assembly of the League of Nations.
The President of the Lithuanian Republic :
Monsieur Ernest Galvanauskas, Minister for Finance, Commerce, Industiy and
Communications, Delegate to the Second Assembly of the League ot Nations.
His Majesty the King of Norway :
Df Fridtjof Nansen, President of the Norwegian Delegation to the Second Assembly
of tiie League of Nations.
Her Majesty the Queen of the Netherlands :
Jonkheer A. T. Baud, Attache at the Netherlands Legation in Berne.
His Imlperlal Majesty the Shah of Persia :
His Highness the Prince Arfa-ed-Dowleh, Delegate to the Second Assembly of the
League of Nations.
— 3 —
Le President de la Republique Polonaise :
Monsieur Jean Perlowski ', Seci-^taiie general de la D^l^gation Polonaise auprfes de
la Soci^t4 des Nations, D^leguc? a la Conference Internationale sur la Traite des
Femmes et des Enfants.
Le President de la Republique Portugaise :
Son Excellence Monsieui- Alfredo Freire d'AwDRADE, Ancien Ministre des Affaires
Etrangeres, D616gu^ a la deuxieme Assemblee de la Soci4t4 des Nations.
Sa Majesty le Roi de Roumanie :
Son Excellence Monsieur E. Margaritbsco Greciano, Ministre Plenipotentiaire, Cliarg4
d'Alfaires a Berne, Delegud a la Conference Internationale sur la Traite des
Femmes et des Enfants.
• Sa Majesty le Roi de Siam :
Son Altesse le Prince Charoon, Envoye Extraordinaire et Ministre Plenipotentiaire,
Delegue a la Conference Internationale de la Traite des Femmes et des Enfants,
et a la deuxieme Assemblee de la Society des Nations.
Sa Majeste le Roi de SufeOE :
Son Excellence Monsieur de Adlercreutz, Envoy^ Extraordinaire et Ministre Pleni-
potentiaire a Berne.
Le Conseil Fedi^ral de la Confederation Suisse :
Monsiem- Giuseppe Motta, Conseiller Federal, Chef du Departement Politique Federal,
Deiegue a la deuxieme Assemblee de la Societe des Nations.
Le President de la R^ublique Tch^coslovaque :
Son Excellence Monsieur le D^ Robert Flieder, Envoye Extraordinaire et Ministre
Plenipotentiaire a Berne.
lesquels, apr^ avoir communique leurs pleins pouvoire reconnus en bonne et due forme,
ont convenu des dispositions suivantes :
Article 1.
Les Hautes Parties Contractantes conviennent, pour autant qu'elles ne seraient pas encore
Parties a I'Arrangement du 18 mai 1904 et a la Convention du 4 mai 1910, de transmettre, dans
le plus bref deiai et dans la forme prevue aux Arrangement et Convention ci-dessus vises, leurs
ratifications desdits Actes ou leurs adhesions auxdits Actes.
Article 2.
Les Hautes Parties Contractantes conviennent de prendre toutes mesures en vue de
rechercher et de punir les individus qui se livrent a la traite des enfants de I'un et de I'autre
sexe, cette infraction etant entendue dans le sens de 1 'article premier de la Convention du 4 mai
1910.
Article 3.
Les Hautes Parties Contractantes conviennent de prendre les mesmes necessaires en vue
de punir les tentatives d'infractions et, dans les limites legales, les actes preparatoires des
infractions prevues aux articles 1 et 2 de la Convention du 4 mai 1910.
Article 4.
Les Hautes Parties Contractantes conviennent, au cas oil il n'existerait pas entre elles de
Conventions d 'extradition, de prendre toutes les mesures qui sont en leur pouvoir pourl'extra-
dition des individus prevenus des infractions visees aux articles 1 et 2 de la Convention du 4
mai 1910, ou condamnes pour de telles infractions.
Article 5.
Au paiagraphe B du protocole final de la Convention de 1910, les mots « viugt ans revolus »
seront remplaces par les mots « vingt et un ans revolus ».
Article 6.
Les Hautes Parties Contractantes conviennent, dans le cas oil elles n'auraient pas encore
pris de mesures legislatives ou administratives conceraant I'autorisation et la surveillance des
agences et des bureaux de placement, d'edicter des rfeglements dans ce sens afin d 'assurer la
protection des femmes et des enfants cherchant du travail dans un autre pays.
^ Monsieur Perlowski est charg<S en meme temps par le Gouvernement Polonais de reprdsenter la
Ville Libre de Dantzig.
— 3 —
The President of the Polish Republic :
Monsieur Jean Perlowski \ Counsellor of Legation, Secretary -General of the Polish
Delegation accredited to the League of Nations, Delegate to the Intei'national
Conference on traffic in women and children.
The President of the Portuguese Kepxjblic :
His Excellency Monsieur Alfredo Preire d'ANDRADB, Former Minister for Foreign
Affairs, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
His Majesty the King of Roumania :
His Excellency Monsieui- E. Margaritesco Greciano, Minister Plenipotentiary and
Roumanian Charge d 'Affaires in Benie, Delegate to the International Conference
on traffic in women and children.
His Majesty the King of Siam :
His Highness the Prince Chaeoon, Envoy Extiaordinary and Minister Plenipoten-
tiary, Delegate to the International Conference on traffic in women and children
and to the Second Assembly of the League of Nations.
His Majesty the King of Sweden :
His Excellency M. de Adlercreutz, Envoy Extraoidinaiy and Minister Pleni-
potentiary in Berne.
The Federal Council of the Swiss Confederation :
Monsieur Giuseppe Motta, Federal Councillor, Head of the Political Federal Depart-
ment, Delegate to the Second Assembly of the League of Nations.
The President of the Czechoslovak Republic :
His Excellency Monsieur Robert Flieder, Envoy Extraordinary and Minister Pleni-
potentiary in Berne.
\\ho, having communicated their full powers, found in good and due fonn, have agreed
upon the following provisions : —
Article 1.
The High Contracting Parties agree that, in the event of their not being already Parties to
the Agreement of May 18th, 1904, and the Convention of May 4th, 1910, mentioned above,
they will transmit, with the least possible delay, their ratifications of, or adhesions to, those
instmments in the manner laid down therein.
Article 2.
JThe High Contracting Parties agree to take all measures to discover and prosecute persons
who are engaged in the traffic in children of both sexes and who commit offences within the
meaning of Article 1 of the Convention of May 4th, 1910.
Article 3.
The High Contracting Parties agree to take the necessary steps to secure the punishment
of attempts to commit, and, within legal limits, of acts preparatory to the commission of, the
offences specified in Aiticles 1 and 2 of the Convention of May 4th, 1910.
Article 4.
The High Contiacting Parties agi'ee that, in cases where there arc no extradition Conven-
tions in force between them, they will take all measures within their power to extradite or
provide for the extradition of persons accused or convicted of the offences specified in Articles
1 and 2 of the Convention of May 4th, 1910.
Article 5.
In paragraph B of the final Protocol of the Convention of 1910, the words "twenty
conipleted years of age" shall be replaced by the words "twenty -one completed years of age".
Article 6.
The High Contracting Parties agree, in case they have not already taken legislative or
administrative measures regarding licensing and supervision of employment agencies and
offices, to prescribe such regulations as are required to ensure the protection of women and
children seeking employment in another countiy.
^ Monsieur Perlowski is authorised by the Polish Government to represent the Free City of
Danzig.
— 4 —
Article 7.
Les Hautes Parties Contractautes conviennent, en ce qui concerne leuis services d'imnu-
gration et d'emigration, de prendre des mesures administratives et legislatives destinees a
combattre la traite des femmes et des enfants. EUes conviennent notaniment d'ddictcr les regle-
ments nt^cessaires i>our la protection des femmes et des enfants voyageant a bord des navires
d'^migrants, non seiileineut an depart et a Tarriv^e, mais aussi en cours de route, et a prendre
des dispositions en vue de I'affichage, dans les gares et dans les ports, d'avis mettant en garde
les femmes et les enfants contre les dangers de la ti'aite et indiquant les lieux oil ils peuvent
trouver logement, aide et assistance.
Article 8.
La pr^sente Convention, dont le texte frangais et le texte anglais font egalenient foi,
portera la date de ce jour et pourra etrc signee jusqu'au 31 mars 1922.
Article 9.
La presente Convention est sujette a ratification. Les instruments de ratification seront
transmis au Secretaire general de la Society des Nations, qui en notifiera la reception aux
autres Membres de la Soci^te et aux Etats admis a signer la Convention. Les instruments de
ratification seront d^pos^s aux archives du Secretariat.
Conformdment aux dispositions de I'article 18 du Facte de la Societe des Nations, le
Secretaire general enregistrera la presente Convention des que le depot de la premiere ratifica-
tion aura ete effectue.
Article 10.
Les Membres de la Societe des Nations n'ayant pas signe la presente Convention avant le
!«"■ avril 1922 pourront y adherer.
II en sera de meme des Etats non Membres de la Societe auxquels le Conseil de la Societe
pourra decider de communiquer officiellement la pi'esente Convention.
Les adhesions seront notifiees au Secretaire general de la Societe, qui en avisera toutes lea
Puissances interessees, en mentionnant la date de la notification.
Article 11.
La presente Convention entrera en vigucur, pour chaque Partie, a la date du depdt de sa
ratification ou de son acte d 'adhesion.
Article 12.
La presente Convention pourra etre denoncee par tout Membre de la Societe ou Etat,
partie h ladite Convention, en donnant un preavis de douze mois. La denonciation sera effectuee
I)ar une notification ecrite adressee au Secretaire general de la Societe. Celui-ci transmettra
immediatement a toutes les autres Parties des exemplaires de cette notification en indiquant
la date de reception.
La denonciation prendra effet un an apres la date de notification au Secretaire general et
ne sera valable que pour I'Etat qui I'aura notifiee.
Article 13.
Le Secietaire geneial de la Societe tiendra une liste de toutes les Parties qui ont signe,
ratifie, ou denonce la piesente Convention ou y ont adhere. Cette listc pourra etre, en tout temps,
consultee par les Membres de la Societe ; il«n sera donne publication aussi souvent que possible,
suivant les instructions du Conseil.
Article 14.
Tout Membre ou Etat signataire pent declarer que sa signature n'engage pas soit I'enscmble,
soit telle de ses colonies, possessions d'outre-mer, protectorats ou territoires soumis a sa souve-
I'ainete ou k son autorite, et peut, ulterieuiement adherer separement an nom de I'une (pielcon-
que de ses colonies, possessions d'outre-mer, protectorats ou territoires exclus par cette
declaration.
La denonciation pourra egalement s'effectuer separement pour toute colonie, possession
d'outre-mer, protectorat ou territoire soumis -k sa souverainete ou autorite ; les dispositions
de I'article 12 s'apiiliqueront k cette denonciation.
— 4 —
Article 7.
The High Contracting Parties undertake in connection with immigration and emigration
to adopt snch administrative and legislative measures as ai'e required to check the traffic in
women and children. In particular, they undertake to make such regulations as are required
for the protection of women and children travelling on emigrant ships, not only at the points
of departure and ariival, but also during the journey, and to arrange for the exhibition, in
railway stations and in poits, of notices warning women and childi'en of the danger of the traffic
and indicating the places where they can obtain accommodation and assistance.
Article 8.
The present Convention, of which the French and the English texts are both authentic,
sliall bear this day's date, and shall be open for signature until March .31st, 1922.
Article 9.
The present Convention is subject to ratification. The instruments of ratification shall be
transmitted to the Secretaiy-General of the League of Nations, who will notify the receipt of
them to the other Members of the League and to States admitted to sign the Convention. The
instraments of ratification shall be deposited in the archives of the Secretariat.
In order to comply with the provisions of Article 18 of the Covenant of the League of
Nations, the Secretary-General will registei' the present Convention upon the deposit of the
first ratification.
Article 10.
Members of the League of Nations which have not signed the present Convention before
April 1st, 1922, may accede to it.
The same applies to States not Members of the League to which the Council of the League
may decide officially to communicate the present Convention.
Accession will be notified to the Secretary-General of the League, who will notify all
Powers concerned of the accession and of the date on which it was notified.
Article 11.
The present Convention shall come into force in respect of each Party on the date of the
deposit of its ratification or act of accession.
Article 12.
The present Convention may be denounced by any Member of the League or by any State
which is a party thereto, on giving twelve months' notice of its intention to denounce. Demm-
ciation shall be effected by notification in writing addressed to the Secretary-General of the
League of Nations. Copies of such notification shall be transmitted forthwith by him to all
other Parties, notifying them of the date on which it was received.
The denunciation shall take effect one year after the date on which it was notified to the
Secretary-General, and shall operate only in respect of the notifying Power.
Article 13.
A special record shall be kept by the Secretaiy-General of the League of Nations, showing
which of the Parties have signed, ratified, acceded to or denounced the present Convention.
This record shall bo open to the Members of the League at all times; it shall be published as
often as possible, in accordance with the directions of the Council.
Article 14.
Any Member or State signing the present Convention may declare that the signature does
not include any or all of its colonies, ovei'seas possessions, protectorates or territories under
its sovereignty or authority, and may subsequently adhere separately on behalf of any such
colony, overseas possession, protectorate or territory so excluded in its declaration.
Denunciation may also be made separately in respect of any such colony, overseas
possession, protectorate or territory under its sovereignty or authority, and the provisions of
Article 12 shall apply to any such dentmciation.
— 5 —
Fait a Geneve, le trente Septembre Done at Geneva, the thirtieth day of
Mil neuf cent vmgt et iin, en un seul exeni- September, nineteen hundred and twenty-
plane, qui reste d^pos4 aux archives de la one, in a single copy, which shall remain
Soci^t^ des Nations.
Afrique du Snd.
Albanie.
Allemagne.
Australie.
Autricho.
Belgique.
Br^sil.
Empire Britannique.
Canada.
Chili.
Chine.
Colombie.
deposited in the archives of the League of
Nations.
E. H. WALTON
F. S. NOLI
Dr. Adolf MULLER
S. M. BRUCE
South Africa.
Albania.
Germany.
Australia.
I hereby declare that my sig-
nature does not include Papua
Norfolk Island and the man-
dated territory of New Guinea *
S. M. BRUCE
Albert MENSDORFF
Michel LEVIE
Gastao da CUNHA
Arthur James BALFOUR
Austria.
Belgium.
Brazil.
British Empire.
I hereby declare that my sig-
nature does not include the Is-
land of Newfoundland, the Bri-
tish Colonies and Protectorates,
the Island of Nauru, or any ter-
ritories administered under
mandates by Great Britain ^
Arthur James BALFOUR.
Chas. J. DOHERTY
Agustin EDWARDS
Manuel RIVAS-VICUNA
OuANG YONG-PAO
Canada.
Chile.
China.
Colombia.
Con reserva de la ulterior
aprobaci6n del Congreso de Co-
lombia '.
Francisco Jos6 URRUTIA.
A. J. BESTREPO
Traductions du Secretariat de la Soci^t^ dea
Nations :
Translations by the Secretariat of the League
of Nations :
' Je declare par les presentes que ma signature u'engage pas la Papouasie, I'ile de Norfolk et le
territoire sous inandat de la Nouvelle-Guin<5e.
' Je declare par les prcisentes que ina signature n'engage pas I'ile do Terre-Neuve. les Colonies et
Protectorats britanniques, I'ile do Nauru ot log territoiros a(Tn)inistr(58 sous niandat par la Grando-Bre-
tagne.
' Sous r^erve de I'approbation ult6rieure du ' Subject to the subsequent approval of the
Oongi'OR do rolonibie. t'oloiiibiaii ("ongress.
— 6 —
Costa-Eica. Costa-Rica.
Manuel M. de PERALTA
Cuba. Cuba.
G. DE BLANCK
Esthonie. Esthonia.
Ant. pup
Gr^ce. Greece.
Vassili DENDRAMIS
Hongrie. Hungary.
Felix de PARCHER
Inde. India
I hereby declare that India
reserves the right at its discre-
tion to substitute the age of
sixteen years or any greater
age that may be subsequently
decided upon for the age limits
prescribed in Paragraph B of
the final Protocol of the Con-
vention of May 4. 1910 and in
Article 5 of the present Con-
vention 1.
Theo RUSSELL.
Italic. . Italy.
IMPERIALI
Fino a nuova dichiarazione
del Governo del Re, dichiaro
che la mia firma non impegna
le Colonic Italiane^.
IMPERIALI.
Latvie. . Latvia.
W. G. SALNAIS.
Lithuanie, Lithuania.
GALVANAUSKAS
Japon. Japan.
The Undersigned, Delegate of
Japan, reserves the right on
behalf of his Government to
defer confirmation with regard
to the Article 5 of this conven-
tion and declares that his
signature does not include Cho-
sen, Taiwan, and the leased
Territory of Kwantung^.
HAYASHI
Jforvege. Norway.
Fridtjof NANSEN
Traductions du Secretariat de la Soci6t6 des Translations by the Secretariat of the League
Nations : of Nations :
1 Je declare par lea pr^sentes que I'lnde se reserve entierement le droit de substituer I'age de seize
ans ou tout age plus 61eve qui pourra etre fix6 ulterieurement, aux limites d'age prescrites au § B du
Protocole de cloture de la Convention du 4 inai 1910 et a I'article 5 de la pr^sente Convention.
' Sous reserve d'une nouvelle declaration du ^ Pending a further declaration by the Gov-
Gouvernement royal, je declare que ma signa- emment of the King, I declare that my signature
tare n'engage pas lea Colonies italiennes. does not bind the Italian Colonies.
' Le soussigne, d61egu6 du Japon, reserve le droit au nom de son Gouvernement d'ajoumer la con-
firmation de I'article 5 de la pr^sente Convention et declare que sa signature n'engage ni la Cor<5e, ni
Formose, ni le territoire lou^ du Kwantung.
— 7
Pays -Bag.
Perse.
A. T. BAUD
Netherlands.
Persia.
Prince AEFA-OD-DOVLEH
Pologne et Dantzig. Poland and Danzig.
Portugal.
Eoumanie.
Siam.
J. PERLOWSKI.
A. Fbeire d'ANDRADE
E. MARGARITESCO GRECIANO
Portugal.
Roumania.
SuMe.
Suisse.
MOTTA,
Siam.
With leservation as to the
age-limit prescribed in Pai-a-
giaph B of the Final Protocol
of the Convention of 1910 and
Aiticle 5 of this Convention in
so far as concerns the Nationals
of Siam *.
CHAROON
Sweden.
Sous reserve de ratification
avec I'approbation du Riksdag^.
ADLERCREUTZ.
Switzerland.
sous reserve de ratification
par I'Assembl^e f^d^rale^.
Tch^oslovaquie.
Nouvelle-Z^lande.
D' Robert FLIEDER
J. ALLEN.
Czecho-Slovakia.
New-Zealand.
Pour copie conforme.
Pour le Secretaire g4n4ral
I hereby declare that my sig-
nature does not include the
mandated territory of Western
Samoa *,
J. A.
Certified true copy.
For the Secretary-General :
Birecteur de la Section juridique.
Director of the Legal Section.
Tranelat'ons by the Secretariat of the League
of Nations :
Traductions du Secretariat de la Soci6t6 des
Nations :
' En faisant dee reserves sur la limite d'age prescrite au § B du Protocole final de la Convention
de 1910 et a Particle 5 de la pr^sente Convention, en tant qu'ils s'appliquent aux ressortissants du Siam.
* Subject to ratification with the approval of the Riksdag.
' Subject to ratification by the Federal Assembly.
♦ Je declare par la pr^sente que ma signature n'engage pas le territoire sous roandat du Samoa occi-
dental.
[Communique au Conseil
fit aux Membres de la Soci^te.]
O. 484. m. 339. 1924. IV.
SOCIETE DES NATIONS
ACTES
TtV. I \
CONFERENCE INTERNATIONALE
Ll i . \.\
ET DES EIFAITS
GENEVE I92^
LEAGUE OF NATIONS
RECORDS
OF THE
INTERNATIONAL CONFERENCE
ON
TRAFFlfi 11 WOMEI AID CHIIDREI
GENEVA, \92\
i-<ii{j' ^^-T"
SOCIETE DES NATIONS
ACTES
DE LA
CONFI^JIENCE INTERNATIONALE
DE LA
TRAITE DES FEMMES ET DES ENFANTS
(Seances du 30 juin au 5 juillet i92i).
GENEVE
LEAGUE OF NATIONS
RECORDS
OF THE
INTERNATIONAL CONFERENCE
ON
TKAFFIG IN WOMEN AND CHILDREN
(Meetings held from June 30th to July 5th, 1921.)
GENEVA
TABLE DES MATIEBES
Pages,
I. Ordre du jour de la Conference Internationale de la Traite
DES FEMMES ET DES ENFANTS 4
II. LiSTE DES DELEGUES ET DES CoNSEILLERS TECHNIQUES DESIGNES PAR
LES DIVERS ETATS POUR PRENDRE PART A LA CONFERENCE ... 5
COMPTE RENDU DES DEB ATS
III. Premiere seance pleni^re * 6
1. Verification des pouvoirs 6
2. Reglement interieur 6
3. Discours d'ouverture du President 7
4. Rapport du Bureau international pour la repression de la traite
des blanches et de la traite internationale des femraes,
presente par Miss Baker 12
5. Discours de M. Rivas-Vicuna (Chili) 18
6. Seances des Commissions 18
7. Communications de M. Regnault (France) 19
IV. DeUXI^ME seance PLENli;RE 21
1. Rapport de la Commission de verification des pouvoirs ... 21
2. Admission de la Lithuanie a la Conference 22
3. Rapport de la Commission du reglement interieur 23
4. Commission consultative permanente: Motion de M. Harris
(Grande-Bretagne) 25
5. Extradition 34
ANNEXE DU COMPTE RENDU DE LA DEUXIEME SEANCE Pl.ENlERE:
Projet de reglement interieur 38
V. TrOISI^ME seance PLENliRE. 40
1. Reprise de la discussion. .^ 40
2. Emploi a I'etranger et protection des emigrantes 42
VI. QuATRlfeME SEANCE PLENlilRE 52
1. Proces-verbal et communications diverse? 52
2. Emploi a I'etranger et protection des emigrantes (suite) ... 52
3. Stances des Comniissions 53
4. Rapport de M. de Graaf (Pays-Bas) 54
5. Discours de M. Edwardes (Inde): Attitude de I'lnde, en ce
qui concerne la Convention de 1910 59
6. Discours de M. Alfredo de Castro (Uruguay) 71
VII. ClNQUIl^ME SEIANCE PLENlilRE 74
1. Proces-verbal 74
2. Rapport sur les reponses au questionnaire 74
. 3. Extradition 81
4. Constitution d'une Commission consultative permanente. . . 82
5. Compte rendu des debats de la Commission des Quatorze. . . 86
6. Rapport de la Commission sur les Vceux des Associations privies 94
CONTENrS
Page.
I. Agenda of the International Conference on the Traffic in
Women and Children 4
II. List of Delegates and technical advisers nominated by the
VARIOUS States to take part in the Conference 5
VERBATIM REPORT OF THE DEBATES.
III. First Plenary Meeting 6
1. Verification of Credentials 6
2. Rules of Procedure 6
3. Opening speech by the President 7
4. Report of the International Bureau for the Suppression of
the White Slave Traffic and the International Traffic in
Women, presented by Miss Baker 12
5. Speech by M. Rivas-Vicuiia (Chile) . 18
6. Meetings of Committees 18
7. Communications by M. Regnault (France) 19
IV. Second Plenary Meeting 21
1. Report of the Committee on the Verification of Credentials . 21
2. Admission of Lithuania to the Conference 22
3. Report of the Committee on Rules of Procedure 23
4. Standing Advisory Committee: Motion by Mr. Harris (Great
Britain) 25
5. Extradition 34
ANNEX TO THE SECOND PLENARY MEETING:
Draft rules of procedure 38
V. Third Plenary Meeting 40
1. Resumption of discussion 40
2. Employment abroad and the protection of women emigrants 42
VI. Fourth Plenary Meeting 52
1. Minutes and various communications 52
2. Employment abroad and the protection of women emigrants
(continued) 52
3. Meetings of Committees 53
4. Report by M. de Graaf (Netherlands) 54
5. Speech by Mr. Edwardes (India): Position of India in regard
to the International Convention of 1910 . 59
6. Speech by M. Alfredo de Castro (Uruguay) 71
VII. Fifth Plenary Meeting 74
1. Minutes 74
2. Report on RepHes to Questionnaire 74
3. Extradition 81
4. Establishment of a Standing Advisory Committee 82
5. Report of Proceedings of the Committee of Fourteen .... 86
6. Report by the Committee on Recommendations made by
Private Associations 94
S. d. N. 500. 12/21 Imprimerie Kundig.
VII. CiNQUlilME SEANCE PLENiArE (suite).
7. Motions 97
a) Motions proposees par M. Dendramis (Grece) 97
b) Motion proposee par M. de Cossio (Espagne) .... 99
c) Motion proposee par M. Dendramis (Grece) 100
d) Motion proposee par M. Harris (Grande-Bretagne) . . 101
e) Amendement au Facte propose par la Vice-Presidente . 102
/) Motion proposee par M. Beguin (Suisse) 102
g) Motion proposee par M. Obed Smith (Canada). . . . 103
VII [. SiXliME SEANCE PLENli:RE 104
1. Proces-verbal 104
2. Discours de M. Rangel de Castro (Bresil) 104
3. Proposition de M. Alfredo de Castro (Uruguay) 105
4. Proposition de M. Beguin (Suisse). 109
5. Voeux adoptes par la Conference et revises par le Comite de
redaction 110
6. Discussion de I'Acte final 117
ANNEXE AU COMPTE HENDU DE LA SIXIEME SEANCE PI.ENlkRE :
Voeux adoptes par la Septieme Conference Internationale
des Amies de la Jeune Fille 127
IX. SeptiAme seance pleniAre 130
1. Discours de cloture du President 130
2. Vote de remerciements au President 132
3. Signature de I'Acte final 133
ANNEXE AU COMPTE RENDU DE LA SEPTIEME SEANCE PLENIERE:
Terte de VActe final 133
— 3 —
VII. Fifth Plenary Meeting (continued) .
7. Motions. —
(a) Motions proposed by M. Dendramis (Greece) .... 97
(b) Motion proposed by M. de Cossio (Spain) 99
(c) Motion proposed by M. Dendramis (Greece) 100
(d) Motion proposed by Mr. Harris (Great Britain) . . . 101
(e) Proposed amendment to the Covenant by the Vice-
President 102
(/) Motion proposed by M. Beguin (Switzerland) .... 102
(g) Motion proposed by Mr. Obed Smith (Canada). . . . 103
VIII. Sixth Plenary Meeting 104
1. Minutes 104
2. Speech by M. Rangel de Castro (Brazil) 104
3. Proposition of M. Alfredo de Castro (Uruguay) 105
4. Proposal of M. Beguin (Switzerland) 109
5. Recommendations as adopted by the Conference and revised
by the Drafting Commitlee 110
6. Discussion on the Final Act 117
ANNf:X TO SIXTH MEETING :
Recommendations adopted by the Seventh International
Conference for the protection of Girls 127
IX. Seventh Plenary Meeting 130
1. President's closing speech 130
2. Vote of thanks to the President 132
3. Signing of the Final Act 133
ANNEX TO SEVENTH MEETING:
Text of the Final Act 133
Ordre du jour de la Conference internationale
de la Traite des femmes et des enfants.
Premiere seance.
1. Verification des pouvoirs.
2. Adoption du reglement interieur.
3. Designation du Comite d'organisation.
4. Declaration du President.
5. Rapport sur les reponses au questionnaire.
6. a) Rapport sur la situation actuelle de la traite, pr^sente par le Bureau inter-
national pour la repression de la traite des blanches et de la traite
internationale des femmes.
b) Rapports ou temoignages divers.
7. Creation d'une Commission permanente chargee de renseigner le Conseil sur les
questions relatives a la traite.
Seances ulterieures.
8. Conventions et accords existant actuellement. Examen des amendements et
additions a y apporter.
9. a) Insertion d'une clause d'extradition internationale (voir les articles 1, 2 et
5 de la Convention de 1910).
b) Amendement de Particle 6 de I'Arrangement international de 1904. Revision
de la legislation internationale concernant I'embauchage a I'etranger,
et particulierement I'embauchage des mineurs.
c) Projet de clause additionnelle pour la protection des emigrantes (surveil-
lance a bord des bateaux, etc.).
d) Projet de clause additionnelle rendant les Conventions applicables a toutes
les colonies et dependances des Puissances signataires. (Voir la declara-
tion de I'Arrangement de 1904.)
e) Propositions diverses.
10. Traite des enfants. — Mesures Internationales en vue de la repression de la
traite des enfants, particulierement dans les colonies et dependances.
11. Adoption du rapport, ainsi que des projets d'amendements a la Convention
a soumettre au Conseil et a I'Assemblee de la Societe des Nations.
I.
Agenda of the International Conference on TrafRc
in Vl/onicn and Children.
First Meeting.
1. Verification of Credentials.
2. Adoption of Rules of Procedure.
3. Appointment of Committee of Organisation.
4. Statement by the President.
5. Report on the replies received to the Questionnaire.
6. (a) Report on existing Traffic by the International Bureau for the Suppression
of the White Slave Traffic and the International Traffic in Women.
(b) Any other reports or evidence.
7. Creation of Standing Committee to advise the Council on Traffic questions.
Subsequent Meetings.
8. The existing Conventions or Agreements and the desirability of amendments
and additions to them.
9. (a) Insertion of International Extradition Clause (see Articles 1, 2 and 5,
1910 Convention).
{b) Amendment of Article 6, International Agreement of 1904. Revision of
international legislation with regard to employment abroad, especially
of minors.
(c) Proposed addition of clause for the protection of women emigrants (Super-
vision on boats, etc.).
(d) Proposed addition of clause making the Conventions applicable to all
Colonies and Dependencies of Signatory Powers (see Declaration, 1904
Agreement).
(e) Any other suggestions.
10. Child Traffic. — International measures to control Child Traffic, especially
in Colonies and Dependencies.
11. Adoption of Report including suggested amendments to the Convention, for
submission to the Council and to the Assembly of the League of Nations.
II
Liste des deleg^ues et des Conseillcrs teehniqiie»!> dcssignes
par les divers Etats pour prendre part a la Conference.
AjriquednSud:
Albanie:
Allemagne :
A utriche :
Belgique :
Bresil :
Bulgarie:
Canada :
Chili :
Chine :
Danemark :
Espagne :
Esthonie:
France :
Grande-Bretagne :
Grece :
Hongrie :
Inde :
Italie :
Japan :
Lithuanie:
Monaco :
Norvege :
Panama :
Pays-Bas :
Pologne et Dantzig .
Portugal :
Roumanie :
Etat Serhe-Croale-
Slovene :
Siam:
Suede:
Suisse:
Tchecoslovaquie :
Uruguay :
The Lady Phyllis Ponsonby, deleguee.
M. Midhat Frasheri, delegue.
M. le docteur Th. Lewald, delegue.
M. le pasteur L. Hoppe, conseiller technique.
M. Emmerich Pflugl, delegue.
M. le senateur H. Lafontaine, delegu6.
M. A. DuLLAERT, conseiller technique.
M. Joao Baptista Lopes, delegue.
M. S. Rangel de Castro, conseiller technique.
M. S. PoMENOw, d61egue.
M. Obed Smith, delegue.
M. Manuel Rivas-Vicuna, delegue.
M. SuNTCHOUWEi, delegue.
M. Hoo-Chi-Tsai, conseiller technique.
Mil® Henni Forchhammer, deleguee.
M. Manuel de Cossio, delegue.
M. Charles Pusta, delegue.
Son Excellence M. Regnault, delegue.
jVime de Witt-Schlumberger, deleguee-adjointe.
M. Barbier, conseiller technique.
M. S. W. Harris, delegue.
M. V. Dendramis, delegue.
M. le professeur Zoltan Baranyai, delegue.
M. S. M. Edwardes, delegue.
Son Excellence le marquis R. Paulucci de' Calboli, delegue.
M. Kunitoshi Yamaoka, delegue.
M. Shigetomo Sayegusa, conseiller technique.
M. Vaclovas Sidzikauskas, delegue.
M. RoussEL, delegu6.
M. Enevold Borch, delegue.
M"e Elise Sem, d61egu6e-adjointe et conseillere technique.
M. R. A. Amador, delegue.
M. A. de Graaf, delegue.
M. F. M. G. van Walsem, conseiller technique.
M. J. Perlowski, delegue.
M. le docteur Zum Busch, conseiller technique.
M. Bartholomeu Ferreira, delegue.
M. Margaritesco Greciano, delegue.
M. le docteur Miloutine Yovanovitch, delegue.
Son Altesse le prince Charoon, delegu6.
M. Johan Baath, delegue.
M^e Bugge-Wicksell, conseillere technique.
M. Ernest Beguin, delegue.
M. F. Stampfli, conseiller technique.
M. le docteur C. Dusek, d61egue.
M. Alfredo de Castro, delejjue.
n.
List of Deleg'ates and Technical Advisers nominated by
the various States to take part in the Conference.
Albania:
Austria:
Belgium :
Brazil :
Bulgaria :
Canada :
Chile :
China :
Czechoslovakia :
Denmark :
Esthonia :
France :
Germany :
Great Britain:
Greece :
Hungary :
India :
Italy ;
Japan :
Lithuania :
Monaco :
Netherlands :
Norway :
Panama :
Poland & Danzig :
Portugal :
Rumania :
Serb-Croat-Slovene
Siam :
South Africa:
Spain :
Sweden :
Switzerland :
Uruguay :
M. Midhat Frasheri, Delegate.
M. Emmerich PflOgl, Delegate.
Senator H. Lafontaine, Delegate.
M. A. DuLLAERT, Technical Adviser.
M. Joao Baptista Lopes, Delegate.
M. S. Rangel de Castro, Technical Adviser.
M. S. PoMENOw, Delegate.
Mr. Obed Smith, Delegate.
M. Manuel Rivas-Vicuna, Delegate.
M. SuNTCHOuwEi, Delegate.
M. Hoo-Chi-Tsai, Technical Adviser.
Dr. C. DusEK, Delegate.
M"e Henni Forchhammer, Delegate.
M. Charles Pusta, Delegate.
His Excellency M. Regnault, Delegate.
Mme. de Witt-Schlumberger, Deputy Delegate.
M. Barrier, Technical Adviser.
Dr. Th. Lewald, Delegate.
Pastor L. Hoppe, Technical Adviser.
Mr. S. W. Harris, Delegate.
M. V. Dendramis, Delegate.
Professor Zoltan Baranyai, Delegate.
Mr. S. M. Edward Es, Delegate.
His Excellency the Marquis R. Paulucci de'Calboli, Delegate.
Mr. Kunitoshi Yamaoka, Delegate.
Mr. Shigetomo Sayegusa, Technical Adviser.
M. Vaclovas Sidzikauskas, Delegate.
M. RoussEL, Delegate.
M. A. de Graaf, Delegate.
M. F. M. G. van Walsem, Technical Adviser.
M. Enevold Borch, Delegate.
Mile. Elise Sem, Deputy Delegate and Technical Adviser.
M. R. A. Amador, Delegate.
M. J. Perlowski, Delegate.
Dr. ZuM BuscH, Technical Adviser.
M. Bartholomeu Ferreira, Delegate.
M. Margaritesco Greciano, Delegate.
State: Dr. Miloutine Yovanovitch, Delegate.
His Highness Prince Charoon, Delegate.
The Lady Phylhs Ponsonby, Delegate.
M. Manuel de Cossio, Delegate.
M. Johan Baath, Delegate.
Mme. Bugge-Wicksell, Technical Adviser.
M. Ernest Beguin, Delegate.
M. F. Stampfli, Technical Adviser.
M. Alfredo de Castro, Delegate.
COMPTE RENDU DES DEBATS.
Ill
Pi-eiuicre seance pieniere.
Jeudi 30 juin 1921, a 10 h. 15 du matin.
M. Michel Levie, president.
1. VERIFICATION DES POUVOIRS.
M. le President. Si vous le voulez bien, nous confierons la verification des
pouvoirs a des diplomates, selon I'usage constant. Je demande de bien vouloir tenir
compte de la situation geographique et, dans cette pensee, je propose la nomination
du delegue frangais — M. I'Ambassadeur Regnault, qui voudra bien prendre la
presidence de la Commission, du delegue chinois et du delegue chilien.
Si vous etes d'accord, je declare ainsi constituee la Commission de verification
qui nous fera son rapport dans la seance de demain.
(Adopte.)
2. RfiGLEMENT INTERIEUR.
M.le President. Ge reglement s'inspire de tons les precedents de la Society des
Nations. C'est un reglement type et nous n'avons pas autre chose a faire que I'adopter.
Si vous estimez qu'il y a lieu d'en donner lecture, nous le ferons volontiers, mais je
pense que cela est inutile. Vous pourriez ainsi prendre la parole sur d'autres questions
et gagner du temps.
M. Regnault (France). J'ai pris connaissance du projet de reglement et je
me permets de vous soumettre quelques observations: D'ordinaire, chaque confe-
rence, si elle est saisie d'un projet de reglement, nomme une commission pour
I'examiner. C'est ainsi qu'il a ete proced6 dans les recentes Conferences de Barce-
lone et de Londres et je me permets de vous donner ici une opinion tout a fait per-
sonnelle: le projet soumis me semble trop complique. En outre, dans certains cas,il
prevoit des votes par majorite. II faudrait bien specifier ici que ces votes, quand ils
s'appliquent a des clauses contenues dans des conventions diplomatiques, ne sau-
raient etre acquis s'ils ne reunissent pas I'unanimite des membres repr^sentant les
Etats signataires. J'ajoute que beaucoup de conferences diplomatiques et autrcs
se sont tenues sans reglement, parce que, gen6ral.ement, il n'y a pas lieu a reglement.
Le president a la police de I'Assemblee, I'Assemblee delibere seance tenante, le
nombre des sujets n'est generalement pas tr^s important et c'est seulement dans des
conferences comme celles de Londres et de Barcelone, qui avaient trait a des sujets
financiers et economiques ayant une repercussion tres etendue et traites par
un grand nombre de delegues, qu'il a paru interessant de prevoir k I'avance des dispo-
sitions concernant les discussions; mais, dans une conference qui, comme celle-ci,
ne comprend qu'une trentaine de delegues, la question du reglement est moins
VERBATIM REPORT OF THE DEBATES.
III.
First Pleiiai'y Moetiiig'.
Thursday, June 30th, 1921, at 10.15 a.m.
M. Michel Levie, President.
1. VERIFICATION OF CREDENTIALS.
The President. — ■ Translation : I would propose to you that we should entrust
the verification of credentials to diplomats, as is the general custom, and that we
should take geographical considerations into account. I therefore propose to you
the appointment of the French Delegate — His Excellency M. Regnault, the Delegate
of China, and the Delegate of Chile.
If you agree to this proposal, I declare the Credentials Committee thus
appointed. It will make its report at to-morrow's meeting.
(Agreed.) *
2. RULES OF PROCEDURE.
The President. — Translation: These Rules are based on the Rules of Pro-
cedure of the Assembly of the League of Nations, and we have only to adopt them.
If you wish it, we can have them read aloud, but I do not think that there is any
necessity. If you adopt them we can pass on to the other questions and gain time.
M. Regnault (France). — Translation: I have examined the draft Rules of
Procedure and I should like to make some observations upon them. As a rule,
every Conference to which draft Rules of Procedure are submitted appoints a Com-
mittee to examine them. This was the procedure adopted in the recent Conferences
in Barcelona and in London, and, if you will permit me, I should like to state that
in my personal opinion the rules submitted to us seem to me to be too complicated.
In certain cases, besides, these Rules of Procedure provide for a majority vote.
It should be specified here that these votes, when they apply to clauses contained
in diplomatic Conventions, cannot be held valid unless they signify the unanimity
of the Members representing the Signatory States. I must add that many diplo-
matic Conferences and other Conferences are heldwithout rules of procedure because
such rules are not generally necessary. The President is responsible for the conduct
of the Conference, the Conference begins its debates at once, the number of subjects
is generally not very great, and it is only in Conferences such as those of London and
Barcelona, which dealt with financial and economic subjects which had very consi-
derable outside influence and at which a great number of Delegates attended, that
it was of value to provide in advance for the arrangements governing the debates.
But in a Conference which, like this, is composed of only some thirty Delegates,
— 7 —
importante. C'est pourquoi je pense, a premiere vue, tout en rendant hommage au
desir que Ton a de vouloir simplifier les travaux, qu'il serait preferable que cette
question fut 6tudiee par une commission de reglement.
M. le President. Nous nous trouvons done en presence de deux alternatives:
ou bien reprendre toutes les dispositions reglementaires et liquider seance tenante
celles qui pourraient soulever des objections, ou bien renvoyer le projet de regle-
ment a une commission qui ferait rapport dans la seance de demain.
M. Regnault (France). Je demande que les membres de la commission soient
immediatement designes par I'Assemblee et qu'ils poussent activement leurs tra-
vaux de fa^on a pouvoir faire leur rapport demain.
M. Lewald (Allemagne). J'appuie cette proposition.
On precede au vote par delegation.
Le projet de renvoi a une commission est adopte a mains levees par irente
suffrages centre cinq.
M. le President. II a ete propose que cette commission fut compos^e de trois
membres.
Y a-t-il quelqu'un qui desire nous soumettre d'autres propositions ?
M. Regnault (France). Je propose que les trois membres de la commission
soient designes par M. le President.
(Adopte.)
M. le President. Je vous propose de designer le delegue frangais, M. I'Ambas-
sadeur Regnault, le del6gue canadien et le delegue bresilien.
Dans ces conditions, le travail de notre premiere journee vase trouver modifie
par la force des choses. Nous avons a notre ordre du jour « la designation du Comite
d'organisation » que nous sommes obliges de renvoyer a demain. Nous avons ensuite,
comme quatrieme objet, I'allocution du president qui pent tres bien se faire imme-
diatement. 11 y a ensuite le rapport sur les reponses au questionnaire. Toutes les
reponses no nous etant pas encore parvenues, il faudra renvoyer ce rapport a
demain ou apres-demain. Nous aurons ensuite le rapport sur la situation actuelle
de la traite, rapport dont on pourra donner lecture pour occuper notre matinee.
Le reste devra etre renvoye a la seance de demain
Nous sommes d'accord.
3. ALLOCUTION DU PRESIDENT
M. le President. Mesdames, Messieurs,
II a plu au Conseil de la Societe des Nations d'appeler un Beige a la presidence
de votre Conference.
Je Ten remercie au nom de mon pays, qui apprecie hatltement I'honneur qui
h'i est fait.
Dans I'accomplissement de la tSche qui m'est confine, j'apporterai, a defaut
d'autre qualite, toute ma bonne volonte et tout mon devouement. Faut-il ajouter
que je me permets de compter sur le concours du Comite que vous avez 61u tout a
I'heure et sur le votre. Messieurs, afin de mener k bien I'ceuvre importante dont nous
sommes charges.
Importante, assur6ment, et vous le savez tons, depuis longtemps sur le metier.
Voici plus d'un quart de siecle — c'etait en juin 1895 — qu'a Paris, le cinquieme
Congres penitentiaire international posait tres exactement la question sous son
double aspect dans les termes suivants: « Ne serait-il pas desirable qu'une entente
intervint entre les diffdrents Etats dans le but de prevenir la prostitution des jeunes
- 7 —
the question of procedure is less important. This is why, at first glance, while fully
sensible of the desire shown to assist us in our work, I nevertheless consider that it
would be preferable to appoint a Committee to examine these Rules of Procedure.
The President. — Translation: There are two solutions before us : one is to
consider these rules and decide, here and now, any points on which objection is
raised, and the other is to refer them to a Committee which should report
to-morrow.
M. Regnault (France). — Translation: I propose that the Conference should
immediately appoint the members of this proposed Committee and ask them to
hasten on their work in order to present a report to-morrow.
M. Lewald (Germany). — Translation : I second this motion.
The Conference proceeded to a cote by Delegation.
On a show of hands, the proposal to refer the rules to a Committee was carried
by thirty votes to five.
The President. — Translation : It is proposed that there shall be three Mem-
bers of this Committee.
Has anybody any other suggestion to make ?
M. Regnault (France). — Translation: I suggest that the President himself
shall appoint the three members of the Committee.
(Agreed.)
The President. — Translation: I suggest as the Members of this Committee :
M. Regnault, Delegate of France, the Delegate of Canada and the Delegate of Brazil.
The reference of the Rules to a Committee involves a slight change in our
Agenda to-day; we shall have to postpone until to-morrow the next item on the Agen-
da — ^the appointment of the Committee of Organisation. Then there is the Presi-
dent's statement, which can be made immediately. After that we have the Report
on the Replies to the Questionnaire. This is not ready yet because all the replies
have not arrived. I am afraid that this report will have to be postponed till to-
morrow or the day after. Then there is the Report on the Present Conditions of
the Traffic. This is ready and it might be read this morning. The rest will have
to be postponed till to-morrow's meeting.
I take it that we are all agreed on this course.
(A greed.)
3. OPENING SPEECH BY THE PRESIDENT.
The President. — Translation: Ladies and Gentlemen,
The Council of the League of Nations has summoned a Belgian to preside
over your Conference.
I tender the Council my thanks on behalf of my country, which is far from
insensible of the honour which is thus paid to it.
In accomplishing the duty of Chairman which has been entrusted to me,
I shall bring to my task, whatever other qualities I may lack, all my good will and
all my devotion. I may add that I know I shall be able to rely on the help of the
Committee which you have just elected as well as on your own collaboration. Gentle-
men, with a view to bringing to a successful conclusion the important work we have
in hand.
The question is indeed an important one and, as you all know, one that has long
been exercising the public mind.
It is now more than a quarter of a century ago — in June, 1895 — that the Fifth
International Penitentiary Congress, meeting in Paris, put the question very precisely,
under its double aspect, in the following terms: "Would it not be desirable for an
understanding to be arrived at between the different States with a view to preventing
— 8 —
filles placees a I'etranger et trop souvent livrees au vice par les manoeuvres de cer-
taines personnes ou de certaines agences ? Quels seraient les moyens repressifs a
adopter centre ceux qui, a I'aide de manoeuvres fallacieuses, determinent des jeunes
filles a s'expatrier dans le but de les livrer a la prostitution ? »
La conclusion du Congres fut celle-ci: II y a li^u de provoquer une conference
des delegues des gouvernements pour prendre des mesures internationales contre
la traite des blanches.
Quatre ans apres, le Congres de Londres, dont on ne saurait assez feliciter les
organisateurs, donna I'impulsion decisive au mouvement qui, depuis, ne s'est plus
arrete.
Ceux de mon age se rappellent I'attention emue avec laquelle I'opinion publique,
secouee par la revelation de faits scandaleux, en avait suivi les travaux. On n'en
pouvait plus douter desormais ! Des temoignages precis et concordants montraient
I'extreme gravite du mal; une organisation qui s'etendait, pour ainsi dire, a toute
I'Europe avait pris la place du proxenetisme isole, seul en^isage jusque la par les
lois repressives: des femmes, mineures pour la plupart, embauchees pour des emplois
lucratifs, etaient, dans I'ignorance du sort abominable qui les attendait, transpor-
tees a I'etranger et fmalement jetees, faute de ressources, dans des maisons de
debauche !
Et tout cela echappait au chatiment !
A tout pHx, il fallait — ce fut le voeu unanime et pressant du Congres —
arriver k une entente Internationale et, du meme coup, a une amelioration de la
legislation penale des divers Etats interesses.
Du Congres de Londres date la creation des Comites nationaux et du Bureau
international a qui va notre admiration, ainsi que les nombreuses associations libres
dont je n'ai plus a faire I'eloge: les services qu'ils ont tons rendus sont inapprecia-
bles. lis sont presents a nos esprits.
A la demande du Bureau international de Londres, la France — ne trouve-t-on
pas ses initiatives genereuses dans tous les domaines — convoqua la premiere
Conference diplomatique.
Elle eut lieu a Paris en 1902.
La seconde se reunit en 1910 egalement a Paris.
L'Arrangement signe le 18 mars 1904 fut la suite de la premiere.
La Convention du 4 mai 1910 sortit des deliberations de la seconde.
L'Arrangement et la Convention organisaient un regime de defense, de mesures
administratives et de repression, qui permettait aux Gouvernements, s'ils le vou-
laient, de rechercher et de frapper, sans entraves et sans retards, des miserables
trop longtemps assures de I'impimite.
Ces documents nous sont familiers. Je puis passer.
Je ne relate que pour memoire les derniers Congres: Madrid en 1910, Bruxelles
en 1912 et Londres en 1913.
Nous voici en 1921.
Si la guerre a, en 1914, generalement ferm6 les frontieres et rendu difficile le
trafic des femmes, dont nous cspcrions avoir bientot raison, elle a, par contre,
dechaine sur le monde les passions mauvaises, I'immoralite et les pires desordres.
Mais la guerre est finie. Les frontieres se rouvrent.
Et nous nous retrouvons a Geneve pour reprendre la lutte et perfectionnei' nos
moyens de defense.
C'est une association priv6e qui, en 1899, avait convoqu6 le Congrfes de Londres.
C'est le Gouvernement frangais qui, en 1902 et 1910, avait reuni les Puissances.
C'est aujourd'hui la Societe des Nations, elle-meme, qui nous assemble au siege do
ses travaux.
Vous avez sous les yeux les pieces officielles qui en temoignent. Relisez avec
moi I'article 23 c du Pacte solennel, transcrit en tete des Trait cs de Paix: « Les
— 8 — .
the prostitution of young women living abroad, and all too often dragged into vice
by the manoeuvres of certain individuals and certain agencies ? What should be
the repressive measures to be adopted against those who, by means of dishonest
devices, persuade young women to go abroad with a view to forcing them to became
prostitutes ?"
The Congress concluded that a Conference of Delegates from the different
Governments should be convened with a view to taking international measures
against the White Slave Traffic.
Four years later, the London Congress — the work of whose organisers was
beyond praise — gave the first decisive impulsion to the movement, which has never
since looked backwards.
Those of you who are of my age will remember the anxious attention with which
public opinion, shocked by the revelation of horrible facts, followed the work of
this Conference. Henceforward there would be no doubt in the matter. Masses of
precise and consistent evidence show the extreme gravity of the situation; an orga-
nisation, which covered, one might say, the whole of Europe, had taken the place
of isolated procuring, which up to then alone had been dealt with by repressive
laws; women, for the most part under age, were engaged for lucrative posts, and
then, always in complete ignorance of the abominable lot which awaited them,
transported to foreign countries and finally flung penniless into houses of debauchery.
And all that escaped punishment !
At any cost — this was the urgent and unanimous recommendation of the
Congress — an international agreement must be arrived at and at the same time
an improvement of the penal legislation of the various States concerned.
From the London Congress dates the establishment of the International Com-
mittees and of the International Office, whose work has been so excellent, as well
as of numerous private societies which there is no need for me to praise, since the
work that they have done is beyond praise. At the present moment we are not
unforgetful of their services.
At the request of the International Office of London, France — the initiation
of generous policies is confined to no one country — convened the first diplomatic
Conference.
This took place in Paris in 1902.
The second met also in Paris in 1910.
The Arrangement signed on March 18th, 1904, was a result of the first of these
Conferences.
The Convention of May 4th, 1910, was the result of the discussions of the second.
The Arrangement and the Convention provided for a system of protection'and
administrative measures of repression, which enabled the Governments, if they so
desired, to search for and strike, without impediment and without delay, the mise-
rable wretches who had too long gone unscathed.
These documents are familiar to us. I can pass on. I would only call to mind
the last Congresses in Madrid in 1910, in Brussels in 1912 and in London in 1913.
We are now in 1921.
Whereas, the war in 1914 closed, in general, all frontiers, and ■ rendered the
traffic in women very difficult — a traffic which we soon hope to overcome — on
the other hand, it let loose upon the world violent passions, immorality and even
worse disorders.
But the war is over. Frontiers are being re-opened.
And thus we find ourselves at Geneva to take up the struggle once more and
to perfect our means of defence.
It was a private society which, in 1899, summoned the Congress of London. It
was the French Government which, in 1902 and 1910, called the Powers together.
To-day it is the League of Nations itself which assembles us at the seat of its labours.
You have before you the official documents which testify to this fact. Read with
me Article 23 (c) of the solemn Covenant inscribed at the head of the Treaties of
Peace: "The Members of the League of Nations will entrust the League with the
. — 9 —
Membres de la Societe des Nations chargent la Sociote du controle general des
accords relatifs a la Iraite des femmes ct des enfants >>.
Vous avez bien hi !
Jusqu'ici, les traites de paix ne reglaient que des questions de frontiere, d'in-
demnites, d'interets commerciaux et financiers.
Pour la premiere fois, dans I'histoire de Thumanite, d'autres interets y prennent
place, et, parmi eux, la dignite du travail humain qui fera, en 1919, I'objet de la
Conference internationale de Washington, le respect <le la femme et de Fenfant qui
fait I'objet de la presente reunion. Avec moi, veuillez continuer la lecture des pieces
que nous avons reQues:
« Le Conseil de la Societe des Nations, le 15 mat 1920, approuve la nomination
d'un fonctionnaire attache au Secretariat, charge specialement de se tenir au courant
de toutes les questions relatives a la traite des blanches. »
Ce fonctionnaire a ete nomme, c'est Dame Rachel Crowdy, I'aimable et dis-
tinguee Secretaire de notre Conference.
Puis c'est I'Assemblee de la Societe des Nations qui, dans sa seance du 15 de-
cembre 1920, precise les conditions de son intervention:
Ecoutez. Chaque phrase est a retenir.
« Le Secretariat de la Societe des Nations etablira un questionnaire uniforme
et I'Assemblee autorisera le Secretariat a envoyer ce questionnaire a tousles Gouvcr-
nements. On demanderait ainsi a tous les Etats quelles sont les mesures legislatives
prises jusqu'a ce jour pour combattre la traite, et plus particulierement quelles
mesures ils comptent prendre a I'avenir pour supprimer la traite.
« Les Gouvernements signataires des Conventions de 1904 et 1910 seront imme-
diatement invites a mettre en vigueur les dites conventions.
« L'Assemblee invitera le Conseil a demander aux pays signataires des Conven-
tions internationales de 1904 etl910, ou adherents aux dites Conventions, d'envoyer
des representants a une conference internationale qui se tiendra avant la prochaine
Assemblee.
« Cette conference coordonnera les reponses au questionnaire regues par le Secre-
tariat et s'efforcera de realiser, entre les vues des difTerents Gouvernements, une
unite permettant une action commune. »
C'est done en execution d'une decision de I'Assemblee generale que le question-
naire a ete envoye par le Secretariat de la Societe des Nations aux Gouvernements
signataires des Conventions de 1904 et 1910 et que ces Gouvernements ont ete
invites a mettre immediatement les Conventions en vigueur sielles nel'etaientdeja.
Une derniere citation: « Dans sa session de fevrier, a Paris, le Conseil decide de
prier le Secretaire general d'inviter en son nom les pays signataires des Conventions
internationales de 1904 et 1910 (traite des femmes et des enfants) a envoyer des
representants a une conference internationale qui se tiendra au siege de la Societe
des Nations pendant la derniere semaine de juin. Y seront egalement invites, tous
autres Etats desireux d'y participer. v,
J'ai cru bien faire en insistant sur les conditions nouvelles dans lesquelles nous
allons deliberer. Et pourquoi la Societe des Nations a-t-elle ainsi mis en mouvemcnt
avec une insistance et une rapidite impressionnantes, ses divers organismes: son
Assemblee, son Conseil, son Secretariat g6n6ral ?
Pourquoi son questionnaire adress6 aux Gouvernements signataires des Conven-
tions de-1904 et 1910 et I'invitation de les mettre en vigueur, si elles ne le sont d^']k ?
Pourquoi la nomination d'un Secretaire permanent ?
Pourquoi la convocation de cette Conference ?
Pourquoi a-t-elle tenu a en nommer le President ?
Parce que, chargee par les Traites de Paix, du controle general des accords
relatifs k la traite des femmes et des enfants, elle considere comme un devoir d'assu-
rer I'ex^cution des accords existants et la preparation de nouveaux accords plus
parfaits. C'est ainsi que TAssembiee generale du 15 decembre a intcrpr6te i'articlc 23 c
du Pacte de la Soci6t§ des Nations.
- 9 —
general supervision over the execution of agreements with regard to the traffic in
women and children."
You have read it.
Hitherto, treaties of peace have dealt only with questions of frontiers, indem-
nities and commercial and financial interests.
For the first time in the history of humanity, other interests are therein included
and among them the dignity of human labour which, in 1919, formed the subject
of the International Conference at Washington, and the respect for the woman and
the child, which is the cause of our present meeting.
Will you not, with me, read more of these documents ?
"The Council of the League of Nations, on May 15th, 1920, agrees to the
appointment of an Officer attached to the Secretariat, whose special duty it will
be to keep in touch with all matters relative to the White Slave Traffic."
This Officer has been appointed. She is Dame Rachel Crowdy, the amiable and
distinguished Secretary of our Conference.
The next Assembly of the League of Nations, at its meeting on December 15th,
1920, emphasises the conditions under which it was to intervene.
Listen I Each sentence is one to be remembered !
"The Secretariat of the League of Nations shall issue a questionnaire and the
Assembly shall authorise the Secretariat to send this questionnaire to all Govern-
ments. The Governments shall be asked what legislative measures have been taken
by them to combat the traffic, and especially, what additional measures they are
proposing to take in the future.
"Also, the Governments signatory to the 1904 and 1910 Conventions shall be
immediately urged to put such Conventions into operation.
"The Assembly shall request the Council to invite the countries signatory or
adherent to the International Conventions of 1904 and 1910 to send representatives
to an International Conference to be held before the next Assembly.
"This Conference would co-ordinate the replies to the questionnaire received
by the Secretariat and would endeavour to secure a common understanding between
the various Governments with a view to future united action."
It is, therefore, as a result of the resolution of the general Assembly that the ques-
tionnaire has been sent out by the Secretariat of the League of Nations to all Govern-
ments signatory to the Conventions of 1904 and 1910, and that these Governments
have been invited to put these Conventions into force immediately if this had not
already been done.
One more quotation: "At its Session in Paris in February, the Council decided
to request the Secretariat to invite in its name the countries signatory to the Inter-
national Conventions of 1904 and 1910 (Traffic in Women and Children) to send
representatives to an International Conference, which will be held at the seat of
the League of Nations in the last week of June. All other States wishing to take
part in this Conference shall also be invited."
I believe that I have done well in emphasising the new conditions under which
we are about to open our discussions.
Why has the League of Nations thus put in motion, with an insistence and a
speed which are truly remarkable, its various organs, its Assembly, its Council,
its Secretariat ?
Why has its questionnaire been sent to the Governments signatory to the
Conventions of 1904 and 1910 and why have these been invited to put these Conven-
tions into force if they have not done so already ?
Why has the permanent Secretary been appointed ?
Why has this Conference been summoned ?
Why has it appointed a President ?
Because, entrusted by the Peace Treaties with the general supervision of the
execution of agreements with regard to the traffic in women and children, the League
considers it to be its duty to assure the execution of the existing agreements and the
preparation of new and more perfect agreements. Thus did the Assembly, on
December 15th, interpret Article 23 (c) of the Covenant of the League of Nations.
— 10 —
Assurer I'execution des Accords de 1904 et 1910, ai-je dit ? Etait-ce done si
necessaire? Oui, n'est-il pas vrai? Les points faibles du regime cree par ces accords
eclatent aujourd'hui a tous les yeux.
II sufTit, pour s'en convaincre, de relire les documents et de considerer les faits.
Prenons I'Arrangement de 1904.
Art. 1. — Chacun des (jouvernements s'engage a etablir une autorite qui
centralise tous les renseignements sur I'embauchage et pourra communiquer avec
les services similaires des autres Etats.
Personne n'est charge du controle.
Art. 2 et suivants. — Les Gouyernements contractants s'engagent a prendre une
serie de mesures generalement d'ordre administratis Ont-elles ete prises ? Dans
quelles mesures ? On ne salt.
Passons a la Convention de 1910.
Les Gouvernements contractants se sont mis d'accord sur la mise au point de
la legislation penale. .
Art. i. et 2. — Doit etre puni, quiconque, pour satisfaire les passions d'autrui,
a embauche
Art. 3. — Engagement de legiferer.
Art. 4. — Les contractants se communiqueront, par le Gouvernement fran-
gais, leurs lois actuelles et futures.
Art. 5. — II y aura lieu a extradition.
Aux articles 7 et 8, ils prennent divers engagements. Au protocole de cloture,
ils se mettent aussi d'accord au sujet de dispositions penales a edicter.
Encore une fois, est-ce que tout cela a ete realise et dans quelle mesure ';' Le
Gouvernement frangais etait designe pour recevoir les communications des Etats
signataires. Sa mission n'allait pas au dela.
Certes, il serait injuste et odieux d'insinuer que les Conventions seraient restees
lettre morte. Le Bureau international de Londres, a qui je m'empresse une fois de
plus de rendre hommage, a fait ce qu'il pouvait. Mais, reconnaissons-le, il n'etait,
tout de meme, qu'un organisme prive, officieux si vous voulez, subventionne peut-
etre, mais sans autorite, sans pouvoir. Dans I'etat d'anarchie Internationale oil se
trouvait le monde, comment en eut-il ete autrement ?
Mais I'anarchie Internationale a pris fin. II y a maintenant une Societe des
Nations. Et comme on prouve le mouvement en marchant, elle prouve son existence
en agissant, de fagon a rendre plus efficace le regime, dont les cotes defectueux I'ont,
tout de suite, preoccupee.
Ce n'est pas tout.
Elle jette un regard sur I'avenir. Elle songe a des ameliorations. Elle vous
appelle k en deliberer et a preparer, entre les vues des divers gouvernements, une
unite permettant une action commune.
Messieurs, il ne m'appartient pas, et ce n'est, d'ailleurs, ni le lieu ni I'heure
de le faire, d'apprecier le Pacte instituant la Soci6te des Nations, d'ailleurs per-
fectible comme toute oeuvre humaine. Mais je ne crains pas d'affirmer que, dans
le domaine qui est le notre, son entree en scene etait une necessite imperieuse et
constitue un heureux evenement. Je suis sur d'etre votre interprete fidele en disant
a la Soci6t6, qui nous revolt chez elle, toute notre reconnaissance et tous nos remer-
ciements.
J'ai vu tantot dans les journaux que, ces jours-ci, a Londres, I'anniversaire
de la Society des Nations avait ete celebre, a Hyde-Park, en une imposante mani-
festation et qu'y avaient participe les quarante-huit pays qui la composcnt actuelle-
ment. Notre Conference, de loin, ne pent que s'associer a cette manifestation inter-
nationale.
Dans le programme de nos travaux,. je releve, en y appelant votre attention,
les points suivants que, d'avance, mon allocution a mis en relief. Et tout d'abord,
je note un changement dans le titre de la Conference. Elle devient « Conference
— 10 —
Have I said, to assure the execution of the Agreements of 1904 and 1910 ?
Was this so necessary? Yes indeed. The feebleness of the system established by
these agreements is to-day visible to every eye. To convince ourselves, it will be
sufficient to read once more the documents before us and to consider the facts.
Let us take the Agreement of 1904.
Article 1. — Each Government undertakes to establish a central authority,
which will collect all information with regard to the seduction, and will communi-
cate them to the similar parties in other States.
But here no one is entrusted with the control.
Article 2 and following. — The Contracting Governments bind themselves
to take a number of measures of a general administrative nature.
Have these been taken ? To what extent ? No one knows.
Let us look at the Convention of 1910.
The Contracting Governments agreed to put into force penal legislation.
Article 1 and Article 2. — Any person who, with a view to satisfying another's
passions has seduced shall be punished.
Article 3. — They bind themselves to legislate to this effect.
Article 4. — The Contracting Parties shall communicate to each other, through
the French Government, their present and future legislations on this point.
Article 5. — Extradition shall be resorted to.
In Articles 7 and 8 they enter into various undertakings. In the closing protocol
they also agree upon the penal provisions.
Once more I ask you, Has all this been accomplished, and to what extent ?
The French Government was, indeed, appointed to receive the communications
of the^Central States. Its mission did not go beyond that.
It would be both unjust and invidious to insinuate that the Conventions had
remained a dead letter. The International Bureau in London, to which I would
once more render homage, has done all it could. But we must, nevertheless, bear in
mind that it was a private organisation, semi-official if you like, subsidised if you
like, but without power and without authority. In the state of international
anarchy in which the world was, how could it have been otherwise ?
But the period of international anarchy has come to an end. There is now a
League of Nations. And as one proves the fact of movement by walking, so the
League is proving its existence by working — by working so as to render more
effective the system whose defects at first preoccupied it.
That is not all.
The League is looking forward; it is thinking of improvements to be made.
It summons you to discuss them, and to achieve from among the views of the
various Governments a unity which will allow of common action.
It is not for me to give an opinion of the Covenant which established the League
of Nations, an instrument capable of improvement like any other human work —
nor is this the place nor the time for it to be done. But I think I may permit myself
to state that, within the province which is our concern here, its arrival upon the
scene of the world's affairs was an imperious necessity and constitutes a fortunate
event. I know that I am faithfully interpreting the views of all of you present
in conveying to the League, under whose auspices we meet here, all our gratitude
and all our thanks.
I have just been reading in the newspapers that in London the other day the
anniversary of the League of Nations was celebrated at Hyde Park by an imposing
demonstration, in which all the forty-eight countries which compose the League
took part. Our Conference cannot but join from afar in this international mani-
festation.
*
* *
In the programme of work before us I would specially draw your attention
to the following points which, in advance, my remarks have already brought into
special rehef. And first of all, I would note a change in the title of the Conference.
— 11 -
Internationale de la traite des femmes et des enfants ». Le mot « femmes », plus
exact et plus adequat, a remplace le mot « blanches ». Modification d'ailleurs de
pure forme. II y a des choses qui vont sans dire, mais qui vont mieux en le
disant.
Et Ton a ajoute « traite des enfants ». II le fallait bien, helas ! Des faits nou-
veaux, et combien douloureux ! ont ete reveles a Bruxelles en 1912, a Londres en
1913. L^^aussi, I'heure est venue de se defendre.
Au cours de nos seances, on vous pr6sentera, notamment:
No 5 de I'ordre du jour. — Un rapport sur les reponses au questionnaire. Les
reponses arrivees sont des a present a votre disposition. Le rapport dont a bien voulu
se charger M. I'Ambassadeur frangais Regnault sera lu demain ou apres-demain,
quand I'examen de toutes les reponses aura pu etre termine.
N° 6. — Un rapport sur la situation actuelle de la traite.
N° 8. — Des amendements et additions a apporter aux conventions et accords
existant actuellement.
No 11. — Adoption du rapport final. Ce rapport final doit etre Toouvre du
Comite de redaction, prevual'article 13dureglement dontleparagraphefinal porte:
« Le Comite de redaction pourra apporter des modifications de forme, mais non
de fond a toutes les resolutions adoptees par la Conference quand il le jugera neces-
saire k la coordination des textes. II en fera rapport a la Conference. » Ce rapport,
qui sera soumis a votre approbation a la fin de vos travaux, contiendra les conclu-
sions de votre Conference, reunies et coordonnees, et, conformement au no 11 de
votre ordre du jour, transmis a la Societe des Nations.
Parmi les objets de cet ordre du jour, il en est un, le no 7, pour lequel un mot
d'explication est necessaire. II ne s'agira pas, pour le moment, d'elire une commis-
sion permanente chargee de renseigner le Conseil de la Societe des Nations. II ne
s'agit d'autre chose que de former le vceu, si tel est votre sentiment, que la Societe
des Nations cree, a cote de la secretaire, Dame Rachel Crowdy, une commission
permanente, composee de quelques personnes au courant de la question de la traite
et en mesure de renseigner utilement le Conseil.
II a ete procede ainsi, et avec succes, pour divers services rattaches a la Societe
des Nations.
J'ai termine.
Cependant, avant de me rasseoir, je voudrais exprimer une pensee qui vrai-
semblablement est la votre. J'ai commence mon allocution en rappelant qu'en
1895, le Congr^s penitentiaire de Paris avait pose la question, qui n'a cess6, depuis
lors, de retenir votre attention. « Une entente Internationale n'est-elle pas desirable ?
Les Etats ne doivent-ils pas legiferer ? » Cette entente est aujourd'hui realisee.
Elle va, nous I'esperons, sortir de nos deliberations plus generate, plus complete,
plus effective et plus efficace.
Mais — et c'est ici qu'a mon tour je vous pose une autre question — tout sera-
t-il alors fini? On I'acruapres 1904. On I'acruapres 1910. Gardons-nous de le croire
apres 1921. II faudra, sous le controle agissant de la Societe des Nations, partout et
toujours, I'intervention combinee des legislatures, des pouvoirs publics et des asso-
ciations privees; Taction incessante du Bureau international de Londres et des comi-
tes nationaux; le concours de toutes les initiatives et, parmi elles, les influences
moralisatrices et religieuses, pour que nous ayons raison du mal redoutable dont
soufTre le monde ! Quid leges sine moribus ?
Veuillez permettre et pardonner a votre president, qui cede a la tentation do
parler de ce qu'il aime, de signaler, comme exemple du resultat merveilleux d'un
effort commun et m6thodique, ce qu'il a vu en son pays, dans cette partie de la
Flandre qui, pendant plus de quatre ans, a connu toutes les horreurs de la guerre,
— 11 —
The Conference is now styled "International Conference on Traffic in Women and
Children." The word "Women," which is more exact and more adequate, has replaced
the words "White Slaves." It is, of course, only a change of form. There are
certain things which go without saying, but which are better to be said.
And "Traffic in Children" has been added.
This addition was, alas, necessary. New and terrible facts were revealed at
Brussels in 1912 and at London in 1913. In this respect, also, the time has come
for protective action.
In the course of our Meeting you will have put before you, in particular: —
No. 5 on the Agenda. — '■ A report on the replies to the Questionnaire. The
replies which have so far reached us are at your disposal. The report which has
been entrusted to the French Ambassador, M. Regnault, will be ready to-morrow
or the day after to-morrow, when the examination of all the replies has been
completed.
No. 6. — The Report on the present position of the Traffic.
No. 8. — Amendments and additions to be introduced into the Conventions
and Agreements at present in existence.
No. 11. — Adoption of the final Report. This final Report is to be the work
of the Drafting Committee, provided for in Article 13 of the Regulations, the final
paragraph of which runs as follows: —
"The Drafting Committee may introduce changes of form, but not of substance,
to any resolution adopted by the Conference, if it thinks this necessary in the
interests of the co-ordination of the various texts. It will make a report to the
Conference." ♦
This report, which will be put before you for approval at the end of your
labours, will contain the conclusions of this Conference, assembled and co-
ordinated; and, in accordance with No. 11 on your Agenda, will be transmitted
to the League of Nations.
Among the subjects on this Agenda, there is one, No. 7, in respect of which
a word of explanation is required. There is no question at the moment of electing
a permanent Committee, instructed to keep the League of Nations informed. It
is only a question of making the recommendation — if such is your view — that the
League of Nations should set up, to work side by side with the Secretary, Dame
Rachel Crowdy, a permanent Committee, consisting of certain persons who are
thoroughly in touch with the problem of this traffic and who are in a position to
keep the Council usefully informed.
This is what has been done, and successfully done, with regard to the various
services attached to the League of Nations.
I have finished my remarks.
Before sitting down, however, I should like to express an opinion which is
probably also your own. I began my speech by recafiing that in 1895 the Peni-
tentiary Congress of Paris had put a question which has ever since held your atten-
tion: "Is not an international agreement desirable and ought not the different
States to introduce legislation to this effect? " This agreement is now an accom-
plished fact. We hope that it will issue from our discussions more general, more
complete, more effective and more efficacious. But — and here, in my turn, I would
put you another question : will the task then be completed ? It was thought so
after 1904. It was thought so after 1910. Let us beware of thinking so too easily
after 1921. Under the active control of the League of Nations there must be, always
and everywhere, the combined intervention of Parliaments, of public authorities,
and of private Associations ; there must be continuous activity by the International
Office of London, and by the national Committees; there must be help rendered
from all quarters, including all moral and religious opinions, so that we can vanquish
this powerful evil from which the world is suffering. Quid leges sine moribus ?
Forgive your President — who would give way to the temptation of speaking
of what he loves — if he gives, as an example of the marvellous results of joint and
■ methodical effort, what he has seen in his own country, in that part of Flanders
which, during more than four years, suffered all the horror of war, and particularly
— 12 —
et, specialement, dans cette region de I'Yser ou, aides par les inondations, nous avons
pu garder un lambeau de notre territoire.
Au lendemain de I'armistice, j'y etais alle en pelerinage comme beaucoup de
mes compatriotes ! Pelerinage douloureux s'il en fut ! A parte de vue, des champs
ravages par des obus, recouverts d'une eau sale, la ou naguere j'avais connu una
tarre magnifique, d'incomparables paturages et des farmes riantes !
Et je me demandais avec angoisse si ce desert aflreux n'allait pas etre eternel !
Ces entonnoirs, enormes at profonds, creuses par des projectiles de tons genres,
comment les combler? Cette terre empoisonnee par I'eau de mer, disaient les spe-
cialistes, comment la ramener a la vie ?
J'y suis retourne ces jours-ci. Quelle emotion, quelle joie ! Je n'en pouvais
croire mes yeux. Les champs niveles portent de riches recoltes, des fermes ont et6
reconstruites, les prairies d'autrafois ont reparu avec un betail nombraux, venu
d'un peu partout. L'Angleterre, la Canada, la Suisse, d'autras encore sont venus
en aide a notre detresse: graces leur en soit renduas. La, sur un petit coin de la Bal-
gique, dont tant de villes, comme au premier jour, n'ont a montrer a,ux visiteurs
que des ruinas desolees, Ik, au moins, dans six mois, il ne restera plus guere da trace
de I'eflroyable invasion.
Et Ton me raconte comment s'est accompli le miracle.
Les Chambras beiges ont vote les credits. Des les premiers jours de 1919,
les paysans sont revenus a la tarre, loin da laqualle ils ne pouvaient vivra.
Vaillamment, ils se sont mis au travail, joignant leurs efforts, secondes par laurs
freres d'autres provinces, organises dans de puissantes associations.
Le Ministra da I'Agriculture laur a anvoye des technicians, du material, de
I'argent ! L'effort de tons a sauve la ter^a de Flandre. C'est aussi par I'effort de tous,
Messieurs, que disparaitra le proxenetisme, cette plaie das societes humaines.
Aidons-nous, le ciel nous aidara.
J'ai I'honneur de declarer ouverte la Conference internationale de Geneve sur
la traite des femmes et des enfants.
Le rapporteur sur les conditions actuelles de la traite va maintenant presenter
son rapport.
4. RAPPORT DU BUREAU INTERNATIONAL POUR LA REPRESSION
DE LA TRAITE DES BLANCHES
ET DE LA TRAITE INTERNATIONALE DES FEMMES.
Miss Baker. — Traduction : Monsieur le President, Mesdames, Messieurs. Le
Bureau international pour la repression de la traite des blanches et de la traite
internationale des femmes a vivement apprecie I'honneur que lui a fait la Societe
des Nations en I'invitant a envoyer ici aujourd'hui un delegue et a presenter un
rapport sur la traite dans le passe et dans le present. Ca sentiment de joie est malheu-
reusement attenue par le vif regret de I'absence, en cette occasion historique, de
William-Alexander Coote, I'inspirateur et Fame du grand effort d'organisation phi-
lanthropique, en vue de combattre ce formidable danger. Idealiste dans le vrai sens
du terme, il a vu dans la creation de la Society des Nations la naissance du pouvoir
fecond necessaire pour inspirar et coordonner tous les efforts officiels ou philanthro-
piques. Sa joie aurait eti profonde da constater que la premiere initiative de la
Societe sur ce sujet avait ete de reunir cette Conference, afin d'etudier dans quelles
mesures les accords et conventions intarnationales, actuellemant en vigueur, ont
pu reussir a reprimar la traite et d'examiner comment il sarait possible de perfec-
tionner les methodes actuelles ou quelles ameliorations pourraient y ^tre utilement
et efficacement apportees.
Les reponses au questionnaire, revues des divers Gouvernements, nous donnant,
du point de vue officiel, un certain nombre des renseignements desires et, avant de
les soumettre a la discussion, il conviendrait peut-6tre, afin d'avoir une vue
d'ensemble plus nette de la question, d'exposer brievement I'oeuvre accomplie^
jusqu'ici.
— 12 —
in that region of the Yser where, aided by the floods, we were able to retain a
fragment of our territory.
On the morrow of the Armistice I went thither in pilgrimage, like many others
of my countrymen; a sad pilgrimage indeed: as far as one could see, fields ravaged
by shells, covered with filthy waters, where not long before I had known a magni-
ficent land of incomparable pastures and smiling farms.
And I wondered with anguish if this horrible desert were going to remain so
for ever. How would these deep and enormous channels, which had been made by
shells of every description, ever be filled, and how would this land, poisoned by the
sea water — so the experts said — ever be brought back to life again ?
A few days ago, I went back again; what a joyous emotion was mine: I could
not believe my eyes. The level fields bore rich crops, the farms had been rebuilt,
the fields of years ago had reappeared with enormous herds, which had come from
almost everywhere; England, Canada, Switzerland and other countries, who had
come to help us in our distress: all thanks to them for their generosity. There, in
a little corner of Belgium, where so many towns, as in the first days after the War,
showed absolute ruins to the traveller, there, at least, in six months, there will be
no trace of the terrible invasion.
And I would tell how this miracle had been accomplished.
The Belgian Parliament voted the necessary credits. From the earliest days of
1919, the peasants returned to the land, far from which they could not live. They
bravely set to the task, combining their efforts in the common work, helped by their
brothers from other provinces, organised into powerful societies. The Minister of
Agriculture sent them experts, agricultural implements, money; the united effort
of all saved the land of Flanders. And, thus, in a similar way. Gentlemen, by the
effort of us all, will disappear this evil of procuring, this plague of human society.
God helps those who help themselves.
I have the honour to declare open the International Conference at Geneva on
the Traffic in Women and Children.
The Rapporteur on the present condition of the Traffic will now address the
House.
4. REPORT OF THE INTERNATIONAL BUREAU FOR THE SUPPRESSION
OF THE WHITE SLAVE TRAFFIC
AND THE INTERNATIONAL TRAFFIC IN WOMEN.
Miss Baker. — Mr. President, Ladies and Gentlemen: It was with very keen
appreciation of the honour conferred upon them that the International Bureau for
the Suppression of the White Slave Traffic and the International Traffic in Women
received and accepted the invitation of the League of Nations to be represented
here to-day; and to present a Report on the condition of the traffic, both in the past
and at the present time. Their appreciation was necessa^-ily mingled with deep
regret for the absence on this historic occasion of William Alexander Coote — the
leader and the soul of the organised philanthropic effort to combat this gigantic
evil. Himself an idealist in the true sense of the word, he saw in the creation of
the League of Nations the fructifying power needed to inspire and co-ordinate all
effort — both official and philanthropic. His joy would have been intense that the
first definite action of the League in connection with this question was the calling
of this Conference, to ascertain to what extent the International Agreement and
Convention now in force have been effective in suppressing the traffic, and to consider
in what way the existing machinery can be perfected, or what improvements and
extensions would appear to be needed and efficacious.
The replies received from the respective Governments to the Questionnaire
issued by the Secretariat of the League of Nations supply, from an official point of
view, a certain amount of the required information, and before they are presented
for discussion a better perspective of the whole question can perhaps be obtained
by a brief consideration of the history of the work already accomplished.
— 13 —
L'Association nationale de vigilance, fondee en 1885 pour veiller a I'execution
des stipulations de la loi de la meme annee, amendant le code criminel (Criminal
Law Amendment Act) au sujet des delits commis coritre des jeunes femmes ou des
jeunes fiUes, a pu, au cours de ses travaux, constater qu'une grande partie des jeunes
filles disparues, pour lesquelles on lui demandait de faire des enquetes, ne pouvaient
etre retrouvees ni a Londres ni dans d'autres regions de la Grande Bretagne.Apres de
minutieuses recherches, on constata qu'elles avaient ete attirees dans d'autres pays,
dans un but de debauche,la plupart du temps gr&ce a des ofTres de situations lucratives.
Les personnes responsables de leurs malheurs etaient des hommes et des femmes qui
retiraient des somnjes considerables de ce trafic methodiquement organise, se pro-
ciirant des jeunes filles dans un pays, les vendant dans un autre aux tenanciers de
maisons mal famees, particulierement dans les pays ou il existe un systeme de
prostitution reglement6. L'existence de ce trafic terrible et inhumain a ete decou-
vert plus aisement en Grande-Bretagne, grace a la merveilleuse activite de Madame
Josephine Butler, ce veritable pionnier des oeuvres en faveur de la femme.
M. Coote s'etant assure que tel etait bien le procede employe, par des visites fre-
quentes dans les villes du continent, par la recherche et par I'interrogatoire de ces
malheureuses, souvent malades et mourant a I'hopital, resolut de faire naitre un
grand mouvement d'opinion Internationale qui mettrait en oeuvre tous les moyens
d'action existant et en creerait de nouveaux en cas de besoin, afin d'empecher cet
effroyable et universel fleau moral et social. Son programme, comme il I'exposait
lui-meme, consistait:
A se rendre dans chaque capitale d'Europe, a trouver dans chacune d'entre
elles des personnes eminentes et leur montrer les horreurs de la traite des blanches.
A leur demander d'inviter les personnalites, hommes et femmes, et les fonction-
naires a assister a une conference sur ce sujet, en vue :
de constituer un comite national charge de s'occuper de cette question du point
de vue national et international ;
de creer dans toute I'Europe un fort mouvement d'opinion au sujet de la traite;
de reunir un congres international a Londres sur ce sujet;
d'envoyer, au nom de ce congres, une communication a tous les Gouvernements
europeens pour leur demander de reunir une conference officielle chargee de s'occuper
de la question au point de vue du droit international ;
de se servir des comites nationaux des differents pays pour realiser ce pro-
gramme.
C'etait la, dira-t-on, un programme bien ambitieux, pour un homme qui ne
connaissait que sa propre langue, et presque impossible k realiser. Neanmoins,
M. Coote se rendit en Allemagne, au mois d'octobre 1898, et exposa ses vues. II
trouva heureusement les fonctionnaires de Berlin au courant de la question et Ton
eut vite fait de former un comite national influent. De Berlin, M. Coote se rendit
successivement en Hollande, au Danemark, en Suede, en Russie, en Belgique, en
France, en Suisse et en Autriche, et reussit a constituer dans chaque capitale un
comite national pour la repression de la traite des blanches. II echangea une cor-
respondance avec d'autres pays,qu'il n'avait point le temps d'aller visiter, et reussit
k y cr6er egalement des comites nationaux.
En juin 1899, neuf mois seulement apres le debut de cette campagne, un congres
international se tint k Londres, avec le concours de delegues de comites nationaux
des pays mentionnes plus haut. C'est ce congres qui fonda le Bureau international,
organisation permanente chargee de coordonner les travaux des comites nationaux
existants, d'en constituer de nouveaux, des que I'occasion s'offrirait, dans d'autres
pays, et de r6unir conferences et congres : en resume de s'occuper de la propagande
de toute I'organisation.
On decida egalement de faire des demarches, aussitot que possible, pour cr6er
une legislation Internationale, sous forme d'un accord assurant une procedure
uniforme de poursuites et de sanctions contre les traitants et de protection pour leurs
victimes. A la demande du Bureau international, le Comite national fran^ais se
chargea de faire une demarche aupres du Gouvernement et reunit, k Paris, en mai
1904, la premiere conference officielle sur ce sujet, il fit redigerunprojetd' Arrangement
international prevoyant: la designation d'une autorite centrale, dans chaque pays.
— la-
in the disscharge of it work the National Vigilance Association, founded in
1885 to put into operation the provisions of the Criminal Law Amendment Act
of that year, in connection with offences against young women and girls, found
that a large proportion of the missing girls for whom they were asked to seek were
not to be found either in London or in other parts of Great Britain. Careful enquiry
brought to light the fact that they had been decoyed to other countries for immorail
purposes — in almost every instance by offers of lucrative employment. The
persons responsible for their ruin were both men and women who made very consi-
derable sums of money by means of a highly organised traffic — buying girls in one
country and selling them in another to the keepers of houses of ill fame, especially
in those countries where the Regulation system was in force. The existence of
this terrible and inhuman traffic was more easily recognised in Great Britain owing
to the marvellous enterprise of Mrs. Josephine Butler — that pioneer in work on
behalf of women. Having satisfied himself that this was the case, by repeatedly
visiting different towns on the Continent, finding and interviewing such girls, often
diseased and dying in hospital, Mr. Coote determined to create a strong international
public opinion which would set in motion whatever machinery was in existence,
and create new where such was needed — in order to prevent such frightful and
world-wide moral and social ruin.
His programme, as told in his own words, was: —
"To go to every capital in Europe, find some leading person in each and tell
him the horrors of the White Slave Traffic, ask him to call together the leading
men and women and Government officials to hear an address on the matter, the
objects being: —
"To form a National Committee to deal with the question from a national
and international point of view.
"To arouse a strong public opinion throughout Europe concerning the Traffic.
"To hold an International Congress in London on the subject.
"From that Congress to approach the European Governments asking them to
hold an Official Conference to deal with the question from an international legal
point of view.
"To make the National Committee the means in the different countries of
bringing all this to pass."
A very ambitious programme, one would say, for a man who knew no language
but his own, and one almost impossible of achievement. Nevertheless, in October
1898, Mr. Coote travelled to Germany and told his story. Fortunately, he found the
officials in Berlin well acquainted with the facts, and a very influential National
Committee was speedily formed. Leaving Berlin, he visited successively Holland,
Denmark, Sweden, Russia, Belgium, France, Switzerland and Austria, and succeeded
in organising a National Committee for the Suppression of White Slave Traffic in
the capital of each of those countries. Correspondence took place with other
countries, which for lack of time he was unable to visit, with the result that similar
National Committees were also organised in those. In June, 1899 — only nine
months after the opening of the campaign — an International Congress was held
in London attended by delegates from the National Committees of the countries
before mentioned. At that Congress, the International Bureau was constituted
as the permanent Organisation charged with the responsibility of co-ordinating the
work of the existing National Committees, and of forming additional ones as oppor-
tunity offered in other countries; convening Conferences and Congresses, and, in
short, dealing with the propaganda of the whole Organisation.
It was also resolved that steps should be taken as speedily, as possible to obtain
international legislation in the form of an Agreement, in order to secure uniform
action in the prosecution and punishment of the traffickers, as well as adequate
protection for possible victims. At the request of the International Bureau the
French National Committee undertook the task of approaching their Government,
with the result that the first oflicial Conference on this subject met in Paris in May,
1904, and drafted the International Agreement providing for the appointment of
3
— 14 —
chargee de recueillir tous les renseignements concernant la traite, la surveillance
des ports et des gares, la notification de I'arrivee de personnes suspectes dans chaque
pays, I'enregistrement des declarations de prostituees etrangeres, afin de s'assurer
de leur identite, de leur situation sociale et de decouvrir la personne qui les avait fait
quitter leur pays d'origine, la protection et le secours accordes aux victimes de la
traite au cours de leur rapatriement, le rapatriement des victimes de la traite, le
controle des bureaux de placement pour femmes et jeunes fiUes a I'etranger.
L'effet immediat de la mise a execution de cet Arrangement fut merveilleux, au
point de vue de la prevention plus encore qu'au point de vue des sanctions. Au cours
des dix annees pendant lesquelles cet Arrangement est reste en vigueur jusqu'en
1914, la vigilance des autorites de chaque pays a permis d'aboutir a la decouverte
et a I'arrestation des traitants. La traite comportait de graves risques et devenait
ainsi beaucoup moins lucrative.
Dans I'intervalle, une conference preparatoire fut tenue a Amsterdam, en octobre
1901, et un congres a Francfort, en octobre 1902. L'activite des comites nationaux deve-
nait toujours plus efficace et plus etendue, si bien qu'au moment oil I'Arrangement
international entra en vigueur en 1904, chaque comite national se trouvait en mesure
de fournir une aide efficace a son Gouvernement. Ainsi, dans certains pays euro-
p6ens, la surveillance des ports et des stations de chemins de fer fut assumee par
les deux associations principales de protection des jeunes filles, a savoir, les Amies de
la jeune fiUe et I'Association catholique Internationale pour la protection des jeunes
fllles; des credits speciaux furent accordes par les divers Gouvernements. En Grande-
Bretagne, ce role fut rempli par I'Assoeiation nationale de vigilance, a Londres et
a Liverpool, ainsi qu'a Buenos-Ayres et en Egypte. Dans d'autres ports de Grande-
Bretagne, ce service fut assure par les diverses associations de vigilance affiliees et
par I'Association juive de protection des femmes et des jeunes filles. Ce genre d'acti-
vite avait pris un tel developpement qu'en juin 1910 se reunit, a Berne, une confe-
rence europeenne Internationale sur la surveillance dans les gares, en vue de perfec-
tionner, dans la mesure du possible, I'organisation existante et de resserrer les
mailles du reseau pour eviter toute possibilite que les jeunes filles puissent y e jhapper
et etre attirees dans des guet-apens.
En ce qui concerne le rapatriement, le Bureau international etait absolument
convaincu qu'il 6tait plus qu'inutile de faire rentrer dans leur pays, seules et sans
secours, les victimes de la traite qui avaient ete I'objet de pour^uites de la part de
la police. Pour assurer leur relevement moral et social, il importait de les faire accom-
pagner jusqu'^ leur destination, par une dame patronesse, experimentee et sympa-
thique, et de les remettre aux soins, soit de leur propre famille, soit du comite
national de leur pays d'origine. Le Gouvernement britannique avait deja confie
au Bureau international le soin d'obtenir de ces femmes les declarations mention-
nees dans la Convention. Ce fut done au Home Office que le Bureau international
s'adressa pour obtenir I'autorisation de faire accompagner jusqu'a destination,
par une dame patronesse, chaque femme rapatriee. Cette autorisation fut accordee
et, k la date d'aout 1914, trente-neuf voyages de cette nature avaient eu lieu. Nous
avons eu la satisfaction d'apprendre que plusieurs de ces femmes ont profite de
I'assistance qui leur avait ete donnee pour redevenir des personnes respectables.
Ind^pendamment du bien materiel ainsi realise, I'influence morale de ces mesures a
6t6 incalculable.
Le Bureau international a soumis k une etude tres attentive la n6ce8sit6 de
mesures legislatives concernant les engagements de travail k I'etranger. L'absence
de toute esp^ce de controle exerc6 sur I'envoi k I'etranger de jeunes filles qui doivent
y trouver du travail, a 6te, sans aucun doute, une des causes qui ont le plus contribue
au gaspillage de jeunes destinees auquel ont du faire face les comites nationaux de
tous les pays. La question fut I'objet d'un examen particulier au Congres de Londres
de 1913; on fut done particulierement heureux de voir adopter en Grande-Bre-
tagne, au cours de la meme ann6e, la loi sur les placements des enfants k
I'etranger (Children's Employment Abroad Act). Cette loi etablit des mesures
de protection jusqu'^ I'age de 16 ans, exige une autorisation d^livree par un magistrat
dans le cas de chaque jeune fille; elle pr6voit egalement des enquetes sur la bonne foi
de I'ofTre d'emploi, des mesures assurant un bon traitement au point de vue de I'hy-
S}kne, une surveillance adequate et des dispositions permettant un rapatriement sflr.
— 14 —
a Central Authority in each country, charged with the co-ordination of all information
relative to the traffic; the vigilance at ports and railway stations; notification
of the arrival in each country of suspected persons; the taking of declarations
from alien prostitutes in order to establish their identity and social status, and
to discover who caused them to leave their own countries; protection and main-
tenance of victims of the traffic pending their repatriation; repatriation of victims
of the traffic; and supervision of registry offices or agencies engaged in finding
employment for women and girls abroad.
The immediate effect of the operation of that Agreement was marvellous —
from a remedial and preventive point of view even more than from the punitive.
In the ten years during which it had been in force up to 1914, the alertness of the
authorities in each country rendered certain the ultimate discovery and arrest
of the traffickers. Pursuit of the trade involved great risks, and therefore was not
nearly so lucrative.
In the meantime, a preparatory Conference had been held in Amsterdam in
October, 1901, and a Congress at Frankfort in October, 1902. The work of the
National Committees was becoming ever more efficient and widespread, so that
by the time the International Agreement came into force in 1904, each National
Committee was in a position to offer substantial assistance to its Government.
For instance, in several European countries the port and railway station work
was undertaken by the two chief Associations for the protection of girls, namely
" Les Amies de la Jeune Fille" and the Catholic International Association for the
Protection of Girls, and grants for that purpose were made by their respective
Governments. In Great Britain this work was undertaken by the National Vigi-
lance Association in London and at Liverpool, also at Buenos Aires and in Egypt.
In other ports of Great Britain it was undertaken by the various affiliated Vigilance
Associations and the Jewish Association for the Protection of Women and Girls.
To such importance had this particular branch of work grown that in June, 1910,
an International European Conference on Station Work was held at Berne for the
purpose of perfecting, as far as possible, the existing machinery, and of tightening
up the meshes of the net in order to prevent any possibility of girls escaping or being
entrapped.
Then, with regard to repatriation, the International Bureau felt strongly
that it was worse than useless to return the victims of the traffic who had been
subjects of police prosecution to their own countries alone and unaided; that, if
their moral and social reformation was to be secured, they must be accompanied
to their destination by an experienced and sympathetic worker, and placed in the
care either of their own families or that of the National Committee of their
country of origin. The International Bureau had already been entrusted by the
British Government with the task of obtaining from such women the declarations
referred to in the Agreement, and they now applied to the Home Office for
permission to send a worker with each repatriated woman to her destination.
Their request was granted, and up to August, 1914, thirty-nine such journeys
had been accomplished. We had the satisfaction of knowing that several of those
women availed themselves of the help thus afforded and re-entered the ranks
of respectable citizens. Quite apart from the material good thus effected, the
moral influence of such action was incalculable.
In connection with employment abroad, the International Bureau had devoted
much attention to the need for legislation. The absence of any kind of restriction
in sending girls abroad for employment was undoubtedly one of the strongest
contributory causes of the great leakage in girlhood with which the National Com-
mittees of every country were faced. Special attention was given to the consider-
ation of this question at the London Congress of 1913, and it was therefore a matter
for congratulation when, later in the same year, the Children's Employment Abroad
Act was passed in Great Britain. This Act affords protection up to the age of 16;
necessitates a magistrate's licence for each girl ; proper enquiry as to the bona-fides
of the employment offered; provision for proper treatment with regard to health;
adequate supervision, and arrangements for safe return.
- 15 —
En septembre 1904, une nouvelle conference fut organisee a Zurich par le Bureau
international, en vue de preparer le Congres de Paris d'octobre 1906, congres auquel
siegerent des personnalites distinguees, deleguees par les divers Gouvernements.
Vingt-trois pays etaient representes. Les travaux de ce Congres furent caracterises
par un desir sincere de prendre des mesures internationales uniformes et efTicaces,
destinees k combattre les diverses phases de la traite.
Ce congres fut suivi d'une conference a Vienne, en octobre 1909, a laquelle
M. Coote, au nom du Bureau international, fit un pressant appel en vue de la convo-
cation d'une seconde conference officielle. Le Comite national frangais entra de
nouveau en pourparlers avec son Gouvernement et ses demarches reussirent a faire
convoquer une seconde conference officielle a Paris, en 1910. La Convention Inter-
nationale fut redigee et signee ulterieurement par les representants des differents
Etats. Elle prevoit des peines, frappant les proxenetes qui recrutent dans une inten-
tion immorale des filles ou des femmes mineures ou majeures, meme si les divers
actes constitutifs du delit ont ete commis dans differents pays; elle prevoit egalement
I'adoption, dans les pays ou elles sont necessaires, de mesures legislatives a cet effet.
Le quatrieme Congres international eut lieu a Madrid, en octobre 1910, et reunit
environ 400 delegues. On y constata le progres et I'expansion remarquabledel'ceuvre
poursuivie. La necessite d'etendre encore le champ d'action fut unanimement pro-
clamee et le rapport ulterieur sur les travaux du Congres fournit un temoignage
eclatant du serieux et de la sincerite des intentions proclamees par chaque pays.
Un recueil tres remarquable des lois et decrets relatifs a la repression de la traite,
en vigueur dans les principaux pays d'Europe et d'Amerique, fut prepare par feu
M. Juderias et publie par le « Patronato Real » ou Comite national de Madrid.
En 1912, eut lieu a Bruxelles, sous les auspices du Gouvernement beige, une
conference destines a preparer le cinquieme Congres international. Ce Congres, qui
regut I'approbation royale, se tint a Londres en juin 1913. Trente et un delegues
ofTiciels representant vingt-quatre pays differents etaient presents. Quatre a cinq
cents delegues des Comites nationaux y assistaient egalement. Les rapports et les
debats prirent une grande ampleur; les voeux adoptes fournirent aux Comites
nationaux un programme de travail complet relatif aux points suivants:
1. Necessite de mesures legislatives internationales interdisant I'emploi dans
les theatres, cirques, concerts et music-halls, de jeunes filles agees de moins de
16 ans.et comportant des dispositions speciales pour assurer la protection des jeunes
filles en-dessous de cet age qui acceptent des emplois a I'etranger en vue de donner
des representations dans ces lieux de plaisir.
2. Creation, dans chaque pays, d'une commission officielle composee de mem-
bres des deux sexes et chargee de faire une enquete sur I'etendue de la traite des
blanches et sur les causes qui la determinent.
3. N6cessit6 pour les comites nationaux de chaque pays de s'efforcer d'obtenir
la suppression des maisons de tolerance.
4. Necessite de la collaboration des comites nationaux avec les autorites admi-
nistratives conformement k une procedure uniforme, afin d'obtenir des declarations
des victimes de la traite et de les assister dans leur rapatriement.
5. Necessite d'un examen special des questions d'emigration et de I'adoption
a bord des bateaux et des trains de mesures de protection adequates pour les emi-
grantes. Des rapports tres studies furent presents au Congres sur cette question
par les delegues de la Hollande et de I'Espagne; des methodes de protection efficace
furent proposees par eux, ainsi que par les delegues des autres pays.
6. Necessite de mesures legislatives internationales uniformes pour la sur-
veillance des agences de placement, plus particulieremenl de placement a I'etranger.
7. Necessite d'une 6tude minutieuse des methodes les meilleures pour iden-
tifier les traitants.
8. Requete adressee a tons les comites nationaux afin qu'ils s'occupent sp6cia-
lement de toutes mesures preventives qui pourraient etre prises dans leur pays
pour combattre la traite.
9. Requete adressee k tons les comites nationaux afin qu'ils prennent des me-
sures destinees a amender les lois existantes en vue de supprimer I'excuse du consen-
tement, tout au moins en ce qui concerne le detournement de mineures envoy^es
dans des pays strangers.
- 15 -
In September, 1904, a further Conference at Zurich had been organised by the
International Bureau in preparation for the Paris Congress, held in October, 1906,
at which distinguished Government delegates were present and took part; twenty-
three countries were represented and the proceedings were characterised by an
earnest desire for uniform and progressive international action to combat the
various phases of the traffic.
This was followed by a Conference in Vienna in October, 1909, at which Mr.
Coote, on behalf of the International Bureau, made an urgent appeal for a second
Official Conference. The French National Committee again approached their
Government, with the happy result that the second Official Conference was convened
in Paris in 1910. The International Convention was then drafted and subsequently
signed by the representatives of the respective Powers. It provides for the punish-
ment of procurers, for immoral purposes, of girls and women, either minors or of
full age, notwithstanding that the various acts constituting the offence may have
been committed in different countries; and the enactment, in those countries where
needed, of the necessary legislation to that end.
The fourth International Congress was held in Madrid in October, 1910, and
was attended by about 400 delegates. A marked advance in progress and develop-
ments could easily be noted, a wider field of action was unanimously proclaimed,
and the subsequent report of the proceedings of the Congress afforded striking
testimony to the earnestness and sincerity of purpose manifested by each country.
A very valuable book of laws and ordinances in operation in the principal countries
of Europe and in America for the repression of the traffic was prepared by the late
Senor Juderias, and published by the " Patronato Real " or National Committee
of Madrid.
In 1912 a Conference was held in Brussels under the patronage of the Belgian
Government in preparation for the fifth International Congress. This took place
in London in June 1913 and received Royal recognition; thirty-one official dele-
gates were present, representing twenty-four countries, and between four and five
hundred delegates attended from the National Committees. The reports and dis-
cussions were important and far-reaching and the Resolutions taken furnished
a very full programme of work for the National Committees. They referred to : —
1. The need for international legislation prohibiting the employment in theatres,
circuses, concert and music halls of girls under 16 years of age; with special pro-
vision for the protection of girls under age who accept employment abroad to
perform in those places of amusement.
2. The estabUshment in each country of an Official Commission, composed
of members of both sexes, to ascertain the extent of the White Slave Traffic and
the causes leading thereto.
3. The need that the National Committees of every country should endeavour
to obtain the abolition of licensed houses of ill-fame.
4. The need for uniform co-operation of the National Committees with the
authorities in connection with the work of obtaining declarations from victims
of the traffic, and assisting in their repatriation.
5. The need for a special study of emigration and the provision of adequate
protection for women emigrants on boat and train. At the Congress very elaborate
reports on this question were presented by the delegates from Holland and Spain
and effective methods of protection were proposed both by them and by delegates
from other countries.
6. The need for uniform international legislation to control Employment
Agencies, with especial reference to employment abroad.
7. The need for a careful study of the most effectual methods of identification
of traffickers.
8. A request to each National Committee to pay special attention to any prie-
ventive measures that could be taken in their country to combat the traffic.
9. A request to each National Committee to take steps for the amendment
of their existing legislation, so as to exclude the plea of consent, at least with regard
to the abduction of minors to foreign countries.
— 16 —
10. Demande adressee aux comites nationaux en vue d'insister sur la neces-
gite d'une participation des femmes dans toutes les mesures administratives concer-
nant cette plaie sociale, y compris la nomination de femmes dans les corps de police.
11. Necessite d'une legislation interdisant I'emploi de mineures en qualite de
serveuses, dans des bars, cafes, tavernes et auberges, a moins que les tenanciers
n'en soient les parents eux-memes. Cette legislation comportera le refus d'une
licence a tout proprietaire reconnu coupable d'avoir encourage ou permis la prosti-
tution du personnel fen;mes de sa maison, ainsi que I'interdiction d'emploi de toute
femme reconnue de mauvaise conduite.
12. Necessite d'une legislation relative aux postes-restantes afm d'en empecher
I'utilisation par les traitants.
13. Necessite d'une legislation prevoyant des peines pour toute tierce personne
reconnue coupable de debauchage.
14. Necessite d'une legislation en vue de rendre delictueuses toutes relations
sexuelles avec des mineures, meme dans le cas oil celles-ci sont consentantes, ou de
mauvaise conduite notoire.
15. Necessite d'une etude serieuse de la question de la traite des enfants, par
les comites nationaux.
16. Suppression de la traite dans les colonies.
On pent dire que les decisions auxqueiles est arrive le congres ont ete I'abou-
tissement d'enquetes prolongees et completes, faites pendant les annees precedentes,
et de tous les renseignements recueillis sur les mesures preventives necessaires pour
r^ussir a combattre la traite. Sans aucun doute, le congres suivant aurait pu enre-
gistrer des progres considerables dans la meme voie. Pendant les annees de guerre,
il a ete impossible d'assurer I'uniformite des mesures prises dans les differents pays,
mais chaque comite national, malgre les circonstances qui Font serieusement gene,
a neanmoins continue son oeuvre dans toute la mesure ou cela lui etait possible.
Comme vous I'aurez remarque, le questionnaire public par la Societe des Nations
comprend tous les sujets mentionnes dans les resolutions du Congres de 1913 et
donne a chaque pays une occasion unique de faire un compte rendu des progres
realises dans ces difTergntes questions.
Le systeme de la poste-restante, tel qu'il existe sur le continent, ne se rencontre
pas en Grande-Bretagne, mais il a son equivalent dans ce qu'on appelle « les adresses
de convenance » — petites boutiques, papetiers ou marchands de tabac oii, moyen-
nant une modique retribution, il est possible de se faire adresser des lettres. Par un
ordre en Conseil, promulgue en juillet 1916, toutes les « adresses de convenance »
doivent etre maintenant enregistrees et il doit etre tenu un registre a I'usage de
la police, avec les noms et adresses de toutes les personnes qui regoivent des lettres,
indication de la date, du timbre de la poste, etc... C'est, je crois, la seule mesure
legislative prise a ce sujet en Grande-Bretagne depuis le Congres de 1913.
Tel est, dans ses grandes lignes, le resume de I'activite passee. En ce qui concerne
la situation actuelle, les rapports re^us des comites nationaux indiquent nettement
que la situation sociale et economique qui regne en ce moment partout necessite
une grande prudence et une stricte vigilance afm d'empecher une recrudescence de
la traite. Jusqu'a present, les difTicultes et les restrictions de transport ont constitue
une certaine sauvegarde, mais on pent compter que toute attenuation dans la rigueur
des reglements existants sera immediatement mise a profit. >
Au cours d'une discussion que j'eus sur ce sujet, il y a quelques mois, avec le
secretaire du Comite national n^erlandais, il m'informa, au nom de son comite,
que les autorites centrales des Pays-Bas prenaient et continueraient k prendre toutes
les precautions possibles pour empecher que des jeunes filles, provenant des pays
de I'Europe Centrale, fussent envoyees dans I'Am^rique du Sud par la Hollande ;
il me d6clara que le Comite national hollandais etait d^ja en corrcspondance avec
les comites nationaux de»ces pays et qu'il serait dument informe par eux de tous
departs suspects, car la route g6neralement suivie semble etre maintenant par la
Hollande. On pent constater combien est precieu.se I'etroite cooperation qui existe
entre les comites nationaux et combien il est essentiel d'etablir une liaison entre
chaque comit6 national et les autorites centrales du pays.
— 16 —
10. A request to the National Committee to press forward the desirability
of the assistance of women in administrative measures concerning the social evil,
including, in proper cases, the appointment of Policewomen.
11. The need for legislation prohibiting the employment of minors as waitresses
or barmaids in bars, cafes, taverns and inns, except in those cases where the pro-
prietors are the parents of the girls. Such legislation to include the refusal of a
licence to any proprietor convicted of having ehcouraged or permitted the prosti-
tution of his female staff; and the prohibition of employment in such places of any
woman known to be of immoral life.
12. The need for legislation with regard to Pastes restantes in order to prevent
their misuse by traffickers.
13. The need for legislation providing punishment for a third person guilty
of procuration.
14. The need for legislation to make carnal knowledge of minors a criminal
offence even in those cases where such girls were consenting parties or already
of immoral character.
15. The need for careful study by the National Committees of the alleged
traffic in children.
16. Suppression of the traffic in the Colonies.
The decisions arrived at by the Congress may be described as the culmination
of prolonged and exhaustive enquiries during the previous years of work, and of
the information obtained respecting the preventive and remedial measures needed
for the successful combat of the traffic. Undoubtedly, immense further progress
would have been reported at the following Congress. During the years of warfare,
uniform international action was impossible, but the work of each National Com-
mittee, though very materially crippled and hampered, was nevertheless maintained
so far as circumstances permitted. As you will have noted, the Questionnaire
issued by the League of Nations embraces the subjects of the Resolutions of the
Congress of 1913 and affords a unique opportunity for each nation to report progress
on the points indicated.
The Paste restante system as known abroad did not apply in the same way
to Great Britain but it had its equivalent in what are known as "accommodation
addresses" — small shops, tobacconists or stationers, where for the payment of
an insignificant fee by the recipient, letters may be addressed. By an Order in Council
made in July, 1916, each accommodation address has now to be registered and a
register kept for police inspection of the names and addresses of all people receiving
letters, together with particulars of date, post-mark, etc. This, I think, is the only
fresh legislation affecting this question that had been ena(?ted in Great Britain
since the Congress in 1913.
Such, in brief, is the history of the work of the past, of which it has only been
possible to give the merest outlines. With regard to the present — the reports
received from the National Committees indicate very strongly that the social and
economic conditions, everywhere prevailing, call for the exercise of prudent and
strict vigilance in order to prevent a recrudescence of the traffic. Up to now, the
difficulties and restrictions of transport have been a certain safeguard, but it is
only to be expected that advantage will at once be taken of any relaxation.
When discussing these points with the Secretary of the Dutch National Com-
mittee some months ago, he assured me on behalf of his Committee that the Central
Authority for the Netherlands was taking and would take every possible precaution
to prevent girls, recruited from the countries of Central Europe, being shipped
from Holland to South America, and that the Dutch National Committee was
already corresponding with the National Committees of those countries on that
subject, and would be duly informed by them of any suspicious departures, the
general route now being through Holland. It will easily be seen how invaluable
is the close co-operation existing between the National Committees themselves,
and how essential is such a link between each National Committee and the Central
Authority of its country.
- 17 —
Les Comites nationaux autrichien et allemand font tous leurs efforts pour com-
battre la traite d'un point de vue preventif, car la situation 6conomique de leur
pays fait de ceux-ci un champ d'operations facile pour les traitants qui, a I'aide de
promesses d'emplois bien retribues, sont deja a I'oeuvre et s'efforcent de s'assurer
des victimes.
De I'Extreme-Orient, nous avons regu <ies informations precises sur la traite
des femmes qui se fait actuellement en toute liberte et sur une large echelle, entre le
Japon et la Mandchourie et entre la Chine et differents ports des Indes et des Etats
malais.
De Dantzig, nous avons egalement appris qu'un grand nombre d'hommes et
de femmes indesirables arrivent en ce moment dans I'Etat et que des mesures de
cooperation et d'action communes s'imposent. Un comite pour la repression de la
traite y a ete constitue et travaille energiquement a enrayer et a contrebalancer des
influences pernicieuses.
En raison des mesures energiques prises par les Etats-Unis et le Canada a pro-
pos de I'immigration, on est fonde a croire que ces pays ne deviendront pas des
objectifs pour les traitants ; ceux-ci, comme autrefois, se dirigeront plutot vers les
ports de I'Amerique du Sud de preference meme a I'Egypte. Avant la guerre, un
grand nombre de jeunes fdles etaient emmenees de la Russie meridionale, de Grece,
d'ltalie, de Chypre et de France, jusqu'a Port-Said, d'ou elles etaient reparties
parmi les maisons de prostitution d'Egypte. Ceci n'est plus guere possible aujour-
d'hui, car les autorites de Port-Said sont particulierement vigilantes et les risques de
decouverte et de sanctions sont tres grands. Le delegue du port, qui monte a bord
de chaque navire, n'a qu'a rendre compte des cas suspects et il est procede imme-
diatement a une enquete. Les rapports mensuels que nous recevons de notre delegue
a Port-Said citent constamment des cas de ce genre.
Sans parler du point de vue moral, les avantages materiels de ces mesures sont
enormes. Si la cooperation de toutes les forces du bien, repandues dans le monde
entier, arrive k annihiler la valeur lucrative et commerciale de la traite, celle-ci
aura regu un coup serieux. Elle n'existe que parce que des hommes et des femmes
sans scrupules ni moralite en retirenl des benefices. Le remede le plus efTicace consis-
terait dans une legislation Internationale uniforme et le Bureau international se
permet de soumettre a votre examen les points suivants, qui constituent des mesures
preventives en meme temps que des remedes d'un caractere officiel et philanthro-
pique a la fois:
Necessite d'une legislation Internationale uniforme, relative k I'emploi des
jeunes filles dans les theatres, cirques, concerts, music-halls, inspiree de la loibri-
tannique sur le placement desenfants aretranger(1913) et de laloinorvegienne;
Necessite d'une legislation Internationale uniforme, relative aux bureaux
de placement;
Question de I'emigration: dispositions en vue d'une protection Internatio-
nale des femmes voyageant seules;
Institution dans chaque pays d'une commission officielle, composee de
membres des deux sexes, chargee d'etudierle developpement et les causes de la
traite des femmes et desenfants et de soumettre au Comite consultatif des recom-
mandations sur les m^thodes les plus efficaces a adopter jiour sa repression.
Rapatriement : opportunite de mesures Internationales uniformes relatives
aux victimes de la traite et d'une cooperation entre les consuls, les autorites
de police et les soci6tes philanthropiques.
Les comites nationaux devraient poiivoir rendre a leurs Gouvernements des
services precieux en leur fournissant tous les renseignements qu'ils ont recueillis
pendant les annees oil ils ont fonctionne.
L'examen de toutes ces questions aujourd'hui ou dans I'avcnir fera egalement
d^sirer la collaboration des pays d' Extreme-Orient, collaboration ardemment sou-
haitee par le Bureau international depuis plusieurs annees, mais qui n'a pu, jusqu'a
present, etre realisee.
Pour terminer, j'exprime a la Soci^te des Nations, au nom du Bureau interna-
tional, mes remerciements les plus sinceres pour m'avoir permis de faire devant
— 17 —
The Austrian and German National Con\mittees are doing their utmost to
combat the traffic from a preventive point of view, as the economic conditions
of their countries present an easy field of operation for the traffickers who, by
promises of well-paid employment, are already at work endeavouring to secure
their victims.
From the Far East we have been reliably informed that free and extensive
traffic in girls is taking place between Japan and Manchuria, and between China
and the various East Indies and Malay State Ports.
From Danzig also has come a report of the influx into the State of numbers
of undesirable men and women and the consequent need for co-operation and con-
certed action. A Committee for the suppression of the traffic has been established
there and is actively at work endeavouring to stem and counteract the tide of evil
influences.
Owing to the rigorous action taken by the United States and Canada in relation
to immigration, it can fully be assumed that those countries will not be the objective
of the traffickers. As in former days, their eyes will doubtless be directed to South
American Ports even more than to Egypt. Whereas in pre-war days large numbers
of girls were taken from Southern Russia, Greece, Italy, Cyprus and France to
Port Said and thence distributed among the houses of ill fame in Egypt, this is
not now so possible. The authorities at Port Said are extremely keen, and the
chances of detection and punishment are far from remote. The Port Worker who
boards every vessel has only to report suspicious cases and their investigation is
ensured. The monthly reports received from our Worker at Port Said constantly
record instances of that kind.
Quite apart from the moral issue, the material gain of such action is enormous.
If the concentration of the forces of good all over the world can destroy the lucrative
and commercial value of the traffic, a very heavy blow, will have been struck at
its roots. The only object of its existence is the money to be made out of it by
unscrupulous and immoral men and women. This can most effectively be prevented
by uniform international legislations, and the International Bureau would respect-
fully suggest for your consideration the following points as being preventive and
remedial measures combining both official and philanthropic action: —
The need for uniform international legislation with reference to the employ-
ment of young girls in theatres, circuses, concert and music halls, on the lines
of the British Children's Employment Abroad Act, 1913, and the Norwegian law.
The need for uniform international legislation with regard to employ-
ment agencies;
The question of emigration — provision of adequate international pro-
tection for women travelling alone;
In connection with the Advisory Committee — the establishment of an
Official Commission in each country, to be composed of members of both sexes,
to ascertain the extent and causes of the Traffic in Women and Children and
to make recommendations to the Advisory Committee referred to on the Agenda
as to the most effective methods to be adopted for its suppression;
Repatriation. The advisability of uniform international action with
regard to victims of the traffic by co-operation between consuls, police autho-
rities and philanthropic societies.
The National Committees should be able to render invaluable service to their
Governments in regard to all these subjects by supplying necessary information
acquired by them during their years of work.
Their consideration now or in the future would also afford opportunity for
welcoming attachment and cohesion from the countries of the Far East — a con-
summation earnestly desired by the International Bureau for several years past,
but which up to now has been impossible of attainment.
In conclusion, I am directed by the International Bureau to offer to the League
of Nations their most sincere thanks for granting them this opportunity of placing
— 18 —
vous cet expose. Le Bureau international voit, en cette occasion, un sur temoignage
de triomphe de cet effort universe!, destine a proteger la securite et I'honneur des
femmes du monde entier. {Vifs applaudissements.J
M. le President. Je remercie et felicite M"« Baker pour le tres int^ressant
rapport qu'elle vient de lire.
M. Regnault (France). Je tiens a rendre hommage a M"^ Baker pour le rap-
port qu'elle vient de lire. J'ai ete heureux d'entendre dire que M. William Alexander
Goote a ete un apotre de la lutte contre la traite, mais je me permettrai, sans aucune
vanite nationale, de rappeler qu'^ cote de M. Coote, qui a entrepris une admirable
campagne aupres de I'opinion publique, il faut citer le nom d'un Fran^ais, M. Beren-
ger (Bravos) qui, par son autorite, a obtenu I'adhesion des Gouvernements aux
conferences contre la traite et pent etre represente comme I'apotre, la personnifi-
cation de la moralite publique. (Applaudissements.J
M. le President. Je me permets k mon tour de rendre hommage a M. B6renger.
Ges jours derniers encore, j'ai lu avec emotion un article qu'il avait publie au mois
de juillet 1912 dans la Revue des Deux Mondes. Cet article, qui relate toute I'oeuvre
de la lutte contre la traite des femmes, est vraiment impressionnant, et j'y vois le
role considerable qu'a joue M. Berenger a cote des Anglais auxquels fait allusion le
rapport de M^e Baker.
5. DISGOURS DE M. RIVAS-VIGUNA (GHILI).
M. RivAs-VicuNA (Ghili). Le Gouvernement du Ghili s'associe avec le plus vif
int^ret aux travaux de la Conference que la Soci6te des Nations a organisee pour
combattre la traite des femmes et des enfants.
J'ai I'honneur de presenter en son nom la reponse au questionnaire que le
Secretariat general a adresse a tous les Gouvernements. Ce document devant etre
distribue en temps opportun, je me dispense d'en donner lecture.
Je me permets, toutefois, de faire remarquer que le Gouvernement du Chili
s'occupe actuellement de pousser encore en avant les progres de sa legislation a
cet egard, et il espere que I'experience qui resultera des travaux de cette Conference
et que les resolutions qui seront adoptees lui apporteront une aide precieuse pour
le developpement futur de cette legislation.
Je suis sur qu'un sentiment pareil anime en ce moment tous les pays ameri-
cains ici representes.
Qu'il me soit permis d'exprimer la vive satisfaction que je ressens en prenant
part comme representant du Chili a cette deuxieme conference organisee par la
Societe des Nations, qui fait de constants efforts pour servir d'une maniere efTicace
les interets et les aspirations de I'humanite; qu'il me soit aussi permis d'emettre le
voeu qu'un succes aussi brillant que celui qui a et6 atteint par la Conference des
communications et du transit tenue k Barcelone vienne couronner le labeur de
celle-ci.
Je tiens a presenter mes hommages k I'^minent President qui a 6t6 appele,
par ses hauts merites, a conduire nos deliberations et mes meilleurs compliments
aux collogues distingues qui representent tous les pays.
6. STANCES DES COMMISSIONS.
M. le President. Avant que nous nous separions, il reste k r6gler quelques
points de detail. Nous aurons cet apr^s-midi la reunion des deux Commissions et
vous avez k vous mettre d'accord sur I'heure ou elles se reuniront. II faut absolument
que le rapport soit presents demain par les Commissions de verification des pou-
voirs et du reglement.
— 18 —
their position before you, and to say that they see in this occasion a sure pledge
of the triumph of this world-wide effort to secure safety and honour to the woman-
hood of the world. (Loud applause.)
The President. — Translation: I am sure that I express the feelings of the
whole Conference in thanking Miss Baker for the very excellent report she has
just read.
M. Regnault (France). — Translation : I wish to express my deep appreciation
of the report just read by Miss Baker. I was glad to hear her statement that Mr.
William Alexander Coote has been an apostle in the struggle against the traffic, but
I should like, without any national vanity, to remind the Conference that, at the
side of Mr. Coote, who has undertaken an admirable campaign to influence public
opinion, the name of a Frenchman, M. Berenger, should be remembered. (Applause.)
M. Berenger has succeeded by his authority in obtaining the adherence of Govern-
ments to Conferences against the traffic, and he may be described as the apostle
and personification of public morality. (Applause.)
The President. — Translation: I should like to join in the tribute to M.
Berenger. I have been reading recently with emotion an article published in 1912
by M. Berenger in the Revue des Deux Mondes. This gives a striking account of the
very considerable part which M. Berenger, in co-operation with the English workers
referred to by Miss Baker, has played in the struggle against this traffic.
5. SPEECH BY M. RIVAS-VIGUlSiA (CHILE).
M. RivAs-VicuNA (Chile). — Translation: The Chilian Government joins with
the keenest interest in the work of the Conference that the League of Nations
has organised to combat the traffic in women and children.
I have the honour, in its name, to present the reply to the Questionnaire sent
by the Secretary-General to all Governments. As this document is to be distributed
in due course, I do not think I need read it.
I would merely like to remark that the Chilian Government is at present
occupied in still further progress in its legislation in this respect, and that it hopes
that the experience which may be gleaned from the work of this Conference and
the Resolutions passed there will give it valuable assistance in the future develop-
ment of this legislation.
I am sure that all the American countries here represented are inspired by
similar feelings.
May I express the great satisfaction that I feel in taking part as Represen-
tative of Chile in this second Conference organised by the League of Nations in
its constant efforts to further the interests and aspirations of the human race in
an effective manner, and may I express my hope that the work of this Conference
will meet with as brilliant a success as that of the Conference of Communications
and Transit held at Barcelona.
I desire to pay my respects to the eminent President, whose great merit has
led to his being called on to preside over our debates, and to my distinguished col-
leagues representing all countries.
6. MEETINGS OF COMMITTEES.
The President. — Translation : There are still a few details to be decided
upon before we part. The two Committees will meet this afternoon and you must
agree on the time of the meetings. The Credentials and Rules of Procedure Com-
mittees must present their report to-morrow.
— 19 —
M. Regnault (France). Je propose que la Commission de verification des poii-
voirs se reunisse a 15 heures.
(Cette proposition est adoptee.)
M. le President. La seconde Commission se r^unira a 16 heures. M. Kaecken-
beeck assistera aux reunions des commissions en qualite de conseiller juridique.
M. Obed Smith (Canada). — Traduction: Est-il necessaire que les membres de
la Conference presentent leurs pouvoirs k trois heures ?
M. le President. II serait utile de deposer les pouvoirs avant la reunion des
commissions, afin que I'examen puisse en etre fait rapidement. Ceux d'entre les
delegues qui sont munis de leurs pouvoirs pourront les deposer au Secretariat.
Avant que la Commission du reglement se reunisse, je voudrais obtenir de la
Conference une decision de principe sur deux questions dont s'inspirera cette Com-
mission du reglement: il faut que nos seances soientpubliques.sauf decision contraire
de I'Assemblee. II va sans dire que je ne parle que des reunions plenieres. Si vous
instituez des commissions, ou pourraient etre prises des decisions en comite secret,
alors les reunions ne seraient pas publiques.
(Adopte.)
Le second point, sur lequel je desire avoir votre avis, est que, dans I'interet
de la bonne marche des travaux, il est souhaitable que les projets d'amendement
et de resolution soient transmis par ecritau Bureau. Ces projets doivent etre traduits.
II faut done absolument que le texte, fran§ais ou anglais, soit traduit et
distribue. C'est une regie dans toutes les assemblees deliberantes, et j 'imagine que
vous serez d'avis de la suivre.
7. COMMUNICATIONS DE M. REGNAULT (FRANCE).
M. Regnault (France). Je suis charge par le Gouvernement frangais de deposer
sur le bureau de la Conference trois communications.
« 1° II est porte k la connaissance de la Conference que le Gouvernement fran-
gais vient de recevoir, conformement a Particle 8 de la Convention du 4 mai 1910,
notification de I'adhesion de la Republique de 1' Uruguay et du Royaume de Bulgarie
k I'Arrangement du 18 mai 1904 et a la Convention du 4 mai 1910. »
Ces adhesions seront incessamment communiquees aux Etats contractants.
« 2° Le delegue de la Republique frangaise a I'honneur de soumettre aux deli-
berations de la Conference la proposition suivante:
« La Conference Internationale concernant la traite des femmes et desenfants,
reunie a Geneve sous les auspices de la Societe des Nations;
« Consid^rant qu'une repression eflTicace de la traite des femmes et des enfants
serait facilitee par I'adoption, dans le plus grand nombre possible d'Etats, de prin-
cipes communs et de mesures semblables;
« Considerant qu'il serait, en particulier, necessaire a cet effet que ces infrac-
tions fussent punissables par la legislation des divers Etats;
(I Considerant que I'Arrangement dul8 mai 1904 et la Convention du 4 mai 1910
contiennent les principes et les mesures essentielles en cette matiere et qu'une appli-
cation aussi complete et aussi generalisee que possible de ces actes serait de nature a
porter un remede serieux ci la situation pr6sente;
« Recommande a I'Assemblee de la Societe des Nations:
« D'inviter de la fagon la plus pressante tous les Membres de la Soci6te, qui ne
sont signataires ni de I'Arrangement du 18 mai 1904 ni de la Convention du 4 mai
1910 et qui n'y ont pas adhere, a donner leur adhesion a ces actes. »
« 3° Le delegue de la Republique frangaise a I'honneur de porter a la connais-
sance de la Conference que le Gouvernement franyais, d^sireux d'assurer avec toute
— 19 —
M. Regnault (France), -^r Translation : I suggest that the Committee on
Verification of Credentials should meet at 3 o'clock.
(Adopted.)
The President. — Translation : The Second Committee will meet at 4 o'clock.
M. Kaeckenbeeck will attend as legal adviser.
Mr. Obed Smith (Canada). — Is it necessary for the members of the Confc'
rence to present their credentials at 3 o'clock ?
The President. — Translation: In order that the examination of credentials
may be carried out as quickly as possible, it would be best that these should be
handed in before the Committees meet. Those Delegates who are provided with
their credentials can hand them in to the Secretariat.
Before the Committee on Rules of Procedure meets, I should like to obtain
a ruling from the Conference on two points for the guidance of the Committee;
in the first place, our Meetings must be public, unless the Assembly decides other-
wise. I am, of course, referring only to plenary meetings. If you form Committees
in which decisions may be taken in secret session, the meetings would not be public.
(Adopted.)
The second point on which I desire your opinion is whether it is desirable in
order to facilitate progress that draft Amendments and Resolutions should be
transmitted in writing to the Bureau. Such drafts would have to be translated.
It is essential that the text, whether in French or English, should be translated
and distributed. This is a rule which always applies to the proceedings of Assem-
blies, and I expect that you will wish to follow it.
7. COMMUNICATIONS BY M. REGNAULT (FRANCE).
M. Regnault (France). — Translation : In the name of the French Govern-
ment, I have the honour to submit three communications: —
1. The Delegate of the French Republic has the honour to inform the Con-
ference that the French Government has just received, in accordance with Article
8 of the Convention of May 4th, 1910, notification of the adhesion of the Republic
of Uruguay and of the Kingdom of Bulgaria to the Arrangement of May 18th,
1904, and to the Convention of May 4th, 1910. These adhesions will be immediately
communicated to the Contracting States.
2. The Delegate of the French Republic has the honour to submit, for the
consideration of the Conference, the following proposal: —
"The International Conference concerning the Traffic in Women and Children
meeting at Geneva under the auspices of the League of Nations:
"Considering that the effective suppression of the traffic in women and children
would be furthered by the adoption by as many States as possible of common
principles and similar measures;
"Whereas it would be necessary for this purpose that offences should be punish-
able by the legislation of the different States;
"And whereas the Agreement of May 18th, 1904, and the Convention of
May 4th, 1910, contain the essential principles and measures on this matter, that
an application as complete and as general as possible of these Acts would be likely
to bring about an effective remedy of the present position;
"Therefore recommends to the Assembly of the League of Nations to ask
those Members of the League in the most urgent manner possible which are not
already signatories to the Agreement of May 18th, 1904, or the Convention of
May 4th, 1910, and which have not assented to the same, to give their adhesion
to these Acts."
3. The Delegate of the French Republic has the honour to inform the Con-
ference that the French Government, desiring to be assured that the suppression
— 20 —
I'efTicacit^ possible la repression de la traite des femmes et des enfants, a pris en
serieuse consideration, en vue d'une prompte execution, les vceux suivants, emis par
la delegation fran^aise a la pr^sente Conference:
«a) Que I'article 334 duCode penal, punissant les infractions prevues aux articles
1 et 2 de la Convention du 4 mai 1910, soit complete afin de rendre punissables comme
le delit lui-meme tout fait constituant des tentatives de delits, ainsi que tous actes
preparatoires.
« b) Que, en vue de rendre aussi simple et aussi rapide que possible la transmis-
sion a I'etranger des renseignements ou demandes d'enquetes emanant de TOfTice
central fran^ais pour la repression de la traite, cet Office soit autorise k s'adresser
directement, par telegrammes ou toute autre voie, aux agents diplomatiques et
consulaires de la Republique, qui seront invites k faire toutes demarches utiles aupres
des autorites locales competentes.
«c) Que I'attention de MM. les chefs de parquets aupres des cours et tribunaux
soit a nouveau attiree par M. le Garde des sceaux, Ministre de la Justice, sur les
dispositions de la Convention du 4 mai 1910, relative a I'extradition et a la transmis-
sion des Commissions rogatoires dans les cas d'infraction vises, envisages par ladite
Convention. »
II me reste une proposition a faire. Je crois que vous serez tous d'accord pour
y acceder. Je vous proposerai de vouloir bien des a present designer votre vice-pre-
sident, et il me semble qu'il serait heureux que le choix de la Conference put se
porter sur une femme. Je pense que, dans cette matiere, qui touche si intimement
aux droits et ci la defense de la femme, la vice-presidence de la Conference doit etre
confiee a une personne du sexe feminin.
Nous avons parmi nous des dames qui ont apporte k la cause un devouement et
une activite inlassables, et je vous proposerai de vouloir bien appeler a la vice-pre-
sidence Mademoiselle Henni Forchhammer, deleguee danoise. (Applaudissements.J
(Adopte.)
M"« Henni FoRCHHAMMER(Danemark). — Traduction:M. le President, Mesdames
et Messieurs. Je suis tres honor^e du choix que vous avez fait. Je dois dire que je
n'en suis pas seulement honoree, je suis aussi terrifiee en pensant aux responsabilites
que vous allez me confier. II y a longtemps que je ne me suis occupee de cette ques-
tion de la traite. Quoiqu'elle m'interesse beaucoup, je crois que vous auriez pu trou-
ver parmi lesmembres dela Conference plusieurs personnes qui sont plus aucourant
que moi de tous les details de cette question et qui ont donne des annees de leur
vie k la solution de ce tres grave probleme. Mais je suis d'un naturel doux et obeis-
sant et comme votre choix me met en presence d'un fait accompli, je ne vols pas
le moyen de refuser; je ne puis que vous promettre de faire de mon mieux. J'ai cepen-
dant de serieuses apprehensions au sujet du travail que je suis capable de faire
comme vice-presidente. Ce m'est une grande consolation de penser que nous avons
un president si capable, qu'il n'y aura, je I'esp^re, que tres peu a faire pour la vice-
pr6sidente, sauf d'etre membre de 'a commission qui va etre constitute. Je vous
remercie beaucoup de I'honneur que vous m'avez fait. ( Applaudissements.)
La seance est levie a 1 1 A. 50.
— 20 —
of the traffic in women and children is as effective as possible, has taken into serious
consideration, in view of the prompt carrying out of the suppression, the following
recommendations brought forward by the French Delegation at the present Con-
ference: —
"(a) That Article 334 of the Penal Code, punishing the offences provided for
in Articles 1 and 2 of the Convention of May 4th, 1910, should be completed so as
to make punishable, equally with the offence itself, any act constituting an attempt
to commit the offence or any act leading up to it.
"(b) That, in order to make as simple and as speedy as possible the communi-
cation to foreign countries of information or requests for the suppression of the
traffic, this Office be authorised to communicate direct by telegram or by any
other means, with the diplomatic and consular representatives of the Republic,
who should be asked to take all steps necessary with competent local authorities.
"(c) That the attention of the legal authorities in the Courts and Tribunals
should be once more directed by the Minister of Justice to the provisions of the
Convention of May 4th, 1910, with regard to the extradition and the transmission
of the Commission of Enquiry in the case of infringements provided for in the said
Convention."
I have one further proposal to make. I think that you will all agree to it.
I propose that you should appoint your Vice-President at once, and I feel that
it would be a happy choice if the Conference were to nominate a woman. It seems
to me that in these questions which are so intimately concerned with the rights
and defence of women, the Vice- Presidency of the Conference should be entrusted
to a woman.
There are ladies among us who have shown great devotion and unwearied
activity in this matter, and I propose that you should appoint Miss Henni
Forchhammer, Danish Delegate, as Vice-President. (Applause.)
(Adopted.)
Miss Henni Forchhammer (Denmark). — Mr. President, Ladies and Gentlemen,
I feel very much honoured by the choice that has fallen on me. I must say that I
not only feel honoured; I also feel rather terrified at the prospect of the respon-
sibilities which you are going to lay upon me. I have not occupied myself with this
question for a very long time. Although I am very much interested in it, I think
that you might, among your members, have found several people who are much more
au courant with all the details, and who have given years of their life to the solution
of this very grave problem. But I am of an obedient and meek disposition, and I
find that, as it is un fait accompli and you have chosen me, I do not see any way
out of it, except by promising you that I will do my utmost, but still with great
misgivings as to the work I can perform in this capacity. It is a great consolation
for me that with such an able President there will, I hope, be very little actual use
for a Vice-President, except as a member of the Committee which is going to be
formed. I therefore thank you very much. (Applause.)
The meeting rose at 11.50 a.m.
IV
Deuxifeine seance pleniere.
Vendredi I" juillet 1921, a 10 h. dii matin.
M. Michel Levie, President.
M. LE President. Vous avez re^u communication du proces-verbal de la
seance d'hier.
Si personne n'y fait d'observations, je le declarerai adopte.
M. Regnault (France). S'agit-il du compte rendu analytique ou du compte
rendu developpe?
M. le President. Je vous parle du document qualifie Bulletin quotidien n° 1.
II n'y a pas d'observations ? II est done adopte.
Vous avez re^u, en outre, un autre document imprime qui s'appelle le compte
rendu provisoire. Si I'un des membres avait des observations a y faire, il voudrait
bien les presenter directement au Secretariat.
1. RAPPORT DE LA COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS.
•
M. le President. Je tiens k remercier les membres des deux commissions que
la Conference a nommes hier et, tout d'abord, la Commission de verification des pou-
voirs, presides par Son Excellence M. Regnault et comprenant les delegues de la
Chine et du Chili. Cette Commission a precede a I'examen des pouvoirs. Je prie
I'interprete de donner lecture des resultats de cet examen.
L'Interpr^te donne lecture du rapport de la Commission de verification des
pouvoirs.
La Commission de verification des pouvoirs a examine les lettres de creance
des delegues, ainsi que les notifications officielles de nominations de delegues,
conseillers techniques ou experts par leurs gouvernements respectifs. Elle exprime
I'opinion que les delegues, conseillers techniques ou experts dont leS noms suivent
ont ete dument accredites pour sieger k la presente Conference de la traite des
femmes et des enfants:
Afrique du Sud : The Lady Phyllis Ponsonby, del6guee.
Albanie: M. Midhat Frasheri, del6gue.
Allemagne: M. le D'' Lewald, d616gue.
M. le pasteur L. Hoppe, conseiller technique.
Autriche: M. Emmerich Pflugl, delegue.
Belgique: M. le senateur Lafontaine, delegue.
M. A. Dullaert, conseiller technique.
Bresil : M. Joao Baptista Lopes, delegu6.
M. S. Ran GEL de Castro, conseiller technique.
Bulgarie: M. S. Pomenow, d616gu6.
Canada: M. Obed Smith, del6gue.
Chili: M. Manuel Rivas-Vicuna, d6l6gu6.
IV.
Second Plenary Meeting.
Friday, July ist, 1921, at 10 a.m.
M. Michel Levie, President.
The President. — Translation: You have received the Minutes of the last
meeting. If there are no objections, I shall declare them adopted.
M. Regnault (France). — Translation: I am not quite clear whether the
President refers to the short Report or to the Verbatim Report.
The President. — Translation : I refer to the small printed document, Daily
Bulletin No i.
If there are no objections to Daily Bulletin No. i., I declare it passed. With
regard to the Provisional Verbatim Report, also circulated to Members of the
Conference, any alterations to be made should be notified to the Secretariat.
1. REPORT OF THE COMMITTEE ON THE VERIFICATION
OF CREDENTIALS.
The President. — Translation: I have to thank the Members of the two
Committees appointed by the Conference yesterday, and first of all the Committee
on the Verification of Credentials, which was presided over by His Excellency
M. Regnault, and which included the Delegates of China and Chile. This Committee
has verified the credentials of the Delegates, and I call upon the interpreter to
read the Committee's report.
The Interpreter then read the following Report of the Committee on the
Verification of Credentials : —
This Committee on the Verification of Credentials has examined the credentials
of the delegates and the official notifications by the respective Governments of the
appointments of delegates, technical advisers and experts. The Committee expresses
the opinion that the following delegates, technical advisers and experts have been
duly accredited to the present Conference on the Traffic in Women and Children. —
Albania: M. Midhat Frasheri. delegate.
Austria: M. Emmerich Pflugl, delegate.
Belgium: Senator Lafontaine, delegate. -
M. A. Dullaert, technical adviser.
Brazil: M. Joao Baptista Lopes, delegate.
M. S. Rangel de Castro, technical adviser.
Bulgaria: M. S. Pomenow, delegate.
Canada: Mr. Obed Smith, delegate.
Chile: M. Manuel Rivas-Vicuna, delegate.
China: M. Suntchouwei, delegate. '
M. Hoo-Chi-Tsai, technical adviser.
Czechoslovakia: Dr. Dusek, delegate.
— 22 —
Chine: M. Suntchouwei, delegue.
M. Hoo-Chi-Tsai', conseiller technique.
Danemark: Miie Henni Forchhammer, deleguee.
Espagne: M. Manuel de Cossio, delegue.
Esthonie: M. Charles Pusta, delegue.
France: M. Regnault, delegue.
Mme de WiTT-ScHLUMBERGER, del6guee-adjointe.
M. Barrier, conseiller technique.
M. S. W. Harris, delegue.
M. V. Dendramis, delegue.
M. le professeur Zoltan Baranyai, delegue.
M. S. M. Edward ES, delegue.
Son Excellence le marquis R. Paulucci de' Calboli, del6gue.
M. Kunitoshi Yamaoka, delegue.
M. Shigetomo Sayegusa, conseiller technique.
M. Roussel, delegue.
M. Enevold Borch, delegu6.
Mile Eiise Sem, deleguee-adjointe et conseill^re technique.
M. R. A. Amador, delegue.
M. A. de Graaf, delegue.
M. F. M. G. van Walsem, conseiller technique.
; M. J. Perlowski, delegue.
M. le D' ZuM BuscH, conseiller technique.
M. Bartholomeu Ferreira, delegue.
M. Margaritesco Greciano, delegue.
M. le docteur Miloutine Yovanovitch, delegu6.
Son Altesse le prince Charoon, delegue.
M. Johan B.Uth, delegue.
}j[me BuGGE-WicKSELL, conscillere technique.
M. Ernest Beguin, delegu6.
M. Stampfli, conseiller technique.
M. le Docteur Dusek, delegue.
M. Alfredo de Castro, delegu6.
Grande- Br etagne :
Grece :
Hongrie :
Inde :
Italie :
Japan :
Monaco :
Norvege :
Panama :
Pays-Bas :
Pologne et Dantzig
Portugal :
Roumanie:
Etat serbe-croate-
slovene :
Siam :
Suede :
Suisse :
Tch^coslovaquie :
Uruguay :
Les pays suivants ont ratifie I'Arrangement signe k Paris le 18 mars 1904:
Bresil. Italie.
Danemark. Norvege.
Inde. Suede.
Suisse.
Les pays suivants ont ratifi6 la Convention sign6e k Paris le 4 mai 1910, ainsi
que I'Arrangement precite de 1904:
Afrique du Sud. France.
Allemagne. Grande-Bretagne.
Autriche. Hongrie.
Belgique. Pays-Bas.
Bulgarie. Pologne.
Portugal. Canada.
Espagne. Uruguay.
M. le President. Puisqu'il n'y a pas d'opposition, je declare ce rapport adopts.
2. ADMISSION A LA CONFERENCE DE LA LITHUANIE.
M. le President. — Nous avons reiju una lettre du repr6sentant du Gouver-
nement lithuanien k laSoci6t6 des Nations, accr6ditant M. Vaclovas Sidzikauskas
comme d616gu6 k la Conference de la traite des femmes et des enfants.
22
Denmark: Mile. Henni Forchhammer, delegate",
Esthonia: M. Charles Pusta, delegate.
France: M. Regnault, delegate.
Mme. de Witt-Schlumberger, deputy delegate'.
M. M. Barbier, technical adviser.
Germany: Dr. Lewald, delegate.
Pastor L. Hoppe, technical adviser.
Great Britain: Mr. S. W. Harris, delegate.
Greece: M. V. Dendramis, delegate.
Hungary: Professor Zoltan Baranyai, delegate.
India: Mr. S. M. Edwardes, delegate.
Italy: Marquis R. Paulucci de' Calboli, delegate.
Japan: M. Kunitoshi Yamaoka, delegate.
M. Shigetomo Sayegusa, technical adviser.
Monaco: M. Roussel, delegate.
Netherlands: M. A. de Graaf, delegate.
M. F. M. G. van Walsem, technical adviser.
Norway: M. Enevold Borch, delegate.
Mile. Elise Sem, deputy delegate and technical adviser.
Panama: M. R. A. Amador, delegate.
Poland Sf Danzig : M. J. Perlowski, delegate.
Dr. ZuM BuscH, technical adviser.
M. Bartholomeu Ferreira, delegate.
M. Margaritesco Greciano, delegate.
Portugal :
Roumania :
Serb-Croat-Slovene
State :
Siam :
South Africa:
Spain :
Sweden :
Dr. Miloutine Yovanovitch, delegate.
His Highness Prince Charoon, delegate.
The Lady Phyllis Ponsonby, delegate.
M. Manuel de Cossio, delegate.
M. Johan Ba.Ith, delegate.
Mme. Bugge-Wicksell, technical adviser.
Switzerland: M. Ernest Beguin, delegate
M. Stampfli, technical adviser.
Uruguay: M. Alfredo de Castro, delegate.
The following countries have ratified the Agreement signed in Paris,
March 18th, 1904:—
Brazil. Italy.
Denmark. Norway.
India. Sweden.
Switzerland.
The following countries have ratified the Arrangement signed at Paris, March
18th, 1904, and also the Convention signed at Paris, May 4th, 1910:—
Austria. Hungary.
Belgium. Netherlands.
Bulgaria. Poland.
Canada. Portugal.
France. South Africa.
Germany. Spain.
Great Britain. Uruguay.
The President — Translation : If there is no opposition, I declare the Report
adopted.
2. ADMISSION OF LITHUANIA TO THE CONFERENCE.
The President. — Translation: A letter has been received from the repre-
sentative of the Lithuanian Government to the League of Nations, appointing
M. Vaclovas Sidzikauskas as Delegate to the Conference on the Traffic in Women
and Children.
— 23 -
La Commission avait termin6 ses travaux au moment oil cette lettre a ete
refue. Je ne puis done que vous la lire.
« J'ai I'honneur de porter a votre connaissance que suivant I'invitation qu'au
nom du Conseil de la Society des Nations vous avez bien voulu adresser au Gouver-
nement de la Republique Lithuanienne, celui-ci a designe M. Vaclovas Sidzikauskas,
Charge d'affaires de Lithuanie a Berne, pour le representer k la Conference de la
traite des femmes et des enfants, tenue a Geneve le 30 juin.
« Veuillez agreer, Monsieur le Secretaire general, 1' assurance de ma tres haute
consideration.
Le del6gue lithuanien a la
Soci6t6 des Nations. «
« A Monsieur le Secretaire general
de la Soci6t§ des Nations. »
M. le President. Je dois faire connaltre k I'Assemblee que, des renseigneraents
que j'ai recueillis, il resulte que la Lithuanie a dej^ participe a d'autres conferences
organisees par la Societe des Nations. Elle etait notamment representee a la Confe-
rence de Barcelone.
Un delegu6 desire-t-il prendre la parole k cet egard ?
M. Perlowski (Pologne). Au nom du Gouvernement polonais, je demande que
la Lithuanie soit admise a la Conference de la traite des femmes et des enfants.
La Lithuanie a participe deja plusieurs fois a des conferences analogues et nous
sommes directement interesses a ce que ce pays, qui est notre voisin, puisse presenter
des idees fructueuses dans cette question qui interesse 1' Europe enti^re.
M. le President. II n'y a pas d'opposition. Le nom du delegue lithuanien
sera done ajoute a la liste comme dument accredite pour si6ger a la Conference.
3. RAPPORT DE LA COMMISSION DU RfeGLEMENT INTfiRIEUR.
M. le President. La seconde Commission, celle qui devait s'occuper du r^gle-
ment, presidee 6galement par Son Excellence M. Regnault, a termine ses travaux.
M. Regnault nous avait declare, hier matin, qu'il lui semblait que le reglement etait
un peu complique. Celui-ci a ete simplifie de la fa^on la plus heureuse, me semble-t-il.
Vous I'avez re^u. Si vous desirez une lecture nouvelle, on la fera. Si vous pensez
qu'on puisse I'adopter ne varietur, on I'adoptera.
Personne ne demande la parole ? II est done adopts.
Messieurs, le reglement ainsi adopte ne varietur pr6voit, dans ses dispositions,
la constitution d'un Comite d' organisation pour assister le president. Hier, d'avanee,
vous avez nomme la vice-presidente. II nous reste k determiner le nombre des mem-
bres qui vont constituer ce Comite et k proposer leur election.
II me semble qu'il entrait dans les vues de la Conference, hier, de nommer trois
membres. On avait propos6 le chiffre de trois membres, qui semblait n'avoir souleve
aucune objection.
M. Regnault (France). Ne pensez-vous pas qu'il serait desirable, pour que
cette question soit bien comprise, d'examiner la nomination de plusieurs commissions.
Dans le reglement que nous venons d'adopter, il est dit que la Conference designe les
commissions. A I'article 3, nous lisons: « la Conference peut, k tout moment, decider
de singer en Comite et de constituer des Commissions sp^ciales. « Et ensuite:
« La Conference decide s'il y a lieu de designer un Comite d'organisation pour
assister le president. »
Je crois qu'il serait bon que la Conference prit une decision sur le premier point.
Par exemple, nous sommes dej^ saisis d'un certain nombre de propositions tres inte-
ressantes. Ne pensez-vous pas que nous pourrions decider qu'il sera cree une grande
I
— 23 ^
As the Committee on Credentials had already completed its work at the time
of the receipt of this letter, all I can do is to read it to you: —
"Sir,
" I have the honour to inform you that, in reply to the invitation addressed by
you in the name of the Council of the League of Nations to the Government of the
Lithuanian Republic, the latter has appointed M. Vaclovas Sidzikauskas, Lithuanian
Charge d'Affaires at Berne, as its representative at the Conference on the Traffic in
Women and Children to be held at Geneva on June 30th.
" I have the honour to be, Sir,
Lithuanian Delegate
to the League of Nations."
" To the Secretary-General,
League of Nations. "
The President. — Translation : Lithuania has already taken part in other
Conferences organised by the League of Nations, in particular the Barcelona
Conference.
Does anybody wish to speak on this matter ?
M. Pehlowski (Poland). — Translation: In the name of the Polish Govern-
ment, I beg to ask that Lithuania be admitted to this Conference. Lithuania has
already participated several times in similar conferences, and it is directly in the
interests of Poland that Lithuania, a neighbouring State, should be associated in
this work of European importance.
The President. — Translation: As there is no objection, the Lithuanian
Delegate's name will be added to the list of duly accredited members of the
Conference.
3. REPORT OF THE COMMITTEE ON RULES OF PROCEDURE.
The President. — Translation: The Second Committee, which has been dealing
with the Rules of Procedure and which was under the Presidency of M. Regnault,
has also completed its work. M. Regnault said yesterday that in his view the Rules
were rather complicated. The new version has been simplified and, it seema to
me, in a very satisfactory way. The text has been distributed. If you wish it, it will
be read, but if you consider it can be adopted without alterations, we can do so.
Does anybody wish to speak on the subject ?
As nobody wishes to speak, I declare the Rules of Procedure adopted.
The Rules of Procedure, as adopted, provide for the creation of an Organisa-
I ion Committee to assist the President. Yesterday you appointed a Vice-President
in advance. It is now for us to decide on the number of members constituting this
Organisation Committee and to elect them. It appeared to me yesterday that the
Conference was in favour of appointing three members. No one seemed to raise
any objection to this proposal.
M. Regnault (France). — Translation: Do you not think it would be well, in
dealing with this question, to examine the question of setting up several special
Committees ? In the Rules of Procedure which we have just adopted, it is stated
that the Conference may appoint special Committees. In Article 3 it says: "The
Conference may at any time decide to sit as a General Committee or to set up
special Committees," and, further, "the Conference decides whether an Organisation
Committee shall be appointed to assist the President. "
I think it would be well if the Conference came to a decision on the first question.
For example, we have before us a number of exceedingly interesting proposals.
Do you not think that we might decide to create a large Committee which might
— 24 —
Commission, que Ton pourrait appeler la Commission gen^rale, et ensuite nous pour-
rions, si vous le voulez bien, creer une Commission speciale, que Ton appelierait
la Commission legislative et administrative, comma cela a ete fait dans beaucoup
d'autres conferences, et notamment en 1902 et 1910 ? Enfin, je vous proposerai une
troisieme commission qui, a mon avis, serait extremement importante par les resul-
tats qu'elle pourrait obtenir. Ce serait une Commission de propaganda Je crois qu'elle
pourrait Stre composee de membres de la Conference et aussi, si vous acceptez cette
idee, de personnalites qui seraient a la tete des associations privees de fa^on a pouvoir
recevoir leurs idees, echanger leurs vues et instituer des relations qui seraient certai-
nement profitables.
Si vous me permettez de continuer ce petit expose, qui va etre tres court, je
crois, etant donne qu'il y a quarante-six membres inscrits sur notre liste, sur lesquels
trente-quatre sont delegues, que ces commissions devraient etre composees de onze
membres chacune, ce qui ferait, par consequent, deja trente-quatre personnes.
En outre, nous avons vu souvent dans les congres que les membres qui ne font
pas partie d'une commission ont, cependant, le droit d'y assister, s'ils trouvent qu'il
y a un int^ret pour eux k en suivre les travaux. Dans ce cas, ces membres benevoles
peuvent aissister aux deliberations et meme demander la parole, mais ils ne prennent
pas part au vote, puisqu'ils ne font pas partie de la commission.
Pour resumer la proposition que j'ai I'honneur de presenter k la Conference,
je dirai qu'il s'agit de creer tout de suite — afm de gagner du temps — trois commis-
sions de onze membres comprenant des delegues ou des conseillers techniques, avec
la faculte pour les delegues ou les conseillers non membres des commissions d'assister
k ces seances, de prendre part aux discussions, mais non pas au vote: savoir, une
Commission generale, une Commission administrative et legislative et une Commis-
sion de propagande.
Ces commissions pourraient se reunir, par exemple, I'apres-midi et peut-etre y
aurait-il intSret a decider que les reunions plenieres de la Conference seraient reser-
vees aux seances du matin, de fa§on que les commissions puissent travailler dans
I'apres-midi. Je crois que ce serait une bonne methode de travail, parce que les seances
plenieres, evidemment, seront toujours des seances fort importantes, qui necessitent
I'etablissement d'un proces-verbal, mais ou le travail ne pent pas etre aussi precise
que dans une commission. Par consequent, j'estime que les seances de I'apres-midi
seraient tres utiles et fourniraient les meilleurs resultats.
Maintenant, en ce qui concerne la creation d'un comite d'organisation pour
assister le President, je n'ai pas a emettre d'opinion sur ce point.
M. le President. Avant d'ouvrir la discussion sur les diverses questions que
vient de soulever M. Regnault, je me permettrai de lui demander s'il ne serait pas
preferable de commencer immediatement I'examen de la question de la nomination
des membres du Comity d'organisation. Cette question, en effet, ne peut guere
soulever de difTicultes. Si vous etes d'avis de completer le Bureau actuel par I'adjonc-
tion de trois membres nouveaux, cette nomination sera faite tres rapidement, tandis
que la constitution des trois commissions, dont a parl6 M. Regnault, peut entrainer
une certaine discussion. Comme notre temps est limite, si vous n'y voyez pas d'in-
convenient, je vous proposerai d'intervertir I'ordre et de commencer par la consti-
tution du Bureau. II est d'usage, dans toutes les assemblees, de proceder a la nomi-
nation du Bureau. Si vous n'etes pas d'avis d'ajouter trois membres au Bureau actuel,
ce sera tres vite fait. Nous pourrons passer utilement a I'examen de la question con-
cernant la constitution des commissions propos^es par M. Regnault. Si vous n'y
voyez pas d'inconv6nient, il en sera fait ainsi. Je pose la question: etes-vous d'avis de
completer le Bureau actuel par trois nouveaux membres ?
M. RoussEL (Monaco). Le projet de rfeglement pr6voit qu'un Comity d'organi-
sation pourra etre cr66. Lorsque vous avez approuve ce projet, vous n'avez pas pris
de resolution definitive. La question reste entiere. Le probleme est done ramene a
ces termes : faut-il avoir un Bureau, un Comit6 d'organisation, et faut-il que ce Bureau
soit nombreux ou qu'il soit r6duit ktres pen de personnes? Voila, si je ne me trompe,
les termes dans lesquels se pose la question. Faut-il avoir un Comity d'organisation ?
Je me demande ce qu'un tel comite viendrait faire, lorsque vous aurez cr66, comme
— 24 —
be called the General Committee, and afterwards, if you so desire, we could proceed
to the creation of a special Committee, which might be called the Legislative
and Administrative Committee, as has been done in many other conferences,
particularly in the Conferences of 1902 and 1910 ? Finally, I would propose a
third Committee, which, in my opinion, would be extremely important from the
point of view of results. This would be a Propaganda Committee. I think that
it might be composed of members of the Conference, and also, if you accept the
proposal, of prominent personalities from private associations, in order that they
might communicate their ideas to us and that we might have an exchange of views
and enter into mutual relations which could not fail to be of service. If you will,
permit me to explain this proposition a little more fully, I think, in view of the
fact that there are forty-six members on our list, of whom thirty-four are Delegates,
that these Committees should be composed of eleven members each, which would
mean thirty -four persons. Further, as gften happens in Conferences, . it might
be possible for members who do not form part of a Committee to enjoy nevertheless
the right of attendance at that Committee, if they are of opinion that they have
special interest in following its work. In such a case these public-spirited members
could take part in the debates and even ask for the floor of the house, but they
will not have the right of vote as they would not be part of the Committee.
To sum up my proposals: I have the honour to suggest to the Conference that
we should create here and now, in order to gain time, three Committees of eleven
members each, consisting of delegates or technical advisers — with the faculty for
delegates or advisers not members of the Committees to attend meetings, to take
part in the discussions, but not to vote; the three Committees to be a General
Committee, an Administrative and Legislative Committee and a Propaganda Com-
mittee.
These Committees might meet in the afternoons, and perhaps it would be well
if the Plenary Meetings of the Conference were confined to the mornings, so that
the Committees could meet in the afternoons. I think that this would be a good
method of work because the plenary meetings will obviously all be very important
meetings, necessitating the keeping of minutes, but where the work will not be as
detailed as in a Committee. Therefore, I am of opinion that the meetings in the
afternoons would be of great service and might be productive of the best results.
As regards the creation of an Organisation Committee to assist the President,
I have no views to express.
The President.— Translation : Before opening the discussion on the various
questions raised by M. Regnault, I should like to ask him if it would not be prefe-
rable to begin at once with the examination of the question of the appointment of
the members of the Organisation Committee. This question cannot involve any
difficulties. If you are of opinion that it would be well to complete the present
Bureau by the addition of three new members, their appointment could be rapidly
proceeded with, whereas the constitution of the three Committees spoken of by M.
Regnault might involve a certain amount of discussion, and as our time is limited,
I propose, lif you have no objection, to invert the order and begin with the consti-
tution of the Bureau. It is customary in all assemblies to proceed to the appoint-
ment of a Bureau. If you do not desire to add three members to the present Bureau,
matters will be expedited. We will then pass to the examination of the question
concerning the constitution of the Committees proposed by M. Regnault. I there-
fore, if you agree, put the question: Do you desire to complete the present Bureau
by three new members ?
M. RoussEL (Monaco). — Translation : The draft Rules of Procedure provide
that an Organisation Committee may be created. In approving these Rules of
Procedure, you have not, however, committed yourselves to a definite decision on this
point. The question remains open. The problem before us is, therefore: do we
require a Bureau with an Organisation Committee, and should this Bureau be nume-
rous or should it consist of a restricted number of persons ? We are faced with the
question: do we req^uire an Organisation Committee? For my part, I, do not see
— 25 —
vous le ferez tr^s probablement, comme le font la plupart des conferences interna-
tionales, des commissions speciales. Par le fait que vous aurez cree des commissions
speciales, vous aurez organise la Conference. Si, ensuite, vous chargez votre Bureau de
faire une autre besogne, une besogne a la fois de direction et de centralisation, je ne
vols plus ce qu'on pourrait ajouter a cette organisation. II me semble done que
lorsque vous serez arrives a la decision de creer des commissions speciales et de
constituer votre Bureau, vous aurez definitivement et suffisamment organise la
Conference.
Y a-t-il interet a completer le Bureau par I'adjonction de personnalites nou-
velles, c'est-a-dire a creer une sorte de commission superposee aux autres commis-
sions ?
Je crois qu'il pourrait y avoir ici un danger, parce que des conflits pourraient
naitre entre le Comite et les commissions speciales. D'autre part, lorsqu'on veut
arriver a centraliser assez rapidement Faction de la Conference, comme ce doit
etre la tache du Bureau, il faut, a mon avis, que I'organisme charge de realiser ces
resultats, soit compose d'un tres petit nombre de membres. C'est pourquoi il me
semble qu'il suffirait de composer le Bureau de deux ou trois personnes. Notre Bureau
actuel, compose du president, de la vice-presidente et de la secretaire generale, me
parait devoir faire face a toutes les necessites. La Conference lui a deja suffisamment
manifesto sa confiance pour que, si elle lui demande d'accepter ce mandat, il ne se
d6robe pas. (Approbation).
M. le Prksident. Quelqu'un desire-t-il prendre la parole a ce sujet ? Si vous
etes d'accord de laisser au Bureau sa composition actuelle, nous pouvons terminer
la discussion ( Assentiment) .
Le Bureau sera done compose du president, de la vice-presidente, que vous avez
nommee hier, et de la secretaire generale, Dame Rachel Crowdy. II va de soi que le
conseiller juridique de la Conference reste attache au Bureau. C'est le desir du
secretariat de la Societe des Nations et il n'y a aucune raison pour ne pas y deferer.
M. Baranyai (Hongrie). Je desirais simplement demander si le conseiller juri-
dique ferait partie du Bureau. Puisque vous venez de declarer qu'il en etait ainsi,
ma question tombe.
M. le President. Nous sommes d'accord. Dans ces conditions, nous reprenons
la suite de notre ordre du jour. Hier, nous avons eu I'allocution du president, le rap-
port anglais sur la situation actuelle de la traite; nous venons de terminer le premier
objet: « Verification des pouvoirs », ainsi que le N° 2: « Adoption du reglement inte-
rieur. » La question de la nomination du Comite d'organisation est liquidee. Nous
arrivons done au N° 5 : « Rapport sur les responses au questionnaire. « M. Regnault
est-il pret k rapporter ?
M. Regnault (France). Nous n'avons pas encore re^u toutes les reponses.
Je pense, cependant, que demain nous pourrons soumettre notre rapport a I'Assem-
blee.
M. le Pri^sident. C'est done demain que nous examinerons cette question.
Nous arrivons k la sixieme question « Rapport ou temoignages divers ». Le
delegu6 de Dantzig devait prendre la parole. Le delegue polonais desire-t-il prendre la
parole ?
M. Perlov/ski (Pologne). C'est le conseiller de Dantzig, attache ii la delegation
polonaise pour Dantzig, qui prendra la parole a ce sujet.
4. COMMISSION CONSULTATIVE PERMANENTE : MOTION DE
M. HARRIS (GRANDE-BRETAGNE).
M. le President. Nous arrivons k la septieme question : « Designation de la Com-
mission permanente chargee de renseigner le Conseil sur les questions relatives a la
traite ;». II y a une proposition emanant de la delegation britannique. J'ai attire
hier I'attention de la Conference sur la redaction du N° 7. Le texte anglais ne corres-
— 25 —
what such a Committee would have to do, if you are also going to set up special
Committees — as you probably will — in conformity with the usual practice of
international Conferences. By the fact of your having set up special Committees
you will, in practice, have organised the Conference. If you entrust your Bureau
with another duty, namely, the dual duty of direction and centralisation, I do not
see why you need add further to your organisation. It seems to me that, in coming
to the decision to create special Committees and to constitute your Bureau, you
have finally and sufTiciently organised the Conference.
Is there any point in increasing the Bureau by the ^addition of new persons,
that is to say, by the creation of a kind of committee superimposed on the other
Committees ?
I seem to see a danger here, because conflicts might arise between this Com-
mittee and the special Committees. On the other hand, when it is desired to centra-
lise rapidly the action of the Conference, we must look to the Bureau, and in my
opinion the kind of body likely to realise the best results is a body composed of a
very small number of members. It seems to me, therefore, that it would be suffi-
cient to have a Bureau of two or three persons. Our present Bureau consists of the
President, Vice-President and the Secretary-General, which seems to me to be suffi-
cient for all eventualities. The Conference has already sufficiently expressed its
confidence in this Bureau for the latter to be able to accept this mandate without
any misgivings. (Assent.)
The President. — Translation: Does anyone wish to speak on this subject ?
If you are agreed to leave the Bureau as at present constituted, we might pass to
another subject. (Assent.) The Bureau will therefore be composed of the Presi-
dent, the Vice-President, whom you appointed yesterday, and the Secretary-
General, Dame Rachel Crowdy. It goes without saying that the legal adviser of
the Conference remains attached to the Bureau. This is the wish of the Secre-
tariat of the League of Nations, and there is no reason to raise any objection.
M. Baranyai (Hungary). — Translation : I had intended to ask whether the
legal adviser would be a member of the Bureau, but as you have just made a pro-
nouncement on that point my question is unnecessary.
The President. — Translation: We will now proceed with the Agenda.
The first four items on the Agenda: the President's speech, the English report on
the present state of the Traffic, the Verification of Credentials, the Rules of Proce-
dure and the Organisation Committee have been dealt with. We pass therefore to
question 5: "Report on the replies received to the Questionnaire. " Is M. Regnault
ready to present his report ?
M. Regnault (France). — Translation: We have not yet received all the
replies. I think, however, we may be able to submit our report to the Conference
to-morrow.
The President. — Translation : In that case we shall examine that question
to-morrow. We now come to the sixth question: "Other Reports or Evidence."
It was understood that Danzig's Delegate was to speak on this subject. Does the
Polish Delegate wish to speak ?
M. Perlowski (Poland). — Translation: The adviser from Danzig, attached
to the Polish Delegation for Danzig, wishes to speak on this subject.
4. STANDING ADVISORY COMMITTEE : MOTION BY
Mr. HARRIS (GREAT BRITAIN).
The President. — Translation: In that case we will pass now to the seventh
question : that the Conference shall invite the Council to appoint a standing
Committee to advise the Council on Traffic questions. There is a proposal from
the British Delegate. Yesterday I called the attention of the Conference to the
— 26 —
pondait pas au texte fran^ais. II ne s'agissait pas d'une commission permanente,
mais d'un voeu a emettre en faveur de la creation d'une commission permanente.
Voici le texte de la resolution propos6e par la delegation britannique:
« Que la Conference internationale invite le Conseil de la Societe des Nations
a nommer une Commission internationale permanente, chargee de lui donner des
avis sur toutes les questions relatives a la traite des femmes et des enfants. »
Le delegue britannique a la parole.
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction : Monsieur le President, Mesdames,
Messieurs, je regrette beaucoup que mon collegue sir John Baird ne soit pas present
aujourd'hui pour presenter sa motion. Des affaires parlementaires de nature urgente
qu'il ne ponvait negliger font empeche de venir assister a cette Conference.
En ma qualite de representant du Gouvernement britannique, j'ai I'honneur
de vous soumettre la motion suivante dont vous avez les termes sous les yeux:
« Que la Conference internationale invite le Conseil de la Societe des Nations a
nommer une Commission internationale permanente chargee de donner des avis
au Conseil sur toutes les questions relatives a la traite des femmes et des enfants. »
Avant de developper cette motion, je voudrais que vous me permettiez de pre-
senter quelques observations sur la question consideree d'un point de vue international.
Je m'excuse, si, en agissant ainsi, j'empiete sur la question precedemment developpee
par M. le President et par miss Baker dans son rapport tres documente. Nous savons
tous que toutes les nations representees ici, malgre les grandes differences qui peuvent
exister dans leurs coutumes et leurs conditions, ont le desir sincere de mettre fin a
cet odieux trafic. Nous savons tous egalement qu'aucune nation ne saurait, en depit
des efforts les plus energiques, reussir entierement, sans la cooperation d'autres
nations, a exterminer ce fleau de son territoire. M. de Graaf, delegue des Pays-
Bas a notre Conference, a tres heureusement exprime cette necessite absolue
d'un effort international, dans un discours qu'il a prononce k Londres pendant I'^te
de 1913: « Tous ces congres, a-t-il dit, dans lesquels tant de personnes de nations
si varices s'enthousiaament pour un certain but, creent un veritable esprit de soli-
darite, terre feconde, sur laquelle seule pent fleurir la cooperation. Et, certes, la
cooperation est tout, dans une question de ce genre. Sans une cooperation interna-
tionale, on ne peut rien contre un fleau d'un caractere aussi international. »
II est curieux de constater que ce principe fondamental n'a ete reconnu qu'il
y a vingt-deux ans. Comme ce fut le cas pour beaucoup d'autres mouvements
sociaux, qui ont eu une influence considerable sur I'histoire du monde, c'est de sources
privees et non point d'une initiative ofTicielle directe qu'est venu cet elan vers une
collaboration internationale. C'est' en grande partie aux efforts infatigables d'un
missionnaire de notre cause, feu M. William Alexander Coote, que les comit6s natio-
naux pour la repression de la traite des blanches ont ete constitues dans differents
pays d'Europe et que, sous leurs auspices, un Comite international a ete cr6e et le
premier Congres reuni k Londres en juin 1899. Je tiens a ajouter que M. Coote a 6t6
assiste, pendant ses trente annees d'efforts, par miss Baker, et je pense que ce doit
etre une source de grande satisfaction pour elle de voir que les travaux de M'. Coote
et les siens ont porte de tels fruits.
Un grand effort a et6 fait k cette 6poque en differents pays pour ^veiller dans la
conscience des hommes et des femmes la notion des crimes terribles qui se perpe-
traient. II peut paraitre injuste de citer im seul nom parmi ceux de tant de nobles
hommes et femmes qui ont developp6 ce mouvement, mais je voudrais qu'on me per-
mit de rendre un hommage tout particulier a la memoire de feu M. Berenger, senateur
fran^ais, qui a consacre tant de temps et d'energie a faire connaitre et k defcndre
notre cause.
Le premier Congres international des comit6s nationaux vota un certain nombre
de resolutions importantes. Je ne vous en imposerai pas la lecture ; cependant, ces
— 26 —
drafting of the seventh question. The English text does not correspond to the
French text. There is no question of appointing a standing Committee but of
making a recommendation for the creation of a standing Committee.
The motion to be proposed by the British Delegate is:
"That this International Conference should recommend to the Council of
the League of Nations the appointment of an International Standing Committee to
advise the Council on all matters connected with the Traffic in Women and Children."
The British Delegate will now speak.
Mr. Harris (Great Britain). Mr. President, Ladies and Gentlemen: I much
regret that my colleague, Sir John Baird, is not present to-day to propose this
motion. Unfortunately, Parliamentary business of an urgent nature, which he
could not neglect, prevented him from coming to this Conference.
I have the honour, as representing the British Government, to propose the
following motion, the terms of which are before you, namely :
"That this International Conference should recommend to the Council of the
League of Nations the appointment of an International Standing Committee to
advise the Council on all matters connected with the Traffic in Women and Children."
Before addressing myself directly to the motion, I should be glad, with your
permission, to make a few remarks on the international aspect of this problem.
I must apologise if, in doing so, I traverse a little of the ground which was covered
by our President and by Miss Baker in her very able report. It is a matter of
common agreement that all nations represented here, though differing often widely
in social customs and conditions, are anxious to put an end to this odious and detest-
able traffic. It is also a matter of common agreement that no nation, however
strenuous its efforts, can be entirely successful in exterminating this plague in its
own area, without the co-operation of other nations. The supreme need for inter-
national effort in dealing with this problem was well put by M. de Graaf, who repre-
sents the Netherlands at this Conference, in a speech which he made in London in the
summer of 1913: " All these Congresses," he said, " at which so many persons of so
many different nations grow enthusiastic for one aim, create that true spirit of soli-
darity which is the only soil on which co-operation can thrive. And co-operation
is, indeed, all and everything in this matter. Without international co-operation
nothing can be gained against an evil of such a thoroughly international character."
It is curious to reflect that this fundamental principle was not recognised until
twenty-two years ago. As is the case of many other social movements which have
had a wide influence on the world's history, the impetus towards international effort
came from private sources, and not from any direct official action. It was largely
owing to the tireless missionary effort of the late Mr. William Alexander Coote that
National Committees for the Suppression of the White Slave Traffic were formed
in various European countries, under whose auspices an International Committee
was cf-eated, and the first Congress was held in London in June, 1899. I think
I ought to add that Mr. Coote, in all his efforts extending to thirty years, was ably
assisted by Miss Baker, and I think it mustbe a source of great satisfaction to her
to see that Mr. Coote's labours and hers have borne such rich fruit.
A great deal was done at that lime in various countries to awaken the con-
sciences of men and women to the terrible evils that were being perpetrated. It
may be thought invidious to single out one name among those of many noble men
and women who supported the movement, but if I may be allowed to do so, I should
like to pay a tribute to the memory of the late M. Berenger, Senator of France,
who devoted so much time and energy to the successful furtherance of this
cause.
At this first International Congress of the National Committees certain impor-
tant resolutions were passed. I will not weary you by quoting them at length.
— 27 —
resolutions ont eu une influence considerable, parce qu'elles ont constitu6 la base
des travaux de la premiere Conference internationale oflicielle a laquelle les diffe-
rents pays furent invites par le Gouvernement fran^ais en 1902. La convocation de
cette Conference fut, si je peux m'exprimer ainsi, avec le plus grand respect, un acte
diplomatique dont la nation fran^aise pent, a juste titre, etre fiere, et tons les pays
ont une dette de gratitude a I'egard de la France pour le role qu'elle a joue dans
inauguration des relations Internationales officielles destinees a reprimer la traite
des blanches.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler que des deliberations de cette Conference
sont sortis deux documents importants sur lesquels se sont appuyees toutes les mesu-
sures d'ordre international prises depuis, a savoir I'Arrangement administratif de
1904 et la Convention legislative de 1910.
Pendant ce temps, les organisations non officielles n'etaient pas restees oisives;
de 1899 a 1913, cinq congres importants ont eu lieu, le cinquieme et dernier ayant ete
tenu a Londres en 1913. J'ai sous les yeux un volume tres interessant contenant un
compte rendu complet des discussions et des resolutions de cette derniere reunion.
L'institution de la Soci6te des Nations a cree une situation internationale nou-
velle, et nous devons tons etre profondement reconnaissants a la Societe d'avoir
pu s'occuper de ce probleme partioulier et de I'avoir mis en premiere ligne dans son
oeuvre sociale.
Nous sommes reunis ici sur I'invitation de la Societe afin de discuter les grandes
lignes du programme d'action internationale future. Je me permets d'cxprimer
I'espoir que, quelles que soient les mesures officielles qui pourront etre prises, nous
ne perdrons pas le concours actif des organisations non officielles qui Ont tant fait
dans le passe pour attirer et maintenir sur cette question I'interet de leurs conci-
toyens. Les services d'Etat laisses a eux-memes ont pu parfois etre victimes de ce que
j'appellerai la maladie du sommeil, et nous avons besoin de I'influence vivifiante des
initiatives individuelles, meme si, par ignorance des difficultes administratives, elles
peuvent parfois se tromper, mais seulement par exces de zele.
En ce qui concerne les organisations officielles d'un caractere international,
il me semble qu'elles pourraient etre divisees en trois.
En premier lieu, il est necessaire d'avoir une Assemblee deliberante ou toutes
les nations seraient representees; cette Assemblee se reunirait a des intervalles regu-
liers, tous les quatre ou cinq ans, par exemple, et etudierait les grandes questions
generales du programme. La presente Conference repond pleinement a ce besoin
et nous pouvons exprimer I'espoir que le Conseil de la Societe des Nations voudra
bien en approuver I'existence en tant qu'organe deliberant.
En second lieu, nous avons besoin d'une autorite administrative permanente.
Comme vous le savez, I'Arrangement international de 1904 a prevu, pour chaque
pays partie a I'Arrangement, l'institution d'une autorite centrale chargee de coor-
donner tous les renseignements relatifs a la traite des femmes et des enfants et de
correspondre directement avec les autorites centrales des autres pays. Le Conseil
de la Societe des Nations a tres sagement complete cette institution par la nomina-
tion de fonctionnaires permanents, attaches au Secretariat de la Societe des Nations
et charges de se tenir au courant de tout ce qui touche au probleme qui nous int^resse.
Mais, malgr6 la competence de ce nouveau service, il lui sera difficile de prendre
des mesures efficaces ou de donner des avis judicieux sur toutes les questions qui
peuvent se presenter sans le concours de ceux qui sont charges d'etudier ces sujets
d'un point de vue national ou international et qui connaissent les conditions dans
lesquelles se pratique la traite dans les differentes parties du monde.
J'estime done que nous avons besoin egalement — et ceci m'amene k la troi-
si^me partie de I'Organisation internationale — d'une Commission permanente d'un
caractere international, qui constituerait un organe consultatif aupres du Conseil
et aiderait les fonctionnaires permanents dans la tache difficile qu'ils ont a remplir.
Pour recommander la creation de cette Commission, nous pouvons heureusement
nous appuyer sur le precedent etabli par le Conseil pour la question de I'opium.
Je propose que la Commission permanente soil compos^e de peu de membres,
car nous avons besoin d'un organe qui puisse etre convoque rapidement et se
™ 27 — -
but they were of far-reaching importance because they formed the basis of the
first official International Conference to which the nations were invited by the
French Government in 1902. The summoning of this Conference was, if I may say
so with great respect, a diplomatic act of which the French nation may well be
proud, and every country owes a debt of gratitude to France for the part which
she played in the inauguration of official international activities to cope with the
White Slave Traffic. It is unnecessary to remind you that from the deliberations
of that Conference issued the two important documents on which all international
action has since been founded — namely, the administrative Agreement of 1904 and
the legislative Convention of 1910.
Meanwhile, the unofficial bodies had not been idle, and from the year 1899
until 1913 five important Congresses were held — the fifth and last being held in
London in 1913. I have before me the interesting volume which contains a full
record of the discussions and of the resolutions which were passed at that meeting.
A new international situation has now, been created by the establishment of the
League of Nations, and it should be a matter of devout thankfulness to us all that
the League has been able to take cognisance of this particular problem and has
placed it in the forefront of its social work.
We have met at the invitation of the League to discuss the lines on which inter-
national action should proceed in the future. I venture here to express the hope
that whatever official machinery may be set in motion, we shall not lose the active
assistance of those unofficial bodies who have done so much in the past to keep the
question before the minds of their countrymen. Government Departments left
to themselves have been known to fall victims to sleeping sickness, and we need the
vivifying influence of individual enterprise, even though from want of knowledge
of administrative difficulties it may sometimes err in the direction of excessive zeal.
As regards the official international organisation it seems to me that this should
be threefold.
There is, first, the need for a deliberate assembly fully representative of all the
nations, which shall meet at regular intervals, say every four or five years, and
consider questions of broad policy. This need is adequately provided for by the
present Conference, and we may express the hope that the Council of the League of
Nations may sanction the continuance of this Conference as a deliberative body.
Secondly, we need a permanent administrative authority. As you are aware,
the International Agreement of 1904 provided for the estabhshment, in every
country which is a party to the Agreement, of a Central Authority which should
be charged with the co-ordination of all information relative to the traffic in women
and children and correspond directly with each other. The Council of the League
of Nations has now wisely supplemented these national authorities by the
appointment of permanent officials attached to the Secretariat of the League of
Nations, whose special duty it is to keep in touch with all matters connected with
the problem.
But competent as this new department is, it will be difficult for it to take any
useful action or offer wise advice on the many questions that may arise from time
to time without the assistance of those who have to consider these matters from a
national or international point of view, and who have some acquaintance with the
conditions under which the traffic may be carried on in different parts of the world.
I submit therefore that we need — and this brings me to the third part of the
international organisation — a small Standing Committee of an international
character to act as an advisory body to the Council and to assist the permanent
officers in the difficult task which lies before them. In recommending the appoint-
ment of such a Standing Committee, we fortunately have the precedent established
by the Counciil n dealing with the opium question. I have suggested that the
Standing Committee shall be a small one because we need a body which can be
called together at short notice, and which can meet, if necessary, at much shorter
— 28 —
r6unir, en cas de besoin, beaucoup plus souvent qu'on ne pourrait songer a le faire
dans le cas d'un organisme important comme Test notre Conference. Je proposerai
done que la Commission permanente se compose de cinq ou six membres, auxquels
on adjoindrait — en suivant encore ici le precedent de la Commission permanente
de I'opium — deux ou trois assesseurs qui pourraient etre choisis parmi des repre-
sentants des organisations internationales sans caractere officiel, des autorites s'occu-
pant de I'importante question de I'emigration et, enfin et surtout, une deleguee des
organisations feminines qui ont tout particulierement le droit d'etre consultees dans
un probleme de ce genre.
La motion que j'ai proposee ne parle pas de la constitution de cette Commis-
sion permanente, mais si la Conference se declare en faveur de ma motion, peut-etre
voudra-t-elle y ajouter que la Commission en question pourrait etre plus utile si Ton
tenaitcompte de la representation de vastes territoires et des conditions sociales varia-
bles qui existent dans ces territoires. Par exemple, elle pourrait comprendre des repre-
sentants de I'Amerique du Sud, de I'Europe occidentale, des Pays scandinaves, du
Proche-Orient et de I'Extreme-Orient. Si Ton pouvait constituer une Commission
permanente de ce genre — et je crois qu'avec de la bonne volonte et un esprit de
cooperation il est possible d'y reussir — elle completerait I'Organisation internatio-
nals necessaire pour realiser des progres satisfaisants dans I'etude de ce probleme.
II y a encore un autre point que je voudrais mentionner actuellement: I'Orga-
nisation internationale n'est constituee que pour s'occuper de la traite des femmes et
des enfants; quoique la question soit a proprement parler en dehors du champ de
nos deliberations, puis-je exprimer I'espoir que d'ici peu son domaine soit etendu
de maniere a ce qu'elle s'occupe egalement de tous les problemes connexes presque
aussi urgents que celui que nous sommes en train d'examineraujourd'hui. Je men-
tionnerai, en particulier, la question du commerce des publications licencieuses qui,
comme vous le savez, a d6ja fait I'objet d'une convention internationale.
J'ai I'honneur de proposer a la Conference la motion dont elle a ete saisie.
(Applaudissements) .
M. Beguin (Suisse). Voulez-vous permettre au delegue Suisse d'appuyer de
fafon chaleureuse la proposition faite que la Conference internationale invite le
Conseil de la Societe des Nations a nommer une Commission internationale perma-
nente chargee de donner des avis au Conseil sur toutes les questions relatives a
la traite des femmes et des enfants?
Dans le discours qui vient d'etre prononce, je releve deux arguments tres pro-
bants a I'appui de cette motion, sur lesquels je voudrais insister: a savoir que nous
avons besoin, pour le but que nous poursuivons, de I'initiative vivifiante. des initia-
tives individuelles. Cast un point de vue en Suisse qu'on appuie d'une fa^on tout
particulierement chaleureuse. Nous sommes le pays dans lequel les initiatives indi-
viduelles sont tres frequemment mises k contribution avec infiniment de succ6s et
nous ne pouvous k cet egard que nous associer aux voeux de la delegation britannique.
Je suis persuade que, dans I'ceuvre que nous poursuivons, ces initiatives sont neces-
saires, et, dans la Commission permanente qui sera sans doute instituee, j'estime
que des delegues d'organisations feminines, tout particulierement, doivent avoir le
droit d'etre consultes dans les problemes de ce genre et d'etre represents.
A cet egard, j'ai le devoir, et je le fais avec plaisir, de renseigner la presentc
Assemblee, pour autant qu'elle ne Test pas encore completement sur ce point, au
sujet de ce qui a 6te fait dans le domaine qui nous interesse par des groupements qui,
bien qu'internationaux, ont pris leur naissance en Suisse et y ont garde leur siege
central: il s'agit de la Federation des unions nationales des Amies de la jeune fille,
dont le secretariat central est k Neuchatel, et de I'Association catholique internatio-
nale des CEuvres de protection de la jeune fille, avec secretariat central a Fribourg.
Vous me permettrez de vous donner en deux mots un aper^u de I'activite de ces
deux organisations, qui ont pour but la protection materielle et morale de la jeune
fille.
Couleurs. Chacune des Associations a ses couleurs distinctives, le rouge et le
blanc pour la premiere, le jaune et le blanc pour la seconde.
Etendue de leur action. Elle s'exerce non seulement en Europe, mais elle s'etend
au monde entier.
— 28 —
inter v.'ils than would be reasonable in the case of a large body like the present Confe-
rence. I propose, therefore, that the Standing Committee should consist of five
or six members. To this body might be added — again following the precedent
of the Opium Standing Committee — two or three assessors, who might include
representatives of the unofficial international movement, the authorities who are
interested in the important question of emigration, and last, but not least, a repre-
sentative of organised women who have a special right to be consulted on a problem
of this character.
Nothing is said in the motion as to the constitution of the proposed Standing
Committee, but if the Conference approves the motion, you may wish to add to it a
suggestion that such a Committee would be more likely to be useful if it is repre-
sentative of wide geographical areas and if it takes into consideration the varying
social conditions which are met with in those areas. For instance, it might comprise
representatives of South America, Western Europe, Scandinavia, the Near East
and the Far East. If a permanent Standing Committee could be established on
lines like these — and I firmly believe that with good will and co-operation it can be
accomplished — it would supplement and complete the international organisation
which is essential if satisfactory progress is to be made in the future in grappling
with the problem.
There is one other point — at present the international machinery is constituted
to deal only with the traffic in women and children. Though it is, strictly speaking,
outside our deliberations to-day, may I be allowed to express the hope that before
very long its scope may be enlarged so as to deal with cognate problems which are
almost as urgent as that which we are considering to-day. I may mention, in parti-
cular, the question of the trade in indecent publications which, as you are aware,
has already been made the subject of an International Convention.
Mr. President, Ladies and Gentlemen, I beg to propose the motion on the paper.
(Applause.)
M. Beguin (Switzerland). — Translation: Will you permit the Delegate of
Switzerland to support most warmly the proposal made that this International
Conference should recommend to the Council of the League of Nations the appoint-
ment of an International Standing Committee to advjse the Council on all matters
connected with the Traffic in Women and Children.
In the speech which we have just heard I should like to select two very impor-
tant arguments supporting this motion on which I should like to lay stress: in the
task which we have undertaken, we have need for vital individual initiative.
Switzerland supports this point of view with particular enthusiasm. In our country
individual initiative has been very frequently called upon with the most successful
results, and we associate ourselves here with the wishes expressed by the British
Delegate. I am convinced that in the field of our present endeavour individual
initiative is very necessary, and I believe that delegates from the women's orga-
nisations should have the right to be consulted on such questions and represented
on the Standing Committee which will doubtless be constituted.
In this connection I have the honour and the pleasure to inform the Confe-
rence — since some Members may not be completely acquainted with the facts —
of what has been done in regard to the subject under consideration by certain groups
which, though international, have their origin in Switzerland, and have kept their
headquarters in our country: I refer to the "Federation des Unions nationales des
Amies de la Jeune Fille, " of which the Central Secretariat is at Neuchatel and the
"Association catholique Internationale des CEuvres de Protection de la Jeune Fille, "
the Central Secretariat of which is at Friburg.
With your permission I will give you a short account of the activity of these two
Organisations, which work for the material and moral protection of young girls.
Colours. — Both Associations have their distinctive colours, the first red and
white and the second yellow and white.
Sphere of Action. — This is not confined to Europe, but extends over the whole
world.
— 29 —
Organisation. Un centre international (sifege en Suisse) ; lien entre les diflerents
comites internationaux, subdivises en comites regionaux et locaux. D^es « corres-
pondantes)), jusque dans les plus petites localites, completent ce reseau protecteur.
Congres. Des congres periodiques, nationaux et internationaux, permettent
aux divers organes et aux membres des associations de se rencontrer pour examiner
ensemble le travail effectue et elaborer le programme du travail futur. Les congres
internationaux se tiennent alternativement dans les differents pays.
Activite pratique. Orientees par le but commun qu'elles poursuivent et par
r^tude constante des besoins nouveaux et des methodes les plus avantageuses, les
deux Associations ont des services multiples.
a) Pour la protection en general, des « homes », des restaurants feminins,
des bureaux de placement, des bureaux d'orientation professionnelle, etc.
b) Pour la protection dans les voyages, la mission des gares et des paquebots,
avec agences speciales aux gares et aux ports. Suivant la localite, deux types de
missions sont prevus: mission permanente on mission sur avis prealable de passage
ou d'arrivee.
Affiches. L'affichage est I'un des grands moyens d'action. L'affiche est apposee
partout, de la grande cite au hameau le plus recule. Les types sont divers: il y a
l'affiche engageant la jeune fiUe a rester au foyer, si elle le peut, ou tout au moins au
pays — l'affiche lui adressant un pressant appel, en cas de deplacement ou d'expa-
triation, de consulter les Associations et de recourir a leurs services. Une affiche
speciale, mentionnant les principales adresses Internationales, est placee dans les
compartiments de chemins de fer, a bord des paquebots, dans les gares, aux debar-
caderes, etc.
Publications. Les deux Associations ont chacune leur organe, soit un Bulletin
periodique. Elles editent, en outre, un «livre d'adressesn, des tracts divers et les
rapports des congres.
Lien avec d'autres organisations. Les deux Associations sont en relations avec
quelques grandes organisations qui, d'une part, leur offrent une documentation pre-
cieuse et que, d'autre part, elles peuvent seconder dans leur activite. G'est le cas
pour le « Comite international de la repression de la traite des blanches » et pour
• « rUnion des Associations Internationales a Bruxelles ».
Attribution speciale. Les deux Associations ont ete chargees officiellement, a la
Conference europeenne des oeuvres des gares (Berne 1910), de former, a elles deux,
un Office central d'information (Clearing House) pour les oeuvres des gares et des
paquebots.
M. le President. Quelqu'un demande-t-il la parole sur la motion de M. le
del6gue anglais ?
M. Regnault (France). Je m'excuse de ne pas vous apporter un discours ecrit,
qui aurait mieux presente mes idees que quelques observations verbales, mais je ne
pensais pas que ce sujet viendrait en discussion ce matin.
Je tiens a remercier M. le delegue britannique des sentiments qu'il a exprimes
k regard d'un Fran§ais a qui la Conference a deja rendu hommage: M. Berenger,
et aussi des sentiments exprimes en ce qui concerne Taction duGouvernement fran-
5ai8. Je voudrais dire aussi k M. le delegue Suisse que chacun ici est p6n6tr6 de I'im-
portance que les Associations privees ont eue dans les questions de la repression de
la traite des blanches. Nous savons tres bien que c'est en Suisse que ces associations
ont pris leur essor et que c'est Ik qu'elles se sont d6velopp6es avec le plus d'activite
et peut-6tre le plus de devouement. Cependant, je crois devoir signaler un oubli
qui a 6t6 commis dans les invitations qui ont ete adressees aux Societ6s privees.
J'y vols bien le nom de cette grande et belle association: la Federation des Unions
nationales des Amies de la jeune fille,dont le siege est aNeuchatel; mais, par contre,
on a oublie d'inviter I'Association catholique Internationale des CEuvres de protec-
tion de la jeune fdle, dont le siege est a Fribourg. Or, cette association — Monsieur
le del6gu6 de la Suisse vient de lui rendre hommage — est 6galement une de celles
- 29 —
Organisation. — An international centre (headquarters in Switzerland); liaison
between different national Committees, subdivided into regional and local Commit-
tees. "Correspondents " in the smaller places complete this protective system.
Congresses. — Periodical congresses, national and international, provide a
means of contact for the various bodies and the members of the Associations, and
afford opportunities for combined examination of the work done and the drawing
up of programmes of future work. The International Congresses are held alterna-
tively in the various countries.
Practical Activity. — The two Associations maintain numerous services, the
work of which is inspired by a common aim, guided by continuous study of new
requirements and the most efficacious methods of procedure.
(a) For general protection there are "Homes," women's restaurants, employ-
ment agencies, offices for advice as to careers, etc.
(b) For protection during travel, there are the railway and steamboat missions
with special agents at the stations and at the ports. Two types of missions are
provided according to the locality: permanent missions or missions sent on
previous notice of passage or arrival.
Posters. — Advertisement is one of the great means of action. Posters are put
up everywhere: in large cities and in the smallest hamlets. Many kinds of posters
are used: there is the poster enjoining the young girl to stay in her own family
circle if she can, and, if not, to remain at least in her own country — there is the
poster making a pressing appeal to her, when changing her place of residence or
leaving her native land, to consult the Associations and have recourse to their
services. There is a special poster mentioning the principal international addresses
of the Associations, which is placed in railway carriages, on steamers, in railway
stations and on landing stages.
Publications. — Each of the two Associations has its own organ — a periodical
bulletin. They also edit a " Book of Addresses, " various pamphlets, and
reports of the Congresses.
Liaison with other Organisations. — The two Associations are in touch with
various large organisations which, on the one hand, provide them with very valuable
documentation and to which, on the other, they themselves can provide assistance.
This is the situation with regard to the "Comite international de la Repression de la
Traite des Blanches," and the "Union des Associations Internationales a Bruxelles."
Special Mandate. — The two Associations were officially entrusted by the
"Conference europeenne des Qiluvres des Gares " (Berne 1910) with the duty of
constituting together a central clearing- house for information relating to work at
the stations and on steamers.
The President. — Translation: Does anybody wish to speak on the motion
of the English Delegate ? ^
M. Regnault (France). — Translation : I must ask to be excused for not pro-
ducing a written speech which would have represented my ideas better than verbal
observations, but I did not know that this question would be discussed this morning.
I wish to thank the British Delegate for his kind sentiments expressed in regard
to M. Berenger, for whom the Conference has already expressed its respect. And
I must also thank him for the sentiments expressed regarding the action taken in
this matter by the French Government. I should like also to assure the Swiss Dele-
gate that everyone present is keenly conscious of the importance of the part played
by the private Associations in the campaign for the suppression of the white
slave traffic. We are well aware that it is in Switzerland that these Associa-
tions developed : that it is there that they have displayed the greatest activity and
possibly the greatest devotion. Nevertheless, I think I must point out what appears
to me to be an omission in the invitations addressed to the private societies. I
observe that these invitations include the great and admirable Association, "La Fede-
ration des Unions nationales des Amies de laJeuneFille," the headquarters of which
is at Nouchatel, but I do not observe that an invitation has been extended to the
"Association catholique Internationale des ffiuvres de Protection de la Jeune Fille,
5
30
qui ont rendu des services eminents et qui ne cessent d'en rendre. Je crois que la
Conference voudra bien reparer cet oubli;
M. le President. Cette societe a ete invitee comme les autres, mais, par suite
d'une erreur, le premier texte qui avait ete imprime n'en a pas fait mention. Au second
tirage, I'erreur qui avait ete commise a ete reparee.
M. Regnault (France). Ce second tirage ne m'est pas parvenu et e'est pour-
quoi j'ai cherche si cette Association y figurait.
Le President. Le Bureau exprime tous sea regrets de ce que cette erreur ait
ete commise.
M. Regnault (France). A cote de ces magnifiques associations, a qui nous
devons une grande reconnaissance, nous voudrions aussi que les Gouvernements
manifestassent leur activite. II y a un mot, dans le rapport du delegue britannique,
qui est assez significatif : il dit que les Gouvernements sont restes souvent en sommeil.
Or, la France est restee eveillee. Je suis done fonde a demander une activite person-
nelle aux delegues des Gouvernements qui n'ont pas encore adhere, afin que ceux-ci
ratifient ou signent les Conventions.
En ce qui concerne le sujet meme de nos deliberations, je voudrais etablir
en premier lieu que le controle institue a I'article 23 de la Societe des Nations est
un controle qui rencontrera le meilleur accueil des Gouvernements. En effet, il ne
met en jeu aucune question fmanciere. Recemment, a propos de la Conference de
Bruxelles, on a rencontre des difRcultes d'ordre financier. Ce n'est pas le cas ici.
Tout le monde serait heureux de montrer de la bonne volonte.
Ce controle international doit-il s'effectuer par une commission ou doit-il, au
contraire, etre confie a une organisation permanente qui existe deja et qui s'appelle
le Secretariat general permanent ? Voila la question que je pose. Je vois des avan-
tages et des inconvenients a chacune des deux solutions. Permettez-moi, puisqu'on
a signale ici les avantages du projet, d'en signaler aussi les inconvenients.
S'il s'agissait de nommer une commission, qui serait composee de plusieurs
membres, cinq ou six, vous ne pourriez la reunir, comme I'indique d'ailleurs le rapport
de notre collegue britannique, qu'une fois, ou peut-etre deux fois par an au maximum.
Et ici je reprends I'expression de notre collegue britannique: pendant toutes les
periodes ou ces reunions n'existeront pas, il y aura sommeil. D'autre part, cette
commission demandera des communications, des informations a tous les pays
representes a la Conference. Ces documentations ne pourront pas lui etre soumises
immediatement. Cela se comprend, car ce n'est pas d'un jour a I'autre qu'un pays
peut repondre a des questions importantes et mettre en jeu les services assez
considerables de son organisation administrative.
Done, les reponses adressees a la commission ne lui parviendront que dans la
seance suivante et ainsi les deliberations de cette commission subiront des retards. Je
me demande, en consequence, s'il y a interet a creer cette commission, puisque, en
realite, au lieu de favoriser la rapidity des renseignements, elle ne contribuera qu'a
les retarder.
Cette commission de controle devra simplement reunir les informations, la docu-
mentation, presenter des amendements et des vceux, remplir ainsi une besogne tres
utile, mais non pas — et j 'insiste sur ce point — proceder a des enquetes, car si c'etait
le cas, elle empieterait sur le domaine national et pourrait provoquer des difiicultes
graves entre les pays representes. J'attire votre attention sur ce point, qui n'a d'ail-
leurs pas 6t6 perdu de vue dans les conventions prec^dentes : je signalerai notamment,
a ce propos, un discours de M. Renaud a la Conference de 1902 a Londres, dans
lequel il d^montra que la question de la traite des blanches soulevait a la fois des
questions nationales et internationales.
Si les Gouvernements pouvaient s'entendre pour prendre des engagements
touchant les questions internationales, ils ne pouvaient pas admettre des empiete-
ments sur le domaine national.
Je crois que cette commission, si elle veut exercer son action dans ce domaine,
risque de se heurter a des susceptibilit^s et k des obstacles serieux.
— 30 —
the headquarters of which is at Friburg. This Association, to which the Swiss
Delegate has referred with great respect, is also one which has rendered eminent
services and still continues so to do. I think that the Conference would desire to
repair this omission.
The President. — Translation : This Association was invited as the others
were, but owing to an error in the first version of the text, the name was omitted ;
in the second edition the error has been rectified.
M. Regnault (France). — Translation : I have not received the second edition,
and therefore I looked for the name of this Association.
The President. — Translation: The Bureau greatly regrets this mistake.
M. Regnault (France). — Translation: We are very grateful to these splendid
Associations, but we are anxious that the Governments also should manifest some
activity. There is a significant passage in the report of the British Delegate where
he referred to the Governments which have remained asleep where this question
is concerned. France has been awake, and I feel justified in making an appeal for the
personal activity of the Delegates in order that they may bring pressure upon their
Governments in cases where the latter have not ratified or signed the Conventions.
As regards the actual subject of our discussions, I should like to state at the
beginning, that the Governments will all welcome the control instituted by Article 23
of the Covenant of the League. This control involves no financial question. Recently,
with regard to the Brussels Conference, financial difficulties were experienced;
but this is not the case in this matter, where everyone is anxious to show their
good will.
Should this international control be exercised by a Committee or should it,
on the contrary, be entrusted to a permanent organisation which already exists
and is called the Permanent Secretariat ? This is the question I venture to ask. I
see advantages and disadvantages in each of these two solutions. I hope you will
permit me, since the advantages of the scheme for the new Committee have been
pointed out, to indicate also' its disadvantages. To begin with, a Committee
composed of several members, five or six for instance, could not meet, as has
been pointed out by our British colleague in his report, more than once or twice
a year at the utmost, and — availing myself again of the expression used by my
British colleague — I must point out that the periods between the meetings
will be periods of slumber. Then again, the Committee will require communi-
cations and information from all countries represented at the Conference. It will
not be possible to provide it with this documentation immediately, because a
country cannot reply in a day to important questions involving considerable work
on the part of its various Government departments.
The replies addressed to this Committee will not therefore reach it before
the following meeting and the Committee's discussions will thus be delayed. I
wonder, therefore, whether there is any advantage in setting up this Committee,
which instead of accelerating communication would serve only to delay it.
The Committee of Control should simply collect information and documentation,
submit amendments and recommendations and thus render very important ser-
vices, but it should not — and I wish to insist upon this point — proceed to insti-
tute investigations, because if it were to do so it might infringe upon the preroga-
tives of the different Governments, and provoke serious difficulties between the
countries represented. I draw your attention to this point which was not, moreover,
neglected in previous Conventions; in this connection I would mention M. Renaud's
speech at the London Conference in 1902, in which he pointed out that the question
of the White Slave Traffic raised both national and international problems.
Governments might agree to undertake obligations in regard to international
questions, but they could not permit infringements of their prerogatives in
domestic affairs.
I believe that this Committee, if it wished to extend its action to the internal
aspect of affairs in the different countries, might wound natural susceptibilities,
and find itself faced with serious obstacles.
— 31 —
Au lieu de creer une commission a grand orchestre, je prefererais que vous char-
giez simplement votre Secretariat permanent, compose de personnes auxquelles nous
rendons le plus grand hommage, de reunir chaque annee toute la documentation
necessaire et de se tenir au courant de revolution des mesures legislatives et admi-
nistratives prises par chaque pays. Rien n'empecherait ce secretariat de demander
a chaque pays un rapport annuel sur la situation dela traite des femmesetdesenfants.
Ce rapport annuel pourrait etre transmismea^fe«5oouenresumea tons les membres
de la Conference, c'est-a-dire a tous les membres qui ont adhere aux conventions;
I'effet attendu se produirait alors immediatement: dans chaque pays, des discus-
sions s'ouvriraient au sujet de ces rapports et I'on verrait s'il y a lieu d'adopter et
d'appliquer les mesures existant chez le voisin.
Sans parler de la question des frais,qui pourtant estaussi aconsiderer,en raison
de la situation financiere de bcaucoup d'Etats, je me demande done s'il y a un avan-
tage a creer une organisation nouvelle plutot qu'a renforcer I'organisation deja
existante.
Un mot encore sur les associations nationales et internationales qui pourraient
preter leur appui a ces organisations. Je suis d'avis aussi que des rapports annuels
pourraient etre demandes aux Gouvernements, mais on devrait en demander aussi
aux associations internationales de fa^on que I'ensemble de la question se trouve
entre les mains du Secretariat et, en meme temps, de tous les adherents aux conven-
tions. Ce serait la une collaboration tres active qui devrait etre encouragee et que les
delegues britannique et Suisse ont deja signalee. Dans ces conditions, le controle
s'effectuerait sans soulever de difTicultes nationales avec I'appui de tout le monde.
Pour terminer, j'insisterai sur ce voeu que la Conference ne se decide pas
immediatement, afin que chacun puisse en toute liberte discuter les arguments.
C'est la un cas qui doit^tre soumis k I'une des commissions dont nous avons parle.
M. le President. Vous avez entendu la proposition de M. Regnault. II est sur
qu'il importe de ne pas prendre une resolution hative et qu'il conviendrait de ren-
voyer la question a I'examen d'une commission. Cette proposition est-elle appuyee ?
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction: Avec tous les egards que je
dois a mes collegues fran^ais et quoique je sois tout a fait d'accord avec lui sur ce
point que cette question devrait etre examinee tres serieusement, j'estime qu'elle
est plutot du ressort de la Conference pleniere et que la discussion ne devrait pas
etre renvoyee a une commission speciale.
M. RoussEL (Monaco). Je m'excuse de prendre encore une fois la parole.
Je ne voudrais dire qu'un mot. La question est extremement complexe. M. Regnault
nous a fait entrevoir tout a I'heure que la commission qu'il s'agissaitde creer pouvait,
en certaines circonstances, empieter sur les Gouvernements. Or, la question presente
pour les Gouvernements un interet important, non seulement au point de vue des
droits de police, mais au point de vue de la legislation interieure a r^diger et au point
de vue de la justice.
Avant de decider la creation de cette commission, n'est-il pas necessaire de savoir
quelles seraient les attributions respectives de cette commission et des Gouverne-
ments, de savoir jusqu'a quel point la commission devra interroger les Gouverne-
ments ou, au contraire, dans quelle mesure la commission pourra spontanement
donner des avis? Je crois que la question de la competence de la commission est
une question prealable, sur laquclle il serait necessaire de reflechir serieusement, et
qu'elle ne saurait etre etudiee que par une commission. C'est pourquoi je me
permets — combattant avec regret I'avis de M. le delegue britannique —
d'appuyer la proposition de M. I'Ambassadeur de France.
M. Regnault (France). Je ne voudrais ajouter qu'un seul mot. Je veux dire
k mon collegue britannique qu'il ne s'agil pas de fairc decider de la question par la
commission. II est bien entendu que cette question reviendra devant r.\ssembl6e,
qui prendra une decision.
— .31 —
Instead of setting up a grandiose Committee, I should prefer that you should
simply entrust your Permanent Secretariat — which consists of persons for whom
we all feel the greatest respect — with the duty of collecting each year all the
necessary documentation and of keeping in touch with the evolution of the legis-
lative and administrative measures in each country. There would be nothing to
prevent the Secretariat from asking each country to supply an annual report on the
situation of the Traffic in Women and Children. This report might be transmitted
in extenso, or in an abridged form, to all members of the Conference, that is to say
to all the members who adhere to the Conventions. The desired effect would then
be produced almost immediately. In every country discussions would be opened on
the subject of these reports, and it would be possible to decide whether there might be
advantage in adopting or applying measures existing in neighbouring countries.
Without referring to the question of expense, which is also a question to be
considered on account of the financial situation of muny States, I think it is
questionable whether there is advantage in creating a new organisation rather
than in reinforcing an organisation which already exists.
I should like to add a word on the national and international associations
which might lend their aid to these organisations. 1 am of opinion that annual
reports might be asked for from the Governments, but 1 also think that such reports
should be asked for from the international associations, in order that the Secretariat
might be in a position to judge the situation as a whole, and might at the same
time keep the States adherent to the Conventions equally in touch with events.
This should result in an active collaboration worthy of all encouragement, as the
British and Swiss Delegates have pointed out. In these conditions, everyone would
contribute to the exercise of the control in question without raising any national
difficulties.
Finally, I should like to urge the Conference not to take an immediate decision
before the question has been freely discussed. It is a matter which should be
submitted to one of the Committees of which we have already spoken.
The President. — Translation: You have heard M. Regnault's proposal,
which is that we should not take a hurried decision and that the question should
be referred to a Committee. Is this proposal supported ?
Mr. Harris (Great Britain). — With great respect to our French colleague,
it seems to me that this question, though I quite agree with him that it is a matter
which ought to be very seriously considered, is rather a matter for the full Conference
than for a Committee.
M. RoussEL (Monaco). — Translation: I apologise for speaking again. I only
wish to say one word. The question is extremely complex. M. Regnault pointed
out to us just now that the Committee, the institution of which we are considering,
might in certain circumstances infringe on the prerogatives of the Governments.
The question is thus one of interest and importance to the Governments, not only
from the point of view of their individual police rights, but also from the point
of view of domestic legislation and the point of view of justice itself.
Before deciding upon the creation of this Committee, is it not necessary to
know what should be the respective attributions of this Committee and of the
Governments, and to determine up to what point the Committee should interrogate
the Governments, and, on the other hand, in what measure it might spontaneously
proffer advice? I think that the question of the competence of the Committee is a
preliminary question which we must seriously consider, and which can be
satisfactorily examined only by a Committee. For this reason I oppose with
regret the opinion of the British Delegate and support the proposal of the
French Ambassador.
M. Regnault (France). — Translation : I have only one word to say. I wish to
point out to my British colleague that it would not be for the Committee to decide
that question. It is clearly understood that the question will again be submitted
to the Assembly, which will take a decision upon it.
— 32 —
M. le President. C'est bien ainsi qu'on I'a compris. On mc suggere une troi-
sieme solution. Puisqu'on demande a reflechir, on pourrait renvoyer a la seance de
demain. II y a done trois propositions en presence: la premiere consiste a renvoyer
I'examen a une commission qui vous dira son avis; la seconde est de prendre une
decision aujourd'hui; la troisieme est de renvoyer la question a demain en seance
pleniere. '
Je vais mettre aux voix comma premiere question le renvoi a une commission.
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction: Avant qu'on passe au vote,
je tiens k declarer que, personnellement, je ne vols pas d'objection a ce qu'on renvoie
I'etude de la motion que j'ai presentee a demain, si la Conference a besoin d'un nou-
veau d61ai pour examiner la proposition.
M. le President. Cela ne resout pas la question. Nous restons en presence de
trois propositions.
M. Lafontaine (Belgique). Deux propositions.
M. le President. La premiere proposition — statuee aujourd'hui — est done
abandonnee et il ne reste que deux propositions.
Nous allons voter, si vous le voulez bien, a mains levees. Le premier projet de
reglement prevoyait un appel nominal par ordre alphabetique, mais cela prendrait
trop de temps.
II est bien entendu que chaque pays ne dispose que d'une voix.
(On precede au vote: le renvoi a une commission est adopte a la majorite.)
M. le President. II est done decide de renvoyer la question a I'examen d'une
commission.
II reste a dire de combien de membres va etre constituee cette commission et
quelles sont vos propositions.
M. Regnault (France). Je m'exeuse de prendre la parole si souvent, mais, les
questions venant tres vite, on n'a pas le temps de les murir et d'etablir des notes.
II me semble que nous pourrions decider que la commission dont nous avons parle
tout a I'heure, la Commission generale, si toutefois vous ^tes d'accord, pourrait etre
saisie de ces propositions. La meilleure methode de travail consisterait a decider
d'abord s'il y a lieu de creer ces commissions, de fagon qu'a chaque moment, nous
ne soyons pas obliges de creer des commissions speciales.
M. le President. II etait impossible au Bureau de proceder autrement qu'il ne
I'a fait. M. Regnault est I'un des auteurs du reglement. Le reglement porte, vous
I'avez decide hier, que toutes les propositions et tous les amendements doivent etre
remis par ecrit a tous les membres, traduits dans les deux langues et distribues.
La proposition de M. Regnault relative a la constitution des commissions n'a pas
6te traduite et n'est pas distribuee. Je suis le scrupuleux observateur du reglement.
J'ai done cru devoir proceder a I'examen d'une des. questions qui figurait a I'ordre
du jour. Pour rester dans la regie, je vous demanderai, avant que la proposition
de M. Regnault ne soit distribuee, de faire par exception I'application par antici-
pation des resolutions qu'il vous propose et de determiner tout de suite le nombre
des delegues qui feront partie de la commission. II appartient a M. Regnault de faire
une proposition. Je regois a I'instant sa proposition; elle n'a pas ete traduite. Je
constate qu'^ la premiere seance, deja, nous faisons un accroc au reglement. §
M. Regnault (France). J'ai presente ma proposition au d6but de nos travaux
pour faciliter la mise en train de la Conference.
M. le President. II est bien entendu qu'une fois n'est pas coutume.
M. Lafontaine (Belgique). Le president pent, aux lermes de Tartiele 7 du
reglement interieur, autoriser la discussion de propositions non encore traduites
et imprimees.
— 32 —
The President. — Translation: That is clearly understood. A third solution
has been proposed to me: As time has been asked for reflection, the question could
be adjourned until to-morrow's meeting. There are therefore three proposals:
first, to submit the question to a Committee which will give its opinion on it;
secondly, to take a decision upon it to-day; thirdly, to postpone the discussion
of the question untit the plenary meeting to-morrow.
I shall now put the question of referring the matter to a Committee to the vote.
Mr. Harris (Great Britain). — Before that vote is taken, may I say that, per-
sonally, I have no objection to the motion being postponed till to-morrow, if the
Conference require further time to consider the proposition.
The President. — Translation : This does not solve the question. There are
still three proposals before us.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: Two proposals.
The President. — Translation: There are only two questions left, because
the proposal for immediate discussion has now been withdrawn. If the Conference
approve we can vote by show of hands. It is true that the Rules of Procedure
provide for a vote by roll-call, but a vote by show of hands would save considerable
time. Each country has only one vote.
A vote being taken, the Conference decided by a majority in favour of reference
to a Committee.
The President. — Translation : The matter is therefore referred to a Committee.
The question remains, what shall be the membership of this Committee and
what are your proposals.
M. Regnault (France). — Translation: I ask to be excused for speaking
so often, but the questions come so quickly before us that I have no time to reflect
and make notes. I suggest that this matter should be referred to the General Com-
mittee which I have proposed should be set up. I therefore think that the best
method would be for us now to decide on the question of the appointment of the
Committees which I proposed, in order to avoid the necessity of continually
appointing special committees.
The President. — Translation : The Bureau could not have acted otherwise
than it has done. We are bound by our Rules of Procedure, which M. Regnault
himself helped to frame. The Rules which we adopted yesterday provide that all
proposals and amendments must be communicated to all members in writing,
translated into the two languages and distributed. M. Regnault's proposal regarding
the constitution of Committees has not been translated and has not been distributed.
I am a scrupulous observer of the Rules of Procedure and I therefore considered
that we should proceed to the examination of one of the questions on the Agenda;
but in order to remain within the Rules I shall ask you in this case, as an exception,
before M. Regnault's proposal has been distributed, to adopt by anticipation the
Resolutions which he proposes and to decide at once upon the number of Delegates
to take part in the Committee. M. Regnault has just handed in his proposal in writ-
ing, but it is not translated and therefore, at our very first sitting, we are running
counter to the Rules of Procedure.
M. Regnault (France). — Translation : I submitted my proposal at the begin-
ning of our discussions in order to facilitate the work of the Conference.
The President. — Translation: Of course it is well understood that a single
instance does not create a custom.
M. Lafontaine (Belgium). -- Translation : The President, according to Article 7
of the Rules of Procedure, may authorise the discussion of proposals which have
not yet been translated and printed.
— 33 -
M. le President. II aurait ete facheux de cr6er un precedent, des la premiere
seance. Nous abandonnons done provisoirement la proposition speciale du delegue
britannique et nous allons nous occuper immediatement de la motion de M. L'Am-
bassadeur Regnault (Assentiment).
Voici le texte des propositions de M. Regnault :
Trois commissions de onze membres, delegues ou conseillers techniques; faculte
pour les delegues ou conseillers non membres d'une Commission d'assister aux
seances, de prendre part aux discussions, mais sans droit de vote.
1° Commission generale,
2° Commission administrative et legislative,
3" Commission de propagande.
M. Beguin (Suisse). Je voudrais demander k M. L'Ambassadeur Regnault de
bien vouloir completer sa proposition en prevoyant I'application par analogie aux
commissions de Particle 10 du reglement. II est prevu a cot article que les conseillers
techniques et les delegues ne faisant pas partie de la commission peuvent assister
avec voix consultative aux seances des commissions. Je demande que les delegues
puissent se faire remplacer par leurs adjoints ou conseillers techniques et que ces
derniers puissent etre admis aux seances des commissions au meme titre qu'a la
Conference. II faut prevoir le cas d'un delegue empeche d'assister a une seance;
il pent desirer faire entendre sa voix par I'organe de son conseiller technique.
M. le President. La reponse n'est-elle pas donnee a Tarticlc l^"" de notre^
reglement ? Get article dit: « Le conseiller ou expert peut, avec I'autorisation du«
delegu6 qu'il assiste, faire partie des commissions et, le cas echeant, en etre
nomme rapporteur. »
M. Obed Smith (Canada). — Traduction : Je crois que nous courons le risque
d'aller trop vite en procedant a la nomination des trois commissions qu'envisage
mon collegue francais dans sa motion. Je propose que le Comite d'organisation
reste tel qu'il existe actuellement et soit saisi de la question des sous-commissions.
Si je lis le nom des commissions mentionnees, je comprends tout a fait les attribu-
tions de la premiere commission; celles de la seconde commission sont tres compli-
quees et quant a la troisieme, je me demande si nous sommes prets a en discuter la
creation aujourd'hui. Je me permets done de proposer que la Commission d'organi-
sation soit saisie de la question de I'opportunite de creer ces trois commissions.
M. le President. Ne pensez-vous pas que nous pourrions nous mettre d'accord
pour ne pas perdre de temps en nommant immediatement une Commission speciale
qui serait chargee d'etudier la question qui fait actuellement I'objet de notre deli-
beration ? Nous pourrions reserver la nomination de commissions au fur et a mesure
que les questions que nous examinons sembleraient en exiger la nomination. II ne
me semble pas necessaire de faire une declaration de principe au sujet de la nomi-
nation d'une commission. Ne serait-il pas plus pratique de renvoyer a une commission
que vous designerez tout a I'heure I'examen de la question ?
Je vous proposerai de faire une premiere application de cette idee, en aban-
donnant momentanement I'examen des propositions de M. Regnault et en nommant
une commission qui s'occuperait de la question de la creation d'une commission perma-
nente Internationale dont il a ete parle. Plusieurs orateurs doivent encore prendre la
parole et il y a des choses plus importantes a faire que de declarer en principe qu'il y
a des commissions a nommer. Nous pourrions, a propos de chaque amendement, nous
preoccuper de la nomination d\]ne commission; cela se ferait sans aucune difliculte,
alors meme qu'il n'y aurait pas de declaration de principe sur la question.
Si vous admettez cette mani^re de voir, nous pourrions nommer une commission
qui s'occuperait de la creation de cette commission internalionale qui fait I'objet de
la proposition du delegue britannique. Nous aurions ainsi mis fin a I'incident et nous
pourrions aborder un autre sujet.
M. Regnault (France). Mon opinion est qu'il vaudrait mieux prendre tout de
suite les mesures necessaires pour assurer la bonne marche des travaux de la Confe-
rence. Mais, si mes coUegues ne sont pas d'accord avec moi, je n'insiste pas.
- 33 —
The President. — Translation : It is unfortunate to have to create a precedent
at the first sitting, but, if the Conference agrees, we will now provisionally abandon
the special proposal of the British Delegate and will at once consider the motion
of H. E. M. Regnault. (Assent.)
I will read you M. Regnault's proposal.
Three Committees of eleven members, delegates or technical advisers. The
delegates and advisers not members of the Committee to have the right to attend
meetings, and to take part in the discussions, but not the right to vote.
(1) A General Committee;
(2) An Administrative and Legislative Committee;
(3) A Propaganda Committee.
M. Beguin (Switzerland). — Translation: I would like to ask H. E. M. Regnault
to complete his proposal by providing that Article 10 of the Rules of Procedure
should be applied by analogy to the Committees. This Article lays down that the
Technical Advisers and Delegates who are not members of the Committees may
attend the Meetings of the Committees in an advisory capacity. I ask that the
Delegates should be allowed to send their Deputies or Technical Advisers to represent
them, and that the latter should be admitted to the meetings of the Committees
on the same footing as to those of the Conference The case of a Delegate who is
prevented from being present at a meeting must be taken into consideration; he
may wish to state his opinion through the intermediary of his technical adviser.
The President. — Translation: Is not the answer to be found in Article 1 ?:
"The adviser or expert may, with the permission of the Delegate whom he
assists, sit on Committees, and be appointed rapporteur."
Mr. Obed Smith (Canada). — I think we are in danger of going too fast in the
appointment of the three Committees such as mentioned in the motion of my
colleague from France. I would suggest that the Committee of Organisation be
as established and that they should discuss the question of these Sub-Committees.
I look for the titles of the Committees mentioned. I quite understand the first
one: the second one is very much involved, and the third I question if we are ready
to-day to discuss. I venture to move, Mr. President, that the Committee of Organi-
sation discuss the question of these three Committees to be established.
The President. — Translation : Do you not think that we might arrive at an
agreement, so as not to lose time, by immediately appointing a special Committee
to examine the question which is now before us? We can nominate other Com-
mittees in the course of our discussions as occasion arises. I do not think it neces-
sary to establish a principle in regard to the appointment of a Committee. The
better plan, I imagine, would be to refer this question for examination to the
Committee which you are about to appoint.
I therefore propose to you to leave for the moment M. Regnault's proposal
and to set up a Committee which should deal with the question of the creation of
a Standing International Committee of which we have already spoken. There
are several Delegates who wish to speak and we have more important work than
to declare in principle that Committees should be appointed. . As each new amend-
ment is brought forward, we can consider the wisdom of appointing a Committee.
This can be done without difficulty even if we lay down no general rule on the
subject.
If you agree, we can now appoint a Committee to deal with the creation of the
International Committee, which is the central point of the British Delegate's pro-
posal. We can then pass to the consideration of another subject.
M. Regnault (France). — Translation: In my opinion, it would be well for
us at the outset to take steps to ensure the smooth working of the Conference, but,
if my colleagues do not agree with me, I do not insist.
— 34 —
M. le President. Ce que M. Regnault veut faire en une fois, nous preconisons de
le faire en plusieurs.
Je remercie M. Regnault d'avoir bien voulu deferer si aimablement a notre
desir.
En consequence, je vous demande de nommer une commission generale comme
le suggere M. Regnault. De combien de membres serait-elle composee ?
M. Regnault (France). Ma proposition indique onze membres.
M. le President. Je mets la question aux voix.
Cette proposition est adoptee a, la majorite.
M. le President". Pour les questions ordinaires, la majorite absolue fait loi. Or,
nous sommes actuellement en face d'une question ordinaire.
II ne s'agit plus maintenant que de nommer les onze membres. II me semble
que cette nomination est quelque peu difTicile.
M. Regnault (France). Nous pourrions faire cette nomination au d6but de
la seance de cet apres-midi.
M. Lafontaine (Belgique). Permettez-moi une observation. Nous sommes
trente-quatre delegues et vous voulez nommer trois commissions de onze membres.
II faut tirer au sort pour savoir quels sont les onze membres de chaque commission.
Nous ne pouvons pas determiner qui fera partie de telle ou de telle commission.
M. Regnault (France). Chacun pent avoir des gouts particuliers pour telle
ou telle commission. II serait par consequent assez naturel de s'entendre auparavant.
M. Lafontaine (Belgique). Si vous consultez les membres, tout le monde vou-
dra faire partie de la seconde commission, parce qu'elle est la plus interessante.
M. Regnault (France). Nous pourrions arriver cet apres-midi avec plusieurs
listes qui seraient deposees sur le Bureau.
M™8 la Vice-Presidente. — Traduction: Jejpropose que les onze membres
de la commission speciale soient designes par M. le President.
Cette proposition est appuyee par le delegue britannique.
M. le President. Je vous propose de combiner toute les propositions et de
faire tenir au Bureau pour la seance de trois heures les propositions que vous jugez
utiles. Comme I'a dit M. Regnault, le Bureau, saisi des noms que vous lui proposerez,
fera s'il le faut un triage et vous annoncera la composition ofTicielle de la commission
(assentiment) .
Nous pourrions aborder maintenant la proposition du delegue hollandais rela-
tive a I'extradition.
5. LA QUESTION DE L'EXTRADITION.
M. de Graaf (Pays-Bas). M. le President, Mesdames et Messieurs. Si impor-
tante que soit la question, courtes seront mes observations. Cette question est dc
la plus haute importance. Pour poursuivre les criminels, il faut avoir I'extradition.
Comme nous craignons que certains pays ne donnent pas I'extradition, nous avons
pense qu'il serait sage d'ajouter im troisieme alinea &rarticle5 de la Convention dc
1910. Vous avez sous les yeux le texte de I'alinea propose : « Dans les cas oil les parties
contractantes n'ont pas stipule I'extradition, elles s'engagent a prendre les mesures
— 34 —
The President. — Translation: What M. Regnault wants to do at once,
we recommend should be done in several steps.
I thank M. Regnault for deferring to our desire, and I ask you to appoint a
General Committee as he suggests. Of how many members should it be composed?
M. Regnault (France). — Translation : My proposal suggested eleven members.
The President. — Translation : I put the question to the vote.
The proposal was adopted by a majority.
The President. — Translation: For ordinary questions an absolute majority
is required. This is an ordinary question. We have now only to appoint the
eleven members, but this seems to me a little difficult.
M. Regnault (France). — Translation : We might make these appointments at
the beginning of the afternoon sitting.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: If I may be allowed to make an
observation, I should like to point out that there are thirty-four Delegates here,
and that you are appointing'three Committees of eleven members. We must therefore
draw lots as to which members should sit upon each Committee. We cannot settle
by discussion the composition of this or that special Committee.
M. Regnault (France). — Translation: A member may have a special desire
to sit on one particular Committee. It should therefore be only natural to come
to a previous agreement on the point.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation : If you consult the members of the
Conference, you will find that everybody would like to sit on the Second Committee,
because that is the most interesting.
M. Regnault (France). — Translation : We might this afternoon bring lists
with us which could be submitted to the Bureau.
The Vice-President. — I should like to suggest that the eleven members
for the special Committee be appointed by the President.
This proposal was seconded by the British Delegate.
The President. — Translation : I suggest that you send in combined lists of the
proposals in time for the 3 o'clock meeting. The Bureau, as M. Regnault said,
will consider them and, if necessary, make a selection, and I will announce the
official composition of the Committees.
(Assent).
We can now consider the proposal of the Dutch Delegate relating to extradition.
5. THE QUESTION OF EXTRADITION.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation : Mr. President, Ladies and
Gentlemen : My remarks will be short, in spite of the importance of the question. It
is indeed of the highest importance. Extradition is essential for the prosecution of
criminals. Since we are afraid that certain countries will not grant extradition, we
have thought it wise to add a third paragraph to Article 5 of the 1910 Convention.
You have the text of this proposed paragraph before you: "In cases where the
Contracting Parties have not stipulated for extradition, they bind themselves to
— 35 —
necessaires pour 1' extradition des personnes coupables des infractions susdites ovi a
proposer I'adoption de ces mesures a leurs legislatures respectives. »
Telles sont les observations que j 'avals a presenter.
M. le President. Je voudrais demander a I'auteur de cette proposition s'il
y a une grande difference, au point de vue pratique, entre le texte qui est soumis a
la Conference et la situation legale actuelle.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Ma proposition doit etre inseree comma complement
a I'article 5, dont, a mon avis, le texte actual na suffit pas. L'article 5 est redige
comme suit:
« Las infractions prevues par les articles 1 et 2 seront, a parti r du jour de I'entree
en vigueur da la presenta Convention, reputees etre inscritas de plain droit au nombre
des infractions donnant lieu a extradition d'apres les conventions deja existantes
entre les parties contractantes.
Dans la cas oii la stipulation qui precede ne pourrait recevoir effet sans modifier
la legislation existante, les parties contractantes s'engagent a prendre ou a proposer
a leurs legislatures respectives les mesures necessaires. »
M. Lafontaine (Belgique). Le texte du second alinea de cet article 5 couvre
les deux cas que souleve M. le delegue des Pays-Bas.
II est certain que la question de I'extradition est tres importante. II existe,
en effet, des pays qui n'ont pas de traite d'extradition, mais il ne faut pas
oublier que si tons les pays devaient etre lies par des traites d'extradition il en
faudrait L456 dans le monde, tandis qu'a I'heure actuelle il en existe paul-etre
200. Cette situation ma preoccupe beaucoup et je pense qu'il y a lieu, pour la Societe
des Nations, de prendre des mesures tres importantes au sujet de I'internationalisa-
tion de I'extradition, mais je ne crois pas que cela rentre dans notre programme.
Nous devons prendre la situation telle qu'ella est aujourd'hui at nous baser sur
l'article 5 dans sa forme actuelle. Cet article prevoit les deux cas: celui ou le traite
d'extradition existe et celui oil il n'existe pas, et, par consequent, oil la legislation
existante na parmet pas d'obtanir I'extradition pour crimes ralatifs a la traite des
femmes et das enfants. II faut alors prier les Etats se trouvant dans ce cas de bien
vouloir introduire dans leur legislation les mesures necessaires.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Je propose que nous demandions aux Etats n'ayant
pas encore de traite d'extradition d'en etablir un aussitot, et je ne crois pas que notre
Conference n'ait pas le droit d'agir dans ce sens aupres des Etats vises en leur demon-
trant la necassite de ce traite d'extradition. Nous devons faire un pas en avant dans
cette voie. Ce n'est pas une question da theorie juridique, c'ast une question de neces-
site pratique, car les cas sont frequents da criminals se refugiant dans das pays n'ayant
pas de traite d'extradition. Ja suis d'avis qua cette question est tout a faitdu ressorl
de notre Conference. Si nous nous heurtons aujourd'hui a un refus, nous reviendrons
a la charge plus tard, en demandant a la Societe des Nations de transmettre nos
v(Joux aux pays interesses.
M. Dendramis (Grece). Je propose de ranvoyer toittes les propositions a des
commissions "qui devront presenter des rapports a la Conference.
M. DE Graaf (Pays-Bas). J'appuie la proposition du delegue grec.
M. le President. Je crois que c'est niaintenant la moment de prendre I'avis
du conseiller juridique M. Kaeckenbeeck, auquel je donna la parole.
M. Kaeckenbeeck (conseiller juridique). La question qui se pose au sujet de
l'article 5 n'apparait pas tout a fait claire, car il y a une difficulte d'interpretation ;
cet article 5 pent etre intarpr6te d'unc fa^on restrictive comme aussi d'une faijon
plus large. C'est pourquoi le point de vua du delegue des Pays-Bas n'ast pas apparu
tout a fait clair des le debut.
Dans le paragraphe 1 de Particle 5 de la Convention de 1910, il est dit: « d'apres
les conventions deja existantes ». Ces mots peuvent etre employes pour restreindre
I'interpretation de cet article. II y a, en effet, un certain nombre de pays qui na
take the necessary measures for the extradition of persons guilty of the above-
mentioned infraction, or to propose to their respective legislatures the adoption
of such measures."
These are the only observations I have to make.
The Presidknt. — Translation : I should like to ask the author of this proposal
whether there is much difference, from a practical point of view, between the text
which is submitted to the Conference and the existing legal provisions ?
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation : My proposal is to be inserted as a
supplement to Article 5, of which the present text, in my opinion, is insufficient.
Article 5 reads as follows:
"The offences contemplated in Articles 1 and 2 shall, from the day on which
the present Convention comes into force, be deemed to be lawfully included in the
list of offences for which extradition may be granted in accordance with conventions
already existing between the Contracting Parties.
"In cases in which the above provision cannot be made effective without amend-
ing existing legislation, the Contracting Parties engage to take or to propose to
their respective legislatures the necessary measures."
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: The text of the second paragraph
of Article 5 covers the two cases raised by the Netherlands Delegate.
It is undeniable that the question of extradition is of great importance. There
are countries which have no extradition treaty, but it must not be forgotten that,
if extradition treaties were to be established mutually between all the countries in
the world, it would mean that there would be some 1,456 of them, whereas there are
now only 200. This is a situation which calls for very serious consideration, and
I think that the League of Nations should take definite steps with regard to the
internationalisation of extradition, but I do not think it is part of the programme of
this Conference. We have to consider the situation as it is to-day, and to take as a
basis Article 5 in its present form. This Article provides for two cases; (a) the case
where an extradition treaty exists, and (b) the case where no such treaty exists, and
consequently where the existing legislation does not permit of extradition for crimes
relating to traffic in women and children. In the latter case it is for us to ask the
States to introduce the necessary provisions in their legislations.
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation: I propose that we should ask
the States which have not at present any extradition treaty to make such a treaty
at once, and I do not see why our Conference has not the right to approach such
States for this purpose, pointing out to them the absolute necessity of such a treaty.
It is, after all, essential that we should make progress in this field. It is not a question
of legal theory; it is a question of practical necessity, for there are frequent cases
of criminals who take refuge in the countries where no extradition treaty exists.
I am of opinion that this question is entirely within the province of our Conference,
and even if to-day we meet with a refusal, we can take up the question again at
a later date and ask the League of Nations to transmit our recommendations to
the countries in question.
M. Dendramis (Greece). — Translation : I propose that all propositions should
be referred to Committees for them to examine and report.
M. DE Graaf (Netherlands). — I beg to support that.
The President. — Translation : I think we should now ask the legal adviser,
M. Kaeckenbeeck, for his opinion. He will address the delegates on that point.
M. Kaeckenbeeck (Legal Adviser) (interpreting his own speech). — The
difficulty seems to arise from the fact that there are a few words in paragraph 1
of Article 5 of the Convention of 1910, according to which the Article may be restrict-
ed to cases in which there are extradition conventions already existing between
the Parties. All countries do not make extradition treaties. There are a certain
number of countries which extradite criminals even when there are no treaties
or Conventions or stipulations to that effect. In that case it might be thought
that Article 5 as it stands does not cover the case There is therefore room for a
— 36 —
s^dent que peu ou pas de trait6s d'extradition. Si Ton doit reduire tout le regime
d'extradition en matiere de traite des femmes et des enfants aux stipulations de
conventions existantes, on reduira tres fortement ce regime, etant donne que cer-
tains pays ne possedent pas entre eux de conventions d'extradition.
Si, au contraire, on adopte un texte base sur les principes que suggere le delegue
des Pays-Bas, on arrive a ceci: tout d'abord, quand ily a traite, les infractions pre-
vues aux articles 1 et 2 de la Convention de 1910 sont reputees etre inscrites dans
ce traite. Quand il n'y a pas de traite, le Gouvernement s'engage a prendre les mesures
necessaires pour extrader et, alors, c'est comme si Ton faisait un traite d'extradition
avec tous les membres qui auront signe la Convention. Lorsque la legislation ou la
constitution d'un pays quelconque demande que soit etablie une loi d'extradition
afin que les Gouvernements puissent agir, — c'est le cas en Angleterre, ou, sans une
loi d'extradition, le Gouvernement ne peut pas extrader, — dans ce cas, il y a enga-
gement de la part des Gouvernements qui auront adhere a I'amendem'ent suggere
k proposer la loi necessaire.
Je crois que I'adoption de I'amendement propose, qui couvre des cas non
vises par I'article 5, constituerait un progres, sous reserve, toutefois, d'une redaction
que le Comite de redaction pourrait agreer.
M. DE Graaf (Pays-Bas). J'appuie I'interpretation donnee par M. Kaecken-
beeck.
M. Lewald (Allemagne). Je propose de transmettre cette question a Tune des
commissions que nous avons institute, car c'est une question de droit international
et il n'est pas tres facile de juger des maintenant de son importance.
Mme Ja Vice-Presidente. — Traduction: Je propose que soit forme,
pour examiner cette question, un petit comite de trois a cinq membres qui seraient
choisis parmi les delegues les plus competents, car beaucoup d'entre nous ne sont
peut-etre pas assez au courant pour apprecier ce point tres special, et je crois qu'on
devrait le soumettre a des experts qui I'examineraient et qui essaieraient de trouver
une formule sur laquelle I'accord pourrait se faire.
M. Regnault (France). Je crois que cette question a deja fait I'objet de dis-
cussions et de resolutions dans les conventions precedentes. En appuyant la propo-
sition qui vient d'etre faite par M™^ la Vice-Presidente, je signale la page 185 du
Livre Jaune sur la Traite des Blanches de 1904, oil figure le rapport de la commission
de redaction. Vous verrez que toute la question d'extradition a deja ete examinee
dans le rapport de M. Renaud, jurisconsulte eminent.
Je me rallie a la proposition de nommer une commission speciale composee,
je dirai presque uniquement, d'experts.
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction: J'allais faire a peu pres la meme
remarque que mon collegue frangais. Nous sommes tous d'accord sur ce point que
la question d'extradition est une question des plus importantes et la possibilite de
punir les personnes peu scrupuleuses qui se livrent a ce trafic depend en grande
partie du fait de refiicacite des clauses d'extradition. Je crois qu'on peut se de-
mander si i'article actuel de la Convention de 1910 est suffisant et ne pourrait pas
etre ameliore. Nous devons agir avec beaucoup de precaution, si nous faisons une
recommandation, car cette question a ete examinee tres attentivement par la Confe-
rence Internationale, et c'est plutot une question dans laquelle seul I'avis d'un ju-
riste peut nous guider. J'approuve done pleinement la proposition tendant a nom-
mer une sous-commission, composee si possible de juristes.
M. le President. Vous etes tous d'accord: il s'agit de nommer une commission
de specialistes. J'en vois quelques-uns, mais je ferai appel a notre assistance pour
completer la liste.
M. Lafontaine (Belgique). Je propose M. DuUaert.
M. le President. M. DuUaert voudra bien faire partie de la commission.
M. Regnault (France). Je propose M. le delegue de Monaco.
— 30 —
provision such as is included in the amendment proposed by the Dutch Delegate:
that in cases in which there are no extradition treaties the Governments assume
the obligation (by the fact that they adhere to the Convention which is being con-
templated) to take the necessary steps for the extradition of persons guilty under
Article 1 and Article 2 of the Convention of 1910. We should therefore have three
possible cases if the amendment were adopted. In cases in which there are extra-
dition treaties between the various countries, the offences under Article 1 and Ar-
ticle 2 would be deemed to be included in those extradition treaties. In cases where
the countries have no extradition treaties, they would assume the obligation to
extradite criminals under Article 1 and Article 2. It is exactly as if they made a
new extradition treaty. In cases in which the constitution or the legislation of a
particular country requires legislative steps in order to enable the Government
to extradite criminals, the Government would assume the obligation to propose
those legislative measures to Parliament. I think that the amendment should be
subjected to a revision from the point of view of drafting, but it would cover cases
which are not covered, it seems to me, by Article 5 of the Convention of 1910.
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation: I support the interpretation
given by M. Kaeckenbeeck.
M. Lewald (Germany). — Translation: I think it would be well to refer this
question to a Committee. It is a question of International Law which it is not pos-
sible to estimate at its full importance here and now.
The Vice-President. — Translation: I would suggest that a small Committee
of three or five members might be appointed. It should be composed of those who
seem to be specially interested and expert in this question. I think a great many
of us are not able to judge about it, and I think it ought to be submitted to experts
to consider and to try to find a formula which might be agreed to.
M. Regnault (France). — Translation : I entirely support the motion of the
Vice-President. The question has already been considered at length during the
discussion of previous Conventions. I would refer you to page 185 of the Yellow
Book of 1904, dealing with the Suppression of the White Slave Traffic, where the
Report of the Drafting Committee is to be found. You will see that the matter of
extradition was considered by M. Renaud, a jurisconsult of considerable eminence.
I am therefore in favour of the appointment of a special Committee, which I
suggest should be almost exclusively composed of experts.
Mr. Harris (Great Britain). — I was going to make very much the same
remarks as my French colleague. I think we are all agreed that extradition is a
most important matter, and the possibility of punishing the unscrupulous persons
who engage in this trade depends very much on having a good extradition clause.
I think it is very much open to question whether the present Article of the Convention
of 1910 is quite watertight, and whether it cannot be improved. Any recommen-
dation we make ought to be made very carefully, because this question was very
carefully considered by the original International Conference, and it is rather a
matter on which legal opinion alone can advise us. I therefore quite agree with this
suggestion that there should be a small Committee, if possible of legal members.
The President. — Translation: I gather that the Conference agrees. We
must therefore appoint a Committee of specialists. I see a certain number here,
but I appeal to the Assembly in order to have the list completed.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: I have to propose M. DuUaert.
The President. — Translation: If M. Dullaert is willing, I call upon him
to sit on the Committee.
M, Regnault (France). — Translation: I propose the Delegate of Monaco.
— 37 -
M. RoussEL (Monaco) accepte de faire partie de. la commission.
M. le President. Les delegues suivants feraient done partie de la commission:
MM. Dullaert (Belgique); Roussel (Monaco); M"e Elise Sem (Norvege);
Mme Bugge-Wicksell (Suede); et en outre M. le conseiller juridique.
M. Regnault (France). L'auteur de la proposition devrait faire de droit partie
de la commission.
(Accepte.)
M. le President. L'auteur de la proposition s'est explique. II continuera a
s'expliquer en seance publique. Dans la plupart des parlements, l'auteur des propo-
sitions ne fait pas partie de la commission. Cependant, je ne vols pas d'inconvenient
a ce que M. de Graaf soit membre de la commission.
M. de Graaf (Pays-Bas). Je ne ferai j)as partie comme expert, mais j'y assis-
terai pour apprendre.
(Adopte.)
M.le President. M. de Graaf a depose une aeconde proposition dontjenecrois
pas qu'il soit utile d'aborder immediatement I'examen, qui concerne les colonies,
Si vous le voulez, bien, nous distrairons ce second point de sa proposition et le ren-
verrons au N° 9.
M. Regnault (France). Je demanderai la permission de faire la communica-
tion suivante au Bureau conpernant cette question des colonies:
« Le delegue de la Republique frangaise a I'honneur de porter a la connais-
sance de la Conference que le Gouvernement de la Republique a decide de
rendre la Convention du 4 mai 1919 applicable a ses colonies et possessions.
« Le Gouvernement marocain a decide egalement d'adherer a la Convention
du 4 mai 1910.
« Les communications officielles seront faites incessamment aux Etats
contractants. »
M. lePRiisiDENT.La Conference nepeut que se feliciter une fois de plus de voir
la France donner a nouveau un bel exemple.
Le delegue albanais demande a faire une declaration.
M. Fracherie (Albanie). Je suis charge de declarer que le Gouvernement
albanais, en repondant a I'invitation de la Societe des Nations de prendre part a la
Conference de la traite des femmes et des enfants, a la ferme volonte d'apporter
son concours k la realisation d'une oeuvre de morality et d'humanite.
Les reponses au questionnaire seront communiquees directement par le Gou-
vernement albanais au Secretariat general. Ces actes tombent — en partie — sous
le coup des lois existantes, lesquelles, vu I'etat d'isolement dans lequel vivait, I'Al-
banie, la simplicite des moBurs de ses habitants et leur vie patriarcale, ne prevoyaient
pas tous les debts.
Toutefois, de nouvelles lois etant sur le point d'etre elaborees, I'Albanie profitera
des travaux de la presente Conference pour completer sa legislation sur ce sujot,
en la rendant plus efficace.
Qu'il nous soit permis d'ajouter qu'il serait souhaitable que la legislation sur la
traite des femmes et des enfants, fut — autant que possible — uniforme dans les
pays adherents k la Convention, afm de rendre la police plus facile.
M. le President. II est pris acta de la declaration du delegue albanais.
M. Perlowski (Pologne). M. le President, Messieurs, le Gouvernement polonais
qui, sur la base des traites est charge des interets ext^rieurs de la Ville libre de Dantzig
a considere utile d'inviter k se joindre k sa delegation en quality d'expert un citoyenj
de la Ville libre, specialiste distingue en la matiere qui nous preoccupe k cette Con-
ference.
- 37 —
M. RoussEL (Monaco) accepted.
The President.' — Translation : Then the following delegates will form the
Committee: M. DuUaert (Belgium); M. Roussel (Monaco); Mile. Elise Sem (Norway);
Mme. Bugge-Wicksell (Sweden); and the Legal Adviser.
M. Regn.\ult (France). — Translation: I propose that M. de Graaf be added,
as he is the mover of the motion.
(Agreed.)
The President. — Translation: The author of the proposal has explained
his views. He will make a further statement at a public meeting. In most Parlia-
ments, the mover of a proposal is not a member of the Committee. I see no reason,
however, why M. de Graaf should not be a member of the Committee.
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation: I shall not attend as an expert,
but simply to listen and learn.
(Carried.)
The President. — Translation: M. de Graaf has put forward a second pro-
posal relating to the Colonies, which I do not think it is necessary to examine at
present. If you desire it, we will delete this second point from his proposal and
refer it to No. 9 of the Agenda.
M. Regnault (France). — Translation: I ask permission to transmit to the
Bureau the following communication relating to the question of the Colonies :
"The Delegate of the French Republic has the honour to inform the
Conference that the Government of the Republic has decided to make the
Convention of May 4th, 1910, applicable to its colonies and possessions.
"The Government of Morocco has decided also to accede to the Convention
of May 4th, 1910.
"Official communication will be made at once to the Contracting States. "
The President. — Translation : We must congratulate the French Govern-
ment on once more setting an example to the world.
The Albanian wishes to speak.
M. Frasheri (Albania). — Translation : I am directed to state, in reply to
the invitation extended by the League of Nations to the Albanian Government
to take part in the Conference on Traffic in Women and Children, that this Govern-
ment intends to give its utmost assistance towards the successful accomplishment
of a work of both moral and humanitarian importance.
The replies to the Questionnaire will be communicated directly to the Secre-
tariat-General by the Albanian Government. These offences are, in part, dealt
with by existing laws, although these, by reason of Albania's state of isolation, and
the simple habits and patriarchal life of her people, do not provide against all
offences. New laws, however, are about to be drawn up, and Albania will profit
by the work of this Conference to complete her legislation on this matter and to
render it more efficient.
We may further add that it is desirable that legislation on the Traffic in Women
and Children should, as far as possible, be uniform in all countries which adhere to
the Convention, in order to simplify the measures of supervision.
The President. — Translation: Due record will be taken of the Albanian
Delegate's suggestions.
M. Perlowski (Poland). — Translation : Mr. President and Gentlemen : the
Polish Government, which, in virtue of the Treaties, is entrusted with the control
of the foreign policy of the Free City of Danzig, has thought it desirable to attach to
its Delegation, as technical adviser, a citizen of the Free City who is distinguished
for his knowledge of the subject with which we are dealing at this Conference.
6
— 38 —
Cette decision du Gouvernement polonais a ete dict6e par la conscience du role
exceptionnel que Dantzig,ce port de mer debouche le plus important de I'Europe de
I'Est, joue et jouera a I'avenir dans le mouvement des masses'des emigres.
Je vous prie done, Monsieur le President, de bien vouloir donner la parole
a I'expert de la delegation polonaise, M. le D'' Zum Busch, qui desire dire quelques
mots sur ce sujet dont il est un connaisseur des plus experimentes.
M. Zum Busch (Dantzig). — (Parlantenallemand). Traduction: Je me permets
d'exprimer mes remerciements au Gouvernement polonais de ce qu'il a bien voulu
m'inviter a participer k cette Conference et je ferai tout mon possible pour faciliter
les travaux de cette Conference en lui fournissant tons les renseignements dont je
pourrai disposer.
La seance est levee a midi 25.
ANNEXE.
PROJET DE RfiGLEMENT INTfiRIEUR, REVISfi PAR LA COMMISSION
NOMMfiE A CET EFFET, LE 30 JUIN 1921, PAR LA CONFERENCE
I. — Composition de la Conference.
La Conference internationale de la traite des femn).es et des enfants se compose
des delegues, conseillers techniques ou experts nommes par les Etats invites a se
faire representer.
Chaque Etat ne pourra etre represente que par un seul delegue.
Le conseiller ou expert pent, avec I'autorisation du delegue qu'il assiste, faire
partie des commissions et, le cas echeant, en etre nomme rapporteur.
Les representants des organes techniques qui font partie de I'ensemble des
institutions de la Society des Nations et qui auront ete invites k assister a la Confe-
rence a titre consultatif, pourront etre entendus par elle sur leur demande, k condition
que la Conference le decide a la majorite.
II. — Poavoirs.
Les pouvoirs des delegues et de leurs conseillers seront remis aussitot que pos-
sible au secretariat de la Conference, line commission de trois membres sera designee
pour examiner ces pouvoirs et faire rapport sans delai a la Conference.
III. — Commissions.
La Conference peut, a tout moment, decider de sieger en comit6 ou de constituer
des commissions speciales.
La Conference decide s'il y a lieu de designer un comite d'organisation pour
assister le president.
IV. — Droit de prendre la parole.
Aucun delegue ne pourra prendre la parole a la Conference sans avoir, au pr^a-
lable, obtenu I'autorisation du president.
Le president pourra retirer la parole a un orateur si ses observations n'ont pas
trait k la question qui fait I'objet des debats.
Au cours de la discussion d'une question, tout membre pourra presenter une
motion d'ordre. La question devra §tre immediatement tranch6e par le president.
La Conference peut limiter la duree des discours.
Le president pourra autoriser un orateur a d6velopper son point de vue dans le
compte rendu in-extenso de la Conference.
- 38 —
The Polish Government has arrived at this decision in consideration of the
exceptional part which Danzig, as the most important seaport of Eastern Europe,
plays, and will play in the future, in emigration movements.
I therefore request you, Mr. President, to allow the expert of the Polish Dele-
gation, Dr. Zum Busch, to speak, as he wishes to make a few observations on this
subject, of which he has an extremely wide knowledge.
M. Zum Busch (Danzig). — (Speaking in German). Translation: I desire to
express my thanks for the invitation of the Polish Government to me tO; attend
this Conference, and will endeavour to supply such information as may be useful
in facilitating the work of the Conference.
The Conference adjourned at 12.25 p.m.
ANNEX.
DRAFT RULES OF PROCEDURE AS REVISED BY THE COMMITTEE
APPOINTED BY THE CONFERENCE ON THURSDAY, JUNE 30th, 1921.
I. Composition of the Conference.
The International Conference on the Traffic in Women and Children shall
consist of the Delegates and technical advisers and experts appointed by the States
invited to send representatives.
Each State shall be represented by one Delegate only.
The adviser or expert may, with the permission of the Delegate whom he assists,
sit on Committees, and be appointed rapporteur. The representatives of the techni-
cal organisations, forming part of the institutions of the League of Nations, who
have been invited to attend the Conference in an advisory capacity may, at any
time, be heard at their request, on condition that the Conference has decided by a
majority.
II. Credentials.
The credentials of the Delegates and their advisers shall as soon as possible
be handed to the Secretariat of the Conference. A Committee of three Members
shall be appointed to examine and report on these credentials to the Conference
without delay.
III. Committees.
The Conference may, at any time, decide to sit as a General Committee or to
set up special Committees.
The Conference decides whether an Organisation Committee shall be appointed
to assist the President.
IV. The right to address the Conference.
No Delegate may address the Conference without having previously obtained
the authorisation of the President.
The President may withdraw the permission to speak if a Delegate's remarks
be irrelevant to the subject of the debate.
In the course of the discussion of any question, any member may raise a point
of order. The point of order must immediately be decided by the President.
The Conference may limit the duration of speeches.
The President may authorise a speaker to amplify his observations in the full
verbatim report of the Conference.
— 39 —
V. — Secretariat.
Le secretariat de la Conference sera assure par les soins du Secretaire general
de la Societe des Nations.
Le compte rendu des seances deviendra definitif vingt-quatre heures apres
communication a la Conference. II sera signe par le president.
VI. — Langues. •<■
Les discours en frangais sont resumes en anglais et vice versa par un interprete
du Secretariat.
Tout membre s'exprimant dans une autre langue doit assurer lui-meme la
traduction de son discours en frangais ou en anglais.
Tout membre pent faire distribuer des documents ecrits dans une langue autre
que le frangais ou I'anglais, ma's le Secretariat n'est pas tenu de pourvoir a leur tra-
duction ou a leur impression.
.VII. — Resolutions, amendements, motions.
Les projets de resolutions, amendements et motions doivent etre communiques
par ecrit au president qui en fera distribuer des exemplaires aux membres de la
Conference.
En regie generale, aucun projet ne sera discute ou mis aux voix a moins que des
exemplaires n'en aient ete communiques aux membres en temps utile.
Cependant, aux cours des debats, le president pent autoriser la discussion ou
I'examen d'amendements sans les avoir, prealablement, communiques aux membres,
s'ils ont ete presentes par ecrit.
VIII. — Cloture.
A tout moment, un delegue pent demander la cloture de la discussion, meme
si d'autres delegues ont exprime le desir de prendre la parole. Si la parole est deman-
dee pour s'opposer a la cloture, deux orateurs seulement seront autorises a parler.
Le president demandera I'avis de la Conference sur la motion de cloture. Si, ci
la majorite, la Conference approuve la motion, le president prononce la cloture de
la discussion.
IX. — Votes.
Chaque delegue a une seule voix.
Un vote n'est acquis que s'il a obtenu la majorite des yoix des delegues presents
k la seance.
Le quorum consiste dans la moitie des d61egu6s plus un.
Une resolution ne sera consideree comme recommandation officielle de la Confe-
rence que si elle a obtenu les trois quarts des voix des delegues presents.
X. — Suppliants.
Un delegue peut se faire remplacer par son adjoint ou son conseiller ou expert,
pourvu qu'il en avise par 6crit le president de la Conference, en indiquant la seance
pour laquelle ce conseiller la remplacera. Le suppleant ainsi nomme pourra voter
dans les memes conditions que le titulaire.
XI. — Comite de redaction.
La Conference nommera un comite de redaction.
Le secretaire general et le conseiller juridique en font de droit partie,
Le comite de redaction pourra apporter des modifications de forme, mais non
de fond, k toutes les resolutions adopt6es par la Conference quand il le jugcra neces-
saire k la coordination des textes. II en fera rapport k la Conference.
— 39 —
V. Secretariat.
The Secretary-General of the League of Nations shall be responsible for the
Secretariat of the Conference.
The verbatim report of the meetings shall become final 24 hours after commu-
nication to the Conference. It shall be signed by the President.
VI. Languages.
Speeches in French shall be summarized in English, and vice versa, by an inter-
preter belonging to the Secretariat.
Any member speaking another language must himself provide for a translation
of his speech into French or English.
Any member may cause to be distributed documents written in a language
other than French or English, but the Secretariat is not obliged to have them
translated or printed.
VII. Resolutions, amendments and motions.
Draft resolutions, amendments and motions must be communicated in writing
to the President, who will cause copies to be distributed to the members of the Confe-
rence.
As a general rule, no draft shall be discussed or voted upon unless copies have
been duly communicated to members beforehand.
The President may, however, during the debates, authorise the discussion or
examination of amendments without having previously communicated them to
members, provided they are handed to him in writing.
VIII. Closure.
A delegate may, at any time, request that the debate be closured, even if other
delegates have expressed a desire to speak. If permission be asked to speak, in
order to oppose the closure, only two speakers shall be authorised to address the
Conference.
The President shall take the opinion of the Conference upon the motion of
closure. If the majority of the Conference approve the motion, the President shall
declare the closure of the debate.
IX. Votes.
Each delegate shall have one vote.
All questions shall be decided by a majority vote cast by the Delegates present
at the Meeting.
The quorum shall consist of half the number of delegates, plus one.
A resolution shall not be considered as an official recommendation of the Confe-
rence unless it has obtained the votes of three-quarters of the delegates present.
X. Substitutes.
A delegate may cause his place to be taken by his deputy, adviser or expert
provided that he informs the President of the Conference in writing and indicates
the meeting at which his place will be taken by the adviser. The substitute thus
appointed may vote under the same conditions as the delegate.
XI. Drafting Committee. ^
The Conference shall appoint a Drafting Committee. The Secretary-General
and the Legal Adviser of the Conference shall be " ex-officio " members of this
Committee.
The Drafting Committee may introduce alterations in the form, but not in
the substance, of all resolutions adopted by the Conference whenever it shall consider
this to be necessary with a view to securing co-ordination of texts. It shall report
on such alterations to the Conference.
Troisieme seance pleniere.
Vendredi 1'^'' juillet 1921, d quinze heures.
M. Michel L^vie, Prdsident'.
1. REPRISE DE LA DISCUSSION.
M. le President. II a ete question ce matin de la composition de deux commis-
sions. La premiere qui doit examiner la question relative a I'extradition, Elle est
composee des personnes suivantes : M™e Bugge-Wicksell, M'l* Elise Sem, MM.Dullaert,
Roussel, de Graaf, et Kaeckenbeeck, conseiller juridique.
A quelle heure cette commission pourra-t-elle se reunir ?
La commission pourrait-elle av«ir une seance immediatement apres la cloture
de la seance pleniere ?
M. Roussel (Monaco). II me semble qu'il serait preferable que cette commis-
sion ne se reunisse qu'une ou deux heures apres, soit ce soir apres le diner, soit demain
matin a 9 heures. .
M. DE Graaf (Pays-Bas). Je suis d'accord pour que la commission se reunisse
dernain matin.
M. le President. La seance de cette Commission aura done lieu demain matin
a 9 heures, dans la petite salle du Conseil.
Voici maintenant comment est compos6e la Commission de onze membres
dont vous avez decide ce matin la creation: MM. les delegues de Chine, d'Allemagne,
du Bresil, du Canada, de Grande-Bretagne, de Hongrie, du Japon, de la Pologne,
de la France, de I'ltalie et de la Suisse.
Cette commission se reunira apres notre seance pleniere.
(Adopte.)
M. de.Graaf (Pays-Bas). Sur quel sujet cette commission va-t-elle deliberer ?
M. le President. II s'agit de la formation d'un Comite international permanent.
Nous allons reprendre la suite de notre ordre du jour. Nous etions arrives au
N° 9, lettre b) « Amendement de I'art. 6 de I'Arrangement international de 1904.
Revision de la legislation Internationale concernant I'embauchage k I'etranger, et
particulierement I'embauchage des mineurs. »
Nous avons encore la lettre c) « Projet de clause additionnelle pour la protection
des 6migrantes (surveillance a bord des bateaux) ».
La parole est au del6gue du Canada.
Auparavant, le delegue- du Siam desire faire une declaration. Voici la copie
d'un telegramme emanant du Ministre de Siam des Affaires etrangeres au Ministre
de Siam k Paris, envoy§ le 18 juin 1921, re^u ^ Paris le 19 juin 1921: « En
rfeponse a votre telegramme du 10, j'approuve votre voyage a Geneve relativement
a la Conference de la traite des femmes. S'il est necessaire, adh^rez aux
Conventions 1904 et' 1910 mais si une nouvelle convention doit 6tre sign^e k cette
conference, convention couvrant I'ancienne, veuillez signer la nouvelle. Certifie le
document ci-dessus comme etant la traduction exacte du telegramme chiffre. »
V.
TliiiMl Plenary Meeting.
Friday, July ist, 1921, at 3 p.m.
M. Michel L^vie, President.
1. RESUMPTION OF DISCUSSION.
The President. — Translation: Ladies and Gentlemen, you will remember
that this morning there was a question of appointing two Committees. The first
one was to deal with the subject of extradition. The names of the members are: —
Mme. Bugge-Wicksell, Miss Elise Sem, M. Dullaert, M. Roussel, M. de Graaf and the
Legal Adviser, M. Kaeckenbeeck.
Will the House please decide when this Committee is to meet ?
Is it convenient to hold a meeting as soon as our present sitting is over ?
M. Roussel (Monaco).— Translation : I suggest an hour or two after — either
this evening after dinner or to-morrow morning at nine o'clock.
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation: I think the Committee should
meet to-morrow morning.
The President. — Translation : This Committee will meet, then, to-morrow
morning at nine o'clock in the small Committee room.
The Committee of eleven members, which the Conference appointed this
morning, is constituted as follows: the Delegates of China, Germany, Brazil, Canada,
Great Britain, Hungary, Japan, Poland, France, Italy and Switzerland.
This Committee will meet at the close of our present plenary sitting.
(Adopted.)
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation : What is the subject before this
Committee ? •
The President. — Translation: The formation of a standing International
Committee.
We shall now proceed with the rest of the Agenda. We have reached Item
No. 9 (b), "Amendment of Art. 6 of the International Agreement of 1904. Revision
of international legislation with regard to employment abroad, especially of minors."
After that we have to deal with (c), "Proposed addition of clause for the pro-
tection of women emigrants (supervision on boats)."
The Canadian Delegate wishes to address the Conference; hut, first of all, the
Delegate from Siam has a declaration to make. Here is a copy of a telegram from
the Siamese Minister for Foreign Affairs to the Siamese Minister in Paris. It was
sent on June 18th, 1921, and was received in Paris on June 19th, 1921 : " In reply
to your telegram of the 10th, I approve of your going to Geneva with regard to the
Conference on TrafTic in Women. If it is necessary, adhere to the Conventions
of 1904 and 1910; but if a new Convention is to be signed at this Conference and
covering the former Convention, sign the new one. The above is certified to
be a correct translation of the cypher telegram."
— 41 —
En outre, le delegue d'Alban'e a demande qu'on donne lecture de la lettre
suivante: « Monsieur le President, quoique mon Gouvernement et moi-meme nous
prenions un interet tout particulier aux travaux de la presente Conference sur la
traite des femmes et des enfants, une necessite absolue, dictee par la crise que tra-
verse actuellement la question albanaise, me force a m'absenter de Geneve pour me
rendre a Paris. J'espere toutefois pouvoir rentrer vers la fin de la session pour la
cloture de la Conference. Je vous prie d'agreer, Monsieur le President, I'assurance
de ma haute consideration. Signe: M. Frasheri. »
M. I'Ambassadeur de France a une communication a vous faire au sujet d'une
nouvelle adhesion a la Convention de 1910.
M. Regnault (France). Voici la lettre que je regois Se M. Roussel, d61egue
de Monaco : « J'ai I'honneur de porter a votre connaissance que la Principaute
de Monaco adresse au Gouvernement frangais, en execution de I'art. 8 de cet accord,
son adhesion a la Convention de mai 1910. (Signe) Roussel. »
M. Lafontaine (Belgique). Mesdames et Messieurs. Je me permets de profiter
de cette adhesion qui vient d'arriver pour appuyer une motion qui a deja ete pre-
sentee par la France et concernant les membres des differents Etats qui n'ont pas
encore ratifie la Convention de 1910. Celle de 1904 a ete ratifiee par tous les membres
qui I'ont signee. Celle de 1910 a ete signee par quatorze Etats, sept ne I'ont pas encore
ratifiee a I'heure actuelle. Les delegues ici presents devraient inviter leur Gouverne-
ment k ratifier ou a adherer a cette Convention. Je signale le cas de la Belgique
parce qu'elle se trouve dans la meme situation que la Hongrie; nous n'avons pas
encore ratifie la Convention, mais nous avons introduit dans notre legislation les
dispositions de la Convention de 1910. D'autres pays sont peut-etre dans la meme
situation. II serait bon que cette ratification soit faite le plus tot possible.
M. Perlowski (Pologne). Quels sont les pays qui n'ont pas ratifiee ?
M. Lafontaine (Belgique). Ce sont la Belgique, le Bresil, le Danemark, la
Hongrie, I'ltalie, le Portugal et la Suede. Mon expert me fait observer que les
pays qui n'ont pas ratifie la Convention ne sont pas compris dans les traites
d'extradition. En consequence, la ratification a une grande importance.
M. Regnault (France). Je demande que le Bureau veuille bien transmettre
comme un voeu de la Conference au Conseil de la Societe des Nations la proposition
reprise par M. le senateur Lafontaine.
jVfme la Vice-Presidente. Traduction: J'attire I'attention sur le fait que si
le Danemark n'a pas encore ratifie la Convention de 1910 c'est qu'actuellement le
code penal danois ne prevoit pas ce genre de delit. Notre code penal est actuellement
sur le point d'etre revise et lorsque cette revision aura eu lieu, tl sera possible de
ratifier la Convention.
M. le President. II me semble que vous etes unanimes a adopter le voeu qui
vient d'etre exprime par M. le senateur Lafontaine. Nous pourrions done des a pre-
sent considerer la ratification de la Convention comme une recommandation de
la Conference adressee a la Society des Nations.
M. Lafontaine (Belgique). Ce n'est pas seulement la ratification, mais egale-
ment I'adhesion, qu'il faut recommander.
M. le President. Pour la bonne regie, je demande a M. Lafontaine de bien
vouloir mettre par ecrit le voou qu'il vient d'exprimer, afin qu'il puisse etre traduit
et soumis k la Conference.
M. Regnault (France). Ce voeu a de]k ete exprime par la delegation frangaise
et il a dejk fait I'objet d'une circulaire. M. le senateur Lafontaine n'a fait que le
reprendre pour le compte de la Belgique.
M. Lafontaine (Belgique). M. Regnault I'a deja depose hier.
— 41 —
The Albanian Delegate has asked that the following letter might be read:
"Sir, Although my Government, and I myself personally, are particularly interested
in the question now before the Conference on Traffic in Women and Children,
I am obliged to leave Geneva for Paris on urgent business connected with the crisis
in the Albanian question. I hope, however, to return before the end of the Conference
for the final meetings. I am, etc. (Signed) M. Frasheri."
The French ambassador wishes to report a new accession to the Convention
of 1910.
M. Regnault (France). — Translation : I have here a letter from M. Roussel,
the representative of Monaco, in which he says: "I have the honour to bring to
your notice that the Principality of Monaco has informed the French Government
that, in accordance with Article 8 of this Agreement, it accedes to the Convention
of May 1910. (Signed) Roussel."
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: Ladies and Gentlemen, I should
like to take advantage of this accession to support a motion originally brought
forward by the French Delegate, and addressed to the representatives of such
Governments as have not yet ratified the Convention of 1910. The 1904 Convention
was ratified by all the members which signed it. With regard to the Convention
of 1910, though fourteen Governments are signatories to it, seven have not yet
ratified. All delegates at the Conference should urge on their Government the
necessity of ratifying or acceding to this Convention. If I draw attention to the
case of Belgium it is because her position is the same as that of Hungary. Though
we have still to ratify, we have introduced legislation in accordance with the terms
of the Convention of 1910. Other countries are probably in the same position.
In any case it is important that the Convention should be ratified as soon as possible.
M. Perlowski (Poland). — Translation: I should like to ask what countries
have not ratified.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: Belgium, Brazil, Denmark,
Hungary, Italy, Portugal and Sweden. My expert points out that the countries
which have notratified the Convention are not included in the Extradition
Treaties and that, consequently, the ratification is of great importance.
M. Regnault (France). — Translation: I would ask the Bureau to submit
to the Council of the League of Nations the recommendation to which
M. Lafontaine has returned.
The Vice-President. — I should like to point out that Denmark has not
ratified the Convention of 1910 because our present Penal Code does not provide
for this kind of thing. Our Penal Code, however, is to be revised in a short time
and then most probably it will be possible for us to ratify.
The President. — Translation : It appears that the whole meeting adopts
M. Lafontaine's proposal. We can therefore now report to the League of Nations
that this Conference recommends the ratification of the Convention.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: It is not only a question of rati-
fication. We must also recommend accessions.
The President. — Translation : For the sake of keeping to the rules, I shall
ask M. Lafontaine to put in writing the recommendation he has just proposed, in
order to have it translated and submitted to the Conference.
M. Regnault (France). — Translation: This recommendation has already
been made by the French delegation and circulated. Senator Lafontaine has only
proposed it again in the name of Belgium.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation: M. Regnault has already submitted
it yesterday.
— 42 —
M. le President. Vous le reprenez dans la m^me forme.
M. Lafontaine (Belgique). II faudrait simplement ajouter « ratification »
et dire : «... ratification et adhesion ».
M. Baranyai (Hongrie). Au cours de la conversation que j'ai eue avec M. Lafon-
taine, je n'ai moi-meme pas remarque que la Hongrie a ratifie la Convention de 1910.
Je vous prie en consequence de bien vouloir supprimer la Hongrie de la liste des
pays qui n'ont pas ratifie cette Convention.
M. le President. II est bien entendu que toutes resolutions et amendements,
que vous votez, sont de plein droit et sans qu'il faille le redire, transmis au Comite
de redaction afin que ce Comite puisse les coordonner et les faire figurer dans son
rapport, qui sera soumis a I'Assemblee generale finale.
2. EMPLOIS A L'fiTRANGER ET PROTECTION DES fiMIGRANTES.
M. le President: M. Obed Smith, delegue du Canada, s'adressera a la Confe-
rence au sujet des emplois a I'etranger et de la protection des emigrantes.
M. Obed Smith (Canada). — Traduction: Si la Conference veut bien me le
permettre, je ferai figurer, parmi les remarques que j'ai a presenter, des conside-
rations qui rentreront dans les deux questions suivantes de I'ordre du jour. Ce sera
une economie de temps, puisque mes observations s'appliquent dans une tres
large mesure a ces deux questions. Je crois egalement, Monsieur le President, que
certaines de mes remarques vont peut-etre toucher au cocur meme de la question
qui fart I'objet de la presente Convention. C'est pourquoi je reclame I'indulgence
de la Conference si elles sont un peu longues. Tout d'abord, je ferai observer, avec
raison je crois, que nous n'avons pas a provoquer, ou k essayer de provoquer des
mesures legislatives de la part d'aucune nation civilisee, en cette importante ma-
ti^re.
Nous pouvons considerer comme acquis que de telles mesures viendront a leur
heure. II me semble que le fond meme de la question, a notre point de vue, est de
decouvrir le delinquant, celui ou celle qui commet le delit de traite. J'ose dire que
si, par un precede ou par un autre, nous arrivons a decouvrir les delinquants plus
rapidement et peut-etre plus frequemment que par le passe, nous aurons fait un
grand pas vers la solution du probleme.
Permettez-moi de dire tout d'abord, m'appuyant sur mon experience de I'emi-
gration et de I'immigration des deux cotes de I'Atlantique, que si I'emigration
n'attirait pas hors de chez elles de jeunes personnes, la traite cesserait, sinon
competlement, du moins dans une tr^s large mesure.
II me parait hors de doute que la question de I'emigration est une des plus
importantes a examiner, par suite du fait que ces personnes quittent leur pays natal;
s'il en etait autrement, les moeurs locales, la legislation locale ou le gouvernement
local suffiraient pour atteindre le but.
J'estime done que nous devons examiner s'il ne convient pas d'inviter les gou-
vernements a donner k leurs fonctionnaires de I'emigration et de I'immigration, des
instructions en vue d'assurer la securite de ces personnes et d'exercer une etroite
surveillance sur les emigrants et les immigrants, non seulement dans les ports d'em-
barquement et de debarquement, mais encore au cours de la traversee.
Les resolutions que j'ai depos6es sur le bureau de la Conference ne visent dans
mon esprit qu'^ constituer une base de discussion. Je ne tiens en aucune maniere
a la forme sous laquelle elles sont redigees, et je me declare dispose a accepter tout
amendement qui pourra amener le moindre progres quant k I'etat actuel des choses.
Mes fonctions autant que mon experience m'ont amene a interdire I'acces du
Canada aux femmes et aux jeunes filles qui etaient reconnues indesirables.
— 42 —
The President. — Translation : You propose it again in the same form.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation : We should simply add "ratification"
and say "... ratification and accessions."
M. Baranyai (Hungary). — Translation: When I spoke with M. Lafontaine,
I was not aware that Hungary had already ratified the Convention of 1910. I ask
you, therefore, to remove the name of Hungary from the list of countries which
have not ratified.
The President. — Translation: It must be understood that all resolutions
and amendments voted by this Conference are, ex officio and as a matter of course,
sent to the Drafting Committee to be put in their final form, and incorporated in
the report which will be submitted to the full Conference for final sanction.
2. EMPLOYMENT ABROAD, AND THE PROTECTION OF WOMEN
EMIGRANTS.
The President. — Translation: Mr. Obed Smith, the Delegate for Canada,
will now speak on the subject of employment abroad and the protection of women
emigrants.
Mr. Obed Smith (Canada). — I would ask the indulgence of the Conference
to allow me to comprise in these remarks the next two sections on the Agenda,
in order to save the time of the Conference, because my remarks will apply very
largely to both sections. I think also, Mr. President, that some of them will
perhaps touch the very heart of the business of this Convention. Therefore I crave
the indulgence of the Conference if I am a little lengthy. I first of all note,
I think correctly, that there is not much need for us to induce, or to attempt to
induce, legislation by any civilised country on this important subject. I think we
may take it for granted that legislation will be forthcoming when desired. Therefore
it seems to me that what is the very basis of our desire is the discovery of the
wrongdoer — the man or the woman who is guilty in this traffic. I venture the
opinion that if we can in any way discover those people more readily, perhaps
more frequently, than we have in the past, we shall accomplish a good deal towards
the objects in view.
I want to say, first of all, as one who deals with emigration and immigration
on both sides of the Atlantic, that, if there were no emigration, the outgoing of
young persons from their native land, a very large portion, if not all, of this
traffic would be stopped.
It seems to me that the argument is without question that emigration is a
very important point to be considered, because these people move from their native
land ; otherwise the local conditions, the local law, or the local Government would
be sufficient for the purpose.
I think, therefore, we ought to consider the advisability of inviting all
Governments to instruct their emigration and immigration officials to look after
these people, and to exercise full supervision over all those going out and all
those coming in, not only at the embarkation and disembarkation, but also
en voyage.
The resolutions I have put before the Conference are intended to form a basis
for discussion. I am in no sense wedded to the language of the resolutions, and I am
prepared to accept any amendment which will show even the slightest improvement
on the present condition of affairs.
My duties and experience have been by way of preventing women and girls,
when discovered as undesirable, from getting into Canada.
— 43 —
Le Canada n'a pas. I'autorite pour agir hors de ses frontieres, et dans ces
conditions, du moins, il borne son action aux pays dans lesquels ii est autorise a
operer. Tel me parait etre d'ailleurs le cas pour tous les autres pays qui veulent
interdire leur acces a des femmes indesirables.
En ce qui concerne la legislation canadienne sur Timmigration, notre Immigra-
tion Act definit, entre autres, de la faQon suivante les personnes auxquelles est inter-
dit Faeces du Canada:
e) (I Prostituees, femmes ou jeunes filles se rendant au Canada dans un but
immoral, souteneurs et toutes personnes vivant de la prostitution. »
Apres cet alinea, vient I'alinea que voici:
/) « Personnes faisant la traite, ou facilitant I'entree au Canada de prostituees
oude femmes et jeunes fdles en vuede la prostitution ou dans tout autre but immoral.))
En ce qui concerne ces femmes, les mesures suivantes sont prevues:
Les personnes qui font I'objet de la traite peuvent, meme si elles se rendent
simplement d'un lieu de prostitution a un autre, et des leur debarquement sur la
terre canadienne, etre I'objet d'une mesure d'expulsion soit qu'elles aient emigre
de leur propre gre, soit qu'elles soient conduites au Canada individuellement ou
en groupes par des personnes, lesquelles sont egalement passibles de penalites.
ii) II arrive que les victimes de la traite afflrment leur bonne foi et disent ignorer
les dangers qui les menacent. Dans ce cas, on les avertit de ne pas aller plus loin.
Si elles passent outre, on pent leur refuser Je debarquement ou les expulser par la
suite. Lorsque leur bonne foi est demontree, il pent etre preferable de donner a ces
femmes la possibilite de vivre dans un autre pays, plutot que de les renvoyer dans
leur patrie avec la marque infamante de leur expulsion comme indesirables.
Dans des cas speciaux, avec I'approbation du gouvernement, ces personnes
pourront etre placees dans des endroits oil il leur sera possible de vivre honorable-
ment.
De ce qui precede, il resulte que le Canada ne pent exercer aucun controle sur
les agences qui, hors de son territoire, offrent des emplois aux femmes et aux jeunes
filles. Toutefois, il existe une entente entre ces agences et nous, et lorsqu'on constate
un cas de traite de femmes ou d'enfanls dans un but immoral, ou bien lorsqu'une
de ces agences n'exerce ses fonctions que d'une raaniere assez relachee pour preter
au soupgon, nous la rayons de nos listes d'agences de voyage reconnues, et
nous insistons aupres des compagnies de transport pour qu'elles lui suppriment
les licences qui i'autorise a delivrer des billets; enfin, nous prevenons les autorites
de police dans tous les cas de delit flagrant.
II se presente en ce moment aux autorites un cas de ce genre: I'agent autorise
ci delivrer des billets — c'est une femme — a appris qu'un homme, apres avoir
abandonne sa femme, avait I'intention de venir au Canada avec la femme d'un autre,
laquelle avait de son cote abandonne son mari ; I'agente a propose ouvertement a ces
deux personnes de voyager sous un nom d'emprunt.
II me semble que les gouvernements des pays d'oii emigrent femmes et jeunes
filles devraient exercer une etroite surveillance sur les agences de placement a
I'etranger pour femmes et jeunes filles. Tel est I'objet de la resolution que je pre-
sente. A titre d'exemple, que Ton me permelte de rappeler que le « London County
Council » autorise par licence speciale les agences de placement a operer sur le terri-
toire de la eapitale, et que les arr^tes regissant I'octroi des licences contiennent,
notamment, les dispositions suivantes:
« 7. II est interdit aux agents de procurer un emploi k I'etranger a aucune per-
sonne du sexe feminin qui n'a pas fourni de renseignements ecrits emanant de per-
sonnes ou de societes responsables, et certifiant le caractere honorable de I'emploi
propose,)) etc.
«8. II est interdit aux agents de proposer ou de procurer un emploi ^ I'etranger
k toute personne du sexe feminin dgee de moins de 16 ans, non munie d'une autori-
sation ecrite de ses parents ou tuteurs legaux)>, etc.
— 43 —
Canada has no authority outside her own boundaries, and to that extent, at
least, Canada so acts merely on sufTerance of the country in which she so operates;
and that seems to be the position of all other countries desiring to prevent the ingress
of undesirable women, meaning, so far as the Immigration Law of Canada is concer-
ned, the following definitions of our Immigration Act. These are persons, amongst
others, prohibited from entering Canada:
(e) "Prostitutes and women and girls coming to Canada for any immoral
purpose and pimps or persons living on the evils of prostitution."
The next Section is:
(/) "Persons who procure or attempt to bring into Canada prostitutes or women
or girls for the purpose of prostitution or other immoral purposes."
Such women may be:
(i) Objects of the traffic merely proceeding from one place of prostitution to
another place of prostitution and if landed in Canada are liable to deportation.
This class of woman may emigrate on her own volition, or may be taken into Canada
as an individual or one of a small party by men who are also liable to penalties.
(u) Those who are the victims of the traffic, sometimes called volunteers and
innocent of the impending dangers which await them. Such would be warned not
to proceed, but if they do, may be rejected on landing or liable to deportation after-
wards. Such innocent women may well be given a chance in a new land rather
than be returned to their own country under the stigma of deportation as undesir-
able. In proper cases, and with Government sanction, they would be placed where
the opportunity of continuing a respectable life would be available to them.
From the above it will be seen that Canada can have no control over agencies
outside Canada proposing to find employment for women and girls, but we do co-
operate with such, and if any be found to trafBc in women or children for improper
purposes, or if such perform their emigration duties so carelessly as to warrant
suspicion, we should cut them off our list of recognised booking agents, insist upon
the transportation companies cancelling their licence to sell tickets, and advise the
police authorities in any flagrant case.
We have one such case in hand now, where the licensed booking agent is a
woman, and knowing that a husband was deserting a wife and was intending to
proceed to Canada with the wife of another man, whom she was deserting, had
deliberately suggested that they should both assume the name of a married couple
different from either of their real names.
It seems to me that the Government of the country from which women and
girls are emigrating should exercise proper supervision over all such agencies for
finding employment for women and girls abroad. This is the basis of my resolution,
and, by way of example, let me quote the London County Council, who, by licence,
authorise employment agencies to operate within the area of the Metropolis; and
the bye-laws governing the issue of the licence are, inter alia, as follows:
" 7. An agent shall not arrange for the employnient abroad of any female person
unless he is in possession of written information from a responsible person or society
testifying to the .satisfactory nature of the proposed employment," etc.
"8. An agent shall not propose or arrange for the employment abroad of any
female person under the age of 16 years without first obtaining the sanction, in
writing, of her parents or lawful guardians," etc.
— 44 —
Si Ton reconnait qu'un pays a eu raison de prendre de telles mesures, ne dira-
t-on pas que tous les pays devraient voter des lois nationales qui produiraient dans
la pratique les memes efTets qu'une legislation Internationale ? Je ne doute pas que
le Parlement canadien accueillerait favorablement une suggestion de ce genre en
ce qui concerns les agences canadiennes, bien qu'a ma connaissance il n'existe au
Canada, a I'heure actuelle, aucune agence de cette sorte; toutefois, je sais pertinem-
ment, et le fait est ofRciel, qu'il a paru dans les journaux et periodiques canadiens
des annonces offrant des avantages speciaux et des salaires tres eleves a des femmes et
jeunes filles pour des emplois, sort chez des particuliers, soit dans les affaires, aux
Etats-Unis — generalement dans une ville situee a proximite immediate de la fron-
tiere. Les annonces en question sont I'objet d'enquetes vigilantes de la part des
diverses organisations feminines de notre Dominion. II est possible qu'au Canada
des personnes indesirables, hommes ou femmes, cherchent a se livrer a des pratiques
analogues; toutefois, il n'apparait vraiment pas qu'il y ait chez nous une necessite
absolue de prendre des mesures speciales. Elles obtiendraient, neanmoins, le cas
echeant, I'appui de I'opinion publique.
A cet egard je desire attirer I'attention de la Conference sur le fait que la Confe-
rence internationale du travail, qui s'est tenue a Washington en 1919, s'est occupee
de la question, et je demande la permission de lire le texte suivant:
Article 2 du Projet de convention relatif au chomage.
Conference internationale du travail. Washington, 29 octobre 1919.
« Chaque membre ratifiant la presente Convention devra etablir un systeme
de bureaux publics de placement gratuit, place sous le controle d'une autorite
centrale. Des comites, qui devront comprendre des representants des patrons et
des employes, seront nommes et consultes pout tout ce qui concerne le fonctionne-
ment de ces bureaux.
« Lorsque coexistent des bureaux gratuits publics etprives, des mesures devront
etre prises pour coordonner les operations de ces bureaux sur un plan national.
« Le fonctionnement des differents systemes nationaux sera coordonne par le
Bureau international du Travail, d'acoord avec les pays interesses ».
Nous nous trouvons done en presence d'un precedent emanant de la Conference
internationale du Travail elle-meme sur cette question. Cette Conference a meme
d6veloppe son point de vue en adoptant la recommandation suivante:
« La Conference generale recommande que chaque Membre de I'organisation
internationale du travail prenne des mesures pour interdire la creation de bureaux
de placement payants ou d'entreprises commerciales de placements.
«En ce qui concerne les bureaux deja existants, la Conference recommande que
leur fonctionnement soit'subordonne a I'octroi de licences delivrees par le gouverne-
ment, et que toutes mesures soient prises afin de les supprimer des que possible.')
Apr^s avoir ainsi traite le sujet d'une fa^on generale, je vais presenter k la
Conference la resolution suivante comportant une addition a la clause relative k la
protection des emigrantes (surveillance a bord des bateaux, etc).
Personne n'a pu encore expliquer clairement pourquoi tant de femmes et de
jeunes filles voyageant a bord d'un navire, s'exposent, par I'oubli de tout ce qui est la
sauvegarde de leur reputation et de leur personne meme, k devenir presque « inde-
sirables ». C'est peut-etre parce qu'elles se trouvent pour la premiere fois libre de
toute contrainte familiale, qu'elles echappent au travail ennuyeux et rebutant,
et qu'elles se trouvent temporairement dans des conditions d'aisance qui bien sou-
vent, et par comparaison, ressemblent au luxe r6el. En tout cas, il est un fait trop
evident pour qu'on puisse le passer sous silence: il y a une certaine proportion de
femmes et de jeunes filles, non accompagnees de leur pere, de leur mere ou de leur
mari et qui, durant une travers6e, commettent des imprudences, pour ne pas dire
pire. Les hommes et les jeunes gens n'6chappent pas k cette accusation, et lorsque
un homme seul rencontre une femme ou une jeune fille seule au cours d'une travers^e,
et que la femme ou la jeune fille n'est pas prot6g6e d'une maniere efficace,la puret6
des moeurs disparait souvent. II n'est que trop vrai que les passagers des classes
— 44 —
If it is right and proper for one country to do it, all countries should enact
a national law, having in practice the effect of international law. I have no doubt
that the Canadian Parliament would view with favour any such suggestion as far as
agencies in Canada are concerned, though I know of no such agencies operating
there at the present time, but it is within our official and personal knowledge that
advertisements have appeared in Canadian newspapers and journals, offering
special advantages and very high wages for women and girls for household and
business duties in the United States — generally in a town or city immediately
over the International Border — and these come under the vigilant scrutiny of
the various women's organisations in our Dominion. It may be that similar con-
ditions are attempted by undesirable men and women in Canada, but in Canada
itself it is not too apparent that there is any crying need for special supervision.
Nevertheless, it would receive very general public support.
In this connection I desire to call the attention of the Conference to the fact
that at Washington in 1919 the International Labour Conference of the League
of Nations held a Convention. May I just read what appears there as showing
that this has been a condition considered by them before ?: —
Article 2 of the draft Convention concerning Unemployment.
Interijational Labour Conference, Washington, October 29th, 1919.
"Each Member which ratifies this Convention shall estabUsh a system of free
public employment agencies under the control of a central authority. Committees,
which shall include representatives of employers and of workers, shall be appointed
to advise on matters concerning the carrying on of these agencies. Where both
public and private free employment agencies exist, steps shall be taken to co-ordinate
the operations of such agencies on a national scale. The operations of the various
national systems shall be co-ordinated by the International Labour Office in agree-
ment with the countr'es concerned."
We have therefore an authoritative statement by the International Labour
Conference itself upon this question. This was amplified at the same time by an
official recommendation of this Conference as follows: —
"The General Conference recommends that each member of the International
Labour Organisation takes measures to prohibit the establishment of employment
agencies which charge fees or which carry on their business for profit. Where such
agencies already exist, it is further recommended that they be permitted to operate
only under Government licences, and that all practicable measures be taken to
abolish such agencies as soon as possible."
Having introduced the subject generally by these remarks, I proceed to the
next resolution — the proposed addition to the clause for the protection of women
emigrants (supervision on boats, etc.): —
The cause has not yet been definitely settled as to why so many women and
girls travelling on a steamship forget the careful consideration for their reputation
and person without which they drift very close to the borderland of undesirability.
It may be their first freedom from the restraint of home life, or the escape from
toil irksome and unpleasant, into a temporary condition of ease, amounting in many
cases, by comparison, to pos'tive luxury; but it is a fact too patent to be overlooked
that a percentage of women and girls, unaccompanied by father, mother or husband,
do commit indiscretions during a sea voyage which they know are really trans-
gressing propriety if not something far worse.
Men and boys are not free from this charge and when like meets like under
similar circumstances of travel, and without adequate protection, at least for the
women and girls, the purity of life is often sacrificed.
It is only too true that passengers in a superior class are not above seeking,
for ulterior purposes, the acquaintance of women and girls they see travelling alone
superieures ne s'abstiennent pas de chercher, pour des buts ulterieurs, a entrer en
relations avec les femmes ou jeunes fiUes qui voyagent seules a bord; de m^me, les
officiers du navire ne veillent pas suffisamment a empecher I'equipage de lier con-
naissance avec des femmes entreprenanles et irresponsables. Mon experience per-
sonnelle m'a amene a la conclusion formelle que la presence d'une personne d'age,
douee de tact et d'autorite, et agissant comme surveillante durant le voyage, serait
une compagnie indispensable pour tons les cas. A vrai dire, la traversee devrait Stre
interdite aux femmes et jeunes filles a bord des navires oil ne se trouverait
aucune surveillante de ce genre. Cette surveillante devrait recevoir des appointements
convenables avec engagement annuel et releverait d'une autorite telle que celle
du Ministere du commerce ou du Ministre de la marine; de cette fagon, il ne serait
pas possible a la compagnie de prendre cette personne k son service. Une surveillante
depouvue d'autorite et qui ne recevrait pas un entier appui de la part des officiers
de la marine serait parfaitement inutile. II est d'ailleurs a noter que s'il se trouve a
bord du navire un couple bien resolu a echapper a la surveillance de la surveillante,
il y reussira generalement.
II a existe, pendant un certain temps, au Canada, un service comprenant des
surveillantes appointees par le Gouvernement et specialement preparees a leurs
fonctions; les regies relatives a I'emigration stipulaient que les femmes non accom-
pagnees ne pouvaient prendre passage qu'a bord des navires ou se trouvaient de
ces surveillantes officielles. Ces personnes etaient choisies avec soin; elles avaient
leur cabine particuliere et recevaient du Gouvernement des appointements conve-
nables, ce qui leur permettait de ne pas tenir compte de I'opinion des passagers ou
de I'equipage, lorsqu'elles adressaient un rapport au Gouvernement, concernant la
tenue pendant le voyage des personnes qu'elles avaient a surveiller. Par la suite,
le courant de I'emigration devint si important que le Canada dut abandonner c&
systeme, qui entrainait de tres lourdes depenses, lorsque les compagnies de navigation
se montraient disposees a entretenir a bord de leurs unites une surveillance capable
a tons points de vues. A cet egard, tous les pays desireux de proteger leurs ressortis-
saates voyageant seules, devraient adopter des mesures leguslatives tendant a la
creation de ces postes de surveillantes.
J'ai done I'honneur, Monsieur le President, de proposer la resolution suivante,
celle qui porte le n° 2:
« Chaque Puissance maritime est invitee a adopter des mesures legislatives
contraignant les compagnies de navigation portees sur leurs registres, a prendre a
leurs frais, a bord de chacun de leurs paquebots transportant des femmes ou jeunes
filles non accompagnees de leur pere, de leur mere ou de leur mari, une personne
qualifiee pour agir en qualite de surveillante. Les nominations ainsi faites seront
soumises au controle des autorites competentes, du Gouvernement ou de la Puis-
sance interessee, de fa§on a assurer a ces surveillantes une protection efiicace
dans I'exercice de leur tSche. »
La premiere resolution que j'ai I'honneur de presenter decoule de celle-ci; je n'en
dirai que quelques mots. A mon avis, le veritable moyen d'obtenir le maximum de
s^curite, et d'eviter I'entree de femmes ou jeunes filles indesirables, consist'e pour
chaque pays a adopter le principe admis au Canada: il est interdit a toutes femmes
non accompagnees de leur mari, de leur pere ou de leur mere, de s'embarquer h
bord d'un navire sans etre en possession d'un permis officiel de naviguer 6manant
de fonctionnaires qualifies du pays dans lequel elles se rendent. Ce permis serait
d61ivre apres une enquete approfondie h laquelle il serait precede par les fonction-
naires en question.
Je tiens k ajouter, Monsieur le President, que la proposition que je fais n'est pas
une simple suggestion personnelle; ce n'est pas une improvisation. J'ai vovdu faire
ressortir revolution des mesures legislatives, prises par le Gouvernement
canadien depuis plusieurs annees. Mes fonctions consistent k assurer I'appli-
cation de ces reglements de I'autre cote de I'Atlantique, et je m'y suis entierement
consacre, parce que je les considere comme les mieux propres a assurer la securite
des femmes qui voyagent non accompagnees. C'est pourquoi j'ai I'honneur de pre-
senter cette resolution. Je la presente avec toute la force que me donne I'experience
faite par le Gouvernement canadien, laquelle est tres grande en matiere d'immigra-
— 45 —
on a ship, nor are members of the crew sufficiently restrained by the officers of the
ship from seeking the acquaintance of daring, irresponsible women. My own expe-
rience has led me to the definite conclusion that a middle-aged woman with tact
and authority, to act as matron on the voyage, is an essential company in every case.
Indeed, women and girls should not be carried on any ship where there is no such
official. She should be paid well and should be licensed at a nominal annual fee,
making her subservient to a licensing authority such as the Board of Trade Shipping
Department, and thus in a measure protecting her against the company engaging
her. A matron without authority in herself and not fully supported by the ship's
officers would be useless. Even then, if a designing young couple on a ship intend
to frustrate the observation of the matron they will generally succeed.
. Canada for some time had a system of Government conductresses, ' rained
women, and made it a condition of emigration that unaccompanied women should
proceed only on steamships on which there would be one of these official con-
ductresses. These women were especially chosen; they received cabin accommoda-
tion and were well paid by the Government, and thus were enabled to disregard
the feelings of everyone on the ship in their reports to the Government no
matters connected with the voyage of people under their charge. With the
growth of emigration, Canada thought herself obliged to relinquish this system as
one entailing very great expense, but only on the steamship companies undertaking
to put on each sailing a matron suitable, efficient and desirable for the work. In
this way every country desiring to protect their own unaccompanied women and
girls should legislate in favour of a matron.
Then, Mr. President, I propose the following resolution, really No. 2 :
"That every maritime Power be invited to pass s\ich legislation as will make
it an obligation on shipping companies on their register to place (at the expense
of such companies) on each passenger steamer carrying women or girls un-
accompanied by father, mother or husband, a suitable woman as conductress or
matron — such appointment to be subject to supervision by the competent
authority of such Government or Power to ensure adequate protection for such
conductress or matron in the proper discharge of her duties on the voyage."
Following on that, Mr. President, is the corollary, or resolution No. 1 oi^ the
same page, regarding which I will say just a few words. In my opinion, the true
way to secure the maximum of safety, and to ensure the non-admission of undesirable
women and girls, is for each country to adopt the Canadian principle: that no
woman unaccompanied by husband, father or mother shall be embarked on a ship
unless and until she has received from the accredited officer of the country to which
she is emigrating an official permit to sail. This would be given after due enquiry
by such officials of the country to which the emigrant was proceeding.
Mr. President, this is not a suggestion of mine ; it is not simply thought of for
|:the moment. This has been the evolved legislation and policy of the Canadian Govern-
ment for several years. I have the duty of imposing this regulation on our side of the
: Atlantic and I do it because I believe it is the safe and proper thing to do for all unac-
companied women. Therefore, I present this resolution to you. I present it with the
I backing of the experience of the Canadian Government, whose experience in immi-
gration matters is very large. I can only say this: in some years we received into
tion. Je ne dirai que ceci: en.quelques annees, le Canada a regu 400.000 immigrants,
qui provenaient sans doute d'au moins quarante pays differents. La resolution
est comma suit :
« Chaque gouvernement est invite a faire voter des mesures legislatives inter-
disant de delivrer un billet de passage, ou d'accorder passage, pour quelque classe
que ce soit, a bord de quelque bateau que ce soit, a toute femme ou jeune fille non
accompagnee de son pere, de sa mere ou de son mari, qui n'aura pas regu au prea-
lable, d'un fonctionnaire du pays ou elle se rend, un permisdedebarquercommeimmi-
grante, conformement aux lois et reglements en vigueur concernant I'emigration ».
Je m'excuse. Monsieur le President, d'avoir si longtemps retenu I'attention de
la Conference, mais il s'agissait de questions importantes. II est a esperer qu'une
discussion approfondie va avoir lieu, et que des resolutions seront adoptees a la
suite de cette discussion; etant donne qu'elles presentent entre elles une certaine
connexite, je demanderai a la Conference la permission, le cas echeant, de prendre a
nouveau la parole, au cours des debats.
M. Dendramis (Grece). Je crois que, dans I'interet de la lutte contre la traite
des femmes, nous ne devons pas prendre des mesures allant a I'encontre de la liberte
individuelle ou qui constitueraient une restriction a cette liberte. La proposition
du delegue canadien est tres grave. II demande en eflet, que chaque gouvernement
soit invite a adopter des mesures legislatives, en vue d'interdire la vente a toute
femme ou jeune fille, d'un billet de passage, quelle qu'en soit la classe, ou d'interdire
leur passage sur un navire quelconque, a moins que cette femme ou cette jeune fille,
si elle n'est pas accompagnee par son pere, sa mere ou son mari, n'ait re^u, au prea-
lable, du representant du pays dans lequel elle se rend, I'autorisation de debarquer
comme immigrante dans ce pays, sous reserve de toute loi et mesure en vigueur
concernant I'emigration.
En effet, il y a des femmes ou des jeunes filles qui sont accompagnees d'un frere
majeur ou d'un parent au premier degre. Nous ne pouvons done pas etendre a ces
femmes, les jnemes dispositions. II y a aussi des femmes et des jeunes filles qui
emigrent pour celebrer leur mariage et qui font la declaration expresse de leurs
fian§ailles devant I'autorite consulaire.
Je propose done, etant donne I'importance de ces questions, qu'elles soient ren-
voyees a une commission. Si cette commission etait effectivement constituee il
serait utile que le directeur de I'emigration du Bureau international du Travail
assiste a ces deliberations. Ce haut fonctionnaire, d'ailleurs, representerait le Bureau
international du Travail, sur I'invitation expresse du Secretariat general de la Societe
des Nations.
M. le President. Je crois bien faire en vous presentant tout de suite une obser-
vation: il resulte a I'evidence des deliberations de ces deux journees de travail que le
delegue fran^ais, Son Excellence M. Regnault, avait raison, dans une seance prec6-
dente, de vous proposer la nomination de commissions. Nous avons, en eflet, abouti
sur d'autres questions, a la nomination de commissions et cela par la force des
choses. Nous aboutissons encore en ce moment a la nomination d'une troisieme Com-
mission. Vous vous rappelez que le delegue fran^ais avait propose la constitution de
trois commissions: la premiere. Commission generalc; la seconde, Commission pour
r^tude des questions d'ordre legislatif et administratif ; la troisieme, Commission de
propaganda
Si vous etes tons d'accord devant cette evidence des faits, pour admettre aujour-
d'hui la formation d'une troisieme Commission, nous pourrions assurer ainsi la marche
r^guliere de nos travaux. Nous avons use deux fois dej^ de ce precede et il semble que
ce soit le seul vraiment pratique pour aboutir rapidement.
Vous avez nomme, ce matin, une Commission pour I'examen de questions
importantes d'ordre juridique; peut-etre cette Commission pourrait-elle devenir
la Commission permanente que vous avez en vue. Les membres designes ce matin,
et qui sont des juristes, pourraient tres bien, si vous etes d'accord, fonctionner dans
la Commission que vous me proposez d'instituer.
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction: Je me permets de dire quelques
mots sur cette proposition. J'ai i faire une proposition qui, dans une certaine mesure,
— 46 —
Canada 400,000 immigrants and probably coming from no less than forty different
countries. The resolution is as follows:
" That each Government be invited to pass legislation to provide that
no women or girl regardless of class of passage shall be sold a passage ticket — or
be given passage — on any vessel unless such woman or girl, being unaccompanied
by father, mother or husband, has first received from the representative of the
country to which she is proceeding consent to land as an immigrant in such country
subject to all other existing immigration laws and regulations."
Mr. President, I am afraid I have detained the Conference too long, but these
are great questions. We hope for discussion and some resolution to be passed as
the result of discussion, and, because they are somewhat mingled with each other,
I would ask the Conference for the privilege and opportunity of replying later on.
M. Dendramis (Greece). — Translation: I think that, in the interest of the
fight against the traffic in women and children, we must not take measures
that would encroach upon or restrict individual liberty. The question which has
been raised by the Canadian Delegate is a very grave one.
His proposal is that every Government should be asked to pass measures to
forbid the sale of a ticket to any woman or girl, regardless of the class she wishes
so travel, unless she is accompanied by the father, mother or husband or unless
the has previously received permission to land as an immigrant from the represen-
tative of the country to which she is proceeding and is able to comply with all the
laws and regulations of that country.
Many women and girls travel in the company of brothers who are of age, or
of near relatives. These women can hardly be subjected to the same conditions
as those who are unaccompanied. Then there is the question of women and girls
who are going abroad to marry, and who make a declaration to that effect before
a Consul.
In view of the importance of these questions, I propose that they should be
referred to a committee. It would be helpful if the Director of Emigration at the
International Labour Office could be present at these discussions. This official
would represent the International Labour Office at the express invitation of the
Secretariat of the League of Nations.
The President. — Translation: I should like to make one observation. From
our experience of the last two days' work, it is evident that His Excellency
M. Regnault, the French Delegate, was right when he proposed, at one of our
earlier sittings, to appoint committees. We have found, with regard to other
questions, that the appointment of a committee was the only solution. Now we
must have recourse to a third committee. You will remember that the French
Delegate originally proposed three committees; a General Committee, a Committee
for Legislative and Administrative Questions, and a Committee for Propaganda.
If our past experience has convinced the Conference that we should proceed
to-day to the appointment of a third Committee, we can, I think, reckon upon
transacting our business in an orderly manner. We have already made use of this
device on two occasions, and it appears to be the only practical means of arriving
quickly at a decision.
This morning you appointed a Committee to deal with important legal ques-
tions. Possibly, this committee might become the Permanent Committee which
you have in view. The members whom you appointed this morning, who are all
jurists, might, if you agree, act on the Committee which you now propose to set up.
Mr. Harris (Great Britain). — Might I say a few words on this proposal ?
ave here a suggestion which, to some extent, covers the ground already covered
— 47 —
coincide avec celle qu'a presentee le delegue canadien. Je vous demanderai d'abord
la permission de vous presenter mes observations, puis de proposer, etant donne
que toutes ces questions administratives soulevent des problemes d'une importance
considerable, de les renvoyer, ainsi qu'il a ete propose, a une commission specials,
chargee d'examiner les questions administratives. Nous aurons ainsi nomme trois
commissions: Tune s'occupant de la question de I'extradition ainsi que de toutes les
autres questions juridiques qui pourront etre soulevees; une deuxieme chargee
d'examiner la creation d'une commission permanente; et enfin, si ma suggestion
regoit votre approbation, une troisieme commission chargee des questions admi-
nistratives.
Nous aurons bientot epuise notre ordre du jour, et il ne sera peut-etre pas
necessaire de nommer d'autres commissions que celles que nous avons dej^ designees.
Nous pouvons nous en tenir, me semble-t-il, aux commissions que nous avons nom-
mees. S'il se presente de nouvelles questions, nous pourrons les renvoyer soit a une
nouvelle commission, soit a I'une des commissions existantes.
Je ne suis pas sur d'avoir bien compris I'idee de Son Excellence M. le
delegue de la France, quand il a fait allusion a une commission de propagande.
Je me demande si" au lieu d'une commission de propagande, il ne serait pas desirable
d'avoir une commission s'occupant de la traite des enfants, I'un des points impor-
tants de notre ordre du jour. Je serais heureux de connaitre I'avis de la Conference
sur ces differents points.
M. Regnault (France). Je vous remercie d'avoir mis aux voix la question
qui avait deja ete presentee par moi a la Conference. Je crois que ce sujet qui etait
examine a I'instant meme par MM. les delegues canadien et britannique, est un
sujet d'une extreme importance et dont la solution est tres dificile. Comme le disait
tout a I'heure mon collegue de Grece, cette question touche au prijicipe de la liberte
individuelle qu'il faut respecter. Si Ton se hatait d'accepter des textes, nos decisions
feraient I'objet de critiques et pourraient soulever des protestations generales. La
femme se trouverait placee dans une situation exceptionnelle, a I'etat de paria de
I'humanite. Elle ne pourrait plus voyager sans presenter des certificats, des passe-
ports, des repondants et toutes les femmes seraient considerees comme des per-
sonnes qui doivent etre soumises a des mesures de suspicion entachant leur hono-
rabilite. Je ne puis que m'elever contre ces idees. Cependant, je reconnais que les
idees mises en avant sont excellentes dans leurs inspirations. II est evident, en ce
qui touche les mineurs — et je n'etablirai pas de distinction entre mineurs hommes
et femmes — qu'on ne doit pas leur permettre d'entreprendre un voyage sans etre
assure k I'avance qu'ils ont obtenu I'assentiment de leur famille ou de leur tuteur.
Sur ce point, je suis d'accord avec M. le delegue du Canada.
Mais en ce qui concerne les passeports et toute cette serie de mesures draco-
niennes, je ne puis que protester. Je suis persuade que si nos coUegues veulent bien
presenter leurs observations devant une commission, ils seront amenes d'eux-memes a
les modifier et k proposer des mesures qui n'auront pas un caractere special k I'egard
de la moitie du genre humain.
Pour ce qui est de la proposition de mon honorable collegue britannique, qui
declare que nous avons nomme ce matin une Commission d'ordre judiciaire et qui
demande qu'on lui renvoie I'examen de la question, je suis d'accord; seulement, je
crois qu'il serait necessaire d'augmenter le nombre des delegues. Nous avons designe
ce matin cinq ou six membres. Pourquoi ne pas porter k onze le nombre des membres
de la Commission judiciaire et d'appeler, comme I'avait dit notamment M. le d^le-
gu6 britannique, un membre de la Commission de I'^migration du Bureau interna-
tional du Travail a venir fournir des renseignements sur les questions d'emi-
gration. Nous-memes, sans faire partie de cette Commission, serious heureux de
produire des documents concernant la question des bureaux de placement et
d'indiquer quelles sont les mesures prises par le Gouvernement fran^ais dans I'in-
teret des id6es exposees par le delegue britannique. Je crois absolument neces-
saire d'envisager I'ensemble de la question.
Je propose la motion de porter a onze le nombre des membres de la Commission
d'ordre judiciaire.
— 47 —
by the Canadian Delegate. I ask your permission for me to make my statement
now, and tlien to suggest that, as these administrative questions raise problems
of considerable importance, they should be referred, as you propose, to a special
committee deahng with administrative questions. We shall then have appointed
three committees : one which is dealing with the extradition question and to which
in future any other legal points which arise might be referred ; we have then appointed
a second committee which is going to consider the question of the creation of a
standing committee, and now, if this suggestion is agreed to, we shall be appointing
a third committee to deal with administrative questions.
We are now getting towards the end of our questions on the Agenda, and
it may be unnecessary to appoint any further committees than those which we
have already appointed. I would rather suggest that we might be content with
the committees we have appointed, and if any other questions arise, we might
either refer them to a new committee or possibly to one of the existing committees.
I am not quite sure what was in the mind of His Excellency the French Delegate,
when he referred to a propaganda committee. It occurred to me that instead
of a propaganda committee it might be desirable to have a committee to deal with
the traffic in children, which is one of the important questions lower down on
the Agenda. I should be very glad to know what the Conference thinks on
these points.
M. Regnault (France). — Translation : I thank you, Mr. President, for putting
to the Conference the suggestion which I previously made. I think the question
that has just been considered by the British and the Canadian Delegates is of the
greatest importance, but not at all easy to decide. As the Greek Delegate pointed
out, it affects so nearly the great principle of individual liberty that, if we show
undue haste in finding a formula, we shall expose ourselves to criticism and we
might raise a general outcry. Women would be placed in an inferior position and
degraded to the level of pariahs. They could not travel without certificates,
passports, and references, and all women would be regarded in the same light —
as persons who ought to be subject to special measures of supervision, damaging
to their good name. I must oppose these views, though I recognise the lofty
ideals that inspired them. On one point I am in agreement with the Canadian
Delegate. It is clear that no minors — and by that I mean men as well as women
— should be allowed to undertake a voyage unless they can show that they have
obtained the consent of their parents or guardians.
But against passports and all other drastic measures I must protest. I feel
convinced that, if our colleagues will only agree to state their case before a
committee, they will, of their own accord, modify their proposals and will suggest
measures which do not discriminate against half mankind.
I am in agreement with the proposal of the British Delegate when he suggests
that we should refer the matter for examination to the Legal Committee which
we appointed this morning. But I am of opinion that the number Qf delegates
should be increased. We elected this morning five or six members. Why not raise
the number of the Legal Committee to eleven, and, adopting the suggestion of the
British Delegate, invite a member of the Emigration Committee of the International
Labour Office to assist us with information on questions of emigration ? Though
not a member of the Committee, I shall be glad to furnish documents dealing
with employment agencies and to give some account of the steps taken by the
French Government, in order to contribute to the discussion of the views expressed
by the British Delegate. The subject, in my opinion, should be viewed from
every side.
I move that the Legal Committee consist of eleven members.
— 48 —
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction : Je m'excuse, Monsieur le Pre-
sident, de prendre a nouveau la parole, mais je crois devoir commenter brievement
ma proposition. La Conference sera ensuite en mesure de prendre une decision sur
le renvoi de ces diverses questions a une commission.
Je suis tres reconnaissant au delegue de la France pour les precieuses sugges-
tions qu'il a faites, concernant la methode de travail la plus rapide pour cette Confe-
rence. Je declare en mon nom personnel — et je suis sur que le delegue canadien
sera de mon avis — que nous accueillerons avec le plus grand plaisir toutes les
suggestions qui seront faites devant cette Conference concernant la meilleure methode
a employer pour I'examen des diverses propositions. La proposition que j'ai I'honneur
de presenter tend a obtenir un accord international sur les bases suivantes:
1° Aucune mineure ne sera autorisee a quitter son pays sans etre munie d'un
passeport. Aucun passeport ne sera accorde sans examen prealable.
2° L'interessee devra'etablir a I'appui de sa demande de passeport les raisons
pour lesquelles elle entreprend son voyage. Sa demande devra etre appuyee par au
moins un repondant honorable;
3° Si l'interessee se rend a I'etranger pour y tenir un emploi, elle devra produire
une declaration ecrite de son futur patron, concernant la nature et les conditions
de cat emploi. Cette declaration sera certifiee exacte par les autorites du district
oil reside ledit patron ;
4° Aucun passeport ne sera delivre a une femme de moins de dix-huit ans
sans le consentement de ses parents ou de son tuteur.
J'ai deja communique a la Conference les termes de ma proposition visant a
interdire aux jeunes femmes de se rendre a I'etranger sans passeport, et a soumettre
la delivrance de ces passeports a de certaines conditions.
Mon but, en faisant cette suggestion, est celui-ci: I'Arrangement international
de 1904, dont nous connaissons I'importance, ne semble pas avoir resolu complete-
ment le probleme du placement des jeunes femmes a I'etranger. L'article 6 prevoit
le controle des agences de placement procurant des emplols a Tetranger. Je crois que ce
xjontrole, lorsqu'il est effectif, donne des resultats suffisants. Le "London County
Council", qui jouit d'attributions speciales concernant I'octroi des licences et le
controle des agences de placement et autres agences de Londres, m'a informe quele
systeme adopte fonctionne de fa^on tres efficace ; des reglements speciaux ont ete ela-
bores concernant les obligations de ces agences lorsqu'elles s'occupent du placement
de jeunes femmes a I'etranger. Ces reglements etant cites dans la reponse du Gouverne-
ment britannique au questionnaire, je ne les repeterai pas ici; toutefois, il est un
fait certain: c'est que des jeunes femmes peuvent etre recrutees pour le placement
a I'etranger sans avoir a passer par une agence. On pent citer le cas oil des gens,
au moyen d'annonces, cherchent a engager des jeunes filles dans des troupes
theatrales pour des tournees a I'etranger. II peut se faire que le contrat offert soit
b'on, mais il n'est pas rare qu'a I'arrivee des jeunes filles en terre etrangere, le contrat
ne soit plus observe; les jeunes filles se trouvent alors livrees a I'abandon avec toutes
ses consequences regrettables.
En Grande-Bretagne, nous avons une loi speciale concernant le cas des jeunes
artistes. II est interdit d'envoyer a I'etranger aucun enfant de moins de quatorze
ans, en vue de representations retribuees. Les jeunes filles de quatorze a seize ans
ne peuvent etre envoyees a I'etranger pour y donner des representations sans avoir
obtenu une licence speciale du tribunal, et I'octroi de ces licences est soumis a des
conditions extremement strictes.
II Serait possible d'etendre, au moyen de mesures legislatives nouvelles, cette
procedure a toutes les jeunes femmes au-dessous d'un certain Sge qui cherchent
un emploi a I'etranger. Toutefois, cette question souleve certaines difiicultes admi-
nistratives, et cela serait peut-etre une severite inutile que d'exiger de toutes les
jeunes femmes qu'elles se procurent une licence auprcs d'un tribunal.
II y a cependant une procedure beaucoup plus simple qui, selon moi, pourrait
etre appliquee aisement et sans frais. Elle consi'sterait a utiliser le mecanismo adnii-
nistratif du systeme des passeports de la fa^on sugger^e dans la resolution. Je crois
savoir que I'obligation d)i passeport pour toutes les personnes voyageant a I'etranger
est une mesure administrative adoptee par tons les pays. On pourrait, moyennanl
— 48 —
. Mr. Harris (Great Britain). — Mr. President, I am very sorry to trouble
the Conference again so soon, but I thought it might be convenient if I now made
a short statement of my proposals and then the Conference can decide upon the
reference of these questions to a committee. I am much obliged to the French
Delegate for his very useful suggestions as to how the work of the Conference can
be carried on most expeditiously. Speaking for myself (and I am sure the Canadian
Delegate will agree), we shall be only too glad to fall in with any suggestions the
Conference may offer as to the best method for considering the proposals. The
proposal I make is that we shall have some international agreement on these lines:
(1) No woman under 21 shall be allowed to leave her country without a passport,
and no passport shall be given without due consideration.
(2) The applicant for a passport shall state her reasons for her journey and
the application shall be supported by one or more reputable persons.
(3) When the applicant is proceeding to employment abroad, she shall produce
a written statement from her prospective employer as to the nature and conditions
of employment, and such statement shall be verified by the authorities of the district
where the prospective employer resides.
(4) A passport shall not be issued to a woman under 18 without the consent
of her parents or guardian.
I desire to submit to the Conference a proposal, the terms of which have already .
been circulated, that young women should not be allowed to proceed abroad without
a passport, and that certain conditions should be attached to such passports.
My object in making this suggestion is because the valuable international
Agreement of 1904 does not appear to deal completely with the question of the
employment of young women abroad. Article 6 provides for the exercise of super-
vision over agencies engaged in finding employment abroad, and I believe that
such supervision, when it is effective, produces satisfactory results. The London
County Council, who obtained special powers to license and supervise employment
and other agencies in London, informed me that the working of their system has
been very effective. They have made special bye-laws as to the steps which have
to be taken by an agency attempting to find situations abroad for young women,
and as these bye-laws are quoted in the reply of the British Government to the
questionnaire, I will not repeat them. It is a fact, however, that young women
may be recruited for employment abroad without going to an agency at all. There
is the case of the men who advertise for girls to form theatrical troupes for foreign
engagements. A good contract may be offered, but it not unfrequently happens
that when the girls reach the foreign country the contract is not observed and they
fmd themselves stranded, sometimes with undesirable consequences.
In Great Britain we have a special Act dealing with the case of young per-
formers. No child under 14 can be sent abroad at all in order to perform for profit.
Young persons between 14 and 1.6 cannot be sent abroad to perform unless they
obtain a special license from the Court and very stringent conditions can be, and
are, attached to these licences.
It would be possible to extend this procedure by further legislation to all
young women under a certain age who seek employment abroad, but there are
certain administrative difficulties in the way, and it might prove an unnecessary
hardship to require all young women to obtain a licence from a court.
There is, however, a much simpler procedure which, it appears to me, could
be easily and inexpensively applied to such cases and that is by using the admini-
strative machinery of the passport system on the lines suggested in the Resolution.
I understand that the requirement of passports in the case of all persons travelling
abroad is now part and parcel of the administrative machinery of all countries.
— 49 —
une faible depense et iin leger travail supplementaire, etudier plus specialement les
demandes de passeport emanant de jeiines femmes au-dessous d'un certain age,
par example des mineures.
Je ferai remarquer que, du jourou une surveillance plus efficace sera exercee sur
le deplacement des jeunes femmes d'un pays a I'autre, il deviendra beaucoup plus
difficile aux gens sans scrupules de les reeruter dans un but immoral, et nous aurons
atteint dans sa racine le systeme meme qui sert de base a la traite des femmes.
Toutefois, je ne fais cette proposition qu'avec une certaine reserve, car si je
la crois applicable dans beaucoup de pays, il pent se presenter dans d'autres des
difficuites d'application que j'igaore. Je serais heureux de voir la Conference prendre
ma proposition en consideration, dans I'espoir que tot ou tard elle pourra fourni'r
matiere a un accord international. Si un tel accord paraissait impossible a I'heure
actuelle, je proposerais a la Conference de recommander I'adoption de cette sugges-
tion par les pays qui peuvent ou qui desirent lui donner effet. II est cependant evi-
dent que la valeur qu'aura cette suggestion sera fortement neutralisee, si elle n'est
pas universellement adoptee.
jVIme la Vice-Presidente. — Traduction: Je dois dire que j'hesite gran-
dement k me ranger aux propositions faites par les representants du Canada et de
la Grande-Bretagne. J'estime que nous devons sauvegarder les droits de I'individu,
ceux de la femme aussi bien que de I'homme, et que le fait d'exiger un passeport,
etc., d'une mineure, est une atteinte injustifiee portee ci sa liberie.
M. Harris nous a dit que tons les pays ont a present adopte le regime des passe-
ports, et que son projet ne representerait qu'une legere extension de ce regime.
J'espere que nous n'aurons plus a supporter bien longtemps le regime des passe-
ports. Nous avons tons souffert des inconvenients qui resultent des passeports;
plus tot nous en serons debarrasses, mieux cela vaudra.
II serait absolument injuste de ranger les femmes dans une categoric speciale
assujettie aux passeports, alors que les autres personnes en seraient dispensees;
ce serait accroitre les difficuites qu'ont les femmes a se deplacer. Dans mon pays,
une femme est majeure k partir de dix-huit ans. Les jeunes fd'.es de cet age ne sont pas
toujours capables de se conduire seules, mais je ne crois pas que la loi ait a iptervenir
en cette matiere et a les ranger dans une categoric autre que les hommes. II y a,
selon moi, d'autres moyens de proteger la femme. Toute cette discussion a montre
combien il est necessairede renvoyer cette question si complexe a une Commission.
J'estime que tout ce qu'on pent faire pour proteger la femme doit etre fait, mais a
condition de ne pas porter atteinte a sa liberie individuelle et aux droits que la loi
lui a reconnus a d'autres egards. En ce qui concerne les jeunes filles qui cherchent un
emploi, je crois qu'on leurimposerait la des conditions tropsevereset que Ton n'abou-
tirait qu'a leur rendre la vie plus difficile encore.
M. Obed Smith (Canada). — Traduction: Je m'associe bien volontiers a la
proposition qui a ete faite de renvoyer la question a une commission. Je le fais avec
plus de confiance encore, apres avoir entendu les observations de I'honorable delegue
de la Grece. M. Dendramis a cite le cas d'un frere emmenant sa soeur a I'etranger.
Mon experience de vingt-cinq ans m'a appris que les neuf-dixiemes de ces « freres »
ne sont pas du tout des freres, ou du moins ils sont les freres de quelqu'un d'autre.
En ce qui concerne les jeunes fdles qui vont a I'etranger pour se marier, je m'in-
clinerai volontiers si I'une d'elles m'apporte une attestation de son consul, mais vous
ne verrez jamais une telle attestation qu'une fois sur cent. Nombreuses sont celles
qui disent qu'elles emigrent pour se marier; mais en realite, le but de leur voyage
n'a rien de commun avec le mariage.
Je tiens a ajouter que le Canada a aboli le systeme des passeports pour les sujets
britanniques qui entrent sur son territoire, mais qu'il I'a maintenu pour les emigrants
du continent. La Commission se trouve done en presence d'une autre question a
resoudre: dans quelle mesure allons-nous nous mettre d'accord sur le systeme des
passeports ?
— 49 —
and very little extra expense or trouble would be involved if special attention
could be given to applications for passports from young women under a certain
age, say 21.
I would point out that if more efTective supervision could be exercised over
the movements of young women from one country to another, it would become
increasingly difficult for unscrupulous men and women to obtain recruits for im-
moral purposes, and we should be aiming a blow at the root of the system on which
the traffic in women is based.
I put forward this suggestion with some reserve because, while I believe it is
quite practicable in many countries, there may be difficulties in other countries
of which I am unaware. I should be glad if the proposal could receive cons dt^ration
from the Conference, in the hope that sooner or later it may furnish material for
an international agreement. If this should prove impossible at the present time,
I would propose that the Conference should recommend the adoption of the suggestion
in those countries which are able and willing to give effect to it. It is obvious,
however, that the value of the suggestion would be largely neutralised unless it is
universally or generally adopted.
The Vice-President. — I have very great doubts whether I could consent
to the propositions which have been made by the representatives of Canada and
Great Britain. I think we ought to safeguard the rights of the individual — and
of the individual woman as well as of the individual man. I think that to insist on
a woman who had not completed her 21st year having to have a passport, and
so on, would infringe on her liberty to a very undue extent.
Mr. Harris said that every country now had passports and it would only mean
a small addition to the passports, but I hope we are not going on with the passport
system for very much longer. I think we have all suffered in the way of pass-
ports, and the sooner we can do away with them the better.
For women to be put in a special class and to have to get passports, while
passports for all other people are done away with, I think would be very unjust
and would make a woman's movement^ very much more difficult. In my country
a woman comes of age, as far as her person is concerned, at 18 years of age. Girls
of that age are not always ripe to decide for themselves, but I do not think legisla-
tion can interfere there and put them into another class than a man. I think we
can safeguard women in other ways. The whole discussion shows how necessary
it is to refer this very complicated question to a Committee. I think everything
that can be done to protect women ought to be done, but without infringing on
their personal liberty and on the rights which the laws give them in other respects.
For girls seeking employment I think it would be a very great hardship to go
through and would make life much more difficult for them.
Mr. Obed Smith (Canada). — I very gladly welcome the suggestion that this
should be referred to a Committee. I do that with greater confidence after hearing
what my friend the Delegate from Greece has said. He quoted the case of a brother
taking his sister. My experience of 25 years is that nine out of ten "brothers" are
not their brothers at all; they are someone else's brothers.
Then, with regard to girls going out to marry, if a girl came to me with a
certificate from her Consul I would accept it, but only in one case out of a hundred
would you see a certificate of that kind. We hear of a great many going out to
marry, as they say, but they are not going out to do anything of the kind.
Another thing I wish to say is that Canada has abolished the system of pass-
ports on going into Canada so far as British people are concerned, but they
maintain it as far as Continentals are concerned. That means another question
for the Committee to settle — as to how far we can come into agreement on the
passport system.
— 50 —
Je termine en disant que, personnellement, je serais d'avis de maintenir le
systeme du passeport, tant dans I'interet des femmes et de tons les individus en
general que dans I'interet du pays oil se rendent les femmes.
M. Harris (Grande-Bretagne). — Traduction: Permettez-moi d'ajouter quel-
ques mots. Je desire que I'on comprenne bien que je n'ai jamais suggere de main-
tenir le systeme des passeports pour les jeunes femmes s'il devait etre abandonne
en ce qui concerne les hommes. Mais je dois avouer que je ne suis pas aussi
convaincu que Madame la Vice-Presidente, que le systeme des passeports sera
bientot supprime.
M. Lewald (Allemagne). Je tiens a declarer que les mesures proposees par le
delegue du Canada sont appliquees en Allemagne depuis plusieurs annees, en vertu
de Particle 6 de I'Arrangement de 1904.
Je me permets de demander si la proposition du delegue britannique s'appli-
querait egalement a I'emigration entre Etats voisin's tels que la France et la Belgique
ou entre I'Allemagne et les Etats limitrophes. Je citerai, par exemple, le cas du Dane-
mark. En ete, des jeunes femmes employees aux travaux agricoles emigrent durant
deux ou trois mois afm d'exercer leur metier. Je crois qu'il serait tres difficile de leur
appliquer des restrictions de ce genre.
II convient de veiller de tres pres a ne pas prendre des mesures susceptibles de
nuire a la vie economique des divers pays.
M. le President. La Conference est done saisie de trois propositions connexes,
dont deux du delegue canadien et la troisieme du delegue britannique. Les auteurs
de ces trois propositions sont d'accord pour le renvoi a une commission. Mais on
n'est plus d'accord sur la composition de la commission. Ici il y a aussi trois propo-
sitions. La premiere consiste a renvoyer les trois amendements a la commission
composee de cinq juristes et de M. de Graaf et chargee d'examiner la question
de I'extradition. La seconde consiste a completer cette commission de six membres
par I'adjonction de cinq autres membres. Enfin on a demande la nomination d'une
nouvelle commission de onze membres.
II faudrait bien que nous arrivions a nous mettre d'accord. Quelqu'un a-t-il
une proposition a faire a cet egard ?
Mes voisins insistent pour que je demande a la Conference si elle ne croit pas
preferable de renvoyer ces trois questions a une nouvelle commission qui pourrait
travailler en meme temps que les deux autres. On me fait observer que si Ton en-
combre les commissions de ce nouveau travail, cela pourrait retarder nos travaux.
M. Lafontaine (Belgique). Je partage I'avis de M. le President. La question
envisagee est du domaine du droit administratif, tandis que celle de I'extradition
est du domaine du droit penal. II vaudrait mieux que ce soit les personnes s'interes-
sant au droit administratif qui forment cette commission, si Ton veut aboutir a un
resultat pratique.
M. le President. Si vous entrez dans ces vues, voici toute preparee une com-
mission nouvelle: Pays-Bas, Inde, Suede, Danemark, Autriche, Espagne, Panama,
Siam, Afrique du Sud, Chili et Portugal. II va sans dire que le Bureau international
du Travail pourra envoyer un delegue de fa^on a faciliter I'etude des questiosn
soumises.
Les trois questions connexes sont done renvoyees a cette commission qui se
reunira demain.
M. Dendramis (Grece). M. le President, ne croyez-vous pas que les pays qui
ont un grand courant d'emigration et qui sont done interesses particulierement
a cette question devraient faire partie de cette Commission ? II y a T Italic, il y a
aussi la Grece oii Ton compte 300.000 emigrants chaque annee.
M. le President. Le plus simple serait peut-etre d'ajouter I'llalie et la Grece.
Nous arriverions au chiffre de treize, mais je pense que cela ne vous elTrayera pas.
— 50 —
I may say this personally — that for the protection of women and for the
protection of everybody, and for the protection of the country to which women go,
I would be in favour of the passport system being retained.
Mr. Harris (Great Britain). — May I add one word ? I wish just to make
it clear that I never should suggest that this system of giving passports to young
women should be maintained if the passport system were abandoned for men,
but I am afraid-I am not quite so sanguine as our Vice-President that the passport
system will be soon given up.
M. Lewald (Germany). — Translation: I should like to say that the proposal
of the Canadian Delegate has been in force for many years in Germany, under
Article 6 of the Agreement of 1904.
I would like to ask if that proposition of the British Delegate should apply
also to emigration between neighbouring States like between France and Flanders
or between Germany and neighbouring States. For instance, it is the case with
regard to Denmark. In summer there are young women agricultural workers who
emigrate for two or three months in order to work in some branch of agriculture.
I believe it is very difficult to apply such a restriction.
We must be very careful in the making of rules which prevent the economic
life of the various States.
The President. — Translation: With regard to the three closely related
proposals now before the Conference, two introduced by the Canadian Delegate
and one by the British Delegate, there is agreement that they should be submitted
to a Committee, but there is no agreement with regard to the composition of this
Com-mittee. Here also there are three proposals; first, that all three questions
shall be submitted to the existing Committee composed of five jurists and
M. de Graaf which is dealing with the question of extradition. The second
suggestion is that to this Committee five further members shall be added, and the
third, that a fresh Committee of 11 members should be set up.
We must now come to a decision on this subject. Does any member wish
to move a resolution ?
Some of my colleagues are anxious for me to get the views of the Conference
on another proposal. They are' in favour of referring all three questions to a new
Committee which would sit at the same time as the other two; and they point out
that, if the existing Committees have to cope with this new business, we run the
risk of falling into arrears.
M. Lafontaine (Belgium). — Translation : I agree with the President's views.
As the question we are now considering is really a question of administrative law,
while extradition is a question of penal law, it would lead to more practical results
if we submitted the matter to a Committee of experts on administrative law.
The President. — Translation : If the Conference approves of this suggestion,
I can give you at once the membership of the new Committee: — Netherlands,
India, Sweden, Denmark, Austria, Spain, Panama, Siam, South Africa, Chile
and Portugal. The International Labour Office can, of course, send a delegate to
assist the Committee in their investigations.
The three questions are referred, then, to this Committee, which will hold
its first meeting to-morrow.
M. Dendramis (Greece). — Translation: Mr. President, would it not be right
to give representation to countries from which emigration is taking place on a
large sca'e, and which are therefore especially interested in this question ? I am
thinking of Italy and also of Greece. From the latter country three hundred
thousand persons emigrate every year.
The President. — Translation : The simplest plan would probably be to
include Italy and Greece. That would raise the number to thirteen. I do not suppose
— 51 —
D'ailleurs nous serons quatorze avec le membre du Bureau du Travail. II en sera
done ainsi.
M. Obed Smith (Canada). — Traduction: En ce qui concerne le representant
du Bureau international du Travail, je rappellerai a M. le President que nous sommes
deux ici: M. Varlez et moi-meme. Gomme je fais partie d'une autre commission, je
propose de designer M. Varlez pour celle-ci.
M. le President. Nous sommes d'accord.
C'est peut-etre le moment de parler de la marche de nos travaux. II nous reste a
examiner le n" 9, lettre d) : projet de clause additionnelle rendant les conventions
applicables a toutes les colonies et dependances des Puissances signataires. Et, pour
finir, le n" 10, traite des enfants.
Si nous pouvions examiner rapidement aujourd'hui ces deux dernieres questions
et les renvoyer aussi a une commission nous gagnerions du temps.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Je vous propose d'ajourner cette question a demain.
C'est une question extremement interessante. L'Assemblee est fatiguee et j'aimerais
avoir son attention toute fraiche.
M. le President. Seriez-vous d'accord de proceder de la fagon suivante:
sieger demain matin en seance pleniere et reserver I'apres-midi pour les seances de
commissions.
Etes-vous d'accord ? (Assentiment).
Nous siegerons done demain matin a 10 heures en seance pleniere. L'apres-
midi, nous aurons les seances de commissions, et lundi matin, nous reprendrons les
reunions plenieres.
Plusieurs membres demandent de sieger dicianche matin.
Les Commissions demandent par contre a avoir la journee de dimanche pour
leurs travaux. .
M. Harris (Grande-Bretagne). • — Traduction: Je tiens a faire observer que
nous avons besoin d'un certain temps pour prendre connaissance de tons nos docu-
ments et etudier ces divers problemes. II me semble qu'il serait preferable de nous
laisser le dimanche libre a cet effet, si la chose est possible.
M. le President. Insistez-vous pour avoir une seance pleniere dimanche ?
Si M. Regnault le veut bien, nous remettrons aussi a lundi I'examen de sa proposi-
tion concernant la Commission de propaganda
La seance est levee a 11 heures.
— 51 —
that this figure will alarm you, and, in any case, the Committee will become fourteen
by the addition of the member of the Labour Office.
If no one objects, I declare the proposal adopted.
Mr. Obed Smith (Canada). — As to the representative of the International
Labour Office, there are two of us here,' Mr. President : M. Varlez and myself. As
I am on some other Committee, I suggest that M. Varlez be on this.
The President. — Translation: We are all agreed on that point.
We should perhaps now refer to the further procedure with regard to items
on the Agenda. Question 9 (rf) remains for consideration: "Proposed addition
of clause making the Conventions applicable to all Colonies and Dependencies
of Signatory Powers," and also Question 10, "Child Traffic."
Perhaps we could deal with these two questions to-day in order to be able
to refer them to a Committee and the Committees could then proceed forthwith
with their work.
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation : I propose that this business be
dealt with to-morrow. I feel that the Conference is now tired, and I should like
to have the close attention of the members to this very interesting question.
The President. — Translation: Does the Conference agree to a plenary
meeting to-morrow morning, and to meetings of the Committees in the afternoon ?
(Assent).
It is then decided that the full Conference will meet at 10 to-morrow morning.
The Committees will meet in the afternoon, and on Monday morning we shall resume
our plenary meetings.
Certain members propose that a meeting of the Conference should be he!d on
Sunday morning, but the Committees would like to work on that day.
Mr. Harris (Great Britain). — I should like to suggest that we shall require
a little time to read our papers and to consider some of these problems. I think
it would be rather better to have the Sunday free for that purpose, if possible.
The President. — Translation : Does any member insist on a plenary meeting
on Sunday ? If M. Regnault is agreeable, we shall postpone until Monday morning
the discussion of his motion on the Committee of Propaganda.
The Conferenee adjourned at 5 p.m.
VI
Quatrieme seance pleniere.
Samedi 2 juillet 1921, a 10 h.
M. Michel Levie, President.
1. PROCfiS-VERBAL ET COMMUNICATIONS DIVERSES.
M. le President. Mesdames et Messieurs. Vous avez regu communication du
proces-verbal des deux seances d'hier. Je parle du Bulletin quotidien. Y a-t-il des
observations a presenter sur le proces-verbal de I'une ou I'autre des deux seances ?
Ce n'est pas le cas, je considers done ces deux proces-verbaux comme adoptes.
M. le President. Nous avons re§u le telegramme suivant: « Le Conseil de la
Ligue des Femmes des Etats-Unis pour la Societe des Nations envoie ses saluta-
tions et ses meilleurs vceux pour votre grande ceuvre. Des dizaines de milliers de
femmes qui travaillent pour supprimer ce mal social deplorent que I'Amerique ne
soit pas ofTiciellement representee; de telles omissions ne seront pas tolerees long-
temps. Harriet Laidlaw, Fort Washington, N. Y. »
Nous avons encore regu le telegramme suivant de Londres : « Les deleguees
de cinquante associations de femmes britanniques appellent vivement I'attention
de la Conference de la traite des femmes sur la necessite d'aboHr I'existence de mai-
sons de tolerance et le systeme de la reglementation de la prostitution, comme etant
la methode la plus effective d'enrayer la traite. Nancy Astor, presidente. »
2. EMPLOIS A L'fiTRANGER ET PROTECTION DES fiMIGRANTES.
Le President. Le Gonseiller technique de la Ville libre de Dantzig a la parole.
M. ZuM BuscH (conseiller technique dantzikois) (parlant en allemand) ; tra-
duction: Le Comite dantzikois s'est fait un devoir de combattre par tous les
moyens la traite des blanches et les entreprises similaires. A cet eflet, il a nomm6
una surveillante pour le « home » des emigrantes avec mission de conseiller les
jeunes filles et les femmes qui voyagent seules et de les proteger pendant leur
sejour dans la Ville libre.
Au depart des navires d'emigrants cette surveillante proc^de k un controlo
pour se convaincre que les jeunes filles se trouvent bien s^parees des voyageurs dc
VI.
Fourth Plenary Meeting.
Saturday, July 2nd, 1921, at 10 a.m.
M. Michel Levie, President.
1. MINUTES AND VARIOUS COMMUNICATIONS.
The President. — Translation: You have before you the Minutes of the
two Meetings of yesterday in the Document called the Daily Bulletin. Has any
lady or gentleman any observation to make on the Minutes of either Meeting ?
There are no remarks: then I will take the Minutes as adopted.
The President. — Translation: The following telegram has been received
from Washington: —
"Women's Pro-League Council of United States sends greetings and best wishes
for your great work. Tens of thousands of women working for social evil ameliora-
tion deprecate that America has no official representative. Such omissions will
not long be tolerated. Harriet Laidlaw, Fort Washington, N. Y."
The following telegram has been received from London:^
"Representatives of fifty British Women's Organisations urge Traffic in Women
Conference necessity of abolishing licensed brothels and regulation system as most
effective method of checking traffic. Nancy Astor, Chairman."
EMPLQYMENT ABROAD AND THE PROTECTION
OF WOMEN EMIGRANTS.
The President. — Translation: The Technical Adviser of the Free City of
Danzig will address the Meeting.
M. ZuM BuscH (technical adviser for Danzig) (speaking in German); Trans-
lation: A Danzig Committee has undertaken the duty of combating the White
Slave Traffic and similar enterprises by every possible means. Fpr this purpose
it has appointed a matron for the E migrants' Home, whose duty it is to advise
young girls arid women travelling alone and protect them during their stay in
the Free City.
When emigrant ships leave, this matron inspects them to make sure that the
young girls are really separated from travellers of the other sex. She correspoods
— 53 —
I'autre sexe. Elle correspond avec les parents des emigrantes soit dans leur pays
d'origine, soit dans le pays oil elles se rendent, et s'efTorce de leur procurer les moyens
de continuer leur voyage, etc., etc. Grace au controls exerce dans les gares, des
mesures sont prises pour que les emigrantes qui voyagent seules, soient protegees
et ne tombent pas dans les mains des exploiteurs.
II existe une etroite cooperation entre le comite, le bureau d'emigration, le chef
de la police, I'office de bienfaisance publique et d'autres organisations semblables.
Dans le cas oil il s'agit non pas d'emigrantes etrangeres, relevant du bureau
d'emigration, mais de ressortissantes de la Ville libre, c'est la Direction du Comite
ou celle de TofTice de bienfaisance publique qui s'en occupe.
Deja, a maintes reprises, on a reussi a dissuader les jeunes Dantzikoises d'un
depart inconsidere et a les sauver de la d^cheance en leur demontrant que I'emploi
pour lequel elles ont ete engagees etait reprehensible.
Une pareille activite n'est cependant possible et fructueuse qu'a condition qu'un
lien international soit etabli entre les organisations qui travaillent dans ce sens, et
que toutes les informations necessaires puissent etre fournies aussitot que possible
a celui qui les demande.
Grace k des accords entre le bureau d'emigration et le bureau des passeports du
commissariat de police, nous avons deja obtenu que les passeports soient delivres
seulement contre des certificats de Poffice d'emigration.
Si I'oflice d'emigration a des soup§ons sur les indications concernant la desti-
nation des voyageuses, il saisit la Direction du Comite qui apprecie s'il est bien de
I'interet de la jeune femme de poursuivre son voyage. C'est seulement quand les
informations sur la destination ne laissent aucun doute que le passeport est delivre.
En suggerant ces methodes-, j'ai I'honneur de presenter encore les propositions
suivantes :
1. En cas de depart d'une jeune femme, le « home » des emigrantes ou I'orga-
nisation qui s'en est occupe devra envoyer une communication etablie d'apres
un formulaire, a I'organisation analogue du lieu de destination, en la priant de
s'assurer si la voyageuse est bien arrivee et de s'occuper d'elle au debut de son sejour.
Si une organisation de ce genre n'existe pas au lieu de destination, c'est I'orga-
nisation de la province la plus rapprochee qui devra remplir sa tache.
2. Avant le depart des jeunes voyageuses, on devrait demander a chaque bureau
de passeports une communication sur leur destination, et le passeport ne devrait
etre delivre que quand une organisation de morale publique (ceuvre, eglise ou comite)
aurait donne I'assurance que le but du voyage est justifi6. Ceci n'est possible
que dans le cas d'une cooperation etroite entre les organisations des differents
pays.
3. Je prie la Conference de vouloir bien se prononcer sur la question de la
reglementation des maisons de tolerance ou sur leur suppression complete, et cela
dans tous les pays.
4. L'etablissement d'un office central international charge de signaler les trai-
tants est des plus necessaires et des plus urgents. Toutes les associations oil organes
de surveillance qui ont connaissance de cas suspects devraient echanger tous les
trois ou six mois des indications sur les traitants, en indiquant leur nom, leur date
de naissance, leur origine, etc., etc. Un registre central pourrait etre tenu a la
disposition des interesses, et chaque fois qu'une demande lui serait faite il donnerait
des indications exactes sur les individus suspects, et revelerait ainsi au grand jour
une activite criminelle, qui ne pent prosperer qu'a la faveur de I'obscurite. Cetle
obscurite, tachons de la dissiper et nous atteindrons le remede le plus efficace contre
cette terrible maladie sociale dont nous nous occupons en ce moment.
3. STANCES DE COMMISSIONS.
M. le President. Nous devons nous mettre d'accord des maintenant au sujet
du moment oil les rapports seront soumis a la Conference. La proposition qui vient
d'etre faite se rattache aux trois propositions connexes que vous avez renvoyees
hiei; a votre Commission de quatorze membres. Vous vous souvenez que deux pro-
— 0.3 —
with the parents of girls emigrating, either in theirnative country or in that for which
Ihe girls are bound, and tries to provide the girls with means to continue their
journey, etc. Thanks to the control exercised at railway stations, measures are
taken to provide that emigrant girls travelling alone should be protected and should
not fall into the hands of persons attempting to exploit them.
There is close co-operation between the Committee, the Emigration Office,
the Chief of the Police, the Public Charity Office and other similar organisations.
In the case of women who are not foreign emigrants under the Emigration
Office, but citizens of the Free City, the Directorate of the Committee or the Public
Charity Office deals with them.
It has already often been possible to dissuade young girls of Danzig from
recklessly leaving their homes, and to save them from disaster by showing them
that the employment for which they were hired was undesirable.
Such activities, however, can only be possible and fruitful if an international
connection be established between the organisations working for this purpose,
and if all necessary information can be provided, as soon as possible, to those in
search of it.
By agreements between the Emigration Office and the Passport Office at
Police headquarters, we have already managed to arrange that passports should
only be issued on production of certificates from the Emigration Office.
Should the Emigration Office have any suspicion with regard to the destination
of the girls travelling, it informs the Directorate of the Committee, who then
ascertain as to whether it is really desirable in the interests of the traveller that she
should proceed on her journey. Passports are only given when the information as
to the destination is absolutely satisfactory.
We take the liberty of making one or two suggestions as follows: —
1. When a young female traveller starts on her journey, the Emigrants' Home
or the organisation which has given her advice should regularly inform the corre-
sponding organisation in the place of destination and request them to make sure
that the traveller has arrived there in safety and look after her until she has esta-
blished herself there. Should there be no corresponding organisation at the place
of destination, the nearest provincial organisation should deal with the matter.
2. Before the departure of young travellers, every passport office should ask
for exact information as to the place of destination, and only issue the passport
if an organisation for public morality (association, church or committee) certifies
that the purpose of the journey is justifiable. This is only possible if there is
a close co-operation between the organisations in the different countries.
3. I beg this Conference to declare itself in favour of the control of brothels
or their complete suppression in all countries of the world.
4. The setting up of an international central office for reporting the names
of white slave traffickers appears urgently necessary. All the associations or
supervising authorities which know of suspicious cases should, every three or
six months, exchange information with regard to the traffickers in question, giving
their name, date of birth, origin, etc.
A central registry could be kept at the disposal of persons concerned, and could,
whenever a request was made to it, give exact information with regard to the
individuals suspected, thus bringing to light a criminal activity which can only
prosper if hidden. Let us try to bring this to light and we shall have the most
effective remedy against this terrible social evil with which we are at present dealing.
3. MEETINGS OF COMMITTEES.
The President. — Translation: We must now agree on the time at which
reports are to be submitted to the Conference. The proposal which has just been
made is intimately connected with the three kindred proposals -which you referred
yesterday to your Committee of fourteen members. You will remember that there
positions emanaient du delegue canadien, et une troisieme de la delegation britan-
nique. Celle que vous venez d'entendre est dans le meme sens. II me semble que Ton
pourrait la renvoyer egalement a la meme Commission. II nous reste a fixer I'heure
de reunion de cette Commission. Etes-vous d'avis de renvoyer cet objet a la
Commission sans entamer une discussion plus ample ?
(Adopte).
M. le President. Si nous avons fini avant midi et demi la Commission pour-
rait se reunir ce matin.
(Adopte.)
11 faut fixer aussi la date de reunion de I'autre Commission.
M. Regnault (France). Nous avons convenu entre nous de nous reunir cette
apres-midi a trois heures.
M. le President. La Commission de juristes qui s'occupera de I'extradition
n'a pas non plus termine ses travaux. Je prie ses membres de se mettre d'accord
pour fixer I'heure d'une nouvelle reunion afin que les rapports puissent etre lus lundi
matin.
De divers cotes, on m'a exprime le voeu que la Conference puisse terminer ses
travaux lundi. Je ne sais si la chose sera possible. J'ai repondu a ceux qui m'avaient
fait cette invitation que notre Conference ferait I'impossible. C'est une raison pour
laquelle je proposerais de fixer la date de notre reunion lundi matin a neuf heures,
un peu plus tot que d'habitude, de fagon a concilier tons les vceux. Si voys etes
d'accord, il en sera done ainsi.
(Adopte.)
La Commission de quatorze membres se reunira done dans la grande salle du
Conseil, et la seconde Commission dans la petite salle du Conseil, a quinze heures.
On m'informe a I'instant que la Commission de juristes qui s'occupera de
I'extradition se reunira a la Chambre 11 a seize heures.
Le moment est venu de proceder a la nomination des membres du Comite de
redaction. Je vous rappelle Particle 11 du reglement qui prevoit que la Conference
nommera le Comite de redaction dont feront partie de droit la secretaire, generale
et le conseiller juridique.
- Le reglement ne fixe pas le nombre des membres a elire. Lorsque nous avons
parle de cette question, ces jours derniers, je crois que nous etions d'accord de fixer
a trois le nombre de ces membres. Si vous etes d'accord, et pour gagner du temps,
je me permettrai de faire la suggestion suivante: le delegue frangais, le delegue
britannique et le delegue des Pays-Bas, si ces messieurs veulent bien consentir et
s'il n'y a pas d'objections.
Le Comite se composerait- done de ces trois delegues, de la secretaire generale
et du conseiller juridique.
(Adopte.)
Quand pourra se reunir cette Commission ?
M. Regnault (France). Voulez-vous me permettre de demander qu'il nous
soit lai886 toute latitude de fixer nous-memes I'heure de reunion de fagon a pouvoir
I'inscrire dans le programme des divers devoirs qui nous incombent d'autre part.
M. le President. Parfaitement. Je donne la parole a M. de Graaf, en m'excu-
sant de I'avoir interrompu.
4. RAPPORT DE M. DE GRAAF (PAYS-BAS)
relatif aux amendements proposes aux Articles I et 2 de la Convention de 1910.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Monsieur le President, Mesdames, Messieurs.
J'ai ici dans la main un rapport de mon ami, M. le D' van Walsem, expert
technique, qui a travaille aux Indes n^erlandaises depuis six ans comme inspecteur
— 54 —
were two motions proposed by the Canadian Delegate, and the third by the British
Delegation. That which you have just heard has a similar object. I think that we
might refer it also to the same Committee. We have now to fix the time at which
this Committee will meet. Do you agree to refer this question to the Committee
without discussing it further ?
(Agreed.)
The President. — Translation: If we have finished before half-past twelve,
the Committee might meet this morning.
(Agreed.)
We must also fix the date on which the other Committee will meet.
M. Regnaui.t (France). — Translation: We have agreed among ourselves
that we will meet this afternoon at three o'clock.
The President. — Translation: The Committee of Jurists which deals with
extradition has likewise not yet finished its work. I would beg its Members to agree
among themselves on the hour of a new meeting, in order that the reports may be
read on .Monday morning.
A desire has been expressed to me from various quarters that the Conference
should finish its work on Monday. I do not know if that will be possible. I have
replied to those who have expressed this wish that our Conference will do everything
in its power to comply with it. This is why I would propose that we should meet
on Monday morning at nine o'clock, a little earlier than usual, in order to satisfy
everyone. If you agree, this will be the procedure.
(Agreed.)
The Committee of fourteen members will meet, therefore, in the large Council
Room, and the second Committee in the little Council Room, at three o'clock.
I have just been informed that the Committee of Jurists on extradition will meet
in Room 11 at four o'clock.
The time has now come to proceed to the appointment of the members of the
Drafting Committee. I would remind you of Article 11 of the Rules of Procedure,
which states that the Conference shall appoint a Drafting Committee, of which
the Secretary-General and the Legal Adviser shall be, ipso facto, members.
Tlie Rules do not lay down the number of members to be elected. When we
spoke of this question latterly, I think that we agreed to fix the number of these
members at three. If you agree, to save time I would take the liberty of suggesting
the following: the French Delegate, the British Delegate and the Dutch Delegate,
if these gentlemen will kindly consent to serve, and if there are no objections.
The Committee would thus be composed of these three Delegates, of the Secre-
tary-General and of the Legal Adviser.
(Agreed.)
When will this Committee be able to meet ?
M. Regnault (France). — Translation : May I ask that we should be allowed
full freedom to fix ourselves the hour at which we will meet, in order to fit it in
with the programme of the different duties which fall upon us from other sources ?
The President. — Translation: Certainly. I will now call on M. de Graaf,
apologising for having interrupted him.
4. REPORT BY M. A. DE GRAAF (NETHERLANDS)
concerning the proposed amendments to Articles 1 and 2 of the 1910 Convention.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation : Mr. President, Ladies and Gentle-
men: I have here a report from my friend. Dr. van Walsem, a Technical Expert
who has worked in the Indies for six years as an Inspector of the Government Office
— 55 —
du Bureau gouvernemental pour la re])rossion de la traite des blanches. C'est uii
tout petit rapport qui rentre parfaitement dans la question. .I'aurai I'honneur de
vous le lire, mais tout d'abord permettez-moi de presenter ma question et de vous
dire quelque chose de I'histoire de tout ce labeur qui, maintenant se fait aux Indes
neerlandaises, avec tant de succes. Cela n'a pas ete tres commode de commencer
aux Indes. Vous aurez remarque que le nom memedecette Conference a ete change.
Auparavant, tout le monde parlait de la traite des blanches. Vous savez I'histoire
de ce mot traite des blanches. C'est, je crois, le comte de Gasparin dans les temps
de I'emancipation des noirs qui a dit — Victor Hugo I'a dit aussi plus tard, je crois
— (' Nous avons en Europe une autre traite, pas la traite des noirs, mais la traite
des blanches, qui est encore pire. >; Jamais on n'a eu I'intention de ne s'occuper que
des blanches. Pourtant, au debut, comme il y avait tant a faire, on a commence
par ne s'occuper que de la question de la traite des blanches et pas des femmes de
couleur. Ce n'est qu'en 1912, a Bruxelles, que moi-meme, j'ai eu I'honneur de pre-
senter un rapport sur la necessite de nous occuper aussi de la repression de la
traite des femmes de couleur. Deja, a Madrid, M™« Avril de Sainte-Croix a lu une
lettre d'une femme marocaine, un vrai cri de conscience, qui nous demandait pour-
quoi nous ne nous occupions pas de la traite des femmes de couleur; ces femmes sont-
elles sans valeur ? M'"'' Avril de Sainte-Croix me demanda ce que nous faisions dans
nos colonies, nous autres Hollandais. Je dus avouer que nousne faisions rien du tout.
II y avait a notre Assemblee generale une personne — c'etait un vrai Caton
avec son « Censeo Carthaginem delendam esse » — qui disait toujours apres notre
rapport: « Tout ce que vous avez fait en Hollande n'est pas une petite chose, mais
qu'est-ce que vous faites pour les Indes neerlandaises ? »
II fallait reconnaitre que nous ne faisions rien du tout.
— Et notre gouvernement ?
— Rien du tout. Nous avons tant a faire ici... Et les Indes, c'est si loin.
Et I'annee suivante, il recommengait. Moi, je pensais: « Fichez-moi la paix
avec vos Indes, c'est impossible de rien faire », mais ma conscience disait autre-
ment. II fallait commencer. Cependant, la chose n'etait pas facile. Premierement,
nous nous sommes adresses aux experts, et les experts de nous dire, ce qui avait ete
dit auparavant en Hollande: « Mais, il n'existe pas de traite des femmes aux Indes
neerlandaises, pas du tout, ce sont des illusions, des utopies, des idees des occi-
dentaux, parce que la femme; I'Orientale, ne voit rien dans ces choses, la prosti-
tution ne lui nuit pas du tout et plus tard elle se mariera. C'est une forme tres
reconnue de gagner son argent, et elle le fait de pleine volonte. Ne commencez pas
aux Indes, c'est tres, tres dangereux. »
Ce systeme etait un de ceux qui ont ete si justement qualifies ici de «systeme
du sommeil", toujours tres apprecie par les gouvernements, naturellement, dans ces
affaires delicates.
Cependant, du moment que nous etions decides de faire quelque chose pour les
Indes, toutes sortes de renseignements nous parvenaient. C'est tres curieux, des que
Ton s'occupe de quelque chose, les personnes qui en sont les victimes le savent imme-
diatement. Comment, je I'ignore. Et on devient, en peu de temps, une sorte de boite
aux lettres pour les plaintes. II en arrivait de tous cotes. II y avait dans les Indes
neerlandaises une traite de petites fdles japonaises. Nous avions re^u ces renseigne-
ments. Nous nous adressames de nouveau aux experts, mais ceux-ci nous repondirent
que c'etait absolument impossible, qu'il n'y avait jamais eu de traite d'enfants ou
de jeunes filles pour les maisons de tolerance aux Indes neerlandaises.
Mais nous ne nous reposions pas. J'ai raconte dans mon rapport, en 1912,
tout ce que j'avais re§u de renseignements sur la traite des enfants japonaises.
Mais alors j'etais representant du Gouvernement neerlandais, et mon Ministre me
dit : « Vous etes all6 trop loin. Qu'est-ce que vous avez dit a Bruxelles ? Ce n'6tait
pas votre droit de dire des choses vilaines de votre pays. » Je r^pondis: « M. le Mi-
nistre, je suis alle au Congres pour dire la verite, seulement la verite, pas plus. Si
vous ne me voulez pas comme representant du Gouvernement, j'irai seulement
comme delegue de mon Comite national. Mais je dirai la verite. Autrement, il vaut
mieux raster chez soi. » A Bruxelles, c'etait une Conference preparatoire pour lo
— 55 -—
for the Suppression of the White Slave Traffic. It is quite a short report, which
deals with all the aspects of the question. I shall have the honour to read
it to you, but first let me give you a slight introduction and tell you something
about the history of all this work which is now being carried out with such success
in the Indies. It has not been very easy to begin work in the Indies. You may have
notice^d that the very name of this Conference has been altered. Formerly, everyone
talked of it as the White Slave Traffic. You know the history of the phrase: "White
Slave Traffic." It was, I think, Count de Gasparin, at the time of the emancipation
of the negroes, who said — Victor Hugo, I think, said the same later on — "In
Europe we have another Traffic, not the Black Slave trade, but the White Slave
Traffic, which is even worse." It was never intended that we should concern our-
selves only with white women. Still, at first, as there was so much to be done, we
began by dealing only with the White Slave Traffic and not with that in coloured
women. It was only at Brussels in 1912 that I myself had the honour to present
a report oit the necessity for also directing our activities towards the suppression
of traffic in coloured women. Already, at Madrid, Mme. Avril de Sainte-Croix read
a letter from a Moroccan woman, a real appeal to conscience, which asked us why
we did not deal with traffic in coloured women; were those women of no value ?
Mme. Avril de Sainte-Croix asked me what we Dutch were doing in our colonies.
I had to confess that we were doing nothing at all.
There was a person in our General Assembly — who was a real Cato with his
"Censeo Carthaginem delendam esse" — who always said after we had made a
report: "All that you have done in Holland is very fine, but what are you doing
for the Indies ?"
We had to admit that wc were doing nothing at all.
"And your Government i'"
"Nothing at all. We have so much to do here And the Indies are so
far away."
The year after, it all began again. Personally, I thought: "I wish he would
leave me alone with his talk about the Indies; it is impossible to do anything."
But my conscience told me otherwise. A beginning had to be made. However,
the thing was not easy. We first applied to the experts and the experts told us
as they had previously done in Holland: "But there is no traffic in women in the
Indies, none at all ; these are illusions, Utopias, Western ideas, because the oriental
woman has no such ideas; prostitution does her no harm whatever, and later she
marries. It is a well-recognised form of earning money, and women do so of their
own free will. Do not begin any work in the Indies for it is very, very dangerous
to do so."
This system was one of those which have been so justly styled "slumber systems"
at this Conference, and which are always in great favour with Governments
which are faced with delicate questions.
However, from the moment when we decided to do something for the Indies,
all kinds of information reached us. It is curious that as soon as attention is directed
to any evil its victims immediately become aware of it. I cannot understand how
they do, but it is so, and one soon becomes a sort of letter-box for complaints. Com-
plaints arrived from every side. In the Dutch Indies there was a traffic in little
Japanese girls. We received this information. We once more turned to the experts,
but they replied that it was quite impossible; there had neverbeen traffic in children
or young girls for brothels in the Indies.
But we were not idle. In my report, in 1912, I published all the information
I had received on traffic in Japanese children. But I was then a representative
of the Dutch Government and the Minister told me: "You have gone too far. What
did you^ay at Brussels ? You had no right to speak" ill of your country." I replied:
"Sir, I went to the Congress to tell the truth, only the truth and no more. If you
do not want me as a representative of the Government, I shall merely go as delegate
from my National Committee. But I shall tell the truth. Otherwise, I had better
stay at home." But the Brussels meeting was a preparatory Conference for the
groat Congress of 191.3, at which the question of colonies was to be once more dealt
— 5(i —
grand Congres de 1913, oii devait etre traitec a nouveau et plus largemenl la question
des Colonies. Je dis a mon Ministre: « J'irai a Londres et je dirai la verite. Si vous ile
voulez pas, ne me nommez pas comme rcpresentant du Gouvernement neerlandais.
Mais ne prendrait-on pas des mesures efficaces aux Indes avant le Congres ? Je
pourrais alors dire: « Le Gouvernement neerlandais fait tout ce qu'il peut ». C'etait
comme vous le voyez une sorte de chantage, si vous le voulez. (Hires.) Et cela a
reussi.
Cette meme annee, a ete cree un bureau gouvernemental pour s'occuper seule-
ment de la traite. Vraiment, il a eu de grands resultats.
Maintenant, je vous dirai les mesures prises et les resultats obtenus. Les idees
de moralite repandues dans les colonies ou da/is les possessions different grandement
de celles qui sont generalement admises dans les pays auxquels ces colonies ou posses-
sions appartiennent et il est souvent bon qu'il en soit ainsi. II y a cependant certaines
idees, certaines normes morales que les pays colonisateurs doivent introduire et
repandre dans leurs colonies s'ils desirent elever les populations indigenes au niveau
des civilisations qu'ils ont eux-memes atteintes.
Nous pouvons certainement compter parmi les idees temoignant d'une haute
civilisation celle qui nous impose I'obligation de proteger la femme contre quiconque
desire I'exploiter en vue d'un but sexuel immoral.
Une fois admis qu'aucune femme ne doit etre livree a la prostitution, on doit
partir de cette verite morale lorsqu'on s'est donne comme tache de developper chez
les autres peuples les germes de civilisation qu'ils renferment. II faut partir de
cette verite qu'aucune femme ne doit etre livree a la prostitution, quelle que soit
I'attitude adoptee a I'egard du probleme de la prostitution en general et a I'egard de
la prostitution dans les colonies en particulier, quelles que soient les solutions
preconisees en partant du dicton: « East is East and West is West », quel que soit
le souci legitime de tenir compte des sentiments nationaux particuliers.
Cette verite n'emane pas du fait que la personne qui I'avance appartient a
telle ou telle nationalite, mais elle emane de la conviction intime que dans aucune
circonstance et sous aucun pretexte une femme ne peut et ne doit etre livree a la
prostitution.
La femme elle-meme est libre de disposer de son corps comme bon lui semble,
pourvu qu'elle reste dans les limites que I'interet des tiers peut lui imposer, mais cette
liberte ne peut etre accordee a la personne qui desire disposer de cette femme dans
le but d'en faire I'objet d'un trafic plus honteux et plus immoral qu'on ne peut se
I'imaginer.
Les Etats signataires de la Convention Internationale relative a la repression
de la traite des femmes, ayant pour but de proteger la femme contre I'exploitation
dont elle est I'objet de la part d'individus indignes — mdme si elle est disposee a se
laisser exploiter — ces Etats doivent logiquement exiger que dans leurs colonies
la femme soit protegee legalement. Or on sait que la traite des femmes sevit dans les
colonies. Done les pays sont obliges de frapper.les trafiquants des femmes dans leurs
colonies. Ceux-ci profitent souvent de la misere et /OM/OMrsde I'immoralite d'autrui,
et provoquent la debauche dans leur propre interet. Le metier de trafiquant de
femmes est un metier antisocial au plus haut degre, et le code penal qui a toujours
pour but de mettre fin a tout ce qui n'est pas permis doit certainement empecher
les trafiquants de chair humaine d'exercer leur metier.
Le metier de trafiquant de femmes dans n'importe quel pays ou il est exerce, a
un caractere de parasitisme fort prononce; c'est pourquoi les differcntes conceptions
morales particulieres aux colonies ne doivent pas entrrr < n ligne de compte lorsqu'il
s'agit de determiner la peine a infliger aux trafiquants. S'il existe im element qui
determine la peine k infliger, alors cet element doit etre le meme pour I'Orient que
pour rOccident.
Celui qui a pour tache d'eduquer un peuple doit toujours s'inspirer des mesures
qui ont fait leur preuve ailleurs, qui ne sont pas basees sur des coutumes locales ou
propres seulement a I'Europe, mais qui sont basees sur des idees appartenaiit k
I'humanite entiere, et en meme temps sur les conditions sociales generales.
Cette opinion n'est pas admise partout. On pense qu'il est faux de vouloir
introduire dans les colonies des idees, des mesures adoptees par la m^re-patrie
— 56 —
with, and on a larger scale than before. I told the Minister: "I will go to London
and I will tell the truth. If you do not want me to, do not appoint me as represen-
tative of the Dutch Government. But why not take effective measures in the Indies
before the Congress ? I could then say : 'The Dutch Government was doing all
it could." This was, if you like, a sort of blackmail {Laughter) and it succeeded.
That same year, a Government Office was set up for the sole purpose of dealing
with the traffic and it has really produced important results.
I will now tell you the measures that have been taken and the results that have
been obtained. The ideas of morality that are current in colonies or possessions
are very different from those which are generally held in the countries to which
those colonics or possessions belong, and it is often advisable that such should be
the case. There are, however, certain ideas and certain moral standards that the
colonising countries should introduce and spread in their colonies if they desire
to raise the native population to the level of civilisation that they themselves have
reached.
We can certainly rank among the ideas which show a high civilisation that
of our obligation to protect a woman against any person desiring to exploit her
for an immoral sexual end.
Once we admit that no woman should be handed over to prostitution, we must
take this moral truth as a basis when we have undertaken the task of developing
the latent germs of civilisation in other peoples. We must make this truth a starting-
point and maintain that no woman should be handed over to prostitution what-
ever be the attitude adopted with regard to the problem of prostitution in general,
and to prostitution in the colonies in particular, whatever be the solutions recom-
mended in view of the old proverb "East is East and West is West," whatever be
the legitimate desire to take particular national feelings into account.
This truth is not derived from the fact that the person who proclaims it belongs
to this or that nationality, it comes from the firm conviction that a woman should
not under any circumstances or on any pretext be handed over to prostitution.
A woman herself is free to dispose of her body as she likes, provided she remains
within the limits that may be imposed on her by the interests of third parties, but
such freedom cannot be granted to a person who desires to dispose of this woman
with the object of causing her to form part of the most shameful and immoral traffic
that can be imagined.
States Signatories of the International Convention for the Suppression of
Traffic in Women — a Convention designed to protect women against exploitation
by worthless individuals — even if the women be disposed to lend themselves
to such exploitation, must, if they are logical, insist that women be protected
by law in their own colonies. It is well known that traffic in women is very
common in colonies. The countries must therefore strike at traffickers in women
in their colonies. These traffickers freguently profit by the misery and invariably
by the immorality of other persons and encourage it with a view to gain. The
profession of traffic in women is anti-social in the highest degree and the Penal
Code, the aim of which always is to put an end to that which is forbidden, must
absolutely prevent traffickers in human flesh from carrying on their trade.
The profession of traffic in women, in whatever country it is practised, has a
definitely parasitic character; this is why the different moral ideas which are
peculiar to the colonies must not be taken into account when there is a question
of settling the penalty to be inflicted on traffickers. If there is any consideration
which determines the penalty to be inflicted, that element must be the same for
the East as for the West.
He whose task it is to educate people must always draw his inspiration from
measures which have succeeded elsewhere, which arc not based on customs which
are local or only fitted for. Europe, but which are inspired by ideas which belong
to the whole human race, and based at the same time on general social conditions.
This view is not universally held. There are those who think that it is wrong
to desire to introduce into the colonies ideas and measures that were adopted by
— 57 —
lorsque celle-ci a atteint un degre de developpement que les colonies n'atteindront
pas encore de longtemps.
Nous ne pouvons pas admettre que notre conception soit fausse. Lorsqu'on a
acquis la conviction que les colonies souffrent de maux dont a souffert la mere-patrie,
peut-on elever des objections serieuses contre I'introduction dans ces colonies des
mesures qui ont porte de bons fruits dans la mere-patrie ? Evidemment, la colonic
ne pent pas copier exactement les mesures en vigueur dans la mere-patrie; celles-ci
doivent etre modifiees et raises en harmonie avec les coutumes et le statut social de
la colonie.
II nous semble que cette transposition des mesures prises dans la mere-patrie
s'imposerait d'autant plus que la mere-patrie aurait acquis la conviction que les
mesures en vigueur auraient du etre prises beaucoup plus tot.
Le Gouvernement des Pays-Bas a mis la Convention Internationale relative a
la refpression de la traite des femmes en vigueur dans ses colonies. Les experiences
faites par le Gouvernement des Pays-Bas dans ses colonies lui ont prouve que I'adhe-
sion des colonies a la Convention a ete un puissant facteur dans le succes de la lutte
contre les trafiquants de la femme indigene. Le Gouvernement a egalement vu que
ses efforts en faveur de la femme indigene ont ete secondes par les femmes indigenes
elles-memes, parmi lesquelles le desir de I'emancipation se manifeste de.plusenplus.
Je conclus: il nous semble que nous avons demontre par ce qui precede qu'un
Etat signataire d'une convention internationale relative a la repression de la traite
des femmes doit logiquement adherer egalement a cette Convention pour ses colonies,
possessions ou circonscriptions consulaires judiciaires. II s'agit ici non seulement d'un
interet specifiquement national.. II s'agit de proteger la femme en general, quelle
que soit sa nationalite et quelle que soit sa couleur.
M. le President. II y a una autre proposition analogue qui emane du delegue
de rUnion sud-africaine. Ne conviendrait-il pas de faire en sorte qu'il n'y ait qu'une
seule discussion pour ces deux objets ?
Madame la deleguee de I'Afrique du Sud ne pourrait-elle pas nous donner en
quelques mots son assentiment ?
Lady Phyllis Ponsonby (Afrique du Sud). Traduction : Je demande la per-
mission de retirer ma motion en faveur de celle de M. de Graaf, qui touche a pen
pres a la meme question. Je prendrai la liberte de faire quelques remarques sur cette
proposition, apres que M. de Graaf I'aura expose.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Voulez-vous discuter maintenant cette proposition,
avant la discussion sur les colonies, et ne vaudrait-il pas mieux, apres mon rapport,
discuter tout de suite cette question des colonies ?
M. le President. Dans votre discours vous avez examiiie les deux questions.
M. DE Graaf (Pays-Pays). Je n'ai parle que des colonies.
M. Regnault (France). Je voudrais tout d'abord vous donner communication
d'une notification qui m'a ete faite hier par telegramme: « Le delegue de la Repu-
blique fran^aise a I'honneur de 'porter a la connaissance de la Conference que le
Gouvernement tunisien vient de decider d'adherer a la Convention du 4 mai 1910.
Communication officielle en sera faite incessamment aux Etats contraclants. »
En ce qui touche la proposition de M. de Graaf, si toutefois je I'ai bien comprise,
il s'agit de modifier un article de la Convention de 1910 pour declarer que: « I'adhe-
sion donnee par un pays implique I'adhesion en cc qui conccrne ses colonies)'.
Je crois que c'est la une proposition qui merite un tres serieux examen, parce que,
tout en etant parfaitement d'accord dans le fond avec M. de Graaf, toute modifica-
tion a la Convention de 1910 pent entraincr une serie de mesures extremement com-
pliquees et obliger notamment a de nouvelles ratifications. Au contraire, si nous
proc^dons d'une autre maniere, c'est-a-dire en 6mettant des vceux ol non pas en
apportant des modifications, nous arriverons beaucoup phis facilemenl a un resul-
tat. Nous avons fait une sorte de statistique et nous avons constate que la plupart des
Etats avaient adhere, en somme, h la Convention, pour leurs colonies, en y adhc
rant pour eux-memes.
— 57 —
the Mother-country at a degree of development from which the colonies are still
far removed.
We cannot admit that our idea is a mistaken one. When one has acquired the
conviction that the colonies are suffering from the same evils that the Mother-country
has suffered from, can serious objection be made to the introduction to these colonies
of measures which have produced good results in the Mother-country? It is obvious
that the colony cannot exactly copy the measures in force in the Mother-country;
they must be modified and harmonised with the customs and social conditions of
the colony.
It appears to us that this extension of measures taken in the Mother-country
is all the more necessary when the Mother-country has acquired the conviction
that the measures in force ought to. have been taken much sooner.
The Government of the Netherlands has applied to its colonies the rulings of
the International Convention regarding the Suppression of the Traffic in Women.
Experiments made by the Government of'the Netherlands in its colonics have
proved that the adherence of the colonies to the Convention has been a powerful
factor in the success of the campaign against traffickers in native women. The
Government has also seen its efforts in favour of native women supported by the
native women themselves, among whom the desire for emancipation is becoming
more and more prominent.
In conclusion, we think that we have shown, in what I have just said, that a
State which is signatory to an International Convention regarding the Suppression
of Traffic in Women must logically also accede to that Convention for its colonies
and possessions or consular jurisdictions. It is not only a question of a definitely
national interest. It is a question of protecting women in general, whatever be
their nationality and whatever be their colour.
The President. — Translation: There is another similar motion moved by
the Delegate of the South African Union. Might not we manage lo have only one
discussion on the two subjects?
Could not the Delegate of South Africa tell us, in a few words, if she consents
to this?
The Lady Phyllis Ponsonby (South Africa). — I beg leave to withdraw my
motion in favour of Dr. Graaf's, which covers very much the same ground. Perhaps
I might make a few remarks on his proposition after he has brought it forward.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation: Do you wish to discuss this motion
now, before the discussion on the colonies; or would it not be better, after my report,
to discuss the question of the colonies at once ?
The President. — Translation : You dealt with both questions in your speech.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation: I spoke only of the colonies.
M. Regnault (France). — Translation: I should first like to communicate
to you a notification I received yesterday by telegram: "The Delegate of the French
Republic has the honour to inform the Conference that the Government of Tunis
. has just decided to accede to the Convention of May 4th, 1910. Ofiicial communi-
cation will be made immediately to the Contracting States."
With regard to the proposal of M. de Graaf, if I have understood it properly,
it is a question of modifying an Article of the Convention of 1910, to declare that
"accession to the Convention by a country implies accession in respect of its colonies."
I think that this is a proposal which should be most carefully examined, because,
although in principle I am perfectly in agreement with M. de Graaf, any modi-
fication of the Convention of 1910 may involve a series of extremely complicated
measures and, in particular, might require fresh ratifications. On the contrary,
if we proceed in another way, that is to say, by formulating recommendations
and not by making alterations, we shall obtain a result much more easily.
We have tabulated our data, as it were, in statistical form, and we have found
that the majority of the States had acceded to the Convention for their colonies
at the time when they acceded to it for themselves.
— 58 —
Pour la France, c'est une affaire terminee. II ne restait plus que la Tunisie qui
est un pays de protectorat, el qui vient de donner son adhesion a la Convention.
Certains Etats tels que la Belgique et I'ltalie, qui n'ont pas encore ratifie la
Convention de 1910, se montreront sans doute disposes a y adherer pour leurs colo-
nies au moment du depot de leur ratification. Le Portugal qui n'a pas non plus
adhere pour lui-meme adherera probablemenl en meme temps pour ses colonies.
La Grande-Bretagne a deja fait connaitre ses vues dans sa reponse au questionnaire.
Elle a declare que seule la guerre a empeche I'adhesion pour quelques-unes de ses
colonies mais que cette adhesion ne saurail tarder. On pent esperer que tons les Etats
signataires de I'Arrangement du 18 mai 1904 et adherents a la Convention de 1910,
ne manqueront pas de donner la meme adhesion pour leurs colonies. La question
serait ainsi resolue sans modifications aux conventions existantes et sans cette
procedure longue et tres compliquee de la ratification.
Je demande done a'M. de Graaf de vouloir bien modifier sa proposition et de
la transformer en un vcou, demandant au Conseil des Nations de presser les adhe-
sions qui manquent encore, en specifiant que ces adhesions devront aussi comporter
celles des colonies.
M. DE Graaf (Pays-Bas). Je suis d'accord avec la proposition de M. I'Ambassa-
deur Regnault et je le remercie.
M. le President. Voulez-vous alors vous mettre d'accord avec M. Regnault sur
le texte du voeu a emettre.
M. Harhis (Grande-Bretagne). • — Traduction : Pendant que Ton prepare le
texte de cet amendement, je tiens k dire quelques mots concernant I'attitude du
Gouvernement britannique vis-a-vis de cette proposition. J'ai ecoute avec le plus
grand interet le discours de M. de Graaf, et je suis d'accord avec la proposition
d'amendement que Son Excellence le delegue de la France a faite a la proposition
de M. de Graaf. Je ne crois pas qu'il soil possible pour le moment de faire participer
immediatement a la convention toutes les colonies et les protectorats del'Empire
britannique. Je ne parle pas, naturellement, des Dominions, qui ont une represen-
tation separee. Afin de montrer ce qui a ete fait en vue d'obtenir I'adhesion des
colonies et protectorats britanniques a I'Arrangement ou a la Convention, je me
permettrai de vous lire la liste de ces colonies ou protectorats qui ont, soit adhere
k I'Arrangement ou a la Convention, soit manifeste leur intention d'y adherer. En
certains cas, la notification d'adhesion a ete retard^e par la guerre.
Voici la liste: Barbados, Protectorat britannique de I'Afrique centrale (aujour-
d'hui Nyassaland), Guinee britannique, Ceylan, Gamble, Cote d'Or, lies du Vent,
Nigeria du Nord, S'«-Helene, Seychelles, Sierra Leone, Somaliland, Ouganda, Wei-
Ha'i-We'i, lies Sous le Vent, Bahamas, Chypre, Protectorat de I'Afrique orientale,
Fidji, Gibraltar, Hong-Kong, Jamaique, Malte, Rhodesia du Sud, Etablissement des
Detroits, Trinite.
Quelques colonies et protectorats n'ont pas pu adherer pour des raisons spe-
ciales a la Convention ou a I'Arrangement, mais le Gouvernement britannique ne
perd pas de vue cette question et je suis certain qu'il fera tous ses efforts pour obtenir
I'adhesion des autres colonies et protectorats.
Autre question. M. de Graaf estime que le terme « traite des blanches » est
trompeur. Je suis d'accord avec lui. Je le prie de se rappeler que la Convention ne
fait aucune distinction entre les femmes blanches et les femmes de couleur, de sorle
que lorsqu'une colonic adhere a la Convention, les femmes de couleur ont droit a
la meme protection que les femmes blanches.
M. Regnault (France). Voici le texte etabli d'accord avec M. de Graaf au siijet
de sa proposition. « La Conference soucieuse d 'assurer la protection des femmes et den
enfants, quelles que soient leur race et leur couleur, 6met le vau que le Conseil dc.-;
Nations veuille bien, en intervenant d'une fagon pressante auprcs des Etats non
adherents a la Convention de 1910 sur la traite des femmes et des enfants, les amcncr
k donner leur adhesion k cet acta en vue de les prier d'y adherer en m^me temps pour
leurs colonies et dependances.
— 58 —
In the case of France, the matter is already settled. There only remains Tunis,
which is a ])rotectorate country and which has just declared its accession to the
Convention.
Certain States, such as Belgium and Italy, which have not yet ratified the
Convention of 1910, will doubtless be disposed to accede to it for their colonies
at the moment of the deposit of their ratification. Portugal, which has also not yet
acceded to the Convention for herself, will probably accede to it at the same time
for her colonies. Great Britain has already informed us of her views in her reply
to the Questionnaire. She has declared that nothing but the war has prevented
accession of some of her colonies but that such accession will doubtless soon take
place. We may then hope that all the States which signed the Agreement of May
18th, 1904, and acceded to the Convention of 1910, will not fail to give the same
accession for their colonies. The question will thus be settled without alteration
of the existing Conventions and without this long and most complicated procedure
for ratification. I would, therefore, ask M. de Graaf to be so good as to alter his
proposal and to transform it into a recommendation, asking the League of Nations
to take steps to expedite the accessions which are still wanting and, when doing
so, to specify that these accessions should also include those of the colonies.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation: I agree with the proposal of M.
Regnault, and I thank him.
The President. — Translation: Would you then come to an agreement with
M. Regnault on the text of the recommendation to be formulated ?
Mr. Harris (Great Britain). — While the text of this amendment is being
prepared, I should like to say just a few words as to the attitude of the British
Government towards this proposal. I lis'Lened to Dr. de Graaf's speech with the
greatest sympathy, and I agree with His Excellency the French Delegate as to the
amendment which he suggested to Dr. de Graaf's proposal. I do not think it will be
possible at the present time to bring in immediately all tlie Colonies and Protec-
torates of the British Empire. I do ndt refer, of course, to the Dominions, which
have separate representation. To indicate what has been done towards gaining
accession to the Agreement and Convention of British Colonies and Protectorates,
I should like to read out a list of those Colonies and Protectorates which have either
acceded to the Agreement or Convention, or have signified their wish to do so.
In a few cases notice of accession has been delayed owing to the war. The following
is the list: —
Barbados, British (Central Africa Protectorate (now Nyasaland), British Guiana,
Ceylon, Gambia, Gold Coast, Leeward Islands, Northern Nigeria, St. Helena,
Seychelles, Sierra Leone, Somaliland, Uganda, Weihaiwei, Windward Islands,
Bahamas, Cyprus, East Africa Protectorate, Fiji, Gibraltar, Hong Kong, Jamaica,
Malta, Southern Rhodesia, Straits Settlements, Trinidad.
There are only a few Colonies and Protectorates which have not been able
to accede to the Convention or Agreement for special reasons, but the British
Government have always this subject before their eyes, and I am sure everything
will be done to persuade the remaining Colonies and Protectorates to come in with
the others.
There is only one other point. Dr. de Graaf refers to the use of the term "White
Slave" as misleading. I agree with him. He will bear in mind that the Convention
does not draw any distinction between white and coloured, so that where a Colony
of any colour is accessory to the Convention the coloured women can claim the
same protection as their white sisters.
M. Regnault (France). — Translation: This is the text that is agreed upon
with M. de Graaf: "This Conference, being desirous to provide for the protection
of women and children of all races and colours, recommends that the Council of
the liCague of Nations shall intervene with the utmost insistence, with the States
which have not acceded to the Convention of 1910 with regard to Traffic in Women
and Children, in order to induce them to accede to this Convention, and shall
ask them to accede at the same time for their Colonies and Dependencies."
— 59 —
M. Edwardes (Inde) — Traduction : Je desirerais presenter quelques obser-
vations au nom de I'lnde sur ce sujet.
Je commencerai par exprimer les remerciements du Goiivernement de I'lnde,
d'avoir eu I'occasion d'envoyer un delegiie a cette importante Conference; j'expri-
merai ensuite mes regrets de n'avoir pii presenter a la Conference la reponse de
rinde au questionnaire, en raison des retards qui se produisent dans les correspon-
dances entre I'lnde et I'Europe. Je voudrais toutefois exposer dans ses grandes lignes
la situation de I'lnde au point de vue qui nous interesse. J'espere que I'experience
personnelle que j'ai pu acquerir au cours de plusieurs annees de service dans I'lnde
compensera jusqu'a un certain point I'absence de la reponse du Gouvernement.
5. ATTITUDE DE L'INDE, EN CE QUI CONCERNE LA CONVENTION
INTERNATIONALE DE 1910.
1. Le Gouvernement de I'lnde n'a pas, jusqu'ici, notifie son adhesion a laConven-
tion Internationale de 1910, en raison de certaines difficultes qui proviennent de
conditions particulieres a ce pays. L'Inde desire, neanmoins, dans la mesure per-
mise par les circonstances speciales oii elle se trouve, s'associer a I'efFort general des
autres pays, pour diminuer les maux causes par la traite des blanches. Le Gouverne-
ment de I'lnde s"est deja preoccupe, selon I'esprit de I'accord de 1904, de renforcer
les dispositions de I'une de ces lois les plus importantes, de fagon a permettre aux
autorites des principaux ports de mer de prendre des mesures plus promptes et plus
eflicacesarencontre des individusdela categoric des proxenetes qui, de temps a autre,
font dans r Inde une visite rapide. Nous tenons a f airenettement remarquerque le retard
apporte par I'lnde a son adhesion officielle a la Convention, ne resulte point d'une
appreciation insuffisante de la gravite des problemes en jeu, mais simplement du
fait que le probleme de la prostitution devant lequel elle se trouve placee, est diffe-
rent sur bien des points de ceux en presence desquels se trouvent les pays d'Occident.
2. Le probleme se presente pratiquement dans I'lnde, sous deux aspects diffe-
rents: a) la prostitution europeenne a I'etranger dont la Conference Internationale
est appelee a s'occuper, et b) la prostitution domestique ou indigene, qui egt du ressort
exclusif de I'lnde. Lorsqu'il s'agit de mesures legislatives, toutefois, il n'est pas
possible ni opportun d'etablir une distinction entre ces deux grandes categories
et les lois penales en vigueur doivent pouvoir s'appliquer au pays tout entier sans
exception de race ou de religion. II faut done, dans I'examen du texte et de la portee
des articles 1, 2 et 3 de la Convention de 1910, ainsi que des clauses du protocole
final du 4 mai 1910, tenir compte- de ces deux aspects du probleme dans I'lnde.
II convient de mentionner ici, qu'il n'existe pas de traite (}es femmes et de jeunes
fllles indiennes dirigees vers des localites situees hors de I'lnde. Le probleme s'en
trouve simplifie d'autant du point de vue de la prostitution domestique.
3. Dans le cas de prostituees europeennes exergant leur metier dans I'lnde,
on peut dire que les caracteristiques les plus d6plorables de la traite telle qu'on la
comprend en Europe, sont heureusement absentes. II faut entendre par la que les
femmes de cette classe qui viennent dans I'lnde, n'y ont pas ete attirees, soit par la
force, soit par la ruse; elles y viennent d'habitude seules£t de leur plein gre; elles ont,
en general, largementdepassel'age de vingt ans avant de d^barquer dans I'lnde et
toutes se sont adonnees a la prostitution pendant plusieurs annees avant d'arriver dans
ce pays. En outre, cellesd'entre elles que Ton trouve dans I'lnde ne resident que dans
les principaux ports de mer. Leur nombre total est restreint, et dans la mesure oii
on dispose de renseignements, inferieur, semble-t-il, a celui de 1913, par suite des
obstacles op'poses a I'immigration dans I'lnde par les conditions de la guerre. II est
possible, bien entendu, qu'a I'origine certaines de ceS femmes aient et6 les victimes
de traitants; mais le delit commis a leur egard I'aurait ete, dans ce cas, bien des
annees avant leur premiere arriv6e dans I'lnde, de sorle qu'il serait extremement
difficile d'obtenir des t^moignages, suffisamment probants, pour etre admis par un
tribunal, du marche qui a eu lieu 6 I'origine. On reconnait toutefois, que certaines di'
— 59 —
Mr. Edwardks (India). — I wish to make a few oijservations in the name
of India.
I must preface my statement by expressing the thanks of the Govern-
ment of India for the opportunity which has been afforded to them of sending
a deh'gate to tiiis important Conference, and, secondly, by expressing my regrets
tliat, owing to the delay which now occurs in correspondence between India and
Europe, it has not been possible to present to this Conference the Indian reply
to the Questionnaire. In spite of this, I am anxious to explain, on broad lines, the
position of affairs in India in connection with the subject under discussion, and
I trust that the personal experience of these matters, acquired during several years'
official service in India, will in some degree make up for the non- receipt of the
official reply of the Indian Government.
5. POSITION OF INDIA IN REGARD TO THE INTERNATIONAL
CONVENTION OF 1910.
1. The Government of India, up to the present lime, have not notified their
accession to the International Convention of 1910, owing to certain difficulties
arising out of conditions which are peculiar to that country. India is, nevertheless,
anxious to associate herself with other countries, as far as her special circumstances
will permit, in the general endeavour to minimise the evils of the White Slave
Traffic; and the Government of India have already taken steps, in consonance
with the spirit of the Agreement of 1904, to strengthen the provisions of one of
its niore importaat enactments, so as to enable the authorities at the principal
sea-ports to deal more swiftly and effectively with such persons of the procurer
type as may from time to time pay flying visits to India. It is desirable that it
should be clearly understood that India's delay in acceding formally to the Con-
vention is based, not upon any lack of appreciation of the grave issues involved,
but solely upon the fact that the problems of prostitution, with which she has to
deal, are in various ways different from those which confront the countries of the
Western World.
2. The problem in India falls naturally under two main heads, viz. (a) Foreign
European prostitution, with which this International Conference is concerned; and
{b) domestic or indigenous prostitution, with which India herself is alone competent
to .deal. Where legislation, however, is concerned, it is not possible or desirable
to differentiate between these two main categories, and such penal laws as exist
must be applicable to the country as a whole, irrespective of differences of race
or religion. In considering, therefore, the purport and tenor of Articles 1, 2 and 3
of the Convention of 1910, together with the terms of the Final Protocol oi May
4th, 1910, regard must be had to both branches of the problem in India. It seems
desirable to mention, at this point, that no traffic exists in Indian women and girls
to places outside India. To this extent the domestic problem is simplified.
3. So far as European prostitutes, who ply their trade in India, are concerned,
the worst features of the traffic, as understood in Europe, are fortunately absent. "
That is to say, women of this class who come to India are not decoyed thither by
force or fraud; they usually come unaccompanied and of their own choice; they
are well over the age of twenty years before they first set foot on Indian shores ; and all
of them have been practising prostitution for several years before they arrive.
Such of them, moreover, as are to be found in India are resident only in the chief
maritime ports, and their total number is not large, and is, so far as is known,
smaller now than in 1913, owing to the chgck upon immigration to India imposed
by war conditions. It is, of course, possible that originally some of these women
may have been the victims of the white slave trafticker; but the offence committed
against them would have happened so many years prior to their first arrival in
India, that it would be extremely difficult to obtain sufficient trustworthy evidence
of the original transaction to satisfy a court of law. It is admitted, however, that
some of these women do need to be protected, while they are in the Indian maritime
cities, from the occasional visits of procurers, with whom they may have a long-
— 60 —
ces femmes ont besoin d'etre protegees pendant Icur sejoiir dans les ports de I'Inde,
contre les visites occasionnelles de traitants qu'elles peuvent avoir connus de longue
date. Ces individus avaient I'habitnde, avant la guerre, de venir periodiquement
dans rinde, et de soustraire aiix femmes qu'ils connaissaient tout I'argent qu'elles
pouvaient avoir amasse au cours de leur existence de prostituees, et, apres les
avoir ainsi depouillees, de quitter le pays par chemin de fer ou par bateau, avant que
les autorites locales aient eu le temps de s'opposer a leurs manoeuvres. C'est afm de
permettre a la police de prendre des mesures plus promptes et plus efTicaces a I'en-
contre de visiteurs occasionnels de ce genre, que le Gouvernement de I'Inde a ren-
force, depuis peu, les dispositions de la loi connue sous le nom « d'Acte des Etrangers,
III, 1864...
D'apres mon experience en ma qualite de Commissaire de police a Bombay,
il est tout a fait exact que si uue jeune fille etait amenee dans I'Inde contre savolonte
dans un but de prostitution, il lui serait impossible d'echapper a Tattention de la
police; sa liberation serait done assuree, quelques heures au plus apres son debarque-
ment.
4. Telles etant les caracteristiques principales de la prostitution dans I'Inde,
chez les femmes originaires des divers pays d'Europe, on peut se demander si I'appli-
cation des articles 1, 2 et 3 de la Convention de 1910, amenerait, en pratique, une
amelioration des conditions existantes. Les faits rapportes ci-dessus permettent de
croire que de nouvelles mesures legislatives inoperees de ces articles, resteraient,
en fait, lettre morte. Dans le cas de I'article 2 en particulier, il y a de bonnes raisons
de croire que les dispositions suffisantes contre le delit qu'il vise, sont prevues par
la section 366 du code penal de I'Inde. Cette section prevoit des peines d'emprison-
nement ou d'amendes contre tout individu qui aurait detourne « une femme quel-
conque (c'est-a-dire un etre' humain du sexe feminin de n'importe quel age) avec
I'intention qu'elle puisse etre forcee, ou, sacliant qu'elle pourra I'etre, a epouser
quelqu'un contre son gre, ou afm qu'elle puisse etre forcee ou entrainee a des relations
illicites, ou sachant qu'elle pourra I'etre. >. La definition de « detournement .. donnee
par le code est la suivante: « Quiconque oblige par la force ou entraine par des moyens
dolosifs quelqu'un a quitter un endroit, est considere comme I'ayant detourne. »
Si Ton tient compte de I'ensemble de ces considerations, il est permis de se
demander si le Gouvernement de I'Inde, dont la sympathie est entierement acquise
a I'objet de la Convention, assurerait, en acceptant les articles precites, un controle
plus efficace que celui qui existe actuellement, sur les difTerents elements du pro-
bleme dans le pays.
5. Lorsque nous abordons la question de la prostitution domestique, nous
constatons qu'il est encore plus difficile d'appliquer les articles de la Convention k
I'Inde. La difficulte principale estlalimited'agefixee parleprotocole final avingt ans.
Aux termes de la legislation de I'Inde, la majorite est fixee k seize ans, comme on peut
le verifier en parcourant les clauses des sections 372 et 373 du code penal de I'Inde.
Afin de se conformer aux dispositions de I'article 1 de la convention, I'age de la majo-
rite devrait done etre porte a vingt ans. Dans la situation actuelle, une proposition
tendant a reculer la limite d'age de seize a vingt ans: a) serait probablement consi-
d^ree comme tres avancee, comparativement aux idees qui constituent I'opinion
generale orthodoxe et conservatrice dans I'Inde; b) serait en contradiction avec les
faits physiologiques reconnus, car on n'ignore pas que les conditions climateriques
dans I'Inde determin'ent la puberte a un age plus precoce qu'en Europe, et enfin,
c) pourrait impliquer une intervention inopportune de I'Etat dans les coutumes reli-
gieuses et sociales observ^es et pratiqu6es dans certaines tribus, castes et commu-
nautes, dans diverses parties du continent indien. Je ne voudrais pas importuner
la conference en lui donnant des exeni4)les detailles, k I'appui de ces remarques,
mais Ton peut rappeler a propos de la troisieme, qu'il existe des coutumes — en rap-
port, par exemple, avec la tenure des terres a titre gratuit, ou sur d'autres points,
avec la celebration des manages, ou encore, avec la consecration de femmes aux
temples eleves a des dieux ou k des deesses antiques — coutumes qui remontent k
un age immemorial. On ne peut trouver rien d'analogue k ces coutumes en Occident,
et une intervention qui y porlerait atteinte, determinerait naturellement un ressen-
timent considerable chez les fideles qui croient k leur saintete et a leur efficacit6.
— 60 —
standing acquaintance; for these people, before tlie war, used to visit India at
intervals and take away from the women of their acquaintance all the money which
the lattei' might have saved in the course of their business as prostitutes; and, having
(lone so, used to leave the country by rail or steamer, before the local authorities
had had time to checkmate them. It is with the object of enabling the Police to
deal more quickly and effectively with occasional visitants of this character thait
the Indian Government has recently strengthened the provisions of the enactment
known as the Foreigners Act, III, of 1864.
My own experience as Commissioner of Police at Bombay justifies the statement
that if by chance a girl were brought to India for prostitution against her will, it
would be impossible for her to escape the immediate notice of the Police, and
that therefore her rescue would be assured within a few hours of her arrival.
4. Such being the main feature_s of prostitution in India among women belonging
to various European countries, it is open to doubt whether the application of
Articles 1, 2 and 3 of the Convention of 1910 would effect any practical amelioration
of existing conditions; and, considering the facts outlined above, it is possible
that fresh legislation on the lines of those Articles would remain in practice a dead
letter. In regard to Article 2, in particular, there are good grounds for holding
that the offence therein embodied is sufficiently provided for by Section 366 of the
Indian Penal Code. That Section provides for the punishment by imprisonment
and fine of any person who "abducts any woman (i.e., a female human being of
any age) with intent that she may be compelled, or knowing it to be likely that she
will be compelled, to marry any person against her will, or in order that she may
be forced or seduced to illicit intercourse, or knowing it to be likely that she will
be forced or seduced to illicit intercourse." The definition of "abduction" in the
Code is as follows: "Whoever by force compels, or by any deceitful means induces,
any person to go from any place, is said to abduct that person."
On these considerations, taken together, it is open to question whether the
Government of India, "which is in full sympathy with the objects aimed at in the
Convention, would, by accepting the Articles above specified, secure any more
effective control than at present exists over the conditions of the problem as it
confronts them in that country.
5. When we turn to the domestic aspect of the matter, the difficulty of applying
the Articles of the Convention to India becomes greater. It hinges chiefly upon
the age-limit, which is fixed by the Final Protocol at twenty years. Under the Indian
law, the minority age-limit is sixteen years, as will be apparent from a perusal of the
provisions of Sections 372 and 373 of the Indian Penal Code. In order to comply
with the terms of Article 1 of the Convention, the established minority age-limit
would have to be raised accordingly to twenty years. As matters now stand, a proposal
to enhance the limit from sixteen to twenty years : (a) would, in all probability, be
found to be in advance of the general body of orthodox and conservative Indian
opinion, (b) would be in conflict with established physical facts, it being well known
that the climatic conditions of India result in maturity being reached at an earlier
age than in Europe, and lastly (c) might involve impolitic interference by the State
with religious and social customs, which are observed and followed by certain tribes
castes or communities in various parts of the Indian continent. It is undesirable
to take up the time of this Conference by giving detailed illustrations in support
of these propositions (a), (b) and (c); but it may be remarked in reference to the
third proposition that customs exist — in connection with the tenure of rent-free
lands, or elsewhere, with the celebration of marriages, or, again, with the dedication
of women to temples sacred to ancient gods and goddesses — which date back
to immemorial antiquity, for which no parallel can be found in Western countries,
and any interference with which would naturally be regarded with considerable
resentment by those who believe in their sanctity and elTicacy.
— 61 —
6. Ces faits nous amenent a conclure, que la proposition d'appliquer, sous leur
forme actuelle, ces articles de la Convention k I'lnde, particulierement I'article 1,
ne peut pas obtenir I'approbation sans reserve du Gouvernement de I'lnde. Le
nceud de la difficulte consiste dans la determination de I'age de la majorite. II
est possible, toutefois, que Ton puisse obvier a la difficulte qui se presente pour
rinde et prevoir ainsi, avec plus de certitude, son adhesion formelle a la convention,
si Ton ajoutait aux articles 1 et 2, une clause de ce genre:
« Pourvu que dans les pays d'Orient oil, par suite des conditions climateriques
et des coutumes sociales et religieuscs, la limite d'age fixee ci-dessus ne peut etre
appliquee, la definition d'un mineur, en ce qui regarde les dispositions qui precedent,
soit etablie par les assemblees legislatives nationales desdits pays. »
Si Ton admet le principe d'une clause de ce genre et qu'on en fasse I'objet d'une
communication officiclle au Gouvernement de I'lnde, il est possible qu'un des obs-
tacles fondamentaux a I'adhesion de Flnde a la Convention de 1910 se trouve ainsi
ecarte.
J'espere que la Conference voudra bien reserver a celte proposition un accueil
favorable.
Appendice a V expose sur I'lnde.
La section 372 du code penal de I'lnde est redigee en ces termes:
« Quiconque vend, met en louage ou dispose par tout autre moyen d'un ou d'une
mineure au-dessous de seize ans, en vue de la prostitution ou pour un but immoral,
ou en sachant que cet ou cette mineure sera embauchee dans ce but, sera puni,
dans les deux cas, d'un emprisonnement qui peut aller jusqu'a dix ans; il sera ega-
lement passible d'une amende. »
La section 373 est redigee en ces termes:
« Quiconque achete, loue ou obtient par tout autre moyen la possession d'un
ou d'une mineure au-dessous de seize ans, en vue de la prostitution ou pour un but
immoral, ou en sachant que cet ou cette mineure sera embauchee dans ce but, sera
puni, dans les deux cas, d'un emprisonnement qui peut aller jusqu'a dix ans; il
sera egalement passible d'une amende. »
M. le President. J'attire votre attention sur le fait que le delegue des Indes
demande d'ajouter aux articles 1 et 2 une nouvelle clatise. La proposition presentee
par M. de Graaf et dont nous allons nous occuper dans un instant, ainsi que la propo-
sition de la France, apporte deja une modification a ces articles. Comme il est pro-
bable que ces deux propositions seront renvoyees a une commission, je vous propose
d'y joindre la proposition du delegu6 de I'lnde. (Adopte.)
Voici le texte du vceu exprime par MM. de Graaf et Regnault :
« La Conference, soucieuse d'assurer la protection des femmes et des enfanls,
quelle que soit leur race et leur couleur, emet le vceu que le Conseil de la Societe
des Nations veuille bien, intervenant d'une fagon pressante aupres des Etats non
adherents a la Convention de 1910 sur la traite des femmes et des enfants, les
amener a donner leur adhesion k cet acte et les prier d'y adherer en m^me temps
pour leurs colonies et leurs d^pendance, et qu'elle veuille bien egalement prier les
Etats adherents a ladite Convention, mais qui n'ont pas encore adhere pour loutes
leurs colonies, de ne pas tarder a le faire. »
M. Regnault (France). II vaudrait peut-etre raieux supprimer le mot « toutes »,
cela serait plus correct. (Adopte.)
M. le President. Etes-vous unanimes a recommander ce voeu ?
(Adopte a Vunanimite.)
— (VI —
6. These facts point to the conclusion that a proposal to apply to India these
Articles, particularly Article 1, in their present form, must fail to command the
unqualified approval of the Indian Government. The crux of the difficulty is the
minority age-limit. It is possible, however, that India's difficulty might be largely
met, and her formal accession to the Convention be contemplated with greater
assurance, by the addition to Articles 1 and 2 of some such proviso as follows: —
"Provided that in Eastern countries where, owing to climatic conditions and
social and religious customs, the above standard of age cannot be applied, the
definition of a minor for the purpose of the above provisions (or. Articles) shall be
fixed by the National Legislatures of those countries."
Should the advisability of some such proviso be generally accepted and form
hereafter the subject of official communication to the Government of India, it is
possible that one fundamental obstacle to India's accession to the Convention
of 1910 might thus be eliminated. 1 hope tiiat the Conference will accord their
favourable consideration«to this proposal.
Appendix to the Statement on India.
Section .372 of the Indian Penal Code runs as follows: —
"Whoever sells, lets to hire, or otherwise disposes of any minor under the age
of sixteen years with intent that such minor shall be employed or used for the
purpose of prostitution, or for any unlawful or immoral purpose, or knowing it
to be likely that such minor will be employed or used for any such purpose, shall
be punished with imprisonment of either description for a term which may extend
to ten years and shall also be Hable to fine."
Section 373 runs as follows: —
"Whoever buys, hires or otherwise obtains possession of any minor under
the age of sixteen years with intent that such minor shall be employed or used
for the purpose of prostitution, or for any unlawful or immoral purpose, or knowing
it to be likely that such minor will be employed or used for any such purpose, shall
be punished with imprisonment of either description for a term which may extend
to ten years, and shall also be liable to fine."
The President. — Translation : I would draw your attention to the fact
that the Delegate for India is asking that a new clause should be added to Articles
1 and 2. The proposal made by M. de Graaf, with which we are going to deal in
a moment, and the French proposal already involve an alteration in these two
Articles. As it is probable that these two proposals will be referred to a Committee,
1 would suggest that we add the proposal of the Delegate for India to them.
(A greed.)
Here is the text of the Recommendation as moved by M. de Graaf and M.
Regnault: —
"The Conference, being desirous of providing for the protection of women
and children, whatever their race and colour, expresses the hope that the Council
of the League of Nations will be so good as to intervene with all urgency with
such States as have not acceded to the Convention of 1910 with regard to the traffic
in women and children, in order to induce them to accede to this Convention, and
at the same time beg them to give their accession as regards their colonies and
. dependencies, and that it will likewise request States adhering to the said Conven-
tion which have not yet adhered as regards all their colonies to do so as soon as
possible."
M. Regnault (France). — Translation : It would perhaps be better to suppress
the word "all." This would be more correct. (Adopted.)
The President. — Translation : Are you willing to recommend this wish ?
(Adopted unanimously.)
Nous avons un autre voeu dont nous nous etions occupes hier. II n'a pas ete
soumis au vote, bien que la Conference parut unanime. Ce vceu emanait de la dele-
gation fran^aise et se termine par ces mots: « ... recommande a I'Assemblee de la
Societe des Nations d'inviter de la fagon la plus pressante tous les membres de la
Societe qui ne sont signataires ni de I'Arrangement du 18 mai 1904, ni de la Conven-
tion du 4 mai 1910 et qui n'y ont pas adhere, a donner leur adhesion a ces actes. n
Voulez-vous adopter ce voeu tel qu'il est formule ?
M Baranyai (Hongrie). Je me permettrai d'ajouter une petite observation de
redaction. Ce vceu indique seulement les Membres de la Societe des Nations.- Ne
serait-il pas plus judicieux d'indiquer tous les Etats, merae ceux qui ne font pas
partie de la Societe des Nations ?
M. le President, Nous pourrions ajouter: « ... Membres de la Societe et autres
Etats... »
M. Regnault (France). Je suis parfaitement d'accord.
M. le President. Ceux d'entre vous qui sont d'accord d'ajouter ces mots et de
recommander le vceu sont pries de le manifester en levant la main.
(Le vceu est adopte a Vunanimite).
Je constate que nous reunissons I'unanimite pour la seconde fois et j'exprime
I'espoir que nous continuerons ainsi.
Reprenons maintenant la proposition du delegue de I'Union Sud-Africaine et
nous aurons termine pour nos colonies. La Commission des onze, que preside
M. Regnault et qui n'a plus grand chose a faire, pourrait peut-etre se charger
d'examiner cette question des colonies.
M. Regnault (France). Je crois qu'elle vient d'etre resolue.
M. le President. II n'y a done plus rien a dire, mais il reste I'autre proposi-
tion de M. de Graaf.
M. DE Graaf (Pays-Has). J'aurais aim6 repondre a M. le delegue de I'lnde,
mais cela coincide avec ce que j'ai a dire a propos de ma proposition. Cette propo-
sition, je le sais, est tres grave et tres difficile : c'est celle de modifier le texte presque
sacre de la Convention de 1910. Cela est a peine permis dans cette Assemblee.
Toutefois, il m'a semble que le fait meme que nous sommes encore une fois ici nous
prouve que le labeur n'a pas ete termine en 1910, que meme sur cette grave question
de la legislation Internationale nous sommes encore en pleine evolution.
*
En outre, apres la Conference de 1910, des evenements se sont produits dans le
monde, evenements qui peuvent changer quelque chose aux conceptions. Peut-etre
n'est-ce pas superflu alors de se reunir encore une fois et de dire, encore une fois,
qu'il y a peut-etre des raisons d'etudier la question. Je suis tres discret; j'ai seulement
demande d'etudier la question de savoir s'il serait necessaire de modifier le texte de
la Convention de 1910.
II vaut toujours mieux parler de ses propres experiences, car ce sont les seules
que Ton connait vraiment. Je parlerai un peu des experiences des Pays-Bas.
Le Gouvernement neerlandais avait aussi signe la Convention de 1910, mais
comme vous le savez, le protocole de cloture donnait toute liberte k chaque pays
d'aller plus loin que la Convention le stipulait. Nous avons use de cette liberte et
sommes alles plus loin: en eflet, notre loi de 1911 ordonne la suppression des maisons
de tolerance et qualifie de crime toute traite des femmes.
Vous comprendrez que cela non plus n'a pu etre obtenu sans difficultes, et en
Hollande il y eut beaucoup d'objections contre cette proposition de notre Comite.
L'experience que nous avions etait la suivante: apres le Congres de 1910, il
s'^tait constitue, comme partout, en Hollande un Comite national pour combattre
la traite des blanches. J'ai eu I'honneur d'etre secretaire de ce Comite. A present,
j'en suis le president. Je me suis dit qu'il etait tres interessant de vouloir combattre
la traite des femmes mais avant tout, j'estimais qu'il fallait savoir si oui ou non cette
chose existait. Tout le monde me racontait qu'il n'y avait pas de traite des blanches.
— 62 —
We have another recommendation which we dealt with yesterday. It has
not yet been put to the vote, although the Conference appeared to be unanimous.
This recommendation came from the French Delegation and ended with the words:
"recommends to the Assembly of the League of Nations to request in the most
urgent manner those Members of the League which are not already signatories to
the Agreement of May 18th, 1904, or to the Convention of May 4th, 1910, and which
have not acceded to the same, to give their adherence to the said Acts."
Will you adopt this recommendation as it stands ?
M. Baranyai (Hungary). — Translation: I should like to make a slight remark
as to the wording. This recommendation mentions only Members of the League
of Nations. Would it not be wiser to speak of all States, even those which do
not form part of the League of Nations ?
The President. — Translation: We might add "Members of the League and
other States."
M. Regnault (France). — Translation: 1 quite agree.
The President. — Translation: Will those of you who agree to add these
words and to support the recommendation, kindly express the same by raising
your hands ? (The recommendation was adopted unanimously.)
I see that we are once more unanimous and I express my hope that we shall
continue to be so.
Let us now take up the proposal of the Delegate of the South African Union
and we shall have ended the colonial question. The Committee of Eleven, presided
over by M. Regnault, which has not much more to do, might perhaps undertake
to examine this question of the colonies.
M. Regnault (France). — Translation: I think it has just been settled.
The President. — Translation: Then there is notYiing more to be done, but
we have still M. de Graaf's other motion.
M. de Graaf (Netherlands). — Translation: I should have liked to have replied
to the Delegate for India, but this coincides with what I have to say with regard
to my proposal. This proposal is, I know, extremely serious and extremely difficult;
it is that we should alter the almost sacred text of the Convention of 1910. It may
be that this scarcely falls within the competence of this Assembly. Nevertheless,
I think the very fact that we are here once again shows us that the work was not
finished in 1910, and we are still in process of evolution even where this serious
question of international legislation is concerned.
Furthermore, after the Conference of 1910, events of world-wide importance
have occurred, events which may cause us to alter our ideas. Perhaps, therefore,
it is not superfluous to meet once again and to say once again that perhaps there
are reasons for studying this question My attitude is very cautious; I have only
asked that we should enquire whether it might be necessary to alter the text of
the Convention of 1910.
It is always best to quote personal experience, because it is the real experience.
I will tell you, therefore, something of the experience of the Netherlands.
The Government of the Netherlands, like others, had signed the Convention
of 1910, but, as you know, the Closing Protocol gave full freedom to every country
to go farther than the Convention provided. We have made full use of this freedom
and have gone farther. Indeed, our Law of 1911 orders the suppression of brothels
and classifies any traffic in women as an offence.
You will understand that this was not obtained without difficulty; piany
objections were made in Holland to this proposal of our Committee.
Our experience was as follows: after the Congress of 1910, in Holland, as every-
where else, a National Committee was set up for the purpose of combating the
traffic in women. I had the honour to be Secretary of this Committee; I am now
its President. I thought that it was all very fine to desire to combat traffic in women
but that it was first necessary to know whether or not the thing existed. Everyone
told me that there was no traffic in women. We decided that enquiries should be
— 63 —
Nous decidons de faire une enquete que nous confions, non a des personnes incompe-
tentes, a des philanthropes, mais a des experts de police. Un inspecteur de police
a consacre un an et demi a une enquete sur la cause de la traite des blanches. Pre-
mierement, y a-t-il une traite et quelles en sont les causes ? On nous dit: « N'allez
pas voir dans les grandes maisons de tolerance, ce n'est pas necessaire. Pourquoi
faire cela, ces maisons sont controlees par la police. Les_petites maisons clandestines,
c'est autre chose. Dans les grandes maisons, toutes les femmes sont passees par le
commissariat de police, elles ont du montrer leurs papiers attestant qu'elles n'etaient
pas mineures. »
Nous avions alors dans notre code p6nal un article stipulant qu'il n'etait pas
permis pour une femme d'entrer dans une maison de tolerance avant qu'elle n'eut
declare formellement au commissaire de police qu'elle connaissait le caractere de
cette maison de tolerance et que c'etait de son plein gre qu'elle y entrait.
Nous nous sommes dit, cependant: pourquoi ne pas visiter les grandes maisons
de tolerance, c'est toujours interessant. Et nous decidames justement de commencer
notre enquete par les grandes maisons. Notre inspecteur y est entre, et qu'a-t-il trouve ?
Dans une de ces grandes maisons de tolerance, autorisee et protegee par la police, il a
constate qu'il y avait eu pendant un an et demi pas moins de soixante-dix-sept filles
mineures frangaises dedix-sept et dix-huit ans embauchees a Paris pour Amsterdam et
La Haye. Elles avaient toutes passe par le commissaire de police et, comme la limite
d'age etait de vingt-trois ans, ce commissaire de police avait pris ces jeunes filles de
seize et dix-huit ans pour des femmes de vingt-trois ans. Le tenancier de cet eta-
blissement fut puni et maintenant toutes ces maisons ont ete abolies a Amsterdam.
Pour prouver que la vraie cause, la grande cause de la traite des femmes etait
les maisons de tolerance, je vous citerai un seul fait : nous avons pu mettre la
main sur un annuaire qui etait en la possession des trafiquants de femmes. Cet
annuaire tres pratique leur donnait les adresses de toutes les maisons de tolerance
dans le monde entier oil I'crn pouvait, avec succes, vendre les victimes. II y avait
notre ville d'Amsterdam qui figurait la avec six ou sept grandes maisons. Plus tard,
apres la cloture des maisons de tolerance en Hollande, notamment en 1907, j'ai eu
la faveur de posseder un nouvel annuaire a I'usage des trafiquants. J'ai cherche
Amsterdam, mais notre ville n'y figurait plus. Les choses avaient done un peu
change. N'allez done pas a Amsterdam, il n'y a pas de maisons de tolerance, il n'y a
rien a faire pour les trafiquants.
Le gouvernement a marche avec nous, il a supprime les maisons de tolerance,
et de tout ce qu'on avait craint, de tout ce qu'on avait predit : « quand vous fermerez
les maisons de tolerance ce sera terrible, il y aura une augmentation de la prostitution
clandestine affreuse, il y aura une formidable augmentation des maladies vene-
riennes, » qu'est-il arrive? La prostitution clandestine a-t-elle augmente en
Hollande. Oui, certainement. Dans les dernieres annees elle a augmente, mais la
cause en est-elle la fermeture des maisons de tolerance? Je n'en sais rien du tout.
J'ai seulement vu que dans les pays oil ily avait beaucoup de maisons de tolerance,
1^ aussi — pas moins que chez nous — la prostitution clandestine a augmente for-
tement.
En sorte qu'il est possible de dire que ce n'est pas la fermeture des maisons,
mais d'autres causes, la guerre et les suites de la guerre, qui ont augmente la prosti-
tution clandestine. Quant aux maladies veneriennes, ont-elles augmente apres la
fermeture ? Nous n'avons pas de statistiques tres exactes, pas de statistiques aux-
quelles nous pouvons nous fier. Done je ne vous presente point de statistiques, car
si elles ne softt pas absolument sures, il vaut mieux n'en pas donner.
Cependant, il y a les impressions des medecins et des veneriologues. Eh bien,
en 1900, lorsqu'on discutait de la question de la fermeture des maisons de tolerance,
tous les medecins etaient centre nous, surtout les veneriologues. lis disaient: « Mais
la maison de tolerance, c'est notre sauvegarde ». Et maintenant? .Moi-meme je suis
president d'une societe pour la lutte contre les maladies veneriennes, de sorte que
j'ai la faveur de travailler avec les premiers veneriologues de Hollande. Eh bien, il
n'y en a presque plus un qui soil de cette opinion. Bien au contraire.
II y a quelques semaines, s'est reuni a Copenhague un congres de la Ligue des
Societes de la Croix- Rouge auquel participaient les plus grands veneriologues. Or,
— 63 —
made, not by persons who were not competent to do so, nor by philanthropists,
but by police experts. An Inspector of Police gave up a year and a-half to the
enquiry of the cause of the traffic. Firstly, was there a traffic and if so what were
its causes ? We were told: "Do not go to the large brothels; it is not necessary.
Why do that, since these houses are controlled by the police ? The small clandestine
houses are a different matter. In the large houses, all the women have passed
through the Police Station and they have had to show their papers certifying that
they were not under age."
At that time we had in our Penal Code an Article stipulating that it was not
lawful for a woman to enter a brothel before formally declaring to the Police
that she was aware of the character of the house and that she was entering it of
her own free will.
We said, however, why not visit the large brothels ? They may afford infor-
mation. We decided, in fact, to begin our enquiry with the large houses. Our
Inspector visited them, and what did he find ? In one of these large brothels,
authorised and protected by the police, he found that, during a year and a-half,
there had been no less than seventy-seven French minors of seventeen or eighteen
years of age procured from Paris for Amsterdam and the Hague. All of them had
passed through the Police Ofiice, and as the age-limit was twenty-three years,
the Police had passed these girls of from sixteen to eighteen years as women of
twenty-three years. The keeper of this establishment was punished, and now all
these houses have been abolished at Amsterdam.
The proof tliat the real and chief cause of the traffic in women was the licensed
brothel, is the fact that when we secured a Directory which was used by traffickers
in women, we found that this extremely practical work gave the addresses of all
the licensed brothels in the whole world where victims could be successfully sold.
Our city of Amsterdam was on the list with six or seven large houses. Later, after
the closing of the licensed brothels in Holland, especially in 1907, I was fortunate
enough to get hold of a new Directory made for the use of traffickers. I looked for
Amsterdam but our city was no longer on the list. The situation had changed; it
was now: " Do not go to Amsterdam; there are no licensed brothels; there is no
business there for traffickers."
The Government has assisted us; it has suppressed licensed brothels; and
of all that had been feared, and of all that had been foretold ^ " When you
close the brothels it will be terrible; there will be a frightful increase in secret
prostitution, there will be a terrible increas.e in venereal diseases" — how much
has come to pass? Has secret prostitution increased in Holland ? Yes, certainly.
In these last years it has increased, but is the cause the closing of the brothels ?
I do not know. I have only observed that in countries where there are many
licensed brothels, there also — no less than in our country — secret prostitution
has increased enormously.
We can therefore say that it is not the closing of the houses, but other causes,
the war and the results of the war, which have increased clandestine prostitution.
As for venereal diseases, have they increased since the closing of the houses ? We
have no very exact figures, no statistics on which we can rely, so I am hot giving
you statistics, because figures which cannot be relied upon are worse than no figures
at all.
We have, however, the opinions of doctors and venereal specialists. Well,
in 1900, when the question of the closing of the brothels was discussed, all the doctors
were against us and especially the venereal specialists. They said : "But the licensed
brothel is a safeguard." What is now the case ? I myself am President of a society
for the combating of venereal disease, so I have had the privilege of working with
the leading venereal specialists in Holland. Well, there is n6w hardly one who
holds the same opinions as before. On the contrary.
A few weeks ago, a Congress of the League of Red Cross Societies met in
Copenhagen, in which the greatest venereal specialists took part. They voted
— 64 —
ils ont vote a runanimite — je dis bien a runanimite — que la reglementation et
les maisons de tolerance sont nuisibles a la sante publique au point de vue des
maladies veneriennes, et qu'il y a toute sorte d'autres moyens de combattre ces
dernieres.
II me semble que quand nous voulons vraiment combattre la traite des femmes,
11 faut se demander: Que ferons-nous avec ces deux articles de la Convention? Quelles
sont maintenant les femmes qui ont le droit d'entrer dans les maisons de tolerance?
Les mineures sont protegees le plus possible. Les majeures ne le sont aussi que quand
elles sont contraintes, quand il y a eu abus d'autorite, quand il y a eu fraude. Mais
ces pauvres maisons de tolerance, ou recrutent-elles done leur personnel? Quelles
sont encore les femmes qui entrent dans ces maisons? Eh bien, ce sont les vieilles
femmes faibles d'esprit, malades; ce sont les femmes qui, sans abus d'autorite,
sans fraude, pas mineures, de leur plein gre vont encore dans ces maisons. Mais
"croyez-vous done que les tenanciers puissent vivre de maisons contenant de pareilles
femmes? Est-ce que ceux qui entrent dans ces maisons veulent des femmes vieilles,
malades et faibles d'esprit? Non, ils demandent autre chose, ils demandent les jeunes.
Les jeunes peuvent-elles entrer dans ces maisons ? Eh bien, je crois qu'elles le peuvent,
avec de faux papiers.
Quand on veut se battre, 11 faut avoir un glaive aigu et pas §mousse. Sans doute
nous sommes tres heureux d'avoir ces deux articles qui constituent un pas en avant,
puisqu'ils posent le principe que tous les gouvernements s'engagent a combattre la
traite des femmes. S'ils avaient seulement cet effet, ces deux articles de la Convention
de 1910 seraient dej^ un grand pas en avant. Mais il me semble que cela ne corres-
pond pas a ce que I'experience nous a appris, que ce n'est pas un glaive assez aigu,
que c'est un glaive emousse et qui ne touche pas I'ennemi au coeur, puisque le cceur
c'est la maison de tolerance. En effet, pour qui ces agents detournent-ils ces jeunes
femmes? C'est, en general, nous I'avons vu, pour les maisons de tolerance.
Et c'est bien ce que je reponds au representant de I'Inde. Je comprends tres
bien que vous ne faites pas beaucoup avec les deux articles de la Convention. Mais
quand nous avons eu des resultats aux Indes neerlandaises, ce n'etait pas avec ces
deux articles, mais c'est notre loi del911 qui nousapermis de supprimerles maisons
de tolerance aux Indes neerlandaises. II y avait a ce moment des jeunes filles tout a
fait innocentes, des enfants japonaises qui ont ete rapatriees au Japon aux frais du
Gouvernement neerlandais. Si vous aviez notre loi hollandaise, vous aboutiriez
a quelque chose. Je vous lirai les deux articles de notre code penal de 1911 qui nous
a aide en Hollande et aux Indes neerlandaises egalement. Ce sont les articles 250 bis
et 250 ter. Le premier dit : « Quiconque fait profession ou coutume de causer ou de
favoriser volontairement la debauche d'autres personnes avec des tiers, est puni
d'une peine d'emprisonnement d'un an au plus ou d'une amende de 1000 florins
au plus. » L'article 250 ter dit : « La traite des femmes est punie d'une peine d'empri-
sonnement de cinq ans au plus. »
Cet article laisse le tribunal absolument libre de juger tous les cas de traite.
Vous voyez que le Gouvernement neerlandais s'est base sur ce principe: il n'est
pas permis de pimir la debauche, c'est une question de moralite, c'est une question
intime. Mais ce qui doit etre puni c'est I'exploitation, toute exploitation par un tiers
de la debauche d'autrui. Cela c'est le parasitisme et tout parasitisme est absolument
nuisible a chaque civilisation.
Or, le parasitisme n'est pas touche au cceur par les deux articles de la Convention,
mais il est touche au cceur par ces articles du code p6nal neerlandais.
M. le President. Vous voulez probablement parler du proxen^tisme
?
M. DE Graaf (Pays-Bas). C'est expr^s que j'ai dit parasitisme. II s'agit en effet
du proxenetisme, mais je I'ai caracterise comme etant un parasitisme. Mais c'est
bien naturellement le proxenetisme qui est puni aux Pays-Bas.
Maintenant, nous comprenons tres bien que ce pas en avant est tres difficile,
et qu'il n'est pas possible qu'^ cette Conference on vote une decision aussi radicale.
Et c'est pour cela que nous avons fait une proposition d'un caractere extremement
— 64 —
unanimously — I repeat, unanimously — that regulation and the licensed brothel
are harmful to public health from the point of view of venereal disease, and that
there are many other means of combating these diseases.
It seems to me that when we really desire to combat traffic in women, we
must ask: What shall we do with these two Articles of the Convention ? Who
are now the women who have still the right to enter brothels ? Women under
age are protected as far as possible. Women of age are also protected when they
are the victims of force, of abuse of authority, or of misrepresentation. But, then,
where do these brothels obtain their personnel ? Who are the women who still
enter these houses ? Are they all old, weak-minded, diseased women ? Are they
all women above the protected age, entering these houses not as a result of force
or fraud, but of their own free will ? If this were the case, how could the establish-
ments pay their way ? Do you imagine that men who frequent these houses desire
old, weak-minded, diseased women ? Of course not, they demand something else,
they demand young women. The question is, can young women still enter these
houses ? Well, I think they can with forged papers.
The serious fighter must have a sharp, not a blunted sword. We are certainly
very glad to have these two Articles, which constitute a step forward, since they
lay down the principle that all Governments undertake to combat traffic in women.
If they have no other result than this, these two Articles of the 1910 Convention
would still constitute important progress. But it appears to me that this does
not meet the requirements that we have learnt from experience, that this sword
is not sharp enough, that it is, in fact, a blunt sword which does not strike at the
heart of the enemy, which is undoubtedly the brothel. In fact, for whose benefit
do these agents lead young women astray ? As we have seen, it is chiefly for the
benefit of the brothels.
This is my answer to the Representative of India. I quite understand that
you do not get much result from the two Articles of the Convention. But when
we were successful in the Dutch Indies, it was not the result of these two Articles,
but of our Law of 1911, which enabledais to suppress brothels in the Dutch Indies.
At that time there were young girls there who were quite innocent, Japanese
children who were repatriated to Japan at the expense of the Dutch Government.
If you had our Dutch Law, you would achieve something. I will read you the two
Articles of our Penal Code of 1911 which assisted us both in Holland and in the
Dutch Indies. These are Articles 250 (a) and 250 fb). The first says: "Any person
who makes it his profession or custom to cause or voluntarily further immorality
of other persons with third parties, is punished with a penalty of imprisonment
not exceeding one year, or with a fine not exceeding 1000 florins." Article 250 (b)
says: "Traffic in women shall be punished by a penalty of imprisonment not exceed-
ing five years."
This Article leaves the Tribunal absolutely free to judge all cases of the traffic.
The Dutch Government, you observe, has based its action on the principle
that we cannot punish immorality, for that is a private question of personal morality.
But what must be punished is exploitation by a third party of the immo^-ality of
other people. For such exploitation is parasitic, and as such definitely harmful to
any civilisation.
Such parasitic exploitation is not really reached by the two Articles of the
Convention but it is affected at the root by the Articles of the Dutch Penal Code
which I have just read.
The President. — Translation: I take it you refer to procuring ?
M. DE Graaf (Netherlands). — Translation: I purposely characterised this
exploitation as parasitic. We are dealing, of course, with procuring and I have
classed it as a parasitic manifestation. It is procurers who are punished in the
Netherlands. We quite understand the extreme difficulty of the new step and that
it is not possible for this Conference to vote such a radical decision; that is why
we have made a proposal of an extremely moderate nature. We only ask that this
— 6n —
discret. Nous demandons seulement d'etudier cette question. Nous sommes d'avis
que ce n'est pas le dernier congres qui aura lieu sur la traite, et qu'au congres pro-
chain la question se posera de nouveau jusqu'a ce qu'elle soit resolue.
Le texte de la nouvelle proposition des Pays-Bas est le suivant:
« Le del6gue des Pays-Bas a I'honneur de soumettre aux deliberations de la
Conference la proposition suivante:
« La presente Conference Internationale sur la traite des femmes et des enfants
recommande a I'Assemblee de la Societe des Nations:
((d'inviter les Gouvernements signataires de la Co^jvention de Paris du 4 mai
1910 k etudier la question de la necessite et de I'urgence de I'unification des articles 1
et 2 de la Convention, en omettant le mot Mmineure» de I'article 1 et en supprimant
I'article 2, de sorte que ce seul article se lira comme suit :
« Doit etre puni quiconque, pour satisfaire les passions d'autrui, a embauche,
entraine ou detourne, meme avec son consentement, une femme ou une fille, en vue
de la debauche, alors meme que les divers actes qui sont les elements constitutifs
de I'infraction auraient ete accomplis dans des pays differents. »
M. le President. 11 ne s'agit done plus que de demander a la Societe des Nations
d'etudier la question de I'unification de ces articles 1 et 2.
II y a aussi un petit amendement du d61egue de Hongrie dont on va donner
lecture.
M. Baranyai (Hongrie). Je ne veux pas apporter de nouveaux motifs, a I'appui
de I'excellent raisonnement du delegue hollandais. Je me permettrai toutefois, pour
arriver a quelque chose de plus positif, d'ajouter cette phrase:
« La presente Conference recommande a la Societe des Nations d'inviter le
Gouvernement
.... d'inscrire le resultat des etudes et des suggestions des differents gouverne-
ments, a I'ordre du jour de la seconde conference sur la traite des femmes et des
enfants. )> (Approbation).
Je me permets de vous dire que le delegue des Pays-Bas est d'accord avec mon
sentiment.
M. le President. La parole est k M. Regnault.
M. Regnault (France). Je voudrais repondre par quelques observations tr^s
rapides au tres interessant discours de M. de Graaf. II a d'abord parle d'enquetes
et d'investigations faites par lui-meme, je crois, et par quelques-unes des personnes
qui I'accompagnaient dans certaines maisons d'Amsterdam; il y a trouve, dit-il,
un grand nombre de femmes fran^aises. J'estime que ce terme n'est pas justifie;
on range volontiers parmi les femmes fran^aises, quelquefois aussi parmi les Fran-
^ais, des personnes qui simplement parlent ou pretendent parler le fran^ais. Mais il
n'y a pas que les Fran^ais qui parlent frangais. 11 y a d'autres peuples : d'abord les
pays voisins qui ont aussi la meme langue nationale et, d'autre part, dans tons les
pays il y a des gens qui parlent le fran^ais et peuvent se dire plus ou moins Fran-
gais, surtout s'ils sont a I'etranger. Je n'accepte done pas comme definitive la sta-
tistique un peu hasardee de M. de Graaf et je proteste contre cette generalisation.
Je remplis evidemment une tSche ingrate en m'elevant contre une proposition
qui s'inspire du desir de hitter contre la demoralisation. Mais il y a d'autres consi-
derations k faire valoir. Cette question de la prostitutioii, puisque c'est elle qui est
aujourd'hui k I'ordre du jour, doit etre reglee, d'apres mts instructions, par chaque
gouvernement et ne doit pas etre posee a la conference. Nous estimons plus sago
de saisir dans chaque pays I'opinion publique et les pouvoirs parlomentaires par des
enquetes, par des manifestations de presse, par des communications dans les acade-
mies, par des rapports dans les assemblees de medecins, c'est-^-dire dans les milieux
les plus competents; c'est la que doit etre port6e cette question do la sant6 publi-
que et de la prostitution.
Si Ton veut la trancher par des declarations qui sont plutotd'ordre sentimental,
on ne pent arriver qu'a de tres graves mecomptcs. A ce propos, je voudrais vous faire
part, tres hativement, d'une petite statisliquc concernaiit lo noii>hro des inaisdus
— 65 —
question should be examined. We are of opinion that this is not the last Congress
which will take place on this traffic, and that at the next Congress the question
will be raised once more, and so on until it is settled.
The text of the new proposal of the Netherlands is as follows: —
"The Delegate of the Netherlands has the honour to submit the following
proposal for consideration by the Conference: —
"This International Conference on Traffic in Women and Children recommends
to the Assembly of the League of Nations that it should ask the Governments
signatories of the Paris Convention of May 4th, 1910, to exaifiine the question
whether it is not urgently necessary that Articles 1 and 2 of the Convention should
be combined, by omitting the words "under age" in Article 1 and suppressing
Article 2, so that this single Article would read as follows: —
"Whoever, in order to gratify the passions of another person, has procured,
enticed or led away, even with her consent, a woman or girl for immoral purposes
shall be punished, notwithstanding that the various acts constituting the offence
may have been committed in different countries."
The President. — Translation: We have therefore only to ask the League
of Nations to examine the question of combining Articles 1 and 2.
There is also a short amendment by the Hungarian Delegate which will be read.
M. Baranyai (Hungary). — Translation: I do not wish to bring forward new
reasons in support of the excellent reasoning of the Dutch Delegate. Nevertheless,
in order to achieve a more positive result, I would beg to add this sentence: —
"This Conference recommends that the League of Nations invite the
Government to put the result of the
examination and the suggestions of the different countries on the Agenda of the
second Conference on Traffic in Women and Children." (Applause.)
I am able to inform you that the Dutch Delegate agrees with me.
The President. — Translation: I call upon M. Regnault.
M. Regnault (France). — Translation : I would like to reply very briefly
to M. de Graaf's very interesting speech. He first spoke of enquiries and investi-
gations carried out; as I understand, by himself and, by several persons accom-
panying him, into conditions in certain houses in Amsterdam. He says he found
there a great number of Frenchwomen. I consider that this statement is not justi-
fied. Many women^ and, indeed, many men, are classed as French dimply because
they speak or pretend to speak the French language. But French is not only spoken
in France. It is spoken in other countries, notably in the countries bordering on
France which have the same national tongue; and then in all countries there are
people who speak French and can call themselves more or less French, particularly
when they are abroad. I, therefore, do not accept M. de Graaf's somewhat reckless
statistics as final and I protest against this generalisation.
It is an unpleasant duty to have to protest against a proposal which is inspired
by a desire to combat immorality. But there are other things to be considered.
This question of prostitution, which is the question before us to-day, must, so I am
instructed, be settled by each Government and should not be put before the
Conference. We think it wiser to bring the matter before the public opinion and
the parliaments of all countries, by conducting enquiries, by ventilation in the
press, by lectures given in educational institutions, by reports at Medical Congresses
— that is, in the most competent circles. It is in this way that we consider that
these questions of public health and prostitution should be dealt with.
If we attempt to settle this question by pronouncements of a more or less
sentimental nature, we are bound to make serious errors. In this connection, I
will give you very briefly a few statistics with regard to licensed brothels in Paris.
— 66 —
de tolefance existant a P.aris. On constate qu'il y avait a Paris, en 1910, quarante-
quatre maisons alors qu'il n'y en avait plus, en 1920, que trente et une. Je me hate
d'ajouter que je ne suis pas fier de ce resultat, car il y a un autre chiffre en face.
C'est la statistique des maisons de rendez-vous libres, celles qui ne sont pas
surveillees. Cette statistique annonce deux chiffres. En 1912, il y avait a Paris
1100 maisons de rendez-vous; en 1920, il y en avait 1700. Si les maisons de tolerance
tendent, elles, a diminuer, la debauche cherche une autre issue et une issue libre.
Done, au point de vue de la moralite, il ne faut pas se feliciter outre mesure de la
suppression des maisons de tolerance, puisqu'elles sont si largement remplacees par
des maisons de rendez-vous. Y a-t-il dans ces dernieres maisons les memes garanties
pour la sante publique ?
La prostitution qui s'etale,la prostitution qui s'afriche,la prostitution qui court
les rues est-elle moins dangereuse que la prostitution close ? Voila la question.
Je reviens a ce que je disais tout a I'heure. Dans ce domaine, nous ne sommes
plus ici sur notre terrain. Notre terrain, c'est la traite des femmes, c'est d'eviter
toute atteinte a la liberte des femmes et des enfants, toute tentative dangereuse
pour leur honneur, surtout quand les victimes sont innocentes et quand ces tenta-
tives sont faites avec des manoeuvres abusives.
Si nous voulons sortir de ce terrain, si nous abordonsje probleme de la prosti-
tution, j'avoue que nous paraissons insuffisamment documentes et que nous pour-
rions etre conduits a des resultats facheux. II faudrait faire des experiences sur les
garanties qu'offre la reglementation de la sante publique. Eh bien, on I'a fait. On
I'a fait a maintes reprises. On I'a fait pendant la guerre. Tous les medecins mili-
taires ont ete unanimes a declarer que la reglementation 6tait un mal absolument
necessaire et tendait a la diminution des maladies. Pour eviter quelque atteinte a
notre sensiblerie, on voudrait supprimer les maisons closes; je demanderais qu'avant
on pense k ceux qui contractent d'atroces maladies transmissibles dans les families
et qui se repercutent souvent dans la sante des enfants. 11 ne faudrait peut-etre pas
se lancer dans cette voie sans une etude plus complete. C'est pourquoi, en suivant les
instructions que j'ai regues, je ne saurais me rallier au voeu qui a ete exprime par
le President.
M. Yamaoka (Japon). — Traduction: L'amendement aux articles 1 et 2 de
la Convention Internationale de 1910, propose par le delegue de la Hollande, est
deja prevu dans Particle 182 du Code penal japonais, qui est redige de la maniere
suivante :
« Tous ceux qui, dans un but de lucre, seduisent ou detournent, en vue de les livrer
a la prostitution, des femmes ou des jeunes filles de tout age, sans qu'elles soient de
conduite notoirement immorale, sont passibles de un a cinq ans de travaux forces. »
En ce qui concerne I'observation faite par le delegue de la Hollande, a savoir
qu'aux Indes n6erlandaises on pratique la traite des femmes et des enfants japo-
nais, je crois cette observation tout a fait erronee. Je ne nie pas qu'il n'y ait quelques
emigrantes volontaires qui deviennent eventuellement des prostituees; ces femmes,
.lorsqu'on les prend, sont rapatriees par les fonctionnaires consulaires; mais il n'y a
aucune preuve de I'existence de la traite des femmes et des enfants.
M. Lewald (Allemagne). Je ne voudrais pas entrer plus completement dans '
cette question tres grave et tres compliquee. II interessera peut-etre la Conference
de connaitre que le mouvement contre les maisons de tolerance en Allemange est
maintenant tres accentue. Les femmes faisant partie du Parlement allemand, sans
distinction de parti, M™^ Zetkin, anarchiste, de meme que les fegimes de la droite,
ont vote, au sein de la commission, en faveur de la suppression totale des maisons
de tolerance. Au Senat de Hambourg, oii il y a toujourseu des maisons de tolerance,
on a decide, au cours des dernieres semaines, de supprimer totalement les maisons
de tolerance. Je suis certain que dans les rares villes d'Allemagne oil il y a encore
de telles maisons — Berlin, Munich, Stuttgart et autres grandes villes ne les
connaissent pas du tout — le mouvement grandira et que I'heure de la fermeture des
maisons de tolerance a sonn6.
M. DE Graaf (Pays-Bas). C'est un fait interessant.
— fif) —
In Paris in 1910, there were 44 houses, whereas in 1920 there were only 31 ; but
I hasten to add that I see no ground for congratulation on this result, for there is
another set of figures to be taken into account — that is to say, the statistics
of houses of free rendezvous, which are not under supervision. We have two figures
here: in 1912, there were 1,100 houses of rendezvous in Paris; in 1920, there were
1,700. The number of brothels is diminishing but immorality is seeking another
and freer outlet. Therefore, from the point of view of morality, we must not con-
gratulate ourselves too much on the suppression of licensed brothels, because they
are replaced to such a large extent by houses of rendezvous. And can it be said that
there are the same guarantees for public health in these houses of rendezvous ?
Is open prostitution which parades in the streets less dangerous than prosti-
tution which hides itself within doors ? That is the question.
I return to what I said just now. In this field, we are no longer in our own
sphere. Our sphere is traffic in women. It is the prevention of anything affecting
the freedom of women and children, of any atternpts dangerous to their honour,
particularly when such attempts are directed by unfair manoeuvres against innocent
victims.
If we desire to leave this sphere and attack the problem of prostitution, I
must say that we would appear to be insufficiently informed and that the result
of our action might be unfortunate. We should have to know the results of regulation,
that is to say, what guarantees it offers for public health. Well, the experiment
has been made. It has often been made. It was made during the war. All the mili-
tary doctors were unanimous in declaring that regulation was an absolutely necessary
evil and tended to diminution of disease. Some people desired to suppress the
brothels in order not to hurt our sensitive feelings, but I would ask them first to
think of those who contract terrible diseases which may perhaps be transmitted
to their families and which may affect the health of their children. Perhaps it would
be better not to take up this question without more complete examination. This
is why, in accordance ^with the instructions I have received, I cannot support the
recommendation proposed by the President.
M. Yamaoka (Japan). — The amendment to Articles 1 and 2 of the Inter-
national Convention of 1910, proposed by the Dutch Delegate, is already adopted
in the Penal Code of Japan, Article 182, which reads as follows: —
"Those who, for the purpose of profit-making, seduce, entice or abet women
or girls of any age, without known immoral practice, to come to sexual intercourse
with any third person, are liable to more than from one to five years' imprisonment
with hard labour."
As to the observation made by the Delegate of Holland, stating that in the
Dutch Indies there exists a traffic in Japanese women and children, I think it is
highly misleading.