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Full text of "Correspondance politique de Guillaume Pellicier, ambassadeur de France à Venise 1540-1542, publiée sous les auspices de la Commission des archives diplomatiques par Alexandre Tausserat-Radel"

y 



I n / 



INVENTAIRE ANALYTIQUE 



DES 



ARCHIVES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES 



CORRESPONDANCE POLITIQUE 



VENISE (1540-1542) 
II 



COMMISSION DKS ARCHIVES DIPLOMATIQUES 



M. LÉOPOLD Delisle, charyé d'examiner les analyses des dépêches de Guillaume 
Pellicicr, rend compte de ce travail et constate qu'il a été exécuté conformément 
aux instructions de la Commission. 

(Extrait du i)iocès-verbal tic la séance du 3 juillet lSd'6.) 

Vu par le Commissaire délégui^, 

Signé : 
LÉOPOLD DELISLE. 

Tous les volumes de /'Inventaire analytique de la Correspondance politique 
devront être soumis en manuscrit à Vexainen du Bureau historique. Le chef de 
ce Bureau en fera l'objet d'un rapport au Chef de la Division des Archives. 

Aitcun volume de Tin ven taire analytique ne pourra paraître sans être revêtu 
du visa du Chef de la Division des Archives, jvir l'intermédiaire duquel les 
manuscrits seront transmis à l'éditeur. 

(Extrait du procès-verbal de la séance du mai 1885.) 

Vu par le Chef de la Division des Archives, 

Signé : 
DELUSS-MOyTAUD. 



Coulonimicrs. — Imprimerie Paul BRODARD. — I'287-99. 



r 



INVENTAIRE ANALYTIQUE 
DES ARCHIVES DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES 



CORRESPONDANCE POLITIQUE 



DE 



GUILLAUME PELLICIER 

AMBASSADEUR DE FRANCE A VENISE 
1540 — 1542 



riBLlEE 

SOU^i LES AUSPICES DE LA COMMISSION DES ARCHIVES DIPLOMATIQUES 

PAR ALEXANDRE TAUSSERAT-RADEL 



TOME SECOND 



PARIS 

ANCIENNE LIBRAIRIE GERMER BAILLIÉKE ET C 

FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR 

108, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, !08 

1899 

Tous droits réservés. 



1}0 

II?. 

P4- 
t.2- 



ncT e - 1962 






?Î2074 




INOVEMBRE lo41J GUILLAUME PELLICIER 46; 



PELLICIER AU CAPITAINE POLIN*. 

305. — [Venise], 20 novembre 1 54 1 . — « Monsieur, estans tous voz 
amys et serviteurs du roy qui sont icy en grant peyne et ennuy pour 
estre demeurez si longuement sans avoir de nouvelles de vous, — des- 
quelles n'avions entendu aulcunes depuys une lettre que m'escriveistes 
de Cuba, dux^ septembre, — d'aultant plus se sont-ilz resjouys et con- 
soullez, en ayant eu tout en ung coup de si bonnes que d'avoir entendu 
vostre arrivée près du Grant Seigneur, le bon recueil qui vous a esté 
faict par luy et toute sa Porte, ainsi que le cappitaine Colas Bunello 
nous a rapporté bien au long, et refîéré des occurances de delà. Qui 
arriva icy le xii" de ce moys avecques ung pacquet pour le roy, que ne 
faillyz le lendemain à luy envoyer expressément jusques à Thurin par 
M. Daramont, qui me prya luy adresser ce voyaige, pour ce qu'il voul- 
loyt aller mettre ordre à quelques siens affaires. Je pense que aurez 
receues toutes les miennes que vous ay escriptes depuys vostre parle- 
ment; desquelles la dernière est du x« du passé, par M. le prieur de 
Sainct-Pol, que le roy vous envoyoit expressément avecques lettres de 
luy. Bien que nous soyons icy en très grande facherye et ennuy que 
n'avons entendu aulcunes nouvelles de luy depuys son partement, ne 
de Scarpe, qui est le barcquerol qui entreprint de le mener àSébénigo 
ou à Raguse, ainsy qu'ilz trouveroyentpar leschemyns estre le meillieur, 
et si nous sommes enquis à tous ceulx qui sont venuz de ce cousté là, 
et mesmement audict messer Colas, s'ilz en avoyent aulcunement oy 
parler, attendu que ledict Scarpe est assez cogneu et famé par tous les 
lieux et passaiges d'icy à Raguse; mais n'ay sceu trouver personne qui 
nous en ayt sceu dire nulles nouvelles, non plus que s'ilz fussent per- 
duz; dont il y a grandement que penser. Je supplye Nostre-Seigneur 
que nous n'en puissions avoir que la facherye et leur donner la grâce 
d'arriver à bon port. Quatre jours auparavant, je vous avoys aussi 
escript par ung nommé Guillaume Maillard, secrétaire de M. de Boys- 
Rigault, mais de cestuy-làje me puys presque asseurer qu'il sera arrivé 
■vers vous avant la réception de la présente; car le jour auparavant que 
ledict messire Colas arrivast à Raguse, il en estoyt party avecques 
messire Pierre vostre secrétaire, pour vous aller trouver ainsi que m'a 
dict ledict messire Colas. Depuys que ne vous ay escript n'ay entendu 
aulcune chose de la court ne du cousté de France, qui mérite vous estre 
faict entendre, sinon la bonne santé du roy et de toute sa bonne com- 

1. " Cette dépesche fut baillée au barcquerol qui avoil admené messire Colas, et 
fut escript cedict jour à messire Yincenzo Maggio touchant le Judeo ce qui est con- 
tenu en la lettre de l'amy du xxv'= octobre doil. Escript aussi à M. l'arcevesque de 
Raguse mander le pacquet expressément s'il ne trouvoyt bientost commodité de le 
mander seurement. Escript aussi à l'évesque de Sébénigo. •■ 

Venise. — 1540-1542. 30 



46G AMBASSADE DE [NOVEMBRE lb41^ 

pagnye; lequel s'en va à Digcon ' où se doibt trouver le duc de Lorraine 
et le duc de Bar son filz - avecques la duchesse de Millan sa femme ^ 
auquel duc de Bar se donne l'ordre et cinquante hommes d'armes. 
M. de Langcy m'a escript avoir trouvé moyen de se saisyr de Sainct- 
Michel de l'Excluse qui est bien, comme mieulx sçave/, d'assez grande 
importance pour nous*. 

(( Monsieur, je croy bien que de ceste heure aurez entendu comme 
l'empereur s'csloytembarcqué pour aller exécuter, s'il peult, son entre- 
prinse d'Algier; et depuys n'en avons entendu aultre, sinon que du 
commancement il eut très maulvais temps et vents contraires, mais que 
depuys l'avoyt eu assez bon, de sorte que toute son armée, laquelle 
s'estoyt dispersée d'un cousté et d'aultre pour ledict temps, estoyt 
rassem!)lée. Et mesmement Janetin Dorya et plusieurs naves, desquelles 
s'en esloyent perdues troys, les deux allées à fons, et l'aultre estant 
chargée de biscuilz a esté prinse par le Judeo. Encores estime l'on que 
d'aultant que l'armée d'Espaigne ne comparoist point, où esloyent mil 
v« chevaulx, pourroyt bien avoir mal cappite, mais si ne laissent les 
Espaignolz à faire grandes braveryes et bruict icy de la grosse puis- 
sance de l'empereur pour sadicte armée ^... 

« Monsieur, je ne veulx oblyer avons dire comme le pape avoyt mandé, 
quelques jours y a, vers le roy ung sien secrettaire, pour persuader 
à S. M, de laisser arrière l'offence que luy a esté faicte de la mort 
des seigneurs Cézar et Rincon, et ne voulloir pour ceste occasion 
rompre latresve qui estoyt entre luy et l'empereur. Et depuys naguères 
y a encores envoyé son principal secrettaire; mais, ad ce que j'ay 
entendu, S. M. luy respond tant bien à propoz et y va tant retenu que 
l'on ne sçauroyt comprandre aulcun fondement de ce qu'il en vouldra 
faire. Et Granvelle est demeuré près de Sadicte Saincteté, chairchant 
d'avoir la résollucion si ledict seigneur roy vouldra rompre la guerre, 
se laissant entendre que s'il en peult estre certain que ledict empereur à 
son retour viendra descendre avecques sadicte grosse armée sur la 
Provence ou Languedoc ". Mais Dieu nous vueille garder de plus grans 

1. Le roi était à Dijon le 26| octobre loil. Il y séjourna presque constamment 
jusqu'au 3 novembre {Cat. des actes de François /", t. IV, iip. 2o0 à 233. et t. YI, 
Suppl., pp. 642 à 644). 

2. Le duc Antoine de Lorraine et son fils François, marquis de Pont-à-Mousson et 
duc de Bar. 

3. Christine de Danemark. 

4. Saint-Michel de rEclnse (Ain), forteresse située à 27 kilom. de Gex, sur un 
rocher du Jura, à 40 mètres au-dessus du Rhône, mais dominé par les hauteurs 
environnantes. — Les Autrichiens, s'en étant emparés en ISl;). la détruisirent en 
partie. 

5. V. la lettre au roi du 18 novembre. 

0. La dépêche de Howard, du 1" octobre, donne encore ces quelques détails sur 
les résultats de la conférence entre le pape et l'empereur : « Ile that was last 
ambassadour hère for the Bischope of Rome is nowe come in poste, and hathe 
spoken with the Kinge; l)ut as yet 1 can not learne the malter. There is also 



^''novembre lo41j GUILLAUME PELLICIER 467 

dangiers que ceulx-là; car, comme sçavez très bien, il y sera tousjours 
le très bien venu, et a l'on de quoy le bien recepvoir. S'il surviendra 
aultre que mérite vous estre faict entendre, je ne fauldray à ce faire, 
vous pryant aussi de vostre cousté me faire le semblable... 

« Monsieur, depuys avoir faict la présente ay receu vostre pacquet 
de Nice, du xxv d'octobre, avecques celluy du roy que ne fauldray à 
luy mander demain et vous y faire plus ample responce par le patron 
du brigantin qui Ta apporté. 

« Monsieur, signant la présente ay entendu de bien bon lieu comme 
l'empereur se retiroyt en Espaigne, et qu'il n'avoyt pas trop bien faict 
son entreprinse, luy deffaillant aulcunes de ses naves; se disoyt que 
bien tost seroyt en Itallye, et faict grant provision d'argent, et que le 
roy Ferdinando mandoyt icy pour faire cinq cens chevaulx ligiers. » 

Vol. 2, f'^ 235, copie du xvi*^ siècle; 2 pp. 1/2 in-f°. 

PELLICIER AU ROI '. 

306. — [Venise], 25 novembre 1 54i . — Sire, je vous escripveiz le 
xviiF de ce moys et envoyé ung pacquet du seigneur cappitaine Polin 
faisant mention de son arrivée près du Grant Seigneur. Depuys en ay 
receu ung aultre qu'il me mande vous debvoir envoyer incontinant par 
homme exprez, d'aultant que est d'importance : ce que j'ay faict 
jusqu'à Thurin. Et pour ce. Sire, qu'il ne m'escript aultre chose digne 
de vous faire savoir, il est à présumer qu'il ne fault à vous advertyr 
amplement de toutes nouvelles et occurances de delà. Dont vous diray 
tant seullement que, attendu le temps qu'il y a que Sainct-Pol, qu'avez 
dernièrement dépesché vers luy, partyt d'icy, qui fut le x" du passé, 
encores que en ce temps là et depuys ayt faict très fâcheux et très 
dangereux temps, ce néantmoings n'ay laissé d'entrer en très grand 
suspeçon et soulcy qu'il ne luy soyt advenu quelque facherye ou 
encombrier. Car me suys enquis à tous ceux qui sont venuz de ce 
cousté là, et mesmement au cappitaine Colas de Berlette qui apporta 
le pacquet dudict seigneur Polin que vous ay envoyé, et pareillement 
au patron du brigantin qui a apporté celluy que vous envoyé présen- 
tement, s'ilz avoyent point eu de nouvelles de luy ne du barcquerol 
qui entreprint de les conduyre, qui est fort bien congneu partout le 

anolher lokyd for daily to corne from Ih'Emproiir.... When the Bischope of Rome 
and th'Emprour were togelher, for the niost parte they were alone in their com- 
munycation, and at every sundry tyme 3 or 4 howres, withowt concludyngc ony 
thing, so that th'Emprour at his deparlinge laft Mons' de Granvcla with the 
Bischope of Rome to conclude the thinges had in questyon hetwixte Them, and 
for dyvers other mattcrs in the cnntree there » {State papers of Henri/ VIII, 
\o\. Vlll, pp. 613 et 01 i). 

1. « Par Bertrant le souldard mandé icy par M. de Langey. » 



468 AMBASSADE DE [NOVEMBRE 154l] 

voyaige d'icy à Raguse, et homme que mes prédécesseurs et moy, 
depuys que suys icy, avons employé plusieurs foiz aux choses qui 
estoyent de bien grande importance, où l'avons tousjours trouvé loyal 
et féal; mais je n'ay sceu trouver personne qui m'en ayt sceu donner 
nulles nouvelles, non plus que s'ilz n'eussent jamais estez au monde. 
Parquoy m'a semblé debvoir mander expressément à Sébénico où 
Icdict Sainct-Pol dcvoyt aborder, pour veoir si je pourroys rien 
entendre de M. l'évesque de là, auquel en ay escript pour estre fort 
affectionné à vous faire service, le pryant voulloir faire toute dilligence 
qu'il sera possible d'en sçavoir quelque chose, et soubdainement m'en 
avertyr. 

« Sire, suyvant ce que vous ay escript dernièrement que en toutes 
occurances qui surviennent au seigneur conte de la Myrandola quant 
fault desbourser argent, encore que par ses instructions et miennes 
soyt ordonné s'en adresser à M. le mareschal d'Annebault et en son 
absance à M. de Langey, et davantage par ce qu'il vous a pieu 
m'escripre m'est commandé que j'eusse à me gouverner et faire tou- 
chant les affaires de la MyrandoUa tout ainsi qu'il me seroyt mandé 
par M. le mareschal; — ce néantmoins ledict seigneur conte, ayant 
entendu que le seigneur Hippolilo Correggio* faisoyt amas de gens, 
comme pourrez veoir par le double de sa lettre que je vous envoyé, a 
mandé vers moy le cappitaine Zanubi, florentin ^, pour me faire 
entendre de sa part que les gens que mettoyt ensemble ledict seigneui 
Hippolito estoyent pour voulloir destourber ou prendre s'ilz povoyent 
la Myrandola. Et pour ce que ledict seigneur conte ne me faisoyt 
sçavoir de qui avoyt telz avertissemens, comme avoyt acoustumé 
quant luy en venoyent de semblables, m'en voulluz bien informer 
audict Zanubi le plus amplement qu'il me fut possible. Qui me dict 
ledict seigneur conte en avoir esté adverty de plusieurs lieux, et 
mesmement de M. de Sainct-Celse Palavicino; et davanlaige que 
encores que l'on dist que la chevallerye que faisoyt le seigneur Sforzin 
Palavicino fust pour le roy Ferdinaudo, ce néantmoings qu'ilz enten- 
doyent pour certain que c'estoyt pour venyr endommaiger ladicle 
Myrandola, et que de ce avoyenl advis de plusieurs lieux. Dont pour 
tous ces respects et se doubtant fort ledict seigneur conte, avoyt 
emprunté environ quatre ou cinq cens souldars qu'il avoyt mys vivre 
sur ses terres. Par quoy me pryoyt de la part dudict seigneur conte 
luy voulloyr donner ayde et secours d'argent pour faire le payement 
que sera besoing aux gens de guerre qu'il conviendra faire pour la 
deffense de ladicte place, ainsi qu'il appert par le dire dudict Zanubi 



1. Ippolito da Correggio, seigneur de la principauté de Correggio, dans le Modé- 
nais, de lîJlS à 1552, date de sa mort. 

2. Zanubi, capitaine florentin. 



[novembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 469 

que j'ay prins par escript signé de sa main, duquel vous envoyé le 
double. Auquel, nonobstant quelques remonstrances que peusse faire, 
et mesmement que estant au meillieu de Thiver, comme nous sommes, 
avoys entendu des secrétaires dudict seigneur conte et de tous ceulx 
qui sont venuz de ce cousté là, qui entendent bien la quallité du lieu, 
que quant bien toute la puissance de l'empereur viendroyt assaillyr 
ladicte terre, il seroyt mal aisé de y tenyr longuement le siège, pour 
estre en lieux fangeulx et acquatiques. Et oultre que il estoyt bien 
difïicille que ses voysins feissent si gros amas de gens sans que il en 
fust aultre bruict, et que s'ils tenoyent ainsi leurs gens empruntez, 
que encores luy povoyt-il tenyr les siens jusques ad ce que l'on 
entendist qu'ilz leur baillassent la solde ; et que lors l'on commenceroyt 
aussi à la bailler aux siens. Toutesfoiz, Sire, pour ne monstrer ne 
tenyr comptes des advis dudict seigneur conte, et sçaichant en quelle 
recommandation avez ladicte place, me suys adressé au seigneur 
Robert Strocy, tant pour luy demander conseil de ce que nous y 
aurions à faire que aussi pour nous secouryr d'argent que y sera 
nécessaire, attendu que de moy-mesmes ne pourroys pour ma petite 
puyssance faire telles advances. Sur quoy avons esté d'advis debvoir 
mander à la Myrandola, avant que d'entrer en despence, gens expé- 
rimentez et congnoissans en telz affaires; et mesmement y a envoyé 
messire Francesco de Pacy, lieutenant du seigneur Pietro Strocy, et 
moy avecques lui deux cappitaines que je tiens ordinairement à mon 
logeis, pour veoir et entendre s'il y aura lieu que l'on doibve faire en 
ce temps icy aulcune despense pour le payement desdicts gens de 
guerre ou aultres choses, et nous en advertyr de tout bien amplement 
de ce qu'ilz y auront trouvé avant que desbourser argent, aflin que 
selon leur advis voyons de nous gouverner en attendant que V. M. y 
ait donné meilleure provision. 

« Sire, estant le seigneur conte de Sainct-Seconde en très grant peyne 
ainsi qu'il m'a escript, comme pourrez s'il vous plaist veoir par la 
coppye d'une de ses lettres que vous envoyé présentement, d'aultant 
que leslmpériaulx ayant entendu qu'il estoyt appointé avecques V. M. 
sont allez faire une complainte au pape, disant que estant le lieu de 
Sainct-Seconde ainsi fort qu'il est, pourroyt non seullement destour- 
ber les choses de l'empereur, mais encores celles de Sa Saincteté, de 
sorte que icelle avoyt eu fantaysye d'y mander ung commissaire, me 
pryant vous en voulloir advertyr, affm que vostre bon plaisyr fust ne 
voulloir permettre que pour avoir voullu devenyr vostre serviteur, il 
soyt ainsi ruyné; désirant fort estre résoUu de vostre bonne voullenté, 
affin que sellon icelle veist de remédier à son aft'aire. Il y a aussi les 
seigneurs Robert Malleleste et Charlo de Souillan qui ont charge de 
ces Seigneurs, lesquelz, ainsi qu'il m'ont faict entendre, désireroyent 
fort estre à vostre service, me pryans vous en voulloir advertyr, ce 



470 , AMBASSADE DE [NOVEMBRE liiil] 

que ay bien voullu faire, ayant entendu qu'ilz sont gens pour faire 
bien bons et grands services à V. M. ; dont, s'il y aura lieu de leur faire 
responce et s'il vous plaira m'en advertyr, je ne fauldray à la leur 
faire entendre ainsi qu'il me sera commandé. 

« Sire, je vous ay cscripl par mes dernières lettres que les nouvelles 
que cez Seigneurs avoyent eues de Constantinople du partement de 
Barberousse; dcpuys m'ont envoyé quéryr pour me les faire entendre. 
Et pour ce qu'ilz ne m'ont rien dictdavantaige ne moings si amplement 
que vous les ay escriptes, ne m'cstenderay à vous en faire aulcune 
répéticion, mais bien vous diray comme j'ay esté adverty qu'ilz ont eu 
lettres de leur providadeur de Corfou* du \'xvi° d'octobre, par lesquelles 
ont entendu que le xxv" auparavant esloyt arrivée une nave de Raguse 
au canal dudict Corfou, le patron de laquelle se nommoyt Marco de 
Pesquale, de Isola di Mezzo^ qui estoyt parly le xiii° dudict moys de 
Constantinople; lequel avoyt rapporté comme le x" d'icelluy moys 
Barberousse estoyt arrivé à Gallipoli ^ avecques trente gallères où 
s'estoyt arresté pour deux jours. Et là debvoyt venyr Morat-Aga 
avec dix voilles, et puis après le xii'' se lèveroyent de là pour aller en 
Négroponte. Et oultre que à Ténédo '' se relrouvoyt Cyfut-Sina^ 
avecques quatorze voilles, lequel se debvoyt joindre avecques ledict 
Barberousse, de sorte que assemblées on estimoyt qu'elles pourroyent 
estre environ soixante voylles, et qu'elles estoyent si mal fournyes de 
gens pour la rame que de toutes les navyres qu'ilz trouvoyent ilz en 
prenoyent troys hommes, et mesmement au dessusdict patron en 
avoyent prins troys. Lequel a dict davantaige que au goulfe de Lépan- 
tho se retrouvoyent xii fustes de coursaires, et que il avoyt entendu 
d'aulcuns qui estoyent venuz desdictes fustes que les gallères de 
Messine en avoyent prins troys qui estoyent allées en ces eaues là pour 
buttiner, bien que pour certain n'en avoyent encores aulcune chose. 

« Sire, je vous envoyé une lettre d'ung vostre serviteur de Millau, par 
laquelle entre aultres bons advertissements qui sont dedans pourrez 
veoir comme l'empereur n'ayant sceu mettre à exécution son entre- 
prinse d'Algier se retiroyt en Espagne, avecques perte d'aulcunes de 
ses naves. Et en confirmacion de ce Tassin de Luna m'a escript que le 
xiiii* de ce moys passèrent par sa maison deux bourguignons, dont 

1. Le provéditeiir de Venise à Corfou. Corfou apiiartint à la répulilique de Venise, 
de 1386 à 1797, date de son occupation par les Français. Le baile vénitien qui la 
gouvernait, de 1539 à 1343, se nommait Andréa Gritti. Zante, Gérigo, Tinos, et la 
plupart des possessions vénitiennes dans l'Archipel étaient a<lministrées par des 
provéditeurs ou des recteurs. 

■2. Ile située dans le canal de ce nom, dans l'archipel de Zara. 

3. Gallipoli, ville et port de Roumélie, à 145 kilom. d'AndrinopIe, sur la presqu'île 
de ce nom, à l'entrée du détroit des Dardanelles. 

4. Tenedo, la Tenedos Rniique , île de l'archipel grec, située près de la côte d'Ana- 
tolie, à 24 kilom. de l'entrée des Dardanelles. 

5. Sinan-Djoufoud. 



[novembre i:;41j GUILLAUME PELLICIER 47i 

rungestnepveudu marquis d'Escot ',et Taultre du seigneur Rodolphe"^; 
lesquelz dirent qu'ils venoyent de devers l'empereur et s'en alloyent 
en toute dilligence vers le roy des Romains, et que ledict empereur 
s'en alloyt à Barsallonne ^ pour puys après avoir parlé à son filz et 
aux seigneurs d'Espaigne, s'en retourner à Gennes, ayant esté trop 
tard à faire ladicte entreprinse. Et sur ce propoz cez Seigneurs ont 
aussi esté advertis de leur secrétaire Fidel comme le marquis du Guast 
disoyt que l'empereur avoyt supporté une grosse fortune et perdu 
troys naves avecques beaucoup de gens et chevaulx; et que ceulx 
d'Algier avoyent chassé hors de la ville toutes les personnes inutilles, 
et qu'ils estoyent dedans sept mille hommes de guerre bien deslibérez 
de se deffendre gaillardement. Dont ne povoyt faire aultre jugement 
sinon que ledict empereur povoyt perdre assez et gangner peu; disant 
que jamais ne luy avoyt donné conseil de faire telle entreprinse, bien 
estoyt vray qu'il démonstreroyt à toute l'Espagne que de sa part 
n'avoyt failly à faire son debvoir, et que par ce moyen en pourroyt tirer 
ce qu'il vouldroyt. 

« Sire, je ne sçay pourquoy c'est, mais si est-il que environ le temps 
que on a senty le bruict de ceste nouvelle, les Impériaulx ont monstre 
estre grandement effrayez et fâchez. 

« Et mesmement j'ay esté adverty de bien bon lieu de Romme que y 
estant venues lesdictes nouvelles, Grantvelle se retira incontinant vers 
le pape, où, après avoir consulté ensemble de plusieurs choses, furent 
d'advis de vous mander le principal secrétaire de Sa Saincteté, pour 
vous pryer luy voulloir rendre l'oncle de l'empereur^, d'aullant qu'il 
estoyt homme sien, pour estre d'esglise. Ce qu'il ne doubtoyt point que 
V. M. ne feist; et quant ne le vouldriez faire, avoyt deslibéré user 
contre vous des armes ecclésiasticques par excommunicacions, voul- 
lantque laSaincte Mère Esglise fust obéye. Vous faisant aussi entendre 
comme il avoyt déterminé de faire ung concilie, mais non point le lieu 
ne en quel temps, bien que en eust tins quelques propoz de le faire à 

1. Philippe II de Croy, marquis, puis duc d'Arsctiot, né vers 1497, mort à 
Bruxelles en avril 1549. 

2. Rodolfo di Gonzaga"? 

3. Barcelone. 

4. Georges d'Autriche, archevêque de Valence, arrêté à Lyon et retenu prisonnier 
en représailles ilu meurtre de Rincon et de Fregoso. 

Un nouvel incident diplomatique se produisit vers cette date, à l'occasion de la 
captivité du prélat. Lors de son arrestation, six ou sept Espagnols de sa suite, crai- 
gnant d'être api^réhendés comme leur maître, s'étaient réfugiés à Avignon, sous la 
protection du légat, qui avait le gouvernement de la ville. En l'absence du légat, 
une ijuarantaine de cavaliers s'introduisirent de nuit, par force, ilans la place, et 
enlevèrent les Espagnols, sur l'ordre exprès du roi de France. Ils ne furent relâchés 
que deux mois plus tard. Cette aventure valut au légat, Philibert Ferrier, évêque 
d'Ivrée, une disgrâce temporaire du pape, qni le sonpçonna d'avoir été complice de 
cet enlèvement (V. State papers of Henry VIII, vol. VIII, pp. 637, 643 et 6o7; dépêches 
iie Paget à Henri VIII, des 21 novembre et 7 décembre 1541, et 26 janvier 1542). 



472 AMBASSADE DE [NOVEMBRE 154lJ 

Mantoue, Trente ' ou Ferrare, ainsi que le tout à mon advis aurez peu 
entendre plus tosl et plus au lonj^- par M. de Rliodez. Ce néantmoings 
m'a-ii semblé aceomplissant vostre commandement, qui est vous 
advertyr de tout ce que puys entendre de tous coustez ne debvoir 
obmcttre à vous en mander ce que ay peu sçavoir, et vous dire davan- 
taige que j'ay aussi entendu que Sa Saincteté avoyt confirmé une 
ligue qui estoyt entre luy, l'empereur, le roy des Romains et les 
catholicques pour troys ans : à laquelle estant obligée Sadicte Saincteté 
fournyr le sixicsme de la despense qu'il conviendroyt faire, ledict roy 
Voulloyt qu'il contribuant au quart, mais que de cela estoyent bien 
demeurez d'accord ensemble. Et ainsi ladicte ligue avoyt esté con- 
firmée pour troys ans, et que l'empereur recherchoyt fort instamment 
Sadicte Saincteté de luy concedder de povoir lever en Flandres la 
moytié du revenu de l'Esglise, chose qu'il ne luy avoyt encores jusque» 
à présent acordée, toutesfoiz que l'on estimoyt que à la Tm Sadicte 
Saincteté luy feroyt ceste commodité, bien que ce fust mal voullen- 
tiers. 

« Sire, je ne veulx oblyer à vous dire sur ceste démonstracion de 
tremblement des Impériaulx, pour avoir entendu les nouvelles que 
dessus, que l'ambassadeur de l'empereur qui est icy, incontinant après 
en avoir esté adverty, encores que ce fut bien avant à la nuict, ne 
faillyt à dépescher sur l'heure, en toutte dilligence, vers le roy des 
Romains; mais je n'ay peu entendre le secrest pour quoy ce fut. Si je 
le puys sçavoir, et que ce soyt chose qui méritte vous estre escripte, 
je ne fauldray à ce faire... » 

Vol. 2. f" 2o6, copie du xvi^ siècle; 5 pp. 1/2 in-f'\ 

PELLICIER A l'amiral CHABOT. 

307. — [Venise], 25 novembre 1 54 1 , — Il se plaint d'être sans nou- 
velles de Saint-Pol, qui partit de Venise en courrier le 10 octobre, et 
pourrait avoir été victime de quelque méchante entreprise. 

Vol. 2, f"^ 259, copie du xvi" siècle; 3/4 p. in-f'^. 

PELLICIER A M. d'ANNEBAULT, 

308. — [Venise'], 25 novembre i 541 . — Il craint que les affaires de 
la Mirandole ne l'induisent à bref délai en de nouvelles dépenses aux- 
quelles il ne saurait suffire et demande la ligne de conduite qu'il devra 
suivre. « Ma puyssance », dit-il, « est tant petite, que ne pourroys 

1. On choisit Trente en Tyrol, où le concile, interrompu à diverses reprises par 
les contestations survenues entre Charles-Quint et le pape, et transporté momenta- 
nément à Bologne (11 niars-2 juin 1547), se tint du 13 décembre 1545 au 4 décem- 
bre 1563. 



[novembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 473 

fournyr de moy-mesmes à faire telles advances; et à vous dire la 
vérité, n'eussent esté les seigneurs Strocy, je me fusse trouvé bien 
empesché par le passé *. » 

Vol. 2, f° 239, copie du xvie siècle; l p. in-f^ 

PELLICIER A M. DE LANGEV. 

309. — [Venise], 25 novembre 1 541 . — Mêmes nouvelles que dans 
la lettre au roi, de ce jour. 

Vol. 2, fol. 259, copie du XYi^ siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER AU CAPITAINE POLIN. 

310. — [Fem.se], 26 novembre 1541. — « Monsieur, je vous ay 
escript le xx° de ce moys, et faict entendre comme avoys receu vostre 
pacquet de Osée *, ensemble toutes nouvelles et occurances que avions 
lors par deçà. Dont m'asseurant que recevrez mesdictes lettres avant 
les présentes, ne m'estenderay à vous en faire aultre répéticion, mais 
vous diray comme depuys en ay receu ung aultre de vous et de Nisso * 
le XXV'' du passé, avecques ung pour le roy que ne failliz lui mander 
incontinant en toute dilligence suyvant ce que m'escripviez. Et ay esté 
bien aise d'avoir entendu que mes lettres soyent si bien venues à 
propoz, pour avoir trouvé dedans chose de quoy vous ayez peu faire 
vostre proffict avecques ceulx où vous estes; et vouldroys bien vous 
povoir mander nouvelles qui peussent persuader le Grant Seigneur de 
mander icy quelqu'ung, pour faire venyr au poinct que m'escripvez ceste 
Seigneurie. Quant est du cappitaine Cote, je m'efforceray d'entendre s'il 
est tel qu'il vous a été baptisé; car jusques à présent je n'en ay point 
telz indices que je le puysse accuser, et povez bien estre asseuré que si 
je en eusse senty le moings du monde de vent, que je n'eusse voulu 
vous tenyr jainays propoz de luy, ne seullement luy donner accedz en 
ma maison. Je demeure grandement esmerveillé comment l'on l'a peu 
plus tost sçavoir à Raguse que nous icy; car en affaires de bien grans 
importances a esté employé par mes prédécesseurs et estoyt, comme 
beaucoup de gens sçavent très bien, l'un des plus favorisés du feu sei- 
gneur Rincon; or si ne lairray-je d'en faire bonne informacion... » 
Mêmes nouvelles de l'empereur que dans la lettre au roi, du 25. 

Vol. 2, fo 260, copie du xvr siècle; 3/4 p. in-f«. 

1. Par lettres données à Paris, le 20 janvier 1542 {n. 5.), le roi mandait au tréso- 
rier de l'épargne de payer à Gaillaumc Pellicier la somme de 2.485 livres pour 
181 jours d'exercice de sa charge, du 1" janvier au 30 juin 1342, lui faisant ainsi 
l'avance d'une demi-année (B. N., ms. Glairambault 1215, P 80). 

2. Uschitza, ville de Serbie, à 140 kilom. de Belgrade. 

3. Nissa ou Nisch. 



AMBASSADE D1-: rDÉCEMBRE 1541 



PELI.ICIER W MEME. 

311. — [ Venise], i" décembre 1 54 1 . — « Monsieur, je vous escripviz 
le XXVI" du passé comme avoys receu vostre pacquet de Nisso, et feiz 
responce, il me semble, sur tous les poinctz que m'escripviez; dont ne 
m'estenderay à vous on faire aultrcment aulcune redittc, mais l)ien 
[vous diray] comme depuys sont venues icy nouvelles de toutes pars de 
la retraitte de l'empereur de son entreprinse d'Algier : c'est que par 
lettres que ce/. Seigneurs ont eues de Naplcs du iiii^de ce moys, de leur 
consul Basalve du xxi*' jour du passé, l'empereur estant desmonté en 
terre avecques victuailles pour troys jours seullement, les chevalliers 
de Rhodes et aultres, jusques au nombre de vi ou vii% avoyent donné 
ung assault à Algier où avoyent eu le meilleur, pour ce coup là. Et que 
ledict empereur, d'aultre cousté, avoyt prins ung mont là auprès; et 
sur ce poinct sortyt hors d'Algier ung chrestien qui, comme l'on pré- 
sume, esloyt mandé de la part de quelques ungs qui avoyent quelques 
intelligences avecques ledict empereur. L'on ne sçayt toutesfois quelz 
propoz il luy tint, mais si est-il que depuys qu'il eut parlé à luy ledict 
empereur supercéda de suivre son enteprinse, et ordonna qu'on se 
retirast. Et cependant ceulx de dedans saillirent sur lesdictz cheval- 
liers, lesquelz furent tous prins prisonniers ou tuez. Quoy entendant 
l'empereur, et aussi que les vivres luy failloyent, feit tuer tous les 
chevaulx de son exercite, et puys après se retira avecques le plus de 
gens qu'il peult à son armée ' de laquelle trouva rompues et desfaictes 
par la fortune - trente-troys grosses naves à guebbes ^, et quatorze gal- 
1ères desquelles y en avoyt unze de Doria, deux de Sicille et une d'Es- 
pagne, et aultres qui faisoyent somme toute environ cent voyles. Et 
tiur la reste ledict empereur s'embarequapour prendre son chemyn en 
Espagne avecques quinze gallères seullement; et les aultres avoyent 
charge de prendre leur chemyn partye vers Gennes et l'aultre à la 
Spetia *. Qui est ce que cez Seigneurs en ont eu par la voye de Naples, 
•et pour ce que nouvelles de telle importance s'entendent le plus de 
■diverses façons, vous diray aussi comme on les a icy de Rome. C'est 
que à Naples estoyt joincte une caravelle avecques lettres de l'empe- 
reur données à Maiorica ^ advertissant du grant dommaige que avoyt 
receue son armée; et comme icelluy empereur estoyt desmonté en 
terre avecques ses gens de guerre se appareillant de combatre Algier 

1. Sa flotte ou armée de mer. 

2. Tempête. 

3. •< Guebbes » ou « gabies », postes pour les vigies établis en haut des grands 
mâts ou huniers. — Cf. l'expression de « gabier », dérivée de l'italien gabiiere, 
•qui désigne le matelot placé en vedette dans la hune, gabbia. 

4. La Spezzia. 

5. Majorque. 



[décembre 1;;41] GUILLAUME PELLICIER 47b 

par mer et par terre, de sorte que en toute dilligence faisoyt désem- 
barcquer l'artillerye, victuailles et municions. Mais cependant luy sur- 
vint une fortune fort grande et impétueuse qui dura une nuict, ung 
jour et demy, durant lequel temps s'estoyent perdues et rompues 
xiiii gallères, xi du prince Doria \ la cappitainesse de Naples, une de 
Anthoyne Doria, et l'aultre d'Espagne, et environ quarante naves de 
gabia - etaultres barcques et petyz vaisseaulx jusques à la somme de 
cent. Quoy voyant ledict empereur se leva de ladicte entreprinse, et se 
retira en Maiorica pour passer en Espagne, avecques voullenté de 
revenyr à ce temps nouveau faire une aultre entreprinse audiclAlgier. 
La plus grant part des naves perdues sont dEspaigne, qui estoyent 
avecques une ancre seullemenl, dont n'ont pu résister à la fortune 
comme ont faict celles de Gennes qui en avoyent deux par ordonnance 
de Doria. Toute la chevallerye s'est perdue pour n'avoir eu le temps 
de embarcquer les chevaulx, et pour lever plus de personnes gectèrent 
en la mer les municions des gallères. Qui pourroyt bien estre la cause 
du grant effrayement desimpériaulx que vous ay escript dernièrement, 
et mesmement de l'ambassadeur de l'empereur qui est icy ; car ceulx 
qui m'en ont adverty m'ont bien osé asseurer que lesdictz Impériaulx 
avoyent eues dès ce temps là telles nouvelles, lesquelles sont d'aussi 
grant importance voyre plus, à l'estimacion de tout le monde excepté 
des Impériaulx qui font semblant n'en tenyr pas grant compte, que 
nulle aultre qui soyt arrivée long temps a. « Dont ay escript pour l'im- 
portance d'icelles à M. l'évesque de Raguse vous faire tenyr mon pac- 
quet en toute dilligence. De France n'ay eu aultre chose depuys que 
vous ay escript... » 

Vol. 2, f*^ 260 v°, copie du xvi° siècle; 2 pp. in-f°. 

PELLICIER AU ROI '. 

312. — [Venise], 4 décembre 154i . — Pellicier fait le récit de la 
malheureuse expédition de Charles-Quint contre Alger, dans les termes 
de la dépêche adressée au capitaine Polin le 1" décembre. 

«... Ce néantmoings par lesdictes lettres de Rome s'entend à présent 
que les Impériaulx monstroyent n'en tenyr pas grant compte, d'aultant 
qu'ilz ne s'estoyent perduz que de vaisseaulx, disans qu'il y en a tant 
en Bisquaye * et aultres pays de la subgection de l'empereur que bien 
tostse peult amender tel dommaige, et que les municions et victuailles 
perdues estoyent destinées pour consommer à ceste entreprinse. Ce 

1. Andréa Doria, prince de Melfi en Basilicate. 

2. V. la note 2 de la page précédente. 

3. « Ceste déposche fut baillée au seigneur Aloysi de Monte, qui mena avecques 
luy Paulo Sarmetto, barcquerol. •> 

Paolo de Sarmetto, batelier. 

4. Biscaye. 



470 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE lo4l] 

néantmoings Ton estime bien qu'il leur dcult jusques au cueur, consi- 
dérant la granl perte qu'ilz ont faicte, laquelle Sa Saincteté ne faict 
pas aussi semblant d'estimer beaucoup, et est de ferme voullenté de ne 
mancquer jamais à l'empereur de toutes ses forces pour faire la guerre 
au Turcq pour le béneffice delà chrestienté. Et parles dernières lettres 
que Sadicte Sainctelé avoy eues des Suysses, non seuUement des cinq 
quantons catholicques, mais encore des aultres, lui promettoyent de 
ne bailler gens à princes du monde pour l'offencion de l'Itallye ne en 
faA'eur du Turcq, et d'en servir Sadicte Sainctelé de tel nombre qu'il 
luy plairoyt. Je ne sçay si celluy qui escript ce dernier poinct l'entend 
si bien au vray qu'il le passe gaillardement. 

« Sire, je vous ay escript comme l'on avoyt eu icy nouvelles que 
certaines naves qui venoyent du Pérou à l'empereur, avecques grosse 
somme d'argent, avoyent esté péryes. Depuys l'on a entendu que le 
Juyf ' avoyt prins une nave chargée de biscuitz qui alloyt à l'armée 
dudict empereur, et deux aultres qui venoyent d'Indye ^ avecques 
150"' escuz entre or et argent et marchandise, qui estoyent d'aul- 
cuns marchans, excepté cens mil escuz qui estoyent dudict empereur. 
Dont l'on estime que ne doibvent estre aultres que celles-là. Et puys 
après ledict Judéo alla donner le choc à ung lieu appelle Sainct-Luc % 
près l'isle de Gadès \ 

<< Sire, je vous ay aussi escript comme les Gennevoys ^ avoyent 
depputé ambassadeurs pour mander vers vous; depuys j'ay entendu 
que l'ambassadeur de l'empereur qui est là avecques ceulx qui suyvent 
sa parlye, mesmement les penserines ^ de l'empereur et amys de 
Doria, s'en sont fort rescentiz contre le populaire, remonstrant 
que cela pourroyt grandement desplaire à l'empereur. Sur quoy 
ung gentilhomme et docteur de ladicte ville tenant le party de la com- 
mune, remonstra à tous ceulz qui le voulloyent entendre que ce n'estoyt 
la liberté en laquelle on voulloyt faire entendre voulloir maintenyr la 
républicque, de voulloir garder de faire chose tant licite et honneste 
que d'envoyer devers ung prince pour le remercyer, quant ilz en ont 
receuz tant de bienfaictz comme ilz ont faict de V. M., et espèrent et 
désirent povoir recepvoir davantaige à l'advenyr. 

1. Sinan-Djoufoml. 

2. De l'Inde, c'est-à-dire de l'Amérique. — C'étaient les trésors rapportés par 
Fernand Cortez de la conquête du Mexique (V. II.-D. de Grammont, Relation de 
Vexpédition de Charles-Quint contre Alger, p. 102). 

3. San Lucar de Barrameda, ville et port d'Espagne, située à 30 kilom. de Cadix, 
sur la rive gauche et à l'embouchure du Guadalquivir. 

4. Cadix, l'ancienne Gadès, ville et port d'Espagne située sur un rocher, à l'ex- 
trémité septentrionale de la presqu'île de l'ile de Léon, qu'un canal sépare de la 
terre ferme. 

5. Génois. 

6. Favoris, de l'esp. penserino, diminutif de pensera, pensée. — Cf. l'ital. pen^iero, 
pensierino. 



[décembre 1541j GUILLAUME PELLICIER 477 

« Sire, par lettres que cez Seigneurs ont eues de Constantinople, de 
leur ambassadeur Badouare, ont entendu derechef comme Barberousse 
estoyt sorty hors avecques septante gallères et aultres vaisseaulx jusques 
au nombre de cent voilles, ainsi que vous ay escript; et davantaige 
qu'il estoyt à Cio, et que son lieutenant en l'arcenal estoyt mort, et 
pareillement Morath Aga, cappilaine des gallères ', et que ledict Bar- 
berousse demeureroyt là autour, ou bien à la Prévésa, jusques ad ce 
que l'empereur eust finie l'emprinse d'Algier, pour incontinant après 
aller faire l'entreprinse de Naples; car en ce mesme temps là V. M. se 
debvoyt mouvoir contre l'empereur. Escripvant aussi que le Grant 
Seigneur hastoyt fort son voyaige de Constantinople pour l'indisposi- 
tion de sa femme, et qu'il avoyt escript qu'il y debvoyt arriver ung 
ambassadeur de Vostredicte Majesté qui estoyt le cappitaine Polin, 
auquel voulloyt qu'on feist grant accueil hors de Constantinople, pour 
ce que avant qu'il entrast dedans, ledict Grant Seigneur voulloyt parler 
à luy, ayant celluy qui porta telles nouvelles à Constantinople laissé 
ledict Grant Seigneur à Sophia... 

« Sire, depuys avoir achevé la présente et sur le poinct que la voul- 
loys signer, j'ay esté adverty comme cez Seigneurs avoyent eu lettres 
de Millan de leur secrétaire Fidel, du xxv'' du passé, les advertissant 
avoir eu lettres d'ung sien nepveu, aussi nommé Fidel, qui est à 
Gennes, des xxiii'' et xxiiii° dudict moys, par lesquelles luy faisoyt 
entendre que messire Adam Centurion estoyt arrivé là, lequel mal 
voullentiers apporloyt maulvaises nouvelles de l'empereur. Ce néant- 
moings qu'il estoyt forcé de dire que la vigille de Sainct-Simon ou bien 
Judas, et le jour mesmes ^ estoyent péryes cent naves de l'empereur 
et quaforze gallères ^, desquelles unze estoyent du prince Doria, et 
entre aultres sa cappitainesse qu'il avoyt congneue à la banière, et 
que l'empereur se voyant sans victuailles et privé d'espérance d'avoir 
secours de son armée, ayant jà son exercite mangé la pluspart des che- 
vaulx, monta à cheval avecques sa maison pour s'aller embarcquer, 
ayant trouvé ung fluve qu'il luy convenoyt passer, lequel pour l'af- 
fluance de l'eaue estoyt devenu si gros que quant ilz furent dedans 



1. Mourad-Aga, capitaine des galères ottomanes. 

2. Les 27 et 28 octobre. — La concordance établie par le regretté IL-D. de Gram- 
mont iloc. cit., p. 94) entre les récits des historiens espagnols et musulmans place 
la tempête et la perte des vaisseaux de l'expédition aux mardi 25 et mercredi 
26 octobre. 

3. La relation de Durand de Villegagnon mentionne la perte de 130 navires, dont 
quatorze galères jetées à la côte (H.-D. de Grammont, loc. cit., pp. 40 et 71). — 
M. Dujarric-Descombes a publié tout récemment, d'après une copie du temps 
conservée à la bibliothèque de Périgueux, une première et fort intéressante lettre 
de Villçgagnon à Langey, écrite « en gallère devant Alegier >>, au moment où l'empe- 
reur commençait à faire embarquer ses troupes pour le retour {Lettre inédite de 
Villegagnon sur L'' expédition de Charles-Quint à Alger. Périgueux, 1895, in-8° de 
15 pp.). 



478 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE Io4lJ 

perdirent tous le gay ', ne sçaichant où aller, de sortes qu'il/, estoyent 
tous en granl danger de se nyer, si n'eust esté ung More qui se myt 
dedans le guay, lequel conduyst ledict empereur et sa maison hors de 
ce fluve en saulvcté *, qui s'en debvoyt aller de là en Esj)aigne. 

« Sire, suyvant ce que je vous ay escript que cez Seigneurs estoyent 
après pour eslire ung aultre ambassadeur pour envoyer vers V. M., 
j'ay entendu qu'ilz ont arrcsté de y mander le seigneur Stéphano 
Thiepoli •'. » 

Vol. '2, f" -01 v°, copie du xvr- siècle; 4 pp. iu-l". 

l'ELLICIER A l'amiral CHABOT. 

313. — [Venise], 4 décembre 1 541 . — « Monseigneur, je vous ay 
escript le doubte en quoy j'estoys de Sainct-Pol, pour demeurer si lon- 
guement sans avoir nouvelles de luy, et comme j'avoys donné le 
meilleur ordre qu'il m'estoyt possible pour en sçavoir nouvelles; mais 
jusques à ceste heure n'en ay sceu entendre aultres, sinon que le len- 
demain qu'il partit d'icy, qui fut le x"^ octobre, fut veu à Parence *. Et 
depuys n'enay encores sceu avoir aultres nouvelles, quelque dilligence 
que je en aye peu faire : toutesfoiz si ne fauldray-je y continuer par 
tant d'endroictz que il sera bien difficille qu'on n'entende que c'est 
qu'il est devenu. Je m'adresse à vous touchant ce propoz, sçaichant 
combien ledict Sainct-Pol estoyt vostre très humble et très affectionné 
serviteur, et aussi que avez esté moyen de luy adresser ce voyaige... » 

Vol. 2, f^ 263 v°, copie du xvi'' siècle; 1/2 p. ia-f°. 

l'ELLIClER A M. d'aNNEBAULT. 

314. — [Venise]^ 4 décembre 1541 . — « Monseigneur, je vous ay 
escript comme M. le conte de la Myrandola, ayant entendu que le 
seigneur Hippolito de Correggio faisoyt là autour amas de gens, estoyt 
entré en doubte que ce ne fust pour luy donner quelque empesche- 

1. Gué. 

2. La traversée des trois rivières débordées, l'Oued-Knis, l'Harrach et l'Hamise, 
pendant la marche en retraite, eut lieu les 27, 28 et 29 octobre, au malin. L'Harrach 
était tellement grossi par les pluies torrentielles des jours précédents qu'il fallut 
construire un pont de bois pour le franchir. Les troupes impériales, toujours har- 
celées sur leurs derrières par les Arabes maraudeurs, atteignirent enfin, dans la 
soirée du samedi 29, le cap Matifou, où s'étaient ralliés les débris de la flotte (V. 
IL-D deGrammont, loc. cit., pp. 94 et 104). 

3. Stefano ïiepolo fut élu, le 5 juin 1542, inquisiteur des secrets, avec Sebastiano 
Foscarini et Francesco Morosini. Tous trois étaient, conformément à la loi, membres 
du Conseil des Dix (V. Zeller, loc. cit., p. 336). L'ambassade en France dont il est 
ici (lueslion fut définitivement confiée, dans les premiers jours de février 1542, à 
Gian-Anlonio Veniero, qui avait déjà tenu ce poste de 1330 à 1533. 

4. Parenzo, ville et port de l'istrie, à 29 kilom. de Pisino, sur l'Adriatique. 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 479- 

ment; dont avoyt mandé vers moy le capitaine Zanobi pour m'en 
advertyr et demander secours d'argent. Par quoy y envoyé gens 
avecques provision de ce qui faisoyt besoing, mais quant ilz furent au 
de là de Ferrare, recontrèrent des gens dudict seigneur conte qui 
venoyent au davant d'eulx pour les advertyr de sa part qu'il n'estoyt 
besoing qu'ilz passassent plus oultre ; pour aultant qu'il avoyt depuys 
entendu que tel amas de gens que faisoyt ledict seigneur Hippolite 
estoyent seuUement pour donner escorte et acompagnier la marquise 
du Guast ^ qui de prochain debvoyt passer là auprès pour aller en son 
pays, pour, ainsi qu'on dict, prendre possession de certaine donnaison 
que luy a faicte une sienne tante qui est déceddée : par quoy ceulx que 
y avoys envoyez s'en sont retournez. De quoy m'a semblé faire le- 
debvoir vous advertyr affin de vous faire entendre comme passent les 
affaires, et ne vous laisser en suspens. Et pour ce que verrez la reste 
de toutes nouvelles que j'escriptz au roy ne m'estenderay à vous en 
faire aulcune reditte; mais bien vous supplieray. Monseigneur, avoir 
souvenance des pauvres serviteurs de S. M., qui sont icy tousjours 
après moy pour vous en supplyer, et me maintenyr en vostre bonne 
protection et grâce... » 

Vol. 2, f° 2G3 V", copie du xvr' siècle; 1 p. in-f". 

l'ELLICIEH A M. DE L ANGEV 2. 

315. — [Venise], 4 di'ceuihre 1 54 1 . — Pellicier annonce la retraite 
de l'empereur, et prie M. de Termes, au cas où M. de Langey serait 
absent de Turin, de lui transmettre ces nouvelles, et de faire tenir 
sûrement un paquet adressé à Lyon. 

Vol. 2, f" 264, copie du xvi" siècle; 1/2 p. in-f". 

PELLICIER A M. DE PONS ^. 

316. — [Venise, 4 décembre 1541]. — « Monsieur, encores que 

1. Alfonso de Avalos y Aquino, marquis dcl Vasto, avait épousé Maria de Aragon, 
fille de Ferdinando, duc de Montallo, dont il eut sept enfants, cinq fils et deux filles. 

2. « A. M. de Langey, dudict iin° décembre, et en son absence à M. de Termes, 
par le seigneur Ludovico de Monte. — Escript aussi audict seigneur de Termes, le 
v° ensuyvant, par ledict de Monte. Et mandé Paulo de Sarmetto, barcquerol. EL fut 
escript au seigneur conte Alexandre Scotto i)0ur les adresser. •■ 

Paul de la Barthe, seigneur de Termes, chevalier de l'ordre du roi, né à Gonse- 
rans (Ariège) en 1482, mort à Paris le 6 mai 1362. Il se distingua dans les guerres 
d'Italie et résidait à Turin, auprès de Langey, avec le commandement d'une com- 
pagnie de chevau-légcrs. 11 devint successivement colonel-général de la cavalerie 
légère (lo44) et maréchal de France à la mort de P. Strozzi (15.j8). En 1530, on le 
chargea d'une mission diplomatique auprès de Paul 111. 

Le comte Alessandro Scotto, des Scolti de Plaisance. 

3. « Escript à madame la duchesse de Ferrare les nouvelles de la retraiete de 
l'empereur, tout ainsi qu'elles sont aux lettres précédentes du roy. .. 



480 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE 154l] 

Madame ' ayt peu entendre les nouvelles de la relraicte de l'empereur 
de Sun enlreprinse d'Algier, ce néanlmoings pour aullanl qu'ilz sont 
venues icy de plusieurs coustez et en diverses façons, m'a semblé les 
luy debvoir mander, tout ainsi que les avons peu sçavoir. Lesquelles 
suys bien asscuré que verrez, donl ne vous en feray aultre répétieion; 
mais au lieu d'icelles vous en diray de Levant, et mesmement comme 
le Grant Seigneur hastoyt fort son voyaige de Constantinople pour Tin- 
disposilion de sa femme, et que Barberousse en estoyt sort}^ avecques 
septante gallères pour venyr autour de Syo -, ou bien de la Prévésa, 
où demeureroyt jusques ad ce qu'il eust veu l'issue de l'entreprinse 
dudict empereur, pour incontinant après, selon que l'affaire se porte- 
royt, en aller faire une de son cousté sur le royaulme de Naples. L'on 
estime bien que si l'on avoyt tel dessaing que, après avoir entendu les 
choses de l'empereur estre ainsi succédées, qu'il aura meilleur cou- 
raige de faire faciendes que jamais. Toutesfoiz chascun est bien d'advis 
que jusques ad ce printemps toutes choses de guerre cesseront... » 

Vol. 2, f>J 264. copie du wi'^ siècle; 3/4 p. in-f-^. 

PELLICIER A M. DE RODEZ. 

317. — [Venise], 1 4 décembre 1 54 1 . — « Monsieur, il y a aujourd'huy 
huict jours que vous escripviz ce peu de nouvelles que avions lors icy. 
Depuys ay receu deux de voz lettres des ii et x<=^j^urs de ce moys, 
ensemble avecques la première ung double d'une lettre de Gennes, 
contenant le succez de la ruyne et naufrage advenuz à l'empereur, et 
par la seconde entendu le double que on a de sa personne. Dont de 
tout vous remercye, et me déplaist que n'ay quelques aultres bonnes 
nouvelles pour me povoir revancher; mais il y a si longtemps que 
n'ay eu lettres, ne de France ne de Levant, que bonnement ne sçay 
pour le présent que vous escripre sinon que, quant j'ay veu au dessoubz 
de vostre dernière lettre l'article faisant mencion de l'arrivée icy du 
seigneur cappitaine Polin, je me suys émerveillé dont povoyt venyr 
telle nouvelle, car je n'ay rien de cela. Et espère, avant qu'il se parte 
de là où je pence qu'il soyt, avoir quelques lettres de luy, qui ne 
peulvent à mon advis plus guères tarder. Je croy que n'aurez failly 
à entendre le bon recueil et traictement qu'on a faict à la court aux 
quatre ambassadeurs du roy de Dannemarc, et l'importance des 
affaires pour lesquelz ilz ont esté dépeschez^; pareillement la bonne 

i. Renée de France. 

■2. Chio. 

3. Les Stafe papers of Henry VIII (vol. YIII. p. 037; dépêche de Paget, datée de 
Melun, le 21 novembre 1541) nous renseignent parfaitement à ce sujet : » Hère is 
cume of late from the King of Denmarck is secrelary, called Pétris Suevius, and 
another gentleman called Ilans Billez, accompaignyed with thirly servauntes wel 



[décembre 1o41] GUILLAUME PELLICIER 481 

expédition que a esté faicte à l'homme du conte Guillaume ', com- 
bien que comme vous ay dict cy dessus n'en aye eu aulcunes lettres 
de la court, mais l'ay entendu de bouche par homme qui en est venu 
naguerres. Et pour ce que n'ay aultres nouvelles pour ceste heure à 
vous dire, remplyray la présente pour vous faire entendre de mes 
afTaires particulliers, touchant l'abbaye de Chailliz - qu'il pleut au roy 
me réserver et destiner de son propre mouvement dès lors qu'elle vint 
à vacquer, ainsi que à mon adviz aurez bien entendu. Et depuys m'en 
a faict dépescher et envoyer son placet, ce que ay tousjours différé 
jusques à présent à vous faire entendre, attendant, suyvant ce que ay 
escript à mes gens qui y sont, les quallitezde ladicte abbaye et instruc- 
tions, afîin qu'on en puisse poursuyvre la dépesche. Toutesfoiz voyant 
qu'ilz demeurent tant à venyr, n'ay plus voullu délayer en les atten- 
dant à vous pryer ce pendant me voulloir faire advertyr par ung de voz 
gens s'il y aura ordre d'en povoir faire faire l'expédition gratis, ainsi 
queaulcuns gros personnaiges m'ont faict entendre, usant comme ilz 
disent du privilège que l'on a acoustumé faire aux ambassadeurs; ou 
bien si à tout le moings l'on n'en povoyt du tout estre exempt, que l'on 

horsed, and conducted hither by the counlyc Glik, who departed hens about mid- 
somer toward Denmark, and in his cumpany Guyene the herault. They came to 
the courte the lo'" of Ihis présent, and wer dispeched the same day I was presented. 
And as far as I can lerne yet, they wer sent hitlier to joyne with the Frencli King in 
lege défensive and offensive, freendes to freendos, and enemye to enemyes; wich 
hath bene treated of before this tyme, and is concluded now. >> 

Pierre Suevio on Siiavenio, secrétaire de la chambre et ambassadeur du roi de 
Danemark Christian III, avait été déjà envoyé en mission auprès de François l"' par 
Frédéric I", en 1528. Il reçut même à celle occasion un don royal de 3000 écus 
(V. Cat. des actes, t. I, p. 572, n° 3007). 

Le traité de confédération avec le Danemark fui signé à Fontainebleau le 
29 novembre loil {Cal. des actes, t. IV, p. 260, n" 12,214). — Le l'" juillet 1542 
François \" concluait à Ragny une autre alliance offensive et défensive avec la 
Suède {Id., ibid., p. 343, n" 12.615). 

1. Guillaume, comte de Fiirstenberg, gentilhomme allemand de la maison de 
Saxe, longtemps employé au service du roi et demeuré en relations avec la cour de 
France, mort en 15 i9. Ami particulier de Langey, favorable au protestantisme, il 
fut nommé colonel-général des lansquenets du roi, charge importante qu'il conserva 
jusqu'en 1540. En juin 1538, il accompagna François 1" à l'entrevue de Nice. <> Homme 
variable et de petite foy, dit J. Bouchet dans ses Annales d'Aquitaine, il trahit à 
diverses reprises le roi son maître, qui lui pardonna. » 

En 1540, il sortit définitivement du royaume. L'inimitié de Montmorency contribua 
fort, semble-t-il, comme elle avait déjà fait pour Doria, à priver le roi des services 
de ce personnage, précieu.x: pour les levées de troupes auxiliaires en Allemagne 
(V. De Crue, loc. cit., pp. 384 et 405). 

Néanmoins le comte de Fiirstenberg était resté jusque-là en assez bons termes avec 
la cour de France. En 1543, il prit définitivement parti pour l'empereur et envahit le 
Luxembourg (V. Œuvres de Brantôme, édit. Lalanne, t. I, p. 349, et t. II, p. 432). 

2. L'abbaye cistercienne des Escharlis (Scarleia), au diocèse de Sens, fondée 
en 1108, sur le territoire de la commune de Villefranche (Yonne). 11 en sub- 
siste encore aujourd'hui des ruines intéressantes : un portail monumental et des 
débris de cloître du xu" siècle, une chapelle du xui" et un grand bâtiment du xviii=. 

Vacante par la mort de son dernier abbé commendataire, Jean de Langeac, elle 
avait été attribuée à Pellicier. 

Venise. — lo40-1542. 31 



482 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE 154lJ 

m'en feisse quelque gratuylé et bonne composition, non que je demande 
telle chose pour cspargncr, mais pour ne rompre ne desroger à iceulx 
privilèges... » 

Vol. 2, f° 2G4 v", copie du xvi'- siècle; 1 p. 1/4 ln-f°. 

PELLICIER AU CARDINAL DE BOULOGNE 1. 

318. — [Venise], 14 décembre l b4 1 . — « Monseigneur, je croy que 
aurez receu les lettres que vous ay escriptes par ci devant, car 
M. l'évesque de Chisamo m'aescript que les aviez eues, et pareillement 
M. de Rliodez, bien que je m'esmerveille comme c'est qu'elles sont 
tombées entre ses mains pour vous les faire tenyr, veu que je ne voul- 
droys luy donner telle peyne. Et doresnavant adresseray celles que vous 
escripray audict seigneur évesque de Chisamo pour vous les bailler. Et 
pour ce. Monseigneur, que plusieurs sont advertyz comme de vostre 
grâce il vous plaist me tenyr au nombre de voz meilleurs serviteurs et 
amj-s, ainsi que à la vérité je luy suys et seray toute ma vye, suys 
sommément requiz et sollicité vous faire plusieurs requestes; ce 
néantmoings, pour ne vous attédier et fâcher, ay tousjours reculé le 
plus que j'ay peu de vous importuner pour homme du monde, car pour 
moy mesmes ne vouldroys vous requéryr de chose que je pensasse ne 
vous estre agréable. Or si n'ay-je sceu tant faire que à la fin n'aye esté 
contrainct vous escripre que, par toutes les lettres que je repçoys de 
la court, suys adverty S. M. avoir très grant plaisir que je continue à 
faire transcripre et rescrutier livres grecz ainsi que j'ay bien advancé; 
et pour aultant que les Grecz qui sont icy sont lapluspart gens bizarres 
et peu sçaventz, et encores quand il s'en trouve quelqu'un passable, 
il y a tant affaire à l'entretenyr que bonnement, sans l'ayde d'aulcuns 
personnaiges de nostre langue latine, me trouveroys bien empesché 
de parachever ce que j'ai encommencé. Dont entre les aultres ayant 
trouvé ung religieux de Sainct Augustin, nommé Valériano, fort docte 
et bon escripvain en grec, et l'ayant jà assez longtemps expérimenté, 
je désyreroys grandement pour le service du roy le pouvoir recouvrer; 
mais comme voussçavez que gens qui ont supérieurs n'ont souvent la 
liberté de povoir vacquer aux affaires, joinct aussi que en ung couvent 
y a quelques foys aulcuns envyeulx et malveillants de ceulx qui ont 
quelques bonnes partyes, comme à la vérité aussi a il où il est, par quoy 
désireroyt, pour l'affection qu'il a de faire service à S, M. et estre 
avecques moy, pouvoir avoir dispence de INostre Sainct Père d'estre 

\. Philippe (le la Chambre, dit le cardinal de Boulogne, fils de Louis, comte de 
la Chambre, et d'Anne de Boulogne, dont il tira son nom. Entré dans Tordre de 
Saint-Benoît, il devint abbé de Saint-Pierre de Corbie, fut promu au cardinalat par 
Clément VII, à Marseille, en 1533 ; nommé évéque de Frascati, le 29 septembre 1543, 
il mourut à Rome le 21 février looO. 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 483 

faict séculier. Dont, Monseigneur, sçaichant coml)ien avez à cueur les 
affaires du roy, vous ay bien voullu supplyer luy ayder à ce faire de 
toute voslre faveur, ayde et crédict, ainsi que Vostre Révérendissime 
Seigneurie peult amplement estre informée par ledict seigneur évesque 
de Chisamo, qui vous en présentera la requeste et sollicitera en tant 
que besoing sera. Et oullre que ne ferez en ce faisant pas peu de ser- 
vice à S. M., je vous en demeureray aultant attenu et obligé que de 
plaisyr que sçauroys recepvoir de vous, et de rechef je vous prye tant 
que je puys luy estre aydant. Quant aux nouvelles, je pence que en avez 
plus à Romme de tous coustez que nous n'avons icy, car en ceste ville 
Ton ne parle d'aultre que du naufrage et grande ruyne de l'empereur, 
et ne sçayt l'on la part où il peult estre, de sorte que beaulcoup de 
gentz tiennent en ceste ville qu'il soyt péry ou Bien tumbé entre les 
mains des Alarbes... » 

Vol. 2, f" 263, copie du XVF siècle; 1 p. 12 in-f". 

PELLICIER AT' ROI 1. 

319. — [Venise], iS décembre 1341. — « Sire, par les miennes 
dernières du iiii*' de ce moys, V. M. aura peu veoir la diversité de plu- 
sieurs adviz qu'on avoyt eu icy de toutz coustez du naufrage et grand 
perte de l'armée de l'empereur, laquelle depuys, tant par ceulx qui en 
sont eschappez et venuz en ceste ville que aussi par lettres de toutes 
partz, s'estcontinuée, voyre de plus en plus pire que l'on ne sçavoyt 
dire du commencement. Et a l'on entendu jusques là que sa personne 
estoyt venue en danger d'estre pérye ou bien lumbée entre les mains 
de ses ennemys, attendu le long temps qu'il y a qu'on n'a eu aulcunes 
nouvelles certaines de luy, bien que son ambassadeur qui est icy ayt 
faict toute dilligence pour vouloir faire acroire qu'il estoyt arrivé en 
ses pays. Et mesmement depuys cinq ou six jours estant arrivé en la 
maison de monseigneur le duc de Ferrare, en ceste ville, où est longé 
son ambassadeur, ung courrier à pied venant dudict Ferrare, qui avoyt 
dict le seigneur dom Francesco d'Ast - estre arrivé à Sienne, lequel 
faisoyt entendre avoir veu embarcquer icelluy empereur à Bugia '\ et 
qu'il estimoyt pouvoir estre joinct en Espagne ; laquelle chose entendue 
par monseigneur le cardinal de Ravenne, logé en ladicte maison dudict 

1. « Envoyée ceste dépesche par Beltranie, souldarl de Tliurin. » 

2. Fi-ancesco d'Esté, marquis de Massa, frère cadet du duc de Ferrare. 

3. Charles-Quint, après avoir fait embarquer ses troupes, partit un des derniers, 
le mardi 1" novembre, jour de la Toussaint, et parvint à grand'peine à doubler le 
cap Matifou, la mer ayant grossi de nouveau. Du port de Bougie, où il entra le 
vendredi 4 de grand matin, et où l'armée eut à soufTrir cruellement de la famine, 
il remit à la voile peu de jours après pour les côtes d'Espagne (V. H.-D. de Gram- 
mont. loc. cit., pp. 94 et 136). 



484 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE 1d40 

seigneur duc, son secrétaire l'alla incontinent annoncer à icelluy 
ambassadeur lequel, ainsi que ceulx qui croyent vouleuliers ce qu'ilz 
désirent, ne faillyt le lendemain au matin mander son secrétaire vers 
la Seigneurie pour l'en advertyr. Mais, ne voyant aulcunes lettres et 
eslre cesle nouvelle peu vraysemblable et mal fondée, ne feyt grande 
démonstration delà croyre, et ne sçaichant icelluy cardinal de Ravenne 
que ladicte nouvelle fiM proceddée de sa maison par le moyen de son 
secrétaire, et entendant par aulcuns que ladicte Seigneurie avoyt eu 
cez adviz dudict ambassadeur, manda vers luy pour en sçavoir. Qui en 
démonstra demeurer grandement estonné et confuz, faisant respondre 
n'en avoir entendu sinon ce que son secrétaire luy en avoyt dict, de 
sorte que tous deux demeurèrent mocquez et aussi incertains que les 
aultres. Mais depuys, qui fut encores hier, arriva ung serviteur dudict 
ambassadeur, qu'ilz disent estre venu d'Espagne en treize jours par la 
France, dépesché à Barsaloune ' par le grand commandador, lequel 
Ton entend Cohos ^, qui a apporté nouvelles comme icelluy empereur 
estoyt arrivé à Carlegena le m" de ce moys ^, et que ledict jour qu'il 
fut dépesché, icelluy Cohos se partoyt pour luy aller au devant, 
n'oblyant icelluy serviteur à se vanter et coUauder que par toutz les lieux 
de France où il estoyt passé l'on luy avoyt faict bon recueil et traicte- 
ment, et démonstroyt l'on grande allégresse pour les bonnes nou- 
velles qu'il portoyt de l'empereur. Et, ainsi que l'on peult conjecturer 
pour nous vouloir mieulx persuader de croire telle chose, n"a obmys 
aussi à dire que entre les aultres lieux de vostre royaulme par où il 
estoyt passé, luy fut faict fort bon traictement à Montpellier par M. le 
gouverneur de là; lequel, incontinent aprez avoir entendu ceste nou- 
velle, vous dépescha ung poste en toute dilligence pour vous la faire 
sçavoir. Mais je m'en remetz à ce qui en est, car aulcuns doubtent 
qu'il n'est rien de cela, ne qu'il soyt venu de plus loing que de Millan. 
Ce néantmoings icelluy ambassadeur de l'empereur est allé ce matin 
en grand pontiffical et accoustrementz nuptiaulx faire entendre tout 
ce que dessus à la Seigneurie; laquelle, voyant icelluy ambassadeur 
n"avoir aulcunes lettres de l'empereur ne qu'elle n'en a point aussi eu 
de son ambassadeur prez de luy, est demeuré ainsi qu'on m'a dict en 
non moindre suspicion et double, et à l'aventure plus qu'elle n'estoyt 



1. Barcelone. 

2. Francirico de lus Cobus, seigneur de Sabiote, grand commandeur de Léon. 
premier secrétaire de l'empereur. Il prit part avec Granvelle aux négociations de 
la trêve de Nice, en juin J;i38. 

3. Parti de Bougie le jeudi 17 novembre, au matin. Charles-Quint y fut rejeté 
le 19 par les vents contraires, et en repartit définitivement le mercredi 23, vers 
dix heures du soir. Il relâcha le 26 à Majorque, le 29 à Iviça, et arriva le 4" décembre 
au soir en vue de Carthagène. où il prit terre (V. le Journal de Vundencsse, publié 
en extrait par Weiss, dans les Lettres et papiers du cardinal de Granvelle, t. II, 
p. 616, et par H.-D. de Grammont, loc. cit., p. 13S). 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 48."i 

auparavant. De quoy, Sire, et de ladicte grand perte et naufrage, cez 
Seigneurs sont demeurez jusqucs à présent bien estonnez et effrayez, 
non comme l'on peult juger pour la perte particullière de l'empereur, 
mais que s'il estoyt vray qu'il fust venu à meschef, n'ayans plus cest 
object de pouvoir tourner à son party toutes foys et quantes que le 
Grand Seigneur les vouldroyt contraindre à choses qui ne leur feus- 
sent agréables, de n'estre destituez de telle commodité, refuge, et con- 
sécutivement exposez à toulz les appétitz dudict Grand Seigneur. Au 
fort, j'estime que le meilleur recours aura tousjours d'estre à V. M., 
et certes depuys quelque temps en çà ilz en font quelque démonstration 
et en tiennent plusieurs bons propoz, et entre aultres que de brief 
pourront faire l'alliance avecques V. M. Sire, je croy que avez bien 
esté adverty comme le pape a mys hors le cardinal qu'il s'esloyt piéçà 
réservé dedans son cueur, qui est M. l'évesque d'Ysée', personne que * 
€eulx qui le congnoissent estiment digne de tel degré. Lequel depuys 
environ quattre moys a toujours demeuré en ceste ville, durant lequel 
temps nous sommes quelques foys trouvez ensemble, pour m'avoir esté 
asseuré par le seigneur Valério, abbé de Sainct-Pierre-le-Vif, affec- 
tionné à V. M. Dont m'estant allé congratuler avecques luy en com- 
pagnie dudict seigneur Valério, nous a dict entre aultres propoz que 
pour Faftection qu'il vous portoyt nous faisoyt entendre que, si V. M. 
vouloyt faire garder ses subjectz de ne donner aulcun trouble ou 
empeschement aux navigages des Indies et terres neufves du roy de 
Portugal son souverain seigneur ^, que cela pourroyt tourner à vostre 
grant advantage et donner à vostre royaulme grand proffict et utilité, 



1. Mij,'iiel (la Silva, portugais, ancien évêque de Yiseu en Portugal, mort à Rome 
le 5 juin 1356. Ambassadeur extraordinaire du roi doni Emmanuel de Portugal 
auprès de Léon X, en 1315, il assista au concile de Latran et obtint pour le Portugal 
l'établissement de l'inquisition et la l)ulle de la croisade. Le roi dom Jean III, à son 
retour, le prit pour conseiller, lui confia diverses charges importantes, et le nomma 
en 1527 à l'évèché de Viseu. 

Créé cardinal in petto par Paul III, le 12 décembre 1539, le prélat encourut, peu 
de temps après, la disgrâce de son souverain et, banni du Portugal (1541), se retira 
à Rome, où sa promotion au cardinalat devint aussitôt publique (2 décembi'e 1541). 
L'année suivante, Jean III le déclara déchu des droits de naturalité, mais le pape 
lui donna en compensation la légation de Ravenne (26 août 1542) et lui conserva 
les revenus de Tévêché de Viseu, en le lui faisant résigner en faveur de son neveu 
Alessandro Farnese, qui se contenta de prendre le titre (22 avril 1347). 

Le 9 mai 1549, Miguel da Silva fut nommé au siège épiscopal de Massa-Maritima, 
•qu'il conserva jusqu'à sa mort. 

2. Le ms. porte de. 

3. On sait que le Portugal, après la conquête de Ceuta sur la côte d'Afrique 
(1415), et les navigations fructueuses du prince Henri, duc de Viseu (1394-1463), qui 
•ouvrit à sa patrie la route des Indes (149S), était entré dans une période de gloire 
et de prospérité, avec les grandes expéditions maritimes de Barthélémy Diaz, 
Alvarès Cabrai, Vasco de Gama, Aliuéida et AIbu(iuerque. Outre ses colonies d'Asie 
■et «l'Afrique, le Portugal venait encore d'acquérir, de 1300 à 1331, une des plus 
riches contrées de l'Amérique, le lirésil. Le règne de Jean III (1521-1557) marqua 
l'apogée de la puissance maritime et de l'expansion colonisatrice du Portugal. 



486 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE lo4l] 

et obvier à aulcunes menées de grand importance que l'empereur faict 
par le moyen d'ung frère dudict roy et aulcuns de son conseil pour 
faire qu'il mette entre les mains dudict empereur tout le traffuiue 
dudict navigage, pour ne pouvoir résister, je ne dictz pas à V. M., mais 
à ses subjectz stmlIcMnont. Par lo(pi<'l moyen se pourroyt beaulcoup 
augmenter la puyssance dudict einix'reur, mesmement par mor, tant 
de bonnes gentz de marine que pour avoir beaulcoup de vaisscaulx et 
grand somme d'argent et marchandises qui luyen pourroyent revenyr, 
ce que ledict empereur tasche par tout/ les moyens qu'il peult, jusques 
à promettre audict frère (s'il peult ce faire) l'investyr de la duché de 
Millau. Et jà, comme j'ay esté adverty, icelluy empereur avoyt faict 
couryr le bruict il y a quelque temps qu'il la luy voulloyt bailler, mais, 
Sire, ledict cardinal nous a dict que s'il vous plaist faire garder vos- 
dictz subjectz de ce que dessus, que cela pourra empescher telles 
menées, et si icelluy roy seroyt pour faire ses magasins d'espi- 
ceries et aultres marchandises à Rouen, Paris, ou bien en quelques 
aultres lieux commodes de vostre royaulme qu'il vous plaira, chose 
qui pourroyt apporter à icelluy tout le proffict qui en revient à Envers ' 
et à la Flandre, et au contraire oster la commodité que ledict empe- 
reur a de recouvrer argent par ce moyen audict pays, d'où il a esté et 
est pour estre secouru de grand somme d'argent par bancque des 
marchansqui y concurrent, comme il faict aussi de Guand-.Sire, pour 
ce que je n'entendz pas bien tout ce langaige de partiz, ne vous en 
feray aultre cas, mais cecy sera tant seullement pour m'acquitter de 
mon debvoir envers vous et de la promesse qu'ilz m'ont faict faire de 
le vous escripre, car quant à moy je ne suys pas assez congnoissant 
du crédict et pouvoir en ce dudict seigneur cardinal ne aultrement de 
sa voulenté au bien et commodité de voz affaires, et ce d'aultant plus 
que aulcuns m'ont voullu asseurer que ledict cardinal n'a point eu 
ceste faveur du pape par meilleur moyen que des pryères et grandes 
instances que l'empereur en a faictes à cest abouchement de Lucques. 
Etd'aultres m'ont faict entendre que ce a esté faict plus pour déplaire 
à son roy de Portugal, duquel le pape ne se lient pas bien satisfaicl, 
que pour aultre chose ^. 

1. Anvers. 

2. Gand. 

3. Il est à remarquer que les relations diplomatiques entre la France et le Portugal 
eurent, à cette époque, grâce à la grande (juereile de suprématie entre François I" 
et Charles-Quint, un caractère de continuité qu'elles n'avaient pas eu jusqu'alors. 
En dehors des ambassades extraordinaires, comme celles de Jean de Langeac, en 
1516, et de Claude de la Guiche, évèque d'Agde, en 1541, le roi de France entretint 
à lisbonne, en permanence, un résident pendant tout son règne. Le sieur Honorai 
de Caix, gentilhomme de la maison du roi, après avoir été chargé de plusieurs 
ambassades successives, notamment on 1321), 1532 et 1535, y résida iiresque con- 
stamment comme ambassadeur de 1533 à 1559, date de sa mort. 11 eut pour succes- 
seur le fameux .Tean Nicot (V. B. N., ms. ClairambauU 1215, f°' 64 et suiv.. cl Ain. do 



[décembre l;i4l] GUILLAUME PELLICIER 487 

« Sire, cez jours passez est arrivé icy messire Sacquetto, lequel le 
landemain se partyt en ma barcque, pour estre plus seurenient et 
secrètement, avecques mes gentz qui le menèrent et accompagnèrent 
jusques à Chiosa \ vingt-cinq mil d'icy, et là le veyrent monter à 
cheval pour aller trouver le personnage que V. M. luy a donné charge. 
Il me promyt estre icy deux jours devant Noël, ou bien deux ou trois 
jours aprez. Et sur ce propoz, vous diray que nouvelles sont venues 
de Millau et aultres partz en ceste ville que monseigneur le duc d'Urbin 
estoyt appointé avecques V. M., et mesmes l'ambassadeur de cez Sei- 
gneurs, qui est près d'icelle, le leur a escript. En la place duquel vous 
avoys escript debvoir aller messer Stéphano Thiépoli; aussi avoyt-il 
esté esleu pour ce faire, mais il s'est excusé à la Seigneurie, alléguant 
que pour son indisposition ne pourroyt monter à cheval, de sorte qu'il 
a esté arresté de y mander messer Pietro Moresin ^, frère du seigneur 
Charles Moresin, procurateur de Saint-Marc, l'ung de ceulx qui ont la 
supérintendance de sur l'arcenal de ceste ville ^. 

« Sire je vous envoyé une lettre que ay receue d'un vostre servite de 
Millau, duquel vous ay jà mandez plusieurs advertissementz. Je n'ay 
failly communicquer au seigneur Robert Strocy, qui est icy, ce qui 
touche aux seigneurs Strocys ses frères, qui m'a dict debvoir mander 
ung homme jusques à Thurin pour les attendre là, affm de les tenyr 
très bien advertiz pour se pourveoir ainsi qu'ilz congnoistront leur estre 
besoing. Celluy de Millau, qui donne telz adviz, est le filz du feu sei- 
gneur Ambroys de Florence, qui aultrefoys fut icy ambassadeur pour 
V. M.; lequel, ainsi que j'entendz, n'est pas moings affectionné serviteur 
à icelle qu'estoyt le père *. » 

Vol. 2, î° 26G, copie du \vi° siècle; 4 pp. in-f°. 

Caix de Sainl-Aymour, Recueil des instructions aux ambassadeurs de France en 
Portugal, Paris, Alcan, 1886, in-S", pp. xv et lu). 

i. Chiiisa, place située à 18 kilom. de Vérone, dans l'étroit défilé de ce nom que 
traversent l'Adige et la route qui mène du Tyrol en Italie. 

2. Pietro Morosini. 

3. Carlo Morosini. Les Mauroceni (Morosini), « les vaillants », d'origine mantuane, 
dit une ancienne chronique citée par Molmenti, étaient l'une des plus vieilles 
familles patriciennes établies à Venise. 

4. Ambroise de Florence, docteur es droits, pourvu par lettres données à Lyon, 
le 20 juin 1.j:>2, d'un office de conseiller lai au parlement de Paris, fut envoyé 
comme ambassadeur de France à Venise en lo2o-1526 (V. B. N.,ms. Clairambault 1215, 
r 63), et obtint, pour prix de ses services, par lettres données à Amijoise le 8 août 
1526, les provisions de l'office de maître des requêtes de l'hôtel, en remplacement 
de Denis Poillot. A la même date, des lettres de naturalité lui furent accordées, 
ainsi qu'à ses enfants {Cat. des actes de François I", t. V, SuppL, ])p. 549, n"' 17,494 
et 17,495, et 789, n" 18,783). Il mourut en 1528, et fut remplacé dans cette charge, 
le 31 août, par Gabriel de Gramont, évèque de Tarbes, qui lui-même, entre son 
ambassade auprès de Charles-Quint (20 juin 1527-30 juin 1528) et celle auprès du 
pape (25 juin 1529-29 novembre 1530) aurait été, suivant Baschet, envoyé en mission 
à Venise (1529). — (V. Cat. des actes de François P% t. I, pp. 458 et 596, n"' 2i23 
et 3127; et B. N., ms. Clairambault 1215, f"' 67, 68 v" et 69.) 



488 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE 154l] 

PELLICIER AU MÊME K 

320. — [Kenise], 24 drcembre 1 54 1 . — « Sire, depuys vous avoir 
escripl le xvin'^ de ce moys, ay receu ung pacquet de V. M. auquel en ay 
trouvé ung aultre pour le seigneur capitaine Paulin, ensemble une 
lettre de bancque pour luy de vi ™ livres, adressante au seigneur Sté- 
phano Doria *. Auquel incontinent ay donné ordre de parler et la luy ay 
baillée, et après l'avoir leue, me feit grand difficulté de les pouvoir 
remettre si tost par delà, pour n'y avoir aulcun respondant. Toutesfoys 
nous voyrons de y donner le meilleur ordre, et de mander ledict 
pacquet le plus secreltement et tost qu'il sera possible. 

« Sire, comme je vous ay cscript es aultres miennes précédentes que 
tous les jours les nouvelles du naulTrage et grand perte de l'armée de 
l'empereur se continue de plus en plus, encores ce matin sont venues 
lettres de Gennes en ceste ville, du xiif de ce moys, par lesquelles l'on 
entend que l'empereur esloyt le xv*" novembre à Bngia avec le reste de 
ladicte armée tant maltraictée que de Inen peu s'en pourra l'on préva- 
loir, et principallement les gallères de Doria sont toutes demeurées 
innavigables. Et que ledict empereur avoyt eu nouvelles comme dix 
naves qui estoyent séparées de luy, comme feirent d'aultres à son 
embarcquementpour prendre leur chemyn et se saulvers'ilzpouvoyent, 
avoyent esté contrainctes pour la fortune aller prendre terre au-dessus 
d'Algier. Dont toutz ceulx qui estoyent dedans furent tous prisonniers, 
entre lesquelz y avoyt troys mille souldatz espagnolz, et les patrons 
desdictes naves eurent les testes taillées. De la personne dudict empe- 
reur ne s'entend encore aultres. 

« Sire, cez Seigneurs ont eu lettres de leur ambassadeur prez du" 
pape par lesquelles sont advertys que, tenant ensemble quelques 
propoz touchant aulcuns décimes que Sa Saincteté leur a accordées sur 
leur estât, respondant à ce que Sa Saincteté luy en disoyt, remonstra 
icelluy ambassadeur la grand despcnce etdesboursement d'argent que 
cez Seigneurs ont faicte et leur convient faire, et comme Barberousse 
estoyt à la Prévésa avecques cent vingt voylles. Sadicte Saincteté luy 
adjousta qu'il entendoyt bien pys, car le Turcq veult que la Seigneurie 
se déclaire amye de l'amy et ennemye de l'ennemy, disant : « Que fera 
ceste républicque? » Sur quoy icelluy ambassadeur respondit que la 
Seigneurie a faict là dessus plusieurs pregays; mais quant à luy, son 
adviz estoyt qu'il ne seroyt pour se résouldre aultrement que de faire 
comme Sadicte Saincteté, sçavoir est de se tenyr neultraz, chose que 
Sadicte Saincteté loua grandement, disant que le faisant ainsi, ne 
feroyent sinon bien pour eulx. 

1. '• Geste dépesche fut mandée ensemljlemenl avecques la précédente du xvm" 
de ce moys par Beltrame, soudard de Tliurin. » 
2- Stefano Doria, banquier génois établi à Venise. 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 489 

« Sire, je vous escripveis au moys de mars dernier passé touchant 
aulcuns personnages qui m'avoyent parlé de mettre entre voz mains la 
ville de Crémonne. Sur quoy V. M. me feyt response que eusse à sça- 
voir d'eulx s'ilz entendoyent le chasleau aussi; lesquelz depuys m'ont 
dict que oy. Et me informant le plus dilligemment que j'ay pu adviser 
parquet moyen ilzpouvoyent ce faire, pour veoir s'il y auroyt quelque 
hon fondement en leur entreprinse, en fin m'ont déclairé que c'est ung 
dez principaulx gardes de là dedans qui leur a promys de livrer le tout 
entre leurs mains toutes foys et quantes qu'ilz vouldront, soyt de jour 
ou de nuict. Dont, voulant taster le gay et asseurer si ledict garde avoyt 
si bonne vouUenté qu'ilz disoyent, et moyen de faire telle chose, 
envoyay secrettement avecques eulx ung de mes gens, expérimenté en 
telz affaires, pour sçavoir la vérité. Lequel feirent parler audict garde 
qui libérallement se offroyt à ce faire, et de faict le voulut faire 
entrer dedans pour en faire la preuve; et sur ce mondict homme .luy 
demanda, s'ilz estoyent rencontrez des aultres, quelle excuse il pren- 
droyt, et lors il dist qu'il feroyt response que c'estoyt son parent. Par 
quoy avoyent conclud et arresté y aller, mais lesdictz personnages, 
qui font ladicte menée, ne furent de cest adviz, disantz ne vouloir 
hasarder ne mettre à l'adventure leur chef d'œuvre, n'estant bien 
informé de ma voulenté quant à ladicte preuve et estans bien certains 
et asseurez que ledict garde ne fauldroyt à ce faire quand ilz voul- 
droyent. Et depuys le principal, qui est le seigneur Julio-Cezare de 
Gonzagues, est retourné icy pour me offrir que si je luy veulx donner 
homme féable pour venyr à ladicte prouve, que il n'y aura point de 
faulte, et le reffuz qu'il en avoyt faict n'estoyt pour aultre que pour 
me mettre, comme dict est, en dangier de découvryr et gaster ledict 
affaire, sans en avoir esté rechairché ne estre certain de nostre vou- 
loir sur ce. Il m'a aussi apporté lettres de créance du seigneur comte 
Paulo de Trelago ', par lesquelles m'a exposé que icelluy seigneur 
comte se offroyt de conduyre à vostre service cinq mil hommes de pied 
allemans, bons souldardz, et les mener où il plairoyt à V. Majesté; et 
en oultre m'a aussi dict de sa part que, quant V. M. vouldra, il se faict 
fort de mettre entre voz mains Lodes et son chasteau et que pour ce 
faire il a bons moyens. Je voyrray de leur faire response et les entre- 
tenyr en ceste bonne voulenté; cependant il vous plaira me faire 
advertyr de ce que vostre bon plaisyr sera y estre faict. Pareillement 
suys rechairché fort instamment de celluy duquel les seigneurs Estrocy 
vous ont parlé touchant une aultre entreprinse, de vous supplyer vous 
«n vouloir résouldre, me disant que le plus tost qu'on la vouldroyt 
mettre à exécution seroyt tousjours le meilleur et le plus faisable 
pour le béneffîce du temps d'iver -, se pouvoir fortiffier et munyr là 

1. Le comte Paolo di Trilago. 
■2. Hiver. 



490 AMBASSAOE DE [DÉCEMBRE 1341] 

dedans sans empeschenienL ne dangior do siège ou aiiltre assault. Et 
que à présent y pourroyl encores survenyr auUre danger, c'est que 
pour le hruict qui court icy de plusieurs pays que Barberousse soyt 
pour venyr tenter de prendre les places maritimes de la Dalmatia et 
Histria (j[ui sont au roy Ferdinando, lardant daventage, ilz ne com- 
mencent à préveoir à ceste-cy entre les aultres. Laquelle chose feroit si 
difficile ladicte entreprinse, pour la garde et vigillance que l'on y feroyt, 
qu'il auroyt perdu du tout la commodité et espoir de ce faire. 

« Sire, je croy que V. M. aura esté advertye comme avions recouvert 
ung des barcquerolz, nommé Paulo Sarmetto, qui fut contrainct con- 
duyre les assassins jusques au lieu où furent deffaictz les deffunctz 
seigneurs Gézar Frégoze et Rincon. Lequel, en attendant response et 
adviz de ce que M. de Langey vouloyt qu'il en fust faict, l'ay entretenu 
assez longtemps. Dont, ayant eu lettres dudict seigneur de Langey que 
le deubse envoyer à Thurin, aprez avoir chairché toutz les moyens de 
ce faire plus seurement, ay advisé de le mander par le seigneur Ludo- 
vico da Monte, affectionné à vostre service, au seigneur comte 
Alexandro Scotto, à Plaisance. Desquelz j'ay receu lettre du xuf de ce 
moys, me faisant entendre le bon ordre qui avoyt esté donné pour le 
luy faire seurement guider à Thurin suyvant la bonne voulenté que 
ledict barcquerol avoyt d'y aller, me donnant espérance qu'ilz y pour- 
ront arrivera saulveté. Si on vouldra le faire examiner, je pense qu'on 
aura aussi grande information de luy, comme le tout passa, que de 
nul aultre que l'on ayt peu avoir entre mains, » 

Vol. 2, f" 268, copie du wi" siècle; 3 pp. in-f". 

PELLICIER A l'amiral CfLVBOT. 

321. — Venise, 24 décembre 1541. — « Monseigneur, j'ay receu 
les lettres qu'il vous a pieu m'escripre du vi<= de ce moys, avecques une 
adressante à M. Farcevesque de Raguse; laquelle, mandant le pacquet 
du roy, ne fauldray luy envoyer, ce que eusse jà faict, n'eust esté la 
difficulté que le bancquier, à qui a esté adressée la lettre de bancque 
pour faire tenyr six mil escuz au capitaine Polin, faict de les luy 
mander pour n'avoir respondant par delà. Dont, pour adviser le meil- 
leur ordre qui seroyt possible de lui envoyer argent, ou comptant, ou 
par lettre, ay délayé par tout ce jourd'huy de mander ladicte dépesche, 
mais par tout demain je ne fauldray à ce faire le plus seurement et en 
la meilleure dilligence que pourray adviser. Et cependant ay faict 
ceste-cy pour advertyr S. M. et vous de ce peu de nouvelles que ay 
entendues depuys les miennes dernières que luy ay escriptes du xvin^ 
de ce moys, ainsi que suys bien asseuré que voyrrez : dont me sem- 
bleroyt chose superflue vous en faire aulcune répéticion. Tant seuUe- 
ment vous diray davantage que par lettres de Gennes s'entend que 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 491 

par le conseil de André Doria etauUres gentz praticques sur la marine^ 
icelluy empereur desmonta d'une gallère où il estoyt pour se mettre 
sur une nave pour plus grande seurté de sa vye; et que depuys qu'il 
y fut icelle nave se veyd moult tourmentée de la fortune qui le menoyt 
vers la Barbarie; par quoy aulcuns jugent qu'elle soyt submergée ou 
bien donné en terre. Dont double l'on fort de sa personne, attendu 
mesmement qu'il ne s'en entend aulcunes nouvelles certaines. 

« Monseigneur, je croy que avez esté adverty comme la marquise 
du Guast s'estoyt myse en chemyn pour aller au royaulme de Naples et 
jà estoyt arrivée par barcque jusques à Hostie, place du duc de Man- 
toue', portant avecques elle tout le plus beau et le meilleur de leurs 
meuble et bardes, accompagnée de grosse escorte, tant de gentz à 
cheval que de pied. Mais depuys j'ay été adverty quil l'a contremandée 
et faict revenyr : qui n'a esté sans qu'elle y ayt faict grande difficulté. 
Dont faisant icy plusieurs discours des raisons pour lesquelles il l'a 
faict retourner en arrière, les aulcuns présupposent que ce n'est pour 
aultre, sinon qu'il ne peult estre bien à son aise loing d'elle; les aultres 
disent que c'est pour depuys avoir entendu la ruyne de l'empereur 
faire retourner les gentz de guerre qu'elle avoyt avecques elle pour sa 
seurté, afin de ne s'en trouver despourveu à ceste nouvelle et effray. 
Et aultres veuUent dire que ce a esté pour oster l'oppinion et bruict 
que l'on faisoyt à Millan que il la faisoyt retirer pour paour qu'il avoyt 
de la guerre, attendu ladicte ruyne. Lequel, outre le seigneur Jehau- 
Baptista Gustallo qu'il avoyt mandé à Rome, y a encores envoyé 
depuys le seigneur Pietro Golona' pour conclurre le mariage que l'on 
tient pour faict d'entre son filz aisné ^ et la fille du seigneur Pietra 
Aloysi*, avecques douaire de cent cinquante mil escuz, et que par ce 
moyen le second filz dudict marquiz fust faict cardinal ■' avecques dix 
mil escuz de revenu... 
« De Venize. » 

Vol. 2, f° 269 yo, copie du xvi« siècle; 1 p. 1/2 in-f». 

1. Ostiglia, bourg siLué à 28 kilom. de Maiitoue, sur la rive gauche du Pô. 

2. Pietro-Francesco Colonna, fils de Girolamo Coloiina, seigneur de Gallicano et 
de Zagarolo, et de Livia dell'Anguillara. Il avait épousé Isabelle des Baux, dont il 
eut Vitloria Colonna, mariée à Slefano Colonna, seigneur de Zagarolo, son cousin. 
Après la mort de sa femme, Pietro-Francesco Colonna entra dans les ordres, et devint 
archevêque de Rossano et de Tarcnte, de l."44 à 1360, date de sa mort. 

3 Francisco-Ferdinando de Avalos y Aquino, qui devint marquis de Pescara et 
del Vasto, et grand chambellan du royaume de Naples. Il épousa Isabella, fille de 
Federigo di Gonzaga, duc de Mantoue, et mourut en 1571. 

4. Vittoria Farnese; elle fut mariée en 1547 à Guid'Ubaldo II délia Rovere, duc 
d'Urbin, veuf de Giulia Varana, héritière du duché de Camerino, qu'il avait 
épousée en 1333. 

5. Inigo de Avalos y Aragon, qui fut chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, et 
chancelier du royaume de Naples. Il ne fut créé cardinal qu'en 13G1, par Pie IV; 
devint évèque de Sabine (1386-1389), de Tusculum (1389-1301) et de Porto (1391-1000) 
el mourut à Pionie le 20 février IGOO. 



492 AMBASSADE DE [DÉCEMBRE lo4l] 

l'ELLlCIER A M. d'aNNEHAULT. 

322. — Venise, 24 décembre lo4i . — « Monseigneur, vous voirrez 
par les lettres que j'escriptz présentement au roy ce peu de nouvelles 
que ay aprinses depuys les dernières que lui ay escriptes du xviiP de 
ce moys, et mesmemont touchant quelques entreprinses que aulcuns 
personnages promettent exécuter s'il plaira à S. M.; dont, sachant 
qu'estes celluy auquel l'on se doibt plus lost adresser que à nul aultre 
en telz affaires, vous ay bien voulu supplyer me voulloir faire faire 
responce de la voullenté de S. M. le plus tost qu'il sera possible. Et 
mesmement touchant celle dont les seigneurs Strocy vous auront peu 
parler, à tout le moings m'ont-ilz escript en avoir adverty le roy ; car je 
vous asseure. Monseigneur, qu'ilz sont tous les jours sur mes espaulles 
à m'en solliciter si vivement que je ne sçay de quelcousté me tourner, 
nous allégans plusieurs inconvéniens que y pourroyent entrevenyr, 
menant ainsi l'affaire trop à la longue. Vous sçavez. Monseigneur, 
combien ces gentz sont importuns, et peult l'on bien alléguer en leur 
endroict le proverbe qui se dict que Dieu nous garde de personne qui 
n'a qu'une pensée et entreprinse. Toutesfoiz je les entretiens tousjours 
le mieulx que je puys en attendant responce et résolution de ce que 
l'on voudra qu'il en soyt faict, laquelle de rechef je vous supplye. 
Monseigneur, me faire entendre le plus tost. Quant aux nouvelles, ne 
vous en puys dire d'adventage que ce que j'escriptz au roy, sinon que 
j'ay esté adverty que à Millan l'ont avoyt myse quelque grosse imposi- 
tion sur le populaire qui avoyt esté du tout reffusée sans aulcun res- 
pect; mais depuys j'ay entendu qu'il la fauldra payer ou par amour 
ou par force, et qu'elle se pourra bien monter environ troys centz mil 
escuz, qu'est l'année entière, ce que aulcuns ont à mal augure, esti- 
mant qu'ilz s'en veuUent saisyrde bonne heure, se doublant qu'ilz n'en 
auront pas toujours si bonne commodité... 

« D»^ Venize. » 

Vol. 2, f" 270, copie du \\i^ siècle; 1 p. in-f'^. 

l'ELLICIER A M. DE LANGEY. 

323. — [Venise], 24 décembre 1 54 1 . — « Monseigneur, j'ai receu la 
vostre de Fontainebleau du vu' de ce moys, de laquelle, pour avoir 
entendu le bon recueil et honnorable présent que le roy vous a faict 
du collier de son ordre, ay esté aussi aise, voyre plus que de nouvelle 
qui m'eust sceu arriver, désirant tousjours l'accroissement et honneur 
de vous et de vostre maison, comme celluy qui en est aultant affec- 
tionné serviteur et amy que nul aultre, bien que fusse jà adverty que 
la voullenté de S. M. estoyt telle, et qu'il n'en rcstoyt sinon que l'exé- 



[décembre 1o4|1 GUILLAUME PELLICIER 493 

cution. De laquelle toutz les aultres serviteurs du roy qui sont icy ont 
eu merveilleusement grand plaisyr que S. M. ayt collocqué ung tel et si 
honnorable estât à ung sien serviteur, voirement digne et méritant 
tel degré. Et ceulx qui vous sont alTectionnez estiment bien selon 
qu'ilz le désirent que pour les mérites des bons et grandz services 
que avezfaictz audict seigneur et estez pour faire à l'advenyr ne arres- 
terez là... » 

Pellicier annonce à Langey qu'il a envoyé à Turin le batelier Paolo 
Sarmetto \ et ne manquera de donner toute faveur et faire tous les 
plaisirs qu'il lui sera possible au comte de Landriano*, au sujet duquel 
Langey lui a écrit. 

Vol. 2, f" 270 v°, copie du xvi" siècle; 1 p. in-f'\ 

PELLICIER A M. DE TERMES. 

324. — Venise, 24 décembre i 54i . — « Monsieur, jeudy dernier 
environ quattre heures du matin arriva icy celluy que m'avez dépesché 
avecques toutz les pacquetz à moy adressantz, èsquelz trouvay voz lettres 
de Lv et XII'* de ce moys, et auparavant avoys receu toutes les aultres 
que m'aviez escriptes, dont du tout vous remercye. Ausquelles ne 
vous feray aultre responce sinon que quant ad ce que m'avez escript 
en faveur du seigneur chevallier Averolde, que vous pouvez estre 
asseuré et luy aussi qu'il n'a amy qui se voulsist employer pour son 
affaire du meilleur cueur que moy; mais voyantz cez Seigneurs tant 
retirez en telles choses, il m'a semblé, puys que nous avons tant 
demeuré, qu'il vault beaulcoup mieulx attendre quelque bonne com- 
modité, que j'espère estre bien tost, et en espérer bonne issue, que de 
vouloir se haster et ne faire rien J'ay receu aussi le double des adver- 
tissementz de Gennes que m'avez envoyez; en contreschange desquelz 
vous diray que de jour en jour se continuent icy les nouvelles du nau- 
fraige et grand perte de l'armée de l'empereur, voire pires que du 
commencement, et n'entend l'on aulcunes nouvelles certaines de sa 
personne, bien que son ambassadeur qui est ici face toute diligence 
pour vouloir faire acroire qu'il estoyt arrivé en ses pays... » 

Suivent les nouvelles du Levant contenues dans la lettre au roi de ce 
jour. 

« ... M. Daramont m'a escript que luy avez parlé touchant aulcuns 
pacquetz ou lettres qui s'estoyent égarées du seigneur capitaine 
Polin, mais je vous asseure que n'en ay point receu que ne leur aye 
donné bonne et seure adresse. Et ay faict chaircher par toutz mes 

1. Voir la lettre au roi du même jour. 

2. Le comte Francesco Landriani, tour à tour allié de l'empereur et du roi de 
France (V. Zeller, loc. cit., p. 2oo, et Desjardius, loc. cit., t. III, pp. 110. US et 124). 



494 AM15ASSAUE DK [décembri: i;i4l] 

papiers, mais je n'en ay trouvé aulcunes. J'en attend/ de luy de jour 
en jour... 

« De Venize ' . » 

Vol. 2, I"'' 271, copie du xvi'- siècle; 1 p. iii-f°. 

l'ELI.IGlER AU UOI ". 

325. — yVenhé], ,'i 1 décembre 1 541 . — « Sire, par la mienne der- 
nière du xxiiii" de ce moys, V. M. aura peu entendre comme avoys 
receu ung pacquet pour faire tenir au cappitaine Polin, avecques une 
lettre de bancque de six mil escuz, et la difficulté que me faisoyt Sté- 
phane Doria, à qui elle s'adressoyt, de les luy pouvoir mander. A pré- 
sent vous diray comme, le landemain que vous euz escript, je ne faillyz 
lui envoyer vostre pacquet par homme et brigantin exprez jusques à 
Raguse, pour si d'advenlure y avoyt chose dedans qui requist célérité 
ne la retarder, et à Fadvertyr de la difficulté qu'on faisoyt icy de luy 
remettre ledict argent. Depuys j'en ay sollicité le plus instamment que 
j'ai peu ledict Doria, lequel enfin m'a dict n'avoir peu ne pouvoir 
trouver moyen ne ordre de les luy faire tenyr, pour n'avoir respondant 
par de là. Et si m'a dict n'avoir aulcune charge ne commission, par ce 
que luy en est escript, de me les deslivrer; et à dire la vérité. Sire, 
semble que sa lettre ne soyt pas trop eschauffée pour s'en soulcyer 
beaulcoup. Ce néantmoings n'ay laissé chaircher toulz les moyens 
qu'il m'a esté possible pour les luy faire remettre, m'en adressant à 
toutz les marchantz et banquiers que j'estimoys nous y pouvoir valloir, 
et pareillement au seigneur Robert Strocy; mais toutz d'une commune 
voix m'ont faict responce n'avoir aulcuns moyens de ce faire. Et mes- 
mement le seigneur Francesco Léon, qui en servoyt beaulcoup par le 
passé, par l'adresse des Sommayes, florentins, qui estoyent à Constan- 
tinople ^ du temps que cez Seigneurs avoyent question avecques le 
Grand Seigneur, m'a dict ne le pouvoir faire maintenant, d'aultant que 
depuys la paix faicte, lesdictz Florentins, qui souloyent faire seulz les 
grandz faciendes *, pour y avoir à ceste heure peu de gain et proffict 
s'en sont retirez. Dont à présent ne se faisoyt plus tel train; de sorte, 

1. '< Escript cedict jour à la reyne de Navarre les nouvelles, touchant la perle et 
ruyne de l'année de l'empereur, aux lettres du roy escriiites: et envoyé ung double 
de lettres de Fleurance [/'7ore/ice] contenant le progrez du voyaige dudict empereur 
allant à Alger et aultre'ment, comme est contenu en sa lettre, avecques les minutes 
oy non regestrée. » 

2. " Ceste dépesclie, avecques celle qui s'ensuyt, du vm*" janvier, furent mandées 
par la voye de Suysse et par le cappitaine Espagnoles » 

Le capitaine Spagnoletto, de la suite de Pielro Strozzi. 

3. Les frères Sommaja, banquiers à Florence et à Constantinople, avaient égale- 
ment un comptoir à Lyon. Des lettres de naturalilé furent données en décembre 1546, 
à Compiègne, en faveur de Baptiste de Saumaye [So7ninaja], natif de Florence, 
établi à Lyon (Cat. des actes de François 1", t. V, p. 161, n" 15,492). 

4. Les grandes afîaires. 



[décembre 1541] GUILLAUME PELLICIER 495 

Sire, que la difficulté est si très grande de faire tenir argent par delà 
que cez Seigneurs mesmes sont constrainctz, quand ilz y en veullent 
envoyer, de le faire par gens à poste et avecques bonne escorte, pour 
le danger qu'il y a non seullement par mer mais par terre. Dont vous 
plaira me faire advertyr de ce que je en auray à faire si d'adventure 
je ne pouvoys trouver par ceste voye icy le moyen de les luy faire 
tenyr : ce que je ne obmettray de chaircher encores en toutes façons 
que je pourray adviser et penser; qui ce néantmoings à tout rompre 
ne pourroyt estre qu'on y eust d'intérest pour le moingz quattre pour 
cent, comme m'a dict ledict seigneur Strocy. 

n Sire, je vous ay aussi escript le double en quoy j'estoys du prieur 
de Sainct-Pol que avez dépesché vers le Grand Seigneur, pour demeurer 
si longuement sans avoir nouvelles de luy nonobstant quelcque dilli- 
gence que eusse faicte pour en sçavoir. Depuys je n'ay failly par toutes 
voyes et manières m'en informer et envoyer gentz exprez où il me 
sembloyt qu'on deubst myeulx. entendre que c'estoyt que de luy; mais 
jusques à présent n'en ay pu rien sçavoir de certain, bien que l'on ayt 
icy de plusieurs lieux les indices si très grandes qu'il soyt venu à mes- 
chef, que l'on le peult quasi indubitablement croire. Car l'on a eu 
adviz que luy et toutz ceulx qui estoyent avecques luy, entre lesquelz 
estoyt un gentilhomme, mon voysin ', qui s'en estoyt venu par deçà 
avecques moy, que luy avoys baillé pour compagnye, ont esté taillez 
en pièces à la Pettine, prez de Jarre ^; et de faict, s'il est vray ce que 
aulcuns m'ont dict, il y a grand vraysemblable qu'ilz se soyent perduz 
par ce que Ton a veu entre les mains d'ung personnage qu'on peult 
bien estimer avoyr faict telle meschanceté, plusieurs nobles à la rose 
et nobles Henry taillés par la moytié avecques escuz françoys* lesquelz, 
ou pour le moingz de semblables, ledict Sainct-Pol avoyt quand il partyt 
d'icy. De quoy. Sire, n'ay voullu faire aulcun bruyct, d'aultant que 
l'on m'avoyt asseuré que ledict personnage debvoyt venyr de brief en 
ceste ville pour y faire ordinairement sa résidence; à tout le moingz 
sa femme y est, mais jusques à présent ne s'y est peu retrouver. 
Par quoy, Sire, ayant perdu toute l'espérance dudict Sainct-Pol, 
encores que par cy-devant eusse adverty monseigneur l'admirai dudict 
double, craignant ce que dessus si ledict Sainct-Pol portoyt ou alloyt 
pour chose de grand importance, qu'il me sembloyt en tout événement 
n'estre que bon de mander ung aultre qui eust semblable commission 
que luy, ou bien si par lettres l'on y pouvoyt satisfaire, les envoyer 
pour faire tenyr où besoing seroyt, vous en ay bien voulu advertyr, 

1. Formiguet. — V. la dépêche 331. 

2. Scoglil Peltini, polit groupe d'ilôts situés au sud de l'ile de Selve, dans 
l'archipel de Zara. 

'.i. Nobles à la ruse, nobles Ilenris. monnaies d'or frap])ées en France par les rois 
Henri V et Henri VI pendant l'occupation anglaise (14Io-14o3). 



496 AMBASSADE DE [dÉCEMBRK i;i4l] 

affin d'y pourveoir ainsi qu'il sera requiz ce que vostre singullier et 
bon jugement sçaura trop myculx adviser que ne sçauroys penser. 

« Sire, cez Seigneurs ont eu lettres de leur ambassadeur prez de 
V. M. s'excusant avecques eulx, s'il ne leur oscripvoyt si souvent que 
le debvoir de sa charge le requéroyt, allégant que c'estoyt pour la 
craincte qu'il avoyt, d'aultant que toutes les choses qu'il escripvoyt 
estoyent scènes et entendues par le menu de V. M., et mesmement ce 
qu'il escripvoyt en chiffre estoyt divulgué, dont advertissoyt et exor- 
toyt cez Seigneurs d'y prouvoir. Par quoy voz bons et affectionnez ser- 
viteurs qui sont icy, craignant/, d'estre découvertz et congneuz pour le 
danger qui leur en pourroyl advenyr, se sont les aulcuns quelque peu 
retirez, de sorte que si ce n'est avec grand peine et coust je n'en puys 
avoir que bien peu de chose ; ce néantmoingz, leur fournissant tousjours 
la main le myeulx que je puys selon ma puyssance que est bien foible 
pour eulx, je metz peine d'en tirer le plus de nouvelles que je puys. 
Escripvant aussi icelluy ambassadeur que V. M. avoyt mandé ung gen- 
tilhomme en Angleterre et Portugal conclure quelque mariage ', et 

1. Le projet de mariage entre le duc d'Orléans el la princesse Marie d'Angleterre 
(V. la Corresp. de Marillac) avait été abandonné, et Claude de la Guiche, évêque 
d'Agde, prieur de Saint-Pierre de Màcon, venait d"être envoyé à la cour de Portugal, 
avec mission de négocier une autre alliance entre le même duc d'Orléans et Maria 
de Portugal, fille du feu roi Emmanuel et d'Éléonore d'Autriche, sa troisième 
femme, remariée à François 1". 

Pagel écrivit à ce sujet à Henri YIll, le i janvier, de Paris : •■ M'' Saint-Pierre, 
Bissliop of Dade.... and with him a maistre d'hostel of the Quenes, ar sent to the 
King of Portugal, to demaunde, in the French Quenes name,her doughter the Lady 
Marie, which She had by King Emanuel, and to make the King of Portugal beleve 
that she shalbe bestowed upon the duke of Orléans. For, as for the mariage they 
had bruyted hère shuld be betwene the Duke of Orléans and Your Majesties 
doughter the Lady Marie, it is divulged hère the French King wil procède no 
further in it, unlil He know the King of Scottes mynde in it; and for that cause 
He hath sent unto Him Mons' Morvillee [Jean de Morvilliers], of whom I wrote to 
Your Majestie before, which Morvillee 1 am credibly enformed, not being able to 
passe along the sees as he was appointed, is past through Your Majesties Reaime 
by land. 

« 1 hâve lerned by th'.\mbassadour of Portugal, that the King liis maister, having 
an ynklyng before of the cause of Mons' Dades cummyng (for he hath lyen a good 
while in Bierne altending for his saveconduct to passe through Spayne), hath 
determined to do nothing in that matier without th'Emperours consent, for that, — 
the'ambassadour saith — , that his maister thinketh Ihey woold set litle hère by 
the said Lady, had they ones the money that her father bequethed her... « (Slale 
papers of Henry Vlll, vol. VHI, p. 650). 

— Maria de Portugal, née en lo-21, mourut en 1578, sans avoir été mariée. Bran- 
tôme, qui l'avait connue à Lisbonne, a tracé de cette princesse un curieux portrait 
{Œuvres, cdit. Lalanne, t. IX, p. 720). 

— Claude de la Guiche, évêque d'Agde (1540-1546), puis de Mirepoix (1346-1553), 
ambassadeur en Portugal et à Rome, mort à Rome le 'J avril 1533. 

— « A M. Jehan de Morvilliers, conseiller au grand conseil, 900 1. t. par lettres à 
Fontainebleau le 20 novembre 1341, pour un voyage qu'il alloit faire de Fontaine- 
bleau aux royaumes d'Escosse et d'Angleterre devers les roys dcsdicts pays, portant 
lettres de créance du roy concernant aucunes affaires d'importance. 

» Item. 562 1. t. 10 s., pour restant dudict voyage, par lettres du 11 mars 1542 
(n. s.) ... — (B. N., ms. Clairambault 1215, f» 79 v°.) 



[décembre 15il GUILLAUME PELLICIER 497 

que tous les jours le malin et aprez disner faisiez conseil cstroict; 
duquel ne se pouvoyt sçavoir aulcune chose, ce que cez Seigneurs 
louent et estiment grandement. 

« Sire, par lettres que cez Seigneurs ont aussi eues de Millau s'en- 
tend comme André Doria estoyt arrivé à Gennes, lequel inconlinant 
aprez fut ouyr une grand messe soUempnelle, et puys se retira, ne 
voulant que personne luy parlast; et qu'il attendoyt * à remettre ses 
gallères et mettre à la chaisne aulcuns esclaves qu'il avoyt; et que le 
marquiz du Gast luy avoyt mandé ung gentilhomme millanoys pour 
se condoulloir du nauffrage et perte de l'armée de l'empereur, et 
resjouyr et consouller de sadicte arrivée à Gennes, et aussi pour con- 
sulter de ce qu'ils auroyent à faire, voyant les Françoys disposez à la 
guerre, et aussy pour sçavoir ce que avoyt ordonné ledict empereur. 
Lequel avoyt déterminé faire à ce nouveau temps une aultre grosse 
entreprinse pour retourner à Algier, s'il n'estoyt empesché [ez] aultres 
lieux; et en cas qu'il le fust tourneroyt ses forces à rencontre_de ceulx 
qui le vouldroyent empescher. 

« Sire, cez Seigneurs ont eu lettres de leur ambassadeur Baduare, 
qui est à Constantinople, des xvi*= et xviii'^ novembre, par lesquels sont 
advertys que le maistre des sérimonies du Grant Seigneur y estoyt 
arrivé pour annuncer la victoire de Hongrye. Auquel ledict seigneur 
ambassadeur donna une robbe, pour estre ainsi l'usance, et pareil- 
lement à divers magistralz qui avoyent charge d'offices, supplyant 
cez Seigneurs luy voulloir envoyer l'argent qu'il y avoyt despendu 
et en aultres choses extraordinaires, qui se montoyent plus de 
quattre mil escuz. Et que Barberousse demeureroyt dehors entre 
Lépantho et Négroponte, et là autour, ayant icelluy Grand Seigneur 
faict responce aux ambassadeurs du roi Ferdinando qui lui avoyent 
apportez les présenlz que, estant une machine des astres et mouve- 
ment de ciel à mode d'orloge ainsi belle et parfaicte, très voullen- 
tiers l'acceptoyt, voullant ce néantmoingz la payer troys fois aultant 
qu'elle pouvoyt valloir; et quand aux aultres choses, comme coppes et 
aultres vaisseaulx d'or ^, qu'ilz les reportassent à leur maistre, pour ce 
qu'il n'avoyt aulcun besoing de telles choses. Et touchant la paix, 
qu'il estoyt content de la faire, moyennant que leurdict maistre ne se 
feist plus appeller roy de Hongrye et qu'il se feist son tributaire et 
feudataire : aultrement que au bon temps l'on l'attendist à Vienne. 

« Sire, comme je vous ay dict, icy s'est espandu merveilleusement 
grand bruyct que le duc dUrbin estoyt appoincté avecques V. M., jus- 
ques à vouloir dire les particularitez de Testât et advantage que V. M. 
luy faisoyt. Sur quoy il a escript une lettre au seigneur comte de 



1. S'occupait. 

2. Coupes et vaisselle d'or. 

Venise. — 1540-1542. 32 



498 AMBASSADE DE [JANVIER 1 542 j 

Montevochia, son parent ', chîmcurant en cesle ville, lui faisant 
entendre qu'il estoyt esmerveillé du faulx bruyct qui estoyt icy d'aul- 
tant plus qu'il estoit plus eslongne de la vérité; et que, comme il sça- 
voit bien pour estre oblif^é expressément sa personne à ceste Sei- 
gneurie, il ne pouvoyt ce faire, et qu'il constamment estoyt délibéré 
de continuer le service qu'il faict à, cez Seigneurs tant qu'ilz ne luy 
donneront point cause de aultroment faire : chose qu'il ne craignoyt 
point... >) 

Vol. 2, r-J 271 V", copie du xvi'' siècle; 3 pp. 1/2 in-f". 

l'ELLICIKH A M. DE RODEZ. 

326. — [Ft'/?/se], .) janvier 15 12. — Pellicier confirme à l'évêque 
l'arrivée de l'empereur à Carthagène, et l'informe de la prise de 
Marano par des gens au service du roi ^ «... De moy, encores que je ne 
sçaiche par commandement de qui c'est qu'ils l'ont faict et qui leur a 
donné telle commission, ce néantmoings, en attendant nouvelles de la 
voullenté de S. M., je ne fauldray faire mon debvoir ainsi que ma ser- 
vitude le requiert. Je vous ay bien voullu advertir de cecy affin que si 
Nostre-Sainct-Père ou aultres vous mettoyent avant que le roy ou moy 
l'eust faict faire, vous sçaichez que c'est que en aurez à respondre. Et 
de ce qu'il en surviendra, je vous en donneray adviz... » 

Vol. 2, fo 273 v", copie du xyi"^ siècle; 3/4 p. in-f". 



l'ELLIClER A M. DE TERMES. 

327. — [Fe?H'se], 8 janvier i 542 '. — « Monsieur, les miennes der- 
nières furent du xxmi° de ce moys avecques ung pacquet du roy que 
vous adressoys pour faire tenyr audict seigneur par Beltrame, l'ung de 
voz postes à pied; je pense que l'aurez receu avant la présente. Dont 
ne vous en feray auculne répéticion; mais vous diray comme depuys 
ay receu ung pacquet de M. le cappitaine Polin faisant entendre seulle- 
mentson arrivée àConstantiuople, me remettant à sa première dépesche 
à m'escripre plus amplement. Auquel pacquet en ay trouvé ung aullre 
pour le roy, sans qu'il y eust aulcunes aultres lettres particullières, 
que ay envoyées à S. M. en toute dilligence pour plus grande seureté 
par la voye des Grisons. Et aussi pour l'advertyr de la prinse de 

1. Le comte Giulio de Montevecchio ou Monlecchio. — V. plus loin. 

2. Voir, pour les détails de cet événement, la lettre suivante, adressée à 
M. de Termes. 

3. Cette dépêche, insérée dans le ms. à la date du 31 décembre 1541, n'a été écrite 
que le 8 janvier l.i)42, comme le prouve la note adjointe à la lettre au roi, du même 
jour. 



[janvier 1;;42j GUILLAUME PELLICIER 499 

Maran, qui estoyt au roy Ferdinando, que aulcuns se tenanlz serviteurs 
du commun maislre prindrent le ii'' de ce moys environ quinze heures 
criantz : « France! France! » sans qu'il y ayt eu que deux personnes 
tuez. Et si est le lieu estimé d'aussi grande importance que nul aultre 
qui soyt en ceste mer Adriatique, voyre d'icy à Gonstantinople, prez de 
ceste ville quattre vingt mil tirant sur le chemin de Raguse, tant pour 
l'assiette et fortresse dudict lieu que aussi pour la commodité du port 
qui peult bien recepvoir cinq à six cens gallères ou aultres gros 
vaisseaulx; auquel se faict grand trafllque de toutes les choses qui 
viennent du Levant pour dépescher aulx AUemagnes et lieux cir- 
convoysins. Et si a grande abondance de boys pour faire navires 
et gallères qui vouldra; car cez Seigneurs s'en fournissoyent de là 
la pluspart du temps qu'ilz le tenoyent. Et si peult l'on faire des- 
cendre par terre grand nombre de Suysses, Grisons et lansquenetz, 
et faire amas d'Ytalliens pour donner dedans le cueur du royaume de 
Napples, toutesfoyz et quantes que l'on vouldra '. Et comme Dieu et 
la fortune ont voulu, l'on a trouvé dedans le consul des Espagnolz qui, 
ainsi que l'on entend, a esté le principal négociateur dez aguectz et 
insidyes faictes contre M. de Sainct-Pol que le roy avoyt dépesché au 
moys d'octobre pour aller vers ledict seigneur cappitaine Polin; lequel 
et toute sa compagnye, ainsi que le commun bruictest icy, a esté taillé 
en pièces prez de Jarre. Et si entendz qu'il est aussi bien informé 
comme est passé tout l'affaire des seigneurs Gézar Frégose et Rincon 
que ceulx mesmes qui l'ont mise à exécution : dont pense qu'on aura 
moyen d'en sçavoir myeulx la vérité. 

« Monsieur, encores que soys tout asseuré que par vostre bonne dil- 
ligence et sollicitude vous tenez toujours très bien sur voz gardes, ce 
néantmoings vous ay bien voulu advertyr de ce que dessus, affin que 
tousjours de myeulx en myeulx vous donnez de garde de quelque sur- 
prinse; car il est bien à présumer, voire tant certain que les Impé- 
riaulx tascheront et s'efforceront par toutz les moyenz qu'il leur sera 
possible de user de quelcque stratagème pour bailler le contreschange, 
s'ilz peulvent, et se venger de telle chose. 

« Monsieur, je commence fort à entrer en doubte que le barcquerol 
Paulo de Sarmetto ne soyt arrivé vers vous, veu que depuys qu'il est 
party d'icy, n'en ay eu aulcunes nouvelles ni mesme de celluy de Plai- 
sance à qui l'avoys adressé par ordonnance de M. de Langé depuys 
qu'il m'escripveit l'avoir mandé à Turin avecques bonne guyde, me 

1. Ce hardi coup de main n'était pas le premier qu'on eût tenté sur Marano. 
Maîtres de la place depuis 1420, les Vénitiens l'avaient perdue, en 1513, par la 
trahison d'un prêtre, nommé Mortegliano, qui l'avait livrée à Maximilien. Sachant 
l'importance de cette possession pour Venise, à cause de sa situation et des forêts 
qui l'avoisinaient, précieuses pour la construction des navires, les Impériaux avaient, 
à diverses reprises, ofTert la restitution de Marano en échange de l'alliance et des 
subsides des Vénitiens (Zeller, loc. cil., p. 303). 



500 AMBASSADE DE [JANVIER 1542J 

donnant espérance qu'il y pourroyt arriver à saulveté. Je vous prye 
m'en vouloir donner adviz si jà ne l'avez faict avant la réception de la 
présente... » 

Vol. 2, 1'° il',], copie du wi"^ siècle; I p. 1/2 in-f". 

l'EI.I.IClER AV ROI *. 

328. — [Venise], 8 janvier l 542. — « Sire, vous entendrez par la 
mienne du dernier du passé comme j'ay faict tenyr le pacquet au sei- 
gneur cappitaine Polin par homme et brigantin exprez jusques à 
Raguse. Depuis en ay receu ung aultre de V. M., avecques une lettre 
du viiie dudict moys et ung dnpplicata de sadicte dépesche que luy 
envoyeray par la première commodité de brigantin que trouveray, atïin 
que si le premier se perdoyt, il peult recevoir le second, bien que j'es- 
time, moyennant la grâce de Dieu, qu'il les pourra recevoir toutz 
deux. Et accomplissant le commandement qu'il vous a pieu me faire 
de vous envoyer aussi ung duplicata de toutes mes dépesches, affin 
que si les unes se perdoyent, les aultres tombassent entre voz mains, 
je vous envoyé présentement le double des miennes du xxiiif du 
passé, par lesquelles V. M. pourra avoir veu la grande instance que 
me faisoyt le seigneur Bellrame Sacha duquel avoys pryé le seigneur 
Pietro Strocy vous parler, ce qu'il m'a escript avoir faict, touchant 
l'entreprinse de Maran. Laquelle, craignant les doubles par luy al- 
léguez contenuz en ladicte lettre, et aussi sentant que sadicte entre- 
prinse commençoyt à se sçavoir, et mesmes que l'ambassadeur de 
l'empereur avoyt envoyé quéryr le cappitaine de là pour l'en advertyr 
et l'exorter de se fournyr et tenyr sur ses gardes, ledict seigneur Bel- 
trame, accompagné du seigneur cappitaine Turcquetto ^ fort affec- 
tionné à vostre service , comme aussi est le seigneur Augustin 
Abondio, son beau-frère, agent et serviteur ancien du feu seigneur 
César Frégose et de toute la maison, sont entrez dedans ladicte ville le 
H'' de ce moys à xv heures et s'en sont saisiz, cryans « France ! France! » 
sans qu'il y ayt eu que deux personnes mortz, et tous ceulx qui y 
estoient de la part du roy Ferdinando ont été prins prisonniers, et 
incontinent aprez meirent les enseignes aux troys fleurs de lys sur les 
murailles. Dont le landemain au matin les nouvelles et le bruyct en fut 
tout commun en ceste ville. Quoy entendant, et qu'ilz y avoyent ainsi 
employé vostre nom et armes, ne feuz pas peu esmerveillé, attendu 
que quand ilz se despartirent d'avecques moy les avoys pryez de ne 
le vouloir si tost mettre à exécution ou à tout le moings, si ne pou- 

1. « Geste dépesche fut baillée au capitaine Espagnolette, passant par la voye de 
Suysse. » 

2. Le capitaine Turclietlo di Nave, de Brescia. 



[janvier 1o42] GUILLAUME PELLICIER bOl 

voys impétrer cela d'eulx, qu'ils prinsent bien garde de donner la 
moindre suspeçon que ce feusl soubz vostre nom, leur faisant plusieurs 
remonstrations et entr'aultres que cela pourroyt empescher à l'adven- 
ture plusieurs aultres grandz desaings vostres. Par quoy estoyt néces- 
saire attendre responce de V. M., qui à mon adviz ne pourroit plus 
guères tarder à venyr; dont, non sçaichant quelle estoyt vostre vou- 
lenté, fuz constrainct de respondre à toutz ceulx qui soubdainement 
m'en vindrent parler, que ne sçavois point que cela eust esté faict 
par commandement de V. M. ne par mon moyen ne sceu. Et peu aprez 
vint une lettre entre mes mains dudict seigneur Beltrame par laquelle 
advertissoit de l'heureuse exécution de son entreprinse, et qu'il ne luy 
failloyt que quelques gens, pryant qu'on luy en envoyast le plus tost 
que l'on pourroit. Par quoy me sembla faire mon debvoir d'envoyer 
chaircher toutz voz meilleurs et aflcctionnez serviteurs qui sont icy, et 
entr'aultres M. l'évesque de Lodes, plein d'aussi bon conseil que nul 
aultre, et le seigneur Robert Strossi, frère du seigneur Pierre, avecques 
le seigneur Vallerio, abbé de Saint-Pierre-le-Vif, pour consulter et 
adviser avecques eulx, comme chose de plus grand importance qui me 
soit advenue depuys que suyz icy, comme je auroys à m'y gouverner. 
Qui furent d'adviz, puysque la chose estoyt faicte, ne la debvoir haban- 
donner, et que j'envoyasse, le plus seurement et secrettement qu'il 
seroit possible, par delà pour entendre le tout, et mesmement s'il 
estoyt vray qu'ilz eussent employé vostre nom et armes. Et furent 
d'advis que pour conserver et entretenir ledict affaire en son estât 
jusques ad ce que on eust eu responce de V. M., d'y envoyer le 
nombre de gentz qui y feroit besoing. Dont fuz contrainct, ne pou- 
vant faire de moings, de m'en descouvryr secrettement à quelques 
cappitaines vos affectionnez serviteurs, et les pryer vouUoir démonstrer 
par effect la bonne vouUenté qu'ilz vous portent sans dire pourquoy. 
A quoy trouvay promptz et appareillez à vostre service, je ne parleray 
point dudict seigneur Strossi, car il y est tant cogneu et expérimenté 
par les bons effectz qu'il n'est besoing le nommer; mais diray entr'aul- 
tres que le seigneur Scipion Constance, lequel a charge de V. M. de 
mil hommes de pied et cent chevaulx légiers, advenant l'occasion de 
vous faire service, et pareillement le seigneur cappitaine Marcello, 
gentilhomme vénitien, en la faveur duquel vous ay escript puys 
naguères, s'y sont employez d'aussi bon cueur que possible. Mais pour 
ledict jour, pour ce qu'il estoyt fort tard quand nous conclusmes d'y 
envoyer gentz, ne fut possible d'en pouvoir recouvrer beaulcoup, et 
n'y eut que ledict seigneur Scipion qui fournist d'une douzaine de 
bons souldartz voirement dignes, ainsi que j'ay entendu, d'estre appelez 
cappitaines, qu'il tient ordinairement à ses dépens, attendant tousjours 
l'occasion de les employer à vostre service, et une barcque pour les 
conduyre et porter jusques là. Lesquels y avons envoyez avecques ung 



502 AMBASSADE DE [-"ANVIER 1542| 

gentilhomme de Brelaignc nommé M. de la Molle, qui toute sa vye a 
faict proffession aux armes, et mesme a esté guydon et porte-enseigne 
de cincquantc hommes d'armes soubz la charge de M. [de] Chasleau- 
bryant; Icsquclz comme nous a oscripl sont arrivez là à saulveté, Dieu 
mercy. 

« Sire, le landemain, entendant que l'ambassadeur de l'empereur 
s'estoyt allé lamenter à la Seigneurie, m'accusanl d'avoir faict faire 
telle entreprinse, fuz vers elle pour luy faire entendre que ne sçavoys 
point que telle chose eut esté faicte par vostre commandement ne par 
mon moyen ne sceu, comme de ce les asseuroys fermement. Bien les 
pryois, puysque les choses estoyent ainsi, ne se vouUoir empescher 
non plus de l'ung que de l'aultre, et que quand bien seroyt vostre voul- 
lenté de tenyr et garder ladicle place, ne seroyt pas moingz à leur 
dévotion et commodité que de V. M. Sur quoy ne me feirent aultre 
response qui méritte vous estre escripte, et aprez avoir prins congié 
d'eulx, m'en retiré à mon logeis, où trouvay vosdictz affectionnez ser- 
viteurs avecques lesquelz m'estoys conseillé le jour auparavant; et 
aprez nous estre bien conseillez les ungs avec les aultres, fusmes 
d'adviz d'y envoyer plus grand nombre de gentz. Et de faict ledict 
seigneur Slrossi et lesdiclz cappitaines Scipion Constance et Marcello 
feirent tant par leur bonne sollicitation qu'ilz feirent amas ledict 
jour de gens, sans dire pourquoy ne sçavoir où ilz debvoient aller, 
jusques au nombre de iiii'"' hommes, avecques les barcques conve- 
nables pour les porter : qui esloyl ce que faisoyt besoing pour la 
defFanse de ladicle place, avecques ceulx qui sont jà dedans, qui 
peulvent estre environ cent cinquante hommes. Et ce que nous en 
faisions d'en mander si grand nombre ensemble esloyl pour ce 
que l'on m'avoyt adverty que ledict ambassadeur de l'empereur y 
avoyl mandé quelcque nombre de barcques armées, et qu'il avoyt 
donné ordre d'en faire venyr d'auUres en grand nombre de Trieste 
pour garder les passages de l'entrée du canal et bouche du port de 
ladicle place affîn que nul secours y peut venyr; mais, entendant cez 
Seigneurs ledict amas de gens, comme à dire la vérité, à grand peine 
est-il possible pouvoir faire telles choses en cesle ville sans qu'ilz en 
soyent advertys, pour se trouver en beaulcoup d'endroilz, et craignantz 
que par telz moyens et assemblées de souldarlz ne sorlist quelcque 
désordre, et aussi pour ne donner matière à l'ambassadeur dudict 
empereur de caviller ne se plaindre que cecy eust esté faicl par leurs 
dissimulations ou bien consentement, — d'aultant que pour mettre à' 
exécution ladicle entreprinse, la compagnye s'estoyt amassée en cesle 
ville, et les provisions de pouldres et aultres choses appreslées icy, — 
feirent parlicullièrement, pour estre nuict, faire deffense à loutz lieux- 
tenantz où estoyent barcques pour pouvoir faire telz effeclz, qu'ilz 
n'eussent à lever aulcunes personnes de quelzconques estatz ou condi- 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER o03 

cions qu'ilz fussent. Ce néantmoingz ne sçeurent faire si estroictes 
deffenses que l'on n'en trouvast bien pour lever lesdictz gens de guerre, 
lesquelz se embarcquèrent et se meirent en chemyn; mais se assem- 
blans au lieu assigné pour faire la masse, quelcques baroques 
d'entr'eulx furent rencontrées par les cappitaines et gardes des Capi 
de Diexe \ qui les arrestèrent et ramenèrent toutz en ceste ville. Quoy 
entendant, le landemain au matin fuz à ladicte Seigneurie à laquelle 
recordé ladicte pryère que luy avoys faicte le jour auparavant de ne 
s'empescher non plus de l'ung que de Taultre; et oultre vins à luy 
remonstrer que pour le debvoir de ma charge je ne pouvoys faire de 
moings que d'entretenyr les choses en Testât que je les trouvoys 
jusques ad ce que fusse adverty de vostre voulenté. Et qu'ilz estoyent 
bien recordz de la deffaicte des seigneurs Cézar Frégose et Rincon pour 
estre mal accompagnez, et encore de fraîche et sanglante mémoire 
avoyent bien estez advertiz comme prez de Jarre avoyent esté taillez 
en pièces deulx de voz serviteurs et tous ceulx de leur compagnie. 
Dont, voulant sçavoir la vérité du faict de la prinse pour vous en 
advertyr bien au long et par le menu, m'avoyt semblé y debvoir 
envoyer homme de sçavoir et sufhsant pour en sçavoir faire bon 
rapport; lequel, prenant exemple aux inconvéniens cy dessus pour la 
crainte que j avois qu'il ne luy en advint et fust faict aultant que aux 
aullres, le trouvant mal acompagné comme de ce l'on se pouvoyt bien 
asseurer s'il se rencontroit en mains de telles gentz, ne le vouluz 
mander sans bonne scorte et compagnye, pour ne le mettre à l'aven- 
ture d'estre ainsi massacré de ceulx qui sont de tout temps coustumiers 
de ce faire. Par quoy les pryois ne donner aulcune occasion ne matière 
à V. M. de me trouver aultre que véritable, en ce que vousay tousjours 
asseuré de la bonne et vraye amytié qu'ilz m'ont toujours dict vous 
porter, et que par les effectz et au besoing Ton congnoist qui amy est, 
comme ilz ont toujours faict V. M. en toutes leurs occurrences qu'ilz 
ont eu besoing de vous. Dont les pryois faire deslivrer et mettre en 
liberté lesdictz gens de guerre prins et arrestez par leurs otficiers 
avecques restitution de toutes leurs armes : ce qu'ilz feirent une heure 
aprez que je fuz sorty d'avecques eulx. Qui donnera beaulcoup à 
penser audict ambassadeur dudict empereur, lequel, encores qu'il 
allast à la Seigneurie deux foyz devant moy, ne faillyt à y retourner 
incontinent que je en fuz sorty. Et pour ce, Sire, que avons esté 
advertyz encores de rechef par ledict seigneur Beltrame et dudict 
seigneur de la Motte qu'ilz ont besoing de ce nombre de gentz que je 
vous ay dict, et ne pouvant poulser avant ceulx que nous avions jà 
assemblez icy, pour les empeschementz et deffenses que dessus, avons 



1. Capi dei Dîeci, chefs des Dix, ainsi se nommaient i(^s membres de ce conseil 
souverain. 



504 AMUASSADE DE [JANVIER 1542] 

advisé mander en la Romaigne* et lieux circonvoysins, pour assembler 
gentz pour se rendre et trouver au port de Magnavacque ^ ou à celluy 
de Cézenalicque ^ qui sont les plus au droict et commodes pour tra- 
quetter gens à Maran que nulz aultres, cl ne fauldrons y envoyer le 
plus de gens que nous pourrons de ceulx que nous avions assemblez 
icy affîn de leur faire gagner l'argent qu'ilz ont receu avant la main, 
qui est deux escuz pour homme. Et afïin que V. M. soyt advertye de 
tout par le menu, m'a semblé estre le plus expédient vous debvoir 
mander celluy qui a esté sur les lieux, lequel est serviteur desdictz sei- 
gneurs Strossy. Toutesfoiz, encores qu'il vous en puysse dire bien au 
long,'ce7néantmoings ne lairray à vous advertir que l'on tient icy 
ladicte''place estre d'aussi grande importance que nulle aultre qui soit 
en ceste mer Adriaticque ^ . . Et davantaige est une bride à cez Seigneurs, 
pour^^leur faire faire le debvoir, plus grande que nulle aultre. ?se reste 
plus^sinon à vous supplyer me faire entendre vostre bonne voulenté, 
et comme j'auray à m'y gouverner; ce que je vous supplye, Sire, faire 
faire le plus tost et faire ordonner telle somme d'argent que congnois- 
trez estre besoing pour l'entretien de ladicte place si aurez vouloir de 
la tenyr, ou bien ordonner aux seigneurs Strossi de fournyr l'argent 
qu'il y fera mestier. Et cependant je feray du mieulx que je pourray 
jusques ad ce que aye entendu voz bons plaisyrs, lesquelz de tout mon 
pouvoir mettray peyne d'accomplyr. 

« Sire, encores que ceste lettre soyt bien longue, ce néantmoingz m'a 
semblé ne debvoir o])mettre à vous recorder voz humbles et affec- 
tionnez serviteurs et mesmes lesdictz Beltrame Sacha et cappitaine 
Turcquetto, et leur faire escriprepourlemoingz quelcque lettre de bonne 
espérance. Et pareillement y a ledict seigneur Augustin Abondio, 
beau-frère dudict Turcquetto, qui ordinairement s'employeàvous faire 
service en choses de bien grande importance, et me trouveroys bien 
empesché de vous donner tant de nouvelles que je faiz si n'estoyt 
avecques son ayde. Car il m'en faict la meilleure part, sans qu'il ayt 
jamais eu aulcune récompense ne rémunération de ses services, sinon 
ce peu qui n'est prezque rien pour luy ; mais si est bien pour moy 
assemblé avecques les petytz présenz que je baille aussi aux aultres 
pour les entretenyr. Dont vous plaira, Sire, luy vouloir user de vostre 
grande générosité et libéralité. Pareillement ledict seigneur Scipion 
Constance m'a pryé vous supplyer que, attendant le moyen de vous 
pouvoir faire quelcque bon service suyvant la commission qu'il vous 



1. La Romagne, région comprise enlre les duchés de Ferrarc et d'Urbin, annexée 
aux États de l'Église, en 1503, par Jules 11, qui en forma les légations de Ravenne 
et de Forli. 

2. Magnavacca, port de la Romagne, situé près de Comaccliio, sur l'Adriatique. 

3. Cesenalico, port de la Romagne, silué près de Cesena, sur l'Adriatique. 

4. Voir la lettre à M. de Termes du 31 décembre. 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 305 

a pieu kiy donner, comme dict est, de mil hommes de pied et cent 
chevaulx ligiers, que vostre bon plaisyr fust de luy donner quelcque 
moyen d'entretenyr une douzaine de gentz de bien avecques luy pour 
employer à vostre service toutes foiz et quantes qu'il en sera besoing, 
comme à dire la vérité. Sire, il a faict à ceste foiz, ainsi que avez peu 
entendre cy devant. Quant est du seigneur cappitaine Marcello, il ne 
désire aultre sinon scavoir si vostre bon plaisyr est de le recepvoir à 
vostre service; car il a esté grandement rechairché de cez Seigneurs, 
depuys qu'il est retourné du gouvernement de Candie ', et comme ay 
esté adverty, il a refTusez parliz de la Seigneurie que à l'aventure on 
ne luy vouldroyt présenter maintenant, pour l'avoir cogneu si afTec- 
tionué serviteur de V. M. qu'il est, et s'y estre démonstré par efFect 
à ceste entreprinse de faire amas de gentz sans qu'il ayt eu aulcun 
esgard ne respect à ladicte Seigneurie. Par quoy, Sire, il vous plaira 
me faire advertyr de tout ce que dessus de vostre bonne voulenté. 

« Sire, depuys avoir achevé la présente j'ay receu ung pacquet du 
seigneur cappitaine Polin pour vous faire tenyr, que vous envoyé pré- 
sentement... 

« Sire, tout à cest heure les personnaiges que avoys envoyez aux 
lieux pour faire la prouve que vous ay escriptz par ma lettre du xxiiii® 
du passé, comme pouvez veoir par le double d'icelle que vous en 
envoyé présentement, sont retournez vers moy, qui m'ont asseuré la 
chose estre plus facille que aysément on ne pourroyt croire. Dieu 
voulsist que je fusse adverty de vostre voulenté, car ilz m'asseurent 
que devant qu'il fust six jours l'on en voirroyt bien bonne issue : dont 
vous plaira me la faire sçavoir le plus tost de paour que les commo- 
ditez ne se altèrent. Il est vray. Sire, que le personnage principal, qui 
entreprend ministrer ladicte entreprinse, vouldroyt estre asseuré, 
après estre faict, de dix mil escuz; lesquelz vouldroyt que première- 
ment fussent remys et constituez en ceste ville pour luy estre deslivrez 
la chose achevée. De rechef vous supplye m'en faire faire responce le 
plus tost. 

« Sire, oultre un petyt pourtraict encloz en ce pacquet que ay peu 
recouvrer de Maran, je vous envoyé aussi une carte de tout le Friol 
que je tenoys pour entendre des lieux icy circonvoysins -. « 

Vol. 2, fo274, copie du xvi° siècle; Ij pp. i/2 in-f. 



i. L'ile de Crète ou de Candie, conquise en 1204 par les Vénitiens sur Byzance, 
fut possédée par eux jusqu'en 1669, date de l'occupation ottomane. Des gouverneurs 
ou ducs l'administraient; ce furent, de 1338 à 1.j40, Francesco Bernardo, et de 1340 
à 1542, Carlo Capello. 

2. « Escript à M. de Termes cedict jour; mais la lettre est couchée cy dessus en 
datte du dernier décembre. •■ 



506 AMBASSADE DE [JANVIER 1 ii42] 

l'ELI.lCIKK A l/.\MIHAl. ClIAMOT. A MM. D'ANNEIiAlU/r l'T Dl- LANtiEV'. 

329. — [I>?j7.st], s janvic7' 15 12. — « Monseigneur, depuys avoir 
faicl la mienne au roy du dernier du passé, enclose en ce pacquol, me 
fut dict qu'il y avoyt deux briganlins par voyage venanlz de Raguseen 
cesle ville; dont, estimant bien que ce ne seroyt sans y avoir quelques 
lettres de Levant pour S. M., me sembla debvoir supercéder madicte 
dépesche jusques ad ce qu'ilz fussent arrivez icy, attendu mesmement 
qu'il n'y avoyt chose dedans qui requist scélérité; et depuys, advenant 
aultre occasion de dépescher à mon advis de telle importance qu'elle 
méritte estre faicte entendre audict seigneur et à vous, en toute dilli- 
gence, ay dépesclié le présent porteur expressément avecques ledict 
pacquet venant de Levant, et une aultre lettre de ce jourd'huy que 
j'escriptzà Sadicte Majesté : laquelle ensemble celle dudict dernier du 
passé suys bien asseuré que voirrez. Dont ne m'estenderay à vous 
en faire aulcune répéticion, pour MM. d'Annebault et de Langey, sinon 
que suyvant le doubte que vous avoys escript en quoy j'estoys du 
pouvre Sainct-Pol, nouvelles sont venues icy toutes communes qu'il 
avoyt esté desfaict et taillé en pièces avecques toutz ceulx qui estoyent 
en sa compagnye prez de Jarre, chose qui à l'aventure a donné 
matière et hardiesse de faire haster ceulx qui avoyent vouloir faire 
l'entreprinse de Maran, la mettre à exécution... » 

Le consul espagnol, l'un des principaux fauteurs des attentats contre 
les agents du roi, a été pris dans Marano. « Dont, s'il plaira au roy, 
avant qu'il cschappe, l'on luy fera bien deviner qui aura mangé le lard -. 
L'on estime ladicte prinse de Maran faicte au nom du roy d'aussi 
grande importance que de lieu qui soyt en toute ceste mer Adriaticque, 
voire jusques en Constantinople mesmement, estant sur le poinct de 
certaine oppinion que l'on a icy que le duc d'Urbin est appoincté 
avecques le roy pour estre son estât, principallement les fortresses et 
portz de Sénégaye et Pezaro ^, correspondans audict Maran; qui est bien 
pour donner à penser et estre grandissime esperon au pape de ne se 
allienner ou descouvryr aulcunement contre le roy pour respect de la 

1. « A Mgr l'admirai, MM. d'AnnebauIl >t de Langey, dudicl YIIP janvier il, 
chascun apart soy. >■ 

2. Avoir mangé le lard, au figuré, signifie être fautif ou coupable. Cette locution 
populaire, suivant Littré, provient peut-être de l'accusation portée contre ceux 
qui auraient rompu rabstiiience, et fait gras un jour maigre. On dit également, au 
sens figuré : Nous allons voir qui mangera le lard, c'esl-à-dire qui gagnera la partie 
et aura l'enjeu. 

Une ballade célèbre de Marot, datée de 152S {OEuvres, t. Il, ]i. 2il), a sou refrain 
inspiré par le vieux dicton français : 

Prenez-le, il a mangé le lard. 

On en trouverait d'autres exemples dans Brantôme, La Fontaine, etc. 

3. Sinigaglia et Pesaro. 



[.lÂNVIEK i;i42] GUILLAUME PELLICIER ;>07 

Romaigne qui est la voysine. Et pareillement cez Seigneurs pour leur 
estât qui est là autour, et oultre pour le royaulme de Napples ; car 
dudict Maran l'on luy peult donner au cueur, ainsi que j'escriptz au 
roy plus par le menu, et que pourrez entendre s'il vous plaist par le 
présent porteur qui a esté sur le lieu. Dont, Monseigneur, aulcuns des 
meilleurs et plus affectionnez serviteurs de S. M., qui sont icy, ont esté 
d'advis qu'ont doibt faire telle rémunération à celluy qui a esté le prin- 
cipal aucteur de ladicte entreprinse, qu'il donne exemple aux aultres de 
faire service au roy à l'aventure plus agréable que cestuy-cy, luy escrip- 
vant et faisant remercyer en luy donnant tel tiltre qu'il semblera estre 
convenable audict personnage pour tel service, avecques estât et charge 
de gens de guerre, ayant respect à luy et aux siens à jamais, et pareille- 
ment à celluy qui luy a esté principal instrument et coadjuteur de ce 
faire, qui est le cappitaine Turcquet, et que S. M. entend qu'il en soyt 
patron à baguette. Et quand S. M. ne trouveroyt bon de le tenyr ne 
secrettement ne publicquement, ce néanlmoings, pour ne les despérer 
ne pareillement aultres qui auroyent voullenté de faire semblables 
services audict seigneur, si ne fault-il pour cela laisser de les rému- 
nérer, acaresser et traicter de sorte qu'ilz ayent occasion d'en estre con- 
tenlz, et en tout événement mettre ladicte place en telles mains et 
estât qu'elle fust toujours pour faire service audict seigneur et à ses 
amys. Et pense bien que quand S. M. vouldroyt récompenser large- 
ment celluy à qui la récompense en est deue, il trouveroyt serviteur 
aultant aff"ectionné qu'il est possible qui la garderoyt aussi bien au 
commandement et service de Sadicte Majesté que aultre qu'il ayt hors 
de son royaulme, estans aussi d'adviz ses bons et aff'ectionnez serviteurs 
qui sont en ceste ville n'estre que bon que S. M. envoyé icy ung 
homme avecques lettres pour conforter cez Seigneurs que tout ce que 
a esté faict n'est sinon pour leur béneffice et commodité, et que S. M. 
n'est point pour s'en alliéner sinon avecques leur commodité et advan- 
taige, et leur faire proposer, se ainsi sembloyt bon au roy, de avoir 
à leur arcenal deux gallères ad ce qu'il ne puysse d'icy en avant exposer 
en tel danger ses bons serviteurs, comme ont esté par cy devant les 
aultres, ou bien les voulloir accommoder promptement des leurs toutes 
et quantes foiz qu'il y aura besoing de passage, laquelle chose il recon- 
gnoistra à très grand plaisyr et bon office. De quoy. Monseigneur, n'ay 
failly advertyr amplement, comme j'ay faict S. M., M. de Termes, de 
paour que les Impériaulx, pour s'en pouvoir venger, essayassent d'en 
faire aultant sur quelcques terres de Piedmont, affm de se tenyr tous- 
jours de bien en mieulx sur ses gardes, encores que soys bien asseuré 
de sa bonne vigillance et sollicitude qu'il y a. Et pour luy faire tenyr 
mes lettres, m'a semblé n'avoir meilleur moyen que les adresser au 
gentilhomme à Plaisance auquel, comme vous ay escript, suyvant ce 
que m'aviez mandé avoys adressé le barcquerol Paulo de Sarmetto 



SOS AMBASSADE DE [JANVIER 1ÎJ42] 

l)our l'envoyer à Tliurin. De quoy n'en ay point encore de responce 
depuys qu'il m'escripveit l'avoir mandé avecqucs bonne giiyde, me don- 
nant espérance qu'ilz pourroyent arriver là à seureté. Vous advertissant 
que à ccste prinse de Maran s'est trouvé le consul des Espagnolz qui 
pourra bien parler du faict dez defîunctz seigneurs Cézar Frégose et 
Rincon. Au demeurant, Monseigneur, je vous supplie avoir en vostre 
singuUière recommandation et protection les bons et affectionnez ser- 
viteurs du roy qui sont par deçà, entre lesquelz y a le seigneur Augus- 
tin Abondio, ancien serviteur de la maison Frégose et beau-frère 
dudict seigneur cappitaine Turcquet, qui faict aultant de bons et loyaulx 
services audict seigneur que nul autre qui soyt icy. Et,à dire la vérité, 
n'estoyt luy je me trouveroys bien empesché de pouvoir faire le bon 
service au roy, et luy escripre si amplement que je faiz. Quant aux 
aultres cappitaines nommez en ladicte lettre du roy, je vous supplye, 
Monseigneur, m'en voulloir faire faire ung mot de responce, affin que 
je sçaiche ce que auray à leur dire... 

Addition pour M. dAnnebaull. — Je m'en adresse à vous plus 
hardiment, d'aultant qu'il est certain que estez le conservateur et pro- 
tecteur des bons serviteurs du roy, et qui s'.estend le plus à leur faire 
faire récompense, comme à dire la vérité s'est cogneu par effect puys 
naguères envers M. de Raguse. » 

Vol. 2, f'^ 276 v», C(3pie du xvi^ siècle; 2 pp. in-f'\ 

PELLICIER A M. D'ANNEBAULT. 

330. — [Venise]^ 8 janvier 154.2. — « Monseigneur, j'avoys obmys 
à vous advertyr comme tous les serviteurs du roy qui sont icy ont esté 
d'adviz que, estant M. Desclienez ' par deçà, ne se pourroyt trouver 

1. Guillaume de Dintevillc, seigneur d'Echènay, Polisy, Dommarlin, etc., bailli 
de Troyes, gouverneur de Bassigny et capitaine de Langres, mort en 1559 à l'âge 
de cinquante-quatre ans. Quatrième fils de Gaucher de Dinteville, seigneur de 
Polisy, Echènay, Vanlay, etc., et d'Anne du Plessis d'Ouchamp, il épousa, en 1546, 
Louise de nochechouart. 

Écuyer de la maison des enfants de France, il avait été chargé de deux missions 
diplomatiques à Rome et à Venise, les 20 février 153G et 21 janvier 1537 (B. N., ms. 
Clairamliault 1215, f" 74 v" et 75 v"). Impliqué en 1530 dans le procès du comte de 
MontecucuUi, accusé d'avoir empoisonné le dauphin François, Guillaume de Dinte- 
ville fut acquitté ( V. la Chronique de François I", édit. Guiffrey, p. 188). Banni de 
France dans le courant de 1537, on ne sait au juste pour quelle cause, il s'était 
retiré à Venise, oîi il se mit à la disposition de Pellicier. 

Parmi les six frères, deux autres eurent une carrière diplomatique des plus 
brillantes. 

T^'ainé, François de Dinteville (1498-1554), évêque d'Auxerre, fut ambassadeur à 
Rome du 16 juillet 1531 au 22 février 1533. M. Léon Dorez, bibliothécaire au Cabinet 
des manuscrits de la Bibliothèque nationale, prépare une publication de sa corres- 
pondance, conservée dans le fonds Dupuysous le n''2G0. Des fragments en ont paru 
dans la Revue des bibliothèques. 

Le troisième Jean de Dintevillc, sei neur de Polisv et de Thennelières, bailli de 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIiR 509 

homme mieulx à propoz, s'il plaisoyt à S. M., pour tenyr ledict Maran, 
etocultement que le luy envoyer pour conduyre genz et prendre trarde 
dudict lieu jusques ad ce que S. M. y ait pourveu aultrement, attendu 
que à présent ledict seigneur Deschenez est hors du service de S. M., 
et du royaulme. Je le trouve merveilleusement disposé de ne vouloir 
rien espargner, et mesmement sa personne et vye, pour faire service au 
roy... » 

Vol. 2, f<^ 277 v°, copie du xyi^ siècle; 1 p. 1/4 in-f°. 



PELLICIER AU CAPITAINE POLLN '. 

331. — [Venise], 1 1 janvier 1 542. — Pellicier lui donne de nouveau 
détails, déjà rapportés ailleurs, sur l'échec de l'expédition de l'empereur 
contre Alger. 

« ... Monsieur, je vous ay escript comme le pape avoyt mandé au roy 
deux de ses secretlaires l'ung après l'aultre - ; et avecques le dernier 

Troyes, fut ambassadeur en Angleterre du 1 S janvier au 10 décembre 1.j33, puis 
chargé de trois autres missions dans ce pays en 1335, 1336 et 1337. 

Le sixième, Gaucher de Dinteville, seigneur de Yanlay, se retrouvera plus loin. 

En 1338, l'évèque d'Auxerre et ses frères, MJI. d'Eciiènay et de Yanlay, englobés 
dans la même disgrâce politique, s'étaient retirés en Italie, le premier à Rome puis 
à Naples, les deux autres à Bologne et à Venise (V. Ribier, loc. cit., t. 1, p. 479 et 
suiv.). 

1. <■ Escript cedit jour à M. Farcevesque de Raguse pour faire tenyr ceste dépesche 
au seigneur cappitaine Polin en dilligence. Et dans icellc y avoit ung pacquet du 
roy et une lettre de bancque pour luy faire tenyr six mil eseuz; aussi la nouvelle 
de la prinse de Maran. » 

2. Voir à ce sujet toute une curieuse dépêche de Paget à Henri VllI, datée de 
Paris, le 7 décembre 1341, et dont nous ne citons qu'un court fragment : « I am 
advertised by a secret meane that tliis prime the French King entendeth to work 
great maisteries against th' Empereur in sundry places; for sythens his departing 
from Lyons hitherwarde, there hath bene with Him Jeronimus Dandinus [Girolamo 
Dandinï], sumtyme secretary to sir Gregory Cassalis [Gregorio Casale], and now one 
of the Bisshop of Rome secretarys, to shewe unto Him the Bisshops procedinges 
with th' Empereur, and to perswade Him to a contynuance of the truex with th' Em- 
pereur; who was returned home again with a flymme flamme, being scarsely 
herd of the French King. And now hère is cum an other from the Bisshop of 
Rome, one of his principal! secretarys, called Hardingellus [Ardin(j]iello],?,en[. hither 
not onely to persuade the King hère to th' asseured continuance of the treux wilh 
th' Empereur, but also to enduce Him to a perpétuel peace, and to meete the 
Bishop at Turin Ihis next prime ■■ {State papers of Henry VIII, vol. VIII, p. 641). 

— Girolamo Uandini. 

— Gregorio da Casale, chargé par Henry VIII de missions auprès du duc de 
Mantoue (1322), du duc de Bourbon (sept. 1324), du duc de Milan et du pape 
(février 1525), à Bruxelles (août 1323); ambassadeur d'Angleterre à Rome, de sep- 
tembre 1523 à août 1333. 

11 avait trois frères : Francesco, l'ainé, semble-t-il, était capitaine de chevau- 
légers au service de la Seigneurie en 1329, agent du roi d'Angleterre à Rome 
en 1539; Gian-Baptista, le troisième, protonotaire apostolique, agent anglais à Rome 
en 1525, représenta Henri VIII à Venise de novembre 1523 à septembre 1337. Le plus 
jeune était Paolo, qu'il fut question d'accréditer comme nonce en Angleterre, en sep- 
tembre 1529. 



510 AMBASSADE DE [JANVIER 1342] 

estoyt aussi allé un gonliliiomme du marquiz du Guast pour veoir si 
S. M. voulloyt continuel- la Ircsve ou non. El au nom de Sa Saincteté 
luy fut demandé doni Georji;io, oncle dudict empereur. AusquelzSadicte 
Majesté feist responce que quand on luy rendroyt ses prisonniers, que 
encores luy fcroit le semblable : aultrementne failloyt point penser de 
le réavoir '. Et quant à la tresve, qu'il ne pouvoyt mancquer à sa pro- 
messe, qui estoyt de n'en rien innover que l'empereur ne fut retourné 
de son entreprinse d'Algier; mais, puys aprez, S. M. feroyt ce qu'elle 
voirroyt luy estrc convenable. Et de cez Seigneurs, ont eu lettres de 
leur ambassadeur qui est à la court, escripvant aussi que S. M. faisoyt 
grand/, préparatifs de guerre de tout/, coustez, de sorte qu'il auroit, 
entre Suysses, lansquenetz. Grisous et Italliens, plus de quattre vingtz 
mil hommes, et que le duc de Clèves feroyt l'entreprinse du royaulme 
de Navarre comme chose qu'il prétend estre sienne. Escript aussi que 
le roy avoyt accordé avecques luy le roy de Dannemarq, lequel avoyt 
envoyé en France quattre ambassadeurs qui s'en sont retournez trez 
contantz et salisfaictz avecques pension pour leur maistre de xx"" 
escuz par an '-. Et pareillement l'homme du comte Guillaume qui 
estoit à la court s'en est allé aussi fort content, de sorte que je vous 
puys asseurer les affaires de S. M. se trouver en aussi bons termes, 
grâces à Nostre-Seigneur, qu'on les sçauroyt souhaicler, ainsi que 
j'estime pourrez entendre par un pacquet du roy que je vous envoyé 
présentement avecques ung aultre de Stéphano Doria à qui a été 
adressée une lettre de bancque pour vous faire tenyr six mil escuz. 
Lequel m'ayant dict ne pouvoir trouver aulcuns moyens de les vous 
adresser, pour n'avoir respondant par delà, ainsi que je pense vous 
escript bien au long, désirant grandement vous faire plaisir, et valloir 
tant en cella que en toutes aultres choses. El mesmement, considérant 
que pour les affaires du roy n'avez besoing de prolongation en matière 
d'argent, j'ay employé tous mes amys par deçà, et nommément m'en 
suys adressé aux seigneurs Strocy, pour veoir s'il y auroit ordre vous 
les faire envoyer promptemenl; mais je n'ay sceu trouver personne qui 
s'en soyl voulu charger. Et pareillement en ay parlé à messer Francesco 



1. L"archevùque de Valence, peu de temps après, fut transféré de Lyon à Château- 
Gaillard en Normandie, et de là dans la forteresse de Cherbourg, où il fut détenu 
plus étroitement que jamais (V. Staie papers, ibkl., pp. Col et 6.j4, dépêches de 
Paget des 4 et 26 janvier 154-2). ■■ It is tliought hère >■, conclut l'ambassadeur 
anglais, « that he shall be conveyed from place to place, until at last they will 
convey him ont of the waye. » 

■2. « As touching the King of Dennemark, 1 canne yet lerne no more Ihenne I wrote 
before unto Your Majesté, saving that the French King giveth the King of Denne- 
mark tenne thousande frankes a yere for a pension; and that, besydes the nombres 
that one is bounden to fynde in th' others querel, the King of Dennemark must 
also furnish the French King,at the costes of the French King, always in arredynes, 
of 5000 foLemen by lande, or of one thousande. wilh convenient ships, by see >• 
State papers of Henry Vlll, vol. VIII, p. 043 ; dépèche de Paget du 7 décembre 1541). 



[janvier 15421 GUILLAUME PELLICIER 5H 

Léon qui avoit, du temps que cez Seigneurs estoyent en question 
avecques le Grant Seigneur, commodité de servyr de telles choses 
plusieurs personnages par le moyen des Sommayes, florentins qui 
estoyent en Constantinople seulz qui eussent telle traffîcque; lesquelz 
pour y avoir à présent que la paix a esté faicte peu de gaing, s'en sont 
retirez, dont n'a plus tel train par delà. Ce néantmoingz je ne lairray 
de veoir si pourray trouver la commodité de les vous faire tenyr en 
attendant que m'ayez adverty quel ordre j'auray à y donner doresna- 
vant. Et n'ay failly d'en escripre au roy pour y donner aultre ordre, si 
par ce moyen là faire ne se peult. 

« Monsieur, à ce que je puys entendre ne fault point que vous atten- 
diez de recepvoir le pacquet du roy par M. de Sainct-Pol que S. M. 
avoir dépesché par devers vous, car le bruict est tout commun icy que 
luy et toute sa compaignye, en laquelle estoyt ung gentilhomme mon 
voysin nommé Formiguet, qui avoit voulu aller avecques luy, ont esté 
tous taillez en pièces près de Jarre. De quoy n'ay failly advertyr incon- 
tinent S. M., afin que s'il y avoyt chose de grande importance qu'il 
vous dépeschast ung aultre messaige, bien que longtemps a en avoys 
adverty, pour le double en quoy j'estoys, M. l'admyral pour y pour- 
veoir... » 

Suivent les détails contenus aux lettres précédentes sur la prise de 
Marano. Au sujet de l'interrogatoire à faire subir au consul espagnol 
fait prisonnier dans cette circonstance, Pellicier ajoute : « Comme ainsi 
fera l'on à Cézar de Naples s'il est ainsi qu'il ait esté prins comme l'on 
m'a dicl; toutesfoiz je ne vous en asseure pas, car je n'en ay rien de 
certain. 

« Monsieur, je vous dictz tout cecy affin que vous ayez matière, s'il y 
aura lieu et bon vous semble, de bien faire entendre aux Seigneurs là 
où vous estez combien le roy et ses serviteurs taschent d'empescher de 
toutz coustez ceulx qui leur font la guerre, et que ceste ville de Maran 
est ung oz baillé en la bouche du roy Ferdinando aussi dur à ronsger 
que à l'adventure la meilleure ville de Hongrye. Qui pourra eslre cause 
de luy abaisser beaulcoup ses forces de ce cousté là, car tant plus l'on 
a d'affaires en divers endroictz, tant moingz a l'on de puyssance en 
ung lieu seul, ainsi que leur sçaurez trop mieulx dire par vostre bon 
jugement et industrye que ne pourroys escripre. Dont ne vous en diray 
aultre, sinon que j'espère moyennant la grâce de Dieu que ceste ville 
là ne sera seulle, ne la dernière qui avant peu de temps ne vienne en la 
puyssance de S. M. De quoy au jour la journée vous advertiray K 

1. L'ambassadeur anglais Pagel, dans sa dépêche à Henri VllI du 2G janvier l.j42, 
apprécie curieusemenL l'afTaire <le Marano et donne les plus intéressants détails 
sur l'émotion qu'elle produisit à la cour de François l'"^ 

« It may fnrther like Your Majeslie t'understande, that in Friola, a province of 
Italye not farre from Venes [Venise], there is a haven towne called Maran, wich 



512 AMBASSADE DE [.lANVIF.R 1 ;J42] 

« Monsieur, depuys avoir acliové la présente j'ay receu voslre pacquet 
du xxviii'- nouveml)re, faisant mention de vostre arrivée à Constantinople ; 
auquel en ay trouvé ung pour le roy que le jour mesme dépesché par 
homme exprez en toute dilligence jusques à la court pour porter les 

slandelh in llie harte of Ihe province, aiul is an entre in to ail places of Italye, 
and a wave also in lo Almayne. The lowne is inipregnable, but by Ireason. In the 
haven may fiole tliree or foure hundred galcis. Wliich towne was siim tyme the 
Yenocyans, and sitliens by practise halli cum lo th' Empereurs handes, who, after 
Ile had brought il lo such a force, and streiiglh, gave il lo his brolher Kyng Ferdi- 
dinande. The French King hath a servant in the Friola, a gentleman of the best 
house in thaï counlrey, called Signor Germanico [celui sans doute que Pellicier 
nomme dans ses dépêches « Vami d' Allemague >.], who, with an olhcr capitain called 
TurcheUo, the lii^'' daye of Ihis présent (having intelligence with sum of the said 
towne), came in to the haven with certain vessels chardged with wood and colles 
above, and having undir neth thre hundred men bestowed. The next daye 
after, at 12 of the clock al none [Pellicier dit que le fait eut lieu te 2 janvier], 
by the meanes of Ihem of the lown, they entred the castle of the town, and 
kylled Ihe capitain and 18 souldars. which wer within with him, and by and by 
the towne yelded unto them; wherein they havc abalred Kyng Ferdinandes armes, 
and set up the French Kinges armes, displaying banners with white crosses, and 
hâve sent liither unto the French Kyng one, called Spagnolello, with lelters 
signifyng unto him Ihat the towne is at his commaundement. This Spagnolello 
arryved hère upon salurday at nighl, and upon' sumlay aller dyner the French 
King sent for th' Empereurs ambassadour, for th' ami^assadour of Yenes, and 
the Bisshop of Romes ambassadour, and calling Ihem ail lo gidre, said Ihat 
the had rcceyvcd lelters from Turchetto, signifying this entreprise; and Ihat Ihey 
within the lowne wer conlenled to surrendre the same unto Him, so thaï He would 
certifie them of his contenlalion Iherin before a certain daye, and that olherwise 
they woolde surrender the towne to the Grand Signor. And thenne the French 
King excused Himself, prolesling that il was done wilhout his knowledge, and 
that He was sorye therefore. Nevertheles, the cace standyng thus, He desyred 
their advise, whither Ile shuld take il or no, or els sufre them lo give il to the 
Grant Signor. Th' ambassadours of Yenes and Rome aunswered il wer bélier that 
His Highnes loke il. Th' Empereurs ambassadour aunswered that He shuld do well 
furst to hang him that brought the lelters, and thenne to do what He could to 
hang them that loke the towne, like thefes, and lo cause the same to be reslorod 
to the riglit owners. — ■■ Tout beau. M. l'ambassadeur », quod the King, «. 1 may 
<. not kill ambassadours, as your maister doth; and, as for hanging of them Ihat 
« be in the lowne, 1 shuld reguard on them well for the service they entended to 
« do me. Yet, God knoweth il, I knew not their entent. But lo the purpose, shewe 
« me your opinion in the matier, whither you Ihink il bélier that I bave il, or let 
« the Grand Signor hâve il? •> — « Sir », quod the ambassadour, before I make 
" you aunswer to this question, I beseche Your Highnes lo gyve me leave to send 
« to knowe my maisters pleasure. >■ — •■ Nay ■■, quod the Kyng, « I cannot tary 
« so long, for if I aunswer them not before the daye, they will délivre il to the 
« Grant Signor ». At the last, th' ambassadour obleyned of Him to sende unto the 
Régent of Flaunders, so that aunswer wer made wilhim six dayes. Howbeit the 
French Kyng hath sent al redy unto them at Maran an aunswer of his mynde; 
wherunto ail his Pryvey counsail is not pryvey. They that know the lowne thinke 
that il is a matier of gret importaunce unto ail Christendom, and the Yenecyans 
be much afrayde, for il is very nere unto Yenes, who hath bene a long tyme in 
practise (as th' ambassadour of Yenes sayth) to hâve redeemed il inlo their handes. 
« Th' Empereurs ambassadeur, th' ambassadours of Amenés, of Ferrare, of Manlua, 
of Gènes, of Rome, and ail that be hère of Ilaly, semé men almoost redy to wepe, 
and Ihink Ilaly alredy half deslroyed, consydering the gret power Ihe Turque now 
preparelh, and the frendeship he fvndelh hère in Christendom » {State papers of 
Henry VIII, vol. YIII, p. 6o5). 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 513 

nouvelles de la prinse de Maran; et vint bien à propoz de l'envoyer 
tout par ung moyen. » 

Vol. 2, f" 277, copie du xvi= siècle; 2 pp. 3/4 in-fo. 

PELLICIER AU ROI '. 

332. — [Venise '\, 1 2 janvier 154.2. ■ — « Sire, ayant trouvé la com- 
modité de faire tenyr seurement le présent pacquet à M. de Boys- 
Rigault, et suyvant vostre commandement, m'a semblé vous debvoir 
envoyer le double de ma dernière dépesche affin que si elle se perdoyt 
par une voye, la puyssiez recepvoir par aultre, et vous advertyr de ce 
peu qu'ay aprins depuys. Et mesmement touchant ce qu'ay escript à 
V. M. du bruyct qui estoyt icy de l'appoinctement de M. le duc d'Urbin 
avecques icelle; c'est que son ambassadeur ordinaire en ceste ville, 
qui estoit allé vers luy, est retourné icy. Lequel, le landemain qu'il y 
fut arrivé, ne faillit aller vers ceste Seigneurie à laquelle, et pareille- 
ment à plusieurs aultres gentilzhommcs privez, remonstra que de tout 
le bruyct que avoy testé que son maistre estoyt accordé avecques V. M., 
n'estoyt rien, et que sondict maistre n'estoit point pour tirer l'espée 
que au service de cestedicte Seigneurie. Et quand il vouldroyt ce 
faire, ne seroyt sans bonne licence et congé de cez Seigneurs, voire que 
eulx-mesmes en feissent porter la parolle et l'appoinctement avecques 
V. M., et jfîusieurs aultres propoz pour les dissuader de croire telle 
chose. J'ay aussi esté adverty, Sire, que l'ambassadeur de l'empereur 
qui est icy a esté plusieurs foiz devers luy; lequel, ainsi que ay peu 
sçavoir, partye par promesses et exhortations, et partye par menasses 
et remonstrances, luy a voulu dissuader dudict appoinctement, luy 
mettant devant plusieurs choses, et entre aultres que incontinent que 
ledict seigneur duc seroyt appoincté avecques V. M., le pape seroyt 
pour absorber tout son estât, et que nul ne l'en pourroyt garantyr, 
tant moings Vostredicte Majesté, pour estre si loing. Choses que à 
l'adventure ne luy ont esté trop difficiles à persuader, d'aultant qu'il 
est, ainsi qu'on tient icy, aulcunement contraire à tel appoinctement, 
pour se trouver bien et aymer en la charge où il est de présent, pour 
estre en ceste ville comme en sa maison avecques sa femme qu'il a 
nouvellement prinse, et avoir d'entretien mil cinq cens escuz par an de 
son maistre; ayant tousjours suyte de environ vingt-cinq ou trente 
bons souldartz, la pluspart cappitaines soubz ledict seigneur duc. Pour 

1. « Envoyé l'original avec les coppyes des dépesches faictes à la court des dernier 
de décembre et VHP du présent par ung gentilhomme du duc d'Urbin, par la voye 
de Suisse, nommé messirc Jehan Francesco Guignier, comme appert par la lettre 
envoyée au roy du XX° mars 41 faisant mention de son retour de la court. 

« Escript aussi à M. de Boys-Rigault auquel fut adressé le pacquet pour le faire 
tenyr au roy; le porteur duquel a esté ung gentilhomme du duc d'Urljin. » 

Venise. — 1540-1542. 33 



514 AMBASSADE DE [JANVIER 1542] 

lesquelles choses et aussi pour sa faconde et bons discours est tenu en 
grande réputation en ceste ville; dont il craindroit n'estre si bien 
entretenu ne veu auprez de cez Seigneurs, n'estant plus son maistre à 
leur service, ne avoir tel entretien de luy, à tout le moingz tant de 
respect. Or, Sire, comme je puys entendre de bien bon lieu, tout le 
plus grand différend et difficulté qui pourroyt eslre en cest affaire 
seroit seullement de l'asseurance touchant la protection de Testât 
dudict seigneur duc, qui ne se pourroit faire par meilleur moyen que 
de luy faire tenyr une grosse somme de deniers avecques ung tréso- 
rier auprez de luy, d'aultant qu'il ne veoit que là, et quand il seroit 
assailly de plus puyssant que luy en ses terres, se peult prompte- 
ment valloir au besoing de vostredict secours pour eslre si loing des 
vostres. Et entendez qu'il vouldroyt que ladicte somme montast bien 
jusques à cent mil escuz. Quant audict ambassadeur, semble bien à 
aulcuns voz bons serviteurs qui sont icy que l'on y pourroit remédier 
en le faisant continuer sadicle charge, non seullement qu'il a à pré- 
sent pour son maistre, mais encores, si bon vous sembloyt, lui bailler 
icy la vostre, advenant le temps et lieu, ainsi que aultrefoiz ont eu 
d'aultres Italliens. Vous asseurant bien, Sire, que c'est la personne 
que là où il veult est aussi suffisant pour faire grandz services, et mes- 
mement en ce lieu icy que nul aultre que l'on sçaiche par deçà, non 
seullement es cli>oses de négotier, mais de guerre et toutes choses 
appartenantes aux affaires d'estat. Vous advertissant au surplus, Sire, 
que suys adverty de bien bon lieu que cez Seigneurs ne seroyent 
point marriz que ledict seigneur duc fut accordé avecques vous, non 
qu'ils ne l'ayent bien à gré en leur service, mais congnoissant les 
grandz commoditez que vous pourroyent venyr par ce moyen, et par 
là V. M. estre plus grand en Itallye, et ainsi veoir ung meilleur contre- 
poix à l'empereur. 

« Sire, l'ambassadeur dudict seigneur duc me vint hier veoir qui me 
tint plusieurs propoz lesquelz seroyent longs à racompter. Dont, pour 
éviter prolixité, vous diray tant seullement que entre aultres choses 
monstroyt estre fort marry qae tel bruyct fust ainsi semé par tout ce 
pays icy, attendu mesmement que cela pourroyt tourner beaulcoup 
plus en désadventaige du vouUoir que son maistre a de vous faire ser- 
vice que aultrement, et que avant que les choses fussent en estât de 
s'y pouvoir employer, son maistre en pourroyt recev^oir grand perte et 
dommage. Et mesmement en ses duchez d'Urbin et Sora ', lesquelles 
avant qu'il peult avoir secours de vous pourroyt mettre en' danger d'en 
estre despouillé ; qui seroyt occasion de le garder vous pouvoir faire 
tel service qu'il désire, chose que luy feroyt bien mal, que sans vous en 
avoir encores faict qu'il luy entrevinst tel dommage, estant bien asseuré 

i. Sora, à 145 kilom. de Naples, sur la rive droite du Liris. 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 515 

qu'il en déplayroit grandement à V. M., m'asseurant que quand ledict 
seigneur duc auroyt perdu tout son estât en vous faisant service, qu'il 
n'y auroyt point tel regret. Me disant davantaige que son maistre ne 
vouldroyt recepvoir ung tel scorne * de cez Seigneurs qu'ilz le cassas- 
sent; avec lesquelz est encores lyé jusques au moys de mars, bien que 
aulcuns veullent prétendre qu'il soyt obligé jusques^ au moys d'octobre 
prochain venant. Or pour conclure, Sire, semble à l'oyr parler que en 
asseurant sondict maistre, comme dessus est dict, de bien bonne 
somme d'argent, qu'il sera pour y attendre et n'a besoing de meilleurs 
moyens; car son pays est fourny d'aussi bonnes gens de guerre que 
nul aultre d'Ytallye, et si a d'aultres choses pour se tenyr quand il seroyt 
assailly. A quoy V. M. sçaura trop mieulx remédyer que ne sçauroys 
penser. Par quoy ne vous en diray aultre sinon qu'il vous envoyé ung 
sien gentilhomme à qui semble se fyer grandement, et à l'adventure 
pourra arriver aussitôt à V. M. que le présent pacquet. Ledict gentil- 
homme avant son partement m'est venu trouver, lequel m'a pareille- 
ment dict la peyne en quoy estoyt son maistre de tel bruyct, ainsi que 
plus au long V. M. entendra de luy pour en avoir charge. 

« Sire, quant à l'afTaire de Maran, il est venu ung courrier qui a dict 
que, passant par Magne Vacque, veyd environ quatre-vingts souldartz 
qui s'embarcquoyent avecques beau et bon temps pour se allep mettre 
dedans, mandez par ceulx que avions dépeschez sur la Romagne pour 
la secouryr, d'aultant qu'il estoyt bruyct qu'on le voulloyt aller assiéger. 
De quoy l'ambassadeur dudict empereur a escript au seigneur duc de 
Ferrare, se complaignant que en ses terres s'estoyent levez lesdictes 
gens et donnez aultres commoditez pour secouryr audict Maran, chose 
qui tournoyt directement contre son maistre. J'espère toutesfoiz qu'on 
le gardera pour le moings jusques ad ce que aye eu aultre commande- 
ment de V. M. Bien est vray qu'il ne se pourra faire sans quelcque 
moyenne despense; mais, comme un chascun dict, le jeu vault bien la 
chandelle, et de faict le comte Jehan.... ^ a escript en ceste ville à ung 
sien parent fort affectionné à vostre service que incontinant que le 
marquis du Guast entendyt ceste nouvelle, qu'il en demeura aultant 
effrayé et estonné que de chose qu'il entendist de longtemps; estimant 
le lieu de bien fort grande importance pour l'amour du port, et, comme 
aulcuns veullent dire, il pourroyt bien craindre que par cest endroict 
là l'on ne vinst à gaster soji guast, car, ainsi qu'on dict, y a bon moyen 
de ce faire. Je supplye V. M. me faire advertyr le plus tost comme je 
auray à m'y gouverner, et mander provision tant de personnes comme 
d'argent et aultres choses nécessaires, afïin que V. M. s'en puysse 
mieulx reposer... » 
Vol. 2, f" 279, copie du xvi'' siècle; 2 pp. 1/2 in-f°. 

1. Affronl. 

2. Le nom est demeuré en blanc dans le manuscrit. 



516 AMBASSADE DE [JANVIER 1542] 

PELLICIEU A M. DE RODEZ. 

333. — [Venise], i 9 janvier 1542. — Pcllicier remercie Tévêque de 
SCS lettres du 7 janvier, ainsi que de la copie de celles qu'il luy a 
envoyées d'Angleterre. Il lui rend un compte sommaire des événements 
de Marano '. 

Vol. 2, r^ 280 v°, copie du xvi° siècle; 1/2 p. iu-f". 

l'EI.LICIER AU COMTE DE LA MIRANDOLE. 

334. — [Venise], 1 9 janvier 15i2. — « Excellentissimo et Illus- 
trissime Signor mio, per la lettera di V. Excellentissima etlUustrissima 
Signoria, et per lo signor Hippolito exhibitor ho inteso apieno il buo- 
nissimo suo discorso, dal quale e stata indutta a non mandar alcuno 
agiuto aile cose di Marano, lemendo non fosse rotta la tregha se cio 
facesse, et oltre di cio non havendo Mons^ di Scienez [d'Échènay] 
alcuna mia lettera che afar quello la richiedesse. Hora ho voluto indi- 
rissar il présente apportator a V. Exc""^ et 111. ">» S. et priegarla a 
dargli ogni favore et agiuto cheile demandera, et che le farà di bisogno 
per lo caso che da lui intendera, cosa che per esser in tanto et tal ser- 
vitio di S. M'a, non mi affatichero punto in persuadergliele perche essa 
et dal présente, et per se stessa conoscera molto bene di quanto 
momento et alla buona gratia di V. Ex"'^ et III"» S. mi raecomando, etc. » 

Vol. 2, f° 293 , copie du xvF siècle; 1/4 p. in-f^ 

l'ELLlCIER AU ROI ^. 

335. — [Venise], 2i janvier 1542. — « Sire, V. M. aura peu veoir 
par la mienne dernière du douzième jour de ce moys, de laquelle vous 
envoyé le double à l'accoustumée, comme environ iiiil^ souldars, que 
avions envoyé faire à la Romagne pour aller secourir Marran, estoyent 
embarcquez à Maynevacque. Depuys j'ay esté adverty par les capi- 
taines qui les conduysent qu'ilz avoyent esté surprins du mauA^ais temps 

1. « Ledict jour fut escripl au seigneur comte de la Myrandola. » 

2. « Par le cappitaine Cornelio, gentilhomme de la maison du seigneur Piétro 
Strocy. » — Cornelio Bentivoglio, bolonais, un des colonels ou chefs de bandes de 
l'armée de Pietro Strozzi. Il fut employé longuement par la France dans les 
affaires d'Italie. Une lettre de Bernardo Giusti délia Colle, secrétaire de Luigi 
Capponi, ambassadeur du duc Cosme de Médicis en France, adressée à Cristiano 
Pagni, agent du duc auprès du marquis del Vasto, à Milan, et datée davril 1.551, 
dit que ce personnage « è l'anima di Piero Strozzi » (Desjardins, loc. cit.. t. III, 
p. 263). Brantôme, qui en parle à diverses reprises, notamment à propos de son 
honorable et même glorieuse capitulation à Sienne, le 21 avril lo.ïo, le qualifie de 
« brave, bon et fidèle capitaine ». (Édit. Lalanne, t. I, p. 298.) Bentivoglio devint 
lieutenant-général pour le roi en Italie, chevalier de l'ordre de Saint-Michel (1560), 
et généralissime des troupes d'Alfonso II, duc de Ferrare. 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 517 

qui leur a esté tant contraire et pertinax * qu'ilz ont esté contrainctz 
demeurer jusques à présent sur le port dedans les baroques où ils 
estoyent sans descendre en terre de peur que lesdictz soudars, qui 
vouluntiers sont subjectz de la pinte, ne feissent quelque désordre sur 
le pais; m'asseurant que incontinant que icelluy temps sera changé 
et faict bon pour eulx, qu'en tireront droict audict Marran. Dont j'ay 
eu lettres du seigneur Beltrame Sacha, principal et premier aucteur de 
ladicte entreprinse, me faisant entendre comme, suyvant aulcuns 
advertissements que luy avoys donnez de quelques menées qui se fai- 
soyent contre luy pour reprendre ladicte ville avecques intelligence 
que avoyent les gens du roy Ferdinando à aulcuns de là dedans, que 
avoyt descouvert le tout, et qu'elle se faisoyt par ung frater de Sainct 
Domenique qui luy demanda congé d'aller dire messe en une esglise 
là auprès, ce qu'il luy permist, l'admonestant très bien de ne s'empes- 
cher plus avant que de servir Dieu. Mais au lieu d'y aller, fut à Gra- 
disque ^ faire entendre au capitaine ^ de la façon et manière de recou- 
vrer ledict Marran, l'advertissant qu'il y avoyt dedans ung nommé 
Francesco Ruyne *, qui fut autreffoys admirai de monseigneur le duc 
de Ferrare et depuys quelque temps aprez du roy Ferdinando, et lequel 
avoyt moyen de faire entrer dedans, par la part de l'arcenal que estoyt 
encores incogneue audict seigneur Beltrame, tant de gens qu'ilz pour- 
royent estre les plus forts. Et ainsi luy fut escript que lundy au matin 
ledict capitaine de Gradisque se trouveroyt là avecques sesdictz gens, 
et que n'y eust poinct de faulte qu'ilz trouvassent ladicte porte ouverte. 
Et envoyèrent la lettre de ceste teneure par ung savatier, lequel trouva 
à la porte ledict seigneur Beltrame, qui l'interrogea de là où il venoyt 
et de plusieurs autres choses; sur quoy le trouvant fort variable, se 
doubla de quelque trahison et le fit mener en prison où fut examiné 
encores plus par le menu, de sorte que par menaces confessa le tout, 
et monstra lesdictes lettres. Qui fut le dimanche au soyr; par quoy 
incontinant ledict seigneur Beltrame feist saisir et mettre en prison 
ledict Rouyne et ledict frater qui estoyt retourné ledict jour de son 
entreprinse qui se debvoyt accomplyr le lendemain au matin. Mais la 
nuit furent tous troys exécutez et penduz, chose qui mist les ennemis 
en si grande peine et effroy quand, en lieu de venir deslibérez d'entrer 
dedans, veirent ceulx de qui ilz en espéroyent le moyen estre ainsi 
guerdonnez, quilz se retirèrent. Et davantage à l'avanture beaucoup 
d'aultres de la ville qui eussent peu avoyr semblable voulloyr s"en 
pourront bien estre retirez, prenant exemple aux dessusdictz. De sorte 
que, voyans les ennemis frustrez de leur intention, et perdue l'espé- 

1. Si o!)stinéinenl contraire. 

2. Gradiska, place d'illyrie, à 9 kilom. de Gorilz, sur la rive droite de l'Isonzo. 

3. Le gouverneur autrichien de Gradiska, Nicolas de la Tour. 

4. Francesco Ruini? 



518 AMBASSADE DE [JANVIER 1542] 

rance de le pouvoyr recouvrer par finesses et surprinses, y sontvenuz 
avecques mains fortes pour essayer de le prendre par force s'ilz 
eussent peu, ayant amené devant environ deux cens chevaulx et quatre 
ou cinq cens hommes, lesquelz ceulx de dedans ne craignent pas 
beaucoup. Et, pour ne rien obmettrc de ce qui est entrevenu, vous 
diray-je comme, peu de jours après tout ce que dessus, ledict seigneur 
Beltrame, estant allé conduyre la femme de Hermand Gevannerd (?) 
qui estoyt capitaine de Marran, avecques une sienne fille jusques hors 
de la porle, pour se retirer avecques ses parens, pour double qu'il 
avoyt que les souldars ne luy feissent desplaisir, incontinanl qu'il fut 
hors la ville, l'on feist serrer ladicte porte. Quoy voyant, commença à 
entrer en grand efroy, pensant que les ennemis fussent entrés dedans, 
et se voullut révolter vers ladicte porte où entendyt que l'on cryoyt : 
« Turquetto! Turquetto! » qui est le nom du capitaine des souldars 
qu'il avoyt prins avecques luy quand il print ladicte ville. Et lors feit 
response que Turquetto et luy estoyt une mesme chose, et que tous 
deux estoyent serviteurs de V. M. Ce ncantmoins, sans aulcune discré- 
tion, délaschèrent l'artillerye contre luy, de sorte qu'il fut en très 
grand dangier; et fut presque une chose miraculeuse de se pouvoir 
sauver, car, ainsi qu'il m'a dict, une grosse pièce d'artillerye luy 
emporta le bonnet de dessus la teste. Dont, se voyant ainsi traicté, il 
advisa luy estre le plus seur de se retirer, et se mist en chemin pour 
venir ici où il est arrivé. Quoy entendant cez Seigneurs, j'ay esté adverty 
qu'ilz en sont demeurez bien fâchez, n'ayant plus telle espérance qu'ilz 
se persuadoyent dudict seigneur Beltrame, pour estre leur subject, 
d'avoyr ladicte place entre leurs mains, de sorte que s'ilz le tenoyent, 
y a danger que sa personne n'en eust à souffrir, bien qu'il m'ayt 
asseuré que jamais ne luy feut advenu de faire telle chose sans vostre 
commandement. 

« Sire, par ce que suys adverty journellement dudict Turquetto, les 
ennemis font très grande instance de recouvrer ladicte place, luy fai- 
sant plusieurs offres, ainsi que pourrez veoyr par la coppie des lettres 
patentes et missives que je vous en envoyé, qui luy ont esté escriptes 
par les ministres du roy Ferdinando, et la responce qu'il leur a faicte. 
Ce néantmoings il est bien délibéré de la garder et tenyr contre tous à 
vostre dévotion jusques ad ce que ayons entendu vostre bonne volunté. 
Et de mon cousté, je ne fauldray aussi le secourir de ce qu'il luy fera 
besoing, comme j'ay faict jusques à maintenant, et le faire maintenir 
en ceste bonne volunté par M. Augustin Abondy, son beau-frère, duquel 
et de ses très bons et nécessaires services qu'il nous faict journelle- 
ment je vous ay escript par cy devant. Qui est tout le progrès et succès 
de ce qui est entrevenu audict Marran jusques à ce jourd'huy; je ne 
fauldray continuer d'advertyr V. M. de ce que surviendra au jour la 
journée à l'advenir. 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 519 

« Sire, ces Seigneurs ont eu lettres de leur ambassadeur qui est à 
Constantinople, leur faisant entendre l'arrivée du Grand Seigneur là, 
et que Barberousse s'en alloyt le trouver avec vingt gallères seulement, 
ayant laissé quatre-vingtz voilles à Napoly de Romanye. Et discourant 
ledict ambassadeur si ledict Grand Seigneur seroyt pour faire guerre 
ou non ceste année, leur escript que selon son advis et oppinion n'es- 
toyt pour en faire aucune, ains se repouseroit, tenant seullement 
dehors vingt ou vingt-cincq gallères pour la conservacion de ses terres ; 
laquelle chose ces Seigneurs n'estiment pas pour estre, attendu le 
grand nombre de voilles qu'il a jà réduictes ensemble. J'estime que ne 
pouvons plus guère tarder sans avoyr lettres du seigneur cappitaine 
Pollyn, et ne fust que pour vous advertir seullement de l'arrivée du- 
dict Grand Seigneur envers lequel, comme escript ledict ambassadeur 
de ces Seigneurs, avoyt quelque praticque, tendant à ce que ces Sei- 
gneurs se feissent amis de l'amy et ennemis de J'ennemy, à quoy Ton 
entendoyt voluntiers. Et jà ay esté adverty que cesdictz Seigneurs 
avoyent entendu pour certain que ledict Grand Seigneur luy avoit 
donné la foy de les en faire rechaircher; mais de cela, Sire, je ne vous 
en asseure pas, me remettant à la vérité que l'on pourra entendre par 
les premières lettres dudict seigneur capitaine Polyn. 

« Sire, le serviteur Fidel escript à ces Seigneurs la rétemption du 
Visterni et autres* que V. M. pourra avoir entendu plus toust que de 
ce cousté; dont ne m'estendray à vous les nommer aultrement, mais 
bien à vous dire les raisons pourquoy ledict Fidel escript avoyr esté 
retenuz : c'est pour aultant qu'ilz avoyent eu aultrefoys charge de 
manyement d'argent de leur père duquel, ainsi que on leur impose 
maintenant, n'ont rendu bon compte; toutesfoys que l'on estimoyt 
avoyr plustoust esté pour avoyr la lettre que pour aultre chose. D'aul- 
tant qu'ilz ont bruyct d'en avoyr bien bonne et grosse somme, et que 
sur le pauvre popullaçon l'on avoyt faict telles tailles qu'il estoyt 
quasi en despération, de sorte qu'il se mettroyt à présent entre les 
mains de quelconque personne que ce fust qui les voulsit recepvoyr, 
et maintenyr en la bonne protection. Escripvant aussi que le marquis 
du Guast estoyt allé à Gênes pour parlementer avecques Grandvel et 
André Doria sur les choses de la guerre, se tenans asseurez de l'avoir 
en Italye; mais l'ambassadeur de cez Seigneurs près de V. M. leur 
escript son advis estre du contraire, et que n'estiez pour y en faire 
aucune ceste année. Bien estime qu'elle se pourra faire vers le royaulme 



1. Lodovico Vistarino, des Vistarini de Lodi, qui y exercèrent les charges de 
podestat et de comte d'Empire aux xiii" et xiv'' siècles. Capitaine au service de 
Charles-Quint, il joua un rôle assez important dans les guerres d'Italie (V. Desjar- 
dins, loc. cit., t. III, pp. 88, 91, 102 et 120). Il est également cité dans les Mémoires 
des Du Bellay, à la date de 1520 (V. édit. Pelitot, dans la Collection des Mémoires 
relatifs à l'Histoire de France; Paris, 1821, in-8% t. XVIII, p. 20). 



520 AMBASSADE DE [JANVIER lo42] 

de Navarre, et que le roy d'Angleterre estoyt accordé avecques V. M. 
Qui est tout ce que luy puys dire pour ceste heure sinon que hyer ung 
de ces Seigneurs, de la maison Venier', fcist une harcngue en pregay, 
disant que la Seigneurie ne se debvoyt empescher des choses de l'em- 
pereur, et mesmement sur Taffaire de Marran; lequel eut en sa faveur 
plus de cent quarcntc ballotes, et du contraire n'en eut que xx ou xxii. » 

Vol. 2, f*^ 280 V, copie du xvr siècle; 4 pp. in-f°. 

PELLICIER A M. D'ANNEBAULT 2. 

336. — [Venise], 24 janvier 1542. — Pellicier lui recommande 
Hippolyte de Gonzague, qui s'est employé au service du roi dans les 
affaires de la Mirandole, et après la prise de Marano. 

Vol. 2, P 282 v°, copie du xvi*' siècle; 3/4 p. in-f'^. 

PELLICIER AU CARDINAL DE BOULOGNE ". 

337. — Venise, 26 janvier '1542. — c Monseigneur, je receuz 
encores, le xx'= de ce moys, vostre lettre dii premier, laquelle me rend 
tousjours de plus en plus obligé à vous, congnoyssant par les effectz le 
désir et affection que avez de votre bénigne grâce me faire plaisir en 
toutes choses tant pour moy que pour mes amys, comme dernièrement 
avez faict en l'affaire du religieulx duquel vous avoys pryé et escript, 
de quoy bien humblement et de tout mon cueur vous remercye. Dont, 
puys que je cognoys vostre volonté si bonne envers moy, que non 
seullement désirez en mes affaires particulières vous employer, mais 
encores envers ceulx en la faveur desquelz je vous escriptz, tant plus 
hardiment je vous supplieray m'y vouUoyr aider à présent en l'expédi- 
tion des bulles de l'abbaye de Challys * qu'il a pieu au roy me donner; 
laquelle pour les causes et raisons que je vous dictz en ceste ville ay 
supercédée jusques à présent, et mesmement pour m'estre informé 
des qualitez d'icelle abbaye. Par quoy. Monseigneur, acceptant l'offre 
que de vostre grâce vous pleust me faire de m'adresser à vous, j'en ay 
prié le présent porteur M. de Puylobier; lequel, pour la bonne amitié 
que avons ensemble, s'est offert me faire ce plaisir d'aller expressé- 

1. Sans doute Gian-Anlonio Vcniero, qui avait été ambassadeur en France de 
1530 à 1533, et y l'ut envoyé de nouveau par la suite; ou peut-être encore Marco- 
Antonio Veniero, membre du conseil des Dix. 

2. La suscription porte : « A M. l'admirai d'Annel)auU. •■ En elTot, Claude 
d'Annebault avait re(;u du roi, du vivant même de Chabot et à la suite du 
procès de celui-ci, la charge d'amiral de France; mais il ne consentit à la prendre 
qu'après la mort de M. de Brion (V. Brantôme, édit. Lalanne, t. III, p. 209). 

3. " Par M. de Puylobier. » — M. de Puylobier, attaché à l'ambassade de France 
à Venise. On l'a rencontré plus haut. 

4. Les Echarlis. 



[janvier 1542] GUILLAUME PELLICIER 521 

ment à Romme pour soliciter ladicte expédition. Dont je vous supplye 
estre moyen de la faire dépescher le mieulx et le plus pvomplement 
que faire se pourra; car je vous asseure, Monseigneur, que oultre le 
bien et advantage que je en recepveray, en ce faisant encores me sera 
ce ung grand plaisir et aide pour les affaires et service du roy, d'aul- 
tant que je y employé en beaucoup de choses ledict porteur pour sa 
fidélité, bonne prudence et dextérité. Et pour ce qu'il vous dira toutes 
nouvelles et occurrences de deçà, qui sont bien petites pour ceste heure, 
ne m'estendray pour ne vous attédier à vous en faire longue lettre. 
Tant seullement vous diray que je n'ay failly de faire solliciter que 
vostre vaisselle de verre fust faicte, et jà la matière estoyt toute preste 
et fondue dans la fornaise; mais quand ce a esté sur le poinct d'en 
ouvrer elle s'est rompue, et toute espandue par les cendres : qui a esté 
perte aux maistres de plus de deux cens escutz, comme ils disent*. 
Toutesfoys pour cela ne laisseray d'en faire faire de Tautre; je ne faul- 
dray de mon cousté à les en faire solliciter, et incontinant qu'il en 
aura quelque chose d'acomply, je vous en advertiray, désirant grande- 
ment, tant en cela que en toutes autres choses, vous faire service... 
« De Venize. » 
Vol. 2, f'^ 283, copie du xvi° siècle; 1 p. in-f». 

PELLICIER A M. DE RODEZ 2. 

338. — Venise, 27 janvier i 542. — « Monsieur, advenant la vacqua- 
tion de l'abbaye de Ghaliz, il pleut au roy me la réserver et destiner 
de son propre mouvement, ainsi que despuys a déclaré et démonstré 
son voulloyr par effect, m'en ayant faict dépescher et envoyer son 
placet, comme en mon advis auriez bien entendu. Mais, pour les 
grandes occupations que ay tousjours eues despuys et ay encores de 
présent, et aussi la longue distance qu'il y a de ma maison jusques à 
ladicte abbaye où j'avoys escript à aucuns de mes gens se transporter 
pour se informer amplement de tout par le menu, et m'en advertyr, et 
envoyer instrumens pour entendre mieulx la qualité d'icelle, avecques 
l'expédition qui en fut faicte à feu M. de Lymoges, que Dieu absolve, 

1. On connait la renommée ancienne des fameuses verreries de Murano, berceau 
de l'art vénitien, petite île charmante, couverte de villas et de jardins célébrés 
par les chroniqueurs et les poètes. 

L'art du verre y florissait dès le xi" siècle; il s'y localisa complètement à partir 
de l'an 1292, où par décret du Grand Conseil, pour éviter les chances d'incendies, 
fabriques et fours furent transportés du Rialto dans l'ile de Murano. Cette industrie 
y était déjà très prospère : on y produisait cristaux, glaces, miroirs, perles et ver- 
roteries; on contrefaisait, en outre, les vases d'agate, chalcédoine, émeraudes et 
autres pierres précieuses. 

Au xvi° siècle, Murano ne comptait pas moins de trente mille habitants (Y. 
Molmenti, îm vie privée à Venise, pp. 199, 221 et 2iO). 

2. « Par M. de Puvlobier. » 



322 AMBASSADE DE [jANVIEU 1542] 

sMlz lapouvoyent recouvrer, me suys tousjours réservé jusques à pré- 
sent de vous en escripre, attendant que j'eusse moyen de pouvoyr 
envoyer à Romme pour en faire faire expédition tout en ung coup. 
Pour quoy faire se en va présentement et expressément M. de Puylo- 
bier, porteur de cestes, qui pour la bonne et ancienne amitié que nous 
avons ensemble en a bien vouUu prendre la charge, vous priant 
doncques, Monsieur, m'y voulloyr aider de vostre faveur et crédict 
tout ainsi que estes acoustumé faire aux choses qui vous sont recom- 
mandées du roy, et que de vous mesmes très voluntiers vous employez 
à faire plaisir à voz amis, de sorte qu'il puysse estre expédié le mieulx 
et plus promptement que faire se pourra. Car je vous asseure que je 
n'ay pas moings affaire de luy icy, pour les affaires de S. M., que j'ay 
de l'expédition de ladicle abbaye, et à l'adventure plus, d'aultant que 
sans icelle j'espère ne perdre rien pour attendre, puysquc ainsy est le 
bon plaisyr et voulloyr du roy. Dont tant plus toust que sera expédié, 
que j'espère estre par vostre moyen, tant plus grande obligation vous 
en auray... 

« De Venize. » 
Vol. 2, f" 283 v», copie du xvi« siècle; 3/4 p. iii-fo. 

PELLICIER A LA DUCHESSE DE FERRARE 1. 

339. — [Fenise], 30 janvier 1542. — « Madame, par M. Sinapius 
j'ay entendu qu'il vous a pieu me mander touchant l'affaire de messer 
Marco de Gradis, à quoy je ne faudray m'employer en tout ce que je 
pourray. Et pour l'ancienne amitié qui est entre luy, ledict Sinapius et 
moy, m'a communicqué de ses affaires, et mesmement comme il estoyt 
rechairché de messeigneurs les ducz de Bavières d'aller à leur service, 
ce que luy aviez jà accordé. Sur quoy, Madame, luy ay remonstré qu'il 
ne pourroyt estre avec prince ne princesse de ce monde où il peust 
acquérir plus d'honneur ne advantaige qu'il pourra faire par vostre 
moyen, le confortant et exortant très bien de ne voulloyr ainsi 
laisser vostre service : à quoy faire l'ay trouvé plain de bonne volunté. 
Il est bien vray, Madame, qu'il seroyt bien requis d'avoyr quelqu'ung 
avecques luy pour monstrer et enseigner à Mesdames ', affin qu'il eust 

1. « Par M. Sinapius. » — Jean Sinapius (de son vrai nom il s'appelait probable- 
ment Senft, et latinisa ce nom suivant la coutume du temps), né en loO.j, à 
Schweinfurt en Bavière, mort en 1561, avait étudié à Tubingen et était professeur 
de grec à l'université de Heidelberg quand il fut envoyé par Erasme à celle de 
Ferrare où il se fixa. Docteur en médecine, il fut bientôt attaché h la maison de 
Renée de France. Sinapius avait ouvert son cours le 18 octobre l[)3o, fête de saint 
Luc, jour de l'ouverture de l'université de Ferrare (V. Herminjard, Çoi'respondcmce 
des réformés, t. IV, p. 204, et t. VI, p. 3, ainsi que Bartolommeo Fontana, Ilénata 
di Francia, p. xii). 

•2. Renée avait cinq enfants : Anna, née le 16 novembre lo31 ; Alfonso, né le 



[janvier 1o42] GUILLAUME PELLICIER 323 

meilleure commodité de pouvoyr A-acquer à l'estude de médicine qui 
est sa vraye profession, en laquelle vous pourra faire beaucoup plus 
de services. Toutesfoys, Madame, se vostre bon plaisir estoyt qu'il 
continuast de leur enseigner, sembleroyt raisonnable, pour se pouvoyr 
mieulx et plus honnestement entretenir à vostre service, que son estât 
luy feust creu de quelque peu d'advantaige, estimant que croyssant sa 
charge ses gaiges doibvent aussi augmenter*. Et pour plus grande 
obligation, se vostre bon plaisir estoyt luy aider de vostre faveur et 
auctorité pour avoyr la dotte de sa femme en France-, ce l'atireroyt 
de plus en plus à vous faire service. De quoy faire, Madame, je suys 
tant asseuré que vostre prudence et libérallité aura tel esgard et res- 
pect, que pour peu de chose que ung tel et si ancien et docte serviteur 
qu'il est habandonne vostre service, attendu mesmement que Mes- 
dictes Dames pourront trop mieulx comprendre soubz luy, tant pour 
' sa suffisance et bonne doctrine que pour estre plus praticien avecques 
elles qu'elles ne pourroyent faire avecques ung aultre nouveau venu, 
ainsi que sçavez trop mieulx. Dont au demeurant ne vous en feray 
aucune instance, vous supplyant me pardonner si encores j'ay prins la 
hardiesse vous en escripre si avant. Ce que j'ay faict pour la grande 
servitude que je vous porte, désirant que Mesdictes Dames puyssent 
persévérer en une estude où elles ont desjà si bon commencement; et 

22 novembre 1333; Lucrezia, née le 16 décembre lo3i; Leonora, née le 19 juin lo37; 
et Luigi, né le 23 décembre 1538. 

Anna, l'aînée, alors à peine âgée de onze ans, passait pour un véritable prodige. 
Elle récitait des passages de Démosthène et de Cicéron, traduisait les fables d'Esope, 
étonnait tout le monde par ses réponses. 

Elevées dans la société de la jeune et déjà célèbre Olimpia Morala, dont les 
quatorze ans possédaient à fond la pratique des sciences et des belles-lettres, les 
petites princesses Anna, Lucrezia et Leonora étudiaient dès lors — on le voit par 
les précieux registres de compte de la duchesse, qui mentionnent les fréquents 
achats de livres — Ovide, Erasme, Euclide, Ptolémée, la Rhétorique d'Aristote. En 
avril 1542, l'achat, la reliure et l'expédition de ces divers ouvrages, accompagnés 
de quatre sphères de Proclus et d'une mappemonde qu'on fit venir de Venise, 
coûtèrent 79 livres. Pellicier était le fournisseur ordinaire de la duchesse (V. 
Rodocanachi, Renée de France, pp. 181 et suiv.). 

1. Sinapius recevait de la duchesse, depuis 1336, une pension annuelle de 
200 livres; en 1542, elle fut en effet portée à 300. Entre temps, il était gratifié de 
dons plus ou moins importants (V. Rodocanachi, loc. cit., p. 149). 

Chilian Sinapius, frère de Jean, participait à l'éducation des princesses. Il touchait 
36 livres par mois, pour la peine qu'il prenait de leur enseigner les lettres (V. 
Rodocanachi, loc. cit., p. 183). 

2. Par l'intermédiaire de Calvin, Sinajjius avait épousé, en 1537, Françoise Bons- 
siron, une des demoiselles d'honneur de la duchesse, également éprise des idées 
nouvelles. Renée leur avança, pour les frais du mariage, une somme de 800 livres. 

Françoise Boussiron fut congédiée plus tard par l'influence de Bolsec, carme 
venu à la cour de Ferrare vers 1348 pour y jouer un rôle louche, à la fois aumônier de 
la duchesse et espion du duc (V. la lettre de Sinapius à Calvin, après la mort de 
sa femme, en décembre 1333; Corpus reformatorurn, t. XIV, p. 689). Sinapius, après 
avoir quitté Ferrare, entra au service de l'évêque de Wiirzbourg. On ne connaît 
guère de lui qu'une histoire de sa ville natale, annexée à la Cosmographie de 
Munster. 



524 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

pour ce qu'il vous dira amplement toutes nouvelles et les grandes 
occupations qu'il a congneues que nous avons présentement, vous 
supplyeray m'excuscr si ne vous escriplz plus au long des choses de 
deçà '. » 

Vol. 2, ^ 283 v°, copie du xvi° siècle; 1 p. in-f". 

l'ELI.ICIER A M. DE RODEZ. 

340. — Venise, .2 février 1 542. — « Monsieur, la présente sera plus 
pour vous faire entendre la réception des vostres du xxi^ du passé que 
pour autre chose qui mérite vous estre escript; car à présent ne se 
parle d'aultre yci que de Marran, lequel ayant esté despuys cinq ou six 
jours assiégé des ennemis par mer et par terre, par la prudence et 
dextérité de ceulx qui sont dedans et le bon secours qui leur a esté 
faict, a esté délivré de tous coustez, ayant faict retirer le camp par 
terre et donné la chasse à quelque armée de Triest -, plus de v ou 
VI mil en mer, à grandz coups de canon. Et pareillement despuys a 
esté prins et démoly ung chasteau appelé Percenys '', dix mille près 
dudict Marran, lieu assez fort et qui faisoyt journellement grand 
ennuy à ceux qui sortoyent dehors, et gens qui alloyent dedans, de 
sorte que cependant si aultre chose ne survient, les passages et lieux 
pourront estre plus seurs, et en quelque espoyr de repoz quant aux 
ennemis. Car, quant à eulx, l'on ne crainct à se prouveoyr pour 
attendre la force de qui se veuUe pour assez longtemps, et croy bien 
qu'il est tout commung à Romme que M. Daschenetz et son frère y 
sont; car aussi ne le cellent-ilz pas, et eulz mesmes en ont escript à 
la court. Voylà ce que vous en puys dire pour cesle heure, et bien peu 

1. On pourrait rapporter peut-être à Sinapius le trait suivant, mentionné dans 
une dépêche de Paget, du 10 février 1342, et qui est assez caractéristique des 
mœurs du temps. « It may like Your Majestie furtlier tunderstande, Ihat the Duke 
of Ferrares phisicion sent unto me yesterdaye a letter unto Your Majestie, with 
this booke, dedicate unto tlie same, to he sent unto Your Majestie; which letter 
and booke l)eing brought unto me by an Italian whom I knew not, and the bringér 
being not able to tell me neither what the booke was, nor the letter; bicause 1 
knowe thatTtaly is fuU of poyson, and doubted whither somme of those traitours 
Ihere woold hâve caused me, by a craft, to hâve conveyed unto Your Majestie I 
Avist not what; I was so bold, in the présence of Hammes Your Majesties ser- 
vaunt, and two or three more'of my servauntes, to unpack the booke (as Your 
Majestie mayperceive by the cerecloth), and to peruse sum parte of the same. The 
booke is a comment of phisick; th' author semeth specially wel mynded lowards 
Your Majesté. What his lerning is, I remitte to Your Majesties moost excellent 
\visedom and knowledge. But, if I hâve offended Your Majestie in opening the 
booke, befor it cam to your bandes, 1 beseche Youe moost humbly of your pardon, 
for 1 did it of a good will, mynding t'avoyde oITence, and to take saye to Your 
Majestie, as it wer of a drinke sent unto yon out of a suspect vessell. » [State 
papers of Henry VIII, vol. YllI, p. G.j9.) 

•2. Triesle. 

3. Le copiste écrit indifféremment Percenice ou Précenice. 11 s'agit de Precenico, 
place du Frioul, située à 8 kilom. de Latisana. 



[février 1542] GUILLAUME PELLICIER 525 

d'ailleurs : tant seullement que j'ay receu lettres du seigneur cappi- 
taine Polyn, du xxviiF décembre, par lesquelles ne m'escript aultre 
chose, sinon que les affaires du roy de ce cousté là ne se sçauroyent 
mieulx porter qu'ilz sont à présent, Dieu mercy!... 

« De Venize^ ce deuxième jour de fcbvrier 1 541 [V. S.] » 
Vol. 2, f° 284. copie du xvi« siècle; 3/4 p. in-f^. 

PELLICIER AU ROI *. 

341. — [Venise,] 5 février 1542. — « Sire, estimant que V. M. 
aura plaisir d'entendre ordinairement par le menu le progrez et 
succez des affaires de deçà, et mesmement des choses de Marran, m'a 
semblé ne debvoir obmettre à vous les escripre ainsi qu'ilz sont sur- 
venuz au jour la journée, despuys la dernière que vous ay escripte du 
xxp du passé, par laquelle aurez peu veoyr ce qui estoyt entrevenu 
auparavant. Dont vous en mandant présentement ung double, suyvant 
vostre commandement, ne m'eslenderay pour ne vous attédier à vous 
en faire autrement aucune réplicque, sinon que pour faire prendre 
chemin aux souldars qui pour le maulvais temps estoyent retenus au 
port de Magnevacque, Ton fut contraint de lever d'autres barques qui 
allassent à rèmes * d'autant que celles où ilz estoyent alloyent seulle- 
ment à voylles. Qui eust esté occasion de les faire retarder, beaucoup 
plus que l'exigence de l'affaire ne le requéroyt; et ainsi vindrent 
jusques aux Fournaises % terre de cez Seigneurs où ne se pouvoyent 
point trouver de barques à telle condition de louage, pour la prohibi- 
tion et estroictes deffenses que cesditz Seigneurs avoyent faicles sur leurs 
terres et portz de marines, de ne lever aulcuns souldars, fusmes con- 
trainctz nécessairement venir à cest extrême point d'en achapter 
quatre, considérant bien aussi que l'on ne s'en povoyt passer audict 
Marran, tant pour apporter vivres et munitions que pour chasser cer- 
tains forussis et ennemys, qui empeschoyent les passages et prenoyent 
nos gens et messagers qui alloyent et venoyent audict Marran et 
oultre, pour mieulx se défendre quand l'on vouldroyt assaillyr ladicte 
place par eaue. Desquelles barques en a eu assez bon prix, car n'ont 
cousté que environ cinquante escutz. Lesquelles avons envoyées avec 
les patrons et mariniers levez audict lieu de Fornaises où estoyent les- 

1. " Geste dépesche fut bayllée au cappitaine Dominique et retenue jusques au 
XII° lie ce moys que fut faicte une aultre dépesche envoyée ensemblement avec 
ceste cy par le cappitaine susdict. » 

Domcnico Arriano, capitaine ferrarais au service de la France. Suivant les State 
papers (vol. VIII, p. 674), il revenait de Marano, où on l'avait envoyé pour ravi- 
tailler la place. 

2. Rames. 

3. Fornaci. Le Dictionnaire des Postes mentionne en Italie une cinquantaine de 
localités de ce nom, dont plusieurs dans la région qui nous occupe. 



526 AMBASSADE DE [FÉVfUEK 1542] 

dictz souldars qui s'embarquèrent, et prindrent leur chemin droict 
audict Marran, où enfin, non sans grande difficulté pour le maulvais 
temps, se sont rendus petit à petit; mais cependant, Sire, n'avons 
failly pour plus grande seureté de y mander M. de la Mothe, le sei- 
gneur capitaine Gravine ', fort affectionnez à vostre service, avec notre 
argentier et ung contrerolleur fourny d'argent pour entretenir tousjours 
en la meilleure dévotion que leur seroyt possible ceulx qui estoyent 
dedans, et se y donner bien de garde que les choses n'allassent autre- 
ment que bien à poinct. Lesquelz donnèrent fort bon ordre ensemble 
avec le seigneur capitaine Turquet ^ tant aux réparations et aux fortif- 
fications de ladicte place que aux gens de guerre qui estoyent dedans, 
de sorte que là, grâce à Dieu, les choses se sont tousjours bien portées 
despuys. M, Deschené retourna icy de Marquevacque ' après avoir 
assemblé lesdictz souldars avecques d'aultres que M. de Pons luy 
avoyt baillez. Lequel certainement. Sire, vous puys asseurer s'estre 
employé d'aussi bon cueur en ceste affaire et tous autres pour vostre 
service, de ce que ay peu congnoistre, que gentilhomme que je 
sçaiche par deçà. Et après estre arrivé icy ledict seigneur Deschenetz 
fut délibéré qu'il se debvoyt aller mettre dedans, tant pour l'affection 
qu'on veoyoyt qu'il avoyt à vostre service que aussi pour le bon sça- 
voyr et longue expériance qu'il a aux choses de la guerre, à la faveur 
desdictz souldarz cy dessus, desquelz avoyt faict la plus grande part, 
ayant premièrement advisé aux excuses qu'on avoyt à faire après 
avoyr entendu vostre volunté, c'est que luy, estant personnage chassé 
hors de France, s'estoyt de son propre mouvement, sans vostre com- 
mandement ne sceu de voz ministres, allé mettre dedans, pensant 
vous faire chose agréable, et par ce moyen rentrer en vostre bonne 
grâce *. Et depuys estre party d'icy pour y aller, — pour aucunes def- 
fenses généralles que ces Seigneurs avoyent faictes que nul person- 
nage, de quelque condition que ce fust, n'eust à faire amas ne mener 
souldars hors de ceste ville, — fut retenu par leurs officiers près des 
chasteaux de ceste ville; dont, pour estre frustré ce jour là n'y eut 
ordre de faire réduyre cesdictz Seigneurs ensemble, et conséquem- 
ment le pouvoyr ravoyr. Par quoy fuz le lendemain au matin à la Sei- 
gneurie où leur feiz les remontrances plus efficacement et dextre- 
ment qu'il me fut possible, de sorte qu'en le jour mesmes le feirent 

i. Le capitaine Gravina. — Serait-ce Ferdinando Orsini, duc de Gravina, qui 
avait eu ses terres confisquées par l'empereur en 1532? (V. Gustave Saige, Docu- 
ments historiques relatifs à la principauté de Monaco; t. II, 1494-1540; Monaco, 
1890, in-4°, p. ccxvi). 

2. Turchetto. On le trouve mentionné dans les guerres d'Italie, avec des éloges 
pour sa valeur, dès l'année lo09 (V. Desjardins, loc. cit., t. II, pp. 328 et 330). 

3. Magnavacca. 

4. On a vu plus haut les circonstances assez mystérieuses du bannissement de 
M. d'Echénay. 



[février 1542] GUILLAUME PELLICIER 527 

deslivrer, et tous ceulx qui estoyent avecques luy, et rendre toutes les 
armes, me faisant démonstrance d'en avoyr esté fort desplaisans. En 
signe de quoy foirent mettre en prison quelques uns desdictz officiers 
qui y sont encores, nous accordans telles commoditez de pouvoyr 
mander audict Marran, qu'on s'en pouvoyt tenir pour contant, et par 
là congnoyslrc la bonne volunté qu'ilz ont à V. M. Et ledict jour au 
soyr icelluy seigneur Deschenay se partyt d'icy pour y reprendre son 
chemin, où il est arrivé; auquel a esté faict très bon recueil par ledict 
capitaine Turquetto, lui baillant le palais où il estoytlogé. Et peu de 
jours après, le camp par terre du roy Ferdinando s'aprocha dudict 
Marran pour le voulloyr assiéger, et de faict Nicolas de la Tour, qui en 
est le général, feist une aultre sommation audict Turquetto, de laquelle 
pareillement vous envoyé le double et la response qui luy fut faicte *. 
Par quoy, se doublant qu'ils ne se renforsassent par mer et par terre, 
fut advisé d'y donner le meilleur et le plus promptemeut ordre que 
faire se pourroyt; à quoy n'a failly le seigneur Robert Strocy de nous 
aider de son bon conseil et confort, et nous secourir et fornir de l'ar- 
gent comme a convenu pour faire telle despence. Et pareillement le 
seigneur Augustin Abondio, tant affectionné à vostre service, n'a failly 
de conforter tousjours le mieulx qu'il a peu ledict cappitaine Turcquet, 
son beau-frère, pour le confirmer en sa bonne volunté qu'il a à vous 
faire service, de ne voulloyr pour or ne argent, exortations, parolles, 
menaces, changer son bon et honneste propoz. Et cerfainement, Sire, 
vous puys bien asseurer que j'ay aultant de secours dudict seigneur 
Ogustin 2, et à l'avanture plus pour vostre service, que de nul autre 
serviteur de sa qualité que ayez par deçà, ainsi que plusieurs foys 
vous ay escript. Or, pour retourner à mon propoz des provisions qu'il 
estoyt bezoin faire promptement à Marran, m'a semblé vous debvoir 
alléguer aucunes raisons qui m'ont incité et causé de ce faire avant 
avoyr entendu vostre volunté. Dont vous suplyeray me pardonner si en 
çàj'avoys faict chose qui ne vous fust agréable. Car la poeur que nous 
avions d'estre surprins nous y eût faict user toute diligence, — tant 
pour estre advertiz de divers endroictz de plusieurs traictez que ^ l'am- 
bassadeur de l'empereur, qui est icy, faisoyt avecques certains capi- 
taines et souldars pour, sous espèce de les faire entrer dedans en vostre 
nom, recouvrer ladicte place avec le moyen d'aulcuns peu féaulx qui 
y estoyent, lesquelz a esté bezoing changer et muer, et y en mettre 
d'aultres, — et aussi pour avoyr esté adverty par M. de Termes en 
d'autres endroictz de la résolution du marquiz du Guast, Grandvelle, 
Doria, y a esté mandé munitions, tant de salmestres, pouldre de 
arquebouze, armes, artillerye, toutes sortes de vivres et aultres choses 

1. Ces pièces manquent. 

2. Agoslino Abondio. 

3. Le ms. porte : de. 



528 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

nécessaires pour pouvoyr attendre et résister à ung assez gros et long 
siège s'il vcnoyt devant. Et pareillement a esté donné ordre de faire 
une barque longue à xx rèmes, et en réparer et mettre deux aultres de 
telle longueur qui sont jà audict Marran, afin d'estre assez fors pour 
garder d'entrer Farmée du roy Fcrdinando dedans le port. Laquelle 
estant venue avec environ douze ou quinze barques là auprez pour 
empescher qu'on n'y peult mander vivres ne secours, ceulx dedans 
Marran feurent d'advis les aller veoyr, ce qu'ilz feirent, de telle sorte 
qu'ilz les chassèrent de là à leur très grande confusion et honte. Et 
furent conduictz à grands coups de canon environ quatre ou cinq mil 
en la haulte mer, et demoura pour enseigne une de leurs barques, 
combien qu'ilz fussent deux foys plus fors que les nostres, chose qui a 
causé entre eulx grandes questions et mutinations, se chargeant l'ung 
l'aultre de ceste honteuse fuite. Quoy entendant, ainsi qu'on peult 
conjecturer, le camp par terre se leva le jour mesmes de là et s'en 
retira à dix ou douze mil loing. Dont le lendemain, ayant ung petit 
chasteau appelle Precenys, ce néantmoins assez fort, qui faisoytgrandz 
empeschemens à ceulx dudict Marran, pour estre sur le chemin d'aller 
d'icy là, advisèrent, attendu que les ennemis par mer et par terre s'es- 
toyent levez, de l'aller assaillir. Et de faict ledict seigneur delà Mothe, 
l'ung de vos très humbles subjeclz et serviteurs du pays de Bretaigne, 
qui aultrefoys a esté lieutenant de cinquante hommes d'armes sous la 
charge de M. de Laval, bien expérimenté en la guerre et hardy de sa 
personne, ainsi qu'il est estimé d'ung chascun ', feist ladicte entre- 
prinse, et s'y en ala avecques.... ^ de souldars sans avoyr autrement 
aucunes grosses pièces d'artilleryes ny eschelles. Ce néantmoings il 
trouva moyen de faire approcher contre la muraille dudict lieu cer- 
tains bourches de boys qui estoyent là auprès et ainsi feist sommation 
à ceulx qui estoyent dedans de se rendre. Lesquelz, après avoyr faict 
quelque peu de dificulté, pour abréger se rendirent à mercy, leurs 
vies saufves. Et ainsi ledict seigneur de la Mothe, après s'en estre 
saisi, feist charger toutes les provisions, munitions et armes qui 
estoyent dedans et porter à Marran, — entr'aultres choses y avoyt bon 
nombre beufz^; — puys aprez, pour n'entrer en despence de le garder, 
mist le feu dedans, et le ruynèrent et farent bresches de tous coustez, 
et s'en revint avec lesdictz bourches chargez de boys, lesquelz estoyent 
d'aulcuns subjectz de ceste Seigneurye. Ce néantmoings l'on est d'ad- 
vis, pour y estre fort nécessaire, les retenir, et payer aux rnarchans 
s'ilz ne les veuUent bailler à louage. Qui est tout ce qui est survenu de 
ce cousté là jusques à ce jourd'huy. De quoy, Sire, combien que aupa- 

1. V. dans Desjardins, loc. cit., t. II, p. 800, une lellrc du vicomte de la Molhe 
datée de Ferrare, décembre 1524. 

2. Le chiffre est resté en blanc. 

3. Bœufs. 



I FÉVRIER 1542] GUILLAUME PELLICIER 529 

ravant n'eusse failly d'en avoyr adverty le seigneur cappitaine Polyn, 
pour en faire son profict, si bon luy sembloyt au lieu où il est, n'ay 
laissé de luy en escripre encores le progrez et succez bien au long; et 
pareillement à M. de Rodez pour le faire entendre à Nostre Sainct Père, 
et respondre à qui lui en parleroyt, comme ladicte prinse n'avoyt esté 
faicte par vostre commandement ne sceu ne par le moyen de vos 
ministres. 

« Sire, il n'y a aultres nouvelles à présent par deçà sinon que cer- 
tains particuUiers ont eu icy lettres d'ung gentilhomme de celte terre 
nommé Marcelly \ consul de cez Seigneurs en Damas, que le grand 
Seigneur vous avoyt offert une grosse armée pour faire l'entreprinse de 
Gènes, et que le seigneur Hiéronimo Laski^ estoyt décédé en Austriche; 
de quoy le roy Ferdinando avoyt esté fort desplaisant, monstrant en 
faire grand deul. » 

Vol. 2, f° 284 yo, copie du xvig siècle; 4 pp. in-f°. 



PELLICIER A M. D ANNEBAULT ET A M. DE LANGEY. 

342. — [Venise], 5 féorier 1 542. — « Monsieur, suyvant ce que à 
ma postescripte de la mienne du viii" janvier dernier je vous faisoys 
entendre de mon advis de mander M. Deschenez au lieu de Marran, 
pour les raisons qui y sont contenues, et aussi pour l'incertitude de la 
volunlé et constance de ceulx de dedans, il s'est transporté audict lieu 
auquel a esté le très bien venu et recueilly de tous, principallement par 
le capitaine Turquet. Lesquelz ensemblement ont faict jusques icy tant 
bien leur debvoyr qu'il n'est possible de plus, de sorte que les choses 
sont en très bon estât comme par la lettre que j'en escriptz amplement 
au roy pourrez veoir; particullièrement pour quoy faire a convenu fornir 
ladicte place de gens, argent et toutes sortes de munitions, nous con- 
traignant ad ce les menaces et eforcemens des Impériaulx, et mesme- 
ment pour avoyr esté adverty de M. de Termes et d'autres que à Gènes 
le conseil de l'empereur avoyt ordonné mander deux mil Espaignolzet 
aultant de lansquenetz du reste du voyage d'Algier. Sur quoy, Monsei- 

1. Marcelli, consul de Venise à Damas. 

2. Jérôme Laski, malade et à bout de forces, mais toujours retenu prisonnier 
par le sultan, en manière de représailles, à la suite du meurtre de Rincon et de 
Fregoso, avait été enfin relâché par l'entremise du capitaine Polin, qui empêcha, 
dit-on, Suleyman de venger sur le misérable l'assassinat des agents du roi de 
France. Laski se retira dans sa seigneurie de Kiesmark, qu'il tenait des libéra- 
lités de Zapolya, et s'éteignit en janvier 1542, empoisonné par les Turcs, suivant 
les uns, consumé par une affection de poitrine, suivant les autres. 

Un docteur de l'université de Wittemberg écrivit son oraison funèbre, que 
Mélanchthon fit parvenir au frère du défunt, Jean Laski, ancien évèque de 
Veszprim et chanoine de Cracovie, qui avait embrassé le protestantisme (V. 
Ph. Melanchlhonis Epistolarum liber, Leyde, 1747, in-8, p. 321, et G. Pascal, Jean 
de Lasco, p. 145). 

Venise. — 1540-1542. 34 



5 30 AMBASSADE DE [fÉVUIER 1542] 

gneur, vous suplieray me vouUoyr tenir excusé envers le roy si par 
ce moyen j'ay esté conlrainct de prendre l'audace de passer si avant 
en rall'aire sans en avoyr le commandement de S. M.; car tel a esté 
Tadvis de ses meilleurs serviteurs. Le seigneur Beltramo Sacha, prin- 
cipal aucleur de l'entreprise dudict lieu, en ayant esté exclus, s'est 
retiré avecques grant dangier de sa personne en nostre maison; 
lequel est grandement desplaisant du tour que luy a esté faict. Je l'en- 
tretiens et conserve icy tant que je puys ; ce néantmoings je auray bien 
à faire à le garder qu'il ne s'en aille devers le roy, pour luy en faire 
saplaincle et demander justice et réparation du tort qu'il prétend luy 
avoyr esté faict, le décliassant ainsi honteusement. Ceulx de dedans 
allèguent avoyr ce faict pour ce qu'il se portoyt entièrement seigneur 
de la place, ne monstrant recongnoystre le roy ne aullre pour son sou- 
verain soigneur. A quoy il défend et se purge, disant que ainsy luy 
avoyt-il esté ordonné par moy, et despuys recordé et enjoinct par mes 
lettres, afin que l'on n'entendist cela avoyr esté faict au nom du roy, 
comme à la vérité je l'avoys instamment sommé, jusques à protester 
de n'en prendre aucune protection, si aultrement le faisoyt. Dont pour 
ceste cause est à excuser, et semble estrc fort affectionné au service du 
roy, ayant bonne volonté de le donner à cohgnoistre en autre endroict 
que cestuy-ci. Nous sommes advertiz que quelques démonstrations que 
cez Seigneurs yci saichent faire pour faire bandes et prohibitions par 
leur domine que ne puysse venir aucun aide ne faveur audict lieu, ce 
néantmoings si ne peuvent-ilz faire que le Pape et les Impériaulx ne 
croyent que ladicte enlreprinse n'a esté faicte sans leur intelligence et 
maniement, chose que, puys que vient d'eulx, n'est point mal à propos 
ne doibt aultrement desplaire. Et ne fust que pour les mettre en quelque 
suspeçon et défiance, attendu mesmement qu'ilz ne sont à la vérité 
marrys de ce qui en a esté faict, et qu'ilz s'attendent bien qu'ilz pour- 
royent recouvrer la place des mains du roy plus toust que de nul 
autre, et que en tout advénement ilz sont pour avoyr le roy meilleur 
voysin que ne leur estoyt le roy Ferdinand, j'espère avec l'aide de 
Dieu que advenant l'opportunité que le roy mandast excercite en Itallye, 
qu'ilz ne fauldroyentà le monstrer par efTect, mais au présent n'ozent 
bouger... » 

Vol. 2, î° 286, copie du wi^ siècle; l p. 1/4 in-f^ 

PELLICIER A M. DE PONS. 

343. — [Venise], S février 1542. — « Monsieur, encores qu'il ne 
soyt bezoing d'aucung tesmoignage au roy du voulloyr et affection que 
portez à son service pour en estre S. M. par effectz et les bonnes 
expériences très certaine, ce néantmoings m'a il semblé faire le 
debvoyr de ma charge, tout ainsi que luy fais entendre celluy des 



[février 1542] GUILLAUME PELLICIER 531 

aultres, vous debvoyr par trop plus grande raison mettre advant ce 
que j'ay faict et feray tousjours, me retrouvant au lieu que ma voix 
soyt escoutée; vous merciant beaucoup des bons effors que faictes 
pour le secours de Marran, lesquelz j'accepte très voluntiers, sçaichant 
combien est chose agréable à celluy que désirons servir et complaire. 
Et pour ce quïl est en premier lieu plus nécessaire de le fornir de vic- 
tuailles et gens que aultres choses, vous prieray faire parler à ung 
marchant de Ferrare appelle... *, lequel on ma dict avoyr grande 
quantité de grains, et sçavoyr de luy s'il en vouldra faire porter audict 
Marran; qu'il sera très bien satisfaict; et le fera conduire seullement 
jusques aux Fornaises ou à la Tusane ^, au lieu qu'il verra luy estre 
mieulx à propos. Et là, en le faisant sçavoyr, on le yra lever, et en 
prenant le bled d'ung cousté, l'on luy baillera l'argent de l'autre. Et 
aussi si pouviez y envoyer environ trente ou quarante bons souldars, 
l'on leur donneroyt très bon recepte et seroyent les bien venuz. Je 
vous ay dict ce qui est le plus requiz pour ceste heure. Je suys tant 
asseuré que y ferez la meilleure provision que pourrez, qu'il me sem- 
bleroyt chose superflue vous en faire aucune instance... « 

Vol. 2, f°287, copie du wi*" siècle; 3/4 p. in-l'". 

PELLICIER A LA DUCHESSE DE FERRARE. 

344. — [Venise'], 8 féorier i 542. — « Madame, j'ay receu la lettre 
qu'il vous a pieu m'escripre touchant ung livre de Végèce en grec; sur 
quoy vous diray que combien que je me soys estudié tant que j'ay peu 
pour sçavoyr les noms des aucteurs et livres grecz, n'ay jamais peu 
entendre celluy que demandez se soyt trouvé en ceste langue là, mais 
bien en la latine, en laquelle est imprimé et facile à recouvrer ^. Il est 
bien vray que se trouve en grec Absirtus, qui traicte fort diligemment 
de mesme matière, de la cure des chevaulx *; car oultre qu'il ne fault 

1. Le mot est resté en blanc. 

2. Tusana ou Tosana? 

3. Publius Vegetius, écrivain lalin de l'antiquité qui nous a laisse un traité de 
l'art vétérinaire en quatre livres : Artis veterinariae sive mulo-medicinct" lihvi quatuor. 
La première édition parut à Bàle en lo2S, in-4. — On a souvent confondu ce Végèce 
avec Flavius Vegetius Renatus, l'auteur célèbre du De re militari. 

4. Apsyrte, célèbre vétérinaire et liippiàtre grec, originaire de Pruse ou Nico- 
médie en Bithynie.ll suivit, au rapport de Suidas, l'empereur Constantin le Grand 
dans son expédition sur les bords du Danube, en 322 de l'ère chrétienne. Apsyrte 
est précisément cité par Végèce, qui lui est postérieur d'un siècle. On lui doit deux 
traités, l'un sur la zoologie, en quatre livres, l'autre sur les maladies des chevaux, 
qui est celui auquel il est fait allusion dans cette lettre. 

Les fragments qui subsistent de ses œuvres avaient été insérés dans la collection 
des vétérinaires grecs, entreprise au x° siècle par ordre de Constantin IV Porphy- 
rogénète. Ce recueil fut imprimé pour la première fois, en latin, à Paris (1530, in-f°), 
puis à Bâle (1537, in-t). En 1543 parut à Venise la première traduction italienne 
(in-8), suivie bientôt de plusieurs autres. 



532 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542J 

à en escripre pour le moini^s aiilanL que ledict Végèce, encores rédige 
il la meilleur pari de ce que en ont escript ung grand nuinbre d'auc- 
teurs. Lequel je ne diray pas se peult trouver en ceste ville, mais comme 
j'en ay ung que si vous plaira que je face transcripre, en le comman- 
dant je le feray. Et si d'avanture en avez affaire plus toust qu'il ne le 
pourroyt estre, en m'en advertissant je le vous envoyeray; et tant en 
cela que en toutes autres choses je ne désire sinon m'employer à vous 
faire service. Et pour m'asseurer encores dadvantaige, j'ay faict parler 
au seigneur Fuist duquel m'avez escript, qui m'a faict responce n'en 
avoyr poinct ne moings en avoyr jamais veu ne oy parler. Or, pour 
laisser ce propoz, vicndray à vous dire comme j'ay receu lettres de la 
cour, mais les meilleures nouvelles que vous en puysse dire sont la 
bonne santé du roy et de toute sa court. Et semble qu'il se contante 
fort, sans que j'en face autre jugement, du portement de ses affaires 
par deçà. Quant à Marran, il y a esté pourveu, de sorte qu'il est hors 
des dangiers, moyennant la grâce de Dieu, de venir à aucun péril, et 
est pour estre gardé de ceulx qui en ont le volloyr. J'estime que pourrez 
avoyr quelques nouvelles de France par ung pacquet que je vous 
envoyé présentement... » 

Vol. 2, f° 287, copie du xvi° siècle; 1 p. in f". 

PELLICIER AU COMTE DE LA MIRANDOLE «. 

345. — Venise, 8 février i 542. — « Illustrissimo et Excellentissimo 
Signor mio, non ho voluto manchare di mandare incontanente a V. 111. "^^ 
et Ex.™* S.'''^ il présente apportatore con un plico a lei indirizzato, 
che nel uno pachetto era incluso, il quai' dal prefato allatore m'é stato 
portato; et perche di là donde ei vienne, non m'è stato scritto 
nuova, ch'io non pensi che più diffusamente et meglio essa per le 
sue ne sarà advertita, che io non saprei fare, comeche alcuna io non 
ve ne habbia, laquale meriti d'esserle significata. La supplicaro con 
tutta la eflicacia del core mio, che secondo tenni proposito con rill.™° 
S.""^ Hippolito Gonzagha, quando egli era, che V. 111.™» et Ex,""* S. 
dovesse tenere pronti tre ô quattro cento fanti. Hora, perche S. M.'* 
mené ha dato commissione per cosa sua d'importantissimo momento, 
di quel quattro cento ne sceglia cinquanta ô sessanta de migliori, i 
quali haveranno da obedir' al S.'^'' Francesco di Pazzi, présente porta- 
tor. 11 quale fornirà di denari et altre cose necessarie per condurle 
dove bisogna, pregandovi darli in cio ogni favore et agiuto, et cre- 
derlo dal tutto che lui vi dira da parte mia, come la mia persona pro- 
pria. Et in cio io l'assicuro, che farà un grato et rilevato servitio alla 
prefata M.'% alla quale essendo V, III.™^ et Ex.^^ S. tanto affettionata, 

1. « Al conlc délia Mirandola, de! Ylll fcb"'. » 



[février 1542J GUILLAUME PELLICIER 533 

non miestenderô â priegarla più a longo, potendo ella essere cerla, che 
non cercharei d'impieghare il favore et l'agiulo suo, faorche nelli afFari 
necessarii et iinportanlissimi, et li quali s'aspettino al Re X.""* nostro 
S.", et alla buona gratia di V. III."" et Ex."' S. mi recommando et 
ofiferisco. 

« Di Venetia^ alli viii di fehi'^ dal xlii. » 
Vol. 2, fo 287 v", copie du xvi° siècle; 3/4 p. in-f». 

PELLICIER A IIIPPOLYTE DE GONZAGUE. 

346. — Venise, 8 février 1 542. — « Illustrissimo et molto Excellente 
Signor, sicondo il proposito, che tenemmo insieme, quando V. III."^ S. 
era quà, di tener per ogni occurrentia tre ô quattrocento fanti cosi in 
ordine, che quando accadese d'haversene a servire, fossero presti, 
hora io la priego, che ne voglia mettere in punto circa cinquanta o 
sessanta per cosa importantissima a S. M.'% sicome ne ho scritto 
ancora ail' Ex.*'» dell' 111.™° S.""" Conte, et in ciô io la faccio sicura 
che farà un singularissimo servitio alla prefata M.'". Il perche potrà 
sopra di me assicurar quel tali che havranno da venire, che saranno 
moite bene reconosciuti, et rimunerati di tal sorte che havran da 
ringratiare V. 111.™» S., che habbia dato lor taie avviamento. Et corne 
siano messi insieme, habbino â ubedire al S.'' Francesco di Pazzi, pré- 
sente portadore, il quale fornirà di denarii et altre cose necessarie per 
condurle dove bisogna, pregandovi darli in ciô ogni favore et agiuto, 
et crederlo dal tutto che lui vi dira da parte mia, corne la uiia persona 
propria, et alla buona gratia di V. 111.™=» S. mi raccomando et ofTerisco. 

« Di Venetia. » 
Vol. 2, P 288, copie du xvp siècle; 1/2 p. in-fo. 

PELLICIER A M. DE RODEZ. 

347. — [Venise], 9 février 1 54.2. — « Monsieur, pour vous ousler 
hors de double du jour que je receuz voz lettres, vous diray que ordi- 
nairement on me les donne le vendredy d'après le jeudy que vous ay 
faicte ma dépesche; dont ne vous puys faire entendre la réception 
d'icelles jusques au vu'', comme à présent feray dé celles du xxviii" du 
passé. Pour ausquelles vous faire responce quant ad ce que m'escripvez 
de la réception a li casteli ^ de M. Deschenay, vous advertiray que cez 
Seigneurs ayant faict défences généralles de ne faire aucuns amas de 
gens en ceste ville, ne par mer ne par terre, pour faire aucune entre- 
prinse, leurs ofiiciers ayant trouvé mondict seigneur Deschenay allant 

1. CaslellL II s'agit évidemment de Marano. 



534 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

à Marran, It^ relindrciU; do qiioy certainement cesdictz Seigneurs, 
ainsi qu'ilz foirent dcmonstrance, eurent grand desplaisir, et ne con- 
vint faire autre instance pour le ravoyr, car, à ma première requeste, 
fut incontinent délivré, et aucuns des safTtes * qui le retindrent mis en 
prison, qui y sont ancorcs, nous accordans telles comnioditez que, à 
dire la vérité, les serviteurs du roy ont eu occasion de s'en contanter 
ainsi que vous ay cscript par cy davant, voyre de sorte que Ton ne 
donne plus telz cmpcschementz. Et a l'on à présent moyen de pouvoyr 
mander ce qui fera bczoing, de quoy à mon adviz est jà presque 
forny pour se garder de ceulx qui les vouldroyent empescher : je 
pance bien que Icdict seigneur Deschené ne fauldra poinct à y 
employer sa bonne prudence et dextérité acoustumée. Et de jour en 
jour les affaires y vont prospérant de bien en mieulx; car, comme avez 
peu veoyr par la mienne dernière, la fortune leur a esté tant bonne 
qu'ilz ont trouvé moyen de chasser les ennemis par mer et par terre, 
et depuys ont prins certains espions qui estoyent dedans les canaux 
d'autour du port de Marran, qui pouvoyent faire beaucoup d'ennuy 
aux messagiers qui y alloyent et venoyent. C'est ce que vous en puys 
dire pour ceste heure, sinon que suys attendant responce du roy pour 
sçavoyr sa volunté, et comme il aura accepté telle prinse. Quant aux 
nouvelles de Levant, il me semble estre licite et raisonnable vous en 
faire partj ce que n'ay failly jusques à présent de ce que ay peu 
sçavoyr; mais pour ceste ne vous en puys dire autre sinon que le 
Grand Seigneur estoyt attendant à grand dévotion Barberousse jusques 
à son arrivée. L'on ne feroyt déclaration ne motion d'aucune chose. Qui 
est ce que m'en escript d'importance le seigneur capitaine Polyn, sauf 
que générallement les affaires du roy y sont en si bon estât qu'on ne 
les sçauroyt mieulx souhaicter. D'autres nouvelles a l'on si peu en 
ceste ville qui vaillent l'escripre que ne m'y estendray aultrement à 
vous les faire sçavoyr. Par quoy feray fin à la présente... » 

Vol. 2, f" 288 yo, copie du xvi'' siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER AU ROI 2. 

348. — [Venue], 1.2 février 1542. — « Sire, despuys ma dernière 
lettre du cinquiesme de ce moys enclose en ce pacquet, retenue 
jusques à présent attendant messire Dominicque, présent porteur, que 
M. Deschenay m'avoyt mandé debvoyr envoyer vers V. M., est arrivé 
le capitaine Gornélio, gentilhomme du seigneur Strozzi, sans aucunes 

1. De l'italien za/fo, archer, sbire, homme de police. Cf. le substantif populaire 
za/fe, caractérisant l'acte de saisir avec violence. — Peut-être pourrait-on rappro- 
cher de ce mot le turc zaptié, qui désigne une sorte de janissaire ou gendarme. 

2. « Par messire Dominicque fut envoyée ceste dépesche avec la précédente du 
y" de ce moys, dépesche expressément par la voye de Suisse portant ung pacquet 
du capitaine Polin au roy avecques cestes-cy. » 



[février 1S42] GUILLAUME PELLICIER 535 

lettres de vous ne aultres de la court. Par lequel ce néantmoings n'ay 
laissé à estre bien au long et par le menu informé de vostre volunté 
quant aux affaires de Marran, où alla le lendemain pour le faire aussi 
entendre à ceulx qui sont dedans. Et depuys est pareillement arrivé le 
capitaine Espaignolet avecques lettres de V. M. du xxiii" janvier, qui 
m'ont confirmé tout ce que m'avoyt dict ledict seigneur capitaine 
Cornélio. Et le jour mesmes arrivèrent aussi deux courriers à pied 
environ une heure l'ung après Fautre, mandez par M. de Termes avec 
le duplicata de la dépesche aportée par ledict Espaignolet, et une 
autre du xxvii'^ dudict moys avecques lettres adressantes au seigneur 
capitaine Polyn; lesquelles le lendemain ne failliz à luy mander par 
brigantin et homme exprès d'ky à Raguse, en ayant retenu l'une des 
coppies pour la kiy envoyer par cy après, si d'avanture la première se 
perdoyt, bien que j'espère avecques l'aide de Dieu et le bon ordre qui 
y a esté donné qu'il la pourra recepvoir seurement. Or, pour retourner 
à mon premier propoz, vous diray. Sire, comme ledict Cornélio est 
retourné dudict Marran qui m'a dict avoyr très bien exposé et faict 
entendre aux seigneurs Deschenay et Turqueto vostre voulenté; qui 
en ont esté merveilleusement contans. Dont, pour avoyr entendu les 
grandz après que les Impériaulx faisoyent de tous coustez, et mesme- 
ment de deux mil Italiens et deux mil Espaignolz qui sont revenuz de 
l'entreprinse d'Algier, et grandz nunbre d'Allemans, pour venyr 
assaillir ladicte ville, avons advisé renforcer en toute diligence les 
provisions et munitions de toutes choses, et y mander gens féaux à 
ceste cause, ayant raporté ledict seigneur Cornellio n'y en avoyr 
dedans que environ deux cent et vingt. Et que ancores de ceulx là, 
pour l'incertitude de la fidélité d'aulcuns, estoyt bezoing en chasser 
beaucoup de ceulx qui aidèrent à excécuter ladicte prinse, subjectz de 
ceste Seigneurie, suyvant vostre commandement, et conséquemment 
diminuer le numbre, avons esté d'advis de dépescher le seigneur capi- 
taine Francesco de Pacy à Ferrare, la Mirandola et Bollogne, pour 
faire cent cinquante souldars pour supplir * à ceulx que on en pourra 
lever. Et quant auxdictes provisions, l'on a advisé d'y mander mil 
V^ septiers tant de froment que de farine, et cinq cens aultres de gros 
grains, comme millet, mellicque - ou sorgue ^, seigle et autres telz 
grains pour les barquerolz et pouvre populaire de la terre, potaiges, 
ris* et sallaires -^ tant de chair que de poysson, formaige", vin et 
vinaigre, huille, allecretz, corassines, faulconneaulx ^, plus grande 

1. Suppléer. 

2. Mélica ou blé barbu, sorte de millet. 

3. Houlque ou sorgho, graminée vivace, employée surtout comme fourrage. 

4. Riz. 

•'). Salaisons. 

0. Fromage. 

1. Hallecrets, pièce d'armure très répandue en Europe pendant tout le .\vi° siècle 



536 AMBASSADE DE [FÉVRIER lo42j 

quantité de salmestre *, souffre et générallemenl toutes choses que 
l'on a peu adviser estre nécessaires pour radvilaillement et municion 
de ladite place. Kt davantaige fauldra achapter, si d'avanture on ne les 
veult bailler à louage, troys bourches qu'il/, appellent icy maroans, qui 
sont à double tyinon ^; lesquelz sont grandement nécessaires audict 
lieu ainsi que vous pourra amplement dire ledict gentilhomme présent 
porteur, pour avoyr esté sur le lieu. Lequel nous a semblé, tant pour 
avoyr recou ung pacquet du seigneur capitaine Polyn pour vous faire 
tenir, que aussi pour vous informer ancores bien amplement de toutes 
choses comme ilz sont passez, et pour la seurté desdictz affaires vous 
le debvoyr dépesciier expressément en toute dilligence. Toutes les- 
quelles choses voz meilleurs serviteurs qui sont icy ont esté d'advis de 
pourveoyr entièrement avant que faire entendre vostre volunté à l'am- 
bassadeur de l'empereur et aultres que bezoing sera, ce que l'on ne 
peult plus guères délayer, pour en estre déjà adverty Sa Saincteté, 
ainsi que m'escript M. de Rodez; dont ne fauldrons à y faire toutes les 
diligences qu'il sera au monde possible, nonobstant que, ad ce que je 
voys, ces Seigneurs ne moings les Impériaulx ne seront aisez à estre per- 
suadez de croyre qu'on le veille rendre à bon essiant, qu'ilz n'en voyent 
Teffect, joinct que est bien difficille que là où il fault le comunicquerà 
assez de gens de diverses voluntez et appétitz, qu'il soyt tenu fort secret. 
« Sire, l'évesque de Trente ^ avecques ung grand train à la mode des 
évesques d'Allemaigne, qui tranchent fort des princes, est arrivé icy, 

et les premières années du xvii". Le hallecret, nom francisé d'un mot composé 
allemand, dans lequel paraît être entré le vocable Urebs, écrevisse, était, à 
proprement parler, un corps de cuirasse avec tasseltes et brassards, formé de 
lames d'acier imbriquées comme les anneaux d'une écrevisse. Par extension, et 
abusivement, on désij,'na souvent par la même expression les corselets de fer 
battu, composés de deux pièces, l'une pour le devant, l'autre pour le derrière du 
buste. Importé en France et en Italie par les landskneclds ou lansquenets suisses 
et allemands, le hallecret était porté surtout par les corps irréguliers, formés de 
bandes étrangères et d'aventuriers de toute sorte. 

— Corassines, de l'italien corazza, corazzina, cuirasse. 

— Fauconneaux, sortes de petits canons. Le fauconneau avait généralement une 
longueur d'une toise, soit deux mètres, et son boulet un poids d'une à six livres, 
soit de cinq cents grammes à trois kilogrammes. « Coulcuvrines, faucons, faucon- 
neaux, noms pris des animaux les plus ravissans, comme des sacres et faucons », 
dit Ambroise Paré, dans la préface de son neuvième livre. On avait en effet une 
tendance marquée, dans le principe, à donner aux pièces d'artillerie les noms 
d'animaux : aspic, basilic, couleuvrine, dragon, émerillon, serpentin, sacre, sacret, 
pélican, suivant leur dimension et leur calibre. 

1. Salpêtre. 

2. Sortes de chariots pour les transports des équipages. 

3. Cristoforo Madruzzo, évêque de Trente du 3 août HjSO au 14 novembre 1567, 
date de sa résignation, et de Brixen, de Iui2àlo78, cardinal depuis le commencement 
de 1542, n'avait alors que trente ans, et se faisait remarquer par son amour du 
faste et son goût pour les lettres. Il fut activement mêlé à plusieurs négociations 
importantes en Italie et en Allemagne. Son père, Jean Gaudenz, baron de Madruzzo, 
était échanson héréditaire du comté de Trente. 

Le cardinal Madruzzo mourut à Tivoli, le 7 juillet 1578, à l'âge de soixante-six ans. 



[février 1542] GUILLAUME PELLiriER «JS? 

mandé par le roy Ferdinando, pour se plaindre de sa part à ces Sei- 
gneurs de ladicte prinse de Marran par ses subjectz, monstraut entendre 
avoyr esté ce faict par leur intelligence, moyen et maniement. De quoy 
ces Seigneurs se sont tant excusez et purgez qu'il a esté possible; dont 
hier ledict évesque m'envoya son serviteur m'expouser ce qu'il en 
avoyt entendu par la responce que ces Seigneurs luy en avoyent laicte, 
me remonstrant, non seullement la tresve, mais la grande alliance et 
parentez qui estoyt entre Voz Majestez, me priant que je ne voulsisse 
donner matière de l'enfraindre ne troubler. A quoy je luy respondiz 
que j'estoys tout seur que ce n'avoyt esté faict par vostre commande- 
ment ne sceu d'aulcuns de voz ministres; bien estoyt vray que s'agis- 
sant de chose de telle importance faicte à vostre nom, je n'avoys peu 
faire de moings que de vous en advertir, et cependant maintenir les 
choses en mesme estât ou meilleur que je les trouveroys, et que j'at- 
tendoys la responce de V. M. qui ne pouvoyt plus guères tarder, par 
laquelle j'espéroys que auroyt occasion de se contanter de Vostre- 
dicte Majesté et de vosdictz ministres. Lequel me sembla prendre le 
tout en assez bonne part; je ne sçay commant tout en yra à la fin. 

« Sire, quant aux nouvelles de deçà, ne se parle à présent d'autre 
que dudict Marran, comme, à dire la vérité, de chose qui est de bien 
grande importance en ceste mer Adriaticque. Pourra estre que V. M. 
en pourra sçavoyr du Levant par le pacquet dudict seigneur capitaine 
Polyn, lequel ne m'escript autre par sa lettre du 20 décembre sinon 
que le Grand Seigneur estoyt attendant Barberousse pour luy faire en- 
tendre sa volunté, de ce que voulloyt estre faict ceste année par mer. Et 
par lettres plus fresches que cez Seigneurs en ont de leur ambassadeur 
sont adverliz comme le capitaine Polin, cherchant de parler au Grand 
Seigneur, fut vestu de deux robes solennelles, à l'accoustumée, où fut 
plus de deux heures à parlementer avecques ledict Grand Seigneur, 
Lequel, ainsi que ceulx qui veullent sçavoyr donner nouvelles de tout, 
disent que à vostre instance icelluy Grand Seigneur debvoyt faire ceste 
année le plus grand excercite par mer et par terre que on luy veit 
jamais faire en ung mesme temps, et que le Grand Seigneur luy avoyt 
acordé cent gallères pour faire l'entreprinse cleGennesou de la Pouille; 
et en oultre vous prester deux milliers d'or. Vray est qu'il demandoyt, 
ainsi qu'ilz disent, certain port qu'ilz n'ont sceu nommer; or, quoy que 
soyt, l'on entend que cesdictz Seigneurs en sont demeurez grandement 
pensifz. Je panse que s'il est ainsi que ledict capitaine Polyn ayt rien 
faict avecques ledict Grand Seigneur, il ne sera longuement à vous en 
advertir, ainsi que par les siennes dernières il me promect et la raison 
le veult. Semblablement ay ce jourd'huy esté adverty que le seigneur 
Jehan-Joachim* dict avoyr nouvelle que estant le seigneur de Grand- 

1. Jean-Joachim de Passano, seigneur de Vaux. 



538 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542J 

■velle avec deux gallères parLy de Gennes, luy a esté donné la chasse 
par liuict des vostres, tellement qu'il a faict beaucoup de se pouvoyr 
retirer à Nice '. 

« Sire, voullant ces Seigneurs vous faire démonstrance du bon voul- 
loyr qu'iiz ont de vous agréer et complaire, ont ces jours passez esleu 
ung aud)assadeur pour envoyer vers V. M., nommé le magnifficque 
messer Jehan-Anthonio Vesnier, se recordans bien ancores des bons 
offices qu'il feist à cesle Seigneurie et du bon contantement que V. M. 
eust de luy estant près d'icelle en semblable charge -. Et à vous dire la 
vérité, Sire, il est autant afectionné à vostre party que nulaultre que 
je congnoysse en ceste républicque, et pour tel est bien congneu et 
estimé d'ung chascun. Dont se peult Ton bien asseurer qu'on n'aura 
rien perdeu au change de celluy qui est maintenant auprès de vous; 
lequel, ainsi que ay esté adverty, après avoir bien amplement entendu 
la déclaration que vous avez faicte aux ambassadeurs de n'avoyr advoué 
ce qui avoyt esté faict de Marran et de n'en voulloyr poinct, y a 
adjouxté des propos qui ne seront assez à croyre, de ceulx qui con- 
gnoyssent vostre singuUière prudence et naturelle bonté, estre venuz 
de vous : c'est que V. M. entre aultres choses dist que ceulx qui 
estoyent dedans de voz subjectz avoyent ^esté reprins et banniz de 
vostre royaulme pour cas énormes et nommément desodomye ^, et qu'il 
estoyt bezoing de y pourveoyr bien toust de poeur qu'ilz la rendissent 
au Turq; de quoy ces Seigneurs ne sont pas demourez peu émer- 
veillez. 

« Sire, depuys avoyr faict la présente est arrivé M, Darramont, 
lequel, pour la seureté de sa personne, nous avoyt auparavant envoyé 
ung paquet de V. M. avec ses lettres de créance, lesquelles de votre 
part nous a expousées bien au long et faict entendre vostre volunté : 



1. L'amliassadeur anglais Paget, dans sa dépêche à Henri VIII du 26 février 1542, 
raconte le fait dans des termes qui montrent l'excessive générosité du roi de 
France : <. Granvela embarqued liimself at Gènes to hâve gone in to Spayn, and 
sending before a brigandyne to scowre the secs, the same was dryvcn back in 
chace above 30 leagges by 7 galeis of Marselis [Marseille]; wherupon Granvela sent 
a post to the Frcnch King for a salveconducte, to whom it was aunswered without 
faile by the Admirall : ■< Point, point. Il ne fault point de salveconduict. A quoy 
faire, durant sy grant amitié entre le Roy mon maistre et l'Empereur? les subgectz 
de ious les deulx passent deçà et delà sans empeschement. » And other aunswer 
had the messengier none » {State papers of Henry VIII, t. VIII, p. 6G6). 

2. Gian-Antonio Veniero avait été déjà chargé d'une ambassade en France de 
1530 à 1333. On n'a qu'une partie des dépêches de cette première mission (du 
3 septembre lo30 au 5 décembre 1.j32); celles de la seconde manquent totalement, 
ainsi que les deux rclazioni (V. Baschet, Archives de Venise, p. C73). 

3. L'accusation de sodomie avait été portée contre M. de Vanlay, vers la fin de 
1538, par un jeune gentilhomme de la cour, Pierre du Plessis, seigneur de Savon- 
nières, auquel Vanlay fit signer de force une rétractation écrite. Provoque en 
champ clos par son adversaire, dans la cour du Louvre, le ler janvier 1539, Vanlay 
se déroba par la fuite, et la peine de bannissement fut portée contre lui (V. la 
Cronitjue du roy François 1", édit. GuilTrey, p. 238). 



[février lb42j GUILLAUME l'ELLICIER 539 

en quoy ne fauldrons nous employer tout ainsi que la servitude que 
nous vous debvons et debvoyr de nostre oflico le requérent. Et ay esté 
bien aise d'entendre que V. M. ayt trouvé bon de l'employer à vostre 
service; à quoy je vous puys asseurer, tant pour le désir et affection 
qu'il a à icelluy que pour ses bons moyens, prudence et dextérité, estre 
aultant suffizant que nulaultre que je sçaiche par deçà de sa qualité. 
Par quoy, suivant vostre commandement et sa bonne volunté, ne faul- 
dray à l'employer à voz affaires où bezoing sera. De quoy vous adver- 
tiray ainsi qu'ilz succéderont, au jour la journée, comme de brief 
j'espère que V. M. en entendra quelque chose. » 

Vol. 2, l'o 288 v°, copie du XYi" siècle; 4 pp. in-^. 

PELLICIER A M. d'ANNEBAULT. 

349. — [Venise], 1.2 février 154.2. — « Monseigneur, tout en ung 
jour ay receu troys lettres de vous ausquelles n'est bezoing d'aultre 
responce, synon que au pacquet du roy que M. de Termes m'a envoyé 
ay trouvé la plus seure et prompte expédition qu'il a esté possible, ainsi 
que pourrez veoyr par les lettres de S. M. Dont ne vous en feray plus 
long propoz ne pareillement des aultres poinctz contenuz en icelle, 
estant asseuré que ce ne vous seroyt que redicte. Bien vous diray. Mon- 
seigneur, que si eussiez trouvé bon et eust pieu au roy, après estre 
arrivé le capitaine Espagnolet à la court, et avoir entendu l'ocasion de 
son voyage, m'avoyr adverty de la volunté du roy neuf ou dix jours 
devant que S. M. l'eust déclairé publicquement, les affaires en eussent 
esté plus aysez à expédier; car, comme sçavez trop mieulx, est difficille 
de mettre ordre si promptement tout en ung coup, de faire les provi- 
sions requises et faire entendre le contraire à gens tant astutz que 
ceux à qui avons affaire. Dont les serviteurs du roy qui sont icy ont 
esté d'adviz de faire musser et cacher ledict capitaine Espaignolet pour 
quelques jours qu'on pourveoyroyt ce pendant le mieulx et plus dilli- 
gemment et seurement qu'on pourroyt à ce qui feroyt bezoing. Par 
quoy fut incontinant dépesché le capitaine Francesco de Pacy ', lieute- 
nant en Piedmont du seigneur Robert^ Strozzi, à Ferrare, La Mirandola 
et Boulongne^ pour faire cent cinquante souldars qui faisoyent besoing, 
et pareillement mandé audict lieu renfort de provisions tant de 
vitailles* que de municions, comme verrez par les lettres de S. M. Qui 
n'a esté sans grandz coustz, pour avoyr esté constrainctz surachapter 
toutes choses presque de la moictié davanlaige qu'ilz ne valloyent, et 
aussi pour le port en barque, barquerolz, que, pour les estryctes prohi- 

1. Francesco dei Pazzi, florenlin. 

2. Erreur du copiste; il faut lire Pierre Slrozzi. 

3. Bologne. 

4. Victuailles. 



540 AMBASSADE DE [FÉVRIER lo42l 

bilions et défences qui esloycnt faiclcs de n'aller audict Marran, leur 
falloyt payer t(Hil à leur mot, et donner ce qu'ilzdemandoyent, encores 
n'en pouvoyt l'on pas trouver à son aise. Et fusmes constrainclz 
achapter des barcques, voyant que les voyages coustoyent si cher, et 
envoyer une bien bonne somme d'argent à ceulx qui sont dedans, tant 
pour faire la paye des souldardz que aussi pour se pourveoyr d'eulx 
mesmes au jour la journée des provisions qu'ilz trouveront là auprès, 
affin que je serre bouctique et que je ne m'en empesche, suivant le 
commandement du roy, pour entendre à aultres négoces, qui ne seront 
moings agréables pour leur importance que cestuy là. Desquelz, avec 
l'aide de Dieu, espérons voyr bonne yssue, vous remerciant tousjours 
humblement du bon voulloyr et alï'ection qu'il vous plaist me porter, 
auquel je vous supplye volloyr continuer et me maintenir en la bonne 
grâce du roy et la vostre comme lung de voz bien humbles et affec- 
tionnez serviteurs... » 

Vol. 2, f° 290 v°, copie du xyi^ siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER A l'amiral CHABOT. 

350. — [Venise]^ 12 février 1542. — Pellicier renvoie son corres- 
pondant, pour les nouvelles de Marran et du Levant, aux lettres qu'il 
vient d'écrire au roi et au maréchal d'Annebault. 

«... Monsieur, pour n'avoyr poinct de chifire de vous, ay escript ce 
que dessus par l'alphabet de celluy du roy, avecques M. le capitaine 
Polyn, duquel m'a esté envoyé ung double par la dernière dépesche 
que ay receue de la court. Dont m"a semblé estre à propoz et faire 
mon debvoyr de vous en envoyer ung pour s'en servir à l'ad venir si on 
en avoyt affaire. >> 

Vol. 2, f*^ 291, copie du xvi^ siècle; 1/2 p. in-f°. 

PELLICIER A M. DE TULLE. 

351. — [Venise], 15 février 1 542. — « Monsieur, encores que soys 
bien asseuré n'estre bezoing vous recommander aucunement le sei- 
gneur Azulanus ', pour luy estre aultant affectionné que moy, ce 
néantmoings m'a semblé vous debvoyr porter tesmoingnage des bons 
services qu'il faict ordinairement au roy, voyre d'aussi bon cueur que 
s'il esloyt stipendié de S. M., mesmement en ceste négociation de 
livres, desquelz vous puys bien asseurer, a jà faict aussi bon amas, et 
est encores après pour en mettre ensemble en bien grand nombre, et 

1. Francesco Torrei^'iano d'AsoIa, fils d"Andrea et Ijeau-frère d'Aldo Manuzio. 
Grâce à lui, la bibliothèque royale de Fontaineldeau s'était enricliie d'une centaine 
de manuscrits grecs et latins (V. II. Omont, Cat. dei niss. grecs de G. Pellicier, 
p. -6). 



[février i542] GUILLAUME PELLICIER 341 

d'aussi bons et rares, pour faire présent à S. M., que nul autre que je 
saiche, ainsi que pourrez veoyr de brief par efifect. Dont cependant m'a 
pryé luy donner la présente pouraccompaigner ung pacquet qu'il vous 
envoyé, espérant dedans peu de jours luy mesmes vous aller trouver, 
vous asseurant que je me sens tant attenu et obligé à luy du bon 
secours et dilligence qu'il a usée en mon endroict pour le service du 
roy, que je ne puys faire de moings que vous suplier comme celluy 
qui en telz affaires est seul à qui l'on se peult plus hardymentet seure- 
ment adresser, qu'il vous plaise, venant à propoz, toucher ung mot de 
luy à S. M. en telle affection qu'estes accoustumé faire pour gens de si 
bon voulloyr et telle qualité et condition qu'il est, et que vous puys 
asseurer aultant suffisant que nul aultre que je congnoysse par 
deçà... » 

Vol. 2, f^ 291 v°, copie du x\i^ siècle; 1/2 p. in-f'^. 

PELLICIER A M. d'ECHENAY. 

352. — Venise^ 17 ftjvrier Iô42. — « Monsieur, je reçoys tant de 
vous tous les jours que fault que je vous accorde que avez gaingné le 
jeu contre moy, non que ce soyt àfaulte de bonne volunté que ne vous 
y face responce particuUièrement, mais aux grandes occupations que 
pouviez sçavoyr que j'ay, je ne diray pas de jour en jour, mais d'heure 
en heure, dont ne m'estimerez pour cela moings de bon voulloyr envers 
vous, que si je vous escripvoys tous les jours une douzaine de foys. Et 
pense que avant la réception de la présente serez satisfaict à la vostre 
dernière duseziesme touchant d'envoyer gens et argent; car j'eslime 
que M. de la Mothe sera arrivé là. Par quoy, s'il n'estoyt ainsi que tant 
de gens de cheval et de pied ne fussent arrivez à Perpetto * comme 
vous a esté dict qu'ilz y en doibvent venir, aucuns des serviteurs du 
roy qui sont icy ne trouveroyent pas mauvais qu'on allast réveiller ung 
matin en camisade ceulx qui y sont -. Toutesfoys ce que je vous en dictz 
est soubz vostre correction, car vous entendez trop mieulx ce qu'il 
fault faire en telle chose qu'on ne vous sçauroyt escripre. Dont ne vous 
en diray oultre, mais bien comme hyer la Seigneurie m'envoya quérir, 
qui me feist lire par ung de ses serviteurs en plein colliége à haulte 
voix certaines remonstrations en forme de lettre missive, s'adressant 
directement à moy, se complaignans en premier lieu des bourches et 
aultres victuailles qu'on avoyt retenuz, qui venoyent en ceste ville, et 
des gens de guerre que l'on en avoyt tiré et mené à Marran contre leurs 
prohibitions et defences; mais encores plus du bastilhon, disans que 

1. Parpetio? ou Prépetto? 

2. Camisailii (du latin camisa, chemise), attaque nocturne faite par des soldats- 
qui ont mis leurs chemises par-dessus leurs vêtements, afin de se reconnaître. 



r>42 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542J 

tous les portz ou à loulle moings les lites ou plaiges \ ce quartier là, 
sont cl eulx. Sur quoy leur feiz responce à Timproviste que, quant aux 
bourches, s'eslans trouvez quelques ungs pour faire l'entreprinse de 
Précenis, et non saicliant qu'ilz feussent de ceste Seigneurie, leur 
estant grandement de bezoing, et ne pcncoys sans iceulx venyr au 
chef d'icelle, les retindrent pour s'en servir. Despuys les feirent con- 
duyrc à Marran, s'ofTrantz ce néantinoings, après avoyr entendu qu'ilz 
cstoyent à quclquez marchans de ceste ville particulliers, leur payer 
lesdictcs bourches et boys qui estoyt dessus. Dont verrez de vous en 
accorder avec lesdictz marchans; et si n'en avez si véhémentement 
affaire, aftin que à bon droict cesdictz Seigneurs ne se puyssent que- . 
relier ne attacher à nous, l'on trouveroyt le meilleur de les rendre, car 
messire Colas ^ dict en avoir trouvé d'aultres, voyre en plus grand 
nombre, lesquelz pourra avoyr à louage, en leur payant ledict boys et 
les journées des gens qui y ont esté. Quant à d'aultres victualles, je ne 
pansoys ny sçavoys aucunement que en eussiez détins ne prins en leur 
estât, ne pareillement levez ne retirez aucuns de leurs subjectz pour 
souldars là dedans. Quant estoyt audict bastilhon, que j'estimoys 
que ne vouldriez avoyr faict chose qui feust contre le gré et des- 
plaisir de ceste Seigneurie et à son dommaige, et que n'avoys poinct 
entendu que eussiez rien entreprins sur leur domyne. Dontleur promis 
TOUS en escripre afin d'avoyr délay et prendre conseil avec les servi- 
teurs du roy qui sont icy, de leur pouvoyr faire quelque meilleure et 
plus ample responce. Dont je vous prye nous en mander aussi votre 
advis pour l'assembler avecques ceux desdiclz serviteurs du roy, vous 
advisant que ce jourd'huy après disner font ung pregay sur ceste 
affaire de la conclusion duquel ne fauldrons à vous advertir si le pou- 
vons entendre. Et cependant ne laissez à faire bezoingner audict 
bastion le plus vivement que vous pourrez, car l'on verra s'il sera pos- 
sible trouver moyen de les apaiser. Touchant de la lettre que demandez 
pour envoyer au sanzacque, il me semble qu'il n'est que bon, puisque 
avez ung homme qui pourra faire tel message, que de vous mcsmes le 
luy mandez avec telle lettre que sçaurez très bien adviser. Car, par les 
lettres du roy est commandé que ceulx qui sont audict Marran ayent 
à faire tel office sans que l'on puysse entendre ne sçavoyr que ce 
soyent ses ministres, bien que y pourrez employer le nom de S. M. 
comme de vous-mesmes, estansses subjectz etayans prins le lieu pour 
tenir à sa dévotion et empescher les enemis du Grand Seigneur, sçai- 
chant combien le roy est son amy, allé et confédéré, les provocquant 
de venir sur les terres et pays dudict roy Ferdinando, et aultres choses 
que verrez estre à propoz. Il semble que n'ayez bien entendu l'intention 



1. Du lalin lillus, lillora, rivages. 
l. Cola Buncllo. 



["février 1542J GUILLAUME PELLICIER 543 

du roy par le seigneur Cornélio, veu que m'escripvez que avez entendu 
que M. Darramont est arrivé yci et que là où vous estes on disoyt qu'il 
avoyt apporté nouvelles que S. M. ne voulloyt accepter ladicte place. Je 
vous advise que en cecy fault user de la plus grande dextérité que Ton 
pourra pour le faire croyre à ceulx qu'on désire qu'ilz croyent que 
ainsi soyt, et aux aultres secrètement que Ton verra estre bezoing d'en 
sçavoyr la vérité, le dire modestement pour les ouster du double où 
ilz pourroyent estre. Or, quant à cela, je ne vous en puys rien dire 
davantaige, et me fauldra bien tost serrer boutique se je veulx acom- 
plir le commandement du roy. Dont je vous prye ne m'envoyer plus 
personne fâcheuse comme ce prebstre S car je ne sçay qu'en faire et 
vauldroit mieulx que les envoyassez droict à la Mirandola; et de moy 
je suys délibéré et l'ay par conseil de n'en recepvoir pas ung. 

« Quant aux nouvelles de Levant, dont me priez vous faire part, je 
vous asseure que pour ceste heure ne vous en puys rien dire sinon que 
les affaires du roy y sont en aussi bon estât, Dieu mercy, qu'on les 
sçauroyt désirer. Je ne fauldray de faire advertir le seigneur Francesco 
Beltrame, quant je vous le dépescheray, affîn qu'il vous puysse faire 
part des nouvelles de ce quartier par le menu; car, à dire la vérité, il 
en a mieulx le loysir et commodité que moy. Au demeurant, vous 
verrez de vous pourveoyr de tout ce qu'il vous fera bezoing le plus 
tost qu'il vous sera possible, mesmement de bledz, vins et aultres vic- 
tuailles, et m'advertyr de la réception de troys cens cincquante septiers 
de farine que je vousay mandez cejourd'huy, que ay dépesché ung de 
mes gens pour aller trouver le marchant au delà des Fornaises que 
messer Francesco de Pazzi avoyt trouvé venant de Ferrare; et pareille- 
ment si celluy du Sézénacticque ^ vous aura porté les cincq cens sep- 
tiers, sçavoyr est moictié bled, et moictié farine, comme il nous avoyt 
promis. Et que jà estoyt arrivé pour ce faire à Piran ^, car depuys je 
n'en ay poinct ouy de nouvelles, vous priant me faire sçavoyr combien 
de bledz, farines vous pouvez avoyr là dedans et aultres victuailles, et 
ce qu'il vous est encores de bezoing afin de y pourveoyr le plus loust. 
Touchant du prisonnier Authoyne Grop, il n'est que bon de le garder 
encores ung peu, jusques ad ce que ayons veu si en pouvons servir 
quelqu ung de nos amis, suyvant ce que m'escripvez. Dont je vous 
mercye de bien bon cueur, et me recommande affectueusement à vostre 
bonne grâce et de MM. de Venlay S capitaine Turquet, Lamotte et 

1. Nous n'avons pu découvrir quel était ce personnage, non plus que le prison- 
nier, Antoine Grop, dont il est parlé plus loin. 

2. Cesenatico. 

3. Pirano, ville et port d'Istrie, à l'entrée du golfe de Trieste, à 45 kilom. de 
Pisino. 

4. Gaucher de Dinteville, seigneur de V'anlay, capitaine de Bar-sur-Seine, 
gentilhomme de la chambre du duc d'Orléans, né vers 1507, mort le 20 mars 1550. 
Mêlé à la disgrâce de ses frères, MM. d'Auxerre et d'Echènay, il s'était retiré 



544 AMBASSADE DE [février 1542] 

Gravine s'il est encores là, priant le Créateur vous donner en santé 
bonne et longue vie. 

« De Venizi\ lexMvjour de fcbvrier mv^li. » 
Vol. 2, i° 291 V", copie du xvi« siècle; 2 pp. 3/4 in-f". 

l'ELLlCIER AU ROI K 

353. — [Venise], 2 ï février 1 542. — «Sire, despuys la dernière lettre 
que ay escripte à V. M., du douziesme de febvrier -, ces Seigneurs m'ont 
envoyé quérir pour me coinmunicquer aucunes nouvelles qu'ilz avoyent 
eues de Levant, mais non si amplement comme vous les ay faict 
entendre. Dont ne vous en feray aucune redicte, attendu mesmement 
que par le seigneur capitaine Polyn pourrez estre informé bien au long 
de toutes choses de là; bien vous diray que aprez me les avoir dictes 
vindrent à demander si j'avoys poinct eu responce de V. M, touchant 
l'affaire de Marran. Sur quoy leur dictz que j'avoys esté adverty comme 
V. M. avoyt déclairé aux ambassadeurs de Nostre Sainct Père, de l'em- 
pereur et au leur, ne voulloyr en façon du monde accepter ladicte place, 
n'oblyant toutesfoys à leur remonstrer très bien et faire entendre que 
quand il viendroyt entre voz mains, qu'ilz pouvoyent estre bien 
asseurez que cella ne leur pourroyt tourner sinon à leur très grand 
proffîct et advantaige, et que j'estoys attendant le commandement de 
V. M. pour sçavoyr comme j'auroys à moy gouverner. Et ce leur dis-je 
pour autant qu'il estoyt nécessaire, avant que leur faire entendre de 
vostre part vostre volunté, de pourveoir ladicte place de munitions et 
provisions nécessaires ; car tout en ung coup eust esté bien difficile de ce 
faire, attendu qu'il estoyt bezoing tirer de ceste ville presque toutes 
les provisions et munitions pour mener dedans, ce que après m'estre 
déclaré n'eustesté trouvé bon que je m'en fusse empesché, etdoubtoyt 
l'on que ces Seigneurs ne se feussent monstrez si favorables. Cependant, 
Syre, ceulx que sont dedans, voyans pour la défence de la terre estre 
fort nécessaire faire ungbastilhon sur la bouche du port dudict Marran 
et considérant que à peu de coustz se pourroyt faire, estans forniz de 
boys et aultres matières y convenables, advisèrent de y en faire faire 
ung, ce qu'ilz ont faict en peu de jours, assez suffizant pour se def- 
fendre. Quoy entandant cez Seigneurs m'ont envoyé quérir, lesquelz 
me feirent plusieurs plaintes et remonstrations, entr'aultres de cer- 
taines bourches qu'on leur avoyt détenuz chargiez de boys, et que 
nonobstant leurs prohibitions l'on n'avoyt laissé de faire amas de soul- 

à Venise. Henri II, dont il avait été gouverneur, à son avènement au trône le 
rétablit dans ses biens et charges. 

1. « Au roy, du vingt unième jour de felivrier mil v^xli, jour de Caresme pre- 
nant. » — « Par le seigneur cappitaine Polin. » 

2. Le ms. porte, par une erreur du copiste, « douziesme de mars ». 



[frvRIER 1o42j GUILLAUME PELLICIER S45 

dars en ceste ville pour y envoyer. Mais surtout me feirent longue 
instance dudict bastion que ne m'estandray à vous raconter aultrement 
par le menu, concluant que je voulsisse escripre à ceulx dudict Marran 
qu'ilz le voulsissent deffaire, autrement qu'ilz y pourveoyroyent ainsi 
qu'ilz adviseroyent estre le meilleur. Sur quoy leur feiz responce que 
quant aux bourches, je avoys bien entendu en avoyr esté retenu d'aul- 
cuns, lesquelz ayant sceu estre de cette ville, et bien que ilz eussent 
esté prins sur les terres des ennemis en prenant Précenis, ce néant- 
moings avoyt l'on accordé avec ceulx à qui ilz estoyent de leur payer, 
ou bien prendre à louage : dont sembloyt à ceulx de dedans ne faire 
aulcun tort à ceste Seigneurie. Et quand estoyt desdictz souldars 
mandez depuys leursdictes défences, que je les asseuroys, comme à la 
vérité, Syre, povoys bien faire, qu'il n'y en avoyt esté mandé pas ung 
de ceste ville. Et touchant le bastilhon, que je ne pensoys poinct que 
ceulx de dedans voulsissent entreprendre de faire chose qui leur tour- 
nas! à aulcun desplaisir. Bien estoyt vray que j'avoys esté adverty que 
pour leur seureté avoyent commencé de faire quelque petit bastilhon 
sur la bouche et poincte de ce port de Lignan ', du cousté de Levant, 
estimant qu'il estoyt tenu de la jurisdiction dudict Marran : en signe 
et tesmoing de quoy, du temps que le roy Ferdinando le tenoyt, tous 
ceulx qui passoyent par là payoyent pour le droict et tribut dudict 
port cincq pour cent, et despuys ung an Tavoyent acreu de troys pour 
cent. A quoy respondirent que toutes les lites et plages de ce quartier 
là estoyent à eulx, persistans de voulloyr empescher que ledict bastion 
se feist. Dont leur ditz que, pour ne bien entendre tel différent, je ver- 
roys d'en escripre à ceulx dudict Marran, et que cependant voulsissent 
surseoyr de y mander ne faire autre provision. Lesquelz toutesfoys 
n'ont laissé de faire pregay, pour résouldre de ce qu'ilz en avoyent à 
faire; et au premier ne se peurent accorder, mais au segond fut con- 
clud d'y mander gallères et aultres choses nécessaires, pourl'empescher. 
Et sur ces entrefaictes le seigneur Pietro Strozzi est arrivé, qui a esté 
vers eulx leur faire entendre la bonne volonté que V. M. a tousjours 
porté et porte à ceste républicque, tant efficacement qu'il n'estoyt pos- 
sible de plus. Et oultre ce feûsmes d'advis, vou que ledict Marran 
estoyt forny de toutes choses nécessaires, à tout le moings qui y fai- 
soyent plus de bezoing, qu'il feist entendre résolument à cez Seigneurs 
de vostre part vostre volonté. Bien les exortoyt qu'ilz ne voulsissent 
donner matière à ceulx dedans de s'en défaire et le mettre entre mains 
de ceulx dont puys après feussentmal contans, et que en tant que vostre 
auctorité povoyt sur ceulx dedans, on leur feroyt telles remonstrations 
touchant ledict bastilhon, que cez Seigneurs pourroyent avoir ocasion 
de s'en contanler. Et de faict y avons mandé lé capitaine Espaignolet, 

1. Lignano, à cinq milles au sud de Marano, à l'embouchure de la Stolla. 
Venise. — 1540-1542. 35 



546 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

pour leur faire entendre tout ce que dessus; lequel nous attendons de 
retour. Qui est tout le progrcz et succez de ce qui est entrevenu dudict 
Marran jusques à présent. Et le lendemain arriva le seigneur capitaine 
Polyn, la venue duquel, pour n'avoir point esté scoue d'homme du 
monde, qu'il s'en alloytdroict en France, et aussi que Janus Bey seroyt 
bien loust icy, a faict demourer cez Seigneurs merveilleusement 
effrayez et perplexes. On estime que s'ilz estoyent à se résouldre de 
l'affaire dudict J)astilhon, qu'il peust estre qu'ilz n'iroyent ainsi rudde- 
ment comme ilz ont faict en leur second pregay. Par lequel seigneur 
capitaine Polin V. M. pourra entendre comme aucuns de voz serviteurs 
qui sont icy seroyent bien d'advis que pour donner à congnoistre à cez 
Seigneurs en quelle affection et estime V. M. a ceste négotiacion 
avecques eulx, que leur envoyassiez quelque personnage pour la 
traicter, et négotier, voyre, s'il estoyt possible, avant que Janus Bey 
fust arrivé icy. Et ainsy que avons peu entendre, la plus grande difî- 
culté, si poinct y en avoyt, seroyt pour ne voulloyr entrer en despence, 
estans encore fort débilles de celle qu'ilz ont faicte si grosse par le 
passé ;. dont vouldroyent bien trouver moyen de pouvoyr rassembler 
quelque bonne et grosse somme de deniers pour remplir les trônez 
qu'ilz ont esté contrainctz vuider à ceste guerre dernière contre le 
Grant Seigneur, de laquelle ne sont encores quittes. Pour quoy faire 
ne voyent meilleur moyen que d'estre neutralz, ainsy que ensemble 
toutes autres choses V. M. pourra estre amplement informée par ledict 
seigneur capitaine Pollin. Qui me gardera, pour n'atédier V. M., de lui 
en faire plus longue lettre... » 

Vol. 2, f° 293, copie du xvi<^ siècle; 3 pp. in fo. 

' PELLICIER AU ROI '. 

354. — [Feju'seJ, .2 / février 1 54.2. — « Sire, je panse bien que avant 
la réception de la présente V. M. pourra avoir entendu comme aucuns 
que avoyt menez à Marran le seigneur Beltrame Sacha, présent porteur, 
l'en ont déchassé, et les raisons pourquoy ilz disent avoyr ce faict ^. 

1. « Par le seigneur Bellraïuo Sacca, s'en allant avec le seigneur cappilaine Polin 
devers le roy. » 

2. Voici en quels termes l'ambassadeur de Henri VIII à Paris, William Paget, 
dans sa dépêche du 2() février 1542, rapporte l'intervention officieuse de l'évèque 
de Trente dans les événements de Marano, et l'expulsion de Sachia. <■ The French 
King hath sent Piers Strotz \Pietvo Slrozzi], of ^vhom I wrole unto Your Majestie 
before, to Maran, lie sayth, to entreate Ihem within the towne of two monethes 
lenger respite, l»efore tliey délivre it up to the Turque. But in dede I am enforined 
certainly it is to ayde them in the towne, for King Ferdinand hath begonnc alre- 
dye to entre the siège both by land and by see, and sent the Bisshop of Trent to 
the Venycians in ambassade, as the secretary of Venyce told me, partely to 
expostulate with the Venycians, as Ihough they had consented to the surprinse of 
Maran, and partely to desyre them in no wise to gyve ayde unto them within the 



[février 1542] GUILLAUME PELLICIER 547 

Toutesfoys ne lairay à vous rescripre encores par luy-mcsmcs ce que 
j'en ay peu entendre, qui n'est autre sinon pour aultant qu'il se portoyt 
et faisoyt seigneur absolut dudict lieu, sans recongnoistre V. M. ne 
aultre pour son souverain seigneur. Sur quoy il se défend avoyr eu 
telle commission de nous, comme à dire la vérité, Sire, pour ne 
sçavoyr quelle estoyt vostre volonté quant il se partyt d'icy pour voul- 
loyr aller mettre son entreprinse à exécution, le pryay fort instamment 
voyre jusques à luy protester, qu'il n'eust à employer aucunement 
votre nom ne armes. Quoy entendant, plusieurs de voz bonz et affec- 
tionnez serviteurs, qui sont icy, ont trouvé fort mauvais et estrange 
qu'on l'ayt ainsi honteusement et vitupérément chassé, attendu mes- 
mement que j'avoys faict semblables remonstrances au capitaine Tur- 
quet, qui est celuy qui avoyt la charge des gens de guerre prins par 
ledict seigneur Beltrame, de sorte qu'il avoyt esté conclud debvoyr 
porter une banière qu'ilz avoyent faiet faire avecques voz armes, et en 
faire faire une autre toute blanche; mais encores trouve l'on aussi bien 
maulvais que après avoir esté ainsi déchassé, que ledict Turque t et 
ceulx qui estoyent avecques luy ayent saccaigé et prins tout ce qui 
estoyt au logis dudict seigneur Beltrame : qui montoyt, ainsi qui m'a 
dict, plus de douze mil escutz, bien que ledict Turquet se descharge 
n'en avoyr rien eu. Toutesfoys son lieutenant qui est maintenant icy, 
dict qu'il en a eu sa part, laquelle avoyt faict porter hors dudict Marran 
par ung prebstre. Et estimant icelluy Beltrame n'avoyr contrevenu en 
rien de ce qu'il luy avoyt esté enjoint pour vostre service, et se voyant 
ainsi que dict est, honteusement et vitupérément déchassé, s'en vint 
rendre à nostre logis où il a tousjours esté jusques à présent, pour ne 
pouvoir trouver autre lieu seur à se mettre, estant délibéré s'en aller 
vers V. M. pour luy demander justice du tort qui luy avoyt esté faict. 
De quoy l'ay tousjours gardé et retenu jusque? à cette heure qu'il s'est 
en tout résolu se aller jetter à voz piedz, non tant seuUement pour 
vous fâcher et importuner de ceste affaire, mais ancores pour vous 
mettre aultres partyz advant qui ne seront pas moings d'importance 
que sa dernière entreprinse, qu'il a si heureusement et honnestement, 
sans "despence d'ung soutz ne donner fàcherye à voz serviteurs, si bien 
excécutée, que peult voyrement donner espérance de celles qu'il pro- 
mettra à l'advenyr. Lesquelles ne seroyent hors de propoz pour servir 

towne, within the which towne is no man at this preseiU but be ail good French. 
For one called Beltramo. a raarchauiit man, siim what affectionated to the Yeniclans, 
one welbiloved in the Friola, in whose vessels, and l)y whose devise Turchetto and 
Germanico toke Maran, walking one day ont toward the haven, and certain of his 
aftinitie with him, Turchetto and Germanico drew the bridges up, and shutt the 
gales after them, and sufTred them no more lo cum in again; and as it wer by 
way of tryumphe, bicause they had gotten in to their bandes the maislerie of the 
towne alone, they caused ail th'ordnance to be shot after them. •> {State papers 
of Henry VIII, vol. VIII, p. GOO.) 



548 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

aux affaires desquels le seigneur capi laine Polyn vous a escript par cy 
davant, et vous pourra dire de bouche présentement. Par quoy, Sire, 
voyant ne le i)ouvoyr retenyr d'aller de par delà, n'ay peu faire de 
moings que de luy accorder la présente, m'en ayant pryé et requis fort 
instamment, non que vostre naturelle et singuUière bonté ayt bezoing 
d'aulcunes supplications ne recommandation de ses bons et affectionnez 
serviteurs, comme à dire la vérité je l'ay congneu; mais pour vous 
advertir que beaucoup de vos autres serviteurs sont d'advis que, 
oultre la réintégration qu'il espère luy estre faicte de son honneur, que 
ancores luy faisant quelque bonne rémunération seroyt donner 
exemple aux autres qui ont voulloyr de vous faire semblables services 
que luy, de se y employer de meilleur affection, comme sçait trop mieulx 
V. M. que ne sçauroys pancer. Dont, pour ne vous attédier, ne vous en 
feray plus long propoz... » 

Vol. 2, f° 293, copie du xvio siècle; 3 pp. in f". 

PELLICIER A M. DE TERMES *. 

355. — [Vetiise]^ 21 février 1 542. — « Monsieur, je vous ay escript 
par le contrerolleur Toussainctz Prévost la réception du pacquet que 
m'avez envoyé par luy; depuysj'en ay receu ung aultre par ung des 
gens du feu seigneur Cézar Frégose, et dernièrement ceulx que 
m'avez envoyez par voz messagiers ordinaires : dont de tout je vous 
mercye et les advertissemens que me faictes touchant la conclusion du 
conseil faict à Gennes pour envoyer gens à Marran. » — Suit le récit 
du ravitaillement de Marano, de la dispersion des forces envoyées par 
le roi Ferdinand, et de la prise de Precenico par M. de la Mothe. 

Pellicier termine par les nouvelles de Constantinople contenues dans 
la lettre au roi du 12 février. 

Vol. 2, fo 29o v°, copie du xvi° siècle; 1 p. 1/4 in-f". 

PELLICIER A LA REINE DE NAVARRE. 

356. — [Venise], 21 février 1 542. — « Madame, le présent porteur 
est le seigneur Beltrame Sachia, quej'ay tousjours trouvé despuys que 
le congnoys fort affectionné au service du roy, comme dernièrement 
l'a très bien montré par effect pour avoyr mise la ville de Marran, lieu 
de bien grand importance, en la puyssance du roy, sans avoyr jamais 
demandé ung seul denier pour ce faire ne aucunement chairché estât 
ne récompance. Et pour ce. Madame, que peu de jours après qu'il fut 
dedans, les souldars trouvèrent moyen de l'enfermer hors la ville, 
lesquels le chassèrent fort honteusement, — comme par luy, s'il vous 

1. « Par ung des gens du seigneur capitaine Polin. » 



[février 1542] GUILLAUME PELLICIER o49 

plaira luy donner audience, pourrez amplement enlandre, — disans 
qu'il se voulloyt faire seigneur absolut dudict lieu, s'en vint rendre 
en mon logis où il a tousjours esté dcspuys, pour demander justice et 
raison du tort à luy faict, excusant que ce qu'il avoyt prins si grosse 
auctorité de se faire appeler conte dudict Marran estoyt suyvant l'ad- 
vertissement et ordonnance que nous luy en avons faicte, afin de ne 
donner aucunement à pancer à homme du monde que ceste entreprinse 
eust esté faicte par commandement ne sceu du roy ne de ses ministres, 
comme à dire la vérité l'en avions très justement pryé et requis, 
voyre jusques à luy dénoncer que, s'il le faisoyt autrement, ne feroyt 
chose agréable à S. M. Dont, pour demander justice à icelle, ne l'ay 
sceu garder qu'il ne se soyt voullu aller getter à ses piedz. Et m'ayant 
requis fort instamment l'accompaigner de la présente, n'ay peu faire 
moings que de la luy accorder, attendu mesmement que ne le povoys 
plus retenir icy... » 

Vol. 2, f° 290, copie du xvi° siècle; 1 p. in-f". 

PELLICIER A M. DE RODEZ. 

357. — [Venise], 23 février 1542. — « Monsieur, pour n'avoyr 
poinct esté dépesché jeudy dernier pour Rome ne depuys, pas que 
j'aye peu entendre, pour estre ces Seigneurs empeschez à veoyr le passe- 
temps qu'on est accoustumé faire le Jeudy gras en la place Sainct-Marcq, 
comme sçavez très bien ^ ay esté contrainct attendre jusques aujour- 
d'huy à vous escripre et faire entendre comme avoys receu deux de 
voz lettres, et les nouvelles qui sont survenues par deçà, despuys les 
miennes dernières du ix^ de ce moys. A quoy mettray peine de satis- 
faire maintenant, vous advertissant comme le jour d'après que le sei- 
gneur Pietro Strozzi fut arrivé icy, venant de devers le roy, duquel 
pourrez entendre des nouvelles de la court bien amplement, s'en 

1. Parmi les fêtes de Venise, une des plus célèbres était celle du Jeudi gras, à 
laquelle un fait d'armes glorieux avait jadis donné naissance. 

En^l053, pour mettre fin aux perpétuelles luttes de suprématie entre la répu- 
blique et ses voisins, on avait décidé que Grado serait reconnu pour siège principal 
et métropole de la Vénétie et de l'Istrie, tandis que le patriarchat d'Aquilée se 
contenterait des évêchés placés sous sa juridiction dans la terre ferme de Lom- 
bardie. Cependant, en 1162, sous le doge Vitale II Michiele, Ulric, patriarche 
d'Aquilée, assaillit Grado avec des troupes rassemblées dans le Frioul, et s'en 
empara. Les Vénitiens, armant aussitôt une flotte, reconquirent la place et rame- 
nèrent à Venise le patriarche Ulric avec douze de ses chanoines, pour leur faire 
trancher la tète; mais, à la prière du pape, ils furent renvoyés dans leur pays, à 
la condition que le patriarche fît expédier tous les ans à Venise, en symbole 
dérisoire, un taureau et douze porcs gras destinés à servir de spectacle à la foule. 
[Chaque année, la fête se renouvelait avec forces réjouissances : illuminations, 
feux d'artifice, musiques, chants et danses. Le taureau et les porcs étaient assommés 
sur la place de Saint-Marc; puis le doge, suivi d'un brillant cortège, passait dans 
une salle du palais dite du Piovego, oii il s'amusait à abattre, aidé de ses conseil- 
lers, avec une massue de fer, de petits châteaux de bois représentant les forteresses 
du Frioul (Molmenti, Vie privée à Venise, p. 79). 



5bO AMBASSADE DE [FÉVRIER l;i42] 

allant de brief à Rome, y arriva aussi le seigneur capitaine Polyn. La 
venue dcsquclz, pour n'avoyr poinct esté entendue d'homme du monde, 
ains pluslûust sceue que leur parlement, a faict demeurer beaucoup 
de gens, mesmement celle dudict seigneur cappitaine, esmerveillez ; 
attendu qu'il s'en alloyt ainsi droict en France, sans avoir demeuré 
yci que ung jour, et aussi que ces Seigneurs ont esté advertiz que 
Janus Bey doibt estre bientoust icy. Auquel capitaine Polyn ont faict 
ceste fave.ur de luy donner telle scorie ' qu'il sçaura demander pour la 
seurelé de son passaige, l'ayant aussi escript et ordonné à tous leurs 
podestatz et recteurs par où il aura à passer sur leurs terres. Vous 
pouvez bien panser que tel voyage n'est sans chose de bien grand 
importance; loulesfoys ne vous en puys dire d'autres parlicularitez, 
sinon que les affaires du roy en Levant vont aussi bien et sont en aussi 
bon estai, Dieu mercy, qu'il est possible de pouvoyr souhaicter, et que 
le Grand Seigneur est bien délibéré mettre hors ceste année une grand 
armée par mer et grand excercite par terre : qui est tout ce que vous 
puys dire pour ceste heure *. » 

Vol. 2, f-^ 296 v°, copie du xvi" siècle; 3/4 p. in-f". 

■1. Escorte. 

2. William Paget mentionne l'arrivée de Polin à la cour, le 8 mars, avec force 
piquants détails que nous ne croyons pas devoir passer sous silence. L'agent fran- 
çais revenait comblé des présents du Grand Seigneur et plein de confiance dans 
l'efficacité de l'alliance avec la Porte. 

« Captain Polino, who was sent unto the Turck upon the death of Fregosa and 
Rincon, came th'eight daye of this présent to the Courte, and hatli by ail likelilode 
brought glad lydinges from the Turck, for so he rcaporteth, and sayeth that the 
Turck and his maister he as it wer sworne brethern; for tokens wherof he hath 
brought to the King his maister, from the saide Turck : a turcky daggar, a turcky 
sworde, both set with rubyes and dyamondes, and a turcky horse >vith th' apparail, 
ail which wcr for the Turckes owne use, and a great dyamonde; ail which is com- 
munly estemed at thre hundred thousand crowncs, and I hâve herd two or thre, 
that hâve seen them, and be men of skil and of indiffèrent judgement, value them 
at a hundred thousand crownes. 

« For his assuraunce in his returne, he was conducted from Ragusa to Yenyce 
with four brigandynes, and from Venyce he was accompaignycd Ihrough the 
countrey of Grisons and Suysserland with four hundred horsemen. At his being 
at Venyce, th' Empereurs ambassadeur went to the Senate, requyring them, in 
his masters name (as the protectour of Christes faith), to take Polino as a commyn 
traitour to Christendora. Polino, hering of it, went to the Senate, and said that 
neilher the said ambassadeur nor his maister sought so much the wealc of Chris- 
tendom, as lie did, and his maister the French King; calling the saide ambassa- 
deur a traytour : and saide that he wold be rcvengcd of him whcrsoever he met 
him, in so much that the said ambassadeur durst not cum out of his lodging ail 
the while the said Polino was there. 

« And this reaport Polino makes himself, saing further that the Grand Signior 
(as he calleth him) willed him to requyre his maister to take no thought for his 
ennemyes, for he himself woold chastise them; and that the saide Turck is redy to 
entre furthwith in to Christendom with foure hundred sayle by see, and two 
hundred thousand men by lande. His bragges be gret, and the rcjoyse of the 
French King and his Counsail therat as great, as men can perceive by their coun- 
tenances and outward démonstration. He hath gret affiaunce in the Turckes 
amitié. » {Slate papers, vol. VIII, p. 073; dépèche à Henri VIII, du 11 mars 1542.) 



[l-ÉVRlER lb42] GUILLAUME PELLICIER 551 

PELLICIER A M. DE SAINT-RAVY *. 

358. — [Venise], 23 février '1542. — « Monsieur, pour n'estre 
point party de courrier d'icy pour aller à Rome, despuys vostre parle- 
ment de cesie ville, pas que j aye peu entendre, n'ay eu moyen de 
vous pouvoir faire sçavoir de mes nouvelles. Dont à présent se y en 
allant le seigneur porteur de cestes, n'ay voullu obmeltre à ce faire; 
par lequel pourrez plus amplement entendre des nouvelles de France 
que ne voussçauroys escripre, pour en estre venu bien fraischemenL... » 
Suivent les nouvelles de l'arrivée du capitaine Polin, et des dispositions 
de Suleyman. 

« Au demourant. Monsieur, j'ay escript et pryé M. de Puylobier, 
donneur de la présente, qui, pour l'ancienne amitié que avons 
ensemble, a bien voullu prendre la charge d'aucuns miens affaires par 
delà, que si pour iceulx avoyt bezoing de vostre aide et faveur, qu'il 
s'en adressast à vous seurement, estant asseuré que vous y employerez 
d'aussi bon cueur que pour ung de voz meilleurs amis, bien que pour 
les dernières lettres qu'il m'a escriptes, me faict entendre qu'ils 
estoyent desjà en très bons termes, de sorte que j'espère qu'il n'aura 
matière ne occasion de vous en fascher ne importuner grandement. 
Vous pryant bien fort avoyr souvenance des derniers propoz que nous 
eusmes ensemble en ceste yille, et m'en faire sçavoir, quant l'occasion 
et temps se y donneront ensemble, le plus souvant que vous pourrez 
de voz nouvelles; et de mon couslé je ne fauldray faire le semblable, 
désirant estre lousjours entretenu en vostre bonne grâce à laquelle 
fort afectionément me recommande... » 

Vol. 2, f'* 297, copie du .wi» siècle; i p. in-f". 

PELLICIER A VINCENZO MAGGIO. 

359. — [Fe/rJse], 25 février i 542. — « Molto Magnifico et Excellente 
Signor, a xix del présente un puoco dopoi mezzo giorno arrivé quà 
l'excellentissimo signor capitano Polino tanto improvisamente, etsenza 

1. '< A M. le conseiller de Sainct-Ravy. .. — M. de Saint-Uavy, conseiller du roi, 
qualifié en 1540 de maître des requêtes de l'hôtel, et grand familier du cardinal de 
Tournon (Archives communales de Lyon, CC, 940; Invenl. somm., t. III, p. 199). — 
D'après les Sicile papers (vol. VIII, p. Col), M. de Sainl-Ravy aurait été chargé, en 
décembre 1541, d'une mission secrète à Rome afin de négocier un chapeau de car- 
dinal pour le chancelier de France Guillaume Poyet, qui à soixante ans avait reçu 
la prêtrise et était abbé de Berdoues au diocèse d'Auch (dépêche de Paget du 4 jan- 
vier 1342) : « Upon advertisement from Rome that Mons'' Grandveles sonne, and 
diverse olhers, shuld be made Cardinalles this feast, Mons"' De Ravy is sent thither 
to purchace for thc Chauncelour a Cardinalles hatt. — Il n'y eut pas, d'ailleurs, de 
création de cardinaux avant le 31 mai, et encore celle-ci ne comprit-elle aucun 
prélat français. François I" ne réussit pas davantage à obtenir le chapeau pour son 
chancelier. 



552 AMBASSADE DE [FÉVRIER 1542] 

sapula d'huomo dcl mondo, che fece reslar altonilo et stupefatto ogn' 
huomo, et massimamcnte quando fu inleso che Janus Bei era mandato 
ambasciator qui dal Gran Signore et che non poteva stare molti di ad 
arrivare : cosa che ha dato a tutti, come lio detlo, grandissima admira- 
tione. Et penso, por quanto si possono giudicar gli animi degli huo- 
mini, che non havrà troppo gran difTiculta in condur questi Signori a 
fare quanto se ne ha d'aspettarse; non mancheràdalui, in far il debito. 
Ilora tornando al predetto signor Polino, egli slette quà dalla domenica 
lin al marledi sera, nel quai intervallo di tempo cou ogni migliore dili- 
gentia è stato provisto d' havere un ampia e suffitiente scorta per 
sicurtà del suo passaggio da questi Signori : cosa che essi prontamente 
fecero. Et cosi il martedi sera si parti di qui con buona compagnia, et 
penso che havrà ritrovato puoco lontano il signor Giovan Pauolo da 
Cerri, pur con buona compagnia di cavalli, che chiamato da S. M'" se 
ne va alla corte *, là dove io spero che si ritrovaranno in brève, per 
la buona soUicitudine che per tal effetto essi usano. Et quando io 
havrô nuova délia lor' arrivata, ne darè incontanentc aviso à V. S"=>. 
Alla quai per questa non posso significar cosa alcuna délie cose di 
Francia, senon che S. M''"" insieme con figliuoli sta benissimo; et per 
lettere di Roma ho inteso chel Re di Navarra, suo cognato, ha dinon- 
tiato la guerra all'Imperator per conto del regno di Navarra, la quai 
incomminciala il duca di Cleves non sarà, per restar troppo a dargli 
adosso dalFallra parle di Fiandra con grandissimo sforzo. Et come 
queste due parti saranno assaille, non si tardara molto a spingergli 
conlro dalle bande d'Ittalia, talmente che noi speriamo che le cose 
debbano procéder seconde il commun nostro desiderio felicemente. 
Intralanto Marano si liene à nome del Re gagliardamente, et vi son 
dentro buonissimi soldati, et tali che questi giorni passati son usciti 
fuora valorosamente per andar à rilrovar e nemici, che stavano lon- 
tani dalla terra x millia et non osavano d'apressarsi, et hanno morti et 
presi pregioni parechi huomini da bene, fra quali v'è rimasto amazzato 
Matlio conduttier delli loro cavalli, huomo di gran valore, talche spe- 
riamo, come per effetto s'è veduto, che tutti si siano per la sua morte, 
et par la cattura d'uno ingegnier che havevano, molto sbigottiti. Et 
quanto aspetta al detto Marano, no vi lasciate dare ciance ne gabbare 
da questi Imperiali, quali non sono forza per manchar' a far intendere, 
che Sua M''' X""^ ha chiarito publicamente alli ambasciatori che sono 
apresso di lui, non haverlo fatto pigliare ne volerlo avettare, ma più 
presto farlo rendere à Ferdinando, ma attendete a quello che sene 



1. « Signor John Paulo is cum downe from Rome to serve the Frencli Kyng, and 
hath the conduct of an hundred men of armes, and the counles of Petilyan [Gio- 
vanni-Francesco Orsùii, comte de Pitigliano] and Mirandula hâve their pencions payed 
them now. » {Slate papcrs, ici., ibid., p. 674). 



[mars 1542J GUILLAUME PELLICIER 553 

sequitarà, et credette, finche vedette del contrario, alli cffetli più che 
aile parolle. » 

Vol. 2, f° 297, copie du xvi^ siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER A M. d'ÉCHENAY. 

360. — [Venise], 5 iiiavs / 542. — « Monsieur, suivant le commande- 
ment du roy, que je n'aye à m'empescher des choses de Marran, ainsi 
que avez entendu je désire grandement de m'en retirer le plus toust. 
Dont, pour pouvoir rendre mes comptes de la despence que je y ay 
faicte, est bezoing que je retire récépissé de ceulx à qui j'ay forny 
argent, comme j'ay faict de la pluspart. Et m'en reste de vous ung de 
la somme de troys cens dix escutz, sçavoyr est deux cens cinquante, 
quant vous partistes d'icy pour aller à Magnevacque, et soixante quant 
vous fustes de retour pour aller audict Marran. Dont je vous prye me 
l'envoyer afin de monstrer en quoy, et à qui j'ay forny argent, et puys 
après vous sera tenu compte en quoy vous l'aurez despendu. Pareille- 
ment nous avons advisé, le trésaurier et moy, que pour vous envoyer 
argent plus seurement, qu'il sera bezoing que vous mandez hors des 
chasteaulx de Venize vos deux barques longues, et ung blanc signé ^ 
de vostre main pour le remplir de la somme que l'on verra estre de 
bezoing; mais je vous prye m'envoyer, tant du récépissé des troys cens 
dix escutz que de vostre blanc signe, troys de chascun, auquel sera mis 
pour première, seconde, et tierce, afin que si les ungs se perdoyent, 
j'en puysse tousjours avoyr ung arrière moy, ainsi que me font faire 
ceulx de qui je reçoys l'argent. Ledict trésaurier vous dira à son retour 
amplement toutes nouvelles; par quoy ne vous feray pour ceste heure 
plus longue lettre, sinon que je vous asseure que la faulte de la lettre 
en chiffre, que n'avez receue, n'est venue de moy, ains que je ne sça- 
voys à qui elle s'adressoyt, ainsi que vous a escript mon serviteur; 
dont je vous prye ne pancer que cela ayt esté faict par faulte de bon 
voulloyr, et que je n'aye aussi bon vouUoyr de vous faire plaisir et ser- 
vice que parent ne amy que ayez... 

« Je ne fauldray, parla première dépesche que je feray à Constanti- 
nople, d'escripre que l'on m'envoye lesdictes lettres en chifre. » 

Vol. 2, f« 298, copie du xvi° siècle; 3/4 p. in-f°. 

PELLICIER AU MÊME. 

361. — Venise, 7 mars 1542. — « Monsieur, me remettant à la 
suffisance du trésaurier présent porteur, ne m'estandray à vous faire 
longue lettre; tant seullement vous diray que j'ay baillé l'argent pour 
vostre remborcement et pour faire le payement des gens de guerre, 

1. Blanc-seing. 



5o4 AMBASSADE DE [mars 1o42] 

ainsi qu'il est contenu en ung estât que je vous envoyé présentement. 
Quant est de celuy que M. de Vanlay a porté, il sçayt l)ien que, nonobs- 
tant quelque chose qui fust mis par escript, ne parle des clievaulx 
légiers qu'il fust dict qu'ilz debvoyenl estre comprins au numbre des 
troys cens hommes de pied jusques au numbre de vingt seullement; 
ausquelz seroyt donné quatre livres davantaige que à ung homme de 
pied, qui seroyent vingt hommes rabatuz sur lesdictz troys cens, et 
cent livres davantaige ainsi que vous dira ledict porteur, et que verrez 
par Testât qu'il vous porte. Et ce fut arresté jusques ad ce que nous 
ayons plus ample pouvoyr de faire davantaige. Cependant je vous 
recommande toujours le tout, ne voullant oblyer à vous recorder et 
pryer de tout mon cœur avoyr esgard que M. de la Mothe s'est employé 
tousjours hardyment et des premiers au lieu où vous estes, de sorte 
qu'il est tout certain que quant il eust voullu estre ambitieulx, il ne 
fust à estre pourveu d'une des meilleurs charges de là dedans, comme 
celluy qui y est entré des premiers la prinse faicte. Et vous asseure 
bien que je l'ay congneu tant suffisant que j'aymeroys bien avoyr 
tousjours ung tel homme auprez de moy; par quoy me semble raison- 
sable qu'on luy doibve graUflier et accorder ce petit numbre de gens 
qu'il demande, ne faisant poinct de tort au roy. Ce sera peu de chose 
que d'en retrancher douze sur les troys capitaines, vous pryant voul- 
loyr croyre que je ne dictz poinct tout cecy pour luy complaire ne satis- 
faire à mes appétitz, mais pour estre chose très raisonnable, afin de se 
tenir tousjours mieulx sur ses gardes; ce qu'il a très bon bezoing de 
faire, comme j'ay esté adverty, d'aultant que pour avoyr toujours bien 
faict son debvoyr a acquis quelques ennemis, ainsi que souvant font 
ceulx qui mettent peine de faire leur debvoyr en Testât où ilz sont 
employez. Et de rechief tant qu'il m'est possible je vous en prye, et ce 
faisant, oultre l'obligation qu'il en recepvra de vous, ce ne me sera 
pas peu faict de plaisir que recongnoistray en tout ce qu'il vous plaira 
m'employer... 

« De Yenize^ ce \iV jour de mars mil v^'xli. » 
Vol. 2, f" 298, copie du xvi'' siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER A M. DE SAINT-IHLAIRE ' . 

362. — [ Venise]^ 9 mars i 542. — « Monsieur de Sainct-Hillaire, il me 

1. Antoine lUicelli, seigneur de la Moisson el de Saint-llilaire, maître des comptes 
à Montpellier, est mentionné à cette époque par le P. Anselme (t. II, p. 1.3G); d'autre 
part, le Cat. des actes de François l" (t. IV, p. 615, n° 13,872) mentionne les provi- 
sions d'un office de conseiller en la chambre des comptes de Montpellier accor- 
dées, par lettres données à Saint-Germain-en-Laye, le 26 mai 1343, à Guillaume de 
Bucelly, seigneur de Saint-Hilaire, sur la résignation de Louis de Lauselergie, 
nommé conseiller lai au Parlement de Toulouse. Il s'agit probablement de ce 
dernier, qui parait avoir rempli à Rome les fonctions de secrétaire auprès de 
Georges d'Armagnac. 



1 



[mars 1542] GUILLAUME PELLICIER obo 

desplaist grandement de la malladyc de M. de Rodez, auquel pour ne 
raltédier ne fâcher n'envoyé mes lettres, sçaichant combien cela est 
odieux et nuysant à ung mallade; comme vous-mesmes m'escripvez les 
médecins luy avoyr défendu le négotier, ne m'estendray à luy faire 
entendre les nouvelles que nous avons icy, mais bien à vous, estimant 
que si congnoyssez qu'il soyt en disposition de les luy comunicquer, 
que ne fauldrez à ce faire; c'est que par lettres de Gennes on est 
adverty que, etc. '. » 

Vol. 2, fo 298 V", copie du xvi'^ siècle; 1/4 p. in-f». 

PELLICIER AU ROI 2. 

363. — [Venise], 10 mars 1542. — « Sire, ancores qu'il soyt bien 
vraisemblable que le seigneur capitaine Polyn [soyt] pour arriver vers 
vous avant la réception de la présente, attendu le raport que m'en ont 
faict ceulx qui l'ont conduyct jusques au lac d'Isée, lesquelz sont icy 
de retour, ce néant moings ne lairray à vous dire que pour le brief 
temps que ces Seigneurs eurent de mettre ordre à la seureté de son 
passage par leurs terres, qu'il a trouvé meilleure et plus forte scorte 
qu'on ne s'attendoyt. Laquelle l'a conduict, sçavoyr est les gens de 
cheval jusques au lac d'Isée, et deux cens arquebuziers jusques aux 
confins de leur estât, de sorte qu'on peult certainement espérer qu'il 
parachèvera seurement son voyaige jusques à vous. Despuys le parle- 
ment duquel de ceste ville, ces Seigneurs ont receu lettres de Constan- 
tinople, du xix° jour de janvier, par lesquelles ont entendu que Janus 
Bey ne pourroyt partyr dudict lieu de quinze jours après : qui pour- 
royt estre environ le premier jour de febvrier, attendant que le baille 
de ces Seigneurs y fust arrivé pour avoyr son présent, ou bien entendre 
où c'est qu'il le pourroyt rencontrer par les chemins. Et que, entrant 
l'armée dé Barberousse au destroict, survint une très grande fortune ^, 

1. La minute n'en dit pas plus long; sans doute s'agit-il des événements dont il 
est question dans la dépèche suivante adressée au roi. 

2. <• Par Beltraraeo, souldard de Turin. » — « Escript cedict jour à la reine de 
Navarre, à M. de Thulles, à M. le bailly d'Orléans, à la Roche, à sire Laurens 
Charles, et au solliciteur de M. de Montluc; dont de tout n'en fut faicte minute. >■ 

Jean de Montluc, frère puîné du maréchal de France Biaise de Montluc, né vers 
1503, mort à Toulouse le 13 avril 1570. Dominicain, aumônier de Marguerite de 
Navarre, évèque de Valence (1553), il est qualifié en 1538 de protonolaire et de 
chambrier du pape; en 1542 d'abbé de Haute-Fontaine. François r' lui confia une 
mission dans le Levant en août 153G, puis l'envoya comme résident à Rome de 
juin 1538 au 30 octobre 1542, date à laquelle il dut aller prendre les mêmes fonc- 
tions à Venise en remplacement de Pellicier (V. B. N., ms. Clairambault 1215, r'76 
v°, 77, 77 v°, 7<J et 80). 

En 1572, Jean de Montluc fut encore chargé par Catherine de Médicis d'aller 
préparer en Pologne l'élection du duc d'Anjou (V. Ph. Tamizey de Larroque, 
Notes et documents inédits pour servir à la biographie de Jeun de Montluc, Paris, 
Aubry, 18(38, in-8° de 84 pp.). 

3. Tempête. 



o56 AMBASSADE DE [marS 1542J 

de sorte qu'il se perdyt quatre gallères sans que l'on en peult jamais 
veoyr aucune chose, ethuict furent très mallraictées et presque ruinées 
du tout. El que le Grand Seigneur debvoyt partyr pour venir en 
Ândrinopoly pour donner ordre à ce qu'il voulloyt estre faict ceste 
année tant par mer que par terre. 

« Sire, avant le partement du seigneur PietroStrozzi de ceste ville pour 
aller à Rome, advisâmes ensemble estre bon de mettre le meilleur 
ordre aux choses de Marran que avons peu adviser; et pour ce faire 
avons mandé à ceulx qui sont dedans instructions et mémoyres pour 
se gouverner selon vostre volunlé, avecques la moindre despence qu'il 
sera possible. Au quel lieu n'a rien esté faict digne de vous faire 
sçavoyr dospuys les miennes dernières que ay escriptes à V. M. du 
xxp du passé. Dont ne vous diray aultre synon que le lieu s'en va de 
jour en jour, par ceulx qui sont dedans suyvant les instructions et 
mémoyres que leur en avons mandez, munissant et fornissant, de sorte 
que dedans peu de temps, tant pour la situation du lieu que pour les 
réparations et fortifications que l'on y faict à peu de despence, comme 
ilz m'escripvent, se pourra tenir la plus forte place à moindres fraiz, 
et portant plus de commoditez que nulle autre qui soyt par deçà. J'ay 
receu ung pacquet dudict seigneur Strozzi, escript à Fran[cinati] co * le 
xxvi" dudict moys, me faisant entendre comme le lendemain il espéroyt 
arriver à Rome, ainsi que j'estime qu'il vous faict sçavoyr par la sienne 
que vous envoyé présentement. 

« Sire, ces Seigneurs ont eu lettres de Spira % de leur ambassadeur 
près du roy Ferdinando, par lesquelles ont entendu que, nonobstant 
les remonstranccs et exhortations que a faictes M. le chancellier 
d'Alençon ^, de leur part, en ce pays là, de non voulloyr inviter le 
Grand Seigneur ne faire aucune provision pour l'offension, mais bien 
pour leur deffension, qu'ilz ont délibéré se préparer pour ladicte offen- 
sion; et que, pour la diette de Spira, l'on pourra tirer ung million 



1. Francinatico? petite localité située au sud de Bologne, à 300 kilomètres environ 
de Rome. La distance toutefois paraît bien considérable pour avoir pu être franchie 
en deux journées à peine. 

2. La diète de Spire, où Charles-Quint avait chargé Jean de Naves de convoquer 
les États de l'Allemagne. 

3. François Olivier, chevalier, seigneur de Leuville, né à Paris en 149", mort à 
Amboise le 30 mars 15G0. 

Maître des requêtes de l'hôtel depuis le 16 janvier 1336, après s'être acquitté 
déjà de plusieurs missions diplomatiques importantes, il avait été envoyé, par 
lettres données à Fontainebleau, le 25 décembre 1341, pour représenter le roi à 
la diète de Spire. 

Il était accompagné dans celte ambassade par Africain de Mailiy, chevalier, baron 
d'Escots, seigneur de Yilliers-les-Pots, bailli de Dijon depuis le 6 juillet lo37, mort 
vers 1550; etMorelet du Museau, seigneur de Bourjan (B. N., ms. Clairambault 1215, 
i" 19 V). 

François Olivier remplissait alors les fonctions de chancelier de Marguerite de 
Navarre, pour son duché d'Alençon; il dut plus tard à la protection de cette pria- 



[mars 1542J GUILLAUME PELLICIER 557 

et cincquante mille reines'. Et par celles de Praga, que le pays de 
Bohémye donnera pour troys années par chacun an xx"» chevaulx et 
quarente mil hommes de pied : encores espéroyt l'on d'avoyr tout ce 
numbre là desdictes troys années présentement, et qu'il seroyt faict 
un excercite très puissant pour aller contre ledict Grand Seigneur. 
Bien estoyt vray qu'il n'y avoyt poinct de chef de bon gouvernement; 
dont l'on tenoyt propos de y mander et conduyre le seigneur Stephano 
Colonne. 

« Sire, par lettres de Gênes l'on entend que là estoyt arrivé quelque 
personnage d'Algier qui eu estoyt party le 26 janvier; lequel avoyt 
raporté que ceulx de là avoyent pesché et retiré hors de la mer six 
gallères et cent vingt pièces de grosse artillerye de bronze de celles 
qui y estoyent demeurées de l'armée de l'empereur. Lequel, ainsi que 
l'on entend, a délibéré y faire ancores l'entreprinse ceste année aux 
despens de l'Espaigne, laquelle, pour cest effect, faict grosses répara- 
tions. L'on entend aussi qu'à Evissa- ceulx dudict Algier, avec deux 
gallères, avoyent prins une nef biscaye ' dedans laquelle estoyent troys 
ou quatre cens Espaignolz, qu'ils appellent buongne^ qu'ilz entendent 
gensdarmes uouveaulx non ayans jamais esté en guerre, lesquels 
venoyent en Itallye *. Et que estant allé ung gentilhomme de Gennes 
visiter le gros galion de André Doria, le feu s'estoyt prins en la pouldre ^ 
qui avoyt bruslé ledict galion et ledict gentilhomme. Je pence que 
V. M. aura bien entendu que la femme dudict Doria, ayant hosté et 
emporté tout le plus beau de son meuble, s'est retirée de luy ^; de quoy 
et des autres advantures qu'il a eues despuys qu'il commença le 
voyage d'Algier a tel desplaisir et fascherye que l'on entend icy qu'il 
est tumbé mallade, et le tient l'on pour cy après indisposé et inhabille 
à faire rien qui vaille, car, comme l'on dict, il ne faict plus que resver '. 

cesse d'être «pourvu des charges de président au Parlement de Paris (12 juin 1543) 
et de chancelier de France (18 avril 1545). 

Le 30 mars, Pagel annonce à son maître que le chancelier d'Alençon a quitté 
l'Allemagne pour revenir à Paris, où son arrivée est prochaine (State papers, 
vol. yill, p. G97). 

1. Écus d'or du Rhin, monnaie d'Empire. 

2. Iviça, VEbustis des anciens, la plus occidentale des îles Baléares. 

3. De la province de Biscaye. 

^. Bisonr/ne, de l'italien bisogno, recrue, jeune soldat. Nom donné par les Italiens 
aux recrues espagnoles qui arrivaient souvent presque nues en Italie, et forçaient 
ceux des habitants qu'elles rencontraient de se dépouiller pour les vêtir, en allé- 
guant le mot de " nécessité », qui devint pour elles un sobriquet (Sismondi, Histoire 
des re'publiques italiennes. — V. aussi Calendar of state papers, Venetian, 1527-1533, 
p. 169, et la nouvelle de Cervantes, El iicenciado Vidriera). 

5. Dans la sainte-barbe. 

6. Peretla Cibo, nièce du pape Innocent VIII (le Génois Gian-Battista Cibo), femme 
d'Andréa Doria. Ses appartements, dans le somptueux palais de Fassuolo, à Gênes, 
avaient été décorés avec un soin et un luxe tout particuliers (V. Ed. Petit, André 
Doria, p. 138). 

7. Charles-Quint s'eiïorça de compenser les pertes éprouvées par le grand amiral 



558 AMBASSADE DE l'ours lb42j 

« Sire, estant journellement requis et solicité instamment d'aucuns 
personnaigcs vous faire entendre le désir qu'ilz ont de vous faire 
service, attendu mosmement qu'ilz disent estre temps de sçavoyr et se 
résouldro quel party ilz auront ù, tenir, m'a semblé pour le debvoyr de 
ma charge ne pouvoyr faire de moings que de vous advertyr de ceulx 
qui me samhlent estre les plus suffisans et aptes pour ce faire; comme 
feray à présent du seigneur Rodolphe de Gonzagues, lequel n'ay 
sceu tant retenir par mes lettres que luy escripvoys, respondant aux 
siennes qu'il me mandoyt ordinairement, que ne me soyt venu trouver 
pour me déclairer ancores plus eficacement et vivement le désir qu'il 
a de se employer et les moyens pour ce faire, lesquelz il estime V. M. 
pourra avoyr entenduz par le feu seigneur Cézar Frégoze, qui luy 
avoyt donné grande espérance de l'apoincter avecques V. M. Et se 
persuade que s'en venoyt garny de quelque provision laquelle il pence 
que son oncle le seigneur Loys de Gonzagues luy délient : dont sup- 
plyons V. M. luy faire entendre vostre volunté. Et, comme j'ay entendu, 
il a moyen de faire en peu de jours une levée de mil et cinq cens bons 
souldars, et si a quelques places qui en temps et lieu seroyent pour 
donner grandes comoditez, et mesmement Lusara pour estre voysin au 
Pau ' et en trépied - de plusieurs terres comme de la Mirandola, Cré- 
monne, Bresse ^ et autres villes de ceste Italye, de sorte que s'il plaisoyt 
à V. M. que l'on tentast quelque entreprinse dont l'on m'a parlé, 
attendu qu'il n'y a pas grande espérance en celle de Crémonne, il y 
panseroyt grandement servir et aider. C'est, Sire, comme sçavez très 
bien, que les plus grandz forces de l'empereur viennent de ceste Italye 
et des Allemaignes, le manyement dcsquelz et tout le commerce qu'il 
al'ung avec l'autre passer par Trante; dont ce ne luyseroyt pas peu de 
destourbier qui pourroyt empescher ce passaige. Or est-il que l'évesque 
de Trente en est seigneur spirituel et temporel, lequel doibt partyr de 
brief pour s'en aller faire le raport de la responce qu'il a eue de son 
ambassade qu'il est venu faire icy, pour l'affaire de Marran, au roy 
Ferdinando, où il s'esloingnera et mettra quelque temps pour avoyr 
long chemin à faire, qui est jusques à Vienne. Dont cependant, pour 
la petite garde qu'il y a, et le peu de vigillance que l'on y faict, ainsi 
que M. Darramont mesmes, qui est sur le lieu, l'ayant très bien visité 
et examiné, m'a dict, cela ne seroit pas impossible à faire; d'aultant 

génois en le comblant des marques de sa faveur. Il le nomma protonolaire du 
royaume de Naples, en allachant à sa charge une rente de 3,000 écus à prélever sur 
les offices fiscaux du pays. Peu de temps après, il lui fit don du marquisat de Tursi 
en Basilicate. 

Déjà antérieurement, Doria avait été gratifié, entre autres présents, de la princi- 
pauté de Melfi, confisquée sur Giovanni Caracciolo, passé au service de la France. 

1. Luzzara, place du duché de Parme située à 7 kilom. de Guastalla, près de la 
rive droite du Pô. 

2. Support, soutien. ' • 

3. Brescia. 



[mars 1542] GUILLAUME PELLICIER 559 

qu'il est à ung prebslre jeune homme et peu pralicque, lequel tire de 
ladicte évesché environ de trente-cinq à quarentemil escutz de revenu, 
dont une bonne partye ainsi que j'entendz se tire dudict Trente et 
lieux dépendans d'icelluy. Par quoy se y pourroyt l'on bien entretenir 
sans qu'il vous fust de grand coust; et si ladicte ville est aussi mar- 
chande et de grand commerce que nulle auUre qui soyt en ce quartier 
là, et si est, après l'avoyr prinse, moyennant le bon ordre et provision 
que l'on y donneroyt, de telle défence, qu'on ne auroyt à craindre 
qu'elle fust reprinse par force, ainsi que me suys bien enquis. Par quoy, 
Sire, s'il vous plaist que Ton tente l'affaire, il vous plaira m'advertyr 
de vostre vouUoyr et de la responce que j'auray à faire audict seigneur 
Rodolphe de Gonzaigues. 

« Monsieur Darramont et moy sommes attendans quelques person- 
naiges que nous espérons estre yci brief, sans lesquelz ne peult bon- 
nement tascher de mettre à excécution l'entreprinse dont il vous a 
parlé; laquelle, si comme nous avons bonne espérance, vient à heureuse 
yssue, et que celle de Trente eust aussi bon succez, empescheroyt les 
passages ordinaires des Grisons et d'Allemaigne à l'empereur. Car il 
n'y en a poinct d'aultres, au moings qui soyent aisez et comodes, que 
celluy de Marran qui est desjà en vostre puyssance, et de rechief. Sire, 
je vous supplye m'en faire sçavoyr vostre volunté le plus toust qu'il 
sera possible. 

« Sire, il y a aussi le seigneur Robert Mallatest, de Rymyny ^ qui 
m'a pryé fort instamment vous faire entendre la servitude qu'il porte 
à V. M. En signe de quoy n'aura esgard à l'appoinctement qu'il a de 
cez Seigneurs, qui est de cent chevaulx légiers à la boux'guignonne, à 
deux pour lance, et deux mil deux cens escutz par an de provision, ne 
pareillement au long service que ses parens ont tousjours faict à ceste 
Seigneurye, mesmement son père qui mourut conducteur d'icelle 
contre l'empereur Maximilian, et le père de son père ' moureut aussi 
leur capitaine général; qu'il ne laisse leur service, toutesfoys etquantes 
qu'il vous plaira l'accepter au vostre, auquel se faict fort de conduyre 
deux cens chevaulx légiers et mil hommes de pied, tous Italiens, très 
bien en ordre et d'armes et de chevaulx, et très bien excercitez à la 
guerre. Dont s'il vous plaira. Sire, que luy soyt faict aucune responce, 
je vous suplye la voulloyr faire entendre telle que vouldrez que luy 
soyt faicte. Quant à son appoinctement et provision, il s'en remect à 
V. M., estimant bien qu'elle luy sera faicte d'aultantplus advantageuse 
qu'il ne l'a de ces Seigneurs que vostre libéralité et générosité est 
grande et que congnoistrés sa suffisance le mériter. 

1. Roberto Malatesla. de Rimini. 

2. L'aïeul, Pandolfo III, avait vendu Rimini aux Vénitiens; il laissa un fils, Pan- 
dolfo IV, qui, rentre dans celte ville (1522), en fut chassé définitivement quelques- 
années plus tard (1328). Rimini resta depuis sous la domination du pape. 



560 AMBASSADE DE [.MARS 1542] 

« Sire, depuys avoyr achevé la présente est arrivé cclluy que avoys 
mandé à Raguse porter le dernier pacquet que V. M. escripvoyt au 
seigneur capitaine Polyn, ainsi que vous ay escript; lequel M. l'arce- 
vesque de Raguse a mandé k messire Vincenzo Maggio, m'escripvant, 
Sire, par sa lettre du xxiii" jour de febvrier, que à deux jours de là 
Ton attcndoyt Jannus Bey. Par quoy, si ainsi estoyt, ne tarderoyt plus 
guères à arriver en ceste ville : dont je ne craindray à vous recorder 
et suplier, si V. M. a volunté d'envoyer icy quelque personnaige pour 
négotier avecques ces Seigneurs, que le plus toust seroyt le meilleur, 
et seroyt bezoing qu'il fust de telle estime et autorité, qu'il donnast 
réputacion à l'affaire; car, ainsi que l'advis de voz meilleurs serviteurs 
qui sont icy est, il ne s'en pourroyt que trop mieulx porter. » 

Yol. 2, f° 299, copie du xvi'' siècle; 5 pp. 1/2 in- T. 

l'ELLICIER A l'amiral CHABOT ET A M. D'ANNEBAULT '. 

364. — [¥6/11861, 10 mars i 542. — « Monseigneur, vous aurez peu 
veoyr par les lettres que je rescripvis au roy le xxp du passé, comme 
M. Deschenetz et ceulx qui sont à Marran., considérans estre grande- 
ment à propoz, pour la défension de la ville, debvoyr faire ung bastil- 
lion sur la bouche du port, — par le moyen duquel icelluy est peut-estre 
mieulx et plus seurement gardé avec cent et cinquante hommes que 
sans icelluy avec deux cens cinquante, d'aultant qu'il eust peu défendre 
le cousté de la marine, de sorte que l'on n'eustpeu approcher de ladicte 
ville que par ung passaige par terre bien estroict, pour estre environné 
de marécages tout autour, — avoyent commencé à y en faire ung, que 
estoyt jà presque achevé, avec peu de coust comme ilz m'ont escript, 
à cause que le boys ne leur coustoyt rien. Et ce avoyent-ilz faict 
d'aultant plus hardyment, pour ce que le lieu où il estoyt assis est de 
la jurisdiction dudict Marran, comme appert par informations que en 
a faict faire ledict seigneur Deschenetz. Toutesfoys ces Seigneurs, 
nonobstant quelques remonstrances et offertes que le seigneur Strozzi et 
moy leur ayons faictes de la part de S. M., n'ont failly à mettre à exécu- 
tion leur part qu'ilz avoyent prinse en pregay, pour le faire ruyner et 
deffaire; et de faict y ont mandé le seigneur conte Jullio de Monte- 
Vechio avecques de leurs gallères et barques. Dont, n'y trouvant poinct 
de résistance, pour avoyr ledict seigneur Deschenetz faict retirer tous 
ceulx qui y estoyent, suyvant advertissement que nous luy avions 
donné, qu'il eust à supercéder de continuer à faire bezongner audict 
bastyon, estimans aussi que l'intention du roy n'estoyt qu'on despleust 
à ces Seigneurs pour ceste matière, ledict seigneur comte le feist 
desmolyr et ruyner de tout. De quoy. Monseigneur, vous ay bien 

1. «A monseigneur l'Admirai et d'Annebaull. » 



[mars 1^42] GUILLAUME PELLICIER 5G1 

voullu advertyr affin que s'il advenoyt ce qu'on veoyt ordinairement, 
— que ceulx qui sont les plus coulpables, pour faire trouver leurs 
raisons bonnes, se vont plus premiers excuser et accuser ceulx qui ont 
le meilleur droict, comme pourroyt faire leur embassadeur près de 
S. M. de leur part, — vous entendiez et sçaicbez la vérité, pour en 
pouvoyr parler et respondre, ainsi que vostre singullier et bon juge- 
ment sçaura trop mieulx que ne pourroys pencer, et le faire sçavoyr 
au roy si voyez que bien soyt. Vous advisant, Monseigneur, que 
despuys que ces Seigneurs entendirent la déclaration du roy de ne 
voulloyr accepter Marran, je les ay trouvez merveilleusement changez 
et retirez de la faveur qu'ilz y faisoyent, mais encores plus despuys 
que le seigneur Strozzi et moy leur avons entièrement déclairé et faict 
entendre son intention. Pareillement sont en bien grand peine et 
doubte pour l'incertitude de la cause de la venue icy de Janus Bey, 
et vont chascun jour discourans quelle elle peult estre; dont les ungs 
disent que c'est pour leur demander passaige, pour faire passer par 
sur leurs terres ung bien grand nombre de chevaulx pour venir en 
Itallye, les aultres que c'est pour inciter de les faire amys de l'amy et 
ennemis de l'ennemy, et les aultres que c'est pour se tenir icy ordi- 
nairement pour veoyr et entendre comme passeront les affaires de la 
crestienté, et de quel pied ilz clocheront, afin d'en advertir ordinai- 
rement le Grand Seigneur : chose certainement qui les tient en grand 
trouble et perplexité, de sorte que là, entre eulx, ont disputé pour 
regarder et adviser de longue main quelle responce ilz auront à luy 
faire sur chascun de ces poinctz, s'il venoyt à les leur proposer. Si j'en 
puys rien entendre, je ne fauldray à vous en advertir au jour la journée. 

« Monseigneur, encores que j'escripve au roy touchant aucuns per- 
sonnaiges qui désirent grandement estre à son service, et mesmement 
des seigneurs Rodolfede Gonzagues et Robert Malateste de Ryminy, ce 
néantmoings ne lairray encore à m'en adreysser à vous, comme à 
celluy que en telz affaires l'on doibt espérer plus que de nul aultre, 
vous supliant doncques. Monseigneur, les avoyr pour recommandez; 
car, ad ce que ay peu entendre, ilz sont personnaiges pour faire en 
temps et lieu de bien bons services à S. M., la voulunlé de laquelle il 
vous plaira me faire sçavoyr, afin que je sçaiche quelle responce j'auray 
à leur faire. 

« Monseigneur, pour la grande dificulté qu'il y a de présent à faire 
tenir mes lettres et pacquetz à Thurin, il vous plaira ne trouver 
estrange si quelquefoys ilz sont ung peu tardifz; car je suys le plus 
souvent constrainct les retenir troys ou quatre jours despuys qu'ilz 
sont escriptz, pour ne trouver messagiers seurs quasi personne qui 
veuUe entreprendre le chemin, pour les dangiers qui y sont. Dont le 
plus souvent les messagiers, ainsi qu'ilz me disent, sont contrainctz 
demourer troys ou quatre jours davantage d'icy la Prévèse, destourner 
Venise. — loiO-1542. 36 



")Ù2 AMBASSADE DE [mâKS 1;)42J 

de la droicle voyc, et attendre en quelques lieux le jour et heure qu'il 
faict plus seurement passer. Par quoy vous plaira, Monseigneur, n'at- 
tribuer la faulte, si ne les recepvez si toust que je vouldroys, à aucune 
négligence ne faulte de bon voulloyr, et m'en avoyr pour excusé 
envers le roy et vous, Monseigneur », etc. 

Yol. 2, fû 301 v°, copie tlii xvi= siècle; 2 pp. 1/2 in-f'\ 

PELLICIER A M. DE LANGEY*. 

365. — []'e)iise'], 10 mars 1542. — Pellicier y donne les nouvelles 
déjà contenues dans sa dépêche au roi, datée de ce jour. 

« Monsieur, j'ay toujours retenu le présent porteur jusques à ceste 
heure, pour aultant que n'avons poinct icy messagiers qui soyent seurs 
ni en qui on se doibve fier pour porter lettres, et davantaige encore à 
bien grand difficulté en pourroyt l'on trouver qui voulsissent mainte- 
nant entrcprandre le voyage; par quoy je vous prye l'avoyr pour 
escusé s'il a tant arresté en ceste ville, et que pour ceste cause on ne 
face aucune diliculté de luy bailler sa paye accoustumée; car, comme 
sçavez trop miculx, il n"a pas faict moings de service au roy que eust 
faict à faire la sentinelle à Thurin. » 

Vol. 2, r 302 v°, copie du xvi° siècle; i p. in-f'. 

PELLICIER AU CAPITAINE POLIN. 

366. — [Fc?îwe], 10 mars 1542. — Après avoir communiqué à 
Polin les nouvelles de Constantinople mentionnées au cours des 
dépêches précédentes, Pellicier lui recommande instamment de s'entre- 
mettre avec sa « dextérité acoustumée » pour le choix et l'envoi le plus 
prompt possible du négociateur chargé de traiter avec Yuniz-Bey, dont 
la venue parait imminente. 

Vol. 2, f" 303, copie (luxvP siècle; 1 p. in-r. 

PELLICIER A M. DE RODEZ. 

367. — [^Vemse], 15 mars 1 542. — « Monsieur, j'ay esté bien aise 
d'entendre par vostre lettre du cincquiesme de ce moys comme, grâces 
à Nostre-Seigneur, estiez du tout délivré de ceste fiebvre et retourné en 
bonne sancté, en laquelle je le supplye vous voulloyr mainctenyr et 
garder longuement. Je m'estoys retenu jeudy dernier de vous escripre 
suyvant ce que vostre serviteur m'avoyt escript que le négotier vous 
estoyt défendu par les médecins. Toulesfoys je ne vouUuz laisser luy 
faire entendre ce peu de nouvelles que avions lors icy, pour vous les 

1. "Et en son absence à M. de Termes. » 



[mars i542] GUILLAUME PELLICIER 563 

communicquer s'il veoytque bien fust. Despuys lesquelles n'est presque 
survenu icy chose qui mérite Tcscripre; et si ay receu lettres de France, 
mais les meilleures nouvelles que vous en puysse dire est la bonne 
santé du roy et de toute sa court, Dieu mercy, et comme le messagier 
qui m'a aporté les lettres avoyt rencontré à Tarrare ' le seigneur cap- 
pitayne Pollyn. La venue duquel, ainsi que je puys entendre, sera fort 
agréable au roy, bien que ne sçaiche particullièrement les causes ne 
raysons de son voyaige si bien que vous, pour les avoyr entendues de 
Nostre Sainct Père qui, ainsi que m'escripvez, en sçayt parler aussi 
avant que s'il eust leu les instructions dudict seigneur capitaine Polyn. 
Quant est de Janus Bey, M. Tarcevesque de Raguse m'a escript, le 
xxiii^ du passé, que de là à deux ou troys jours il y debvoyt arriver. 
Dont, si ainsi estoyt, ne pourroyt plus guères tarder à estre en ceste 
ville ; lequel, s'il faisoyt le semblable qu'il feist au seul signe de la 
croyx en l'an xxxvi, ne seroyt poinct doncques chose nouvelle, mais 
comme vous dictes il n'y a que Dieu seul qui saiche ce qui en ad- 
viendra. L'on verra que ce sera; et ce pendant, vous diray que j'ay 
faict tenir vostre pacquet à M. Deschenetz, lequel, ainsi que j'entendz, 
ne cesse de jour en jour de bien munir et fortiffier Marran, de sorte 
que semble que luy et ceulx qui sont dedans ayent voulloyr de le 
garder contre qui se veuille, et moy, despuys qu'il a pieu au roy faire 
déclaration de son voulloyr, ne m'en empescher plus et leur en laisser 
faire... » 

Vol. 2, f° 303 V, copie du xvi° siècle; 1 p. 1/4 in-f". 

PELLICIER A M. DE TERMES. 

368. — [Venise], 19 mars 1542. — « Monsieur,... par ung brigantin 
venu icy en quinze jours de la Caura de Candie, cez Seigneurs ont esté 
advertiz que là estoyt arrivée une nef venant freschement de Constan- 
tinople, qui raportoyt pour certain que le Grand Seigneur faysoit 
mettre en ordre la plus grosse armée que onques feist, et en la plus 
grande diligence qu'on veid jamais... ^ » 

Vol. 2, f'^ 304, copie du xvi'^ siècle; 1/3 p. in-f". 

PELLICIER AU ROI. 

369. —[Venise], 20 mars i 542. — u Sire, despuys les dernières 
que vous ay escriptes du dixièsme de ce moys, desquelles, à l'acous- 
tumée, vous envoyé le double, est arrivé icy messire Dominique 
Arriane^ qui m'a donné celles de V. M. que ne failliz le lendemain 

■1. Tarare. 

2. V., pour les détails complémentaires, la dépêche suivante, adressée au roi. 

3. Domenico Arriano di Ferrara. 



564 AMBASSADE DE [mARS 1342] 

aller communicquer à coz Seigneurs et Icui' faire très bien entendre le 
contenu quant à Marran, et le plus eficacement que je peux l'amour et 
alTection que V. M. a tousjours portée et porte à leur estât. Chose, Sire, 
qui sembla à voz meilleurs serviteurs qui sont icy venir le mieulx à 
propox du monde, car jà ainsy qu'on povoyt congnoystre estoyent 
entrez en quelque combustion et trouble, ayant esté advertiz par 
aucuns malings que ceulx dudict Marran avoyent mandé vers Morat 
Vayvoda, voyre jusques au Grand Seigneur, pour luy bailler ladicte 
ville; ce que n'euz peine de rabatre et faire très bien entendre le con- 
traire, les asseurant de vostre part, en tant que V. M. avoyt puyssance 
sur ceulx qui estoyent dedans, qu'il n'en seroyt jamais disposé sinon 
tout ainsi qu'ilz congnoystroyent estre à leur plus grand advantaige. 
Et plusieurs aultres propoz leur dictz, que ne m'estendray à vous 
référer aultrement; mais bien vous diray qu'ilz feirent démonstration 
en estre merveilleusement satisfaictz. Despuys M. Deschenetz manda 
icy vers eulx le capitaine Pamphille pour leur faire entendre en pre- 
mier lieu l'affection que ledict seigneur Deschenetz et tous ceulx qui 
sont dedans avoyent de faire en tous endroitz choses qui leur feussent 
agréables, les priant voulloyr les accepter pour bons voysins et amys; 
et au surplus faire restituer une barque avec quelque numbre de hac- 
quebutes*, faulconneaux, esmerillons^ allecretz et aultres telles choses 
que leurs officiers avoyent retenu aux chasteaulx de ceste ville; et 
pareillement délivrer les barquiers'qui estoyent dessus, qu'ilz avoyent 
détenuz prisonniers. Sur quoy ayant faict pregay, a esté résolut et 
conclud que lesdictes choses estans de contrebande et tirées de ceste 
ville contre l'ordonnance faicte sur ce, seroyent confisquées. Et ainsi 
ont faict responce et renvoyé ledict capitaine Pamphille, chose que, 
comme puys entendre, est prouvenue d'aultant que l'on ne se ose 
déclairer par V. M. ne démonstrer en cest affaire, et que l'ambassadeur 
de l'empereur, au nom de son maistre, y a faict aultant son pouvoyr à 
faire déclairer ladicte confiscation que si ce fust esté pour le recouvre- 
ment total de Marran. Et semble bien que, à faulte de ce que dict est, 
ladicte chose ayt esté faicte; car en ce que j'ay démonstré défendre 
et patrociner ledict affaire touchant la barque qui avoyt par nous esté 
achaptée dès le commancement, et les barquerolz loués par moys, 
depuys baillez à ceulz de Marran, ne debvoyent estre comprins soubz 
ladicte bande ; car aultrement la coulpe proviendroyt de moy, pour 
avoyr respondu ausdictz barquiers de tous dommaiges et intérestz que 
leur pourroyt advenir. Cez Seigneurs ont eu tel esgard, et montré tant 
d'eficace, qu'ilz n'ont failly à nous faire rendre ladicte barque et bar- 

1. Sorte d'arquebuse 1res pesante. 

•2. Émerillons, sorte de canons qui avaient trente-sept calibres de longueur, mais 
ne liraient que dix onces de fer, ou quinze de plomb. 
3. Bateliers. 



[mars 1542J GUILLAUME PELLICIER o6d 

querolz, et croys bien, ainsi que on me donne espérance, que ilz ne 
fauldront secreltement à rendre le tout avecques le temps. 

« Sire, estant retorné Messire Jehan Francesco Guignier', mandé 
puys naguères par monseigneur le duc d'Urbin vers V. M., m'est venu 
trouver; lequel, après m'avoyr racompté les propoz qu'il vous a tenuz, 
m'a asseuré de la part dudict seigneur duc que vous estiez jà patron 
del siio anhno, et que avec le temps seriez de la personne; ainsi que, 
advienne l'occasion et lieu, on congnoystroyt par efect. Bien estoyt 
vray que à présent, estant obligé et lyé encores au service de cez Sei- 
gneurs jusques au moys d'octobre prochainement venant, ne pourroyt 
personnellement ne apertement en faire démonstration, me offrant 
toutesfoys cependant, si j'avoys affaire de gens ou aullres choses qu'il 
peult pour vostre service, que en l'en adverlissant ne fauldroyt à se y 
employer de très bon cueur. Et que jà il avoyt donné charge à son 
ambassadeur qui est yci d'adviser les meilleurs moyens qui luy seroyt 
possible pour se retirer avec doulceur et bonne grâce de ces Seigneurs, 
ainsi qu'il me dist V. M. le trouver bon et luy avoyr conseillé. Ce néant- 
moings ne suys d'advis passer oultre sans vous dire là dessus que 
ledict ambassadeur, ces jours passez, a esté par plusieurs foys devers 
cez Seigneurs pour tascher par parolles couvertes venens de loing 
qu'ilz entendissent que là et quant ilz ne feroyent son maistre leur 
général, qu'il prcndroyt vostre party, lequel luy estoyt non moings 
advantaigeulx et honorable que ledict estât de général. Je ne sçay si à 
présent il désistera de le poursuyvre plus, me disant davantaige ledict 
Guignier que son maistre voulloyt donner charge au seigneur Jehan 
Francesco Valleryo, abbé de Sainct-Pierre le Vif, s'en allant devers 
vous, vous faire entendre mieulx sa volunté et conclure sur ledict 
affaire. Lequel seigneur Valleryo, m'estant venu veoyr, entre auUres 
propoz que nous eusmes ensemble, parlant de la comodité des services 
que V. M. pourroyt recepvoyr dudict seigneur duc, et réciproquement 
du bien et commodité que icelluy seigneur pourroyt avoyr, estant à 
vostre service, me dist que luy sembloyt que si ledict seigneur duc 
estoyt général de cez Seigneurs comme estoyt son feu père, que en cest 
endroict vous en pourroyt faire beaucoup plus que ne feroyt avec vous. 
Je ne sçay par quel esperyt il me disoyt cela; si est-ce que je luy feiz 
confesser qu'il y avoyt telle difficulté audict duc de parvenir général 
que n'estoyt presque chose despérée, estant mesmement cez Seigneurs 
avertiz par leur recteur - de Véronne que les seigneurs Camillo et Val- 
lerio Vosins, conductiers de ces Seigneurs', estoyent venuz vers luy, 
luy disant que ledict seigneur duc d'Urbin estoyt telle personne et 
prince qu'ilz ne le debvoyent laisser perdre pour chose du monde, et 

i. Ghinieri? 

2. Le recteur ou gouverneur vénitien de Vérone. 

3. Camillo et Valerio Vicini? condotlisri au service île la république de Venise. 



566 AMBASSADE DE [MARS 1342] 

que d'eulx comme parlicuUiers luy voulloyent faire tout l'honneur et 
recongnoyssance appartenent à un tel prince; mais que en matière de 
chose de guerre et de bon souldard, ilz n'entendoyent que ne luy ne 
autres leur deussent estre préférez auprès de ces Seigneurs. Dont, 
quant ilz le vouldroyent faire général, ilz prenoyent dès lors avec tous 
leurs adhérens congé de ceste Seigneurie. De quoy le pryèrent instam- 
ment voulloyr de leur part advertir cesdictz Seigneurs, vous advisant, 
Sire, que j'entends que ces Seigneurs sans bien grand cause ne lairront 
aliéner d'eulx la case vosine pour estre chefz de la part guelfe, laquelle 
ces Seigneurs tiennent, et avoyr eu long service d'icelle case, mes- 
mement desdiclz seigneurs. Et sur ce propos, Sire, vous diray comme 
y a quelques moys que avoys escript à V. M. le désir et affection que 
le seigneur Paulo Voysin, lilz dudict seigneur Camille ', avoyt d'estre 
à vostre service; sur quoy, ne sçaichant la voullunté du père, et aussi 
craignant qu'il deust muer de volunté, m'estoys retenu vous en ramen- 
tevoyr autrement; mais à présent ayant entendu que si le filz en a 
bien grand cnvye, que le père ne le désire pas moings, m'a semblé 
ne debvoyr obmettre, suyvant la grande instance qu'il m'en faict, à 
vous en escripre derechef et advertir que oultre le bon moyen qu'il a 
d'avoyr bons soudars et gens de guère, que ancores a il à son com- 
mandement quelques chasteaux et places qui pourroyent servir au 
bezoing et faire grandes commoditez. Et, ainsi que l'on peult conjec- 
turer, il n'y a homme qui fust plus près d'estre général de ces Sei- 
gneurs que sondict père, s'ilz en voulloyent faire ung; par quoy V. M. 
entendra trop mieulx s'il feroyt à propoz pour son service. Dont ne 
luy en diray autre, sinon la suppliant me voulloyr faire entendre son 
bon plaisir le jdus toust qu'il sera possible, afin de luy pouvoyr donner 
responce, combien que, ainsi que suys adverty, le seigneur Jehan 
Paulo de Cerri sera pour vous en tenir plus ample propoz. 

« Sire, ayant esté adverty qu'il estoyt party ung brigantin de Raguse 
qui m'aportoyt lettres du Levant, m'estoys retenu despuys troys ou 
quatre jours à vous mander la présente dépesche, pensant d'heure en 
heure qu'il deust arriver; ce néantmoings, voyant qu'il tarde tant, n'ay 
plus vollu délayer à vous faire entendre ce que l'on a icy de ce cousté. 
Et mesmement comme par ung brigantin venu en quinze jours de la 
Caura de Candie l'on a entendu que là estoyt arrivé une navire venent 
freschement de Constantinople, qui avoyt raporté pour certain que le 
Grand Seigneur armoyt une plus grosse armée que oncques feist, en la 
plus grand dilligence que l'on veid jamais, et que ses gens à cheval en 
la Morée et lieux circonvoysins avoyent esté mandez se tenyr prestz, 
lesquelz ne fauldroyent se partir à la my apvryl. En confirmation de 
quoy j'ay receu une petite lettre de M. l'arcevesque de Raguse, du pre- 

1. Paolo Vicino"? 



[mars 1542] GUILLAUME PELLICIER 567 

miôr de ce moys, qui dict estre arrivé là ung courrier de Constanti- 
nople, qui rapportoyt ladicte armée se préparer en telle grandeur que 
dessus, et qu'il avoyt laissé Janus Bey le x" de febvryer à Andrinopoly, 
que faict estimer qu'il ne sçauroyt plus guères tarder. Toutesfoys il est 
à présumer qu'on entendra premièrement son arrivée audict Raguse 
qu'il soyt pour s'aprocher de ceste ville, espérant bien que V. M. nous 
aura adverty et prouveu là dessus de ce que y aurons affaire. 

« Sire, l'on a entendu icy qu'il estoyt venu nouvelles à M. l'évesque 
d'Agria en Hongrye, de la maison de Frangepain \ que fra Georges, 
évesque de Varadin, taschoyt avecques les barons de Hongrye d'em- 
pesclier à son pouvoyr de ne suyvre le parly du roy Ferdinando, ains 
eslire monseigneur d'Orléans pour leur roy -; laquelle chose, joinct la 
nouvelle de l'exercice grand que le Grand Seigneur faisoyt pour ladicte 
Hongrie, avoyt mis ledict évesque d'Agria et ceulx qui estoyent pré- 
sens quant ladicte nouvelle luy vint, en grand despération et désola- 
tion, disant qu'il veoyt estre faict de ladicte Hongrie et que de son 
temps ne la verroyt estre en son premier estât. S'il est ainsi que Morat 
Vayvoda ^ ayt prins quatre villes du roy Ferdinando en Hongrie, sera 
bien pour le desconforter encores davantaige : chose qu'on a entendue, 
sçavoyr est Drinovat S Niclaus ^^ Jugnaz ^, et Oricavay ^; et que Gal- 
pano * estoyt assiégé, qui est au pays de Possega ^ aux confins de 
ladicte Hongrie, delà le fluve de Seva '°. Et oultre avoyt prins, avec, dix 
mil hommes de pied, trente pièces d'artilherye et soixante bombar- 

1. Frère Francesco Frangipani, archevêque de Colocza, évêque d'Erlau (Agria). 
On l'a déjà rencontré beaucoup plus haut. — Les Frangipani (en hongrois Fran- 
capàn) étaient une branche de l'illustre maison romaine de ce nom, établie en 
Hongrie au xni" siècle, sous le roi Bêla, auquel elle rendit les plus grands services. 

2. Une dépêche du résident d'Angleterre à Venise, Harwell, en date du 1" avril, 
signale à Henri VIII la défection de Martinozzi, passé au service du roi des Romains : 
« It is said that Frier George, Bushop of Varadin, and Statilio, Bushop of Transil- 
vania, are fled from Ilungarye to Ferdinando, althowgh in time passid they wer 
conlrarious to Him, and the Quenc of Hungarye wiLh her sonne gon to Polonia; 
wherby aperith that Turkes halh at the présent the hole dominion of Hungarye. » 
{Stale papers,\ol. VIII, p. 097). 

Ferdinand récompensa d'abord la trahison de Martinozzi en lui pi'ocurant, avec 
le chapeau de cardinal (loiO), le siège archiépiscopal de Gran {Strigoniiim) en lool ; 
mais bientôt, se défiant des ambitions du remuant prélat, il le fit assassiner 
(18 décembre 1531). 

3. Mourad, sandjak de Poschega ou Posega. 

4. Drinovar, l'ancienne Drinopolis, sur la rive gauche du Lomb, à 52 kilom. de 
Widdin (Bulgarie). 

5. Szent-Miklos (Saint-Nicolas), bourg de Hongrie, situe à 102 kilom. au nord de 
Budc, sur la rive droite de la Waag. 

0. laszenovacz, bourg de Hongrie, sur la Save, à l'embouchure de l'Unna. 

1. Orsova, bourg de Hongrie, sur la rive gauche du Danube et à l'embouchure de 
la Cserna, près des Portes de fer. 

8. Valpô, sur la Drave, à 25 kilom. d'Eszek. 

9. Posega, ville de Hongrie et chef-lieu de la province de ce nom, située sur 
rOrlyava, affluent de la Save, à 245 kilom. de Bude. 

10. La Save. 



iiCS AMBASSADE DE [maus 1542] 

dicrs. L'on entend aussi que ung HongTO, lequel les Terres fraisches 
avoyent mandé ambassadeur vers le Grand Seigneur, et aussy celluy 
du roy Ferdinando, ont esté tuez en la Dalmatia; de laquelle chose je 
n'ay encores bien sccu entendre les particuUaritez bien au vray. Je ne 
sçay si ce pourroyt poinct estre Cornellio, lequel l'on entend icy que 
l'empereur avoyt mandé devers ledict Grand Seigneur '. 

« Sire, l'on entend icy que l'empereur avoyt charché de mettre ung 
capitaine avec troys mille hommes de guerre dedans Gennes, ce qu'il 
auroyt dosjà essayé d'exécuter, ne feust l'asseurance que le prince 
Doria luy a donné qu'il ne se falloyt doubler qu'il survînt nulle novité, 
et que les Impériaulx chairchent de paistre monseigneur le duc d'Urbin, 
luy faisant plusieurs grandz promesses, metlans gros partiz avant, et 
mesmement le gouvernement de ladicte ville de Gennes avecques les- 
dictz gens de guerre. Lesquelz Impériaulx, pour empescher la masse 
qu'ilz se doublent que V. M. veult faire à la Mirandola, veullent, ainsi 
qu'on a entendu icy, envoyer aux lieux circonvoysins de là mille lans- 
quenetz et quelque numbre de gens à cheval, pour consumer les 
vivres qui sont du comté et environs, afin que lesdictz souldars ne se 
y puyssent assembler ne entretenir. Nous .sommes aussi advertiz que 
le marquis du Guast voulloyt envoyer le comte Philippes Torniel ^, 
capitaine de deux mil Italiens, pour l'entreprinse de Marran. Je ne 
veoy point que ladicte chose le touche si particullièrement; par quoy 
faict à doubler que ce ne soyt pour s'essayer d'empescher ladicte 
masse. Si nous pouvons, ilz ne le feront pas si aisément qu'ilz pensent. 
L'on m'a aussi adverty que de Naples doibvent venir quelques gallères 
pour ladicte entreprinse de Marran. » 

Vol. 2, fo 304 yo, copie du xvi'= siècle; 6 pp. i/2 in-f". 

PELLICIER A VINCENZO MAGGIO ^. 

370. — Venise, 2.2-39 mars i 542. — « Molto Excellente Signor, per 
una mia de xxv del passato scrissi a V. S. l'arrivala del signor cappi- 
tano Polino, et come si diparti di quà con buonissima guardia. Hora 
ella intenderà che ho havuto nuova che è passato a salvamento fin' ai 
Grisoni, non ostante le deligentc provisioni in prepararsi, che habbino 

1. Cornélius Duplicius Van Scheppcr, né à Nieuport, dans la Flandre occiden- 
tale, en 1502, mort à Anvers, le 28 mars loao. Secrétaire d'État dès lî'-28, il fut chargé 
par Charles-Quint de nombreuses missions diplomatiques en Ecosse, en Pologne 
(13 novembre lo.'?2), en Hongrie, à Gonstantinople (1533 et 1534), à Cassel, auprès 
du landgrave de Hesse (octobre 1541), à la diète de Spire (1542), en Angleterre, près 
des villes hanséatiques de Hambourg et de Brème, et près du duc d'Oldenbourg 
(1545). 

2. Le comte Filippo Tornielli. 

3. « A messer Vinccnzo Maggio, du xxii® mars, retenue jusqucs au xxix" dudict 
1541, avant Pasches. » 



[mars 1542] GUILLAUME PELLICIER 569 

fatto questi Imperiali per impedirli il viaggio. Et pensiamo sicuramente 
che di già ei sia gionto alla corte. Delche subito ne haverè nuova, non 
mancharo di significarlo a V. S., sicondo la solita mia diligentia et soUi- 
citudine. Et perche io neU'altra le scrissi che'l Re di Navarra havea 
denontiata la guerra al' Imperatore, gli âfFermo il medesimo per 
questa. Non perche dicio io ne habbia nuova da S. M., ma perche s'in- 
tende d'ogni banda, et delli Imperiali mcdesimi, et massimamenle di 
buon loco. Quanto all'altre nuovc, il marchese del Vasto ha ispedilo nell' 
Allamagna quella ch'era conduttiere de lanzchinechi in Algier, per far 
diece millia huomini nelle Terre franche, dicono per la impresa pur 
d'Algier. Allri alTerman che sarano impiegati per le cose d'Iltalia, ma si 
crede non si dino partir per difension del paese loro accascando il 
bisogno. Comeche debba essere, alla giornata ne saromo avvertiti. Il 
Papa presentendo Tanimo di S. M. in far la guerra, halla tentata d ac- 
cordio; ma ella gli ha risposto che non vuole più paroUe, et cosi hora 
s'aspetta l'efTetto, che debba parturire taie deliberatione. Intratanto 
S. S'» attende a mettere insieme danari, et per tal cagione ha posto un' 
taglione, non sicondo il solito, ma tanto alto che se puô dubitare di 
qualche movimento, più presto contra di lui che altro, perche ei vuole 
che tutti i suoi sudditi, cosi poveri come richi, gentilhuomini come 
mercatanti, paghino trenta per cento, non dico dell' intrata, ma délia 
valuta délia robba et possessioni : cosa che facilmente gli potrebbe 
succéder sinistramente, come gVè succeduto il dar il capello al vescovo 
d'Iseo. Il quale, per esser qualche tempo fa in disgratia del Re di Portu- 
gallia, di cui fu già ambasciatore in Roma, pare che per dispetto d'esso 
Re sia suto fatto cardinale, il perche il detto Re s'è alienato et rimosso 
délia sua ubedientia, non altramente che facesse il Re d'Inghilterra ^ 
Quanto aile cose di Maranno, procedono felicemente, et ogni di più 
s'attende a fortifïïcar il luogo, et quel, che vi son dcntro, stanno con 
franco animo, ne temono più d'alcuno sforzo che possa esser fatto loro. 
Del Re nostro patrone potette star sicuro, et assicurar' altrui, ch'ei 
contra nemici per gli amici suoi sarà sempre quel che debbe essere un 
vero amico inverso l'altro... 

« Di Venetia^ etc. 

« Ritenuta questa fm'hoggi, habbiamo inteso la giunta del signor 
capitano Polino alla corte. Délia venuta de Janus Bei non se ne ha 
cosa alcuna, ne dove egli si sia, ne altro, se non che per lettere di questi 
Signori, che accusano essersi partito a nuove del passato di Constanti- 

i. William Paget écrivait à son maître dans le même temps (dépêche du 23 mars) : 
« The King of Portugal, upon displeasure that the Bisshop of Rome hath made a 
traitour of the saide Kinges, who was his ambassadeur at Venyce, a cardinall, 
against the Kinges will, halh revoked his ambassadeur resydcnt from Rome, and 
the Bisshop halh also none in Portugall » (State papers, vol. YllI, p. 693). 



570 AMBASSADE DE [mars 1o42] 

nopoli. Si pensava ch'ei dovesse arrivare avanli le fesle ' ; nel quai 
tempo esscndosi prescnlilo pur da questi Signori clie'l marcliese del 
Vasto faceva métier in ordine certc fusle in Brindisi per prcnderlo, 
hanno incontanenlo scrilLo al générale loro clie con lutta l'armala lo 
debba andar a levare dovonclie si vorrà imbarchare, et lo conduca securo 
in Venelia supra la testa sua : cosa che ne da speranza clie questi Signori 
saranno per sentirlo parlare di quello, che lui ha commissione. INiente- 
dimeno, per essere le cose cosi incerte, per molli ragioni vorrei voi ope- 
raste alla Porta di ritrar qualche le liera del Gran Signore al delto Janus 
Bei, che in favor et servilio degli amici dovesse far tanto quanto dagli 
agenli di S. M. X""" sarà avvertilo; perche sa ben V. S. quanto è dif- 
ficile simile pralicha corne quella che al tempo di Mons"" di Rhodez l'ha 
experimenlalo. Oltrc di questo intendiamo, che tre 6 qualtro mesi sono 
fu mandato di quà une fratello di messer Marc' Antonio Cornaro, ch'è 
fralte al Sofi, et si existima per invoverlo a far guerra al Gran Signor. 
Hora ei s'è havuto délie sue leltere, et pensasi che vene sia anchora 
del Soii. Il che l'ho voluto signifficar à V. S. acciô che occorendosene 
puossa servire. Pur'io mi maravigho donde possano venire quesle pra- 
tiche. Le cose di S. M. procedono da ogni bande felicemente, et cosi 
Dio le prosperi, fra puochi di si sarà mcssa una buona massa di giente 
ensieme, per far gli effelti, che in brève dopo ella intenderà. Infratanto 
il marchese sudelto fa sei mila Illaliani, et speriamo in Dio che le 
cose debbemo succedere sempre di bene in meglio. 

« Di Venetia, à di xxix jnarzo 1 541 . 

« Par che Dio habbia mandato il caltivo tempo, per ritenire il bri- 
ganlino fin hoggi, accio di potervi far intendere la venuta del signor 
capitano Polino come lui vi scrive. » 

Vol. 2, f'^ 307 yo, copie du xvi° siècle; 1 p. 1/2 in-f*^. 

PELLICIER AU ROI. 

371. — [Venise]^ 25 mars 1542. — « Sire, après avoyr serré mes 
lettres du vingliesme de ce moys je fuz adverly que certainement le 
brigantin ne pouvoyt plus guères tarder à venir : qui me feistencores 
supercéder de vous l'envoyer. Mais en fin en est venu ung seullement 
de cesle Seigneurye sans aulcunes lettres pour moy; dont m'a semblé 
faire mon debvoir de m'informer le plus diligemment que j'ay peu s'il 
y avoyt rien de nouveau digne de vous faire sçavoyr. C'est que par 
lettres de leur ambassadeur Baduare des ix-xi" jours de febvrier ont 
esté advertiz que Janus Bey se partyt de là ledict ix° pour venir en 
cesle ville avec volunté de demander à cesle Seigneurie, au nom du 

1. Les fêles de Pâques. 



'mars 1542] GUILLAUME PELLICÏER 371 

Grand Seigneur, qu'elle voullust estre en ligue avec V. M. contre l'em- 
pereur, et plusieurs aultres choses fâcheuses en matière d'argent ; et 
que ledict Badouare print congé dudict Grand Seigneur le cincquiesme 
dudict moys pour s'en venir : lequel fust vestu à l'acoustumée, et luy 
fut concédé moult gracieusement plusieurs grâces, et mesmement de 
prisonniers. Mais despuys les bassatz lui feirent difficulté et luy décla- 
rèrent qu'on n'entendoyt qu'il fust licencié jusques ad ce que Barbe- 
rousse avoyt esté moult accaressé du Grand Seigneur, auquel ledict 
Badouare avoyt donné deux robes d'or et aultres de soye. Escripvant 
aussi que nonostant que ledict Grand Seigneur allast souvant à la 
chasse, ce néanlmoings ne laissoyt-il de faire grande provision tant 
par nier que par terre, s'estans péries vingt-cinq gallères à l'entrée de 
l'estroict ' : qui est beaucoup plus qu'on n'avoyt entendu par les aultres 
lettres, comme vous ay escript, car l'on entendoyt qu'il ne s'en estoyent 
perdues que quatre. Escript aussi que icelluy Grand Seigneur avoyt 
donné congé à l'ambassadeur du roy de Portugal, qui avoyt esté vestu 
à l'acoustumée et s'en retournoyt fort cuntant. Pareillement aussy a 
esté licentié l'ambassadeur du roy des Romains, avecques telle réso- 
lution que, ayant son maistre requis icelluy Grand Seigneur de faire 
paix avecques luy, qu'il la concédoyt, pourvu qu'il rendist audict Grand 
Seigneur toutes les terres et chasteaulx qu'il tenoyt au royaulme de 
Hongrye; autrement que au bon temps l'attendist avec son exercite. Et 
ainsi s'en est party sans autre résolution : qui est, Sire, tout ce que 
j'ay peu entendre jusques à ceste heure de ce cousté là; je verray si 
j'en pourray rien sçavoyr dadvantaige qui soyt digne de vous estre 
escript. 

« Sire, ces Seigneurs ayant aussi eu lettres de Romme, du xviir de 
ce moys, ancores que de ce cousté là V. M. puisse bien estre advertye 
des nouvelles et occurances qui y surviennent, ce néantmoings m'a 
semblé ne debvoyr laisser à vous les escripre. Ainsi que les ay peu 
entendre, c'est que le pape avoyt sceu par voye de Ancône que Jannus 
Bey n'esloyt pas fort loing de ceste ville; lequel estoyt mandé par le 
Grand Seigneur à vostre instance pour astraindre ces Seigneurs de se 
voulloyr unir avec V. M. contre l'empereur, mais que les prioyt et 
supplioyt de ne voulloyr jamais ce faire, d'auUant que ce seroyt la tot- 
talle ruyne de la chrestienté. Et que ce seroyt encores prins les armes 
contre Sa Saincteté, pour estre pasteur et principal conservateur de 
nostre mère saincte Église , les exortant de se voulloyr faire neutralz ; 
car ce seroyt la confusion de tous, et qu'il veoyoyt une très grosse 
guerre entre Y. M. et l'empereur. Et que V. M. luy avoyt faict 
entendre et asseurer que n'aviez jamais vouUu molester l'empereur 
durant son entreprise d'Algier, ains aviez temporisé jusques à présent, 

1. Du détroit. 



ir.2 AMBASSADE DE [mARS 1542] 

VOUS persuadant que l'empereur vous deust faire démontrance de 
quelque satisfaction des defTunctz seigneurs César Frégose et Rincon; 
mais que V. M., voyant n'y en faire aulcune, estoyt délibérée et avoyt 
déterminé en faire la vengeance avecques les armes; en quoy Sa Sainc- 
teté s'esloyt employée le plus qu'elle avoyt peu, et ne fauldroyt conti- 
nuer pour le bien de la chrestienté. Espérant aussi icelluy ambassadeur 
que se complaignant avecques Sa Saincteté de ce que ces Seigneurs 
ne pouvoyent lever quelques deniers que icelle leur avoyt concédez 
sur le clergié de leur estât, alléguant plusieurs grâces et exemptions 
qu'elle avoyt octroyées, lesquelles, pour ceste cause, a toutes révoc- 
quées, et mesmement celle du seigneur Valléryo, abbé de Sainct-Pierre- 
le-Vif, qu'il avoyt impétrée par le moyen de M. de Rodez '. Et ce a faict 
Sa Saincteté d'aultant plus volontiers qu'elle chairche d'en avoyr, le 
cinquiesme d'apvril, ainsi que j'ay entendu. 

« Sire, je croy que V. M. aura bien esté advertye comme, m'ayant 
faict entendre M. de Langey qu'il y avoyt par deçà ung des barquerolz 
qui avoyent conduict les assassins des feuz seigneurs César Frégoze et 
Rincon, feiz tel prochaz que j'aye trouvé moyen de l'avoyr entre mes 
mains. Et despuys après l'avoyr bien examiné et faict interroger par 
aucuns voz serviteurs, et le trouvant variable en sa déposition, en 
advertiz ledict seigneur de Langey pour sçavoyr ce que j'en avoys 
affaire, qui m'ordonna le mander à Tliurin s'il m'estoyt possible, ce que 
j'ay faict, où il est arrivé seurement, comme m'a escript M. de Termes. 
Et pour ce que despuys, à mon advis pour l'absence de mondict sei- 
gneur de Langey, n'en ay plus ouy parler, et n'ayant eu aussi de mon 
couslé aucune matière quant au propoz d'en escripre aultre chose, 
m'en estoys retenu jusques à présent que est venu à ma notice, qu'il y 
a environ huict jours, qu'il y avoyt quelqu'ung qui avoyt une lettre 
assez fresche, monstrant eslre escripte par le feu seigneur Cézar. 
Laquelle non seullement la coppie, mais l'original ay trouvé moyen de 
recouvrer, que vous envoyé présentement. Et pour aultant qu'il y 
avoyt grandement le doubte qu'elle ne fust signée de sa main ne scel- 
lée de son sceau, l'avions conferrée avec plusieurs aultres lettres que 
j'ay de luy. Et pareillement l'ay monstrée à aucuns de ses plus grans 
amys fort affectionnez à vostre service, et trouvons bien tous voyre- 
ment qu'elle est signée et scellée de ses seing et seau, mais non que 
pour cela croyons qu'il ayt esté jusques en ce temps là en vie. Aucuns 
estiment bien que avant le faire mourir luy feirent faire plusieurs 
blancz signetz, et aultres actes et telles choses de non moindre impor- 
tance; car du sceau, ilz l'avoyent en leur puyssance, pour l'avoyr ledict 
feu seigneur Cézar, lors de sa prinse, en sa pochete, comme a dict ung 
sien varlet de chambre qui eschappa. Les occasions pour lesquelles ilz 

1. V. p. 107, note 2. 



[mars 15421 GUILLAUME PELLICIER 57^ 

divulguent à présent telles lettres laisse [sic] panser à vostre singulier 
et infaillible jugement qui le sçaura trop niieulx comprendre que nul 
autre; tant seullement vous diray que cecy peult monstrer évidamant 
qu'ilz ne furent ainsi tuez soubdainement qu'ilz furent prins, comme 
Ton faict desposer audict barquerol et autres. 

« Sire, despuys avoyr achevé la présente, et voullant serrer mon 
pacquet, est arrivé M. de Théligny ' en bonne santé. Dieu mercy, mais 
bien fort las et travaillé ; dont, pour le laisser ung peu repouser, n'ay eu 
loysir communicquer ne parler encores avecques luy, ne pareillement 
le temps de deschiffrer la lettre qu'il vous a pieu m'escripre. » 

Vol. 2, f° 308 v», copie du xvi« siècle; 4 pp. l/i in-f". 

PELLICIER A M. d'aNNEBAULT. 

372. — [Venise], 25 mars 1 542. — « Monsieur, ayant esté adverty 
qu'il y avoyt en ce pays un des barquerolz qui avoyent conduictz les 
assassins des seigneurs Cézar Frégoze et Ryncon, je trovay moyen de 
le recouvrer; et despuys, après l'avoyr examiné et tenu quelque temps 
en mon logis, le fis conduyre et mener à Thurin seurement vers M. de 
Langey, suyvant ce qu'il m'en avoyt escript, où, ainsi que M. de 
Termes m'a faict entendre, est arrivé. Lequel barquerol affermoyt 
iceulx seigneurs avoyr esté tuez sur le lieu soubdainement qu'ilz furent 
prins en la barque ; mais, ad ce que on peult congnoystre, par une lettre 
que j'ay mis peine de recouvrer, soubscripte de la main dudict sei- 
gneur Cézar et scellée de son sceau, ainsi que afferment ceulx qui 
congnoyssoyent son escripture et armes, après l'avoyr encores très 
bien conferrée à plusieurs aultres de ses lettres que j'ay en mes mains, 
n'est poinct à croyre qu'ilz eussent ainsi esté tuez sur ledict lieu si 
promptement. Et ainsi que aucuns de bon discours peulvent com- 
prendre, estiment que avant les faire mourir, si mortz sont, qu'on 
doubte plus que autrement, qu'ilz leur feirent faire plusieurs blancz 
signetz, pour leur en servir si bezoing estoyt. Quant au sceau dudict 
seigneur Cézar, ilz en pouvoyent disposer à leur plaisir, pour l'avoyr 
sur luy en sa pochete, lors de sadicte prinse, ainsi que ce dict ung de 
ses valletz de chambre qui-eschapa. Dont à présent, voyant les Impé- 
riaulx n'avoyr peu appaiser S. M., pour vouUoyr faire croyre par 

1. Claude de Laval, dit le Gros Bois-Dauphin, seigneur de Téligny près de Monl- 
mirail et de Maugasteau, maître d'hôtel du dauphin. 

Second fils de Jean de Laval, seigneur de Bois-Daujjhin, il avait épouse Claude 
de la Jaille, veuve de Guy de Laval, seigneur de Lezay. Après la mort de sa femme, 
n'en ayant pas d'enfants, il entra dans les ordres, fut nommé par Henri II à 
l'évêché d'Embrun en 1554, et mourut avant d'avoir été sacré et d'avoir pris pos- 
session de son siège. 

Téligny avait été déjà envoyé en mission à Venise en 1519 (V. Baschet Archives 
de Venise, p. 424). 



574 AMBASSADE DE [maRS 1;j42] 

tous les moyens qui leur a esté possible, qu'ilz avoyent esté tuez en les 
prenant, et que pour cela Sadicte Majesté n'a cessé ne cesse prochasser 
la restitution, l'on estime qu'ilz ont remply lesdictz blancz, ainsi que 
pourrez veoyr par ladicte lettre que j'en envoyé présentement au roy, 
pour voulloyr donner espérance de leur vie, affîn que soubz ceste coul- 
leur S. M. retardast démettre à exécution ses entreprinses. Toutesfoys 
vostre meilleur jugement sçaura trop mieulx comprendre à quelles 
fins ilz ont ce faict que ne pourrions panser. » 

Vol. 2, fo 310 yo, copie du xvF siècle; 1 p. 1,2 in-f°. 

PELLICIER A l'amiral CHABOT. 

373. — [Venise], 2o mars 1 542. — « Monseigneur, quand je n'eusse 
esté bien asseuré du bon voulloyr et affection que de vostre gré me 
portez, la lettre qu'il vous a pieu m'escripre dernièrement par messer 
Domenico Arriano, et le rapport qu'il m'en a faict m'en donne telle 
certitude, que voyrement me puys tenir et nommer au numbre de voz 
bien humbles serviteurs. Dont très humblement vous remereye et 
supplye m'y voulloyr maintenir, et en la bonne grâce du roy auquel 
j'escript présentement tout ce que ay peu aprendre despuys les 
miennes dernières du x"^ de ce moys; lesquelles, estant asseuré que 
verrez, ne vous répéteray aultrement, estimant que ce ne vous seroyt 
que redicte. Ne vous diray pour ceste heure grand chose davantage ; 
tant seuUement vous advertiray que, chairchant tous les moyens que 
je puys de pouvoyr faire service au roy, m'a semblé vous debvoyr faire 
entendre que, ayant esté esleu le magniticque Jehan Anthonio Venier 
pour aller ambassadeur vers ledict seigneur, aucuns des meilleurs ser- 
viteurs de S. M. sont d'advis qu'elle feist quelque démonstration du 
plaisir et satisfaction qu'elle en a à ceste Seigneurye, se recordant des 
bons offices que feist estant en semblable charge. Et ce pourra l'on 
faire par le moyen d'en tenir quelques propoz au magnifique Mathio 
Damblo ', qui est à présent vers icelle, jusques à luy dire si congnoyssez 
que bien soyt qu'il en advertisse sa Seigneurie. Et ancores en m'en 
escripvant quelque mot pour luy faire entendre de la part de S. M., 
l'on ne le trouveroyt que bien à propoz, tant pour la satisfaction dudict 
seigneur Venyer, que aussi pour faire entendre à ces Seigneurs que 
S. M. congnoyst très bien qu'ilz désirent luy faire chose agréable. Et 
ce faisant, aucuns estiment que, oultre le bon zelle et affection que 
ledict ambassadeur démonstre jà porter aux affaires dudict seigneur, 
luy pourra augmenter tousjours de plus en plus; et ces Seigneurs, 
voyant la faveur que le roy luy donne, seront pour luy commettre plus 

1. Malleo Dandolo. 



[mars 1542] GUILLAUME PELLICIER 575 

hardymenl aiïaires de plus grand importance, m'en remettant, ce 
néantmoings, à vostre singullier et infaillible jugement. » 

Vol. 2, f" 311, copie du xvi'^ siècle; 1 p. i/4 in-f". 

PELLICIER A LA REINE DE NAVARRE. 

374. — [Venise], 2b mars 1 54.2. — « Madame, ayant esté adverty 
que aviez plaisir entendre particullièrement les nouvelles et occurance 
de deçà, et désirant en toutes choses vous obéyr et complaire, m'a 
semblé vous debvoyr faire part de celles que j'ay entendues despuys 
les dernières que vous ay escriptes du dixiesme de ce moys... » 

Pellicier informe la reine des événements de Hongrie et d'Italie dont 
il a été question dans les dépêches précédentes. 

« Madame, je ne veulx aussi oublier à vous dire qu'il semble que 
ceulx de Marran ayent voulloyr, non seullement de le tenir et garder, 
mais encores d'endommaiger leurs ennemis le plus qu'ilz peuvent; car 
despuys cincq ou six jours quelque numbre des gens de dedans 
estoyent sortiz délibérez d'aller brusler tous les vaisseaulx de mer qui 
estoyent au port de Thriestz ', ce qu'ilz eussent exécuté ainsi qu'on 
estime, n'eust esté une tormenle qui les print, à deux mille près, qui 
les contraignyt de retourner en arrière. Toutesfoys ne perdirent-ilz pas 
tout; car ilz prindrent et admenèrent avecques eulx quatre barcques 
triestines chargées de beufz, moulions etaultres choses, et saccagèrent 
quelques villages du roy Ferdinando. Et, comme j'ay entendu, ilz font 
très bien forliffier Marran et munyr de victuailles et aultres choses 
nécessaires, de sorte qu'ilz ne craingnent aucunement leurs ennemiz; 
Dieu veille qu'ilz puyssent faire le tout pour le mieulx, au bien et prof- 
fict de la chrestienté. » 

Vol. 2, f» 311 v", copie du xvi° siècle; i p. 1/4 in-f"». 

PELLICIER A M. DE LANGEV ". 

375. — [Venise], 25 mars 1542. — Pellicier transmet à M. de 
Langey les nouvelles du Levant relatives à la prochaine venue de 
Yuniz-Bey, et celles d'Italie qui ont fait l'objet de la dépêche adressée 
au roi. 

Vol. 2, f'^ 312 v°, copie du xvi° siècle; 1 p. 14 in-P. 

PELLICIER AU COMTE DE LA MIRANDOLE. 

376. — Venise, 28 mars 1542. — « lUustrissimo et Excellentis- 
simo Signor mio, essendo quà lo 111™° S""" Hippolito Gonzagha, et 

{. Trieste. 

2. <i Et en son absence à M. de Termes.-» 



576 AMBASSADE DE Tmaks 1542] 

tenendomi proposito délie cose délia Mirandola, m'havea detto ch'era 
già passato un mcse, che i cavalli ligieri de V. Ill"'' et Ex""' S'''' non erano 
stali pagati, cL che clla aspettava di giorno in giorno una loltera di 
cambio di S. M'\ Laquale tardando à giongere, io havea, senza esserne 
recliiesto d'alcuna persona, deliberalo di mandargli quella summa di 
denari, che pcr far' ciô era di bisogno, volendogli io con efTetto dimons- 
trare ovunche posso et vaglio, che desidero fargli ogni appiacer et 
servitio. Et inlratanto ch' io metteva in ordine taie espeditione, è 
sopragiunto il secretario suo con una lettera dellapredetta M". Ilquale 
a bocca m'ha esposto quanto essa gli havea commesso mi esponesse, 
et cosi quanto si aspetta 100. fanti, che essa domanda. Io medesima- 
mente m'era deliberato mandargli la pagha per Io sopiemento délia 
summa di detti fanti, anchora che malagevolmente Io potessi fare, 
non essendo qui il s"' Pietro Strozzi, il quale sicondo il solito mi potessi 
accomodare di detti denari, i quali io sono apresso per mandargli. M'è 
dopoi sopragiunto il mandato suo con una del xxvi. del présente. 
Donde ho inteso quanto ella me scrivc, et quanto a bocca m'ha fatto 
riferir'; et perche non me speciffica ne il numéro delli genti, ne la 
quantità d'i denari, che dice essergli di bisogno, non ho saputo a che 
risolvermi, aggiungendovisi la discomodità che ho al présente, per 
l'absentia delli signori Strozzi. 

Ben gli dico che facendo essa i sopradetti 100. fanti ne palesando il 
numéro ch'è de far, daran da pensare a nemici ch'ella sia ben prove- 
duta, et occurrendo il bisogno, potrà tenere dui ô tre centi fanti sopra 
il suo contado, per otto o diece giorni, por retirargli bisognando 
dentro alla Mirandola, come altre volte ha fatto. Et intratanto noi 
haveremo provisione sufficiente, et di denari, et de persone. Non si 
mancherà mai a quanto portarà la importancia delli occurrenti bisogni, 
et in questo tempo si achadesse che fusse nécessita espendere per 
servitio di S. M'* in simili affari, io le prometto al nome mio proprio 
di rifarla qui in tutto quello, che bavera speso, et questo la priego a 
credermi sicuramente, se essa estima ch'io le sia quel buono et vero 
amico, et affettionato servitore, ch'io gli sono. El facendo cosi, oltre 
che farà servitio alla prefata M'", conservarà le cose sue con buona et 
fidata sicurtà. Et priegandola à tenermi nella sua buona gratia, di 
cuore me gli offerisco, et raccommando. 

« Di Venetia, il venti otto di marzo^ M. D. x lij. * » 
Vol. 2, f" 313, copie du xvi'' siècle; 1 p. in-f^. 



1. « E parso ail' 111""° S"' Hippolito, et al S'' Secretario a noi aspettar' qualclie 
giorno da poler' porlare i denari del quartier' per gli cavalli leggieri, cl per gli 
fanti che se han da far'. » 



[AVRJL 1342] GUILLAUME PELLICIER 577 

PELLICIER AU ROI. 

377. — [Venise], 3 avril 154^2. — « Sire, ayant mandé icy ces jours 
passez M. le comte de la Mirandola ung de ses serviteurs, avecques 
lettres de créance, m'a montré en premier lieu une lettre que V. M. 
luy avoyt escripte de Paris le viii'' de ce moys ', contenant entr'aultres 
choses cest article, en tant que touchoyt l'ordre que désiroyt estre mis 
à la Mirandola, pour la seureté de la place. V. M. se confioyt qu'il y 
sçavoyt bien mettre ordre selon le bezoing qu'il en seroyt, sans entrer 
en despence, sinon qu'elle fust bien nécessaire, et qu'il me donnast 
advis de ce qu'il verroyt estre acquis, affin que je lui feisse prompte- 
ment prouveoyr. Dont me faisoyt entendre de la part dudict seigneur 
comte estre grandement nécessaire avoyr cent hommes de pied en 
tout, pour la garde et asseurance de ladicte ville, me priant y voulloyr 
procéder le plus promplement qu'il sei'oyt possible. Ce que, après 
avoyr débatu, n'ay peu refuzer qu'il ne luy ayt fallu accorder suyvant 
le contenu de vostredicte lettre, attendu mesmement la grand néces- 
sité qu'il m'a faict entendre avoyr par advertissemens qu'il m'a mandez, 
luy remonstrant toutesfoys que estant ledict seigneur comte acoustumé 
de y en tenir en temps de paix cincquante d'ordinaire, qu'il estoyt si 
bon et affectionné serviteur de V. M. que au bezoing il ne vouldroyt 
moings s'efforcer que auparavant. Par quoy lui forniroys argent pour y 
en mettre aultres cincquante, qui seroyent en tout les cent qu'il disoyt 
estre bezoing : ce que fust arresté entre nous. Despuis icelluy seigneur 
comte m'a mandé ung gentilhomme avec lettres telles que V. M. pourra 
veoyr, se luy plaist, par le double que je luy en envoyé présentement. 
Oultre laquelle ledict gentilhomme et le seigneur Ypolito de Gonzagues, 
qui estoyt icy avecques le secrétaire, me feirent toute l'instance du 
monde pour envoyer le payement des chevaulx légiers, me remons- 
trant entre aultres choses que, estant desjà escheu la paye du quartier 
ung moys avoyt, et n'ayant nulle nouvelle qu'il fust venu aucune pro- 
vision pour ladicte paye, lesdictz chevaulx légiers murmuroyent gran- 
dement et parloyent de prendre aultre party : ce que quelques ungs 
d'entre eulx avoyent commencé à faire, s'estans retirez aux ennemis. 
A ceste cause, considérant aussi que, en quelque temps que ce fust, il 
falloyt ce faire, et que l'attendre ne pourroyt que nuyre, ay mandé 
gens expressément à la Mirandola avec argent, et oultre cela ay prié 
M. Darramont qui certainement ne s'employe icy à aultre chose que 
à vous faire service, que retournant de quelques lieux où il est allé 
pour icelluy, s'y voulloyr transporter, s'il congnoyst y estre assez à 
temps pour veoyr et faire la monstre, et en retirer les rolles et bons 
et suffîsanz acquictz : ce qu'il sera bien pour faire, pour estre, au dire 

1. Le 8 mars, évidemment. 

Venise. — 1340-1542. 37 



578 AMBASSADE DE [AVRIL lb42J 

d'ung cliascun qui le congnoyst, fort expérimenté en telz affaires et 
aullres de la guerre. Dont, pour ses suffisances et bonnes expériances 
que Ton a de luy à vostre service, m'ayant mandé yci le seigneur comte 
Rodolphe de Gonzagues ung sien prebstre avecques lettres telles que 
V. M. pourra veoyr, s'il luy plaist, par le double que j'en envoyé pré- 
sentement, avons esté d advis le debvoyr envoyer vers «luy avec le 
seigneur Anibal Caraciolo ', pour avoyr esté asseuré de plusieurs voz 
bons et loyaux serviteurs cstre de long temps afectionné à vostre 
service. El, à dire la vérité. Sire, l'ay trouvé despuys que le congnoys 
estre tel, pour adviser et considérer mieulx ensemblement si les places 
et chasteaulx de Luzare^, loing de la Mirandola xx mille, et Pouillio ^ 
XXV mille, sont pour se pouvoyr tenir et garder et défendre contre 
ceulx qui leur voudroyent donner empeschement, affm d'entendre si, 
advenant qu'on en eust affaire pour vostre service, ilz seroyent seurs 
et à vostre commandement; car, quant à la grand comodité d'icelle, 
vous en ay escript par ma dernière dépesche du 25 du passé, de 
laquelle vous envoyé le double présentement. Despuys ledict seigneur 
de Gonzagues m'a envoyé ung aultre homme avecques lettres et ung 
commandement à luy faict par le marquis du Guast qu'il eust à vuyder 
dudict lieu de Luzare, dedans deux jours après la signiffication à 
luy faicte; et de n'entrer en aucunes terres qui fussent subjectes à 
l'empereur, sur grandes peines. Sur quoy luy a respondu gratieuse- 
ment, pour gaingner temps; et cependant attendoyt à munir de gens 
et aultres choses nécessaires, ainsi que V. M. pourra veoyr par les 
doubles de sa responce et de la lettre qu'il m'a escripte, et aussi 
dudict commandement que vous envoyé présentement. 

« Sire, j'ay veu lettres de bon heu venant de Rome par lesquelles 
s'entend que les Impériaulx solicitent Sa Saincteté pour faire le con- 
cilie; et non pour autre chose ont esté mandez appeller avecques toute 
instance les cardinaux absens, désignans de faire remonstrer icelluy à 
V. M. qu'il aye à démettre les armes pour estre le péril et l'intérest de 
toute la chrestienlé. Et n'y vouUant entendre, monstrer que estes alié 
et confédéré avec le Turcq aux dommaiges d'icelle, pour s'essayer de 
procedder par censures et aultres voyes qu'ilz sçavent bien user le 
plus souvant là où ilz ne debvroyent. Escript l'on encores que Sa 
Saincteté proposera à ceste Seigneurie nouvelle ligue, et cherchera 
pour leur bénéfice et de la chrestienté de la receuillir de nouveau 
avecques l'empereur. Lequel ilz disent qu'il aura 65 gallères ensemble, 
comprenant les six du pape et les quatre de la Religion *, bien que 
l'on croyt que ladicle Seigneurye ne se doibve mouvoyr plus ainsi 

1. Annibal Caracciolo. 

2. Luzzara. 

3. Poviglio, bourg situé à 13 kilom. de Guastalla, sur un affluent du Crostolo. 

4. C'est-à-dire de l'ordre de Malte. 



[avril 1342] GUILLAUME PELLICIER 579 

légièrement, ayant veu par expériances qu'ilz ne peulvent faire fon- 
demant sur l'empereur, et que Sadicte Saincteté estoyt pour droysser 
quelque commission d'aulcuns affaires d'importance pour traicter avec 
cestedicte Seigneurye, à M. le patriarche évesque de Loddes. L'on 
estime qu'il ne faict pas cecy tant pour la suffisance dudict seigneur, 
laquelle cliascun sçayt très bien estre grande, comme pour le sur- 
prendre etpréoccupper, saichant combien il vous est affectionné et per- 
sonne qui est pour vous faire bons services, afin que estant entré en 
ceste affaire là, honnestement il ne puysse se adonner à vostre service. 

« Sire, cez Seigneurs ayant este advertis que le marquis du Guast 
avoyt quelque ambusche par mer avec certaines fustes qu'il avoyt 
secrètement mises ensemble à Brindèse \ pour luy faire comme l'on a 
faict au paouvre Sainct-Paul et à son compaignon, incontinant en 
toute diligence ont dépesché une frégate vers leur général de leur 
armée de mer, auquel ont faict commandement qu'il ne faille soubdai- 
nement à aller la part où sera ledict Janus Bey avec toute ladicte 
armée, pour le conduyre et faire passer seurement en ceste ville. 
Faisant ledict marquis icelle entreprinse soubz coulleur de les voulloyr 
mander à Marran; mais, comme vous ay escript. Sire, aucuns qui 
congnoyssent mieulx ses affections ne voyent poinct que, advenant 
affaire et empeschement en Lombardye, Marran luy toucher de si 
près qu'il voulsist employer ses facultez pour le recouvrer, mesme- 
ment en ce temps qu'il a que panser et à prouveoyr ailleurs. Et ce, 
d'aultant plus qu'il peult estre bien adverty que à la vérité il est très 
bien forny tant de gens à cheval que de pied, barques et aullres choses 
qu'il vous a pieu ordonner, et si a dedans plus de deux mil sextiers 
tant grains que farines : qui semble beaucoup pour n'avoyr d'icy à la 
cuillete des nouveaulx que deux moys. Et quant aux aultres choses 
nécessaires, il en est forny de sorte qu'ilz ne craignent poinct que 
par force l'on soyt pour leur rien faire de longtemps. Et n'y a rien à 
craindre, sinon qu'il survînt quelque désordre dedans : de quoy l'on 
se donne le mieulx de garde que l'on peult, ainsi que V. M. pourra 
entendre plus au long par M. de Tellegny -, qui est allé avec M. Des- 
chenetz qu'il trouva icy à son arrivée. 

« Sire, estant après à vous faire la présente dépesché je fuz adverty 
que M. le capitaine Polyn estoyt jà arrivé à Vicence, et que le seoyr 
mesmes estoyt pour venir icy. Dont estant après disner, que cez 
Seigneurs ne se réduysent en leur colliége comme ilz font le matin, 
ne peulx leur faire entendre, synon par une petite lettre que leur 
adroysay en conseil de Diexe où n'est la coustume que les ambassa- 
deurs aillent; et ce feiz-je d'aultant que avoys esté adverty que les 



1. Brindisi. 

2. Téligny. 



580 AMBASSADE DE [AVRIL 1542] 

Impériaulx avoyent mis embusches pour l'insider sur la mer, voyans 
ne luy avoyr peu rien faire par terre, car il n'y a chose si grande ne 
si meschante qu'ilz craingnent entreprendre en telz affaires. Dont ces 
Seigneurs, à une heure de là, m'envoyèrent ung des capitaines dudict 
conseil de Diexe, pour faire tout ce que nous luy vouldrions ordonner; 
mais, nous en remettant à leur bonne providence et discrétion, y 
envoyèrent au devant de luy xii ou xiii barques en deux endroictz 
pour le lever, pour ce que ne sçavions de quel cousté il debvoyt venir, 
et que lesdictz Impériaulx avoyent mis ambusches en plus d'un 
endroict. Et ainsi accompaingné desdictes barques est arrivé icy en 
sauveté, Dieu mercy, comme à mon advis vous escript amplement des 
aultres insidies et advantures qui sont survenues par les chemins. 
Dont, m'en remettant à lui, ne vous en diray davantaige... » 

Vol. 2, î° 313 V, copie du xvi' siècle; IJ pp. 1/4 in-f°. 



PELLICIER A l'amiral CHABOT ET A M. D'ANNEBAULT '. 

378. — [Venise], 3 avril 1 542. — « Monseigneur, j'escrips présente- 
ment à S. M. quelques advertissemens que j'ay euz de Rome, lesquelz 
estant asseuré que verrez, ne vous en feray autrement répétition; mais 
vous diray l'interprétation que l'on entant sur ces menasses de pro- 
cedder par censures, et autres voyes esgarées, c'est de juger le roy 
ennemy publiez de la chrestienté, afin de la conciter toute contre luy, 
pour essayer de le mettre en dangier d'estre privé, ainsi que j'entendz; 
que plustoust soyent-ilz privez de ce munde : chose que peult évidem- 
ment donner à congnoystre la grande confiance que l'on doibt espérer 
de ce cousté là. Je me suys réservé d'escripre telles malheureuses entre- 
prinses si ouvertement au roy, me confiant que vostre singullier et 
infallible jugement congnoystra trop mieulx s'il y aura lieu de les luy 
faire entendre que ne sçauroys pancer, j'estime pourtant que cecy n'est 
venu d'aultre que d'une lettre que le marquis du Guast, comme sommes 
icy advertiz, a escripte à ung sien amy et entremetteur de ses affaires à 
Romme; laquelle chairchant de faire veoyr au pape, il remonstroyt que 
Sa Saincteté deust procéder par telles voyes que dessus. Pareillement 
tout expressément a esté faict veoyr icelle lettre, par le moyen d'ung 
sien serviteur, à Fidelle ^, secrétaire de ces Seigneurs prez de luy, afin 
de le faire sçavoyr à ces Seigneurs, lequel n'y a failly. » 

Vol. 2, f° 316, copie du xvi^ siècle; 1 p. in-f*^. 



1. « A messeigneurs l'Admirai et d'Annebault. 

2. Vincenzo Fedeli. 



[avril 1542J GUILLAUME PELLICIER 381 

PELLICIER AUX MÊMES. 

379. — [Venise], 3 avril 154.2. — « Monseigneur, par la dernière 
dépesche que j'ay faicte au roy, du cincquiesme ' de ce moys, Tay 
adverty de toutes nouvelles et occurances de deçà, et mesmemenl comme 
sur le poinct que voulloys serrer mon pacquet arriva M. de Telligny. 
Dont, pour ne le retarder, et aussi que ledict seigneur estoyt lant las et 
travaillé pour le long voyage et pluyes qu'il avoyt eues en chemin, ne 
communicquâmes ne conférâmes autrement pour l'heure, ensemble, de 
ce qu'il avoyt à me dire de la part de S. M. Par quoy, et aussi pour 
n'avoyr lors ancores deschifré ma lettre, ne peulx en faire aultre res- 
ponce; à présent, ayant bien au long entendu de luy, et veu par ladicte 
lettre le voulloyr dudict seigneur, quant à Marran ^, je vous diray, 
Monseigneur, que luy ayant trouvé icy M. Deschenetz, avons advisé tous 
ensemblement et conclud de tout ce qu'il y avoyt à faire pour se gou- 
verner à l'advenir selon le voulloyr et intention du roy, ce que certai- 
nement l'on a mis peine de faire jusques icy le mieulx qu'on a peu. 
Mais, Monseigneur, vous sçavez trop mieulx que en ces choses de telle 
importance, qu'il fault faire ainsi à l'improviste et à la haste, l'on ne 
peult pas bonnement du commancement y donner telle règle et police 
que l'on vouldroyt bien; et si convient tousjours faire les premiers 
moys plus grosse despence pour se fortiffîer, munir et envitailler afin 
de s'assurer mieulx de ses ennemis. J'espère que quant aurez veu 
Testât et ordre qu'on y a mis pour observer et garder doresenavant, 
lequel nous vous envoyons par ledict seigneur de Théligny, et que par 
luy aurez entendu de bouche ancores le tout mieulx amplement, que le 
roy et vous ne le trouverez que bon. Dont, m'en remettant à son retour, 
ne vous en diray aultre pour ceste heure. » 

Vol. 2, f° 316 v", copie du xvi' siècle; 2 pp. in-f". 

PELLICIER A M. DE VANLAY. 

380. — [Venise], 4 avril i 542. — « Monsieur, depuys votre parle- 
ment de ceste ville, se sont entenduz des propoz lesquelz certainement 
ne m'ont pas faict peu esmerveiller; car ont esté cause que plusieurs 
capitaines sont venuz vers moy, très mal contantz et satisfaictz, qu'on 
avoyt toujours entretenuz en bonne espérance pour employer au ser- 
vice du roy, allégans avoyr entenduz qu'on faisoyt gens, et que en ceste 
ville avoyt esté baillé bonne somme de deniers pour donner aux soul- 
dars desquelz il y en avoyt qui avoyent touché argent; de sorte que, à 
ce que j'ai peu entendre, par les propoz qui en ont esté tenuz, l'on 

1. Il faut lire « du vingl-ciiiquiesme de mars ». 

2. Les mots imprimés en italique sont chifTrés dans la dépêche. 



582 AMBASSADE DE [AVRIL 1542] 

sçayt quasi aussi bien l'entreprinse que avez désigné de faire que vous 
mesmcs. El de faict y en a de ceulx qui en ont receu lesquelz, après 
avoyr sceu la venue du seigneur Pictro SLrozzi, sont allez vers luy pour 
s'offrir s'il les voulloyt recepvoyr soubz sa charge, et qu'ilz rendroyent 
l'argent qu'ilz avoyent eu en vostre nom. Vous sçavez bien la dificulté 
que je y i'eis, attendant l'advis de M. le capitaine Polin, vous advisant 
que je ne Tay jamais accordé sinon en tant qu'il le trouveroyt bon; et 
m'asseurastes que tel estoyt son advis, allégant pour tesmoing M. de la 
Mothe. Mais quant s'est venu, que je luy en ay parlé en présence 
dudict seigneur de la Mothe, ne l'a pas advohé; ledict seigneur de la 
Mothe n'a pas aussi confirmé voustre dire. Nous avons de rechief 
despuis consulté et délibéré le tout avec ledict seigneur Strozzi ; mais 
l'on la trouve à présent plus dangereuse et moings au service du roy 
que auparavant, attendu mesmement que la chose est desjà tant 
divulguée qu'il est à croyre que les ennemis ne fauldront à y prou- 
veoyr et obvier. Par quoy je vous prye de panser bien ce que en avez à 
faire ; car quant à moy, je n'y entendz rien, sinon aultant que ceulx 
qui ont la charge, puyssance et sçavoyr m'en font saige. Je ne voul- 
droys poinct que pensant décepvoyr aultruy l'on se déceusl soy-mesmes. 
Dont vous advise que je n'estime poinct y avoyr par ce moyen là con- 
senty ne consentz, en tant que bezoing seroyt en proteste s'il en 
advenoyt aucun désordre, dommaiges ne intérestz. » 

Vol. 2, f" 317, copie du XVF siècle; i p. 1/4 in-f°. 



PELLICIER A M. D'ÉCIIENAY ^ 

381. — 'Venise], 7 avril J 542. — « Monsieur, estant arrivé icy M. le 
capitaine Polin, m'ayant communicqué aucunes choses de par le roy 
touchant Marran, avons esté d'advis vous escripre la présente pour vous 
prier, incontinent icelle receue, vous en venir par deçà afin de commu- 
nicquer et adviser tous ensemblement ce que nous avons à faire pour 
mettre à exécution le voulloyr et intention de S. M. Et pour ce qu'il vous 
a esté mandé donner advis de toutes les provisions et munitions qui 
sont dedans ladicte ville, avons pryé M. Darramont, présent porteur, 
et le capitaine Espaignolet se transporter jusques là pour en faire ung 
inventaire. Dont, cependant qu'ilz y seront, il vous plaira donner charge 
audict seigneur Darramont de s'en prendre garde en vostre absence de 
ladicte place jusques à vostre retour que sera de brief, attendu mes- 
mement que M. vostre frère n'y est poinct ne aultre que l'on se doibve 
mieulx attendre que audict seigneur Darramont. M. de la Mothe est 
après pour pourveoyr aux choses que luy avez donné charge ; à quoy 

1. •< Par M. Darramont. » 



[avril 1o42] GUILLAUME PELLICIER 583 

pour estre occuppé aux plus grans et urgens affaires pour lesquelz 
ledict seigneur capitaine Polyn est venu icy, n'avons peu ancores 
vacquer ne entendre jusques à présent. Ce néantmoins nous ne lais- 
sons, de y prouveoyr et donner ordre le plus toust qu'il nous sera pos- 
sible »... 

Vol. 2, f° 317 v°, copie du xvi*^ siècle; 3/4 p. in-f". 

PELLICIER AU COMTE DE LA MIRANDOLE. 

382. — Venise, 7 avril 1 542. — lUustrissimo et Excellentissimo 
Signor, havendo io già risposta alla vostra del IIIP del instante, in 
quello che io era à expidirla et dare in man del vestro messo, è sopra- 
giunto il signor Hyppolito di Gonzagha, Con nuovi avisi et dimande. 
Perche volendo respondere del tutto insieme, l'havemo fatto superce- 
dere fin aquesta hora, che gli dicemo, che quanto se aspetta alli fanti, 
che V. S. lll""' dimanda perla sicurtà délia Mirandola. Noi gli mandiamo 
provision! per altri 50 fanti, acciô che sicondo la pelitione sua, il Re 
gliene pagha 100. Il quali numéro, non occurrendo altro, per adesso è 
parso ai ministri qui di S. M*'' bastare. Quanto alla provisioni di dena- 
rii per la monitione del salmistrio, benche V. S. 111"^ ne habbia avertito 
che nel passaggio de l'Imperatore quella havesse provisto d'ogni cosa 
appertenente à potersi conservare contra più grande forze di quella, 
et che non vediamo esser intervenuta caggione per la quai se habbia da 
essere spesa ne consuramata; nondimeno non havemo voluto mancare 
de far quanto quella ne scrive. Girca a quello, che V. S. 111™' dimanda, 
che acascando S. M*'' si volesse serivir fuora délia Mirandola di cavalli 
leggieri, che ivi sono, in luoco loro s'habbia da mettere dentro a quella 
500 fanti, e parso dirvi, che non essendo noi in quella consideratione 
ne bisognio al présente, noi remetteremo in quel tempo che tal cosa 
accaderà; perô che V. S. 111°''' sia certa che sicome non si ô manchato 
per il passato in nulla, che sia per conservatione di la terra et servitio 
vostro, non siamo anchora per l'avvenire per.manchar. Et quanto alli 
danni che ne hafatto intendere, che potevano intravenire sopra le terre 
sue, per la mazza di giente che vuol' fare il S"" di Vanlay, moi gli havemo 
scritto di modo che non passarà più avanti, per il che non sarà bisogno 
ricevere altramente alcuni, sinon habbiate altre lettere d'i servitori di 
S. M'^ che in queste cose habbino possanza. Gli avisi, che V. S. Ill™=» ne 
ha mandati, sicome ne havete scritto, vi rimandiamo; ma la lettera del 
Re mandatavi, perche non havemo altra comissione di poter mons- 
trare de la voluntà di S. M" (laquale havemo essequita), non m'è parso 
di rimandarvila, ne privare noi di quella, come quelli à chi più è neces- 
saria che a nessuno altro, offe-rendovi che ogni volta, che me farete 
scrivere per S. M'^ di simile cose, moUo voluntieri vi la rimandaremo. 

/ 



584 AMBASSADE DE [âVRIL lb42j 

Et conqueslo ci arricommandiamo à V. 111'"' S., et priegho Iddio la con- 
servi in sanità, et longha vita. 

« In Voiclia, a di Vil cifrile 1541 [V. S.]. » 
Vol. 2, f" 318, copie du xvi® siècle; 3/* V- in-l""- 

PELLICIER A M. DE VANLAV. 

383. — [Vemse]^ 8 avril 1542. — « Monsieur, je receuz hersoir 
lettre par Belaureille *, à laquelle me semble vous avoyr assez perti- 
nemment faict responce, touchant ce que demandez, par la mienne du 
IIIP de ce moys, vous ayant bien au long faict entendre par icelle Tadvis 
et délibération des meilleurs serviteurs du roy qui sont icy. Lesquelz, 
pour plusieurs causes et raisons qu'on a entendues despuis vostre par- 
tement, et mesmementque tout vostre affaire esloyt tant divulgué pour 
avoyr faict icy capitaines et baillé argent pour lever gens, entre les- 
quelz y a ung de Martinengo ^ et de Avogaro ^, contre ce que avions 
conclud et arresté ensemblement ou de rechief confirmé et arresté 
n'estre convénient ne à propoz pour le service de S. M., que debviez 
passer oultre en ceste affaire. El davantaige vous sçavez très bien qu'il 
avoyt esté arresté entre nous de ne faire aucuns capitaines et que con- 
duyriez les souldars jusques au lieu pour un escu pour homme sans 
demander d'argent davantaige, qu'ilz n'eussent faictz l'effect de vostre 
entreprinse. Dont nous estimons, puis que n'avez trouvé lesdictz soul- 
dars si dispousez que vous pensiez, que n'aurez employé l'argent du 
roy et que aurez diféré d'entrer plus avant en despence jusques ad ce 
que ayez entendu si on vouldroict fornir toute la paye aux souldars : 
ce qu'il m'a semblé debvoyr faire ne passer oultre. Par quoy derechef 
je vous prye vous en désister du tout si jà ne l'avez faict suyvant 
madicte lettre, de laquelle vous envoyé le double à toutes advantures... » 

Vol, 2, f*^ 318 v», copie du xvi'= siècle; i p. in-f". 

PELLICIER ET LE CAPITAINE POLIX AU ROI. 

384. — [Venise], 10 avril 1542. — « Sire, nous vous avons faict 
sçavoir l'arrivée icy de moy, capitaine Polyn, par nostre dernière 
dépesche du dernier * de ce moys, ensemble toutes aultres nouvelles 
que avons peu entendre lors. Despuys a semblé à voz meilleurs servi- 
teurs, qui sont en ceste ville, debvoyr attendre quelques jours davant 
que d'aller vers cez Seigneurs affin que cependant veissions de faire 

1. Belle-Oreille, chevaucheur ou courrier. 

2. Le comte Giorgio Martinengo, de Brescia, surnommé par les Français le superbe 
Italien, l'un des principaux colonels de l'armée de Pietro Strozzi. 

3. Le comte Aloysio Avogaro, autre colonel de l'armée de Strozzi. 

4. Erreur du copiste; il s'agit évidemment de la dépêche du 3 avril. 



[avril 1542j GUILLAUME PELLICIER 585 

parler particulièrement à ceulx qu'on congnoyst plus affectionnez à 
vostre party, pour parvenir mieulx aux fins que nous rechairchons. Ce 
que avons faict le plus diligemment qu'il nous a esté possible, puys 
sommes allez vers eulx en collège; ausquels, aprez avoyr demandé 
audiance secrète, qui est le conseil de Diexe, et qu'ilz ont eu faict 
retirer ceulx qui estoyent audict collège n'estans dudict conseil, ay 
présenté les lettres de créance de V. M., qu'ilz ont faict lire et inter- 
préter par ung de leurs secrétaires. Et ce faict, les ay premièrement 
remerciez affectionnément de vostre part de la faveur, support et aide 
qu'ilz sont accoustumez faire et donner à voz ministres passants par 
leurs terres, ainsi que de ma part pouvoys porter très bon tesmoin- 
gnage, comme celluy qui de fresche mémoyre l'avoyt très bien expé- 
rimenté au bezoing; car sans leur bonne provision je me feusse peu 
trouver en non moings grand dangier que ont faict d'aultres vostres 
serviteurs, de tomber es mains de ceulx qui sont coustumiers de user 
de toute cruaulté et infamye envers ceulx qu'ilz peulvent attraper de 
voz subjectz et serviteurs. Et pour ce qu'il y avoyt aucuns malins qui, 
pour voulloyr abaisser et vitupérer vous * affaires, alloyent calomniant 
et mesprisant l'intelligence qui est entre vous et le Grand Seigneur, 
pensant en faire leur proffict, leur faisoys entendre que jamais V. M. 
ne l'avoyt rechairchée, ains très instamment en aviez esté prié et 
requis dudict Grand Seigneur; dont, congnoyssant l'ambition et cupi- 
dité grande de l'empereur, et prévoyant ladicte intelligence pourroyt 
avec le temps tourner au proffict et utilité de toute la chrestienté, 
l'aviez acceptée pour l'aider et secourir au bezoing, comme avez très 
bien faict tant générallement que particuUièrement. Et entre aultres 
choses avoyt esté cause de la libération de la Terre Saincte et la resti- 
tution des reliques et ornemens de l'Église, de la liberté des frères 
qui faisoyent le divin service, et d'autres infinis paouvres chrestiens qui 
estoyent exclaves, et de la tresve générale de toute la chrestienté. Et 
aultres plusieurs bons fruictz estoyent succédez et espérez debvoyr suc- 
céder à cause de ladicte intelligence, ainsi que eulx-mesmes pouvoyent 
très bien sçavoyr, non que pour icelle V. M. ayt jamais empesché l'em- 
pereur es entreprinses qu'il a faictes contre les Infidelles combien que 
cependant si vous feussiez voullu aider de ceste faveur, eussiez peu 
avecques médiocres forces recouvrer ce qui est à vous par raison. Et 
mesmement du temps qu'il estoyt à Thunes ^ Hongrye, et dernière- 
ment en ce voyage d'Algier, chose que eussiez peu faire avec bonne et 
juste cause; mais, comme celluy qui désire l'augmentation et accroys- 
sement du bien de la chrestienté, vous en estiez gardé et n'aviez 

1. Vos affaires. —Dans cette longue dépèche, Pellicier et Polin présentent au roi 
une sorte d'apologie de sa conduite et une véritable récapitulation des événements 
de ces dernières années qui est des plus curieuses. 

2. Tunis. 



b86 AMBASSADE DE [avuil 1542] 

manqué de vostre part de faire comme ung chascun sçayt tout l'effort 
et debvoyr qu'il estoyt possible pour resduyre en tranquilité et union 
toute la chrestienté. En récompance de quoy icelluy empereur vous 
avoyt toujours rendu mal pour bien, vous usant d'injustice et manque- 
ment de foy, mcsmement quand il vint assaillir la France tant injuste- 
ment et inicquement avecques toutes ses forces et de ses amis allez et 
confédérez qu'il avoyt mis ensemble, faignant d'aller à quelque entre- 
prinse contre le Grand Seigneur. A quoy V. M. avoyt résisté tant 
vigoreusement, sans aide d'aucun prinoc estrangier, que les repous- 
sastes de la France avec grand perte de ses gens et réputation. Et peu 
après V. M. vint en Italye avec tel numbre de gens que les ennemis 
n'estoyent pour vous résister; toutesfoys vostre naturelle bonté, voyant 
l'évident dommaige que en pouvoyt recepvoir le paouvre peuple du 
pays, advisastcs pour son sollagement de raveoyr plus loust ce qui est 
à vous par amitié que par forces, sans laysser ainsi ruyner et dom- 
maiger du tout icelluy pays : qui fut la principalle cause, avec la per- 
suasion de Nostre Sainct Père, que vous désistâtes de vostre entre- 
prinse, moyennant aussi la promesse que l'empereur vous feist par son 
ambassadeur de rendre à monseigneur d'Orléans la duché de Millan 
comme estant de son vray patrimoyne. Et là-dessus fut traiclée une 
tresve entre voz deux Majestez durant laquelle, pour les grans et 
urgens affaires que l'empereur avoyt en ses Pays-Bas de Flandres et 
AUemaigne, luy convint nécessairement aller passer par vostre 
royaulme où luy fut faict par V. M. et tous voz subjectz tant d'honneurs 
et caresses que n'est possible de plus, estimant non seuUement garder 
et observer ladicte tresve, mais encores faire une si estroicte amitié 
ensemblement que à tout jamais entre vous et les siens deust 
demeurer une paix perpétuelle. En récompense de quoy, en lieu de 
vous rendre bon guerdon, avoyent esté tuez en ses pays par ses 
ministres plusieurs serviteurs de V. M., et faictz aultres portz d'armes 
contrevenantes à ladicte tresve et à son serment, lequel n'est guère 
coustumier de observer. Car desdictes contraventions on luy avoyt 
faict apparoyr, par bonnes informations prinses avecques son maistre 
de camp de sa part, et moy de celle de V. M. lesquelles je luy avoys 
portées moy-mesmes, sans que jamais en ayt esté faict aultre justice; 
qui faisoyt croyre le tout avoyr esté faict de son sceu et consentement, 
ensemble plusieurs aultres infinies entreprinses que ses ministres 
avoyent tasché de mettre à exécution sur voz terres et 'places, ainsi 
que journellement estoyent descouvertes, n'obliant aussi à leur ramen- 
tevoyr et mettre advant l'assassinement des deffunctz César Frégoze et 
Rincon, et du seigneur de Sainct-Paol avec ung aultre gentilhomme 
françoys qui s'en alloyt avec luy, et la continuation de telz insultz qu'ilz 
faisoyent, voyre jusques sur les terres de cestedicte Seigneurye, ainsi 
qu'on avoyt peu veoyr ces jours passez qu'ilz avoyent faict des gen- 



[avril 1542] GUILLAUME PELLICIER 587 

tilzhommes françoys, et ont voullii faire à moy-mesmes, comme vous 
ay escript. Dont à présent ne voullant plus suporter semblables tortz 
et griefz, et voyant son insatiable ambition et le peu de foy et seureté 
qui est en luy, considérant aussi les forces que a en Ilalye, et les intel- 
ligences aux terres de l'Église que, advenant le décès de Sa Saincteté, 
se pourroyt facillement empatronir et faire seigneur absolut de Testât 
temporel d'icelle Église, et par ce moyen là mettre et réduyre en ser- 
vitude les républicques qui sont ancores en liberté sur lesquelles il 
avoyt espéré de longtemps et espéroyt journellement, comme il avoyt 
faict plusieurs aultres qui sont en Italye soubz couUeur de liberté, — 
V. M. m'avoyt commandé, pour obvier à toutes ces choses, tant pour 
le bien de voz affaires, seureté et augmentation de leur estât, et aussi 
pour la tranquilité de toute Tltallye, les rechaircher d'une bonne ligue, 
confédération et aliance, ainsi qu'ilz avoyent eue par le passé avecques 
V. M., laquelle n'avoyt jamais esté rompue de vostre cousté, s'asseurant 
bien qu'ilz ne la reffuseroyent, congnoyssant que cela leur retourne- 
royt aultant ou plus à honneur et proffict que à V. M., comme particul- 
lièrement ilz pourroyent entendre par M. de Montpellier et moy. Et 
pourroyent estre certains que, ayant leurs forces assemblées avecques 
les vostres, non seullement seroyent suffisantes pour asseurer leurs 
estatz, mais pour les augmenter, estans celles de V. M. plus grandes 
que ne furent oncques, ayant très grand numbre de gendarmerye, gens 
de pied, intelligence aux Allemaignes vers les Souisses et Grisons, et 
par mer bon nombre de gallères et plusieurs nefz et gallions, et vos 
fortresses faictes de sorte qu'il ne sera bezoing séparer voz forces 
comme en aviez esté contrainct par le passé. Et pareillement de ce que 
estoit le fondement de pouvoir maintenir et soubstenir la guerre, c'est 
de vostre bonne et grosse somme d'argent et moyens pour en recou- 
vrer avec la porte et entrée en Italye. Par quoy les prioys donc de 
vostre part se voulloyr séparer de celluy qui avoyt tousjours tasché et 
tascheroyt à leur ruyne, ayant jà pour avoyr cédé en ses fallaces par 
elles souffert groz dommaiges et intérestz tant à leur honneur, per- 
sonnes que biens, et se unir avec V. M., embrasser sa magnanimité et 
libéralité maintenant la justice, de laquelle avoyent tousjours esté 
vrays amateurs. Et aussi pour la libération de la Provence, considé- 
rant aussi la vraye amitié que V. M. leur avoyt tousjours porté et por- 
teroyt à jamais, comme vray amy et protecteur de ceste républicque, 
leur en promettant bailler telle seureté qu'ilz sçauroyent adviser. Sur 
quoy. Sire, nous feirent responce généralle à l'acoustumée. Premiè- 
rement, qu'ilz estoyent tous asseurez que suyvant vostre naturelle et 
accoustumée bonté, V. M. n'avoyt jamais accepté ceste intelligence 
avecques le Grand Seigneur, sinon en très bonne intention et pour la 
commodité et profTict de toute la chrestienté, ainsi que par les effectz 
donniez ordinairement très bien à congnoystre, convenant au nom de 



588 AMBASSADE DE [aVRIL 15421 

chrislianissimc. Et quant aux différens qui estoyent entre V. M. et 
l'empereur, en estoyent très desplaisans de veoyr que Voz Majestez, 
estant parens et alliez ensemble, fussent aussi en question; et touchant 
la ligue dont nous les rechairchions, verroyent de s'assembler selon 
leur ordre et coustume pour se résouldre de la responce qu'ilz 
auroyent à nous faire. 

« Sire, je vous ay escript comme, suyvant le bon voulloyr que le sei- 
gneur Rodolphe de Gonzagues démonstre avoyrà vostre service, nous 
avoyt faict entendre que eussions à mander gens en aucunes de ses 
places, mesmement Luzare et Pouillio \ pour veoyr s'ilz feroyent à 
propoz, advenent qu'en en eust debezoing; ce que avons faict sçavoyr 
à M. Darramont, et le seigneur Hanibal Carciolo ^ Lequel Darramont 
est despuis retorné; qui nous a faict raport ledict lieu de Pollio estre 
place forte commode pour vostre service, mesmement pour les choses 
de la Mirandola, et que, moyennant quelques petites réparations, l'on la 
feroyt faire dedans vingt jours l'une des plus fortes de tout ce pays-là, 
et par son moyen l'on se pourroyt empatronyr d'ung chasteau nommé 
Sabionnète, qui est sur le Pau ^, aussi fort et à l'adventure plus que nul 
autre qui soyt sur ceste rivière là. Dont, pour donner couraige audict 
de Gonzaigues, meilleur moyen et occasion de vacquer à la fortifTication 
de ladicte place, et aussi pour l'entretenir tousjours en ceste bonne 
voulunté, attendant avoyr responce de V. M., voz meilleurs serviteurs 
qui sont icy ont esté d'advis que si d'adventure il faisoyt instance 
d'avoyr quelque secours, de luy faire fornir quelque somme d'argent 
par main tierce : ce que avons faict par ung de voz serviteurs qui la 
luy a baillée comme sien propre et en son nom, sans faire entendre 
que ce fust de vostre part. Quant est de Luzarre, pour estre fort grande 
place, eust esté de grand despence pour tenir, à cause qu'il eust fallu 
grand numbre de gens pour la garder; dont a l'on esté d'advis qu'il 
n'eust à contester au commandement que luy a mandé le marquis du 
Guast, duquel ay envoyé le double à V. M. Toutesfoys l'on espère que 
pour cela ladicte place ne laissera estre tousjours à vostre commande- 
ment, ayant mis ordre de s'en saisir toutesfoys et quantes que l'on 
voudra, ainsi que a raporté ledict seigneur Darramont. Et a dedans 
vivres en telle quantité qu'ilz seroyent suffisans pour nourrir assez 
longtemps une bien bonne et grosse masse de gens. Laquelle voulant 
faire V. M. sur les terres de la Mirandola, ledict marquis du Guast ne 
fault de chercher tous les moyens qu'il peult de l'empescher; et, pour 
ce faire, a faict venir troys cens chevaux légiers là autour sur les pays 
du seigneur Cagnyn de Bauze \ lesquelz, ainsi que avons esté adver- 

1. Luzzara et PovipHo. 

2. Annibal Carracciolo. 

3. Sabbionnetta, place de Lombardie située à 27 kilom. de Mantoue, non loin du Pô. 

4. Cagnino di Gonzaga, seigneur de Bozzolo. — Ce personnage, que nous avons 



[avril lb42j GUILLAUME PELLICIER SgO- 

liz, pour estre mal payez se tiennent très mal satisfaictz et seroyent 
pour prendre autre partiz qui le leur mettroyt avant. Dont vous 
plaira, Sire, adviser s'ilz feroyent à propoz pour vostre service, et nous 
envoyer le moyen de les y pouvoir attyrer et entretenir. Et ce faisant, 
Ton nous a donné espérance qu'ilz ne seront pour le reffuser; qui ne 
seroyt pas petite comodité pour ladicte Mirandola et vostre service 
ailleurs, car aultrement seroyent pour desfaire les souldars qui y 
viennent par petites bandes. Par quoy du tout. Sire, il vous plaira 
nous faire sçavoyr vostre volunté et ce que nous en avons affaire. 

« Sire, jà nous vous avons escript comme pour la grand instance que 
nous avoyt faict le seigneur comte de la Mirandola de luy fornir la 
paye de cent hommes pour la garde et seurté de ladicte place, la luy 
avions accordée seullement pour cinquante et envoyé argent pour ce 
faire, luy remonstrant qu'il estoyt accoustumé de y en tenir cinquante 
à ses despens en temps de paix, et qu'il estoyt tant bon et affectionné 
serviteur de V. M. que, au bezoing, il ne se vouldroyt moings efforcer 
que auparavant. Aussi avons envoyé argent pour faire celle des che- 
vaulx légiers, considérant que c'estoyt ung faire le fault tost ou tard, 
et que jà ilz commançoyent à murmurer grandement, et parloyent de 
vouUoyr prendre aultre party : ce que aucuns avoyent desjà faict 
comme avons esté advertis. Despuys, il a encores envoyé vers nous 
plusieurs de ses gens et entr'aultres le seigneur Ypolito de Gonzagues, 
pour nous remonstrer que luy estant entré en despance tant pour la 
fortiffication de ladicte place que aultres charges qu'il avoyt à présent, 
ne pourroyt maintenant entretenir lesdictz cinquante hommes à ses 
despens comme il soulloyt, et qu'il avoyt bezoing, pour la garder et 
défendre, de troys cens hommes, attendu le mouvement que faisoyent 
les Impériaulx, comme V. M. pourra veoyr par le double des lettres 
dudict seigneur comte que vous envoyé présentement, vous priant les 
luy voulloyr accorder et envoyer argent pour leur soulde. Dont avons 
esté d'advis pour ceste heure luy en concedder seullement autres 
cinquante, qui sont cent en tout, nous remonstrant davantage ledict 
seigneur Ypolite de Gonzagues que, ayant ledit seigneur comte 
bezoing de munition de pouldre, avoyt achapté deux cens poix * 
de salpestre pezant chacun poix xxv livres, vallant un escut et 
vingt deniers. Dont nous pryoyt luy voulloyr ramborcer l'argent qu'il 
avoyt advancé pour ce faire. En oultre qu'il y avoyt là auprès, sur le 
Mantouan, certains marchans qui en avoyent sept cens poix à i livre 

déjà rencontré au début de l'ambassade de Pellicier (V. p. 9, note 8), se nommait 
en réalité Francesco di Gonzaga, dit El Cagnino (« le petit chien »; au figuré, 
synonyme de « compagnon, camarade »), seigneur de Bozzolo, capitaine de trente 
lances fournies des ordonnances du roi. 11 signe lui-même « El Cagnino di Gonzaga 
di Bozzolo » dans plusieurs quittances des années 1529 et 1530 (B. N., ms. fr. 27^ 
842, Pièces originales). 
1. Poids. 



590 AMBASSADE DE [AVRIL 1542] 

III sol/- iiii deniers le poix, lequel prendroyt si nous voullions fornir 
argent pour servir au bezoing; et que c'estoyt une marchandise qui en 
se gardant ne se pourroyt gastcr, laquelle on ne recouvroyt pas tous- 
jours à son aise quand Ton en avoyt à faire; par quoy avons esté 
d'advis le retenir et luy envoyer argent pour le payer avec icelluy que 
est allé pour faire le payement dcsdictz cincquante hommes, ayant 
charge de nous de le veoyr luy-mesmes pezer et le mettre en lieu 
qu'on le puisse trouver au bezoing, tant celluy que ledict seigneur 
comte disoyt avoyr payé que celluy qui estoyt à payer. » 

Vol. 2, f" 319, copie du xvi'^ siècle; 7 pp. in-f°. 

PELLICIER A l'amiral CHABOT ET A M. d'ANNEBAULT. 

385. — [ Valise], i avril 1 542. — « Monseigneur, vovis verrez par 
la lettre que nous escripvons présentement au roy, le seigneur capi- 
taine Polyn et moy, toutes les nouvelles et occurrances qui sont sur- 
venues icy despuys le iii*^ jour de ce moys que nous feismes entendre 
tout ce que avions lors. Dont ne vous feray autrement répéticion. Et 
davantaige ne vous puys dire grand chose pour ceste heure, sinon que, 
incontinant après ces festes, verrons de solliciter ces Seigneurs de nous 
faire responce sur ce que ledict seigneur Polyn leur a propozé de la 
part de S. M.; mais ce ne sera jusques ad ce que Janus Bey leur ayt 
aussi faict entendre sa charge et commission, que ne faillons chacun 
jour couvertement et secrètement à soliciter et exorter de la leur 
exposer le plus eficacement qu'il luy sera possible, de sorte que jusques 
à présent le trouvons en bonne disposition de faire bien son debvoyr. 
Dieu luy veille si bien ouvrir les esprilz qu'il puysse impétrer ce qu'il 
demande! Je ne fauldray incontinant vous faire entendre ce que en 
sera, tant de la responce qui luy sera faicte que audict capitaine Polyn 
et à moy. Et cependant vous diray que les Impériaulx font grand 
bruyct de se vouUoyr mouvoyr; et jà, comme j'ay esté adverty par 
lettres, est party de Crémonne quatre mil hommes avecques quatre 
canons, lesquelz s'en vont à la volte de Cazal Major ' et de là à Bozolo *, 
faire l'assemblée où doibvent trouver quatre cens chevaulx. L'on ne 
sçayt ancores quel chemin puys après ilz vouldront prendre, mais l'on 
estime que c'est pour aller à la Mirandola ou à Marran. Dont le sei- 
gneur comte de ladicte Mirandola nous a mandé icy le seigneur Hipo- 
lito de Gonzagues pour nous demander secours de troys cens hommes 
de pied et de munitions; par quoy, suivant vostre lettre qu'il m'a 
envoyé que S. M. luy escripvoyt, contenant en somme qu'il eust à 

1. Casal-Maggiore, place de Loml^ardie à 35 kilom. de Crémone, sur la rive 
gauche du Pô. 

2. Bozzolo, place de Lombardie à 25 kilom. de Mantoue, près de la rive droite de 
l'Oglio. 



[avril 1542] GUILLAUME PELLICIER 591 

s'adroysser à moy, que je le forniroys de tout ce qu'il auroyt bezoing, 
les serviteurs du roy qui sont icy ont esté d'advis que luy envoyasse la 
paye de cent hommes pour ce coup seuUement, et argent pour se rem- 
Lorser de quelque salpestre qu'il disoyt avoyr achapté, et pour en 
achapter d'aultres, ainsy que verrez par ladicte lettre du roy. Dont je 
vous supplye, Monseigneur, me faire entendre si, sans en avoyr com- 
mandement du roy, nous nous serions poinct ung peu trop advancez : 
ce que n'eusse faict sans la grande instance que m'en a faict ledict 
seigneur comte, et me faire advertir s'il a^ous plaist comme j'auray 
doresenavant à moy gouverner. Quant à Marran, nous sommes après 
pour parachever de mettre à exécution le commandement qu'il a 
pieu à S. M. nous en faire et le parfornir de ce peu qu'il reste pour 
l'asseurer, quant il seroyt assiégé, de pouvoyr tenyr assez longtemps 
contre ung groz excercite, et jà est forny de grains pour vu ou viii 
bons moys... » 

Vol. 2, i° 322, copie du xvi^ siècle ; 1 p. 1/4 in-f". 

PELLICIER AU ROI*. 

386. — [Venise], 19 avril 1 542. — « Sire, par M. de Telligny pré- 
sent porteur ay receu la lettre de créance qu'il vous a pieu m'escripre, 
suyvant laquelle n'avons failly de donner tel ordre aux choses de 
Marran que les affaires le requéroyent, ainsi que V. M. pourra avoyr 
entendu par ce que nous vous en avons escript, le seigneur capitaine 
Polyn et moy. Quant à voz autres affaires de par deçà qu'il m"a com- 
municquées de vostre part, je ne fauldray de m'y employer ainsi que 
suys tenu et obligé faire pour vostre service... » 

Vol. 2, f° 323, copie du xvF siècle; 1/3 p. in-f°. 

PELLICIER A M. DE VANLAY. 

387. — [Venise], 19 avril 154.2. — « Monsieur, suyvant ce que par 
la vostre nous avez mandé, nous avons escript au seigneur comte de la 
Mirandola pour vous recepvoyr ensemble voz chevaulx légiers, ce que 
nous estimons qu'il fera. Et pour ce que nous désirons grandement 
donner ordre aux choses de Marran, nous vous prions de, le plus toust 
qu'il vous sera possible, vous transporter de par deçà afin de mettre à 
exécution la résolution [et] ordre qui a esté prinspour les choses dudict 
lieu, suyvant le commandement que par le roy nous a esté faict. Nous 
ne vous disons rien davantage, nous remettant à M. Darramon, pré- 
sent porteur... » 

Vol. 2, fo 323, copie du xvi^ siècle ; 1/3 p. in-f^. 
1. - Par M. de Théligny. » 



S92 AMBASSADE DE [aykIL 1542] 

PELLICIER AU ROI». 

388. — [Venise], 21 avril 154.2. — « Sire, estant survenu quelque 
occasion au seigneur Strossi de telle importance qu'il a semblé vous 
debvoyr faire la présente dépeschc incontinant en toute dilligence, 
ainsi que V. M. pourra entendre plus amplement, tant par ses lettres 
que par Thonime auquel ay donné charge vous en discouryr, de bouche, 
bien au long; et pour n'avoyr le temps de vous pouvoyr escripre autre 
chose de nostre négotiation principalle, vous dirons seullement que le 
seigneur Janus Bey, despuys, à la première proposition, a esté devers 
cez Seigneurs par deux foys. Lequel a faict entendre, ainsi que pou- 
vons estre advertiz, tout ce que pouvoyt panser estre au bien de 
l'affaire pour lequel est venu icy; semblablement avons faict de nostre 
part le mieulx qui nous a esté possible, et a esté tant solicité et 
advancé ledict affaire que nous espérons dedans cincq ou six jours en 
veoyr le bout, lequel nous prions Dieu pouvoyr estre selon nostre 
désir : de quoy ne fauldrons, après avoyr eu la résolution, vous en 
advertir bien amplement. Quant à Marran, nous espérons aussi en ce 
temps là vous faire entendre comme vostre commandement a esté mis 
totallement à excécution, et Tordre qu'on y aura tenu, avec l'inventaire 
des munitions, tant de celles qu'on aura trouvées depuys l'arrivée du 
capitaine Bellrame que celles qu'y aura mises nouvellement pour la 
garde et défence d'icelle. » 

Yol. 2, f^ 323, copie du xvi^ siècle; 1/3 p. in-f". 

PELLICIER A M. DE RODEZ. 

389. — Venise^ 22 avril 1 542. — « Monsieur, pour estre mal prouveu 
de nouvelles certaines pour ceste heure, vous dirons seullement que 
Janus Bey est aprez ces Seigneurs, attendant responce de ce qu'il leur 
a proposé jà par trois fois qu'il a esté vers eulx, et nous pareillement; 
de laquelle nous ne vous pouvons rien mander. Si les nouvelles que l'on a 
entendues icy à ce matin estoyentvrayes, ilzleur pourroyentbien donner 
meilleur couraige de faire quelque chose de bon pour nous : c'est que 
l'amitié d'entre le roy et celluy d'Angleterre estoyt confirmée^ ayant 
reprins sa feme, la seur de monseigneur le duc de Clèves^, et que les 
choses d'Allemagne n'alloyent pas si bien pour l'empereur, qu'on avoyt 
entendu ces jours passés avoyr esté conclud en ses diettes. Nous avons 
esté advertiz comme le marquis du Guast, ayant faict commandement 
au seigneur comte Rodolphe de Gonzagues se retirer de Luzare et 

1. « Par le capitaine Jehan Baptisto. >> Gian-Battista, courrier. — Peut-être 
s'agit-il encore ici du capitaine corse San Piero, rencontré plus haut. 

2. Anne de Clèves. Cette dernière nouvelle ne fut point confirmée. 



\ 



[avril 1342] GUILLAUME PELLICIER 593 

aultres lieux de la jiirisdiction de l'empereur, estoyt allé à Pouillio à 
luy appartenent, soubz celle de TÉglise; et pour ce qu'il entendoyt que 
ledict marquis avoyt faict quelque amas de gens pour non seullement 
damnifier et ruyner ces places, mais encores pour se prendre à sa per- 
sonne mesmes, s'il le pouvoyt attraper, avoyt advisé, pour sa plus 
grande seureté, faire venir quelque nombre de gens audict Pouillio 
pour le garder et défendre et faire fortiffier ladicte place. Quoy enten- 
dant, monseigneur le légat de Parme * luy a faict commandement qu'il 
eust à faire cesser ladicte fortiffîcation et retirer lesdictes gens qu'il y 
avoyt assemblez : à quoy voullant estre obéissant, ancores qu'il eust 
peu attendre et tenir quelques jours, n'a vouUu contredire; et luy- 
mesmes, ne saichant où s'adroysser pour estre le mieulx venu, s'est 
allé rendre au seigneur comte de la Mirandola comme son amy et 
parent. Et non content de ce, ledict seigneur légat avoyt mandé cent 
cincquante hommes de pied et soixante chevaulx légiers audict PouUio, 
qui en avoyent prins la possession au non du pape, et levé le chastellain 
de la roche - et mis ung autre. Et, ad ce que Ton pouvoyt entendre. Sa 
Saincteté faisoyt préparer deux mil guastadory de la jurisdiction de 
Parme pour aller ruiner et démollir du tout ladicte place. Et pour ce, 
Monsieur, qu'il a eues toutes ces persécutions pour s'eslre faict [amy] 
avec les serviteurs du roy et avoyr communicqué avec eulx, de quoy 
nous a semblé vous debvoyr avertir afin d'en faire telles remonstrations 
à Sa Saincteté que sçavez très bien adviser, et mesmement que cecy 
pourra donner à congnoystre à ung chascun le contraire de ce que 
vous et aultres ministres du roy ont faict entendre à S. M. et à tout le 
monde que Sa Saincteté est neutralle et seroyt à ung bezoing pour 
incliner à la partye du roy aussi toust que celle de l'empereur, attendu 
que l'on dict que ce faict directement, pour aultant que ledict seigneur 
de Gonzague s'est voullu démonstrer plus incliné à la dévotion du roy 
que à celle de l'empereur, n'ayant ce néantmoings pour cela faict 
aulcune chose au préjudice de Sa Saincteté. Et que, s'il estoyt ainsi 
déchassé et sa place démolye, cela seroyt diminuer grandement la ré- 
putation du roy, et luy pourroyt tourner à non petit préjudice, y pre- 
nant exemple plusieurs autres personnaiges que auroyent voulloyr de 
faire service, ainsi que sçavez très bien, à vostre cause. Vous verrez 
d'en avoyr le plus toust résolution de Nostre Sainct Père que faire se 



1. Uberto Gambara, fils de Gian-Francesco Gambara, comle de Pratalbino, né à 
Brescia, mort à Rome, le 14 février 1549. 

Envoyé successivement comme nonce en Portugal par Léon X et en Angleterre 
par Clément VII (1527), il reçut de ce pontife, en récompense de ses services, 
l'évêché de Tortone (1528-154S1 et la légation de Bologne. Créé cardinal en 1539 par 
Paul III, il eut la légation de Parme et de Plaisance et y favorisa les ambitions des 
Farnese. 

2. De l'italien rocca, forteresse, citadelle, château. 

Venise. — 1540-1542. 38 



594 AMBASSADE DE [AVRIL 1542] 

pourra et en faire escripre audict seigneur légat, vous priant nous 
adverlir de ce que en aurez faict et obtenu... 

« De Venizc, ce xxii" jour (Tapvril 1542. » 

Vol. 2, f" 323 V", copie du xvi" siècle; 1 p. in-f°. 

l'ELLIClEll AU ROI * . 

390. — [Venise], 26 avril J 542. — « Sire, suivant les dernières 
lettres que nous vous avons escriptes, que estions après pour régler et 
resduyre les choses de Marran selon Tordre et commandement qu'il 
vous a pieu nous en faire, tous voz ministres et serviteurs qui sont icy, 
et mesmement le seigneur Pietro Strossi, ont esté d'advis debvoyr 
mander appeller M. Deschenestz pour luy communicquer vostre lettre; 
lequel incontinant n'a failly de venir, et après la luy avoyr faict 
entendre, nous sommes tous ensemble résolus et arrestez d'envoyer 
quérir le seigneur capitaine Turquete, présent porteur, par ledict sei- 
gneur Deschenestz, ne trouvant pas bon que luy et le seigneur Bel- 
tramie Sachia feussent tous deux ensemble dedans, non qu'ilz ne 
soyent voz bien humbles et affectionnez serviteurs, mais pour aultant 
que à l'aventure leurs gens mesmes se feussent peu bander les ungs 
contre les aultres, et par ce moyen mettre en grand péril et dangier 
ladicte place. Par quoy ledict seigneur Deschenès s'est party d'icy 
pour l'aller faire venir en ceste ville : ce qu'il a faict, l'ayant trouvé 
fort prompt et délibéré de faire tout ce que luy a esté ordonné pour 
vostre service, comme de ma part aussi ay-je faict en toutes aultres 
choses. Et pour ce, Sire, qu'il désire vous aller faire entendre de 
bouche la servitude qu'il vous porte, ancores que par l'effect l'ayt très 
bien donné à congnoystre, nous a semblé le debvoyr accompaigner de 
la présente, non que vostre singullière et naturelle bonté ayt bezoing 
d'aucunes recommandations de ses bons et affectionnez serviteurs des- 
quelz vous asseurons estre du numbre, mais pour vous advertir, luy 
faisant démonstration de vostre très grande libéralité et générosité, 
pour estre celluy lequel l'on recongnoyst. La prinse, garde et conser- 
vation de ladicte place donneroyt exemple à beaucoup d'aultres per- 
sonnaiges de s'employer à vostre service du meilleur couraige et affec- 
tion, et surtout luy donnant moyen et estât de se pouvoyr entretenir 
à l'advenir, ainsi que V. M. congnoystra trop mieulx sa suffisance le 
mériter, laquelle est trouvée tant bonne de tous ceulx qui la congnoys- 
sent, qu'ilz ousent bien asseurer qu'en l'employant et luy donnant 
bonne charge, qu'il la sçaura aussi bien mettre à exécution que nui 
aultre que l'on congnoysse de ce cousté, vous supplyant le voulloyr 
faire dépescher le plus toust qu'il sera possible, afin qu'il se puisse 

1. " Par le cappilaine Turcquetto. >■ 



[avril 1542] GUILLAUME PELLICIER 595 

rendre à bonne heure par deçà aux lieux où il vous plaira qu'il soyt 
employé à vostre service. » 

Vol. 2, f° 323 v°, copie du xvi° siècle; 3/4 p. in-f . 

PELLICIER A l'amiral CHABOT, A M. d'aNNEBAULT, AU CARDINAL DE TOURNON 
ET A LA REINE DE NAVARRE. 

391. — [Venise], 26 avril 1542. — Nouvelle recommandation en 
faveur du capitaine Turchetto, qui s'est employé à la prise et conserva- 
tion de Marano. 

Vol. 2, f° 324, copie du xvi° siècle; 1/3 p. in-fo. 

PELLICIER AU ROI. 

392. — [Venise], 28 avril i 342. — « Sire, nous vous avons escript 
comme nonobstant que eussions escript et instamment prié le seigneur 
Rodolphe de Gonzagues ne nous debvoyr venir trouver, pour ne donner 
suspection ne jalousye aux Impériaulx du voulloyr et desyr qu'il a de 
vous faire service, ce néantmoings ne s'est peu garder de y venir, 
Quoy entendant, l'embassadeur de l'empereur le manda quérir pour 
aller parler à luy, ce qu'il ne voullut faire. Dont, peu de jours, l'on ne 
sçayt si cela en fut cause, ou pour quelles aultres raisons, le marquis 
du Guast lui feyt faire tel commandement, que V. M. pourra avoyr 
veu, qu'il eust à vuyder de la place de Luzare, ce qu'il feist, l'ayant 
trouvé par conseil pour n'y avoyr allors lieu de contester. Et se retira 
à Pouillio soubz la jurisdiction de l'Esglise; auquel lieu avoyt faict 
venir pour sa seureté quelque numbre de gens, et commençoyt à le 
faire fortif fier, mais monseigneur le légat de Parme luy feist aussi ung 
aultre commandement de par le pape, qu'il eusl à en vuider luy et 
tous ses gens; ce qu'il feist, voullant obéyr à Sa Saincteté. Ce néant- 
moings despuys, comme j'ay esté adverty par luy, non contant de ce, 
ledict légat, désignant destruyre et ruyner du tout ladicte place, y 
debvoyt mander deux mil gastadory, et troys cens souldars pour la 
raser jusques aux fondemens, et ce d'aultant que ledict seigneur de 
Gonzaigues, ainsi que le commun bruict est par deçà, s'est démonstré 
inclin et affectionné àV. M. De quoy n'avons failly advertir M. de Rodez 
afin de tenir telz propoz à Nostre Sainct Père qu'il sçayt bien adviser. 
Et mesmement que ce seroyt confirmer ce qu'on faisoyt entendre à 
V. M. touchant à la neutralité que Sa Saincteté voulloyt garder entre 
vous et l'empereur, attendu que sans aucune désobéissance que eust 
jamais faicte ledict seigneur de Gonzaigues, on luy usast telle rigueur 
pour la jalousie que l'on a eu de luy à cause de V. M. Et pareillement 
en avons aussi escript, en la meilleure forme que avons peu adviser, à 
monseigneur le légat de Parme, le priant y avoir esgard. Pour lequel 



596 AMBASSADE DE [AVRIL 1542] 

animer encore davantaige contre ledict seigneur de Gonzaigues, les 
Impériaulx n'ont failly de faire couryr ung bruict que V. M. taschoyt et 
faisoyt quelque menée pour vous empatronyr de ladicte ville de Parme, 
et que pour ce faire aviez attiré et prins à vostre service le seigneur 
comte de Sainct-Seconde et ledict seigneur de Gonzaigues, comme 
personnaigcs qui pour en estre voysins eussent plus aisément peu 
mettre telle chose à exécution. A quoy. Sire, n'avons failly de rabatre 
et faire entendre à ung chascun le contraire, et que V. M. n'estoyt 
pour tascher à telles choses. Et se voyant à tel party ledict seigneur 
de Gonzaigues s'en est retiré devers M. le comte de la Mirandola 
comme son prochain parent et grand amy, lequel nous a aussi escript 
vous debvoyr faire entendre le désir et affection que le seigneur 
Guis])ert de Sassolle* a de venir à vostre service. Duquel on se peult 
grandement prévalloyr tant de sa personne que d'une place qu'il a à 
XXV milles de la Mirandola appellée SassoUe *, de laquelle est seigneur 
absolut, n'estant en la jurisdiction de nul aultre prince d'Ilallye que 
l'on saiche; fors quant elle debvroit tenir de quelqu'ung, ce seroyt 
plustoust de monseigneur le duc de Ferrare, à cause de la compté de 
Carpy ', duquel on ne doibt espérer que faveur, ainsi que à nostre 
advis V. M. pourra estre informée plus amplement par ce que vous en 
a escript ledict seigneur comte de la Mirandola, qui nous a priez vous 
escripre et supplier que, à l'advenir, soyt donné ordre et provision 
plus à temps au payement de ses chevaulx légiers et cent hommes de 
pied que l'on a acoustumé. Car à ceste dernière paye le trésorier et 
contrerolleur y sont arrivez deux moys après le quartier escheu : qui 
donne ocasion de tenir les soudars en moings bonne volunté. Et jà 
nonostant quelque provision que y eussions donnée, ainsi que nous 
vous avons escript, s'en estoyent partiz six ou sept chevaulx légiers, 
et allez prendre party ailleurs. Dont s'il vous plaist, Sire, que nous 
retenions l'argent qui avoit esté consigné pour faire ladicte paye du 
quartier passé, laquelle aurions jà faict faire comme aurez peu 
entendre, ce seroyt pour satisfaire le quartier prochain qui escherra 
d'icy à ung moys. Et de ce M. le comte nous a grandemant incité de 
vous en supplier, et de nous advertyr comment Ton aura doresenavant 
à pourveoyr tant ausdictz chevaulx légiers que gens de pied. Nous 
vous avons aussi escript comme avons envoyé argent pour achapter 
de salmestre \ qui en a faict prendre, ainsi que le gentilhomme que 

1. Ghisbertodi Sassuolo. 

2- Sassuolo, place forte à 15 kilom. de Modène, sur la rive droite de la Secchia. 

3. Le comté de Carpi, dont le chef-lieu, Carpi, place forte située à 12 kilom. de 
Modène, et à 22 de la Mirandole, avait été, depuis plusieurs siècles, le siège de la 
dynastie des Pio, jusqu'en 1522 où Charles-Quint les expulsa de leurs domaines. 

En 1530, l'empereur avait vendu cette seigneurie à Alfonso P"" d'Esté, duc de 
Modène et de Ferrare. 

4. Salpêtre. 



[avril 1542j GUILLAUME PELLICIER 597 

y avoys envoyé m'a raporté, cinq cens poix, qui sont douze milliers et 
demy. Lequel, en oullre, nous a faict entendre que se V. M. vouUoyt 
qu'on en print davantaige, qu'il a moyen d'en recouvrer à meilleur 
marché à présent, presque de la moictié, qu'on ne pourroyt pas avoyr 
si le temps se changeoyt. Ce néantmoings, pour n'avoyr aulcune com- 
mission de vous quant à ceste affaire, ne nous a semblé en debvoyr 
prendre plus grande quantité, jusques ad ce que V. M. nous en ayt 
faict entendre sa voullenté, et combien l'on en aura encores à prendre. 
« Sire, estant venu icy ces festes passées monseigneur le cardinal 
Grimany, lequel, sachant combien il est affectionné à vostre service, 
feuz visiter et aussi pour le remercier de la faveur et aide qu'il avoyt 
donnée à ceulx de Marran au temps plus nécessaire et qu'il estoyt 
despourveu et délaissé presque de tous, l'estant le plus voysin et à 
propoz que nul aultre. Et sur ce propoz sachant combien d'empesche- 
ment et d'ennuictz le roy des Romains luy faisoyt en son patriarquat 
d'Acquillée, luy ocuppant son esglise et cité, tenant dedans garnison 
contre tout debvoyr, obsecque * et service de tout l'homaige que luy 
doibt à cause de la comté de Goritia ' qu'il tient fîef de luy, de laquelle 
despend Marran, et que ces Seigneurs qui luy doibvent garentyr et 
faire valloyr et tenir les droictz et prééminences de sadicte cité et 
patriarchat contre tous; et nommément ledict seigneur roy, comme 
comte, mettoyt en longueur et négligence ledict garentissement : dont 
il estoyt pour tourner devers ladicte Seigneurie et s'en resentir et 
plaindre, — j'advisay lui recorder et remonstrer que en traictant avec 
eulx de son affaire, il ne seroyt pas peu d'avancement à icelluy, et ser- 
vice ensemble àV. M., de remonstrer à ladicte Seigneurie les griefz et 
oppressions que ledict roy et l'empereur son frère charchoyent jour- 
nellement faire en tous les endroictz de la chrestienté. Et en oultre 
luy présenté que s'il voulloyt aucun ayde et secours pour défendre le 
droict de soa esglise, que je congnoyssoys V. M. tant affectionnée, 
selon l'ancienne coustume de la couronne de France, et surtout la 
vostre à la protection des droictz et prééminences de l'Esglise, qu'elle 
ne seroyt pour le délaisser et destituer d'aide : de quoy je ne fauldroys 
à en escripre à V. M. chaudement. Bien est vray que pour avoyr meil- 
leur droict et couUeur, il me sembleroyt bon que avant toute aultre 
chose il eust faict toutes les réquisitions et exploictz acoustumez et 
nécessaires en telz affaires, pour le povoyr déclairer n'avoyr commis 
ingratitude félonne contre luy, pour puys après inféoder ladicte compté 
à celluy que V. M. adviseroyt, laquelle congnoystroyt par là combien 
il veust faire pour icelle. Tous lesquelz recordz et choses me semble 
qu'il print très bien, et me promist ne faillyr à s'en résouldre et à y 



1. Soumission, obéissance, du latin obsequium. 

2. Le comté de Gorilz, en Istrie. 



598 AMBASSADE DE [avuil 1542] 

bezongner le plus toiist. De quoy, Sire, il vous plaira me faire entendre 
si vouldricz que je poursuyve envers luy cest afTaire et en quelle 
qualité et façon. Et sur ce propoz, Sire, je ne doibz oblier à vous dire 
que non seullement au secours de Marran comme dict est, mais en 
toutes aullres choses tant pour recouvrer livres [que] pour faire escripre 
[à] V. M., je Tay trouvé aussi affectionné à V. M. et aux voslres que 
nul aultre de sa qualité que je congnoysse deçà. Il m'a de sa grâce 
autrefoys faict entendre Testât de ses affaires famillièrement, lesquelz 
j'entendz eslre telz que pour la petite rente et biens qu'il a, joinctz les 
intérestz et dommaiges que a souffertz et luy convient soufrir ordinai- 
rement pour le trouble que les ministres dudict roy Ferdinando luy 
font en son patriarchat, il est contrainct de espargner pour se pouvoyr 
entretenir, laisser la demeure de Rome et s'en venir cacher en ung 
coing de sondict patriarche la pluspart du temps. De quoy luy des- 
plaist beaucoup, d'aultant que entre aultres choses par là il n'a le 
moyen d'estre tousjours ententif sur ledict lieu comme il vous peult et 
comme il désire faire meilleur service : chose qui m'a semblé estre mon 
debvoyr vous en advertyr afin, Sire, qu'il vous plaise le congnoystre tel 
qu'il est envers vous et les vostres et luy user de telle récompense que 
V. M. congnoystra le mériter; et s'il vous semblera bon luy en escripre 
à présent quelque bonne lettre, afin qu'il congnoysse que je n'ay 
point obmis de vous en escripre, et que V. M. n'a point peu à gré ses 
offices et services. 

« Sire, nous avons entendu que troys mil lansquenetz estoyent pour 
venir de brief en Italyc. Despuys ay esté averty qu'ilz sont partiz et 
peulvent estre déjà au deçà de Ysproch \ desquelz est conducteur le 
comte Baptiste de Lodron -, et que les chevaulx légiers qui estoyent 
à Bosolo et Sabionnetta avoyent eu commission d'aller à Reoly ^ et à 
Luzare; mais l'on entendoyt qu'ilz Tavoyent refusé, disant qu'ilz 
vouloyent estre payez avant bouger. Semblablement j'entendz comme 
le marquis du Guast avoyt demandé Albe * au cardinal de Mantoue qui 
luy avoyt accordée, ayant faict mettre dedans Lroys cens hommes de 
pied; et se disoyt que oultre la fortiffication qu'il faict à Guirasco ^, il 
se veult asseurer de toutes les terres fortes qui sont prochaines à 
Testât de Millau. Et à ceste cause il a rechairché le seigneur Loys de 
Gonzagues, pour raison de Castelgeoffroy, qui s'en est très bien et 
beau excusé. Lequel nous a en diverses façons, tant par gens que par 
lettres, faict grand instance de se voulloyr appoincter à vostre service ; 

1. Innsbrùck. 

2. Le comte Gian-Battista di Lodrone. Le château de Lodrone est situé dans le 
Tyrol italien. 

3. Rivoli, à 22 kilom. au nord de Vérone, près de la rive droite de l'Adige. 

4. Alba, ville du Piémont, sur la rive droite du Tanaro, à 40 kilom. de Turin. 

5. Cherasco, place forte du Piémont, située au confluent de la Stura et du Tanaro, 
à 3o kilom. au nord de Mondovi. 



[avril 1542] GUILLAUME PELLICIER 599 

auquel avons, M. le capitaine Polyn et moy, faict responce la meilleure 
et plus acorte que nous sommes peu adviser, pour à toutes advantures 
l'entretenir en cesle volunté qu'il monstre avoir. De quoy vous avons 
bien voulu advertir, afin que V. M. entende le tout; car, quant à la 
certitude de sa volunté, ne vous puys bonnement aultrement asseurèr 
pour la longue praticque qu'on faict en cecy sans en estre jamais 
ensuyvie aucune résolucion. Ce que donne à pancer à vos serviteurs 
quant à la commodité et importance de laquelle il seroyt s'il venoyt 
à vostre service; n'est bezoing que je vous y adjouste rien, estant 
asseuré qu'en estes si bien informé que ne seroyt que redicte et chose 
superflue. Pareillement l'on m'a donné intention que le seigneur 
capitaine Paulo de Lasasques '■ seroyt pour prendre vostre party, s'il 
vous plaisoyt l'accepter à votre service et le traicter ainsi que ses 
qualitez et vertuz le méritent. Il vous plaira m'en commander vostre 
bon plaisir le plus toust, car j'entendz qu'il est grandement sollicité 
par le marquis du Guast et aultres Impériaulx luy offrant partiz tant 
advantaigeuz qu'il n'est possible de plus. 

« Sire, je ne vous escripray de la négociation de Janus Bey, ayant 
advisé, M. le capitaine Polin et moy, pour la variété et copiosité - des 
matières, estre le meilleur les despartir entre nous, pour ne vous 
attédier de trop longues lettres. Dont pour sa part telles matières a, 
et touche à luy à vous l'escripre; par quoy ne vous en feray aultre. 
Reste à vous dire seullement que avons receu les lettres du xiiip de 
ce moys, et veu ce que nous escripvez touchant Marran et les entre- 
prinses qu'on y taschoyt faire. Dont je vous dire que jà v ou vi jours 
auparavant y avoyt esté pourveu, de sorte qu'il n'y est resté personne 
que probablement l'on puysse doubler de tel dangier; car n'y est 
demeuré dedans capitaines sinon Florentins et quelques Françoys. 
Semblablement la meilleure part des souldars sont aussi florentins; et 
desjà y a de françoys bien soixante, la pluspart genlilzhommes et bons 
souldars, et verrons d'y en mettre journellement le plus que nous 
pourrons, en oustant à l'équipotent des Italiens, et telles municions 
de choses nécessaires que V. M. s'en peult hardiment reposer sur la 
seureté que le seigneur Strossi vous en donne, ainsi que par luy en 
mon advis aurez peu estre adverty. Nous verrons aussi de traicter avec 
le seigneur Beltrame Sachia, qui a esté restitué dedans, touchant la 
récompance de ladicte place, et après le déclairer et faire entendre à 
ces Seigneurs, ainsi qu'il vous a pieu nous commander, et du tout ne 
faudrons à vous advertir. Nous n'avons peu contanter de garder le 
capitaine Turquet que ne soyt allé trouver V. M. pour luy exposer la 

1. Le seigneur Paolo de LuScasco. 11 fut question de lui, à cette époque (mai lo4-2), 
pour remplir la charge de colonel générai de la cavalerie italienne (V. Desjardins, 
loc. cit., t. III, p. 24). 

2. Aliondance. 



600 AMBASSADE DE [AVRIL 1342] 

volunlé qu'il a de luy faire service; cependant il a mandé quelqu'ung 
des siens pour droysser ung aflfaire que estimons pourra estre de 
service, ainsi que par luy serez plus amplement informé. Chascun 
s'attend bien icy que V. M. ne lui fera aultre démonstration qu'elle a 
faicl audict seigneur Bellramie Sacliia, tout ainsi que l'on l'estimme 
avoyr meilleur droict à la conservation de ladicte place que nul aultre. 
Sire, quanta Marran, après avoyr bien considéré et advisé avecques 
le seigneur Pietro Strossi des moyens par lesquelz puyssions mieulx 
secrètemeul et eficacement mettre à exécution vostre volunté, nous a 
semblé debvoyr mander veoyr icy M. Deschenetz, afin de la luy faire 
entendre. El cependant, tant pour la seureté de la place que pour 
sçavoyr le compte et faire l'inventaire de toutes les municions qui sont 
dedans, et aussi entendre ce que y a faict bezoing davantaige, y avons 
mandé en son absence M. Darramon et le cappitaine Espaignolet. Nous 
estimons bien pour le moingz que y doybt avoyr de grains, quant elle 
seroyt assiégée pour plus de huict ou neuf bons moys, et ne fauldrons 
la faire fornir de tout ce que y fera bezoing suivant vostre comman- 
dement, de sorte que V. M. se peult reposer qu'elle demourra et sera 
pour tenir à vostre dévotion, ainsi que pouvez entendre plus ample- 
ment par ce que vous en escript le seigneur Pietro Strossi. Qui est ce 
que nous en pouvons mander pour ceste heure. » 

Vol. 2, f^ 324, copie du xvi° siècle; 3 pp. in-f". 

PELLIGIER AU MÊME *. 

393. — [Ve7iise], .28 avril 1 543. — « Sire, vous aurez entendu tant 
par les lettres que nous vous avons escriptes que aussi par ce que 
vous a escript le seigneur Pietro Strossi et faict entendre de bouche par 
l'homme qu'il vous a envoyé, comme suyvanl vostre commandement 
l'on avoyt mis le meilleur ordre que nous avons peu aux choses de 
Marran, et mesmement comme estions après pour y remettre le sei- 
gneur Beltrame Sachia. A quoy faire n'y a pas eu peu de difficulté, tant 
pour la différence et controverse qu'il y eust peu avoyr entre ceulx de 
dedans, pour telle mutation, que aussi pour l'aguect et défences fort 
estroictes que ces Seigneurs avoyent faictes à leurs officiers de ne 
laisser sortir personne de ceste ville, l'on ne sçayt à quelles fins. Pour 
quoy faire nous sembla debvoyr prier M. Deschenetz de retourner 
audict Marran, que avions mandé venir icy pour luy faire entendre 
vostre volunté, ainsy que nous vous avons escript, ce qu'il feit très 
voluntiers pour par bons et honnestes moyens faire venir icy le capi- 
taine Turqueto; à quoy n'eust grand peine, car entendant que vostre 
vouUoyr estoyt tel et désirant obéyr non seullement à voz commande- 

1. « Pax' M. Deschenetz. » 



[avril 1542j GUILLAUME PELLICIER GOl 

mans, mais à ceulx de voz ministres, se partyt de bonne, libéralle et 
franche volunté de là avec ledict seigneur Deschenetz pour venir icy. 
Et despuys, ayant désir vous aller trouver, nous ont prié et requis leur 
donner lettres adroyssantes à V. M., ce que n'avons peu desnier par- 
ticuUièrement à Fung ne à l'aultre ainsi que icelle pourra veoyr, et par 
la présente vous asseurer que ledict seigneur Deschenetz a très bien 
faict son debvoyr pour la garde et conservation de ladicte place sans 
que par nous luy ayt esté ordonné aucun estât pour son entretien. A 
quoy V. M. aura tel esgard que sa libéralité et grandeur est accous- 
tumée avoyr à ung chascun. Et pour ce, Sire, que nous sommes à pré- 
sent tant ocupez à voz affaires de grand importance que bonnement 
n'aurions peu vacquer à veoyr et calculler les comptes de l'argent qu'il 
a employé à la despense dudict Marran que luy avons forny, et qu'il 
n'a eu loysir d'attendre, avons advisé de les retenir par devers nous, 
pour les examiner et calculler, pour vous faire sçavoyr puys après com- 
bien se monte le tout, ou bien s'il plaira à V. M. que nous vous les 
envoyons pour les faire veoyr par delà, il vous plaira nous faire 
advertyr de vostre voUunté pour icelle accomplir. Quant aux aultres 
nouvelles et occurrances de deçà, nous nous remettons à la suffisance 
dudict seigneur pour vous en dire ce qui est survenu despuys la der- 
nière dépesche que nous vous avons faicte, espérant aussi de vous 
escripre de brief plus amplement par aultre voye que ceste cy, par 
laquelle pourrez recepvoyr nos lettres plus toust que les présentes... » 

Vol. 2, f» 326 V, copie du xvi" siècle; 1 p. in-f°. 

PELLICIER A l'amiral CHABOT. 

394. — [Veîiise], 28 avril i 542. — « Monseigneur, vous verrez par 
les lettres que j'escriptz présentement au roy comme j'ay faict faire la 
paye des chevaulx légiers de la Mirandola et de cent hommes de pied, 
estant adverty par M. le comte que jà commenceoyent à se mutiner; et 
de faict y en a eu sept ou huict qui s'en sont allez et prins aultre party, 
voyans leur payement demeurer si largement à venyr, qui a esté près 
de deux moys après leur quartier escheu. Dont je vous supplye me 
tenyr pour excusé si je m'estoys d'avanture trop avancé sans en avoyr 
commission; car j'ay faict le tout pour le mieulx, considérant que c'es- 
toyt ung faire le fault toust ou tard, vous suppliant à l'advenir faire 
donner ordre qu'ilz puyssent avoyr leur payement plus à temps. Pour 
lequel faict m'a semblé vous debvoyr advertyr, attendu les grans difî- 
cultez qu'il y pourra avoyr doresenavant au passage de ceulx qui y 
seroyent mandez pour cest effect, que s'il plaisoyt au roy et à vous 
donner la charge de le faire ensemble le contrerolle à maistre Léon 
Janvier *, secrétaire de madame la duchesse de Ferrare, ne viendroyt 

1. Leone Januario, Gennaio ou Gennaro? 



602 . AMBASSADE DE [AVRIL 15421 

pas mal à propoz, attendu qu'il est tout charrié sur les lieux, en faisant 
délivrer argent par qui bon vous scmbleroyt, et luy mander lettres et 
pouvoyr de ce l'aire, m'en remettant ce néantmoings a vostre singuUier 
et bon jugement, qui congnoyst trop mieulx comme telles choses se 
doibvent gouverner que ne sçauroys panser. 

« Monseigneur, après avoyr bien gouslé et congneu la suffisance du 
seigneur capitaine Polyn m'a semblé tant grande que certainement vous 
puys dire qu'on eust peu bien faillir à en eslire ung aultre qui oust 
sceu mieulx négotier telle charge que la sienne, tant pour sa dilligence 
que aussi pour entendre aussi bien ou mieulx telz affaires que nul 
aultre que je congnoysse. A quoy n'a failly de faire tant bien son 
debvoyr qu'il n'est possible de mieulx; toutesfoys attendant que cez 
Seigneurs nous ayent faict réponse, si ne lairray-je à vous dire mon 
petit jugement de ce qu'il me semble qu'ilz sont pour faire à présent. 
C'est qu'ilz ne sont pour passer oultre, sinon de venir à la neutralité 
jusques ad ce qu'ilz veoyent aux champs les forces du roy et du Grand 
Seigneur; car ilzpencent certainement que S. M. ji'estpour commencer 
aucune guerre cest esté, et ne leur sçauroyt-on faire croyre le contraire 
s'ilz ne veoyent quelque commancement d'effect. Dont ne veullent 
commancer à entrer les premiers en la dance, craignans que puys 
après le roy et l'empereur s'accordassent ensemble; mais l'on est bien 
d'advis que si S. M. avoyt quelque bon exercite en Italye, que d'eulx- 
mesmes se vouldroyent offrir de les recej^voyr. Ce que m'a semblé 
vous debvoyr faire entendre... » 

Pellicier recommande ensuite à l'amiral le cardinal Grimani , 
patriarche d'Aquilée. « Lequel m'adict que ayant droicl sur l'évesché de 
Sainct-Pons de Thomières *, à cause d'une sentence autrement appellée 
à Rome regrez ^, l'avoyt quicté à monseigneur le cardinal de Tornon^, 
tant pour obéyr au roy qui fort instamment luy en avoyt escript, que 
pour faire plaisyr audict monseigneur le cardinal de Tornon et aultres, 
sous l'espoyr et promesse qu'on luy avoyt faicte de bien toust luy en 
faire quelque bonne récompanse, laquelle est encore attendant. Dont 
povoyt S. M. et vous en avoyr souvenance, car ne seroyt pas peu de 
faveur et support aux affaires de S. M., mesmement quant aux choses 

1. Saint-Pons de Thomières, ville du bas Languedoc (Hérault), érigée en évêchc 
sufTragant de Narbonne, le 18 février 1318, par le pape Jean XXII. 

L'évêché fut supprimé en 1790. 

2. Regrès (du latin regressum), demande pour rentrer dans un liénéfice qu'on a 
résigné. Le regrès était admis dans trois cas : 1° quand celui qui résignait, étant 
dangereusement malade, agissait ainsi par crainte de la mort, avec la condition 
tacite de rentrer dans son bénélice lors de son retour à la santé; 2" quand le béné- 
ficiaire, âgé de moins de vingt-cinq ans, avait été entraîné à résigner contre le gré 
de son père ou de son tuteur; 3" par le défaut d'accomplissement de quelques-unes 
des conditions de la résignation. 

Le concile de Trente interdit tous les regrès, sous quelque prétexte que ce fût, 

3. Le cardinal de Tournon. 



[avril 1342] GUILLAUME PELLICIER 603 

de Marran, et en ceste ville pour y eslre bien apparenté, et pareille- 
ment à Rome, que de luy escripre quelque bonne lettre pour luy donner 
à tout le moings à congnoystre qu'on a souvenance de luy et ses ser- 
vices agréables. » 

Vol. 2, i° 327, copie du xyi" siècle; 1 p. 1/4 in-f°. 

PELLICIER AU ROI '. 

395. — [Venise], 29 avril 1 542. — « Sire, je vous ay escript et faict 
entendre les services que vous a faictz ordinairement yci le seigneur 
Francesco Beltrame, mais pour aultant que ne m'en a jamais ne à luy 
aussi esté faict aucune responce, et le voyant continuer ancores de 
jour en jour plus que jamais, ay bien osé prendre la hardiesse vous en 
escripre ancores de rechief et vous supplier le tenir au nombre de ceulx 
qui méritent estre recongneus serviteurs de V. M., et luy en faire 
quelque démonstration par effect. Je l'ay tousjours tenu en bonne espé- 
rance, dont vous supplye m'advertyr de vostre bonne volunté afin que 
je sache ce que j'auray doresenavant à luy respondre; car ne se veult 
plus contanter de paroUe, il désire plus avoyr quelque signe de se 
pouvoyr nommer à bon droict au nombre de voz très humbles servi- 
teurs que ne fait bons or ne argent du monde, ainsi que V. M. pourra 
entendre plus amplement par M. Deschenetz présent porteur. » 

Vol. 2, f'' 327 v°, copie du xvi^ siècle; 1/3 p. in-f». 

PELLICIER AU MÊME 2. 

396. — [Venise], 29 avril i 542. — « Sire, ayant délibéré il y a 
environ cincq ou six jours le capitaine Turqueto présent porteur se 
partir d'icy pour aller trouver V. M., comme verrez par les lettres que 
nous vous avons escriptes dès ce temps là, en sa faveur, feusmes adver- 
tiz de quelque entreprinse de non peu d'importance, pour laquelle 
mettre à exécution avons esté d'advis qu'il debvoyt supercéder de vous 
aller trouver jusques ad ce que ce fust faict ou failly, afin de vous en 
porter nouvelles tout en ung coup ; mais despuys voyant ne se pou- 
voyr faire si tost, et que premièrement falloyt mander sur les lieux 
pour tastier le gay, et brasser le tout pour plus seurement en venir à 
chef, avons conclu ensemblement y envoyer ung de ses gens moult suf- 
fisant et fort dévot et affectionné à vostre service et auquel se fye aultant 
que en luy-mesmes, ainsi que V. M. pourra entendre de lui plus 
amplement; et cependant qu'il s'en allast trouver V. M., puisqu'il en 
avoyt si grand envye, estimant qu'il seroyt ici de retour assez à temps 

1. « En faveur du seigneur Francesco Beltrame. •> 

2. « Par le capitaine Turcquello. • 



604 AMBASSADE DE [MAI 1542] 

pour meltre ledict affaire à excéquution. Par quoy, Sire, il vous plaira 
luy faire faire la meilleure et plus prompte dépesche qu'il sera possible, 
vous asseurant que la bonne justice et grande libéralité et générosité 
qu'avez usée au seigneur Beltrame Sachia, suyvant vostre coustume de 
faire à ung cliascun, a grandement atyré davantaige le cueur de ceulx 
qui ont voulloyr vous faire service. Et ne sera pas peu de faveur et 
aide à vos affaires par deçà, si le semblable sera faict audict Turqueto 
selon sa qualité et mérites. Dont nous vous en suplions très humble- 
ment et surtout de prompte expédition... » 

Vol. 2, f° 328 v°, copie du xvi° siècle; 3/4 p. in-f^ 

\ 

TELLICIER A M. DE RODEZ. 

397. — [Venise], 6 mal 154.2. — « Monsieur..., j'ay receu la vostre 
du dernier jour du passé, et veu par icelle le bon office que avez faict 
envers Nostre Sainct Père pour le seigneur Rodolphe de Gonzaigues. 
De quoy l'ay adverty bien amplement, dont, oultre que ayez ce faict 
pour ung grand et affectionné serviteur du roy, et que à vous et à moy 
appartient pour le debvoyr de nostre charge faire choses que con- 
gnoissiez estre au service de nostre commun maistre comme est ceste 
cy, laquelle à mon advis S. M. aura très agréable, ce néantmoings de 
ma part ne lairray à vous en remercier fort affectionnément et vous 
pryer voulloyr continuer tant envers Sa Saincteté que aultres que con- 
gnoistrez faire à propoz, de sorte qu'il ne soyt procédé à toute rigueur 
contre luy, ainsi que suys asseuré que ferez. Dont ne vous en feray 
plus longue insistance, mais vous diray que ceste sepmaine cez Sei- 
gneurs nous ont envoyé quérir, le seigneur capitaine Polyn et moy, 
pour nous faire responce sur la proposition que leur avons faicte, 
touchant la cause de la venue icy de Janus Bey. Lesquelz, après plu- 
sieurs remonstrations et asseurance de l'observance et amitié grande 
qu'ilz portent au roy, nous ont dict qu'il s'estoyt tousjours démonstré 
tant affectionné à ceste républicque qu'ilz avoyent congneu S. M. avoyr 
merveilleusement à desplaisir les pertes et dommaiges qu'ilz avoyent 
soufertes et supportées, à cause de la guerre, qui leur avoyent esté si 
griefz et excessifz qu'ils avoyent advisé, pour le bien et considération 
de leur estât, estre meilleur de ne s'empescher en matière de guerre 
avecques aucun, ains chaircher et 'entretenir la paix avecques ung 
chacun; dont pour ceste cause ne pourroyent entrer en ligue avecques 
le roy pour faire guerre. Et despuys avons esté advertiz que venant à 
propoz parler de ceste affaire, aucuns des principaulx d'entre eulx 
dirent que, ancores que telle responce fust assez notoyre et congneue 
aux Impériaulx, ce néantmoings que, suyvant leur grande et acous- 
tumée présumption, si d'avanture le roy faisoyt venir quelque exercite 



[mai 1542] GUILLAUME PELLICIER 605 

en Italye, ne layroyt de demander ayde et secours à cesle Seigneurie 
pour la défence de Testât de Millau. Dont estoyt le meilleur se 
résouldre à présent de la responce qu'on auroyt à leur faire, afin que 
l'on n'eust plus occasion d'entrer en telles matières. Par quoy fut con- 
clud que dès à présent ceste Seigneurie estoyt totallement désobligée 
d'avecques ledict empereur, et qu'ilz ne lui donneroyent aucun secours; 
et que si ledict empereur les vouldroyt contraindre d'aucune chose, 
estant les forces du roy en Italye, seroyent pour restraindre l'amitié 
qu'ilz ont avecques S. M. Ceulx qui congnoissent l'humeur de cez Sei- 
gneurs sont bien d'advis que si le roy eust eu quelque gros exercite en 
Italye, qu'ilz eussent bien esté pour passer oultre. L'on verra à 
l'advenir comme les choses passeront, mais si est que jusques icy on les 
a trouvez d'assez bonne volunté, et la venue dudict Janus Bey n'a esté 
du tout inutile, moyennant le bon ordre et solicitation que y a esté 
usée : en quoy M. le capitaine Polyn a la meilleure part de mérite. 
Qui est l'endroict que feray fin à ce propoz, et vous diray comme j'ay 
receu lettres du roy du xiiip d'apvril, m'advertissant que estant pressé 
par ceulx de Marran de prendre la place en ses mains avecques condi- 
tions fort chères et protestations que s'il n'y vouUoyt entendre, qu'ilz 
en feroyent leur proffict ailleurs, S. M. avoyt advisé de despendre 
quelque somme de deniers pour le recouvrer, non tant pour son inté- 
rest, pour estre ladicte place lontaine des siennes, que pour obvier 
qu'elle ne tombast es mains d'homme dont il peult advenir desplaisir 
et dommaige à cestedicte Seigneurie, m'ayant envoyé procuration pour 
en faire ladicte acquisition : ce que j'ay faict, et constitué procureur 
au nom de S. M. le seigneur Pietro Strozzi pour en aller prendre 
possession ; pour quoy espérons, moyennant l'ayde de Dieu, qu'il se par- 
tira ce jourd'huy de ceste ville'. Qui est tout ce que vous puys dire 
pour ceste heure, sinon mes affectionnées recommandations à vostre 
bonne grâce... » 

Vol. 2, f'' 328, copie duxvie siècle; 1 p. 1/4 in-fo 

PELLICIER ET LE CAPITAINE POLIN AU ROI 2- 

398, — [Venise], 9 mai 1542. — « Sire, par noz lettres du vingt- 
huictiesme du passé V. M. aura esté advertye du progrez de ce que 
estoyt entrevenu jusques audict jour touchant la principale charge que 
avons à négotier avec ces Seigneurs, de sorte qu'il ne restoyt plus 

1. La place recouvrée, le roi en attribua la seigneurie à Pierre Strozzi en récom- 
pense de ses services. — « Don à Pierre Strozzi, chambellan ordinaire du roi, de 
la seigneurie de Marano, sur les confins de Venise et de la Dalmatie, avec celle 
de Partchins, toutes deux sous la souveraineté du roi; octobre 1543. » {Cat. des actes 
de François I", t. IV, p. 518, n" 13 432). 

2. « Par M. de Puylobier, qui fut mandé en dilligence par la voye de Suysses vers 
le roy. » 



606 AMBASSADE DE [mAI 1542] 

sinon demander leur résolution et conclusion. Lesquels, après avoir 
faict plusieurs prcgais et conseilz de Diexe et les avoyr plusieurs foys 
instamment priez et requis de nous faire responce, nous ont mandé 
quérir par ung de leurs secrétaires pour nous la faire entendre, com- 
menceans en premier lieu à nous faire plusieurs remonstrations et 
asseurances de l'observance et amitié grande qu'ilz portent à V. M., la- 
quelle s'estoyt tousjours démonstrée tant aftectionnée à ceste répu- 
blicque qu'ilz avoyent congneu que aviez eu merveilleusement grand 
desplaisir des pertes et dommaiges qu'ilz ont euzet supportez à cause 
de la guerre, ainsi que V. M. leur avoit faict entendre à la journée par 
leur ambassadeur près de vous et par moy de Montpellier. Lesquelz 
intérestz leur ont esté sy griefz et excessifz qu'ilz ont advisé estre le 
meilleur pour le bien et conservation de leur estât de ne s'empescher 
en matière de guerre avec aucuns, ains chercher et entretenir la paix 
avec ung chascun. Dont pour le présent ne pourroyent entrer en ligue 
avec V. M. pour faire guerre, ainsi qu'ilz vous feroyent entendre plus 
au long par leur ambassadeur, se confians tant en vostre prudence et 
naturelle bonté que vous contanleriez pour ceste heure et auriez 
agréable telle responce. Sur quoy moy, capitaine Polyn, leur répliqua}' 
qu'il me sembloyt qu'ilz ne répondoyent pertinemment sur le prin- 
cipal poinct dont les avoys recherchez de vostre part, qui estoyt 
d'entrer en ligue et faire plus estroite amitié avec V. M.; car, estant 
asseuré de vostre bonne justice et de l'amitié que leur avez toujours 
porté, n'aviez jamais doubté qu'ilz fussent pour donner secours contre 
vous à ceulx qui si injustement et iniquement tiennent et ocuppent 
Testât de Millan, et que V. M. n'auroyt oncques peine de les requérir 
pour les faire entrer en guerre sinon que prétendant en avoyr la paix. 
Dont, pour autant que par leurdicte responce ne se pouvoyt entendre 
clairement qu'ilz feussent destachez d'avecques l'empereur, les sup- 
plyoys nousy voulloyr faire plus claire et ample responce : à quoy nous 
respondirent qu'elle estoyt assez claire et qu'il ne falloyt poinct doubler 
de cela, car ilz n'estoyent pour luy donner aucun secours. Et despuys 
avons esté advertiz comme [devisant] ces Seigneurs en leur conseil de 
cest affaire, ung des principaulx d'entre eulx se mist en harangue, 
disant que, ancores qu'elle fust assez notoyre et congneue aux Impé- 
riaulx, ce néantmoings que, suyvant leur grande et déshonneste pré- 
sumption, ne lairroyent, se d'avanture V. M. faisoyt venir quelque 
exercite en Italye, de demander ayde et secours à ceste Seigneurie 
pour la défence de Testât de Millan : dont estoyt le meilleur se résoudre 
à présent de la responce qu'on avoyt à leur faire, afin qu'on n'eust 
plus occasion d'entreren telles matières. Pour quoy fut conclud que dès 
à présent se ceste Seigneurie estoyt totallement désobligée d'avecques 
l'empereur et qu'ilz ne luy donneroyent aucun secours, et que si ledict 
empereur les voulloyt contraindre d'aulcune chose estant voz forces ea 



[mai 1542] GUILLAUME PELLICIETR 607 

Ilalye, verroyent de restraindre Famitié qu'ilz onl avec V. M. et se 
joindre avec elle tout en iing temps. Et à dire la vérité, Sire, la plus 
grande part sont bien d'advis que se V. M. avoyt quelque gros exer- 
cite en Italye, qu'ilz seroyent pour passer oultre; mais voyans qu'il n'y 
en a ancores aucune démonstration et que le temps est si avant, la plus 
part d'eulx tiennent pour certain que V. M. ne fera pour encommancer 
chose de grand effect, joint que les Impériaulx ne faillent de gecter 
bruictz que V. M. s'accordera avec l'empereur ou pour le moings main- 
tiendrez la tresve que a avec lui. Et à ceste heure ne faillent de dire 
que les lansquenetz et Suisses qui vous estoyent promis ont rescusé 
de venir à vostre service, et mille aultres telles manteries. Mettant 
aussi ces Seigneurs en considération que V. M. ancores ayant auprès 
de soy l'ambassadeur dudict empereur, auquel est donné bonne 
audience et faict tel recueil et traictement comme estoyt acoustumé ^ 
et que le Grand Seigneur n'avoyt ancores mys hors son armée n'ayant 
pas grand aspect d'estre trop grosse pour cette année ainsi qu'ilz 
disent; pour toutes lesquelles choses n'ont peu seurement passer à 
présent plus oultre. 

« Sire, le seigneur comte Ugussione de Rangon ^ m'a envoyé ung^ 
homme avec lettres de créance, lequel m'a exposé de sa part que à 
présent estoyt le temps de mettre à exécution l'entreprinse de la ville 
de Parme, comme il avoyt faict entendre à M. de Langey. Car estoyt 
adverty par ceulx qu'ilz tiennent apostez expressément dedans le chas- 
teau qu'il n'y avoyt ne pareillement à la garde de la ville que bien peu 
de gens, ce qu'il me prioyt voulloyr faire sçavoir à Y. M., et que, si de- 
dans quinze jours on n'y voulloyt entendre, qu'il s'en deschargeoyt et 
prétendoit estre quitte de la promesse qu'il en avoyt faicle, d'aultant 
qu'il n'y avoyt plus d'ordre, d'aultant que le pape y vouloyt mander le 
comte Nicolo de Tolentin^ avec mille hommes de pied. Toutesfois, par 
ce que que jepuys congnoistre, V. M. ne sera pour le semondre de pro- 
messe en cest endroyt. Ce néantmoings ne larray-je de vous supplier, 
se voyez que bon soyt, me faire advertyr de ce que j'auray à luy dire. 

« Sire, estant aproché le temps qu'on aura plus besoing de ceulx qui se 
sont employez jusques à présent à vostre service qu'on auroyt ancores 
depuys que moy, de Montpellier, suys icy, et qu'ils n'ont eu aucune 
récompance sinon quelque petite somme d'argent que nous avons 
forny à ceulx que avons congneu le mériter, nous a semblé ne debvoyr 

1. Jean de Saint-Maurice, — beau-frère de Granvelle par son mariage avec Etien- 
nette Bonvalot, sœur de Nicole Bonvalot, mariée en 1513 au chancelier, et de 
François Bonvalot, abbé de Saint-Vincent, — avait succédé à Philippe de Marvol 
comme ambassadeur ordinaire de Charles-Quint en France. 

2. Le comte Uguccione Rangone, IT du nom, né en 1307, mort le 23 sep- 
tembre 1534. II avait épousé, en décembre 1323, sa cousine Lucrezia Rangona, fille 
de Franccsco-Maria Rangone, comte de Spilimbergo. 

3. Le comte Niccolô di Tolentino. 



608 AMBASSADE DE [MAI J 542j 

obmettre à vous advcrlyr et supplier qu'il vous plaise en avoyr souve- 
nance. Et entre aulti-cs du seigneur Augustin Abondieu', duquel moy 
susdict de Montpellier vous ay escript plusieurs foys; car, à vous dire 
la vérité, Sire, c'est lui qui nous a donné les meilleurs et plus certains 
advis que mandons ordinairement à V. M. pour avoyr fort grandes 
intelligences et amitiez à plusieurs de ceste républicque, de sorte qu'il 
ne se traicte pas grand chose que nous n'en soyons incontinent 
advertiz par luy sans lequel nous trouverions bien empeschez de vous 
faire entendre si amplement des nouvelles et occurances de deçà^. 
Dont supplions V. M. luy donner quelque honneste provision afin qu'il 
ayt toujours meilleure volunté de continuer à vous faire service, ce 
qu'il faict d'aussi bon cueur que personnage que congnoissions de par 
deçà. Il a plusieurs enfans et entre autres ung qui est en aage compé- 
tent et de tel sçavoyr et qualité, quant V. M. luy feroyt quelque bien à 
l'Église, nous vous pouvons bien asseurer que le bénéfice ne seroyt 
poinct mal colloque en son endroyct ^ Par quoy supplions V. M. en 
avoyr telle souvenance que sa naturelle bonté est acoustumée avoyr 
de tous ses autres humbles et affectionnez serviteurs. 

« Sire, despuys avoyr achevé la présente despesche et sur le poinct 
que estions pour la signer, avons receu vostre pacquet du xxiif du 
passé, et pour ce qu'il nous semble vous avoyr presque respondu sur 
tous les poinctz que par icelle nous escripvez, ne vous en ferons plus 
longs propoz pour ne vous user de redicte et ne retarder davantage le 
présent porteur. » 

Vol. 2, f'^ 328 V", copie du xvi« siècle; 3 pp. in-f°. 

PELLICIER AU MÊME. 

399. — [Venise], Ornai 1542. — « Sire, vous avez peu veoyr par 
lettres que je vous ay escriptes le dix-huictiesme du passé comme le 
seigneur Bertrame Sachia estoyt restitué dans Marran. Depuys, pour 
éviter les empeschemens que journellement adviennent à faulte de 
se déclairer, sommes allez vers la Seigneurie pour luy faire enten- 
dre le contenu de la lettre du xiiii'' dudict moys touchant l'acquisition 
dudict Marran : ce que avons faict le plus persuasiblement qu'il nous a 
esté possible, avecques toutes les remonstrations que avons peu adviser 
estre à propoz pour leur faire trouver bonnes les causes qui vous ont 

d. Agostino Abondio. 

2. Ces services secrets, ces informations continuelles, qui entraînaient tant d'allées 
et venues autour de l'ambassade de France, ne tardèrent pas à devenir suspectes au 
gouvernement vénitien, et entraînèrent dans un gros scandale la ruine d Abondio 
•et la révocation de Pellicier. 

3. Il ne paraît pas que les tragiques événements qui survinrent aient permis de 
donner suite à la proposition de Pellicier. 



[mai 1542] GUILLAUME PELLICIER 609 

meu e(. incité à ce faire. Lesquelz ont faict démonstrance de ne Tavoyr 
point à desplaisir, combien que verballement nous y aient faict aultre- 
ment responce, les priant que doresnavant ilz voulsissent permettre 
qu'on y peult aller et venir seurement, n'entendant poinctpour ce con- 
trevenir à leurs ordonnances et prohibitions, tout ainsi que les amis, 
allez et confédérez ont acoustumé faire les ungs avecques les aultres, 
et voulloyr favoriser désormais ceulx qui seront dedans comme voz 
aultres propres subjectz; à quoy n'ont rien respondu sinon qu'ilz 
pourroyent aller et venir sans aucun empeschement. 

« Et le lendemain fusmes advertiz que, estant venu de Sicille le 
xixe du passé ung squirasse • en leur goulfe près de Citanova % à qua- 
rente rèmes, et dedans vingt-deux hommes de course, avoyt esté prins 
et retenu de leur général; lequel, après bonnes informations faictes 
contre eulx et avoyr trouvé que c'estoyent pirates de mer, nonobstant 
quelques allégations qu'ilz ayent sceu faire, et mesmement ainsi que 
suys adverty disans pour leurs défences qu'ilz ne venoyent sinon contre 
Marran, n'ont sceu si bien faire qu'il n'en ayt esté pendu à l'entrée 
dudict squirace cincq d'entre eulx et mandé les aultres aux portz de 
là autour pour en estre faict le semblable afin de donner exemple aux 
aultres. Et pareillement peu de jours après furent aussi prinses par 
ledict général quatre gallerotes ^ et ung brigantin qu'ilz disoyent estre 
d'André Doria, en si bon ordre que les deux eussent esté suffisantes 
pour assaillir une gallère. Lesquelles, ainsi que avons esté advertiz, pour 
certain venoyent pour surprendre M. le capitaine Polin ou Janus Bey, 
ou bien tous deux s'il leur eust esté possible; toutefoys ont seullement 
confessé venir au siège dudict Marran. Quoy entendant l'ambassadeur 
de l'empereur, pour estre après midy, que les ambassadeurs n'ont cous- 
tume d'aller devers ces Seigneurs, y manda par son secrétaire une 
lettre pour les prier de voulloyr ordonner que lesdictes gallerotes et 
brigantin fussent relaxées, ce qu'ilz luy accordèrent de faire. De quoy 
nous, estans advertiz, fusmes le landemain à ladicte Seigneurye; à 
laquelle, après que ledict seigneur capitaine Polin eut très bien et fort 
prudemment remonstré non seullement les dangiers en quoy pou- 
voyent estre tant sa personne que celle dudict Janus Bey, mais encores 

1. Squirace ou squirasse, du vénitien schirazzo, sorte de navire à voiles carrées, 
employé pour les transports. 

Jal (Glossaire nautique) dit qu'il n'a rencontré ce nom que dans Pantero-Pantera 
[Armata navale, 1614) et dans Antoine de Conflans [Faits de la marine, de 1512 
à \^Ti), qui francisa le mot. « Il y a, dit-il, à Venise, sagietiaire, palandries et esqui- 
races..., et tout sert pour la marchandise. » 

11 est déjà fait mention de « schiraces » dans une dépêche de Hémard de Denon- 
ville, évêque de Màcon, au cardinal du Bellay, datée de Rome, le 2G octobre 1536 
(Charrière, loc. cit., t. I, p. 321). 

2. Citta-Nuova, ville et port d'IIlyrie, à 54 kilom. de Trieste, sur l'Adriatique, 
à l'embouchure du Quieto. 

3. Variante de galiotes. 

Venise. — 1540-1542. 39 



010 AMBASSADE DE [maI l'6i2] 

le trouble et scandalle qui en pourroyt advenir à cesle répul)licque s'il 
leur advenoyt quelque inconvénient, persistant qu'ilz ne debvoyent 
avoyr moindre pugnilion que eurent les aullres cy dessus, je ne failliz 
aussi de mon cousté leur recorder très bien qu'ilz avoyent faictes 
déclairation à ceulx qui estoyent dedans Marran, quand lut convenu 
que l'on cesseroyt d'édiffier le baslillon, soavoyr est qu'ilz ne permet- 
troycnt que par eaue fust donné destourbier ne empeschemcnt audict 
Marran. Dont à présent les prloys, attendu la déclairation que leur 
avoys faictcque V. M. avoyt accepté ladicte place, qu'ilz ne la voulsis- 
sent avoyr moins à cueur que quant elle estoyt à d'aultres; d'aultant 
que s'il advenoyt qu'elle vinct à estre assiégée et estraincte de sorte 
qu'elle fust en dangier, et pour voslre honneur et réputation ne pourrez 
faire de moins que de la secourir. Et en cas que voz forces ne peussent 
en avoyr la commodité, vous verriez de vous prévalloyr de celles de voz 
amis, lesquelles pourroyent estre telles qu'on auroyt bien le moyen 
non seullement de le défendre de ceulx qui y vouldroyent venir, mais 
cncores de les olTancer, car pour ung vesseau qu'ilz y amèneroyent l'on 
leur en mettroyt deux en barbe, prouveu que ceste Seigneurie ne les 
empeschast, ce que m'asseuroys qu'elle feroytoubien qu'elle garderoyt 
que d'une part et d'auUre ne lairroyent venir si près d'eux aucune 
armée. Et allors me feirent responce qu'ilz avoyent adverty l'ambas- 
sadeur de l'empereur qu'il eust à faire entendre ausdictes galiotes qu'ilz 
eussent à se retorner en arrière et se retirer hors de leur golfe. 

« En après vins à leur parler du camp par terre que l'on entend le 
roy Ferdinando y debvoyr mander, duquel doibt estre chef le comte de 
de Grutie; que pourra estre, ainsi que aucuns estiment, de troys ou 
quatre mille hommes, les cxorlant très bien que s'ilz laissoyent atta- 
cher ainsi une guerre si près d'eulx, qu'elle ne seroyt pour s'eslaindre 
ainsi qu'on vouldroicl, etles dangiers qui en pourroyent advenir aux 
lieux circonvoysins : dont Ton estime qu'ilz ne sont pour souffrir, à tout 
le moings par mer, qu'il y vienne aucune armée suffisante pour assié- 
ger ledict Marran. Et quant est du camp par terre, ceulx qui ont esté 
dedans ladicte place asseurent que quant bien ilz seroycnt dix mille 
hommes ilz ne sçauroyent* pour forcer ladicte place. Et ce que feroyt 
plus doubler seroyt s'il y avoyt quelque trente ou quarante personnes 
que eussent les secretz de Testât de ladicte place, comme pourroyt 
faire ung certain consul des Espaignols Martin de Cervèse, lequel pour 
avoyr esté despuys la prinse dudict lieu détenu prisonnier et estre 
grandement astut -, ayant esté mis dehors puis naguères, je ne sçay 
commant pourroyt avoyr pansé quelque moyen pour la surprendre, 
et mesmement s'il avoyt intelligence avec ung docteur bany de 



1. Seroyent. 

2. Astucieux, rusé. 



[mai 1542] GUILLAUME PELLICIER 611 

Toust * qui avoyt esté accueilly là dedans par M. Deschenetz comme 
personne de compte. Lequel a esté faict prisonnier ces jours icy 
pour aucunes subsons et présumplions qu'on avoyt contre luy. L'on 
est après à faire son procès et en tirer la vérité afin que, selon 
qu'il en sera trouvé, soyt faict justice. Chose, Sire, qui fait croyre 
vostre advertissement estre tout vray touchant les neuf mille escutz 
qu'on debvoyt fornir pour ravoyr ledict Marran; car voz meilleurs ser- 
viteurs qui sont icy sont de cest advis que ceste armée par mer et le 
camp par terre venoyent tout en ung coup pour l'assiéger et assaillir, 
s'asseurant bien de quelques intelligences de leur donner une porte ou 
aultre moyen de secours de là dedans. Mais moyennant l'aide Dieu l'on 
y a très bien prouveu jusques icy, et pour l'advenir l'on ne fauldra de 
s'en prendre bien garde ainsi que en mon advis le seigneur Pietro 
Strossi vous escripra plus au long; lequel s'en doibt partir ce jourd'huy 
pour y aller prendre possession en vostre nom et y mettre ordre tant 
aux provisions que toutes aultres choses, comme serez cy après bien 
amplement adverty. 

« Sire, je vous ay pareillement faict entendre tout le succez de ce qui 
estoyt entrevenu au seigneur Rodolphe de Gonzaigues et comme nous 
avons escript en sa faveur à monseigneur le cardinal de Gabaro, légat 
de Parme, et aussy à M. de Rodez, pour le faire sçavoyr à Nostre 
Sainct Père, lequel m'ayant adverty vous avoyr escript bien amplement 
de ceste affaire, ne m'estandray pour n'attédier V. M. à luy en faire 
plus long propoz. Tant seullement vous diray que j'ay veu lettres de 
Romme, contenant que pour avoyr vollu donner audict légat suspicion 
et présumer que le seigneur Rodolphe de Gonzaigues s'est voullu 
essayer de prendre Parme avec si petit numbre de gens, n'en avoyt pas 
esté plus estimé, ains se faisoyt mocquer pour estre se frivolles telz 
subsons; mais à ung homme si impéral comme j'entendz qu'il est, 
toutes occasions et causes sont pour estre assez sufisantes. Or tant y a 
que ledict seigneur de Gonzaigues, ainsi qu'il m'a escript, est toujours 
tant affectionné à vostre service qu'il ne crainct perdre tout ce qu'il a 
en ce monde, moyennant qu'il soyt recongneu du numbre de voz servi- 
teurs. Et pareillement y a le seigneur comte de Saincte-Seconde qui 
m'a faict entendre vous debvoyr advertir commant les Impériaulx font 
très grande instance au pape, qu'ilz veullent prendre la fortresse et 
chasteau dudict Saincte-Seconde avecques tout son estât, remonstrant 
à Sa Saincteté que, advenant la guerre, il lui pourroyt rendre et porter 
grand dommaige, de sorte que Sadicte Saincteté alloyt chairchant tous 
les indices qu'il pouvoyt pour avoyr légitime occasion de pouvoyr faire 
comparoyr à Rome ledict seigneur de Saincte-Seconde, et trouver 
cause de luy lever et ouster ladicte place. Sur quoy ledict seigneur 

1. Tauss, en latin Tusla, ville de Bohême, à ol kilom. de Klaltau, sur la Rubrina. 



G12 AMBASSADE DE [mAI 1542] 

comte alloyt temporisant le mieulx qu'il pouvoyt, pour non estre 
ancores résolu avec V. M.; lequel, ainsi qu'il m'a faict entendre, ne se 
soulcieroyt poinct de toutes ces choses quand il seroyt expédié et 
arresté au service de V. M., désirant tousjours mettre sa vie et ses 
biens pour icelle, toutesfoyset quantes qu'il seradespesché et congneu 
pour vostre serviteur. Dont m'a semblé vous debvoyr advertir ensemble 
comme le seigneur Loys de Gonzaguesne cesse de nous solliciter vous 
faire entendre le désir qu'il a de vous faire service, pareillement ceulx 
qui menoyent l'afTaire du seigneur Paolo de Lanzagues. Desquelz, pour 
vous avoyr escript amplement par nostre dernière despesche, ne vous 
feray pour le présent plus long propoz; mais vous diray comment M. le 
comte de la Mirandola ayant mandé icy le seigneur Ypolito de Gonza- 
gues et ung de ses secrétaires, il y a comme quatre ou cinq jours, pour 
aucuns ses affaires, nous ont monstre une lettre de V. M. escripte à 
Tonnerre le xx« apvril, l'advertissant d'aucuns entreprinses que 
quelques personnaiges nommez en icelle machinoyent de faire tant 
contre sa personne que pour prendre ladicte place, desquels il eust à 
se donner garde. Et que V. M, pençoyt que je ne fauldroys à luy aider 
d'argent que pour ce luy seroyt nécessaire; pour quoy lesdicts de 
Gonzaigues et secrétaire nous requéroyent de fornir le payement de 
trois cens hommes de pied comprins les cent qu'il avoyt jà, desquelz 
vousay escript. Mais voz meilleurs serviteurs qui sont icy ont esté 
d'advis qu'il sulfiroyt pour ceste heure d'en avoir cent, jusques ad ce 
qu'il en eusse aultre commandement de V. M.; le payement desquelz 
l'on verroyt de faire tenir à Ferrare par le seigneur Strozzi ou aultre 
ainsi qu'ilz avoyent requis, et que seroyt mandé à la Mirandola le 
contrerolleur qui estoyt venu pour faire les chevaulx légiers du quartier 
passé, pour faire celluy qui escherroyt à la fin de ce moys de l'argent 
qu'il avoyt à fornir pour ledict quartier passé, sur lequel avons desjà 
faict comme nous vous avons escript. Et quant estoyt de prendre du 
salmestre ' davantaige, ne pouvions luy en donner aucune résolution 
jusques ad ce que en eussions commandement de V. M., lequel 
espérions avoyr de brief, et cependant nous sembloyt qu'il feroyt bien 
d'entretenir le marchant. Et quant au remborcemenl qu'il demandoyt 
de deux centz escutz qu'il avoyt advancez ces jours passez au payement 
de deux cens hommes de pied, verrions de les luy faire rendre afin de 
le contanter le mieulx que je pourray, en attendant plus expresse 
charge et commandement de V, M. comme j'auray doresenavant à me 
gouverner, ce que je la supplye me faire sçavoyr le plus toust qu'il 
sera possible. 

« Sire, le seigneur Jehan Anthonio Vesnier, esleu ambassadeur de 
ces Seigneurs vers V. M., s'est party ce jourd'huy pour vous aller 

1. Salpêtre. 



|mA[ lo42j GUILLAUME PELLICIER 613 

trouver, passant par aucunes siennes possessions qu'il a en Terre ferme, 
qui pourra estre cause de le faire retarder quelques jours plus tard 
d'arriver vers vous. Et pour ce, Sire, que vous ay escript par cy davant 
les qualitez que j'ay peu entendre qui sont en luy, pour n'atlédier 
V. M. ne vous en feray pour cest heure plus long propoz, m'en remet- 
tant aussi à M. de Puylobier, présent porteur, qui vous en pourra dire 
bien au long et pareillement plusieurs aultres choses que l'ay prié vous 
dire de ma part; dont je supplye V. M. luy donner telle foy que à nous 
mesmes... » 

Vol. 2, fo 330, copie du XVF siècle; 4 pp. 3/4 in-f'^. 



PELLICIER AU MEME. 

400. — [Venise], 9 mai 1542. — « Sire, nous vous avons escript par 
cy devant commant, estant en Ire venue la prinse de Marran, ung gentil- 
homme de Bretaigne nommé M. d'Apigny et de la Mothe s'estoyt dès le 
commencement employé des premiers à la conservation de ladicte place 
plus que nul autre, et despuys ne cesse de y continuer, et auparavant 
aux affaires de la Mirandola, auxquelles pour sa suffisance et le con- 
gnoyssant grandement en toutes choses affectionné en vostre service 
l'avoyr employé, où il s'est toujours dextrement et honnestement 
porté, comme il a faict ainsi que j'ay esté adverty dès longtemps en 
plusieurs aultres lieux. Et mesmement par l'espace de dix-huict ans 
qu'il a esté de voz ordonnances et soubz la charge de M. de Laval ' qui 
luy avoyt donné son enseigne, et despuys avec MM. de Tarbes et de 
Lavaur, finablement, jamais ne cessa de chercher les moyens et les 
lieux qu'il luy a esté possible pour vous faire service. Dont avons bien 
osé prendre la hardiesse vous escripre en sa faveur, attendu mesme- 
ment que sa requeste est tant civiUe qu'il nous a semblé ne luy 
debvoyr desnier ce petit mot de lettre pour vous supplier, Sire, qu'il 
vous plaise ordonner que nonobstant qu'il soyt exclus d'eslre ouy en 
justice en ung certain procès qu'il a, qu'il puisse y estre receu tout 
ainsi qu'il eust esté auparavant la condamnation faicte contre luy, et 
que cependant ses biens ne soyent poinct aliénez jusques ad ce que 
aultrement en ayt esté ordonné. Et pour n'attédier V. M., avons donné 
charge au présent porteur vous faire entendre plus au long tant de 
cest affaire que de plusieurs aultres ; par quoy nous la supplions luy 



1. Nicolas-Guy XVI, comte de Laval, fils de Jean de Laval, seigneur de la Roche- 
Bernard, et d'Isabelle de Bretagne. Héritier du comte de Laval par son oncle, 
Guy XV, mort en mars 1501, il accompagna Louis XII en Italie (1507), battit les 
Anglais sur mer (1517) et près de Morlai\ (1522). François I" lui confia la charge 
de gouverneur et amiral de Bretagne, par lettres données à Amboise, le 27 août 1526 
(Cat. des actes de François I", t. I, p. 461, n" 2440). Il mourut en mars 1531. 



014 AMBASSADE DE [mai 1542] 

voulloyr donner audience, et le croyre comme nous-raesmes de ce 
qu'il vous dira de nostre part. » 

Vol. 2, P 332 v", copie du xvi" siècle; 1 p. 1/4 in-fo. 

PELLICIER AU MÊME. 

401. — [Venise], 9 mai i 542 — c< Sire, me voyant grandement des- 
prouveu de gens de service, la pluspart desquelz, de ceulx que j'avoys 
amenez avecques moy, pour la longueur du temps qu'il y a que suys 
ici se sont retirez çà et là pour leurs affaires, et ancores dernièrement 
par la malignité et meschanceté des Impériaulx en ay esté privé de 
deux en ung coup, sçavoyr Sainct-Pol et ung aullre, il m'a semblé vous 
debvoyr faire entendre que, voyant venir les occupations plus grandes 
qu'ilz n'ont esté despuis que suys icy, et que, comme desjà bien expé- 
rimenté despuys quatre ou cinq moys, il me seroyt presque impossible 
de pouvoyr vacquer en tous voz affaires si diligemment et vigilem- 
ment qu'il le requéroyt et que j'auroys voulloyr de faire pour l'obliga- 
tion du debvoyr que je doibs à voslre service, que ung chascun qui 
mesure la négotiation de Rome à celle de ceste ville luy semble 
n'avoyr moings lieu de tenir icy quelque personnaige pour aider et 
secourir vos ambassadeurs que audict lieu de Rome, — Ce que me 
feroyt bien grand bezoing, considérant que je suys maintenant tout 
seul et n'ay à présent aucun aide ny secours, comme avoyent mes 
prédécesseurs. Et mesmement en temps d'affaires feu M. de Lavaur 
séjourna icy long temps avec M. de Rodez, ensemble le sei- 
gneur Livio Corty ' n'y faisoyt pas peu de secours; pareillement 
M. de Vaulx et le seigneur Valério, abbé de Sainct-Pierre-le-Vif : les- 

1. Livio Crotto, maître d'hôtel du comte de Sainl-Pol, et cousin de Pietro Fre- 
goso. Le ms. 2977 de la BibL Nat., f 29, renferme la copie d'une lettre de recom- 
mandation adressée par François 1°'' au comte Guido Rangone en faveur de Livio 
Crotto, commissaire ordinaire des guerres, et datée d'avril 1537. 

Crotto fut attaché en elTet à l'ambassade de France à Venise, pendant le séjour 
de MM. de Lavaur et de Rodez; nous possédons un <• Mémoire el instruction à 
l'cvéque de Rhodes, ambassadeur du roy à Venise, et au sieur Livio Crotto, com- 
missaire de ses guerres, de ce qu'ilz ont à faire à Venise louchant une practique 
sur Crémone, du 26 juin 1537 », el une « Instruction aux dessusdicts et au seigneur 
Piere Frégoze, seigneur de Nove, de ce qu'ilz ont à faire et conclure touchant le 
faict de Gênes desdicts an el jour. » (B. N., ms. fr. 28i6, f°' 75 et 77). 

En récompense de ses services, des lettres de naturalité furent décernées en 
octobre 1539, à Compiègne, en faveur de Livio iCrotto, gouverneur et capitaine de 
Melun, commissaire ordinaire des guerres {Cal. des actes, t. IV, p. 59, n» 11, 271). 
Le 12 juillet 1346, un don de 3,400 livres est fait par le roi au sieur de Lives 
(Livio Crotto), son maître d'hôtel ordinaire (Ici., t. V, p. 105, n° 15219). 

De 1546 à 1548, Crotto fut envoyé comme résident auprès du gouvernement des 
Pays-Bas. Rîbîer a puldié (t. I, p. 593) une lettre de lui au roi, datée du 18 jan- 
vier 1547 (n. s.), à Binche en Hainaut, où la régente Marie avait fait bâtir un 
château magnifique incendié par les Français en 1554. Une autre lettre, datée du 
même lieu, le 6 février de la même année, est conservée à la Bibl. Nat., dans le 
m s. fr. 3036, f 18). 



[mai 1o42] GUILLAUME PELLICIER 01a 

quelz, pour aucuns leurs respectz particulliers, ce que vous pourra dire 
le présent porteur, nommé de Puylobier, se sont retirez de faire 
secours. Lequel, Sire, s'il vous plaisoyt mander icy quelqu'un, a 
semblé [à] M. le capitaine Polyn et à moy que, pour la praticque, dex- 
térité et grand volunlé qu'il a de vous faire service, est autant ou plus 
suffîzant pour telle chose que nul autre que je sçaiche. Dont s'il vous 
plaisoit luy commander se voulloyr employer totalement, ce ne seroyt 
pas peu de secours et bien à vouz affaires, et le plus tost seroyt le meil- 
leur, en suppliant très humblement m'ordonner pour son entretien tel 
estât que V. M. advisera estre convenable; ou bien, se ainsi ne vous 
semble, le luy assigner sur l'abbaye qu'il vous a pieu me donner*. Car 
tout ce que j'ay et auray jamais, V. M. en pourra disposer tout ainsi 
que de chose fiscal ou bien de vostre propre domaine. » 

Vol. 2, fo 333, copie du xvi° siècle; i p. 1/4 in-f''. 

PELLICIER A l'amiral ClIAIiOT ET A M. d'ANNEBAULT. 

402. — [Venise], 9 mai 1 542. — « Monseigneur, tout ainsi que par 
ma dernière lettre vous ay escript touchant l'issue de nostre principalle 
négotiation, ces Seigneurs, quelque chose que Ton ayt sceu faire, n'ont 
trouvé estre loysible à présent passer plus oultre, comme verrez par 
celles que j'escriptz présentement au roy. De quoy estant assuré que 
les verrez ne vous feray aultre répétition, mais vous diray que me 
voyant grandement desprouveu de genz, seullement vous diray que je 
n'ay failly faire tout l'aide et secours qu'il m'a esté possible à ceulx là 
pour lesquelz m'avez escript, comme je panse que vous pourrez avoyr 
entendu, vous asseurant que en cela et toutes aullres choses seray 
tousjours prest à vous obéyr de tout mon pouvoyr... Et pour ce que 
pourrez entendre, par les lettres que nous escripvons présentement au 
roy, toutes autres nouvelles et occurranccs de deçà, et que ledict por- 
teur vous en pourra dire bien au long, pour ne vous attédier ne vous 
en feray pour ceste heure plus longue lettre; seullement vous diray 
que quant au tapicier, il sera prest à se parlyr quant il vous plaira 
pour aller vers vous. Cependant je vous envoyé une pièce qu'il a faicte 
pour monstre de ce qu'il pourra mieulx à loysir, estant à vostre ser- 
vice ^ » 

Vol. 2, f° 333, copie du xvi« siècle; 1/2 p. in-f'^. 

1. L'abbaye des Echarlis en Bourgogne. 

2. Entre cette dépêche et la suivante, il y a malheureusement une lacune de plus 
de trois mois. Dans cet intervalle, des faits d'une extrême gravité se produisirent 
à Venise, au milieu desquels sombra tout le crédit et l'influence de Pellicier auprès 
du gouvernement de la république. Nous nous bornerons, pour mettre au courant 
le lecteur, à résumer le plus brièvement possible le récit présenté par M. Zeller, 
d'après les sources vénitiennes qu'il lui a été donné de consulter. 

En 1539, le Conseil des Dix avait institué par mesure de prudence trois inquisi 



616 AMBASSADE DE [AOUT lo42] 

PELLICIER AU ROI. 

403. — [ l'e/Hi-eJ, 26 août 1 542. — <' Sire, si la force de la calompnye 
est telle qu'elle pert et mect à néant la vertu et vigueur du cueur de 

leurs dos secrets, choisis parmi ses mcml)res. Déjà, en clTet, lors de la discussion 
du traité de paix avec la Porte, un des plus illustres sénateurs, Marco Foscarini, 
s'était élevé en pleine séance contre les traîtres (}ui faisaient connaître aux ambas- 
sadeurs étrangers les plus importantes délibérations de l'Etat. Le 5 juin 1.542, à la 
suite des révélations d'Aloysio Badoaro, rentré de sa mission à Constanlinople, sur 
ce qu'il avait observé d'irrégulier durant le temps de son ambassade, le Conseil 
des Dix procéda à la réélection des trois inquisiteurs des secrets, en remplacement 
de ceux dont le mandai se trouvait expiré : ce furent Sebasliano Foscarini, Slefano 
Tiepolo cl Francesco Morosini, tous trois déjà membres du conseil, conformément à 
la loi. 

L'orage, qui grondait sourdement depuis <iuelque temps, allait bientôt éclater. 
Dès le mois suivant, un citoyen de Vérone, Girolamo Martolosso, qui avait pour 
maîtresse la femme d'Abondio, découvrait chez celui-ci des lettres compromettantes 
de Niccolô Cavazza, secrétaire du Sénat, qu'il remit aux inquisiteurs des Dix. L'ordre 
d'arrestation des coupables, réclamé dans la séance du 17 août, fui volé le 19 par 
le conseil. Niccolô Cavazza seul fui arrêté; son frère Coslanlino, qui était secrétaire 
des Dix, s'était enfui; Abondio avait cherché un refuge à l'ambassade de France. Les 
inquisiteurs exigèrent aussitôt qu'on procédât à son arrestation. Le conseil, après 
quelques hésitations, s'y résolut dans la séance du 21 août. 

Le mardi 22, au matin, l'un des avogadori charges de requérir en toutes causes 
l'observation de la loi, Bernardo Zorzi, désigné par le scrutin, manda le Capilano- 
Grande. directeur de la police et chef des sbires, et, revêtu de ses insignes, robe de 
camelot noir et chaperon de drap rouge, se dirigea vers l'ambassade, feuivanl la 
relation de l'avogador, présentée au conseil le lendemain même, leurs premières 
paroles, adressées aux serviteurs qu'ils rencontrèrent sur le seuil, furent accueillies 
par une prise d'armes et une grêle de pierres de la part des gens de Pellicier; les 
deux magistrats durent battre en retraite. 

Le lendemain mercredi, d'après les résolutions adoptées en séance extraordinaire 
du conseil, les procurateurs Alessandro Gontarini et Vincenzo Grimani s'ache- 
minèrent à leur tour vers l'ambassade, accompagnés d'une multitude qui s'accrut 
si rapidement que le palais fut bientôt cerné, tandis que le canal se couvrait de 
barques armées. Pellicier, inquiet, avait envoyé dans la matinée un secrétaire 
chargé d'expliquer aux Dix l'incident de la veille par une intrusion supposée des 
gens de l'ambassadeur impérial. En même temps M. de Puylobier et le comte de 
San Secondo s'étaient rendus au palais ducal : on les avait retenus tous trois comme 
otages. Grimani fit sommer Pellicier de remettre le coupable entre ses mains. Le 
prélat hésitait, ayant donné sa parole à Abondio, et craignant en outre, de sa part, 
des révélations compromettantes. L'intervention de l'évoque de Lodi, Simonetta,. 
en lui montrant les dangers d'une résistance plus longue, triompha définitivement 
de ses scrupules. Abondio fut livré aux Dix. Toute la ville était dans une agitation 
indescripti!)Ie. Des bruits habilement semés parmi la foule lui donnaient à croire 
que le sort même de l'État était menacé, et que la république allait tomber au pou- 
voir du roi de France ou du Turc. 

L'instruction du procès fut menée activement. La femme et la fille d'Abondio, 
son accusateur lui-même, Martolosso, introduits dans la prison, lui arrachèrent des 
aveux qui eurent pour conséquence une autre arrestation, celle de Gian-Francesco 
Yaliero, abbé de Saint-Pierre-le-Vif. Ermolao Dolfin, convaincu d'avoir favorisé l'éva- 
sion de Costantino Cavazza, et MatTeo Léon furent condamnés par contumace. Dans 
les derniers jours d'août, des sentences de l)annissement et de confiscation de biens 
atteignirent les familles Fregoso et Strozzi, que leurs relations assidues avec l'ambas- 
sade désignaient à la vindicte publique. C'étaient Costanza, la veuve de l'infortuné 
Cesare Fregoso, Alessandro et Ercole Fregoso, ses frères; Pietro, Roberto et 
Lorenzo Strozzi. non moins dévoués aux intérêts de la France. D'autres mandats 



[septembre 1542] GUILLAUME PELLICIER 617 

quelconque, tant soyt-il saige, qu'est-ce que se doybt espérer de moy 
qui suys à présent opprimé de si grand calompnie et si califié, qui 
vouldra considérer le numbre et qualité des parties dont à bon droit je 
ne sçay que dire ny que pancer. Et ce néantmoings d'aultre part 
qu'est-ce que je n'en puys dire et défendre? Et, Sire, me trouvant 
atourné en tel estât que de la vie je debveroys estre celluy qui 
debvroyt ainsi qu'il vous a pieu franchement et sans double vous 
advertir de tous voz afferes, et suis constitué en qualité que non seul- 
lement je suys suspect en ceste matière, mais se je viens à succomber 
àl'apélit de mes adversaires seray trouvé vaincu et rée '. Par quoy a 
semblé à tous voz meilleurs serviteurs qui sont icy, et à moy, estre le 
debvoyr et meilleur que iceulx vous informent et lesmoingnent du 
tout. Reste, Sire, vous supplier considérer ce que JuUian empereur 
soulloyt dire en terme de justice, et en ce non impiétable, que s'il 
sufisoyt d'accuser aultruy, qui est celluy qui se trouveroyt innocent? 
Doncques vous plaira. Sire, par voslre bonté et infaillible jugement, 
après avoir bien entendu le tout à la vérité, en ordonner ainsi que 
voslre piété et bénignité est de tout temps acoustumée ^ 

— « Sire, je ne passeray les termes de la qualité où je suys pour 
vous dire que le capitaine Polyn m'envoye ung pacquet, lequel m'ayant 
enchargé vous faire tenir seurement et en la meilleure dilligence que 
je pourroys adviser, m'a semblé le debvoyr faire par M. de Puylobier 
comme celluy qui vous sçaura trop mieulx à dire comme toutes les 
choses passent de par deçà. » 

Vol. 2, f" 333 V", copie du wi^ siècle; 1 p. in-f". 

AU CAPrrAINE l'OLIN^. 

404. — [ Venise], J 3 septembre 1 542. — « Monsieur, vous entendrez 

d'expulsion furent encore lancés, notamment contre Camilla Pallavicina, grande 
dame vénitienne qui, s'il faut en croire les récits du temps, vivait dans une fort 
étroite intimité avec Pellicier, sollo coperlà di aanlitù, dit un manuscrit conservé 
à la bibliothèque de Saint-Marc. L'évêque de Lodi dut aller résider à Crema. Bel- 
tramo Sachia, Vincenzo Grimani lui-même, malgré ses éclatants services, furent 
menacés dans leur liberté, mais le conseil refusa de voler leur arrestation. Enfin, 
après mainte tergiversation, un arrêt rendu le 20 septembre fixa au lendemain 21 
l'exécution d'Abondio, condamné dès le 6, de Niccolo Cavazza et de Valiero, qui 
furent pendus entre les deux colonnes de la place Saint-Marc. Quanta Marlolosso, 
le dénonciateur, un décret lui assigna pour récompense une pension viagère 
de quatre-vingts ducats par mois, dont la moitié serait réversible sur ses fils légi- 
times; il devrait recevoir en outre, dans l'année, un don de 3,000 ducats payables 
à raison de 2o0 ducats par mois (V. Zeller, loc. cit., p. 353 et suiv.). 

1. Du latin reus, coupable. 

2. Cette dépêche, écrite peu de jours après l'assaut donné au palais de l'ambas- 
sade de France, et la dernière que nous ayons de Pellicier, est toute empreinte, 
quant au fond et à la forme, du trouble et de la vive inquiétude qui avaient dès 
lors envahi l'esprit du prélat. 

3. Celte dépêche et la suivante, adressées au capitaine Polin à Constantinople, 



618 AMBASSADE DE [SEPTEMBRE 1342] 

particullièrementpar M. de Montpellier ce que ces Seigneurs ont faict 
despuys le partcment du dernier qu'il vous a dépesché, qui me garde 
de vous escripre plus au long. Scullement vous diray que me semble 
continuer ancores leur entreprinse de *..., non seullement ceulx qui 
sont en effect affectionnez à nostre part, mais ancores ceulx qui ont 
acquis la réputation d'estre Françoys sans en avoyr faict aucune dé- 
monstration; et disent qu'ilz le font pour Tinlérest de leur estât. S'il 
estoyt ainsi et qu'ilz voullussent pugnir ceulx qui sont partialz pour le 
roy et pour l'empereur, ilz deussent s'arrester pareillement aux Impé- 
riaulx qui sont comme chacun sçait en beaucoup plus grand numbre. 
Et toutesfoys jusques icy ne nous sommes poinct apcrceuz qu'ilz veul- 
lent fascher nulz desdictz Impériaulx^. Je vous laisse panser qu'ilz 
feroyent si les affaires de l'empereur estoyent en belle réputation 
comme ilz ont esté et que les entreprinses du roy n'eussent cest heureux 
commencement qu'ilz ont. Nous avons envoyé à S. M. le double de tout 
ce que vous avons escript, et avons escript à M. l'Admirai et supplié 
de vous faire une dépesché pour vous faire entendre ce que S. M. en 
aura trouvé bon, et ce que lui plaira que feriez de plus ou de moings. 
Attendant ce, je croy que ne trouverez maulvais que vous {sic) amis 
vous en mande (sic) leur advis. Et en ceste espérance je vous diray 
celluy du seigneur Pietro Strossi et le mien, remettant toutesfoys le 
tout à vostre bon jugement, lequel je congnoys si suffisant que non 
seullement en cecy, mais en plus grandes choses et plus difficilles, se 
sçayt résouldre et choisir de tout ce qu'il offre à luy ce qu'il doibt 
prendre et laisser. 

Vous sçavez mieulx que nul autre la cause pourquoy Janus Bey vint 
icy et ce qu'il y a faict, et croy que à ceste heure congnoystrez que, 
quelque chose qu'il vous promist, il n'esloit pas si brave en parolle 
devant ces Seigneurs comme il disoyt. Et à la vérité le Grand Seigneur, 
ayant faict paix avec eulx, n'avoyt poinct d'argument de les presser de 
recepvoir l'aliance du roy contre l'empereur leur commun ennemy; 
mais estant survenu le tumulte tel comme avez esté bien au long 
adverty 3, et ayant eu tant de sortes de favorisez (sic) les affaires et servi- 

ont été écrites par un anonyme qui faisait partie du personnel de l'ambassade de 
France à Venise, au lendemain des événements et sous le coup de l'émotion extra- 
ordinaire qu'ils avaient fait naître. 

1. Il y a un blanc dans le manuscrit. Cette lacune et celles qu'on rencontrera 
plus loin correspondent certainement à des passages chiffrés que le copiste n'a pas 
jugé à propos de reproduire dans son texte. 

2. On ouvrit bien un commencement d'enquête au sujet des révélations analo- 
gues qui avaient pu être faites à des agents de l'Empire. Un certain Giorgio Quirino, 
dénoncé pour avoir entretenu des relations secrètes avec don Lopez et don Diego 
Hurtado de Mendoza, ministres de l'empereur, fut arrêté et retenu prisonnier pen- 
dant quelques semaines; mais l'afTairc se termina par un acquittement (V. Zeller, 
loc. cit., p. STl). 

3. L'attaque à main armée dirigée par le gouvernement de Venise contre l'ambas- 
sade de France, et dont on trouvera le récit circonstancié dans la dernière dépêche. 



[septembre 1542] GUILLAUME PELLICIER 619 

leurs du roy, et on choses qui sont connues au Grand Seigneur, il me 
semble que l'en debvez advertir et les seigneurs bassas, et leur faire 
entendre comme il est véritable que la cause de tout est pour avoyr faict 
la paix avec luy, et leluy faire veoyr, de sorte qu'il congnoysse l'ofTence 
qu'on luy a faicte en cecy, et qu'il montre ne se contanter de nul autre 
satisfaction que de despartir entièrement de l'empereur et se joindre 
avec le roy certainement. Tous ceulx qui congnoyssent leurs forces et 
eulx-mesmes s'accordent en cecy qu'ilz feront toutes autres choses 
plustoust que de se rompre avec le Grand Seigneur, congnoyssant que 
s'ilz le font, qu'ilz n'en peuvent attendre que leur totalle ruyne. Je croys 
que quant vous remonstrez au Grand Seigneur et aux seigneurs bassas 
que le roy se fiant en eulx est entré en une grandissime despence et 
très dangereuse guerre, et qu'ilz lui peulvent donner tel secours sans 
qu'ilz entrent en despence, c'est que se ceste Seigneurie avoyt receu 
l'alliance du roy, indubitablement ils mettroyent en peu de temps l'em- 
pereur hors d'Italye, je pense qu'ilz auront honte de le vous refuser, et 
s'ilz le font je ne sçay quel fondement le roy peult faire de leur amitié. 
Je suys seur qu'ilz ne le feront pas, et d'aultant moings après qu'ilz 
auront entendu que les Impériaulx disent que quant ilz furent advertiz 
de la venue des gallères du roy et de la vostre, ils feirent besoingner en 
diligence à l'Arcenal pour avoyr les présens qu'ilz sçavoyent bien qu'on 
leur portoyt, et que depuys qu'ilz les eurent ils s'excusèrent sur la tar- 
dité de vostre armée; et disent davantaige que l'esté qui vient, ne 
feront le semblable. Et afin que vous ne pansiez poinct que, à leur 
acoustumée, ilz ayent controuvé cecy, ils allèguent pour aucteur ung 
esclave génevoys ' qui estoyt en Constantinople, lequel ayant trouvé 
moyen de se sauver par la commodité et faveur de noz gallères et des- 
puis retourné à Gênes a faict ce bon rapport. Et voilà de quoy ilz disent 
que nous sert la faveur du Grand Seigneur. Si S. M. veut faire cette 
démonstration envers ces Seigneurs, il fera plus de plaisir et donnera 
plus de faveur aux affaires du roy que se son armée de mer fustsortye. 
Je vous prie aussi l'en solliciter de sorte que ceste Seigneurie ne con- 
gnoysse poinct que c'estoytpar vostre moyen, et vous monstrez envers 
leur ambassadeur desplaisant de ce qui est survenu, et l'atribuer aux 
ministres qui s'en sont meslez d'une part et d'auUre; car nous faisons 
ainsi et croy que pour ceste heure le roy fera le semblable. Et par ainsi 
ilz ne panseroyent poinct que le roy s'en veuille -... Et si le Grand Sei- 
gneur leur faict entendre qu'il se sent ofifencé d'eulx pour le maulvais 
traictement qu'ilz font à ceulx qui se sont empeschez de la paix, et aux 
serviteurs du roy son alié, ils n'auront nul aultre moyen de se contanter 
sinon venyr chercher le roy et recepvoyr les offres qu'il leur a faictes. 



1. Génois. 

2. Un blanc. 



620 AMBASSADE DE [SEPTEMRRE 1342] 

Je VOUS prye ancores une foys que ces Seigneurs n'entendent poinct 
qu'il vienne de la part des serviteurs du roy et qu'ilz ne saiclient poinct 
les noms de ceulx qui sont signez en ce que vous a envoyé M. de Mont- 
pellier; car s'il/, le sçavoyent, ils prendroyent tout l'argent et aultres 
biens qu'ont icy les seigneurs Strossi, et croy que les personnes qui 
oui signé ne seroyent guères seurement. La première dépesche a esté 
si ample que ceste lettre me semble •... Toutesfoys, sçaichant que 
M. de Montpellier vous faisoyt une despesche ^ je n'ay vouUu faillir de 
vous escripre ce, espérant aussi qu'elle vous sollicitera de me faire ce 
bien de me mander de vous nouvelles. Vous enaurés ceste foys tant de 
bonnes qu'en serez contant jusques ad ce qu'en ayez de la court. 
J'espère que ce sera bien toust, qui me fera faire fin par mes humbles 
recommandations à vostre bonne grâce. » 

Vol. 2, f° 334, copie du xvi" siècle; 2 pp. iii-f". 

AU CAPITAINE POLIN 3. 

405. — S. l. n. d. — « Monsieur, je ne fais poinct de double que, 
auparavant que vous ayez ceste despesche, la Seigneurie n'ayt adverty 
son ambassadeur, et sondict ambassadeur le Grand Seigneur et ses 
bacchas de tout le scandalle qui est advenu en ceste ville entre eulx et 
M. de Montpellier. Et croy que cependant aurez esté en une très grand 
peine pour n'en estre poinct adverty et par ainsi ne sçavoyr que leur 
respondre. Car j'estime que ces Seigneurs se vouldront grandement 
servir de cecy pour contanter le Grand Seigneur de ce dont ilz n'ont 
poinct faict vers le roy ce dont il les avoyt priez. Je serviray en cecy de 
tesmoing à M. de Montpellier, comme celluy qui a esté présent despuys le 
mardy matin xxii * jusques à la fin. Et ce qui avoyt esté faict auparavant, 
je m'en suys dilligemment enquis et l'ay nommé estre tout ainsi que 
M. de Montpellier et moy vous l'envoyons. Et vous asseure que c'est le 

plustoustque nous avons peu. Vous verrez par la ^ que les serviteurs 

ont en ceste ville; ceux qui la congnoyssent bien disent qu'il ne fut 
jamais faict ung tel scandalle, non seullement à ung ambassadeur d'ung 

1. Un blanc. 

2. Cette dépêche nous manque malheureusement. 

3. Cette seconde dépèche anonyme, qui ne porte pas d'indication de lieu ni de 
date, a probablement la même origine que la précédente, et dut la suivre à peu de 
jours de distance. Peut-être serait-on en droit de leur assigner pour auteur Beltramo 
Sachia, compromis un moment dans les démêlés de Pellicier avec la Sérénissime 
République, et que l'on retrouve, en 1545, attaché comme drogman à l'ambassade 
de Constantinople où il parait même avoir joué un rôle assez louche (V. dans 
Charrière, loc. cit., t. I, pp. 614-615, le second mémoire de Jean de Montluc sur sa 
mission en Levant). 

4. Le mardi matin 22 août, jour de la principale agression tentée contre le palais 
de l'ambassade. Le manuscrit donne à tort la date du 27, mais c'est une erreur évi- 
dente du copiste. Le calendrier aussi bien que les documents vénitiens mis en 
œuvre par M. Zeller nous ont permis de rectilier cette donnée. 

5. Un blanc. 



[septembre 1342] GUILLAUME PELLICIER 621 

tel prince, mais ancores à nul aultre prince. Hz ont retenu M. de Puylo- 
hier, lequel avoyt esté envoyé au roy pour aider à M. de Montpellier 
en sa négotiation, et le secrétaire de M. de Montpellier prisonniers 
deux jours et une nuict sans jamais les voulloyr ouyr, lesquelz estoyent 
envoyez vers eulx par M. de Montpellier pour leur dire qu'il estoyt 
prest à leur obéyr et aller vers eulx avec toute sa famille * se bezoing 
estoyt. Bien toust après qu'ilz furent partiz, voyant M. l'ambassadeur 
qu'ilz tardoyent à retourner et que le tumulte croyssoyt, pria le comte 
de Saincte Seconde d'aller vers eulx pour leur dire le semblable. Hz le 
retindrent pareillement et tous ses gens sans le voulloyr ouyr. Et 
commesic'eustesté^...,àluy etaux siens ostèrent les armes et les enfer- 
mèrent; au seoyr, à xxiii heures, le laissèrent sortir, Ancores despuys 
qu'il fut party du logis de M. l'ambassadeur, voyant que ceulx qu'il 
avoyt envoyé vers la Seigneurie ne revenoyent, pria le nepveu de M. de 
Lodes, que vous congnoyssez, de sortir dehors pour sçavoyr la cause 
pour quoy ilz n'estoyent renvoyez, ce qu'il feit. Fut aussy prins prison- 
nier tout ce qui sortit ce matin là; et qui voullut entrer fut prins pri- 
sonnier, et beaucoup d'autres capitaines et souldars qui quelquefoys 
venoyent à la maison de l'ambassadeur, sans dire la cause, sans qu'il y 
eust information contre nul d'eux, et que ainsi soyt, ilz les ont laissez 
sortir quatre jours après. Hz ammenèrent tout le peuple contre nous et 
leur donnèrent à entendre que nous estions cinq cens hommes en 
armes dedans la maison de M. de Montpellier, que nous voullions leur 
dérober l'Arcenal et mettre ceste ville entre les mains du Grand Sei- 
gneur. Je vous laisse panser si ce sont parolles pour émouvoyr ung 
peuple. Hz feirent mettre hors de l'Arcenal quatre pièces d'artilherye 
et mettre davant sa maison, de l'aultre cousté du Canal à la Douanne, 
une tour qui est là, à toutes les fenestres qui regardent ceste part, force 
fauxconneaulx et mouschetes^; et pareillement dedans le clochier de 

1. On ne sait trop comment il faut entendre cette expression : « avec toute sa 
famille ». Désigne-t-elle simplement le personnel de l'ambassade, ou ne s'applique- 
t-elle pas plutôt à l'entourage immédiat de Pellicier, qui vécut, au témoignage des 
contemporains, pendant la durée de son séjour à Venise et même au delà, marita- 
lement avec une noble vénitienne, Camilla Pallavicina, dont il eut plusieurs enfants 
qu'il gardait auprès de lui comme s'ils eussent été légitimes. Le prélat, dont le 
libéralisme confinait fort aux idées de la Réforme, fut en butte, pendant les dix 
dernières années de sa vie, à de vives persécutions auxquelles il n'échappa qu'à 
grand'peine (V. Zeller, loc. cit., p. 380 et suiv.). 

2. Un blanc. 

3. Mousquets, de l'italien moschetto, nouvelle arme à feu, un peu plus grosse que 
l'arquebuse, dont l'usage, répandu en Italie dans le second quart du xvi" siècle, se 
propagea de là rapidement dans le reste de l'Europe. « L'artillerie mobile du 
XVI" siècle, dit le général Susane (Histoire de Vartillerie française, Paris, Hetzel, 
1874, in-18, p. 119), c'était l'arquebuse à croc, qui avait remplacé la coulevrine à 
main et à laquelle se substitua le mousquet. Brantôme donne sur l'origine du 
mousquet et sur son rôle des détails aussi décisifs que pittoresques. » 

Ce fut Pietro Strozzi qui introduisit dans l'armée française le port du mousquet. 
Les fabriques milanaises étaient particulièrement renommées à cette époque. 



622 AMBASSADE DE [SEPTEMBRE 1542] 

Sainct Marc et Sainct Moïse, sur les maisons qui sont là auprès; et 
dedans deux maguesins qui sont dessus la chambre où je couclioys 
quant vous etmoy estions dedans son logis, feirent mettre force barrilz 
de pouldre et mille hommes de garde toute la nuict *. 

a Tout le mardy et le mercredy ne voulleurent permettre que quel- 
qu'ung de la maison allast achapter vivres avec eulx et sans armes, ne 
voullurent prendre argent pour en achapter, et de plus ne veuUeurent 
aller vers ces Seigneurs leur demander congé de ce faire. Le mercredy 
auseoyr feirent lever leurs gardes et envoyèrent deux esbires^àM. de 
Montpellier, luy dire qu'il pouvoyt envoyer dehors ce qu'il voudroit et 
faire comme auparavant, et que de la part de la Seigneurye il ne 
seroyt plus empesché. 

« Voylà l'honneste congé qu'ilz nous donnèrent. Hz ont licenliati le 
seigneur Pierre Strossi et ses frères et leur famille de leur ville, de tout 
leur estât de mer et de terre, sans toutesfoys dire la cause et sans 
qu'ilz se soyent nommez nul d'eulx en tumulte. Vous pouvez panser 
quelle faveur ilz ont faict aux affaires du roy, chassant hors d'icy telles 
personnes qui ont tant faict de service et sont pour faire ancores plus : 
qui estoyt tout le moyen que le roy avoyt de faire tenir argent pour ses 
affaires. Et s'ilz n'estoyent plus que affectionnez et fidelles au roy cest 
acte seroyl bien pour les dégouster, voyant que pour estre ses servi- 
teurs on luy faict un tel tort. Et pour certain, ces Seigneurs ne peuvent 
rendre nulle aultre raison de les faire partir d'icy, sinon pour ce qu'ilz 
sont serviteurs du roy, car ilz n'ont faicte nulle chose. Sire, contre leur 
estât. Et que ainsi soyt, ilz se sont offertz à se purger de tout ce dont 
on les vouldroyt accuser. Et est vraysemblable que s'ilz les avoyent 
offencez en quelque chose, ayant leurs personnes, leurs biens en leur 
pouvoyr, ilz les eussent arrestez et pugnis. S'ilz se veulent excuser 
l'avoyr faict pour tenir leur ville en repoz et que le seigneur Pierre est 
capitaine de grand réputation et crédict avec les souldars, il ne se 
nomme poinct, car il n'a poinct esté ayant faict nul crime en leur 
ville, et ceulx qu'il a avec luy sont gentilzhommes florentins forussitiz 
qui se retirent avez luy pour ce qu'ilz espèrent par son moyen, pour la 
faveur qu'il a du roy, pouvoyr retourner en leur liberté. Et quant ainsi 
seroyt qu'ilz eussent quelque occasion de suspecter contre luy, à quelle 
raison font-ilz partir ses frères, l'ung desquelz, le seigneur Robert, est 
personne qui ne s'empesche de matière d'estat, seuUement de ses 
affaires particullières -; le tiers est homme de grande espérance, 

1. Le gouvernement vénitien, dans la réponse qu'il adressa le 19 février 1543 aux 
représentations formulées par l'envoyé du roi de France, Jean de Monlluc, nia for- 
mellement avoir fait usage de toute cette artillerie et de ce déploiement de forces, 
et déclara s'être contenté de l'expédition de quelques barques. 

2. Sbires. 

3. Roberto Strozzi, qui s'occupait de la direction de la banque établie à Venise 
par sa famille. 



[septembre 1542] GUILLAUME PELLICIER 623 

toutesfoys si jeune que la jeunesse ne luy a ancores laissé résouldre 
s'il veult eslre souldart ou homme de ses affaires '. Et quand ilz 
auroyent quelque cause comme le seigneur Pierre, ce qu'ilz n'ont 
poinct, ses frères ne s'en debvroyent poinct servir. Du vivant du père, 
ilz ont estez receuz en leur ville avant qu'ilz vinsent au service du roy. 
Hz [n'jestoyent bien vieux et n'i a que le seigneur Pierre qui y ayt 
employé sa personne, et toutesfoys en afaires qui ne touchoyent en 
rien leur estât; les aultres ont servy, en la faveur de luy, de leurs 
facultés comme il est permis à ung chascun. Voyez se en tout cecy il 
se peult nommer autre occasion de leur faire tort sinon pour ce qu'ilz 
font service au roy, 

« Il y a quatorze ans que le seigneur Cézar Frégoze avoyt amitié et 
congnoyssance avec ces deux secrétaires ^ au temps que vous sçavez '^. 
Il vint au service du roy et fut banny de ces Seigneurs; et despuys luy 
fut rendu tout son bien et rappelle luy et tous les siens. Et ayant ung 
tel moyen de pouvoyr servir le roy, pria lesdicls secrétaires ses amis 
de continuer ce qu'ilz avoyent faict auparavant, ce qu'ilz feirent. 
Doncques ilz ne peulvent inculper le roy de leur avoyr suborné leurs 
secrétaires, car le seigneur Cézar avoyt ce moyen sept ou huict ans 
avant l'entrer à son service, aussi peu le seigneur Cézar ny les siens 
Car, du consentement de la Seigneurie, despuys qu'il fut remis en ses 
biens, il estoyt et par conséquent tous les siens serviteurs du roy. Le 
debvoyr de l'homme de bien est de servir son maistre, par tous les 
moyens qu'il a de luy faire service. Et par avanture que le service 
qu'il a faict au roy en cecy les a offencez, quant on le [veult] consi- 
dérer avec la raison, on trouvera qu'il leur a plus faict de service que 
au roy. Mesme s'ilz disent que peult estre ilz eussent eu du Grand 
Seigneur meilleure composition, il n'est pas vraysemblable : car, avec 
tout ce qu'ilz luy ont baillé, si n'eust esté la faveur du roy, le Grand 
Seigneur n'auroyt poinct faict de paix sans pius grand advantaige, 
car il congnoyssoyt bien qu'ilz n'avoyent pas moyen d'entretenir la 
despence que est nécessaire faire contre ung si fort ennemy. Et 
davantaige il congnoyssoyt bien, et eulx aussi, qu'ilz ne se pouvoyent 
fier en l'empereur pour le bon tour qu'il feit preinsa, ancores qu'ilz se 
deussent sentir bien obligez à tous ceulx qui ont esté moyen de ceste 



1. Lorcnzo Slrozzi, le quatrième des frères Strozzi, ne à Florence en i'ô-23, mort à 
Avignon le 14 décembre 1571. Il suivit d'abord quelque temps la carrière militaire, 
puis embrassa l'état .ecclésiastique. Pourvu bientôt, par le crédit de son frère aîné, 
des abbayes de StalTarde en Piémont et de Saint-Victor de Marseille, il devint 
évèquede Bézicrs (lo48), cardinal (lab'7), archevêque d'Alby (1561), puis d'Aix (1566).. 

2. Niccolô et Costantino Gavazza. Tous deux, pensionnés depuis longtemps par le 
roi de France, tenaient son ambassadeur, par l'intermédiaire d'Abondio, au courant 
des plus importantes alTaires de la république. 

3. L'organisation de toute cette diplomatie secrète remontait aux ambassades des 
évêques de Lavaur et de Rodez, George de Selve et Georges d'Armagnac. 



624 AMBASSADE DE [SEPTEMBRE 1542] 

paix. Hz le recongnoyssent bien : ilz ont banny les enfans du sei- 
gneur Cézar Frégoze et leur ont ousté tous leurs biens; pareillement 
à ses frères ont ousté la charge quMlz avoyent d'eulx, ancores qu'ilz 
ne se soyent en rien empeschez de toutes ces affaires '. Le paouvre 
Augustin Abondi, pensionnaire du roy, et qui n'avoyt nulle charge 
d'eulx ne bienfaict, est traicté comme pouvez entendre, et l'appellent 
rebelle *, ancores que ce ne soyt poinct luy qui ayt gaingné les secré- 
taires; seuUement par le commandement du seigneur Cézar il alloyt 
parler à eulx, et dcspuys que le seigneur Cézar fut au service du 
roy, par son commandement faisoyt entendre aux serviteurs de S. M. 
[ce] qu'il entendoyt d'eux, et Ta continué ainsi despuys sa mort. 
"Quant ancores le seigneur Cézar les auroyt offencez, on n'a jamais 
veu que femmes et enfans après la mort du mary et père ayent porté 
la pénitence d'un péché qu'on luy mect sus après sa mort, dont on 
ne luy a poinct parlé durant sa vie. Hz ont acoustumé d'avoir res- 
pectz jusques aux artisans, et à ung serviteur du roy tel comme le 
nostre, qui chairche leur amitié par tous les moyens qu'il peult, ilz 
n'[en] ont poinct eu au logis de son ambassadeur auquel ilz monstrent 
voulloyr beaucoup de mal despuys la prinse de Marran. Quant ilz 
eussent voulu luy faire quelque desplaisir, il me semble que la raison 
voulloyt bien qu'ilz regardassent à l'affaire, de sorte que la réputation 
de son maistre n'y fust poinct comprinse, pour ne donner poinct tant 
de plaisir à ses ennemis. 

« Quant ancores tout ce qu'ilz disent du seigneur Cézar et de ses ser- 
viteurs sera vray, que sera-ce? Hz ont faict tout ce qu'ilz ont peu pour 
faire la paix ayec le Grand Seigneur : on veoyt quelz fruictz ilz en 
reçoyvent. Je n'ay poinct ouy dire qu'ilz ayent banniz et pugnis ceulx 
qui furent cause de les faire entrer en la guerre avec le Grand Seigneur 
dont ilz ont tant souffert et leur républicque, et en particullier tant, 
qu'ilz ont esté contrainctz d'en sortir. Que s'ilz n'y fussent poinct entrez 
pour faire la paix ilz n'eussent poinct baillé les villes et argent qu'ilz 
•ont faict. Tout cecy selon mon jugement'... non choses : qu'ilz se 
repentent avoyr faict la paix avec le Grand Seigneur, qu'ilz ne veullent 
poinct de l'amitié et alliance du roy, chose dont le Grand Seigneur les 
a tant sollicitez et priez. Le tiers, qu'ilz sont plus Impériaulx que 
Vénissiens; car s'ilz aymoyent leur liberté, ilz essayeroyent à ouster 
l'empereur d'Italye, qu'ilz congnoyssent désirer et employer toutes ses 
forces pour s'en faire entièrement seigneur, non seullement de l'Ualye, 



{. Alessandro Fregoso avait le commandement de la grosse cavalerie vénitienne; 
'Ercole Fregoso remplissait également des fonctions officielles dans l'état de Venise. 

2. Ce passage donnerait à supposer que la dépêche a été écrite antérieurement 
.au 21 septembre, date de l'exécution d'Abondio. 

3. Un blanc. On pourrait restituer : Toiit cecy, selon mon jugement, powroyt se 
résumer en quatre choses, etc. 



[septembre 1542] GUILLAUME PELLICIER 625 

mais ensemble de toute l'Europe. Le voyage qu'il fit en Prouvence ' en 
est si sufisante preuve qu'il n'est nécessaire d'en faire d'aultre. Après 
ilz debvroyent non seullement recepvoyr l'amitié du roy, mais la 
rechaircher quant il ne le vouldroy t poinct, pour mettre l'Italye en repos, 
asseurer leur estât, en chasser le grand tirant qui y entretient les 
aultres *, et rendre à ung cliascun ce qui est sien. Le dernier, ce me 
semble, leur est ancores plus nécessaire; c'est se garder d'offencer le 
Grand Seigneur, prince si puyssant, que quant il vouldra tourner ses 
forces contre eulx, ilz n'en peuvent attendre que leur totalle ruyne. 

« Il a semblé à tous les serviteurs du roy vous debvoyr advertir de 
tout cecy, car il nous semble que si le Grand Seigneur est aussi bien 
dispozé envers le roy et ses affaires comme vous escripvez, ce que 
nous croyons, ce luy sera ung grand argument de presser ces Seigneurs 
de se déclairer contre l'empereur en faveur du roy. Et se ne le faisoyent, 
il auroyt grande occasion de se malcontanter d'eulx, car en tout cest 
affaire, on ne peult veoyr sinon choses qui le peuvent offencer, pour 
l'outraige qu'ilz ont faict aux serviteurs du roy et à ceulx qui sont 
cause de la paix, et pour la faveur qu'ilz donnent en Italye aux affaires 
de l'empereur, son ennemy. Et à tout peulvent remédier en prenant 
ladicte amitié du roy. Vous le pouvez mieulx donner à entendre que je 
ne le vous puys escripre, et d'autant plus que vous congnoyssez bien 
que cecy, bien négotié comme vous le sçavez très bien faire, est un 
moyen de faire ung grand service au roy; qu'il le fera plus contant que 
ne l'a malcontanté de ne veoyr poinct l'armée dernière, et d'aultant 
plus qu'ilz s'excusent là où vous estes que la tardité en est cause. Je 
vous en parle comme l'ung de voz amis : je vous prye le prendre ainsi. 
Nous avons adverty le roy de tout ce qui a esté, ensemble de ce que 
vous escripvons; et nous semble que pour ceste heure, le roy ne doibl 
poinct monstrer qu'il se sent offencé, mais plustoust attribuer la faute 
aux ministres qui s'en sont meslez d'une part et d'aultre, et les rechair- 
cher plus diligemment qu'il n'a poinct fait de saillir de luy afin de con- 
firmer mieulx la nutralité, et que le Grand Seigneur se ressent des 
injures faictes à luy et au roy comme doibt faire un prince de telle 
condition. Ce faisant, ils seront constrainctz de rechaircher le roy pour 
n'entrer poinct en telz affaires, et aussi congnoystront qu'ils n'auront 
poinct de meilleur moyen de le contanter que de s'allier d'ung de ses 
amys contre son ennemy, l'empereur. » 

Vol. 2, f° 335, copie du xvi" siècle ; 4 pp. 1/4 in-f». 

1. Âlkision à l'expédition malheureuse de iy36, dans laquelle Charles-Quint perdit 
plus de trente mille hommes et faillit lui-même succomber. 

2. Charles-Quint. 



Venise. — 1540-1542. 40 



APPENDICE 



Lettres de Guillaume Pellicier 
pendant la première partie de son ambassade. 

(Io39-lo40 1.) 



PELLICIER AU CONNETABLE. 

1. — Venise, 18 octobre 1539. — « Monseigneur, les ambassadeurs 
du pape et de l'empereur ayans entendu les grandes difficultez qu'il y 
avoit dans l'appointement de ces Seigneurs avec le Turc, et que 
cesdits Seigneurs estoient en branle et ne sçavoient bonnement quel 
parly tenir, les ont voulu persuader de se vouloir de nouveau liguer 
avec le pape et Tempereur, leur promettans en somme jusques aux 
clefs et thiarre papale et la couronne de l'Empire, usans de ces propres 
termes, s'ils vouloient incontinent armer contre le Turc. Parquoy 
cesdits Seigneurs, ayans telle tentation, ont fait plusieurs conseils 
pour délibérer s'ils dévoient accepter telles offres et poursuivre paix 
ou guerre contre le Turc : pour à quoy les attirer, l'on ne vit jamais 
faire plus longues sollicitations et grandes instances qu'ils ont faites, 
jusques à les vouloir à ce presque forcer. Sur quoy nous estans 
informez, avons fait, ledit seigneur César * et moy, ce qui nous a esté 
possible pour garder qu'ils ne se révoltassent encore une autre fois, 
sans toutefois avoir fait ny dit chose que personne doive calomnier 
ny prendre en mauvaise part. A cette cause, ces Seigneurs, se voyans 
ainsi troublez, et qu'en leurs conseils par trois ou quatre fois ils ne 

l.Ces trois lettres, publiées par lUbier, d'après les originaux aujourd'hui perdus, 
sont les seules qui nous restent de la première période de raml)assade de Pellicier 
à Venise. Nous y avons joint une dépêche écrite du même poste par d'Annebault. 
cl tirée de la même source, à cause de son importance capitale en la matière. 

2. Cesare Cantelmo. 



628 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER ^OCTOBRE lo39j 

s'estoient peu aucunement résoudre, ains en sorloient chacune fois 
sans rien faire, tous confus, ont donné et fait distribuer jusques à 
quatre ou cinq cens écus aux Religions * de cette ville, pour prier Dieu 
qu'il leur list la grâce qu'ils se peussent résoudre et prendre la 
meilleure voye. 

<( Monseigneur, le marquis du Guast a lettres d'Espagne par lesquelles 
l'on luy fait entendre que l'empereur est merveilleusement aise et 
content de ce que le roy mande le seigneur César Canlelme pour la 
trêve générale; mais par advertissement de la cour du roy Ferdinand, 
l'on me certifie que le Turc ne veut point entendre parler de l'empe- 
reur, ny moins d'appointement avec luy; et que si iceluy empereur 
pouvoit tant faire envers le roy qu'une fois il fist la Ircve avec le Turc, 
il s'osoit bien faire fort de mettre si grande amitié entre eux deux, 
qu'après il feroil tourner le tout au grand préjudice du roy. Il écrit 
aussi que le Turc estoit tout délibéré de se venger des Vénitiens avec 
le temps. L'on entend pareillement de ladite cour que le pape cherche 
de gaigner toutes les terres fortes qui sont sous Parme et Plaisance, 
pour faire de tout une duché, ou bien de la marche d'Ancùne. Pour 
quoy faire il a promis de donner à l'empereur trois cent mil écus, et 
de défrayer toute la dépense qu'il conviendra faire à la conquette 
d'icelles. Et pour cet effet l'empereur doit bailler six mil lansquenets 
au pape quand il voudra, lesquels le roy Ferdinand a la charge de 
faire et envoyer, et l'empereur a promis au pape d'entretenir le roy et 
faire en sorte qu'il ne donne empeschement à cette entreprise. Et en 
outre que Sa Sainteté cherche plus que jamais de retourner faire une 
nouvelle ligue comme auparavant avec les Vénitiens : pour à quoy 
consentir, son ambassadeur et celuy de cesdits Seigneurs près dudit 
roy Ferdinand sont tous les jours après ledit roy, s'attendant le pape 
par là que cesdits Seigneurs contribueroyent à la dépense de ladite 
guerre; mais tout le conseil dudit roy et gentilshommes d'Allemagne 
au contraire voudroient que Tempereur et ledit roy Ferdinand fussent 
alliez avec S. M. Pareillement, par lettres du seigneur Tlypolite 
de Gonzague, je suis adverty que ces Espagnols venus de Hongrie 
séjournent auprès de Rodego * et Gasolde ^ terres du seigneur Cagnin ^ : 
l'on ne sçait quel chemin ils voudront prendre, combien qu'aucuns 
disent que c'est pour se tourner sur les susdites places de l'Église 
pour ledit effet; les autres que c'est pour aller vers xMilan, et les autres 
sur le pais de cette Seigneurie. Mais ledit seigneur Hypolyte et le 
seigneur comte de la Mirandole, quelque chose que Ton dise, ne sçavent 
que penser, si ce ne seroit point pour entreprendre contre la Mirandole, 

1. Aux établissemenls religieux. 

2. Rodigo, place de la province de Crémone. 

3. Gazzoldo, place voisine de Rodi,L'o. 

4. Francesco di Gonzaga, dit El Cof/nino, seigneur de Bozzolo. 



[décembiie 1539] APPENDICE 629 

et à la vérité je ne puis dire ce qae ce pouroit estre : toutesfois si est-ce 
que je n'ay adverlissement d'AUeniague, qui toujours ne m'admoneste 
de prendre garde à la Mirandole, de quoy je vous ay adverty autrefois. 
Ledit seigneur comte m'a écrit plusieurs fois vous supplier luy faire 
mander l'expédition du payement de ses chevaux-légers, desquels il 
dit vous avoir mandé le rôle. 

« De Venise, ce 18 octobre 1539. 

« G., E. DE Montpellier. » 

(G. Ribier, Lettres et Mémoires cVEstat, t. I, p. 483.) 

M. d'.wnebault au connétable. 

2. — Venise, 3 décei/ibre 1539. — « Monseigneur, dimanche dernier 
le marquis du Guast et moi nous arrivasmes icyS là où pour l'honneur 
du roy et de l'empereur, nous fûmes par le duc et la Seigneurie receus 
en si grand triomphe et cérémonie qu'il n'estoit possible de plus; et 
leur ayans lundy en leur consistoire proposé le fait de nos charges, ils 
nous voulurent encore hier ouïr pour entendre de nous plus amplement 
leurs volontez, ce que nous fismes, comme M. de Montpellier écrit au 
roy et à vous. Monseigneur, bien au long et par le menu, et pareille- 
ment en doit autant écrire à l'empereur son ambassadeur qui est icy, 
ayans, ledit seigneur de Montpellier et luy, pour le vouloir dudit seigneur 
marquis, conformé leurs lettres ensemble, à ce qu'il n'y ait rien en 
l'une plus qu'en l'autre. Je feray tout ce que je pourray pour avoir bien 
tost leur résolution, et incontinent par homme exprès j'en advertiray le 
roy et vous, vous asseurant que les seigneurs Sèze et Jean Paquin sont 
icy avec moy, qui n'y font pas audit seigneur peu de service. Au sur- 
plus ayant icy receu celle qu'il vous a pieu m'écrire de JMontrichard ^, 

1. Harwell écrivait au chancelier Gromwell, de Venise, le 18 novembre lo39 : 
- The niarkes of Guaslo commith helher hens of 10 ur 12 dais, with a grete and 
honorable companye, and shalbe recayvid with grêle magnificence. IL is thowght 
thaï his comming is to hâve the last resolucion of Ihis Signorye, if they wil entre 
in lige ayenst the Turke, wiche thing recusing, to denonnce them warre; this many 
conjeclnrith, and semith moche likely » {State papers of Henry VIII, vol. VIII, p. 202). 

Quelques jours plus lard, il annonce au même Gromwell l'arrivée des deux ambas- 
sadeurs de Charles-Quint et de François r'', le 30 novembre, et la réception Ijrillanle 
qui leur a été faite à Venise : ■< Tlie said personages had audience, openly, the first 
day afler Iher comming, whcr the markes declarid the greale amilye and union 
lietwen th'Emperour and the French King, and thaï Ih'Emperour wil go to Flandres, 
and thens to Almayne, and so comme to Ilalye to make provision ayenst the Turke, 
with soche gênerai wordes; but the second day they had secret audience; and 
^vhal they ilo practise, it is moche secret, for by no investigacion I can not comme 
to undirstond Ihes mens iiractise. Ther is opinion thaï the thinges belwen th'Empe- 
rour and French King are not fuily compoundid, allhowgh th'amilye aperilh oul- 
wardes so grete... » (Venise, o déc. 153!). — Ibid., p. 200.) 

2. Montrichard, chef-lieu de canton du département de Loir-et-Cher, à 32 kilom. 
de Blois, sur la rive droite du Cher. 



630 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [dÉCEMBUE 1o39' 

du 1 i du mois passé, pour le passage de mille Espagnols, et mesme une 
autre dudit seigneur pour cet eflet, j'en ai parlé audit seigneur mar- 
quis pour savoir de luy quand il les voudroit faire partir, et quel 
chemin ils doivent tenir; lequel m'a dit que l'ambassadeur luy en a 
bien écrit, mais que de l'empereur il n'en a eu lettre ny commande- 
ment : toutefois je n'ay pas laissé de faire cependant donner ordre à 
ce qui sera nécessaire pour leur passage, afin que quand ils seront 
prests, de quoy je ne failleray d'advertir le roy et vous, ils ne tardent 
pour cela; et mesme j'ay fait sçavoir au président de Savoye* qu'il eust 
il y pourvoir de sa part, comme vous me l'écrivez. Suivant ce que je 
vous en ay écrit, voyant l'envie que M. d'Andelot^ a de voir les choses 
triomphantes et honnestes qui se feront à la venue de l'empereur, et 
d'estre du tournoy ^, je luy ay baillé cette dépesche, parce qu'il m'a 
asseuré qu'il s'en reviendra incontinent après me trouver, pour me 
rendre compte de ce qui y aura esté bien fait : de quoy je vous suplie 
très humblement. Monseigneur, ne le vouloir empescher; car je luy 
vois prendre un chemin qui me donne espérance que vous aurez une 
fois occasion de vous en contenter. 

« De Venise, ce 3 décembre 1 539. 

« D'Annebault ^ » 

(Gi Ribier, Lettres et Mémoires cVEstat, t. I, p. 490.) 

1. Raymond Pellisson, président du parlement de Savoie, de 153" à 1531 et de 
155G à loo9. 

2. François de Coligny, seigneur d'Andeiot, né le IS avril 1321, mort à Saintes le 
7 mai 1569, devint colonel-général de l'infanterie après la démission de son frère 
aîné, le célèbre amiral Gaspard de Coligny, en 1355, et prit comme lui une part 
active aux guerres civiles qui ensanglantèrent la seconde moitié du siècle. 

3. La Cronique dii, roy Françoys I"', publiée par G. GiiilTrey (p. 291 et suiv.), oiïre 
le récit détaillé des fêtes somptueuses qui furent données à Paris pour la venue de 
l'empereur, et notamment des tournois et joutes donnés " au chasteau du Louvre ■> 
en cette occasion (p. 305). 

4. D'après une dépèche de Harwell, du 16 décembre, le maréchal d'Annebault 
quitta Venise le 12, tandis que le marquis del Vasto, le 17, retournait à Milan, ayant 
obtenu de la Seigneurie tout ce qu'il en attendait {Slale j^apers of Henri/ VIII, 
vol. VllI, p. 214). 

Les Anglais n'étaient pas seuls à se défier de cette étrange amitié entre l'empe- 
reur et le roi de France; la Seigneurie de Venise elle-même, avec sa sulitile expé- 
rience des choses, s'étonnait de l'enthousiasme soulevé en France par le prochain 
passage de Charles-Quint. 

Harwell écrit encore à ce sujet : « Thés men are not a Util astonid to understond 
of th'Emperoures journey to Flandres by the wais of France, with few horsis; and 
certainly they are matters olT greate admiracion, and exciding the reasons ofT 
men, to consider so grclc and perpétuai ennemyes hâve so great confidence togither; 
wich arguith neccssarly perfail amitye an<l union betwen th'Emperour and the 
Frencli King; by the wich it is stimid that somme great lige is concludid betwen 
the said princes, in the wich the Kinges Mageste is also comprehendid. And by the 
confederacion of 3 such princes, men reken th'universal wordle may be easely 
subduid, wich to Cristen men shold be the grelisl joy and consolacion cowde pos- 
sible happen; for witliowt th'acord of the Cristen states, men repute at lengiit al 
Gristendome shalbe subduid by Ihis most puissant and formidable empire of 
Turkes. » (Venise, 18 novembre 1339. — Ibid., p. 203.) 



[mars 1o40j appendice 631 



l'ELLICIER AU CONNETABLE. 

3. — Veiuse, 3 l mars 1 540. — « Monseigneur, j'ay receu un paquet 
du seigneur Rincon pour faire tenir à S. M,, et par les lettres qu'il 
m'escript du 20 du passé, me fait entendre l'arrivée de Jean Galiego * 
vers Barberousse, qui l'a envoyé quérir jusques en l'isle de Chio avec 
une fuste, feignant mander pour lymons et oranges, et le tient le plus 
secrettement qu'il est possible dedans sa chambre ; de sorte qu'ainsi que 
m'escript ledit seigneur Rincon, il n'y a bascha, ny ministre de la part 
du Grand Seigneur qui en sçache rien : qui est bien pour confirmer la 
nouvelle de la pratique- que ledit Galiego, le jeune Larçon ^, et depuis 
un trésorier de l'empereur firent avec ledict Barberousse après la prise 
de Castelnove*, tant à Tarente qu'à la Prévésa, comme je l'ay écrit au 
roy plusieurs fois, mesmement par mes lettres du 18 octobre et 
4 novembre ^ Dès ce temps là, il y avoit desjà grand familiarité entre 
luy et eux, et se disoit que si l'empereur tenoit la promesse des offres 
que luy faisoiont ses ministres, il estoit content de prendre son party. 
Ce néantmoins ledict seigneur Rincon m'escript avoir eu en confession 
d'un des plus favoris que ledit Barberousse aye auprès de luy, que ledit 
Galiego porte lettre de la part dudit seigneur empereur audit Grand 
Seigneur, pour traiter quelque appointement avec luy. Je ne sçay à la 
fin comme telles pratiques succéderont; mais si est-il que les ministres 
de l'empereur cherchent tous les moyens qu'ils peuvent, pour d'eux- 
mesmes faire quelque accord avec le Turc. Et de faict par lettre que 
j'ay receue d'Allemagne d'un bien bon serviteur du roy, de ce que j'ay 
peu connoistre, du 7 de ce mois, je suis adverty comme le secrétaire 
du gentilhomme que avoit mandé secrettement et en diligence l'empe- 
reur vers le Turc, comme j'ay escript à S. M. le 6 de ce présent, est 
arrivé à la cour dudict seigneur empereur, portant nouvelles que ledict 
gentilhomme son maistre estoit mort en la Dalmatie, pour ce que le 
cheval lui avoit rompu les reins, courant la poste. Dont ledit seigneur 
empereur en fut fort mal content, et commanda de tenir la chose très 
secrette; en feit écrire incontinent et eu toute diligence manda les 
lettres, par homme exprès du Juif ^ duquel je vous ay écrit autrefois, 
qui donna advertissement au roy des Romains de tout ce qu'il put 

1. Juan Galiego, chargé par l'empereur d'une mission auprès de la Porte ottomane. 

2. Expédition, entreprise. 

3. Sans doute le fds de Ferdinando de Alarcon, baron, puis marquis délia Valle 
Siciliana, dans l'Abruzze, conseiller d'État du royaume de Naples, qui prit une part 
active à l'expédition de la Gouletle et de Tunis, en juillet 1533. 

4. En août 1539, la place de Castel-Nuovo, en Dalmatie, sur la côte ouest, à l'entrée 
du golfe de Catlaro, avait été reconquise sur les Espagnols par Kheïr-ed-Din Barbe- 
rousse. 

.j. Cette dernière est malheureusement perdue. 
6. Le juif Moïse. 



632 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [^^RfL 1540l 

entendre qui se fait à la Porte du Grand Seigneur. V. E. jugera tou- 
jours très bien à quelles fins telles praticques. 

« Monseigneur, nonol)stant quelque espérance que ces Seigneurs 
ayent de faire accord avec le Grand Seigneur, ils ne laissent pas 
(comme j'ay écrit au roy) de faire de jour en jour gens pour mettre 
sur leurs galères qu'ils veulent armer pour la garde de leur pais, et 
font faire force biscuits. J'estime que vous aurez entendu par M. de 
Limoges*, comme Notre Saint Père avoit envoyé messire Jean de 
Montepulciano à la cour de l'empereur *, lequel entr'autres commissions 
a charge de rechercher nouvelle praticque pour faire pacte avec le roy 
des Romains, ne s'attendant plus à l'alliance de la maison de Ven- 
dosme, pour la seignore Victoria sa niepce. 

(( De Venise, ce dernier jour de mars i 540. 

« G., E. DE Montpellier. » 

(G. Ribier, Lettres et Mémoires d'Estat, t. I, p. 5H.) 

PELLICIER AU CONNETABLE. 

4. — Venise, 19 avril i 540. — « Monseigneur, les gens du pape 
qui sont près de l'empereur écrivent à Rome que toutes choses entre le 
roy et l'empereur estoient conclues à la cour dudit seigneur empereur; 
qui sont, en substance, qu'il n'esloit point résolu de donner le duché de 
Milan au roy, alléguant cette raison que la mettant hors de ses mains, 
il se rendoit faible et faisoit son ennemi puissant. Et encore qu'il le 
luy baillast, S. M. ne laisseroit de favoriser ces Lutériens; ce néant- 
moins outre tout cela il ne laisseroit pas de luy restituer, s'il ne pensoit 
que S. M. cherchast de s'accroistre davantage en Italie. Dont ledit sei- 
gneur empereur avoit délibéré, puis qu'à cause de ce que dessus il ne 
voyoit moyen de s'accorder avec le roy, et conséquemment ne pouvant 
éviter qu'il n'y eût guerre, se vouloir unir avec le roy d'Angleterre, 
encore que ce soit contre le nom chrestien et aussi contre le pape, pour 
ce qu'en ne le faisant, en tout événement le roy le feroit. Par quoy, 
ainsi qu'ils écrivent, l'on attendoit bientostvoir une très cruelle guerre : 
chose que je trouve merveilleusement estrange que l'on ait tenus tels 
propos, mesmement d'estimer le roy ennemy, attendu la vraye et 
parfaite amitié, comme chascun sçait, dont S. M. avoit usée envers 
luy, principalement en ce passage de France, qui est telle que, comme 
vous sçavez mieux que nul autre, ne sçauroit estre plus grande au 
monde. 

« Monseigneur, encore que vous ayez esté adverty de la désobéis- 

1. Jean de Langeac. 

2. Giovanni de Monle-Pulciano, nonce du pape à la cour de l'empereur. 



[avril 1o40] appendice 633 

sance que les Pérusiens ' font au pape, touchant certaines impositions 
de sel, je ne lairay de vous en faire scavoir ce que l'on en dit icy, qui 
est qu'ils sont fort opiniastres, et se sont déclarez contre Sa Sainteté ' 
non comme pape ni contre l'Église, mais comme Alexandre Farnèse en 
particulier, luy dénonçant la guerre. Et desjà ont levé et retenu les 
entrées de Sa Sainteté et aussi l'argent de l'Église, somme assez grande 
pour leur subvenir au besoin pour quelque temps, et ont chassé hors 
de leur ville ses officiers, et pris un chasteau du pape d'assez grande 
importance, nommé la Fratta "^ Et ont jure estre perpétuellement enne- 
mis de la maison Farnèse, dont Sa Sainteté se trouve merveilleusement 
fâchée; et a ordonné qu'on levast force capitaines, et envoyé quérir 
grand nombre de Suisses. Et dit on que couverttement et secrettement 
lesSiennois et Florentins, avec autres terres circonvoisines, donnent et 
contribuent argent auditz Pérusiens, lesquels ont bleds pour cinq mois 
et s'obstinent que si à la fm ils se treuvent les plus faibles, et qu'ils 
ne puissent plus tenir contre Sa Sainteté, qu'ils brûleront leurs terres, 
et avec leurs femmes et enfans iront habiter autre part. Ce qui donne 
aucunement à penser à ces Seigneurs, considérant le cas de Gand en 
Flandres avec celuy de Péruse, comme s'il y avoit une certaine cons- 
tellation en cette saison qui causât telles rébellions de terres sujettes à 
leurs seigneurs, estimant très bien qu'entre leurs sujets s'en pouroient 
trouver quelques uns qui seroient dételle volonté, advenant l'occasion ^ 

« De Venise^ i 9 avril 1540. 

« G., E. DE Montpellier. » 

(G. Ribier, Lettres et Mémoires d'Estat, t. I, p. 539.) 



1. Les habitants de Pérouse, révoltés contre l'autorité pontificale. 

2. Fratta, bourg situé à 20 kilom. de Pérouse, sur la rive gauche du Tibre. 

3. Nicolas Wotton, résident d'Angleterre à Clèves, qui était précisément venu 
rejoindre à Gand le duc Guillaume 111, auprès de Charles-Quint, écrivait de cette 
ville au chancelier Cromwell, le 27 avril : 

« The Duke of Florcnces embassadour shewed me that the Perusins are yn rébel- 
lion againste the Bisshoppc of Rome, forbicause that bothe his predecessor Clément 
and He hâve menye weyes grevouselye oppressed theym, contrarye to suche agree- 
mentes, as hâve ben made yn tymes passed betwixte the Bisshoppes of Rome and 
the cytye of Peruse, and the pryvileges grawnted theym. The famylye of the 
Ballons {Baglioni) beare the chief rule yn ail the Perusyne, and of that famylye, 
when I dwelled there, the chief \ver Horace and Malalesta brethern, and Gentile 
Balion theyr cosyn germayn, whome the said Horace cawsed trayterouslye to be 
slayne. Horace and Malatesla be also dedde. But of theym ail three, as farre as 
I can heere, remayne yet chyldren. And chieflye Malatesta hath a sonne abowte 21 
yeres of eage, for boldenesse and activitee of greater expectation then ever was his 
father; wherof he shewyd a greate proufe againste the foruscites of Florence, who 
with theyr capteyn Philippe Strozza thought to hâve restowrid Florence to her olde 
libertyo; for the which cause he hath wages yet of the Duke of Florence that now 
is (Cosme I de Médicis). The Perusynes hâve sente for hym, and it is thought that 
the Duke of Florence, bearing no greate favour to the Bishoppe of Rome, will glad- 
delye sulTer hym to go to theym. The said embassadour of Florence, talking with 



634 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER AOUT 15401 



II 

Extraits de la correspondance de Georges de Selve, évêque de Lavaur, 
ambassadeur de François I" auprès de Charles-Quint. 

(7 aijùl-5 oclobre lo40.) 

Le volume A de la Correspondance politique de Rome contient, à la 
suite des dépêches régulières de Georges de Selve, évêque de Lavaur, 
adressées à la cour pendant son ambassade à Rome (1537-1538), une 
partie des dépêches que ce prélat envoya pendant sa mission dans les 
Pays-Bas auprès de l'empereur, un peu plus tard. 

Il nous a semblé intéressant de reproduire ici quelques extraits de 
ces lettres, écrites principalement de La Haye et de Bruxelles, du 
7 août au 5 octobre 1540 (f°' 4:28 à 454), qui se réfèrent aux princi- 
paux événements relatés dans la Correspondance de G. Pellicier. 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

1. — La Haye^ 7 août J 540. — « Sire, je ne vous ay point escript 
depuis le xxix™'^ du passé, pour n'estre survenue chose aulcune qui 
fust digne de vous estre mandée. Depuis trois ou quatre jours en çà 
l'empereur s'est assez bien trouvé de sa goûte et a commencé à se 
lever et mesmes négocier, car il feit jeudy donner la proposition aux 
Eslatz d'icy ausquelz il a demandé la somme de six mil francz 
payablez en six années, et luy en doibt estre faict la responce en 
Anstredam ' vendredy prochain. Et le mesme jour il donna audience 
à M. le Révérendissime légat -; toutosfoys depuis il ne s'est du tout 

Granvella of this mater, sayde that no double Ihe Bisshoppe of Rome wold truste 
to hâve helpe of th'Emperour against Ihe Perusins, but Granvelle answerid that 
th'Empereur must occupye ail his menne against the Turke, and therefore cowde 
not ayde liym at this tyme. The Italiens heere thinke that somme greate mater 
might ryse heerof, for the Perusynesbe commenlye of yowthe usidde to the warres, 
and maye not well endure the Bisshop of Romes tyrannye. And it seemith to me 
that the Duke of Urbyn, being nigh neighbour unlo theym, having this occasion, 
will peraventure remembre and labour to bc revengid of the great wronges that he 
hathe susteyncd at the Bisshop of Romes handes. » {State papers of Henry VIII, 
vol. VllI, p.' 331.) 

Le même jour Richard Pâte, ambassadeur d'Angleterre auprès de Charles-Quint, 
écrivait aussi de Gand à Cromwell : « 1 receaved a letter of the compositions made 
betuene the Bishops of Rome and the Perusians, of th'autor of moste parle of ail 
myn newes, but because I perceaved it to be but a matter of sait, 1 thought it not 
worthie many wordes or your knoleadge. » {Ibid., p. 337.) 

1. Amsterdam. 

2. Marcello Cervini, cardinal, évêque de Nicastro, légat apostolique dans les 
Flandres. 



AOUT 1340] APPENDICE 63o 

senty à son aiso, au moings à ce que m'a dict M. de Peloux, que 
j'avoys pryé de luy demander audience pour moy, affin de l'aller 
remercier de ce qu'il a faict en vostre faveur pour M. le Révérendissime 
de Gady', suyvant ce qu'il vous a pieu me commander par vostre 
dernière dépesclie. Et me dict qu'il avoyt différé de luy en parler, ne 
le voyant bien disposé, et que se la chose n'esloit hastée, je pourroys 
ung peu attendre, comme je feray, Sire, espérant toutesfoys parler à luy 
avant qu'il se parte d'icy, qui sera à ce que l'on dict lundy, pour aller 
à Leyde, Harlem et Anstredam, qui est ce qui luy reste à veoir du 
pays de Rolande. Et de là s'en ira à Utrecli, pour estre entour la fin 
de ce moys à Bruxelles... 

« C'est de la Haye en Bolande, le vu™" d'aousl mil v'^xl. » 
(Rome, Coircsp., vol. 4, r« 430 v°; registre minutier du xvi'- siècle; 1 p. in-f°.) 



GEORGES UE SELVE AU CONNETABLE. 

2. — La Haye, 7 août i 540. — « Monseigneur, je vous ay escript ung 
mot du un'' de ce moys soubz couverte d'ung pacquet adressé à M. de 
Sainct-Vincent - et depuis n'est survenu aulcune chose de nouveau. 
L'empereur s'en va guéry et a commencé à négocier. Toutesfoys m'a 
dict M. de Peloux qu'il n'est encores bien à son aise... 

« Monseigneur, l'empereur partira lundy d'icy, et heust myeulx vallu 
pour beaucop qu'il s'en fust party plus tost, car une tierce partye 
de ceste court sont tombez maladez, aulcuns de fiebvrez cothidiennes, 
et la plus part de tierces. .là en est commencé à mourir quelques 
ungs, entre aultres ung gentilhomme de la chambre de l'empereur 
nommé Myngoval, nepveu du feu vice-roy Charles de Lannoy, qui 
estoit le chef du nom et des armez de la maison. J'ay pour ma part 
ma plaine maison de maladez et vous veulx bien dire. Monseigneur, 
que ne voyant lieu aulcun de pouvoir icy faire service au roy qui 
vaille, les jours m'y sont années, et vous supplions. Monseigneur, 
pour l'honneur de la Passion de Nostre-Seigneur, après m'avoir tant 
faict d'aultres grâces, ne m'oublier point maintenant jusques là que 
de me laisser ici plus longuement. Aussi, Monseigneur, vostre plaisyr 
sera considérer que depuis que je suis ausdicts lieux j'ay toujours 
esté par pays, avec plus grande despence que s'il eust esté de séjour, 
ouUre ce que y ay perdu montures et muletz, et m'en a faillu achapter 
d'aultres, de sorte, Monseigneur, qu'il y a longtemps que je suys à 

1. Niccolo de Gaddi, florentin, évèque de Fermo (lo21-l:J49) et de Sarlat (lo3i- 
1546), archevêque de Cosenza (lo28-lo35), cardinal (152"), mort à Florence le 
2" février 1552. François I" l'employa à diverses négociations importantes. 

2. François Bonvalot. 



636 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER AOUT i:;40j 

bout de l'argent du roy et que je ne viz que du myen qui à la vérité ne 
m'y peult fournir aux charges que j'av. Et niesmement que je ne puis 
estrc payé de mes fermiers, pour la faulte d'argent qu'il y a au pays, 
et aussi qu'on ne peult plus procéder à l'encontre d'eulz par censurez 
ecclésiasticques. Et oullre tout cela les cscus ne valent icy que trente et 
six soulz, en manière que à ce compte là les vingt francz que j'ay du 
roy ne me reviennent sinon à seize. A quoy je vous supplye très hum- 
blement, Monseigneur, avoir regard et à ma grande pauvreté sur 
laquelle ceste perte ne doibt tomber, ne vous demandant pour ceste 
heure aultre chose sinon qu'il vous plaise me faire bailler le supplé- 
ment desdictes vingtz livres, comme il est raisonnable, qui ne sçau- 
roit monter à mil francz en tout, qui en Testât où je suis me font tant 
besoing, en attendant qu'il me soit envoyé suffisamment, et de me faire 
aussi rembourser du voiage que je feiz dernièrement en poste. Dont 
je demeureray de plus en plus obligé à pryer Dieu pour vous... 

« Cesl de la Haye, le wv^'' d'aoust mil vxl. » 
(Rome, Corrcsp., vol. 4, i° 431; 2 pp. 1/4 in-l"».) 



GEORGES DE SELVE AU CONNETABLE. 

3. — La Haye ^ 8 août 1540. — « Monseigneur, j'escripviz hier au 
roy et à vous ce que s'offroit, et entendant que messire Jehan de 
Montpulcian passoit par la court, vous ay bien voulu faire encores ce 
mot de lettre. Je présuppose, Monseigneur, que vous soyés jà adverty 
par M. de Bayf de l'yssue de la diète de Hacgueno; si ne lairray pour 
faulte d'aultre propoz à vous dire ce que j'en ay entendu, qui est, 
Monseigneur, que l'on n'a sceu tant faire que les protestans ayent 
voulu besongner sur les articles d'Auguste ' faictz l'an mil V^xxx, mais 
bien sur ceulx de Francfort : laquelle chose ne voulant pour rien 
accorder le roy des Romains, ilz ont enfin conclud qu'il se feroit une 
assemblée d'ung nombre de députez, tant de la part des catholiques 
comme des protestans les plus aptez que l'on pourroit choisir pour la 
pacifiication du discord de la religion. Lesquelz regarderont par 
ensemble le moyen d'accorder les choses, sans toutesfoys faire aulcune 
conclusion. En laquelle assemblée se pourroient trouver ambassadeurs 
de Nostre Sainct Père et de l'empereur sans estre comptez entre lesdictz 
depputez ; et cependant seront envoyez, de la part desdicts catholicques, 
ambassadeurs devers l'empereur pour faire avec luy qu'il se tienne 
une diète impérialle là où l'on advise mûrement du remède de ces 
troubles par voye de la célébration de concilie général ou aultrement. 
Il a esté faicte instance ausdiclz protestans de la part du roy et des 

1. Les articles de la diète d'Augsbourg. — Y. les Papiers de Granvelle, t. 1. 



[août 1340] APPENDICE 637 

catholicques de se despartyr des biens ecclésiasticques par eulx 
occuppez ou en cstre au jugement de la chambre impérialle et no 
recepvoir doresnavant aulcun en leur confédération, et ne prendre la 
deffence de ceulx qui se seroient fédérez à eulx depuis ung certain 
temps. Sur quoy il y a heu longue dispute d'une part et d'aultre, et en 
fin lesdictz protestans n'ont voullu passer ung seul point d'iceulx, 
disant que quant aux biens de l'Eglise, ils sont tenus de les rendre 
quant il sera déterminé par le concilie général et par auctorité suffi- 
sante, et rendre compte de l'administration, ne voulant accepter en 
aulcune façon que le pape soit mentionné en leurs assemblées comme 
chef de l'Église, mais comme leur partie. Et se parloit que ceste com- 
munication qui se debvoit faire se tiendroit à Vorms et dedans troys 
moys. Ce qui se debvoit bientost aprez publier, et incontinent le roy 
des Rommains debvoyt partir pour s'en retourner en Austriche. 

« Monseigneur, à ce que j'ay sceu, messire Jehan de Montepulcian 
avoit cncores commission louchant le faict de la duchesse fille de 
l'empereur là où il n'y a heu, à ce que l'on dict, nul admendement pour 
l'allée de M. d'Andelot, et semble que Sa Saincteté soit résolue de mettre 
hors d'avec elle domp Lopes Hortade * si l'empereur ne le veult rap- 
peller. A quoy je ne sçay quelle provision a hesté faicte; bien me dict 
l'on qu'en cest endroict l'on ne faict pas tout ce que l'on désireroit 
bien... 

« C'est de la Haye, le viii^ d'aoust mil v'^xl. » 

(Rome, Corresp., vol. 4, f" 432; 1 p. 3/i in-f\) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

4. — Ln Ilai/e, 10 aoi'd J.')40. — « Monseigneur, entendant que 
messire Jehan de Montepulcian, auquel j'avois jji baillé mes lettres du 
vin", ne parloit jusques au jourd'huy, je vous ay voulu faire encores 
ce mot de lettre pour vous advertyr que depuis j'ay entendu que 
l'empereur a dépesché de nouveau M. d'Andelot - pour aller à Rome 
pour le faict de ladicte duchesse, et doibt passer par Gennes et par le 
marquis de Goast. 

1. Don Lopcz lliirlado de .Mendoza, Ki''ind clmmbellan de. Marpiierite d'Aulriche, 
duchesse douairière de Florence, fille naturelle de l'empereur. Veuve d'Alessandrodei 
Medicis, elle s'était remariée, le 4 novemi)re 1538, à Otlavio Farnese et habitait Rome. 

Le 29 juin 1539, à la suite d'intrigues italiennes survenues dans son entourage, 
Don Lopez écrivit à Cobos et à Granvelle, demandant à résigner son poste, oii, 
disait-il, sa vie même n'était i>lus en sûreté. On l'y laissa cependant jusqu'en sep- 
tembre 15i0, époque à laquelle Cobos le rappela. 

Il «luitla Rome en novembre pour retourner en Espagne (V. Calendar of staie 
papers, Spanish, 1538-1542, passim). 

2. Jean d'Andelot, gentilhomme comtois, premier écuyer de l'empereur (avril 1538), 
chargé de mission en Italie au moisde mars 1539. Porteur de dépèches pour Figueroa 
à Gènes et pour Mendoza et Soria à Venise, il débarqua à Gènes le 26 mars 1539, 



638 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT 1540] 

« Monseigneur, j'avoys entendu qu'il y avoit icy advis que le roy 
Jehan de Hongrie estoit mort, et pour en sçavoir la vérité suis allé en 
demander à M. de Granvelle qui m'a ditqu'ilz ont seullement advis de 
la maladye préjudiciable dudit roy. 11 m'a dict aussi l'exécution de 
Cramouel, que vous aurez dcsjà entendu, et comme à la mort il s'est 
justifTié quant au service de son maistre, disant ne luy avoir point fait 
de tort ; mais bien s'est accusé de ce qu'il avoit commys envers Dieu 
quant à la mauvaise oppinion qu'il avoit lieue du Sainct-Sacrement et 
les mauvaises parolles qu'il en avoit dictes. Et le mesme jour il en avoit 
esté bruslé six aultres dont les troys estoient serviteurs de la feu reyne 
sa première femme *, qui avOieut esté bien sept ans prisonniers pour 
avoir parlé contre le divorce; les troys aultres qui ont esté bruslez vifz 
estoient sacramen tairez : chosez dont je pense bien que vous aurez 
esté adverty par M. de Marlhac. 

« Il m'a dict dadvantage, Monseigneur, que Chapuys - estoit arrivé 
là et luy escripvoit que incontinant il avoit faict entendre sa venue à 
l'ambassadeur du roy, lui faisant sçavoir qu'il le fcist aller visiter avant 
que faire auUre chose, se n'estoit que la coustume portoit d'aller devant 
devers le roy duquel il avoit heu son adveu. Et après luy avoir compté 
des nouvelles de l'empereur, dit que le roy d'Angleterre attendist veoir 
s'il luy parleroit d'aultre chose, et vojant que non, ilz demeurèrent se 
regardant l'ung l'auUre, et selon que ledict seigneur de Granvelle dict, 
en fust esbahy ledict roy. Ce que je vous ay bien voulu escripre à la 
mesme sorte que j'ay entendu de luy.... 

« C'est de la Haye, le x* ctaoust mil v^xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, fo 433 ; 2 pp. in-fo.) 

se l'endit de là à Venise, arriva à Rome le 8 avril, et en repartit le lendemain avec 
de nouvelles dépêches. 

En juin loiO, il revint à Rome porteur de lettres de l'empereur pour Paul 111. 

Il fut désigné, en septembre de la même année, pour succéder provisoirement à 
Lopez Hurlodo comme chambellan de Marguerite d'Autriche. " 11 est honnête et 
fidèle, écrivait de Madrid, le 22 septembre, Cobos à Granvelle; cependant je n'hé- 
site pas à dire qu'un homme plus capable et de plus de poids sera nécessaire; car 
la dame est jeune, elle est isolée, et en relations quotidiennes avec cette engeance 
diabolique, esta r/enie o'et In/ierno. » 

Andelol partit )iour Tivoli où résidait Marguerite; mais l'année suivante un inci- 
dent comme i! s'en produisait tant à ces époques violentes, la délivrance à main 
armée d'un ancien oHicier de Marguerite, Geronimo <la Carpi, qui avait été arrêté 
par ordre du pape, fit encourir à Andelot la colère de Paul III (juillet 13il). Désor- 
mais pour lui le poste n'était plus tenable. L'empereur le remplaça près de Mar- 
guerite par le commandeur Giliberti et le désigna pour l'accompagner dans l'expé- 
dition contre Alger, lui faisant don de 2 000 ducats i)our sa dépense (septembre 
1541). • — Y. Catendar ofstate papers, Spanish, 15;'S-lo41, passim. 

\. Catherine d'Aragon. — V. la dépêche de Marillac au roi, du 6 août 1.j40 [Cor- 
respondance de Castillon et Marillac, jjubl. par J. Kaulek, p. 208). 

2. Eustache Chapuys, conseiller de l'empereur, maître des requêtes de son hôtel, 
ambassadeur à Londres, de 1531 à loi4. Le renouvellement de ses lettres de créance 
était daté de Bruges, le 13 juillet 1540 (V. StaLc papers, t. VIII, ji. 400). 



[août 1540] APPENDICE 639 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

5. — Utrecht, 15 août 1 540. — «... Sire, l'empereur, estant party 
de la Haye, le x" du présent, en est venu icy sans avoir faict séjour 
sinon d'un jour en la ville de Harlem où luy a esté faicte la responce 
par les estatz de Hollande qui luy ont accordé la somme de six cens 
mil francz pour six années ainsi qu'il l'avoit demandée. Ceulx de ceste 
ville luy ont faict grande entrée et recueil. Hz avoyent mys en ordre 
xv'= hommes de pied, tous armés de hallecretz, qui estoient belles gens 
et de bonne apparence, desquelz l'empereur a fait compte pour con- 
tenter ceulx de la ville, et mesmes en retournant de l'église à son logis 
s'arresta à leur veoir faire leur monstre et leur laissa faire le lymaçon 
entour de luy. Et semble qu'il s'estudye à les rendre bienveillans 
comme nouvellement réduictz en son obéyssance et ayant esté tenus 
aultresfoyz suspectz de incliner au party des Gueldroys; qui faict pré- 
sumer qu'il ne les vouldra presser de grande subvention de deniers, et 
il semble qu'ilz se commencent à contenter d'estre soubz luy, seulle- 
ment pour avoir paix, estant auparavant subjectz à grand foulle d'ung 
costé et d'aultre, pendant qu'ilz tenoient neutralité... 

« C'est de CJtrech, le xx" d\ioust mil v'^xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, f" 434; 8 pp. in-f.) 

GEORGES DE SELVE AU CONNETABLE. 

6. — Utrecht, 16 août 1540. — « ... Monseigneur, je vous remercye 
tant et si très humblement que faire puis de ce qu'il vous plaise con- 
tinuer à pensera m'envoyer suffisamment ce qui est à la vérité la chose 
de ce monde que pour le présent je désire autant; car, à Testât en quoy 
sont les choses et le mestier dont je suys, il me semble que cette rési- 
dence me seroit de grand charge de conscience, et ne me sçauroys 
donner solution à cela après y avoir bien pensé que m'en sceust mectre 
l'esperit en repoz. Et oultre ce, que je m'y achève de destruire après 
avoir faict tant par mes journées que ma maison et les myens ont esté 
tousjours grevez et travaillez de moy sans en avoir senty aulcun ayde 
ne prouffit. A quoy toutesfoys. Monseigneur, j'espère trouver quelque 
remède, moyennant vostre bonne ayde et que quelque jour vous aurez 
pitié de mes frères que je vous ay tant de foys recommandez et dont 
vous avez aultrefoys faict requeste au roy qu'il vous a accordée, ayant 
regard au service du père ' et à ce que, grâces à Dieu, ilz sont pour 

1. Jean (le Selve, successivement conseiller au parlement de Toulouse, président 
(le chambre au parlement de Rouen (1499), premier président (IJiOT), premier pré- 
sident au parlement de Bordeaux (1d14), vice-chancelier du Milanais (1515), premier 
président au parlement de Paris (1520) jusqu'à sa mort, arrivée en août 1529. 

Chargé par Louis XII d'une première mission en Angleterre, en 1514, avec 



040 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT 1540] 

en faire beaucop mieulx que moy, et que ce qui se demande pour eulx 
n'est sinon qu'ilz soyent mys en voye pour gagner leur vye en travaillant 
et en servant. 

« Monseigneur, je ne sçay si vous avez mys en considération, pour 
venir par deçà tenir mon lieu, M. de Saveuse, maistre des requestes, 
qui estoit bailly d'Amyens ', qui semble soubz correction, pour la 
congnoissance que j'en ay et ce que j'en ay ouy dire, personnage très 
propre à ceste charge, ayant le regard au bien dez aiîairez du roy et à 
l'entretenement en Testât en quoy ilz sont et à n'esfaroucher de tant 
ceulx de deçà, pour estre homme de sçavoir, suffisance et expérience, 
et duquel ceulx-cy ne prendront point mauvaise umbre. 

« Monsieur de Castillon * aussi, Monseigneur, pour toutes ces partyes 
là, est homme si accomply comme vous congnoissez trop myeulx, que 
les affaires dicy ne sçauroient estre mys en meilleure main. Et en effet, 
Monseigneur, le nombre de ceulx qui sont trop plus suffîsans que je 
ne suys à faire cesle charge est si grand qu'il n'y aura point à faire à 
me trouver successeur. Et à ceste cause vous supplye tant et si humble- 



Louis d'Orléans, duc de Longueville, et Thomas Bohier, général des finances de 
Normandie, pour la négociation du traité de Londres, conclu le 7 avril de la 
même année, Jean de Selve y retourna comme amiiassadeur extraordinaire, à 
l'avènement de François I", l'année suivante, avec Pierre de la Guiche, bailli de 
Lyon. Il prit part également aux conférences de Calais (août-novembre lo21) et, 
trois ans plus lard, aux négociations qui mirent fin à la captivité de François I" 
en Espagne. 

Jean de Selve avait eu, de son mariage avec Cécile de Buxy, fille de Jean de 
Buxy, conseiller au parlement de Toulouse, six fils et quatre filles. — L'ainé des 
fîls, Lazare, fut chargé de missions diplomatiques en Suisse. — Odel, le second, 
conseiller au parlement de Paris (31 décembre io40). conseiller au grand conseil 
(l.i) avril 1542), fut ambassadeur en Angleterre de 1540 à 1549, puis à Venise, de 
juillet looO à octobre ]oo4, et à Rome, de 1554 à 1556. 11 mourut en 1563. — 
Georges, le troisième, évèque de Lavaur, ambassadeur à Venise et à Rome, nous 
est assez connu. — Le quatrième, Jean-Francisque, panetier ordinaire du roi, 
accompagna son frère Odet en Angleterre, et servit comme courrier en plusieurs 
circonstances importantes. — Jean-Paul, le cinquième, évêque de Saint-Flour 
(lo40\ premier aumônier du duc d'Anjou, depuis Henri 111, succéda à Odet comme 
ambassadeur à Rome, de 1556 à 1558. 11 mourut à Limoges, en 1570. — Enfin, 
Claude, le sixième, prieur de Saint-Vigor, fut conseiller et maître d'hôtel de Cathe- 
rine de Médicis ^V. Germain Lefèvre-Pontalis, Correspondance iVOdel de Selve, 
Introduction, pp. xi et suiv.). 

1. Imbert de Saveuse, chevalier seigneur dudit lieu, gentilhomme picard, con- 
seiller au parlement de Paris (1518), bailli d'Amiens (1528), maître des requêtes de 
l'hôtel (1534). Commissaire français pour le règlement de l'afTaire du pont de la 
Cauchoire. près Ardres, détruit en se])teml)re 1540 par une incursion des garnisons 
anglaises de Calais et de Guines, il fut également désigné comme commissaire, sur 
la proposition d'Odet de Selve, en juillet 1546, pour le règlement d'un reliquat 
d'indemnité au sujet de la délimitation des frontières du Boulonnais (V. Jean Kaulek, 
Corresp. de Marillac, pp. 224 et suiv., et G. Lefèvre-Ponlalis, Curresp. d'Odet de 
Sel ce, pp. 14 et 215). 

2. Louis de Perreau, seigneur de Castillon, gentilhomme de la chambre, chargé 
de mission en Italie (1529), ambassadeur en Angleterre de 1533 à 1534 et de 1537 à 
1539, mort en 1553 (V. Jean Kaulek, Corresp. de MM. de Castillon et de Marillac, 
Introduction, pp. ix et suiv.). 



[août 1540] APPENDICE 641 

ment que faire puys m'avoir en cela pour recommandé, et me pardonner 
si je vous importune si souvent... 

« C'est du xvr cVaousl mil v'^xl, à Ulrech. » 
(Rome, Corresp., vol 4 f 438; 4 pp. in-f°.) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

7. — Anvers, 25 août iô40. — « Monseigneur, j'escripveis au roy 
et à vous du xvi" du présent, et pour autant que l'empereur se partit 
troys jours après de Utrecli et feist dire à monseigneur le Révéren- 
dissime légat et à tous les ambassadeurs de s'en aller droict à Bruxelles, 
j"ay faict comme les aultreset suys venu tout droyct icy, n'ayant veu sa 
court depuis ledict lieu de Utrecli. Qui est cause, Monseigneur, que je 
n'ay pour le présent aulcune chose de nouveau dont je vous puysse 
donner advis, et seullement vous ay vouUu faire la présente pour vous 
advertir de ce que dessus, jusques d'estre dedans troys jours à 
Bruxelles. Et delà vous escripray tout ce que je pourray entendre. 
L'empereur n'a point faict de séjour depuis ledict lieu de Utrecli, 
sinon ung jour à Bosleduc ', et de là s'en est allé à la maison de mon- 
seigneur le prince d'Orange à Bréda, et aujourd'huy doibt estre à 
Bergues où je croy qu'il n'arrestera et pourra estre à Bruxelles dedans 
quatre à cinq jours. 

(i II s'est icydict, Monseigneur, entre les marchants que Thunisavoit 
•esté pris par les Alarbez qui le tenoient assiégé et par quelques gens 
<le Barberousse qui estoient survenues par mer ; mais la chose n"a point 
«sté confirmée et n'est tenue pour vraye. 

« Je cuydois. Monseigneur, que nous heussions laissé les maladyes 
au pays d'où nous venons; mais l'on m'a dict que en ceste ville y a 
plus de sept mil maladoz, et par tout ce pays icy de inesmes. Monsei- 
gneur de Savoye est demouré arrière, ung peu indisposé de collique qui 
l'a prins ainsi que la goûte le venoit de laysser. 

« Monseigneur, nous avons coustoyé quelques jours le pays de 
Gueldrez, et entendu que monseigneur de Clèvez ^ estoit en Clèvez et 
-debvoit bientost venir à Arnan ^ en Gueldrez. Il n'est venu homme de 
sa part que j'aye peu sçavoir. Et disent ceulx de la frontière de deçà 
que les Gueldroys font semblant de voloir tenir bon et commencent à 
.se faire fortz du roy, parlant du mariage de madame la princesse de 
Navarre. Toutesfoys ils discourent, j'entends les subjectz de l'empereur 
à que j'en ay oy deviser, que si ledict duc est assailly en Clèvez, qui 

1. Bois-le-Diic. 

2. Guillaume 111, duc de Clèves. 
.3. Arnlieim. 

Venise. — Io40-lb42. 41 



042 AMBASSADE DK GUILLAUME PELLICIER [SEPTEMBRE lb40] 

est pays foible, il aura mal le moyen de pouvoir soubslenir, estant 
pouvre d'argent et son pays mal muny, et ayant subjectz qui mal voul- 
ientiers entreront en guerre pour les Gueldroys, qui naturellement leur 
sont ennemys; et leur semble qu'ils s'entrebâilleront mal la main pour 
s'entresecourir, outre ce que une bonne part des gens de cheval du 
pays de Clèvez ont vescu du solde dé l'empereur, encore y en a il 
beaucoup parmy ses bandez. Aussi inculpent ceulx de deçà ledict sei- 
gneur de Clèvez qu'il commence à lascher fort la main aux luthériens 
et à les laisser impuniz et semer les livres par ses pays; et leur semble 
que cela va au chemyn de quelque mutation de religion, chose que 
bonne part dez Gueldroys voyent mal voulentiers, estant accoustumez 
soubz l'aultre duc de veoir résister virillement à telz errements. Et de 
faict disent qu'il s'est imprimé certains livres en quelque endroict de 
Gueldrez que aulcunes villes dudict pays ont delïendus, et ne les veul- 
lent recepvoir. Et m'a l'on dict aussi à Bosleduc que ceulx de la ville 
avoient mys grande prohibition à ce que telz livres n'eussent cours en 
leur ville où il en avoit esté jà apporté. Ce sont toutes choses venant 
de ceulx de deçà. Monseigneur, que je vous diz comme je les ay enten- 
dues pour en prendre ce qu'il vous plaira... 

« C'est d'Anvers, le xxy^ dCaoust mil V^xl. » 
(Rome, Corrcsp., vol. 4, f° 440; 2 pp. i/3 in-f».) 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

8. — Bruxelles, /" septembre i 540. — « Sire, depuis le xvi" du passé 
que je vous escripvis, l'empereur a tousjours esté par chemyn, s'en 
venant icy, ne voulant sinon peu de compagnie avec luy; qui a esté la 
cause, Sire, que ne vous ay point faict de dépesche depuis, n'ayant peu 
aprendre chose qui fust digne de vous estre escripte... 

« Sire, l'empereur arriva hier à disner en ceste ville, et n'est point 
encore bien ferme sur ses piedz, de la goûte qu'il a heue. Qui a esté 
cause de le faire venir tousjours en litière jusques icy. Toutesfoys au 
reste il se porte bien et, comme l'on pense, fera séjour icy presque tout 
ce moys pour dépescher beaucop d'affairez qu'il y a remys, n'ayant 
rien négocié long temps a, et se entend qu'il ira visiter le pays de 
Arthois et Haynault. 

« 11 ne se parle point encores. Sire, en quel temps se pourra assigner 
la diette impérialle qu'il veult tenir en Allamagne. Bien a il donné 
entendre à monseigneur le légat, qui ne trouvoit bonne ladicte diète, 
qu'il ne pouvoit faire qu'il ne la tinst pour beaucop de négoces qui 
importoient à l'empire, et mesmes qu'il seroit nécessaire qu'il s'y 
traictast du faict de la religion pour la première chose. Et a aussi 
faict entendre audict seigneur Révérendissime que son advis est qu'il 



"septembre 1o40j ■ APPENDICE 643 

soit expédient eu sa communication et dispute que se doibve faire tou- 
chant la religion à Vorms entre les depputez dez membrez de Tempire, 
tant catholicques que protestans, que Sa Saincteté envoyé un légat 
d'auctorité et de doctrine. Il y envoyera pour sa part un ambassadeur 
de semblable qualité et vous requerra de faire le semblable, affin 
d'empescher que de ceste dispute ne s'ensuyve aulcun préjudice à la 
religion, encores que lesdictz depputez n'ayenl pouvoir de rien con- 
duyre, toutesfoys luy semble de ce qu'il sera bon aviser pour les 
garder de incliner à mauvaise oppinion, au moings ceulx qui sont de 
la part dez catholicques. De quoy toutesfoys, Sire, par eulx ne m'a esté 
tenu aulcun propoz. 

« Sire, à ce que j'ay entendu, il s'est tenu le jour de Saint-Laurens ' 
dernier une diète à Vesel -, près de Colongne, dez villez de hanse qui 
sont soubz Colongne en bon nombre et la pluspart subjectz du duc 
de Clèves, pour consulter sur aulcunes choses dernièrement proposées 
à la généralle journée tenue à Lubech ', et ont conclud de persévérer 
en ceste compagnie et union quant au faict de la marchandise et non 
point en tous les affaires de leurs estatz. Et quanta aulcunes villes qui 
sont à la subjection de l'empereur, comme Davanter \ Canpen ^, et 
aultres du diocèse de Utrech, qui aultrefoys estoient de ladicte com- 
pagnie, avoient voulu dire celles de ladicte compagnie, qu'elles en 
debvoient estre misez dehors, pour s'estre submisez à la maison de 
Bourgogne; qu'ilz interprétoient comme si elles s'estoient alliénées de 
l'empereur, et leur ont enfin déclairé qu'elles vouloient persévérer en 
ladicte compagnie, ayant faict aparoir qu'ilz se sont rendus à l'empe- 
reur, sauf la souveraineté de l'empire de la compagnie de hanse. Et 
j'entends. Sire, qu'il n'a plus tenu à ceulx de Lubech qu'ils n'ayent faict 
une ligue généralle de toute ladicte compagnie pour la deffense de tous 
leurs estatz; qui eust esté ung commancement de tirer tout à la secte 
luthérienne, mais audict lieu de Vessel ceulx de ce pays là se sont 
résolus de n'y entrer point... 

« De Bruxelles, le premiei' jour de septembre mil v^xl. » 
(Rome, Corresp.^ vol. \, f'^ 4H; 2 pp. 3/i in-f^.) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

9. — Bruxelles, Z^"" septembre 1 540. — « ... Monseigneur, en escrip- 
vant la présente M. de Peloux. m'est venu visiter; et en devisant avec 

\. Le ^0 août. 

2. Wesel, place forte d'Allemagne, à 30 kilom. de Clèves, sur la rive droite du 
Rhin. 

3. Lubeck. 

4. Deventer, ville des Pays-Bas. 

5. Kampen, ville des Pays-Bas, sur la rive droite de l'Yssel. 



644 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [SEPTEMBRE lb40] 

luy m'a dict qu'il commençoit à se parler en ceste cour du mariage 
de madame la princesse de Navarre avec monseigneur de Clèves, 
et que M. le grand escuyer et M. de Corrierez luy avoient dict que 
cela esloit tout commun entre les marchans à Anvers. Je luy ay dict 
que je n'avoys point tel adviz et que par ce que j'en pouvoys entendre 
cela n'estoit point encores passé. Et me disant qu'il seroit bien aise 
qu'il ne fust point faict et que les choses demeurassent en leur entier, 
car l'on ne sçavoit encore ce que Dieu feroit, je luy ay dict que pour 
parler franchement avec luy comme j'avoys accoustumé, il pouvoit 
bien tenir pour certain qu'il ne tenoit plus à attente que l'on con- 
cleust du costé de deçà, et que assurément le roy ne fauldroyt à 
besongner avec ledict seigneur de Clèvez et aultres princes de la 
chrestienté, ce qui est par escript réservé, toutes les foys qu'il leur 
viendroyt àpropoz'. Il m'a répété assez dez propos qu'il me tient ordi- 
nairement du desplaisyr qu'il a que les choses en demeurent là, et de 
la grandeur des ofl'res qui ont esté faictes. Dont je ne vous feray 
aullre mention, car ce ne seroit que redictez. Il m'a confirmé que l'em- 
pereur ne partira d'icy d'ung moys. 

« Les nopces de M. le prince d'Orange avec la fille de monseigneur 
de Lorraine deurent estre faictes le xxV du passé, et l'actend Ton de 
retour icy de jour en jour ^ Il y est allé avec train de deux cent chevaulx 
et a levé son argent dez marchans d'Anvers, de sorte qu'il ne se povoit 
maintenant trouver escu, car il en avoit levé ce qu'il avoit peu faire... 

« Monseigneur, j'ay entendu par vostredicle lettre le bien et la 
grâce qu'il vous a pieu me faire que M. de Veilly ayt esté appelé pour me 
succéder, que j'ay pour une des meilleures nouvelles qu'il me pouvoit 
venir, dont sens augmenter la grande obligation que je vous ay de tout 
temps pour la bonne affection qu'il vous a pieu en cela me monstrer, 
à laquelle je ne fauldray toute ma vyc de correspondre de très humble 
et très fidelle servitude, vous supplyant très humblement. Monsei- 
gneur, suyvant ce qu'il vous plaist me mander, faire encores tant pour 
moy que le partement de M. de Veilly ne soit point longuement différé... 

« C'est du premier de septembre mil i"' xl. » 
(Rome, Covrcsp., vol. 4, f^ 442 v"; 2 pp. 3,4 in-f\) 



1. Le 7 août fut ratifié à Clèves. jiar le duc Guillaume, le traité conclu entre le 
roi de France et les ambassadeurs du duc, le 17 juillet 1540, à Annet. — V. le texte 
latin de cette ratification, dans Riliier, t. ], p. o3S. 

2. Le contrat de René de Clialon, prince d'Orange, fils de Henri, comte de 
Nassau, avec Anne de Lorraine, fille d'Antoine, duc de Lorraine, fut passé à Bar, 
le 2-2 août 1540 (V. B. N., fonds fr., mss. 2746 à 2749, t. I, f 174). 



[septembre 1o40j appendice 645 

georges de selve au roi '. 

10. — Bruxelles, 7 septembre 1 540. — « Sire, je vous escripvis du 
premier de ce moys, et l'endemain arriva icy M. le cappilaine Poulain, 
par lequel j'eus les deux lettres qu'il vous a pieu m'escripre; par 
Tune desquelles vostre plaisyr est me commander de luy assister et 
ayder en sa charge de laquelle, Sire, il s'est sceu si bien et si sage- 
ment acquicter qu'il a heu peu de besoing de moy, qui luy ay faict 
compagnie, tant vers l'empereur que vers M. de Granvelle, ausquelz 
ayant proposé tout le contenu en son instruction, il a heu la responce 
telle qu'il vous sçaura myeulx répéter que je ne vous pourroys 
escripre... 

« Quant à ce qu'il vous plaist, Sire, me mander par l'aultre du 
propoz qui vous avoit esté tenu par M. de Sainct- Vincent et de la res- 
ponce que vous en avez faict pour la faire pareille par deçà s'il m'en 
estoit parlé, je n'ay point senti encores que ledict seigneur de Saincl- 
Vincent en ayt donné advis, et quant il m'en sera tenu propoz, ne 
fauldray à m'y gouverner selon vostre bon commandement. 

« Sire, à ce que j'ai entendu icy, le roy des Rommains faict prépara- 
tifs d'armée pour se faire recepvoir par les seigneurs de Hongrie, suy- 
vant la convention qu'il avoit avec le feu roy Jehan dernièrement décédé 
qu'ilz disent estre jurée par la pluspart desdictz seigneurs. Toutesfoys 
l'on pense que la chose ne sera pas sans grande difficulté, et s'entend 
que ledict roy des Rommains a intercepté aulcunes lettres desdictz 
seigneurs du pays qui alloient vers le Turq et aultres devers le roy de 
Poulongne pour leur donner faveur : qui faict estimer qu'ilz soyent 
pour vouloir aultre roy que luy, soit le tilz dudict roy Jehan ou aullre. 
Et se dict que ledict roy Jehan, par son testament, avoit recommandé 
sondict tîlz à la protection du Turq. 

« Sire, M, de Granvelle m'a dict de la part de l'empereur que ledict 
seigneur avoit heu advertissement que aulcuns de voz subjectz s'estoient 
vantez que vous aviez donné une licence généralle à tous voz subjectz 
pour aller naviguer aux Indez, chose que ledict seigneur ne pouvoit 
bonnement croire, sçaichant que vous vouliez que la tresve fust entre- 
tenue, laquelle s'entend autant en la mer comme en la terre, et nom- 
mément y est exprimé tant la mer de Levant que celle de Ponenl. 
Disant que la chose ne se pouvoit coulourer soubz umbre de Portugal, 
pour aultantque c'estoient choses si communes qu'elles ne sepouvoient 
diversifier, joinct que ledict roy de Portugal estoit semblablement 
compris en la tresve, me nommant enfin M. de Fossuze - de qui il 

1. « Par M. le capitaine Poulain. » 

2. Claude de Montmorency, seigneur de Fosseux, conseiller et maitre d'hôtel du 
roi, lieutenant-général de la marine, mort en octobre lo'tG. 



646 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [SEPTEMlhlE 1540j 

disoit telles parolles estre venues, donl il vouloit escripre à M. de 
Sainct-Vincenl, et me pryoit aussi de vous en advertir. Ce que je luy 
ay dict, Sire, que je feroys, et que de telle chose n'avoys-je nulle infor- 
mation; bien estoys-je certain que vous ne vouliez non plus enlraindre 
la Iresve par mer que par la terre, et que aussi croyois-je bien que 
vous vouliez faire distinction à cela du roy de Portugal à l'empereur, 
pour les occasions qu'il vous avoit données et les tortz qui avoient 
esté faictz longuement à voz subjectz... 

« De Bruxt'lles, le viF de septembre mil V^ xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, f" 4t3 v°; 2 pp. 1/3 iu-f".) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

11. — Bruxelles, 7 septembre Jo40. — « Monseigneur, depuis ce 
que je vous ay escript du premier jour de ce moys, j'ay receu celles 
qu'il vous a pieu m'escripre par M. le cappitaine Poulain, suyvant les- 
quelles je luy ay tenu compagnie à la poursuyte et solution de l'affaire 
pour lequel il est venu; auquel il s'est si bien et si sagement conduict 
de luy mesmes qu'il n'a heu nul besoing de mon conseil, et pour ce, 
Monseigneur, qu'il vous sçaura trop myeulx réciter tout le négoce, 
par lettre je ne vous en feray aultre mention. 

« Monseigneur, il y a si grande faulte de nouvelles pour ceste heure 
icy que je n'ay pour le présent de quoy vous donner advis. L'empereur, 
depuis mardy qu'il arriva icy, ne s'est point laissé veoir jusques à hier 
qu'il sortist et se feist porter au jardin, pour aultant qu'il ne se tient 
encores bien ferme sur sa jambe... 

« C'est du vii° de septembre mil V^ xl, à Bruxelles. » 

(Rome, Corresp., vol. 4, f" 445; 1 p. in-f°.) 

GEORGES DE SELVE AU ROL 

12. — Bruxelles, 8 septembre i 540. — « Sire, hier se partit d'icy 
M. le cappitaine Poulain par lequel je vous escripvis, et ce jourd'huy 
ay receu celle qu'il vous a pieu m'escripre du mi'^ de ce moys, avec la 
requeste de voz subjectz du duché de Bourgogne. Et touchant ce qu'il 
vous plaist me commander touchant cest affaire, incontinant suys allé 
devers M. de Granvelle auquel ay monstre ladicte requeste et faicL 
entendre vostre désyr. Il m'a. Sire, faict la mesme responce qu'il me 
feist l'aultre foys quant je luy en parlay et dont à l'heur ' je vous 

1. Alors. Il s'agissait du dégrèvement des produits des salines de Franche- 
Comté, dont les sujets du roi faisaient une consommation importante, source de 
revenus pour l'empereur. 



• SEPTEMBRE 1540j APPENDICE 647 

advertis. C'est que raugmenlalion que l'empereur a faicle a esté par 
constraincte, d'autant que les choses luy revenoient à plus grand coust 
beaucoup qu'elles ne soloient; et qu'ilz ne pourroyent aultrement 
bailler le sel à vosdictz subjectz que ce ne fust avec sa perte. Et n'avoit 
rien faict en cela que premièrement il ne vous en heust faict commu- 
nicquer. Et que, de faict, ceulx dez comptes de Dijon avoient trouvé la 
chose raisonnable, et là-dessus avoit esté faict le dernier bail et amo- 
diation, de sorte qu'ilz en estoient bien demeurez d'accord. Il est vray 
que quand les choses avoyent esté couchées par escript, que quelcun 
y avoit inséré réserve vostre bon plaisyr, ce que ne se souloit mectre 
par cy devant, et que de cela n'y avoit-il convention aulcune sinon 
lesdictz bailz qui se faisoient de six en six ans. Et en effect. Sire, il 
estoit en la liberté de voz subjectz de ne prendre le sel d'eulx, comme 
aussi estoit-il et celle de l'empereur de ne le bailler poinct sinon à 
pris raisonnable, et qu'ilz avoyent assez eu le pouvoir deslibérer, 
estans tous les jours recherchez dez Suysses de leur en bailler plus 
grande fourniture qu'ilz ne faisoyent. 

« Après luy avoir remonstré là dessus, Sire, ce que m'a semblé con- 
venable, je luy ay pryé et faict instance de respondre la requeste, ce 
qu'il m'a dict qu'il fera, me pryant toutesfoys d'attendre encores 
quatre ou cinq jours dans lesquelz debvoit venir ung nommé l'archi- 
diacre de Poligny, myeulx instruit que luy de tout l'affaire, avec lequel 
il adviseroit de ladicte responce et la bailleroyt par escript ; disant 
que si cependant il vous plaist avoir information de l'affaire, que M. de 
Sainct-Vincent, qui est bien instruict, vous fera entendre comme il en 
va. De quoy. Sire, je n'ay voullu faillyr de vous donner advis en atten- 
dant que j'aye recouvré la responce de ladicte requeste, qui sera le plus 
tost qu'il me sera possible pour incontinent vous l'envoyer. 

« Sire, à ce que j'entendz par les derniers advis qui sont venus du 
costé du roy des Rommains, du xxiii'' du passe, il se dict que ledict 
roy avoit envoyé le conte de Salmes à Bude devers la vef\e du feu roy 
Jehan, pour luy demander la possession du royaulme de Hongrie selon 
que de raison il luy apartient et par la convention faicte avec le feu 
roy, promettant icelle observer pour sa part quant au traictement qu'il 
debvoit faire au filz '; et pour môme fin avoit envoyé devers le roy de 
Poulongne afTm de ne l'avoir en cela contraire. Aussi se disoit que 



1. Le comte Nicolas de Salm, originaire d'Allemagne, né vers 1522, mort en 1550, 
prit en l.ïiO une part active au siège de Bude par les Impériaux. Ferdinand, dans 
cette même année, le chargea d'une mission auprès de la reine Isabelle, veuve de 
Jean Zapolya. Celle-ci, disent les chroniques, reçut l'ambassadeur dans une salle 
obscure, toute tendue de noir ; elle-même se tenait assise sur un siège élevé, 
vêtue d'habits de deuil. Aux revendications qui lui furent faites, la reine répondit 
simplement que, pauvre femme sans expérience, persécutée du sort, elle ne pou- 
vait prendre une décision si grave sans demander quehiue délai pour en référer 
à son père, le roi de Pologne Sigismond. 



648 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER | SEPTEMBRE ] 540] 

dedans sept ou huict jours il debvoit envoyer Lasqui devers le Turq, 
et semble, Sire, que les seigneurs dadict pays de Hongrie se trouvoient 
divisez, car les ungs vouloient soubstenir le filz dudict feu roy Jehan, 
appellant mesmes le Turq se bcsoing estoit, et les aullres estoient 
pour le roi des Rommains. Ledict roy aprestoit ses forces tant qu'il 
pouvoilet envoyoit devers tous ses amys pour avoir ayde au recouvre- 
ment dudict pays, attendant Tadvis de Fempereur là-dessus, selon 
lequel il se debvoit entièrement gouverner. Et, à ce que j'ay peu 
entendre. Sire, sesdictes forces ne peuvent estre prestez que pour tout 
le présent moys; et monstroyt icelluy roy espérer que les choses luy 
succéderoient bien de ce costé là, et jà dict l'on que aulcunes dez 
villes franches luy avoient accordé ayde. 

« Sire, j'ay aussi entendu que l'empereur a approuvé tout ce qui 
s'estoyt faict dernièrement à Hacgneau, et a mandé au roy des Rom- 
mains qu'il veull que la diète se tienne à Ratisbonne au Nouel pro- 
chain, et que luy-mesmes en personne s'y trouvera. Et pourroit estre 
que les affairez de Hongrie le feroient encores advancer de s'approcher 
pour donner faveur audict roy son frère. 

« Sire, il se dict icy que André Dorye a envoyé vingt gallères en 
Barbarye pour donner secours au roy de Thuniz ' à qui les Alarbez font 
la guerre, et dict l'on que pour ledict secours icelluy roy a envoyé 



1. Ce roi de Tunis, donl il a été souvent parlé dans la Correspondance de Pellicier, 
Olail Muley-Hassen, prince de la dynastie hafsido, et le plus jeune des quatre fds 
de Muley-Moliammed, mort en 1026. 

Il succéda à son père au détriment de ses frères plus âgés, dont deux furent 
bientôt assassinés par ses ordres. Le dernier, Rachecï, prit la fuite et se réfugia 
près de Kheïr-ed-Din : on l'emprisonna dans Constantinople. Sur ces entrefaites 
Ivheïr-ed-Din, nommé capilan-paclia, cnlreiirit une expédition contre Tunis; à cette- 
nouvelle, Muley s'enfuit. Débarqué peu de jours après à la Gouleltc, Kheïr-ed-Din 
s'emparait de Tunis le ['.) août 1334. 

Charles-Quint, l'année suivante, se mil à son tour en campagne. Parti de Barce- 
lone le 31 mai la3:j, il entre à Tunis le 21 juillet et rétablit Muley sur le trône de 
ses ancêtres. Durant trois jours, la ville est livrée au pillage par ses troupes, comme 
indemnité de guerre. 

Menacé plus tard par les incursions continuelles des corsaires algériens, Muley se 
décida, en 1540, à i)ortcr ses doléances à l'empereur. La situation était des plus, 
critiques, et Juan Gallego écrivait de Messine, le 1" août 1540, au commandeur Cobos : 
■< El rey de Tunez ha embiado aqui un embaxador, pidiendo à estos Senores que 
enibicn alla el armada de Su Magestad, à hacer la empresa de Susa y Monesterio,. 
|iorque de otra manera el no puede vivir en aquel reyno, y que sino la quisieren 
hacer, que les ruega que embien por el, para traerle à este reyno, donde pueda 
salbar la vida; pues no puede defender su estado. » {\(['. Étr., Espagne, Mem. et 
(locum., vol. 223, f''227. — Cojiie de Tiran, d"ai)rès les originaux des Archives royales- 
de Simancas.) 

Malgré l'intervention des vaisseaux de Doria, se sentant de plus en ]ilus menacé 
dans la sécurité de son trône et de sa vie, Muley ])ril un parti extrême, en 1542, et 
fit voile vers l'Italie; mais, rappelé précipitamment ])ar la révolte de son lils Ahmed- 
Sultan, il revint à la tête de 200 aventuriers napolitains qu'il avait recrutés sur sa 
roule, fut l)attu, mis en fuite et fait prisonnier i)ar Ahmed, qui lui fil crever les- 
yeux (V. Mercier, loc. cil., t. II, pp. 2U et suiv.j. 



[septembre 1540J APPENDICE 640 

offrir deux cens mil escus : dont, Sire, vous pourrez avoir heu plus 
tost advis d'ailleurs... 

« C'esl du viii" de septembre mil u= x/, de Bruxelles. » 

(Rome, Covresp., vol. 4, f° 44j y"; 3 pp. in-f\) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

13. — Bruxelles, 8 septembre 1 540. — « Monseigneur, vous ayant 
hier escript par le cappilaine Poulain, j'ay ce matin receu la dépesche 
qu'ii vous a pieu m'envoyer du iiii'^de ce moys. Et quant à la requeste 
de ceulx du duché de Bourgongne j'en ay incontinent parlé à M. de 
Grandvelle et mande présentement au roy ce qu'il m'a respondu, 
attendant d'avoir la responce par escript sur ladicte requeste après 
qu'il aura communiqué avec ung archidiacre de Poligny, myeulx 
instruict de l'alFaire, qu'il actend icy dans quatre ou cinq jours... 

« Monseigneur, j'escriptz aussi au roy tout ce que j'ay peu apprendre 
de nouveau, dont je ne vous répéleray aullre chose. De tout cela n'ay- 
je rien sceu de M. de Grandvelle, car il ne me communicque de leurs, 
nouvelles que le plus sobrement qu'il peult, et si ne tiens plus à luy en 
demander. Il m'a dict que du costé d'Angleterre il n'y a rien et qu'ilz 
laissoient là leur ambassadeur sans luy escripre que peu souvent. 

« Il m'a aussi dit. Monseigneur, que M. de Sainct- Vincent, par lettres 
qu'il a heues au matin de luy, luy a mandé les honnestes et gratieux. 
propoz qu'il avoit pieu au roy luy tenir touchant ce qui s'estoit publyé 
du mal contentement que l'on disoit qu'il avoit de l'empereur, monstrant 
ledict seigneur de Grandvelle grand contentement desdiclz propoz et 
me disant qu'il ne fauldroyt à les bien faire entendre à l'empereur. 

« Monseigneur, M. le cappitaine Poulain vous aura dict de la dispo- 
sition en laquelle il a veu l'empereur, laquelle à la vérité ne semble pas. 
bonne, car oultre ce qu'il ne peult chemyner sinon avec le baston, et 
encores mal aisément, il a le visage assez palle et amaigry; et s'esba- 
hist l'on de quoy il demoure tant à se ravoir. Aujourd'huy qu'il est le 
jour Nostre-Dame \ qu'il avoit accoustumé de sortir, il n'est point 
sorty... 

<( C'est de Bruxelles, le viii" de septembre mil v'^ xl. » 

(Rome, Corrcsp., vol. f'^ 447; 1 p. 1/2 in-f'.) 

GEORGES DE SELVE AU CONNÉTABLE. 

14. — Bruxelles, 13 septembre 1 540. — « Monseigneur, je vous 
escripvis du viiic de ce moys, et depuis ne s'est entendu chose dont je 

1. Le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. 



eriO AMBASSADE DE GUILLAUME TELLICIER [SEPTEMBRE lo40j 

VOUS puisse donner advis, sinon que l'empereur s'en est allé d'icy à 
ung monastère qui est dedans le boys pour prendre récréation, et à ce 
que l'on dict demain sera de retour icy pour bien tost après s'en aller 
faire ung tour à Gand. Aulcuns disent qu'il ira de là en Arthois, 
aultres qu'il retournera icy. A ce que j'entendz la forteresse dudict 
Gand est en bon estât, et de faict l'on a donné licence à tous les lans- 
quenelz qui tenoyent garnison en la ville : qui est signe que l'on 
commence à s'asseurer de ladicte forteresse. Aussi dict l'on, Monsei- 
gneur, que l'empereur ne fera plus long jour ez pays de deçà, et quil 
sera en Allemagne entre cy et deux moys. M. le Révérendissime légat 
est révoqué de Nostre-Sainct-Père et partira dedans huit jours d'icy, 
et vient en son lieu M, le Révérendissime Gontarin. 

« Monseigneur, depuis mesdictes dernières je suys tumbé malade 
d'une fiebvre tierce assez aspre, dont j'ay heu jà quatre accez; et me 
desplaist bien que cela m'empesche de vacquer au service du roy. 
Mesmement, s'il survenoit chose d'importance, si ne lairray-je, Mon- 
seigneur, à y faire tout ce qu'il me sera possible, à l'ayde de Nostre- 
Seigneur qui me donnera s'il luy plaist ce qu'il sçaict m'estre le plus 
salutaire. Bien me sembleroit-il expédient, si M. de Veilly est prest 
pour venir, que son parlement ne fust point différé, et croy bien que 
je [ne] sçauroys avoir meilleure médecine que sa venue. 

« Monseigneur, le chancellier de l'ordre de l'empereur m'est venu 
veoir et parler, de la part dudict seigneur, d'une plaincte qui luy est 
venue du costé de Luxembourg, de quelque insulte faict sur son terri- 
toire par main armée, du commandement de M. le gouverneur de 
Mézièrez ', là où il y a heu, à ce qu'il dict, grande violence usée envers 
ung gentilhomme nommé le seigneur de Novyon % dans la maison 
duquel sa femme a esté prise et emmenée audict Mézièrez pour raison, 
à ce qu'il dict, de quelque diffiérend particulier que a ledict seigneur 
avec ledict gentilhomme touchant quelque terre : dont l'empereur a 
faict envoyer l'information à M. de Sainct- Vincent, me demandant 
aussi que je vous en escripveisse, ce que j'ay bien voulu faire. Vous 
pourrez myeulx entendre. Monseigneur, dudict seigneur de Sainct- 
Vincent ce que c'est, pour y donner le remède tel que vous verrez 
estre de raison... 

« C'est de Bruxelles^ le xin" de septembre mil v'^ xl. » 
(Rome, Corrcsp., vol. i-, f"^ 4i-7 v°; 1 p. 1/2 in-f".) 



1. Jean de Vaux, nommé gouverneur de Mézières vers 1.H34. 

2. Novion-Porcien, chef-lieu de canton de l'arr. de Rclliel (Ardennes). 



I SEPTEMBRE lo40l APPENDICE 651 

GEORGES DE SELVE AU CONNETABLE. 

15. — Bruxelles, 11 se-ptembre 1540. — « Monseigneur, je vous 
escripvis le xiii° de ce moys, et depuis n'est survenu aultre chose sinon 
que l'empereur retourna mardy icy, et lundy prochain se doibt partir 
pour aller faire ung tour à Gand veoir l'ouvrage de la forteresse et 
incontinent retourner icy. Et se parle qu'il n'ira point en Arthois, et 
que entour la my-octobre il se pourra achemyner pour Allamagne; de 
quoy il n'y a encores rien de certain. 

« Monseigneur, par madicte lettre je vous advisay de mon indispo- 
sition, et depuis j'ay eu encores deux accez de fiebvre, dont le dernier, 
grâce à Dieu, a esté beaucop moindre. Je ne sçay si je seray quicte 
pour cela, veu la nature dez maladyes qui courent en ce pays qui sont 
mal aisées à en guéryr; je m'en remeclz au bon plaisyr de Nostre- 
Seigneur. Tant y a, Monseigneur, que ne me trouvant en estât de pou- 
voir négocier et craignant qu'il me faudra ung long temps pour me 
ravoir comme il est advenu aux autres qui ont heu semblable maladye, 
je désire merveilleusement que Nostre-Seigneur me face tant de grâce 
que M. de Veilly soit bien tost icy. Et à la vérité. Monseigneur, ce 
pays icy m'a esté si contraire que je ne m'y sçauroys trouver sain, et 
aussi ne font ceulx de ma compagnie dont j'ay une grant partye 
beaucop plus maladez que moy, vous supplyant me pardonner si je 
vous ennuyé de telz fascheux propoz. 

« Monseigneur M. l'évesque de Capodistrye ', familier de M. le Révé- 
rendissime cardinal de Ferrare, est icy venu depuis quelques jours, et 
ayant conféré avec M. le Révérendissime légat touchant la nature de 
ce colloque qui se doibt tenir à Vorme -, ledict seigneur l'a pryé de 
luy mectre par escript le discours qu'il luy en avoit faict, ce quil a 
faict. Et le m'ayant communicqué, il m'a semblé digne de vous estre 

1. Pielro-Paolo Vergcrio, évèque de Capo d'istna, du juin 1530 au 3 juillet lo4'J, 
mort à Tubingen le 4 octobre lo6o. 

Originaire de Capo d'Istria, il exerça d'aljord la profession d'avocat et se maria. 
Devenu veuf, il entra dans les ordres et fut envoyé par Clément VII, en 1530, comme 
nonce auprès de Ferdinand, roi des Romains. Rappelé par Paul III, il y fut renvoyé 
de nouveau en 1535, puis chargé de négociations à Naples avec Charles-Quint. 
Nommé à l'évèché de Capo d'Istria sa patrie, ses doctrines devinrent bientôt 
suspectes à la cour de Rome, et il n'assista au colloque de Worms, en 1541, qu'à 
titre d'agent du roi de France. Contraire au projet de concile particulier, il se 
laissa peu à peu séduire par les idées nouvelles vers lesquelles il entraîna son 
frère Giovanni-Battista Vergerio, évèque de Pola. Ce dernier mourut peu de temps 
après, et Vergerio se relira successivement à Mantoue, à Trente, à Venise, à Padouc 
et finalement dans les Grisons oîi il fut quehjue temps ministre. Il mourut à 
Tubingen, où le duc de Wiirteinberg l'avait attiré. 

On lui doit de nombreux ouvrages, notamment un recueil de lettres imprimé h 
Venise en 1558, lettres intéressantes par les détails qu'elles fournissent sur le 
personnage et sur ses contemporains. 

2. Worms. 



052 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [SEPTEMBUE J 540J 

envoyé, venant de personne que je trouve plaine de saincle intention, 
de bon jugement et doctrine, et de grande expérience dez afTairez, 
niesmement de rAllcmagne, comme bien il monstre parledict discours 
ainsi que vous sçaurez trop mieulx juger. Et le vous ay voulontiers 
envoyé, aflin que vous l'en aymiez myeulx et l'en ayez d'autant plus 
recommandé à vostre bonne grâce et à celle du roy, ainsi que à la 
vérité il le mérite. 

« Monseigneur, l'empereur m'a faict bailler le double d'une requeste 
qui luy a esté présentée par aulcuns de Ses subjectz, demandans cstre 
recommandez au roy, à ce que bonne et briefve justice leur soit admi- 
nistrée d'ung procès qu'ilz ont par devers monseigneur le chancellie:-, 
affîn que j'en escripvisse; ce que j'ay l^oulu faire, et vous envoyé pré- 
sentement ladicte requeste pour en faire ce que vostre bonne pru- 
dence verra estre besoing. 

« Monseigneur, j'ay faict soliciter M. de Grantvelle de meclre la 
responce sur la requeste de ceulx de Bourgongne, comme il m'avoyt 
promys et repromys de faire. Et finablement, quant il en a esté pressé, 
il m'a mandé qu'il en escript tout au long à M. de Sainct-Vincent pour 
en donner entière raison et résolution, et qu'il m'envoyeroit monstrer 
les lettres; et croy bien que ce sera tout ce que vous en aurez... » 

« Cesl de Bruxelles, le xvii'= de septembre mil v''xl. » 
(Rome, Corresp., vol. i, f° 4i8 \°; 2 pp. 1/3 in-f^.) 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

16. — [Bruxelles], 19 septembre 1 540. — « Sire, je vous escripvis 
du vin'= de ce moys, et depuys par deux de mes lettres ay donné advis 
à monseigneur le connestable de ce peu qui s'est offert. Maintenant 
vous diray, Sire, que par les advis qu'on a icy du roy des Rommains, 
du un" de ce moys, il estoit à Neustat qui est au costé de Vienne xl mil, 
où il s'estoit retiré à cause de la peste qui s'estoit mise en ladicte ville. 
Et estoit après à faire mectre ses gens ensemble, qui debvoient eslre 
en nombre de xv"", dont la masse debvoit estre faicte dans huit jours; 
et en avoit faict chef son grand maistre nommé Léonard Felz. Et bien 
tost debvoit partir dudict Neustat pour s'en aller en Moravye, actendant 
quelque secours qu'il actendoit de ceulx de Bavyère et de quelques 
villes, pour après s'acheminer vers la Hongrie, en bon espoir que ses 
affairez s'accorderoient bien, pour avoir, à ce qu'ilz disent, tous les 
seigneurs du pays favorables, réserve deux dont l'un est frère George 
et l'autre Turec Valente, lesquelz par diverses voyes avoient envoyé 
devers le Turq pour l'avoir à leur ayde. 

« Sire, l'empereur se partira demain d'icy pour aller faire ung tour 
à Gand, estre de retour vendredy, et samedy prochain aux estatz de 



[septembre 1540] APPENDICE 653 

tous les pays de deçà qu'il a faict convocquer en ceste ville, ayant 
intention de se partir d'icy le xv^ de ce moys prochain, et prendre 
son chemyn par le pays d'Harthois et Haynault, et de là en Luxan- 
bourg, pour s'en aller en Allemagne où il passera la plus part de cest 
hyver, pour après faire son esté en Italye, si aultre chose ne survient. 
Il se faict quelque mention icy. Sire, que à son parlement il pourra 
envoyer quelcun devers vous... 

<( Ccsl du XIX'' de septembre mil v'^xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, f" 449 v°; i p. 13 iii-f".) 

GEORGES DE SELVE AU CONNETABLE. 

17. — [Bruxelles], 19 septembre 1 540. — « Monseigneur, je vous 
escripvis avant-hier et présentement faiz ung mot de lettre au roy de 
tout ce que j'ay peu aprendre de nouveau, comme il vous plaira veoir, 
n'ayant aultre chose pour ceste heure; qui me fera faire la présente 
plus briefve. 

f< Monseigneur, depuis madicto dernière j'ay passé ung jour de ma 
fîebvre sans avoir accez, et, grâce à Dieu, suys en bon espoir de recon- 
valescence, vous supplyant très humblement que vostre plaisir soit 
avoir souvenance de m'advancer le parlement de M. de Veilly, affiij 
que je m'en puisse bien tost retourner : qui est la chose de ce monde 
dont j'ay le plus de besoing et que plus je désire... 

« C'est duxix" de septembre milv'^xL » 
(Rome, Corrcsp., vol. 4, fo4o0; 1/2 p. in-f°.) 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

18. — Bruxelles, .22 septembre J 540. — « Sire, mes dernièrez furent 
du xix^ du présent, et l'endemain je receuz celles qu'il vous a pieu 
m'escripre du xvi", ensemble les instructions, le contenu èsquelles 
je n'eusse failly d'aller exposer à l'empereur et à M. de Grantvelle, et 
négocier le tout à la meilleure diligence qu'il m'eust esté possible, si 
ma disposition l'eusl permis; mais la liebvre que j'ay heue ces jours icy 
m'avoit laissé si faible que je ne pouvoys encores bonnement abban- 
donner le lict. Toutesfoys j'estois en espérance d'estre bien tost ren- 
forcé à l'ayde de Dieu, mais maintenant ma fiebvre m'a repris, au 
moyen de quoy je me voys encores plus reculé que je ne pensois de 
povoir vacquer à ladicte négociation. De quoy. Sire, je suys très des- 
plaisant, ne pouvant satisfaire à vostre bon commandement, ce que je 
mectray peine de faire^à l'ayde de Nostre-Seigneur si tost que ma santé 
le pourra porter. Et cependant, Sire, vous ay voulu donner advis de ce 
que dessus, estimant qu'il soit à propoz pour vostre service que 



054 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER "sEPTEMBUE i540. 

M, de Veilly s'advancc de venir, d'autant que l'empereur sans double 
doibl partir d'icy dedans troys sepmaines, et semble nécessaire que 
avant son parlement soit négocié icy le contenu èsdictes instructions, 
pour autant que les principaulx poinctz d'icclles ne se vuydront sinon 
avec le conseil et advis de ceulx de derà, et se une foys l'empereur est 
party, il fera si peu de secours qu'il seroit beaucop plus mal aisé à 
avoir l'expédition dcsdicles affairez. 

<( Sire, j'ay tousjours faict soliciter M. de Grantvelle de la responce 
sur la requeste de ceulx de Bourgongne, et enfin il me l'a envoyé 
respondre d'ung petit mot, se remectant sur M. de Sainct-Yincent; et 
m'a envoyé quant et quant la lettre signée de l'empereur qu'il escript 
audicl seigneur de Sainct- Vincent touchant cest affaire, qui ne con- 
tient en substance sinon qu'il sçait les très urgentes, légitimes et rai- 
sonnables causes qui l'ont meu à faire le baulsement du sel, s'estant 
trouvé à Gand dernièrement quand il en feist l'ordonnance, le chargeant 
de vous donner entendre lesdictes causes, et mesmes que iceulx de la 
chambre des comptes du duché s'estoient contentez dudicthaulsement; 
et au surplus de vous remonstrer qu'il n'y a en cela aulcun préjudice 
ne contrevention à la tresve, veu qu'il est question icy de chose qui 
est sienne et en son arbitrage de la bailler à tel prix et temps que bon 
luy semblera, et que de faict les baulx se sont tousjours renouveliez de 
six ans en six ans. Et n'est poinct chose nouvelle d'ung baulsement, 
car il s'en est faict aultresfoys, et que se ce n'estoit pour gratifîier à 
ceulx du duché, qu'il est assez pryé d'ailleurs de bailler ledict sel. Et 
enfTin qu'il vous prye d'avoir esgard que sans très évidente perte il ne 
sçauroit condescendre à bailler ledict sel au prix accoustumé, et mes- 
mement qu'il a aullres personnes avecques luy qui n'y consentiroient. 
C'est, Sire, à peu près, ce me semble, le contenu en ladicte lettre, et 
vous envoyé avec la présente la requeste. 

« Sire, l'empereur, qui partyt lundy matin d'icy pour aller à Gand, 
est retourné aujourd'huy à disner icy; et, à ce que j'entendz, a été six 
ou sept heures seullement dedans le chasleau sans entrer dans la 
ville. Je ne sçay s'il a pensé qu'il n'y faisoit pas trop seur, d'autant 
que les lansquenetz qui esloient dedans ont esté licenciez. Il y a troys 
des bastillons de ladicte forteresse en defîense, et la saincture de mur 
est desjà de bonne haulteur, et reste de deux cens pas ou environ où 

il n'y a encores rien de faict' 

« Cest de Bruxelles, le xxii" de septembre mil v'^xl. » 

(Rome, Corrcsp., vol. 4, f" 450 v»; 2 pp. 1/3 in f°.) 

1. Gharlcs-Quint avait fait abattre une partie des imirailles. tours et portes des 
remparts de Gand, et prescrit l'emploi de ces matériaux pour la construction d'une 
forteresse sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Bavon, dont l'église, démolie, 
fut transférée en la paroisse de Saint-Jean, où l'empereur avait naguère reçu le 
baptême (V. Weiss, Papiers cCélal du cardinal de Granvellc, t. II, pp. 570 et G03). 



[septembre 1o40I appendice 655. 

GEORGES DE SEF.VE AU CONNÉTAHLE. 

19. — Bruxelles^ 22 septembre 1 540. — « Monseigneur, je voufi 
escripvis du xix""" du présent, et le xx'"« receuz les lettres qu'il vous a 
pieu m'escripre du xvi'"'', et fuz bien desplaisant de n'estre en estât 
pour povoir négocier le contenu ez instructions qu'il a pieu au rov 
m'envoyer; mais je le suis encores moings maintenant, car ma 
fîebvre qui m'avoit laissé me reprist hier, et me tinst longuement. Je 
ne sçay encores de quelle durée cela pourra estre, et voyant que 
l'empereur n'a à estre icy que troys sepmaines, durant lequel temps il 
seroit trop plus expédient de négocier le faict desdictes instructions 
que d'actendre quant il sera en mouvement, d'autant qu'il ne veuU 
arrester nulle part. Et à ceste cause, Monseigneur, il me sembleroit 
bien à propoz, voire nécessaire, qu'il vous pleust faire advancer M. de 
Veilly, lequel pourra gaigner temps et supplier * à ce que je ne puvs. 
Et quant il lairroit son train derrière, il aura le myen qui luy servira 
en actendant; vous voulant bien supplier aussi, Monseigneur, très 
humblement, attendu que luy arrivé icy, ma demeure n'y sçauroit 
estre que superllue et de nul service au roy, qu'il vous plaise m'envoyer 
lettres dudict seigneur portans mon congé et permission de me partir 
quant je pourray. Et à la vérité, Monseigneur, je suys si laz et si enuyé 
de ce pays icy que je me délibère de m'en aller plus tost en lictière 
chercher ma santé en France que d'y faire plus long séjour, si toust 
que j'en auray bonne licence du roy... 

« C'est de Bruxelles, le xxii""® de septembre mil V^ xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, f" 451 yo; 1 p. 1/4 in i".) 

GEORGES DE SELVE AU MÊME. 

20. — Bruxelles, .29 septembre 1 d40. — « Monseigneur, je vous 
escripvis duxxir"° de ce moys etdepuys n'est rien survenu de nouveau 
icy. Il se continue que l'empereur partira d'icy le xv'"" du moys pro- 
chain. Le conte palatin y est arrivé depuys peu de jours, qui m'a 
envoyé visiter et me demander des nouvelles du bon portement du roy, 
auquel, à ce que m'a dict son homme, il veult envoyer quelques 
coteaux de chasse -; et m'a dict aussi qu'il vous faisoit conduire dez 
vins d'Alamagne à Chantilly, qu'il pense vous trouverez bons. 

« Monseigneur, hier l'empereur fut aux vespres de Sainct-Michel ^ 
portant le manteau et l'ordre du roy *, et au matin à la messe je ne 
m'y suys peu trouver à cause de mon indisposition. 

1. Suppléer. 

2. Couteaux do chasse. 

3. La fête de saint Micliel tonihc le 2'J septembre. 

4. L'ordre royal et militaire de Saint-Michel, fondé par Louis XI le i"' août liGO. 



•656 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIEa [OCTOBRE 1540] 

« Dernièrement, Monseigneur, je vous manday comme la fiebvre 
m'avoit repris. Elle s'est depuis tournée en quarte, dont j'ay heu 
jà troys accez qui n'ont esté grandz, Dieu mercy; toutesfoys je me 
double qu'elle me tiendra longue compagnie selon l'ordinaire de telles 
fiebvres. Dont je remercye Dieu et luy supplye me faire la grâce d'estre 
bien tost par delà,, puisque je ne suys en estât de pouvoir faire icy 
service au roy; vous supplyant aussi, Monseigneur, m'estre en cela 
aydant, suyvant ce que je vous en ay escript par mes dernières. Et à 
la vérité il est à propoz que M. de Velly s'advance, ou bien il ne pourra 
de long lemps eslre rien négocié icy, d'autant que M. de Grantvelle 
s'en veult aller faire ung tour à sa maison en Bourgongne; et, s'il 
peult, partira d'icy avant l'empereur et ne le reverra qu'il soit à Ratis- 
bonne, où je croy que se remectra tout ce qui ne sera dépesché icy. 

« Monseigneur, je n'obmectray à vous dire que M. le prince d'Orange 
arriva icy avant hier avec sa femme, et luy fut toute la court au devant ; 
hier elle fut saluer l'empereur... 

« Cest de Bruxelles^ le xxw""^ de septembre mil V^xl. » 
(Rome, Corresp., vol. 4, f° 452; 1 p. 1/2 in-f".) 

GEORGES DE SELVE AU ROI. 

21. — Bruxelles, 5 octobre 1540. — « Sire, mes dernièrez furent 
du xxii™^ du passé, et depuis ay receu celles qu'il vous a pieu m'escripre 
du xxv'"% par lesquelles il vous plaist me mander comme M. de Veilly 
estoit dépesché pour venir tenir ma place ; dont j'ay esté très jouyeulx 
pour le bien de voz affairez, et voyant qu'il plaist à Dieu que je ne 
vous puis faire le service icy que je suys tenu et désire de vous faire, 
à cause de mon indisposition qui me continue encores, s'estant ma 
fiebvre tournée en quarte laquelle a commancé à redoubler. 

« Sire, les estatz des pays de deçà qui estoient assemblez en ceste 
ville furent hier tenus en la grant salle du chasteau, où se trouvoient 
en personne l'empereur et la royne sa sœur, avec les troys massez. Et 
fut faicte la proposition par le chancellier de l'ordre qui au comman- 
cement feit grande commémoration de la singulière amour et affection 
que ledict seigneur porte ausdictz pays, racomptant tous les veages 
qu'il a faictz par cy devant, tant en Hongrye, Affricque, Italye que 
aultres, pour le bien universel de la chrestienté, ausquelz il avoyt esté 
constrainct de faire de très grandz frais et despenses, nonobstant les- 
quelz il n'avoyt néantmoings laissé de leur envoyer une grosse somme 
d'or des Espagnes, pour subvenir à leur besoing en ceste dernière 
guerre. Que aussi tost qu'il avoit peu, toutes aultres choses obmisez, 
il estoit venu par deçà suyvant la promesse qu'il leur avoit faicte par 
cy devant. 



[octobre 1540] APPENDICE 657 

« A quoy troys choses principallement ravoient meu : la première 
estoit pour les veoir et les remercier de la loyalle et fidelle obéissance 
qu'ilz luy avoyent rendue en son absence, et du debvoir de vrays et 
bons subjectz auquel ilz s'estoient mys en cesle dernière guerre, 
ainsy que la royne luy avoit tousjours escript et continuellement 
tesmoingné par toutes ses lettres, s'extendant là-dessus en beaucop 
de parolles pour exprimer raffection que ladicte dame porte auxdictz 
pays. 

« La seconde estoit pour punir les rébellions et désobéissances qui 
avoient esté usées en aulcuns lieux; en quoy toutesfoys il avoit voulu 
procéder avec la plus grande humanité et clémence qu'il avoit peu, et 
n'entendcint par cela en rien innover ne altérer les privilèges et préhé- 
minences desdictz pays, ains iceulx confirmer et entretenir tant qu'il 
pourroit. 

« La troisième, pour bien entendre ce qui avoit esté faict par deçà 
durant son absence, réparer les fautes et donner ordre que pour 
Tadvenir il soit obvié aux abus qui se peuvent commettre èsdictz pays; 
et pour cest effect avoyt advisé de faire aulcunes ordonnances qu'ilz 
enlendroient par la publication d'icelles. 

« Qu'il ne pouvoit tousjours estre avec eulx, ains luy estoit besoing, 
pour le bien universel de la chrestienté et des aultres estalz que Dieu 
luy a commys, se abstenir et s'en aller de brief en AUamagne, ayant 
esté très instamment requis par les AUamans de tenir une diète impé- 
rialle et de s'y trouver en personne. Ce qu'il estoit délibéré de faire 
et espéroit que les affaires s'y conduyroient de sorte que lesdictz pays 
en recepvroient utilité. 

« Et pourtant ayant congneu la suffisance de la royne sa sœur et le 
zelle et grande affection qu'elle porte ausdictz pays, et se confiant à 
elle comme à ung aultre luy-mesmes, il la laissoit gouvernante et 
régente en son lieu, nonobstant toutes les causes et raisons qu'elle luy 
avoit sceu alléguer pour s'excuser de ceste charge. Et à ceste cause les 
admonestoit et leur enjoingnoit très expressément de luy obéir en tout 
et par tout comme à luy-mesmes, leur promectaut de procurer leur 
bien universel de tout son pouvoir et tascher de retenir ce qui luy 
appartient; les exhortant de vivre en bonne paix et union entre eulx, 
sans avoir regard sinon au bien publicque, et qu'ilz sont tous soubz 
ung prince et un seigneur, et là où il se trouveroit quelque différend 
entre eulx, de se retirer à la royne qui y mectroit le remède conve- 
nable. 

« Au demourant, les remercya des libéralles offres et octroys que 
une partye desdictz pays luy avoit faictz, espérant que h ler^fe ^'eroit 
de mesmes. Et protesta qu'il ne vouloit rien prendre descctr payp i^e 
pour sa personne ne pour sa maison, mais seullement 
charger et acquicter de ce qu'il avoit engagé ; ur ui (p ■: 
Venise. — 1540-1542. 



6j8 ambassade de GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE loiO] 

pays; et vouloit que le surplus de ce qui y seroit demourast entre les 
mains dez financiers pour servir au prouffit commun dudict pays... 

« C'est de Bruxelles, le v""^ (Toclobre mil v^ xl. » 
(Rome, Corrcsp., vol. i, f" 453; 3 pp. 1/1 in-I».) 

GEORGES DE SEI.VE AU CONNÉTABLE. 

22. — Bruxelles, 5 octobre 1540. — « Monseigneur, je vous escripvis 
le WLs""" du présent *, et depuis ay receu celles qu'il vous a pieu m'es- 
cripre du mesmejour; par lesquelles j'ay entendu la dépeschede M. de 
Veilly, qui m'a esté la meilleure nouvelle qui me pouvoit venir pour 
ceste heure, vous remerciant tant et si très humblement que faire puys 
de la grâce qu'il vous a pieu me faire de faire ai^célérer son parlement. 
En quoy j'ay congneu de plus en plus comme en beaucop d'aultres 
choses la bonne voulenté qu'il vous plaist me porter, dont je me sens 
tenu à prier Dieu toute ma vye jsour vous. Et à la vérité, Monseigneur, 
il a esté à propoz pour le service du roy, puisqu'il plaist à Dieu que je 
luy suys icy inutille à cause de mon indisposition qui me dure encores, 
s'estant ma fiebvre changée en quarte, comme je vous ay par cy devant 
escript; laquelle depuys a commancé à redoubler, et ne sçay encores 
qu'il en adviendra. 

« Monseigneur, j'escriptz présentement au roy la proposition qui fut 
faicte avant hier aux estatz de ce pays, qui est tout ce qu'il y a icy de 
nouveau pour ceste heure... 

« Cest de Bruxelles, le v"!" d'octobre mil v'^ xl. » 
(Home, Corresp., vol. 4. f" 454 v"; 3/4 p. in-f".) 



III 

Extraits de la correspondance de Guillaume du Bellay, 
seigneur de Langey, vice-roi en Piémont. 

(5 jinn-31 octobre 1542.) 

Aux documents qui précèdent nous avons jugé utile de joindre 
quelques extraits de la correspondance de M. de Langey avec la cour 
pendant les derniers mois de sa résidence à Turin, c'est-à-dire du 
5 juin au 31 octobre 154-2 ^, tirés du volume 3 de la Corres'pondance 

{. C'est un lapsus du copiste; il faut évidemment lire : du dernier. 

2. Celte dernière partie du registre est ainsi intitulée : " Doubles d'aucunes lettres 
escriptes par feu messire Guillaume du Bellay, chevalier de l'ordre du feu roy, 
cappitaine de cinquante liommes d'armes de ses ordonnances, et lors gouverneur 



[juin 1542] APPENDICE 659 

politique d'Allemagne (f°' 122 à 140 v°), qui contient une partie des di- 
verses négociations conduites par Langey en Allemagne, de 1532 à 1534. 
Ils nous ont paru compléter avec avantage l'ensemble fort restreint 
des dépêches possi'dées par le dépôt des Affaires étrangères sur la 
période qui nous occupe. 

GUILLAUME DU BELLAY A M. d'aNNEBAULT. 

1. — Turin, 5 juin i 542. — « Monseigneur, aiant opportunité de 
ce porteur allant en poste à la court, j'ay bien voulu vous advertir 
que le marquis du Vast a escript à César de Naples à Vulpian * qu'il tint 
asseurément la tresve rompue, et la guerre certaine; mais qu'il se gar- 
dast encore de faire novité -, de peur que nous la facions, affîn de gai- 
gner temps, pour unir ensemble les forces de l'empereur, qui seront, 
Monseigneur, ad ce que nous avons par plusieurs advis conformans 
l'un à l'autre, jusques au nombre de neuf mil Espagnolz, douze mil 
lansquenetz, et de Italiens selon que l'occasion portera d'en faire plus 
ou moins. Du nombre des Espagnolz doyvent demourer mile à Gennes, 
pour la grand double que a l'empereur de mutation de ce costé là, et 
avecques iceulx, si le comte de Flesque ^ en veult accepter la charge, 
trois mil Italiens. A Vulpian, Visque de Montimar*, les gens ont tous 
esté paiez en brelingues ^, et autre monnoye vénitienne (qui est poinct 
méritant d'estre considéré) ; es autres lieux, de ducatz et autre mon- 
noye de Florence. 

« L'oppinion dudict seigneur marchis est telle que nous ayons déli- 
béré de dresser la leste vers Ast*^; et à ceste cause, pour l'entretenir en 
ceste opinion, il semble à ceulx de vostre conseil que vous ne pouvez 
faire vostre amas en lieu plus commode que à Villeneufve \ Car, s'il 

et son lieutenant-général en Italie; lesquelles lettres il escripvit [tant] audict feu 
roy, monseigneur le daulphin, admirai de Brion, cardinal de Tournon, que au 
mareschal d'Annebault, durant les moys de juing, juillet, aoust, septembre et 
octobre mil cinq cens quarante deux. Prins sur les minuties escriptes de la main 
dudict feu seigneur. » 

1. Cesare Maggi, que nous avons déjà rencontré dans la Correspondance de Pel- 
licier, après avoir été successivement au service des Vénitiens, du duc d'Urbin, 
du pape et de l'empereur, devint gouverneur de Volpiano, mestre de camp, gou- 
verneur de Pavle, et général de l'artillerie impériale (V. Luca Gonlile, Historia di 
falti di Cesare Maggi, di Napoli, Milan, 1365, in-8°). 

2. D'ouvrir les hostilités. 

3. Le comte Gian-Lodovico Fiesco, de l'illustre maison génoise des Fieschi, mort 
accidentellement en 1347, au moment où le succès de sa conspiration allait lui 
donner à Gènes le pouvoir suprême qu'il disputait aux Doria. 

4. Yische, place du Piémont, dans la province de Turin. 

0. Berlingue, pièce de monnaie répandue alors assez communément en Italie et 
valant six deniers. 

6. Asti. Des cent tours qui faisaient jadis l'orgueil de son enceinte, il ne reste 
aujourd'hui que quelques-unes, à demi ruinées. 

7. Villanova d'Asti, bourg du Piémont, à 22 kilom. de Turin. 



C60 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [JUIN lb42] 

se vient camper au devant de vous, il laisse derrière plus de pays en 
proye que nous n'en tenons, et s'il veult le laisser garny, ne luy 
peuvent demourer gens suilisant à tenir camp; et de là vous pouvez à 
l'improvistc tourner la teste autre part où bon vous semblera et là où 
l'occasion et l'opportunité conseilleront. Le tout, Monseigneur, gist à 
diligence et à prévenir l'un l'autre. Parquoy je désire grandement que 
soie/, party pour venir au temps que m'escripvez par vostre lettre 
du pénultiesme, cependant que nous avons encores quelque peu de 
partis en main : lesquelz bientost nous seront ostez, ou par la provi- 
sion qui se y mettra, ou par la fonte des neiges qui enflera les rivières. 
Et diligentant noz affaires, nous pourrions en tel lieu et si souvent 
prendre pied que nous nourririons nostre armée aux despens de l'en- 
nemy, et non de nostre païs qui est étroict, et lequel nous mangerons 
y tenant longtemps noz forces sans marcher oultre, et mesmement 
quand les Suisses et gendarmerye seront arrivez. Vray est. Monsei- 
gneur, que vous ne trouverez le nombre de voz Italiens bien complect, 
pour la difficulté qui est de les retirer à cause du grand guet que font 
les Impériaulx. Et de ce que nous en avions recouvert ad ceste creue se 
treuve qui ne veullent recevoir argent, pour ce qu'on leur rabat ce que 
leur avoient avancé les cappitaines; et disent que sans se soubzmettre 
au hazard des fourches', de la rame ^ ou de confiscation, ilz eussent en 
leur païs receu paiement entier. 

« Vous avez piéçà sceu, Monseigneur, les criées que ont faictes 
Nostre Sainct Père et les Vénitiens que leurs subjeclz ne viennent au 
service d'aucun autre prince. J'ay advis de Milan que ces deffences 
sont faictes à l'instance de l'empereur, qui n'a que faire d'en avoir de 
ceux-là, car il en peult assez avoir de Lombardye, et pense que si nous 
n'avons des subgectz ou dudict Sainct Père ou de ceulx de la Sei- 
gneurie, il donnera bien ordre que des siens n'en aurons poinct. Bien 
vous puis-je asseurer, Monseigneur, que oultre le dommaige que nous 
faisons à notre païs, y assemblant gens sans paiement et qui y vivent 
à indiscrétion, et oultre le désespoir auquel nous mectons ce peuple 
alors que plus le debvons mainctenir en bonne volonté, vous ahannerez 
bien à faire vostre nombre sans donner argent pour la levée, sinon 
que comme je vous dis vous usiez de diligence avant que nostre ennemy 
soit le plus fort, et que marchant en pays nous ouvrions aux gens de 
guerre le passage pour venir à nous. Mais si nous tardons tant que 
ledict ennemy aict uny ses forces en ceste frontière, il n'y a remède 
sinon d'assembler telle puissance que nous la puissions forcer, ou 
que pour faire diversion les serviteurs que a le roy du costé de Lom- 
bardie feissent quelque effort en icelle part : ce que vostre conseil de 



1. La pendaison. 

2. Les galères. 



[jUIxN 1542] APPENDICE 661 

par deçà Ireuve fort utille et presque requis, encores que de ce costé 
nous eussions moyen de forcer renncmy. 

« Je ne sçay, Monseigneur, autre chose vous escripre, sinon vous 
ramentevoir ce que par les mémoyres du xxix° du passé je vous ay 
faict entendre et mesmement les pontz qui sont à Exilles • et Salleber- 
trand ^ Item, que je me trouve en grande perplexité du tour que nous 
a joué Hiéronyme Marin ^; car je ne sçay encores s'il retournera, et ne 
trouvons ingénieux * qui veuille continuer son œuvre, de peur que s'il 
y a faulte elle soit attribuée, non à qui a faict le desseing, mais à qui 
l'aura (comme l'on pourroit mettre à sus) mal entendu et mal suivy. 
L'on y besogne toutesfoys au mieulx que l'on peult... 

« De Turin, ce v'^ juing mv'^ xlii. » 
(Allemagne, Corre&p., vol. 3, f" 122; 2 pp. 1/2 in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. D'ANNEBAULT. 

2. — Turin, 6 juin i 542. — « Monseigneur, le présent porteur sera 
Tung des gens de Péguineau^ qui fust party ceste nuict, si je ne l'eusse 
retenu jusques à ce matin pour vous respondre par luy à ce que 
m'escripvez du dernier du passé. Quant au logis des Suisses qui vien- 
nent, nous avons advisé par deçà de les loger à Garmaignolle ", ou, 
pour le mieulx et plus à propos à s'en servir en quelque part que nous 
vouldrons, à Carignan '', logeant une compagnye (que nous y devions 
loger) à Vineu ^ Piobes ^, Nom ^'\ Gastagnolle " et Virle '-. Quant au 

1. Exilles, place du Piémont, à 6o kilom. de Turin et 10 kilom. de Suse, dans un 
défilé, près de la Doria Riparia. 

2. Salbertrand, place du Piémont, également située dans la province de Turin. 

3. Ce passage prouve qu'il s'agissait bien, dans la dépêche de Pellicier à Langey, 
du 20 août 1340, du même ingénieur bolonais Girolamo Marini, appelé également 
Jérôme de Trévise (V. p. 60). 

Nous avions hésité un moment à l'identifier avec un autre ingénieur italien, 
celui-là génois d'origine, d'après le Cat. des actes, et siennois d'après les Mémoires 
de Benvenuto Cellini (liv. Il, ch. xi), Girolamo Bellarmato, qui fut employé à cette 
époque aux fortifications du Havre (avril lo40-janvier 1542). — V. Cat. des actes de 
François I", t. IV, pp. 104, 167 et 273, n"^ 11.478, 11.768 et 12.279; t. YI, Siippl., 
pp. 626, 631 et 630, n"^ 22.160, 22.184 et 22.293. 

4. Ingénieur. 

3. Trésorier des guerres. — V. la dépêche du 31 octobre. Le ms. fr. 28.703 de la 
Bibl. nat., Pièces originales, renferme une quittance de « maître Jacques Péguyneau, 
commis pour le roy à tenir le compte et faire le paiement des fraiz extraordinaires 
de son artillerie » (23 octobre 1344). 

6. Carmagnola, ville du Piémont, à 23 kilom. de Turin, à 3 kilom. de la rive droite 
du Pô. 

7. Carignano, à 20 kilom. de Turin, sur la rive gauche du Pô. 

8. Vinovo, petite ville dans la province de Turin. 

9. Piobesi-di-Torino, place située à 7 kilom. de Carignano. 

10. None, ville de la province de Turin. 

11. Castagnole, autre place située non loin de None. 

12. Virle, petite ville dans la province de Turin. 



662 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [JUIN lo42] 

surplus de la gendarmerye, Tordre est mis à leurs logis; mais, comme 
vous escripvis, Monseigneur, le plus tost se mectre à la campagne ' sera 
le meilleur, et par force exécuter ce que nous pourrions, mais pour le 
présent ne sçay pas dire quoy. Naguièrcs Quiers ^ et Ast cstoient 
encores et sont de présent hors de deffence; mais on y a depuis 
besongné à telle diligence que je crains fort qu'elles seront en deffence 
avant que nous puissions mectre à la campagne. Albe et Ghéras ', à 
mon advis, ne seront fortiffiez et garnis à temps que nous ne puissions 
en espérer bonne yssue; et nous faillant autre meilleur moien, pour- 
rons, assemblant nostre camp à Villeneuve d'Ast, en desloger à 
l'improviste et prendre ledict chemin avant que M. le marchis se 
puisse mectre au devant de nous s'il ne nous veult abandonner ung 
bien grand pays en proye. Ce qui n'est à penser qu'il face, car en le 
abandonnant, encores ne sera il assez fort pour attendre nostre 
armée à la campagne. Et nous avons, en laissant nos places fournies, 
à désirer la bataille, luy à la fuyr ; car la perdant il perd trop, et nous 
la perdant ne perdons pourtant noz places. Parquoy est à penser que 
si nous le prévenions, il ne nous pourra empescher que n'emportions 
lesdictes villes d'Albe et de Chéras; et ce faisant pourrons ouvrir 
l'estrade romaine*, jusques aux confins des contes Scotz, de Pande, 
Rangons^ et autres serviteurs du roy, et tenir toute la Lombardie en 
souspeçon. Et ne lairrions, s'il semble bon au roy, de faire entreprise 
par le costé des lacs Maiour ^ et de Cûme, et en la Giéradade, suivant 
le premier discours que je vous en baillay par escript, combien que de 
la praticque de Côme, je me double fort qu'elle nous soit eschappée, et 
que le seigneur Maure '' n'aura plus trouvé à Venise le marchis de 
Vigène ^, qui luy avoit promis d'y attendre responce pour ung moys; 
et la y aiant attendue plus de deux, et cependant pressé par communi- 
cation du marchis du Vast de se retirer à Milan, se y est retiré, comme 
Ton m'a dict, mais je ne sçay s'il a faict fidélité : ouquel cas il ne 
pourroit plus faire ce qu'il promectoit. Quant aux praticques de Fon- 



1. En campagne. 

2. Chieri, importante place située à 9 kilom. de Turin. 

3. Cherasco. 

4. La route de Rome. 

5. Les comtes Scotli, Pandi, Rangoni. — On trouve dans Desjardins, loc. cit., t. Il, 
pp. "84 et 937, à la date de 1524, Cesare Scotlo, condottiere, agent du marquis de 
Saluées. Nous avons vu déjà, dans la Correspondance de Pellicier, le comte Ales- 
sandro Scolto (p. 479). 

6. Lac Majeur. 

7. Moro de Novate, italien, capitaine de deux cents chevau-légers, au service de 
la France, hes Mé7noires de Du Bellay le mentionnent, en 1537, parmi les officiers 
employés à la suite de M. d'Annebaull pour le ravitaillement de Thérouanne (V. Coll. 
Pelilot, t, XIX, pp. 204 et 243). 

S. Gian-Francesco Trivulzio, marquis de Vigevano, milanais, mort à Mantoue en 
1573. 



[juin 1542] APPENDICE 663 

tenayS de l'Isle d'Orte 2 et de la Malepeghe 3, qui sont de très grosse 
importance, elles sont encores en pied; de celles de Giradade S qui sont 
d'autre très grosse importance, ne sçay que vous dire, n'ayans esté 
faictes les dépesches promises aux comtes de Marlinaglies ^ Quant aux 
prochaines de nous, celles de Trin % de Sainct-Damyen ^ de Mont- 
calve* et de Montève^ sont encores de ceste heure en pied; si la crève 
de la Dovaire '" n'empesche l'exécution de celle de Trin, celle de 
Casay" aussi est encores en pied. De celle de Fovie**, hersoir le 
seigneur du lieu m'euToia faire entendre, — dont me desplaist, — que 
aiant attendu responce neuf moys durant pendant lesquelz il pouvoit 
sans abaisser son honneur bailler sa place au roy, il prenoit congié 
de sa praticque, n'ayant plus liberté de ce faire à son honneur. Quant 
à les exécuter de présent, je n'en voy, Monseigneur, aucun moien, car 
nous sommes sans argent, et pour faire les monstres de noz gens de 
pied nous a convenu en emprunter, ou laisser vivre tout le monde à 
indiscrétion et ruyner ce peu de pais que nous avons. Encores n'avons 
nous payé ne les eslatz ne les capisoldes'^, et ne sçavons quant viendra 
nostre argent. 

« Sy vostre plaisir est que l'on exécute quelque chose (comme il me 
semble qu'il vous doibt plaire) il conviendra faire haster l'argent de la- 
dicte monstre, et les cent mille francs députez au remboursement de 
nostre fons et à la continuation des réparations. Aussi, Monseigneur, 
vous plairra penser que ayant entretenu les gens de noz pensionnaires 
neuf ou dix moys en attente et despence, et maintenant n'aiant 
nouvelle de leur dépesche, nous avons peu de cause d'espérer qu'ilz 
persévèrent en la bonne volonté qu'ilz ont eue. Dieu vueille que à 
ceulx qui sont cause de ce retardement l'effect ne donne jamais à 
congnoistre par expérience le dommage qu'ilz font au roy. Touchant 
aux pontz*^ Monseigneur, je vousay piéçà estant à la court sollicité de 
faire amener ceulx qui sont à Exilles et Sallebertran; et par mes 
mémoyres du xxviiF du passé vous en ay faict souvenir, et depuis 

i. Fontanetto, place du Piémont, située clans la province de Novare. 

2. Orla, bourg situé dans la province de Novare, au bord d'un lac du même nom. 

3. Malpaga, bourg de la province de Novare. 

4. (ihiara d'Adda. 

5. Les comtes Marlinenghi. On les a vus dans la Correspondance de Pel licier. 
C. Trino, place du Piémont, dans la province de Novare. 

7. Santo-Damiano d'Asti, à 12 kilom. de cette dernière ville. 

8. Moncaivo, ville du Piémont, à- 22 kilom. de Casale. 

9. Monteu da Po, bourg de la province de Turin. 

10. La crue de la Dovara, rivière. 

H. Casai, place du Piémont, dans la province de Coni. 

12. Fobie-Rueglio, place du Piémont, dans la province de Turin. 

13. Gratifications accordées aux troupes, indépendamment de leur paye; de 
l'italien caposoldo ou capisoldo. 

li. Il s'agit de ponts volants, machines de guerre pour entrer dans une place, de 
vive force ou par surprise (V. p. 60). 



664 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [JUILLET 1542] 

réitéré, afin qu'il vous plaise les faire amener par les chevaulx d'artil- 
lerie que vous avez faict lever. Autre chose ne vous escripray pour 
le présent, sinon que je fais présentement partir le pacquct pour 
Rome, et que de voz Suisses premiers se sont desrobez environ de 
cent cinquante, et que à larequeste de leurs cappitainesj'ay envoyé au 
devant de la gendarmerye qui vient pour les faire esvalizer... 

« De Turin, ce w""" jour de juin q 1 54.2. » 
^Allemagne, Corvesp., vol. 3, f° 123; 2 pp. 1/2 in-f°.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU CARDINAL DE TOURNON. 

3. — Turin, 24 juillet 1542. — « Monseigneur, la présente sera 
seullement pour ne laisser aller ce courrier sans vous faire entendre 
ce que j'ay apris de nouveau, qui est en somme que le marchis du Vast 
a tousjours esté en double que le parlement de M. le mareschal 
d'Ennebault fust ung stratagème pour à l'improviste tourner à Gennes, 
ou Savonnes, ou Nice, et que à ceste cause il envoyé vers la Rivière 
ses lansquenetz nouvellement venuz en délibération de tourner la part 
que marchera mondict seigneur le mareschal. Et au cas qu'il voye 
qu'en elîect mondict seigneur le mareschal preigne le chemin de Lan- 
guedoc, est délibéré de retourner en çà pour faire vivre ses gens en 
nostre plat païs, y fortiffîer quelques places, empescher les semailles, 
afin que l'année qui vient nous n'ayons de quoy renvitailler noz places 
ne de quoy nourrir une armée si elle venoit à nostre secours. Je voul- 
droys bien, Monseigneur, que pour deux ou trois moys durant on 
eust voulu despendre en ce païs vingt ou vingt-cinq mile francs 
davantage, pour obvier à tous inconvéniens. Ceulx que le roy y a 
laissez feront toutesfoys au mieulx qu'ilz pourront. 

« M. de Boultières ' ne vous escript, car il est allé revisiter Savillan - 

1. Guigne Guiffrey, seigneur de Boulières, gentiliiomme dauphinois. 

Son père, Pierre GuilTrey, seigneur de Boutières, avait été le compagnon d'armes 
de Bayard et fut tué glorieusement à Cérignole (1503). 

Guigne, entré à dix-sept ans dans la compagnie de Bayard (1509), qui avait prédit 
sa fortune militaire, fut fait prisonnier à Pavie, auprès du roi (1525). En 1537, à la 
nouvelle de la prise par les Impériaux de M. de Burie, qui commandait pour le roi 
en Piémont avec Claude d'AnnebauU, Boutières fut désigné pour le remplacer 
auprès de M. d'Anneltault, à Turin (V. Mém. de Du Bellay, Coll. Petitot, t. XIX, 
p. 201). En 1342, le maréchal d'Annebault, mandé par le roi à Perpignan, avait laissé 
Boutières derrière lui pour commander en son lieu et place; Boutières était alors 
chevalier de l'ordre du roi et capitaine de cinquante lances d'ordonnance. 

Disgracié l'année suivante et retiré en Dauphiné, il reprit du service et accourut 
en Italie à la veille de la journée de Cérisoles (14 avril 1544), et contribua puissam- 
ment au gain de cette bataille par sa vaillante conduite. On ignore la date précise 
de sa mort (V. une étude de M. Chabouillet sur un jeton à ses armes, Revue numis- 
matique, 1843, in-8°, p. 454). — Brantôme a consacré une notice à M. de Boutières 
(t. IX, p. 220); le fonds Béthune, à la Bibl. nat., renferme plusieurs lettres de lui. 

2. Savigliano, place située dans la province de Saluées, à 2G kilom. de Cani. 



[AOUT 1542] APPENDICE 66» 

fCour donner ordre à ce qu'il faut pour la deffendre. Je pense que vous 
avez sceu comment Montepuliano ^ a pris autre chemin que par nous, 
s'en retournant d'Espagne vers Nostre-Sainct-Père... 

« De Turin^ ce xxim" jour de juillet 1542. » 
(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, 1'° liiv"; 1 p. in-f'\) 



GUILLAUME DU BELLAY AU ROI. 

4. — Turin, 'Z^"" aotU i 542. — « Sire, la présente sera seullement 
pour vous donner advis de la peyne où nous trouvons, pour la faulte 
du paiement de ce moys qui n'est venu et duquel nous n'avons aucunes 
nouvelles, encores que dès le vingt-sixiesme du passé soit escheu le 
moys des quatre enseignes de Suisses de la dernière crève ^ Et pour 
ce, Sire, que vous sçavez combien ceste nation veult estre payée à ses 
termes, aussi qu'estans les choses en Testât qu'elles sont voz aultres 
gens ne peuvent vivre et tenir police sans paiement, il vous plairra y 
donner telle provision que vous la sçavez estre requise pour le bien de 
voz affaires. Quant à noz voysins, Sire, nous ne pouvons encores avoir 
asseurance de ce qu'ilz ont délibéré faire, combien que nous ayons 
gens à l'entour d'eulx pour en entendre des nouvelles; et de tout ne 
fauldrons à vous advertir incontinent. 

« Sire, nous prions atant Nostre Seigneur vous donner en parfaite 
santé longue et heureuse vye, et glorieuse victoire contre tous voz 
ennemis. 

« De Turin, ce premier jour (Taoust 1 542. » 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, f 123; 3/4 p. in-f°.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU >IÈME. 

5. — Turin, 2 août 1 542. — « Sire, depuis mes lettres hier escriptes 
et qui ne partent plus tost que ce matin, j'ay esté adverty que le 
marchis du Vast veult départir ses lansquenetz en Fossan ^, Conny ', 
Albe, Chéras et Ast; qui n'est signe de les voulloir embarquer, ains 
me faict penser qu'il veult tout bellement les aprocher de Saviaean ^ 
pour faire entreprise dessus. J'espère toutesfois, Sire, qu'il trouvera la 
ville si bien pourveue qu'il n'en rapportera que honte. 11 envoyé le 

1. Le nonce Giovanni de Monlepulciano. 

2. Levée de troupes. 

3. Fossano, place du Piémont, à 19 kilom. de Coni, près de la rive gauche de la 
Stura, défendue par d'antiques murailles et par un château du xiv* siècle qui sub- 
sistent encore aujourd'hui. 

4. Goni, en italien Cuiieo, importante place du Piémont, à 74 kilom. de Turin, 
au confluent de la Stura et du Gezzo. 

3. Savigliano. 



660 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT 1542] 

paiement de ses Italiens qui avoient desjà esté quarante jours sans 
paicmens. Je vouldroys bien, Sire, avant que lesdictz lansquenetz 
fussent entrez es dictes villes, qui seroit la rompture des desscingz 
que j'ay sur Conny, Albe et Chéras, avoir responce de vostre intencion, 
si vostre plaisir est que je les exécute, et de me renforcer de gens pour 
avoir moien, après que je les auray exécutez, de les entretenir et 
garder. Au surplus, Sire, les Suisses ont depuis envoyé vers moy pour 
faire monstre. J'ay trouvé moien de leur faire prester cinq cens escuz 
pour cappitaine *, et de faire paier les gens qui doyvent entrer dans 
Savillan affin que inconvénient n'en advienne. Il vous plairra com- 
mander que ordre soit donné à envoyer l'argent desdictes monstres, 
et les deniers requis pour la réparation, crève de gens et envitaille- 
ment dudict Savillan... 

« De Turin, ce deuxiesme jour d'aoust 1542. » 
(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, f" 125 V; 3/4 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. D'ANNEIUULT. 

6. — Tar'm, 2 août i 542. — « Monseigneur, je ne vousferay longue 
lettre, parce que vous entendrez toutes choses par les doubles de ce 
que j'escriptz au roy. Seullement vous supplieray tenir la main que l'on 
ne nous faille poinct, — ainsi que je voy que l'on commence et que je 
crains que l'on pourra continuer, — à nous envoyer noz assignations 
en temps... 

« De Turin., ce deuxiesnie jour d'aoust 1 542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f° 120; 1/2 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY AU ROI. 

7. — Turin, 3 août 1 542. — « Sire, vous avez esté adverty avant la 
réception de la présente du malcontentement des Suisses qu'avez par 
deçà, pour le retardement de leur monstre. L'on a contenté ceulx de la 
première levée moyennant ung prest qui leur a esté faict de iiir escuz 
pour cappitaine; ceulx de la nouvelle levée n'ont voulu accepter le 
prest et sont icy venuz deux au nom de tous. Ausquelz avons faict 
toutes les remonstrances que possible nous a esté d'imaginer, et 
mesmement leur avons dict que ceste faulte n'estoit venue que par 
l'imprudence du clerc lequel, aiant receu toute l'assignation des gens 
de guerre qui souUoient estre par deçà, et entendant que M. le 
mareschal d'Ennebault estoit en Avignon, y estoit allé avecques toute 

1. Par capitaine. 



[août 1542] APPENDICE 667 

son assignation sans avoir considération au nombre qui est demouré 
par deçà; mais que cela ne pouvoit eslre plus long retardement que 
d'autant que ledict clerc mectroit à retourner d'Avignon icy. En 
somme, Sire, nous n'avons sceu obtenir autre chose d'eulx, sinon 
qu'on les paiast ou qu'on leur feist prest de cinq cens escuz pour 
cappitaine, qui seroient viii^ y comprenant troys cens que M. le 
mareschal avant son partement leur feit paier. Duquel prest, au cas 
que leurs gens ausquelz ilz l'auroient distribué s'en allassent devant 
la monstre, ne leur fust aucune chose défalquée : qui est autant à 
dire, Sire, comme leur donner à chacun ladicte somme de viii*^ escuz. 
Voians ceste obstinacion, Sire, nous avons envoyé vers les autres 
cappitaines, affin que ceulx-cy ne les allassent mutiner, et avons de 
touscostez emprunté argent pour satisfaire à cesdictes quatre enseignes; 
et de tout vous avons bien voulu advertir par homme exprès affin qu'il 
vous plaise envoyer le paiement en diligence, si desjà n'est parLy, 
affln aussi que vous sachez combien d'icy en avant vous pouvez 
espérer d'attente en la bonne volonté desdictz cappitaines. 

« Au demourant, Sire, nous avons nouvelles que le marchis du Vast 
faict son compte de prester une partie de ses forces au marchis Jehan 
Loys, M. de Saluées, pour venir en son nom pour travailler le mar- 
chisat; et le surplus à M. de Scalinghe ', lequel est allé vers M. le 
duc qui fut de Savoye % pour s'en retourner de là résolu de l'intention 
dudict duc et s'il est possible l'amener, sinon prendre de luy tiltre et 
pouvoir de lieutenant-général dudict duc en ce païs. 

« Aussi avons nouvelles que ung secrétaire du roy d'Angleterre est 
venu par France et a passé la montagne soubz la conduicte que luy a 
donnée l'abbé de Novalense *, à Vulpien *; a esté baillé en conduicte 
au seigneur des Sceaulx ^ qui l'a mené à Nice embarquer pour aller 
vers l'empereur en Espagne... 

« De Turin, le troisiesme jour d'aoust 1 542. » 
(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, f° 126 v"; 1 p. 1/2 in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. d'ANNEBAULT, 

8. — Turin, 3 août i 542. — « Monseigneur, vous aurez par autres 
lettres entendu le malcontentement de noz Suisses à cause du retarde- 

1. Scalenghe, place du Piémont, dans la prorince de Turin. Giacomo di Scalenghe, 
capitaine italien au service de l'empereur, était gouverneur d'Asti en 1336 (V. Mém. 
de Du Bellav, Coll. Petitot, t. XIX, pp. 90 et 190). 

2. Charles III. 

3. Novalaise ou Novalesc, bourg de Piémont situé à quelques kilom. de Suze, au 
pied du Mont-Genis, et célèbre par son abbaye bénédictine fondée au vui" siècle. 

4. Volpiano. 

5. Le sieur des Sceaulx pourrait être identifié avec ce Tassin des Eaaix ou des 
Seaulx que nous avons rencontré dans la Correspondance de Pellicier. 



668 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [aOUT 1342] 

ment de leur monstre; aussi aurez entendu comment nous avons 
trouvé moien de leur pouvoir faire prester iiiic escuz pour cappitaine. 
Par la présente vous entendrez comment ceulx de la première levée, 
tant ceulx qui sont à Vigon * que ceulx qui sont à Pignerol -, ont 
accepté le prest. Ceulx de la secundo levée, qui sont dedans Aveillanne *, 
ne l'ont voulu accepter, et pour tous eulx en sont venuz deulx icy 
ausquelz avons usé de toutes les remonstrances que nous avons sceu 
imaginer. Et mesmement leur avons voulu persuader que ceste faulte 
estoit arrivée par inadvertance du trésorier, qui avoit oublié d'adverlir 
le clerc auquel il avoit baillé l'argent que les gens de guerre qui 
soulloient estre par deçà esloient maintenant séparez : de manière 
que ledict clerc, saichant que vous estiez en Avignon, avoit prins ce 
chemin là avecques toute son assignation; mais que l'argent ne pou- 
voit eslre-retardé, sinon d'autant de temps que mectroit ledict clerc à 
retourner d'Avignon icy. En somme. Monseigneur, nous n'avons sceu 
obtenir d'eulx, sinon que leur prestant pour cappitaine v^ escuz, 
oultre iiir escuz que feistes prester à chacun à vostre partement, ilz 
attendront la monstre moiennant que si ce pendant leurs gens ausquelz 
ilz auront faict prest s'en alloient, ilz ne seront tenuz de défalquer 
ledict prest, mais seront paiez entièrement du nombre de gens qu'ilz 
présenteront. C'est à dire. Monseigneur, en bon langaige, qu'ilz voul- 
dront mectre ces viii'^ escuz pour homme en leurs bouges *. Et à ceste 
cause nous avons advisé de faire paier leurs quatre enseignes et 
envoyer vers les autres cappitaines pour les entretenir en bonne 
volonté. Ce temps pendant avons depesché Fung des clercs du tréso- 
rier en poste vers le roy pour y donner la requise provision, vous 
suppliant d'y tenir la main. 

« Au surplus. Monseigneur, aujoud'huy M. de Vassey ^ nous a dict 
que vous luy aviez ordonné que, de toute l'artillerie et munitions qui 
sont à Pinerol, il ne s'en dessaisisse sans exprez mandement du roy. 
Et pour ce que vous avez faict le principal magazin audict Pinerol de 
toutes voz artilleries et munitions et que tel moien de faire entreprise 
advanlageuse pour le service du roy se pourroit ofTrir, ainsi que 
j'espère s'y offrira dedans deux jours celluy qui se menoit alors que 
vous partistes, lequel moien ne se pourroit exécuter sans artillerye, 
— aussi que toutes les forces que nous avons deçà, oultre les garnisons 

1. Yigona, ville de Piémont, à 13 kilom. de Pignerol. 

2. Pignerol, en italien Pinerolo, une des plus importantes places du Piémont. 

3. Avigliana, place du Piémont, à 30 kilom. de Suse. 

4. Poches ou pochettes. 

5. Antoine Grognet, seigneur de la Roche-Mabile et de Yassé, dans le Maine, 
chevalier de l'ordre du roi, gouverneur de Pignerol. Du Bellay en parle en plusieurs 
endroits de ses Mémoires, et Brantôme, qui lui a consacré une notice (t. IV, pp. 94- 
97), le qualifie de « très bon et très vaillant capitaine ». 

Le connétable de Montmorency, à l'avènement de Henri II, lui fit donner le gou- 
vernement du marquisat de Saluées. 



[août 1542] APPENDICE 669 

de noz villes, demeurent sans artillerye inutilles, — il vauldra mieulx, 
Monseigneur, employer lesdictes forces en aultre part, ou bien 
envoyer par deçà homme auquel vous avez fience de savoir quand il 
en pourra et debvra prendre de l'artillerye es lieux où il y en a, ou 
nous mander si vostre intention est que, quelque beau jeu que nous 
ayons, nous quictions le dey*. Et là où, Monseigneur, il vous plairra 
que nous puissions au besoing servir d'artillerie, et quelquefois sortir 
à la campagne, il nous semble encores estre à propos d'avoir cap- 
pitainequi puisse commander à noz chevaulx leigers et les mener à la 
faction. Car quanta M. de la Herbaudière^, il est attaché a Turin; 
M. d'Ossun^ à Savillan; le seigneur Théode * a vieillesse et maladie 
qui l'ont tenu au lict douze jours les unze depuis vostre parlement. 
Parquoy nous semble que M. de Vassey, laissant monstre de Sainct- 
Georges de Bias à Pinerol, pourroit très bien faire ceste charge. Vous 
en manderez. Monseigneur, vostre intention et la luy escriprez, affin 
qu'il puisse sans ofTencer desloger dudict Pinerdl dont il a la charge... 

« De Turin, ce troy&ième jour d^aoust 1 542. » 
(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, f° 127; 2 pp. in-f».) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

9. — Turin, 8 août 1 542. — « Monseigneur, samedy arriva vostre 
lectre du premier jour de ce moys adressante à moy Langey, et hier 
celle du troysiesme commune à M. de Boutières et à moy. Au pacquet 

1. Nous quittions le dé, c'est-à-dire abandonnions la partie. 

2. Le capitaine Martin du Bellay, seigneur de la Ilerbaudière, gouverneur de Turin. 
— « A Martin du Bellay, seigneur de la Herbaudière, capitaine de cent hommes de 
guerre montez sur chevaux légers, 225 livres tournois par lettres données à Chan- 
tilly, le 18 novembre 1538, pour un voyage qu'il fait en diligence, parlant ledict 
jour, allant à Thurin, où le roy luy a donné charge expresse de résider par aucun 
temps pour pourvoir et donner ordre à la garde, seureté et défense d'icelle, et 
d'advertir le roy des alTaires qui pourroient survenir durant ladicte résidence. • 
(B. N., ms. Clairambault 1213, f" "6 v°.) 

3. Pierre d'Ossun, issu d'une famille noble de Bigorre, et dont la valeur dans 
les guerres d'Italie était devenue proverbiale, au point qu'on disait dans les camps, 
suivant Brantôme : « Sagesse de Termes et hardiesse d'Ossun ». Successivement 
capitaine d'une compagnie d'ordonnance au royaume de Naples, en Savoie et en 
Piémont, capitaine de chevau-légers et de gendarmes, chevalier de l'ordre du roi, 
gouverneur de la ville et château de Turin (1336), il mourut en 1562 (V. la notice 
de Brantôme, t. IV, p. 5). 

M. d'Ossun était alors gouverneur de Savigliano (Y. Mémoires de Du Bellay, Coll. 
Petitot, t. XIX, p. 381). 

4. Théode Manès, dit Bedaine ou Bedène, albanais, capitaine de deux cents che- 
vau-légers albanais, mentionné en 1537 dans les Mém. de Du Bellay {Coll. Petitot, 
t. XIX, pp. 204 et 396, et dans la. Ci'onigue de François /", édit. GuilTrey, pp. 213 et 214). 
II avait vieilli sous le harnois. Brantôme (t. V, p. 238) cite de lui une piquante et 
verte réponse au roi Henri II, qui tardait trop à recompenser ses bons et longs 
services. 



670 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [aoUT 1542] 

venant de la court, lequel receu avecques vosire première lectre, en 
avoit une de M. l'amyral', dudix-sepliesme du passé, ordonnant à moy 
Langoy, par commandement du roy, de dépescher la responce à la 
lectre du marcliis du Vast pour la faire imprimer et envoyer à Nurem- 
bergh avant la fin de la journée qui se y tient ^ Au surplus de 
vostredicte lectre du premier servira de responce celle de la secunde 
qui est, en substance, que à Savillan on bcsongne en extrême diligence ; 
et desjà y a Ton Iburny plus de quatre mil escuz. Nous espérons que 
avant la fin de la sepmenc elle sera de beaucoup en meilleure deffence 
qu'elle ne fut oncques, veu le nombre de gens, oultre la fortiffication 
et le nombre de moiennes et menues pièces d'artillerie, et quantité de 
munitions que nous y avons mis. De vins n'y en a poinctdix chartées=* 
dont on puisse boyre : nous en faisons mener tant que possible nous 
est, qui n'est sans mectre la main à la bource; mais sans cela ne fault 
penser qu'il fust possible d'y retenir les gens. 

« Du combat que demande legentilhomme françoys nous respondrons 
selon que nous avez mandé. Quant à noz praticques, elles se portent 
bien jusques icy, et se doibt mectre la principale à exécution lundy 
prochain : nous avons difFéré les autres et différerons jusques alors, 
de peur que l'une gastast les autres, et sonimes en bien bonne espé- 
rance que ladicte principale réuscira. Vray est que si nous sommes 
sans argent ainsi qu'à présent nous sommes, je ne voy comment la 
puyssions exécuter, ou la exécutant la garder. Il est le huictiesme de 
ce moys et n'avons encores nouvelles de nostre assignation : seuUe- 
ment est arrivé la somme de xxly"' livres des cinquante mil de noz 
fortifications, sur laquelle somme avecques autre argent emprunté avons 
payé tous noz Suisses, les quatre enseignes estans à Savillan, et à tous 
les autres cappitaines faict prest de deux cens escuz pour enseigne. 
Vous verrez par ce que nous escripvons au roy, ce que le marchis 
du Vast a escript à moy Langey et ce que je luy ay respondu, par les 
doubles de tout que vous envoyons. Et par ce qu'escripvons au roy 
entendrez qui nous a meuz à faire audict marchis mention de descou- 
verture de sa praticque sur Turin. Au surplus, vostre harnoys est 
arrivé que Berthon gros vous envoyé; mais le chamfrain n'est encores 
prest... 

« De 7'urin, ce viii"^ jour (Faonst m v'^ xlii. » 
(Allemagne, Corrcsp, vol. 3, f' 128; 1 p. 1/2 in-l'".) 



1. Chabot. 

2. La diète. 

3. Charretées. 



[AOUT 1542] APPENDICE 671 

GUILLAUME DE LANGEY AU MÊME. 

10. — Turin, il août 1542. — « Monseigneur, nous commence- 
rons la présente par ce que plus nous presse pour le présent : c'est le 
paiement de noz gens, duquel n'avons encores nouvelles. Nous vous 
asseurons, Monseigneur, que si Ton n'y veult autrement donner 
ordre, il en adviendra tel inconvénient que par cy après on en 
mauldira l'heure. La pluspart de noz gens sont nouveaulx qui n'ont 
encores icy accoinctance pour trouver crédict; — et aucuns qui s'en 
sont allez sans paier où ilz debvoient leur ont d'autant diminué de 
moien d'en trouver; de sorte qu'il y a des soldatz, beaucoup et mesme- 
ment ceulx qui dernièrement ne feirent monstre que pour douze jours, 
qui des deux jours l'un ne mengeassent point de pain. Les aultres en 
viennent demander, comme pour l'amour de Dieu, chez les ungs et les 
autres qui tiennent maison; les autres se desrobbent à la fille ^ qu'il 
fault aultant faire de guet à les garder comme il feroit à se garder 
de surprise. Nous envoyons à M. le cardinal de Tournon le double de ce 
que vous en escripvons, affin qu'il travaille à y donner ordre, et de 
vostre costé s'il vous plaist en solliciterez. 

« La principale praticque dont nous estions en termes alors que vous 
partistes doibt estre dedans quatre jours en poinct d'exécuter; aussi 
seront cinq ou six autres que nous avons, cependant différons et entre- 
tenons pour ne gaster ceste-là. Mais si nous ne nous pouvons servir 
en ung besoing de nostre artillerye, — laquelle laissant tousjours es 
lieux où elle est sans autrement s'en aider, les chevaulx que nous 
avez laissez ne serviront icy que de despence, — nous vous laissons à 
penser. Monseigneur, comment nous oserons ne pourrons entreprendre 
exécuter les moiens qu'avons en main. Et mesmement n'ayant ung 
seul escu ne pour payer les gens que nous avons, ne pour le peu de 
monde qu'il fauldroit croistre pour la garde des places si Dieu nous 
les mectoit en main, ne pour paier les gastadours qu'il fauldra pour sou- 
dainement les réparer et mectre en seure deffence, ne [sçay] comment 
sans estre noz gens paiez nous leur ferons tenir ordre ne police en 
villes nouvellement conquises, ne comment sans le leur faire tenir nou s 
acquerrons l'amour des peuples, et ne leur donnerons occasion de 
regretter et chercher de recouvrer s'il leur est possible la précédente 
seigneurye. Sans poinct de faulte, Monseigneur, tout cecy vient beau- 
coup au rebours de l'espérance que à vostre parlement vous nous 
donnastes, et sera cause que sans la coulpe de moy Langey on pensera 
que tous les propos des praticques que j'ay mis en avant aient esté 
sans fondement ^ 

1. A la file. 

2. Ces sages avis, ces remontrances et ces réclamations incessantes, qui témoi- 



672 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT 1542] 

« Quant aux nouvelles de noz voisins, ilz sont encores en Testât 
qu'ilz estoient. Le chevalier Cicongne ' est arrivé, mais sans provision 
d'argent. Le marchis du Vast dimanche au soir deslogea de Milan 
pour aller à Gennes consulter avecques le prince Dorie * ce qu'ilz auront 
à faire, et lundy partist de Quiers^ le maistre de camp impérial pour 
aller après luy. Aucuns disent qu'ilz embarqueront leurs Alemans et 
quelque nombre d'autres gens de guerre pour envoyer en Espagne, 
autres disent de non : le temps nous fera saiges de ce qu'en sera. Le 
chevalier de Villegagnon est arrivé qui asseure que au val de Tirol y a 
six mil lansquenetz atlendans le mandement dudict marchis. Nous 
avons envoyé ung homme jusques là pour estre avertis s'ilz marcheront 
ou non et si ceste part ou aillieurs. Aussi avons deux Alemans avecques 
les lansquenetz du comte de Lodron * pour estre advertis incontinent 
s'ilz marcheront et quel chemin ilz tiendront. Au surplus nous vous 
envoyons ung extraict des nouvelles qu'avons de Gennes... 

« De Turin., ce unziesme jour cCaoust 1542. » 
(Allemagne, Corrcqj., vol. 3, f° 129; 2 pp. in-f.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

11. — Turin, 13 août i 542. — « Monseigneur, il n'est aucune chose 
survenue de nouveau depuis la dépesche de devant hier, sinon qu'il 
nous est arrivé argent jusques à la somme de trente mile francs sur et 
tant moins de nostre assignation, et vingt mile francs sur le compte 
des deniers de réparations; dont nous avons faict parpayer noz gens 
de guerre. Mais nous craignons fort que à ce prochain moys nous 
retr[ouVjions en la mesme peyne ou plus grande que celle où nous 
avons esté, si l'argent fault à noz Suisses; car ils n'accepteront plus 
l'excuse de l'autre foys que par inadvertance du clerc l'argent soit allé 
du costé de Languedoc. 11 vous plairra. Monseigneur, en escripre à la 
court et tenir la main qu'on ne nous laisse plus en ceste peyne. 

« M. de Grissey ^ nest encores de retour. Si avant sa venue les piYiticques 

gnent de la haute valeur politique, administrative et militaire de Langey, ne 
devaient malheureusement pas être écoutés. L'insuffisance d'Annebault, la jalousie 
de Boulières, l'hostilité du cardinal de Tournon, qui avait remplacé Montmorency 
dans la direction des afTaires, tout devait concourir à paralyser les efforts du vice- 
roi de Piémont et à ruiner notre influence au delà des monts. 

1. Pielro Cicogna. On l'a rencontré plus haut, dans la Correspondance de Pellicier. 

2. Andréa Doria. 

3. Chieri. 

4. Le comte Gian-Baltista di Lodrone, colonel des troupes impériales. On l'a 
rencontré plusieurs fois au cours de la Correspondance de Pellicier. Il comman- 
dait les lansquenets. 

5. Jean de la Forest, seigneur de Grissé et de Chézeau-Lévigny, chevalier de 
l'ordre du roi. 



[AOUT 1542] APPENDICE 673 

dont nous avons escript par luy se trouvent en tel estât que au retarde- 
ment il y eusi du danger, nous mectrons peyne de les exécuter pour ne les 
perdre; car desjà en Conny est entré M. de ScaUnglie avecques renfort, 
mais non encores si grand que nous soio7is hors d'espérance d'exécuter 
nostre desseing '. 

« Quant à noz voisins, nous n'avons encores nouvelles de leur déli- 
bération prinse à Gennes; bien en avons que leurs lansquenetz ne 
veullent condescendre à s'embarquer, et que à Gennes et en Rivière 
on commence à se rasseurer de la craincte qu'on avoit de l'armée du 
Turc. Et disent sçavoir de vray que ladicte armée ne sera de beaucoup 
sy puissante que l'on avoit eu oppinion, et que le tout ne se peult bien 
asseurer que le roy, trouvant bon party avecques V empereur, ne Vacceptast. 

« Le cappitaine Jehan Loys, albanoys, qui fut vers le roy à Mont- 
réal ^ est icy de retour et s'en va vers ledict seigneur. Lequel cappi- 
taine lient langaige assez conforme à ce que dessus, et que la venue de 
Janus Bay à Venise, au lieu de prouffîcter aux affaires du roy, y a beau- 
coup apporté de dommage. Vous entendrez de luy les raisons, car elles 
seroient trop longues à mectre par escript : aussi sera plus à propos 
les entendre de luy-mesmes, puisque pour cest effect il va par delà. 

« Aussi nous a envoyé le comte de Sainct-Segond ung de ses gens, 
et nous escript que, pour estre ses places de telle importance pour le 
service du roy que plus ne pourroient estre, et pour avoir desjà esté 
sesdictes places au hazard d'estre surprises par le cardinal de Gambre ^, 
il y a mis garnison de cent cinquante hommes distribuez selon l'exi- 
gence en chacune d'icelles places. Lesquelles garnisons il est d'advis 
que l'on y doyve entretenir, et vouldroyt bien y employer par chacun 
moys la pension que le roy luy donne et le revenu de l'une de sesdictes 
places montant ii*" escuz le moys : si le plaisir du roy estoyt, pour ce 
peu de temps qu'il y fauldra entretenir icelles garnisons, luy faire de 
moys en moys fournir à Venise sadicte pension et cinquante escuz le 
moys davantage, il vous plaira, Monseigneur, si voyez que bon soyt, 
en adviser ledict seigneur et nous en faire sçavoir la responce *. 

« Aiant, Monseigneur, escript la présente jusques en cest endroict, est 
arrivée une lettre de iamy * ^wi est à Milan, en laquelle est cest article 
mot à mot : « Le Cicongne a apporte la résolution de l'empereur au mar- 

1. Les passages en italiques étaient chiffrés dans la dépêche originale, comme 
l'indique le texte souligné, dans notre manuscrit, avec la mention « en chiffre » 
ajoutée dans la marge. 

•2. Montréal, bourg de l'Ain, arrondissement et canton de Nantua. 

3. Le cardinal Uberto Gambara. — V. la note 1, p. 593. 

4. Les services de Pielro-Maria Rosso, comte de San Sccondo, furent récom- 
pensés, moins d'un an après, par la charge de colonel général des bandes italiennes 
au service du roi, qui lui fut confiée par lettres du 1" mars 1543 (V. Cat. des actes 
de François 1"', t. VII, 2" Siippl., p. 340, n° 24,945). 

5. Uami, le compère, expressions qui servaient à désigner les agents secrets en pays 
ennemi. Cf. Vami d'Allemagne, dans la Correspondance de Pellicier. 

Venise. — ■) 540-1542. 43 



674 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT lb42] 

chis quil aict à rompre la guerre deçà, comment que ce soit, si vivement 
qu'il puisse divcrlir en ce [disant Ventreprise du roy sur Espagne. Beau- 
coup de choses sont toutes foyes remises à Vadvis du prince Dorye. Ledict 
marchis est allé à Gennes communtcquer avecqucs luy, et pour ce que 
rinicncion de f empereur est que les lansquenetzjà venuz en Italie passent 
en Espagne, ledict marchis avant son parlement a envoyé homme en dili- 
gence pour faire hasler les autres lansquenctz attendans au val de Tirol, 
lesquelz sont en nombre de six mile et belle gent. Ledict marchis se lient 
encores asseuré de V entreprise de Turin; mais au cas qu'elle ne réuscice, 
il est en grande délibération de donner à Vérolingh ', combien quil n'y 
aict aucune intelligence (pue je saiche, mais vouldra le accueillir à i impro- 
viste et mal pour V eu, ou bien se saisir de tout le canton du Montdevy ^ et 
de Saluées. Vous ferez bien d'envoyer icy homme, affîn que au retour 
dudict marchis il vous puisse mander plus certaine résolution, mais surtout 
donnez-vous bien garde de Turin. » Au surplus de la lectre ny a chose 
qui niérile vous estre escript. Nous donnerons le meilleur ordre qu'il 
nous sera possible à rompre son desseing, et y avons desjà très bien 
commencé, tant par deslogemeut de plusieurs personnes que faisons 
aller hors de ceste ville et remuement de guelz que autrement. Tant 
y a que vendredy matin, en visitant le tour de la ville, fut trouvé dedans 
ung trou auprès de la sentinelle, qui respond sur la platte-forme d'au- 
près la porte Palais, ung gros câble caché, de longueur et deux pietz 
davantage pour toucher à terre estant attachée [sic] par deçà, et n'est 
possible qu'il y aict esté mis à bonne fin. 

<( De tout ce que dessus nous n'escripvons au roy, sinon le premier 
article de la lectre cy mentionné et de l'homme envoyé pour haster les 
lansquenetz; nous laissons à vostre jugement de luy en faire sçavoyr 
ce que vous adviserez estre requis qu'il sçache... 

« De Turin, ce xiii° aoust 1 542. » 
(Allemagne, Corrcsp.. vol. 3, f 130; 3 pp. in-f°.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

12, — Turin, 14 août 1 54.2. — « Monseigneur, hersoir arriva M. de 
Grissey qui ne nous a apporté autre chose que permission d'exécuter 
noz entreprises, mais en ung langaige si obscur à cause d'une adjunc- 
tion faicte au bout de la dacte des lectres du roy, que ne sçavons quasi 
à quoy nous en prendre, comme vous pourrez congnoislre par le double 
de la lectre dudict seigneur et de la responce que luy faisons. Sy est-ce 
que se offrans les occasions telles que les espérons, nous ne laisserons 

\. Verolengo, place du Piémonl, dans la province de Tarin. 
2. Mondovi. 



[AOUT 1542] APPENDICE 675 

de les exécuter, en espérance que si les choses vont bien vous ne nous 
abandonnerez poinct. Et cependant, Monseigneur, nous vous supplions 
faire donner ordre que à ce prochain moys nus ayons notre assigna- 
tion à temps et le remboursement de ce qu'avons emprunté; autrement 
nous sommes en grand danger de nous trouver bien empeschez. Aussi, 
Monseigneur, vous recommandons la réformation de Testât de par 
deçà dont nous donnastes asseurance, à sçavoir est de y faire paier 
deux chevaucheurs, donner quelque estât pour ung médecin, croislre 
la somme des cas inopinez, donner estât à moy Bottières, et à moy 
Langey ung peu de crève ' si vous voiez que je y despende bien tout ce 
que j'en ay... 

« De Turin, ce quaiorziesme jour d'aoust 154.2. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 131 v"; 3/4 p. in-f'.) 

GUILLAUiME DU BELLAY AU ROI. 

13. — Turin, I S août i 543. — « Sire, vous verrez par le mémoyre 
cy encloz les nouvelles que nous avons de la délibération prise par les 
Impériaulx de faire embarquer quatre mile lansquenetz pour Espagne : 
lesquelles nouvelles nous sont confermées de plusieurs autres endroictz. 
Le marchis du Vast en attend autres six mil qui en elîect ne peuvent 
guières tarder à arriver, et faict son compte de bien tost nous venir 
assaillir avecques lesdictz vi'" lansquenetz, autres deux mile qui luy 
demeurent des vieulx, quatre mile Espagnolz et dix mile Italiens. 
Nous mectons peyne de faire en sorte que vous contenterez de nostre 
service, et de non seuUement garder ce que nous tenons, mais en 
recouvrer davantage comme par le seigneur de Grissey nous vous 
mandasmes. 

« Bien vous supplions. Sire, donner ordre au paiement des gens que 
nous avons par deçà; car, estant toujours courtz ainsi que sommes à 
présent, nous ne pourrions faire ce que debvons et désirons. Au demou- 
rant. Sire, vous verrez par ung autre mémoyre cy encloz ^ la première 
depposition d'ung prisonnier que nous avons, lequel à nostre advis est 
pour en dire quelque chose davantage. Aussi par le cappitaine Jehan 
Loys, albanoys, lequel vous porte seuUement ung mot de lectre, vous 
entendrez les causes de son allée, qui nous gardera de vous en faire 
ong propos... 

« De Turin, ce dix-huictiesme jour d' aoust i 542. » 

(AUemaptne, Corresp., vol. 3, f 131 V; 1 p. in-f.) 

1. D'augmenlalion. 

2. Il s'agit évidemment de l'afTaii-e de l'espion Claude Frasse, que l'on trouvera 
détaillée dans la dépêche du même jour adressée à M. d'Annebault. 



676 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT 1542] 

GUILLAUME DU BELLAY A M. d'aNNEBAULT. 

14. — Twin, 18 août 1542. — « Monseigneur, vous verrez par le 

mémoyre cy enclos, duquel nous envoyons le pareil au roy, ce que 

nous avons de nouvelles louchant l'embarquement des lansquenelz ; 

lesquelles nouvelles nous avons confirmées de plusieurs autres en- 

droictz. Du surplus nous avons advis de tous costez que le marchis du 

Vast attend bientost ses autres lansquenelz, et qu'il est entièrement 

résolu de nous venir courir sus. De l'amy de Milan n'en avons encores 

advertissement, mais pensons qu'il ne peult tarder. Dudict Milan avons 

lectres dont vous envoyons le double, responsives à ce que moy Langey 

escripvy audicl marchis du ix^; par lesquelles lectres du marchis 

vous pouvez assez juger son intencion. De luy-mesmes ay autres lettres 

du seziesme par ung chevaucheur qui m'a rapporté deux pacquetz, les- 

quelz j'avoys ces jours passez dépesché, l'ung pour Rome et l'autre 

pour Venise, comme vous verrez par le double de sa lectre; mais 

entendrez, Monseigneur, qu'il n'y a eu lectre qui n'aict esté cachetléç. 

Il doibt cesle sepmene venir en Ast : et là se trouveront tous ses cap- 

pitaines qui de présent sont presque tous à Arlhomme \ et conclurronl 

de ce qu'ilz auront à faire. 

« Quant à noz praticques, nous en espérons bien. De la principale 
eusmes nouvelles, au jour que les attendions, que le personnage estoit 
absolument résolu de le exécuter avant le xx ou xxv'' de ce moys. 
Cela nousfaict différer l'exécution des autres; mais si nous volons que 
l'attente fust pour apporter préjudice aux autres, nous sommes d'advis 
de les exécuter. A Savillan, la brèche est en train de deffence, mais est 
advenu qu'en ung autre endroict, du costé de Saint-Françoys, la 
muraille s'est fendue en deux endroictz, depuis le pied jusques au 
hault, et si elle n'eust esté promptemenl estançonnée, il en fust tombé 
autant que l'autre foys . On n'y fault poinct de diligence , et a 
M. d'Ossun faict une grande munition de facines et gabions pour 
réparer au besoing; mais tant y a. Monseigneur, que pour toutes qccu- 
rances nous sommes en grand peyne de faulte d'argent : vostre plaisir 
sera d'y faire pourveoir. Vous verrez ce que nous escript M. le cardinal 
de Tournon et ce que sur ce nous luy respondons par les doubles que 
nous envoyons, affin que vostre plaisir soit y faire donner l'ordre 
nécessaire. 

« Au surplus, Monseigneur, vous oyrez cy après une histoire que 
vous pourrez faire sçavoir à Monseigneur 2, à cause qu'il est parlé de 
luy. C'est que le chevalier de Villegaignon, auquel moy Langey avoys 
conseillé faire le voiaige atfin que par les opporlunitez il nous en feist 

1. Arlogne, place du Milanais, dans la province de Brescia. 

2. Le dauphin Henri. 



[août 1542] APPENDICE 677 

sçavoir des nouvelles, fut par le roy des Romains interrogé s'il estoit à 
moy. A quoy il dict qu'il estoit chevalier de Rhodes, mais bien se répu- 
toit mon serviteur et tenu. Et lors ledict roy des Romains luy dict que, 
pour occasion de beaucoup de menées qui se faisoient contre ses 
estatz, le soubzhaicteroit aillieurs plus tost que là, lui conseillant de 
se retirer et luy offrant bon saufconduict ^ 

« Dépeschant lequel saufconduict, ung jeune homme qui se faisoit 
nommer Claude de Poictiers et se faisoit cousin germain de M. de 
Sainct-Vallier ^ le pria de le faire mectre en son saufconduict et le 
desfraier jusques à ce qu'il fust en ceste ville, luy promectant d'envoyer 
incontinant à sa maison quérir argent et non seullement le rembourser, 
mais luy en aider s'il en avoit besoing : ce que luy accorda et a faict 
ledict Villegaignon. Lequel, passant à Milan et allant vers le marchis 
demander ung saufconduict, mena quant et luy ce Claude nommé par 
son vray nom comme il a confessé Claude Frasse , de Gap. Or est 
advenu que mardy au soir, venant vers moy le gentilhomme parent du 
seigneur Ludovic de Birague ', auquel vous parlastes pour la praticque 
principale de laquelle il m'apportoit nouvelles, et jà estant au bas- 
teau pour passer lorsque survint derrière, courant en poste et criant 
que l'on arrest le basteau, ledict Claude Frasse qui, pour avoir en 
venant de Hongrye passé à Véroling avec ledict Villegaignon, fust 
recongneu par ledict gentilhomme et receu au basteau. Auquel estant 
il dict audict gentilhomme luy demandant où il alloyt, qu'il s'en 
venoit à Turin pour ses affaires; mais quand il fust hors du basteau, 
picqua droict à Voulpian. Dont ledict gentilhomme me vint advertir 
incontinent, et sur son advis j'envoyay quérir ledict chevalier de Ville- 
gaignon affin qu'il trouvast moien de recouvrer ledict Frasse; ce qu'il 
a faict, et interrogé ledict Frasse où il avoyt esté depuis quelques jours 
et dont il venoit. Respondit au commencement qu'il venoit de Savillan; 
mais, convaincu que pour venir de Savillan à Turin il ne failloit venir 

1. Gf. la lettre adressée quelques semaines plus tôt, de Venise, le 15 juillet, par 
Villegagnon, au cardinal du Bellay, et publiée par Bourquelot, dans l'appendice aux 
Mémoires de Claude Haton; Paris, 1857, 2 vol. in-4'', t. II, p. 1101. 

2. Guillaume de Poitiers, comte d'Albon, seigneur de Sainl-Vallier, fut créé lieu- 
tenant-général en Dauphiné et en Savoie, par lettres du 9 mai 1547 et mourut peu 
de temps après. 

11 avait en effet un cousin nommé Claude de Poitiers, fils naturel de Guillaume 
de Poitiers, seigneur de Clérien, marquis de Cotrone en Calabre, conseiller et 
chambellan de Charles VIII, gouverneur de Paris et de l'Ile-de-France. Ce Claude fut 
abbé régulier de l'abbaye bénédictine de Montmajour (1306), commendataire de celle 
de Saint-Wandrille (1522), et mourut le 13 août 15iô. 

3. Aloysio, Lodovico ou mieux Luigi di Birago, que nous avons déjà rencontré 
dans la Correspondance de Pellicier (V. p. .331), né à Milan en 1509, mort à Saluées 
en 1572. Fils de Cesare di Birago et de Francesca délia Torre, il entra de bonne 
heure au service de la France et fut nommé, par lettres du 20 août 1559, gouverneur 
pour le roi du marquisat de Saluées et lieutenant-général par delà les monts. II 
avait quatre frères : Giacomo, Antonio qui fut abbé de San Vincenzo de Milan, Giro- 
lamo et Carlo. Le célèbre cardinal René de Birague était leur cousin. 



678 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT ] 342] 

passer lor que au dessoubx de Chevax ', a depuis advoué qu'estant allé 
avecques ledict Villegaignon quand il alla demander son saufconduit 
au marchis, et que ledict marcliis parlant avecques ledict chevalier, 
luy depposant s'esloit adressé à deviser avecques Cavei, secrétaire 
dudict marchis, auquel de longtemps il avovL congnoissance. Lequel 
Cavei luy demanda s'il voulloit poinct s'aplicquer à faire service à 
l'empereur et audict marchis contre ce roi de France allié des Infi- 
delles : ce que luy depposant luy accorda, moiennant que le moien 
luy fust donné. Sur quoy icelluy Cavei luy dict que l'on y adviseroit et 
qu'ilz parleroient encores ensemble une autre foys, parce que alors 
ledict de Villegaignon print congey dudict marchis. Et au lendemain 
ledict depposant fut envoyé par ledict de Villegaignon quérir le 
saufconduict qui avoyt esté commandé audict Cavei; lequel Cavei, 
après plusieurs propos tenuz avecques luy, dict avoir charge de ne 
délivrer le saufconduict sans que ledict Villegaignon eust de rechef 
parlé audict seigneur marchis. Et pour ce alla icelluy Villegaignon 
vers le marchis, qui luy demande son nom et des nouvelles de son 
voiaige; pendant lequel temps ledict Cavei dict ces motz audict deppo- 
sant : « 11 vous fault trouver moien d'avoir -charge de ces Françoys, et 
que ung jour vous nous baillez porte ou bastion de quelque ville; et ce 
faisant vous ne fauldrez estre grandement récompensé. » A quoy con- 
fesse ledict depposant s'estre accordé, mais en intencion de tromper 
ledict marchis; et que sur ce prenant ledict de Villegaignon congié, 
Cavei dit alors audict depposant qu'il le feroit parler au marchis, ce 
qu'il feit ledict jour. Et luy feit ledict marchis de fort grandes caresses, 
luy demandant s'il estoit pas délibéré faire ce que Cavei luy avoit dict. 
A quoy luy déposant respondit par ces motz : « Oy, Monsieur, et tout 
ce que vous vouliez, jusqu'à faire mourir M. le daulphin; car j'ay bien 
accez à la court et moien de ce faire aisément, » Et le marchis luy dict 
ces motz : « Il seroyt beaucoup meilleur du roy. » A quoy il respondit 
qu'il feroit tout ce qu'il pourroit. Et atanl luy dict le marchis qu'il 
prendroit conclusion sur le tout, et dedans huict ou dix jours luy don- 
neroit responce certaine de ce qu'il voulloit qu'il exécutast; et qu'il 
l'envoyeroit en ung lieu qu'il ne nomma, ains luy donna congé pour 
s'en venir à Turin avecques ledict Villegaignon, où il vint. Et en repar- 
tit dinienche, prenant son chemin droict à Vulpian, y espérant trouver 
César de Naples, mais il trouva qu'il estoyt allé à Milan en poste. Et 
pour ce s'adressa à ung nommé le commissaire qui luy feit bailler 
chevaulx et argent pour aller après ledict César à Milan : ce qu'il feit, 
laissant son cheval en garde audict commissaire. Plus a confessé que 
arrivé qu'il fut à Milan, il alla droict en une église où le marchis estoit 
à la messe; lequel incontinant l'apperceut et luy faisant signe du doyd 

1. Chivasso, imporlanle place du Piémont, dans la province de Turin. 



[août 1o42] appendice 679 

qu'il s'aprochast, l'envoya à son logis Taltendre. Et venu qu'il y fut, le 
marchis commanda luy estre donné une chambre en laquelle il fut 
très bien traicté l'espace d'un jour et demy, et parce que le marchis 
disoit ne le pouvoir dépescher qu'il n'eust responce d'une lectre quUl 
avoit escripte en quelque part; et qu'il feist ce que luy diroit ung qu'il 
appella, le nommant ou procureur ou cappitaine de justice. Lequel pro- 
cureur ou cappitaine de justice le feit depuis parler à César de Naples; 
et luy dict que pour n'avoir occasion de venir souvent à Milan, il se 
retireroyt vers luy de là en avant mais qu'il fust de retour à Volpian, 
qui seroit bien tost. Et luy feit bailler argent et chevaulx de poste, puys 
luy donna congey, luy disant ledict César que, retourné qu'il seroit à 
Volpian, il luy manderoit de ses nouvelles. Et alors vint luy depposant, 
alla coucher à Noarre * et au lendemain se tourna par les postes à Vol- 
pian reprendre son cheval qu'il y avoit laissé; sur lequel il vint en 
ceste ville de Turin, délibéré comme il dict de descouvryr ce qu'on luy 
avoyt dict et faire quelque bon service au roy. Voilà, Monseigneur, ce 
que jusques à présent il a confessé sans torture, laquelle à ce matin 
luy sera baillée pour en sçavoir plus amplement — 

« De Turin, ce dix-huicliesme aoust i 54.2. 

<( Monseigneur, nous sommes résoluz depuis ceste lectre escripte 
d'envoyer Péguyneau vers M. le cardinal de Tournon. Il vous plaira 
luy escripre pour le dépescher et vous souvenir aussi de la monstre de 
nostre gendarmerye; car s'il advenoit de les retirer es villes, fauldroit 
qu'ilz eussent argent. » 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 132; 5 pp. ia-f».) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

15. — Turin, 18 août 1 542. — « Monseigneur, depuis mes lectres 
escriptes j'ay nouvelles de l'amy de Milan que lundy s'embarquèrent 
quatre mil lansquenetz, que le marchis du Vast a empesché que le 
reste ne s'embarquast, qu'il est résolu de nous courir sus; que le 
prince Dorie et autres ont esté d'advis qu'il ne le debvoit faire, veu que 
l'empereur a tant à despendre aillieurs, sinon qu'il eust comme il dict 
la prinse de Turin asseurée. Les navires sont prestz pour embarquer 
aussi quatre mil Italiens que le marchis faict lever sans cappitaine, 
afin que s'ilz ne sont à temps pour s'embarquer il les puisse distribuer 
soubz les enseignes qu'il a ordonnées à César de Naples pour l'entre- 
prise de Turin. Lequel estoit allé pour ceste cause à Milan, et est 
retourné résolu de bientost exécuter son entreprise; et le tentant et y 
faillant, s'en y va tenter Véroling. 

1. Sans doute Bosconero, localité située à 10 kilom. de Volpiano. 



680 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT io42] 

« Voilà, Monseigneur, ce que j'en ay. Je n'en escriptz poinct au roy 
ne d'autre chose que ce que vous verrez par le double que je vous 
envoyé. Le cappitaine Jehan Loys, albanoys, va vers le roy quant et ce 
porteur; je pense que le roy ne le dépeschera poinct sans vostre parti- 
cipation... 

« De Turin.,ce dix-huicliesme aoiisl i 542, au soir. » 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 134 v"; 1 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

16. — Turin, 19 août 1542. — « Monseigneur, nous n'avons autre 
chose tiré de l'entrepreneur * dont hier vous escripvismes, oultre ce 
que par ladicte dépesche vous aurez entendu, sinon que dès la pre- 
mière foys que le marchis du Vast luy parla de ceste entreprise, il luy 
avoit ordonné de se retirer à Vulpian vers le seigneur César de Naples 
auquel il feroit entendre ce quil vouldroit estre par luy exécuté. Qui 
fut la cause que, partant de ceste ville, il s'en alla droict audict Vulpian ; 
et n'y trouvant ledict César de Naples, qui estoit allé en poste à Milan 
pour ceste mesme occasion, il fut parle commissaire tenant le lieu du- 
dict de Naples déj^esché pour aller après luy en poste. Item, qu'il avoit 
esté pryé par adventure trouver moien de destrosser voz pacquetz 
allans au Turc ou venans de luy à vous, et aujourd'huy luy a esté son 
dicton ^ prononcé, duquel vous envoyons ung double ^; lequel a esté 
mis à exécution en la place de ceste ville, à heure de marché. Auquel 
marché luy-mesmes de sa bouche, publicquement et entendiblement, 
a racompté toute l'histoire, à tel honneur et réputation dudict marchis 
et autres ses adhérans comme vous pouvez assez estimer. Nous 
envoyerons des doubles dudict dicton à Rome, à Venise, à Ferrare et à 
Gennes, et le ferons transcrire en alemeht pour envoyer en ce païs là. 

« Ledict seigneur marchis doibt estre arrivé ce soir en Alexandrie 
pour s'en venir en Ast; et a faict tirer de ladicte ville d'Alexandrie 
six canons, pour quelle part employer ne sçavons encores. Au surplus, 
nous avons nouvelles que les lansquenetz qui lundy s'embarquèrent ne 
partent encores, à cause de la nouvelle que a eue le prince Dorie que 
l'armée du Turc avoit esté descouverte, et qu'il attendra la venue des 
gallères d'Espagne... 

« De Turin, ce xix^'-^'^ jour d'aoust 1 542. » 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, f° i3.T; 1 p. 1/4 in-f°.) 
• 

1. Aventurier. 

2. Son diclum, sa sentence. On sait que l'expression moderne de « verdict » 
s'est formée des deux mots latins « Vere dictum... », par lesquels débutait la for- 
mule juridique signifiant au coupable sa condamnation. 

3. La pièce manque. 



[AOUT lo42] APPENDICE 68i 



GUILLAUME DU BELLAY AU ROI. 

17. — Turin, 25 août 1 542. — « Sire, la présente sera pour vous 
donner advis comme noz voisins estoienl en délibération de faire caste 
nuict prochaine forces entreprises sur nous, entre les autres d'envoyer 
les gens de Bra* pour prendre avecques eschelles la ville et chasteaulx 
de Dogliani * et de Marsaille '', qui leur donnent gros empeschement à 
passer et repasser d'unes garnisons à autres. Et ceulx de la garnison 
d'Albe estoient pareillement en délibération de venir desfaire à Bra la 
bande du comte de Benevel, et ceulx de Vulpian avecques eschielles 
aller desfaire deux enseignes de Suisses estans à Veillanne *; et le sei- 
gneur Pirge Colonne % qui a faict prendre le desseing de CarmaignoUe ^, 
en délibération de se venir jecter en ladicte ville, et là se fortiffier; et 
le cappitaine Cuchère, avecques cent chevaulxleigers, venir destrousser 
les marchans qui dévoient passer à venir aux foires de Chevax. 

« Desquelles entreprises avons bons et seurs advertissemens. Nous 
avons, Sire, M. de Bottières et moy, assemblé voz cappitaines et pris 
résolution d'y pourveoir et préveoir. Et quanta la première entreprise, 
nous avons envoyé à M. de Cental, esleu de Riez ^, lequel avoyt environ 
de troys cens hommes de pied, reffort ^ de gens jusques au nombre de 
mile et deux cens chevaulx leigers que conduisoit M. d'Ossun, aiant 
laissé les enseignes et guidon du conte de Tende à Savillan. Et ont les- 
dictz seigneurs exploicté si bien qu'ilz ont emporté d'assault la ville de 
Chéras avecques eschelles, où a esté combattu une bonne demye heure 
main à main, et depuis environ d'autant dedans la ville; mais la vic- 
toyre est demourée nostre, et le cappitaine pris : ce qui s'est sauvé se 
sont retirez au chasteau. Lequel à mon advis est de cest heure vostre; 

1. Bra, place du Piémont, à 20 kilom. d'Albe, sur la Stura. 

2. Dogliani, place du Piémont, à 25 kilom. de Mondovi, près de la rive gauche 
de la Réha. 

3. Marsaglia, bourg du Piémont, à 15 kilom. de Mondovi. 

4. Vigliano, place du Piémont, dans la province de Novare. 

5. PirroColonna, agent politique du duc Cosme de Médicisau service de Charles- 
Quint. Il avait eu le gouvernement de Savigliano pour le compte de l'empereur qui 
lui fit don, en 1544, du marquisat de Mortara (V. les Commentaîrefi de Biaise de 
Montluc, édit. de Ruble; Paris, Renouard, 1864-1872, 5 vol. in-8°, t. I, p. 190). 
Chargé de la défense de Carignan, il défendit vaillamment cette place, mais dut 
capituler et la remettre entre les mains de François de Bourbon, comte d'En- 
ghien, le 22 juin 1544 (V. Desjardins, loc. cit., t. III, pp. 119-122 et passim). 

6. Garmagnola, place du Piémont, à 25 kilom. de Turin, et 3 kilom. de la rive 
droite du Pô. » 

7. Antoine de Bouliers, seigneur de Centallo, élu de Riez. 11 est cité dans les 
Mémoires de Du Bellay, et dans Brantôme. Cette famille provençale, originaire du 
Piémont, tire son nom du bourg de Centallo, situé à 10 kilom. de Coni, près de la 
rive droite de la Grana. 

8. Renfort. 



682 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [AOUT loir2] 

car le canon y peult cslre arrivé avant midy, et n'est ledict chasteau 
fort du costé de la ville •. 

« Pour la secunde entreprise, avons aussi envoyé renfort de gens au 
comte de Benevel, jusques au compliment - de mil hommes et deux 
cens chevaulx leigers que a amenez le lieutenant de M. de la Herbau- 
dière; mais encores ne sçavons qui en est advenu. Pour obvier à la 
troisièsme entreprise, avons faict desloger les Suisses et envoyé la 
compagnye de M. le comte de Tende et les deux cens chevaulx leigers 
du seigneur Théode pour tenir le passage en seureté. A CarmaignoUe 
avons envoyé mil hommes de pied avec les compagnies de M. de Bot- 
lières et de moy. Au devant des gens de Cuchère avons envoyé le sei- 
gneur Ludovic de Birague, qui a chargé sur luy au sortir de la ville de 
Verruce ^ si vivement qu'il est entré dedans; et ont esté tous mortz ou 
pris les cent chevaulx dudict Cuchère : tous les chevaulx, ledict Cuchère 
et ce qui n'a esté mort amenez à Vérolingh. Et s'il vous plaist nous 
paicr pour ung moys ou deux au plus le nombre de troys mil hommes 
Italiens que nous avons faictz en quatre jours, et nous envoyer encores 
quelque nombre de Suisses (car le marchis du Vast n'aura moins de 
dix mil lansquenetz en son camp, à cause que ceulx qu'il avoit envoyé 
embarquer ont reffusé de ce faire sans estre paiez de quatre moys 
d'avance), nous espérons que non seullemeni ledict marchis sera 
trompé de son desseing, de nous empescher de semer et de faire ven- 
danger alTin que l'année qui vient nous soions affamez; mais nous vous 
aurons avant la fin d'iceulx deux moys estendu voz limittes de plus de 
pays que de présent nous n'en tenons. 

« Nous vous escriprons, Sire, plus amplement par autre dépesche. 
Parquoy moy Langey feray fin à la présente que j'escry pour tous 
deux, estant allé M. de Bottières avecques les seigneurs de la Herbau- 
dière, de Saint-Julien * et autres, visiter Carmagnolle, pour estre le 
lieu qui sera plus propice à loger nostre camp; car il semble cfue, nous 
retirant à Pinerol et laissant seullement noz villes garnies, le plat pais 
sera tellement en la puissance de l'ennemy pour empescher de semer 
et de faire vendenger, que l'an ensuivant, si vous vouliez envoyer ung 
camp en ce pais pour secourir voz villes, vous n'auriez aucun moien 
de le nourrir... 

« De Turin, ce vlngt-cinquiesme jour cVaousl i 542. » 

(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, f" 13o v"; 2 pp. 1/2 in-f".) 

1. V. le récit de la prise de Clierasco, dans les Mém. de Du Bellay, loc. cit., i. XIX, 
p. 382. Langey y mit M. de Centallo pour gouverneur. — (V. aussi Montluc, édit. 
de Ruble, t. I, p. 108.) 

2. Complément. 

3. Verrua, place du Piémont, à 37 kilom. de Turin "? 

4. James de Saint-Julien, colonel général des bandes suisses en Piémont, par com- 
mission du 22 mai 13i2 (V. Cat. des actes de François I", t. VII, 2° SuppL, p. 317, 
n° 24 811. — V. aussi les Mém. de Du Bellay, Coll. Pelilot, t'. XIX, p. 386). 



[septembre 1342] APPENDICE 683 

GUILLAUME DU BELLAY A M. d'aNNEBAULT. 

18. — Turin^ 25 août i 542. — « Monseigneur, je n'escriptz à Mon- 
seigneur ne à vous le discours de la prise de Chcras et de la deflaitle 
du cappitaine Cachère ^ pour la haste de faire partir ce porteur en dili- 
gence; mais j'escriptz à M. le général Bayard vous envoyer ung double 
de ce que j'escriptz au roy... 

« De Turin, ce vingt-clnquiesme jour d'aoïist 1542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f° 137; 1/3 p. iti-f°.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

19. — Car/gnan, 2 septembre 1 542. — « Monseigneur, nous croions 
que les autres affaires vous aient faict oublier ce que à vostre parle- 
ment vous nous promistes, d'avoir plus de soing de ce pais que si 
vous y estiez en personne; car il y a plus d'ung moys que du roy ne de 
vous n'avons aucunes nouvelles. Noz ennemys se sont aprochez de 
nous, mais en trouppes, faisant sommer et prenant les lieux où n'avoil 
garde; et si nous eussions eu, oullre noz Suisses, seullement deux mil 
hommes d'autre nation non engaigez à la garde des villes, nous eussions 
de ceste heure deffaict la moictyé des plus gens de bien qu'aient nos- 
dictz ennemys. Et n'est sans regret que nous voyons si foibles qu'il 
nous soit force de laisser passer devant nous tant de belles occasions. 
Nous vous supplions, Monseigneur, y avoir esgard et considérer de 
quelle importance est ce païs au roy. Nous pensons bien, quant à nos 
villes, rendre bon compte; mais si le pais est gasté comme l'ennemy 
entend le gaster, je crains que à la longue le roy y aict du dommage 
beaucoup. Nous vous envoyons, pour ne vous faire plus longue lectre, 
le double de ce que nous escripvonsaudict seigneur... 

« De Carig)ian, ce deiixlesme jour de septembre 1 542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f° 137; 3/4 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

20. — Turin, 8 septembre J 542. — « Monseigneur, je ne faiz poinct 
de double que les grandes occupations qu'avez par delà, pour exécuter 
plus grans et meilleurs affaires, ne soient en cause que par deçà n'avons 
de vos nouvelles; car ne du roy ne de vous n'en avons eu depuis que 
vous me renvoyastes ce porteur. Et tant y a. Monseigneur, que si vous 

1. Il s'agit peut-être d'un capitaine aragonais Cacero, mentionné dans le ms. fr. 
27 049, P. 0., de la Bibl. nat. — Le nom a été orthographié plus haut « Guchère ». 



684 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [SEPTEMBRE 1542] 

nous faictes secourir d'argent, nous vous manderons bientost des 
nostres, et telles qu'aurez cause de vous contenter. Et si Dieu eust 
voulu qu'il eust esté en vostre liberté de nous laisser, au temps de 
guerre, les gens qui s'estoient acoustumez et aguerris en ce païs au 
temps des guerres précédentes et de la tresve qui a suivy, desjà en 
eussicz-vous tant de bonnes nouvelles que à vostre retour deçà vous 
trouveriez, le chemin de Milan bien ouvert. Au demourant, pour ce que 
de tout ce que j'escriptz et envoyé au roy je vous envoyé les doubles, 
je ne vous en feray redicte; seuUement vous advertiray que Jehan- 
Loys, M. de Saluées, a envoyé sommer tous les habitants du marchisat, 
et que propos se tient entre les Impériaulx de venir avecques camp à 
Carmagnolle. Sy je puis tant trouver de crédit que j'aye moien de 
satisfaire aux gens que nous avons levez, j'espère aller trouver ledicl 
camp et faire preuves de noz forces avecques les leurs; cependant 
j'ay envoyé cinquante hommes de renfort au chasteau de ladicte ville 
de Carmagnolle. Et entendez, Monseigneur, affin que l'on ne pense 
que sans besoing nous entrions en despence, que si nous n'avons 
autres gens que ceulx que nous avez laissez, nous pouvons tout aban- 
donner à l'ennemy, fors que noz villes principales; car sihuict cens ou 
mil hommes viennent devant une place, nous n'aurions sans desgarnir 
noz villes principales ne gens pour envoyer dedans ne gens pour aller 
repousser les assiégeans. Car vous sçavez que noz Suisses ne sont pour 
faire telles exécutions; encores pensent-ilz beaucoup avoir faict de 
s'estre départis et mis es villes, et si nous avons (comme s'il plaist au 
roy aurons bien tost) autant de gens d'autre nation, nous ferions des 
choses beaucoup que sans crève de gens ne sçaurions pas faire... 

« De Turin^ ce huictiesme jour de septembre 1542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 137 v"; l p. 1/2 in-f».) 

GUILLAU.ME DU BELLAY AU MÊME. 

21. — Turin, 17 septejnbre 154.2. — « Monseigneur, aujourd'huy 
dix-septiesme de ce moys j'ay receu vostre lectre du neufviesme qui 
est la première que j'aye receue de vous depuis le dix-septiesme de 
juillet. Quant à ce que m'escripvez que audict neuviesme jour nous 
pouvions avoir receu l'entier paiement de ce présent moys, je vous 
asseure qu'il s'en fault quatre-vingt-treze mil six cens dix-huict livres 
cinq solz tournois que nous ayons receu le paiement de ces troys moys 
passez. Quant à vous mander souvent de noz nouvelles, j'espéreroys 
souvent vous en mander si du coslé de delà on m'en donnoit les 
moiens; mais si l'on continue comme l'on a faict jusqu'icy, j'ay 
grand peur que par faulte de paiement nous perdions tant de gens 
que force sera par après vous en mander de mauvaises. Quant à moy, 



[septembre 1542] APPENDICE 685 

je ne puis sinon me plaindre souvent, et qui ne vouldra y donner 
ordre, je ne puis pas faire les miracles; à tout le moings ne laisseray-je 
de faire tout ce que possible me sera... 

<( De 7'urin, ce dix-septiesme jour de septembre 1 54.2. » 
(Allemagne, Covresp., vol. 3, ï" 138; 1 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

22. — Camp de Carignan, 22 septembre 1 542. — « Monseigneur, 
il nous est force après toutes attentes vous donner advis de la nécessité 
où nous sommes affîn qu'il vous plaise en toute diligence peurveoir en 
Testât qui nous est ordonné, et du surplus en escripre au roy, à ce 
qu'il en ordonne ce qui luy semblera estre le bien de ses affaires. Il 
est aujourd'huy le ving-deuziesme du moys et encores s'en fault 
quatre-vingt-treze mil six cens dix-huict livres cinq solz que nous 
aions receu le paiement de ces troys moys derniers; et de trouver 
plus argent en lieu du monde n'y voions ordre. Nos bandes françoyses 
se desfont journellement à faulte de paiement, et avons esté con- 
trainctz de meclre des Suisses en noz principales villes; lesquels ne 
veullent plus y demourer, et aujourd'hui nous ont faict entendre 
qu'estant en ce petit nombre qu'ilz sont, ils veullent estre tous 
ensemble, de peur que s'il leur advenoit un inconvénient leurs supé- 
rieurs eussent cause de leur reprocher que la faulte feust venue pour 
estre séparez. Et au demourant leurs cappitaines nous ont desjà faict 
entendre par ci-devant qu'ilz ne peuvent plus retenir leurs gens s'ilz 
ne sont paiez à jour nommé. Plus escripvant la présente, ilz nous ont 
envoyé demander de leur faire un prest qui est impossible, car en 
toutes les bourses de ce camp on ne sçauroit assembler cent escuz. 

« Nous avons eu et avons des plus belles entreprises en main qu'il 
est possible, lesquelles par faulte d'argent nous faut laisser passer, 
et cependant courent les paies inutilement et sans faire service. Sy 
notre eslat ordinaire ne nous eust poinct failly, nous eussions peu, de 
ce qu'avons empruncté, faire des choses au service du roy qui par 
advanture cousteront ung jour ung milion de francs avant qu'elles 
soient faictes. 

« Nous ne vous userons de plus longue lectre, car vous verrez ce 
qu'en escripvons au roy... 

« Du camp â Carignan. ce vingt-deuxiesme de septembre i 542 *. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f"^ 138 v"; I p. 1/i- in-f.) 



i. » Une semblable a esté escripte à M. le cardinal de Tournon, du mesme jour. 

I 



68G AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBUE 1542] 

GL'ILLArME DU BELLAY A M. DE GRIGNAN'. 

23. — Camp de Carignan, 2.2 septembre 1542. — « Monsieur, j'ay 
eu advis de Genncs que les lansqucnetz qui feirent voile le dix-neuf- 
viesme de ce moys, et deux mil Italiens ou Espagnolz qui doyvent aller 
après, doyvent descendre en Prouvcnce pour y donner quelque 
trouble, en espérance de divertir l'entreprise d'Espagne. Et m"escript- 
on qu'ilz ont intelligence en quelque lieu; dont j'ay bien voulu vous 
advertir, affin que vous y aiez l'œil, encores que sçache très bien que 
n'y estes négligent... 
« Du camp de Carignan, ce vingt-deuxiesme jour de septembre 1 542. » 

(Allemagne, Corrcsp., vol. 3, f" 139; 1/2 p. in-f°,) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. D'ANNEBAULT. 

24. — Turin, 4 octobre 1 542. — « Monseigneur, la présente sera 
pourresponce à deux vostres communes à M. de Bouttières et à moy », 
l'une du dix-septiesme et l'autre du vingt-sixiesme du passé, avecques 
deux doubles de lectres que avez escriptes au roy touchant le contenu 
de noz demandes; et pour toute responce, Monseigneur, il n'y a poinct 
de doubte que ce sera ung très grand service au bien de ses affaires si 
l'entreprise dont luy escripvez se peult exécuter ainsi que (nonobstant 
quelque trop publicque propos tenu y aict peu apporter préjudice) 
j'espère qu'elle se exécutera; et elle le fust et en estoit le jour arresté 
au premier de ce moys, si le dernier du passé force ne nous eust esté 
de rompre nostre camp et différer toutes choses pour la nécessité d'ar- 
gent en laquelle nous sommes, ainsi que verrez par le double de ce 
que j'en escriptz au roy. A quoy remédiant promptement, non seuUe- 
ment se redressera ladicte exécution, mais une autre prochaine de 
non moindre importance et qui eust beaucoup plus faict de service 
que deux Valences et deux Lomelines -. Mais tant y a que non sans 

1. Louis d'Aclhémar de Monteil, seigneur de Grignan, nommé lieutenant-général 
pour le roi en Provence et gouverneur de Marseille, par provisions en date du 
16 août 1541, àBourbon-Lancy(Ca<. des actes de François l", t. IV, p. 230, n" 12.064). 

11 avait été ambassadeur à Rome du 21 août 1338 au 19 février 1540, date de son 
retour auprès du roi après un séjour d'une quinzaine à sa maison de Grignan 
(V. B. N., ms. Glairambault 1215, f' 76 v", 77 v° et 78 V). 

M. de Grignan passa plus tard au gouvernement de Lyonnais, Forez et Beaujolais, 
fut créé comte de Grignan en looS, et mourut Tannée suivante, le dernier de sa 
branche. 

2. Allusion à la « pratique » ou expédition projetée par M. d'Annebault contre 
ces deux places. 

Valenza, place du Milanais voisine d'Alexandrie. Elle fut prise en lool par le 
maréchal de Brissac, reprise par les Impériaux, et reconquise un peu plus tard i>ar 
le duc François de Guise qui y mit, comme gouverneur, le capitaine Francesco 
Bernardini. 

Lomellina, ancienne place forte comprise aujourd'hui dans la ville de Gavi. non 
loin d'Alexandrie. 



[octobre 1542] APPENDICE 687 

cause vous donnez l'advis nécessaire de ne nous laisser plus on néces- 
sité d'argent sy son intention est que nous exécutions lesdictes pra- 
ticques : bien que l'ordre y ait esté mis, nonobstant nous sommes tenuz 
encore plus courtz que devant. Je ne fais poinct de doiibte que M. le 
cardinal de Tournon n'y face toute puissance, mais oultre puissance il 
ne pcult; aussi ne faisons-nous de notre part. Parquoy supplions au 
moins qu'il ne nous soit poinct donné de blasmc sans estre oys. Mon- 
dict seigneur le cardinal nous a envoyé ce qui nous estoit deu du moys 
d'aoust; de vingt mil francs qui nous sont deubz de juillet n'en veult 
prendre congnoissance pour ce que ce n'est de son temps*; et aussi peu 
de deniers paiez aux. légionnaires et aux Suisses pour certain nombre 
de jours affin de faire tomber toutes les monstres à ung jour. Pour les 
troys mil hommes de Chéras, il nous a envoyé le paiement du moys 
d'octobre, mais court, à cause qu'il compte chacune enseigne de cinq 
cens hommes et ne sont que troys cens. Celuy de septembre veult que 
le prenions sur les deniers revenans : or estimez, Monseigneur, com- 
bien nous avons peu despendre oultre les deniers revenans, aians esté 
contrainctz de mectre gens en tant de lieux et de faire teste contre 
l'ennemy, si nous ne voullions nous laisser enclorre du premier jour. 
De tout le surplus du paiement d'octobre ne peult encores mondict 
seigneur le cardinal asseurer quand il le nous envoyera. Or me vient 
M. de Bottières d'envoyer en diligence M. de Vassey quérir argent pour 
les Suisses qui veuUent estre paiez promptement ou ne menassent que 
de sac ou de pys, tant en suyvant leur première délibération que pour 
une mutinerye survenue que vous entendrez par ledict seigneur de 
Vassé présent porteur. Et ne les paiant, ne sçavons comment les choses 
se pourront passer; en les paiant, ne sçavons-nous s'ilz demeureront 
après, et si ne les sçaurions paier sans prendre l'argent envoyé pour 
Chéras. Et si Chéras, que les Gennevoys- achepteront volontiers cin- 
quante mil escuz, se vient à perdre par fauUe de paiement, je ne sçay 
si mon excuse sera receuc d'avoir employé en paiement desdictz 
Suisses ce qui m'estoit ordonné pour le paiement dudict Chéras. Dieu 
me doinct grâce, Monseigneur, d'y faire ce qui sera pour le service du 
roy, et que à tout le moins je ne reçoyve blasme sans coulpe. J'envoye 
présentement dix mil escuz pour les Suisses de Pinerol; à ceulx de 
ceste ville et de Montcalier feray prest de quatre cens escuz pour 
enseigne. A huict cens hommes qui attendent l'ennemy dedans Cas- 
telles^ ay envoyé les simples paies. 

« Noz ennemys, incontinent qu'ilz ont sceu nostre deslogement de 
Carignan, ont marché droict à Chéras et y ont laissé quatre char- 
rettes deschelles, remmenant leurs carres vuydes; mais, repassant par 

l.Du temps où il prit la direction «les afTaires. 

2. Génois. 

3. Caselle, place du Piémont, dans la province de Turin. 



688 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE J 542] 

la Cisterne', ilz ont rechargé leursdiclz cars* d'Espagnolz mortz et 
blessés. Hz esloicnt allez chargez de boys et sont retournez chargez de 
chair. Pleust à Dieu, Monseigneur, que le roy sceust au vray le tiers 
des belles occasions qu'il perd deçà! lesquelles pertes me causent ung 
tel regret que je ne sçay à qui m'en plaindre. 

« De luvin, ce qunlricsme jour d'octobre i 542. 

« Ce porteur passera par M. de Boltiôres à Pignerol, lequel vous 
pourra escripre encores plus amplement de ceste mulinerye. Aussi, 
Monseigneur, ne veuil oublier à vous ramentevoir nostre pauvre gen- 
darmerye et cavalerye légère. » 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, 1'° 139 V; 2 pp. 3/4 in-f°.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

25. — Turin, 13 octobre 1 542. — « Monseigneur, estimant que 
serez avecques le roy, il m'a semblé ne vous debvoir envoyer le double 
de ce que je luy escriptz ; car vous verrez l'original. Seullement vous 
supplieray que, estant au lieu où il fault parler, vous vueillez ung 
peu ramentevoir les affaires de par deçà. Lesquelz ne gisent qu'en 
deux considérations : ou que ledict seigneur vueille seullement garder 
ses places, et laisser pour ung temps le demeurant le pays à l'abandon, 
et en ce cas nous, nous ne sommes que trop fortz; ou qu'il vueille 
garder tout ce qu'il tient et encores estendre ses limites, et en ce cas 
aiant l'ennemy les forces qu'il a, il nous fault estre fortz assez pour 
pouvoir gecter à la campagne ^ sans bazarder nosdites places fortes, 
jusques au nombre de huict ou dix mil hommes et croistre lesdites 
forces selon que l'ennemy croistra les siennes. A quoy faire suffiroient, 
oultre ce que nous a esté laissé, les sept mil hommes de crève que du 
commencement on nous avoit accordé, y comprenant les Iroys mil 
hommes de Cliéras. 

<( Au demeurant. Monseigneur, vous aurez sceu comment Jehan Loys, 
M. de Saluées, s'est mis dedans Carmaignolle ; et depuis ses gens se 
sont mis dedans Venache ^ Quoy voyant, et que M. le marchis de 
Saluées ne faict grand compte de garder le reste, j'ay envoyé dedans 
Saluées de peur que les ennemys se y missent... 

« De Turin, ce treizième jour d'octobre i 542. » ^. 

(Allemagne, Corresp., vol. 3, f° 141; 1 p. in-f".) 

1. Cisterna, bourg du Piémont, à \'6 kilom. d'Asti. 

2. Carres ou cars, charrettes, chariots. 

3. Mettre en campagne. 

4. Venasca, bourg du Piémont, à 19 kilom. de Saluées, sur la Vraïta. 



[octobre 1542] APPENDICE 689 

GUILLAUME DU BELLAY AU ROI. 

26. — Turin, 16 octobre 1 542. — « Sire, ensuivant ce que m'avoit 
dict le comte Sforce * estre l'intention du marchis du Vast de tenter 
Valfinière ^ la Cisterne, Castelbourgon ^ et Castelles, et que de Véro- 
lingh il estoit en suspens, ledict marchis a exécuté son entreprise de 
Valfinière, avecques douze grosses pièces d'artillerye et force munitions 
dont il a bien despendu de vingt-cinq à trente chartées. Et y a faict la 
plus horrible batterye, au jugement de tous ceulx qui Tont veue, qu'il 
est possible de faire d'artyllerye. Bien assailly et bien deffendu. Il y a 
perdu plus de troys cens hommes et quatre enseignes, et plus de 
deux cens blessez. Depuis venu à parlement et voulant le cappitaine 
Jacques Murador, qui tenoit la place de par vous, la luy remectre en 
sortant bagues * saulves et enseigne desployée, et ne voullant ledict 
marchis l'accepter sinon la corde au col, une grande pluye les sépara; 
durant laquelle ledict Mirador, assemblant tout ce qu'il avoit de 
meubles, vivres et ce qu'il avoit au chasteau, mist le feu dedans et 
sortit avecques tous ses gens ensemble, en sorte que les Impériaulx, 
entrans le lendemain audict chasteau, n'y trouvèrent ung verre d'eau 
pour seuUement laver la bouche. — A présent, Sire, touche la Citerne; 
mais le cappitaine Alexandre Tort ^ qui est dedans vous promect bien 
que si le marchis a eu dommage à Valfinière, il en aura encores plus 
à ladicte Cisterne. Le seigneur de Grissey, naguières retourné devers 
vous, s'est allé mectre dedans Casalbourgon avecques quatre cens 
hommes françoys, car ceulx de la ville n'en veullent poinct accepter 
d'autres, et n'est poinct délibéré que le marchis luy face peur. A 
Caselles y a huict cens hommes, auxquelz commande le chevalier de 
Villegaignon, parent de vostre président de ce pays ^, qui ne fault 
poinct tous les jours de donner l'alarme à ceulx de Vulpian. 

« Sy nous estions ung peu plus forlz de gens, fortune nous ameyne 
bien souvent de belles occasions de vous faire service. Les gens de 
ceste ville vindrent l'autre jour remonstrer à mon frère, leur gouver- 

1. Ascanio Sforza, comte de Santa-Fiore, mort en lo75. 11 conduisit plus tard en 
France les troupes du pape Pie V, prit part à la bataille de Moncontour (1569) et fut 
créé chevalier de la Toison d'or par Philippe II. 

2. Valfenera, place du Piémont, située dans la province d'Alexandrie, non loin 
de Villanuova d'Asti. 

3. Casalborgone, place du Piémont, dans la province de Turin. 

4. Bagages. 

5. Alessandro Torto, mentionné dans un document de 1544, publié par Desjar- 
dins, loc. cit., t. III, p. 109. 

6. Villegaignon fut nommé vers celte époque commissaire extraordinaire des 
guerres, ■< chargé des montres et revues des gens de guerre, armez et montez sur 
chevaulx légiers, et gens de guerre à pied ». (V. diverses quittances signées, des 
années 1542 et 1543, au ms. fr. 27,523, P. 0., B. N.) 

Venise. — 1540-1542. 44 



690 AMIiASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE 1542] 

neur ', le grand donnnag(î que portent Castillon ^ et Gasse ^ à ceste 
ville, y estans les ennemys qui rompent le passage des vivres qui nous 
souloient venir; aussi que, sans les moulins desdiclz lieux, les ennemys 
ne recouvreroient poinct de farines et seroient contrainctz de se retirer. 
A ces causes mondict frère y envoya le sieur de Malicorne* rompre les 
moulins, ce qui a esté faict, et garny d'eschelles, pour prendre ledict 
Castillon si faire se pouvoit. Les eschelles se trouvèrent courtes : par 
quoy noz gens furent repoussez, et ledict sieur de Malicorne blessé 
d'ung coup de harquebouze dont j'espère qu'il n'aura que le mal*. Le 
seigneur dudict Castillon, qui avoit mis la place en la puissance des 
ennemys, y fut tué, et sept ou huict autres gens de nom. Retournez 
que seront les chevaulx d'artillerye que j'ay envoiez à M. de Bottières, 
à ce qu'il face l'entreprise de Barges *, j'espère recouvrer ledict Cas- 
tillon ; et si, au retour de mondict seigneur de Vassey, vous nous 
envoyez moien de bien faire, j'espère que bien tost de ce costé vous 
aurez bonnes nouvelles. 

« Au surplus. Sire, noz Suisses se desrobent tous à la fille \ et croy 
que en tout et partout ne sont poinct troys mil bouches; et si à ce 
moys de novembre argent n'est venu à temps, a grant peyne qu'il nous 
en demeure guères. De François je me suis renforcé jusques au nombT*e 
de deux mile. Il vous plaira, Sire, ordonner que leur paiement soyt 
envoyé pour cedict moys de novembre, comprins toutesfoys au nombre 
des quatre mil hommes de crève que par ci-devànt il vous a pieu nous 
octroyer oultre la garnison de Chéras... 

« De Turin, ce seizième d'octobre i 542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 141 v°; 2 pp. 1/4 in-f".) 



GUILLAUME DU BELLAY AU CARDINAL DE TOURNON. 

27. — Turin, 4 6 octobre 1542. — « Monseigneur, estimant que 
serez avecques le roy et que verrez l'original de ce que je luy escriptz, 
je ne vous feray autre discours; seullement vous supplieray d'avoir 

i. Le capitaine Martin du Bellay, l'auteur principal des Mémoires, gouverneur de 
Turin. 

2. Castiglione, place du Piémont, dans la province de Turin. 

3. Gassino, place du Piémont, dans la province de Turin. 

4. Jean de Chourses, seigneur de Malicorne, chevalier de l'ordre du roi, devint 
plus tard gouverneur du Poitou, par lettres données à Paris le 15 juillet 1585. Il 
mourut vers 1605. Le Cabinet des manuscrits, à la Bibliothèque nationale, conserve 
un grand nombre de quittances de lui {Pièces originales, ms. fr. 27,246). 

5. V. les Mém. de Du Bellay, loc. cit., t. XIX, p. 393. 

6. Barge, bourg du Piémont, à 16 kilom. de Saluées, sur le Grandon. 

7. A la file. 



[octobre 1542] APPENDICE 691 

souvenance de nous et vouUoir tenir la main à ce que nous soions 
secouruz et de gens et d'argent... 

« De Turin, ce seizième jour cVoclobre i 54.2 '. » 
(Allemagne, Correap., vol. 3, fJ 142 v"; 1/2 p. in-f".) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. D'aNXEBAULT. 

28. — Turin, 20 octobre i 542. — « Monseigneur, j'ay receu vostre 
lettre du quatorzième de ce mois, avecques Tadition à icelle. Pour à 
laquelle respondre, encores que vous-mesmescongnoissiez assez Testât 
des affaires de par deçà, il me semble que si le roy se résoult de seul- 
lement garder ses places fortes par deçà, la résolution luy sera peu 
advantageuse. Car les gens qui seront en sesdictes places seront con- 
trainctz de manger ce qui est dedans, et l'ennemy donnera bon ordre, 
— desjà il commence, — de ne laisser ne grains ne vins ne fourrages 
au plat pais; de manière que si le roy par après veult envoyer une 
armée pour secourir sesdictes places, il ne trouvera de quoy les sus- 
tanter. Item, prenant ladicte résolution il fault laisser chacune desdictes 
villes garnye en la mesme sorte que si on y attendoit le siège : à quoy 
ne fault guères moindre nombre de gens que celluy que y avons; et 
adjoustant pour ung moys seuUement la despence de quatre ou cinq 
mil hommes davantage, l'on pourroit repousser l'ennemy si avant qu'il 
auroit à craindre de nous ce que nous avons à craindre de luy. 

« De vous mander particulièrement ce que nous pourrions faire 
estans renforcez, je l'ay tant de foys mandé que j'ay honte de tant pro- 
mectre et ne riens faire; mais je suis asseuré, autant que l'on se peult 
asseurer des choses futures, que si je me trouvoys le paiement entier 
du moys qui vient et ce qui nous est deu du passé, avecques cin- 
quante mile francs pour une foys despendre oultre cela, le roy avant 
la my décembre seroit seigneur d'autant de pais oultre ce qu'il tient 
par deçà comme à présent il en tient, et vouldroys y obliger mon bien 
et ma vye ^. 

« Une chose. Monseigneur, vous veulx-je bien ramentevoir, c'est 
qu'avant vostre retour de par deçà vous donnez ordre que y estant 
vous ne demeurez court, et soiez contrainct de laisser passer des 
occasions devant voz yeulx, dont vous ayez un regret perpétuel. J'avoys 
commencé une dépesche au roi avant la réception de voz lectres, 
laquelle vous verrez, et pour ce je n'y useray de redicte. M. le marchis 

1. « Une semblable a esté escripte par ledict seigneur de Langey à M. le mares- 
chal d'Ennebault, dudict lieu de Turin et au même jour. » 

2. Langey y perdit vainement son bien et sa vie. Quand il mourut, le 9 janvier 
de l'année suivante, en se rendant à la cour pour tenter un suprême effort auprès 
du roi, il était, disent les Mémoires, endetté de trois cent mille livres dépensées au 
service de l'État. 



692 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLIGIER [OCTOBRE 1542] 

du Vast a depuis envoyé sommer Beyne ' et Carre *, et est son inten- 
cion de tenter toutes choses possibles et impossibles pour recouvrer 
Chéras. Le passage duquel il nous assiège en se saisissant desdictz lieux 
et autres alentours. J'ay trouvé moien de faire paier cinq cens hommes 
qu'avoit M. de Carre, et lui envoyé mectre dedans ledict Carre et avec- 
ques luy huict cappitaines, gens de bien, qui n'ont aucune charge, 
mais sont arrivez naguères de devers le seigneur Jehan Paule ^ et 
mectront peyne de faire avecques luy service au roy. A Beyne j'ay fait 
venyr troys enseignes de celles qui estoient audict Chéras, au lieu 
desquelz je y envoyé cinq cens hommes de pied françoys, estimant que 
la ville sera plus sûrement gardée y aiant nombre de gens de noslre 
nation que si tous y estoient estrangers. Et mesmement sçachant que 
le marchis n'espergne présens ne promesses pour y avoir intelligence, 
j'ay donné advis à M. de Cental d'ung homme d'estofe de ladicte ville 
qui par ung de mes espies a esté par plusieurs foys veu parlant 
secrettement avecques ledict marchis, affin qu'il luy face mectre la 
main dessus. Il vous plairra, Monseigneur, estre moien que le roi à ce 
prochain paiement face faire fons pour le paiement desdictz gens de 
pied françoys et pour autres qui ont esté mis es citadelles de Pinerol 
et Montcalier. Toute ladicte crève et tout ce que je demanderoye pour 
satisfaire à ce que dessus seroit que, oultre ce que nous laissastes et 
oultre la garnison dudict Chéras, on nous entretint pour ung moys ou 
six sepmenes quatre mil hommes. Je vous supplie, Monseigneur, si la 
chose vous semble raisonnable, voulloir estre le moien qu'elle soit 
exécutée. 

« Au surplus, Monseigneur, il vous pleut à vostrepartement me bailler 
compagnon *, et nonobstant qu'ayant desjà si longtemps tenu seul 
vostre lieu, je sceusse que cela ne pouvoit estre sans donner à plu- 
sieurs occasion de penser quelque insuffisance de moy, je n'en feiz 
toutesfoys autre difficulté que celle que vous veistes, et avecques ledict 
compagnon que vous me baillaistes me pense estre gouverné en telle 
sorte que je ne luy auray donné juste cause de malcontentement. J'ay 
toutesfoys esté adverty qu'il trouve les choses de par deçà mal gou- 
vernées à son gré, et en tient des propos : estans desjà venuz jusques 
aux oreilles de M. le cardinal de Tournon, il m'a semblé lui en debvoir 
escripre ce que verrez par le double de ma lectre que je vous envoyé, 
et au demourant. Monseigneur, vous supplier estre content de faire 
aller par delà le commis qui a manié les finances pour rendre son 
compte, afïin que si par la reddition d'icelluy son compte on trouve 
que j'aye mal ordonné, on en face démonstration pour une autre foys. 

1. Bene, place du Piémont, dans la province de Coni. 

2. Carra-Borgara, dans la province de Turin. 

3. Giovanni-Paolo Orsini da Cerri. 

4. M. de Boulières. 



[octobre 1542] APPENDICE 693 

Je n'ay sceu comprendre la cause du malcontentement dudict com- 
pagnon que m'avez baillé, sinon pour ce que ledict commis ne luy faict 
poinct signer les ordonnances. Et je vouldrois qu'il en eust signé 
cinquante pour une, et je fusse rellevé de cesle peyne; mais, n'aiant 
aulcun pouvoir, ses signatures ne serviroient de riens audict commis 
ne à son maistre en la reddition de son compte... 

« De Turin, ce vingtième jour d'octobre 1542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. .3, f" 142 v"; 3 pp. in-f'.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU ROI. 

29. — Turin ^22 octobre 1542. — « Sire, vous aurez avecques la pré- 
sente l'avis des cappitaines et autres de vostre conseil eslans par deçà, 
suivant ce que avez donné charge au seigneur de Vassey. Et s'il vous 
plaist promptement envoyer le paiement entier de ce prochain moys 
avecques les deux parties qui nous sont dues, je veux. Sire, que me 
chastiez si, avant que vostre renfort arrive, je ne luy fais faire le chemin 
large. Au surplus. Sire, pour ne vous enuyer à vous rendre compte 
particulièrement de tous les propos que vous avez tenuz audict 
seigneur de Vassey, j'escriptz à M. le cardinal mon frère ' pour vous 
en rendre compte à voz opportunitez. 

« Sire, le marchis du Vast a envoyé le seigneur Piche Colonne - avec 
deux mil hommes pour se saisir de Carre et Beynes; tant y a que es 
dictz lieux j'ay envoyé gens et que ledict marchis, pour cause des 
grosses eaues, ne luy scauroit envoyer de renfort. A ceste cause, M. de 
Bottières partira demain avec cent hommes d'armes et deux cens 
chevaulx-leigers, jusques au nombre de troys mil hommes de pied, 
pour essayer de le rencontrer. Il me desplaist que je n'y puis estre, 
mais cependant je mectray peyne de me renforcer pour en après vous 
faire meilleur service... 

« De Turin, ce vingt-deuxièsme jour d'octobre 1 542. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f" 144; 1 p. in-f^.) 

GUILLAUME DU BELLAY A M. D'aNNEBAULT. 

30. — Turin, 22 octobre 1 542. — « Monseigneur, hersoir arriva 
M, de Vassey, avecques lequel en passant à Pinerol sont venus MM. de 
Bottières et de Molans; et aujourdhuy avons devisé de ce qui nous 
a semblé estre à propos pour le service du roy, comme vous verrez 
par l'advis que luy envoyons. Quant à ce que m'escripvez, que je vous 

1. Le cardinal Jean du Bellay. 

2. Pirro Colonna. 



694 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBIIE 1542] 

mande s'il se pourra faire quelque chose de bon, car en ce cas vous 
vouldriez bien vous y trouver, je vous asseure. Monseigneur, qu'il se 
pourra iaire de bonnes choses, et mesmcment y estant vostre personne ; 
mais je serois bien d'advis, si vous veniez, que feissiez marcher devant 
quelques chevaulx d'artillerye, car nous n'en sommes pas trop bien 
équippez. 

« J'ay parlé gratieusement audict seigneur de Bottières touche i le 
propos dont devant hier je vous escripvy, lequel s'en excuse le plus 
fort du monde. Sy a il usé de ce langaige devant tant de gens, qu'il ne 
peult que beaucoup ne l'aient interprété par adventure plus mal que 
luy ne le pensoit; mais de cela je ne m'en eschauffe guières, me tenant 
asseuré que je sçauray rendre bon compte de ma négociation. Sy vous 
luy eussiez laissé ung pouvoir pour signer les ordonnances, il n'eust 
poinct eu de mal contentement; et puis ainsi comme ainsi j'avois 
compagnon, je fusse au moins rellevé de tant de peyne. Venu que 
serez, vous entendrez comme tout se sera porté. Cependant, pour ce 
que j'entends que la plaincte de ce mescontentement est venu jusques 
aux oreilles du roy, je vous prye que le commis de par deçà, incon- 
tinent la monstre de novembre faicte, soit mandé pour aller rendre 
son compte, par lequel on pourra veoir si j'ay bien ou mal versé... » 

(xVUemagiie, Corrcsp., vol. 3, f»^ 114 v" ; 1 p. ia-f"*.) 

GUILLAUME DU BELLAY AU MÊME. 

31. — Turin, 24 octobre 1542. — « Monseigneur, vous verrez ce 
que j'escriptz au roy touchant ma maladie^; laquelle, grâces à Dieu, 
n'est dangereuse ni de grande langueur ^, moiennant que pour ung 
peu de temps je puisse demourer sans penser en chose qui me travaille 
les espritz : ce que je ne puis faire estant en la charge en laquelle il 
vous a pieu me laisser. Sy vous estes près de vostre partement, et il 
vous plaist me faire avoir congé et mander les chemins que vous 
tiendrez, je m'en iray au devant de vous changer d'air en quelque lieu 
tempéré *. Sy vous n'estiez si prest à partir, je suis conseillé de plusieurs 

1. Touchant. 

2. La letlre, malheureusement, nous manque; elle n'eût pas laissé que d'être fort 
instructive. En effet Langoy, touché à mort, ne se faisait peut-être pas autant illu- 
sion sur la gravité de son mal qu'il veut bien ici le donner à croire. 

3. Durée. 

4. « Monsignor de Langey ë preso di umor malinconico », écrit de Chieri, le 
30 septembre l.')42, Giovanni-Baltisla Speciano, un ami du duc Cosme, au secrétaire 
de ce prince, attribuant la cause de cette maladie aux progrès des Impériaux qui 
bientôt se rendront maîtres de tout le pays. Et il ajoute au bas de sa lettre : 
« Dopo scritto, è venulo l'avviso come Monsignor de Langey, dopo essergli venuto 
l'umor malinconico, è ridulto ail' eslremo; ne vuole tollerare di videre la nostra 
prosperità; pero li mcdici giudicano che andràaltrove » (Desjardins, loc. cil., t. Ill, 
pp. 30 et 37). 



[octobre 1542] APPENDICE 695 

entendans les affaires du roy de par deçà, de vous escripre que vous 
pourvoie/ icy de quelqu'un avecques M. de Bottières qui n'aict poinct 
tant de langaige que luy : chose, Monseigneur, que je n'ay voulu 
escripre à autre que à vous-mesmes, affin que mon escripture ne luy 
porte préjudice... » 

(Allemagne, Corresp, vol. 3, f'^ 145; 3/4 p. in-f".) 



GUILLAUME DU BELLAY AU MEME. 

32. — Turin, 3 1 octobre i 542. — « Monseigneur, aiant eu nouvelles 
du receveur Hélouyn \ que le vingt-septièsme de ce moys il fera partir 
de Lion, sur muletz, cinquante mil francs qu'il envoyé sur et tant 
moins du paiement de ce moys de novembre, actendant qu'il recou- 
vrira le reste au plustost qu'il pourra, sans donner autre terme ne sans 
parler de ce qui nous est deu du passé et que nous debvons aussi 
comme vous aurez veu par Testât dernièrement envoyé, il m'a semblé 
de vous envoyer le trésorier Péguineau au devant. Auquel j'ay donné 
charge, aiant mis ordre au parlement dudict paiement, de s'en aller 
vers M. le cardinal de Tournon pour rendre compte de ce qu'il a manié. 

« J'espère, attendu Testât où je suis, que je n'auray esté reffusé 
d'aller changer d'air pour me reffaire; et si, par la reddition des 
comptes dudict Péguineau se trouve quelque chose mal ordonnée, je 
seray de tant plus près pour en aller moy-mesmes rendre compte. La 
cause qui me meut d'envoyer liaster ledict paiement est le désordre 
que je crains de noz Suisses : je ne sçay à qui donner la faulte de leur 
façon de faire, mais aucuns d'eulx s'en deschargent sur gens d'autre 
nation. Comment que ce soyt, le roy y est grandement desrobé; car à 
la monstre dernière qui fut faicte à Pinerol, ilz ont tous esté paiez à 
rolle entier, et je pense qu'il n'y en avoyt pas plus de la moictyé. Ceulx 
de Montcallier, quand ilz ont sceu ceste façon de monstre, ont faict 
grand plaincte qu'ilz avoient esté pis traictez que les autres, et disent 
bien que à ceste monstre ilz veillent estre récompensez, Ceulx de ceste 
ville ont esté plus modestes, et se sont contentez d'enfermer chacun une 
enseigne en une église, et que leurs gens en sortissent hors appeliez 
par rolle. 

« Romanus Zer, ung des cappitaines dudict Montcallier, a eu ces 
jours icy saufconduict du marchis du Vast pour aller à Quiers ^ et 
quand il a eu à demander l'avis à M. de Peschère^ s'il devoit y aller 

1. Hellouin, receveur des finances. 

2. Chieri. 

.3. Marin de Peschère, chevalier seigneur dudit lieu, commissaire ordinaire des 
guerres (1.539), gouverneur de Moncalieri (1545). La Bibliothèque nationale (ms. fr. 
28.729, Pièces originales) possède plusieurs quittances signées de sa main. 



696 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE 1542] 

(lequel luy dict qu'il ne le debvoit faire sans mon congé), ledict 
Romanus y alla toutesfoys le lendemain matin et y a esté grandement 
caressé à la table dudict marchis; lequel luy a donné une cheyne de 
cent escuz, et à cliacu n de ses soldatz six escuz. Et la nuict qu'il demoura 
dedans ledict Quiers, les Espagnol/, feirent comme plus au long verrez 
par la lectre de M. de Peschère que M. le Petit Roy vous envoyé. Je 
ne trouve la façon guère bonne. J'ay mandé audict Romanus qu'il 
vienne jusques icy affin de parler à luy. Quant au propos de noz 
ennemys, le seigneur Picche Colonne a abandonné son entreprise de 
Beyne, Carre et Montdevy, et n"a voulu attendre M. de Bottières qui 
alloit pour le recueillir ésdictz lieux : il a retiré ses gens dedans 
Fossan et Sainct-Alban*. J'ay envoyé advertir les gens de Chéras, de 
Beyne et Carre, pour essayer s'ilz pourront donner une venue à ceulx 
qui sont audict Sainct-Alban. Les Impériaulx ne sçauroient les y 
secourir, et lesdictes troys villes où il y a le nombre de quatre mil 
hommes paiez, s'en peult facillement tirer deux mil avecques la bende 
du seigneur Théode. M. de Bottières s'est retiré devant Barges, et hier 
salua le chasteau avecques le canon. Le cappitaine dudict chasteau 
m'a envoyé offrir quelque party; je l'ay remis audict seigneur de 
Bottières : ce sera bonne chose recouvrer ledict chasteau, comme 
j'espère que ledict seigneur de Bottières recouvrera. 

« Le marchis du Vast, par tous les adverlissemens que nous en 
avons, est délibéré de se yverner à Cazal -, mais d'essayer quelque 
grosse entreprise avant que se y retirer. Quelle entreprise ce peult 
estre ne sçavons encores au vray, mais de tous costez nous tiendrons 
sur noz gardes. Je croy que M. le Petit Roy luy apreste ung bancquet 
tel qu'il appartient si son desseing s'adresse en ceste ville; et ainsi, 
comme il en a praticque, autres disent qu'ilz menassent Montcallier. 
Et de faict il est desjà venu par plusieurs foys recongnoistre le lieu, et 
a trouvé par conseil qu'en doublant la battorye qu'il feit à Valfinière 
U pourroit fort endommager la ville. On fera mectre à l'adventure gens 
françoys de renfort dedans : ce que desjà l'on a faict à Savillan, pour 
advertissement que nous avons que ledict marchis y avoit quelque 
intelligence. 

« Tant y a, Monseigneur, que estant la charge de ce pays remise sur 
vous, il me semble que vous devez donner ordre que le paiement nous 
soit rendu aux termes ordinaires autrement qu'il n'a esté faict depuis 
vostre parlement; car, l'envoyant si tard et par pièces comme l'on a 
faict, le roy n'en est si bien servy aux monstres. Et ne se peult on aux 
factions servir de ceulx qui ne sont paiez et veoir leurs compagnons 



d. Sant' Alliano, bourg du Piémont dans la province de Coni. 
2. Casale, importante place du Piémont, à 24 kilom. d'Alexandrie et GO de Turin, 
sur la rive droite du Pô. 



[octobre 1542] APPENDICE 697 

l'avoir esté, vous asseurant qu'en avons esté comme encore sommes en 
grosse peyne, et mesmement pour les bandes italiennes, lesquelles 
j'envoyoys vivre es langues, au moien des cinq ou six places es quelles 
j'avoys intelligence et par lesquelles on eust réduict ce pais là en 
l'obéissance du roy. Mais, en passant par Saluées, se mutinèrent sur 
quelque reffuz que leur feirent les gens de la ville avec parolles ung 
peu oultrageuses, de sorte qu'ilz s'atachèrent les ungs contre les autres 
et entrèrent en la ville par force; en laquelle, à ce que j'entens, ilz ont 
faict du mal beaucoup, avant que ceulx que je y ai envoyé et M. de 
Bottières de son costé pour y obvier, y aient peu donner remède... 

« De Turin^ ce dernier jour d'octobre 1542 '. » 
(Allemagne, Corresp., vol. 3, f» lia v"; 2 pp. 1/2 in-f".) 



IV 



Nous devons à une obligeante communication de M. Léon Dorez 
les deux billets suivants, tracés à une époque incertaine, par une 
parente de Pellicier, nièce du prélat peut-être, ou môme issue de cette 
union secrète que notre ambassadeur avait contractée à Venise avec 
la signora Camilla Pallavicina. L'indiscrète chronique vénitienne nous 
apprend que les enfants que Pellicier eut de celte dame furent soigneu- 
sement élevés par lui et traités en enfants légitimes. Le ton d'affec- 
tueuse déférence et de confiante familiarité qui règne dans ces lettres, 
écrites en un latin élégant et pur, cette culture intellectuelle délicate 
et raffinée, due à la sollicitude du savant évoque, et jusqu'à ce nom 
classique d^Hermione pourraient justifier dans une certaine mesure 
l'hypothèse que nous nous permettons. Il serait possible qu'on retrouvât 
dans les archives si riches de Montpellier ou de Tarascon la trace de 
cette femme lettrée et l'indication du degré de sa parenté avec Guillaume 
Pellicier. 



« Meis quidem optatis nihil jucundius potuisset contingere, Pra?sul 
amplissime, quàm aliquid de tua valetudine intellexisse. Si autem de 
mea cupis fieri certior, impresentia belle mecum agitur. E quantum ad 

1. Notre manuscrit s'arrête là. Le Cabinet des manuscrits, à la Bibliothèque natio- 
nale, notamment dans le fonds Dupuy, possède de nombreuses lettres de Guillaume 
du Bellay dont la publication serait des plus intéressantes. 

Quelques semaines plus lard, le 9 janvier 1543, Langey succombait à Saint-Sym- 
phorien-de-Lay (Loire), comme il rentrait en France, terrassé par la maladie autant 
que parle découragement d'avoir échoué dans son œuvre, grâce à l'abandon de la 
cour et aux intrigues de ses ennemis. 



698 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE 1342] 

studia niea altinet quoUdiè in sacris humanisque lego, ne tempus à 
me sine fruetu effluat. II;ce pauca volui ad te scribere, Antistes dignis- 
sime, ne videar pelitioni tuœ et meo officio defuisse. Vale. Tiiaras- 
cone, xxiiii Aprilis. 

« Tuis honestissimis votis obsequentissima 
Hermiona Peliceria. 
« A Monseigneur 

Mans'' de Monipcllie?' 

A la Court. » 

(B. N., ms. lat. 8j8o (anc. fonds Delamaie), f° 191.) 

2. 

« Quod me tuis humanissimis scriptis tam ex animo adhortaris, 
Praesul amplissime, ut virtuti literisque pperam dem, id lantô libentius 
me facturam polliceor quantô me tibi in hâc re gratificari pro certo 
sciani. Cum verù hujus tabellarii oporlunitas sese mihi obtulisset, nolui 
eam prœlermittere quin aliquid ad te de meo statu scriberem. Ego dei 
munere prseclarè valeo, et in id potissimum laboro, ut ea virtute atque 
doctrina praedita sim, quatenus desiderio tuo corrcspondere queam, 
quod si non possum plenè assequi, faciam ut tibi innotescat voluntatem 
hoc agendi nunquam miiii defuisse. Vale. Tharasconœ, xvi. Cal. 
Junii. 

« Tuis honestissimis votis 
obsequentissima Hermiona Peliceria. 
« A Monseigneur 

Monsieur VEvesque de Montpellier. » 

(B. N., ms. lat. 8585 (anc. fonds Delamare), f" 192.) 



V 
Inventaire de la Bibliothèque de Guillaume Pellicier. 

M. Henri Omont a publié, en 188.J, dans la Bibliothèque de f Ecole 
des Chartes ', et plus récemment, en 1889, dans une édition déflnitive*, 
le catalogue, entièrement rédigé en grec, des livres et manuscrits 
grecs de Pellicier. Peu de temps après, notre érudit confrère a eu la 

1. T. XLVI, pp. 45-83 et 594-624. — Catalogue des manuscrits grecs de Guillaume 
Pélicier: Paris, Picard, 188G, in-S» de 76 pp. (Extrait.) 

2. Catalofjues des manuscrits grecs de Fontainebleau sous François I" et Henri II, 
publiés par H. Omont. Paris, 1889, gr. in-4°, avec fac-similés, pp. 393-427. 



[octobre 1542] APPENDICE 699 

bonne fortune de rencontrer, dans un ancien recueil de catalogues, 
copiés au commencement du xvii° siècle par les soins de François 
Pithou, et aujourd'hui conservés dans la bibliothèque du feu marquis 
de Rosambo, un Index lihrorum Guliclmi Pelisserii, episcopi Magalo- 
nensis (ms. 276, oHm 2:28, f°^ 33-37), qui nous fait connaître l'ensemble 
des richesses bibliographiques amassées par le savant prélat. 

Ce précieux index, dont l'original, aujourd'hui perdu, dut être rédigé 
par Pellicier lui-même, contient les titres de 332 ouvrages, alors que 
le catalogue des livres grecs n'en renfermait que 252. On y trouve un 
grand nombre de manuscrits grecs et latins; de belles éditions d'auteurs 
classiques, données par les Aide à Venise, Froben à Bàle, Gryphe à 
Lyon, Josse Bade, Estienne à Paris, etc.; quelques traités manuscrits 
d'histoire naturelle, des cartes et des portulans (n"^ 152 à 155), 
entre autres « une carte pour faire canal despuys la Garonne jusque à 
Aude, en parchemin » {n^ 100); un Coran arabe, tracé en lettres d'or 
(n° 291); enfin divers volumes autographes de Pellicier (n°^ 328 à 332) 
et ses célèbres notes sur l'Histoire naturelle de Pline (n" 66), manuscrit 
aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale, dans le fonds latin, 
sous le n° 6808. 

On sait quel a été le sort de cette bibliothèque acquise, peu d'années 
après la mort de Pellicier, en 1573, par un amateur bourguignon, 
Claude Naulot, d'Avallon; rachetée ensuite par les jésuites du collège 
de Clermont, à Paris, dans la première moitié du xvii*^ siècle; puis, 
en 1764, lors de l'expulsion des jésuites de France et de la mise en 
vente de leurs biens, par le hollandais Gérard Meerman; et successive- 
ment enfin par le baronet anglais sir Thomas Philipps, en 1824, et 
la bibliothèque royale de Berlin, en 1887. Quelques rares épaves, entre 
temps, enrichissaient les collections de la Bodléienne à Oxford, du 
British Muséum à Londres, et de l'université de Leyde. 

C'est cet Index des livres de Guillaume Pellicier, publié en 1891 
dans la Revue des Bibliothèques *, d'après la copie de la collection 
Rosambo, et dont il n'avait pas été fait de tirage à part, que M. Omont 
a bien voulu nous autoriser à reproduire ici, avec une courtoisie par- 
faite dont nous tenons à le remercier publiquement. 



1. l" année, juin 1891; Paris, E. Bouillon, in-8"; pp. ICI à 172. 



700 



AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 



INDEX LIBRORUM 
GULIELMI PELISSERII, EPISCOPI MAGALONENSIS 



i. Biblia oninia. 

2. Cominenlaria in eadem omnia. 

3. Nicolaus de Lira. 

4. Novum Testamentum; gr. et lat. 

Froben. 

5. Anno[la]liones in idem. 

6. Plaslerium (.sic) quadrilingue '. 

7. Irenci o|)era. 

8. Cipriani opéra. 

9. Tbeopliilacli opéra. 

10. Al[b]aiiasii opéra omnia. 
H. Cirilii Alexandrini opéra. 

12. Basibi Magni et ejus fratris Gre- 

gorii Niceni. 

13. Hyeronimi opéra omnia. 

14. Auguslini onmia. 

15. Ambrosii omnia opéra. 

16. Gregorii Magni omnia. 

17. D. Bernardi abbatis omnia. 

18. Ilaymonis omnia. 

19. Salviani, Masf^Hicnsis cpiscopi, de 

providi'iitin Bel, imp. et scrip. 

20. Fulgentii opéra. 

21. Sydonius Appollinaris, Arverno- 

rum episcopus. 

22. Theodoretus de providentia Dei; 

lat. 

23. Ejusiiem in Prophetas minores. 

24. Auguslinus de civitate Dei. Froben. 

25. Arnobius, cum Lactantio. 

26. Auguslini Eugubini in primum 

caput Genesis. 

27. Ejusdcm de perenni pbilosopho. 

28. Ejusdem in Psabnos aUquot com- 

mcnlarius. 

29. Itinerarium démentis. 

30. Pastorisliber. 

31. Picus Mirandula. 

32. Concordantia:' BibUorum. 

33. Ruperti Tuigensis - abbatis. 

34. Georgii de Georgiis problemata 



sanctae Scripturœ, et alia ejus- 
dem aucloris. 

3.^). Novum Testamentum; gr. et lat. 

30. Justini martijris opéra manu scri- 
pta. 

37. Athenagorx de i emrectionc mor- 

tuoritm, g[rœce], scriptus. 

38. Ejusdem r^çtsao^ia. 

39. Theophilacti in Joannem et Uicam 

comment aria, scripta. 

40. Josephi omnia, gr., scripta. 

41. <î>i).wvoc 'louSaio-j opéra, scripta. 

42. Al[H\anasius in Psalmos, script., 

cum annexis. 

43. Clëmentls Slromatx opéra, gr. , 

scripta. 

44. Ejusdem epitome, gr., script. 

45. Platonis latina opéra. 

46. Aristotelis theologia latina. 

47. Commentaria in ejusdcm Timœum 

Theonis, gr., scripta. 

48. Aristotelis opéra, gr. et lat., 

impressa. Aldus. 

49. Ejusdem opéra, gr., scripta. 

50. Sepulveda» int[^roductioJ in me- 

teora Aristotelis. 

51. ParapJirasis in elhica Aristotelis, 

gr., script. 

52. Theophrasti opéra, gr. et lat. 

Aldus. 

53. Prisriani Lydi paraphrasis in Theo- 

philacti opéra cUlcjua, gr., script. 

54. Plinii impr. omncs. 

55. Joannes Grammalicus in Aristo- 

telis de partibus animalium. 

56. Plinii opéra, italifce]. 

57. Pctrus de Crcscenliis, lat. franc. 

58. Plinii manu scripti duo, in mem- 

drana. 

59. Annotationes Hermolai Barbari in 

Plinium. 



1. Pi^alteriiim in quatuor linffuis, hebrs'a, r/rxca, chaldœa {potius {elhiopica et latina). 
Coloniae, 1518, 4°; ou bien l'édition de Gênes, 1516. 

2. Tuitiensis. 



APPENDICE 



701 



60. Jacobi Aquapi in Plinium com- 

menlaria*. 

61. Cortesii philosophica. 

62. Massarius in nonuni Plinii ". 

63. Bechiqueni Scodrcnsis in Pli- 

nium^. 

64. Augustini Niphi opéra omnia phi- 

losophica. 
63. Annotationes plurimx in Plinium, 
manu scripta*. 

66. In eundem miilla, manu nostra ^. 

67. Senecae quœstiones naturales emen- 

datx. 

68. Cato, Varro, Columella, emendatm. 

69. Constantinus de agricidlura, gr. et 

lat., scriptus. 

70. Johrinms Badeni " philosophus, in 

membr. scriptus. 

71. Digestorum , seu Pandectarum 

liber. 

72. Codex Theodosianus. 

73. Alciati opéra omnia. 

74. Antlionii Augustini in Pandect. 

75. Ulpiani institutiones , script. 

76. Budei annotationes. 

77. Alexander ab Alexandro. 

78. Bayfii in ti. Aliquod. 

79. Concilia sanctorum Patrum. 

80. Concilium Basiliense ^Enese Silvii. 

81. Institutiones Justiniani, 

82. Novellae constiLutiones, gr. et lat. 

83. Aggroecius de limitibus agrorum. 

84. SicuUus Flaciis. 

8o, Hyginii Augusti Liberi liber 2, 
scripti manu, cum aliis, de 
limitibus agrorum. 

86. Fh'ppocratis opéra, gr. et lat. 

87. Dioscorides, gr. et lat. Col. 

88. Dioscorides Marcelli Vergilii Flo- 

[rentini] '' . 

89. Alius, in-8', impressus. 

90. Alius^ manu Silvii castigat. 

91. Dioscorides, gr., manu scriptus. 



opéra, gr. 



92. Dioscorides Ruelli. 

93. Dioscorides, gr. et lat., per Jaco- 

bum Goupilum emendatus '. 

94. Galeni opéra omnia, gr. Aldus. 

95. Ejusdem omnia, lat., magna 

forma. 

96. Ejusdem de usu parlium. 

97. Ejusdem libri aliquot, lat. 

98. Oribasii opéra, scripta, gr. 

99. Ruffi Ephesii medici opéra quse- 

dam, scripta. 

100. Moschion de passionnibus midie- 

rum, gr. script. 

101. jEtii voliimina duo, scripta manu. 

102. Melctii de partibus hominis, gr. 

103. Idem, latine. 

104. Theophili in Hypocratis apho- 

rismos. 

105. Aretœi Cappadocis 

scripta. 

106. Paulus iEgineta, gr. et lat., 

impressus. 

107. Stcphanus de febribus, gr. script. 

108. Simon Vestiarus de facultatibus 

alimentorum, gr. et lat. 

109. Psellus de eadem re. 

110. Galleni de ossibus, gr. et lat. 

111. Cornelii Celsi opéra castigata, 

2. Aid. 

112. Galeni de placitis Hyppocratis, 

gr. et lat. 

113. Pandeclarius Genuensis ^. 
114-115. Georgii Valle volumina duo. 

116. Cornarii in lib. Galeni xaxà TÔTtwv. 

117. Serapionis opéra et Rasis. 

118. Statius Papinius et Scribonius 

Largus. 

119. Avicennse opéra. 

120. Ejusdem de animalibus. 

121. Montanus, in-fol. 

122. Annotationes in Aetium per His 

panum medicum. 

123. Alexander Tralianus. lat. grec. 



1. Stephani Aqusei commentarius in Plinium, 1530, fol. 

2. Franc. Massa-rius in librum IX. Plinii. Basil., 1537, 4°. 

3. Marini Bechichemi Scodrensis commentarius in Plinii prsefationem, Paris, 1519, 4°. 

4. Peut-être le n" 6809 du fonds latin de la Bibliothèque nationale. 

5. C'est aujourd'hui le ms. latin 6808 de la Bibliothèque nationale, 

6. Sans doute : Johannes Galenus Pediasimus. 

7. Édition de Cologne, 1529, in-fol.; cf. le n" 87. 

8. Édition de Paris, 1549, in-S"; cf. le n° 92. 

9. Édition du Liber pandectarum medicinae de Matthfeus Sylvaticus, avec les 
Synonyma medicinse de Simon Genuensis. Cf. Hain, Repertorium, n° 15202. 



702 

124. Absirlus, lat. in-fol. et g. 

125. Idem de re vcknnaria. g., in-fol. 
120. ricorf,Mus Valla do inolallis. 

127. Ejiisdein de pondoribus et men- 

suris. 

128. Pliniiis mcdicus. 

129. Ruellius de plantarum historia. 

130. Hcrbariim icônes. 

131. Arislnlcles de plantarum his- 

toria. 

132. Alberti Mapni in Aristotelem de 

historia plantarum. 

133. Alberlus Magnus de animalibus. 

134. Ejusdem de lapidibus. 

135. Epiphaneii, de lapidibus, gr., 

script. 

136. Appitius de re culinaria. 

137. Alius de eodem, cum Platina et 

aliis. 

138. Hyppocrales et Sosivienes • de re 

veterinaria, gr. 

139. Aurelianus Sicensis, Theodorus 

Priscianus. 

140. Strabo, gr. et lat. 

141. Ptolomeus, gr. et lat. 

142. Pomp. MelaVadiani. 

143. Ppmponius Mêla, Solinus. 

144. Itinerarium Antonini. 

145. Tholoineus, gr., scriptus. 

146. Stephanus de urbibus, gr. 

147. Pasatgium Terrœ sanctœ. 

148. Gcographia meschintarum (sic). 

149. Beati Remani - geograph[i]a Ger- 

maniœ. 

150. Glareani geographia. 

151. Geographia Rhsetia3. 

152. Carlse, Grseciae, Asiœ, Terrœ saw^ 

tw, llalise, Scicilice, Hispanise, 
Venetianun, Galliœ, Daniœ, 
Suetiœ, Gottiœ^Panonicœ, manu 
pictre sclavonica, 8. 

153. Carta Marina, parvo vol. picto. 

154. Portuaires, en italien. 

155. Insulares, en italien. 

156. Descriptio urbis Romanae. 

157. ^Edificia Justiniani. 

158. Appianus. 

159. Geographia Helvetiae. 

160. Carte pour faire canal despiujs la 



AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 



Garonne juxques à Aude, en 

parchemin. 
101. JuslinusexTrogo Pompoio, emen- 

dalus. 
162. Alius Justinus, Roberti Stephani. 

103. Salustius. 

104. Cœsaris commentaria. 

105. Plinius, magno vohimine. 

106. Idem, in-8'\ cum annotationibus. 

107. Suctoniua Tranquilliis, cinendatus. 

108. Idem, cum commentariis Bero- 

aldi. 

109. Idem, cum Aumicano ^ et aliis. 

170. Petrus Victor[ius]. 

171. Cornélius Tacitus, et Valerius 

Palerculus. 

172. Cornélius Nepos. 

173. Chronicum Eusebii. 

174. Herodotus, gr. et lat. 

175. Xenophon, lat. 

170. Thucydides, gr. et lat. 

177. Atheiieus, gr. 

178. Pausanias, gr. 

179. Diodorus Siculus, gr. 

180. Idem, lat., script. 

181. Historia ecle.siastica. 

182. Dionis historia Cxsarum, gr., 

script. 

183. Historia tripartita. 
18i. Paulus .-Emilius. 

185. Panormilani l'acetiœ. 

186. Aêlianus de varia historia, gr., 

script. 

187. Idem de historia animalium. 

188. Leonicenus Scanderbechi. 

189. Eadem historia per alium. 

190. Herodianus, lat., per Ang. Pol. 

191. Historia Anglica per Polydorum 

Vergilium. 

192. Pontificum historiaeperPlatinam. 

193. Oclaviani Genuensis historia. 

194. Contarenus de Venetiarumpolitia. 

195. Petrus Bembus de historia Vene- 

liarum. 

196. Historia regum Hispaniœ. 

197. Plutarchi vitœ, lat. 

198. Ejusdem moralia. 

199. Historia Remundi comitis, script. 

200. Historia Terrœ sanctae. 



1. Sostrates. Cf. le n" 65 du Catalogue des mss. grecs de G. Pélicier. 

2. Rhenani. 

3. Ammiano [Marcellino] (?) 



201. Josephus, gr., script. 

202. Josephus, magna forma. 

203. Idem, tomis duobus, parva forma, 

castigalus. 

204. PhilonJudœiis, gi\, script. 

205. Agathia de belle Gotlico et Per- 

sico. 

206. Aretinus de bello Gottico. 

207. Procopius de bello Persarum. 

208. Vergilius. 

209. Hesiodi k'pyov y.al r,!Xîp«!. 

210. Index Erilhrei in eumdem. 

211. Lucretius emendatus. 

212. Lucretius, cum commento. 

213. Lucani textus. 

214. Idem, cum comment, emend. 
21o. Horatii textus, castigatus. 

216. Idem, cum commento. 

217. Ovidii opéra. 

218. Eadem, cum commento. 

219. Marlialis textus. 

220. Idem, cum commento. 

221. Plautus, cum annotationibus. 

222. Terenlii textus. 

223. Idem, cum Donati comnientario. 

224. Oppianus de piscibus, gr. et lat. 

225. Eustalii in Homeri Uiada et Odis- 

sea, gr., script. 

226. Homeriis, scriptus, membranus, 

cum scoliis, gr. 

227. Nicandri theriaca. 

228. Paraphrases Joannis Gramatici 

in Homeri Uiada. 

229. Ausonius Burdegalensis. 

230. Senecae tragediœ, cum commen- 

tariis. 

231. Silius Italiens. 

232. Opéra poetarum, parva forma. 

Col. Parisiis, 

233. GatuUus, ïibullus, Propertius. 

Griph. Paris., cum comment. 

234. Dcmosl[h]enes, gr. Aid. 

235. Annotationes in eumdem, gr. 

236. Ciceronis opéra oninia. 

237. Pétri Victorii castigationes in 

eumdem. 

238. Nisolius in Ciceronem. 

239. Ejusdem in Columellam, Cato- 

nem, Varronem. 

240. Dionis Chrisoitomi orationcs, gr., 

script. 

241. Juliani imperatoris orationes, gr., 

script. 



APPENDICE 703 

Gregorii Nazianzeni orationes. 
Plinil Semndi epistolx, emendatae. 
Ejusdem epistolte, cum commen- 

tario. 
Pancgyricon tomus. 
Senecae opéra. 
Sexti Empirici opéra. 
Quintiliani institutiones , cum 

scoliis. 
Alius, Aldi, in-i". 
Varro de lingua latina, emen- 
datus. 2. 
Xoniiis MarceUiis; Festm Pom- 

ptius, uno volumine. 
Prisciani duo, emendati. 
Diomcdes, Focas, emendatus. 
Victorinus, castigatus. 
Chaiisius, Sosipater, castig. 
Pierus in Yergihum. 
Macrobius, Aulus Gelius. 
Macrobius. Gryph. 
Aggelius et Laurentius Valla. 

Bad. 
Tortellius. 
Cornucopia. 
Juniani dictionarium. 
Isidorii etymologium, cast. 
Papias Vocabulista. 
Calepinus. Gryph. 
Compendium latinorum vocabu- 

lorum. 
Onomasticum medecinae. 
Onomasticum juris Nebrissensis. 
Suidse lexicon, grec. 
Etimol[og]icum magnum, gr. 
Varini lexicon grecum. 
Hesychii lexicon. 
Julii Pollucis -onomasticon, gr. 

et lat. 
Lexicon grecolatinum. Frob. 
Budei commentaria in linguam 

grecam. 
Thésaurus Pagnini linguae sanctse. 
Vocabularium Munsteri. 
Mamolretus. 

Slobœi senlentia, gr. et lat. 
Martianus Capella de nuptiis phi- 

losophorum. 
Vocabularium arabicum, latinis 

literis scriptum. 
Joannes Franciscus Picus Miran- 

dula. 
, Quintiliani comment., separati. 



242. 
2i3. 
244. 

245. 
2*6. 

247. 
248. 

249. 
250. 

251, 

252. 
253. 
254. 
255. 
256. 
257. 
258. 
259. 

260. 
261, 
262, 
263, 
264, 
265 
266 

267, 
268 
269 
270 
271 
272 
273 

274 
275 

276 

277 
278 
279 
280 

281 

282 
283 



704 

284. Rotlolphi Agricolœ de invcnlione 

(lialeclica. 
28o. Coesarii (lialeclica i. 
280. Gramalica Linacri. 

287. Biblia Iiebraïca, 4 voluminibus 

hislo. 

288. Moïses yE(ii\p]tim, script., heb. 

289. Josephiis, hclmiice, manu scrip- 

tus, in menibianis, 3 vol. 

290. Av[i]cena, hebraice, ili-8". 

291. A/c/ioro?î?/s, arabice,literisaureis. 

292. Moises iEgyplius, lat., imp. 

293. Vitruvius, lat., ilal., gai. 

294. Vitruvii casligationes omnes. 
29o. Anllionii Yerulani de architectura 

liber, cuni figuris. 

296. Georgii de Georgiis Senensis ma- 

china hydraulica. 

297. Hieroni Alerandrci pneumatica et 

automnia, gr., scrip. 

298. De machinis bellicis liber. 

299. Yegetius de re militari, cast. 

300. Valturius de re militari. 

301. iElianus. 

302. Polliaeni de re militari. 

303. De eadem re libri, auctore incerto, 

gr., script. 

304. Léo Albertus de architectura, 

impressus. 

305. Ejusdem de piscatura, scriptus et 

imp. 

306. Proscopius de sedificiis Justi- 

niani. 

307. Liber Polybii de castramenta- 

tione Romanorum Italiœ, cum 
annolationibus. 

308. Guilh'lnd Bellaii Langei de re mi- 

litari, scrip. 2. 

309. Boetii musica. 



AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 



310. Archimedes, gr., script. 

311. Ptolomei musica, gr., scrip. 

312. Aristidis Quintiliani musica, gr., 

scrip. 

313. Porphyril in Tholemci musicam 

comment., gr., scrip. 

314. Arithmeticœ Nicomachi libri 2, 

gr., scrip. 

315. Liber Ti-.ç^ï lepâ; xéxvrjç, ms. 

316. Tariphe délie mercantie. 

317. L'arte de la pirotechnia. 

318. Budei de asse. 

319. Lazari Porlii de eodem. 

320. Alciati et caet. de eodem. 

321. Georgii Agricoles de eodem. 

322. Julii Firmici Materni de astro- 

nomia, cum aliis annexis. 

323. Liber de astronomia., gr., script., 

continens lib. XX. 

324. Liber aliiis de eadem re, continens 

lib. XX. 
323. Hygini de sideribus liber. 
326. Juin Firmici Materni de chiro- 

mantia liber, manu scriptus. 
3 27. Index iibrorum bibliothecœ Pala- 

tinx, et aliurum. 

328. Fascicuii annotationum nostrarum 

in plantas omnis generis, ani- 
maiium naturas, piscium, a- 
vium, et alla ad reriim natura- 
lium cognitionem pertinentia. 

329. Inscriptiones antiquitatum Eu- 

ropœ. 

330. Inscriptiones Nemausenses monu- 

mentorum. 

331. Alia paucula ejusdem generis. 

332. Pugillares de eadem re. — Libri 

omnes scripti membranis vel 
cartis. 



G[uillaume], E[vêque] de Montpellier. 



1. De Guillaume de Puylaurens (?). 



[1548] APPENDICE 705 



VI 



Extraits de la Correspondance inédite de Claude Baduel, 
relatifs à Guillaume Pellicier. 



Le manuscrit 1290 de la bibliothèque d'Avignon contient une copie 
sur papier, de la fin du xvi'^ siècle, des Lettres familières et harangues 
latines de Claude Baduel, recueillies par lun de ses principaux disci- 
ples, l'humaniste Jean Fontaine *. Plusieurs, parmi les Lettres, sont 
relatives au procès que Guillaume Pellicier intenta, vers l'année lo47 ou 
1548, à l'un des plus chers élèves et amis de Baduel, René Gasne, qui 
avait épousé une nièce de l'évêque, et avait été chargé par lui de l'ad- 
ministration de ses biens. Pellicier, mécontent de cette gestion, déféra 
son neveu devant le parlement de Toulouse, l'accusant en outre des 
tendances hérétiques dont lui-même devait être suspecté plus tard. 

Nous ne connaissons d'ailleurs de cette affaire que ce que nous en 
apprend la Correspondance de Baduel, qui, après s'être vainement 
entremis auprès du prélat en faveur de Gasne, s'efforça du moins d'in- 
téresser à sa cause les juges qui devaient intervenir dans le débat. De 
là ces lettres de Baduel au premier président du parlement de Tou- 
louse, homme grave et austère, aux avocats susceptibles de quelque 
influence dans l'affaire, enfia à René Gasne lui-même, dont le sort final 
nous est demeuré inconnu. M. M.-J. Gaufrés, dans son livre sur Claude 
Baduel et la réforme des études au XVl*" siècle % a traduit un long pas- 
sage delà seconde des épîtres que nous citons, où Baduel ne se montre 
pas tendre pour Pellicier, dont la rigueur le révolte et l'exaspère. 

1. Claude Baduel, humaniste, né à Nîmes en 1491, mort à Genève le 8 sep- 
tembre loGl. Passionné de bonne heure pour les lettres anciennes, il suivit assi- 
dûment l'enseignement des plus célèbres universités d'Allemagne et d'Italie; étudia 
sous Guillaume Bigot à Louvain, sous Mélanchthon à Wittemberg, sous Jean Sturm 
et Bucer à Strasbourg, et ne tarda pas à adopter les idées de la Réforme. La pro- 
tection de Marguerite de Valois lui valut, le 12 juillet 1340, le poste de recteur de 
l'université de Nimes, nouvellement fondée, et où ses querelles avec Guillaume 
Bigot, qui prétendait faire prédominer la philosophie sur la grammaire, compro- 
mirent le succès croissant de son administration. Dénoncé par Bigot comme calvi- 
niste et destitué bientôt de sa charge, Baduel quitta Nîmes dans le courant de 
l.'joO et se réfugia à Lyon, puis à Genève (lool), où il fut nommé professeur de 
philosophie et de mathématiques à l'Académie en 1560, après avoir exercé quelque 
temps les fonctions de pasteur. — Voir, dans le Catalogue i/é?iéral des manuscrite des 
biàliuthcques de France, L.-H. Labande, Cat. des 7nss. de la iihliolhèque d'Avignon, 
t. 1 et II parus; Paris, Pion, 1894-1895, 2 vols, in-8"; t. 1, p. 555. Le ms. compte 
156 feuillets, dont le dernier fort endommagé : les feuillets 1 à 117 sont remplis par 
les « Epistolœ familiares, a Joanne Fontano interprète coUectce Nemausi », les 
feuillets 117 à 155 V, par les Notes de grammaire et les « Orationes ■■. 

2. Paris, Hachette, 1880, in-8°, p. 211 et suiv. 

Venise. — 1540-1542. 45 



•706 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [l548] 

CLAUDE liADUEL A GUILLAUME PELLICIER'. 

1. — [Nîmes, 1518?] — « Tua summa cximiaque virtus ac doctrina 
fecit ut ego de tuo ingenio atquc animo excellenlem quandam ac singu- 
larem opinionem liabuerim, atque in te uno non solum liujus provinciœ 
Narbonœ, verum ctiam ecclesia; christiana; ac litcrarum ornamentum 
maximum clarissiinumque posuerim. Hujus meœ opinionis ac exislima- 
tionis de tuâ virtute multos proferre possum, tum vero neminem habeo 
quem vel coram Deo verius vel ad pacem concordiamque vestram 
accommodatius opportuniusque proferre possum, quam, Reverendis- 
sime, affînem tuum et amicum meum, cum que sœpe et ea judicia et 
colloquia de tiiis optiinis moribus studiis([uc l'eci, ut magnopere mirer 
quid postea acciderit quod tantam voluntatuni veslrarum commuta- 
tionem tantamque varielatem opinionum postea attulerit. Neque vero 
ego possum deponere eam opinionem, quam ego de tuâ singulari huma- 
nitate virtuteque suscepi, prœsertim jandiu confirmatam atque in 
animo meo ita infixam, ut nulla eam res possit convellere, sed tamen 
maximum dolorem accipio cùm, Reverendissime, causa [tum illius] 
quem diligo tum vero tua cujus dignitatem charissimam iiabeo eam inci- 
disse controversiœ contentionem, quge sanclissimum jus vestrœ con- 
junctionis ac necessitudinispiis de causis institutse maximopere violare 
videatur. Haec religio ac sanctitas vestrœ necessitudinis nullam immu- 
tationem atque alienationem vestrorum animorum sine maxima et 
admiratione hominum et offensione habere potest, prsesertim eorum 
qui optimos utriusque mores conjunctissimosque sensus cognoverunt. 
Illudetiam invita usitatum periculum vehementer me commovit, quod 
sœpe videmus fratrum propinquiorum necessariorumque contentiones 
habere et majorera et odii dissidiique acerbitatem et eventus ac exitus 
calamitatem quam alienorum, neque enim uUœ soient esse graviores 
offensiones quam eorum qui conjunctissime ipsi ante vixerunt. Itaque 
cùm ego sempertibi tantum tribuerim quantum homini prudentissimo, 
doctissimo atque humanissimo debuerim, Renanum ^ etiam cum ipsius 
causa tum quod tuus esset nepos dilexerim, non alienum a meo officio 
me facturum existimarem si, priusquam hœc vestra discordia longius 
procederet animorumque vestrorum contentio exardesceret, interpo- 
uerem aliquam velcommonitionem velpotius prœcationem, qua, Pra^sul 
Reverendissime, te etiam atque etiam orarem ut te ad levitatem man- 
suetudinemque dares, et si qua ab illo esset facta offensio eam depo- 
neres, atque eam vel pristino aniori vestro ac conjunctioni vel huma- 
nitati bonitatique nalurœ tuœ condonares. Mihi est communicata ac 

1. " C. Baduellus episcopo Monsp. S. P. D. ». 

2. Les copies portent tantôt « Renatum », tantôt « Renanum ». 



[looO] APPENDICE 707 

demonstrata causa vestra, in quâ video esse quœdam qua? honeste et 
salvâ cum utriusque existimatione tum vero tua dignitate in publicum 
judiciumque proferri nullo modo possunt. Tu vides pro tuâ prudentiâ 
tempora quani sint periculosa, quam suspiciosa et criminosa. Quare te 
magnopere per Christum oro ut majorem tuae famœ, existimationis, 
quietis et tranquillitatisin hac ingravescente œtate necessariae rationem 
habeas, quam ullius offensionis ac suspicionis neque ullius injuriée 
memoriam putes tantum valere oportere, ut causa vel necessitudinis 
ac affinitatis vestrse vel summaî tuœ humanitatis eam non deponas 
atque omni oblivione obteras et deleas. Hoc autem cum abs te, Praesul 
Reverendissime, magnopere contendo, tum etiam omnes viri boni qui 
vos noverunt vehementer expectant, quorum quidem judicium pro 
tuâ sapientiâ(non debes aspernari, neque commitere ut qui antea prae- 
clarè semper de vobis et senserunt et judicarunt, nunc hanc tantam 
animorum ingeniorumque vestrorum commutationem et varietatem 
admirentur. Ego tibi confirmare possum Renanum in ofiicio potesta- 
teque tuà ita totum futurum, ut nihil unquam contra tuam voluntatem 
facturus sit, tibique eam quam débet benevolentiam atque observan- 
tiam preestaturus. Tuae pietatis erit eum complecti eâ charitate quam 
summa vestra coujunctio postulare videtur. Hoc ut facias te etiam 
atque etiam oro, neque permittas ut in eam accerbitatem ista contentio 
veniat qua, cum illi calamitosa, tum etiam tibi parum honesla esse 
possit. Bene vale. 

« Tibi deditissimus, 

« G. Baduellus. » 
(Ms. d'Avignon 1290, P 18 v^ à 20.) 



CLAUDE BADUEL A JEAN DE MANSENCAL '. 

2. — [Nîmes^ J 550?] — « Superioribus annis, Prœses diligentissime, 
tibi Renatum commendavi in quadam controversiâ quœ inter eum et 
Pellicerium episcopum Monspessulanum gravissime extitit. Ea autem 
controversiâ in hac nostrâ ci vitale aliquandiù versatafuitapudque islum 
seneschalum ita et agitata et dijudicata ut Renatus jus suum contra 
episcopum obtinuerit. Causa est de rationibus reddendis in adminis- 
tratà episcopi familià, quas iste intégré castèque in eâ administra- 
tione versatus libenter suscipit et reddit; ille vero nullo modo audiri 
vult ut hune summis molestiis diffîcultatibusque implicatum teneat. Est 
enim episcopus eo ingenio et moribus omnibus tam inimicus atque 

1. « G. B. Prœsidi S. P. D. ■> — Jean de Mansencal, avocat général, puis premier 
président au Parlement de Toulouse, de lo38 à 1562, date de sa mort (V. Archives 
de la Haute-Garonne, série B, registres 32 et 37). Plusieurs discours de Baduel lui 
ont été dédiés (V. Gaufrés, loc. cit., pp. 203, 291 et suiv.). 



708 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [l550] 

infestus ut contra et Deum et homines bellum suscepisse videatur. 
Omitto creteros homines alienos, adversus quos inimicissimè atque 
injustissimè se gerit. Quis est ei tam conjunctus ac propinquus quem 
omnibus injuriis non vexarit? Quœrelee controversiœque hominum 
conjunclissimorum et domesticorum qui servierunt, et propinquorum 
qui eum semper ut debuerunt pietate ac charitate coluerunt, ejus 
inhumanilatem impietatemque demonstrant. Renanus quidein noster 
in matrimonio habet ejus neptem, et ex eâ multos eleganlesque libères, 
qui illius animum mollire atque ad humanitatem flectere debebant; 
sed ila est homo in summâ odii accerbitale, sœvitiâ, crudelitate obfir- 
matus , ut omnia jura humanitatis solenniaque officia negligat, et 
posthac neglecturus ac violaturus esse videatur. Nam cùm nullum in 
bac controversià jus habeat, nec causam quidem probabilem, quare 
istum in iiis rationibus reddendis ita vexet, dillisus causse suœ, mina- 
tur huic ejusque uxori, seque ut hereticos homines perditurum esse 
denunciat. Nam hanc quidem religionis arcem hodie improbi homines 
petunt omni alià defensione destituti, eaque crimina hœreseos ex 
quibus Ecclesise catolicae defensores ac propugnatores esse videantur. 
Sed tu pro tuâ prudentià haec ingénia hominum insidiosa, calumniosa 
criminosaque et facile intelligis, et eoruni audaciam impudentiamque 
summà severitate comprimis. Atque hœc quidem Pellicerii acerbitas 
atque atrocitas eo est detestabilior, quo major fuit perspecta nobis et 
omnibus cognita Renati humanitas summa singularisque eequitas, qui 
nihil unquam praetermisit, non amicos, non propinquos, non episcopos 
eâdem aulhorilate prseditos, non principes, non Deum ipsum quem 
purissimè colit, non denique preces suas uxorisque suse neptis illius 
supplices, non lacrymas quibus ad concordiam amoremque tradu- 
ceretur. Ego quidem me et in controversià pacificatorem et quasi in 
culpâ Renati, qui tamen nihil unquam commisit adversus illum, 
deprecatorem interposui. Sed ita est in iracundià sœvitiâque conlîr- 
matus, ita in malilià suâ inveteratus, ut omnia jura atque officia tum 
humanitatis, omnesque nostras preces negligat planèque irrideat. 
Itaque etsi, Prœses sapientissime, non dubito quin Renatus tibi pro- 
pter summam ingenii modestiam morumque ac totius vitsB probitatem 
cognitus et probatus, ejusque ipsius causa ea velis quse ejus utilitati, 
saluti, tranquillitali, existimationi accommodata esse videantur, tamen 
facere non potui quin eum tibi iterum commendarem, tum ut consue- 
tudinem mea retinerem qua in causis bonis honestisque commendandis 
apud te semper et libenter usus sum, tum etiam ut demonstrarem tibi 
et probarem animum meum, studium offlciumque erga eos quos mihi 
summâ necessitudine conjunctos esse video. 

Nulla autem necessitudo conjunctioque major esse potest eâ cujus 
Chrislus author est et conciliator, quse cùm ab eâ authoritate sit orta 
atque in pietate constituta, requirit etiam ea studia atque officia quae 



[1550] APPENDICE 709 

tu pro tuâ singulari sapientiâ et religione facile potes intelligere. Ea 
autem sunt pietalis studia, ii mores Renani, ea totius vitae ratio ac 
consuetudo, ut ad sanctitatem, justitiam, probitatem spiritu Renatus 
plane esse videatur. Ab iis orta principiis nostra amicitia, iis postea 
officiis studiisque mutuis est culta et confirmata quam uterque in summâ 
familiaritate ac vitae consuetudine maximâ cum suavitate sensit. Quare 
ita velim existimes me in hàc ejus causa atque molestià laborare ut 
si mea aut res aut fama ageretur, non majore cura et solliciludine 
ad te possem scribere nec majore studio me ipsum aut liberos com- 
mendare. Tu scis, Prseses humanissime, quœ G-j[j.T.xfùzi'j. sit in verâ 
amicitia, maximeque in christianâ, in quâ nullœ res propriae, omnes et 
molestiai et voluptatis communes esse debenl, Possumne igitur esse 
sine soUicitudine, sine metu, sine summo animi dolore, cùm videam 
talem amicum quasi alterum me ipsum in tantis molesliis ac difliculla- 
tibus versari, ejusque optima et sanctissima studia hujus injuriis per- 
turbari qui ea tueri ornareque deberet. Itaque majorera in modum 
te, Praeses, eliam atque etiam oro atque obsecro ut, pro tuà summâ 
potestate perpetuâque consuetudine et benevolentiâ erga me, huic 
meœ sollicitudini quâ in hujus causa afficior maximâ vel potius mese 
propriœ saluti, famœ atque existimationi aliquam opem afferas, effi- 
ciasque ut Renatus, his molestiis quam primum liberatus, in optimis 
suis moribus ac rectissimis studiis conquiescat. Ego tibi promitto nos 
in officio ac potestate tuâ semper futuros, eaque omnia libenter atque 
studiose prœstaturos quîc ad dignitatem amplitudinemque tuam illus- 
trandam pertinebunt. Bene vale. 

« Tui studiosus, 

« C. Baduellus. » 
(i\Is. d'Avignon 1290, f» 78 v" à 80 v°.) 

CLAUDE BADUEL A BERNARD TRAIN'IER ' . 

3. — Nîmes [1550?]. — « Cùm Renatus Gasnius, homo mihi summâ 
necessitudine multorum officiorum studiorumque honestorum conjunc- 
tissimus Tolosam proficisceretur, a meque magnopere contendisset ut 
de re suâ quam habet hic controversam ad amicos meos scriberem, 
nolui commitere ut sine meis ad te literis istùc profectus aut etiam 
aliis commendatus videretur. — His enim est moribus Renatus, eâ 
vitœ probitate et ingenii suavitate, ut simul ac hominem cognoveris 
eum tuâ benevolentiâ atque amicitia dignissimum sis indicaturus. 
Habet autem gravissimam controversiam susceptam cum Pellicerio, 
episcopo Monspessulano, avuncuJo uxoris ejus, in quâ quidem contro- 

1. «G. B. Trenerio S. P. D. .. — Bernard Trainier, ilocleur en droit, avocat au 
Parlement de Toulouse. 



710 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

versiâ maximis ipsius episcopi injuriis vexatur. Itaque pro tuà mihi non 
obscurâ ergâ me benevolentiâ singularique humanilate maximopere 
a te peto atque conlendo, ut efficias ut Renatus intelligat meas litteras 
in bonis causis commendandis hominibusque bonestis sublevandis 
apud te quo(|ue uliqiiani authointatem habuisse. 

« De statu rerum nostrarum sLudiorumque ralione ac vitœ consue- 
tudine melius cognosces ex ipso Renato, qui nobiscum familiarissimè 

vixit quam ego possem scribere 

« Nemausi. » 

(Ms. d'Avignon 1290, P 81 v" et 82.) 

CLAUDE BADUEL A RENÉ GASNE *. 

4. — Nhnes [1550?]. — «... Ego non plura ad te scribam ne videar 
diutiùs de tuo adventu diffîdere, quem velim existimes optatissimum 
mihi fore et jucundissimum. Perlibenter comediam, sic enim malo 
dicere quam tragediam, ejus controversia3 que tibi cum Reverendo 
episcopo magna sane est constitula, cujus quidem eam spero catastro- 
phem futuram, in qua magnas turbas maxima solatia gaudiaque con- 
sequantur. Sed Deus hujus totius vestrœ contentionis est moderator. 
Itaque is continenter et diligenter orandus est, ut te bac molestiâquam 
primum liberet in eâque constituât tranquilb'tate ac pace quae ab 
hujusmodi dissidiis et odiis longissime abest : tametsi sequitatem et 
moderationem animi tui esse certo scio ut sine acerbitate placide ac 
quiele Deum tuum invoces; idque ut constanter facias, te etiam atque 
vehementer rogo. Uxor mea mecum tibi plurimam salutem dicit, in 
ejus nomine in quo uno nostra salus felicitasque sita est. Bene vale in 

Domino. 

« Nemausi. » 

(Ms. d'Avignon 1290, f'^ 100.) 



VII 

Vie de Guillaume Pellicier, par l'abbé de Folard. 

L'abbé Nicolas-Joseph de Folard, érudit avignonnais, chanoine de 
Nîmes, et frère du célèbre chevalier, le tacticien et écrivain militaire 
tant discuté au xviiP siècle, a composé, entre autres biographies latines 
d'un certain nombre de lettrés et d'humanistes français, une Vie de 
Guillaume Pellicier dont le manuscrit original est conservé aujourd'hui, 
sous le n° 2373, à la bibliothèque d'Avignon. 

1. « C. B. Renato S. P. D. » 



APPENDICE 714 

Le recueil d'œuvres autographes dont ce document fait partie avait 
été formé, dans la première moitié du dernier siècle, par l'antiquaire 
avignonnais Joseph de Seytres, marquis de Caumont {1G88-1743), et il 
fut acquis par la ville d'Avignon, le 11 juillet 1878, avec la riche collec- 
tion Calvet. La dissertation de l'abbé de Folard sur Pellicier, qui rem- 
plit les feuillets :231 à :244 du manuscrit, est précédée d'une épitre dédi- 
catoire adressée à Dom Bernard de Montfaucon, l'érudit bénédictin, 
mort en 1741, et d'un envoi au marquis de Caumont, daté de Nîmes. 
Nous avons estimé que celte composition, en dépit de sa latinité sou- 
vent plate et barbare, méritait cependant d'être insérée ici, tant à 
cause de la rare impartialité de ses jugements que pour les détails 
inédits et parfois assez piquants qu'elle renferme sur notre personnage. 

L'auteur, dans sa lettre à Montfaucon, se fait honneur de la bonne 
foi qu'il a du moins apportée dans ce travail. Il n'a rien dissimulé, 
dit-il, par une lâche complaisance, des faiblesses ni des imperfections 
de son héros; c'est une vie humaine, et non pas un éloge qu'il a voulu 
écrire : il s'est contenté de faire œuvre ici d'historien véridique, loin 
de prétendre aux vains et faciles succès des panégyriques oratoires *. 
En définitive, les sources auxquelles Folard a puisé ses renseignements 
concordent en général avec les documents français et italiens dont 
M. Zeller a tiré la matière de son livre; d'autre part, les observations 
du chanoine de Nîmes sur la légèreté des mœurs de Pellicier, sur les 
circonstances mystérieuses de sa mort, sur les traditions perpétuées 
dans le pays par sa famille, nous ont paru présenter quelque intérêt. 

« Vita Guillelmi Pellkern, episcopi Monspeliensis, ad virum eruditis- 
simum Bernardum Monfalconiuiu, Benedictinum. » 

« Guillelmus Pellicerius, occitanus, nobili atqueantiquo génère natus 
est, quinto decimo seculo ferè exeunte, Melgorii, quod oppidum, ad 
Volcarum seu Latarense stagnum situm, in ditione est episcoporum 
Monspeliensium -. Patruum habuit cognominem Magalonensem epis- 
copum, hominem bonum et religiosum, et ut ea ferebaut tempora 
doctum. Nam summus theologus habitus est inter suos. Nondum plané 
è pueris egressus, institutum amplexus est canonicorum Magalonen- 

1. « Quo in opère, si cœtera desiderabis, ut spero non desiderahis fidein. De 
Pellicerio nihil silui, niliil liomini assenlatione malà affinxi... Hoc... eorum est qui 
elogia, seu potiùs laudationes se scribere prolltentiir ; non nostrum est qui vitas 
scribimus, et totum genus illud laudalionum pro vano et nugatorio habemus... » 
(f"233). 

2. Mauguio, ancienne capitale du comté de Melgueil, chef-lieu de canton de l'Hé- 
rault, arrondissement de Montpellier, sur une lagune qui sépare l'étang de ce nom 
de la Méditerranée. — Lattes, village de l'Hérault, situé au-dessous des canaux de 
Lunel et de Cette, ancien port de Montpellier, aujourd'liui envahi par les herbes et 
les plantes aquatiques, sur la rivière du Lez. 



712 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

sium, qui lum regiilares fuere. Porrô ab ipsâ statini pueritiâcœpit toto 
quasi amore in htleras ferri, ad id eum impellente naturâ, ad quod 
aptum atque habilem tinxerat. Usus est in patriâ magislris non iis 
quidemindoclis, sed malèdoctis. Nondum enim Occitaniabonas litteras 
acceperat. Ilaque malè studiorum initia posuit. Sed Lutetiam pro- 
fectus, ibi simul et quae nondum sciebat didicit, et quae jam didicerat 
perpolivit. Nec se ille paucarum arlium finibus continuit, sed infinitâ 
quadam cupiditate sciendi omnes disciplinas complexus ad humanitatis 
studia, philosophiam, theologiam, jurisprudentiam, malhematicem, 
medicinam, historiœ naluralis scientiam, et variarum linguarum cogni- 
tionem adjunxit. Ha^c autem omnia non appriniè modo, sed^quâ erat 
ingenii solertià quam celerrimè percepit. Quo est factum, ut quâ œtate 
vix licet tantulum scire, inter doctissimos Galliœ viros annumeraretur. 

« Visendi ac cognoscendi studio prinium Galliam, Belgium ac Ger- 
manise partem, deinde Italiam peragravit. Quibus in peregrinationibus 
librariœ rei penituscognoscendsebibliothecas omnes, cùm publicas, tùm 
privalas, sunimâ diligentià luslravit. Prœcipua ei cura fuit scrutandi 
atque adnotandi omnia quaî ad historiam naturalem pertinerent; quod 
jam tum magnum opus moliretur. Nam quum videret Christophorum 
Longolium ', qui Plinium commentario illustrandum susceperat, ab 
incepto destitisse, et se ad alia omnia convertisse, ipse vicem ejus 
implere decreverat. Sed quasi fatum viro doctissimo Harduino * prseripi 
hune laborem nollet, etiam Pellicerius quod instituerat non perfecit. 

« In Galliam reversus statim Francisco régi innoLuit, in cujus fami- 
liaritatem admissus, primum aliquot ab eo minoribus sacerdotiis, mox 
abbatiâ Lirinensi donatus est^ Nec ita mullo post patruus, quum jàm 
multum œtatis processisset, ad eum nondùm sacris initiatum, de régis 
voluntate, episcopatum ejuratione, seu resignalione, ut vulgô aiunt, 
transtulit. Ita enim tune temporis episcopalia etiam sacerdotia solita 
erant deferri : qui mos postea sublatus est; alius inductus est. Sed 
Guillelmus, quamdiù patruus superfuit, nihil pro episcopo gessit. Quo 
mortuo, cùm jam ipse suis auspiciis Ecclesiam regere cœpisset, a rege 
Lutetiam accitus, Cameracum, ut de pace eum Margaritâ, Caroli Caîsaris 
amitâ, legati nomine ageret, profectus est. Tertio post anno, qui annus 

1. Christophe de Longueil, érudit, né à Malines en 1490, mort à Padoiie le 11 sep- 
tembre 1d22. Fils naturel d'Antoine de Longueil, évêque de Sainl-Pol-de-Léon, 
chancelier de la reine Anne, il fut successivement professeur de droit à Poitiers, 
avocat, puis conseiller au Parlement de Paris. On a publié de lui en 1524 des Epis- 
tolœ dans lesquelles il affecte de n'employer aucun mot qui ne soit tiré de Cicéron. 

2. Jean Hardouin, jésuiie, bibliothécaire du collège Louis-le-Grand, né à Quimper 
en 16i6, mort à Paris le 3 septembre 1729.. Moins célèbre par son excellente édition 
de Pline l'Ancien (1685) et par sa grande collection des Conciles (17 Ib, 12 vol. in-f) 
que par ses fameux paradoxes sur les écrivains de l'antiquité, dont il rapportait 
presque toutes les œuvres aux bénédictins du moyen âge, il mil à profit pour son 
travail les notes précieuses amassées par Pellicier. 

3. L'abbaye de Lérins (Alpes-Maritimes), fondée au v" siècle par saint Honorât. 



APPENDICE 713 

fuit sœculi illius trigesimus tertius, regem Massiliam seculus est. Eo 
Clemens VII, Pontifex roinanus, venerat, ut Catharinam, patruelis 
filiam, Henrico, ex Francise! liberis secundo, in matrimoniumtraderet. 
Quo in negocio Franciscus pactionum tabulis scribendis, ne quid in 
eos prœter voluntatem italicâ fraude irreperet, Guillelmum prœesse 
voluit. 

« Ita ille quatuor annis domo abfuit. Eo postquam revertisset, rem 
sane necessariam aggressus est, ut episcopalem sedem è Magalonâ 
insulà Monspelium transferret, collegium canonicorum ad secularem 
cleri ordinem traduceret. Hoc, vivente adhuc patruo, destinaverat 
facere ; sed suum consilium ad tempus omiserat, ne palruum offenderet. 
Is, pro more senum, quibus nova ferè non placent, etiamsi interdùm 
receptis meliora sint, ab eo consilio totus alienus erat, solebatque illu- 
dendo vituperare ; fuit enim dicaculus. Cujus dicacitatem olim Franciscus 
rex non infaceto responso retudit; nam cùm, Guillelmo apud eum de 
hoc negocio agenti, patruus qui aderat pro more suo illudens dixisset : 
« Bellam verè lixiviam! ut atros è candidis facias nos! » — « Immô », 
Franciscus ait, « bellam, nam atrati longe mundiores eritis. » Quibus 
verbis canonicorum Magalonensium mores, qui tum a severitate chris- 
tianâ quam longissimè aberant, non obscure carpebat. Porrô cùm 
negotium Romœ transigi oporteret, eo Guillelmus iter intendit, régi 
libentissimè annuente, quod averet hominibus Italis ostentare suorum 
Gallorum ingénia. Et sanè Guillelmus perfecit ut ea gens, quœ tum lit- 
teris florens se unam magni faciebat nobis, quos pro barbaris hactenùs 
habuerat, etiam invidere inciperet. 

« Romae postquam aliquot annos fuisset, ad senatum Venetum legatus 
a rege est missus; quâ in legatione bonis litteris insignem operam 
navavit. Nam cùm Franciscus ei negocium dedisset ut codices manu- 
scriptos bibliothecœ régies instruendee conquireret, magnum eorum, tùm 
latinorum, tùm grœcorum, hebraïcorum atque arabicorum numerum 
coegit. Ita Gallia nostra optimis monumentis, prfeserlim grœcis, quorum 
ferè inops fuit, Guillelmi operâ locuplelataest. Locupletior etiam futura, 
nisi obstitisset aerarii regii tenuitas, aut fraus eorum qui ffTarium 
administrabant. Eà seu tenuitate, seu fraude, saepe fîebat ut Guillelmo 
non suppeteret, unde librariis mercedem solveret. Habuit enim domi 
complures, atque in his aliquot ex ultimo Oriente accitos, a quibus eos 
codices describi curabat, qui vénales non erant. 

« Sed sua ei legatio in ceteris parùm prospéré cessit. Omninô enim 
a veritate abhorrent quœ Sammarthanus et Gariellus ', studio abrepti 
laudandi hominis, de hac legatione memorant. Et hanc quidem Guil- 

1. Scévole I" de Sainte-Marlhe (1336-1623), dans ses Elogia Gallorum illustrium, 
publiés en 1398. — Pierre Gariel, chanoine et historien de Montpellier, né dans 
cette ville entre 1580 et 1384, mort en 1670, ddins sa. Séries prœsulum Magalonensium, 
publiée en 1664. 



l\i AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

lelmus magnificô gessit, ac inilio perfecil ut omnium ordinum in se 
amorem converterct; sed hune amorem, anno quam Venetias venerat 
secundo, ingens odium excepit. Quod magis ne casu, an culpà ejus 
evenerit, non dicain. Qui legit secum staluet; rem proponain. 

« Erant Venetiis aliquot ex nobilium ordine, qui suam fideni, prœtio 
et donis corrupti, Francisco régi addixerant. In his Nicolaus et Cons- 
tantinus Cava/.za% aller Senatôs, alter Dcceniviralis Collegii scriba. Hi 
Senatûs Collegi'ique décréta omnia Augustino Abundio enunciabant, 
Augustinus legato, qui totius prodilionis architectus et machinatus 
fuerat, ut creditum est, et par est credi. Patefactâ tandem perfidiâ, 
captisque statim nonnullis, cùm ceteri alius alio profugerent, Augus- 
tinus cum uno altcroque ad legati domumconfugit. E6 continué advolat 
Marcus Antonius Georgius, ex Advocatorum numéro, cum satellitibus, 
qui primùni jannuâ adituque a legati ramilià prohibentur; mox ubi 
irrumpere parabant, vi atque armis repelluntur : quo in conflictu ali- 
quot utrimque vulnerati sunt. 

« Non polest dici quanlopere eo facto civilas tota commota est. 
Senatus statim vocatur; veniunt omnes irarum pleni, cùm suam majes- 
talem, cujus Veneti pra^'ter ceteros mortales studiosi sunt, ad hune 
modum violatam cernèrent. Dicunt pro se quisque accerbissimas sen- 
tentias; ad ultimum decernunt ut primo diluculo (nam hsee noclu age- 
bantur) duo è Marci procuratoribus cum militum manu, navibusque 
armatis, legati domum obsideant; nisi ille proditores dedat, admotis 
majoribus machinis expugnent. 

« Illi sequenti die adsunt cum multo milite, et cetero apparatu 
domum circumsident; legato, si parère Senatui reeuset, vim denunciant. 
Ille priinum recusarc, nihil audire, se ad vim repellendam parare. Mox 
orantibus atque obsecranlibus amicis se flecti patitur, ac proditores 
dédit. Rem ad Franciscum perscribit; scd contumeliâ recenli iratior 
parum ex tïde fecit. Nam ut Francisci animum inflammaret in Venetos, 
ita eos calumniatus est quasi, quod ex necessitate et veteri consuetu- 
dine fecerant, id per contemptum ejus fecissent. Erat eâ Franciseus 
naturà ut, si quis honorem et majestatem suam vel levissimè lœderet, 
impatientissimè omnium mortaliumferret; prœtereaad credendum plus 
œquo pronior. Qui, lectis Guillelmi litteris, eo dolore ineensus est ut 
statim Venetorum legato (is Joannes Antonius Venierius fuit) accessu 
ad se omni interdiceret; instantem, ut civitatem suam sibi coràm pur- 
gare liceret, admittere noUet. De quo ubi Venetias allatum est, cùm 
nemo eo regem a Pellicerio impulsum ambigeret, usque adeo civitas 
tota in eum se exarsit, ut homines haud tempérassent sibi, quin in ejus 
sedes irrumperent, nisi Senatus militi custodiendas curasset. Née ira 
illa semel accensa unquam sedata est. Itaque ille reliquo tempore, ne 
periculum adiret in publicum prodiens, domi se clausum tenuit. 

« Sed haud longum fuit. Nam paucis post mensibus, cum Franciseus 



APPENDICE 71 

intelligeret haud è re suâ esse inimicitias diutiùsexereere cum Venetis, 
Venierium ultro ad se vocavit. Quo ia congressu si quid irarum in ejus 
animo residuum fuit, legali quodain responso permulsus, deposuit; 
nam cùin purgare aggressus quod fecerat, forte Venierio dixisset : 
«Quid tu aulem facturas fueras, si meo loco fuisses? » ille statim : 
« Ego si quem rebellem, aut proditorem tuum domi liaberem, continué 
« tibi ad ptenam traderem, pessime de meâ civitate meriturus ne ita 
« facerein. » Hic finis huic dissidio fuit ; nam paucis ab eo colloquio 
diebus Franciscus Venetias misit qui factura suum apud Patres excu- 
saret : quos ut novo obsequio demereretur, Guillelmum, quem ode- 
rant, et a cujus arlibus sibi malô metuebant, eorum rogatu ab lega- 
tione removit. 

« Ita ille ante suum tempus Venetiis decessit. Quid autem per annos 
fere quinque eo factum sit, mihi incompertum est. Narrabat mihi vir 
honestissimus, eodem quo ille génère ortus (nam Pelliceria gens adliuc 
Monspelii viget, nec ultimum inter civitatis illius amplissimas et nobi- 
lissimas locum tenet), se accepisse domesticâ famà hune Constantino- 
polim isse, ibique aliquot annos legatum egisse; sed non plané audie- 
bam, et de itione quidem posse verum esse putabam, quanquam vix 
tamende legatione non putabam, quod nihil ab nullo scriptorum de eà 
legatione proditum esse cognoscerem. 

<c Anno demum sseculi illius septimo et quadragesimo, quo anno 
mortem Franciscus obiit, Monspelium reversus est, ubi omnia rep- 
perit in calhedrali collegio rixarum ac discordiarum plena. Nam cùm 
pauci canonici ex toto numéro largiora stipendia, cseteri tenuiora acci- 
perent, atque hi indignissimè id ferrent, exortae erant inter illos gra- 
vissimse lites, quibus se dudum ad omnia tribunalia magna animorum 
contentioue, magnis invicem odiis divexabant. Has Pellicerius, cùm 
utrique ad eum suœ controversiie arbitrium detulissent, diremit. Inde 
lustratà de more diocesi, quanquam multa cum admonerent ut ne 
discederet, homo assuetus aulicse vita?, nec satis sui curandi muneris 
studiosus, aulani repetiit. 

« Eo tempore, serpere et manare caeperat Calvinianum malum; quod 
malum precipue inferiorem Occitaniam, maxime autem ex omnibus 
civitatibus Monspelium et Nemausum affixit, Primam omnium heeretica 
lues Nemausum invaserat, quse cité Monspelium contagione vicinitatis 
infecit. Ibi, totâque ferè provinciâ, Calviniani brevi aucti numéro, cùm 
eo audacige progrederentur, ut jam non clam, uti hactenus fecerant, 
sed propalam suos csetus agitarent, indignatio atque ira in eos Catho- 
licorum erupit : quanquam non in eos magis, quam in sacerdotes 
catholicos, cùm in horum corruptissimos mores omnem mali causam 
conferrent. 

« Parcant mihi verum dicenti qui legunt; nihil illâ tempestate fieri 
sacro ordine fœdiùs, nihil deformiùs ac contaminatiùs potuit. Pauci ex 



716 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

toto numere non omni ex parle mali; paucissimi vere boni; major 
pars nec ofTicium suuin facere, nec quid sui ofilcii esset nosse :coiTup- 
lissimi ac turpissimi omnium post ipsos prœsides sacrorum prima- 
riorum lemplorum sacerdoles. Peracto in templis utcumque horarum 
penso, cœlerum tempus otio transigcre, venari, in hortis esse, convi- 
\ari; aleœ, ccct.eris malis rébus operam dare. Hœc studia gentis esse, 
hanc vitam corum quos maxime cœteris exemplo esse oporluit. Quos 
Tolosanus senatus, ut quibus rébus poterat, quando episcopis haud 
curœ crat, cocrceret, asperrimis decrelis in eos sgevire cœpit, nec, vel 
ipsos reveritus episcopos, in Pellicerium, qui tum ex aulà redierat, 
sœviit. 

« Evenit calumniâ improbi hominis. Nomen premunt, qui factum 
memorant, credo ut generi parcant. Is, Pellicerio infensus, accusatores 
subornavit, ac per eos nomen ejus ad Senatum detulit. Accusationis 
porrô tria fuere omninô capita. Primum, quod iile cum Calvinianis 
sentiret; cujus rei id argumento esse voiebant, quôd ei cum Petro 
Ramo ', aliisque pluribus viris doctis Calvini sectœ addictis amicitia 
intercederet. Secundum, quod cœlibatûs legem maie tueretur, advectâ 
ex Italià secum muliere Grœcà, quœ ei propalam in contubernio esset ^ 
Tertium, quod huic locupletandae omnia sua impenderet; cùm ea non 
sufficerent, in aliéna invadens, subditos et clientes suos omni vexa- 
tione pecunias exigendo, diripiendo, expilando affligeret. 

« Hœc quam falsa essent, majori saltem ex parte (neque enim Pelli- 
cerius absolvi totus potest), postea eventu intellectum est, sed Senatui 
Tolosano facile tune crédita sunl. Cujus decreto Monspelium allato, 
Honoratus Yillarius, è Sabaudorum principum gente, qui eà tempes- 
tate provinciam regebat ^, episcopum prehendi, ac Bellocarum per sa- 
tellitium suum in carcerem trahi jussit. Ibi tetro ac caliginoso loco 
plures menses egit in tantâ rerum necessariarum inopià, ut oleum 
olendce ad lucubrandum lucernse per famulum emendicare cogeretur. 
Ac vix unquam emissus esset, cùm Yillarius in bona ejus invasisset, 

1. Pierre La Ramée, ou Ramus, grammairien, mathématicien et philosophe, né 
en 1513 au village de Guts (Oise). Fils d'un simple latDoureur, il devint successive- 
ment, grâce à la protection du cardinal de Lorraine, professeur au collège du 
Mans, principal du collège de Presles, à Paris (1545) et chargé du cours d'éloquence 
et de philosophie au Collège royal (Ibol). Le succès de son enseignement, ses 
attaques violentes contre les doctrines d'Aristote et sa conversion au calvinisme lui 
suscitèrent de nombreuses persécutions qui entraînèrent sa fin tragique, dans le 
massacre de la Saint-Barthélémy, le 26 août 1572. 

2. L"auleur fait-il ici une confusion avec la signera Camilla Pallavicina, qui ne 
paraît pas d'ailleurs- avoir suivi Pellicier en France (V. Zeller, p. 381, note 2), ou 
celle Grecque ne serait-elle pas plutôt la mèred'Hermione Pellicier dont nous avons 
publié plus haut deux billets en langue latine (V. Appendice IV)? 

3. Honorât de Savoie, comte, puis marquis de Villars, lieutenant du connétable 
de Montmorency, gouverneur de Languedoc. Second fils de René, dit le grand 
bâtard de Savoie, il devint maréchal (1571), puis amiral (1372) de France, chevalier 
de l'ordre du Saint-Esprit (1578), et mourut à Paris le 31 décembre 1578. 



APPENDICE 717 

et libentissimè his frueretur, nisi provinciœ Narbonensis episcopi, 
et casu viri tanti et rei indignitate permoti, qaerendo atque expostu- 
lando, tandem obtinuissent ut ei copia fieret legitimo judicio purgandi 
sui. 

« Igitur ille causam dixit; quos apud judices, quâ ex formula juris, 
quo in loco, nemo eorum qui de illo memoravere prodidit. Quod sanè 
mirum videri possit in eà causa, quam haud scio an ulla gravior in 
disceplationem venire possit. Hoc constat multum illud laborasse ut 
crimina, quibus accusabatur, dilueret, diùque illum expeclationem 
judicii anxium et metu plénum habuisse. Et ha3resim quidem et pecu- 
latum facile purgabat; sed de muliere Graecà non parum urgebatur. 
Negari enim non poterat cum eo venisse, et unà domi aliquanditi 
vixisse. Forte quidquid hujus criminis fuit judicibus haud valde grave 
est visum, cùm ejus gravitatem aliorum exempla quodam modo lenire 
et mitigare viderentur. Ut ut se res habet, is judicii exitus fuit, ut 
tandem omnium sententiis Pellicerius absolveretur. Qui accusationem 
conflaverat calumnise ac subornatorum testium apud regii fori judices 
reus factus eorum sententià laqueo pœnas solveret : cujus caput a 
cœtero corpore avulsum atque ad Latarensem portam Monspelii * palo 
affixum diù bac iter habentibus spectaculo fuit. 

« Ita Pellicerio sua injuria sarcita est. Sed nec ille famam reparavit 
ex toto eo judicio, et ipsi judices suam aliquantum Isesere, cùm satis 
constaret plus gratiam et reverentiam hominis apud illos valuisse 
quam fidem, et Pellicerium omni ex parte innocentem non esse. Porro 
ille tam gravi casu perculsus quasi ora oculosque hominum erubes- 
ceret, reliquo fere tempore, publico abstinuit, in bibliothecae secessu 
abditus, ubi se totum solandi doloris sui, pristinis studiis, quee inter- 
miserat, reddidit. Sed ei eo solatio satis quietenti non licuit, exorto 
Calviniano tumultu. 

« Annus agebatur illius œtatis sexagesimus; cujus anni initio facile 
cuivis intelligere licuit instare aliquem magnum motum. Exitu autem 
illius, rebellantibus hœreticis, bellum exarsit, sed quod cité oppressum 
est. Is indè toto duorum annorum spatio fuit status rerum, ut per 
brevia intervalla bellum pax, pacem bellum vicissim exciperet, donec 
anno secundo et sexagesimo longé gravior et pertinacior procella, non 
Occitanise modo, sed cunctse Gallite incubuit. Nam accensis utrimque 
majori odio atque ira Catholicorum animis, non prius ab armis, ubi 
semel ad ea ventum esset, discessum est, quam altéra pars alteram 
profligaret, Monspelii intra mœnia diù acriterque pugnatum est eo 
tandem eventu, ut ea civitas ab hsereticis occuparetur, atque ibi rébus 
sacris omni profanatione pollutis, eversis templis, ejectis aut crudelis- 
simè trucidatis sacerdotibus, religio penitùs concideret. 

1. La porte de Lattes, à Montpellier. 



718 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

« Ac initio quidem Pellicerius, ciim spes esset posse obsisti malo, 
Monspelio non se movil; scd, quantum consilio providere potuit, pro- 
vidit ne hfec civitas in hœreticorum potestatem deveniret; sed cùm 
illi vincerenl, rem desperatam videret, ut se melioribus teniporil)US 
reservaret, fugà se in montes proximos recepit, ubi loco tulo eum 
familià aliquotque amicis, qui unà profugerant, donec hsec conquies- 
cerent, se continuit. Anno demum quinto et sexagesimo restitutà pace 
cum Montmorancio Danivillœo, provinciœ prœside', Monspelium rediit, 
ubi statim ad restituenda quse hereticorum furor perdiderat animum 
intendit. Sed brevi intervallo turbatis iterum rébus, cùm ad caetcras 
calamitates atrocissima pestis civitatem incessisset, ad montes suos 
remigravit. 

« Erat tum affecta œtatc. Cùm in levem morbam incidisset, medici ei 
catapotia pra?scripserunt ex colocyntide, quod ei medicamentum perni- 
ciem attulit; nam exulceratis intestinis dire atque insanabili ulcère inter 
acerbissimos cruciatus contabuit *. Greditum est vulgô pharmacopolse 
inscitiâ periisse, cùm is ei colocyntidem maie contusam prœbuisset; sed 
vix mibi credibile fiat liuic herbœ etiam malè contusœ eam vim esse, 
ut sine admisto veneno lethifera esse possit. Quare necesse est, aut 
pharmacopolam scelestum fuisse (prsetio nempè corruptum ab aliquo), 
aut antequam catapotia prœberentur, ulcus jam œgri viscera insedisse, 
remedio irritatum esse. Istud credere mallem, nam benignius est; sed 
mihi difficile erat alterum non credere. Fuit enim cui utile esset Pelli- 
cerium citô è vitâ discedere. Petrus scilicet Rovillœus, quem aliquot 
ante annos rex Damvillœi rogatu Pellicerio sucessorem designaverat ^, 



1. Henri I*"' de Montmorency, comte de Damville, second fds du connétable, né à 
Chantilly le 15 juin 1534, mort à Agde le 2 avril 1(314. Il avait succédé en 1563 à son 
père dans le gouvernement du Languedoc, où il se maintint à peu près indépendant 
jusqu'à la fin des guerres de la Ligue. Maréchal de France en février 1567, il devint 
duc de Montmorency par la mort de François, son frère aîné (1579), et fut nommé 
connétable par Henri IV, en décembre 1593. 

2. '■ Sammarthanus. » 

S.Pierre de Boulhe, et non de la Rouilhe, comme l'ont imprimé quelques 
auteurs, fut désigné par Charles IX sur la recommandation du maréchal de Dam- 
ville, gouverneur de Languedoc, pour succéder à Pellicier. Abbé d'un monastère 
situé aux environs de Blois, il per(,'ut durant quatre années les revenus de son 
évêché, sans être jamais reconnu par le pape ni par son propre clergé. Aussi 
Gariel ne l'a-t-il pas compris dans sa Chronologie des évéques de Montpellier, non 
plus que Gams dans ses listes. Le temporel de l'évêché fut administré par Simon 
de Fizes, procureur de révéque;le spirituel par le prévôt du chapitre, Léonard 
d'Aiguillon; puis par Guillaume Pelet, qui survécut à Pierre de Boulhe. 

Pendant ce temps, les troubles religieux et civils continuèrent à Montpellier; les 
églises épargnées jusque-là furent détruites. Le clergé ne fut remis en place, le 
chapitre, qui s'était réfugié à Frontignan, ne rentra dans Montpellier qu'au prin- 
temps de 1569, après la publication de la paix de Longjumeau. En 1573, le roi, 
voyant que le pape persistait à refuser des bulles à Pierre de Boulhe, finit par 
nommer à sa place Antoine de Subiet de Cardot, doyen de l'église de Tarascon 
(V. Louis de la Roque, Les évéques de Maguelone et de Montpellier, Montpellier- 
Paris, 1893, in-8", p. 118). 



\ 



APPENDICE 719 

homo haud magnâ probitatis famâ, immô iis moribus in quos tlagitii 
cujusvis suspicio facile caderet. Hoc sane me vehcmcnter movebat, 
maxime cùm mihi in mentem veniret conditionis eorum lemporuin; 
qiiibus temporibus, cùm mos pessimus incrobuisset sacerdotia promil- 
tendi, nihil frequentius cveniebat, quam ut illi qiiibus promittel)antur, 
maturarent iis necem, quibus succcssuri erant, ut quàm cité succédèrent. 
Hujus rei testis est Bordillius Brantomius, qui etiam narrât cœnobii 
illius abbatem , cujus ipse fiduciariam possessionem acceperat, a 
monacho, qui se in ejus locum suffeclum iri sperabat, veneno esse 
sublatum '. 

« Morluus est Pellicerius in Sancti Mathei vico, ad Montis Fcrrandi 
radiées ', octavo kalendas februarii, anno saîculi illius octavo et sexage- 
simo. Ejus postridiecadaver, quod tum maxime Calviniani in Calholicos 
furerent, et omnia circum locaexcursionibus infesta haberent, sine ulla 
funeris pompa Magalonam adsportatum est; ibi in cathedrali templo 
conditum. Cui paucis post diebus canonici Monspelienses Frontiniani, 
que se Monspelio ejecti receperant, justa fecerunt. 

« Fuere in Pellicerio magnum et multiplex ingenium, litterœ multœ, 
summa in rébus gerendis prudentia, facultas orationis summa, alise 
virtutes ; sed quœ ex omnibus viros ecclesiastici ordinis maxime ornant 
in eo aut desiderata sunt, aut non pari gradu fuere quam cœterse. At 
enim Gariellus, is qui seriem episcoporum Monspeliensium scripsit, 
que loco de illo agit, hominera totum laudat, et omni conatu defendere 
contendit; sed ita défendit ut ipsa ejus defensio quasi nova quaedam 
accusatio sit, adeô illa frivolis et nugatoriis argumentis nititur. Audivi 
ego Monspelii, cùm ante annos quinque ettriginta ibi essem, ab aliquot 
viris jam œtate provectis ^, eum Garielli locum, cùm primum liber ejus 
prodiret, magnum hominibus risum prœbuisse, cùm nemo ignoraret 
vigere alicubi in vicinia (et ipsi loci nomen edebant), Pellicerige gentis 
familiam, quam omnes a Guillelmo ortam dicerent. Hoc perindè narro 
atque accepi. 

Hune laudavere complures, in his Paulus Jovius, Paulus Manutius, 
Turnebus, Lambinus, Cujacius, Sammarthanus, Thuanus*; sedThuanus 



1. « Brant., t. I, in Francisco I. » — Voir, sur cet empoisonnement d'un abbé de 
Brantôme, l'édit. Lalanne, t. III, p. 116. 

2. Saint-Mathieu, commune de l'Hérault, située dans l'arrondissement de Mont- 
pellier, canton des Matelles, au pied du rocher de Montferrand, que dominait la 
résidence de l'évéque. 

3. « Bodonus, Collegii questorum prreses, et alii, etc. » — Bodon, président de la 
chambre des comptes de Montpellier. 

4. Paul Jove, Paolo Giovio, historien et humaniste, né à Côme en 1483, mort à 
Florence en 1559, dans son Historia sid temporis (1494-1547); Paris, 1553, 2 vols, in-S". 
Il était au nombre des pensionnaires de François \". 

Paolo Manuzio, dont on sait les relations étroites avec Pellicier, dans ses 
Ep'slolsp. 
Adrien Turnèbe, philologue et poète latin, né aux Andelys en 1512, mort à Paris 



720 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

ibi tantummodo ubi de Rondeleto agit. Neque enim eum prsecipuo 
elogio prosecutus est; qiiod sanè mihi mirum videbatur in scriptore 
diligenlissimo, hiïrebamque an oblivione, an de industriâ fecisse dice- 
rem. Obliviosum in Pellicerio tanto viro fuisse credere non poleram; 
de industriâ iecisse credebam, cùm forte de miserabili hominis casu 
narrare metueret, ne memoriam invidiosissimi facinoris refricans ali- 
quos offenderet quos noUet, forte Montmorancios. Nam, ut suspicionem 
meam (quando semel cœpi) omneni aperiam , hujus facinoris, non 
vanis argumentis adductus, ipsum etiam Damvillaeum affînem cre- 
debam. 

« Ei Paulus Manutius, anno illius quadragesimo, Epistolas Cice- 
ronis ad Atticum perpulchrâ prœfatione dicavit; quam tamen, cùm 
cœteras suas pra^fationes simul cum epistolis ederet, prœtermisit, 
veritus, puto, ne cives suos lande Pellicerii, cujus nomini diù infestis- 
simi fuerunt, offenderet. Vitam ejus Petrus Gariellus, Monspeliensis 
canonicus, in suâ illà Série, quam dixi, scripsit ; nec ineleganter 
in eà versatusest, ut in Pellicerio Pellicerium non habeamus. De génère 
mortis penitus omisit. Immô cùm viri elogium a Sammarthano scriptum 
in line transcriberet, locum, ubi ille de morte Pellicerii narrât, totum 
resecuit. Rursùs hîc, ut in Thuano feceram, mirabar, ac multo etiam 
magis, qucerebamque mecum, quid hoc rei esse dicerem. Non temerèa 
Gariello factum credebam : cur fecisset nullà bonâ divinatione asse- 
quebar. Neque enim, ut Thuano, ei causam fuisse videbam, cur eorum 
offensam reformidaret, quorum scelere Pellicerius vitam amisisset, cùm 
ab ejus morte ad annum saeculi proxime elapsi quinquagesimum, quo 
Seriem suam Gariellus publicabat, anni ampliùs octoginta intercessis- 
sent. Quod unum restabat, cùm illum humili génère natum audirem, 
pharmacopolam eum scelestum aut ejus filios cognatione aut affinitate 
aliquâ contigisse suspicabar. 

« Multa Pellicerius promiserat : commentaria et emendationes in 
Plinii naturalem historiam, ut ante diximus; item explicationem totius 
rei herbariae, aliaque id genus. Quse omnia brevi editum iri Gesnerus 
in Bibliothecâ suà ', et Pinetus in prsefalione Plinianœ versionis - spem 

le 12 juin 156o. dans ses œuvres diverses, et notamment dans la préface de son 
édition de Pline. 

Denis Lambin, philologue, né à Montreuil-sur-Mer en 1516, mort à Paris en sep- 
tembre lo"2, dans ses commentaires sur les classiques. 

Jacques Cu.jas, le célèbre jurisconsulte, né à Toulouse en 1522, mort à Bourges le 
4 octobre 1590, dans ses Obse7Tationes et emendationes. 

Scévole de Sainte-Marthe, dans ses Etoç/ia. 

Jacques-Auguste de Thou (1533-1617), dans son Histoire universelle. 

1. Conrad Gesner, surnommé le Pline de V Allemagne, né à Zurich en 1516, mort 
en 1565, auteur de nombreux ouvrages de philologie et d'histoire naturelle, et 
notamment d'un excellent recueil bibliographique intitulé Bibliothecâ, \m\>vimé à 
Zurich en 1345. 

2. Antoine du Pinet, seigneur de Noroy (Haute-Saône), gentilhomme comtois, né 



APPENDICE 721 

fecerant. Non liberavit fidem. Faclum est primum inlerpellatione 
variarum legationum atque negociorum; deindè cùm senuisset, vel 
inerliâ eetatis, vel forte contemptu quodam. Hune ferunt in quolidianis 
colloquiis solitum esse monere Guillelmum Rondeletum, medicum, qui 
ei intima familiaritate conjunctus fuit, si scribendl cupidine lenerelur, 
feslinarel incumbereoperi, ne diutihs cunctanti eveniret eiidem quodsibi; 
nernpè ut superveniente senectute sapientior fieret, sapientià hanc cupi- 
dinem totam depelleret '. Urbanè; sed, credo, œtas hominem magis 
segnem quam sapientem efifecerat. Quanquam non diffitebor multis 
contigisse omni memoriâ ut, cùm primum glorise cupidissimi fuissent, 
procedente œtate hanc totam contemnerent. 

« Cujus rei (si liceat mihi hiic domesticum exempluin afferre, et oro 
liceat) documento fuit, ante annos quadraginta, Hieronymus pater 
meus, qui summo ingenio, omnique liberali doctrinâ prœditus, litteris 
grœcis, latinis, italicis, gallicis apprimè instructus, cùm suum nomen 
nobilitare scribendo potuisset, et primum quam maxime voluisset, pro- 
gressu œlatis ab eâvoluntate penitus destitit, ac glorise suse ingenioque 
iniquus , quantum in eo fuit, totus interiit. Ad Pellicerium redeo. 
Credo nonnihil etiam obstitisse, ne promissis staret, vicium quoddam 
hominis. Hoc enim habuit, ut in scribendo nunquàm satisfaceret sibi. 
Et sanè qui ita sunt haud ferè promissa exolvunt. Nam dum se misère 
mutando, limande, poliendo cruciant, anni abeunt, et ante moriuntur 
quàm quee aggressi erant perfecerint. 

« Reliquerat Pellicerius multa, magnam partem imperfecta; horum 
nihil lucem vidit, immônihil extat prœterEpistolarum manuscriptarum 
volumen, et partem aliquam Gommentariorum in Plinium, quœ Jesuitis 
Parisiensibus cessit. Caetera autcompilata sunt, aut periere negligentiâ 
eorum ad quos hgereditas ejus pervenit. De Commentariorum parte, 
quam diximus, non magnificè adeo sentire videtur in prsefalione suâ 
novissimus interpres Piinii Joannes Harduinus ; atque adeo Pellicerii 
castigationes etinterpretationes sœpè in notis suis coarguit. Quambene 
coarguat non dicam, neque enim meum est; hoc dicam doctissimum 
quemque ssepè numéro errare, decipi, allucinari : quod verum esse, 
ipse interpres Piinii, quanquam doctrinâ Pellicerio haud inferior, forte 
etiam superior, exemple suo, si alius quisquam unquam, compro- 
bavit. » 

à Baume-les-Dames, mort à Paris vers 1584. On lui doit, entre autres ouvrages, une 
traduction de Pline souvent réimprimée (Lyon, 1562, 2 vol. in-f°; Lyon, 1566; 
Paris, 1608). 

1. « Hoc mihi saepè Bodonus, Goliegii questorum preeses, qui se audiisse dicebal a 
viro doctissimo Bosqueto, Monspeliensi episcopo. • 



Venise. — 1540-1542. 



722 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 



VIII 

Documents relatifs à l'acquisition, en 1741, par le gouvernement de 
Louis XV, des papiers diplomatiques provenant de la bibliothèque de 
Colbert de Croissy, évêque de Montpellier, et notamment du manuscrit 
de la Correspondance de Pellicier. 



On a vu plus haut que le manuscrit de la Correspondance de Pelli- 
cier, conservé aujourd'hui dans le dépôt des Affaires étrangères, avait 
été acquis en 1741, par le gouvernement de Louis XV, avec d'autres 
Correspondances diplomatiques provenant de la bibliothèque de Col- 
bert de Croissy, évêque de Montpellier, mort en 1738, 

Second fils du marquis de Croissy, frère cadet du marquis de Torcy, 
et neveu du célèbre ministre, Cliarles-Joachim Colbert de Croissy avait 
été nommé à l'évêché de Montpellier en 1696, à l'âge de vingt-huit ans. 
Grand amateur de livres et de manuscrits, il avait réuni, avec les élé- 
ments fournis par la riche bibliothèque venue de ses prédécesseurs, de 
très précieuses collections qu'il légua par testament à l'Hôpital général 
de Montpellier. 

M. de Croissy mourut dans sa ville épiscopale, le 8 avril 1738, âgé 
de soixante-dix ans. Le Catalogue de la bibliothèque, dressé par les 
soins de ses exécuteurs testamentaires, fut publié deux ans après, en 
1740'; dans ce catalogue figuraient un certain nombre de Correspon- 
dances diplomatiques qui furent l'objet de répétitions pressantes de la 
part du gouvernement royal. Nous avons trouvé dans les Archives des 
Affaires étrangères, aux volumes 1648 et 1649 des Mémoires et Docu- 
ments, fonds France, une partie de la correspondance qui fut échangée 
à ce sujet entre la Cour, l'intendant de Languedoc et l'administration 
hospitalière de Montpellier. 

Un important dossier de trente-sept pièces, signalé dans VLiventaire 
sommaire des archives départementales de V Hérault, publié par M, Tho- 
mas ^ comme figurant dans ce dépôt sous la cote C, 510, devait com- 
pléter avantageusement nos recherches sur cette intéressante négocia- 
tion; mais des bouleversements survenus dans le classement des 
archives postérieurement à la publication de l'inventaire n'ont pas 
permis de retrouver en temps utile la liasse égarée. Force nous a été 
de suppléer de notre mieux à cette lacune avec deux pièces provenant 
des Archives liospiialières de Montpellier, dont nous devons la commu- 
nication à notre érudit et obligeant confrère, M. Joseph Berthelé, 
nommé récemment archiviste de l'Hérault. 

1. 1 vol. in-S". 

2 Montpellier, 1865, in-5-°, t. I, p. 88, vol. 2, 



[septembre 1740] APPENDICE 723 



LE ROI A M. DE BERNAGE^. 

1. — Versailles, i 5 septembre 1740. — « Monsieur de Bernage de 
Saint-Maurice, ayant été informé qu'il se trouve dans la bibliothèque 
laissée par le feu évoque de Montpellier plusieurs volumes manuscrits 
de négociations faites de la part des roys mes prédécesseurs dans les 
pais étrangers, mon intention est que ces manuscrits soient retirés 
pour être remis au dépôt des Affaires étrangères, au Louvre, à Paris, et 
je vous fais cette lettre pour vous autoriser à vous les faire remetre par 
les exécuteurs du testament de feu TEvêque de Montpellier chargés de 
la vente de la bibliothèque. Sur ce, je prie Dieu quil vous ait, Mon- 
sieur de Bernage de Saint-Maurice, en sa sainte garde. 

« Ecrit à Versailles, le 15 septembre 1740. 

« Signe : Louis, 

« et plus bas : Amelot*. 
•■ Pour copie : 

De Bernage. « 

(Archives hospitalières de Montpellier, fonds de VEôpital général, B. l-H; 
copie.) 

M. DE BERNAGE A M. DE M0NTCLAR3. 

2. — Montpellier, 3 octobre 1740. — « J'ay l'honneur de vous 
envoyer, Monsieur, l'état des volumes manuscrits dont je vous ay parlé. 
Je vous prie d'en faire faire la recherche bien exactement, ainsy que de 
tous ceux qui peuvent traiter de la même matière dont on désire la 
découverte. Je proffîte toujours avec grand plaisir des occasions de 
vous assurer qu'on ne peut être avec un plus parfait et sincère attache- 
chement que je suis. Monsieur, votre très humble et très obéissant ser- 
viteur. 

« De Bernage. 



« A Montpellier, le 3 octobre I 740. » 



1. Louis-Basile de Bernage, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux. Cliassy, etc.. 
conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire, grand-croix de l'ordre de Sainl- 
Louis, avait succédé à son père, Louis de Bernage, comme intendant de Languedoc, 
en janvier n2o, poste qu'il conserva jusqu'en août 1743, époque oii il alla prendre 
les fonctions de prévôt des marchands à Paris. 

2. Jean-Jacques Amelot de Chaillou, né vers 1689, mort à Paris le 1 mai 1749; 
tour à tour intendant de la Rochelle, intendant des finances (1726), membre de 
l'Académie française (1727) et ministre des affaires étrangères de 1737 à 1744. 

3. L'un des administrateurs de THôpilal, chargé du règlement de la succession. 



724 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE 1740] 

« Etat de quelques voluines manuscrits de négocialions des ministres de 
France en pays étrangers qui se trouvent dans la bibliothrqnc laissée par 
feu M. de Croissxj^ évéque de Montpellier. 

« Lettres de Guillaume Pélissier, évoque de Montpellier, écrittes de 
Venise depuis le l'^juillet 15i0jusqu au 15 septembre 1341^ — N°10i *. 

« Lelli'os de Léon Le Boulhillier-Ghavigny et de Michel Particelly, 
sieur d'Hémery, écrittes de Turin pendant l'année 1639, in-P. 

« Lettres de François Grosset, sieur de Vaussorte 3, écrites d'Alle- 
magne pendant l'année 1649, in-P. — N" 132. 

« Lettres de François Bosquet, évêque de Montpellier, écrittes de 
Rome pendant Tannée 1633, in-fo. — N° 274. » 

(Archives hospitalières de MontpeUier, fonds de l'Hôpital général, B. lU; 
copie.) 

LES ADMINISTRATEURS DE l'IIOPITAL GÉNÉRAL DE MONTPELLIER 
A M. DE BERNAGE. 

3. — Montpellier, Je octobre /740. — «Monsieur, dès que M. deMont- 
clar nous eut communiqué le mémoire et la lettre que vous luy aviés 
fait l'honneur de luy écrire au sujet de la recherche des manuscrits, 
nous donnâmes sur le champ les ordres nécessaires pour chercher les 
quatre volumes mentionnés dans l'état qui nous a été remis, et après 
une exacte perquisition, on n'a trouvé que les Lettres de Guillaume 
Pélissier, écrittes de Venize depuis le 1" juillet 1340jusques au 13 sep- 
tembre 15-41*, en un volume in-folio; celles de Léon de Bouthillier- 
Chavigny ^ et de Michel Particelly, sieur d'Hémeri ^ écrittes de Turin 
pendant l'année 1639 en un volume in-folio, et celles de François 
Grosset de Vaussorte^ écrittes d'Allemagne, pendant l'année 1649. 

1. C'est en réalité le 13 septembre 1542. 

2. Du catalogue. 

3. Gazet de Vautorte. 

4. Indication peu exacte, puisque la dernière lettre du manuscrit est datée du 
13 septembre 1342, et qui prouve que l'enquête avait dû être fort hâtive. 

5. Léon Bouthillier, comte de Chavigny et de Buzançais, ministre et secrétaire 
d'État, grand trésorier des ordres du roi, né en 1608, mort à Paris le 11 octobre 1652. 
Agent dévoué du cardinal de Richelieu, il fut associé à son père, Claude Bouthil- 
lier, seigneur de Pont-sur-Seine, dans le gouvernement des affaires étrangères, de 
1632 à 1643, date de leur commune disgrâce, qui suivit la mort de Louis XIII. 

Léon de Bouthillier de Chavigny remplit avec succès deux missions diplomatiques 
eu Italie, en 1631 et 1639, et fut plénipotentiaire de France au congrès de Munster 
en 1643. 

6. Michel Particelli, sieur d'Émery, célèbre financier, né vers 1596, mort à Paris 
le 23 mai 1650. Intendant des finances de France, puis ambassadeur en Italie, il 
devint, de juin 1643 à 1648, contrôleur général des finances, charge dans laquelle il 
commit de nombreuses exactions. On lui doit une Histoire de ce qui s est passé en 
Italie de 1621 à 1630, dans le recueil intitulé : Diverses relations; Paris, 1632, in-4°. 

1. François Cazet, seigneur de Vautorte, prit une part active aux conférences de 
Nuremberg et aux négociations qui suivirent la paix de Westphalie (1649-1650). Il 
fat envoyé extraordinaire de France à la diète de Ratisbonne, en 1653-1054. 



[octobre 1740] APPENDICE 725 

(i A l'égard de celles de François Bousquet, évêque de Montpellier, 
écrittes de Rome pendant l'année 1053', on ne les a point trouvées, 
quelques soins qu'on se soit donné pour les chercher, et nous ne savons 
pas ce qu'elles sont devenues, supposé qu'elles ayent existé dans cette 
bibliothèque. Ce qu'il y a de certain est qu'elles ne sont pas comprises 
dans le Cathalogue des livres qui fut trouvé sous le scellé dans la biblio- 
thèque, après le décès de M. deColbert, et qui fut inventorié et paraphé 
par M. de Massilian, juge-mage, qui fit l'inventaire de tous les effets. 

« Elles ne le sont pas non plus dans le Catalogue que nous venons 
de faire imprimer pour parvenir à vendre cette bibliothèque, ce qui est 
une preuve évidente que les exécuteurs testamentaires ni les héritiers 
du feu M. de Colbert ne les ont pas eues en leur pouvoir, et n'en ont 
jamais été chargés. 

« Voilà, Monsieur, les éclaircissements que nous pouvons donner sur 
les quatre volumes que vous nous indiquez. Il y a encore divers autres 
manuscrits dans la bibliothèque, qui sont tous compris dans le Catha- 
logue imprimé dont nous avons l'honneur de vous présenter un exem- 
plaire. Nous attendons que vous nous faissiez savoir quels sont ceux 
que le roy nous ordonnera de luy remettre. 

« Cependant, Monsieur, notre qualité d'administrateurs des biens des 
pauvres nous oblige de vous représenter que, comme nous nous étions 
proposés de vendre cette bibliothèque en gros, et que pour y parvenir 
nous avons fait imprimer un Catalogue dont on a déjà distribué quel- 
ques exemplaires, le choix que le roy veut faire des principaux manus- 
crits ne peut que porter un grand préjudice aux intérêts des pauvres, 
et déprécier extrêmement cette bibliothèque. Si, après ces représenta- 
tions, S. M. nous ordonne de les luy remettre, notre prompte obéis- 
sance sera une preuve de notre respect et de notre soumission à ses 
ordres. 

« Nous sommes avec respect. Monsieur, vos très humbles et très 
obéissants serviteurs. 

"• Les administrateurs de l'hôpital général de Montpellier : 

Cambacérî;s, intendant. Dejean, intendant. Vaccien (?). 

BocANDiAT, Bonnet. Montclar. 

Masgouet, Vincent, intendant. Séciian ("?). 

GuiLHAUMAT. Blay, intendant. 

« A Montpellier, le 12 octobre i 740. » 

(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1648, f° 349 ; original signé, 4 pp. pet. 
in-4°.) 

1. François de Bosquet, érudit, né à Narbonne le 28 mai 1605, mort à Montpellier, 
le 24 juin 1676. Après avoir été procureur général au parlement de Rouen (1640), 
intendant de Guyenne (1642) et de Languedoc (1643-1646), il entra dans les ordres 



726 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [OCTOBRE 1740] 

M. DE I5ERNAGE A AMELOT. 

4. — Montpellier, 17 octobre 1740. — «Monsieur, je n'ay point 
perdu de vue, à mon retour icy, les ordres que vous m'avez fait l'hon- 
neur de m'adrcssor le 15 du mois dernier au sujet des volumes manus- 
crits, concernant quelques négociations faites dans les cours étrangères, 
que S. M. a dessein de faireretirer de la bibliothèque de feu M. l'Évêque 
de Montpellier. Cette bibliothèque ayant été léguée à l'Hôpital général 
de celte ville, je me suis adressé aux administrateurs, et en leur remet- 
tant l'état des quatre manuscrits que vous m'avez envoyé, je leur ay 
dit d'en faire la recherche, et les ay en même tems informés de ce que 
vous m'aviez marqué des intentions de S. M. Vous verrez. Monsieur, 
par leur réponse, que j'ay l'honneur de vous envoyer, qu'ils ont bien 
trouvé les trois premiers manuscrits contenus dans cet état en trois 
volumes in-folio, mais qu'à l'égard du quatrième, qui sont les lettres 
de François Bousquet, évéque de Montpellier, écrittes de Rome en 
l'année 1653, ils assurent en avoir fait inutilement la plus exacte per- 
quisition et n'avoir d'ailleurs aucune connaissance que ce recueil ait 
existé dans cette bibliothèque. Il n'est véritablement pas compris dans 
le catalogue inventorié par justice lors du déceds de feu M. l'Évêque de 
Montpellier, ny dans celuy qu'ils ont fait imprimer depuis. Je leur ay 
fortement recommandé d'en faire une nouvelle vérification, et je la 
feray moy-méme avec d'autant plus de soin que c'est peut-être le plus 
important par les matières dont il peut y être traité; mais je crains 
fort, dès qu'on ne trouve aucun renseignement de ce volume dans 
l'ancien catalogue inventorié après le décès de feu M. l'Évêque de 
Montpellier, que ce prélat n'en ait disposé luy-méme de son vivant et 
qu'il ne soit en ce cas bien difficile de découvrir en quelles mains ce 
manuscrit peut avoir passé. 

« A l'égard des autres écrits qui pourroient concerner la même 
matière, j'en feray pareillement la recherche la plus exacte qu'il me 
sera possible; mais comme je me méfie de mes connaissances sur le 
choix qu'il y auroit à en faire, j'ay pensé. Monsieur, que je ne pouvois 
faire mieux que d'avoir l'honneur de vous envoyer un exemplaire du 
Catalogue imprimé de cette bibliothèque, que ces administrateurs font 
distribuer, sur l'examen duquel, ou par le compte que vous vous en 
ferez rendre, vous jugerez beaucoup mieux que moy des collections 
qu'il peut y avoir à faire, soit pour la Bibliothèque, soit pour les 
Archives de S. M. 

et devint évêque de Lodève (1648-1655), puis de Montpellier (10 juillet 1655- 
24 juin 1676). On lui doit divers ouvrages d'histoire ecclésiastique. 

Il avait été député à Rome, en 1653, par l'assemblée générale du clergé de France, 
pour traiter des affaires du jansénisme, et ce fut pendant son séjour en Italie que 
le cardinal Renaud d'Esté se démit en sa faveur de l'évêché de Montpellier. 

Charles de Pradel, son neveu et son coadjuteur depuis 1673, lui succéda. 



[novembre 1740] APPENDICE 727 

« Vous verrez au surplus, Monsieur, que ces administrateurs m'ont 
prié de vous faire leurs représentations sur la diminution que cause- 
roit dans le prix de cette bibliothèque, qu'ils ont dessein de vendre en 
gros, une supression de plusieurs volumes qui se trouveroient néant- 
moins annoncés dans le Catalogue dont il y a déjà quelques exemplaires 
de distribués, et la demande qu'ils font que S. M. veuille bien les en 
indemniser par un prix plus fort que la simple valeur des volumes, 
s'ils étaient achettés seuls et sans être compris dans une suitte de 
bibliothèque. 

« Quant à l'ordre de S. M. que vous m'avez adressé et dont je n'ay 
pu me dispenser de leur donner seulement connoissance pour établir 
ma mission, il ne sera pas nécessaire d'en faire usage, et ils s'y confor- 
meront volontiers dès que vous m'aurez fait l'honneur de me marquer 
vos intentions. 

« Je suis, etc. 

« A Montpellier, le 1 7 octobre i 740. » 

« De Bernage *. » 

(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1648, f" 352; original signé, 6 pp. in-f».) 

AMELOT A M. DE BERNAGE. 

5. — Fontainebleau, 3 novembre 1740. — « J'ay receu. Monsieur, 
avec la lettre que vous avés pris la peine de m'écrire le dix-septième 
de ce mois *, le catalogue imprimé de la bibliothèque léguée par feu 
M. Colbert, évêque de Montpellier, à l'hôpital général de cette ville. 
Vous verres par l'extrait que j'ay fait tirer de ce catalogue quels sont 
les volumes manuscrits que le roy souhaite que vous retiriés de cette 
bibliothèque pour être mis au dépost des Affaires étrangères. Ils mon- 
tent en tout au nombre de douze, ce qui ne peut faire qu'une très 

1. On lit en marge, de la main d'Amelot, la note suivante : « Comme je sçais qu'il 
fut pris des précautions, dans les derniers momens de feu M. de Montpellier, pour 
enlever de ses cabinets à la ville et à la campagne tous les écrits concernant les 
affaires de la relligion, peut-être le manuscript des lettres de M. de Bousquet pour- 
roit-il avoir été détourné, et l'abbé Desartres {sans doute un des secrétaires de 
Vévêctié] pourroit en sçavoir des nouvelles. Il seroit cependant toujours surprenant 
de ne le point trouver inscript dans le Catalogue de la bibliothèque, qui a été 
inventorié lors de la levée du scellé. >> 

On sait que .\f. de Colbert, qui avait succédé en 1696 à M. de Pradel, fut en butte, 
depuis la publication de son célèbre Cate'cliisme en 1702, à de nombreuses persé- 
cutions, à cause de ses doctrines jansénistes et de sa résistance opiniâtre à la 
bulle Unigenitus. Après sa mort même, la rédaction de la préface, qui devait 
ouvrir le catalogue de sa bibliothèque par un éloge mérité du savant prélat, fut 
soumise à une censure rigoureuse, ainsi qu'en témoigne un rapport du comte 
d'Argenson au cardinal de Fleury, en date du 17 juin 1740 (V. AIT. Étr., Mém. et 
doc, France, vol. 1648, f° 269; original signé). 

2. D'octobre; la date de cette minute, retirée, était primitivement du 28 octobre* 



728 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [MARS 174l] 

légère diminution dans le prix d'une aussi grande quantité de livres; 
mais comme il y a quelque justice que les Administrateurs de l'hôpital 
général de Montpellier en retirent la valeur, l'intention de S. M. est 
que vous voyiez vous-même avec ces Administrateurs ce qui pourra 
leur eslre donné de sa part, pour ces douze volumes; aprez quoy vous 
m'en informerés, affin que si le roy l'aprouveje fasse expédier l'ordon- 
nance pour le payement de la somme dont vous serez convenu, sous le 
bon plaisir de S. M. 
« Je suis, etc. 

« A Fonlaineblemi, le 3 novembre 1740. » 
(AIT. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1G48, f 309; minute, 2 pp. in-f°.) 

M. DE BERNAGE A AMELOT. 

. 6. — Montpellier^ 1 1 novembre 1740. — « Monsieur, j'ai reçu, avec 
la lettre que vous m'avez fait l'honneur de mécrire le 4 de ce mois * 
l'état des volumes que le roy veut faire retirer de la bibliothèque de 
feu M. l'Évêque de Montpellier pour être mis au dépôt des Affaires 
étrangères. Je vais informer les administrateurs de l'hôpital de cette 
ville des intentions de S. M. et convenir avec eux du prix de ces volumes 
que je me feray remettre. 

« J'auray l'honneur ensuitte de vous en rendre compte comme vous 
me l'ordonnez. 

« Je suis, etc. 

« De Bernage. 

« A Montpellier, le i i novembre 1740. » 
(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1648, f" 382; original signé, 2 pp.in-f»), 

M. DE bernage a AMELOT. 

7. -^ Montpellier, 20 mars 1741 . — « Monsieur, les administrateurs 
de l'hôpital général de Montpellier m'ont remis, en conséquence de 
vos ordres, les manuscrits provenant de la bibliothèque de feu 
M. l'Évêque de Montpellier, au nombre de neuf, composant douze 
volumes, compris dans l'état que vous m'avez fait l'honneur de 
m'adresser par votre lettre du troisième novembre dernier -\ mais il 
ne m'a pas été possible de les engager à y mettre un prix, et je n'ai 

\. La lettre d'Amelot est du 3 novembre, comme il est dit d'ailleurs dans la lettre 
suivante écrite par Bernage. 

2. A la date du 19 mars 1741, on possède à l'Hôpital général de Montpellier le 
récépissé des manuscrits, délivré par M. de Bernage aux administrateurs dudit 
hôpital {Communication de M. Joseph Berlhelé). 



[mars 1741] APPENDICE 729 

pareillement pu trouver icy personne capable d'en faire restimation, 
soit par rapport à la valeur des livres en eux-mêmes, soit par rapport 
à l'objet dont ils pouvoient être dans la bibliothèque dont ils ont été 
tirés. En sorte que pour ne pas déférer plus longtems à vous les 
envoyer, j'ay pris le parly d'en fournir seulement ma reconnaissance 
au pied d'un double de l'état, que j'ay remis de ma part à ces Admi- 
nistrateurs, avec une copie de l'ordre du roy que vous m'aviés adressé 
par votre première lettre, et ils m'ont remis, de la leur, le Mémoire cy- 
jointque je me suis chargé de vous envoyer. 

« L'objet de ce mémoire est, comme vous le verres. Monsieur, de 
demander, soit à titre de dédommagement pour le prix de ces livres, 
soit à titre de grâce en faveur des pauvres, un franc-salé * potir l'hôpital, 
tel qu'ils exposent que S. M. a bien voulu l'accorder à beaucoup d'au- 
tres hôpitaux. Je ne puis pour moy que m'en remettre à ce que vous 
jugerés à propos d'en penser; mais si ces manuscrits sont en effet 
d'un aussi grand prix qu'ils les estiment, la grâce qu'ils demandent, en 
la fixant à quinze ou vingt minots % qui ne produiront pas dans la 
suite une grande diminution sur le prix des fermes générales, serait 
peut-être le dédommagement le plus convenable, et le plus utile à 
celte maison, dont il est vrai de dire que les charges sont considé- 
rables. 

« Je vais faire enfermer ces livres dans une caisse que je remettray, 

bien conditionnée, sous votre adresse, au directeur des Messageries de 

cette ville, et j'auray l'honneur de vous en envoyer son reçu par le 

courrier prochain. 

« Je suis, etc. 

« De Bernage. » 

« A Montpellier, le .20 mars i 74i . » 
(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1649, f° 46; original signé, 4 pp. in-f".) 

« Mémoire joint à la lettre de M. de Bernage, du 20 mars I 74i . 

« Plusieurs des manuscrits que le roy a demandé aux Administra- 
teurs de l'hôpital général sont des plus précieux et des plus rares : 
telles sont les ambassades de La Rocheposay et de Vautorte. On peut 
regarder comme un livre, non seulement rare, mais unique, les ambas- 
sades de M. Pélissier, évêque de Maguelonne, à Venise. Un seul livre 
de cette espèce est capable d'augmenter considérablement le prix 
d'une bibliothèque : les libraires qui ont traité avec M.Brosseau M'ont 

1. Franc-salé, privilège de prendre gratuitement du sel à la gabelle. 

2. Minot, ancienne mesure de capacité, équivalant à la moitié d'une mine, soit 
au quart d'un setier ou d'un hectolitre. 

3. L'abbé Brosseau, chanoine de Montpellier, intendantde l'hôpital. 



730 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [MARS 174l] 

bien jugé ainsy ; ils n'ont pas plutôt apris que S. M. avoit fait demander 
ces manuscrits, qu'ils ont rétracté l'offre qu'ils luy avoient faite du 
prix de la bibliothèque. 

« 11 est du devoir des Administrateurs de faire connaître à Son Émi- 
nence la valeur de ces manuscrits; ses lumières feront aisément sentir 
la vérité de ce que l'on avance. D'ailleurs ils se trouvent heureux 
de pouvoir intéresser la charité de S. É. pour une maison qui doit 
son établissement aux soins de M. de Fieury, son oncle, dont la 
mémoire y est dans une singulière vénération '. Les travaux de ce 
grand homme et de ceux qui ont l'honneur de luy succéder n'ont peu 
encore perfectionner un établissement sy avantageux à cette ville ; 
c'est ce qui est réservé à S. É. si elle veut bien profiter de l'occasion 
que présentent les manuscrits pour obtenir à cet hôpital le franc-salé 
qui a été accordé à tous les grands hôpitaux du royaume, et à plusieurs 
qui sont beaucoup moins considérables. L'on peut citer les hôpitaux 
de Paris, de Lyon, de Tours, d'Amiens, et toutes les maisons des Char- 
treux, Capucins et Récollets de cette province. Les mêmes raisons qui 
ont engagé S. M. à faire ce don à ces hôpitaux et communautez sont 
d'un plus grand secours pour l'hôpital de Montpellier : cette maison 
devient tous les jours plus considérable, les charges augmentent et les 
revenus n'augmentent pas à beaucoup près à proportion. Cette maison, 
qui ne contenoit il y a quelques années guère plus de 400 personnes, 
en contient aujourd'huy plus de 700 et en assiste d'ailleurs plus de 
2000; et la dépense du sel, qui n'était pas dans le premier tems fort 
considérable, monte aujourd'huy à plus de trente-cinq minots. 

« Les Administrateurs, qui comptoient trouver dans la succession de 
feu M. de Colbert une ressource qui eût quelque proportion à leurs 
besoins, se trouvent tous les jours de plus en plus mécomptes. Ils ne 
savent quel party prendre pour fournir à des dépenses que la misère 
du temps rend nécessaires, et qui cependant excèdent le plus sou- 
vent du double leur revenu. Ils osent espérer que S. É. voudra bien 
diminuer les peines d'un état aussi fâcheux; les pauvres de cette 
maison témoigneront leur reconnoissance, en ne cessant de faire des 
vœux pour la conservation d'une vie qui leur doit être si chère et à 
tout le royaume. » 

(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1649, î" 48; copie, 2 pp. 1/2 in-f.) 

M. DE BERNAGE A AMELOT. 

8. — Montpellier, 22 mars 174i . — « Monsieur, j'ay fait remettre à 
la messagerie de cette ville les volumes manuscrits que j'ay eu l'hon- 
neur de vous annoncer par le dernier courrier. J'ay celuy de vous en 

I. M. de Fieury, premier intendant de l'hôpital général de Montpellier. 



I 



[mars 1741] APPENDICE 731 

envoyer le reçu que je me suis fait donner par le directeur. Ces volumes, 
au nombre de douze, sont bien conditionés et embalés dans une caisse; 
je compte que vous les recevrez de même. Cette caisse ne pourra être 
rendue à Paris que dans vingt et un ou vingt-deux jours à compter de 
celuy qu'elle partira d'icy, et ce directeur m'a assuré qu'il l'expédieroit 
par le premier départ. 

« Ainsy il ne me reste qu'à vous ajouter une observation à laquelle 
celuy des Administrateurs de l'hôpital qui s'étoit chargé de retirer de 
la bibliothèque de feu M. l'Évêque de Montpellier le nombre de volumes 
contenus dans l'état que vous m'aviez adressé, et dont je joins icy la 
copie, a donné lieu. Il avoit oublié de retirer avant la vente qui a été 
faite de cette bibliothèque le volume contenant la Négociation à Ratis- 
bonne en 1652 et 1653 ; en sorte que ce volume s'étant trouvé dans la 
bibliothèque lorsqu'elle a été livrée aux acquéreurs, il a fallu le retirer 
de leurs mains, et je n'ay pu le faire que sous la condition que les 
administrateurs leur enpayeroient le prix qu'ils en recevroient du roy. 
Ainsy, soit que le roy accorde à l'hôpital de Montpellier la demande 
qu'ils font dans leur mémoire d'un franc-salé, soit que le prix de ces 
volumes leur soit payé sur l'estimation que vous en ferez faire, je me 
suis chargé de vous suplier d'ordonner que l'estimation du volume dont 
il s'agit soit faite séparément, pour leur servir de règle et éviter toutes 
discussions entre eux et les acquéreurs de la bibliothèque. 

« Je suis, etc. 

a De Berxage. 
« A Montpellier, le 22 mars 1741 . » 

(Aff. Élr., Mém. et doc, France, vol. 1649, f" 50; original signé, 3 pp. in-f".; 

AMELOT AU CARDINAL DE FLEURY. 

9. — S. L n. d. [Mars 174 J]. — « Monseigneur, les administrateurs 
de l'hôpital général de la ville de Montpellier prennent la liberté de 
représenter à Votre Eminence que la bibliothèque de feu M. Colbert, 
évesque de Montpellier, étant le principal effet de sa succession qu'il a 
laissé aux pauvres dudit hôpital, ils espéroient en tirer un prix assés 
considérable pour les aider à réparer les bénéfices qu'il possédoit etque 
les gens d'affaires ont fort mal entretenus. Le choix que le roy a fait 
faire des principaux manuscrits qui la composoient et qui avoient 
engagé les libraires d'Hollande à l'achepter, les a obligé de rompre le 
marché qu'ils en avoient fait avec le sieur Brosseau, chanoine de Mont- 
pellier et intendant dudit hôpital. Les administrateurs croyent. Monsei- 
gneur, qu'il est de leur devoir de faire connaître à V. E. la valeur de 
ces manuscrits qui sont des plus précieux par leur antiquité et par leur 
rareté, comme sont les ambassades de la Rocheposay, de VotartayS et 

1. De Vautorte. 



732 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [mAUS 1741j 

surtout celles de M. Pélissier, évesque de Maguelonne, à Venise, livre 
unique qui étoit seul capable d'augmenter considérablement le prix, de 
cette bibliothèque. 

« Cet hôpital, Monseigneur, qui doit son premier ornement au zèle de 
M. de Fleury votre oncle, qui en a été nommé par le roy le premier 
intendant, attend de votre piété et de votre charité un dédommage- 
ment digne de la protection dont vos ancêtres ont toujours honoré 
celte maison; elle mérite d'avoir part à vos bienfaits, étant obligé [sic] 
de nourrir plus de 700 personnes et de donner le pain dans la ville à 
plus de deux mille : dépense qui excède ses revenus, qui diminuent au 
lieu d'augmenter, dépense qui deviendroit moins considérable s'il plai- 
soit à V. E. de luy Taire accorder la même grâce que le roy a fait aux 
hôpitaux de Paris, de Lion, de Tours, d'Amiens et de beaucoup d'autres 
villes du royeaume, en leur donnant le franc-salé dont jouissent actuel- 
lement les Chartreux, les Capucins et les Récolets de la province du 
Languedoc. Malgré la grande économie qu'on observe dans cet hôpital, 
on est obligé d'y consumer trente minots de sel par chaque année, 
dépense excessive dont les administrateurs connoissent trop bien la 
valeur pour la croire proportionnée à l'indemnité qu'ils demandent, 
pour les dédomager du prix des manuscrits qui laissent un si grand 
vide dans cette bibliothèque. Ils comptent pour l'obtenir sur la charité 
de S. M. autant que sur sa justice; c'est une grâce et une faveur que 
la décision de V. E. rendra plus ou moins avantageuse aux pauvres, 
qui ne cesseront de prier le Seigneur de conserver des jours si chers à 
l'Etat. » 

(Aiï. Étr., Mém. et doc, vol. 1649, f" 52; original, t p. in-4o obi.) 

AMELOT A M. DE BERNAGE. 

10. — Versailles, 24 mars 1 741^. — « Je vous envoyé, Monsieur, un 
placet qui a été présenté à M. le cardinal de Fleury de la part des 
Administrateurs de l'hôpital général de Montpellier, au sujet des livres 
manuscrits concernant le service du roy qui se trouvent faire partie de 
la bibliothèque de feu M. l'Évêque de Montpellier léguée à cet hôpital. 
Vous aurez veu par la lettre que j'eus l'honneur de vous écrire le 3" du 
mois de novembre dernier, quil ne s'agissoit que de dix ou douze 
volumes de négociations très anciennes des ministres de France en pays 
étrangers, et que j'avois lieu de juger que leur retranchement ne pour- 
roit causer qu'une légère diminution dans le prix d'une bibliothèque 
aussy nombreuse. Cependant il paroit que les Administrateurs de l'hô- 
pital de Montpellier voudroient, en grossissant cet objet, faire entendre 

1. La date a été biffée. On lit en marge : « Projet. La lettre n'a pas été écrite. • 
Nous avons néanmoins jugé intéressant de la reproduire à cause de ses curieux con- 
sidérants. 



[mars 1741] APPENDICE 733 

que la seule proposition du retranchement de ces volumes a fait tomber 
considérablement le prix de cette bibliothèque; qu'il a même occa- 
sionné la rupture d'un marché qu'ils avoient conclu pour la vendre à 
des Hollandois; enfin, qu'ils se persuadent qu'il seroit de la justice de 
S. M. de leur accorder des dédommagements auxquels ils ne mettent 
point de bornes, 

« Comme le placet contenant ces représentations à Son Eminence 
n'est point signé de la part de ces Administrateurs, Elle attendra votre 
réponse pour savoir ce qu'elle doit en penser; mais en attendant je crois 
devoir vous faire observer que le legs qui leur a été fait de ladite biblio- 
thèqne estant un don purement gratuit, ils devroient s'estimer heureux 
d'une pareille aubeine en quelque état qu'elle leur parvînt, et qu'il leur 
siéroit mal de vouloir se rendre difficiles sur la proposition que vous 
avez été autorisé à leur faire de la part du roy, de convenir amiable- 
ment avec eux sur l'estimation des livres que S. M. voudroit faire 
retirer. Que même ce seroit par un pur effet de la bonté du roy que 
S. M. se porteroit à leur accordera cet égard quelque indemnité pour 
leur tenir lieu du prix desdits manuscrits, puisqu'à prendre la chose à 
la rigueur, ces livres luy appartiennent originairement comme étant des 
recueils de lettres adressées aux roys ses prédécesseurs sur les affaires 
de la couronne avec les puissances étrangères, ou de leurs réponses à 
ces ambassadeurs. Que par cette considération ils ont deu penser d'eux- 
mêmes qu'il ne leur seroit jamais permis de les vendre à des étrangers, 
et qu'ainsy ils ne doivent pas juger de la valeur de ces volumes par le 
prix que des libraires hollandais ont pu y mettre. Que tous les recueils 
des dépêches originales des ambassadeurs sont, comme celuy des 
papiers de l'ambassade de M. Pélissier, évêque de Maguelonne, à 
Venize, dans le cas d'être regardés comme des livres uniques, et que 
par cette raison même ce recueil, de même que les autres de même 
espèce, ne peut jamais estre considéré comme une marchandise dont il 
puisse être libre à des particuliers de disposer en faveur de telles per- 
sonnes qu'ils voudroient et même des étrangers. Qu'il est vray que de 
la part des roys prédécesseurs de S. M. l'on n'a pas toujours veillé avec 
la même attention à empêcher que les papiers originaux des ambas- 
sades ne passassent dans des mains qui puissent en abuser au préjudice 
de la gloire et des intérêts de la couronne; mais que, sous les deux 
derniers règnes, on a veillé plus attentivement à faire rentrer autant 
qu'il a esté possible ces sortes de papiers à la Bibliothèque du roy, et 
que, depuis qu'il a été établi un dépost des Affaires étrangères, S. M. a 
fait connoître encore plus particulièrement ses intentions à cet égard, 
en sorte qu'à mesure que les ambassadeurs reviennent des ambassades 
qu'ils ont remplies en pays étrangers de la part de S. M., ils sont tous 
obligés de remettre eux-mêmes à ce dépost tous les papiers de leurs 
négociations. 



734 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [mARS 1741] 

« Vous pouvez, Monsieur, faire usage de ces considérations auprès 
des Administrateurs de l'hôpital de Montpellier, pour leur faire 
entendre que, quand même S. M. se seroit portée à faire enlever de sa 
pure autorité lesdits manuscrits, ils n'auroient pas eu le moindre lieu 
de s'en plaindre comme d'une injustice, puisque d'eux-mêmes ils 
auroient deu se faire un mérite auprès d'Elle de luy remettre un bien 
qui luy appartient dès son origine, et qui ne peut jamais estre regardé 
comme une marchandise commerçable, ni qui puisse estre vendue au 
plus offrant et dernier enchérisseur. Vous pouriez leur faire sentir aussy 
qu'une pareille conduite de leur part seroit un moyen, non seulement 
de marquer leur reconnoissance des grâces qu'ils ont reçues de la part 
de S. M. depuis l'établissement de leur hôpital, mais aussy d'en mériter 
la continuation, au lieu qu'en marquant de la répugnance à ce que S. M. 
désire d'eux en cette occasion, ce seroit montrer de leur part une ingra- 
titude condamnable. 

« Ces différents motifs donnent lieu de juger que lorsqu'ils y auront 
réfléchi mûrement, ils comprendront enfin qu'il est de leur devoir à 
tous égards de recevoir comme une grâce la somme que S. M. se porte- 
roit d'elle-même à leur faire remettre par forme d'indemnité du proffit 
qu'ils auroient pu espérer de faire pour ledit hôpital, en comprenant 
lesdits manuscrits dans la vente générale de la bibliotèque dont ils ont 
fait partie. 

Les bibliotéquaires employés sous ses ordres, soit à la Bibliotèque du 
roy, soit au dépost des Affaires étrangères, savent mieux qu'on ne peut 
savoir dans les provinces quel est le vé!-itable prix de pareils manus- 
crits, et lorsqu'ils auroient vu ceux dont il est question, S. M. se por- 
teroit sur leur raport à en faire payer la juste valeur; mais s'il arrive, 
contre l'attente de Son Eminence, que lesdits administrateurs soient 
assez déraisonnables pour ne point suivre à cet égard le conseil que 
vous pouvez leur donner de s'en raporter entièrement à S. M., alors vous 
pouvés leur déclarer que, puisque lesdits volumes manuscrits se trou- 
vent compris dans la bibliotèque que feu M. l'Évêque de Montpelier leur 
a léguée, l'intention de S. M. est qu'ils les gardent en leur possession, 
pour en demeurer responsables et ne pouvoir s'en desaisir qu'avec la 
permission de S. M., qui ne peut permettre en aucune manière que des 
papiers de cette importance concernant le service de sa couronne puis- 
sent être mis en vente, ou abbandonnez en des mains inconnues qui 
pourroient en faire usage au préjudice de la gloire et des intérêts de sa 
couronne, et vous ferez dresser un procès-verbal tant de cette déclara- 
tion de votre part que de leur soumission à s'y conformer. 

« Je suis, etc. 

u A Versailles, le 24 mars i 741 . » 
(AfT. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1649, f'^ 53; minute, 7 pp. 1/2 in-f.) 



[avril 1741] APPENDICE 735 



l'abbé de la ville 1 AU CARDINAL DE FLEURY. 

11. — Paris, 27 avril 1741. — « Vous verres, Monseigneur, par 
l'état apostille que j'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint, qu'en exé- 
cution de vos ordres je me suis mis, autant qu'il m'a été possible, en 
état de vous rendre un compte exact de ce que contiennent les douze 
volumes de manuscrits retirés de la bibliothèque de feu M. l'Évêque de 
Montpellier. Il restoit, Monseigneur, à en faire une juste estimation. 
M. l'abbé Sallier - s'est rendu ce matin au dépôt, et après les avoir 
examinés, il m'a assuré que si on les lui présentoit pour la Bibliothèque 
du roi, il refuseroit d'en faire l'acquisition ou du moins qu'il croiroit 
les payer fort généreusement au moyen de vingt ou vingt-cinq pistoles, 
en supposant même que rien de ce que renferment ces manuscrits ne 
se trouvât déjà dans les livres de S. M. Il semble en effet. Monseigneur, 
que de simples copies qui n'ont aucun caractère d'autenticité et dont 
les originaux se trouvent en grande partie déposés au Louvre, ne sont 
point susceptibles d'une appréciation considérable... 

« Daignez, Monseigneur, agréer mon profond respect. 

« A Paris, le 37 avril 1741. 

« De La Ville '. » 

(AfF. Étr., Méin. et doc, France, vol. 16i9, f° 62; original signé, 3 pp. in-f°.) 



1. Jean-Ignace de La Ville, né en Guyenne vers 1701, mort à Versailles le 
15 avril 1774. Dans sa longue et active carrière, il fut successivement garde du 
dépôt des AtTaires étrangères au Louvre (1740-1745), chargé d'alTaires en Hollande 
(1744-174o), premier commis à la direction des affaires politiques (1745-1751), membre 
de l'Académie française (1747), directeur des Affaires étrangères (1774), évèque in 
parlibus de Triconie (1774). — V., sur ce personnage, A. Baschet, Histoire du dépôt 
des Archiver des Affaires étrangères, Paris, Pion, 1875, in-S", avec 2 portr. ; pp. 242 
à 273. 

2. Claude Sallier, érudit, né le 4 avril 1085 à Saulieu (Côte-d'Or), mort à Paris le 
9 juin 1761. 11 fut membre de l'Académie française et de l'Académie des inscrip- 
tions, professeur au Collège de France et garde de la Bibliothèque royale, dont il a 
publié un Catalogue en 6 volumes in-f (173y-17o3). 

3. On lit en marge, de la main de Fleury : « M. Le Dran. Écrire à M. de Bernage 
que le Roy leur fera envoyer 23 Pistolles pour lesdits manuscrits, et que s'ils ne 
veulent pas s'en contenter on les leur rendra. » —Pierre Le Dran, second commis 
au dépôt des Affaires étrangères, installé au Louvre depuis le 5 juin 1741. Il avait 
débuté comme trésorier des armées du roi. 

L'aîné des trois frères Le Dran, Henri-François (1085-1770), a laissé un nom 
illustre dans la chirurgie. Le second, Nicolas-Louis, né en 1086, mort à Saint-Cloud 
le 18 décembre 1774, entré au dépôt des .\ffaires étrangères en 1709, bientôt pre- 
mier commis, en fut à la fois le garde et l'historiographe, à diverses reprises, de 
1720 à 1763. Le fonds des Mémoires et documents abonde en notes et mémoires de 
sa main, rédigés avec conscience et sûreté, sinon toujours avec élégance, sur les 
sujets les plus variés. — V. Baschet, Hist. du dépôt des Affaires étrangères, p. 184 
et passitn. 



736 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [avril 1741] 

« Etat des volumes manuscrits qui se sont trouvés dans la hihliothcque de 
feu M. l'évèque de MotitpclUer et qui contiennent don lettres et négocia- 
tions des ministres du roi dans les cours étrangères » (Par l'abbé Sal- 
lior. — 27 avnH7.-îl). 

1° Lellres de M. Pélissier, évêque de Maguelonne, ambassadeur du 
roi à Venise; 1 vol. in-f, manuscrit sur papier, relié en parchemin '. 
— Ce volume ne contient que des copies. Ce qui se trouve au dépôt dans 
les papiers de Venise ne commence qu'en i 550 -. Les lettres de M. Pélis- 
sier sont de 1540 et 1541 ^. 

2° Lettres et négociations de M, d'Abain de la Rocheposay, ambassa- 
deur du roi à Rome, depuis 1576 jusqu'en 1380; 2 vols, in-f°, mss. sur 
papier, reliés en veau. — Ces deux volumes ne sont que des copies. Il ny 
a au dépôts touchant V ambassade de M. de la Rocheposay à Rome, quun 
précis de l'instruction qui lui fut donnée lors de son départ pour s'y 
rendre *. 

3° Un volume contenant plusieurs lettres et mémoires sur différentes 
affaires, et en particulier concernant le concile de Trente, et la négo- 
ciation de M. de Marquemont, archevêque de Lyon, ambassadeur à 
Rome sous Louis XIII; in-f*^, ms. sur papier, relié en veau. — Ce volume 
ne contient que des copies, et tout ce qu'il renferme de plus intéressant se 
trouve déjà parmi les papiers du dépôt ^. 

4° Ambassades du maréchal de Bassompierre en Angleterre et en 
Suisse, en 1623 et 1626; 2 vols. in-f°, mss. sur papier, reliés en veau. 

1. La reliure actuelle, en veau marron, au fer écussonné de la Charte de 1830, 
surmontée de la couronne royale, dans un encadrement de drapeaux, date du 
règne de Louis-Philippe. 

2. Avec les négociations d'Odet de Selve (1550-1534), qui forment les tomes 3 à 6 
de la Correspondance. 

3. 11 est surprenant de voir un érudit comme l'abbé Sallier tomber dans la même 
erreur grossière que les administrateurs de l'hôpital de Montpellier, plus excu- 
sables de n'avoir point vu que cette correspondance comprend une grande partie 
de l'année 1542. 

4. Louis Chasteigner de la Roche-Posay, seigneur d'Abain, né le 15 février 1535, 
mort à Moulins le 29 septembre 1595. — Les originaux de ses dépêches se trouvent 
dans la collection Dupuy, à la Bibliothèque nationale. 

L'Instruction de La Uoche-Posay est aux Affaires étrangères, dans le fonds de 
Rome, Mémoires et documents, t. 15, f' 44 à 51, copie du wW^ siècle; les deux 
volumes des dépêches, provenant de Colbert de Groissy, forment aujourd'hui les 
tomes T et 8 de la Correspondance de Rome. Ces deux volumes ont conservé leur 
reliure ancienne et portent tous deux sur la garde, de la même écriture que celle 
qui est au ms. de Pellicier, la mention « Ex libris Biblio[thecae] D. D. Caroli de 
Pradel, epifscojpi Monspe[liensis] », vraisemblablement autographe du prélat. C'est 
une belle copie de la fin du xvii^ siècle. 

5. Denis-Simon de Marquemont, cardinal, archevêque de Lyon du 5 novembre 1612 
au 16 septembre 1626, date de sa mort. Le dépôt des AtTaires étrangères possède 
deux copies, du xvn° siècle, de la première ambassade de M. de Marquemont à 
Rome (juin 1617 à avril 1619; Rome, Corresp., t. 24-25 et 26), et une de la seconde 
(novembre 1622 à juillet 1626; Rome, Corresp., t. 31-32). 

On en trouve d'autres à la Bibliothèque nationale. 



[avril 1741] APPENDICE 737 

— Ce que renferment ces volumes a déjà été imprimé et se trouve en 
manuscrit parmi les papiers du dépôt; d^ ailleurs ces deux volumes ne con- 
tiennent que des copies '. 

5° Un volume contenant différentes lettres, mémoires et traités rela- 
tivement à plusieurs affaires et à plusieurs pays différents. Ce volume 
a pour titre : « Ambassade et négociation d'Italie, par MM. le cardinal 
de Lavalette ^, de Chauvigny ^ et d'Emery, en i639 ; in-f*', ms. sur 
papier relié en veau. — Ce ne sont que des copies de pièces qui pour la 
plus grande partie sont déjà au dépôt *. 

6" Négociations de M. de Vautorte à Nuremberg en 1649 et à Ratis- 
bonne en 1653 et 1634; 2 vols, in-f", mss. sur papier, reliés en veau. 

— Copies^ qui ne sont pas même toujours exactes, des pièces originales 
déposées au Louvre ^. 

7'^ Recueil de lettres du cardinal Mazarin en 1637 et jusqu'en 1661; 
3 vols, in-f", mss. sur papier, reliés en veau. — Ce ne sorti non plus 
que des copies de lettrei dont les originaux ouïes minuttes sont au dépôt, 
au moins en grande partie ^. 

« M. l'abbé Sallier a jugé que les douze volumes cy-dessus mentionés 
seroient bien payés si on donnoit tout au plus deux pistoles pour 
chaque volume. » 

(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1649, f" 64; original, 3 pp. in-fo.) 

1. François II de Bassonipierre, colonel-général des Suisses, maréchal de France 
(1622), né le 12 avril IS79, au château de Harrouel en Lorraine, mort le 12 oc- 
tobre 1046, ambassadeur extraordinaire en Espagne (1622), en Suisse (1623-1626) et 
en Angleterre (1026). 

Les ambassades de Bassompierre en Angleterre et en Suisse forment, indépen- 
damment des divers manuscrits de la Bibliothèque nationale, dans la Correspon- 
dance des Affaires étrangères, les tomes 39 à 41 du fonds Angleterre (1625) et 18 à 
22 du fonds Suisse (1625-1626). Elles ont été publiées, avec celle d'Espagne, en 1668 
(2 vols, in-12), trois ans après les Mémoires, parus en 1665 et souvent réédités 
depuis. 

Le marquis de Chanterac a donné dans la collection de la Société de l'histoire 
de France une édition définitive des Mémoires (Paris, Renouard, 1870-1877, 4 vols. 
in-8°). 

2. Louis de Nogaret d'Épernon, cardinal de la Valette, né à Angoulême. en 1393, 
mort à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639. Archevêque de Toulouse sans 
avoir reçu les ordres sacrés (1613-1627), cardinal (1021), il se distingua surtout dans 
la carrière militaire et commanda brillamment, sous Richelieu, les armées d'Alle- 
magne et d'Italie. 

3. Louis de Bouthillier de Chavigny. 

4. Ce recueil forme aujourd'hui le tome 68 de la Correspondance de Rome, aux 
Affaires étrangères. Il a conservé sa reliure en veau fauve et porte sur la garde 
l'ex-libris autographe de Charles de Pradel. 

5. Ces deux volumes pourraient être les tomes 127 et 131 de la Correspondance 
d'Allemagne, aux Affaires étrangères. Reliés en veau, ils ne portent d'ailleurs aucun 
ex-libris et les fers qui ornaient les plats ont été arrachés à l'époque de la Révo- 
lution. 

6. Les dépôts de la Bibliothèque nationale et des Affaires étrangères possèdent 
tant de copies des Lettres du cardinal Mazarin qu'il serait fort difficile, en l'ab- 
sence de marques extérieures, d'identifier le recueil en question. 

'Venise. — 1540-1542. 47 



738 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER [mai 1741] 

AMELOT A M. DE DERNAGE. 

12. — Marb/, le 15 mai 1741 . — « J'ay receu, Monsieur, conformé- 
ment à la lettre dont vous m'avez honoré le 20 mars, la caisse que vous 
m'avez adressée contenant les douze volumes manuscrits faisant partie 
de la bibliotèque de feu M. Golbert, évéque de Montpellier, et qui en 
ont été retirez en vertu de l'ordre du roy que je vousay envoyé. J'avois 
pensé, de même que vous, que difficilement il se trouveroit à Montpel- 
lier des personnes assez au fait de pareils manuscrits pour juger de 
leur véritable valeur, et que les administrateurs de l'hôpital de cette 
ville ne pouroient prendre un parti plus convenable que de s'en raporter 
à l'estimation des personnes instruites qui pouroient, à l'arrivée de ces 
manuscrits à Paris, être chargées de la part de S. M. de les examiner. 

« C'est ce qui vient d'être fait par les bibliotéquaires employez sous 
ses ordres, tant à la Bibliothèque du roy qu'au dépôt des Affaires étran- 
gères, et il paroist, suivant le raport qu'ils en ont fait, que tous ces 
douze volumes ne contiennent que des copies dont les originaux sont 
déjà dans 'l'une ou l'autre de ces bibliothèques. — Les ambassades du 
maréchal de Bassompierre, qui composent un de ces volumes, ont 
même été déjà imprimées, — de sorte que s'ils eussent été apportez 
par quelques inconnus pour en avoir le juste prix, à peine auroit-on 
estimé une pistolle chacun de ces douze volumes. J'en ay rendu compte 
au roy, et S. M. voulant bien, en considération des pauvres de l'hôpital 
de Montpellier, en donner une plus haute valeur, m'a ordonné de vous 
marquer qu'EUe feroit payer aux administrateurs de cet hôpital une 
somme de 23 pistolles, faisant en total 230 livres, pour lesdits douze 
volumes de copies manuscrites; mais comme il a paru que ces admi- 
nistrateurs, grossissant infiniment cet objet, en attendoient un bien 
plus haut prix, vous pourez leur faire entendre, au cas qu'ils fissent 
difficulté de se contenter desdites 23 pistolles, que sur le premier avis 
que vous m'en donnerez, les mêmes volumes vous seront renvoyez 
pour leur être remis. 

« J'attendray donc votre réponse, Monsieur, soit pour faire payer 
cette somme à ceux qui seront autorisez à la recevoir de la part de ces 
administrateurs, soit pour vous renvoyer ces volumes au même état 
que vous me les avez adressez. 

« Je suis, etc. 

« A Marly, le 1 5 mai/ 1741 * » 

(Aff. Étr., Mém. et doc, France, vol. 1649, f'^ 70; minute, 2 pp. 1/2 in-f°.) 

1. Ici s'arrêtent nos documents sur cette affaire. Les administrateurs de l'hôpital 
paraissent s'être exécutés d'assez bonne grâce et avoir accepté finalement l'indemnité 
qu'on leur offrait en échange des douze volumes manuscrits, qui furent répartis, 
à ce qu'il semble, entre les deux dépôts de la Bibliothèque royale et des Affaires 
étrangères. 



APPENDICE 739 

IX 

Additions et corrections. 



P. 3, note 1. — M. de Boisrigault. — Une quittance du Cabinet des titres (Pièces 
originales, ms fr. 27, 454;, datée du 26 mai 1346, et signée : « Daugerant », men- 
tionne " Louis d'Augerant, chevalier, seigneur de Boisrigault, Ijaron de la Garde, 
conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi, capitaine et châtelain d'Usson ». 
Né vers 1490, Louis d'Augerant mourut vers 1555. 11 avait reçu du roi la terre et 
seigneurie d'Usson (Puy-de-Dôme), sise au bailliage de Montferrand, par lettres 
données à Saint-Germain-en-Laye, le 16 novembre 1526 {Cat. des actes de Fran- 
çois I", t. I, p. 468, n° 247 S). ' , 

Le même recueil nous donne le nom d'Antoine d'Augerant, abbé de l'abbaye 
bénédictine d'Issoire, au diocèse de Clermont. Les lettres royales autorisant l'exé- 
cution des bulles conférant à Antoine d'Augerant ce bénéfice sont datées de Saint- 
Just-sur-Lyon, le 2 janvier 1525 (n. s.). Ce personnage était vraisemblablement le 
frère du diplomate (V. Catalogue des actes, t. V, Suppl., p. 623, n° 17,860; p. 654, 
n"' 18,026 à 18,028). 

P. 7, note 4. — Le marquis de Aguilar, ambassadeur de Charles-Quint à Rome, 
annonçait de cette ville à son maître, le 3 juillet 1540, les importantes nouvelles 
qui suivent, notamment la capture du corsaire Dragut (Torghoud) par Giannettino 
Doria, sur les côtes de Corse, et la délivrance des nombreu.x; esclaves chrétiens 
retenus sur les galères barbaresques. 

« ...Per letra de Adan Centurion de Genova alos xx del passado, tengo aviso como 
aviendoembiado el principe Andréa Doria al capitan Juan Doria con xxi. galeras en 
busca de Dragut Arraez [el i-aïs, le chef], cossario, que era venido de Levante, le hallo 
en Corsega en un lugar que se llama la Gilaratte [la baie de Girolala, entre Calvi et 
Ajaccio'\ con dos galeras y vu. galeotas y las prendio todas con el dicho capitan, y 
alguna parte de los Turchos avia saltado en tierra, y andavan a caça d'elles. 
Despues de lo quai tengo otra letra del dicho Adan de xsii. del niesmo, en que 
dize como el dicho Juanito Doria era venido à Genova con toda la presa, en que 
avia II m. ce. animas de cristianos, porque avian sagueado la ysla de Capraya [Vile 
de Capri] y hecho muchos dannos en Corsega y otras partes, y preso una nave de 
Genova que venia cargada de grano de Oran, y otras dos de mercaderia. Ha sido 
una buena presa y provechosa à la Cristiandad. Y pues las galeras de V. M. se 
hallan libres al présente de armada del Turcho, podrian este afio destruir la mayor 
parte de los cossarios haziendosse dos vandas y juntadosse para ello las de Espana 
sy fuesse menester, que no séria de poco fructo para el que viene. Tambien tengo 
aviso del visorrey de Sicilia que las galeras de aquel reyno avian preso otras dos 
fustas en aquella costa. Paresciome dar aviso d'esto à V. M. sy por caso el de 
Genova no fuesse llegado... » 

(AIT. Étr., Espagne, Mém. et doc, t. 223, P 216; original signé.) 

P. 9, note 1. — Georges d'Armag.nac quitta Rome pour rentrer en France à la fin 
de 1545. Il mourut, suivant l'historien avignonnais Nouguier, le 21 juillet 1585. Son 
dernier biographe, M. Maruéjouls, adopte la date du 11 juillet, donnée par divers 
auteurs (V. Ph. Tamizey deLdiTroque, Lettres inédites du cardinal d'Armagnac; Paris- 
Bordeaux, 1874, in-8°, et les positions de la thèse soutenue à l'École des chartes 
par M. Pierre Maruéjouls, Étude biographique, sur le cardinal d'Armagnac {ISOO- 
15S3). Chalon-sur-Saône, 1896, in-8° de 6 pp.). 

P. 10, note 1. — M. de Pelocx. — Les Archives départementales du Doubs {Invent, 
somm., par J. Gauthier, Besançon, Jacquin, 1895, in-4''; Chambre des comptes de 
Franche-Comté, t. III, p. 340, col. 1; série B. 3065) nous ont fourni quelques ren- 
seignements sur ce personnage, qui joua dans la cour impériale un rôle assez im- 



740 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

portant. Des lettres patentes de Charles-Quint avaient cédé, en lo31, sous clause 
de rachat, la terre de Vercel (Doubs) à « Franeois de Peloux, gentilhomme de son 
hôtel, seigneur de Gourdans, l'ayant servi dans toutes ses guerres, depuis la tra- 
hison du connétable de Bourbon »; elles le gratifiaient en outre de 512 livres de 
rente sur la saunerie de Salins. En 1570, un mandement de Philippe II fut rendu 
pour faire rechercher les titres de la terre de Vercel, engagée à Jeanne-Bapliste de 
Peloux. fille de Franrois de Peloux. Un certificat de Gérard de Walteville, tuteur 
de cette dernière, constate, l'année suivante, « que François de Peloux est mort il 
y aquatorze ans [looOJ en la guerre dcGravelines, laissant une fille âgée de six mois, 
et qu'un ou deux ans après la ville dudit Vercel, ensemble le chasteaul où esloit 
la dame mère d'icelle damoiselle Jehanne, furent bruslez entièrement, duquel chas- 
teaul. comme le feu fut si impétueux et soudain, ne fut possible en rien retirer». 
lOid., ligne o. — Marino, abbé de Najara, et non Najera, commissaire impérial, 
est mentionné dans les documents publiés par BesianVin^,, Négociations de la France 
avec la Toscane, t. II, pp. 801 et 802, et par Saige, Docum. hist. relut, à Monaco, 
t. II, p. 240. 

P. 12, note 6. — Marguerite d'Angoulême admit Serlio au nombre de ses pen- 
sionnaires. Le précieux registre de Jean de Frotté, contrôleur général des finances 
du royaume de Navarre, duché d'Alençon et comté d'Armagnac et du Perche, ou 
livre des dépenses de la reine de Navarre, de 1540 à 1549, mentionne le fait : 

« Le sixiesnie jour de décembre 1541, dépesché à Fontainebleau ung mandement 
adressant au trésorier de Berry de payer des deniers de sa recepte, à Sébasliano 
Sérelio de Boullongne, architecteur du roy, la somme de cent escus d'or à luy 
ordonnés par ladicte dame par chascun an, à commencer du premier jour de jan- 
vier Mv''xL, et continuer consécutivement tant qu'il plaira à ladicte dame, qui tant 
en a faict en considération d'aucunes bonnes causes qui ad ce faire l'ont meue. • 
{Marguerite d'Angoulême, sœur de François 1" ; son livre de dépenses {lSiO-lâ49), 
élude sur ses dernières années, par le comte H. de La Ferrière-Percy; Paris, 
Aubry, 18G2, in-18, avec portr., p. 47.) 

P. 14, note 2. — Girolamo Foxdulo habitait Lyon vers 1336. Voulté, poète de ce 
temps, le cite dans l'épître dédicatoire du livre III de ses Épigrammata (Lyon, 1537, 
in-8°) parmi les gens de lettres avec lesquels il était en relations dans cette ville. 
Dolel lui a adressé une pièce dans ses Carmina, et Nicolas Bourbon l'Ancien une 
autre dans ses Nugœ; ce dernier l'appelle <• homo doctissimus ». 

On trouve son épitaphe dans un dizain parmi d'autres vers, à la suite de la traduc- 
tion '< en rythme françoise de la tragédie d'Euripide nommée Hecuba » (Paris, 
Robert Estienne, 1550, in-S"). 

P. 2i, note 1, et p. 54, note 1. — 11 s'agit, non pas de l'abbé de StalTarde, 
proposé en décembre 1527 pour le cardinalat [Calendars of State papers, Venetian, 
iS2T-lo33, p. 114), mais du marquis Gian Lodovico, alors dépossédé de ses états au 
profit de son frère Gabriele, qui s'était rallié à l'empereur. Il mourut seulement 
en 1563, après avoir cédé à la France ses droits sur S.\luces. La nouvelle venue de 
Milan était donc erronée. 

P. 23, note 2. — Don Diego Lopez de Souia (et non Zuniga), trésorier impérial 
au duché de Milan, avait été successivement ambassadeur de Charles-Quint à Gênes 
et à Venise. Remplacé en avril 1536 par Don Diego Hurtado de Mendoza, il con- 
tinua cependant de résider fréquemment dans cette ville, et d'y prendre une part 
active aux affaires. 

P. 26, ligne 5. — Gènes. — Les intérêts de l'empereur étaient puissamment sau- 
vegardés à Gênes par l'influence de Doria et la présence de don Gomez Suarez de 
Figueroa, ambassadeur impérial auprès de cette république de 1329 à 1547. II 
devint plus tard régent du royaume de Naples, puis du royaume d'Aragon. 

P. 28, note 8. — On peut consulter à ce sujet les Épitres de Rabelais écrites pen- 
dant son voyage d'/ia/fe, publiées et annotées par Louis et Scévolede Sainte-Marthe, 
Paris, 1651, in-i2, p. 48. 



APPENDICE 741 

P. 30, note 2. — Ce Prieur de Satxt-Pol, dont nous n'avons pu découvrir le nom, 
tirait son appellation du prieuré de Saint-Paul du Mont-Carmel, situé dans la com- 
mune de Saint-Paul-et-Valmalle, arrondissement de Montpellier, canton d'Aniane 
(Hérault). 

p. 33, note 3. — On peut consulter avec profit, sur les importantes négocia- 
tions conduites par M. de Vaux en Angleterre, le livre de M. Gilbert Jacqueton, 
La politique extéineure de Loidse de Savoie; Paris, Bouillon, 1892, in-S" (Extrait de 
la Bihliothèque de l'École des Hautes-Études). — Jean-Joachim de Passano, génois, 
était à ses débuts, en 1520, secrétaire d'Ottaviano Fregoso, gouverneur de Gènes et 
résident à la cour de France. Il assista en cette qualité à l'entrevue du camp du 
Drap d'or. En continuelles relations d'alTaires avec les généraux des finances, il leur 
servait d'intermédiaire auprès des marchands et banquiers italiens et lyonnais, et 
négociait des emprunts pour le roi. — Des lettres de naturalité, avec permission 
d'acquérir des fiefs, seigneuries et bénéfices, furent octroyées, par lettres données à 
Noyon, en mars 1540 {n. s.), à Catherine Saull, femme, et à Antoine et Anne, 
enfants de Jean-Joachim de Passano, seigneur de Vaux, maître d'hôtel ordinaire 
du roi {Cat. des actes de François 1", t. IV, p. 97, n» 11, 446). 

P. 34, ligne 8. — Le Sénat de Raguse. — Raguse, république aristocratique, avait 
à sa tête un grand conseil où tous les nobles âgés de dix-huit ans au moins avaient 
droit de présence; un petit conseil de onze, et plus tard de sept membres, élus 
annuellement, présentait les projets de loi; en outre, un conseil consultatif com- 
posé de quarante-cinq membres {rogati) équivalait aux p?'e(7a(/i de Venise et consti- 
tuait le Sénat. 

Un recteur (rettore) exerçait le pouvoir exécutif, ne restait qu'un mois en charge, 
et ne pouvait être réélu qu'au bout de deux ans. Le recteur et les membres du 
petit conseil faisaient partie du conseil consultatif. Enfin, trois provéditeurs, élus 
pour un an, avaient le droit d'abroger temporairement les lois, jusqu'à ce que le 
conseil consultatif ait pu aviser, dans les circonstances graves, aux difficultés sur- 
venues. 

P. 52, note 6. — Claude d'Anxebault, baron de Retz et de la Hunaudaye, issu 
d'une famille de Normandie qui tirait son nom du château d'Annebault (Eure). 
Fait prisonnier avec François 1" à la bataille de Pavie (1525), il se distingua dans 
la campagne de Piémont en 1536, devint capitaine-général de la cavalerie légère, et 
fut de nouveau fait prisonnier devant Thérouanne en 1537. Créé maréchal de 
France l'année suivante, lieutenant-général et gouverneur du Piémont (20 sep- 
tembre 1539), envoyé extraordinaire à Venise (novembre 1539), il succéda en 1543 à 
Chabot dans la dignité d'amiral de France, battit plusieurs fois les Anglais sur 
mer, et fut jusqu'à la mort de François I" le principal ministre de ce prince. 
Tombé en disgrâce à l'avènement de Henri II, il rentra en faveur peu de temps 
après et mourut à la Fère le 2 novembre 1552. Brantôme lui a consacré une notice 
(édit. Lalanne, t. HI, p. 205). 

P. 59, note 5. — Nicolas Berthebeau, secrétaire du connétable de Montmorency, 
puis de la chambre du roi, avait été l'un des trois négociateurs (avec Jean d'Albon 
de Saint-André et Guillaume Poyet) de la trêve de dix ans conclue à Boniy (Pas- 
de-Calais), le 30 juillet 1537, avec les représentants de l'empereur. 

Sur la résignation de M. de la Rochepot, il fut pourvu de l'office de bailli du 
palais par lettres données à Fontainebleau, le 4 septembre de la même année, et 
conserva celte charge jusqu'à sa mort [Cal. des actes de François l", t. III, p. 387, 
n» 9, 290). 

P. 69, note 5. — Voir, au sujet de la conclusion de la paix entre Venise et la 
Porte, une intéressante lettre originale signée, avec douze lignes autographes, de 
l'ambassadeur de Charles-Quint à Venise, l'illustre Hurtado de Mendoza, adressée de 
cette ville à son maitre, le 28 août 1540 (Afï. Étr., Espagne, Mém. et docum., t. 219, 
P 87; 3 pp. in f). 



742 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

P. "2, note 4. — Nicolas, comte Fouzobon, fjrbf cUanl la Iraduction hongroise de 
l'allemand rjraf, •< comte ». 

IbicL, note t». — Nicolas Olaii, né le 10 janvier 1493, page du roi Louis II, entra 
dans les ordres en 1516. Apres la défaite de Moliacs (152G), il devint secrétaire de 
la reine Jlarie, veuve de Louis 11 et sœur de Cliarles-Quint, à qui ce dernier avait 
confié la régence des Pays-Bas. Olali y demeura longtemps auprès d'elle. Ami 
d'Érasme et fort lié avec tous les humanistes de son temps, il fut successivement 
évêque U'Agram (1543-1548), chancelier de Hongrie, évêque d'Erlau (1548-1553) et 
archevêque de Gran, de 1553 à 1568, date de sa mort. 

P. 92, note 1. — Voir, sur les Fugger, les récentes publications, puisées dans les 
riches archives de cette famille princière, faites en Allemagne par MM. Conrad 
Haebler {Die Gcschichte der Fiigqerschen Handlung iWeimur, Feller, 1897) et Richard 
Ehrenberg {Das Zeitalter der Fugger; 2 vol., Jena, Fischer, 1891). 

P. 98, dépèche 53, ligne 16, en note. — M. de UiîLLEOAnDE, gentilhomme savoyard 
mentionné dans les articles de la trêve de Monçon (1537). — V. Calendars of State 
papers, Spanish, 1536-1538, p. 400. 

P. 100, note 1. — Voir, sur Villegagkon et ses relations avec Pellicier et Langey, 
le livre récent de M. Arthur Heulhard, Villegagnon, roi d'Amérique; un homme de 
mer au XVl<^ siècle {1510-1572); Paris, Leroux, 1897, in-4° avec gravures, cartes et 
planches en phototypie. — M. Heulhard y détruit la légende, dont nous-mêmes 
nous étions fait l'écho, de la parenté de Villegagnon avec le célèbre Villiers de 
l'Isle-Adam. 11 était allié, par sa mère, à une maison de Villiers qui n'a rien de 
commun avec celle du grand maître de Malte. 

Il ne subsiste plus rien, aujourd'hui, de l'ancienne commanderie de Beauvais, 
près Nemours; bâtiments, chapelle, tombe de Villegagnon, tout a disparu. 

P. 103, note 3. — La famille Perenyi existe encore en Hongrie au comté de 
Szathmar, et possède d'importantes archives qui remontent jusqu'au xur siècle 
{Communication de M. Barczy). 

En hongrois, on place toujours le prénom à la suite du nom de famille; de là 
cette corruption de Perenyi Peter en Périnipeter ou Périmpeler. 

P. 112, ligne 22, en note. — FnANCESCO Souiano. — Cette famille patricienne 
fournit à la république de Venise, dans le cours du xvi" siècle, plusieurs ambassa- 
deurs à Florence, à Rome, en Espagne et en France (V. Albcri, Relazioni, Appen 
dice, p. 428). 

P. 124, note 1. — Claude Dodieu, qui devint titulaire du siège épiscopal de 
Rennes par la mort du dominicain Yves de Mayeuc, arrivée le 20 septembre 1541, 
était coadjuteur de ce dernier depuis 1539. 

Docteur es droits, Dodieu avait été pourvu, à ses débuts, de la charge de con- 
seiller clerc au parlement de Paris, où il fut reçu le 2 juillet 1524, en remplace- 
ment de Jean Briçonnet, décédé {Cut. des actes de François I^', t. VII, Actes non 
datés, p. 492, n" 26,028). Quelques années plus tard, il fut investi d'un office de 
maître des requêtes ordinaire de l'hôtel, vacant par la destitution de François 
Joubert, et fut reçu le 22 mars 1530 {n. s.). — {kl., ibid, p. 495, n° 26,053.) 

P. 165, ligne 13, en note. — Esiroicle ou estroite, synonyme de « défaite, pour- 
suite » (V. l'édition des Lettres de Catherine de Médicis, donnée parle comte Hector 
de La Ferrière. Paris, 1880, in-4% 1. 1, p. 504). 

P. 184, note 2. — Cet Augustin pourrait encore être identifié avec Agoslino 
Ricchi, médecin lucquois établi alors à Venise, traducteur d'Oribase et grand ami 
de Paolo Manuzio (V. Léon Dorez, Un élève de Paul Manuce, Romolo Cervini, dans 
la Revue des bibliothèques, t. V, 1895, p. 156). 

On remarquera que les œuvres philosophiques d'Agostino Nifo se rencontrent au 
n" 64 du Catalogue de la bibliothèque de Pellicier. — V. appendice V, p. 701, col. 1. 



APPENDICE 743 

P. 192, note 1. — Brucioli. — L'Arétin le compLe parmi ses correspondants et en 
parle dans ses lettres. « Ecco il mio conipar Bruciolo, écrit-il ùe Venise, le 
9 juin 1S38, à la marquise de Pescaire, intitola la Biblia al re, che è pur christia- 
nissimo, et in cinque anni non ha venuto riposta » {Letiere di M. Pielio Areiino ; 
Paris, 1609, 6 vol. in-8°, t. II, p. 9). 

P. 194. — A la suite de la dépêche 109, se place la mention suivante : 
Vol. 2, f° 103, copie du xvi° siècle; 3/4 de p. in-f°. 

P. 215, note 1. — Sur Glillaume Poyet, on peut consulter Charles Porée, Un par- 
lementaire sous François I", Guillaume Poyet {1473-1548), dans les Positions des 
thèses soutenues à l'École des Chartes; Noyon, Copillet, 1897, in-8", p. 121. 

P. 218, note 2. — On trouve, au n° 316 du Catalogue de la bibliothèque de Pelli- 
cier (appendice V, p. 704, col. 2), un exemplaire des Tariphe délie mercantie. 

P. 269, note 3. — Guillaume Reverdy, que les dépêches du temps nomment tou- 
jours « maistre Guillaume l'orloger », avait été employé comme drogman à Gons- 
tantinople. Il se trouva ainsi mêlé à diverses négociations, et Jean de Morvilliers le 
mentionne à plusieurs reprises dans sa correspondance de Venise. Reverdy revint 
malade à Venise dans l'été de 1547 et y mourut dans les derniers jours d'août de 
la même année (V. Charrière, toc. ci^., t. I, pp. C14-61o, et t. II, pp. 28-29). 

Les Voyages de M. (CAramon en Turquie, rédigea par Chesneau, mentionnent éga- 
lement cet •< orloger françois, qui se tenoit à Constantinople, nommé maistre Guil- 
laume l'orloger, qui racoustroit les orloges dudict Seigneur Turq et estoiL salarié de 
luy; il mourut à Venise, venant à la cour » où il rapportait les dépêches de M. de 
Fumel, chargé de mission en Levant (V. Charrière, loc. cit., t. II, p. 95). 

P. 298, note 3. — Les altérations faites à l'arrêt des juges contre l'amiral Chabot 
par le chancelier Poyet, qui avait ajouté, aux termes « concussions et exactions », 
les mots « pour inhdélités et déloyautés », permirent à M. de Brion de demander 
la revision de son procès. 11 fut déchargé du crime de trahison, mais le fond de 
l'arrêt demeura intact (V. Alfred Martineau, U amiral Chabot, seigneur de Brion, 
dans les Positions des thèses soutenues à VEcole des Chartes; Paris, Pion, 1883, 
in-S", p.77). — Lettres adressées aux commissaires chargés déjuger l'amiral Chabot, 
les invitant à donner leurs conclusions nonobstant l'absence du chancelier de 
France [Poyet}. Villeneuve-le-Comte, 18 mars 1542 {n. s.). — Lettres adressées aux 
commissaires chargés de procéder contre l'amiral Philippe Chabot, leur mandant 
d'expédier le jugement de cette affaire, nonobstant le décès de Pierre Brûlart, l'un 
d'eux, et la maladie de quelques autres. Chaumes-en-Brie, 22 mars 1542 [n. s.]. — 
Déclaration du roi en faveur de l'innocence de Philippe Chabot, comte de Charny, 
amiral de France. Nogent-sur-Seine, 29 mars 1542 [7i. s.]. En dépit du mauvais vou- 
loir et des contretemps suscités par l'animosité de Poyet, la lumière avait fini par 
se faire, et Chabot avait retrouvé sa faveur (V. Cat. des actes de François 1", t. IV, 
pp. 299, 300 et 302, n°' 12,397, 12,399 et 12,409). 

P. 312, ligne 19, en note. — Rodrigo Maldonado, capitaine espagnol au service de 
l'empereur, est mentionné dans une lettre du marquis de Aguilar à Charles-Quint, 
datée de Rome, le 3 juillet 1540 (Ad. Étr., Espagne, Mém. et doc, t. 223, f" 214; 
original signé). — Les Mémoires de Du Bellay, à l'année 1516, citent un capitaine 
Maldonado remis comme otage des Impériaux aux Français, après la prise de Brescia 
{Col!. Petitot, t. XVII, p. 275). 

P. 325, dépèche 217, ligne 8, en note. — M. de Serre. — 11 devint trésorier des 
guerres et commissaire des vivres, secrétaire du roi et surintendant des fortifica- 
tions et magasins de France. <> C'était, dit Brantôme, un très habile homme de son 
métier, et qui avait veu toutes les guerres de son temps, de France, Piémont et 
Toscane » {OEuvres, édit. Lalanne, t. IV, p. 257). M. de Serre est également cité 
par Montluc (t. II, p. 310). 



744 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

F. 337, note 1. — Guastai>ori, gastadours. — La Cronique du roi François Pre- 
mier, éditée par Georges Giiidrey (Paris, Renouard, 1800, in-8°, p. 2'Ii), signalant les 
nombreux équipages de l'armée française, à son départ pour la camiiagne de Pié- 
mont, en 1537, dit que pour mener et conduire son artillerie, le prince « ordonna 
que chascune élection de son royaulme forniroit dix charrettes, à cliascune des- 
quelles il y auroit dix clievaulx pour la tirer, et soixante hommes de pied habillez 
de livrée (|u'on nomma c.astadoux, et chascun avoit une pelle et ung pic de fer... » 

Le mot " gastadours >•, et non castadoux, en italien guastatori, et en espagnol 
gastadores, viendrait du latin vaslntores. C'étaient, dit fort justement M. G. Guif- 
frey, primitivement les sapeurs des armées féodales, chargés de dévaster le pays et 
d'incendier les habitations sur leur passage. Plus tard, quand la discipline vint 
succéder peu à peu aux habitudes de pillage, on employa ces hommes à faire les 
tranchées et à construire les ponts. 

Ces gastadours, troupes auxiliaires souvent recrutées sur le parcours des armées, 
parmi les populations indigènes, pour les travaux de génie, servaient de sapeurs et 
de pionniers. On les trouve mentionnés dans la plupart des mémoires et corres- 
pondances du XYi" siècle, cette appellation paraissant avoir été mise en usage par 
les Italiens et les Espagnols pendant les guerres de Lombardie. 

P. 346, note 1. — Pietro Gentile, comte de Sesso ou Sessa, serait peut-être le 
même personnage que Pietro Genlile da Camerino, capitaine italien au service de 
la France, gouverneur de Verceil en l,5i4, et mentionné par Montluc (t. II, p. 245). — 
Le comte Camillo Gentile da Sesso, ou Sessa, gentilhomme véronais. — On trouve 
le " signor Camillo da Sessa, veronese, quai fu luogotenente del signor Cesare Fre- 
goso », mentionné dans une lettre de Donato deiBardi, envoyé du duc Cosme 1"', à 
son maître, datée de Venise, le 19 juillet 1544 (Desjardins, loc. cit., t. III, p. 77). 

P. 356, note 1. — M. de Ydron, envoyé par Langey à Venise, en repart porteur de 
dépêches, en juillet 1541. — Montluc, dans ses Commentai-res (t. I, p. 181), men- 
tionne en 1543 le capitaine Ydron, chevau-léger de la compagnie de M. de Termes. 

P. 367, ligne 18 et note 3. — Mautix de Sernise ou Cernizza, consul d'Espagne à 
Venise. Cernizza est un bourg de l'Istrie. 

P. 416, note 1. — Lodovico ou Ll'igi Chieregati, franciscain, évêque d'Antivari de 
1528 à 1551, prit une part active au concile de Trente, en 1551, et mourut en 1573, à 
l'âge de quatre-vingt-onze ans. 

P. 420, note 1. — Giovanni Poggio, nonce pontifical auprès de l'empereur de 
1534 à 1540, avait été nommé évêque de Tropea (et non Propea) en août 1541. 

P. 428, note 8. — Voir, sur le séjour de Guh.laume Bigot à Nimes et ses relations 
avec Pellicier, le livre de M.-J. Gaufrés, Claude Baduel et la réforme des études au 
XV l" siècle; Paris, Hachette, 1880, in-8'', pp. 82, 102, 235 et 326. 

P. 430, note 2. — Ce Pietro Pomaro, ou Pierre Pomare, parait tirer décidément 
son origine de la nombreuse colonie italienne établie à Lyon au xvi* siècle. Char- 
rière a publié il. II, p. 786), d'après le ms. 4.536 de la Bibliothèque de l'Arsenal, 
f° 30, le texte des provisions de l'office de consul de France à Alexandrie d'Egypte, 
données à Villers-Cotterets, le 15 septembre 1539, par François I"à Pierre Pomare, 
- natif de Lyon, et à présent demeurant à Peyra [Péra) «. Ces lettres furent confir- 
mées plus tard par Charles IX, et M. de Boislaillé, chargé de mission auprès de la 
Porte en décembre 1557, écrivit à diverses reprises au pacha d'Alexandrie pour lui 
recommander Pomare, qui avait été employé jusque-là à diverses fonctions, à 
Venise et à Raguse. 

P. 439, note 2. — Le roi avait promis à Cesare Fregoso de donner à l'un de ses 
fils, dès qu'il serait en âge de posséder un bénéfice ecclésiastique, l'abbaye de Font- 
froide, au diocèse de Narbonne. Par suite de leur extrême jeunesse, la commende 
passa successivement aux cardinaux de Trivulce (1536 et de Ferrare (1548), de 
l'aveu de Cesare Fregoso dans le premi r cas du consentement de sa veuve 
dans le second. 



I 



APPENDICE 745 

En 1572, à la mort d'Hippolyte d'Esté, cardinal de Ferrare, qui avait d'ailleurs 
assuré le revenu de sacommcnde, dès 1548, à la famille Frégose, l'abbaye fut admi- 
nistrée jusqu'en 1582 au nom deGiano Fregoso, qui n'en prit qu'alors l'administra- 
tion effective. 

Charles IX, par lettres données le 12 avril 1561, avait renouvelé le privilège con- 
cédé par François I" à la famille Frégose, et décidé que nul ne posséderait ce 
bénéfice sans avoir été nommé par la veuve de Cesare. 

Giano Fregoso fut en outre administrateur bénéficiaire du temporel de l'évêché 
de Grasse, de 1550 à 1565, pendant l'épiscopat nominal de Giovanni Valiero, italien, 
chanoine d'Agen et proche parent sans doute de l'abbé de Saint-Pierre-le-Vif. 

L'abbaye de Fonlfroide fut encore attribuée, par la suite, à deux autres membres 
de la même famille : à Alessandro Fregoso, de 1588 à 1619, et à Domenico Fregoso, 
chanoine de Vérone, après la résignation d'Alessandro, de 1620 à 1646, date de sa 
mort (V^. la Gallia christiana). 

P. 455, notes 1 et 2. — Gian-Battista Lercaro, d'une antique maison patricienne 
de Gènes, qui donna des ambassadeurs et des doges à la cité. 

Giuuano Sauli, d'une famille de riches banquiers génois, qui avaient rendu des 
services financiers à Charles VIII en 1494, pour son entrée en campagne (V. Desjar- 
dins, loc. cit., t. I, passim, et H.-Fr. Delaborde, Expédition de Charles VIII en Italie, 
Paris, Didot, 1888, in-i"). 

P. 456, note 1. — Après la mort de François I" et de sa sœur Marguerite, Serlio 
se retira à Lyon; réduit à la plus grande misère, il dut vendre ses manuscrits à un 
antiquaire mantouan, Giacomo di Strada, pour subvenir aux frais de l'impression 
de son ouvrage : Extraordinario libro de architectura, publié à Lyon chez Jean de 
Tournes, en 1550. Retourné à Fontainebleau, Serlio y mourut en 1552 (IL de La Fer- 
rière-Percy, Marguerite d'Angoidéme, p. 48). 

P. 457, note 1. — M. de Pignan. — On rencontre vers cette époque un sieur Guil- 
laume de Pignan, capitaine du château de Dijon (Cat. des actes de François l", t. VII, 
Actes non datés, p. 758, n° 28,864). D'autre part, les Commentaires de Biaise de 
Montluc (t. I, p. 275) mentionnent un sieur de Pignan, originaire de Montpellier, 
gentilhomme de la suite du comte d'Enghien, en 1544, qui correspond certainement 
à notre personnage. 

Ibid., note 2. — Toussaint Prévost, maître des comptes de Dauphiné et Savoie 
(B. N., ms. fr. 28,863, Pièces originales). 

P. 458, note 2. — Francesco Bernardini, de Vimercato, issu d'une famille noble 
du Milanais, maréchal de camp, surintendant des finances et fortifications du Pié- 
mont, capitaine d'une compagnie de chevau-légers (V. P. Morigio, Nobiltà di Milano, 
1595, in-4°, p. 226). Il servit la France en Italie sous François I" et Henri IL En 
1553, il était gouverneur de Chieri (V. ms. Gaignières 2787, f» 55; copie); l'année 
suivante, Brissac lui confia la garde de Valenza, reprise par Guise sur les Espagnols. 
Son fils, Scipione de Vimercato, servit également sous Brissac (V. Montluc, t. I, 
p. 185). On rencontre, dans un document de la même époque, publié par Desjar- 
dins, loc. cit., t. III, p. 24, un Francesco-Bernardo (le copiste a lu à tort Fernando' 
au lieu de Bernardo) de Vimercato, qui espère être nommé mestre de camp général 
de l'infanterie italienne (mai 1542). Il s'agit évidemment du même personnage. 

Brantôme également parle, dans son discours Sur les duels, de ce capitaine 
« Francisque Bernardin VimerquaL, tant renommé en nos guerres de Piedmont » 
(t. VI, p. 464). 

Les Mémoires de Du Bellay en font aussi plusieurs mentions. 

P. 468, note 2. — Peut-être y aurait-il lieu d'identifier ce capitaine florentin Zanobi 
ou Zanubi (p. 479), envoyé à Pellicier par le comte de la Mirandole, avec le Zenobio 
Bartholi, florentin, maître des courriers de cette nation, mentionné précédemment 
par Pellicier (p. 34). 

Ibid., ligne 30, en note. — ■< Il signor Pallavicino, alias Mgr di San Gelso » ,. 
neveu d'Ercole Visconti (V. Desjardins, loc. cit., t. III, p. 104). 



746 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

Ibid., ligne 31, en note. — Le comte Ippouto Sfohza PAi,LAviciNi,gcnlilliomme ita- 
lien au service des Impériaux. — En juillet 154G, il lit en Italie une autre levée de 
troupes, sur la requête de Marie d'Autriche, ijour le compte de l'empereur (V.Ger- 
main Lcfèvre-Pontalis, Corresp. d'Odet de Selve, p. 8). Une dépèche du même 
Odet deSclvc, passé d'Angleterre à Venise, cl datée de celte ville, le 8 janvier 1552, 
l'accuse formellemonl du meurtre du cardinal Marlinozzi ou frère Georges. Après 
cet exploit, Sforza Pallavicini vint en Italie pour lever de nouvelles troupes el les 
conduire en Hongrie au secours de Ferdinand. Défait par le pacha de Bude, en 
août 1552, et mené prisonnier au château de cette place, il fui délivré moyennant 
une rançon de quinze mille florins (V. Gharrière, loc. cit., l. Il, pp. 172 el 174, 227 
et 230). 

P. 474, note 1. — Voir, sur l'expédition malheureuse de Charles-Quint contre 
Alger, le récent livre de M. Arthur Heulhard, cité plus haut, sur Durand de Ville- 
gagnon, pp. 11 à 28. On y trouve, notamment, les <> Instructions secrètes confiées à 
M. de Monyns allant en France de la part de M. de Langey », le 3 septembre 1541, 
avant l'embarquement de l'empereur. Ce document, cité par M. Heulhard d'après 
le ms. fr. 5,153 de la Bibliothèque nationale, mentionne l'olTre faite par Villegagnon 
de prendre part à l'expédition d'Alger, « ayant moyen de s'embarquer ou en la gal- 
lère du prince Doria, ou en celle du chevalier Lambert Doria, et de hanter ordi- 
nairement en la maison dudit seigneur empereur, et là entendre quelques nou- 
velles ». Villegagnon devait donc jouer en cette circonstance le rôle d'agent secret, 
surveiller les opérations de Charles-Quint el tenir le roi au courant des événements. 

Tristan de Monein, gentilhomme béarnais, succéda au commencement de 1543, 
comme gouverneur de Turin, à Martin du Bellay (B. N., ms.fr. 28,479, Pièces orirji- 
nales; quittance signée du 3 mars 1543 (n. s.) — ). Baron de Monein (1545), sénéchal 
de Béarn, capitaine du Château-Trompette et gouverneur de Bordeaux au nom de 
Henri II d'Albrel, roi de Navarre et lieutenant-général en Guyenne, il fut massacré 
lors de la révolte des Bordelais au sujet de la gabelle (août 1548). 

P. 478, note 3. — La fin de la carrière politique de Stefano Tiepolo ne fut pas 
moins honorable. En octobre 1547, il fut nommé provéditeur de terre ferme, 
'< magistrat qu'ilz n'ont accoustumé de créer, — dit une lettre de Jean de Morvilliers, 
alors ambassadeur à Venise, — sinon en urgente nécessité et temps de dangers immi- 
nens ». Quelques années plus tard, en mai 1S51, suivant une dépêche d'Odet de 
Selve, Tiepolo recevait de la Seigneurie, avec les cérémonies accoutumées, le bâton 
et la bannière, insignes du capitaine général de la mer, et à l'issue de la messe, le 
doge, suivi de tout le corps diplomatique, l'accompagnait en pompe jusqu'à sa 
galère (V. Charrière, loc. cit., t. II, pp. 34 et 145). 

P. 484, ligne 26, en note. — Le gouverneur de Montpellier était alors Pierre de 
Gacdète, écuyer, seigneur de Caslelnau, nommé par lettres données à Noyon, 
le 26 juin 1529, auquel succéda vers 1543 Pierre de Bourdic, conseiller et chambellan 
du roi (V. Cat. des actes de François I, t. I", p. 651, n" 3,410). 

P. 485, note 1. — Miguel da Silva, cardinal évêque de Viseu. — Par une 
lettre du 26 août 1542, Paul III annonce à Charles-Quint qu'il a envoyé à Fran- 
çois 1" le cardinal Saduleto, et fait choix du cardinal de Viseu pour remplacer 
auprès de l'empereur le cardinal Contarini, mort deux jours auparavant, afin 
d'aller au nom du pape, l'inviter à conclure la paix avec son rival (V. Ribier, t. I, 
p. 562, et Wciss, Papiers de Granvelle, t. II, p. 631). 

Il faut lire, dans ce dernier recueil, deux lettres de Charles-Quint au pape. Dans 
la première, du 28 août, l'empereur répond à l'indiction du concile de Trente, 
récapitule toute sa conduite passée, et finit par inviter le pape à s'associer avec lui 
contre le roi de France; dans la seconde, du 29 septembre, il répond à l'envoi du 
cardinal de Viseu comme légat et renouvelle ses griefs au sujet de la détention de 
l'archevêque de Valence, des sujets espagnols retenus prisonniers à Avignon, de 
l'occupation de Marano par les Français, etc. (V. ibid., pp. 633 el 645). 

— Lettres portant ratification des pouvoirs du cardinalJacopoSadoleto, légatapos- 
tolique en France, contenus dans les bulles du pape Paul III, datées de Rome, le 3 



APPENDICE 747 

des ides d'août 1542, et permission d'en exercer les fonctions. Angoulêmc, 12 novem- 
bre 1542 {Cat. des actes de François I", t. IV, p. 383, n" 12,801). 

P. 496, note 1. — Éléonore d'Autriche, sœur aînée de Charlcs-Quinl, née àLouvain 
en 1498, morte à Talavera le 18 février 1588. Mariée en 1519 à Emmanuel le Grand 
et le Fortuné, vo'i de Portugal, et mère de deux enfants, elle épousa ensuite, en vertu 
d'une stipulation du traité de Cambrai, le 4 juillet 1530, François I", veuf de 
Claude de France. Elle n'eut pas denfants de ce second mariage. Délaissée par le 
roi malgré sa beauté, elle chercha vainement à réconcilier les deux beaux-frères. 
A la mort de son mari, elle se retira d'abord dans les Pays-Bas, puis en Espagne. 
— Voir, sur la jeunesse de cette princesse, le livre de M. Ch. Moeller, Éléonore 
d^ Autriche et de Bourgogne, reine de France', Paris, Fontemoing, 1895, in-8°. 

P. 508, note 1. — Les Dikteville, gentilshommes de Champagne, passaient tous 
pour être fort violents de caractère. L'aîné, François, dut même à une circonstance 
singulière sa fortune diplomatique. Né le 26 juillet 1498, il était demeuré jus- 
qu'en 1526 simple protonotaire apostolique, lorsque, le 18 mars de l'année suivante, 
il obtint l'évêché de Riez. Trois ans plus tard, à la mort de son oncle, François de 
Dinteville, évêque de Sisteron, puis d'Auxerre , il était nommé le 4 mai 1530 à 
ce dernier évêché. 

Un an après, à la même époque, François de Dinteville était poursuivi par un 
arrêt du Parlement de Paris, sous l'inculpation d'avoir exercé des sévices sur la 
personne d'un sujet de son abbaye de Montiércnder. Il était cousin de Montmo- 
rency et remplissait les fonctions d'aumônier de la reine mère. Le grand-maître, 
chargé de lui enjoindre de se constituer prisonnier, emmena son parent à Chantilly 
et obtint du roi, à force d'intrigues et d'instances, de soustraire le prélat à la justice 
en l'envoyant à Rome comme ambassadeur (juin 1531). — (V. Francis de Crue, 
Anne de Montmorency, pp. 86 et 172.) François de Dinteville partit de Fontainebleau 
pour Rome le 16 juillet 1531, et rentra à Paris auprès du roi le 22 février 1533 
(B. N., ms. Clairambault 1215, f" 69 v° et 72). A la suite de cette mission, qui faillit 
d'ailleurs brouiller le pape et le roi de France, Dinteville retomba dans l'ombre; 
il mourut le 27 septembre 1554. 

P. 510, note 1. — Captivité de Georges d'Autriche. — Don de 2,000 livres à Gas- 
pard Duchy, demeurant à Anvers, « baillié et délivré par descharge et assignation 
sur lui et ce qu'il povoit devoir de la crue de l'impost de la guerre qu'on levoit sur 
aucunes marchandises réservées si comme vin, pastel et fil de letton », en rem- 
boursement de pareille somme que, en l'an 1542, à la requête de S. M. et pour 
lui faire service, il avait fait délivrer à Pierre deVillegas, maître d'hôtel de l'arche- 
vêque de Valence alors détenu en France, par quatre lettres de change, « pour,' 
en vertu d'îcelles, lever et faire payer les deniers par certains marchans résidens à 
Paris et à Lyon en tant moins de la ranchon dudit seigneur archevêque de Valence, 
après qu'il seroit retourné libre es pays de par deçà » {Invent. somm. des archives 
du Nord, par Finot; série B. 2442, Chambre des comptes de Lille, compte de 1544, 
t. V, p. 125, col. 25; Lille, Danel, 1885, in-40). 

P. 51G, note 2. — Le capitaine Cornelio Bentivoglio. — Le 18 février 1546, à la 
Roche-Guyon, il tua accidentellement, d'un bahut jeté par une fenêtre en jouant 
avec d'autres gentilshommes, François de Bourbon-Vendôme, comte d'Enghien 
(V. Montluc, t. I, p. 283; Brantôme, t. III, p. 220; le Journal de l'Estoile, édit. 
Michaud, t. I, p. 11 ; et De Thou, Hist. universelle, t. I, p. 198, édit. de 1740). 

Après la mort de François P', Bentivoglio quitta momentanément la France et 
passa en Hongrie où il combattit contre les Turcs. Il mourut après 1582. 

P. 532, ligne 9, en note. — Le seigneur Flist. — Nous n'avons pu réussir à 
identifier sûrement ce personnage, dont le nom paraît mal orthographié. Peut-être 
s'agirait-il cependant de Léonard Fuchs ou Fusch, médecin allemand très versé 
dans la langue grecque et dans les belles-lettres, né en 1501 à Wending (Bavière), 
mort à Tubingen le 10 mai 1566. Il professa la médecine avec succès à Munich, 
lugolstadt, etc. On lui doit de nombreux traités de botanique, des traductions et 



748 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

des commentaires d'Hippocrale, Galien, etc. Sa réputation était alors universelle. 
Cosmc de Médicis lui offrit six cents écus d'appointements pour enseigner à l'uni- 
versité de Pise, et Charles-Quint l'anoblit. Pellicier dut le connaître à Montpellier 
cil il séjourna quelque temps. 

P. .'552, ligne 32, en note. — Ce Mattio ou Malteo, condottiere au service de 
Ferdinand, ■■ huomo di gran valore ", dont la rnort causa une perte sensible aux 
Impériaux, serait peut-être à rapprocher du capitaine italien Hieronimo ou Girolamo 
Matteo, mentionné par Brantôme dans la défense de Rome contre le connétable de 
Bourbon, en 1527 {Œuvre.<!, édit. Lalanne, t. I, p. 272). 

P. 55G, note 3. — Le registre de Jean de Frotté mentionne, en décembre 1541, 
que « le xvii" jour, le chancelier d'Alençon (François Olivier) est parti pour aller en 
Allemagne; et a esté, en son absence, commis à tenir le sceau M. le bailly d'Orléans 
(Jacques Groslot). » 

Jacques Groslot, auquel son fils Jérôme avait succédé comme bailli d'Orléans, 
remplissait encore les fonctions de garde des sceaux de la reine de Navarre en 
janvier 1545, pour son. duché d'Alençon (II. de La Ferrière-Percy, Marguerite 
d'Angoulême, pp. 48, 60 et 209). 

P. 563, dépêche 368, ligne 2, en note. — La Caura de Candie, sans doute du 
grec y.wpa, " lieu, région, territoire ». 

P. 623, note 1 — La famille Strozzi, dont l'immense crédit à Florence remontait 
au x!ii° siècle, entretenait avec la France des relations de longue date. Filippo 
Strozzi, le père de ceux qui nous occupent ici, avait établi à Lyon un comptoir fort 
important et séjourna quelque temps dans cette ville. 

Roberto Strozzi, qui dirigeait la banque fondée à Venise par sa famille, et 
faisait le commerce dans le Levant sous la protection de la France, témoigna sa 
reconnaissance au roi en venant plusieurs fois en aide à son ambassadeur, dont 
les ressources étaient très limitées et irrégulières. En juin 1544, des lettres de 
naturalité furent accordées à Roberto Strozzi, ainsi qu'à Lorenzo et à Palla, ses 
frère et sœur (Cal. des actes de François I", t. IV, Suppl., p. 758, n"' 22,847 à 
22,849). 

Une autre branche de la famille Strozzi, dont l'auteur se nommait Leonardo, 
s'était dès longtemps fixée à Lyon et y pratiquait le négoce. Leonardo, marié à 
Lyon avec la fille d'un Altovitti qui l'avait accompagné, fit fortune et laissa trois 
fils : Camille, Léon et Horace. Camille se maria à Lyon et eut deux fils : Charles, 
qui devint conseiller au présidial, et François, qui suivit la carrière des armes, 
comme ses deux oncles, Léon et Horace (Bréghot du Lut et Péricaud, Biographie 
lyonnaise ; Paris, Téchener, 1839, in-S"). 

Les frères Strozzi, on l'a vu plus haut, étaient, par leur mère, cousins germains 
de la dauphine. Clarissa, fille de Pietro dei Medicis et d'Alfonsina Orsini, était 
donc à la fois sœur du duc Lorenzo dei Medicis, nièce de Léon X et tante de 
Catherine de Médicis. De cette parenté naquit la prétention des Strozzi à se dire 
désormais les cousins des rois de France. En 1726, le prince de Forano, chef de 
la maison Strozzi, qui résidait à Rome, réclama et obtint de Louis XV la conti- 
nuation du traitement de « mon cousin » accordé constamment par nos rois à 
ses ancêtres (V. Afi". Élr., Rome, Corresp., t. 673, 677, 678 et 6i,i, passim). D'autres 
familles romaines, non moins illustres, comme celle du duc Salviati, encouragées 
par cet exemple, revendiquèrent alors le même honneur (V. ibid., t. 678, passim). 

P. 630, note 1. — Raymond Pellisson, président du parlement de Savoie, succéda^ 
dans la charge de maître des requêtes, à Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de 
Roissy, nommé premier président au parlement de Rouen, et fut pourvu par lettres 
données à Blois, le 6 mai 1545 (V. [François Blanchard], Généalogies des maîtres 
des requêtes; Paris, 1670, in-f). 

P. 632, note 2. — Les instructions de Paul III à Giovanni Ricci, originaire de 
Monte-Pdlciano, envoyé comme nonce papal à la cour de l'empereur en 1539, sont 



APPENDICE 749 

conservées dans le ms. 10,234 de la Bibliothèque nationale (pièce ix) L'objet de la 
mission de Ricci était d'obtenir que l'empereur ne rectifiât pas les articles arrêtés 
à la diète de Francfort, le 19 avril 1539, et qui sont qualifiés dans les instructions 
de '. pestifera resolutione ». — V. Gachard, Xotices et extraits des manuscrils de la 
Bibliothèque nationale à Paris concernant l'Histoire de Belgique. Bruxelles, 1815- 
1877, 2 vol. in-4°; 1. 1, p. 488. 

Nommé trésorier de Jules III, Ricci fut envoyé de nouveau comme nonce auprès 
de l'empereur en lool; ses instructions, datées du 22 juin, se trouvent dans le ms. 
10,070 de la Bibliothèque nationale (V. Gachard, loc. cit., t. I, p. 495). Il fut créé 
cardinal en novembre de la même année. Le 10 novembre 1.561, Pie IV érigea en sa 
faveur l'église de Monte-Pulciano, lieu de sa naissance, en cathédrale, et l'appela à 
en occuper le siège, qu'il résigna d'ailleurs au bout de quelques mois (janvier 1562). 

P. 635, dépèche 2, ligne M, en note. — M. de Myngoval. — N colas de Lannoy, 
seigneur de Mixgoval (Pas-de-Calais) et de Rieulay (Nord), mort à la Haye à l'âge 
de trente-cinq ans. 

Il avait épousé Anne de Lalaing. 

P. 637, note 2. — Le ms. italien 10,070 de la Bibliothèque nationale renferme, 
au sujet des querelles domestiques de Marguerite d'Autriche avec Ottavio Farnese, 
à Rome, et de la mission de Jean d'Axdelot, une curieuse lettre écrite au cardinal 
secrétaire d'État de la cour pontificale par le cardinal de Nicastro (Marcello Cervini) 
le 9 août 1540, de la Haye, où se trouvait alors Charles-Quint. — V. l'analyse de ce 
document dans Gachard, Notices et extraits des manuscrits de la Bibiothèque natio- 
nale, t. I, pp. 496-500. 

P. 644, ligne 3, en note. — M. le Grand écuijer et M. de Corrieres, — Jean de Hennin, 
seigneur, puis comte de Boussu en Fagne (155S), grand écuyer de l'empereur, mort 
en 1.562. — Jean de Montmorency, seigneur de Colrriékes, capitaine des archers de 
l'empereur {Inv. soin, des archiv. du Nord, par Finot; Lille, Danel, 1885, in-4''; t. V, 
p. 98, col. 1; Chambre des comptes de Lille, reg. B. 2419, compte de 1540), con- 
seiller et chambellan. Créé chevalier de la Toison d'or en 1555, il mourut vers 1563. 

M. de Courrières, en mars 1552, fut chargé d'une mission confidentielle en 
Angleterre, et partit de Bruxelles le 23 (W., ibid., p. 162, col. 2). 

P. 647, ligne 17, en note. — Salines de Franche-Comté. — Un mandement impé- 
rial, daté de Gand le 30 avril 1540, réglait cette augmentation du prix du sel ainsi 
qu'il suit : le sel Rosières, qui valait 40 sous, sera vendu 43; le sel à grenier du 
duché de Bourgogne, qui valait 24 sous, sera porté au prix de 27. Le 6 juin 
1540, le conseil de la Saunerie, à Salins, dépêche Nicolas Viron près de Fran- 
çois Bonvalot, abbé de Saint-Vincent, ambassadeur à la cour de France, pour 
obtenir du roi le consentement nécessaire au haussement du prix du sel, mesure 
pour laquelle Claude de Pommereux, receveur de la gabelle, avait été déjà député 
en Espagne, dès le 21 octobre 1538, afin d'insister auprès de l'empereur, vu la 
cherté des bois et la diminution du produit de la saunerie. 

M. de Saint-Vincent répond, le 27 juin 1540, que le roi de France a promis 
d'écrire aux gens de la cour des comptes de Dijon pour qu'ils préparent les bases 
du haussement du sel, d'accord avec les officiers de la saunerie. Le 8 octobre, Bon- 
valot rend compte au conseil des difficultés de sa mission auprès du roi de France, 
qui n'a pas encore abouti (Inv. somm. des Archives du Doubs, par Jules Gauthier. 
Chambre des comptes de Franche-Comté, t. I, pp. 79, 80 et 89 (B. 193 et 210); 
Besançon, 1883, in-4°). 

L'abbaye de Rosières (Jura), au diocèse de Besançon, possédait une exploitation 
particulière ou berne, appelée la « Chauderette ». Voir, sur la question, le travail 
de M. Max Prinet, Étude historique sur l'industrie du sel en Franche-Comté avant la 
réunion de cette province à la France, dans les Positions des thèses soutenues à 
l'Ecole des Chartes; Ghàlon-sur-Saône, Marceau, 1894, in-8°, p. 59. L'ouvrage est 
en cours de publication dans les Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. 



750 AMBASSADE DE GUILLAUME PELLICIER 

JbicL, ligne 22, en note. — h'arc/iidiacre de Poligny. — Claude de Boisskt, grand 
archidiacre d'Arras, doyen île Poligiiy, mailrc des requêtes de l'hôtel et membre 
du conseil de régence des Pays-Bas. 

P. 650, noie 2. — On trouve, dans un registre de la chambre des comptes de 
Lille, datée du 31 décembre 1540, la mention suivante : <• Payé six livres à Adolphe 
d'Avelu pour avoir, le 20 septembre, porté lettres de l'empereur » au gouverneur 
de Mazièrcs pour la relaxation de la femme et du neveux du seigneur de Novyon 
qui à main armée avoient esté appréhendez et emmenez prisonniers audit 
Mazières » {Inv. somm. des Archives du Nord, parFinot, B. 2418; t. V, p. 95, col. 2). 

P. 661, noie 5. — Ce Jacques Péguineau était sans doute le fils de maître Martin 
Péguineau, maître de la chambre aux deniers d'Anne de Bretagne (1501), valet de 
chambre ordinaire de Louis XII, et qui fut envoyé comme ambassadeur en Ecosse, 
d'octobre 1512 à janvier 1513 pour solliciter de Jacques IV le secours de sa flotte 
contre l'Angleterre, conformément au traité de mai 1512 (V. Alfred Spont, Sem- 
ôlançay, Paris, Hachette, 1895, in-S" avec pi., p. 78, et, du même, Letters and papers 
relatiiHj to Ihe war with France, 151-2-1513. [Londres], Navy records Society, 1897, 
in-8° avec pi. en noir et en couleurs, pp. 68 à 70, 74 et 75). 

P. 662, note 7. — « Mauro de Novate, porteur de guydon de la compaignie des 
soixante lances fournies des ordonnances du roy..., sous la charge et conduicte du 
seigneur Rance Ursin de Cere [Rcnzo Orsini da Ce?'ri] » (Quittances signées du 
26 décembre 1534 et du 4 juillet 1535 ; B. N., ms. fr., 28, 610, Pièces originales). 

P. 689, note 6. — Le chevalier de Vlllerjagnon, parent de votre président de ce pays . 
— Ce président cstFuAA-çois Errault, chevalier, seigneur de Chemans ou Ghemain, 
aux portes de Durtal (Maine-et-Loire). Né d'une famille noble de l'Anjou, dans les 
premières années du xvi'' siècle, avocat au parlement de Paris dès 1522, il fut 
pourvu par lettres données à Chantilly, le 7 octobre 1532, d'une charge de con- 
seiller vacante par la mort de Louis Fumée, charge qu'il exerça jusqu'au 26 jan- 
vier 1539. 

Le Parlement de Piémont venait d'être créé (février 1539). Dès le 16, des lettres 
de provision avaient été données, à Fontainebleau, en faveur de François Errault, 
qui eut l'office de premier président à Turin. Le 28 août 1540, il succède en outre 
à Guillaume Budé, décédé, dans la charge de maître des requêtes. 

François de Montholon, garde des sceaux, étant mort le 12 juin 1543, à Villers- 
Cotterets, pendant l'instruction du procès de Guillaume Poyet, — il avait succédé à 
celui-ci par lettres données à Lyon le 9 août 1542, — Errault fut nommé à sa place. 
Envoyé par le roi, en 1544, à Chàlons-sur-Marne, pour y traiter de la paix avec 
Charles-Quint, il mourut dans cette ville, au cours des négociations, le 3 septembre, 
et fut inhumé dans le chœur de la cathédrale. — V. Cat. des actes de François 1", 
t. VI, pp. 135, n" 11,619; 530, n" 21,650; 538, n° 21,695; et t. IV, p. 458, n° 13,149. 

P. 712, note 3. — L'abbé de Folard a suivi l'erreur de Gariel. Pellicier n'obtint 
l'abbaye de Lérins que beaucoup plus lard, et seulement en 1548 {Comynunicalion 
de M. Henri Moris). 

P. 714, ligne 13, en note. — L'abbé de Folard donne à l'avogador Zorzi, chargé 
d'informer contre Pellicier, le prénom de Marco-Antonio, alors que d'après les 
archives de Venise, consultées par M. Zellcr, il se nommait Bernardo. 



TABLE ANALYTIQUE 



DES MATIERES CONTENUES DANS CE VOLUME 



Abain (Louis Chasteigner de la Roche- 
Posay, seigneur d'). — Voir Roche-Posay. 

Abbeville. — 25. 

Abondiiîu (Augustin). — Voir Ahondio. 

Abondio (Agostino), agent secret au 
service de la France. — 199, 200, 367, 500, 
S04, 508, 518, 527, 608, 616, 617, 623, 624, 
714. 

Abondy (Augustin). — Voir Abondio. 

Abruzze. — 7, 631. 

Absirtus. — Voir Apsyrte. 

AccoLTi (Benedetto), cardinal, arche- 
vêque de Ravenne. — 85, 109, 110, 134, 
231, 249, 360, 371, 483, 484. 

AcoNvr. — 127. 

AcQciLÉE. — Voir Aquilëe. 

AcTiUM. — 460. 

Adda (1'). — VII, 7, 52, 227. 

Adège (1'). — Voir Adige. 

Adhkmar de Monteil (Louis d'), sei- 
gneur de Grignan. — Voir Grignan. 

Adige (F). — 253, 347, 375, 379, 405, 
487, 598. 

Adria. — 244. 

Adrien VI, pape. — viii. 

Afrique. — Voir passim. 

Agate. — 521. 

Agde. — 486, 718. 

Agex. — 439, 745. 

Agnello (Benedetto), ambassadeur de 
Mantoue à Venise. — 126, 275. 

Agostini (Agostino). — 184. 

Agram. — 742. 

Agria. — Voir Erlau. — Evêque d'A- 
gria, voir Franqipani. 

Aguesseau (Henri d'), intendant de 
Languedoc. — lxii. 

Aguilar (Anna de), mariée à Martin 
Gortez de Monroy. — 130. 

Aguilar (Juan-Fernandez Manrique , 
comte de Castaùeda, marquis de), am- 
bassadeur de Charles-Quint à Rome. — 
152, 410, 739, 743. 

Aguilar (Pedro, comte de). — 130. 



Aguilar (Pedro Manrique de), car- 
dinal, évêque de Cordoue. — 133. 

AguilloiN (Léonard), prévôt du cha- 
pitre de Montpellier. — lviii, i.ix, 718. 

Ahmed-Pacha, sandjak de Nicopolis. 
222. 

Ahmed-Sultan, roi de Tunis. — 39, 648. 

Aigues-Mortes. — L, 399. 

Aiguillon (Léonard d"). — Voir Aquillon. 

Aix. — lxii, 59, 180, 623. 

Ajaccio. — 739. 

Akakia (Martin), médecin, lecteur royal 
au collège de France. — 127, 177. 

Alaeddin, frère et vizir d'Ourkhan. — 
260. 

Alamanm (Aloysio), poète florentin, 
maître d'hôtel de la dauphine. — 266, 
267, 272, 273, 278, 282, 285, 296, 299, 310. 

Alamanni (Jean-Baptiste), fils du pré- 
cédent, évêque de Bazas. — 267. 

Alarbes. — Voir Arabes. 

Alarcon (Ferdinando de), conseiller 
d'Etat du royaume de Naples; son fils. 

— 631. 

Alba Julia. — 71. 

Alranès (l'abbé A.). — lxiii. 

Albanie. — 68, 69, 92, 239, 340, 416, 460. 

— Albanais au service de la France. — 
86, 363, 669, 673, 675, 680. — Faucon- 
niers, 170, 219. — Voir Manès, etc. 

Albano. — 94. 225. 
Albe. — 598, 662, 665, 666, 681. 
Albe (Fernando-Alvarez de Toledo, 
duc d'). — 15. 
Albe Régal. — Voir Albe Royale. 
Albe Roy.\le, — 104, 123, 219, 221, 

229, 427. 

Alberi. -- 5, 7, 55, 76, 106, 138, 210, 

230, 449, 453, 742. 

Albigeois (Chronique des). — lui, liv. 

Albini (Vaieriano), chanoine régulier 
du Saint-Sauveur, à Venise. — 174, 319, 
321, 482. 

Albon (comté d'). — 677. 



752 



TABLE ANALYTIQUE 



Albon (Jean d'), seigneur de Saint- 
André. — Voir Saint-André. 

Aldket (Henri d'). —Voir Henri I" et 
Henri II iVAlhrrl. 

Aliîuet (Jean d').— Voi r Jean II d'Alhret. 

Ai.BUET (Jeanne d'). — Voir Jeanne II 
d'Altiret. 

ALBuyi'KitQUK (Alplionse d'), vice-roi 
des Indes porLuKaises. — 23i, 48!j. 

Alby. — XXX, 87, d 70, 623. 

AlCALA UE illiNAHKS. — 20. 

Aldk, Aldo. — Voir Maniizio. 

Aleanduu ((Jirolamo), cardinal, arche- 
•vêque de Hrindes. — 307. 

Aleaume (Léonard). — 281. 

Alegiek. — Voir A/fjer. 

Alemaxi. — Voir Alamanni. 

Alençon (le chancelier d'). — Voir 
Olivier (François). — Duché d'Alençon, 

556, 740, 748. 

Alexandke, prince de Moldavie. — 8. 

Alexandue III Cornea, voïévode de 
Moldavie. — 222, 233, 250. 

Alexandre III, pape. — 28. 

Alexandre VI, pape. — 87, 188. 

Alexandrie d'Egypte. — 28, 48, 93, 
123, 125, 135, 161, 199, 312, 344, 371, 379, 
393, 744. 

Alexandrie d'Italie. — 28, 29, 680, 686, 
€89, 096. 

Alexy (Antoine). — lv. 

Alexy (Laurent). — lv. 

Algarves. — 35. 

Alger. — xix, 27, 100, 135, 239, 309, 
329, 337, 379, 393, 398, 409, 422, 433, 441, 
442, 447 à 449, 466, 470, 471, 474, 475, 
477, 480, 488, 491, 497. 509, 510, 529, 535, 

557, 569, 571, 585, 63S, 746. — Plan ou 
vue d'Alu:er, 423, 425. 

Algerbe. — Voir Djerha. 

Algier. — Voir Alger. 

Allarbes. — Voir Algarves, Arabes. 

Allegier. — Voir Alger. 

Allemagne. — Voir passim. — L'Ami 
d'Allemagne, agent secret de la France 
en Allemagne. — 512. — Voir Germanico 
{le signor). 

Allemani. — Voir Alamanni. 

Allevard. — 10. 

Alliez (l'abbé). — lu. 

Almagro (Diego de), conquérant du 
Pérou. — 136. 

Al.manachs. — 185. 

Alméïda (François d'), vice-roi des 
Indes portugaises. — 485. 

Aloysi (le seigneur Pietro). — Voir 
Farnese (Pietro-Aloysio). 

Altaml'RA. — 159, 167, 186. 

Altemura. — Voir Allamura. 

Altovitti (famille). — 748. 

AiiASEO (Romolû). — xxxui. 

Amasie. — 309. 

Amatrice. — 256. 

Ambassade de France, à Venise (palais 
del'). — 55, 616, 621, 622. 

Ambassadeurs d'Angleterre. — A Clè- 
ves, voir Woilon (Mcholas). 

En France, voir Howard {William), 
Paget (William), Wallop (John). 



A Rome, voir Casale. 

A Venise, voir llarwell. 

Ambassadeurs de Charles-Quim. — En 
Angleterre, voir Chaincis. 

En France, voir Marvol (Philippe de), 
Peloiix (François de), Saint-Maurice (Jean 
de), Saint-Vincent (François Donvalot, 
abbé de). 

A Gênes, voir Fiqueroa, Soria {Lopez 
de). 

En Perse, voir Remyro. 

A la Porte ottomane, voir Schcpper 
(Cornélius Van). 

A Home, voir Aguilar (M" de), Cifuen- 
tes, Mendoza (Diego Hurtado de). 

A Venise, voir Mendoza (Diego Hurtado 
de), Soria (Lopez de), Vasto (M" del). 

Ambassadeîurs de Clèves. — En France, 
voir Gogra/f,Kreuzer, Wachtendonck. 

Ambassadeurs de Dane.mark. — En 
France, voir Billez (Hans), Glik, Suave- 
nio. 

Ambassadeurs de Ferdinand. — En 
Hongrie, voir Salm. 

A la Porte ottomane, voir Herberstein, 
Laski [Jérôme), Salm, Schepper (Cornélius 
Van), Tranquillus. 

Ambassadeurs de France. — En Angle- 
terre, voir Castillan (Louis de Perreau 
de), Dinteville (Jean de), Marillac (Char- 
les de), Selve (Odet de), Vaux (J.-J. de 
Passano de), etc. 

Auprès de Gharles-Quint, voir Raij- 
mond, Selve (Georges de), Vébj (Dodieu 
de), etc. 

A Clèves, voir Mendoza. 

En Ecosse, voir Péguineau (Martin). 

Aux Pays-Bas espagnols, voir Crolto 
(Livio). 

A la Porte ottomane, voir Forest (Jean 
de la), Frangipani (Christophe et Jean- 
François), Marillac (Charles de), Montluc 
(Jean de), Polin (le capitaine), Rincon 
[Antonio). 

En Portugal, voir Caix (H. de), Guiche 
[Claude de la), Langeac (Jean de), Nicot 
[Jean). 

A Rome, voir Armagnac [Georges d'), 
Bellay (Jean du), Denonville (Hémart de), 
Dinteville [François de), Gramont [Gabriel 
de), Grignan (Adhémar de Monteil de), 
Guiche [Claude de la), Langeac [Jean de), 
Monlluc (Jean de), Seloe [Jean-Paul, 
Georges et Odet de), Tournon [François de). 

En Suisse, voir Boisrigault, Castion 
(J.-J. de), etc. 

A Venise, voir Annebault, Armagnac 
(Georges d), Bdif (Lazare de), Baschi 
[Péron de), Canossa (Louis de), Coynmines 
(Philippe de), Esquerdes, Florence (Am- 
broise de), Galeotlo (Giacomo), Gramont 
(Gabriel de). Juge (Boffile de), Langeac 
(Jean de) , Lascaris (Jean) , Mainier 
(Accurse), Montluc (Jean de), Morvilliers 
[Jean de), Pellicier (Guillaume), Pins 
(Jean de) , Selve [Georges et Odet de), 
Villeharclouin (Geoffroy de), etc. 

Ambassadeurs de Florence. — En 
France, voir Capponi (Luigi). 



TABLE ANALYTIQUE 



753 



Ambassadeurs de Gènes. — En France, 
voir Lercaro, Sauli. 

Amrassadeurs de Hongrie. — En France, 
voir Slalileo. 

Ambassadeurs de Mantoue. — A Venise, 
voir Af/riello [Denedetlo). 

Ambassadeurs de la Porte ottomane. 
— A Venise, voir Yiiniz-Bey. 

Ambassadeurs de Portugal. — A Rome, 
voir Sylva {Miguel da). 

Ambassadeurs d'Urbin. — En France, 
voir Ghinieri. 

Ambassadeurs de Vexise. — En Angle- 
terre, voir Capello (Carlo), Giiistlniani 
(Sebastiano). 

Auprès (Je Charles-Quint, voir Confarini 
{M arco- Antonio) , Giustiniani (Marina), 
Mocenigo (Pielro), Navaqero (Andréa), etc. 

Auprès de Ferdinand, voir Cavalli (Ma- 
rina dei), Conlarini (Marco- Antonio), Gius- 
tiniani (Marina), Sanuto (Francesco), etc. 

A Florence, voir Capello (Carlo). 

En France, voir Capello (Crisloforo, 
Francesco et Giovanni), Cavalli (Marina 
dei), Dandalo (Matteo), Giustiniani (Ma- 
rina), Priait, Rosso, Veniero (Giovanni- 
Antonio), etc. 

A la Porte ottomane, voir Badoaro 
(Aloysio) , Conlarini (Tommaso) , Zeno 
(Pietra), etc. — Voir Bailes. 

A Rome, voir Bragadino, Cantarini 
(Francesco) , Dandola (Matteo), Grimani 
(Girolamo), Navagero (Bernardo), Ponte 
(da). 

Amboise. — XLix, 19, 257, 266, 267, 
284, 487, 613. 

Amboise (Georges d'), cardinal arche- 
vêque de Rouen. — viii. 

Amelot dk LA lIoussAYE (Nicolas). — 139. 

Amelot de Ciiaillou (Jean-Jacques), 
ministre des alTaires étrangères. — 723, 
726 à 728, 730 à 732, 738. 

Ami d'Allemagne (1'), agent secret au 
service de la France. — 673. — Voir 
Germanico. 

Ami de Milan (1'), agent secret au ser- 
vice de la France. — 306, 673, 676, 679. 

Amiens. — xxvii, 730, 732. — Bailli 
d'Amiens, voir Saveiise. 

Amiral (M. 1'). — Voir Brian (Philippe 
Chabot de). 

Amiraux de France. — Voir Annebault , 
Bonnivet, Brian, Villars, etc. 

Amome. — 305. 

Amon, juif de Constantinople, médecin 
de .Suleyman. — 330, 340. 

Amsterdam. — 634, 633. 

Anatoue. — 21, 176, 340, 342, 470. 

AncOxNe. — XIII, 85, 213, 298, 571, 628, 
736. 

Anconne. — Voir Ancône. 

Andelot (François de Coligny, sei- 
gneur d') , agent de l'ambassade de 
France à Venise. — 630. 

Andelot (Jean d'), premier écuver de 
Charles-Quint. — 637, 638, 749. 

Andelys (les). — 283, 719. 

ANDRiiNOPLE. — 34, 37, 128, 143, 202. 
203, 222, 224, 233, 234, 236, 249, 250, 255, 

Venise. — 1340-1542. 



258, 260, 262, 274, 276, 286, 290, 291, 298, 
402, 470, 536, 567. 

Andrinopoli. — Voir Andrinople. 

Angleterre. — Voir pasaim. — Ambas- 
sadeurs, voir ce mot. — Grand-amiral, 
voir Fitz-William (William). — Rois, 
voir Edouard IV, Henri V, Henri VI, 
Henri VII, Henri 17//. 

Angleterre (Marie d'). — Voir Marie 
Tudor. 

Angora. — Voir Angourièh. 

Angouléme. — 737, 747. 

Angoulème (Charles, duc d'), puis duc 
d'Orléans. — 61. 

Angourièh. — 176, 

Anguillara (Carlo Orsini, comte dell'). 

— 201. 

Anguillara (Livia dell'), mariée à Giro- 
lamo Colonna. — 491. 

Anguillara ^Virginio Orsini , comte 
dell'), fils de Carlo Orsini, général des 
galères de l'Eglise. — 201, 212. 

Angulo , serviteur du cardinal de 
Ravenne, Benedetto Accolti. — 109. 

Aniane. — 741. 

Aniane (l'abbé d'), vicaire-général de 
Narbonne. — xxviii. 

Anjou (Henri, duc d'). — Voir Henri. 

Anna, princesse de Ferrare. — 192. 

Anne diî Bretagne, reine de France. — 
19, 151, 712, 750. 

Anne de Clèves, sœur du duc Guil- 
laume, mariée à Henri VHI d'Angleterre. 

— 46, 248, 592. 

Anne de Hongrie, fille du roi Ladislas, 
mariée à Ferdinand I", roi des Romains. 

— 113, 163, 373, 412,416. 

Annebault (Claude d'), maréchal de 
France, envoyé extraordinaire à Venise, 
lieutenant-général en Piémont, — xvi, 
LXiii, 52, 75, 89, U5, 1-20, 143, 148, 190 
à 192, 206, 215, 224, 236, 246, 247, 253, 
265, 208, 271, 278, 281, 289, 290, 302, 
304, 315, 319, 324, 325, 332, 333, 335, 345, 
357, 372, 378, 395, 390, 403, 410, 411, 
413, 414, 426 à 428, 431, 435, 439, 444, 
456, 463, 468, 472, 478, 492, 506, 508, 520, 
529, 539, 540, 560, 573, 580, 581, 590, 593, 
615, 627,629, 630, 659, 661, 062,664, 666, 
667, 669, 671, 672, 674 à 676, 679, 680, 
683 à 686, 688, 091, 693 à 093, 741. 

Annet. — 644. 

Annonav. — 10. 

Anselme (le P.). — 74, 534. 

Anstbedam. — Voir Amsterdam. 

Anthora. — 127. 

AnTIBES. — LUI. 

Antiparos. — XVII, 143. 

Aniivari. — 416, 744. 

Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, 
puis roi de Navarre. — 47, 143, 283, 414. 

Antonini (Egidio), général des Augus- 
tins, cardinal, évéque de Viterbe. — 
320. 

Anvers. — 486, 568, 642, 644, 747. 

Aoust (Antoine), marchand de Mont- 
pellier. — LVIII. 

Apignv (M. d'). — Voir Mothe (M. d'A- 
pignij de la). 

48 



754 



TABLE ANALYTIQUE 



Ai'osrouos (Arsène) , archevêque de 
Malvoisie. — 175. 

AposroLins (Michel), hiimarisle grec 
réfugié à Venise, père du précédent. — 
17S. 

ÀPi'HOVisioxNKMESTS. — 43C, 459, 474, 
475, 528, 5S8. — Voir Biscuits, Blés, 
Bœufs, Buis. Graina, etc. 

Apsymte, iiippiûlre grec. — 531. 

AQi'ii.iiE. — 58, 175, 301, 402, 549, 597, 
602. 

Arauks. — 39, 47, 51, 76, 188, 194, 340, 
478, 483, 641. 

Aragon (Catherine d') , première 
femme de lien ri VllI d'Angleterre. — 248. 

Ahagon (Jeanne d'), lllle de Ferdi- 
nando, duc de Montalto, mariée à 
Ascanio Col^nna. — 188. 

Ahagun (Marie d'), seconde femme 
d'Emmanuel, roi de Portugal. — 73. 

Aragon (Marie d'), manjuise del Vasto. 

— Voir Vaslo. 

Aramon (Gabriel de Luetz, baron d'). 

— LXiv, 257, 270, 290, 293, 390, 392, 395, 
409, 458, 462 à 405. 493, 538, 543, 558, 
559, 577, 582, 588, 591, 600, 743. 

Arbresle (1'). — 124. 

Arc-en-Bahrois. — 13. 

Archeus. — 86. 262, 534. 

ARGHrrEGTES ITALIENS, au scrvicc du roi 
de France. — xix. — Voir Serlio. 

Aruinghello , secrétaire du pape 
Paul 111, chargé de mission en France. 

— 509. 
Ardhes. — 640. 

Arellano (Anna de), comtesse de 
Aguilar. — 130. 

Arétin (Pietro Aretino, dit V). — 
xxxiii, 11, 60, 97, 192, 200, 209, 213, 275, 
743. 

Arezzo. — 332. 

Argenson (Marc-Pierre, comte d'). — 
727. 

Argentine. — Voir Strasbourg. 

ArGEVILLE. — XLIII. 

Argos. — 44. 

Arioste (Ludovico Ariosto, dit V). — 
427. 

Aristote. — XXX, 177, 261, 523, 716. 

Arles. — lui, 148. 

Armagnac. — 740. 

Arm.\gnac (Georges d'), évêque de 
Rodez. — vin, xiii, xiv, xvi, xxvii, xxxii, 
L, LXiii, 9, Ma 13, 24, 42, 47 à 50, 64, 75, 
96, 108, 124. 133, 134, 147, 149, 170, 171, 
178, 179, 194, 200, 207, 216, 218, 221, 226, 
232, 237, 249, 266, 270, 28i. 295, 305, 307, 
312, 319, 335, 336, 3o3, 359, 361, 377, 379, 
384, 392, 398, 408, 432 à 434, 439, 440, 
444, 449, 472, 4S0, 482, 498, 516, 521, 52i, 
529, 533. 536, 554, 5.Ï5, 570, 572, 592, 595, 
604, 611, 614, 623, 739. 

Ammes de guerre. — 407, 527, 528, 550. 

— Voir Arquebuses, Aspics, Basilics, Bou- 
lets, Canons. Corassines, Corselets, Cou- 
Iflvrines, Cuirasses, Dragons, Emerillons, 
Hallecrets, Fauconneaux, Mortiers. Mous- 
quets, Pélicans, Sacres, Sucrets, Serpen- 
tins, etc. 



Arnan. — Voir Arnheim. 

Arnaud, évêque de Maguelonne. — 

XXV. 

AiiNHEiM. — 641. 

AitNO (1'). — 332. 

Aroudj. — Voir Yacoub-Baïs. 

Arouebuses. — 412, 527, 564, 621, 690. 

AHOiEiiUSiEits. — 227, 240, 340, 370, 555. 

Auras. — 750. 

Ahriano (Domenico), capitaine ferra- 
rais au service de la France. — 525, 
53 V, 563, 574. 

Arrivey (Pierre de 1'), auteur comique. 

— 185. — Voir Junta {Pielro). 

AuHOUEL (Sismond). — Voir Harwell. 

Arschot (Phili|ipe II de Croy, mar- 
quis, puis duc d'). — 471. 

ARSE^AL DE Constantinople. — 93, 128, 
202, 235, 286, 477; de .Marano, 517; de 
Venise, 487,507. 619,621. 

Arta. — 69, 460. 

Arthomme. — Voir Artogne. 

Artiiovs. — Voir Artois. 

Aktichauts. — 28. 

Artifices. — 88. 

Artillerie. — 75, 141, 101, 182, 188, 
209, 210, 217, 288, 289, 291, 314, 327, 329, 
331, 337, 339, 340, 372, 380, 383, 387, 391, 
401, 408, 411, 412, 416, 426, 427, 432, 437, 
4H0, 475, 518, 524, 527, 528, 536, 557, 564, 
567, 590, 621, 661, 664, 668 à 6/1, 680, 
682, 689, 6911, 694, 696. — Grand-Maître 
de l'artillerie, voir Taix {Jean de). 

Artogne. — 676. 

Artois. — 159. 

AsoLA (famille). — xxxtii. 

Asola (Andréa Torregiano d'), beau- 
frère d Aldo Manuzio. — 269, 540. 

Asola (Federigo Torregiano d'), fils du 
précédent. — 269. 

Asola (Francesco Torregiano d'), frère 
du précédent. — 269, 305, 540. 

Asi'ic. — 536. 

Asphes. — 262, 341. 

AssAS (Claude et Pierre d'). — lvi. 

Assemani (famille). — 307. 

ASSIER. — L. 

AssOiMPTioN (église de I'), à Albe-Royale. 

— 104. 

AsT (dom Francesco d'). — Voir Este 
(Francesco d'). 

AsT. — Voir Asti. 

Asti. — 25, 188, 659, 662, 665, 667, 676, 
680, 688. — Gouverneur, voir Scalenghe. 

Astrologie. — 185. — Astrologues, 93, 
363. 

AsuLANUS (le seigneur). — Voir Asola 
{Francesco d'). 

Atri (Andrea-Matteo Acquaviva, duc 
d'). — XXIX, 142, 326. 

AcBAis (Charles de Baschi, marquis d'). 

— Lxni. 

AccH. — 148, 20i, 551. 

Aude (Edouard). — Lxxni. 

Aude (1'). — 699. 

Auger.\nt (Antoine d'), abbé d'Issoire. 

— 739. 

AuGKRANT (Louis d'), scigucur de Bois- 
Rigault. — Voir Bois-Bigault. 



TABLE ANALYTIQUE 



755 



AuGSBOUHG. — o, 92, 209. — Diète d'Em- 
pire. 630. 
AcGLiSTE, empereur romain. — 460. 
AuGiiSTK. — Voir Aiif/s/jourr/. 
AuGc«TiN (le seigneur). — 184, 742. 
AuGUSTiNS. — XXV, 241, 319 à 321, 482. 

AULAS. — XL. 

AuMALE (Claude II de Lorraine, duc d'), 
— 42S. 

AuMALE (François de Lorraine, comte 
d' , puis duc de Guise. — 4i, 47, 74, 75, 
86, 101, 198, 686, 743. 

AuRiA OU Aureipolis. — 171. 

AusTRiE. — Voir Autriche. 

AuTiucHE. — Voir pa^hn. — Archiducs 
d'Autriche. — Voir Ferdinand, roi des 
Romains; Philippe le Beau. — Maison 
d'Autriche, 106, 113, 125, 191, 355, 

Ai'THicuE (Elisabeth d'), reine de Dane- 
mark. — Voir Elisabeth. 

AuTnicHE (Georges d'), archevêque de 
Valence, oncle de Charles-Quint. — 365, 
415, 434, 471, 510, 746, 747. 

Autriche (Marguerite d'), fille de Maxi- 
milien, veuve de Philibert II le Beau, 
duc de Savoie, régente des Pays-Bas. — 
VIII, 35, 712, 746, 747. 

Autriche (Marguerite d'), fille naturelle 
de Charles-Quint, veuve d'Alessandro dei 
Aledicis, remariée à Ottavio Farnese. — 
159, 167, 637, 638, 749. 

Autriche {.Marie d'), sœur de Charles- 
Quint, veuve de Louis II, roi de Hon- 
grie, régente des Pays-Bas. — Voir Marie 
de Hongrie. 

Autriche (Marie d'), fille de Ferdinand, 
roi des Romains, et mariée à Guillaume, 
duc de Clèves. — 33. 

AuTUN. — 148. 

Auxerre. — 201, 508, 509, 7^7. — 
Evêque d'Auxerre, voir Dinteville {Fran- 
çois df). 

AVALLON. — 699. 

AvALOs (famille d'). — 7. 

AvALOs (AUonso II de), marquis del 
Vasto. — Voir Vasto {del). 

AvAi.os (Francisco-Fernando de), mar- 
quis de Pescaire. — Voir Pescaire. 

AvALOS y Aquino (Francisco - Fer- 
nando de), fils aine du marquis del 
Vasto. — 491. 

AvALo=! y Aragon (Inigo de), frère du 
précédent. — 491. 

Aveillanine. — Voir AviqUana. 

Avelu (Adolphe d'). — 750. 

AvEUOLDE (,1e chevalier). — Voir Ave- 
roldo. 

AvEROLDo (N.), gentilhomme de Bres- 
cia. — 3S9, 493. 

AVRRSA. — 407. 

AvicENNE — Voir Ibn-Sina. 

AVIGLIANA. — 668. 

Avignon. — xix, 9, 180, 408, 418, 471, 
623, 666 à 668, 746. — Bibliothèque d'A- 
vignon, manuscrits relatifs à Pellicier, 
705 à 721. 

AvLONE. — xm, XIV, 239, 363. 

AvoGADORS. — XXXV, 616, 714. 

AvoGAR. — Voir Avogaro. 



AvoGARO (le comte Aloysio), colonel dans 
l'armée de Pietro Slrozzi. — 347, .')84. 

Aviianchks. — 281. — l<;iu d'Avrauches, 
voir Siresmes {Christophe de). 

Ayaz-Pacha, vizir de Suleyman. — 
xui, XIV, 363. 

AzAMO ou Azani (Demelrios), négociant 
grec établi à Conslanlinople. — loo, 180. 

AzcLANUs (le seigneur). — Voir Asola. 



Bab-el-Mandeb. — 234. 

Babu.onia. — Voir Dabylonie. 

Babyi.onie. — 129. 

Bacchiglione (le). — 422. 

Bacs. — Voir Colocza. 

Badoare (Aloysy). — Voir Badoaro 
[Aloi/sio). 

Baooaro (Aloysio), ambassadeur de 
Venise près de la Porte ottomane. — 
XVI, XVII, 5, 7, 16, 17, 68, 70, 74, 80, 81, 
83, 93, 94, 105, 106, 112 à 115, 124, 127, 
144, 154, 155, 181, 185, 191, 194, 20 , 216, 
221, 298, 303, 309 à 311, 318, 328, 370, 
397, 448, 459, 460, 477, 497, 570, 571, 616. 

Badouare (le seigneur) ou Baduare. — 
Voir liadoaro. 

Baouel (Claude), humaniste. — lu, 
428, 744. — Lettres concernant Pellicier, 
705 à 710. 

Bagadet. — Voir Bagdad. 

Bagdad. — 93, 340. 

Bagdet. — Voir Bagdad,. 

Baglione (Gentile). — 633. 

Baglioxr (Malatesla), cousin du précé- 
dent. — 633. 

Baglioxe (Orazio), frère du précédent. 

— 633. 

Bagi.ione (N.), fils de Malatesta Ba- 
glione. — 633. 

Bagliom (famille des), tyrans de Pé- 
rouse. — 633. 

BaGNOLS. — XLIX. 

Baif (Jean de). — 46. 

Baif (Lazare de), fils du précédent, 
ambassadeur à Venise, puis en Allema- 
gne. — viii, XI, 46, 53, 75, 636. 

Bailes vénitiens. — A Constantinople, 
voir Canale, Giustiniani, 7,ane. — A 
Corfou, voir Gritti {Andréa). 

Baille. — Voir Baile. 

Baillis d'Amiens, voir Saveuse; — de 
Dijon, voir Maillij {Africain de)\ — de 
Lyon, voir Guiche (Pierre de la); - d'Or- 
léans, voir Groslol {Jacques et Jérôme); 

— du Palais, voir Bertliereau {Nicolas), 
Rochepot; — de Troyes, voir Dinteville. 

Bakau. — 260. 

BaLARUC-LES-BaIXS. — LVI. 
BaLARUC-LE-ViEUX. — LVI. 

Balassa (Emerich), magnat de Hon- 
grie. — 71. 

Bale. — XIX, XL, 182, 304. 

Baléabes. — 459, 557. 

Bali-Bey, sandjak de Belgrade. — 105, 
122, 222. 

Balmat (Louis), de Sassenage. — lviu. 

Balogh (Paul), gentilhomme hongrois 
au service de Ferdinand. — 72. 



756 



TABLE ANALYTIQUE 



BAi.or.iE. — Voir Bnlofjh. 

liAi.siiUA. — Voir liassurah. 

15alsiuui)i; (la). — 233, 2u0. 

BALUzii (Etienne). — lxii. 

Basi.e. — Voir Bdie. 

Uandim (Angclo-Maria). — 184. 

Bandonk (Marghcrila), mariée à Anto- 
nio Canlelnio. — 383. 

BANMikuES. — 547. 

Banque. — 408, 490, 494, y09. — Ban- 
ques génoises, 510, 741, 7i5. — Banques 
florentines, 511. — Banques lyonnaises, 
741, 747. — Banques vénitiennes, G22. 

Banqiikiis italiens établis en France. 

— VI, XX, tïl, 294, 741, 747, 748. — Voir 
Beniardini, Bini, Sommaja, Sfi'ozzi, etc. 

Bau (forteresse de). — Woir Bar i. 

Baii (duché de). — 47, 230. 

Bau (François, marauis de Pont-à- 
Mousson, duc de Lorraine et de). — 230, 
466. 

Bah-i.e-Duc. — 47, 644. 

Bar-sli!- Seine. — 543. 

BAnAGMs (Mathias), magnat de Hon- 
grie. — 104. 

BAncARiE. — XIV, 7, 8, 130, 13G, 183, 
250, 251, 618. 

Barhauye ou Barberye. — Voir Bar- 
barie. 

Bakberosse ou Barberousse. — Voir 
Kheir-ed-Din Barberousse. 

Bahblti (Jacques), prêtre de Montpel- 
lier. — I.VIII. 

Barcelone. — 471, 484, 648. 

Bahczv (N.). — 742. 

Bardi (Donato dei). — 744. 

Barga (Pietro-Angelio di), humaniste. 

— XXXII. 

Barge. — 690, 696. 

Barges. — Voir Barqe. 

Bari. — 102, 159,243. 

Barletta. — 102, 287, 292, 361, 458, 
463. 

Barletta (Colas de), ou de Berlette. — 
Voir Bunello {Cola). 

Barques. — 165, 221, 273, 279, 347, 348, 
352, 356, 362, 364, 370, 382, 383, 399, 404, 
424, 487, 491, 501, 502, 525, 528, 539, 540, 
553, 560, 56i, 575, 579, 580. 

Barqoerols ou Barquiers. — Voir Bate- 
liers. 

Barral (Dom). — lu. 

Barsallone ou Barsalonne. — Voir 
Barcelone. 

Bartiie (Paul de la), seigneur de Ter- 
mes. — Voir Termes. 

Barthélémy (saint). — 248. 

Bartiiéle.my (Anatole de). — lxxiii. 

Bartholi ou Bartoli (Zenobio), maître 
des courriers de Florence. — 34, 745. 

Basalve, consul de Venise à Naples. — 
474. 

Baschet (Armand). — vi à viii, xx, 
4, 6, 7, 22. 55, 66, 139, 174, 218, 221, 288, 
343, 402, 487, 538, 573, 735. 

Baschi (Charles de), marquis d'Aubais. 

— Voir Auhais. 

Baschi (Péron de), ambassadeur à Ve- 
nise. — XX. 



Basilic. — 536. 

Basii.icaïe. - 475, 558. 

Basii.le (Guillaume), chevaucheur d'é- 
curie. — 159. 

Bassan. — Voir Bassano. 

Bassano. — 297, 315, 426. 

Bassatz. — Voir Pachas. 

Basso.vpieriie (François II de), maré- 
chal de France, ambassadeur en Espa- 
gne, en Suisse et en Angleterre. — 736 
à 738. 

Bassora. — 233, 234. 

Bastelica. — 354. 

Bastions. — 441, 541, 542, 544 à 546, 
560, 610, 634, 678. 

Bateliers. — 362. 364, 429, 433, 438, 440, 
411, 443, 457, 465, 467, 475, 479, 490, 499, 
507, 535, 539, 564, 572, 573. — Voir Sar- 
melto, Scarpa. 

Bau.me-les-Dames. — 721. 

Baux (Isabelle des), mariée à Pielro- 
Francesco Colonna. — 491. 

Bavière (Albert IV, duc de). — 182. 

Bavière (Frédéric III le Sage, duc de), 
comte Palatin. — 299. 

Bavière (Guillaume IV le Constant, 
duc de). — 284, 299. 

Bavière (Louis V le Paciflque, duc de). 

— 47, 140, 299. 

Bavière (Louis X, frère puîné de Guil- 
laume IV, duc de). — 284. 

B.wiÈRE (Philippe II le Belliqueux, duc 
de), comte Palatin. —140, 299. 

Bavière (Sabine de), mariée au duc 
Ulrich V de Wurtemberg. — 182. 

Bavière (ducs de). — 423, 522. — Voir 
aux noms précédents. 

Bay'ard (Gilbert), seigneur de la Font, 
secrétaire d'Etat et général des finances. 

— 445, 683. 

Bay-aud (Pierre du Terrail, seigneur 
de). — 661. 

Baveux. — 193, 199, 394. 

Bavezid, sixième lils de Suleyman. — 
309, 340. 

Bayezid II, empereur des Ottomans. 

— 340. 

Bayf (M. de). — Yo\r Baïf (Lazare de). 

Bayonne. — 225, 393. 

Bazas. — 248, 267. 

Beaucaire. — xxxix, LUI, 716. — États, 

XXXVII, L. 

Beauiuné (Jacques, baron de Crussol, 
seigneur de). — xlviii à l. 

Beaujioxt-en-Argonne. — 283. 

Beaua-ais (commanderie de). — 100, 742. 

Beauxiiostes (N. de), président à la 
cour des aides de Montpellier. — lvii. 

Beciikerek. — Voir Blstritz. 

Beïram (fêtes musulmanes du). — 276. 

Bêla, roi de Hongrie. — 567. 

Belaureille. — Voir Belle-Oreille. 

Belgrade. — xi, 5, 105, 122, 163, 169, 
220, 222,223,276, 314,327, 331, 335, 340, 
421, 433, 445, 473. — Sandjak, voir Bali- 
Bey. 

Belgrado. — Voir Belgrade. 

Bellar.'u.\to (Girolamo), ingénieur ita- 
lien au service de la France. — 661. 



TABLE ANALYTIQUE 



757 



Bellay (famille du). — 268, 304. 

Bellay (Guillaume du), seigneur de 
Langey, vice-roi de Piémont. — Voir 
hangey. 

Bellay (Jean du), frère du précédent, 
évêque de Pnris, cardinal, ambassadeur 
en Angleterre et à Rome. — xin, xxi, 
xxvii à XXXI, xxxvii, LU, lxiii, 225, 238, 
246, 281, 609, 617, 693. 

Bellay (Joachim du), neveu des pré- 
cédents. — 23, 315. 

Bellay (Louis du), seigneur de Langey, 
père de Guillaume, Jean et Martin du 
Bellay. — 225, 259. 

Bellay' (Martin du), frère de Guillaume 
et Jean du Bellay, seigneur de la Her- 
baudière, gouverneur de Turin. — Voir 
Herbaudière. 

Bellegarde (N. de), agent de Charles- 
Quint. — 98, 742. 

Bellegrade. — Voir Belgrade. 

Belle-Oreille, clievauchcur ou cour- 
rier. — 584. 

BELLEVlLLE-EN-riEAUJOLAIS. — 142, 326. 

Bello (Mathieu), chevaucheur d'écurie 
du dauphin. — 142. — Voir le suivant. 

Bello di Belli, capitaine italien au 
service du roi de France. — 142, 148, 
460. 

Belluxe. — 75, 250. 

Beltrame ou Bellramo (Francesco). — 
Voir Sac/lia. 

Beltrames ou Beltramo (le soudard), 
courrier de Turin. — 416, 467, 483, 488, 
498, 555. 

Belzer (Francesco), représentant des 
Fugger à Venise. — 209. 

Bembo (Pietro), cardinal, humaniste et 
poète. — 14, 127, 174, 347. 

Bene. — 692, 693, 696. 

Bé.nédicïlns. — XXIX, XXXI, 482. 

Bexevel (N., comte de), 681, 682. 

BÉNiivENT. — 102, 248. 

Bénévent-en-Limousin (abbaye de). — 
247. 

Bentivoglio (Bianca), de Bologne, 
mariée à Niccolo Rangonc. — 142. 

Bentivoglio (Gornelio), gentilhomme 
bolonais, de la maison de Pietro Strozzi. 

— 516, 534, 535, 543, 747. 
Béotie. — 309. 

Berbir. — Voir Gradiska. 

Berdoues (abbaye de). — 551. 

Berg (duché de). — 33. 

Bergame. — 245. 

Berga.me (Gian-Andrea de), capitaine 
italien au service de la France. — 443, 
464. 

Bergamo (Gioan-Andrea de). — Voir 
Bergmnc (Gian-Andrea de). 

Bergiiex (Cornélius van), prince-évéque 
de Liège. — 365. 

Bergies. — 641. 

Beklingue, monnaie italienne. — 659. 

Berxage (Louis-Basile de), seigneur de 
Saint-Maurice, intendant de Languedoc. 

— 723, 724, 726 à 732, 735. 738. 
BeriNardin (domp). — Voir Mendoza 

{Bernardino Uurtado de). 



Bernardin (le capitaine Francesco). — 
Voir Bernardini. 

Bernardim (Francesco), de Vimercato, 
capitaine italien au service de la France, 
gouverneur de Valenza. — 458, 686, 745. 

Bernardim (Gian-Battisla), négociant 
lucquois établi à Lyon. — 294. 

Bernaruo (Francesco), gouverneur vé- 
nitien à Candie. — 505. 

Bernardo (MalTeo), armateur vénitien, 
membre du conseil des Dix. — 202, 216, 
221, 319. 

Berne. — 75. 

Bernes, exploitations de se! en Franche- 
Comté. — 749. 

Berthelé (Joseph). — lviii, lix, lxxui. 
722, 728. 

Berthereau (Nicolas), seigneur de Vil- 
liers-Ie-Sec, bailli du Palais. — 59, 120, 
741. 

Bertuereau (Thomas), imprimeur à 
Lyon. — 120. 

Bertiiongros. — 670. 

Bertrand (le soudard), messager ordi- 
naire de Turin. — Voir Bcllrameo. 

Besancon (abbavc de Saint-Vincent 
de). — 749. 

Bessario.n (Jean), cardinal, fondateur 
de la bibliothèque de Saint-Marc, à 
Venise. — 176. 

Bessoicii (Jean), vicaire -général de 
Narbonnc. — xli. 

Bkszterecze. — Voir Bislrilz. 

Beyne. — Voir Betie. 

Bèze (Théodore de). — xxxv, xli, xliii, 
xlv. 

Béziers. — XXIX, XLVii, 623. — États, 

XXXVII, L. 

Bibliothèque de Colbert de Croissy, à 
Montpellier. — 722 à 738. — Bibliothèque 
Méjanes, à Aix, lxii. — Bii)liolhèque 
rovale de Fontainebleau, xxxii, xxxiii, 
13," 14, M7, 540, 713. — Bibliothèque 
royale du collège des Trois-Langues, 78; 

— bibliotnèque Sainte - Geneviève , à 
Paris, Liv. — Bibliothèque de Florence, 
57, 58, 176. — Bibliothèijue Palatine ou 
Vaticane. à Rome, xxvii, 57, 58, 17i, 176, 
307, 347. — Bibliothèque d'Urbin, 57, 58, 
176. — Bibliothèques de Venise : San- 
Antonio-del-Castello, 58, 118, 174 à 176, 
319 à 321; Saint-Marc, xxxv, 58, 174, 
176, 617. 

BiDASsoA (la). — xxni. 

Bigorrë. — 669. 

Bigot (Guillaume), humaniste et méde- 
cin. — 304, 428, 705, 744. 

Bigotius (AL). — Voir Bigof. 

Bili.ez (Hans), ambassadeur de Dane- 
mark en France. — 480. 

BlMDENET (li.). — 61. 

Binche. — 614. 

BiM (Giovanni-Francesco), banquier 
florentin établi à Lyon, agent des Strozzi. 

— 294, 401, 400. 

Biny (François). — Voir Bini. 

BiRAGO (Aloysio di), gentilhomme mi- 
lanais au service de la France. — 351, 
677, 682, — Son maître d'hôtel, 351. 



758 



TABLE ANALYTIQUE 



BinAGO (Antonio di), abbé de Sainl- 
Vincenl de Milan, frère du précédent. 

— 611. 

BiHAOO (Carlo, Giacomo et Girolamo 
di), frères îles préfèdenls. — GIT. 

iiiiiAco (Cesare di), père des précé- 
dents. — t)77. 

BiHAcin: (Ludovic de). — Voir ISirar/o 
{Aloijsio di). 

BiuAOUE (Ixené de), cardinal, cousin 
dos pi'ecëdcnls. — 617. 

BiscAYii. — 4';5, 551. 

Biscuits. — 212, 217, 239, 253, 331, 344, 
311, 381, 466, 416, 632. 

BisoNGNi.s. — Voir Recrues. 

BisQUAYE. — Voir Biscmje. 

BisTRiiz. — 314. 

Bi.ADi (Antonio), imprimeur à Rome. 

— 115. 

Blanchard (François). — 148. 
Bi.ANZAc. — 20.;. 

Bi.AY, iiilendant de l'hôpital de Mont- 
pellier. — 125. 

Blés. — 26, 35, 62, 92, 93, 96, 102, 191, 

210, 229, 234, 322, 361, 312 à 314, 391, 

396, 405, 410, 424, 43.i, 436, 531, 543, 633. 

Blois. — VIII, 19, 147, 20S, 238, 267, 

316, 629, 118, 148. 

BoBBio. — 394. 

BocANDiAi'. administrateur de l'hôpital 
de Monl|iellier. — 723. 
B(iCAri)(la rue), à Montpellier. — xxiv. 
BocHETEL (Bernardin), secrétaire du 
roi. — 29. 

BocHETEL (Guillaume), secrétaire d'Ktat 
et des finances, fils du précédent. — 
Lxm, 29, 36, 49. 

BouoN, président de la chambre des 
comptes de Montpellier. — 119, 121. 
BoÉTiA. — Voir liéotie. 
Boeufs. — 421, 459, 528, 513. 
BoGANA (la). — 143. 
BoGDAN, aventurier, prince de Mol- 
davie. — 8. 

BoGDAN (le) ou voïévode de Moldavie. 
— Voir Alexandre lll Cornea, Etienne VI, 
Raresch . 

BoiiiiME. — 20, 105, 113, 263, 462, 531, 
611. — Bois d;; liohême, voir Ladidas VI, 
Louis le Jeune, etc. 

BoHÉJiYE. — Voir Boliême. 
BoHiEM (Thomas), général des finances 
de Normandie. — 640. 

Bois. — 499, 528, 542, 544, 560, 149. 
Bois-LE-Di!C. — 641, 642. 
Bois-Dauphin (le Gros). — Voir Téligny. 
Bois-HiGAL'LT (Louis d'Auserant, sei- 
gneur de), ambassadeur auprès des Li- 
gues grises. — lxiii, 3, 46, 53, 212, 315, 
409, 443, 'io2, 463, 513, 139. — Son secré- 
taire, voir Maillard. 

BoissET (Claude de\ grand archidiacre 

d'Arras, doyen de l'oligny, membre du 

conseil do régence des Pays-Bas. — 150. 

Boi^ïAiLLÉ (Flurault de)," ambassadeur 

auprès de la Porte ottomane. — 144. 

BoisY (Claude Gouffier, seigneur de). 
— 14. 

Bologne. — xii, 11, 60, 75, 16, 136, 



142, 159, 115, 219, 232, 269, 403, 406, 409, 
420, 425, 439, 440, 449, 453, 456, 460, 509, 
535, 539, ;i36, 593, 661, 140. — Concile, 
412. — Légat apostolique, voir (hiinbara. 

— Université, 30, 31, 33, 18'*. 
BoLSEC, carme attaché à la cour de 

Fcrrare, aumônier de Renée de France. 

— 523. 

BO.NUÎAHDIERS. — 361. 

BoMV (trêve de). — 141. 
BoNA Sfouza, mariée à Sigismond I". 
roi de Pologne. — 12, 160, 240, 243. 

BoNAJUTi (Maddalena), mariée à Aloysio 
Alamanni. — 261. 

BiiNKAii ou de Bonneau (René). — 444. 
Bo.NE VENTE (l'abbé de). — Voir Béné- 
vent-en-Limousin. 
Bo.NNA (la). — 159. 

BoNNAiL (Jean de), évéque de Montpel- 
lier. — LX. 

BoNNAiL (Secondin de), chanoine de 
Maguelonne. — xxiu. 

Bonneau (Verdun), officier de la maison 
de la reine. — 210. 

Bonnet, administrateur de l'hôpital de 
Mont|)ellier. — 125. 

Bonnet (Ismile). — xxi, lx. 
Bonneval (Foucauld de), évéque de 
Périgueux, ablié de Bénévent. — 24~<. 

Bonmvet (Guillaume Gnuflier, seigneur 
de), amiral de France. — 283. 

IBoNVAi.oT (Elicnnette), mariée à Jean 
de Saint-.\]aurice. — 601. 

BoiNVALOT (François), abbé de Saint- 
Vincent de Besançon, ambassadeur de 
Charles-Quint en France, frère de la 
prrcédente. — 10, 348, 365, 601, o33, 643 
;i 641, 649, 650, 632, 654, 149. — Noir Saint- 
Vincent. 

BoNVALOT (Nicole), sœur des précé- 
denls, mariée à Nicolas Perrenol de 
Granvelle. — 601. 

BoNvisi (famille). — 432. 
Boroeaux. — 225. — Château-Trom- 
pette, 146. — Parlement, 639. — Gouver- 
neur, voir Moncin. 

BoRGiA (Eniique de), évéque de Squil- 
lace, cardinal. — 133. 

BoRGiA (Lucrezia), mariée à AKonso I 
d'Esté, duc de Ferrare. — 11, 148. 
BoRROMia (les), famille milanaise. — 32. 

BOSCONEHO. — 619. 

Bosi.EDuc. — Voir Bois-le-Ditc. 

BosNA. — Voir Bosna-Serai, Bosnie. 

Bosn.vSeraï ou Seraïevo. — 92, 164, 222, 
435. 

Bosnie. — ix, x, xiv, 6, 92, 129, 164, 
446, 452. — Sandjak de Bosnie, voir 
Mourad-Bey, Oulama-Pacha, etc. 

Bosoi.o, Bosoulo. — Voir Bozzolo. 

Bosphore (le). — 21. 

Bosquet (François de), évéque de .Mont- 
pellier. — Lxii, Lxiii, 121, 124 à 121. 

Bossnia. — Voir Boma-Serài. 

Boucheries de Lyon. — 61. 

Bouchet (Jean). — 481. 

Bouchot ^Henri). — lix. 

BoucicAUT (Jean le .Meingre,, dit), maré- 
chal de France. — vu. 



TADLE ANALYTIQUE 



759 



BouDON, trésorier de France à Mont- 
pellier. — LXii. — Voir Bodon. 

Bot FFON espagnol. — 146. 

Bougie. — -H.S, 484, 488. 

Boulets. — 161, 313, 312, 374, 391, 536. 

BouLHE (Pierre de), évêque désigné de 
Monipellicr. — li, 718. 

Boui.rERS (Antoine de), seigneur de 
Ceniallo. — Voir Centailo. 

BouM.oiGNE, Boullongne, Bouloigne ou 
Boulongne. — Voir Bologne. 

BouLLONGPJE (Sébasliano de). — Voir 
Serlio. 

Boulogne. — xxix, 

Boulogne (Anne do), mariée à Louis 
de la Chambre. — 482. 

Boulogne (Pliilippe de la Chambre, dit 
le cardinal de). — 482, 520. 

Boulogne-sur-Seine. — 456. 

Bouquet (Pierre), prêtre de Montpel- 
lier. — XXIII. 

Bourbon (Antoine de), duc de Vendôme, 
depuis roi de Navarre. —Voir Vendôme. 

BouuBON (.\nloinetle de), mariée à 
Claude l""' de Lorraine, duc de Guise. 
— 47. 

Bourbon (Charles II, duc de), conné- 
table de France. — 19, 26, 215, 509, 740, 
748. 

Bourbon-Vendôme (François de), comte 
d'Enghien. — Voir Engliien. 

Bourbon-Vendôme (François II de), comte 
de Saint-Pol. — Voir Saint-Pol. 

Bourbon (Renée de), dame de Mer- 
cœur, mariée à Antoine le Bon, duc de 
Lorraine. — 230. 

Bourbon l'Ancien (Nicolas). — 135, 740. 

Boukches ou charrettes. — 528, 536, 
544, 545. 

Bourdaisière (la). — 439. 

BdURDiG (Pierre de), seigneur de Ville- 
neuve, gouverneur de Montpellier. — 
XLiv, 746. 

Bourg-en-Brksse. — X.XXIII. 

Bourges. —204, 720. 

Bourgogne. — 420, 643, 646, 649. — 
Grenier à sel, 749. 

Bourgogne (Pierre de), agent de Pelli- 
cier à i^yon. — 53, 294. 

BOURGUIGNOTES. — 86. 

Bourquelot (Félix). — 677. 

Bousquet (François de), évêque de 
Montpellier. — Voir Bosquet. 

Boussu-en-Fagne. — 749. 

Boussu (Jean de Hennin, seigneur de), 
grand écuyer de Charles-Quint. — 644, 
749. 

BoussiRON (Françoise), demoiselle d'hon- 
neur de Renée de France, mariée à Jean 
Sinapiu*. — 523. 

BoTTiÈRES (.M. de). — Voir Boutières. 

BouTHiLLiER (Claudc). seigneur de Pont- 
sur-Seine, secrétaire d'Etat aux Airaires 
étrangii-res. — 724. 

BouTHii.LiER (Léon), fils du précédent, 
comte de Chavii/ny, plénipotenliaire de 
France en Italie et en Allemagne. — Voir 
Chavigny. 

Boutières (Guigue Guiiïrey, seigneur 



de), lieutenant-gonéral en Piémont. — 
664, 669, 675, 6SI, 682, 686 à 688, 090, C92 
à 697. 

Boutières (Pierre GuifTrey, seigneur 
de), père du précédent. — • 664. 

BouTTiÈREs (M. du). — Voir Boutières. 

BoYSY (M. de). — • Voir Boisy. 

BozzoLO. — 9, 257, 588, 590, 628. — 
Seigneurs de Bozzolo, voir Gonzaga. 

Bra. — 681. 

Brabant. — 76. — Etats, 48. 

Braimbassa. — Voir Ibrahim-Pacha. 

Bragadino (Lorenzo), ambassadeur de 
Venise à Rome. — 368. 

Brandebourg (Albert de\ archevêque 
de .Mayence, cardinal. — 285. 

Brandebourg (Joachim, margrave de). 
— 19. 

Brandise. — Voir Brindisi. 

Bbanswic (le duc de). — Voir Bruns- 
wick. 

Brantôme (Pierre de Bourdeilles, sei- 
gneur de). — 36, 60, 157. 205, 284, 354, 
375, 428, 430, 45S, 481, 496, 516, 664, 668, 
669, 719, 741, 743, 745, 747, 748. 

Brantôme (abbaye de). — 719. 

Brassa (Théodoros), maïnole, faucon- 
nier du roi. — 170. 

Brasseux. — 372. 

Bréda. — 641. 

Bréghot du Lut. — 748. 

Brelingue. — Voir Berlingue. 

Brème. — 508. 

Brinta (la). — 265, 297. 

Brkscia. — 6, 41, 179, 2H, 228, 251. 
253, 282, 346, 347, 349, 368, 407, 500, 558, 
676, 743. — Pays de Brescia, 458, 461. 

Brésil. — 100, 485. 

Bressane. — Voir Brescia [pays de). 

Bresse. — Voir Brescia. 

Bretagne (Isabelle de), mariée à Jean 
de Laval. — 613. 

Bueuil (le). — 120. 

BuiçoNNET (Jean), conseiller au parle- 
ment de Paris. — 742. 

Brigandage. — Voir Corsaires, Piraterie, 
UscoQues, etc. 

Brigantlns. — 21, 32, 76, 92, 101, 103, 
MO, 140, 143, 147, 153, 165, 1K6, 196, 206, 
213, 215, 233, 239, 273, 292, 293, 322, 324, 
3.,2, 354, 370, 3^8, 387, 467, 494, 500, 506, 
535, 53S, 550, 563, 566, 570, 609. 

Brindèse. — Voir Brindisi. 

Brindisi. — 287, 570, 579. 

Brion (Philippe Chabot, seigneur de), 
comte de Charny, amiral de France. — 
LXHi, 208, 215, 267, 439, 444, 451, 462, 
472, 478, 490, 506, 520, 540, 560, 574, 580, 
581, 590, 595, 601, 615, 618, 659, 670, 741, 
743. 

Brisay (marquis de). — xxvii. 

Brisgau. — 75, 182. 

Brissac (Charles de Cossé, comte de), 
maréchal de France, lieutenant-général 
en Piémont. — 428, 686, 745. 

Brixen-en-Tyrol. — 365, 536. 

Bronze. — 141, 142, 279, 557. — Fon- 
deurs de bronze, 60. 

Brosseau (l'abbé), chanoine de Mont- 



760 



TADLE ANALYTIQUE 



pcllier, inlendanl de riiôpilal. — 729, 
731. 

BroissonnisT (Pierrc-AuRiislc), direc- 
teur du Jardiu bolaniciue de .Montpellier. 

— LIX. 

Brucioli (Antonio), érudit florenliii 
établi à Venise. — l'J2, 743. 

Brucioli (Francesco), imprimeur ù Ve- 
nise. — 192. 

Bruges. — 038. 

BnuLART (Pierre). — 743. 

BrUiNSwick-Ll'nebolrg (Ernest I", duc 
de). — 2S4, 2«5. 

Bruxelles. — 10, 26, 471, 509, 634, 035, 
641 à 643, 645, 646, 640 à 656, 658, 749. 

Bua le Caloyer. — 3H. 

Bua (le chevalier Giovanni), capitaine 
albanais. — 219, 457. 

Bua (le comte Mercurio), aventurier, 
capitaine albanais au service de Venise. 

— 219, 311. 

BucELLi (Antoine), seigneur de Saint- 
Hilaire. — \o\r Sa int-Ili lave. 

Bucelly (Guillaume de). — \o[r Sain t- 
Hilaire. 

BucEii (Martin). — 705. 

Buda-Vechia. — Voir Dude {Vieu.r). 

BuDDE. — Voir Bude. 

BuDE. — XI, 71, 94, 103 à lOo, 122, 123, 
129, 130. 146, 150, 139, 100, 105, 167 à 170, 
178, 179, 182, 186. 191, 201, 222, 223, 239, 
251, 259, 200, 202, 286, 290, 298, 301, 313, 
314, 323, 326, 327, 329, 331, 335 à 338, 340, 
341, 344, 355, 362, 373, 393, 398, 402, 409, 
412, 417, 420, 427. 437, 445, 440, 452, 402, 
567, 647, 746. — Vieur-Bude, 108, 223. 

BuDÉ (Guillaume), maître de la librai- 
rie royale de Fontainebleau. — 13, 750. 

BUGENHOULT. — 283. 

BuGiA. — Voir Bouijie. 

Bulgarie. — 145, 567. 

Bulle d'or. — x. 

BuNELLO (Cola), capitaine napolitain au 
service de la France, gouverneur de 
Barlelta. — 102, 103, 164, 292, 361, 431, 
458, 463 à 465, 467, 473. 542. 

BURCKHAROT (J.). — 121. 
BURGAU. — 113. 
BURGOS. — 185. 

BuRiE (Charles de Coucy, seigneur de), 
lieutenant-général en Piémont, puis en 
Languedoc. — xxxviii, 604. 

BuïHiMO. — 68. 343. 

BuxY (Cécile de), mariée à Jean de 
Selve. — 640. 

BuxY (Jean de), père de la précédente, 
conseiller au parlement de Toulouse. — 
640. 

BuzANÇAis (comté de). — Voir Boulhil- 
lier. 

Byzance. — 229, 505. — Voir Conslaii- 
tinople. 



Cabral (Pedro Alvarès). — 485. 
Carrières, r- 374. 

Cacero, capitaine aragonais au service 
de Charles-Quint. — 681 à 683. 
Caciière (le capitaine). — Voir Cacero. 



Cadix. — 476. 

Cagxin de Bauze (le seigneur). — Voir 
Gonzar/a {Francesco di), seirjneur de Boz- 
zolo. 

Caire (le). — 201. 

Caix de Sainï-Aymour (vicomte Amédée 
(le), 487. 

Caix (Honorai de), ambassadeur de 
France en Portugal. — 486. 

Calaiîhe. — 28. 184, 077. 

Calais. -- xxix, 248, 283, 640. 

Cai.diens. — Voir Chaldcens. 

Calibia (la). — Voir Kelibia. 

Ca loyers. — 311. 

Calsiirano (le seigneur). — 368. 

Calvet (bibliothèque et musée}, à Avi- 
gnon. — 711. 

Calvi. — 739. 

Calvin (Jean). — 19, 523. 

Calvinistes. — Troubles en Languedoc, 
xxxviii, XL à lu, 715 à 719. 

Ca.mareggio (le), à Venise. — 55. 

Ca.mai'.ix. • — Voir Camerino. 

Cambacéhés, intendant de l'hôpital de 
Montpellier. — 725. 

Cambrai (ligue de). — vu, viii. — 
Paix de Cambrai, xxv, 24, 7i2, 747. 

Cameiun. ■ — Voir Camerino. 

Camerixo. — 9, 18, 159, 107, 108, 232, 
244, 432., 491. — Duc de Camerino, voir 
Farncse ( Ottavio). 

Camerino (Pietro Gentile da), capitaine 
italien au service de la France, gouver- 
neur de Verceil. — 744. 

Ca.mpeggi (Lorenzo), jurisconsulte bolo- 
nais, professeur à l'université de Padoue, 
puis cardinal. — 219. 

Ca.mpeggi (Rodolfo), fils aîné du précé- 
dent, colonel des bandes vénitiennes. — 
219. 

Campegoi (Tommaso), évêque de Fel- 
tri, cardinal, nonce du pape en Alle- 
magne. — 159, 259. 

Ca.mi'Egio (Rodolphe). — Voir Cainpeggi 
{Rodolfo). 

Camusat (Nicolas). — xi. 

Canal grande, à Venise. — 021. 

Canale (^Jacopo), baile de Venise à 
Constantinople. — 221. 

Canceris (Pierre de), nièce de Pellicier. 

— LVII. 

Canihe. — XVI, 28, 29, 132, 151, 176, 
201, 305, 319, 460, 505, 563, 566, 748. 

Candolle (Augustin-Pyrame de), rec- 
teur de l'université de Montpellier. — liv. 

Cano de Vacqua. — Voir Capodivacca. 

Canomalia. — 311. 

Canons. — Voir Armes de guerre, Ar- 
tillerie. 

Canossa (Louis de), évêque de Bayeux, 
ambassadeur à Venise. — viii. 

Canpen. — Voir Kampen. 

Cantelmi (famille des), de Naples. — 
383. 

Cantelmo (Antonio), iseigneur de Pel- 
torano. — 383. 

Cantelmo (Césare), second fils du pré- 
cédent, gentilhomme napolitain au ser- 
vice de la France, ambassadeur aui)rès 



TABLE ANALYTIQUE 



761 



de la Porte ottomane. — vi, xvi, xvii, 

383, C27, 62S. 

Cantons slisses. — "5, 182. 

Cantoubéry. — 249. 

Capello (Carlo), ambassadeur de Ve- 
nise à Florence et en An^;lelerre, gou- 
verneur de Candie. — 7, 2i8, 505. 

Capello (Crisloforo), amjjassadeur de 
Venise en France.— 60, C'J, 2i^S, 290. 461. 

Capkllo (Francesco), amljassadcur de 
Venise en France. — 4. 

Capello (Giovanni), ambassadeur de 
Venise en France. — 4. 

Capiaga. — Voir Kapiaga. 

Capitano-Grande, à Venise. — 616. 

CAPrrANS-PAciiAS. — • 309. — Voir Has- 
san, K/ieïr-ed-Din liarberousse, elc. 

Capo d'Isthia. — 382, 383, 397, 651. 

Capodistrye. — Voir Capo d'Istria. 

CAPODivACCA(ramille),dePadoue. — 347. 

Capoiuvacca (Alt:ssandrol. — • 347. 

Capodivacca (Francesco). — 347, 349. 

Capodivacca (Paolo), aliàs Bucctdialos. 

— 347. 

Capoue (le prieur de). — Voir Strozzi 
(Leone). 

Capponi (Luigi), ambassadeur de Flo- 
rence en France. — 516. 

Caprekié (Guillaume), beau-frère de 
Pellicier. — xl. lvii. 

Caprerié (Péronne), sœur de Pellicier, 
mariée au précédent, — xl. 

Capri. — 739. 

Captifs en Levanl. — 21, 34. 36, 37, 43, 
101. 125, 155, 161, 180, 181, 221, 202,309, 
413, 488. 571, 739. 

Capucins. — 730, 732. 

Cara-I5ogdan. — Voir Kara-Bor/dan. 

Caracgiolo (Annibale). — 578,' 58S. 

Caracciolo (Giovanni), prince de Melfi, 
marécljal de France. — ■ xx, 558. 

Caraglio. — 26. 

Carail. — Voir Carar/lio. 

Carcassonne. — XLix, l. — Élals, xll 

— Evêques, voir Faucon {François de). 
Carciolo (Hanibal). — Voir Caracciolo 

{Annibale). 

Carême-prenant (fêtes du). — Voir 
Carnaval. 

Carignan ou Carignano. — 661, 681, 
683, 685 à 687. 

Carmagnola. — 428, 661, 681, 682, 684, 
688. 

Carmaignolle. — Voir Carmagnola. 

Carmes (porte des), à Montpellier. — 

XLVl. 

Carnaval (fêtes du). — 241. 

Carnazet (Pompée de), gentilhomme 
de la chambre, seigneur de Saincty. — 
Voir Saincty. 

GARNIOLE. — IX. 

Carouan. — Voir Kairouan. 

Carpi. — 264, 596. 

Carpi (Geronimo da). — 638. 

Carra-Borgara. — 692, 693, 690. 

Carrara. — 240, 242. 

Caiirara (Giovanni), ingénieur italien. 

— XIX, 279. 

Carrare (Jean). — Voir Carrara. 



Carue. — M. de Carre. — Voir Carra- 
Biirgara. 

CARiiES ou cars. — Voir Charrelles. 

Cartes. — 505. 699. 

(>ARTEGENA. — Voir Car/luigcne. 

Carthagène. — 484, 498. 

Casai. — 663. 

Casal DE Montferra. — Voir Casale. 

Casalborgone. — 689. 

Casalbocrgon. — Voir Casalborgone. 

Casal-Maggiore. — o90. 

Casale. — 253, 254, 663, 696. 

Casale (Francesco da), agent du roi 
d'Angleterre à Rome. — 509. 

Casale (Gian-Battista da), frère du pré- 
cédent, protonotaire apostolique, ambas- 
sadeur d'Angleterre à Rome. — 509. 

Casale (Gregorio da), frère des précè- 
denl.s. aucntdu roi d'Angleterre en Italie 
cl en Flandres. — 509. 

Casale (Paolo da), frère des précé- 
dents. — 509. 

Casav. — Voir Casai. 

Caselle. — 687, 689. — Gouverneur, 
voir Villegagnon. 

Caselles. — Voir Caselle. 

Caspienne (mer). — 340. 

Caspio (mer). — Voir Caspienne. 

Cassel. — 182, 563. 

Cassin. — Voir Kasim. 

Cassovie. — 72. • — Voir Knxchau. 

Castagnole. — 661. 

Castanéda (comté de). — Voir Aguilar. 

Castelbourgon. — Voir Casalborgone. 

Castel-Deliino. — 374. 

Castel-Geoffroy. — Voir Castcl-Gof- 
fredo. 

Castel-Guffredo. — 24, 221, 345 à 347, 
350, 353, 441, 461, 598. 

Castelles. — Voir Caselle. 

Castelnat (le baron de). — 284. 

Caltelnau (Pierre de Gaudète, sei- 
gneur de). — 746. 

Castelnove. — Voir Caslel-Nuovo. 

Castel-Nuovo. — 67, 180, 251, 310, 428, 
631. 

Castiglione. — 346, 347, 690. 

Castillon. — Voir Castiglione. 

Castillon (Louis de Perreau, seigneur 
de), ambassadeur en Angleterre. — 130. 

Castiun. — Voir Castiglione. 

CASTiON(Jean-Jacques de), gentilhomme 
de la chambre, ambassadeur auprès des 
Ligues grises. — 410, 411. 

Castuati (Niccolo dei), banquier italien 
établi en Syrie. — 180. 

Castres. — xxxvni, xl, l, lvii. 

Castries (Henri de Lacroix, baron de). 

— LUI. 

Castro. — xiv, 47. — Duc de Castro, 
voir Farnese [Pietro-Aloysio). 

Catalogle de la bibliothèque de Col- 
bert de Croissy, évêque de Montpellier. 

— 722, 724 à 727. 
Cateau-Cambrésis (paix de). — 7. 
C.VTiîANio (Alexandre). — Voir Cat- 

taneo. 

Catheri.ne d'Aragon, première femme 
de Henri VIH d'Angleterre. — 36, 638. 



762 



TABLE ANALYTIQUE 



Caïiiehine d'Altiuche, sœur puînée de 
Charles-Quiiil, mariée à Jean 111 de 
Portugal. — 225. 

Catherine d'Aijtkiche, fille de Ferdi- 
nand, roi des Uoinains, mariée à Fran- 
cesco 111 di Gonzaga, duc de Manloue. 

— 125. 

Catheuink de Foiv, femme de Jean 11 
d'Albrel, roi de Navarre. — 48. 

Cathkiumî de Medicis, dnuphine, puis 
reine de Franci'. — xix, xxvi, xlu à xi.v, 
XLVU, L, Liv, Lxxit, 48, 13, "4, 225, 267, 
316, 392, 535, G40, 113, 742, 14S. 

Cattaneo (Alessandro), capitaine ita- 
lien au service de la France. — 242. 

Cattaneo (Danese), sculpteur vénitien. 

— 242. 

Cattaneo (Lconardo), doge de Gènes. 

— 242. 

Cattaneo (Marco), secrétaire de Milan. 
242. 

Cattaho. — 631. 

Cauciioiriî (pont de la). — 640. 

Caudebec. — 101. 

Caumont (Joseph de Seytres, marquis 
de). — 711. 

Caylus (Antoine de Lévis, baron de). 

XLIX. 

Cavaï (Marino dei). — Voir Cavalli 
{Marina dri). 

Cavalli (Marino Cavallo ou dei), ambas- 
sadeur de Venise aunrès de Ferdinand, 
roi des Romains, puis en France. — 41, 
230, 453, 462. 

Cavazza (lamiile). — xvii, xxxv, 367. 

Cavazza (Coslantino), secrélaire du 
conseil des Dix, à Venise. — 616, 623, 
714. 

Cavazza (Niccolo), frère du précédent, 
secrétaire du Sénat de Venise. — 616, 
617, 623, 714. 

Cavei, secrélaire du marquis dei Vaslo. 

— 678. 

Cazal. — Voir Casale. 

Cazal-Major. — Voir Casal-Maggiore. 

Cazlt de Vautoute. — Voir Vautorle. 

Celli.m (Benvenuto). — 661. 

Généda. — 173. 

Cems (mont). — Yoir Monf-Cenis. 

Cextal (mont de). — Voir Cenlallo. 

Cemallo. — 681. 

Gentallo (Antoine de Bouliers, sei- 
gneur de), élu de Riez, gouverneur de 
Cherasco. — 6S1, 682, G'J2. 

Centukion (Adam). — Voir CentiD'ione. 

GE^TURIO^E (Adamo), armateur génois. 

— 426, 477, 739. 

Cercieil (M. de). — 321. 

Cerczeky, conseiller d'Etat, ambassa- 
deur de Hongrie auprès de Sulcyman. 

— 144. 

Gère (Jehan-Paulo de). — Voir Cerri 
{Giovanni-Paolo Orsini da). 

Cerfs. — 158. — Voir Chasse. 

Cérig.nole. — 664. 

Cériuo. — 470. 

Cérisoles. — 664. 

Cernise ou Sernise (Martin de). — 
367, 610. — Voir Cernizza. 



CEliNIZZA. — 744. 

Cehmzza (.Martin de), consul d'Espagne 
à Venise. — 367, 499, 506, 508, 511, 610, 
744. 

Ceriu (Giovanni-Paolo Orsini da), capi- 
taine itaiii'n au service de la France. — 
201, 532, 506, 692. 

Ceiuu (Lorenzo Orsini, seigneur de), 
père du précédent, lieulenanl-géuéral 
au royaume de Naples. — :.'01, 750. 

Cervantes (Miguel de). — 357. 

Cemvia. — 2S7, 433. 

Cervim (.Marcello), évêque de Nicastro, 
cardi: al, légat apostolique dans les Flan- 
dres, puis pape sous le nom de .Marcel II. 

— 76, 63i, 641, 642, 650, 631, 749. 
Ceuvini (Romoin). — 742. 

Cesarini (Alessandro), cardinal, évêque 
de Cuenca. — lxiu, 320, 321. 

Cesari.no. — Voir Cesarini. 

CesExNa. — 198, 504. 

Cesenaïico. — 504, 543. 

Cesso ou plutôt Sespo (Camillo Gentile, 
comle de), lieutenant de Cesare Frcgoso. 

— 340, 347, 307, 404. 

Cesso ou plutôt Sesso (Pietro Gentile, 
comte de), neveu du précèdent. — 346,744. 

Cette. — 711. 

Ceuta. — 485. 

Céve.nnes. — XLIV. 

Cézar de Nai'les. — Voir Maggi {Cé- 
sure). 

Cézelly (Jean), président de la cham- 
bre des comptes de Montpellier. — lvi. 

Cézéna. — Voir Cesmia. 

Cézénaticqle. — Voir Cesenatico. 

Chab^tz. — 451, 437, 463. 

Chabaud (Antoine), notaire à Montpel- 
lier. — xxui. 

Chabot (Philippe), seigneur de Brion, 
amiral de France. — Voir Brion. 

Chabouillet (Jean-Marie-Analole). — 
664. 

CnAiLLiz, Chaliz ou Challys (abbaye 
de). — Voir Echarlis. 

Cualcédoine. — 521. 

Chaldéens. — 31. 

Chai.on (maison de). — 246. 

CuALON (René de), prince d'Orange. — 
Voir Orange. 

Chalon-sur-Saône. — 326. 

Chalons. ■ — Voir Chalon-sur-Saône. 

Chaloxs-sur-Marne. — 127, 730. 

Chalvet (Laurent), vicaire de l'Obser- 
vance. — LVIII. 

Chambre (Louis, comte de la). — 482. 

Chambre (Philippe de la), (ils ilu pré- 
cédent, cardinal. — Voir Boulogne [car- 
dinal de]. 

Cha.mbre des comptes de D1.J0N. — 749; 

— de Franche-Comté, 739, 749; — de 
Grenoble, 300; — de Lille, 747, 749, 730; 

— de Montpellier, xxvi, 534, 719. 
Chambrun (M. de). — 407. 
Chamk.vux. —128, 322, 326. 
Champagne. — 47, 223, 747. 
Champbaudoin. — 61). 

Chanceliers d'Angleterre. — Voir 
Cromwell, Wriolhesley. — Chanceliers de 



TABLE ANALYTIQUE 



763 



l'Empire, voir Brandehoura {Albert de), 
Granvelle. — Chanceliers de France, voir 
Duprat, Errault, Montholon, Olivier^ 
Poyet. — Ciianceliers du duché d'Alençon, 
yoir Groslot, Olivier; ^ de Bretagne, voir 
Longueil. — Chanceliers de Hongrie, voir 
Ola/i; - de Po\Oizne, \o'ii' Laski{.l<-anl'" de). 

CilA^0I^•ES d'Aquilée. — 549; — de 
Cracovie, 529; — de Goritz, 301 ; — cha- 
noines réguliers de Saint-Auguslin, 
319 à 321 : — du Saint-Sauveur à Venise, 
58, 174, 320. 

Chanoines de Maguelonne et de Mont- 
pellier. — XXII, XXIIl, XXV à XXVU, XXIX, 

XXXVII, XLiv, xLvii, XLix, Lvi à MX. — Gha- 
noines de Castres, i.vii. 

Chantérac (marquis de). — 137. 

Chantilly. — xxxii, 107, 217, 6o.j. 
669, 718, 747, 750. 

Chaouch*. — 112, 115, 203, 207, 341, 
446. 

Chaous, Chaoulx ou Chaoux. — Voir 
Chaouchs. 

Chapelain (Jean), médecin de Fran- 
çois I"'. — XXVII, XXIX. 

Chapponay (Geollroy de), président de 
la chambre des comptes de Grenoble. 

— :i60. 

Chapponay (Jean de), conservateur des 
foires de Lyon. — 300. 

Chapponay (Nicolas de), frère de Geof- 
froy, seigneur de Fevsin, conservateur 
des foires de Lyon. — 360. 

Chapuis (Eustache), ambassadeur de 
Charles-Quint à Londres. — 638. 

Ciiapuvs. — Voir Chapuis. 

GiiAHAVAV (Gabriel). — 6. 

GiiAïuoTS DE GuEKKE. — 340, 427, 536, 
688. 

Charles -QuiNï, empereur. — Voir 
passim. 

Charles le Gros, empereur, roi de 
France. — vi. 

Charles VIII, roi de France. — vu, 
XIX, XX, 4, 86, 677, 745. 

Chaules IX, roi de France. — l, lui, 
148, 210, 718, 744, 745. 

Charles d'.Vnmoi;, roi de Naples. — 3S3. 

Charles Martel. — xxv. 

Charles 111, duc de Savoie. — 19. 25. 

Charles le Téméraire, duc de Bour- 
gogne. — vu. 

Charles (Alexandre) , bourgeois de 
Lyon. — 61. 

Chaules (François) ou Charly, dit 
Labbé, négociant florentin établi à Lyon. 

— 4s. ■ — Voir Charli et Charly. 
Charles (Jean), élu du Lyonnais, bour- 
geois de Lyon. — 61. 

Charles .Laurent), banquier florentin 
établi à Lvon. — 48, 61, 89, 110, 143, 
185, 201, 215, 221, 238, 272, 285, 296, 328, 
410, 416, 445, 555. 

CiiAHLi(Francesco). marchand florentin 
résidant à Alexandrie d'Egypte. — 123, 
125, 156. — Voir Charly (François). 

Charli (Laurens). — Voir Charles (Lau- 
rent). 

Charly (François) ou Charlieu , dit 



Labbé. négociant florentin établi à Lvon. 
— 18. ' 

Charly (Louise) ou Charlieu, dite 
Labbé, ou la Belle Cordière, poétesse 
lyonnaise. — 48. 

" Charly (Pierre) ou Charlieu, dit Labbé, 
bourgeois de Lyon, père de la précé- 
dente. — 48. 

Charrettes. — 687, 688. 

Charrikre (E.). — viii à XVI, xviii, xxxvi, 
Lx:v, 5, 6, 23, 71, 92, 106, 222, 283, 383, 
609, 620. 743, 744, 746. 

Chartreux. — 28, 730, 732. 

Charvet (Léon). - 12, 190. 

Chasse. — 420, 434, 511. — Chasse au 
cerf, 158; — aux grues, 261, 262, 274. — 
Couteaux de chasse, 655. 

Chasse (Jean de la), dit Chassanion, 
ministre réformé. — xlh. 

Ghassy. — Voir Bernuge. 

Chasïeaubry'ant (M. de). — Voir Chd- 
teaubriant. 

Chat-el-Arab (le). — 234. 

Chateaubriant (Jean de Laval , sei- 
gneur de). — 267, 502. 

Ch.\teaudun'. — 162. 

Chateau-Gaillard. — 510. 

Chateau-Geoffroy. — Voir Castel- 
Gof/'redo. 

Château de l'Ouhli. — 21. — Château 
des Sept Tours, à Constanlinople. — 21. 

Chateau-Tkompettr, à Bordeaux. — 746. 

Chatel (Pierre du), évèque de Tulle, 
lecteur et maître de la bibliothèque du 
roi. — XXVU, i.xiii, 13, 27, 54 à 56, 79, 
89, 97, 117, 127, 173, 224, 540, 555. 

Chatelkt (prison du), à Paris. — 393. 

Chatei.lerallt. — X, 334. 

Chacderette (la). — 749. 

Chac.mes-en-Brie. — 743. 

CiiACViG.NY. ^- Voir Chaviqvy. 

CiiAVAiGNES. — Voir Chevaynes. 

Chavigny (Léon Bouthillier. comte de), 
secrétaire d'Etat aux alfaires étran- 
gères. — 724, 731. 

CiiEF-DE-BiEN (François), trésorier de 
France. — - xlvii. 

Chemain ou Chemans. — 750. 

Chenu (Isabelle), mariée à Martin du 
Bellay. —259. 

Chequins. — Voir Sequins. 

Cher (le). — 629. 

Chéras. — Voir Cherasco. 

Cher.\sco. — 2^0, 59S, 665, 666, 681 à 
683, 6S7, 68S, 690, 692, 696. 

Cherbourg. — 510. 

Chesneau (Jean), secrétaire de M. d'A- 
ramon. — 743. 

Chevagnes. — XXXIII. 

ChEVaUCHEURS DECURIE. — 159, 675, 
676. — Voir Courriers. 

Chevau-légers. - 86, 87, 19S, 270, 279, 
361, 405, 456, 458, 467, 479, 501, 505, 509, 
554, 559, 576, 577, 583, 588, 589, 591, 593, 
596, 598, 601, 612, 62'', 662, 609, 681, 682, 
688, 689, 693, 744. 745. 

Chevax. — Voir Chivasso. 

Cheverri (Pierre de) , trésorier de 
France. — xlvii. 



"04 



TABLE ANALYTIQUE 



CiiiAzi. — 222. 

CiiiEHEGATi (Luif,'i), franciscain, évoque 
<l"Anlivari. — 74î. 

CniKiti. — 159, GC2, 672, C04 à C9G, 
"4o. — Gouverneurs, voir Berna rdhii. 

ClIIETI. — 7. 

CiiiKFHE. — 328, 339, 411 à 413, 540, 
liu3, 573, 581, C73. 

ClUNON. — 30. 

Ciiio ou Scio. — 27, 52, 155, 202, 477, 
480,63!. 

Chio ((îeorgcs), humanisle grec établi 
à Conslanlinople. — "9. 

Chiosa. — Voir C/iiusa. 

Chihlhgiex. — 404. 

CHISA.MO. — Voir Cissamo. 

CuiusA. — 4S7. 

CmvASSO.— 678, 681. 

Chouhses (Jean de., seigneur de Mali- 
corne. — Voir Malicorne. 

Christiern II, roi de Danemark. — 274, 
480, 481, 510. 

CiiYPKE. — 168, 179, 234, 202, 318. — 
Fil d"or de Chypre, 61. — Le bâtard de 
Chypre, x. 

CiBO (Gian-Batlista). — Voir Iniw- 
cent MU. 

CiBO (Lorenzo) , comte de Ferentilla, 
marquis de Massa et Garrara. — 240. 

CiBO (Peretta), niè'^c d'Innocent VIII, 
mariée à Andréa Doria. — 557. 

CicÉRON. — 59, 60, 74, 89, 268, 305, 
523, 712, 720. 

CicoxGSE (le chevalier). — Voir Cicogna. 

CicoG.NA (Pietro), capitaine milanais au 
service de Charles-Quint. — 36, 672, 673. 

CiKUEMES (le comte de), ambassadeur 
de Charles-Quint auprès de Paul III. — 
152. 

Cixq-Eglises. — 104. 

CixQ Sages (les), à Venise. — 218. 

Cio. — Voir Chio. 

ClPIERRE. — 59. 

CiPPRE. — Voir Chypre. 

Cissamo. — 307, 319, 321. — Evêque de 
Cissamo, voir Steuco. 

CisTERNA. — 688, 689. — Gouverneur, 
voir Torio. 

CiSTERNE (la). — Voir Cisterna. 

CiTANOVA. — Voir Citta-Nuova. 

Cita Nova. — Voir Xeusladf. 

CiTEAL'x (ordre de). — uv. — Voir 
Bénédiclins. 

Citerne (la). — Voir Cislerna. 

CiTTA Di Castello. — 256. 

Citta-Nl'ova. — 609. 

Civita-Vecchia. — 161. 

Clarknce (le duc de). — 29. 

Clarret. — 89. 

Claude pe France, première femme de 
François I". — 25, 316, 747. 

Clément VII, pape. — xxm, xxvi, 
xxvii, 26.35, 103, 175, 225, 266, 482, 593, 
633, 651, 713. 

Clérieu (Guillaume de Poitiers, sei- 
gneur de). — 677. 

Clermont. — 175. 739. 

Clèves. — 362, 633, 641, 643, 644. 

Cléves (duché de). — 33, 641 à 643. 



Clèves (Anne de), reine d'Angleterre. 
— Voir Atinc de Clèves. 

Clèves (Guillaume 111, le Riche, duc 
de). — V. 33, 47. 99 à 101, 132, 199, 230, 
238, 243, 248. 313, 316, 327, 331, 332, 335, 
337, 371, 510, 552, 592, 633, 641 à 644. 

Clévks (Jean III, père du précédent, 
duc de). — 33, 46. 

Cllma (la). — 68. 

Clixsa. — Voir Clissa. 

Glissa. — 92, 277. 288. — Sandjak, 
voir Mourad-Bcy. — Voir Lissa. 

Clivkne. — Voir Gliev. 

Cloyes. — 162. 

Clu.nv (religieux de). — lui. 

CoBos (Francisco de los), seigneur de 
Sabiote, grand commandeur de Léon, 
premier secrétaire de CharJes-Ouint. — 
xxxu, 484, 637. 638, 648. 

Cocha. — Voir Herzégovine. 

Conos (le grand commandeur). — Voir 
Cobos. 

CoiRE. — 410, 411. 

Cola ou Colas (messire). — Voir Bu- 
nello [Cola). 

CoLBERT (famille). — Voir Croissy et 
Torcy. 

CoLBERT DE Croissy (Charlcs-Joachi m), 
évêque de Montpellier. — lxi à lxiii, 
722 à 738. 

CoLE (le capitaine). — Voir Bunello 
{Cola). 

Coliques. — 641. 

Coligny (François de). — Voir Andelot. 

CoLiGXY (Gaspard de) , amiral de 
France. — 630. 

Collèges de Paris. — Collège de Cler- 
mont, 699. — Collège roval de France, 
78. 127, 716, 735. — Collège Louis-le- 
Grand, 712, 721. — Collège de Presles, 
716. — Collège des Trois-Langues, 78. 

Collège de Nîmes. — 428, 429. 

Collier de l'ordre de Saint-Michel. — 
492. 

Colocasie. — 29. 

CoLOCZA. — 72, 104, 567. 

Cologne. — 643. 

Colombier (tour du), à Montpellier. — 

XLVI. 

CoLONA (Pietro). — Voir Colonna. 

Colonels généraux des bandes ita- 
liennes au service de la France. — Voir 
Cerri {Giovanni-Paolo Orsini da , Rosso, 
San-Pietro Corso, San-Seco?ido, etc. ; — 
des bandes suisses, voir Saint-Julien; — 
de l'infanterie française, voir Andelot, 
Coligny, etc. 

Colonna. — 188. 

Colonna (famille). — 188. 

Colonna (Ascanio), duc de Paliano et 
de Tagliacozzo, grand connétable du 
rovaume de Naples. — 188. 239, 244, 
256, 257, 259, 266, 289, 292, 312, 313. 

Colonna (Camilio), capitaine italien au 
service de Charles-Quint. — 405, 460. 

Colonna (Fabrizio), grand connétable 
de Naples. — 460. 

Colonna (Girolamo), seigneur de Gal- 
licano et de Zagarolo. — 49L 



TABLE ANALYTIQUE 



76a 



CoLOSNA (Marcello), seigneur de Zaga- 
rolo, père de Camillo Colonna. — 460. 

CoLONNA (Ollo). — Voir Martin V. 

CoLON.NA (Pietro-Francesco), seigneur 
de Zagarolo, puis archevêque de Ros- 
sano et de Tarente, fils de Girolamo 
Colonna. — 460, 491. 

GoLOXXA (Pirro), agent du duc de Flo- 
rence auprès de l'empereur. — 681, 693, 
696. 

Colonna (Prospero), généralissime des 
troupes impériales en Italie. — 188. 

Coloxxa (Stefano), seigneur de Zaga- 
rolo. — 557. 

Colonna (Vittoria), lille de Fabrizio 
Colonna, mariée au marquis de Pes- 
caire. — 460, "43. 

Colonna (Vittoria), fille de Pietro-Fran- 
cesco Colonna, mariée à Camillo Co- 
lonna, son cousin. — 460, 491. 

Colonna de Cesari Rocca. — 354. 

colonnata. — 242. 

CoLONNK, Coullonne ou Coulonne. — 
Voir Colonna. 

Colonne (Piche, Picche ou Pirge). — 
Voir Colonna {Pirro). 

Coloquinte. — li, 718. 

comacchio. — 304. 

Combe (Pierre de), prêtre. — lviit. 

CôME. — 2o, 662, 719. — Lac de Côme, 
36, 662. 

Commerce. — xx, 61, 476, 485, 486, 
499, 5dS, 5b9, 641, 643, 644, 739, 747, 748. 

— Voir Banques, Blés, Bois, Charbon, 
Cuirs, Draps, (îrains, Limons, Oranges, 
Pastel, Sel, Soie, etc. 

Co-UMiNES (Philippe de) , envoyé de 
France à Venise. — vu, 86. 

Commissaires des guerres. — Voir 
Crotto {Livio), Peschère {Mariîi de), Vil- 
le gag non. 

CoMPiiRE (le), agent secret du roi de 
France en Allemagne. — 306. — Voir 
Ami d'Allemagne et Germanico. 

CoMPiÈGNE. — XV, 61, 359, 428, 439, 
494, 614. 

CoNAs (le capitaine), lieutenant du vi- 
comte de Joyeuse. — xlviii. 

Conciergerie du Palais (prison de la), 
à Paris. — 393. 

Conciles. — 422,636, 637, 471, 472. — 
Voir Bologne, Latran, Trente, etc. 

Concordance des manuscrits de la 
Correspondance de Pellicier. — lxiv. 

Concorde (temple de la). — 41. 

CONDÉ. — 47. 

Condé (Louis de Bourbon, prince de). 

— xlviii, l. 

Conflans (.Antoine de). — 609. 

CoNi. — 26, 663 à 666, 673, 681, 692. 

CoNNET (Jean), dit La Roche, fourrier 
ordinaire du roi. — 346. 

Connétable (M. le). — Voir Montmo- 
rency [Anne de). 

Connétables de France. — Voir Bour- 
bon (Charles de). Montmorency, Dam- 
ville, etc. 

CoNNY. — Voir Coni. 

Conseil de Diexe. — Voir Conseil des Dix. 



Conseil des Dix, à Venise. — viii, 
xvii, XXXIII, XXXV, 22, 40, 66, 82, 202, 
229, 272, 277, 343, 367, 422, 436, 457, 503, 
520, 579, oSO, 585, 606, 615, 616,714. 

Conserans. — 479. 

Constance (Madame). — Voir Farnese 
{Costanza). 

Constance (le seigneur Scipion). — 
Voir Costanzo {Scipione). 

Constantin le Grand, empereur de 
Constantinople. — 531. 

Constantin IV Porpiiyrogénète, empe- 
reur de Constantinople. — 531. 

Constantinople. — x, xiii à xvii, xxxi, 
XXXIV, xxxvii, 5, 6. 15, 17, 21, 34, 35, 
37, 38, 43, 45, 50, 62, 63, 69, 77, 79, 83, 
92, 93, 102, 103, 105, 106, 108, 110, 112, 
114, 122, 123, 128,133, 135, 136, 139,140, 
143, 145, 149 à 131, 153, 155, 158, 105, 167, 
169, 175, 185, 194, 190, 200 à 204, 207, 
211, 216, 222 à 224, 234, 235, 232, 255, 
261, 262, 274, 276, 282, 286, 290 à 292, 
298, 303, 308, 309, 318, 322, 328, 330, 331, 
338 à 340, 352, 359, 362, 363, 369, 370, 
383, 387, 393, 402, 421, 430, 448, 432, 459, 
460, 463, 470, 477, 480, 494, 497 à 499, 
306, 511, 512, 519, 548, 553, 535, 562, 563, 
566, 367, 569, 616, 617, 619, 620, 6i8, 715, 
743. - Banques llorenlines, 494. — Ar- 
senal, voir Arsenal de Constantinople. 

Constanza (la signora). — Voir Fre- 
gosa {Costanza Rangona). 

Consuls d'Espagne à Venise. — Voir 
Cernizza (Martin de). — Consuls de 
France en Levant, vi; — à Alexandrie 
d'Egypte, 371 ; voir Pomaro. — Consuls 
de Venise à Damas, voir Marcelli; — à 
Naples, voir Bazalve. 

Consuls de Nîmes. — 428, 429. 

CoNTARiN. — Voir Contarini. 

Contarini (famille). — 204, 313. 

Contarini (Àlessandro), procurateur de 
Saint-Marc, à Venise. — 616. 

Contarini (Francesco), ambassadeur 
de Venise à Rome. — 53. 

Contarini (Gasparo), cardinal, évêque 
de Bellune, légat apostolique auprès de 
Charles-Quint. - 75, 253, 239, 262, 284, 
313, 630, 746. 

Contarini (Marco-Antonio), ambassa- 
deur de Venise auprès de Charles-Quint 
et de Ferdinand. — 373, 379. 

Contarini (Tommaso), ambassadeur de 
Venise auprès de la Porte ottomane. — 
XVI, 106, 237. 

Contarini (Zaccaria), ambassadeur de 
Venise en France. — 4. 

Contarini (N.), provédileur de la flotte 
de Venise. — 204. 

Contarins. — Voir Contarini. 

CoNTAY (Françoise de), mariée à Jean II 
d'Uumières. — 193. 

Contéléon (Christophe), humaniste 
grec. — XX VII à xxix. 

Conti (Gian-Francesco), dit Quinzano, 
humaniste et poète. — 179. 

CoNTiLE (Luca). — 659. 

Contrôleurs des finances. — 526, 596, 
612. 



766 



TABLE ANALYTIQUE 



ConAir, (pêche du). — 282. 

CoHAN (inaniiscril arabe du). — 699. 

CoRAssiNEs. — ÎIIK), .';:}(). 

GoHniîNY (prieuré de Saint-Marcoul de). 

XLII. 

CoKiiiE (abbaye de Saint-Pierre de). — 
•482. 

CoHHOLi (Francesco), agent des Strozzi 
à Venise. — 157, 3'J6. 

CoiiDELiEHs. — XLix, L, 88, 89. — Voir 
Obseruanliîis. 

CouDiiNNiERS de Lyon. — 61. 

COUDOIIE. — 133. 

CouÉGE, Corèsc. — Voir Correggio. 

CoBEDU. — xui, XIV, 5, i:^, 14, 19, 56, 
68, 69, SI, m, 19o, 262, 265, 298, 311, 
343, 460, 470. 

GonNARO (Marco-Antonio). — 183, .^70. 

Cornât (Georges), magnat hongrois. — 
104. 

CoRNEA (Alexandre III), voïévode de 
Moldavie. — Voir Alexandre III Comea. 

CoRNÉLio ou Cornellio (le capitaine). 

— Voir Benlivogiio (Cornelio). 
CoRNELLio, ambassadeur de Charles- 
Quint à Constanlinople. — 568. — Voir 
Schepper. 

CORON. — 170. 

Correggio. — 309, 468. 

CoRRHGGio, négociant italien établi à 
Constantinuple. — 3ll9. 

Correggio (Ippolilo da), seigneur de 
Correggio en Modènais. — 468, 478, 
479. 

CoRRiËRES (M. de) ou Corrierez. — Voir 
Courrier es. 

Corsaires barbaresques. — 7, 16, 76, 
150, 255, 265, 309, B'iO, 397, 459, 470,739. 

— Voir Corsetto {le), Salah-Rais, Sinnn- 
Djoii/oud, etc. — Corsaires turcs, 363. 

— Corsaires vénitiens, 319. — Voir Pi- 
raterie, Vscoquea, etc. 

Corse. — 39, 354, 739. 
Corse (Pielro). — Voir Corso. 
Corselets. — 86, 337, 344, 536. 
Corsetto (le), corsaire barbaresque. 

— 309, 340. 

CoBSO (le capitaine Gian-Battista). — 
387, 398. — Voir San-Pietro. 

CoRTEZ (Fernando), conquérant du 
Mexique. — 130, 476. 

CoRTEZ (Martin) de Monroy, marquis 
de Guaxara, fils du précédent. — 130. 

CoRTY (le seigneur Livio). — Voir Crotto 
(Livio). 

COSENZA. — 635. 

CosiMO ou Cosme I de Médicis, grand- 
duc de Florence. — Voir Medicis (Co- 
simo dei). 

CosNA. — Voir Bosna. 

CosTANzo (Scipione), capitaine italien 
au service de la France. — 96, 97, 227, 
233, 501, 502, 504. 

Coton. — 28. 

COTRONE. — 677. 

CoucouRDES. — Voir Courges. 

CouERRE. — Voir Coire. 

CouGOUHDEs. — Voir Courges. 

COULEUVRINES. — 536, 621. 



CouLONNOvs (les). — Voir Colonna 
{f amitié). 
Cour oes aires de Montpellier. — lvu. 
CouRKOu. — Voir Cor/ou. 

COl'RGKS. — 42. 

Coi RRiÈiiRS (Jean de Montmorency, 
seigneur de), capitaine des archers de 
Charles-Quint. — 64'», 749. 

CooMRiEiis. — 20, 133, 135, 149, 194, 
196, 201, 211, 222, 223, 483. — Voir Belle- 
Oreille, Gorge-Noire, Guerzo, Hostaris ou 
Rastarix, La Bove, Roche (La), Rocque 
{Lu), etc. 

Cours (le seigneur). — Voir Cortez 
{Martin). 

COUÏKAUX DE CHASSE. — 655. 

Coutumes de Montpellier et de Tou- 
louse. — LV. 

CiiACOviE. — 34, 529. — Université, 35. 

Chamoel, Cramonel. — Voir Cromv^ell. 

CiiEMA. — 251, 253, 617. 

CitEMA (Gian-Batlisla di), homme d'ar- 
mes du comte Aloysio Avogaro. — 347. 

Crkmr. — Voir Crema. 

Crémone. — 7, 14, 27, 38, 49, 85, 86, 
133, 242. 253, 367, 368, 404, 405, 423, 457, 
489, 5.^8, 590, 614, 628. 

Chépy (paix de). — 266, 445. 

Grès (le). — uviii. 

Crète.— 28,132,307,505.— Voir Candie. 

CRÈvEcœuR (Louise de), mariée à An- 
toine de Hallwin. — 283. 

Cristalleries de Murano. — 521. 

Cristofi.e (le seigneur). — Voir Fugger 
{Christophe). 

Grivelli (famille), de Milan. — 52. 

Croatie. — 92, 341, 460. 

Croisades. — vi, ix. 

Croissy (M. de). — Voir Colbert de 
Crvissy. 

Croissy (Charles Colbert, marquis de), 
secrétaire d'Etat. — 722. 

Choix (Jean-Jacques de la), secrétaire 
de l'ambassade de France à Venise. — 
61, 62, 292, 338, 416. 

Cromwell (Thomas), comte d'Essex, 
lord du sceau privé, grand chambellan 
d'Angleterre. — 18, 19, 263, 629, 633, 
634, 638. 

Crostolo (le). — 578. 

Crotto (Livio), maître d'hôtel du comte 
de Saint-Pol, puis du roi; commissaire 
des guerres; secrétaire de l'amba-sade 
de France à Venise, puis résident de 
France dans les Pays-Bas. — 614. 

Crov (Philippe II de), marquis, puis 
duc d'Arschot. — Voir Arschot. 

Croîs (Jacomo ou Jehan-Jacomo de 
la). — Voir Croix {Jean-Jacques de la). 

Crue (Francis de). — 267, 4SI, 747. 

Crussoi. (Antoine, comte de), lieute- 
nant-général en Languedoc. — xlviii, 

XLIX. 

CsERNA (la). — 567. 
Cuba. — Voir Chabatz. 
CicuÈKE (le capitaine). — Voir Cacero. 
CUENCA. — 320. 

Cuirasses. — 535, 536. — Voir Coras- 
sines. Corselets, Hallecrets, etc. 



TABLE ANALYTIQUE 



767 



Cuins (commerce des), à Lyon. — 61. 

Cuivre. — 141. 

CijJAs (Jacques). — xxii, lui, 720. 

CuNEO. — Voir Coni. 

Ccpi (Giovanni-Domenico), cardinal, 
archevêque de Trani. — 244. 

CuasAN. — Voir Cussatio. 

CcssANO (Giovanni-.Michelp), milanais 
étaljli à Gonstanlinople. — 352. 

CuTS. — 716. 

Cyclades. — 27, 69. 

Cyfut-Sina. — Voir Sinan-Djoiifoud. 



, Dafin (Francesco), négociant italien. — 
359, 360. 

Dalençon (Guillaume), prêtre. — xu. 

Dauiaiie. — xvii, 5, 11, 35, 68, 92, 143, 
144, 264, 371, 379, 416, 452, 490, 568, 603, 
631. 

Damas. — 156, 529. 

Damas (robes de). — xv; — étoffes de 
damas, 432. 

Damasciio. — Voir Damas. 

Damiii.o (Malhio). — Voir Dandolo 
(Matteo). 

Damvii.le (Henri I de Montmorency, 
comte de), lieutenant-général en Lan- 
guedoc. — xLix, i.i, 71S, 720. 

Dandim (Girolamo), secrétaire du pape 
Paul m, chargé de mission en France. 

— 509. 

Dandolo (famille). — 55. 

Dandolo (Enrico), doge de Venise. — 55. 

Dandolo (Marco). — 55. 

Dandolo (Matteo), fils du précédent, 
ambassadeur de Venise en France. — 
55, 172 à 174, 177, 210, 293, 293, 310, 348, 
461, 574. 

Danemark. — vi, xii, 113, 480, 481, 
510. — Ambassadeurs en France, voir 
Ambassadeurs. — Rois de Danemark, voir 
Chrisliern II, Frédéric /, etc. 

Dainemark (Christine de), veuve de 
Francesco-Maria Sforza, duc de .Milan, 
remariée à François de Lorraine, mar- 
quis de Ponl-à-.\iousson et duc de Bar. 

— 113, 230, 241, 263, 274, 466. 
Danemark (Dorothée de), fille aînée de 

Christiern II de Danemark, mariée à 
Frédéric III, électeur palatin. — 274. 

Dannemarq. — Voir Danemark. 

DA^UBE (le). — XVII, 66, 76, 122, 160, 
168, 202 à 204. 222, 239, 249, 250, 314, 340, 
393, 426, 435, 531, 567. 

Danubio (le). — Voir Danube. 

Daramont, Darramon ou Darramont 
(M.). — Voir Aramon. 

Dardanelles. — 298, 470. 

Darles, notaire à Montpellier. — xvii 
à XXIV. 

Darmstadt. — 182. 

Dauphi.ns de France. — xxiii, 15, 135. 

— Voir François, Henri. 

DaUI'HINÉ. — XLVIU, LVIII, 10, 142, 
258, 267, 365, 375, 664, 677, 745. 

Davanter. — Voir Deventer. 

David (Jacques), bourgeois de Mont- 
pellier. — lui. 



Décimes. — 440. 

Decize. — ■ 378. 

Dkiterdar, ou trésorier de la Porte 
ottomane. — 421. 

Deorki'ecille, chanoine de Montpel- 
lier. — XXII, XXVII, lxi. 

Dejean, intendant de l'hôpital de Mont- 
pellier. — 723. 

Delaborde (H.-Fr.). — 745. 

Delacroix, secrétaire au parlement de 
Toulouse. — Lvm. 

Delfin (Giovanni), armateur vénitien. 

— 402. — Voir Delfino. 

Dklfino (Giovanni), ambassadeur de 
Venise eu France. — 402. 

Delisle (Léopold). — xxxui, xxxiv, 
lui, lxii, Lxiv, Lxxiii. 13, 54, 78, 147, 
177. 

Delpbin (Jehan). — Voir Delfin [Gio- 
vanni). 

DtMOSTIlÈNES. — 523. 

Démotika. — 323. 

DE^•o^'VILLE (Charles Hémart de), évê- 
que de Màcon, cardinal, ambassadeur 
à Rome. — xiii, xiv, xxvi, xxvii, 108, 
609. 

Desartrf.s (l'abbé), prêtre de Montpel- 
lier. — 727. 

DiSBiJissoNs (Léon). — lxxiii. 

Desbuisïons (L.-G). — lxxiii. 

Deschenay, Deschené, Deschenés, Des- 
chenetz ou Deschenez (M.). ~~ Voir 
Ech<^nay. 

Desjardins (Abel). — 443, 450, 493, 516, 
319, 526, 528, 599, 662, 681, 689, 694, 740, 
744, 745. 

Deventer. — 643. 

Devic (Dom). — Voir Vie [de). 

Diamants. — 350. 

DlARBEKIR. — 341. 

Diaz (Bartolomeu). — 485. 

Diego ou Diègues (domp). — No'wMen- 
doza [Dierjo llurtado de). 

Diètes d'Empire. — 75, 137, 140, 159, 
163, 167,182, 210, 217, 238, 242 à 245,247, 
249, 251, 253, 259, 262, 284, 285, 300, 306, 
327, 332, 433, 454, 462, 592, 642, 643, 648, 
057, 670, 724, 737, 740. — Voir Augs- 
bourg, Francfort, Haguenaii, huisbrùck, 
Nuremberg, Ratisbonne, Spire, Worms. 

— Diètes de Hongrie. — 238, 263, 270, 
275, 314, 313, 331. — Voir Olmûtz, Schos- 
bourg. 

DiEXE (conseil de). — Voir Conseil des 
Dix. 

Digeon. — Voir Dijon. 

Dijon. — 377, 406, 556, 647. — Chambre 
des comptes, 749. 

Dlnteville (famille de). — 508, 509, 747. 

DiNTEviLLE (François l" de), évèque 
d'Auxorre. — 747. 

DiNTEViLLE (François II de), neveu du 
précédent, évêque d'Auxerre, ambassa 
deur à Rome. — 201, 508, 509, 543, 747. 

DiNTEviLLË (Gaucher 1" de), seigneur 
de Poiisy, père du précédent. — 508. 

DiNTEviLLE (Gaucher II de), seigneur 
de Vanlay, sixième fils du précédent. — 
Voir Vanlay. 



768 



TABLE ANALYTIQUE 



DiNTKVii.LE (Gnillaiime de), seigneur 
d'Kchènay, qiialrioiiie lils de Gaucher ^^ 

— Voir Échénay. 

DiNTKViLLE (Jean de), seigneur de Po- 
lisy, ambassadeur en Angleterre, troi- 
sième fils de Gaucher l". — 508, 509. 

DiOCLEA. — 416. 
DiOSCORIDE. — 127. 

DiRCH (Simon), magnat hongrois. — 
104. 

Dix (conseil des). — Voir Conseil des 
Dix. 

Djeura. — 149, 150, 201. 

Djoukoud-SiiNan. — \oirSinan-Djoufoud. 

DoniEU (famille). — 124. 

DoDiiîu (Claude), seigneur de Rivaz en 
Forez, conseiller au Parlement de Paris. 

— 124. 

DoDiEU (Claude), seigneur de Vcly, 
abbé de Saint-Riquier, ambassadeur 
auprès de Charles-Quint. — Voir Vely. 

Dodiet (Claude), seigneur d'Epercieux, 
chargé de missions auprès de Charles- 
Quint, à Rome, en l'xosse et en Italie, 
neveu de M. de Vély. — 124. 

DoDiEU (Claiide\ cousin de M. de Vély, 
agent de l'ambassade de France à 
Madrid. — 124. 

DoniEU (Guillaume), courrier de la 
poste à Lvou, frère de Claude Dodieu 
de Rivaz. -^ 124. 

DoDiEu (Jacques), gentilhomme lyon- 
nais. — 124. 

Dodieu (Jean I), prévôt des maréchaux 
du Lyonnais. — 124. 

DoDiEu(Jcan 11), gentilhomme lyonnais, 
fils de Jacques Dodieu. — 124. 

Doges de Gènes. — Voir Catta?ieo, 
Freyoso {Ottaviano), etc. 

Doges de Venise. — Voir Dandolo, 
Flabanico, Grimani, Lando, Michèle, etc. 

DOGLIANI. — 681. 

Dolet (Etienne), imprimeur et huma- 
niste. — XXII, 14, 28, 135, 281, 140. 

DoLFiN (Ermolao). — 616. 

DoLO, — 265. 

Dominicains. — 92, 109, 517, 555, 742. 

DoMiMcoi E (mes9ire),le capitaine Domi- 
nique. — Voir Arrinno {Domenico). 

DOMMARTIN. — 508. 

Dorez (Léon). — xx,xxvII,xx^^^,LXXIII, 

174, 307, 508, 697, 7i2. 

DoRiA RiPARiA (la). — 661. 

DoRiA (famille), de Gênes. — 659. 

DoRiA (Andréa), prince de Melfi, ami- 
ral génois, généralissime des galères de 
Charles-Quint. — 26, 32, 35, 39, 51, 76, 
112, 130, 136, 149, 151, 160, 161, 178, 183, 
188, 189, 241, 250, 253, 263, 264, 270, 275, 
342, 345, 420, 474 à 477, 488, 491,497, 519, 
527, 557, 558, 568, 609, 648, 672, 674, 679, 
C80, 739, 740. 

.DoRXA (Antonio), capitaine génois, cou- 
sin du précédent. — 161, 263, 475. 

DoRiA (Gian-Battisla),fils du précédent. 

— 161. 

DoRiA (Gianettino), cousin d'Andréa et 
adopté par lui. — 39, 342, 345, 459, 466, 
739. 



DoRTA CJanetin ou Juan). — Voir Doria 
(dianetliiio). 

Doria (Lamberto). — 746. 

DoRiA (Stefano^, banquier génois établi 
à Venise. — 488, 494, /ilO. 

DouiA (Tommaso), cousin d'Andréa et 
]H're de (Jianettino. — 39. 

DoiuE (le prince). — Vir Doria (An- 
dréa). 

Dorve (André). — Voir Doria (Andréa). 

Douane (palais de la), à Venise. — 230, 
G21. 

DoiiMERGUE (Jean), vicaire général de 
Pellicier. — uvii. 

DovARA (la). — 633. 

Dovaba (Fcderigo da), capitaine italien 
au service de Charles-Quint. — 450. 

DovAiRE (la). — Voir Dova/'a (la). 

Dkaomans. — Voir Drogmans. 

Dragon. — 536. 

Dragut-Arraez. — Voir Torqhoiul. 

Drap d'or (camp du). — 741. 

DiiAPS d'or et de soie. — x, xv, 184. 

Drave (la). — 65, 122, 567, 

Drixovar. — 567. 

Drinovat. — Voir Drinovar. 

Drogmans. — 250, 269, 342, 358. — 
Drogmans de l'ambassade de France à 
Constantinople. Voir Nicoletto, Reverdy, 
Sachia, etc. 

Dromadaires. — 340. 

DuciiY (Gaspard). — 747. 

Ducs ou gouverneurs de Candie. — 
505. — Ducs de Venise, voir Doges. 

Dujarric-Descombes. — 477. 

dulcigno. — 63. 

DuPRAT (Antoine), cardinal, archevêque 
de Sens, chancelier de France. — xi, 

XXVII, XXX. 

DuRANC, beau-frère de Pellicier. — xl. 
DuRANC (Guillaume et Jacques), fils du 
précédent. — lvii. 

Duras, Durasso. — Voir Durazzo. 
DuRAZzo. — 86, 340. 
DURTAL. — 750. 
DUSSELDORF. — 33. 

DuvAL (Jean), trésorier de l'épargne. 

XXXIII. 

Dymagy (Vincent). — Voir Maggio 
(Vincenzo). 
Dyssenterie. — 8, 135, 136, 208. 



Eaulx ou des Eaulx (le chevalier d'). 
— Voir Tassi?i. 

Eaux -douces d'Asie et d'Europe. — 
342. 

EcARLATE (robes d'). — xv. 

EciiARLis (abbaye des).— xxxvii, ui, lv, 
447, 455, 481,520 à 522, 615. 

Echelles de siège. — 681, 690. 

eciiknay. — 508. 

EcHÈNAY (Guillaume de Dinteville, sei- 
gneur d'), chargé de missions à Rome et 
à Venise. — lxui, 508, 509, 516, 524, 526, 
527, 533 à 535, 541, 543. 553, 560, 563, 
564, 579 à 582, 594, 600, 601, 603, 611. 

Ecole-Mage , à Montpellier . — xlvii, 

XLIX, 



TABLE ANALYTIQUE 



769 



Ecole de médecine, à Montpellier. — 

XXX, XXXI, LIX. 

lîlcossE. — XII, 134, 2S1, 496, 568. — 
Rois d'Ecosse, voir Jacques IV et Jac- 
ques V. — Ambassadeurs de France en 
Ecosse, voir Ambassadeurs. 

Edouard IV, roi d'Angleterre. — • 2i9. 

Egée (mer). —27, 261. 

Egidio (le cardinal). — Voir Antoaini. 

Egine. — XVII, 143. 

Eglise (Etats de 1'). — Voir ÉLats de 
VEglise. 

Égmunt (Charles d'), duc de Gueldres. 
33_ 

Egypte. — 29, 48, 123, 343, 371, — Voir 
Alexandrie d'Egypte. 

Eiirenberg (Richard). — 742. 

Elbeof. — 6, 47. . 

Eléoxore D'AurRiciiE, sœur aînée de 
Charles-Quint, mariée à Emmanuel de 
Portugal, puis à François 1". — 61, 496, 
747. 

Elias, frère de Kheir-ed-Din Barbe- 
rousse. — 27. 

Elisabeth d'Autriche, sœur de Charles- 
Quint, mariée à Christiern 11 de Dane- 
mark. — 274. 

ElNE. XXXVIII. 

Elus d'Avranches. — Voir Siresmes; 

— de Lyonnais, voir Charles; — de Riez, 
voir Cental. 

Embrun. — lui, 204, 573. 

Emeraudes. — 521. 

Emerillons. — 536, 564. 

Emehy (Michel Particelli, seigneur d'). 

— 724, 737. 

Emmanuel le Grand, ou Manoël, roi de 
Portugal. — 73, 225, 483, 496, 747. 

Empereurs d'Occident. — Voir Charles- 
Quint. Ferdinand, MaximiUen I. — Em- 
pereurs des OLlomans, voir Bai/e'zid II, 
Mohammed H, Mohammed IV, Ourkhan, 
Sélini, Suleijmnn, etc. 

Empire. — • Voir passim. 

Enghien (François de Bourbon, comte 
d'), lieutenant-général en Piémont, — 
681, 745, 747. 

Enseignes. — 370, 500, 613, 667, 668, 
670, 679, 681, 687, 689, 692, 693, 

Envers. — Voir Anvers. 

Eparchos (Antoine), de Gorfou, huma- 
niste. — xxxiu, 13, 14, 27, 54, 55, 57, 79, 
96, 117, 118, 174,173, 177. 

Epées. — 86. 

Epercieu.x-Sai.nt-Paul. — 124. 

Ephèse. — 171. 

Epices. — 460, 486. 

Epiphanie (fête de F). — 167. — Voir 
Rois {fête des). 

Equipages de guerre. — 528. — Voir 
Bourches, Chariots, Charrettes, Maroans, 
etc. 

Equipements militaires. — 539. — Voir 
Corselets, Fers à cheval, Hallecrets, Selles, 
Souliers, etc. 

Erasme. — 5. 523, 742, 

Eregli, — 274, 

Erlau. — 104, 566, 567, 742, — Voir 
Agria. 

Venise, — 1540-1542. 



Ermite. — Voir Martinozzi. 

Ernest 1, duc de Brunswick-Lune - 
bourg. — Voir Rruwwick-Luncbourg . 

Errault (François), seigneur de Che- 
main, président du parlement de Pié- 
mont. — 750. 

Escalier des Géants à Venise. — 229. 

EscALiN DES Aymars (Antoine), baron 
de la Garde, dit le capitaine Polin, am- 
bassadeur de France auprès de la Porte 
ottomane, — Voir Polin. 

EsGHARLis (abbaye des). — Voir Ec/iar- 
lis. 

Esclaves chrétiens en Levant. — 447, 
619, 739. — Esclaves musulmans, pri- 
sonniers de Doria, 497. — Voir Captifs. 

ESCLAVOXIK. — 122. 

EscoT (le marquis d'). — Voir Arschot. 

EscoTs. — 556. 

EscoRiAL (bibliothèque de 1'). — 38, 

Esope. — 523. 

Espagne. — Voir passim. — Rois, voir 
Charles-Quint, Ferdinand V, Philippe II, 
etc. — Ambassadeurs d'Espagne en 
France, à Rome et à Venise; de France 
en Espagne, voir Ambassadeurs. — Consul 
d'E^^pagne à Venise, voir Cernizza {Mar- 
tin de). 

Espions. — 52, 260, 333, 353, 534, 675, 
692. — ■ Voir Frasse, Magdelaine. 

Espagnolet ou Espaignolet (le capi- 
taine). — Voir Spar/noletto. 

Espous (hôtel d'), à Montpellier. — ■ 

XXIV. 

EsPROGH. — Voir Innsbriick. 

EsQUERDEs (le maréchal d') , ambassa- 
deur à Venise. — xx. 

EsQuiRON (Jean), chancelier de l'uni- 
versité de .Montpellier. — xxxi. 

(ilssEX (le comle d'). — Voir Cromwell 
{Thomas). 

Este (maison d'). — xviii. 

Este (All'onso 1 d'), duc de Ferrare. 

— VIII, 10, 17. 148, 596. 

Este (Alfonso 11 d'), duc de Ferrare, 
fils aine d'Eicole II, petit-fils du précé- 
dent. — 316, 522, 523. 

Este (Anna d'j, fille ainée d'Ercole II. 

— 522. 523. 

Este (Ercole 11 d'), duc de Ferrare, 
fils d'Alfonso 1. — XVIII, xxxiv, lxiii, 
67, 83, 88, 110, 148, 156, 183, 192, 231, 
231, 264, 2S2, 334, 401, 406 à 409, 411, 
417, 418, 432, 453, 483, 484, 513, 517, 524, 
596. 

Este (Francesco d'), marquis de Massa, 
capitaine général de la cavalerie impé- 
riale, frère du précédent, — 408, 411, 
483. 

Este (Ippolito d'), cardinal, frère des 
précédents, dit le cardinal de Ferrare. 

— xvui, Lxiu, 17, 119, 134, 147, 148, 
167, 192, 198, 210, 226, 238, 246, 357, 651, 
744, 745. 

Este (Isabella d'), mariée àGian-Fran- 
cesco II di Gonzaga, marquis de Man- 
toue. — 26. 

Este (Leonora d'), troisième fille 
d'Ercole II. — 522, 523. 

49 



770 



TABLE ANALYTIQUE 



Este (Lucrezia d'), deuxième fille d'Er- 
cole II. — 5-22, 523. 
Este (Luigi d'), second fils d'Ercole If. 

— b2:{. 

Este (Renaud d'), cardinal, évoque de 
MoiUpellicr, dit le cardinal d'Esté. — 
72(5. 

ËsTiENNE (Henri), imprimeur et huma- 
niste. — I.XXII, I.XXIII. 

EsTissxG (Geollroy d"), évoque de 
Maillezais. — 28. 

EsTon.LE (Pierre de 1'). — 747. 

ESTitADlOVS. — 8fi. 

EszEK. — XIV, 122, o67. 

EszEK (Jean d'),évêquedeCinq-Eglises. 

— 104, 113. 
Etain. — 141. 

Etats de l'Eglise. — 67, 217, 628. 
Etats de LaxNguedoc. — xxviii à xxx, 

XXXVIt, XXXVIII, XLI, XLII, XLIV, XLVII, 
XLIX, L. 

Etienne (l'enfant-roi). — Voir Jean- 
Siqisinond ZapoU/a. 

Etienne 1 (saint) le Grand, roi de 
Hon,'rie. — 122, 160. 

Etienne IV le Grand, prince de Mol- 
davie. — S. 

Etienne VI, prince de Moldavie. — 8, 
233. 

Etoffes précieuses. — xv, 432. 

Eubke. — Voir Nègrepont. 

Euclide. — 523. 

Eunuques. — Voir Suleyman-Pacha. 

Euripe. — 202. 

euhipide. — 740. 

Eustathe. — 175. 

EvissA. — Voir Ivira. 

Evreux. — 124. 

ExiLLES. — 661, 663. 

EzijK. — Voir Eszek. 



Fabius de Ravenne. — 31. 

Fabrègr. — LX. 

Fabri (frère Jean), franciscain, évêque 
in partions d'Auria. — 171. 

Faënza. — 198. 

Falgvirolle (Edmond). — xxxviii. 

Falgaikolles (Grégoire), prêtre. — 
Lvm. 

Fan. — Voir Fano. 

Fano. — 67, 85. 

Faraon (le marquis Bernardo). — 250, 
253. 

Farel (Claude et Guillaume). — xxx. 

Fargks (Jean de), lyonnais, captif en 
Levant. — 36, 101, 125, 155. 

Fahges (Jean de), maitre carrier à 
Lyon. — 125. 

Farinks. — 535, 543, 579, 690. 

Faknese (famille). — 159, 593, 633. 

Farnese (Alessandro). — Wo'iv Paul III. 

Farnesk (Alessandro), cardinal, fils 
aîné de Pielro-Alovsio Farnese, et petit- 
fils de Paul 111.— ■114, 408,411. 

Farnkse (Alessandro), évêque de Viseu, 
neveu de Paul 111. — 4S5. 

Farnese (Angelo), frère de Paul III. — 
67. 



Faknese (Costanza), fille du précédent, 
mariée à Guido Sl'orza. — 67. 

Faunesë (Costanza), fille de Paul III, 
mariée à Bosio Sl'orza. — 133, 419. 

Faknese (Orazio), fils naturel de Pietro- 
Aloysio Earnese. — 439. 

Farnese (Ottavio), duc de Camerino, 
second fils de Pielro-Alovsio Farnese. 

— 9, 139, 167, I81;, 1S8, 241, 419, 420, 
432, 4't7, 453, 637, 749. 

Farnese (Pietro-Aloysio), gonfalonnier 
de l'Église et duc tle Castro, de Parme 
et de l'iaisance. fils naturel de Paul III. 

— 9, 18, 47, 18B, 2:56, 408, 491. 
Farnese (Vittoria), fille du précédent, 

sec mde femme de Guid'UbaIdo II délia 
Rovere, duc d'IJrbin. — 44, 47, 74, 75, 86, 
101, 198, 'i91, 632. 

Farnese (le cardinal). — Voir Farnese 
(Alessandro). 

Farneto. — 159. 

Fascines — 676. 

Fassuolo (palais de), à Gênes. — 557. 

Faucon (François de), évoque de Car- 
cassonne. — xm. 

Faucons. — 170, 197. 

Faucons, fauconneaux, sortes de 
canons. — 535, 536, 564, 621. 

Fauconniers du roi. — 170. — Albanais 
au service de la cour de France. 219. — 
Fauconnier de Suleyman, voir Suleyman. 

Faucher (Denis), prieur de Lérins. — 
lu, lui. 

Fayance. — Voir Facnza. 

FiCA.MP (A.). — Lxxiii. 

FeCIITER. — XL. 

Fedeli (Vincenzo), résident de Venise 
à Milan. — 7, 25, .39, 42, 52, 105, 111, 
114, 122, 197, 209,230, 232, 241,231, 253, 
255, 264, 275, 280, 316, 333, 368, 420, 
454. 471, 477, 519, 580. 

Fedeli (N.^i, agent vénitien à Gênes, 
neveu du précédent. — 477. 

Fédérich (le seigneur). — Voir Fre'- 
déric III le Sarjc. 

Felipe frini'ant don), depuis Phi- 
lippe II d'Espag.e. — 47, 241, 248, 689, 
740. 

Fels (Léonard), généralissime de 
l'année de Ferdinand. — 168, 652. 

Feltre. — Voir Fellri. 

Feltri (l'évêque de). — Voir Campeggi 
{Tommaso). 

Felx ou Felz (Léonard). — Voir Fels. 

Fenouillet (Pierre de), évêque de 
Montpellier. — lx. 

Ferdinand V le Catholique, roi d'Es- 
pagne. — vin. 

Ferdinani) I, roi de Naples. — 245. 

Ferdinand, roi des Romains, frère de 
Charles-Quint. — Voir passim. 

Ferdinand, comte de Tyrol, fils du 
précèdent. — 113, 125. 

Fère (la). — 283, 741. 

FisRENTILLA. — 240. 

Fermes générales. — 729. 
Fer>io. — 67, 633. 

Ferrake. — xviii, XXXIV, 6, 10, 19, 
20, 67, 76, 83, 89, 109, 148, 151, 156, 165, 



TABLE ANALYTIQUE 



771 



198, 264, 270, 28!, 282, 367, 395, 406, 408, 
409, 411, 418, 432, 472,479, 4S3, 504, 512, 
523, 52S, 5:JI, 535, 539, 543, 563, 612, 680. 

— Université, 522. 

Ferrvrë (le cardinal de). — Voir Este 
{IppoUio d'). 

Ferhark (ducs de). — Voir Este 
{Al/'onso I, Alfonso II, Ercole II d'). 

Feurare (Renée de France, duchesse 
de), mariée à Ercole II d'Iiste. — xviii, 
XXXIV, Lxiii, 62, 183, 192, 200, 208, 249, 
283, 334, 407, 418, 479, 480, 522 à 524, 
531, 601. 

Fehrier (Philibert), évêque d'ivrée, 
légat apostolique en France. — 471. 

Fh,RRiKnK-PEHCY (comtc HectoF de la). 

— 74, 742, 745. 748. 
Fers a cheval. — 371. 
Feurs. — 124. 
Fkysin. — 360. 

FicK (Edouard). — xl. 

Fidel, Fidèle ou Fidelle (le secrétaire). 

— Voir Fedeli (Vincenzo). 

FiESCHi (famille), de Gênes. — 659. 

FiKscHi (Gian-Lodovico, comte), ou 
Fiesco, genlilhomme génois. — 39, 659. 

Fnscni (Scipione). — 240. 

Fièvres. — 40, 42, 136, 458, 562, 635, 
651, 653, 655, 656, 658. — Fièvres quartes, 
158, 656, 658; — tierces, 635, 650. 

FiGUEROA (Gomez Suarez de), ambas- 
sadeur de Charles-Quint à Gênes. — 
637, 640. 

Fils d'or et de soie. — 61. 

FiLippo, agent italien suivant l'armée 
de Kheïr-ed-Uin Barberousse. — 152. 

FiLONARDi (Ennio), évêque de Veroli, 
cardinal. — 172, 179. 

FiNOT (Jules). — 747, 749, 750. 

Firz-WiLi.iAM (^William), lord du sceau 
privé. — 19. 

FizES (Simon de), procureur de l'évè- 
ché de Monlpellier. — 718. 

Flaba.mco (Uomenico), doge de Venise. 

— 22. 

Flammermont (Jules). — 426. 

Flandre française. — 300. 

Flandres espagnoles. — xvi, 20, 76, 
132, 136, 146, 159, 163, 164, 167, 188, 245, 
327, 330 à 332, 335, 371, 393, 4i2, 486, 
552, 568, 586, 620, 633, 634. 

Flèche (la). — 46. 

Flusque (le comte de). — Voir Fieschi. 

Fledks exotiques. — 28. — Fleurs de 
lys de France, 4, 253, 424, 500. 

Fleurancë. — Voir Florence. 

Fleukanges (Robert III de la Mark, 
seigneur de). — xii. 

Fleury (André-Hercule, cardinal de), 
ministre d'Etat. — 727, 732, 735. 

Fleury (M. de), premier intendant de 
l'hApilal de Mo itpellier. — 730, 732. 

Florence. — xvni, xx, 7, 34, 48, 62, 67, 
76, 85. 86, 177, 180, 184 à 189, 198, 232, 
266, 316, 345, 432, 494, 622, 623, 633,635, 
637, 719, 742, 745. 748. — Banques, 494, 
511. — Bibliothèque des Médicis, 57, 5'^, 
176. — Florentins établis en Levant, 
voir Charli, Sommaja, etc.; à Lyon, 61; 



voir Bini, Bernardini, Charles ou Cfiarli, 
Strozzi, etc. — Capitaines et soudards 
florentins an service de la France, 599. 

— Duc de Florence, \o\r Medich- (Cosinio 
dei). 

Florence (Ambroise de), ambassideur 
à Venise. — 487. — Son Bis établi à 
Milan, 487. 

Flux de ventre. — Voir Dyssenterie. 

fobie-rueglio. — 663. 

Fogaras. — 71, 103, 104. 

FoiRE du Lendit, à Paris. — 20. — 
Foires de Genève, xx. — Foires de 
Lyon, XX. — Conservateurs des foires 
de Lyon, 360; voir Chapponay {Jean et 
Nicolas de). — Foires d'Italie, 081. — 
Foire des Trois-Rois, à Venise, 206. 

Foix (comté de). — 48. 

Foix (Catherine de), reine de Navarre. 

— Voir Catherine. 

Foix (Françoise de), sœur d'Odet de 
Foix, mariée à M. de Chàteaubriant. — 
267. 

Foix (Gaston II de), vicomte de Nar- 
bonne. — 19. 

Foix (Henri de). — Voir Lautrec. 

Foix (Odet de), seigneur de Lautrec. 

— Voir Lautrec. 

FoLARD (Jean-Charles, chevalier de). 

— 7iO. 

FoLARD (Jérôme de), père du précé- 
dent. — 721. 

FoLARD (Nicolas-Joseph, abbé de), fils 
du précédent. — xxiii, xxvi, xxxv, 
xxxvii, xxxix, Li, Liv, 710. — Vie de Pel- 
licier, 710 à 721. 

FoND\co des Allemands, à Venise. — 
229. 307, 323, 393, 423; — des Turcs, 229. 

Fondeurs de bronze. — • 60. 

FoNDiGUE ou Fondique. — Voir Fon- 
daco. 

FoNDULO (Carlo), lieutenant dans les 
bandes italiennes au service de la 
France. — 14. 

FoNDULO (Girolamo), humaniste. — 
xxxiu, 14, 17, 56, 78, 79, 740. 

FoNDULO (Lodovico), enseigne dans les 
bandes italiennes au service de la 
France. — 14. 

FiiNDULUS. — Voir Fondulo [Girolamo). 

Font (la). — 445. 

Fontaine (Jean), humaniste. — 705. 

Fontainebleau. — xv, xxiv, xxxvi. 
11 à 13, 19, 65, 75. 101, 102, 122, 147, 
158, 159, 174, 208, 220, 307, 374, 378,400, 
425, 439, 447, 456, 481, 492, 496, 727, 
728, 741, 745, 747, 750. — Bibliothèque 
royale, xxxii, 13, 14, 117, 540. 

Fontana (Bartolommeo). — xxxiv, 62, 
19-', 522. 

Fontanetto. — 663. 

Fontenay. — Voir Fontanetto. 

FoNTFROiDE (abbayc de). — 439, 744, 
745. 

FoHANO (le prince de), à Rome. — 748. 

Forest (Jean de la), abbé de Saint- 
Pierre le Vif, ambassadeur auprès de 
la Porte ottomane. — xi à xiv, 3, 107. 
108. 



772 



TABLE ANALYTIQUE 



FoREST (Jean de la), seigneur de 
Grissé. — Voir Grissé. 

FoREST-MoNTiiiK (abbayc de). — 2a. 

FoiiEZ. — 12i, G8C. 

Forges (M. de). — Voir Monestnj. 

FoRLi. — 50 i. 

FoRMiGUET, munilionnaire français en 
Italie. — Lxui, GO, 237, 270, 3G1, 373, 
390, 391, 395, 3%. 495, 511. 

FoRMY (Claude), ministre réformé. — 

XLH. 

FoRNACi. — 525. 

FoitNAiSES (les). — Voir Fournaises. 

Fort l'Évèqce (prison du), à Paris. — 
393. 

FoitTuncATioNS. — 248, 332, 52G, 550, 
588, 5S9, 593, 598. 

FoRUSsis ou Forussiz, exilés politiques 
des villes italiennes. — 140, 022. — Voir 
Fuoriiscili. 

FoscARiNi (Marco), sénateur de Venise. 

— 610. 

FoscARiNi (Sebasliano), membre du 
conseil des Dix, inquisiteur des secrets. 

— 478, 616. 

FossAN. — Voir Fossano. 

FossANO. — 003, 096. 

FossEux (Claude de Montmorency, sei- 
gneur de). — 645. 

FossczE (M. de). — Voir Fosseux. 

FoL'CARAS. — Voir Fogaras. 

FoucRES (les). — Voir Fugger. 

FouR.XAisES (les). — 525, 531, 543. 

Foup.QUEVAUx (Uaymond de Rouer, 
baron de), lieutenant du vicomte de 
Joyeuse, en Languedoc. — xi,vni. 

Foi;rrages. — 535, 691. 

FoLi'.RiEKS ordinaires du roi. — Voir 
Connet, dit la Roche {Jean). 

FOURVIÉRES. — Gl. 

FouzoBON (Nicolas, comte), gentil- 
homme hongrois. — 72, 742. 
FoviE. — Voir Fobie-Riieglio. 
Francapan ou Francapaae (maison de). 

— Voir Frangipani. 

Francesco (domp). — Voir Este [Fran- 
cesco cV). 

Francesco-Beltrame (le seigneur). — 
Voir Sachia. 

Francfort. — Diètes d'Empire, G30, 
749. 

Franche-Comté. — 188, 720, 739, 740. 

Fbancinatico. — 536. 

Franciscains. — 103, 155, 170, 171, 
744. — Voir Capucins, Frères mineurs, 
Minimes, Observantins, Récotlels, etc. 

François I, roi de France. — Voir 
passi)7i. 

François, fils aîné du précédent, dau- 
phin dé France. — xxiii, 61, 73, 193, 508. 

Franc-salé. — 729 à 732. 

Frangepai.n (maison). — Voir Frangi- 
pani. 

Frangipani (maison). — 103, 567. 

Frangipani (Christophe, comte), gentil- 
homme hongrois au service de la 
France. — ix. 

Frangipani (frère François), francis- 
cain, évêque d'Agria {Erlau), archevêque 



de Colocza (Bacs). — 72, 103, 104, 160, 
183, 567. 

Frangipani (Jean-François, comte), 
ambassadeur auprès de la Por.te otto- 
mane. — v, X. 

Fhascati. — 94, 482. 

Frasse (Claude), espion au service 
des Impériaux. — 673, 677. 

Fratta (la). — 033. 

Frédéric IV, empereur d'Occident. — 
164. 

FnÉDKRic T, roi de Danemark. — 481. 

Fkihéric III le Sage, comte et électeur 
palatin. — Voir Palatin. 

Frégates. — 150, 579. 

Fregosa (famille), de Gênes. — xxxv, 
xxxvi, 308, 016, 744, 745. 

Freoosa (Costanza Rangona), mariée à 
Cesare Fregoso. — lxiii, 1'i2, 347, 349, 
330, 350, 307, 394, 437 à 439, 442, 461, 616. 

Frégose (le cardinal). — Voir Fregoso 
(Federigo). 

Fregoso (.\gostino), père du précédent. 

— 377. 

Fregoso (Alessandro I), frère de Cesare 
Fregoso, général de la cavalerie véni- 
tienne. — 24, 610, 624. 

Fregoso (Alessandro II), abbé de Font- 
froide. — 745. 

Fregoso (Annibale), second fils de 
Cesare Fregoso. — 439. 

Fregoso (Cesare I), capitaine génois 
au service de la France. — xvii, xix, 
lxiii, lxx, 24, 54, 107, 122, 125, 142, 
1.52, 199. 200, 212, 213, 216, 219 à 224, 
220, 227, 233, 230, 238, 249, 231, 254, 
200, 271, 278 à 280, 283, 290, 302, 317, 
337, 343 à 351, 353 à 357, 359, 361, 364, 
306 à 370, 373. 378 à 380, 384, 385, 393, 
394, 400, 401, 403 à 403, 414, 429, 433, 
434, 437 à 441, 466, 471, 490, 499, 500, 
503, 308, 529> 548, 550, 558, 572, 573, 586, 
616, 623, 624, 744, 745. 

Fregoso (Cesare II), fils aîné du pré- 
cédent. — 439. 

Fregoso (Domenico), chanoine de 
Vérone, abbé de Fontfroide. — 743. 

Fregoso (Ercole), frère d'Alessandro 
et de Cesare Fregoso, capitaine génois 
au service de Venise. — 24, 616, é24. 

Fregoso (Federigo), fils d'Agostino et 
oncle de Cesare Fregoso, cardinal, évêque 
de Gubbio. — 377. 

Fregoso (Galeazzo), troisième fils de 
Cesare Fregoso. — 439. 

Fregoso (Giano I), père d'Alessandro, 
Cesare et Ercole Fregoso, doge de Gènes, 
exilé et retiré à Venise. — 24. 

Fregoso (Giano II), quatrième fils de 
Cesare Fregoso, abbé de Fontfroide. — 
439, 745. 

Fregoso (Janus). — Voir Fregoso 
{Giano 1). 

Fregoso (Ottaviano I), frère de Fede- 
rigo et oncle de Cesare Fregoso, doge 
de Gènes. — 377. 

Fregoso (Ottaviano II), gouverneur de 
Gênes et résident à la cour de France. 

— 741. 



TABLE ANALYTIQUE 



773 



Fregoso (Pietro), seigneur de Nove. 

— 61'+. 

Fbéguze (Cézar). — Voir Fregoso 
{César e 1). 
Frkres mineurs de l'étroite observance. 

— 44. — Voir Obfervantins. 
Fbibourg. — 410. 

Friol. — Voir Frioul. 

Frioul. — XX, 45, 84, 239, 511, 512, 
524, 5i7, 349. — Carte du Frioul, 505. 

Froidmont (abbaye de). — 394. 

Fromages. — 53o. 

Fromext. — 535. 

Fronïignax. — lA'i, Lvii, 718, 719. 

Frotté (Jean de), contrôleur général 
desfinances du duché d'Alençon. — 740, 
748. 

Fucus ou Fusch, humaniste et mé- 
decin. — 7i7. 

FuGGER (famille), d'Augsbourg. — 92, 
206. 209, -i2. 

Flgger (Christophe), banquier d'Augs- 
bourg. — 92. 

FuisT (le seigneur). — 532. — Voir 
Fuchs. 

Fumée (Louis), conseiller au parlement 
de Paris. — 730. 

FÛNF-KincHEX. — Voir Cinq-Églises. 

FuoiiusciTi. — xvni, 633. 

FiJRSTENBERG (Guillaume, comte de). — 
481, 510. 

FusTES barbarcsques. — 76, 130, 131, 
136, 161, 162, 168. 179, 195, 44S, 470; — 
espagnoles, 70, 579; — ottomanes, 234, 
235, 239, 230, 311, 342, 343, 631 ; — véni- 
tiennes, 213, 215. 



Gabaro (le cardinal de). — Voir Gam- 
bara {i'berlo). 

Gabelles. — 138, 729, 749. — Voir 
Sel. 

Gabès. — 149, 161. 

Gabions. — 676. 

Gabrielli (Angelo), humaniste. — 347. 

Gaciiard (L.-Pr.). — 749. 

Gaddi (Nicolas de), cardinal, évoque 
de Fermo et de Sarlat. — 171, 635. 

Gadès. — Voir Cadix. 

Gady (le Révérendissime). — Voir 
Gaddi. 

Gaëte. — • 188. 

Galatie. — 176. 

Galbasses de France. — 308, 318, 342, 
343. 

Galeotto (Giacomo), ambassadeur à 
VcnisG. XX. 

Galères. — ' 76, 308, 499, 512, 609. — 
Galères barbarcsques, 130, 309, 340, 537, 
739; — de l'Eglise, 175, 201, 212, 312, 
578; — espagnoles, 130, 161, 186, 212, 
239, 251, 337, 344, 447, 459, 470, 474, 475, 
477, 488, 491, 557, 568, 578, 680, 739; — 
de France, xui, 10, 137, 180, 290, 316, 342, 
345, 374, 400,538, 387, 619.— Capitaines- 
généraux des galères, voir Doria, Polin, 
Sirozzi. — Galères de Gènes, 112, 130, 
161, 250, 275, 497, 538, 648; — de Malte, 
161, 578; — ottomanes, 25, 202, 234, 233, 



230, 251, 260, 262, 263, 274, 285, 290, 298, 
300, 309, 311, 339, 340, 359, 363, 421, 448, 
459, 460, 470, 477, 480. 519, 537, 336, 571 ; 

— de Venise, 161, 168, 212, 287, 376, 
381, ;'>82, 386, 394, 397, 398, 417, 431, 507, 
545, 560, 632. 

Galères (châtiment des). — 600. 

Galieoo (Jean). — Voir Gallego (Juan). 

Galien. — 127, 748. 

Galions. — 424. — Galions de Gènes, 
112, 537; — de France, 587. 

Galiotes. — 609. — Galioles barbarcs- 
ques, 130. 309, 739; — espagnoles, 610; 

— ottomanes, 250, 330. 
Gallatia. — Voir Galatie. 

Gallego (Juan), envoyé de Charles- 
Quint auprès de la Porte ottomane. — 
631, 648. 

Gallkottes. — Voir Galiotes. 

Gallerotes. — 609. 

Gallicano. — 491. 

Gallien. — Voir Gnlien. 

Gali.ioxs. — Voir Galions. 

Gallipoli. — 298, 309, 470. 

Galpano. — Voir Valpo. 

Gama (Vasco da). — 485. 

Gambara (Giovanni-Francesco), comte 
de Pratalbino. — 593. 

Gambara (Uberto), fils du précédent, 
cardinal, légat de Parme. — 593 à 593, 
611, 673. 

Cambre (le cardinal de). — Voir Gam- 
bara. 

Gams (P.-B,). — 199, 260, 281, 718. 

Gand. — XVI, 10, 17, 23, 132, 238, 486, 
633, 634, 632, 749. — Abbaye de Saint- 
Bavon, 654. — Citadelle, 650, 651, 634. 

— Eglise Saint-Jean, 654. — Fortifica- 
tions, 034. 

Gap. — C77. 

Garda ou Garde. — 356. — Château, 
216. 

Garde (lac de). —211, 216, 356, 384. 

Garde (baronnie de la). — 374, 375, 
739. — Voir Dois-Hif/ault, Polin. 

Gardes de la Bibliothèque royale. — 
733. — Voir Sallier. — Gardes du Dépôt 
des Affaires étrangères, voir Le Dran, 
Ville [de la). 

Gardimer (Etienne), évêque de Win- 
chester, ambassadeur d'Angleterre en 
France. — 33. 

Gariel (Pierre), chanoine de Montpel- 
lier. — xxiu, xxiv, xxvir, xlii, xliii, liv, 
lxu, 713, 718 à 720. 

Garnier (Maritonne), mariée à Milan 
Pellicier, et mère de G. Pellicier le Jeune. 

— xxn. 

Garonne (la). — 699. 

Garrigue. — 89. 

Garrigue (le prieur de), familier de 
Pellicier. — 89, 110, 165, 185, 201, 215, 
220, 224, 238. 

Gaiîum. — 28. 

Gascons. — 75. 

Gasne (René), neveu de Pellicier. — 
LU, 703 à 710. 

Gasolde. — Voir Gazzoldo. 

Gasse. — Voir Gassino. 



774 



TABLE ANALYTIQUE 



Gassino. — 690. 

Gastadours. — 337, 459, o92, 595, 671, 

744. — Voir Pionniers, Sapeurs. 
Gaudex/ (Jean), baron de Madriizzo. 

— Voir Madruzzo. 

GAroÈiE (Pierre de), gouverneur de 
Montpellier. — 746. 

Gadfuès (M.-.I.). — 705, 707, 744. 
Gaule. — 127. 176. 
Gai'ïiiieu (.Jules). — 739, 7'i9. 
Galitiuf.z (Pierre). — 2()9, 275. 
Gavaulpam (.Milon), prieur de Saint- 

JuSl. — LUI. 

Gayazzo. — Voir Somaglia [Gavazzi 
de lia). 

Gavi. — 686. 

Gazzaldo. — 62S. 

Gendarmes. — 86, 16R, 243, 381, 534, 
557, 587, 660, 662, 664, 669, 679, 6S8. 

Gkinébaux des f,'alères de Frarce. — 
Voir Dnria, Folin, Strozii. — Général 
des Observanlins, voir Litnello. 

GeNÈVK. — XXX, XXXIV, XLl, XLII, XLIII, 

XLvn. — Foires, xx. — Université, 705. 
Génes. — VI à vin, xii, 24 à 27, 33, 
35, 30, 52, 62, 73, 75, 143, 180, 186, 189, 
239. 241, 246, 253, 264, 270, 275, 290, 308, 
354, 371, 377, 382, 384, 405, 420, 424, 426, 
431, 439, 449, 454, 455, 471, 474 à 477, 
480, 48S, 490, 493, 407, 512, 519, 529, 537. 
538, 548, 555, 557, 568. 619, 637, 6.j9, 661, 
664, 672 à 674, 680, 686, 687, 739 à 741, 

745. — Doges, voir Caltaneo, Doria, Fre- 
goso, etc. — Banques génoises, 741, 745. 

— Génois élablis à Lyon, 61. — Ambas- 
sadeurs d Espagne à Gênes, voir Ambas- 
sadeurs . — Résidents de Gênes en 
France, voir liésidents. 

Génes (la Rivière de). — Voir Biviera. 

Genevois ou Genevoys. — Voir Gênrs. 

Gennaio 011 Gennaro. — Voir Janvier. 

Gennes, Gennevois ou Gennevoys. — 
Voir Gi^nes. 

Gen'.mssaires. — Voir Janissaires. 

Gemil (Pierro). — \oiv Genlile (Pielrd). 

Gentile (Pielro). — Voir Camerino, 
Ces.10. 

Georges (fête de saint). — 447, 454. 

Georges (l'rère). — Voir Martinozzi. 

Georges d'Autriche, arclievêque de Va- 
lence. — Voir Autrichf (Georges d'). 

Géorgians. — Voir Géorgie. 

Géorgie. — 128, 150, 250', 261, 276, 340. 

Gérando (M. de). — 71. 

Gergely (Samuel). — lxxiii. 

Gerharut (mont). — 412. 

Germain (Albert). — xxvi, xxxi, xli. 

Gkrjiamco (le seigneur), agent stcret 
de la France en Allemagne. — 247, 278, 
279, 3(i6, 357, 370, 512, 547. — Voir Ami 
d'Allemagne (l'}. 

Gkr.molle^-lès-Chalon. — 3, 220, 439. 

Germolles (M. de). — Vt-ir Kincon 
(Antonio del). 

Ges.ner (Conrad). — 720. 

Gevannerd (Hermand). — Voir Gevan- 
nert. 

Gevannert (Hermann). capitaine de 
Marano. — 518. 



Gévaudan. — 407. 

Gex. — 466. 

Gezzo (le). — 665. 

Ghiara d'Adda. — 7, 27, 38, 662, 663. 

GuiMËRi (Giovanni-Krancesco), ;imbas- 
siideur d'Uibin en France. — 513, 565. 

Giammagno tOrsato di), négociant de 
Venise. — 62. 

Gian-Baïtista (le capitaine), courrier. 
— 592. — Voir San-Pirlro. 

GiRALTAR. — Voir Gibraltar. 

GlliUALTAR. — 130, 131. 

Gilles (Pierre), voyageur et natura- 
liste. — 179. 

Gillius (.m.). — Voir Gilles (Pierre). 

Gingembre veut. — 237. 

GiORGiONE (Giorgio Barbarelli, dit le), 



peintre vénitien. 
Giovio (Paolo) 

GlKRADADE (la). 
GlJEAN. — LVI. 
GlI.ARATTE (la). 
GiLIBERTI (le 



— 229. 
■ ISS, 719. 
Voir Ghiara d'Adda. 



— Voir Girolala. 
commandeur), grand 
chambellan de Marguerite d'Autriche. 
— 638. 

Girard de Rialle (J.). — lxxiii. 

GiROLATA. — 739. 

GiUMA OU Giunti (famille). — Voir 
Junta. 

GiusTi DELLA CoLLE (Bemardo), secré- 
taire de Luigi Capponi. — 516. 

GiusTiMAM (N.). baile vénitien à Cons- 
lanlinople. — 309 à 311, 318. 

GusTiMANi (Marino), ambassadeur de 
Venise auprès de Ferdinand et de Char- 
les-Quint. — 38, 84, 87, 138, 421, 422, 449, 
453. 

GiusTiNiANi (Paolo), gentilhomme véni- 
tien. — 186, 211, 217, 220. 

GiusTiNiANi (Sebastiano), père de .Ma- 
rino, ambassadeur de Venise en Angle- 
terre. — 449. 

Glaces de Murano. — 521. 

Glatigny. — 15, 259. 

Gliev. — 452. 

Glik (le comte), ambassadeur de Dane- 
mark en France. — 481. 

Gnesen. — 34. 

GoAST (le marquis du). — Voir Vasto 
(del). 

GoGRAFF (Jean), conseiller intime, 
chancelier du duché de Clèves, ambas- 
sadeur de Clèves en France. — 33,47. 

GoxDY (Jean-Baptiste), florentin, maître 
d'hôtel de Catherine de iMcdicis. — 267. 

GoNZAGA (Aloysio di), beau-lrère de 
Cesare Fregoso. — 24, 54, 347, 349, 461, 
598. 

GoNZAGA (Camilla di), mariée à Pielro- 
Maria Rosso, comte de San-Secondo. — 
197. 

GoNZAGA (Carlo di), capitaine italien au 
service de Charles-Quint. — 450. 

GoNZAGA (Eleonora di), mariée à Fran- 
cesco-Maria 1 délia Rovere, duc d'Urbin. 
— 9. 

Go>ZAGA (Ercole di), évêque de Man- 
toue, cardinal. — 8, 23, 24, 33, 53, 88, 
187, 231, 252, 237, 259, 454, 598. 



TABLE ANALYTIQUE 



GoNZAGA (Federigo II di), frère du pré- 
cédent, premier duc de Manloue. — 8. 
16 à 18, 2:!, 33, 181, 491, 509. 

GoNZAOA (Federigo di), seigneur de 
Bozzolo. — 9. 

Go.NZAC.A (Ferdinando II di), fils de 
Gian-Francesco II di Gonzaga. vice-roi 
de Sicile. — 26, 32, 150, 181, 210, 212, 
217, 433, 447, 739. 

Gonzaga (Francesco III di), fils aîné de 
Federigo II, second duc de iManloue. — 
8,23, 115, 125,187,245,251, 252. 259, 49^, 

Gonzaga (Francesco di), dit El Cagnino, 
fils de Lodovico di Gonzaga, seigneur 
de Bozzolo. — 9, 67, 628. 

Gonzaga (Gian-Francesco II di), mar- 
quis de Manloue. — VllI, 26. 

Gonzaga (Giovanni di). — 197, 

Gonzaga (le comte Giulio-Cesare di), 
capitaine des bandes italiennes au ser- 
vice de la France. — 14, 242, 4isî). 

Gonzaga (Ippolita di), fille de Lodovico 
di Gi'nzaga de Hozzolo, mariée à Ga- 
leotto II Pico, comte de la Alirandole. 

— Lxm, 251, 254, i'57. 265. 287, 308. 
Gonzaga (Ippolito di), capitaine italien 

au service de la France. — lxiii, 123, 
516, 520, 532, 533, 575 à 579, 583, 589, 
.590, 612, 628. 

Gonzaga (I>abella dil, fille de Federigo 
di Gonzaga, duc de .Mantoue, mariée à 
France>cu-Ferdinando de Avalos. — 491. 

Gonzaga (Lodovico di), seigneur de 
Bozzolo, frère de Federigo di Gonzaga 
de Bozzolo. — 32, 257. 

(jonzaga (Lodovico di), gentilhomme 
italien au service de Charles-Quint, 
oncle de liodolfo. — 535, 558, 612. 

Gonzaga (Pietro di), seigneur de Boz- 
zolo. fils de Francesco El Cagnino. — 
9, 10. 

Gonzaga (le comte Bodoifo di), sei- 
gneur de Luzz.ira, capitaine italien au 
service de la France. — 471, 558, 559, 
561, 578, 588, 592, 593, 595, 596, 604, 611. 

GoNZAGUE (maison de). — xvui. 

GoNZAGUKS (Alioysy ou Aloysy de). — 
Voir Gonzaga (Aloysio di). 

GoNZAGUES (domp Ferrando de). — 
Voir Gonzaga {Ferdinando II di). 

GoNZAGUts (le seigneur Loys de). — 
434, 558, 612. — Voir Gonzaga (Lodovico 
di). — 598. — Voir Gonzaga (Alogsio di). 

GoRGE-Nomiî, courrier. — 98, 304. 

GoRiTiA. — Voir Goritz. 

GoBiTZ. — P4, 90, 91, 301, 436, 517, S97. 

— Gouverneur du comté, voir Tour 
(Nicolas de la). 

GouAST (le marquis du). — Voir Vaslo 
[del). 
GorFFiER (Claude), seigneur de Boisy. 

— Voir Boisy. 

Goi iFiER (Guillaume), seigneur de 
Bonnivet, maréchal de France. — Voir 
Bonnivet. 

Goii.ETTE(la). — 309, 631, 648. 

Goi iiDAN ou Gourdans. — 10, 740. 

Got TTE. — XXI, 43, 634, 641, 642. 

Gozzio (Serafino), de Raguse. — xii. | 



Gradi (Paulo ou Polo de). — Voir 
Gradis (Paolo de). 

Gradis (.Marco de). — 522. 

Gkadis (l'aolo de), banquier ragusaln 
établi à Constantinople. — 62, 180, 185. 

Gradiska de Bosnie. — 435. — Voir 
Berbir. 

Gradiska de Hongrie. — 435. — Voir 
Vieux-Gi'adiska . 

Gradi-ka d'Illyrie. — 84, 517. 

Gradisqi:e. — Voir Gradiska. 

Grado. — 549. 

Grains. — 28, 239, 253, 405, 424, 531, 
535, 579, 591, 600, 691, 739. — Voir Blés, 
Proment, Mélica, Millet, Seigle, Sorgho, 
etc. 

Ghajimont (H.-D. de). — 27, 135, 309, 
476 à 418, 483, 484. 

Gramont (maison de). — 284. 

Gra.mont ou Grammont (Gainicl de), 
évéque de Tarbes, cardinal, ambassa- 
deur de France auprès de Charles-Quint, 
à Venise et à Rome. — xxvi, 487, 613. 

Gran. — 122, 160, 567, 742. 

GitAN (la). — 122. 

Grana (la). — 26, 681. 

GuAND-AUMÔNiKn DU ROI. — Voir Hu- 
mières {Charles d'), Langeac {Jean de). 

Grand-Canal, à Venise. — 139, 229. 

Grand Conseil. — xxxix, lu. 

Grand-ëcuyer de Charles-Quint. — Voir 
Boussu. 

Grande-Grèce. — 28. 

Grandon (le). — b90. 

Grakd-^eignel'r (le) — Voir Sideyman I. 

Grandvei.le. — Voir Granvelle. 

Granges (les). — 215. 

Grantvelle (.M de). — Voir Granvelle. 

Granvelle (Nioolas Perrenot, seigneur 
de), chancelier de l'Empire. — 132, 230, 
299, 348, 349, 365, 401, 421, 432, 439, 440, 
466, 467, 471, 484, 519. 526. 537, 538, 551, 
607, 634, 637, 638, 645, 646, 549, 652 à 
654, 656. 

Granvelle (Antoine Perrenot de), fils 
du précédent, évéque d'Arras, pins lard 
cardinal et ministre de Charles-Quint. 

— 551. 

Grasse. — lu, lui, 745. 

Gravelines. — 740. 

Gravina (Ferdinando Orsini, duc de). 

— 526. 

Gravina (le capitaine), gentilhomme 
italien au service de la France. — 526, 
544. 

Gravine (le capitaine). — Voir Gra- 
vina. 

Grèce. — xiv, xvii, 56, 63. 260, 274, 
286. — Fauconniers grecs, 110. — Grecs 
élahlis à Constantinople voir Azamo, 
Murvwretli, etc. — Humanistes grecs, 
copistes de manuscrits, exilés de Cons- 
tantinople et réfugiés à Venise, 56, 79, 
173, 175, et passim. — Voir Eparchos, 
Zenos, etc. — Livres et manuscrits grecs, 
XXXI à xxxiii, 13 à 15. 27, 28, 54, 56 à 58, 
78. 79, 96,97, 117, M8, 121, 141. 155, 174 
à 177, 179, 237, 305, 482, 531, 340, 699 à 
704. — Grande-Grèce, voir ce mot. 



776 



TABLE ANALYTIQUE 



Grenade. — 38. 

Gur.NoiiLE (parlement de) — 61. 

GiuuNAN. — 686. 

GiuGNAN (Louis d'Adhémar de Monteil, 
seigneur de), ambassadeur à Rome, puis 
lieutenanl-goncrai en Provence et gou- 
verneur de .Marseille. — o"5, 680. 

Gkioko.n (Guillaume), ministre réformé. 

— XLVll, 

GiiiMAiN. — Voir (irimani. 

Grimai. i>i (lamille , de Gênes. — ISO. 

Ghuiai.ih (.\goslino), abbé de Lérins, 
puis évèquc de Giasse. — lii. 

Grimaldi (Federigo), de Gênes. — 180. 

Grimai-ih (Octavieuj, conseiller du roi, 
vice-président de ses comptes. — xxxm. 

Grimani (Antonio), doge de Venise. — 
58. 

Grimani (Domenico), fils du précédent, 
cardinal, patriarche d'Aquilée. — 58, 173. 

Grimani (Girolamo), ambassadeur de 
Venise à Rome. — 53. 

Gr.LMAisi (Marino), neveu de nomenico, 
cardinal, patrinrche d'.4quilée. — 175, 
314, 320, 51)7. 598, 002. 

GiuMANi (Vetlore) , ambassadeur de 
Venise en France. — 55. 

Grimani (Vincenzo), ambassadeur de 
Venise en France, procurateur de Saint- 
Marc. — 4, 6, 10, M, 16, 40 à i% C6, 69, 
375, 379, 389, 616,617, 

Grimany. — Voir Grimani. 

Grisons. — 214,220, 221, 265, 364, 381, 
409 à 411, 426, 49-!. 499, 510, 550, 559, 
568, 587,051. — Voir Liçjucs (/rises. 

Grissé (.lean de la Forest, seigneur de). 

— 672, 074, 075, 689. 

Grissey (M. de). — Voir Grissé. 

Gritti (Andréa), baile de Venise à 
Corfou. — 470. 

Gritti (Lorenzo), agent vénitien à 
Constanlinople. — xvi. 

Grogiset (Antoine), seigneur de Vassé. 

— Voir Vassé. 

Grop (Antoine). — 543. 

Grosi-Ot (Jacques), seigneur de Champ- 
baudoiu, bailli d'Orléans, puis garde des 
sceaux du duché d'Alençon. — lxiv, 
60, 61, 89, 408, 410, 553, 748. 

Grosloï (Jérôme), fils du précédent, 
. bailli d'Orléans. —61, 748. 

Gross-Wardein. — Voir Varad. 

Grosset de Vaussorte. — Voir Cazel 
de Vautorle. 

Grues (chasse aux). — Voir Chasse. 

Grutie (le comie de). — Voir Gorilz. 

Guadalquivir (le). • — 476. 

Gi'AND. — Voir Gand. 

Guasx (le marquis du). — Voir Yaslo 
[del). 

Gi'asta-Vii.lam (Francesca), mariée à 
Lorenzo Campeggi. — 219. 

GuASTAi.LA. — • 20, 5o8, 578. 

Gu.^xara. — loO. 

(jUhbio. — .'J77. 

Guerres. — 474. 

GuELiiRES. —33, 039, 041, 642. 

Gueldrks (Philippe de), seconde femme 
de René II de Lorraine. — 47. 



Pellicier. 

200. 



508, 538, 
— Voir 



Guelfes. — 566. 
guerreviele. — 101. 
GuKRiN (N.), tante de 

LVII. 

GuERZO (Hirolamo), courrier. 

(UiiciiE (Claude de la), cvèque d'Agde, 
ambassadeur en Portugal et a Rome. — 
48C, 496. 

Guicnic (Pierre de la), bailli de Lyon, 
ambassadeur en Angleterre. — 040. 

Guidons. — 502, 681. 

GuiKFREY (Georges). — 333, 
630, 669, 744. 

GuiGNiER (Jehan-Francisco) 
Ghinieri. 

GuiLiiAUMAT, administrateur de l'hô- 
pital de Montpellier. — 725. 

GuiLLAU.ME LE RiciiE, duc de Clèves. — 
Voir Cl()ves. 

Guillaume IV, duc de Bavière. — 
Voir Bavière. 

Guillaume (le comte). — Voir Fûrsien- 
herq. 

Guillaume l'horloger (maître). — Voir 
Reverdy {Guillaume). 

GuinÈs. — 248, 640. 

GuiRASCo. — Voir Chcrasco. 

GUIRAUD (M"» L.). — XXIV, XXV. 

Guise (duché de). — 47. 

Guise. (Claude de Lorraine, premier 
duc de). — XII, 47, 75. 

Guise (François de Lorraine, fils du 
précédent, comte d'Aumale, puis duc 
de). — Voir Aumale. 

GuRiciA (le comté de). — Voir Goritz. 

GusTALi.o (Gian-Batlista). — 491. 

GuvicNNK. — 414, 733. — Intendants, 
voir Iloscji/et. ■ — Lieutenants-généraux, 
voir Henri 11 d'Alhret. 

Guyenne, héraut d'armes de France. 
— 481. 



Haccneau ou Hacgu.cn o. — Voir lia- 
f/uenau. 

Hacqueruti'S. — 504. 

Haebi.kr (Conrad). — 742. 

Haesides (dynastie des). — 101, 658. 

Haguenau. — 35, 60, 75, 76. — Diète 
d'Empire, 20, 48, 630, 648. 

Haixaut. — 614, 642, 633. 

Halberstadt. — 285. 

Haldenstein. — 410. 

Hallecrets. — pâo, 336, 564, 039. 

Hallwin (Antoine de), seigneur de 
Piennes. — Voir Pienues. 

Ha.mbouhg. — 568. 

IlAMISE (1'). — 478. 

Ham.mamet. — 149, 16). 

Hammer (J. dei. — X, xi, xxxvi, 21, 
68, 69, 103, 143, 144, 146, 164, 197, 202, 
222, 260, 309, 323, 329, 330, 340 à 342, 
353, 302, 303, 421, 427. 

Hampto.n-Court. — 218. 

Hannebault (M. d'). — Voir Annebault. 

HA^SKATIQUES (villcs). — 508, 043. 

Hardouis (le P. Jean), jésuite. — 712, 
721. 

Harem de Suleymam — 252, 261. 



TABLE ANALYTIQUE 



77.7 



Harlem, — 635, 639. 

Harnais de guerre. — 282, 610. 

Haroué, Harouel ou HarroueL — 137. 

Harrach (1'). — 478. 

Harwell (Edmond, aliàs Sigismond), 
ambassadeur d'Anp;lelerre à Venise. — 
109, 232, 247, 263, 567, 629, 630. 

Hassax, fils de Kheïr-ed-Din Barbe- 
rousse, Iroisicme pacha d'Alger. — 309. 

Hassan-Aga, second pacha d'.A.lger. — 
27, 309. 

Hauréau (Bernard'). — 46, 304. 

Haute-Fontaixe (abbaye de). — xxxvi, 
555. 

Haye (la). — 634 à 639, 749. 

Hébreux. — 31, — Manuscrits hébraï- 
ques, XXXI à xxxiu, 56, 175, 179, 704. 

Heidelberg (université de). — 522. 

Hellespont. — 298. 

Hellouin, receveur des finances. — 
695. 

Hélouyn. — Yo\r Helloidn. 

Hémeri ou Hémery. — Voir Emery. 

Hémus (mont). — 261. 

HeNDAYE. — XXIII. 

Henmn (Jean de), comte de Boussu, 
grand-écuyer de Charles-Quint. — Voir 
Boussu. 

Hen:ii 11 d'Aibret, roi de Navarre. — 
H, 48, 283. 337, 414, 552, 569, 746. 

Henri IV, roi de France et de Navarre. 

— XIX, 4, 61, 718. 

Hekiu V, roi d'Angleterre. — 495. 

Hexri VI, roi d'Angleterre. — 195. 

Henri VllJ, roi d'Angleterre. — viii, 
xxix, 19, 33, 35, 36, 46, 49, 84, 109, 
199, 203, 230, 232, 248, 249, 253, 258, 267, 
283, 327, 328, 335, 362, 393, 418, 425, 427, 
471, 496, 509, 520, 569,592, 632, 638, 667. 

Henri, duc d'Orléans, puis dauphin et 
roi de France sous le nom de Henri H, 
second fils de François I". — xix, 
XXIII, XXVI, 4, 14, 48, 55, 61, 135 à 137, 
139, 140, 148, 155, 156, 158, 183, 204, 210, 
225, 316, 414, 573, 659, 668, 669, 676, 678, 
713, 741, 745. 

Henri, duc d'Anjou, depuis Henri \\\. 

— 555, 640. 

Henri de Portugal (le prince), duc de 
Viseu. — 485. 

Herbaudière (Martin du Bellay, sei- 
gneur de la), gouverneur de Turin. — 
XXI, 60, 259, 519, 662, 664, 667 à 669, 
682, 690, 743, 745, 746. 

Herbes exotiques. — 28, 29. 

Herberstein (Sigismoud de), ambas- 
sadeur de Ferdinand auprès de la 
Porte ottomane. — 355. 

Hercule (statue d'). — 424. 

Hercules (le capitaine), — 374. — Voir 
Torello. 

Hersunjard (A.-L.). — XXX, 522. 

Hernatii (le). — 72. 

Herzégovine. — 164. 

Hesdin, — 41, 58, 60, 88, 98, 271, 283. 

Hesse. — 182. 

Hesse (Guillaume H, landgrave de). — 
182. 

Hesse (Philippe I le Magnanime, fils 



du précédent, landgrave de). — 182, 
243, 245, 274, 284, 568. 

Heuliiard (Arthur). — 742, 746. 

HippiATRiE latine et grecque. — 531. 

Hippocrate. — XXX, 31, 748, 

HippOLYTE (le seigneur). — Voir Gon- 
zar/a [Ippolilo di). 

HisTRiA, Histrye, — Voir Capo iristriOr 
I si rie. 

Houen-Landenberg. — 75. 

Hohen-Landenberg (Christophe de). — 
182. 

Holbein (Hans). — 46. 

HoLZDOHF. — Voir Fôgaras. 

hombouro. — 182. 

Homère. — 14, 175. 

Hollande. — 76, 635, 639, 733. — 
Libraires, 729, 731, 733. 

Hongrie. — xm, xiv. 3, 5, 8, 20, 21, 
26, 35, 66, 70 à 72, 76, 77, 80, 85, 91, 
99, 100, 145, 146, 149, 155, 160, 163 à 
165, 168 à 170, 172, 178, 182 à 184, 191, 
195 à 197, 202, 203, 209, 217, 219, 222, 
223, 233, 238 à 241, 243, 247, 249, 261, 
270, 274, 276, 278, 279, 281, 285, 286, 289, 
292, 297, 301, 303, 304, 308, 314 à 316, 
322 à 325, 327 à 331. 340, 341, 344, 355, 
362, 398, 402, 414, 419, 420, 427, 435, 451, 
452, 462, 497, 511, 567, 568, 575, 585, et 
passim. — Rois de Hongrie, voir Ladis- 
las VI, Louis 11 le Jeune, Jean Zapobja, 
et Jean-Siqismond Zapolya. — Reines 
de Hongrie, voir Isabelle de Pologne, 
Marie d'Autriche. 

HoriTAux. — 730, 732. — Hôpital gé- 
néral de Montpellier, 722 à 738. 

Horace. — liv. 

Hobloges. — 28, 162, 743. — Horloge 
astronomique, 497. 

Horloger de Suleyman. — Voir Re- 
verdy (Guillaume). 

HoRMOuz (ile d'), — Voir Ormus. 

HoRTADE (dom Lopes). — Voir Men- 
doza (llurtado de). 

Hastaris ou Rastaris (Raimundo), 
courrier. — 304. — Voir Rastaris. 

Hostie. — Voir Osliglia. 

Houes. — 460. 

HouLQUE. — Voir Sorgho. 

Howard (Catherine), cinquième femme 
de Henri VllI d'Angleterre. — 46, 248. 

Howard (Edmond, lord), duc de Nor- 
folk, père de la précédente. — 248. 

Howard (Thomas), duc de Norfolk, 
frère du précédent. — 46. 

Howard d'Effingham (William, lord),, 
ambassadeur d'Angleterre en France. — 
257, 267, 393, 406, 418, 425, 427, 432, 
433, 466. 

Hubert (Eugène). — lxxui. 

Huiles. — 28, 535. 

Hu.MANISME. — XIX, xxii, xxvii à xxix, 
XXX, XXXI, xxxiii, elpassi)». 

HuJUÈREs (Charles d'), abbé de Saint- 
Quentin de Beau vais, puis évêquo de 
Baveux. — 193. 

HuMiÈRES (Jean II d'), lieutenant-général 
en Italie, père du précédent. — lxiv,. 
193. 



778 



Hu.NAUDAYE (baronnic de la) 
741. — Voir Anvebault. 

HuuTADO DE Mendoza. — Voir Mcndoza. 



Iaszknovacz. — KOT. 
1bn-Sina, ou Aviccdiic, médecin cl phi- 
losophe arabe. — Hl. 
Ibrahim Castho, juif de Conslanlinople. 

— 261. 

Ibrahim-Paciia. grand vizir de Suley- 
man. — x, 68, 3Gi. 

lco(iLA^s. — 3 il, 3fi3. — Chef des ico- 
glans, voir ibruhim-Paclia. 

If (ciiàlenu d'). — 59. 

1le-dk-FhaiNCE. — 61T. 

Illyrir. — XIII, 84, 51", 600. 

Imola. — l'JS. 

iNCENniKS à Conslanlinople. — 252. 

Lndes. — 4*6, 485, 645. 

Inuies. — Voir Indes. 

Ikdusthie du verre, à Venise. — 521. 

Indye. — Voir Indes. 

Inc.énieirs ilaliens au service de l'Es- 
pagne, 308; — de la France, xix, t)9, 
141, "J19. — Voir Bellanuato, Carrara, 
Marini, etc. 

Ingolstadt. — 747. 

I^NOCE^T VIII, pape. — o57. 

iNNSBRiiCK. — IX, X, 332, 373, 388, 389. 
398, 462, 598. 

Inokdations en Turquie. — 363. 

Inquisitelrs DES î-ECiiLTS, à Venise. — 016. 

Intenijamh, en Guyenne, en Languedoc. 

— Voir Bosquet. 

IiNVEATAiRE de la bibliolhèque de Pelli- 
cier. — 698 à 704. 

IoNIEN^ES (îles). — 14. 

Ionienne (mer). — 69. 

Isabelle, princesse de Naples, mariée 
à Gian-Galeazzo-iMaria Sforza, duc de 
Milan. — 243. 

Isabelle de Pologne, reine de Hongrie. 

— 8, 72, 85, 103 a. 105, 129, 181, 1S2, 1«6, 
235, 240, 314, 322, 324, 325, 355, 402, 437, 
647. 

Isabelle de Portugal, femme de Charles- 
Quinl. — 299. 

ISCHIA. — 404. 

IsÉE OU Iseo (lac d'). — 228, 555. 

IsEO. — 2:8. 

IsHAC, corsaire algérien, frère deKheïr- 
ed-Din Barberousse. — 27. 

Isle-Adam (Philippe de Villiers, seigneur 
de 1'), grand mailre de l'ordre de Sainl- 
Jean de Jérusa'em. — 100. 

IsLE d'Ohtk (T). — Voir Ojla. 

Is.^iAÏL I, empereur de la Perse. — 93. 

Isola di Mezzo. — 470. 

IsoNzo (!'). — 84, 517. 

IspRLCH. — Voir Innsbrûck. 

IssoiRE (abbaye d"). — 739. 

JsTRiE. — 84, 382, 478, 490, 543, 549, 
597, 744. 

Italie. — Voir pass'm. — Italiens en 
France, vi, xix, xx. — Italiens de L,\on, 
418. — Levées de troupes, 499, 510, 568, 
570 elpnssim. — Ambassadeurs de France 
en Italie, voir Ambassadeurs. 



TABI.lî ANALYTIQUE 

-52,246, 



IVIÇA. 
IVUÉE. 



484, 557. 
54,471. 



Jacques de mailles. — 20. 

Jacques IV, roi d'l']cosse. — 750. 

Jacqles V, roi d'Ecosse, fils du précé- 
dent. — 496. 

Jacqueton (Gilbert). — 741. 

Jaillk ^CIaude de In), mariée à Guy de 
Laval, seigneur de Lezay, puis à Claude 
de Laval, seigneur de lélicny. — 573. 

Jal (A.). — 7, 17, 21, 25," 76, 112, 265, 

308, 609. 
Jaliony. — 432. 
Jai.iny. — ■ Voir .Jaligny. 
Jamboli. — 26 J. 

Janezin. — Voir Pornaro (Giancltivo). 
Janin (Jean), greffier au présidial de 
Montpellier. — Lvni. 
Jamna. — 68. 
Jamssaihes. -- 260, 262. 274, 286, 298, 

309, 340, 534. — Janissaires à cheval, 
voir Spahis. 

Jannet-Picard. — 305. 

Jansénisme. — 726, 727. 

Jamario (Leone). — \ oxr J anvîer{Léon). 

Jamjs-Bay, ou Janus Bey. ambassadeur 
de la Porte ottomane à Venise. — Voir 
Yiniiz-Bey. 

.! AN VI iR (Léon), secrétaire de la duchesse 
de Ferrare. — 601. 

Japoli. — 184. 

Jakdin botanique de Montpellier. — lix. 
— Jardins de Pcllicier, à Venise. — 127. 

Jaiira ou Jarre. — Voir Zara. 

Javmar (Guillaume), notaire à Montpel- 
lier. — XXIII. 

Jean XiX. pape. — xxv. 

Jean XXI l, pape. — 602. 

Jean Zapolya, roi de Hongrie. — x, 
XI, XIX. 5, 8, 35, 63, 64, 66, 67, 70 à 72, 
76, 77, 85, 91, 94, 103, 104, 111, M3, 123, 
144 à 146, 160, 163, 172, 182, 184, 191, 
303. 314, 339, 529, 638, 645, 647, 648. 

Jean-Sicismond Zai'Olya, allas Etienne, 
roi de Hongrie, fils du précédent. — 8. 
85, 94. 99, 103, 123, 144, 145. 160, 169, 
172, 181, 182. 184. 191, 222, 223, 303, 314, 
339, 437. 647. 

Jean 11 p'Albret, roi de Navarre. — 48. 

Jean 111, roi de Portugal. — 19, 233, 
295. 3011, 485, 486, 569, 571, 646. 

Jean-Fi;édéhic le Magnanime, duc de 
Saxe. — Voir Saxe. 

Jean-Louis (le capitaine), albanais au 
service de la France. — 673, 675, 680. 

Jeakise la Folle, reine de Castille, mère 
de Charles-Quint. — 20. 

JEA^^E d'Albret, fille de Jean II d'Al- 
bret. hérilière de la Navarre. — 61, 100, 
101, 316. 327, 335, 337, 641, 044. 

Jehan (le comte). — 515. 

Jehan (messire), courrier. — 209, 215, 
416. — Voir Roc/iefoi/caidd (Jean de la). 

Jehan-Joachim (le seigneur). — Voir 
Vai/x (J.-.J. de Passano, seignein' de). 

Jehan-Paule (le seigneur). — Voir Or- 
sini. 



TABLE ANALYTIQUE 



779 



Jehan Vayvoda (le roi). — Voir Jean 
Zapolya. 

Jérusalem. — 156, n9, 233. 

Jessawa (la). — 222. 

Jksuites. — 699, 721. — Collège Louis 
le Grand, à Paris, 712, 721. — Collège 
de Touriion, xxviu. 

Jésuites (rue des), à Montpellier. — 

XXIV. 

Jeudi gras (fêtes du), à Venise. — 549. 
JoANi (le roi). — Voir Jean Zapolija. 

JOIGNY. — LV. 
JoI.NVII-LE. — XXXV, 47. 

JoNTA (lamille). — Voir Junta. 

JouvANï (Anne), mariée à Antonio del 
Rincon. — 258, 439. 

JovE (Paul). — Voir Giovio [Paolo). 

Joyaux. — 34, 252. 

JoYES. — Voir Joyaux. 

JoYEUSK (Guillaume, vicomte de), lieu- 
tenant-général en Languedoc. — xuv, 

XLVl à L. 

Judas (saint). — Voir Jiide [saint). 

JuDE flête de sainlj. — 477. 

JuDKO (le). — Voir Moïse. 

JuDEo (le), corsaire barbaresque. — 
Voir Sman-Djoufoud. 

Juge (Bollile de), comte de Castres, 
ambassadeur à Venise. — xx. 

JuGNAZ. — Voir laszcnovacz. 

Juif (le), agent secret à la cour impé- 
riale. — Voir Moïse. — Juifs renégats. — 
Voir Sinan-Djoufoud. — Juif copiste de 
manusi-rils hébraïques, 56. — Juifs de 
Constanlinopte, lb6, 261, 330. — Juif 
médecin de Suleyman, 261, 340. — Voir 
Amon. — Juive favorite de Suleyman, 
252. — Voir Slraichilla. 

JuYF (le). — Voir Sinan-Djoufoud. 

Jules 11, pape. — vu, 251, 394, 504. 

Jules 111, pape. — 420, 749. 

JuLibN l'Apostat, empereur romain. — 
617. 

JULIEHS. — 33. 

JiuMENTS. — 269, 303, 430. 

Junta (famille), imprimeurs établis à 
Florence et à Venise. — 177, 184. 

Junta (Hernardo), imprimeur à Flo- 
rence. — 184. 

JuKTA (Filippo), fondateur de l'impri- 
merie florentine de ce nom, père du pré- 
cédent. — 184. 

Jukta (Francesco), frère du précédent. 

— 184. 

Junta (Gian-Maria), neveu du précé- 
dent. — 184. 

Junta (Jacopo, dit Francesco), fils de 
Francesco, imprimeur à Lyon. — • 184. 

Junta (Luc-Antonio), frère de Filippo, 
imprimeur à Florence, puis à Venise. — 
184, 

Junta (Mariotto), second fils de Luc- 
Antonio, imprimeur à Venise. — 184. 

JuNTA(Pielro), florentin établià Troyes. 

— 185. 

Junta (Tommaso), fils aîné de Luc- 
Antonio, imprimeur à Venise. — 184. 

JusTiMAN (.Marin et Paulo). — Voir 
Giusliniani [Marino et Paolo). 



KAHtOUAN. — 161, 188. 

Kampen. — 643. 

Kai'iaga ou Kapouaga, grand maître 
de la cour ottomane. — 329, 330. 

Kara-Boodan. — 8 

Kaschau. — Voir Cassovie. 

Kasim-Pacha, gouverneur de Morée. — 
94. 

Kaulek (Jean).— xv, 18, 136, 248, 283, 
305, 638, 640. 

KixiBiA ou Kiibia. — 161. 

Kehka (le) ou Tizio. — 68. 

KllALIFKS ABIÎASSIDES. — 161. 

KiiEïi\-EU-l)iN Babbehousse, corsaire algé- 
rien, premier pacha d'Alger, grand ami- 
ral de la Porle. — xi à xiv. xvi, xvii, 
27, 39, 128, 130, 143, 130, 180, 234, 235, 
250, 255, 260, 262, 265, 26"5, 274, 278, 282, 
294, 309, 329, 330, 363, 421, 430, 431, 447, 
448, 459, 400, 40'», 470, 477, 480, 488, 490, 
497, 319, 534, 537, 555, 571, 631, 641, 648. 

Kboskew-Paciia, beglierbey de Rou- 
aiélie, vizir de Suleyman. — 323. 

Khourrem (la sultane), épouse favorite 
de Sulevman. — 202, 252, 274, 329, 341, 
477, 4S0" 

Kiangari. — 176. 

KlES.MAIiK. — 529. 
Klattau. — 611. 
KoHLER (Charles). — ■ liv. 

KOLOKYTHIA. — 170. 

KozAïCHA (Stiépan), prince d'Herzégo- 
vine. — 164. 

Krkuzer (le docteur Hermann), pléni- 
potentiaire de Clèves en France. — 33. 

Kyrasto. — Voir Cherasco. 



Labande (L.-FL). — Lxxiii, 705. 

Labohde (L. de). — 456. 

La Bove, courrier. — 133, 195, 201, 
220. 

Laconie. — 170. 

I.ADÉZE (le). — Voir Adige {V). 

Ladislas VL roi de Hongrie et de 
Bohême. — ll3, 103. 

Laiton. — 141, 747. 

Lalaing (Anne de), mariée à Nicolas 
de Lannoy, seigneur de Mingoval. — 
749. 

Lalaing (Philippe de), mariée à Jean III 
de Lannoy. — 188. 

Lalanne (Ludovic). — xxx, 36, 157, 
205, 284, 354, 375, 428, 430, 458, 481, 496, 
516, 719. 

Lambin (Denis). — 719, 720. 

Lajiotte (M. de). — Voir Mothe (la). 

Lances d'ordonnance. — 86, 87, 559. 

Landebehg (Christophle de). — Voir 
Hohen-Landenherçf. 

Landgrave (le). — Voir Hesse. 

Landi (Orazio). — 29. 

Lando (le comte Agoslino). — 347. 

Lando (Pietro), doge de Venise. — 23, 
154, 195, 352, 369, 383. 

Landbiani (le comte Francesco). — 493. 

Langé (.\1. de). — Voir Lanf/ey. 

La.ngeac (Jean de), évêque d'Avran- 
ches, puis de Limoges, ambassadeur à 



780 



TABLE ANALYTIQUE 



Rome. — vni, lxiii, 281, 439, 4o5, 481, 
486, 521, 632. 

Langey (Guillaume du Bellay, seigneur 
de), vice-roi de l'irmont. — xxi, xxvii, 
LXU, i.xiii, l.'i, 20, :}(), ."]:!, 42, 4G, Îi3, 59, 
60, 72, 88, S9, 98. 123, 126, 127, 141, 148, 
156, 159, 162, 173, 194, 205, 216, 225, 226, 
237, 249, 255, 258, 259, 268, 270, 282, 283, 
289, 293, 294, 304, 305, 319, 323 à 326, 
333, 338, 345, 351, 353, 35'i, 356, 362, 372, 
374, 378, 388, 394, 399, 400, 40'», 407, 427, 
441, 443, 444, 450, 457, 462, 406 à 468, 
473, 477, 479, 481, 490, VJ2, 493, 490, 506, 
529, 562, 568, 572, 575, 607, 742, 744, 746. 

— Extraits de sa correspondance, 658 à 
697. 

Langey-ex-Dunois. — 162, 225, 259. 
Langues. — 508. 

Languedoc. — xxxvin, xlviii, 257, 371, 
379, 399, 414, 466, 602, 664, 672, 718, 732. 

— Etals provinciaux, xxvin à xxx, xxxvii, 

XXXVIII, XI.I, XLII, XI.IV, XLVII, XI.IX, L. — 

Gouverneurs, voir />«;/? y/Z/e, Mont^norency 
{Anne de). — Intendants, \o\v Agiiessenii, 
Ber7iar/e, liosi/iiel. — Lieulenanls-géné- 
raux, voir Burie, Crussol, Joyeuse, VUlars. 

Languillare (le comte de). — Voir 
Anguillara. 

Languillare (le marquis de). — Voir 
Aguilar. 

Lannoy (Charles de), prince de Sol- 
mona, vice-roi de Naples. — 188, 635. 

Lannoy (Ferdinand de), fils du précé- 
dent. — 188. 

Lannoy (Jean III de), père de Charles. 

— 188. 

Lannoy (Nicolas de), seigneur de Min- 
goval. — Voir Mbiqovol. 

Lansquenets. — 47, 105, 256, 289, 292, 
297,300, 304, 315, 332, 337, 344, 363, 370, 
371, 381, 3S4, 387, 398, 404, 409, 432, 434, 
481, 499, 510, 529, 536, 569, 598, 607, 028, 
650, 654, 665, 666, 672 à 676, 679. 680, 
682, 686. 

Lanz (Karl). — x. 

Lanzagies (Paolo de). — Voir Lusasco 
(Paolo di). 

Laon. — 94. 

Laquais du roi. — 284. 

Lakçon (le Jeune). — Voir Alarcon. 

Lasasques (le capitaine Paulo de). — 
Voir Lusasco. 

Lasciii. — Voir Laski. 

Lascaris (Jean), ambassadeur à Venise. 

— VII, XX, 13, 14. 
Lask. — 34. 

Laski (Hicronimo). — Voir Laski [Jé- 
rôme de). 

Laski (Jean V de), archevêque de Gne- 
sen, primat et chancelier de Pologne. — 34. 

Laski (Jean II de), neveu du précé- 
dent. — 34, 33, 529. 

Laski (Jérôme de), frère du précédent, 
ambassadeur de Ferdinand auprès de la 
Porte ottomane. — 5, 34, 35, 38, 45, 50, 
103, 106, 145, 109, 196, 197, 202, 250, 341, 
342, 352, 355, 402, 445, 446, 454, 529, 648. 

Laski (Stanislas de), frère des précé- 
dents. — 34, 35. 



Lasqui (Jérôme). — Voir Laski. 

Latins (livres et manuscrits). — 175, 
177, 540, 699 à 704. 

Latisana. — 524. 

Latran (concile de). — 483. 

Lattes. ■ — 711. — Château, xlviii, 
XLix. — Porte de Lattes, à Montpellier, 
xxxix, XLVIII, 717. 

Laucel (Isabelle de), mariée à Lorenzo 
Scarpa. — 279. 

Laurana. — Voir Lavrana. 

Laurent (fêle de saint). — 643. 

Lausei.ergie (Louis de), conseiller lai 
au parlement de Toulouse. — 554. 

Lauthec. — L. 

Lautrec (Claude de Foix de), mariée 
à Claude-Guy XVII, comte de Laval. — 
73. 

Lautrec (Henri de Foix, seigneur de). 

— 74, 75. 

Lautrec (Odet de Foix, vicomte de), 
maréchal de France, lieutenant-général 
en Rnianai.«, père des précédents. — 33, 
74, 407. 

Lautrec (Odet de Foix, seigneur de), 
fils aîné du précédent. — 267. 

Laval. — 304. 

Laval (comté de). — 613. 

Laval (maison de). - 74, 75. 

Laval (Claude de), dit le Gros Bois- 
Dauphin, seigneur de Téligny. — Voir 
Télif/nij. 

Laval (Claude-Guy XVII, comte de), 
fils de Nicolas-Guy XVI. — 75. 

Laval (Guy XV, comte de). — 613. 

Laval (Guy de), seigneur de Lezay. 

— Voir Lezay. 

Laval (Jean de), seigneur de Bois- 
Dauphin, père de Claude. — Voir Bois- 
Dauphin. 

Laval (Jean de), seigneur de Château- 
brianl. — Voir Chàteaubriant. 

Laval (Jean de), seigneur de la Roche- 
Bernard. — Voir Roche-Bernard. 

Laval (Nicolas-Guy XVI, comte de), 
gouverneur et amiral de Bretagne, fils 
du précédent. — 328, 613. 

Laval (Pierre de), seigneur de Mon- 
tafilant. — 246. 

La Valette (le cardinal de). — Voir 
Valette (La). 

Lavaour (M. de). — Voir Laraur. 

La Vau (François-Vertunien de). — 

LI, LUI, LIV. 

Lavaur. — XLi, 9. — Evêque de La- 
vaur, voir Selve. 

Lavrana. — xvii, 69, 77, 81, 82, 143, 
144, 197, 221, 234, 235, 262. 

Le Breton (Claude), seigneur de Vil- 
landry, secrétaire des finances. — Voir 
Villandry. 

Le Dran (Henri-François), chirurgien. 

— 733. 

Le Dran (Pierre), frère du précédent, 
second commis au dépôt des Affaires 
étrangères. — 735. 

Le Dran (Nicolas-Louis), frère de.s pré- 
cédents, garde du dépôt des Affaires 
étrangères. — 733. 



TABLE ANALYTIQUE 



781 



Lefkvre-Pontalis (Germain). — 219, 
640, 74G. 

Légats apostoliques. — 312, 313. — 
En Aniilelcrre, voir Pôle. — Auprès de 
Charles-Quint, voir Cervini, Contarini, 
Ricci, SUva [cla). — A la Diète, voir 
Campeggi, Contarini. — Dans les Flan- 
dres, voir Cervini, Contarini. — En 
France, voir Dufirat, Ferrier, Sadoleto, 
Trivulzio. — A Bologne et à Parme, voir 
Gambara; — à Uavenne, \oir Silva {da). 

Légionnaires. — 687. 

Legnago ou Porto-Legnago. — 233, 
347, 3i9. 

Legrand (Emile). — xxix, 174. 

Légumes exotiques. — 28. 

Leipzig (université de). — 5. 

LeLONG (le P.). — LIV, LXIII. 

Le.mberg. — 260. 

Lendeberg. — Voir Hohen-Landeyiberg . 

Lendit (foire du), à Paris. — 19. 

Lenes. — Woir Lynes. 

Lexguedoc. — Voir Languedoc. 

LENONCOunT (Robert de), cardinal, 
archevêque de Reims. — 127. 

Léon (île de). — 476. 

LÉON (le Grand commandeur de). — 
Voir Cohos. 

Léon X, pape. — 67, 87, 175, 180, 377, 
394, 483, 593, 748. 

Léon (Francesco), banquier à Venise. 

— 34, 494, 310, 5H. 

Lkon (Maffeo). — xxxv, 616. 

Léonard (frère), observantin. — Voir 
Puhlicio. 

LépAxNte. — 62, 63, 102, 263, 3H. 363, 
470, 497. 

Lépantho. — Voir Lépanfe. 

Lercaro (Gian-Battisla), ambassadeur 
de Gênes en France. — 454, 455, 745. 

Lérins (abbaye de). — xxvii, lii, lui, 
LV, 712. 

Léton, — Voir Laiton. 

Leuville. — 556. 

Levant. — Voir passim. 

Leva (G. de). — 433. 

Leyde. — 633. — Université, 699. 

Lez (le). — xlvui, 711. 

Lezante. — Voir Zante. 

Lezay (Guy de Laval, seigneur de). — 
573.— 

Libraires de Hollande. — Voir Hol- 
lande. 

Librairie royale de Fontainebleau. — 
Voir Bibliothèque. 

Liège. — 365, 375. — Princes-évêques 
de Liège, voir Autriche (Georges d'), Ber- 
ghen (Cornélius Va7i), Mark (Èrarddela). 

Lieutenants-généraux en Piémont. — 
Voir Annebault, Boutières, Burie,Enghien, 
etc. — En Provence, voir Grignan. 

LiGNAGO. — Moir Legnago. 

LiGNAN. — Voir Lignano. 

Lignes. — Voir Lgnes. 

LiGOHNE. — Voir Livourne. 

Ligues grises de Suisse. — 3, 73, 410. 

— Voir Grisons. 

Lille (Chambre des comptes de). — 
747, 749, 750, 



Limoges. — 223, 248, 28] , 640. — Evêque 
de Limoges, voir Lungeac. 
Limons (commerce de). — 631. 
Limousin. — 247. 
Lins. — Voir Lynes. 
Lincoln. — 248, 249. 
LiNCZ. — 412, 416, 427, 433, 462, 
Linentz. — Voir Lynes. 
Lingots d'or. — 184. 
Lion. — Voir Lyon. 
Lions. — xi. 
LiRis (le). — 314. 
Lisbonne. — 73, 480. 
Lissa. — 264, 277. 
Lisses. — Voir Lynes. 

LlTIlUANIH. — 85. 

LiTTRÉ (Em.). — 506. 

Lives (le seigneur de), — Voir Crotto 
(Lioio). 

LivouRNE. — 62, 67. 

Livres grecs et latins. — 523, 598, 
699 à 704. — Livres luthériens, 642. 

Loches. — 283. — Château, 415. 

LoDDEs ou Lodes. — Voir Lodi. 

lodève. — lxiii, 726. 

Lodi. — 52, 242, 231, 385, 489, 519. — 
Evêques de Lodi, voir Simonetta. 

LoDRON. — Voir Lodrone. 

LODRONE. — 598. 

Lodrone (Giovanni-Battista, comte), 
capitaine italien au service de Charles- 
Quint, colonel de lansquenets. — 304, 
319, 323, 323, 598, 672. 

Loire (la). — 19. 

LoMB (le). — 567. 

LOMBARDIE. — VII, XIII, XIX, 7, 41, 52, 

86, 189, 211, 227, 228, 251, 253, 263, 289, 
340, 347, 383, 379, 388, 660, 662. 

LO.MELLINA. — 680. 

LoNATO. — XIV, 211, 384, 412. 
Londres. — 18, 33. 35, 638, 640. 
longjumeau. — 718. 
Longland (John), évoque de Lincoln. 

— 249. 

LoNGUEiL (.\ntoine de), évoque de 
Sainl-Pol-de-Léon, chancelier de la reine 
Anne. — 712. 

LoNGUEiL (Christophe de), humaniste, 
fils du précédent. — 712. 

LoNGUENA (le seigneur), capitaine ita- 
lien au service de la France. — 461. 

LoNGUEViLLE (Louis d'Orléans, duc de). 

— 640. 

LopEZ DE SoRiA (don), ambassadeur de 
Charles-Quint à Gènes, puis à Venise. — 
Voir Soria. 

LoppEz (domp). — Voir Lopez de Soria. 

LoREDANo (Nicolosa), mariée à Marco 
Dandolo. — 35. 

Lorraine (duché de). — 47. 

Lorraine (maison de). — 87. 

Lorraine (Anne de), mariée au prince 
d'Orange, René de Nassau. — 101, 644, 
656. 

Lorraine (Antoine le Bon, duc de), 
père de la précédente. — 47, 101, 230, 
263, 466, 644. 

Lorraine (Charles de), archevêque de 
Reims, cardinal. — xlii, xlui. 



782 



TABLE ANALYTIQUE 



LoHRAiNE (Claude de), premier duc de 
Guise. — Voir Guise. 

LoHiiAiNE (Fraiiruis de), fils aîné du 
préccileut, comie d'Aumale. — Voir 
Auutale. 

LouHAiNE (François I de^, fils aîné d'An- 
toine le 15on, nianiuis de Pont-ri-.Mous- 
son, puis duc de Lorruiue et de Bar. — 
230, 241, 263, 214. 

LoHRAiMi-VAi'OEMONT (Henri de), évoque 
de Melz. — S7. 

LoRHAiNE (Jean de), frère cadet de 
Claude, cardinal, archevêque de Nar- 
bonne. — xxv, xxvn, xxx, 87, 115, 116, 
214,268, 442, 716. 

LoKRAhNE (René II, duc de), père du 
précédent. — 46, 87, 230. 

LoiiKAixE (le cardinal de). — Voir Lo)'- 
raine [Charles et Jean de). 

LoTOPiiAGES (File des). — Voir Djerba. 

LoTPHi Bey. — Voir Lulfy-Bey. 

Louis 11 Jagellon, dit le Jeune, roi de 
Hongrie et de Bohème. — x, 8, 20, 163, 
742. 

Locis XI, roi de France. — vu, xx, 
655. 

Louis XII, roi de France. — vu, vin, 
XVIII à XX, Lx, 17, 19, 29, 86, 179, 242, 
613, 639, 750. 

Louis XUI, roi de France. — xxiv, 
724, 736. 

Louis XV, roi de France. — 722 à 736, 
748. 

Louis V, électeur palatin de Bavière. 

— Voir Bavière. 

Louis X, duc de Bavière. — Voir 
Bavière. 

Louis-PiiiLippE I, roi des Français. — 
LXi, 736. 

Louise de Savoie, mère de François I, 
régente de France. — x, 142, 215, 741. 

LouvAiN. — 747. — Université, 705. 

LouvETiEns de Franxe. — Voir llallwin 
{Antoine de). 

Louvre (palais du), à Paris. — 78, 538, 
630, 723, 735, 737. 

Lubeck. — Voir Liibeck. 

LUBECK. — 643. 

LucoN. — 87. 

LucQUES. — 184, 240, 294, 399, 413, 417, 
432, 434, 439, 486. — Lucquois établis à 
Lyon, 61, 294. Voir Bernardini {Gian- 
Batlista). 

Luetz (Gabriel de), baron d'Aramon. 

— Voir Aramon. 
LuG.NAGO. — Vo'w Legnarjo. 
LuNA. — Voir Lonato. 
LUNEGIANA. — 240, 251. 

LUNEL. — XXIII, LUI, LVII, 121, 711. 

LuNELLO (Vicente), général des Obser- 
vantins, agent secret de Charles-Quint. 

— 44, 50, 59, 73, 151, 170, 171. 
LuNESANE OU Luuezane (la). — Voir 

Lunegiana. 

LusARA. — Voir Liizzara. 

LusAsco (Paolo di), capitaine italien au 
service de la France. — ■ 599, 612. 

Lutfy-Bey ou Lulfy-Pacha, premier 
vizir et beau -frère de Suleyman. — 7, 



37, 43, 68, 106, 144, 149, 155, 166, 178, 
197, 261, 262, 274, 323, 326, 329, 330, 341, 
358, 363, 4U2. 

LiniiEii (.Martin). — 46, 285, 327. 

LuiiiÉniENS. — 16, 136, 140, 259, 335, 
632, 612, 643. 

LuxEMuouiiG. — 60, 431, 650, 653. 

LuzAGO (Aloysio di), capitaine italien 
au Service de la France. — 461. 

LuzARK ou Luzarre. — Voir Luzzara. 

Llzzaha. — 558, 578, 588, 592, 595, 
598. 

Lynes ou lynnes. — 7, 459, 460. 

Lyo.n.— XUI, XXIX, XXXI, 18, 48,53. 61, 65, 
72, 73, 87, 120, 124, 125, 132, 135. 148, 
153. 157, 158.184, 201, 20S, 258. 259, 281, 
294, 322, 360, 364, 365, 393, S'-U^ 401, 406, 
426, 432 à 43'., 460, 471, 479, 487, 510, 
686,695, 705, 736, 740, 74i, 745, 74s 750. 

— Banques italiennes, vi, 494, 747, 748. 

— Colonie italienne et allemande, 360, 
418. — Foires, xx, 360. — Hô|)itaux, 730, 
732. — Baillis de Lyon, voir (iuiche. — 
Gouverneurs de Lyon, voir Sai7it-André, 
Trivatce. 

Lyo.n.nais (élus de). — Voir Charles. 
Lys de Fmance. — Voir Fleurs de lys. 

— Lys rouge de Florence, 184. 



Macédoine. — 26 t. 

Maceiiata. — 244. 

Machines de guerre. — 60, 141. 

Maçon. — 267, 609. — Prieuré de 
Saint-Pierre, 596. — Kvèques de Milcon, 
voir Armagnac., Chdtel [du), Denonville. 

Maçonnais. — 420. 

Madrid. — vin. x, 38, 134, 186, 204. 638. 

Madruzzo (Cristoforo de), cardinal, 
évêque de Trente. — 420, 536, 546, 558, 
559. 

Madruzzo (Jean Gaudenz, baron de), 
père du précédent. — 536. 

Magdebouhg. — 285. 

.Magdelaine (Girard de la), seigneur de 
Ragnv, bailli d'Auxois. — 321. 

Magdelaine (N. de la). — 321, 322, 324, 
325, 333. 

Maggi (Cesare), capitaine napolitain au 
service de Charles-Qnint, gouverneur de 
Volpiano. — 394, 428, 511, 659, 678 à 
680. 

Maggio (Viucenzo), secrétaire de Rin- 
con, puis résident de France à Cons- 
tanlinople. — xiv, lxiii, 6, 16, 21, 33, 
37, 101, 126, 202, 220, 222, 226, 233, 235. 
237, 239, 247, 249, 250, 252, 255, 256, 258, 
260.269, 273, 276, 280, 282, 284 à 286, 
2S9 à 291, 294, 297, 298, 302, 305, 308, 
318, 319, 324 à 326, 328, 339, 341, 342, 
352 à 334, 358, 359, 362, 363, 370, 385, 
388, 393, 402, 403, 411 à 413, 417, 421, 
427, 430. 432, 445,446, 465, 551,560,568. 

Maggiore (mare). — Noif Noire {mer). 

Magi. — Voir Mai/gio. 

Magi (famille), de "Milan. — 52. 

Magio. — Voir Maggio. 

Magistratures de Venise. — Voir Avo- 
gadurs, Bailes, Capitano- Grande, Cinq 



TABLE ANALYTIQUE 



783 



Sages, Conseil des Di.r, Doges, Im/ichiiteurs 
des secrets, Podes'ats, Procurateurs de 
Saint-Marc, Provéditeurs, liecleurs. Sénat, 
etc. 

Magxe. — Voir Maïna. 

Mag.navacca. — 504, 513, ul6, o2o. Î52G, 
553. 

Magnavacque ou Magncvacque. — Voir 
Magnavacca. 

Magnésie d'Anatolh:. — 309, 3G3. 

Magra (la). — 2'iO. 

Magl'elonne. — XXV à xxvii, xlviii à li, 
Liv à LVi, Lviii, Lx à Lxiii, 719. — Evèclie, 
XXIV à XXXI, 28, 111, 713, 729 — Cha- 
noines, XXJI, XXUl, XXV à XXVII, XXIX, 

711, 713. 

Mahoaietta ou Mahomelta (la). — ■ Voir 
Hammamet. 

Mai EUR (la mer). — Voir Noire (mer). 

Maigselais. — • 283. 

Mailaïii (lumille). — 104. 

Mailaïm (Klienne^, magnai de Hongrie. 

— 71, 14G. 

Maileakt (Guillaume), secrétaire de 
M. de Bois-Kigault. — 53, 439, 4'i6, 452, 
465. 

Mailleraye (la). — 101. 

Maillezais. — 28. 

Mailly (Africain de), panetier du roi, 
bailli de Dijon, seigneur d'Ecot et de 
Villiers-lco-Pots, chargé de mission en 
Ali'^magne. — 556. 

Maïna. — Voir Maïnotes. 

Maine. — G68. 

Maimer (Accurse) ou Meynier, grand 
juge de Provence, ambassadeur à Venise. 

— VII, XX. 

Maïnotes. — 170. 
Maïor (mer). — Voir Noire {mer). 
Maïorica. — Voir Majorque. 
Maïour (lac). — Voir Majeur [lac). — 
Mer MaTour, voir Noire [mer). 
Maisons neuves des Toscans, â Venise. 

— 229. 

Maître des courriers de Florence. — 
218, 219. — Maîtres d'hùtel de la dau- 
phine, voir Alamanni, Gondy; — du 
dauphin, voir l'éligny; — du roi, voir 
Bois-fiigaiilt, Crotto, Rincon, Vaux; — 
de Georges d'Autriche, voir Villegas; — 
de Pel licier, 458, voir Vérargues; — de 
Rincon, 247, 265; — du comte de Saint- 
Pol, voir Crotto. — Maîtres des requêtes 
de l'hôtel, xxx, 116, 121, 124, 2Sl, 453, 
487, 551, 536, voir Rude, Errault, Lan- 
geac, Olivier, Saint-Ravy, Saveuse, Vély, 
etc. — .Maîtres des requêtes de Gliarles- 
Quiiit, voir Boisset, Chapuis, etc. 

Majeur (lac). — 6G2. 

Majeur (mer). — Voir Noii'e (mer), 

Majorica. — Voir Ma/orque. 

Majorque. — 447, 44S' 459, 474, 473, 484. 

Maladies. — 76, 135, 641, 651, 694. — 
Voi r Coliques, Dyssenterie, Fièvres, Goutte, 
Peste, Rétention d'urine, Si/philis. 

Malaga. — 199, 337, 344, 371. — 
Evêques, voir Riario. 

Malaspina ( Alberico ) , marquis de 
Massa et Carrara. — 240. 



Malaspina (Ricarda\ mariée àLorenzo 
Ciho. — 240. 

Malatësta (famille), de Rimini. — 
198. 

.Malatesia (Pandolfo III), seigneur de 
r.imini. — 559. 

Malatesta (Pandolfo IV), fils du pré- 
cédenl, seigneur de Rimini. — 198, 559. 

Malatesta (Roberto), (ils du précédent, 
seigneur de Rimmi. — 198, 469, 559, 561. 

.Malatesta (Sigismomio), frère du pré- 
cédent, seigneur de Rimini. — 198, 199. 

Malateste. — Voir Mulatcla. 

Maldonauo (Rodrigo), capitaine espa- 
gnol au service de Charles-Quint. — 312 
313, 743. 

-Maldonato (le cavalier), envoyé de 
Chai'les-Quint vers Paul 111. — Voir 
Maldonado. 

Maléga ou Malége. — Voir Malaga. 

Malepeghe (la). — Voir Malpaga. 

Malespine (les). — Voir Malaspina. 

Malicorne (Jean de Ghourses, seigneur 
de). — 690. 

Malines. — 712. 

Mallega. — Voir Malaga. 

.Malletest ou Malleteste (le seigneur 
Robert). — Voir Malatesta [Roberto). 

Malpaga. — 663. 

Malte (ordre de). — 100, 157, 180, 
474, 578, 742. — Grand-maître, voir 
isle-Adain. 

Malvaisye ou Malvasye. — Voir Mal- 
voisie. 

Malvoisie ou Monembasie (Napoli de). 
— XVII, xxviii, 17, 29, 4't, 78, 82, 139, 
143, 134, 173, 21)1, 209, 234. — Arche- 
vêque, voir Aposlnltos. — Vins, 2S, 29. 

Manès (Théode), dit Bedaine ou Bedène, 
capitaine albanais au service de la 
France. — (^69, 6-!2, 696. 

MANiiiQUE(Fernandez). — Voir Aguilar. 

Mans (le). — xxt, xxvii. — Collège, 716. 

Mansencal (Jean de), premier prési- 
dent au parlement dd Toulouse. — ■ 707. 

Mantoue. — XVIII, 8, 24, 8S, 109, 125, 
163, 168, 189, 218, 219, 231, 232, 257, 
2Ï9, 360, 37-2, 408, 411, 458, 472, 512, 
588 à 590, 651, 062. — Ambassadeur de 
Mantoue à Venise, voir Agnello. — Ducs, 
253, voir Gonznga [Fede igo II et Fran- 
cescoUl di). — Duchesse, voir Paléologue 
[Marguerite). — ■ Mar.juis, voir Gonzaga 
[Gian-Francesco II di). 

Mantoue (le cardinal de). — Voir Gon- 
zaga (Ercole di). 
Manuccio. — Voir Manuce. 

Manuce (famille). — xix, xxxii. — Voir 
Manuzio. 

Manuscrits arabes. — xxxi à xxxin, 
699, 713; — grecs, xxxi à xxxiii, 13 à 
13, 27, 28, 54 à 58, 78, 79, 96, 97, 117, 
118, 127, 147, 155, 174 à 177, 179, 237, 
303, 482, 5i0, 699 à 704;— hébraïques, 
XXXI à xxxiii, 56, 173, 179. 704; — 
latins, XXXI à xxxiii, 173, 177, 540, 
699 à 704. — Manuscrits diplomatiques 
provenant de Ch.-J. Golbert de Groissy, 
722 à 738. 



784 



TABLE ANALYTIQUE 



Ma.nucio on Manutio (Paulo). — Voir 
Manuzio (Paolo). 

MANfzio (Aklo). — 74, 268, 269, 320. 

Manuzio (Antonio), second fils du j)ré- 
cédent. — 60, 269. 

Manuzio (Paolo), frère du précédent, 
fils aîné d'Aldo. — 38, 59, 60, 74, -'OS, 
209, 305, 719, 720, 742. 

Mappemondes. — 106, 523. 

Mahan. — Voir Marano. 

Mahano. — X, XIX, i.xx, 84, 270, 436, 
498 à 500, 504 à 509, 511 à 513, 515 li 
518, 520, 524 à 529, 531 à 535, 537, 5:!S, 
540 à 549, 552, 553, 550, 558 à 561, 503, 
564, 56R, 569, 575, 579, 581, 582, 590 à 
592, 594, 595, 597 à 601, 603, 605, 608 à 
611, 613, 624, 746. 

MAnBOURG. — 65. 

Maubrks antiques, à Rome. — 424. 

Marcel II, pape. — Voir Cervini. 

Marcelli, consul de Venise à Damas. 

— 529. 

Marcello (le Révcrendissime). — Voir 
Cervini. 

Marcello (le capitaine), gentilhomme 
vénitien au service de la France. — 
461, 501, 502, 505. 

Marchands. — 250, 372, 486, 494, 531, 
542, 5't7, 589, 641, 643, 644, 681, 741. — 
Marchand français à Venise, 367. — 
Marchands italiens établis à Constan- 
tinople, voir Corregc/io, Sommaja, etc.; 

— à Lyon, 61. 

Marciiior. — Voir Testa [Melchior). 

Marcolino da Forli (Francesco), im- 
primeur à Venise. — 12. 

Maréchaux de France. — Voir Anne- 
baidt, Brissac, Damville, Montmorency, 
Villars, etc. 

Marennes. — 151, 407. 

Marforio. — 424. 

Marguerite d'Angoulèjie, duchesse 
d'Alençon, reine de Navarre. — xxv, 
XXX, XXXI, LXiii, 11,47, 48,61,65,101,116, 
190, 208, 224, 246, 337, 438, 455, 494, 
548, 555, 556, 575, 595, 705, 740, 745. 

Marguerite d'Autriche, tante de 
Charles-Quint. — Voir Autriche {Mar- 
guerite d'). 

Marguerite de France, fille de Fran- 
çois I et de Claude de France. — 316. 

Marguerite Paléologue, duchesse douai- 
rière de Mantoue. — Voir Paléologue 
{Marguerite). 

Marguerite (Madame). — Voir Autriche 
{Marguerite df). 

Marichal (Paul). — lxxiii. 

Marie (la reine). — Voir Marie de 
Hongrie. 

Marie d'Autriche, fille de Ferdinand I, 
mariée à Guillaume le Riche, duc de 
Clèves. — Voir Autriche [Marie d'). 

Marie de Hongrie, fille de l'archiduc 
Philippe le Beau, reine douairière de 
Hongrie, régente des Pays-Bas. — 132, 
330, 512,614, 656, 657, 742, 746. 

Marie de Portugal, fille du roi Emma- 
nuel et d'Eléonore d'Autriche. — 496. 

Marie Tudor, fille de Henri VIII et de 



Catherine d'Aragon, depuis reine d'An- 
gleterre. — 36, 84, 218, 249, 332, 496. 
Marignan. — vni. 

Mahignan (marquis de). — Voir 
Medicis {Gian-Giacomo dei). 

Marillac (Charles de), ambassadeur 
en Turquie et en Angleterre. — xiii à 
XV, 3, 18, 20, 136, 248, 496, 638. 

Marin (Hiéronyme ou Jéronime). — 
Voir Marin [Girolamo). 

Marin ou Marini ((lirolamo), ingénieur 
ilrilien au service de la France. — xix, 
00, 141, 148, 6