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Full text of "The Bonaparte letters and despatches, secret, confidential, and official; from the originals in his private cabinet"

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CORRESPONDENCE 

OFHCIELLE ET CONFlPJPTlELtE, 

NAPOLEON BONAPARTE. 



Cet 6uprage se irojiv^ ausu 

J Demat, 
A lit » . ' ' ' Horgn»es-R«iiier , 
' Lecnarlier, 

' et madame TeaveXeiiiaire ) 
."' M, .. MM. Hoadin etPo]9f4^aj 
'tt^' ■ '■ :ct Bogaerc-pomoriier^ ' 






CORRESPONDANCE 

INiDITE 

OFFICmLLE ET CONFIDENTEELLE 



DE 



NAPOLEON BONAPARTE 



LES GOURS £tRANG]^ES , LES PRINCES , LES MIMISTRES 
ET LES Gl^^UX FRAN(2 AIS £T £TRANGERS , 



EN ITALIE , Eir ALLSXAGHB £T BN EGTPTE. 



Scfipta maneni*, 



EGYPTE. 



TOME PREMIER. 



PARIS 
C. L. F. PANCROUCKE 

RUE DBS POITEVIKS, N. 1 4* 
IttDCCCXIX. 




«• • I • • 



• *• » *• 



CORRESPONDANCE 

INEDJTU, 

OFFICIELLE ET CONFIDENTIELLE 

DE 

NAPOLEON BONAPARTE. 

EXPEDITION D'feGYPTE. 



LIVRE PREMIER 

Heiifermant les dispositions preliminaires et Foccupation 
de rile de Malle. 



Paris , le ! 5 TCDtosc an 6 ( 5 mars 1 798 ). 

Lie Pii'ectoire executif arrete : 

Article premier. Le contre-amiral Duchayla est 
nomme inspecteur des cdtes de la Mediterranee, et for- 
mera avec les citoyens ci-apres designes , la commission 
de rarmement de ces cotes. 

2. Le citoyen Leroy , commissaire de la marine au 
H2ivre, fera les fonctions' d'ordonnateur des cotes de 
la Mediterranee. 

EOTPTE. I . • I 



2 corresponWce 

5. Le general Dommartin est nomme inspecteur de 
rartillerie des cdtes de la MediteirraDee. 

4. L'ordonnateur Sucy est nomme ordonnateur en 
chef, memliir^ de ladile eairaftisaion. 

5. La tresorerie nationale nommera un payeur , pour 
faire partie de cette cpmmisaion. 

6. Toutes les depenses relatives a I'armee de terre 
seroQt ordooBaDcees par rerdonnateur Suey ; et cellos de 
la marine par Tordonnateur Leroy. 

7. Cette commission prendra toutes lesmesures pouif 
la levee des matelots , et suivra les instructions qu'elle 
recevra ineessamment. 

8. Les officiers civils et militaires de la marine y les 
commissairesdugouvernement pr^s les administi-ations, 
les officiers commandant sur 1^ differens points de la 
c6te obtemp^rerontaux requisitions qui leur serontfaites 
par la commission. 

gv Les ministres de lagi^erre, de la marine et des 
finances sont charges , chacun en ce qui leconceme, 
de Texecution tres-prompte du present arrete j qui ne 
sera pas imprime. 

Sfgne Reveillere-Lepaux , Mehliit , Reubell et 
Francois (de Neufchateau ). 



Parity le i5 ventose an 6 ( 5 roars 1 798 ). . 

Le Directoire executif arrete : ' 

Art. 1^'. La commission chargee de Tinspection des 

c6tes de la Mediterrauee fera mettre embargo , fretera 

et'prendra toutes les mesures pour se procurer a Nice, 



INEDITE-.. ^ 3 

timens necessaires aii transport des troupes et d« IW 
tiltenb,P0bfpJWSi|M»tabtafcleaiici^omfc. : : i -' 

2. EUe pourvoira a rapproviBioiiBesoefiii de ices 
UQUp^9 m yivt^, pc^Uf tteux moifi el ea can pou^un 

3. I&U9 pi^rdra tmA^s las insure; pour l&r&t Jim 
matelote ^t itctiv^r rarmement de Tescadre , et fera eu 
sorte que tout soit pret a partir du 20 au 3o germinal. 

4- Le mioistre des finanojes fprfi verser , surles credits 
des ministres de la guerre et de la marine , avaat le 20 
ventose, 1,000,000 dans la caisse^de kicomiiiisston, 
dont ellfi enV'Crra 300,00a fvands pour le frelemisint, 
rapprpvisftCHiQeiiie]^ it les 4ep^^ de 1-artillerie , qiii 
doivent se fairea Genes ; 'soo^ooo fr^ngs pour Teptbarr- 
quemeat quj doit ^. faire en Cars^, et autres etablis^ 
senilis regardant Fextra(^dinaire de rexpeditios. 

5. E)le se scarvirai des 600,000 francs jrestant, pour 
commeucer I'embarquement a Kice et Antihes, a Tou 
Ion et Marseille. 

6. Le ministre des finances fera verser dans la.csdsse 
de la conunission , sur le credit des mintstras de la 
guerre et de la marine , 5 00,000 francs par dfic^d^ -, k 
commencerdu 20 ventose ; cette son^me sera employ^ 
au m^me objet ^ a toutes le$ depenses extraordinaire 
de Tembarquement, 

7. La commission ne feraaucuns frais pcoir les di- 
peases ordinaires de Tescadre^elle sera chargee c^endaut 
de Tapprovisionnement de deux mois de vivres pour les 
troupes qui doivent s'embarquer sur I'escadre. 



4 CORRESPONDANCE 

. !£lle recevra des ordres f lireoteme&t dd general Bonsh 
parte; • 

8. Ella pourvoira a toutes les depenses de I'extraor^ 
dinaire de rexpedition. 

9. Get arrete et tous ceuxdu.m^e jour, relatifs a 
rarmement des c6tes de la Mediterranee , seront remis 
au g«ieral Bonaparte , ^i est charge de leur execution. 

' Signdf etc. 

Paris , fe 1 5 veotose an 6 (5 man 1 798) . 

Le Directoire executif arrete : 

A&T. 1"'. Le ministre de la guerre doninera ordre a 
la dix-neavieme de ligne, et a la quarante-cinquieme 
de ligne, au vingt-deuxieme de chasseurs, aux deux 
-escadrons du dix-huitieme de dragons qui sont dans 
le midi , au general Lebon , de se rendre a Marseille 
avec un commissaire des guerres, un chef * de chaque 
administration et une ambulance. 

2. II donnera les ordres pour qu'il soit etabli a Ajac- 
cio, avant le i^' floreal , un hdpital de cinq cents lits, 
un magasih capable de nourrir a5,ooo hommes pendant 
dix jours , avec un approvisionnement taut en pain 
qu'en viande et paille de coucbage. Les depenses de 
cet etablissement seront prises sur les fonds que le Dir 
rectoire met a la disposition de la commissioadont I'or- 
donuateur Sucy est membre. 

5. U donnera ordre au deuxieme bataillon du qua- 
tri^me regiment d'artillerie de se rendre sur-le-champ 
a Toulon. Signe, etc. 



INEDITE. 5 

Parir, le i5 veaKMe an- 6 (Smart 1^98). ' 

Le Directoire executif arrete : * 

Art. I '^ Le ministxe de la marine prendra les rnoyens 
pour qne les Taisscaux de guerre et fregates qui se 
trouvent dans le port de Toulon , six tartanes canon- 
nieres six chaloupes canonnieres, avec trois mois^de 
Tivres , soient pr^ts a partir de Toulon le i5 germinal. 

2. II fera embarquer sur ces vaisseaux de guerre 
8,000 hommes de debarquement^ qui devront avoir 
des vivres pour deux mois. 

3. Les depenses de Textraordinaire de cet embar- 

qiiement seront payees par la commission formee par 

arrete de ce joiu*. 

Signe^ etc. 



Paris, le i5 ventose ao 6 (5 mars 1798). 

Lc Directoire executif arrete :, 

Art. i". Le general commandant les troupes fran- 
caises dans la Cisalpine se rendra sur-le-champ a Geneis^ 
avec le general Baraguey d'Hilliei«, ct se conccrtera 
avec le Directoire executif de la republique ligurienne 
pour mettre Tembargo et noliser les plus grands batimens 
qui se trouvent dans le port de Gfines. 

2. II fera embarquer sur cp batimens la vingt- 
deuxieme dlnfanterie de ligne-, la treizieme dc Ugne, 
la soixante-neuvieme de ligne , leiu-s con)paguies..de 
canonniers , leurs depots , cent cartouches par homme ^ 
deux mois de vivres , un mois d'eau ; les gexteraux Bara- 
guey d'Hilliers, Vial, Veaux et Murat, un commis- 



6 CORlffiBKJWfiANCE 

saire des gu6ri*^$ > un ehef Ae cfaa^ue administration , et 
line ambulance proportionnee au nombre des troupes. 

3. II fejpa embarqueF les ^atorzieme et dix-buiti^e 
de dragons , avec leurs depdt^ , leurs harnois , mais sans^ 
chevaux. 

4- il f*si^ egalement embarquer le general Sngny , un 
cbef de brigade d*artillerie , avec tons les officiers 
subalternes necessaires ^ deux compagnies d'artillerie a 
cbeval, sans cbevaux ; deux compe^nies d*artillerie di^ 
ligne , le commissaire d'artillerie Boinod , des con^ 
ducteurs d'eq^ipages: d'artillerie , aoo charreliers, des 
harnoifipour 5oo chevaux, unecompagnie d'ouvriers 
une compagnie de pontonniers , une compagnie de 
mineurs, un bataUilon de sapeurs, douze pieces de 3, 
approvisionnees a cinq cents coups ; quatre obusiers de 6 
pouees , quatre pieces de 8 , quatre pieces de 1 2 , appro- 
visionnees chacune a trois cents coups ; deux mortiers a la 
Gomere de 12 pouces , deUx mortiers idem ie Spouces , 
dHi^teiits bonibesat^l'er, deux toille outils die pion- 
ni^h, flfesarkificiers , un million de cartoucbes. * 
' 5. Le Direictoire exetutif de la r^publiqUe ligurienne 
sfet^ inVit^ Ae fotiffiir deux galeres poiir ^scorter ledit 
cohvoi , l^'cjuel se tendra h Ajaccio , ou il restera en rade 
jusqu'a nouvel ordi'e. ' 

6. Le geheral c'omifadAdkttt dans la "Cisalpine prendra 
ses preciautions de maniere a ce que le convoi puisse 
p^tir de GlSti^ dti 10 ail 36 gferitiinal. 

»). Lt f ayeur de la commission >, change par i'arrele 
de te jour de r^nneitoeiit <ies *c6tes de la Mediterranee , 



INEDITE. 7 

UtSL passer sur-le^aonp a Gla^ 200,060 fr. pour 
subvenir aux frais dudit embarquemeBtit 

Sig99iy ete; 

Paris , le 1 5 tentott an 6 ( 5 itiars 1 79S). 

Le Diredoire executif arrk« : 

Art. I*". Le. general Massena mettth I'enibarg^o et 
firetera au coiii{>te de la republi^ue ies b&tittien6 le^ p\^i 
gros qu'il poufra trourer dansle port de€rvita^Vecchia 
et pettd ToisiBs; U pr^ndra m^Bie^ bII est necessaire , 
des bitiioeDs neutres. 

a. U fera embarquer sur lesdits batimens ies geti^aut 
Frkm , Mttireur et Belliard ; un chef de brigade d'ar- 
tillerie y deux ofBciers de genie qu'il nommera , un com* 
missaire cles guerres , un cbefde chaque adininisti*ation y 
ttne ambulance proportioiinee au nomk^ des trbupes , 
la tingt-unieiae d'iufanterie legere ^ la soixante^uoi^e 
de ligoe, la quatre-yiugt<^huitiettie idem, leulrs depots , 
leurs compagfiies 4e canonniers , ceflt cartbucbes par 
homme, de Teau pour ua mois et d^ vivres pour 
deux. 

3. II fera embarquer le vinglieme de dragoAs et Ic 
septicme de hussards , avet leurs selles , lc\irs depdts ^ 
6Q anuant chaque cavalier d'uu fu&il. Des Tiostant que 
le convoi sera parti , il fera donner les chevaux de ces 
deux corps aux autres corps de ca valeric de I'aiHife. 

4. n fera embarquer deux obuaiera de 6 j^uces , 
deux piece s de 1 1* , trois cents coups a titer pai* piece , Uue 
compagQie dartlUerie a cheval, sans chevaux, une 



8 CORRESPONDANCE 

Gompagnle de ligne complette, un capitalne d'artfllerie 
faisant les fonctions dedirecteurduparc. 

5. II fera mettre en armement les galeres du pape, 
et s'en servira taiit pour le transport des troupes que 
pour Tescorte du convoi. 

6. L'administrateur des finances donnera la solde aux 
troupes embarquees jusqu'au premier prairial. 

7. Des Tinstant que ce convoi sera dans le port , il le 
fera partir pour se rendre dans le port d'Ajaccio en 
G)rse , oil il restesa a I'ancre jusqu'a nouvel ofdre. 

8. Le general Massena prendra ses mesures de maniere 
a ce que le convoi parte, si le temps le permet, du ao 
au 3o germinal. 

Sigiid, etc. 

Paris , le 1 5 ventose an 6 ( 5 mars 1 798 ). 

Le Directoire executif arr^te : 

Art. I*". Le general Vaubois fera mettre sur-le- 
champ embargo et noliser a Bastia, Ajaocio et autres 
ports de Hie de Corse , les batimens qui seraient neces- . 
saires pour embarquer la quatrieme demi-brigade d'in- 
fanterie legere, commatidee par le general Mesnard. 

2. Cette demi-brigade avec son dep6t, ainsi que les 
batimens necessaires, se rendront a Ajaccio. 

5. Us devront avoir pour un mois d'eau, deux de 
vivres , et cent cartouches par homme. 

4- Ce convoi doit se tenir pr^t a lever I'ancre de la 
rade d'Ajaccio , le 3o germinal. 

5. Le payeur de la commission charge de Tinspection 
de la Mediterranee , feia passer sur Je-champ a la dispo« 



INEDITE. ^ 9 

sition de Tordonnateur de cette derniere , !2oo,oqo fr. 

pour subvenir a la depense de cet embarquement et 

autres depenses extraordinaires. 

Signe, etc. 

Paris, le 1 5 ventose an 6 ( 5 mars 1798 ]• ^ 

Le Directoire cxecutif arrete : 

Art. i*'. Le ministre des finacices fera noi^mer sur« 
le-champ par la tresorerie un payeur pour la commissioa 
cbargee de rarmement de la Mediterraoee. 

2. II fera Terser sur-le-champ uu million dans la caisse 
de ce payeur. 

3. A compter du 20 yentose , il fera verser , toutes les 
decades, 5oo,ooo fr. dans la meme caisse. 

4* ^ portera le tiers de ces sommes sur le credit du 

ministre de la gueiTC , et les deux autres sur celui du 

ministi'e de la marine. 

Signe, etc. 

Paris, le 1 5 venlose an 6 ( 5 mars 1798}. 

jiujc mimstres de la guerre , de la marine et des 
Jinances. 

Le Directoire executif, citoyens ministres, vientde 

prendre differens arr^tes pour former une commission 

de Farmement des cotes de la Mediterranee. L'executioh 

de ces mesures est confiee au general Bonaparte , qui 

vous transmettra les arretos et instructions sur ce point. 

Vous voudrez bien concourir avec zele k remplir les 

intentions du gouvernement. 

Signe, etc 



ii> CORRESPONDANCE 

Paris, le i5 ventoee aa 6 (5 man 1798). 
\Au General Scnapdrte. 

Vous trouvercz ci-joint , citoycn general, les expedi- 
tions des arr^tes pris par le Directoire executif pour 
remplir promptement le grand objet de Tarmement de la 
Mediterranee. Vous etes charge en chef de leur execu- 
tion, Vons votidrez bien prendre les moyens les plus 
j)roinpts et les plus sArs. Les.ministres de la guerre , de 
la marine et des finances sont prevenus de se conforroer 
svLX instructions que vous leur transmettrez sur ce point 
important , dont votre patriotisme a le secret et dont le 
Directoire ne pouvait mieiix confier le succes qu'a votre 
genie et a votre amour pour la vraie gloire. 

Signe^ etc. 

Paris, le i5 ventose an 6 (5 mars 1798). 

Aux ministres de Tiitterieur etdela guerre, 

LeEKrectoire executif desire, citoyens Biinistres, que 
vous vous concertiez promptement Tun avec I'autre pour 
faire preparer a Lyon , avant le 5 germinal prochain , 
les eoches d^eau et bateaux qu'il sera necessaire de 
reunir f)our effectuer , au besoin , vers qette epoque ^ le 
transport par eau de 8,000 bommes a Avignon. 

Signe, etc. 



INEDITE. ti 

Paris, le 1 5 ventose an 6 ( 5 mars 1 798 ). 

Au Giniral Massena^ k Iiome% 

, Le Directoirc executif ^ citojrea general , vmis recdm- 

maude de faire partir sur-le-chaiqp , pour Corfou , le 

troisieme bataillon de la &oixaate^ii:-«n«uyieme demi- 

brigade qui est a AacQue , afia ^ull aille rejoiadre sa 

dejni-brigade. 

^ SignSj etc, 

PMtti fe 116 Veiilttse Ml 6 ( 16 mars i^9(^}. 

Au General Massena , a Genes, 

Le Directoire executif , eitoyen general , vous a donne 
ordre de vous rendre a Genes /en attendant qu'il put 
vous procurer des moyens de rendre a votre patrie de 
nouveaux services et de vous dedommager des contra- 
dictions que vous venez d'eprouver en Italic : il croit en 
avoir trouve I'occaaion. En consequence vous vous 
rendrez sur-le-cliainp a Antibes ^ ou vous recevrez des 
ordres du g'eneral Bonaparte^ relatifs a Tarmee qu'il 

commande. . ' 

' * Signe , etc. 

Paris, le a6 germinal an 6 ( 16 aviil 1798J. 

Le Directoire executif arrete : 

Le general t>esaix se rendra sur-le-champ a Civita- 

Vecchia pour y prendre le commandement des troupes 

qui ont ordre de s'embarquer dans ce port, 11 reoevTa a 

cet effet du general Bonaparte les instructions neces- 

saires. 

Le present arrete ne sera pas imprirae. 

Signe, eXc^ 



la CORRESPONDANCE 

Paris, le a3 germinal an 6 ( I3 avril 1798). 

Le Directoire executif arrete : 
Akt. I*'. II sera forme line armee qui pprtera k noiri 
d'armee d'Orient. 

2. Cette armee sera composee des forces de terre ct 
de mer qui sont determinees par un arrete particulier, 
di date de ce jour. Les departemens du Golo, de 
Liamone , de Corcyre , " dlthaque et de la mer ELgee > 
seroat compris dans son arrondissement. 

3. Le citoyen Bonaparte , actuellement general ea 
chef de i'armee d'Angleterre , est nomme general ea 
cBief de I'armee d'Orient. II sera pourvu a son remplace- 
ment dans le commandement en chef de la premiere de 
CCS armees. 

4« La destination de Tarmee d'Orient sera reglee par 
des arretes separes. 

5. Le present arrete ne sera pas imprime. 

* Signe, etc. 

Pai U) , le aS germinal an 6 (- 1 a avril 1 79S ). 

Le Directoire executif arrete : 

Art. I*'. L'armee d'Orient, dont le commandement 
est , par un arrete de ce jour , confie au general Bona- 
parte , sera composee : 

I". Des forces navales de la Mediterranee ; 

a*. De celles de terre et de mer actuellement station- 
nees dans les huitieme et vingt-troisieme divisions mili- 
laires, que le general Bonaparte jugera a propos de com- 
pr^dre dans son embarcation ; 



INEDITE. 1 3 

I 

3*. Des forces de terre et de mer stationnees dans 
les departemens de Corcyre , dlthaque et de la mer 
Egee; 

4"". Des divisions de Parmee dltalie qui soot actuel- 
lement a Genes et a Civita*Vecchia. 

2. Le general en chef de Parmee d'Orient est autorise 
a donner^ daus le cours de son expedition , de Tavance- 
inent aux citoyens faisant partie des forces de terre et de 
mer, qui lui en paraltront dignes par leur zele^ leurs 
talens et leurs services. 

3. Le present arr^te ne sera pas imprime. Les mi- 
nistres deja guerre et de la marine sont charges , chacun 
en cequi le conceme , de Texecution dudit arrete. 

Signe, etc, 
Paris, le a3 germinal an 6 ( la aviil 1 798). 

Le Directoire executif arrete : 

Art. 1"'. Les forces na vales de la Mediterranee , les 
forces de terre qui se trouvent dans les huitieme et 
vingt-troisieme divisions militaiieset d'aas les depar- 
temens de Corcyre , d'lthaque et de la mer Egee ; les 
divisions de Tarmee d Italic qui sont a jGrenci) et a Ci- 
vita-Vecchia , seront sous les ordres immediats du ge- 
neral Bonaparte, jusqu^a son embarcatiou, daus laquelle 
il comprendra toutes celles de ces forces qu'il jugera 
convenable. 

12. II sera , par le general Bonaparte , transmis des 
duplicata du preseut arrete au general en chef de Tar- 
mee d^Italie , a Tordounateur de la marine a luuloji , 
aux geiieraux de terre et de mer et aux agens civils et 



i4 CORRESPOND ANCE 

militaires des departemens et divisions ci-dessus desi- 

'Ignis y pour , par eux s^y couformer en ce qui les con- 

ceroera respectivement. 

• 3. Le present arrSte ne sera pas imprime. Les minis- 

tres de la guerre et de la marine sont charges de son 

«xecotioii chacun en ce qui le concerne. 

Signe^ etc. 

Pa(i9, 1^ p3 g^niiiaal an 6 ( i9 rntil 1798 }* 

Le Directoire executif arrete : 

Art. I*^'Le general de division K^ht r sera employe , 
sous les ordres du general en chef Bonaparte , dans Tex- 
pedition qui se prepare a Toulon. 

2. Le present arrete ne sera point imprime. Le mi- 
nistre de la guerre est charge de son execution. 
^ Sigiiej etc. 

Paii$, ]^ !»3 germinal ^o 6 ( 12 avfil 1 798). 

Le Directoire executif oonsid^ran); que I'ordre de 
Make s'est mis , de son propre mouvement , et des le 
commencement de la guerre aciuelle , ep etat d'hostilite 
contre la France ; qu'il eo a fait la declaration e:s:pi'ess^ 
par un manifeste de son grand-maitre , dn 1 o octobre 
1 793 ( V. s. ) ; qu'il a m^me proteste par cet acte inso- 
lent qu'il ne devait , ni ne pouvait , ni ne voulait re- 
connaUre la republique fraucaise j que les efforts qu'il 
a faits avant et depuis pour seconder la coalition des 
rois annes contre la liberte , ont constamraent repondu 
a cette expression de ses sentimens 5 que lout recemment 
encore , il vieni de mettre le comble a ses attentats contre 



la republi^ue , en reeevant d^n$ son sein et en admet* 
tant a ses premieres dignites , des Francais universelle- 
inent connus pour lea eoiK^&is h$ plus acharnes de la 
jpatrje et fletris a jamaia', pour avoir port^ lea armes 
coqtre elle \ que tout aononce de sa part l^intcntion de 
liyrff incessammentsoB territoirea Tune des puissances 
^pcQie en guerre co^tne la France , et par la de paralyser 
la ii^vigation fiam^ajse dans la Mediterranee ; qu'a tous 
egardsj.cet ordre est envers la republique fran^jaise, 
daDs la vsi&mt position que toutes Ie& puissances eontre 
lesquelles , a Tepoque de I'etablissemenl du regime cons- 
titutioaael , la nation se trouvait en etal de guerie san§ 
declaration prealable de sa part , par cela seul q&'elles 
s'etaient mises elles-mSmes dans cet eiat j qu'ainsi il 
n'est besoin d'aucun acte du corps legjslatif pour que 
leDirectoire ejecutif premje contre Tordre de Make les 
mesure^ que prescrivent rhpnueur et Unteret pational , 

Arrctc ce qui suit : 

Art. I*', Le gei^eyal eq chef de Parmee d'Orient est 
charge de s'emparer de I'ile de Malte. 

2. II dirigera , a cet effet , immediatement sur Tile de 
Malte", les forges de terre et de roer qui sonl soiis 
ses ordres, 

Le pres^ot arrete ne sera point ipjprime. 

Signe , etc. 



i6 CORRESPONDANCE 

Paris, le 33 germioal an 6 ( ii avril 1 798). 

Lc Directoire executif arrete : 

Art. 1*'. L'ordre doune , par Tarrete de ce jour , au 
general Bonaparte , commandant en chef I'armee d'O- 
rient , de s'emparer de Hie de Make , ne sera par lui 
execute , qu'autant qu'il le jugera possible , sans com- 
promettre le succes des autres operations dont il est 
charge. . . 

Le Directoire executif s'en rapporte entierement; sue 
ce point a sa prudence. 

2. Le present arrete ne sera point imprime. 

Signe , etc. 

Paris, le a3 germinal an 6 (la avril 1798); 

Le Directoire executif considerant que les beys qui 
se sont empares du gouvemement de TEgypte, ont 
forme les liaisons les plus intimes avec les Anglais , et 
se sont mis sous leur dependance absolue; qu'en conse- 
quence , ils se livrent aux hostilites les plus ouvertes 
et aux cruautes les plus terribles contre les Francais 
qu'ils vexent , pillent et assassineut chaque jour ; 

iConsiderant qu'il est de son devoir de poursuivre 
les ennemis de la rcpublique partout ou ils se trou- 
vent , et en quelque lieu qu'ils exercent leurs manoeu- 
vres hostiles ; 

Considerant d'ailleurs que Tinfame trahison a Taide 
de laquelle I'Angleterre s'est rendue maltresse du cap 
de Bonne-Esperance , ayant rendu Tacces deslndes Ires- 
difficile aux vaisseaux de la republique par la route 



INEDITE. 17 

\isi\ee , il importe d'ouvcir aux forces n^publicaines 
une autre route pour y arriver , y combattre les satel- 
lites du gouvernemeat anglais , et y tarir les sources 
de ses richesses OerrOptrices , 

.Arretece qui suit :' 

Aet. I"'. Le general en chef de Tarxnee d'Orient di- 
tigera sur llE^ypte les forces deterre et de mer dont 
le commandement lui est confie , et il s'emparera de 
ce pays. 

2. E chassera les Anglais de toutes les possessions 
derOrientou il pourra arriver, et notamment il detruira 
tons leurs ^mptoirs sur la mer Rouge. 

3. II fera couper Tisthme de Suez , el il prendra tou- 
tes les mesures necessaires pour assurer la libre et exclu- 
sive possession de la mer Rouge k la republique fran- 
caise. 

4. II ameliorera par tons les moyens qui seront en 
son pouvoir le sort des naturels de TEgypte. 

5 . II maintiendra , autaut qu'il dependra de lui , 
une bonne intelligence avec le Grand-Seigneur et ses 
sujets immediats. 

6. Le present arrSt|§.ne sera point imprime. 

Sigi^Cj etc, 

Paris , le a3 germinal an 6 ( 13 aMil 1 798). 

Le Directoire executif arrete : 

Art. I . Les fregates de la republique qui se trouvent 
a rile de France se rendront dans le port de Suez , ou 
elles seront sous les ordres du citoyen Bouaparte , ge- 
neral en chef de Farmee d'Orient. 

tGTFTE. I. a , 



i8 CORRESPONDANCE 

!i. A cet efiet , elles mettvont a la voile immedia* 
tcment apres la reception du present arrete. 

3. Elles ameneront avec elles tous les batimens de 
transport capables de faire le trajet*, qui se trouvent 
dans les differais ports de Hie de France et de la 
Reunion. 

4. Le present arrete ne sera pas imprime. Le ge- 
neral en chef de Tarmee d'Orient est charge de son 

execution. 

SignS, etc. 

Paris , le 1 5 veatose an 6 ( 5 mars 1 798 ). 

IVote remise par le general Bonaparte au Directoire 
executif. 

Pour s'emparer de Make et de FEgypte , il faudrait 
de !20 a 25,000 mille hommes d'infantcrie , et de 2 a 
3^000 hommes de cavalerie aans chevaux. 

L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de 
la maniere suivante , en Ilalie et en France : 

A Civita-Vecchia , la vingt-unieme d'lnfanterie le- 
gere, 2,0*00 ; la soixante-unieme , de Hgne, 1,600 ; la 
quatre-vingt-huitieme, id. , 1,600 ; le vinglieme de dra- 
gons, de 4oo ; et le seplieme de hiissards de , 4^0 ; en 
tout 6,000 hommes , commandes par les generaux Bel- 
liard, Friant et Muireur. 

A Genes, la viugt-deuxieme d^infanlerie legere, 
2,000 jla treiziemede ligne, i,8ooj soixanie-ueuvieme 
id, , 1,600 ; quatorziemeMle dragons , 4oo j deux esca- 
drons du dix-huitiime de diagjiit qui soni en Iialie y 



INEblTE. 19 

300 ; en tout 5,5oo homines, commandes par les ge- 
neraux Baraguey d'HilKers , Veaux , Vial et Murat. 

En Corse, la quatrieme dinfanterie legcn'e , 1,200 
liommes , commandes par le general Menars. 

A Marseille , la neuvieme de ligne , 1,800 ; la qua* 
rante-cinquieme , id. , 12,000 ; vingt-deuxieme de chas- 
seurs , 4oo ; deux escadrons du dk-huitienle dragons 
qui sout dansle midi, !ioo ; en tout 474o<> hommes. com- 
mandes par les generaux Bon et 

A Toulon , sur les vaisseaux de guerre, la dix-hui- 
tieme de ligne , 2,000 ; vingt-cinquieme , id. , 2,000 j 
trente^deuxieme, id., 2,000 ; soixante-quinzieme, wf., 
a,ooo^ troisieme dragons , 4oo ; quinzieme, id. , 4^o 5 
en tout 8,800 hommes , conimandes par les generaux 
Brune , Rampon , Pigeon et Leclerc. 

A Nice et a Antibes , la deuxieme d*infanterie legere , 
x,5oo hommes. 

Ce qui formerait uh total de 24,600 hommes d*in- 
fanterie , et de 2,800 de cavalerie. 

Les demi-brigades, avec leurs compagnies de canon-- 
niers. 

La cavalerie , avec les harnois et sans chevnux , et 
chaque cavalier arme d'un fusil. Tons les corps avec 
leur dep6t , cent cartouches par homme ; de Teau pour 
les bfttimens , poUr un mois ; des vivres pour deux. 

U faudrait que ces troupes fosscnt embarquees dans 
ces differens ports et prhes a partir au coriimencement' 
de floreal , pour se rendre dans le golfe d'Ajaccio , et 
reanies et prates a partir de ce golfe avant la fin de 
floreal. 



fto CORRESPONDANCE 

II faudrait joindre a ces troupes ^ soixante pi^^ 
d'artillerie de campagne, ^arante grosses bouches a £ea 
de^siege , deux compagnies de mineurs , un bataillon 
d'artillerie, deux coinpaguies d'ouvriers, ua bataiUoade 
pontonniers , qui seraient embarques dans les ports 
dltalie et de France de la maniere suivante : 

A Marseille , vingt obusiers de 6 pouces , quatre 
pieces de 12^ trois cents coups a tirer par piece , deux 
compagnies d'artillerie a pied. 

A Givita - Yecchia , deux obusiers de 6 pouces, 
deux pieces debuit,deux pieces de la, trois cents 
coups par piece; une compagnie d'artillerie ji cheiral, 
uae compagnie d'artillerie de ligne ^ commandes par 
le general Sugny. 

A Genes, quatre obusiers de 6 pouces , quatre pieces 
de 8, quatre pieces de 1 2, douze pieces de 3 ^ cinq cents 
coups a tirer par piece ; deux compagnies d'artillerie 
a cheval , deux id. d'artillerie de ligne. 

A Nice et Antibes , vingt pieces de 24 , six mortiers 
a la Gomere , de 1 2 pouces y cinq cents coups a tirer par 
piece , deux compagnies d'artillerie de ligne , com- 
mandees par le general Dommartin. 

A Toulon y six obusiers de 6 pouces ^ six pieces de 8 , 
^ix pieces de 12, quatre mortiers a la Gomere de'i2 
pouces , quatre id, , de 6 , cinq cents GDUps^ a tirer par 
piece , quatre comjpagnies d'artillerie a pied , deux 
compagnies d'artillerie a cheval. 

A Civita-Vecchia , le general Massena pent etre charge 
de noliser les bliiimens les plus grands' qu'il trouvera 
dans ce port, d'y embarquer les troupes et ladite ar-? 



,INEDITE. 21 

tiUerie , et l€s faire partir sur-le-champ pour se rendre 
et Tester jusqu'a nouvd ordre dans le port d'Ajaccio : 
on peut prendre sur les coalributions de Romc^ de quoi 
subveniraux frais de cet embarqiiement. On doit spe- 
cialement y af&cter les galeres du Pape qui seraient 
dans le cas de tenir la mer. 

Le general qiii commande dans la Cisalpine peut 
execute le mbne ordre a Genes , et le general Baraguey 
d'Hilliers peut s'y rendre a ceteffet ; il faut, au prea- 
lable , envoyer Targent necessaire. 

On demandera au Direetoire executif de la republi- 
quecisalpiue deux galeres, qui serviront a aider a trans- 
porter les troupes et a escorler le convoi. 

Quant a IN ice, Antibes et Marseille, il faut que le 
jninistre de la marine : 

i"". Frete les plus gros batimens de commerce, suffi- 
samment pour porter les troupes et Tartillerie designees 
ci-dessus^ 

2*. Travaille aux approvisionnemens necessaires ; 

3*. Que le ministre de la guerre donne ordre pour 
y faire passer les troupes- ci-dessus,,,^vec Tartillerie 
et autres approvisionnemens. 

STous avons a Toulon six Taisseaux de guerre , des 
fregates , des coiTettes j il faudrait y joindre six tar- 
tanes canonni^res. 

Tous ces batimens reunis seraient dans le cas de 
porter la parjie des troupes qui doit etre embarquee 
a Toulon. 

Cette escadre > selon le rapport du ministre de k 
marine y sera sous quinze jours prSte a partir^ mais elle 



23 CORRESPONDANCE 

manque entierement de matelots. li n'y aura done quit 
noliser et mettr e Tembargo sur Us b&timeos necessaires 
au transport de I'artillerie. 

Poiir reusftif dans eette expedition , on doit calculer 
£ur une depense extraordinaire de einq millions y sans 
compter les depenses ordiiiaires , taat pour Tapprovi- 
sionnemeat , armement er solde del'escadre, que pour 
la solde , nourriture et habillement des troupes , que 
pour les depenses de Tartillerie et du genie , auxquelles 
il est indispensable de poiu'voir en effectif ; ce qui 
forme done une somme de huit a neuf millions qu'il 
iaudrait que le gouvernement debours&t d'ici au ao 

germinal. 

■ I. 

PaiU, Iti 7 ventose an 6 ( 7 mars 1798). 

Instruction pour la commission charges de Vinspection 
de la c6te de la Mediterranee ( proposee par 
Bonaparte au Directoire executif ). 

Le premier soin de la commission doit ^tre de con- 
fei-er a Toulon avec les clief^du port , et Am prendre tou- 
tes les mesures pour que les six vaisseaux de guerre % 
les quatre fregates qui s'y trouvent , le& quatre fregites 
que le citoyeti Perree amene avec lui d'Anc6ne, six cor- 
vettes , six chaloupes canonnieres, six tartanes canon* 
nieres et quatre l>ombardes portant im mortier de 10 
ou 12 pouces , ayaut a bord pour trois mols de vi- 
vres , soient prets a partir de la rade 'de Toulpn au 1 5 , 
Qu au plus tard au ao germinal. 

On placera siu: chaque cbaloupe ou tartane canon- 



INEDIXE. a3 

mere , iodependanuxient de cea pieces | un loortier ie 
4 a 5 pouces. 

a°. Faire prendre Ifes mesures pour que les appro- 
visionnemeDS pour deux mois , soieut embarqu^s sur 
lesdits vaisseau^ a raison de 600 lioimnes par. vaiaseau 
de guerre ,210 par fregate , et 100 par corvette; 

3**. Faire preparer la solde et les vivres , egalefiaetrt 
pour trois mois , pour Tescadre de I'amiral Brueys , de 
mauiere que cctte escadre puisse , le 1 5 germinal , sortir 
de quarantaine pour reprendre la mer. 

4**. Faire armer le Conquerantj les gabares, les vieilles 
fregates , etc. , en flute ^ de maniere a pouvoir porter le 
supplement de" 10,000 hommes que doit embarquer le 
poll de Toulon , dans le cas ou Tamiral Brueys ne re- 
joindrait pas a temps. 

5°. Douner des ordres pour que Ton embarqi^ sui*- 
le-champ , a bord des six vaisseaux de guerre et des six 
fregates ou gabares , vingt pieces de 24 ^^ bronze , avec 
deux affiits , un porte-vcMx , cinq ou «ix cents coups a 
tirer par piece. 

Dix mortieis a la Gomere -, de ;i 2 pouces 5 dix , id* , 
de 8 pouces, avec cinq cents coups a tirer par mortier ; 
double crapaud et les camions necessaires pour trans- 
porter les mortiers. Six forges pour rougir les boulets , 
avec leurs soufflets et leurs usteasiles. Quatre millions 
de cartouches avec les pierres ^ feu y en piyportion. 
Vingt mille fusils. Trente mortiers de 4 *^ 5 pouces , 
ayant chacun six cents coups a tirer j et tons les usten- 
siles et approvisionnemens necessaires a un equipage de 



a4 CORRE6PONDANCE 

siege , Ae quarante bouches a feu ; specialement mie 

grande quantite d'objets pour artifices. 

Noia. Une parlie de ces objals est portec siir le ta- 
bleau joint aux instructions du gouvernement , comme 
devant etre embarqnes a Nice ou a Antibes ; mais il 
sera possible de les faire embarquer sur les vaisseaux 
de guerre , si cela ne les obstrue pas trop. 

6*. Faire embarquer sur les vaisseaux de guerre et 
fregates : Six obusiers de campagne , six pieces, de 8 » 
sii^ pieces de 1 2 : cinq cents coups a tirer par piece. 

7*. Faire transformer en ecuries deux ou trois ga- 
bares ou aulres batimens de transport , de maniere a 
pouvoir transporter a5o chevaux. 

8^ Se procurer et faire embarquer irois paires- de 
bceufs sur chaque batiment de guerre , avec les hamois 
et les bommes necessaires , afin de pouvoir s'en servic 
pour le transport de Tartillerie. 

9**. La commission fera charger a Antibes ou a Nice , 
sur deux ou trois tres-gros batimens , des approvision- 
nemens de maniere a ce que toutes les pieces de cam- 
pagne de Tequipage qui s'embarque a Civita-Veccbia , 
a Genes , a Nice , a Toulon et a Marseille , et qui se 
trouve compose de seize pieces de campagne, seize 
pieces de 1 2 , seize pieces de 8 , seize pieces de 3 , ait 
sur ces batimens 4in approvisionnement de reserve de 
trois cents coups par piece. 

L'on pomTa egalement faire embarquer a Nice ou a 
Antibes un supplement extraordinaire d'artifices, d'ou- 
tils et autres objets necessaires au gros pare deTarmee^ 



INKDITE, 25 

^adependamment des i,ioo hommes que Ton doit faire 
emLarqiier dans ce port. 

Le general Dommartin donnera les ordres pour toute 
ia partie de rartillerie , et fournira les etats necessaires. 

ID**. La commission fera mettre Tembargo et nolisera 
a Marseille de gros biitimens en suffisance pour em- 
barquer de 4 a 5,ooo hommes , et des ecuries pouriioo 
chevaux , et fera en sorte que ces batimens soient ap- 
provisionnes d'un mois d'eau , de deux mois de vivres, 
et que ce convoi soit pret a partir de Marseille le i5 
germinal. 

II*. La commission correspondra avec Ic consul de 
Genes ^ elle enverra de suite , a G^nes , un olBcier de 
marine intelligent cpii puisse lui rendre compte de tout, 
Independamment des 200,000 ff . que le payeur y fait 
passer , il y fera passer tous les fonds qui seraient ne- 
cessaires. 

1 2*. La commission ne correspondra qu'avec moi. 

1 3°. Si Tamiral Brueys arrirait a temps , pour pou- 
Toir partir le 20 germinal , la commission ferait sur-le« 
champ armer en iliite les six vaisseaux v^nitiens qu'il 
• amene avec lui , ce qui diminuerait d'autant le convoi. 

1 4°. La commission correspondra avec le general 
Vaubois en Corse , pour Tembarquement des 2,000 
hommes que ce general a recu Tordre du gouverne- 
ndent de faire embarquer.Lidependamment des 200,00 f. 
que Pen a envoyes dans cette lie , ello y fera passer ce 
qui pourrait etre nec6ssaire pdur retablisseraent d'un 
faopital de ciu^ cents lits et un magasin de rafraichis- 



si6 CORRESPONDANCE 

semens que rordonnateiir de la divisioa de Corse a veqn 
ordre d'etablir a Ajaccio. 

1 5"*^ Independamiuent de tons ces objets , la commis- 
sion formera a Toulon et a Marseille , un magasb de 
seize mille paires de souliers , mille paires de boues y 
seize mille chemises , huit mille giberues , six mille 
chapeaux , seize mille paires de bas pour pouvoir etre 
dislribues aux troupes. 

1 6^. Elle fera egalemeut acheter un million de pintes 
de vin , cent vingt mille pintes d'eau-de-vie , qu'elle 
fera charger sur de gros b^timens , auxquels elle don- 
iicra ordre de se rendre dans le port d'A jaccio , oil ils 
rcsterout sans decharger , jusqu'a nouvel ordre ; les 
equipages ayant de I'eau pour un mois et des vivres 
pour deux. 

17°. Le comraissaire ordonnateur Sucy ordonnan- 
cera toutes les depenses relatives aux troupes de terre ; 
le citoyen Leroy , celles relatives au fret des batimens 
et en general a la marine , et Ton mettra a la disposi* 
lion des directeurs d'artilWie les sommes necessaires 
pour les depenses de Partillerie. 

18**. Les 10,000 hommes qui s'embarqueront a Toti- 
Ion, les 5,000 autresqui s'embarqucront a Marseille, el 
ceux qui s'embarquent a Genes , doivent avoir chacun 
uue ambulance avec les chirurgiens , medecins et ap* 
provisionnemens necessaires. * * 

I9^ Independammetit du million que le payeur de 
la commission recevra demain , la commission recevra ^ 
chaqucfdecade , a commencer du %o ^ enlo^e, 5oo,ooofi\ 
jusqu'au 3o germinal. Eile aura soin dte gardai* en re-. 



INEDITE, !27 

eerve , et pour etre employes sur ua prdre eipres de 
moi, 200,000 fr. sur le miUioa qu'elle louche demaln , 
et 200,000 fr. sur le dexni - million qu'elle touchera 
chaque decade ; ce qui fera ', au 3o germinal , qu'il y 
aura dans la caisse du payeur un million en reserve. 

Lorsque la commisson fera des marches , elle re- 
servera uue partie des paiemens desdits marches pour 
etre fails en floreal. 

ao**. ha. commission m*enverra , le plus lol possible , 
Petal des sommes presumees necessaires pour Texecu- 
tion du present ordre. 

21**. La commission formera une compagnie de vingt- 
cmq armuriers , avec leurs ouiils ; deux compagnies 
d'ouvriers bourgeois de la meme formation que celles 
de rartiDcrie , avec leurs outils., destinees egalement a 
etre embarquees. 

Paris, Ic a5 ventose an 0( i5 mars 1798 ). 

^ux comnusscUres de la tresorerie nationale. 

J'ai ITionneur de vous envoyer, citoyOns , Tarr^te du 
Directoire relatif a la commission de la MWiterranee , 
et que vous m*avcz paru desirer. 

Je joins egalement I'etat des demi-brigades qui se 
trouvent en ce moment a Genes et en Corse. Je desire- 
rais savoir si la solde des troupes est assuree pour les 
mois de ventose et germinal. 

. BoWAPARfE. 



a8 CORRESPONDANCE 

£iat des troupes qui se troupent dans ce moment-ci 
en Corse. 

Dix-neuvieme demi-brigade deligne^ 2,000 hommes ; 
premier bataillon de la ^[uatre-viagt-sixienie, 900 ^ cpia- 
trieme d'lnfaiKcrie legere, i5oo; viagt-troisieme wi. , 
3,100; artillerie, 200 : en tout, 6,700 hommes. 

Etat des troupes qui viennent de rece%H>ir Tordre de 
se rendre ^ GSnes, 

ViDgt-deuxieme d'infanterie legere, i,5oo hommes ', 
trciziemedeligne, a,ooo; soixante-neuviemeiVf., 1,700; 
qnatorzieme de dragons, 5ooj dix-huitieme id., 2005 
artillerie, 3oo :ea tout, 6,aoo hommes. 



Paris , le a$ TeoUMe an 6 ( i5 nurs 1798). 

'j^ la commission de Tarmement de la Mediterranee. 

Le citoyen Esteve , nomme pajeur pres de la com* 
Bftission, part ce soir. II a des ordres pour toucher 
]^3oo,ooo fr. a Toijlon. II a touche ici, et a fait partir 
pour Genes, par no courrier extraordinaire, aoo,ooo fr., 
ce qui fait les i,5oo,ooo fr. que vous deviez toucher 
dans ce mois. 

J'aurai soin qu'au 1*'. germinal on vous fasse passer 
5oo>ooo autres francs. 

II est indispensable que vous fassiez partir sur-le* 
diamp pacnnefr^ate^ 300,000 fr. en Corse. J'attends 
avec.interet votre premiere depdche. Mettez la plus 
grande activite dans tous vos travaux. 



INEDITE. «9 

Les troupes qui doivent s'embarquer a Toulon sont 
€a raarche, et arriveront vers le 1 5 germind. Faites pre^ 
parer les casernes et les subsistances, 

BoNAtARTE. 



Paris, le a5 ventose aa 6 ( 1 5 mars 1 798 ). 

Instruction pour le General Dommartin, 

L'equipage d'artillerie pour la Mediterranee est 
compose d'un equipage de campagne et d'un de siege. 

II aete ordonne au general Massena, par un courrier 
qui est parti le 1 5 ventose, de fairc embarquer a Civita- 
Vecchia deux obusiers de 6 pouees , deux pieces de 
8, deux pieces de la, trois cents coups a tirer par 
piece; ime compagnie d'artiUei'ie a cheval, une i/. 
de ligne , un capitaine faisant foiiction de directeur du 

pare* 

U a ete ordonne au general Berthier , par un cour- 
rier parti le mSme soir, de faire embarquer a Genes 
le general Sugny , un chef de brigade d'artillerie, deux 
compagnies d artillerie a cheval , deux id. de iigne, le 
commissaire des guerres Boinod, des conducteurs et 
inspect eurs d'equipages, a 00 charretiers, cinq cents 
harnois de cbevaux de trait, une compagnie d'ouvi^iers, 
une uf. de mineurs, une id. de pontonniers, un ba- 
taillon de sapeurs , douze pieces de 3 approvisionnees 
a cinq cents coups , quatre obusiers de 6 pouces ap- 
provisionnes a trois eents coups , quatre pieces de 8,, id. ; 
quatre pieces de 1 2 , approvisionnees k trois cents coups; 
deux mortiers a la Gomere, de 12 pouces, deuxwi. 



3o CORRESPONDANCE 

de 6 ponces , approvisionnes a cinq cents coups ; deux 
cents outils de pionniers , un million de cartouches. 
Yous devez faire embarquer a Marseille deux obusiers 
de 6 pouces , quatre pieces de 1 2 , trois cents coups a 
tirer par piece, deux compagnies de Hgne; a Toulon , 
six obusiers de 6 pouoes, six pieces de 8, six pieces 
de 1 2 , approvisionnes a trois cents coups par piece. 

Vous devez faire embarquer a Nice ou a Antibes 
un double approYisionncment pour tout I'equipage. 

Vous devez faire egalement embarquer a Toulon ou 
a Marseille trois 00 quatre millions de cartouches, 
avec tout ce qui est necessaire pour un equipage de 
campagne de cette importance. 

Vous devez egalement faire embarquer un equipage 
de siege de vingt pieces de 24, dix mortiers de 12 
pouces , dix id. de 8 pouces , vingt ou trente mortiers 
de 3 ou 4 pouces, le tout approvisionne a six cents 
coups. 

Embarquez le plus d'ouvriers et d'armuriers munis 
de leurs outils, qu'il vous sera possible. 

Bonaparte. • 
^ 

Paru , le a5 veniose an 6 ( i5 man 1 798}. 

Au General Berthier. 

Le conrrierqui vousporte cette lettre, mon cher ge- 
neral , porte au consul de Genes des lettres de change 
pour 200,000 fr.,afin de subvenir aux depenses extraor^ 
dinaires de rembarquement , tant pour la marine, que 
pour Tartillerie et les approvisionnemens extraordi- 
uaires de deux mois. 



11 serait nqcesj^aire de faice arranger troi$ des plus 
gfos batimens de transport, pour servir d'ecurie^, de 
maniere quails pussent porter, a eux trois , tine centaine 
.dechevaux de cavalerie et une cinquantaine d'artillerie^ 
Vous feriez alorschoisir les chevaux les plus forts et 
en meilleur ets^t. 

Si Pon peul trouver a Civita-Yecchia , egalement pour 
exobarquer , une centaine de chevaux de cavalerie et 
une cinquantaine d'artilierie , dQimez^n Tordre^sion 
ne le peut pas, on s'en pa^se^a. 

Envoy ez un de vos aides-de-camp a Civita-Vecchia, 
qui prendra Tetat de situation des troupes qui s'embar- 
quent ; de Tartillerie : le nombre, \e nom et le tonne- 
lage des batimens. 

Donnez Tordre , tant a £enes qu a Civita-Veccbia , 
pour que le general de division nepuisse pas embarqu^ 
plus de 3 chevauxy le general de brigade, plu& de 2 , 
le chef de brigade plus de i : vous sentez combien il est 
necessaire de n'avoir que ce qui est strictement neces- 
saire et indispensable ; mais vous pouvez engager les 
officiersaembarquer leurs selles, brides, etc. , pour les 
chevaux qu'ils doivent avoir. 

Je vous ai deja ecrit, je crois, pour que vous teniez 
tous vos chevaux , ceux de Leclerc, et 5 a 6 autres bons 
chevaux, prets a parlir. 

Vsus enverrez egalement a Genes, pour etre embar- 
quee, la compagnie des guides qui est dans le Mont- 
Blanc, ainsi que les 12 gardes a cheval que vous avez 
gardes ajv^ec vous, 

BoifAPAKTE. 



32 C0RK6SP0NDAMCE 

Palis, 1« 26 vemese a» 6 ( 16 mats 1 798). 

Exirait des registres des deliberations du Directoire 
executif. 

Le Directoire executif arrfite que le general De^aix 
se rendra sur-le-champ a CiVita-Vecchia pour y pren- 
dre le commandemeat des troupes qui O0t ordre des'em- 
barquer dans ce port. II recevra , a cet effet , du general 
Bonaparte, Ics instructions necessaires. 

Le present arrete ne sera point iroprime. 

Mekliw. 

Paris , le a6 vemose an 6 ( 16 mars 1 798). 

Au Ministre de la marine. 

Je dcsirerais, citojen mfciistre, que vous envoyas- 

siez Tordre a la fregate qui est a Cadiz de se rendre a 

Ajaccio en Corse, oil elle attendra les ordres du centre- 

amiral Duchayla ,"et que vous en previnssiez a Toulon , 

pour qu'on y fit passer la solde et les vivres dont elle 

doit avoir besoin. 

Bonaparte. 

Paris ^le 27 yentose an 6 ( 17 mars 179B). 

Au Ministre de la guerre. 

J'ai recu, citoyen ministre, TOtre lettre relative aux 
adjudans-generaux Gresieux et Clauzel. Vous pourrez 
donner des lettres de service au citoyen Clauzel pour 
Tarmee d'Angleterre , et envoyer le citoyen Gresieux a 
Toulon , oil il serait employe sur les c6tes de la Medi- * 
terjianee. 



INEDITE. 33 

^evcms^leflDumderfti egalement d'employer I'ttdjudant- 

geoeral Jiillien 'a Marseille, sous tes ordres du general 

Bon. Get adjudaQt^general est actu^leiBent employe a 

rarmee d'Aflgleterre. 

■ Bonaparte. 

Paris, le 27 tenrtose an 6 ( 1 7 mars 1 798). 
uiux Commissaires du Goui^entementj h Rome* 

LeDirectoire executif , attacbaDt la pirns graade im^^ 
|x>rtaBce a la bonne brgamsation et au prompt depart 
dfc la division -qUi doit s'embarq^ucr a Ci\ita-Vecclua, 
a ]uge apropos d'en confier le commandement au gen^*^ 
ral Desaix> qui pa^t ce soir menie pour s'y rendre en 
totite diligence. ' ■ 

Je votts pffiedeh&i faire foumir toutt^e dontil pent 
avoir besoin, et tous les officiers d'etat^major , d'ariil- 
lerie, <iu genie ^ commissaires des guerres qu'il de- 
«nandera« 

BoifAPAftTE. 

Paris, le 37 ventose an 6 (17 marf I798)>. 
iVofe au Directbire exetutif. 

Le genersd commandant a Berne fera fairie le pr^ d^ 
la deuxieme demi^brigade d'infanterie legere , de la dix-* 
huitieme de Kgne , dc 4a Tingt*ciiiquiime idem , du troi- 
«eme regiment de dragons, du qninzieme idem^ ainsi 
que des-eanoaniers attaches a cette division, jusq^u'au 
i3gen&inaL 

U fiN^a completer l«ur armement, leurbuffleterie, et, 
autant qu'il s^a possible , leur babiUement. 

EGTFTE. I. - 3 



54 CORRBSPONDANCE 

II donneta Tordre au troMieme tt an quinxi^e vegi- 
Vf^esxh de drag<Hi8 , aroc touie Tar tillerie de cuiipagneq[i]i 
q^t attai^oe k U diviskui i^i est veove de Tarmee dl- 
talie, de se rendre, par le chemin le plus court ^ a 
Toulott. 

Le ministre de la guerre ^oonera Pordre au general 
de brigade de cavalerie Leclerc de se rendre sur4e- 
chatnp a Lyon, pour prendre le commandement de 
ces deux r^inens^ et les coaduire lui-ttfeBie 1 1'oulon. 

Le general ooumiandaiit Farxtt^tt d'Hek^li^ in- 
cprpor^ dfuas.laseooaded'iii&nterie l^^re les eciai- 
r^urs d^ la viagtHtisoiisiaiie d'in&nterie t^ere; afvks 
quoi, il dondera Pordre am geftel^alPig^eon de partir avea 
la deuxieme demi-brigade d'infanterie legere, les Aix^ 
Isukieme etviaffb<ia^euk Ae ligne, pour se xeadre 
a LyoA y .ou pes <3orps s'einbari[aeroiil fcur k Rbdne }us* 
^% Avignoa , d'ou ils^sftrcndront par ^erre ^ Toulta. 

Deux jours apres , il donnera Tordre au general RaiH'^ 
pon de partir avec la trente-deuxieme et lasoixante-quin^ 
zieme pour serendre egalement a Lyon, s*y embarquer 
sur le Bhdne jusqu'a Avignon, et se rendre de la par 
terre a Toulon; 

Le mixustre de la gnenre donnera i'ordre au general 
I^Ldnes de partir mir^leKiaiDp en poste de Parts , pour 
$6 feiidre a Lycn aveo radjudamtt-g^neral Lagrange, et 
prendre toutes les mesuMS, en se * cSDncertant av^ le 
cyiNlliiBandaQt de cette place, h coitiaiissair^^dennatelur 
et celui du Directoire executif , pour qu'il y ait dans 
<;ette viUe la quantite de bateaux et iKmt c> ^i est iie- 
cessaire pour eiabarquer ks troupes d-dessus, et sur* 



INEDITE. 35 

veiller ledit embarquemeift ; jkpres quoi , le general 
Lannes et le citoyea Lagrange se rendront a Toulqa.- 

Le ministrfetde la guerre donnera egalemeot lesordres 
pour qti'il y ait a Lyon : 16,000 paires de souliers. 
6,^00 pairfe de culottes , 6,000 chapeaux , 4>ooo ve'sles> 
10,000 paires de bas, io«opo chemises, 3,ooo sacs ^ 
peaUy^ 3,000 habits, 1 4^000 paires de bottes , pourpou-^ 
voir etre distribues auxdites troupes , a kur passagA. 

Legen^dl Lannes aura soinde veiller aux distribu* 
.tioBs, pour ^'ellesse fassentcbnformement aux besoins 
dechaque corps. 

Le general commandant rarmee> d'flelvetie, fer^r 
fliettre a Tordre des demi-brigades ci-dessus designees y 
qu'elles vont se rendre a Toulon , d'ou elles partiront 
pour une apCf»tioa extreiwOTfent ^ssentidk, e^ qu'elles 
trouveront a Toulon le general Bonaparte^; sous les ©r- 
•dres duquel elles continueront d'etre; 

BoirA:PA&TE« 

. Pafris, (e 27 veutose an tf ( f7 in^rs 1798). 
All President du Directoire exicutif. . 

Vous trouyeree ci-joimt, citoytn president, la re- 
ponse de la tresorerie a la demandeque je lui avais fake 
si la solde etait assuree pour les ti-oupes c[ui se rendent 
en Corse et a Genes. 

La cais^e de Tarm^ dTtalie a bien de la peine a sub- 
v^enir aux depense& des corps qui sont dans ce pays. 

Jecrois qu'iLs^ait uecessaire que le Directoire prlt 
I'arr^e ci-j6int : 

3* 



36 CORRESPONDANCE 

Akb^te. 

AUT. i^'. La tresorerie Dationale fera 8iir-le-champ 
passer a sod payeur en Corse ^ la solde pour les troupes 
^i y sent, pour les mois de nlvose, pluviose et ven>- 
tosfc. 

fk, L'ordotindteur de la marine a Touloa fera partir 
Utie corvette pour porter lesdits fonds/ 

Pour cet efTet , il en remettra les somm^s au payeur 
dl^ la marine a Toulon , qm les fera passer en Corse par 
iln aviso. 

3. La tresorerie nationale fera solder a C^nes, dan» 
le plus court delai , aux troupes qui s'y trouvent , la soldtf 
des mois de Ventose et germinal. 

Etat des troupes qui sont en Corse. 

La quatrieme d'infanterie legere , i,Soo hommes; la 
vingt-troisieme d'infanterie legere, 2,100 hommes; la 
dix'-neuvieme de ligne, 1,800 hommes ; un bataillon de 
la quatre-vingt-sixieme de ligne, 800 hommes; artil* 
lerie, 3oo: en totit, 6,5oo hommes. 

Etat des'ttoupes qui sont a (ieiies,sous tes ordres du 
gmeral Baraguey d^tmUers. 

J-avingt-deuxiemed'infauterie legere, 1 ,5oo hommes} 
la ti^cizieme de ligne , 2,000 hommes ; la soixante-neu- 
vieme, idem^ 1,800 hommes; le quatorzieme de dra- 
gons, Soo hommes ; le dix-huitieme^u2em, 200 hommes; 
artiUerie^ 260 : en tout, 6,200. 

BoNAFARTJE. 



INEDITE. 3j 

Paris , lie a germinal ao( (J ( aa mars 1 79S ). 
'Au Mnistre desjmances. 

La commission chargee de rannement dek cdte de 
la Mediterran^e doit recevoir 5o6,ooo fr. cette decade- 
ci. Je desirerais,citoyen ministre, etrq iufoi-me si la 
tresorerie a donue des erdres pour cet objet. 

Je vous prierais de faire reserver sur cette somme 
5o,ooo fr., peur.etre mis a la disposition du general 
Dufalga, cbmmaadant Tarm^ du ^enie, attache a la^ 
dite commission , lesquels 50,000 fr. doivent etre soldes 
a Paris. 

Je vousprie egalement dedonncrdcs ordrespourque 
la tresorerie fasse passer des lends pour solder les trou- 
pes qui sont dans les deux departemeas de Lianlone 
ct du Golo, qui sont arrierees de trois mois. 

BoNiLPA&TE. 

Paris , le 3. germinal ao6 (a3 macs 1798 }. 

Au Ministre de la gjuerre^ 

, Je vous prie , eitoyen ministre, de donner Pordre aii 
^neral de brigade Gardanne, qui est a Paris,. de ae 
rendre a Toulon , ou il s'adressera au generiftl Domsiar<- 
tin, Chez lequd il trouvera de nouveaiix ordres. ■ - 

JeTousprie de donner led m^mes ordiies au general 
Verdier qui est a Toulouse , au general de brigade Da- 
vousty qui est dans ce moment^ci a Paris, de se reiidte 
a Marseille pour*y prendre le commandement dela ca- 
vakrie qui se refimt dans c^tte vUle, ou il sera 4sous Its 



38 CORRESPGNDANCE 

ordxe^ du general Boa, et au geaeral de division Du-* 
mas de se rendre a Toulon , oil il recevriai de nouveaux 
ordres. 

•. ' Bo^APiULXE. 

Paris, le 5 germinal an 6 ( a5 mars 1 7^8 ). 

A la commission gj^ar gee de Vapprovisionncment de la 
^Mediterralipe. 

Tax FB^i 7 dU»fasiB ^ U leltre que vent^wfaveB envoyee 
|«riUQ cdurner entraMdioaire. 

J'a vu, axscplaisir, Petat satisfaisant deTescadre. 
Paurais desire avoir egalement Petal des galeres ou ba^ 
ttmeas ^ icansport que vous a vez arr^«s iiTovAon j pour 
I'^mbai^uement de dix milleliommes. 
, Les troupes arriveront avant le i5 germifiai, 11 est 
necessaire qne tout soil pr£t a partir le ao. 

Si le eoutre-amii^al Bruej's n'est point arrive lorsque 
vous aurez recu cette Icttre, vous ferez vos preparatifs 
pour vous en passer. 

Les six vais3eaux de guerre qui sont en rade : le Cort" 
querant^ les fregates, les bricks, doivent, ensemble , 
ipoHifsr iacilemeni. 6,000 hommes. U ne voiis reste done 
.|plus quik cliercbcff , a Toulon, des Utimfins de tran^t- 
jpoit .pour l^%mo hommeii. 

Si Teseadrc du jtx>ati«rflmiral Brueya alait arriv^ , 
im si vous aviez des Jiomcelles dii |our ou ellearri-* 
^^B^iitfsiw^. nfauirez plus> ^krs besaia de trjui^oru^^ 

Le genwl OommMrJ&in dok ilofe arrive. Vous avea 
r^ljiy mi& dQDii^, ^ouQ^ne^ a^fe^uquer TaciiUerie. 



INEDITE. ^ 'S9 

Si le citoyen Sucy n'etait pas arrive, cela ne doit pas 
vous empecher de faire tout ce dont ii est charge , appe* 
lant aupre$ dje TOus.iwcaiiwis«drt<ivdoiuttleitf le plus 
a portee. 

Le payouvy qui doit itre mtinfi y tous aura apporte Var- 
geut qui wus etidt nfeessaircf; la trtfsorene prend ses 
diapositioua pour to«s faiiQ tottcher Soo^ooo b. cette 
decade. 

J^alfeoda ateo iiupatieiMe votre pveoJer coufrier pour 
savoif si tout est pret, et si les troupes pourrout toe 
embafquMsle ao ds o« noiB.. 

Pacis, le6g^Baiiiii«laa0(^ni«ra 1796). • 
u4ux Comndssaires de la tresorerie nadonaJe. 

Le ministre des finances , citoyens commissaires, a 
du vous prevenir que, sur les 5oo,ooo de cette decade 
que Tous devezmettre a la disposition de la commissioQ 
cle la Mediterrapecj. So^ooo &. devaient.etre sold^, a 
Paris , au general Dufalga. 

Jf vou6ffifi^,:Qitoye«s eoibiniflsuiies^de veutpii^lrieii 
^Fcf 6old«r hsiiM $0,000% a» ^feaer^ Du£dga, et^ ^ 
dow^ ¥m r^ift'ea pMnaeol^au payeur de k.oesiif 
flUsMeo, 9^i le seceviw pouo oQntptmti Le vevicenteni 
est to^t ^ple ; U kltre d« wnistxie des finances tf 
celle que j'ai ^J^onmeui: dfe wiiis^ ^rire, celtec^niaoiisaclii 
se trouv^oit^ soifti aiesordires^ vous y aatorisent aiiffi-* 
saipmyit, 

BoiijiP4lLZft. ^ 



4o CORIDESPOITOANCE 

Paris , h 6 germinal ao 6 (a^mara i']^)^ 

Au Mimstre de$ relations extdmures. 



t 



. Ayant besoia, ciloyea ministre^ pour remplir les 
inleDtious du gouverneiaent , des citoyens Ruyer et 
Belletete^ deux jeunes gens qui sont parts, il y a ^el- 
ques jours, pour Constantinople, et ^i doivent itre 
actuellement k T.o»lon , je vous prie de leuv envoyer yor*- 
dre de r.ester a.Toulon* 

Je desirerais egalement que vous donnassiez Vcnrdre 
aux citoyens Jaub^rt, Chery, Laporte^ troisjeunes gens 
les plus avances a Tecote des langnes orientales a Paris^ 
dcse rendre a*G)nstantinopte, et de leur cnvoyer con- 
tre-ocdrea Toulon, pour qu'ils y attendent de nouveaux 
ordres. 

BOHAPJL&TE. 



Pai if , le 6 gerraioal an 6 ( 26 mats 1 798. ). 

'*Au Mlnistre de rintirieur. 

Le directetirde Umprimerie de la republique et le 
citoyen Langles, citoyen mlnistre, sontanimes de la 
phs mauYaise vqlonte. Je vous prie de donner I'ordre 
positifque tous lescaractere&arabes actuellementexis>^ 
tans , hormis les matrices, soient si|r-le-chanip emballes y 
et au citoyen Langles Fordre de les suivre. 
• '. Le cit^en Langles m'a paru , dans la premiere eon** 
ference que j'ai eue aveclui , tres-disposea venir ; d'ait-' 
leur^ la republique , qui a fait son education et qui 



INEDITE, 4r 

I'cntrelient depuis lQDg*temp&, a ie droit d'exiger qa'il 
oBeisse. 

Jevous prie de donner Tordre que Ton emballe ega- 
lement les caracteres grecs; ily en a, piiisque I'on im-^ 
prime en ce moment Xaiophon , et ce n'est pas un grand 
mal que le Xeniophon soil retarde de trois mois,' pen- 
dant lequel temps on fera d'autres caracteres, les matrices 
restant. 

Jc vous prie de donner egalement Pordre positif d'em- 

bailer les caracteres pour trois presses francaises. II nous 

suffit d'avoir des caracteres ordinaires. 

Bonaparte. 

Paris, le 6 germinal an 6 ( a6 mars 1798)^ 
\/iu ministre de Vintirieuir. 

J'ai rhonneur de vous enyoyer ci -joint, citoyea 
ministre, la lettre du Directoire pour vous. 

Je vous prie en consequence de vouloir bien donner 
Tordre aux citoyens dont la llste est ci-jointe (i), de 
se tenir pretsa partir, au premier ordrequ'ilsrecevront, 
pour se rendre a Bordeaux. 

Ceux d'entre eux qui ont des places les conserve- 
rent , les appointemens en seront payes a leur famille. 
lis recevront en outre un traitement extraordinaire et 
les frais de poste pour la route, 

Je vous prie dB donner Fordre aux citoyens dont la 

' (iV DangA,Dac-la-Cliapclle, aatronQmes^ Costaz, Fonricr, Monge , 
Nolardy g^m^tres; CoDte, cbef de bataillon des acrostiers; Thouin, 
Geo^oiy Delisle, natnralifiies; DoloimieQ, mineratogist&; BerlfaoUft^ 
dumistc ; Dupnis, anUqnair^. 



4^ CORRESPOHOANCE 

liste est ti-f9inU (i ), de $e twir pr^ts k pirtir, ra pe^ 
ipier ordre, pour Flessingue. Les ingenieurs jouizmit 
d'un tcait^ipeiit; pour lean trmi» «iAr»ofdiiiaires. 
Iieur masioa u'etagt que MftpaKaiie> Iwrs pUces doi«- 
ireot l^r 4trd cposeirTm^ 

Paris , le 6 germinal an 6 ( a6 mars 1 79S }, 

^ Ja ^Mmrtiy^ fihargde da Finspection de$ eites 
4^ k» MiditerroDse. 

Je vi^HS 4b recevoir, citoyens, des nouvelles du 
contre-amiral Brueys, 11 est parti de Corfou, le 6 ven- 
tose, avec six raisseaux de guerre francais, six fre- 
gates ideniy ciw} v«u$9e«U;K cl« gtmrp Yenitiens, trois 
fregates ideniy deux cutters pris sur lesAnglai?.. 

Le chef de brigade Perree est parti d'Anqdnele 12, 
avec deux fregates francaises et deux veuitiennes. 

II est done possible que, lorsque vous recevrez cettp 
lettre, fun Ct Tautre spient deja arrives, et j'espere 
que , moyennant votre activite et les mesures ^ue voui 
avez prises atec rordonnateur Najac , ces vaisscaux 
pouiTont' rtepartir quinze jours apres l^ur arriyee. Le 
Mercure est le seul vaisseau, je crois, qui ait besdin d^ 
reparation. 

Quant aux vaisseaux venitiens, s'ils peuvent etrear- 
mes eh gfuerre tons les cinq, vous y ferez travailler de 
suite, e;t, $'il MbU trop de t^i»ps^ vousn'^n fepe2iar- 

(1) IsQOra, Lepftce, Ijip^e (Garttdn), LanoEec, UUbfte, Ghfosti 
ing^niedit dei ponto et chaiuaees j Panuzeui mt^pritc;. 



INEDITE. 43 

mer ^'une pwrtie : ainsi^ vou$ oaarie2i>esoia4'Au^ 
CUB secours de Mtimeps de transport pour porter Id^ 
10,000 hommes^ue yous devez eiabjeirquer a Toulw^ 
avec TartiUerie ^ ^t , je vQu$ Jei repete , le 25 04 m^? 
le 20 germioal; to^t doi( e^^e pret a pfu*tir* 

Plusieurs medecius et officiers g^uisa^i^x ont ^u <Nrdr^ 
de se rendre^ Toi^oo : il^ ^Vdrcsserwt a vous^ yous 
leur ferez fournir le logem^i^t et tout ce doot ils auron^ 
besoin , et vou^ leur ^direj^ d'atte^^ di^ BouTeau;^ 
ordres. 

La quatre-Tingt-^i)Dupiieme demi-l?rigade s'est chit 
iMtr^ee le 3 a Lyoa pour se rendre a Marseille. Le 
deuxieme bataillpa du ^uatrieme f ^[Ifaent d'artillerie 
s'est embarque le 5 ppi^r se repdre a Toulon^' . 

Cinq demi-bri^ade;^ doiveut etre, a Vheure qu il est^ 
embarquees \k Ljop, poyr sUhv, pr le Rhjone jusqu^K 
Avignon y et de la se rendre a Toulon. 

Conferez avec le ceminissaire orxlonnateur et le ge- 
neral de division Du^ua, pour vous assurer qMe le^ 
subsistances et les cantonnemeos de ces troupes spot 
assures. 

. Lea dix-buitieipie et ir'ente-deuxieme demi- bri- 
gades, m^mmandees par le general Rampon^ seront can* 
tonnees au fort Lamalgue, a LavaleUe^ a SoUer, a 
Hieres et aitf res village^ dans ces environs^ 

Les vingt-cinquieme et soixante-quinzieme, coxDmaa^ 
dees par le general Gardanne, seront caatonuees a OU 
lioules, auBausset, la Seine, St.-Lazaire et autres vilr 
lages environnans. 

La deuxieme demi-brigade d'infanterie legere ser^ 



44 CORRESPONDANCE 

cantonnee dans Toulon. Lc general Pigeon aura le 

commandement de la deuxieme demi-brigade d'infan* 

terie legere. Le general Gardanne commandera la vingt- 

^in^ieme et la soixantequinzieme. Vous placerez les 

troisieme et qttinzieme regimens de dragons dans les 

cndroits on it j aura le plus de fourrages. 

' Je vous recommande de veiller a ce que les troupen^ 

aient tons les jours du vin on de Peau-de-vfe^ et a cc 

^ue les subsf stances leur soient assiirees. 

II me tarde d'avoir un compte detaille sur tous les^ 
ordres contemis dans les instructions que je vous ai 
donnees , ainsi que d'apprendre Parr ivee et l*etat dans 
lequel se trouvele contre-amiral Brueys. 

Pour n'etre pas dans le cas de vous tromper dans vos 
calculs , vous deyez compter, pour Pfembarquement de 
Toulon, sur la a .i3,ooo bommes, compris Tartillerie, 
les charretiers et les domestiques, et 5,ooo a Marseille 
Actuellement que le contre-amiral Brueys est arrive^ 
il-sera bon que vous menagiez a Toulon de quoi em- 
•barqoer ptutdt looo hommes de plus quede moins. 

Vous trouverez ci-joint : 
: I*. Des plans ct des notes sur la construction d'uit 
ponton qui ne doit pas peser plus de neuf cents livres ;, 
TOus en ferez mettre sur-le-champ trente en constriic- 
tion avec les poutrelles et ce qui est necfessaire pour 
etablir le pont. 

. 2^ L'esquisse d'un petit bateau portant une piece 
de 12, et doiit la simple carcasse ne doit pas peser 
plus de dix milliers : vous en ferez mettre sur-le-cbamp 
deux en construction. 



INEDITE. 44 

3"* Le memoire ct le projet d'une peUte corvette. ^ 
portant une piece de 24 et plusieurs pieces de 6, la- 
^elle doit se diviser en parties, pour pouvoir etre. 
transportees par terre sur huit diables. Vous ep feres 
mettre une sur-'Ie-champ en construction. 

Vous ferez en sorte que les pontoons et ks deux pe-» 
tits bateaux soient en etat de partir le plus tot poastble* 
U les faudrait avoir pour les premiers jouts de flareaL 

Quant a la petite corvette, mettez-la en Gonstrtic- 
tion;lorsqu'elle sera finie, nous nous en seryir^oos. Je 
saisbien que cela ne peut pas etre avautle milieu de 
prairial: ceseraitun grand bien, s'il etait. possible que * 
cela fut plus tdt. 

En vous enyoyant ces plans et les memoires qui les 
expliquent, je n'ai pas entendu vous prescrire de n*j 
&ire aucun changement dans le detail. Le veritable. 
point de vue est de tout sacrifier a la legerete, afia 
de les rendre trangportables par terre. > 

Je vous prie de remettre la lettre ci-jointe au coatre* 
amiral Brueys, du moment qu^il arrivera. 

BoSAPARTE. 

Paris, le to germinal an6 (3o mars 1798}. 

uiu contre^amiral Sruejrs. 

Je pr^sum^, citoyen general, que vousi etcs arrive a 
Toulon , puisque vos dernieres depeches m'apprennent 
c[ue vous etes parti de Corfou le 7 ventose. % 

L'on est ici cxtremement satisfait de votre conduite. 
U faut que les batimens qui vous out plu&ieursfois porte 
les ordres du gouvernement aient ete>pris. 



46 CORRESPONDANCE 

Mainf^net une sevtre quarantarne parmi vos ^qai- 
pages : G*est le plas silr moyen d'entp^faer la desertion. 
Tous lea (Mrdfed <ml ete donnes pour que la solde et les 
niyres kursF soient foumis. 

Vous aurez soud vos 6rdres tine des plus belles 
escadrea qui soient soities deipuis long- temps de Toulon. 

Je campus sur vos six valsseatix. Vous tous dep£- 
cbem de faire .fake les reparations dont le Mercury 
pourrait avoir (esoin ; ce qui , joint aux tsix vaisseaux 
qtii aont €a ce iftoifiefA en rfeid^, aux treize frigates > au 
Can^uerOnt atme eil liite, ^ ait plus grand nombre 
des vaisseaux venitiens qui seront susceptiUes d'dtre 
promptement armes, voujs mettront a m^me de remplif 
la misaion briilanie qui vous ^t desdn^e. 
. Je*seraiifiMaise devous reroir : j'espere que 66 sera 
dans tres^ped de Cstnp^ 

Casablanca parCira bientot pour sernr sotLs vo^ 

* ordres. II faut absoluAent que vous vous arrangiez de* 

araniere a ce que rous puissiez pattir le premier floreal. 

BOVAPAHTE. 



Paris, le lo germinal an 6 (3o mars 1798}. 

^u Gcndral Lawies. 

Je recois, citoyen geni^rai, votre derniere kttre de 
Lyon^du 3 du courant J'aurais desire que voiis m'eussie^ 
envoye Fetat de situatioB de la-quatre^vingt-cinquienle ^ 
Qelui des effets qili lid oat ete delivres , et des notes i^r 
t'eaprit qui anime ks^tioupesw 

INe manque»pas de me I'eiivoyvr le pka tdt possible^ 



\ 
:^ INEDFTE. 47 

uaA file c«lui db8 4ieini4iiigiide0 qui vim«trf de 

^$«e. 

. Prev^ez U geolsral DngiMi k Sfafis^ill^, H h com- 
missaire ordonnateur Sucy a Toulon y ded mcmy^mea^ 
des troupes , i£a qu^ik fasstnt preparer tout ce qui est 
necessaife aux troupes sui les rentes d'Atign^iv h 
Marseille et Toulon. 



PariS) U »o %uaMtiti mi &(3o^ nftn 1798 >; 
uiu General Dugua* 

Les neavteinb et q«»tre^¥ingtM;iBqifi^iiie deml-bti* 
^es de ligaty^li^i qiie 1« vttigt-detctietiie declras^ 
seurs et le deaii^e e$eadron du di^-btiitieme reg^'ment 
dedragfOBS, 86 retiiteiita-BfafseiUeoik ih doitedt i^'em- 
berquer. fc Tonii prie, mon cher general, de veiller k 
ce quails nei manqaent de rieii*. Le' g^n^Al ' Bon 'etle ge- 
neral Davoust sdnt parti» pdur eoimtiandei'^ fe ^c^ier 
riafcniecie, Ic second la cavaleriej etPadfudam-general 
JjuUictt, pour fflHre lesfMiotieiis dedi^fdel^ir-major 
de celte division. 

Les denxi^me d'infanterie legere , les dix-huitieme, 
vingt-cinquieme, treate-deuxieme etsoixante-quin^iemc 
arriveront egalement sous peu, de jours a Aviguoa 
par le Bhdne. 

Elles <Hit ordre de ae rendre a TouloSv • 

VoUfr ^vecree I'oirike an genenJ Rmiipi^ aN^ les 
4M;-h¥Jtieme et trenl)e*4euxi«(me , de^tfemy^gctrnisoti an 
fort Lamalguc; SolUer$,i L»v«Uet«^ 0^ U^b^^y a- 1ft 



48 CORRISPONDANCE 

-vingt-cinquieme et soixante-qiiuaieme de tenir gami^MMi 
k Ollioules, Saiut-Lazaire, Laseiae et autres villages 
enviixHinaos. Cette brigade sera oomioandee par le ge^ 
ueral Gardanne: 

Voiis enverrez I'ordre a la deuxieme d'infanterie 
legere , qui sera ocHmiiaadee pr le general Pigeon , de 
tenir garnison a Toulon. 

Yoiis jJacerez le general Leclerc et deux regimens de 
dragons qu'il commande, dans Tendroit le plus fa- 
vorable pour la subsistance de la cayalerie, mats de 
maniere a ce quails soient dans un cercle de trois ou 
quatre lieues de Toulon. 

Donnes les ordres a votre owimissaire-ordonnateur 
pour que ces troupes ne mauquent de riien , et prevenez 
le payeur de votre division pour qu'elles aient leur pret 
avec exactitude, qu'elles aient le vin ou I'eau-de-vie 
tons les )Ours. Voyez aussi Tordonnateur Sucy , le ge- 
neral Donunartin, Tamiral Blanquet et le citoyenLe- 
roy y qui forment la commission de la Mediterranee. 

Prevenez vos etapiers d'Avignon a Toulon, afin que 
ces troupes aient l^ur subsistance assuree pendant la - 
route. 

BoNAVAILTE. 

Paris y le lo germioal an 6 (3o mars 1798). 

jfiu citoyen Sucj. 

Independamment , citoyen ordonnateur, de votre 
qualite de.membre de la commission, vous remplissez 
plus specialement les fonctions de Tordonnateur en chef 
de Tarmee qui va s'embarquer. 



INEDITE. 49 

h cpnapte assez sur voire dLscrtlion pdctr votis faire 
partde suite de la composition d6 toute ralrniee dont, 
Tous et^ charge, en "vous enjoignant snrtout de garder 
le plus profond silence. 

L'armee sera composee de cinq divisions : 

i". Les trois demi-brigades qui s'embarquent a Ci- 
vila-Vecchia , qui ont ordre d'embarquer avec elles 
deux commissaires des guerres , un cbef de chaque 
administration, une ambulance et des vivres pour deux 
mois. 

2\ La division qui s'embarque a G^aes , composee de 
trois demi-brigades et qui a ordre d'embarquer deux 
commissaires des guerres, un ch^f de chaque administra- 
tion , une ambulance et des vivres pour deux mois. 

3". Une division qui s'embarque a 1 oulon , composee 
de la quatrieme d'infanterie legere , de la dix-huitieme 
et de la trente^deuxieme de ligne ; vous y attacherez 
deux commissaires des guerres, un chef de chaque 
administration, une ambulance. 

5*. Due division qui s'epabarqiiera a Marseille, com- 
posee des neuvieme et quatre-vingt-cinquieme de ligne , 
a laquelle vous attacherez egalement un chef de chaque 
administration , deux commissaires des guerres et une 
ambulance. 

Vous ferez bien attention stirtout que la maniere dont 
je viens de classer les divisions, n*est point par les 
numeros qu'elles doiv^t garder ; j'ai suivi leur position 
geographique : aiti^i vous designerez les deux divisions 
^ui sont a Toulon, Tune sous le noia de SoUiers, 

iGTK'TS. I. 4 



5o CORRESPONDANCE 

Vatttre »o«s cdui 4ft LsiMiiuSy sans leur donner aucun 

numero. 

Toute$ ces ti-oupefi, avec no oorps de cavalcFie et 
d*artillerie a proportion, doiveot etre peuoies sur ub 
seul point pour c^ocQurii: a une neme operatioo. II est 
done aece$$aiire que vous ayez avec vous, pour les 
fanployer selon les circonstances , sept a buit bons com^ 
missaires des guerres , un chef d'attela^e d'artillerie et 
huxt ou dix bournes eotendus, pour pouvoir, lorsque 
nQtre debarquement sera opere , les charger des differena 
services de Tarmee , sans cependant leur designer encore 
aucuue fonction. 

Le general Dommartin conuoande rartillerie de ladite 
armee, voi^s vous entendrez avec lui pour tons les 
•details. 

Le citoyen Desgenettes est medecin en chef; le citoyen 
l^arrey , chirurgien en chef. Dix-buit chii-urgiens et me- 
decins doivent etre partis, et, a Tbeui^e qu'il est, dtre 
rendus a Toulon. 

. Independamment de cela, vouaprendrez le plus de 
cbirurgiens et de medecins que vous pourrez , soit ea 
i8n faisant venirde I'arinec dltalie , soit en prenant ceux 
4e qu^lque merite, que vous pourriez trouver dan&l« 
pays ou vous etes : vous n'en aurez jamais de trop. 

Vous organiserez auasi une pharmacie, que vous 
prendrez dans les bdpitaux de Marseille et de Toulon. 

Chaque vaisseau de guerre ou vaisseau de transport 
4oit avoir sa pharmacie pour les malftJes qui pourraieni; 
^urvenir pendant le passage , et voiis devez aussi em-? 
barquer une quantite de medicamens propor4ionnee 



INEDITBL 5[ 

k la force derattt^e, «[ui se trcmye itte de 3o,om 
homines. \ 

ProGurez-vQus aoo ou 3oo infirmiers, buit ou dix 
hems direeteurs d'iidpitaux , un boo archiiectey douei9 
ou quitize macons, cinq ou six garde-magasins, «t un 
agent en chef des hopitaux. Vous avez la^es&us'Ufaerte 
toute eotiire. 

Dans les instructions de la commission , j^ai demandii 
beaucoup de souliers \ indepeadamment des besoins 
qu'siura la troupe au moment de Tembarquement, il 
iaudra encore y suppleer jusqu'a ce que nous ayons pu 
faire des etablissemens dans le pays ou nous aliens. 

Le payeur general sera le ^citoyen ELstere. U faut 
qu'il y aitaHtaut de payeurs qu'il y ade divisions ,ia^ 
depeadamm^t des bureaux et des payeurs qui peuveat 
lui deveoir n^essaires. 

N'oublies pas de voos procurer quelques artisUs 
"veterinaires. 

Le general de division ne pourra embarquer que trois 
chevaux , le general de brigade dtux , et toiis les ofiicieis ' 
^i ont le drdit d'avoir des chevaux, un ; le commissaire- 
eixlonnatear, trois, et les commissaires des giierres en 
chef, im; les administrateurs,aucun^ mais tout le raond^ 
a la liberte d^embarquer le nombre de selles et de 
palfreniers que la loi lui acoorde. 

Faites - vous rendre ccnnpte s'il y a des teivies dans 
I'arrondissemeat ou vous yous trouvez ; s'il y en avait, il 
Ibudrait les fairre mettre en ctat : je desirerai^ en avoir 
un millier, 

*Le -deuxim^ bataillon du quatrieme regiment s'est 

4. 



5a CORRESPONDANCE 

embarqae le 5 k Lyon, pour Avignoo. Aiiisi, il ten 
deja reiv^u a Toulon quand vous recevrez cette lettre. 
Pai donne ordre ^e Ton embarque cinquantechevaux 
d'artillerie a Qvita-Veccliia, cioquante a G£iies.^ITous 
^en embarquerons le plus que nous pourrons a Toulon et 
a. Marseille. Dans les instructions que j^ai donn^ k 
la commission , cet article de Tartillerie est speciale- 
ment d^taiUe. 

BoiTAPAaTE. 

Parif , le 1 1 germioal an 6 ( 3 1 man 1 798). 
Au ministre des finances. 

Vous devez remettre, citoyen ministre, pour cette 
decade, 5oo,ooo fr. a la disposition de la commission 
diargee de Tinspection des cdtes de la Mediten*anee. 
Je desiierais que la tresorerie p&t iaire partir demain 
des lettres de change pour aoo,ooo fr. sur G^nes et 
faire passer 3oo,ooo fr. a Toulon. 

La solde des troupes qui s'embarquent a G^nes est 
arrieree. II serait n^ssaire que la tresorerie fit passer au 
payeur de la division du general Baraguey d'Hilliers a 
GInes 400,000 fr. , pour payer cette division jusqu'au 
premier germinal. 

J'ai un courrier tout pr^t, qui porterait les lettres de 
change pour ces 600,000 fr. II serait fort essentiel a nos 
operations que cela pftt partir demain. 

Je vous prie aussi de donaer des ordres pour qu'elle 
fasse passer de i'argent pour la solde des troupes qulsont 
ep Corse. II faudrait au moins 3ooyOoo. 

Boxr Aff ARTS. 



INfiDITE. » 

Paris , le 1 3 germinal an 6 ( a aTnl 1 798 ). 
Au General Baraguey d'HilUers^ 

Le consul recevra, citojen general , par un courrier 
que j'expedierai demain , 600,000 fr. , ce qui , joint aux 
fiooyooo fr. que j'ai deja fait passer , fournira les sommes 
necessaires a Fembarquement. 

Faites-moi passer, par le retour de mon coujrrier: 

I"*. L'etat de situation des batimens, le nombre des 
tonneaux et de Fequipage de chaque batiment, avec le 
nombre d'bommes et le nombre de cbaque corps que 
chaque b&timent transporte. 

a"". Uetat de situation de votre division , le nom de 
:votrepayeur, de tos deux commissaires des guerres, 
^e vos deux adjudans - generaux , et des ofiGciers 
d'artillerie et de genie attaches a I'etat-major de la 
division. 

Tachez d^embarquer avec vous le plus de chirurgiens 
et de medecins que vous pourrez , irancais ou italiens ; 
quatre tnedecins, douze chirurgiens, independamment 
des chirurgiens des corps et de Tambulance, ne seraient 
pas trop. 

ELmbarquez huit ou dix amiuriers avec leurs outils^ 
fraocais ou italiens , et des calfats , charrons , serruriers, 
le plus que vous pourrez vous en procurer. 

J'ecris au general Berthier de vous faire passer 3,ooa 
fusils, s'ilpeut se les procurer. 

Ne partez pas sans de nouveaux ordres» 

Faites en sorte d'avoif plutot trois ou quatre jours de 
vivres de phis que de moins. Tenez la main a ce que 



64 COBRESPOWDANCE 

Ton a'embarqHe rien d'inujile. Vous ne pouvcz cm-' 
barquer pour vous que trois chevaux, les generaux de 
brigade deux , et les autres ofGciers qui out le droit 
d'^Yoir des chevanx, nw, mais chacua cmbarquera ses 
•elles et ises palfreniera 

Laissez a Genes un officier sttperieur par cbrps coi»* 
posant voire division , afin de reuoir a Genes tons vos 
homines sortant des hdpitaux , et , toutes lea fois qu'U 
J eu B\\m cent , on leiir donnera des ordres pour vous 
rejoindre. Les officiers peuvent ega'ement dofiner rendefr- 
T0U8 a Genes a leurs doniestiques, gros bagages, ipi'ils 
ne pourraient pas embarquer avec eux. 

Erobarquez tous lea depdts actuellement Q^istans. 

Jimagine que vous menez avec vous Farthouneaux. 
I'ecris a Berthier de vous envoy er Almeyras, qui est 
«& fortbon adjudant-general. 

Faites-moi connahre, par le retour du courricr, Petal 
exact et par corps de toot ce qui serait, dA aux 
soldats. 

AycB avec vous trois bons directenrs d'bdpitaux et 
ioe ecutaiue de bons infirmiers. 

BoNAPARTB, 

Paris, ie i3 g^rmiQal an 6 ( ti atril 1 798 }. 

uiu Getidral Lannes, 

Vous trouverez ci- joint, citoyen general, d^s Iettre# 
pour le pay eur de la division qui vient de Suisse , pour 
le payeur de Lyon et de deux autres departemena. 

Vous ferei^ doiiaer k Lyon la solde aux troupet 



INEDITE. 55 

jusqu*au i5 de ce mois. Si la division n'avait point ar 
Lyon de payeur , vous chargerirz un des quartiers- 
maitres d'en faire les fobctions H &e recevoir I'argent 
que la tresorerie donne oidre de remettre entre ses^ 
mains pour subvenir aux depenses ulterieures du pret. 

Ayez soin , en m'envoyant I'etat de situation de chaque 
iorps, de m'instruirc jusqu'a quel jour les soldats ont 
ete payes , ainsi que de la quantite d'effets qui ar ete 
distribuee a cLaque corps et ce qui pouirait leur 
manquer encore. Surtout ayez bien soin de completter 
rarmement. 

Voyez le commandant de TartiUerie a Lyon , pour 
vous informer quand parliront les differens objets que 
le general Dommartin doit lui avoir demandes,et pressez- 
Ife le plus que vous pourrez. Voyez les salles d'armes. 
Faites partir le plus tot possible 10,000 ou 12,060 bons 
Tusils avec autant de sabres, et 2,000 selles et brides 
de niissards et meme de dragons. 

II faut que tons ces differens objets soierit a Avignon 
te2i5 de cemois. Vous previendrezle general Dommartia 
de tout ce qui partira, afm qu'il prenne ses mesures 
pour que, d'Avignon, le tout se r.ende de suite *a 
"touldn. 

Instruisez-moi de tout dans le plus grand detaiL 

Envoy ez radjudant-general Lagrange a GrenoWe^ 
pour connaitre le jour ou les differens objets que le ge- 
neral Dommartin a du demander , seront arrives a Avi- 
gnon, et pressez le depart du tout. 

BoNAPAKTE.- 



56 CORRESPONDANCE 

Paris, le i3 germinal ad 6 (a aTril 1798 J. 

Au General Brune. 

Je profile du depart de Suchet pour vous ecrire deux 
mots. J'ai expedie a Rome un courrier extraordinaire \\ 
y a trois heures : il etait charge d'une lettre pour 
Berthier ou vou!(. 

J'imagine que Berthier, en vous remettant le com- 
mandemeut de Tarmee, vous communiquera les ren- 
seigaemens sur les embai'cations qui sc font a Civita- 
Vecchia et a G^nes. Comme ilestextremement essentiel 
que ces embarquemens n'eprouvent aucun retard, j.e 
vous lea recommande specialement. II paralt que celui 
de Genes va assez bien, mais celui de Civita- Vecchia 
est bien arriere. 

Aidez Desaix, a qui le Directoire a confie le com.- 
mandement des troupes qui s'embarquent a Civita- 
Vecchia. 

Vous avez beaucoup a faire dans le pays ou vous fitfcs. 
J'espere que ce sera le passage d'ou vous viendrez me 
rejoindre pour donner le dernier coup de main a la plus 
grande entrepiise qui ait encore ete executee parmi les 
hommes. 

Entoure^vous d'hommes a talens et forts. 
Je vous recommande de protegerPobservatoirede Mi- 
lan , et, entreautres, Oriaui, qui seplaintde la conduit© 
que Ton tient a son egard : c'est k meilleur geometre 
qu'ilyaitcu, 

BoSiOPAliTE. 



INEDITE. 57 

Paris y le i3 germiaal an 6 (2 arril 1 798). 

Au Gin6ral Schawevliour^. 

La tresoreriedoiine ordre, cltoyen general, a son 
payeur a Berne , de faire passer S^ooo^ooo a LyoQ. 
J'expedie Tordre de la tresorerie par un cburrier extra- 
ordinaire. 

Comme ces 3,ooo,ooo sont destines a Tarmee d'An- 
gleterre, je vous serai oblige dc me faire connattre le 
jour ou ik pourront arriver a Lyon, et en quelle mon- 
naie. II sei^ait necessaire que le plus possible ce fiit ea 
monnaie de France. 

La tresorerie donne ordre de les fiedre partir en toute 
diligence. Je vous prierai d'activer par tons les moyens 
possibles leur arrivee a Lyon avant le^o de ce mois. 

Je suis fort aise, citoyen general, que cette cir- 
Constance m'ait foumi Toccasion de correspondre avec 
Tous et de vous temoigner Testime et la consideration 
distinguees avec laquelle je suis , 

Bohapa&tE. 



Paris y le 1 3 germinal an 6 ( a atril 1 758 }. 

Au citoyen BellesdUe'. 

J'ai refu, citoyen, vos demieres lettres. Je ferai 
partir, par un courrier extraordinaire, des lettres de 
change pour 600,000 fr. EUes ne sont payables que 
dans UQ mois; mais vous vous arrangerez pour avoir 
tout de suite de TarS^^ comptant. 



S8 CORRESPONDANCE 

Quatre cent mille fr. sont destines pour la solde Jes 
troupes, et 200,000 pour I'extraordinaire de Texpe- 
dition. 

Le payeur de la division du general Baraguey d'Hil- 
iiers rfendrSi compte des 4o 0,000 fr. a la tresorerie , 
^t vous rendrez compte a la commission a Toulon des 
aiitres 200,000. 

J'espere que , moyennant cet argent , vous pourre* 
subvenir a towtes les depenses de Toperation, puisque 
vous ne paierez que qulnze jo.urs de nolis auxbatimens* 
Vous savez qu'il est ayantageux qu'ils ne soient payes eti 
definitif qu'a la fin de Texpedition. Vous avez parifaite- 
ment fait de noliser par mois. 

J'ai trouve que 16 fr. par tonneau etait exces- 
sivement cher. Voils devez trouver quelques biscuits a 
Tortone ou a Milan : j'en ai fait fa ire une tres-grande 
quantite, cela ecdnomiserait d'autant. , 

Sur les 4oo,ooo fr. que j'envoie sur la solde", vous 
devez retenir une decade , laquelle ne doit etre donnee 
. qup lorsqu'on sera embarque. 

J'ecris a Berthier qu'itvous fasse remettre le present 
que j'ai destine au marquis de Gallo. II doit valoir 
100,600 fr. , vous le vendrez; mais faites en sorte 
que Ton ne sache pas que c'etait ce que Ton destinait a 
M. de Gallo, afiu que cela ne fasse pas un mauvais effet- 
L'argent provenant dfe c6s diafnans sera mis dans la 
csiissc du payeur de cette division , pour les evenemeos 
^xtraordiuaires, et on n'en disposera que pour subveniF 
aux depenses qnepOurrait niecessiter un nouveau relficlie 
dans queique port , ct sur mon ordre. 



WEDITE. ? 5$ 

tecpnvpi ne partira que d'apres de nouveaux ordres ; 
mais je vous conjure de faire en sorte qu^il puisse partir 
dans les premiers jours de flbreal , et que les deux mois 
de ymes soient bien completd^, et qu'il y ait plutot 
pour quatre ou cinq jours de plus que de moins. 

Speciliez qui doit, nourrir les equipages , et que dam 
tous les cas leur suJbsistance soit aesuree pour deux 
mois. 

fioNAPA&TE. 

Paris, le 1 3 germinal an 6<1 arril 1798'). 
jiu general Bertliier. 

Vous ferez rcmettre, mon cher generdl, a Belleville ^ 
le present que j'avais destine pour M. de Gallo/Il s'eA 
aervira j^our faire de Vargeiit. Les circonstances pre- 
sentes ct le besoin que nous en ?tvons pour Pexpeditioft 
de la Mediterranee, sont d'une importance majeure. 
Gardez le plus profond secret, afinque cela ne produise 
{^ un mauvais effet. 

Je V0U8 prie de donner Tordre au citoycn Monge ct 
• tous les ingcnieurs des pkmts et chaussees, ou geo^ 
graphes qui sont a Tarmee, dese rendrea Genes, pour 
y etre embarques sous les ordres du general Baraguey 
dBilliers. 

Faiies-lui passer trois bons directeursd'hdpital, uoe 
eeotaiQe d'infirmiers , et les medecins et chirurgiens quHl 
vous demandera. 

Voyez aussiy je vous prie, s'il ne^erait pas possible 

de faire passei". de Milan ou de Tortone , 3,ooo fusils, 

pour etr^ embarques a Genes. 

Bonaparte. 



6o CORRESPONDANCE 

Paris /le t3 germinal aii6 { 9 tmH 1798). 

Au General Desaix. 

Par la lettre que je reoois de Monge j citoyen general , 
dtt 3o ventose, je vois qu'il sera impossible que tous 
soyez pr£t pour le 3o germinal. Dans ce cas-la, conti- 
nuez toujours vo6 preparatifs et tlichc^ d'^tf e pret pour 
le ao floreal , epoque a laquelle je vous enverrai denou- 
veauxordres. 

Je prefere, si cela est possible, que vous vous em- 
barquiez sur les plus gros batimens, ayant les vivres et 
tout ce qui vous est necessaire, et retardiez d'une ou deux 
decades pour vous les procurer, a vous voir passer en 
Corse sur de petits bateaux. 

Ou je viendrai vous prendre a Civita-Veccbia , ou je 
vous enverrai des fregates pour vous escorter et vous 
conduire a I'endroit ou il sera necessaire. 

Tacbez de vous procurer, a Rome, a ou 3,ooci fusils; 
faites-les transporter a Civita-Veccbia -, embarquez-les 
sur votre convoi, ou, si cela vous encombre et exige 
<le nouveaux moyens de transport, nous les feronsvenir 
apres. 

Vous ne devez avancer aux patrons que tout juste ce 
qu'il leur faut pour commencer I'operation. On leur sol- 
dera tous les mois le nolis de leurs b&timens. 

Specifiezqui doit nourrir les equipages, et que, dans 
tous les cas, leur subsistance leur soit assuree pour 
deux mois. * 

Le contre-amiral Brueys est arrive a Toulon ; la , » 
Marseille et a G6nes , les affaires vont parfaite];iaent» 



INEDITE. 6i 

Je compte partir de Paris le a5 de ce mois. 
Si vous envoyez des courriers , il sera necessaire qu'ils 
s'adres?ent , a Lyon , slu general Lannes , ou , dans le cas 
fu'il n'y soit plus, au general commandant, qui saura 
seul si je suis passe, afin de sediriger sur Toulon ou sur 
Paria. 

... Bonaparte, 

Paris, le 1 3 germinal an 6 fa aTril 1 798 ). 1 
Au citoyen Monge. , . 

Tai recu, mon cher Monge, votre lettredu 3o ventose. 
Desaix doit etre arrive. Je vous prie de lui remettre la 
lettre ci-jointe. Je ne compte que sur vous et sur lui 
pour Teinbarquement de Civita-Vecchia. J'ai envoye 
d'ici de Targent , afin de vous decharger ei^tierement de 
Pembal'quement a G^nes. 

Je compte sur rimprimerie arabe de la Propagande et 

sur vous , dusse-jeremonter le Tibre avec Pescadre pour 

Tous prendre. 

Bohayarte, 

) i 

Paris, le 16 germinal an 6 (5 avril 1798}.' 
Au citojeii Monge. 

J'apprends a Tinstant qu'un courrier part pour Rome. 
Je vous eqris deux mots : j'ai recu votre lettre du 8. J'^1 
appris avec plaisir que Tembarquement de Civita- Vec- 
chiaavancait. 

J'envoie Tordre, par un courrier extraordinaire, a 
Toulon , a une fregate armec en flute , de se rendre a Ci- 



$a CORRfiSPONDANCE 

vlta-Vecchia ; die pourra embarquer 4o<> homnics et 
sehrira k embarquer Desaix , auquel vous direzde m'en^ 
Toyer ua courrier extraordiiiaire pour m'instrnire de sa 
position au i*".florea). 

Nous aui'ons avec neus un tiers de riuMitut et des 
instrumens de toute espece. Je vous i-ecommaude spe- 
eialement Timprimerie arabe de la Propagahde. 

3i Faipoult voulait; etre des u6tres y il pourrait nous 
etre bien utile la-bas. Les cboses sqnt ici assez tran- 
quilles. 

BONAPAETS* 



PaiLs , le i6 germinal an 6 (5 aTril 1798). 

ji la Commission cliargee de Tiiupection des cotes d& 
la Mediterrance, 

Je vous prie , citoyens , de m'envoyer par le retour du 
GQurrier , i"*. Tetat de$ vai^seaux de guerre , de leury vi« 
vres et de leurs equipages qui se trouveot earade et 
prets a partir au i". floreal , avec le nombre d'bomm^ 
quecfaacun pent porter ; 

2^ Lesbatimensde guerfe armes en fllAte, le nombre 
d'bommes,d equipages, et la quantite de monde que 
chacun pent embarq uer ; 

3°. L'etat de Tartillerie , ou embarquee, ou qui pourra 
etre embarquee pour le i '^ floreal ; 

4**. La situation des vivres et des approvisionnemens 
pour la troupe de passage, pendant deux mois, qui se 
Irouvera embarquee au i*'. floreal 5 

5/ La quantite d'eau que chaque batiment aura ^ 
Jbordau i*'. floreal j 



y^ 



INEDITE. m 

fi\ Le ^anspof t, akTec le nombre d'equipages^ le nom- 

ke d'hommes que chacuo doit porter, qui seront prets k 

fOf tir nu I *'. floreal , tant a Marseille qu'k Taulon , et la 

quaotite de vivres et d'eau que chacun aura' a bord ^ 

7*. le Bom des olficiers de genie, d artitleric , commis- 
awres des gi^e^TCs, geaeraux , troupes d'artillerie , demf- 
brigades qui seront arrives a Marseille ou a Toulon, au 
jour ou ledit ^tat sera fait , ainsi que les sommes qui 
leroQt dues a oes differeos corps. 

Le cowrrier part aujourd'hui 1 6 a dix heures du soir, 
ii arrivera le 20 avant minuit , a Toulon. Je vous prie 
de le feiire partir dans la journee du 2 1 , afiii qu'il soit de 
r^ur, au plus tard ^ le 25. 



Paris, le 1 6 germinal aa 4 ( 5 avril 1 798 )« 

j4u ciiojren Bellenlle^ 

La division du general Baraguey d'Hilliers,qui s'^mbar'- 
que a Genes, ne semonte pas a plus de 6,000 hommes, 
etcepeodont leconvoi compose desoixaate-sixbatimens, 
doot vous m'avez envoye I'etat, p<H'tede 12 k t2,ooo 
toimeaux. Un batikient peut porter uuhomme par ton** 
neau, sans aucune espeoe dlaconvenient. Je vous prie 
de feice I'essai et de vous assurer du nombre d'hommes 
que cbaque batiment pent porter : car si c'est un incon- 
veoieut de trop resserrer les homines, e'en serait un aussi 
de trop les diviser et d'employer plus de transpoits 
qii*il ne fiaiut. Je m'cp rapporte la-dessus a votre exjpe-* 
rience. 



64 CORaESPONDANCE 

S'il arrivalt que ces Mtimens ne pussent pas poitor 
davantage d'hommes, mais pussent porter davantage 
d'artillerie, je vous prierais d'y fairc embarquer, sans 
augmenter le convoi , uo second million decartoucbes^ 
et jusqu'ala concurrence de dix mortiers de la pouces, 
dix id. de 8 pouces , dix pieces de 24 , approyisioiinea 
tous a cinq cents coups, avec double affut. 

Vous ne manquez pas a Genes de ces diflferens objets 
d'artillerie , qui , en tout cas , seraient bien vlte arrives^ 
de Tortone. Vous aurez soin de m'instruire dece que 
vous pourrez faire la-dessus , et d^en envoyer Tetat cir- 
constancie au general Dommartin. Ce que vous enibar-'^ 
querez de ces objets, diminuera d'autant Tembarque* 
ment que nous sommes obliges de faire de notre equi- 
page de siege. 

Bona^aete; 



.Paris, le lO germinal an 6 ( 5 avril 179S). 

ji la Commission chargee de V inspection des coles de 
la Mediterranee, 

La tresorerie, citoyens, vous fait passer exactement 
Targent qui vous est destine : vous devez n'avoir aucttne 
inquietude sur cet objet, et pousser vos travaux avec la 
plus grandeactivite. II est indispensable que Tescadre du 
contre-amiral Brueys et celle qui est en rade avec tous 
les transports soient pretes a partir au i^'. floreal. 

La fregate armec en flute re9oit Tordre, par le cour-. 
tier, de se rendre a Civita-Vecchia , pour euibarquer du 
monde dans ce port. II est urgent qu'elle parte le .plu& 
proaiptement possible. 

BOHAPAKTE. 



INEDITE. 65 

Paris, le 16 germiaalaD 6(5 avril 1798}. 

Au general Dommartin. 

Se voisavec peine , citoyen general ,> que tons les pre- 
paratifs que vous faltes , pour vous procurer de I'ar- 
tiUerie, tralneront en longueur. Voyez a prendre a Toulon, 
Antibes, Marseille et Nice, ce qui vous serait neces- 
saire. II y a, a Nice, toutes les pieces de ^4 que vous 
pourrez d^sirer. II y a sur la cote de la Medit^rranee 
plus de soixante mortiers a la Gomere. II faut dtre prSt 
a partir dans les premiers jours de floreal : veus sentez 
bien que les bombes que vous faites faire dans les foyers 
du Forez, ne peuvent ^tre pretes pour cette epoque. 

Faites-moi connaltre par le retour de moncourrier, 
dans le plus grand detail , dans quelle situation vous 
Tous trouverez au moment ou vous m'ecrirez, quelle^ 
sont les pieces ou iiUtre? effets qui sont embarques, et 
ou se trouvent les objets qui ne le sont pas. 

J'ai ecrit au general LanneYpour qu'il ait a activer, 
de Lyon et Grenpj^le, les demi^des que vous avez 
faites. 

BojVAPARTE. 
- Paris , le i6 germinal an 6 ( 5 avril 1 798 }. 

Au Ministre de la marine. 

Vous avezordonne, citoyen ministre, ily aun roois, 
a Tordonnateur Najac d'armer en fiiite une vieille* fre- 
gale pour servir au transport des troupes : je vous prie 
de faire douner I'ordre k cette fregate de se rpndre k Gi* 

EGTPTE. I. 5 



6& CORRESPONDANCE 

vita-VeccIua; ou elle servira a embarquer vnepartitf 
des troupes qui ont ordre de s'y emBkrquer. Ellle servira 
,en meme temps pour Tescarte du convoi. EUe embar-^ 
quera le geaeralqui coimuan^ec^^^ exp4ditioa| duqijiel 
elle recevra des ordrespourtout^ U de&tioalioa du con« 
voi . U serai t ni^cessaire quecette Create partit le plus tdt 
possible, 

Qohapaetc 

Paris , le 16 gernuaal an 6 ( 5 avril 1,798 }^ 

Au Mimstre de la guerre. 

• 

Ilserait nece&saire, citojen ministrey d'avoir a Tou* 
loiji viogt mille fusils pour l^op^ratiou qu' j a qommandee 
le, gouvecnement. Comme U n'j an a pas dans oette 
pluce , ni a Marseille, }e vou^ prie de les &ire partir la 
phis t6t possible de Lj(m ou de Saint(-Etieaue. 

BoKAPARTB. 



Paris, le 16 germinal ^n 6 ( 5 avril 1 798). 

Au General Brune, 

Je vous prie , general, de faire partir, par un courrier 
extraordinaire, Iia leltre ci^^obte poUr le citoyen Belle- 
ville. 

Je desirerais quele citoyen Belleville fit embarquer a 
Genes dix pieces de 2 .^, vingt mortiei s, a cinq cents coups 
par piece , si les blitimens du convoi y peuvent sufBre. 

Je vows prie de lui fournir, soit de Tortone, ou 



INEDITE. 65 

» de Gdofis, ks effecs d'artiUcrie donl il peut ay«lr 
liesoin. 

Je vqus recoinmandf ; mou diej gwieral, d'accejewr 
de tous ros mojene teoibarqiiement de Civite-Vecdiia. 
H TC faudrait pas qii« cet embarquement rctardat not 
operations. 

Bonaparte . 

Parii, le 18 g^roniiml an 6 (7 avril 1798). 

j4u citojen Belleintle. 

Youstrouverezci^joint^citoyeu consul , ia lettreque 
voaseorklatresorerie, avec renvoi de kttI^es de qhauga 
pour 489OOQ piastres ; sous trois jours , je vous enveiTflA 
k reste jusqu'au comptement de 600^000 fr» 

Jc V0U8 ai ccrit tous ces jours^i . Je vous prie , par I^ 
retour de moa courftery de m'instruire dans le pljus' 
grand detail de la situation dans laquelle vous vous 
trouverez au i""". fiordal> et de me Texpediisr de suite.. 
Je lui donneVordre de ne pas rcster plus de ringt-^ua- 
Ire beures a G^nes. 

BoifAPARTE. 
Paris, ie 2^0 gerinitial an 6 (9 aTrli 1798). 

jluGMral BwiAiar. 

Je n'ai pas encore recu de vos nouvelles, mon cher 
general} maisles dernieres nouvelles que j'ai recues de 
Moiige^ le 8 germinal y etaieutassez satisfaisantes. 

Le general de division ne peut emjbairquer que trois 

5. 



68 CQRRfeSPONDANCE 

clievaux, le general de brigade, deux, et les deux ati-* 
tres officiers qui ont droit a des cheTaux , un. 11 fattt , 
tenir la main h Vexeciition dudit ordre. , ' 

Si vous pouvez faire embarquer 5o chevaux d'artillerie 
et 100 cfaevaux decavalerie ^ veus ferez embarquer les 
100 meilleurs chevaux du septieme regiment de bus-* 
sards, ayant soin de les donner tous a un meme esca- 
dron, et tenir la^main a cc que , sous ce pretexte, les 
officiers de cavalerie ne fassent passer tous leurs cbe- 
vaux , de sorte qu'au commencement du debarquement , 
vous ayez lOo bommes de cavalerie a mettre a terre. 

Les cbevaUx restans du septieme regiment de bus- 
sards et du vingtieme de dragons , seront donnes aux 
ftutres corps decavalerie de Tarmee; enembarquaht Tbar* 
nacbement, vous aurez soin que , sous quelque pretexte 
que ce soit, il ne reste aucun bomme du septieme et 
du vingtieme en Italie. Faites completer lamusique de 
vos differcntes demi-brigades. Donnez-en une a la vingt- 
unieme d'infanterie legei-e , s'il n'y en a pas. 

Ayez soin qu^il ne manque point de tambours. Si cela 
etait , vous pourriez vous en faire donner dans les corps 
qui restent a JRome. 

{^aites donner un drapeau a cbaque bataillbn de la 
vingt-unieme d'infan'terie legere. Ayez soin que les lieu- 
tenans et les sous-officiei:s d'ihfanterie legere soient ar- 
mes de fusils, ainsi que les sous-officiers de ligne. 
Failes armer de fusils les canonniers. 

J'avais oriionne , dans le temps , que cbaque corps 
eut un certain nombrie de sapeurs, avec des bacbes et 
des outils. Assurez-vous que cet ofdretst execute. 



INEDFTE. 69 

LaCourageusej fregate amee en fiiite, qui pent 
porter 600 hommes , doit etre partie. de Touloa, pouc 
se rendre a Civita- Vecclda. Cela servira a vous emhar- 
quer. 

Tout etant pret a Toulon, Marseille et Genes, je 
compte partu* dans six jours. J'y sefai dans les premiers 
jours de fioreal. Envoy ez-moi un courrier pour Lyon. 
U s^formera chez le general commandant ou je suis. 

Je desJrerais aussi que vous m'en ^voyassiez un en 
droite ligne a Toulon , qui me fit connaitre le situation 
dans laquelle vous vous trouverez au i*'. floreal, pour 
que je vous envoye des ordres en consequence. 

Bonaparte.. 



Paris, Ic 3o germiaal an 6 ( 9 avril I'jqS). 

jiu generlalBrune. 

U etaitreste en Italie, citoy en general , 2 5 hommes 
de mes guides a cheval, soit aux hopitaux, soit en de- 
tacliemcrat avec le general Berthier , je v/)us prie de leur 
donner Pordre de se rendre a G^es , ou ils s'embarque- 
rent avec le general Baraguey d'Hilliers. 

Je vous prie aussi de faire partir pour G^ncs tons 
les Hommes qui resteraient desdemi-})rigades suivantes , 

Deuxieme d'infauterie legere, vipgt-deuxieme « J., 4ix- 
£uitieme, vingt-cinquieme,trente-deU3yeme, soixante*^ 
q^^iinzieme, neuvieme, quatre-vingt-cinquieme , trei^ 
zieme, soixante-neuvieme de ligne ; quatorzieme , quin- 
zieme, dix-huitieme regimens de dragons; Vingt* 
deiaieme de chasseurs. 



^B CORRESPONDANCE 

Et At fairc rcndre k Crvita-Vccchia ceux dcs vingt- 
ttnieme d'infantcrie I%ferc, soixante-ttnieme , quatre- 
TiDgt-huitieme de li^gn^ ; scfptieme regiment de hussards, 
vingtieme idem de dragons. 
, Ces hommes s'embarqueront a la suite des dmstons 
qui s^embarquent a GiSnes et a Civita-Vccohia, etquanA 
m^me ces divisions seraient parties, leursdepdts resle- 
rontik Genes et a Civita-Vecchia , de manicre que lors- 
qu'il y aura loo hommes reunis, on pourra les faire 
parti'r pour rejoindre au lieu ou se rend ledit embar- 
quement. * 

Les quatorzicme et dix-huitiemede dragons etle sep- 
tieme de hussards laissent leurs chevaux sans hommes 
a Genes et a Civita- Vecchia. Envoyez des detachemens 
des differens corps de cavalerie qui bnt le plus dhommes 
a pied. Vous trouverez dans les regimens de dragons, 
des chevaux qui pourront remonler votre grosse cava- 
lerie. 



P«ri8 , h 9o 0enD»al an 6 (9 aTril 1798)* 
Au general Baraguejr d'Hilliers. 

Pimagine, citoyen general, qu'a ITieure qu'il est, 
i'embarquemeht de Genes doit ^tre prSt. 

J'avais ecrit/aii general Berthier, en date du 25 ven- 
tose, pour qti'il ftt preparer des batimens capables de 
porter i5o chevaux, independamment de ceux des 
^tats-majors. 

Vous ferez choisir 5o chevaux des plus forts d'artil- 



I 



lerie et lOO des meillears chevaux du.quatorzieme de 
dragons. Vous aurez surtout bien soin que ces ehevaux 
moatent les homines d'fin m^seacadron, etqueles 
olBciers de cavalerie n'en profitent point pour faire pas- 
ser ieun chevaut , \le I6aniere qti'au moment du det>ar« 
qmmem , Vous ajrez titi escadton tout monti p6ur votre 
i^rvice. 

Vousferez preparer en outre des baftimens pour j^ct- 
let les cbeviiux de Petat-iftajor, si Vdti* ne ctoyez pas 
plus eoovenable de le^ cmbkrquer dans Ics mgmes Mti- 
mens ou s'embarquent les officiers. Au reste , ce n6 doit 
plti» etre un obj€t , puisque }e ne calcule pas ^ue tela 
puisse passer ao ou 25 chevaux. 

lies ebevaux reisftaiUs des quatorzifeme et dix^bnitifeme 
Ae dragons; seront donnfe ^ des d^taebemens de diR&- 
rens regimens qui sont en Italie, auxquds ils seront 
diatribtt^; bien entcndu que Votis aurez soin de faire 
enAarquer les selles et tout i'barnadbement.x. ^ 

Yoftslatkrez soin que le quatorzieme et ledii-bnitfem'e 
de dragons ne laissent aucnn bomme^en Italie, et iftie 
tmit soit embarquii. Faites completer ta musiqne de vos 
diflerentes A^iii-b'rigades. Donncz-en nne k la vingl- 
den^iette d'infknterie legere, si die n'en a pas. 

Dounez trbis drapeaux a la vingt-deuxieme d*infan- 
tcrie ligcre. Ayez soin que les lieutenans et les sous-of- 
ficiers d^infanterie Ic^gfere aient des fusik , ^insi que les 
6ous*offieiers deis deihi-brSgades de batdille. Fait^ don- 
ner a Tartillerie a pied des fusils. 

Bonaparte. 



y 



74 CORRESPONDANCE 

J'espere done quau i*'. floreal, vous serez pret a 
pirtir. Dans ^uatre jonrs, je vous expedierai un cour- 
rieravecrdrdre, qui derra 4tre execute, quellequesoit la 
poskioii OQ vous TOUs trouverez . 

BoHAl^AllTt:. 



Parif , le 39 fittninal an ^ ( 1 1 avi^l J 798 ;« 
Au cit&jren Bdttetnlle. 

Je vons cnvoie , citoyen consul ^ nne lettr« de la tr^ 
sorerie nationale avecdesletUes de change pour ao^oo^ 
piastres. Ainsi , voila 800,000 fr. que vous aves recus 
pour remWrquement. Cela doit tous snHire ; d^^iUeair^ 
les diamans que vous vender , vous mettront^p^ut-^tie 
ameme de pouvoir prendre ^00,000 fr,, s'il esf ucocs- 
saire, et enfin s'ily avail unrestede.coinptedcioo,oap 
francs du aux fouraisseurs , cela $erait paye a Paris. 

Dans quatre jours, j'enverrai Tordre pour le depart 
dtt convoi : il faut que tout soit pret a partir te i*^^ JBo* 
real. . . 



Parfs , le aa getminsA an 6 ( 1 1 avril 1 79S ). 

Aur general Lamies. 

J'ai rcctt, citoyen general, la lettre que m'a remise 

TOtre aidenleK^OKp. 3,ooo,ooo sont partis eh poste 5 le 

18 deee moia , de Berne pour Lyon. Voirt trowverefc d* 

joiiit Fordre de la U^orerie k mn payeurde Ly<Mi ^ de 

. k» faire passer sur-le«cbamp a Toulotii 

Vous ferez embanjuer ce convoi mt le Bhdiie , v^m 



IKEDITE. 55 

VOU9 rendrez avec lui a Avignon^ d'ou vous les ferez 
partir eu toute diligence, de Lyoa pour TouIod. Yous 
jn'instruireK dtt jour de voire depart de Lyotat et des dif- 
ferentes especes qui composent le convoi de 3|00o,ooor 
"^Lorsque voire coavoi sera parti d'Avigooa, et que 
Tous aurez pris touies les mesures necessaires pour la 
surele de son transport, vous vous rendrez a l^arseille^ 
ou vous attendrez de nouveauxordres. 

BojfAPAETE, 



Paris, le aS germinal an 6 ( la avcil 1798)4 
Au ministre des finances. 

Je vous prie, citoyen ministre, de faire nommer par k 
tresorerie nationale uh eontroleur aupres du payeur de 
la commission de la Mediterranee. Je vous recomman* 
derai, pour cette place ^ te citoyen Potissielgue, qui est 
actuellement a Paris, et qui a ete long-temps employe 
.dans voire mioistere. 

Je desirerais, que sur W 600^000 fr. que vous devez 
metUre, cette decade, a la dispositioa de la commission de 
la Mediterranee , vou^ fissiez remettre , a Paris , au ge- 
neral Dufalga, commandant te genie de Parmement 
de la Mediterranee y SaOyOito fr« pourdepentes de ce 
oorpa 9 infitnitneo^ ^ etc.j et ioo>ooo fr* a ma dispefiitioia' 
a toiwber a Paria. 

BonAMan:. 



',6 CORRESPOND ANGE 

Paris , Ic a3 germinal an 6 ( la avril 1798). 

Jlu Mitdstre des relations etrangeres, 

Je vous prie , citoyen mlnistre , de vouloir bien do^r 
ncF I ordre au citoyen Magallon , consul de la repu- 
blique au Caire , de partir sur-le-cliamp pour se rendre 
Ie3 floreaf a Marseille, ouilrecevra de nouveaux or- 
dres* 

Ce consul reclame 3o,ooo fr . qui lui sont dus par votre 
departement, dont les comptes ne sont pas encore apu- 
res. Je desireraisque vous lui fissiez donner un a-compte 
de moitie. 

Je vous prie de donner egalement Tordre au citoyen 
Venture de partir sur-le-champ pour Toulon , ou il 
rccevra de nouveaux ordres. Je desirerais que vous lui 
fissiez donner les fraisde poste, et que vous lui. assuras- 
siez la place qu'il a dans votre departement , en faisant 
toucher a sa famille les appointemens qu'il a. 

Bonaparte » 

Pftris , 1e a3 germinal an 6 ( »s avril 1 79$ ). 

u4u Miiiistre de la marine. 

V Jedesii^rais^ citoyen mhiistre, que vous ordonnas- 
siez a unedeno^ bonnes fregates de partir de Toulon 
pour se rendre a Genes , et prendre jsous son esccwte le 
convoi qui est pret a partir de oette ville. EUe prendra 
a son bord le general de division qui commande le 
convoi, de qui elle recevra des ordres pour sa desti- 
nafion* 



INEDITE. 77 

Je vous prie egalement de donner I'ordre pour qtfon 
fasse partir pour A jaccio^ en Corse , rieuf des plus gros 
Latimens de transport c[ui sont a Toulon, pour em- 
barquer les troupes qui doivent partir d'Ajaccio. Us y 
attendront de nouveauxordres, lis; poiurraient partir sous 
I'cscorte d'une corvette. 

BoWAPAETE* 
Paris , !e 24 germioal an 6 ( i3 avril 179S ). 
Au vice-amiral Bruejs. 

Le Directoire executif , citoyen general , voulant 
recompenser les services que vous lui avez rendus dans la 
Mediterranee , ou vous naviguez depuis quinze mois, 
vous a nomme au grade de vice-amiral. Vous recevrez 
incessamment votre nomination ainsi que votre brevet. 

line fregate recoit ordre de partir pour Genes , pour 
escorter le convoi qui doit partir de cette ville ; il est 
necessaire qu'elle soit commandee par un bomme de 
tete. 

Les chefs de division Decres et Thevenard doivent 
' etre arrives. Le citoyen Ganteaume et deux aiitres 
o(ficiers de marine partent apres demain de Paris. Nous 
organiserons Tescadre avant de partir, de maniere a ce 
qu'elle puisse etre digne de la grande mission qu^elle va 
rempMr. 

Je ne doute pas que, grace a votre activite, tout ne 
soit pret k partjr dans les premiers jours de flore?il. 
J'imagine qu'a Theure qu'il est vous avez Tartilierie , 
les vivres et Teau a bord et qu'il n'y a plus qu'a y metlre 
les hommes. 



-8 CORRESPONDANCE 

. Il est iadispensable devoir tree Tesctdre le plui de 
corvettes et d'avisos qu'tl sera possible. J'imagine que 
toutes les corvettes et tons les avisos qui ^talent de tar-* 
luee d'ltalie et sous vos* ordres, sont dans ce moment a 
Livourue ou a Geues. Eavojes par b fregate qui part 
lordre a tous ceuic qui sont a G^es de partir pototf 
escorter le convoi ^ a tous cpia qui sont a Livourne ou 
ailleurs de se rendre a Civita-Vecchia , ou ils seront 
sous les ordres de la fregate qui s'y rendra de Toulon, 
et serviront a escorter le convoi. 

FattesraUier a Toulon toutes les corvettes qui seraient 
disseminees dans nos differens ports. 

BONAVARTE. 



Paris , le a4 germinal an 6 ( 1 3 avril 1 798 }. 

Note remise au Directoire. 

Dans notre position, no^s devons faireaTAngleterre 
une guerre sikre , et nous le pouvons. 

Que nous soyons en paix ou en guerre , il nous faut 
40,000,000 ou 5o,ooo,ooo pour reorganiser notre 
marine. 

Notre artnee de terre n'en sera ni plu3 ni moips forte , 
au lieu que la guerre oblige TA-ngleterre a fait^ des 
preparatifs immenses qui ruinent ses finances , detruisent 
I'esprit de commerce et changent absolument la consti- 
tution el les mceiirs de ce peuple. 

Kous devons employer tout Tete a ariper notre escadre 
de Brest , a faire exercer nos matelots dans la rade , k 
Qchever~les vaisseaux qui sont en construction a Rocbe- 
fort , a rOrient et a Brest. 



iN^DITK. ^ 

Si Yon m^X ^uelqpe. activue d$m ce$ travaux, nous 
pouvons esperer d'avoir auioois d^ eeptembre /trente- 
umi Tai$s^ux a tkeki « y CQSipjris le$ quatre ou cinq 
Douveaus; qng Toa peut construirc a I'Ocient et a 
Rophefoit. 

Nous aurop^, vers k fiti d« inois, daas le0 differens 
port« 4$. la Maocbe, prb de d«ux c^nts ckabupes 
canonni^ei. II faiu le$ placer a Ch«rbQ9rg , au Havre, 
a Boulogne., a Dunk^que et a Ostende , et employer 
tout Tete a emmariner nos soldats. 

En continuant a donper a la coi&Qii.s«ioo de3 cotes de 
la Mancbe ioo^ooo fr. par decide, nous pouvons faire 
construire deux cents autres chaloupei^ d-une dimensioa 
plu$ forte et pfO[«ea a transporter des chevaux. 

Nous aurions. done au mois de septeinbre quatie cents 
cbaioupes canounieres a Boulogne » et trente-cinq vais^ 
waux de guerre a Bluest. 

Les Qollandais peuvent egalement avoir dans cet in- 
tervaJUe douze vaisseaux de guerre au Texel. 

N<ma avo^s dans la Miediierranee deux especes de 
vaiaseaux : 

Oouxe vaisseaux de conatructioufranfaise qui pen Vent 
d'ici au mois. de septembre , etre augmentes de deux 
nouveaux ; 

Neuf vaisseaux de construction venili^nne. 

U serait possible, apes Texpedition, que le gou« 
vemement projetat dans la Mediterranee de faire passer 
les quatorze vaisseaux a Brest et de garder dans ta Me- 
diierr^e, simplement , les neuf vaisseaux veaitiens ; ce 
qui nous ferait^dans le courant du moisd'octobre ou de 



Bb CORRESPONDANCE 

novembre, cinquante vaisseaux de guerre francais a 
Brest, et presqueautant de fregates. 

U serait possible alors de transporter 407000'hommes 
sur le point de TAngleterre que Toll voudrait , en evitant 
meme ua combat naval , si rennemi etait plus fort , dans 
le temps que 4o,ooo hommes menaceraient de partir sur 
les quatre cents chaloupes canonnieres et autant de 
bateauiL pecheurs de Boulogne, et que Tescadre boUan- 
daise et 1 0,000 bommes de transport menacaraient de 
se porter eu Ecosse. 

L'invasion en Angleterre, executee de cette maniere, 
et dans le mois de novembre et de decembre , serait 
presque certaine. 

L'Anglcterre s'epuiserait par un effort immense et 
qui ne la garantirait pas de notre invasion. 

Eu effetj rexpeditiondansrOrient obligeral'ennemi 
a envoyer six vaisseaux de guerre de plus dans rind6 
et peut-etre le double de fregates a Temboucbure de la 
mer Rouge. Elle serait obligee d'avoir de vingt-deux a 
vingt-cinq vaisseaux a Temloucbure dela Mediterranee, 
soixaute vaisseaux devant Brest et douze devant le 
Texel ; ce qui ferait un total de trois cents vaisseaux de 
guerre , sans compter ceux qu'elle a aujourd'bui en 
Amerique ct aux Indes , sans compter dix ou douze 
vaisseaux de cinquante canons, avec une vingtaine de 
fregates qu'elle serait obligee d'avoir pour s'opposer a 
Tinvasion de Boulogne. 

!Nous nous conserverions ton jours maitres de la Me- 
diterranee , piiisque nous y aurions neuf vaisseaux de 
construction venilienne. 



INEDITE. »t 

n y aurait eiicpre \\n moyen d'augmenter nos forces 
dans cette mer, ce serait de faire ceder par TELspagne 
trois vaisseaux it guerre et troi& fregates a la repu- 
Uique ligurieDne :. cette republique ne peut 'plus etre 
aujourd'jbui qu'un departemeat de la France. Elle a plus 
de vingt mille excelleus marins. 

II est d'une tres-bonne politique dela part de la 
France de favoriser et d'exiger memeque la republique 
ligurienne ait quelques vaisseaux. de guerre. 

Si Ton prevoit des difficultes a ce que L'Espagne ced^ 
a nous ou a la republique ligurieune trois vaisseaux de 
guerre, je croirais utile que nous-m^mes nousrendis- 
sions ala republique ligurieune trois des neuf vaisseaux 
que nous avons pris aux Yenitiens, et que nous exigeas- 
sions qu'ils en construisissent trois autres. Cest une 
bonne eacadre montee par de boas marins que noiisf 
trouve^ons avoir gagnee. Avec I'argent que nous aurons 
des Liguriens, nous ferons faire a Toulon trois bons 
vaisseaux de notre construction , car les vaisseaux de 
construction venitienne exigent auta^tde matelots qu'un 
bon vaisseau de 74 9 ^^ des matelots, voila notre partie 
feibW. ' .. . - 

Dans les evenemens futurs qui peuvent arriver, il 
nous est extr^mement avantageux que les trois repu- 
bliquesd'Italie qui doivent balancer les forces* du roi de 
Maples et du grand-due de Toscaue, aient une marine 
plus forte que celle du roi de Naple$. , 

BoNAPAKTE. ' ^ 



EGTPTE. I. 



tH GORBXSrOMDANCE 

^irf8,i«!i5geni£iidtti(l(i4Kwa ij^), 
Au J)irec$oire exicuiif. 

J'ai re^u, citoyen president , le dernier arr^te que le 
Directoire a pris , relatif a rarmenient de la Mediter- 
ranee. 

Te desiterais : 

1*. tlae lettre du Directoire ^ui autorisHit le citoyen 
Monge y commissaire du gouvemement a Rome , a s'em- 
banjuer avec le general Desaix , comme savant attacbe a 
I'expedition. 

a*". Avoir avec moi le citoyen Peyron, qui a £te long- 
temps employe aupres de Tippoo Sultan ^ en qualite 
4'ageat du roi. On essaierait de le 6iire passer aux 
Indes pour renouveler nos intelligences dans ce pays. 

Boif^A&TS, 
Paris, le a4 germiaal an 6 ( i3 ayril 1798)^ 

Aa Directoire exicaXif. 

Je ne mene avec moi > citoyens directeurs ^ Auxt 
pisxpe4itioqL df k Mediterran^i que a^Soo bomnes 
de<iav.aleri^sanBahevaux.Cela fait dooc fi^Soo cbetaaos 
qui serom dbtribuea aut auti>«t rtsgiamiailt oavalcrit 
4e la i^publique, 

Mais y dans le pays ou no«5 aU(Nis , On pent eomptar 
facikspi^nt sur 10,000 ou ia,ooo tres-bons ch'evaux. 

Je crois done qu'il 9»<ait secessaire de faire em- 
. barquer ^atre ou cin^ regimens de cavalerie sans 



INEDITE. «i 

chevauzi et itmooler «vec les cheTaax desdits r^ntens 
Jes luHBmes ^ue nous avoiis a pied daas les differeoft 



Jed^siietaisquekgouTecneBientCMxloDnatau pFcmier 
x^mesA de c^val^rie de se rendre a Genes poiury ^tre. 
embarque avec sea selles et sans cheTauz ; au vingi-* 
^uatri^e^regiiseDl: de chasseurs de s'etnbarquer k Ci- 
nta-Vecchta avec ses selles et sans dbeiraux j au anzikmt 
deiiu&sards d^ se raulre a Toulon, de s'y embarquer 
avec ses^ selles 9t sans cbevaux; ai|x deux regiaieas da 
chasseurs qui one k plus d'JM^mmes a pied y de se rendre 
a Toulon pour s'y ^ibarquer. 

Faire distribuer les chevaux : x *". du TingtH];6iatrieina 
regiment de chasseurs, du neuviene d'hussards, du 
vic^tieme de dragons , qui s'embarquent k Girita* Vec- 
chia ; a^ du quatoreieme de dragons , du pj^eniier de 
cavalerie, de deux escadrons du dix-huitieme dragons 
qui s'embarquenC a G^nes, ces six r^imens faisaut 
eDsemble k pen pr^s 1800 chevanx ; aux cinquieme et 
oQzieme regimens de cavalerie ^ premier 'd'hussards , 
quinzieme, dix-neuvieme , vingt-cinquieme regimens 
df^ckasseurs^ et eomme ces r^iroeas n'ont pas plus de 
1200 hommes a pied , il serait necessaire d'envoyer en 
Italie des regimens de chasBeurs et dliussards de ceux 
^l out le plus d'faommies a ped. Gela senrirait d'ailleurs 
a renouTel^ les regimens qui sont en ItaUe depuis long^ 
temps ecquis'tonnient d^ ^tre. 

S &udrait disuibuer les chevaux du vingtHdeuxiicM 
itgiment de diaaseurs, des deux escadrons du dix<^ 
haititsie de dragons ^ du l^oisieme et quinziJMne da 

6. 



fl4 CORRESPONDANCE 

de dragons, du onzi^e d'hussards, formant 1600 

<:Iievaux , et de deux- regimens de chasseurs que je de- 

niande , aux regimens de la republique qui ea out le 

•plus be^oin/et des-lors envojer dans la huitiem« division 

des detachemens d'hommes a pied des regimens aux- 

quels on veut les doniter , pour les prendre. 

. ' Je crois qu'il serait n^ssaire d'envojer en Italie un 

oificier general inspecteur de cavalerie / uniquement 

charge de la distribution desdits chevaux, afin qu^il n j 

ait point de perte pour la republique. 

Je crois quil serait egalement necessaire d'en envoyer 
un dans la huitieme division, uniquement charge de la 
m^me operation :* sans quoi , je prevois que les trois 
quarts des chevaux l^eront dilapides: 

En prenant toutes ces precautions , nous nous trou- 
irerOBS avoir tres-peu d^hommes a pied, a nos depdts. 

BoiilAPAIlTE. 



Paris y le 97 geriaiaal ma 6 ( i6 avtiriygS).- 
jiu Directoire executif. 

Lc general d'artillerie Andreossi , citoyen president, 
qui etait directeur de I'equipage de ponts de Tarm^e 
dltalie , serait necessaire a Texpedition de la Mediter- 
ranee. II est dans ce moment employe dans la commission 
des cotes de KOcean, Vous pourtiez le remplaciw d^ns 
cette commission par un autre general du genie ou 
daptilierie,.spit par le general Debelle, soit" par le 
geiaeral Dulauloy , soit par les generaux Maresoorour 
iSlorbiCr... :. >v c.:::>...~ :- ^^ Bosupaate. ^1 



mjEDITE, ^ 83 

iParis, le aS germidal an 6 (17 anilt^QS^. 

Au Gendral Lannes. 

• D'apres les renseignemens que j'ai recus ie Berne,* 
citoyen general , les 3,ooo,ooo doivent arriver au plus 
tard Ie 3o de cemois a Lyon. II est indispensable qu'ils 
ne s'y arrStent que douze heures , pour en faire la veri- 
fication et que vous ne vous couchiezpas qu'ilsne soient 
partis. 

Des rinstant que les 3,oo*o,ooo seront arrives, vous 
m'en expedierez la nouvelle par un courrier extraor- 
dinaire. 

Comme j'ai des nouvelles que cet argent est parti de 
Berne en toute diligence , faites preparer des bateaux ea 
toute diligence' pour Ie transport. 

Bonaparte^ 



P^ris y Ie 38 germinal an 6 ( 1 7 arril 1 798 -}. 

... . • . . ::■'.. ■ • - , • 

A ia Commission chargSe de Parmement 
de Id Mddtterranie. 

I^ cjtojien^ $ttcy, 9t Bknque( sont arrives hier / 1% 
mon courrier , Lesimple, est arriyi ce matjn. 
. Le^differais etat$ 4:^ situation que vous la'avea -en- 
voyes sont sdtisfaisans , et incessamment vous recevre? 
Us 0K4re$ pmir l^Bibslrquem^nt. 

ypus, ne deyez. avoir aucuoe inquietude pour Tar- 
gent, les disposilioQS sont faites depuis long-temps^ 
potijU' qu'il ^ye lo millions dans les caisses du ivjt\ 



M CORRESPONDANCE 

de la marine a Touloa : a,5oo/>oo fr. existans dans h 
caisse , du ao veatose; 683,ooo fr. qu'il a it receroir 
depuis , doni les ardtes iiakoH eii¥c^fc par la tresorerie 
preGedemment a ceUe epoque ; 655,ooo fr. c[qb la tre- 
lor^f k a fait des dispositions, au 39 vealose, pour faire 
passer a Toulon. 

Le 5 germinal , on a envoye des ordres pour faire 
passer g4iy5a5fr. 

Le 1 5 germinal, 670,000 fr^ 

Le 25 germinal , i,o5oyOoo fr. 

La tresorerie a donne des ordres pour que 3,ooo,0P<^ 
se rendissent a Toulon ; fls doivent £tre amves k Touloa 
a rbeure c[u'il est. 

Vous ne devez demo aroir aucune espece dln^ie-- 
tude ; vous Toyez ^e les aoo,ooo fr. q^ui soujt neces- 
saires a la solde de Tamiral Brueys ; 

Les 4;Soo,ooo fr. que doit avoir la commission pour 
ventose , germinal et floreal ; 

Les 700,006 fr. pour le service des deux mois du 
port y et ij|5<M>^ooQ fir. pour lea depenses eoiiraordi-- 
naires de rordonnateuv , et spaci^Jeu^t les deux mois 
d'avance aux matelots ; 

Les 600,000 fr. pour la saide dea nmfm de xm$e y 
et 600,000 fr. pour la Corse, sont assus^ 

Marches hardiment, rassurea les ffo«m»se«i>a, et 
ii*ayez aucune inquietude. 

Je viens moi-mSme de me rendrek la ttifeareria avae 
le ministre des finances , et {'lu verifie que teus cea fonds 
sont en pleine marcbe pour Toulon. 

Faites connahre la pr^sente letftre \ I'Mdesaatem 



IHEDITE* 8^ 

iii)M, datA let suvitm et; k zakt idtit iRppr4Qi« pit 
le gottvernemeat. 

Les k&ds «piiestt9t«st daos e^ masamHru ^ soit dui» 
b cuBsm A'Efleve^ sent dans ctUe dit pajreut d« k nMkr 
euie, daktot llie ottj^es a kviv totia lei obfiMtoWft 
qui s'opfbacraiaut a to& approviaioimeiReiiff. 

Les matelots de Tescadre du vice-amiral Kiic^a acK 
vont sntdest arsii k depUrt et a rbatant ai ka 3 milliona 
da Benie aeiont wmvis ; ee qui sera avaaft k S fl^eal. 

Bfti«tfuale^fie£«lD(«nartin liEiasefailiis^fuer w^ 
k-dbaaap aoa artiUerie^ da maoi^re fu'sa 5 florM ^ 11 
n'y ait plus aucua chainot a elahanpier. 

B faat qa'il eaifmrtele plaa de ohaivettcs qu^il poacra; 
qu'il fasse emfaarquer star-ife^-ohimp toutea lea oartoiiy 
chea, at las iiasse distribuer par ckaque vaisseau de 
guerre. 

he capitaine Perrin , cpi est un exceUent artificier t 
doit se tenir pr^t a partir. 

II est impossible d^taodve la coaroi de marine jus- 
^'au i5 floreal ; ^'un membre de k eommission s*jr 
reade sitt-^k^ cha a tp ^ at qua V^n pveana toutas ka Diie- 
sures pour qu'il soit pret k 6. 

Si Tea a^a paa tout k bisdiiit aeoassaire ^ que t'on 
aa pnwe pasaek pcaearec, Taa ea^ba^uet^a de k fa^- 
riae poar refatsvalant. 

Si totfs ka Mtimtns pour ks efanraaa iia aoQ^t pa^ 
prets a partir , il suffit d'eo a^oic ppup 1 5o , a Maxseilk ^ 
at i'an oaatinaeva tsujoors pour ks autres qui vien- 
droat aprea. 

Vaaa kraa pt^air ks gaaacaicc eQnuDaodaaa a 



CORRESPONDANCE 

MsrsttUe et a Toulon de se tenir pr£ts k Vonbatqu^ 

le 5 floreal. 

« Vous envepreas Tof dre par un cbarnar « Bfice et a 

Antibes,' pour^^e tous les badmeos'^quevdiis y. avei 

fak {NPepafer, se Yeadeot^sur-leHshaiiipa TouIob» ouil 

serait a desirer qu'ils fussent arrkea avant le 5' ou 6 

floreal. 

• • Enfia r voua receVrez les ordres parJlacourrier pro* 

chain,' de faiare embarquer a Marseille et;a Toolooy 

le & floreal ^et- de se trouTer pret a partir.le 7 oii le 

8^ tel qu'on se trouvera. Tout ce qui ue aera- paapref 

sera I'objet d'un second conyoi. ' ■ c 

c • Je vpus promets qu'avant cette^^poqne , taut Fargent 

ei^dessus designe sera ea caisae a Toulon* 

BoiTAPAaTE. 



Paris, Ic 98 germinal an 6.( I7airrii 1798}. 

jiu vite^-amiral Bruejrs. 

J'ai rectt , citoyeni^&ieral , les difSerentea lettresque 
Yous m'ayez ecrites. : 

Le gouverueinent a une entiere coafianoe en vous , 
et ce ne serbnt pas quelques teteafoHea, payees peut«^ 
^tre par nos ennemis pour semer le trouble dans nos 
eseadres et nos armees, qui pourffontle faire.ohaoger 
d^opinioQ. MaiDtenez une sevke discipline; r 

Dans la premiere decade de floreal ^-je serai a votr^ 
bord. Faites-moi preparer un bon lit conoue pour im 
boffiine qui sera malade pendant tdute la tmversee. 



Le g^Tid Berdper ,- chef de l;'etdit*major ; U gcAerA 
Dufalga y commandant du genie ; legeneral Dommartmy 
cpBUBaadantf IV^l W^^ 9 ^^ . oommtssaire ordonnateur 
Suc7;,;rQFdopnateur de la. mariiie Leiroy ^ le payenr 
gesteral derarinie (£&teve y^h med^in et M chirnrgieifc 
en chef ( Desgenettes et Larrey ) , seront a votre )9M»rd« 
. J'aurai -avec. mot huit our dix aides-de-caili^p. 
^ 'Berthiier aura deux pu tiHHft ad}udaiski^«getieraux el' 
cii]q>ous^x..adioaitsal'etat<iii^i^' " ' 
. Faites^e-boaoes^prdYifiJons.' / * ' '*' 

Faitcs mettre a Tordre de I'escadre i de ma part , 'qtt'a^r^, 
Tant de partir les matelote serotit patsf«it^. ^^ 

^ li faut que 'tout «equi doit panir'de Totil«n iok 
prSt a lever Taacre le 8 ftoreal. 1 

J/imagiuB que tons avez des avisos ftu de^it de Gi- 
braltar et aux lies St.-Pierrc. Si'iiqiK n/^n aVez pas , eii?i 
voyez-en 3ur-le-champ , avec ordre de veair vous ins- 
truire decequ^ily aurait denouveau aux llesSt,-Pierre, 
ou ils apprendrduit si vous etes passe , etdaas le cas ou 
yom ne le seriez pas encore , et qu'il y ait quelque 
chose d'importaiit a vous faire connaitre , ils se dirige- 
ioht sur*Ajaccio , et dans le cas ou vous ne seriez pas 
arrive , ilsTerool; route sur Toulon. Si vous etie^ passe 
aix 8es St.-Pierre , ils trouveront la des nouvelles d^ 
la routd qu'ils (tevront faire pour voos trouver. 

. Je voua recommande surtout d^avoir le plus d'avisos 
possihle. Je creis iju'une douzaine oe serait.pas trop. 

Cooune vous etes le seul auquel j'ai ecrit que je doia 
Bie imdre a Toulm , il est inutile de le dir^. , 

Je cKois-tiidi^peasable qiie ,noa« mentioos TOriem 



^ CORRESPOKDANCE 

^ff M k rms«Aik k trois (KHits. VouH iaoAt^ttx vo^ 

riem k Fordommtettf d^ faife entier dan» k grtnAe 
vade leg treise Mtimend de ^«nre , ks IMg^ates et le» 
avisos , «t de ks mettre sens votre connaiidenleat'tin* 
aiediit. 

Je lui d^Wfte YotArt ^gsktteot de faire nettre le 
tsidssan FQriem en quftrantaine, afin que vras puis- 
siez k monter , et d'y iiirttre pf)ur garaismt tows ecu* 
des liommes de la sixieme d^i«l»*igade quewms ave& 
aAen^ 4e C6rfo«. 

Vous r^partirez but k Taisseau POriettt line pardd 
^ Yi^fdge dB GmBtmme Ha xm. des autres yais- 
aeaux. ' 

VMa Mtties ^11 ert essentkl que k vipsseatfanilnil 
M soif f as k plus mal: pipage. 

P. S. Vous trouvcrcz ci-ioint un arrete du Directoire. 
que vous ne devez communiquer a personue. 

Je vous enverrai par un courrier qiii partira dan^ 
a4 heures, dilTerens ordres pour rorganisationde Fes- 
cadre. Je vous k repete , il faut que tout sok prdt a 
parlir du 6 au 7 floreaL 



jtu commissaire-ordonnateur Najac. 

Vous trouverez ci-joint , eitoyen ordonnatew , rak 
uvklk du Dtrectxrfre esecut^f 3 k g^rai Brtieys seuL 



«li ^ cewaJUMMCt^ Vow d^vtz. gar^ b pltts grani 

est ci-joint , se rendem i^ur'^k-cbi^nip dtms \a grand* 
lade , 4>tt iUiiiront sous les ordres immediats du general 



Mettez le vaisseau VOrient en ^uarantaine , afin que 
le vice-amiral Brueys puisse le monter de suite. 

Vons pourrez en^retiver le&garnisoas , pour les repar*- 
tir flur les autres Batimens. 

Praseit vo» Qie3tiir«»|M>itt fii6 les wsseaox le DuMois 
91 U Cau9M foiftit arai^ cb flates , €t qB}Q^le8 fragates 
AftiAuboii^ laCdrwhr&y la ieoben , fti itfanMae , Jn 
MontenoUey Im Stodbie msku ^k&naot armees en 

aaiai. 

Fakea embimfciir^ Hoit aa? l^ vaisftesux de I'eacadre 
<iue 9iui^ kid ^bseato. arxoes ea Mtefi^ lea Tivrti) saY(»if i 

TroiA iMift peUr le» i^^%fi». 

Deux mois pour les hommes de passage. 

Deux iBoIs d'etiL potur tont le, mcmde* 

Db oioia d*eau auffira pomr les fr^ates amees em 
flAtea, fiffl n'eit pes petaatUede Sure autremeiKt. 

T^%a dVoir des fraoaporls pour powoir enbar* 
fuet I a Tottlan, % om 4oo cjitvaux. 

Je ifsous reoommande speciaiement , dtojen ordon-' 
naleur > d'employer toua vos soins^ pour que I'escadre 
soit pi^a partir et a lever i'auore le 6 ou le 7 floreaU 

\a flottQ qui fa partir de Toulon est due au aele 



9d CORBXiSPO]y£^ANCE 

4iie yous aveaf montr^ dans tonles* W drconstaneer. 9& 
renouveUemi vo(tre donnaissance avec im plaisii* par-^ 
tieulier , et. je me ferai ua devoir de fiure coatniAtre 
an gouYernemeat ks ^oUigations qtie IW tobs doit. 
>. Veuft ne aianquerez^ pas d'argent, araiit le 5 flimal 
votts^ aurez recu & ou 6 millioDS. 

BoiTAPAaTr. ■- ' 



^ Paris y Je a8 germinal an 6 ( 1 7 avril 1 798 }. 

jfu Giniral Dufaiga. 

Vous Vondrezbien^ gen^'al y donner I'ordre Sitou$-Iei 
Bavans ^ ouvriers 5 artisteft, et of&ders du genie, de partif 
le pluat6t possible pour se rendre aXyon, ek ilest in«» 
dispensable quails soient arrives le 4 floreal, * 

Vous vous adresserez au general Bertbier, cbef del'e* 
tat-major de l-amee d'AtgletcIrM, qui vous doiinerades 
passe^ports ponr^ cbacuii deux.Voiis partire^' voiis<^ 
meme, de maniere a )etre arrive k Lyon avant cette 
epoque. 

Vous ferez partir sur-le-cbampn&officierde genie, 
qui lonera unediligenceouunoocbe, et^ en casqu^il 
n'y en ait pas, il louera un bateau, afindii fiaeiliterrar^ 
rivee de toutes cea pcrsoiincs a Avignon. 

Vous leur donnerez a Lyon tin temjez-vons , soit cbefr 

vous, soit chez I'oifioier de genie que tous y cnvcrrez, 

.on ils trouveront leurs ordres pour se rendre V Touloiu 

II est indispensable quHls soient arriv& le 8 att-iioir. 

t ?Vous pouvez leur ''dire dans la iettre que vous laur 



INEDITE. - jj 

eerirez, qa'Sk domnt se preparer a fimele voyage de 

BOHAPARTJP- . 

' Paris, le 39 germinal an 6 ( 18 avril 1 798). i 

jiuxcammissaires de la tresorerie ttationale. 

Je vous prie, citoyens commissaires, de vous rappe- 

ier la promesse que vous m*avez faitc^ de 5oo,'ooo fr. en 

lettres de chauge sur vous ou vos payeurs. J'aurai soin 

3e les employer de maniere a ce qu'elles nous valent de 

rargcnt. Je charge lecitoyenPoussielgue, votre contro- 

leur aupres de la commission de la Mediterranee, de 

prendre lesdites lettres. de change que je desire avoir le 

i«'.floreal. 

Bonaparte « 

Paris , leag- germinal ao 6 ( 18 avril 1 798 )< 

Au general Brwie. 

- Vous trouverez ci- joint, citoyen general, un arrete 
du Directoire executif. 

J'envoie, par le mtoe courrier, desordres pour leur 
depart avx gdiieraux de division Baraguey d'Hilliers et 
Desaix. 

Je vous recommande la formation des depdts pour les 
hommes qui rentreront apres notre depart, et de les 
faire rejoindre a mesure, des Tiostant qu'on connaltrala 
de^itination. 

Je vous prie de doiiner Pordreau chef debri^de 
fiullia de r^oindre cn^st^la demi-briga^e a Tot^Wujr 



94 CORRESPONDANCE 

^ aa chtf de Jbttailbn Skif as de «e reudbre k Otees, 

ou ii sera sous les ordres da general Baraguey d^QS^ 

liert. 

Je compte pairtir sous peu de jours. Avaut de m'em- 
barquer, je vous enverrai un coun*ier extraordinaire. 
Je vous fMTie de feire en wont qfi'il y ait dent bons com- 
missaires des guerres a la division du general Baraguey 
dUilliers. 

L'ordonnateur Sucy a demande an citoyea Aubemon 
piusieurs objets qu'il lui a refuses. Je vous prie d*0P* 
donner a cet ordonnateur d'acceder aux deaiandes'duci'^ 
toyen Sucy. 

BoiTAPAETE. 



Paris , le 39 germinal an 6 ( 1 8 atril 1 79S ). 

ji la Commission chargSe de Farmement 
de la Mediterrance. 

, Je vous envoie , citoyens, par nn courrier extraordi* 
aaire , Tetat des fonds ^ue la tresoreri^ a fails pour Tar- 
mement de Toulon. 

Vous y verrez ce quQ je vous ai dit ^ par ^mm. courrier 
d'bier,queToii« no deves avoir aucun< in<piietiide« Ailet 
b^ardiment , Targeat ne manquera point. 

Ce courrier-ci porte encore au citoyen Peymsse, ,en 
SU6 de tous les caleuls etablis^ des lettres de change a 
a tirer sur les differens payeurs, pour la somme de 
600,000 fr. Lorsque la tresorerie les adonnees , elle s'est 
assaree que les fends existascnt dans la caissd de ces 
difierena payeam. J'at prefere cei lettres da cbange 



INEMTE. gS 

u des xowidata ordiaaires, parce qu€ ratgeol de ce$ 
payeurs n^aurait pu arriver aTouloa ayaiitq[uio«e jours* 
Yos collegues sont partis, ils arriv^ont yingi*^atre 
heures apresce courrijsr. Je ne doute pas ^«, le 7 ou 
ie 8 floreal|,l<mt ne soit pret a mettre a la voile. 

BOVAPA&TE. 
Paris, le ag genninal an 6 ( 1 8 arril 1 798 ). 

ytu citoyen Peyrusse y pajreur. 

Jevousadireiae, citojren^ des lettresde dhaage pow 
^poo fr. tirees M2r different pi^eura , ^e la tresorerie 
vous envoie. 

J'ai prefei'e ces traites a la mesure ordioairew Par ce 
moyeo , vous pouves utilizer de suite ces fonda et fain 
marcbef le servio«» Ces traites ne doive&t rien pcar^e. 
$% etait ueqessairei vpus pouv^ les garantir porsoiH 
neU^meat. 

G>iBnie oe qui se fait a Toubn exige la plus graude 

^el&itfiy et que o'est uue des opeimtioiis ks plus impop- 

tautcia de Tarsiee d'Aogleterre ,. je vous serai particulie^ 

leqifiit pbtig^ de ce que vous vowiieE bien fiure pow 

la r^ussite. 

BovAPAagrs.' 

Parisy le 90 gcnmoal aa 6 ( 18 avril 1 798}. 

Au dtojnen Peyrusie , pajreur. 

J^ecris a rordonnateur -Siajw-ii^ faire partir suf-le- 
ehaiDp UA aviso pour la Coii^. U est iodispensable que 



g6 CORRESPONDANCE 

vousHTassiez [passer. I oo^ooo fr. des 600,000 quela tre- 

4iocerie a destines pour la Corse. 

La celerit^ des operations qui doivent s'executer 
. dans Gette He depend du prompt e nvoi de cet ai^ent. 

B«irAPAETE. 

ParU , le 19 germinal aa 6 ( 18 awil 1 798 )• 

Au citoyen Najac. 

J'ecris a la commission^ citoyen ordonnateor, d'en- 
Yoyer loo^ooo fr» a Ajaccio en G>rse, a la disposition de 
Tordondateur decette division pour le service de Pes- 
traordinaire de I'expedition. 

J'ecris au payeiir Peynisse d'envoyer 100,000 fr. 
, 4ea 6000,000 que la tresorerie a destines pour la Corse. 
. Faites partir ces deux sommes par un aviso qui monil^ 
lera danslepor^ d'Ajaccio., Mettez-y deux officiers in- 
telligens, un pour commander Teml^arquementquia lieu 
dans ceport ; Tautrepoury prendre note de la situation 
positive ou se trouve ledit embarquemeut , et venir m'en 
rendre compte a Toulon..lL seraitnecessaire , sile tempS 
ie permety.que raviso.ne restAt pas plu» de vingt* 
quatreheures mouille a Ajaccio. 

Si les neuf batimens de transport que le ministre de 
la marine vous a ordonnes par sa dep^cfae du 28 , n'e- 
taient pas encore partis , la corvette qui doit escortei* 
ce ccmvoi pourrait £tre chargee de cett^ mission. 

Bonaparte. 



INEDITE. 97 

Paris , le 39 germinal an 6 ( 1 8 avril 1 798 ). 

Au Vice-ArniralBrueys, 

Le general Yilleneuve part demain pour se rendre a 
Toulon, et servir sous vos ordres. 

^La fregd.te qiii est a Cadis, a recu ordre, il y a un 
mois, de serendrek AjaccioenCorse, si ellepeutlefisure 
avecsurete. Envoy ezJui, par le meme aviso, I'ordre 
de completter son eau a Ajaccio , et de se tenir prete a 
partir avec tout le convoi qiii est dans cette rade , pour 
joindre Tescadre, lorsque vous en ferez parvenirTordre. 

Le citoyen Casabianea sera votre capitaine de pa- 
vilion, 

BoNAFAB.TE. 



Paris, le 29 germinal an 6 ( 18 avril 1 798 ). 
Au Gineral Vavibois. 

Je vous al mande precedemment^ cituyen general , de 
reunir a Ajaccio la quatrieme legere et la dix-neuvieme 
de ligne, avec les bateaux necessaires pour les faire 
embarquer, de Teau poiir un mois et des vivres pour 
deux. 

Craignant que vous nefussiez embarrasse, je vous* ai 
prevenu que j'avais donne Tordre, a Toulon, a neuf 
b^timens de transport , de se rendre* a. Ajaccio pour 
aider a Tembarqu^ment desdites troupes. 

Je vous prie aujour^'hul de reunir egalement a 
Ajaccio deux batailloni$ de la vingt-trotaiesae d'infanterie . 
toYPTE. I. 7 



98 CORRESPONDANCE 

legere. Toutes ces troupes seront cominandees par le 
general de division Mesuard, et sous ses ordres par le 
general de brigade Casalta et Tajdudant^general Brouard. 

Vous y altacherez un officierde genie, et, comme je 
vous Tai deja present, une compagnie d'artillerle et 
quatre pieces de 5 , si vdus en avez. Ce convoi doit etre 
piret a tev€r Tancre au premier signal que lui donnera un 
aviso que lui enverra Pes^cadre , du i si au 1 5 fioreal. 

Je donne lV>f dre a la commission de vous faire passer 
§00,000 fr.; ces 4^0,000 doivent sufBre pour les de- 
penses de rembarquement. Independamment de cette 
aomme, vous recevrez sous pen de Targent pour com- 
pteftter la solde de vos troupes. 

Je vous prie de me faire connaltre, par le retour de 
I'aviso, la situation exacte dans laquelle vous vous 
trouverez du la au i5 floreal. 

Bonaparte. 



Paris, Ic 3o germinal an 6 ( 19 avril i ^9$ }. 

Au Gincral Baraguej d'Hilliers. 

, II est ordonne au geaeral Baraguey dliillters de lever 
Tancre de Genes , si le temps le permet , le 6 floreal , on 
fiu plus tard le 7 , et de se diriger sur Toulon avec toute 
sa divisicm^ 

U m'expediera, au mom^t de son depart , un cour^ 
rier a Toulon a?«c T^at -exact de sa situution. 
t. il m'exp^ditBr<a ttn courrier e^xtraoidlnaire de tous les 
ondroitsoii il^sera possible de relacliei^ 



•INEDITE. ' 99 

11 est pwAabfe que, si les temps le pennettent, 

rwcadre de Tcyploii toettra a la voile au pliis tard le *i o 

Sor^dl. 
B doit efre accoirde aux officrers un mois de grrftffi'ca- 

tion pour les mettre a meme dc faire leurs petites 

emplettes. ' Bowapakte. 

P$ri8, Ic 3o germinal an 6 ( 19 avril i ^98 ). 

uiu citoyen Belleville. 

Vous trouverez ci-joint , citoyai consul, I'ordre pour 
le d^»rt du general Baraguey d^H4IKer$. U est indis- 
pensable que le coniroi me|te k la voile au plus tard \% 
7 florfal. 

Vous emploierez toute votre activite pour quecet 
ordre soit promptement execme , ©t hi cela vous fait 
prendre de nouveaux eng^igemens de fiuaqce , f^y ferai 
faire honneur. 

Les fregates , brik$ et galeres de la republiqtie d^ 
Genes doivent partir avec le convoi. 

U sera forme a G^nes^un depot pour tous les hommesi^ 
des deuxieme , vingt-deuxieme d'infanterie legere ; 
treizi^me, dix-huitieme, vingt - cinquieme , trente* 
deuxime , sotxante-quinzieme , soixante-neu'vietne , 
quatre-viogt-cinquieme de bataille } troisieme , qua- 
torzieme , quinzieme et dix - huitieme regimens de- 
dragons. 

Toutes les fois qu'ii y aura 1 5o bommes de ties dif- 
ferens corps a Genes, Vous les ferez partir pour une 
destination qui Vous sera designee. 



100 CORRESPONDANCE 

Vous me renverrez lepr&ent courrier en toutedili- 
gence a Toulon , oil je serai le 6 floreal , et vous oorres- 
pondrez avec moi dans cette ville, jusqu'a ce que je 
vous aie envoye un courrier extraordinaire pour vous 
instruire de mon depart. 

BoNAPAKTE. 



Paris', le 3o gertnioal an 6 ( 1 9 avril 1798). 

jlu GenSral Desaix. 

Je n'ai point de vos nouvellesdepuis le 1 5 , mon cher 
general ; je pars demain pom* Toulon. L'escadre mettra 
a la voile le 10 floreal et se dirigera droit sur les lies 
Saint-Pierre. Le convoi qui est a Genes part le 7 floreal 
pour se rendre dans les mers de Toulon. 

Vous reoevrez incessamment des ordres pour partir 
le i5. G6toyez toutes les cdtes de Naples; passez le 
phare de Messine et mouillez a Syracuse , ou dans toiite 
autre rade, dans les environs. 

Vous devez avoir une fregate ^ deux briLs , deux avisos 
et deux galeres du pape. II serait a desirer que vous 
pussiez vous procurer deux autres avisos ^ bons voiliers, 
soil en arretant d^ux corsaires francais et mettant des 
ofBciers et. des hommes intelligens a bord , soit en se 
servant de deux, bons voiliers du pays. 

Notre point de reunion sera sur Malte. 

Quoique nous n'ayons aucun indice que les Anglais 
aient passe ou veulent passer le detroit ; cependant la 
necessite de ne pas vous avenlurei* , me fait preferer de 



INEDITE. 161 

vov< fsdre filer c6te a cdte. II sera cependant necessaire 
que vous expediiez un aviso aux lies l^aint-Pierre ^ pour 
croiser entre la Sardaigne et I'Afrlque, afin que, si les 
Ai%Iai& arrifaient aux lies Saint-Pierce aTant nous , yous 
pussiez en Stre preveau et regler vos mouvemeas en 
consequence. Soit que vous soyez dansuu port du eon- 
tinent^ soit dans un de ceux de la Sicile, vous n^avez 
rien a craindre des Anglais j mais la prudence veut que 
vous preveni^z cecas, et vous ferez done embarquer 
quatre pieces de 24 9 deux mortiers , deux grils a boulets 
rouges, deuxou trois cents coups par piece, afin de 
pottvoir etablir une bonne batterie. Ge seront d'ailleurs 
des pieces qui, arrivees dans I'endrdt principal , nous 
serviront. 

Vous devez organiser votre dep6t a Civita-Vecchia, 
afin que tous les hommes malades ou en aniere . dm 
corps que yoiis commandez ,'puissent se reunir et filer -a 
fur et mesure. 

Je vous eav^rai, d*ici a quatre jours, des ordres 
positifs pour votre depart. Ce queje vous en dis la ; c'est 
pour vous preparer et que vous prenie;^ d'avance, dans 
le secret , les reaseignemens.qui vousseront necessaixes. 

Vous embarquerez avec vous le citoyen Mesnard et 
tons ks hommes qui servent a Torganisation du port de 
Civita-Veccliia et dont vous pourrez avoir besoin ; on 
les remplacera de Toulon. 

BONAPA&TE. 



loa CORRESPONDANCE 

Park, h !••. fldr^^n 6(20 arril 197S). 
jiux Commissaires de la tresorerie nationale. 

VoHfi w^x doiine fordre, citoytens cemmissaiires , 
AH pay«ur de Lyon At, ne faire passer k Toulon que la 
partie des trois iBittions qui acrait 0pl ^speces firaacaiaek 
Ott ea piastres ; il serait pependant aecessaire d'etre as* 
aure d'avoiir a Toulon ces trois milUobs. le desirerait 
que.vous m'envojassiez Tordre pour vetre pajeur a 
Ijyon, de faire passer a Toultm ces trois miUiods, 
i^uelles .<jue sotent les especes qui les eomposent; om 
aara sbin de se servir des monnaies ettiangeres y de ma* 
oiere a ce que la tresorerie n'y perde riea. 

Je vous prie aussi d'expedier la commission que yous 
aveK I'inftenition d'aocorder au eitoyea P^usi^ielgiie, de 
vontroleurpes du payeur dc la M^iterraiiee,desiHm(t 
que ce citoyen parte de suite. Je vous pi4erflis ^ale- 
ment de le faire porteur d'une commission- de payeur 
pour le citoyeo EsteYC, qui n'»Btque payeur de d^parte- 
ment , et dc hii donner Tordrede s'embarquer, et , dis 
i'instaut que toutes lea divisions seront reunies et for* 
aneront une armee, il jouira du traitement de payeur 
Ifehml d^armee. 

BollA»AaTE« 

Paris , le 1 ^'. iloreal an < (ao avril 1 798 ). 

Au General Desaix. 

Je vous ai ecrit hier, citoyen general, par un cour- 
ricr extraordinaire que j'ai expedie a Milan, enpriant 



INEDITE. 1^3 

le geoeral Brune de vous faire paj*venir iivi4^p&;he par 
UQ autre courmr. 

Je iiecois aujourd'hui votre courrier du %i^ et fe vus 
avec une vive .satisfaction que vou^ $€we9 pi*M ii pactir 
le 1 5, comine |e I'esperais bier. 

LaCourageusej fregate aro^&ea ftttte> et cafMtUe dis 
porter 6oc^ homnA^ , doit ^tre arrives a Ci vUa-Veccfaifti 
Gela Dous servira d'autwt. 

Je reunis a Toulon le convoi de Geue^ , et ai le^ YenU 
coQtrariaieot son arrivee a Toulon, Tescad^ 6 ajtt^adrait 
a la cape, entre TquIqq et les Ues St^-Pieyre, maiasaoa 
rdiicher dans un poitde Corse. J>i eonsidare que tout 
relacl^e dans \in port de la Corse nous dounerai^ das 
retards tres-considerablea. La ^aison est de)'a avaniaee, 
puisquenousne po^vons esperei; d'eti-e hole de Toulon 
que vers le i®% de mai, 

Vous rccevrez IVdre de vpu^ rendre de Civiia^Vec-^ 
chia a Spacuse, .et vous n'avez pas plus d.e cbemiR a 
faire que si vous vous rendiez a Toulon; ainsi, en 
partant le 1 5 , il y a possibilite a ce que vous soyez 
le ao au point designe, et il serait difficile, me me fa- 
vorises autant qu'on pent T^tre, quencvia fussions a la 
meme epoque snr Make. 

Je prefere de vous voir aller a Syracuse plutot qu'a 
Trepano, parceque je croisque vous cdtoierez toujours 
ritalie et profiterez du vent de terre. 

Si , pendant votre navigation, les vents devlennent 
contraires et s'opposent a votre passage au detroit et 
Vous permettent de vous rendre promptement a Tre- 
pano, je ne verrai aucun inconvenient h cela j roals dans 



]o4 corr*sp6ndance 

oe GAS, il faudrait doubler le cap Trepano et yous mettre 
dans line rade, d'ou vous pus$iez sortir avec le mdme 
vent <{ui nous est necessaire pour nous rendre des ties 
St.-Pierre a Malte. 

Vous sentez que, dans ce dernier cas, plus encore 
que dans le jHremier , il serait necessaire que vous fis- 
siez croiser un aviso entre la Sardaigne et le Cap- 
Blanc, afin d'avoir a temps des nouvelles des Anglais, 
si jamais ils paraissaient. 

Dans tons les cas , des Tinstant que nous aurons passe 
les ties St. -Pierre, j'enverrai ii Trepano un aviso, pour 
avoir de vos nouvelles. De votre cdte, il sera bon que 
Tous envoyiez dans la petite tie de Pentellaria, ou j*en- 
verrai prendre de vos nouvelles. 

Je vous ai deja mande d'embarquer six pieces de 3 
antrichiennes. Ce sont les plus commodes dans le pays 
ou nous aliens, puisqu'une b&te de somme pent en 
porter une. 

BoiTAPAETE. 



Paris, le 1*'. Botial an 6 ( ao avril 1 79S). 

jiu GinSral Baraguey d'HUliers. 

Par la lettre que je vous ai ecrite le 2a germinal , 
citoyen general, je vous dis que, dans quatre jours, 
vous recevrez Tordre de vous embarquer, et que cet 
ordre devra etre execute de suite. Vous avez dA recevoir 
cette lettre le s8 , vous aurez fait des-Iors toutes vos 
dispositions. Ainsi^ j'espere que mon courrier, qui est 
parti d'ici, le 3o germinal , aveo^lWdre positif du de- 



INEDITE. io5 

part pour le 7, arrivera a Genes le 4 9 et que moa 
Ofdre pounra etre pooctuellement execute. 

BoNAFAaTE. 
Paris, le i*'. ilor^al an 6 ( tio avril 1 798 ). 

utf u GenSral Dufalga^ 

Le general Dufalga, commandant le genie de Tex- 
pedltion de la Mediterranee , nommera deux officiers 
ou adjoints du genie par chaciine des divisions , de 
Regnier^qui est reunie a Marseille ^ et qui est com- 
posee de la neuvieme et quatre-vingt-cinquieme demi- 
brigade de lignej de Kleber qui est a la droite de 
Toulon, a la Seine et villages voisins, et qui est com- 
posee dela vingt-cinquieme et soixante-quinzieme de 
ligoe, la deuxieme d'infanterie legere; enfin la divi- 
sion Mesnard , qui est composee de la quatriemed'infan- 
terie legere, la dix-huitieme , la trente-deuxieme de 
ligne. 

Le general Dufalga ira droit a Marseille, et il verra 
I'ordonnateur de la marine dans ce port, les commis- 
saires des guerres charges du service de cette division , 
et le citoyen Perrier, commandant Tartillerie de Mar- 
seille. 

11 se fera remettre les etats dela situation et du 
nombre dliommes que pent porterchaquebatiment.de 
transport et de la distribution de Tembarquement. 

II chargera Tofficier de genie commandant la divi- 
sion, de lui rendre compte, tons les jolirs, au quarlier- 
generaly de la situation dudit embarquement. 



to6 CORRESPONDANGE 

11 me transmettra le» notes qu'il aura faites su? Petal 
de I'embarquement et la situation morale des ih4ividus 
qu'il aura vus. 

Arrive a Toulon, il fera prendre de suite connais- 
sance , par les officiers du geuie , du cautoanement des 
troupes, de la situation des vaisseaux de guerre, des 
approvisionnemens , et me tiendra egalemeht prates des 
notes sur la situation roaterielle et personnelle* 

11 aura soin de voir les membres de la commission , 
I'ordonnateur delamarine^ auquel il aura soiu de dire 
que jc fais grand cas de luij le vice-amiral Brueys et 
le contre-amiral Ducr6z. 

II cherchera a voir egalement le commandant de la 
place de Toulon, les generaux Gardanne et Rampon. 

II fera aussi tout ce qu*il pourra potir trouver des 
logemens pour les savans. 

Dans ^organisation g&^rale de Tarmee , il restera 
ctarge de transmettre k tons les Savaiis et artistes des 
ordres pour I'embarquement. II aura done soin d'avoir, 
a son etat-major, la riote de leurs logemens et des de- 
tails de I'embarquement. 

• II dira au vice-amiral Brueys et a Tordonnateur 
qu'ils fassent faire sur le vaisseau TOrient tous les 
preparatifs necessaires pour qu'il y ait le plus de loge- 
mens possible, vu que tons les chefs de Tetat-major 
^seront sur ce vaisseau. 

II fera preparer a Avignon tous les transports neces- 
saires pour que tout ce qui* y arrivera en parte pour 
Toulon sans eprouver de retards. Bosapakte. 



. INEDITE. 107 

• Pmis, le 3 flor^al an 6 ( aa avr'rf 1 798). 

A la Commissim chargi^ de Varmement . 
de la Mediter ranee. 

Le citoyen Poussielgue , contr61eur de la tresorerie 
natiooale aupres de'votre.payeur , part cette nuit , por- 
tant avec lui 3oo,ooo fr. en or , et 200,000 en lettres de 
change sur Marseille. J'espere que le 9 ou le 10 tout 
3cra pret- et qu'on powra: lever Twicre. 

Le citoyea Leroi doit.se ^enir prclt a s'etabartjuer. 
Le general, Blanquet dpit s'^o^bdrquer en sa qualite de 
contre-aniiral. sur Tewadre, ^ legeneraji Dommartin, 
jen qualite jie. c^JTimap^^iU 4'^Ftilleri^ ; le citoyen Sucy , 
commissaiue^QrdDiftiiateui: en qualite de conunissairc'* 
ordonnateurenclief; etle (jiitoym)^E«eye commepayeur 
general dfi Vafmee. BoicXpahte. 



Pirif , U 3 fldr^al an 6 ( aj avril 1 798 ). 

Jiu citoyeti Naja^. 

P^xpiidied^ordre par le present o<5mrri^ , citoyen or- 
donnatear.y am vice^Maiual Brueys d*<:)rganiscr I'escadre 
et de nommerle citoyen Ganteaurae pour fairc les 
fanbtions de chef de' I'^tnoiajor , €t de distribuer kfr 
chefs de ditisions et auires ioffioiers mt les diffferens 
vaisseaux^ ^fiii qu'ils soient promptement prftts a mettre 
a la voile. II faudrait que tout fiit pret a lever Tancre 
sans aucune espece de "relard , le 9 ou le 10 an matin. 

J^ vous prie de tenir la main a ce que pour cette 



loS CORJtESPONDANGE 

epoque y Teau , les vivres et lea autres approvisionne- 
mens soient embarques. 
Je pars demain dans la nuit , et je compte ^tre le 8 a 

Toulon. BoKAFAaTE. 



ParM,Ie4floreaIan^(a^avril »798). 

udftt General Baraguey JCHUUers. 

II est ordonne an general Baraguey d'HiUiers de 
rcstcr a Genes jusqu'a nouvel ordrej de debarquer 
ses troupes, si elles etaient embarqnees; de rentrer dans 
le p(n*t , s'il avait mis a la voile , de cantonner ses 
troapes tant a G^nes que dans les enrirons , de maniere 
a pouvoir les rassembler en quaranle-huif heures. Ces 
troupes seront a la disposition du general comman- 
dant eu Italle. Bohapa&te. 



Paris, k 4 florial an 6 ( a3 ftTiil 179S;. 

Au General Desaijc. 

II est ordonne au general de ditiaion Desaix de 
debarquer ses troupes s'il les a embarquees , et de les 
cantonner tant a Ginta-Vecchia que dans Les environs , 
de maniere a pouvoir les assembler en quarante-huit 
Iieures. Ces troupes soront a la disposition du general 
commandant en Italie. BoHAPAaxE. 



INEDITE. 109 

Paris, le 4 fior^al &n.6 (a3 avril 1798). 
Au Geniral Brune. 

Je donne ordre , citoycn general , au general Bara- 
guey d'HiUiers de debarquer ses troupes , si elles soot 
embarquees , et de retourner, s'il est parti, Les troupes 
resteront cantonnees a Genes et dans les environs , et 
seront a votre disposition , ainsi que celles qui sont a 
Civita-Vecchia , oii j'ai donne le meme ordre , si des 
indices vous font penser avoir besoin de ces troupes. 
Dans ces nouvelles mesures du gouvernement , vous 
voyez Teffet des evenemens qui viennent d'arriver k 
Vieone, sur lesquels cependant le gouvernement n'a 
^core rien de positif. 

Si jamais les affaires se brouillaient , je crois que les 
pincipaux efforts des Autrichiens seraijent tournes de 
votre cdte , et, dans ce cas , je sens bien que vous avez 
besoin de beaucoup de troupes , de beaucoup de moyens, 
et surtout de beaucoup d argent. Bokafarte. 



Paris, le 9 floreal an 6 ( 28 avril 1 798 ). 

Au General Dufalga, 

Vous avez appris , citoyen general , revenement ar- 
rive b Vienne. Cela est arrive au moment ou j'allais 
partir , et a dii necessairement occasioner uu retard j 
j'espere cependant que cela ne d^rangera rien. Pent- 
etre serai-je oblige d'aller a Basladt pour avoir un en- 
trevue avec le comte de Cobentzel, et, si tout allait bien, 
je partirais de Rastadt pour Toulon. 



t no CORHESPONDANCE 

Le 1 1 au soir , je fCTaipartir un courrier avec Pordrc 
a Tescadre de partir avec le convoi pour se rendre a 
Genes , ou je serai moi-meme le 26 de ce mois. 

Jc donne , par le present courrier , Tordre au convoi 
de Marseille de se rendre a Toulon. 

Ayez soin que tous les savans y et que tous les objeis 
necessaires a notre expedition soient embarques comme 
il faut qu'ils le soient. 

Le convoi de GSnes a recu centre- ordre , puisque 
c'est nous , au contraire, qui allons a Gdnes et a Civita- 
Yecchia. Bomap^kte. 

Paris, le 9 floreal an 6 (a8 avrii 1798). 

. ^u General Kleber. 

11 est ordonne au general Kleber de prendre le com- 
mandement des troupes de terre composant la division 
du general Regnier, la division -du general Mesnard et 
celle du general Kleber j de transmettre au general 
Regnier Tordre ci-joiiit , et de tout disposer pour Tem- 
barquement des deux autres divisions sur Tescadre et 
sur les autres vaisseaux de gueiTe armes en flAtes , 
afin d'etre pret a partir au premier ordre qu'il recevra. 

II se concertera av6c le general Dufalga, qui lui don- 
nera tous les renseigneinens relatifs au uombre des sa- 
vans et des ai'tistes qui doivent s'embarquer. 

BOSTAPAUTE. 



INEDItE. tti 

Palis , le ^ floreal an 6 (a8 avril 1 798 )♦ 

Au Vke^Amiral Brueys* 

Quelques troubles arrives a Vienne , citoyen gene- 
ral,, oat necessite ma presence quelques jours a Paris: 
cela ne ch«ngei*a rien a Teipedition. Je donne I'ordre 
par le present courrier aux troupes qui sont a Marseille 
de s'embarquer et de se rendrc a Toulon. 

Vous tiendrez ce convoi en grande rade et dans le 
meilleui* ordre qu'il vous sera possible. 

Je vous ex^pedierai , le 11 au soir , par un courrier, 
Tordre d'embarquer et de partir avec I'escadre et le • 
convoi pour Genes , ou je vous rejoindrai. 

Le retard que ce nouvel incident a apporte dans Tex- 
pedition , aura ete , j'imagine , necessaire pour vous 
metlre plus en mesure. Bowapa^te, 



Paris,' le 9 floreal {in 6 ( aS avril 1^98 ). 

Au General Regnier. 

II est ordonneau. general Regnier de faire embarquer 
ses troupes a Marseille , le 16 Horeal , sur les batimens 
de transport qui y sont prepares , et de partir le i'^ , si 
le temps le pcrmet , pour se rend re a Toulon ou son 
convoi se rangera sous les ordres du vice amiral Bruey s* 

BOHAPARTE. 



1 1% CORRESPONDANCE 

Paris , le 9 fioreal an 6 ( a8 avrO f 798}. 

ji VOrdonnateur Najac. 

L'ordonnateur Najac donnera Tordre au convoi de 
Marseille d'embarquer les troupes du general Regoier 
le 16 floreal , et de partir le 1 7 poiir se rendre a Toulon. 
II se concertera avec le vice-amiral Brueys , pour faire 
sortir, s'il est necessaire, une fregate pour I'escorte 
dudit convoi. Bonapaite. 



Paris, le i3 floreal an 6 (1 inai.i;98). 

^u Ginir€il Baraguejr d'Hilliers. 

Je vous ai donue Tordre , citoyen general , par ma 
lettre du 3o germinal , de vous rendre a Toulon. Je 
vous ai donne I'ordre ^ par ma lettre du 4 floreal, de 
debarquer et de cantonner vos troupes aux environs de 
Genes jusqu^a nouvel ordre. Vous trouveres ci-joint 
Tordre d^embarquement le plus tdt possible , et de voufi 
diriger sur Toulon. Bonaparte. 



Paris , le 1 3 fioreal an 6 ( a mai 1 798}. 

yfu General Baraguejr d^HiUiers, 

II estordonneau general Baraguey d'Hilliers.d'em- 
barquer sa division le 20 , et de mettre a la voile le 21 , 
pour se rendre a Toulon. S'il rencontrait sur sa route 
I'e^scadre franraise; compos^e de i4 vaisseaux de guerre 



et de dQUze ou quinze fregates y il enverrait un aviso 
a Tamiral poui* prendre des ordres, et si ladite escadre 
n'est point encore panie de Toulon , il fiiiverra prendre 
da ordres a^prjcs du vice^^miral Bru?j3V pwria^pfece 
gn'il doit occuper dans iarade. II me.previetndrap^^r.uxi 
courrier extraoxdUnaire a Toulon., dft^spn i^epart* , 



Paris, l« i3 flor^al «n 6 (a mai i7gS}» ^ 

• ■ * ' 'I * T 
Au genircd Desaix. 

Je vous avais donne Tordre, citoyen general , par une 
lettre du 4 Aortal , de cantonner vos troupes a Civita'- 
Vecchia et aux environs , et d'attendre de nouveaux 
ordres. Cetait Teffet des nouveaux evenemens arrives a 
Vienne. 

Vous devcz voiis preparer k partir an premier ordre. 
Lie ni^me oourrier porte ordre au general Baraguey 
d'Hilliers de partir pour Toulon. Je pars cette nuit pour 
Toulon. Lk je verrai si j'irai vous prendre a Civita- 
Vecchia, ouje vous donnerai des ordres pour vous rehdre 
BUr les cdtes de Syracuse , comme je vous en ai. dej^ 
entretenu. Ainsi, dans Tun et I'autre cas, ii faut vous 
tenir pr6t k lever I'aacre viugt-quatre heures apres 
i'arrivee de mon courrier oU aviso* 

BosrAPAkxiE^. 



£gtpts. f . • 



1 14 CORRESPOND ANCE 

' Parii, le i3 floreal an 6 (a Bud 1798). 

Au vice'omiralBruejrs. 

' S^e^hft 9 \dtxiyeti geaeniy ijae le ^o tous pcurrez 
mibAi^jfoer les troupes-, poor meftre a la Toile incessam- 
ment aptes* Je cemptcf Itre a bordle r^. ' 

Je vieas de faire partir iin courrier pour G^nes , avec 
ordre au general Baragu^j d'Hilliers de se rendre a 
Toulon. L'un et Pautre seront sous vos ordres , des 
qu'ils seront arrives.. Vous les placerez Gonvenablement- 
danslarade. 

BoilAPAETS. 



Par]s»l« i3 aarMaa5(aii»it798). 
Au Geniral Brune. • 

Par ma lettre du 4 floreal , je vous ai instrutt ^ 
citoyen general , que les divisions Baragueyd'Hilli^^ e£ 
l)esaix etaient a votre disposition. Le premier bruit des 
^venemens survenus a Vientte avait faitpenser que cette 
mesure etait necessaire. Aujourd'hui le gouvernonent a 
pcis une autre determination.. 

Je donne I'ordre aux generaux Baraguey d'Hilliers et 
Desaix de s'embarquer sur-le-champ. 

L'on vous fait passer par la Suisse, six autres demi- 
brigades , independamment des deux autres qui avoient 
defa recu les ordres anterieurement, etdeux autres regi- 
mens de cavalerie. 

Je vous prie , citoyen generri , de surveiller , autaot 
qu'il vous sera possible, lesdits embarquemens* 



iNEorrE. ti5 

T^iiecu voire iettrede Genes et faiTtik 2ete.«t 
i'^ctivite ^U6 vous y «veas montres. BozrAPAATi^. 



Paris , le 1 3 flor^al an 6 (a mai 1 798 ). 

A la corrmussion chargie de farmement de la Midi- 
terran6e. 

Par ma dermere lettre datee.du^g floi^ea!, j'ai eavoye 
I'ordre au convoi de Mar^ill^ 4e $e rendre a Toulon , et 
de tenir tout pret a embarquer , au premier instant , a 
Toulon. 

Je pars dansla jourilee de demain pour cette ville , et 
fespere que tout sera prdt a mettre a la voile le ao. 
M'oubliezTien pour atteindre ce but. Boitapa&te. 



Ch&loQs , le 16 Horeal aa 6 (5 mta 1798). 

ui Tordonnateur Najac. 

Je recois k ChMons votre courrier du i a , par lequel 
vous m^annoncez que le conVoi de Genes etait sur le 
point d'arriver, lorsque vous lui avez expedie Taviso, 
avecrmon contre-ordi'e* 

J'ai donne k ce convqi Toi^dre de partir le 8 de Gene^ 
pour Toulon. 

Jelui ai expedi^ un contre-ordr^ 1^ \ cela etait relatif 
aux evenemens de Vienne. 

Je lui ai expedie le i3; Tordre de partir de GS^^i 
au plus tardle x8» 

a 



,i5 CORRESPOKDANCE 

» Ainm , s'ilest dann vospantgcs , doin^t-lili Fordp^^ Je 
se rendre en grande radc ou tenez-le "a Hyjbres., eftl^ 
faisant completter ses vivres et son eau. 
Je scpai, douze heures apres^moa coumcr, a Toulon. 

BONAPA&TE. 



Le x8 floreal an 6 (7 tmi X798). 

urf' ia commission ehargSd de Varmemeia cfc la MSdi- 
terranie* 

Mpn coumcr, Lesimple, qui m'a rejoint sui- le Rhdne 
pres, Valence , m'a remi« vos. dcrniere^ depeches. Vous 
deycz cxecuter Vordre relatif a rembarquement , tel qu« 
je Tai donne, c'est-a-dir^. les gen^raux de dmsion 
doivent embarquer troii^clievaux; les generaux de bri- 
gade, deux, les adjudans-gencraux, aides-de-camp ct 
chefs de brigade des corps , un. 

Chacun peut embarquer ses seller., ses brides et les 
palfreniers , conformement au nombre de cbevaux que la 
loi lui accorde. 

Vous ferez embarquer a. Marseille.! qo.phevaux.d'ar- 
tiUerie et 200 de cavalerie. Si v.ous.pouvez en embaiquer 
davantage , vous ferez toujours les embarque];Qeos.dfn$ 
cette proportion. 

"^ Les corps embarqueront toutes leurs. selles et leurs 
li^rides , et vous aurez soin que Ton embarque les meil- 
ieuiris chevaux,^ en les faisant donner aux. prefni^i; et 
deuxieme escadrons et#en prenant de preference les 
ifcevaux de cKasseurs. . 



IWEDITE- .> tr^ 

Le restant desclievaux sera doQ&6ftiix d^tacbemens 
de cavalerie des autres regimeas qui se txoureat a Mar- 
seille. 

Je Yous prie de m'expedieriuicoiiirrieivei^aoxdinairey. 
qui m'attendra a moa passage a Aix , cpi ne seca^pas plus. ■ 
de bait heuresapres celui deLesiiaple , potur-n^iBStraiie 
St le cQQVoi de Marseille est parti , afin cpie je !me decide 
a aUer a Marseille on. droit |i'Taulon.v Jeserai& mtene 
fort aise , si cela ne deraogeait ciea a xos operations^, 
iju'un de vous se transpprtftta Aix, car je ne/compte 
pas m'j arreter du tout, moninteatioii^tant d'aller droic 
a Toulon. Bcouwamtm^ ^ 



Le iS^orM ao 6 (7 mat 1798:}. 
jiuGendral commandant i Ljron^ 

L.e 19 ou le ao, doivent arriver 60 ou 80 de mes^ 
gindes a cheval; voiis trotiverer, ci-joint, IVrdre pour 
qtt'ils se retident a Toulon. Je vous prie de les fairc 
emlarquer sur^e'RHdne. S'il' passe par Lyon de^ 
courriers pour moi, je vous prie de les diri'ger sur 
Timlon. * BoifAPAETE. , 

TooloB, le 18 flor^al an^(7 mm 1798); ' 
Aux guides. 

Pordonne k la compagme de mes guides^! arriTe k 
Lijon le '20^, de partir le 38 ^ pour se rendre en toute ditt- 
gence a Toulon. 



-«i6 CORRESPOND ANCE 

Toulon, le io flor^al an 6 (9 vai 179S). 

-du General Mesnard. 

B est ovinme au g^eiral Mesnard ie s'cmbarqucr 
inuaecliatiMtot apres k reeeptkm dii present ordre, 
ayec laq4ia«ri*mctfj«feiterielegen?, la dix-ncuvicmc 
•dfi katftiUe^ et4e pertir au premier beau temps. I! se 
«ftdradawleaile»dela Madelamc, aunordde b Sar- 
daignei oh il pecevra des ordres notiveaux du vice-amiral 
tBraqrs- H«p conformcra exactement aux ordres qu'fl 
rdoeinra dudit aaiiral, ^ui Itii eavoie tin officier de marine 
inteHig^iit pour dinger tous ses mouvemens. 

BoifAPAETE. 

Toalon , le 30 iloreal an 6 ( 9 mai 1 798 ). 

. Au General f^auhois. 

. Vous trouverez ci-joint, ciloyen general, un ord»e 
pour le general Mesnard, Si ce gen««l n*y etaitpas^ on 
s'U etait malade, vous feriez commander leditconv^ipar 
Vofficitr le plua ancien. 

$ur les representations que vous m'avez faites dii 

tesoin que vous avez de garder la vingt-troisieme d'in- 

. faoterie legere, je renonce a I'idee que j 'avals de la faire 

partir, et )e la laisse en^Corse jusqu'a ce que le gouvern.e- 

ment vous ait renvoye son remplacement. 

I^ouhUez pas d'^mbarquer sur le oonvoi troi? on 
tfuatre piece de canon de 5 ou 4? avec une bonne com*^ 
|>agnie de canonniers. 

Box^APAaxE. 



INEDITC. . X19 

Tonion , le ao floclal an 0(9 mal >7gi8). 

Aucommmdantde la place. 

Je vous prie, citojen general, de faire embar^er 
tout ce ^i reste ie la smeme demi-brigade d'artillerie, 
snr les vaisseaux de Tescadre, pour supfleer au manque 
dematelots. ' '^ 

BoHAPAKTE. 

Todon y le ao fior^ an 6 (9 mai 1798). 

jiu commandant des armies. 

Je vousprie, citoyea general, de faire armer dans la 
journee de demain, s^I est pos^te, Jes deux fdoufUea 
nouveUemeiLt con^truites. 

■ * j 

Toulon, le ao fi^thX an 6 (9 mai 1798). 
^ Au gineral KauboU. 

\jn magaj^ins poM «^5yooe. bonmes ^ cileyva geniSml ^ 
^e vous avjez ibmies , deviena^nt a peu pres imihlea* 
Yoiis pott^vez ^onc prendre dans ees magasins tout ce 
qui sera necessaire pour approvisionnei* le convoi ^ui 
Ta.partir. - Bokapa&te. 

TouloBy le aiflorealan6(ioinaii798}. 
jiu genital Dugua. 

Vms tDOHTenfftfa-joint^ dtoyen |^eral,f ordrc; qm 
von0 eny£isea au chef de brigade Lucotte ^ ponjr jsi^ 



IM CORRESPONDANCE 

rendre ayec Jes troupes de la demi-Brigade qui 5ont k 
AiX| a Toulon. 

J'emnreae avec' moi les trois compagnies dc cara- 
blniers fie la septieme .demi-*^rigade* Je ferai aussi ve- 
nir le reste de la. demi-brigade , lorsqu elle aera rem.- 
placee J j'ecris a Paris pour cela. / 

Je vous prie de les faire rapprbcher , en les tenmit , 
aoit i|. XQulonrou a Marseille , afia qu'elles soient m 
portee* BonAPAaTs. 

:.• • • V. ^ -— — — 

Toalon., le ai flor^al an 6 ( lo nai 1798). 

-Auginiral Dugua. 

Je voiis prie, mon cher general, de faire mettre 
Tembargo sur tous les b&timens qui sont dans le port 
de M arseiUe. Aucuf^ ne pourra sortir , a moins que ce 
ne soil un bkiment pour Texpedition y que cinq )oars 
apres le depart de Tescadre. 

Je vous prie aussi de faire ramassei* a Marseille , a 
)a petite pointy du soir , tou5 les matelota' qui peuveat 
I'y trouver ^t d^ les eavoyer a Toulon. ' . 



ToQlon » le ai florM an 9 ( 10 iim» i79S'}« - 

'Au commandant des armes h Toulon^ 

Je vous piie , gitojen general , de donner les ordrea 
pour qu'il ne sorte aucun b^timeht de Toulon , a dater 
d'aujburdhui, jusqu'a dix joiiis apres le depart de 
Tescadte, BowAPAaxB. " 



^ _' INEDITE/ • i« 

TonlonV Ic I a Aortal an 6 ( 10 iipiii 1 798 ). 

'Au gSnSral Descdx. 

h svis a Toulon, mon cher geaeral , depuis hier. 

La division du general Regnier est partie hier au 
soir dc Marseille , je racitends a chacpie instant de la 
rade de Tonlon., Je pajPtiraisur-le- champ pour ^Uer 
ii la rencontre du general Baraguey d'Hilliers, et de tt 
passer entre Pile d'Elbe et la Ck)rse , faisant route vers 
la Siciie et la Sardaigne. Nous vpus enverions pr^ve- 
nir par un aviso , afin que yous veniez nous joindre. " 

H faut done que vous soyez en rade , embarques , 
afin qu'au premier jour vous puissiez mettre a la voile. 
Si vous avez des avisos a votre disposition , vous pou- 
vez cnvoyer rcconnaltre. Si le temps est bon, il est 
probable que le ^8 qu le 29 , nous passerons a vqtM 
hauteur. Vous ne rccevrez cette lettre que le 27 ; ainsi 
vous n'aurez guere que vingt-^uatre heures pour vous 

preparer. , , 

Tout le monde est rendu ici , et votre colonic de 
savans est en tres-bonnes dispositions. 

BoirAPAB.R. 



ToDl<m» te %i floreal an 6( 10 nuu 1798). 

A Vorixmnateur Nafoc^ 

Je vous prie , citoyen ordonnateur , de vouloir hied 
feire solder aux officiers subalternes , tarit de marine 
que dc terre /embarques sur TeSscadre , ou sur le convoi 



tas CORRESPONDANCE 

k la smVt de I'^scadre, 3 Uv. par jour , pour la table*^ 
II suf&ra que vous fassiez les fonds pour quatre decades. 

BONAPA&TE. . 
Tonloo^ le aa flov&l mi 6 (i i mti r7^). 

i^ vous prie , jnon cher general , de faire partir dans 
la matinee de demain jpour Toulon , si le vent est bon y 
cinq batimens neutres y soit danois , soit suedois , es- 
pagnols., etc. ; vous mettrez a bord de chaque batiment 
uue gamison suffisante pour ^tre sur que ces latimeiis 
Mortis djB Marseille, arrivent aToulon , et si vous avez 
im aviso ou uue cbaloupe canonniere y vous les ferez 
escorter. 

Vous prendrez les plus gros batimens possible ; cela 
doit servir a embarquer des troupes. 

U y a a Marseille cinq ou six batimens que Tordon- 
nateur Lcroy avait fretes. Sll y en avait un ou deux 
^ui (ussent prets , faites-les partir de suite. 

BON^PAKTE. 



Tonloni^ le a3 Horeal an 6 ( la mai 1798}. 
Ordre. 



En vertu die I'autorisation qu'il a recue du Direo- 
jtoine e&equ^if '9 le general en chef ordqnne :^ 

Ai^. I*'. Les deu|L vaisseauiK venitiens qui $ontea 
tfi vmix^i-d daos U port de Toulon , si^rgot armes 



mois de vitrres. ^ 

et pcetes a partir pour la in^nve 4f oqve^ njraAt egaler 
mmt pour 4e^f mokf 4e vm^s. S;|ir lead^Kix v«ii«seaiix 
et syr les d^ii|c t&^at^ i Vw embarqio^ra les A&tdatK 
4ui seroot readus au 4«I>$t le i^o pwfM > ^i» peik 
ealculer sur uajop^ier d'b^s^Ki^rt) ^f&ra 4e ^^ ap^ 
provisicumiir pour uo moisde^ivr^s^t ^ingt jctw^d'eau. ' 

3. U sera arnia extrajordinairie^ai^t douae; avi$P^ bons 
▼oiliers, portant au moins uoe piecjB de 8 , ^i comr 
mmiisiS par de Jbons officiers , po^r jservir, a la commu- 
9ication de rexpediiioja, II devra eu pariir au- ip<^s 
deux fois par d&ade. Ou enabarijjiiera dessus , Je c^ur* 
rier ordiaaw* de l'ar»ee, et de* oii^ms el soldals> 
autaot 4{ue Lq b^iflnem pourra ea.j^ter. 

4. Les batimeas freies a Marseiile , recevront wdrf 
fie ^ readi^ k Teuloa. lU. seroBt approvisioaoes pour 
▼ingt jours d'eaiji et teeitfe jpufs de tivjes. Vott em- 
barquera deswis , le reslant de rartillerie , les habil- 
lemeas , le vin et les-«old^ ^i pourraieat arriver. 
On doit calculer sur un millier d'hommes , indepen- 
damment de 1,000 autres qui se trouverout»au dep6t 
pour le 20 prairiaJ. Les troupea de^ passage seront ega- 
lementapprovisionnees pour un mois de "vivres et Tuigt 
|o«i^ dleau. 

5. La fregate la Badine va xecewoir ordfQ.de H 
Mndse a Toulou , ^t escortera «e amYoi ^ qui dieia-a <tre 
pvdtik pafftir d» to am5 prairiaL Je lemettrai uae in^ 
tructioa particuliere au commandant de ia&adi»^i 



i4 CORRESPONSANCE 

p^ir h-|»6ute cp^aie devra tenir et le lieu oA il devrn 

86 rendre avec ledit convoi. 

6. Il y au#a a Toulon uncoihmissaire des guerres qui 
BUPa les ordres de Pordonnateur Sucy , potrr tons )xk 
obf et8 qui derront iire embarques , un oCGcier d'ar^ 
tillerie qui aura W ordres du general Dommattin, et 
enfin un general ou' un ofificier superieur commandant 
les depdts, qui aura les ordres de Tetat-major. Cestroi^ 
per^dnnes ont ordre de-i^oir souvent Fordonhateur de 
la marine^ et de prendre ses ordres pour tous les ob]et& 
qui doivent ^tre embarques. 

7. 'En partant / je laisserai deux avisos: Le premier 
partita quarante*huit heures* apres Tescadre ; il j)or- 
tera le courrier de I'armee, s'il est arrive, les officierfe 
ou les savans qui sont en retard ; et le second panira 
soiiante-dou2e 'heures apres le premier! II escbrtera un 
bfttiment portant 60 guides', s'ils sont arrives le 29. II 
.est done indispensable que I'ordonnateur te procure uA. 
bfttiment pour porter ces 60 guides. 

Bo VAPAEIV^ * 



Toulon , le a3 flor^al an 6 ( i a. nud 1798)^ 
Lrrfu citqyen Najac. 

Le depart de I'escadre est invariablement £xe dans- 
la nuit du'24 au a5. 

II est indispensable que le eonvoi soit en grande rade 
d^ns la matinee de demain. J'ai, enpartaatj trois choseft 
a voQs recomjnander: - 



INEDITE* . ,^^5 

.1% Be pie^aire passer , avec.la plu${rrffiide celerite j 
^ }es courriers qui m'amvent de Paris. 

, . a*". De faire executer, avec la plus grande exactiti|de 
Tordce ci*-joint. ', 

3<>. De faire terminer de suite la corvette et de mt 
TeuYoyer , nous en aurons le plus grand besoio. 

Bonaparte, 

Toulon , le 34 floreal an 6 ( 1 3 mai 1 798 }. 

Promotion. 

'' En consequence de Pautorisation Speciale que j'en al 
recue du Directoire execirtif , et voulant reconnaitre les 
^services que les citoyens Jean Villeneuve, capitaine de 
Vaisseau; Guillaume- Francois Bourde, capitaine de 
fregate ; Pierre-Philippfe AUimont , lieutenant de vais- 
seau; Serial , aspirant de premiere classe, out rendus 
depuis quinze mois sur Tescadre qui etaitattachee a 

* Tarmee dltalie , dans le golfe Adriatique : je nomnie le 
citoyen Villeneuve , ckef de division ; les citoyens 

' Baurde, capitame'de vaisseau; Altimont, capitaine dt 
fregate J et Serval, enseigne de vaisseau. 

Bonaparte. ' 



TouloQ , h a4 Aortal an 6 ( 1 3 mal 1 798 ). 

A radminisiration rnwiicipak de Toulon. 

Jedpnne le^ordres, citoyens administrateurs , pour 

^ ique la.partie de la garde nationale qui sera requise 

pour fake le service ^ sjoit payee conformement aux lois^ 



126 ' CORRESPONliANCE 

I'ai ceptodant poanru a une Pigmentation de garnison. 
Dans tons les cas^ la republiqne ne doit avoir auct^nd 
tollicitud6| les babitans de Toulon ay ant touj^mn 
donne des preures de leur attachement a la liberty. ' 

BoSAPA&TE. 



Toulon, \e ^ florval an 6 (t3 mat 1798). 

A radnunistration centnde du Vat. 

Je vous remercie^ citoyens administrateurs , de la 
deputation que vous m'avez envoyee, et des chosea 
extremement flatteuses qu'elle m'a dites de votre part 

L'operatioa que nous allons entreprendre, sera q^e^* 
cialeinent avantageuse a votre departement et a celui 
des Bouches^du^Rhdne. II y aura une grande activite 
sur les routes et dans les postes , qui soot absolument 
desorgaaisees. Je vous prie de prendre des naesures 
pour reorganiser ce service essentiel , itfin i^^ les cour^ 
f iers et autres officiei^s portant des ordres , puissent alle^ 
a Paris et en revenir facilement. 

Croyez au desir quej'aui-ai toujours de meriter. T-es* 
time de mes concitoyens, BoNAPAaxE. 



Toulon, .e I } floreal an 6 ( 3 mai 1 798). 

Ordre* 

Ordonne que tons les maltres , contre-maltres , ma- 
telots, novices, ouvriers de I'arsenal qui out ete mis 
€n serreillance par ordre du gouvemement , seront em* 
Jwques et repartis sur rescadw. - Bowapahte. 



INEDITK. ivf 

Totdon 9 le a 7 flor&il an 6 ( 1 6 nUat i ^^^ ). 
Au vice-roi de Sardaigne. 

/'envois ) monsieur, a Cagliari, poitf y r&ider eik 
quaKte de coisul, le citoyen Augier officitr de marine. 

Je vous prie de le reconnaltre en cctte qualite, et 
d'agireer 1^ s^fttimeiis d'estime et de consideration que 
fai poar vous. Bojtafarte. 

Toatbn , l« d7 fibr^al Ao 6 ( t6 tkak 1796 ). 

Au citojren Au^giefj consul if, Caglian. 

Vous vous rendrez, citoyen, a Cagliari, enqualite 
de consul, vous remettrei la lettre ci-jointe au vice- 
loi de Satdaigne bu st celui qui en fait les fonctions. 

Vous inferi'og^ez tons les batimeus pour avoir des 
nouvelles des Anglais , et si vous appreniez qu'ils out 
mouiUe dans la Mediterranee , vous expedieriez un 
batiment que vous fr^teriez, a la suite de Tamiral 
Brueys , pour Ten informer, 

Vous dirigerez ce b&timent du dote de Malte; 

BOHAFA&TE* 



ToaloQ , le 39 flor^al an 6 ( 1 8 mat 1 798 }. 

A rordonnateur JYafac. 

Le service de I'expedition qui va avoir lieu a exige, 
de la part des principaux employes de radministration , 
des efforts oii ils ont ete a meme de faire connakr^ leur 
tele pour la prosp^rite des armes de la republique. 



,a8 CORRESPONDANCE 

Jc vous prie de temoigacr aux directcurs dcs constmc-* 
tions , dc rartillerie du port , au citoyen Cuviller , com- 
missaire des approvisionnemens, et en general a tons les 
contrdleurSy commissaires et sous-commissaires , une 
satisfaction particuiiere sur leurs services dans cette 
circonstance essentielle. 

Je vqus autorise a noinmer a la place de.chef des 
mouv6men$ les citoyens Aycard et Girpudreux; a. la 
place de commissaire de premiere classe les citoyens 
Bugerin^ Pijeon et Gobert; a celle de deuxieme classe 
le citoyen Desanit; a elever au grade de commissaires 
de la marine les citoyens Gasquet, Giraud, Franque- 
ville , Galopin et Bellanger *, a la place de sous-commis- 
saires les citoyen? Nicolas et Rey qui remplissent les 
fonctions de sous-commissaires a la Ciotat ; a la place 
de commis principal le citoyen Gappel , etdecommis 
en deuxieme le citoyen Ollivault. Bowapartb, 



Toalon, le 29 floreal an 6 ( )8 mai 1 798 }. 

Bonaparte /general enclief, ordonne : 

Art. !•'. Toutmarin qui, etant embarque, aura 
rest^ a terre apres le depart de I'armee navale, sera 
ti-aduit en prison jusqu'au depart d'un bl^iiment de 
guerre quelconque, a I'effet de rejoindrc celui dont il a 
deserte. 

2. Tout maltre cliarge qui aura manque le depart , 
sera casse et reduit a la basse paye de deuxieme maltre. 

3, Les maltres non charges subiront la m^mepuniticm* 



iNEDltE. ' 127 

4. L^s d^tixiitti^ hkittre^ de tdtiie dlkks^ ki Us 66nti e- 
ibflSlreff de ht tttkxu^ift^j teitii H t^ri> httdtit mi^ a la 
Baisc payc de <[nirUct-inaitre oii Stiid6 Ae Uiir profes- 
Aion *i^spectiv6. 

5. UA iides cK: ioilt^ chs^ ei kh qttattiers-iiiaitres 
^Meurs it^td t^dtritsr i Ik psi^^ dt idattltiU a Viiigt- 
sept sdrUd. 

6. l>s idatcSorfs flfe pr^ifer^ ^ dfitiiiifrtt^ classe, 
^gtfthtteat des^tedi'S, descehaf-dnt hi U ]^d[y6 de ^oiize 
sot«, ceuix ie trdisiirird fet qasltrtttti^ 6tt§s6 ^efbhf re- 
iaiH \ cetk d^ iiortic^ , a hiiit ^dn^. 

7. Dans attculti cd^, Ids ofEders, Matinidrisi ^i ma-^ 
telots y qui auroat siibi les r^dttctioas pr^scrites par les 
articUs fifrfcidcnS, nc po^trtfftt 6ti*i reint%r& dans 
leurs gtitd^ primitifs que pdr iiti dVsliic^Ment prbgfesslf 
d'une paje a I'autre et de six mois en six mois, sur la 
demande motivee des couimandans de leurs vaisseaux, 
qui certifieront leur exactitude et leur bonne conduite. 

d. Les flttestfllion)^6 idftkdie n'llui^iit d*6 rh^^t que 
sur la signature de la tm\otii4 i^^ fnf^mbres composant 
\e conseil de saiubrite navale. 11 est defendu formellemen^ 
aux commissaires de marine preposes aux details des 
armemeiils, dTen admettre d'autres, sous leur responsa- 
ftilite p6rsonheue. 

9. II sera etabli garnison cbez tou^es' les fafnilles dei 
Sarins eiuDarques qui seront f estes a t^rrc apres le de- 
part de rarmee } ei les gai^nisaires n'eh serout ref ires que 
lors^ue ces^deserteurs se seront presentes kii bureau des 
^rmemens pour y recevoir une nouvelle destinatioii. 

lo. Dans It temps que Tarme^ navale de la repu- 



1 3o CORRESPONDANCE 

Blique, de concert avec Tarmee de terre, se prepare a 
relever la gloire de la marine francaise , les marins , dans 
le cas de servir et qui restent chez eux, meritent d'etre 
traites sans aucun menagement. Avant de sevir contre 
eux , le general en chef leur ordonne de se rendre a 
bord de la deuxieme'flottille qui est en armement, Ceux 
qui J quinze jours apres la publication du present ordre, 
ne se serbnt pas fait inscrire pour faire partie dudit 
armement , seront regardes comme d^s lliches. En con- 
sequence I'ordonnateur de la marine leur fera signifier 
individuellement Tordrede se rendre au port de Toulon , 
et si, cinq jours apres , ils n*ont point comparu , il seront 
traites comme des deserteurs. 

L'ordonnateur de la marine tiendra la main a Texe- 
cution du present reglement. Bonafarte. 



Toulon, le 39 floreal an 6 ( iS mai 1 798). 

Reglement pour la repression des delits commis a bord 
de Fapnee navale. 

Vu que les lois exisUntes sur lamaniere deproceder 
aux jugemens des delits miUtaires , n'ont pas prevu le 
cas ou se trouve Tarmee par sa composition actuelle ; 
qu'il est juste et urgent que les troupes de terre et de 
mer , les soldats, matelols et autres employes a la suite 
de Tannee , reunis sur les vaisseaux , n^ soient pas , pour 
le meme delit, soumis a des lois differentes , soit pour 
la procedure, soit pour la forme des jugcmehs^ ordonne : 

Aax. !•'. La loidu i3 bntoaire an 5, qui regl^ la 



INEDITE. i3i 

icnaniere de proceder aux jugemens militaires, S6i*a 
ponctuellement et exclusivement suivie a bord des 
Taisseaux composant Tarmee savale. ■ 

. 2. Cha({U€ vaisseau ou fregate sera considere commc 
une division militaire. 

. 3. U y aura en consequence', par chaque vaisseau da 
fregate , un conseil de guerre compose de sept membres, 
pris dans les grades designes par Tar tide 2 de la loi du 
1 3 brumaire, ou dans les grades correspondans de 
Tarmee de nier. 

4- Les membres du conseil de guerre , le rapporteur 
et Tofficler charge des fonctions de commissaire du 
pouvoir executif, seront hommes par le coatre-ajQira;!, 
dans diaque division de I'armee navale; eh cas d'eud* 
pecbement legitime de quelqu'un de cos membres ^ il 
sera pourvu a s6n remplacement par le commandant du 
vaisseau. 

5. Adefaut d'officier dans quelqu'un des grades de- 
signes par I'art 2 de la loi du 1 3 brumaire , ou des grades- 
correspondans dans* la marine, il y sera suppleepar 
des officier du rang immediatement inferieur. 
. 6.' Les jugemeos prononces par le conseil de guerre 
seront sujets a revision. 

. 9. U sera etabli a cet effet , a bord de chaque vais- 
seau ou fregate de I'armee navale , un conseil permanent 
de revision 9 dans la forme indiquee par la loi du 18 
vendemiaire an 6. 

• 8. Ce conseil sera compose de cinq membres du grade 
desigtie en Tarticle 21 de ladite loi, ou du grade cor- 
respondant dans la marine ; et a defaut d'officiers supe- 

9- 



a% CORRfe^ONDANCE 

i4«tfr5^ i) y ^$t sifp^^ ffimi qvfH est dit kfutk^ $^ 

^r b fonfiatioti du GOilMit degtitar^. 

9. En cas d'annubtioti An \vtgcikeat p* U e&ta^ 

&txe jiige de nouveau par-devant k edaedl d!e'gM«e 4§ 
xA t^ttt vftiMtt^ ctu^it d^igMttf r O 6dki«tii de gudxe 
reffiptka deB-l<m les fMclioiilsf 6t tfurt^ tofum ks imi^ 
Imtioiis ^u d^ilemcf cbMtfii <k gtt^fihref itMi pjt Tartkitf 
^ de te lei dtr f 8* tefidi^laife bA&s 

10. Les fonctions du commissaire du ptatoir #1^ 
ditff'sierdiit fempKctf pftr utr Mlaiiiissam d*e$<aBM}re bu 
priir ilff c€maA^mT% etimttMetiv des ^ertes f et y > leisr 
d^uf , pair uii sMtrcotamlsmre de mai-ine M'cotmfiiSK 
aafbe erdiinabe des pjietfe». 

It. Ltismm&ikiaM deFana^ ifttval^ ooiiimw ki; 
tfembi^ du coiiseil peMMnent de tension. En «s 
d'emp^chementd'aucuade sesmembres, il ser»pentePti» 
k sen rett]^aGeiDie!it potf le eotfiittMdaQi du tidsseau a 
biH^d da^uet le eonseil devtai ae temr. 

Id. Les deKta comiiiis aur te» Mtitiiefts det fiMtts|MOl#f 
et autresy fitiSiiQt parCiedu contt^i, sevoif filgi^d ptfr I# 
<k)itt!eil de guerre du vuisaeau 6^ fregaf e aoti& te cem- 
mandement desquels ils se trouverMt nayigtstt". E««a« 
d'empechetiienl, les prlveftiia S€l^6ti4 tftis^aui^ ^^^ sr le 
CH5 Festigfe , pew £tre |ug^ a» p«Mder ifie«lfUtige oik k 
lu premiere eceasion^faivetffblev 

i3. Les peines portees par la loi du ^1 bi^Dhaife aifr 
5f utotammeM eelles» contre la d^rtien, s<iiitspp&»J]^Iea 
ma marios, et ir^iprdquemenf eellea port^s par la loi 
iA 22 ao6l 1790 sont dfclar^a coiUiui^aasetioiq^ 



I 

jqVEDITE. iM 

poD prevps pa^ I9 loji du ai brnmaire. 

dc revision , )e c^? epliwit , toui individu^ fykwt^ 
prde d€ rarro.ec d^^a^re i^de wer, #t jiutp^s eiyibar^piiQS 
sur ies vaisseiQip^. BoVi^^PAii^iri:. 

Le 04npml4fi4*¥iHm9 chefde Tetat-major general. 

Alex. BE&xaism. 



Aa f»M|i«r-f«oerai h G^nes , le a6 floreal all 6 
( iSmai 1798). 

Au g^nSral Bonaparte. 

Je yotis ai pj^ve^^ dans ma demiibrie lelUre » mp» 9^ 
i^I , que 1^ poovoji m^tt^ a M voile le a3 de ce ^w., 
et en effet il y «ftl: mi? ^ si f dans la mi.it du ^% 44 a3 , U 
)ae^XAt elev^d^ vents viplexi^ d)i sud e(4ii sud-e^t, 
con^us daiis ee pay^ ^qus ]^ qo^ de Bi^io^ ^esquels n'om 
pas cesse juscfu'a c^ mojo^e^t ^% Qot ^mp^n^hp tpnit vai;i«- 
seau de sortir d^ qe pprt. 

La, mer e^t excessiyeivepit baute et bouleuse : eUe 
forme a Teatree de )a i^de une banre qu*on m peuil 
frapchlr par wcuns moyens coanus^ TeUe est du vmn^ 
ropinionducapitaioe de la fr^egate et de tons ies mariv 
de ce jport, tpie j^ aV c^si de consuker chaqite jour , 
et a Tavis de^quels |'ai ete contcaiat d^6biw> Je «AMa 
desespere de oe retard ^% m^ perdrai pas un moqiepit de^ 
^ue la mtf m^' jugee pratiicable. J'ai p^a ofit effat 1^ 
pil^jippCj^ti^r Je piw W>MiS de pe port, p^ h eapir 



i34 COllRESPONDANCE 

taine dc la fregale , pour saisir le premier instant favo- 
rable. Quoique Lien malade depuis mon arrivee ici et 
force de garder lelit, j'espereetre assez fort pour ne pas 
^tre conlraint de riester-a teire; mais il me faut poiir 
■vaincre ces obstacles, le desir qui m'anime de reppndre 
a laconfiiancc que vous m'avez temoignee. 

Bakaguet d'Hilliers. 



Au qoariier-geo^al h Civita-Vecchia , le 4 prairial an 6 
(aSmai 179B). 

Au general Bonaparte. 

J'etais inquiet , general , de ne recevoir aucunede yob 
nouvelles ; chaque jour , j'attendais Taviso que vous 
m'aVez annonce devoir m*apporter I'ordre de mettre a la 
voile ; mais les vents d'est qui oftt souffle ici , comme a 
Toulon , m'ont fait penser qu'ils ne vous permettaient 
pas de sortir de larade. Je crains meme que des vents du 
nord qui se sont fait sentir la nuit du a au 3 de ce mois , 
avec line plus grande violence encore , n'aient mis 
quelque derangement dans la marche de Tescadre , si 
vous etes en mer. Au surplus, je suis pret a vous re- 
joindre, ilne me Teste qu'a recevoir vos derniers ordrer 
que j 'attends avec impatience. 

Conformement a votre lettre du 29 du moi dernier, 
que je viens de recevoir , j'ordorine au brick Vj^lerte, 
I'un des meilleurs marcheurs de mes petits batimens de 
guerre , d'ailler croiserentre la Corse et llle d'Elbe : fe, 
lui prescrit d'intenroger tousles batimens qui viendraieiH 



INEDITE. i35 

dii levant ou d'Espagne^afin de cotmaltre les mouvemens 
de la Mediten^ee ; il en tiendra journal , et aussitdt 
qu'il veira paraitre l-escadre , il fera voile sur vous , pour 
yous remettre cette lettre , vous faire un rapport de la 
Groisiere et prendre yos ordres. 

Je n*ai rien appris de nouveaii sur Tapparition des 
Anglais dans la 'Mediterranee. Suivant une lettre de 
rambassadeur Garat et les renseignemens qu'il a pris a 
Kaples, ilparatt que tout ce qu'on avait annonce sur cette 
apparition , se trouve sans fondement. IVeanmoins , il est 
toujours bon de faire des dispositions pour s'eclairer. * 
S'il etait au pouvoir de lliomme de commands aux 
vents, croyez, mon general , que vous seriez bien vite a 
ma hauteur; car je suis dans la plus vive impatience de 
me reunir a vous, et surtout dans iin pays ou, sons vos 
auspices , nous pourrons'tant ajouter a la gloire et aux 
triomphes de la republique 

Desaix. 



G^nes, Je 5 prairial an 6 ( ^4 mai 1 798 }. 

j4u general Bonaparte. 

La republique ligurienne est en guerre avec le Pie- 
mont ; la republique cisalpine s'apprete probablement 
a se meler de la qiierelle : nous, nous prendroris le 
parti que notre gouvernement ordonnera. II est sur 
que le roi de Sardaigne s'est compromis envers nous , 
en ne repondant pas a une note que lui avait remise 
Ginguene, et en attaquant les Liguriens, qui avaient 
bien quel^ues petits torts envers lui , mais pour la rfr» 



i5^ CORRC^PONDANCE 

' gueur , celle de Seltz est sf pouyelU , et oi^ fi#i| h p«ii' 
dp quoi U 9'y agU , guVui o^ pcuf pine voir la touraure 
^i^'^lle prendra , et i9qpeadaiu , yq^s , T^Ute de V%tmfiit 
dlti^Jie e| f)^ gejo^ux , aUei oi^ n^ ^t o^^. Jl est s^ 
gue les Apglai^ vof^ su^rfsnt de trfi«-pr$&* You^ o'ele$ 
pa$ , j^eureuses^ent, facile^ deponnig^ y c^r, 91 vom 
avie? la o^oitie 4^ inqHietiid^B qi^e yoq^ jum^ i^l^sh 

SoxiH , nmdstre de la rip^hUtprnfrongaise 
h G6nei. 



Aq qnartiei'g^ral desttcs de la Ms^delaioe, le 7 prairuj an 6^ 
(36 imi i798>« 

u^u giairai Bonaparte. 

Jfarriye a la Madelaine ; j'ai pnrdu le moins de temps 
possible depnis votre ordre recu. Je n^ai pu amener ni 
Cologne mobile ^ ni compagnie franche. J'ai donne des 
ordresi avant de partir, pour que, cel^.soit ra$semble 
au plus vlte^ et que les moye^s d'eml^arcatipu j^pieut 
prepares. 

Les trois cpmpaguies de carabinlers de la vip|;t-t|r9i-r 
sieme qui etaieut a Bastia , a Corte et a ^jaocio , se^ont 
rqunies le 1 1 ou le 12. D'apres ce que.j'ai ordonpe, cll|» 
seroBt pretes, |e Tesp^re^ a embarquer au prem^ prdjr^<^ 



IMEDITE. i37 

Lcs forces ^ spnt m i ^nX k pnn pries de a,5ao 
lioiiunes, et une comp^goi^ ii^ canomilers. 

Npus n>vons point de cappos , les affiits des pieces 
de 3, de Bastia, sont hors de service, et deux des 
pieces de 4 > d'Ajaccio , sont dans le meme etat. 

VauboiS. 



Aa qnartier-gi6i^al de 1^ de la Madelaiiie » le S pnirul an 
(aymai 1798), 

^u gSneraf Bonaparte^ 

Voila le septieme jour , mon general y que je me 
tfonye df^u? gett^ fade , s^as v^cf^ok aucun^ noiivelle. 
J'oi ei^ Ji'hoiifiieiir 4e v.QU$ eprire le jpiir ipejpp de mon 
Vriyef # JW I? ^ofvette qw,? opjy^ piroqs eavoyie a 
Totre rencbp^re f et ^Qs^ite par h voie d'Ajaccio. 
J'lgppr^ f i fn^ let^s Ypu^ $evoQt pjirirppfies. Je vous 
rendais compte , dans ma derniere , qu'un cutter avec 
pavilion stnglais j s'etant presente dans ces parages , je 
le fis poursuivre par le brick et Taviso qui escortent le 
convoi , et qui dans pen de temps parvinrent a serrer 
ce cutter sur la cdte de Sardaigne oil il fut oblige 
d'oclbwer. Le^ oftpilaines du bride et de Taviso , afpres 
^ ^vair fS9 We ee qu'il^ pm^nt^ , le hr&lerent. CXi pn^ 
tend qu'i} jr a des corsaires dans ce$ parages , mais je 
n'en sais rien de positif. On dit que parmi le peufdck 
sar4e f une g^aodepartie desire tes Francais , et d'autrea 
desirent el litt^adept les Anglais ; m^e its font oourir 
le ^uit qu^une division de vingt-sept vaisseaux an«» 
glius ^ tvouve daii3 U Meditenranee, ce que je m crois 



i38 CORRESPONDANCE 

pas. JTattends avec impatience vos ordres, ct j'esperf; 
Ics reccvoir bient6t de vive voix. 

Gasalta , general de brigade, . 



Glaes y le 8 praktalaa 6 ( 37 mai 1798]. 

jiu general Bonaparte^^ 

J'ai recu ce matin , mon general , une lettre du ge- 
neral Desaix , en date du 5. II attendait votre ordre qiii 
Ini sera parTenu liier au soir. II etait pret a mettre a la 
▼oile* 

Je vous renouvelle la prierc de m'indiquer le lieu ou 
jcdois vous adresser les batimens qui vous porteront 
les depdts , et de vouloir bien me faire fournir les moyens 
de satisfaire aux depenses que vous ordonnez. 

Belleville , consul frangais a Genes. 



Tonlon , le i«'. pr«irial an 6 (so mai 1 798 \ 

Au general Bonaparte. 

Votre lettre , en date du 4 ? ni'est parvenue avant- 
liier suf les sept heures du soir par I'aviso le Chasseur. 

J'ai aussitot expedie votre courrier pour sa desti- 
jiation. , . ' I 

II ne tiendra pas a mo! que Texpedition n'ait lieu tres^- 
prompt ement vj^espere pouvoirla faire partir vers le aa 
de ce mois ; G*est aux chefs charges des differens ser-* 
vices ressortissantau departement dela guerre , a i^e- 



tNEDITE. i3o. 

eiiter-a cet egard. Jeleur ai remis a tons le nambre des 
batimens cjii'iU m'oot dit leur ^tre necessarres. Les ob- 
j€ls d'appFOvisionntimens qu'ils attendent ne sont point 
encore tous arrives , il eii est de m^ine des troupes doat 
on ne m'a jusqu'a ce moment remis Tetat que de 3oo 
environ. * ..'.., 

Deja la corvette la Fauuette , un des quatre* bati'- ♦ 
mens dont vous avezdesire que Tarmement eut lieu, 
esl.a Hnstant d'etre pr^te. EUe escortera le convoi. La 
fregate la Boudeuse awra son tour ensuite t croyez , 
general , que tous les moyens possibles de vous donncr 
satisfaction sur tout ce que vous avez desire ^ seront. 
employes par moi ; mais , je le repete , il faut que les 
chefs des differens services apporlent le plus d'activite 
que faire se pouiTa dans leurs services respectifs. 

Najag , ordormateur de la Marine. 

^ • 

P. «S. Plusieurs batimens du convoi de Genes ont^ 
relache aux lies d'Hieres , sousrescorte de deux galcr.e3, . 
quelques-uns meme sont restes a Nice, ayant besoia de 
reparations. Deux avisos partent dans la journee , de 
la rade de Toulon , pour les, joindre, les escorter et 
les rallier a I'armee. Donnez ordre , citoyen general , 
aux avisos de revenir prpmptement. 



Bastia, le i6 prairial an 6 ( 4 [oin 1798 ). 

Au general Bonaparte. 

J'ai.irc^u avjec votre arrete qui.m'a eteexpedie par le:- 
general Berthier, concemant I'organisation des corps 



i4o CORRESPONDANCE 

d'infantedie l^erecors^ » Toidni? 4e Ukt mtl^ « Ui^ 
hcirte tous }e$ Genois qui m^ ^nvydfmt '« boi^ 4«i torfs 

cet ocdi^ De na'euat ppinr^v^u q^e qi^p^ j^msi iiprM b 
depart ^ ^Qrsakes , fi 9'fti fAi le fftiiv iBfttre a eui^ 
pution. J'ai ecrit sur-Ie*champ aux commandanfi' ^ 
divers porM 4e isette ik d^ «« c«>iifoFf!W a foue cfniie , 
daas 1^ 4:a§ pu pes eoreaiiia^ jimi^nt raUcker dans «ii 
4es fQvUf ^ j'ai iieaoQiOMi$ , mt9mt mm Is mandait 
le igeneral Befthiex^ epY^ye m difoeiaife de la vqpu** 
l^ljqu^ Ugun«9fve , f^opie 4# '^otre ordra , iipi neadang 
poiQjple e^ m^fnetemp^ 4e9 mpti^s fttiin*«niplob«ttitde 
m^y ^Qpfpiliier et 4^ v^m^n^ qw^ |e pnsnaia a oec eg^. 

7'ai ifi\j^f]^\^ px^'U-^imVfi las ovdsBs a^oossaina 
a la for^^tiojn 4^ i^pi^ d'mSmim% ligere ccwse , j V 
ecrit au general LafpQ % p^ j^ijcj , ^t je I'engage a y 
porter la plus grande attention , dans le departement da 
Liamoae oii il commande. J'en ai prevenu Tadministra- 
tion du Golo y qui n'avait encore rien recu de vous ^ cet 
egsurdy je leur ai comtnuniqii^ vos intentions, ils set 
sent ttnpreasrfs d'y defercr , et ont fait a llnstant unc 
{Mrodaination pour stimuler les kabitans de ce depar- 
tenient. Je lie puis connaltre encore le resiiltat , mais , 
a ce que je puis croire ^ nous eprouverons beaucoup de 
difficultes pour parvenk au eomplet de ces corps ; vous 
n'en ignores pas la'qause ; 9&jmda moins persuade du 
zele et des soins que j^appoxt^raji a fi^ire executer vos 
ordres. 

J-ai ecrit missi auconfmissakeoidonaaCevrpourlui 
erdonner de faire preparer sur les divers paifita de ras- 



Dans les cas ou des corpsd^ dlKdti^s^^tfr^ s'<rrgto}^e]^ft?ent^ 
je maiBfUd absolfioMnt -^ %6m te^ qtA f€m t<mmir a 
kHirkabilktamisi et a lent BLmmtimki ; It^ f^^^y coHriod 
Toa& le savez , sont absolument rides , il ne resl^ phis 
qa*e&virM 8o>6oo &v ^sfonAs filfhsfpour I'^tpMiiim , 
SQB lesqiMb ft iaud»fl pte^di« fioi&f pripair^v U^ tAxyiftts 
d^mb&iMpKiaeui ei pd^i^Voif k 1^ $»Wi^iiftce. le vaii 
mire au diFieotcittr d« YsnilUtie^ h ftMm poitr faire 
pas^ei^ des arm^B. Qtta«t k rbabillem^t ^ jid se^ Sais* h q^xi 
nfadbessar fK)«f «ilf kvoh. A, moi^ aMv66 iei y f ai fait 
part a;a miuistfef de la g«eti?e^ d« ht ^itiie^im d^ils b- 
^elle je m« troutais ^ ett lui reiidfihif ^tfatpi^ ^€ tons 
les services allaient manquer £aut^ d^ t6ii&.^ 

Le» trois Odiipslgni^s <le corsrimiilto d^ la tidgt^troi* 
siextate doiveDt s'eml>af^€9P dettiaid riiaftib , fiou^ se reib- 
dre a Port^V^tchio , gomme le porte I'ordre du general 
Berthier. Ambert > general de division. 



Aa qnarticr-general de Multe, le a5 prairial an-G 

Ai*. t*'. L^s dWyeti* BtrfhbHet, fe tmix6\tiix it 
I'artiiec , ^ tin Cfcmimis iix poyeur eitleVetcttrt Pdr , rar-* 
^t et le» pi^rres pr^ieusdls qui s^ trouTCnt d^s 
Tegfee de St.-Jeaa , et autres endrotts^ dependant 9t 
Tordre de Malte, Pargenterie des dttter^s et ctefief H 
grand-ottiltire* - 



i4a GORRESPONDANCE 

. 2. lis feront fondre dans la journee de demain tout 
Tor en lingots , pour £tre transporte dans .la cause du 
payeur a la suite de Tarmee. 

3. lis feront un inventaire de toutes les pieires pre- 
cieui^es qui seront mises sous le scelU dans la caisse ^e 
Tarmee. 

4* Us vendront pour i^So a 3oo,ooo fr. d'argenterie 
a des negocians du pays pour de la monnaie d'or et d'ar- 
gent^ qui sera egalement remise dims la caisse de Tarmee. 

5. Le reste de Targenterie sera remis dans la caisse 
du payeur, qui la laissera a la monnaie de Malte, 
pour etre fabriquee , et I'argent remis an payeur de la 
division , pour la subsistance de cette division. On spe- 
cifiera ce que cela doit produire , afin que le payeur 
puisse en etre comptable. 

,, 6. lis laisseront , tant a Teglise St.-Jean qu'aux autres 
eglises , ce qui sera necessaire pour Texercice du cuke. 

BoKAPAliTE. 



Aq qaartier-g^o^ral k Make, le a5 prairial an 6 
(iSjuia 1798). 

uiu citojren Garat , nUnistre , a Naples. 

Je vous envoie, citoyen ministre, un courrier que 
j'expedie a Paris. Je vous prie de lui fournir les passe- 
ports necessaires , et de Texpedier en toute diligence. 
. Je vous prie de donner a la cour de Naples une 
cminaissance pure et simple de Toccupation de Make 
par les troupes francaises , et de la souverainete et pro- 
priete que nous venons d'y acquerir. Vous devez ea 



INEDITE. 143 

m^me temps faire connaitre a S. M. le rol des Deux- 
Siciles , que nous comptons conserver les meraes re- 
lations que par le passe pour notre approvisionnemcut, 
et que si elle eu agissalt avec nous autrement qu^elle eQ 
agissait avec Malte , cela ne serait rien moins qu'amical. 

Quant a la suzerainete que le rbyaume de Sicilfe a 
sur Make , nous ne devons pas nous y refuser , toutes 
les fois que Naples reconnaitra la suzerainete de la re- 
publique romalne. 

Je.m'arrete ici deux jours pour faire ^e Peau , apres 
lesquels je pars pour I'Orient. 

Je ne sais pas si vo'us resterez encore long-temps a 
Naples, je vousprie deme faire connaitre ce que vous 
comptez faire , et de me donner , le plus souvent que 
vous pourrez , des nouvelles de TEurope. 

Vous connaissez Testime et la consideration particu- 
Uere que j'ai pour vous. Bonaparte. 

P. «S. Pour epargner le temps , je mets ma lettre au 
Directoire , sous cachet volant, vous pourrez en prendre 
connaissance. 

Aa qaartier-g^neral de Malte, le a5 prairial an 6 
(13^01796). 

Bonaparte, general en chef, ordonne: 
, Art. I". Les chevaliers qui n'etaient pas profes et 
qui se.seraient maries a |ilalte i 
, 2. Les chevaliers qui auraient des possessions parti- 
culieres dans I'lle de Malte ; 

3. Ceux qui auraient etabli des manufactures ou de» 
maisons d^. commerce ; 



i44 CORRESPOND ANCE 

4. Eiifia , ceux conipris aans la liste ci-joi Ate , connus 
fiv les sentlmens qu'ils oat poor la republiq[ae, seront 
regafdes comme citoyens de Make et pourront j rester 
faDtqu'ils desireront. lis seront exceptes de rordreddxme 

aujourdltui. fioHAPA&Ts. 

•ill' "i-i 

Ad ^sYtiler-^l^ii^nit (Te Mafttf , 1^ a; pnuiaX an 6 

Jliuc Commissaires du gouvememeiut S Cor&yre, 
ItJuU/ud, e'ipfSi le depariement de ta mer £gee. 

Je vous previens , citoyensi que le pavilloR de 1« Tfi^ 
publique flotle sur tons les forts de Malte^ et qiw Tor- 
dre de l^aint-Jean de Jerusalem est detruil. 

Je vous instt^irai mcessamment de la direetioa que 
prendra rarmee. 

Apprenez armx habitans de votre departement ce que 
nous faisons dans ce moment-ci ; ils en tireront tout Fa- 
vantage. 

N'oubliez'aussi aucun moyen de le faire connaltre a 
tous les Grecs de la Morce et des autres pays. 

Bonaparte. 



Ao qnnitier-gen^ral de Mahe,le 37 pratrial anf 6 
( iSjuin 1798). 

jiux Consuls de Tufiis, Tripoli et Algsr. 

Je vous J>r6viea^, titoyens, que PaMee de fe tepil- 
l)lique est en possession depots deux jours de ta vilte et 
dcsd^ux ties de Matte el dtiGoro. Le pavifcri tricotore 
flotte sur tous les forts. 



inedhe. t45 

Tous voudrez Bien, citoyen, fairepart deladestruc-' 
tiOQ de Tordre de Malte et de cctte nouvelle possessioa 
de la republique au bey, pres duqiiel vous vous trou- 
vez, et lui faire cozmaitre que, desormais, 11 doit res- 
pecter les Maltais, puisqu'ils se trouvent sixjets de la 
France. 

Je vous pcie aussi de lui demander qu^il mette en li- 
berie les differens esclaves maltais qu^il avait; j'aidonne 
Fordre pour que Ton mlt en liberte plus de a,ooo es* 
claves barbaresques et turcs , que I'ordre de Saint-Jean 
de Jerusalem tenait aux galeres. v 

Laissez entrevoir au bey que la puissance qui a pris 
Malte en deu^ on trois jours, serait dans le cas de le 
punir, s'il s'ecartait un moment des egards qu'il doit a 
la republique. Bonaparte. 

Ao qaartier-geo^ral k Malte, le 27 prairial an 6 
(i5 join 1798). 

jiu genSral Chabot. 

Nous sommes entres, citoyen general, depuis trois 
jours dans Malte. La republique vient, par la, d'acque- 
rir line place aussi forte que favorablement situee pour 
le commerce. 

Les habitans des trois departemens qui composent 
votre division , doivent en tirer un^avantage tout parti- 
Gulier. Annoncez-leur cette bonne nouvelle* 

Je.laisse le. general Vaubois pour commander ici. Voua 
pourrez correspondre avec lui pour ^0U3 les objets dont 
vott3 poorriez avoir besoin* 

XGTFTB. I. 10 



,46 CORRESPONDANCE 

Votre division fait partie dc Tannee que jc commande. 
Je voiis prie de in*envoycr par le brick Petal dc situation 
exacte devos troupes, de votre marine, de vos magasins , 
soit d'artillerie, soitde vivres. 

Faite&*moi connaltre aussi cc qui est du a la troupe, 
et s'il vous serait possible de pouvoir vous procurer des 
inatelots, d'armer en flute le vaisseau etla fregate qui 
sont k Corfou, et de me les cnvojer dans Tendiwt que 
je vous designerai. 

Je vous prie d'expedier k notre ministre a Constanti- 
nople , la nouvelle de Toccupation deMalte par Tarmee 
fran^aise , et de la destruction de Tordre de St .-Jean de 
Jerusalem. Annoncez egalement cette nouvelle a Ali- 
Pacba, au pacha de Scutari et au pacha de la Morfe. 

Je desire que vous n'envoycza Ginstantiuople qu*un 
bateau de commerce. Le chebeck le lortunatus a ordre 
de venir joindre Tarmee : faites-le accompagner par un 
de vos meilleurs bricks , afin que je puisse vous le ren- 
voyer avec de nouvcaux ordres. 

Mettez-vous en mesure contre I'attaque des Turcs. II 
est inutile que vous fassiez connaltre la destination que 
prend Tarmee. Bozr aparte. 

A faord de la Serieaae, le 21 prairial aa 
(gjoin 1798). 

* Au ginSral Bonaparte. 

IVapres les instructions que ]*ai re9ue8, du chef de 
Tetat-major general, je doispresumer que les troupes de 
h division que je commande ne sont point destinees 
a rester dans Make ; en consequence , il'est de mon de^ 
voir de 4rappelei: a votjpe souvenir Tetatde ^nation des 



INEMTE. 47 

vivresetdes fourrages embar^ues, afin qiie vous puis- 
siez faire suppleer au denuement prochaia qu'elles res- 
sentiraient, si leurnavigation iilterieure devait etre d'une 
certaine duree. 

£a effet, il a ete embarque a Genes du biscuit pour 
cinquaote jours. Je vous en ai explique precedemment 
les raisoDs : de la morue pour cinquante jours; du fro* 
mage pour cinquante jours, des ^alaisons , liquides , vi- 
vres et {purrages poiu: soixante jours. 

La consommation en a commence le 7 floreal dernier y 
et doit hre calculee jusqu'au ^f\. prairial ; a cette epo- 
que, it nc restera done , en supposant meme, ce qui est 
impossible , qu'il n'y ait aucun dechet dans le mesurage, 
les accidens et les avaries , dn biscuit que pour deux 
jours , du fromage que pour deux jours, de la morue 
que pour deux jours, des salaisons > liquides et autres 
vivres et fourrages que pout douze jours. 
Je dois vous informer que je suis instruit : 
I • . Qu^une partie du biscuit a ete avarice , parcequ'elle 
a ete fabriquee et ensachee trop precipitamment ; 

a". Qu'une partie de lliuile a coule par le vice des 
toaneaux ; 

3*. Qu'une plurtie du boeuf sale est alteree ; 
4**. Qu'une partie du vin a coule par divers accidens } 
5"*. Qu'une grande partie des fourrages a ete dispersee 
par le vent, ou galee par les vagues , parce que le peu de 
capacite des batimens a force de les embarquer sur les 
ponts. Get expose fidele vous mettraa-meme d'appre- 
cier 1^ mesures que reclame la destination ulterieuve 
des troupes de la division. Bakaguet d'Hilliers. * 

10. 



t^ CORRESPONDANCE 

A bord de la Scrieote, le Is pnuial an C 
( lo juin 1798}. 

jiu gdnered Bonaparte. 

TdLi llionneur de vons informer qMj conformemeaf 
it yo8 ocdres y mon general , les troupes de la divisioa se 
8ont emparees dans le jx>uraiit de la joumee, de toutes 
iesbatteriesy forts et postes qtii eaveloppent et defendent 
ks cales Saint-Paul etMellea. Les troupes maltaises out 
defendu les divers postes qu'elles occupaient , autant 
^'elles Tont pu , mais tout a cede a Teusemble des dis- 
positions que les trois colonnes dans ksquelles j'avais 
divise les troupes de debarquement , out executees avec 
autant d'audace que d'intelligence ; nous n'avons eu 
personne tue ou blesse ; un soldat maltais et un oheva* 
Her ont ete tues. Nous avons fait i5o prisonuiers, dont 
trois chevaliers, lesquelss(mt tous francais. Je vous les 
adresse en vous prevenant qu'ils paraissent instruits^ 
mais affectent beaucoup de discretion. Je pense nean- 
moins qu'un peu de terreur les fera parler , si on les in- 
terroge isolement ; il n'y a que deux jours qu'ils sont 
bors de la pbce. Leurs noms sont : Saint- Simon ^ 
Daudinier et Bizier. Quant aux soldats prisonniers, 
comme ils etaient tous de la milice du pays, j'ai cm 
utile de les renvoyer dans leurs villages respectifs, 
^charges de paroles de paix pour leurs concitoyens, et 
penetres de la gen^osite francaise. 

Les forts et batteries pris sont armes d*environ cin- 
^uaaie pieces de canon et asses J>iea approvisioanes ea 



INEDITE. 1^9 

mmfdons dt guerre. Les troupes mattresses de tous Ie» 
forts places entre le ruisseau qui tombe dans la cak 
Saint-Paul et le rivage cpii regarde Pfle de Gqre , out 
pris position sur les hauteurs en aTant de ce ruisseau ; 
c'est ainsi que j'attendrai ros ordres ulterieurs*^ U y i^ 
«miron 9000 bomaies a terre..Le pay^nWfre aucune- 
ressource pour k bois et une tre&'giande penurie d'eav, 
parce que les ruisseaux qui deb9ttchent dans les caler 
Saint-Paul et Melka sur b carte, n'arrivent point ea 
•ffet jusquJai k mer^ mais ae d^orgent dans des citemes' 
ekignees du rivage , et ou U me paralt extremement diC- 
ficik de I'aller puisar; eependant je donnerai des ordres- 
demain pour quequelques biitimens'/m fassent-yessai; 
s'il reussit,. ce dont jedoute, je ne t;ous iuqportunerai 
plus de mes observations ; dans le eas contraire , je voua. 
prierai^ de m'indiqtter un autve endtoit pour fairt de^ 
Teau y avec k eelerite que vous me prescrivez. 

Le porteur de cette lettre est charge de vousrtmettve^ 
Icois pavilions maltais qui out ete enleves dans les forts*. 



A bord de POijent, fie a»|«rttrial an 6< 
(i« 11110^1798}. 



Au g^iral Bonaparte^ 

Hue p»ait que les chevaliers font les retifs, et 
^oique j'imagine bien que ce ne soit qu un feu de 
paille, il vous faudra peut-etre de rartillerie et, ua. 
wppkmaU; de troupes pour Teteindre*. 



i5o CORRESPONDANCE 

ITous serions plus a m£me de faire tous ies debarqne- 
mens, que vous croiriez necessaires, en tnouillant sur 
la c6te. D'un autre c6te , il serait utile que Ies vais^ 
seaux fussent sous voiles, pour menacer continuelle*- 
ment de forcer Tentree du port. 

Je pense que le mieux serait de faire mouiUer le con- 
voi daas Ies anses dont yous serez maltre, ainsi que Ies 
Yais3eauxy firegates Y^nitiennes, Ies bombardes et cha- 
loupes cadonnieres, et que Tannee, ainsi que Ies fr^ates, 
restassent sous voiles, pour se porter sur tous Ies points 
et faire surveiller le dehors. 

Veuillez bien me domier tos ordres sur le tout. Je 
me tiendrai le plaspres de terre possible, et la nuit, 
on me reconnaitra par mes trois feux de poupe et mon 
feu de buae« 

Je vous prie de renvoyer a I'escadre quelques bati- 
mens a xames, aussitdt que cela vous sera possible; 
alors nous armerons nos dialoupes avec leurs canons, 
la cdte sera,parfaitement g«rdee, et lea canots peuvent 
4tre utiles pour tircr uii^ vaisseau d'embarras et entre- 
tenir avec la terre une communication active. 

Brvets. 

Paris f le a3 germinal an 6 ( la mai 1 798}. 

jiu general Bonaparte. 

Un courrier extraordinaire m'apprend^e vous etiez 
k 9 par le travers des ties de la Madelaine, et je recois 
en mSme temps de Toulon le rapport d'un patron de 
Cagliari qui a vu ftux ilel^ St-Pierre le 8 de ee mois, 



INEDITE. i5i 

trois vaisseaux de ligne anglais. Ces vaisseaux s^an- 
noDcalent pour faire partie d'uhe escadre de quarante 
voiles qui croisait sui' la Sicile> et dont lis avaient ete 
separes par un coup de vent violent. L'un d'eux avail 
perdu tous ses mkts. 

D'apres ce rapport, et d'autres moins precis , il ne 
peu plus y avoir de doute sur la presence de Tennemi 
dans la Mediterranee. II ne reste d'incertitude que sur 
sa force et sa position. 

L« coup de vent qui a separe de leur corps d'armee 
les trois vaisseaux vus aux iles St.-Pierre, pent avoir 
cause dans Fescadre angkise d'autres separations et 
d'autnes ravages. Peut-etre aussi les vaisseaux enneinis 
sont-ils parvenus a se rallier. 

Dans cet etat de choses, citoyen general, le depart 
de Toulon, de I'expddition destinee a accroitre vos 
forces et vos ressources , le depart des vaisseaux veni- 
tiens qui devaient y etre armes et de ceux qui sont a 
Anc6ne, dont vous avez ordonne I'annement par votre 
lettre du 8 , au oitoyea Najac ^ a du donner des inquie- 
tudes a cet ordonnateur; il m'a expedie un courrier le 
1 8, etin^aprie de diriger sa conduite dans cette occur- 
rence. Pai lu sa lettre au Directoire executif , et j'ai 
pris ses ordre§ a cet egard. ^ 

Le Directoire a pensecomme moi, qu'il etait impos- 
siLle de determiner ici les operations a executer a Tou- 
lon. La marche des evenemens est trop rapide, les ins- 
tans trop precieux, les communications trop lentes, et 
ron perdrait a consulter le temps qu'il faudrait em- 
ployer a agir. 



k5» CORRESPQNDANCE 

II a done ete pris des mesures pour completter sttr* 
le-champ tes 5,i25,ooo fr. que I'ordonnateur demande 
pour obtemperer a toutes vos injonctions. Je vous ai 
instniit par ma lettre du so , que, sur cette somme , il 
avait deja ete mis a sa disposition celle de a,4oo>ooo fr. 

J'ai ecrit a cet ordonnateur et au commandant des 
armes, qu'ils eussent a activer les armemens, a faire 
effectuer les chargemens, a pousser enfin toutes les op^- 
rations avec la m^me aideur et la mSme securite que si 
Fennemi ne leur causait aucune inquietuda. Je leur ai 
prescrit de mettre tout sous le plus bref delai y en etat 
departir, d^armer, de frSter de petits batimens, des 
corsaires, des tartanes pour leur servir d'eclairieurs et 
vous porter a vous-mlme des avis utiles, sans deranger 
Pordre des communications que vous avez etabli. 
Je leur ai fait connaltre les principaux points des ins- 
tructions qu'ils doivent donner aux commandans de 
ces mouches. J'ai fini par leur enjoindre , au nom du 
Directoire , de n'^attendre aucun ordre emane d'ici , pour 
ordonner le depart, et de se determiner a cette mesure 
au premier moment ou toutes tes probabilites les con- 
vaincraient qu^elle doit avoir lieu. Uintention fotmelle 
du Directoire, ai-je dit a rordonnateur, est qu^aucun 
des ordres du general en cbef ne soit contrarie que par 
des circonstances impossibles a vaincre. 

J'ai ajoute a ces dispositions ^ Findication de celled 
qui m'ont pani necessaires dans les cas ou vous series 
force de relacher sur quelqtte point ou vous auriez be- 
soin de vivres. J'ai prescrit en consequence a Fordon- 
nateur de se tenir pret a vous secourir et de iaSs^- 



INEDITE. i5S 

cli^rg^ quelques transports, les meilleurs voiliers, de 
farine, de biscuit, desakisoa «t d'eaurde^vie. Je lui 
ai en outre recommande de pourvc)ir surabondamment 
Je Tivres les bAtimensde guerre qu'il doit yous expedier. 
• Gomme marin et comme Francais, croyez, citoyeu 
general, que je m'interesse bien Tivement a vos desti- 
nees. Voas etes en ce moment Tobjet de tons les vceux, 
de tomes les soUioitudes An Directoire et de son ml- 
nistre. Brdix , nunistre de la marine. 



Gore, ]e a3 prairial an 6 ( 1 1 jain 1 798}* 

udfif general Bonaparte. 

" Votrc aide-de-camp a dA vous apprendre qu'hier, 
lors du debarquement, les habitans de Gore s'y sont 
opposes^-et ont commisles premieres hostilites; j'ai dA 
deployer plus de forces que }e ne comptais d'abord. 
•Apres le depart devotre aide-de-camp, j'aimarche sur 
la cit^ de Chambray et le chJiteaudeGore; beaucoup 
d'babitans s'etaient enfermes dans le fort de Chambray 
avec leurs bestiaux. Je leur ai fait savoir que nous res^ 
pecterions leurs proprietes et leur culte , s'ils n'oppo- 
saient pas une resistance inutile, et lis ont laisse eotrer 
nos troupes dans le fort ; comme ils ne pouvaient plus 
baisser le pont levis, ils ont jete des planches et des 
cordes a nos troupes pour les aider a entrer. 

Lorsque nos troupes se sont avancees vers le chateau 
de Gore ,^des habitans sont venus au-devaut d'elles poiu* 
se recommander J ils ont annonce TeTacuation du fort^ 



i54 eORRESPONDANCE 

ct nos troupes j sont entrees. Je n'ai pas encore pa 
savoir si le gouverneur et trois autres chevaliers de 
Malte s'etaient sauves a la cite Qiambray; ils etaient, 
peu de momens avant notre entree , dans le chateau ^ 
et je soupconne qu'ils se sont caches : je les fais ebercher. 

Le coinhat qui a engage noa premieres troupes a 
ipoursuivre les fuyards et m'a force de debarquer plus 
de troupes que je ne comptais, ainsi que la faite des 
hahitans qui ont abandonne leurs maisons , ont occa- 
sione quelques desordres dans les villages ; je m'oc- 
cupe de les reparer et de retablir Une bonne discipline. 
Je fai& rembarquer toutes les troupes , a Texception de 
huit compagnies. 

II me sera bien difficile de me procurer dans cette Ue 
les vivres n^essaires pour.nourrir toute la division en 
vivres frais, et ravitailler le convoi. On ne pourra pas 
avoir de fourrages, car ce pays a ^eaucoup moins de 
ressources qu'on ne me Tannoncait. Je ferai tout ce que 
je pourrai pour accelerer et me procurer ces foumitures.. 

J'attaidiai vos ordres, general , pour me rembarquer. 
Je vous prie de me faire renvoyer un aviso, afin que 
]e pui«6e communiquer avec vous et vous faire mieux 
connaltre la situation morale de ce pays. 

Au qaartier-gen^al de Buckneare , le ^4 prairiai an & 
(laiuin 1798). 

u4u general Bonaparte. 

Le service des subsistances s'organise ; on a trouve 
dnquante quintaux de grains a Cita-Yecchia que Ton 



INEDITE. r m i55 

utilise. II sera difficile cependant de se passer des res- 
sources du bord, par le defaat demoyens qu'of&e ce 
pays. 

Ce matin y on conimence retablissemjsntaCita-Vec- 
chia pour trois cents malades ; aussitdt que Desgenettes 
y aura assure ses dispositions, il se rendra a la partie 
de I'Est, pour y etaUir un autre h6pital. 

Je lais reunir dans un pare , tous les bestiaux que les 
paysans ont abandonn^s ; il y a deja un grand depdt. 

Les syndics des commune$ organisent des moyens 
de transport. Je ferai payer les habitans pour retablir 
la confiance. 

On est a la recherche des moyens de completter Tap- 
provisionnement des fourrages. Suct. 



A bord da Franklin , lo a5 pnirial ao 6 ( i S jiun.i 798}. 
Augenircd Bonaparte. 

Je m'empresse, citoyen general , de vous feliciter de 
la conquSte importante que vous venez de faire a la 
republique. Mais moi, puis^je me £3iiciter d'avoir ete 
un temoin aussi passif d'un eirenement si extraordinaire? 

Je charge mon aide-de-camp de prendre vos ordres 
relativement aux savans et artistes, a bord du Fraiicklin^ 
qui desirent ardemment de voir la ville de Make, ainsi 
que plusieurs of ficiers qui aiu:aient besoin de quelqiies 
provisions : veuillez avoir la bonte de me communiquer 
^os intentions a ce sujet. Klebeiu 



iS • CORRESPONDAMGE 

Toalon , le a5 prairial aa d ( 1 3 juin 1 7987. 
Au general Bonaparte, 

Le bridL le Lodiairive de croisiere avec une prise 
mnglaise de trois a quatre mille quintaux de ble de Sar- 
daigue. 

II rapporte avoir en connaissance pendant le cours de 
sa navigation, de plusieors voiles ennemies dont il n'a 
pQ bien exactement distinguer le nombre. 

Si Ton se rapportait aux bruits exageres qui circulent , 
3I parattrait que les Anglais seraient en force superieure 
dans nos xners ; qu'une deleurs divisions croiserait entre 
le cap Bon et Malte ; une autre entre la Sicile et la Sar- 
daigne, et une troisieme enfin sur nos edtes*^ 

Ces bruits ne sont pas absolument deniies de fMide- 
meut ; mais jusqu^a present nous n'avons de connaissance 
exacle que decette demiere escadre. EUe a paru avant* 
bier a douze lieues au large de nos cdtes, faisant route 
vers Test : elle est forte de douze vaisseaux ^ deux fr^ates^ 
et un brick : elle a etereconmie par \in bateau.de poste 
d'Ajaccio et ayant a son bord un gfficier de Kiarine qui 
assure avoir pa^faitement distingue les Mtimens qui la 
composent. Le brick m^me lui a donne chasse, xnais 
dans la nuit , il I'a perdu de vue, et bier matin il est 
ibeureusement arrive. 

Cette nouvelle coincide avec celle que je rccois da 
commandant d'Oneille , portaut que onze vaisseaux an-' 
glais sont entres dans la Mediterranee, le la "prairial^ 
avec plusieurs fregatds et biitimens legers : |e voua> 
remet^^popie de sa lettre. 



IKEDITE. 187 

Tous ces rapports me determi&ent k tous expedier la 
presente par deux bateaux corses bons voiliers; )*en ai 
•onfie les cominandemens a deux capitaines de navire 
doat le direct«ur de^ mouvemeas Roubaud m'a garanti 
les talens et la prudence. 

lis se rendront pres de vous par des routes dilTerentes ; 
Tun tra^ersera les boucbes de Boniface, m reconnaitr« 
la cdte oecideAtale de la Sicile^ il la parcourra jusqu'a 
Gergenti , ou il s'arr^ta pour s'assurer de la marche de 
Tanuee et la rencontrer i Tautre cotoyera Tltalie jusq[u'a 
Messine; il passera le phare/ et prendra les memea 
toforviatioas avaot dialler a la recherche de rarmee. 
J'ose esperer que , par ce moyen et par les precautions 
pises pour tromper la vigilance des croiseurs ennemis, 
nous, parviei^ons k vous ti-ansmettre des nouyellea 
qu'il VQUS importe de ne pas ignorer. 

C^t encore par les m^mes motifs que je viens d'ecrins 
les lettres les plus pressantes a notre ambassadeur a 
Naples et au t^onsul-general Belleville a Gdnes, pour 
leur proposer d'etablir entre nous et Tarmee , par leur 
intermediaire , une correspondance que Teanemi ne 
saurait intercepter, aans le cas ou il continuerait de 
croiser dans nos parages , ce dont j'aurai le plus grand 
soin de vous instruire par toutes les occasions. 

Uapparition de Tescadre anglaise sur nos cotes , meti^ 
obstacle au depart du convoi que j'ai sur rade, pr^t a 
jaettre a la voile : il est compose de vingt-six gros biti* 
mens charges d'artillerie , de munitions de guerre et 
de bouche et d'ustensiles de toutes especes. La corvette 
laFauyettc c^t destinee a lui servk d'escort^ avee 



i58 CORRESPONDANCE 

qelques avisos : elle est egalement enrade etentierement 
aimee. 

La fregate la Boudeuse sortira du port toute ^qiupec 
le 27 au plus tard. On travaille sans relSiche a son 
greement. 

Le vaisseau le Frontin est en armement, ainsi que 
fe Band et le Robert. Le premier portera du a4 et du 
12 , les deux autres plus faibles , n'auront que du 18 et 
duB. 

Je donne tons mes soins a Texecution de vos ordres : 
je presse les levees de marinS; tou j ours leutes a s'ef fectuer; 
je mets sans cesse en usage les rcssources de mon zele 
et de mon experience , pour me procurer des approvision- 
nemens et surtout des chanvi'es dont je suis entierement 
depourvu, 

J^aurai encore, je le prevois, de grandes difficultes' 
a surmonter , mais les fonds qui viennent d'etre mis a 
ma disposition et que j'ai la certitude de recevbir inces- 
»amment, vont rendre ma position bien moins p^nible ; 
apres avoir soutenu par mes promesses la confiance de 
nos creanciers, il me sera bien ponsolant de pouvoir 
cnfin leur tenir parole. Na jac. 

• P. 5. Une lettre du ministre de la marine au com- 
mandant des armes et a moi, nous a donne connais-- 
sance d'une lettre de M. Saavedra a Tambassadeur 
d'Espagne a Paris , dont nous vous adressons aujour- 
d'hui c(^piie en commuu . 

Cette lettre indique seize vaisseaux anglais dans la 
MeditCTranee ; celle de M. de Zangara Ven presenle que 
onze. Quelle que sort la diffei'ence , il nWest pas moins 



INEDITE. iSj 

constant qn'il y a'une forte escadre ainemie dans oes- 
mers, U est done du plus grand interet , citoyea general , 
que vous en soyez prevenu le plus t6t possible. Puissent 
v6s.destiBees etre aussi heureuses que je le desire et ^u« 
jeTespere! 

Malte, le aS praidal an 6 ( i3 juin 1 798 }. 

An general Bonaparte. 

Conformement a vos ordres, je me suis transport^ 
dans les diverses prisons du bagne, pour connaltre les 
differens griefs des hommes sujets du roi de Naples, 
detenus dans les galeres de Malte. 

II ne m'a point ete difficile de les apprendre , puis^ 
€pi'eiix-inSmes se declarent presque tons coupables 
d'assassinats, vols ou autres delits , et pour ce condam- 
nes aux galeres de Naples , pour plusieurs annees. 

Le temps de leur punition sei*ait expire pour un 
grand nombre s'ils etaient restes a Naples j mais la 
terreur panique qu'a inspiree an gouvernement napo^ 
litain la conspiration du chevalier Medicby^ en i^gS, 
oil il avait enrole tous les forcats, decida le roi de 
Naples a se debarrasser d'eux et a en envoyer cinq 
cents aux galeres de Messine et cinq cents aux galeres 
de Malte. 

' II existe en tout dans les galeres et prisons de Malte 
sept cents forcats siciliens et six cents esclaves turcs ou 
barbaresques ; ces hommes meritent de Tattaitioa , et 
beaucoup peuvent etre utilises. Us m'ont demande avec 
iostanice d^ les faire employer comme 'matelots. Leur 



i6o CORRESPONDANCE 

deinande est naturelle , car le lieu ou on les renferme 
est affreux. J*ai donae des ordres pour le rendre plus 
salubre , et pour leur faire foumir les subsbtances qui 
leur manquent. Duput. 

Rabftto, dans llle de Grore , le aS prairial ao 6 
(i6 join 1798). 

Au gdneral Bonaparte. 

Conformement aux ordres que vous m'avez donnes , 
general, j'ai pris possession de llle de Gore, le 22 de 
ce mois. Cette lie etait defendue par des corps de milic6 
composes d'habitans et formes en un raiment de mous- 
quetaires de 800 hommes, un regiment de gardes-cotes 
de 1200 bommes, eten une compagnie de 3oo, dont 3o 
montes , en tout 2,3oo bommes qui etaient repartis 
%av les differens points de la cdte, garnis de forts et 
batteries dans tons les enriroitsdela partie septentrionale 
dellle. 

Afin d'eviter de perdre du monde et de commeltre 
les premieres hostilites en debarquant pres des forts et 
batteries, et pour ne pas exposer les batimens au feu 
des batteries des cotes, j'ai cherche un point qui ne fAt 
pas garde, et eloigne des batteries, et j'ai choisi le Reduna- 
Kibir , entre la tour neuve et la premiere batterie d^ la 
cale deRamla. Dans cet endroit, la cote est tres-escarpee, 
et les habitans la regardaient comme a Tabri de toute 
insulte. JUn passage que les eaux out fait pour s'ecouler 
dans ces rochers qui bordent la cdte, pouvait servir a 
gravir les hauteurs. 



Toute la matinee du an a ete employee a I'aflier le 
€onToi, distribuer des signaux et se rapprocher de la 
cote. La variation des vents et le calme ib'ont beaucoup 
retaide. A une heure apres midi^ j'etais avec XAlcestb 
et le convoi, eloigne de huit k neuf cents toises de la 
c6te ; le calme emp^hait de s'approcher, pour le 
moment, davantage% Presse d'executer le debarquemeht 
et d'arrivep a I'endroit que j'avais choisi , avant que les 
ennemis eussent apercu mon dessein et garni ce point 
de troupes , je fis embarquer des troupes dans tons les 
canots et chaloupes , et je partis de la fregate VAtceste , 
avec la troisieme compagnie de grenadiers de la quatre- 
vingt-cinquieme demi-brigade ; les bombardes VEtoile 
et le Pluuier s'approcherent de terre avec! les chaloupes ; 
aussitdt que les ennemis ont vu la dii*ection qu'elles 
prenaient, ils ont couru de tous cdtes pour garnir les 
hauteurs. Esperant arriver comme eux , j'ai fait forcet 
de rames ; les rochers etaient garnis de pay sans qui ont 
fait pleuvoir une grele de balles sur les chaloupes , lors- 
qu'elles ont eie a portee. 

Le citoyen Bertrand, sergent-major de grenadiers, 
iut tue dans ma chaloupe. Les batteries de Ranila et de 
Terre-Neuve commencerent a tirer. Les chaloupes de ' 
VAlceste ou j^etais avec le general Fugieres , votre aide- 
de-camp Bonaparte, les capitaines du g^nieGeoffroy 
etSabatier, et la troisieme compagnie de grenadiers, 
aborderent les premieres. 

Deux cents hommes gamissaient la crSte des rochcfi^^ 
eleves qui dominent le point ou les chaloupes aborderent/ 
et a chiique moment ce nombre d'hommes augmentait* 

EGTPTE. I. H 



1,6a CORRESPONliANCE 

Nous montlmes aussi vite qu'il etait possible et presque 
Stos tirer , malgre la penu rapide fonuee par des eboole* 
^ mens de terre et de rochecs , malgr^ le feu des eanemis 
qui pbngeait le terrain et lea quartiers de pierre qu*iia 
nous ietaieut. Etoaues cepeodaat de I'audace des gre- 
nadiers qui s'avancaienttoujoun nalgre tous les oh^^ 
tacles, ila prirent la fuite , lorsqu'ils vir^t les premiers 
hommes sur la hauteur. Ce coiobat fut decide dans 
quelques minutes et avant qu'aucune des chakupesqui 
suivaient eut le temps d'arriver \ quelques gr^adiers 
prirent la premiere batterie de Ramla. 

Les bombardes VEtoUe et le Pluvier tirerent fort 
bien et avec succes sur les ennemis et leurs batteries. 

Je fis rassembler les troupes a niesure qu'elles de* 
barquereat sur la hauteur de Redum-Kibir , et lors* 
qu'elles furent reunies, je me mis en marche avec uoe 
partie delaquatre-vingt-ciaqjuieme demi^brigade, pour 
aller a la cite Chambray par Casal-Nadur, afin de m*ein- 
parer de ce fort et de couper la oommunicatioa de Gore 
avec Malte, par le port Migiaro. 

Je £s en meme temps marcher ce qui etait debarque 
^ de la neuvieme demi-brigade par Cazal*Sciara , sur le 
cb&teau de Gore j et mn detachement sur la tour de 
Mazzal-F(N:mio. 

]je fort deChambray etait r^npli d'habitans quivs'j 
etaient refugies avec leurs bestiaux; je leur envoyai une 
proclamation pour les informer de nos intei](tions et les. 
empecher de faire une vaine defense quileur deviendrait 
funeste. Je laissai devaat ce fort trois compagnies pour 
attendreleurrepgose^et je partis pour lechateau deGore. 



^ 



INEDITE. ,65 

Aussitot que Us habitftiis de Babiyto eC da ehaileiu de 
Gixe virent caTiver les troupes frao^ises , ils eavoyirmt 
an devantd'elles pour temoiguer leur soummiou, et 
remettre les defs du chateau. Le gouveraeiar , aipsi qyte 
les autres chevaliers de Make s^etaieot sauves, et les 
troupes fraucaises entrereut le scur dans le chateau. 

La prociamatioa que j'envoyai a Chamhray, fit un 
tres-boo effeti les poBts4evi» eUot brises , les habitaus 
aideient aos troupes a es^er dans le fort^ et retoum^eot 
avec leurs besfiaux daus leurs habttatioos. 

Nous avoBs trouve daus I'ile euvirou cent quaraflte 
pieces de canon , dont quaitiaite-H^natre dans le ch&teau 
de Gore et viugt^eux au fort de Chambray; le i^ste 
dans tes forts, tours et batteries des cotes. On a aussi 
Uouve beauGOup de ftisils et trois magasins de ble. 

Les habitans qui avaient pis les armes n'ayant au- 
cune niarque distinctive et s'etant sauves a notre ap- 
proche , je n^ai pas fait de prisonniers* J'ai pens^ qu'il 
valait mieux les traiter avec douceur pour les engager 
a rentrer dans leurs habitations, et reprendre ieurs 
occupations. Trois de leurs blesses sent a I'hopitaL 

Legouverneuretl^ autres chevaliers deMaltes*etaient 
caches, mais les uns se sont presentes d'eux^menies, 
d'autres ont ete arr^tes. Je les laisse libres dans k Inmrg 
de RabatOy jusqu'a ce qu'on connaisse ie sort des che- 
valiers de Malte. 

J'ai conserve radministration civile et judiciaire de 
rUe, afin d'avoir des autorites auxquelles je pnisfie 
m'adresser pour tons tes besoins des troupes. Chaque 
village a un syndic qui est subordoone a une adminis- 



i64 CORftESPONDANCE 

tratbn centrale qui reside a Rabato, et est composee de 
quatre jurats. Le gouvemeur de llle enetait le ciaquieme 
membre et le president. Je i'ai remplace par un membre 
que j'ai chmsi da^s une liste de.candidats que je me 
su!$ fait presenter par les autres jurats. 

La population de Tile de Gore est de treize a quatorze 
mille ames. Elle est cultivee avec soin, mais son genre 
de culture qui est le coton , presente peu de ressources 
pour la subsistance : elle nepourra pasentierement ravi-» 
tailler les batimens qui transport ent ma division . J'espere 
qu'on aura suffisamment de bestiaux pour nourrir la di- 
vision en viande fraicbe^ pendant qu'elle sera ici« 

On aura difficilement les moutons necessaires pour 
embarquer. Le vin qui etait dans Hie est deja epuise • 
les magasins de ble pourraient suffire pour faire le pain 
et le biscuit qui nous sont necessaires et pour en delivrer 
aux habitans -, mais les combustibles indispensables pour 
chauffer les fours, ^nanquent totalement ; il faudrait 
nous envoyer du bois de Make , et , si on devait relacher 
encore quelques jours, en envoy er cbercber en Sicile ou 
a Lampedouse. 

Nous avons bien de la peine a lious procurer assez dc 
paille et d'ovge , pour approvisionner les batimens qui 
portent les chevaux. 

Les habitans commencent a se rassurer et a voir 
combien notre invasion leur sera avantageuse dans la 
suite. Queiques-uus s^etaient persuades qu'on allait leur 
partager les terres de Tordre de Malte et s'emparaient 
deja des ten:ains qui leur convenaient. J'ai dii arrejter 
cela. L^dre possedimt plusieurs fermes dans cetteile. 



INEDITE. i65 

j'ai fait signifier qu'elles seraient doi'ena^iit domatnes 
nationaux. 

J'attends , general , que vous m'envoyez de xi<;>uveaux 
ordres sur radministration de cettelle, et que vous m^en 
fassiez pariir aus&itdt que le convoi sera ravitaille. 

Retirek. 



Toulon , le a6 prairial an 6 ( i4 i^iQ i79^)* 
Au general Bonapart^. 

Nous nous emjHressons de vous faire parvenir par Ta- 
viso le Chasseur^ un paquet que le ministre de la ma- 
rine vient de nous adresser pour vous. 

Nous avons trouve jointe a la depeche qu'il nou$ a 
ecrite , la copie qu'il nous envoie de la lettre de M. 
Saavedra a I'ambassadeur d'Espagne a Paris. Comme il 
est , citoyen general, d'un grand interet que cette lettre 
vous parvienne sArement et promptement , nous vous 
en expedierons le duplicata, vingt-quatre heure's apres 
le depart du Cluisseur, par deux bateaux-postes qui se 
rendront a Tarmee par des routes opposees. Ujxn passera 
par les bouches de Boniface etdirigera sa route jusqu'a 
Gergenti en Sicile ; la , il s'informera des parages ou se 
trouve la flotte y Tautre cotoyera Tltalie jusqu'au 
pbarede Messine, ou it prendra les memes informations. 

A la nouvelle transmise par le ministre , nous croyons 
devoir ajoiiter celle que renferme une lettre deM.de 
Langara , qui nous a ete communiquee par le comman- 
dant des fregates espagnoles qui sont a Toulo%, et qui 
lui aete apportee avant-bier au soir par un bateau ex- 



iG6 CORRiSPONDANCE 

pedie^ a cet ef£et, de Baicdone. Nous joigiUMiis id la 
copie de cettd lettre. Le nombre des vaisseaux anglais 
gni J est indique, difiere it cdai pi^sent^par la lettre 
de M. Saavedra ; mats il n'en re^te pas moins prouve 
qu'il y a actoellement, A9n$ la Mcditerranee, uue es- 
cadrceDnemie qui dirige sa route vers les points ou elle 
presume queTarmee francaise s'est portee. 

Cette escadre ennemie a et^ vue le a4 ^^ ce mois, a 
douze lieues de aos cotes , faisant route a Test : nous n'en 
avons pas entendu parler depuis ce jour. 

Na JAC et THiTEHARIK 



Toalon , le 97 prairwi •06(17 i^ '79^ )- 

jiu generai Bonaparte. 

Nous vous transmettons copie de la lettre de M, Saa- 
vedra, ministre des finances d'Elspagne, contenant la 
nouvelle de Tapparition da Tescadre anglaise, dans la 
Mediterranee. 

Depuis le 24, nous n^avons eu aucune oonnaissance 
de la direction de cette escadre apercue a douze lieaes 
de nosc6tes, courant a I'estj elle esl composee de douze 
vaisseaux et quelques batimens legers. 

Nous aurons soin de vous tenir exacteaaent informe 
des nouvelles qui nous pamendront jsur les mouvemeos 
de la flottc anglaise. Najag et Theveh a&d. 



INEDITE. i&j 

Copie de lalettre icrUe parM, de Saavedra^a Fam^ 
bassadeurd^Espagne h PariSj en date d*uiranjuez» 
le 3i mm 1798. 

Je profite d*ua courrier ^ue le cito;j^ea ambassadeur 
de la republique fran^aise expedie dans ce moiuoot, pour 
vous informer, et que voua iuformiez sur-le-champ le 
Directoire exicutif que les Anglais, in&tr^its des pre- 
paratifs et de Tescadre qui sortait de Toulon, out fait 
partir^ pour la Mediterranee , $eize gros vaisseaux de 
ceux qu'ils avaient dans TOcean , et qu'ils en ont laisse 
diz-huit devant Cadix) avec quelques fregates, pour 
s'opposer aux projets de noire escadre. Celle-ciafait tons 
le^ moavemens, qu'elle a crus convenables, suivant Pac- 
cord que nousavions faitavecle gouvernementfran^ais^ 
pour {aire penser a ramical anglais qu'elle allait sortir ; , 
mais, malgre cela, lesdits seize Taisseaux sont partis, et il 
en a laisse dix-huit, sacbant que nous n'en avoos que 
vingt en etat de prendre la mer, et ils croycnt cette force, 
suffisante pour pouvoir nous livrer un combat. Nous 
sommes persuades qu'il ne detacbera plus de.vaisseaux, 
et , s'il le faisait, les ndtres sortiront et engageront un 
combat dans lequel nous esperons avoir I'avantage , et 
peut-ltre nous en d^tacberons quelques-uns de ceux 
que nous savons qui ne veulent pas se battre coatre les 
Francis et les Espagnols. Mettez tons ces details, au 
nom da roi, sous les yeux du Directoire, en Tassurant 
des vceux deS, M. pour que Tescadre fran^aise soit ar- 
rivee beureusement a sa destination , et qu'il regarde les 
vaisseaux francais comme les siens, parce que leur sort 
interesse egalemeat les deux nations. 



i68 CORRESPONDANCE 

Make , le q5 prairial ati 6 ( i3 juia 179^^ 

Bonaparte, g&ieral en chef, ordonoe : 

Art. I*'. Tous les pr^tres, religieux ct religieuses de 
^elque ordre que ce soit , qui ne sont pa$ nalifs des Ues 
deMaheet de Gore^ seront te^usd'evacuer Hie, auplus 
tard , dix jours apres la publication du present ordre. 
L'eveque , vu ses qualites pastorales, sera seul excepte 
du present ordre. 

a . Toutes les cares ^ benefices qui , en yertu du present 
ordre , seraient vacans, seront donnes a des naturels des 
lies de Make et de Gore, n'etant pas juste que des 
etrangers jouissient des avantages du pays. 

3. On ne pourra desonnais faire des vceux religieux 
avant. Vkge de trente ans. II est defendu de faire de nou- 
vcaux prStres, jusqu^a ce que les pi^fitres actuellement 
existans, soyent tous employes. 

4* U ne pourra pas y avoir a Malte plus d'un couvait 
de chaque ordre. 

5 . La commission du gouvemement , de concert avec 
Teveque, designera les maisonsoules individus d'ua 
meme ordre doivcnt se reunir. Tous les biens qui de- 
riendraient ioutiles a la subsistance desdits couvens, 
serOnt employes a soulager les pauvres. 

6. Toutes les fondations particulieres, tous les cou- 
vens d'ordre seculier et corporations de penitcns, toutes 
les coUegiales sont supprimes. La cathedrale seule aurft 
quinze chanoines residant a Malte et cinqresidant aCita- 
Vecchia. 

7. U est expressement defendu a tout seculier qui 



IlfEDlMJ. 169 

n'est pas au moins 3ous-diaGr«y cle porter le collet et la 
soutanne. ... 

8. L'eveque smra.teau de kmettre j dix pmrs istprea la 
publication du pieseat ofdre, Tetat despr^tre^ €t lecei^ 
tificat qii'ils sent naturels des lies de Malte et de <7ore^ 
et Tctat de ceux qui , en vertu du presiait ordre, doivcar 
evacuer le teiritoire^ . . . . , . . . : 

Chaqiie chef d'or<he sera tenu de remettre un pareil 
etaj au CQipmissaire d^i gioiiyeraemeot. 

Tout individu ^ui a'auraitpas obtemp^re au present 
oidre, sera condamne a six mois de prison. 

9. La Goi^mi^siop de gouvernement^le commissaire 
pre$elle,le general de^division, sont charges^ chacunen 
ce qui le cppcieme^de V^xecution du present ordre. 

BoNAPA&T£» 



Malte, le a8 prairial an 6 ( 16 jnia 1798). 
A Vordonnateur Najac. 

II y a deja long-temps que vous n'avcz recu de nos' 
nouvelles. Vous devez cependant avoir regu deux avisos 
que je vous ai envoyes. Je n'ai recu de Toulon, depuis 
men depart , que le brick qui est parti quarante-huit 
beures apres nous. 

Apres deux jours de fusillade et de canonnade , nous 
avons obtenu la ville de Make et tous ses forts : nous y 
avons trouve deux vaisseaux de guerre, une fregate , qua- 
tre galeres, quinze a dix-huit cents pieces de canon, 
et quarante mille fusils. 

Diji reste j I'arsenal est fort peu approvisionne. 



170 CORRESPONDANCE 

La SensMcfpxe jeTons^pedie, condutra ramkosft-^ 
deur de la republique a Constantinople. 

I'vspere que ks tTobtti^eaux vimtknsj grfees h 
vos soins y seront k pi^esent en eun, et qoe .toutes les 
troupes restees en am^ , penrrbtit paitir sous kor e»- 
oortel : ' i 

Adressez tout ce qui nous serait d^slin^^ a Midte qui y 
necessairement, doit ftre noire premiere ecbelle. 

Je desirerais que ees Taisseaux prissent sous knr es-* 
eorte , touted- les troupes que le consul de Gdnes a a nous 
envoyer. » 

Je Tous prie d'expedier deux fois par decade, mi aviso 
pour Malte , d'ou il retournera a Toulon : le eommissatrel 
de la marine, qui est a Make, nous expedicra nosconr-* 
riers Ik bik nous serons- Bonaparte. 



MaUc , le 39 pr airtal an 6 ( 1 7 join 1 79^ ). 
yiu citojen La^alette. 

JUjtrth6n4$e^ dtoyen, & ordre de vous faire mouiller 
sar la c6te d'Albanie, pour votis mettre a m^me decon- 
fercr avec AU-Pacha. La lettreci*|ointeque vous devres 
lui remettre, ne contient rien autre cljuose que d'a)outer 
foi a ce que vous lui direa , ct de Tinviter a vous donner 
HA truchemeat siir pour fous eutretenir seal avec lui. 
Vous lui reinettrea vous-mteie ladite lettre> ^n d'etre 
assure qu'il en prenne Iui*mlme lecture, 
^ Apres quoi , vous lui direz que y V€Oant de m'emparer 
de Make , et me trouvaqt dans ces mers avec trente vai&- 



INEDITE. 171 

seaux et So^ooo hommes, j'auvai cle& relations avec lui ^ 
et que je desire savoir si je peux compter sur lui'; que 
je desirerais aussi ^'il eavoy&t pr^ de moi, en Tem- 
barquant sur la fregate, un homme de marque et qui 
e&t sa confiance^ que sur les services qu'il a rendus 
anx Franfai&, et sur sa bravoure et son coui'age , s'il meu 
jnoatie de la Gonfianee et qu'il Teuille me; se(smder; }e' 
peux accroitre de beaucoupsa gloire^et sa destiniee. 

Vous prendrez en general note de tout oe que tous 
dira Ali-Pacha , e^vous vous rembttrquerez sur la firegate 
pour venir me joindre et me rendre compte de tout ce 
que vous aurez fait. 

En passant a Gorfou^ vous direz au general Chabot, 
qu'il nous envoye des batimens charges de bois, et qu'il 
fasse une proclamation aux babitans des differentes lies 
pour qu'ils envoy ent a Tescadre, duvin, d^s raisins 
sees J et qu'ils en seront bien payes. Bokapa&ts. 



M«U« , le 90 prairiil an 6 ( 1 7 jtim 1 798 ). 

A Ali-'Pacha. 

Mon tris^respeetablie Mni , apres vous avoir offert les 
vceux que je fais pour votre prosper ite et la conservation 
de vos jours , j'ai l'hc»meup de vous informer que 
depuis long^tempa je connais Fattachement que vous 
avez pour la r^ublique francaise , ce qui me ferait 
desirer de trouver le mbyen de vpus doUner des preuves 
de Pestiine que je vous porte. L'occasion me paraissant 
aujourdliui favorable , je me suis empresse de vous 



i7» CORRESPONDANCE 

ecrire cette lettre amicale, et j'ai charge un de mes 
&ides-de-*ca8[ip de vous la porter , pour vous la remettre 
eu mains propres. Je Tai charge aussi de vous faire 
certaines ouv^rtures de ma part , et comme il ne sait 
point votre langue , veuillez bieu faire choix d'un inter- 
prete fic^ele et sur poiir.les entretieiis qu'il aura avec. 
Tous. Je vous prie d'ajouter foi a tout ce qu'il vous dira 
de ma part y et d^ me le renvoyer promptement avec une 
repoQse ecrit^e ea tiirq de voti*e propre main. Yeuillez- 
bien agreer mes voeux et Tassurauce de mon sincere 
devouement. BasAPAaTE. 



Make, le 29 pi-airialan6( i^juio 17^)*. 

j4u roi d^Espagne. 

Lot repnhlique francaise a accepte )a mediation de 
de V, M. pour la capitulation de la ville de Make* 

M. Le chevalier d'Amatti , votre resident dans cette 
ville , a su etre a la fois agreable a la republique fran- 
caise et au grand-maitre. Mais par I'occupation du port 
de Make par la republique , la place de M. d^Amatti se 
trouvc supprimee. Je le recommande a Votre Majeste , 
pour qu'elle veuiUe bien ne ;pas Toublier dans la dis- 
tribution de ^es graces. 

Je prie Vatre Majeste de croire aux sentiment d'es* 
time jet a la tres-haute consideration que j^ai pour elle. 

BOZIAPAIITE.. 



INEDITE. 173 

Malt&, le 3o prairial an 6 ( 18 jain 1 798}. 

Bonaparte , general ea chef , ordonne r * 
Art. I*'. Lc general Vaubois fera deporter a Rome, 
sous quarante-huit heures , les consuls d'Aiigleierre et 
de Russie. 

2. Si ces deux consuls sont naturels dn pays , la 
deporfation sera d'une annee , 9u bout de laquelle ils 
pourront rentrer , si la republique francaise n'a pas a se 
piaindre d'eux. Bokaparte. 



A bord dc rOrieni, le 3 mes^idor an 6 ( ai jain 1798). 

Bonaparte , general en chef, ordonne : 

Art. I*'. Tout individu de Tarmee qui aura piUe ou 
viole , sera fusille. 

a. Tout individu de Parmee qui , de son chef, mettra 
des contributions sur les villes , villages , sur les indi- 
vidus, ou commefra* des extqrsions de quelque genre 
que ce soit , sera fusille. 

3. Lorsque des individus d'une division auront com- 
mis du desordre dans une contree, la division entiere 
en sera responsable ; si ^es coupables sont connus , le 
general de division les fera fusilier 3 s^ils sont incon- 
nus , le general de division previendra a I'ordre que 
I'oa ait a iui faire connaitre les coupables , et s'ils resient 
inconnus , il sera retenu , sur le pret de la division , la 
somme necessaire pour indemniser les habitans de la 
perte qu'ils auront soufferte. 

4* Lorsque des individus d'un corps auront commis 



1 74 CORRESPOND ANCE 

du desordre dans une contree , le corps entier en sera 
responsable'; si le chef a connaissaace des coupables , il 
les denoncera au general de division qui les fera fusilier ; 
s'ils sont inconnus , le chef fera battre a Pordre pour 
qu'on les lui fasse connaitre , et s'ils continueat a etre 
inconnus , il sei*a retenu snr lepr^t du corps /la sonune 
necessaire pour indemniser les habitauii de la perte quails 
auront soufferte. n 

5. Aucun individu de Tarmee n'est autmse a faire 
des requisitions ni lever des contributions , que muni 
d'une id'structfon du commissaire ordonnateur en chef, 
en consequence d'un ordre du general en chef. 

6. Dans le cds d'urgence , comme il arrive souvent a 
la guerre , si le 'genial en chef et le commissaire ordon- 
nateur en chef se trouvaient eloignes d'une division , 
le general de division enverra sur-le-champ copie au 
general en chef de Tautorisation qu'il aura donnee , et le 
commissaire des guerres enverra une copie au commis- 
saire ordonnateur en chef des objets qu^il aura requis. 

7. 11 ne pourra etre requis que des choses neces- 
saires aux soldatS; aux h6pitaux y aux transports et a 
larlillerie. 

8. Une fois la requisition frappee > les Objets requis 
doivent etre remis aux agens des differentes adminis- 
trations qui doivent en donner des recus 9 et ea rece- 
voir de ceux a qui il les distribueront , afin d'avoir leur 
oomptabilite en maiiere , en regie. Ainsi y dans aucua 
cas , les of&ciers et soldats ne doivent recevotr directe- 
mem des objets requis. 

Q. Tout Targeut CI malieres d'or et d'argent prove- 



INKDITE. iijS 

2Aiit des rfqsisUibns , des contributions et d^4:out autre 
eveaeiseiit , doit , sous donze hcures , se trouyer dans 
la caisse du payeur de la divisioa , et dans le cas qu^ 
cdtti-cft acil eloigne , il sera verse dans {a eaisse du 
quarUer-maitre du corps. 

10. Dans les places ou il y aura an ootninandaat ^ 
aucune requisition ue pourra ^tre faite saos qu'aupara* 
vaat, le commissaire des guerres n'ait £akit conuatue au 
commaadant de la pkce , en vertu de quel ordre oette 
requisition est frappee ; le commaadasit de la place 
devra suf-le-champ eii instruke l^etat-major general. 

11. Ceax qui contreviendraient aun articles 5 , 69 
7/89 9 et 10 , secont destitues et condagmes a deux 
annees de fers. 

12. Le general en clief ordonne au gene^d ckef de 
Tetat -major, aux genmux , au commissaire-ordonna- 
teur en chef de tenir la main a Texecution du present 
ordre , sou intention n'etant pas que les fonds de Tar- 
mee deviennent le profit de quetques individus , ils doi- 
vent tourner a Tavantage de tous. Bonaparte. 



A bord de I'Oi ienl , le i o mcssidbr an 6 ( a8 join 1 798 ). 

Bonaparte , general en chef, ordonne : 
Art. I*'. L'amiral aUra la partic des ports et cotes 
des pays occiipes pr Tarmee. Tous les reglemens qu'il 
fera , et ordres qu'il donnera , auront letir execution. 

2. Les ports de Malte et d'Alexandrie seront or- 
ganises conformement aux reglemens que fera Tamiral , 
ainsi que ceux de Corfou et de Damietlc. 



176 CORRESPONDANCE 

3. Le citoyea Leroy remplira les fonctions d'ordoii* 
nateur a Alexaadrie ; le citojen Vavasseur ^ ceiles de di^ 
recteur de rartillerie. 

4« Les ageas de ^administration des ports et rades 
des pays occupes par Tarmee , correspondront avcc Tor- 
donnateur Lei-oy de qni ils recevront directement des 
ordres. 

5. Toutes les munitions navales qui seront trouvees 
dans les pays conquis par Tarmee , seront mises dans 
les magasins des ports. 

6. Les classes pour les matelots seront etablies k 
Malte J en Elgypte et dans les lies de la mer lonienne. 

Tons les matelots ayant moins de trente ans, seront 
re(|uis pour Tescadre. 

74 La marine n'aura aucun h6pital particulier , elle 
se servira des hdpitaux de Farmee de terre. 

BoNAPA&TE. 



A bord de I'Orient , le 10 messidor an 6 ( a8 jaia 1 798 ). 

Bonaparte, general en chef, ordonne : 

Art. i^'. II ne sera rien debarque des batimens de 
transports et des convois que sui- Tordre de Tamiral , 
et en consequence des reglemens qu'il fera. 

2. Les blitimens seront reduits au fret de 18 fr. le 
tonneau , par mois , pour ceux de cent tonneaux , et de 
16 fr. pour ceux au-dessus. 

3. Les batimens bors de service , et qui ne seront pas 
juges capables de retourner en Europe , seront evaiues 
et depeces pour le service de Tescadret 



INEDITE. i^j 

4- II sera fait trois etats des batimens du <!onvoi. 

i\ De ceux au-dessus de cent toiineaux. 

2". De ceux au-dessus de deux cents. 

3**. De ceux au dessus. 

On specifiera la nation dont ils sont. 

5. Tous les matelots francais qui sont a bord des ba- 
timens du convoi , seront piis pour la flotte. 

II sera pris des matelots egyptiens pour les conyois. 

6. Tout batiment qui s'en retourhera en Europe , ne 
pourra aVoir que le nombre de matelots qui iui est ne- 
cessaire , de quelque nation qu'il soit. Le surplus sei*g^ 
mis a bord de Tescadre. 

7. Les batimens du convoi , les equipages sont sous 
les ordres de Pamir al. II fera tous les reglemens qu'il 
jugera necessaires pour Je bien de Tarmee. 

' BpNAPAHTE. 



A bord d^rOrienl , le n messidor an 6 ( 39 juin 1 7^8). 

Bonaparte , general en ckef • i 

En consequence de Tautorisation speciale du Dlrec- 
toire executif , et voulant reconnaltre les services du 
cJtoyen Mesnard , commissaire de la marine : 

Le nommecontroleur de la marine pour prendre rang 
avec ceux des grands ports. 

BOKAPAKTE. 



tGTPTE. r. - 12, 



178 CORRESPONDANCE 

TooloD , le 1**. menidor sq 6 ( 19 jaio 179s). 

Au general Bonaparte. 

Voila vlagt-deux fosurs que je sub prive de vos oou- 
y^Ues H de celles de Taniiee. JTe a'ai cesse depub cette 
epoque et depttis I'ioumnt m^nie de voire depart , de 
yous euvoyer aviso sur ayi$o. Celui par leqiiel je yous 
adcesse cette lettre est le diiieme. li yous e^t facile de 
peoser , citoyen general , combiea ce silence m'affecte. 
Du oiomeat ou j'ai su que Tescadre auglaise etait entree 
dans la Mediterranee , quelques variations qu'il y ait eu 
dans lea differeos rapports qui nous out ^te faits a cet 
^rd , j^ me suis emprease de rous en donner con^*. 
naissance. 

Je tacherai de yous faire passer des nouvelles par 
des Mtimens neutres : les oavires piemontais et sardes 
sont les seulsqui puissentm'offrir cette ressource. N'en 
ayant point ici, j'ai ecrit a IN ice pour tiicher de m'ea 
procurer ^ j'ai ecrit egalenent a Fambassad^ur fraofais 
a Kaples et au cons\il Belleville a Genes , pour etablir 
eatre eux et moi une correspoudance au moyen de la« 
quelle vous puissiex , citoyen general , etre informe le 
plus celerement possible^ de tout ce qui peut you9 in- 
teresser ainsi que Tarmee qui est aouj» votre comman- 
dement. 

La seconde expedition est prSte ; mais dans I'etat 
actuel des choses , puis-je la tasarder sous la seule es- 
corte des fregates la Boudcuse et la Fauvette^, . 

Je i^ disposer les trois vaiss^aux venitiens qui sont 



INEDITE. 179 

ici. J'ai ras$emble tout ce cjui pouvait £tre necessaire a 
leur armemeDt , mais ces b&tlraens ont besoin de grandes 
reparations ; il faut Left abattre en ^rSne et les doubler. 
Quoi qu'il en soit, soyez assure , general , que je con- 
duirai cet anneinent avec activity. 

L(St corvette ligurienne ne tardera pas a itve mise a 
l'«au 3 tout son armement se prepare, et rien n^est ni" 
glige pour le conduire a sa perfection. Naiag. 



Mahty U 5 mesiMbr an 6 ( a3 joia 1796 }.^ 
\Mu general Bonaparte, 

ie profite de la premiere occasion pour vous donner 
des nouvelles de Make. Cette He est assez tranquille 
qnoiqu il y ait quelque animosity entre des babitans. 
Ce qui est pour eux un objet de jalousie , c'^st de yoir 
les moindres places dans les mains des ci-devant cheva- 
liers. Je erois qu'on doit les satisfaire pleinement a cp 
sujet y et qu'il faut qu'ils partent a Texceptioa des plus 
liges, de ceux qui se marient, et de deux ou trois qui 
sont patriotes. 

Nous suivons en tous points vos volontes : ce qui me 
paratt le plus pressant d*obtenir , ce sont les approvi- 
sionnemens de siege 1 il y a asse;p de canons , assez de 
mitraille , il ne s'agit que d'ayoir de quoi fournir a-lfi 
isubsistance de tout le monde. Yavboi^. 



12. 



i8o CORRESPONDANCE 

G4ne3f 1c 5 messidor an 6 ( a3 join 1798}. 

Au general Bonaparte. 

LecapitaineSennequier Yousdira queramiral Nelson 
est dans la Mediterranee , avec une flotte qui n'a paru 
que vingt jours apres votre depart de Toulon , quoique 
partie de Gibraltar le 10 fioreal. 

Le nombre des vaisseaux n'est pas precisement connu , 
mais il ne peut 6tre moindre de quinze. L'exageration 
le porte.a viagt-cinq en deux divisions. 

Les Anglais ont paru devant la Corse le ^5 prairial. 
Us etaient le 28 a la hauteur de Naples. Une de leurs 
fregates, /a Terpsichore , a porte a Livourne des de- 
peches au niinistre anglais qui a promis aux Toscans , 
qui Pont cm avec plaisir , que votre flotte serait bientot 
battue. » 

Le pape est dans une chartreuse , aux portes de Flo- 
rence ; il voit souvent le ministre Windham et le Grand- 
Due. Les pro jets de ce triumvirat ne seraient que ridi- 
cules , s'ils n'avaient pas de perfides ramifications , que 
votre absence et celle de Tarmee soii^ vos ordres , ren- 
dent chaque jour plus dangei:euses. 

J'ai remis au capitaine Sennequier une note de tous 
les details venus a ma connaissance , avec mes obser- 
vations sur sa conduite ulterieure , en cherchant a vous 
joindre. 

J'ai recu votre lettre €u 9 prairial ; les batimens , les 
approvisionnemens , 1-artillerie , les depots sont prets ; 
et j'attends les ordres que vous m'avez promis j mais 



INEDITE. i«i 

sans esGorte y et quand des forces aussi superieiures 
nous separent.de vous , ].e ne crois pas devoir hasar* 
der a une perte inevitable des nuUtaires aussi precieux» 

* BeIiLEVILLE. 

Toulon , le 6 messidor an 6 ( a4 jain 1 7918 ). 

jiu general Bonaparte. 

Je vous annonce , mon general , que les vaisseaux 
ennemis etaicbt.Ie 25 prairial dernier au nombre de 
douze , que trois autres ont ete vas <lans le^ sud des? 
lies de la Sardaigne , et qu'enfki il ue paralt pas d'au- 
tres forces anglaises dans cette mer ; sauf les batimens 
rodeurs et corsaires. Th^vekaed. 



ToqIoo, le 8 messidor an 6{^Q jnin i*}^)* 

Au general Bonaparte. 

\- 
Je vous ai fait connaltre^ citoyen general ^ par plu- 
sieurs de mes precedentea l^ttres , que la seconde ex- 
pedition etait prete ; elle est infiniment importante, tant 
par Vespece et le nombre des batimens qui la composent 
qiiepar la nature de leurs cbargemens , je ne dois done 
pas la hasarder legerement. Je dois eviter de la com- 
promettre , lorsque surtout j'ai connaissance de forces 
ennemies considerables existant dans qes mers. Le nomr 
bre des vaisseaux anglais parait etre de seize , dont neuf 
ont ete detaches de I'armec qui fait le blocus de Cadix 
et sept les ont joints dans la Mediterranee. 



igs CORRESPONDANCE 

A ee omvbi |»recieiix d^]k sont reunies U (tegaxe la 
Btmdtuse^ et la eorrett^ la Fauuette^ Sous peii de 
temps^ j^sp^re^ )e p^urrfti y retiDir encore les tmis tais-^ 
seaux v^nitieni , a Tannement desquels je fais travailler 
avec la plus grande activite. 

Sut totis les avisos ^e je toos expedie y je fais mettre 
le plus de marins possible , afin quli I'arrivee de ces 
blitimens a Ts^rmee , irne partie puisse en £tre retiree et 
deveuir par tie moyeh une ressoarce pour vos-vaisseaux. 

Je ne dois pas^ citoyen general ^ vous laisser.ignorer 
nn rapport qui ia'a. ete fait par le pilot^e c6tier du demi*^ 
chebeck le Pierre , jpris le 29 floreal , lendeteflin de sti 
sortie de Toulon, par la frigate anglaise la Ihrpskhore^ 
Cette fregate faisait partie d'une diTision anglaise de 
trois vaisseaux et trois fregates qui croisaita vingt-cinq 
lieues dans le sud du cap Sine ^ et avait pour mission 
d^observer les mouvemens de notre armee sans se faire 
connattre. Cette division a ite s^are^ par un coup de 
vent de N.*0. qui a demate de tons mats le yaisseau 
6ottitnandant. Pen de tetnps apreB cet ouragdti , ver^ le 
jfS prairiki , tihe tecadre anglaise, cbmpoi^i^ de oti^e k 
doti^e vals^^atijt, a pa Vti dans la MMiterranee. Ce ne pent 
^tr'e iint h Hh^mt qui apass^kdouzelieues denos cotes 
et dfef apparttbn aelaquelfe je vous ai rendu compte. 

li^ Jpilot'e c6tier rapporte i^iieles bfetimensquicompo- 
saifehtladit^i^ion jpkr laqufette le bricik le Pfe>-rfeaet^ pris, 
ctaient , eh ^eher^ , iiial armies , que leur mkUre et leur 
^r^fenifeiii etaient 3ans iih trfe^-mauvais etkt , teuts vi\Te5 
et leurs biscuits principalement de la plus mauvais)^ 
qualite : il ajotite que leurs equipages paraissaient bona. 



INEDirE. i85 

BUkis qu'ils n'^taient point complets. J'tt pAife eiloy«» 
general , qu'il vous importait de connaltre ces detail^ 

11* en est un autre dont je dois egalement tous faire. 
part : un ingenieur de la marine arait eie eoToye, ilj a 
deux mois, a Alger, d'apres la demande Csite par le dey 
de cette regaice* Ce dey eat mort depuis. Son succes* 
seur a cru , aana doutf , devoir cKanger lea dispositiqais 
prises par son predecesaeur : cet ingenieur , qui s'iip«- 
pelle Geoffroy , a ete oblige de s'en revenir. Le Mtir 
ment sur lequel il s'est embarque , a ete attaque , le 3a 
prairial , par un corsaire anglais , a trente lieues au sud 
de Marseille. Ce corsaire naviguait sous pavilion fran- 
cais. Le batiment sur lequel naviguait le citoyen Geof- 
froy J etait sous pavilion algerien ; il avail ete acbete a 
Alger par des Napolitains esclaves dans cette regence, 
et qui avaient obtcnu leur libarte. 

Apres €[ue ce corsaire eut pille toist ce qui ft'ait a 
bord , il a laisse le blitimeat algerien suivre sa destina- 
tion. Mais il est un fait a remarquer : les Napolitaias 
n'ont perdu >que leur argent , leijvs hardes ne leur ont 
point ete enlevees. Le citoyen Geoffroy , aa contraire y 
reconnu pour Francais, non-seuleaient a ete pille de 
4out ce qu'il possedait , mais encore a ete depouille de 
ses habits, de sa cbemise m£me, et pea s'en est falla 
qu'il n'ait perdu la vie : tout etait dejk dispose 
pour le pendre, sa mort etait mime reclamee a 
grands oris par les gens qui parlaient francais a bord du 
corsaire , et le citoyen Geoffroy a remarqiie qu'il y en 
avait plusieurs. 11 n'a dd son salut qu'au ministre an. 
I^ais qui i intercede pour lui. Pendant qu^on lui 6tait 



i84 CORRESPONDANCE 

ses vetemens , quatre hommes le tenaient le pistolet siir 
la gorge , et le capitaine du corsaire vetu de runiforme 
de la marine anglaise, le fouillait et le depouillaif lui* 
meme ; c^est une atrocite qui est sans exemple et qui 
erie vengeance. 

Le citoyen Tallien et le general Lanusse partent sur 
I'aviso le Vif, pour vous aller joindre. Rien n'a ete par 
moi neglige pour rendre leur traversee commode. Agreez, 
general , Passurance de mon respect , Najac. 



Naples;, le la messidor an G (3o )uia 1798). 

Au geniral Bonaparte. 

Je vous ai ecrit deux fois, general, le 19 prairial^ 
au moment ou les signauz du cliateau St.-Elme signa- 
lerent une escadre anglaise, je fis partir une speronare, 
je la fis courir apres vous , pour vous porter cette hou- 
velle. Deux ci-devant chevaliers de Make ont voulu se 
rendre dans cette He pour etre admis par vous au traite- 
ment genereuxque vous avezfait a leurs camarades, 
je vous ai ecrit une seconde fois par eux. 

Cette troisieme lettre vous sera portee par un capi- 
taine de Toulon, charge de depeches de France pout 
vous, et qui a ordre de vous. les remettre dans quel- 
que partie de la Mediterranee que vous Soyez. 

Ce capitaine s'est arrete a Naples pour prendre de 
moi les renseignemens que je pourrais lui donner sur 
la flotte francaise et sur Pescadre anglaise. 

Je lui ai dit que . d'apres votre lettre du i6 prairial, 



INEDITE. i85 

paraissait certain quele f8 ou, au plus tard, le 19 an 
matin, vous aviezquitte Malte, pour reprendre voire 
route vers TOrient. 

Je lui ai dit qu'il paraissait egalement certain que 
depuis le 3 ou le 4 messidor, TescadreaDglaise i^tait 
devant Malte. ^ 

Sur ces deux renseignemens, que rien de certain ne 
contredit., le capitaine de Toulon allait combiner et 
continuersa route 5 mais quatre fregates anglaisesetaient 
dans la rade de Naples, plusieurs corsaires anglais ro- 
daient au-dela de Tile de Capree •, nous savions qu'un 
aviso expedie vers vous, et probablement avec les memes 
depeches, avait ete pris par les Anglais : nous avons 
juge necessairequ'il attendit pour se remettre en rout&, 
qu'elle fAt un peu plus libre , ce moment n^a pas tarde ; 
nous esperions aussi que le capitaine que je vous ai ex* 
pedie le 19 prairi^l, amverait bient6t et.nous porte-. 
raient des renseignemens nouveaux sur les lieiix ou sont 
les Francais et les Anglais ; mais ce capitaine ^ parti de 
Naples depuis quinze j ours, ne paralt point encore . Celui 
de Toulon sortira de cette rade ce soir meme. 

Tons les Francais out cru ici que les quatre fregates 
anglaisas dont je vous ai parle, sont venues prendre des 
vivres pour toute Fescadre. Le marquis de Gallo m'a 
proteste , qu'on ne leur avait laisse acheter que ce qui 
etait rigoureusement uecessaire pour les seules quatre 
fregates, et pour me le prouver,il m'a montre Tordre 
sur lequel on avait pu leur fournir deS vivres. L'ordre 
ne passe pas et n'atteint pas meme les.limites de la neur 
tralite : mais le fait n'est-il pas alle au-dela de Tordre ; 



i86 - CORRESPONDANCE 

«'e3t ce que je crois , sans k savoir pourtaot. L^iofta^ce 
•oglaise domine ici , die y domiDerait bien davantage, 
si le roi et-le marquis de Gallo ne la combattaieDt. Ce'- 
pendaat, depuis qu'on a su Bonaparte dans la MW* 
terranee et a Malte, la police de cette ville a plus effi- 
cacement protege las Francais. I^es levees de troupes 
qui ont ete faites dans ce royaume et oelles qu'bn y fait 
encore, ne prouvent pas qu'on veuilte la guen«, raais 
qu'on la craint horriblement. Si la preponderance que 
la republique francaise doit prendre ict , en eloignait 
Acton et la femme d'Hamilton^ ce pays-<ti, sans y faire 
d'autres cbangemens, seraitextremement utile krexeeu- 
tion de tous vos projets dans la Mediterranee. U ne 
xn'efit pas ete impossible, je crois, d*obtenir Teloigne* 
mentde cette femme ni de cet homme, si j*avais dt 
rester dans ce pays , et si on ne m'eiit pas refuse les 
moyens qu'on doit donner k tout ambassadeur. Notre 
preponderance ici ^ nous serait pour le moment infini* 
ment plus utile qu'une rerolution; c est a quoi il faat 
tenir, et c'est d'apres cette Tue que le EKrectoire d<Ht 
determiner le ehoix de mon successeiir , la nature et 
I'etendue des moyens qu'on lui donnera. 

Je vous avoue , general , que I'idce d'une revolution 
faite en Italic par des Italiens me fait horreur. On nc 
iroitj>a$ 6u s*arr^teraient les bouleversemens des passions 
et de I'ignoranee : d'un autre c6te, si les Francais font 
lesieYolutioi|8, et s'ils les font pour eux, ils violent 
leurs principes et les paroles qu'ils ont tant defois don- 
nees. La seule chose done qui^rait bonne et qui le 
serait extremement , cc serait de donner ici a la France 



INEDITE. ,87 

turn infl«eB€e trei-pr^ponderaAtt i^lU detmirait cdle 
d^ Aogltts qui est eonire la nature des cboses; elle 
6uvrifdit de dottvelles ioure^ de hkm et de ricfaesses 
ixit I^lrftti^ais ^t k la fois aux Italiensi «He am^nerait 
enfin sans <;(mvuhi6n !*€poqne oil lltalie pourra itre 
heurenseifteat C6iistihiee et gouvemee, non paf nous, 
mais par hOs pi'incip^fc. A tikon arrivee k Paris, general , 
J* trous iMiai eaeore itilr c« objet ; il est d'line grandc 
iltiportatiee pal* lui-ttdtne , il tottche par tous les points 
k I'ex^mion de tdutes ros Tues sur la M^diierranee et 
Stir I'Orietit. 

Je piairs domain pour Paris , et Ic plaisir que j'en ai , 
m'est altere qh^ par le regret de m^elt^igner du theatre 
de Tos belles operations ; mais , si vous le desiriez, ge- 
neral, j*en serais bienlot plus pres encore; je serais 
bientot avec vous. J'ai beaunoup nicdite dans ma 
▼ie, sur les moyens de rendre a toutes les institutions 
d'un peuple , les grands attHbats de quelques legisla- 
tions anciennes et les prineipes rigoureusement demon- 
Irfe de tiotrc nouvel tn-dre social ; snr le mojen de ren- 
dre toutes tes classes d\rne nation capables d'exercer a 
la fois leurs bras et leur inteUigence, de faire sortir des 
Iravaui m^tnes de la main les belles sensations et les 
|Mensees pmH. Le resultat de toutes mes meditations a 
it(: de me persuadet profbndetnent qu'avec de b force 
tt du poftToir , en prcnant Pespice bnmaine telle qu'elle 
ttt , on pour rait en crfer une autre', en quelque sorte , 
dans laquelle on ue verrait presque rien de la stupidite 
et des folies de la premitre. Eh bien ! geifieral , je vous 
demtode une He ou Acta , comme un peintre qui a des 



i88 CORRBSPONDANCE 

desseias dans la tSte et un pinceau a la mam,' demandc 
une toile et des couleurs. Vou$ allez avoir plusieurs lies 
et plusieurs peuplades a votre disposition , et toutes sont 
placees dans les climats les plus propres aux e:speriences 
sociales. Si on laisse tomber les revolutions dans les 
routines , il arrivera aux revolutions ce ^i arrive tou- 
jours aux routines , elles deviendront steriles. 

C'est a vous , general , a multiplier les essais pour 
multiplier les methodes , et a donner aux metbodes les 
plus mures et les plus bardies , le poids et Tautorite 
d'une experience faite. Je vous le repele , j'ai assez re- 
ilechi sur mes idees pour leur donner de la precision, 
pour approcber mes tbeories de la pratique* > 

Ga&at. 



Zante, I1 13 thermtdor an (3o jaillet 1798): 

Au gineral Bonaparte. 

La prise de Make m'apprend inopinement votre ar- 
riyee dans ces mers , votre nom se mele toujours aux 
beureux et grands evenemenSv 

Le general Chabot m'annonce que cette division de- 
vient partie de votre armee^ et a la penibleidee de vivre 
loin du tbeatre de vos exploits , car je vous croyais 
sur les c6tes de TAngleterre , succede la joie inesperee 
de ^e retrouver sous vos ordres ; puissiez-vous accueilUr 
avec un faible interet Tbommage de mon contentcment, 

Les Grecs de ces! departemens , ceux de Tile de Zante 
surtout , sont amans de la liberie 3 ils s'attacbent a nos 



INEDITE. 189 

lois qn'ils commencent a bien coimaitre , et si le hasard 
ou la suite de vos operations vous amenait sur ces pa- 
rages , vous seriez etonne des progres de ces peuples 
dans la connaissance des principes d6 Vorganisalion so- 
dale, en raison du peu de temps que nous sommes 
chez eux. 

Depuis que les Zantiotes vous saveut aussi pres de 
leur ile<^ ils sont electrises et toujours en fete j et je 
vous offre , au nom du departement de la mer Egee,^ 
quatre bataillons d'hommes aussi braves que robustes. 

Lasalcette , general de brigade , gouyemeur 
de Zarite. 



Fin DU PaEMIEB. LIVAE. 



\ 



190 CORRESPONOANCE 

LIVRE DEUXIEME- 

EGYPTE. 



jBcpuis la prise d'Alexafidrie jusqu^au depart de Yarmie 
pour marcher sur le Kaire. 



Alexandrie , le 1 5 messider an 6 ( 3 juillec 1 798 ). 

Declaration du Mufti et des principaux Scheiks de la 
>(viUe d^ Alexandrie , au nom des habitaris. 

Oloiee a Dieu , a qui toute gloire est due, et salut de 
paix sur le prophete Muhamed, sur sa famiUe et les com- 
p^gnons de sa luissioii divine. 

Voici Taccorjii qfu a eu lieu entire nous , les notables 
de la ville d'Alexandri^ , dont le nom est au bas de cet 
acte, et entre le commandant de la nation francaise, 
general ^n chef de Tarmee campee dans cette ville. 

Les susdits notables continueront a observer lem* loi 
et leurs saintes institutions; ils jugeront les differens 
selon la justice la plus pure/et s'eloigneront avec soin 
du sentier tortueux de Tiniquite. Le cadi auquel le tri- 
bunal de la justice sera confie, devra etre de moeurs 
pures et d'une conduite irreprochablft. Mais il ne pro- 
aoncera aucune sentence , sans avoir pris la decision et 
le conseil des chefs de la loi , et il ne dressera Tacte de 



INEDITE. jgi 

son jug^ment qn^en cons^ueace de leur decision. Les 
scheiks susdits s'occuperont des moyens de faire regner 
I'e^te, et ils tendront de tous leurs efforts vers le m^me 
butyComme s'ils n'etaient aaimes que d'un meme espriu 
llsne prendront aucune resolution qu'apresquetousen* 
semWe Tauront approuvee d un comraun accord, II? tra- 
vaillerbnt avec zele au bien du pays,»au bonheur de» 
habitans et a la destruction des gens vicieux et des me- 
dians, lis promettent encore de ne point trabir Varmee 
francaise , de ne jamais cbercber alui nuire, de ne point 
agir contre ses inti^r^ts , et de n^entrer dans aucun 
jcomplot qui pourrait ^tre forme contre elle. 

lis ont fait , sur tous ces points , leur serment authen- 
tique quails reuQUVelleront dans cet acte , de la maniere 
la plus droite et la plus solennelle. 

Le geperal en pbef de Varmee francaise leur a promis, 
de son ^&it, d'empeei^er qu'aucun des soldatd de son 
armee^ n'ijiquiete les baUt^n^d'AleKandrie par des vexi- 
cioQS, par des rapines et par des menaces , et que celut 
q^ se porterait k de paireik e^cb y sem puni du supplier 
Icpltt^ severe, 

Le general en chef a aussi promis solennellement de 
ne jamais forcea* «ueu& des habitam de dbinger sa reli- 
gion, et a ne jamais exiger d'insovatioa dans hts pra-^ 
tiques religi^uses; mais, qu'au contraire, scm intention 
etait que tous les habitans restassent dans leur religion ^ 
^de leur assur^er leur repo^ et leurs proprietes^ par tou^ 
les moyens qu'il a en son pouvoir, tant qu'ils ne cbw- 
cberont point a nuire, ni a sapersonne, ni n I'aimee qu'il 
coottnaiiide. 



ig^ CORRESPONDANCE 

Le present acte a ete dresse mercredi matin, 20 de la 
lune de Muharem , Tan de THegire 1 2 1 3 , repondant an 
1 7 messidor de Tan 6 . 

Suivent les signatui^s des muftis et des scheiks dans 
I'ordre sulvant : 

Le pauvre Ibrahim el Bourgi , chef de la secte Ham- 

fitCj 

Le pauvre Muhammed el Messiri ; 
• Le pauvre Ahmed ; 

Le pauvre Seuliman , cainef-mufti du Maliki . 

Traduit par moi, soussigne , secretaire-interprete du 
general en chef. Venture. 



Alexaniliie, le 20 messidor an 6 ( 3 jaillct 1798). 

. Dans la circonstance ou se trouve Tafmee , il est indis- 
pensable de prendre des dispositions telles que Tescadre 
•puisse manoeuvrer selon les evenemens qui peuvent sur- 
venir, et se trouver a I'abri des forces superieures que 
pourraicnt avoir les Anglais dans ces mers j le general 
en chef ordonne , en consequences, les dispositions sui- 
vantes : 

• Art. 1**'. L'amiral Brueys fera entrer, dans la joumee 
de demain, son escadre dans le port vieuxd'Alexandrie, 
si le temps le permet et s'il y a le fond necessaire. 

2. S'il n'y avait pas dans ce port le fond, necessaire 
pour mouiller, il prendra des raesiu'es telles, que dans 
la joumee de demain, il ait debarque I'artillerie et 
autres effets de terre, ainsi que tous les individus coni- 
posant Parmee de terre, engardant seulement 100 horn- 



INEDITE; 193 

ittes par vaSss^u degaerreet 4o ^ fi^gate, ayaat soin 
qu'il ne se trouve parmi les troupes ni grenadiers ni 
carabinieFs. 

3. II enverra a terre le citoyen Ganteaume, chef 
de retat-ma}or derescadre, pour presider et verifier 
lui-m^e I'op^ration dc la somie do pbrt, et^ dans k 
cas ott il n'y aurait psii le fond necesBairepour que Tess- 
cadre puisse mouilkr^ pour accelerer le debarqt^ment 
des individus et oi))efts qui sont a bord de I'escadre. 
Mais, vu le pen de ressource qu'il y a dans ce port , 
I'anural ne peut compter que sur les embarcations. 

4. Le Dub<ns et le Causse entreroat dans le port. 

5. Le citoyen Perree, chef de division, avec les deux 
galeres^ lesbbmbard^S let les diflerenles chalbupes ca- 
nonhieVes et avisos, ^e rfendra dans le poi*t d' AJexaridrie ; 
le g'enersd ei^ chef lui fera passer des insfti<ticti^ns pour 
seconder aveo ties forees, les op^i^tibns' de Farm^e d\3 
ten«. 

6. Le^ citoyen Leroy et le citoyen Vavasseur , avcte 
lesemployesy officiersde la aarine et tous l^s- oiivriers 
quePescadre pbuti^ ibumir, se rendroat egalemeht^a 
Alex<andrie povr y fbnner un etablissenient maritime. 

7^ L'amiral fera, dans la journee de demaib , cois- 
natef^ au' gen^id en chef , par un rUpport , » I'escadre 
peut entrer dans le port d'AIezatidirie , oii si eile peiit ije 
defendre , embossee dnits la rade d^Abdukir , contre une 
escadre ennemie duperieure ^ et dans le cas 06 ni Tun hi 
I'autrc ne pourrai^nt li'executer , il devra< partir poUr 
Corfou y rartillerie debftrquee , laissant a Alexakidrie le 
Dubois, le Causse , tousles effets' necesfsaiiies pour les 

EGTPTE. I. 1 3 



^^4 CORRESPONDANCE 

armer en guerre j la Diane , la Junon, VAlceste^ VAr- 

themise ^ toule la flottille legere , et toutes les fregates 

armees en flute , avec ce qui est necessaire pour leur 

^rmement. 

8. Si renuemi parais^ait avec des forces tres-supe- 
rieuresy dans le cas ou ramiral ne pAt entrer, ni a 
Alexandrie , ni au Be«kier , la flotte se retirerait ega- 
lement a Corfou, ou I'amiral prendrait toutes les me- 
sures pour executer les dispositions de i'article septieme. 

BOVAPAATE. 



Akiandrie, le i5 nMMidor aa 6 (3 jaillec 1798}. 

Bonaparte, general en chef ^ ordonne : 

Akt. I'^ Tons les bles et autres comestibles et bois 
necessaires a Tarmee, qui se trouyent sur les batimens 
^ui sont dans I'un ou I'autre port, seront sur-le-champ 
debarques. L'inventaire en sera fait , et lesdits yivres 
seront achetes a des particuliers de nations qui ne se- 
ront pas ennemies de la France. 
* 2. Tons les batimens de gueri^ qui appartlendralent 
^ux mamelouks ou a des nations ennemies de la France, 
seront confisques. 

3. Le scelle sera mis sur toutes lek maisons et autres 
proprietes des mamelouks. 

4. Toutes l^s marchandises qui sont a la dpuane, 
«ppartenant aux mamelouks ou a des sujets des nations 
ennemies de la France, qui sont la Russie, I'Angleterre 
€t le Portugal , seront confisquees. 

L'ordonnateur en chef nommera une conunission de 



INEDITE. 195 

trois personnes specialement charg^es de ftiire les re- 
cherches , les inventaires, et meme les evaluations. 
EUe remettpa aux commissaires des guerres les difierens 
objets a la dbposition des diverses administrations. ' 

Bonaparte. 

Alexandrie, le i'5 messidor an G ( 3 jaillet 1 798). 

Bonaparte , general en chef^ ordonne : 

Art. I*'. Demain a midi, il se tiendra un conseil 
chez le general du genie, compose du commissaire- 
ordonnateur en chef, du general d'artillerie , du com- 
mandant de la place, du citoyen Dumanoir, com« 
mandant du port, et de Tordonnateur Leroy ; I'officier 
du genie , charge du casernement, fera les fonctions de 
secretaire. 

2. On etablira dans ce conseil les emplacemens qui 
doivent etre donnes pour les differens services. 

3. Pour Tartillerie : I'arsenal de construction, les 
magasins a poudre, leparc, le logemement du person- 
nel. II faudrait que tout cela ffit a pen pres r^nni dang 
un meme endroit. 

4. Le logement du personnel : un petit atelier de 
construction, et quelques magasins pour les outils. 

5. Pour le service de Fordonnateur : differens ma- 
gasins pour les vivres et autres parties de Tadmiiusti^^ 
tion y au moins douze fours ; des h6pitaux. 

6. Pour la place et le service des troupes : le logement 
des officiers de Tetat-majoT -, un cachot ; deux prisoas, 
une.pour les gens du payS; une pour les militaires. 

i3. - 



iQff CORRESPONDANCE 

7 . pour jit marine ; Iqs laearets , Taar^nal , le logement 
du persoDuel. 

8. On fera une organisation particutiere pour les dif ^. 
ferentes parties. 

Pour le fort du Phare, pour le grand fort, pour le 
pharillon, pour le fort Aboukir, pour le Marabou. 

BoifAPAKTE. 



Alezandrie, le i5 messidor an 6 (3 jailleC 1798}. 

Bonaparte, general en chef , ordonpe : 

Ani;* I ^'« Tous les laatelots turcs qui etaient esdarea 
a Malte et qui »nt ete iftis ea Uberte', et qui soat de 
Syrie, des lies de rArcbipd on du Bey de Tripoli*, 
seront sur-le-cjiawp mis en Uberte. 

a. Uamiral les fera debarquer demain a Alexandrie, 
d'ou Tetat-major leur donner a des passeports pour se 
rendre chez eux , et des prodamations en aiabe. 

BoiTAPA&TB. 

AUnndrie, le i5 locttidor an 6 (3 juillet 1798). 
A I'ordomuxteur Najac. 

Nous sommes arrives , citoyen ordonnateur , a Alexan* 
drie , apres differeates operations militaires. Nous avons 
deja fait divers etablissemens militaires. Nous sommes 
maltres d'Alexaudrie, de Rosette et de Damanhour, qui 
soat trois grandes villes Soignees de douze lieues. 

Nous i^vons bien besoin que le second convoi que 
vous fU'eparea nous arrive promptement. FaiteS; je vous 



INfiDlTE. 197 

prie, imprimer un ecrit dans nos differens ports de la 
Provetice et du Languiedoc, et meme au consul de Genes , 
pour engager tous* les nfigociaas a nous envoyer a 
Alexandiie des chargemens de vin et d'eau-de-vie gui 
aeroot payes^, sait em^ msLVthh d'^hange, soit en argent 
comptant. Les oegocians lie ddivent avoir desormaik 
aucuae inquielude , puis({ue le p(»t d*^ Malte leur offre 
ttoe setnaite smssi suereefue eottiMode. 

Noloie prearieF soin a M'^itskhliT ici im lazaret au- 
qael no«8 a^iic^s donne la mitme organisation qu^k celui 
ie Marseillev Aiiisi , dels ce mcnient, H n'y a plus rien 
atcraindrede I^pestequi , heureuseittent dans ce moment- 
ci, n'existe plus ni a Alescandrie ni a K'osette, ni dans 
auoun endroit de UEgypte. 

Je vouB recommande d^ nouveau de nous envoyet 
promptement tout ce qui est de la suite de Tarmee:' 

BONAPA&TE. 
Alexandrie, le 17 messidoran 6(5 jaiUet 1798). 

Bonaparte^ general eil chef, ordonne : 

Art. I*"'. Les noms de tous les hommes de I'arm^e 
franoaise qui ont et^ tttes a la priise d'Alexandrie , seront 
graves- suD la colonne d^ Pompee. 

2. Us seronr entcrres sfti pied db la colonne. Les ci- 
toyens Gostas et Dutcirtre fcront un plan qu'ils me pre- 
wnterofft pour I'exfeutlon du present ordre. 

3w Cdar sera mis a Tordre de I'armee. 

4. L'^at-major remettra a cette commission Tetat 
des noms des hommes tues a la prise'd'Alexandrie. - 

B0KAPAB.T£. 



198 CORRESPONDANCE 

Alezandrie » le 17 meuidor an 6 ( 5 juillet 1 79$ )« 

Au citoyen Perree. 

Vous ferez partir de suite tous les Batimens de votre 
flottille qui ue tirent que quatre ou cinq pieds d'eau. 
Vous en donnerez le commandement a Tofficier qui 
aura votre confiance. II se rendra a Aboukir \ il mettra 
embargo sur tous les blitimens qui pourraient s'y trouver. 
II correspondra avec le commandant du fort y pour saroir 
si la division Dugua est passee j et se mettra sur-le- 
cbamp en marche pour arriver au bord du Nil par la 
Barre, et se portera a Rosette. 

Un de ces batimens fera sonder Fembouchure et j 
restera pour la designer aux bSitimens qui arriyeront 
apres. . 

Les b&timens arrives de Rosette seront a la disposition 
du general Dugua. 

Vous partirez le plus tot possible avec le reste de 
votre flottille. Vous laisserez deux avisos ici , a la dispo- 
sition du general Dumanoir. 

Quand vous sereza Fembouchure du Nil, vous fere2 
entrer tous les batimens que vous pourrez , en yous 
servant de tous les mojens que vous suggereront vos 
connaissances et votre experience. 

Vous laisserez cependant deux de vos plus gros ba- 
timens en dehors ^ que vous enverrez croiser au canal de 
Damiette, avec ordre d'amener a Fescadre, mouillee au 
Beckier, tous les batimens qui voudraient sortir du Nil. 
Vous leur recommanderez de respecter les pecheurs et 



I 



INEDITB. tgg 

les djermes , au contraire de leur faire toutes sortes. 
d'honndtetes et leur donner des proclamations dont je 
Tous eavoie cir-pint luie treataine d'exemplaire&. 

BoiTAFARTE.. 



Alezandrie, le i8 messidbr an 6 (d'jailleC 1798}^ 

'Au charge d'affaires h Constantinople* 

Vous trouverez ci-joint une depeche que je vous ai 
ecrite a bord de VOrient. 

L'armee est arrivee : elle a debarque pres JAlexandrie 
ct s'est empareede cette ville apres quelques fusillades^ 

Nous sommes en pleine marcke sur le Gaire. 

Vous devez convaincre la Porte de notre feime reso- 
lution de continuer a vivre en bonne intelligence area 
elle. 

Un ambassadeur vient d'etre nomme pour s'y rendf e ^ 
et il ne tardera pas a y arriver. 

Je desire que vous repondie;z le plus tdt possible a 
ces differentes lettres et que vous m'en accusiez la re- 
ception* Bokaparte. 

A bord d« la fregate la Coaragense, le i3 messidor an 6 
. ( i«». jaillet 1798). 

Au general Bonaparte. 

JF'ai recu, mon general , I'ordre dedebarquer, quele 
general Bertbier m'a transmis de votre part. J'attends la 
demi-galere quexommande le capitaine de fregate Mo^- 



3oa CORRESPONDANCE 

tard , qui doit m'indiquer le point de debar^uement. En 
Fattendaot, je Sais reunir le convoi de ma division. Je 
fais mojaiUer pres de moi lea bftuneas^ parce qn'il est 
daugereux de les laisser approcher trop de la cote. On 
me dit a I'lnstant que la demi-galere a echoue. J'envoie 
pour, s'^^si^ec de la verite. 

Soyez persuade , mon general , de mon empressement 
a executer vos ordres avec auftwat de zele que d'aeti vite. 

Les batimens qui portent le vingt-deuxieme regiment 
de chasseurs a cheval , destine a faire partie d^ ma di;- 
vision , ue j^ont point eucore reunis a mon convoi. Je 
vous prie de donner des ordres a ce sujet. 

Desaix. 

A bord de TOrient, le 14 messidor an 6( !i juillet 1798). 
j^u general Bonaparte. 

Recevez, mem general, mon compliment sur v6tre 
entree en Egypte, dont la conqii^e est annonc^e par la 
prise d'Alexandrie, ce qui est du plus heureux augure 
pour la suite de vos succes. 

Depuis mon arrivee dans cette rade , je n'ai pas perdu 
un instant pour faire sonder les differentes passes qui 
pouvaient nous assurer le mouillage dans le port vieux. 
Tous les comptes qui m'ont ete rendus jusqu'a present , 
ne sont pas satis&isans, et Tinterrogiatoire que je viens 
de faire aux pilotes pratiques que vous m'avez en voyes , 
ne dit rien de mieux , puisque selon eux il faut passer 
sur des fonds ou il n'y a que quatre brasses et demie, 
ce qui fait vingt-deux pieds six pouces : or^ nOs plus 



INEPITE. 101 

petits Vliiss€aux ie 74 tirent cette qiiantite d*eau et ne 
peuTent par coDseqnent pas y eMrer. Ce soir, j'aurai 
des rensei^emens plus certains ; mais tout annonce que 
Tentrefe des deux ports est impraticable pour nos vais- 
scaux de guerre. 

La position ou je suis n'est pas tenable par la qualite 
du fond qui est parsem^ de roclies , et je ne peux pas y 
attendre l*ennemi , qui , avec des forces egales , detruirait 
tottte Parnate, en la prenant en detail, si j'avais la mal- 
adressc de Tattendre au mouillage. 

Je nc vois pas d'autre endroit, jusqu'a present, pour 
Pescadre, que le mouillage de Beckier, qui assui-e au 
moins un abri contre les vents d'ete , dont le fond est 
trcs-bon , et ou je pourrais, a ce que je pense , prendre 
una position militaire qui me mettrait a meme de re- 
sist er a I'attaque de rennemi. Le phis t&t que je pour- 
rais m'y rcndre , nc serait quele mieux , et alors je vou^ 
enverrai a Alexandrie, soit par le moyen des djermes 
ou des avisos , Partillerie et autres objets que j'ai a bord 
des vaisseaux. 

11 y a encore quetques troupes de debarquement a 
bord des vaisseaux qui n'ont pas pu etre mises a terre 
par le defaut d'embarcations^I'eurs>chaloupes et canots 
n^ayant pas reparu depuis le premier voyage : elles ont 
eteretenues, a ce qu'on m'a dit , par le general Reynier , 
et j'imagine que c'est par votre ordre. 

Je vous envoie le chef d'etat-major, ainsi que vous 
le desirez, qui vous dira de vive voix ce que le temps 
ne me permet pas de vous detailler dans ma lettre. -Je - 
vous prie de me le renvoyer le plus tot possible, et je 



^02 CORRESPONDANCE 

me conformerai aux ordtes que vous me ferez parTenif J 
L^eonemi pouvant paraitre d^un mopent a Tautiv et 
etant oblige de le recevoir sous voile , il est urgent que 
les equipages rejoignent les vaisseaux, et comme ils sont 
tres-faibles 7 j'aurais besoin d'un renfort pris sur le 
Gonvoiou sur les flutes venitiennes, sauf ale renvoyer 
lorsque je serai en lieu de siirete , une attaque au mouil* 
lage exigeant moins de monde qu'a la voile. 

Je suis extremement contrarie par ce defaut de mouil* 
lage, et mon chagrin serait au comble si cela devait 
etre une raison de me separer de vous, n'ayant d'autre 
desir que de sulvre votre sort en quelque qualite que ce 
soit, Je vous prre d'etre assure que je serai toujours 
bien place, pourvu que je sois place aupres de vous; 
personne , j'ose vous I'assurer , ne vous etant plus sin- 
cerement attache. Ce sentiment est du a lliomme qui a 
rendu d'aussi grands services a la France , et vous j 
avez ajoute par vos bontes , celui de la reconnaissance.. 

Bruets. 



Sons les murs d'AlezaDdrie, le i5 messidor an S 
(3 joillct 1798).. 

jiu general Bonaparte. 

Comme vous m'avez paru desirer que je partisse^ 
knon general , je me mets en iparche avec la division 
une heure avant la nuit. Je ferai tout ce qui sera pos- 
sible pour arriver en bon ordre a Beda ; mais jedois vous- 
faire observer que , d'apres tous les renseignemens que 
j*ai pris , je trouverai fort peu d'eau. Je vous prie de ne 



INEDITE. ao3 

pas me laisser long-temps sans me procurer les choses qui 
seiront necessaires- a ma division, et que je pe pourrai 
trouver dans le desert. 

'Depuis ce matin , j^attends I'artillerie, mais en vain, 
qnoiqu'on mel'ait promise avec assurance. Nepouvant 
rester plus long-temps, je pars sans elle , dans Tespoir 
que vous voudrez bien me Tenvoyer demain de tres- 
Jbonne heure. Je dois vous reclamer 4oo hommes de la 
Tingt-unieme legere qiie j'ai fait embarquer d'apres vos 
ordres a Malte, sur les batimei^s le Franklin, le Mercure^ 
le Tonnanty et le GuiUaume-Tell , pour soulager mon 
convoi. Je vous demande de plus , vingt-cinq cacabi- 
niers de ce corps que j'ai laisses a bord de la fregate 
la Courageuse, m attendant un detacbement de la 
troisieme de ligne qui doit y aller pour garnison. 

Toute cette infanterie legere reunie dont j'ai grand 
besoin, et la cavalerie c|ue vous vous proposeriez d'y 
joindre , pourront servir d'escorte a rartillerie. 

Nos chevaux sont sur les dents : nous tfavons de 
Tavoine.que pour deux jours, sans autres fourrages. 
Nous n'avons pu nous en procurer. Celui qui nous a etc 
indique , a ete refuse comme ne pouvant absolument 
servir. Plusieurs des bussards et dragons n'ont de Tavoine 
que pour aujourd'bui. L'artillerie pourrait nous en ap- 
porter : je vous prie de donner des ordres* ce sujet. 
Sans cela, nous sommes tres en peine. 

Nous attendrons vos ordres demain avec impatience. 
Je ne sais pas si nos chevatix pourront vous en porter 
des ndtres de bonne beure. Desaix. 



aa4 CORRESPONDANCE 

Toulon , le 1 5 messidor anr 6 ( 3 juillel 1 798 y 

jiu general Bonaparte, 

L'avlso rindSpendant part ftajourdlmi , gederal, 
pour ailer vous rejoindre. Puisse-t-il le faire proniptc- 
went et remplur avec succes sa mission ! Ge bfttiincxif 
est le douzieme ^ue ce port expedie depuis le depart dfr 



Je suis toujours, general, prive de tos- nouvelfes 
depuis le 9 prairiaL Un rapport fait par un capitsdne 
I'agHsais et dont copie a ete envojree ici de G^ees pil^r \e 
consul Belleyille , nous a fait connaltre qae , le ^5 in 
■i£me mokj vous aviez occupe Hlede Malte. A cetfe 
epoque les Aoglats , am nomlbre de dovae vaisseanx et 
^ttjBlques batimens legers , etaient sur File d'Elbe , et , 
le d8, lis se trouvaient a la bauteur de Naples. J*^t 
saisi toutes les occasions et pris tons les moyens en mem 
pcAtvoir pour vous donner connaissance de leur marcfae. 
. Je presume que , de Genes et de Corse, on aura pris 
les memes ntesures, et que vous aurez ete informe des 
dispositions de bos ennemis et de leurs forces. 

Chaque j0«r qui s'ecoule sans m'apporter de vos 
Bonvelles, citoyen general, est un jour penible pour 
moi , et il ^'ea est deja bien ecoule depuis votre depart. 
\ Je fais , n'en doutez pas , des voeux bien sinceres pour 
I» renssite de vos projets : iis ne peuvent qu'ajouler 
encore, s'il est possible, a la gloire de la republique et 
a la reconnaissance nationale qUi vous'est doe. 

Kotre convoi est toujours sur rade, sous la police de 



INEDITE. 2o5 

la fregate laBoudeme ,et de la corvette la Fauvette : 
je compte y reunir sous pto d€ temps ies troi$ vaisseaux 
venitiens, armes en gUerre. Uetat dans lequel se trou- 
vaient ces Mtime&s etait tel, qu'il a fallu necessaire-*' 
mcDt kur &ire de ^[raades reparations : eiles sont fort 
avanpees dans ce moment, et j'espere que dans Ies 
premiers jours du mois prochain^ le parillon des trois 
Yaisseaux flottera en rade et qu'i]$ seront pr^ts en tous 
points a prendre la mer. Ainsi, citoyen general, toutes 
Ies dispositions que vous m'avez recommandees seront 
rempliesj je Vai fait par devoir, je I'ai fait egalement 
par Tattacliement sincere que je vous porte. 

Najjlc. 



. All Marabou , le 1 5 raeseidor an 6 ( 3 juillcc 1 798 ). 

Au general Bonaparte. 

Conformement k vos ordres, general, j'ai travaiUe a 
rassembler ici la division que je commande : je n'y suis 
parvenu qu'en partie. Les batimens de transport n'ont 
pas execute les ordres qui leur ont ete donnes pour de- 
Wquer les troupes et vemr mouiller ici. Plusieurs ne ' 
sont pas euoore arrives ou n'ont pu etre trouves, parce 
que tous les convois sont actuellement meles. Je fais 
courir des clialoup0S de tous cAtes , pour trouver le 
reste des troiupes , et j'espere les avoir toutes danii la 
matinee. J'ai maintenant i5o6 hommes de la ueuvieme, 
i3oo de la quatre-vingt-cinquieme, vingt-cinq chas- 
seurs du vingt-deuxieme , montes ; deux pieces de 3 y 
une de 8 d'artillerie legere , avec leurs chevaux. 



2t,6 CORRESPONDANCE 

J'ai reuni en outre des detachemens des differentes 
divisions que j'ai emp^hes , depuis ce matb , de partir 
isolement , parce que les communications d'ici a Alexan- 
drie sont inquietees par des detacbemens d'Arabes qui 
ont tue quelques hommes ecartes. Ces detachemens 
sont des vingt*cinquieme , soixante-quinzieme, dix- 
huitieme et dix-neuvieme demi-brigades, ainsi que des 
hommes montes y des troisieme et quatorzieme de dra- 
gons. 

J'ai aussi deux pieces de 3 , deux de 8 et une de 12 
destinees pour les divisions Menou et Bon , qui ne peu- 
vent partir sans escorte. 

Lorsque vous m'en donnerez Pordre , je partirai avec 
ce que j'aurai de ma division , ces detachemens et toute 
Tartillerie , apres avoir fait embarquer celle qu'on 
ne pourra pas trainer avec les chevaux debarques. 
J'aurai soin de ne laisser ici a terre aucun effet, et de d^- 
fcndre aux batimens mouilles toute communication avec 
la terre , jusqu'a ce qu'ils recoivent Tordre d'appareiller 
pour Alexandria. 

L'officier envoye par le general Berthier, vient d'ar- 
river , et je fais parvenir a tout le convoi Tordre d'appa- 
reiller pour Alexandrie. Les batimens du convoi de 
Mai»seille apparel Ueront les derniers, et auront, dans 
deux heures, acheve de debarquer^toutes nos troupes. 
AlorSy je serai pret a marcher, et, si quelques hommes 
manquent encore , ils pourront tious rejoindre par 
Alexandrie avec Tartillerie et les chevaux qu'on n'aura 
pudebarquer ici, et les chasseurs et les dragons de- 
. montes. 



INEDHE. 207 

Les quatre compagnies de la quatre-vingt-ciaquleme, 
qui etaient a bord de t Orient^ ne m'ont pas rejoint ; 
cependant ma divisioa est tres-falble; j'en aurais 
besoin. 

Je vais faire avancer sur le cbemin d'AIexandrie im 
detachement, paur assurer un peu mieux la communi- 
cation. Mais Ja distance ne permettra pas de I'assur^ 
entierement avant qu'on ait plus de cavalerie. 

^attends vos ordres , general, etje m'empresserai de 
leg^ executer. Regwier. 



TonloD y le 1 5 messidor an 6 ( 3 jaillet 1 798 )« 

A Famiral Bruejs. 

Je vous expedie Taviso VIndependant , coipmande 
paur I'enseigne de vaisseau Gastaud , qui vous remettra 
cette lettre avec les paquets dont il est charge pour le 
general en chef et pour I'armee. 

Nous n'avons pas recu de nouvelles directes de vous ni 
d'aucune des armees de terre et de mer , aucundes dix 
aulres avisos que nous vous avons envoyes , tf etant de 
relour. Le brick le Lodi est Tun d'entre eiix. 

Depuis le passage de Tescadre anglaise vis-a-vis Ttle 
d'EIbe , le 25 du mois dernier , cinglant au sud-est , 
composee alors , disait-on , de douze vaisseaux , deux 
Aegates et un brick y et I'apparition, vers laditeepoque, 
de trois autres vaisseaux , dont un demate , aux lies ' 
Sl.-Pierre , il ne nous est pas revenu qu'il soit entre 



doS CORRESPONDENCE 

d'autres forces anglaisea dans la Mediteitanee. Void les 

dernieres notes qui nous so&t pervenues : 

De Bastia , le 2 messidor an 6 ( ao join 1 798}. 

« Nous vlmes passeiMiotre escadre qui netoya la c6te ; 
(( cela n'a pas empeche les memes ecumeurs qui s'etaient 
c( xnontres , de reparallre ensuite avec plus d'audace et 
« de prendre quelques batimens de commerce. L'aviso 
« VEpen^ieraL relkche ici, le 27 prairial^ marchant tres- 
c( mal f le general Ambert a fait embarquer le courrier 
a du general Bonaparte , sur une felouque , avec des 
<( plis importans pour les generaux ea chef. 

De l'£spezrA , le ar loessldor aa 6 (ao juin 1 798). 

(c Un chebeck anglais de deux canons de i8 , £tait 
<c mouille a Tile d'Elbe. Une fregkte anglaise etait a 
<c Livourne. 

De Corfoa, le 1 1 prairial an 6 ( 3o mai 1 798 }. 

u L'aviso , le Mondavi^ a etc pris au mouillage de 
ii Cerigo ^ rade de Caplali , par les chaloupes anglaises 
<( soutenues d'une fregate. 

« Le general Chabot demande a grands cris des fre- 
M gates pour netoyer ces c6tes et proteger le commerce. 
M La meme fregate avait pris une polacre devant le port 
^< d'Art«noaa. On observe que le fort Caplali tira un 
« seul coup de canon contre les Anglais qui avaient 
* commence leur croisiere sur Cerigo , le 22 floreal. 



. . INEDITE. ao9 

De LiTonme, le 4 noessidor an 6 ( aa jaiUet 1 798}. 

« tJa cutter anglais, arrive de Naples^ avail annonce 
c( Tapproche de Tescadre de quatorze v^isseauic et douze 
u fregates , commandee par Tamiral N«ilson. Get Anglais 
u paralt avoir amplifie sur le nombre des fregates. 

« La Uierpsicore anglaise , de 4o canons et 167 
« hommes , arrivee le i*'. messidor , depose avoir pris 
<c S(^t bSitimens espagnols partis de Marseille. 

« Une polacre grecque arrivee le !*'• messidor, depose 
« que le 128 prairial , elle a ete visitee par I'escadre an* 
(c glaise , a la hauteur de Naples. 

« Deux batimens ragusais arrives le 2 et le 3 messidor 
« deposent avoir vu une grande canonnade entre Tes- 
(( cadre francaise et les batteries de Malte , le 21 prai- 
« rial. 

De Marseille, le ]3 messidor an 6 ( i*'. juiu 1 798}. 

« Uescadre anglaise etait a la hauteur de Naples , le 
« 28 prairial ; depuis on n*en avait pas eu de nouvelles. 

« Des nouvelles d'Alexandrie , par voie de Venise , 
(( du 20 floreal , disaient : que la peste etait assez vive 
u a Alexandrie et au Caire , qu'on y avait parle de 
« Texpedition navale des Francais , supposee contre 
« I'E^ypte , que ce bruit etait tombe depuis huit 
« jours y et que les Francs etaient tranquilles. » 

On sait que la peste cesse au solstice d'ete au Caire, 
lors de la chute du Noctha , et qu'a cette epoque les hk- 
bitans de cette ville et d' Alexandrie ne craignent plu4 
cette maladie et cpmmuniquent entre eux tous. 

BGTPTE. I, i4 



^,0 CORRESPONDANCE 

Les officiers de marine , cemmamlaiit a Corfou et 
Ancdne, demandent avec instances ^ des fonds pour re^ 
paret et armer les vaisseaux et autres batimens deposes 
dans ces deux ports , dont les equipages et ouvriers 
du port ne recoivent pas de paye depuis plusieurs 
mois. Je transmets ces details au ministre de la marine* 

La Boudeuse et la Faupette armee^ en flute , avec 
plusieurs autres b&timens de transport , sont en rade 
et pretes a recevoir passagers et vivres , lorsque Tor- 
donnateur recevra I'ordre qu'il attend , pour ^ue nous 
les fassions expedier. 

. On prepare d'autres avisos dans le port et a Mar- 
seille, pour les expedier successivement pour votre 
iirmee. 

Nous n'iavons pas encore vu la corvette la Badine, 
qui aurait d& rentrer depuis un mois. ; 

Je vous pris de communiquer la presente au general 
Bonaparte. Thxvenard. 

Au quar tier-general da-€anp de la porte de Rosette » 
le 16 messidor an 6 (4 juiilet 1798}* 

Au general Boniaparte. 

Le general Marmont a pris faier , general , suivaiU 
vos ordres , sa position a une lieue d'Alexandrie , sur la 
meme direction que la division du general Desaix. 

Cette ntiit , une partie de iios avant-postes a et« 
insultee par de petits partis de mamelouks j mais la vi- 
gilance et la fermet^ de nos troupes les a contenus. 

Boir. 



INEDITE. aiii 

Ao qnartier-g^n^al h Bcda , le 16 menidor an 6 
<4jum«ti798>. 

'Au geniral Bonaparte. 

Ce^nmtm, a h pointe du jonr y je ^uis arrivi^ avee 
mes troupes dans la plaine de Beda , apres avoir marcli^ 
toute la miit. Je n'y at trouve qufe les vestiges de quel- 
ques maisons tx deux puits que les Ai*abes avaient com* 
bles de ptenres et de terre aalee ; mais j'ai donne des or- 
dres pour les faire vider et curer prompteitierit , et ea 
ce moment ik prociireot un peu d'eaa , Qi^nmoifls biea 
au-dessous de nos bek>ifis. Nous 7 sodimes , par ronse<<> 
queot, fort mal. J'ai envoye ma cavalerie abreuver dans 
le village le pluis pres ^ qui est i^ une Ueue et demit 
enviroR , ou 11 y a un peu plus d'eau. St la troupe u'eAt 
pas ete harassee/je me serais porte jusque-lk pour 
lui oiTrir plus de ressources ea ce gaitre \ mais <^la ne 
in'a pas ete possible. 

J*ai pris position en avanC du canal d^Alesandri^ 
qui toucbe remplagement de Beda , faisant face a la 

plaine et avant a dos ce canal et la mer qui est voisine. 

Jetfy crains pas la caviailerie. Cette position est a la 

iauteur de Canope. Votre aide-de-camp Jullien pourra 

TQus ea faire la descriptioa. 
Pattends toujours avee impatience I'artillerie que 

vous m'avez promise et des subsistances. Ma qava« 

lerie est aujoutd'hui sans avoine nl fourrage. Mous 

fai«ons comme nous pouvons. 
Les habitans des campagaes reatrent dans leurs ha* 

bitationa'|u'ils avaient fui^s. On to^tr^ a amene plur 

»4. 



ata CORREStONDANCE 

sleurs que nous avons traites avec egard. On leur a 

lu votre proclamation en leur en donnant des exem- 

plaires. 

Us ne m'ont donne aucun renseignement sur les 
ynameloucks ^ et je n'ai vu jusqu'a ce moment aueun 
ennemi. 

J'attends vos ordres , mon general , avec impatience , 
ainsiquel'artillerie et les 5oo hommesdelavingt-uDi^me 
legere que.j'ai eu Thonneur de vous demander hiei-. 

Ma situation actuelle est , savoir : 

Vingt-unieme legere, 1 85o hommes ; isoiXante-unieme 
4e bataille , i4i6 ; quatre-vingt-huitieme , uf. , 1 125 ; 
geptieme hussards , 80 ; vingtieme dragons , 80 ; ^a- 
peurs , 5o ; en tout , 4^^ lionmies et 160 chevaux.' 

Le surplus des dragons et hussards est reste a Alexan- 
drie ou a bord ^ n'etant pas montes , ni bien armes. 

Je vous prie de m'envoyer des exemplaires de votre 
proclamation en arabe pour que je puisse en repandre : 
^Ue fait beaucoup d'effet. 

Pour le general Desaix , 
V ad judant' general Doxiz^lot. 



Beda, le 16 messidor an 6 ^ dix hcures do soir 
(4juiljeti798). 

Au general Bonaparte. 

Le general Marmont m^annonce que le general Le- 
clere a du partir ce soir avec de la cavaleri^t de Tar-, 



INBblTE. !iiJ 

tillerie pour me joiiidre. Pea sui& charme, car il est 
extr^mement pressant de passer le desert et d'arri ver sur 
le Nil pour y trouver des iressources qui manquient to- 
talement. 

J'ai ete oblige cd soir de faire occuper les villages 
d'El-Arych par les dragons et la vingt-deuxieme Icr 
gere ; Cafer, par la soixante-unieme de bataille , et je 
suis reste avec la quatre-vingt-huitieme a Beda , afin 
de ponvoir procurer un peu d'eau qui manquait totak- 
ment ici* pour un aussi grand npmbre d'hommes. Cette 
raison m'a determine a ne pas laisser de troupes entre 
Marmont et moi , parce que je u'y ai pas trouve une 
goutte d'eau. Je He pouvais yjaisser des troupes ha- 
rassees. 

Demain est le dernier jour de vivres de la division 9. 
el: m^mebeaucoup de soldats enmanquaientdqaaujourr 
d'hui. 11 est de la plus haute urgerice que vous m'en- 
voyez du biscuit pour quatre jours , au moins pour 
deux, demain de bonne heure, avec de Ja viande salee 
et de I'eau de vie, s'il est possible. Les villages n'offrent 
que le tableau de la mvsere. Cependaait j'en puis tirer 
quelques mauvais fourrages pour une faible cavalerie* 
Je dois vous ajouter qu'il faut de toute neeessite que le- 
generldLeclercapporte de Tavoineet du fourrage, 6u 
qu'on lui en fasse porter j sans cette precaution ^les che-^ 
vaux manqueront; il en sera de^meme des hommes, si 
onne leur a pas donne des subsistances pourquatre jours. 
D'apreS'Ce qu'onm'a dit, il y a quelques mameloucks 
a Damanhour, dont il serait instant de s'emparer, poiar 
}i avoir des ressourcesi' Dbsaix., 



2i4 CORRESPONDANCfi 

Paris , le 16 mettidor ao 6 (4 jiiillet 1798). 

Le general Berthier m'» f»it passer, general, la relft* 
tion du debai'quement d'une partie de voire Jirmeealllo 
de M?ilte» 

Une des places les plus fortes du monde^ prise aussi* 
tdt ^'assiegee , et presque sans effusion du sang fran^ais ^ 
est encore un de ces prodiges avec lesqueU il n'appar^ 
tient qu'a yous de nous £similiaiiser. 

La conqnete d'une tie aussi importante sous tous le$ 
rapports, suffiralt pour consommer une graode expedi* 
tion ; niais pour votre armee, elle n'est que le debut de$ 
evenemens qui vont continuer d'imprimer a voa travauz 
le sceau du genie, et leur donner ce caractere de gran« 
deur que les siecles ne peuvent effaqer« S€;0S&£b, 



A'ezandrie , le 17 messidor an 6 (5 jnillet t798)« 

jiu general Bonaparte, 

Tax ritonneur de vous prevenir, ghdrelj que dans 
}a note que )e vous ai fait passer relativement a ceux 
qui se sont distingues dans la vingt^deuxieve legere^ 
a la prise d*Alexandrie, par une erreur du copiste, 
on avait oublie les citoyens Andigant , founier de cara<« 
biniers, premier bataillon; Garrit, earabinier^^ idem; 
]|Sbrat^ idem '; Mivolet y idem ; Guichon , idem ; SeriziciBS 
capo^al 7 qinquieme compagnie | premier bataiUoa ; V^ 



INEDITE. ai5 

ret , chasseur, septi^me compagme , id^m^ Begard j chas* 
seur, huitieme compagme, idem; Frappart, idem; 
GuigQQt, sergent , cinquieme compagnie, troisieme ba- 
tailloD. 

lis meritent autant que ceuxque vous avez bjen voulu 
recompenser. Menou. 

Alexandrie , le 17 messidor an 6 ( 5 joillet 1798}. 

j^u gineral Bonaparte. 

J'ai rhonneur de vous rendre compte, general, que 
\t viens de renouveler les ordres les plus precis,* pour 
que la division se pourvoye demain , de bonne heure, 
de tout ce qui lui est necessaire. Je viens d'ecrire de 
nouveau au general Dominartin , au sujet de I'artillerie. 

Le cbef de la treizieme demi-brigade m'ecrit que les 
postes qu'occupent les troupes sous ses ordres, dans cette 
place, ne sont point encore releves , quoique la soixante* 
neuvieme demi-brigade soit ici depuis ce matin ^ et que 
Tonait envoye cinq a six fois, dans la joiirnee, des offi- 
ciers ^u commandant de la place , pour le presser de s^oc- 
cuperdeeetobjet. 

Par un accident malheureux, le chef de la vingt- 
deuxieme legere a manque d'avoir une jambe cassee , et 
86 trouve blesse. Je ne suispas s^* que demain ilpuisse 
se mettre en route. 

Demain, avant noire depart, et quand la troupe sera 
assemblee , je haranguerai un peu la division pour tacber 
dela raoiraer, et |e remcttrai, avec quelque appai^eil^ 



!ii6 CORRESPOND ANCE 

les commissions qtic vous avez fait expedier a diverses 

persomies , auxc^udles vous avez doone de ravaneemisat. 

VUL. 

Ao camp de B«da, le 17 veMidor an € 

(Siaiilet 1798}. 

jfu general Bonaparte. 

Je suis dans les plus grands emharras pour les subsis- 
tances. Penvoie le commissaire des guerres Colbert a 
Alexandrie, avec une lettre pour Fordonnateur en ckef , 
afin qu'il nous en amene dans lejour. Je vous prie , mon 
general, de donner lesordres les plus posiiifs pour qu'il 
soit fourui des transports qui pourront, aubesoin, s'ea 
retourner promptement. 

Comme je vous Tai mande cette nuit , la vingt-unieme 
legere et les dragons du vingtieme regiment, ont pri$ 
position a El-Arych, la soixante-uniqme a Cafer, et la 
quatre-vingt-hultieme avec les hussards restant au 
camp de Beda. J*ai pris cette mesure pour avoir de I'eau; 
inais d'apres le rapport qu'on m'a fait, elle y manque 
deja. Dans ce moment-ci, les troupes n'ont pas Tespe* 
ranee d'en avoir un verre, 

J'attends le general Leclerc avec sa cavalerie et mon 
artillerie, pour aller prendre position a El-Brich, a 
quatre HeuesdeDamanhour. Peut-^tre y trouverons-nou$ 
un pen d'eau pour un jour, ce que cependant je n'espere 
pas. 

Les Arabes Bedouins s'enhardissent et profitent du 
mauvais etat de nos cbevaux ;, pour nous harceler. Hict 



INEDITE. 7T^ 

8oir, ils ont charge les dragons commandes par le general 
Mireik; lis en ont tue ou pris ^atre ou cinq. J'en at- 
tends le rapport. 

Je suis desole d'etre oblige de vous parler du ton de 
rinquietiide. Quand nous serons sortis de cette horrible 
position, j'esp^re pouvoir trouver moi-meme tout ce 
qu'il me faut , et ne jan^ vous toui*menter . 

Si toute Tarmee ne passe pas le de'sert avec la rapi- 
dite de feclair , elle perira. EUe n'y trouvera pas de 
« quoi desalterer mille hommes. La plupart de ces eaux 
sont dans des citernes qui, une fois videes, ne se rem- 
plissent plus. Les villages sont des huttes entierement 
sans ressources. 

De grace , mon general , ne nous laissez pas dans cette 
situation y la troupe ise decourageant et murmurant.> 
Faites-nous avancer on recnler a toutes jambes. 

II ^st cinq heures du matin , et nous n'avons pas de 
nouvelles de rartill^rie, ni de la cavalerie. On nous 
rannoace depuia deux jours. Desaix. 



Paris, le 1 7 messidor an 6 ( 5 joillet 1798 }« 

jiu]g€ndral Bonaparte. 

Quelque utile et briliante qu'ait ete, citoyen general , 
la carriere militaire et politique que vous avez pareou- 
rue jusqu'a ce jour , quelque immensite de gloire que 
Yous Tous soyez acquise ; jamais , cependant , vous n'a- 
avez tenu dans vos mains de phis grands interdts ; jamais 



ai8 CORRESPONDANCE 

▼OS destinees a^oat ete plus ^Vroit^eneiit Uees aux dc$» 
tinees de votxe patrie et; k cdlea clu iuonde« 

Comme maria , j'aTais les plus vives in^eUides «ar 
Touaet VQS vaisseaux: oomme FraQ^ais , je me reposais 
SUF votre gejoie et la fortune ^11 a su enchaiaer. 

L'Europe incertaine et att«p|ive atteodait impatiem* 
ment de vos uouvelles. Vol vrifea cut rapime toutes lea 
haines et toutes les ambitious ; mais vous ne faites parler 
de vous que par la victoire. 

Poursuivea'^ citoyen general; que la mariae Youf. 
doive sa rebabilitatiou dans Testime publique et sa part 
a la gloire nationale ! # 

Je voudrais pouvoir vous aider plus efficacemeat, je 
toudrais pouvoir vous faire passer des secours a ce pre- 
cieu^ etablissemeut de I'Adriatique et de la mer Egee^ 
utiles fondations par vous faites a la prosperite de vo$ 
annes etaracx^roissement de uosrighesseseomiQerGjales : 
xaais c'est encore vous^ citoyen general, qui suppleeres 
par VQS beureuses conceptions a la penurie de nos looy ens* 
Yous avez vu de pres les diiHcultes, et vous savez tenir 
compte des sentimens et de la bonne volonte. 

Bauiz* 



ABeda, le 17 nuMidpran 6 (5 juilUt 1798). 

Jlu general B(map»fte^ 

On vous a rendu compte , general, d^ la situation 
penible que ma division a eprouvee bier, J'ai, apre$k 
bien de la peiofii reus^i a faire donneir ^n pen d'eau ik 



INEDITE. did 

tous )es soldats et reuni la division, Je suis arrive ce 
matin, ici et pars cette nnit pour Damanhour , oil j'arri- 
^ecai demaia Bnatia avec la division du gettksA Desaix. 
Ce general a epiouve cette nuit un evenement mal- 
beurenx : des obevaux detach^ oat cause unealerte qui 
a ^uvante tous les autres ehe vaux : cent se sont ^ades 
dtt camp y et on n'en a pu rattraper <{uHin petit n<nnbFe ^ 
parmi lequel se trouveat vingt cheyaut d'artiUerie qui 
sonf tres-precieux dans ce moment. Le general Desaix 
demande qn'oa lui en envoie d'autres; il en a perdu 
flusieurs, ainsi que ks officiers de sqm etatr^major^ In 
troisieiae regiment de dragons et le seplieme de husi|> 
aavds. Ces^hevaux arrives dans mon camp y ont aussi 
occasione du mouvement^j'ai qu cinq soldats bles- 
•es. Les blesses sont tres^malheureux ; on ne peut les 
transferer : on n'a ni ambulance ni medicamens. 

Le general Desaix est instruit que Mourad^Bey est 
en marcheet peut-etreactuellement a deux marches dt 
nous, II me charge de vous en prevenir, et daoande que 
les divisions destinees a le soutenir ^ marchent prompte*- 
ment. II serait impoitant de nous envoyer des officiers de 
•ante, avec des medicamens et des chameaux, ainsi que 
du vin , de Tean-^de-vie et du vinaigre. Nous nous pro-* 
curerons dans le pays du pain et de la viande. Demain, 
«ussitdt que nous seroni a Damanhour , aous vous en* 
TerroDs un officiep. 

J'ai mene d'Alexandrie trois compagnies de la neu*- 
ipime, rest^s faute de vivres , et un petit detaehement 
4e }|^ quatre-viogt-septiene. . REGnnsa^ 



aae CORRESPONDANCE 

LiTooroe , le 1 8 mesiidor an 6 (6 juiUet 1799). 

Des le^tres de Naples, dont on se mefie, annoncenC 
^e I'escadre smglaise etait le a mesiidor devant Mes- 
mc, faisant route pour Malte. On dit a Livourne que 
les Anglais auront vingt vaisseaux de ligne dans k Me- 
diterranee; on ne croit pas qu'ils viennent a Livowne t 
on craint davantage qu'ils ne se r^fugient a Porta-* 
Fcrrajo.' 

Le 12 messidor, le patron Francois Carucci , sarde; 
manquant de Gagliari de sept jours , a depose que le 27 
prairial, deux vaisseaux de guerre anglais et une fre- 
gate, poursuivirent a coups de canon unp fregate fran- 
caise qui alia se refugier sous la tour de Palla en Sar^ 
daigne, etqu'alors les Anglais s'eloignerent. La fregate 
s'est rendue depuis a Cagliari. 

On presume a Livourne que cette fregate peul ©tre- 
Ja Justice y qui est une excellente voiliere^ 

Le capitaine Jean di Giorgio ^Grec ottoman, est 
arrive a Livourne. le i5 messidpr , manquant d^ Malt« 
de quatorze jours. II a dit que la flotte francaise en etait 
partie deux jouk's avant lui, sans qu'on connil^t sa des- 
tination. U a ajoute que les Francais avaient laisse 
6;0oo hommed de garnjson dans Malte, et en avaient 
xecrute la a iS mille. On s'accorde a dire que les 
richesses trouvees dans cette ville , en numeraire et ea 
marchandises , appartenant aux Anglads, sont inunenses. 

La fregate anglaise, le Theseej de trente-six canons ,. . 
capitaine Jean Neuhouse, manquant de seize jour^ dis. 
Gibraltar^ a mouiUe le x3 messidor a quinze milles d» 



INEDrl'E; 111 

Livourne , tt en est repartie dans la nuit ; elle doit avoir 

apporte des plis pour Naples. 

Le brick de la republicjue le Lodi, capitaine Seone- 
quier, est arrive a Livourne le 12 messidor, et en est 
reparti le 1 5 pour aller rejoindre la grande flotte. U eAt 
parti plus vite si la fregate le TJtesSe et une autre qu'oa . 

' a supposee aussi anglaise, u'eussentrestequelque temps 
dans les environs. 

On marque au consul, en date de Turin, le 4 mcs- 
sidor, que divers plis pour cette echelle, de Tagence des 
relations exterieures a Marseille , ont ete jetes a la mer 
4ans la traversee ( i ). 



A bord de la ConrageQse, le 18 mesiidpr an 6 
(6jaillet 1798}. 

Au giMral Bonaparte^ 

D'apres le calcul leplus examine et leplus reduit des 
fliverses parties d6s premieres depenses pour celles 
urgentes de la marine en ce port , je ne puis vous de- 
mander moins qu'une somme de 3oo,ooo fr. pour le 
mois.^Veuillez avoir. la bonte de la fairemettrea ma 
disposition. 

Nous ne depenserons que Vargent exige par les cir- 
sonstances; mais craignons une coi(iteuse stagnation. 

Lerot« 



( f ) Cclte lettre qui n^a point de signatarei p«r«lt txn d'an ngeat scoreu 



ftM CORRESPONDANCE 

A bord de rOrient, le i8 measidor an 6 (6 joillet 1 798}. 

jiu general Bn^tapurte. 

Je T«is lippareiller pottr me reiidre M liduillag^ dti 
beckier , ou je trouveral vrtisemiilablette^ <{tlelqti'iiil 
qui m'lDdiqtiem ttii j« dois d6barq«er ks ^ets qui 
restent a bord, appartenant a Tanaee de tetre; la 
majeure t>art(e a M mise a Alexandrie. 

Je n'ai msa noglsfe pour tnwTer un passage qui pdt 
penuettre aux Tabseaux de li^e l^ntree dans le poet 
vieux. C'est un travail qui demande beaucoupde temps 
et de soins4 La pert^ d'oa vakseau est trop considerable 
pour donner quelque chose au hasard, et jusqu'a present 
il parait qu'on ne peut entreprendre eette manccuvre 
sans courir les plus grands dangers : c'est I'avis de tons les 
officiers experimentfe que j'ai cnvoyes pour sonder. Le 
contre-amiral Villeneuve et lechcf de division Casa- 
blanca, regardent la chose comme'impradcable, ou dn 
moins bien dangereuse. Le capitaine de fregate Barre^ 
commandant VAlceste^ 6t le citoyen Vidal, lieutenant 
de vaisseau , sont ceux qui m'ont jusqu^a present iooai 
le plus d'esperance. 

Je vous envoie copie de Tordre que je leur ai 
delivre, 

Je vous prie de donner les vdtres pour qu'on leur 
foiimisse a terre tons les secours qu'on pourra et tout 
ce qui sera necessaire pour mettre des balises, afin de 
marquer le canal par oii les vaisseaux devront pass^ 
pour $c rendre dans le port. 



V 



Lors^e j^anral sonde le mouillage clu Beckier , je 
Yous rendrai compte des ressources qu'offre cette rad«« 

Croyez, general, que mon plus grand desii* est de 
pouvoir seconder vos operations, et de trouver des 
occasions de vous donner des preuves de mon sincere 
attachement et de ma vive reconnaissance* 

J'ai organise la puttie administrative du port d'Alenoni^ 
drie , et , quant a ce qui ccAicerne la partie militaire , 
vous ave2 anpr^s de vous dtixx tihtk de division, bons 
officiers , qui pourront prendre dans les etats-majidrs des 
batimens qui sont dans le poft, les offitiers qu'ik 
croii'ont miles pour seconder leuts travanx. 

U me paralt que vous devez tenir fbrtement a avoilr 
promptement les deux vaisseaux de Make ; ils sont tres- 
bons voiliers pour le combat , et ^ur pen de capacite 
offre I'avantage de les faire entrer dans le port« 
, La pai^tie des vivres est ce qu'il y a de plus pressant 
pour Tescadre. On m'a i*endu compte que sur plusieurs 
vaisseaux , il ne restait plus que poar quacorze joiirs de 
biscuit, qui est la partie essentielle. Nous avons des 
farines, mais les fours des vaisseaux ne peuvent (aire 
qu'ime petite quantite de pain. H faut en outre du bois 
a bruler qui commence a dievenit ttes-rare. 

Les longs services et Tage du citoyen Leroy mc 
paraissent m^riter que vous le confirmiez dans le grade 
d'ordonnateur. Bkuets. 



aa4 CORRESPOND ANCE 

Do 17 menidoc an 6 ( 5 }ai\kU*j^)^ 

Copie de Tordre donne au citoyen Bdrre , capitaiue 
de frigate ^ commandant TAlceste , amiexe a la 
lettre precedents 

II est ordoime au citoyen Barre , capitaine de fre- 
gate , de rester au mouillage pour continuer ses sondes 
dans les differentes passes qui conduis^t au port-vieux 
d'Alexandrie , et aussitot qu'il aura trouve un passage 
qui puisse assurer Teatrqe des vaisseaux daas ce port , 
il en rendra compte au general en chef, et il expediera 
au Beckier un aviso a Tamiral , pour lui annoncer cett^ 
interessante decouverte. Le citoyen Barre doit etre 
assure des recompenses qui lui seront accordees pour le 
zele et les soins qu'il aura mis dans ce travail important. 

B&UETS. 



Da 17 messidor an 6 C5 joillet 1798). 

Copie de Tordre donne au citojren F^idal , lieutenant 
de vaisseau* 

11 est ordonne au citoyen Vidal , lieutenant de vais- 
seau, embarque sur le Conqueraiit ^ de passer provi- 
soirement sur la fregate VAlceste , pour seconder le 
citoyien Barre dans les sondes qui peuvent parvenir a 
faire trouver un passage sur aux vaisseaux de ligne pour 
aller mouiller dans le port-vieux d'Alexandrie. L'im- 
portance de ce passage assure une recompense propor- 
tionnee aux soins et peines^ qu'on aura pris pour par-^ 
venir a un but aussi essentiel pour la marine. 



INEDITE. m5 

n 9'adressera au citoyen Leroy, ordonnatear de la 
marine a Alexandrie , pour tous les objets necessaires 
a marquer le chenal d'une maniere visible et solide^ 

BauETS. 

GorfoQy le 18 niessidor an 6 ( 6 jaillet 1798 }. 

Au genital Bonaparte. 

J'ai eu le bonheur , citoyen general , de vous con- 
Qaitre a Milan : en me nommant administrateur de mon 
departement , Tons m'avez donne une preuve de con- 
fiance bien satisfaisante pour moi. Aux sentimens d'atta- 
cliement et de reconnaissance que je vous porte parti- 
culieremeiit , se joignent ceux que je partage avec le 
monde entier sur vos talens y vos vertus et v6s exploits. 
Amsi y permettez-moi , citoyen general , de vous felici- 
ter sur votre demiere entreprise, et sur celles qu^un 
heureux pressentiment me fait prevoir. 

Dans le departement de Corcyre , nous avons cel^bre, 
le 10 messidor , Panniversaire de bi liberte renaissante 
de la Grece , dont vos >ictoires tous proclament le 
fondateur. La nouvelle de la prise de Make rendit 
cette fi^te plus brillante J on y eleva un monument 
aux beros francais conduits par Bonaparte. Uq)ancbe- 
meat de tons les coeurs annoncait la fraternite et I'at- 
tachement a la republique. Corcyre ne vit jamais une 
fSte plas interessante ; je vous en envoie le programme. 

Je me flatte , citoyen general , que mes jHrincipes re* 
publicains , dont je ne m'ecarterai jamais , me conser- 
veroDt a votre souvenir. Sordiwa. 

ioYPTB. I . I 5 



aa6 CORRESPONDANCE 

Programme de lafSte cSUhr4e ^ le lo messidor^ 
dans Vile de Corcyre^poyrVimni^^rsaire de Pentree 
des Fmngais dans cette tlei 

Art. !•'. A la pointe d« jour , sept coups de canon 
annonceront la f^te , et aussitot les batimens francals 
deploieront le pavilion tricolore. Dans ce iour a jamais 
memorable pour la regeneration de la Grece y les mai- 
sons seront ornees de guirlandes de verdure. 

.3. A neuf heures du matin , trois coups de canon 
donneropt Iq signal de Tarrivee prochaine des troupes 
francaiseis. Dans ce moment., toutes les autorites cons- 
tituees , un individu de chaque commune du departe- 
ment , un de chaque art , les eleves de Tecole primaire 
en costume national , precedes de leur instituteur, tons 
.les amis de la liberte sortant de la, maison commune ^ 
se porteront y par la porte de Mars ^ au rivage de la mer 9 
ou il y aura un grand pavilion. 

3. Les autorites coustituees parattront avec leurs 
echarpes \ les artisans , les citoyens de la campagne et 
des faubourgs auront a leur poitrine les signes indivi- 
duels de leurs arts ; tons les fonctionnaires publics et 
la suite nombreuse des citoyens porteront en main 
une couronne de laurier. La marche s'ouyrira avec un 
ordre majestueux , accompagnee des instrumens. 

4. Le signal de la, marche pour les autorites cons-^ 
tituees et leur suite , de la maison commune au rivage 
de la mer , servira aussi de signal de depart de Tile 
de la Paix , aux militaires fraocais embarques dans de 
petits batimens qui seront ornes de banderoles et de 
guirlandes. 



INEDITE, :i27 

5« Aii«it6t qu^pn decouvrira les petits b&timenfi^ , on 

deploieia le pAviUoa tcicolore ; lefort saluera les troupes 

francaises de yisgt-un coups de canon , et uncri uiii- 

versel de joie previendra leur arrivee. 

6. Les petits batimens ouvriront leur marche en deut 
colonnes ; ^ leur tete , il y aura celui du general de di'^ 
vision. Cette marche sur mer sera accompagnee de la 
musi({ue militaire : tous les Francais auront en maiil 
une branche d'olivier. 

7. Aussitdt que les Francais auront mis pied a terre , 
le geneitd de division , en signe de paix et de frater- 
nite , presentera la branche d'olivier au president de 
radministration centrale , qui tui presentera la cou- 
ronne de laurier , et alors on' echangera mutuellement 
les branches d'olivier avec les couronnes de laurier. 

8. On ouvrira de nouveau la marche pour se porter 
sur la place de Mars 3 cette marche sera fermee par 
uu char de triomphe , precede d'une charrue trainee 
par des bcenfs ; elle sera guidee par le president de 
radministration centrale , et par le plus vieuK d^entre 
les citoy^is de la campagne qui assisteront a la fete ; 
ce dernier sera place entre le president et le secretaire. 
Sur le char on representera la Republique francaise 
se prStant a soulever la Grece opprimee ^et a lui faire 
partager ses hautes destinees ; on verra aussi sur le 
meme char , les chalnes de la Grece brisees > et dif-> 
ferens gedies representant les vetus republicaiues. 

9. Le general de division marchera a cheval , derriere 
le char de triomphe , a la tete des troupes fraiicaises , qui 
auront leurs fusils couronnes de lauriers* 



&a8 CORRESPONDANCE 

Le char de triomphe et sa suite nombrense (erout 

im tour sar lai place de Mars j aprte quoi les autorites 
miUtaire^ et civiles et le laboureur qui aura coaduit 
la charrue, monteront sur Tautel de la patrie> qui 
sera orne de fleurs y d'epis, et de guirlandes entrela- 
cees de laurier et de branches d'olivier. 

II. On 7 prononcera trois disoours en fran^ais, 
en grec et en italien , relatifs a la solennite de la fete 
et a celle de I'agriculture* On chantera en musique 
fran^aise des hymnes patriotiques ; un couplet francais 
sera suivi par un couplet grec. AYant de descendre ^e 
Tautel de la patrie , le president de la municipalite don- 
nera le baiser de fratemite au citoy^i de la campftgue 
qui aura guide la charrue. 

I a. On elevera , sur la place de Mars , un monumoit 
a I'honneur des annees de la republique et des vain- 
queurs de Malte y ccmduits par rimmortel Bonaparte ; 
on y chantera rhymne des Yictoires. Les troupes fran- 
caises donneront aux Gorcyriens un essai de leur vaieur 
dans les armes ^ en executant quelques evolutions a feu 
sur la place de Mars pi y aura une fontaine qui jettera 
du vin pour rafraichir les braves soldats francais. 

1 3. La joie , la galte et les sentimens de la fraternite 
s'epancheront dans des repas patriotiques , sur la place 
de Mlirs, et surtout sous quatre pavilions autour de 
Tautel de la patrie. 

14. Apres diner, on commencera les jeux, dont le 
dernier sera une grande course de bague a cheval ; le 
vakiqueur recevra un sabre des mains du general de 
division , qui ,.en le presentant y rappellera au vainqueur 



INEDITE* 229 

qu'ii fiit t«nt do saii§ ennemi de la liberie , et qu'3 
devra aussi en faire usage pour la defease de la liberie 
naissante de la Grece. 

i5« Tous les yainqueurs aux jeux monteront sur 
iin char de triomphe el^ acoompagoes de la muHquemi- 
Utaire • se rendronl a Pautel de la palrie. ou ils ^eront 
couroimes, el leurs noms seronl proclames coimiie aulre^ 
fois dans les jeux olympiques. 

16. Des feux d'artifice el des illuminalions sur la 
place de Mars feronl disparailre les lenebresde la nuit, 
el attesteroni a lous la joie d'un si beau jour. 

17. La dause ajoulera a Pagr^menl de la fSle^ il y 
aura un ba) public sur la place de Mars y ou on ex^u- 
lera des danses grecques el francaises. 

18. Un globe aerosialique portanl des inscriptions 
francaises, grecques el lalines^ ira annoncer a quelque 
peuple Toisin la fdle celebree par les Corey riens, pour 
lanniversaire de leur liberie. 

Teotoghi^ president. 

LovEaDo , secritaire (i ). 



Ao qaaruer-geii^ra] d^Aboukir , le 18 messidor an 6 
(GjuiUet 1798). 

Au general Bonaparte, 

Mon deparl d'Alexandrie a ele, general , forcemeni 
retarde ^ ce matin , par le defaul de distribution. A 

(i) Ce signataire, admis an service de France par Bonaparte, est aq* 
jonrd'hai lietftenaot-gen^raF des arm^sdu Roi , et commands une diTision 
t^mioriak. 



a3« CORRESPONDANCE 

minuit, il a fallu recpnimeQcer a faire donner mi sup- 
plement d'un jour de vivres a chaque homme , qui n^en 
avail regu que pour deux jours | au lieu de trois. 

Jusqu'a huit heui^e^ du matia, la troupe a marche 

daQs le lueilleur ordre possible, et la chaleur n^ riot** 

commodail; pointy mais depuis neuf heures, kommes 

et chevaux out cruellement soufiert. Force de faire une 

halte longue poui* attendre, surtout rartillerie, j'ai 

fait partir le general Damas et le general Murat pour 

Aboukir, avec ordre de s'emparer des forts, et de s'as- 

surer des moyens de passer le bras de mer qui nous se- 

pare du chemin de Rosette. Le reste de la division 

reunie est repose; j'ai suivi ces generaux et«suis arrive 

a trois heures apres midi a Aboukir \ ils y etaient ani-« 

ves a deux. lis nWt eprouvi aucun obstacle pour 

prendre possession du fort, dans lequel il s'est trouve 

seize couleuvrines en bronze » depuis cinq jusqu'a dix- 

huit pieds de longueur ; deux mativais canons de fer ^ 

environ trois mille boulets ronges de rouille, et une 

trentaine de cruches rempli^s de mauvaise poudre. 

Une compagnie sufHt poiu: la garnison de ce fort a 

moitie ruihe, mais il faut sur-le-champ pourvoir a la 

subsistance de cctle garnison, a laquelle j'ajouterai 

huit canonniers, que vous voudrez bien faire relever par 

les troupes d'Alexandrie , ainsi que notre ordre le porte. 

Uobjet le plus embarrassant est Tembarquement pour 

le passage. II n'y a a Aboukir que trois barques , qui 

peuvent passer chacune 20 hommes; il leur faut une 

heure pour aller et revenir. La division est forte de 

5,5oo hommes, non compris la cavalerie et Tartillerie 



INEDITE. a3i 

fflontees. li faudrail quaire-vkigt^dix heti)r^ a ees trois 
barques^ en travdUant sans relache^ pour executer le 
passage de la division. II est impossible d'emhar^er 
un cheval sur ces bateaux, et pour faire aller par terre 
la cavalerie montee, au point ou nous debarc[ueron& 
de Tautre cote, il faudrait trois jours. 

Le scheick m'assure qu'ila fait demander vingt cha-« 
loupes a Alexandrie, qui doiveot arriver ce soir. Ces 
chaloupes ne porteront, dit-il, que 5 hommes cha- 
cane, par voyage, et il est bien certain qu'il sera im- 
possible d'y passer up cheval. Je vous prie, general, 
de venir a mon secours, en m'envoyant des embarca- 
tions dependantes de la flotte. Avec le temps qu'il fait, 
en cinqheures, elles peuvent se rendre d'Alexandrie ici. 

Je vous previfens, general, que j'ai autorise lecom- 
missaire des guerres a faire une requisition de cinquante 
quintaux de paille d'orge et de cent boisseaux d'orge 
pour la subsistance des chevaux de la division , pour la 
plupart desquels il n'a rien ete fourni a Alexandrie. 

La troupe n'ayant point eu de viande, et efadt au 
moment de manquer de vivres, je vous prie de donner 
des ordres pour qu'il soit delivre dii riz a la <}i vision, 
si je ne puis avoir autre cbose. 

L'eau manquera absolumeut ici, demain matin. 

DiJGUA, 



AlcXandric, lei8 messidor an 6 ( 6 jnillel 1798). 

Nous, chefs de brigade de Tartillerie et du genie, 
ooBsequemment aux ofdres du general en chef, con- 



a3a CORWESPONDANCE 

eernant Its difTerentes batteries a etablir pour la de- 
fease des ports d'Alexandrie , nous sommes transportes ; 

1*. A la pointc de'sEguiers qui forment le port vieux , 
et avohs trace une batterie de quatre pieces de canon 
et deux mortiers , a Teffet de battre la passe dudit pbrt. 
Cette batterie contiendra une grille' pour rougir les 
boulets, un petit magasin k poudre et un corps-de- 
garde ; elle sera retrancbee k la gorge par un mur cre- 
nele. 

a*. Nous avons passe sur la cdte opposee , et nous 
avons trace sur ladite c6te, en avant'du vieux fort^ une 
deuxieme batterie , pour croiser les feux avec la premiere 
ci-dessus , sur ladite passe du vieux port ; cette batterie 
de quatre pieces de canon et de deux mortiers, sera 
flanquee par le canon du vieux fort, a la distance de la 
portee du fusil, et, par cette raison, restera ouverte a 
sa gorge ; elle sera egalement pourvue d'un magasin a 
poudre et d'une grille pour rougir les boulets* 

3*. Au fort du Phare , nous avons destine six embra- 
sures existantes , pour battre la passe du port neuf ; une 
tour en arriere de cette batterie et un saillant a sa gau- 
cbe , sont marques pour etablir deux mortiers ; nous 
avons en outre determine quatre embrasures pour battre 
le large, et Ton munira chacune de ces batteries d'une 
grille pour rougir les boulets. Deux embrasures ont ete 
reconnues propres a tirer sur la ville et sur le foiid du 
port, et deux autres sur la digue qui conduit aufort. 

4*. Au pkarillon , nous avons trouve deux embrasures 
a une batterie basse et deux a uae batterie haute, lt& 



INEDITE. a33 

seules susceptibles , avec reparations, de remplir Ppbfet 
de hattre la passe ea croisaDit ses feux avec le fort du 
Phare. Ledit fort^u Pl^rillon est absolument en ruine. 

L'eioignement du Marabou et le defaut de temps ne 
nous ont pas permis de tracer la batterie qui y est or- 
donnee. 

Fait, a Alexandrie , l^s jour, mois et an que dessus. 

FAULTRXEa et Cbetin. 



G)rfoa , le 19 metfidor an 6 ( 7 jnillet 1 798 > 

jiu general Bonaparte. 

Nous avons re^u, general, avec entbousiasme la 
nouvelle que vous nous avez donnee de votre glorieuse 
conqu^te de Malte. Les Grecs de ces departemens ont 
senti tout le prix de cette importante possession. L'alle- 
gresse a ete generale ; des fetes publiques ont ete cele- 
brees dans toutes les communes ; Corfou et Zante surtouC 
se sont distinguees par la pompeet la magnificence qu'elles 
y <mt mises, et je me fais un devoir d'eti*e aupres de 
vous Finterprete des sentimens de reconnaissance etde 
veneration que vous ont vouees les habitans de ces lies. 

Ce dont je dois vous instruire egalement , c'est de la 
joie qu'ont montree les troupes , en apprenant qu'elles 
faisaient partie de votre armee ; elles ont eu bientfit ou» 
blie Tetat de denfiment ou el'es sont reduites , pour ne 
former d'autre vceu qu^ ce^ui de marcber sous vos ordres 
pow* contribuer a vos triomphes. 



3i54 correspoNdance 

Quant a moi , general , je redame de rons, comme 
une grace , que vous m'appelliez a rarmee. Il-sereit glo- 
rieux poui* moi de partager vos dangers. PcrmcttezHoaoi 
de vous faire observer qu'il y a sept mois que je suis ici > 
isole ; je desirerais avoir nn peu pins d'activite dans mon 
service. J'espere done, general, qu'au retourdu brick 
queje tons envoie, yous me ferez passer d'es ordres- 

J'ai , conformement a vos intentions , cxpedie un cour- 
ricr a Constantinople , pour y porter, a votre ambassa* 
deur, la nouvelle de la prise de Make ; j'en ai instruit 
Element, par voies tres-surcs, Ali- Pacha, le^pacha 
de Scutari et le pacha de Moree. 

Vous me dites , general , de me mcttre en defense 
centre les attaques desTurcs ; j'ai, en consequence„or- 
donne aux commandans des places de la terre ferme de 
se tenir stir lems gardes y j*ai augmente leurs forces autant 
qu'il m'a ete possible, et j'ai ordonne les travaux et les 
reparations necessaires pour mettre chacundeces postes 
a Tabri d'un coup de main. Je dois cependant vous dire 
que j'ai peu d'inquietude de ce cdte, parce que nous 
avons pour voisins, dans cette partie, les Albanais, 
f euple librc , qui ne sont au service de la Porte qu'au- 
tant qu'on les paye \ et qui sont tres- attaches aux habitans 
de ces lies , tant a cause de leur religion que de leurs 
relations commerciales. D'ailleurs, pour venir nous atta- 
quer par terre , il faudrait qu'on passat sur le territoire 
; d'Ali-Pacha, de I'amitie duquel nous ne pouvons dou- 
ter par les temoignages continuels qu'il nous en donne ; 
et je suis persuade qu'II ferait tons ses efforts pours'op- 
poser aux hostiUtes qu'on peurrait tenter de faire contre 



INEDITE, -i35 

nous, surtout d^apres les nouvelles preuves d'amitie et 
de peeonnaissance qu'il vient de recevoir du gotiverne- 
menty par les ministres de la guerre et de la marine , 
qui lui ont adresse les lettres les plus flatteuses. 

Je suis tres-fache que votre aide-de-camp n^ait pas 
pu remplir aupres de lui Is^ mission dont vous Faviez 
charge, cela eut fini de nous l^attacher pour toujours ; 
mais il est, depuis quatre mois, a Tarmee que le grand- 
seigneur a envoyee contre le pacha de"Widin ; il a fourni 
son contingent de 1 5,ooo hommes , et c'est lui qui com- 
mande en chef toule 1 arniee. II a la reputation d'etre 
lemeilleur militaire de Tempire ottoman, et d'etre le 
plus puissant. II peut mcttre, dans ses propres etats? 
4o,ooo hommes sur pied ; ainsi vous voyez qu'il peut 
nous etre d'une grande utilite , el je ne doute pas qu'aus- 
sitot qu'il sera instruit de la prise de Make et; de Tap- 
proche de nos troupes, il ne fasse son possible pour 
quitter Parmee et s.^.rendre a Janina. 

Nous ne devons pas avoir la meme confiance dans le 
pacha de la Moree : je recois tous les jours, de la part 
des consuls dans cette contree , des plaiutes sur les vexa- 
tionsqu'eprouvent continuellement les Francois. II n'a au- 
cun egard aux reclamations qui lui §ont faites , et semblc 
autorisei:cesdesordres.CependantlesGrecs,danscepays, 
sont pour nous.; nous y avons , eu outre, les Mainotes, 
qui nous spnt toys devoUes. 

Je dois aussi vous prevenir, cixoyen general , que je 
suis instruit que, depuis quelque temps, la cpur de Na- 
ples, entretieht de frequentes correspondaaces avec la 



s36 CORRESPONDANCE 

Porte. J'ai pris des mesures pour ^re informe si eette 
puissance ne ferait pas quelcpes dispositions hostiks. 

Chabot. 



Goifjo, U i§ mcMidor an 6 ( 9 fiillct 1798). 

jiugenirat Bonaparte. 

Aussitdt apresk reception de votre lettre, parlaqueDe 
▼oils me demandez de faire pas^ner'a i'annee ' plusieurs 
])itimens de bois a bruler , j'ai fait partir pour PriQTesa 
le bfttiment marchand le Fanari, qui etait le seul que 
j'eusse ici k ma disposition , pour qu*il y fit son cbarge- 
ment y j'y ai envoye egalemeut le batiment que voufi 
avez envoye de Make : ils seront prets incessamment, et 
partiront daisuite sous Tescorte du chebeck fc Fortur 
natus. 

La fregate VAftltemise en a charge aussi une quantite 
plus que suffisante pour son approvisionnement, et pourra 
vous 4tre de quelque secours. 

Si vous pouvez t^ypyev quelques autres Mtimens, jc 
m'empresserai deles faire charger, et je vousles renverrai 
de suite. 

Votre aide-de-camp m'a communique Particle de votre 
lettre ou vous me chargez de faire une proclamation 
pour engager les habitans de ces departemens a faire des 
chargemens de vins et raisins sees , pour aller a la suite 
de Tarmee ; je Tai faiteaussit6t , et je ne doute pas qu'elle 
ne produise toiU Peffet que nous devons en attendre. 
Jevous prierai de me faire savoir ou je dois les diriger« 



mEDlIK* 1137 

Comptez , general , sur moD exactitude a executerles 
ordres que vous me ferez pass^, aiiusi que sur moo ires- 
pectueux devouement. Chabot. 



A bord de rOrient , le 1 9 messidor an 6 ( 7 jivllet 1 798 ). 

^u giniiW. Bonaparte. 

li est deux heures apresminuit , general, et I'onm'ap- 
porte votre lettre d'hier. Vive la r^publique ! il ma pa- 
rait que tout Ta k merveille, et que vous allez a la con« 
quete de TEgypte a pasde geant. Si les troupes ont 
beaucoup a souffrir, j'espere que, sous peu de jours ^ 
elles se trouveront bien dedommagees en quittant les sa- 
bles bHldans du desert, pour parcourir les bords du Nil. 

Je vous remercie de la precaution que vous avez prise 
de m'envoyer au Beckier des officiers de genie et d'ar- 
tillerie. Je me concerterai avec eux, aussitdt apres avoir 
mouiUe, et si nous sommes assez heureuxpour trouver 
une position k terre , qui puisse proteger les deux tStes 
de ma ligne , je me regarde comme inexpugnable , da 
moins pendant tout I'ete et meme I'automne.'Je serai 
alors d'autant plus satisfait, que je pourrai appareiller 
^uand bon me semblera , pour combattre Tennemi , et 
mc porter partout oti je pourrai vous Stre utile ; au lieu 
que , quand meme on trouverait le moyen de faire entrer 
Pescadre dans le port d'Alexandrie, j e serais bloque par un 
seul vaisseau e'nnemi et je deviendrais spectateur oisif 
de votre gloire , sans pouvoiry prendre la moindre part. 



HB CORRESPONDAKCE 

II me semblerait alors que je ae suis venu a Alexandrie 
^ue pour y voir echouer mes vaisseanx , tandis que mon 
desir bien prononce est de pouvoir vous etre utile, de 
quelquemaniere que ce soiti_et,..comme je vous Taideja 
dit , tout po»te me sera bon, pourvu que vous m'y pla- 
clez d'une maniere active. 

Je crois que la meilleure riStniere de faire parvenir vos 
premieres depeches en France, c'est d'expedier le petit 
corsaire nomme la Cisalpir$e^ a Malte, et d'ecrire par 
duplicata a Otrante , ou nous enverrons • Taviso la 
Marguerite. Mais je pense que desormais le moyen le 
plus sflr pour etablir une ciorrespondance active avec la 
France et nos iles , sera de se servir des esperonards de 
Make : ce sont d'exdellens batimens , qui arriverent tou- 
JOUR'S a leur destination, malgre toute la marine anglaise. 
Si vous approuvez ce projet, j'ecrirai au commandant 
des armes et a Tordonnateur a Make, pour mettre six 
esperonards en activite, et pour en faive partir un tons 
les dix jours pour Alexandrie , quand mSme il n'aurait 
a vous donner que les nouvelles de Make. Vos lettres 
seront portees k Naples ou a Civita-Vecchia , et , dans 
toutes les saisons , elles y arriveront avec celerite et sans 
courir les ri^ques d'etre interceptees. Des que le jour 
parahra, Tarmee sera sous voiles. Donnez vos lettres a 
Taviso, et envoyez-le auBeckier , ou je lui remettrai les 
instructions necessaires pour sa route; et, s'il lui manque 
quelque chose , je Toutilleraide maniere a ce qu'il puisse 
naviguer avec suretej cenC'Sera qu'un peu de retard qui 
lie pourra pas nuire k la ceterite de son voyage. 

Recevez^ mon general , les voeux bien sinceres que je 



. INEDITE. aSg 

tm ponr que vous cobsenrks au miliett d« vos graadi 
travaux la sante qui vous eat necessairepour ks jtenoiiier 
lieurQiiscmeut. 

Je vais faire cliavirer tout le vaisseau peur tfteher d^ 
trou ver les caisses que yous me demandez , et si eiles n'y 
sont pas I j'ocdoDnecai des perquisitioos $ur tous ks 
vaisseaux de Tescadre* / 

Malgre mes demandes reitcrees , je n'ai pu obtenir 

uu seul pilote-pratique pour k Beckkr. 

BauETs. 



Corfoo 9 1< 1 9 messidor an 6 ( 7 juillet 1 798 )* 
Au general Bonaparte. \- 

Je vous envoie ci-joint, general, unetat exact de 
cette. division. Vous y verrez combien il y a peu de 
troupes proportionnement a son ^teudue et a kgratnk 
quantite de postes a garder. J'ai ecrit plusieursfois au 
general eu chef de I'armee d'ltalie, pour lui'demftuder 
le premier bataillon de la soiiaute-dix-neuvieme demi- 
brigade. Je n'ai recu aucune reponse. 

Les canonuiers, et ouvrjers surtout ,. sout d'une fai-- 
blesse extreme etne peuvent suffire aux travaux imroeiises 
qu'il y aa-faire pour mettre les differentes places de 
cette division enetat de defense. 

Vous verre2> par les ^tats de situation du materiel de 
Vartilkrie, combien nos approvisionnemens sent au- 
dessous du necessaire , en poudre surtout. J'y ai joint 
un etat de la consommation qii'en lah la marine , qui puise 
journelkment dao9 pos magasins ^ afin de vous mettre 



34o CORRE8PONDANCE 

dans le cas de jtiger du pressa&t besoin que nMS aTo&s 

de ce geait d'approvisicmnement. 

Nous n'avoDs pas moias besoiu de fonds ; il y aura an 
3o messidor quatremois de solde dds aux troupes , cequi 
fait une somme de pres de 3oo,ooo fr. de France. La 
maiine est encore plus arrieree , ainsi que tous le verrez 
par Tetat ci-joint. 

Tous les services ne marchent qu'a peine, et )e ne suis 
parvenu a les soutenir que par des emprunts soccessifs 
sur les trois departemens^, en prenant des anticipatioos 
sur les fenniers des douanes, et obtenant des credits sur 
les fournisseurs , auxquek il est dA considerablemait , 
ainsi que vous le verrez par Tetat ci-joint. 

II ^st dii seulement aux negocians de G)rfou plus 
de aooyooo fr, 

Faites attention , general , que la marine nous a 
laisse ici des dettes immenses. L'amiral Brueys pent 
vous rendre compte de Textreme penurie ou il nous a 
laisses , et qui n'a fait que s'accroltre depuis son depart , 
n^ayant recu dltalie , pour tout secours^ que coit mille 
livres : il nous a done fallu vivre de nos propres res- 
sources, qui , quoique bien mediocres, ont ete partagees 
pour subvenir aux depenses des administrations civiles. 

Vous m'ordonnez, general, d'armer en flute le vais- 
seau et la fregate qui sont a Corfou, et de vous les eu- 
voyer. Vous trouverez ci-joint deux proces-verbaux , 
par lesquels vous verrez que le Sandos ne pent etre 
employe a aucun service, a moins de reparations con-* 
siderables , quine peuvent se faire ici, fautede fonds et 
de maimaux \ et que la fregate est absolument hots de 



INEDITA 24t 

serrke, puisqu'elle etait pres Ae couler bas, et que ce 
n'est qu'avec beaucoiip de peine qu'on est parvenu a Ift 
faire rendre au port Goin ou elle a echoue. 

Vous n'etes surement pasinstruit , general , que nous 
avons eu le malheur de pe?:dre dernierement le brick fe 
Mondoviy qui a ete pris a Pabordage dans la rade de 
Cerigo, parune fregate anglaise. Le commandant de 
la marine envoie les details de cette prise k I'amiral 
Brueys. 

B'uu autre cdte, nous avons la goelette la Cyhele 
retenue a Ancone , depuis plus de trois mois , par le 
commissaireCommeyras, que nous attendons chaque 
jour. 

U ne nous reste done ici que le brick le Rwoli^ que 
je vais vous envoyer c6nformement a votre ordre , et la 
corvette laBrune qui , veoant de faire une longue croi- 
siere, abesoin^de quelques reparations, cequi la met dans 
I'impossibilite d'executer , dans ce moment, Tordre def 
Tamiral Brueys, qui Tappelle a I'arraee. Je vous prie de 
me la laisser ici, pour le service de cette division, 
n'ayant aucun batiment de guerre dont je puisse dis- 
poser, soit pour correspondre, soit pour proteger le 
commerce 

Je vous ai mis sous les yeux le tableau aftiigeant de 
cette division ; vous voyez dans quelle p^nurie elle se 
trouve.ce qui rend ma position de plus en plus embarras* 
sante ; car je suis charge de tous les details, n^ayant ici 
auciin commissaire-ordonnateur ni pour la terre ui pour 
la marine. Veuillez done, general, me faire passei* tous 
les secours dout vous pouiTez disposer en faveur de cette 

EGTITE. 1. 1 6 



^a CORRSSPONOANCE 

diviaiMy car im plus long abandbii miinit infinuneiit 
an biw 4u serrice. Chabot. 



Corfoa , le 19 meuidor an 6 ( 7 JuiUet 1798). 

Au g&neral Bonaparte. 

La uouvelle de la prise de Malte» voire presence 
bienfaisante dans la Mediterranee , votre nom seal, ci- 
toyen general, electriserent eatierement les ames des 
Grecs. 

Le cri de la liberie emis par les voules du cercle 
constitulionnel de Corcyre , a ete repele par le dernier 
coin de la Grece, qui altend de vous les bieofaits doot 
vous avez fail pari a ces lies , et ({ue vou3 lui avez permis 
d'esperer. 

Nous avons celebre , le i o messidor , ranniversaire de 
i*anivee des Francais dans ces contrees, avec les plus 
grands transports ; mais qu'ils furent augmentes lorsque 
cette epoque sacree pour tons les Grecs etait mai€[uee 
de la presence de Bonaparte dans la Mediterranee, et 
par de nouveUes conquetes de la grande republique ! 

Pouvons-nous esperer , citoyen general , de voir 
parmi nous, de connaUre noire liberateur, de pouvoir 
lui temoigner noire reconnaissance ? Si jamais Tardeur 
qui accompagnait des vceux , en fit realiser qudques- 
uns^ c'est surement le n6tre qui serait exauce. 

L'administraUon du departement de Corcyre. 

Teqtocbi , president. 

LoTs&no ^ secretair€. 



IMEDITE. a43 

, Alcxandrie , le' 1 9 mesftidor an 6 ( 7 juitlet 1 798 ). 

jiu genial Bonaparte* 

Je recois a Tiastant , citoyen general , voire instruc- 
tion relativement au commandement d'Alexandrie que 
vous avez biea voulu me conferer , pour dimiuuer la 
peine que j'eprouve de ue pouvoir vous suivre. Je rem* 
plirai vos intentions avec zele et autant qu'il me sera 
possible, de le faire de mon appartement ; car les pre- 
miers momens ou il me sera permis de prendre quelquti 
exercice y accordez-moi , general , de les employer pour 
vous aller joindre et me mettre a la tete de ma division. 
Ce desir , cet espoir d'un prompt depart me suggereni 
naturellement la demande a qui je dois remettre moQ 
commandement, dont Timportance peut varier suivant 
les cii'constances. Veuillez me le faire connaltre. 

Kleber. 



AWxaa<Srie , \t a^meMidor an 6 (.9 )uiU«l i^gff). 



\ 



Au general Bonaparte. 

it vtk^wix leiMurs (p^ )'ifpro«te^ que fe iie pour^- 
rai peot<^tre d€ huit joitr&^ parrenir a cousommer IVp^-^ 
ratten de rechange des 4oO)Ooo fr j el que le» moyeng 
de V0U9 rejoindre seroAC tres-difficileft. Je pren^s le 
parti de partir dem^in avec le payeur ; |e presume que 
je p0«rrai vous etre plus utile au Caire qu'iciv Je lai^se 
le citoyen Baude charge de realiser 1 85,ooo fr., montant 
de I'argenterie , et nous ei^porterons les lingots d'or qi^ 

1^. 



vA 



ft44 CORRBSPONDAMCfc 

seront d*un trimsport plus facile au Caire ^ ti plus &- 

ciies aussi a convertir en numeraire. 

Aujourdliui le scherif que je pressais fort pour avoir 
de Targent , m'a demande la force armee pour con- 
iraiudre les negqcians qui s'etaieut engages , a remplir 
leurs promesses. Je lui ai fait donner ce matin diz 
soldats et un officier pour aller dans chaque maison. 
Ltes mahres s'etaieut caches ; il est cinq heures du soi^ 
et je ne vois rien venir. Mes agens ne croient pas qu'on 
puisse avoir plus de 200,000 fr. d'ici a quelques jours. 
Je n'en ai encore que 60,000, qui avec 70,000 fr. que 
le payeur laisse a son prepose a Alexandrie , et qui se- 
ront pris sur les fonds a remettre par les Alexandrins , 
font la semme de x3o,ooof. Nous laissons pour i85,ooo 
d^argenterie j il restera par consequent 55,ooo fr. a faire 
passer par le prepose d' Alexandrie , au payeur-general , 
au quartier-general, ou qu^il emploiera pour d'autres 
services , si vous I'ordonnez. 

Nous avons confere avec les generaux Kleber , Menou 
et Dumuy , sur le transpoit du tresor par terre. On a 
generalement trouve trop de danger a le compromettre , 
ne pouvant lui donner qu'une faible escorte, et les dangers 
de la mer out paruinfinimentmoindres. D'ailleurs nous 
avons calculeque, par cette voie, le tresor vous rejoin- 
4rait plutdt. Enfin , depuis que vous etes parti , nous 
n'avons pu , a tout prix , trouver a acheter un seul cha- 
meau , tandis qu'il nous en faudrait au moius dix ou 

douze. POUSSIELGUE. 



INEDITE. !»45 

Corfoa , le ao messidor an 6 ( 8 jnillet x 798). 
\Au general Bonaparte. 

Le citoyen Comeyras retenu en Italie pdr la difficulte 
d'obtenir les fonds indispensables a la solde des troupes 
de cette division , n'ayant encore pu se rendre ici , ['ai 
cru devoir ouvrir la lettre a son adresse , dont etait por- 
teur Taspirant Grasset , charge de diriger la Santa-* 
Marina , amvee le 9 du courant. Le contenu de cette 
lettre a justifie ma hardiesse, puisquelle renfemiait des 
ordres dont I'exfeution ne devait soufTrir aucun retard. 

Denue de tons moyens pecuniaires^ j'aurais eu quel-' 
cpies peines , citoyen general , a faire charger sans delai 
ce bkiment , de bois a bruler , sans le zele des citoyens 
Hodoul et Frangieli., dont Tamiral Brueys vous aura 
pettt-Stre']parle avantageusement. Le dernier de ces ci- 
toyens , quoiqu'en avance de 3oo,ooo talaris pour four- 
nitures faites , soit a la marine , soit a I'armee de terre ^ 
quoiqu'il travaillat a la cargaison en bois k brAIer du 
Irick le Fanari^ que le general Chabot vous envoie, 
s'est offert de charger de ce combustible, non-seiile- 
ment la Santa-Marina , mais tous les navires que vous 
Toudrez bien nous adresser. En les attendant , la Santa^ 
Marina est allee faire son chargement a Preveza » et 
part^ra pour I'armee dans sept a huit jours. 

Suivant votre intention , j'ai fait ^ussi de suite la 
proclamation ci-iucluse. EUe produira san^ doute soo 
effet dans les departemens dlthaque et de la mer Egee , 
mais non pas dans celui-ci, qui ne recolte pas en quan« 
tite suffisante les denrees que vous me demandez. 



«46 CORRraPOIVI>ANCE 

J'ai cm deviaer , general , que vaus destlnez a faire 
de Teau-de-irie la plus grande quantite des raisins 
qu^OQ vous cnverra. Permcltez-moi de vous observer 
que si cette boisson vous est oecessaire, ou en obiilgn- 
imt davantage et k meilleur compte , en faisanl distil- 
kr.a Zabte neme , les raisins sees qui y. pourriasent daos 
Ie$ inagasins. II ne faiklrait pour cela qu'nne demaode 
fonnelle de votre part* Nous motiverons sur elle la per- 
WBsion de distiller ce fruit , a qu^ s'oppose , fonde 
sur son bail y le fermier de la vente eiclusive de Peau- 
de-vie. 

Dans la IettT)e a laquelle )e reponda , eitoyea general , 
tous parlez d'une precedente que tArtbemise devait 
avoir apportee au citoyen Comeyras. Cette fregate est 
arrivee il y a trois jours , at son capitaine et le d^KJym 
Lavalette , votre asde-rde-<;amp , n'avaient aucune let- 
ire peror le oosimissaire. Je ne sais si |e dois m'en 
afftig^ ou m-en fSioiter ; oar plus je- desire vous pfou- 
ter non zele^ plus il eut ete dese^erant pour nioi , que^ 
Ikute de poavoirs , je n'eusse peut*etre pu executer vos 
ordres. Cette inqiuissance de faire le bien et m^me 
quelquefois d'emp&her le mal , est le supplice que 
feprouve depuis deu!it mois et demi que j'attends le 
eommissaire organisateur , et le besoin que Ten y a de 
Vbomme de la loi , est tel qu^il fait ressembler an me- 
contentement les vceux impatiens que Ton foarme pour 
son mrivee. ' Paais. 



INEBITE. ft47 

Alexandrie, le ao messidor an 6 (8 jaillet 1798). 

Au gkiSral Bonaparte. 

. Je profile , citoyea ge&eral ^ du depart d'un deta* 
chement de la quatne*Yiogt-ciiiq]aieiBe demi^brigade 
pour vous &ijre parvenir le citoyea Jiiaoi aveo cpiel* 
ques fends. Le payeur de Ta^^ piurtira demaia aTOC 
le general Menou pour Rosette > ou il attendra tos 
ordres , a moins qu'il ne puisse remoater le Nil aveo 
la flottille, 

Le citoyen.Roucli , Agent des transports miUtaives- 
vientde ipe faire un rapport affligeaot. Quinze employes 
de ce service ont ete assassines par les Arabes a quatre 
lieues d'ici. Ces jeunes gens deyaieat suivre bier soir 
votre quartier- general ; n'etant pas prSts y ils ne sont 
partis qu'a quatre beures du matin. Deux ont echappe 
au massacre et sont venus en apporter la oouvdlicu 

Aujourd'bui , un Grec , vers midi , a coum Us roes 
ea.criant de toutes ses forces qile les mamelouoks ani- 
yaient , que Tarmoe francaise etait coupee , qu'il fallait 
(enneir les tM)Mtiques , , et , en effet, elies.se sont fer* 
mees. Qn m'a amene cet bomme ; )e Tai fait conduire 
au scberif , qui lui a fait administrer une bonne vdee 
de coups de b^ton. On a crie ensuite dans les rues la 
defense dedonner de par^Ue^ aiarmes. Au reste> tout 
le monde est ^i c^ctivite et s'occupe de metlre a exe« 
(mtionles iostructionsque vous avez donnees. Au pre«- 
mier jour , citoyen general , j'aurai rhponeur de Tous 
faire un rapport plus 4etaille« 



2$8 CORRESPONDANCE 

Le commandant de la placevient de me rendre compte 
que les employes assassines dont j'ai parle plus hant y 
etaient charges du convoi des vivresdeyotre et^t-major 
et de la colonne ; qulls etaient venus lui demanderune 
escorte et nn guide ; mais que ne pouvant leur donner 
que le detachemait de la quatre-vingt-cinquleme demi- 
brigade qui etait harrasse de fatigue par une marche de 
huit. lieues , U leur avait ordonne d'attendre que ces 
troupes eussent pris quelque repos ; et ce commandant 
etait dans la pkine securite de Tobeissance de ces em- 
ployes , lorsqu'il apprit I'evenement malheureux qui 
leur etait arrive et qui etait la Suite de leur impru- 
dente desobeissance. Keebek. . 



Akiandrie , le 9o mesudor an 6 ( 8 jailfet 1 798 }. 

Au general Bonaparte. 

Apres votre depart d'Alexandrie , f'ai fait tout ce qu'il 
etait possible de faire pour me procurer des chameaux , 
afin de pouvoir tous joindre , mais toutes mes demar- 
ches ont ete infructueuses : cependant le general Kle- 
Ber , a qui je me suis adresse , m'ayant appris qu*il fai- 
sait partir aujourd'hui environ 1 5o hommes d'infanterie 
et ao hommes de c'avalerie , je me suis determine a 
profiter de cette escorte pour vous envoyer un payeur> 
a qui j'ai remis tout Tor que j'avais. II emporte 70,000 f.; 
cette somme pourra vous servir pour les besoins du mo- 
ment. J'ai pris le parti de m'embarquer demain avec le 
general Menou pour arriver a Rosette et de la an Caire^ 
Je prends tons les payeurs divisionnaires avec moi. 



INEDlTfi. 249 

Penncttez-mbi , citoyen general , de voiis faire ob- 
server combien il est surprenant de voir dans cette 
ciFcx)iistance le tresor de I'armee prive de tons moyens 
^e transport ; tandis qu'une foule d'individus qni n'a- 
raient que Icurs effets a cmporter , sont partis hier, 
aysint des cfaameaux avec eux. Ge ne sont pas la , cer- 
taitiement; vos intentions , aussi j'espere que vous prenJ- 
drez des mesures pour que je ne n^ trouve point a 
i'avenir dans une pareille position. Esteve. 



Aa qaartier»gen«ral d'Aicxandne , le ai messtdor an 6 
(9 juilict 1798]. 

jiu general Bonaparte, 

Je m*empresse, citoyen general, de vous rendre un 
compte sommaire de tout ce qui s'est passe a Alexan- 
dria depuis votre depart, esperant par le retour du 
courrier , recevoir des nouvelles de votre marche et 
de vos succes. 

La defense provisoire d'Alexandrie a ete arretee et 
determinee en attendant que les hauteurs fussent re- 
trancbees. Les troupes contitiuent a bivouaquer sur 
la place ; je vais leur faire distribuer des nattes et tout 
ce qui pourra les garantir de l^bumidite pendant la 
nuit , et les mettre a Tabri de Pexcessive cbaleur pendant 
le jour. 

Le scherif s'est engage a foumir des travailleurs. II 
espere qu^il s'en presentera un grand nombre lorsqu'ils 
TcrroBt le salaiie se payer exactement* 



oSo CORRBSPONDANCE 

: D'apres les conyentions bites , cbaque tntTftillenr 
setdL paye sur le pied de 20 $. par ]Our. Ua piqueur 
^rabe sera charge de diriger les travaox de 18 bovaies $ 
^on salaire sera de 25 s. La surveillaiMse et la police 
seront confiees a uncbefi pris dans une classesuperieure^ 
auquel il sera donoe 9 fr. par jour. Oa a fait quelqnea 
pbservations sur ce dernier salaire ; mais le sdherif a 
persiste dans sa demande , en disant que rbomme qu'ii 
presentait etait mgenieur > et qu'oo pouvait en e3perer 
des services importans. On a passe outre. 

J'ai organise une commission de subsistances pour le 
service joumalier ; elle est composee ainsi qu'il suit : 

ADMINISTRATION DE TEHEE. 

Le commissaire de la place. 
, L'agent des vivres. 
. Le citoyen Magallon cousul. 

ADMINISTRATION DE LA MARINE. 

Le commissaire charge de cette partie. 

Le citoyen Boyer , garde-magasin. 
. Un mus.ulman presente par le scherif aura voix con- 
sultative. 

La premiere demande qu'a dii me faire cette commis- 
sion , est oelle de quelques fonds ; je lui ai fait remettre 
a rinstant 6,000 fr. , dont elle sera comptable. Cette 
somme a ete prise a Tavance sur les 2,000 fr. mis a la 
disposition du commandant des troupes , par^chaque 
decade. Cetjle commission fera construireVdes fours et 
r^e pourvoira d'une infinite d'ustensiles necessalres aux 



mEDITE. aSi 

hopitaux, EUe fem pareiUemffnC Vacquisiliea iFun trou*- 
peau y car toute esp^ce de requisittous , ea ce moment , 
repaodmt I'alaane. 

Le pain ne manquera pas , et Ie& ingenieors des . 
ponts et chaussee^ Girard et Lepere y eharges de I'ins*^ 
pection des dteriies, font eeperer une assez grande 
quaatite d'eau pour la eoDfommation , actueUement 
d'ici au debordement du Nil. 

D'apres le resultat des sondes faites par le capitaine 
Bavre^ ii parattque Fescadre ponrra entrer dans leport. 
G'est tme des meilleures nouvelles, je pense, que je 
pukse vons annoncer. On va s'occuper du balisage et 
de retaUissemens des signaux. 

Quelques Francais ayant commis des exces pendant 
k nuit , le scherif m'a adresse ses plaintes k ce sujet ; 
mais comme j 'avals egalement droit de me plaindre de 
plusieursTurcs , il a ete convenu enlrc nous qu'a Vavenir 
Ics patronilles seraient composees de Francais et de 
Turcs. J'attends de cette mesure un tres-bon effet et 
pourle present et pour la suite. 

Je me suis egalement plaint au scherif des assassinats 
qui se commettent dans les campagnes. II m'a promis 
de donner des oidres precis et severes pour mettre fin 
aux brigandages des hordes vagabondes qui nous en- 
vii:onnent,.Il n'ose pourtant pas s'en promettre un grand ' 
succes. 

On a commence ce matin Tecbaoge des lingot^ y mais 
)e crois que Ton discontinuera cette operation, ces 
mmes lingo ts etant portes par les Arab^s, a trop bas 



25a CORRESPONDANCE 

prix. U Tous sefa rendu un compte particulier sur cet 
objet , par le contrdleur des finances. 

L'absence des soldats maltais , les dif&cultes apportees 
a leur debarquement, ont recule jusqu'a ee moment I'or- 
ganisation de la colonne mobile du geneial Dumuy. 

II y a a bord des batimep-s de transport une quantite 
id*effets appartenant aux differens corps de Tannee; je 
pense que votre intention est de ies y laisser jusqu'a 
nouvel ordre. DifTerens regimens de cavalerie y ont aussi 
laisse leurs selles. Je les ferai partir par Rosette , avee 
le general Menou. Ce general part ce soir sur des b&« 
timens de transport , ainsi que les guides a pied et a 
"cheval qui etaient restes en arriere, et les differens 
payeurs. 

Differens blitimens neutres ont ete desarmes pat 
ordre du scherif , lors de Fattaque d'Alexandrie. Les 
capitaines reclament aujourd'bui la restitution de leurs 
armes. Je ne Tordonncrai que lorsque vous m'y aurez 
autorise. 

La garnison d'Alexandrie est de X009 hommes, 
non compris les grenadiers, dont le service et les 
patrouilles sont tres-fatigans. Le nombre des homme^ 
pour la garde ordinaire, reduit autant que possible , se 
monte journellement a 4o6 hommes. Vous jugez, mon 
general , que ce service , avec la garde et les detachemens 
extraordinaires que I'on pent etre dans le cas de foumir , 
ne pent continuer sans que la garnison ne soit renforcee. 
Si le^ vaisseaux entrent dans le port, le renfort est 
trouve. 

Vous trouYerez ci-joint une lettrc qui m'a ete re- 



INEDITB;. 253 

ttiisfc par le consul de la republique a Ragusc. VeuiUez, 
g^0eral , m'instruire si le? armes qu'il reclame doiyeat 
etre rendues. ^ 

J'attends pareillemeat vos ordres pour le depart des 
differens batimens arretes dans ce port. 

Le scberif vient de me doaaer les nouvelles suivantes : 
Mourad-Bey, avec dix autres beys, marche sur Da- 
iDaahour, trois autres sur Damiette, un sur Damas, 
pour empecber un mouvement de la part du pacha en 
notre fa^eur. Le pacha du Caire a ete contramt de 
descendre du chateau j il a ete remplace par uq bey. 

Kleber, 

Ao qoartier'-general h Alcxandriei le aa messidor ao 6 
( I o jaillet 1 798 )• 

jtiu general Bonaparte. 

. J'ai recu , citoyen general , la lettrc du general 
Berthier , en date du lio , par laq^uelle il me fait passer 
vos ordres de faire partir pour Rosette , les equipages 
de cavalerie. Le general Menbu qui , ce soir, se met en 
route , s'est charge de les conduire, 

Le scberif vint chez mioi dans la soiree d-bier, 
accompagne d^un drogman et d'un Turc , qu'il avait mis 
en observation sur un minaret , m'annoncant qu'il 
paraissait au large sept voiles inconnues. II etait in- 
quiet; je le rassurai, en lui disant affirmativement que 
ces batimens etaient francais et nous amenaicnt des 
renforts, Mes conjectures se verifierent : je recus a 
Tinstant le rapport du capitaiiie d' armes , qui m'annonca 



a54 CORRESPONDANCE 

que Von avait signale dix-ncuf voiles francaises. Elle^ 

entierent bieDtdt apres dans le port. Voaa en trouvere^ 

Tetat ci-inclus. 

: Des quinze employ^ aux transports ndlitairesy qui 

ont ete attaqiies par les Arabe^ , ainsi que je vous en ai 

rendu compte dans ma lettre du fla inessidor ^ neuf sont . 

rentres ^ nous esperons que le nomBre des tues se reduira 

a trois ou qiiatre. 

,Xes soldats de la garnison traTaiHent assez activement 
a Televation des batteries , demain elles seront aimees 
en partie. Nous voiFa hors d'insulte et dans une parfaite 
securite sur les entreprises de Pennemi. 

Les Mahals sont enfin debarques ; le general Dumuy 
cotnpte marcher d'abord a Thurium sur la route de 
Damaubour , et de-la se rendre a Aboukir pour etaUir 
la communication du lac. Je profiterai de cette marche 
pour vous envoyer les quatre-vingts dragons montes, du 
qu^torzieme regiment, arrives par le dernier convoi. 
Py ajouterai lesdetacbemens d'infauterie qui sont rested 
en aniere de leur division* 

Lakttreque^e vousecrivisbier, dev^tvousparveniv 
par un officier que le general Menou aattratt fait partiv 
de Rosette } mals les nouvriles interessantes que m*apprit 
k scherif sur les mouvemens des beys , me deternnnerent 
i vous Penvoyer sans delai , par expres a cheval , de la 
fidelite duquel le scheiif s'est rendu respousable. U edt 
ete sans cela peu militaire de vous donner des d^i^ls 
sur les forces d' Alexaiidrie. 

Le general Menou a ete oblige de rentrer , ks vents 
a jaut ete conti'^ix^ ; il a faiUi eckouer. 



INEDITE. 255 

Je vais fake etabli^ des telegraplies pair le eitojen 
Conte, qui itn'a fourui des noyens simples et d'line 
eseesitioo faicile. II j en auraun a Rosette, un autre 1^ 
Abouktr, un troisieme a Alexaadrie, uu quatri^me a 
Tburium^ un einquicnie a Damankour. Je vous rendrai 
compU du service de cdtte entrepri^, Kleueb.. ' 



(lojaillct 1798). , 

u4u general Bonaparte. 

Les deux exprts que vous m'avez envoy & hier et votre 
leltre du 90 ^ ne lae sont pavv^tius que Heck qu^^re 
hebres et demie aprea midi y a Resette, ou le gea^ral 
MeooiU et le general Andreossi n^etaient point arjrivesi 
J'ai donue ordre sur-le-champ au general Lannes de 
piyrtir a minuit avec la viufit-Ginquiemc el la soixaot^e^ 
quinzieme denii-hrigade , pour se rendre a Deyrouth. 
J'ai laiss^ la moitie des dragons a pied, poor tenir la 
gamison a Rosette. A septbeures du soir y le general 
Andr^ssi esl arrive, avec sa eolcMftne. Je Tai instruic 
qu'il y avail huit djermes a la barre, pour aUeger les vais^ 
seaux de la flottilk conunandee par le general Peri^e; 
que^ faute de marins, }e n'en avais pas pu preiulre 
davantage, mais que la demi-galere venant d'entrec 
dan&.k port, elle pourrait fournir des bommes pour en 
employer plusieurs autres. Je compte que le general 
Andreofifti pourra en reunir au moins trente , siir les- 
quelles il embarquera i"*. tout le monde ^ a""./ k modtie 



a56 CORRESPOND ANCE 

des dragons a pied, que leurs bottes estropient et qid 
sout surcharges de leur porte-manteau , de leur sabre 
et de leur fusil ; 3°. les deux pieces de 3 , Tobusier , leurs 
affuts et les caissons attaches a ma division , et qu'il 
m'aurait ete impossible de conduire par le chemin etroit 
des rizieres qui seul amene de Rosette ici. Je suis cosl^ . 
, vaincu que les generaux Perr^ et Andreossi partiront 
ce soir de Rosette et arriveront demain a Rabmanieh. Le 
premier n a pu passer la barre du Nil que bier apres 
midi, et n'a mouille dans le port de Rosette qu'a neuf 
beures du soir. 

Les Turcs sont tres-mefians : ils demandent toujour* 
a ^tre payes d*avance. Comme les patrons des djermes 
s'etaieut tons cacbes , je promis a ceux que j'envojai au 
devant de I'escadre legere, de les payer lorsqu^ils lui 
auraient fait francbir la barre du Nil. J'ai prevenu le ge- 
neral Pecree de cette promesse, en le priant de la remplir. 
L'officier qu'il m'a envoye pour m'annooceF qu'il avait 
re9u ma lettre , me donna a entendre que eet engage- 
ment serait sans effet si je n'ea faisais pas les fonds. Je 
^ lui remis sur-le-cbamp dix louis, pour payer 8e suite 
les patrons , persuade que c'etait le seul moyen d'avoir 
quarante djermes ce matin. 

J'ai laiss^ au commandant de la place Une lettre pour 
le general Menou et copie de tons les ordres que j'ai 
donnes dans la place ; un detail sur les operations 
faites et sur celles que je n'avais pu entamer , faute de 
temps. 

Je partirai d'iei, cette nuit, general, pour etre 
rendu demain dans ia matinee, aRabmaiiieb, ou le ge^ 
uoral Murat doit voiis avoir deja joint. 



INEDITE. 257 

La journee de Rosette iei est ex4:r$p[iement fo^te : 

l€s troupes, parties a une beure dii matin, ne sont 

airivees qu'adeux heures apres midi, cruelleraent tourr 

mentees par la chaleur. 

Le citoyen ReiaondoR , coiDmissaire des guerres de U 
division 9 apristoutes les mesures tiecessaires pourfaire 
partir dc Rosette ^ ce matin, une djertne chargee de 
deux cents quintauxdc riz pour rapprovisionnement d^ 
I'armee* Ddgua. 



Aa qnartier-gencral U Alezandric, le a4 Qiessidor an 6 
( 11 juillet 1798). 

^u geniral Bonaparte. 

Le sclierif est venu dans la soiree d'hier, citoyen ge- 
neral; me dire que les capitaiaes des cinq batimens qui • 
se trouvent actuellement dans le port , s'etaient pre- 
sentes chez lui pour Tengager a me demander de les 
laisser sortir du port. Je n'ai pas eu de peine a lui faire 
comprendre que ces batimens etaient reclames par une 
mesure que la guerre autorise, et dont ils a'avaient pas 
plus a se plaindre que les autres capitaines de vaisseaux 
neutres ou amis, soumis au meme embargo. J'ai ajoute 
qu'il etait possible que vous m'elissicz dejii expedie 
Tordre de leur ouvrir le port ; mais que plusieurs mes- 
sagers venant de Damanhour, ayant ete arr^tes suivant 
sa propre declaration , il etait naturel de penser que la 
leitre qui renfermait cet ordre, avait ete interceptee. 
II m'offrit alors , dans le cas oil je voudrais vous de- 

EGTPTE. I. 17 



a58 COIIRESPONDANCE 

mander yos intenHons a ce suj^t , un expres xlont S . 
Tepondrait. Veuillez done, citoyen general | prendre la 
jpeine de m'en instniire. 

Je depense Beaucoup d'argent ; on me presente a cha* 
que instant de uouveaux •inempires pour foumitures, 
main-d'oeuvres et courses. J'ai fait, a cetfee occasion, une 
observation au scffaerif , enajoutant qu'ilseiait bon de 
determiner <un tarif ; fl m'a repondu que le temps n'en 
etait pas encore venu, que, pour gagner la confiaoce des 
liabitans,il fallait payer largement, et, ens'excusantsur 
ce qu'ilparaissaitmedonner un avis , il me dit : Mourad- 
Bey est generalement aime , parce qu'il donne comme il 
^prend, a tort et a travers. Le maltre de poste d'Alexan- 
drie m'a reclame quatre-vingt talaris pour vingt guides 
que vous lui aviez fait expedier ; il m'a dit que vous 
etiez convenu de lui payer quatre talaris par course, je 
lui en ai donne la moitie; j'attendrai votrereponsepour 
lui payer le reste, carje ne lui donne que deux talaris 
par course, 

II arrive joumellement des batimens des Echelles du 
Levant , qui sont aussitot mis en quarantaine. D'apres 
ieurs rapports , la peste ravage Constantinople et 
Smyrne. 

La construction du lazaret devient tolis les jom^s plus 
UTgente ; mais il faudrait des fonds , et nous en sommes 
reduits a dire a cela comme a beaucoup d'autres cboses; 
Le temps n'est pas encore venu. 

f Le general Menou est parti Wer pour Rosette ; les 
matelots commettent beaucoup de desordres a terie : 
ils out devaste les environs d'Aboiikir, et coupe les 



INEDITE. 259 

dattiers a fleur de terre. J'en ai ecrit a I'amiral Brueys. 
A quelques petites irregularites pies . tout est fort 
traoqullle ici ; ie commandant de la place n'est pas. au 
niveau de ses fonctions, et parail, en outre de cela , fort, 
inal seconde. 

Je vousai instruit, citoyen general, que j'ai dispose 
de 6jOoo fr. pour la commission des subsistances , ce 
qui fait ^equivalent de trois decades en avance sur les 
fonds accordes au commandant des troupes a Alexandrie ; 
mais le payeur m'a observe que , d'apres vos ordres , il 
nepouvait avancer que deux decades. La necessite me 
forcant d'insi«ter , le payeur a ^tisfait a ma demande , 
sur un ordre ecrii que je lui ai remis, pour mettre k 
couvert sa responsabiiite. Je ne me sufs reserve que 
1000 fr, sur ces 6,000 fr., et cette somme est loin de 
suffireaux depehses journalieres queje suis dans le cas 
de faire, tout devant se payer comptant et fort cher. II 
me kemble indispensable , mon general , que vous 
assigniez des fonds particuliers a cette commission de 
ubsii^tances , ne serait-ce^ne 1000 fr. par decade. 

Le consul de Venise a ottenu de vous la permission 
de retourner dans sa patrie; il partira done aussitdt que 
I'embargo sera leve. 

Je vous ai deja fait la demande relativement a la res- 
titution des armes que le scherif a prises sur les different 
blitimens qui setrouvaient dans le port,lorsdePattaque 
d'Alexandrie. J'attends la-dessus vos ordre^. 

Quoique ma plaie ne doive se cicatriser que dans lift 
mois d'iici , rien ne m'empechera de me rendre au Caire , 
ou du moins , d'aller joindre ma division. Je regardc 

J7- 



a6o CORRESPONDANCE 

Alexandrie coimne un Iku d'exll, penuettez-moi d^etl 
sortirle plus tdt possible. 

Voici la cinquieme lettre que je vou6 ecris , et tous 
ne m'en avez encore accuse aucune; nous sommes dans 
la plus grande impatience de recevoir de vos nouvelles*^ 

Kleber. 



Corfoa, le 34 UKstidor ad 6 ( f 1 jaillet 1798). 

Au general Bonaparte. 

Je croirais manquer a mon devoir 9 si je ne vous 
rendais compte d'une mission dont je viens d'etre charge 
aupr es d'Ali ^ pacha de Janijia. Je n'en suis de retour que 
depujs avant-hier. 

Le ministre de la marine et des colonies , pai* sa lettre 
du 20 germinal dernier, ecrit au general commaadaat 
les lies du Levant , que les intentions du Direcioire 
sont : qu'il envoie de suite un des officiers principaux de; 
sa divison aupres d'Ali , pacha de Janina , pour lui porter 
une leltre qu'il lui ^crit par ordre du Directoire , aiin de 
temoigner a ce prince toute la satisfaction et la recoa- 
naissance du gouvernement pour les secours qu'il avait 
doones pour la subsistance de notre escadre , et les offres 
continuelles qu'il nous faisait de nous fouruir de toutes 
les denrees dont nous pourrions avoir besoiu. La meme 
lettre portait que cet officier superieur serait accompagn<^ 
• de plusieurs autres officiers , pour servir de cortege et 
donuer plus d'importance a la mission dont ilse tiouvait 
charge. 



INEDITE. 26t 

Quoiquc Ali-Pifteha se trottvat absent de ses etats, 
commandant une division sous les murs de Widdin , Te 
general h*a point cru devoir differer Texccution des or- 
dres qu'il a recus. II a kicn voulu me nommcr pour ^tre 
le porteur dc cette lettre importante , accompagnc d^ 
ines adjoints et d'an autre officier. Trois voyages que 
i'ai deja faits a Jatiina ; le marcEe de ces m^mes secoiirs. 
que j'avais demandes moi-meme; la connaissance par- 
faite de la langue, poitvant m'expliquersans Tentremise 
d'ua drogman^ et mon etroite amitie avec Ali-Pacha^- 
out engage le general a zne cboisir. 

Je suis arrive le 6 de ce mois a Janina. A quelqueft 
lieues de la ville , j'ai envoy^ uq expres pour avertir le 
consul de France que je venais j'que }*etais charge d'une 
mission par le gouvernement; que je demandais a ^tre- 
accueilli en consequence, et qu'il eut a en avertir sur-** 
le-champ ks deux fils d'Ali-Pacha, Mouktar et Willy, 
qui se trouvaient en ce moment a Janina. Je n'ai point 
tarde a voir venir a ma rencontre un officier de distinct 
iion des pachas, pour me recevoic, et on m'amena un 
cheval de leurs ecuries pour meconduire chez le consul;. 
J'ai envoye aussitdt ce drogman pour s^luer les pachas y 
leur Botifier Timportance de ma mission , qui necessiiait 
une audience d'etiquette et de ceremonie , d'autant plus 
que j'etais encore charge de leur communiquer de nou^ 
velles victoires remportees par le geni^ral en chef Bonar 
parte , et de les assufier de Tamitie de la grande nation, 
lis m'envoyerent de suite leurs deux premiers mi-* 
nistres pour me faire compliment , et nous conv)nme& 
que |e me rendra^s seul dans la nuit pour regler avec 



x6% CORRESPONDANCE 

les pacbas le ceremonial de la visits da lendemaiia ^ 
que j 'effectual. # 

Le lendemain , 7 du courant , les padias m'envqye- 
rent deux'de leurs principaux officiers, aceompagnes 
de douze chaoux et des janissaires de ceremonie^ qui 
vinrent me .prendre a la maison conmlaire et m'accom- 
pagnerent ^u palais, ou les pachas me recurent a la 
porte de la salle, ou etaient tous les principaux du 
pays. Je leur remis la lettre du ministre de la marine , 
celle du general Chabot qui Tacompagoait , et je kur 
dis que j'avais recu un ordre de votre part pour leur 
anuoncer la prise de Make apres un combat de quel- 
quesheures, Tentree d'une escadre considerable dans 
les mers du Levant , et I'assurance que vous donniez 
a Ali-Pacha et a ses fils de la protection et de lamitie 
de la republique. Je ne puis vous exprimer , citoyen 
general, Teffet que cette nouvelle fit sur les deux 
jeunes pachas, la joie qu'ils en temoignerent et Tas- 
surance de leur reconnaissance. lis afouterent qu^il n'e- 
tait pas d'offres que ne vous ferait Ali-Pacha pour 
contribuer a la gloire de la grande nation. Nous etions 
convenus, dans ma visite de la nuit , qu'il y aurait un 
Tartaretoutpret, quenos lettres le seraient egaleinent, 
et qu'il partirait de suite pour porter ces nouvelles a 
Ali-Pacha , a son camp. Le Tar tare partit et j'etais en- 
core avec les pachas. 

Voila , citoyen general , le preci& dema mission; Vos 
momens sont trop precieux pour vous entretenir lon- 
guement des details de mes autres visites^ des discours 
que me tinrent les pacba$ sur vos brillans succes , des 



INEClTr. 263^ 

Feflexious quails firent , et du desir qu'ils temoignereal^ 
d'y prendre part. 

' 11 lie m'appartient point , citoyen^ general, de pene- 
trer vos glorieux projets; mais^ le desiir de ponvoir 6tre 
utile a ma patrie , et de remplii* Ja tache de mcs devoirs 
militaires et de cileyen , me fait prendre la liberie de 
vous assurer que si jamais vos intentions vous por-taient 
ateater quelque expedition^, vous pourriez cokipter 
avec la plus graitde confialnce siir Ali^Pacha et ses deux 
'fils Alouktar et Willy^ qui sont egalement gouverneurs. 
des provinces. Le premier vient de refuser le pachalik 
de Negrepont, qui lai a ete offert par la Porte. II serji 
toujours pr^t a fournir toutes les munitions de bouche 
dont vous pourrez avoii: besoin. Je pourrais meme vous 
assurer que si jiimais il vous paraissait necessaire de 
dirigjer quelque troupes du cote de ristkmede Corin- 
tJii^Ali -Pacha , je crois, se feraft un devoir d'y en- 
voyer Mouktar-Pacha, quiestun vrai guerrier, avec.ua 
corps d'AIbaiaais. Si vous le jugez a propos , je Taccom- 
pagnerais volontiers , et j['espere qu^il suivrait toutes les 
dispositions que vous m'auriez prescrites ; la connais* 
sance parfaite que j['ai de lalangue gr^qne , celle locale 
que j'ai egalement die toule la Moree et d'une partie de 
I'Attique oil j'ai reste pres de cinq ans-, me donneraient 
qudques avantages. 

Je puis vous assurer , citoyen general , de la plus 

ciroite amitie et confianceentre Aii-Pacha, ses fils et moi. 

Trois voyages que j'ai fails dans ce pays-Fa; le nomdemes. 

ancelres, qui ont occupe les Consulats generaux de la 

, pendant cent vingt ans ; les conversations que- 



a64 CORRESPONDANCE 

nous pouTons avoir ensemble sans intermediaires, out 
multiplie les noeuds de cette amitie. 
. Soyez convaincu , general , du sele que fapporterai 
toujours a remplir les missions qiie vous voudrez biea 
me confier , soit comme militaire ou porteur d'ordre« 

Cooformement aux ordres que vous aviez donnes, 
general , j'avais fait passer dans les montagnes de Magne 
la noHveUe de vos victoires et de la prioede Make; je 
viens de recevoir reponse du prince du Magne ( i ) ; il me 
cbarge de vous faire ses complimens , et de vous as- 
surer de tout son devouement a la republique francaise. 

Rose. 



A bord de POient, Ic aS messidor an 5 
( f3)uillcn798}. 

j4u general Bonaparte. 

Les demandes reiterees du contre-amiralDecres de 
quitter la fregate la Diaiw pour passer sur un vaisseau , 
m*obl)gent a vous en faire part pour obtenir votre assen- 
timent , et vous prier de lui accorder ce qu'il desire avec 
tant d'ardcur , si vous ne le destinez pas a qnelque mis- 
sion particuliere. 

Veuillez bien me faire connaltFe vos Intentions a cet 
egard , afin que je puisse lui repondre d une maniere 
positive la premiere fois qu'il pi'en parlera. II est cer- 
tain que desormaisle service qu'il remplit devenant moins, 
important, il pent etre remplace sans un grand incoa-' 

(}) Contreede la.Mpre€. 



INEDITE. a65 

v<9oieQt et devenir fort utile dans la' ligDe. Si votts per^ 
sistez a vouloir envoyei' le chef de division Perfee a 
AjH^^ne, i\ poiirrait reprendre la Diane , qu'il a quittee 
avec tant de regrets , et le coritre-amiral Decres passe- 
rail sur le Mercure : par ce moyen , il n'y aurait de 
derangement pour pei^onne. 

Vous save? sAremcnt deja que tons Ie« Mtimens ar* 
rieres du convoi sont arrives, le 21, a Alexandrie, 
sods I'escorle de trois avisos et de la demi-galere , en 
tout dix-scpt batimens. 

J'appris avec peine que six chaloupes canonnieres 
avaient ete desarmees a Make , puisqu'elles vous au- 
raieot ete dans ce moment plus utiles que les Vaisseaux* 

La deposition d'un Mtiment maltais entre a Make , 
le 7 inessidor , dit qu^il a passe devant Messine et Sy- 
racuse une cscadre anglaise de quatorze vaisseaux et 
un cutter , qu'elle a envoye ses chaloupes a terre pour 
faire des vivres, Ce rapport est conforme aux quatorze 
batimaisde guerre qu'on a vus , le 10 , devant Alexan- 
drie. II est a- presumer que cette escadre est retournee 
sur ses pas , puisque plusieurs bsitimens venus de Chypre 
n'en ont aucune connaissance , a moins que les Anglais 
n'aient ete aux Dardanelles poiu' engager le Grand-- 
Seigneur a reunir ses forces aux leurs. Le temps nous 
apprendra quelle route ils ont prise. En attendant , 
-je suis pr^t a les recevoir. 

J'attends de vos nouvelles avec bien de rimpatience j 
B3es voeux vbus accompagnent partout , et , s'ils sont 
exauceSy tous vos pas seront marques par des succes. 

L'GJcdonnateur de Pescadre est depuis trois jours a 



?€6 CORRESPONDANCET 

Bosette. II est bien a desirei* q[u'il noBs'porte quelqiie 
chose de satisfaisant sur les subsistances ; car , <pioiqtte^ 
dans Pinaction, nous n'en manquona pas laoiaa , et bien- 
idt je serai force de reduire la ration. 

Je m'occupe de faire prendre a Tescadre une position 
formidable , dans le cas oii je serais force de combattre 
a I'ancre ; ce travail se fait lentement a cause des vents 
du nord qui soufflent avec force. 

J'ai demande deux mertiers a Alexandrie , pour les 
placer sur Fecueil , oii j'ai appuye la t^te de la ligne f 
mais j'ai bien moihs a craindre pour celte partie que 
pour la queue, sur laquelle les ennemis porteront vrai-- 
semblablement tous leurs efforts, Cette rade est trop- 
ouverle pour qu'une escadre puisse y prendre une po- 
sition militaire contre Tattaque d'un ennemi superieur- 

TIos soiidetirs an port vieux esperent avoir trouve- 
une passe, dans laquelle il n^ aura pas moins de cinq 
brasses et demie , ce qui fait vingt-sept pieds six pouces. 
Si cela est , nos vaisseanx pourraient enti*er avec un vient 
favorable et une belle mer ; mais il y aura toujours^ la^ 
sortie^ qui sera penible et dangereuse. 

J'envoie cbaepie jour un canot de service au fort^ d'A- 
boukir et a Rosette, lorsque le vent n'esi pas trop fdrt. 
II serait bien utile d'avoir quelques djermes au service 
de I'escadre pour faire soneau,<}ont ellea grand besoin^ 
ainsi que du bois a brAler. 

Les gavnisbns de nos vaisseaux'sont tres-faibles et 
composees de soIJats valetudinaires, j.cunes et insubbr- 
donues. II semble qu-on ait fait un choix dans votre ar- 
mcc , pour nous douner ce qu'il y avait de plus mauvais ^ 

Demain , nous cilebrerons le i /^ juillet . Brleys. 



iNEmTE: 367 

CorfoD, Ic 35 messidor an 6 ( i3jaillet 1*798). 
. Au general Bonaparte. 

En execution de vos ordres, citoyen general, je von* 
^pedie les deux Mtimens charges de bois que je vous 
ai annonces; ils partem sous Tescorte du chebeck le 
JFortunatuset du brick le Rwqliy que vous m'avez dc- 
mandes pour me renvoyer^ des nouvelles; 

L^ur depart.a ete retarde jusqu'aujourdliui par la dif- 
ficulte qu'il y a eu a se procurer tons les agres neces- 
.saires poinr anner le batimeat de transport le Fcaiari^ 
qui est une prise que nous ayons faite, et qui manquait 
de tout. 

Cest le citoyen Frangouly, negociant de cette.villc, 
qfii nous a fourni ce bois; c'est egalemeut lui qui nous a 
fait subsisterici jusqu^a present, en sorte. que nous lui 
devons beaucoup d'obligations et beaucoup.d'argent. 
L'amiral Bruey s^ a qui il a rendu degrands services quand 
son escadre etait ici , vous en aura surement parle avan- 
tageusement. 

Voussavez combien nous sommes arrieres dans cette 
.division , pour la solde et les subsistances; permettez- 
.moi de vous reiterer les demandes que je vous ai faitet 
de secours; il vous serait peut-€tre possible de nous 
-renvoyer les batimens qui portent du bois , charges de 
.grains, qui, dit-00, est abondant en Egypte. On dit ega- 
. .lement qu'il y ab^ucoup de charbon de terre , nous en 
•avons ici un besoin extreme pour les ateliers du genie 
•et.de Tartillerie , je vous invite a nous en faire part , s'il 
-est possible. . Chabov. 



/ 



a6i CORKESFONDANCE 

£q Eade de Chebrikeiti , e aS meMidor ad S 
(l3iuillet 1798). 

jtu general Bonaparte. 

D'aprte les ordFes que vons mVvicz donnes , general , 
ainsi qii'au cbef de diyision Perree, nous nous sommes 
portes avec laflotilleentreles village deMiniet^-SalenL. 
et de Chebriketti pour inquieter le fianc de Tennemi* 
LeJ trois chaloupes canonnieres qui avaient cte en recon- 
naissance, s'etaient arr^tees, apres le coucBer du soleil y a 
la hauteur deGhebriketti , et les djermes avaient mouille 
aupres. 

Dhs que nous avons apereu TaTant-garde au vilf age 
de Miniet-Salame, nous avons ordonne de faire feu de 
tons les b&tiinens'de la flotille. L'ennemi , rasseinble en 
foeree au village de Chebriketti , et ayant pousse sou. 
avant*garde du cdte de Miniet-Salame^ a fait un feu 
vif et soutenu de canon et de mousqueterie contre les 
chebeks , les djermes et les cbaloupes canonnieres. Cinq 
djermes ont ^te coulees has. Tons les detachemens em- 
barques sur la flotille ont descendu a terre, et j'ai en'- 
voye Tordre au general Zaiouchek de former un balail- 
Ion carre,ouvert duc6l(6 du NiL Mon intention etait 
de couvrir la flottille et de faire face aux nombreux deta- 
chemens d'infanterie et de cavalerie qui &e TOontraient 
dans la plaine, sur la rive droite, ou nous nous trouvions. 
Dans cette position , nous etions pris en flanc et de rc- 
vers par les lotteries de la rive gauche et en face du vil- 
lage q[ui est yis-a-vi^ Chebriketti et auquel Tennemi ap^ 



INEDlTE. ' 5^5,9 

})Uyait SB gauche. J'ai fait faire un knouvieihent sur ct! 
village) en cofiservant toa jours le m^ime ordrede bataille; 
^t je Taurais attaqiie sur-le*cbaiiip ^ si je u'livais c^int 
de decouvrir la flottilh , avant que les moaven^it de la 
4roite de Taraiee eussent paru decisifs. 
• Quoique les troupes a me^ ordres fussent ua assero^ 
hhtg^ iacolierent de detachetnens de divers corps e^ di^ 
diverses administratioDs et mal amfes, la presi^uce de 
beaucoup d'olBciers distingu^ et qui out et^'iufiniment 
utiles, a fait naitre , dauscette troupe, uueconfiance qui 
lui a fait envisager sans crainte le desay antage de sa po^ 
isitiou et de sa composition, et les mameloucks en face 
d'eux et prets a les charger. 

Kous ^ious^assez pres du village etnousbriiUonsd'y 
pcnetrer. Desque je me fus apercu que le village etait 
depasse, j'ai fait entourer le village par deuxcolonnes 
' et j'ai penetre par U centre, ayant eu soin de laisse^ 
une reserve formee en equerre, Tauglesur unuiamelon; 
undes cotes couvrait toujoursla flottille, et Tautre cote 
fiiisait face a Tennemi. 

Les trois colonnes se sont rejointes en avant du vil-^ 
lage, ou j'ai fait prendre une position en demi^^erele , et 
j'ai ordonne a la reserve de se rapprocher^ 

U 7 a eu quelques tu^s et quelques jblesses, mais je 
n^en aais pas encore le oombre» 

Toute la troupe a montre beaucoup d'assurance, et 
chacun a fait son devoir. Le general Zaiouchek a bieif 
servi. Les officiers qui se sont le plus distingu^s et am- 
quels j'ai des obligations particulieres , sont : le che( 
de bataillon du genie ^ Sanson et les chefs de bataiUon 



a-o CORRESPONDANCE 

du genie Detroyes et Lasowski ; les dtoyens Doguereatf / 
aide-de-camp du general Dommartin , et Gnerin, monf 
ilide-de-caiDp,se sont Lien montres.Lechef de division 
Perree a ete blesse aubras, d'un coup de boulet qm n'a 
fait qu'effleurer; Icloge de sabravoure est le moindFC 
que je pourrais faire des qualites de cet excellent offi- 
cier. Les troupes de marine se sont parfaitemait battues. 
Les citoyeaa Poulain et Guichard, lieutenans de vais- 
seauy out montre autant d'activite que d'intelligence. 
Lecitoyen Fauvi, adjudantdu genie, a eteblesse att 
visage. 

Les ennemis out perdu une cbaloupecanonniere, qui 
a ete incendiee. Nous attendix>ns de nouveaux ordres; 

Andheossi. 



A bord JePOricQt, le (suiB date). » 

Vaniiral Bru&ys , commandant les forces navales dc 
la ripublique^ dans la Meditcrranee. 

La position ou se trouve I'armee pouvant necessity 
decombattre a i'ancre, m'oblige,d'ajouter quelques si- 
gnaux suplementaires a ceux dont nous nous servons. 

La ligne de batailie , dans Tordre naturel , commea- 
cera par le Guerrier, le plus pres de recueil dans le No, 
et finii-a au Timoleon; de sorte que si je veux faire exe^ 
cuter un mauvement aux quatre premiers vaisseatix , je 
Texprimerai par le. signal de la; seconde escadre^ aux 
cinq du centra, par le signal de la premiere eseadre ;et 
enfin, si je m'adresse aux qAatre derniers , jemettrai le 
signal de troisieme escadre. 



INEDTTE. ayi 

Cbftquevaisseauexecutera Pordre qui sera donne a 
Teseadre dont ii fait partie dans la nou^r^Ue ligoe que 
oous venous de former. ( Cette disposition n'aaralieu 
qu'en presence de Tennemi. ) 

Les vaisseaux a TaocreetaQt obliges de faire une 
guerre 4efeiisive, chaque vaisseau se tiendra pret a re- 
pousser Tabordage, et tachera de leprevenir en faisant 
^uterson monde dans le vaisseau qui voudraitl^aborden 

Les armes a feu et trancbantes seront distribuees ea 
paquets le loDg:des batteries , sur les gaillards et dans les 
bunes , afiivque cbacan soit a portee de s'en saisir au 
xneme instant , soit pour attaquer, soit pour sedefendre. 

LcM-sque Tennemi serapres, on fera usage de tousles 
objets incendiaires qui sont a bord , tels que boulets > 
obus , grenades, etc. 

Chaque vaisseau -se tiendra pret a arr^ter les progres 
<le I'incendie , et s'il se raanifestait d'une maniere 
vioknte, il coupera ses cables sous le vent de la Ugne. 
L'armee lui enverra sur -le-cbajnp. tons les secouri 
possibles. 

On aura, soin , dans le role du combat, de designer 
eeux qui doivent quitter leur poste, pour eteindre le 
feu , a&n d'eviter la confusion , et que les batteries 
continuent a jouer comme a rordinaire« 



A Bosetie, le a5 messidor ao 6 (i3 jtiiilet 1798).^ • 

Jlu general Bonaparte. 

Par votre lettffe du 19 a Tamiral , vous lui prescrivei 
de m'envoyer a Rosette voir s'il y a des moyens de 



aja CORRESPONDANCE 

pi\)curier k rairmee navale le riz nece^aire potir ttn uibiSy 
afiii de suppleer au pain , s'il venait a iiiaaq[uer. V»us 
ajoutez que je vous ecrirai y et que vous doaoeiez- Ids 
ordres en consequence. 

Voici les renseignetnens que ^ de coucert avec la com- 
mission de Trois , j'ai pris de deux negocians etablis 
depuis long^temps ici. 

Rosette et son territoire produisent annuellemeat 
quatre cent uille quintaux de riz. 

Dans ce moment, on trouverait a en acheter a Rosette^ 
deppuille et pret a cuire cinq mille quintaux appar- 
tenant a vingt on trente particuliers : le prix ira environ 
. a i6 fr. le quintal. Le fisc n'ea possMe pas. La con- 
sommation de i'armee navale pendant un mois, a la 
place de pain , n'ira qu'aquatorze cents quintaux. 

L'armee navale manquera de bois ; le douanier a 
declare en avoir onze mille quintaux appartenant ad 
fisc ; il n'en faudrait que trois mille pour completter a 
Tarmee navale rapprovisionnemetktd'iinmois.L'amiral 
vous a ecrit a ce sujet. 

On trouverait facilement seize cents quintaux* de 
tabacs en feuille$ dans Rosette. Nos marins en mauquedt, 
et c'est pour eux utie grandie privation ; cent quintaur 
les rendraient heureux. II co&terait dix sous la livre. 

Sans parler des tables d'etat-major, qui manquerit de 
viandes , nos malades n'ont plus de mouton; il en 
faudrait au moins deux cents. D'apres les informations 
que j'ai prises, on en trouverait plus de deux mille dans 
les. environs; ils coiitaient, avant notre arrivee, dduze 
on quiitorze francs : mais ces objets, ainsi que tons oeu% 



INEDITE. aj3 

i^ m^u dftt^l, rwdi&isjeat 4^0$ lee grands mou- 
vemens. 

Le Tiz, quaod ^ en roange coaslamment a bord, 
^|igen4re de? maladies; U est boa qu'il soit sucre w 
fcrtfi}i€}nt epice, H est douteux qu'a Rosette m tro»ye 
^^{fis^iDniei^t d^ poivre 9u de piment , on ea trouvera 
a Alexa»drie si voua iwtorisez V^miial a ea demaodeF. 

h a'ai pas pense qu'il f At tellement utile d'atteadre 
iti VQS ordres, que je 4usse me dispenser de mcruyoer 
k k fiotte. Si voufes juge? h. propos d'eeriye i Tamiral 
en n>eme temps que vqus donuerea vos oixlres a Rosette, 
Tamiral ecceierei a surement les moyeos de transport ; 
mois je serai pret a me porter la ou il sera necessaire. 

Je vous fais part d'une observation que j'ai recueillie 
ici , c'est que lorsqu'on se propose de passer le Bogaz , 
on descend ie Nil pendant la nuit , pour se trouver le 
inatiu de bonne heure s»r la barre oi* la mer ne com- 
mence a etre agitee que vers. les dix beures. 

Jaubert. 



Cadix , le a5 messidoc an 6 (m 3 joiHet 1 798 }. 
jiu Directoire executjf. 

Le general Baraguey d'Hilliers , fait prisonnier de 
guerre par les Angjais dans sa traversiee de Make a 
Toulon 9 est arrive a Tescadrc de Tamiral Jervis qui 
bloque cons^ammeiit le port de cette ville : ce general 
vient de me faire pass^ la lettre a votre adresse que 
iaTPTE. I. 1 8 



!i34 CORRESPOND ANCE 

j'ai Hionneur dc vous envoyer sous le couTcrt Ju mi* 

nistre des relations exterieures. 

J'ai ete sur le point , citoyens direeteurs , dc vous 
feire porter cette lettre interessante ; lAais ayant reflecln 
que vous dcvez etre deja instniits dc la prise de Hie et 
dc la ville de Malte , par la voie de TltaKe , j'ai cro 
a propos d'epargner les frais d'un courrier. 

J'ai rhonneur de vous remettre egalemeat , citoyens 
directeurs , le rapport de I'agent secret dont }e ne puis 
vous assurer Tauthenticite; mais tous les rensciguemens 
que j ai recueillis , me portent a croire qu*il n'est pas 
denue de fondement. Roquefahtb. 

Copie dHune lettre jointe a la precedeiUe, 

Cadix, le a3 mesiidor an 6 ( i3 juillet 1 798 ). 

Le general Baraguey d'Hilliers au Directoire 
executif, 

J'ai rhonneur de vous informer qu'apres la conquete 
de I'Jle et de la ville de Malte , effecluee le 24 prai- 
rial , le general en chef Bonaparte ayant juge utile de 
in'envoycr vers vous , je m'etais embarque avcc mes 
aides-de-camp , en consequence de ses ordres , sur la 
Sensible , le i". de ce paois , pour me rendre a Toulon; 
mais cette fregate ayant ete rencontree aux atterrages 
dc Sicile par la fregate anglaise le Chewal marin , est 
tombee au pouvoif de I'ennemi , le 9 du courant. 

Le capitaine anglais m'a conduit a rescadre qui bloque 
Cadix, Gommaudeeparle lordSaint-Vincent, et celui-ci 



INEDITE. 275 

a ordonne que je fusse conduit en Angleterre , pour y 
elre detenu comme prisonnier de guerre. 

J ose reclamer de votre justice , citoyens directeurs ^ 
men echange et cdui de mes aides-de-camp , tdus deux 
lieutenans , dans le plus bref delai. 

Bahagtjet b'Hili.ii:iis. 

Rapport joint a la lettre du consul Roquefante ^fait 
par un agent secret , qui est alle le ^1 messidor 
an6y a bard de lescadre anglaise , aux ordres de 
tandral Jervis. 

L'agent secret embarque a Lord de I'amiral Jervis , 
rcndcomptea notre agent des faits suivans tels qu'il 
les a recueillis. 

Le 16 messidor, a neuf heures du soir, est arrivee 
a I'escadre de Jervis une fregate anglaise venant de la 
Mediterranee , dont le commandant portait des depe- 
ches expediees a Jervis ^ qui ont annonce que Pescadre 
du commodore Nelson avait joint entre Malte et le cap 
Pasaro , Tescadre francaise aux ordres du vice-amiral 
Bnieys , qu'un combat tres-opiniatre avait eu lieu entre 
les deux escadres , que Tescadre anglaise avait ete bat- 
tue, qu'elle avait ete forcee de se retirer dans le port 
de Naples pour se reparer , et que la notre continuait 
sa route sans qu'il ait paru qu'elle ait beaucoup souffert. 

L'objet de la fregate anglaise arrivee a Tescadre de 
Jervis , etait de demander des secours que Nelson pa- 
rait reclamer , ce que Jervis ne s'est. pas cru autorise 
d'accordecj mais ce qui est positif ; c'est que soa com- 

18. 



a36 CORRESPONDANCE 

niandant ea second est parti pour Lisboime avee des 
ordres : ce qui porte a croire que cet ofifider a ete cber- 
cher dans ee port le secours que Ndson demande. 

II est a observer que depuis Tarrivie de la feegate 
venant de la Mediterrauee aTescadre de Jervis, iia 
ete eayoye des ordres a (jribrahar , desquels il resulte 
que Ton embarque pour la Mediterrauee , des matures , 
des agr^s et apparaux. 

Uon tient chaque jour a bord de Teacadre de Jerrys 
divers conseils de guerre ; le nombre des aiariAS im aux 
fers augmente chaque jour , et celui de. ceux executes 
depuis douze ou quioze jour$ s'eleve , quant a jmsent, 
k vingt-deux. 

Ge que Pon rapportera venant de Cadix a Tegard de 
cet evenement y sera probablement augmente ou dimi- 
niie ; mais il ne doit etre ajoute foi qu'au present rap- 
port , puisqu'il est tel qu'on me Ta transmis , et qu'il 
ne pent y en avoir de plus fidele. Roquefaistte. 



Au cpartier-g^n^al de Corfon , le 35 mcssitlor ap Q 
(i3 jaillet 1798). 

Jlu general Bonaparte. 

Je vous rends compte , pitoyeQ general , qu'il m'cst 
arrive ici , le a3 du courant , le premier bataillon de la 
8oixante-dix-neuvieme demi-brigade , dont la force est 
d'environ 700 bommes y ainsi que les huitieme et neu* 
vieme compagnies de cangnniers sedentaires. 



INEDWE. ^77 

ie Vftis de suite etiYoyer 4op hommes dftni les de- 
jpartcffiieDS d'ltfattque et de fat mer Egee , afin de renfor- 
cer tons nles postes , et les saeure a Vabti des insultes 
de la part <fes Tnrcs. 

Ges trouj^ sont arrives ici dans le plus grmd de- 
niftment , et nous nous trouvons dans Fimpossibilite ab- 
solue de pounroir a leurs besoms. EUes sont venues sur 
le vaisseau de la.republique le Stengel ^ qui repart de 
suite pour AnoAne , sans mime tfvoir comnftunique , con- 
'fenament aux instrttoti6&$ qu'avait recues le capitaine. 
II parait , d'apres ce que m^ dit ce dernier ^ que Ton 
a\)ccupe de reparer les deux autres vaisseaux la Hai^pe 
et le Beraudy qui se trouvent Element a AncAne. 

L'adjudant-general Roze que j'avais envoye a Ja- 
nina , pour y porter les nouvelles de la prise de Make, 
aiosiqu'tlne lettre du ministre dela marine, est 4^ 
retour depuis quelques jours. U a ete accueilli, on ne 
pent plus favorablement par les fils d'Ali-Pacha, qui ont 
paru tres-disposes a nous donner tons les secours dont 
nous pourrions avoir besoin; ily a mime lieudecroire 
qu'aussitot que leur pere aura ete informe de votre arri- 
vee dans ces contrees^ il quitt^a Tarmee et se rendra 
aJadina. Chabot. 

A l6td de VOtktft i le a6 messidot an 6 ( i4 jaillet 1 79S ). 

Au gindral Bmaparte^ 

Le bateau corse TEgdlke a ete expedie de Toulott^ 
pour me porter les lettres dont je vous envoie cppie ^ 

\ 
f 



278 CORRESPONDANCE 

il y en a aussi pour vous que je m'erapresse de rons en-^ 
voyer. Cc bateau est tout ce qu'il faut pour porter tob 
4epeches en France , je vais le tenir pret a partir au 
premier que vous m'enverrez. J'espcrc qu'il pourra por- 
ter la nouvelle de votre entree au Caire. II pourra re- 
lacher a Malte pour faire reanner les cinq chaloupcas 
ca^ionnieres que vous serez sans doute biea aise d'avoir 
dans le Mil. 

J'ai eu Vhonneur de vous ecrire ce matin , et |e me 
depeche de vous envoyer les lettres que je vtoas de 
recevoir. 

J'aiirais bien besoin de qnelques djermies pourfaire 
Teau de Tescadre : ce sont les batimens les plus propres 
k passer le Bogaz sans danger. 

J'attends du riz avec impatience pour epargner le 
peu de biscuit qui me reste. Bbvets. 



Aa qoartier-general ii Alexandria, le a6 messidor an 6 
{i4JQmct!79«). 

^u general en chef. 

Deux Arabes que le scherif m'avait donnes , citoyes 
general , pour vous Stre depeches dans la nuit du 20 , 
sont entres bier ne vous ayant pas trouve a Daman* 
bour ; ils n'ont plus ose poursuivre leur route, d'autant 
plus qu'ils avaient deja ete maltraites par les bedouins, 
avant d'arriver a cette ville : ccla est-il vrai ? je Tignore ; 
mais, cgalement inceitaiu siir le sortdes autres lettres , 
je vous envoie dtiplicata de toutes celles que je tous 



INEDITE. 979 

ai ecrkes ^epnia irotre def)art. Je les fab passer k R(h 
settepar une tartane, e&priaot le general Menoa de 
Yous ks fake parveair pax la voie du Nil. Vous eonce- ' 
vez iDon impatience de recevoir de vos nouvelles, sur^ 
tout d'apres .cblks qaise repandent ici, que vous avea 
fait prisonniers plusieuis beys et deux mille luamelouck^ . 
Puissiez^vous nouscoufinoer la verite-deeet eveaement! 
Nous avons eu hier une alerte : un Francais, canom- 
nier marin^ a ete assassine dans le moment meme ou, 
d'un autre eote, Je domestique d'un officier du g^nie 
etait^jete dans la mer. On crie aux armes: Francais et 
Arabes coiuent ca et la dans les rues> les uns pour se 
rendre a leurs postes, les autres pour se renfermer ches 
eux. Le tumulte etait a son comble ; le canonnier, frappe 
d'un coup de sabre fort grave et de huit coups de stylet, 
estporte dans la maison que I'occupe. Je fais battre la 
generale , j'envoie chercher le scherif ; il est a bord 
d*une des caravellcs : pendant ce temps , on prend les 
armes y les officiers d'etat-major font eux-memes les pa- 
trouilles, le general Dumuy monte a cbeval^ cent rap* 
ports plus alarmans les uns que les autres me sont 
faits par les Francs effrayes ; je rassure tout le monde 
et convoque les chefs musulroans.. Le scherif , de retour 
de la caravelle , paraUenfin..Je me plains de Tattentat 
qui vient de se commettre; je fais apporter sur un bran* 
card le canonnier mourant, }e leur rappelle leurs ser- 
mensjje demande justice et vengeance. Je leur mets 
sous les yeux les forces qui les en\ironnent, je leur.der 
dare ma resolution d'ablmer leur ville, dusse-je m'en- 
terrer-soas ses ruiues, pour punir la moinjire violence; 



a8o CORRESPOHTDANCE 

exero^ 8Br un FraB^ ais. Qtmnd M^fHtiA^Bfj Usuit k 
Y08 pones, kur ai-|6 dit, une manm formidifcle A# 
'serait-elle pas. la pour rMuiraTOB maiaofift tn ci^dre? 
Je lermine en <»rdoDiiaiit ^e les coapabtes soieiit M^ 
cberches «t punis dans toute la rigveur des loia da pays ^ 
et qu'on remette eatre nes mains kait otages a moa 
choiz. Panni ceux que j'avais exiges, se trouvait to 
fr^edu scherif, qui, paraissaat aiid^espoir, s'offre 
lui-mdme k sa place. II veut se rendte aapres de vous 
au Caire : je refuse j en lui disant que je le crois util^ 
dans ses fcnctioBSy et que je ne consentirai pas^a son 
depart sans un ordre de vdus. II me representeque, 
pendant qu'il s'occnpe des soins p^nibles de Tadmrnis^ 
tration, son frere est tout entier a ceux de sa maison ;' 
que son eloigaement I'exposerait au danger de perdrtr 
aa fortune. Je k laisse maltre alors de me designer unP 
de ses parens. 

Voici les noms et les qualites des differens outges s 
Ab-DeHeta Mabymoun, cousin du scberif Abrabhlft 
Turqui, ffls du scheick Hamet-Turqui; Ibrahim dl 
Bourgi, fib d'un scheick; Soliman Egomeid, idem^ 
Mohamed el Messire, idem-j Soliman Hallaf, idem} 
un marchand barbaresque ; un marchand candiote. 
- . Le scheick Mohamed el Messir^, Fun des notables d« 
la ville, m'a engage a exiger en sus un otage de chaque 
quartier de la ville, pour leur seinrir a eux-m^mes de 
caution de la ti'anquillite des habitans. J'y consentis 
sans peine. Je vous priedecroire, citoyen general , que 
les affaires se sent trait^es diplomatiquement plut&t 
que militairement, par couTcntion plutAt que par me^ 



INEDITE. aSi 

nace. La seance a dure cinq heures ; tous y en me quit* 
tant, m'ont seiTe la main. 

Je vous I'ecrivis hier , mon general , le commandant 
de la fh(ie est cln-dessous de ses fonctiend , SI la demi- 
brigade que vous ayes laissee ici; est mal commandee 
et dans un etat de desordre affligeant. Tout cela ne 
serait rien , si je pouvais marcher et agir au gre de mon 
impatience. Comme je pense qu'il n'entre pas dans vos 
intentions de me laisser dans cette place , il est de moa 
devoir de vous faire connaitre Tetat des choses, afin de 
faire servir ces observations au choix que vous ferez 
de mon successeur. 

J'ai parcouru hief soir les retranchemens des trois 
hauteurs : il ne pent pas y avoir une grande liaisoil 
dans la defense, mais ils suffiront sans doiite centre 
Fespece d'ennemi que nous avons a combattre. Je vais 
faire diriger quelques ouvrages contre la ville. D'apres 
tous les rapports et toutes les circonstances qui ont pre- 
cede ou accompagne Tevenement dont je vous ai rendu 
eoMpte, on serait tente de croire que c'est une sedition 
Hlasnquee; j'ose esperer qu'elles manqueront toutes. 

Apres avoir reflechi j j'ai cru que les details que voui 
pottrrea desirer sur cette dfFaire , vous seraient plu> fa- 
cilement donnes de vive voix ; en consequence, je de- 
Jfiohe vers vous ii& de mes aides-de-easap. 

Kl£bisr. 



28a CORRESPONDANCE 

An qaartier-geoeral k Alexandrie , le 16 metsidor an (S 
( i4 juillet 1798). 

KUber y general de division , a la garnison 
d*Alexandrie. 

Soldats! un de vos freres d'armes a ete assassine 
tier : il a recu huit coups de stylet et ua coup de sabre. 
Un autre a et(2 jete a la mer 5 J'en ai demande vengeance, 
je Tobtiendrai , ou il sera impossible de decouvrir les 
coupables. 

Soldats ! vous serez exposes a de pareils ^venemens, 
tant que vous ne vous conformerez pas aux ordres du 
general en cbef , c'est-a-dire , tant que vousne respecterc? 
pas les proprietes des habitans , leurs usages, leur culte. 
Charge de les prpteger, ainsi que je le suis de veiller a 
votre surete, j'ai cru, en calculant les suites de voi 
cxces et de vos desordres, devoir ordonner ce qui suit: 

SAvoiB. : 

■ Art. !•'. Celui qui s'introduirait dans le harem d'un 
musulman sera regarde comme provocateur de trouble 
ct de meurtre , et puni de mort. 

2 4 Gelui qui escaladerait le mur de la maison d'un 
musulman ou de tout autre, sous quelque pretexte 
que ce puisse etre , sera regarde comme voleur , et puni 
de mort. 

3. Celui qui, chassant dans Tinterieur de la ville, 
tirerait des coups de fusil sur des pigeons , au risque de 
tuer ou deblesserles habitans, ainsi que celaest arrive, 
sera regarde comme assassin, et puni de mort» 



INEDITE. 28S 

4- Celtti qui troublerait les musulmans, soit dans 
Texercice de leur culte dans les mosquees, soit dans 
les blitimeos des bains oii ils font leurs ablutions, seta 
regarde comme provocateur de trouble et de xneurtre , et 
puni de mort. 

5. Le present ordre sera lu pendant trois jours aux 
troisappels.de toutes les. troupes de la garnisoo, afin 
que personne ij'en puisse pretexter cause d'ignorance. 

6. II sera pareillement lu, pendant trois jours de 
suite, la proclamation du general en chef, concernant 
le viol et le pillage, en date du Kleber. 



A bord de POriem , le a6 messidor ain 6 ( 14 joUlet 1798). 

Vamiral Bruejrs , commandant les forces navales de 
la' republique dans la Mediterranee ^ - a ses com-- 
pagnons d^armes* 

Gamarades ! nous avons les nouvelles les plus satis- 
faisantes de Tarraee. Les villes d*Alexandrie, Rosette, 
Damanbour et Rhamanieb sont en notre pouvoir, et 
nos troupes marcbent a grands pas sur le Gaire, capitale 
de I'Egypte. Partout oil les beys se sont presentes avec 
la cavalcfrie des mamelouks , ils ont ete culbutes ; les 
obus et la mitraille les font fuir au grand galop. La 
victoire precede les pas du general en cbef et lui promet 
des succes aussi rapides qu'en Italic. 

Tandis que nos braves compagnons d'armes com- 
batient journellement et vokut de conquetes en con- 



ft84 CORRESPONDANCE 

qoM;€Sy en supportant aveb countge des chiletfrd ixces* 
siYi^ et totttes ks privatiens de U vie^ Doil^ s(miiii»» id 
h attendre aft^ impiititece It monebt ah notis ]^urlx)ii^ 
k notre tour combattre Biro enneliiis , dontier des ptenvei 
de DQtre courage et supporter les memes privtf tidns svr 
la novrriture^ si cela devitot n^essaii^, pour fltrriTer 
a la fis de noa succes, et attendre ^ue , maltre^ de 
TE^pte^ nous puisskms droit patt aut rich^ pMltic- 
ti»ns de son i$oI. 

Enfia, meii camanides, ({u'aueun sacrifice tie iiott^ 
Goikte ponr nous montrer les emules de H btate arih^ 
dltalie et du general Bonaparte ^ si digne de nous 
commander. 

Courage, resignation , patriotisme, et nous viendrons 
a bout de tout. 

Fii^laliepMufue! 

P. 5. J'ii eUtendu avec surprise d^s plaihteS gOr Pin- 
subordination de quelques volontaires formant gartiison 
abord des vaisseaux. J'ordonnektout capitaine , officier, 
sous-offlcie^, d'employer tons l^s moyens potir fairc 
tentrer le soldat dans le devoir , et de me designer les 
plu^ mutiny ) stfin qtie j^ l^s i^envoie au general en cli^f , 
iavfec ime note snr lenr condnite. 



Alezamlrie, le a6 messidor an 6{i4 jnillet 1790). 

La commission des subsistances militaires , au general 
Kleber. 

La commr^sitm des subsistances s'cs£ assemblee ce 
niatin, tsttoyen g^^l^ et, d^aprii les fensdgnemctjs 



^u'elle s^c§t pjrocuTes, U service $e trwve idws un Aat 
de deii{to3eiit telle^enl abso^^, c[u'eU9 a f e^oi^i:^ a vouft 
pour le faire cesser :,yoici le seryi^ qui isiyig« h plM 
grand secoiip. , . 

La viaade ^ au moyen des fonds mis h. la dispositioa 
de Tagent ea chef des subsistances y se troiive assuree 

sition du commissaire de^ gu^vres soot totalement 
cpuises. 11 serait a propos d'en donner d'autres pour 
Uf^^ d^ $oUy^Q)( adbau, avanl; que eeuK*ci fussent 
co]»ioqifi4&. lie seryice, saps cc^te mesure, est expose 
a v^Qq^er ; ($ coiamissioa a fait recomiattre un aieulia 
a yeot qui ^xisjg m c^te viUe; c^ n^oulin se trouye en 
etat, et peut doimer dix a doiaze quintaux de Ssidiie, 
toateslesyiDgt-quatrebeures, easupposant du vent; oa 
peut se proc^^r d^Qs. la ville quatre ou cinq moiilins^ 
qmpodukaient buit a dix <|uintaux. Ces d^ux quautit» 
reuni,;^ ^ foroient j^s un approvisiounemeni suffisant 
popr la gamispn ; il e^t done esseutiel de fair a^construire 
h plus pri^pteineiu: possible deux iHQuliaaa venty maia 
il faut eiv^qre des fonds poui: c^ objet ; oa preseuteift 
demain au general Tapercu des depens.es necessaires. 

Un employ^ des subsistances vk se rendre a Rosette; 
le comoiissaire des guerres est charge de lui donner 
toutes les instructions necessaires. I^ commission pric 
le general de vouloir bien lui donnier des lettres pres-. 
^Ptesy soit poyr le commandifpt a ^o|el(te^ soit pour 
1(^ autorites copstituees de gette place. 

U se^itme^e ^ien important qp'il eut quoJ^^e^fonds^ 
%|adi^pp$i^QPP9ur&irelejsa<^^ 



986 COBRESPONDANCE 

La conmiission' tous prie , geomH , de prepare en 
consideration les demandes qu'eile tous fait : dies sont 
de la j4iis haute importance. 

Aghe, Magalloh, Colasse, BanfACD, 
DuEosoT et BoTEa. 

'uiins du giniral Kleber sur fobjet de la letire 
pricedente. 

L'agence des domaines nationanx et oellede la donane 
font leurs Tenements dans la caisse dupayeur de Farmee. 

Lesdepenses eitraordinaires et imprernes pouiraient 
£tre prises chez le payeor, sur les fonds prorenant de 
ces domaines. 

Ces fonds ne sont affectes a aucun service particulier. 
Je prie le general en chef d^autoriser la commission des 
subsistances , sous la responsabilite du commissaire Ati 
guerres de la place, et d'apres le mode qu'il voudra 
hien determiner, a prendre de ces fonds ce qui lui est 
necessaire pour les objets les plus urgens a la gamison 
et au service des hopitaux. Kxeber. 



Tanisy le 27 mcMidor an 6 ( i5 juillet 179S}. 

Au general Bonaparte* 

Pai recu la lettre que vous m'avez fait I'honneur d^ 
m'ecrire, le 27 prairial dernier. J*en ai donne officielle- 
ment conmiunication au bey. Ce prince a appris, avec 
autant dInterSt que de satisfaction ; la nouvelle et im- 



INEDITE. ^8y 

portante conqii^te que vous venez de laire a la repu- 
Uique. Je n^aieu qu'ua mot a lui dire : ((Les Maltais sout 
devenus sujets de k France » : a Tinstant les fei-s de 
foixante-six esclaves maltais ou etrangers, pris sous le 
pmllon de cette nation ^ sont tombes , inalgre tous lesi 
resfiorts qu'ont fait jouer les ennemis de la republique 
pour faire echouer cette negociation. Un batiment est 
deja frete : ils seront bient6t rendus a Ifcurs foyers, dont 
plusieurs etaient separes depuis quinze a vingt aus. Us 
7 beniront sans doute le regime liberateur sous lequel ila 
vont avoir le bonheur de vivre. 

L'embarquement des Turcs a bord des vaisseaux 
de la flotte a inspire quelque doute au bey sur leij^^ 
renvoi a Tunis. II ne trouvait plus le moyen d'echange 
que je lui annoncais ; mais ce doute s'est dissipe a la 
lecture que je lui ai faite de I'article 5 de votre procla- 
mation du 28 prairial. Je lui. ai temoigne que vous 
u'ignoriez pas que ces Turcs ; recrutes dans le Levant et 
ccmdttits a Tunis a ses frais, devaient etre rendus au . 
pavilion sous lequel ils avaient ete pris, et j'ai cm 
pouvoir Tassurer que vous ne cederiez pas aux instances 
que ces soldats pourraient vous faire ^ de les debarquer 
dans les etats du grand-seigneur. Devoize. 



An qoartier-g^n^ral de "Mike » le 27 meisidor an 6 
( i5 juiU«c 1798). 

jiu general Bonaparte. 

Le general Lanusse et le citoyen Tallien se rendant 
^ I'anaee ; vous remettront le detail de notre situation. 



%et CORIUESPQIfDANCE 

Noi approvistoniifimeas eprouvtot 4eft ^tteidlfls par 
une suite de la bmiiie Tolonte de la piiissaace napoli* 
taioe et des Sioilieos^ 

La quarantaine eat etablie en Sicile , saas raiacm , jwr 
rapport aux Maltais 9 nos navigateurs y soot tresfsuj 
refus. Les lettres n'ayaat pas oferi tout c< qae neat 
en attendioti», nous avoa$ pris k parti de deputer a^ 
vice-roi de Sicik. Peut-dtre cette enlrevue raiainera'- 
l-elle la liberie du commerce. Jedesirerais, poiiraaie- 
Iter les Siciliens a des reflexions utiles , que nos com- 
munications s'ouvrissent avec la Barbarie , et en adres^ 
sant de nouvelles lettres aux beys j je suis persuade que 
ks choses prendraient une toumure plus favorable, ie 
leS stimule autant que je le puis. J'ai re^u une Ictlre 
tres-amicale du pacha de TripoU ; j'attends les repons^ 
des autres. . 

Quoique les Maltais ambient se ii^rocbsr de noiis 
journelleinent ; quoique y dans une cha^ nuotte. fete dm 
i4 juillet y leur attacbement ait eclate, ils ne soot pas 
plus empiresses d'acheter des biens nationaux. Cette 
ressource que vous nous avez. indiquee , sera peut-ctr^ 
encore nuUe pendant bien du temps. Ie serais on ne 
peut pas plus facbe que largent nous manquit pour 
remplir toutes vos vues , et mon chagrin s'accroltrait 
ei^core si la solde eprouvait du retard. 

Je n'ai pas lieu d'etre content des militaires, et , mal- 
gre tons mes soins , ils temoignent de Timpatience. lis 
ont sans doute eprouve des privations pendant qu'on 
travaillait aux fournitures des casernes ; mais 09 s'en 
est occupe aussitdt que possible, et les ^Yaux W 
continuent. 



INEDITE. aSg 

Je suis, j'ose Passurer, generalement aime dans llle, 
et je Yois avec doaleur qiie mes freres d'armes , done 
j'adoucis le sort autant qu'il est en mon pouvoir , en 
agissent mal a mon egard. Je ne vons dissimule pas , 
general , qne j^aimerais mieux des corps entiers et dis- 
ciplines que des demembremens de plusieurs. Les choses 
iront cependant de mieux en mieux si I'argent ne man- 
que pas*; mais si par liasard il j avait interruption d^une 
decade dans le paiement de la solde , nous verrions le 
soldat se porter a des exces , j*en suis certain. Nous 
pouvons alter jusqu'en fructidor , mais a cette epoque 
il nous faut de nouveaux fonds. 

La commission du gouvemement , les municipalitei 
vont trevbien ; ce peuple est vraiment attachant par 
sa douceur et sa bonte. Je Tobserve de tres-pres , et f ai 
Heu de croire qu'il n'y aura pas de machinations. 

Oes fregates anglaises au nombre de trois , connues , 
sont presquecontinuellementen vue. EUesnous g^ent 
prodigieusement pour nos approvisionnemens. Nous 
sommes tres- assures aussi que des corsaires anglais 
arment a Messine. Leur projet est de nous affamer, 
et les Siciliens secondent leurs vues de leur mieux. 

Tout va assez d'accord ici ; nous sommes cependant 
un peu exi contradiction avec Regnaud sur un seul 
point. Je crois qu'il a tort , car il est seul de son avis , 
V et s'il persiste, c'est affaire d'amour-propre. L'objet est 
de grande consequence , car il est question de Tadmi- 
nistration de I'universite. II voudrait mettre a la t£te 
un homme contre lequel il y a beaucoup a dire. Tons 
les capitalistes eu meurent de peur. Une admiuis- 

EGTPTE. I. 19 



ago CORRESPONDANCE 

^ration qui MSure la sttbrnkmee ^ Itte «t^de$ tmipes; 
qui tieut dans ses ouiinii la-loBlmie ik Cnt ifc parti^- 
ouliers , ()ui est ea dcfick ^ van dnnt ii ett faeiie d£ 
resionter le credu, et qui ^prmnrenideft sbooasBas ex« 
tr^roeiaeDt dangereuses «i la ooDieooe est alanneei tout 
eela est du pka fraud iot^i^t* Ifais tioiiB wt boub 
brouiUeroDS paa , i'espfere , et tout im Uen. 

Regaaud (i ) « des ttoytns , mab il est nn tpea im* 
p^rieux et un peu vain .; je ne Uii oppoaeni qiie mon 
amoar po^r le bien public , et laalgre la petite difie- 
rtoce de fafofi de jpeDser , rkaradoaie enl^ tioiia ne 
sera pas detruite^ 

Quand j'ai la convlctioadu bien , je aeaawntia eeler, 
inalgre le reproche qu'oa me fait d'^re trap lion. 

Make » le 39 m^ssidor m 6.( 17 jaiUec 17^ ). 

Aa gdneral 'IScmapafte. 

fe prends la liberte de vous infortner q«e k com- 
misfiioo que vous avee nomiDee pour oigaanaer le noa* 
veau gouvenkemeat , ipoui?s«dt avec iseaucMif) de <s€ile 
et d'activite seS'tfavauK, araquels d'ailk«rs etie ^ livre 
avec d'aiitaut plttfi d'empressement, qu'ooti'e lea motife 
de repondre a la coafiaooe que vous lui mvez DeBK^;g;ttee, 
elle y trouve encore 1ft sftlisfaetion d'apevoevoir dans le 
peuple nialtais ^ les plus hetu'eaaos dispositions pour 
se plier aux nouvelles insthutiona , surtoiit fpaatQii les 



(1) CVit R<;gnand (d« Sniat-rJeaQ-d^AQgely) doat il «fi(4ci 



INSPITJC. 991 

}ii4»it«af dtlavUkf jfiii lM>go4tflBt d'aiiiaat plus ^ 
qu'tymt fim die buniwe^ tpm le ptnpte dt h eampik* 
pm f il« etfticnt j^iu oxpoaoft tux vexationa de$ ci-devant 
chevaliera, qu'ib out irus paitir ea general aree nne exr 
tr^me )fik. Us {MwaieMBt s^affectionner beaucoup aux 
Francais que vous avez laisses dans cette lie , pour la 
garder , et la belle f(&te qui a etecelebree ici le 26 mes- 
sidor J et dont je laisse a Peloquent Regnaud le soin de 
vous faire la desAcipMon , eq a fourni des preuves bien 
toticbantes ; car , d'apres la grande allegresse qu'on y 
a maii^fefll^ , et la parfaite harraooie qdi a fegueentre 
ies Maltais el kf Franeais , on aurai t fug^ qu'tl'n'j avait 
a M^lte J ed j<m^4a / qn'itne seule natioii. 

fi& ^aeral , le Mattais , quoi(ju'il sdit plonge dans 
rigimra^aoe' €t la strperstition plus qu'aucun autre 
peuple, seta y fespei*e , un de ceux qui , a raieon de 
Ml b^tite «alure(ie etde 8a docility , adoptera plus rite 
etobservera plus exactement la ceni^itutton liraneaise. 
il est encluMede raffabilite et de ta bkmt^ du ^en^ral 
faubok i qui est <vt aiment ub excellent 'iionune et li 
I^tta ptopre4 raiBplir i'bbjet auquol yfrm i'llVez diestme! 
8a eoadHite ft^aiiete et loyale liii gagne tous Ies* cceurs , 
et la ooflimiMOB de gauiremement , surtout , s^cfn tone 
infinnHent ; ear il se pr^e tou^ours arec zi^le et de la 
meiUeiire glAce hUtmi eeHqui'^peut 'froiHter nos opi- 
ta&ms. i&adsi , grftces fete soreut rendues , citdjen fi-^ 
neral , de nous avoir donne un si brave horafme , qui pai^ 
toutes ses bonnes qualit^s , ioflue si efficacemout ^ur 
Vesprit du Maltais, qu il ne coptribuera paa peu a ac- 
cet^r Vepoque de la soumi^sion d««tlM>B peupWux 

*9- 



aga CORRtSPOMDANCE 

nouvell^s lois/ Pespere done qu'a Totre retour, vous 
serez coatent de Make , patce que ses Iiabitaiis sauront 
apprecier , comme ils le doivent , le bienbit inestimable 
de la liberte que vous lear arez donnee. 

Bosateoir Rausutat (r). 



G^nci. 
Au general Bonaparte. 

. Voici la troisieme fois, mou ^eueral, que je vous 
adresse les jouroaux. Lfss inqiijletu4es qu'avail; donuees 
I'entree de la fiotte aoglaise 4aAs la Mediterr^uee, out 
ete dissipees par la nouveUe d^ la prise de Malte. Cette 
conqudtea produit.tout Teffet qu^ vous deviez.ea at- 
tendrO) et nous esperons avoir bieof $t la certitude de vo- 
ire arrivee , sans avoir ete pblige de combattre ramirft) 
Nelson qui vous suit. 

Cinq jours apres vous avoir quitte, la Sensible sl eti 
enlevee par la fregate anglaisefe Ch^ifolmifvin. Amaud, 
C!oldt sont icik Le capitaine Bourse .et toutson equipage 
sont renvoyes sur leur parole d'boiineur. .Le general 
Baraguay d'Hilliers et ses deux aides^€^;<;/imp sont em- 
menes a Gibraltar. Les Anglaisles out tr^^esavec beau* 
coup d'egards, etonneleura riei^ pris,4e.ce:qui leur 
appartenait. Tout ce que Tennewi ue devait pas voir a 
ete jete a la xner. . « .,. 

(i) Cetait un commandear de Tordie de Malte, qui avait puisiam<« 
meni contriboe li livrer cette lie aax Franjaif ; et qae Bonaparte avait 
plMi 4 U t^ do PadttiDistnitioQ. 



INEDITE. agS 

Toutecommumcationavec voire armee , mongeaeral, 
est interrompue pour long*teia{)s. Je a'ai aucun moyen 
4'entreteifflr le depot de G^aes ; oa a.debarqdie rartiilerie 
et les munitions qui etaient sur les quatre b^timens.que 
j'ai recu Tordre de licencier. 

Tout etait pr4t depuis long -temps , et je n'atten- 
dais que Tordre que vous m'aviez promis , mais ce 
serait exposer aujourd'hui les transports k itxe ine- 
vitablement enleves. La mer est couverte de Mtimens 
anglais. 

On craint pour la Corse , les emigres y sont retournes; 
Paoli a &it une proclamation; la Toscane facilite tous 
les moyens d'insiirrection , et I'Anglais y commande. en 
maitre. 

Mais ce qui nous rassure , c'est que VIrlande est 
tout ittsurgee ; les troupes royales sont battues partout. 
Get evenement,,doit necessairement produire la perte 
dePitt, et peut-^tre la ruine de I'Angleterre. 

Le papie fait le malade a la Chartreuse, pres Florence , 
pour ne pas aller aCagliari. L'ordre est donne. 

Le roi de Sardaigne a desire, pour satranquillite, avoir 
3,000 republicains a Turin ; ils occupent la citadelle de- 
puis quinze jours. 

Les journaux vous diront que ricn ne finit a Rastadt . 

Les revolutions de Hollande et de Suisse vous presen- 
teront des changemens dontnous attendons les resultaU 
pour juger des motifs. 

Genes est dans un etat d'agitation qui doit finir avec 
eclat. Sotina eterappele, et jesuis reste charge d'affaires 
daps un moment tres-difficile. Je cairns, autant qu'ii 



194 CORRESPONDANCE 

m^est possible , la furetif des partis ; mais il tst ttfeea- 
mvt <[u'il se fasse im ebangement. Jt demands iimtil^* 
Blent des oridres pour le Aifigtt , <m tie me r^pond p*s* 

BtltttTLtt. 



Au qnartier-gen^al k Alcxaofine , le aQ mesfidoc an G 
(I7j«lltii;t|e). 

jdugineral Bonaparte^ 

L'evenement dont je vous ai rendu compte, ckoyeo 
general, a electris^ tout le monde; j*en ai pr6fit^ pour 
jnettre a la raison nos freres arabes , et pour ^tablir 
Tordre et la discipline parmi la troupe, et pour exiger 
des chefs plus d'activite et de surveillance. Le camp, $ur 
h place d'Alexandrie, ressemblait a une halte de Cosa- 
ques ; il est aujourdliui ab'gn^, et dans son developpe- 
ilient et dans sa profond^r ; le coup d^oeil, la salubrite 
et la defense y ont egalement gagn^. 

Les scheicks ayant ose me repondre, lorsque ]c leur 
demandai justice de I'assassinat , qu*ib me livreraient 
le coupable si le peuple y conscntait , je leur ai declare 
que je regarderai k reunion desmusulmansacct effct 
et a tout autre comme une sedition, et (pie, si, dans 
I'intervalle de cinq jours , le meurtrier n'etait pas puni^ 
je ferais pendre Pun des otages au bout d'une vergue. 
H est loin de ma pensee de mettre a execution une pa- 
reille menace, mais elle etait necessaire pour obteni*'- 
d'eux qu'ils fissent un exemple. La procedure est com- 
Viencee. 
J'ai traite avec le mupbti poiu: qu'il me fut abaa-^ 



IMEDITR ftcjS 

doaoe fuelfuea i^onju^es, ea Bi'engftgtant a faire res-t 
pecter toutes le^ autres ; cela m'a ete accorde, et j'ai 
fail dUtritmer de auhe aux chefs musul^ans des \m* 
primes ordQaaanfi^ sous peiiM de mort , respect a leur 
cidie el • leius UMses, pour £tre affiches a la porte de 
leurs Mosquees et maifi^Hia de haim* Us oal ete tres- 
satisfaits de cette nefture. 

Apres Targefily oe dant w>m maaquoosle plus> e'eat 
le iota da chauffage : aussi les soldats se portent-iii» k 
das enees difSeiles a reprtiBer. Us oat vole juaqn'sMix 
ponea k chapekta des citcpQes. 

D'apres ee3 privatioas et d'autres e&Q<H*e; ne's^yev 
paaetMUie^ citoyeo general, si , sans yos ordces, je dis- 
pose de qvelques foods. Vous en approuvere?; I'piBploi , 
si Tous vous di^onez la peioe de res^amiaer; cek se ra^ 
duit d'aiileors a peu de chose, 

Les habiiaos d'Aksaodrie ma loaoifastent leors 
craintes sur Tepuisement des citernes, j'ai en conse- 
quence invite la marine a venir a notre secours : il vaut 
mieux en pareil eas pecher par sureroit de precaution. 

II est mort jna homme de la pesle il y a trois jours ^ 
c'etait ua juif . La eoouuissicHi saoitaire ne peut prendre 
les preca«tioas reqciises sans qu^on lui accorde qudques 
foods. L'ordonnateur Leroi lui a ouvert un credit de 
1 000 fr. : cela ne suffit pas, parce qu'elie est assa^illie 
par tous les besoins a la fois. Ellle a fait ses represeata- 
tionSy rordennateur a dit ne pouvoir domier davaa«« 
lage ; elie s'est adress6e a moi , et je lui ai fait delivr<«r 
1 000 fr. encore. 

Ua individu a la suite de Tarmee a ete condaxone ^ 



2^ CORRESPONDANCE 

a deux mmees d^ fers pour vol. Je vais le hire envoyer 
a I'une des galeres. 

Deux soldats sont ea ce moment en jugemeut. Leur 
cas est plus grave, il y a vol avec effraction. 

Cette lettre, citoyeu general, vous trouvera sans 
doute au Caire; si j'ai le regret de n'avoir pu vous sui- 
vre , et de n'avoir jpas contribue k vos succes , j'ai du 
moins Tesperance de vous rejoindre bientdt. J'atteads 
vos ordres a cet egard. Le citoyen Cretin fait travailler 
avec une tres-grand activite ; lui-meme , malgre sa mau* 
vaise sante, est infatigable. Le citoyen Faultriar, comme 
le sage, se traite lentement. Le citoyen Gonte fait au- 
jourd'bui Tessai d'un telegraphe d'Aboukir a Alexandrie ; 
dans quinze jours cet etablissement sera fort avance, 
on pourrait alors Tet^dre jusqu'au Caire. On s'occupe 
aussi a lever le plan d'Alexandrie. Que de grandes, 
que de belles choses il y aurait a faire ici ! 

Kleber. 

P. iS. II y a trois jours que le commandant du port 
me prevint que les caravelles turques et candiotes avaient 
detape leurs canons. Aujourd'hui , a Tiostant que je 
fermais cette lettre, le patriarche grec, dont la probite 
etlacandeurm'ont ete particulierement recommandees^ 
etant seul avec moi et mon aide-de-camp qui parle uo 
peu italien, me dit qu'uu Grec de sa connaissance lui 
avait confesse que oes Turcs et ces Candiotes avaient fait 
le serment de bruler et massacrer tout ce qui se trou- 
verait de Francs dans le port, a la premiere nouvelle 
qui se trouverait defavorable du cote du Caire, et qu'ils 



INEDITE. 297 

donoeraient le sigaal- aui liabitans d'Alexandrie pour 
exterminer la garnison. Ce patriarche, en m^assurant la 
certitude du fait et rimportanGe que je devais mettre 
a cette declaration , a finipar me dire que je devais me 
mefier de lliomme a qui je semblais donner le plus ma 
confiance : il voulait parler du scherif • 

Toutes ces choses sent plutdt caracteristiques qu'a- 
laihoaantes, et je crois avoir pris les precautions neces- 
saires pourattendre les evenemens. 



Ao qoar tier-g^o^at d*Alezandrie le i*'. therniidor an 6 
(iQJniUet 1798). 

Au general Bonaparte. 

n y a deux ou trois jours , citoy^ general, qu'un 
employe de Tarmee fit courir le bruit et repandit par- 
tout qu'il y avait eu un mouvement a Paris dsffis le 
sens contraire du 18 fructidor; que Lamarque, Sieyes, 
et plusieurs autres avaient ete deportes ; que Talley- 
rand-Perigord etait ambassadeur aVienne, Bernadotte 
ministre de la guerre \ enfin que vous etiez rappele. 

Comme cette derniere assertion a fidt une grande 
sensation, j'ai fait arreter le nouvelliste pour etre in- 
terroge. Ce qui pourtant m'a fait penser qu'il pouvait y 
avoir du vrai en tout ccci, c'est le coumer qui vous 
tint de Toulon , il y a quelques jours, et qui prit un 
air fort mysterious. Veuillez me faire connaitre ce qu'il 
en est. J'ai resolu, mon general, de vous suivre par- 



2ifi CORRESPONDANCE 

tout I je tons wirni cgileflieat en Fnact; fen'oWiiii 
jamais plus a 4'aulies qn'a tous , ct )c m eanuiundtrai 
pasy paroe que je ae veux pas toe en oonlaet iaoow* 
diat avec le gouvernemenl. Je n'ai jtattis iti si avide 
4e nottveUts et %m Paris et sur Its eveasmens ck Cabe 



(i9iQi|Jei 179!). 
jiu gSnSral Bonaparte, 

L'assassin du canonnier, eommie vous pouviez le pre* 
voir, citoyen general, a disparu; cependant, les prin- 
cipaux dn pays ont precede contre lui dans les formes 
ordinaires de la justice, et, apres audition des temoios, 
I'ont condamn^ a la peine du talion^ et ont ordonne la 
demolition de sa maison. 

Pour ne laisser aucun pr^texte de mecontentement 
aux Musuhnans et leur prouver tous les jours que nous 
ne sommes venus qu'avec des intentions pacifiques, j'si 
proToquJ , de la part du canonnier bless^, la demaode 
d^annuler la sentence qui portait que la maison serait 
rasee. Je n'ose pourtant attendre un grand succes de 
cet aete de clemence. Ces gens-lk prennent toutes les 
marques de bonte que je leur donne pour des avenx de 
faib}esse;taiidis que, d'un autre cdte, pqur pen que je 
leur montre, je ne dis pas de rigueur, mais de fermete, 
ils sent a mes pieds. 

lis se Gourberont darantage lorsqu'ik apprendiont, 
general, que tous !6tes entre au Caire : jusque-lk, 



INEDITE. 199 

conme Us flottent toupure entre la cntinte et Pespe* 
ranee , )e ne compte pas beaucoap sur lours scr4neii6. 

I^es bcsoSBS tottjoiurs ooaveaux dont nous sommcs 
assaillis m'oat detcrraiiie k demander une avance de 
3oyOoo fr. au commerce d« cettc ville, sur la pcrcep- 
ticoi des douanes. Je ferai verser de suite cette somme 
dans la caisse du payeur, c[ui est aux abois. 

Tout est tranquiUe id , et le commandant de la cara« 
vclle a fait au citoyen Dumanoir, qui s'est transporte a 
son bordy ks plus grandes protesUtious d'amitie. 

Le general Dumuy est en course avec sa colonne 
mbiU. ILtEBSE. 

A liprd de rOrirtil , l« % tWrwdDr SB 6 
(21 }QiUet.i7§3}- 

utu gSniral Bonaparte. . 

La fregate VArthAnise^ qui atait ixi eseorler le 
grand -matere jusque sur les lies Meleda, esl de ve- 
tour depuis bier. Son ioiirnal nWfre rieu d*i&t(§re8iant : 
je n'y ai vu que la deposition d^un bitimeBC imperial ^ 
qui dit avoir rencontre, le a raessidor, ^taac daos Vest 
du pfaare de Messina , une escadre aoglaise, compost 
de treiae vaisseaux, une fregate et un brick* G'est la 
sneme qui a paru , le lo suirant , devant Alexandne. 

J'atteads de vos aourdles avec bien derimpaiience^ 
et )e me consume en vorax et en esp^rances. le suia 
ehaque |our e veille par Pidee de votre entree triompbante 
au Caine. Je la desire atee d'autant plus d*ardeur , que 
je me represente les maux q[ae Voua devas souifrtr, %t. 



3oo CORRESPONDANCE 

que je regarde cette ville comme le port ou vous deres 
trouver un peu de repo5. 

Je ne jouis pas d'une bonne sante, quoiqne dans la 
plus grande inaction* Des coliques , des maux de tete et 
une espece de dysenterie , m'ont reduit a une faiblesse 
extreme , et , quoique je ressente du mieux depuis deux 
jours , je n'en suis pas entierement debarrasse. 

Les \ivres de I'escadre se consomment, et je vols 
avec peine que^ sous peu de jours, il ne resteraplus de 
biscuit y quoique j'aie ordonne de faire a bord de chaque 
vaisseau le plus de pain possiUe ; mais les fours sent 
petits et ne peuvent pas suffire pour completter la ration. 
J'aurais desire avoir du riz pour babituer par gradation 
les maxins a en manger a la place de pain, car ils 
r^ugnent generalement a cette noumture. 
Pai retranclie le tiers de la ration en vin. 
Le contre^amiral Decres a ^te a Rosette pour hater 
renvoi des comestibles que vous nous destincE. 

Je continue a faire entrer dans le Mil tous les avisos 
qui peuvent franchir le Bogaz, et Ton me fait esperer 
que sous peu la galere pourra aussi entrer. 

Kous avons eprouve un evenement malheureux : Je 
a8 dernier , la fregate la Junon s'est echouee en etitrant 
dans la baie, et elle aurait p^ri sans les prompts 
secours que nouslui avons donnes. Les fortes secousses 
qu'elle a eprouvees lui out occasione plusieurs voies 
d eau , cassc toules les ferrurcs du gou vernail , et ebranle 
sa mltture. Je m'occupe de la reparer de maniere a ce 
qu'elle puisse se rendre a Alexandrie , pour etre viree 
cir quill e. Je la ferai escort er par la fregate la Justice., 



sINEDITE. f 3oi 

Pai reca liier demL mortiers que j^avais^ demaudes 

pour placer sur recueil, ou la tete de ma ligae est 

appuyee. 
DemaiD ib seront places. 
RieD de nouyeau dans I'eseadre^ qui soit digue de 

▼0115 Stre transmis. Bruets. 

Aa qoartier-gcneral h Alcxandrie , 1e 3 thermidor ao 6 
(ai jaillet 1798). 

jdu general Bonaparte, , 

Je ne doute pas , citoyeu general , que la marine ne 
▼ous fasse connaltre exactement les mouvemens qui ont 
lieu dans le port et dans Vesca^re. Comme 11 se pourrait 
cependant que Tamiral ne pAt profiter du courrier que 
je vous expedie , je tous fais passer le compte qu'on m'en 
a rendu ce matin. 

iJe paquet de lettres que vous recevrez par le m£me 
courrier y a ete apporte par lechebee le Chasseur, parti 
de Toulon, le 29 prairial. 

Uimpatience que f'ai de recisvoir de tos npuvelles 
ne pent etre ega]«e <[ue par celle que j'eprouve de vous 
rejoindre et de me ^ettre a la tete de -ma division. 

Klsbeiv. 

Rapport annex6itla lettre pricSdente, 

. .• • '. ■ . ^ A 

A bord de rOrieni , le a tbermidor vstS 
(ao jaillet 1798). 

A six keures du soiry j'ai eu oonnaissanoe de deux 
blitimens de guerre venant de la partie de I'ouest. Les 
▼aots etaient dans Is^artie 4u N.. N. O. bon frais. 



3m CORRESPONDANCE 

Le hrick T Alette etait M deeoiiveite \ ^hHix lihies 
de I'armee. 

Ces batimens paraissaient faire route pour renir au 
mouillage ; its avaient toutes voiles dehors , bas boi*d 
ttmures; leurs vargnes da parrroquets volafis Aaient 
croisees. 

Je ne yoyais pas leur bois ; mais, par b disproportion 
des Toiles , je fugeai qu'il y avail ua vaisseau et une 
fregate. 

J'attendais un varsseau et une fregate pris sur les 
Maltais , que j'avais laiss^ en annement dans le pbrt de 
Malte. 

Deux des vaisseaux venitiens ^ue j'arais laissfe a 
Toulon , m'^taient annoneei. 

Je pouvais croire qu^ c'^ak une de ces dcM dir 
Tisions ; cependant la coupe des voiles ^ le gr^emdit et 
iVuvergure , annontaient quMla ^tatent anghiB. ' 

Le plus gros hissa deux pavtQona, I'uu'au mftt de 
misaine , et I'autre au mSit d'artnuont. 

Je regaiHlai dans ies signaut de reeonnaiasanees y 
ttociens et nouveaux , et je n'y ttotifTai aucun rapport. 

L'amee a^avait point de ceuleur. 

V Alette met le pavilion et la flamme nationale. 

Je fis si^oal de rappeler leSsChatoupef et GM9ts a leui 
bord respectif 3 celui au Gmllaume' Tell, au GenSteux ^ 
a la Diane et a la Justice, de se preparer a mettre sous 
voile, celui du branle-bas de combat. 

La nuit se laisait et ces l>i«imens nurent pavJUon 
national. 

La firegateenajontaiia second sous les francaiS; que 



IfirEDfTB, 3oi 

je De piis pus dlstinguer , mais qu'on m'dssura £u« im 
yack an^ais. 

Je ne repondis par aucun signe* VAlerte me signala 
que les voiles aperfUi^ etniwt J5«iflf>ectes. 

A sept heures environ ^.ces deux batimens virerent de 
bordy et tinxeat le plus pes tribord amwes. lis tarn 
pestaieat au N. N. O* et je ne voy«is pus leur .bois« 

Le brick VAkrt^ viat au mouiUage. Le capttatoe 
l^emay m assura que ces deuK batimens etaient aDgiaia} 
ig[u'il y avait un vaisseau , les deux batteries pc^Mites eft 
jaune^ et uae frqgate* Je luiondaniiai d'appareiUer avant 
ie jour, et si ees b&umeas paraissaient eooore ^ en mkait 
en flii^.jiEand aoanbi^i de les approcher k ia p«t^ie 
pDrtee de<:aAoa, de ^ £ure cbass^, et de dirifger sa 
rouiie swc jkis baiUs. foad$ , a&n d'y faire cdkomr ks 
chasseuTjS, 

La aait a ete ciai^.<et ^ vest ban fraaa au BT« M^ (X 
Je£sdes 4ispQ$ijMa$ ^i pusaent m'aasurer Tavan* 
Ijilge, au COS que Tsa^^ pajHJit. 

Le SyAu jojir^jene Ypy;aisia6a duliaut'ibi nAts, 
qi3e dei^^ 4)^909^6^ da&i^ le Ki. Q. 

A aix .bwf^»> U Gmlkkuln^-T^eU jm sigwda aeiif 
voiles AU M. K. 0. V Alette mit a la vailc, 

A neufbetnw, itntD^anspdct tat arnived'Aiexandrb^ 
et a dit ^|ue bier 'oea lieux Mtiavens av-aieat pam 
djei^antle portetiavaieait arboife le favilibB natioftaiy et 
I'yaekaaglaiKs dessons. 

II est uae betur^ ^pres midi , rien ne pascaAt , et il est 
bien probable que ces deal batimyena ^oat lea ^lairetus 
4le Varmee a9g1aise» Bfttraorsp 



5o4 CORRESPONDANCE 

Aa qaariier-gen^ral h Alezandricy \e 3 ihermlJor an 6 
(ai joillct 1798). 

jiu giltiral Bonaparte^ 

Ua etablissement au milieu d'un peuple nouteau 
est quelquefois accompstgne de circonstances dont les 
snoindres details ofTrent de Pinteret. Je ne crains done 
pas y citoyen general, de vous fatiguer par ceux que je 
vous presente sans cesse. 

Les besoins multiplies que nous ^rouvons, m'ont 
mis dans la necessite d'ouvrir , comme je tous I'ai ei^it , 
un empnmt de So^ooo fr. , k remplir par le commerce 
de cette ville, qui devait ai itre rembourse sur les 
premieres rentrees de lli douane. J'eu parki au scherif 
qui , comme toujours , feignit d'entrer dans mes vu^ , 
at dit m^me qu'il trouvait ce moyen aussi convenable 
qu il etait juste- et doux. Les deputes du commerce 
devaient en consequence se rendre chez moi ie premier 
de ce mois, k sept heures du matin. Les Francs et les 
neutres furent exacts au rendes-vous. Quoiqueleors 
moyens fossent, a Tegard- de ceux des Turcs^ dans la 
proportion d'un a vingt-cinq , iis avaient ^te taxes a 
payer la moitie de la sommes et ne rfelamaient pas. 

A huit heures, le scberif et les musiulibans n'etaient 
pas encore assembles ; j'envoyai chez le premier : on le 
trouva environne des siens. Malgre mon invitation, cene 
fut qu^i neuf heures qu'il paint, suivi de ceux de sa 
nation. Je dis et fis interpreter d'une maniere circons- 
taociee que ce n'etait point une contribution que 



j^xigeiiiit; que je me bornais k detnander, eottDne em«« 
prunt, une somme de 3o,ooo fn , qui pouvait hre 
remboursee dans laquinzaine. Ensuite, pour determiner 
un delaiy j^inyitai les iiegoeiaas h les coihpter avant 
midi. J'etak a peine sorti de la salle d^ deliberation , qatt 
le scherif deiiianda imp^iteusauent que deux juifs , qu' il 
desigoa ■, fussent reunis aux marchands musulmaus). Ne 
Yoyes>«vous pas, dirent au citojnen Borde, ces honutied 
effrayes, que le scberif ,' en nous joignant k ceux de sa 
nation , vent d'abord nous taxer k payer les 1 5,ooo fr. ^ 
easuite a faire Pavance du reste ? Sur la plainte que m'en 
fit, en leur nom, le eitoyen Borde, indigne, je rentre 
dans la salle : je dis aU soherif que ces negocians etant 
dejji compris dans une ciasse qui s'etait chargee de la 
moitie de Temprunt^ je les y maintenais, et que les 
musulmans seulsavanceraient Tautre moitie. Le scherif^ 
U^flsedccerefuSj apostropba d'une maniere injurieuse 
le eitoyen Amaud > francais qui me seirvait d'interprete , 
•t que je fns oblige d'erap^her de sortir de la salle. 

Je commandai le silence et di« au scherif que ced 
mouyemens de colere n'^aient pas convenables dans un 
homme revitu de I'emploi qu il oocupait; que^ touto 
difficultecessant , jeme contenterais, a litre d'emprunt ^ 
des 1 5,000 fr« offerts par les marehands francs et neutres^ 
mais que ^ pour ce qui regardait les musulmans ^ qui 
n*apprecient ni la clemence ni la generosite de la natioir 
firan^aise, je les taxaisa une contribution militaire de 
100)000 fr. ^.payables dans les \ingt-«quatre beures; q«r' 
quaure des principaux negocians , la presens ^ restefaient 
a cet efTet en mon pouvoir. Je me retirai : on yoyliitYfie 
SGTPTS. I. ao * 



M CORRlSPOIIBiMCE 

pftrler^ je & repoodre qat teaAioMitentf DteajiMfKk 

<e que Torgaat fiiit verse dana la caiaae diu payeur. Qbi 

sea^tfffia. 

Ce u'etitti fas de «e MMMBt , eko]r4n gcaeial , foe ^ 
aaiis ne lais6er inAiieiioer par la iiaiae du Franss <a 
«i£ne desMiifliilmafifpMurleficheitf , )e ai'elau apencu 
4a s&a mmk6e$ gourdes. Tout m affcoUnt fe ^us grand 
9«le jftenr k uatiou fameaiae , il tcavaijUak en acerct k 
^t«4Lver Boe operaUoM, a dii^ner de nam i'eaprit dee* 
Qaturela du pays. Je me proposals cepcndam ^le diss^ 
a»uler encore quelqoe temps , lorsqwe le hnul se vepan^ 
dit dans la viUe que les Bedouios et les hatitaiis de Da*- 
snanliour tvaieat ceruele corps de troupes dn geaeni 
Dutnuyqut, lelesdaiisamttatuiyDausooDiniiaiaooii^ 
Telle qu'U «vsit ele attaqne. L'lnstant de cette atture 
et oeltti ou le bruit a Tint jusqu'a nous , eeincidaiciit 
assef pour que je visse daii^ement qu'aris avsit ^dto 
dooiie de la marcfae diu detacheiueDt* II me paqaissait 
alors ^ident que ie sdierif chiercliait , en sous tisahifr- 
sant 9 a justifier aupres du gouTeraenient dn Claire , ses 
ppenaieres desuffdbes en noure faveur ; et un hoai»e de 
son oaractere dereoont dangerenn des qtt*il eessait 4m 
nous servkt, )t deiuiis m'ai d^barrasser : ca oens^uenoe, 
jjB lie fis eonduire a bord du Taisseau le Dubois, pour 
4bre de la Iraosfere sur un des bfttipnens de I:'es6adre4e« 
Ta)Qt Aboukir. 

Cela iak , je rassemble chea noi les ckeidM ; fe fMfts^ 
MMs leurs yeux en opposition , la donduite -ouv^te et 
geaercuse d^ Francais, et le peu de ioyaut^ de cdHe da 
adbaoiC^ f^ des invite a me designer pn liomtQe propro- 



Mohamed-TchorbaEgy el-Guriani, xne promettant^^as* 
stftor.ct nouV^ai xso mmn n d a t de lemv» coftseiis et d^tiaer 
d«iiqiw<Mdit9itf kiiriiftliott pMr I'l^evnir «t le een- ' 
s^«jp dms $o» emj^bL 

. JjMafiomA tttGimm y arant d^aeoeptm^ , ate dft <^e - 
le peuple d'Alei^aBdrk , foit dil£ir«nt das autres habi** 
UmM l'£g7pie,itait isiqiuet, aMitieux, dilKcile a 
ganrtf mer , ec ^me ia^ divarses i^praaaatatiims sar so« ' 
administration; CJaiu>aiffie, iui repoRdis-^e , qui pfe^^ 
imt el sent lea dilicuk^ d'on aniploi , saura lea sur- 
lomtar, ^ ja le dadarmioe. 

ResUtiitJi fixer les emoluBMaa ^nfitaeh^s a sa cAiarge. 
G&aaae fe ne voulais pas laisser subsister las differena 
d^ioif^.Texiitok^B f^e pi^evatt I'andiea aclierif , fe croa. 
coQveiiabie de Iui assigxiar w^ ^mme de 36 fr. par 
pmc J non compris le modique salaire de trois chaoux 
atuebea a apa $arviGe. U n'esl pas iancile de vous ob- 
server qu'il est rennemi irreconciliable des beys qui Tout 
dqpoaiile de tcMaaeabkas. LeaiSioseaaiiiai (xrgiuaftsees, 
ft tmf^M U ekeich. «l*Mesaiit el la spuveMi eomaann^ 
duEkt jS^ma beoich ^ sigoe of dinaire de leur Hgmii et 
j^eM&t d'usage* Je leiur dis qua la ]Nre«iiere marqua 
d'ofeebsance qpe {'atteodisse , ^it la prompte reatr^ 
dea xoo^ojao fr. : ilsxie priai^eftt de aaa ralklier mf^ la 
aomme , je leur repondis q^e ]^ cousetttais a faira renw 
boorsar i5,oao fr. par la douaae ; tpa% pour le resta 
Y&k re£arerai2 a vous , citoyea gmML ; iaais qii'afi^«» 
Hndaut, il faUaa: dbak. La pwpk ast fef t a^dteatdn 
. . . . , . . . .3^ .. . ... 



3o8 CORRESPOtfDANCe 

nouvean choiz 9 et je mepromte la pluf gnmde ttaa* 
quiliite. 

Le scherif m'a eorit du vaisseftu fe Dubois , ane letue 
€»u I'oB a remar^e son ttouble, et ou il teatede justi** 
4 er sa oonduite. Vous trouveres ci-joinl copie d« ma 
r^Dse etde la lettre que j'ai ecrite a I'kmiral Brueys , 
pour rinvitief a le reoevoir a hoed de f Orient. 
. Sivoita n'etiee pas,, citoyen geaeral, suffisamment 
p^etre des motifs qui m'ont dirige , un present et qud^ 
ques marques de distinction vous regagneraient facile- 
meat le scherif ; mais sa rentree a Alexandrie ferait un 
fort mauvais effet , m£me panni ceux de sa nation qui 
ne raiment ni ne I'estiment, KtsBEa. 

Copie de la lettre dugenSral KUberk Sidy-Mohamed' 
eUCoraim. 

Atsundcie, le a itieniiick)» *n 6 ( 20 jititttt i;^> 

Lorsque deux hommes en place se trouvent ensemble 
charges des memes.interets dans une circonstance aussi 
delicate que ceUe ou nous nous trouvons, il faut , sei* 
gneur, quele plus parfail accord rign^s enue eux, et que 
leur oonfiancemutueUeiie3oit troublee par aucun nuage* 

Eln vous inviiaat a passer k bord d'un vaisseau fran- 
i^is , je n'ai en d'autre projet que de vous foi^mir les 
moyen$ de rejoiodre le.genieral en chef. Je vais , en coo- 
sequence) vous ;faire coaduire a I'escadre ou Ikm vqus 
ofirira bieatdt les facilites cbnveoables pour » en remon- 
tant le NiL^ vous rendre aupres.de lui. Lorsque vous 



INEWTir. 3o9 

hoi aurez pi(D«v4 ^e vous nWez pas cesse de tti^riter 
son estime , je vous prie de croire que vous avez eg^r 
lemeBt droit a la mienne. En atteiMlant Totre depart , 
le vous invite a me demander tout ce cpai peut voua^tre 
agFe»ble ; je ne permettrai pas que rien de ce que vom 
desirerez vous soit refuse , et jc vous ferai traiter aviae 
la cousideratioQ qui contient a Votre rang , a. votrc di- 
gmie et a votre caraclerei KtiBEi.. 

" Copie de la kttre du general Kleber 
^ Ttmdral Brueys^ 

Aleiandrw, le % thermidbr aa 6 ( ao jdtUet i"]^). 

Des rai9on3 de s&rete mr'ont detertnine, citoyen-ge* 
aeral , a m'eiaparer de la per sonne du scherif qui com?* 
mandait la viUe d'AIexandrie , et de le faire transferer 
a bord du vaisseau le Dubois. Mais comme le parti 
de €et homme eonserverait quelque esperance , tant qu'il 
le saurait a la proximite de la ville y j'ai poise que pour . 
le leur enlever totalement, je ne pouvais mieux izix^t 
que de vous prier de le recevoir a bord de VQrienU 
Comme le general en ^shef lui avait accorde une grande 
Gonfiance , dans. Tespoir de s'en servir utilement.; comnui 
il m'^vait commande de le traiter avecime grande de- 
ference ; comme il seraitm^e possible que n'etant point 
siftffisamment penetre des motifs de ma conduite danS 
cette affaire , il n'approuvkt pas entieremoit la mesute 
de rigueur dont j'use envers lui , je vous pie de vou- 
loir bien le traiter avec la consideration due au rfpg 



Sio CORKESPOWDANCE 

ifii^^l ocmtpASt : it fit 96mt pfl» kmifle d« hdMrt rai;- 
^ tes kofiui«tirs niMuires. 

i'eav^ les detaik au gen^ail en dif ^ fui ki fip^ 
j^^Ie^ft pF jfs^ de hri J s6h 6(»)Mtti^ itage ^ soil ifr de^sm dt 
4*«ii servir. lu^'a e6 ttoiti^t i^««iille« h gktiet k 
tAtf e' bord. 

Si finis imt h^ekt , «he^to gin^^j ff^m ^'8 
se- f>#l9e&liit line occasion d^ t<$H^ lire i^tito, ^ttMys 
prie de compter sur mon empressement et mon zele. 

Aa qaartieT'general h Alezandrie , le 3 tbermidor an 6 
(ai juillet 1798). 

^u general Bonaparte. 

' 3k "^om aSfts^k , eJ-joJit, *k6y^ ge^f«t , I« cap- 
|)drt officfel in g^n^al Dddi«y ilur s» iiafc^ k tb- 
ttatitionr , Yannqnt c^'ii a ^te' dMig^ d« ^eut^r^ «t 
sw rfetrait^ snt Alexandrie. 

▼ons serez pciit-*<i** ^Ictooe d^ ^is^ii^ ^iW ^ttt^ cdkwfte 
iitobifie ji'k pas ^De <$rganis^ ^apr^ f&^ jnieii«i»Di ; 
trrais no^ trotrpes se livramt Sft»; veixe extfkn^ ^ip^ 
-gnantre adt travaux des fertificiAtioM, qMi^^u^bn \ei» 
jmy&t d^assez forteis }otim^i$5 , }e eotttiiianfdfii!tlv d« g^ft^ 
<t mot, notis avoiis pens^ quefes Maltaid y s^atent! itttid^ 
mtnt ptm proprea , parce qvt'iU soiit- f^tos ftats aux 
grandes cbaleurs que les Pran^ais qtti s^ei^ fer6ti%^ieiit aciBi^ 
6Ms. Au reste , Ife g^t^al Dinhtiy n'a ftit qtt^y gagnelf, 
et ce quIF n^a ptr fitit^ aivee It ^raelUeMent qtie fe M 
nvafs donnd, 9 Peii ftit tiistt ftioiiis enebre avee Ife 



HCEDITE. 3ii 

Au-reste, dans cette premiere sortie , il n'a cu pour 
m\et que de &ire mie reconnaissance exacte des lieui 
jOfa J d'apres Votre instruction , il aurait dit par la suite 
avoir des etaMissemens. It eat ficbeux qu'elle n'ait pas 
Inieul r^ussi. \ 

II me semble que ^insurrection des &a!)ifahs de t)a» 
manhQur devra etre punie , mais ^e a'ose charger le 
general Dumuy de cette correction ; je crains d^ailleurs . 
d'tgir GontradieiokeBient to plan ^ue vods mez pn vous 
proposes. J'uftteftdrai tos ^Ates Ik 06 saj«l. 

If Ota. Le rapport Si general Damuy sur f affaire ^e 
I)amanhour , annonce par le general Kleber , se trouve 
a sa date , du 29 messidor an vi. 



jitS gdRetal Bonaparte. 

J*ai ete charge , de yotre part et de celle de Bhicys , 
de lever le plan et les sondes du port vieux. Jte suis 
entre le 19 messidor dans la rade de ce port, et j'ai 
commenc6 mes operations ^ qui ont dure jusqu'au a4 
dudit mois y on j'adressai le rapport du resultat de moo 
ouvrageau general Brtteys,etau commandant dedivisioik 
Dumanoir, qui , approuvantles dispositions que pavaia 
prised pour faire entrer I'escadre , en fit part officielle* 
ment a Pamiral , lequel me repondit le 2' tbermidor : je 
joins, copie de sa lettre a moA rapport. 



3ia CORRKSPONDANCE 

Rapport fait par le capitaine de f regale Barre , 
commajidant lafregate de la repuhlique TAlcestc, 
au geniral Brueys , commandant les forces navales 
de la repuhlique dans ta Mediterrauee ^ sur les 
moyens d'entrer dans le port vieujc^ i ^lexandrie. 

Alexaodrie , le a5 ttetaidor ui 9 ( 19 aodt 1 798). 

Les trois passes d'Alessndrie sont soscepttUes , ^ 
neral , d'obteuir de la profoadeur , ^a faisam briser 
qudques rochers qui se trouvent dans le milieu et sur 
ks cotes , ce qui pourrait se faiie aisem^sut , ces re* 
ches etant tres-fviables; d'ailleurs il n'existe dans la 
* grande passe qu'un seul endroit ou il serait necessaire 
d'employer ce moyen, le rocher se trouvanl dans fe 
milieu de la passe , quoiqu'il y ait un passage de six 
brasses tribord et babovd et assez large pour passer dea 
vaisseaux de ligne du premier rang. 

La passe du Marabou est large de trois cents toises 
et longue de cinq cents , et est tres - difficultueuse a 
raisou de Tinegalite de ces fondSi qui ne dpanent que 
quatre brasses , quatre brasses ^t demie. Mais celle du 
milieu., qui est la meilleure , est celle oil il y a le plus 
d'eau, a deux cents toises de large dans Tendroitleplus 
etroit , sur six cent soixante de long , et donne ^ dans toute 
son etendue^f six et sept brasses, excepte a rentree, ou il 
i)'y eu a que cinq, et dans le milieu cinq et demie ; et j[e dois 
observer qu'il y a passage de cbaque c6le de ces hauts 
fonds, et qu'alors il n^ a plus que le milieu qui n^oflre 
que cinq brasses et demie a bass^ mer , les marees doo^ 



* ^ INEDITE. 3i3 

sa&t tons le& jours deuxpieds et demi , et da vantage dans 
lespleines lunes, et surtout dans le debordement du Nil. 

II y a louvoyage dans les deux passes en portant la 
bordee dans la passe du Marabou , et dans Touest du 
banc ou s'^stp^rdu lePeUriote ; et comme Ton rencontre 
alors la grande passe, on se trouVe an large de tout 
danger , et Toil doit prendre pour remarque a terre , lors- 
que I'on sort, le chateau par la pointe de V\\t du Pharei 
bien efface !tfk)rs on est en dehors de tout, la sonde rap- 
portant dix et dbuze brasses. 

Ces passes m'etant connues , f'ai mouitl^ des biiriques 
goudronnees et bien etalinguees dans les deux princi- 
pales passes, ^r lesquelles bariques j*ai mis des parit- 
Ions rouges a tribord en entrant et des jaunes a babord. 
II est esseatiel^ comme ity a plus d'eau sur Iribord , de 
ranger la premiere bouee rouge , le ibnd donnant six 
brasses , et de continuer a gouverner a Vair du vent in- 
dique dans le plan , conservant toujotirs Id milieii de$ 
bouees , et alors venir en arrondissant pour eviter le banc 
qui est au sud-ouest des recifs. D'aitleurs, oa pent ap-« 
procfaer la terre d'Alexandrie, le fond etant , jusque par 
le travers des Figuiers , de neuf et dix brasses. 

La troisieme passe a Vest de la pointe des Piguters 
p^ut recevoir des batimens du commerce , ayant trois et 
quatre brasses dans toute la longueur de cette passe , et 
mime dans uneaspresse, defortes corvettespudepetites 



lie por^ est sain partout, ainsi quil est ais^ de Ir 
verifier dans le plan que je vous adresse , et , s'il etait 
nettoyei U pourndt reoevoir d^^b&timena encore plus 



^ 1 4 CORRESPOND A NCE 

et onze brasses. 

Je pense aussi f^*Ott pdiurrait ptaticpier ymit paase du 
port vienx au port noirf y go qui faeUitelraal keanioo«p 
Teatree et la sortie de ces i%vk% ports : mak die wk 
peut encore avoir lieu f auisi il n'y fwt plus penser. 
. Je dois eacore vousfaire obaevver ^'il sei^eaiN»Btid 
i{iie Tous doonassiez Tordi^e ^u'ob fkbric^at^des ph tto aw a 
eu £er pour etaUir des bdises que riean^j^lMse djhmogtt^ 
les bouees ayant rinconveaieiit de dttHsev lors^^tt y a 
Jjoaueeiip de itier< 

Je desire 9 general^ ww rdtepU ¥6t( ialmtkBis amsi 
que ceUes du genial te dhef , el mbn mrisi «» dcmibe 
pbalysef est que lea Taisaeaux ped¥«Ei€ passer arvee ks 
ptecftuuoas dr'ttsage que Vous oeuBatsses nkieiiB que aoL 

' B€a*ri^ otknmandmnt fAAotelb^y mdcO^ du a fftev^ 

J'ai r€fii^oit6y46> vOtre hfttre du So aiesscdoT) et 
fe Aep6Ua ^e d6iiBm^ d^s ek>|;eB moL 901115 et ant pekes 
que VQUS tous dtea doitnes pofor treuvetf une passe au 
milittt des^feeif» qui knasAi i'eM.ri|0 dwt fmt vietf/ ct 
ipii pukse pemwnre aux vaiseeaux de guerre d'y aH^ 
mouiller sans courir aucun danger. Ce que voit m^ 
^fiteH netee ptrsitt pas enooreusseBsatisiaisBUti pnisqn'oa 
ilH #bii]ge de passer mt uit fond de TlngtKaoq pieds , et 
qnie nw TaisaeaiuK dr 74 en iircut ais vcmiy tfogs^i^asi i 



^OmMSln 3f5 

^'il CsrocLrait par ccmsequent un ve&t &it expres et une 
' mcr calme, pour Iiasar^er 'dt^ passer sans courir les plus 
grands riscpes d'y perdre un vaisseau^ d'autant que le 
passage \M 6troh et ifckt V^^€t d\t gcmv^matit est moins 
]»tmipt lorsqu'il y a peu d'eau sMis la quille. 

Peut-etre vos recherches vous feront-elles trouv«r 

» 

quelque chose de plus avantageux, et je vous engage 
«<)iFtiek!s4bimdeimep qur'apresv0tt«£trefl$s«i'^queFespafe 
compris ^atM la JUytu? du Mbsal^oift ^t la edte de Test 
n'offre rieor de mieux que Pendi'oit que vous avez fait 
baliser. Soyez persuade que je ne negiigerai pas de faire 
tjAmt kMmeHepreave deail&c{oe voiis aurez ^onnee 
danscette occasion ; cequi, ajouteaux services distingues 
jque vous avez dejif 1^61^^, ^dto^ ^4:^' etre un sur garant 
des eloges et des recompenses que vous recevrez du 

tors^iiHf^ twvaif S^d fiili , ff sefa tf&e^Sdird qtle 

'^Ofiht'ilBL phA(&U6i AhrU Sdiidt^s, Votis tui ferez part 
de votre facon de pehs^r sur la qualite ctes vais^eaiik 
41/otir pent s€ pe'fmettf^ dfe faife efitrfer daiis le port 
i^tem aVik; la d^i tiid^ d'e He pAis Us tisqMt. 



5i6 CORRESPOIVDANCE 

LITRE TROISIEME. 

lEGTPTE. 



Depuis Tentreb de rarmeeaaCaire jasqu'aprcis labatailie 
navak d*Aboukir ei le combat de Salehieh* 



Gia y le 4 thennidor an G ( M jnilict 1798). 
Au pacha d'Egjrpte. 

Je suis tres-iache de la violence que Vous a faite Ibra* 
him y en vous forcant a quitter le Cairo pour le suivre. 
Si vous en ^tes le maltre, revenez dans cette ville; vous 
y jouirez de la consideration et du rang dus au repre- 
sentant de notre ami le sultan. 

Je vous ai ecrit d'AIexandrie la lettre ci-]ointe ( en 

date du ), et j'ai charge le commandant de la cara- 

velle de vous la faire remettre, et je suis assure que vous 
ne I'avez pas recue. Par la grace de Oieu , de qui tout 
depend, les mameloucks out ete detruits. Soyez assure 
que les memes armes que nous avous reiidues victo- 
rieuses, seront tou jours a la disposition du sultan. Qut 
le ciel comble ses d^sirs coatre ses ennemis ! 

Bo^APA&TS^ 



iHiDirE. - ai7 

Ad ctyiartier-gtiO^'al de Cita , 1e ^ thermidor an 6 
( 99 juillet 17^). 

Aux scheicks et notables du Cau*e. 

Vous verrez, par la proclamation ci-joiote^ lessenti- 
ttiens qui m'animent. 

Hier, lesmameloucksont^te pouria plupart tues oa 
faits prisonniers , et ]6 suis a la ppursuite du peu qui 
resle encore. 

Faites passer de mon c6te les bateaux qui sont sur 
TOtre rive , cnvoyez-moi une deputation pour fairc 
Gonnaltre votre soumission, 

Faites preparer du pain, de la viande , de la paille et 
de i'orge pour mon armee, et soyez sans inquietude, car 
personne ne desire plus contribuer a votre bonheur que 

moi. BOSAPAKTE. 



Ciza, le 4 thermidor an 6 (si ioillei 179^)^ 

Proclamation joinHs h la pricidente. 

People du Caire , je suis content de votre conduite : 
vous avez bien fait de ne pas prendre parti dontre moi ; 
je suis venu pour detruire la race des mameloucks, pra* 
teger le commerce ct Its naturels du pays. Que tous ceux 
qui ont peur se tranquiilisent ; que ceux qui se sont eloi* 
gnes rentrent dans leurs maisous ; que la priere ait liea 
comme a rordinaire , comme je veux qu'elle continue 
tgujouis. Ne craighez rien pour yos families » vW nyd-. 



3i8 CORRESPONbANCE 

SOBS , yrm prtprp^^ 4BC surtout powr U r^ligioii do pro^ 
phete, que j'aime. Covibkk il est urgent qa'il y ait des 
homines charges de la police , afin que k tranquillite 
De soit point trouble, il y aura un diyftn compose de 
sept personnes qui se r^uninmt a la mosqu^ de Ver> II 
y en aura toujours deux pres du oommandant de la 
place9 etquatre seront occupees a malntenir la tranquil- 
lite publique et Veiller a la police. Bohapahtb. 



^u £in£r(d Descdx. 

L'etat-major a dik vous donner I'ordre , citoyen ge- 
neral , de vous pojter avec votre division k deuxlieue» 
en avant de Giza , en suivant les bords du Nil. Vous 
emploierez la journee de demain 6 thermidor a choi-* 
sir UB empliicwe&tq^u ne soit ^^ , lors de la crue da 
Nil J inonde, et qui cependant soit presdu Nil. 

Mon intantioaiesi que oepoia^ ask Mteaoohe par trois 
redoutes formant le triangle, et se flanquant «Dtre elies* 

Chacunede ces redeiiiefi^evra pDumr^tredefeodlte 
pa r 90 hommes y deux caaonniers j ^ deux peiites piieesr 
de canoR. 

Lorsque ces rqdoutes serenl ^hevto , 41m aerour 
reutties eatre eUes par trois bans iS^ses, qui^ormereDt 
les courttnes y et de maaiere a <:e que <ie triangle putssip 
contenir tome votre divifien et lui scrvir da camp v^^^ 
trancfae. • • . • - 



INEDfFE. ' Jtg 

Le finivel ivLgeni/^ ^'ordre d'envojeir un officier sii- 
perieur du genie poHT traeer e^ ouvrageS| et vous iais« 
serez un officier du genie de votre division et tous vo$ 
^peurs y et vous preodm mime k Ui joumee le plus de 
paysansque vous paurrez pour pousser vivement la con* 
feetion desiMts ir^vau^x. 

Le general d'artilkm a ordre ^y envoyer six- pieces 
de canon poi^ i^ trois fedoutes , et deux pieces de 24 
pour faire une batterie qui domine la navigation du NiL 
ViMis dpntterez I'^rdpe an general Belliard d-envoyer 
det eapioas , et de pousser ^KMivent des reconnaissances 
«u loin pour cpnnaitpe ee que font les inanteloucks , et 
d*envoyer des lettre^ jusqu'a cinq eC six lienes en re- 
mfont^M k Ifjl, en repandant des prociamations, et 
an exigeant que les vilti^es envoyent des deputes pour 
pitet le«en&eatd'ob4issafice. 

Left ak poiate do jour , si toutes ces operations aont 
finiesy vous vous en retournerez avec le reste de votre 
division a Giza, ou yppsr^^vre^ d^ nouveaux ordres. 
Vous ferezconnaltreau general Beiliard que, desl'ins- 
tant que les trois iwdeulna serMCiiisaeptibles de quel- 
que defense y et qu'iltsroira suffisant d'y laisser un ba- 
laiUoa y il voua len f«'a part.et je lui enverrai Tordre de 
ie|akidre aa division. 

Vous opdoonerez a Pauire officier du genie de votre 
dnFiaiou de bAee un eroquis a ia naia , de tout le pays 
depuia Gtza jm^qu'a la poritton que vous chosirez , et 
aux Pyramides, ou est Tavant-garde du g(§nei*al Duguav 
il aiura ^oin de bien placer les viHages, et de specifier 
particsUerament drax quiMnt h^jbites par les Arabes. - 

Bo^TAVARTE. 



3a« CORRESPONDANCE 

Aa quartier-ge'oeral de Gixa , le & llicnnidof an t 
(a3jatUet 1798). 

jiu pacha du Cairci 

L'intention de la republique francaise en ocKnipaat 
TEgypte a ete d'en chasser les mameloucks y qui etaieat a 
]a fpis rebelles a la Porte et ennemis du gouvernement 
fran^is. 

Aujourd'hui qu'elle s^en troure mattresae par la yic^ 
toire signalee que son armee areniportee, son iotentioa 
est de conserver au pacha du grand - seigneur ses reve* 
nus et son es:istence. 

Je vous prie done d'assurer la Porte qu'elle n'eprou-* 
vera aucune espece de perte , et que je veilierai a ce qu^ella 
continue a percevoir le m^me tribut qui lui etait ci-de- 
vant paye. BoxrAPA&TB. 



Gilt, le 5 thermidor an 6 ( a3 juUlet i798]« 
Au general du gSiie. 

Vous TOttdrez bien , citoyen general y envoyer un of- 
iicier superieur du genie atec I'avant-garde de la divi«« 
sion du general Dugua , qui part demain poor se rendre 
aux Pyramides, et un autre avec ia diviaion dugenex»l 
Desaix, qui part ce soir pOur prendre position a deux 
lieues , en remontant le KiL 

Us seront charges, de tracer des oovrages dans li 
po;sition qu'occupevle general Pesaix, tcois redo'utes on 



INEDllrfi. Sit 

bastions tetrAnches.se flanguant entre ^iix, ^t (;sipable^ 
d^Stre defendus cbacuti par 90 liommes^ deux pieces dc! 
canon et dix cationniers. 

Ces trois redoules se lieront par un grand fosse, ct 
qui ibrtnera un retr^ncliement 5 dans Icquei la diyision 
du general t)esaix devra pouvoir se camper* 

Le profil de ces redoutes doit ^ire respectable, clles 
doivent surtout a\oir un fosse tres-profond^ et sui! 
toutes les parties les plus faibles^ vous pouvez ordoojuei: 
que Ton iasse uoe grande quantite de trous de loup. 

L'oilficier du genie qui ira aux ^yramides devra tra« 
cer un fort a etoile, ou redoute brisee, capable de con-' 
tenir aSo a §00 bommes , et pouvant £tre delendue paif 
100 homines et deux pieces de canon : le but de cettd 
redoute est de contenir les Arabes. 

L'un et I'autr^ de ces deux ouvrages doiVent etre k 
I'abri de rinondation du Nil. Celui que vous ferez eta-* 
blir a la position du general Desaix , aura une batteritf 
de deux pieces de a4 9 m^ doi veiit £tre placees de ma« 
tdcre a £tre maltres de la navigation du TSiL 

BoNAPAllTE/ 



Ciza , le 5 ttiermidor an 6 ( a3 juillet 1 79$ )/ 

Vous vmdrezbien , geti6ral^ falrepartitdefliaid, l( li 
t>oiaie du \oiit , votre avant-garde avec une piec<$ d« 3 / 
et 3o honmies k cheval , ie tout commande par le gene^ 
fal Yerdier ; elle se rendra aux j^yramides. II fera coin 



iii CORRESPbl^DANCE 

haltre par iihe circulaire a tous les Ara1>es qui sont eta* 
hVis c(ahs tes eaviroiis , qu'ris s'eront respobsaBIes si les 
Arabes continuent a assassiner les t^rancals et a nous 
Jair'e la guerre.; que je leur Jonue quarante-liiiit heures 
pour p'revenir leurs cbinpatriotes desditeis dispositions: 
apres quoi i si ron continue , fe sevirai contfe eux. 

Voiis enverrez egalement avec cctte avant-garde tbus 
tos sapeurs et iin oificier du genie. 

te general du genie a ordre d'y envoyer un olucief 
superieur de cettearme, lequel se cbncertera avecle ge- 
neral Yerdier pour y tracer une redoute a etoile capaUe 
de contenir lobhommes iet deux pieces de canoii, et dc 
fa niettre a Tabri de toute atta(j[ue de la part ^es Arahes. 
ifous ordbnrierez au general Verdier de (ournir des ssh 
peurs travailledrs de la demi-lirigade pour alder les sa- 
peurs , et de prehdrie des paysans pour travailler,. 

Des rinstarit que cette reSbute sera acievee , le ge- 
iaeral Verdier m'eri previendra et je lui donnei*ai lorclre 
de rejoindi^e sa division. 

Le general d'artiilerie a ordre de fournir deiix pieces 
de canon pour ladite redoute. 

Yous ordonnerez a cette division de nettoyer demaio 
ses armes y pour pouvoir apres demain occmper la posi- 
tion qui lui sera designee de Tautre cote du Nil. 

Chercheza vous procurer le plus de bateaux que vons 
fMrnZf afift de passer promptement. J^ai ordonne qa'on 
yous ea enyoy^t du Caire le plua ^ue Ton pourra. 

BojfAPAaxE:. 



INEDITE. '323 

Aa Caire,1c 7 thertnidor alb 6 ( ^5 jiiillct 1798). 

Bonaparte, general en chef, orddnhe : 
Art. 1*'. Le Caire sera gouveriie par un rfivsn cbm- 
pose de neuf personnes , sat^oir : Lc scheick EUSfeJat ; 
le scheick El-Cherkaoui; le scheick El-Sahoui ; lescheik 
El-Bekri ; le scheick El-Fayoumiy ; le scheick Chiarichi; 
le^ sclieiclk Mussa-Lirssi ; le scheick Nakib-el-Ascheraf 
Seid-Omar ; le scheick MtAaihed-el-femir. lis se rendront 
ce soir a cinq heures dans la maison de. . . . , ils compo- 
seroiit le divan , et nemmeront lin d'entre eux pour pre- 
sident ; ils choisiront un secretaire pris hors de leur sein, 
et. deux secretaires interpretes , sachant le francais et 
Parabe. 

lis nomineront deux agas , pour la police , une 
commission de trois , pour surveiller les marches et k 
proptete de la ville , et une autre egalement de trois qui 
sera chargee de faire enterrer les morts qui se trouve- 
raient aii Caire, oh. a deux lieues aux environs. 

2. Le divan sera assemble tons les jours a midi, 
et il y kixH perpetuellement trois membres qui seront 
en permanence. 

3. II y aura a la porte du divan , une garde &an9aise 
ct une garde turque. 

4. Le general Berthier et le commandant de la place ^ 
se reniiroiit le soir au divan , a cinq heures , pbui- les 
installer et leur faire prater le serment de ne rien faire 
cbntre les iriierels de Tarmee. 

BONAPARTI. 



ai. 



5a4 CORRESPONDANCK 

Nam$ des families les plus ancienneSm 

La maisoa des Beckris. 

La maisoa El -Sadat. 

La maison du nakib el^Asckraf. 

La maison du scheick Ynani. 



Ao Qnse , U 8 Aermidbr an 6 ( aS juillet 1796*)^ 
jiu general Vial^ 

Vons devcz avoir rccu , citoycn general , Tordre de 
Petat-major pour voire depart a Damiette. 

Le general Zayonseck est a Menouf. 

Vous trouverez , ci- joint , uue trentaine ie procia'* 
■lation que vous repandrez bxxt la route ; vous ¥ous 
arrdterez dans les plus grands endroits pour faire prd» 
ter le serment aux sciieicks et rassurer les habitans f vous- 
feresmettre, par les scheicks, les scelles sur les biens da^ 
mameloucks y et vous veilterez a ce que rfen ne soit vole. 

Arrive a Damiette, vous previendrez le citoyen Blaoc^ 
directeur-general de ta saiite a Alexandrie , pour qa*\\ 
J fasse etablir sur-le-cbamp un lazaret. Vous ne lais« 
serez rien sortir du porl. 

Yous ordomierez^que les douaties et toutes les fmpo* 
sitions directes et indirectes soient prises comme a Torr 
dinaire. Vous ferez (aire I'laventaire de tons les efifets 
appartenans aux mameloucks. 

Vous ferez reparcr les forts situes a rembouchur|> dvk 
If il , de maniere a les mettre a I'abri d'un coup de main^ 

Voua ferez desarmer tout le pays. 



INEDITE. 325 

Vous anrez soin de vous faire instruire de ce qui se 
passe a Aci-e et en Syrie et de m'en preveiiir. 

Vous vous mettrez en correspondance avec la fregate 
qui crolse a rcmbouchure du Nil , ainsi qu'avec les 
bombardes , afin de vous en servir et de les faire avanr, 
cer jusqu'au Caire , a mesure que le Nil s'accroitra. 

Votre commandement s'etendra nou-seulemeut dans 
toute la province de Damielte , mais encore dans celle 
de Mansoura. 

Vous trouverez , ci- joint , Torganisation donnee Ji ce 

pays. 

Vous nommerez un divan pour la province de Da- 
miette , et un pour celle de Mansoura , ainsi qu'un. 
aga des janissaires. 

Vous vous empresserez egalement de nommer les 
deux compagnies. 

Je fais nommer I'intendant de cbacune des provinces ^ 
et Padniinistration des finances nommera Tagent francais. 

Pour faire I'inventaire des magasins , meubles et mai- 
sons des mameloucks , vous nommerez une commission 
de Irois personnes ; vous pouvez les prendre parmi les 
negocians francais etablis a Damiette , tant pour la pro- 
vince de Damiette , que pour celle de Mansoura. 

Votre premier soin sera de prendre toutes les me-. 
sureSy et de requerir des chevaux pour monter cent 
hommes de cavalerie. Vous pouvez demander a Rosette 
deux pieces de canon de campagne , et vous trouverez 
dans le pays les moyens de les atteler. 

BoiTAPAllTE. 



326 C0RRESPQ1>^|>^NCE 

An iGaire , }« q ihetwi^or vi6(^'j jiuMcl 1998 jT 

Le ^neral en chef Bonaparte , considerant ou^ ^ 
femmes des beys et 4e8 mameloncks , err^ntesaux ep- 
viroDS de la ville , deviennent la proie des Arabes , 
et niA par la compassion , premier seatiiyent ^i dgit 
animer rhomme' , autorise toutes les femmes des b^s 
et des mameloucks a rentrer en yille dans les m^dspu^ 
qui sont leur propriete , et leur promet sArete. 

Elles seront tenues dans les \io^t*^iatre b^ires de 
leur arrivee , de se faire connaitre au citoyen Magallon, 
et de declarer leur demeure. Bonapaete. 



An C&iie, le 9 llicrmidor an 5 ( 37 juillct 179$). 

^ Vamiral Brueys. 

Apres des marches fatigantes et quelque^ cpml^tpy. 
nous sommps enfin arrives au Caire. 

Pai ete specialemeot content dv chef de 4ivf8|90 
Perree , et je Tai nomme contre-amiral. 

Je §uis instruit d'Alex^ndrie qu'enfin 7911^ aveJ; 
trouve une pass^ telle qu'on pouvait la desirer, et qu'a 
rheure qu'il est vous etes dans le port avec yotre ^(^4fe- 

Vous ne devez avoir aucune ijaquietude sof lf§ viyries 
necessaires a votre armee. 

J*imagine que demain , ou apres , je recevrai ^e Ypft 
nouvelles et des nouvelles de. France ^ je n'eq ai ppiot 
re^u depuis ii\on depart. 

Des que j'aurai re^u une lettr£ de vous , qui me fasse 



iiSFpm:. ?25 

€OQnattre c^ que vous aurez fait et la position ou vous 
etes , je tous ferai passer des ordres sur ce que nous 
aurons encore ^ fair^. jL^f^at-maj^r vq^; ^tira sans doute 
envoye le detail de notre affaire des Pyramides. 

ie peose- que irons avez> une fregate sur Damiette : 
eoBUne j^enyove prendre po$ses^n de oette ville , \i 
iwus'prie desire a i'officier qui o(»iimande cett^ ix^ 
{fate de s'appFOchec le plus possible et d^'entrer ea cem-^ 
ifiui^ication avec nos troupes qiii j seroist lors^e voua 
auFez recu cetle lettre. • 

Fakes partir le eourrier 'que je vou» envQie pouf 
pread]?e terre a I'endroit qui vous parattra le plus con- 
venable , selon les nouvelles que vous avez des enne- 
mi§ , et sdop. h^ vents qui regnent dan& cette saison. 

Je desire que vous guissiez envoyer une fregate qui 
aurait ordiede partir quarante-huit heures apres son 

j:^ %^t %' s»r ^wj?di:is; ^mlM^9 ^^mM 

Mflle c^scjs )» Qj|i}f ^jjjjpe et ^ (J^-B^anc^, 
Faites bien garder Cora'im ^ c'est un coquin qy| ^qng 



|a8 CORRESPONDANCE 

t 

Aq Caire, le i a tbennidor an 6 ( So joillet 1 79ft ). 
jiu commis'saire ordoimateur. 

Voa» trouveres ci-loint^.oitojrwordoQiiateBr, dif- 
feremes impo^itiona ^e je viena de feftj^r sw R(h 
«6tte y Alexaadm et Damietle. Le tievs de cos impoaio 
tion s«m affect^ <iu service de cea places \ doottez ves 
ordrea wx ^cmmlasaires dea giierres pour leur repar* 
tition ; le deuxieme tiers sera affecte k la solde del 
lioupea, el enKn Twiie tiers a rordonnateur Leroi* 

BoKAPAaTE« 

.'I I ' ' ' » ^w 

An CaiM , le 1 9 tfaarmidor an 6 ( 3o joiUet 1 798), 

j4u oitoyen Lerou 

Je donne I'ordreau general Kleber de percevoir diffe- 
rentes contributions a Alexandrie, montant a6oo,ooo fr. 

Le tiers sera k votre disposition pour le service de la 
marine', le deuxieme tiers est destin^ a la solde de I'^r*- 
mde, et le troisi^me tiers est k la disposition de I'oiv 
donnateur en chef pour les frais d'administratioa 
d'armee, 

Jk donne ordre au gen&til Vial de percevonr a Da« 
miette une contribution de i5o,ooofr.; dont le tiers 
m^ ^^alement a rotre disposition^ 

BOJCAYAHTE. 



INEDITE. Sag 

An Cake, le I9 thennidor an 6 ( 3o jnillet 1799}, 

A Tamiral Brueys. 

I^apr^ tons les releves , il me pirate que Uescadre 
anglaiae a passe le detroit le 12 prairial , est arrivea 
devant Toulon le 23 , devant Naples le 29 , devaat 
Alexttidrie le 9 messidor. BoHAVAaTE. <* 



AaCaircy 1« la tbenaidor an 6 (3e {luUet 1798). 

jiu general Kleber. 

Je vous prie , citoyen general , d'organiser la place 
d'Alexandrie : des Tinstaat que tous les ofGiciers seroiit 
organises et que vos blessures seront cicatrisees , vous 
pourrez rejoindre Tarmee. 

Vous sentez que votre presence est encore necessairi 
dans cetle place une quin^ine de jours. 

BoHAFAATB. 



Aa Cairo , le la ihermidor an 6 ( 3o jatllet 1798)* 

Au gendral Kl^r* 

Je viens de recevoir tout k la fois , vos lettres depvia 
le 22 messidor , jusqii'au 3 thennidor. La conduite que 
vous avez tenue est celle qu'il fallait tenir. 

Je vous ai envoye , avant-hier , I'ordre pour I'orga- 
nisation de la province d'Aleiandrie : ainsi nommefl 



33p CORRESPONDANCE 

pour composer le divaa , I'aga et les commlssaires , les 
homines que vous crojez les plus attaches aux Francais 
ct les plus ennemf^ 4^ ]b^^. {"fQA-seulement j'ap- 
prouve rarrestation de Goraim , mais vous verrez par 
i'ordre ci-joiut que j'ordonne encore teWe de plpsieurs 
•aires individus. 

' La chose que noi^s avions le plus li craindre , c^etait 
d'etre ptecedes par la terreur qui n'existait defa que 
trop et qui nous aurait exposes dans chaque hic^ue , 
a des scenes pareilles a celles d'Alexandrie. Tous ces 
gens-ci pouyaienl penser que nous venions dans le m£- 
me esprit que saint Louis , et qu'ils portent eux-memes 
lorsqu'ils entrent dans les etats chretiens ; mais aujour- 
(d'hui Ips pirconstances pppj tpqt qppc^wp, jCe n*e>t plus 
^e que* nous ferqnf ^ Al^^andri^ qui ^^ra notre j:$7 
nutation ^ mais ce aue pou^ fiprons au Cm^ ' 4'?|Upyr? 
repandus sur tous les points, npu^ sommes p9irfa^tjemen( 
connus. 

II paralt que yqjxs etc;? pcji salisfait d^ la spif ajatj5- 
neuvieine demi-hrigade : faites connaltre au chef que * 
si sa demi-hrigade ue va pa§ ^ifux , on le destituera. 

Vous trouverez , ci-joint , difierens ordres ; vous les 
ferez publier Pun apres Tautre , et vous veillerez sur- 
tout a leur execivtioo. Ge o^^^jt cjUiP par ces moyens-la 
que nous avons pu trouver quelque chose au Caire. 

B0XIA.PA1ILTE. 



INEeiTE, . . ^ 33 1 

A Vamirai Brue^s. 

Je recois a I'instant et tout a la fois yqs lettres de* 
puis le 25 messidor jusgu*au 8 thcrmidor. Les npu- 
velles que je recois d'Alexandriesur le succes des sondes 
me font esperer qu'a Theure qu'il est , vous serez entre 
dans le port. Je pensie aussi que fe Causse et le Dubois 
sent aussi armes en guerre de maniere a pouvoir se 
trouver en Hgne, si vous etiez attaque ; car enfia deux 
vaisseaux de plus ne sont point a negliger. 

Le contre-amiral Perree sera pour long-temps neces- 
saire sur le Nil , gu'il commence a connaltre. Je ne vois 
pas d-inconvenient a ce que vous donniez le comman^ 

dement de son vaisseau au citoyen Faites la-des-^ 

sus ce qu'il couvient. 

Je vous at e6rit le 9 , je vous ai envoye copie de toni 
les ordres que j'ai donnes pour Tappro vision nement de , 
Tescadre J j'i.magipe qu'a I'heure qu U ^st , les cinquaute 
bateaux charges de vivres sont arrives. Nous avons ici 
une besogoe immense ; o'est ufi cfaaos a debrotiiUer et k 
organiser, qrl n'eut j^mai§ d'egal. Npos avQps du b)e, 
du riz , des legumes en abondan^ce. Npus ct^rcbori? cjt 
nous commencons a trouver de I'argent ; mais tput cela 
est environne de travail, de peiives et de difficultes. 

Vous trouverez ci-joint un ordre pour Damiette, en- 
toyez-le par un avisp, qui, ^van^ d'eptrqr , s'informera 
81 nps troupes y sont. Elles sont p^rtjies pour s'y rendre 
il V ^.trpis jours ^ en barques sjir.Ie Sfil .: a^nsi qlles ser 



33a CORRESPONDANCE 

Tont arrivto lorsque vons recevrez cette lettre ; entoyez-' 
J un des soqs-commissaires de Pescadre pour surYeiUer 
Texecution de I'orJre. 

Je vais encore faire partir line trentaine de batimros 
charges de ble pour votre esc^re. 

Toute la conduite des Anglais porte a croire qii'ils 
sont inferieurs en nombre y et qu'ils se contentent de 
bloquer Malte et d'empecher les subsistances d'y arri* 
ver. Quoi qu^il en soit, il faut bien vite entrer daiu 
le port d'Alexandrie ; ou yous approvisionner promp- 
tement de riz, de bl^, que je vous envoie, et vous 
transporter dans le port de Corfou ; car il est indispen- 
sable que jusqu'a oe que tout ceci se decide, vous vous 
trouviez dans une position a portee d'en imposer a la 
Porte. Dans le second cas, vous aurez soin que tou& 
ks vaisseauXy fregates venitiennes et francaises qui peu- 
vent nous servir^ restent a Alexandrie. BoirAPAB.xE. 



Aa Caire , le i a thenttidor an 6 ( 3o jaillct 1 798 }. 

Au comnussaire ardonnateur en ehef. 

Les pailles arrivent continuellement au Caire lors 
de rinondation du Nil , parce qu'alors le transport de- 
vient tres-facile. 

Les provinces les plus riches de TEgjpte sont dans 
ce moment occupees par nos troupes ; je crois que vous, 
avez un commissaire dans la province de Menoufie oh 
<x>mmande le general Zayonseck. Envoy ezren un dans 
la proving de Kelioubeh ou commande le general Mu-, 



INEDIlE. iti 

m, nn ddQs la province de Giza ou conmuiiide le gie«« 
neral Belliardy et uu dans la province cte Mansoura et 
Damiette, ou commande le general Vial , et iin dans k 
province de BaUiirei ou commande le general Dumuy; 

Dans cbacune de ces provinces, il y a un comipan-* 
dant francs , une commission administrative du pays 
ou divan , un intendant eophte, un agent francais pre* 
Imtendant , et enfin une conHnission, pour faire dans' 
chaquejNrovincey I'inventaire des biens des mamelovcks. 
En envoyant des commissaires de guerre dans ces difEo-* 
rentes provinces ^ il vous sera facile de faire venir att 
Caire les approvisionnemens du pays. 

Vous trouverez ci - Joint copie des ordres que j'dl 
donneSy soit pour les approvisionnemens , soit pour 
Tovganisation du paysv J'ai aussi ordonne a Telat-major 
general de vous envoyer une carte ave^ les divisions 
des differentes provinces^ . BowABi^Exs. 



Aa Caire, le 12 tkcnaidor an 6 (So iainefr 1798 }« 

Bonaparte, general en cbef , ayant des preuves d<e 
la trahison de Sidi-Mohamed-el-Goraim cpi'il avait com«^ 
Ue de bienfaits, ordonne : 

Aat. i^\ Sidi Mohioned-el-Gorann paiera une con« 
Irtbution de 3oo>ooo &. 

2. A defaut par Ini d'acquitter ladite contribution 
cbq jours apres la publication du present ordre y il 
aura la t<t9 trancbee. Boitapajits. 



§3^ corkesponeIance 

An Caire , le x a ^ermidor an 6 ( 3d juUlM ( *^ j, 

- Vous trouvcrei ci-joint^ citoy«n general^ uti cfilre 
pouf l€vef ixDt contribution de loD^troo fr. sar fe^ bsU 
bitffiis de Rosette. Le tiers de cet'te tiontributira sem 
jiestine a I'ordonnateur en chef, pour liss d^pebse^ ik 
TadmifiislralioQl) et les dienx autres tiers k h soble des 
tJ^5lipea• BdmrxEic. 

Au Oatb, le id thdrfiSidby ih S {^h JiiBt^ i^{j8}. 
^u general Zayofiscck. 

iki tt6nnib ordrt , cUby^ti geh^ri! ,- poiii^ qu'oii fta- 
Mfes^ a M^ouf tirt B6pital di ^inqnaiite lils, et qii'oii 
y ccJilsM'tHsfe dfeux fours. VoyeSs i faire iollt ce qui sera 
possible pour activer ceUe operation. 

Vons avez du recevoir bier les ordres pour Torgani- 
ssftibfii de Vdtt-fe proviuce. M faiit qiie Vous traitiez les 
Jurcs avec la plus grande 5evwit6) toUs les jows, lei, 
je faiscouper Uois tft^as, et les pfolffetfer dm& le Caire: 
c'est le seul inbyen de venir a bout de c€s;^n^i. 

Veillez surtout a rentier desarm^tti^t du pays, 

Faites-moi faire, par un of&cier du geafe du de l-elat* 
major^ un croguis de toutes les prwinces;, atfefe In situa- 
tion de tons les villages, et des reli^gaem«B5.geiif* 
raiix si^r leui; population , et ce <|Ue prodiliss^ie&t i« 
miri , le seddan et autres impositions. 

Prenez tons les moyens pour monter votre cavalerie; 



INEDITE. 53S 

av€c les clievtiiiXf prenez les^ selles^ et faites faire par 
vos commissions un inventaire exact et prompt de 
tous les biens appartenaus aux mameloucks. 

Pdit«5-m'di connaltre qiielles sbrlt les re^soufcfes pecu- 
niaires qiie hbiis offre vb'ti^ province. 

Vous IrbUverez ci-joiiit Ane graildie qua'ntite de pnH 
damatidh^ qite voii^ rep^ridrez 3ans Jd province ; j€ 
diesite ^lie f oU§ Vonh i&ettiez eri corr&^ondance avec 
fe Ji^htJtal Mur^t, qiii cbthiiande h proVihc^ de Ke- 
liottb^h, 

li ittfe sfei-dit fecile d^ x6u^ procurer deux pFeces de 
catiou^ ^1 vous trou^iei: (Jaris le p'ajs des moyens de lei 
atteler. Je vous les eaverrais sur des bateaux jusqu'aii 
poto Se d'ebarqiietnfent, ofi ^ous les Teiiez prendre. 

boNAPARtE. 



Au Caire, le i3 tliermidor an 6 (3i juillet 1798 ). 

Bonaparte general en chef ordonne : 

Art. i*'. Toils les proprietaires de I'Egypte sonl 
confirmes dans leurs proprietes. 

h, tes fondatious pieiises affectees aux mosquees 
a specialeinent a celles de Medine et de la Mecque, 
sent confirfnees corame par le passe. 

3. Toutes les transactions civiles contiflueront a 
avotr lieu comme par le passe. 

4'. La justice civile seril adimmstrce comme par le 

passe. BoWAPARTE* 



336 ' COllRBSPONDANCe 

Au Caire, le i3 iliermidor an 6 (3i jtiitet 1798}' 

Au gindrai Menou. 

Votre presence est encore necessaire ^ citoyen general^ 
k Rosette pendant quelcjues jours , pour rorganisatidn 
de cette province; les Turcs ne peuveat se conduire 
que par la plus grande severite; tous les jours je fais 
eouper cinq ou six tites dans les rues du Caire. Nous 
avODS dik les menager jusqu'a present pour detruire 
cette reputation de terreur qui nous precedait : aujour- 
d'hui , au contraire , il faut prendre le ton qui convient 
pour que ces peuples obeissent; etobeir, poureux, c'est 
eraindre. 

Je voiis ai envoye, par mon dernier courrier , des or- 
dres pour {'organisation du divan , de I'aga , d'une com- 
pagnie de 60 hommes turcs pour la police. 

II serait necessaire que la commission cbargee de 
faire rinventaire des biens des matneloucks envoy&t ses 
<tats a Tordonnateur. 

Faites-nous passer avec la plus grande promptitude 
des nouvdiles de Tamiral et de Tescadre. 

Ordonnez au commandant d'artillerie d'eavoyer pren- 
dre a Alexandrie deux ou trois grosses pieces d'artillerie^ 
pour les placer k Pemboucbure du Nil^ et empecber 
les cbaloupes anglaises de nous insulter. 

_ BoNAPARTB. 

Aq Caire ^ le 1 4 thermidor An 6 ( t*' . aoAt 1 798 ). 
Bonaparte general en cbef ordonne : 
Aat. i^'. Tous les elfets et esclaves appartenans h 



INEDITE. S37 

la femme de Sfonr^d-Bey et aux femmes des mameloDeks 
qui composaieat sa maison , leur seront laisses m pleiae 
prc^riete. 

a. La femme de Mourad-Bey versera dims la caisse 
dupayeur dei'ameis 6oo^oo<yfr., doat 100,000 fr. 
demain, et le restaut So^ooo fr. par jour. 

3. A defaut d'effectuer lesdits paiemens, tous les 
esclaves et biens appartenant aux femmes des maffie* 
loucks de la maison de Mourad-Bey seront re^fardes 
comme proprietes nationales ; il sera seulement laisse 
a la femipe de Mourad-£ey les meubles de Tapparte- 
ment €px'e\U occupe et six esclaves pour la servir. 

BoNAPA&TE. 

All Cairc > le 14 th^rniidor an 6 ( i*''. aoAt 1798). 

jiu citoyen Rosetti. 

Vous vous rendrez secretement, citoyen, aupres de 
Mourad-Bey ^ vous lui direz que vous m'avez presente 
rhomme qu*il avait envoye ; que cet bomme , par des 
paroles indiscretes , des discours verbeux et faux , n'etait 
parvenu qu'a m'indisposer davautage contre lui ; mais 
que }'ai compris que le moment pouvalt venir Qu il f&t 
de mon interet de me servir de Mourad-Bey comme de 
mon bras droit , et que je consentais k ce qu'il conser- 
I v&i la proviiio^ de Glrge^ dajis kquelle 11 devrait se 
retirer dans I'espace de cinq jours, et que, de mon cftte 
je n*y ferais point entrer de Iroupes j vous lui direz que 
que, ce premier arrangement fait , il sera possible, en le 
connalssant mieux, que je lui fasse de plus grands 

EGTPTE. I. 22 



338 CORRESPONDANCE 

avantages, et vous signerez de suite un tralte en fran" 
cais et eu arabe ^ concu a peu pres eo ces termes : 

Art. I*'. Mourad-Bey conservera avcc lui 5 ou 600 
homines a cheval, avec lesquels il gouvemera la pro- 
viuce deGlvge, depuis Us Cataractes jusqu'a une demi- 
licue plus bas que Girge^ et la maintieadra a Tabri des 
Arabes. 

2. II se reconualtra, dans le gouvernemeat de ladite 
province , dependant de la France. II paiera a Tadmi- 
nistration de Tarmee le miri que cette province payait. 

3. Le general s'engage de son c6te a ne faire entrer 
aucune troupe daas la province de Girge , et a en 
laisser le gouvernement a Mourad-Bey. 

4. Mourad-Bey sera rendu au-dela de Girge , dans 
Pespace de ciaq jours. Aucun de ses gens n'en pourra 
sortir pour entrer dans les limites d'une autre province 
sans une permission du general. Bonapakte. 



Aa Caire, le 14 ihermidor an 6 ( i^'. 9xAt 1798 ). 
Pouwoirs au citoyen Rosetti. 

Le general en chef, mu par les sentimens d'humanito 
qui Tent tou jours anime, donne au citoyen Rosetti 
les pleiiis pouvoirs pour negocier avec ]VtoM4«td-Bcj> 
conclure et signer avec lui une convention qui mette 
fin aux hestUites. Bonaparte. 



INEBITK. 539 

An Caire , Ic 1 4 diermidpr aa 6 ( i *^. bo^ i 798 ). 

jiu general Kleber. 

Ceux c[ui m*ont donne des preuves de la trahison dc 
i[]oraiin , m^ont assiu^e que son argent est dans une ci-» 
terne ; qu'il a un registte particulier ou est le detail d« 
toutes ses affaires^ qu'Il y a plusieurs de ses domestic 
ques qui sont au fait de tout. 

iT'ordo&ue en consequence a Tamiral Brueys de faire 
arreter tons les domestiques qu'il a avec lui et de vous 
les envoyer ; failes egalement arreter tous ceux qu'il a 
dans sa maison, et faites-y mettre les scelles par la com- 
mission, ainsi que sur tous ses biens. 

Faites interroger separement avec de f<Hrtes menaces 
ses domestiques. 

S'il paye dans les kuit jours les 3oo>ooo fr. , mon 
intention est, qu'on le tetienne comme prisonnier a 
bord d'un des bitimens de I'escadre, de maniere qu'il 
ue puisi^ s'ecbapper, desirantle faire passer «n France 
par une occasion sure. Sll n'a pas, dans lescinq jours, 
paye au moips le tiers de la contribution a laquelle il 
est impose , vous donnerez I'ordre qu'on le fasse fusilier. 
Vous trouverez ci-joint copie de la lettre que j^eoris 
5^ iWiral Brueys. Bonaparte. 

AaCaice, le 14 thermiclor an 6( i*", aoAi 1798). 

A Tamiral Bruejrs^ 

Depuis que je vous ai ecrit, j'ai acquis de nouvelles 
preuves de la traliison de Coraim : vous voudrez bien 



54© CORRESPONDANCE 

le faire nettre aux fers , et prendre totttes les precau^ 
tioDs poiir (ju'il ne tous echappe pas. 

Vou8 ferez arr^ter tous les domestiques et autres in- 
dividus qn'il anrait avec lui , que vous enverrez sous 
bonne escorte a Alexandrie , k la disposition du general 
Kleber. Bohapa&te. 



Aa Caire > le 14 thermidor an 6 ( 1*'. aoiit 1 798). 

Bonaparte y ginirtd en chef. 

Voyant arec deplaisir que le yerseiseat d'argent que 
doivent faire les Cophtes et lea n^gociaas de cafe et de 
Damaa^ ne s^effectue qu^avec la plus grande Wtenr, 
charge le citoyen Magallon de leur declarer que les 
60,000 talaris que doivent payer les Cophtes, seront 
li vres dans six jours , a raison de 1 0,000 talaris par jour. 

Les x3o,ooo talaris que doirem les negocians it 
•afie, seront payes a raison de aa,ooo par four; les 
35,275 que doivent les n^gocians de Damas, seront 
egalement payes ea six jovrs, a raisoa de 5,876 par 
jour. B611APA&TC. 

Aa Caire, le i5 thermidor an 6 ( a aoikt 1796}. 

A VordcHnateur en chef^ 

Vous trouverez ci^ joint, citoyen ordonnateur, un 
ordre pour la poste. 

Les individus de Farmee paieront kurs ports de 
iettres conformement a Tusage etabli en France; mais 



INE0ITE. 34i 

le directeur de la poste versera, toutes l^s decades, Fetat 
des sommes qu'il aura recues ; nous en serous responsa- 
hleSf s'il est uecessaire , a radnunistratiaa des postes^ 
et cela sera uu reveuu poiur rarmee. 

Vous aurez soin, pour ce moment, de commencer par 
crfanisartes bureaux du Caire, d' Alexandrie , de Ro* 
aecte et de Damiette 

Des que ceux-la seront etaUis , vous formerez les 
quatre autrea. Cepeudant, comme il est indispensable 
)jtte nous eommnniipiwinB avec Sfenottf , lorsque le ba- 
teau qui va a Rosette sera aicnre au village de Genid, 
il y Biettra le paquet qui sera pour Menouf. II y aura a 
ce viUAge un detachement qui sera charge de le porter 
a Menouf. Boitaparte. 



An Cake, Ic i5 ihcrmidor an 6 (a aoik 1798). 

Bonaparte general en chef ordonne : 

Art. I*'. Les citoyens Berthollet, Monge et le ge- 
neral du genie se concerteront pour choisir une maises 
dans laquelle on puisse etablir une imprimerie fran^se 
et arabe, unlaboratoire de chimie, un cabinet de phy- 
sique, et; s'il est possible, un observatoire. 

U y aura une salle pour I'lnstitut. 

2. lis me presenteront un projet pour rorganisatieft: 
de ladite maison avec un etat de depenses. 

3. Je de^ireiais que cette maison f&t situee aitr 1ft 
plaee EUbekieh ou le plus pres possiUe. 



34i CORRESPONDANCE 

Aq Caire, ie i6 thermidor an 6 ( 3 aoiit 1798 }« 

\Au general Chaboty gou^emeur de Corfou et des fks^ 
de la mer loniemte. 

Cest avec leplus grand pkisir, citoyen general, que 
f ai appris de vos nouvelles ; on nous avait beaucoup 
alannes sur votre surete. 

L'etat -major vous aura fait part des eveilemens mi- 
litaires qui ont eu lieu iei. Noussommes enfin au grand 
Caire et maltres de toute I'Egypte. 

li est indispensable que vous nous fassiez passer, par 
tons les moyena possibles , la plus grande quantite de 
vins , eau-de-^vie, raisins sees et bois. Ce sont des ob* 
jets dont vous savez que TEgypte manque entierement;. 
les negocians porteront en retour, du cafe, du sucre^ 
de I'indigo, du ble, du riz et toutes especes de marchan^ 
dises des Indes. 

Tenez-moi instrnit de toutes les nouvelles que vous 
Avez des affaires des Turcs , et surtout de Passviran-* 
Oglou, 

Le premier bataillon de la soixantc-neuvieme iiUmi- 
brigade a recu im ordre positif de partir Idrsque j# 
quittai Toulon ; je ne doute done pas qu'en ce moment 
il ne soit arrive. 

Des Tinstant que ce pays-ci sera organise et les im** 
positions ass^ises, je vous enverrai 3oo,ooo fr. qui pa- 
raissent necessaires pour votie solde ; mais comme il me 
sera beaucoup plus facile de vous envoyer des bles^ dvk 
viz , etc. , je vous prie de former une compagnie de dix 



INEDITE. 543 

en dovze negocians des plus riches; qii'ils chargent plu- 
sieurs b&timens , qu'ils in'expedient des bois , du vin , 
des eaux-de-vie , etc. , ils seront payes en echange avec 
des marchandises du pays. Ils enverront un commis- 
saire avec une lettre de vous, et je leur donnerai en 
surplus pour 3 ou 4oo,ooo fr. de marchandises qu'ils 
vous solderont. 

Vous trouverez ci -joint un ordre qu'il est bien essen« 
tiel d'cxecuter ponctuellement pour I'approvisionne- 
ment de Pescadre. Comme ici nous manquons de bois 4 
je desire que vous fassiez beaucoup de biscuit a Corfou, 
afin que nous ayons toujours un point oh. nous puissjons 
puiser et ravitailler notre escadre toutes les fois que 
nous en aurons besoin : je compre sur votre zele. Vous 
pouvez tirer, pour la confection , pour 5o,ooo francs 
de lettres de cfaangesur le payeur an Gaire. EUes seront 
soldees soil en marchandises, soit en argent, comme le 
negociant le desirera. Incessamment je vous envcrrai , 
par la premiere occasion, du ble et du riz pour votre 
approvisionnement. Boiyaparte. 



Aa Caire , le 16 tbermidor an 6 (3 aoiit 1798 }. 

j4u citoyenRhuJiereSj commissaire du Directoire exi* 
cutiffrangaish Corfou et dans les lies loniennes. 

J'ai recu a Paris les di/ferentes lettres que vous m'avez 
ecrites a votre arrivee a Zante. Je viens d'en recevoir 
une^ en date du i3 messidor, de Corfou. L'etat-major 
vous aura instruit des differentes batailles que nous 



344 CORRESPONDANCE 

avoQs livrees aux mameloucks et des sneces complets 

gtt'a obteniis rarmoe d^ larepttblique. A la batailU des 

Pyramides, uous leur avons pn$ toixante on quatre--^ 

Yingt pieces de oanoQi et tue plus de 10,000 faomiiics 

de caYalerie d'ellte ; nous sommes au Caire depuis uae 

dousaiiie de |6uf8 etea possession de presque toiite 

FEgypte. II nous manque ici troischoses^ le yin, Teau^ 

de^vie et le bois a bulkier. Faites fdre, svtt la plus 

graode quaoitit^ que yous aurez de raisins sees , de I'eau-^ 

de-Yie;lesn€)gocians pwteront en re tour le ble, le siicre^ 

rindigOi le riz, les nardiandises des Indeset ie cafe* 

C'est un vrai serYiee a rendre a larepublique , que d*en- 

ployer Tiniuenee que yoos aYez par Yotre plaoe, a 

actiYer le coaunerce de Zante avec TEgypte. C<mtinuea 

II bien meriter de ces peoples par Yotre co&duite sage 

et phikntropique, et eroyezau desk vrai que j'ai de 

votts d<Huier des preuves de Testime et de Tamitie q«ie 

Yous saYez que je yous porte. Soit en Egypte, soit ea 

France, soit aiUeurs , yous pouYCz compter sur moi. 

BoVAPAftTE* 

Aa Caire , le 16 thermidor aa 6 ( 3 aoftt 1 79^ }. 

^ Vandral Bnu^s. 

Vous trouverez ci-joint, citoyen amiral, la leltre 
que je re^ois de Corfou ; je yous prie de me faire eon-^ 
naUre quand le batiment charge de bois sera arriYe. 

Peut-eire jugez-vous egalement necessaire deuYoyer 
deux on trois batimens de transport pour contiauv 



INEDITE. 345 

lesdlts chargeraen$ de bois> ta&t pour laflotte que poar 
Alexandrie. 

lie general Chabot me mande que le Fortunatus 
eseorte plusieurs b&timens charges de bois ; moyeuoant 
cela , V0U5 serez dans le cas de ne pas prendre les quinz^ 
cents quintaux de bois que j^ vous ai accordes a KoseUe 
el dont nous avons le plus grand besoin au Gaire. ^ 

Vous trbuverez ci*joInt un nouvel ordre pour Vap- 
provisionnement de I'escadre. Bokapakte. 



Au Caire , le 16 thermidor an 6 ( 3 ao6t 1 798 ). 

A PadnuniHration centrale de Corcjre ( Corfeu. ) 

Tons les renseignemens qui me soni donnes sur la 
conduite de votre departement, font Teloge de sta 
administrateufs. 

Les nouyeaux etiiblissemens de la France doivent 
d^autant plus accroltre votre commerce, et vous ouvrir 
unen#uvelle source de richesseet de prosperite. 

Faites connaitre aux negocians qu'ils Irouveront ici 
des bles, du tiz , du cafe, des mtrcfaandises des Indes, 
du Sucre en abondance, et que je desire qu'enechange 
its portent a Alelandrie du bois a br&ler, des bois de 
construction, des vins , des eaux-de-vie : ce sont les 
prtncipales cboses qui manquent a c6 beau pays. 

Croyez au d^sir que j*ai de vous donner des preuves 
^ vff interet que je preads k votre tranquillite. 

BOHAFARTE. 



34 CORRESPONDANCE 

Au Caire , Ic i6 thermiJor an 6 ( 3 ao{it 1798 )» 

A Georgia Gioariy intendant general deVEgyj)te. 

Vos fonctions doivent se borner a rorganisation des 
revenus de I'Egypte , a une correspondante suivie avec 
les intendans particuliers des provinces, avec le general 
en chef, et Tordonnateiir en chef de Tarmee. Vous vous 
ferez alder dans ces travaux par le moalleimFretaou. 
Ainsi done vous chargerez , de ma part , les moalleims 
Malati, Anfourni , Haniu et Faudus, de la recette de 
la somme que j'ai deraandee a la nation cophte. Je vois 
avec deplaisir qu'il reste encore en arriere 5o,ooo tala- 
ris, je veux qu'ilssoient rentres, dans cinq jours, dans 
la caisse du payeur de Tarmee. Vous pouvez assurer les 
Cophtes que. je les placerai d'une maniere convenable 
lorsque les circonstances le permettront. 

Bonaparte. 



Au Caire, le 16 ihermidor an (1 ( 3 aoAt 1798 ). 

Bonaparte, general en chef, ordonne : 

Art. V\ L'or ou J'argent monnaye, tous les objets 
d'or et d'argent, tous les lingots, les schals de valeur, 
les tapis brodes en or qui se trouvent dans les magasins 
generaux , seront enfermes dans des caisses sur lesquelles 
seront apposes les scelles du payeur de Tarmee , de Te- 
tat-major general et de la commission chargee dc Tin- 
ventaire. Lesdites caisses seront transportees dans le 
logement du payeur de Tarmee , I'inventaire sera remis 
a Tordonnateur en chef et a radministrateur des finances. 



INEDITE; 347 

2. Tous les objets necessalres a la subsistance de I'ar* 
mie seront remis de suite k la dispositioa de Tordon- 
nateur eaclief j la commission tirera un recu'du garde- 
magasin auquel elle remettra lesdites deorees. 

3. Tous les cinq jours, Tordonnateur en chef, assiste 
d'un officier de relat-major, de I'administrateur des 
finances ou d\in membre de la commission provisoire , 
et des agens en chef de chaque service, feront une tour- 
nee dans les magasias generaux et affecteront aux hopi- 
taux, aux transports, a Thabillemeut , tout ce qui peut 
leur elre utile ; raals les garde-magasins des magasins 
generaux ue livreront rien qu'apres avoir dresse un 
inventaire circonstancie , et tire un recu des garde-* 
magasins d'administration auxquels its livreront lesdits 
objets. 

4. II sera forme une corapagnie de commerce, a 
laqueHe seront vendus tous les effets qui se trouveraient 
dans les magasins generaux, et qui ne seraient pas 
essentiels au service de Tarmee. 

L'ordonnateur en chef me remettra un reglement sur 
la maniere de former cette compagnie et de proceder 
avec elle. Bowaparte, 

, Au Caiie , \e \6 ihermidor an 6 ('3 aout* i ^98 ). 

j4u commandant de la place du Caire. 

Vous requerrez, citoyen general, deux moines dc 
Terre*Sainte pour etre toujours de planton a Thdpital, 
afin de servir d'interpretes et dc soigner les malades. 

BoNAPAUTE* 



I 



348 CORRESPONDANCE 

A« Ciire, le 16 ikenBidor an 6 (3 aoiki 1798 }. 

Auxg6n6raux de tartiUerie e€ du gSme. 

Je yous prie^ citoyen general, de vouloir bien me 
faire connaltre oombien de temps il vous faudrait pour 
faire abattre toutes les portes qui barricadeni les diffe- 
tens quartiers de la ville et en faire transporter le bois 
pour le service de votre arme; vous pourriez partager 
la besogne avec le genie , Partillerie y je desirerais qu*on 
put commencer des demain : )'en donnerai Fordre aus- 
sitdt que j'aurai recu votre reponse. BonAPAaxE. 



Aa Cme, U 16 Uxnnidor an 6 (3 aodi 1 798 ). 
A Pordoimateur en chef. 

L'li6pital du grand Caire manque d'eau, d'eau-de-vie^ 
et de toute esp^e demedicamens. Je vous prie de vou- 
loir bien me rendre compte si le pharmacien en chef a 
trouve au Caire de quoi I'approvisionner. 

Je vous prie d'ordonner que les officicrs soient mi» 
dans des chambres separees , et qu^il leur soit fourai 
tout ce c[ui leur est necessaire. Vous sentez que cela est 
d'autant plus esseutiel dans un pays ou tout homnM 
malade est oblige d'aUer a rhopitaL 

BoifAPAIlTC. 



INEDITE. S4g 

Aa Caire/ie i6 Uiertiiidor an 6 (3 ao6t 1798 )• \ 

Au §bt4fr€A Sertkkr. 

Je vous prie , citoyen geoeral , de voaloir bien faire 
verifier en presejace d'un ofBcier 4e Petal^major , com- 
Vetx un cbaiaeau porte d'eau dans les outres curdinaires* 

BoziAPAfiTE, 

Aa Caire > lie 1 7 tftiermiddr ao 6 ( 4 aoilU 1 798 ). 
jiu consul de la r^publique a Tripoli. 

Je profile du passage de la carayanoe pour votia 
£»ire part du succes de la republique k la bataiUe 
des Pjramides ^ ou i^us avoos tue plus de a,ooo 
mamelouks. Je deaire que vous fassiez ocmitattre aa 
bey de eette regetioe , que la r6publl|ue frau^aiae 
eoutiauera h yivre eh bonne intelligenoe avec lui , 
eomme elle Va iait par le passe. Tous les sujets du bey 
seront egalement proteges en E^yple ; )'eq^e que de 
son c6t^7 il se comporttra envers la republique areo 
tons les eg^ards qui liu sent dUs. Faites-tnoi part de 
loutes les nouvelle^ que Vous pourriez avoir dans U 
Medlterranee. BoiiiLPAaTB. 

Aa Caire, le 17 ffaerniidor im ( 4 aoAi 1798). 
j4u gSndral Zaionscheck. 

Vous avez bien fait, citoycn g^n^ral , de hke fu- 
silier 5 hommes des villages qui s^etaient revokes : je 



35o CORRESPONDANCE 

desire fort apprendre que vous avez monte notre cava* 
lerie. Le moyen le plus court , je crois, est celui-ci : 
ordonnez que chaque village vous fournisse deux bona 
chevaux. II ne faut pas en recevoir de mauvais , et 
les villages qui , cinq jours apres la proclamation de 
votre ordre , ne les auront pas fournis , seront condam- 
n^s a payer mille talaris d'amende. C'est un moyen 
infaillible , expeditif d'avoir les 600 chevaux qui vous 
seront necessaires. En requerant les chevaux , requerez 
les brides et selles , afin d*avoir tout de suite un corps 
de cavalerie k votre disposition : c*est le seul moyen 
d'etre maitre de ce pays. 

Vous pouvez garder sans inconveniens , le chef de 
bataiUon du genie Lazovs^ski qui vous est n^essaire. 

Le general Fugieres , avec un bataillon de la dix' 
huitieme , part demain ou ce soir pour Mehal-el-Kebir ; 
il passe par Kelioube , et il se rendra a M enouf , ou il 
am vera probablement le ai : j'ai donne lordre qu^on 
embarqu&t sur une djerme ^ du pain pour ce bataiUon 

pour quatre ou cinq jours ; il se rendra jusqn^a y d'ou 

I'officier qui escorte ces djermes , fera partir ce pain 
k Menouf. Cependant si vos fours sont acheves y itserait 
essentiel que vous fissiez preparer du pain pour ce ba- 
taillon «J'ai donne ordre a ce bataillon de sejourner 
deux jours a Menouf, Vous en profiterez pour operer 
le desarmement et tons les actes difficiles. 

A mesure que vous aurez des chevaux , donnez-les 
aux differens detachemens de dragons qui sont sous vos 
ordresy en tyrant des recus des ofjGkriers. 

.BoVAPARTE. 



INEDITE. 35 1 

Aa Caire, le 17 ihermidor an 6 ( 4 aoiit 1798). 
Au general Dupuis. 

Je viens d'ecrire au divan pour qu'il fasse faire une 
distribution de ble pour les pauvres de la grande 
mosquee. 
II faudra se servir des magasins^ qui sont a Boulac et v 

aGizeh, appartenant a , attendu qu'un seul ma- 

gasin ne suffirait pas pour contenir tous les effets pro- 
venant des maisous des mamelouks. J'ai ordonne qu^uii 
magasin servirait a deux commissions , tout comme une 
commission doit faire la visite dans deux arrondissemens. 
Une grande vigilance est plus necessaire pour la 
tranquillite de la place , qu'une grande dissemination 
de troupes : quelques oJficiers de service qui courent 
la ville , quelques sorgens de planton qui se croiscnt 
iurdes anes^ quelques adjudans**majprs qui visitent les 
endroits les plus essentiels , quelques Francs qui se fau- 
filent dans les marches et les differens quartiers, et 
quelques compagnies de reserve pour pouvoir envoyer 
dans les endroits oil il y aurait quelque trouble, sont 
plus utiles et fatiguent moins que des gardes fixees sur 
des places et dans les carrefours. Si ce n'etait la sur- 
veillance a exercer sur les maisons de mamelouks , f^oo 
faommes d'infanterie et 5o de cavalerie sufliraient pour 
le service de la place : en mettant 3oo hommes pour 
le service des mamelouks , cela exige i5oo liommes, 
Je pense que 2000 hommes de garnison sont suffisans 
ici J faites-moi remettre I'etat des postes que vous oc- 
cupez, et de tout le service en detail. 

Bonaparte, 



553 CORRESPONDANCE 

Au Caire, le 17 thermidor an 6 (4 aoftt 1798 ]. 

Au commissaire ordonnateur en chef. 

II m*a ete pretente plusieurs etats signes par des 
GomtDissaires des guerres , ou ils paralsseot legallser 
des abus ^videos et des pretentions pea fond^s. 

Je vous prie de leur ea-ire poi» leur faire sentir 
combien ils sont coupables , lorsqu'iis s'eloignent de ce 
que la loi present. J'ai vu un etat oh le commissaire 
des guerres demaade une iadenmite pour non four* 
niture de vin. 

Je vous prie de faire un reglemeut pour ce qui est 
accord^ par mois aux demi-brigades et aux regimens , 
pour leur jsntretien. 

Les eorps doivent toucher les sommes qui leur re- 
viennent pour Peotretieu pendant le teipps qu'ils ont 
ete embarques. 

Les corps de cavalerie qui n'ont qu'un cinquieme 
des hommes montes , doivent^ils toucher une somme 
qui est jugee necessaire pour nn regiment de 800 
chevaux 7 Bohapaete. 



Aa Cair« , le i3 ihermidor an 6 ( 5 aoAt 1 796 ). 

Au gdniral Beymen 

' Vous partirez , citoyen gfoeral , avec le restant d« 
voire division pour vous rendre au village de El-Hanka , 
ou se trouve deja le general Leclerc. 

L'etat-major a dii vous donner Tordre de partir avec 



; INEDTTE. 35y 

six joiirs d^'tlTres , mais ils ne seront probablement 
pas pr^ts , ct , si vous les attendez , ils retarderaient 
consideraMement votre marche. Laissez votre commis- 
saire ies giierres et ie troisieme bataillon de la neu- 
Tieme, afio qn-ils vous conduisent des vivres des I'ins- 
tant quails seront livres. Ne partez pas au moins avant 
qpae la divisioa n'ait son paiii pour la journee de de*- 
main. 

Le general Leclerc a deja fait construire un four , 
fait^s-en construire deux autres. 

Les villages envirounaiis , qui sont extr^mement ri- 
ches , vous foupniront de la farine , de la viande et des 
legumes pour votre division ; independamment de cela^ 
j'ordonne qu'on vous complctte vos six jours de vivres 
et qu*on vous en fi^sse passer une plus grande quantite. 

Plusieurs scheicks sont reunis a Belbeis , avec Ibra- 
bim-Bey , et Ton penfse quedemain la catavane y sera 
arrivee ; €'est ce -qui.m'a fait ju^er votre presence ne- 
€es6aire a El-Hanka , ou , selon )e rapport que i'on n^'a 
fait , vous vous trouverez' juste a un chemin du •Caii^e 
a Belbeis. 

Le general Leclerc a mene avec lui une certaine quan- 
tite de chameaux pour porter des vivres. II est indis- 
pensable qu'il les renvoie , ainsi que tous ccux qui vous 
porten)nt' dc» vivres , afin de pouvoir cwtinuer. 

V«fiS'V'6u8 trouverez h El-Hanka au iijiilieu de plu^ 
sieurs tribus^d'Arabes. Faites ce qu'ilvous sera pos- 
sible pour leur faire entendre qu'ils n'ont rien a ga- 
gner a nous faire la guerre , pour qu*ils nous envoient 
des deputations , et pour qu'ils viyent tranquilles sans 

EGTFTE. I. 23 



854 CORRESPONDAKCE 

nous attaquer ; vous leur enverre^ de xnesprodaikiation^* 

Yous vous tiendrez en garde contre les attaqoes que 
vous pourrait iaire IkraliiiD«-Bey. Yous yous retran- 
cherez dans la village de maoiei^e a etre a Tabri de touie 
insulte , et une lieure avant le jour , vous ferez fair e des 
reconnaissaBces , afiii d'etre preveou et de pouvoir me 
prevenir aussi avant que la cavalerie ne soit sur vous. 

Yous interrogerez en detail tous les hommes qui 
viendraient de Belheis ou de Syrie , et vous m'enver- 
rez leurs rapports. Si la caravane se preseotait pour 
venir y vou^ Taccueillerez de votire mieux ; mais vous m 
dissimulerez pas au bey qui Tescorte , a'il y etait en- 
core, que jaon inteation est, comme \e le kii ai fait 
ecvire , q^'arrives a la Coube , Los mamelouks livrent 
leurs aruK^s et leurs dbevaux, except^ lui et les siens. 

Je n'aUends , pour me laettre en marcbe et me pwter 
a Belbieis, que la couiitructioQ de vos trois fours, et 
retsJ)Usseiiieat d'une boulapgeri^ k El-Hanka ; je vous 
recowonaod^ de veiller specialement a la formation de 
vos magasios d^ subsistances a El-Hauka, d y faire reu- 
nir le plus de legumes , ble et riz , qu'il vous sera pos- 
aible. 

Je desirp dUSfii que vous canployiez les deux ou trois 
|ours dfue vous re^tere? a £1-Hanka, a vOua retrancber 
en cren^nt q^lqu^s maisons , eu foreusaut quelques 
fesses* Mop wtfi^tipn est d« fajire oc^upea: Umjours ce 
tillage par rwi bataiUoa. Box^aparts^ 



INEDTTE. 355 

Aa Caire, le i8 iLermiclor an 6 (5 «odt lygS). 

Au giniral Dugutu 

\je general Murat me mande de Medie , qu'Il a en- 
t€Ddu quelque caaonnade a une lieiie en avant de lui, 
€t qu'il est parti avec le bataillon qu'il comman^e poqr 
connattr^ ce que c'etait. 

Je desire que vous me fassiez partir un batailloQ de 
la soixante-quinzieme , qui se rendra $vec une piece 
de canon jtisqu'a Kelioubeh , ou etit le general Murat. ^ 
Si , en route , il apprenait que le general Murat ^t 
centre a son poste , et qu'il n'y a rien de nouveau , il 
rentrera au camp ; s'il n'apprend rien en route , il se 
rendra a Kelioubeh , ou il rcstera pendant )a journee , 
et reviendra le lendemain matin , a moins que le general 
Murat ne croie avoir des raisons pour le retenir. 

Si le bataillon apprenait en route que le general 
Mu^at est aux mains avec I'ennemi , il me renverrait 
Tofficier des guides porteur de la presente pour me 
faire part des renseignemens qu'il aurait recueillis. 

Faites commander cette reconnaissance par un bomme 
inteUigent. En partant exactement a deux heures apr^s 
aniuuit , elle arrivera a cinq heures a Kelioubeh. 

BoWAPAllShB* 
Aa Calrcy le ao tbGrmidor an 6 ( 7 aoi3kt 1798/. . 

Au general Kleber. 

Le kjaya du pacha d'Egypte expedie a Cons^ntx* 

2:5. 



556 CORRESPON&ANCE 

nople un expres : je vous prie,, citojeir.general , de loi 
donner toates les facilites necessaires pour son passage. 

Bonaparte. 



An Caire, le ao thermidor an 6 (7 ao6t 1798). 

"^ A Vordomiateur en chef, 

Je vais partir , citoyen ordonnateur , pour me porter 
a vingt-cinq lieues d'ici vers la Syrie, 

Moyennant le^ differens envois de farine que je vous 
ai demandes, et ceux que retat-inajor ordouue, nous 
serons en inesure pour les subsistances ; mais je vous 
prie de veiller a ce qu'on nous fasse les envois demain, 
comme je le deinande, decinquante quintaux de riz^ et 
autant apres demain , ainsi que de dix-huit cents ra- 
tions de pain. 

La police de la ville exigerait que le ble y fut main- 
tenu a un bon prix. Un moyen necessaire serait que vous 
fissiez vendre tous les jours une certaine quantite de ble 
au tarif. Cela nous procurerait de I'argent et ferait un 
grand bien a la vllle. 

Je vous recommande, pendant mon absence, d'avoir 
en magasin la plus grande quantite de farine que vous 
pourrez, et de faire faire, tauLa Boulacqu'auCaire et 
au vieux Caire, la plus grande quantite possible de 
biscuit .: les mameloucks en faisaient faire dans la ville 
de fort beau. Je desirerais que vous.pussiez passer un 
marcbe avec les boulangers de la ville, oar il serait 
*e&s6Atiel que vous eussiez, d'ici a dix jourS; trois cents 



INEIHTE. 3B^ 

iBiUe rations deUsouit. Ctst h seulmoyen d'assuver 
les sabsis(£fflces iiaus uos routesi^et de; ne ' pas mourir 
de, £aiitt dans nos operations. . Boumvavlt^. • 



Aa Owe f le ao ihermidcNr an 6.( 7 aoiit 1798 jL 

* « 
Au general Desaix. 

Je vais m'abaenter , citoyea general ^ pour qnelques 
joiirsvde lai villedu Caire. 

Je donneordre.au g^n&ral commandant de vous rasr' 
truire dettous iles mouvemens qui provdqueraient des 
mesures extraordinaires. Voire division dans la position 
ou elle se trouve a le double but : 1°. de garantirla 
province de Gizeb; 2**. de fonner upe reserve pour le 
Caire. 

La commission providoire , composee des citoyens 
Monge, BerthoUet et Magallon , s'adressera a votis 
pour avoir to«s les sauF-ctodiiits ijii'^Ue jugera a pro- 
pos d'accorder auxfemmes des'mamelouiiks, etmoyeii-i- 
nant les waites particuliers qu'elle cdnclura avec dies. ' 

Vous nommerez quatre officierspour suivre les quatre 
commissions chargees de faire le^ iuventaires et de de-- 
pouiller les maisons des beys. Ges officiers me rendront 
compte tous les joursde la maniete dont s'est faite I'ope- 
ration; ils doivent d'aiUeurs laisser faire entiiriement 
les coihmissatresi S^ib apercievaient dei abus j ils vou» 
lea denonceraient et vous y apporteriez remede. 

Le citoyen Beauvoisin a ordre de vous rendre compte 
tous les jours de la seance du divan. . 



J 



J 



358 CORRESPONDANCE 

Je ddime ordri «i comsubidam de k pl*e« de fsarm 
partir loos les jours 5o ou 60 homnes avec imafficier 
pour me porter de vos d^p^es ^ les siennes , c^ttes de 
la commission , de Foidoimatettr , et de l'ad]udant-|;eae« 
ral qui reste a Tetat-major. 

P«r ce mojen, yous yous trouYerer instrui t de la posi* 
tion des esprits au Caire, et vous ferez faire a votre divi* 
sion et a la gamison tous les mouvexaeosque Tes circousf- 
tances exigeroat. 

Si un courrier de France arrlYait , il faudf ait aYoir- 
$oin de ne me Tezpedier qm fortement escorte. 

BOJIAFA&TE. 



Le a5 UMrmidor «i 6 ( »a ao6c l^^)^ 
Au gSnSral Leclerc. 

Je vous prie^ citoyen general, de Youloir bleu temoi* 
guer au septieme de hussards , vingt-deuxieme de chas-* 
seurs, troisieme et cinquiemededragims ma satisfacUoa 
de la conduite qu'ils out tenue d^ois la clu^ge glorieose 
qu*ils ont faitesur rarri^re*gardede8mamelott([^s( i ) , 
auxquelsilsonttueetblessebeaueoupde monde, euEre 
autres leur chef Aly-Bey, etpris deux pieces decanon^ 

Je donne ordre a Petat-ioajor pour qu'on fasse recoft^ 
naltre conmie chef de brigade le citoyea d'Estree^^ 
comme chpt d'esea^roa ie capitaine Reoaud, comme 
capitaiue le citoyen I^erc, Ueutenant du septieme de 
hussards , et comme lieutenant le sous-lieuteiiaat de» 
guides, Dallemagae. 

(1] U esc rjuesiion dU 6ombat de SoltLieL. 



INEDITE. S59 

Je vous prie de me faire pi^ser dans lia jotiriiee In liste 
des officiers. et de$ soldats des quatre corps ,qui se sont 
di3tii%tt<is et qui merit^at titi aYtmcemeAt partietilier. 



Le i9 ihetmidor an 6 ( t a moAt 1798). 

jiu citojren Leturq, 

Le general LecIeiHj m'a rendu coiflpte, citoyen, de 
labfavoui^e que vousaveimonlreeetde laconduiteque 
vous avejs lenue dans la journee d'hicr. Vous vous ^tes 
souvent distingue dans la campagne d'ltalie , et je vous 
donnerai incessammeut ravaaceinent que vousmeritez* 

BoNAPAUTE. 
Le ^5 thermidor ail 6 ( 1 3 aoM 1 79S ). 

ui la c(Hnnu5su)ji de commerce. 

Je vous autorise, cltoyens , a concliire definitiveinent 
^t a signer les arrangemeiis que vous ferez aVee les diF- 
ferentes femraes des beys et des autres mameloiicks 
pour le racbat de leurs effets : vous delivrerez des sauf- 
conduits a celles qui consentiront aun accominodement 

B0NAPAB.TE. 

Le %6 tberuftidor aa 6 < i3 aodt 1 798}. 
. ^u general du genie. 

Moii'hitention est , citoyen g6n6fal\ dereuntf & Sale- 
iueh des thagasids de bouche et de guerre sulEbatts pour 



j 



36a CORRESPONDANCE 

pcmn^qir aui besoiiu d'uae annee de 3oyC»(M) hoiBribe^ 
pendant ua mois. 

Yous sente^ qu'il est indispensable que desim^asBUi 
aussi pi'ecieux a&ient contenus dans une forteresse qui 
\es mette a i'^ri d'etre enleves par une attaque de vive 
force^ et q\^i fasseque les ^ ou doo hommes de garnisoa 
obligent I'^nnempk un siege d'autant plus penible , qu'ii 
ne pent charrier son artillerie qii'apres un passage de 
neuf jours dans le desert 

Une ibis cette forteresse construite> on pourra^ si 
on le jugp neeessaire, y appuyer. un camp retranchie^ 
soit pour tenir pendant long-temps les corps de Ten^ 
neroi eloignes, soit pouj pouvoir proteger un corps d'ac- 
mee inferi^ur, mais trop considerable pour y teair 
garnison.. 

II serait essentiel que vous dirigeassiez vos travaux 
de maniere a ce que, d'ici a quatreou cinq decades, cette 
forteresse eAt de|a PaTantage d'lui fort poste de campa- 
gne, et qu'avec une garnison phis nombreuse que celle 
que Ton sera oblige d'y tenir, lorsquelle sera achevee , 
les magasins pussent deja ttce a Tabid d'une attaque de 
vive force. . 

Vous laisserez a Salehieh asseai d^ingenieurs pour 
confectionner lesdits travaux avec promptitude et pour 
pouvoir sufBre aux reconnaisstnees qui serviront a deter- 
miner la positioii precise de Snlebieh par rapport a la 
mer, a Mansoura, a Damiette,, a I'inondation du Kil , et 
auxcanaux du INil qui peuveut porter bateau* 

Vous trouverez Tordre ci-joiijt aupayeur du^qifarfier- 
generaL qui est a Salebieb > de verser xo^oooivaxKC^ a 



Id disposition de rofficiei- soperieur dd genie que voirs 
laisseres a Salehieh poor le commencement desdils 
travaux. Bokaparte. 



Lc a6 thermidor an 6 ( i3 aout 1798). 

. j^u general 4e rartUIerie. 

Mon intention, clloyen general, est d'etablir rnie 
fbrteresse a Salehieh qui puissemettre i Tabvi de toute 
insult^ les magasins de bouche et de guerre que j'al rinten-, 
tion d'y reunir : voiis vous concerterez avec le general 
du ,genie pour tous les etablissemens d'artillerie , inde-' 
pendamment des magasins necessaires a Tapprovisiou- 
nement pour trois ou quatre pieces de campagne et cinq 
6u six cent mille cartouches. .... 

Vous trouyerez ci-ioiht une ordonnance de 2,0^0 
francs que vous laisser.ez a }a disposition de Ppfficier 
d'artillerie que voos charger ez dudit etablissement, pour 
commencer a travailler de suite, . Bonaparte. 



Le 26 thermidoi' jin 6 ( i3 aout 1 798}. 

'jiu general Eefmer. 

Mon intention est. citoyen general, que le genie et 
rartlMerid tFavaillcnt k la cottstruction d'tifteiforteresse ' 
qui met'te les magasiiis que fm l*infcntidfe de reunir a 
Salehieh a Tabri d'une attaque de vive force, et dans le 
cas d^'itt^ gardee par moim ie milie hommes* 



56a COHRESPONDANCE 

Jusqu'alon vous sentez qu'il est indisp«isable que 
VQus occupiez en force le poiat desigoe , et que vous 
envoyi^zdes espions en Syrie pour vous tenir au fait de 
tousles mouvemensqueroD ponrrait faire dece cote-lirv 

Vous vous mettre^ en correspondance suivie avec 
Damiette, qui est plus a meme d'en recevoir par mer , 
et vous reconnattrez bien la position de Salehieh par 
rapport h la mer et aux differens canaux du Nil. 

Le general Dugua, avec sa division , va a Mansoura,' 
et le general Vial va a Damiette. Quand vous aurez 
reconnu la route qui de la mer conduit a Salehieh , on 
pourra ordonner a une fregate et a un ou plusieurs 
avisos de se tenir toujours a portee de ce point , et Ton 
pourra par la vous faire passer du vin , du canon , des 
outils, que nous avons k Alexandrie, ainsi que les bagages 
de votre division. 

Vous repandrez, soit dans votre province, soit en 
Syrie , le plus de mes proclamations que vous pourrez^ 
et vous prendrez des mesures pour que tous les voya- 
geurs qui arrivent de Syrie vous soient ameues ; afin 
que vous puissiez les interroger* ' 

Independamment de ces fonctions militaires , vous ea 
aurez encore d'administratives a remplir , en organisanC 
la province de Salehieh dont le chef-lieu est h Belbeis. 

U faut Gommencer par vous mettre en correspondance 
avec loutes les tri bus arab^s , afin de oounaitre les camps 
qa'ils oGGupeni , les champs qu'jls cultitent , et des lors 
le mal que ^vouspoutcre^Wmr 'faire lofsqu'ils d^sobeiront 
ii vos oMres. 

Cela fait^ il fat)^r|i r?x9plk 4eu:i^ buts; le premier y 



!NEDltE. 3r>l 

de leur ^r le plus de clxevaux possible ; le second , de 
ks desarmer. 

Vous ne leur laisserez entrevoir. riut^ntion de leur 
6ter leurs chevaux que peu a peu , en en d^nuDdant 
d'abordunecettaine <[uaiitilepourreinouter notre cardie- 
rie, et , cela obtenu , il sera possible de {Prendre d'auirea 
mesures) maisauparavant il faut que vous yous occupiez 
de €«iuialtre les interets qui les lient a nous ; ce ^ut 
ieal vous fera oonnaitre les menaces et le inal que vous 
pouvez leur faire. 

Vous trouverea ci-joint unc ordonnance de 2,000 fr. 
pour pouvoir subvenir aiix depenses extraordinaires 
d'e$piops a eilvoyer en Syrie. Bonapaxte. 



Le iS tbermidor an 6 ( i5 ao6t 1798}. 

yrfi/ general Dupujr. 

Vous voildr^i bicn , ciWyen general, prendre flcr 
nouVdks precautions pour vous assurer que Cbraim 
neVdustedha^jperk pas : apres quoi , vous lui ferez subir 
tin interrogatoire , dans lequel Vous lui demanderez qu'il 
rtepdnfle positiVement : 1*. a-t-il ecrit a Mourad-Bejr 
d^uTs qu -ii noiis a jure fidelity ? i*. a quclrf iHSiinelcmcks 
a^t-il ecrit d^puis qu'il nous a jure fidefit^? 3^. ^elle 
espece de correspondauce a-t-il eue avec les Arabes do^ 
fiahire ? Boitapaxtis. 



364 CORRESPONDANCE 

Le a8 thermidor an 6 ( i5 aoiit 1 79S }« 

'Au general Dupuy. 

* Je V0U6 prie , citoyai general ^ de me feire connaftre 
ce qu'a produit le desarinement. 

Je desirerais egalement connaltre les mesures efficaces 
que vous peosez qu*OQ pdurrait prendre pour se pro-' 
curer des chevaux : vous pourrez faille prendre tous les^ 
chevaux , armes et chameaux qui pourraient se trouver 
daus les maisoos des femmed avec lesqueUes nous avens 
t;raite. C^s trojs obj^ts sont objets de guerre. 



Le a8 thermidor an 6 ( 1 5 aoiit 1 798 )• 
Au general Gauteaume. 

Le tableau de la situation dans laquelle vous vous 
^tes trouve , citoyen general , est horrible^ Quand vous 
p'avez point peri dans cette circonstaoce^ q'est qUiS ^^ 
sprt vous. destine a vcuger un jour notre mavin^ et nos. 
amis; recevez-en mes felicitations : c'estle seul senti-*. 
ment agreable que j'aie eprouve depuis avant-bier. J'^i 
re^u , a mon ayantrgarde. , a trente lieues du Gaire , votre 
rapport y.ipu m'a ete apporte par r^de-de-^camp, da 
general Klebfjr. Boit-ajpame* 



. WEDITE. > 365 

Le a8 iberniidor an 6 ( i5 aoAt 1798). 

'jiu contre-amiral Ganteaume. 

Vous prendrez, citoyen general , le commandement 
de tout ce qui reste de notre marine , et vous vous 
concerterez avec Tordonnateur Ijeroy pour I'armement 
etrapprovisionneinentdesfregates VAkeste, la Junojt^ 
la Carrere , la Muiron^ les vaisseaux le Dubois et le 
Causse, et toutesles autres fregates, brick ou avisos qm 
nous restent. 

' Vous nommerez tous les commandans ; vous ferez 
tout ce qu-ii vous sera possible pour retirer de la rade 
d'Abpukir les debris qui peuvent y rester. 

Yom ferez partir de suite sur un aviso, pour Gorfou 
let de Ift pour Ancdne , les dep^cbesque porte le courrier 
que. j'iei «xpedie il y a quinze jours du Cairo , et que Ton 
m'assure etre encore a Rosette. Vous adresserez au mi- 
iHstre.de 1ft iHtari^e uoerelationderaffaire, telle qu'elle 
aeu.lieu. 

Je bfAledu desir de conferer avec vous; mais, avant 
de vous donner Tordre de venir au Caire, j'atiendrai 
iquelques jours , mon intention etant, s^l est possible , 
de me porter moi-m^me a Alexandrie. 

Envoyez-moi Tetat des officiers , des matekts et des 
b&limens qui nous restent. '■■ 

Vous sentez qu'il est essentiei que vous Sassiez pre- 
venir de suite Make et Corfou de ce quWa fait le ge- 
aeral Villeneuve, afin que oes lies se tiennent en sur- 
vrill^nce «t a Tabri d'une surjprise. 



366 CORRESPOND ANCE 

Je pense bien qu'a Flieure ^u'il est y les Anglais st 
seront retires avec leur proie. Bovapakte. 



Le 18 ifierDJidor an 6 ( 1 5 aoftt 1 79S )* 
jiu ciiojren Leroy^* 

Je vou&eQVoie par une cfaaloM pe canonniere i oo^ooo fr . 
pour servir aox travaux les plus pressans de la marine; 
11 est indispensable (jue vous vous conccrtiez avec Ic 
contre-amiral Ganteaume pour armer en guerre le 
Dubois J le Causse^ la Carrere^ laJWuirott ; il faudra 
doubler en cuiTre les deux deraieres , qui doiveot avoir 
le doubiage, Le coutre^amiral Oanteaume nooinera au 
conmiaiideinent de ces differens batimens. Vous ae devea 
pas dtre embarrasse d'en organiser les equipages avec 
les debris de Tescadre. 

J'imagiiie qaerJikeste n'a besoio de rien. Vom 
aurez deja sans doute fait travailler a la Juiion. Des 
Tinstaat que vous aurez dcs aouvelies de la route 
iju'aura tennele coutfie-aioiral VJUepeave, vous me la 
ferez conaattce, Envoyez-moi aussi Tital de tous les 
b&timens et de louslesmatdotsechappes, soitdere»- 
eadre , soit des con void qui se trouvent a Rosette. 

Independamment des sommes que le goieral Kl^ber 
von^s femrcmetlre^escQiiitribuUoiis d'Alexaadrie et de 
cc^les qui nous reviendront de b contributioa fi«fq>ee 
i Damiette, je yom fetai toucber toutes les decades 
ioO;Ooo fr. II est anrive « Rosette duquaitfe d|enttes 



INEDITE. 867 

cbitrgees df ble Qt de legames, que, des men firrivee au 
Caire, {'avals eavoyees aPaniiral Brueys pour approvi- 
sionner Tescadre ; je donne ordre au general Menou de 
lest^ir avotre disposition, et de faire tout ce qu'il 
pourra pour le$ faire passer a Alexandrie. Faites de 
votre qdte tout ce qu^il sera possible pour favoriser ce 
passs^e, afin que Tomayez a Alexandrie les appi*o- 
visionnemens necessaires pour cette graode quantite 
dliommes. Bonaparte. 



Le 28 thermidor an 6 ( 1 5 aoftt 1 798 }. 

Au general KUher. 

Yous devezsansdoute, a Ilieure qu^il est y aroir reco 
lareponse a foutes vqs lettre^, et vous aurez vu mon aide- 
de-caiop Jullien, qui est parti d'ioi, 11 y a douze purls. 
, J'ai appris la joumee-du il^^ avant^hier a6, par 
voti'e aide*de-camp, qui m^a trauvei Saldbiieh, a trente- 
trois lieues du C^fe. Je p'ai pas perdu un Instant pour 
m'yxeodre. 

Jeyousai eciitsouvenity et comme la fdupart de vos 
J^Ltpes. me soot pacvienues tqutes k lafois ^ j'espere qu'il 
en aura ete de meme des miennes. 

J'ai ^nvoye Tadjudaai^ general Brlves ii Bahmaniek 
ay^ ua baUiiUon. ^ 

YoHft dcyez. avoir recu gxaade quantite de m(»ide 
j^a^ijird'liui a Alexandrie. 

J'envoie 1 00,000 fr. a l^ordonnatear Leroy pour le& 
Srepuers besoins de l^anueiBeat. 



6a CORRESPOKTDANCE 

J'ordonne que Ton vous fasse passer de Rosette tons 
lea vivres que I'oa y avait envoy^ pour ?approvisioii- 
uement de Tescadre. 

Apres cinq ou six marcbes , nous avons pousse Ibra< 
him-Bey d^ns les deserts de Syrie ; nous avoos degage 
une, partie de la caravane qu'il avait retenue , et lui- 
meme avec tous ses trisors et ses femmes a falUi tomLer 
en notre pouvoijr. 

II nous reste encore a detruire Mourad-Bey, qui oc- 
cupe la Haute-Egypte , et a soumettre Tinterieur du 
Delta, ouplusieurspartisans<des beys se trouyent encore 
les armes a la main. 

L'argent est extremement rare dans ce pays , et j'ai 
ordonne a Pordpnnateur Leroy et au contre - amiral 
Ganteaujae de pousser le phis vivement qulls pour- 
ront Tarmement^S' vaisseaux le Dubois et le Causse^ 
et celuides avisos^ bricks ou fregates qui nous restent 
encore, 

L'adjudant-general Drives et sa colonne sont a vos 
ordres : si les Anglais laissent des forces dans ces pa- 
rages et interceptent nos communications avec Rosette , 
il devient indispensable d'occuper les villages d'Abou- 
kir en force, afin que vous puissiez communiquer avec 
Rosette par terre. 

Le general Manscourt se rend a Alexandrie : c'est 
un general d'artillerie qui pourra vous servir pour Tar- 
mement de lac6te ; il pourra d'ailleiirs prendre des reii- 
seigaemens sur le pays , pour- vbus remplacer lorsqu* 
les circonstancesr peirmettront que vous nous re joigniez. 

Je ferai filer des troupes: desd'imtafit que cela seri 



INPDITE; 569 

possible, du c6te de Rosette, pour poutoir vous se-* 
conder ; mais vous devez d'ici, a plusieuis jours^ ne pas 
7 compter : ainsi tirez parti de vos propres forces. 

Je n^ai point recu de vos lettres depuis celles que m*a 
remises votre aide-de-camp : ainsi j 'ignore jusqu'aquel 
point les Anglais ont ete maltraites, et quelle est la 
quantite de troupes et d'eqnipages qui s'est refugiee k 
Alexandrie. 

J'ai ecrit a G^teaume d'instruire Malte et Corfou 
de tous les details de cette affaire , afia que ces lies res^ 
tent en surveillance. Uon m'apprend que le courrier que 
j'ai expedie d'ici , il y a quinze jours , est encore a Ro- 
sette. Je lui ai ecrit de I'expedier le plus tdt possible pour 
Corfou, d'ou il passera en Italic. Coraim est arrive ici, 
je I'ai fait enfermer. Vous ne devez pas avoir eu de dif- 
ficulte a avoir les 3oo,ooo fr. auxquels j'ai impost 
Alexandrie ; il faudra cependant soustraire de cette 
somme 100,000 fr. que vous avez deja touches. 

Les cboses dans ce pays ne sont pas encore assises, 
et chaque jour y porte une amelioration considerable. 
Je suis fonde a peuser que, quelques jours encore, nous 
commeiicerons a etre maitres du pays. 

L'expedition que nous avons entreprise, exige du 
courage de plus d'un genre. Le general de brigade Vial 
occupe Damiette. Bonapakte. 

Aq Caire, le a8 tliermidor an 6 ( 1 5 aout 1798 ). 

^11 general Menou, 

Vous ferez partir, citoyen general , pour Alexandrie 
tous les bles et autres approvisionnemens qui etaient 

EGTPTE. I. 2^1' 



5.^6 CORKESPONDANCE 

charges sur les djermcs y et qui etaient destines pour 

Tescadre. ^ 

Vous devez avoir recu plusieurs de mes lettres par 
non aide-de-camp Julliea , qui est parti, il y a qukize 
jours , dlci. 

Dans une, je vous disais de percevoir une contribu** 
Uon de 100,000 fr. sur le commerce de Rosette pour 
subvenir a nos besoins. 

La djerme de poste vieut d'arriver et tie porte au- 
cune de vos lettres : veillez , je vous prie, a ce qu'aucun 
courrier ne parte de Rosette sans alier vous- demander 
vos ordres, et qu'il y ait toujours un billet ^de vous on 
d'un of&cier de votre etat-major. 

L'aide-de-camp du general Kleber ne m*a appris que 
le 26 a Salehieh ou je me trouvais, la nouvelle de la 
journee du i4« 

Je ne fais que d'arriver au Cairej j'espere cette miit 
recevoir de vos lettres qui m'instruisent de la perte 
reelle des Anglais. Bonapakte. 

An Calre, le a8 ihcrmidor an 6 ( 1 5 ao&t 1 798 ). 

jiu contre-amiral Ganteaume, 

Je vous previens , citoyea general , que j'ai domie 
ordre de vous envoyer i5,ooo fr. , qui sont partis au- 
jourd'hui dans la meme caisse que les 100,000 fr.^de 
Tordonnateur Leroy.j 

Vous vous servircz de ccs 1 5,ooo fr. pour distribiier 
aux officiers de Tarmee navale qui auraient le plus de 
besoins. Vous gardcrcz 3ooo fr. pour vos besoins par- 
ticuliers. Bonaparte. 



INEDITE. 37* 

All Caire , te a8 tijermtdor an 6 { 1 5 «oi^ 1798 ). 
Au geitoral Menou. 

Je doflne ordre anpayeur dc vous envoyer 1 5,ooo fe 
pour distribuer aux individfis de I'escadre qni aurai«tit 
le plus de biesoins et qui^e seraient refugies a Rosette » 
ct pouracliver I'arrhrce au Caire 'de tous les objets tie- 
cessaires a I'armee, et k Alexandrie, de tous les ebjets 
uecessaires a son approvisionnement. Bon a^akte . 



An Caire, le 99 Uiermidor an 6 (16 aodi 1 798 j> 

Au general Zayonscheck, 

J'ai recu , citoyen general , a mon retour de Salehieh, 
votre lettre. J'espere qu'apres les avantages que nous 
;avons remportes stir Ibrahim-Bey, que nous avons 
pousse a plus de quarante lieues, et oblige de passer le 
desert de Syrie, apres Tavoir blesse et apres avoir tue 
Aly-Bey, les habitans de votre province deviaidront 
plus traitables. 

Le general Dngua, qui doit ^tre arrive h Mansoura y 
se rendra lui-meme a Mehstl-el-Kebir pour soumettre 
la province de Garble. Le general Fugieres s'y rendra 
des rinstant qu'il saura que le general Dugua est en 
marche; cela necessitera quelques jours encore sa pre- 
sence a Menouf . 

le n'ai pas vu avec plaisir ja maniere avec laquelle 
vous vous ^tes conduit envers le G)phte : mon inten- 
tion est qu'on menage ces geus-la et qu'on ait des egards 

a4. 



3^1 CORlRESPONDANCE 

pour eux. PronoDcez les sujets de plaiute que vous avet 

contre lui , je le ferai reiDplacer. 

Je n'approuve pas non plus que vous ayez fait arreter 
le Divan sass avoir approfondi s'll etait coupable ou 
non, et de I'avoir reUiclie douze heures apres : ce n'est 
pas le mojen dese concilierun parti. Etudiez les peu- 
ples<;heK lasquelsvousetes, distinguez ceux qui sont 
les pluasusceptibles d^Stre employes ; faites quelque- 
fois des exemples justes et severes , mais jamais rien 
qui approche du caprice et de la legerete. Je sens que 
votre position est souvent embarrassante, et je suis 
plein de confiance dans votre bonne *volonte et votre 
<;onuaissance du cceur humain ^ croyez que je vous rends 
ia justice qui ¥0us est due. Bonapa&te. 



* Au Caire, le 94 tbermidor an 6 ( 1 1 aoui 1 79S}. 

ji Ibraldm Bey. 

Xa superiorite des forces*que je commande ne peut 
plus etrecontestee: vous voilahorsde TEgypteet oblige 
de passer le desert. 

Vous pouvez trouver dans ma ge'nerosite la fortune 
et le bonheur que fe sort vient de vous dter. 
Faites-moi de suite connaitre votre intention, 
Le pacba du grand-seigneur est avec vous , envoyez- 
le moi porteur de voire reponse 5 je I'accepte volontiers 
«omme.mediatem% Bokaparte, 



INEMTE. 57I 

Ad Caire , le a^tiiermii^or an 6 ( tdab&t 1 79^9* 
jIu gcncraV Rampon* 

Je'vous envoie , cttojen genml , des souliers et dit 
Biseuit ; on vous a envoye des cartouches. 

Lte general Desaix , avec sa divisioD , s'embarque dans- 
la nuit de demain pour se rendrerk Benecouel:. par- 
la Tous vous trouverez convert ^etrepeeBdrez sans in- 
eonTenient la position d^Alfieli, et punicei&le sehfiick 
de la conduite perfide qu'il a tenue^ 

Je connais trop Pesprit qui anime tes trois balaillonsi 
que vous oommandez pour douter qu'ils ne fussent tk^ 
ches que je donnasse a d'autres , le soin de les. venger 
de la trahison inflme des habitans d'Alfieli. 

BonjiPAaxE.. 

Aa Caire, le 3o thermldor an 6 ( 17 ao{it 17961}^ . 
jiu gdnefal Chabot. . 

Je rccois, Gitoyen.general,vatre lettrc du aS mes- 
sidor s j'y vois que le Fortimatus est arrive avec deux 
blitimens charges de bois^ je vous prie de continuer » 
nous en euvoyer. 

Le contre*amiral Yilleneuvc , avec une partie de Tes^ 
cadre y est arrive a Corfou. 

Je pe. doute pas que vous ne lui accordiez tons les 
secours et approvisionnemens qu'il doit attendre. Dans 
ce cas , felicitez-le , de ma part , sur le service qu'il a 
rendu dans cette circonstance , en conservant a la repu- 
Uique un aussi bon officier et d'aussi bons bitimciis.. 



374 CORRESPONf>ANCE 

Vous Itti direz que |e desire qu'il £asse«rmer le plus t6t 
]>ossible le batiment de guerre qui est a Coifoii , et 
qu'il envoie Tordre a Anedne pour que les trois bad- 
mens de guerre et les fregatcs qui y soBt , se reaident 
egalement a O)rfou , a&a de^pouToir ainsi ceuunencev 
a reorganiser uae escadre. 

Nous fa^soBS armer les vaisseaiix et lea frcigates qui 
se trouvent dans l^e port d'Alexsmdrie* Piosieurs vais- 
seaux de guerre et fregates pai-tis de Toukm , TO&t 
arriver a Make , oii il y a egalement qudques vais^ 
seatix de guerre et fregates : moa inteiitiaa est de reu- 
uir tous ces vaisseaux a Corfou. 

Ecrivez , de ma part , au general Bcuue y paur qu U 
fasse mettre , sur nos vaisseaux d'Ancadne y de booiw 
garnisons d« troupes , et mettez-en vous-meme sur 
ceux qu'a amenes le contre-amrral Villeaeuve. Je ne 
lui ecris pas a lui-meine , parce que je ne suis pas assure 
qu'il se trouve a Corfou ; mais s'il s'y trouye , cette 
lettre lui sera commune. Tout ici va parfaitement bieo, 
et commence meme a s'organiser : notr e cenquete se 
consolide tous les jours, 

Faites-moi connaStre , le plus soiivent que vous pour- 
rez J ce qui se passe en Turquie , et surtout du edtfr 
de Passwan-Oglou. En general, quand vous m'ecrirez 
cnvoyez-moi les journaux que vous aurez , et une nol» 
de ce que vous aurez appris , car ici nous sommes tres- 
souvent sans nouvelles de France. 

J'ai vu , avec plaisir , que les choses vont bien dans 
votre division. Les troupes qui vous sont arrivees , sont 
un reofort bien precieux dans ce moment-ci. 



INEDITE. S7S 

Faites faire la plus g?ande ^uantite de biscuit que 
vous pourrez j je vous enverrai des bles le plu^ t6t qn'il 
me sera possible ; d'ailleurjs , je vois par votre ettui de 
situation, que vous en avez sept cents quintaut , en 
approvisionnement de siege. Bonaparte 



An Caire , le i«'. fructidor an 6 (18 aout 1 796). 

Jlu general Marmont. 

Vous vous rendrez, citoycn general , le plus t6t pos- 
sible a Rosette. 

En passant a Rabmanieb, vous vous aboucherez.avec 
Tadjudant-general Drives , alin d'avoir des nouvelles ^ 
soit d'Alexandrie , soit de la province de Damanhour. 

Si Fexp^dition que j'ai ordonnee sur le Damanboup 
n'avait pas reussi , vous debarquerez a Rabmanieb , et 
vous prendrez le commandement de toutes les colonnes 
mobiles ; vous dissiperiez les attroupemens de toute 
la province de Damanbour , et puniriez les babitans 
de cette ville pour la maniere dont ils se sont conduitu 
irvec le general D\}inuy. 

Si, comme j« dois lepresumer , il n'y a rien de rtidu- 
Veaii aRabmanich, et que Tad jtidant- general Drives soit 
a Damanbour on k Rahraaniefe , vous lui donncrcz de 
vos nouvelles to Tinstruisant que le but de votre mis- 
sion est d'entretenir la communication du canal de 
Rabmanieb a Alexandrie , afin que les eaux y coulent ; 
ainsi que la communication de Rosette a Alexandrie. 

Arrive a Rosette , votre premier soin sera de visi- 



3^6 CORRESPONDANCE 

ter la barre An Nil , et de tous assarer si Foxr y a place 
les batteries et chaloupes necessaires pour ie mettre k 
I'abri des corsaires et ckalotipes an^laises. 

Vous vous trouverez sous les ordresdu general Menou 
pour les operations qu'il jugera a propos de faire , soft 
pour la siirete de la ville , soit pour celle des villages 
enviroiinans : de la vous vous rendrez a Aboukir ; vous 
verrez s'il y a quelque chose a faire pour perfection- 
ner les retraucbemcns du fort , et rendre plus com- 
mode la rade d' Aboukir a Rosette. 

De la vous vous rendrez a Alexandrie , vous vous 
trouverez sous les ordres du general KLieber , pendant 
voire sejour dans cette ville , soit pour les mesures 
qu'il voudrait prendre dans la ville , soit pour quelque 
operation contre les Arabes , soit pour quelque opera- 
tion le long du canal qui va a Rahmauieh. Mon inten- 
tion est que de retour a Aboukir et a Rosette , vous 
restiez dans cette derniere ville , jusqu'a ce que Tes- 
cadre anglaise ait disparu , et que la communication 
p^r mer soit a peu pres retablie. 

Ainsi le but de votre operation est de former une 
colonne mobile propre a observer les mouvemens de 
I'escadre anglaise, et a assurer la bouche du Pfil de 
la branche de iKosette , d'empecher toute communi- 
cation entre les Anglais et les Arabes par Aboukir ; 
.de rendre facile la communication de Rosette a Abou- 
kir , d'offrir une reserve pour dissiper les rassemble- 
mens qui se formeraient dans la province de Babireh , 
de punir la ville de Damanbour, et enfin proteger 



INEDITE. 377 

I'ecoulement des eanx le long du canal > le seul qui pro* 
cure de Feau a Aiexaadrie. 

Vous m'enverrez , de Rahman ieh, un memoire sup le 
temps ou les eaux entreat dans ce .canal , sur les obsta« 
cles-que les Arabes pourraient mettre a I'ecoulement des 
eaux , et sur la situation de la province de Rahmanieb. 

J'ai deja ordonne plusieurs fois que tous les magasins 
qui se trouvent a Rahmanieb filassent sur Rosette et 
sur Alexandrie. Vous me ferea connaltre specialement 
si le canal qui va de Rahmaaieh a Alexandrie peut por-' 
ter des djermes. 

Je TOUS ordonne a Totre retour a Alexandrie de Tes- 
ter a Rosette de preference , afin que si cela etait n6- 
cessaire , vous pussiez vous porter entre les deux bran- 
<;hes du Nil , et vous opposer aux incursions que pour- 
raient faire les Anglais pour tenter de s'approvisionner 
de Rosette , d'Aboukir et d' Alexandrie. 

Vous m'ecrirez , dans le plus grand detail , pour me 
faire connaltre la situation des Anglais /et la maniere 
dont notr^ escadre s'est coroportee dans le combat. 

En parlant , soit aux generaux ^ soit aux marius , 
soit aux soldats , vous aurez soiu de dire et de faire tout 
ce qui peut encouragcr. 

Ayez soin surtoutde voir et de conferier avec le contre- 
amiral Ganteaume, et vous me ferez connaltre cequ'il 
peuse que feront les Anglais, ce qu'il pense qu'a fait Ville* 
neuve, ce qu'il pense de laconduite de notre escadre et 
de celledes Anglais. Temoignez-lui Feslimeque j'ai pour 
lui et le plaisir que j'ai eu aapprendrequ'il etait sauve. 

Vous direz a Brivcs de faire entrer le plus de vivres 



^7* CORRESPONDANCE 

q[a'il pourra a Damanhoor et a Rosette, s#it en enroyant 

du ble , soit de la viande. 

Je m'ea rappovte a votre zele et a tos talens pour la 
e^nduite c[ue vons tiendrez. Bohasakte. 



An Caire, le i*''. iVaciidor an 6 ( i8 aout 1 798)^. 
Au general Perree. 

Vous partirez, citoyen geoeral , cette nuit , avce deux 
b^timens armes , et la quantite de djermes necessaires 
pour porter la colonne du general Marmont. 

Arrive a Rosette , vous me rendrez compte si les bat- 
teries que Ton y a etablies , sont si^ffisantes pour em- 
pecher les avisos et chaloupes anglaises de venir nous 
troubler. 

Vous prendrpz , des ofBciers et matelots qui sont a 
Rosette , tous les details sur le combat de Tescadre , 
et vous me les fercz connaltre ; volis irez a Aboukir 
avec le general Marmont , afin de prendre une con- 
naissance exacte sur la position q^'oeGupe Tescadre 
anglaise ^ des Taisseaux qui sont bniles , et de ceuil 
qui restent , et enfin de tout ce qu*ils ont fait ou de 
ee quails oot Pair de faire. 

Vous ferez partir de Rosette la Cisalpine , que vous 
enverrez en Italic porter un de mes courriers. Vous di- 
rez au capitaine, que s'il me rapporte la reponse de 
Paris a ce courrier , je lui donnerai mille louis. 

Vous lui tracercz une instruction sur le chemin qu'il 
doit tenir. 



irCEDITE. 575 

YovA re$teffcas , juscp'a nouvel ordre , a Rosette , afia 
de f«cilil«r , sfutanl (piil sara possible > la communica'^ 
tioB , par Bier , d'Alexandrie a Roselte; ^ oelle d« Ro^ 
sette au Caire , et me fake parveair promptement les 
nouvellea iateressanlies q^u'il pouirait j avoir. 

BoKAPABTE^ 



An Caire , le i«'. frnctidor an 6 ( 18 aoiit 1798). 

j4u gSnSral Menou. 

Ce soir , le general de brigade M armont , avec la 
quatrieme demi-brigade , part pour se rendre a Rosette 
et y observer les mouvemens des Anglais. 

Le contre-amiral Perree se rend a Rosette avec deux 
avisos ; j'espere que dans Tinstant que le general Mar- 
mont seiu arrive a Rosette , on pourra emp^eher les 
Anglais d avoir aucune communication avec les Arabes. 

J'ai appris , par voie indirecte, qu'un de mes dendeis 
Gourriers ayait ete arretie par les Anglais , et qu'il n'avait 
pas eu I'esprit de jeter ses paquets a la mer. J'ai appria 
egalement indirectement que !^oo hommes etaient acri-^ 
ves d'Alexandrie a Rosette. Je vous veux un peu d^ 
mal de ce que ce n'est pas vous ou votre etat-major 
qui m'avez fait part de ces nouvelles. Vous sentez com-^ 
bien ^ dans ces circonstances y les moindres choses sont 
esaentielles. 

L'adjudant-^eneral Jullien et Taide-de-camp du ge-* 
neral Kleber, avec uiie caisse de i3o,ooo fr., dont 
la majeure partie est destinee pour le citoyeu Leroy , 



38o CORRESPONDANCE 

ordonnateur de la^marine , sont partis , ar^ait-liier , sqr 
im aviso ; ils doiyent etre arrives a Theure qu'il est. 

Ecrive»-iuoi.y je veus pric , citoyen general , sou- 
vent et longuement ; faites passer , a Alexandriev lu- 
pins grande qnantite de riz qu*il voos sera possible. 

Je n'ai pas encore recu le plan que j'avais tant i^ecom- 
nande qu'on m'envoyat promptement^ de Rosette a la 
mer. 

Tout ici va parfaitement bien. La fete que I'oa j 
a celebree pour Touverture du canal du Nil , a paru 
faire plaisir aux habitans. Bokaparte.^ 



An Caiie , le i^"". liiMstidor an 6 ( i^ aout 179^)- 
^u general Rejnier. 

Je rccois votre lettre du 26, par laqueUe vous m'an- 
noncez qulbrahim-Bcy etait , le 27 , a plusieurs jour- 
nees de Salehieh. 

Je vous ai envoye du riz , de la farine et quatre miUe 
rations de bon biscuit j j*imagine qu'a Pbeure qu'il est ^ 
vos fours sont faits y et que vous ne manquez point de 
pain. 

Le parti que vous avez pris de retrancher la mosqnee 
est extremement sage ; vmis avez du recevoir six pieces 
de canon turques qui vous serviront a cet objet. 

Ne gai'dez pas de cbameaux qui vous soient inutiles , 
parce que cela vous priverait des moyens <ie vous ap- 
provisionner. Bojiaparte*^ 



INEDITE. 38, 

Au Caire, Ic i «'. fruclidor an 6 ( 1 8 aoikt 1 798 ). 

Au consul frangais h Tripolu 

Z'bX recu , citoyea consul , votre lettre du x3i messi* 
dcNT : depuis la prise de Malte , nous avoos pris Alexan* 
'dfie , battu les mameloi&s , pris le Caire , et nous nou^ 
^ommes empares de toute I'Egypte. 

Les Anglais ayant battvi notre escadre, ont, dana 
ce moment, la superiorite dans ces mers, ce qui m*en- 
gage a vous prier d'expedier un courrier pour se tendre 
45oit a Malte , soit a Civita-Vecchia , soit a Cagliari , 
d'oii il regagnera facilement Toulon. 

Je vous envoie une copie de la lettre a faire partir ; 
vous direz que Tarmee de lerre est victovieuse et bien 
etablie en Egypte , sans maladies et sans perte de monde, 
que j e me porte bien , et qu'on n*a j oute pas foi en France 
aux bruits que I'on fait courir. Expediez-moi de Tri« 
poli un courrier pour me faire parvenir les nouvelles 
^e vous aurez de France , et ecrivez a Malte pour 
qu'on vous envoie toutes les gazettes que Ton y re- 
coit et que vous me ferez parvenir. 
"' II est indispensable que vous nous expediez , au 
moins une fois toutes les decades y un courrier qui ira 
par mer jusqu'a 'Derne , et de Ta traversera le desert, 
Je vous ferai rembourser tous les frais que cela vous 
occasionera. Je n'ose aventurer de I'argent au travers du 
djssert ; mais si vous trouvez un negociant de Tripoli 
qui Mi besoin d'avoir 6000 fr. au Caire, vous pouvez 
les prendre Qt tirer une lettre de change sur moi. D'ail- 



3»a CORRESPONDANCE 

leurs, je paierai biea tous les courriers qui m'appo)p» 

teront des nouvelles interessantes. 

* Faites connaitre au bey que demab nous celebtons 

la fdte du prophete avec la plus grande pompe. La ca« 

ravane de Tripoli part ^galement demaki , je Tai pro-* 

iegee y et die a eu a se louer de nous. 

Engages le bey a envoyer beaucoup de vivres k 
Malte f et des moutons a Akxandrie , et a faire savoir 
MIX fideles que les caravanes soul fNrotegees par nous , 
€t que I'Emir-Aga est nomme. Boztaparte. 



'An Caire, le a frnctidor an 6 ( 19 aoat 1 798 }. 
A la citojenne Brueys. 

Voire marl a ^le tue d'un coup de canon , en comhat- 
tant a son bord. II est mort sans souffrir , et de la mort 
la plus douce , la plus enviee par les militaires. 

Je sens vivement votre douleur. Le moment qui nous 
separe de Tobjet que nous aimons est terrible ; il nous 
isole de la terre j il fait eprouver au corps les convul- 
sions de Tagonie. Les facultes de rame sont aneanties, 
elle ne conserve de relation avec Tunivers , qu*au travers 
d'un cauchemar qui altere tout. Les hommes paraissent 
plus froids , plus egoistes qu'ils ne le sont reellement. 
^ L'on sent dans cette situation que si rien ne nous obli- 
geait a la vie y il vaudrait beaucoup roieux mourir ; mais 
lorsqu'apres cette premiere pensee , Ton presse ses en- 
fans sur son coeur y des larmes y des sentimens tendres 
raniment la nature ; et I'on vit pour ses enfans : oui t 



INEDlTE. ^ ,3H3 

inadaine, voyez des oe premier mombeiit qu^ik ouvrent 
voire cceur a la B3elai2colie ; vous pleurerez avec eux , 
You^ eleverez le«r eafaace , cultfvecez leur fexinesse ; 
vous leur parlerez de leur pcre , de votre doulwir , de 
la parte qu'eux et la republique oat faite. Apres avoir 
rattache voire ame au monde par Tamour filial et I'ainour 
maternel , s^preciez pour quelque ebose 1 ami^ie et le 
vif inleret que je pendrai toujowrs a la femme de mon 
ami. Persuadez-vous qu'il est des homraes , en petit 
nombre , qui meritenl d'etre I'espoir de la douleur , 
parce qu'ils. senteiit avec chaleur les peines de Tame. 

Bonaparte. 

An Cairc, le 3 fioctldor ao 6 ( ao aofit 1 798 ). 
^xi general ViaL 

Vous avez mal fait de laisser cent hommes a Man- 
soura , c'etait evidemment les compromettre. 

La division du general Dugua aura sans doute dis- 
sipe les attroupemens et puni severement les chefs 
d'attroupemens. 

Je donne ordre a Tartilleric de vous faire passer six 
pieces de gros calibre et deux morliers pour placer a 
Tembouchure du Nil. Orgauisez votre province le plus 
tot possible; tenez toujours vos troupes reunies; vous 
pouvez laisser libre le commerce de Damiette a ta Syrie , 
mais ayant soin qu'on n'y Irausporte pas les riz qui sont 
i^ecessaires a Tarmee. Eosrivez a Djezzar-Pacha et au pa- 
cha de Tripoli , que je vous ai charge de kur aunoncer 
que nous ue leur en vouloos pas ^ encore moins auxmii* 



384 CORRESPONDAKCE 

sulmdnset vrais croyans, ^'ils peuvent se tranquilliser 
et vivre en repos, et que j'espere qu'ils protegeront le 
commerce d'Egypte en Syrie, commemon intention est 
de le proteger de mon cdte : envoyez-leur ces lettres par 
des occasions sures. 

J'imagine que vous aurez eu soin que Ton ceiebre 
avec plus de pompe encore la fete du prophete, qui 
est dans quatre ou cinq jours. La fete du Nil a ete tres* 
ibeUe ici , celle du prophete le sera encore davantage. 

Bonaparte. 



Aa Caire, le 3 fractidor an 6 (30 aoAt 1793}. 

Bonaparte , general en chef, ordonne : 

Les citoyens Monge, BerthoUet, Caffarelli et Geof- 
froy sont membres de I'institut national , ainsi que les 
citoyens Desgenettes et Andreossi. 11$ se reuniront de- 
main dans la salle de Tinstitut pour arreter un regie- 
ment pour Torganisation de I'institut du Caire et desit 
gner les personnes qui doivent le composer. 

BOA'AFARTE. 



/ 



Ao Caire, le 4 fractidor an 6(31 aoiit 1798 ). 

Au contre-amiral VUleneuife h Malte. 

J'ai recu , citoyen general, la lettre que vous m'avcz 

ecrite en mer , a lieues du cap de Celidonia. 

Si Ton pouvait vous faire un reproche, ce serait de 
n'avoir pas mis a la voile immediatement apres que 
I Orient a ^aute, puisque depuis trois heures la posi- 



Ut>n que Pamiral avait prise ^ avail eteforc^et entoured 
de tous cdtes par rennemi. 

Vous ayes rendu dans cette circonstance; comme dans 
taut d'autres , ua service essentiel a la republique en 
isauvant une partie de I'escadre* 

Les contre-^amiiaux Ganteaume et Duchayla sont h 
Alexandrie, ainsi que tous les . matelots , canonniers, 
soldats de Tescadre, soil blesses , soit bien portans> tous 
les prisonniers ayant ete rendus. 

Les deux vaisseaut te Causse et le Dubois sont ^r* 
xnes, ainsi que les fregates VAlceste, la Junon, la 
Muiron^ laCarrere^ et les autres fr^ates venitiennes* 

Yons trouverez a Make deux vaisseaux et une fre* 
gate, vous y attendrez Tarrivee de trois b&timens de 
guerre venitiens et de deux fregates , qui doivent venir 
de Toulon avec le convoi ; vous ferez tous vos efforts 
et tout ce que vous croyez tiecessaire pour nous le faire 
passer* , 

Mon projet est -de reunir trois vaisseaux neufs que 
nous avons a Ancfine^ celui que nous avons a Corfou ^ 
etles deux que nous avons a Alexandria dans le port^ 
afin de pouvoir contenir, a tout evenement , Tescadre 
turque , de chercber ensuite a les joindre avec les 
eept vaisseaux que vous vous trouverez avoir alors sous 
Tos ordres , et dont la principale destination est dans 
ce moment de favoriser le passage des convois qui nous 
arriveut de France. 

Je donne ordre au general Vaubois de vous foutriir 
100 Francais par vaisseau de guerre de plus, afin d« 
pouvoir avec ce reofortosieux wnicnic vpue equipage, 



386 COARESPONDANCE 

^e vous*completterez de tous les mattlots mahaisi qntf 

>ous trouverez. Bohafaate. 

All Caire^ le 4 froctiilor an 6 ( a i aodt 1798). 
Au general VaxAois. 

n est indii^ensable^ citoyem g^^ral, que vous foUN 
nissiezkramiral ViUeneuve tout ce qui lui- sera beces- 
saire, soit en approvisionnemens , soit engarnisons, 
floit en matelots pour pouvoir ravitailler sa divisiot). 

Les oommufiicatioBs s(Mit eltpteement difficifeg; J6 
n*ai point recu de lettres de vous et fort pcu de France; 
mats je comptc assez sur votre zele, pour ne pas douter 
que la place de Malte se* trouve dans lb ifleitteur e!it, 
«t que vous employee tous vos moyens a eaptiver te 
peuple et k nous- faire passer toutes les nouTelles .<J[ui 
pouriont voua arriver de France. Boir a^ aate. 



An Caire, le 3 fructidor an 6 ( 2 1 aout 1798). . 

Augdniral Ganteanme. 

Tous trouverez ci-joint, citoyen general /, une lettre 
|»durle contre-amiral ViUeneuve^ qui m'a eorit, ^k^hau- 
teur du cap de Celidoniay qu'il «e rendait a Malte. Je 
vous prie de la lui faire passer. Je vousprie de me faife 
connaltre dans quel port la Marguerites eu ordre d€ 
relacher , et si vous pensez qu'elle soit arrivee, 

Le citoyen Leroy ne m'envoie auoua ctat ,:de sorter 
^ue j'ignore abspluiaeiu k nombxe des matelots ^^i. 



iksdite. ra^ 

se titMFveilt dafiisle port d' Atex^drie^ Les tuts dbent qtxt 
le» Aogiais dnt rendu tons les priso^toiers de guerre: 
deB*k>fs, 8 devrait y avoir 5 ou 6,600 personnes de 
Tescadre i Alexandrie; je tons prie de me rendre uii ' 
c&skpie tres^detaiUe de r^vfoement qui a eu lieu , afti 
que je puissecn iustruire le gouYernement. De tout ce 
ipse jr'at Tecu juisqtfk present , je n'ai pas de quoi faire 
k moiiidre relatkm* Quelk 4tait la force des Anglab ? 
avaiem^ils des vaisseafux a trois ponts? cotnibien de 
qiiatDCi-vingt? oombiea de soixante-quatorze ? A Pheure 
qa^ilest, j'iniagine qu'ik sont partis. Combien et quels 
sout fes vaieseaux qn'ib out eminenes on br Ales 7 qiii 
soBt oe«ix de «os prinoipauix' officiers qui se sont sauves, 
qtxi scttt'tQ^ ou qui sent j^risonniers ? Pburquoi k 
EnaahUn s'ett-il rendu presque sjins se battre? 

Le GenereuXj que le conlre-amiral a emmene avec 
lui , est-il un hm vaisscau ? Ua vaisseau de qiiatre-vingt 
peut-il decidement entrer dans le port d'Alexaudrie? 
I'amiral m'ecrivait, le 11, qu'ilcroyait qu'ilpouvaity 

J'ai etit^y^ l^citbyea^Perree a Rosette pour observer 
Ik -^^tic)!!' des Anglais eVme rendre compte de sou 
/c5fi^ de cequ'il Verraf. 

torsqtie les Anglais auiront qriitte ces parages , s'ils 
n'y laissent pas un^ forte cioisiire, comme je pense 
qrfils ne pourroflt le faire , ayant iesoin de leiir 
monde pour emmener tous nos vaisseaux, j'envefrAi 
3 U 400 matclots a Anc&ie pour augmenter T^quipage 
dt^ tit)is vaisscaui venitiehs qui s'y trouvent , et les 
coAdture a Corfou ct eiisuite a Alexandrie. Vous les fe- 

25. 



388 CORRESPONDANCE 

rcz accompagner d'lin officier intelligent ^ et Toiis lui 

donnerez une instruction sur la route qu*il devra suivre* 

INous avons un vaisseau a Corfou, envojes-y ime 
trentaine de jnatelots pour augmenter les equipages » et 
donnez-lui des ordres pour, s'il y a possibilite, le £aure 
reiinir aux.trois autres et le faire venir ici. 

J'ai ecrit au general Villeneuve de tacher de reonir 
a Mahe les trois yaisseaux venitiens et les deux fregates 
que nous avons a Toulon^ ce qui, joint aux deux vais* 
aeauxy k la fregale maltaise, et a ce qu'il a arec lai , fera 
cinq vaisseaux de guerre et cinq fregates. Mos forces 
de la Mediterranee etant dans ces deux masses, nous 
verirons^ dans le courant de Thiyer, ce qu'il nous sera 
possible de faire pour leur reunion et pour seconder 
Toperation ulterieure de Tarmee. Bohapa&te. 



Aa Catre, le 4 fitictklor an 6 ( ai ao&t iTgS)* 
A Vordonnateur Leroy. 

Je suis extrSmement mecontent , citoyen ordonna- 
teur^ de votre correspondancei^ deux ou trois lettres 
que je recois de vous ne m'apprennent rien. Vousuc 
m'envoyez ni I'etat approximatif des blesses, des morts, 
ni celui des prisonniers que nous ont rendus les Anglais ; 
. f ignore absolument le nombre d'bommes refugies de 
notre escadre qui se trouvent dans ce moment a Alexaa-* 
drie. 

J'ignore egalement ce qui a ete fait pour Tarmement 
des deux batimeus venitiens, pour Tarmement des deii¥ 
jr^atesy et dans quelle situation se trouve le coavoi., 



INEDITE. S89 

7e vcms prie i% vouloir bien m'csavoyer tous ces etats 
^dans le plus court delai. Bonap arte. 



Ao Gaire , le 4 froctidor an 6 (3 1 ao&t 1 798 )• 
!^ii contre^amiral Ganteaume, 

Des Pinstant que tous aures , citoyen general , expedie 
les ordres pour Corfou, et que vous aurez pris les etats 
de situation du personnel et du materiel dans les ports 
d'Alezandrie ^ vous vous rendrez au Caire avant de 
partir; conC6rez avec le citoyen Dunoianoir* 

Yous aurez soin d'ecrire par toutes les occasions ea 
France, et de rendre compte au directoire du combat 
naval qui aeu lieu. Notre position au Caire est extc^me- 
ment satisfaisante puisque nous avons perdu peu de 
monde , et que nos prisonniers nous sont tous rendus. 
Get ecbec, si considerable quil soit , se reparera.Croyez 
a I'estime et a Tamitie que fai pour vous. 

BoNAPAETS. 

An Caird, le 4 froctidor an 6 ( at aoiit 1798). 

jiu gin6ral Ganteaume. 

Vous fcrezpartir, citoyen , aussitdt que celasera possi- 
ble, d'Alexandrie sept ahuit avisos dans le genre du Cerf^ 
du Pluuiery pour remonter le Nil a Rosette et se rendre 
au Caire;' vous y ferez embarquer aoo matelots de sur-* 
plus J pour pouvoir armer quelques bricks qui se trou- 
ventici, Bonapartb. 



3go CORRESPONDANCE 

An CaSre , le 4 fractidor an 6 (ai aout i^Q^J. 

jiu general Menou, 

Ni moi ni Pet'at-Eiajor,Do«s ne recevons aucun compte 
de Tous ; vous ne lions dites rien de ce ^ui se passe a 
Aboukir et a Rosette : cela en merite pourtant bien la 
peine; et je ne suis instruit que par ks ou'i-dires. 

Je vous prie de vouloir bien envoyer a Tetat- major 
un etat de situation des corps qui composent la gariii- 
son, les hdpitaux; de m'ia&truire des mouvemens que 
feraient Pescadre a Aboukir ou les batimens anglais au * 
Qogaz. Je n'ai ^uc^n detail sur )a communieatioa d$ Ro- 
sette a Aboukir , quoique }e sache d'un autre cote qu elle 
est ouverte. * 

Je vQus pria egaUment de me faire connaitre ce que 
spnt d^enue^ les l^ttres kramiral Brueys que vous avez 
dii avoir dans les msiins, et qui ne sdilt arrivees a Ro- 
sette que lorsqiie Tapiral n'y etnit plus. 

Le citoyen Croizier a porte des lettres pour le ge* 
neral Kleber : ont-elles ete remises au courrier? Ce cour- 
Tier avait aussi des lettres a I'amiral Brueys, les a-t-il 
emportees avec lui? 

J'aurais dft £tre instruit dans le plus grand detail de 
to^t ^9 qui se disait et se faisait d'esse^ieU Des Tinst^nt 
que les Anglais seront partis d'Aboukir, cequi n^ pei^t 
tarder, si cela n'est pas deja fait^ favorisez ai^tant qy'il 
vous sera possible Tarrivee de quelques pieces de 24 
pour les mettre au Bogaz. Rosette est le seul point de 
Tanuee sur lequel je n'aic aucune espfcce de detail^^ 



IWEDITE. Jgt 

Votts poiivcx faire partir pour le Catire tous lies mcu- 
btes de la commission des arts. Je ne vous enverrai des 
ordres poiar quitter Rosette, que lorsque la province 
sera organisee et que TemboucEure du Nil pouiTa ne 
pas craindre d'insuUe de quelque corsaire. 

BbNJLPARTE. 



An Gaire , le f fracticbr an & ( ai aont 1 79$'}* 
^u general Dommartin^ 

Je cxois neeessaire , citoyen general , que vous parties- 
cc soir jpour vous rendre a Rosette et delaa Alexandrie- 
Vous profiterez du moment ou les Anglais laisseront 
libre la communication de Rosette a Alexandrie , pour - 
faire passer iHie pifece de gros calibre et quatre mortiers- 
k etablir a rembouchure de cetle riviere, et enfin faire 
passer , fndependamment^e ce que vous avcz , du Caire 
k Damiette huitautres pieces de gros calibre et quatre 
toortiers ; pour faire egalement armer le fort d'Aboukir 
avec une tres-bonne batterie de cole, et enfin augmenter 
et hispecter les fortifications et batteries d' Alexandrie^ 
en ayant soin qu'on occupe le poste de Die de Mara- 
bou. Votre presence sera d'ailleurs utile pour detruire 
beauc'oup de faux bruits que Ton fait courir sur Tarmee 
ct sa position , et pour ranimer, autant qu'il vous sera 
possible , les espcrances et le courage de ceux qui ca 
aiiront besoin. Boijaparte.. 



V CORRESPONDANCE 

Aa Caire , le 4 fractidor an 6 ( a I ao&t 1 798 > 

'A Fordonnateur de la marine a Toulon. 

L'amiral Ganteaume vous aura sans doute instruit y 
citoyen ordonnateur, de revenemenl arrive a rescadre. Le 
general Villeneuve est alle , avec tout ce qu'il a sauve, a 
Make. Uordonaateur Leroy vous rendra sans doute 
UD Gompte detaille du nombre des blesses et morts, et 
vous enverra Tetat des marins qui sont a Alexandrie. 

Vous trouverez ci-joint une lettre pour madame 
Brueys : je vous prie de la lui remettre avec tous les 
menagemens possibles. L'armee deterre est dans la plus 
brillante position , nous sommes mattres de toute I'EU 
gypte , et des I'instant que nous aurons recu le convoi 
que vous deveas nous envoyer, il ne nous resteraplus 
rien a desirer. Jordonne au general Villeneuve de 
reunir dans leport de Malte et sous son commandement 
les deux vaisseaux maltais , les trois vaisseaux venitiens 
et les fregates que nous avons a Toulon. 

Je reunirai les vaisseaux venitiens que nous avons 
a Anc6ne et celui que nous avons a Corfou, ainsi que 
les deux vaisseaux et les six fregates qui sont dans le 
port d' Alexandrie. II n'y a eu que fort pen de blesses : 
ceux-ci ne montent qu'a buit cents. Tous les equipages 
qui ont ete pris par les Anglais , sont presque tous 
rendus et existans a Alexandrie. Les 3o ou 4o ouvriers 
que vous avez envoyes sont arrives egalement. 

Soyez assez aimable, je vous prie, pour faire con- 
naltre k ma femme, dans quelque lieu qu'elle se trouve^ 



INEDITE. SgS 

let a ma mere en 0)rse, que je me portefbrt bien. Pima-i 
gine bien que Ton m'aura dit , en Europe , tue une dou"^ 
zaine de fois. Bonaparte. 



An Gaire, le 4 fnictidor an 6 (ii aoAt 1798). 
Au atojen MenarSy commissaire de la marine a Malte* 

Je vois avec plaisir, citoyen commissaire, par votre 
lettre du 5 thermidor , que leDego et la Carthaginoise 
sont prets a partir. A Fbeure qu^il est le contre-amiral 
yilleueuve aura mouille dans le port de Malte avec son 
escadre. Pespere aussi que vous travaillerez avec la plus^ 
grande activite a I'armement du troisieme yaisseau, et 
qu'avant un mois il pourra augmenter Pescadre de Tamiral 
Villeneuve. Je vous priede mettre dans cette circonstance 
plus de zele et d'activite que dans toutes les autres J'ai 
ecrit ea France pour qu'on vous fit passer 600,000 fir. 
et j'ecris au general Vaubois pour qu'il vous aide de 
tons ses moyens. J'espere que vous serez bicntdt joint 
par le reste de nos vaisseaux qui sont a Toulon. 

Faites-nous parvenir par toutesles occasions des nou- 
velles de France; les petlts bateaux qui cdtoient la cote 
d'Afrique doiventpouvoir arriversans difficultes. 

• BONAPAATE. . 



An Caire, le 4 froctidor an 6 ( ai ao^t 1798] 

Au general Kleber. 

Je vous remercie, ciloyen general, de votre soUici 
tude sur ma sante : elk n'a jamais ; je vous assure ^ ete 



1- 



ggl CORRESPCMfDANCE 

laellleure. Les affaires ici vont parfaitemeiit bien^ et ler 

pays commence a se sovmetlre. 

^'^i appris la uouvelle de Tescadre onze jonrs apres> 
revenement, et des-lofS ma presence n'y pouvait plus 
ri^D. Quant a Alexaodrie, je n'ai jaBiais en la moindre^ 
inquietude ; il n'y aurait personne que les Anglais n'y 
entreraient pas. II ont bieu assez a hire de garder leurs 
vaisseauXy et sont trop empresses a proGter de la boan^ 
saison pour regagner Gibraltar. 

J'ai recu des lettres du contre-amiral Villeneuye a 
$ix lieues du cap de.Celidonia : il va a Make. J'ai recu 
des lettres de cette ile. Les deux batimens et la fregate 
sont prets ; les trois batimens sont aussi prets a Toulon r 
ainsi j'espereque, dans le courant de septemlKe, nou» 
auront sept batimens de guerre et einq fr^atesequipes 
a] Malte y tout comme nous aurons six y sept a huit 
fregates a Alexaudrie. J'espere que les qiiatre d'Anedne 
nous y joindront. 

Je n'ai pas encore recu la revue , au moins approxi- 
mative^ des matelots qui se trouvent a Alexandrie. Je 
voudrais qu'au lieu de trois, vousygardassiez pour six. 
mois de riz. Ne vous sachant pas si bien pourvu , j'avais 
ordonne que Ton en achetk cinq mille quintaux a Da- 
miette et cinq mille a Rosette y pour ^aire passer a 
Alexandrie. 

J'ai envoye le general Marmont avec la quatrieme 
demi-brigade d'infanterie legere et deux pieces de ca- 
non, pour soumettre la province de Bahire, maintcnir 
libie la communication de Rosette a Alexandrie > ei 



I^^£DITE. ^ 3o5 

re3ter . sur U cotie pour empecjier la communication de 
Tpscadr^ avec la lerre. 

Je ferai partir cetle nuit le general Dommartin pour 
profiter du moment favorable et accelerer le depart de 
rartill^rie de i^ampagne pour Tarmee : avec six pieces 
de 24 ^ bpulet^ rouges et deux mortiers, toutes les es- 
cadre3 de la terre n'approcheraient pas. U faut, dans ce 
cas , recommander qu'on tire lentement et tres-peu ; il 
i^iit avoir quelijues gargqusses de parchemin bien faites. 
II faut le plus promptement poj^sible mettre ea etat le 
fort d'Aboukir et occuper la tour de Marabou , oil nous 
avons descendu : occupez-la avec un posie et quelijues 
pieces de canon. 

Le turc Passvvan-Oglou est plus fort que jamais, et 
les Turcs 7 penseront a deux fois, avant de faire un 
mouvement centre nous : au reste, ils trouveront as'ea 
repentir. Tqus les inois, tons les jours, no^re positioa 
s'ameliore par les etabli3semens propres a nourrir Tar- 
mee, par les fortifications qu^ nous etablissons sur dif« 
fereos points; et des I'instant qn^ nos approyi$ionue- 
ipens de camp^giie qui sont a Alexandrie , seront ^a 
etat d'etre transportes au Caire , }e vous assure que je 
ue craini^ gas ipQjOoo Turcs. 

, Si les Anglais releyent cette escadre^i par une autre 
et continuent a inonder laMediteitanee, ils nous obli« 
geront peut-etre a faire de plus grandes choses que nous 
u'ea voulioos faire. Au milieu de ce tracas , je vois avec . 
plaisir que votre sante se retablit , que votre blessure 
est guerie. Vous sentez que votre prese|pice est encore 
uecessaire dans le poste ou vous etes j vous voyez que 



/ 



SgS 1 CORRESPONDANCE 

la blessTire que vous avez recue a tourne a bien pouf 
rarmee. Faites-moi passer de suite tousles hommes €pd 
viendraient de Malte ou de France, quand m^me ils ^ 
n'auraient pas de depSches. Vous me ferez connaltre 
quels sont les batimens que vous m^envoyez. Je yous 
fais passer I'ordre pour le commerce; il faut cependant 
prendre garde qu'aucun negociaut d'Alexandrie ne pro- 
fite de cette liberte de commerce pour faire transporter 
ses richesses, et dene le mettre a execution que lorsque 
la plus grande partie de I'escadre anglaise sera partie. 

Encouragez, autant qu'il vous sera possible, les bar- 
ques de Tripoli qui transportent des moutons a Alexan- 
Srie* J'ai ecrit a ce bey et au consul francais, par le 
desert^ ecrivez-hii de votre cote par mer et surtout au 
bey de Bengaze. Quant aux batimens de guerre turcs, 
il faut nous tenir dans la position ou nous sommes jus- 
qu'aux nouvclles de Constantinople, afin qu'aux pre- 
mieres bostilites du capitan Pacha, nous puissions nous 
enemparer; ils equivaudront toujours dans nos mains 
k une de leurs caravelles. 

^'imagine qu'a Theure qu'il est la masse de Tescadre 
anglabe sera partie. Aujourd'hui que les chemins sont 
ouverts, ecrivez-moi souvent et faites-moi envoyer 
exactement les etats de situation. J'espere que I'aiTete 
du conseil poui^ couler les ^oixante batimens de trans- 
port n*aura pas eu lieu. Avec six pieces de 24, ^^^ 
grils a boulets rouges et quarante canonniers, j'ai lutte 
pendant quatre jours contre4'escadrc anglaise et cspa-» 
gnole au siege de Toulon, et apres lui avoir brule une 
fregate et plusieurs bombardes, je I'ai forcee a prendre 



INEDITE. 397 

le large. Si le genie de I'annee voulait qu'ils tentasseat 
de se frotter contra notre port , ils pourraient , par ce 
qui leur arriverait, nous consoler un pen de Tevene- 
ment arrive a notre flotte. Le parti que vous avex pria 
de renforcer la batterie des Figuiers et du fort triangu* 
laire est extremement sage. 

J'ai envoye , par votre aide-de-camp, une assez forte 
somme a.rordonnateur Leroy. Faites-moi connaitre ce 
que I'opinion dit sur la conduite du Franklin: il parait • 
qu'il ne s'est pas battu. 

Faites^moi connaltre la date de toutes les lettres que 
▼ous avez recues de moi, afin que je vous envoie copie 
de toutes ceUes qui ne vous seraient point parvenues. 

BosAPAaxE. 



Roietie, le 5 tlierniidor so 6 (a3 jaillat X7$8}. 

Au giniral Bonaparte. , , 

Depuis que nous sommes a Rosette , nous n'arona^ 
pas eu de nquTelles de Tarmee et nous n'avons pu vous 
en faire parvenir des n6tres. Nous presumons que tous 
vos couniers et les n6tres ont ete interceptes :. ce qui 
le confirme, c'est qu'une clialoupe armee et un aviso, 
envoy es depuis, ont ete attaques et forces de revenir; 
neanmoins, les bruits que repandent les habitans de 
Bosette nous tranquillisent. Nous croyons aux nouvelles 
favorables qu^ondebite, parceque, a'il y en avait de 
mauvaises , par mille causes et mille moyens nous en 
fecions infonn^t En attendantque le cbemin pour vou4 



' SqS correspond ance 

rejoindre soit ouvert, jc recndfle des I'cnscigncmcntf 
ici, surles produits, les rcrfsourCcs ct les diverses cott- 
tributions de l*Egyptc. Jc taeditc stir les tnoyens d^ 
simpKfier les droits ct les impftts, de les repafrtir phiiJ 
cga^lement et d*eii rendrela perception phis facile. 

Je suis convaincu que le meillenr mtjde de contrftm- 
tion en Egypte , c^est celui en nature , qtfil faudra af- 
fermer , iin tiers payable d'avance en argent pat les 
fermiers on par les villages , un second tiers payable ecL 
nature et en six mois, et le dernier tiers en airgent a 
^expiration de Fannie. 

Je n'ai encore ftiircune donnee sur le bfe, qtiJ forriie la 
principale production de PEgypte'; on ine dit que I'im- 
p6t, h raison d'un cinquantieme, produirait plus de 
\ingt-quatre millions. Si vous le fixez au vingtieme , il 
dormeca soixante millions; Le liz est peu de chose ; 
TEgypte n'en produit qu'environ dix-huit cent mille 
quintaux : la cefttrStoctoQ- do* vii^ii^me ferait enviroQ 
quinze cent miUe livres. Toutes les douanes reunies , 
satoJr r le Gaire, Alexandrie; Damietttf et Wbsfette n'bnt 
pa^ donn^j dans les pliiSr fotifes annees, phis (FuhmiHioii 
et dtemi de FVafice. 

•Lesf drtHts indifeicts, tels'que le contr61e, Penregis* 
ttement, les Wgalisaliows et les dntres actcs'civrls, sont 
pcfcus par les mupbtfs an profit dfes prfitres et dei 
jtr'g^S. Ntwrs n^ ssrtitonsf j«ttais <ife qnc cck vaut. Au rested 
be ne peut pas'^tfie gr^and-chose dans im- pays on Pen 
ttt salt pAs^ecrire-et otk' if y ft trcs-^p^ de trafnsactions. 
IP y a' Betrtuconp d'au-^reisr impAts indirects siit fes con- 
iwotmAtffiiins': ils^^Mi^ ttabs-yari^s ct partjotiseqttent dtf* 



BIEBITE. 899 

Seiksk saisir ^ i'e^cce cependant que nous en vien^ 
droBt a bout. Tous ocs petits iap6ts alitnentercHit un« 
Ibule de depens^ courantes et sortout les frats d'sdmi- 
nistratioQ; mais la ressource principale, la plusreelle, 
c^est I'impdfc^ territorial ou fonekr. C^t sur celui-la 
aeulemeal que vous devez comptar. 

L'escadrenmnque de vivre^v^^e ^ demaude a grandiT ' 
cris: il u'y a ici personne de radministration qui de-* 
▼taitypourToir^d^uuautrecdt^, lesfaabitans ne veu- 
lent rien fournir sans etre pajes comptant , et nou^ 
a'avoaa {^as d'argent : il faut done Becessairement em- 
ployer les requisitions. J'ai propose au general Menou 
4e les faire por^ d^abc^d sur les magasins des nego* 
cians de Rosette qui se sont enfuis a notre arrivee ef 
qui ne sout pas revenus depuis ; mais te moyen ne sera 
^uffisant que pour le riz et le bois de chauffage : quant 
aux bestiaux , il &udra uue requisition ordinaire y et il 
aem diificile de la realiser sans causer nn peu de fer- 
jnentation« 

Les demandes de Tescadte sont : f "*. deux mrlle cinq 
cent quintaux de rkt; a"". tr6is Hf^ilie quintaux de bois ; 
3*. quatre*vingt boeufs et cent cinquantemontons : nous 
nepouvons en obtenir et en fournir qu'une parlie. 

Le general Kleber demande aussi du bois de. chauf- 
fage: il y en a ici environ trente'mille quintaux qui 
etaient destines au Gaire : nous n'en enverrons que 
le moins possible a Alexaadrie eta Tescadre, parceque 
Tous en aurez grand besoin , et qu'il sera plus aise au 
wmiaerce d'en apporter.Si Alexandrie qu'au Caire. 
11. a ete indispendable de porter a 8,000 fr. le credit 



4t6 CORRESPONDENCE 

ouveit au general Menou, pour omifflencer T^talxlisse-^ 
xaent de Thdpital et la ooostniction des fours , et pour-' 
Toir a une multitude de pedts frais qu'il faut faire et 
payer a rinstant. Cetie sonune va etre epui$ee, et je 
prevois qu'il faudra encore prendre a on 3, coo fr^ pour 
aller jusqu'a ce que nons recevions tos ordres et que 
nous connaissions yos dispositions sur cet article. 

Le general a ordonne , par une proclamation da 3 dkr 
ce mois , que les relations de Rosette avec Alexandrie 
reprendraient leur cours. 

J'ai en consequence fait rouvrir la douane; laals ce 
aerait une tres^faible ressource, surtout a present que 
presque tons les negocians et marchands de Rosette sont 
absens. 

Lorsque nous aurons pris les magasins de riz des ab- 
sens, pour satisfaire aux besoins de rescadre, le general 
Menou ordonnera a tons les absens de rentrw dans un 
delai de qudques jours , sous peine d'etre traites ocwune 
Emigres , et de voir leura biens sequestres. 

Je brule d'impatience, general, de voos rejoindre 
au Caire : c'est4a y et ce n'est que la qu'il sera possible 
0e faire un bon tiravail, PousaisLavE. 



A Larnaca en Chjpre, le 6 thennidor an fi 
(a3jaillec 1798). 

>fii ginSral Bonaparte* 

La nouvelle de I'arrivee de la flotte de la r^mblique 
jfiranjaise en Egypte et celle de la prise d'Alesandri^^ 



imi jete ks habitans de cette He dans les plus ^dhde ^ 
tnq[iiieludes ; des ctourriers out aussit6t ete etpedi^s paif 
la Toie de la Caramanie , pour informer la Porte^ et , dn 
attendant ses reponses , le gouternement s'est cm dans 
la aecessite de soi^r aux &ibles moyens de defense 
qm lui restenti Tons les Turds se sont armes dans les 
villes et les canqpagnes; il y a eu des murmui^es contre 
les Franoais^ et mdn^ des manaces contre-tons ceux 
qui sont etablis ici j il n'a fallu rien mbitiS que la grdndd 
cx>nsideration dont joait ici Tagent de la republique^ 
jpoiir porter le gi^uvemement a donner les ordres les 
plus rigoureux , afin d'emp^her qu aucun individu n<S 
t&t molest^. Ges ordres out ete renouveles plusieurs 
fois depuis quinise jours , et persdnne n'a eu jusqu'i 
^^nt dee motifs de se plaindre. 

Cependant^ citoyen general, les cirdonstslncles sont 
ai serieUses, que toKs les nationaut ^tsiblis icfi S6nt 
dans une pefplexit^crUelle, et la crainte que Tattaquir 
de PEgypie n'aiiiene tine rtipture aVed la Porte^ faiir 
qiiechaque individu son^e au^ moyens de fuif , si on 
laienlaisse lalibert^^ ou qti*il ptiisse, au premier avis, 
tromper cenx ddtit nous sommes surveilles. Notis sa-* 
vons que la moindre chose qtii puisse nous arrfvet ^li 
CBS de gueri'e, c'est d^etre saisis et tralnes en es6latagfe/ 
Ce qui noils tranqtiillise un pen , citoyen g^n^ral 4 
e^eH la proximity des forces de la r^publiqtie, la fai-^ 
Jilesse des faabitans tm*cs de cette He , tft la ^^rslinte <>ii 
lis sont d'^ti^ attaques. 

Dent <Mi tf ois jours csneore suHGrcmt pbixH (^ue le ^dii* 
temement refoive les reponses de Cionslanttnople. Si 



4o4 CORRBSPONDANCE 

k cheval attaquerent subitement les gens qui ^taieat Ji 
raiguade, ils massacrerent onxehommes , etenblesserent 
quatre,qui , heureusement ^ eurent le tempsde sesauver 
dans Ua chaloupes. Gette le90B a renda nqs gens plus 
alertes et leur a appris a ne pas negUger les anoes que 
\e leur donne pour se defendre. 

Depuis ce momeat 9 les Arabes oot para presque tons 
les jours sans oser s'approclier. U me £eiudrait absolu* 
ment quelques djermes : sans quoi , je me trouTerai Ji la 
fin de mon eau , n'ayant pas le moyen de remplaoef celle 
que je ccmsomme : car, en outre de I'^loignemeot , iio» 
ehaloupes portent peu , et soot quelquefois plttskurs 
lours sans pouvoir franchir le Bogvz. 

Je fus voir le fort d'Aboukir , et je le trouvaipresque 
aans defense* Une seule piece de canoof de 36 me pacut 
en bon etat ; mais elle etait , ainsi qu&tootes les autrea ^ 
sans aff4t. J'y ai envoye un affut de vaisseau et deux 
canons de 8 , avec leur attirail , et viogt coups a liier k 
boulet rond et autant a mitraille* Ces deu:! pieces out 
ete placees pour battre la campage , et de&ndre VoBftree 
de la porte. 

Lesdeux mprtiersont ^teplaees sur Vecueil, et quatve 
pieces de canon de 6 en defendent Tapproche. II fau-* 
drait enlever le tout lorsque vous donueves^ Tocdre de 
partir* Du reste, cette rade est enti^rement euverte et 
u'est pas susceptibly de protegerles vaisseaux contre uoi 
ennemi superieur : on doit 7 litre fort mal Tbiver, 

Les oiSciers que j('avais charges de. sonder le port 
Tieuxm'annoncent que leur travail est fini , et qu'ils vont 
w'envoyer le plan : des que |e le reoevrai;,[e m^empres^ 



INEDITE. 4oS 

serai de vobs le faire parv^nlr , afinque vous d^idiez sur 
ks vaisscaux qu€ tous Toudrez y fairc entrer. 

I« 5^ j'ai fait partir la Junon pour AlexandriCy oil 
on sera oblige dela virerenquille pour boucher ses voies 
d'eau et raccommoder son gouveraail ; \e I'ai fait accom- 
pagner par la Justice , qui a et^ de retour le 7. Les avisos 
ne ponvant pas entrer dans le Nil a cause de leiir ti- 
rant d'eau , j'ayais envoye le Chien de ehasse sur la edte 
de la Caramanie aupres des lies de Chypre et de Rhodes , 
pour s^infonner pres des agens sMls avaient eu connais- 
«ance de Fescadre anglaise , quelles etaient les forces na«* 
vales des Turcs, ets*ilsfaisaient desmouvemens; enfin, 
j^invitais les agens h me depScher des bateaux aussitdt 
<[u'ils auraient quelques nouvelles interessantes a m'ap- 
prendre. Te leur disais de me faire part des ressources 
qu'offrait leur pays en munitions navales et en comes- 
tiblies, et le moyen quil y aurait de se les procurer: 
tbnsees details me paraissaient interessans & savoir. Mal«* 
heareusement I'aviso a cass^ son mit k moitie chemin , 
et il est rentre ce matin sans avoir touche k aucune 
terre. Si j^avais des vivres , j'y aurais detache deux 
]>on«8 fr^tes, qui auraient parfaitement rempli la 
mission ; j'aurais en outre une division de mes bans 
SQarcheiirs toujours a la voile, et j'emplcherais les cu- 
»ieux de venir sur les cdtes > a moins qu'ils ne soient en 
bonnombre ; mais sans subsistances » ni moyens de rem- 
{Aacement en greement^ on reste paralyse ; et cette inac- 
tion rend malade. 

II y a trois jours que le general Kieber m*a envoye 
le seherif d' AlexanMe ; ie lui ai destine un grand local 



4o6 CORRESPONDANCE 

pour lui et ses gens; enfia, je le trdite Itvec effitd et 
distinctiop , croyant par-la remplir v^s intentions , en at* 
tendant que vous ajez prononce sur soii $ort. II pafaft 
fort content et ne cesse de donner des b(§Dedictions au 
general Bonaparte et au Capitan-Pacha : car e'est ainsi 
^u'il me nomme. 

Le g^eral Kleber me dit vous avoir rendu compte 
des motifs qui I'ont determine a I'eioigner d'Alesdndrie 
et a I'envoyer a mon bord. 

Permettez-moi de vous offrir les voeux padieiiliers que 

fe fais pour la conservation de voire sante. 

Bruits. 



Le conseil des icJieicks de la ville du Caire aupeupk 
^gyptien. 

O vous , musulmans , habitans des villas et des places 
frontieres,; 6 vous babitans des villages , feUahs et Ara* 
bes, sachez que Ibrabim-Bey et Mourad-^Bey ont r&r 
pandu dans toute PEgypte des ecrits tendant k exciter 
le peuple k la revolte , et qu'ils ont fait entendre frau- 
duleusement et malignement que ces ecrits venaient d« 
sa majeste imperiale et de quelques-uns de ses visirs. 

Si vous cberchez la raison de ces mensonges poKti'^ 
ques , vous la trouverez dans leur esprit de rage contra 
les ulemas et les sujets qui n'ont pas vouhi les suivre 
et qui n'ont pas abandonne leur patrie et leurs families. 
lis se sont propose piar la de jeter des semences de aae^ 
.fiance et de desordre parmi le peuple et Parmee fran- 
caise, afin d'avoir la satisfaction de voir detiruire ce pays 
et tons ses habitans : tant est profonde la douleur qu'ils 



INEDITE, ■ 4o^ 

^nt Myw^ fett^ pip^flfttaoe d^tniitfi ea Egypt€, Eki effet, 
s'il etait vrai que ces ecrits viassent de la part de sft 
jfliiaj^^st4 JiDperiale', le sultan des sultans^ nous ks au- 
rloos vu apporter autbentiquement par ses agas. 

Voi}^ n'igncMreiP pas qufs les Fraucais oat ete de tout 
temps f panni tou'tes les nations europeennes ^ les seula 
am^ das musulmans et de rislamispie, et les eanemis 
des idolatres et de ifsurs superstitions. U»sont les fiddles 
at ^eles allies de notre seigneur le siiltaii , toujouys prets 
.9, lui dower d^s temoignages de laur affection et a vet- 
nir a son secours > ils ajiment cetix qui I'aimient, et soi^ 
les enn^ntis de ses ei^ieims : ce. qui est la fmuse de k 
famine qui existe exUre eux et les Russes^ ces irf^comsir 
lia}>les esnemis de$ adorateurs du if rai Dieu , c^ psrr 
fides Ru3ses qui meditent h prise de Constantinople » 
et ex9p)oient tom les mpy^ns qi«^ la ruse et t'asluee 
pcuvent leur fournir pour envahir les pays de I'lslar 
aiisme, Mai^l'attaa&ement des Fran^ma pourJa Sublime 
Por^^y et les puissane seoonrs qu'iU lui donn^r^ oon- 
fofudroat leurs'inauvais desseins. 
. Les Jlusses dcslreraient de s'empirer de Sainte ^So- 
phie et des auires temples dediis an eulteds rrai Diem^ 
pour.en faire des eglises consacrees aux exercices de leur 
perverse croyance 5 raiais, s'il platt au ciel, les Francais 
aideront le sultan k se rendre makre de kur pays et k 
en exierminer la race. 

.Nous vous^xhorlons, habitans de TEgypte, a ne 
poHitt vous liv|?er a Ses projets de desordre, de sedition, 
de r«vohe; ne cherehee pas a nuire aux troupes fran- 
(s^s : leresiiltat d WQ isopduite eontraiie j^ ju)s ecu- 



4^ CORRESPON&ANCE 

#eil6 tttirerait svr vous lea malkeoni la mort et la 
destrnciion. 

N'ecoutez pas les diBCours^es mechaas et les insiaua^ 
tions perfides da cet gens turbulens et factieux qui se 
plaisent dans les exces et dans les crimes, tous aories 
trop lieu de vous en repentir. 

N'bublies pas qu'il est de voire devoir de pqper les 
droits et les impositions qire vous devez au gouvenae- 
ment et aux proprietaires das terres , afin que vous jouis* 
mtz y au milieu de votre famille et daas le sein de votve 
patrie, du repos et de lasecurit^% Le general encbef Bo* 
paparte nous a promis de ne jamais inquieter personne 
dans Texeroice de Tislamisme, et dene rien faire de 
-eo^traire a ses sables lois. II nous a ^galement promis 
d^alkger les charges du peuple , de diminuor les impo- 
sitions, 4^ d*alk>lir les droits arbitraires que la tynomk 
avait inventus. 

Cesses enfln de fonder vos esperanees sor Ibrahim et 
Mou^ f et meltez toute votre confiance encelui quidia* 
|>en9e a son gre les empiKS et qui a oree las humaias. Le 
plus glorieux des propbetes a dit : La s^dkiim est ea^ 
dormie, maudit soil criui qui b reveillera ! 

Salute SuiffefU les si^ioiunas^ 



Metiiae » le 9 thcrmidor «ii 6{^ y«!Hi^ >7a^).< 
jftu g4neral Bonappr,te^ 

Je m^empresse de vous rendre un oompte exact di 
la Qondiute qu'a tenue le gouveraement steilien apres hk 



INEDITE. 4o§ 

prbe de Malt€« Lc Tice-toi, des qiril sut que vos 
talens avaient force les habits rouges de Malte a ceder 
11k ji k republique, donna des ordres a tous les gpuverr 
aeurs des ▼illesmaritimes, pour que rienne tdt embar-* 
qu^pimr Malte ^ et poor qu'il nefut pasm^me expe-^ 
die des patentes de sante aux Mtiineas inaUais. 

Ces ordres hostiles m'ont mis dan6 la- plus grande iii^ 
quietude > et je cherchais par tous les moy^s a envoyer 
des vivres a nos frkes d'armes ; efifin , tons les ordres 
de Naples nem'ont pas empSche de charger sur sept 
petits batimens sept cents quintaux de boii biscuit y que 
|*ai adresses an general Vaobois. Je n'ai pas encore ea 
de ses nouvelles ; mais j'ai ete instruit que le tout etait 
arrfre a sa destination. J'ai ofiiert a ce general tous les 
services que je pourrais lui rendre , et je lui connaunique 
un plan propre a assurer Tapproifisionnement des lies 
qu'il commande. J'ai recu avant-hier unc lettre du con- 
sul de Palerme, qui m'annonce qu'il avait recu Tordre 
qui permet le libre embarquement des vivres pour 
Malte. Cet ordre n'est point encore parvenn ici^ et 
quand bien meme il y parviendrait , il ne serait d'aucim 
avantage pour cette He, puisque le xneme ordre astreint 
k quarantaine de vingt-un jours tous les bSttimens qiii 
en arrivent. Ne eroyez pas que cette condition soit die- 
tee par des raisons de salut public ; elle n*est que I'effet 
du desir que Pon a dlnterrompre toute conununication 
entre Malte et la Sicile. 

Ije seQat de Syracuse a accueilli Tescadre anglaise^ 
I'a Invitee ji entrer dans le port^ et a fourni aux qua* 
forz^ vaisseaux qui la composent , de Teau , de ta viande ^ 



^i^ CORRBSPONDANCE 

fles legumes frais , etc, . , . J'en ai emt an gouTenyeor 
4e cette ville^ qui m'a repondu qu'eu semblable ciicoosr 
iance on en avait use de meme k Tegard des Franfais, 
. .Cepei^dant les gouvemeurs , loin de tenir une |»areiUo 
conduite avec nos batimeas de guerre , veillent aoigiiea-* 
sement ^ c^ qu'ils n'embarquent que le aeul journalier 
0t ri^n de plus , et celui de Messine m'a ftit pfeveair, 
au moment , qu'il se tmuvait «;i ce port quatre de no» 
jbatimens de guerre, qu'a Tavenir il n'en entreraitphia 
qu'un seul a la |bis , aux termea. dii Irai^e conveau eatre 
les deux puissances. 

Tous les gens instmits de c^tte tie destrent la Ub^te* 
^e Bonaparte, 

^ Le )pur que Tescadre anglaise passa par le oaosd, il 
J eut UB xnouvement populaire. Ribiatjd. 

JP. aS. Je yiens d'apprendre rarrivee de trois fregatea 
anglaisesdans la rade dite Paradiso , a un miile de Mes^ 
sine : ily a seize }ours qu'elles manquent de Candie , oi^ 
elles s'etaient rendues pour rejoindre le,ur escadre. Le 
gouyerneur de cette yille a permis de leur foamir du 
bceuf 2 du vin et autres provisions ; on leur a meme prete 
des chaloupes pour faire de reau:elles partirent le iS 
pour le Levant. 

. Le club finglican etabli en cette yille , cl^ea Tapothi* 
^ire Pappalordo , travaille a toutes forces pour me faii-9 
assassiner, ainsi que tous les Fran^ais hi-^bitans et ceui( 
^ui sont de passage. Le ii> du courairt, des soldais da 
roi de Naples , des matelots de$ blitimens de guerre na-<^ 
politains et messinois ont charge a coups de pierre plik- 



siei|rs officiers et matelotsdu corsaire francais Ze /^%i* 
lantyyen ai.porte des plaiutes energiques au. gouver- 
mm, vieitbi^dass^boo homme^ma^$ fiiibl^etpewreui^ 



L« i8 thergaidor «a 6 (5 aout f 798}. 

Les ordres pour embarquer des rivres pour Malte 
ne sont point encore arrives ici. Voyez, general, de 
q[iielle maniere on se joue des Francais, A Palerme, 
comme je vous l*ai in plus haiit , les ordreis sont don- 
nas , et dans les quatre autres villes on les ignore en- 
core. On m'a ecrit de Catana que deux Mtimens mal- 
tais seront obliges de s^en retourner h vide, si je ne 
fds pas erivoyer les ordres necessaires au senat de ladite 
ville : je vais faire des demarches pour que lesdits ordrciJ 
soient donnas dans toutes les villes de la Siciie. 



Le :t5 tb^rmidor an 6 ( 1 a aout i ^98 }, 

Le brick le Lodi est parti sans prendre ma d^p^hc, 
ce qui me laisse le temps de vous reridre compte que , 1* 
16 courant, il^st entre dans le port de Naples quatr^ 
vaisseaux et un brick portugais, et un vaisseati ef 
deux fregates anglaises , qui , apres qu'ils auront ^m- 
i)arque des vivres, mettront k la voile pour rejoindre 
I'escadre anglaise. On dit aiissi qu'i Gibraltar il y avaft 
encore dix b&timens de guerre egalement destines pour 
Tescadre. Ribbaitd. 



<i4 CORRESPONDANCI 

Aa Caire, le 9 thermidor an 6 (27 joillet f 798}*' 

Riponses du Jipan ginSral d'Egypte h des tptestienm 
qui bti ont M adressSes par le giniral en chef '. 

LesdepHtes d'Alezandrie, Damiette et Rosette noin* 
Bieront trois penomtes de chacune de leur depotalioa 
respective , pour Stre du divan geaeral etabli au Caire, 
et lea autres s'en retoumeront dans leurs foyers apres 
leur arrivee. II sera convoque dans chacune de ces trois 
TiUes une assemblee de gens de loi , des scherifs, des nego- 
cians et des notables de toutes les autres classes, ipd choi« 
airont entre euxdouze ou quinzepersonnes, lesquellcs 
ibrmeront le divan de la ville. On aura soin de fiBure un 
choix qui puisse £tre agreable a la republique irancaise 
€t aux babitans. Aussitdt apres leur nomination , Taa- 
eemblee fera uneUste des membres elus, qu'elle adres- 
aer a au divan du Caire j qui la presentera au general 
en cbef pour avoir sa confirmation* 

Cette assemblee fera aussi connaltre son intention an 
8U}et des trois membres restes au Caire. pour iire da 
divan general. EUe oonfirmera leujr choix , ou bien elle 
im enverra trois autres pour les remplacer* 
. Quiuit Bxigi autres provmces d*Egypte, void ce que 
I'assemblee generale a trouv^ k propos de proposer. Dana 
chaque grapde pcpvince , on formera quatce divans , qui 

« Le fgMfaX m ^oheC ftTAit adrMitf m divan on aiieflibMc g^^k te 
notables depots d*Egypte, trois (piestions t la premie sor b fbrnpaiion, 
composition et lemode d'appointemene desdiTaDsproTinciain;.la se- 
cofide, ear les saccessions j et I» troisitoie , sor la mani^re de rcndre la 



INEDFTE, t 41J 

He tiendront dassles viUes priacipales , et do&t la nomi* 
Mtion des membres se fera par assemblee generate dc 
ehaque proviaee. 

. Pour diacunde ee$ diva&s , il sera jaomme douae menH 
bres k la connaissaiice du general commandant la pro^ 
Tince et de tons les babitans. On fera eonnaitre au grand 
divan du Caire les membres qui compose^it cbacub de 
ces divans, et cdui-ci en fera approttvev et confirmer le 
dioix par le general en chrf. 

Dans les provinces d'une moindre etendue, il n'j a que 
ti^ois divans, et dans lespetites^ deux^ formes de la m£m» 
maniere que ceux des grandes provinces. Cbacun de cea 
divans aura trois deputes dans le divan general da 
Caire, comme ceux d'Alexandrie, Damiette et Rosette* 

Quant aux appointemens a accorder aux membres dea^ 
divans des provinces , cbacun de ceux qui eomposeront 
ks divans d'Alexandrie , de Damietle et Rosette aura 
cent vingt paras par jour j le president de ebacun de 
ces divans I'ecevra un double salaire. 

Dans les divans de toutes les autres provinces indis- 
tinctement, ehaque membre reeevra 90 paras par jour^ 
et le president aura la paye de deux membres^ c'est-a- 
dire 180 paras par jour. 

Au Caire , le general en chef reglera les aj^inte* 
mens de ehaque membre du. divan general et du divaa 
particulier , des presidens , des deputes d'Alexandrie> 
de Damiette et de Rosette et des auiresprovinces ^ de la 
maikiere qu'il jugera a propos. 

L'assemblee generate a decide que le plus grand bies 
du pays veut que Ton confirme toutes les bis qui subn^ 



\\i CORRESPONDANCE 

sktent au Qiire aii sujetdes suoces^ons, Uns qui out 
tit suivies jusqulei. Lorsqu'un homnife menrt et laisse 
une succession, on commence a prelever. sar ceqm^il 
biftse les fvais de son snaire et de son eMerrement , et 
his depenses qu'exigent les prieres qu'oo fait pour lui^ 
ks festtns incrtnaireset les lectures periodi^es duCo- 

, nn ; rasuite , tons ces frais payes , s'il reste quelque chose, 
<m le repartit entre les creancicrs. Les dettes acquittees, 
Heritier legitime se saisit da restant, s'il' j en a. 
' Si le mort ne laisse ni dette ni heritier, la succession 
^1 recueiUie par un inteadant du fisc, prepose par le 
eanmandant , pour servir a de bonnes oeui^res ^ telles 
^e exiles d*entretenir les piruvres^ de faure ensevdir 
oenx qui n'en 6iit pas le moyen , et autres choses sem« 
Nables. 

- Ge sont la ks lois de I'lslamisme , a Tobsenration des- 
^uelles doit presider un honinie de loi instruit dans la 
iteience des successions et mis en place par le cadi du 
pays. 

' Le cadi percoit de quinze a vingt paras sur chaque 
siiile paras , et cela pour Fordrequ'il met dans lepartage 
dela suocession et pbur les'ecritures, afin d'eviter les 
proces entre les heritiers. 

* Ces reglemens sont ceuxqui ont ete obsQrres jusqu'ici 
^11 l^pte, tant sous le regue des sultans equitabks 

^ue sous celui des tyrans , et aucun d'eux ne les a fa-* 
iDais transgresses. Le fisc n'h^rite point des ofaretiens 
qui meurent sans laisser d'heritiers : ils ont un khatt-i-« 
iteh^if du sultan de Goi^tantmople , qui les met a Tabri 
de cette juridiotion* 



INEDITE. 4,5^ 

Lea keritiers sont ks jnattres de pamger la succession 
saas faire intervenir le tribunal de justice. 

L'assembiee a decide qii'il n'j ayait rieu a changer ni 
a innpver sur la maniere de reudre la justice en E!gypte. 
Les plaideurs sont librei de choisir leur tribunal; mais 
la signature des pieces juridiques appurtient de droit k 
notre seigneur leCadiasker^Effendi, qui reside au Caire. 1 

Apres que les pieces juridiques et les centrals aiiront 
ete revetus de sa signature, il n'y aurait nul inconve-' 
nient a les faixe enregistrer dans tel lieu que le general 
ea chef voudrait designer pour cet objet. Dans toutea 
les villes et dans tons les p(»ts de mer , a Pexceplion du^ 
Caife, un seul tribunal suffit , et ce tribunal existepar- 
t^ut ou il est necessaire. Lorsqu'un des plaignans a 
quelques inquietudes sur rintelligence ou Tequit^ du' 
cadi , il a recours a la consultation des gens de la loi , 
qui lui apprennent ce que prononce la justice sur le cas 
^'il: expose ; car le droit est un : il n'y a pas deux ina- 
nieres de Tenvisager j et personne ne peut alier contre 
S0tt evidence. 

II serait bien necesssiire de faire un reglement qui 
fix&t d'une mimiere bien eridente les droits que le cadi 
^ ses subalternes pourrowt retirer d'un proces , d'apres 
les arrangement qui existent entre eux , on prendrait 
ces droits des deux parties en proportion de I'impor-" 
tmmce de la cause y sans s'ecarter cependant des usages 
ce9U8 dans cliaque lieu , et sans vexation ni tyrannie. > 

> U serait aussi a propos que le choix des cadis des 
provinces £ut laisse au divan de ces memes provinces, 
qui doit mieux connatere ceux qui sont les plus proprea' 



4x6' CORRESPONbANCK 

k cette place y comme aussi leslieux ou ils doiTent £tM 

li convient d'entoyer dans diaque pitrriDce on com-^ 
mandant fraocais avec des forces suffisaates pour y 
mainteuir le bon ordre ; mais il serait bon aussi que le 
general en chef mit aupres de ce commandant un anciea 
^oificier des milioes du Caire, enqualitedeconseilier, et 
on commissaire enteadu dans la perception des impdta 
dc TEgypte- 

Le commandant, TofEcier mnsulman et le coftimis'' 
aaire-percepteur resideraient ensemble dans la capitale 
de la province, qui , de tout temps ^ a ete le siege in 
goiiverneur. 

Le commandant de la prorince , seloli les ancieof 
usages, doit percevoirles droits dits A:ecAou/S^etlestm-' 
positions territoriales que doivent payer les villages^ 
Cest k lui ensuite a s'acquitter vis^a-^is <ltt goaverne« 
ment , a payer ce qui revicbat aux milices, les salaire» 
des employes, les pensions assignees sur le mtri de sa 
province, les sommes assignees a celui qui est cbarg^ 
de porter des provisions et des rafratchissemens a la da- 
ravane des pelerims a son retour de la Meque. Sur 1^ 
revenus que le ccnnmandant perccvait , il prelevait lef 
depenses uecessaires pour ses besoins particuliers^ pour 
ses troupes et sa maison. 

Si le general en chef trouve k propos de faire r^ir lei' 
provinces foxkv le compte de la republique^ et de faim 
payer de la caisse du tr^sor public tons les objets c^des- 
sus designes , il fera faire la perception d'apres les usages 
gnciens, en supprimant les vexatious mises successive 



tt«ll soiis li gottvernement tyrannique des mameloucks* 
Lies sujets le conjurent de vouloir bien alleg^r leurs 
charges pour le bonheur et la prosperite du gouverne- 
mem, vat ce sont <Jes relations iaccumillees qui ont 
rtiine les vilbglgs, qui ont eci*^se la fottiin^ d^s pauvred' 
sv^tSy et qui ont occasionie la mine des tyriins et; i'ex- 
trgme misere des cultivateufs. 

II fiiut, pour la levee desiittpdts /envoyerdans chaque 
tillage ou un officier musulman des anciennes milices , 
icn qualite de lieutenant , ou biien uil cominissaire tem- 
porairie, qui si^ra actonipagne d'un ^rivain cophte, ou 
d'ud exacteur nomme par rintendant-general du Caire. 
Ces preposes leveront les iinpositions dans le tempi 
propre et fix^par les anci^ns usages, sSans employer deft 
moyens tyranniqtiies. Lies Villages qui paieront ce quiU 
doivent seront proteges ; mais, quant a ceux qui s'y re- 
ius^ont, le liieuteaant en donner^a avis au Conseiller et 
k I'ifitendant qui seront auprls du commandant de la 
pi*ovince y et ceuxHsi demanderoUt aU commandant tea 
troupes necessaires poiir faire nentrer dkns lie devoir k 
village rebelled Lorsque les Atabes et les voleurs de 
graods chemins infesteront les routes dins une partis 
de \A province , le lieutenant musulinan le fei^ incon- 
tiseat savoir au commandant et au conseill^ de gou- 
verniemeht> qui envelrront les troupes necessaires pout 
faire cesser le desordre, et , s'il le faut , le commandant 
lui^-nai^me se metra & la tdte de Parmee pour punir led 
mitlfidteiirs selon leurs crimes ; ce qui procureifa la pros- 
peril^ du pays ^ la tranqiiHlite des babitani^ et la fACilit^ 
iiek perception des impdts. 

£«TPX£. I. ^7 



4i8 CORRESPONBANCE 

U est conTenf^le que le? commandant des proviiioe» 
envoient de^ lettres de sauf-conduit aux Arabes de leurs 
gouvememens respectifs , pourleseogagf r a se presenter 
et a se fixer dans leur domicib ordinaire} oa exigera 
d'eux des ot^iges^ qui assurerout leur obeisasince. Ceux 
qui ne se rendront pas a cette iuvitatioa seront decla- 
res rebellesy et le commandant et le conseiller du goo-^ 
veraement prendront des mesures pour les faire repai- 
tir deleur rebellion , en employauttous les moyeosau- 
torises par les ancieos usages. 

Quant aux moyens d'assurer les prc^rietes des ^|eCs^ 
voici I'avis des conunissaires nommes par le presid^U; 
et Tassembiee generale Ta adopte a runanimite. 

Par un ordre emaue. dugouveraemeat , ou exige que 
touie personne qui a uue propriete ea Egyple tepre^ 
seute son titre , et que , sur le prix de Tacquisitioo , ell6 
soit tenue de payer deux pour cent. Mais mk doit obaex^ 
ver que Texhibition et la lecture des contrais exige 
beaucoup de peines et de temps de la pan des praposes 
et met dans Pembarras les proprietaires ; car, pour de- 
chiffrer tous les contrats du Caire, plusieurs ranees ue 
suffiraieat qu'a peine , et cependant on ne donue que 
trente jours pour cette operation: il ya douciiAp^ssibi- 
jite physique, qui ne pent etre surmontee que par un 
espace de temps considerable. L'assei^l^l^ gepqrale est 
done convenue que , s'il est necessaire de procurer des 
fonds poiu: la paye de Tarmee , il vaut infinimeu^idieux 
mettre une taxe fixe , proportionaee a ri|upiN:U0Ge des 
proprietes et aubcal ou eUe? sont situees, C^sprojirie^ 
tes dans la ville du Caire consi^tenx ea^ocqi^iU*,baBas , 



INEDITE. 4t$ 

l^iftisoni^, appSirtemens, pressoirs, moulInsaliuile> mou- 
Uns a moudre^ enclos^ boutiques et cafes; la taxe des 
ocq[uelles serait etablie sur leur capacite et ieur acha* 
landage, ^tcelledesautresproprietes sut depareils mo- 
tifs ) de la maoiere qui suit : 

Les ocquelles paieront i a et 6 talaris ; Lains et etuves ^ 
2 o et 5 ; maisons et appartemens , 4^ 3 et a ; pressoirs > 
6 et 5 ; moulins a huile, 4.^^ ^i moulins a moudre^ a 
et I ; enclos , 2 et i j| bouti<[ues > i -> cafes , a et i ; pU« 
trieres, i talari j. 

Ces m6me propriet^s ne paieront que cette demi-taxe 
a Alexandrie, R,osetie el Damiette; xnais les autrea 
villes et villages de rEgjrpten'y seront point assujettis^ 
attendu qu'ils pajent des impositions territoriales qui 
6ont au-dessus m&me de leurs forces* 



Au gir9Atd Bmapariffk 

L'ailfaire du general Dumuy a Damanbour doniia une 
telle insolence aux Arabes Bedouins , que , ^uelques jours 
apressa rentr^ea Alexandrie ^ ils oserent se montrcr meme 
en assezgrapA nombreautourde la ville ; ils tuerentmem^ 
un soldat malta^s ^ la colonne de Pompee. et en bles- 
^rent un autre, J'oidonnai T^tablissement de quelqiies 
postes sur les differentes hauteurs , pour proteger les pe- 
tites excui-sious dans la plaine , de 5o dragons a cbevai 
commandespay lecitoy€nllabasse,.cbef d'escadron du 
Uoisimer%iWnt.Lesdeuxpremiersjours9cettemesyre 

37. '^ 



4,6 CORRfiSPONIiANCE 

ne produbit d'autrceffet que de tcnir uu pen plus loirf 
les Arabes et de les rendre moins entreprenans. Ce jeunc^ 
commandant, ay^t remarqu^ que les B^ouios ra&at- 
clilssaient leurs chcvaux sous un petit bois de palmier^ 
bors la portee de la porte de RoseUe , et qu'alors ils s^ 
kornaient a etablir des gardes a pied, coDcut le desseia 
de lessurprendre. En cffet, il parlit versle soir, divisk 
aa troupe en deux pelotons,et, pendant que le premier , 
toumant une bauteur vers lagaucbe, s'eparpillait enr 
tirailleurs pour amuser les Arabes et fixer leur atten-' 
tion, il les attaqua par sa droite en personne > a la tete 
du second pelototi. Les Ar&es abandonnerent les ti- 
railleurs, se reunirent eux ^memes en peloton et mar- 
cberent au-devant de la cavalerie : a environ quioze pas , 
ils firent une decbkrge generale que les dragons essuje- 
rent sans quitter leurs rangs j mais alors fondant sor 
eux ils en bacherent 43, qui resterent sur le carreau. 
Ceux des Arabes qui etaient dans le bois etaient plus 
occupes a detacher leurs chevaux pdur s'enfuir, qu'a 
venir au secours des leiirs. Les dragons , apres les avcnr 
poursuivis quelque temps , j^vinrent sur leurs pas, et 
prirent aux morts et aux mourans les armes et les effets 
dont ils etaient cbarges , et parmi lesquels |l s'en trouve 
qui avaient ete enleves aux Fr^ncais tues a Damanbour. 
Le lendemain , avant le )our, les Arabes vinrent en- 
lerrer une partie des leurs etentre autres leur chef, au- 
quel ils elev^rent un petit monument de pierres brutes ; 
mais on ne le leur laissa pas achever : on leiir donna de 
jaouveau la cbasse; ils n'ont pas rep^ru depuis. 
Lecitoyw Rabasse estngn-seulement reeommamdable 



INEDITE. 4ai 

pftr ,8a ¥aieuir y mais aussi par son zel^ , sa bonne conduite 
et son iateUigence: je desirerais, citoyea general , qu'il 
jpOit taer un jour votre attention, 11 m'a rendu un corapte 
tj?esravan|ageux de la bravoure et du sang-froid du ci* 
toyen Moyen, mairecbal-des-logis du guatorzieme re- 
{^ment. 

Nous avons eu dans cette affaire 3 dragons tues el 
3 cbevaux blesses* Kleber. 



A Gom-el-As-far , Ib lo diermilior'aB 6' 

\4u gAidml Bonaparte^ 

Je vous rends comptOi mon general, c[u'apre$ avoir 
cberche pendant deux jours entiers un emplacement 
*pour le petit fort ^ue vous desirez avoir aux environar 
des Pyramides, j'ai renconti e, aux environs de ces memes 
Pyramides , un reste de vieille djgue d'environ douzei 
toises de largeur , et plus lon^ue qu'il ne faut , et assez 
elevee pour etre a I'abri de Tinohdation *du Nil. Jt*ai 
cboisi ce lieu pour y placer I'ouTrage ; j'y ai de suite 
fait mettre la main : mais vu les difficultes ^uV)n eprouve 
a faire tr^vailler le soldat y je ue pense pas ^u'il sera pr^t 
a recevoir du canon aviEmt le i8 ou le ao« 

Les paysans que je me suis procut^s font trb -peu 
de cbose^t et il nde faut la moitie de ma iroiipe pour lea 
gatder* 

Pendant que j'etais bier en reconnaissance sur les viU 
lages de Kardacei el-Mencbye et Bekari pour avoir dea 



4a^ CORRESPOND ANCE 

paysans et des outiU , un evenement malheureux s'est 
passe a la gatlclie de mon camp au viHage d'El*Bothoim. 

Quelques volontaires et sous-K)fficiers s*etant port6s k 
ce village pour y moudre un peu de grain et faire du 
pain, J ont ete assaillis par une vingtaine d'Arabes , qui 
en ont massacre quinze et blesse qus^tre dangereusement. 
Comme nos^ soldats ont ordre de he sbrtiir aucune aiine 
du camp, ils n'ont pu opposer de la resistance. 

Au premier coup de fusil qu'on entendit tirer , on fit 
marcher une compagnie de carabiniers pour degager 
ces malheurenx ; elk arriva trop tard pour les sauYer 
tons, mais cependant asseztdtpourensauverplusieurs. 

Un carabinier nomme Maillard aviontre le plus grand 
courage , et a en^pose genereusement sa yie pour sauver 
celle de siss camarades. II courut en avant de sa com* 
pagnie, Se presenta au milieu du village chassaut de-« 
yant lui tousles Arabes , qui, sans ce mouvement digne 
d'elo^es, auraient eu le temps de faire de nouvelles 
yictimes. Uaspect de ce brave homme leur a fait la- 
x^hfiv leu( proi^ ; une pareille action merite d'etre 
connue. 

, La trpu^pe que \e commande n'a point encore recu 
de paiQ : el|e pe manque ni de viandq ni de riz. L^eau 
qu'ielle boit est abominable ,^ q'est de Peau de citeme qui 
tire a sa.fin x.et \^ $eule qu'QA trpuve aux environs : il 
faudjcwt feirei uiie Ueue pour ea trouver d'autrc. 

Verdier, 



INEDITE. 423 

AG^oes, le 10 tbermidocan 6 (aS juillet 1^98). 

Jtugiidtttl Bonaparte. 

La Sensible aete prise pft une ioraU^efrq^te aBglaise ; 
l^&piipage a ete takoyi ici. 

. . Lexidep&tside GvitthVekdua et de Gests sont passes 
h Toulouse pour y atleadre Pordre du depart ; fairecu 
«elaide Ucencier Jes^^c^ansporta que j'avafs uolises. L'aiv 
tiUerie a ete deposee k Genes ; les vlvres et une portion 
dea immhloiiis. oat ele esvoy^s eu Corse. 
, Oa craiatcpifi les inp|ivefaens qui se scut manif^r- 
les dan& l!ile ne soiis&t.iiiis aiprofit par les Axiglais. On 
^ttead i^' Toa. nau^eUes avee ispatioKe depuis le S 
messidor.; n^us savoDs seukment que P Anglais vous 
poursuitrles porteuts de cette lettre yous donnerooc 
^s noUvdles devos parous et de notre patrie. 

. > ■*• , ■ Belletille y consul gendral. . 



A bord d^rOrietity le 1 1 th^lofklof an 6_ 
(!>9 juillet 1798). ^ 

j4u giniral Bonaparte, 

$[ous aivou^ iq^pris hier To^re vieieiir^ sur les' matoie- 
louks ec Tentree tr iomp^ante de nos troupe au Cak;^. 
Qiioique chactiB de uous s'atlendtt a Vatre sucees , notae 
)oie n>n a pias^ciiui^s grmde eu apprenant }a deooa- 
fitiiredea beys<La piise die \^ capi^letle 1-Egypte, qf i 
gar antit }a.posseseioh de toul le resi;^, nous assui^i -que 



424 . CORRESPONfikANCl: 

Tous pouicreK enfin prendre. unpen de.repos, dont ve«8: 
devez avoir si grand besoin. L'anneeaftvale celebre an-^ 
jourd'huiy par desjeux nautiqueset na prixdonneaux 
plus adroits, unefete en rejouissance des nouveaux suc^ 
oes des armes de la republic ne^ 

Le chebec la Fortune et un brick sont «nri?es Uer 
de Corfou, escortant deux batimens de bois k brttler* 
lis n'ont rien dit de nouveau. Le RwoU est reste a 
Alexaodrie^ ayam besoin de earener pour houcker unc 
Yoie d^'eau. , 

L'aviso I'JndSperidofit, parti de TooIoB lei i6 mefr* 
sidor, a relache a Malte le ag, d'ou il est parti le 3o , 
et'i) est arrive le la themudor a^Alexandrie. Le brick 
le- Mondoi^i, en statim a Zante, feit destine par le ge- 
neral Lasalcelte a porter des troupes a Cerigo. Ufiit 
ehasse par la fregate anglaise la Flore , il eut le bon- 
beur d'atteindre un mouillage dans cette Ue, dans le»- 
quel il aurait pu employer, des moyens pour se defendre : 
il y a apparence qu'il les a negliges , puisque deux ]0ur6. 
apres il fut ealeve a I'abordage pendant la nuit par lea 
embarcations de la fregate. 

Le bateau le Corse est pret a partir pour porter voa 
dep^ches en Fr^ce. Si vpi^s desirezs y envoyer d'autre& 
b&timens , veuillez bien xne les designer. 

II m'arrive aujourd'bui deRo$ette dix djeirmes c^ar- 
gees : ce qui est fort a propoa^ car nous toucbons 
a la fin de taut. Le yaisaeau le D4g& et la.fre^te Ul 
Carthaginoise scat f»r^C$ k partu* ; niais [Is 9Q peuyent 
parvenir kfoimer leura equipages ,,fauted'arg€nt. 



INEDITE- 425 

natOf-qw favais laissees a Corfbu , le premier a besoin 
4e carene et le second a ete Qdadanme; 

Les trois vaisa^mix qui; sont a Ancdne out besoia 
de beaucoup de cbose^ pour pouvoir prendre la mer ; 
op e&t parveQu cependaat ji faire navigver fe Stengel, 
qui a ete k Gorfou porter le . soixaaf e^<£a:-neuti^me. Q 
n'aque 160 bonun^s d'equipage, doot les deux tien^ 
desdidats, 

Le scherif d'Alexandrie, detenu a mon bord , a le 
plus grax»l desir 4'&Uei^ ypw joindre: i'a^eu4$ tos 
prdrejf* » B&fi^Ts^ 

Maite, le 1 1 thenuidor an 6 ( 9^ joillet 1798). 
jiu gSneral Bonaparte^ 

• ' Vous devez £tre informiS , general , qu'une escadre 

•ODglaise^ forte, a ce qufon m'a rapporte, de quatorze 

vaisseaux et quelques fregates , a passe par le pbare de 

' Messine , quatre jours apri^s votre depart , pour vous 

'suiYre : depnis queiques jours cette escadre est rentrle 

k'Syraeuse, et en est repartie le 7 du courant y sms que 

nous sachions de quel cdte elle fait voile. Nous avertis^ 

' sons a Toulon de sa presence dang ces mars. 

Une fregate de la m^me nation, VEgU^ qui le«Hr 
apportait des ordres, a naufrage sur la cdte de Tunis; 
c'est une nouvelle sAre: nous avons ici six matelots de 
cette escadre , recueilUs en mer par u|i batiment mal^ 
tais* La Sicile nous tient toujours rigueur \ les Mal-^ 
tais y sont fort mal recus , et il ne nous vient rien« 
Itous manquons m^me de quelques obj[ets , tel;^ que 
^barbon et )x>i$. Le vin deyieni bi^ rare<i 



4a6 CORRESPOND ANCE 

La gamrs(>n se trariqufUise. Le caseraement y Vhahil-' 
lement, les souliers, ront leur train; mais nous avons 
fe plus grand besbm de cheiii($e» et d'argent. 

Le chaiigemrht de gouVemement va laisser qnantite 
de gens saus emploi , sans secours ; peiit*£tre aura!t*oa 
pu employer phis de management dans les reformes , et 
reemployer mi plus grand nombre de deplaces. Pavoue 
que la chaleur de Regnault m'6te le temps de reflecliir. 

Le Maltais est doux, sensible auz bons traitemens 
et facile k mener ; le raisonnement a sur lui de I'empire, 
et, avecr le temps et rinstruction, ses prejuges pour- 
ront se deraciner. Si on le brusquait , on ecbaufferait 
les tetes et on provoquerait dcs piouvemens. 

En jetant de Targent dans ce piaiys, qui pent deve- 
iHr un trefr-interessant entrepdt, on sera biealdt dedom- 
mage des premiers sacrifice!; mais ilfaut semer pour 
.recueillin 

. On vient, dans uo noun^el ecrit, d'tnviter la troupe 
41 les habitats a se defaire de moi , qu'on taxe d'etie 
un tyraa et d'etre la cause de ce tpxe h aride est ar- 
rieree. / 

Je me fl^tte qae ma lettre tous trouvera eu Egypte 
i^tk mitieu de vq3 tri(«npbefi, et que cette belle expedi- 
UjQo sepil presque tenninee quam} elle ¥ohs am!«erft. 

Vaubois. 

Aa Caifc, le i3 thermidor an 6 ( 3? juillct 1798;. 

. jiu geniral Bonaparte. 

Pour seconded vos vues, general , pour rapprovision- 
nemeat de l\sirineei voici le plan que j'ai adopts ^ 



INEDITE. • 427 

Demain matin onfonnerd^ eoniwiteident avecFin- 
tendant-general , un arrondissement dans les provinces 
pour Papprovisionnement des pldc€s d'Alexandrie, Ro-> 
sette et Damiefte et auti*es cantoi^emei^is ; le reste da 
territoire sera destine a I'approvisionnement de Parmee, 
^oni je suppose que la plus forte partie 3era au Caire 
et dans les environs. Les intendans des provinces sau- 
ront ce qu'Ils doivent envoiyer par mois et mSme par 
decade sur les points respectifs oil $e trouvera Tarmee. 
Partout oil je pourrai euyoyer desadjoints aux com- 
xnissaires des guerres^ ils suivront les operations et 
correspbndront directement avec les conimissaires des 
places. 

Les generaux commandant les provinces , et les 
cbmmissaires civlls qui s'y trouvent, auront communi- 
cation de mes dispositions pour ^n assurer I'execution 
chacun en ce qui leur appartient. Des demain je vaTs 
demander a Tintendant general le^depart'^ dans le jour, 
3es intendans de province qui n'auraient pas rejoint. Je 
voud i^ngage a nommer et a faire partir le reste des com- 
missalres civile. II me parait necessaife qu^il y ait pres 
d'eiix un interprete qui puisse servir pour tons les 
agens qui se'trouveraient reunis. 
"Exl^remementsouffrant et fatigue, permettez, moa 
general, que je vous demande deux jours de repos. 

SUCT. ' 



i^ CORlffiSPONDANCE 

Alcxaadne, fie i5 tlieniiidor an 0(3i ioilltt i^.) 

^u giniral Bonaparte,. 

]!)epui8 qu'Abdd-Koraim est a bord de f Orient ^ ci- 
toyen general , nous jouissons^ dans rinterieui d'A- 
lexandrie , de la phis grande tranquillite : on n'entenj 
plus de propos incendiaires ; il iie se manlfeste plus de 
ces terreurs paniques qui prouvaient Tinquietude et 
I'irresoliition des habitans. Qiacun d'eux vaque main- 
tenant a ses affaires, et se livre avec securite a son In- 
dustrie. Je n'ai re9u de vous , general , aucune nouvelle 
encore , et votre belle victoire du Caire ne m^est par-^ 
y^nue que p^ le gep^rsil Menou; nous Tavons celebree 
hier avec toute la pompe dont Alexandrie est siiscepti- 
ble : decbarges d'artillerie le matin et le soir, tant sur 
terre que dans lea deux ports , ou tpus les bsitimeas 
etaient paToise3« 

J*ai refu la visite des corps diplomatiques et des ne- 
gocians de toutes les nations, ainsi que oelle des prin- 
cipaux musulmansde la ville. Tons ont proteste de leur 
devouement et de leur fidelite a b nation francaise : |e 
leur ai repondu que je ne me rejouirais nullement de 
cette yictoire> si je n'etais persuade qu'elle diit contri- 
luer eiBcacement au bonbeur et au bien-retre de tous } 
iU m'ont dit en etre egalement convaincus. 

Pendant la nuit les marches , les boutiques, les mai<« 
sons ont ete illumin^es et ouitertes. Les chefs musuU 
mans se tenaient dans une grande salle , oil les Fran-a 
^ et les Turcs entraient e^plement ^ je m*y suis rwdu 



Hm imtanty ti j'ai vu qu'on y distribuait^ largement et 
gratm ^ des rafratchissemens a qui voulait en accepter* 
On y Toyait quelques femiiies d'officiers et de negocians 
francais, qui , pour la premiere fois de leur vie , se pre* 
seutaient en ce lieu. En gteerairallegtesse etait com- 
mune et paraissait sincere. 

Ce matin j*ai appris que huit Arabes , partis du Caiire 
ti portetirs de depeches tant de vons que du pacba , ont 
ete arl^tes par les Bedouins, qui ont garde le paquet. 
C^tte cireonstance, ainsi qu'un autre accident arrive k 
Ik pointe du jout, in'ont determine a convoquer les 
chefs du pays pour les engager a eutreprendre serieuse* 
ment cette ofeuvre de pacification avec les hordes qui in«> 
festent les environs et le desert. On est convenu des 
moyensy et on 6'obcupe en ce moment de Pexecution. 

Quant a Paccident dont il est question, le voici : deut 
bommes, du poste etabli a la colonne de Poinpee^* 
poursuivaient un chien; k deux cents toises Jans U. 
plaine / deux Arabes k cheval sortirent d'une embus- 
cade, tuerent Tun d'un coup de pistolct au trav«rs dtt 
corps y et blesserent I'autre morteilement. Telle sera tou- 
jours la punition do ^incorrigible imprudence de no$ 
soldats! 

Permettez a present, general, que je vous fase ob-> 
wcver qull est instant de faire proteger rarrivagedel^eati 
du Nil a AlexatiArie , ce qui , m&ne du temps des beys^t 
n« pouvairse faire qu'en surveiUant le calide avec quel- 
que cavalerie et quelques pikes de canon. II sera done 
ii^'speftsable de mettre ; a Damanhour et a Keriuntj^ 



43o CORR^PONDANCE 

quelques pieces d'artilieriie legere» qui ^ en fvtewitmk 

assez sou vent le canal dans sa longueur 9 emp^eatjjjes 

Arabes d'y faire des saignees particulieres, ainsi fu'iis 

en avaient rhabitude. 
Nous sonunes trop pres du debordemeat du Nil pour 

pouvoir entreprendrequeiquesamelioralionscette aimee 

sur cet objet. 
Ce serait en vain, citoyea gen^ral^ que vous vous pix>* 

meuriez le plus l^«r succes k cet ^gard , au in9yeQ de 
la colonne mobile commandee par le general Dumuy* 
Pour purger le pays dans ]e triangle de la mer , du Nil 
et du canal; pour assyrfsr k conunilnicatioa par tore a 
travers le Bahir^ , il ne faudra peut«^tre rien moias 
qu'une division de irois d^m^brigades et de trois escA-^ 
droBs : eneore. aura-t-elle bien a faire vers le moisd^KS* 
tebr^ :^ de novembre^ o4 les Arabes, dit-on ^ se riu- 
nissent m un iKunbre prodigieux. Vous ites entoure; 
g^nera)^ de gens qui .eon&afesesKt parfaitement le pays 
el qui vouadonaeroat les details dont je medispense de 
vous entreteoir. KxEBsa^ 



Mlil0 , le i3 theriniiioc «i 6 ( 5i juUlet 1798)* 

jiu general Bonaparte* 

'■' i, . . . 

t' Depuis Totre depart, genetal y la eommiasion n'a yts 
vpotts perdu de 'vna fias les lies de Make lA du^iQqsls 
Ydusdoiventiisiir liberty y que vous nous aiiea iaissiei 
dans le eoiimandaat en dief Yaulms^ un g4oecal ^ci^ 
tpfm qui a su seebnciJtcil:^ a la Ibis^ et la ^tiMfeaoe: ^ 
foldat Jet JTamQur du peupte sialtttSi 



^Qjoele comxaUsajre ,4fi gqun^raepeot fras^iJs^ ami 
zeledesgiandsprtiicip€ss autfldit qtie de totr^ gloire, est 
leflwibftaii^ c[ui guide et dirige soa pa$ dans I« a^uveUe 
mais coDSolaate carriere ou vous u^vts ay^z places* . • 

Que si nous avous fait quelque biai, hous le de^ 
v:qm, d'uQ cdcea l!appui et ijt la confiaac^ d«L genaral 
VauLois , et> de I'autre, au zele iafatigable du com-^ 
missaire Regiiault(de 3amt-Jeaa d^Aiig'i^. ) 

Qu'enfin c'est Tesperance de Theureux adobes de votre 
expedition d^Egypla et ie d^ de vous revoir ineessain- 
ment , non-fseulenient tspiivert de oonv^ox . lauriei^^ 
dans VOricnt , si le p^rfide Aoglais ose tous y wiyre, 
mais vain^ueur dana bos parages , s'il avak la irndsit^ 
d^e.TOus 7 aaendre, qui nous aDiment et fious enoouva^ 
^ent a remplir nosdevoirs. Les douze a^uaietpaiitea^ue 
vous avezinstituees sont en pleine activity etntms secoft^ 
dent de tpus leurs efforts. . . 

Les juges de paix sont enplein ex^cke, et leur fi^is* 
tke^ plus utile que celui des .prdtres, etqui etaitat^mdu 
avec empressement , va rendrela securiteamc lahmtmi 
habitans des campagnes. J^es mesures sQqt prises ^ur 
activer et surveiller leurs foaiDti<ms de^iawaiiere a ce que 

Ij^ peuple en retire le double avan^tage^ de detester l!«8r 
j^itde chicape, de Ijenir lai?epi*bliifaeetJ5o»apai*e| 

qui I'en auront deli vre. . . ; , * 

Les tribunal ciyU* et crsn^nals vi$p«i|nt d'etre mis 

en activite. 

La garde civique , ftablie seloto vos prdres, fait regu- 

lierement son service, tant a la place pour la reserve, 

qu'aupres des principales autorites constituees. 



434 COtUtlSSt^OfmANCK 

Lcai couvetaSj trop multiplies , sont rednits a nn ^ 
chaqiie ordre *, les juridictions abusives' et aatisociales^ 
del'ev^ue et de Tinquisiteor sont abolies , et h partie 
essentielle de leurs arduves Va se fondre dans les ar^ 
chives nationales. 

Les fotirnitutes pour le easememeitt des troupes et 
le logement desofficiers ^ dem^e que la repartition de 
la taxe palriotique pour y subvenir, sont sur le point 
d'etre terminees. 

Unenouvelle administration de runiTersite, ctiargde 
de TapproTisioimement des grftins^ basee sur des prin- 
cipes r^generateurs , va It la fois , et tranquilliser la ca- 
pitale ua moment alarms, et assurer Tapprovisionne- 
ment de cette place , de maniire a ce que la republique 
ne puisse avoir rien k craindre de la' part du cupide et 
c<Mrrupteur anglais^ 

Un tribunal de commerce va ttre etabli soils le nom 
de tribunal consulaire, et les negocians sent tous con- 
Toques pour elire, sous la direction du gouvernement^' 
ks cinq juges dont il doit toe compose. 

Un journal, r^ge dana le meilleur ^prit, va paj 
taitre pout remplir le double but de celebrer dighement 
vos ulterieures et glorieuses entreprises i et d'eclairer le 
peuple maltais sur lesavmtages de sa reunion a la 
France. BoaaEuoir RAHssukt, 

Ptindent de Vuimmstrathn de JBtfalie* 



Au qiiar tier-general h Alexandric^ le i5 thermi^or an 6 
(a aoiit 1798). 

-jia gSniral Bonaparte. 

ftier 3oir, tkoyen g6riefal, vets un^ hcure ct ^emie 
epres mtdi> on vint m'anaoircer que I'on avait signale 
iquatopze vaisseaox anglais ! )e taontai sur la terrasse^ 
d'ou je pus les distioguer. lis Venaient vent arriere et 
routes voiles dieltos; de mani&e 'que , lorsqwe j'arrivai 
fid fort dnPkare, deux de ces vaisseaux se tttmvaient 
de]A«n travers k I'eutree in port vietix , mais cependant 
iioi's de portee. Apres en avoir examine Tetat, its con-^ 
tiau^rent letir voute pour Aboukir : ils y arriverent sur 
les. six hentres et demie , et engagerent aussitot le com^ 
hat : il fut terrible. Vers neuf beures, le fen prit a ua 
MtifloieM;^ x[ui sauta unehcfure "apres. Cet evenement 
=suspeadit I'action pendant quinze minutes , tipr^ qudi 
«Ue recommenca avec moins de vigueur qu*auparavant , 
«t cependant dura jusqu'a trois heures du matin : le feu 
alors tsessa totalement. A qiiatre henres, ^e me rendis 
sur la hauteur de robservatoire avec le citoyen Duma- 
fipir et le citoyen Nonet astronorae , qui y porta sa lu- 
nettev. Nous vtines assez distinctement les deux flottes; 
Tune et Tautre etaient en desordre. Vers cinq heures et 
demie, la canonnade recommenca, et vers sept heures 
on autre bktiraent sauta : le feu cesse encore. On pre* 
sume que Ton se repare de part et d'autre pour recom* 
tncncer sur nouveaux frais ; jamais il n'y aura eu un 
combat plus Qpini4tre> II semble fitre chfz fe-Angy* 

CCTPXE. I* ^S 



434 CORIUESPOirDANCE 

Tefiet du desespoir. Je ne puis Tons donner d'autres 
eciaircissemens : Aks que je saurai quelque chose de po- 
sitif , je ferai partir un de mes aides-de-camp. 

Le citoyen Dumanoir a envoye, pendant lanuit, en- 
viron I9100 matelots de renfort a I'escadre : 5oo s'j 
font rendus par terre et je leur ai feurni une eacorte de 
3o chevaux et 1 00 honimes d^iafanterie , 8»U8 les ordres 
du commandant de place Ini-meoie; ils etaient arrives 
ce matin avec le jour, et nous avons va des bateaux 
allant les chercber de bprd a terce. On ttaraille aux bat-^ 
terics. incendiaires a ia poiiite des Fig^uiers et au fort du 
Pfaare, pour proteger le port^ au cas que TeDiiemi vouIAt 
entreprendre quelque chose a son retour. 

La marine ne neglige rien non plus pour le biett 
recevoir. ILubbr. 

Ap fort (VAbQuIur) I« i5 tkermkferan ^ 
(2aout 1798). 

jiu general Kleber. 

Cest avec la plus vive douleur ^ general , que je vous 
annonce la presque destruction de notre malbeureuse 
escadre. Le vaisseau VOrient fut bruie bier soir ; ce 
matin 9 le fen a pris a la Diane. Plusieurs vaisseaux sont 
totalemeiit demates et pris , de maniere qu'il nous reste 
encore y je crois, cinq ^ six vaisseaux ou fregates, qui 
bientdt seront au pouvoir de Tennemi ou brules. Tous 
les matelots sont decourages et fuyaient a terre; ceux 
^ue nous avons conduits ne voulaient pas s'embarquer : 
il m'a faUu emjdoyer la force pour les y contraindre. 



INEDITE. 45$ 

Les Anglais ont coupe la ligne a notre escadre, et se 
sont mis cinq contre un , de mauiere que Tun aprhs 
Tautre tous ont ete battus en detail. L^ennemi a aussi 
eprouve quelques dommages •, mais je vois notre escadre 
detruite. Je vous porterai des renseignemens ulterieurs, 
iH jc jmis m'en procurer. 

II faut prendre des precautions pour que les Anglais 
ne viennent pas mettre le feu au convoi qui est dans k 
port d'Alexandrie J car c'est, dit-on, ieur projet. 

Ce fort n'a aucun moyen de defense : point de ca- 
nonniers pour servir les pieces, point de virrcs et pres- 
que point d*artillerie ; d'ailleurs , sa situation ne sert pas 
de grande garantie a la rade , puisque tous les vaisseaui 
sont hors de portee. II n'y a de 1k>q dans ce fort qu'une 
piece de a4 ^^ ^^^ ^^ ^7 point de bons affuts, beau- 
coup de poudre et pen de boulets de calibre. 

Yoila, general, le rapport succinct que jepuis vous 
faire. Je vous expedie une djerme pour vous apprendre 
DOS malheurs. Je compte repartir ce soir pour retourner 
h. Alexandrie conformement a votre ordre. 

Recco , coloncL 



Alexandrie, le i5 thermidor an 6 ( 2 aoiht 1798 ). 

Au general Bonaparte. 

Mon aide-de-camp vous rendra compte du malheuf 
qu'eprouva notre escadre. Votre presence me semble 
^tre necessaire ici dans uue telle circonstance, vous nm 

sauriez y etre remplace. 

2H. 



436 CORRESPONfiANCE 

Je vous transmels le rapport sur Ics eveneinens dea 
journees des i4 et i5 ihermidor, dans Tarmee nSivate, 
qui m'a ete envoy e par le coutre-amiral Ganteaume. 

Kleber. 

Happott sur Tes ei>enemens desjonniees des i^et t% 
tlwrmidor dans Varmee nai^ale^ 

Dii i4au i5 a detix heures el demic dtt soir, le vais- 
seau VHeureux signala douze voiles au O. N. O. ; nos 
vigies les apercurcnt en meme temps *ct eh compterent 
successivement jusqu^a serz^. On ne tarda pas a recon- 
xia)trecesbatimeiisponrQ*A6 escadre enn^mie, coidpose^ 
de qiiatorze vaisseaux de ligne et deux briks. 

Cette escadre s'avanca sous toutes voiles vers le mouil- 
lage del-armee, et, apres^voir dotme uft grand lowt 
aux brisans qui bordent Hie , elle avait tenii le vent , 
diminue de voiles et annonc^ le desffein d'aUaquer 
I'avmeek 

Les signaux preparatoires pour le combat avaient 
eu lieu, et les fregatesou corvettes el les avisos avaienl 
eu W'dre de verser leurs equipages a bord des vaisseaux i 
A cinq heures Irois quarts , la galiote Vticrcule et 
la ballerie de I'lle commencerent a jeler des ^ombes 
6ur les vaisseaux avances de I'escadre ennemie. 

A six heures, les deux avant-gardes ise canonnaienti 
tJne partie des vaisseaux anglais sous petite voilure 
doublala tele denotreligne, etvint prendre unepositioa 
de mouillage et d'embossage de terre a nos vaisseaux , 
tandis que les autres mouiilaient a une portee de pislolet 
de Tautre bord. IPar cette manoeavre, loutenotre avail t- 



INEDITB. 457 

gacftle et le centre jusqu'au toumant se troiiverent- en* 
-neloppes. ' 

, Deux vaisseaux enuemis, en executant cemouvemeiit^ 
avaient echoue. On se battait des deux^bords avec la* 
plus grande opiaiatme. 

L'amijral, au commeucemem de I'action^, etait sur la 
dunelte avec tous les officiers de la majorile, Tordon*^ 
uateur de rarmee et une vingtainedepersonnes faisant 
la fusillade: c'etait touttie queaous avians pu rassem- 
bier pour la mousqueteri^. Les personnes clestinees k 
etre sux le gaillard avaient ete envoyees par Taniirat 
dans la batterie de douze, ou. il inanquait pins de la 
moitie de son armcment. 

Apres une heure d'action , le general fut blesse stir 
la dunctte par deux fois a la figure et a la main ^ et peu 
de temps apr.^s U fut reverse et tue par ua boulet, 
ou les gcands eclats, qui convraient tout le gaillard ;• Its 
fyu ctes batteries de vingt-quatre et trente-six conti- 
nuait cependaut avec la plus grande ardeur; mais^ 
obliges^ a nou5 battrc des deux bords , on avait aban- 
donne celle de douze^ 

Le Franklin, et le TomiaHt, nos deux niatelots 
d'avant et d*arriere^ etaient dans la mdeie position qu9 
Qous, pris des deux bords par la tranghe et le bossoir^ 
Deja Ic T^isseau enneml qui etait par notre travers 
a stribord , ayait cesse son feu ,. et ne tif ait que quel- 
ques cpups a^ de longs intervalles ; mais, obliges a nous 
difendre coutre deux qui nousf comhaltaient par la 
trancbe de bas^bord et le bossoir de stribord , je venaia 
de prendre uAe meilkur^e position^ en. filant du c^ble 



458 CORRESPONDANCE 

et rappelant sur le cronpia, afia que les canons fusseirr 
diriges sar ceux qui nous inquietaient le pins , qaand 
I'apercus tout k coup une explosion et le feu sur la, 
dunette. 

Le capitaine de vaisseau Casabianca, son capitaine 
de fregate, etaient depuis quelque temps au poste, etant 
Fun et I'autre dangereusement blesses. 

J'ordcmnai alors de cesser le feu des batteries, de 
faire monter tout ie moiide sur le pont pour eteiadre 
celui de la dunette ; mais les pompes etaient brisees par 
)es balles , et les seaux r^nverses et couverts de debris r 
dans le tumuhe , mon ordre ne s'executa qu'en partie. 
Peui de monde monta sur le pont ; Tincendie fit en pea 
de temps des progres desesperans , et nous avions peu 
de moyens a lui opposer. Nos mats venaient de tomber, 
^t bientot je ne vis plus de salut pour le vaisseau, le 
feu ayant gagne tout le gaillard et la batterie de douze ; 
celle de trente-six^ malgre mes ordres, continuait a 
tir«f avec beaucoup de vivacite. 

Dans cette cruelle position, je renouvelai Pordre de 
cesser entierement le feu, et celui anmaitre calfat d'ou* 
vfrir les robinets pour noyer les poudres. Tout Tequi- 
page alors se jeta epars dans Peau par les sabords , sur 
les debris dont la ra^ etait couverte. Ayant voulu pour 
la derniere fois remonter suiUe pont, je trouvai le feu 
dans la batterie de viagt-qnatre et tout lehaut embrase. 
La batterie de trente-sax etait deserte, et tout le monde 
etait dans Teau. Etant »lors venu au sabord de retraite, 
je trouvai moyen de me jeter sur un grand debris dc 
la galerie au-dessogsdes fiammes^ et je parvins a saisir 



INEDITE. 43f 

119 cAoot , ou et^ient Xxente et quelqves fioaiaee fui ne 
pouvaieot se degager du vaisseav : upces qudques ef- 
forts, nou$ parvlnm^s .cepeadant a isolerce canot^ et ooui 
allame^ au gre de la lame. II me fut impombhy aiosi 
que j'^ eus le de$$.eijQ, de xoe refugier a bord £^ 7b/i* 
nai'f, nptre xoatelot d'arriare, 

fj'Orientf embrace daas toua ses quartierSy s^vta eyi 
I'ajr a dix heures et demie, environ mte d^ioii-beur^ 
apres que qous I'avions quitte. . 

Les arme^ &e battirent to^it^ la nuit, et n'avaieat 
ces$e ,un instant ^ au momeat d^ Texplosioo , que pour 
repr^ndre apres, 

Nous ec$»|t d^gage3 des debris dont I9 canot eleut 
coviyprt, flpj^i;? pArvliwes a armer des avijrous, et, an^ 
jour J x^o^s nous (rouvlemes sou& le vent aux deux ar« 
mees sans pouvoir joindre aucun vaisseau. 

Cl'^»t alor3 que ].e pus juger Qlairemeot du resultat 
4e c^lte fa tale affaire. Les six vaisiseaux de tete jusqu'a 
POri^Jit ^aient debates et rendus a reanemi. Ces vais« 
seaux euienl le Guerrwrp le ConquSrwity le Spar^ 
tia^ f VJquUQJi > le Peuple Souvcrain et le Franklin ', 
ce deroier e( le Sportia/te conservaieot leur wi de 
ijptisdine. 

fJHeurei^ et Ik Atermre etaieut echoues, et ils nc 
piWcaissaieiHL pa? ayjpir ^jifiert ; ils avaient leur pavilr 
loa bau^ j et leur mature paraissait iutacte. 

fje Guillaafne^Tell, le Genereuao et le Timoleon 
etaient egaleroeat en bon etat avec leur pavilion. 

Quelques Vcisseaux eanemis aysuat pris une position 
avantageuae pour <;onibattre par I'arriere les dtux vais* ' 
seaux echoues, les forcer eiit d'amener^ 



4^a COftRESPONDANCE 

De3 quatre fregates que nous avibns dans Tarmee^' 
deux, la Diane el lajtistice^ etaient reuaies aa general 
Villeneuve, elles me paraissaient en hon etat; fe Joik^ 
nant^ deroftte de tons mats, etait anpr^s de cette division. 

La Serieuse et VArthemise etarent ecbouees : a deux 
heures, VArthemise brfiiait; les equipages des deux 
Etaient a bord des vaisseaux^ et ce qui leur restait est 
a terre, a I'exception dii capitaine de la S^rieusey qui 
est prisonnier de guerre. 

Les emiemis avaient deux vaisseaux demates 9 un 
qui n*avait que son mat de misaine , un ^cboue , et tons 
etaient endommages. Je tentai pendant la matinee j mais 
en vain , de joindre undes batimens de la division j et, 
la mer etant grosse, ce ne fut qu'avec peine que je pus 
reitssir h joindre le brick k Sataminej mouilte auppes 
du fort d'Aboukir. 

II etait alors midi et demi ou une Heure. J'ordpnnai 
de suite an capitaine de ce batiment de me conduire a 
bord du vahseau ie Gtdllaume-'Tell \ mais le general 
Villeneuve y appareiliant en meme temps avec te Gem-- 
reujCy la Diane el la Justice y et poussant au lai'gtt 
sous tOHles voiles, je pcrdis Fespoir de le joindre. 

Le Timoleon^ ne suivant point ce general, avait 
ecbotie volontairement avec de la voile. Au moment oil 
i*ecris , j'apprends que le capitaine de ce raisseau , apres. 
avoir fait sauvertout son equipage, rokxoe fes blesses,. 
» hncendie le vaisseau. Le sort du Ihnnant m'est in^ 
connu , je Tai laisse k flot demllte de tons mats. 

Ptusieurs ennemis qui, pendant la matinee, avaient 
eanenne notre division ;i redsoublcrent leui feu a sox^ 



JNEDITE. 44i 

appare^dge. Ua seul vaisseauetait sons voile. Je voulus 
arreter Ics notres dans leur marclie et donner le temps 
a deux autres, qui mettaient en meme temps sous 
voile, de la joindre; mais apres une canonnade tres- 
vive et dans laquelle ce vaisseau me parut avoir beau- 
coup souffert, il prit le bord a contre, et revint au 
mouillage : les deux autres se bornerent a leur appareiU 
lage , ils ne poiirsuivirent pas notre division. Sur le soir, 
ils etaient an mouillage , quand les notres etaient bors 
de vuc de terre. 

Alexandrie, le i5 ihermidor an 6. 

Gaitteattme. 

A bord (la Franklin, le 1 5 ihcrmidor ao 5 
(a aoiit 1798}. 

Proces verbal du combat du i4 themddor^ soutenu 
par le vaisseau le Franklin, commands par le contre^ 
amiral Blanquet^ commandant la deujcieme esca-- 
dre, faisantpartie de VarmSe mix ordres de rami" 

. ral Bruejrs, mouillee dans la rade du Bequiers. 

A trois lieures de I'apres-midi , Taroiral signala Par- 
mee e^nemie, composee de quatacze vaisseaux ^ quelque 
temps apres , il fit le signal que son intention etait que 
Tennemi combattU a Tancre. 

L'annee francaise, composee de treize vaisseaux ci* 
apres denommes : 

LeGuerrier, leConqtwrant^ leSpartiatejTAqui* 
ton, le Peuple Souverain^ le Franklin , t Orient , fe 
Tonnant, VHeureuXy le Mercure , le GuiUaume^ 



4i% CORRESPONnANCE 

Telly hs Ginereux,le TimoUon^ let^idaotfillee enligae 
<le bdtaiUe Hsw Tordre iodiqua paries imineips^u S. E., 
Ue des Bequierft, dit^ Tl^icueil, ^ affour^b^fi ]X. 77- O, 
ej? S, S. E. 

D'apres le signal d^ Tamiriil , que t'armee eowbaf -^ 
trait a Paocre, elle s'einbossa et fenna vne ligoel^.Of 
et S. E. 9 ies vents etant alors a la partis du jN. If. 0„ 

L'amiral fit alors le signal de mouiller uni^ sfx:oQ4<9 
grosse ancre, A cinq beures , rjarmee anglai^e i9aai£iivni 
pour couper la tete de notre ligne : aussit6t la bacterid 
qui ayait ete etablie sur TEciieU po|iF d^feqdre W l^te 
de rarmee IVapcaise, lanca quelques bombes infruc- 
tueuses. 

Cinq vaisseaux anglais passerent a la gauche de la 
tete de notre escadre , tandis que le reste attaquait la 
^ojte : ils avaient uiie ancre a jet a la trame , qui lepr 
doonait la faeilite de ae le^ir cinq a six vftisseaux sur un 
des notres. 

. A ^ix heuF^s, un £su tres*-vif s'engagea : a mi heares 
et demie le Franklin oox!Q!im,w% le sien ; a eept beures, 
il fut attaque par la joue de babord par trois des cinq 
YaiseeauK qui avaient cioubie la tete de la ligne, et par 
la joue de stnbord par deus vaisseaux qui la pro*- 
bog^eaient. 

A la meme heure , le vaisseau amiral coniraeBeA sou 
feu par stribord; a huit beures, le gei^ral Blanquet 
fut blesse dangereusement et porte au poste. 

Vers Jes kuit beures et demie, lePremcklin fut demate 
de tons mats et deriva sous le vent ayant eu ses cables 
ceupes. Alor« Ies trois vaisseaux qui nous altrMjuaient par 



INEDiTE. 445 

la joue Ae babord , s'approchereDt ie nous h portee de 
pistolet, taadis que les deux autres de stribord faisaient 
la in^me manoeurre. Un sixieme vaisseau prit la place 
de notre matelot d'avant , et , s'etant embosse, nous en- 
voyait la bor>dee de Pavant en arriere. A neuf heures, 
. le feu prit a bord de notre matelot d^arriere ( V Orient) i 
alors le vaisseau qui etait embosse, passa par Tabord 
pour s'embosser sur notre arriere, ou il fit un feu tres-vif. 

A neuf heures et^demi«, lecitoyen Gillet, capitaine 
de vaisseau, fut dangereusement blesse et porte au poste: 
le capitaine de fregate Martinet prit alors le comman- 
dcmeot. 

A dix heures, nous fftmes deroates du grand mat et 
du mat d'artimon, et la deuxieme batterie fut demontee : 
tout le monde descendit alors a la batterie de trente-six. 

A dix heures et demie, les grenades et les boulels 
iuflammables de Tennernkmirent le feu dans le coffre 
d^ames, qui etait plein de cartouches , dans la chanibre 
du capitaioe de fregate et Sur la dunette : nous eftmes 
le bonh^ir de TeleindFe, e^ cet accident ne ralentit 
pas I'ardeur des canonniers. 

A onze heures , le vaisseau amiral sauta et mit le fe» 
•ur BOtre gaillard d'arriere : nous l^eteignlmes avec lo 
m^me bonheur. 

A ©nze heures et demie, n'ayant plus dans tout le 
vaisseau que trois canons susceptibles de faire feu , le» 
deux tiers de Tequipage tues ou hors de combat, et 
les six vaisseaux anglais mouilies a portee de pistolet ^ 
continuant le feu tres-vif qu'ils avaient toujours fait 
sur nous, nous amenames pavilion. Signe, etc* 



444 CORRESPONDANCE 

Au Caire, le f 7 thermidor an 6 ( 4' aoAt i 798 }'. 

Jtu general Bonaparte, 

J'ai coQSuIte le citoyen Magallon shf Ta {brinetioir di& 
la compagnie d*acbats que voos m'aves charge d'orga* 
fiiser ; il a era que ce projet serait d'un^ execution dif- 
ficile dans ce moment, a cause dela rarete du numeraire 
et de la stagnation des affaires. Effeelivement y ks mai- 
sons francaises a. qui je me suis adresse , ainsi que les 
negocians de Damas et d'AIep , n'ont pas voulu s'eii 
entendre. La roaison Pini, venitienne, est la seulequi aijt 
consent! a se charger des operations j m^is elle m'a re- 
pondu que ses moyens personnels et son credit ne lui 
foiiruiraient peut-etre pas dans ce moment tout le nnmer 
raire qui serait aecessaire, si les achats allaient a des 
sommes considerables; que dans ce cas, elle souhaitaU: 
pouvoir donner concurremment en paiement des mar 
chandises necessaires au service de Tarmee , qu'elle se 
procurerait de confiance chez les autres aegociaas ^ elle 
demande aussi quelques avantagea dans la rente ^ vu que 
les debouches sont difGciles. 

Voici mes idees sur la maniere de trailer. Toutes les 
marcbandises qui n'auraient point ete usees ou qui 
seraient en pieces., pourraient etre donnees. avcc un 
rabais au taux de la place; ce qui serait elabli par cer- 
lificat de courtage : ce rabais pourrait aller de cinq.e 
dix pour centj et serait unsujet de discussion avec la 
maison Pini. 

Quant aux objets qui ne seraient pas neufs,. ii& 



INEDITE. 445 

serflSeHtllvres d'apres upe expertise contradictoire ; moi^ 
ou tout autre, pronoacerais , si les experts n'etaient pas 
d*accord. 

Je pense comme vous, geoeral, qu'ii convient it 
Tlder les magasins et faire argent promptement. Jede^- 
isirerais que vous \issiez vous-roenie les chefs de la 
maison Pini, qui me paraU une dcs plus considerables 
de la placci. Sucy, 

III .1 ■III I l"! 

A bdtd du GatlUuine-Teli, k Ah lieutt sod da cap G«Uc]onU> 
k ao (Wmidor an 6 {7 ao4t 179S). 

iAu general Bonaparte^ 

tie bfict fe Salamine vient dfe me rallier ; je Tai ex- 
pedie a Alexandrie poU^ vous informer de ma position* 
f e n'entrerai pas dairs le detail du desastr e de Vescadre. 
Le capitaine Trullet, cootimaudatit le Tlmoleon^ et 
d autres ofBciers, out etc a portee d6 gagner la terre, et 
\'ous en aoront rendti compte; je Suis trop presse et pas 
assez prepare pour vous faire un retilaussi douloureu^i. 
Je me boinerai done a vous dire, pour le moment , que 
le i5 a .... heures du matin , me voyant seul , avec le 
HenereujCj les frcgates la Diane et la Justice , en etat 
de combaltre etde faire voile, etant canonne par les 
vaisseauxauxquels jenepouvaisriposter, et qui auraient 
fini par me reduire a la necessite de faire c6te , j'ai pre-« 
Jere roettre sous vt)iles , et essayef de sauvcr les debris 
de Tescftdrc en combattant sous voiles. Les ennemis 
6nt detache trois vaisseaux pour me poursuivre , mais 
, ils ont bientot revirc dans leiir escadi e ; un seal nous a 



44^) CORRESPOaDANCE 

donne et re^^ notre bordee, et je saissorti.de laliAid 
fuivi du Ginireux, la Diane et la Jusiioe. ie vais 
tacher de gagner le port de Make , ou je desirerais que 
vou$ voulussiez biea m'eQvoyer ros ordres. Je n'ai pas 
renvO} e la Diane et la Justice a Alexandrie j d'abord y 
daas ia craiate de compromettre deux batimens au^i 
precieux dans lacirconatance actuelle , et ensuite, daos 
Tespoir qu'ils vous seront plus utiles daus cette partie, 
pouvant escorter les convois que vous atteudez , et le 
port de Toulon etant entierement demuni de batimens 
de guerre. Je desire que cette determination de ma part 
ait voire approbation. Le Guillaume Tell et le Gene- 
rexjLX ont pen souffert dans le combat , les efforts de I'en- 
nemi s'etant portes sur la tete notre ligne et sur le cen- 
tre. Je vous adresserai de Malte un extrait de mon jour- 
nal, et vous jugerez de la necessite absolue du parti 
que j'ai pris \ neanmoins mon coeur est navre de cha- 
grin et de tristesse. 

J'apprends, avecun bien sensible plaisir, que le ge- 
neral Ganteaume a echappe a Tincendie de son vaisseau. 
ViLLENEuvE, coutre-anural. 



Alexandrie , le a3 tliermidor an 6 ( lo ao&t 1 798). 

udfii giniral Bonaparte. 

On m'assure, citoyen general , qu'un aide-de-camp 
que vous m'aviez envoye a ete pris par les Anglais dans 
une djerme. Je ne sais ou celle-ci vous trouvera , et je 
suis encore a recevoir une kttre de vous depui» votr^ 



INEMTj!. 4^^y 

depart^ ttiftpasidoti, c«p€ndant, e^ ^tuht^mexd di* 
licate: je ne codnaisni Totre secret , ni tos vues, et je 
ioi$ agir comme si feu etais instruit. 

Les Aaglais vieiidroat nous bombarder dans iios 
porta, et ils entreroiil sans hesitcr dans ces passes que 
DOtre marine ttoUvait dangereuses et impraticables. 
Nouaayona,ala verite, des batteries pour les defeiidre; 
mais ces moj^s sontbornes, en cotnparaison de ceux 
que dereloppera rennemi, qui parall avoir Tordre d6 
nousdetruire, dit-^il Sacrifier toute sa flotte. Dans toul 
k» caa^ riea ne sera negUg^ de notre part. 

Uu autre point beaucoup plus embarrassant , c'est 
de savoir si Tembargo peutetre teve ^ et notamment pour 
les bsktimens turcs. G)mme yousnem'ayezadresseaucuA 
cffdre rclativement k cet objet , et comme, apres la prise 
du Caire , le general Berthier a encore ecrit d'une ma- 
niere trb-divagatite au capitaiiie de k caravelle , je 
laisserai leg cboses dans Tetat actuel. 

Ekifin y citoyen general , il est instant que vous son- 
giez a etablir une communication solide par terrc : car, 
ind^pendattubent de la coirespondance , il faut encore 
proteger Tarrirage des eaux, ainsi que j'al eu i'bonneur 
de vous le mander. La colonne mobile du general Du- 
muj est aussi insignifiante qu'insuflisante pour remplir 
eet objet. 

Kous avons ici une grande quanttte de matelots; je 
vais en former une legion sous votre approbation : c'est 
le seul moyen d^ameuer ces bommes a la discipline et a 
lespriid'ordrej c'est encore, du c6te de la solde , dimi- 
auer beaucoup la depense, Je desunerai particulierc* 



446 CORRESPONDiHCK 

inent cette legioa a la traversee du lac ientre Rosette eft 

Abotilur : cela ne pourra sefaire avant quinze jours» 

J*ai recours , citQyen general , a tous les expedient 
iinagiaables pour me procurer de I'argeot. Je fais actdeU 
lement vendre du ris^ afiu de subveoir aox depenses 
du mots prochain: nous avons une snrabondance de 
ceite denree , et elle deviendrait un objet de dilapida-*- 
tion par la seule Incurie des administrateurs ; j'en 
garde pourtant assee pour rapprovisionnement de la 
place pendant trois mois. U est vrai que si les Anglais 
canonnent et bombardent le port , cette ressource sera 
detruite avec les autres i ils se servent de nos batimens 
pour reprer les leurs ^ etTon pretend qu'en ce moment 
ils en ont deja vingt, pr^tsa mettre a la voile. Ils peu^ 
vent done aisement sacrifier neuf ou dis; des plus mau- 
vais f pour remplir Icur but* 

E^n vous cnvoyant^ mon aide-de-camp ^ citoyen gene- 
ral , i'avais concu Tesperance que vous vous rendriei 
iciy et je vous attendais avec I'impatience que devait 
me causer la position ou je me trouve. 

D^apres le rapport qui m*a et^ fait bier par le capi^-^ 
taiae d'un bSitiment venant de lamer Noire ^ il parait 
^e nous allons avoir la guerre avec la Porte. 

KlEB£R» 



A Daipiette, le a3 ihcrmidor aa 6 ( lo aoiit 1 798 )» 

jiu general Bonaparte^ 

J*ai oublie de voiis dire dans ma premiere dep^che^ 
general ^ que je m'etais acquitte de vos ordres relative- 



INEDITE, 449 

Itaeht a la digue de Taraounie sur le Delta. II m'a paru 
que les boisages de la charpente n'ont point ete enle- 
ves ; j'ai cependant fait appeler les habitans du vUlage^ 
a cpii j*ai fait jurer qu'ils veilleraient a sa conservation. 
Quand des temps plus tranquilles vous permettront de 
distraire quelques troupes de points peu importans, 
il serait a propos d'etablir sur la digue ou entre les deux 
digu«s , car ie canal ferine une fois s'est touvert pluy 
bas, et 11 a fallu rccommencer Touvrage; il serait a 
popos, dis-je, d'y etablir une redo^te pour quelque 
temps. Au bout de deux ou trois annees, la riviere, 
qui a deja charrie depuis beaucoup de sable, aura defi- 
nitivement et a jamais ferme cette issue. 

A mi-cbemin du Caire a Damiette est la ville de 
Mit-Kamar sur la Terre-Ferme j elle est batie sur uu 
coude de la riviere, et aune maconnerieancienne et so- 
lide , qui faitl'extremite de ce coude , et rejette les eaux 
de I'autre cdte. S^il etait necessaire d'avoir , d'ici au 
Caire , un poste militaire, Mit-Kamar est le lieu qu'il 
faudrait cboisir; en rasant quelques miserables mai^ 
sons , Fon pourrait elever sur cette vieille maconnerie 
nncbatteriefermee, dont le feu peut prendre leprolon- 
gement du haut et du bas Nil. 

Vous trouverezci-joint, general, le plan des envi- 
rons de Damiette ; avec 1200 hommes et une depense 
de 100 louis, Fon peut rendre la presqu'lle inabor- 
dable entre le village d'Adly et le lac Menzaleh ou de 
Tehriys. Elie est tres-susceptible de defense en ce mo- 
ment a cause des risieres, mais il me faudrait un pea 
|>lus de monde ; car il faut surveiUer la ville et les bords 
s;gtpte. z« ^9 



^5o CORRESPONDANCE 

^u If 11 9 €t avoir du mondea I'embauchure de Damlettey 
k Tembouchure du Nil : il y a euviron deux lieues. Tous 
les ans la ciue du Nil charrie une si grande quantitede 
limon et de sable j qu'il se forme, a rembouchure, une 
barre qui ea iiiterdit Teutree aux uavires ua peu gros, 
jusqu'au moment oule fleuve etant dans toute sa force, 
le banc est enipgrte souvent ea moins de viugt - quatr^ 
Jieures. L'entree ordinaire pour les aayires est sur la 
rive gaucbe , quis'avance dans la mer beaucoHp moins 
que Tautre. Uentree du fleuve n'est defeodue que par 
une tour ronde, siti>ee sur la rive gauche, k environ cent 
toises, au milieu des sables. Cette tour est d'une ma- 
^onnerie assez epaisse^.mais la voute superieure me pa- 
rait peu solide et je doute qu'cUe puiss^ resister a Tef- 
fet du canon. Les murs sout hauts de trente pi^ds en* 
viron. 11 y a un magasin a poudre , et du logement pouv 
la troupe. Au pied de la tour est une balterie ronde, qui 
lui est adossee ; elle est en ties-mauvais etat. 

Une scconde tour est k la rive droite, k plus de douz^ 
cents toises de la premiere *, elle est isolce au milieu des 
-eaux de la n^r, qui a gagn^ de ce<:6te, et entierement 
ruinee. L'on voit au-dessus d^ cette tour , sur la riv^ 
droite , une batterie rasanle ; mais elle n'est plus recon- 
jiaissablQ qu^paf quatre pieces d'artillerie hors de ser- 
vice, qui, y sput. II exijsle en tout dix-huit pieces d'arul- 
lerie , j« ^oute qu'elles puissent servir. 

J'^i dpijine Tordre a roffici^'r du genie de faire reparer 
le plqs tot possible la lour de la rive ^ucjie; etd'eita* 
tlir ujaa baiterie sur la rive droite. Vi^l. 



INEDITE. 45 1 

Damictte, U a^ therondor an ^6(11 ao^c 1^98 ), 

^u ginSral Bq^napart^. 

He divan et la compagnie des janissaires sont orga- 
nises ici , ainsi qu'a Maiisoura; les Turcs sont fort tran- 
quiiles dans Tune et Tautre ville, mais dans celle-ci 
ii y a eu plusieurs fois de la fermentation, et Mansoura 
a ete plusieurs fois agitee par les Arabes. II y a a Man- 
soura 60 dragons pour la requisition deschevaux , et unc 
compagnie d'infanterle. Ces jours derniers, les Arabes y 
attaquerent un de nos avant-postes: tandis que la garde 
se repliait, un dragon fut tue d'un coup de pierre 
jetee par une fenetre \ ii fut reconnu que c'etaient quel- 
ques Arabes qui s'etaient introduits dans la vilie , qui 
avaient atteint ce dragon. Le divan se conduisit fort 
bleu dan^ cette circonstauce^ ainsi que les habitans ; plu- 
sieurs personuesontpourtant ete aiTClees. Ce petit eve- 
nement, joint a la lenteur que Ton apportea Texecution 
de la requisition des chevaux, me decida avant-hier a 
eiiibarquer sur deux djermes une compagnie d'infan- 
terie pour se rendre a Mansoura ; el!e etait a mi-che- 
mill quand quelques Arabes a cheval parurent sur I^ 
rive droite. Bientot apres , un plus grand nombre se reu*- 
Dir^nt a eux , et ils fireut feu sur les deux djermes , qui se 
jeterent sur la rive gauche. Les Arabes ;» embarquerent 
alors dans des bateaux , passereot I'eau au-dessous de. 
nos troupes, qui debarquerent aussitpt sur le Delta, ou 
bientot les habitans de deux on tfois villages furent ar- 
-mes de fu»ib; de lances et de fourcb^es, ^t vinrent a|tar 

29. 



45j correspondance 

quer nos So hommes, qui , apres leur avoir resiste qnel-* 
que temps et avoir epuise presque toutes leurs car- 
touches , firent leur retraite vers Damiette. Je leur envoy ai 
plusieurs bateaux , et iis sout eatres dans la ville comme 
lis en etaient sortis , et sans dtre apercus des habitans ^ 
lis n^ont perdu qu'un seul homme ; il y en a eu cmq de 
blesses , dont un officier, sous-lieutenant. 

J'ai expedie bier un expres au commandant de Man*- 
soura et j'aurai aujourd'bui sa reponse. Des que a5 ou 3o 
bommes seront montes , jc; ferai venir ici les troupes d^ 
Mansoura , je desarmerai ia ville , ce qui n'a pas ete pos- 
sible jusqu'a present; je requerrai encore quelques che- 
\aux y et j'enverrai desarmer les villages qui se sont sou- 
leves ; j'y ferai prendre des Stages et tous les chevaux 
de selle qui s'y trouveront. 

J'ai mis dans nos inter^ts, moyennant quelques mar- 
ques d'attention et quelques presens, le chef d'un vil- 
lage nomme Chouara, qui est sur Tistbrne forme par le 
^il et le lac Menzaleb. Ce village, que j'occuperai des 
que j*aurai assez de troupes, est sur la grande route \ 
et c'est le seul endroit par ou Ton puisse passer pour 
venir sur la presque lie de Damiette , les risieres qui le 
flanquent de Tun et Tautre cdte s'etendant jusqu'au lac 
€t jusqu'au Nil. 

J'ai encore envoye chcrcber ce fameuxchef des Arabes 
nomme Hacan Toubar , qui babite la ville de Menzaleb. 
Les personnes qui le connaissent particulierement m'ont 
assure qu'il se rendrait a mon invitation. Si ce scheick , 
que Mourad-Bey a toujours redoute , pent 6tre dans nos 
A&terets , je suis sur que toute incursion d'Arabes va 



INEDITE. ^b5 

cesser ^ €t que dous jouirons de la plus grande tran- 
quillite quant aux gens du pays. 

Le bruit se repandit hier quenotre marine a Alexan- 
drie avait combattu contre les Anglais , j'envoie a Ro- 
sette pour avoir des renseignemeusi. 

J'ai trouve ici un fort beau chebec sur le chantier ; 
on le construisait pour Mourad-Bey. II y reste tres-peu 
de chose a faire pour hve mis a Teau , et nous avons 
en magasin le bois pour les matures , et les cordages 
pour les agres. J'ai encore trouve dans cette rade un 
cliebec portant douze pieces de canon de petit calibre. 
Comme il y avait, dans les premiers momens, beaucoup 
de fermentation dans la ville, je crus devoir m'assurer 
de ce batiment autant pour m'en servir, s'il en eiait 
hesoin , que pour prevenir qu'on ne s'en servtt contre 
nous ; j'y envoyai done un detachement de troupe d'ar- 
tillerie et le commandant de la canonniere. II a ete re- 
connuque les pieces sont tres-mauvaises, quoiquepou- 
vant encore servir. On y a trouve un pen de poudre , 
environ quatre-vingt boulets et douze a quinze fusik. 
J'fti appris que le batiment appartenait a Djezzar-Pacha, 
et , reflechissant al'importance que cette demarche pour- 
rait avoir autant relativement aux babitans du pays , qui 
en concluraient que nous sommes en guerre , que vis- 
a-vis le pacha, contre lequel voiis ne voulez pent -etre 
pas vous prononcer ouvertement , j'ai cru devoir faire 
enlever dans la nuit la poudre et les boulets, faire de- 
jnanlibuler les fusils et restituer le batiment : ce que j'ai 
fait. J'ai dit au capitaine que j'ignorais que le batiment 
appartint a Djeszar-Pacha , avec lequel nous etions tresr 



454 CORRESPONBANCE 

bontJ amis , ct qu'on m'avait dit qu^il etait cfeargi^ ^e 
poudre pour Mourad-Bey ; ce que f'avais voulu veri*^ 
€er:puis^ comtne il est impossible qnc ce bitimenfc 
puisse •sortir du Kil avant un moJs , a cfcuse des vases ^ 
des bancs de sable qiiela cruedes eSttit a formes k ¥em* 
bouchune, j'ai assure h ce cdpitaTne que, qnand il vou- 
^rait partir, jc le iaciliterais par tons les moyens qui sont 
«a mon pouvoir. Cette esptee de restitution a faJt tttk 
^res-bon effet sur les negocians du pays , qui font imt 
Jilus grand cotnmerce avec la Syrie, et qui, pouTant ctoire 
que nous elions en guerre avec le pacba^ n^auraient ptt 
xien expedier. Cependant, veuillezbien me donnto vos 
ordres a ce sujet : dois- jfe rietenir ce b&timent , oia dois-^er 
le laisser parlir? 

J'ai envoye cbercher a Rosette les deux J^ifeces d'ar- 
lillerie. 

J'ai fait etablir ici lin hopital , ou il y a diSja trcnlc k 
quarante malades . II y en entre tous tes j ours ; k dyssentc- 
Tie nous mfenace, hier un capitaine en est moi*t. 

J'ai fait repandre votrfe proclamation. 

J'ai nomme une commission pour la r^h^tcbe des 
biens des mameloticks. lis ne seront pas,'je crois, tres- 
considerables* 

J'ai encore trouve ici le gouvemetir dete ville, qui est 
un vieux ^malnelouck ; on m'a assure qu'ils'etait toujouri^ 
bien conduit. Je lui ai retire ses armes et je lui ai per*' 
mis de restcr cbezlui jusqu'a nouvel ordre. Get bomme 
sera d^ailleurs necessaire, car il etait aussi douanier, et 
il a rendu compte des sommes qu'il a recues. Le second 
commandant, aussi mamelouck, estrest4^ II s'est rendii 



mEDrPE. 4^55 

tFes-ntiTe pour ks be$oms de la ttdx^t ; ^ ifie suis con- 
tente de le faire desartnerv 

J'ai eerit an cit(>3neii Blanc k Atexandri^ pt)iir I'eta-- 
bUssement d'an lazanet ; mass cnfome noBS somvacs un 
peu kniiy j'ai dejk dboisi ud local propr^k cH etabtis* 
sement, et j'^n ai doting la direction a itn fiiedecki pie- 
montais ^ni habite la Tus^vie d^p^iis plttsi€urs atii6'e<es ,' 
et Damiette depuifr qiaatre uaeis. Get faomme nou^ est 
fort utile pour Phdpital. 

J'ai fait rceo&nakre k notiveau douanfer, et j^'ai or- 
donne qtie toutes ieS impositions directes et indirectes 
fW^ent pergiuesGommea Tordinaire ; mais si vons voulesf 
queladouane puisne rendrequ^lquetihosie, tous deve^ 
meretirer IWdre dt ne rien kisser sorlir. 

J'ai deja eu llionneur de vous eerire que , dans la Syrie 
et la Caramanie, les esprits etaient fort Sigites; je m'en 
mpporte d'ailleiirs pour cela aux leltres que j« vous ai 
CQVeyees par le bateau charge de vin. Uon n'a encore 
apercu vers Pettboucbure du Nil aue«in de nos bSitimeaiil^ 
de guerre. Vial. 



Damiette , le ^4 (hermlclor an 6^ ( 1 1 aofit 1 79^)- 

}'avais deja ferme ntx paqnet quatid j^ai rcgu la re- 

ponse du scbeickdes Arabes ; votts la tix>uvere£ ci-jointc. 

II m'a envoye dire de vive voile qp'Ibrabim-Bey etait 

a Becbemont avec looo hommes, et que sa femme etait 

a Koraim ; quTbrahim-Bey etait parti il y a ciuf ob si* 



456 CORRESPONDANCE 

jours polir se rendre vers le Cake^ sntis cp'il etait re- 
tournebientot apres ; queles mtsdisaient qu'il ayait et^ 
intimide par la rencoatre des troupes fraacaises : d^au- 
tres , qu^il avail craint pour sa femme etses tresors, qu'ir 
avail laisses sous la garde de niiUe homAies, aysQt ap- 
pris qu'il y avail wol mouvement parmi les Arabes , sur 
lesquels il a eQeclivement fait prendre quelques otages ; 
qu'il (le scbeick) mWraitdese rendre aupresdemoi si 
je I'exigeais , mais il pensail quil pourrail m'elre plus^ 
utile dads la circonstaoce en restant la-bas. Je kii ai 
repondu: « J'airecu voire lettre,delaqiielle]esiiis tres- 
(c salisfait , voire porteur m'a fail part du resle ; songez- 
«r que la parole d'un Francais est sacree, el que quand 
<( je vous ofTre Pamitie des Francais vous pouvez y comp- 
u ler. Noire cause est commune ^ nous devons travailler 
<t de concert a chasser les tyrans de TEgyple, el contrx-^ 
« buer au bonheur du peuple autanl que cek dependnb 
« de nous. Restez chez vous tant que vous le jugerez k 
V propos el avantageux ; inslruisez-moi de tout ce qui 
« se passe el venez me voir des que vous le pourrez. » 

Vial. 

Alexandrie , le a4 tBermidor an 6 ( x i aoac 1 798 }. 

jiu gineral Bomipurte^ 

Td\ &ur voire stole y citoyen general , sur voire exis- 
tence des inquietudes que beaucoupdepersonne&par- 
tagent. Comment se peut-ilen effet que, depuistFeote* 
cinq jour:> , je n'aie pas re^u uai mot de vous ? La moi- 
iie de me^ lellres s'est perdue sans doule j mais^ vqus ea 



IKEDITE. 437 

«rez au moins recu une partie. Donaefr^&ol, je vati$ 
jen conjure, quelque signe de vie. 

II court sur I'armee differens bruits que jc cherche 
k detruire , et qui cependant font quelque impression ; 
iin mot de votre part rassurererait tout Je monde , et 
Yotre presence, malgre nos maOxeurs, nouscomblerait 
de joie. 

Je me sers, pour vous faire passer celle-ci, dela com- 
munication par lerre : le general Dumuy est a Abou- 
kir ; le capitaine de vaisseau TruUe, ecLippe de Timol- 
cou, Passlste dans retablissement des embarcations ne- 
cessaires a la traversee du lac; car il faut renoncer a 
correspondre desormais par mer. Je ne concois pas 
comment le payeur a pu exppser des fonds par cetie 
voie J sans profiter de la nuit et etre sur de son capi« 
taine de scherme. II aurait mieux fait de suivre I'avis 
que je Iiii avais donne dans le temps, de se rendre a 
Alexandrie , ce qu'il aurait fait sans obstacle ne pou* 
vant aller au Caire. Son obstination a n'envoyer aucun 
fonds ^ m'a oblige d'entamer de fort mauvaises affaires; 
mais c'est , en ce moment , le moindre de nos maux. 

J'ai rassemble ce soir un conseil pour decider quel 
parti i'on doit prendre relativement a la caravelle et 
aux autres batimens neutres , reduits par Tembargo a lui 
etatde misere affreux , et notamment ceux dontiescbar- 
gemens out ete frappes de requisition sans que la va- 
leur en ait ete payee; encore une fois, citoyen g^ral, 
en vous rendant ici , vous ferez cesser toutes ces lamen- 
tations. 

U est arrive bier aox Anglais ua reu^ort de trois 



458 CORRESPONDANCE 

fregates ; ils nurotit done incessamment Tmgt-six voiles , 
Don coiDpris les denx hricks. Unc lettre d'uD chef arabe 
de Damanhour , que j'avais Tail demandertci , m^appread 
^ue beaticoup de troupes destendent le Nii. 

Alezandiie , le a5 iherroidor an 6 ( x v aofit f ^^ ). 
u4u general Bonaparte. 

L'etat dans lequel )e me trouve me permet k peine de 
decrire Paffreux desastrc du i4 thermidor; cependant 
^prouvant j aatant que possible, le sentiment dOBlouieoH^ 
qu'il imprime , je crois ne pouvoir me dispenser de vou» 
f endre coropte de tout ce qui en est parvenu a ma con- 
naissance. 

Le parti en ^tait pris , nous devions attendre Tennemi 
ftu mouillage; toutes les mesiires prises pour la defense 
de I'armee navale avaient assis le^ esprits dans \\n tet 
etat d'assurance, que ^opinion etait gen^ralemenl pro- 
pagee, ou quePennemi n'oserait nous attaquer , ou que, 
s'il arrivait jusqu'a ce point, il serait vigoureusement 
repousse. Fatale securiie, qui etouffait en nous le sen- 
timent de Tenergie des autres. Si vous eussiez ete pkis 
pres de nous , mon general , toutes les incertitudes qut 
' nous assiegeaient , soit par le manque de vi vres et d'eau , 
sott par rinsuffisance de nos moyens offensife et defen- 
61 fs en hommes exeices a vaincre, eussent cesse. LV 
miral, dont la fin a ^te aussi honorable que touchante, 
aurait pu se decider , comme si Tennemi eut ete pres 
de nons ; mais ce qui Penehatnail 'etait le respect reli- 



INEDITE. 459 

gient qu'ii portait a vos intentions , qui , mretit iDtej> 
prelees sans doute, quoiqwe ne reccvantp^sdc vos nou«- 
velles y devaient le porter a quitter ces bords , oil Im 
mine de l^armee navale ne potivait manqaer d'etre goi>- 
sommee par le peu d'abriqu'ils lui ofTraient, soit contrc 
I^s attoques d'un ennemi superieur, soit contre les a^ 
teintes de la prothaine saison. 

Enfin , mon general , le 1 4 thermidor , k trois heures 
de Tapres-midi , un des vaisseaux de Pescadre signala 
I'enemi au norabre de quinse bat i mens , dont qua torse 
vaisseaux et un briok : Tamiral fit.aussitdt le signal qnft 
son intentioti etait de combattre a I'ancre; l-annee 
fran^ftise^ embossee sur une ligne IN. O., et S. E.^ 
eyant sa tete aU S. E. , et a une demiJieue an moins do 
rtle des Bequlers, etait rangee dans Tordre ci^apres: 

ie Guerrier, le CoJH/uemHi, le ^mrtiate^ I'Aqm^ 
hm^ le Peuple Sou^enuRj le Fmitklm^ V Orient, l& 
Tonnant^ VHeurcujc, le Mercwre^ le Guillaum& 
JhU^ le Gefwrfusr et le Timoleon* 

Les vents etajeut dans 1» partie duN. N. O. , et Ta^^ 
miral , qui , d*abprd avait fait gr^er les vier^es de per- 
roquet ^ fit le signal, en voyant approcher Tarmee an« 
glaise^ de laouiller ^ne seconde grosse ancre. 

A cinq heures^/ I'ennemi manceuvra visiblemenl pour 
passer en avaut du premier vaissseau de notre ligne : 
aussitot la batterie de deux morti^s qui avait ete eta«- 
blie sur I'eceuil , lanca quelques bombes , mais aant 
succes* 

Cinq vaisseaurx anglais passerent a la gauche de Im 
tete de rarmee francaiae , tandis que le r«»le dirigeoit 



46o CORRESPONDANCE 

son attaquesur la drolte; ils avaient une ancre a jet en 
remorque , qui leur donnait la facilite de porter le feu de 
plusieurs de leurs vaisseaux sur un des ndtres. 

A six heures , un feu tres-rif s'engagea de part et 
d'autre k portee de pistolet; a six heures et demie, le 
Franklin Gommenca le sien , et , malgre Tattaque supe- 
rieure dont il fut assdilli , par la faculty que les Anglais 
s'etaient reservee de manoeuvrer, je dois a la verite de 
declarer que tous les of&ciers sous mesordres , et Tequi- 
page qu'ils dirigeaient , remplirent avec sncces les in- 
tentions de leur chef. Jusqu'a huit heures , je puis cer- 
tifier que le feu d'aucun vaisseau ne pouvait etre mieux 
dirige ni plus nourri quexelui du Franklin ; tout y 
concourait avec energie, et c'est alors qu*on eAt pu dire 
qu'il etait bien malheureux qu'avec de tels avantages , 
ch outre de sesqualites personnelies , ce vaisseau ne fut 
pas a la voile pour donner essor a quelques-unes des fa- 
cultes qu'on celebre si souvcnt parmi nos ennemis. 

C'est a cette heure que je dois m'arreter pour des 
comptes a rendre. Le sort m'avait jusqu'alors epargne 
malgre la chaleur et la vivacite du feu d*artillerie de 
toute espece et de la mousqueterie de Tennemi ; mais 
je fus attaint au milieu de la figure , et je tombai sans 
eonnaissauce ; je fus portc au poste des blesses , et la, 
ayant repris unpen mes esprits , ma douleur se djrigeait 
toute entiere vers le sort qu'allait eprouver Parmeeifran- 
caise; j'etais dans un tel etat, que ne je pouvais plus 
esperer de rendre utile a mon pays les facultes qui me 
sont communes avec tous les hommes ; je reclamais a 
cbaque instant la connaissance des moindfes circons- 



INEDITE. 46t 

tadces q\xi nous environnaient. J'eocourageais a la de« 
fense; mais les resultats out prouve que je n'avais pas 
besoin d'encouragerceux qui m'avaieut remplace au 
commandement du vaisseau. 

A neuf heures ct demie, le citoyeuGillet, moncapi- 
taine de pavilion , fut blesse grievement dans plusieurs 
parties du corps ; le citoyen Martinet le remplaca, et vit 
termineif , etant lui-meme blesse , cette lutte a laquelle , 
vu le systeme arrete, il n'y avait a opposer que courage 
el devoAment. Pendant cet intervalle^ qui fut marque par 
le combat le plus acharne et le plus desavantageux pour 
nous, le Peuple Souverain ayant ces cables coupes, 
tomba sur la gauche de la ligne , et par la laissa a 
un vaisseau anglais la faculte de s'entraverser sous le 
beaupre du Franklin : il etait alors huith^ures et demie. 
Pendant tout ce temps , le feu avait ete trois fois a 
bord du Franklin , et trois fois il avait ete eteint, A 
neut heures , il prit a bord de P Orient^ et ne fut eteint 
qu'a onze heures par la ruine dece vaisseau. L'explosiou 
mit une quatrienie fois le feu a bord du Franklin , qui , 
a dix heures, avait ete demate de son grand mat etdu 
taki d'arlimon, et, quoique I'equipage fut presque 
aneanti par un aussi long combat , et que Tennemi ne 
cessat de tirer sur le Franklin, le feu fut heureuse- 
ment eteint par les soins bien diriges du citoyen Mar- 
tinet. 

Je me representais dans ce moment, faiblement$ans 
doute, rhorreur d'une telle situation; j'encourageals a 
conserver le depot sacre qui nous avait ete confie , Thon- 
neuv du pavilion francaisj mais no* moyensde defense, 



^6% COIIRESPON0ANCE 

coDtre six vaisseaux postes a FeutoBr du FrattkUn^ 
€taient insuffisans pour resi^ter plus long-lemps , ei ce 
ne fut qu apres plusieurs blessui«s que le citojreu Mai» 
linet recut, et apiei les iusUuic«800iisi{$ueas daua le pro^ 
ces-verbal que j'ai ihooneur de vous adresscr , que cet 
Qfiicier, ausai ardeal que brave , crul devoir readie k 
vaisseau a r^miemi. 

Tel est y mou geueral , le tableau que j'ai pu eaqtfisaer 
dans Tetat ou je me troupe. Ce que j'ai VU; la leeture 
du procea*verbal et h& comptes qui m'ont ete reudna 
par les officiers sous mes otrdrts » a qui je dois dea eloges» 
sout les sources ou j'ai puise paur roupltr aupres dm 
TOtts la tftehe qui m'est impoace. 

L'etat HUiUieureux des chosea, la profonde dduleuf 
qu'il imprima, m'6teat la faeulta de porter aev^remenl 
moB regards ea amere. Les pouvqiioj qui ae aueeede- 
raient rapidemeut, oe remedienaieo^ a rieo^ et la toariot 
perdue ne ressusoitera \ameiis de l'ci>aiueA Hi^w qua 
Tofi pourrait faire aujoupd'hui. 

L'adiiral auglaia^ blesse lui^meme tres-rdangeiitusi^ 
ment , m'a fait ofifrir ses services et sas Hioyeus pour 
m'obligerpanileuUereiBent. Mou etat douloureux de siIn 
dite et de eeeite , qui n*a dure qua deux jcoirs ^ ne ma 
permit que de liii demander de me rendre a ma patrie^ 
ou de m'en approcber le plus tdt qia'il pourrait , eteu 
meme temps je lui donoai uiie liste des personues pour 
lesquelles meu vif istei^t me faisait desirer le mdme 
sort; mais, dans ies arraugemens qu'il avaitarretes, el 
qu*ooi meeommmiiquaett memetenps ^ ramirai anglais 
renyojait tous les ble9s4s a AlexAadrie et laissait eapartfc 



INEDITE. 463 

que tons les autresprisonniers yseraieiit aiissi enroyes. U 
me fut) peu de temps apres, coououaique qull me serait 
accorde pour avok la-meme destination que moi , c est** 
k-dire, elre portes par Tariuee anglaise, missur la 
cote dltaiie , et renvoyes sur parole , mon capitaine de 
pavilioQ, mes deux officiers-majors , mon chirurgien- 
major et mon secretaire, avec les gens a mon service, 
^ qu^en attendant, jeponrrais alier a Alexandrie tra- 
"vailler a mon relablissement. 

Ea effet, j'ai ete transporte ici le 20, par undes 
l;>atimens parleraentaires, disposes pour recevoir les 
blesses , et j'y ai obtenu de Tamelioration k mon ^tat. 

Mon passage pour la cote dltalie a ete decide pour 
moi , mon capitaine de pavilion , mon chirurgien-major 
«t mon secretaire, a bord de VAlexatiderj et pour les au- 
tres personnesqui ont obtenu la mSme destination, a bord 
d'un des autres vaisseaux qui naviguera apres ce premier. 
J'attends le retour du citoyen Barre, envoye pres de 
Tamiral anglais comme charge de traiter ce qui est rela- 
tif aux prisoMniejcs et aU3^ bles^Q^, pQUU pai?tV d'ici, et 
me rendre sur le yajis$^ai;i VAlej^and^f", 

J'en^porte ayeq moi , JW>n general , la coaviction que 
je ne pouvais mie^x agir que je Ae I'ai fait, selou voa 
intentions qui me sout bie?' copau^s ; j 'avals ete place 
en avant de VOrwnt^ tajit parc^ que Taniitie de soa 
ehef m'y ^vai t appele , que parce qve la force du Franks 
lin etait digne d'entoure\\ le pavilion amiraU Je scrutt 
ma conscience , et j'y trouve des droits a.votre estiiSbe ;* 
c'est uoe cQOspl^lioa qui ne co#tribudr« pas pen a mon 
^etaUissemeot. h r£|$re^6 seuljem^Rt de &« pouvoie 



464 CORRESPONDANCE 

V0U5 convamcre de vive voix de tous les sentimens qiic 
je vous ai iroues , et des vceux qu6 j€ ne cesse de fair« 
pour votre bonheur et la gloire de la republique. 

Le contre-amiral Blahqhet Duchatla. 

Nota. Le proces-verbal dont il est fait meatioa daDs 
cettelettre, est a sa date du i5 thennidor. Je crois de- 
voir m'abslenir de tout detail sur les autres vaisseaox 
de I'escadre. J'ai leste trop long-temps sans pouvour 
fiiire usage de mes facultes, pour ne pascraindre que 
mon jugement , a cet egard , ne fut hasarde. Interpretez, 
je vous prie , mon silence favorablement , et veuillez ne 
le taxer que d'une discretion aussi jusie, qu'dle m'est 
comolandee surtout par la delicatesse. 



An Caire, le ^5 thennidor an 6 ( la aout 1 798}. 
Au giniral Bonaparte. 

Le general Rampona donue de ses nouvelles, du 
camp de Tbebain, en avant deXorra. Les Arabes sont 
toujours en vue de lui ; ils le laissent tranquille y et il 
ne s'est rien passe de nouveau dans la journee dliier, 
date de sa lettre. II a recu aujourd'hui le premier ba- 
taillon de lasoixante-unieme^ avec deux pieces de canon, 
des vivres et des munitions. II doit se porter en avant, 
longeant le Nil, et agir selon les circonstances sans se 
Qompromettre. 

Le scheick de la tribu des Arabes de Haouat , babi- 
tant les environs de E^elioub ^ doivent venir ici > aprea 



INfiMTE. * 465 

deiaaio, poBr se soutneftre etpreter serment fl'oteis- 
sanee; Suivant ledire de I'Arabe qui est Tenu cbercher 
les passeports ,• une partie de ceux de la province d'Al- 
fieh dependent de c^te' tribu : on ponrra se servir de 
rinfluence de ces scheikspour faire rentrer ces Arabes ; 
le ciitoyen Magallon vous aura sfirement ecrit a ce 
sujet. Le^ commis du citoyen Rosetti ontrecu indirec* 
tement de ses nouvelles par les habitans qui sont venus 
au devant de feurs parens, qui etaient allesen pelerinage 
a la Meque ; ils ont rapporte qu'il avait ete parfaite* 
ment bien recu par Mourad-Bey, et qu'il devait bientdt 
revenir avec le ministre de ce chef ; le bey est k Miniet 
avec ses mameloucks : ils n*ont donne aucun autre 
renseignement. 

L'itttendant-general a recu avis que les habitans de 
plusieurs villages devaient se reunir, aujourd'hui ou 
demain , pour rompre la digue qui ferme le canal de 
Faraouni dans la province de Menoufie : des ordres ont 
ete d<»ines au general commandant de cette province ^ 
de Pempecher ct de prevenir les rassemblemens. 

Mourad-Bey fit fermer ce canal , parce qu'il enlevait 
la plus grande partiedeTeau delabranche deDamiette, 
le courant se portant, par ce canal, danscelle de Ro- 
lette, et laissant beaucoup de terrain en souffrance* 

D'apres des rapports posterieurs que le general Me- 
non vous transmet sans doute plus positivement , les 
Anglais se. sont occupes avec activite a remater et 
regreer les vaisseaux , et ensuite sont partis au nombre 
dedix-huit voiles; d'autres disent plus. Papprendsque 
^adjoint Croisier write a Rosette : U vous portera, i c^ 



466 CORRiSPONDANCE 

^e je pMsume; Ics dep^hes. Des mumtions ie gaerre ^ 
et I'artiilerie qui vraait d'Alexandrie, n'ont pa passer 
la barre pour veuir a Rosette : deux jneces de 8 oat 
ete seulement debar^uees; le surplus, ainsi que les 
munitions, out ete au Becquier, parce que la mer n^etait 
pastend^le; oefutaYantlecoHilMit.OBassureqtteoe&ntt* 
uitions 4>nt ete decliargees sous la protection du fort| et 
qu'il y avait i^aoo^ooo cartouches d'infanterie. 

On m'a pr^v^u que Sidy*Mobamed d'Alexandrie 
a un niagasin enoime de bois a brAler a Rosette : on ne 
tardera pas h en nianquer ici. 

DovzELOTypaur le giniral Desaix. 



Damiette, le a6 thermidor an d ( 1 3 aolk 1 798}. 

Au general Bonaparte. 

J'ai eu llionneur de vous ecrire avant^hier, et de 
Tous informer, entreautres objets, de Pinsurrection de 
deux ou trois villages sur la rive gaUche d'ici a Man* 
soura. J'attendais, pour en avoir raison, larentreea 
Damiette de i ao bommes qui etaient a Mansoura pour 
la levee des chevaux, et j'ai re^u bier, de la part du 
divan de Mansoura , une lettre par laquelle il m'apprend 
que les Arabes, au nombre de plusieurs mille, se sont 
portes sur Mansoura, ont tombe sur nos gens, dont 
quelques-^u-ns ont ete tues , et sur les babitans de la 
viile* dont ils ont tue 118^ que la troupe franfaise 
s^est retiree sur la route du Cairo, et que les Axabes 
sont a sa poursuite. Je ne croyais pas d'abord a ce 
rapport -, mais deux personnes que |'ai envoyees secre- 



INEDITE. 467 

taneot y m'ont appris que 60 011 70 Arftbte a .cheval 
s'etaient preseotes devant Mansoura; que leas hmme$ 
de la ville avaient aussitdt mgnte sur leur^ terrasses , 
poussant des hurlemens affreux i que bieutdt uue partie 
des babttans s'eUit reuaie aux Arabes^ et qu'eusemble 
lis avaient attaque ies Francais^ retrancbesdaus uae 
maison ; queceux-«i ayaut deja perdu qaelquesbommeS) 
et en ayant tue une centaine aux aisiegeans, etaienC 
eofiu sortis la bsiionnette en ayant ; qu'ils a'ctaiebt em-' 
barques sur un bateau que le courant avait rejete sur 
la memerive; qu'ils avaient alors d^barque et avaient 
pris la route du Caire. 

Je me jEferais de suite determine a partir aveq toutes 
mes fcwces •, liiais il y avait deja trente-six beures depuis 
Vevenement, quand j'en ai ete instruit par le divan; il 
yen avait soixante-dix , quand j'ai pu avoir des rensei- 
gnemensjustes.Kosgens, d'apres Ies deux rapports , 
avaient pris la route du Caire et devaient se retirer 
avec precipitation : quel mpyen de Ies joindre ? et pour 
aller moi-m^me pour un but, dont le sucees etait tres- 
incertain , me jeter dans un pays insurge ou qui Paurait 
et^ sur-le-cbamp, et abandonner Damiette, ou cda aurait 
pu faire un effet tres-d^avorable. Je me suis decide a 

re^r*ici. 

J'ai agi politiquement avec le divan de Mansoura , 
en affectent de croire enticrementa son rapport, et je 
lui ai envoy^unelettre pour le commandant des troupes 
fran^aises qui etaient a Mansoura , lepriant de prendre 
tous Ies moyens possibles pour la lui faire parvenir ou 
a sera. J'&ris a ce commandant de tacber , s-il n'est pas 

3o. 



468 CORRESPpNDANCE 

fort avanc6 dans sa marche, de passer la riviere et d4 

venir me joiadre par le Delta. 

Je tie sais ce qui a pu decider nos troupes a se retirer 
par la route du Caire. Les officiers n'ignorent pas qu'ils 
out ptusi^urs jours de marche a faire^ et dans un pays 
qui doit s'insurger a leur passage, s'ils sont reellement 
poursuivis par des Arabes ; tandis qu'eaune seule mar« 
che forcee y ils pourraient se reiidre pres de moi. Cette 
ville-ci, quoique en fermentation, efst assez sage jus« 
qu'a present ; la nouvelle de Mansoura y a fait impres- 
sion. Je tSichai de Taffaiblir , et je I'adoucis par la nou- 
velle que vous aviez battu Ibrahim-Bey a Belbeis,et 
que 6)000 hommes s'aVai^caient de ce cot^i. 

Je n'ai point encore eu de nouvelles de notre detar 
chement. Unofficierde I'etat-major, ingenieur-geogra- 
phe , que le general Benbier a envoye ici ^ est venu avec 
Tin conducteur d'artillerie et quelquescharretiers:ilm*a 
dit avoir eteassailli a coups de fusil par plusieurs villages 
aux environs de Mansoura. Ici, plusieurs bateaux oat 
egalement ete attaques ;mais, au milieu de tout cela, je 
ne suis inquiet que des troupes de Mansoura , et aucu-i 
nement de ma position. Le fort du Bogaz est a Tabri 
d*un coup de main , et Partillerie , quoique fort roau- 
vaise , peut tou jours etre utile. Je manque de poudre^ a 
la verite ; mais j*ai requis le divan de me faire remettre 
dans le jour tout ce qui existe dans la ville : je ne sais 
CDcore ce que cela produira. J*ai fait meltre en position 
pres de la rade une des pieces que j'ai retirees du fort : elle 
esttres-avaDtageusementplacee,eteUe defend Tapproche 
d'une espece de camp retrancbe sur le bord du Mil. J^ 



INEDITE. 46$ 

n'ai que 4o4 hommes, officiers compris , en etat d'aglr : 
il en entre chaque )our quelques-uns a Ph6pital , et il 
faut absolument assurer nos communications et la libre 
communication du Nil. Si vous pouviez m'envoyer le 
reste de la treizieme, nous aurions bientdt desarme le 
pays , puni les cpupables et tout fait rente er dans I'ordre* 
II me faudrait encore , au moins, une piece de canon ; 
je ne sais jusqu'a qiiel point je peux compter sur ceiles 
de Rosette. Quand notre operation serait faite, je vous 
enverrais les troupes inutiles. 

Tous ces pays sont d'autant plus coupsibles, qu'on 
s'cst conduit atec la plus grande douceur. On n'a de- 
mande jusqu'a present que les besoins journaliers et 
les chevaux^ dont on n*a pas fourni un seul Yut. * 



Damiette, le 26 tbermidor an 6 ( i3 aoi^t 1798 }» 

Au general Bonaparte. 

Hassan-Toubar , ce cbef des Arabes, habitant Men- 
zaleh, et dont j'ai eu Thonneur de vous parler prece* 
denunent, m'apprend que vous avezreellement repousse 
Ibrahim-Bey sur les frontieres de Syrie. Comme vous 
n'^tes plus au Caire , Je vous fais passer cette lettre par 
le canal d'Hassan-Toubar, afin qu'elle vous parvienne 
plus vite. 

Dois-je laisser libre la sortie du Nil ? Les negocians 
du pays le demandent a grands oris, et nous y avons main- 
tenant interet depuis le retablissement de la dpuane. 

XI nous est encore arrive plusieurs batimensde la cote 
de Syrie : ilsviennent let avec grande confiance. 



47© ' CORRESPONDANCE 

Meoouf, le a6 thermidor an 6( i3 aout 1^98 )• 

Au gdnSral Bonaparte. 

3e partis hier nmtin dt Menoef po«r me Teoi3re a 
ma destination, et j'^taie proclie le village de Memerich, 
lorsque j'en aper^ us les habitans y armes de fusils > 
border le rerdtemeat de terrasse dont iis etaient en- 
tour^s : toutes leurs portes etaient fermees. Cette con- 
tenance hostile me determina k faire demander a parler 
au scheiok et aux principaux habitans ; on me repondit 
qu'ils neToulaientni me parler ni me voir. 

Je les sommaid'onvrk leurs portes : ils rduserent, 
dtsant qu'ils etaient les mattres ehes eux , et que nous 
n'y entrerions point ; je les-sommai egalement de mettre 
has les armes 9 et cette sommation fat refue comme la 
premiere. 

L'insolaice de cette conduite me fit prendre le parti 
de farmer et de garder par des pelotons de distaiibe 
en distanceles issues de ce village, en attendant Tarrivee 
du general Zayonschek que j'avais fait pi*evenir ; ii 
ne tarda pas. II me conseilla de faire une fausse attaque 
de mon bdt^, pendant que du sien il tenterait Tassaul 
avec ses grenadiers. 

Li^ chef de brigade Lefebvre se met k leur t^e; 
fait enfoncer une des portes par les sapeurs , et penetlre 
dans le village ; mais les ndtres trouvent la plus vigou- 
reuse resistance. Hommes et femmes , tons les habitans^ 
armes de fu^ls et de piques, se battent avec un acharne- 
ment qui tient de la rage : de touales cdt& on p^n^tre dans 



INEDFTE. 47 f 

le village , ei Ton se bat toujours av«c la mitmt ftureur. 
U ne fallait ri€& moins quelenombrettlaresoluticnii 
de nos troupes pour terqiiaercelteiiffaire anotre ayan- 
tage; eofia la mort de 4^ ^^^^^ faabitms ayaat effray^ 
les autres , ik prireat la futte de tous cA^igy et se sau- 
vkvmt daos les viUages voinioft^ surtout dans celoi de 
Tetar, doot les habitans aYeieat d^tiri sur nos troupea : 
toutes se sont tres-biea comportees. Le citoy^i C3ieiiest> 
de la dix-huitieme demi-brigade de bataille^ s'y est 
particulierement distingue; il s'est battu long-temps a 
coups depierre contreplusieur^ homi3M»s ann^ , dont il 
cssuyait le feu : il a escalade le premier leTevetement 
fui lui etait oppose , a sabre itrois rdidttes ct pds leur 
etendart. 

Le chef de brigade Iie&bvre> dmt la cenduite est 
digne d'eloges ^ a eteatteint d'une tuileiftti Pa blesse a 
Tepaule. La dix-huitieme a eu 7 bommes blesses , iont 
un lieutenant. 

Get obstacle, auqud jeue m'etais pas attendu , ayant 
epuise toutes nos BUinitions de g»exra, ['ai cru devoif 
retrograder sur Meiiouf, .wrtout pour y procurer des 
secours aux blesses. J'ai ^uge imprudent de s'engager 
dans un pays iasoumis etires^peuple, avecaussi peu de 
monde et de moyeus. Beadanit que aous oQusbattinns^ 
nous avons remarque en avant de pUisieu^s viUagea 
plusieurs groupes de kurs babUans, ayant I'air de 
former leurs avant-postes. 

Je ne vous ledissimulerai pas , general , |e crois qu'uo 
autre bataiUon avec deux pieces d'artiUerie me seaait 
necesaaire pouf soamettce et tenir dei» Tobeissaaoe 



'4^% CORRESPONDANCE 

line pfo^iace aussi peupleeetausBitumultueusequ'oa 
assure etre cdle de Garbieh. 

. Je vous fais observer aussi, general , que les eaux 
commencent 1^ deborder partout dans le Delta, et qu'elles 
pourroDt mettre. obstacle a notre marche. Je me suis 
determine a atteudre Ici vos ordres et des munitions^ 
que je tous prie de me faire passer. Fuoie&es. 



Menoof; le i6 thermidor an 6 (3 ao^ 1798). 

Auginiral Bonaparte. 

- Le general Fugieres, s-etant mis en marcbe pouipsa 
province, rencontra sur sa route, aunelieue environ^ 
le village' de Remerich , dont les babitans etaient sous 
les armes au baut des murs , les portes de leur village 
fermees. Le general, etonnede ces dispositions, fait balte, 
mande aux babitans qu'ils aient a deposer leurs armes 
€t a ouvrir leurs portes. D'apres leur refus, le general 
Fugieres mlnvita a venir le joindre a la tete de quel- 
ques troupes. Je me mis en route aussitot avec une 
compagnie de grenadiers, 4 sapeurs, 100 dragons du 
vingtieme et 6 dragons du quinzieme a cbeval. Pen- 
dant ce temps, un autre village contigu, nomme Tetar^ 
se reunit au premier , et fit feu sur le bataillon de k dix- 
neuvieme, de sorte qu^aussitdt mon atrivee, nous reso- 
lumes,le geueral Fugieres et moi, d'attaquer sur-le- 
champ les deux villages. 

M'ayant point d'artilleriepour enfoncer les portes, noof 
flmes escalader les murs sous le feu des villages, dont les 



^ INEDITE. 475 

mufs etaient creneles en parlie. Au bout d'un quart 
d'hcrure, les villages furent emportes ; mais les haHiians, 
tou jours decides a la resistance, continuerent a sebaftre 
dans les rues et dans leurs enclos : on fut oblige de les 
forcer partoiit et de passer par les armes tout ce que Ton 
rencontra. A peine pAmes-nous faire sortir les femmes 
et les enfans pour les sauver; quelques-iines de ces 
femmes se jetaient au cou des sbldats p6ur les etran- 
gler ; on fut oblige d'en tiier. On petit estimier a 4 ou 
Boo le nombre des paysans restes sur le carreau. Nous 
avons amene 3o prisonniersque je vais faire questionner^ 
parce que de fortes raisons me font presumer que la ville 
de Menouf est pour quelque cnose dans eette affaire. 
Un sapeur de la dix-neuvieme a ete tue. 

Trois grenadiers du meme corps , deux dragons du 
vingtieme, six volontaires de la dix-buitieme et un of- 
ficier sont blesses grievemenl. 

J'ai mis en arrestation le divan de Menouf, auquel 
j'avais ordonne de nommer un de ses membres pour 
accompagner le general E^ugieres et la colonne jusqu'aux 
ffontieres de la province , ce qu'il ne fit point: nos sol- 
dats d*ailleurs out reconnu des habitans de Menouf ; 
]'ai fait meme arreter le copbte Georgio , intendant de 
cette province et membre du divan : depuis son arrivfe, 
j'aieprouve partout beaucoup plus de resistance qu'au- 
paravant. Le divan et hii n'ayant que des subterfuges 
a me donner, j'ai prisle parti d'en composer un n<m- 
veau. Tons les villages ont a peu pres le meme esprit, 
et toiis plus ou moins de moyens d'opposition ^ il lau- 
.drait aller de viUageen village faire executer sQi-memeks 



474 CORRESPONDANCE 

ordreft neoessaires an service de Tannee ei des d^ehe* 
mens en particulier. II faudrait pouyoir les desamer 
ious, leur 6ter leurs portes, et abattre uae partie de 
leurs murs d^enceinte \ mais dans ce moment le Nil est 
deborde, et kientdt Ton ne pourra oommuniquer qa*ea 
batean. Nous n'avons pas encore les deux pieces de 
canon que yous nous aves promises i j'ai fait fusilier sqit 
des personnes que nous avons amenees : les enfans et ksr 
vieillards ont ete r&kyojh. 

Je n'ai rien pu deoouYrir aur le divan deMenouf i el 
|e lui ai rendu la liberte. 

Abou-Cheir, auqoel j*avais envoye un pardon pour 
I'engager a se rendre a Menouf , n'y est point venu ; }i 
vais employer tous les moyens secrets pour le prendre. 

ZtATOHSCEEEK. 



A SalabUy U 97 tbermidor an $ ( i4 ao^t 179^)* 
jiu giniral Bonaparte. 

Des paysans de la Haute-Egypte , qui arrivent de la 
Syrie , et qui m'ont ete conduits ce matin , disent que 
les mameloudss avaient depasse Katieh , et doivent dtre 
actuellement a El-Arieb. lis ne les ont pas rencontres 
paree qu'ils ont passe par Varradeh , qu'ils appellent Ra« 
manieb , au lieu de suivre la grande route. J'ai aigage 
un de ces bonunes , qui est une espece de santon , oi un 
paysan de Saldiieb, a retourner en Syrie; ib revien- 
dront dans dix jours. 

Sur dix mille rations de pain qui me sont arrivees 
ce matin , iLn'y en avait qu9 trois mille cinq cents de 



INEDITE. 475 

boimes : ainsi la troupe est tres-miserakle. Je n'ai pa 
reussir a trouver des bestiaux ; tons les villages , jusqu'a 
trois lieues d'ici, en sont depourvus, et les paysans* 
Yoyaut qu'on a besoin de viande, n'osent rentre^ 
avec leurs bestiaux et leurs chevaux : je leur ai fait 
parler ; mais ils ont encore peur, et, tant que nous 
manquercms de viande et que nous serous forces de 
I'enlevcr de force , noiis ne pourrons les faire renlrer. 
lis synt dans les deserts a quelques lieues d'ici. Comme 
*1 EiB faut absolument trouver de la viande, je vais en- 
voyer cette nuit un detacbement de cavalerie pour ra- 
mener les bestiaux de Tune de ces tribus. 

Ens attendant qu'on commence de plus grands tra«^ 
vauXy jefais retrancher la mosquee ou est I'hdpital , et 
ou Ton va construire des fours let etablir provisoirement 
desmagasins. Retithce. 

An bivoaac pris le canal de Califf, le a8 thermidor an 6 
{i5aoui 1798)/ 

Au general Bonaparte. 

Je suis arrive bier au soir, apres douze beures de 
xuarcbe , au bord du canal Califf , pres du village de 
Bel-Be'ide^ dans une plaine qui n*offre pas un brin 
de bois gros comme le doigt: ce canal s'est rempli de- 
puis buit jours; il a neuf pieds d'eau et dix-buit toises 
de large. Je Tai &it suivre a droite et k gaucbe, pour 
trouver des bateaux ; mais mes recberdies ont ete inu-> 
tiles. Je fais ^ dans Tinstant m^me , construire un radeau 
ayec quelques poutres et les portes trouvees dans levil* 



476 CORRESPONDANCE 

lage, de sorte qu'il m'est impossible do tousdire'S 
quelle heure j'aurai effectue mon passage, ,et j'ai Tia- 
quietude d^eprouver encore la meme difficult^ sur ua 
Second canal , qui se trouve a deux lieues d'ici , et que 
Ton m^annoace etre a peu pres de la meme etendue que 
celui qui est devant moi. 

Je suis extremenientinquiet sur mes subsistances ; je 
lie trouve point de legumes autour de moi ; les habltans 
ont fui ct emmene leurs bestiaux; je vais faire mon pos- 
sible pour les rassurer , afin d'avoir des ^ivres ce soir^ 
parce que je ne puis esperer d'arriver a Mansoura que 
demain« Dugua. 

Alezandiie , le 29 tfaermidor an 6 ( 16 aoilt I798}«' 

Au general Bonaparte, 

Enfin , citoyen general , je recois une de vos letrres ; 
elle est datee du Gaire et du jour si fatal & la marine 
francaise. Aussitot que je Tai recue , j'ai fait arreter pa- 
rens^ domestiques et esclaves d'Abdel^Coraim, et la 
commission s'ocbupe a mettre le sequestre sur ses biens 
meubles et immeubleSi On paralt s'y etre attendu, car 
la maison aete entierement degarnie, ce qui m'a deter- 
mine a faire une proclamation par laquelle je menace de 
xegarder comme traltres a la republique francaise et de 
punir comme tels, tons ceux qui auraienji^recele des 
effets de toute espece appartenant a Abdel-*Coraim, qui 
de sa personne est sur le chemin du Caire pour vous 
aller joindre, Tamiral Brueys ayant cede a ses instances 
pour le faire mettre a terre j mais il y arrivera soua 



INEDITE. 477 

l>onne ^scorte. Vingt-qiiatre heures de plus ct il eiit 
partagele sortdeZ'Orzefi^ J'aiaussi faitarreterlejuif Va- 
lentin , son intendant et son confident le plus intime : 
c'est de lui probablement que nous apprendrons le se- 
cret de la citerne et du registre. Je convoque aujour- 
d'hui un conseil mixte, compose des membres dela 
commission y de quelques militaires et de quelques mu- 
5ulmansl^ pour faire subir rinterrogatoire aux detenus* 
Si j'avais suivi , citoyen general , ma premiere impul- 
sion , j^aurais devance vos ordres a cet egard , car je n*ai 
pas ete long-temps en reiation avec cet homme sans 
avoir eu des preuves morales de sa trahison. 

Pai aussi intercepte une lettre arabe qui ne me per- 
met plus de douter qu'Abdallah-Baehi ne se spit trouve 
a la batailie du Caire et ne soit enfin avec les debris des 
mameloucks. 

, L'embargo que vous avez mis sur les batimens de 
toute nation qui sont dans le port d'Alexandrie , a, par 
sa duree , mis en souffrance tons les capitaines de ces 
navires 5 chaque jour lis me font de nouveUes recla- 
mations pour I'acqulttement de leurs cargaisons , et se 
plaignent d'etre eux et leurs equipages reduits a la plus 
extreme misere : pour subvenir a leurs besoins , je leur 
fais distribuer dii riz jusqu'a la concurrence de la moi- 
tie de la somme qui leur est due. J'ai ecrit, a ce sujet, 
a la commission administrative. 

Je crois vous avoir dejkmande que j'avais fait vehdre 
tine portion du riz que nous avons en surabondance> 
pour parer a nos besoins les plus pressans. Cetie vente 
*'est mbntee a 22,000 fr. , et si nous ne deqquvrons pas 



478 CORRESPONDANCE 

la citerne d'Abdel-Coraim, je serai oMig^ de recounr 
au mdme expedient; je m'arrangerai cependautde ma- 
Diere a ce que la troupe de manque pas de cette denree , 
jusqu'a ce que les communications avec le Delta soient 
bien etablies. 

II faudrait , citoyen general , 5oo,ooo livres par m^k 
pour satisfaire a tons les services et solder la garnison , 
qui, d'ailleurs » pretend a un arriere considerable ; car 
tout est a faire ici , et rien ne se fait qu'avec de I'argent. 
La communication , entierement interrompue et par 
terre et par mer y met les affaires dans la plus grande 
stagnation y et la douane, qui etait notre ressource uni- 
que> ne produit rien. Venez done a notre secours^ ci- 
toyen general. 

Les Arabes pacifiques ont repris confiance ; ils ame* 
nent presque journellement des troupeaux a Alexan- 
drie. La premiere fois qu'ils y vinrent fut un jour de 
fdte pour les habitans de la ville , et il y avait au 
tnarche un concours prodigieux. Les chefs de ces tribus 
se sont presentes cbez moi ; je leur ai donne des encou- 
ragemens en paroles et en especes, et ils sont partis satis- 
faits. L'un d'eux va m'amener^ au premier jour , une 
viogtaine dechameaux, dont nous avons un extreme 
besoin. Je ne sais pas encore comment nous lesL paie- 
rons. 

Malgre toutes ces jeremiades , qu'il est de mon devoir 
de vous faire , il est bon que vous sachiez que tout le 
monde est plein de courage et de volonte ; que la journee 
du i4 n'a produit, sur la troupe, aucuneespece d'abat- 
tement^ mm bien le sentiment de Tindignation^ et le 



INEDITE. 479 

de»r ardent de la vengeaiu;e. La plus grande tranquillite 
regne parmi les habitans ; ils out mSme une sorte de re~ 
signatioo sur Tavenir , doat ils n'oat pas encore oonf u 
aucune idee biea nette. KLEBEa. 

P. 5. VeuiUea, jevouspric, m'envoyer le plustdt 
possible I'ordre de rejoindre ma division. 

Le general Dumuy, qui est a Aboukir, en partim 
demain pour se rendrea Rahmanieh, conformementa 
vos ordres. 

Le premier interrogatoire subi par le frere d'Abdel- 
Goraim nous fait entrevoir des ressources en numeraire^ 
pour subvenir a peu pres a la depense du mois : c'est un 
sujet d'inquietudedemoins. J'aurai , en depensesextraor* 
dioaires , les reparations des citernes , la confection de3 
cbapelets et rouages qui y seront employes , la cons«» 
truction des moulins^ les changemens k faire dans Tune 
«des maisons d'Abdallah , pour y recevoir la troupe dans 
la saison des pluies ; car la place n'est pas habitable $ et 
De forme qu'un cloaque^ dont les eaux ne s'ecoulent 
qu'au bout de quatre mois. Sans cet inconvenient , j 'au^ 
i^ais fait construire un camp en briques, avec quelqiie 
peu de bois de cbarpente ; mais le remplage de terre 
aecessaire codterait deja beaucoup de peine et encore 
plus d' argent. Je vous ai deji mande, citoyen general , 
qu'independamment des services que vous avez determi- 
nes, j'etais dans le cas de faire des depenses que vous n'a- 
vez puprevoir. Le payeurdela place en rend compte au 
payeur general, et ee dernier pourra vous mettre sous 
les yeux la nature de ces depenses : je crois que tous 



48o CORKESPONDANCE 

les ti'ouverez tautes mairquees au coin de I'utilite et de 

la necessite. 

J'ai ici quatre-vingt-douze personnes dttachees a la 
commission des sciences et arts , qui ne se nourxis* 
sent pas d'esprit ; elles demandent a grauds ciis, et avec 
justice y qu'il leur soit paye au moins un mois d'appoin- 
temeus. Kleber. 

Alexandrie , le 39 thermidor an 6 ( 16 aout 1798 }. 

Au ^6n4ral Bonaparte. 

Deux Yaisseaux anglais , citoyea general.^ croisent de* 
puis deux jours devant Aiexandiie. Le reste de la flotte 
est pret a mettre a la voile ^ et Ton pease qu'elle ne 
laissera derriere elle que le Mercure et le Guerrier^ 
auxquels probablement elle luettra le feu. Si nous de- 
Yons essujer ie bombardement du fort, ce sera san^ doute 
apres-demain au plus tard. Nous sommesassez en me- . 
sure de repondre : voici nos moyens a cet egard. 

La batterie de la pointe des Figiiiers est armee de 8 
canons , 2 mortiers j celle du Phare , 4 mortiers j 
celle intermediaire , 4 mortiers ; ce^le des Catacombes , 
5 canons ; celle du pharillon, 5 canons. 

Les canons serontservjs a boulets rouge^^ et le citoyea 
Conle a construit des fburneaux qui eti foot chauffo: 
jusqua 90 et 100 a la fois, Ces etablissemcns seres- 
sentent en general beaucoup de la precipitation avec Ja- 
quelle ils ont ete formes , et smtout de Tahsence d'of- 
ficiers d'artillerie, prbpres a diriger de pareils travaux; 
car, il faut le diie, le citoyea Faultriw n'enayait pa& 



INEDITE. 481 

avec lui ua seul qui fut capable d'etablir une plate-^ 
forme el de compreodre un trace. Le zele^enpareille 
circonstaoee , ne suffit pas s'il n est seconde des talent ; 
mats onpc^iTa revenir sur tout cela , et rectifier les de- 
fectuosites , des qu'on sera moins obsede par rennemi, 
Corriger en ce moment eiit ete retarder ce qu'il estius-: 
tant definir, 

Le contre-amiral Blanquet, qui a le nez totalement 
emporte, est pairti bier matin pour a]tteindre au large 
le Mtiment anglais qui doit le prendre a son bord pour 
le conduire en Italie. 

Ma division , citoyen general , est a Boulak* Lorsque 
vous recevrez celle-ci, le moment critique d'Aleatan- 
drie sera passe 5 permettez-moi d'aller la rejoindre : j'ai 
besoin de voir la verdure des bords du Nil, pour dis- 
sipcr les tableaux affligtens que j'ai eus devant les yeux 
depuis quelque temps. Kleber. 

P. 5. A rinstant je recois une letu-e (i) ci-jointe de 
Chypre ; elle a ete apportee par un batiment ragusais. 
Papprends aussi que tous les effets d'Abdel-Coraim out 
ete transporles sur la caravelle avec ceux des Turcs et 
des Alexandrins. Je penseque, sans blesser la neutra- 
lite , on pourrait reclamer les premiers et s'en emparer. 

Je vous ai dit , dans ma derniere lettre , que les An- 
glais s'etaient empares d'une djerme portanl un cou- 
rier et diffcrens individus de rarmee , dont I'un avait 
d€ux corfres garnis de vaisselle. Je croyais d'abord 
qu'ils renfermaient des fonds envoyes k Alexandrie par 

(1) Geitf lettre est h }a date da 6 themudor. 

EGTI'TE. I. 3 1 



48i COURES^OSDANCE 

ie ptffenr general ; j'ai appi is t}epuis cfa'e cetlc sirgentb' 
vie y )Dbai*quee de difTereotcs iirmaities , appartenait ii iia 
^it»yenOclille, employte aux transports tpilitaiTes, qui 
-ditavdrlapcrtnisiiiorfac retcmmcren France. Les An* 
:glais voulaient d'abord Te faire pendre ; mais il a si 
bien plaide sacatise, qu'on luia non-^eideinent laissi 
la vie, inais encore la vaisselle. / 

Les paquets dont le conri'icr ^tait portcnr X)tA etc 
{etds k lamer; finals celiii qilii ^tait k mod adr^e ebt 
toiiib6 entire fes mains de l^iincmi. Le rejs on mattre dc 
djerme est traduit devant un tribunal pbiiT ^e juge , 
parce que tout semble prouw que c'tjfit k dess^ qu*il 
a fait route vers i'e^adj*e ainglaise. 



AletKOdoe y^ 1b 99 (liermidor an 6 ( 16 aoftt 1 7«^}, 
^u general Bonaparte, 

Je tous ai adresse> en nrrivant dans cette ville, par 
la voie du general Kleber , nion rapport sur le de&as-» 
treux evenement de Tarmee navale , et , seul ofBcier ge- 
neral, en ce lien, de cette trop malheureuse armee, je 
tne trouve oblige de vous transmettre les demiers de^ 
tails qui nous sont parvenus sur cette terrible afTaire^ 

L'amiral Nelson, apres le combat , nous ayant pro- 
pose d'^envoyer a terre les blesses et les autres prison- 
riiers francai^ , sous la condition i^u'ils restassent prison- 
niers de guerre , et le general Kleber ayant acquiesce a 
les recevoir a Alexandrie , nous nous soromes occupes^ 
depuis le i5, de la retnise de ces pri^onmiers. Les bles- 



INEDltE. 483 

i^s qiii notr^ sbnt ^iarVifnus , - von't a prfes de hult m^le, 
«t, jusqu'a c€ jour, eaviron deux mille six cents hom- 
tnefe de Tarmee soul venus'a teii'e. Par le nioyen de cette 
communtdatioti', rioiis kvom pxx quelques apercus de 
nos perte^ dkns 'cette cruelle et fatale nuit ; 

'LeGuerriery capitalrie Trulet alne ; fc Conqueranty 
capitaineDklbarade, fflesse daiigereusement; le 3par^ 
tiaie \ x:»^\i9\xit Eiiicfniiti, blessS j VAqiulon , capitaine 
Thevefiafrdy tue; Ih Stiuveraih^ capitaine Hbevenard- 
Racdrd , bles^e'; le f^^'i^iX/i/i , general Blanquetet ca- 
Jpuaine'Oilet , blesses ; % Torindnty capitaine du Petit- 
Tbouarfe, \ixiyrJStktire\iX^ capitaine Etienne, blesse; 
le Jiftrcurcj capit^iiie Cambbn , blesse, on t.ete pris. 

VOri^fH k ^e rncenflie apres quatreteures cle combat 
cotttre deux, trois et qu'atre vaisseaux. 

L^arfiiral, iafn^'^tie je Vbiis en ai deja rendu compte, 
avait ftttne, Ale ttiallieurfeuxCasabianca, blesse grie- 
vement aubrra^s eft a Ik jambe, a peri dans I'incendie. 

Le capitaine dd Timolebn , pendant la matinee du 1 5, 
ayant son vaisseau degree, et ne pouvant appareiller 
avec la divisl6n dti jg^eral Viflen^ive, fut oblige d'e- 
choiier son vil^seau, et del^ncendier apres avoir sauve 
fton eqiiipage ', jio^ir etop&ber qu'il ne devlnt la proie de 
Tennemi. ^ . 

lies vaisseadx fe Giiittaume Tdtl et te Gendteux^ 
Id Diane elta Justice, isdnt, avec la division des fre- 
f atJes'd'Alexandrie, les seuls rcstes ecbappes a ce desas- 
tre. Cctt^e division, quolque demunie de vivres, fait 
route pour Slklte bn pour Corfou, suivant ce que nous 
4vons appris par le IbHck le Salaniirie , arrive le 24 a 

^ 3j. 



484 CORRESPONDANCE 

Alexandrie^ et qui Tayait quittee le ao ^ a quinze lieiies 

de rile de Rhodes: 

Uescadre anglaise , depuis le 1 5 , est restee stationnee 
aux Bequiers, et a a cesse de s'occuper de la reparation 
de ses vaisseaux et des ndtres qu'elle a captures. 

Nouft ]i*avoQS , sur les pertes interieiures de I'^nemi, 
que quelques notions vagues^ par le soin qm'ont tou- 
jours eu les Anglais.a les cacher; mats il parait certaia 
que Tamiral Nelson est dangereusement blesse a la tete, 
et que Ton assure qu'il restera aveugle ^ que deux capi* 
taines oja^t ete tues^ et on cite enfin le Mafesly et le^ 
Bellerophon conune ayant 3oo hommeshors de combat* 
Ce. dernier avait amene au ym^exn tQrienu Depuis 
cetle affaire y maitres de toute k cdte, les Anglais ont 
intercepte tout^s nos communicatipns , et ont arrete le 
chebec la JFbrtmr^,. que Tamiral avait envoye croiser 
sur Damlette. Depuis quelques Jours , ils ont recu ua 
renfort de trois fregates et uu brick. Ce dernier leur ap- 
porte la nouyelle d'une de leurs fre{;ate9 sur les c6tes 
de Tunis. 

Cette cscadre sc dispose a quitter cette. cdte ; mais, 
suivant ce que nous avons appris^ une division de trois 
a quatre vaisseaux et quelques fregates,. y restera ea 
croisiere. 

L'amiral Nelson , jaloux de nKmt.rer et de conserrer 
les fruits de sa victoire, a tout mis en oeuvre pour re- 
mater, avec des mlitsde hune et autres materiau^ , nos. 
vaisseaux et ceuxdes siens avaries ^ cependantil a ete 
force de condamner le Guerriery rffeurethce^le Mer-. 
cure: le premier est deja brule, le$ autres le seront in-^ 



INEDITE. 485 

cessammAit. Je doute encore qu'M parrienne a emmener 
bien loia le Conquerant et le Souverain. 

Les prisonniers noi)s out dit que les officiers anglais 
jse targuent d'avoir la paix avec I'Elspagne, ct il paralt, 
a cet egard, qu'il y a presqiie certitude que le lord 
Saint-Vincent est dans la Mediterranee avec une se- 
conde escadre : Famiral Nelson me ledit positivement 
dans une de ses lettres. . 

Arrivant en cette ville , le chef de division Dumanoir 9 
a qui vous avez laisse le commandement de la division 
d'AIexandrie et du convoi /m'a rendu compte de sa si- 
tuation et des. dispositions militaires qu'il avait faites 
en cas d'attaque. 

Li'ennemi etant sur nos c6tes, et le port menace, je 
me suis concerte avec un officier pour la defense des 
tristes debris qui restent en ce port , et dont je vous 
envoie I'etat ci-joint. Mais, apres avoir ete acteur dans 
unaussi cruel evenement , hors d'etat de continuer mes 
services , dettmni de tout , il est absolument urgent que 
Je me presente en 'France , et j*atlends, citoyeh general 
▼OS ordres a cet ^gard. Gawteatjme. 

Liste des bdtimens restant dans le port 
d^Alexandrie. 

Le vaisseau le Causse, arme avec la batterie de i9 
de la fregate la Junouy qui est en carene ; le Dubois ^ 
arme en flutie; la fregate VAlcestej arm^e en guerre, 
36 pieces de canon; la Courageuse ^ armee ai flute ^ 
la Leohen^ id. ; la CarrerOy id. yleMontenottey id.; 
ia Mantou^ , id. ^ la Junanf en carene Qt desarmee. 



485 CORRESPOMDANCE 

Le Salamiiw^ brick ; VAlceste^ id,, aLesoin d'fttre 
carene \ le Chasseur, chebeo; k Rivoli^ brick. 

AVISOS. 

Le CJiien de cTtasse, la Foudre j la Negresses Ic 
Vify rindependafity VEgalUej bateau corse } la Vio- 
toire, gal ere maltaise. 

Pour proteger la communication dc Rosette aux Be- 
quiers, Tayiso la Torride est statione pres du lac Madiek. 

GJ^lOTSS A BOMBI^Sy 

La Portugaise., VAglae^ VOranger. 



Salehlcb , 1c Hto thermidor an 6 ( 1 7 aoui 1 7^8 ), 

Au general Bonaparte. 

La i:econ])ai$aance qjue j'ai fmtey gp^iSra}^ m'a per- 
suade des difEculjte$ des co^munieaUons i^yec la mer. 
Le insmque. de subsistai^ce^ pour le5 4^ymx m'a em- 
pecbe.de ppi^$^8Qr jusqu'a la mer dtans la, diceciiw que 
j'avais prise; )'ai ete oblige xle m'arreter a uo bras du 
Nil nomme Mechera, qui a de Teau toute I'anuee, et 
tumbe dans la mer a Omm-Faredge^ a neuf ou dix lieues 
de Sap, qui ^sjtL'endrQitle plus rapprocbedeSaleliieb, 
et ea est dj^tapl; de cinq limes. GeUe brancbe du Kil 
^st i)avi|;i|ble, toute Taua^ versrinterieur de TEgypt^e, 
son eanbou^cbure a*«st praticable. que lors des enies du 
Kil :.eUe cpom^Q^k'a Tetre; mais je n'ai ap^rcu aucun 
bat;eau dans la.parl^. dfs cc^te branche que |'ai paroourue. 



San a'est pobt; BaKie: tfcst ^nc.aJpata^c dj?. .di5C9m:- 
bres ^ au milieu desq^uels on r^arqpe les^ ruinc3.d*ua 
aaciea temple ejjxpUen-Le premiei' yUI?ge- eDT^mpritanl 
le bras du Nil depuisson embauchure, estKafi-Seneda, 
qui est a-deux Ueu^s au-dessua d^ Saa, et a. six lieues 
de Sal^bieh. 

D-apres les rensfeigjaemens que Us babiians m'on| 
doootes , les bateauK peuveat aborder k Tineb, o«^ il y a 
un petit havre, raaispokit dbabitalipusni d'fau douce. 
Tin^Jht est a, deux Journees de Salehieb : il strait tres- 
difficile de seservir.de. cetle cy^muwinicaliaa ; h braf 
Mepb^rapar aU etre le meil|eur, ipqyea:de4;ouii3}uui9aiioiv 
paceau, parcec|Me les bal^^aux vieunentai un ppin-tj^lus. 
rapprocl)^ de Salehieb ; mf^i^ l'iiiooda,tio^ va bje^t^^t Ij^- 
terrpmpre cette cominupijcatiou. Le dehordesoi^nt com- 
xneoice, et ou est deja ebjigie de faire ua. d^tpMr, ppur 
ailei: de K.afi-Seaedaa Salebieb; bi^tot eetle route ^t 
uoe partie du cbemia de San sen>at impr^rpab^QS. 
• Oni^mar^ueeutreSaUbielret San descaaa,uxdes-* 
secbes^ ^ui paraissent etre I'ancienae brancbe Pelu^ia* 
^ue; mais ils n» portent plus les eaux a la mer , parce 
qu'ils sopt barres a Tentree du desert; ils sput nayiga- 
* )!>les .pendant i'inondatioi^, et les.batcaux peuveut venir 
}usqu'ji la mosquee de Salebieb, en sujvaiit des lierres 
basses,, qui eta.Lffit probabUment autrefois des cananx. 

Gouime lUnond^ion. est procbpine*, jepense q[!^e c'esi 
Ja seuU navigation qu op puii&se dans ce moijient sppger 
h etablir , s^qioi^s qif 'on ti'-ait |H'oinpt^m^t des bateaux 
disponibles pQur p^i;couri;^ le Mecbeca, qui sortide la 
bram^e de Damiette , pres d- O^naous. Le general Du-. 



488 CORRESPONDANCE 

gua pourrait s'en occuper k Man^oura ; on le general 
Murat, a Mit-Karaar; ou le general Vial, a Damiette. 
Dans ce cas , j'enverrats a Kafi-Seneda un detachement 
pour attendre leurs bateaux. 

N'ayant point de bateaux pour passer le Mechera, 
jen'ai pu envoyer encore de detachemens pour cntrer 
en correspondance avec Damiette. 

Les detachemens d'escorte ecrasent mon infanterie^ 
qui est prescfue toute sans souliers. 

Si l^inondation tres-prochainene perraet pas d'etabtir 
dans ce moment d'autre communication que cetle par 
bateaux; lorsque I'eau sera snfiGsamment elevee, elle 
empechera egalement les travaux que vous rouiez faire 
executer ici. Afin de se procurer de la bonne eau et dd 
ne pas faire les constructions dans k sabte, on sers 
force de placer le fort dans les terrcs cultivces. On n'at 
pas le temps ni les mojens de faire assez de travaux 
avant I'inondatbn, pour se mettre ht Tabri des eaux; 
Les moyeus de pousser vrvement les constructions , qui 
sont les bors, les In-iques , les outils et les vivres , nranr 
quent absolument, et ne pourront elre apportes par 
bateaux que pendant Tiuondation, et Jes ouvriers 
paysans ne pourront y etre employes qu'aipres Icur* 
f en tree et Torganisation des provinces. 
• , Les sapeurs qui out ete envoyes ici, n*ont pas cent pio- 
ches, et seulcment trois pelles j presque point de baches 
et une seule scie; ils sont mauvais travailleitrs et ne 
suffisent seulement pas pour les petits travaux et lar 
constriction qu'on fait actuellement a la niosquee pour 
la rendre susceptible de defense. Je prends une ving- 



INEDITE. 489 

talne de paysans pour. les aider ; mais il est difficile 
, d'avoir beaucoup de ces derniers , parce que je ne puis 
pajrvenir a les faire rentrer chez eux. ' 

Le manque de distributions , et Tesprit de pillage des 
soldats , ont fait cdntinuer le^ vexations contre les ha* 
bitans. Je les arrete autant que je puis ; mais jene dois 
point me flatter de les empecher^ tant que jen'aurai pas 
de bestiaux, et les habitans resteront.dans le desert^ 
tant qu'ils verront qu'on ne cesse pas de leur enlever les 
leurs. Je leur ai.fait faire deS offres et des menaces pour 
les engager a rentrer , j'ai meme paje les moutons et 
chevres pris a des paysans' qui rentraient ; mais je vols 
que tout s^ra inutile , tant qu'il y aura des troupes icil 
J^ai detache , avant-'hier , iin bataillon a Core'id pour 
assurer la communication et m'envoyer des besdaux, qui 
auraient deja pu arriver bier ; je n'en ai encore recu 
aucune nouvelle. ' ^ 

Je manque de pain depiiis trois jours y et .de viande 
depuis' quatre ; j'ai aujdur4'hui pour trojs jours des 
chevres et des moutons enl'eves dans le diesert*: il m6 
reste trente quintaux de riz , et de la farine poiir quatre 
jours de pain. Le premier des fours pourra fitre en ac- 
tivite apres demain. 

J'accelererai autant que possible , sans raoyens ni 
outils y les legers travaux de la mosquee pour en faire 
un bon poste susceptible d'etre bien defendu par trois 
oif quatre cents hommes , afin de retirer le reste deS 
troupes vers Belbeis , ou il sera possible de les nourrir 
sans vexer le pays , si, conime je le pense, voits vous 
determinez k ne commencer les grands= travaux qu'aprcs 



490 CORRfeSPONDANCE 

rinbadat}oo« Par ce moyen je pourrai ocg^aniser le pajs^ 
et faire rentrer les babitaos , cc cpi seca impossiUc 
tant que je serai ici. 

Je n'ai pas entendu parler 4e rinteadaat copbte que 
vous avez nomme pour la piror^oce de Scb^kie ; je 119 
puis cependant rien faiie sans lui. IlE:fNiE&. 



KeiionUy le 3o thermidor an 6 ( 17 aout i79$)* 

Jlu general Bonaparte. 

X^t^ troijpes que 'fai sous mes ordres ^opt arriyejes ici 
ce matin , mon general ;. elles 0])t iait leur route paisi- 
Menient, et, pnteie accueillies dbin^ plu^ieurs Tillages 
de ma province. « 

Je n'ai pu encore prendre aucvi>,e mesure pour re- 
activer la requisition des chevaux , I'abseoce du chef 
Fuardi m'en a dil;e le. moyen. : ce bn^ye boi^me etait alte 
au deyant de moi aveo df^s rafraic^Uipsemeps poui; le^ 
troupes ; il n^est pas en<coFe de retour» 

Des bruits vagues auxqu^me ne crois pa&, aimon- 
cent qujB le gisn^ral Reynijer a^ie oWigCideretrQgrader^ 

J'ai appris avec surprise que des age|x$, secoadair^3 d^ 
cbef Gopbjte,, v^^ie^t ei4 eay<^e$^ da^s la. provinqe de 
Keliojobe , pour y trayaill^)r au repouyreiXEept des im- 
posiiioQs , k, r^nj^veipeji^ cjps grains : coippe je nV 
vais pas sa^ctioaa^ ces operations , i)s wt etie clia54es 
et ro^cpa^us. Je, vous prie , ifton general , de doaner 
Ics ordi;es neccssairi^s pQur. qi^'a Tavenir aucun agent 
francais ou cophtie ne soit envoye sans que. prealabk- 



menl j'en aieei^ instriiit. Je persiste dans la tonne opi- 
nioa que j'ai des habhans de. cf^tt;^ pfavince ; jusqu'a 
ce moment ils qiit ete. pai;faitem^at tranguilles ^ et iU 
se louent de notre 6ages$p. Mti^AT. 



Alexandrie., le a fnictidor an 6 ( 19 aout 179S). 

jiu general Bonaparte, 

Avantrhier au soir , sur 1^| i|§u£lifiures , citoyen ge- 
nera^ y lescheickEUMessiri, acpoinpagned'un uegociaQt 
musulman et du cilpyen Arnaud > d^ggraaa , vint me 
tro^ver. I^ me demanc]^ u|t ^)f*e;i^ii particulier , et 
quand i'eusiait retire^ tout le n^onde, i] me motftra trois 
lettre^ caehetee$ .* I'une a §on ^dresse., l'^iit;re a celle 
du negociant.^u'il iji'avait. pr^sent^i et la txoii^eme a 
celle d'un musulii^n qtf i, seitrouvaat i^direqtepient com- 
promis dans Taffaire d'Al^del-Cpraitn , ets^it alors en 
arxestation. Ces a4r.esssjes, et^kat ecrit^es eo aral)e. 
. Le scheick E^I-Mesi^iri me dijt ensjiite p^r. ialerprele ^ 
^ue ces lettres Iqi a^ir^ijent; ete appoffle^s par l^e reis 
d'une djen)[ie qui ye^a^id'cm^ village entre Eo^ette et 
Aboiikir , avec un cb^rgj^ip^t de pasieque^ et de feyes , 
s^vait ete coiitraint^ d'en cQpfluire i| Te^cadre apgleise ; 
que la un, capitaiife lui avs^it deipapde par. I'^ntremise 
d'un Arabe qiji se tvpuvajt a bprd du yi^issei^u , comr 
bieo il estiquait les dcfireesqai r^n^pli^saj^nt sa djerme;. 
^lir revaluation, de cspl cipquante p^|^q^e$.qu'iUu fU^ 
rAnglaislu^e]iprQi|iif le.dpQbjie, s'il remett^tles trob 
leltres a leuri^ adces$^S| Qt &'il en appqrtait la reponse le 



49^ CORRESPONDANCE 

IcDdemaiQ ; hii declara qa'en attendant il garderait sa 
djerme^et le renvoya aAlexandrle dans un canot.icMi moi 
ni men compagnon, nous n'avons voulu decacheter ces 
lettres, ajouta le scheickEl-Messiri, et nous les remet- 
tons a votre disposition, n A pres avoir fait Teloge de cette 
conduite , je lui demandai s'll devinait a peu pres ce 
qirelles pouvaient contenir. Oui sans doute, me repon- 
dit-il : ce sont surement des propositions , auxcpelles je 
n'accederais point , lors meme que je ne serais pas He 
a la nation francaise par le serment que j ai fait ; mais 
01 Tons attacfaeZy continua-t-^il , quelque prix a ma de- 
marche, je vous demande qu'il ne soit attente en riea 
centre la libarte ni la vie du reis porteur des lettres, 
Je le lui promts , en me reservant eependant de k tenir 
GODsigne tant que les mesores militaires Texigeraieiit; 
je les lui donnai k lire et me les fis interpreter. Yous 
en trouverez ta traduction ci-jointe; vous verrez , dans 
Toned'elles, que les Anglais devaient attendre, le len- 
demain, la reponse a I'eotree du port vieux : en effet, 
lis y <3taient hier et y sont encwe aujourd'hui. 

Apres la Icl^il^rejfaite, je demandai au scheick sMI 
pensait qu'en accedant aux propositions de ces der- 
niers, cela pAt contribuer au bonheur des Alexandrins, 
Je suis loin de le croire ^ me i*^pondit-iI ; une pareille 
trabison, all cofitraire, ne pourrait qu'attirer sur eux 
line longue suite de maux et de catamites ; il ajouta 
que jen'avais rien a.craindre de semblable d'eux. Pour 
vons faire eonnaltre , lui r^pliquai-*je , combien le ge- 
neral* en chef est occupe de tout ce qui pent assurer 
votre tranquillke , )e vats vous donner communicatio» 



INEDITE. -^ 4^ 

d'un arr^te' que j'al reeu il y. a deux joUrs, et q[ue je 
m'empresseral de mettre a execution. Je vous observe , 
citoyea general y que je ne Tai pas recu de vous directe- 
ment, mais quele general Menou m'a fait passer copie 
de celui qui lui a ete envoye. Le scheick El-Messiri a ete 
comble de joie , et il s^en est exprime d'une. maniere 
noble et.pleine de sens. Je le consultai alors sur les 
personnes qu'il pensait devoir composer le divan ; je lui 
dis que je ne croy^is pas qu'il dut etre Torm^ d'hommea 
de lois exclu$ivement, tel etait aussi son avis. II jugea 
quetroisscheickssuffisaient, etqueleresledesmembrea 
deyait etre pris parm^ les plus notables des musulmans , 
dont la conduite fut garantie et cautionnee par la for- 
tune. II me promit de m'eavoyer, le lendemain, la liste 
de ceux qui , par leurs mieurs et leur et[uite/lui pa- 
raissaient les plus digues de cet emploi> et me la .fit 
remeitre en effet. 

Quant a I'aga , comme , depuis Tarrestalion d'Abdel- 
jCorai'm, j'avais cree un command^mt .musulman, j'ai 
preyenu a cet egard vos intentions ^ :et .je ne fais que le 
maintenir dans sa charge. .Vous trouyere& ei-^joint , ci* 
toyen general , la proclamation que j'^i publiee a ce 
sujet : elle fera en quelque sortjs conjtterpojids.aux ten* 
tatives des Anglais. . 

La place d'Aiexandi^ie devenant en c(e moment de la 
plus haute importapce, et.rioa ne paraiss^t plus utile 
que de nous y former un parti solide parmi 1^ plus gens 
de bien , npus y reus^irona en faisant marcher de front les 
procedcs et le salaire. J'ose vous proposer^ citoyen ge- 



494 CORRfeSPONDANCE 

neral , dVn detciininer utx potm ciacun des memlfies 

du divan, datis k proportidiisWvante : 

An president, ^,4o6 fr. par an; a chaque des deux 
scheicks , i ,800 idism ; k chacun d^ qualre negociaos , 
600 idem; h, chacim des deux licteiirs ou Iiuissiers , 
4oo idem. 

Pour ce qui regards Vkgk ou commandant militaire, 
son traitement av«it ite fixe dans ie temps a 56 fr. par 
jotu*, mais dans*^ aucune e^p^e dk droit ou perception 
attachee k cet emptoi sous le precedenit cbmniandknt. 
Comme je pcnse que , pour en imposer a la multitude, 
cet homme ddt tenir u)l certain ^tlat,. oh po'urrait lui 
laisser cette somme, d^Eiutant ptos qu^il s'ac(i[uitte de ses 
fonctions avec un zele infatigable. 

LescheickEl-Messiri m^a^aussi piiedfe vous rappeler 
qu'il a pris la liberty de votis proposer de ^athriier les 
juges, afin qu'ils ne puissent plus commettre le§ extor- 
sions sG^ndale^ses qui dht en lieu f usqii'ici; 

line autre qucsftion se ptesente actiieUitoent, eelle 
de savoir si votis larsseiez les rayafas eiH gjeneral sous 
radministi^timi Indieiaire des mus^dmans. II semble 
que les Greds eties Juifs, Tie reconAaissant point de 
grand proph^e Mftbomet , devraient ftfe dispens& de 
suivre ses lois. lis reclament cette faVeur avtc instance , 
€t ] -atteildls vbs df'dtes a cet egard. 

Nous aVons 'encorie tin mdyen, citoyen general, de 
nousfaire ben4r pbiir Iemoi;nentdes mnsulmnns; 11 cori- 
siste a leur prbmetli^e le rembotirsement des 1 00,000 fr. 
que' j^ai exiges d'eux a titre de contribution militaire 
eo punition des difBcultes qu'ils out apportees dans le 



temps k reinpljt Tcjapnint de i5,ooo fr^, pour lequel 
lis flivaietit ete stttlfeitses. Cies difficultes n*ayant eu lieu 
^'a k su^gestioti d*Abdd-Gora'iin , knjoulrd'Iiiii re* 
connu traUre et declare tel, ib croient avoir qtielquc 
droit de reclamer ^etiefaveur^ let je Icur aipromis d'in- 
leiceder aupr*^ de' votii piotct k leur obteiiir. Ce rem- 
boursement se ferait, par sucbession de temps, sur les 
renttees At la d6tiane. 

J'ai remarque, citoyen general , (jne toute espece 
dimposition dii^tie k'eptigiiait a ces homnieSy tandii 
qu'ils semblent ^tre fatonnes attx impots indirects. 

Le parti que vous avez pris relatiyement & AbdeU 
Coraim a produit une jote gienerale k Alexandrie. 

Lettre adressSe an scheick Mahomed^el^Messiri par 
le general anglais , johtte h la precidente. . 

Loiiange au ti'es-haut et a son prophete , etc. ! ( &ui' 
vant lbs litres et complimens d'usage ). 

C'est d^ Ik piBirtdu commandant et dii general anglais , 
que nous V6us ecriV6i4s cett'e letlre, irionscign'eur : tous 
les deiil d&ireiit voiis conhaitre, vouis parfer et 6trc 
vos amis; ce qui ne pent, sll platt a Dieu^ ihaiiquer 
d'aniver. K6tre connaissahce et notre amitie mutudles 
nc pourront que produire dii Ken'; elles prolbhgeroht 
votre vie et cHes'afeureront le-iforiheur rfe tousles ha- 
bitans d'Alexaddrie; Si vous ^ roonieigneur, avezbesoin 
ou desires quelque cbose^ nous sommes et serons tou jours 
prSts a vous servir et a faire tout ce qui peut contribuer 
au repos dts Alexandrins. Le commaadiaaA anglais de- 



4cj6 CORRESPOND^CE 

mande de vous de lul envoyer avec la reponse a la 
presente lettre , ou une personae ^ vous soil particu* 
lierement connue ^ qui sache tenir le secret et qui aime 
lebien des habitans d'Alocandrie, qui seront bien, s'il 
plait aDieu, excepte les Fraucais, au bleu de cboisir^ 
pour porter la reponse en question , un de ces trois ia* 
dividus, savoir: Hagi-Hassen-Halaf, Reggeb-Hoggia-* 
Ibn-Jesame et Hagy-Hassen-Sebu. Puisqu'il faut vous 
dire, monseigneur, que le commandantanglais veut s'em- 
parer des vaisseaux francais, et que nous.n'aimons rieu 
faire sans vous avoir auparavant consulte, vous vou- 
drez bien, monseigneur, nousapprendre lamaniere dont 
nous devons nous comporter : c'est uue affaire qui doit 
vous interesser et dont depend votre tranquillite. Sa- 
chez, monseigneur, que le general donnera aux Alexan- 
drins tons les b&timeos quil prendra dans votre port j 
c'est a vous de voir si la proposition que nous vous 
faisons pent vous conyenir : vous eies tres-sage et tres- 
savant. ]Nous vous lecommando^s encore une fois de 
nous envoyer uue personne de votre confiance, avec 
laquelle nous puissions discuter sur cette affaire^ vous 
ne trouv^rez pas en nous des Fraucais^ mais des 
hommes qui vous seront devoues. 

( La signature est de la main du general , autre signa- 
ture it la main du commandant ). 

Louangeau tres-haut et a son prophete! 

Ge que je vais vous dire n'est que du bien. Notre 
isante est tres-bonnC) aiusi que celle de tons nosfreies. 
Que le tres-haut vous fttsae j^osperer tons! 



Votts ne powiifs mieux fiiire que de vons rendre 
chez ie general pi desire de vous parler et de vos af* 
fiiires partipttlieres, et decelles des Afex^rtdriiKS. Ain^i, 
votts fetes attendu id, ct , s'il ne vous est d'aucuoe ma**^ 
mere possible de veair, repondez kt cette lettr^, liir 
isoHieift plus t6t , de toutes ies mabier^s possibles y. 
vom v^rez que j'ai ecrit une lettreau scli^ick Ell-Mes-^ 
siri , etc. Cette nsemeiettre est pour tous ceux qui sont ' 
de I'assemblee de la ville, 

yous serez isaus doute ceux qui serez Ies mediateurs 
enlre nous et Ies Alexaodrins, et qui leur assurerez* 
uue trauquiHite parlaite. Mouhameii^Phagial. 

Lettre adressee au scheich MouItamed'el'Messiri, 
Hagy^Hassen-Halaf et h Hagy-Hassen-lbn. 

Lo^ange au tres^haut , etc. ! 

Je me trouve pilote sur. I'esoadre anglaise^ j'ai ^(4 
assez heureux dans le eomhat, et actueUemeut j*ea re-*, 
mercie Ie tresrbaut. Le conunaodaut vieut de lae dire 
d'ecrire a quelqu'uu de pa coxmaissauce de se reudre 
aupresdelui pour qu'il puisse iui parler sectetemeut^ . 
afin de savoir de quelle mmiiere Ies choses se passeht , 
et de pouvoir ve&ir a bout de d^ruire Ies vaisseaux 
frau^ais .ou de uoua e)!k emparer : c'est uo point tres* 
iateressaut pour naus^ &eres musulmans, et pour les' 
habitansde la ville ou j'ai re&t^oi^tiieme, pour las 
Alexaadrins. Au$«it4t qw ¥<ms y^tis empKesserez^ d*f 
r%(^idre, bu bi^aque qmeiqii'uo d'eutre vous vi^idra 
icipom* parler Aeecet^mitat / le eomuiaiidaiit et moi noua 
pajfalt^us vis^M.i»>jk4d .v^ du,€d(e4u p4W.t^ S'il vo^a 
£GTPTs. t. 3a 



498 CORRESPONDANCE 

ett de tomte impossibilite (te vous rendfe mpr^ de nons 
oa d'y eavoyer quQlqu'ua deB vAtres , il fatit alMoliiiiieBt 
ecrire une r^poose k k presente lettie ct bous Peoiroycr 
8iii» debit : la tranquiUite de votre rillt en depend. 

fie manquex pas de lire entre tous oelte iettre secr^ 
temeat. Ce sera a tous de battre les FVanoais dans h 
yUhdy ft nous entreroas dans totre port et bHMeroas 
tous leurs hfttimms. II ne faut pas ea dire davantage, 
TOUS savez et connaisses toutes les dtoses mieux qti'au* 
oun autre. A^irf, €tc. 

Proclamattwi da general Kleber^ annoiwie dkms sa 
Iettre en date du %fructidor an 6. 

Eln consequence de I'arr^te du general en chef Bona- 
parte , relatif a la formation des divans dans cliaque 
proivince d*Egypte , le geaoral Kleber ayant le droit de 
cboisir parmi les notables d^Ale&andrie les sept mem- 
hres devunt composer le divan , ainsi que I'aja ou exm- 
ifiandant militaire : sur les connaissances qu*il a br- 
cpiises de b haute eqait^ des scheicfcs Mohamed- 
el'Messiri^ scbeick Ibrahim Abou-Chair, scheicL 
Mustapha-et-^rah , haidji Hassan^Abou^Sif^ haidji 
Ahmect*Adjetti«Ogtou, haidji Assem^KereSoim ; haidji 
Mohaiiied--Daab , les a nommes et les nomme membres 
du divan ^ doat le seheick El«-Messiri sera le president* 

En veitu du m^me pouvoir, il confirme dans sofi 
poste de commandant militaire des mtisulmans , ftovs 
la qualification d'aga, Mohamed-Cherbazi el-Gariant. 

Le general Kl^r se reserve de donner des instrue- 



INEDITE. 4co 

lioftsk.chacun des membires du divan ^ ainsi qvLa Taga, 
nir les fbacUons qui leur sont particulierement aUri<« 
buees, ajhasi queaur le li«u oil ils liendFont leurs seances. 

G)nuae les hoimears Knilitaires doivent £tre readua 
taut auaL membres du divan qu'a I'aga , il.est necessaire 
qu'ils soient porteurs d'une marque distinctive. E431 con* 
aequ^ee, le general Kleber arrSte que chaque fois 
qu'ils se montreront en puUic, ils seront irevetus et 
d^ores d'une echarpe tricolore. 

Fait a Alexandrie, le i*'. fructidor an 6. 

Kl£B£R« 



Gizeb f le a fructidor an 6 ( 19 aoAr 1 798 ). 
jiu general Bonaparte. 

Ccmfonnement a vos ordres, mon general, j'ai ins- 
talloi le ig du mais dernier, le divan de la province de 
Giaeh* Depuis ce temps , on s'est occupe d'organiser 
la compagnie des janissaires 1 de faire reconnattre I^ gou* 
vemement par les dhiefs des villages , et de prendre des 
reaseignemens sur les biens meubles et imme^ibles des| 
inameloucks. 

U existe dans la province de Gizeb une troupe d'Ara- 
hes k cbeval de 80 a 1 60 hommes , babitans du pays , 
qui serveat , autant que j'ai pu le decouvrir avec UQ 
naavais interprete , a d^fendre le pays contre les incur- 
aions des Arabes Bedouins; je vous prie de t&cher d'avoir, 
au Caire, des donnees plus certaines sur TexisteQce et 
I'uiilite de ce corps , et de me marquer ce que vous 
youtez qu'on ea fasse. 

351. 



5oc CORRESPONDANCE 

Vetuliez, si vous ,le pouvez, me proeurer an lx»i m^ 
terprete ; rorganisalioB en irapius vile. Nous en avoas 
nn ici qui ne* $ait ce queerest qu'un gouveroemeiit , et 
qui ne peut pas rendre ilux habitans ce que nous ydxx^ 
Ions leiir faire dire. Bellia&s. 



• « Maosoura , 1« a frociidor an 6 { 19 aout 1 798 }. 

jiu general en chef, 

Mon avant-garde arriva le 3o , a ciaq heures apres 
midi, a Mansoura,et j'y fus rendu avec le reste dc 
ma division, le I*^ fructidor, a neuf heures du matin. 

J'apprends que le general Vial, qui y etait venu le 1 7, 
avait nomme un divan et etait parti le 18, apres avoir 
laisse lao hommes de garnison. 

D'apres le rapport des habitans du pays , les Arabea 
vimeat attaquer cette ville le a3 j ils enleverent les bes^ 
tiaux et tuerent environ 120 habitans. On les chassa et 
on les paursuivit jusque dans la campaguje : 11 y a eu^ 
die-on, 6 ou 7 Fran^ais tues. 

Le detacheinent est parti de Mansoura le meme jour; 
il a pris le chemin du Calre, et a emrpeoe avec luiaS 
chevaux equipes , qui out eie pris chez les habitans. Ce 
sont les seuls details que j'ai pu me procurer sur cat 
evenement, n'ayant avec moi ni chef d'adminislr ation , 
ni interpf ete capable de me les fournir. 

J'ai laisse le divan comme. Tavait forme le ^eneml 
Vial: si je crois devoir y faire quelques changemens^ 
je vous en rendrai compte. 

La situation dans laquelle je me trouvc ici est ass» 



' ^ INEmTE. 5ot 

embftfras^nte ; je nVai point trouve lecophte Sidei^m* 
Seemme que vous m'avez dit ^tre riotendaotde ia pro^ 
tioce ; je Pai cnvoye chercher, je Tattends aiijourd'hui , 
et Tageat francais nomme Leval^ la plupart des habitans 
s'etaient saures de Tautre c6te du NiL Leis boutiques 
tl les makous etaut feimees y )'ai fait proclamer que les 
Francais accordaient protection aux proprietes et aux 
Individus : depuis , quelques-uns sont reutres ; les uiar<^ 
ehaiids commencent a vendre. 

Je D'ai> encore pu avoir aucun renseigbement suv les 

proprietes desmameloucks : ilsa'ont, m'a-t-^on ditici^ 

jtMCuu magasin de grains. * 

Je sui s oblige de faire vivre la troupe par ra^isition , 
avec d'autant plus de difficultes , que je me trouve sam 
sbterprete et sans administration d'aucun genre. Jen'ai 
jqti un adjoint au comnsissaire de guerre et deux em- 
ployes aux snbsistances , incapables d'etre util^, soit 
par ignorance, soit par mauvaise volonte. 

Je suis cerne > par le debordement du Nil , a ne pas . 
laire dix pa& a pied sec en deUors de la ville. Les canaux 
«6nt rempUs , les terres s'inondent j je vais itre force k 
4}aserner ma troupe dans la ville , ou il n'y a pas una 
pl^e capable de camper 200 hommes. 

Je serais fort emharrasse de communiqtier av«c le ge^ 
jaeral Reynier, si vous me Vordonniez* 

J'ai laisse derriere moi vingt canaux pleins d'eau , 
.€t quinie^ ou vingt a sec, qui commencent surem^nt a se 
xemplir.. 

Jl me parait necessaire de former ici une.ma,rine qui 
puisse faciliter les communications des troupes de Maa» 



So% CORRESPONDANCE 

smira avec celles qui sont dans le Delta ; ce qpi ne peat 

se faire s&rement qu'avec dix barques armees. 

. Mansoura , grand comme Boulak ii peu priis, peat 

Itre bien garde par un bataillon. En y eo laissant deux ^ 

iin seiaii toujours dispomble poiur.le haot on peur le 

bas Delta; le general Rejnier serait plus pimBptevieitf 

aecouru par lea troupea qui partiment da Cmt, qae 

parcellesde Mansoura. 

Je m'ocGupe de faire construire des foiiia ; nais ils me 
pourront pas rendre ici d^aussi grands serriees ^'ail-» 
leura, a eause de la penlirie da bois, Oa ae st scrt daos 
ce pays que defieote d'animaux ou de ronees fAht^mm 
sdieily et 11 n'y a pas de provisions eapaUes de feumir 
aox besoins ]Ottrnaliers du soldat, qu'H est tris«difSeiia 
d'empecher de oommettre des dilapidattons poor M 
preeurer du bois } )e vous prie d'ordonncr qu'il m^ 
soil envoye sur-Je-ebamp des magasins de Boub^, oil 
j'ai kisse un appxovisioQaeBient silffisant poor la vm^ 
aoBLBiation de la divisioB pedant {liusieors mots. 

Faites bftter le depart des admiiUsfratkMS de madi^ 
vision, e'est surtout ici ^pie j'ea ai besoia; je dois ftiro 
cbercber toutea mes subsistances dans las tillages eof* 
vironnans, avec lesquels il est tirte-difSe^de eoflsauni- 
quer , et il faut des d^achemens pour cbaeun. 

Mansoura n'est point une ville fermee; elle est en« 
teur^ d'uB eanal dans la paHie *qtti n'est p<^t biugnee 
par le Nil, et enU^e la vtlle et le eanal so trouveatdea 
tas d'immondices, comme ceux que Von voit a fioulak 
ea an Cairo. {hiooA. 



IN£D1TE. 5oi 

Mansoara , le a frnclidor an 6 ( 19 aoi^t 1 798]. 

Jhi genind B0napane, 

Jo rousal i«ada compte^ la d8 thermidor^ de mt pen 
ftiuoa et de I'emJbartas ou je m^ trouvais au bord du 
oaiial d€( Sai&a« Le peo d'espotr 4{ue j'avais d'^feiit^ 
iBoa fa£$age avec le tadeau dont )e vous ai ^*ia, 
la'avait detemuoe a ordpoiier au citoyen Laugiev de 
remoiiler ce caaal jusqu'a Schafbur, gros village a 
qiiatre Uettes.de la 5 ou I'oa m'avait assare que je trou* 
T^ais des. barques : }*ai ete a^sez beureuxpour que cet 
officier, k £orce de cous^anoe et de fermete, parvinta 
decoiivrk uue barque capable de passer 3o bommes a 
la fois a deux lieues dii point ou J'etais, et a jne la ra* 
.li»euer malgre les efjforto dea payaass, qui rompaieut 
derraere; lui les digues des caoaux lateraux, et mal^re 
ks.iu^uietudes de sa troupe, qui craig nait que Tiatro- 
ductiou des eaux dam ees oauaux ne lui coup4t le r^tour ; 
enfiu^ cette barque m^etant parveuue le a8 a midi, 
toote la div^a a ete de Fautre cote du caual^ le 29 
a la meme beure. 

J*ayais fait passer le troisieme bataiUou dela soitaute- 
quinziemedemi-brigade dans rapres-dtiier du 28, Aussi*' 
tAt qu'il fttt sur TautFe rive, jedoimai ordre aueitoyea 
.Laugier ^ at au citoyeu Casal commaudaat du g^ie de 
la divisioa , de partir avec ce bataillou et de 5<^ reudce 
m. bord du canal d*Arnout, pour preparer toua lea 
moyens possibles de passi^. lis n'y trouvereat d'auti^e 
i^soiurce que six ou s^ radeaux qu'ils fireat coosr^ 



5<>4 CORRBSPONDANCE 

iruire par les paysans , et qiii pouvaient passer chactrm 
deux ou trois hommes a lafois. Cependant , a^ec si pen 
de moyens, ces ofifioiersfireirt passer lebatatlloQ en sept 
beures dc temps. 

II m'anrait fallu plus de soixante henres poor le pas- 
sage entier de la division , si le hasard ne m'aTait pas 
feit decouvrir une oemmuuication d'Un canal a Pautre, 
par lacpielle jlai fait venir ma barque en buit benres^ 
Le '3o amidi , tonte ma diVision etait sur la rive droite. 
Le eitoyen ToutoDse, commandant Fariilleriede la di- 
vision, a accelere le passage de Fartilierie parunmojea 
que vous croirez peut - itrt utile de faire connaitre a 
rarmec ; il a fait passer Tobusier et les pieces a la pro- 
longe, surleurs affiits leur servant de radeau. Je me 
croyais dclivre des canaux et n'avoir plus qu*i arrivcr 
a Mansoura : manquant de subsistances , j'ai ordonneke 
3o au general Damas, au general Destaing, au eitoyen 
Laugier, de partir avec la dcuxieme demi-brigade d'iiK 
fanterie legere pour se rendre a Mansoura, et prendre^ 
tous les moyens de pourvoir aux besoins: de la troupe, 
qui etaient sans nombre. A peine etait*elte en marche, 
que le genei'al Damas m'annon9a de nouveaux canauic 
a passer, qui seremplissaient avec une promptitude ef- 
' fray ante , et que, si je perdais tm instant, il me serak 
peut-etrc impossible d'arriver k Mafisom*a. La division 
^ait entierement passee lorsque je recus cet aw. Je 
partis suT-Ie-champ ; j'evilai , enprenani? sur la gkucbe^, 
le premier canal, qu'avait pass6 la deuxiime demi-bri- 
gade;*j'arrivai au second, trois. quarts d'heure avant 
le soleil leve, II avait, ainsi que ceux deSaftVa et d'Ar«- 



INEDITE. 5«B 

Xkcmt, Ae dix-huit a vingt toises de largcur, €t fe le 
pdsaai sur-le-champ a la tete des grenadiers, ayant d^ 
Teau jusqu'a la poi trine; a neuf heures du soir, tousles 
equipages etaient sur Tautre rive. 
. .. La troisieme. compagDie de canonniei'S du premier 
^giment d'artiSem leg^re^ composee de 64 hommes , a 
Jaquelle, ainsi qu^a toute la division, je n'ai pu faire 
i^ucuue distribution ce jour-Ia , a non- seulement passe 
'^s pieces a bras, mais, dans la crainte que leschameaux 
charges des provisions ne s^abattissent dans la vaseet 
dans I'eau , a forme la chaine, ouvert les caisses , et passe 
ks munitions de main en main, de maniere que rieu 
n'a ete avarie* Cette operation a dure trois heures. J*di 
•donne a cette preuve de zele les eloges que j'ai cru 
qu'elle meritait , et j'ai distribue sept louis aux cancmi- 
niers. 

Le i*^', a cinq heures du matin ^ je me suis mis es 
jagiai:che-pour Maosoura , ou je suis arrive a neuf heures, 
A^ant constamment passe entre des chaipps et des car 
.naiix , ou. je voyais a tout instant croitre Teau. 

IL est impossible, general, d'eprouver des inquietudes 
plus cruelles que celles que m'ont causees le deborde-^ 
ment et le manque de subsi.stances. Vingt-quatre heures 
.plus tard il m'aurait ete impossible d'emmener du pays 
.que j;'ai traverse , ni artiUerie , ni chevaux , ni chameaux, 
simunitions d'aucune espece : trop heureux si j'en avais ' 
retire les hommes! 

Je m'oGfiup^ des moyens de f$iire partir une barque 
pour le Caire : avant son depart je vous doimerai des 
details sur. Mansouror et ses environs. DtrctiA. 



So« CORRESPONDANCE 

Maiuoura, le 3 ftuctklor an (S ( m ao&t 179s)* 

Au general Bonaparte, 

Vt\ reoo ee mttin , ^ onse hent«B, la kttre en iale 
jln ag tbenaidor , psr laqoelte le genial Borthier ft'an*- 
nonte l^veneinentmalkenreuxamviS , k 1 4.^ ntois der- 
nier , k notf e escadre , et par laqneHe ii me titiif smet 
Tordre de me rendre k Mehal-el^Kebtr, protince de 
Garble , poar dissiper rattrcmpement ^ui paratt s*y 
form^. 

D'apres les reoseignetnens ^e f ai recoeinis , il est 
cettam qu*il est impossible de voyager par terre avee 
ime troupe-daas le Delta. J'ai dotme ordre de rassem- 
Mer t^tftei les dfermes et bateaux qiii se troavent dans 
la province de Mansoura et a Semenhoud dans le Delta : 
dies seront r^nies dans la jotirn^e dn 5 ; j'ai enionne 
tfnsst qfii'on ftt da pain pour le 6et le 7. i*6cti% ^g^«^ 
-ral Fugles de partir de Menouf le pluatdt iju*ii iui sera 
possible, pour se rendre ii Tentre^ du canal de Mahal- 
K.ebir, en me faisant pi^venir six keures d'aYance de 
-Son arrivee , parce qu'en th>is heures je Taurais re- 
'f^t. D'apres ces raesures, je ne puis pas, general, 
vous fixer l%eure ni le jour de men depart de Man- 
soura : ils dependent des operations du general Pu- 
gi^res. Par les infomations que j^ai prises du copbte 
Sideram - Seemme, intendant de la province , arrive 
. bier au moment du depart du citoyen Laugier , j'ai 
au que Tinsurrection ^ait snscicee par Ali (kiaya) 
c'est-a-dire, lieutenant de Soliinan-'Bey, Cet Ali n'a 



INEDITE. 807 

ftvec hti qu& 6 a 7 mameloucks et d«s paysam tn^} armea 
et sans sntillerie. J ai su aussi qu'efl suivant le candl 
qui va At la braaclie du Nil , de Damiette a M«hal-el«* 
Kebir, il commuiiiquQ avec: celui qui va de cet eB<» 
droit k Mehal-el-Liber sur la brandie de Rolette, el 
que lea plus gros* bateaux peuvent actu^^ment M(St 
d'une braucbe a Fautre du Nil par ce passage, le cr ois 
MebaUel-Leber le itettie vittage que celui qii^ k g€u^ 
fal Bertbier m'a dedigne 6(m6 le ucnti de Ldber. 

La ville de Mansoura , general , me paralt nn poinl; 
essentiel a conserver, par la facilite de le defcndreavcc 
petL de troupes ytoutie temps de risoQxhtiou, et la dif« 
ficulli qu'il J aurait a y r^mrer $i Tou y trouvait quelqUtt 
opposition. ' 

Vows ignorez peut^re, g^e^^l? qti^ les troupes da 
geperal Vial n'y etaieat plus lorsque vbus m*atez fiiil 
ioan^ r^rdre de m'y rendre : je Vousprc^se d'y laisseir 
le deuxikue bataiUbn de la soixanteHquinzi^^ demi^ 
brigade, qui^ dans to«is les cas, pourrait mefokdre k 
Mebal-eUKebir en six beures de temps. Je jcrois pou-** 
voir edcore recpvoir de Mansoura de noureaux ordrel 
de vous y si , oomm^ on me I'assure , les «xpres qui 
vous portent cette lettre arrivent au Caire en trente 
beui'es, Ptoxja. 

Alexandrie, 1« 4 fiwAidw «ti 6 (i i aoih 1 70$ }» 

^u general Bonaparte. 

L'arrealatioH des parens et des domesttques d'Abdel- 
Coraim I les menaces qu^on leur afaites^ n'ontpas pro-* 



£o8 CORRESFONOANCE 

4uit , citoyen general , les effets qu'on: en attendait, et 
que je vous ai annonces dans ma derniere. On a trouv^. 
quelque peu de vaisselle , euviroorcinq cents talaris en 
argent moanoye ; le reste est en marchandkes ^ telles^qu€ 
j^fe^ huile, liois de coastructioo , hardeset elof£es. En 
•realisaut en numeiaire tons les ab}ets qui ne sont point 
jutiles au service de i'armee ^ on n'eo ttrera gnere plus 
jde so,ooo fr.; quant a lajciterne, personne ne veut eti 
avoir connaissapce : il vous sera adresse expedition du 
|»roces-verbaI de I'inteiTOgatoire. lorsque k procedure 
•sera close. 

Je dois cependant , general , fixer votre attrition par- 
ticuliere sur nos affaires de fiuance. Les Anglais ne laisseat 
ni entrer ui sortir aucun vaisseau ; le commerce est en 
stagnation , et la douatie , sur les reveaus de laqiielle vous 
eomptiez ^.ne prpduit t^solumait rien : il faut done que 
vou^ veuiez a noire secours par uae somme capable de 
couvrir les differens services que vous avez ordonnes^ 
ceux que j'ai ete contraint d'etablir apres vous, et eofin 
les depeoses.extraordinaires, teUes que reparaticms des 
conduits, puisards , machines hydrauliques, et toutcequi 
estrelatif a Tairivage des eaux et auremplissagedes ci- 
ternes^ ce qui fait uu objet tres consideiable. Indepen- 
damment de ces depenses , il est necessaire de caserner 
nos troupes, lors de la saison des pluies : pour cela il 
faudra acbeter la maison d'Abdallab-Bachy, la seule qui 
puisse convenir a une caserne. 

Pour faire face a tout et payer le ecu rant de la solde 
des troupes, le payeur de, la place demande au payeur- 
general une somme de Soo^ooo fr. j ce qui pourra nous 



INBMTE. * 5o9 

eMdulre juiqu'a la fia de vendemiaire. Je vous conjure, 
general, de nous eavoyer cette somme le plus tdt pos** 
sible y c^ nous sommes dans ce moment dans la plus 
grande pienurie. J'aurais desire blen ardemment que , 
vous eussiez pu vous rendre ici, pour determiner defi- 
nitivement radministration de ce pays et trouver les 
mpyens de subvenir aux besoins des troupes que votre 
iutentioii «st d'y laisser. 

Je vous ai dit dans ma derniere que j'avais traite 
Avec plu«ieurs scheicks arabes des tiibus pacifiques : 
ib fourniront les marches en bestiauz , pourvu qu'on 
ue les inquiete point « et qu-ils soient toujours as** 
sures d'etre payes comptant. Aujourdliui , j'ai traite 
avec les scheicks de Damanhour et suis convenu avec 
eux qu'ils foumiraient, comme par le passe, les chc^ 
yaux.et les hommes necessaires pour curer le Kalidj , et 
mouvoirles machines faydrauliqites a Aleiandrie lorsque 
les eaux y seraient arrivees. lis ont tout promis , a con- 
dition qu'ils recevraient aussi pour tons ces objets le 
meme salaire qxie par le passe : a quoi ayant consenti a 
mon tour , ils sont partis charges de quelques presens 
et yetemens provenant des depouilles d'Abdel-Coraim. 
II sera necessaire, citoyen general , d'envoyer' quel- 
ques fonds au commandant de Rahmanieh, pourqu'il 
puisse payer les Arabes qui seront employes aux tra- 
vaux du canal dans cette partie j car il est impossible , 
«ette annee , de pen$er a porter aucune innovation dans 
ces. trayaiix. . . 

Hier, les Anglais ihU quitte le mouillaged'Aboukir. 
Plusieurs yaisseaux ont gagne le large : cinq croisent 
autour du port, deux fregates sont toujouts en vue. 



5io CORRESPONDANCE 

Vn KaiUMnt greo igraat obtcau , ^es ie dfebarge^ 
meat de ha deorees > de passer du pott vietix an port 
neuf y a ete rencouire par les Aiigiak \ ils ont .c^traint 
I'equipage a se i^endre ^ bord de ieurs vaisseaux, apres 
quoi iis oat mis la feu au bi^timent , et out rcnvoye a . 
terre, apres quelques questioDS^ tous les homines de 
Tequipage. 

Le citoyen Cretin , commandant le genie , est malade : 
il est indispensable de lui donner nn second ^ capabietle 
le seconder, et witme de le remplacer s'it devait rester 
daiis cet etat de deperissement. Le eitojen Fatiltrier 
n'est pas mieux seconde; cependant la place d'Alexan- 
drie va deventr importante; il serait bien necessaire, fl 
flie semble', d'y euvoyer des sBJets distingues. On 
constrnit dans ce moment deux nouvelles batteries : 
I'unea la petite ^centre le port des Figuiers ; Tautrc un 
peu plus lota que les bains de Cleopatre, a peu pres 
au tiers du chemin de Marabou y pour defendre la passe. 
Voici ie parti que j*ai pris , avec la surabondance de^ 
ttarins qui se trouvent dans ce port, on completera les 
^uipages du restaut de I'escadre. La soixante - neuvieme 
demi*brigade recrutera 36o hommes, Tartiilerie et le 
genie em preudront ensemble deux k trois cents > le reste 
desmatelots serareunien un corps particulier,commande 
par le capitaine de fregate Martinet, pour etre employe 
aux operations nautiques : ce corps pourrait ^tre rendu 
a la marine , si lacirconstance Texigeait. Si vous approu-* 
vez cette mesure , je vous prie de vouloir bien me donncr 
des ordres en consequence , car la marine ne m'a seconde 
jttsqu'ici qu'avec iQfinime&& de moUesse. II tne semble 



5. 



INEDITE. 5if 

^tiec*est le seul moyen de ramener a la discipline des 
liommes accoutumes a Yivre dans le desordre et fsmilia* 
rises avec tons les vices. Kl^bek. 



An Caire, le 4 fruciidor an 6 ( 2 1 aodc 1 798}. 

Au general Bonaparte. 

Le leopard ne cLange jamais de taches^ ni moi de 
caractere et de principes. Gomme ua bonnete homme, 
]e ne dois qu'a vous U con^denqe que je vais vous faire. 

Je suis instruit qu'il.existe en terre, dans la m^isoa 
du Bey , un tresor et plusieurs effets tres-precieux. Nc 
devant point / en profiler sans votre participation, j'a« 
bandonne le tout a votre disposition , vous representant 
aeulement que je suis pere et sans fortune; je reciam6- 
rai de vous, mon general, d'etre present au depouille- 
menty afin que rien ne soit dilapide. 

Le getieral de ca^alerie , Ax-exakdre Duvas. 



FIN DV PXEMIER YOLVME* 



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