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Full text of "Cours pratique et théorique de langue arabe renfermant les principes détaillés de la lecture, de la grammaire et du style, ainsi que les éléments de la prosodie, accompagné d'un traité du language arabe usuel et de ses divers dialectes en Algérie"

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COUKS 



DE 



LANGUE ARABE 



OUVRAGES DE M. L.-J. BRESNIER,f 

l'un des disciples de Silvestre de Sacy 

l'rofesseoi à la Chaire publique d'arabe et à l'Ecole normale d'Alger 

Professent honoraire d'arabe aux deux Séminaires d'Alger, etc. 



CHRESTOIV1ATHIE ARABE. LETTRES, \.CTES ET PIÈCES ni ver SES, 

avec la traduction française en regard, suivie d'une Notice sur 

'sions musulmanes, et d'une Concordance inédite des 

en et musulman ; 2" éilit., revue, corrigée et 
entée. — 1 fort vol. in S", orné d'un magnifique titre arabe, 

couleurs, type oriental 12 fr. 

honoré d'nne souscription de S. E. M. le .Ministre de la guerre) 

DJAROUMIYA, Grammaire arabe élémentaire, de Mohammed 

ben Dawoud el-Sanhadjy, texte arabe et traduction française. 

rnés de notes explicatives. 2'édit. — 1 vol. in-.S° acec un 

titre et couleurs 5 fr. 

1 i même ouvrage, texte arabe seul. Brochure in-8 n , aoec titre or 
leurs 1 fr . 50 

PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE LA LANGUE ARABE, ouvrage 

théorique et pratique, contenant les règles et les faits les plus 

téristiques de la lecture, de l'écriture, du langage, delà 

grammaire et de la métrique.— I vol. in-18 cartonné S fr. 

Juyû\ ^sh 3 IJLkJI jW 

ANTHOLOGIE ARABE ÉLÉMENTAIRE, choix de maximes et de 

ia plupart inédits, accompagnés d'un Vocabulaire 

■ -français, à l'usage des Lycées et îles licol es primaires supé- 

l' Algérie. — 1 fort vol. in 18, orné d'un joli titre arabe, 

eurs 5 fr. 

(On - iiption de S. E. M. le Ministre de la guerre) 



ELEMENTS DE CALLIGRAPHIE ORIENTALE, comprenant 34 

modèles d'écriture arabe, orientale et harbaresque : 17 barbares- 

ques Algérie, Tunis), et 17 orientaux (Egypte, Turquie, 

- rie, etc. avec une introduction explicative. — 1 cahier 

Qg, dans nu carton 3 fr. 50 




r y a 



1MP . JOTfRDAN, ALGER 



\ 



COURS 

PRATIQUE ET THÉORIQUE 

DE 

LANGUE ARABE 

RENFERMANT 

LES PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA LECTURE, DE LA GRAMMAIRE ET DU STYLE 

Ainsi que les Éléments de la Prosodie 
ACCOMPAGNÉ 

D'UN TRAITÉ DU LANGAGE ARABE USUEL 

Et de ses Hivers Dialectes en Algérie 



L.-J. BRESNIER 

L'UN DES DI8CIPLES DE SILVESTRE M - 



Deuxième Edition 



VLGER 
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE ADOLPHE JOl RDAN 

IMPRIMEUR-LIBRAIRE DE t/UNIVERSITI D'ALi 

Place du Gouvernement 
1915 




PRÉFACE DE L'ÉDITEUR 



En présentant au public une deuxième «'dit ion du 
Cours pratique et théorique de Langue irabe, par 
Bresmei;, j'éprouve le besoin d'expliquer le but que je 
poursuis. Je n'ai nullement l'intention, ainsi qu'on 
pourrait le croire, d'opposer cette méthode ;'i celle 
actuellement en usage pour l'enseignement de l'Arabe. 
Je ne cherche pas à la ( lui substituer. La discussion des 
doctrines et des méthodes d'enseignemeni ne sonl pas 
de mon ressort; mon métier est d'éditer et je in'\ 
confine. 

Des conversations diverses que j'ai entendues, nu 
fait ressort saillant: Bresnier est un maître autorise 
devant lequel tous les arabisants s'inclinent respe 
tueux, louant sa méthode. Elle constitue, à proprement 
parler, un véritable monument dont personne ne songe 
à contester l'autorité. Convaincu de cette vérité que 



\ i imÉFACE i>i i.'ii'i l' i : i i ; 

j'expose ici sans phrases e1 afin de conserver intact 
ce tnonumenl >•! il<" le transmettre à la postérité, j'en 

ai l.iil une deuxiè idition absolumenl conforme à 

l'originale. Les arabisants, je l'espère, me sauront gré 
de in.i bonne volonté, et le public réservera un accueil 
toul particulier i\ la Méthode du Maître, qui se trouve 
ainsi rajeunie et, partant, d'un usage [»1 lis agréable. 

\i.rn phe JOURDAN. 



A 
Monsieur le Général E. DAUMAS 



Mon Général, 

Les Lettres Orientales, et surtout les Etudes et les 
Lettres Arabes, appelées à un brillant avenir en Ylgérie, 
se souviendront que vous leur ave: accordé un appui 
constant et une protection active et éclairée. 

J'ose donc, en leur nom bien plus qu'au mien, vous 
dédier ce Livre, qui doit en grande partie son existence 
à vos encouragements et à vos consolations. 

Que cet ouvrage témoigne, pour le présent et pour 
l'avenir, d'un important service rendu par vous encore 
au pays et à la science, et de la gratitude personnelle de 
V Auteur. 

L.-J. BRESNIER. 



AVANT- PROPOS 

DE LA PREMIÈRE ÉDITION 



L n des plus beaux résultats de la conquête et de 
l'organisation de l'Algérie par la France, esl l'exten- 
sion et l'éclaircissement d'un grand nombre d'idées 
que nous ne comprenons chez nous qu'au point de 
vue exclusif et tranchant des théories et des systèmes, 
qui nous laissent bien souvent inhabiles devanl lin 
gence spontanée de leur application. 

Ges idées et leurs théories même prennenl au foyer 
ardent d'une civilisation qui se crée, un caractère posi- 
tif et générateur que l'éloignemenl des faits oe leur 
permet que rarement d'atteindre en Europe. On ae &i 
borne pas, dans notre belle conquête, à de savantes 
combinaisons, à d'ingénieuses hypothèses, à de subtils 
arguments, car tout doit \ être éprouvé au creuset de 
l'application ; on y apprend aussi à lire dans le livre 
immense et sublime de- faits primordiaux : on y 
acquiert, par l'usage et l'observation, une connaissance 
positive et directe des choses : on > participe enfin à 
une transformation qui s'opère sur tous les êtreî 
parcourant les degrés d'une longue échelle, depuis 



\ \ VNT l'Itoi-o? 



l'homme du temps cl du pays d'Abraham, jusqu'à 
celui de notre pays el de nos jours; depuis le sol 
primitif el sauvage, jusqu'à celui dont la civilisation a 
complètement changé l'aspect, dont la science et l'in- 
dustrie ont approprié les produits ou la nature souvent 
rebelle, au bien-être moral cl matériel de l'humanité. 
I admirable ci puissante impulsion qui fait mouvoir 
ensemble cl succès tous les agents intellectuels et 
matériels de l'organisation de l'Algérie, est l'œuvre 
d'une administration celle de la Guerre) qui a su, 
dans -a liante intelligence*, ne pas se restreindre aux 
traditions et aux systèmes d'une spécialité, mais conce- 
voir et appliquer des idées en rapporl avec la grandeur 
d'une tâche qui embrasse, suis nulle exclusion, toutes 
les branches quelconques de la civilisation. 

appelé en [836, à coopérer pour une humble part à 
cel immense travail, et chargé, sur la désignation de 
l'illustre de Sac\, d'imprimer une direction à l'étude 
de l'arabe et d'en fonder l'enseignement, nous éprou- 
vâmes par nous-même, (\r* notre arrivée, que la science 
théorique seule, quel que soit son degré, est arrêtée 
bientôt par la pratique la pi us restreinte ; nous com- 
prime- sans peine que le travail que nous avions fait 
n'étail que préparatoire, et qu'il nous restait encore 
.1 entreprendre une autre ('Inde non moins étendue 
pom noue que la première, et d'autant plus difficile 
qu'elle ne pouvait -appuyer sur aucune base écrite. 
1 alors que nous aperçûmes le ravin profond qui 
sépare, pour nous autres lettrés européens, les idées 



AVANT-PKOPOS 



purement spéculatives de celles qui onl une application 

directe et précise. Il fallait traverser l'obstacle, el nous 
n'hésitâmes pas à descendre dans le gouffre, et à gra^ ii 
La côte abrupte de l'autre bord, que nous Millions la 
nécessité d'explorer. \.près de longues et minutieus 
observations, nous reconnûmes de part et d'autre 
l'identité du sol, et les points sur lesquels on devait 
établir les premières communications. Non- dûmes 
alors nous efforcer de relier d'une manière solide el 
permanente les idées de la théorie aux faits de la prati- 
que, et jeter un pont sur le vide que le défaut tic 
relations avait laissé se creuser entre les unes et les 
autres. 

Nous publiâmes dans ce but en i846 la première 
édition de cet ouvrage, que l'insuffisance de- ressources 
typographiques nous contraignit à autogiraphier nous- 
mème : c'était une construction provisoire destinée à 
pourvoir aux nécessités du moment ; nous la rétablis- 
sons aujourd'hui sur une plu- grande surface, et sui- 
des bases plus profondes et plu- solides. 

Placé au milieu des faits, appelé à les employer sous 
presque toutes leurs formes autanl qu'à le- analyser el 
les démontrer, nous avons acquis une appréciation qui 
a modifié sur plus d'un point les idées que non- avions 
apportées d'Europe, tout en confirmant l'exactitude 
et l'excellence des principes que nous avons reçus. 
Personne n'ignore que les choses vues de près et à 
loisir, sont autres soin eut que ce qu'elles paraissent 
lorsqu'on les examine à distance ou Les étudie par 
tradition ; on nous pardonnera donc de n'être pas 
toujours d'accord avec les opinions (pie l'on s'est faite 



\\ \\ 1- l'Ilill'IlS 



en Europe, et poui lesquelles nous déclarons professe) 
la plus entière déférence, lors même que l'évidence t\r< 
faits nous oblige à nous en écarter "ii à les contredire. 
Non- n'avons pas hésité à adopter tous 1rs moyens de 
simplification que la pratique jointe à la théorie nous 
.1 présentés pour l'étude, el nous n'avons pas cru, dans 
les as de divergence avec les idées émises jusqu'à 

jour, entrer dans aucun système de réfutation ou 
de controverse. Nous pensons que l'objet de l'étude 
.•-i bien plutôt ici l'a :quisition et l'appréciation exacte 
des faits, que la stérile connaissance i\r> doctrines 
auxquelles il- ont donné lieu, e1 nous marchons direc- 
tement au but sans parcourir le long H tortueux 
chemin que les tradil ions onl marqué. 

L'arabe esl la langue classique des peuples musul 
m, m- : tous l'étudient, le plus grand nombre l'écrivent 
el la parlent, et ses caractères graphiques sont adoptés 
partout où l'Islamisme a porté ses conquêtes. Sa con- 
naissance, comme on voil el comme nous le démon- 
trons dans ce livre, peul favoriser les relations avec 
de nombreuses populations séparées par de vastes 
espaces, et elle a puni- nous en Algérie une importance 
politique el administrative tojite spéciale. D'un autre 
les événements de notre sièdle font prévoir des 
romunicationsde plus en plus étroites et nécessaires 
l'Orient et avec l'intérieur de l'Afrique, et la 
langue est l'intermédiaire le plus rationnel et le plus 
efficace de toutes les relations. \>r là la nécessité, pour 

présenl comme pour un avenir prochain, d'études 
aies qui doivent seconder les utiles el profondes 

herches de la science, el s'appliquer directement 



AVANT-PROPOS Mil 

en outre aux besoins pratiques "I positifs de l'adminis- 
tration, du commerce et de la civilisation. 

Le sol fécond de notre Algérie, i ù les plantes et les 
hommes peuvent si énergiquemenl croîtbre ''I se déve- 
lopper, peut aussi adniirablemenl se prêter aux exi- 
gences pratiques el théoriques de l'étude, el il est 
appelé à devenir un foyer d'où jaillira plus tard une 
vive lumière sur l'Orient. L 'enseignement le la langue 
et des lettres arabes, s'il est un jour apprécié e1 encou- 
ragé, contribuera de plus en plus aux progrès de uotre 
belle conquête, el initiera directement Les hommes 
studieux et actifs de l'Europe aux relations des peuples 
musulmans, que les livres seuls ne nous (ont qu'im- 
parfaitement ou inexactement connaître. 

D'après tas idées positives qui précèdent, el en tenant 
compte des besoins du momenl el des prévisions de 
l'avenir, on peut facilement concevoir que l'étude et 
l'enseignement de l'arabe ne peuvent se restreindre, 
comme le croienl certaines spécialités, à la connais 
sanee exclusive de la grammaire, aux seules parfcicul i 
rites de la concorda noe des mots. S'il esl indispensable 
de recourir à ces moyens élémentaires, il- ne peuvent 
être un but efficace el sérieux, el uous eussions retiré' 
nous-mème peu d'avantage du profond savoir de nos 
illustres et vénérés professeurs, s'ils ne nous eussenl 
enseigné autre chose que les règles gramimatii 
des langues de l'Orient . 

Les étude- arabes en Ugérie doivent non seulement 
embrasser, comme en Europe, le- connaissances néi 
saires aux recherches de la philologie • •! de la sci< 
historique et littéraire, mais procurer en outre le- 



AVANT- PROl'OS 



mu yens de comprendre el de communiquer rietteimenl 
.t spontanément, par la parole e1 1rs écrits, toutes les 
formes de la pensée : les circonstances de l'époque et 
de la localité dous offrent cet immense avantage, c'est 
aux .--prit- laborieux à en profiter. Ci' nV-i pas assez 
pour nous de déchiffrer avec un pénible labeur quel- 
ques ouvrages manuscrits se rapportant à un ordre 
onscril d'idées: de favorables conjectures nous 
permettent ici de m us familiariser avec Ions les textes 
que la science et la pratique offrenl à nos investigations 
dire tes, <•! de seconder I administration dan- les nom- 
breux détails de -on œuvre organisatrice. 

-\ pour préparer ce résultat que nous publions 
cel ouvrage. On peut le regarder, d'une part, comme 
l'exposé ulémentaire de- principes et tics faits de la 
langue arabe, et de l'autre comme l'introduction des 
étudiants an sein du trésor inépuisable, mais un peu 
confus par -on abondance même, de l'admirable 
Grammaire de Silvestre de Sacy. Non- connaissons la 
faiblesse de m - moyens ci l'étendue de noire tâche, 
mai- notre mission esl de l'entreprendre avec courage, 
quel qu'en sodl le succès. Il faut, pour la première foi-. 
réunir la pratique h la théorie, qui doivent se déve 
lopper l'une par l'autre : il t'anl tracer à toul prix, en 
franchissant ou renversa'nl les obstacles, des voies di- 
tes au milieu de- champs encore inconnus poui 
non- t\r l'application. 

Poui marcher vers notre but, nous avons^exposé en 

li-iincl ri avec des numéros indicateurs, les 

b.i- et les principes réels ci peu nombreux sur lesquels 

la langue arabe, et nous avons développé 



\\ w r-pnopos 



ces lois et ces principes par des démonstrations i 
exemples servant à en préciser la nature el l'applica- 
tion. Loin de chercher à multiplier 1rs règles, comme 
on l'a fait jusqu'à ce jour, non- avons posé nettement 
quelques principes rigoureux, qud épargnenl à l'étu- 
diant les embarras inextricables du système confus et 
anti-synthétique (\<-> Irabes, que l'on suit scrupuleu 
sèment en Europe, el où l'on répète successivement, 
avec quelques variétés de formes, les idées émises par 
les premiers grammairiens. Non- avons mi- dans notre 
travail une grande quantité de textes, la plupart marius 
crits, représentant toute espèce d'écriture et de style, 
et s'appliquanf à ton- les points principaux de la 
littérature et de la pratique usuelle. On nous -aura 
gré peut-être de cette innovation nécessaire et de cette 
addition rarement usitée. Non- avons pensé que pour 
enseigner el apprendre avec fruit, il ne faut pas se 
restreindre à l'abstraction de- principes et à la rigidité 
inflexible de- systèmes, qui forment trop souvenl à 
eux seuls ce qu'où nomme la science, mais qu'il faul 
aussi présenter et étudier la réalite de- fait-, l'on- les 
hommes pratiques approuveront notre parti, et nou- 
nous inclinons devanl l'opinion des autres. Nous ne 
devons pas dissimuler que cel ouvrage n'est pas écrit 
seulement pour ceux qui se bornent à apprendre, il 
s'adresse aussi el surtout à ceux-là qui veulenl savoir. 

L'exécution matérielle de ce livre dépasse un peu 
les bornes ordinaires de l'impression en Europe : elle 
a présenté quelques difficultés résultant de lu nature du 
travail et surtout de l'exiguïté de- ressources de la 



\\ \\ I PliUl't)^ 



localité; mais elle .1 pu être accomplie grâce à deux 
llents artistes, MM. ( !h. Pob im \\\, 
lithographe, el \. Ducuvri \i . typographe arabe, qui 
ont compris el secondé le tiravaitl de l'Auteur, et sup 
pléé, avec une intelligence et u<ne habileté remarqua- 
.111 défaut des moyens industriels donl l'Algérie 
n.'esl pas énc< >re suffisamment poun ue. 

. juillet 



Préface de la Première Édition 



Le but que je me suis proposé dan- li présent ou- 
vrage est d'offrir aux nombreuses personnes qui entre- 
prennent en Algérie l'étude de l'arabe, l'ensemble dés 
faits principaux qui se rencontrenl le plus habituelle- 
ment dans la pratique; d'en exposer la cause, la liaison 
et 1rs conséquences, afin de faciliter e1 étendre les 
moyens de communication par la parole et les écrits. 

Je dois faire obsen er aux personnes qui commencent . 
que dan- l'étude l'une langue parlée, la mémoire doit, 
autant que possible, acquérir un grand nombre de faits 
avant que le jugement se nielle à les apprécier. L'usage 
d'un livre, dans cette étude, ne peut avoir pour résul- 
tat que de faciliter l'appréciai ion de ce qui nous frappe, 
et diriger l'application de ce que notre mémoire pos- 
sède. Pour éviter à chacun plus d'un mécompte, qu'on 
me permette d'entrer à cet égard dan- quelques déve- 
loppements. 

La pratique, je \en\ dire l'usage oral d'une langue, 
dépend des conditions suivantes : — i" Exercice de 
l'oreille, qui doit être habituée à distinguer ci à saisir 
instantanément tous les mots; — •>" aptitude de la 
mémoire à présenter spontanément à la pensée les idées 
des mr4s que l'oreille perçoit, et le- mot- des idées que 
l'on veut exprimer; — 3° Exercice de- organes le I' 
prononciation, qui doit transmettre distinctement les 



- articulations conformément aux usages éta- 
i Habitude et intelligence de la construction 

- mots, et de la forme que revêtent les idées. 

<>n nçoit qu'un livre, dont l'influence s'exerce 

d'une manière toute spéciale sur le jugement, ne peut 

: nn i à la mémoire, à l'oreille e1 à la prononciation, 

\ rcice suffisant, ai la spontanéité d'action indis- 

nsables à l'intelligence el à l'usage de la parole. Pour 

arrivei à bien parler une langue, il faut, de toute né- 

— itr. établir avec le peuple qui l'emploie un contact 
immédiat, soutenu pendant un temps assez long pour 
que I 'S organes de l'ouïe, *de la mémoire el de la pro- 

n 'iation, se plient sans efforl e1 d'une manière toute 

burelle aux nouvelles habitudes qu'on vent leur faire 
ontracter. 

( n-' grammaire d'une langue étrangère doit donc 

uniquement secondeT la pratique H indiquer l'appxé; 

•iation ri la classification dc> mots <'t des idées, en s'ap- 

puyant sur le- données d'une éducation commune à 

eux auxquels • \\r es1 destinée. Elle suppose tout natu- 

lement cette éducation première acquise, car elle ne 
peut pr< - !» - 1 par la comparaison des idées et des 

mes nouvelles, à des idées et de- formes positive- 
ment établies et ennui;--. 

Dans l'étude de la littérature d'une langue, l'action ne 

rtant que sur des écrits, la mémoire ne doit que rappe- 
ler I'- -''ii- des mots qu'on a sous les yeux, et l'oreille 
ni li pi- nonciation n'ont pas rigoureusement besoin 
d'être exercées. Le raisonnement, alors, agit presque 
: s'appuie -m un texte qui n'a pas la mobilité de 
■i parole, et qu'on peul analyser dans ses moindres dé- 
n- rien perdre de son ensemble. L'étude litté- 
raire doil se faire dans La solitude et le recueillement, 



DE LA PREMIERE 1 mi [( <\ 



tandis que celle qui a pour objel la conversation, ne 
peut s'accomplir qu'au milieu des individus, des fa 
milles el des populations. 

Les observations qui précèdent se résument par cel 
axiome, que je livre à l'examen des esprits réfléchis : 
on n'acquiert la pratique du langage des hommes 
qu'avec les hommes, et l'intelligence des écrits qu'avec 
les écrits. 

Bien que la connaissance de la littérature d'une lan- 
gue ne soit pas indispensable pour la prati pie de cette 
langue, dans la limite des idées communes, il n'en esl 
pas moins vrai qu'elle est un puissant auxiliaire, el 
qu'elle élargit de beaucoup le renie des expressions t 
des idées. Réciproquement, la pratique esl un avantage 
fort précieux pour l'étude de la littérature : on peut ju- 
ger de cela par le secours que nous retirons de l'usage 
de notre langue française pour l'intelligence de nos 
ouvrages littéraires, et par l'influence de :eux ci sur le 
style de la onversation, Je dois ajouter que la relation 
de la littérature d'un peuple ;"i la langue ^ ulgaire esl en 
raison directe de l'éducation générale de ce peuple : plus 
les niasses sont instruites, plus l'expression vulgaire 
ou familière se confond avec l'expression littéraire, 
parce qu'une instruction commune ramène chacun à 
des bases uniformes; au contraire, plus les masses sonl 
ignorantes, plus elles introduisent d'altérations dans le 
langage ordinaire, et plus alors ce langage s'éloigne <i 
la correction des écrits. 

Ma pensée unique a été d'être utile: mon désir esl de 
resserrer les lien* qui m'a-ttachenl à !" Algérie. 

Septembre 1846. 



INTRODUCTION 

A L'ÉTUDE DE LA LANGUE ARABE 



OBSEPA \Tlo.\S IMPORTANTES 

/. pratique orale d'un,' langue quelconque s'acquiert 
d'abord pur l'oreille et non par les livres : ceux-ci la 
dn ■ icpp- : /. mais ne In créent jamais. 

.1 _;i •; si cette idée a déjà été émise. C'esl possible, 
- probable, d'après Térence : « Nullum esl jàm dic- 
tum quod non dictum sil priùs ». Mais il esl bien cer- 
tain que chez nous on en lient raremenl compte dans 
l'étude des langues que l'on veut parler. De ce que nous 
sommes obligés (l'étudier exclusivement par les livres 

les langues ancieiiines, on en c lnraii à torl que les 

langages des peuples doivenl s'apprendre comme la 
lit/bératur non lie langage) des Grecs e1 des Romains. 
Toute- les personnes qui veulenl apprendre à parler 
une langue s'empressenl généralemen»! d'acquérir de 
nombreux volumes, el de fatiguer, en leur particulier, 
leur intelligence, quand elles onl besoin sculememl 
d'exerc r d'abord leur audition, leur attention pi 



"H-l lv\ \ 1 IONS 1MT •!'. I \ N I I - 



el leur faculté de retenir el de prononcer des nu >t < . 
Loin de moi de faire la critique de ce qui est. Je le 
constate simplement; chacun peul L'apprécier. .1»' dois 
seulement indiquer les écueils e1 éviter les déceptions. 

<>u sail forl bien que celui qui marche à un but îe- 
doit pas prendre un chemin qui conduil autre part. 
Parler une langue, el la lire en la comprenant, sont 
deux buts distincts. On parle avec les hommes, on 
Lnavec les livres. 11 ne faut donc pas plus se borne] 
à un livre pour apprendre à parler, qu'au langage pour 
apprendre à lire. — La faculté de parler une langue 
est subordonnée à V audit io'n. (liiez Inu-, lr> |nMq>les. les 
enfants, dès le premier âge excepté ceux qui naissent 
sourds . écoutent les sons qui les frappent, puis 
reent à les répéter, jusqu'à ce qu'ils arrivent à 
parler la langue de ceux qui les ont élevés. Ce n'est 
que lorsqu'ils parlent très-courammen1 qu'on leur 
apprend à lire chez les peuples civilisés, et qu'on 
Leur enseigne les théories grammaticales, qui trouvent 
alors une application positive et réelle dans les faits 

quis pai la pratique. 

I .i pratique, ou le fait, doit donc essentiellement 
précéder des théories qui n'en sont que L'appréciation 
ou la classifi :ation, et qui ont pour but de faire tirer 
d'une chose connue, Le parti le |»lus avantageux et le 
plus rationne 1 ] possible. 

Par tous ces motifs, que l'observation et l'expérdence 
indiquent, il faut conclure qu'une théorie, et, pour 
renfermer dans notre sujet, qu'une grammaire 
ne peut utilement expliquer que des faits déjà acquis. 
■ Chercher dans un livre la prononciation indispen- 
sable des -on- ■■! des articulations d'une langue, expri- 



OBSER> VI [( >XS I M !'■ >K'l Wll- 



mes conventionnellement paT L'écriture, el qui ne peu- 
vent être saisi- que par l'oreille seule, c'est s'expos ; 
à de vagues conjectures, à de fausses analogies; s'est 
perdre du temps, et retarder, sinon compromettre, le 
résultat que l'on veut obtenir. 

Les mots et les locutions principales qui doivent, 
dans le langage, présenter instantanément l'idée qu'ils 
expriment, sans qu'il soil besoin, pour les compren- 
dre, de déductions grammaticales, doivenl être acquis 
également par l'oreille, non par 1rs yeux ou par I 
sonnement. Oui d'entre nous, quand il parle, m' pré i 
cupe des parties du discours qu'il emploie, de- figures 
de rhétorique dont il se sert, ou de la forme de son 
argumentation? Comment pourrait-on s'exprimer, 
comment pourrait-on comprendre le- autres, si ohaqu< 
mot prononcé ou entendu devait être l'objel d'un exa 
mt'ii théorique? 

Les observations qui précèdent se résumenl di ne i 
ceci, qu'en commençant l'étude d'un langage, — il 
faut se borner, somme théorie, au\ bases le- plus sim 
pies et les plus indispensables; — se li\ rer ensuit 
courage à l'observation et à l'acquisition de- lui- m 
milieu des faits eux-mêmes, — puis revenir plus I ird 
mais alors par l'étude, à l'appréciation el au classement 
de ce que la mémoire a acquis sans l'approfondir. 

J'insiste sur ce plan, parce que dans ma pratique de 
l'enseignement de l'arabe, j'ai toujours constaté qu 
beaucoup de personnes, par timidité ou par d'autres 
causes, s'abstenaient de 1 1 .'•< j m-iiter le- Indigènes et se 
bornaient à travailler exclusivement avec les Livres 
elles arrivaient, il est vrai, à apprécier ce [u'elles pou 
vaient lire, mai- elles ne pouvaient, même au bout d 
plusieurs année-, s'exprimer qu'avec difficulté et Len- 



i IBS1 i^ \ l IONS IMPOB 1 W I ES 



tour, el ne saisissaient que d'une manière tout-à-fait 
insuffisante le discours oral. Qr, pour boul Langage 
que l'on veul apprendre, c'est la faculté de saisir ins- 
tantanément les -"ii- avec les idées qu'ils expriment 
qu'il l'.iul développer d'abord: les moyens d'analyse 
el de lassification ne peuvent avoir d'autre but que 
d'étendre et faciliter la pratique acquise, ri ne doivent 
uper qu'en second lieu. 

Pour corroborer ce qui précède, je dois dire, comme 
fait, que les pcrsi nnes qui ont appris le plus lot à 
parler l'arabe, sont celles qui se sont mises le plus 
franchcmenl à la pratique; que d'autres, s'appuyanl 
\ ln-i\ iiiiriit sur des études par les livres, quoique 
mdées souvent par un juigemenl liés développé, 
h'miiI presque rien tiré, pour la pratique orale, des 
I héories qui les i\ aienl abs^ irbées. 

Les populations arabes, eu général, étant fort igno- 
rantes, par leur misère d'abord, ri ensuite par l'ex- 
trême difficulté de l'étude cl de l'application de leur 
idiome, le langage usuel des diverses régions est sou- 
mis à bien des variétés, soil de prononciation, soil de 
dénomination des idées el des choses, qui oui souvent 
pour principales causes des influences de localité ou 
d'individus. Ces différences constituent les diailectes 
arabes, dont le mécanisme grammatical est uniforme 
partout, ei n'esl autre que la restrictif n aux plus indis- 
pensables besoins de la pensée, du mécanisme générai) 
de la langue. 

dialectes -mil à la langue arabe ce que le lan- 
ge des gens -au- instruction des diverses provinces 

li. esl à notre langue. Formés d'altérations, 

il- ne s'enseignent mille part; il- se transmettent par 



OBSI ;n\ \TIi>\- IMI'UH I \M F> 



le contact, et ce n'est que par la fréquentation qu'on 
peut les acquérir. Comme ils ne sonl appuyés que sur 
la routine livrée aux incertitudes e1 aux hésitations de 
l'ignorance, ils n'ont pas de principes fixes, ils ne 
représentent pas ces conventions universelles d'un.' 
nation, qui attachenl invariablement une signification 
précise à un mot, à une locution, à une particularité 
d'orthographe ou de prononciation. C'est pourquoi 
personne n'écrit avec intention, mais seulement par 
impuissance de mieux faire, dans un dialecte arabe, 
pas plus que Ton ne rédige chez nous dans le style 
des paysans ou i\r< lusses inférieures des populations 
ilt n;is villes. Lorsque les individus un peu lettrés de 
■es oli - - : ivent, ils le font sans logique, sans ortho- 
graphe, sans régularité, et ils sentent tellement l'im- 
perfection de leur style, qu'ils cherchent ordinaire- 
ment à le relever par des expressions prétentieuses, 
quelquefois, comme lie/, non-, fort plaisammenl 
appliquées. 

Tels sont les dialectes arabes, qui n'olïreut rien 
d'analogue à ce qui se rencontre chez bous les peuples 
qui eut une langue et une littérature constituées. 

L'Européen qui apprend l'arabe n'a pas à se préoc- 
cuper de toutes ces différences de dialectes : il doit -■ 
eorner à apprécier les usages du lieu où il se trouve. 
Si l'expression dc< idées et des choses varie souvent, 
les bases sont toujours les mêmes, et celui qui p 
bien un dialecte se mettra, avec un peu d'attention, 
au courant des autres. 

Pour ce qui regarde les écrits, le mode d'étude esl 
différent. Tin texte n'a pas la mobilité fugitive de la 
parole, et peut se soumettre à toutes les conditions de 
l'analyse : il n'a rien à perdre des lenteurs de l'appré- 



«SI RA \ I IONS [MPOB l \n l ES 

dation. - 1»<' plus, quand il esl correcl 0,"il n'exige 
pas absolument la faculté de la prononciation et de la 
pratique orale. C.V>t ainsi que beaucoup d'ouvrages en 
langues étrangères, tanl classiques, qu'orientales el 
européennes, sont très exactement traduits par des 
personnes d'un savoir éminent, qud souvenl sont res- 

- étrangères à la prononciation e1 à la pratique de 
ingues, dont elles n'onl pas im urgenl besoin. 

On conçoit, d'après cela, que l'étude des écrits d'une 
langue, exigeant beaucoup de jugement et de 
réflexion, doit être faite dans le sillenoe du cabinet: 
tandis que celle du langage, qui doil rechercher la 
spontanéité, el se garder des retards de la réflexion, 
ne peut se faire utilement qu'au milieu des individus. 

J'ai l'ait souvent remarquer aux personnes qui com- 
mencent l'étude du langage arabe, qu'elles ont à se 
préoccuper particulièrement de comprendre ce qu'el- 
le- entendent; que là est la véritable difficulté. Quant 
à exprimer leurs propres pensées, l'habitude d'enten- 
dre et quelques légers efforts de mémoire leur four- 
niront très facilement des mots et des locutions qui 
s'adapteronl à leurs idées. 11 ne faut pas s'étonner de 
pailei difficilement avant d'agir beaucoup entendu. 

Je fais la même remarque pour le style. Souvent on 
veut rédiger en arabe avant, que la mémoire et l'exj '• 



il Je 'lis quandil est correct, car alors il s'appuie sur des règles 
es; mais quand une lettre, par exemple, est. tracée par quel 
que personne sans instruction, comme cela a lieu, très souvent, ou 
ne ]"•' • ment en i imprendre le style qu'avec la connais- 

sons el du mode <le prononciation de la localité ou 
3 cas, l'orthographe suit La prononciation ou 
■ivain, el La science a grand besoin de la pratique 
expliquer ces altérations, qui ont chez nous-même de 



OBSERA VI [ONS [MPOR1 Ci 1 1 

riencc aient procuré les formules et les mots us 
on arrive ainsi à de très mauvais résultats. On n 
devine pas plus un style qu'un langage étrang 
et l'autre ne sont que lia reproduction servile de sons 
et de tournures d'expressions qui ont frappé déjà notre 
mémoire par nos oreilles ou par nos yeux, el dont 
nous avons saisi le mode de combinais m. Pour pab 
ler, même en notre langue, il faut nécessairement 
avoir beaucoup entendu parier: et pour É< rire, il faut 
avoir beaucoup lu et beaucoup retenu de mémoh 
ne peut faire utilemenl des thèmes qu'après ;i\ 
acquis, par la lecture, le sentimenl du génie d'un 
langue: et celui de l'iarabe est tellement éloigné du 
français, ta<n1 sous le rapport des formes que sous celui 
des idées, qu'il est à peu près impossible de traduire 
fidèlemenl du français en arabe, avec les seules res- 
sources du meilleui dictionnaire I n grand nombre 
de choses, d'ailleurs, sonl intraduisibles, faute d'équi- 
valent dans la pensée de- Indigènes. 

Le mode d'expression et d'écriture de U ute lang le 
est soumi- i les conventions ou règles précises, à l'aide 
desquelles seules on peut déterminer la valeur ou la 
forme des mots. C'est ce qu'on nomme la grammaire 
et l'orthographe. 

L'orthographe est et doit être plu- rigoureuse que la 
prononciation. Les erreurs de celle-ci sonl facHern 
relevées dans le dialogue; le- fautes de celle là p 
vent compromettre le sens. La grammaire et l'ortho 
graphe sont à une langue ce que la discipline et 1 uni- 
forme sont à une armée. San- elles il > aurail une 
confusion inextricable. Voilà pourquoi nous sommes 
obligés d'étudier même }■'- règles de notre propre lan 
gue. et d'apprécier le- causes étynu logiqui - 



12 5EHVATK »NS IMPOB rASTES 

1 1 1 . 1 1 i < al. •> qui en dirigenl le plus ordinairement l'or- 
thographe. 

Si ette étude mais esl nécessaire pour lire et pour 
écrire en français, c'est-à-dire en notre langue, on ne 
peut rationnellement la regarder comme inutile pour 
lire cl pour écrire dans la langue arabe, fort différente 
de la nôtre, H dont le système d'écriture, très-Ampar 
l'ail, a toujours l>rs<>in du jugement cl de la science du 
le teur pour être complété. 

lai- effet, autant en français on évite, avec le soin le 
plu- minutieux, tout ce qui pourrait amener la moin 
dre hésitation, autant en, arabe un néglige toul ce qui 
peut rendre, non-seulement facile, mais mémo pos- 
sible, la lecture courante à première vue. 

Si l'on pouvail supposer qu'une pensée d'ensemble 
eût présidé à la formation de notre système graphique 
actuel el de celui t\i'.< arabes, on devrait admettre que 
lie/ nous on s'esl tellemenl méfié de l'intelligence du 
lecteur, qu'on lui a réglé jusqu'au temps de sa respi- 
ration; tandis que les Vrabes sembleraient avoir eu une 
idée -i haute de la sagacité e1 de la scie ice de celui qui 
lit, qu'ils eussenl pensé lui faire injure en lui mettant 
sous les yeux autre chose que la charpente ou la sténo- 
graphie des mots qu'on lui soumel . 

En arabe on n'écril presque jamais les voyelles, les 
mots ne sorti jamais séparés, les points <pii distinguent 
certaines lettres entre elles sonl assez souvent omis, 
fréquemment mal placés; les caractères souvent m .1 
formés; il n> a poinl de ponctuation, point de majus- 
ulcs, poinl d'alinéas el l'on est forcé de subir les 
inconvénients de ce chaos, où l'on ne peut se guider 
que par l'étude, l'analyse et l'habitude. 

.le me suis expliqué ailleurs sur les graves incon 



0BS1 |;\ \ | [| .\- [MPORTAÎSTES 

vénients de ce système graphique forl répandu en 
Asie el en Afrique, qui empêche, chez les Vrabes sur 
tout, la communicati< n rapide de la pensée, el ue peul 
être à la portée du grand nombre. Cette imperfection, 
qui en es1 une cause fréquente, pour les Arabes aussi 
bien que pour les Européens, soil de fâcheux contre- 
sens, soit de l'inintelligence complète dr> textes, expli- 
que la nécessité pour l'arabe, encore plus que poui nos 
langues d'Europe, d'éléments solides de grammaire 

Heureusement que si le mode de l'écriture es1 déplo- 
rable, au point de vue du résultat, tes principes de la 
langue sont d'une admirable régularité : ils reposent 
sur des Wascs très-peu nombreuses, et d'une applica 
tion constante el fort étendue. San- relie régularité, il 
fût devenu à peu près impossible de comprendre les 
moindres écrits, taudis qu'il suffit pour saisir Je style 
arabe, avec Les moyens actuels, d'une attention cons 
tamment soutenue et d'une analyse minutieuse et 
rapide, donl la connaissance exacte de- \'< rmes des 
mots fournit les moyens. 

L'art de l'imprimerie n'est pas usité par le- arabes; 
tous les écrits sont Irait'-- à la main. H esl donc indis- 
pensable de se familiariser avec les imperfections de 
l'écriture des Indigènes, qui, en Vlgérde, offre rare- 
ment des traces de l'art calligraphique, -i brillant 
encore (lie/ le- Orientaux. Comme il ne s'agit pas, 
quand on étudie, de réformer ce qui existe, mais île 
l'accepter et de se mettre à même de le comprendre 
dans l'état où il se trouve, il fini -'exercer le pins pos- 
sible à nv< nnaître le- lettres qui composent les mots 
arabes, malgré leurs irrégularités par rapport au type 
commun. Nos caractères d'imprimerie, qui -"ni natu- 
rellement plus facile- à distinguer pour nous 



1 ' ( BSERVATIONS IMPORTANTES 

très-loin de donner une idée suffisante de l'écriture 
• ursive, et ne peuvenl dispenser de s'exercer à lire el 
e s é c ri ts . 

Il \ a lieu i i de faire une remarque qui s'applique 
à l'écriture rapide de toutes les langues: c'est qu'il 
est bon, pour lin' toute écriture courante, de com- 
prendre à peu près ce qu'on lit, el de n'être pas exclu 
sivement à la merci de la forme plus ou moins incor 
reetc des lettres. On conçoil sans peine que ce n'esl 
[ue par une longue habitude que l'on parvient à ce 
i ésultat. 

Je fais observer enfin que, quel que soit le système 
[de suivi, rien ne pétri dispenser celui quii étudie 
du travail assidu, de la pratique el de L'observation per- 
sonnelles, e1 qu'il esl impossible d'abréger le temps 
que les facultés de chacun exigcnl pour qu'il puisse 
apprécier un fait, ou comprendre et appliquer une 
rie. - - Beaucoup île personnes demandent si tel 
laps de temps leur suffira, six mois ou un an, par 
exemple, en travaillant une heure pai jour, pour par- 
ler arabe. On peut leur répondre qu'elles ont passé 
bien des années avanl ^\r parler el d'écrire convenable- 
menl leur langue, et qu'en tenant compte du dévelop 
peinent que leurs facultés ont pu acquérir, il y a lieu 
de penser qu'un idiome où presque rien de ce qu'elles 
pratiquent ne peut leur servir, où les idées sont diffé- 
rentes, puisqu'elles parlent d'un ordre moral el social 
bien ïloigné du notre, exigera de leur pari quelque 
persévérance, dan- les conditions même les plus favo- 
; ibles. 

La langue arabe est beaucoup plus homogène que 
la langue française; elle es1 surtout beaucoup plus 
"rigoureuse dans ses principes. La difficulté de l'étude. 



OBSERVATIONS IMPORTANTES 1$ 

l'état 'peu florissant des populations musulmanes 
empêche qu'elle ne soit cultivée par les masses; elle 
est par conséquent souvent mal pratiquée. L'ignorance 
étant générale, le petit nombre des gens instruits se 
conforme, dans le langage, à toutes les altérations 
usitées, et se trouve ainsi entraîné par la routine. Les 
diverses altérations arbitraires que le langage arabe 
subit dans les localités, ont fait affirmer il y a plus 
d'un siècle, aux uns par le défaut de pratique, aux 
autres par le défaut de théorie, qu'il y a une langue 
vulgaire constituée et écrite. C'est à peu près comme 
si un étranger ayant appris notre langue avec les 
livres, et ayant séjourné quelque temps parmi nous, 
déclarait dans son pays, qu'outre un français littéral, 
il existe un français vulgaire régulièrement usité et 
écrit, et donnait comme preuves pratiques et littérai- 
res de son assertion, les locutions provinciales, les 
incorrections du langage de la populace et les irrégu- 
larités du style et de l'orthographe des artisans fran- 
çais qui lui ont fourni leur mémoire. La distinction de 
vulgaire et de littérale peut être appliquée à toutes les 
langues, dont les règles sont mal observées par les 
gens sans instruction. Quelques personnes affirment 
aussi, sur leur autorité, que, dans les écrits, ce qui 
n'est pas ponctué est en arabe vulgaire, et ce qui est 
accompagné de tous les signes est en arabe littéral. 
C'est'un défaut complet d'appréciation des bases de la 
langue, pour laquelle la présence ou l'absence des 
signes n'est qu'un détail graphique. Il n'y a qu'un 
style bien ou mal rédigé, bien ou mal orthographié, 
comme cela a lieu en français et en bien d'autres lan- 
gues. Quant au langage, il est soumis à beaucoup d'in- 
fluences de localités ou d'individus. 



jli >>H-l RA \ i IONS iMl'ciii rANTES 

IVI est Lel il exacl de La langue arabe. Si Le tableau, 
quoique fidèle, en paraîl peu flatté, c'est que nous 
pensons qu'il est utile de donner enfin une idée nette 
el positive d'une question qui a été el qui est encore si 
diversement el si inexactemenl appréciée. Nos obseï 
\,iii'ii- tendent à faire bien comprendre La marche à 
suivre dans L'étude et dans L'application de la langue 
arabe, - >us le double rapporl il<- La parole el de l'écri- 
ture, el à épargner aux personnes laborieuses qui l'en 
treprennent, une fausse direction dans L'étude, une 
|. rtede temps considérable, <•! La déception de l'in- 
-ii ;i es. 



PLAN D'ETUDE 



MODE DE PRATIQUE ORALE 

L'étude pratique élémentaire du langage arabe, est 
très simple, elle doit se borner, au début : 

i° A la connaissance des caractères de l'alphabet, 
principalement comme base de prononciation. Il faut 
s'exercer beaucoup à prononcer les lettres et les mots 
principaux avec des Indigènes; 

2° A retenir dans la mémoire les pronoms person- 
nels affixes qui, joints aux noms, représentent l'idée 
possessive exprimée en français par : son, sa, ses, etc.; 

3° A apprendre les deux temps ou modes dont se 
compose l'unique conjugaison de la langue arabe; 

\° A se familiariser le plus tôt possible avec les 
mots et les locutions qui expriment les idées les plus 
usuelles et les plus fréquentes, à les écrire, et à 
employer tous les autres moyens propres à les fixer 
dans la mémoire; 

5° A fréquenter le plus que l'on peut les Indigènes, 
et à les écouter attentivement parler. 

Ces premières difficultés \aincues, on pourra s'oc- 
cuper utilement des développements renfermés dans 
le deuxième livre de cet ouvrage. 



]s il \n i>7 i i DE 

éti ni: DES ÉCRITS 

L'étude élémentaire des écrits doil consister, 
d'abi ud : 

i \ se rendre compte de la forme el du tracé des 
telles à la main; 

\ apprécier le système de la lecture des textes, 
avec h us les signes <|ui complètent l'alphabet; 

< A apprendre df mémoire le prétéril el l'aoriste 
du verbe, qui sonl la base de la conjugaison; 

i \ apprendre, égalemenl de mémoire, les dix pre- 
mières formes du verbe dérivé; 

\ apprendre la déclinaison et les notions élémen- 
taires de l'emploi des cas. 

Il faut, en outre, s'exercer à lire d'abord exclusive 
menl des textes accompagnés des voyelles el des signes 
omplémentaires, le Coran, par exemple, à s'en rendre 
ompte, de manière à arriver gradueJlemenl à déchif- 
frer !'■- écrits qui ne portenl aUcun si^-ur. 

Il ne faut pas perdre île vue que la présence o<U 
l'absence des voyelles sur un texte n'en doil modifier 
aucunement la lecture, «'l qu'il est d'usage en arabe de 
n- pas mettre les voyelles H les signes complémen- 
taires de l'alphabet. Toul lecteur es1 supposé assez 
instruil pour lire et comprendre exactement sans ces 
indications, H par conséquent nul écrivain n'esl 
.t-i i 'int a h :s empl» >\ er. 



Cours Pratique et Théorique 

de Langue arabe 

LIVRE PREMIER 

NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA PRATIQUE ORALE 



CHAPITRE PREMIER 
DE LA FIGURE ET DE LA PRONONCIATION 

DES C \i: \< TÈRES 

Les caractères arabes sont au nombre de vingt-huit, 
ou vingt-neuf suivant certaine appréciation. Les uns 
ont des équivalents exacts parmi les lettres de notre 
alphabet; d'autres ont des analogues plus ou moins 
éloignés; quelques-uns enfin représentent des articu- 
lations qui nous sont totalement inconnues. 

On conçoit, d'après cela, que la prononciation d'un 
grand nombre de ces caractères ne peut être exacte- 
ment rendue par nos lettres, qui ne reproduisent, pour 
nous, que les sons et les articulations de notre langue. 
Comme l'alphabet est la base théorique la plus simple 
sur laquelle on puisse acquérir les éléments de la 
prononciation d'une langue, il faut faire, poui l'arabe, 
ce que nous avons fait pour le français : apprendre, 
avec des Indigènes, le nom et la râleur des lettres, sur la 
figure de chacune d'elle. 

Il n'est pas inutile d'observer ici que dans tous les 
alphabets, la valeur de chaque caractère est exprimée 
ordinairement par le premier son ou la première 



COURS 

articulation de son nom. L'appréciation exacte de la 
prononciation en arabe du nom des lettres ci-après en 
déterminera donc la valeur. 

\i l'IIABET 

Le nom el la valeur des caractères arabes ont été 
indiqués aussi exactemenl que la valeur attribuée à nos 
lettres l'a permis. Pour ce qui est marqué d'une *, on 
devra consulter les Indigènes. 



Mi\| 



FORME 


VALEUR 


\ 


a , ê Longs, 




i e i o brefs 


— ' 


b 


— ' 


t 


^_, 




c 


dj 


C 




<_ 




. 


d 


: 






« 


> 


r 


i 


z 


t 




-- 




_j_JT 


k 


-' 


1 



NOM 


FORME 


VALEUR 


Mîm. 


-> 

\ 


m 


Noûn. 




n 


» Sàd. 


U° 




* Dâd. 


o° 




Aïn. 


C 




Raïn. 


c 


r parisien. 


Fâ. 




f 


' Kaf. • 


w : 


souv. g dur. 


Sîn. 


LT 


s, ç 


Chîn. 


<J* 


ch 


Hâ. 


5 


)i 


Ouâou. 


• 3 


ou 


Va. 


^C 


y, i 


Ilamza. 


£ 





DE LANGUE ARABE 21 

REMAR'.'T ES -i B L'ALPHABET 

Dans la ville d'Alger, le •— ' se prononce Isa. 

Le 3 est souvent prononcé comme le -, surtout à 
Alger. 

Le j , qui a pour équivalent notre r, mais non 
grasseyé, est très difficile à prononcer pour la plupart 
des Français. Les personnes qui grasseyent arrivent 
presque toujours à prononcer exactement les lettres 
qui nous sont étrangères, avant d'articuler convena- 
blement le j : tant il est difficile de perdre une habi- 
tude prise. 

Le !» est souvent confondu avec le j*. 

Le v, 3 est prononcé par les Arabes comme notre g 

dur. 

Le s équivaudrait bien à notre h, si celui-ci était 
pour nous aujourd'hui autre chose qu'une lettre muette 
et purement orthographique. C'est encore une lettre 
à écouter prononcer. 

A la fin d'un mot, cette lettre port'' souvent deux 
points ». C'est alors un / toujours précédé d'un a ou 
d'un c bref, et qui se prononce al ou et s'il est en 
liaison avec le premier son du mot qui suit, on a 
seulement s'il ne se lie pas. C'est ainsi qu'on dit en 
français : état, résultai, chat, sans prononcer le t, sauf 
dans le cas de liaison avec la première lettre du mot 
qui suit: étal ecclésiastique, résultat obtenu, acheter chat 
en poche. 

Le * est en réalité la première lettre de l'alphabet, 
à la place de l' ) , qui est, la plupart du temps, le 
support du <=. L'usage en Algérie le met à la fin de 
l'alphabet comme vingt-neuvième lettre ; je n'ai pas 



site à m'} conformer ici, sa place n'étant d'aucune 
importance dans ces notions de la prononciation. Il 
en sera spécialement question pins lard. 

Il esl d'usage aussi de comprendre dans l'alphabet 
le ^ qui esl la réunion des caractères J et ' ; mais ce 
n'esl qu'une ligature, non une lettre, et, à ce titre, il 
faudrait taire entrer dans l'alphabet tous les groupes 
très nombreux formés par la combinaison des caractères. 

Afin d'éviter toute fausse indication, on s'est abstenu 
d'employer nos lettres dans le tableau précédent pour 
déterminer certaines articulations arabes que l'oreille 
seule peut apprécier exactement, (les articulations. 
inusitées chez nous sont analogues, sauf une pronon- 
ciation un peu plus intense, à d'autres articulations 
représentées dans l'alphabet, el qui ont des équivalents 
en français. La prononciation de ces équivalents peut 
me! lie sur la voie des analogues, avec l'aide de la 
pratique. 

\ oici le tableau de ces analogies : 

[rt tentation s fortes, emphatiques ou gutturales, 
analogues a d'autres articulations faibles 







esl l'articulation faible 


de ? ' 
L 


(s.-uis analogue 
chez, nous) 


— ' 


1 


— 


1 


— 


:> 


1» 


— — 


if 
i 


-• 


- 




_ — — 


Js 


— 


, 


R 


a pour analogue guttural 


r parisien 


- 


l\ 


— — 


\- 


(sans équivalent 
chez nous quand 
il n est pas pro- 
noncé gue . 


u 




est l'articulation faible 


du^-- 


— 


[ 


II 


— — 


z 


— 



DE LANGUE AU \l.l 1- 

Il faut tâcher de se familiariser au plus tôt avec les 
formes de ces caractères, afin de pouvoir se dispenser 
d'employer nos lettres, dont l'usage, très mauvais pour 
la prononciation, doit être complètement proscrit dès 
qu'on peut s'en passer. 



DE LA TRANSCRIPTION DE L'ARARE 

EN GARAC1 ÈRES II! W,: AÏS 

Pour l'étude de la prononciation, aucun système de 
transcription n'est suffisamment exact et est toujours 
dangereux. La forme toute particulière des caractères 
arabes, fort étrange pour nous, peut justifier, dans les 
commencements de l'étude, le secours décevant de la 
transcription en nos caractères. Quoiqu'il y ait au 
moins autant d'inconvénients que d'avantages à céder 
à cette nécessité, nous la subirons quand nous ne 
croirons pas pouvoir l'éviter. 

Bien des systèmes ont été inventés par les Européens 
pour reproduire la prononciation et l'orthographe arabe. 
Il en est de plus compliqués que l'alphabet lui-même, et 
surtout beaucoup moins exacts. Sans entrer ici dans 
aucun détail à cet égard, nous dirons qu'à cause de 
l'impossibilité de représenter aux yeux des sons que 
l'oreille n'a pas encore retenus, le moins défectueux de 
tous les systèmes, et par conséquent celui qui doit être 
préféré, c'est le plus simple, qui reproduit autant que 
possible la prononciation, tout en conservant si on le 
veut toutes les particularités de l'orthographe el les 
traces de l'étymologie. 



Le système adopté par la Commission scientifique de 
l'Algérie remplit ces conditions, etl'on peul l'appliquer 
pour l'impression dans tous les pays. Nous l'emploierons 
dans cet ou\ rage. 

11 repose sur ce principe : 

(i Les caractères arabes ont, pour la plupart, des 
ÊQi [valents ou des analogues en français. » 

Quand un caractère arabe a un équivalent exact en 
français, on le représente par cet équivalent ; 

Quand il n'a qu'un analogue plus ou moins éloigné, 
on le représente par cet .analogue accompagné d'un 
point, d'un accent, d'une marque quelconque, en se 
conformant , pour les ouvrages imprimés, aux ressources 
typographiques de la localité. 

Quand il n'a ni analogue ni équivalent, on le repré- 
sente conventionnellement comme on peut. C'est ainsi 
qu'on a rendu ~ par kii et p. par '. 

Cet accent, cette marque, n'a pas la prétention de 
fixer uni' prononciation que dans toutes les langues les 
caractères ne retracent (pie par convention : il a pour 
but de prévenir le lecteur que la lettre- française qu'il 
accompagne n'a pas exactement en arabe sa propre 
valeur, el qu'elle indique une articulation seulement 
analogue, mais non rigoureusement équivalente à la 
prononciation française représentée. C'est au lecteur à 
apprendre par l'oreille la valeur réelle de la représen- 
tation du caractère arabe, ou mieux du caractère arabe 
lui-même, comme il a appris dans son enfance la 
valeur pour les Français, des lettres A B C D, etc. 

I d'après ce système que les lettres de l'alphabet 



DE LANGl L \RABE 25 

seront rendues dans le présent ouvrage : . Les ana- 
logues seront accompagnés du signe ('). 

Système phonique et orthographique de transcription 
* ! a, i, e, eu, o : z 

^ b •:- ( 

O t *Jb d 

o ts ^r k 

S dj J i 



r h 



L 



in 

îh ., n 



d • -- s 

d •? d 



p 


V 


c 




. - 


f 


^_ : 


k' e 


L'' - 


s, c, ç 


w""' 


ch 


J 


h 


J 


ou 


— 


y. ï. i 






[■ 



La reproduction des sons-voyelles et de leurs nuances, 
lorsqu'elle doit être le plus possible conforme à la 
prononciation, ne peut être soumise à des règles fixes. 



(1) Ce système de transcription, quelque simple qu'il soit, c 
tout autre ailleurs, ne peut être rigoureux qu'au point de vue de 
l'orthographe : quant m la prononciation, qu'il s'agira souvent de 
figurer ici le plus exactement possible, il subira plus d'une modi- 
fication. 

Je ne puis mieux justifier cela que par la comparaison avec des 
faits de notre langue. On écrit en français : monsieur, i 
nous aimons, et l'on prononce : moc mon. La 

valeur particulière de nos caractères subit chez nous même, comme 
on le voit, plus d'un changement. 

Des faits analogues, mais non identiques, ont lieu en arabe, soit 
par des causes d'euphonie, soit par la manière donl telle ou telle 
articulation est rendue en certain''- localités. — Ceci prouve déjà 
combien tout système de transcription est peu fid< îelle 

complication il amène dans l'étude dune langue déjà suffis 
pourvue de difficultés pour nous. 



( lomme le son-voyelle dépend fréquemment de la nature 
des consonnes qu'il sépare, il ne peut être représenté 
d'une manière systématique ; el quelque soin que l'on 
\ apporte, il sera souvent inexact. On ne doit jamais 
attendre une exactitude satisfaisante d'aucun système 
de transcription. 



CHAPITRE II 
DES PRONOMS PERSONNELS 

! i SPÉ< IAJ i Ml :\ l DES PRONOMS \M l\i - 

Un des principaux rouages du mécanisme très simple 
de l'arabe esl l'emploi facile el immédiat des pronoms 
personnels afïîxes avec les noms d'abord, puis avec les 
verbes et les prépositions. 

Il n'y a pas en arabe de pronoms (ou adjectifs) pos- 
sessifs. L'idée de la possession s'exprime par le pronom 
personnel, <pii se place, avec une modification dans sa 
forme primitive, après le nom de la chose possédée. 
Ainsi l'on ne dit pas, comme en français : ma maison, 
mon ihi'fiil, mes fleurs, mais : 

La maison de moi _- ,! - dâr î 

Le cheval de moi — _:: ; : ù aoud î 
Les fleurs de moi S^y nouâr î 

En aucun cas. le pronom ne cesse d'être personnel. 

Le pronom se trouve toujours dans une condition 
d'indépendance ou de dépendance : il est sujet, ou 
régime. 



DE LANGUE Al; \l:i 



En arabe, quand il est sujet, c'est-à-dire quand il ne 
dépend grammaticalement d'aucun agent, il consiste 
en des mots isolés dont voici la liste : 

PRONOMS PERSONNELS SUJETS 

(pronoms ISOLÉS 

Lil ana, je, moi 

wo! i enta, tu, toi, vous (au sing.) masc. 
O^l ) enli, lu, toi, vous 11 ' (ausing.) îém. 

_ ? _a /toMfl, il, lui 

^_> /lit/a, elle 

nous 



ah nâ, 
entoui 
houm, eux, elles 



*_._>' entoum, vous 



(l) Dans les langues, le singulier exprime ordinairement l'unité, 
l'individualité, et le pluriel indique la réunion, la collection. Bien 
que cette maxime grammaticale paraisse absolue au premier 
abord, elle présente, chez différents peuples, d'assez nombreuses 
exceptions. En voici quelques-unes : 

1° Il est d'usage, en français et en anglais, de dire vous en 
s'adressant à une seule personne comme à plusieurs. Le singulier 
tu est rarement employé : c'est une marque de familiarité affec- 
tueuse, ou d'arrogance et de mépris. Vous est donc quelquefois 
singulier par l'usage, quoique pluriel par la grammaire. 

2" En allemand, on emploie, en s'adressant à des personnes d'une 
condition inférieure, le pluriel de la deuxième personne : « wollet 
Ihr, habet lhr », et avec des égaux et des supérieurs, le pluriel de 
la troisième personne : wollen Sie, haben Sie », etc. (O. o. M. 

3° En arabe, on se sert du singulier en s'adressant à une seule 
personne, quelle qu'elle soit, et du pluriel en parlant à plusieurs, 
sans que le singulier et le pluriel expriment autre chu-,- que Le 
nombre. Dans le style seulement, le pluriel s'emploie, en certains 
cas, par une espèce d'emphase, a la place du singulier. 

D'autre part, dans la conversation quelquefois, et dans 1 



29 couiis 

Quelquefois on a jou 1 1* à plusieurs do ces pronoms 
une finale qui n'a d'autre luit que d'en accentuer plus 
sensiblement l'expression. Ainsi l'on prononce souvent: 

anâyâ, je, moi 

'-'-:--' entâyâ, tu, loi, vous (masculin) 

U^j] entinâ, ) 

tu, toi, vous (féminin) 
'_..__«' entiyâ, s 

PRONOMS PERSONNELS RÉGIMES 

(pronom- \l I [XES) 

Le pronom personnel arabe peut, être dans la dépen- 
dance d'un nom ou d'un adjectif pris comme nom, 
d'un verbe ou d'une préposition. Dans tout cas de 
dépendance, il s'exprime par une ou plusieurs lettres, 
qui se placent immédiatement à la fin du mot qui 
régit, et avec lequel elles font corps. C'est ce qui a fait 
donner au pronom, dans celte condition, l'épithète 
à'afjixc. 

Voici le tableau des lettres qui forment le pronom 



souvent, un verbe, un adjectif ou un pronom se met au singulier 
n a \ ec un sujel pluriel. ♦ 
Enfin, si l'on emploie toujours le singulier en parlant a une 
-'finie, on se sert souvent du pluriel en parlant à la 
première personne. < >n dit nous au lieu de moi. 
Il sei de multiplier les observations sur ce sujet. — 

ml a l'emploi affecté du singulier en pa'rlant français a des 
arabes, dans la pei tn inexacte qu'ils nous tutoient, il ne faut 
pas perdre de vue que quand on parle une langue, on doit se 
ormer a son génie : affecter dans sa propre langue une tournure 
étrangère est une, puérilité, et peul devenir quelquefois une 
incon 



DE LANGUE ARABE 2'.) 

affixe, et qui doivent toujours être précédées d'un nom, 
d'un verbe ou d'une préposition. 

TABLEAU DES PRONOMS AFFIXES 

j: — î — de moi 

\jj" — ek — de toi 

3 — ho, oh — de lui 

' La — hà — d'elle 

Lj — nù — de nous 

J> — koum — de vous 

*_> — hou m — d'eux, d'elles 
| 

Il faut observer qu'au pluriel on ne distingue pas le 
masculin du féminin, dans le pronom, dans le verbe et 
très souvent dans l'adjectif. 

Avec les verbes, le pronom affixe de la première 
personne du singulier est ^ ni, et non ^ * seulement, 
comme avec les noms et les prépositions. Cela a pour 
but d'éviter une confusion avec une forme du verbe. 

Pronoms af fixes joints à un nom 
.b dâr maison 

^.b dur/ la maison de moi (ma maison) 

kj/jb dàivA' de vous (sing.) votre... 

».ta dâr/io pu dâro/i — ni<: lui 
l».b dàvlui d'elle, 

U.b dârnd de nous 

»/,b dàrkoum — de vous 



,* a i 



b d&vhoum — d'eux, d'elles 



COI RS 

Lorsqu'on sera arrivé à répéter facilement et sans 
1er ce qui précède, on pourra substituer au mol 
liaison, les mots suivants : 

^i j bîl chambre 

^.'■.-..S 1,1 1 il) livre 

:„^ 'aoud cheval 

j 3j ou//-/ fils, enfant de... 

.■_• i/i'ihl main, bras 

J_x, ridjl pied, jambe 

, i 'dïn œil 

^ h iihib ami 

El successivemenl tous les substantifs que l'on 
apprendra par l'usage, et qu'il sera bon de noter au fur 
el à mesure qu'on les entendra prononcer. 

h- pronom affixe se joinl de la même manière avec 
les prépositions ou les mots qui en tiennent lieu. Ainsi 
l'on dit, par exemple, avec j>_à-s 'and, chez, auprès, 
vers : 

<•(•■ mu! sVni|'l"i<; aussi pjur 

_.. z 'midi chez moi j'ai 

^fSxz 'andEK — loi, vous (sing.) lu as, vous avez 

- 'anduQ — lui il a 

'"/"/ma elle elle a 

-- >ni(ly\ nous nous avons 

andno\ m — vous (pi.) vous avez 

: 'andnovM eux, elles ils ont, ellesont 



DE LANG1 11 VRABE '.',[ 

Comme on le voit, cette expression : chez moi, ruez 
toi, chez lui, etc., est aussi employée avec l'idée de : 
j'ai, tu as, etc. 11 faut bien observer que ce n'est pas 
un verbe. 

On pourra s'exercer sur les prépositions : 



/ 


h, vers 


menn 


de, par 


•util, 'aie 


sur, pour 


fôk' 


au-dessus, sur 


ta ht 


dessous, etc. 



JL^j k'bel, k'abl avant 
j_*_ ; > ba'd après 

^J- avec les alTixes, se prononce : 'alyya, 'alik, 'alvh, etc. 

DE LA PARTICULE ', AVEC LES AFFIXES 

y 

On peut placer ici, comme analogue et indispensable 
à apprendre de mémoire, la particule u. Sans signifi- 
cation particulière, elle s'emploie dans les dialectes 
barbaresques avec les affîxes, et prend pour nous la 
signification du présent du verbe être : je suis, etc. 
Elle détermine le présentou l'approximation du présent. 

çjî. rasi je suis 

<jX\, rûw tu es, vous ètes{sing\) 

si. n'iH il est 

ç,la>î. ri'iwl elle esl 

U', f<iy\ nous sommes 

„_f\ /7/isOLM vous êtes 

*.»!, . /vnioi m ils, elles sont 



J I CM RS 

La seul.' particularité qui distingue ce mol de ceux 
qui prennent les afïixes, c'esl que, dans presque tous les 
dialectes, on dit à la •> personne du féminin e*'j /vîhî, 
elle est. au lieu de ■* », fui sérail plus conforme à 
l'analogie. 

Il scia question de ce mot dans la conjugaison. 



CHAPITRE 111 
ÉLÉMENTS DE LA CONJ1 GAISON 

11 n'y a qu'une conjugaison. 

Elle n'a que deux temps ou modes, le prétérit et 
I'aoriste. Elle esl parfaitement régulière, et par consé- 
quent facile à saisir. 

La signification des temps n'es! pas absolue, dépen- 
dant, on peut dire que le prétérit est généralement 
employé pour exprimer le tempspassé et ses différentes 
nuances, — et P aoriste, pour le présent, et plus parti- 
culièrement pour le futur. 

De l(t Racine 

["ous les mots arabes qui expriment une action, an 
état, une idée, un objet, une qualité, onl pour base 
une racine de trois lettres fondamentales, qui se 
retrouvenl avec le même ordre dans tous les dérivés 
de la même souche. 

Cette racine a par elle-même une valeur abstraite, 



DE LANGUE ARABE 33 

qui ne peut être déterminée qu'au moyen de l'addition 
systématique de sons voyelles ou d'articulations qui 
en restreignent et en fixent la signification. 

De la Forme 

Tout ce qui est ajouté à la racine, c'est-à-dire aux 
trois lettres fondamentales d'un mot, constitue la 
forme ; les lettres ajoutées se nomment lettres for- 
ma tives. 

Dans tout mot arabe, il faut distinguer la racine el 
la forme. 

Cette question importante sera développée plus loin. 
Il suffit de l'énoncer ici. 

Les lettres d'une racine arabe se désignent par 
l'ordre de leur position : on dit la première, la deuxième, 
la troisième radicale. 

Du Radical 

Tout verbe arabe a pour base un radical, qui exprime 
la 3 e personne singulière masculine du passé : // a fait, 
il a écrit, etc. 

A ce radical s'ajoutent des lettres constamment 1rs 
mêmes : 

A la fa, pour les personnes du prétérit ; 
Au commencement, pour celles de l'aoriste. 

Le radical est, en quelque sorte, le pivot de la 
conjugaison ; il en est l'expression la plus simple, et 
sert de base à la formation de toutes les personnes : il 
convient de le prendre pour point de départ. 



COURS 

Sauf quelques cas particuliers, dont il sera question 
ci après, le radical est immuable. On le répète autant 
de fois qu'il y a de personnes, avec les additions carac- 
téristiques. 

La nature du radical n'influe aucunement sur la 
conjugaison : peu importe donc le nombre ou la 
nature des lettres qui le composent. 

Il y a, pour le verbe, dans le langage arabe, deux 
genres au singulier : le masculin et le féminin. On peut 
en commençant, négliger le féminin, qui n'a lieu qu'à 
la seconde el à la troisième personne. Au pluriel il n'y 
a qu'un seul genre. 

Il u'\ a que deux nombres : le singulier el le pluriel 
qui dérive du singulier. 

Toutes les personnes d'un temps se forment de la 
'.', personne de ce temps. Il est bon, avant de conjuguer 
un verbe arabe, de connaître la .'»'' personne du prétérit 
et la •! de l'aoriste. 

Comme on le voit par le tableau ci-après, la conju- 
gaison est liés simple. Néanmoins, cette extrême sim- 
plicité embarrasse tous les commençants, * i u i sont 
portés malgré eux à la rapprocher de notre manière 
d'exprimer I idée verbale. Il est très nécessaire de se 
familiariser promptement a^vec la forme du verbe 
arabe ; e'esi pourquoi je dois appeler ici toute l'atten- 
tion, el engager spécialement à éviter toute comparai- 
son avec la conjugaison française, mais à s'appuyer 
sur une pratique exclusive. 



DE LANGl'E ARABE 



:;:, 



TABLEAU DE LA G0NJ1 GAISON 

(Le radical, quel qu'il soit, est représenté par un trait) 



1 

EN ARABE 


a 
<r. 

se 
o 

X 

^2 


EN FRANÇAIS 


Singulier 


PRÉTÉRIT 
3 e 

2* 

jr, 

AORISTE 
3 e 

2" 
1" 


Singulier 








! r 










; 


r] 







Si l'on substitue au trait un radical quelconque : 
^_2js 'araf, il a su, il a connu ; -/--- ' tcferredj, il 
a contemplé ; j-~- - krxsciir, il a brisé ; v->~' chreuh, 
il a bu, etc., on aura conjugué les deux temps du 
verbe arabe au singulier. 



1 Tour ?. . ._so. Il est d'usage, dans l'écriture arabe, de oe pas 

tracer deux l'ois une lettre qui se répète sans intermédiaire d'un 
son voyelle. On place an dessus, si L'on ceut, le signe ~ appelé 
chedda, ou t eehdid, • pour avertir le lecteur que la lettre écrite en 
vaut deux. 



COURS 

Voici l'application de ceci à un radical : 
_oj-S 'ARAF, il a su, CONNU. 

PRÉTÉRIT 

^jy-z '-ï p. ah a f il a su, ou connu. 
_>3 y-s 2 e p. 'araf< tu as..., vous avez su. 
JU? _^ | r p. 'araf/ j'ai su. 

AORISTE 

- r«— 3 e p. ia'raf il sait, ou il saura. 

?t*-j 2'' p. /a'rak tu sais, ou tu sauras, vous, etc. 

, - »*— l re p. /ia'hak je sais, ou je saurai. 

On voit que le radical 'araf ne changé pas, et qu'il 
esl seulement, suivant les cas, suivi d'un /, ou précédé 
d'un ?, d'un t, d'un //. qui sont à peu près les seules 
lettres constituant la conjugaison dans l'usage oral. 

On a pu remarquer que la l re et la 2" personne du 
prétérit sont identiquement semblables : l'une et l'autre 
- indiquent par l'articulation /, ajoutée au radical. 

FORMATION DU PLURIEL 

Règle unique. Le pluriel se forme en ajoutant le 
son lj (où) au singulier correspondant ; 

Excepté a la I personne du prétérit, où l'on change 
la filiale — t en U nâ. 

Ainsi : 

lsu, fail au pluriel 'ahaf-om, ils ont su. 
tuas, vous avez su, 'araft-oû, vous avez su. 



DE LANGUE ARABE 'M 

*araf£, j'ai su, 'arafXA, nous avons su 

Ïa'raf, il sait, il saura, Ïa'raf-oÛ, ils sauront. 

/a'raf, tu sais, vous savez, /a'raf-oî), vous saurez. 

ma'raf, je sais. • n\' nw-oû, nous saurons. 

formation du féminin 

La forme féminine n'a lieu qu'à la 2" et à la 3 e per- 
sonne du singulier ; jamais à la première. 

Elle consiste, pour la 3" personne, en l'addition d'un 
O au radical ; et pour la ï\ -en la prononciation du 
son i après la forme masculine, de cette manière : 




i(lcnlii|iie à la 2' masculin. 
î 



En appliquant ceci au radical ^_?j-s 'araf, déjà 
employé, on aura : 

PRÉTÉRIT 

■j^3 ^ 3 e p. f. 'ARAFèt, elle a su. 

Os»: 2 e p. f. 'ARAF/t, tuas, vous avez su. 

AORISTE 

^a^-j 3" p. f. /a'raf, elle sait,. elle saura. 

tfyxJi -2 e p. f. /at.ai/. tu sais, vous saurez. 



■ I '1 US 

Observation. — J'ai déjà prévenu contre l'emploi des 
lettres françaises; je ne saurais trop insister : elles ne 
peuvent donner une idée suffisamment approximative 
de la prononciation. Ainsi, les lettres 'araf, que j'ai 
employées ci dessus pour le radical ^_$ ^, n'en rendent 
qu'imparfaitemenl la prononciation, et, à cause de leur 

fixité, elles nt se prêtent pas au\ nuances des sons, ipie 

l'oreille seule peut saisir. Je ne fais ici usage de nos 
lettres que parce que je m'adresse aux personnes qui 
commencent à étudier l'arabe. Mais je dois leur déclarer 
que le meilleur système de transcription en caractères 
européens elanl toujours inexact au point de vue de la 
prononciation, et ne pouvant conserver d'uniformité 
bien rigoureuse, surtout pour les sons voyelles, il faut 
s'en affranchir le plus toi possible, parce qu'il a le grave 
inconvénient de nous retenir malgré nous dans nos 
habitudes nationales, que nous devons tâcher de perdre 
en parlant une langue étrangère. Il ne faut se guider, 
pour In prononciation usuelle, que sur les Indigènes. 

DE Ql ELQl ES RADICA1 \ [RRÉG1 LIERS 

La conjugaison est unique et absolue, c'est-à-dire 
que les lettres qui caractérisent les temps et les per- 
sonnes s'appliquent constamment de la même manière. 

Quelques radicaux seulement renferment, soit au 
milieu, soit à la lin, les sons ! â, - où, j. ) ; d'autres 
"ni les deux dernières radicales semblables. Les uns et 
les autres subissent, pour des causes d'euphonie qu'il 
ne faut pas rechercher ici, certaines modifications qui 
n'influent aucunement sur les lettres de la conjugaison. 
Ces modifications ne doivent aucunement arrêter les 



DE LANGUE ARABE 39 

commençants : ils n'ont qu'à se baser, pour la conju- 
gaison du prétérit et de l'aoriste des verbes dits irrégu- 
liers, sur la troisième personne de chacun de ces temps. 



§1 

Verbes dont la prononciation médiate est A long, 
représenté (*) par ', à la 3 e pers. du prêt., et nommés 

habituellement 

VERBES COV Ul- 

Caractères spéciaux. — 1° Les verbes concaves ont 
pour seconde radicale un * ou un ^c, qui se change 
toujours en ' au prétérit dans la prononciation des 
dialectes. Ainsi ^ kân, il a été, ^ : 1 -- châf, il a vu, 
Jl — . sâl, il a coulé, ^ . djâb, il a apporté, sont des 
verbes concaves. 

2° .4 la 2° et à la l re personne du prétérit, on retranche 
cet i dans l'orthographe ; dans la prononciation on y 
substitue le son ou, o, i, e, eu, etc. (plus ou moins aigu 
ou grave) selon que la lettre représentée par ' est en 
réalité _j ou ^C, ce que l'on reconnaît presque toujours 
à l'aoriste. 

3° A Yaoriste, 1'' du prétérit devient - ou _- ; il ne 
reste I, dans l'usage oral, qu'en un très petit nombre 
de cas. 



(1) Je dis représenté, parce que l'\ n'est point une lettre ayant une 
valeur propre : quand il n'est pas le support du *, ou le signe de la 
prolongation d'un a bref qui le précède grammaticalement, il tienl 
la place des consonnes faibles ^ ou ^, que des raisons d'euphonie 
et d'orthographe ont converties en \ . 



',il COURS 

Verbe «-' kdn, .,«-5o ikoûn, il a été. 

Sing. PRÉTÉRIT Plur. 

i- il a été. ' — \K ils onl été. 

k.in ki'inoù 

. lu as. vous avez été. l^JLi vous avez été. 

— - ' kountuù 

kounl /..-... | 7 s ,. , 

I ai ete. I— L-5 nous avons ete. 

ko u nu â 
AOR1- l l 

,-\-- il sera, il est. * !yX ils seront, ils sont. 

ikoùn ikoûnoû 

, Xy tu seras, vous êtes. IjXj vous serez, vous ries. 

tkoûn tkoûnoû 

,JC' je serai, je suis. ijJo nous serons. 

nkoùn Qkoûnoû 

On conjuguera ainsi : ^U. chaf, ^_?*-~>. ichoûf, il a 
vu; \\J k'âl, \*Ju ik'oûl, il a dit; ,b dar, ,^,>i<loù>\ 
il a tourné, etc., et tous les verbes concaves dont 1' ' se 
change enj à l'aoriste, ce qui est enseigné par l'usage. 

\ erbe — >W- djâb, -r- -.:-^"''- idjîb. il a apporli', il a amené. 

Sing. PRÉTÉRI1 l'iur. 

v .'.^ il a apporté. L— ''-^ i' s on ^ apporta. 

djâb djâboû 

tuasapporté, vous.. [ y-^ vous avez apporté. 

s — ^"^ djeuliloù 

dieubt/ ., . . - i . . , 

j ai apporte. -^-^ nous avons apporte. 

djeubnâ 



DE LANGUE ARABE 41 



AORISTE 



v-^-rF 5 - il apportera. ^---^ ils apporteront, 

idjib idjîboù 

s-^rF 3 tu apporteras, vous.. y^F 3 vous apporterez. 

tdjîb tdjiboû 

s- ^^ j'apporterai. 'j^r?^ nous apporterons. 

ndjîb ndjiboù 

On conjuguera ainsi : J' — - sâl, J-r*** .' icîl, il a coulé ; 
} Ls s'âr,j-^ is'îr, il est devenu, il est arrivé que.... etc., 
en un mot tous les verbes concaves dont 1' I se change 
en ^J, à l'aoriste. 

Quelques verbes concaves, en très petit nombre, 
conservent à 1' 1 du prétérit, sa valeur et sa forme à 
l'aoriste. En voici des exemples : 

Verbe -«o'-j bat, <—'•—: ibât, il a passé la nuit. 

Sing. PRÉTÉRIT Plur. 

^jLi il a passé la nuit. '— ,J ils ont passé la nuit. 

bût bâtoù 

tu as passé la nuit, i^-j v s avez passé la nuit. 

n> w-"-> ^ beuttoû 

beutt ' j'ai passé la nuit. Llxj nous avons passé, etc. 

beutnà 
AORISTE 

Singulier. oA-H! oA«j O^J il passera la nuit, etc. 
ibàt tbât abat 

Pluriel. jy'-H !y -° JyV ils passeront la nuit, etc. 

ibâtoù tbâtoû nli.Hon 



(1) Pour C-^-X_-> . Voyez la note de la paj 



I 01 RS 

On conjuguera ainsi : J' — sâl, JUo içâl, demander, 
interroger, réclamer ; _-'-• ^ khâf, ^_eLsH. ikhâf, 
craindre;- b bân, ,Lo ibân, apparaître;-- J.-i— J 

eslk'âm, ,Ux~j istk'âm, s'élever, se monter à...., etc. — 

( 

On peut remarquer ainsi que malgré la suppression de 
1"' au prétérit, ou son changement à l'aoriste, la règle 
de la conjugaison ne cesse d'être appliquée. 



§ Il 

i erbes dont la prononciation finale, à la 3 e pers. du prêt., 
est A bref, représenté par ! ou s _c, c/ appelés 

\ ERBES DÉFECT1 El \ 

Caractères spéciaux. I" Les verbes de cette classe 
changent toujours le son final d en ï, à la 2 e et à la 
1 personne <ln prétérit. 

2° A l'aoriste, le son ù se change en / dans quelques 
verbes, et se conserve dans les autres. L'usage est le 
seul guide en cette circonstance. 

Verbe c~ - mchâ, c-~^- imchî, il est allé. 

>m PRÉ II RIT Plur. 

L _c^- a il est allé. LUu^ ils sont allés. 

mchâ mchâoû 

lu es, vous êtes allé, 'y-r^ vous êtes allés. 

— "' mchîtoû 

inclut / . ... • I . . h ' 

je suis aile, ■— ~t~* nous sommes ailes, 

cnchinâ 



DE I \M.I I \1',\BE 

AORISTE 

S _^*J il ira, ii va. !*~^ ils iront, ils vont. 

imchî imchîou 

^r~* s tu iras, tu vas, vous... ' - ^.o vous irez, vous allez, 
temchî fcemchîou 

c iu^ j'irai, je vais. [?^*J nous irons. îr allons. 

nemchî nemchîou 

On peut conjuguer ainsi : -^ ou ^ djû, cr?~?' idjt, 
venir; 3*-^ chrâj^Sj^, ichrî, acheter; J-*-{ brâ, _£/-H 
ibH, rendre pointu, tailler (une plume, un roseau, un 
crayon) ; ^V bk<L c-^—>. ibkî pleurer, etc. 

Verbe ^ brâ, ^ ibrû, il a (''té guéri, il a guéri (neutre 

PRÉTÉRIT 

Singulier. 'j-j O^.j-j il a guéri, tu as guéri, etc. 

brâ bril 

Pluriel. \^j-j \y^..j-{ ^.j-i i' s onl guéri, etc. 

brâoù brîtoû brin,] 

VORIS i l 

Singulier. ^j^H. tr-c- 3 ' [>-■- il guérira, etc. 

ibrâ tebrê nebrâ 

Pluriel. V <-:->. 'j|r-H V/-- '' s guériront, etc. 

ibrâoû tebrâoù nebrâoù 



§ 111 

Verbes dont les deux dernières radicales sont semblables 
nommés ordinairement 

\ 1 r. IMS SOURDS 

11 y a «les racines donl la seconde lettre radicale et la 
troisième sont semblables, comme ^j— ch-d-d, -.>, r-d-d ; 
on réunit ces lettres par euphonie, dans la pronon- 
ciation comme dans l'écriture: --- chedd, il a tenu; 
-, reudd, il a rendu, replacé, rétabli ; J-a. h'all, il a 
ouvert, etc. 

La seule particularité que présentent ces verbes dans 
le langage, avec la réunion des deux dernières radicales, 
esl l'intercalalion du son î avant le / de la seconde et 
delà première personne du prétérit. 

Verbe ^-^ h'abb, >_^-^- ; ih'abb, il a voulu, il a aimé, 
il a désiré. 

Sing. PRÉTÉRIT Plur. 

_ -n il a voulu. '_-— . ^ ils ont voulu. 

h'abb h'abboû 

tu as, v s avez voulu. V— —^ vous avez voulu. 
— — ^ h'abbîtoû 

j'ai voulu. '_-.-— ^ nous avons voulu, 

h'abbînâ 

AORISTE 

Singulier. _--^-' _-•<-' -r^ 3 ^ il veut, etc. 

ih'abb bh'abb nh'abb 

Pluriel. \Z -x— '_ LsP '-.-^ ils voudront, 

th'abboû nh'abboû 

El ainsi de Ions les autres. 



DE LANG1 E ARABE (,'i 

DE L'IMPÉRATIF 

L'impératif est toujours semblable, pour la pro- 
nonciation, à la 3 e personne de l'aoriste, dont on 
retranche le — ; initial. Quant aux particularités de 
l'orthographe, il n'y a pas lien de s'en occuper ici. - 
Lorsque le besoin de la prononciation l'exige, on subs- 
titue à ce -j. initial une voyelle brève, une espèce d'à, 
d'e ou d'o, que dans les verbes primitifs, c'est-à-dire 
dans les radicaux de trois lettres, on représente graphi- 
quement par . C'est ainsi que nous avons mis un e au 
commencement des mots esprit , eapérer, etc. 

L'impératif n'a en arabe que la seconde personne ; 
pour les autres, on a recours à l'aoriste. 

EXEMPLES D'IMPÉRATIFS 

Impératifs Aoriste 

JLO' Ikellem parlez. J._C;_> 

yZS kesseur brisez. ^JO 

(*) ^_*j^ chôf voyez. w'v^. 

(*) J^—5 kôl dites. J^i_> 

(*) w*-^-a. dfîb apportez. ^^wj-sH 

. >j-t>\ cchreub buvez. ^v- 

(*) -àv»l emehî allez, parlez. _.~.o 

j._3, ( erfeud enlevez, ôtez. J^-?H 

x-Zu chedd tenez, prenez. ~-±-; 



(*) L'orthographe exigerait : ^—^o, ^Li , ^_^„=». , ^ ««_«a\, en 
supprimant le a et le ^ des verbes roncaces, et la dernière lettre 
du verbe défectueux, par suite d'influences grammaticales dont le 
développement apporterait ici de la confusion. 11 sullit, pour le 
moment, que la prononciation soit exactement re- par les 

caractères arabes. 



I 01 RS 

I e pluriel se forme, comme il a < ; l< ; dit, en ajou- 
tant : ci au singulier : ikellemoû, kessroû, «'te. 
Je rappellerai ici la nécessité de ne jamais s'exercer 
onjuguer un verbe sans en connaître préalablement 
la '.'> personne du prétérit el la 3 e de l'aoriste. 



\ I Mil I \i!<>\ Dl LIVRE PREMIER 
Le résumé de ce qui précède se borne à ceci : 

1 

Qu'il faut apprendre à reconnaître et à fixer la pro- 
nonciation par les caractères arabes. 

Il 
Etudier spécialemenl les trois mots ci-dessus : 
S)~ dârî, etc., la maison de moi (p. 29) ; 

_---'- 'and/, etc., j'ai, etc. (p. 30) ; 
j^'j vnni, etc., je suis, etc. (p. 31); 

qui sufïîsenl pour exercer à l'emploi, très important en 
arabe, des pronoms afïixes. 

III 
:ercer à la conjugaison sur les sept verbes : 

, $f- — , -fi *- - 'araf — t'a'raf, savoir (*) ; 

^jjr- H ~~ kan — ikoun, être; 



: pas d'infinitil en arabe: ce n'est que pour simplifier 
que aous employons ici ce mode du verbe français. 
acenl en arabe par les troisièmes personnes 
• ■lit .•! de l'aoriste. 



DE LANGT 1. Ali IBE i » 

^U> — v*^ — djâ-b — idjîb, apporter ; 

<1Àj — ^,'Lj — bat — /bat, passer la nuit ; 

c~è*j> — cr^*+?. — mchâ — imchî, aller : 

>_) — V_o — brâ — ibrâ, guérir ; 

^-^ — ^^.,sr- J . — h'abb — ih'abb, aimer, vouloir ; 

dont le premier est dit régulier, et les autres renferment 
toutes les particularités qui semblent aux commençants 
des difficultés ou des exceptions. 



OBSERVAT» )NS GÉNÉRALES 

Presque tout le mécanisme du langage oral est dans 
l'emploi facile et immédiat des pronom* a/fixes et des 
personnes du verbe : c'est là ce qui, dans la pratique, 
demande un peu d'étude et de réflexion. Le reste exige 
spécialement de l'observation et de la mémoire. 

Pour l'emploi des autres mots, tels que les substan- 
tifs, par exemple, il faut avoir soin, chaque lois qu'on 
le peut, de s'informer du pluriel d'un singulier que l'on 
connaît. On ne doit pas se préoccuper des différences 
plus ou moins grandes que l'on pourra remarquer entre 
le pluriel et le singulier. La pratique et un peu d'étude 
mettront plus tard sur la voie. 

Le féminin se forme par l'addition du son a, qui 
s'écrit ordinairement par ». (V. ci-dessus, p. 21, ligne 
21 et suiv.) 

Quant aux adjectifs qualificatifs, il faut observer 
qu'ils affectent certaines formes particulières assez 
faciles à reconnaître, comme y^J kbîr, grand ; , -=^-? 



COURS 

ferliân, satisfait, content; <^jy ezrak', bleu; leur 
féminin est en a, qui s'orthographie par °\, s et ^, 
comme on le verra plus loin. Les adjectifs n'ont qu'une 
expression pour les deux genres au pluriel, excepté 
toutefois quelques participes ou adjectifs verbaux. 

L'article détermjnatif est J ( el, le, la, les, invariable 
pour tous les genres et tous les nombres, il ne doit 
jamais se mettre devant un substantif accompagné d'un 
pronom affîxe, ou régissant un autre nom, il faut dire : 
l'i-inld. la main, et >--•' ieddoh, sa main, ou --^ -■-> 
iedd Mohammed, la main de Mohammed ; mais jamais : 
-^ ---', ci-ieddoh, ei-iedd Mohammed. 

L'adjectif se met après le substantif, au contraire du 
français. Nous disons : une grande maison : on dit en 
arabe : -< — ■- /- dur kbîra, une maison grande. 

Si le substantif est précédé de l'article Jl, ou est 
déterminé (Tailleurs, l'adjectif prend aussi l'art-icle, 
signe de la détermination : iij-^O ,îaj! cd-dâr cl-kbîra, 
la maison la grande, J-^_*Ji ^ Mah'moùd cl-'âk'eul, 
Mahmoud le sage. 

Les phi;, <cs se construisent à peu près comme en 
français, avec cette particularité que l'on place souvent 
h- verbe avant le sujet : y' ^& L» JJj '- *J J^ ^=^ W 
djâ s'âh'boh, ou k'âl loh ma zdl mû k'd'â amroh, son 
camarade est venu, et lui a dit qu'il n'a pas encore fait 
son affaire. .1 ta lettre : est venu camarade de lui, et il 
a dit à lui (qu'il) n'a pas cessé d'être n'ayant pas 
accompli l'affaire de lui. 

Le complément du verbe, soit direct, soif indirect, 
place toujours après le verbe. Ainsi il faut dire en 



DE LANGUE ARABE i.l 

arabe : il a vu lui, nous avons dit a eux, voi - avez 

VENDU LUI A ELLE, pour : U l'(l VU, UOUS leUV CIVOM dit, 

vous le lui avez vendu. 



ijsU, châfoh, il a vu lui ; 

kJ Uli k'olnâ Ihoum, nous avons dit à eux ; 
^ 4^*j beu'toh Ihâ, vous avez vendu lui à elle. 



1 

-5- 



La conjonction que, si fréquente en français, ne 
s'exprime presque jamais : // m'a dit qu'il voulait vous 
•parler ce soir, iI_£jJ1 sjj* ^,w J..vj ^.-sr- 5 . J, Jli &'#/ // 
t'/i'abô ilkellem m'ak had el-'achïia ; à la lettre : il a dit 
à moi il désire converser avec vous ce soiv. On peut 
employer JJ elll ou jh bellî à la place où nous mettons 
que, mais cet emploi n'est pas fréquent et n'est géné- 
ralement qu'un pléonasme. 

Le relatif qui, que, lequel, laquelle, dont, lesquels, 
desquels, etc., s'exprime invariablement, dans l'usage 
oral, par la conjonction J.) elll, déterminée ensuite par 
le pronom personnel accompagné, s'il y a lieu, d'une 
préposition. Il ne doit s'employer qu'avec un antécé- 
dent essentiellement déterminé. 

On construit ainsi : 

L'homme qui est venu : U. J.1 J=*JI er-radjel elll djâ, 
l'homme que il est venu ; 

Le cheval dont vous m'avez parlé : J, JL -•■? J-' - ; - 1 " 
4_is el-'aoud cil) k oit li "alîh, le cheval que vous avez dit 
à moi à l'égard de lui ; 



COURS 

I \ maison où vous demeurez : .,— C-; ^i r ', JJ ,bJ) 
j eddâr W// râk teskon fîhâ, Ja imuson que i ?ow$ r/r.v 
demeurant dans elle : 

I \ im;i;i '///'■ \iuis ave/ achetée: '-a ••-- ,*-■ J,l -,^' 
el-ard' cllï chrît-/id, /</ /<v/v que vous avez acheté e\\e. 

I •'! ainsi pour tous les cas analogues. 

Si l'ahtécédenl n'est pas déterminé, le relatif no 
sprime pas. On dit : J, JLà J._x, La. djâ radjel, k'âl 

lî,- e«£ venu un homme, il a dit " moi; c'est-à-dire: il 

est venu i \ HOMME 7/// nui dit. . . . 

L'état social, la vie intérieure, la culture des facultés 
étanl fort simples chez les Arabes, le nombre et la 
nature des idées, et parlant, leur mode d'expression, se 
ressentent de cette simplicité. Il n'y a point de nomen- 
clature scientifique à l'usage de la masse, peu ou point 
de termes d'arts, de commerce, de politique, d'art mili- 
taire ou de science nautique. On peut concevoir d'après 
cela pourquoi un grand nombre de nos idées, incon- 
nues aux Arabes, manqui ni de mois qui les expriment. 
Les idées physiques ou métaphysiques qui nous sont 
communes avec eux subissent souvent certaines modi- 
fications dépendant des conditions particulières de leur 
existem iale, de leurs principes, de leurs besoins. 

De là la loi nie particulière, ordinairement fort simple, 
de l'expression de la pensée, qui exige l'observa- 
tion des mœurs et du caractère arabes pour être bien 

I ■ - personnes qui n'ont pas encore acquis une habi- 
tude suffisante de l'idéologie des Arabes devront s'atta- 
■-•lier a exprimer toute idée française de la manière la 



DE LANG1 1 \11ABE 

plus simple, et la dépouiller de tout ce qu'elle renl 
nierait en notre langue de métaphorique, d'ambigu ou 
de redondant, et lui donner une forme en quelque 
sorte matériellement palpable. 

Si l'on voulait dire, par exemple : 

« Les conditions imposées à Hadj Amar pour le ter- 
ci pain qui lui a été concédé Tan dernier sont fort 
« onéreuses pour lui, et il ne peut les remplir. Il 
« demande à être dégrevé pour cette année de la 
« moitié des plantations qu'il devait faire, et de Ja 
« totalité de la construction qu'il devait élever. Le 
« défrichement, fort pénible dans son terrain, a absorbé 
fi les sommes dont il peut disposer en ce moment. Il 
« est dans l'alternative, si Ton n'admet sa requête, de 
« se voir enlever le fruit de son travail ou de contracter 
« des obligations qui le gêneront pour l'avenir. . . )) 

Ces idées pourraient prendre la forme suivante 
dans le style familier de la conversation du dialecte 
d'Alger : 

« Hadj Amar est à bout avec les conditions qu'on 
« lui a imposées pour le lot que lui a donné le gou- 
« vernement l'an passé. Il demande qu'on Vexcuse cette 
« année pour la moitié des plantations qui sont à sa 
« charge, ainsi que pour la construction, parce que le 
« travail du sol lui est sorti, pénible, et il y a dépensé 
« tout l'argent qu'il avait en ses mains en ce intiment. 
« Si on ne l'excuse pas, son travail sera perdu, el s'il 
« emprunte de l'argent à quelqu'un, il restera gêné 
« pour l'avenir. » 



1- ' J| - '- s -~l M il! aj 

"•— ' W '"■»'' -' > — ^ ^ k^ ^_ 

■' ' ■ > ^^_:_^ 00 jj] us - *! <( ' - L 

A la lettre : 

Est el-hadj ' imar à bout avec les conditions que ils 
nul stipulé elles on a stipulées) sur lui, pour le mor- 
ceau que a donné à lui le gouvernement Vannée anté- 
rieure; et lui demande que ils pardonnent à lui cette 
année pour la moitié de la plantation qu'ils ont obligé 
lui à elle, et sur la construction; parce que le travail du 
sol est sorti s'est trouvé) à lui pénible, et il a dépensé 
pour lui la totalité de$ deniers qui (riaient) dans sa 

main en ce moment. Et si ils ne pardonnent pas ù 
lui, s'en ira à lui (pour de lui, — lui échappera) sort 
travail pour rien; et s'il emprunte les deniers de chez 
le momie, il restera gêné d'ici en avant. 

Cel exemple, que Ton pourrai! étendre indéfiniment, 
suffit pour donner aux commençants un exemple de la 
phraséologie arabe. II y aurail bien d'autres manières 
d'exprimer ces idées, el les variétés dans l'expression 
<1 une pensée sont nombreuses chez presque tous les 
peuples. On ne peul les fixer par des règles précises, 
car pour l'arabe, par exemple, sauf quelques conve- 



DE LANGt E AR \FE 



nances théoriques déjà exposées, tout dépend exclusi- 
vement, non de l'étude, mais du sentiment et du 
d'habitude de celui qui parle, ainsi que de la clarté di- 
ses propres idées. 

Je compléterai ces notions très élémentaires de la 
pratique en donnant la nomenclature dv> nombres, 
quelques phrases et quelques locutions d'un emploi 
fréquent, pouvant servira s'informer de quelque chose, 
à engager une conversation, et à apprécier ou recon- 
naître les mots qui frappent le plus souvent l'attention 
des commençants. 



DES ELEMENTS DE LA NUMERATION 

UNITÉS 

joJj ouâlied un - — . setta six 

_ . , zoùdi ' deux i_*, — seb'a sept 

tlâla trois * — i - L*J lemânia huit 

ïçjA arbiin quatre i-*-~3 tes'a neuf 

L~&^ khamea cinq v .-~ 'achra dix 

Les unités, à partir de trois, —•--•. sont terminées par 
le s qui représente la finale u. Cr\\r finale se retranche 
à tous les numératifs, excepté -►— dix, dans le cas très 
fréquent où le numératif est suivi d'un nom. Ainsi l'on 
dit : 

i---— ; _-":.-- 'andî Hâta, j'en ai trois. 

et ,--;- <J>JJ j;--^ 'andî tell dyâr, j'ai trois niaison-. 



'1 Avec les dizaines, on dit ■ . 



.'. i COURS 

I mol -'-x'. ouâh'ed, un, exige, quand un nom le 
suit, que celui- ci prenne l'article : 

,......[' -\^v'- ouâh'ed el-mechmoûm. un hommei 

s\jl\ j.^' ; ouâh'ed el-mrd, une femme 

Quand il exprime l'idée spéciale, l'unité abstraite, il 
se place après le nom, qui est alors sans article; et si 
celui-ci est féminin, il se prononce el s'écrit : s-XsJj : 

-V ; >^"-* mechmoûm ouâh'ed, un seul bouquel 
;---v-- t^j-j» mrâ ouâh'da, une seule femme. 

De onze à dix-neuf 1rs numératifs sont formés dos 
noms des unités, auxquels on ajoute la terminaison 
ich, corruption de yt~a. Ainsi l'on prononce : 



u 



- ! j.x' ah'dâch onze 
îenâeh douze 

ïAsAj tlellâch treize 
I arbaHâch quatorze 
khamstâch quinze 






.: ! .. 



settâch seize 
« sba'tâch dix-sept 
, iUjl&j' tmanlâch dix-huit 
i,Uju«j' tea'tâch dix-neuf 



Quand ces numératifs sont suivis de noms, ceux-ci 
gardent la forme du singulier; il esl d'usage alors de 
prononcer les numératifs comme s'ils avaienl un j, ou 
la finale en, outre leur désinence caractéristique. On 
prononce : 

irba'lâchen radjel, quatorze hommes, etc. 

Ce ne sonl là que des particularités de prononciation 
"el nullementdes principes d'orthographe. 



DE LANGUE ARABE 



DIZAINES 



Les noms de dizaines sont formés des noms îles unités 
par la substitution, à partir de trente, de la terminaison 
(oJ in à la finale s a. Le nombre vingt, (j-^r^, se forme 
par le même changement opéré au mot >\~- dix. 



'eucherin 



vingt 



.>.j~J trente 
tlâtin 



settin 



arba'în 



khamsîn 



,' quarante 
cinquante 



soixante 
.,__3u._„. soixante-dix 

seb'în 

~jL>j quatre-vingts 

temânin 



quatre-vingt-dix 



tesin 



Lorsque les dizaines sont accompagnées d'unités, on 
exprime toujours les unités avant les dizaines. Ainsi 
l'on ne dit pas vingt-six, par exemple, mais six-et-vingt 
..>.• yts.. 'il setta ou -euchrîn. 

11 faut observer qu'avec les dizaines on ne se sert pas 
de r y, pour exprimer le nombre deux; on dit .*-~ lS'i 
d/*7/* : .^.j-^ ^»~-'- : '''"'" ow 'cucherîn, vingt-deux. 

CENTAINES 

Cent s'écrit ûL» et se prononce wj//«, quand il est à la 
fin d'une -période., et souvent myat quand il est suivi 
d'un nom. On dit : 

Ll= fjcs. ,£" l,it,i 'andoh mya, il en avait cent 
et J^j --.■-• myat radjel, cent hommes. 



Deux cents se dit c r-~ ^ //"//' ; '" (terminaison du duel . 



56 cours 

Les autres centaines se composent du mol ajU précédé 
<los noms des imites : 

tellmya trois cents 

âjU-xjJ arba'mija quatre cents 

JjU^ftà. khamsmya cinq cents 

SjLjL- seltmya six cents 

SjUju~. seba'mya sept cents 

îjU_j^j' temanmya huit cents 

ïjUju-ï les'amya neuf cents 

Mille se dit -' ate/; c'est un nom qui se construit 

ave,- les autres numératifs comme un substantif ordi- 
naire : deux mille [ j^ô\ alfêin, trois mille ^Yl ^Jj 
tell dhif. Il prend, comme on le voit, les signes du duel 
et du pluriel. 

EXPRESSIONS ET LOCUTIONS FAMILIÈRES 

SERVAN1 d'iNTRODUCTIOS A H CONVERSATION 
JOURS DE I \ SEMAINE ■ 

Dimanche j.^' ,L$j nhâr el-ah'ed 
Lundi rJj^] — 'tel su) n 

Mardi ■ U'^bJ! _ _ elUelâtâ 

Mercredi 'x.< ,^ ( — el-arba'â 

Jeudi r^*=sr 5 ! el-khamîs 

Vendredi i**^! — cl-djem'a 

Samedi c^~ M — — es-sebt 



DE I.W'.i , \l; w.r. 



L 



r 






PRIN< IPAUX INSTANTS DE LA JOl l'.MI 

el-fedjeur le point du jour 

es's'bâh le matin, la matinée 

cl-'eulâm un peu avant midi 

ez-saouâl (le déclin) ie midi vrai 

ed'-dohor après-midi, vers une heure 

el-'as'eur l'instant média! entre le midi 

et le coucher 

Y rs deux heures et demie, trois 
heures ou trois heures et demie, 
suivant la saison). 






el-marrd) le coucher du soleil 

d-'euchd la nuit tombante 

nous's el-lll la moitié de la nuit, minuit. 



HEURES 



Chez les Indigènes qui connaissent l'usage des hor- 
loges, les heures s'énoncent comme chez nous, par les 
nombres qui en désignent Tordre dans le jour ou dans 
la nuit. On prend quelquefois le coucher du soleil pour 
point de départ. 

Heure se dit : ^—sdn. au duel .*—-'— sâ'até'in, au 
pluriel cAsL- sâ'âl et s->[?~ souâya*. Avec l'indication 



11) L'usage des montres n'est pas répandu chez les lu: 
comme chez les peuples civilisés. La plupart des Arabes ne sau- 
raient apprécier la période que nous appelons heure. Ils divisent la 
journée comme il est dit ci-dessus. — Dans [i 
conquête, on compte le temps comme chez nous. 



. COI RS 

numérique on n\ xprime pas ordinairement le mot ïsl— 
On .Ml : 

Midi ^JJYl el-etsnâch la douze 

Une heure s-XaJjJ! eî-ouâh'da la une 

Deux heures rî 'JI cz-zoûdj la deux 

Trois heures XJ'^UJ! et-tselâtsa la trois 

Quatre heures L*_j.Y1 el-arba'a la quatre 

Cinq heures L-^-M el-khamsa la cinq 

Six heures ï-xJ! es-setta la six 

Sepl heures £*~JI es-seb'a la sept 

Huit heures LJUjJ! et-tscmânia la huit 

Neuf heures ïx~jd! et-tCÇ ( a la neuf 

Dix heures ^.AoJ] el-'achra la dix 

Onze heures .ilj-^Y! el-ah'dâch la onze 

.Minuit JJJI s^-^J nous's' elrlll moitié de la 

nuit, ou bien : U3I <-.'—- iUJVÎ el-elsnâch mtâ* 

C ^ 

</ />/, la douze de la nuit. 

Tour les heures après-minuit jusqu'au point du jour 
ys^\ (Y. ci-dessus), on dit : 

Une heure après | -' *; ba 'd) minuit J-^ ' _ ~~~ Jx : * -^ [y ' 
el-OUâh'da ba'd UOUS's el-lll, el ainsi de suite. 

.1 deux heures, à trois heures, etc., se dit ~^' ^- s 
'a/d ez-zoûdj, i-j'^J! J-- 'alâl-lselâlsa. Notre préposition 
à s exprime toujours par ^_J-- 'alâ. 



DE LANGUE ARABE 



LOCUTIONS FAMILIERES 



Bonjour! *£J* -»^~ salâmou 'alyl 

Salllt ! 1---HJ' esselâma 

^ L»jL131j Ju] ebk'a be 

' t^à. Xz ç i)l ebk'a 'a la khér 

Courage, c'est bien ! 'isr-^ sj£)sxi ia't'ik s'ah'h'a 

^ ^jXàL^i &iil allâh icéllemek 

/ Ut-^j-^ *jSi ikattsar khérek 

Si l'on a reçu quelque cl 



Adieu. 



Je vous remercie. 



Connaissez-vous cela? < 

o t Ijj) ^i, a .jù' ta'raf-chi hâdâ 1 

bavez-vous ce que \ J? s — V 

c'est? 

Je le connais. ) 

Je sais ce que c'est. ) 



àSyjj na'rfoh 



ç£ à3 pu ..-• "sa na'rfoh che 2) 



Je ne le connais pas. | 

Je ne le sais pas 

Je sais. ^_V*'' " a ' Lal 

Je ne sais pas. ^ ^_*j*i - J ma ' 

Commentse nomme j, . , , f kil 
cela/ S i 1/ "•• 

Qu'est-ce que cela? '-'-* ---' achDÔ ' 



Remarques im i 

(1) Cet exemple sufiit pour indiquer au:s mçants m 1 "' 
I'interrogation s'exprime par le mot ^y-^- - , prononcé chi ou c/itf, 
suivant l'euphonie, el placé après le verbe affirmatif. 

(2) L'idée négative, comme on le voit, s'énonce par le verbe 
affirmatif placé entre le mot Lo ma et le mot ^«i chi ou che, 

on le met en français entre ne et PAS. 



60 Coi i.- 

Qui est-ce (quelle , » ; ?• \ , , ■_,„ « 

lAa _v.;-' achkoûn hada? 

personne v c'- 

Dites moi. J, Ji k'ol li 

Il m'a ilit. J, JU kàl lî 

Il vous a dit. vj^O J ] j k'Ai lek 

Quoi...? Ont'...? J.I ach 

Que vous a-t-il dit? oXJ JU ^i.1 ach k'ftl lek? 

Qu'avez-vous fait? O-Xss J^l ach 'amelt? 

Qu'a-t-elle vu ? c^U ^1 a ch châfet ? 

PoUVeZ-VOUS ? ^i, *=5r*-> tendjem chi 

Je puis. »s~~' nendjem 

n 

Je ne puis pas. ? à ,^-> U mânendjemche 

Il peut. 

Il peul écrire l ). 

11 est venu. 

Je suis venu. 

Vous êtes venu. 

Qui esl venu '.' 

Nous viendrons demain. 

H faul (q ,,\ lazem 

H faut (que) vous veniez. ^.s- J > ;Y uWm tedji 

Quel...? ^y> Jf\ a ch men 



\ • 


iendjem 




iendjem iekteub 


i 

_2v 


dja 


— .-- Lj5 


ana djît 


-,-- -•' 


enta djît 


Cil 


achkoûn djâ ".' 


lli L,.^ 


ndjîoû r'adda 



I L'infinitif fra anl pis d'équivalent en arabe, on l'ex- 

prime, dans les cas -111 iloguea & i exemple ci-dessus, par l'aoriste, 
qui alors ;i la valeur du subjonctif. — On ue dil pas en arabe : 
mais il peut qu' M ÉCRIVE. 



DE LANGUE ARABE |')1 

Quel cheval montez- 
vous aujourd'hui ? 

Quelle maison est 
celle-ci? 

Donnez-moi. 

Il m'a donné. 

Je lui ai donné. 

Apportez (ou amenez). 

Qu'a-t-il apporté ? 

L'avez- vous apporté? 

Je l'apporterai après- , 

demain ^ '-^Jîr* ^rr^ nd J il)oh r'ir r'adda 



1 h*f ~~ 
\ 




ach Mien 'aoud ter- 
keboh el-ioûm ? 


J ,S»j\3 


tf J- } 


ach men dâr hâdi ? 






a't'ini 




^Ikcl 


a't'âni 




^■_Ls! 


a't'îtoh 




v. a^v 


djib 






ach djàli '.' 


vS 


-^-^- 


djeuhtoh chi ? 



Il est malade. ^.j k - si i;i 



u 



h (1) mrîd' 



W 



ach râh ia'mel ? 



Que fait-il ? J^*j s! 

Il écrit. s-^sXj »î. râh iekteub 

Il vient d'écrire. y^! 1 , râh kteub 



Il a vu. 



châf 



Il verra, il voit. sw^j^Hl ichoûf 

Il veut. 



ih'abb 



Il aime. 

Il désire. 

Voulez-vous venir? ^ £> JUsr* th'abb chi tedii? 



(1) L'expression râh, râho (V. ci-dessus, p. 31) indique l'idée 
positive de l'existence présente. Elle ramène au présent la signifi- 
cation principalement future de l'aoriste, et à un passé trrs récent 
le prétérit du verbe. — Râni nekteub, signifie : ù i ris m un i 

ràni kleubt, je viens d'Éi rire. 



corns 

]] ne veut pas. ^ ,, ^ U ma iha'bb che 

J'ai voulu. ^-. — »■ b'abbit 

Il a voulu v aller , ~ •• ,. M ,.,,-, 

Kilt cru). ) \ i-> •• • 

Quand? à quelle époque). c^K _-' ! ^ f;i1 ouok't 

Quand (lorsqui . J,\ cuij ouk'i ejii 

Comme. » &-S kîf 

Quand? (à ^ueZ/e heure). LcL. .k , -■' acbmensa'a? 

Quand viendra-t-il ? ^ sjuèj ^i > faï ouok't idjî ? 
A quelle heure est-il , , .. , , . 

• > .) , W- ïz — ,..- . :-■' ach men sa a ous cl 

arrive . ) w v t r <s 

Quand vous lui écrirez. ^ w-^Xi\ — .c_ ;: > kîf tekteub loh 

Quand il voudra. vJUœt^ l' O-i* ouok't elli îh'abb 



_--/ kîf - kemfl 



Comme , de môme , ) i • 
ainsi que, dès que... N 

Comme vous voudrez. Ç^-' UT kemâ tb'abb 

Je crois (je pense que j , ^ 

il me parait que... I ) w >* •■ 

Il croit pouvoir venir. -sH *=sr^ J yJ=-' id '^- 1 ' loh iend J em 



EXERCICES DE LA CONJUGAISON DES VERBES 

\\l<; LES PRONOMS AFFIXES 

Remarque essentielle. - Toul pronom personnel 
régime d'un nom, d'un verbe ou d'une préposition, 
se joinl immédiatement à ce nom, à ce verbe, à cette 
préposition. 



DE LANGUE ARABE 

En français, le pronom régime du verbe se place 
avant le verbe; nous disons : je L'ai vu, donnez-LE 
moi, il vous a écrit, nous le leur avons envoyé. 

Il n'en est pas ainsi en arabe, où l'on adopte invaria- 
blement la construction :j'di vu lui, donnez lui a moi, 
il a écrit a vous, nous avons envoyé lui a eux. 

AFFIRMATION 

^li. — ^_ajJ^.i VOIR 

Passé 
Je l'ai vu. j^^_a_±. choft oh 

Vous (sing.) m'avez vu. ~_:;_2_i>. choft-nî 

11 VOUS a VU. ^j^GLi, chàf-ek 

Nous l'avons vu. >L^.i_^. chof-nâh 

VOUS nOUS avez VUS. Li^JC-iî-i, ehoftoù-nà 

Us l'ont vue. La^-sLi, châfoû-hâ 

Futur 

Je vous verrai ^\?j._iuJ nchoùf-ek 

Vous sing.) la verrez. L^yL-j' tchoûf hâ 

Il les verra. *4_5.uu_> ichoûf-houm 

Nous vous verrons. „.0 a iuJ nchoûfoû-koura 

Vous me verrez. ^«-s «~^->' tchoûfoû ni 

Ils le verront. .v._^_o_i^-j ichoûfoû-h 

Présent 
Je les vois. p- 5 ^ J j rânî nchoûf - houm 

Vous(siHfl.)mevoyez. ^j^' — r j rtk tcho, ' lfni 



I ', . COURS 

II la voit. La_3JU_i >\ râh ichoùf-hâ 
NOUS VOUS S1H0. voyons ^t-O^J lil. rànâ nchoùfoùk 
VOUS nous voyez. ba-3.ft-dJ ,i', râkoum tchoùfoû-na 
Ils [e voienl ;j.i; *a>î, rahoum ichoûfoûh 



l\ I I RRI m. \ I |()N 

Passé 

(1). 

L'avez-vous [sing.) vue"? c ~ V._i.~. choft-hâ chi 

Nous a-t-il vus'.' g-i -;_;'.„ chàf-na chi 

Les avons-nous VUS? ? .£,*ttLi_&à chofna-houm chi 

M'avez-VOUS VU? -£> o*xji_.£, choftoû-nî chi 

Nous ont-ils vus'? ci, Lj*.sU, chafoû-na chi 

Futur 



Meverrez-vous(sitt</.)? c^ c ; -^~~- ; tchoûf-nî chi 

La verra-t-il "? -~ l$_s^i-j ichoûf-hâ chi 

Les verrons-nous ? ~> v*~?-~.~ nchoufoû-houm chi 

\ous verrez-vous? ,i '^j^.; tchoufoû-nà chi 

\ ous sing. > verront-ils? c ~ _^C-s^j ichoûfoùk ciu 



igative (ty^O s'emploie rarement a la première 

':i se serl plutôt de la forme affirmative prononcée avec 

l'inflexion de l'interrogation. On dirait donc ci-dessus : anaciiopt- 

oh '.' \.n \ nchoûf-h ' comme on dit en français : je l'ai ru? je la 
au lieu de : V-ai-je vu t la cois-je f 



DE LANGUE ARABE ('m 

Présent 

Les V0is-je? I 1 ) ~H~-- _~ ' ^°j râni chi nchoûf-houm 

Nous voyez-vous (s.)? Usu^J" -L^jS\ i-âk chi tchoûf-nâ 

La voit-il? ^-?r^ c~ *\ râh chi ichoûf-hâ 

Le voyons-nous? SaJJLi ,i, L>). rânâ chi nchoûfoûh 

Les VOVez-VOUS? *s>*J~LS ~i, ,J\. râkoum chi tchoû- 
i -> -^ cr | J fouhoum 

Vous voient-ils? X-»%io ^ *»i, râhoum chi ichoû- 

\ ^ -^ ■• u> | J foukoum 

NÉGATION 

La forme négative est la même que l'interrogative, 
que l'on fait seulement précéder de la particule L» ma. 

Passé 
Je ne les ai pas vus. Ju, +j—zjlJ., 1= ma choft-houm che 

Vous ne l'avez pas vue J^ lg,.v .a,;;. U ma choft-hâ che 
•et ainsi pour les autres personnes. 

Futur 
Je ne vous verrai pas. -£> ^O -i— ; U raâ nchoûf-ek che 
Vous ne me verrez pas. c i- ; ^jij' l ma tchoûf-nî che 
et ainsi pour les autres personnes. 

Présent 

Je ne les vois pas. *^ -—■> ^ ji. U ma râoî che nchoûf- 
V s nen s voyez pas. u-Sa-iJ -:. <\jX\. '-- mârakchi tchoûf-na 
Il ne la voit pas. U-'^-—' -~ s 'i '■•- '" ' ri1 ' cl!ii :;il 

-et ainsi des autres personnes. 



(1) A la lettre : êuis-je je mis oux, etc. 



66 ' '" RS 

Il faut observer que souvent dans la forme négative 
on supprime la particule \ , et l'on dit par une espèce 
de contraction : 

,na m je lie Sllis paS. 

_ ^TU ma k chi tu n'es, vous n'êtes pas. 

,L a» U ma ho chi il n'est pas. 

^ a U ma hî chi elle n'est pas. 

jl, b l» ma na che nous ne sommes pas. 

■■•. ^U ma koura che vous n'êtes pas. 

- c ! 

* ,» li ma boum che ils ne sont pas. 

^r | 

Si le pronom régime se construit avec le verbe par le 
moyen d'une préposition, la préposition et le prénom 
forment un mot isolé du verbe, parée que le pronom ne 
peut se joindre qu'au mot qui le gouverne, et qu'en 
aucun cas la préposition n'est affixe, c'est-à-dire qu'elle 
ne si- joint jamais à la fin d'un mot. Voici comme exem- 
ple de ce l'ait : 

\\J )*-i_J DIRE 

Passé 

Je lui ai dit (à elle). V c^ Lil m ana k'oit îhâ 

VOUS (S.) m'avez dit. J, ^••- ^ enta k'oll 1! 

Il nous a dit. '— ' J'- 3 k'â] lenâ 



1 On se rappelle que La première et la seconde personne du 

se prononcent identiquement de la même manière. 

souvent, que dans le dialogue, soit pour éviter une con- 

i sée, soil même simplement par une espèce d'éner- 

on mel le pronom isolé LJ\ ana moi, ou ûol enta toi, devant 

rbe. 



DE LANGUE VB IBE (',7 

Nous lui avons dit. <*J L;_Li k'olnâ loh 

Vous leur avez dit. *$) L^-Li k'oltoû lhoum 

Ils VOUS (plur.) ont dit. -CJ Uli k'âlaù Ikoum 

et ainsi de suile pour tous les autres temps. 

^-•.;_> — ^^■.:<_.C_j ÉCRIRE 

Futur 

Je le lui (masc.) écrirai. J j..,;:..C- nekteubho loh 

VOUS (.5.) les lui (f.) écrirez I4J «4~~-G tekteub-houm lhâ 

Il me l'écrira. J, j....::_.G ikteubho Iî 

Nous le leur écrirons. *J vjcJCJ nekteuboûh lhoum 

Vous nous les écrirez. U »* „;;..0 tekteub-houm lena 

r 5 • 

Ils la leur écriront. *J U_-,:_\y iekteuboû-hâ lhoum 



"-y 



et ainsi pour le présent, avec l'emploi de çjl. , etc 
avant le verbe. 



OBSERVATN >N ESSENTIELLE 

si R LES NOTIONS PRATIQT ES QUI PRECEDENT 

Les principes qui ont été exposés dans ce premier 
livre, ont pour but exclusif de donner, le plus tôl pos- 
sible, les moyens de parler avec les Indigènes el de les 
comprendre. Ces principes sont basés sur l'analogie 
des faits du langage usuel des masses, qui n'est autre, 
ainsi que nous -l'avons dit plus haut, que 1(1 restriction 
du mécanisme général de la langue arabe aux /'mines les y 



. OURS 

plus simples, et son application aux plus indispensables 

uns de la pensée. 
O n doit «loin- y chercher seulement la constatation 
des principales bases de l'analogie du langage, mais 
nullement les règles positives et normales de l'ortho- 
graphe, de la grammaire ou de la syntaxe, qui seront 
développées plus loin. Le but que l'on se propose en 
étudiant l'arabe, c'est d'appliquer le plus toi possible, 
cette t'tinle aux besoins du moment et du lieu. Il faut 
donc s'emparer immédiatement de la pratique, quelque 
défectueuse qu'elle soit au point de \ue delà gram- 
maire, et connaître les points principaux sur lesquels 
elle repose. En arabe comme en toutes choses, la pra- 
tique peut être puissamment développée par l'étude des 
lois de la théorie ; mais il ne faut pas s'ôter tout moyen 
de progrès en regardant comme règle définitive ce qui 
n'est qu'une altération plus ou moins répandue. 

C'est pourquoi j'indique la pratique de l'arabe comme 
un moyen d'obtenir promptement un résultat provi- 

ire. .le tais observer en même temps que les notions 
qui précèdent, et tous les développements qui vont 
.ni vit sur la langue parlée {dialectes), ne doivent 
aucunement être pris pour les règles de la grammaire 
ou de l'orthographe arabe, mais seulement comme 
l'exposé de certaines analogies. Ce que j'ai dit ci-des- 
sus (pages 8 et 9) peut bien faire comprendre cette 
assertion . 



LIVRE 11 

PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA LECTURE EN ARABE 



On trace les caractères arabes de droite à gauche, île 
telle sorte que les lignes commencent au point direc- 
tement opposé à celui où elles commencent en français ; 
il résulte de ce principe que la première page de tous 
les livres arabes est à la place de la dernière dans nos 
livres : il est facile, avec un peu d'attention, de se 
familiariser avec cette disposition toute inverse de la 
nôtre. 

Ce mode d'écriture, fort étrange pour nous, à cause 
de nos habitudes qu'il contrarie, peut s'expliquer ainsi : 
on se sert instinctivement de la main droite pour 
écrire : il est permis de penser, par conséquent, que 
dans l'origine de l'écriture, on a dû être porté tout 
naturellement à placer d'abord la main où sa position 
physique l'attirait directement, et à continuer ainsi en 
avant dans cette direction, c'est-à-dire de droite à 
gauche. 

Puisque nous exposons ce fait, nous ajouterons que 
les races diverses des hommes ont adopté à cet égard 
des usages différents, qui indiquent une influence que 
les observations philologiques les plus minutieus 
semblent impuissantes à apprécier. Ainsi, les anciens 
Grecs ont écrit de droite à gauche, en revenant ensuite 
de la gauche à la droite (le boustrophédon) : les Égyp- 
tiens (écriture" démotique), les habitants de l'Hindous- 



,|l COI RS 

tan, les Parses, les Romains, d'après les Grecs, et 
beaucoup d'autres nations, traçaieht leurs lettres de 
gauche à droite comme nous ; les Chinois el quelques 
peuples tartares écrivent de haut en bas en colonne 
verticale. Cette variété dans la direction de l'écriture 
a dû nécessairement influer sur la forme des caractères 
alphabétiques, el celle-ci a pu exercer à son tour une 
espèce de réaction. 

DE L'ALPHABET 

L'alphabel arabe a vingt-huit lettres toutes consonnes. 
Les voyelles, indiquées après coup par suite de l'im- 
perfection tardivement sentie de l'alphabet, sont repré- 
sentées par trois petits signes qui se placent, (juand 
on /es- écrit, au-dessus el au-dessous des lettres. 

Observations. Cette représentation graphique des 
voyelles, de même que celle de quelques signes acces- 
soires, n'est pas de nécessité rigoureuse, et la compli- 
cation qui eu résulte fait presque toujours négliger de 
les écrire. Le lecteur arabe est toujours suppose 1 assez 
instruit pour les ajouter, sans les voir écrits, aux 
consonnes des mots qu'il lit, en se conformant au sens 
de l'idée qu'on a voulu exprimer ainsi qu'aux particu- 
larités de la grammaire. 

Ce système 1res incomplet d'écriture, commun à 
toutes les langues sémitiques et à celles d'autre origine 
qui s'écrivent avec les caractères de ces dernières, est 
très loin de la précision européenne, où les textes 
peuvent être lus par un étranger, sinon compris, avec 
la seule étude <\>'> caractères alphabétiques; tandis 
qu'en arabe par exemple, un texte qui n'esl pas écrit 
avec tous les signes complémentaires de l'alphabet, ne 
peut être lu exactement qu'avec la connaissance par- 



DE l \m.i l w; \v\ 7] 

faite des règles de la grammaire et l'intelligence inslan- 
tantanée du sens de ce qu'on lit. 

La nécessité d'études et de connaissances préalables, 
d'une tension continuelle de l'esprit, pour lire en arabe 
d'une manière efficace, rendent la lecture dans cette 
langue l'objet d'un travail constant, qui ne peut être 
à la portée de la masse des populations. Ce sera, sans 
nul doute, dans l'avenir même, comme ce fut dans le 
passé, un obstacle à la communication et au dévelop- 
pement des idées chez les Musulmans. Si l'on consi- 
dère avec cela qu'ils sont étrangers aux observations et 
aux connaissances les plus vulgaires des nations mieux 
civilisées, on s'explique le peu de résultat pour eux 
des études, mêmes les plus étendues, qu'ils font dans 
leur langue. 

Les peuples primitifs, notamment les Arabes, parais- 
sent n'avoir, dans l'origine, destine l'écriture qu'à 
retracer à la mémoire des choses déjà connues et 
apprises par une espèce d'initiation : tels sont les textes 
sacrés, que l'on apprenait par cœur, et qui paraissent 
chez les Orientaux, avoir subi les premiers l'applica- 
tion de l'écriture. Peu à' peu l'instinct progressif de 
l'homme a étendu l'usage d'écrire, et les alphabets, 
d'abord fort incomplets, ont tendu par divers moyens, 
non seulement à soutenir la mémoire et à transmettre 
à peu près intacte la prononciation, mais encore à 
faire naître et à communiquer la pensée. 

Les lettres de l'alphabet arabe sont rangées dans un 
certain ordre par les Arabes Barbaresques, et dans un 
autre ordre par les Orientaux. Elles ont aussi une 
forme typique un peu différente. Il esl utile de connaître 
ces deux classifications, ainsi que la valeur numérique 
attribuée en certains cas à chacune des lettres dan- 
deux alphabets. 



ALPHABET ARABE BARBARESQUE 





(fcfrme. 


> 3 

*-> 


\'irOV]"L/ 


*p»1"tnt 


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5.3 


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1 


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10 00 


•3 fcjî^ 


À 


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*; 


h 


J 


G 


«U ^_d)fc=> 


s<~ 


10 


'2 g 


o? 


!*<£ 


10 



DE LANGUE ARABE 



73 



ALPHABET ARABE ORIENTAL 



OXÀÏXXsQJ- 

^ \ (for me. 


1 1 


IX-oitV ' 
Du) i'tt^vt^ 


trorrrie 




1 

1 

3 


,1- 


1 

u 


1 

% 
400 


7 






go 

00 


k 


;& 


ô> 


J00 


/S 


&\ t 


7° 


S 
G 


(7^ 


t 8 

4* 6 00 


2oi >V9 


<w9 


1 

$0 


1 


f\^. 


xi <J»lâ 


•• 


t 


% 


Jl3> L> ! 4 


*?.ôlà» 


d^ 


%0 


9 

10 


T i 


JO a 
%o 




40 


11 

4% 


t , 




7 

GO 




So 
S 


/3 
1Jk 


oh-**? 




30o 

3° 




G 



Telle esl la forme normale des lettres dans l'un et 
l'autre alphabet. 

On ajoute souvent à l'alphabet le Lâm-Alif : ^ ou Y. 
Ce n'est que la réunion des deux lettres J e1 \ qui 
peuvent, malgré leur ligature, se trouver très distinc- 
tement séparées dans la prononciation du mot. 

A la lin d'un mot, le s (hà) prend quelquefois deux 
points : - ; il équivaut alors à notre / final, et, comme 
lui, ne se prononce ordinairement que lorsqu'il est 
suivi d'une voyelle Le ï esl toujours censé précédé 
du son (/. On le nomme en arabe 'i±>y ,-• b là merboût'a, 
t lié. 

Quelquefois, à la fin d'un mot, le ^f se prononce 
o bref, à cause de l'influence d'une voyelle à laquelle 
il s'allie : il se nomme alors alif bref. 

La différence de l'alphabet oriental avec l'alphabet 
barbaresque consiste principalement, comme on a pu 
le voir, dans une légère variété de forme et dans la 
ponctuation du ^_- et du ^J>, qui, chez les Arabes de 
l'Orient, se ponctuent . - et ^Jj. Quant à la pronon- 
ciation des lettres, il en a été traité dans le Livre pré- 
cédent (V. p. :H) et suiv.). 

VOYELLES ET SIGNES ACCESSOIRES DE L'ALPHABET 

L'alphabet ne renferme que des articulations ou con- 
sonne-. Pour compléter rr système défectueux, on a 
introduit l'usage de trois petits signes représentant les 
trois nuances principales du son voyelle \nrï : A, I, 0, 
nommés en arabe _'- / \^, et en français .motions ou 
points-voyelles, ainsi (pie l'emploi de quatre autres 
destinés à indiquer au lecteur les particularités delà 



DE 1 VN'.I I UlAIii: 



prononciation. Ces derniers se désignent ordinairement 
sous le nom de signes orthographiqi es. L'application 
de ce système complémentaire se nomme en arabe 
Llltoj ou k..^ du verbe k^ et klcsl, fixer, établir 
solidement. On dit généralement en français ponctuer 
un texte arabe, c'est-à-dire y ajouter tous les signes. 

L'écriture arabe, ainsi complétée, représente la pro- 
nonciation et l'orthographe des mots d'une manière 
un peu plus confuse, mais aussi précise que nos écri- 
tures européennes. 

Les trois signes représentant les trois voyelles brèves 
principales sont, tant pour leur forme que pour leur 
valeur, la modification des consonnes faibles [ , s e( __-. 

TABLEAU DES SIGNES OU POINTS-VOYELLES 



FORME 



VALEUR 



Dam ma. 
Fat ha. 
Kesra. 



0, OU 
A 
1 



i et toutes les nuan 
f ces so <elon la na- 

ture des consonnes qu'ils 



i tur 
ace 



ompagnent. 



Les voyelles ne peuvent jamais commencer une syllabe. 
APPLICATION 



ba 



bi 



bou 



vr* 


c< ■ 


d'araba 


farih'a 



ta ti tou 



h açouna 'orifi 



Les voyelles indiquenl «'i précisent, non-seulement, 
1.' sens, l'orthographe et la prononciation des mots, 
mais servent encore, pour la syntaxe, à former la 
déclinaison des noms el la conjugaison des verbes à 
certains modes. 

A la lin dos mots, ces voyelles indiquent le cas ou le 
mode, c'est-à-dire le rapport grammatical et logique 
avec les autres mots; elles prennent alors une déno- 
mination spéciale, caractéristique de la déclinaison. 

SIGNES-VOYELLES SERVANT A LA DECLINAISON 



FORME 



CAS ni ELLES INDIQUENT 



Ref'a 



Nas'ba 



Kll! 



aida 



Nomin \ TU . 

Absence d'agent grammatical in- 
fluent. 



Cas direct (accusatif). 
' Influence directe d'un verbe actif, ou 
/ suppression d'un agent quelcon- 

■ que- 

Cas indirect, génitif, datif, ablatif 

\ des Latins. — [nfluenoe d'un nom 

I sur un nom ( libei Pétri) ou d'une 

préposition quelconque sur un nom . 



APPLICATION 



_' : _._„.." gladius(\e sabre) 
_-_.'_!." gladium 
_/ r __.Ji gladii, gladio 



^ r ,—\-\^ il écrira 
.:_G C /) (qu')il écrive 



hl TA NO I IX ( ( ^_J_a_LL3l ) 

Quand un mot, substantif ou adjectif, esl grammati- 
calement indéterminé, c'est-à-dire exprime un objet, 



DE LANG1 1. Ai; ABE 



une idée ou une qualité quelconque , sans la spécialisa- 
tion qu'y ajoute en français l'article le, la, les, on ajoute, 

DANS LA DÉCLINAISON" ARABE, L'ARTICULATION X à la 

voyelle désinentielle Cette particularité s'indique dans 
l'écriture en redoublant la figure de la voyelle. 



Ainsi ou 


redoublé 


s ou • > 


se prononce <>i \ 


» —1- A 


» 


// 


)) A X 


)) 1 


» 


— — 


)) IN 



Cette addition du son d'N à la voyelle du cas se nomme 
en arabe . r _j^-~-> (du verbe o^?- 3 ) prononciation avec n. 

Remarque. Avec la désinence — an, on ajoute par 
orthographe un ' qui ne change en rien la prononcia- 
tion. Il n'y a d'exception à cette règle que pour les 
mots dont la dernière lettre est un hamza ou un ta 
mer bout' a ï. 

APPLICATION 

OS-4-- gladius un sabre (quelconque) .st'/'/'oix 

Ll_l~ gladium » scï/an 

i^a-4-*- gladii, gladio » seïfm 

sU aqua eau (nominatif) md'ouN 

sU aquam » (accusatif) imi'xy 

^Saqua>,aqua » (gén. dat. abl.) mâ'm 
L-ljj^' urhs une ville (quelconque) madînato\ x 

Ll_j>x> wW>o/< » madinalAti 

Ljl-jj-*' wr/jïs, urbi,urbe » madînatin 



ï8 



SIGNES ORTHOGRAPHIQUES 



Les signes orthographiques se placenl au-dessus des 
caractères. Ils n'indiquenl pas un son, mais seulement 
une particularité de l'orthographe ou un accident de la 
prononciation. En voici le tableau : 



Djeznia, t Avertit que la consonne sur la- 

SokoÛn, ' c ' quelle il est placé ne doit être 

ou t / s u i % i<- «l'aucune voyelle et ter- 

( l|i;ik la mine la syllabe. 



Indique le redoublement sans in- 

„ termédiaii e de la lettre sur la- 

•i- i i v i / \ cruelle il se trouve. Il représente 

! eeliilnl ' ou ' , .. 11111*1 

deux lettres semblables, dont la 

\ , t f seconde est nécessairement sui- 

) (tonne ! ,., 

barbaresque x "' d " ne vo Y t,lle <I U »1 P 01 ' te tou- 

jours avec lui. 



ou 

Chedda 



Se met sur un \ d'euphonie ou alif 

I \ d'union, lettre orthographique 

Ouas la ~" qui ne se place jamais qu'au 

\ I commencement de certains mots, 

et ne se prononce que rarement. 



3e place sur un I ou un i qui de- 

1 vrait être orthographiquement 

\ suivi d'un autre l OU d'un a que 

\|,. ( | ( |- l l'euphonie a fait supprimer dans 

/ l'écriture. — Placé sur d'autres 

lettres, il indique une abrévia- 

1 1 in. 



\ 



DE I \N(.l E AKABE 



APPLICATION 



'a-ra-fet 'a-raf-ta 

O-*— d—A-J. !*>-J" au lieu de ^1 >_._l_.Cj' 

te-kel-lem-tou te kel-lern-tou 



au lieu de 



dâ-rou '1-k'à-d'i dà-rou el-k'âd'î 



Ar-lv-J — *! a a {('eu »_:_: *'' 

u-man-toum a'-man touni 

Nota. Ces signes ne sont, dans leur origine, que les abréviations 
des mots arabes exprimant l'action qu'ils exercent. 

Chez les Barbaresques, le techdid se place quelquefois sous la 
lettre, quand il est accompagné du kesra. 

BES LETTRES CONSIDEREES PAR RAPFORT 
A LEUR FORME 

Les vingt-huit lettres de l'alphabet arabe ne présen- 
tent pas un nombre égal de formes diverses. Beaucoup 
de caractères, semblables par la figure, mais différents 
par la prononciation, se distinguent seulement par un, 
deux ou trois points ajoutés au-dessus ou au-dessous de 
leur figure. Ces points sont connus généralement sous 
la dénomination de points diacritiques, c'est-à-dire 
distinctifs. 

Dans l'origine, cette distinction graphique n'avail 
pas lieu, et toutes les lettres de forme semblable se con- 
fondaient malgré la différence des articulations qu'elles 
représentaient. Cette confusion des consonnes, jointe à 
l'absence déjà signalée des signes et des voyelles, fai- 
sait de la lecture une divination, et l'intelligence des 
choses écrites n'était possible qu'à des initiés, dont la 



80 



mémoire se trouvait réveillée par un mot ou un signe 
qui la mettail spontanémenl sur la voie. 

D'après ce qui précède, on peut s'expliquer pour 
l'élude graphique de l'écriture, comment, en faisant 
abstraction tics points, l'alphabet ne se compose pas de 
vingt-huit caractères, mais seulemenl des dix-sept 
types ci- après. 

rYPES DE L'ALPHABET ARABE BARBARESQUE 



w ' 



TL 



J^A 



<jj K^/ o ^j> 



il PES DE L ALPHABET ORIENTAL 




<<J^ * U /> 



DE LA LIAISON DES CARACTERES ENTRE EUX 

Les lettres composant un même mot arabe doivent 
être, autant que possible, toutes liées en un groupe 
compact. L'application de ce principe exige quelques 
développements. 

Parmi les dix-sept types ci-dessus, les uns, au nom- 
bre de quatre, représentent purement et simplement la 
lettre sans addition d'aucun trait accessoire. Ce sont 
les quatre types : • 

>- I 



DE LANGUI \li \HI 



81 



Les treize autres sont terminés par un appendice plus 
ou moins long-, qui sert à en compléter la forme, et 
parait avoir été ajouté par élégance, comme cela a lieu 
chez nous dans certaines lettres finales : t, fU > £ sç, etc. 

Ce sont, en caractères barbaresques ; 



3 a.% 41 io 3 



J'Ai 



t/^fy^ 



7*543 



V 



L'appendice qui termine la figure de ces caractères 
serait, clans la plupart, un obstacle à leur réunion, et 
d'ailleurs les tiendrait trop écartés. Aussi, lorsqu'on 
veut les joindre, on les réduit à leur élément constitu- 
tif en supprimant cet appendice. Les types 1,7, 13 se 
confondent alors dans la forme unique — - n" 1 ci-après, 
ce qui réduit aux onze formes suivantes l'ensemble de 
ces caractères. 

(. \l;.\<: ("ÈRES BARBARESQUES 



H 1o 



9 






CARACTERES ORIENTAT* 



<H. 40 S % f 6 S J31-1 



j r 



S> &, j^ ^vo --«^o 



Les types étant ainsi appréciés, abstraction faite .les 
points qui établissent les diverses valeurs d'un même 
caractère, il suffira d'ajouter ces points conformément 



vj COUKS 

aux indications «le l'alphabet, pour rétablir chaque 
lettre dans sa valeur spéciale I 1 ). 

Le principe de la réunion des caractères est, comme 
chez nous, de continuer le trait du premier caractère 
jusqu'au commencement du second, et ainsi de suite. 



1 Celte ol consignée dans d'anciennes notes que j'ai 

muniquees il y a environ 15 ans à un de mes amis, a été déjà 
appliquée dans la seconde et dans la troisième édition d'un ouvrage 
pratique el très estimé qu'il a publié a Alger. (M. H. Dm iporti , 
maire arabe vulgaire >. 
Je dois faire remarquer, sans aucune idée de critique pour per- 
sonne, que toutes les grammaires arabes donnent à chaque carac- 
tère quatre formes : isolées, initiales, médiales et finales; cela 
istepasen réalité, et complique inutilement le travail des com- 
mençants. Si je relève ici une erreur générale, je n'ai pas l'intention 
de la censurer, je ne veux que l'expliquer. Qu'on me permette 
d'entrer un instanl dans quelques détails techniques. 

sition typographique des lettres arabes exige, pour former 
les différents groupes et permettrede lier les lettres entre elles, que 
certains caractères soient fondus par fragments qui représentent, 
dans un même type, la portion finale d'une lettre avec la portion 
initiale d'une autre : les lettres ainsi morcelées sont complètement 
s pour le lecteur, et ne sont guère reconnues que de celui 
qui dispose les types pour 1 impression. Tels sont, par exemple, 
les caractères -"^ - o. -- -> ^ -r -- S- -. etc. 

D'après ce fait, le nombre 'les types formant les groupes ne se- 
rait pas de quatre fois vingt-huit lettres, mais infiniment plus con- 
rable. Les anciens auteurs des grammaireset leurs successeurs 
ont pris naïvement les types de l'imprimerie pour ceux de récri- 
ture, et de là sont venues les quatre formes qu'ils ont données à 
chaque lettre. Il faut encore leur savoir gré de n'avoir pas poussé 
plus loin cette complication. 

Pour mieux faire comprendre l'observation qui précède, j'ajoute- 
rai que ce que je viens de signaler pour les lettres arabes a lieu 
en typographie pour les lettres françaises : on emploie, dans la 
sentatioa de certains genres de notre écriture, des fragments 
que la plupart, des lecteurs ne pourraient reconnaître 
qu'a\ ■ en i] île : 

" ts /£ z- /& /i c-rts /-rb /v>ï rtc /ï-z* 

Que dirail on si l'on enseignait notre alphabet avec ces fragments? 
Je dois consl lernent, malgré des appréciations tradition- 



DE LANGl i: \Ii ahi: 



e 



ïlfautobserverquelaliaisondeslettresamènequelque- 
fois une légère modification dans l'alignement des types 
ou dans leur figure. La lettreoules lettres qui précèdenl 
le type ^, se placent ordinairement un peu au-dessus d, 

la ligne, on écrit, par exemple : ^-— - m- „_,/, m . 

S-^F 1 *-* \ ys-t-'-dj-b, plutôt, que ^_-_. et ^..*_/ 

ou ( *^a_^ ^^_:__.,. Les lignes de l'écriture doivent 

nelles qui ont un principe analogue aux précédentes ,l qui sont 
répétées par des Européen,, auteurs de grammaires arabes, que la 
première lettre de l'alphabet n'est pas réellement V\ ma i s le 
hanua , consonne gutturale, espèce d'hiatus analogue au ^ mais 
plus faible que cette lettre dont il a la forme. Cette observation 
que la pratique m'a confirmée de la manière la plus positive, avait 
déjà frappé 1 esprit pénétrant et sagace de M. de Sacj qui privé 
de moyens bien étendus d'application orale, a deviné des faits d'une 
admirable exactitude, restés inaperçus de ceux mêmes qui les 
appliquaient. (Y. S. de Sagy, Grammaire arabe ">- édit I I nr> 
16, 48, 61). ' ' ' ■ 

L'alif\, est très souvent employé, de même que le « et le - 
pour supporter le ' que sa forme isole des autres caractères- ri 
sert donc en ce cas à signaler au lecteur la présence d'un hamsa 
Dans d autres circonstances l'I sert à rendre long un a bref qui le 
précède, comme ferait chez nous un accent circonflexe- en outre 
il tient quelquefois la place d'un , ou d'un ^, que des causes d'eu- 
phonie jointes à des exigences de forme ont changé en I ! 
aucun cas, l'\ n'est une lettre réelle : il n'a pas de valeur propre il 
ne peut jamais porter de voyelle, il n'est qu'un support inerte ou 
un signe de prolongation; par conséquent il n'est pas une con- 
sonne. Les lexiques arabes, le K'âmoûs de Fîroûzâbâdî, le S'ih'âlï 
de Djauhari, et tous les ouvrages qui présentent une classification 
alphabétique, commencent par 'i^J\ ^Uo « chapitre du ham 
En lexicographie arabe, ce qu'on nomme alij, c'est Yalif bref, 
_^iJ\ e-çJl, c'est-à-dire le ^j final d'un mot, qui se prononce a 
bref, et qui, après avoir perdu sa valeur de consonne, s'appuie sur 
la voyelle a qui le précède. Les ouvrages de lexicographie placenl 
ce ^, sous le nom d'alif, à la tin de la série alphabétique. 

Ces distinctions minutieuses, mais importantes, n'ont pas encore 
été suffisamment établies. On a placé jusqu'aujourd'hui le c au 
nombre des signes orthographiques el l'I au rang des lettres; sur 
cette base inexacte se sont créées et fortifiées un grand nombre 
d inutiles théories d'exceptions et d'irrégularités, restées inexpl 
blés à bien d'autres qu'à des commençants. 



être d'une longueur égale ; cl les lettres, autant que 
possible, séparées également. On peut, si la régularité 
l'exige, prolonger le trait qui unit deux lettres. A la lin 
des mois, on restitue ;i chaque lettre finale son ap- 
pendice. 

En appliquant le principe et les observations qui 
précèdent, les types ci-dessus réunis formeraient les 
deux groupes suivants : 

BARBARESQ1 E 



OIUKN I \l 



EN CARACTÈRES D'iMPRIMERIE : 

Les quatre types j , - ( indiqués ci-dessus, page 80, 
n'ayant pas d'appendice, ne peuvent subir aucun re- 
tranchement et ne s'allient pas à la lettre qui les suit. 

exemple : 

r ad ' I a il m n m ou m h r en 

Telles sont les formes les plus élémentaires des ca- 
ractères arabes. — La calligraphie et le degré plus ou 
moins grand d'habitude de l'écriture chez les divers 
individus, déterminent un grand nombre de variétés 






DE LANG1 I \l; \HK v", 

que l'usage apprendra, et qui malgré la forme étrai 
en apparence, qu'elles donnent aux lettres, laissent 
toujours reconnaître le type primitif. Voici les princi- 
pales modifications : 

Le ■> après une autre lettre 

, prend souvent la forme 

P entre deux lettres et à la fin * * 

^_^ entre deux lettres .i 

:===> a souvent la forme > ou <JS 

i au milieu d'un mot -^ ou 

' à la fin a ou 

^C final s'écrit quelquefois ■-■ 

Nola. — Il est bon d'observer que dans cet ouvrage 
nous ponctuerons toujours le ^ et le ^_. suivant 
l'usage, barbaresque, excepté quand nous citerons des 
textes écrits en caractères orientaux, où nous les repré- 
senterons ,, : et .s. 11 est utile de s'habituer à lin 1 des 

deux manières. 

DES CHIFFRES 

Les chiffres des Arabes s'écrivent dans le même ordre 
que les nôtres. Voici leur forme la plus commune : 

t r r f c i \ \ i .. 

1 2 3 4 5 6 7 8 !» 

Ces chiffres sont indiens d'origine. 

Certains Arabes, notamment ceux du Maroc, afïec 
tent d'employer les chiffres européens, qu'ils appellent 
à tort ç,L^_c r'ohâii. Comme ils sont faciles à recon- 



86 i mi ii- 

naihv pour nous, malgré L'altération fréquente de leur 
forme, nous nous dispensons de les donner ici. 

Les quantités exprimées en chiffres s'écrivent exacte- ■ 
ment comme chez nous ; il en est de même des fractions. 

L'usage du calcul écrit rsi très peu répandu chez les 
Arabes : c'est pourquoi les signes de la numération 
sont peu perfectionnés. 

CES LETTRES REPRESENTANT LES NOMBRES 

Les lettres sont quelquefois prises comme signes 
d'une valeur arithmétique exposée plus haut, pages 72 
et '■'■>. Cela se rencontre, entre autres cas, dans les 
indications mathématiques, géographiques ou astro- 
nomiques, des degrés du cercle ou des longitudes et 
latitudes i|ui se trouvent sur les anciens astrolabes et 
dans les ouvrages de géographie arabe. 

DES CH RONOGB VMMES 

On forme aussi les dates avec des lettres disposées 
de manière à donner un sens, et dont la somme indi- 
que l'époque du fait dont on veut consacrer la mémoire. 
C'est ce que l'on nomme chronogramme. Beaucoup 
d'inscriptions monumentales arabes ou turques pré- 
sentent cette particularité. Pour trouver la date, qui 
souvent d'ailleurs est répétée en chiffres, il suffit d'addi- 
tionner les lettres des mots qui forment le chrono- 
gramme, en ayant égard toutefois au style barbaresque 
ou oriental de l'inscription, car la valeur arithmétique 
des lettres est différente dans les deux classifications 

de l'alphabet I . 



(1 Les chronogrammes étaient aussi en usage chez les Grecs et 
chez les La tins. 



DE LANGUE VU Mil; 



C'est ainsi, par exemple, que l'on trouve dans une 
inscription en caractères orientaux placée sur la porte 
principale de la mosquée dite Djâma' Sâfir, à Alger, 
les mots suivants : 



atit 



dM L 



i J^lar*- _J 



« Hoca'in pacha, combattant dans la voie de Dieu 
« (c'est-à-dire pour la cause de Dieu) a régénéré les 
« formes (de cet édifice) pour la gloire du Très- H a al. » 

On peut additionner ainsi les lettres qui composent 
ces mots : 



1064 

10 

60 
2 

10 
30 

1 
30 
30 

5 



U 



1 


4 


ï 


4 


) 


1 


J 


30 




200 


*o 


G0 


3 


6 


\ 


40 
2 


z 


8 



358 



U 



598 



358 




598 


40 


\ 


1 


4 


L/* 


300 


1 


! 


1 


30 


! 


1 


30 


J 


30 


5 


^ 

j 


40 


8 
60 




3 
1 


10 


î 


5 


50 


s 


4 


o 


; 


80 



1064 



1/ 




vx coi RS 

Les chronogrammes se rencontrent fréquemment 
dans les inscriptions orientales ou barbaresques des 
monuments de l'Algérie. Ce n'esl pas ici le lieu d'en 
multiplier les citations. 

Di i 'abadjed et de l'aïk'a< Il 

La valeur numérique des lettres arabes est établie 
d'après leur ordre primitif, qui était celui de l'alphabet 
hébreu et des autres langues sémitiques. Voici cet 
ordre, qui est l'origine de la valeur numérique attribuée 
à chaque lettre : 

Unités 

9 8 7 6 :i i 3 2 \ 

1- _ . s ^ ! 

Dizaines 
90 80 70 60 50 40 30 20 10 

LT ^ : t U° J ( J ^ ^ 

Centaines 
900 800 700 000 500 400 300 200 100 

|, N . * ■ 

IOOO 



c^ j <3 



DE LAKGl I Al; U.F 

Les Barbaresques, qui paraissent n'avoir eu que des 
traditions altérées en littérature comme en bien d'au- 
tres choses, ont modifié ainsi cette classification : 

Unités 
9 8 7 6 5 4 3 2 1 

Dizaines 
90 80 70 60 50 40 30 20 10 

^-- C u c > i - 

Centaines 
900 800 700 600 500 ïOO 300 200 100 

L C *" 

.1/i'He 
iooo 



Pour aider à fixer dans la mémoire les classifications 
ci-dessus, on en a formé les huit mots techniques 
suivants, en réunissant les lettres en groupes : 

Ordre oriental 

... c . «• ' - ' \ > t_ ' , i l 



Les six premiers groupes renferment les vingl deux 
lettres communes aux langues sémitiques; les deux 



90 < oi rs 

derniers, celles qui appartiennent plus spécialement à 

la la n _ lie arabe. 

( )rdre burbàresque 

De celte variété de classification des lettres chez les 
Barbaresques, résulte la différence de la valeur numé- 
rique de quelques-unes. Cette classification est ce qu'on 
nomme Abadjed ou AboudjadW, mot formé de la 
réunion des lettres du premier groupe. C'est ainsi que 
nous avons établi en notre langue le mot ABCD. 

De /'aïk'acii 

Les Barbaresques nomment Aïk'ach la série des 
lettres groupées en neuf mots, d'après l'ordre des 
chiffres exposant le nombre des unités, des dizaines, 

des centaines, etc.: l-l 0-1 00- 1000, 2-20-200 Voici 

cet ordre, qui paraît avoir été inconnu aux gram- 
mairiens européens. 

C G ' ' C ' ' > '■' 

. ' ' ' ' . ' c l ' ' c"" ' c • • c I 

J -f > L/ ; ' J • Ls 



■1 C'est du mol technique abadjed ou aboudjad, qu'est venue 

l'exprès on très commune boudjadi [^J^ae-iî aboudjadi) que les 
Arabes emploient pour désigner un novice, et, par suite, un ignorant 
ou un homme peu expert dans une chose. On dit en arabe: ana 
,. mis nocice, c'est-a-ilire : je suis encore à l'alphabet, 
comme nous disons en Français, a propos d'une chose que nous 
commençons â apprendre ou qui nous est peu familière: j'en suis 
ire h l'\ li C. 



DE LANG1 I VRABE 



DES TROIS LETTRES FAIBLES j . ' ET DE LEUR EMPLOI 

J'ai dit plus haut que l'alphabet arabe ne renferme 
que des consonnes, c'est-à-dire des articulations. 

Il faut observer que trois lettres, l'\ le 3 et le _-. 
représentent des articulations faibles, très voisines des 
sons voyelles a, ou et i, avec lesquels elles s'allient en 
les prolongeant quand elles en sont précédées. 

La valeur de l'I (alif hamza) est une espèce de con- 
traction ou d'effort contenu de la glotte, qui n'a pas 
de représentation en français. Celte articulation peul 
s'alliera tous les sons; elle est le résultat de la dis- 
position des organes de la voix pour prononcer une 
voyelle quelconque. Nous l'exprimerons convention- 
nellement par le signe '. 

Le j peut être représenté par nos lettres ou, com- 
mençant une syllabe, mais c'est plutôt le w des Anglais. 
Il peut être précédé ou suivi de tous les sons voyelles, 
bien qu'il soit rarement accompagné du son d'i. 

Le S est l'v au commencement d'une syllabe, comme 
dans yacht, yeux, etc. 

Ces lettres, très proches des sons brefs a, OU, i, ont 
une tendance naturelle à se combiner avec ces voyelles. 

LETTRES DE PROLONGATION 

Lorsque 1'', le 3 et le S sont grammaticalement pré 
cédés de la voyelle qui leur est analogue, ces trois 
lettres perdent, par euphonie, leur valeurde consonnes, 
et se confondent avec la voyelle, dont elles prolongent le 



ton l . Elles n'ont pins alors qu'une valeur analogue à 
celle (!•' notre accent circonflexe v . C'est ainsi que les 
Arabes expriment les voyelles longues â, i. où. Par 
exemple : 

1 f f \ * 

kàliboun k'oloûboun cherltoun 

au lieu de : 

ka'iiboun k'o\owboun cheriyîoun 

Dans celte circonstance elles se nomment lettres de 
prolongation. Bien qu'elles ne puissent porter de 
voyelles, elles ne doivent jamais être surmontées 
du — . Quelques personnes ont indiqué ces lettres comme 
étant voyelles par elle-mêmes, ce qui est inexact en arabe, 
el résulte de connaissances tn-s superficielles de la 
grammaire. 

Les Barbaresques omettent souvent l'I de prolonga- 
tion dans leurs manuscrits, ou bien ils récrivent après 



(1) Cette combinaison de coyelles ou sons brefs avec des articu- 
lations d'une nature analogue, produit ainsi artificiellement des 
voyelles longues. Il faut observer que la cause de cette contraction 
ou combinaison euphonique, est le peu de ditïérence existant entre 
ls voyelles et les trois articulations faillies; il faudrait, pour 
les prononcer distinctement les uns des autres, une attention minu- 
qui, d'ailleurs, aurait un effet peu agréable à l'oreille. Nous 
ferons remarquer, en passant, que dans toutes les langues, les 
deux causes les plus générales de contraction sont la différence 
trop peu sensible ou la dissemblance trop considérable qui existe 
entre des sons ou des articulations. Dans le premier cas il faudrait 
soin, el dans e second, trop d'efforts dans la prononciation. 
pli que pourquoi, à mesure que les peuples se sont policés, 
le langage s'esl adouci, el n'a conservé les traces de sa rudesse 
primitive que dans l'orthographe des mots, dont beaucoup de lettres, 
.' chez nous, sonl modifiées ou ne se prononcent plus. 






DE LANG1 1 VB W.i 

coup, quand ils ponctuent, et souvent en encre de cou- 
leur. Ils nomment LulJ' thâbta (fixée), toute lettre 
suivie d'un I de prolongation. 

Cette suppression de l'I de prolongation, assez, géné- 
rale chez les Barbaresques, est admis»' orthographi- 
quement dans certains mots d'un usage fréquent, comme 
^scsj 1 , ij.*, vjjCb, etc. "). Lorsqu'on ponctue ces mots, 

on indique 1'! supprimé, par un — ou petit I, tracé 
perpendiculairement au-dessus de la place que devrait 
occuper 1'', de celte manière : 

',-lllii \X-* SZJ* pour \HLl}\ bli X<Db 



DES SUPPORTS Dl BAMZA 

Le hamza *, qui est, en réalité, ainsi que nous l'avons 
dit ci-dessus, la première lettre de l'alphabet, a pres- 
que toujours un support sans râleur dt prononciation, 
destiné à signaler à l'œil sa forme en quelque sorte 
parasite. Ce support qui, au commencement d'un mot 
est un I, peut être, dans l'intérieur ou à la fin, l'une des 
trois lettres faibles \ -, S, choisie d'après l'analogie 
indiquée par la voyelle qui est le plus directement en 
rapport avec le hamza. 

Lorsque l'I est le support d'un « commençant un mot, 



(1) La suppression de l'\ dans l'écriture lient à ce que cette lettre, 
qui est d'un emploi fréquent, ne se lie pas, à cause de sa forme, à 
la lettre qui la suit; l'\ force à interrompre l'écriture, et esl par 
conséquent un obstacle souvent renouvelé. On conçoit alors qu'on 
l'ait supprimé en bien des cas. C'est ainsi que notre orthographe a 
admis la suppression de certaines lettres embarrassante- i 
prononciation ou l'écriture: Ys par exemple. Nous n'écrivons plus 
asne, caresme, mesme, mais âne, carême, même. 



le - e au-dessous de l'i s'il porte la voyelle 

— : ainsi : 

JU-jl 'in-zâ-loun 

Q md, dans l'intérieur d'un mot, le - a pour support 
un _- li indique l'influence du — le _£doit s'écrire 

s points : ainsi : 

._ .__-,- ■ - i-zâ-ir ' JJ i-lû t'i-hâ-'i-iiii 

On omet fréquemment le -• sur 1 : la voyelle que 
elui-ci suffit pour l'indiquer. 
Ile que soit la lettre inscrite sous un hamza, il 
n'en faut tenir aucun compte dans la prononciation : 
elle n'a qu'une valeur exclusivement orthographique, 
et même, en bien des cas. on peut la supprimer sans 
inconvénient. Le hamza i u esl la lettre appréciable, 
lui seul se prononce avec la voyelle qui le précède ou 
qui le suit. Par exemple : 

- - ■-..,■ g )u-'â-\oun %ou-'i-\a mou-'mi-noun 

Les deux pr< - mi ts peuvent s'écrire sans sup- 

■ du = : 

[ * ' V - ■ 

DE I ' ' û'i SU 'N 

I d'union se dislingue de tout autre en ce qu'il porte 
le signe d'union ou < -- oues'la. 



DE LANGUE ARABE 

Il s'emploie exclusivement devant les mots dont la 
première lettre, par un accident grammatical ou toute 
autre cause, ne peut porter de voyelle. Cette premi 
lettre se joint, dans la lecture, à celle qui termine le 
mot précédent, lorsque celle-ci a une voyelle : alors 
l'I d'union ne se prononce pas ; par exemple : 

djà-'(/ 'l-'fl-mî-row 

Mais s'il n'y a pas de mot qui précède, ou que le sens 
ou un autre motif empêche di a liaison. 1'! d'union, 

qui n'a été imagine que pour parer à cet accident, 
devient le support d'un = qui prend une voyelle, et 
empêche la première lettre du mot d'être isolée 
Exemple : 

' jJULJ PvJIj .:' S-J-^f 

'éi-h'am-dou lil-lâ-hi rab-bi-'l-â-la-mî-na 

L' de _\-*sr'\ qui est un alif d'union, porte ici le 
hamza parce qu'il commence la phrase : c'est le premier 
mot du Coran. 

Parmi les mots qui commencent par un '. il faut 
remarquer l'article determinalif invariable et préfil 
J! cl, constitué par la lettre J /. qui, ainsi qu'on le voit 
par le ■ — djezm qu'elle porte, ne peut être, en ce 



1 L'\ d'union a une certaine analogie avec Ve euphonique placé 
par notre orthographe en avant de certains mots commençant 
étymologiquement par deux consonnes, comme : 

estampe. 

2 C'est-à-dire qui se joint au commencement du i:. 



'.tli . .'1 RS 

suivit 1 d'aucune voyelle. Sa prononciation de el ne peut 
toujours euphoniquemenl s'accorder avec celle de la 
première lettre du mot qu'il précède (V. ci-après Lettres 
solaires). En ce cas, le J de l'article se change, dans la 
prononciation, en la première lettre du mot, qui s'arti- 
cule alors deux fois. Celte particularité s'indique, dans 
l'orthographe, par la suppression du — du J I 1 ) et l'ad- 
dition du — sur la première lettre du mot. Ainsi Ton 
écrira et prononcera : 

k'â-la 'r-ra-djoM-low 'a-lay-kou-mou 's-sa-lâ-mow 

au Hou de : 

k'â-la el-ra-djoit-lpw 'a-lay-koit-moM el-sa-lâ-mou 

C'est ainsi que l'on a contracté, dans des mots d'ori- 
gine latine ou grecque, certaines prépositions préfixes; 
par exemple : affaiblir, allusion, apposer, ellipse, pour 
adfaiblir, adlusion, adposer, enlipse; avec cette diffé- 
rence que (die/, nous l'orthographe consacre celte modi- 
fîcation, tandis que chez, les Arabes la prononciation 
seule l'indique, car on ni; prend pas toujours la peine 
-d'ajouter les signes accessoires. 



1 L'absence de (mil signe sur une lettre, excepté sur les lettres 
de prolongation, est, dans un (exte régulièrement ponctué, L'indice 
de 1 élision de cette lettre. Il est de principe dans l'écriture arabe, 
iute Lettre doit porter une voyelle, ou, a son défaut, un signe 
ne mi rant qua l'omission de la voyelle est intenl tonnelle et régulière. 
On verra dans le ebapitre de l'écriture d'autres signes accessoires 
qui viennent compliquer la minutie de ce système. 



DE LANGUE ARABE 

DES LETTRES DITES solaires ET lunaires 
Parmi ies lettres qui commencent les substantifs et 
les adjectifs, il en est de compatibles avec le J de l'article 
et d'autres incompatibles. 

Les premières ne changent pas la prononciation 
du J de l'article quand il les précède : ce sont les 
lettres lunaires ; les secondes l'assimilent à elles-mêmes 
pour l'articulation : ce sont les lettres solaires. Ainsi 
l'on dit, par exemple : 

eL-k'amarou, la lune et ecn-cnernsou, le soleil 

Lettres solaires 

■■■■ w is * * k L • i ;oO 

Lettres lunaires 

-" v ' — s — : c C I c c c • 

La dénomination bizarre de lettres solaires donnée à 
la première catégorie par les grammairiens arabes, et 
de lettres lunaires à la seconde, vient de ce que le mot 
f—fr-i. chems, soleil, qui commence par une lettre 
incompatible, appartient à la première série, et le mot 
,_,s_3 k'amar, lune, commençant par une lettre com- 
patible, appartient ainsi à la seconde. Le parallélisme 
d'idées que présentent ces deux mots, joint à la diffé- 
rence de catégorie de leur première lettre, les ;i fait 
prendre pour indice de chacune des deux séries. De là 
les dénominations que les grammairiens leur ont 

données: !.-• ,_^_i_" _. r _^- M . X — ~-^J' _ . _x— M 



98 



DES SYLLABES 

L'appréciation des syllabes est indispensable pour la 
lecture. Un commençant ne peut distinguer rigoureu- 
sement les syllabes d'un mot arabe, qu'autant que ce 
mol esl entièrement ponctué. C'est pourquoi l'on ne 
peut s'exercer utilement à lire que sur des textes pourvus 
désignes. La lecture de textes non ponctués donne une 
fausse direction aux personnes qui commencent, el leur 
crée un obstacle réel à des études sérieuses. C'est une 
source abondai) le d'eneurs, d'autant plus dangereuse 
qu'elle paraît plus accessible. 

Les syllabes arabes sont composées : 
1" D'une lettre avec sa voyelle; 
2° Ou de deux lettres prononcées, séparées par une 
voyelle. 

Il ne peut y avoir deux lettres de suite sans voyelle, 
car nulle consonne ne doit se prononcer en arabe sans 
être précédée ou suivit; d'une voyelle. 

Les voyelles, comme on sait, ne comptent point 
parmi les lettres de l'alphabet. Elles ne commencent 
jamais une syllabe, et il ne peut y avoir qu'une seule 
vo\ elle sur une même lettre (1 ). 



] Il arrive cependant que l'on rencontre dans certains ouvrages 

nr.-ihcs, soil deux, soit même trois voyelles sur la même lettre. Ce 

■■st rare et indique, par une espèce d'abréviation, que le mot 

peul se lire de plusieurs manières. Ainsi, l'on écrirait, par exemple : 

* s, pour indiquer que ce mot peut se lire des trois manières : 

* s- r_s , el n s, avec des significations différentes. Cela a lieu 

manuscrits du Coran, où l'on trouve entre autres : 



DE LANGI I \l; \l.l. 

On reconnaît qu'une syllabe est compost'»' d'une 
lettre ou de deux lettres, de la manière suivante : 

La première lettre d'une syllabe a toujours une 
voyelle. S'il y a une voyelle sur la lettre qui vient 
ensuite, la première seule forme la syllabe, qui est alors 
d'une seule lettre. 

Mais si la lettre venant en second lieu ne porte pas 
de voyelle, elle doit nécessairement se joindre avec la 
première par le moyen de la voyelle que porte celle-ci. 
La syllabe est alors de deux lettres. Exemple : 

th'ottm-mfl ba-'ath-nd Moû-çà bi-â-yâ-ti-nâ H-\â 
Fw-'flou'-na oua-ma-lâ-'i-hi 

Le premier mot «-*' porte un — (V. ci-dessus, p. 78 . 
C'est comme s'il était écrit *_ô-j, la première syllabe 
est donc formée des deux lettres *-$' dont le * n'a pas de 
voyelle, et la seconde est formée du second -. qui porte 
la voyelle — . 

Dans le mot L_L*_j, le v'< ipii porte une voyelle, est 
suivi du p qui en a une aussi, et qui, par conséquent, 
n'a pas besoin de s'appuyer sur le w> précédenl pour 
être prononcé : Le w> forme donc a lui seul la pre- 
mière SYLLABE. 



jVj » _-»ix_^_!> ,o— «— s « De quoi donc alors annonces-cous la nouvelle ' » 

Ou bien: « Quelle bonne nouvelle venez-cous m' annoncer ? El plus 

loin : ^_j> *_>L_àJ! ^— .«— ! l-C_J\ l_ i,-C_s « Nous avons 

qu'elle serait de ceux qui doivent rester. » Ou bien : h Et nous arons 
décrété ceci : elle est de ceux qui doivent rester. » 



101 coins 

Le ? peut être destiné, comme on voit, à former ou 
,i commencer la seconde syllabe: ce qui dépendra de la 
lettre «|iii le suit. Si elle a une voyelle, le p constituera 
seul la syllabe; niais si elle n'en a pas, elle devra 
s'appuyer sur le p-. Or, nous voyons que la lettre qui 
suit le p est un o portant le — . c'est-à-dire le signe 
exclusif de la voyelle; par conséquent ce ^>, qui ne 
peu! s'appuyer sur une voyelle qu'il n'a pas, se rejettera 
sur le '- qui le précède, avec lequel il se liera par le 
moyen de la voyelle. La seconde syllabe est donc 

FORMÉE DES DEUX LETTRES ^,--. 

Après le <jl> qui termine la seconde syllabe, vient 
le .\ qui porte une voyelle et qui est suivi d'un I. Or, 
nous avons vu (p. 91) que 1 ' placé après le — , forme 
artificiellement la voyelle longue il. Il n'est plus 
consonne, et ne peut plus porter ni les voyelles, ni 
le — lui-même ' . Ainsi le ,.> suivi de 1'', constitue la 
syllabe - /"'. troisième syllabe du mot LlJL*_j. On 
juMit décomposer ainsi les autres mots. 

Ce mode d'analyse des syllabes est plus simple à 
appliquer qu'on ne le pense au premier abord. Son 



■ — , indiquant l'impossibilité d'une voyelle après une lettre, 
donne essentiellement à la lettre qui le porte le caractère de con- 
sonne : car, en arabe, la consonne peut seule être suivie d'une 
voyelle. Ce fail explique pourquoi les lettres de prolongation, ainsi 
que toutes les autres qui ont perdu accidentellement leur caractère 

ne doivent jamais porter le — . Quelques mauvais 
copistes surtout chez les Barbaresques, dans la crainte sans doute 

tromper, mettent le — sur tous les \, les ^ et les ^ indis- 
tinctement. C'esl un fait a observer, mais ce n'est pas un exemple 
a suivre. 



DE LANGUE ARABE 101 

principe unique esl que la syllabe arabe est formée 
d'une ou de deux lettres articulées. 

Observation. — On ne tient pas compte, dans la 
syllabe, des lettres que la prononciation élide, telles 
que P! d'union (p. 94), le J de l'article inséré dans une 
lettre solaire (p. 97), Pi qui suit le . du pluriel, etc. 
Ainsi dans cet exemple : 

ia-'in Ik-boû oua-'a-k'â-moù 's'-s'a-lâ-ta 

les mots ï--^J t î^»Li!j doivent se prononcer comme 
si Ton avait écrit S^Lko^tilj oua-a-k'â-moûs'-s'a-lâ-ta, 
au lieu de oua-'a-kâ-moù al-s'a-ld-ta (m'indiqueraient 
les lettres, si l'on ne tenait compte des signes. 

Notre langue offre des particularités analogues, avec 
cette différence toutefois que la plupart des lettres 
altérées ou supprimées se changent ou disparaissent 
elles-mêmes dans notre orthographe moderne. On en 
trouve l'exemple dans les mots : accroissement, ascen 
sion, le neuvième, une dizaine, sujet, qui sont pour : 
adcroissement, adscension, le neufviesme, une dixaine, 
subject, ainsi qu'on les écrivait jadis, d'après leur ortho- 
graphe étymologique. 

Les principes et les effets de Peuphonie ne manquenl 
pas d'analogie dans la plupart des langues ; cependant, 
ils sont constatés d'une manière précise dans quelques 
unes seulement, tandis que dans les autres, notamment 
en arabe, renfermés dans la pratique ainsi que dans 
l'instinct des convenances de la prononciation, ils ne 
s'indiquent orthographiquement que d'une manière 
accessoire. 



in. 



DU SON-VOYELLE BREF 



Les trois signes ou pointS-VOyéUes ne se bornent pas 
à indiquer les trois nuances principales et caractéris- 
tiques a. i, 01 du son voyelle : ils en indiquent encore 
toutes les modulations. 

Ainsi, dans la pratique, les nuances du son, je veux 
dire les voyelles, sont nombreuses, bien que l'ortho- 
graphe n'admette que trois signes pour les représenter. 

Les modifications que subissent les trois signes, 
autrement dit les trois sons a, i, o, dans la prononcia- 
tion, ont pour cause principale la nature de la consonne 
après laquelle ils se prononcent. Après les articulations 
qui n'exigent aucun effort, comme i;, m, l, s, c'est-à- 
dire en arabe ^ J j w-, etc., la 1 valeur des trois 
voyelles est e, a, i, ou, o, faiblement prononcés; mais 
après les lettres emphatiques ou gutturales, comme 
- ta L Js _ ^ v 4 o etc., les trois sons varient d'une 

- - ce — c 

manière sensible, sans perdre entièrement leur carac- 
tère primitif. L'oreille seule peut apprécier et saisir 
exactement ces nuances. 

Cette variété a lieu surtout dans les langues qui ont 
conservé aux articulations leur rudesse primitive. Elle 
a une cause toute physiologique : la disposition quel- 
quefois un peu forcée, l'espèce de contraction que subit 
le larynx dans l'articulation de certaines consonnes, 
influe nécessairement sur la nature du son émis, qui 
devient plus ou moins intense, plus ou moins aigu ou 
-iave. Il arrive en cette circonstance ce qui a lieu en 
musique dans les instruments à embouchure : le son 
est déterminé par l'étendue de la colonne d'air dépla- 



DE LANGI I M; VBE 103 

cée, ainsi que par la disposition des organes qui le 
produisent. 

Nous avons tous remarqué qu'en notre langue un 
grand nombre de voyelles et même de consonnes que 
l'étymologie conserve et que l'orthographe exige, ne se 
prononcent pas dans la pratique ; nous élidons bien 
des lettres quand nous disons, par exemple : Ils rica- 
nent de la campagne. Un fait analogue a lieu en arabe, 
où les signes, surtout à la fin des mots, ne se pronon- 
cent pas toujours distinctement et s'élident plus d'une 
fois. Ainsi la phrase : 

« Les familiers du prince, après avoir considéré le 
cheval, se regardèrent en riant, » 

donnera, comme transcription systématique en carac- 
tères français, chaque signe écrit ayant une lettre repré- 
sentative : 

In-na kha-wâs'-s'a 'l-ma-li-ki lam-mâ nad'a-roû 'i-lâ 
'l-fa-ru-ci ta-d'â-h'a-koû ; 

mais si l'on veut en représenter la prononciation effec- 
tive, il faut transcrire :• 

Enna khâouas's el-melik, lemmâ nad'aroû ilè ï-ferès, 
ledâhekoû. 

La pratique et une oreille attentive sont nécessaires 
pour saisir ces particularités, avec lesquelles on se 
familiarise par l'habitude. 

L'articulation exacte des consonnes arabes facilite 
beaucoup la prononciation des voyelles brèves. 



10V COI RS 

DES VOYELLES LONGUES ET DE L'ACCENT 

Les voyelles longues, comme on l'a déjà dit (p. 91), 
sont, dans l'orthographe arabe, le résultat de la com- 
binaison des trois consonnes ou lettres faibles ! » ^c 
avec leurs voyelles analogues placées avant elles. 

Par voyelle longue, il faut entendre un son quelcon- 
que, prolongé pendant un certain espace de temps; de 
même «pie la voyelle brève est un son prononcé rapide- 
ment : l'une et l'autre peuvent être une même note de 
musique exprimée avec des valeurs de durée diffé- 
rentes ' . 

L'accent consiste principalement à observer, en pro- 
nonçant, les valeurs prosodiques d'une langue, confor- 
mément aux usages reçus. Il réside dans l'inflexion de 
la voix sur les syllabes, et dans la précision des sons 
sous le double rapport de la nature et de la durée. 

La nature et la durée des sons, la prononciation plus 
ou moins rapide des syllabes, constituent dans toutes 
les langues, non-seulement l'exactitude et l'élégance 
de la prononciation, mais empêchent encore la confu- 
sion de certains mots. Ainsi, chez nous, il n'est pas 
indifférent de dire : Tel est un grand pêcheur, — Sa 
pâle est levée, — La châsse est fermée; ou. Tel est un grand 
pêcheur, Su patle est levée, — La chasse est fermée, 
etc. De même en arabe : J— ? k'tel tuer, Jj'Ls kAtal 



1 J'insiste sur cette observation, parce qu'en français, nous ap- 
pelons voyelle longueur! son un peu plus intense que les autres, 
indiqué souvent par un accent circonflexe, et noyelle br'èoe un son 
faible, sans tenir presque aucun compte de sa durée, à laquelle 
nous sommes généralement peu sensibles. De là vient la difficulté 
que nous éprouvo >ir l'accent des autres langues, dont nous 

-non- volontiers la prononciation et l'harmonie à nos habi- 
■ e qui a (ail dire à un savant philologue étranger, que 
ingues en français. 



DE LANGUE ARABE 10.' > 

combattre, J-ïli KàTEL assassin, jJ^ ouled fils, enfant, 
yîfj! ouLâD ou ouLêD enfants, ne présentent ni le même 
son ni le même sens pour les personnes qui ont une 
oreille exercée. 

La pratique est plus puissante que la théorie pour 
indiquer l'accent des langues. On peut seulement éta- 
blir en principe pour l'arabe, que les consonnes sont 
fortement articulées, que les voyelles brèves sont à 
peine sensibles, et que les voyelles longues sont très 
marquées. 

EXERCICES DE LECTURE 

L'art de l'imprimerie, dune application très circons- 
crite chez les Musulmans d'Orient, est entièrement in- 
connu des Arabes barbaresques. 

Les caractères imprimés par les Européens ont une 
forme beaucoup plus conventionnelle qu'exacte, peu 
artistique et peu gracieuse; en compensation, ils ont 
une netteté et une régularité favorables à la lecture, 
et il serait à désirer qu'ils ne fussent pas plus étrangers 
aux peuples musulmans qu'aux savants européens En 
attendant ce progrès, qui sera au moins bien tardif, il 
faut, pour atteindre un résultat utile au milieu des po- 
pulations musulmanes, s'habituer, dès le principe, à 
voir et à reconnaître les caractères tels qu'ils sont, 
avec toute l'élégance comme avec toutes les bizarreries 
et les imperfections des manuscrits. C'est dans ce but 
que j'ai écrit à la main dans cet ouvrage et autographié 
les textes destinés spécialement à servir d'application 
soit à la lecture, soit à l'écriture. J'ai représenté les 
modifications les plus saillantes du type oriental et du 
type barbaresque, ainsi que les éléments de récriture 
des Juifs. 



106 



I. TYPE DU CARACTERE BARBARESQUE 




ÛLkkm 



y? 





y 



II. ECRITURE BARBARESQUE D'UN BON STYLE 






^ — 



DE LANG1 I \l, VB1 

TRANSCRIPTION 

(La traduction de ces exercices est placée ci-après). 
I 

k'â-let 'â-yi-cha-tow ro-d'i-ya '1-lâ-hott 'fln-hà | fa-djf- 
tow ra-çoû-la '1-lft-hi s'al-lâ 'l-lâ-how c a-\ey-hi oua- 
sel-la-ma fa-'akh-bar-toM-how fa-k'â-la '1-lâ-howm-ma 
h'ab-bib j 'i-ky-nd '1-me-dî-na-ta ka-h'ob-bi-nâ mek- 
k<i-la 'aou 'a-ched-da oua s'ah'-h'ih'-hâ oua bâ-rek 
le-nd fî 'eh-li-hâ 



II 



k'â-la '</-bok'-râ-t'ou ra-h't-ma-/»o '1-lâhon 'l-'om-row 
k'a-c'î-roww ouas'-s'i-nk-'a-tou t'a-ouî-la-toun \ oua- 
'1-ouftk-toM d'ay-yi-k'own ouat-tedj-rt-ba-tOM kha-t'é: 
roun oua 'l-k'a-d'â-'oM 'a-ci-roun. 



s 



III. TYPE DU CARACTERE ORIENTAL 






•O . .o 



J^fe û 



> 







DE LANGUE ARABE 109 

III 

C^LsiJ' | ^ L=Là $ ^jL-lJ ! ^-*-' ^ J'-r-^' ' I ■)^- > 3 * 
SOI -Ra-TOM 'L-KA-M-'a-Tl 

bis-mi 'I-lâ-hi 'r-rah'-mâ-ni r-ra-h'î-rm | 'd-kà- 
ri-'a-iou ma 'l-k'â-ri-'a-tOM oua-mâ 'ad-ra-ka ma 
'l-ka-ri-'a-tow yau-ma ya-koù-nou 'n-nâ-çOM | kel- 
fa-rà-chi '1-meb-thoû-thi oua-te-koû-now | '1-dji-bà- 
\ou kel-'ih-m '1-men-foù-chi fa-'am-mâ mtin tha- 
k'ou-let ma-ouà-7Â-nou-hou ia-hou-oua fî 'î-cha-tin 
rk-d'i-ya-tin | oua-'am-mâ mun khaf-fet ma-ouâ-zî- 
nou-hou ici-' om-mou-hou hk-oui-ya-toun oua-mâ 
'ad-râ-kft ma hi-yah nà-rowi h'-d-mi-ya-toun . 



Il) Ces points, avec une grande variété de formes ou de couleurs, 
servent, dans les manuscrits du Coran, à séparer les versets; dans 
les textes en prose riniée, ils séparent les périodes et font remar- 
quer les rimes. Us n'ont pas un rapport obligé avec les divers 
membres de la phrase, et ne peuvent être assimilés à nos sign<- i ■• 
ponctuation. Ils sont d'un emploi restreint h peu près exclusive- 
ment a ces deux cas. 



IV. ECRITURE BARBARESQUE ELEGANTE 




-ffilî i 



•^'v 



4? 



£ £ 



2L-W 












• > 1~ 




V. ECRITURE BARBARESQUE USUELLE 

1 ^^Uv>UU^I 



,ls^^^)(^)j 



DE LANG1 l \l. \i;i | | | 

l\ 

(Les caractères du texte ci-contre sont assez distincts pour qu'il ue 
soit pas besoin de les reproduire avec les types de l'imprimerie). 

soù-na-jou 'z-yj'L-ze-La n 

bis-mi '1-lâ-hi r-iv/h'-mà-m 'r-ra-h'î-im | id'A- zowl- 
ù-\a-ii 'l-'ar-àou zù-zk-la-hâ oua-'akh-ra-dja-ti 'l-'or- 
d'ow | 'ath-k'â-la-hd oua-ka-la 'l-'in-sâ-now ma \<i- 
hà ysm-ma-'i-din lou-h'ad-di-thou 'akh-bâ-ra-hâ 

bi-an-na rab-ba-ka 'aou-h'â \a-hû ya.u-ma-'i-din \ 
ias'-dou-rou 'n-nâ-çOM uch-tà-ta/i H-yoït-raû 'a'-mâ- 
la-howm | fa-man ya'mel mtth-k'â-la d'ar-ra-U« 
khtf y-ivm ya-ra-ho oufl mon ya'-mel mith-k'â-la | d'ar- 
vii -{in cher-van ya-ra-ho. 



Les points-voyelles et les signes accessoires, suivant l'usage, restent 
sous-entendus. (V. ci dessus, pp. 74 et 76) 

! 



's-'-d al-l-h l-'-l-a m-ka-m el-m-'-d'-m el-'r-f-' el-h- 
mâ-m el-'n-f-' mau-lâ-nâ ed-dou-lât-ly sî-d-nâ h'-çyn 
bâ-chà "-t'â-h al-]-h m-n khy-râ-t ed-d-n-yâ ou-el- 
'a-kh-r-t ma y-h-b ou y-châ 

Les lettres ainsi groupées sont, comme on voit, insuffisantes pour 
être lues sans de nombreuses additions. Le lecteur' esl censé avoir 
assez de pratique et d'étude, et comprendre en outre assez bien le 
sens pour compléter l'écriture ainsi qu'il suit : 

'as'ad aWàhou ta'âlâ mak'âm el mo'ad'd'em el-'arfà', e\- 
houmâm el-'anfa', maulânâ ed-doûlâtlî sîdnâ h'oçaïn 
bâchù ('rt't'â-ho llâh men khayrât ed-donyâ ouàl 
kkhiva ma yoh'ibb om/ ycchâ ! ) 




COL'KS 



VI TRES-BONNE ECRITURE BARBARESQUE 



^^^L^^^^iB^ 



la 



e^ 






^ Q lie Ji»>43âl&2U^» 



VII. TRES MAUVAISE ECRITURE BARBARESQUE 



DE LANGUE ARABE 1 l.i 

VI 

\'n-na 'a-bok'-râ-t'a 1cm ya'-d'en K-men da-'at-ho 
vhah-oua-tou-hou 'i-lâ 'ch-chor-bibcl-ley-li, 'an yech- 
ra-ba 'aou | là yech-ra-ba ; lâ-km-na-ho 'in chu- 
vi-ba oua nâma ba'da chor-bi-hi fa-'in-na-ho 'adj- 
oua-dow m/n 'an-lâ | yc-nâ-mtf. Oua d'â-lt-ka li-'an- 
na 'n-naù-ma ye-le-dA-ra-kou d'a-ra-ra 'ch-chor-bi, 
ou'/ d'ù-h'-ka 'an-na 'l-'â-da-ta lem | tedj-ri bcch- 
chor-bi bcl-ley-H; (a-i-d'â cha-ri-ba fî-hi fa-là ma-h'â- 
la-ta 'an-na da-li-ka 'ch-ehor-ba yoh'-di-thow li- 
'l-had'-mi fa-djâ-dja-ta?i oua îe-çk-dan ke-hù-1? '1-mâ- 
'i '1-bù-rc-di 'id'a s'ob-ba fî k'td-rin | fî-hâ t'a-'â-moMH 
oua hou-oua yar'-lî 'a-là 'n-nâ-n. 



VII 



VydLi 11 v-^ 





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1 


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_a-:_> 


u^ 


i 

--5-*-:-' 


i JS 



I . M I. :• I 

o 1 ^ i~ J y •■ J 



L'orthographe de ce fragment est aussi altérée que la forme îles 
lettres (cas très fréquent chez les Arabes). Ce n'est pas ici le lieu 
de la rétablir. Voici la transcription française d'après la pronon- 
ciation et le sens : 

fî hàd el-bàbor, rânà ba'athnâ lkoum el-h'aouâïdj 
m' el-'adjoûza ellî recellou m'a-hâ el-djeben. - Ouel- 
yôm, ma nsîb-che m'a-men nersel lkoum h'attâ hâ- 
dja. Ouel-yôm terseloù chouya fâkia délia'. Ouel- 
yôm tah'ras' 'alâ '1-djenân mtâ'ak | tbî'-ho bêch tete- 
.hennou entoum. 



m 



VIII. TYPE DE L'ECRITURE USUELLE DES ARABES. 

Fat simile d'unt lettre de l'émir [bd-el-KaderJ 



DE LAV.l I ARABE 



Mil 



t -.11. 



•XI^^IJ^^JL?.. .:iU! | ^, 



\_- n _ ;*. 



I U-» *• Loi. > *J| L_*_* ^ i l ■;•' av iLaJ! 



J V 






Is U. 



Lecture courante 

« araraà ba'd esselàm 'alâ 'Imak'âm er-rafî' ouel- 

djenâb el-'aly el-menî' : fa-'inna ktâbek ouçolnî ('az- 
zak allâh !) raa'a el-ktàb elledî ouddjahtah ileyya; ou 
frah'i bih ferh'an 'adîman, ou 'amelt ma'aya, be-'irçâl 
liàdà '1-ktâb, mziya 'od'mà, ou'ah'sant 'ileyya bih ih 
çânan teth'addetli en-nâs bih, ouinma. Djezâk allâh 
'anni bel-khîr ed-dâïm ouel-'euzz ou-et-tekrîm el-mo- 
làzem, ou-ouaffak'ck lel'eu'l el-khîr, ou-dja'alek men 
ahlih, ou-dja'alek 'àliyan 'alâ Tak'rân. Ou methlek 
men el-'afàd'el ouer-redjâl el-'amâthel, mari ia'mel 
el-khîr ouel-'ihïàn ma'a melhlî, ou 'anâ 'alâ hâde 
'1-hal !!!... Ou 'ennî el-yôm laïs 'andî ktâb ouâh'ed...» 



116 



IX SPECIMEN DE L'ECRITURE DES CHRETIENS DE SYRIE 



X AUTRE SPECIMEN 



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XI. ECRITURE HEBRAÏQUE 

■ les Juifs de L'Algérie pour écrire l'arabe 
V. l'Alphabel ci-contre) 

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DE LANGUE ARABE 






ALPHABET HEBREU USUEL DU RITE PORTUGAIS 

•COMPARÉ AVEC L'ALPHABET ARABE 



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Observation. — Les caractères surmontés d'une " sonl employés 
a la fin des mots. — Les lettres CJ 3 là et ^ n'ont pas de 
représentation spéciale. — Les lettres suivent l'ordre hébraïque 
(V. Abadjed, p. 88). 



TRANSCRIPTION LITTÉRALE, LIGNE l'OLP. LIGNE, DU TEXTE CI-CONTRE, 
EN CARACTÈRES ARABES 



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Le st> le et l'orthographe de la lettre hebrsèo-arabe 

précédente sont très fautifs : je ne m'arrête pas ici à 
les rectifier. Dans ces textes on doit s'attendre à toutes 
sortes d'incorrections. 

Les Juifs originaires des pays musulmans, qui suivent 
le rite portugais, se servent, pour représenter les lan- 
gages des diverses localités qu'ils habitent, du caractère 
dont on vient de voir un spécimen. Ils le nomment en 
Algérie : o^t— " b=k Écriture de la correspondance. 
Ils se servent aussi du genre d'écriture appelé en Europe 
Uabbinique, très peu différent du caractère chaldéen 
ou hébreu moderne. Les Juifs de l'Algérie donnent à 
ce dernier le nom de J^j ^ caractère Itâclû, expres- 
sion mnémonique formée d'initiales qui rappellent le 
nom du célèbre rabbin liabbi Cheloumou Ishak, dont 
les ouvrages sont écrits et imprimés en ces caractères. 
Les lettres d'un même mot se lient généralement. 

Eu voici le type, comparé, comme le précédent, à 
l'alphabet arabe, qu'il est destin»' à représenter : 



TU'. LANGl E ARABE 



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Voici un fragment d'une lettre écrite en caractère 
ffdc/it : 



XII. ECRITURE HEBRAÏQUE DITE 



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WMlrà&s Oiô yii? )•;>*> •**>?-> /&; ^ iû uui^L» 



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TRANSCRIPTION, LIGN1 POUB LIGNE, in c \k \c. ri l; l'.s wtABKs 






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On y exprime souvent les nombres avec les vingt- 
deux lettres de l'alphabet hébreu, dont on trouve l'ordre 
el la valeur dans les six premiers mots de YAbadjed 
oriental. (V. ci-dessus, pp. 88 et 89, et l'Alphabet 
oriental, p. 73.) 

La connaissance de l'écriture hébraïque appliquée à 
la langue arabe est nécessaire sous plus d'un rapport. 
Elle peut, entre autres cas, fournir des renseignements 
uliles à notre politique au milieu de détails mercantiles 
qui sont un but et quelquefois un prétexte de corres- 
pondance. C'est pourquoi nous sommes entrés dans 
quelques détails à ce sujet. Comme cette écriture ne 
s'applique généralement qu'à un langage et une pro- 
nonciation corrompus, où l'on rencontre les écarts 
•d'orthographe les plus étranges, on n'en peut conseiller 
l'étude qu'aux personnes déjà familières avec le lan- 
gage usuel el avec l'écriture des Arabes. 

On ne verra pas sans intérêt ici un spécimen du 
actère <lont les Israélites européens qui suivent le 



DE LANGUE ARABE 

•rite allemand se servent pour écrire cette langue. Les 
•caractères se lisent de droite à gauche comme pour 1rs 
langues de l'Orient. 

ALPHABET HEBREU USUEL DU RITE ALLEMAND 

i f \) j i i) fj o ( c ï? b a 
lu u t c> v qu p o i'. m 
u â o au eu ei ai d) fit $ r 

Les formes finales sont marquées d'une *: Le caractère k esl une 
■espèce de support : il se place avant les voyelles i et u qui com- 
mencent les mots, et après ces voyelles quand elles les terminent. 

XIII. TEXTE HEBRiEO-ALLEMAND 













f^K^y «<ir* Hj^Vç^/ ^^) 



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rRANSCRIPTION i IGNE Pi >VK l IGN1 

B. K. II. Strasburgden 20 ,en Mai 1854. 

Herrn Kolb, in Kolmar, 

Durch heutigen Kurier schickeichlhneneinenmitC L54 
bezeichneten YYaarenballender, die in Ihremgeehrten 
Schreiben voni fùnfzehnten dièses, verlangteWaaren 
enlhaltet. 

[ch hoffe, Sie werdeo niieh immer mit Ihren Bestellun- 
gen beehren, ich werde Sie stets mitderselben Pûnkt- 
lichkeit bedienen. 



Es grûsset Sie hœllichst. 



M. BLOCII. 



ECRIT! RE, CALLIGRAPHIE, PALEOGRAPHIE 

L'écriture proprement dite, c'est-à-dire le tracé à la 
main des caractères de la langue, est une partie fort 
importante de l'étude pratique. A -peu d'exceptions près, 
tout est manuscrit chez les Arabes : c'est pourquoi la 
connaissance des formes des lettres, avec leurs modifi- 
cations et leurs altérations diverses, est plus nécessaire 
encore pour déchiffrer les textes et les ouvrages de toute 
nature, que pour les écrire: c'est une dépendance obli- 
gée de la lecture. Nous avons dû, en conséquence, nous 
étendre sur ce point important de la pratique. 

Le moyen le plus efficace de lire les manuscrits, 
surtout quand ils sont difficiles, est de se rendre familier 
avec les caractères, en s'exerçanl aussi bien à les imiter 
qu'à les reconnaître. L'élégance et la recherche extrê- 
mes, ainsi que l'altération bizarre de l'écriture, pré- 



DE I.AM.I 1. \li \BE \ J", 

sentent souvent de grandes difficultés de lecture, que 
l'on ne peut résoudre avec la seule connaissance des 
types imprimés. 

Les développements qui vont suivre et les textes 
manuscrits ci-après, ont pour but d'indiquer les phases 
et les nuances du caractère arabe, d'habituer les étu- 
diants à lire comme à tracer les divers genres d'écriture ; 
ils doivent servir de base à l'application des règles 
établies et à l'appréciation des faits exposés dans le 
présent ouvrage. On ne doit plus être arrêté en Algérie 
par le type d'un écrit arabe, ni s'excuser de ne 
pouvoir le lire ni le comprendre, en disant comme 
autrefois, à l'exemple des Indigènes : a C'est en arabe 
d'Egypte », ou, ce qui était bien plus concluant : « C'est 
en arabe littéral. » Une pareille assertion équivaut à celle 
du renard de la fable. Pour quelques-uns, c'est l'aveu 
complet et involontaire d'une ignorance inexcusable. 

L'art de l'écriture, d'un usage très restreint chez les 
Arabes avant l'Islamisme, ne parait pas remonter pour 
eux à une très haute antiquité. L'histoire nous apprend 
que dans les siècles qui ont précédé Mahomet, les 
Arabes avaient une écriture nommée Mousnad ou 
Himyarite, du nom de Himyar, chef des dynasties qui 
ont régné dans le Yemen depuis environ un siècle avant 
notre ère, jusqu'en 525 de J.-C, époque où elles furent 
vaincues et remplacées par les Abyssins. Cette écriture, 
que l'on ne connaît plus guère aujourd'hui que de nom, 
et qui, d'après les historiens, paraît avoir eu deux 
types, l'uncursif et lié, pour l'écriture à la main, l'autre 
isolé, pour les monuments, était déjà tombée à l'état 
de tradition dès les premiers moments de l'Islamisme. 



1 26 coi i>> 

On en trouve cependanl aujourd'hui de prétendus 
indices, notamment dans des recueils arabes d'alpha- 
bets cabalistiques de toutes sortes de langues, rapportés 
indistinctement à l'ordre, à la valeur et au nombre 
actuels des lettres arabes. L'examen attentif et minu- 
tieux que nous avons l'ait de recueils de cette nature, 
leur inexactitude grossière el notoire, pour les langues 
même que Ton connaîl le plus, nous permettent de les 
signaler à la défiance dc^ hommes consciencieux. 

De curieuses inscriptions ont été découvertes et 
copiées jadis par MM. YYellsted, Cruttenden et Arnaud 
dans le Yemen, patrie des Arabes, à Saba', Khariba, 
H'is'n el-Ghorâb, Ma'reb, etc. Les caractères inconnus 
de <■<'> inscriptions ont donné lieu à d'ingénieuses 
recherches! 1 . el le savant M. Fresnel pense qu'elles 
sont en caractères et en langue liimvarites. Malgré- 
l'étal encore conjectural aujourd'hui de leur appré- 
ciation, nous transcrirons l'une d'elles pour commencer 
el présenter avec plus de scrupule la série qui va suivre 
>U'< diverses représentations de l'écriture des Arabes.. 

XIV. INSCRIPTION EN CARACTERES dits HIMYARITES 

Trouvée ,'j Khariba (Yemen). (Se lit de droite ù gauche] 

viv^iAi^niAsnihniNinîfiflifiHnhoNîiYH 



Journal asiatique, sept.-oct. I8i5. 



DE LANGUE ARABE 



TRANSCRIPTION SUIVANT M. FRESNEL ! ! 



JU. 13 ^ K 



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A l'époque de Mahomet, les Arabes ont dû avoir 1rs 
deux écritures appelées aujourd'hui Neskhl el Coufique. 

Le type du caractère neskhî existait dans toute son 
intégrité, non seulement au temps du Prophète, mais 
même, suivant toute probabilité, assez longtemps avant 
lui, et la tradition en peut être fort ancienne. L'illustre 
de Sacy, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions 
et Belles- Lettres (tomes IX et X, 1832), donne le fac- 
similé et la traduction de deux passeports égyptiens 
écrits sur papyrus et datés du mois de chaouâl 133 de 
l'hégire (751 de J.-C). Le même savant reçut commu- 
nication d'un autre papyrus, daté de l'an iO de Mahomet 
(661 de J.-C), exactement semblable aux deux premiers 
pour le caractère de l'écriture, et en lit l'objet d'un très 
curieux mémoire. N'ayant pas à ma disposition ce 



(1) Journal asiat., sept.-oct., p. 172, n" IX, et p. L83. — Malgré 
l'ingénieuse et savante invention du système de iplion de ces 

caractères, il serait peut-être hasardeux d'y voir une analogie trop 
concluante avec Vhimyarite, ou avec ['ismaélique, ancien langage 
du Yemen, et principe de l'arabe des temps modernes. En général, 
lorsqu'on a déjà tant de peine à comprendre des innues 

écrites en caractères connu*, on ne saurait être trop circonspect 
dans l'appréciation des langues inconnues écrites en cara 
inconnus. L'adhérence aux lettres ci dessusdepel I 
parasites, rappelle un peu les traditions du ca 
ou abyssin. 



1 28 COURS 

dernier document, je me contente de reproduire ici, 
d'après M. de Sacj . le mieux conserve des deux papyrus 
précités. On en trouvera plus loin la transcription et 
la traduction. Je l'ai réduit, avec toute l'exactitude dont 
je suis capable, au quart de sa grandeur réelle : 

XV. PASSEPORT ARABE SUR PAPYRUS 






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Cet exemple peut donner une idée de l'état et de la 
forme de l'écriture arabe au temps de Mahomet. 

Ce caractère a été importé, dit-on, dans la ville 
d'Anbâr, en Irak, pendant le VI e siècle de notre ère 



DE LANGUI VB Mil | ^',| 

(environ cent ans avant le Prophète musulman' par 
« deux hommes de la tribu de Tav, et pur conséquent 
» d'origine yamanique : Morâmir, fils de Marwa, et 
» Aslam, fils deSedra (M. » Il fut nommé Djazm (coupé, 
séparé), peut-être parce qu'il fut « pris ou imité du 
» Mousnad, l'ancien système d'écriture himyarite » - ; 
il fut calqué, pour l'ordre et la valeur arithmétique des 
lettres, sur les alphabets hébreu et syriaque, avec 
l'addition des autres articulations particulières à la 
langue arabe. Pour qu'on retînt plus facilement dans 
la mémoire la série des lettres, on la divisa en huit 
groupes ou mots techniques; et c'est là ce qui a formé 
VAbadjed ou Aboudjad, dont il a été question ci-dessus, 
p. 88. On raconte que Morâmir ayant huit fils, leur 
donna pour noms chacun des mots de cette série. 

Outre le Djazm, connu de nos jours sous la désigna- 
tion générique de Neskht (caractère de copie), on importa 
chez les habitants du Hedjaz, peu de temps avant 
Mahomet, un alphabet dont les lettres, plus anguleuses 
et moins faciles à tracer rapidement que celles du Djazm, 
se rapprochent beaucoup, pour la forme, de l'ancien 
caractère syriaque appelé Estranghélo. (Test ce caractère 
qui plus tard a été appelé Coufique, ^..î/ L^, proba- 
blement à cause de modifications importantes qu'il a 
reçues dans la ville de Coufa. Cette écriture, par la 



(1) Consultez à cet égard, entre autres documents, le bel et pré- 
cieux ouvrage de M. Caussin de Perceval : Essai sur l'histoire des 
Arabes avant l'Islamisme ; les savants travaux de M. de - 
dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions ■ t Belles-1 

t. ix et x, ainsi que le fragment d'Ebn-Khaldoun qu'il a publié dans 
le t. n de sa Chresionxo.th.ie arabe. 

(2) V. Essai sur l'histoire des Arabes, t. i, p. 291. 



130 ' Mt |iS 

lourdeur de ses formes, n'es! guère applicable à l'usage 
ordinaire : aussi le nombre des livres écrits de cette 
manière est-il peu considérable ; elle a été, en compen- 
sation, fort employée dans les inscriptions des monu- 
ments, où elle entre pour beaucoup, à cause de sa 
richesse artistique, dans l'ornementation architecturale. 
On en verra plus loin le spécimen. 

Ces anciens alphabets, classés d'après l'ordre hébreu 
él syriaque, rie renfermaient primitivement, comme ces 
langues, que vingt-deux caractères pour les vingt-huit 
articulations de la langue arabe: la même lettre avait 
plusieurs valeurs, sans qu'aucun signe put les distin- 
guer, et nul indice abus ne représentait les voyelles. 
Cet inconvénient, qui n'eût pas permis la transmission 
des textes sans les plus graves altérations, amena, au 
'■uminencement de la dynastie des Ommiades, l'addition 
des points diacritiques, ou distinctifs, qui furent com- 
plétés par les autres signes accessoires (V. ci-dessus, 
pp. 74 et 78). Ces additions indispensables à l'alphabet 
déterminèrent la classification moderne, où toutes les 
lettres d'une même forme, distinguées seulement par 
d<-s points, sont rangées ensemble. 

L'art de l'écriture arabe, stimulé par l'ardeur reli- 
gieuse excitée par les conquêtes de l'Islamisme, et le 
besoin d'étudier et de répandre les textes de la doctrine, 
s'étendit bientôt chez tous les peuples convertis. ( '.banni 
substitua au type de l'écriture nationale le type de celle 
des vainqueurs, et l'embellit à l'envi de tout l'art et de 
tout le luxe dont il était capable. De là les rapides pro- 
grès que fil l'écriture, la perfection qu'elle atteignit 
bientôt, el les modifications qu'introduisirent d'habiles 



DE LANGUE M; Mil \[]\ 

calligraphies, artistes de l'époque, d'après leur talent 
et l'influence du genre d'écriture de leur pays. Les villes 
célèbres de Basra et de Coufa devinrent le loyer de ce 
progrès. La première perfectionna l'écriture neskhl, 
qui a servi de type à tout l'Orient; la seconde décora 
les monuments de la richesse et de la variété capri- 
cieuse des caractères Coufique et Karmatique, dont les 
Barbaresques de nos jours ont subi les traditions sans 
les comprendre. L'écriture arabe s'est embellie, dans 
les monuments comme dans les livres, de l'éclat d'une 
brillante et délicate ornementation, qui s'était intro- 
duite chez nous, mais qui s'est complètement effacée 
devant l'admirable découverte de l'imprimerie. 

Les Barbaresques sont loin d'avoir atteint la perfec- 
tion des Orientaux, dans l'art calligraphique connue en 
toute autre chose; et c'est à tort que des historiens 
européens, faute d'observations directes, leur ont attri- 
bué, pour les sciences comme pour les arts, un mérite 
résultant de l'influence et de l'action immédiate des 
Orientaux. 

Chez les Arabes de l'Orient l'écriture est savante et 
régulière: elle s'appuie sur des principes exacts; c'est 
un art constitué. Chez les Barbaresques, elle n'est 
qu'arbitraire et n'a pas de proportions adoptées. 

Principaux genres de l'écriture arabe 

Après ces considérations succinctes sur l'origine el 
les progrès de l'écriture chez les Arabes, il convient 
d'entrer dans quelques détails pratiques. N'ayant p 
l'intention de faire ici un coins théorique d'écriture, 
nous nous bornerons à indiquer les principales distinc- 



132 COI RS 

ti.uis du type général, et à donner quelques moyens 
d'exécution. 

Les genres d'écriture les plus caractéristiques sont : 

Le Neskhî, type primitif, usité en un grand nombre 
ili 1 contrées de l'Orienl : c'est celui que nos caractères 
il imprimerie ont tâché d'imiter. 

Le Coufique, abandonné depuis longtemps, (pie l'on 
rencontre plus généralement sur les monuments. 

Le Dîwânî, type d'écriture des Turcs, employé en 
Turquie el en Egypte; écriture lourde et ramassée. 

Le Djeri ou cursive, type d'écriture adopté par les 
Turcs; les lettres finales, surtout y sont plus dévelop- 
pées que dans les autres caractères. . 

I.e Ta'lîk', écriture des Persans et des Indiens, qui 
présente l'alternative de pleins très saillants et de déliés 
tics minces, à peu près comme l'écriture dite anglaise 
die/, nous. 

Le Mar'rabî vulgairement Mr'arbî ( barbaresque , 
africain ou occidental), écriture des Arabes de l'Occi- 
dent de l'Afrique. 

Os différents genres d'écriture ont un grand nombre 
de variétés el de noms dépendant de leur dimension, 
ou de légères modifications du type fondamental. 

Je me contenterai de citer les suivantes : 

POUR LE NESKHÎ : 

Le Thoulouth, écriture en gros, équivalant à notre 
bâtarde; 

Le Yâk'oûtî, et le Raïh'ânî, peu usités aujourd'hui ; 
écritures d'une grande netteté et d'une élégante sim- 
plicité de formes. 



DE LANGI 1 \l;\BE 



POUR LE COUFIQUE : 



Le Coufique quadrangulaire et le Karmatique, où l'on 
rencontre une ornementation arbitraire el artistique 
des lettres. 

POUR LE DÎWÂNÎ, ÉCRITURE DES TURCS : 

Le Dîwânî neskhîci et le dîwânî djcrtci, espèces de 
cursives du Dîwânî. 

POUR LE TA'LIK', ÉCRITURE DES PERSANS : 

Le Chekestèk, ou écriture brisée; espèce de ta'lik 
allongé. 

Les Barbaresques de nos jours ont peu de goûl el 
d'adresse pour les arts, et en particulier pour l'écriture. 
Les croisades ont détruit les germes de civilisation que 
répandirent chez eux les Orientaux qui affluaienl en 
Afrique et en Espagne ; les villes ont été ruinées, l'ému- 
lation a disparu, et l'esprit des peuples s'est affaissé. 
Sera-ce pour toujours; et du sein de leur ignorance, 
volontaire désormais, se borneront-ils à voir, avec une 
stérile admiration, leurs sciences el leurs arts les plus 

intimes possédés seulement par des étrangers? Si 

l'on rencontre de loin en loin quelques pauvres el i ares 
cités, on voit aussi que la majorité des populations du 
sol sont des gens de la lente, race qui fui toujoi rs 
réfractaire à une civilisation organisée. Ces faits 
expliquent l'état des lettres dans nos contrées : « L'écri- 
» lure, dit Ëbn-Khaldoun, fait partie des arts, el c'esj 
» là la condition commune des arts, qu'ils suivenl les 
» progrès de la civilisation. Aussi voyons-nous que la 



134 cours 

» plupart des nomades ne savent ni lire, ni écrire; et 
o si quelques-uns d'entré eux savent lire et écrire, leur 
écriture est grossière et leur lecture est imparfaite et 
o défectueuse n . » 

L'écriture îles Barbaresques actuels n'admet pas, que 
je sache, de catégories systématiques, et ses variétés 
nombreuses, quand elles offre ni quelque élégance, 
résultent plutôt de l'instinct personnel de l'écrivain que 
d'un principe appliqué. Les Barbaresques ne distinguent 
que deux écritures: le ^o-ij** *=*, cuva clerc occidental 
ou barbaresque, et le J,,i^_.-- Là., caractère oriental, 

que leurs savants se vantent sans scrupule de ne pou- 
voir lire. 

Des procédés de l'écriture 

Les Arabes se servent pour écrire, de klem ou 
roseaux. En Orient, ces roseaux (Bambusia scriptoria, 
Kunth . à peu près de la grosseur de nos plumes, sont 
employés comme elles ; en Barbarie on prend des 
roseaux ordinaires (arundo Donax, Linn.) de gros dia- 
mètre, que l'on fend sur leur longueur, et dont on fait, 
suivant leur grosseur, un nombre plus ou moins grand 
de lilcin, de près d'un centimètre de largeur. On les 
amincit à leur extrémité. On les fend comme nos 
plumes, et l'on y pratique une espèce de rigole pour 
laisser couler l'encre. Cette dernière espèce de klem est 
fort défectueuse, et ne permet guère d'obtenir commo- 
démenl une grande délicatesse dans les traits ; son seul 



- ., Chrestom., t. n, p. 308. 



i>e LANGi E \r. \nr \:\ , 

mérite est d'être extrêmement commune, et de n'exiger, 
sauf le soin de la tailler, aucun des secours de l'in- 
dustrie. 

Sans entrer ici dans des détails techniques étrangers 
à cet ouvrage, je ferai observer aux personnes qui veu- 
lent acquérir ou imiter un genre quelconque d'écriture 
arabe, que l'aspect général du caractère et sa ressem- 
blance avec un modèle donné, résultent essentiellement 
du soin que l'on a pris de couper le bec du k'iem dans 
sa largeur, arec une inclinaison proportionnée aux 
différents accidents du type à imiter. Il faut une main 
et un œil exercés pour saisir et retracer les détails d'une 
écriture, et ce n'est que par l'habitude et la compa- 
raison que l'on arrive à un résultat satisfaisant ; c'est- 
là, d'ailleurs, une loi universelle. 

Voici, du reste, quelques indications curieuses, quel- 
ques conseils pratiques fort utiles donnés par AboiV 
1-Hassan Ali. plus connu sous le nom d' Ebn-el-Bawwâb, 
célèbre poète et calligraphe arabe, qui mourut eu 'il!! 
ou 423 de l'hégire (1023 ou 1033 deJ.-C). Il esl regardé 
par les historiens et les biographes arabes, comme 
celui qui a porté l'écriture au plus haut point de perfec- 
tion. Je ne puis mieux faire que transcrire ici une petite 
pièce de vers de cet auteur, rapportée par Ebn-Khaldoun 
et Ebn-Khallican, et traduite et imprimée par .M. de 
Sacy dans sa Chrestomathie , t. n, p. 318; c'est à la fois 
un document précieux et un exercice de lecture, d'écri- 
ture et de traduction, à joindre à ceux que renferme 
ce livre. 



Ebn el-Bawwâb a dit : 
Traduction de \l. de Sacy) 

« vous qui souhaitez posséder dans sa perfection 
l'arl d'écrire, et qui avez l'ambition de vous distinguer 
par la beauté et la régularité de votre écriture, 

« Si votre projet est sincère et voire résolution ferme, 
priez votre Seigneur de vous en faciliter le succès. 

•<( Choisissez d'abord des kulums bien dressés, solides 
et propres à produire une belle écriture ; 

El lorsque vous voudrez en tailler un, préférez 
celui qui vous paraîtra d'une proportion moyenne. 

« Considérez ses deux extrémités, et choisissez, pour 
la tailler, celle qui est la plus mince et la plus ténue. 

G Donnez à sa tige une juste proportion, en sorte 
qu'elle ne soit ni trop longue ni trop courte. 

(< Placez la fente exactement au milieu, afin que la 
taille soit égale et uniforme des deux côtés. 

« Quand vous aurez exécuté tout cela en homme 
habile et connaisseur en son art, 

a Appliquez toute voire attention à la coupe ; car c'est 
île la coupe (jUe tout dépend. 

« Xe vous flattez pas que je vous en dévoile le mys- 
tère: c'est un secret dont je suis avare. 

« Tout ce que je vous dirai, c'est qu'il faut tenir le 
milieu entre une forme arrondie et une forme pointue. 

i' Mettez ensuite dans votre écritoire du noir de fumée 
que vous préparerez avec du vinaigre ou du jus de verjus. 

Vous \ joindrez de la rubrique, qui aura été battue 
et mélangée avec de l'arsenic jaune et du camphre. 



DE LANGUI VRAB1 137 




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13S COURS 

« Lorsque ce mélange aura suffisamment fermenté, 
prenez du papier blanc, doux au toucher et bien 
fabriqué : 

(( Puis après l'avoir coupé, soumettez-le à l'action de 
la presse, afin qu'il soit exempt d'inégalités et de défauts 
qui altèrent sa propreté. 

a Ensuite occupez-vous sans relâche et patiemment à 
copier des modèles : la patience est le meilleur moyen 
d'atteindre le but auquel on aspire. 

Commencez d'abord à écrire sur une planche, et 
dégainez pour cela le glaive d'une volonté ferme, mais 
exempte de précipitation ; 

« Ne rougissez point de la laideur des caractères que 
nous formerez d'abord, en commençant à copier des 
exemples et à tracer des lignes; 

a Car la chose est difficile, mais elle deviendra aisée : 
combien de fois ne voit-on pas la facilité succéder à la 
difficulté ! 

(i Aussi, quand une fois vous aurez obtenu ce qui 
était l'objet de votre espoir, vous en ('prouverez beau- 
coup de joie et de plaisir. 

ci Remerciez alors J)ieu, et rendez-vous digne de sa 

bienveillance, car Dieu aime l'homme reconnaissant. 

Que votre main et vos doigts ne soient consacrés 

qu'à écrire des choses utiles que vous laisserez après 

vous, quand vous quitterez ce séjour d'illusion : 

" Car l'homme trouvera demain, lorsque le registre 
de ses actions sera déployé devant lui. tout ce qu'il 
aura l'ait pendant les jours de sa vie » M. 



1 Le mètre ou rythme de cette petite pièce est le kdmil, dont 
la valeur normale, en prosodie latine, est uu-u- [ uu-u- | «ju-o- pour 
chaque hémistiche, saut les licences. 



DE LANÙI li A.RABE 



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Il esl bon d'observer <|ue pour écrire l'arabe et lui 
conserver son caractère distinctif, il faut se servir de 
roseaux Y. p. 134) el s'abstenir des plumes d'oiseaux 
el surtout des plumes de fer, qui sont aptes à supporter 
l'eflforl de la main dans le sens où il s'exerce en traçant 
nos caractères, mais qui ne supporteraient pas de même 
l'effort inverse résultant de la direction opposée de 
l'écriture arabe ' . 

Il est très élégant et très rationnel d'observer la 
même distance entre toutes les lettres. 

de l'écriture hébraïque appliquée a l'arabe 

Cette écriture, dont on a vu déjà el dont on trouvera 
ci-après des spécimens, peut s'écrire avec des plumes 
métalliques pour le caractère dit : ^AV" lai., mais Ton 

doit employer le k'iem pour le i-î, i:^ (V. ci-dessus 

page 121). 

Si l'on règle le papier, on écrit sous la ligne, en y 
faisant adhérer la partie supérieure des lettres; c'est 
l'opposé de nos caractères, dont on fait toucher la 
partir inférieure à la ligne tracée par le crayon. 

DE QUELQUES SIGNES ACCESSOIRES EMPLOYÉS DANS CERTAINS 
GENRES D'ÉCRl UltK 

Dans le genre d'écriture orientale appelé Thoulouth, 
et en général dans presque lotîtes les grosses écritures 
d'un style ideiiant, on ajoute aux signes complémen- 
taires de l'alphabet certaines marques ou indices ayant 
pour but de donner au lecteur une plus grande certitude. 

Quand une lettre dont la ligure peut porter ou ne pas 

porter de points, comme ~ - , -> - >> J» etc., se 

^ - ^ ^ ^ 



l Voy. sur ce qui concerne lesinsl ruments, le papier, etc., ainsi 
que pour des détaris plus étendus, l'Essai de Calligraphie orientale, 
a la suite de la Grammaire arabe d'Herbin. 



DE LANG1 i; AI; VB] | ' { \ 

trouve employée sans points, on la surmonte d'un petit 
signe appelé --_Ls.^_--, semblable à un petit \ arrondi à 
l'extrémité de ses branches, et destiné à indiquer au 
lecteur que ce n'est pas par oubli, mais bien avec inten- 
tion que la lettre ne porte pas de points. 

Dans cette même circonstance et dans les cas où une 
lettre peut être confondue avec une autre, on répète si 
l'on veut, sous le caractère qui n'a pas de point, le 
caractère lui-même dans de très petites dimensions. 
La lettre » seule, est surmontée d'un autre petit s . La 
cause de cette particularité est qu'en certains cas cette 
lettre est l'abréviation des molsj-» Lui (Dieu), ou ^-', 
qui a le même sens, et que par respect on évite de la 
placer au-dessous des autres. La lettre j» est souscrite 
aussi d'un petit j». Dans l'Inde et dans l'Afrique orien- 
tale, il est assez ordinaire de placer un point sous la 
lettre -. Voici un exemple de ces signes : 

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DE LANGUE ARABE 






TRANSCRIPTION ET TRADUCTION LITTÉRALE 

DES TEXTES MANUSCRITS PRÉCÉDENTS 



I. PAGE 106 



Grosse écriture barbaresque, genre andalous. - Fragment d'un 
recueil de traditions 

TRADUCTION 

Aïchad) (que Dieu la comble de ses grâces !) 

dit : « Je vins trouver l'envoyé de Dieu (que Dieu ré- 
» pandesurlui ses bénédictions et lui accorde le salut ') 
» et l'informai du fait. Mon Dieu, s'écria-t-il, fais que 
» Médine nous devienne aussi chère que la Mekke, ou 
» même davantage; purifie-la, et accorde-nous tabé- 
» nédiction dans ses habitants ! » 



II. MEME PAGE 

Belle écriture andalouse d'un style plus récent que la précédente. 
1 er Aphorisme d'Hippocrate 

TRADUCTION 

Abok'ràt' (Hippocrale) (que Dieu lui fasse miséricor- 
de !) a dit : « La vie est courte, l'art est Ion-, le mo- 
» ment est étroit*-', l'expérience est dangereuse ■'• et le 
» jugement est difficile. » 



(1) Fille d'Abou-Bekr, et troisième femme de Mahomet. 

(2) Le texte grec porte : « o de lcairôs ôxùs » l'occasion est aoile 
ou fugilice. 

(3) Le texte dit : « spbalerê i> glissante, trompe- • 



12 



110 



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III. PAGE 108 

Caractère des bonnes copies orientales du Coran, écriture nukhi 
de moyenne grosseur 

1 1. mu < riON 

CHAPn RE Cl) DT BRI II l ORMIDABLE (i) 

Vu nom du Dieu clément el miséricordieux. — Le 
j 0ur a,,) bruit formidable. Qu'est-ce que le brut! 
formtda6te?-r- Quelque chose t'a-t-il «lit ce qu'est le 
oruit formidable?- C'est le jour où les hommes éper- 
dus deviendront connue des sauterelles répandues sur 
le sol ; - Où les montagnes ébranlées seront ramollies 
comme la laine teinte et cardée. -Alors celui dont 
les balances seront lourdes (par le poids des bonnes ac- 
tions), celui-là jouira d'une existence agréable; 
Mais celui dont les balances seront légères, sa mère 
(son séjour) sera Hâouiya. - Quelque chose t'a-t-il dit 
ee qu'est Hâouvya > - C'est un feu dévorent. 

IV. PAGE 110 

Bonne écriture barbaresque moderne 

I i; Mil cl ION 
CHAPITRE \< IX) Dl TREMBLEMEN1 DE LA TERRE ( 2 ) 

\„ n om du Dieu clémenl et miséricordieux 
Lorsque la terre sera ébranléede son tremblement, 



I Le mot k'dri'at signifie, a la lettre (celle) gui frappe, qui 

" ; c'est u g n adjectif verbal ^actif «P^ÇP^ 

( , mmm ,, tau | sous entendre la coud, le brait, le son. Daprcs les 
"enta eU " °'esl un des noms du jour du jugement dernier, 

7-1 spéciale nt la voUc ou le bruit terrible qui ébranlera 

f.VcS!Ïc'ïï a-dire le s le la trompette qu'embouchera 1 ange 

(2 ,,, ,,,„, d'Esràfil, .lisent les commentateurs, produira cette 
agitation au jour du jugement. 



DE LANG1 i U1 U! , 

- Qu'elle jettera hors de son sein les fardeaux qu'elle 
renferme!" Et „ue l'homme effrayé s'écriera-- qu'a- 
irelle? -Alors elle racontera - ses histoires Car 
ton Se.gneur lui a„ra donné la révélation - El les 
hommes seront amen,, par groupes séparés, - Pour 

M" on leur 7">«™ 1»«™ œuvres. --Qui, „„.,„,„ 

fait du bien, le poids même d'un atome fou d'une ne 
tite fourmi), le verra ; - Et celui qui aura fait du mal 
Je poids même d'un atome, le verra. 

V. MEME PAGE 

Caractère d'écriture fort ordinaire 
TRADUCTION 

Que le Dieu très-haut comble de félicité la personne 
du grand, très-élevé, magnanime, très-ulile, notre maî- 
tre le daulatliW, notre seigneur Hoçaïn bâcha Que 
Dieu lui donne, des biens de cette vie el de l'autre 
tout ce qu'il veut et désire ! 

(1) Ce sont, d'après les uns, les trésors qu'elle cache en métan, 

z: re XsZL? v qui s f ront ~ ■« ^ dS é iï£ 

iw'J < : même Qoser °nl 3 ton : her Mos = ln , 

S t v-i; deaUXSOn : 10S morts, car les , £ hom 

^2)Cest par erreur que le texte de la..pa ge lin ci . dessus te 
jja-rf il racontera, ,1 faut lire C^ au féminin. Ce passai 

tTlesZCs\r dU r ge nt de --r, la Terre racon 

tes es acaons bonnes et mauvaises des hommes Aboa-Horat 

<^S i ri t ,/^ > /' 0rigiDearabe ' est ^l^ration du mol ti 
Zr?' ' 7 Cest u " ^jectif relatif (un-, formé du mol ara 

*Jj>, alternance, changement, vicissitude, pério 
O^^ernentetc. H ^e, * la lettre, ^«u. o«/or.iS; „S 
nez les, Algériens, celait une épithète honorifique el distinct 
P^a entent appliquée au Pacha, que nous nommons Plu 

ornent Dey On écrivail JSYjjJl, fa y-,,, , „„ „ 1( ,. 

cette acception, i - G, ( , 7 ,, m ,,, /, , / % 



j-^ COURS 

VI. PAGE 112 

Écriture barbaresque élégante et ^un excellent style. 

1( ,u du Kitàb ei-'O, /. fi Charh> el-Fo< I, commentaire 

5 apLris rHip, Par vbou '1-Faradj ben Ya'koûb. 

surnommé Ebn el-K off. 

il; Mil i riON 

Hippocrate n'a pas ordonné à celui que la soif solli- 
cite pendant la mut. de 1m. ire ou de ne pas boire. Néan- 
moins, si l'on boit, et s.'endorl après avoir bu, cela 
vaut mieux que de ne pas dormir; car le sommeil neu- 
tralise les inconvénients .le boire eu relie circonstance. 
H n 'esl pas d'usage de boire pendant la nuit; si 1 on 
boit n en résulte infailliblement un désordre et un 
trouble dans la digestion. C'est comme de beau froide 
que l'on verserait dans un vase où l'on aurait mis des 
aliments qui seraient en ébullition sur le feu 

VII. MEME PAGE 

Caractère d'écriture et style de gens sans instruction, bon a pren- 
lre comme exercice pratique, et non comme modèle. 

TB VDUCTION 

.. Sur ce bateau à vapeur, nous vous envoyons 
Les effets de linge parla vieille femme qui nous a ap- 
porté du fromage de votre part. Je ne sais plus main- 
tenant par qui je pourrai vous envoyer quelque chose. 
Envoyez-moi quelques pastèques. Occupez-vous de 
votre jardin: vendez-le afin d'en être débarrassé... W. 

~.i Froa<^n~clr lettre particulière, où je n'ai pas cru devoir imi- 
beauc ■ à-analogues cbez ■ s, comme chez tout, s es autres 



DE LANGUE ARABE ! 73 

VIII. PAGE 114 

Fragment de lettre particulière. Écriture el style usuels des Ai 
algériens d'une instruction suffisante; simplicité d'expi 
sans élégance ni recherche. 

TRADUCTION 

Après le salut sur la dignité, sur la personne auguste, 
élevée, invincible, votre lettre m'est parvenue (que 
Dieu vous chérisse !) ainsi que le livre que vous m'avez 
adressé, qui m'a causé une très grande joie. En me 
l'envoyant, vous m'avez rendu un éminent service el 
avez fait envers moi une bonne action dont on s'entre- 
tiendra, el qui sera favorablement appréciée. Que Dieu 
vous en récompense pour moi, en vous accordant une 
félicité constante, ainsi que la gloire et les honneurs 
mérités; qu'il vous seconde dans votre bienfaisance, et 
vous mette au nombre de ses élus; qu'il vous élève au- 
dessus de vos semblables! Un homme tel que vous, 
d'entre les plus éminents et les plus distingués, qui 
agit avec une telle bonté, une telle délicatesse envers 



pellent arabe culgaire et regardent comme une langue constituée. 
C'est tout simplement une série d'altérations qui n'ont d'autres lois 
que les aberrations non raisonnées de l'ignorance. Les théoriciens 
sans pratique, qui ne peuvent comprendre les écarts de ce style, et 
les praticiens sans théorie, dont la routine n'en concit pas d'au- 
tre, ont fait établir jadis, en Europe, une distinction spéciale, et 
même un enseignement, pour ce qui n'a d'autres princi] - pie la 
déviation de toutes les conventions établies. C'est à peu près comme 
si l'on prenait chez nous, pour établir l'appréciation et l'étude, le 
langage des paysans de Molière et l'orthographe insaisissable de 
certains caporaux et soldats : l'un et l'autre sont des faits de fran- 
çais culgaire, et non des principes. — Il existait jadis en Algérie 
une manière toute spéciale de distinguer l'arabe dit littéral de 
l'arabe dit culgaire : ce que l'on comprenait (c'était souvent peu 
de chose) était déclaré arabe vulgaire ; mais tout ce que l'on ne 
comprenait pas (c'était quelquefois beaucoup) étail impito; 
ment arabe littéral. 



1 ~ \ COURS 

un homme comme moi, placé dans cette position !! ! 
Je n'ai en ce mo r.ent aucun livre... (Fragment d'une 
lettre autographe d'el Hadj Abd el-Kader à M. le Gé 
tiéral Vnsuf.) 

IX. PAGE 116 

i igmenl de lettre particulière. Caractère d'écriture ordinaire, style 
.!'■ Syrie, beaucoup ['lus prétentieux que le style algérien. 

III \IM ( I l<>\ 

Père chéri, objel d'une extrême vénération (que 
son existence soil durable !) 

Après avoir baise 1rs nobles mains de voire Pater- 
nité, et imploré la grâce de vos prières constamment 
exaucées; après vous avoir exprimé nos vœux ardents 
au sujet du bonheur de vous voir, heureux présage de 
tout bien ; après nous être informé de votre auguste 
personne (s'il plait à Dieu jouissez du bien-être le plus 
complet !) : - La chose exposée à votre Paternité, 
c'esl que depuis le momenl où nous avons quitté votre 
personne, quand nous étions au Caire où vous êtes 
resté, nous n'avons cessé de faire des vœux, en lâchant 
de lesappliquer aux choses qui tiennent le plus à votre 
cœur, car les relations d'enfance ne s'oublient pas. 
Depuis environ cinq années que nous habitons la ville 
de.... 

X. MEME PAGE 

Fragment d'une autre lettre de Syrie 

En second lieu, j'ai eu l'honneur de recevoir 

votre chère lettre, qui renferme l'aiguillon d'une poi- 
gnante douleur., qui est remplie de tristesse et de cha 



DE LANG1 i: AHABE 

grin, et dont la date est du 24 du mois de Choubâl' 
(février) dernier. Je l'ai lue avec un cœur luise et 
d'abondantes larmes, à cause de la perte de mon frère, 
de mon appui, de mon cher Stephanos. quel malheur 
immense vient nr atteindre à cause de mou vénéré 



XI. PAGE 118 

Texte hebreeo-arabe 
TRADUCTION 

.Muer, 18 mai, année 1854. 
A la main de monsieur Xeeiui Safar, I. S. ' 

Le but de ces lignes est de vous instruire que je vous 
adresse une petite somme d'argent pour que vous m'a- 
chetiez quelques étoffes de bonne qualité, semblables à 
celles que vous m'avez envoyées la première fois. 
Savoir : 

1° Malt't (gros tissu de coton) à raie jaune, 20 balles : 
2° Mall'\ à raie bleue, 30 d° 

3° Malt'i à raie rouge, i0 d° 

Et par la première occasion, vous meuvent 1 /, quel 
ques articles de droguerie, parce qu'on m'a dit qu'ils 
avaient un bon débouché chez nous. 



(1) Les lettres I. S., sont l'abréviation (1rs roots hébi 
ichmerho Sôro, que son Rocher le préserve que Dieu le protège!) 
— A. H. et S. T., de la page ci-après, sont également des abré- 
viations, la première, des mots : ' ibd hechim, le Serviteur du 
Nom (le serviteur de Dieu;: et la seconde, des mots : Siim 
bon signe. Ces abréviations étaient fort usitées autrefi - 
sont à peu près délaissées aujourd b - retrouve plus parti- 

culièrement dans le style des personnes âgé - 



I Tli i "I HS 

Celle lettre est tracée à la hàU\ 

11 n'y a rien à ajouter, si ce n'est le bien (i/urjc roua 
souhaite . Salut à toute la famille. 

A. II. i Daoud Levi Bram I. S. (2) 

S. T. (3) 



XII. PAGE 121 

Autre texte hebrœo-arabe. 
I i; \DI CTION 

Apns de nombreux saints sur vous et sur toute votre 
famille. Ensuite, nous avons reçu votre lettre. Ensuite, 
nous avons appris que vous êtes en bonne santé. Nous 
apprenons toujours (avec plaisir) de bonnes nouvelles 
les uns des autres. 

El maintenant, comment ne m'avez-vous pas averti 
au sujet de l'avocat et de ce qu'il a fait relativement à 
l'affaire de la maison? Vous savez cependant d'une 
manière toute particulière que je n'ai personne que 
vous pour me représenter dans ce procès. Je vous ai 
''lit et vous ne m'avez pas répondu, ce qui m'a vive- 
ment contrarié, car je n'ai su que dire. Je vous en 
prie, Monsieur, ne m'oubliez pas ; prenez la peine de 
me répondre et mettez-moi au courant de ce qui a lieu. 
.!'■ ne prolongerai la présente pour vous que par le 
wuhait du) bien. Salut ; . 



I, -1. 3) Voyez la note, page 175. 

texte-ci, de même que le précédent, renferme, outre des 
incorrections de tout*' nature, des locutions particulières aux Juifs 
de l'Algérie : ce sont des monuments «le l'arabe culgaire. 



DE LANGUI \li VBE | t / 

XIII. PAGE 123 

Texte hebrœo-allemanil. 

TB U)LCTION 

B. E. H. > Strasbourg, 20 mai 1854. 

.4 Monsieur Kolh, à Colmar 

Par le courrier d'aujourd'hui, je vous adresse un 
ballot de marchandises marqué C 154, dont votre ho- 
norée lettre du 15 courant renferme la demande. 

J'espère que vous voudrez bien toujours m'honorer 
de vos commissions; je vous servirai constamment 
avec la même ponctualité. 

Je vous présente mes saluls empressés. 

M. BLOCII - 

XIV. PAGE 126 

Inscription himyarite 
TB \IM <: l [ON 



(1) Abréviation de la formule religieuse aébraîq be Ezrath 

hAdonaï, aoee l'aide de Dieu. 

(2) On peut remarquer, dans le texte, p. L23, que la signatu 
en caractères allemands. Il n'est pas d'usage, en cette circon; 
de signer en caractères hébreux. 



178 



XV PAGE 128 

Écriture arabe sur papyrus; caractère nés khi 

M s list et de littérature orientale, extraits des tomes 

1\ et Y rfes Mémoires de l'Institut, p. 68) 

in i i i;i DE m . m - \« i 



I - ' t | • 

1 ; < ^1 ,:< ^ y! ^C.L UJ ^ >,/ J, ^ ^ 

Jly ( £ !Ljî) JLi! Jl (U^^l) L*JUj l^v, L*^ j 

^Ji JJ l^J ^o *i dl *^-LJ 

— J'y. J*=— t 1 ) [ J ] r^'n' — -' (j **-*) l- **- ] 



M. de Sacy, ainsi qu'on l'a vu plus haut, avail deux passeports 
contenant la même formule, portant la même date, et ayanl dû 
li 'livrés au même moment. <>n peut eu \oir le fac-similé 
dans l'ouvrage cité. Les dégradations et les altérations de chacun 
•d'eux ne portant pas sur les mêmes passages, il a été possible 
avec ces ileu.\ documents de compléter à peu près toute la formule. 



1 J'ai ajouté entre des crochets deux mots, dont les traces 
m'ont semblé p isilives par la comparaison <les deux papyrus. 



de LANGl E m; \hi: 

\v 

TRADUCTION DE M. DE SA( \ 

(( A été transcrit. 

« Au nom du Dieu clément et miséricordieux. 

« Ceci est un écrit donné par moi, Djaber, lils d'O- 
» béïd, intendant de l'émir Abd el-Melik, lils de Yézid, 
» et préposé à la province de Memphis, à Samia Felibek, 
» imberbe, corpulent, roux, ayant le nez élevé en bosse, 
» les sourcils longs et peu épais et la tète rasée ; et à 
» FéloudjHalbê, imberbe, roux, ayant les sourcils longs 
» et peu épais et la tète rasée; tous deux habitants du 
» (lieu nommé le) Monastère d'Abou Hennés) du nome 
» de Memphis.; attestant que je leur ai permis de se 
» transporter dans le Saïd, avec leurs femmes, leurs 
» provisions et leurs marchandises, jusqu'à la lin de 
» Schawâl de Tannée 133. Si donc quelqu'un des in- 
» tendants de l'émir que Dieu lui accorde le bonheur '. I 
» les rencontre, il ne doit leur apporter aucun empê 

» chement 

» [copié et] écrit par Ibrahim, dans] le 1 er jour de la 
» lune de Schawàl de l'an 133. ») 

Le cachet, dont il n'aurait pas été possible de tracer 
lisiblement ici les caractères, à cause de leur réduction, 
a été lu ainsi par M. de Sacy : 

« Djaber a remis tous ses intérêts au Dieu clémenl 

» (elj miséricordieux. » 



180 



XVI. PAGE 142 

i i -nulle des caractères d'une litanie arabe écrite par des Chinois- 
Inscription monumentale en coufique quadrangulaire. 

1° Gros caractères (fin de la litanie). — 2" Petits caractères, avec 
lesquels toute la litanie es! écrite, sur trois colonnes. — 3" Ins- 
cription coulique. 

LECTURE 

i° _w ^cu^v jâvi ooi ^ 

d~. L ls lui.!*, 






3° --*--> .t^; J- : -i ,. r * v-^bJI JJ 



XVII. PAGE 143 

1° Dessin d"une inscription en caractère dit karmatique ; - 2° d'une 
autre inscription en caractère africain monumental; tirées de- 
l'Alhambra. 

LECT1 RE 



io UjL» /- J 1 cO> Ufb ju**»! ^O <$\ 



2o L-I.J! _fc*"-J Jbk si,ÎJ iJ^T .J> N ,U.;N 



I 'J? ^ 



XVIII. PAGE 144 



1 Inscription en caractère africain (Alhambra). — 2° Autre 
inscription en caractère coufique iTarragone). 



I EC II RE 



1° ^..:.-^.V j.^.> > ^o ; -3 ^-■-î> dM tf y 



DE LANGUE ARABE 1>[ 

XVI 

TRADUCTION 

1° Mon Dieu, tu es le premier, le dernier ; à toi ap- 
partient la louange. 

Que Dieu répande ses grâces sur son envoyé. 

2° Mon Dieu ! c'est toi qui mets à nu les choses, qui 
les achève; à toi appartient la louange. 

Tiré du tome V du Journal asiatique de Londres, p. 272. — Je 
dois la communication de ce document intéressant et original, a 
l'obligeante bonté de mon savant condisciple et digne ami M. le 
baron de Slane. 

3° A Dieu appartient l'empire du passé et de l'avenir. 
XVII 

TRADUCTION 

1° « mon Dieu, à toi la louange pour toujours, et 
à toi la reconnaissance d'une manière permanente. » 

2» toi qui hérites des Ans'âr, par une voie non in- 
directe, d'une gloire devant laquelle les illustrations les 
plus affermies sont ébranlées. . . [vers du mètre t'aouîl.] 

Ces deux inscriptions et les deux suivantes du n" xviii sont 
•extraites du bel ouvrage de M. Girault de Prangej : Essai sur 
V architecture des Arabes et des Mores, 1841, in-4". 

XVIII 

tu \i»i <: riON 

1° Un secours vient de Dieu, et la victoire est proche : 
annonce cette bon ne nouvelle aux cro van Is(Cor.lxi, 13). 



L82 



(«II,) *iiî JQ,! 



XIX. PAGE 145 

\ - : 210 el fragment du verset 211 du chapitre wvi du Coran. 
Caractère coufique des livres. 

I 11 INSCRIPTION 



XX. PAGE 146 

Éléments < 1 e l'écriture orientale; écriture Thoulouth (gros carac- 
tère neskhî). Lettres isolées. Au milieu, éléments de l'écriture 
neskhl. 



XXI. PAGE 147 

>uile et complément de la série des lettres commencée a la page 
précédente. La dernière ligne, qui est une application des élé- 
ments, renferme la phrase suivante : 

TB INSCRIPTION 



LT 



JJIJ 0\ .,-1; '>'h\ 3 l-L-i sJLJJ 



XXII. PAGE 148 



Fragmenl d'un beau manuscrit moderne des Séances de Harlri, 
séance. Écriture usitée plus particulièremenl en Egypte. 



l'H VNSCRIPTION 



C f , , , , ' t E =. ' c / / , c ' ' 



DE LANGUI m; MU 

2. Au nom de Dieu. Qu'une bénédiction de Dieu soil 
sur le serviteur de Dieu Abd er-Rahman, prince des 
croyants. Que Dieu prolonge (sa vie ' 



XIX 



TRADUCTION 

... et les démons (les polythéistes) n'en ont pas reçu 
la révélation; — il ne convenait pas (qu'il leur fût ré- 
vélé) ; car ils ne . . . (devaient pas se soumettre). 

\\ 
Lettres isolées et signes accessoires de l'écriture) 



XXI 



TU U)UCTION 

J'étais prophète, et l'homme se trouvait encore entre 
l'eau et l'argile (dont il fut formé). 

Wll 

l l; \m C HON 

Par Dieu, lui dit le Wàl: ' , tu as fort bien 

parlé ! Quel fils de l'homme es-tu donc ? — Alors | \bou- 
Zeïd) le regarda du coin de l'œil et se mit à chanter «':> 
clignant les paupières : 



(1) Préfet nu principal mau 



184 



,J&i ;i LL U [i L3iL 



iU V- fil!)! ' 



J -..-9 



M 



- HT. . ■■ ■ < -J ^ 



^,J1 ^ J Jej-5 *-î ¥ ^Li'l 






XXIII. PAGE 149 

Verset 31 cl fragment du versel 32 du chapitre m du Coran. — 
Bonne écriture rih'ânî, perfectionnement de l'ancien neskhî] 
caractère très lisible, usité particulièrement dans les vu et vin 8 
siècles de l'hégire, et a peu près délaissé aujourd'hui. 

lit INSCRIPTION 



~ ; i i ^ i ; < f " 



1 Le style poétique des Séances de Hariri <^-«*JJ Cj^UL^JI ) 

<i3^.^^ c?-*-*-* crî ^ O-î ^i- £ i^î *.~Aii\ ^ ^\ est rempli 
d'images, de proverbes, de jeux de mots et d'allusions, que nos 
seules idées ne nous permettent pas toujours de comprendre. C'est 
pourquoi on ne peut traduire intelligemment cet ouvrage sans en 
altérer forcément le caractère, très éloigné du reste, de tout ce que 
pouvons concevoir. Dans le texte, au lieu de quel est son boit*, 

il y a littéralement .■ quelle est sa chenille i/e bois pointu J^Lri- 

[b usage de cure-dent, d'épingle, de cheville, et de bien d'autres 
applications dans la de arabe, qu'il serait trop long de détaillerici. 



DE LANGl ! \l: W'.i lS.'i 

Ne demande pas à l'homme quel est son père; mais éprouve 

— quel est son bois : recherche-le dès lors, ou bien le luis. 

Il n'est pas déshonorant pour la liqueur découlant du raisin avant 
le foulage, quand elle est douce 

— au goûter, d'être tille du verjus. 

Le narrateur rapporte que le Wâlî le lit approcher, et 
l'invita à s'asseoir tout auprès de lui (1 >, pour avoir si 
bien résolu la question. — Puis il fit passer sur lui 
quelques-uns des ruisseaux de sa générosité. 



XXIII 

TRADUCTION 

(Dieu) dit : Adam, apprends-leur leurs propres noms. 
Quand il (Adam) les eut dénommés par leurs noms - , 
il (Dieu) < 3 J dit: Ne vous avais-je pas exprimé déjà que 
je connais le secret des cieux et de la terre, et que je 
sais ce que vous manifestez, tout aussi bien que ce que 
vous cachiez. — Et lorsque nous avons dit aux anges : 
Prosternez- vous 



ilj La lettre porte : '7 le fit asseoir comun ■ qui va 

circoncira, c'est-à-dire aussi près que.... singulière image, qui 
n'obtiendrait pas chez nous, sans doute, L'approbation de tous les 
gens de goût. 

(2) Suivant la tradition, Dieu présenta à \daiu les choses 
sur la terre, et lui ordonna de les désigner chacune par un nom. 

(3) La même expression pronominale désigne ici deux 
ditïérents. J'ai traduit littéralemenl pour faire ressortir cette parti- 
cularité caractéristique du style arabe. Chez nous, la logique, Ou 
pour mieux dire le bon sens, engage a éviter loin.- espèce d'ampbi 
bologie ou d'obscurité dans les paroles ou : on ne 



186 



XXIV. PAGE 150 

Texte des deux derniers chapitres du Coran, en caractères neskhi 
i 11 \i>! i m; CXIII 

] I I TT"RE 




tolérerait pas un pronom personnel se rapportant à deux ou plu- 
sieurs antécédents distincts; en arabe on ne se donne pas la peine 
d'éviter celte obscurité, que l'on paraît rechercher surtout dans le 
style descriptif et narratif des ouvrages historiques. Le Coran, entre 
autres difficultés et amphibologies, ne se l'ait pas faute de celle-ci, 
qu'il n'est pas toujours aussi facile d'expliquer que dans le passage 
rl dessus. - Je me hâte .le dire que le Coran esl le livre clair et 
précis par excellence, qui doit frapper de sa eérité tout esprit sain 

qui le médite ^_-_s J*JJ V ^^~^- ^ &-*) (Coran H, 1 et 
passim). Les commentateurs Les plus orthodoxes, sans doute de 
peur de se tromper, donnent souvent trois ef même quatre inter 
prétations d'un mot ou d'un passage. On trouve dans un commen- 
taire du ( loran, par El-Beïd'âici i.Vls. en écriture orientale, 31)4, 
r ,],. la Bibliothèque d'Alger), un fait d'une originalité piquante, 
relatif à l'application du môme pronom à de nombreux antécédents. 
Le copiste, ou quelque lecteur fervent de cet ouvrage, ayant eu 
sans doute de la peine a ranger dans sa pensée les nombreux anté- 
cédents de certains pronoms, s'est, avisé de mettre, s,, us chaque 
antécédenl el sous le pronom qui y correspond, un numéro d'ordre ; 
de telle sorte que l'on .encontre les proie. m- allixes souscrits de 
divers numéros suivanl leur relation avec .1 ;s antécédents qui ont 
les mêmes chiffres. Cela n'a lieu que dans les premières pages du 
livre ' , patience peut être a manqué pour aller plus loin. On ne 
une pensée malicieuse du naïf auteur de cette ingé- 
nieuse méthode; c'est une critique plaisante, mais bien méritée, de 
l' bs< ai ité du style arabe, qui nécessite toujours une attention et 
une lD ninutieuses de la part des lecteurs, même musul- 

QS , Le nombre .le ceux-ci, d'ailleurs, pour ce motif, est et sera 
toujours infiniment restreint. 



DE I \\,,| | ARABE 



XXIV 



181 



TRADUCTION 

1 Dis: Je cherche auprès du Maître de l'aurore 
un refuge; 2 Contre les maléfices de ce qu'il a créé! 
3 Contre la mauvaise influence de la lune H lorsqu'elle 
s'éclipse; 4 Contre les enchaînements do celles qui 
soufflentsur les nœuds : o Contre la malice ,1. l'envieux 
en proie à sa passion. 

(1) Voici à propos de ces deux chapitres très connus, un exemple 
des motifs donnés parles commentateurs a la révélation successfve 
des versets du Coran. Je le traduis du _^^;J1 ^_y^ ^LX^ 
J^UJI ^>U II ne sera pas déplacé'icï: Feliœ gui pôtuuterum 
cognosct'i-e causas. 

serviteui un jeune garçon que les Juifs circonvinrent avec tant 
d instances et d'.mportunités, qu'ils le décidèrent à leur livrer des 
cheveux arraches par le peigne a la tête du Prophète etquelque 
dents de son pe.gne. Un d'entre eux, nommé Lebid ben • Ve „ 

n^mm^ ° me T ta o eCCeS Ch ° SeS ' qu ^ eta en.oiied.na an ( , 

t 1 ' e , Pr ° Phète t0mba dan ^eusement malade 

deux anl p? " ■ ama ' gnt - DanS Un moment où i] et.it .ssoupi, 
deux anges qm étaient venus s'asseoir, l'un a sa tête, l'autre a se 
peds s entretinrent des causes qui avaient amené son éfai 

ause T 1 H éta ! 1S dG C6tte aVeDtUre ' et dire ^ M- les objets 
m X, \ e ™ haat ° m ^ ««en* enveloppés dans „,„. feuille 
m,, lu ,,,.. de fleur de palmier, et placés sous !a pierre de curage 

annaren *" Tf d f De ''°^"' ^^^ ^ mal ^ é un somn 
aon it ' aVa, r t v t0Ut enteildu ' se réveilla, et appelant Aîcha, lui 
Zohl^TfA UVenaifcde révéler - " env °y a en toute hâte Ali, 
merré in V Y, '"' er UU puitS " IIs »'* ^dirent, levèrent la 

perre indiquée, q U1 était tout au fond, et trouvèrent, avec la feuille 

r a !° ? IeS Ch6VeUX el leS deQts du l 1 "^'""' '"' orin aoq 

on avait pratiqué onze nœuds. C'est a cett : caeion que Dieu 

m descendre les deux chapitres, qui contiennent entre eus le n 
bre exact de onze versets. Ali el ses deua compagnons se mirenl 
à défaire les nœuds, et a chaque nœud le Prophète ressentait un 

soulagement ; au onzième, il se urne s'il venait d'être dôbar 

rasse de liens, n 

El-Rhasin, qui raconte aussi le fait, mais avec variantes dit aue 

le serviteur de Mahomet était Juif. 

Les Musulmans évitent, encore aujourd'hui, de laisseï éi 
des cheveux. 



188 coi u> 

| . ii g 
L \ 

♦— — ^i — . \ a "~ y — - v - *— 



V ; jjjl J! 3 .'1)1 ^X.U 2 ,JJJ! ^ Liî JJ 1 
iJJl _>_. » '„.,.i.J cjJ! 5 'J-Li-M JlLJl il 

, J_J'. i_I^< ^ 6 

XXV. PAGE 151 

Les six premiers versets du chapitre wii du Coran 
Caractère neskhi des bons manuscrits 

l li INSCRIPTION 

*_ .o ! ,_<,_^ ; J ' »û ! L-i 

VI» ' ■ LslîJI Lfcj- "' ' C r t - y! 'J Jl Ulî I , 1 






(Il Ceci fut rérdZé au sujet de El-Nad'ar lien el-Hâreth, qui 

opposait toujours des objections et des arguments a la doctrine de 

Mahomel El-Khasin <m voit ici la confirmation de ce qui a été 

dil précédemment (p. 187, note), sur les causes de la récèlation du 

in. Les commentaires fourmillent d'explications analogues. 



DE I.Wi.l I \li\HE [§9 

CHAPITRE DES HOMMES (CXIV et dernier du CofilU \ 

Au nom du Dieu clément et miséricordieux. 
1 Dis: Je cherche un refuse auprès du Maître des 
hommes; i Du Roi des hommes; 3 Du Dieu des hom- 
mes; Contre celui qui incite au mal, qui disparaît 
devant l'invocation (le Diable) ; 5 Qui souille le mal 
dans le sein des êtres; 6 De la race des génies et «le 
celle des hommes. 

Maxime au bas de la page 
Le Dieu magnanime est sincère 

XXV 

TB \DUCTI0N 
CHAPITRE DU PELERINAGE 

Au nom du Dieu clément et miséricordieux. 
1 hommes, vénérez votre Seigneur. Le tremble- 
ment de l'heure (dernière du monde) est une chose bien 
grave! 2 Le jour où vous le ressentirez, toutes les 
mères qui allaiteront oublieront les petits qu'elles 
nourrissent, et toutes les femelles qui porteront ((('po- 
seront leur fruit. Tu verras |]| les hommes ivres; mais 
ils ne seront pas ivres. Car le châtiment de Dieu est 
rude. 3 Parmi les hommes, il en est qui discutent de 
Dieu, sans connaissance positive, et qui suivent tout 
agitateur revoit»'' ; \ Au sujet duquel il est écril que 



il) La première partie du vers, i s'adresse aux hommes en général . 
le reste s'applique à Mahomet. Ces transitions immédiates sont très 
fréquentes dans le Coran, et ont lieu fort souvent dans la même 
période. Il est important de connaître ce fait pour éviter de nom 
hreux contre-sens. 



190 COI RS 



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1 s~~' 



\ ■ - ^ \ u ■ ■■) ~ \ 



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'c'X Mil JL S jljLJ V Jbo lia J^M^f L! -^ 

( l-J -V.3 i ,_i, Lf ) .Le aJ ' « J -1 \ 

XXVI. PAGE 152 

Caractère turc employé dans les relations officielles 

1° Ligne supérieure, écriture djeri ; 2° Ligne inférieure, caractère 

diwâni . 

TRANSCRIPTION 

(Ces textes sont en langue turque) 
1° Formule qui accompagne le sceau du sultan 









- ^ .y- c 1 - c' c' w ^ 

j^r,jj.l c-+JU jU*-J! 



Nichâni cherlft 'altchân, <<îmi makân, ce toghraï gharrâï djihân, 
araï sitâni khak'ân, noufid'a bW-aoun cr-rebbâni, rè s's'awn 
es's'amadânî. h'okmi oldourki 



DE LANGUE ARABE 191 

celui qui lui remettra le soin de ses affaires sera égaré 
par lui, et par lui amené au supplice du feu ardent. 
5 hommes ! si vous avez cornu un doute sur la résur- 
rection, sachez que nous vous avons, créés de terre, puis 
d'une goutte d'eau, puis de sang- coagulé, puis d'une par- 
celle de chair complètement formée, et d'une autre par- 
celle non encore formée, afin que nous vous expliquions 
clairement' 1 ). Nous fixons solidement dans le sein des 
mères ce que nous voulons, jusqu'à une époque dési- 
gnée ; ensuite nous le faisons sortir enfant; puis nous 
vous faisons atteindre votre puberté. Il en est parn.i 
vous qui meurent; il en est parmi vous qui atteignent 
la plus grande décrépitude de la vie, en sorte qu'ils ne 
savent plus rien après avoir su. Tu vois la terre sèche 
et nue; mais lorsque nous y faisons tomber l'eau, un 
mouvement s'y opère, elle croît, elle produit toutes 
sortes de choses bonnes. 6 Cela s'accomplit parce que 
Dieu est la vérité, et qu'il donne la vie et la mort ; car, 
certes (il est puissant en toutes choses). 

XXVI 

TRADUCTION 

Ceci est le signe noble, ('-levé, brillant, le chiffre 
(toughra) qui illumine et orne l'Univers du Khâkân 
(empereur). (Que ce chiffre soif efficace, avec l'assis- 
tance du Seigneur, avec la protection de l'Eternel î) 
Son ordre est que 



(1) Je traduis très scrupuleusement el avec tous les documents 
authentique?. Ceci peut donner uûe idée île ce qu'on entend par 
explication claire dans le Coran. 



192 i oi ns 

2° Formule qui commence une lettre administrative 
, LJLï! . -A. \\ U _ v J| U J s »î b >' • : Jl " ! 

çili \ S U Jl/ , ^j-L. -jLâ.d *_;_~^ 



LECTl RE 

Deoletlu, ' inâietlu ra'/etlu, l ali 'Ihimen, djeliu chchiem, e/endim, sol- 
t'ânem h'asretlari, djenâbi sa'ddetme'&blarinèh, derkiar oldn, mil 
umah'abbetim, ce khuloùci meceddètim ber kemdl olmaktan nù<-l i i . 



XXVII. PAGE 153 

Autres écritures turques 

1" Ligne supérieure, commencement d'une lettre ; 2° Ligne médiate T 
extrait d'un roman turc en vers, sur la vie d'Alexandre le Grand : 
3° Ligne inférieure, maxime turque en vers. 

TRANSCRIPTION 

io jjjL)] jjl ^Ui ^'jv.UOJjv^^ 



Sa'adetlu, met eddetlu, rnekremetlu k'arenddch aghâï djelilu 'l-k'adar 
h'azretlarinun, mucherrif sah'èhi makiarem oldn. 

LECTl RE 

Faïlak'oûs euldi, vè sou' l-k'arnaïni <-itâh, — Roûmun ih'lîmlnèk 
oLiloii (1) pddichah . 



I 11 y a ici un jeu de mots sur ^5^3! répété, qui se prononce 
euldi mourut) et oldou (devint). Ces particularités sont très fré- 
quentes dans la Littérature orientale. 



DE LANGUE AR\BE 193 

2° A l'Excellence de la source des félicités, le fortuné, 
protégé de Dieu, gracieux, doué de nobles pensées, de 

manières distinguées; mon maître, mon sultan 

(Tel)..., l'objet de ma sympathie, de mon amitié et de 
ma plus sincère affection, qui ne peuvent que devenir 
de plus en plus parfaites 



Les Turcs ne sont pas moins exagérés que les Arabes dans le 
nombre et le choix des épithètes, qui constituent en grande partie 
le style épistolaire. 



WMI 



TRADUCTION 



1° De la Seigneurie du fortuné, aimable, honorable, 
frère, très élevé Seigneur, le noble, la source des belles 
actions 



2° Philippe mourut, et le prince Doù-'lk'arnaïn 
(Alexandre) — devint roi des contrées de la Grèce. 

Ce vers est du mètre ramai: -u— I -u— | -u— sauf les licences. 
Sa quantité réelle est ici : 

-u- | — U- | — o- 

-u- | — u- | — o- 



194 



CEI Il RI 

-'<</V</!'7! k'ouli-im; s'âïamdrien s'olt'dnl-im. 



XXVIII. PAGE 154 

Ve s persans écrits en caractère ta'lîk 
I l; WSCRIPTION 



1" ,^_->^; ,.b _d._^ 



I I < I I RI 

Hemin tchechmi dârem zi-khânandeghidn — ke nâmem b<' nikoù 
berend lier zubân (Châhnâmèh). 

0~~i UsJ jJ' , . , . Ail, LaJ O , - , 

* j •* j ■ s ^> 

RI 

/.'j merghi h'azri kerden doû roûs ret à nist : Roûs ke k'a;â bâched, 
ce roûs ke frasa nist. - Rougi ke Kazâ nist, es 6 pâk nebâehed : — 
Roûsi ke k'asâ bâched, es 6 rehâ nist. 

3 b .)*•-£ *1 I c-JLoJj 

LECTI lil 

Be-ah'çâni dçoûdèh kerden dill, — bih ez alf rik'at be fier mensilî. 



1 Mètre motefrâreb : u— | u-- | u— | u— 
Mètre moteddi ek . u- | -u- | -u- | -o- 



DE LANG1 E vu \ru: 

3° Je suis le serviteur de qui m'honore, et le sultan 
de qui me méprise. 

(Le chiffre qui est entre les deux hémistiches est le cachet 
et la signature de l'Auteur du présent livre) 



WMIÏ 



II; VDUCTION 

1° Je dois toujours acoir l'œil (avoir soin) que ceux 
qui proclament les renommées portent sur la langue 
mon nom comblé de bénédictions. 



2° Il est deux jours où il ne faut pas craindre la 
mort : — le jour où le sort doit s'accomplir et le jour 
où il ne le doit pas. — Le jour où la mort n'est pas 
présente, la crainte est inutile; — le jour où elle 
arrive il n'est aucun moyen de lui échapper. 



3" Consoler par un bienfait un cœur affligé, — vaut 
mieux que mille rak'a (série de prières) dans chaque 
cbapelle t 1 ). 



(1) Je n'étends pas davantage les citations turques el persanes : 
elles n'ont pas un rapport assez direct avec le but de cet om 
Ce qui précède suffit pour donner une idée des formes qu'n prises 
le caractère ne^khi chez les Turcs et les Persans. On a vu plus 
haut [p. 142 celle que les Chinois lui donnent. 



196 



XXIX. PAGE 155 



Extrait de l'ouvrage intitulé : ^LuxaJI g .Ua-^i ^\ Jj\<^oY\ c \Li«» 

Traité de la Guerre sainte, par- Ahmed ben Ibrahim cd- 

dimechk'i. — Écriture tâ'lik', fort souvent usitée pour les manus- 
crits arabes de l'Orient. 

Il; VNSCRIPTION 

\ * - , vl • , • J| ' - , ^c -I M t;i I , J; 

* -- <\* § ~j tf" » Ils ^_i! 1 - L= i\il J.- iiit 

. . . A.» i 



wyJ l^jii, ^çJLo sjunJ ^bJi ^^'^j ^Uj ^ ^ ^ 
Jb jlâ (i) Ijji ^C-iX -. ,^L* ; ,»T U JLxi U>! aU. 



A-iLtls j£j Ll^a. iLa. JJo J »^' v aJ^àJlc ajd*9 j^i! Ljxi, 

II 



1 On -;iit que chez les Arabes, le soin des animaux, comme 
tous les travaux domestiques, est dévolu aux femmes. 



DE LANGUE ARABE 19^ 



XXIX 



TRADUCTION 



Chapitre quatorzième, traitant des avantages résultant 
du soin des chevaux, des bons traitements qu'on leur fait 
et de l'affection qu'on leur porte ; mentionnant aussi ce 
qui est louable et blâmable dans ces animaux, et la 
recommandation de ne leur couper ni 1rs crins du front. 
ni les oreilles. 

On tient d'Omar ben 'Abd el-'Azîz la tradition sui- 
vante : Il m'a été affirmé que l'Envoyé de Dieu (que 
Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le 
salut!) a dit : « Celui qui a un cheval et qui le traite 
bien, Dieu le traitera bien; et s'il le garde, Dieu le 
gardera. » — El-Baïhak i rapporte dans le (livre intitulé 
Echcha'b, que Roûh' ben Zenbà' vint visiter Tamîm ed- 
Dâri, et le trouva nettoyant l'orge pour son cheval au 
milieu des gens de sa maison (ses femmes). — Eh quoi ! 
«'écria Roûh', n'y a-t-il parmi ceux-ci, personne pour 
te dispenser de ce soin? — Si fait, répondit Tamîm, 
mais j'ai entendu l'Envoyé de Dieu dire que celui qui 
nettoie l'orge pour son cheval, et la lui attache dans 
la musette), Dieu lui compte sur son livre une bonne 
■action pour chaque grain. 

D'après Aïcha (que Dieu la comble de biens! on 
raconte le fait suivant : Etant sortie un matin (elle 
trouva) l'Envoyé de Dieu essuyant la face de son 
cheval avec son vêtement. « Envoyé de Dieu, lui 
dit-elle, avec votre vêtement!... Que savez-vous 



198 coubs 

^ J Xij^ ^^ -J^', ^jj J o^l Jiï 






j \ ■ £ 



XXX. PAGE 156 

Maximes tirées de la Son/m (loi traditionnelle) 

ri; INSCRIPTION 



20 l^ujui ,:.> u u^i *jll> ^±u> li^i 



30 ,„.._..>„. s u . : ^ vi i uj ^ r j-s . K _;.: uj l :r , .v 



(j-J-o- -- r - Lr: 



^V 1 



-i par erreur que j'ai écrit A^-a dans le texte (p. 155). 

- Dans ce texte el dans les suivants, qui sont en caractères 
!S, nous nous conformerons, pour la transcription, à 
I usage local, pour la ponctuation des lettres l_s et \^é. 



DE LAM.t E VIïXBE 199 

répliqua-t-il, si Gabriel ne me Ta pas recommandé 
particulièrement cette nuit ? — Eh bien ! dit-elle, 
chargez-moi de lui donner sa nourriture. — C'est-à- 
dire, répartit le Prophète que vous voulez m'enlever 
toute la récompense; car Gabriel m'a annoncé que Dieu 
m'inscrira une bonne action pour chaque grain. » Ceci 
est mentionné dans le livre intitulé : Chefâ es'S'odoùr. 
Aboû 'Obaïda et Wakî 1 disent que er-Rabî' ben 
S'abîh' ben el-Haean leur a raconté que l'Envoyé de 
Dieu étant venu avec un cheval, se mit à lui essuyer les 
yeux, la face et les naseaux avec la manche de sa — 
tunique. — « Envoyé de Dieu, lui dit er-Rabî' avec 

la manche de votre tunique ! » — Gabriel, répondit 

(Mahomet), m'a fait des recommandations au sujet «les 
chevaux 



XXX 

TRADUCTION 

1° La générosité est un arbre d'entre les arbres du 
Paradis; ses branches pendent jusque sur la terre. — 
[El-Efrâd.) 

2° Le bonheur est attaché aux crins du front des 
chevaux jusqu'au jour de la résurrection. ~ (Aboû 

Ho i a 'ira.) 

3° La propreté dans les vêtements, et le contente- 
ment de peu, font partie de la dignité de celui qui croil 
sincèrement en Dieu. — (Ebn <>ni<ir.> 



200 i "i rs 

XXXI. PAGE 157 

rradil ions et Max imes ( Sonna 
ni VNSCRIP riON 

^s'kJLJC ^_;,.ix"J gjuLifd) 14JLJÏ 



t^-3>.} « à-*. 



XXXII. PAGE 158 



lU^U-Ui :,u 



Fragment et fac-similé d'une lettre écrite de la part du fils de 
1 t'inpereur du Maroc à un caïd. L'original a été trouvé a la 
bataille d'Isly. 

TRANSCRIPTION 



. > . . ..... ( 






.c... :'i_j;V '_;._.„ .XL ^ 



M \ a/i a, ma est une forme emphatique du mot allahon 
até de la finale mma nu oumma. Cette addition n'a guère 
lieu que < i m r i - ce mot et dans l'expression haloumma, viens ici. 



DE LANGUE ARABE 201 

XXXI 

TRADUCTION 

mon Dieu ! Enrichis-moi par la science ! orne-moi 
par la bonté; distingue-moi par la piété; fais-moi sup- 
porter (la rie) avec le bien-être ! Dieu (qu'il soit exalté!) 
a dit : « Lorsque mon serviteur a la pensée d'une 
» bonne action et qu'il ne l'a fait pas, je la lui inscris 
» comme une seule bonne action ; s'il l'a fait, je la lui 
» porte comme dix bonnes actions, et même jusqu'à 
» sept cents fois le double. S'il a la pensée d'une mau- 
» vaise action et ne l'a fait pas, je ne la lui enregistre 
» pas; s'il la fait, je la porte comme une seule mau- 
» vaise action. » 

XXXII 

TRADUCTION 

Louange au Dieu unique. Que Dieu répande ses grâ- 
ces sur notre Seigneur et notre Maître, Mohammed, et 
sur sa famille. 

Serviteur de notre gracieux, glorieux et magnanime 
Souverain, caïd Omar ben Mohammed, que Dieu l'as- 
siste et te garde ! que le salut soit sur toi, ainsi que la 
bénédiction de Dieu, par les grâces de notre Souverain 
(que Dieu perpétue son existence et sa gloire !) 

Ensuite. Ta lettre nous est parvenue; nous avons 
entouré son contenu de notre science, et avons appris 
ce qui est survenu du fait de la perversité des Karàrma, 
par suite du méchant esprit qui existe en eux, et du 
mauvais caractère de leur foi ; car ils ont enlevé le 
voile de leur pudeur et rejeté loin d'eux tout ce qui les 

14 



. oi R8 
! Jmt»! 1*J JOi _ jLi. L & AkiM Lll'l. rfJL* 

,«• ' _ > » * 

Ulil Lu i' ic^l ^X3lii ^Xi^j ^LJ^^-xJî 

XXXIII. PAGE 159 

Variété du caractère andalous 

I l; INSCRIPTION 

. _ ... •• . Ulj V pJUl ^W L* .-^-'' ^ j*? 

^ » LlïU,! c ~*3T J ! tl»!j£îl U (1) CL-teOi 



1 Au lieu de ^X^l»\_^o. Les écrivains barbaresquee ne savent 
stinguer les cas où l'on doit employer le Jp de ceux où l'on 
doit mettre le 1». 



DE LANGUE ARABE 203 

couvrait. Mais avec de tels gens on ne peut compter 
le nombre des fautes. Aujourd'hui, patience, et demain 
gloire ! Par la patience et la fermeté dans ces lieux 
(temporels) , le Croyant arrive auprès de Dieu, aux sé- 
jours embaumés des zéphirs et des parfums les plus 
suaves. Paix donc à celui qui apprécie le but où il tend ; 
tout ce qu'il rencontre parmi les choses d'ici-bas lui 
semble méprisable. Eh quoi ! Dieu ne dit-il pas : « Nous 
» vous éprouverons, afin de connaître ceux d'entre 

» vous qui participent à la guerre sainte et le reste 

du verset. (Cor. xlvii, 33). C'est par la guerre contre 
l'ennemi et l'infidèle nue Dieu distingue entre le mé- 
chant et le bon, comme il distingue entre la tempête 
qui ravage et la pluie qui féconde. Malheur à eux, qui 
sont un peuple commettant le mal et s'abstenant du 
bien ! 

Quant à ce que tu nous mandes de tes bons rapports 
et de ton entente avec le docteur de la loi Sid Ali ben 
el-Aziz, ton ami et ton compagnon (que Dieu te com- 
ble de biens!) c'est là l'objet de nos désirs et de nos 
vœux 

XXXIII 

TRADUCTION 

Chapitre premier du livre (intitulé] les beautés des 
graces divines et des qualités humaines par le cheikh 
'Ard el-Wahhabben Ahmed ren 'Ali ech-Cha'ranî, — 
Dans lequel sont, parmi les grâces, celle de la noblesse 
de mon origine, puisque je suis de la postérité de 
l'Imàm Mohammed ben el-Hanafïya ; puis la connais- 
sance du Coran par cœur, dès l'âge où je commençai à 



• >,,■ COI RS 

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U»j ^JJ'. .brJ'; *&~ V! ^i' 



c — • C - ' ' ' 



XXXIV. PAGE 160 

Copie faite a Alger d'un,' procuration passée devant le Cadi de 
runis . Dans cette pièce, comme dans les suivantes, les noms 
onl été changés | 



TRANSCRIP l [OIS 



ii j_,__- j i 



x s, ■ ,M L> o j J^f Ju-J! ^ 3 ,WI <X»Yl ^ 

m u , i -il , 1 ë )! - 1' JL»>Y! 



1 ?< ^,-Jl Signifie, h la lettre, celui qui a êproucé, qui dot* ou 

„,,.,• [g miséricorde de Dieu : le pardonne, 

I ession s'applique aux morts seulement. 

ell,. a Le sens alors dé feu ou t/é/ian*. - Le participe passif, cnes les 

que, non-seulement une action subie ou faite, mais 

bir -u ô fa 



DE LANGUE \RABE 



205 



distinguer les choses; — mon assiduité, depuis l'âge 
de huit ans, à faire les cinq prières aux moments fixés : 
je ne me rappelle pas avoir môme, jusqu'à ce jour, re- 
tardé aucune d'elles; puis ma préservation de tout 
accident, bien que je sois orphelin de père et de mère ; 
— la soumission du crocodile pour moi, lorsque je 
me noyais dans le Nil : il se tint sous mes pieds jus- 
qu'à ce que je me reposasse et que je pusse nager; 
puis mon émigration des contrées du Rif au Ivaire pour 
y étudier la science; — puis la connaissance par cœur 
des textes des ouvrages de science, que personne n'avait 
pu retenir dans mon temps, et l'énumération des cho- 
ses que j'avais retenues, que je fis aux cheikhs, tels que 
lecheikh es-Islam Zakaiia, le cheikh Borhàn ed-Dîn 

XXXIV 

TRADUCTION 

Louange à Dieu. — Ceci est la copie d'un acte de 
procuration dressé par le notariat de la ville de Tunis 
(que Dieu la garde !) accompagné d'une désignation 
d'office. L'une et l'autre pièce sont transcrites ici par 
urgence et comme confirmation de la minute, d'après 
l'autorisation du cheikh, du pontife, du magnanime 
sid Mohammed ben 'Omar (que Dieu le favorise et le 
dirige !) 

Ici commence la copie du texte. 

« Louange à Dieu. L'honorable, très-glorieux, pro- 
tégé de Dieu, vénérable Sid Kaddour, fils de feu le 
sieur Ahmed Khodja, a donné procuration aux 
deux honorables, glorieux, protégés de Dieu, lec- 



20 ! o" rs 

l - - T ' - C: ' ^ 

■Y t I-. aJl I.ULj ' ■' •■• 1 I dis *—j ' « Ls LiU 1 
_- - ; — .. . . Z c " -r ^ .. . > -s 

• Li ïjui cY, l U _^ LU U . LU U U^,U. 



^ - 1.3 . <U * JU ^ 



c \ ' ^ * * \ 5 



jiJ- _U; SLiU J LÔ 1_ 1*Jo_j jl LbUJ! ibL^JL ^ 

Je saisirai cette occasion pour donner aux personnes appelées à 
traduire îles pièces de cette nature, où la surabondance des for- 
mules fait presque disparaître le fond, un conseil que je crois 
important : — il faut s'attacher à saisir et à noter les points prin- 
cipaux, ordinairement peu nombreux, les bien détacher les uns 
- lUtres, les exposer séparément dans la traduction, puisy ajou- 
ter le cortège des détails purement de forme qui les accompagnent. 
- Ainsi, dans le fragment ci-dessus, il n'y a que trois points 
atiels que j'ai mis en caractère différent, savoir : le sieur... 

A DONNE PROCURATION AUX SIEURS POUR LE REPRÉSENTER 

dans Le résumé de cette pièce est dans ces mots : Tel donne 

poucoir <i rELS de gérer les biens qu'il possède à Alger et aux enci- 
rons. Le principe de toute bonne traduction est de séparer 
sntie] des accessoires. 



XXXV. PAGE 161 

te pièce de vers faite par el-Hadj Ahmed, bey de Constantine, 
lors du premier siège (1836) 

ri; INSCRIPTION 

__ u j.._/.u ! Jà_cU j.*.; ^i \\ ii^L, &\ iys\ 

.5L.M . .'-.-,■- :j_JI :1s** UÙJL, U Us d! U c'J\ 



DE LANGUE ARABE 207 

teurs (de la loi de Dieu), marchands — Abd-er-Rahmax, 
fils de feu 'Omar, — et Most'afa ben Ali, — tous deux 
domiciliés dans la ville d'Alger, pour le représenter 
dans la surveillance de toutes ses propriétés, dans le 
Dettoyage des arbres qu'elles contiennent, dans la répa- 
ration des dégradations, dans l'éloignement de toute 
main agressive, dans la vente des produits, à qui ils 
voudront, pour ce qu'ils voudront, et comme ils vou- 
dront, au terme qu'ils voudront; 

Ainsi que pour la location de ce qu'il y a à louer en 
fait de maisons et de terrains, tant à l'intérieur d'Alger 
qu'à l'extérieur, à qui ils voudront, pour ce qu'ils vou- 
dront, et jusqu'au terme qu'ils voudront; 

Ainsi que pour le dégagement de ses capitaux de tout 
débiteur quelconque, et auprès de qui il appartiendra, 
par attestation judiciaire ou autre, pour toutes rede- 
vances ou dépôts, à l'intérieur et à l'extérieur d'Alger; 

Et aussi pour la rente de ce qui semblera. ... 
XXXV 

TRADUCTION 

Les vers suivants sont des paroles de notre maître le 
pieux Abou 'l-'Abbàs, le seigneur Ahmed (que Dieu 
augmente sa puissance !) cherchant à se recueillir en 
Dieu par le moyen du plus illustre des intermédiaires, 
le plus noble des hommes (que Dieu répande sur lui ses 
grâces ! ) au moment où nous apprîmes l'assaut de l'en- 
nemi, et ses efforts contre l'Islamisme, ainsi que la pro- 
tection (du Prophète) envers les hommes. La grâce (de 
la composition) de ces vers arriva spontanément comme 






(l) oL-jYI [Li Ij». 






-— • »■■ 



!U] -:.^ !_&; :__■_, LjU-L 



■Jù\ _./.> t .^:', jï^ Si^ii jj>i lju^ji jjc, 
JLJI Cjuj ,bLkJI 'Li j-,' '..-.J.., c ;uui 



^. 




1 > 



is ici sur la valeur de celte composition, 
ds. Je dirai en passanl que I" mérite litté- 
raire de ces vers fi i :■ que le bey n'y ait pas consacré plus 
, quart-d'heure. Les circonstances qui le portaient sans doute 
irréa al â la poésie l'excusent, et ce n'est pas l'utilité de 
e sous ce rapporl qui nous la fait présenter ici. — Le 
est peu régulier el exige beaucoup d'apostrophes; chaque 
hémistiche a p ; : u-u- | — o- | -o-. C'est un spécimen de 



DE LANGUE ARABE 209 

les premières lueurs de l'aurore, car II (que Dieu aug- 
mente sa puissance!) les composa en l'espace d'un 
quart d'heure. En voici l'exposé : 

Que de nuits j'ai passées dans l'angoisse ! — L'enfant 
à la mamelle en aurait blanchi ! 

Ma résignation est à bout, ma chair se dessèche — 
A l'apparition d'un événement si extraordinaire. 

Je ne puis adresser ma plainte qu'à l'Eternel, — Au 
Dieu du ciel, qui entend et exauce. 

Je l'implore au nom d'un Prophète qui a dirigé — 
Toutes les créatures par des bienfaits abondants. 

Au nom de ses Compagnons, hommes d'intégrité. — 
Hâte-toi (mon Dieu) de nous secourir, car tu es le mé- 
decin. 

Le mendiant à ta porte, voudrais-tu qu'il fût repous- 
sé, — Toi qui est le Généreux? Il ne se peut qu'il soit 
déçu. 

Certes, nos fautes ont franchi la limite, — Mais tu 
es le but de tout impétrant. 

Un esclave a pèche contre le Roi de l'Éternité. — Il 
est au maître un droit sur un esclave misérable. 

La tourbe des Chrétiens contre nous déploie — Les 
ailes de sa tyrannie, en exaltant la Croix. 

milice de Dieu ! seconde-nous de tes efforts, — 
Car les larmes qui ruissèlent de nos yeux ont blessé 
nos paupières. 

Aie pitié de nos pleurs, nous n'avons pas d'appui.— 
Sois pour la religion un gardien scrupuleux. 



210 coi us 



■* — * 



llij 6Î5! ^ ^-li luJl ^^ J^j L dJL 



XXXVI. PAGE 162 

Extrait de maximes et conseils de morale, en vers, écrits sur une 
longue bande, >-l trouvés dans une mosquée, a Chercliell 

11; INSCRIPTION 

___ . j— - .. £ ~- 5 c , o , ~~~- 



J" î ^ — " ^ 



., : y, ^l^ n 



XXXVII. PAGE 163 

Versets 37 Ê iJ du ni' chapitre du Coran 

II; INSCRIPTION 



DE LANGUE ARABE .211 

Les voies de salut se sont rétrécies et bouchées. — 
Accomplis pour nous promptement ta promesse. 

Car tu as dit en paroles qui sont un appui certain : 
— Le secours vient de Dieu, et la victoire est proche 
{Cor. lxi, 13.) 

XXXVI 

TRADUCTION 

Supporte avec patience le dépit de l'envieux : — le 
rubis ne se détériore pas pour être mis dans la flamme. 

Ce n'est pas la même chose qu'un collier de perles et 
un collier de coquillages (conchœ Veneris) : — Ni un 
lingot de cuivre et un lingot d'or. 

Tel est le cœur humain, composé de bassesse et de 
dignité, — Mais la coloquinte amère ne se compare pas 
à la datte sucrée. 

La mesure normale de ces vers est : --u- | -o- (sauf les licences) 
répétée deux fois dans chaque hémistiche. C'est le mètre appelé 
El-Bacît. 

XXXVII 

TRADUCTION 

37 ( Happclle-toi) Lorsque les anges dirent : Marie, 
Dieu t'a choisie et t'a purifiée, il t'a choisie entre toutes 
les femmes de l'Univers. 38. Marie, soumets-toi à ton 
Seigneur, prosterne-loi, et prie avec ceux qui prient! 
39 Ceci est une communication des choses cachées que 



L - , i' C ' "' 

".i " •■ Il 1 49 J! 1)1 vr . C ! \ j| û M 

JlUh ^l^ijlii |U IL cill^' J, lia 1 ',X 

..-., Il >l!,. u Us^jT; ;..,:.....". u_LJf.l ÛLLsJÎ 






Ij «.^.-oNli \ Leurs Mrclies pour tirer au sort, on fr/'en les k'iem 
[voir p. 134 ou cannes avec lesquelles ils écrivaient le l'entaleuque, 
el qui étaienl en fer (Kitâb ^Adjâib et-Tefsir, déjà cité). C'était un 

usage qui s'esl conservé jusqu'à Mal iet, de tirer au sort 

avec des flèches sans pointes, el à ce destim es \ Idm ou K'idâh , 
lieul écrits des mots vagues d'affirmation, de néga- 
tion, etc., applicables i toutes circonstances. On prenait ainsi une 
détermination pour les choses contestées et irrésolues. Ces flèches 
I une ancienne divinité des Arabes, nommée Hobal, 
don! "u gardail l'idole dans la Ka'ba avant Mahomet. L'usage su- 
perstil • flèches esl Eormellement proscrit par le Coran. 

5 el 92 . 

itile de ren irquei encore les deux interprétations 



DE LANGUE ARABE 



213 



nous te révélons (ô Mohammed), car lu n'étais pas au- 
près d'eux lorsqu'ils lancèrent leurs roseaux pour con- 
naître qui se chargerait de la tutelle de Marie. Tu n'étais 
pas auprès d'eux lorsqu'ils se disputaient. 40 (Souviens- 
loi) Lorsque les anges dirent : Marie ! Dieu le réjouit 
de la bonne nouvelle d'un Verbe de sa part, dont le nom 
est le Messie Aïça ( Içâ) fils de Marie qui sera vénéré 
dans ce monde et dans l'autre, et (mis) au nombre des 
plus proches (de Dieu";. 41 Dès le berceau ii adressera 
la parole aux hommes, ainsi que dans l'âge mûr. Il 
comptera parmi les justes. 42 Elle dit : Seigneur, d'où 
pourrais-je donc avoir un enfant, quand aucun homme 
ne m'a touchée? Il (l'ange) repartit : c'est ainsi que 
Dieu crée qui il veut. Quand il accomplit une chose, il 
lui suffit de dire : sois, et elle est. 43 El il (Dieu) lui 
enseignera le Livre (*), la Sagesse, le Pentateuque et 
l'Évangile. 44. Et (il s'annoncera) comme prophète aux 
enfants d'Israël : Je suis venu vous trouver avec un 
signe de voire Seigneur; je puis créer devant vous, 
avec de l'argile, comme une figure d'oiseau; puis je 
soufflerai sur elle, et elle sera un oiseau par la permis- 
sion de Dieu. Et je guéris l'aveugle de naissance et le 
lépreux; je ressuscite les morts par la permission di- 
vine, et je vous indiquerai ce que vous devez manger et 
ce que vous devez garder dans (vos demeures. . . j 



données par le commentaire précite au mot f$.h\. J'ai déjà fait ob- 
server (p. 186, note) <[ue l'on rencontre souvent trois ou quatre 
explications différentes et probables d'un même passage : c'est 
beaucoup pour un livre clair et précis. 

(1) C'est-à-dire l'Écriture, ou l'ensemble des livres révélés, parti- 
culièrement les deux livres [l'Éoanc/ile et le Coran), à cause de leur 
excellence (Él-Beid'âtei', ms. 394, A. Bibl. d'Alger). 



IV 



XXXVIII. PAGE 164 

ment d'une lettre particulière en prose rimée (1) 

I R \\-( RIP lli >\ 






u 



^ * 11',, M . 1 • r - y- ^ oV ,t. '3-* 



ij'i La*** iJ': t j>. 



k* 



1 La prose rimée consiste en une série de périodes inégales, 
1 pai des consonnances que l'on peut répéter indéfiniment, 
ou varier après deux périodes consécutives. Ce genre, qui exige, 
pour éviter la platitude, beaucoup de talent littéraire, serait re- 
poussé chez nous par le goût. Les Arabes qui v ( sent au bél-esprit 
en font partout un usage que Ton ne peut trop blAiner, parce que, 
avec aussi peu de tact que de talent, ils altèrent ou sacrifient le 
i emploient des es pressions et des idées forcées pour parve- 
nir a mettre au bout de la phrase un mot qui tâche de rimer avec 
celui qui termine la période précédente. Que dirait-on, chez nous, 
-i quelqu'un écrivait : « Au très-grand etcénérable, — estimé, consi- 
déré, respectable, l'illustre M. Prud'homme, l'ami de Dieu et des 
hommes. - Nous aoons reçu ootre honorée, — et de nos doigts 
Vacons dépliée; — nous y m uns In acec bonheur, — que vous êtes 
" en santé et bonheur; — cela /ions a remplis de joie. — Nous 
Dieu qu'il cous tienne en joie... » etc. 

Voila un échantillon très-exact des beautés de la prose rimée 

chez le commun 'les Arabes. La lettre ci-dessus est écrite dans ce 

- i a la traduire littéralement. Le sens, 

comme d habitude, est noyé dans une foule d'expressions et d'épi- 

ssent il peut se réduire à ces mots : « Je cous 



DE LANGUE ARABE 215 

XXXVJII 

TRADUCTION 

Cachet (i) 

Celai qui met sa confiance en son Dieu, le Magnanime, 
son serviteur Khalil, cadi de Mila. 

Lettre 

Louange à Dieu. De la part du serviteur de 

Dieu (que sa louange soit proclamée !) et la plus humble 
de ses créatures, Khalil, le Cadi. Que Dieu soit pour lui ! 
— A l'ami très dévoué, — A l'ami vrai, sincère, très 
délicat, — Le sid Khalil, — Que le Souverain magna- 
nime le comble de biens ! — Que le salut soit sur vous, 
ainsi que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions, — 
Tant que se succéderont dans les corps créés le mouve- 



» suis et serai toujours reconnaissant des bontés que vous aces 
» eues pour moi. — 11 est bon d'observer que chez les peuples peu 
civilisés, les mots abondent d'autant plus dans le style, que les 
idées y sont plus rares; chez les peuples avancés, au contraire, 
chaque mot, pour ainsi dire, exprime une idée, et le style est plus 
concis. 

(1) Chez les Arabes, le cachet tient presque toujours lieu de 
signature. Sa position sur la lettre est une partie importante du 
cérémonial épistolaire. Du supérieur à l'inférieur, il se place au- 
dessus; de l'inférieur au supérieur, il se met au bas de la lettre, 
ou plus respectueusement, au dos de la page écrite; d'égal à égal, 
on peut l'omettre. 

Du supérieur à l'inférieur, la lettre commence par la mention 
du nom de celui qui écrit, dans une formule analogue à celle-ci : 
« De La part du serciteur de Dieu..., le seigneur tel.. ., à l'affec- 
tionné... tel... » Quand c'est un inférieur qui écrit, la formule 
est: « A la Seigneurie du très-grand, tre.<-honorable. . . seigneur 
tel. » D'égal à égal, chacun suit en cela son tact et ses allections 
personnelles. 



21ti 



V |! 'V. „ JI^jo 



IU U-s! J* d j^l. 



X«^-. | 1s , r : p. r x4L3 J «j. » IT^I^, Loi,-* 



J! X 

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) a^s_X.,' „- :s. 



J , H 






oUI _C_U_ 



LÀ-st^» 2 »_*_aJL*_j 



XXXIX. PAGE 165 



Fragment de lettre. Formule initiale. Écriture ordinaire et cou- 
rante, dont le seul mérite calligraphique est d'être lisible. (Dans 
l'original de cette lettre, le cachet est placé au dos). 



Il; INSCRIPTION 



rv. r; .A_;< >-., r0 JCJi J-, J£ 






L^\ U 



«iî jL^rJ) 



. H II 



. — .s. J »_- _ 



--" a .IU M _,„f| 









DE LANGUE ARABE 217 

ment et le repos. — Voilà ! — Si vous témoignez votre 
bonté par des informations à notre égard. — Nous 
sommes, grâces à Dieu, dans l'état le plus excellent. — 
Et de la manière la plus parfaite. ■ — Nous ne nous 
informons que de vous, -- Et de quelle manière sont 
les choses qui vous touchent. — Que notre Dieu les 
fasse marcher conformément à nos désirs et aux vôtres. 

— Ensuite: la chose exposée à votre noble entende- 
ment, — A votre cœur éminent, gracieux, — Sera 
du bien, s'il plaît à Dieu. Nous sommes à jamais pour 
vous dévoués, — A cause de ce dont vous nous avez 
gratifié de vos nombreuses faveurs: nous louons Dieu 
et lui sommes reconnaissants. — - Nous n'oublierons 
pas votre bienveillance efficace, — Votre bonté sincère, 

— au sujet de ce que vous avez fait pour nous 

XXXIX 

TRADUCTION 

Cachet 

Celui qui met sa confiance dans le Magnanime, sou ser- 
viteur Ibrahim. ( V. la note de la page 21 \. i 1270 i 1854; . 

Lettre 

Louange à Dieu. Que Dieu répande ses grâces 

sur notre Seigneur et notre Maître Mohammed, et qu'il 
lui accorde le salut ! 

Et au célèbre, pieux, aidé du Dieu très haut; à la 
félicité du Seigneur chargé des affaires des Arabes. Que 
le salut soit sur vous, ainsi que les effets les plus 
exquis de la grâce et de la bienveillance divines. 



218 






XL. PAGE 166 

caraotère hebrœo arabes. Fragment d'une lettre écrite en 
caractère 'lit A "t. reproduit lettre pour lettre en 

Khal ■ Rdchi, dans la moitié inférieure de la page. 

IU \\x RIPTION 




XLI. PAGE 167 

Vutre lettre hebrœo-arabe en caractère cursif, comme le précédent 
fragment. 

i i; VNSCRIPTION 



1854 , ^ Jy 15(1) %jl 



<X_,,, M »,< 9 









1 i In a déjà vu que ces sortes de textes sont fort incorrects sous 

le double rapport du style et de l'orthographe. La prononciation 

idiotismes des Juifs y sont assez scrupuleusement marqués. 

.!<• D'analyse pas ici ces particularités. Je ferai observer, à l'occasion 



DE LANGUE ARABE 219 

Le but du présent, de nous à vous, est premièrement 
nos informations nombreuses à voire sujet et à l'égard 
de votre haute seigneurie, ainsi qu'au sujet de vos 
affaires, secondées de la bienveillance divine. Que 
Dieu les accomplisse en conformité de votre désir. 
Ainsi soît-il. 

XL 

TRADUCTION 

Réponse au reçu de votre très chère lettre. Mainte- 
nant, monsieur, je vous instruis que je suis allé chez 
l'avocat, et que j'ai causé avec lui de votre affaire. — 
Il m'a dit — que l'affaire est sortie (a été appelée) il y 
a aujourd'hui un mois, — et que vous avez gagné votre 
cause. — On a obligé votre adversaire à construire la 
maison et à l'achever en cinq semaines. — J'ai recom- 
mandé à l'avocat de prendre copie du jugement et de 
faire ce qu'il faudra pour terminer l'affaire. Soyez 
en repos. 

XLI 

rRADUCTION 

Mostaghanem (Moslar'ânem) 15 juillet L854. 

A la main de Si Ishak Barukh. 

De ma part, à moi, qui vous salue de beaucoup de 



du mot Mostar'ànem, que l'on a souvent défiguré, par la trans- 
cription dans notre langue, la prononciation de beaucoup de noms 
d hommes, de localités ou de choses très usuelles, qu'il eût été 
pour nous aussi facile et plus utile de prononcer intelligiblement. 



JJ COI 




1^ -, 1 il, - v! • • ■ f" I t 



On s'esl cru obligé, par exemple, d'après les traditions d'autres 

pays, de transcrire imperturbablement par gh, ghr el .v la lettre c, 

la valeur réelle est l'K grasseyé, comme le prononcent tout 

naturellement la plupart des Français, notammenl les Parisiens, et 

avec un p d aïïectation, les Provençaux. C'est ainsi que l'on 

écril en français, el p ir conséquenl que l'on prononce : Mostaghanem, 

gba; ', Bou-Baghla, Laghouat, Grossel, Lalla Maghvnia, 

tandis qu'il eûl été plus simple, et surtout parfaitement exact, 

d'écrire el de prononcer: Mostarânem, rdsia, Borâr, Bou Hurla, 

rouât, Recul Lai a Warnia, etc.; il est vrai que cela eût semblé 

peul 

Nous ; ssus p. 23) {'impossibilité de donner une 

par la transcription, de certains sons arabes, et 

l'inutilité de I ies a cel égard; nous devons insister, 

al >ns, pour qu'au moins un reproduise avec 



DE LANGUE ARABE 221 

saluts. Je vous réponds au sujet du reçu de votre chère 
lettre. Par elle j'ai vu que vous êtes en bonne santé, ce 
dont j'ai éprouvé une grande satisfaction. 

Et aujourd'hui, Monsieur, je vous informe qu'au- 
jourd'hui je vous ai nolisé par le vapeur du commerce, 
une caisse de plumes d'autruche choisies une à une. 
Je vous prie, à l'arrivée de ladite caisse à la douane de 
Marseille, d'avoir soin d'envoyer votre commis ou votre 
écrivain, pour qu'il soit présent lorsqu'on ouvrira cette 
caisse, et qu'il fasse attention à leur arrangement; car 
vous savez que cet article est extrêmement délicat. 
Vous voudrez bien, de temps en temps, les épousseter, 
et les placer dans un endroit qui ne soit pas humide, 
en attendant qu'il vienne entre vos mains une occasion 
de pouvoir me les vendre à un bon prix. En ce moment, 
je n'ai à prolonger la présente que par (le souhait) du 
bien. Salut '''. 

(Les mots écrits ci-dessus en italique, sont en français dans 
le texte). 



précision, lorsqu'on peut le faire tout naturellement, la pronon- 
ciation arabe, qui est le but de toute transcription : les lettres qu'on 
emploie n'en sont que le moyen; et l'on sait qu'un moyen n'est 
efficace qu'autant qu'il est en rapport direct avec son but. Partout 
où l'on peut opter entre la prononciation exacte et une lettre pure- 
ment systématique, il faut sacrifier celle-ci. Dans la plupart des 
cas pratiques, on ne doit pas chercher à faire de l'orthographe 
arabe avec des lettres françaises. 

(1) Il ne faut pas oublier que toutes ces traductions sont littérales, 
autant que cela m'a été possible en français. Je n'ai pas cru, dans 
l'intérêt de l'exactitude, devoir me trop préoccuper de notre style ; 
j'ai suivi et conservé la trace des mots. — Si l'on compare ces 
dernières formules épistolaires avec celles des lettres des Arabes, 
on y remarquera de notables différences. 



XLII. PAGE 168 

Lettre écrite par un Juil marocain caractère Râchî) (1) 



I i: \\x RIP I \t.\ 



. t- » — " — ~ 



1)1 ,bLj i_3U , M 






\ 



r JL, . . ' ■ • 



% \jj^ 



— L.Ï oL-_,LlJj 1 ^C_k^ JW' 



.. I- A! ? 



-J 



_j — y_l — . _ ,_: v _x J - j_L,' L_ji_*£j ^X_l_.s ^Jl~»yj 



M t .. ^ .1 



i*i lit. t. 



I Les mots sonl tellemenl défigurés qu'il esi indispensable de 
les rétablir : 



. > r [ ■ * y~î~~' ' :~' w ,* / , ' — ' „ Y 









DE LANGUE ARABE 223 

XLII 

TRADUCTION 

A la main de celui dont le nom est d'heureux présage, 
le vénérable Meyer Baruch. Que Dieu le garde ! — De 
ma part à moi, ben Samoun, votre associé. Je vous 
présente de nombreux saluts. — Après les saluts, moi 
Zrida, votre sœur, je vous salue (1 L — Aujourd'hui 
informez-vous des benaïk < 2 ), s'ils vous sont parvenus. 
— Des saluts à Meyer. — Informez-nous si nous vous 
enverrons 9 benaïk. Si je vous les envoie, procurez- 
nous une livre de soie et envoyez-nous la. Prenez soin 
de nous acheter 38 laça ' 3 ), on dit qu'il en est arrivé là- 
bas. — Moi, Joseph, je salue Zizi, leur maison (famille) 
se porte bien. Et moi, ben Samoun, je réitère mon 
salut à Meyer. — Et aujourd'hui, mon frère, prenez soin 
de nous envoyer de l'argent. Comprenez ce qu'est la 
dépense de ces trois maisons, car il n'y a pas de com- 
merce (en ee moment). Ayez soin de ne pas m'oublier 
au sujet du billet. — Moi, Jacob, je fais à mon père de 
nombreux saluts. 



j?-^'^ c ^----~ (jj uîjj.^-f *-*y~j Sj-V\ a -~- wA-^. i— jîj 

^ f \ ^y lj Luc ^^J ^j b p-Jt J-r i* J* ^^ 

(1) Celui qui a rédigé cette lettre, au lieu de parler des autres à 
la troisième personne, les fait parler eux-mêmes à la première. 

(2) Longues pièces de tissus d'or, que les femmes juives attachent 
comme parure a leur tête, et qui descend par derrière presque au 
bas de leur vêtement. 

(3) Espèces de sébiles de cuivre à l'usage du bain. 



i m RS i ■ i LANGUI \u vil 



Les divers fragments qui précèdent sonl autant de 
spécimens des textes littéraires el usuels, ainsi que des 
genres les plus caractéristiques de l'écriture arabe. Ils 
ont pour objel spécial de servir de principe à la lecture 
de tous les écrits, et, pour la plupart, de modèles (récri- 
ture. Ils sont aussi, pour l'application, <\rs échantillons 
jde presque tous les styles. J'ai ajouté, ailleurs, dans ce 
volume, comme complémenl à ces détails de calligra- 
phie orientale, un spécimen de l'ornementation la plus 
riche *\r> manuscrits, que j'ai tâché de rendre aussi 
brillante que les procédés autographiques me l'ont 
permis. On verra plus loin, comme exercice de pratique 
usuelle, les s| iéei 1 1 \r n des textes les plus difficiles par 
l'incorrection de l'écriture, de l'orthographe ou de la 
rédaction. 



FIN M LIVRE DEUXIEME 



LIVRE 1 1 r 

ÉLÉMENTS DE LA GRAMMAIRE ARABE 



CHAPITRE PREMIER 
PRINCIPES FONDAMENTAUX 



§ 1. — Aperçu de la langue arabe littérale et cul 

La langue arabe est une dans ses principes et dans 
leur application normale. Partout elle a les mêmes 
bases, appuyées sur d'anciennes traditions, et consa- 
crées, aussi bien que fixées, par le Coran, par les poètes, 
par les commentateurs, les littérateurs et les gram- 
mairiens. 

La conséquence de ce fait est qu'aujourd'hui, comme 
au temps de Mahomet, la grammaire et l'orthographe 
arabes sont astreintes aux mêmes lois dans tous les pays 
où la langue est usitée. Les infractions aux principes 
sont, maintenant comme jadis, regardées partout 
comme des fautes résultant de l'ignorance des individus. 



226 coi rs 

ou d'habitudes locales «|iie les gens instruits excluent 
rigoureusement du stylo, quoiqu'ils les suivent quel- 
quefois dans la conversation familière. 

-I ainsi, par exemple, qu'un écrit français sera 
regardé comme correct ou incorrect, suivant sa confor- 
mité plus ou moins parfaite avec les principes établis 
depuis que notre langue est constituée, et qu'on ne 
pourra faire adopter comme régulières des fautes contre 
le style et contre l'orthographe, en prétextant que celui 
qui écrit appartient à telle ou telle province ou à tel ou 
tel village. Il en est ainsi du langage, qui est soumis 
aux mêmes lois fondamentales que le style, et où les 
constructions insolites, les expressions impropres et les 
locutions provinciales, sont évitées par les personnes 
d'une instruction distinguée. 

De ce qu'un grand nombre de personnes sans éduca- 
tion ne tienne:)l pas compte, en parlant ou en écrivant, 
de principes qu'elles ne connaissent pas ou qu'elles 
connaissent mal, nous ne disons pas chez nous qu'elles 
parlent ou écrivent en français vulgaire, et nous n'avons 
jamais suppose que les incorrections de leur langage 
ou de leur style constituassent une langue. 

C'est pourtant ce qu'on a fait pour l'arabe, et ce 
qu'on fait encore en Europe et ailleurs, où, sous pré- 
texte de donner par démonstration des connaissances 
pratiques, on a inventé depuis longtemps ['enseignement 
de l'arabe vulgaire, qui consisterait, s'il n'était inap- 
plicable. ,'i enseigner a ne p<n< mettre l'orthographe et à 
s'exprimer le moins correctement possib'e. Le résultat 
inaperçu de cette aberration, que Ton appréciera plus 
tard, quand on -cra mieux éclairé, serait d'établir pour 



DE LANGUE ARABE 22/ 



principes les altérations les plus grossières et les 
moins uniformes, et d'empêcher pour l'avenir toute 
•connaissance exacte et extensible. On a confondu 
l'acquisition des faits avec leur appréciation; on n'a 
pas vu que la première exige l'observation et l'applica- 
cation directes, rien de plus; et que l'autre constitue 
l'étude, -c'est-à-dire le jugement et la classification, qui 
ne peuvent être réellement utiles qu'après l'acquisition 
■des faits. 

On est obligé, pour enseigner et pour apprendre 
l'arabe vulgaire, de poser et d'admettre les règles fon- 
damentales comme des écueils : c'est alors qu'il faut 
les bien connaître pour les mieux éviter. C'est à peu 
près comme si l'on enseignait notre langue à un étran- 
ger, en lui disant qu'en français vulgaire on évite de 
mettre ou de prononcer régulièrement les lettres qui 
indiquent les nombres et différencient les temps, et 
que l'on se dispense de construire exactement les phra- 
ses : il demanderait qu'on lui exposât d'abord la règle, 
pour mieux apprendre à l'éluder. C'est ce qui ne manque 
jamais d'avoir lieu quand on enseigne l'arabe vulgaire. 

Il est indispensable de connaître les particularités ou 
les formes irrégulières du langage populaire, qui sont 
fondées en tout pays sur une routine traditionnelle, et 
sur l'absence ou l'insuffisance des éludes. Elles peuvent 
•être constatées et exposées; mais elles doivent être 
apprises, après de légères notions introduefives, par 
la pratique, c'est-à-dire par le contact avec les indi- 
vidus. Nous en avons donné les caractères généraux 
en commençant ce livre; nous en présenterons plus 
loin les faits avec détails. 



J'entre dans ces appréciations pour lâcher de donner 
une idée précise d'une distinction peu rationnelle ap- 
pliquée spécialement à l'arabe, et pour faire disparaître 
l'espèce d'éloignement que l'on a pour des éludes po- 
sitives et nécessaires, qu'on semble redouter parce 
qu'on les considère comme exclusivement scientifiques. 

On regarde à tort la science, je veux dire l'étude et les 
connaissances profondes, comme n'ayant qu'une appli- 
cation rétrospective et sans influence sur les faits 
actuels. Otte prévention s'est établie pour l'arabe, 
entre autres causes, sur ce qu'en Europe, le défaut de 
relations immédiates el journalières avec les Arabes a 
contraint à se borner aux faits écrits. Renfermé dans 
la seule lecture, on est resté étranger à la pratique 
orale, à la rédaction écrite; de même que dans les pays 
musulmans, souvent faute de ressources, on est resté 
étranger aux principes. De là se sont, établies, entre 
ceux qui lisent et ceux qui patient, des distinctions de 
connaissances littérales et de connaissances vulgaires, 
qui signalent, de l'une et de l'autre pari, une élude 
incomplète et une lacune importante à combler. Une 
pareille transaction n'est pas plus digne de la science 
qui l'a admise, faute d'être suffisamment éclairée, que 
de la pratique ignorante qui a su la lui imposer : com- 
me on ne pouvait s'entendre, on s'est fait cette conces- 
sion réciproque, qui rappelle, qu'on me permette de le 
dire, celle de la rhubarbe .el da séné. 

Pour toui homme sérieux, la pratique et la théorie 
ne forment qu'un tout, el la science ne doit pas borner 
son action aux faits passés, qui ne seront plus : elle 
doit produire dans le présent, et tracer, en les éclai- 



DE LAM'.l E AI! \HE 



22'.» 



rant, les voies pour l'avenir; ses regards ne doivent 
pas èlre exclusivement rétrogrades : ils doivent s'éten- 
dre et plonger dans les deux horizons. 

§ 2. — De la Grammaire 

1. La grammaire arabe renferme un petit nombre de 
principes, dont l'application est d'une imperturbable 

régulante. 

Pour faire ressortir les principes fondamentaux de la grammaire, 
et pour les séparer des développements auxquels ils donneront 
inévitablement lieu, ton.* les principes essentiels, toutes les n 
de la langueseront en caractères italiqueset porteront un numéro 
d'ordre.) 

Sous ce rapport elle est très simple. Sa difficulté 
spéciale lient à ce que la plupart des signes constiluanl 
l'application de ces principes sont presque toujours 
sous-entendus dans l'écriture, sans rien perdre pour 
cela de leur influence. C'est comme si, pour notre lan- 
gue, après être convenu d'indiquer les pluriels i\v> 
noms et des adjectifs par s, de conjuguer les temps et 
les personnes des verbes avec telles terminaisons, de 
former les adjectifs, les adverbes, etc. de telle manière, 
•on se dispensait d'écrire toutes ces lettres caracté- 
ristiques, surtout les voyelles, en se trouvant satisfait 
d'en bien connaître la place et de les savoir prononcer 
au besoin. 

On conçoit d'après cela que les indices grammati- 
caux, ou plutôt leur place, doivenl être d'autant mieux 
connus qu'on ne les aperçoit dans la pratique que par 
la seule analyse et une attention exercée. On arrive à 



230 , oi rs 

ce résultat en s'appliquant d'abord à lire el à analyser 
des textes soigneusement ponctués, el en s'habituant 
progressivemenl à lire les signes sans les voir tracés. 
Tous les textes, sans exception, peuvent être ponc- 
tués, c'est-à-dire accompagnés des signes complétant 
l'alphabet el constituant l'orthographe et la gram- 
maire; mais les copistes prennent rarement ce soin. 
Le savoir el l'intelligence du lecteur y suppléent. 

§ 3. Des parties du Discours 

2. Les irabes rangent taules les parties du discours en 
trois classes : le nom, » — I; le verbe, U*-j; et la parti- 
ci le, _:/-^ • 

Le nom comprend chez eux le substantif, le pronom, 
l'adjectif, et le participe ou adjectif verbal. 

Le verbe a les mêmes limites <pie chez nous. 

La PARTiccLE renferme l'article, l'adverbe, la prépo- 
sition, la eonjonction et l'interjection. 

§4. De la Racine 

3. On nomme racine les trois lettres fondamentales de 

tout nom ou île tout verbe arabe. Elles ne constituent des 
mots qu'avec le secours (les indices de la forme. 

Ces trois lettres radicales expriment une idée vague 
el abstraite, qui se retrouve avec un sens précis dans 
tous les dérivés. 



DE LANGUE ARABE 2.'.] 1 

Voici des exemples de racines : 

^— '*-$ idée abstraite d'écrire. 
^j—z de connaître, 

v^jj — & — de frapper. 

Toutes les lettres peuvent contribuer à former une 
racine. 

Bien qu'en général la combinaison de trois lettres 
donne une racine, il y a cependant des incompatibi- 
lités qu'il est bon de noter ici. 

TABLEAU DES LETTRES QUI NE SE RENCONTRENT JAMAIS 
IMMEDIATEMENT DANS UNE RACINE 



avec 



C 



Cl 



h avec i et 



^3 



' , (excepté dans yJ-t/ 









Un petit nombre de racines ont quatre ou même 



(I) M. île Sacy, Grammaire "rabe, t. i, p. '■'<-. 



2M 



cinq lettres. Elles sonl quelquefois formées par la 
répétition des mêmes caractères ; elles indiquent ordi- 
nairement une origine étrangère au peuple arabe. 

g 5. De la Forme 

4. La, forme est V ensemble des signes et des lettres que 
l'on ajoute à la racine pour en restreindre et en déter- 
miner le sens: 

Il suit de là que tout mol arabe, nom ou verbe, tire 
de la racine le principe <le sa signification, el de la 
fonnf son application spéciale. 

La forme des mots arabes est régulière, c'est-à-dire' 
que les signes caractéristiques et grammaticaux s'ap- 
pliquent d'une manière uniforme et dans les mêmes 
cas, suivant la signification comme verbe, qualité, 
action, état, instrument, lieu, etc. On peut ainsi, 
d'après la seule forme, reconnaître la nature du mot. 

C'est dans l'appréciation el l'emploi de la forme que 
consiste la grammaire arabe. Je mets à part la syntaxe. 

§ 6. — De la manière d'exprimer techniquement la Forme 

5. La forme grammaticale d'un mot s'exprime en 
substituant à ses trois lettres radicales les lettres J-*-?. 

La racine d'un mot, quelles que soient les lettres 
qui la composent, n'influe en rien sur l'application de 
la forme. Aussi, pour rendre celle-ci plus sensible et 
permettre d'en bien comprendre les détails, les gram- 
mairiens arabes, d'après les hébreux, ont adopté les 



DE LANGUE ARABE 2!)3 

trois lettres J-*~r (dont le sens abstrait est faire ou 
agir) pour représenter la racine d'une manière absolue ; 
ils ajoutent à ces lettres toute la série des indices gram- 
maticaux, qui sont d'autant mieux saisis par les étu- 
diants, que la répétition constante de la même racine 
porte toule leur attention vers l'appréciation de la 
forme. Nous emploierons ce moyen, qui est usité par 
tous les commentateurs et les grammairiens. 

Voici quelques exemples de son application : 

Mots Forme technique 

v~ : - il a écrit. J-*-r 3 e pers. prêt, actif. 

v_-^ il a ete écrit. J-^-? passif. 

w-ïa écrivant, écrivain. J--~ ? adj. verb. act. masc. 

«x*.^ loué, louable. J-*-*-* adj. v. pass., 2 e forme. 

Si l'on compare ces mots avec les formes corres- 
pondantes, on remarquera entre eux une complète 
identité, abstraction faite des racines ^---i'et J._>_as. , 
qui sont devenues J-*-?, comme on vient de l'indiquer. 

6. D'après l'usage de représenter absolument la racine 
par J— *-? , ou nomme, en grammaire, la première 
lettre radicale d'un mot ^_* ; la seconde <> ; la troisième 
J; quelle que soil d'ailleurs la forme de chacune d'elles. 

On peut aussi, pour rendre la forme des mots plus 

apparente, remplacer les trois radicales par des points, 

de celle manière : 

16 



, oi RS Dl i iNGl i m.m ; i 



La /'"/////• est, pour les mots de la langue arabe, ce 
que le solfège es! aux paroles du chant. 

§ 7. — Des lettres foriuatives 

7. tes lettres ajoutées à la racine pour eônslituçr 
certaines espèces de mois, sont appelées lettres serviles 
ou formatives. 



// .7 en a six : \ {\ et\) O (o ci » ) 



• * z — ™ 



Les développements suivants en indiqueront l'em- 
ploi ' . 



1 Les grammairiens joignent È ces lettres, réellemenj formatives, 
res [ e ttres qui ne sont que des prépositions et conjonctions 
préfixes ou des pronoms affixes, ce sont : .__> cf J *-? ''' o -4, 
joignenl effectivement au mot, mais elles n'onl 
pl us d'infiuence sur sa forme caractéristique, que n'en onl chez 
nons on, d dans place d'armes, etc. Je n'hésite pas a 

- Je citerai seulement ici doux expressions bechni- 
qu j renfermenl toute la série. C'est, suivant quelques gram- 
mairiens : ^C_jLa-j \j-J>-J. *■« JL3 [qu'ils s'engraissent dans un 
suivant d'autres: L^-x-J^-^JLiS vous me l'avez deman- 
lettreg - enl en arabe: lX_^\^J\, additionnelles. 



CHAPITRE II 
DU VERBE EN GÉNÉRAL 



§ 1. — Notions préliminaires 

Le verbe étant la source étymologique de la plupart 
des substantifs et des adjectifs, il convient d'en traiter 
avant les deux autres divisions des mots. 

Nous entendons par verbe un mot exprimant l'idée 
d'une action faite ou d'un étal subi par un sujet, à un 
moment déterminé d'une manière absolue ou simple- 
ment relative 

La conjugaison consiste dans l'application systéma- 
tique au radical (c'est-à-dire à l'élément invariable de 
chaque verbe) des lettres et des signes qui déterminent 

les personnes et les temps. 

8. La conjugaison arabe est unique et absolue : les 
mêmes signes et les mêmes lettres s'emploient toujoi rs 

UNIFORMÉMENT, dailS les mrmes circonstances, pour les 

mêmes personne* et 1rs mêmes temps. 

Elle est. par conséquent, d'une extrême régularité; 

on verra plus loin qu'elle est très simple. 



236 cov RS 

9. Ily a deux voix : l'actif et le passif; deux genres : 
Je masculin et le féminin : trois nombres : te singulier, 
le duel et le pluriel. 

10. // // a deux temps ou modes principaux : le pré- 
térit eti'aoriste. -■ le prétérit exprime l'idée générale 
du passe : f aoriste, celle du présent, et plus particulière- 
ment celle du futur 1 . 

Le prétérit n'a qu'une forme unique; quanta 1' aoris- 
te, au moyen de Légères modifications dans sa terminai- 
son, il exprime le conditionnel, ['impératif, le subjonctif 
ou optatif el {'affirmation énergique de l'accomplisse- 
ment futur de l'action ou de l'état. 

Les diverses nuances des temps relatifs s'indiquent 
par la combinaison du prétérit et de l'aoriste, soit entre 
eux, soil avec certains verbes exprimant l'existence. 

Il nv a pas de mode correspondant à notre infinitif. 

L'expression la plus simple d'un verbe est la 3 e per- 
sonne singulière masculine du prétérit : c'est d'elle que 
dérivent toutes les autres; cest par elle que l'on doit 
commencer la conjugaison. 

C'est aussi par cette troisième personne que l'on 
énonce un verbe arabe, comme nous énonçons un 
verbe français par l'infinitif. 

La première personne n'admet aucune distinction 
des genres masculin el féminin.— Elle n'a pas de duel. 



I Les grammairiens arabes reconnaissent trois modes : le pré- 
térit, ^ «>\J$\ - l'aoriste P; L^JI - et l'impératif f jJ^i\ ; ce 
. S l formé directement de L'aoriste el n'est pas un élément. 



DE LANGUE ARABE 237 

La seconde personne, au duel, ne distingue pas les 
genres. 

Le verbe est primitif, quand il n'a que les trois 
lettres radicales à la 3 e personne du prétérit. 

Il est dérivé, lorsqu'à cette 3 e personne des lettres 
formatives ont été ajoutées. 

Lorsqu'on veut indiquer les éléments constitutifs 
d'un verbe primitif, on énonce les 3 e * personnes du 
prétérit et de l'aoriste, ainsi que le nom d'action de ce 
verbe. Par exemple : 



LLA4 J4 



s asseoir. 



l_I_Lc v _.l_*_j 1—l-s savoir. 

! I 

_ - _Lov \_L_W. \ .'. ^ èlre beau. 



§ 2. — De la Conjugaison 

La. conjugaison, qui est fort simple, doit être essen- 
tiellement apprise de mémoire. 

Le tableau suivant en indique les formes élémentai- 
res; il a pour base, suivant l'usage des grammairiens, 
la racine J-*-r, à laquelle on pourra, pour s'exercer, 
substituer toute autre racine quelconque. 



_ ? 



TABLEAU DE LA CONJUGAISON DU VERBE PRIMITIF ACTir 



FORME I ECHNIQ! I. OU PARADIGME 



PRÉTÉRIT 



SINGl 

Féminin Masculin 



:; OJ 



DUEL 



. .UJ 



U-LLiLi 

1 ' I . I • 1 ; I ! I . 

II'. . 



a_;j uiJLi 



i_LUJ 



AORISTE 



i il .-. j'ai Mil. — Ils. 

m , i tous 
II-, el 
\(, i. 



S I N G U I il B 

Féminin Masculin 






UJLï 



l _*_9 



PLU H ni 

r x_;_: . i » »..,, tt ,1 



II. eHe vgiba, la agiras, j \ i- 
i. v i - |[g elles, VGIRON l (tous 
denx), voiis kcnii / i tons rteax) 
il-, elles, \ nt, etc. 



DE LANGUE ARABE 



239 



SIGNES CARACTERISTIQUES DE LA CONJUGAISON 



LES THOlS RADICALES SONT REMPLACEES PAR DES POINTS 



s. 

Z 

O 


PRÉTÉRIT 


AORISTE 




6INGULI1 I: 


SINGULIER 




Féminia Masculin 


Féminin Masculin 




G • • • 


.. /• ^ 


c ' 




3 e 


l } ... 


• • • 


. . . J 


. . . > 


_ 


G • • 


y G • • 




. . . ') 


! ' e 


_•: . . 


: . :) 




1 1 Y E L 


D U E L 


3e 


U . '. . 


1 ' 


U le,': 


2 e 


i ' - 






PLURIEL 


PLURIEL 


:: 


J' ■ ■ 


ii '.: : : 

> 


. 1 • • • - 


s C V 


Oe 


. t-> • • • 


c 

1 


. i . . .3' 


- • • •-' 


1 '' e 


, 


? / ( 


(1) L'i placé après le a du pluriel, 
n'est qu'une lettre d^orthogra- 
l lie el n'a au iune valeur de 
prononciation. 


. . . J 

Nota-. — \. l'observ. ci-après au 
sujet de la voyelle que doit por- 
ter la 2" radicale d'un verbe, 
au prétérit ou à l'aoi isie. 



2iO ' "' RS 

Observation importante. -- On a dû remarquer dans 
les tableaux précédents, que la 3 e personne du prétérit 
el la o e de l'aoriste portent 1rs irais voyelles sur le * (2° 
radicale (V. ci-dessus, page 98, à la note). Cela sigûifie 
que dans le verbe primitif actif, la 2- radicale peut 
avoir l'une «1rs trois voyelles, qui se répète à toutes les 
personnes du même temps. Le dictionnaire «-t l'usage 
indiquent à chaque racine la voyelle que porte le 9 • 
Cette voyelle n'est pas toujours la môme à l'aoriste 
qu'au prétérit. 

Ainsi le verbe dont la forme est J_« — ? . par exemple, 
peu! faire, à l'aoriste : J_*_a_j , J_*_4_j el j_*_£_j fl >. 

La forme J-*-? fait If plus souvent J-*~^- J . — et J-»-? 
fait toujours J-*-r--. . 

Voici des exemples de l'application de ces formes : 

rit Aoriste Prétérit Aoriste 



\ 



)~m 


L 


v— 5 — - 1 — » 


paraître. 




^J-i 


l, — J ) »*''* > 


frapper, battre. 


jjll; 


. " s 


^.LsCJ 


écrire. 


^ ._*_;_: 


f 


i 


savoir. 


l !; , 


,9s 


y ; C ' 


être bon, beau. 



\-y 



La forme J-»-s indique généralement un état. 

Le verbe conjugué au tableau précédent a pour type 

on paradigme : J-*-? — J— *-*-?.. 



1 Le9 Dictionnaires indiquent cette particularité au moyen des 
abrévial na Fut. A, I, O, suivant la nature de la voyelle. 



DE LANGUE ARABE 2il 

11. Il est nécessaire, avant de conjuguer un verbe 
primitif actif , de connaître exactement la 3 e personne 
du prétérit et celle de l'aoriste. 

La voix passive ne présente en aucun cas cette incer- 
titude de la voyelle de ]a 2° radicale. 

On doit considérer la 3 e personne du prétérit, et la 3 e 
de l'aoriste, chacune dans son mode, comme le point 
de départ de la conjugaison des antres personnes, pour 
le verbe dérivé comme pour le verbe primitif, à la voix- 
passive aussi bien qu'à la voix active 

12. Les personnes du duel et du pluriel se forment 
des personnes correspondantes du singulier, arec l'addi- 
tion des indices caractéristiques du nombre. 

§ 3. — De la voix passive 

13. La voix passive a pour type : 

Prétérit J--*-? — Aoiuste J_*_1_j (... — .. \m 
Les caractères distincts et spéciaux de la voix passive 
pour tous les verbes, sont : 

Au Prétéru' : le — [d'amma) sur la première lettre, 
et le — (kesra) sous la seconde radicale : 

A l'Aokiste : le — (d'amma) sur la première lettre, et 
le — (fat h' a) sur la seconde radicale. 

Ainsi, les verbes : . ~.:.S écrire, . >.-ce frapper, »_L^ 

savoir, connaître, etc., font invariablement au passif : 

,_. ■■-' ^.--X— > être écrit. _,.-r _v^;. être frappé. 

*JL_s *JL*_j être connu. 
Ces deux éléments suffisent pour conjuguer tout le verbe. 



§ 4. — Des différents temps de l'Aoriste 

Aoriste indicatii . < >n a vu aux ta Idéaux de la conju- 
, son, pages 238 el 239, que ^aoriste est terminé par 
le rel'a (Y. page 76) dans les personnes où la 3 e ra- 
dicale finit le verbe; et qu'il a pour finale un c > dans 
toutes les autres. Ce — et ce .. caractérisent spéciale- 
ment Vindicatif (excepté au féminin de la 3 e et la 
2 ■ personne du pluriel i. 

14. Aoriste subjonctif. — On forme le subjonctif en 
remplaçant le — de l'indicatif par le — nas ba < V. p. 76), 
et en supprimant le .\ à toutes les personnes ou il est 

ajoute. 

Le ., de la troisième personne du féminin pluriel et 
celui de la deuxième se conservent. 

Le ,, qui termineces personnes est le signe du pluriel 
féminin dans les verbes, el n'est pas l'indice du temps : 
c'e>t pourquoi il ne peut disparaître en aucun cas. 

Cel aoriste est désigné par quelques grammairiens 
européens d'après Erpenius, sous le nom de futur an- 
tithétique. Les Arabes le nomment _'----.J' ? .Us-JI 
l'aoriste accusatif, parce qu'il est terminé par le — 
nas'ba, signe de l'accusatif dans les noms (V. p. 76). 

L'emploi de cel aoriste esl à peu près le même que 
celui de notre optatif ou subjonctif : il est subordonné 
a des influences analogues. 

Voici la conjugaison de l'aoriste subjonctif, qu'il esl 
bon de comparer avec celle des tableaux p. 238 el 239. 



DE LANGUE AKABK 



243 



AORISTE SUBJONCTIF OU OPTATIF 



f. 

z 

X 

2 


FORME TECHNIQUE 

Or PARAD] (ME 


SIGNES CARACTÉRISTIQUES 

DE LA FORME 




SINGULIER 




Féminin 


Masculin 


Féminin 


Masculin 


3e 


)_x_flj 


JjLaj 


. . . ï 


, . . j 

1 


2 e 




JJLLï 


wb • • • J 


. . . j 


1 " 


j : c ? i 


^ f 




DUEE 


3« 


— *•--- - 1 — *-s-f. 


i • • • ■ 


o e 




i.' : ! ï 




PLURIEL 


3° 


c 


9 


t, ^ G x . S s C s 

.1 . . . J ';..»•>. 


Oe 


>,, 


! J^xIj 


. > . . . - 


l: ::;■ 


[ré 


! ; ^_, 


^ ^ c 

. . .. j 


w 


Qu'i 


, qu'elle agisse, que tu agisses, que j\ ussi . — Qu'ils, 


qu 


'elles agissent, que vous agissiez t. deux). — Qu'ils, 


qu 


'elles agissent, que vous agissiez, que nous AGISSIONS. 



15. Aoriste conditionnel. — L'aoriste conditionnel 
ne diffère de l'aoriste subjonctif que pur la substitution 
du - (djezma i au — caractéristique de celui-ci. i X 1 L) 



AORISTE CONDITIONNEL 

1 os personnes indiquées par un trait sonl eotièremenl 

s que dans le subjonctif) 



FOKMI I ECHNIQI E 



VRADIGMl 



Oe 



1" 



IKÎNES CARACTERISTIQUES 
Dl i \ FORME 



S1NG1 I il K 



i ni il Masculin 



Féminin 



Masculin 












significations: celle du conditionnel est 
principale, il exprime aussi le commandement. 

- certaines |>;i r-t n- n les dont il sera rjues 
ndans la i prend quelquefois sous leur influence 

la signification du passé. 






DE LANGUE AKA.BE 



24! 



Les grammairiens européens nomment l'aoriste 
conditionnel, d'après Erpenius, aoriste apocope. Les 
Arabes le nomment ^j-s-", à cause de la suppression 
(/»j-^ coupure) de la voyelle de la dernière radicale. 

16. Impératif. — L'impératif se forme de la 2 e per- 
sonne singulière masculine de l'aoriste conditionnel, 
par le retranchement du -j' caractéristique. 

Lorsque la lettre qui suit ce — > ne porte pas une 
voyelle, mais un — , ce qui a toujours lieu dans le 
verbe primitif, on met à la place du -> un ' d'union. 
(V. page 94.) 

EXEMPLES ! 

Aoriste conditionnel Impératif 

:_Llj "Jjt 

i \ 

Lorsque l'I d'union doit supporter un hamza (V. p. 94, 
au milieu), il faut donner à ce - un — kesra, si l'aoriste 
est J-«-a-j 5 et un — d'amma s'il est J_x_jL> , de cette 
manière : 

Aoriste conditionnel Impératif 



L'emploi du = pour l'impératif est très rare; il n'a 



, oi RS 

lieu nécessairement, el toujours avec fe (I) que 
dans la i forme du verbe dérivé. (V. ci-après.) 

17. L'impératif n'a que la 2 e personne; les autres 
s'empruntent à l'aoriste conditionnel. 

IMPERATIF 



r 






- 

r. 


FORME II' HNIQ1 l 


SIGNES CARACTÉRISTIQUES 


z 


1 PARADIGME 


M l v FORME 




SINGU 


l 1ER 




l éminin Masculin 


Féminin 


Masculin 


2 


^-.U^f J._*_/ 


mm . : r 


: : : r 




Dl 1 L 


9e 


ii4r i ; ; : r 




PLI l:ll 1 






» ' -• c r* 


_ 




. ' 


AG 


agissez tous deux, Lou tes- deux. • Agissez. 



aoristes énergiques paragogiques d'Erpeniu^). 
Indépendamment des formes ci-dessus de l'aoriste, il en 
existe deux autres dérivées immédiatement dt l'aoriste 
subjonctif Y. ci-dessus, p. 243.). 

Ces deux formes, destinées à appuyer, à confirmer 
avec énergie l'idée d'une action très prochaine ou 
future, onl pour signe caractéristique : la première 
un ) redoublé; portant un - • \), r et ajouté à la der- 



DE LANGUE ARABE 



nière lettre de chaque personne de l'aoriste subjonctif ; 
— la SECONDE a un ., sans voyelle ( ., I . 

Le premier des deux aoristes l ., ) est nommé aoriste 
énergique lourd, et le second i ,, i aoriste énergique léger. 



AORISTE ENERGIQUE LOURD 



3 e 



l re 



V 



9» 



FORME TECHNIQUE 

OU PARADIGME 



LIGNES CAKACTERISTIQL'Eï 

DE LA FORME 



SINGULIER 



Féminin Masculin 

" i : » v = \ . : . 



,._L_X_£_! 






\ : %\ 



Féminin 






,, — x_i_' 



lia: \ : 



& 



c r 



2e 



lre 



"UJJJLi ~ ULa. 



\ : 



Masculin 



.! ' 



, • , c 



o 



Certes, il, elle agira, tu agiras, vous agirez, j'agirai. — Certes, 
ils agiront, vous agirez tous deux). — Certes, ils, 

VG'lRONT, etc. 



248 



AORISTE ENERGIQUE LEGER 



1 

z 
z 


Kl IRME II' HNIQUE 


SK 


N'ES CAR ^CTÉRISTIQI ES 


- 


OU PARADIGME 




DE LA FORME 




SINGULIER 






féminin 


Masculin 


F 


éminin 


Masculin 




,.. _x_a_j' 




t 


c 


<, , , i. , 


:;- 


^-.U*-a_> 




. - J 








1 . 


c 


, c ' 




-■ 


^_i_x_a_j 


^X-fJ 


ej 


. . . J 


.). . . ■> 


1" 


1 i ljî 




:. . . : f 




DCJEL 






Manque l 






PLURIEL 




3e 


(Manquent) 




(M 


anquentj 


i, t f {, t 

C 9 s t 


2e 








c' • • • 3 


ire 


C i / c 




, . j 


u 


c' • 





Le .i el le ., n'étant suivis immédiatement ni l'un ni 
l'autre d'aucune voyelle, déterminent, parce motif, la 
suppression des lettres « et _c de prolongation, qui se 
rencontrent avanl eux dans la -' personne du singulier 
el dans la •> el la 1 du pluriel; l'i du duel seul, qui 
devrait aussi disparaître, est toléré devant le .i. — 



I 



DE LANGUE ARABE 24 ( .) 

La 3 e et la 2 e personne du pluriel féminin sont termi- 
nées emphatiquement par c i--> au lieu de c *->. 

.^ 5. — De l'Adjectif verbal ou Participe 

8. — Dans le verbe primitif, la forme de l'adjectif 
bal, soit actif, soit passif, est invariablement comme 
mit. 

OBJECTIF VERBAL OU PARTICIPE, DU VERBE PRIMITIF 



ADJECTIF VERBAL ACTIF 


ADJECTIF VERBAL PASSIF 


(participe présexi ) 


(participe passé) 


SINGULIER 


SINGULIER 


Féminin 


Masculin 


Féminin 


Masculin 


•■ \ ' 






| ! (, s 








J a_X-<5_* 






f. - > c , 


/ c c ^ 






i. . 5 . . .- 


... . - 5 

> 


DUEL 


DUEL 






l ■■ j * J - 
. * -— *— *— - 




\ '■■' \ ' 




/ , <., 


, • > c. • 




C 




^,!...., 


PLUBIF.L 


PLURIEL 


■ , M f | :> 




• 


c ij -_?-*-. -•- 


\ \ 


| ' 


' » ' " ^ 


x ; >. 




Ji' ' • 


oi . » . . *• 


.,-.,. .fi j 



19- — Dans le verbe dérivé, l'adjectif verbal se forme 
de la 3° personne de l'aoriste, en substituant un » au -i, 

17 



250 COURS 

et en observant : 1° que le s doit toujours porter le — ; 
2° que la voyelle du ? (2 e radicale) doittoujours être un 
- à r actif, et un au passif; 3° qwe /a rouelle finale 
est toujours celle de lu déclinaison Y. ci-après). 

On en verra plus loin toutes les formes. En voici 
quelques exemples : 

Aoriste : — L£j j] adresse la parole^ — *_Lx_^ adres- 

sanl la parole, - — •— ^-~' celui auquel est adresser la 
parole. 

[orisle :«•-—-:-• il donne une bonne nouvelle; — 
j- ï~ -*-* celui qui donne une bonne nouvelle; — j-&*-*^ 
celui qui reçoit une bonne nouvelle. 

Aoriste : y^L*-J il châtie; — ^--i '_*_-- châtiant; — 
» î\-x-.' châtié. 

Aorisle : j~^-^~ } - il annonce; — ^-;-^~~ celui qui 
annonce; j-:-^~* — celui auquel on annonce. 

g 6. — Du Nom Verbal ou Nom d'Action 

20. le Nom verbal, en arabe j--^-*, est un mot 
essentiellement tiré du verbe, soit primitif soit dérivé; 
il eu renferme toute lu signification, abstraction faite de 
l'idée îles temps et des personnes. 

Le nom du verbe primitif a des formes diverses. 
Celui du verbe dérivé a des formes positives et réguliè- 
res, qui, presque toutes, renferment les. signes distinc- 
tifs du \ erbe. 



DE LANGUE ARABE 2 ."> I 

Il est nécessaire d'apprendre les noms verbaux. On 
les trouvera dans le tableau ci-après. 
La voix passive n'a pas de nom verbal. 

§ 7. — Du Verbe dérivé 

21. On appelle verbe dérivé le verbe primitif aug- 
menté de certaine* lettres caractéristiques. 

Ces lettres, qui se conservent pour la plupart dans 
toute la conjugaison et dans les dérivés, indiquent une 
certaine modification de l'idée du verbe primitif, 
comme de faire faire, d'attribuer l'action ou l'état* de 
marquer la réciprocité d'action, la possibilité qu'un fait 
ait lieu, le désir qu'il s'accomplisse, la minutie de 
l'action ou ['intensité de l'état. 

22. Les diverses conditions du verbe, quant à la 
signification, se nomment formes du verbe; il en est 
dix principales qu'il suffit de connaître en commençant. 

Il est indispensable de les apprendre de mémoire. 

Le verbe primitif constitue la première forme. 
L'ordre dans lequel on les range est établi d'après le 
nombre de lettres formatives qui les distinguent, et 
non d'après les analogies de signification. 

Les grammairiens européens reconnaissent quinze 
formes du verbe. Les Arabes en ont constaté davantage 
Je n'ai mis ici que ce qui est d'un emploi fréquent. 

Il est d'usage d'énoncer les formes du verbe par leur 
numéro d'ordre. On dit : tel verbe est à la première 
forme, à la deuxième, etc., suivant son rapport avec 
l'un des types ci-après. Dans les dictionnaires, elles 
sont marquées par des chiffres romains. 



TABLEAU DES DIX 



FORME TECHNIQUE 



VOIX PASSIVE 



PRETER! I 



j-i+4 






f / , / f ( > 



f " t ' f ' c r 

AjuSULj J.x.i_j I 



!» 



M.'iiiijue Manque 






VOIX ACTIVE 



Mi.M VERBAL AORISTE 



\ r ariable 



•• ( 'l ' ' 



i±\J6 

/ 
/ 



/ C. / 

/ 

', » / , 



UloJ 






/, / / / 



■ / c / 



J 






î c / c / 



I ' ' 



^4 



uu 



JJLîi 

( x ï - 

{ / / <"Â 






DE LANGUE ARABE 



253 



PREMIERES FORMES DU VERBE 

SIGNES CARACTERISTIQUES DE LA FORME 



VOIX PASSIVE 



AORISTE PRÉTÉRIT 



. . . i 



= / / 9 



VOIX ACTIVE 



NOM VERBAL AORISTE 



Variable 



i>- . ■ . I . > 



= / / / 



/ / / 



' / l / 



J • J 



/ / . / / 



/ / c t 

• . *-> 



? / C / 



/ C / 



Manque 



> / c / c •• 



Mangue 



£ / c / 



/ C / 



9 
10 



La deuxième forme a aussi pour noms verbaux : LLuLï 
V _*_;_ — "^LjLa — ^L*_9 cl ^ Lx-s [rarement ustiés). 

La troisième 'orme a aussi x - -*-- (et N . '..*.-3 //Av rare). 

La quatrième forme a ^ IL? L)L*j ei LLxjI (rares). 

La cinquième forme a aussi x - -*-?-*; Insi.iihnr Lj^Lxj , 
el la dixième i±*-k — I //r\ rares). 

Tous les noms verbaux peuvent se décliner (V. p. 76). 

§ v Signification et application des Formes du Verbe 

23. /." PREMIÈRE FORME (J--*-?) indique l'idée simple 

de l'action ou de l'état : 

v — .■..:..-. écrire; *_'._=. savoir; * — -marquer. 

24. La deuxième forme (J-*-?) signifie générale- 
ment faire faire l'action, mettre dans l'état, attribuer la 
qualité, supposer l'étal ou l'action indiquée pur le verbe 
•primitif : 

*-i-s enseigner ; . j£ taire écrire, enseigner a écrire ; 

ru.ù faire ('tuilier; ,-*-■* rendre malade: *_k_i regar- 
(1er. traiter comme grand, honorer, etc. 

Elle signifie aussi se rendre et séjourner : > ui aller 

vers le couchant; :,--■ aller vers le levant; ^.'X_£. 

hiverner. 

Elle s'applique souvent à des substantifs qui donnent 
ainsi lieu h des verbes: J.J.~> enlever la peau 'de jI^ 



DE LANGUE ARABE 



peau); y-^J nourrir avec des dattes de r *_j : dattes); 

£---=>. /ewer des troupes (de ^-^ corps de troupe). 
Elle indique aussi une idée de minutie ou d'attention 
particulière dans l'action : y~*S briser, concasser; 
a_ki couper en petits morceaux; - — à-Li fermer avec soin. 

25. La troisième forme (J_cl_s) renferme l'idée de 
diriger l'action vers un objet; elle implique ordinaire- 
ment le sens des prépositions à, vers, contre. 

C'est pourquoi le verbe qui à la première forme se 
construit avec ces prépositions, les supprime à la troi- 
sième. 

On dit : i.——~-> ¥ j'ai écrit (h) lui; àwxJLïLi j'ai com- 
battu (contre) lui; ^.xJl-jLà j'ai fait face (à) lui; à-iuULa. 
je me suis assis (auprès de) lui ; «x__ : ._=J..-^ je l'ai fré- 
quenté, j'ai fait société (avec) lui; à_i'^jî. j'ai porté 
mes désirs (vers) lui (je l'ai sollicité), etc. 

26. La quatrième forme i . J-*-? ! ) a beaucoup d'ana- 
logie, pour le sens, avec la seconde : 

,— _=J trouver, regarder comme bon : hJL^I faire 
asseoir; ^_^o ' renvoyer, faire partir; *v_5i traiter 
avec égards, honorer; èJLj ' faire parvenir, envoyer, 
transmettre. 

La 4 e forme admet l'idée d'une action spontanée, et 
la 2" celle d'une action attentive et minutieuse; c'est 
pourquoi elles ne doivent pas être confondues entre 
elles dans les verbes où l'une et l'autre sont employées. 
En voici des exemples : *J_- enseigner, démontrer, 



256 cours 

«JlcI faire savoir, instruire, prévenir de.,.; Jy-j (en 
parlant du Coran) faire descendre peu à peu, versetpar 
verset, J— ■' faire descendre tout à lu fois, révéler, ins- 
pirer; à_Li faire parvenir, remettre directement, kAs) 
iransmriin\ envoyer, etc. 

Elle indique aussi, comme la seconde, l'idée de se 
rendre en un lieu déterminé : J— ?>' aller dans la mon- 
tagne; — >--' aller vers l'ouest; ^J^' aller vers l'est; 
w -a--' aller vers la plaine. 

Quelquefois un verbe à la quatrième forme a un sens 

toul différent de celui de la seconde : O-^ causer avec 

quelqu'un, l'entretenir ; ^l--^ 1 créer, établir, fonder, 

instituer, construire, élever; ç>j — ? frapper à coups 

pressés; <>>•--' tirer au sort, etc. Cela tient à ce que la 
racine a deux ou plusieurs significations primitives 
distinctes, dont les unes admettent la seconde forme, 
les autres la quatrième. 

27. la cinquième forme (J-*-^) est nuel<iucfois le 
passif de la seconde. Elle a généralement le sens qu'une 
chose est ou peut être, ou qu'elle se fait, ou peut se 
faire, '/ peu /nés comme nos verbes pronominaux se lire, 
se dire, se manger, etc. 

*_L*_j être enseigné, apprendre; s_,^- x - J être averti, 
prévenu ; >~ \— • se briser, être fragile; (j-r-H s'expli- 
quer, se distinguer, être distinct ; j-î^-ï se grandir, 
s'enorgueillir ; —;•-*-> s'arabiser, se dire ou se prétendre 



DE LANGUE ARABE 25" 

Arabe; ~_Hr-> se faire Juif; ^_^f-*" j être surpris, s'élon- 
ner ; *-LCj s'entretenir, converser, etc. 

28. La sixième forme (J-cLs-J) indique une récipro- 
cité d'action entre deux ou plusieurs sujets : 

!o_àjL*j' ils se sont tenus embrassés ; L — ïLO ils ont 
correspondu par lettres ; IjJj'Lii ils se sont combattus ;. 

. r s. y y 

L_à_j> — j" ils ont lutté à la course, etc. 

Elle exprime aussi la répétition consécutive d'un fait 
ou d'une action : 

• >--' j~'' ils se sont suivis sans interruption ; l^-ïlX-j ils 
se sont multipliés de plus en plus; C J ._*.:> qu'on ne 
cesse de l'exalter (Dieu), ^> , --.•->' qu'il soit béni sans 
cesse ou de plus en plus. 

Elle a quelquefois le sens de se faire passer pour. . . . , 
contrefaire, se rendre, se faire (comme la cinquième) : 



s \ s 



c---*- se faire aveugle simuler) ; OjUJ' se faire 
mort, se faire passer pour mort ; <^> 4-j faire semblant 

y y, y . 

de pleurer ; , ; -^~' se faire le regard "de travers, simuler 

1 y y 

cette infirmité. Dans ces significations, la sixième forme 
paraît être employée pour la cinquième. 

29. La septième forme (j-jwftj)) a généralement une 
idée passive ou pronominale, comme la cinquième ; elle 
est moins usitée : 

c ~c ~~> y y — * 

y~als?\ être assiégé ; fj~Ç-i> être mis en déroute; ^ — àUaiî 
être lâché, renvoyé; partir, s'en aller, etc. 

30. La huitième forme (J-*-^'), d'un emploi plus- 
fréquent que la septième, en a toutes les significations : 



COURS 

^la être n'uni, se reunir; --*-' , être épouvante. 

/s I . 

trembler de frayeur ; >—- - être averti par un exemple, 

\ y y ^ \ 
profiter d'un exemple ; J- - ■•- être régularisé, équilibré : 

être juste, bien proportionné; être égal à ^yJa^s] 

s y s c < 

euphoniquement pour •^jjJL^e ) être emu, agite; 
s'émouvoir, s'agiter, etc. 

Il \ a une grande analogie de signification entre la 
cinquième, la septième el la huitième forme, qui sont 
généralemenl passives ou pronominales par rapport à 
uotre langue : dans beaucoup de verbes on pourrait les 
employer l'une pour l'autre: l'usage cependant admet 
telle forme préférablement à telle autre; il n'y a pas 
de règle à cel égard. 

31. Là neuvième forme (J-*-»l), rarement usitée, 
s'applique spécialement aux verbes indiquant des cou- 
leurs ou des difformités : 

j-ê-a^ être rouge ;^-f-^' être jaune ; J_?-^' être louche. 

32. La dixième forme (J-*jt^-~ »l) marque ordinaire 
ment le désir de l'action ou de l'état qu'exprime le verbe 

primitif, l'idée de chercher à faire ow à être.... : 

/i / / cp . / / c ' «, r* 

i -*— : — demander le secours, implorer; »— «-^ ' 

demander des renseignements, s'informer;^-*-*-— 1 
implorer le pardon. 

Elle signifie aussi, tomme la seconde : attribuer, tenir 
pour, regarder comme, et, par extension, prendre 
pour désigner, instituer, nommer : 

jr-~~^ regarder comme bon, approuver; *-k*-;-~. 



DE LANGUE ARABE 2.'>'.' 

regarder comme grand, honorer ; — ~ -^ — prendre ou 
designer pour successeur, ou pour lieutenant ; j ]_?-'■'-- 
nommer vizir; J?^ — •> nommer à..., investir de... ; 

^^5-^- ;: — rechercher la société de quelqu'un, le pren- 
dre pour compagnon. 

Telles sont les significations les plus ordinaires, et 
surtout les plus précises, des dix premières formes. On 
pourrait étendre beaucoup l'exposé de leurs diverses 
nuances, mais il en résulterait une minutie de détails 
qui ne profiterait pas à l'étude. En se rendant bien 
compte de l'influence qu'exerce chaque forme sur le 
verbe primitif, on saisira bientôt, avec un peu de pra- 
tique, le sens qui résulte de l'action de la forme com- 
binée avec l'idée première. 

En résumant ces diverses significations, on voit 
qu'elles se bornent à indiquer : 

1° L'idée de faire faire, d'attribuer; 2° de diriger 
l'action vers ou contre un objet ; 3° de réciprocité et de 
continuité; 4° d'un verbe passif ou pronominal; 
5 e de chercher à faire et d'implorer. 

Toutes ces nuances ne peuvent convenir à la signi- 
fication de chacun des verbes primitifs : cela explique 
pourquoi toutes les formes ne peuvent, en réalité, 
s'appliquer à un même verbe. De plus, parmi les formes 
analogues, il en est que l'usage a préférées: c'est à la 
pratiqué et au dictionnaire à les indiquer. 

Les autres formes du verbe dérivé sont rarement 
usitées. Jusqu'à la quinzième inclusivement, elles n'ont 
guère d'autre résultat que d'ajouter une idée d'intensité 
ou d'éneFgie à la signification primitive. Les autres 



l 01 R9 

ne son l que des particularités sans importance qu'il 
suffira d'observer. On les trouvera constatées plus loin. 
La conjugaison du verbe dérivé n'occasionne aucune 
difficulté ni aucune modification appréciable. Il esl 
bon de rappeler ici que l'on doil Loujours se guider 
sur les troisièmes personnes du prétéril el de l'aoriste. 

§9. Du Verbe quadrilitère 

Le Verbe quadrilitère esl celui donl la racine est 
composée de quatre lettrés. Il se représente par le type 

J.-^x-i — JJbui-j; il a quatre formes que l'on trouvera 
ci après dans la table générale des formes. Comme il 
est très rare el ne présente aucune particularité notable, 
il ne mérite pas une ('Inde spéciale. 

§ 10 De quelques expressions verbales 

Il y a en arabe certains mois qui, sans rire des 
verbes, participent cependant <lc la conjugaison sous 
un certain rapport. Ces mots onl été nommés, d'après 
les Arabes : verbes négatif, de louange, de blûme el 
d'admiration, .le ne mentionne ces dénominations que 
pour mémoire, je ne m'arrêterai pas à les développer. 
Voici li ^ faits : 

verbi négatif -— — n'être fias 



\ a que le l 'rétéril 

-IV. I I II. 1! 1.1 M 

m' i ••• " i i ' c \ 



J .-' i:iii *al\ lils 









DE LANGUE ARABE 261 

VERBES DE LOUANGE ET DE BLAME 

Ils n'ont que la troisième personne du prétérit 

*_x_i et *_*--< fêm. _^.o._*_ > combien est bon ! 

i i 

-.— .' fnn. O- — j combien est mauvais ! 

YElîBK D'ADMIRATION 

C'est plutôt une formule exclamative, composée de la 
particule -* (que....!) jointe à un adjectif superlatif, 
mis, ainsi que le nom, au cas direct : 'j...- : , t /' U Que 
Zeïd est généreux! — Ou se sert aussi quelquefois de 
la forme J-*-?l avec la préposition _> : -x_> ;_j ^j' ()we 

Zeïd es/ généreux! A la lettre : Jieconnais de la géné- 
rosité à Zeïd. 



CHAPITRE III 
DES MOTS DITS IRRÉGULIERS 

Les irrégularités, en arabe, sont plus apparentes que 
réelles. Elles viennent toutes de l'emploi rigoureux de 
la forme. 

33. Les mots sujets aux irrégularités sont ceux dont 
la racine contient, en tout ou en partie, les trois lettres 
faibles I j S (V. p. 91 et suiv.). 

34. Les irrégularités consistent dans le changement 
ou la suppression des lettres faibles, d'après certaines 
convenances d'euphonie et d'orthographe. 

Ce changement ou cette suppression a lieu quand l'ap- 
plication de la forme grammaticale blesse ces convenances. 



262 i oi rs 

35. La forme grammaticale fait toujours la loi à 
la racine. 

Causes de la suppression ou du changement 
des lettres faibles dans la racine. 

PREMIÈRE CAUSE 

36. a i es articulations ou consonnes dominent dans 
ht prononciation et surtout dans l'orthographe arabes : 
c'est pourquoi on évite la rencontre ou le rapprochement 

de plusieurs sous rouelles OU 'jUitsi roi/rllrs. 
On <lil el on écrit : 

i JLi pour j-.î forme J-*J dire. 
.O-j — ^— -.:-- — '•'• passer la nuit. 



V 



id. se lever. 

id. aller, marcher. 



DEUXIÈME CAUSE 

37- b Deux lettres sans voyelle ne peuvent se suivre 
immédiatement dans l'orthographe - 



1 On a vu plus haut (p. 83, note), que L'1 n'est pas une lettre 
réelle: Dan- une racine, il est le support inerte d'un j, ou la trans- 
mutation accidentelle et euphonique d'un « ou d'un ^j, radical. 

: Deux consonnes, toutes deux sans voyelle, ne peuvent se 

suivre immédiatement, pas plus que deux voyelles. La lettre de 

prolongation, qui a perdu sa valeur de consonne, sans être pour 

une voyelle, intercepte et absorbe le son qui la précède, et 

empêche sa transmission a la consonne qui la suit. Si donc cette 

te un —, elle se trouve complètement isolée, puis- 
qu'elle ri" peul s'appuyer sur aucun son antérieur ou postérieur. 
L'orthographe supprime alors la lettre de prolongation, qui est 
un obstacle, et met ainsi la consonne en contact immédiat avec la 
e précédente 



DE LANGUE ARABE 263 

II résulte de là qu'une lettre de prolongation dis- 
paraît, si, par une application de la forme, elle vient à 
être suivie d'une lettre portant le — . On dit : 

Lâ_j *J pour J--i-> *J forme l-*-a_) il n'a pas dit. 

^ r _j »J — j._; v _5 «J — Jji.ft-j il n'a pas voulu. 

J— à — J^-i — J— *-?' (contractée) dis. 

Par exception, 1/ ' seul est conservé devant une lettre 
redoublée par le —. (V. page 78.) 

TROISIÈME CAUSE 

38. [c] les voyelles de la forme déterminent la nature 
des lettres de prolongation. Celles-ci doivent être en 
rapport de figure avec les voyelles qu'elles prolongent. 
(Voir p. 91). 

Si la voyelle prolongée change de nature, la letlre- 
qui la prolonge la suit dans ce changement. C'est pour- 
quoi l'on dit : 

1i ' \ ' ' t " ' • i * c / 

Jl_3 forme J-*-? et Jj— -H forme Jw*_a_> 

^ - • z • / • 

J.-&L-3 (frjorme act.) J-^-r (3 e forme pass.)- 



».*_£_.- 



/ ? i / / 



11 en est de même du support du = dans l'intérieur 
d'un mot : il devient J,j ou ,_£ sans points, suivant la 
voyelle influente. (V. pages 93 et 94). 



tu 



QU AT MEME CAUSE 



39. d Qn évite avec le plus grand soin la rencontre 
des sons et -- (0 et 1), ainsi que désarticulations 3 
et S (W et Y et réciproquement. Ils sont incompatibles 
entre eux. 

Dans les cas très fréquents où celle rencontre a lieu, 
celui des deux sons incompatibles qui est le moins im- 
portant pour la forme du mot, se supprime et quelque- 
fois se change en l'autre. Le » et le ^c se contractent 
ensemble quand ils ne peuvent se supprimer : ils se 
réunissent alors par le — . On dit : 

'l.^...-- pour L- :.—"--- forme U-l-*-? ils sont allés. 

Ljm_> ils iront. 



s-* C ^ " / L''^ / 



•'J?" 



^_: — J...^— ' — J-x-a-j il joindra. 

/ " / / 

; ./ ? ./ / f i / 

es), — , » — toi, — ., aJLcl-s consentants. 



, ;* 



f 




t ' 


<:-■ 


/ 




? 


? c 


/ 


2 . 


-" »~ 


-J> 



— J-z -3 passe. 



(te/. , . , 

— Jo_*_ff— » lance, jeté. 



~ /> 



— - , ;^-:.- 3 — d?-*-£-? toujours présent 

— O •- — -• — , » *-? mort. 



Dl LANGUI UîABE 21 ■ 

Dans la forme J---~? lorsque le c (2 e radicale) es( 
un * ou un Jr, il se change en = par euplionie. Ce chan- 
gement euphonique du j ou du ^c en - a lieu aussi en 
d'autres cas. principalement après un ! de prolongation. 

Par exemple : 



jjLi pour j.li disant. 



for i ne J---- 



marchant. 

iJt _ ^uU< _ JL*^ don. 

5L _ ctli _ 



i._St-ï 



appel 



CINQUIEME CAUSE 



40. e Si itrt — de la forme tombe sur mw lettre de 
prolongation finale, celle-ci se supprime dans l'ortho- 
graphe ;1 \ On écrit : 



.-. :t 



pour -*u---' for me J-*--' va. 

— _r"-<' — J-*-?' vois. 

— ^rt-J. *J — J~*-H il na l ,as vu 

— J, — L_*_s retourne. 

— jr---' — J-*-r' approche. 



(1) Cette conséquence est rationnelle : la lettre faible, en devenant 
lettre de prolongation, perd déjà sa valeur de consonnes n'est plus 

c 

(ju'un signe. Si l'influence abstractive du — vient s'ajouter à ce 
premier accident, la lettre jaible perd ce qui lui reste, c'est-à dire 
sa forme: elle disparaît. 

18 



266 



•l\ll ME CAUSE 



41. F On évite souvent, dans un mot, la répétition' 
séparée d'une même articulation. 

Lorsque la -' et la il radicale sonl la même lettre 

il PORTENT CHACUNE UNE VOYELLE, on les réunit dans la 

prononciation en supprimant la voyelle intermédiaire, 
et dans l'orthographe, par le — . 

On «lit : 

--.. pour ----- forme J-*-? tenir ferme. 

.=J — - — -v 1 — '_*_3l aimer. 



SEPTIEME (AI SE 



42. G Lorsqu'une lettre de la racine diffère trop ou 
irop peu, dans sa prononciation, de lu lettre formulât 
itère laquelle elle est en contact, elle se joint à celte der- 
nière pur une contraction, ou se supprime, suivant les 
convenances de l'euphonie. 

Ce principe, analogue au précédent, est commun à 
toutes les langues, et présente bien «les formes dans 
l'application, Ceux qui comprennent L'étymologie des- 
mois t'iamais accréditer, afficher, approuver, e/furou- 
cher, toujours, etc., l'apprécieront facilement. 

Si l'on passait en revue, pour l'arabe comme pour les 
autres langues, toutes les formes de contraction eupho- 
nique, on trouverait beaucoup d'analogies curieuses, 
dont les détails trop étendus ici ne feraient qu'obscurcir 
notre sujet. Je me bornerai à citer ces exemples 
d'application : 



DE LANGl L ARABE 2()7 

(1) *_j',>,! pour *->'.>J forme ^J-Lî] vous avez voulu. 



— „.:;_. > — *_:<_.\_*_; v s avez passé la nuit. 



%-&-> 



■*-?! 



de leur Seigneur 



très rare sur l'eau, 
être ému. 



, _L _.J _ ^J '.. ^| 



-31 _ '« __' t 



prendre. 
\ — aJ'l U-ï , ! - ' .*_::_.; ' être continu. 



être ajouté, naître. 

»_> - ' — f -0 ^ ' êtr e m e n t i o n n é . 

J._x,_." — J._;>.,._.H — (V.p.95ets.) l'homme. 
ç*-[j-j — c-Ihî — J- 5 '— JH1 consoler, assister. 

Toutes ces particularités résultent de l'application 
rigoureuse de la forme et de l'appréciation de l'euphonie 
arabe. 

Telles sont les causes peu nombreuses de toutes les 
modifications que l'on remarque dans l'orthographe el 
dans la prononciation de certains mots. Ces faits très 
rationnels embarrassent et effraient beaucoup 1rs com- 
mençants par leur aspect. Il est facile d'arriver à les 



(i) Toute lettre qui perd sa prononciation en conservant -a forme, 
ne doit plus porter aucun <iu'ne. 



apprécier tous, si l'on nese préoccupe d'abord que de la 

KORMl NORMALE. 

l'on r étendre l'application «les principes que nous 
venons d'exposer, voici un tableau des irrégularités. 
On pourra le consulter au besoin et y étudier, dans 
leurs effets, les causes que nous avons signalées. 

PRINCIPALES DIFFICULTES ORTHOGRAPHIQUES 



MOTS 
dits 



\ I MM 



TYPE 

GH VMMATK \1 

c ii respondanl 



RENVOI 

V U X ( : \ i SI - 

de 

['irrégularité 

(V.p. 2i>2) 



SKiXIFIGA'l luN 






F il 
F 
G 
D 

D(2 



il a lui. 



lu \ nul . 



prends, prenez 



il joindra. 






U s'esi joint. 



1 L'impératif _s vienl de l'aoriste c litionnel —*-}. forme 

euphonique pour „ 



'l \ . p, 2i5 commenl l'impératif dérive de l'aoriste condi- 
ontiel . 



DE 1. AM.l E VKABE 



269 



MOTS 
dits 

[RRÉGULIF.ns 



! 

TY p E RENVOI 

AI LIEU vi \ caoses SIGNIFICATION 

GRAMMATICAL (le 



correspondait 



-_3 



.. ; 



li 



i; i - i : ; 



:_3î , y. 



c. —J s J 

C • L " 



l'irrégularité des mots 

(V. p. 262) 



A - C il a dit. 



' j'ai dit. 



dis. 



J^_i_, jjjj ! JJLLî a 



il dira. 



A- G il a \ endu. 



. \ 



LîL» ,JJ-i 



JUJ A 



D 



'ai vendu. 



disant. 



J-, 



D - C on a dit. 



' ' i, \ V_x_3 ' ! A-C il a accompli 



(1) On a vu (n° 11) que la 2' cl la l ro person l'un temps se 

forment de la 3 e ; V. ci-après, p. 277, lignes 13 el suivantes. 



270 



MOTS 

ans 

irri gui h i;- 



\i lll i 



I > Il 



RI SVOJ 
mx causes SIGNIFICATION 

I, \U\I.\ I H \l. lll 

litii-uul.ii ité m - mots 

correspondait j gQ 2 ) 



\ i| 



UJlS! a-b 



j'ai placé 



|_x_3 A C il es! parvenu. 



< » 



aJLjuJ 



/ je suis parvenu 
\ 



(V. lechdid, ' i' a jpasséla nuil 
p. 78). y ■' ' 



-' HJ ' A 



A- C il esl venu. 



il esl allé 



i - 



: • i 






elle esl allée. 



il- son! allés. 



il- mit consenti. 



DE LANGUE ARABE 



271 



MOIS 


AU LIEU 


TYPE 


RENVOI 

M \ i VUSES 


SIGNIFICATION 


dits 




GR VMM VTICAL 


de 




IRRÉGULIERS 


DE 


correspondant 


l'irrégularité 
(p. 202, 


DES MOTS 



; • i ; 



J.-i 






J. X— - 



D 



le" ' 



— — ;.^v 



y 



~ .>«. 



JULL, ! c 

j-^La.; C 



il ira. 



il consentira. 



ils lanceront 
(aor. énerg.) 

ils consentiront 
(aor. énerg.) 

ilréprimandera, 



domination. 



description, for- 
me. 



action de s'oc- 
cuper de. . . 



clé. 



/ V. p 

\ 263. 



nécessil <■. 



MOIS 


AI 1 III 






i in.- 




•j VJ 


ï'JJe 








^" J " 


jj i 


. _. ._? 


■■ : t 


° r 


Lf- 




\ 


- r 



;n \ mm \ ' h w. 






\ ^ -> I 



LbLk^f 'bLusï 



LiJ ' 



Lsl 



.x. .3 



RENVOI 

M \ i V 1 SI - 


SIGNIFICATION 




alarité 
(V. p. £62) 


m - MOI S 




A (1) 


prière. 




D-D 


lenteur, g n<\ ité 




D-G 


force. 




E 


\ a . 




G-E 


vois. 




D B (2) 


consentant . 




G 


application, 
technologie. 





] Le mot s'iLo esl souvent écrit s^Ji—o ; il en est de même 
nots s^; aumône, redevance à Dieu, el sL*a»» , aie. La plu- 
parl 'les copies du ( oran onl < onsi rvé le » dans ces mots, au 
lieu de le changer en \ suivant l'analogie. 

_■ l tanouin v. p. 76) est l'addition de l'articulation ^ a la 

voyel atielle d'un mol indéterminé. Bien que ce ^ 

présente par le redoublement de la voyelle, il n'en a pas 
moins une influence orthographique réelle, et, conformément a 
la règle B, il fail disparaître la lettre de prolongation qui vien 
drail à le précéder. 



DE LANGUI VB \VE l~'-> 

§ 2. — Des Verbes irréguliers 

Après les observations qui précèdent, je ne parlerai 
des verbes irréguliers que pour ne pas laisser les per 
tonnes qui étudient l'arabe étrangères aux classifica- 
tions établies d'abord par les grammairiens musulmans. 
et reproduites de confiance jusqu'à ce jour par les Eu- 
ropéens; je ne les regarde pas comme indispensables à 
l'élude. Ces classifications minutieuses ne sont que la 
nomenclature ingénieuse d'un grand nombre de faits 
appartenant aux causes sus-énoncées. Il ne faut pas 
s'étonner de l'extension qu'on leur a donnée; il faut. 
au contraire, savoir gré de ce qu'on n'a pas indéfini- 
ment multiplié le nombre des catégories. 

Cette complication tient à ce que le génie des Arabes 
s'est toujours laissé absorber par de pointilleux détails, 
et ne s'est presque jamais élevé aux causes en remon- 
tant le cours des faits. Leurs grammairiens, peu habi- 
tués à l'induction, peu à même de comparer, ont souvent 
pris des effets pour des causes : c'est pourquoi ils ont 
posé sans nécessité un si grand nombre de règles. Les 
influences de la forme sur les articulations faibles « ^c 
dans la racine, ont donné' lieu notamment à la forma- 
tion de catégories fondées, non sur des principes réels. 
mais sur la seule apparence des faits. Les Européens, se 
fiant trop au jugement des Arabes, et ne tenant pas 
assez, compte de l'esprit de routine de ces derniers, ont 
cru devoir suivre leurs errements: c'est pourquoi ils ont 
reproduit, les uns d'après les autres, des théories qui 
ont bien pour but de démontrer les lois de la langue 
arabe à ceux qui les ignorent, mais qui ont l'inconvé 
nient d'être comprises par ceux seulement qu'une con- 
naissance profonde met à même de s'en passer. 



Voici les principales catégories des verbes dits irré- 
guliers : 

I M Série. — "Si rbi - sourds. 

I Verbes sourds. Donl la seconde et la troisième 
lettre de la racine sonl semblables, el se réunissent «m 
certains cas par euphonie. Y. pag. -'»<». F) : 

JLi tenir, pour :... : :.- boucher, pour ;„\.. 

1 1 S< •>' . - Verbes hamzés. 

1 l erbes hamzés de -. — Dont la première radicale 

est un : 

,_.--' commander; 3_àJ prendre, recevoir. 

'.\ Verbes hamzés '/*' ç,. Donl la seconde radicale 

est un : 

( '. — interrooer : *L_i être sinistre. 

V' Verbes hamzés de J. — Dont la troisième radicale 

est un : 

ll_-- emplir ; !*_s lire. 

III e Série. — Verbes impari ut6. 

Verbes assimilés. — Dont la première radicale esl 

un . ou un j: : 

_— 3 ; — _jj_à_> (D) s'arrêter : — .• — _.- .• sécha . 

c Verbes con< vves. - Dont la seconde radicale '-- ; 
un . ou un _-, changé en ' au prétérit : 

•Là — ^—i-' se lecer : U~^> — _^-kj rire hou. 



DE LANGUE ARABE 27ii 

7° Verbes défectueux. — Dont la troisième radicale 
;sl un « ou un J : 

'-.-• — -j—.' commencer; -.C 1) — C .C_- pleurer . 

IV e Série. — Verbes doublement imparfaits. 
V e Série. — Verbes triplement imparfaits, etc. 

C'est-à-dire toutes les combinaisons que peuvent 
prendre entre elles ces sept premières espèces de verbes 
irréguliers : telles que : hamzô de ^_~ et concave; 

hamzé de ^ cl défectueux ; hamzê île ^ 9, concave et 

défectueux; assimilé et hamzé «le %\ assimilé, hamzé de 
* et défectueux; assimilé et défectueux, etc., etc. - 

Ces verbes, malgré leur irrégularité prétendue, se 

conjuguent comme J-*-3 en tenant compte des parti- 
cularités orthographiques ou euphoniques résultant de 
la nature de leurs lettres radicales. Un peu de tact, 
résultat d'une certaine pratique raisonnée, en fera com- 
prendre Ions les détails mieux que de minutieuses 
théories, qui exigent une étude longue et aride et 
n'amènent qu'aux conclusions les plus élémentaires. 

Pour faciliter la pratique, et éviter de nombreuses 
indécisions, j'exposerai ici les principales modifications 
de certaines racines dans leur conjugaison. 

1 Les verbes dont la troisième radicale est un a , el ceux où elle 

est iiu^ donnent à cette lettre, quand ils ont la forme J-a-s. le son 
d'à an prétérit (3 € pets. Mais il faut observer que les cerbes termi- 

- par un & représentant généralement le son a par \; — Et ceux 
•jui sont terminés par mi_ ç conseroent cette lettre mer le son cî'a; 
c'esl ce qu'on nomme V\ bref. V. p. 74). 

|2 V. pour tous ces détails, l'admirable Grammaire arabe de 
M. le baron Silvestre de Sacv. 



I \ l RBES -"l RDS. 

- . i i J.-«-3 — J._x_.i_.' i boucher 

VORIST] INDlCATIf 

_ _■_.. j — j — j' j..~._>, etc. F 

VI IRIS 11 i OND1TIONN] I. 

;. ....' rè-ijul. el - - j conti a< té. 

F ôij_^ 

2° VERBES HAMZÉS. 

Très peu de modifications. Il faut avoir soin d'obser- 
ver < jut" le . est une lettre solide dans presque tous les 
as. mais que la lettre qui lui sert de supporlest subor- 
née à la voyelle influente (V. p. '.)3). 

3 VERBES ASSIMILÉS. 

Les verbes assimilés dont la première lettre radicale 
est un - perdenl cette lettre ù l'aoriste J._x_a_j d . 

i._.^. -.--■ i..^_: poser. 

a._i . zi^) s_jLj tomber, arriver. 

: , . :>_: : aller à l'abrem oir. 

Ceux qui onl pour première lettre un _- n'offrent pas 
imalie sensible. 

I VERBES CONC VVES. 

s verbes dont la 2 e radicale est un • ou un 



DE LANGUE ARABE 

t 



__". changé euphoniquement en au prétérit, quand le 
verbe est de la forme J-*-? A . 

JU — Jj-àJ ( J-*- J — J-*4->) dire 

PRÉTÉRIT ISTE INDICATI1 

OJU JLJ i.i-5 Li-J etc. 



iORIS I E CONDITIONN I I 



L_JLi Uu etc. 



. J_*_f — J._x_i_:) marcher 

AORISTE INDICATII 

J^J U^-: etc. B 

Al IRIS! E CONDI ri"\ ' 

,_-._:• _.* — .■ etc. ,b 

A la seconde et à la première personne du prétérit, 
ï'1 est supprimé à cause du — du J (B et p. 'li\'l. note). 
1 1 faut observer que dans ce cas la voyelle de la première 
radicale est analogue à la nature de la seconde radicale 
retranchée : c'est un — pour un ; , et un — pour un s _c. 

A l'aoriste conditionnel, le — (\u J fait supprimer 
Ja lettre faible; mais il ne faut pas perdre de vue que 
l'effet cesse avec lu cause. Ainsi, au pluriel !^L*_£_j, on 
écrirait U._ A_j et L» ~— \. On dirait de même à l'impé- 
ratif, qui est formé du conditionnel : J — à et j--^—- — 
L* et Uî—— . 



278 



5 \ ERBES m l h I I EUX. 

...... - -ï—s-i (J-*-? — J * j \) aller 






P RI i i ! ; l 1 






VORIST] 


Singulier 






Singuliei 


masc. 




linl 


v Ùla n. 1 


j\i j 


B 


' 


*■"" 



etc. D 



mbjoncl . 



< iondit. 



[Et 



Duel 



Pluriel 



IL 



Duel 
.-■» Sa ' - anomalie) 

Pluriel 

'.7/1. Illiisr. 

/ D v [ndicatif '•Ju a i^J (D) 

— v ' ^ ■ •• . •• c > 

Subionct. . »~-«^-' ("D) 

i Iondit. 



l^i^J (D). 



._:_.• — ç i ; (J-*-? — J-*----/ /r.s/o' 



l-l: 1 I I.IM I 

Singulier 



ion i 
Singulier 

[ndicatil _i_Lj etc. (D) 



jubjonct. ,.£_*-> 



i lit. . i ; 



(A) 



E 



1>L I. \M.1 1 \l; VBE 



279 



Duel 



fêm. 






masc. 

l ' 






Pluriel 



(D) 



Duel 
Sans anomalie) 

Pluriel 
fêm. masc. 



Indicatif 



^.,, ^y^> (D ) 

jubjonct. >t _*JL»_j (D) 

'._;. i_j j Condit. ILaJLj (D) 

Les adjectifs verbaux actifs de ces verbes font :-_.-- 
et ^ ^1-j pour c ---- et çsLj (D-B) (JaLs) au nominatif 

et au cas indirect V. ci-après) ; ils sont très réguliers 
au cas direct. 

Je n'étendrai pas plus loin cet aperçu ; il suffira, je 
pense, pour préparer les commençants à l'observation 
des faits : car il est indispensable d'acquérir, par l'ap- 
plication, une expérience qu'aucune théorie ne saurai! 
remplacer. 



CHAPITRE IV 
DU NOM —Il 

Sous cette dénomination, les Arabes comprennent le 
substantif, I'adjectif et le pronom. Nous traiterons de 
chacune de ces espèces de mots en particulier. 



280 



. Ol RS 



SECTION PREMIERE 

?; 1. Du Substantif 

43. Le nom substantif est primitif nu dérivé. Le nom 
primitif rsi celui dont la dérivation ne peut rire gram- 
maticalement appréciée. Il n'est astreint à aucune forme 
araclèristiqut . 

EXEMPLES DE SOMS PRÏR S. 



i ; , . (leur. rose. 
J-Li datte. 
J.-^»..çl... coing. 
...j_^ lentilles. 
J-a.. pied. 
1 — x , homme. 
. ,-? ' homme. 



*_~=_.-- contrée. 
_■'_.._; jujubes. 

., Z d'il. 

j — ,! lion. 

lion, bête féroce. 

a-^paume de la main, 

j: ) lion. 



; i faul observer que lorsqu'on : I m ni un mol arabe, on 

néralement la coyellejtnale. On dirait donc ouard, 

el non ouardoun. — A la i lis d une pi riodi . la voyelle finale 

subil une modification dans sa prononciation : si elle es! simple, 

ononci pas; si elle a le tanouin, celui-ci disparaît, el 

l'on prononce la voyelle seule. - J'ai déjà fail remarquer qu'un 

md nombre de voyelles, lanl intérieures quejînales, s'éli- 

denl comme cela a lieu chez nous p »ur b laucoup de lettres ortho 

graphi |ues Ainsi non- ne tenons pas compte il.' imites les lettres 

[uand nous disons, par exemple : elles nous avaient pn 
nus ç aient le lendemain. Sur cinquante-quatre lettres, 

i prononce a peine ici trente-quatre, el les autres, tant ooyelles 
que consonnes, ne sonl pas sensibles. Ceci peul faire comprendre, 



DE LANGUE ARABE 2 S 1 

Ces mots sont nombreux. Leur signification n'est pas 
indiquée par leur forme, et ils ne viennent pas d'une 
racine usitée avec un sens analogue. Il ne faut pas s'ar- 
rêter à les analyser, mais seulement tâcher de les fixer 
dans la mémoire. Ils donnent souvent lieu à des dérivés 
comme : 

J-aj-j forme J_x_fl_j' mettre pied à terre. 

-\. — J— *-5 fleurir. 

^J et *-*J'l Ua et 'je 1 produire des dattes. 

* > t f ' r t 

izjy-» ïJj-x-3 virilité, courage. 

44. Le nom dérivé <■*( relui à in racine duquel une 
forme caractéristique a été imposée. 

EXEMPLES DE NOMS DERIVES. 

vjL-j'lï bon ordre, errang*. forme J._._^4-' n.verb. 2 e f. 

tYyzl* Légalité, — j\*1;jL\ h. r. 10* f. 

ï_£-,LjlJ contestation, — LLéLL» n. r. 3 e f. 

'Lî_ï marchand de dattes, — J'-*- n .de métier 



„__£_-- cle, 



JULlL» //. d'insW 
rtlii! achat, act.d'achet er . J^jLs 7 n. r. 8 e f. 



par analogie, pourquoi la lecture courante en arabe diffère Je l'or- 
thographe, au moins pour l'élision de quelques voyelles. Quant 
aux consonnes, à très peu d'exceptions près, elles doivent toutes 
se prononcer. 

19 



Js^ COI RS 

Mans les mois dérivés, la forme esl régulière el serl à 
caractériser la signification ; dans les mots primitifs 
elle esl arbitraire el ne porte aucun indice spécial. 

On connaîtra les tonnes des mots dérivés, par l'étude 
des faits grammaticaux suivants. Quant aux mots pri- 
mitifs, l'usage seul peut les enseigner. 

g 2. Des principales espèces de Noms dérivés 
1. NOM VERBAL ,.X*3^J I 

45. Le nom verbal ou nom d'action (V. ci-dessus, 
p. 250) est /<■ mot déclinable qui exprime d'une manière 
abstraite l'idée du verbe, comme état cl comme fait. 

^J: frappement, coups, <lc ^_j>yo frapper. 
_-,-•- étal de maladie, maladie, pr- 8 tomber malade. 

ï-3yju> connaissance, savoir, s $jjz savoir. 

_--.'4-> répartition, ^_j^s répartir, diviser. 

,^lsl acl de tain- savoir, avis, JUl prévenir de... 

\ \ 

I \ I Ml'l I - 

. _- ..-.- y ..^ il le frappa d'un frappement vio- 
lent il le battit violemment . 

- _ .•:'__' îiCJIj jXxjLLc! je vous ai renseigné sur 

l'événement, d'un renseignement complet (je vous ai 
complètement renseigné sur le fait). 

Comme 'tu le voit, une des fonctions du nom d'action 
esl de reproduire l'idée du verbe ou de la corroborer 



DE LANGUE ARABE 283 

d'une manière abstraite et souvent adverbiale : c'est par 
là surtout qu'il se distingue du nom substantif ordinaire, 

Dans le verbe primitif, le nom d'action n'a pas la 
précision qu'on lui trouve dans le verbe dérivé (V. ci- 
dessus, pp. 252-253) ; ses formes sont nombreuses et 
à peu près arbitraires: l'usage et le dictionnaire peu- 
vent seuls indiquer la forme ou les formes qu'il prend 
à chaque racine. 

Voici les types principaux du nom d'action à la 
1 re forme du verbe f 1 ) : 

J— *-3 J._. x_2 Jl_ x_3 .l_x_3 



iXU 



.,^l_x_? J-_ x._? J._.._*_3 J^JLa-J 



,- — x_3 j^_.-_x_3 ^— l-.., *.., 9 a I * a j 



JL*_a_j LJa-Lx-i i j'_x_; J. x_? 

46. Le //o/n verbal tient souvent lieu du verbe lui- 
même et gouverne comme lui : 

11 fut châtié pour son action de léser les serviteurs 
(de Dieu, les gens). 

En français : il fut châtié pour avoir lésé les gens. 



(1) V. S. tie Sacy, Grammaire arabe, t. i, p. 283. 



-! v i COURS 

II. NOMS DE TEMPS ET l>K LIEU KJl L oU>^ .^»~Jl I 1 ) î %U> 

47. Le //"//' de lieu et le nom de temps sont des mots 
dérivés exprimant le lieu ou le moment de l'action. Ils 

sont de l'une des formes J~*-a_P, J-*-v e( t)Juu>. Ainsi : 



: — :..-- lieu, place, de a- -r. poser. 

__ -- le levant, l'orient, s $»_£. se lever (If soleil). 

_ . £_-» le coucher, l'occident, ^_>-^ se coucher (id). 

j-s— a chapelle, mosquée, j-k-~ se prosterner. 

,_w habitation, logis, . Y S — se loger, habiter. 

_--'—' retraite, séjour, j.1 séjourner, se relir 1 . 

s — - petit phare (minaret), ,Ls luire, éclairer. 

; • temps, lieu de nais- f . 

sauce, - .Jj enfanter. 

: j>.. .-• lieu, temps d'une pro- 
messe, As. promettre, vouer. 

III. NOM D'INSTRUMENT Uj , — ,1 

I 

48. Le nom qui indique l'instrument ou l'objet avec 
lequel on fait une action est de l'une. des formes J_*_s_^, 

*_!*_/ et ÏUJu.. 



li Le mol ^3 — li signifie a la lettre un case. 



DE LANGUE ARABE 283 

Ce qui le distingue de toutes les autres formes ana- 
logues, c'est que son .» caractéristique porte toujours 
un kesru — . 

Voici des exemples de noms d'instruments : 
Ljl — * scie, de ,._xu_> scier. 



,-LxJL^ clé, 



L 



^._v_3 ouvrir 

C 



.yj-z-* balance, ;.; * peser. 

L-ij-x-A cuiller, ^__ v_s puiser, plonger. 

2>jr-*-* lime, :>j-j limer. 

^I.j-^ javelot, j,; lancer, darder. 

IV. NOMS DE METIER OU D INTENSITE ijJLw» *_~J 

Les noms qui désignent des professions ou des 

métiers sont en général de la forme JLsL-9. Ce sont de 
véritables adjectifs employés substantivement dans le 
plus grand nombre des cas. 

On les trouvera ci-après aux adjectifs. 

V. NOMS n'UNITÉ (V. ci-après : Du Singulier) 

VI. DE QUELQUES AUTRES FORMES SPECIALES DE NOMS. 

Les noms de la forme £_L*_3 indiquent généralement 
le contenu, la plénitude, à peu près comme chez nous 
les mots terminés par ée : bouchée, cuillerée, etc. 
(S. de Sacy, Gramm. ar., t. i, p. 307.) 



281 



'. t 



_ boih'liee. 

-^-._ a poignée. 
_.^_.-v la verdure. 



,_; f _.x gorgée. 
x_i_v_^ assemblée, total. 
à f-su^a la couleur jaune. 



La Formé ïJl_*_9 Indique souvent une portion, un 
fragment : i_i^k haillon, morceau de vêtement ; i-èy-s 
section, fraction; 'i \n à sillon de charrue, morceau de 
terre, ' v tc. 

La forme Jl-*_5 indique généralement des affections 

ou des maladies : J.-*.~ toux; ^UJ hépatite, etc. 

La forint 1 ï-i\-*-s indique le reste, le résidu, une petite 
portion : L~cl.J rognure; Li-L». raclure, etc. 



SECTION DEUXIEME 



DE L ADJECTIF. 



Nous distinguerons sons cette dénomination l'adjectif 
verbal, l'adjectif qualificatif' et l'adjectif relatif. Quant 
à l'adjectif conjonctif, vulgairement nommé pronom 
relatif, il en sera traité séparément. 

L'adjectif verbal et l'adjectif qualificatif sont essen- 
tiellement dérivés du verbe; — l'adjectif relatif est 
formé du nom. 

8 i. — De l'Adjectif verbal J jv-a-a-J \ *-~oU ^J~cLaJ\ <s ^* j \ 
Nommé aussi participe, nom d 'ag-i x i et nom de patient 

L'adjectif verbal est, comme le verbe, dune forme 
active ou d'une forme passive. 



DE LANGUE \HABE 28"ï 

49. L'adjectif verbal actif exprime Vidée /l'une action 
que l'on fait ou que Ion. fera dans un moment présent 
ou futur, ou d'un étal accidentel, ou passager. 

Par exemple: <^-j\S ,_;' je suis écrivant (j'écris) ; 

I S '' * 9 

L^-j> î. c-wJ j'étais étant à cheval (j'étais à cheval). 



ï-£JLi j»y&1 > i) J_^^j! 

Je serai ou je dois être plaçant sur la terre un repré- 
sentant (je vais ou je dois placer sur....) (Cor. ii, 28). 

Les Arabes le nomment: J-slkJ! *-J />o/// ofe l'agent. 

50. L'adjectif verbal passif indique une action subie. 
faite ou faisable, un état prolongé ou permanent. 

Par exemple : *«.& g->» compris et intelligible : *Ja_x-^ 
H - • ft . [ i 

honoré, e£ honorable; , . ;> _x_-- connu, et digne d'être 

connu, avouable, convenable. 



it i ; rt c ' u 

—5-:. .* — *-? — 



Il dit: Quel est votre message, ô vous, députés? 
(Cor. xv, 57). 

Il dit : Certes, vous êtes des gens récusables. 
(Cou. xv, 62). 



« quelle noble amie, si elle eût accompli sa pro- 
messe, ou si elle eût accueilli mes conseils ! o /." /ettre 



il Le trait placé au-dessus des mots arabes dans un texte équi- 
vaut à celui que nous tirons au-dessous dans notre écriture, ou à 
nos caractères italique*. 



>- 



porte : si elle eûl rendu vraie sa chose promise, et si le 
conseil eûl été accepté. [Bànat So'âd, vers 6]. 

Les Arabes nomment l'adjectif verbal passif * — ' 

J t » ■» & N y/o??? dw patient. 

51. Les adjectifs verbaux s'emploient souvent comme 

noms, ainsi que ceia a lieu chez non*. 

On dil : . -—.G un écrit ; *JLs un savant ; ^'~i un 

cadi {un jugeant); ^— ---- un mufti (wrc décidant). 

Les formes des adjectifs verbaux ont déjà été expli- 
quées ci-dessus, p. 249. 

§ J. Adjectif qualificatif C->_*— i_J\ 

Les adjectifs qualificatifs se placent toujours après le 
lutin qualifié. On ne dit pas en arabe : une bonne terre, 

niais une terre bonne : *-^> ^~j . 

52. Les /ormes les plus fréquentes et les plus caractéris- 
in/ ues îles adjectifs qualificatifs sont : S-:-*- 3 — Jj-*-? — 

,J.x.î -- ,^.l.x3 — JUj et J-*-V- Exemple : 



}----- long, grand. 
*_j »_f généreux, noble. 
._'._:. élevé, auguste. 
____.> fort. 

__*_j e/j e— j prophète. 
, ~;.^ indulgent. 



^_^_5_3, compatissant. 
.L_~-*J somnolent. 

J) . si,? 

J-U-* nu. 
.La.^-3 satisfait, joyeux. 
, _a_£ très indulgent. 
LU,! brun (teint). 



DE LANGUE ARABE 



28 



ADJECTIFS DE METIERS. 



53. La forme JLL? (rarement LJULi) a la signi- 
fication de l'intensité d'une qualité, ou l'habitude d'une 
action : c'est pourquoi elle indique très souvent un métier 
ou une profession. Ainsi : 



..-.J? très inique. 

. »lJo très menteur. 

^_jL»j très libéra!. 

L_*Xs et *^Lc très docte. 

L»L$L? ^ (.L^J très intelli- 
gent. 



Jl_à-a> portefaix. 
j— sr- ■ menuisier. 

rLLi maçon. 
-!='_ 1_^ calligraphie. 
~X_s laboureur. 



54. La forme J-*J>' I 1 ) caractérise les couleurs en 
général, les particularités physiques ou les difformités du 
corps. Elle indique aussi la comparaison (V. ci-après). 



p — j.l blanc. 

• ■• • 

v-^-^J rouge. 



noir. 



:, ;' bleu foncé. 



.-j—^' jaune. 



^— --' noir (/'"•//. /e teint). 

ç_&^1 aveugle. 

, — -' borgne. 

_.joJ bossu. 

j. — a.! louche. 



(1) Cette forme est de celles qui n'admettent pas le tanouin à leur 
désinence (V. Déclinaison). 



290 



Il y a d'autres formes d'adjectifs qualificatifs plus 
rares et moins distinctes. En voici la liste : 



Jjlj — , .w difficile. 

\~x-ï — ^~o^ beau, bon. 

}~*~ï — yLà. grossier. 

U*_3 — ip mince. 






décrépïl et 

misérable. 

brave. 



»-j dormeur. 



1^ _ Jl^ (1 



oux. 



JJi9 — *—-•-■•- très véridi- 
i|tie. 

* **j> — ...j.? 1res saint. 



Les deux dernières sont un augmentatif des formes 

! «Jet '-*_?. 



COMP \li \ I 11 I I SI l'IlîLATIF. 



55. La forme J-*-?1 exprime aussi l'idée de notre com- 
paratif et de notre superlatif. Elle est alors une modifica- 
tion de l'une tirs for airs J-*- — J--'--- — J— *-? — J^-*-? 
auxquelles seules elle s'applique. Ainsi, de 



. — _x bon. on fait 
^.*.~r difficile, 

*J _s savant. 

■ 

J._.._!._i peu abondant, 

J— ~- long, 

_ _".!- bon, 

,j-a_i indulgent. 



, — a.! meilleur, très bon . 
,_. .*._-' plus, très difficile. 

*_Lc! plus, très savanl . 
J._j' moindre (pour JAstj 

J^-L' plus, très long. 
s^-J»' meilleur, très bon. 

r _A_c1 plus indulgent. 



DE I.W.I I \HABE 291 

Applications : 

(l)^_j_c -r _-- J-^s-?! --->., Zeïd est plus excellent 

que ( .,..-•) 'Amr. 

JLiJI .,_-- b_jsljI J__s_*JI l'intelligence est plus 

utile que la richesse. 

*_Li' i^'. Dieu le sait (mieux que 
personne) ( 2 ). 

,_*~_=J _* L- « v _x_.- 2 il ne sait pas ce qui est 

le mieux. 

jJaj] ç'AlîU'lll ïl'UlJl !,! l'habileté dans les affai- 

res est bonne, mais la 
piété est préférable. 

*_• vj._x_j v-JLcl -_j , l_3 Dis : mon Dieu est plus 

savant (quepersonne) 
sur leur nombre. 

Cor. xviii, 21). 

§ 3. — Adjectif relatif i ^**v^L_*J^ ^-lo^l 

L'adjectif relatif est le mot qui exprime une qualifica- 
tion tirée d'un pays, d'une famille, d'un objet ou d'une 



(1) Le nom propre » *-_£ l Amr, qu'il ne faut pas confondre avec 

, — »_£ l Omar, est très fréquent dans l'usage aussi bien que dans 
Jes exemples de la grammaire, où il est employé avec le nom j^-i ; 
Zeïd, comme chez nous, Paul avec Pierre. En Algérie on le pro- 
nonce 'Amer ou l Ameur.— Pour éviter de le confondre avec , — „.-£, 
on le fait suivre, dans l'écriture, au nominatif et au ra> indirect, 
d'un a orthographique, placé après les voyelles des cas: a, _*._£ et 
2 , — »_£ (au cas direct, il fait \ __»_*). 

(2) Cette locution est employée après une assertion dont on laisse 
la'garantie a Dieu; elle exprime le doute. 



292 COI RS 

idée, comme en français algérien, mérovingien, céleste, 
i ssentiel, etc. 

56. L'adjectif relatif a pour signe distinctif le j. 
ajouté comme terminaison au mot dont il dérive. 

Exemples : 

ç-j»-5 arabique, arabe, de ^_<>-- Arabe. 

-. Syrien, ,LàJI la Syrie. 

oiy — impérial, .UaL, chef, souverain. 

^- >~ 

~jL,L Sassanide, ,»l — ' — Sâçân [nom propre). 

c-*Jls scientifique, théo- ft c 

riiiue, %-Ls science. 

_JlLc pratique, J— *-s action. 

^-'-.'j^v du fer, ferrugineux, -'-.--^ fer. 

Les mois terminés par le > perdent cette lettre : 

~__0 Mekkois, de 'L.\J> laMekke. 

c-*-i>L9 Fat imite, JL^-LLa Fât'ima(w. pr. /iéwi.). 

j-ia réel. A„8...g.» vérité, réalité. 

57. Quelques adjectifs relatifs se caractérisent pur la 

l'uni le ^--' comme : 

çjU... spirituel, ttc -.«, esprit, âme. 

— C J 

^-Lw..-n corporel, matériel, % — a. corps. 



DE LANGUE ARABE 293 

i çjIJlJ de Médéa.( Algérie), LjjJ(waI) Médéa. 
^_'< ( j_._CJ d'Alexandrie, Ij.JjlCJ Alexandrie. 

Quand le mot dont se forme l'adjectif relatif contient 
des lettres faibles, il est soumis aux modifications eupho- 
niques et orthographiques dont nous avons exposé les 
lois ci-dessus, p. 262 et suivantes. 

Quelques mots subissent, pour d'autres causes, de 
légères modifications qu'un peu d'attention fera saisir. 

Je me borne à ces exemples, qu'a recueillis M. de Sacy : 

_-Ci_- royal. de _^.C_L,- roi. vice-roi. 

Sjj^ de Mésopotamie, >V-^' Mésopotamie. 

_-%-• '^ d'Alger h!)-^ 3 ' Alger. 

^_J •_■_* de Médipe, ^_._.;j_-- Médine. 

ç-^*-3 de K'oraïch, A-> ^ Koraïch (tribu). 



JU, Tavyte, 2 ■- T'ayy (tribu). 



L, o-jwJ 



c 



du Prophète, C ....J' le Prophète. 

J.--- hostile, _.J_£ ennemi. 

r^_.\-*_-- virtuel, _x_;_*_.-- sens, idée. 

,.ik^_-- de Most'afa, ç>_&Ja-^» Most'afa [n. pr. 



(1) Quelques grammairiens, Ebn-Ferh'âl entre autres, rejettenl 
l'emploi de la terminaison j\ dans ces deux derniers cas à cause 
du ^ qu'elle remplace: mais l'usage iz< '-in'* rai l'admet par euphonie, 
au lieu de ,«_Ji>«_«J et ,«_j : ,,>_^_5Llo\. 



. I 11 RS 

s-f lie Bokhara, j^L^-f Bokhara. 

^c^--+ céleste, L* — ciel. 

__-_•' paternel, ^_->l père. 

_-•,', de lu'w. _-, Reyy (ville). 

c. -- du Tabaristan, .,' ►--^ Tabaristan. 

^JLk' d'Abd-el-Mot't'a- _iUi i^ 'Abd-el-Mot't'a- 
leb, leb. 

^c,*S-i d'Abou-Bekr, ,_x_.' ._■' Abou-Bekr. 

__■._-—' nomade, : ^—> vastes régions 

où campent les Arabes i impropremeni appelées Déserl I . 

C'est ainsi que chez nous certains adjectifs ethniques 
et patronymiques présentent quelques altérations plus 
ou moins graves de la forme normale, comme Touran- 
geau, Ponentais, Bourguignon, Aucitain (d'Auch), etc. 

SECTION TROISIEME 
DES DIV] RSK> < "Mil [IONS DES NOMS ET DES ADJECTIFS 



§ 1. — Du Diminutif _ 

Beaucoup de noms et quelques adjectifs peuvent 
admettre l'idée diminutive de l'objet ou de la qualité 
qu'ils expriment. C'est ainsi que nous disons, pour 
indiquer la petitesse, la grâce ou la dépréciation des 
personnes, des objets ou des qualités : fillette, femme- 
lette, gentillette, tablette, etc. 

58. ïji forme typique du diminutif est J._ : ._*_?. 

caractères distinctifs sonl : I" le — sur la pre- 



„ DE LANGUE ARABE 295 

mière lettre du mot; 2° l'intercalation d'un j; après la 
seconde lettre, qui porte toujours le — . Exemples : 

^^_.-L? petit cœur, de , JLs cœur. 

i_*_lli petit fort, L*iJ forteresse. 

j_._^ petit, humble esclave, Jw~s esclave, serviteur. 
Si le mot dont on forme le diminutif contient plus 
de trois lettres, non compris les indices finaux du 
féminin (> : ou J>, la lettre qui suit le j; est toujours 
suivie du — . Exemples : 

^jtj-i-A bleuâtre, de s $.:) bleu. 

- >j . : - à -s petit scorpion, . >j-i_s scorpion. 

iy _Ja — L~ petit souverain, .LU — souverain. 



t 



petit démon, .,LL__^ Satan. 



Les mots dont la forme n'admet pas le tanouîn au 

positif, ne le prennent pas au diminutif. 

Les noms des formes w-*_î ainsi que les mots ter- 
minés par .!— venant après quatre lettres et plus, 
conservent au diminutif la finale .,' — . Exemples : 

,L-.X~ un peu ivre de .\-\— ivre. 

,^ll_~i' un peu paresseux ,~.^S paresseux. 



,Us-liJ un petit Locman ,LX_iJ Locman 

'.I1JL*J un petit 'Imràn olr-*- 5 'Imrân. 

JUl=; un peu de safran '\'\ c - safran. 



296 cours 

Si le mot contienl des lettres faibles, il subit les 
modifications que l'euphonie exige. On dit par exemple : 

^♦_>^-s petit cavalier, rir , -..Ls cavalier. 

. ..■--• petite balance, .,'»—-■* balance. 

_ — petit vieillard, _---- vieillard, cheikh. 

L C 

, — Ub petite autruche, , — Lis autruche mâle. 

j ' noirâtre, i» — ' noir. 

£_* — ,v^ petite assemblée, LcL*^. assemblée. 

Lj j-Zo petite chose, un peu, 2 c _^ chose. 

>►->.: petite maison, ,': maison. 

I fans lesdeuxderniersmots, le - a étéajou.té pour mieux 

seoir la prononciation ; on a dit : H.j-^ (vulg-'j et ^.j;- 5 
au lieu de _-^-- pour- ? c __ .£. et i-^-. Cette addition' 
euphonique du ï au diminutif a lieu souvent dans les 
mots très courts pour en compléter l'étendue, LiJL_JJ 
somme disent les grammairiens arabes. 

S 2. - Du Genre 

59. // y a 'leur genres en arabe: le masculin et le 
féminin. lisse reconnaissent en général par le sens ou 
par la terminaison. 

II suffît de connaître les indices du féminin pour 
distinguer le masculin. 



DE LANGUE ARABE 1\) i 

60. Les noms spécialement féminins par leur signi- 
fication absolue ou relative sont : 

1° Les noms des êtres femelles ; 

2° Les noms de localités ; 

•'! La plupart des noms des parties doubles du corps : 
la main, l'œil, etc. ; 

4° Les noms de collection ou pluriels irréguliers 
(V. ci-après) ; 

5° Les mots et les locutions énoncés d'une manière 
abstraite, dans les commentaires et les analyses gram- 
maticales ; 

6° Les adjectifs, les pronoms et les verbes qui se 
rapportent à des mots féminins. 

61. Les mois féminins par la terminaison sont ceux 
dont la finale a pour base le son A, exprimé orthogra- 
phiquement par 'i par J ou par _j, (alif bref, p. 74), 
quand ces mots ne désignent pas des êtres mâles. 

Tout mot qui n'a aucune de ces terminaisons, et qui 
n'est pas féminin par le sens, peut être, à priori, consi- 
déré comme masculin. 

Ces trois terminaisons s'appliquent ainsi qu'il suit : 

62. 1° La plupart des noms et des adjectifs masculins 
deviennent féminins en prenant la finale ï—, de celte 
manière : 

Masculin. Féminin. 

*_s oncle paternel, l-^-z tante paternelle. 

» 1 " ' c 

La_L petit garçon, L-La_L petite fille. 

20 



298 cours 

la.? chat, ï-îa_i chatte. 

\__^_f grand, âgé, >^- :: — ^ grande. 

,1 îLê fâché, irrité, LjU— ja_c lâchée. 

63. -" Les adjectifs J-*-?1 indiquant les couleurs 
ou /ex difformités (n° 54) /bwi aw féminin ÙL*J>. 

Masculin. Féminin. 

ja jI blanc, îI_^=_._j blanche. 

' ' <-\ > ~\ "■ 

Se ! noir, ,bj._~. noire. 

— Ls! aveugle, îLv_*_c aveugle. 

Jj-a.! louche, sYj_=v louche. 

64. 3° Les adjectifs J-*-?' indiquant la comparaison 
in" 55) font au féminin J-*-f. 

Masculin. Féminin. 

lir ~-^ très bon, -.wa». très bonne. 

rr J'l plus, très grand, Sj-^r- tn>s grande, 
JJ premier, antérieur, J,^! première. 
^_3il plus prochain, l_.._^ plus prochaine W. 



1 Le mot Lx_3J3\ la plu* proche, s'emploie pour désigner la cie 
temporelle, '-c monde-ci, et quelquefois l'U/iircrs. On sous-entend 
s<v_^_x^, la vie . «.._àJ\ ^.Lx^ "W\ 1_a_3jJ1 8_^_^_s:\ L,oj « c/, Ja oii 
» présente n'est qu une jouissance trompeuse. » (Cor. ni, 182.) 



DE LANGUE ARABE 299 

f S c / 

Quelques adjectifs ,.X*j (sans tanouln) font au 
féminin JJi: c ,Cd œre, féminin ^%JL'. — On dit 
^_L1-^ femme grosse (sans masculin). 

Le mot a=J mh, fait au féminin ^jSl.) une. 

65. Les adjectifs J~_*_? rt j^_*_ ? son* quelquefois 
employés ainsi pour les deux genres. 

On dirait, sans indice du féminin : 

" W • i 

.^A_i, reconnaissant, — te. 



-- vieille femme. 



À? menteur, — leuse 



Y ■ / - 

J-^-' tue, — é 



ee. 



On peut y joindre les adjectifs LJlU — LfjLa — î Lia 
- ^.U_^ — J..x.i.., _ J..._*.^, qui sont presque toujours 
invariables, car ce sont généralement des noms 
abstraits de qualité employés comme épithètes. 

L'usage a rendu arbitrairement féminins certains 
mots qui n'ont pas la terminaison de ce genre : on les 
reconnaît facilement dans les textes parles pronoms, 
les adjectifs ou les verbes qui s'y rapportent. 

En voici quelques exemples : 



ja.) terre. 

„ fî 

.,-' oreille. 

►«-aJ âme. 



^i>-> cavité, ventricule. 



U 



(j-^-E œil, source. 

et ' E 

__^_j , ' lièvre. 

,Lj feu. 

if i, / 

»• soleil. 



300 COURS 

D'autres mots, sans terminaison caractéristique, sont 
masculins ou féminins suivant tel écrivain, ou par 
l'usage 'le telle localité : c'esl à la pratique à les appren- 
dre ; la grammaire n'a pas à s'en occuper. 

Enfin il y a en arabe, comme dans un grand nombre 
de langues, des noms masculins qui ont pour féminins 
des mots d'une origine toule différente. Ainsi : 

Masculin. 



pere, 

J-9*. homme, 
.,L^s_a. cheval, 
^Co coq, 
J— *-=». chameau, 

j — ' lion. 



Féminin. 

*! mère. 

I 

A femme. 



i^ jument (M. 
i_a.La.j poule. 
LiLj chamelle. 
a J lionne. 



Les noms d'animaux surtout renferment cette parti- 
cularité. 

§ 3. — Du Nombre > jk_s>. — SI 

66. Les Arabes ont trois nombres: le singulier, le 

DUEL et le PLURIEL. 



Ml SING1 I OU, DE L UNITE, DU NOM SPECIFICAT1F. 






Le singulier, que son nom définit suffisamment, se 
distingue par l'absence des signes du duel et du pluriel. 



] l mot ^ _s signifie aussi un cheoal. 



DE LANGUE ARABE 301 

67. Indépendamment de l'idée générale qu'on attache 
au singulier, les Arabes indiquent, par une espèce 
d'énergie, l'unité absolue de l'action ou de la chose, en 
ajoutant un ï au nom singulier qui l'exprime, '"est ce 
qu'ils appellent le nom d'unité et le nom d'espèce. 

Bien qu'on attribue au premier la forme £JL*_9 et au 
second LJlJLs il est bon d'observer que le > caractéri- 
sant l'unité s'applique encore à des mots de formes 
très diverses : c'est pourquoi il n'est pas exact en fait 
d'établir des catégories spéciales pour cette désinence. 

On peut dire, en général, que le * de l'unité est 
applicable à la plupart des singuliers exprimant une 
action ou une espèce d'êtres ou d'objets, et qu'il indique 
l'action faite une (ois, Impartie d'un tout, unseul des indi- 
vidus ou des objets désignés collectivement par le mot 
singulier, ou l'idée abstraite de l'action. — ■ Exemples : 



/ c / 



v y Y -<s action de frapper, Lj >_*» un coup. 

jJh^ action d'extraire, ïa.Là.1 act. d'extraire une fois. 
.—.-j paille, Ljl_*_ï une paille, un fétu. 

jL^s. pigeon (espèce), JL^Lo. un seul pigeon. 

i.j fleur, rose (espèce), tï. 3 une rose. 
^^-xS action d'écrire, £_*_x_5 act. d'écrire, écriture. 

DU DUEL. 

Le duel est un nombre intermédiaire entre le singu- 
lier et le pluriel ; nous ne le connaissons guère que par 
la langue grecque. Il se rencontre aussi en arabe, et 
indique l'idée de deux personnes ou de deux choses. 



302 i oj rs 

68. Le duel se forme en ajoutant au moi singulier la 

terminaison ,1 qui marque le nominatif, et devient 

.y~: — dans les noms cl dans les adjectifs, au eus direct et 

au cas indirect. (V. ci-après, Déclinaison.) Par exemple : 

ER. Dl' Kl.. 

Nominatif. Cas dir. et indir. 

J-^-j pied, c , ' - ^J l^"\J deux pieds 

/ / / / / 

"/ / I / / / c / / / 

.^...j.-- ville, ,..;:.^..'j-^ >r xJjA^ deux villes. 

/ ' / ' 
'// ,/// t / / / 

£_; — an, j - ; — ' — (j/^-*-* - deux ans. 

/ / 

__._.' maison, tente, L o*- x -H (j-t- /L H deux maisons. 

£ ' y t . -. ; / t. = 9 / 

.j_c ennemi, ., --■- ^j-?.»---- deux ennemis. 



» -* b .s considérable, .»U-Joi ^^.aJas considérabl 



c 



es. 



♦Jbu il sait, ,_^.-x.j ils savent tous deux. 

JL\_xj il cause, ,..^J..\_.> ils causent tous deux. 

c; 

Si la dernière lettre du mot singulier est une lettre 
faible, on tient compte des lois de l'euphonie (V. ci- 
dessus, p. 262 et suiv.). Ainsi l'on dit : 

SINGULIER. DUEL. 

Nominatif. Cas dir. et indir. 

i / I ' I • c ' l '■ 

~ -i cadi, .,._...^._3 .t^osj deux cadis. 

? ' y s 

.y ,s s / t. s s / 

._.^_- bâton, j ----- ^.j-*" deux bâtons. 

y t \ y y y c y y / 

2 — s jeune homme, i-.--? c r-r~- ;: -r deux jeunes h. 
^1 père (p 1 ^!), C »L—:' \j-tj-^ deux pères. 



L^_^ rouge (fém.) . <r, t , 



DE LANGUE ARABE 303 



DU PLURIEL. 

L'exposé de la formation du pluriel est un des points 
les plus difficiles de la grammaire arabe, et l'on y a 
accumulé un grand nombre de classifications minu- 
tieuses, dont la plupart ne contiennent que des faits de 
peu d'importance, ou très rares et presque exception- 
nels. Il n'est pas surprenant qu'avec un tel système, 
qui est celui des grammairiens arabes, on ait obscurci 
la question au lieu de l'éclaircir. 

Les pluriels arabes ont des formes diverses que l'on 
peut ainsi apprécier : les unes, positives et à peu près 
constantes, s'appliquent à des espèces déterminées de 
singuliers; — les autres, extrêmement variées, n'ont 
rien qui les distingue des mots singuliers, et ne suivent 
pas de loi rigoureuse dans leur application. Les pre- 
mières seules doivent être étudiées : on connaîtra les 
autres par l'observation et par l'usage. 

D'après ces considérations, nous nous bornerons à ran- 
ger la multitude des pluriels arabes en deux catégories (*), 
dont il ne faut pas prendre les dénominations dans un 
sens trop absolu : Tune, des pluriels positifs, et 
l'autre, des pluriels arritraip.es. 



(1) Je ne me crois pas obligé à suivre l'usage, ou plutôt la rou- 
tine des grammairiens, qui comptent, entre leurs nombreuses 
classifications, près de cinquante formes de pluriels, réparties en 
soixante-neuf séries de singuliers. Une pareille complication, pure- 
ment minutieuse et subtile, n'est pas de nature à rien apprendre à 
ceux qui ignorent, et mérite a peine d'arrêter l'attention de ceux 



304 COURS 

La première renferme ceux qui ont une forme dis- 
tincte et un emploi déterminé ; la seconde, ceux où 
l'idée de pluralité, ou plutôt de collection, n'a aucun 
signe extérieur et est tout implicite. 

Beaucoup de singuliers ont plus d'une forme de 
pluriel, soit arbitrairement, soit d'après la différence de 
leurs acceptions. Les adjectifs verbaux et les adjectifs 
qualificatifs ont presque toujours des pluriels spéciaux 
quand ils sont employés comme noms. 

Il ne faut pas oublier (pie les mots pluriels, comme 
tous les autres, subissent les lois de l'euphonie quand 
l'application de la forme rencontre une des articula- 
tions laildes ', ; ou _£. (V. ci-dessus, p. 262 et suiv.}. 

PLURIELS POSITIFS 

69. Les pluriels positifs sont ceux que leur forme 
caractérise, cl dont on peut facilement reconnaître le 
singulier. 

On peut les réduire aux quatre espèces suivantes, 
établies d'après leurs caractères distinctifs et leur 

application. 

l'i; i:\ii i:\w-: KSPÈCE. — Pluiuel par terminaisons 

70. La première espèce est particulière aux adjectifs 



qui savent. Je renverrai, [mur tous ces menus détails, entre autres 
excellents ouvrages, à ceux de MM. de Sac y, Martelotto et Lumsden, 
ainsi qu'aux grammairiens arabes eux-mêmes. .Si je trace hardi- 
ment une voie nouvelle, ce n'est pas par le désir d'innover : c'est 
pour faire éviter a ceux qui étudient une route longue et pleine de 
détours, par Laquelle on arrive presque toujours trop tard, quand 
on ne reste pas en chemin. Mon bui n'est pas, comme parait être 
i des grammairiens arabes, de disséquer les faits qui n'ont plus 
de vie pour en cataloguer les fragments, mais de faciliter l'intelli- 
gence de ceux qui existent et la production de ceux qui doivent être. 



DE LANGUE ARABE 305 

verbaux, aux noms de métiers et aux adjectifs relatifs. 

— Elle a pour signes caractéristiques les finales longues 
., °- et o>- |! > substituées, suivant lesqenres, aux dési- 

nences brèves analogues du singulier . — Elle a aussi la 
finale »_ ajoutée à certains adjectifs relatifs. 

Les grammairiens donnent au pluriel par c »j- et 

99 i / 9 .. z: . 9 c y . . 

^-•'-le nom de pluriel réqulier J— u s^s-' ; ils nomment 
toutes les autres formes pluriel irrégulier ►-..~A_;J t **=.. 

DEUXIÈME ESPÈCE. — Pluriel par l'intercalation 

DE L' \ OU A LONG. 

71. La deuxième espèce appartient a un très grand 
nombre de singuliers de quatre lettres, ainsi qu'à ceux de 
cinq lettres dont la pénultième est une lettre de prolon- 
gation. — Elle a pour indices l'\ ou A long, mis après 
la seconde lettre du mot, et le — ou I après la troisième. 

— La voyelle finale ne prend pas le tanouin. 

TROISIÈME ESPÈCE. — Pluriels spéciaux 

DES ADJECTIFS ^J-cLs ET ^l_-*._.S._3 

72. La troisième espèce appartient aux adjectifs J-cLj 



(1) Les terminaisons ^m— et djV_ du pluriel dit régulier, ne sont 
que le changement en longues des linales brèves — et a_ du singu- 
lier. Ce fait a échappé à l'observation minutieuse des grammairiens. 
— Je pen-e que la finale ^3— n'est qu'une voyelle prolongée dans 
un tanouin, dont le <j_, perd régulièrement son — , parce qu'il vient 
après une lettre de prolongation (V. n° 37). La finale ^j\— peut être 
aussi regardée, en certains cas, comme la prolongation de \_: c'est 
encore un tanouin prolongé. 



COURS 

et J-r-*-? employés comme substantifs. — Elle a pour 
signes caractéristiques les [ormes sx_*_3 J 1 -*-^ J-*-s e< 



^ . ;< 



QUATRIÈME ESPÈCE. — Pluriels des noms de trois lettres, 

i I I>E QUELQUES ADJECTIFS. 

73. Lu quatrième espèce s'applique généralement auj 
noms singuliers île trois lettres et a quelques adjectifs. — 

Elle n pour signes les (ormes JL*_s J^-*-? J 1 --*-^ et 
• / / ■ 

BÉTAILS DE L'APPLICATION DES DIFFÉRENTES SORTES 
DE PLURIELS POSITIFS 

PREMIÈRE ESPÈCE 

signes : finales .,;- }nasc., oL fém., ï-, adj. relatifs). 

application: 1° aux adjectifs verbaux (participes); 

2° JLÏ.? (n. de met., n° 53). 

3" relatifs (n° 56). 

Exemples : 

M VSCUI in FÉMININ. 

Singulier. Pluriel. Singulier. Pluriel. 

iJli sachant, ', Jjll iJJli oÛIJ 

„ * , • , '> » , „ , ■ , 

,._-- — » croyant. .,..;_^»^ ^jlp^ oAj-»^ 

<s /•-* l^ •-* ^ ^ 

p, - ' / , - / " / = ' „ s ~ ' 

^]\S menteur, .,-.•' j-f i_j|J_T cX>lJ^ 



sorcier, .• , ,Lsr— a,L=s— oli'-ar— 



Égyptien, 



-J v-'-^- 



c 



••/ 



c._«2_2_a. H'afs'ide, .»^_*ajL». Lwo.fla oLwwi.ft.î> 



DE LANGUE ARABE 307 

Les adjectifs relatifs indiquant le rapport à un pays, 
une secte, une raee, se mettent aussi au pluriel par la 
simple addition du s, lorsqu'une idée de généralité 
n'expose pas à les confondre avec des féminins singu- 
liers. On dit : 

Singulier. Pluriel. 

—g : -> hanafi secte), ï_._i_L^ les hanaii. 
o_CJLp maleki, id. Ll_xJL>> les maleki. 

"-' s s " s / 

- ! ' c ' '' = i ' c ' 

-jLdJLc ottoman, *_*_>L*ji_o ottomans. 

Un petit nombre de substantifs et d'adjectifs ont 
arbitrairement les terminaisons , — et C^i- : 

MASCULIN. FÉMININ. 

Singulier. Pluriel. Singulier. Pluriel. 

. >-> î (i) fils , . , ,_;_> cJu oLlj 

~ v-3 joyeux, ^y-^j-*. *^V? ^'-=v-? 

)Lc monde, .tj-*JU (sans féminin). 



i 



DE LA TERMINAISON 



74. La /îna/e ot- foin/ qu'appliquée généralement 
auxpluriels féminins, caractérise aussi d'une manière 
absolue le pluriel : 

1 ' De la plupart des noms terminés par » »! et _-"- ; 

il) Le mot ^»->\ est pour ^~^~> (V. n° 42); de même que son 
féminin Cl^— ^_> est pour k*_^_.> puis JL_A_>\. 



108 



2 Des noms d'action du verbe dérivé; 

i! Des mots étrangers ; 

i Elle s'ajoute aussi à certaines formes absolues de 
pluriel dont on veul restreindre l'idée; c'est ce qu'on 
appelle pluriels île pluriels. 

En général, elle s'emploie dans les mois arabes ou 
étrangers auxquels, par défaut d'analogie, on ne peut 
donner l'une des autres formes de pluriels usitées. 

Exemples : 



Singuliers. 
s\;_i incursion. 

j\ -l-s». jardin. 

. i_^_w ciel. 

A^Jl£-o discussion. 

^_i^_ia chemins. 



Pluriels. 

. - .1 î -. 



iuguliers Pluriels. 

.Xjo bouleversement. djLv.lij 



qIax« ( ramad an. 
l—^oL^ pacha. 
j\„-i,=>. officier-général 

s-' y 

Pluriels de pluriels. 



jLâU, 



missives. 






maisons. 






Vl_£».. hommes. 
IUI XIÈME I SPÈC1 Pluriel par tM 

signes: I" intercalation de I'- (A long) après la 
deuxième lettre du mot singulier; 

2° emploi du — (son d'I après la troisième 

lettre ; 

3° absence du tanouîn. 

application : A la plupart des mots singuliers de quatre 
lettres, et à ceux de cinq lettres dont 
l'avant dernière est une lettre de pro- 
longation. 



DE LANGUE ARABE 



309 



Cette espèce de pluriel est la plus nombreuse dans ses 
applications. Ce fait est resté inaperçu des grammairiens. 

Les deux premières lettres du mot, dans ces pluriels, 
ont toujours la voyelle — (A). Toute lettre de prolon- 
gation venant après la troisième, qui a le — , doit être 
nécessairement un ^_£. (V. les règles d'euphonie, p. 'H')'l 
et suiv . i. 

Le s final d'un singulier ne compte pas pour une 
lettre, et ne modifie en rien la forme du pluriel ; on le 
retranche toujours, quand il existe au singulier, et on 
l'ajoute quelquefois à certains pluriels. Exemples : 

Singuliers. Pluriels. Singuliers. Pluriels. 

v_ — !Ls> moule, forme. vJ^J\_^_à A_a_^_s vaste région ^_z\S.-s 

de sable. 

£\J-J^° Id. AsT° 

lA-^^-^o^o calamité. v_^_3L^iyo 
oU»^-»*> sultan. -...^-.k^Lvo 



S siège, chaise. **i\j£ 



^volr». bu l'Ile. jA*j^U-a. 

X-^-^l.'S disciple. i Jo*-^»SL-> 

(Si le s" s'ajoute, le ^ j a_L-*\}_> 
se retranche). 




r*-r 



chapelet. 



>Lvwo 



C5"" 



_.> _»»a marocain. 

.1 :*. autocrate. 

C_33-3^-=>- boutique. 
dj^-**--> puce. 



iÀ_J . LsLo 



8 t-A. 






310 COURS 

<f / l : ''' / c 

0d peut ajouter le mol pluriel ou collectif .uaJsl (JU-s') 
ongles, griffes, qui prend une double forme de pluralité : 
.- s h\. Quelques autres mots se trouvent dans ce cas : 
»— ' nom. plur. U— \, plur. de plur. f — -J On a vu 
plus haut (p. 307) «pie la forme la plus commune des 
pluriels de pluriels est la terminaison oî— 

Les Arabes confondent le pluriel par ' dans les t/ua- 
torze formes suivantes : J-jL*-? — Jl*_s — J--^--? ~ J^j? 

- jjlii - jj& _ LÙLo - j^L»f - S-^ - j-clii 

— J_^La_> - LUlXï - JxUu» - ,y*Aju> (1). 

w " / • / ' " • ■ 

Fi H: Ml'. (il_»_a 

On peut rattacher celle espèce de pluriels, usitée dans 
quelques mots, à la forme précédente. Elle ne diffère 
que parce que la troisième lettre est suivie d'un — (A), 

au lieu d'un — . En voici quelques exemples : L>j,.z don, 

/ " / 

pi. '--.'--*; - _->•-'" sentence, pi. ^jI-xj; — J?— )-\ 
siège, pi. -~ p. On l'applique aussi à quelques adjectifs 



1 Dans L'exposé des pluriels, les grammairiens arabes ne se 
soiil 'irrêtés qu'aux formes qui caractérisent la nature des mots, 
en perd an I de vue ce qui marque la pluralité: ils ont divisé en 
quatorze espèces un pluriel unique dont ils n'ont pas aperçu les 
iudi I ints, el ne se sonl pas doutés qu'ils consacraient 

quatorze fois la même chose. C'est comme si chez nous on préten- 
dail conquérants, appréciables, etc., sont autant 

de formes différ ntes ■!" pluriels, parce que ces mots sonl de natures 
diverse M de Sacy, qui le premier a débrouillé le chaos de la 

a pr nti l'analogie de ces formes, et les a réduites 

fories. 



DE LANGUE ARABE 



311 



/ ~ 



de la forme .,--*-? sans tanouîn) : .^S—> ivre, pi. ^$.\SL, 

/ / 9 9 ' ^ / / / S 9 / G / 

(et 3y^—)\ — J^^ agile, pi. J>U= ; — j'-^-j repen- 
tant, pi. ^tU (i). 

TROISIÈME ESPÈCE 

~ ' S 9 " = 9 " = * ~ / 

signes : formes ;-._*_3 — JL*_a — J--*-? — ï^L*-3Î. 

l I y 

application : à un grand nombre d'adjectifs J-oLs et 
surtout J-:-*-? employés comme noms. 
Exemples : 



Singuliers. 

« 11 s. savant. iL^._l_. 

-_£l_*o poète. ^U_3i_* 

/^ — ' t 

tA-a-d^L lieutenant. A_a._X_à 



ance. i 



Pluriels. Singuliers. Pluriels 

Z*-Ul-£. ti 

_^_- JaiL orateur. * 

« jLS endormi. 

^..jLia soumis. 






e- a 



(1) La forme (J.LsLs peut être d'autant mieux rattachée à la 
grande série des pluriels par l'\, que. la plupart des mots auxquels 
elle s'applique ont aussi l'autre forme. — On dit aussi bien aLX_s 
que ^£o,l_^_3, — ~^AyS que -«j\.._S', etc. Le — parait n'avoir été 
substitué au — que pour l'euphonie dans certains cas . Quant 

au y adjectifs o^— *-$ , dont la voyelle finale n'a pas de tanouîn, 
on peut observer que le ^ qui les termine n'est pas compté pour 
une lettre réelle, mais comme une espèce de tanouîn prolongé. Ce 
qui peut corroborer cette opinion, c'est, d'une part, que les adjectifs 
■J^.-s.-'i i acec tanouîn n'ont pas cette forme de pluriel : et, d'autre 
part, l'observation que j'ai faite a la note de la p. 305, sur la 
prolongation du tanouîn. 



312 



>/v_--«— à-â doc t r en droit, fL-^-ia 
. à_s pauvre. A ,_b_3 



_SLa. chef. 



? L5L^ 



=~ ami, iL-âLa».! 

Jo médecin. i\ Z-b\ 

_i riche. iL> Li\ 



La forme bL*_j! s'applique parliculièremenl aux 
adjectifs J — *-s venanl d'une racine sourde ou dêfec- 
tueuse. 

ni \ ll;li;\li; ESPÈCE 

signes : formes J 1 -*-? — Jjr*-r — J'-- 51 -?' — AJjijI. 

application : 1° aux substantifs de trois lettres en 

général ; 

î' i " 'i 
^ a quelques adjectifs J---3 — J_„_x_3 

Observations. — La forme LLx-sl est plus spécialement 
employée pour les singuliers J~»-? et Jj-*-? venanl 
d'une racine sourde ou défectueuse. — Quelques noms 
singuliers, notamment le nom d'action du verbe à la 

3 e forme, ont aussi le type J'-*- ? . 
Singuliers. Pluriels. Singuliers. Pluriels. 






maison, tente. 



O-^ ->. milice, légion. ;>^_>L-r». 

^ ^., homme. ^Jl_2».. 

t ,'t* . >'. : 

-\_jj_s, morceau pièce. ci j, 

tt ! I i 

Jys^Xs. contrepoids. J\a_s\ 



Singuliers. 
i ^_>3 loup, chacal 

J-J^-l» long. 

1} j-jl-cjô repentant. 

p'i— ï i our - 

>_!->— >._>o mort. 
,_AaU protecteur. 



DE LANGUE ARABE 

Pluriels. Singuliers. 



I! 



1-5 \ 



^ 



jiX— s ennemi. 
_1_-**; ancêtre. 

<_î vers (poésie). 

_X_£». aile. 
_vL_£ bride. 

aL^o\ imam. 



313 

Pluriels 

i' ^ » > 



Les pluriels de la seconde, de la troisième et de la 
quatrième espèce,, appliqués aux adjectifs, s'emploient 
«ans distinction pour les deux genres. De même que les 
pluriels arbitraires ci-après, ils sont en général, pour 
les substantifs, considérés comme des noms de collec- 
tion, et comme tels mettent au féminin singulier les 
verbes, les adjectifs et les pronoms qui s'y rapportent. 
Il en sera question dans la syntaxe. 

'. s \ t s 

Les adjectifs J— *-3 et JU*-? sont quelquefois employés 
comme singuliers et comme pluriels. 

Pour résumer la théorie des faits qui précèdent, nous 
allons exposer dans le tableau suivant le rapport des 
formes des pluriels positifs avec les singuliers qui peu- 
vent les admettre. C'est un document qu'on pourra 
consulter au besoin. 



(I) On a vu. ilans la note de la p. 311, la dilTérence, pour le pluriel, 
.des formes ^^L-s-s et ^\L_s_3 avec et sans tanouin). 



i m us 



RAPPORT DES PLURIELS POSITIFS AVEC LES SINGULIERS 
ET RÉCIPROQUEMENT 



CAR VC1 1 RI S 


\ Mllil ET FORME 


FORMES 


N \ Tllit. 


1. 1 FORME 


^ 1 1 OnMES 


in s SING1 I.IEBS 




iiks SINGI in ilS 


a. -s plui iels 


auxquels ils s'appliquent 


DES PLI Ul II S 


auxquels i 


s s'appliquent 


PREMIÈRE ESP1 1 i 


QUATRIÈME ESPÈCE 


ctifs \ erbaux. 


substantifs 


adjectifs 


i / relatifs. 

quelque i n irns el a Ije Ht-. 


1 




o^*? ~ * 


\ 


1 J-*3 

1 * 




is_ 


adjectifs relatifs. 






J-*-? 


n. terrain, par s A ^_ 








', n. d'acl . des \. dérivés. 




J\_1as 




' il noms étrangers. 




" c'i 


rarement à qq . 


s'ajou te aussi à qq. pi. 


J^-k.? 


J- a3 / 


adj. J-»L* 


DEUXIÈME ESPÈCE (Pluriels par \) 








Mots de quatre lettres. 
\_ apr. la 2 e 1. 

. .,„ i — de cinq lettres, dont 
— sous la 3 e . 

/ 1 av.-dern. esl un 

Pas de tonoon. lun^ouun^ 






J-f* 




1 " /' 

1 J-** 


J-~*? 


TROISIÈME ESPÈi l 




" , 




Formes : ". , 

V s>" £ ^ 

/ ^j.^.a.3 1 adjectifs employés 






y 




JU3 


J^f? 




\ 'M 




omme substan- 


;, / 


dérivés d'une i 


J *-*-* 


J_ C U \ tifs. 


iA_l_-a_3 \ 




racine sourde 


jJLa 


lÀJlfila 




nu défecl ' . 


j£\L*4i 


J^*î 


veaanl parlicul 1 
; ic sourdt 
■ m défectueuse. 




J**? 





DE LANGUE ARABE 315 

PLURIELS ARBITRAIRES 

75. Les pluriels arbitraires sont ceux dont la forme 
n'est pas distincte de celle des singuliers, — ou dont l'ap- 
plication est soumise à des causes cariées et peu précises. 

Pour éviter ici de longs détails qui ne seraient que 
minutieux sans être utiles, je me bornerai à signaler ces 
pluriels à l'observation. La liste suivante, sur laquelle 
on pourra jeter les yeux de temps en temps, permettra 
de se familiariser peu à peu avec les pluriels arbitraires 
et de les reconnaître dans la pratique. Les exemples 
ci-après ont été choisis dans toutes les applications. 

EXEMPLl s 

Formes 
des pluriels Singuliers Pluriels 

*. » . .V chose précieuse. k asH 

j^-iJ autre (fém.) l_ll 

i_j^_3 bourgade. _- v _,l 

"> / ' — V 

L-Ls^ barbe. {^J 






y ,L_x_S livre. 

J I j._j occiput (du cheval). 

X_A_jj._* ville. 

j_j } ,_j m o n i t e u r . ' j_i 

' j 

Jj— j apôtre. J_^ 



t r ■ r 



316 cours 

Formes 

des pluriels Singuliers Pluriels 

^ J_*_ÎL1 1)1 ((SC. 1 

ÎJJ ) ~, c , y rouge. *J_^ 

v L5_j aiguillette. *iXCj" 

Ljlst^ épreuve, malheur. :.r- srja 

. 6. o-l-rs anneau. ^_i_l_^ 

'" x_i / Jjli chorchant. lA± 



/ 



',"1 



V. / 



„ \ 



Ï 1 . . \ W 



I 



C 



s / / / 



JJLL étudiant (D. i_JLi, 

■ / 

s*_»L_j vendeur. a_^1_j 



> --? cadi. sUzlJ 

/ p^j berger. HLsJ 



ili singe. ioCa 



~.ftj mari woiiju.v). *-=?-3\ 



; — > cruche. s: *_T 

r _^_^ branche. i._;_^-s 



M Le mol i •vi'Ja veui dire 7'" cherche (la science). Il signifie un 

lianl qui perfectionne des études élémentaires. Kn Algérie, on 

intiers le nom do tâleb h tout individu sachant un peu 

lire • ' esl synonyme de lettré, ou homme instruit, ce qui 

u'implique pas toujours une connaissance réelle. — Le pluriel 

1 indique la catégorie la corporation. 






DE LANGUE ARABE 



317 



Formes 
des pluriels Singulier; 



f / t 



frère. 



g-azelle. 



^bLi garçon. 



Pluriels 



°J-= 






j 



L=s. voisin. 



I_*-~o petit enfant. 



.. / <~ 



c 



,bU_3 



.La souris. 

.L_a. voisin. 

~' frère. 
C 

JU-i gazelle. 

>iLc garçon. 

ja_)l_3. mur. 



enfant. 



?L~ — j femmes (col/. 



c'" 












, ^.1-3 cavalier. 
jJL> ville. 






U 



[)SJJ 



.c, pain mince et rond. .J-f-* 



c' • J 



Formes 

uriels Singuliers Pluriels 

LaH mer. L.i-' 1 

LL* oôte. JLLJ 



c \- coudée. & ^ 

.,_--- d'il, source. .»~r~- 



j._._s esclave. 



U 



\ 

,i_*_a. âne. 

- -^ pèlerin delà Mekke. 



->*-? \ 



« / 



^ 



v_^_"_* mort. )1_^ 

) ^,\J._> succombant. .\_.1_j- 

-' i , / . . / c. / 

f w&_»_aJ sot. c .i_.v_^ 

^L-^i irrite. ^--^ 

\ * ' oncle (paternel). 



I 

1 < 



oncle (maternel). SL)«»-a 



yJs-^- pierre. s.Lâr-^ 

' / \ ' /i / 



/ 



J^'...l compagnon. 



DE LANGUE AUABE 319 

On peut ajouter à tous ces pluriels, ou, pour mieux 
dire, à tous ces collectifs, les formes suivantes, dont 
quelques-unes présentent des analogies que l'on saisira 
facilement : ■ 

ï_;_~, année, plur. )y s , et ,.,_,_; . 

A mère, o'-fr-^ I (jpl. par o'-) 

*U eau. , , , , 

— ? bouche. 5 'j-?J (J '-*-?') 

Le mot .Loi (..i^jL») homme, fait , -UI (JUj) et 
par contraction ^Lj. — Le mot s)*-*) femme, tire 
son pluriel d'une autre racine et fait ?L~ J (racine c ~3, 

ou plutôt jw) forme jl-*-9, ï*-~J (LL*j) et ,iL-».i 

Les mots composés de plus de quatre lettres (non 
compris le s) forment ordinairement leur pluriel par l'I 
intercalé (n°71) et rejettent les lettres qui dépassent 
l'étendue de la forme J.jLx.3 ou JJLxj. Ainsi J-^^a— 

coing, fait -.-*«-; o^-î^-s araignée, fait w^ulç, etc. 

Quelques mots ont deux ou plusieurs formes de plu- 
riels, soit arbitrairement, soit à cause d'acceptions 
diverses qu'ils possèdent. Tels sont, par exemple : 



320 COURS 

y^&s. temps, siècle ou époque, <pii fait ai1 pluriel ,-■--- 

1 — ^-- bâton, pluriels : .~as. — ^j — ,a_&! i LjLsI) 

-r — - (»'//, soaiee, homme notable, etc., pluriels : v - --' 

fi./ / t c • * t t 

j — ; serviteur, esclave, a les pluriels .,<.--*.:. — j....- 

-' ' - ! r ' I "|, / " _' 

( j / | s y i / s c • "T/fc/ 



<s / / 






*'\X\ \\\1 



/ s 



Je n'étends pas plus loin ces exemples, dont le déve- 
loppement est du domaine de la lexicologie. 

§ 4. — De la déclinaison et des cas 

76. Les substantifs, les adjectifs et même, par ana- 
logie, l'aoriste des verbes, se déclinent. 

Les signes de la déclinaison ont déjà été indiqués ci- 
dessus (V. p. 76). Nous allons en démontrer les effets. 

Les noms que prennent les voyelles désinentielles 
indiquant les cas, viennent des cas eux-mêmes, qui se 
désignent ainsi : 

NOMINATIF «—?}-' 

CAS DIREI I v-AsaDl 

cas indirect (gen., dat., abl.) j n* -v - , l 



DE LANGUE ARABE 321 

D'après ces appellations, un mot au nominatif est dit 

f > C / f 9 O / • 1 • 

p^_3 t _*; au cas direct, ^~^_* ; — au cas indirect, 

77. L'aoriste du verbe n'a que deux terminaisons par 

les ro //elles : 

1° par le — pour l'indicatif; 

2° par le — pour le subjonctif Y. p. 242). 

78. La déclinaison arabe a pour caractère spécial les 

trois inflexions pour les mots déterminés. — Le 

tanouin (p. 77) a lieu dans les mots indéterminés. 

Par exemple : 

Déterminé Indéterminé 

NOMiN. J-^-V l'homme. J-^, un homme. 

CAS D1R. J-^'J' » --^, » 

CAS IND1R. J-=M-31 » J-^i »> 

APPLICATION 

Déterminé 

Li/J' eL». /'homme est venu. 

J^.J-3! ^-V< j'ai vu l'homme. 

w l_^l ( L> sJl-'j*-^ j'ai passé près de /'homme. 
s 

Indéterminé 

J..^.. eI_=». un homme est venu. 
~L^ , -JUoi. j ai vu M/i homme. 
J-k ^j Oi v- j j'ai passé près d'un homme. 



322 coi rs 

Gomme on le voit, la déclinaison est essentiellement 
triptote, c'est-à-dire à trois inflexions. 

79. La plupart des noms et des adjectifs, tant sinqu- 
tiers quepluriels, se déclinent comme j-^j 

Néanmoins, un nombre assez considérable de mots 
ne prennent pas de tanonin quand ils sont indéter- 
minés et conservent au cas indirect la finale — du cas 
direct. Ils sont ainsi diptotes, c'est-à-dire à deux in- 
flexions. 

DES MOTS DIPTOTES. 

80. Les mots diptotes sont ceux qui, dans l'état indé- 
terminé, ne subissent pas le tanonin ; ils n'ont que les 

(leur in /Icrions : — pour le nominatif, et — pour le cas 
direct comme pour le cas indirect. Quand ces mots sont 
déterminés, Us détiennent triplâtes comme les autres. 

Par exemple : 



Indéterminé. Déterminé. 



/ / . <■' 



NOM . 



i\jJ>-5 pauvres. jL-LL)) les pauvres. 



CAS D1R. V ~ / , p ' ^ijjJI )) 

CAS IND1R. \ y~-z.-) \ » 

Ainsi, dans l'acception indéterminée, on dirait : 
u-a_9 _ ^ il est venu des pauvres. 
_, / v \às\ il a l'ait entrer des pauvres. 

As jj-^oJ' il a fait l'aumône à des pauvres. 



Dr LANGUE ARABE 323 

Et dans l'acception déterminée : 

L_i_sJ ! eUw les pauvres sont venus. 

sL-i-aJ! J=OÎ il a fait entrer les pauvres. 

J.-à.a. ) i ^Js ^j.j.^z.s il a tait 1 aumône aux pauvres. 

On peut remarquer par ce qui précède que la décli- 
naison est très simple. 

81. Les mots essentiellement diptotes sont les suivants : 

1° Les pluriels par l'j (n° 71) : 

2° Les mots terminés par si indépendant de la racine; 

3° Les adjectifs l_x_2 ! ; 

4° Les adjectifs singuliers i-L*-? et les numératifs 

5° Les noms propres en général,, ou les mots em- 
ployés comme tels. (V. dans les diverses formes, celles 
qui n'ont pas de tanouîn). 

Quelques noms propres, par exception, sont triptotes 

X = / ' * c / / / / f c / > / fc 

comme a*=s^ — j._j • — ,. r ~»^ — :-r* Ma ' — J-i-», etc. 

Les Arabes déclarent systématiquement diptotes les 
mots terminés par j:_ (al if bref) non radical. Comme 
ces mots n'éprouvent pas de changement réel, je dirai, 
sans recourir à aucune subtilité, qu'ils sont indéclina- 
bles et qu'il n'y a pas lieu de s'en préoccuper dans 
l'étude i 1 ). 



(1) Les Arabes qui se plaisent a accumuler les détails, au risque 
d'obstruer la voie des principes, considèrent les mots des formes 

^.«.s et ,J,l».9 comme diptotes, bien qu'ils soient invariables aux 
trois cas. — Ils disent que la déclinaison de ces mots est virtuelle, 



A2.\ COURS 

Les mots venant de racines défectueuses, c'est-à-dire 

dont la troisième lettre est un - ou un _-, et i|iii sont 

• • ' i ' 

termines par __"_ comme ^-v..*. ,...c:, etc., sont consi- 
dérés, à cause /lu tanouîn, comme de la classe des mots 
triplotes . néanmoins ils sont indéclinables par les 
mêmes cuises que les précédents; ils perdent seule- 
ment leur tanouîn quand ils deviennent déterminés, ce 
qui est la loi générale. 

Les mots terminés par c_ perdent celte lettre quand 
ils ont le tanouîn. Le — se conserve, pour cause d'eu- 
phonie (n os 37 et '.V.h, aussi bien au nominatif qu'au cas 
indirect. Le cas direct est régulier. Exemples : 

Indéterminé. I déterminé . 

nomin. -L.3 un cadi.' ,.^LiJI le cadi. 

CAS 1)1 H. ' csli )) ^sLàJI )) 

" / sJ> / 

CAS IND1R. pLà j^sUJ) 

nomin. y...-) des nuits. JA-JJ' les nurts. 

* " / " 

cas mu. JU » JL..LM » 

CAS i.ni un. JLJ » J>W^' B 

DE LA DÉCLIN U50N DU DUEL 
ET DES PLURIELS RÉGULIERS MASCULINS ET FÉMININS 

82. Les duels et les pluriels réguliers masculins et 



c'est-a dire sans indice extérieur; mais c'est la une pure subtilité, 
parce '|'"' La cause de l'invariabilité vient de l'impossibilité eupho- 
nique 'I appliquer à cette terminaison le — ou le — (V. ci-dessus, 

i 39), el cela revient à dire <{w ces mots se déclineraient 
s'ils n en étaient empêchés. 



DE LANGUE ARABE 325 

féminins déterminés et indéterminés, n'ont que deux 

in flexions dans leur déclinaison. 

DÉCLINAISON DU DUEL 

nomin. .^-^, 2 hommes ou .,bL=4)l les 2 hommes 

CAS DIR. («.<,/ i<, 



CAS IXDIR 



i cr : 



jl=». , 



On remarquera que la déclinaison du duel s'opère par 
le changement de 1 M du nominatif en ^j- aux autres cas. 

DÉCLINAISON DU PLURIEL MASCULIN RÉGULIER 

nom in. , i _^_-.-- » ,j..-j.J! les croyants. 

CAS DIR. \ / i 

CAS INDIR.' c "/^ 



croyants, ou .>•;-'- -^-*>- 



La déclinaison du pluriel régulier a lieu par le chan- 
gement du j du nominatif en ^:_ aux autres cas. 

DÉCLINAISON DU PLURIEL FÉMININ RÉGULIER 

nom ix. ^[jj»y croyantes ^\jj>jJ\ les croyantes. 



CAS DIR. [ ./ % ' ■/ *> L . 

CAS1ND1R.' / 



/ S* 



Le pluriel féminin régulier ne prend jamais le — : 



C'est ainsi que Dieu expose clairement ses signes au 
monde (Cor. ii, 183). 

J'ai fait observer précédemment (p. 305, note) que le 
pluriel régulier, tant pour le masculin que pour le 



326 ' oi R8 

féminin, paraît être formé par le changement en lon- 
gues des désinences brèves <lu singulier de chaque 
genre, .rajouterai ici < i u» 1 la déclinaison du masculin, 
qui a pour caractères les sons, el _-, semble être une 
application, avec les lettres longues, de la déclinaison 
ordinaire. On n'a pu employer r' au cas direct, parce 
qu'il se serait confondu avec le nominatif du duel. 
Quant au féminin, il esl facile de reconnaître que sa 
déclinaison esl basée sur celle du masculin. 

83. /.'' .\ qui termine les mots un duel et au pluriel 
masculin régulier, se retranche quand ces mois en régis- 
sent d'autres. (Les numératifs de dizaines no perdent 
pas le ... parce que, dans la plupart des cas, ils ne régis- 
sent point i. Ainsi, l'on dit : 

), c ■> •) ^"V 

Lesdeux garçons de Zeïd m'ont apporté vingt dirhems. 

Je lui ai payé deux mille dinars. 

deux qui pensenl devoir rencontrer leur Seigneur 
(devoir cire les rencontrants de...) Cou. ir, 43). 



/ c ' t . ' \\ '\ \ '. ' ' '* < 
Les Béni Açad oui écrit aux Béni Yah'ya. 



1) Le a du pluriel ne peut terminer seul un mot : l'usage est de 
le faire suivre d'un I orthographique. Quelques uns ajoutent aussi 
cel \ après un « radical terminanl des mots singuliers, mais il est 
plus correct et plus rationnel de ne te mettre qu'au pluriel seule- 
ment. Il se retranche devant les affixes. 



DE LANGUE ARABE '.)lt 

84. Les mots ^i père, ~\ frère, *^ beau-père, i> 

utérus, réduits à deux lettres par des causes d'euphonie, 
se déclinent arec les lettres de prolongation quand ils 
régissent un nom ou un pronom. On dit : 

nomin. ---> ; ~-y le père de Zeïd. <JJ\à.\ votre frère 

(sing. 



CAS D1R. J_j i ; Lj ! )) iW" Lk' » 



CAS1ND1R. 3_Jj ç j] )> ^_tX.^I )) 

' / / 

> ■ / 

Le mot 3 ï qui a, qui possède, fait aussi -i, lis et s _ 
Le mot *_3 et *-3 (pour >'„.?) bouche, fait *?, 1-3 et o 









Xe pouvant plus maintenir fermé avec la main l'orifice 
d'une outre pleine d'eau qu'elle portait sur ses épaules, 
une petite fille appela de loin son père et lui dit : 

«Mon cher père, retenez-lui l'orifice (litt.sabouche); son 
orifice m'a vaincu, je n'ai pas de force contre son orifice» . 

Il y a deux mots qui se déclinent doublement, ce 

sont sy-^ homme et *— '-f^ fils (ce dernier est très rare). 
La voyelle désinentielle entraine, par euphonie, celle 
qui la précède, et lui communique sa forme et sa valeur. 
On dit : 

nomin. ->-- J homme. *_x_j ' fils. 

C AS 1NDIR . ! v---- ' » La-J-J I )) 

CAS D1R. Çf-*\ » %_!_)! » 

L'oreille saisit facilement cette particularité. 



COURS 

Les mois ~> musc, et '— ( o [cm., qui signifient /cm* 
<lcur. se déclinentà la manière des duels, s'ils sont sui- 
vis d'un pronom afflxe, el font : çJ^ el ç^JlX 

Les Arabes nomment _•>_*_-- lout mot déclinable 
suivant eux. et -— — j le mot indéclinable. 

Ils nomment ^_- v--^---' le mot quia les trois inflexions 
(triptote), cl qui a par conséquent le tanouîn dans 
l'indétermination; - el o~e_x_/> ,_~_s le nom diptote, 
ou à deux inflexions et sans tanouîn. 

SECTION QUATRIÈME 



l t II 
l>KS NUMERAT1FS (^J_*_V d_*_wl) 

§ 1. - Numératifs cardinaux 

85. £es numératifs cardinaux sont .• 

l NITÉS DIZAINES 



Masculin. Féminin. 



/ 



un, une. 



; ,UJ1 .111 Jl deux. 



-<• / / / 



LBJi (2 X»1j' trois. 



I es noms de dizaines, de trente à qua- 
tre-vingt-dix. sonl les n s des unités 

correspondantes mis au pluriel régulier 
maseniin pour les deux genres. Ils se 
di'vlinenl '-n Iciul «•iiiimie ce dernier. 



..->---- vin -t. 

/ ' /\ / 

, o_jjU' trente. 



1 Le mot (jjU.J>\ (fém. tjjLXJ._s après un nom au duel) est une 

espèce d'adjectil au c/uel : il subit toutes les particularités de ce 
nombre [V. p 

mol J^U-J" et ses composés s'écrivenl souvent J^J3 sans 
'1 alif (V p srvatioa sur le retranchemenl de cette lettre). 






DE LANGUE AltABE 

y ' /ci 



329 



quatre. I ^j-^J quarante. 



~.,s_^ cinq, 
fl) JLw-, six. 

«_ . — sept. 



* — iL^j- .2. L*J huit. 



-L_j" neuf. 



/ c / / 



^ — .^ cinquante. 
; — soixante. 






soixante-dix. 



r-^-^dix. 
Zéro se d i t r _i — = un rien, un vide. 



■ )j-^*-*-> quatre-vingt. 



, j_«-»j - quatre-vingt-dix. 

(Ces mots conservent ordinairement 
le O final devant les noms qui les 
suivent). 



86. Z>e o/^ à dix-neuf, ils sont indéclinables : 



Masculin Féminin 

' S ' ' ' f <. c / / c. , 

r-^-c j_^i »jL-fi .çjlsJ tl 



- lli-l _ 



/ / / / 






lAii-3 



a-J .1 U 
/ c / 



Masculin 



/ . / z. 



/ 
/ / c 



Féminin 

«i ô—, 1G 
/ 

s c / 

c • 

j'-Lj- 18 

~ — / 

/ 

«— — j 19 



(A la 
dta: 

du 



lettre : urt-dîa;. sept-dix, huit- 
comme nous disons : d'x-seot 
/nui, etc. i 



d) Le mot C,^ est une contraction euphonique pour 
est sa véritable étymologte. 

(2) U-J est pour ^U-i' il se décline comme J,Li 



qni 










87. Les unités jointes aux dizaines s' expriment ainsi : 

,, [ .*- r J I_^j vingt-un. 

__j..iJ vingt-une. 
_• &J ? ' _ , ULi 1 trente-deux (muse.) 

.,•*-*_> .L ^'-U quarante-trois (fém.) 

< est-à-dire un, une w vingt; deux r/ trente; trois ef 
quarante, en énonçant Jow/oursTunité avant la dizaine. 

88. Les centaines s' expriment par le nom féminin 2jU(1) 

" / 

CEN'I OW CENTAINE, précédé, s'il y a lieu, des noms fémi- 
nins des unités, après lesquels, pur exception, il reste au 
singulier - . Ainsi, Ton dit : 



Lj ._.-- cent. 



._;;__> _* deux cents. 



- .- _•-..:- trois cents. 



_ _-• se — j , ' quatre cents 
_.• ._-- ~_^_-v cinq cents. 



L_i ._.-- ^~. six cents. 

,j^_>L^ «._, — . sept cents. 

i i / < , • 

_.'..-• jUJ' huit cents. 



L_)'._p ^*«.j' neuf cents. 

(Le mot <*J>Lo ne se mel au pluriel 
i|ue lorsqu'il signifie descentaines . 



1 Le mot A— >1_j« est de la forme A._i_«._s et peut s'écrire <L^-^sa; 

"ii rencontre aussi <^_A_» pour À.-.^.^. — L'expression 3ol o ou 

.'.-^-^ étant la plus rationnelle, je l'ai adoptée ici. 

2 Le iioi <**_>Lx a les pluriels i^-^e, O^-*, ^5^ et ^^-S-^. 

3 On peul réunir le nom de l'unité et celui de la centaine eu un 

un si rire <^_>l_«_ £_LJ> iro/.s cent.*, cela ne change a 

rien à la condition respective de ces deux expressions, dont la pre 
mière place la second* au cas îhdirecl . 



DE LANGUE AliARE 331 

89. Les quantités de mille s'expriment de lu même 
manière. par le nom substantif *Sjô\ mille OM.miJlier. 

// a pour pluriel habituel _-V et quelquefois _- — ' '. 

On dit : S~-^ mille. 



deux mille. 
_^< LJ^Lï trois mille. 






^SM i_x_/,' quatre mille. 

LU! ..^i^c Li — , vingt-six mille. 

, &J ' 4-J U» ce n t m i 1 1 e . 

a_J! '._:_•'._.* deux cent mille. 

Un million s'exprime par v_s.J! s_J1 un millier de 

mille. 

90. Le numéralif cardinal se place généralement de- 
vant le nom ; il le régit au eus indirect et le met au pluriel, 
de trois a dix seulement. (V. ci-après, Application). 

A partir de onze jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf, on 
met toujours le nom au singulier ' et au cas direct 
indéterminé. 



1 Cela tient a ce que, de trois a dix, les numératifs des unités 
sont considérés comme des noms spéciaux de quantités détei mim es, 
et qu'ils signifient un trio, une quartaine, etc., de telles choses; 
comme nous disons une huitaine, une disaine de.... — Au-dessi s 
de dix, les numératifs cardinaux sont censés exprimer des quan- 
tités abstraites, dont on détermine la nature par un mot singulier 
indiquant toute l'espèce; c'est a peu près comme si l'on disait chez 
nous : il y en a orne, etc., en homme, en cheàal, etc , c'est-à-dire de 
l'espèce homme, checal. 



332 coi rs 

Après li v mol .>—'._-• on se sert du singulier au cas 
indirecl . 

I OBSERVATIONS 

Un l'ail digne de remarque, c'est que le >', signe ordi- 
naire du féminin, caractérise le .masculin dans les 
numératifs d'unités, de trois ii dix. 

Le numératif se rencontre quelquefois après le nom, 
comme une espèce d'adjectif qui s'accorde en genre et 

en cas. On peul dire, par exemple : o"^' — . *-J' - ^ 

o-i-j il lui a écrit Irais épltres, à la lettre : il lui a écrit 
épitres trois. 

Les mots JoJ. el »*x=J« signifient particulièrement 
un seul, une seule, et ne s'emploient qu'après le nom, 
comme adjectifs. On dit : a».L Jis.. un seul homme; 
>-'-V_ > »-- une seule femme. Lorsqu'il s'agit d'expri- 
mer d'une manière indéterminée //// être quelconque, 
sans une idée spéciale d'unité, on se borne à donner au 
nom le tanouîn de l'indétermination (p. 76). 

Le numératif ,'._.._y' et son féminin, lorsqu'ils n'ac- 
compagnenl pas un nom de dizaine, s'emploient après 
le nom comme adjectifs, mais rarement, parce que le 
nombre duel, qui exprime l'idée de deux objets, les 
rend inutiles, et ne les admel en certains cas que par 
pléonasme ou pour la confirmation de la dualité. Par 
exemple : 

I / .-. I „ I ' .1 ■ \ / \ ' ■ \ 

Il l'a acheté pour une double centaine de dinars; je 
dis : double. 



DE LANGUE AHABE 



333 



APPLICATION DES M MER ATIFS CARDINAUX. 

sL_^l (l) sLa. Il est venu une femme. 

' t / < ' / 
.,-_^, J— ^ Il est entré deux hommes. 

.LLj'1 *J ,Lf II en avait deux. 



' ^i 



U 



.—i_îl JL_> , _jLJU a_;._* i^Li II le lui vendit (2 



pour deux mille réaux (pour itn double millier de réaux, 
double). 



X II y avait avec lui trois filles. 



,l_ô.i_c LJ'iLi" ï.ta 9. vj>_\_cv.. J'ai trouvé dans sa mai- 
son trois serviteurs. 



(/ëm.) U'&J ... — LJbLj *$J o»j r x_i,l Vous (en) avez 
acheté trois pour eux. 



L.fl-3 ^-iu_i ï_x_j . ! iJL_ï_x_wl Quatorze personnes allè- 
rent au-devant de lui. 



• ! / 



,l_j_J>! 4.J H a vimrt-deux brebis. 



il) Le verbe à la troisième personne, placé devant son sujet, n'est 
pas tenu de s'accorder avec lui : c'est pourquoi on rencontre 
souvent des verbes au singulier masculin placés devant leurs 
sujets féminins du même nombre, ou du duel ou du pluriel. 

(2) Vendre à se dit .»^o pi >. La préposition -~>», qui signifie 

ordinairement de (eas), est employée ici par exception dans le sens 
de J «. 






' ' ' 






y j-y ii 



m a envoyé 



quarante-deux pigeons. 

_ _-^ , 4JU .-*.-- ,,o II avait avec luirent hommes. 



_j _•; -_. — . iwJL-A-j »•. u _-%->< Il a loué sa maison 
pour cent six dinars. 



._iV-- 



J'ai deux cents dirhems. 



ïJlLJj i-LlJ _jjJ1 ^l_x_> LjL.9 Nous avons lu le livre 
des Mille et une Nuits. 



J._X — -._*. - i-J M^_M 



v | ;• jM 



XI 3 ^ 



l.l_A_o De tout cela, ils ont touche trois mille cinq 
cent soixante-sept dinars. 



Ils soni en tout quatre cent mille huit cent trente-six 
individus. 









Je lui ai livré six mille deux cent cinquante-quatre 

si'ra de froment. 



y , , / 9 






y _aji ^LsJ-vUj jj] upi j>j ix, 



Le total de sa fortune est de deux millions trois cent 
cinquante mille dirhems. 



DE LANGUE ARABE 335 



f^sr^ < an c.aJ) % .*j_ja*J' j.-*-.' ,.ïo:.a. Après les avoir 

comptés, nous les trouvâmes au nombre de deux 
millions d'individus. 

Les quantités, comme on voit, s'expriment dans le 
même ordre décroissant que chez nous, à l'exception 
des unités, qui précèdent toujours les dizaines (n° 87). 

Les nombres très étendus, surtout les dates, s'expri- 
ment aussi dans un ordre inverse, c'est-à-dire ascen- 
dant : on commence par énoncer les plus petites quan- 
tités et progressivement les plus grandes. 

Ainsi l'on dira, par exemple : 



ï^Lj> 3 ^^-wj ,UJ *JL— JjYI s--j. S^-S ^LaOX^> ^bj 



* sJîj Sa naissance eut lieu au commencement de 

Rebî' premier, de l'an mil deux cent soixante-huit. (A 
la lettre : huit et soixante, et deux cent et mille). 

§ 2. — Numératifs ordinaux 

91. Les numératifs ordinaux n'ont une forme carac- 
térisée que jusqu'à onze. Ils sont tirés des noms des 
unités, construits sur la forme J-'-? 

Au-dessus de onze, ils se complètent par les noms 

des dizaines, *J^>, .,.j.-à.-s, etc., dont le premier est 
indéclinable. 



33t) COURS 

m MÉB \ i il s ORDIN \i \. 
Masculin. Féminin. 

i 1,1 premier. i 



C-{b 



quatorzième. 



" / 



,'._;■ deuxième. 

)U" troisième. I_;JLJ' 



a_jî. quatrième. 
G; J 



; ,; ia l < 



-*»Li. cinquième. 

loLl sixième. i_Iol_l 

1_j1 « septième. LjLjLI 

. t -ÀJ huitième. i_:._-*Lj 

f . ' * / ' 

2 l_v neuvième. i_* U 

r _d,L^ dixième. s^Li-Lc 



t .,A..p oL=* onzième. s,_.i._c i_oL: 






— çjLJ' douzième. 

y y s s s 

— ^.J'J' treizième. _ LjULj 



1 Les mots J,'*\ et ,J,<»\ ont la forme Jyj>s\ et ^«a-s îles super 
latifs : ils signifient le et ^« />/?/.■< en aoant; cela n'a lieu que lors- 
qu'ils son! seuls. Avec les dizaines, on se sert de ^^1=»- féminin 
A_>>la., altératii n de _^s»J<». 



DE LANGUE ARABE 337 

Masculin. Féminin. 

LjLc ItU, quinzième. ïJzJs, iwLl 

— , ^ol . seizième. — i ol , 

- a_jl - dix-septième. — L*_>Ll 

y 

,yAJî dix-huitième. Lj_*LJ 

— jLlLï dix-neuvième. i_x ,!_,• 

De onze à dix-neuf, les numératifs J-cLs sont indé- 
clinables, excepté lorsqu'ils sont précédés de l'article Jl. 
Le vingtième se dit i0 ^_JL*Jî. 

A partir de vingt-un, on se sert des noms ordinaux 
d'unités, que l'on joint aux dizaines par la conjonction 
5 et, de la manière suivante : 



, vinsrt-unieme. 



y^ .t- . =o~ tren te-deuxièm e . 



c- 






} cinquante-sixième. 
m a-ll_ir j ! I L J .> LU lia' 



^jjLLÛÇ «jLU! le i 

~ , -' c-. - soixante-dix-septième. 
: o IlU^ LLLÛi la \ 



; :i s . coin- 

Excepté île onze à dix-neu£, tous ces nombres se dé- 
clinent : les unités, avec les trois inflexions (p. i>21) et 
les dizaines, à la manière des pluriels réguliers (p. 325). 

Le centième se dil LjLJ! ; le millième . aJ^I. 

Les quantièmes des mois s'expriment de deux ma- 
nières : 

I" Par les numéral ifs ordinaux que l'on vienl 
d'exposer; on dira donc : 



_jj|, r__>Uj! ,o_Jl le vingt-septième 



jour de Redjeb 



v _i_.^ y .owi^jjl. ousr J ! £ ,l_x_j à la date du vingt- 

un de S'afar. 

2° En disant, du 1 er au 14 du mois : tant de nuits 
étant écoulées; — au 15 : lu moitié du mois; — depuis 
le 16 jusqu'au 2!) ou 30 : tant de nuits restant. 

Par exemple : 



,'._^_--, y iJ ! j."\' A la première nuit de Ramadan 

(le 1 er ), ou bien : V--^---, *»-c - Au commencement 
de la lune de Ramadan. 



_x_La. . r _:v_LJ,.J Deux nuits étant passées (le 2). 



,jJUa. ^bUL) Trois (nuits J'. r J) étant passées (le 3). 

Et ainsi de suite jusqu'au 14. - - Le 4;> s'exprime par 
-._.^_..,> ». — _5uaj _ — aLaxJ] a. A la moitié de. . . 



• ' 



l'I LANGl E ARABE 339 

Depuis le 16, on indique le nombre de nuits restant, 
en diminuant jusqu'à la fin du mois et se basant sur la 
période de vingt-neuf ou de trente jours des différents 
mois. Ainsi l'on dira : 



Îj-S' y o^_à_j ïy-z~-z a..-,^ Quatorze (nuits) restant 
de. . . (le 16, si le mois a trente jours). 



■Xi c r-- -^-a-J c »;.— • -;-'- Deux nuits restant de... 'le 
27 ou le 28). ' 

Cette manière n'est pas fort usitée, et sa complica- 
tion justifie le peu d'usage que l'on en fait. 

Les actes judiciaires et les lettres sont très souvent 
datés, dans les Etats-Barbaresques, d'une manière 
beaucoup plus simple, mais moins précise. On suppose 
les mois divisés en trois parties, que l'on désigne ainsi : 

J._«'„ N . i les (dix) premiers; — Ja-J,"^! les (dix) médiaux; 

— j._àJjYi [es (neuf ou dix) derniers. C'est-à-dire, le 
premier, le deuxième, le troisième tiers de te! mois. 

On rencontre souvent, d'après cette distinction, 
l'équivalent de cette formule : 

A la date des 'jours) médiaux de Cha'bàn de l'année 
cinquante-et-une et cent après mille cJ e tiers de 
Cha'bàn 1151). 

Les Arabes expriment quelquefois leurs dates en 
dénommant le chiffre du siècle I ,jJ) de l'Hégire, au 



340 



lieu des expressions cent el mille. Ainsi la date précé- 
dente pourrai! être énoncée : 



r 1 1 "<J| ' 
.... _ 



L'an cinquante-et-un du douzième siècle de l'HégireW. 

Aprèsla mention de l'Hégire, on ajoute aussi quelque 
épithète ou quelque expression déterminative se rap- 
portant à Mahomet, comme : o-L^-J I 5*-^-* ,.*»... 

.. .de l'Hégire (émigration) de l'Elu; ou bien ïr-sr* .,..■> 

' s ^ s . / ^S c / 

>_'_*_• „_.« N . ~» ,ic l'Hégire de celui après lequel il n'y a 

plus de prophète. 

L'état social des .Musulmans de ces contrées s'acco- 
mode par tradition de cette exactitude relative de leurs 
dates, qui même, pour pi us d'obscurité, sont rarement 
accompagnées du nom de la localité. 

Il suffirait sans doute ici, pour la théorie, d'indiquer 
la forme grammaticale des numératifs et leur construc- 
tion respective; mais la numération en général, et 
particulièrement la question des dates, sont à la fois 
d'un haut intérêt pour la science et d'une urgente 
nécessité pour la pratique. G'esl pourquoi je vais 



>1) On trouve souvent dans les anciens actes des cadis îles tribus 
arabes, 'les dates exprimées d'après celte formule, appliquée d'une 
manière inexacte et pouvant embarrasser celui qui les prendrai! 
trop rigoureusement. Par exemple, l'on pourrait rencontrer la date 
ci dessus exprimée de cette manière : ^.^.*~.^.~*.* ^j^.\ iA-Lui 
_Ju£ ^SlxJl iV)*-*-^ ^-j <_ja^ ->-»-> JbLoa l'an mil cent cinquante un 
du douzième siècle; - ou bien île cette autre : ^.^^^^.-^o, ^jAa^l 
^Jue. jLxJl i^>_ft_i\ ^xm <_jaJ\ « AiLoa mil cent cinquante-un après 
siècle. Je signale ces erreurs pour qu'on puisse en tenir 
compte dans la pratiq ue. 



[1E LANGUE \li\BE 341 

ajouter, en passant, dans ce chapitre, à des faits usuels 
très réguliers que l'on chercherait vainement ailleurs, 
un calcul fort simple pour trouver le rapport commun 
des années de l'Hégire et de celles de notre ère. 

CONCORDANCE BES ANNEES MUSULMANES 
ET DES ANNÉES CHRETIENNES 

I. On trouve le rapport d'une année musulmane 
quelconque à une année grégorienne : 

En retranchant— du chiffre de L'année de l'Hégire, et 

ajoutant au reste le nombre i\ll. 

II. On trouve le rapport d'une année grégorienne à 
une année de l'Hégire : 

En retranchant du chiffre de L'année grégorienne le 
nombre 622, et ajoutant au reste —de sa quotité. 

Dans l'un comme dans l'autre cas, lorsque le reste 
de la division est sensiblement plus grand que la moitié 
du diviseur, on ajoute une unité au quotient. 

APPLICATION 

Soit à trouver le rapport de la présente année de 
l'Hégire 1271, à l'année grégorienne. On a : 

1271 — ^ + 622 = 1855 

Et pour le rapport inverse de l'année 1855 à L'année 
de l'Hégire, on a : 

185;) - 622 + 1855 ~ 622 - 1271 

(L'année 1271 s'étend du 23 septembre 1854 au 12 
septembre 1855). 



Ce calcul très simple indique, à une unité près, le 
chiffre de l'année. Il esl bon d'observer que chaque 
année musulmane a 1 1 jours de moin* que notre année 
et que 33 années de l'Hégire équivalent à 'M années 
grégoriennes, [lest facile aujourd'hui d'avoir un. point 
de départ pour tics calculs plus minutieux. 

E i fjlications 

Les années musulmanes sonl essentiellement lunaires; elles n'ont 
que 35i jours; leurs mois sonl de 29 el de 30 jours (29 j. 12 h. 40 m.) 
et doivent commencer avec la lune; les jours se compteni à partir 
du coucher du soleil. Mais l'inexactitude des calculs chez, les 
Arabes établit quelquefois deux jours de différence, d'un pays à 
un autre, pour le I e ' jour du mois. C'est pourquoi il est difficile 
pour nous de préciser rigoureusement la concordance des jours 
que l'on indique sans les nommer, 

Nos années de 365 jours onl par conséquenl 11 jours de plus 
que celles de l'Hégire ; d'où il suit que : 

33 années de l'Hégire = 32 années de J.-C. + 2 jours. 
et 32 de J.-C. =-33 » de l'Hég. — 2 jours. 

Le rapport esl donc, en négligeant la fraction : 

de 33 à 32 pour les années de l'Hégire, 
et de 32 a 33 pour celles de Jésus-Christ. 

11 faut, par conséquent, défalquer trois années par siècle musul- 
man comparé au siècle grégorien. Ainsi, un vieillard arabe 
auquel on reconnaîi cenl ans dans sa tribu, est en réalité pins 
ine qu'un vieillard de quatre-vingl dix-huit ans chez nous. 
L'ère de l'Hégire a commencé le 16 juillet 622 de la nôtre istyle 
"iieni: c'est pourquoi, dans nos années, la fraction différen- 
tielle des deux ères n'est applicable qu'à partir de 622, chiffre qui 
i sente une somme d'années essentiellement grégoriennes. On 
peul voir, pour des détails plus étendus, un excellent petit Traité 
> Uendrier arabe, par M. Am. Sédillot et l'Art de vérifier les 
Datas. 

§ 3. — Des Fractions 

92. De trois n dix, 1rs noms des fractions s'expriment 
par les formes J-*-s et J-*.? {rarement J...-*.?) appliquée» 
a ni noms <les nulles correspondantes. 



DE LANGUE ARABE 



Ainsi : 

<m j>^à demi. 

• A- ou dwb tiers. 






ou aJ_J septième. 



v~ 






*-j , quart. 



.^^ it**^ cinquième. 



sixième. 



\J 






,.^ huitième. 



»— o neuvième. 



,_Juj dixième. 



Ces mots peuvent prendre l'article, comme cela a 
lieu chez nous. 

Leur pluriel ordinaire est de la forme J-*-r '. On dit : 

ç>L)J Li'iLj trois quarts .Jj.~J L^à cinq sixièmes, etc. 

La science du calcul étant fort peu étendue chez les 
Arabes, le système de numération est peu perfectionné 
et les expressions en sont très restreintes. Au-delà d'un 
dixième, on dit : tant départies de tant de parties. Par 



exemple : 



y y c y 



— . z ? y - 



LJ)Lï trois vingt- 



cinquièmes (trois parties de vingt-cinq parties). 

On a vu déjà (p. 85) que les fractions ordinaires 
s'écrivent en chiffres comme chez nous. Dans les 
comptes, les fractions déterminées des unités moné- 
taires se placent après les entiers, comme chez nous les 
sous et deniers dans les nombres complexes; seulement 
en arabe, le chiffre qui les exprime est souligné. Ainsi 
l'unité monétaire se divisant, en beaucoup de lieux, en 

huit parties ( j ■-*->' à-^Us-j) on en trouve les fractions 

figurées ainsi : f, c, etc., c'est-à-dire deux thoumoun 






(huitièmes), cinq thoumoun el ainsi de suite. On lit 
par exemple, dans les actes de dépôt : 



joJ 



r-i r 



-Z A_A_J U»l ,J..J. 



,u_,u ' 



i y / / / 



, ' 



Iff 






JlôJ 



« La ipiotité de son dépôt, en pièces distinctes, est 

2 

de 20l£, deux cents dinars et un dinar et un quart (-); 

, s 

plus l ïj., quatorze dinars et la moitié I , )du dinar » (*). 

Dans les actes (|ui indiquent les parts de succession, 
on trouve souvent les fractions divisées les unes par 
les autres; mais on n'énonce que la division successive, 



(1) Cela a lieu dans les comptes de toute nature. Dans le détail 
de la vente des meubles d'une succession chez les Arabes de la 
e, par exemple, on trouve : 

r- r 



L'ne vache rousse 20 2 

i ne grande chaudière en 

cuivre 25 6 

l'ne marmite en cuivre. 100 






>>....: 



1/ 



-, n 



Un pot en cuivre 



l (ne veste a manches, or- 
née d'or 16 t 



^jj'o Lju*. a U 



i i 



746 



U ï 



formant un total de soixante-quatorze sultanis (8 fr. 40 l'uni et 
6 t/iournoun . « 

Dans les comptes de cette nature, l'es chiffres se placcni en 

colonnes, a la droite du détail de's objets, et l'on met un point 

équivaleul de zéro) devant le dernier chiffre de gauche, ainsi que 

je l'ai figuré ici. - Je rappelle que les chiffres se posent dans le 

même ordre que chez nous. 



DE LANGUE ARABE 345 

sans exprimer la fraction qui en résulte. Par exemple : 

/wt revient le sixième des trois quarts de la mollir du 
tiers restant, c'est-à-dire .-, et ainsi des autres cas 
analogues. 

Les numératifs prennent, dans des cas excessivement 
rares, des formes de diminutifs (Y. p. 294), d'adjectifs 
relatifs (p. 291), etc., dont les caractères spéciaux ont 
été indiqués précédemment. 

SECTION CINQUIÈME 
DU PRONOM PERSONNEL (^_*visJ î ) 

Le pronom est un mot qui reproduit l'idée d'un être 
déjà nommé ou généralement sous-entendu. C'est l'ex- 
pression abrégée du substantif, soit seul, soit avec tout 
ce qu'on emploie pour le définir. 

93. Le pronom est sujet ou régime. Quand il est 
■sujet, il consiste, comme chez nous, en des mots isolés. 
— Quand il est régime, il s'indique par des lettres 
ajoutées à la fin des noms, des verbes, ou des prépo- 
sitions qui le gouvernent. 

D'après cela, on nomme pronom isolé le pronom 
sujet, et pronom ai-fixe le pronom régime. 

Le pronom a une terminaison particulière pour le 
féminin à la 2 e et à la 3 e personne seulement. A la l 1 
personne du singulier et du pluriel, il n'a qu'une forme 
pour le masculin comme pour le féminin. 

Au duel, il n'admet pas de l 1 ' personne et reste au 

féminin le même qu'au masculin. 

23 



346 



94. Les pronoms isolés ou sujets, sont : 



SINGULIER 

Masculin Féminin 



l re p. l_iJ moi. 
2 e p. o-j) toi. 
3 e p. JL&'lui. 



j* elle. 



Masculin 



l re p. wsr- J nous. 
2° p. *-<_>' vous. 
3 e p. '*-* eux. 



Féminin 

_ Ce 

,.v-a elles. 



DUEL 

Pour les deux genres 



2 e p. u^Jl vous deux. 

3 e p. l-*_a eux, elles deux. 



95. Les pronoms affixes, ou régimes, sont 

PLURIEL 



SINGULIER 

Masculin Féminin 



l re p. 



2 e p. 



3 e p. 



u 



Masculin 

l r *p. Ij 

2* p. r r 

3° p. "Jt 



Féminin 



r 



~ 9 



DUEL 

Pour les deux genres 

2 e p. Llir 

3 e p. LU 

Après les verbes, le pronom affixe S de la l re per- 
sonne est précédé d'un ., et devient C J. Cette addition 
du j a pour but de distinguer le pronom j; de la l re p. 
du — ou du j féminin de la seconde. (\. Conjugaison). 

Les pronoms afïixes, joints aux noms, reproduisent 
l'idée de nos adjectifs possessifs mon, ton, etc. 



DE LANGUE ARABE 



347 



96. Le pronom régime se place immédiatement après 
le mot qui le gouverne. Telle est la règle de sa cons- 
truction < 1 ). 

APPLICATION 

c jLx_5 le livre de moi. 

° ; / 

^ — !w-à! il a averti moi. 

UT ^ 
/ 

^S =0 — . les armes de toi (masc.). 

_^C JL*_^ la beauté de toi (fém.). 

9 ' ° \ / 

^-. x_)', j'ai vu lui. 



I $_*-s dans elle. 

l ^—x-J—^-j entre vous deux. 

I « % *\ '* ^ le procès d'eux, d'elles deux. 

I ^jLcU-a. la réunion de /ioms. 

M V-?j-s il a connu t/0ï*s (masc). 



u 



r x_^._]i_s il a honoré uoms (fém. 



«, $_xJL=k.i) j'ai introduit eux. 

, $Jl_ w.î il a envoyé eto. 

\ l § v. Vi î j'ai vu cm„p, e//es dew.i?. 



(1) Ce principe et les démonstrations qui vont suivre, appartien- 
nent à la syntaxe par leur nature, et a la grammaire par leurs 
effets. Ce double rapport m'a obligé à sortir ici des limites de la 
grammaire proprement dite. 



348 i.u ks 

Lorsqu'un verbe arabe régit deux pronoms de diffé- 
rentes personnes, on peut les mettre à la suite l'un de 

l'autre, en suivant l'ordre '1rs personnes. On lit dans le 

• - ~ ■• .• ' ^ / / / 
Coran, en. n, v. 131, »wl ^JC...^...— ? Et Dieu te suffira 

contre eux. C'est ainsi que l'on écrit : -4 r _-.-:JL.. Vous me 

l'avez demandée ; ^..C:.-._k-' Je vous l'ai donné, etc. Cette 
réunion de deux pronomsà un verbe n'est pas générale, 
el on ne l'opère qu'avec réserve. Kllc ne peut jamais 
avoir lieu quand l'euphonie s'y oppose, et notamment 
quand les pronoms sont de la même personne. On ne 

dirait pas, par exemple: L^^JLJa*] ni ^jXS^jlx^^s . 
Dans ce ras on détacherait un des pronoms, comme on 
va le démontrer. 

97. On peut détacher le pronom affixe régi par un 
verbe, en l'appuyant sur le mol insignifiant^), qui ne 
sert qu'à cet usage. 

On dit, par exemple : _£Lj>I (le pronom ^f prend 
un — quand l'euphonie l'exige), v-t> L_») — su!, etc. 

Cette séparation a lieu quand le verbe a deux pro- 
noms pour régime, ou quand on veut placer le régime 
avant le verbe pour donner plus d'énergie à l'expression : 

Par exemple : >r -~*-x_~J ^X l -> !. X-*-xJ _*rij! toi nom 

adorons, et toi nous implorons ; c'est-à-dire : c'est toi que 
nom adorons, c'est loi que nous implorons (Cor. i, 4). Et 

ailleurs: ,,,A_^xJ &L>! *JLjl5 .1 Si rous êtes un adorant, 

c'est-à-dire : si réellement c'est lui que vous adorez 



de langue arabe li'i'.l 

(Cor. ii, 167). — On dit avec deux pronoms régimes du 
même verbe : LâLsl -_jLL_eî II me l'a don née : - 



clrLJ! j._;_A_i_Ji Je l'ai pria pour toi. 

y 7 / s ' s 

Informez-moi du montant de votre salaire, et je vous 
le donnerai (Mille et une Nuits). 

Le pronom détaché <jj~i-j\ — *_M._>! etc., de la 
2 e pers., signifie souvent prends garde à...., garde-toi 
de. . . . Si un nom vient après lui, on interpose la 
conjonction _j entre le pronom et le nom, qui se met 
alors au cas direct. Exemples : 

,jLoJ] ^CJU c.jU «o U 

Méfie-loi de l'affaire dont les débuts sont larges et 
faciles : l'issue en sera pour toi étroite et difficile. 
(Hamaça, p. 512.) 

Gardez-vous de me désobéir, ou d'enfreindre mon 
présent ordre. 

L'idée restrictive du pronom (??ioi sett/, toi seul, etc.) 
s'exprime par le mot --^j unité, mis absolument au cas 
direct, et suivi des affixes. On dit : s-'-^ lui seul, — ._<--^a 
//<>j/.s- .s7'///x, etc. A la lettre : (dans) l'unité de lui. de nous. 

DE QUELQUES PARTICULARITÉS ORTHOGRAPHIQUES SUBIES 
PAR LES PROÏJOM8 OU RÉSULTANT DE LEUR EMPLOI. 

Le pronom S de l'a première personne se sous-entend 



350 cours 

quelquefois, surtout après certains mots au vocatif, 
où l'usage autorise à le supprimer. Sa présence virtuelle 
est indiquée par le — qui le précède toujours. On écrit, 

par exemple, <*~>j pour ^->j mon Ihen ! — p-s uj 

pour ç-»j-* W. wa nation ! — <»^-è Lj pour ? — »^-è U 

rwow garçon ! mon serviteur I 



M • ! 



/ y 



f S £ — » / '-» 



On admet chez les gens éclairés que vous disiez ^jIc l> 
et fXc U> (avec ou sans le j:). (IIariri, Molh'at el-Prâb.) 



f / 



v .._^i— ' L_J *_*_)' i > . ,_~._x_ï 3 v i s ' , 

; rv ; j-n ~- >>' 

Mon Dieu, facilite-nous (les choses de la vie), ne nous 
suscite pas de difficultés; mon Dieu, conduis-nous à 
une bonne fin. 

Cette suppression du pronom ^c, de la première per- 
sonne se remarque dans le Coran à la fin de certains 
versets, où la présence de cette lettre dérangerait la 
rime en forçant à prononcer la voyelle finale, qui s'élide 
généralement. On lit, par exemple, ch. Il, v. 38: 

.,—,->, .-3 :j' ; et moi, crawnez-mot ; — et ch. xxix, 
v. 56: j-j—-_3 j: -->>-? et moi, adorez-moi (pour 

S — b-4-* j ' -?' et ç-jjUL*'-? ) • 

Dans les circonstances où le pronom affixe de la 
troisième personne (le singulier féminin excepté) doit être 
joint à un mot terminé par un ,_£ ou par un — , on 
change par euphonie le d' arrima ( — ) du pronom en 



DE LANGUE ARABE 351 

kesra — ). Ainsi Ton dit et l'on écrit : •4-^ — ,*-s-r? — 

y y \ y s 

• y - =; 

..a-^-j , y-% etc. — Ce changement est une conséquence 

y y J ** -y 

de l'incompatibilité que j'ai signalée à la page 264, d. 
Il n'a pas lieu dans l'affixe de la 2 e personne f 1 '. 

Le » qui termine les pronoms afïîxes de la 2 e et de 
la 3* personne au pluriel porte un — . Lorsque le mot 
qui vient après ces afïîxes commence par un î d'union, 
le — du a se remplace par une voyelle de liaison, que 
l'euphonie détermine. Ainsi, l'on a vu un peu plus 

»"p t i ' ^,y / y _ ' "L 7° ° ' -~ *!*''' 

haut : *1j' ♦_^-.\ — a_\-.-~-3 au lieu de alo' *-aJL-a-\_*_~. .3 . En 
\ " > \ •• > 

voici d'autres exemples : 

c . | y c .y y ~ \\' ■• ' c ' \\ ' --'- 1 ' ' - ' I ' "I | 

Il a seulement prohibé pour vous l'usage de la chair 
morte (non égorgée suivant le rite), le sang, ainsi que 
la chair de porc ou sanglier. (Cor. xvi, 116.) 

' s i ' \ 7"° c 't t \ ' c i 
^t\_UsJ' *-$-Jl J— .1 Le prince envoya vers eux. 



(1) J'ai indiqué, page 264, l'incompatibilité des sons o et i. C'est 
d'après ce fait que le d'amma du pronom de la troisième personne 
devient un kesra quand il se trouve dans la proximité du son i. 

Ce changement n'a pas lieu à la seconde personne, bien qu'elle 

ait au duel et au pluriel un — pour voyelle : 1° parce que la ren- 
contre des deux sons incompatibles ne pouvant avoir lieu qu'à ces 
nombres, est beaucoup moins fréquente que dans la troisième per- 
sonne, où elle peut aussi se trouver au singulier masculin; — 
2° parce que l'articulation ^s"de la deuxième personne sépare d'une 

manière suffisante le — du — quand ils se rencontrent: tandis que 

le s de la troisième, dont l'articulation est moins sensible, laisse 
trop sentir l'incompatibilité. L'usage, qui a établi toutes ces lois 
d'euphonie, les applique partout chez les Arabes avec une admi- 
rable régularité. 






La substitution d'une voyelle à un - final, même à 
la lin d'un mot tout autre qu'un pronom, a lieu quel- 
quefois en poésie, lorsque le mètre ou la rime l'exige. 
Les exemples en sont nombreux : je ne cite que ceux-ci : 



i 3 . *s .. 



ii : : \ i 



Avant moi, les Tribus (les fils de Jacob) avaient vendu 
Joseph, et c'était bien eux ! (Hariri, séance \.\xiv.) 

'. ' \ / \'. / <. - ,r, / c c • c • / 

Elle dit : et après qu'elle eut épuisé sur le cœur et 
les yeux de cet homme la fascination irrésistible <le sa 
beauté, ses compagnes dirent à l'homme: lève-toi. 
Hàmaça, p. 601.) 

Cet emploi d'une voyelle d'euphonie à la place d'un 

final devant un I a pour cause le principe énoncé 
ci-dessus (p. 262, b). — Il ne se restreint pas aux pro- 
noms seuls, mais s'applique à toute lettre [malc quel- 
conque portant un — et se trouvant suivie d'un mot 

commençant par un I. On dit, par exemple: -- M .>-> 



pour &y}| %r * de la part de Dieu : — j_JUL)1 ,._,_=J pour 

:J--- V — J informe le caïd, etc. — C'est la conséquence 
toute naturelle de cette loi, qu'en arabe deux consonnes 
sans voyelle ne peuvent se suivre dans une syllabe, 
même lorsqu'elle est formée par la liaison d'un mot 
avec un autre. Chez nous, par un motif qui a quelque 



DE LANGUE ARABE '.]'.')'.'> 

analogie avec celui-ci, nous séparons, en pareil cas, 
non des consonnes par des voyelles, mais des voyelles 
par des consonnes ; nous disons : vas-y, y ra-l-il ? 
aime-t-on ? etc. 

Quelquefois on ajoute un a euphonique aux pronoms 
affixes singuliers de la 1 re et de la 3 e personne. On 
trouve par exemple, à la dernière ligne de la page 108 
ci-dessus, ^-.-* pour c-*, à cause de la rime. — On 

peut écrire aussi »j-» pour^_>; — ■>. — »Xc pour „.o_£. 

Ce s est nommé par les grammairiens arabes '— ^ de 
silence. — On écrit quelquefois^-^-? — j$-& —j-^ — ^»j 
au lieu de j-fc-? — l _c-£-? , etc. — Ces faits n'ont lieu qu'en 
poésie, et sont des licences autorisées par la mesure 
ou la rime. 

Quand un pronom afïixe est joint à la 2 e personne 

plurielle masculine du prétérit ( *_>' . . . ) on intercale, 
par euphonie, un * de prolongation entre cette finale 

et le pronom. On dit : çj^jl^jû vous m'avez écrit ; — 

uj^_é_x_9^_c vous l'avez connue. 

On ajoute également ce » d'euphonie au pronom 

9 

aflîxe *-- lorsqu'il est immédiatement suivi d'un autre 
afïixe. Par exemple : 

9 / / ï C S 9 / / 9 / ? Cl 

*" ,— — \ i^»C /»l C.C _^- C 9 l y 9 ^" a 1 C •* i. k 

, ^ JJ f; J • ^- 

S'il (Dieu) vous les demande (uos biens), et qu'il vous 
presse avec instance, l'avarice vous retient; il fait res- 
sortir ainsi vos méchantes dispositions. (Cou. xlvii, 39.) 



354 coi rs 

Les Arabes, par un tact fort judicieux, ont étendu les 
appréciations grammaticales au delà même des faits 
apparents et directement sensibles. D'après ce système, 
ils reconnaissent dans le verbe les traces, soit réelles, 
soit virtuelles, des pronoms sujets. Quelque minutieuse 
que paraisse cette appréciation, elle n'en est pas moins 
rationnelle, car le pronom sujet n'est pas énoncé avec 
le verbe comme chez nous : il est noua- entendu, ou bien 
représenté par quelques-unes des lettres employées dans 
la conjugaison. 



SIGNES REELS DES PRONOMS RENFERMES 
DANS LA CONJUGAISON 



PERSONNES 

DU VERBE 



SIGNES 

apparents 

I) KS l> I! il \ il \l S 






jLl_*_3 / 



PERSONNES 

DU VERBE 



SIGNES 

apparents 

DES 1* H N M S 



JL 



*_9 






3- 



_x.3 



_JL*_a_j 



• L*ji.y 



Dans tontes les autres personnes le 
pronom n'est pas apparent : il est 
caché. 



DE LANGUE ARABE 'A',')'.) 

On voit dans le tableau ci-contre celles de ces lettres 
auxquelles les Arabes reconnaissent une influence pro- 
nominale (*); on peut apprécier, par analogie, la fonc- 
tion des autres lettres de diverse nature ajoutées à 
la racine. 

SECTION SIXIÈME 
DE L'ARTICLE DÉTERMINATIF ET DE L'ARTICLE DÉMONSTRATIF 

98. L'article déterminât if consiste dans la lettre J pré- 
cédée d'un I d'union (Y. p. 95 et 96) et se joignant au 
commencement du mot que l'on veut déterminer. 

Il est invariable et équivaut à nos articles le, la, les, 
Ainsi l'on dit : 

le navire. J— -tm— >' les hommes, 
la ville. si Ul les femmes. 



(1) C'est ainsi que dans la conjugaison latine, où comme en arabe, 
les pronoms n'accompagnent pas nécessairement le verbe, on recon- 
naît les personnes à certaines lettres caractéristiques, indépen- 
dantes des indices du nombre ou du temps. Ainsi, quand on dit : 
ama t amabi mus ame nt 

mone t monueri mus monere nt 

legi t lega mus legeri nt 

audivera t audire mus audivisse nt, etc. 

on ne peut méconnaître que la finale t n'indique la troisième per- 
sonne du singulier, et les désinences m«s et nt, la première et la 
troisième personne du pluriel a tous les temps et à toute* les conju- 
gaisons. On peut faire une observation analogue pour les autres 
lettres caractéristiques. On nous eût beaucoup simplitié l'étude du 
latin avec un peu moins de contiance en l'orthographe et plus de 
pratique de l'ensemble et d'appréciation de l'euphonie. — H y a 
bien des remarques semblables a faire en grec et même en notre 
langue. 



ii.il» l OURS 

99. L'article démonstratif est .- 

Masculin. Féminin. 

singulier. h ce, cet -ci. tô et ci cette. 

DUEL. ,,b «7 ,j: ces deux ....-ci. .\~> — ,.r- J 

/■ • / • 

pluriel. "^jl ces ....-là (pour les deux genres). 

Pour indiquer une chose éloignée, on ajoute ^" 



ou 



Masculin. Féminin 

y 

S IN 



se. sirb <7 JtiJli ce, cet ...-là. JlTLj, JXy c/ J-jCb 
duel. ^tx-jb-v^x-L-»^ ces deux ....-la. v^xjLj- «^\.x^.j 

s s " s s " 

pluriel. sjXJYJ ces ....-là (pour /es deux genres). 

Après l'expression ou l'idée du duel ou du pluriel de 
la 2 J personne, on peut dire : L^-x53, *_xîi>, .»-x53, par 
une espèce d'emphase et d'attraction. 

100. On fait souvent précéder l'article démonstratif 
de la particule d'attention La (voici), que l'on peut écrire 
sans \ et l'on dit : 

Masculin. Féminin. 

singulier. 'J_î ce, cet ....-ci. »a_» et .ci-» 

m EL. ,i J-a c/ ,.-- Jî> ces deux ....-ci. .!---■-> — c *~ : - ; -» 

pluriel. \— ? ces ....-ci (pour les deux genres). 

On ajoute aussi La au démonstratif jifiù ci-dessus, 
de la iiicine manière. 



DE LANGUE ARABE 3i 17 

Observations. — L'article déterminatif J! ne peut se 
joindre à un nom suivi d'un pronom affixe, ou en cons- 
truction avec un autre nom, parce qu'en arabe la déter- 
mination qui résulte de ce rapport d'annexion rend son 

i / YT" >/ 'i ' * \ ' / 
emploi inutile. On dit, par exemple : C ^_L" .ta o^- 

je suis entré (dans) (la) maison du cadi ; ^~-<s-~- u -^-;-- 
(le coucher du soleil. 

L'adjectif qualifiant un nom déterminé doit prendre 
l'article déterminatif ^ : , — ]k-xJ l ^LxJCJ! le livre 
sublime (le Coran), à la lettre : le livre le sublime ; 
J-jLaJI j_ r - , Zeïd le sage. 

Il est important d'observer que la particule J' n'est 
pas toujours l'article déterminatif; c'est quelquefois 
l'abréviation du relatif ^cU) qui, lequel, dont il sera 
question ci-après. Ce fait a lieu devant les adjectifs 
verbaux et autres. Les exemples en sont nombreux ; en 
voici quelques-uns : 



\ M • \ ■■ ■ \ \ \\ \ 



r 



Conduis-nous.... dans la voie de ceux auxquels tu as 
accordé tes grâces, non des irrité contre eux ; c'est- 
à-dire : non de ceux contre lesquels on est irrité. 
{Cor. i, 6-7.) 

y S 

Mon Dieu, fais-nous sortir de cette bourgade, la 
pervers son peuple ; e est-a-dire : de laquelle le peuple 
est pervers. (Cor. iv, 77.) 



; .' s COURS 

î.jSàJ+J] ►--- -V Les ordres les mentionnés, c'est-à- 
râtre : les ordres qui ont été mentionnés. 

'-^-'— - çJ'S I JsjjJLJ! Les conditions les venant leur 

explication ; c'est-à-dire : desquelles l'explication va 

suivre (*). 

Le mot 15, etc., est employé comme notre article ce, 
cet, ou comme notre pronom démonstratif celui-ci, ceci. 

Quand il fait fonction de l'article ce, cet, etc., il exige 
toujours l'article Ji devant le mot avec lequel il est en 
rapport, lorsque celui-ci n'est pas autrement déterminé. 
Ainsi l'on doit dire : 

J-=^p! t«xa cet homme-ci. &!j-*J] ïJj* celte femme-ci . 

Quand '->, etc., est sujet d'une proposition totale ou 
partielle, et signifie celui-ci, ceci, etc., l'article J' ne 
doit pas être employé après lui, si son attribut est 
indéterminé. Exemples : 

?>v_s-^ Jk_=v.j Ia-s celui-ci (est) un homme brave. 

.^r • ' 

sl^l ïj_jt celle-ci fes^ une femme belle. 



Il s y s 



On voit, en comparant les quatre exemples ci-dessus, 
qu'il n'est pas indifférent d'employer ou d'omettre 
l'article Jl après le démonstratif lj-a et ses analogues. 

Si le mot ta, lÀ* etc., pris comme sujet de proposition, 
ei il suivi d'un attribut déterminé, on intercalerait 



1 L'emploi de l'article le, la, les, chez nous, a lieu aussi d'une 
manière analogue. Nous disons : le commandant, le condamne, le 
nu ,ien, c'est-à-dire, celui qui commande, celui qui est condamna, 
celui qui ne vaut rien, etc. 



DE LANGUE ARABE 359 

entre lui et cet attribut un pronom personnel isolé, 
pour conserver au démonstratif son caractère distinctif 
du reste de la proposition. Par exemple : 

Celui-ci (est) l'homme que je vous ai reccommandé. 
Ceux-là (sont) les perturbateurs dont il a été question. 

SECTION SEPTIEME 

. V f y s . 

de l'adjectif conjonctif (adjectif relatif) J^^r^Ol 

et des autres mots de cette nature, tant conjonctifs qu'interrogatifs 

ÎOI . Les mots conjonctifs sont au nombre de quatre .- 

j-'J-J! — ^J - U et Jçî (l). 

DE L'ADJECTIF CONJONCTIF ^js H 

102. L'adjectif conjonctif qm, que, lequel, ainsi que 
le nom indéfini celui qui, celui que, ce qui, ce que, 
etc., s'expriment en arabe par le mot ^JJl modifié sui- 
vaut le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte : 

Masculin. Féminin. 

• = i7° v lequel, qui, que, ~.""" . 

SING. ,_£*—)) celui qui. celui que, ç jJ! (indéclinable). 

y ce qui, ce que. w • 

DUEL. .iJjJl (Casdir.etindir. JjjjJl) ^l^î-J^JJ! (déclin.) 

s _ __ • ' • ^ 

plur. ^.iMpoéf. jJ ^î-^^î (aidée/.), 



(1) Quelques-uns ajoutent *) soit invariable, soit déclinable- 

(V. p. 327), ou pouvant faire au féminin £j>\> (sing.) etCli^i f/ ^- 
Je ne le mentionne que pour mémoire: il est à peu près inusité. 
11 a le même sens que ^çX^. 



31 COURS 

Ce mot a d'autres formes el un diminutif extrême- 
ment rares, pour lesquels je renvoie à ta grammaire 
de S. de Sacy). 

103. L'adjectif conjonctij ç\J\ lequel, qui, que, 
doit toujours se rapporter à un nom déterminée). 
Exemples : 

ta — i ,._.-->._•' ç\J\ JJ^Jl L'enfant lequel le père de 
lui (est) malade. 



'j_ m 9 _» ^_:;_." »L.*JI La femme laquelle est dans 
la maison. 



__j_.„ J.I; ^jJl J-^^J! J, JLà A dit à moi l'homme 
Irtfuel est entré chez moi. 



] Le mot ^jJ\ est formé d'une manière analogue à notre mot 
.•<•/, la-quelle, etc. Il se compose de L'article déterminatif J\ et 
d'un conjonctif 1 < 1 >— ) masc. el .^-Xj/ém. qui n'est jamais employé 
sans l'article. On devrai! écrire partout ^.x-lh avec deux ^J appa- 
rents ; mais l'usage fréquent de ce mot au singulier des deux 
genres et au masculin pluriel explique la contraction orthogra- 
phique ^j,X-\\ — < _ f JLJ\ — £j_x>J\. Le duel et le pluriel féminin, 
d'un emploi heaucoup plus rare, ont conservé les deux J. Il y 
a d'autres opinions a cet égard, toutes fort respectables, mais 
auxquelles mes observations directe-; ne me permettent pas de me 

_er. Je n'entame pas ici de discussion sur ce fait, peu important 
pour la science et sans intérêt pour la pratique. Je conclus seule- 
ment, avec M. de Sacy, que le mot ^3J\ est déterminé par essence, 
et que cela explique pourquoi les Arabes, plus rigoureux que 
nous, ne l'emploient que lorsqu'il esl dans la dépendance d'un 
mol déterminé. 



DL LANGUE ARABE 361 

à_^Ll_j o, f-s ~_xJI A-Ls-'! Le jardin lequel j'ai 
passé auprès du maître de /m/. 



"*_C_I_^,' —ï$ûi\ JCj^ 1 . Et vos mères lesquelles 
ont allaité i-ous. (Cor. iv. 27.) 



/ . ^ c 



çJ! iiu — ..1 j:iJl v .U.SUI ç-^-àJ-j Est parvenu à moi 

le livre (ou l'écrit) lequel vous avez envoyé lui à moi. 



■iw l lc '— :-j_s~' j:JJI ,-^Yl ~_^ij! j.J S'est terminée 
l'affaire laquelle nous nous sommes entretenus sur elle. 



-L-?' _jjJ3! .y-A-^j^ J.1 ,_!=_> II tourna ses regards 
vers les deux hommes lesquels se présentaient. 



Interroge la bourgade laquelle nous étions dans W/e, 
et la troupe laquelle nous sommes venus parmi 
elle. (Cor. xii, 82.) 

On peut observer, sur tous ces exemples, deux faits 
.généraux importants : 

Premièrement, que l'adjectif conjonctif ^JJi smf 
toujours immédiatement le nom déterminé dont il 
dépend, sans pouvoir jamais en être séparé par aucune 
préposition ' : 



[1) Il est facile de voir dans les exemples ci-dessus que la cons- 
truction arabe, que j'ai conservée en français, serait pour nous 
régulièrement .: L'enfant dont... — La femme qui est... — L'homme 
qui est entre... — Le jardin auprès du maître duquel... — Et cos 
mères qui... — Le -livre que... — L'affaire sur laquelle.. — Les 



. 01 RS 

Deuxièmement, que le conjonctii arabe ne pouvant 
subir directement l'influence d'aucun aident, cette- 
influence s'exerce sur un pronom personnel placé après 
l'attribut du conjonctii'. 

Ce pronom est nomme par les Arabes .jjLkJ] V .._^-J! 
pronom qui retourne, ou pronom de rappel. 

Lorsque l'attribut ou complément de ^ù-JI, qpi est 
ordinairement un verbe, se trouve être un nom ou un 

adjectif, on place devant ce nom oui cet adjectif un 
pronom personnel isolé, qui sert de sujet à la propo- 
sition formant l'attribut du conjonctii'. Par exemple : 



La jeune fille laquelle elle: 

bienfaisante. 



J-j^jl-s U-ft ,13-131 ,Li — âJI Les deux botes lesquels* 
eux deux chez vous. 



..■ — )! ,^b ? » _---' J — v- 11 Le messager lequel lui est 
venant vers nous. 



104. Avec un nom indéterminé on ne peut employer 

_-"Jj', et nul nuire mot ne le remplace. 

On dirait donc, en prenant tous les exemples ci- 
dessus dans l'acception indéterminée : 



deua hommes qui... — La bourgade dans i vu elui ... La troupe 

PARMI LAQUELLE... — I.'ililjrctif ^.X-M .'I dODC tOUJOUrS 111 va li.l hic 

menl la signification de notre mol lequel, etc., et ce fait explique 
l'emploi après lui d un pronom personnel subissant l'influence des- 

agents qui ne pcuvi-nl .-ij.'-ir ■ i i r. -cf.- m > -n I sur l.'ailjoclil rniijoncl.il . 



DE I. \M.( E UiABE '.'AV-\ 

p-i r> fj-i\ xJ 5 Un fils son père malade ( dont le 

père est...) 

c. y y / y '• ' . \,' 
jj_._; Jàï j-^ y J, j-i M'a dit M/> homme entra chez 

moi ... itfl homme qui...) 

j — Le L.\_>'j_^-' ^-s] ç^a—i-j! j_3 S est terminée w/ie 

affaire nous avons causé sur elle ( sur laquelle 

nous avons ) 

Et ainsi dans tous les cas analogues. 

On voit par là que tout ce qui s'ajoute au mot indé- 
terminé pour le définir/est une sorte d'expression des- 
criptive ou qualificative, qui s'unit au nom comme le 
ferait un adjectif. C'est ce que les Arabes nomment 
LLs, expression conjointe, ou proposition conjonctive. 

105. Le conjônetif ^$S3\ est souvent employé comme 
nom indéfini : il signifie alors celui qui, celui que, ce 
qui, ce que, etc. Il ne se rapporte pas toujours dans ce 
cas a un mot déjà exprimé, mais bien souvent a un nom 
sous-entendu qu'il remplace. Exemples : 



Cor. Il, î 



, »Jw>5_j .,_> jj! Ceux qui croient aux mystères. 



•$->. ^j-cX-j ,^.3JI iy-kj''^! Ne repousse pas ceux qui 
invoquent leur Seigneur... (Cor. vi, 52.) 



»£_jJ_Jj çJ^LÎI Y! «^JfL^»! .,! Leurs mères ne sont 
autres que celles qui les ont enfantés. (Cor. lviii, 1.) 



36 i cour^ 

UL. I.UU-L) 1.^-^ L_0 LU çjJl lil Kl il est 

ce/iw çmi a établi pour vous les étoiles, afin que vous 
vous dirigeassiez par elles. (Cor. vi, 99). 



_i. ._* __JJL< çiï] j-a> ^ci}\ ,,jJj^_x — ï! Est-ce que 

\ .mis ave/ l'intention < !<• prendre ce 7/// esî très mauvais 
en échange de ce qui est bon'.' (Cor. 11, 58). 



\JS\ ' H 3J! L< O cjJIj '-•_>' Croyez à ce oui a 
été révélé à ceiu; cm ont cru. (Cou. 111, 65). 

Le mot _-- ,u s'applique spécialement aux personnes; 
mais il peut aussi, dans certains cas, se rapporter aux 
choses, comme on le voit par ces deux derniers exem- 
ples, où il signifie ce qui. 

Quelquefois _-"-'-•' est syncopé, et réduit à l'article Jl 
un de ses éléments. On a déjà vu qu'il s'emploie ainsi 
devant toutes sortes d'adjectifs, et qu'il ne faut pas le 
confondre, pour le sens, avec l'article déterminatif 
proprement dit. (V. ci-dessus, p. 357). 

On trouve aussi Jl pour _-"- ,,( devant des mois autres 
que des adjectifs : des noms, des verbes, ou même des 
prépositions; mais ces cas sont très rares, et ne doivent 
être regardés que comme des licences tolérables seule- 
ment en poésie. Telle est du moins, l'opinion judicieuse 
de la plupart des grammairiens. En voici des exemples, 
donnes par Ebo 'Ak'îl, dans son commentaire de 
['Alfïya. (grammaire arabe en 1003 vers, parEbn Malek), 
sur ce premier hémistiche du vers { .l ( .) : 

y.î JUj^îl ^.^.X.a-- '.4._'_S. Jl JkJLtf 'Lx?. y.~S Lft-xSj 



DE LANGUE AR\BE 365 

/ w / ^ ! \ y / , / 

.4 /a lettre :....[ Je suis] du peuple le l'envoyé de Dieu, 
d'entre eux ; à eux s'humilient les cous des Béni Ma'add. 
C'est-à-dire : (Je suis) du peuple dont l'envoyé de Dieu 
fait partie, et devant lequel se courbent les têtes altières 
des Béni Ma'add M. 



o / / y / / c. y ^ y y - ~° / y . / [ / / y i y 

... Celui qui ne cesse d'être reconnaissant [envers 
Dieu] de L'avec lui (ce 17m esJ a?;pr /tu — /e> bienfait 
reçu , — celui-là est digne d'une vie large (généreuse) < 2 L 

' / y 

Tu n'es pas le juge, le soit acceptable sa sentence 
(dont la sentence...) — ni l' (homme) estimé, ni le doué 
de bon sens, ni de capacité pour la discussion' 3 ). 

[Farazdak'] 



(1) La mesure réelle de ce vers, est : u | u _•_ _ | u__|| 

u | l>_uu_ | u L'avant-dernier pied ( u _ u u _ ) laisse voir 

que tous les autres sont u _ u u _ , changé en u : c'est le mètre 

ouàtir. — On lit aussi Oo\> au lieu de C-J.> dans certains mss. 

(2) Mètre radjaz __<_>_ | __u_ | _ _ u _ . 

(3) Mètre baciï __ u _ | _u_ | __u_ | _ u _. Il est à noter que les 
copistes (au moins dans les manuscrits que j'ai vus), écrivent dis- 
tinctement ._-o_XJ\ avec un — sur le J . Ce dernier vers est cité 
également par El-Makoudi, l'un des commentateurs de YAlfiya. 
M. de Sacy (Gramm. ar., t. i, pp. 449, 450) donne ces exemples, 
mais il ne cite en entier que le premier de ces trois vers. Les com- 
mentateurs n'en indiquent pas l'origine. 



i 01 RS 

Hariri a «lit : I Séance xi.vr). 

i jnTjJ *. S ' v '.cj ) ' ■'-- ir l£ )T l°C ■ im r fj 

toi qui es mon interrogateur au sujet des lettres ■» et 
> _-\ pour éviter que les mots ne t' égarent.. . W. 

DES MOTS CONJONI Ni - i\j-*s — ' c — ET ,C \ 

Ces trois mots peuvent être employés d'une manière 
énonciative ou interrogative, comme les conjonctifs 
français qui, que, lequel, quel. 

106. Le conjonctif ij-* signifie énonciativement celui 
qui, celui que, quiconque, ceux, celles qui, etc. ; — et 
interrogaiivement qui? qui est-ce? qui sont ceux qui? 
Ils'applique spécialement aux personnes, et il est inva- 
riable, quel que soit le genre ou le nombre dont il 
exprime l'idée '->. 

Exemples : 

..? K - on —-.-• Qui est-ce ? Oui est-là ? Oui est-il ? 

. >LUL r .-- Qui esl à la porte? Qui sont ceux ou 

celles qui 

ja , N . I. ,j>^-*— -i' ^ ,^*j *-- - — ^-- ( j Et ton Seigneur 



li Mètre kkaflf : _u -- | __o- | -u pour chaque hémistiche. 

Le pied __ u - esl changé Ici en <■ - <i - . 

2 Dans des cas très rares, on donne h .y* les signes habituels 
du féminin, du duel el du pluriel régulier, en retranchant toutefois 
la voyelle désinentielle. Ces modifications ne peuvent, avoir lieu 
que dans le cas de l'interrogation absolue : Qui sont ils* f Qui est ce " 
etc., '-u Eaisanl rapporter • *>« a un antécédent déjà exprimé ou 
bous entendu. 



DE L \M,l I VRABE 36 i 

sait -mieux i(que personne) qui est dans les cieux ou 
sur la terre. (Cor. vu, 57.) 

yiS tt f> v^-^3 . r --' .1-» ^-^-n-^ Parmi eux il en est qui 

ont cru, et parmi eux il en est qui ont refusé de 
croire. (Cor. n. 254.) 

c ( / f c / ( / y 'c f/ / /~ fc / 

*_4_...U « ^ . j -.jLoN v j »--- Quiconque croira et 

fera de bonnes œuvres, il n'y aura pas de crainte 
pour n/,r. (Cor. vf, 48). 

.,,. — .Usr 3 ) Cemi oue Dieu dirige, celui-là est le 
bien dirigé ; quiconque il égare, ceux-là sont ceux 
qui perdent. (Cor. vu, 177.) 

i^j*s?\ _/._> ;_3 k )a! .,L5 . Et il fut le premier 

■ ' .C ' ^ . 
ae ceux qui ouvrit (ouvrirent) la porte de la guerre. 

On ajoute quelquefois après .,-■> interrogatif, le mot 
13 (celui-ci), pour donner plus d'énergie à l'expression : 






Et //;// esi (/ohc celui qui vous 

\ y -' 

aidera? Cor. iii, 154.) 

107. Le conjonctif L= esi analogue à .y dans toutes 
ses applications, avec cette différence que ..-- supplique 

exclusivement aux choses, il signifie : ce qui, ce que, 
quelque chose que..., quoique.... quoi ? qu'est-ce '? 



68 UR9 

Exemples : 

., ...\_- ..--. oj' v -», ^_-i-<-" u JLî II dit : créature 
de Dieu, 7/// es-tu el çu'es-tu ? J////V c< une Nuits, t. n, 
p. 607, Édil. de Boulak, près le Caire). 



atàl .'..-; >--~^-' k .-a .,» vC-.iJ^ 1 !jj»jij"bj Et ce que 



vous mettrez devant vous en fait de bonnes œuvres, 
vous le retrouverez auprès de Dieu (Cor. 11, 104). 

Lju»I y *-v— — '- --'j Et 7//V eût-il eu contre 
eux, s'ils avaient cru en Dieu ? ((Ion. iv, 43). 

iijL* »y}! il,! li U ,, Jj-à-p-3 Et ils diront : qu'est-ce dont 
que Mien a voulu dire en parabole? (Cou. il, 24). 



a.Y! « L», o'«-*~J' * --• ^ A Dieu appartient ce 7/*/ 
esl dans les cieux et ce çiti est sur la terre. 

On a vu précédemment (p, 364) que l'on emploie 
quelquefois _^— ! |'t>ur 1rs choses, à la place de L». 

Le conjonctif '--■ ne doit pas être confondu, pour le 
sens, avec la particule L», qui a beaucoup de significa- 
tions, et dont il scia question plus loin. 

108. Le nom conjonctif __d signifie quel, quelle, etc., 
ênoncialivement on interrogalivemenl. Il est essentielle- 
ment déclinable; il peut avoir les indices du féminin, du 
duel el du pluriel, mois seulement en des cas très rares. 



DE LANGUE ARABE 369 

Voici des exemples de son emploi : 



/ . ^ / •• / 



ë M « a. , <"! , „.i, çj Là Dis : quelle chose est plus 

concluante en témoignage? (Cor. vi, 19'). 



^«AJLà. i _i. JjJ y \)e<{U(>lle chose Pa-t-ilcréé? (Cor. 



LXXX, 17). 



5_JULl> _U_^ ç] L-*JLk f . H jJ! JL» 3 Et ceux 

qui auront été injustes sauront fort bien de quel 
bouleversement ils seront renversés. (Cor. xxvi, 228) . 



&_*_£ t ~o^ *Xj! »j,_L* — ? Afin qu'il éprouve lequel 
de vous est le plus excellent en œuvres. (Cor. x-i, 9). 



/ /■ 



çj^sJ) Dis : appelez-le Dieu, ou le Miséricordieux ; 
de quelque manière quexous l'appeliez (peu importe), 
car il possède les noms les plus beaux. (Cor.xvh, 110). 






JLc V*-'— 11 dit : ceci est entre moi et toi. Quelle 
çwe soif celle des deux périodes que j'accomplisse, il ne 
doit pas y avoir d'inimitié contre moi (Cor.xx.viii^28 : ) . 

Dans ces deux exemples, la particule L^ se trouve 
ajoutée au mot ^î, et peut se joindre même comme un 
affixe, ainsi qu'on le voit en l'un des deux cas. Elle 
indique l'acception la plus large que puisse prendre le- 



170 COI RS 

mol auquel elle s'allie : c'est pourquoi '--• '— .«' signifie de 
quelque manière que. . . , et _*_> I quelle que soit celle. . . 

Telles sonl les principales espèces de mots que les 
arabes comprennent sous l'appellation générique de 
noms. Il y a quelques autres expressions qu'ils joignent 

à ces catégories, comme JljJ descends; — --■-* quand; 

- J> combien ; — lii' de telle façon ; o ^- ^j^ZS dételle 

et telle manière, telle et (elle chose : 



_> > V ._v_ 



S s^XJ p^.l ^.ùJl mLs Car le vieil 
C - cr- 
iard a déposé pour vous chez lui telle et telle chose 

(El-Mostat'ref, p. 177, Édit. du (dire). 

Les mots de cette espèce qui font l'ofTice de particules 
-sont appelés par les Arabes noms indéclinables. Comme 
celle dénomination, admissible sous certains rapports, 
'n'est pas appuyée sur les caractères particuliers des 
noms, dont ces mots sonl dépourvus, mais sur une 
théorie d'analyse toute métaphysique, je me borne à la 
signaler ici, sans m'arrêter à la développer. 

En traitant ci-dessus de l'article démonstratif ou nom 
d'indication 'i\^i\ 1 — ' ainsi que du conjonctif o- J --'> 
j'ai été naturellement amené à parler de l'article déter- 

minatif i _&j t-*U) , ?r a.) qui, par son caractère absolu 

I invariabilité appartient à lagrandesérie des particules. 



Dl LANGUE ARABE 'M 1 



CHAPITRE V 

DE LA PARTICULE J?j-i- 

Sous cette dénomination générale sont compris pour 
nous : Y article, la préposition, Yadverbe, la conjonction 
et Y interjection. J'ai traité de Yarlicle dans le chapitre 
précédent. 

Les prépositions, les adverbes et même les conjonc- 
tions arabes, sont en partie formées par des expres- 
sions ou des particules spéciales; mais un très grand 
nombre aussi consistent en des noms d'état, de position, 
de lieu, de temps, de rapport, etc., mis au cas direct 
d'une manière absolue, ainsi qu'en des locutions com- 
posées de divers éléments, comme cela souvent se pré- 
sente aussi chez nous* 1 ). La faculté de former ainsi des 
expressions prépositives, adverbiales ou conjonctives 
•est très étendue chez les Arabes, et il serait inutile et 
trop long de les reproduire toutes. Ceci d'ailleurs n'est 
pas une difficulté, car les principes de cette formation, 
•que j'indiquerai clans la syntaxe, sont tellement positifs, 
•qu'il est facile de les saisir et de les appliquer. Je ne 
puis donc tracer ici que la liste des particules et des 
principales locutions adverbiales, en laissant à la pra- 
tique et au dictionnaire le soin d'enseigner le reste, 
quand l'occasion se présentera. D'autre part, la nature 
de ces particules et de ces diverses locutions est telle- 



(1) Les expressions : auprès, autour, ois-à-cis, attendu, depuis, 
alentour, aujourd'hui, longtemps, surtout, maintenant, cependant, 
néanmoins, etc. etc., en sont des exemples. 



:\~,1 . 01 rs 

ment variée; el présente souvent une telle différence 
avec les mots qui 1rs expriment en notre langue, qu'il 
n'est guère possible de ranger la plupart d'cntr'elles en 
des catégories rationnelles et certaines. C'est pourquoi 
je ne m'arrête à établir aucune classification spéciale, 
et laisse à chacun If droit de les répartir comme bon 
lui semble. Cela, du reste, n'est (rancune importance 
pour la pratique, et n'intéresse que fort, peu la science. 
Les particules formées d'une seule lettre sont préfixes, 
et se joignent aux mots qui leur servent de complé- 
ment [i . 

LISTE 

DES PARTICULES ET DES LOCUTIONS PREPOSITIVES. 
ADVERBIALES, CONJONCTIVES, ETC. 

Prépositions, adverbes, conjonctions, interjections) 



liai 1 , pour, dans, à, 
a vec , ( serment) , 
par. . . ! 



semblable à, connue 



serment par...! Le « 

I signifie aussi : et, 

combien de...! tan- 

' \ dis que, en même 

j; ' temps que, en sovl e 

que \ . Syniaa <■ ). 

±y comme (abrèeiation 

< s 
_--..- di-après . 



comme, de même 
que, ainsi que. 



I ainsi , de cette ma - 
sC'JVC' nière, c'est ainsi 

— T" \ que. 

/ / / 



J à (appartenant à ... 

— (kj deo. les pron. 
a.(H i es excepté le 
__~ ) pour, afin de... 



I Les particules formées d'une seule lettre, au nombre de sept 
en arabe, se joignent pour ne pas pester isolées au milieu des autres 



DI I \NGIE AKABE 



373 



(partie, de confirma- 
tion certes. 



1 ' vers,à.j'usqu'à(ea élus. 



jusqu'à [incl.], même, 
jusqu'à ce que, afin 
de, pour. 



1 <\ ' 



verbes, noms et parti- 
cules indiquant Per- 
ception excepté, ou- 
tre, à la différence 
de..., si ce n'est. 



\1LL et 



^ signif. aussi 

Dieu... préserve, loin 
de.., sauf ..! respect. 



sur, contre, à la charge 
de, malgré, à cause, 
pour. 

abstract., éloignem. ) 
de, loin de, indépen- 
damment de, de des- 
sus, au détriment de, 
d'après. 



,5 » 



ians, parmi, au sujet 
de, par rapport à . . . 



»J.J auprès, par devant, en 
présence de, chez (1). 



depuis, à partir de... 



-' / traction) de , une 
partie île, par, de la 
part de, à cause de, 
en fait de, d'entre, 
parmi. 



b_p avec, simultanément, 
v. en compagnie, par 

l'occasion de, mal- 
gré, quoique. 



..-- simultanément. 



J_\_s chez, auprès, selon. 



combiende...! que de... 
souvent (2). (Laconj. 
* ci-ap. a aussi toutes 
ces acceptions . 



souvent, peut-être que. 



dessous, plutôt que, 
à l'exclusion de, sans, 
moins, autre que, en 
deçà de . 



or 



~> entre, parmi. 



1' <)u dit aussi ^jjJ_^^>J_jJ 
^J _ \>->J, mais plus rarement. 

_ On dit aussi : _ i >. _ O, 



14 I 



^_\1 ..: tandis que. 



:..<■ 

* [en !;u-<', vis-à-vis, en 

, t présence, devant, 



, _ derrière, en arrière de. 
* au-dessus, sur. 



Is.ljLs au-dessus 



,_: dessous, sous. 

l _ _j avant. 

\ " a un peu avant dimin, 

/_*_.; a P res - 
I 

.' Cl "" .OUI. 

Z\ 



l_v_? par rapport &,àl'égard 

de V_.,_? V-- ll '" ' a 

pari de. . . au sujel 
de, concernant. 

'._.i ne. . . pas {ar. le prêt 
rarement l'aor.) 

\ i,i. non ' ai ec l'aor. ) 

' _J ue... pàs(a< .l'ao.cond.) 

1 ; iil. arec /Vu»/-. s«i!y'. 



~ J id. (aoec le prétérit ), 
après que, lorsque. 



V < 



non, certes. 



non — /;a/ - ï. condit. si 
(pour le temps futur) 



NM si. • • ne, sinon ( ■Vo/îfj 



, /,<//'(. co/id. si pou» Je 
— passé 



'.-• l.'-VIJ s-i ce n'était que..., si... 

" - r ' -" ne 



„_ . quand môme,et même, 
et si . 



" .' partie, inchoatioeet aj 
U munit a e, certes. 



L_a~j' aeulement.car.eneffiet, 

ne. . . que. 



DE LANGUE ARABE 



37$ 



..)) f'-°'lÀ. que, afin que, 
^ (ao. un verbe I. 



.1 que, afin que ac. «7» 

^ nom. 

,l_S comme si. . . 

3 afin que, pour ao. roi 

^ ' cerbe). 

= H id. 



CT* 



L*_ Lj ! partout où, en quelque 
lieu que. 



— cv où, puisque. 



L.' 



arec un nom). 



ç.i - çAj a h 11 que. 



LaJL^-ss. partout où, en quelque 
lieu que. 



o . jusqu'à tant que, jus- 
' -' qu'à ce que. 



*_5 combien. 



jLi combien de. 



M I 



v ; c ' /afin que... ne, depeui 
JJ \J ' que contractj 



w /comment énonc.etin- 
, l ,L terrogati/j. 

^a — S" 1 



c^ 



J_j mais, au contraire, — 
(après une erreur, 
c'est-à-dire . 

lj--^- cependant, mais rfee 
/es cerbes). 



\_J id. t/rr. /e.s- 7/0///S 



/ / 
L_>J LL tant que, longtemps... 



Us_a S de < 



l'ielque manière 



que. 

^_:_.^ quand, Lorsque sens 
passé . 

\ ' ' ' 

yS J ~~* en quelque temps que., 
jusques à quand ? 

,L_j I en quelque temps que, 
^ quand. 



UJ e t*J Pourquoi 



Lô-JLi toutes les fois que. 

Lwl_? et mieua '_'- J_Ç tout ce 
que. 

— *-h 5— ' toutes Jes fois que, 
quelque chd.se que.' 



376 



( Cl H- 



I 



,' es) ce que? soit que..- 

u 



_,_-■ est-ce que' 



\\ '/.- i ' lorsque , alors que , 
w. voila que. 

\ j| lorsque, quand sens 

tut.), voilà que, "' • 



'$] .' : ' dés lors, par conséq 1 

srlll et J/"!i il a l0l-s - 



- -/ \ ïj (peut prendrt 
~* •■) lespron.aj) de la " 
pers . 

'_^ ' quant à. 



_^.M j sur-le-champ. 



J - 3 



, I 



alors, en ce moment-là. 



[_~,\ llU bien, soil que di~\ |_^j 1 > constam 1 , toujours. 
à lemne . 



" / /à la place de, au lieu 
de. 

1 \ < ^ 



l 



JaJ .Cj _k-è et jLs jamais 
dans /'• sens passé). 

!i_jV]amais r^« s /(> ' s, '"/ s ' 
• f J futur. I f 7'. ces mots 
/ t /\ doieent être précédés 
-1_- d'une négation . 



î-_i_3 seulement. 



^I_lj ' aujourd'hui, mainte I ~^. ensu ite, pui 

P " naut. * 

/ 
'_■._:. demain 



/ > . . 



' n! ' maintenant, en o ■ m 
lJ ment. 



7 ., ' ' 



DE LANGl i: ARABE 



377 



;_v iâ 



\_J pèut-êtri 

J 



— s -.: — - surtout, principalem' 



J..s . J-g-3 _ J_aJ particule em- 
ployée devant des oerb. 
au prêter, et indiq. 
le temps passé) déjà.. 



particule employée deo. 
des oerb. à l'aor., et 
indiquant le futur. 

_£ ^Lis_9 k' en loin de. . .tant s'en 
'■ faut, préférablement 
à, plutôt que. 



C 



• y— ——■ quelle différence de.. ,à 



.,_) plût à Dieu ! je vou- 
drais bien. . . 



/plaît il? 
-~o « v^>__i telle et telle chose. 



IÀS B \jS telle et telle manière, ou 
chose. 



._- que. . ! combien. . . ! 
tant que, qu'est-ce 
y que. . .? ne. . . pas. 

-5 et, par. . .! tandis que. 

/ 

^ - et, or, car, alors, en 

^"~ - conséquence. 

(Ces trois particules 
ont un y rand nombre 
d'applications qui se- 
ront exposées dans la 
Syntaxe) . 

3 ou, ou bien, soit que. 

-> l ou bien. 

c ! 
31 c'est-a-dire. 

^.o _ i.^s silence ! 



y s 



^ t . S} j allons ! 



X-J ! - A_> 



* ' 1 

' bravo ! c'est bien ! 



L_a 



arrête. 



' \ / 1 ■ 

i_L_! laisse, finis ! 



I S 1- s 

y — j-j bien loin que, il s'en 
faut que. . . 



doucement, 



j — ft . ... a» viens, 



accours. 



25 



[78 



.*-*-*/ viens ici (prennent les 
genres et les nombres 
, \ comme l'impéi 



r' ; ' prends garde, garde 

- - ,. \ .p 349 



i*>. . . particule compel- 
loti 






malheur a. . . ! ( <"'.' » 



-A— ^-? c'esl bien, a la bonne 
• heure! 



si _ L hélas. 



■ ' ,_j descends. 



_a prends. 



_. _J VOICI . 



> |_ a la fin des mots, in- 
dique l'appel d'une 
personne éloignée : 

V.-Cs.- 3 U> hé! Mo- 
hammed, ohé ! 

. s aïe ! ouf ! 



Telles sont les particules principales. et les locutions 
adverbiales les plus usitées. Quantaux adverbes propre- 
ment dits, ils sont peu nombreux en arabe; et, de môme 
que les autres mots de la série des particules, ils n'ont 
pas de forme spéciale. J'exposerai dans la syntaxe, par 
des exemples, remploi de ces diverses expressions. 

Je n'ai cité que très peu d'interjections, parce qu'en 
arabe comme ailleurs, à un petit nombre d'exceptions 
près, les interjections ne sont pas des mots constitués, 
mais des effets vocaux souvent impossibles à rendre par 
l'orthographe, et dont on ne peut guère avoir une idée 
qu'en les entendant. Ils sont donc presque exclusive- 
menl du domaine de la pratique orale et nullement de 
celui de la grammaire. Il n'y a pas lieu de s'en préoc- 
cuper dans I étude : l'observation les indiquera. 



DE LANGUE ARABE 379 

CHAPITRE VI 
EXPOSÉ TECHNIQUE DES FORMES 

DE LA LANGUE ARABE 

On s'est attaché dans les chapitres qui précèdent, à 
exposer les principes de la théorie des formes dans des 
proportions restreintes, mais suffisantes pour servir de 
base à l'étude raisonnée de la langue arabe, et pour 
guider les premiers pas des arabisants dans la voie de 
l'application. Les tables suivantes ont pour but de com- 
pléter ces éléments, ainsi que d'étendre et de faciliter 
la pratique par les solutions qu'elles pourront offrir. 
Elles sont destinées à soulager la mémoire et non à la 
surcharger : elles s'adressent seulement à l'observa- 
tion; c'est pourquoi on devra se contenter de les par- 
courir de temps en temps, et de les consulter dans les 
difficultés de l'analyse. 

Je n'y ai admis que les formes indiquant une idée 
spéciale, ou modifiant d'une manière déterminée la 
signification de la racine. Quant aux formes insolites 
ou arbitraires, elles n'ont pas de place ici. 

On a pu observer déjà que, malgré la régularité des 
signes extérieurs des formes arabes, leur signification 
n'est pas toujours restreinte à une seule acception, 
surtout dans les noms et les adjectifs originaires du 
verbe primitif. Une même forme peut s appliquer à la 
fois à un substantif et un adjectif, ou caractériser le 
singulier de divers pluriels, ou le pluriel de divers 
singuliers. Je n'ai pas cherché dans cette confusion un 
ordre qui n'existe pas, ni établi un système de classi- 



380 coi rs 

fication qui eûl « * t « * . comme beaucoup d'autres, plus 
difficile à saisir que le l'ait lui-même. Amené par l'expé- 
rience à regarder toute complication inutile comme un 
obstacle, j'ai présenté l'ensemble de toutes ces formes 
le plus simplement qu'il m'a été possible. La sagacité 
du lecteur les appréciera peu à peu, au moyen de quel- 
que attention el de beaucoup d'usage, qui sont deux 
maîtres habiles en l'ail de langues. 

Les particularités delà conjugaison, les indices des 
genres, des nombres el «les cas, n'avaient pas besoin 
d'encombrer ces tables, car leur connaissance doit 
indispensablement être déjà fixée dans la mémoire; et 
leur reproduction eût obligé à présenter ici chaque 
forme sous autant de faces qu'il y a de temps et de per- 
sonnes, ou de signes spéciaux des nombres, des genres 
et des cas. 

Les formes ne sont pas classées par ordre alphabé- 
tique, mais d'après la nature de l'idée grammaticale 
qu'elles présentent. L'ordre alphabétique ne reposant 
que sur les quatre lettres ' ^> ^_| -», n'eût pas sensible- 
ment facilite les recherches, et aurait apporté l'incon^ 
vénient grave de disséminer des faits qu'il importe 
d'observer réunis. 

Le chiffre qui précède chaque forme est un numéro 
d'ordre auquel il ne faut pas attribuer une valeur abso- 
lue; il a pour but d'établir les renvois indiquant les 
rapports des formes entr'elles. — Les formes du verbe 
dérivé <•( des mots qui en proviennent sont marquées 
ru chiffres romains'. Les dix premières correspondent 
à celles du tableau de la page 2;'»2. 

Les abréviations employées sont : 

i, . t substantif. A. adjectif. 

/,. /. nom verbal ou d'action. /'. pluriel. 

,,. dér. nom dérivé. 



DE I.VNGUE ARABE 



381 



TABLE I 
FORMES SPÉCIALES DU VERBE 

Les chiffres romains désignent les formes du verbe. — Les chiffres 
arabes indiquent l'ordre général. 



C a 
■'■£ Z 



2 £ ' FORMES 

W o J 

"■ - ~ 



Z 



TECHNIQUES 



SIGNES 

caractéristiques 



SIGNIFICATION 

DES FORMES 



1 


i 


2 


h 


3 


m 


4 


IV 


o 


V 


6 


VI 


7 


VII 



VOIX ACTIVE 



V E R lî E T IW L 1 T E R E 



'.*' 

J* 



3~ 

3»? 

Lsotn 



Idée simple de l'action, de 
l'état ou delà qualité. 

Faire faire l'action : mettre 
ou supposer dans l'état : 
attribuer la qualité, — 
minutie de l'action, — 
aller en un lieu, — réci- 
ter, appliquer une for- 
mule. 

Diriger l'action vers ou con 
tre, — faire des efforts, 
— chercher a. . . 



H j Comme la II*. — faire deve- 

' / nir, rendre. . . 



, Passif de la IL. — Idée 

' w *f, \ pronominale, se dire, se 

« . . -» à faire, se prétendre, cod- 

trefaire, — pouvoir être. 



, s Réciprocité, mutualitéd'ac- 
\ tion, — répétition consé- 



I. J 






I cutive d'un fait, — comme 

V, simuler, contrefaire. 
I 

. Sens passif ou pronominal, 
comme V, niai* moin-< 



usitée. 



382 



[Tab >■ I. suite 



10 

il 
12 
11! 
14 

1:; 
16 



>_ loKMI.s 



SIGNES 

E( ,iM,..i es caractéristiques 



SIGNIFICATION 

lis Fi iRMES 









('ommr V et VII. 



■^ y •>** y * s u ~ s Couleurs ou particularités 
'.» ix V93\ . . . \ i physiques, — intensité. 



'ySJl^M 









Uésir de l'action de l'état, 
°f. U/ f \ - attribuer, regarder 
' t -**" i comme, — instituer, — 
investir. 



or* 
. \ 



\ '. i«. . \ 



XIII 






Intensité de la forme IX . 






XVI 



1 / Wll 

18 xviii 
19 






• / 



>s o /» 



&' 



o »o 

. \ 



s s & 

• -y 



l'on tes ces formes indiquent 
généralement l'intensité 
d'un état, quelquefois l'é- 
nergie d'une action; elles 
ont ordinairement la si- 
gnification neutre. Elles 
semblent être une espèce 
de modification emphati- 
que et, auginentative de 
ridée du verbe primitif. 
Les Arabes nomment les 
verbes de ces formes : 

aime , .'s il 11 1 l'i-be quadri- 
litère . (Juu\<\uqs gram- 
mairiens comptent jusqu'à 
trente-cinq formes de vér- 
in- : je me borne a celles- 



[Table l, suite.) 



DE LANGUE ARABE 



383 



X 


s. 








—- - 


C w 


FORMES 


SIGXES 


SIGNIFICATION 


û a 


§~5 


TECHNIQUES 


caractéristiques 


DES FORMES 


z 


z 






1 


20 


XX 




s s* s 


1 

1 ci, parce que tes tfias pre- 






mières seules ont une ap- 










plication fréquente, et que 


21 


XXI 


x^o i 


s"^** ^ 


les autres, surtout les der- 




J^ss 


.*. . 


nières, sont extrêmement 










restreintes. Je n'en ai pas 


22 


XXII 


,„ OS 




parlé a dessein dans les 
explications du verbe ; 
mais je n'hésite pas a les 
constater dans ces tables, 






*&$ 


s s 

¥*y s r° 


parce qu'il n'est pas inu- 


23 


XXIII 


r i 
... | 


tile de les connaître, et 










qu'elles n'ont d'autre in- 
convénient ici que d'aug- 






s os S % 


s O ' f. 


menter le nombre des mots 


24 


XXIV 


J^ 


s ■ ■> 


techniques : elles n'obli- 






gent la mémoire à aucun 










travail, elles s'adressent 


23 


XXV 


' Ses< 


S s»'?. 

. .3. J 


toules a l'observation. — 
Le Cj commençant une 
forme y ajoute l'idée pro- 






S s Os' 


/ /«•-^ 


nominale ou neutre (se 


26 


XXVI 


>^ 


• '£-'■» 


faire. . . ou être fait. . . ) 


27 


XXVII 






' 






VER 


BE QUADRII 


.ITÈRE 


28 


I 


3* 


^ s ■* s 


analogue a la I rc forme du 
verbe trilitère. 


29 


" 


s s *> "'f 


. . . . ^ 

S S*> S 9 lC 


analogue à la V* id. 


30 


m 


^5» 


. .}. • | 


analogue à la VII e id. 


31 


IV 


5^ 


6 ' ' "? 


indique l'intensité. 



3 



[Table i. suite.) 



FORMES 

il. 1 1 \ i ... I ES 



SIGNES 

caractéristiques 



SIGNIFICA1 i( »N 

DES FORMES 



32 
33 

::', 
35 
36 
:i" 
38 
39 

10 



VolX PASSIVE 



V E II B K T li I L I T E H E 



i\ 



, A 



y y>* 

y 9 •* 

ix (pas de passif) 



y «7 3 , 



m (pas de passif) 



y y 



S VJ f 



. . . * 



. • . -> 



y >*. 

y 

0** 



9 OfO 






La signification de ces for- 
mes eSl relie îles formes 

correspondantes ci-des- 
sus, augmentée du s.-ns 
passif. — Comme on le 
pense bien, elles ne sont 
applicables qu'aux vei- 
lles dont la signification 
est transitive. Je n'ai pas 
donné les formes passives 
dont le caractère d'ail 
leurs ésl bien connu, \ , 
p.241 au delà de la XIV', 
parce que îles la XI e for- 
me, les \ erbes indiquent 
généralement un état, une 
circonstance, une.qualité, 
et que la nature âe leur 
signification n'admet pas 
la voi s passive, qu'il est 
toujours facile de recon- 
naître ou de déterminer 
au besoin. 



(Table l. suite .) 



DE LANGUE ARABE 



385 



■f. 


r. 


- s 


O x 


■^ - 
Se 


^ DB S 

— £> - 


s = 


» k- 


X 


X 


il 


XII 


42 


XIII 


43 


XIV 



FORMES 



TECHNIQUES 



SIGNES SIGNIFICATION 

caractéristiques des formes 









... . I 






VERBE OUADRILITKRE 



44 


i 


45 


ii 


46 


m 


47 


IV 



•..«> 



o e 



analogue à la 1" forme du 
verbe trilitère passif. 



•>?. 



U^SJD | • . « . J | analogue à la V e forme 
U>2>3' • O. * 1 analogue à la VIP id. 



^f f.f.t 



analogue à la XI e forme du 
verbe actif, intensité. 



La voix passive n'a que fort peu d'applications dans le verbe 
quadrilitère dérivé, dont le sens est généralement neutre. 

Observation. — On pourrait rationnellement ne reconnaître 
comme quadrilitère, que des verbes formés de quatre lettres 
avec une signification spéciale, comme r y>.> rouler, sans aucune 
relation avec des verbes trilitères usités : mais souvent on ne 
considère que la forme, et l'on admet dans cette catégorie, de- 
mots tirés du verbe sourd répété, comme J;J: trembler (de J :) 
ou indiquant l'emploi des formules, comme l_o_^«_> dire la 
formule <sû)\ *..~o . 



- 



TABLE II 
FORMES DES NOMS D'ACTION DU VERBE DÉRIVÉ 





FORMI - 

II. Il M. .il 1 - 


SIGN1 S 

caractéristiques 


CORRESPONDANCE 

de ces Formes 

AVEC i.i VERBE DÉRIVÉ 


w 


3> '' 


r\r. 


Voir l'explication des for 
mes du verbe a la table l. 


'»H 


s 


"Y. . 

s 




50 
51 






1 l f l'orme du i erbe. — La 
dernière [53] est la plus 
usitée. 


52 




• 




53 


"^ 






54 


'aiiOi 


». . \ . » 




.'i.'i 


'JVia 


•'• ■ i 


| 


56 






Il l" forme du ' erbe. — Les 
deux pi-i' m i î« ■ ■- i . i ',., 
sont fréquentes. 


:,7 




'X>. 

"s 





(Table 11. suite.) 



DE LANGUE ARABE 



387 



z - 
■S 2 

3 a 


FORMES 

TECHNIQUES 


SIGNES 

caractéristiques 


CORRESPONDANCE 
de ces formes 

AVEC LE VERBE DÉRIVÉ 


38 








59 


JùKsS 




1 


60 


«Usai 

•9/ 


! 

<. . . \ 


I\ e f. du v. — La forme 

ri" 58 est la plus usitée. 


61 


!)& 


^ !• • 




(12 
63 




• • - J 

I 


V e forme du verbe. 


64 
65 






VI e forme du verlie. 


66 


tVv_SUlM 




VII e forme. 


67 


'Juif 


'.iijri 


VIÎI e forme. 


68 


s * 




IX- forme. 


69 


u\£axJS>\ 






70 




~6 • • •^Cfc»>' 


X e forme. 


71 


î>$t# 


"O. °r 


XI e forme 



388 



[Table u. suite.) 



r 


1 ORMl S 


SIGNES 


CORRESPONDANCE 


y 


II. Il M. .il h -■ 


caractéristiques 


de oes rormes 

A\ El l i VERB] DÉRIVÉ 






9 y.^ ?t 


\ 1 1' forme. 




SiJS 




Mil' forme. 


7 i 




s 


\ IV' [orme. 


T.. 


• - 


s 


XV' forme. 


76 


"JfoAi 




XVI e forme. 


77 
7s 


• 
«• y 




\ V l [« forme. 


79 






XVIII forme. 


80 


> 






-1 






\ 1 \ forme. 


32 


»J(SS 








•^^3 




\ \ ' forme. 






i 


1 



[Table II. suite. 



DE LANGUE AHABE 



389 



X 


FORMES 


SIC NES 


CORRESPONDANCE 


3 Q 

's: 


TECHNIQUES 


caractéristiques 


de ces formes 

AVEC LE VERBE DÉRIVÉ 


s;; 


9 <* e / 




1 


86 


*ac* 


'.G.". 


XXI e forme. 
\ 


87 


^* x 

■>». 


3» s>s 


XXII e forme. 


88 




•*• 


XXIIP forme. 


89 


^ 




XXIV e forme. 


90 


'JW 




XXV' forme. 


91 


"j^ 




XXVI e forme. 


92 


p J^ai> 




XXVII e forme. 




NOMS D'ACTION 1)1 VERB 


E QUADRILITÈRE 


93 


^ 


V ■" o y 




94 




2' «s 

..... 




95 






I re forme. 


96 


"àî^SS 






97 


3^ 







390 



[Table II, suite.) 



1 
: 


FORJI) - 


SIGNES 


CORRESPONDANCE 


- ~ 






de ces formes 


s 


rE( 1 1 M .■ i ES 


caractéristiques! 


IVEC U vi RBE DÉRIVÉ 






A> » 9 ' '. 




98 


.....> 


II' forme. 


99 






III e forme. 




V y 


>> 




100 


^^ 


Y. .îl 


1 V* forme. 




'", 


^ * 





TABLE III 
FORMES DES ADJECTIFS VERBAUX OU PARTICIPES 



FORMES SIGNES 

ii, uni. caractéristiques 



<:<>i:m-:siM>\i)A\<:i<; 
de ces formes 

AVEC II VERBE 



VOIX ACT1 V E 



ADJECTIFS VERBAI \ M VERBE TRILITERE ACTIF 



102 



lu:: 






■», \' 9 I y i' 









I n forme. V. pour la signi 
fical ion, table I. formes 
du i erbe. 

Il" forme. 



III" forme 



I \ ' for 



[Table lit, suite.) 



DE LANGUE ARABE 



391 



105 
106 
107 
108 
109 
110 
111 
112 
113 
114 
115 
L16 
117 



FORMES 



SIGNES 

caractéristiques 



CORRESPONDANCE 
de ces formes 

AVEC LE VERBE DÉRIVÉ 












V* forme. 



VI e forme. 



Vs»jL«-o . . .^o ° forme. 



3^ 






y- S 



- 












O. . j» 






3. . >o 



J4^ 



a-* 



.***• 



a ' 9 



VIII e forme. 



IX e forme. 



X e l'orme. 



XI e forme. 



XII e forme. 



XIII e forme. 



XIV e forme. 



XV e forme. 



XVI e forme. 



X VII e forme. 






[Table lll. suite 



1 

Z - 


FORMES 


SIGNI - 


( ORR1 SPONDANCE 


SE 

118 


1 I • IINIQ.I I S 


caractéristiques 


de ces formes 

\\ 1 1 1 1 \ 1 1; r.i DÉRIVÉ 






\\ Ml forme. 


119 




y «^ .* 
y 


XIX e forme. 


L20 


JyULo 


y « -J 


X .V forme. 


12i 


"Jé^ 


-..». ri 


\ X 1' forme. 


122 




y 


WII" forme. 


123 




*9s «9 

. J. . vO 

y 


XXIII 1 forme. 


12'. 


v 9 ' 3 




XXIV e Eorme. 


123 






XXV e forme. 


126 




y «-"'J 

y 


XXV] forme 


127 


»1 • "£* 


.3. .** 


\\\ II e forme. 


AD 


IECTIFS \ ERB 


\l \ lii VERBE 


(.il ADRIL1TÈRE ACTIF 


128 






l c Eorme. 


129 


"j^ 


• ♦ • -yJi 

y 


Il forme 



{Table lll.suih .) 



DE LANGUE ARABE 



393 



O a 

•s 1 

3 a 


FORMES 

TECHNIQUES 


SIGNES 

caractéristiques 


CORRESPONDANCE 
de ces formes 

AVEC LE VERBE DÉRIVÉ 


130 


'^ 


; ; . ) . . j> 


111° forme. 


131 


»> 


. . . . ./O 


IV e forme. 




VOIX PASSIVE 


ADJECTIFS VERBAUX DU VERBE TRILITÈRE PASSIF 


132 




3- ••* 


I" forme. 


133 






II e forme. 


134 


yyz 




III 1 forme. 


13;j 


"S*£ 




IV e forme. 


136 






V e forme. 


137 


Vc.UÛ-6 


. 1 .y* 


VI e forme. 


138 






VIP forme. 


139 






VIII e forme. 

IX 1 ' forme, {n'apasdepass.) 



26 



194 



[Table m. suite.) 



FORMES 

IK 'Il J 



140 



Vfi_0^_A>U-6 



141 >^^ 



r»2 






143 3*-^-* 



SICNKS 



caractéristiques 



CORRESPONDANCE 

de ces formes 

AVEC LE VERBE 









» 9 






X' forme. 

\ r forme, in'ap.depassif.) 

XII' tonne. 

XI 11° forme. 

XIV forme. 



ADJECTIFS VERBAUX IU VERBE QUADRILITERE PASSIF 



144 
1 13 
I 16 
14*7 















>> 

• • . . >0 



I" forme 



I I e fori le . 



III f fin me 



IV' forme. 



DE LANGUE ARABE 



395 



TABLE IV 
FORMES SPECIALES DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS 



■J. 

3 'a 


FORMES 
TECHNIQUES 


SIGNES 

caractéristiques 


SIGNIFICATION 


148 


'<W^ 




- 


adj. qualificatif très wsjfé. 


149 






• 


intensité du précèdent. 


150 






' 


adj. qualif. t/"ès usité. 


loi 


9\ t^ 


•J- 


' 


intensité du précédent. 


152 


iûSk 


Sir; 


■ 1 




i 
153 




Si;: 


\ 


une qualité passagère, un 
état instantané. 


154 




'a: : 






155 


Y'1 


> " 




couleurs et particularités 
physiques. — Compa- 
ratif et superlatif. 


156 


J^ 




> 


fém. des adj. comparatifs 
précédents 155 . 


157 








fém. des adj. de couleurs, 
etc. [155] — appartient 
aussi à quelques noms. 


158 
159 


â)\Jsb 


y. 1. 




qualité intense, action fré- 
quente, profession, mé- 
tier, qualité très intense. 



396 



{Table n , suite et fin.) 



\ ■*■ 








~ - 


KORMI s 


SIGNl - 




z - 






SIGNIFIC \ riON 


s. 


1 I r.HMQUI s 


caractéristiques 






i' ■ 






160 


J*? 


. 






n ' - > 






L6Î 


/'. ^)^s 


~x • • . 




162 


è\oS& 


s: x 




163 


"cÙ^à 




toutes ers formes se rap- 




portent à un état passa- 








ger, a unequalité Intense, 




*Ù**t 


>> s 5 


une action fréquente. 


164 


- _0 






>■> 




La forme Itil sert quelque- 


165 


S\SkjL» 




fois de pluriel à tOl dési- 
gnant des âtres raison- 
nables. 




».<s * 


'' * s- •> 




|l',li 


mXsul» 


y. . ^> 




Wi 






i 


168 


" If' 


c5 ; ' • • 


adj. relatif pourles numé- 
ratifs de fractions. 


Voi 


• à la table N 


» 
, les formes di 


noms qui peuvenl être 


empli 


\ ées comme adj 


setifs, el qui son 


l indiquées par \. adjectif.] 



DE LANGUE ARABE 



39" 



TABLE V 
FORMES DES NOMS D'ACTION ET AUTRES 

DÉRIVÉS DU VERBE PRIMITIF 

La lettre A. veut dire que telle forme est employée aussi comme adjectif. 
La lettre 7' signifie pluriel et les chiffres indiquent les singuliers. 



03 


FORMES 


SIC NFS 




— — 

s 1 

S a 


TECHNIQUES 


caractéristiques 


SIGNIFICATION 


169 


)' ' ''' 


1> Os 


n.oerbal très usité., A. 


170 


3*? 




«..<?. 


171 


J-f? 


y * » 


n.o. A. — /'. rfe 150, 181, 
182, 183, 202. 


172 


'^ 


j," • * 


;/./ -. A. — P. de 101,181, 

184. 


173 


^ 


! ' 

y 


».r. /'. de 182. 


174 




;> -- y 


u.c. P. de 155 /ion compa- 
ratif et 161 . 


173 


5^ 


>> ' 


71.0. A . 


176 


j^ 


tt f s 


h . dérivé. A . 


177 


y* 


ft > > 


n.o. P. de 118, 170, 172, 
183,185,186, 195,199,200. 


178 






a .i . 



i . suite l 



1 


FORMl S 


SIGNES 




y 


ru HNIQl i s 


caractéristiques 


SIGNIFICA «ON 


179 


%A 


• 


y 


n.o. 


L80 


âliâ 


5' 




u.c. /'. rfe 169, 170, 171 


iai 


"Â^ 




- 


n.c. 


182 


» ■( * 

#&3 




y 


" . ' . indique La partie, la 
traction /'. cte 1 is. L69, 
171, 172, 185, 187. 


L83 






7 


a .i . indique la capacité, 
le contenu, la couleur. 


184 


i0^3 


2T ■ 


*" 


a i . /'. de lui désignant 
des 'très raisonnables. 


L8S 


jLîAS 


v :\t 


y 


n.e. V. 61 \ 


186 




p .\: 


** 


«.o. éloignement, a\ er- 
sion. V. 55 \. - P. rfe 
148, L69, l7o, 171, 172,176, 
181, 183, 109 211. 


18*7 


*j\il 


".ir 


f 


i is maladies; 
— le reste le fragment \ . 


[88 


'j\sé 


" vu 




n à habitude, d'intensité 
de l'action. 1. Voy. 152, 










189 








L58. 


[90 


'jvSi 


"\" 


A 


n il habil ude. 1. /'. de 
101, 212. 


191 


'•^lâa 






n .' . idée abstraite. /'. rfe 

lui. 17:' 



(Table V, suite.) 



DE LANGUE ARABE 



399 



192 

193 
194 
195 
196 
197 
198 
199 
200 
201 
202 
203 
204 



FORMES SIGNES 

techniques carac térist ï q ues 




'<àJl3is 



"Si3 V.\:>. 



» > * 






if J J 



■J * 



te? •*: • 



n.r. P. de 101, 172. 



/< .' . A . 



/i. dérioé rare, idéeabstr 



n.o. A. 



n.o. P. de 101, 169, 170, 171 

172, 175. 

n.o. idée abstraite. .A. 



n.o. P. de 169, principale- 
ment sourd ou concare. 

n.o. rare, mouvement. .V. 
Voy. 148 P. de 101, 169, 
186. 

n.o. rare. 



X 


a 


^» 


ra.o. P. des od/. 101. L48, 
153, 155, 175," indiquant 


cS" 




* 


lésion organique. 


c3- 


s 


> 


u.c. r«/r, .A. [V. 156;. 


^" 


a 




n.o. rare. 



id. 



MX) 



(Table V, suite.) 



1. 


FORMES 


SIGNl - 


SIGNIFICATION 


s 


, E( HNIQI 1 S 


caractéristiques 


DES l"H\ll 5 


20.Ï 


j^ 


■/,/. 


n .i . rare. 


206 


J^ff 




n.o. rare, intensité, énerg. 


207 




S\r-:T 


/' .( .agitation, mouvement 
rapide. 


208 




Vfr 


forme énergiq. du précèd. 


209 




J>\ . . . 


n .i '■ . A. 


210 


> 




a i l'.ile lOlconcaoe; 109, 
171, 174, 185, 187. 


211 






n.o. rare. A. 1 '. de 169, 
172, 199, 213. 


212 


3^: 


» 'Y. 


n ./ . rare. 


213 


»: 


v X 


a . dérivé rare. Voy, 101 


i\\ 


>SL\S 




W. A. 


21.1 


^-^s-\s 




M. 


2ir, 






M. 


217 




fis** 


n . d'abondance, de lieu, 

de temps. 



{Table V, suite.) 



DE LANGUE ARABE 



iOl 



Xi 

C a 

r-. - 

_ a 
y: 


FOR. MHS 
TECHNIQUES 


SIC, NES 

caractéristiques 


SIGNIFICATIOÎN 


218 


**SJstSL* 


* . . .-4 


n. d'abondance, de lien, 
de temps. 


219 


J^ 


. . . ^r> 


n . de lieu, de temps. 


220 






n. o. rare. 


221 


■i>\ J °" 


)' J o ' 


id. Voy. 132;. 


222 




V > - ! 
. . . J> 




223 




TS ■ ■ ■ J> 




224 


"■■A^ 


K . . .-« 




22: i 






n. d'instrument, de vase, 
de récipient. 

id. A . 


226 


■ ^ 




id. A . 


227 




>> 1 X O 

. 1 . . J> 


id. A. 


228 


'JV_5?J0 


. 1. . _> 


a. '". rare. Voy. bi . 


2?9 


J V-SLÎU 


i 


id. 



lOtî 



(Table V, suite et fin.) 



r 


FORMES 


SIGNES 




~- - 






SIGNIFICA riON 


s ' 


• 


caractéristiques 








DIMINUTIF 


■i 


230 


y^ 5 




diminutif de ^J--*» 


231 


^ 




i ut' n*iie du préa i ''''' 


232 




5 .J. • 


< ',1, /in . de i/vJ—sia 


233 






dimin . de Jy-zls 


234 


5 , *>^.> 




dimin. de ,JL- »—«,-<« 



TABLE VI 

FORMES SPÉCIALES DE PLURIEL 

Les chiffres renvoient aux singuliers auxquels elles correspondent. 



/ 


FORMI - 


SIGN] S 




- 






RENVOI AUX SINGl I.M.KS 


s 


1 1 I.IIM"! 1 - 


caractéristiques 




233 


"À^StS 


'v— 


LOI défectueux. Voy. 161]. 


236 




77 ^ ȣ 


169, 17(1. 171. 172, 186, 199. 



[Table 17, suite.] de langue arabe 



403 



<r. z 

3 a 
Z 



237 

238 

23! I 

240 

241 

242 

243 

244 

245 

246 

247 

248 

249 



FORMES SIGNES 

techniques j caiac ( éris t ï ((ues 



"jGS 



'.Y A 



*\&**\ *\. . . \ 

I 

'2ÙJBL3\ V. • . \ 
*" * / 

#&$ 'Sr : 



RENVOI AUX SINGULIERS 



J«â 


rf -ïr: 


^ 


•£ 


0^5» 


'•;>'•' 


ÎKW 




5^*? 


> , - ^ 


"iàlVi? 





/)/. de presque tous les noms 
et adjectifs de trois let- 
tres et de 101, 148. 

101, 148, 199. 



148, principalement sourd 
ou défectueux. 



148, 185, 186, 195, 196, 199, 
princip. sourd ou déject. 

101. 



84, 148, 185, 186, 191, 192, 
193, 195. 197, 200. 



156, 157, 201, 203. 

152, 153, 156, 157, 200. 201. 

79, 212, 213, 214. 

80, 82, 215. 
93, 94. 

95, 96, 97. 



( Table IV, suite et /in 



1 






j 




1 ORM1 S 


SIGX1 S 




— S 






RENVOI AI \ SINGULIERS 


£ ; 


1 1 • lIMyl/l S 


caractéristiques 




Z 








250 


^ 


>.x\ 


60, 233. 


251 


^ 


- ^ 


GO, 216, 231. 


252 


^ 




52. 


253 


^UÏ 


" s 


51, 53. 


254 


•itXfrViû 


if. . I. j 


52. 




^- 


*" 




255 


'te& 




217 à 226 inclus. 


256 


'S^^ 




132, 165, 1G7, 227. 


Voii 


parmi le< non 


is et les ad jectii 


s, les formes servant aussi 


de plu 


: qui sonl 


notées par la 1 


îttre P. , pluriel 



DE LANGUE ARABE 



iOo 



TABLE VII 
FORMES DE SINGULIERS MISES EN RAPPORT 

AVEC LEURS DIVERS PLURIELS 

Les chiiïres placés après la lettre A. indiquent, lorsqu'il y a lieu, 
les pluriels des mots pris comme adjectif.». 

La lettre /'. signifie que la forme qu'elle accompagne sert aussi de 
pluriel. 



r aa 


NOMS 


SIGNES 


RENVOI AUX FORMES 


^ °— E 
— s - 


et :nljeo(ifs 
SINGULIERS 


caractéristiques 


qui leur servent 

DE PLURIEL 


loo 




• • • \ 


A. non comparatif. 171, 
21 1 — cotnpar. 250. 


157 




>I\r r- 


A. 171. 18G. 


169 




V <=> - 


236, 182, 186, 196. 199. 210, 
211, 237. — A. 186, 237. 


170 






186, 196. 236. 237. 


171 




Il 9 > 


182, 196, 236. 237. 


172 




» ' " 


182, 186, 237. - A. 237. 


1715 


p. ^ 


U • 

^ 


179, 237. 


174 


'■ *& 


P - , 


210. 


17b 


*y**. 


v» x 


237. 


176 


y* 


t> S ' 


237. 



iOh 






(2'aMe i ■//. suite ) 


- 


NOMS 


SlGNl S 


RENVOI MX FORMES 




jectifs 

SIXUI ' 


caractéristiques 


(|iii leur ser\ enl 

DE l'I 1 i: Il i 


177 




v ; j 


237. 


178 


j> -f »•> 

| 


* • • • 


174. 


1 79 


'kW 


V . . . 


173. 


180 


K "ÛJ^, 




173. 


[81 




t , • , 

Y . . . 


174 189. 


182 


r. *\a3 


* . . . 


173. 




y 


s 




183 




* . . . 


L74. 


IV, 


y ' i*î-ks> 


'1" ' 

y . . . 


186. 


161 


>■ "Ais 


>■< s ^ > 

i . . . 


174. 


Iv. 


'5\^ 


*\ \T ' 


177, L82, 210. 240. A. 
186, 238 


18 






177. 2in, 236, 240. -A. 
177, 238. 


187 


'J& 


■ 


182, 210, 240. A. 177, 
211, 


191 


/ J iîv^ 


H. 1. . 


186, 242. 



(Table VU, suite.) de langue arabe 



407 



ta' x 


NOMS 


SIGNES 


RENVOI AUX FORMES 




el adjectifs 

SINGULIERS 


caractéristiques 


qui leur servent 

DE PLURIEL 


192 


p. '^1*3 




242. 


J93 


*£<Â 




•> j,9 


19 1 






243, 244. 


195 


p. J^ft 




177, 240,242. — A. 177, 237. 


196 






177, 240, 242. 


197 






177. 242. — A. 177, 242. 


198 






177, 212. 


199 


P/J^.' 


•' y 


238. - A. 186, 201, 237, 
238, 210, 241, 245. 


200 


"y ' 


a o. . 


177. 242. - A. 186, 242. 


201 


P- J^ 


y -9 y 

6- • • 


243. - A, 186. 


202 


J^ 


s 9 , 
yf • • • 


186. — -V. comparât. 174. 
— 7io/» compar. 169. 


203 




•- * 

£• • • 


243, 244 


204 

! 


& 


s s ' 


243, 244. 



108 



[Table VU, suite.) 





NOMS 


SIGNES 


RENVOI AUX FORMES 


— 9 ï 


ci adjectifs 

SINGI UERS 


caractéristiques 


qui leur servent 
DE PLURIEL 


209 


>1 S 9 y 


'1>\: : '. 


186, 201, 244 


210 


1 • ''j^Jk9 


'6\: '. . 


17 i, 186; 


211 

1 


P. J^R3 




186, 201, 24i. 


[52 


0^3 




186, 201, 244. 


L53 






186, 201, 244. 


L54 




1 


186, 201, 244. 


212 


7>\. 


*. X 


245. 


213 




\ .ir 


161, 245. — A. 161, 184, 
190, 195, 238, 2 il, 245. 


214 




m: ; ir 


245. 


215 


'AJy-ls 


ï'/.ir 


246. 


216 






251. 


217 


"J^° 


. . . ./> 


255 . 


218 


J' 1 • •» ^ 




2! 



Table VU, suite.) 



DE LANGUE ABABE 



409 



Zé a a 
0. s = 


NOMS 

et adjectifs 

SINGULIERS 


SIGNES 

caractéristiques 


RENVOI AUX FORMES 
qui leur servent 

DE PLURIEL 


219 


0*£ 




255. 


220 


0*?* 


. . . -X> 


255. 


221 






25G. 


222 




. . . _o 


255. 


223 






255. 


224 


WfcLaJU 




255. 


225 




. . . -a 


255. 


226 






255. 


227 






256. 


229 




*x.'A 


253. 


j 51 


• • 


• 


253. 


52 


■^d-SLSJ 


% . . . 3" 

y 


253. 


53 




•v 


253. 



27 



,1(1 



cours dh langue iRABB [Table VU, suite et fin). 



i _: 


MOMS 


SIGXI - 


RENVOI ATX FORMES 


— a 5 
" — - 


et ad 

SIS 1 OU s 


caractéristiques 


qui leur servent 

DE PLURIEL 




iviu» 


"\0. 


:-■ 


-n 






243, 244. 


,: 


y* 


•>> ' ? s 


247 


94 


>0JLî93 




247, 249 

248. 








', 


Ûdfï 


» 


248 


\ i \ Cette table 


ne s'applique pas aux pluriels par termi- 


Imit on a 


indiqué l'emploi p. 304, 305, 306, 307, 314 


de cet ouvra. 




Lorsqu'une îles formes auxquelles renvoie comme pluriel la 


Talilc vil. De porte 


pas déjà cette indication dans les tables 


• li-ntes, on doit en inférer qu'elle ne sert de pluriel qu'acci- 


. ntellemenl el pour 


quelques singuliers primitifs 



I IN DU LIVRE THM|s||.Mi. 



LIVKE IV 

SYNTAXE 



Dans le livre de la grammaire, nous avons présenté 
en particulier chacun des rouages de la langue arabe; 
il nous reste à exposer clans celui-ci l'action mutuelle 
de ces rouages, ainsi que la manière dont ils se coor- 
donnent pour transmettre la pensée. Tel est l'objet de 
la syntaxe. 

Dépouillée de tous les faits accessoires, qui sont la 
conséquence de quelques lois rigoureuses, la syntaxe 
générale, ou, pour mieux dire, la phraséologie arabe, 
est simple et facile à comprendre dans sa marche, si 
Ton en trace nettement la direction. Je vais entre- 
prendre cette tâche, sans me flatter de l'accomplir. 

L'exposé de l'arrangement des mots en des périodes 
pour constituer la phrase, se nomme phraséologie; le 
rapport grammatical et logique des mots entre eux est 
appelé concordance, et l'on nomme dépendance l'action 
que certaines parties du discours subissent de la part 
des autres. L'appréciation de la phrase sous ces trois 
points de vue forme la syntaxe, dans l'application la 
plus étendue de ce mot. 

Je traiterai de chacun de ces points dans l'ordre et 
le lieu qui me sembleront le plus opportuns pour les 
offrir utilement à la mémoire et à l'observation. 



t!2 



CHAPITRE PREMIER 

EXPOSÉ DE LA PHRASÉOLOGIE ARABE 



109. Les \rabes ne reçoit unissent ijue deux termes 
dans la proposition : le sujet et l'attribut, qu'ils nom- 

ment 'j_.-.. v u l'inchoatif et t-*-=^ 1 l'énonciatif (*). 



(1) C'esl avec raison que les Arabes n'admettent >\ue deux ternies 

dans la proposition, l a grand Dombre de uns grammairiens Euro- 

péens, guidés plutôt par d'anciennes traditions que par leur réflexion, 

v introduisent le verbe (substantif) comme un troisième élément, 

et sans nécessité compliquent l'analyse d'une distinction que la 

logique ni l'usage de beaucoup de langues ne peuvent admettre. 

La plupart des nations modernes de l'Europe expriment en effet 

l'idée de l'existence par le verbe substantif, lorsque l'attribut ne 

renferme cas un verbe d'action ou d'état; mais dans les langues 

sémitiques, comme en beaucoup d'autres idiomes de l'Orient, cette 

idée résulte de la seule énonciation d'un sujet mis en rapport avec 

un attribut, sans qu'il soit besoin, comme en français, parexemple, 

de la présence constante du verbe. Nous disons : Tout homme est 

attaché ù. la rie ; on traduirait en grec : pas anthrôpos philozôo», en 

entendant estl; en latin : Omni* homo oitoe studiosus. Ovide 

.1 dit : « Tu miiti propoaltum, tu mihi semper opus. » On dit en 

arabe : ^S\ <ajù\ Dieu (est grand. La même élision a lieu dans les 

autres langues sémitiques; et l'on pourrait sans peine multiplier 

ici, d'après les divers idiomes, les citations de propositions où le 

'est pas ex primé . 

Bien plus, le verbe d'action ou d'état lui-même ne présente qu'im- 

nt l'idée de l'existence, et souvent chez beaucoup de peu- 

les nuances de l'expression, on met à sa place un 

il, qui indique l'action ou l'état à un temps passé, 

présent ou futur. Nous disons en tramais : je riens, c'est-à-dire. 

d'ap iens eux-mêmes, je suis tenant; maison 

dirait en latin : oenio ou ego oeniens; au temps futur : venturus. On 

dirait également, en arabe, ?>Là LJ\ je (suis) venant ou devant 

nsi qu'on lit dans le Coran, chap.II, V.28 : ^s\a. ^Jï\ 



DE LANGUE ARABE 413 

Toutes les parties accessoires, telles que les adjectifs, 
les divers compléments, les termes circonstanciels de 



lAJL^ià- ^,^1 3 je (suis) devant ou allant établir sur la terre un 
représentant, c'est-à-dire, je dois ou je rais... 

< >r, si le verbe substantif peut être supprimé, s'il doit l'être en 
tant de circonstances et de langues; s'il n'est qu'implicite dans le 
verbe d'action ou d'état, il n'est pas un élément nécessaire et cons- 
titutif de la proposition, qui se passe bien souvent de sa présence : 
il n'est simplement qu'un indice réel ou virtuel de l'existence inhé- 
rent au sujet, et l'on ne l'exprime, dans un grand nombre d'idiomes, 
que lorsqu'il faut indiquer un temps spécial et exclusif. 

Quand on dit : Pierre est malade. Pierre est l'être auquel on 
attribue l'état de maladie; Pierre est le sujet de la proposition, 
malade en est l'attribut; le mot i:sr, qui indique l'existence de 
Pierre, au temps présent, n'est ici une nécessité de la proposition 
que par rapport aux convenances de la langue française, car on ne 
serait pas obligé de l'exprimer en certaines autres langues, où le 
seul énoncé d'un sujet entraine l'idée de l'existence actuelle ou 
absolue de ce sujet. On dirait en latin : Petrus œgrotus sans être 
astreint a employer est, et la proposition n'en serait ni moins 
entière ni inoins explicite. On ne pourrait pas supprimer ainsi le 
sujet ou l'attribut : Petrus ou œgrotus n'exprimeraient aucune idée 
complète s'ils étaient isolés. 

En faisant abstraction des formes d'expression particulières à 
chaque langue, on voit que partout la proposition ne se base que 
sur un sujet et un attribut, c'est-a-dire sur renonciation d'un être 
toujours existant puisqu'on le nomme, et sur l'indication d'un état, 
d'une qualité ou d'une action qu'on y rattache. Souvent la nature du 
sujet ou de l'attribut, ou de l'un des deux est telle, qu'on ne peut 
l'exprimer par un seul mot, et que ce sujet ou cet attribut exige 
certains détails, certaines définitions : il .peut s'accroître alors de 
beaucoup de mots ou même de périodes ou phrases dépendantes : on 
le nomme complexe; mais l'addition des mots à chacun des termes 
n'ajouteaucun nouvel élément aux deux principes de la proposition. 
Ainsi, par exemple, dans la phrase ci-dessus : Pierre est malade, 
on pourrait être obligé de désigner Pierre avec plus de précision, 
d'indiquer la cause, la nature et l'époque de sa maladie, etc., la 
proposition pourrait prendre, en ce cas, un développement analogue 
à celui-ci : Pierre, le frère de votre ami dont nous avons parcouru 
à chenal les domaines l'an dernier, par une pluie battante, est g ra- 
rement malade, depuis deux jours, d'une fièvre pernicieuse qu'il a 
prise en chassant dans les marais; mais cette addition considé- 
rable de mots n'introduirait dans la proposition aucun nouveau 
terme fondamental. J'ajouterai ici qu'en toutes les langues, on esl 



i I i COURS 

temps, de lieu, d'état, etc., sont nommés par eux 
,j."_flJ..B •■• J ' dépendances. 

lio. Le sujet de lu proposition doit se placer avant 
l'attribut: l'inversion est rare. 



d'autant pins clair el intelligible, que l'on complique moins le sujet 
el ['attribut 

1 — expressions elliptiques, sous une forme réduite, contiennent 
[eux éléments indispensables delà proposition. Le sujet, et 
quelquefois une partie de l'attribut y sont élidés. Ainsi, lorsqu'on 
dit a quelqu'un Viens, c'est une forme abréviative pour je veux 
tire que tu viennes; Silence! est pour : je vous ordonne 
flaire silence; — Assez! signifie: cous en ares fait, dit, etc., 
u .' veut dire : je cous recommande à Dieu. 
L'appréciation des bases de la proposition est facile: l'analyse en 
s simple, au moins dans quelques langues, parmi lesquelles on 
peut classer l'arabe; parce que, dans ces langues, la construction 
adoptée ne permet pas le mélange, ou même, en général, l'inter- 
- o les termes, et que le sujet et l'attribut restent toujours 
blement distincts. 
Ces développements, qui appartiennent à la grammaire générale, 
ont ici une application directe, car ils sont l'expression de l'opinion 
grammairiens arabes, ils montrent le caractère fondamental de 
la proposition arabe surtout, et les principes d'après lesquels il 
tant l'analyser. Je dois indiquer l'analyse comme l'unique moyeu 
de se reconnaître avec précision au milieu de la confusion d'un 
Bystème graphique où, comme je Fai dit p. 12 et, 13, on n'écrit pas 
les voyelles, on ne sépare ni les mots ni les périodes, et souvent 
môme on ne prend pas la peine de tracer distinctement les carac- 
tôres Je m- pari.' pas des ouvrages imprimés, qui se bornent à 
presque exclusif des Kuropéens entr'eux. C'est par l'ana- 
que les Vrabes eux mêmes entendent leurs propres livres, et 
c'est la nécessité absolue de ce travail de l'esprit, qui leur a fait 
produire un si grand nombre de commentaires; c'est, là encore ce 
qui absorbe el circonscrit leurs idées, et les émousse de telle sorte 
q| rarement pénétrer dans la civilisation des autres 
peuples, lorsqu'elles se sont, usées d'abord sur les difficultés de 
l.-ur système d'écriture, el sur les vaines subtilités de la scolasti- 
que On conçoit que ce systè primitil d'études, dont nous com- 
mençons heureusement a sortir., ne donne.a l'esprit qu'un petit 
nombre de (ait- spéciaux el d'idées fondamentales, et que las 
théories de l'école tiennent alors Heu de science, comme elles l'ont 
(ait long temps | r nous 



DE LANGUE ARABE \\> 

Voici quelques exemples de propositions : 

1° j-^-^ *^ Dieu (est) grand. 

2° *_jLs jl_j; Zeid (est) debout. 

3° .ÎJ-J! > J_j ; Zeid (est) à la maison. 

/ / c ■ n es 

4° ,^0_jl-c j-j \ Zeid (es/) chez vous. 



5° »»_>1 *Li j_j : Zeid, son père s'est levé. 



t / 



6° Ljj>b *-x_> ,L=v j_j : Zeid, son esclave (fém.) est en 

fuite. 

Ces exemples indiquent les diverses manières dont 
Y attribut peut être formé dans la proposition arabe; 
savoir: 1° d'un adjectif qualificatif ; 2° d'un adjectif 
verbal ; 3° d'une préposition et de son régime; 4° d'un 
terme circonstanciel d'état, de lieu ou de temps , 5° d'un 
verbe avec son sujet; 6° d'une proposition complète. 
(V. Djaroumiya, de l'Inchoatif et de l'Énonciatif.) 

Voici d'autres propositions où le sujet ou l'attribut 
sont complexes ou composés : 

*»-^' i— -sL-t <-? Lorsqu'il fut descendu de dessus le 

cheval, il s'arrêta à la porte de la caverne, réfléchissant 
à la conséquence de son affaire. {Mille et une Nuits, 
t. ii, p. 326.) 



H6 COURS 

; U l! ..,__• _•'.., là ^Cl i_*_:„. V A elle 

t- I - ■ - ■ - • ■ 

du géhenne, l'enfer) sept portes; à chaque porte, 

d'eus un'- portion désignée (c'est-à-dire : à chaque 

porte une certaine partie d'entre eux (les réprouvés) 

esl assignée . Cor., xv, i4.) 

111. // est de règle, en commençant une phrase, d'ex 
primer le verbe a.v ant son sujet (J-ela), et de dire, par 

exemple : 

- ■ /. / 
j_< ; ,_; ? Se leva Zeid. 

_C^' Lk Est venu votre frère. 

112. Le complément direct du verbe, quand il n'est 
pus h ii pronom, s'exprime après le sujet. Exemples : 

tesscs/// 

L_*_s _•_. : _•,.-- Zeid a battu 'Amrfà la lettre : a frappe 
Zeid 'Amr). 

. _^ j._.v_v~-' wflj^cl Mohammed a affranchi un es- 
clave (a affranchi Mohammed...) 

Observation. On voit déjà, par ces deux exemples, 
que l'ordre général de la construction suit cette mar- 
che : 1° le verbe ; 2° le sujet du verbe : 3° le complément 
ou régime du verbe (1 *. 



I Ce fail très simple esl important a noter, parce qu'il éclairoit 
l'amphibologie que cette construction offre pour nous. Si nous 
disons \ battu Zeid l Amr, nous ne savons s'il faut entendre : Zeid 
a hatt'i ■ \mr, ou 'Amr a battu Zeid. En arabe, non seulement La 
voyelle du cas il est vrai qu'on ne l'exprime pas toujours), mais 
surtout l ordre de i onstruction, empêchent la confusion du sujet et 
■lu régime: il faut se rappeler seulement que le sujet doit être avant 
le /•'■', 



DE LANGUE ARABE 417 

Si le complément du verbe est un pronom afïîxe, il 
s'attache au verbe (V. p. 3i7 , et précède ainsi le sujet. 
Exemples : 

j_j , sL_x_i,l A acheté-'//' Zeid <Zeid l'a... | 

s *a.yi »i_l- si -' A introduit /'(/.y le chambellan. 

113. Lorsqu'un verbe a deux ou plusieurs complé- 
ments directs ou indirects, on les range dans l'ordre que 
la logique leur assigne. 

On place ordinairement le complément direct avant 
le complément indirect et l'expression des personnes 
avant celle des choses ; mais cet ordre n'est pas rigou- 
reusement obligatoire. Exemples : 



.ULxJ ' _^.C — ' ' kfJL.,1 J'ai envoyé <i vous le livre (ou 
l'écrit). 



X-^Ji ^U_5J1 oJLwJ J'ai envoyé //■ //'-/r à vo 



m-. 



l_^_>_>, ( L' ï_jL»3) -Uv-^--' «Jb A transmis Mohammed 
/f //> ; /r)/ à ses propriétaires. 



*_>'.x~ M ^_- ^' JJ èJLj (// a transmis an générai 
(émir) le sceau. 

O— ^- J'ai cru Zeid (être) votre frère. 



/ /. s f 



-j'-Lj;' Adonné(à) moi 'Amr sa chamelle 
' Amr m'a donné... I 



i I 8 COUKS 

114. U verbe à la troisième personne, placé avant 
son -i ji r. n'est pas tenu de s' accorder avec lui. —Cepen- 
dant, si le sujet est un nom essentiellement féminin, ou un 
mot un duel ou on pluriel irrégulier, le verbe peut se 
mettre au singulier féminin. 

Exemples : 



^JIj_^Lj Ne te demandera pas la permission, ceux 

qui croient en Dieu et au jour dernier, de participer 
à la guerre sainte parleurs richesses. (Cor. ix, 44.) 



-.__>jvJ' _ >_^_- )li, El dit des femmes dans la ville. 
Cor., xii, 50). 



\r prendra pas les croyants les incrédules pour amis 
à l'exclusion (plutôt ffue) des croyants. (Les croyants 
ue prendront pas. . .) (Cou. m, 27.) 



Lorsque la mère de I laça n eut entendu ces vers, elle jeta 
un grand cri et dit. . . (Milleet une Nuits, i. n, p. 297.) 



_ ■- -s L*_j ^*xJ^ Ceci (c\s7) à cause de ce 
qu'fl présenté (fém.) tes deux mains (Cor. xxn, 10). 



: /■ . / 



.-" _ - LsUj _^CJ; Ceci (es/) à cause de ce 



DE LANGUE ARABE 419 

qu'a présenté (fém.) vos mains. (...A cause des œuvres 
avec lesquelles vous vous êtes présentés. Cor.viii, 53.) 



j^L-pl-j "^~a>j^>\ ll_Llj J>A.L j_lK Déjà était vernie 
nos apôtres (vers) Abraham avec la bonne nouvelle. 
(Cor. xi, 72.) 

*JL JL ^LUJT ^1L] j^ljToJlij A drt (/8m.) 

les Juifs : n'esî pas (fém.) les Chrétiens sur une chose. 
fLes Juifs ont dit : les Chrétiens ne sont pas dans une 
bonne voie. Cor. h, 107.) 



XSJ ' -Li. t V H^ ! «Li AJD ! ^J U . \CJ • • • • • Mais 

a dit (fém.) les anciens : la clémence (est) une des qua- 
lités des âmes nobles. (Mille et une Nuits, t. u, p. 497.) 

^-LLJ! O-'U A dit (fém.) le monde. (On a dit.) 

Observation importante. — Cet emploi du singulier 
féminin avec les noms pluriels s'explique parce fait déjà 
signalé (p. 313) que les Arabes considèrent les substan- 
tifs pluriels comme des noms abstraits de collection, et 

qu'ils sous-entendent toujours avec eux le mot LcL*.^ 
réunion, collection, dont l'idée entraîne naturellement 
l'emploi du singulier féminin. Ainsi, dans les derniers 
exemples ci-dessus, c'est comme si l'on avait dit : est 
venue la collection de nos apôtres. — La collection des 
Juifs a dit. . ., etc. 

On verra ci-après que les adjectifs et les pronoms sui- 
vent le même principe dans leur accord avec les noms. 

115. Les verbesplacés après le sujet s'accordent avec 
lui pour le genre, le nombre et la personne, comme cela a 



120 coi m 

lien chez nous; mais il faut observer que si lesujet est un 

NOM PLURIEL d'ÈTRESNON RAISONNABLES OU DE CHOSES, le 

•-, rbe qui se rapporteà ce nom <loii rire on singulier fémi- 
nin.- Il en est de même des adjectifs et des pronoms. 

Les noms pluriels en général, comme on l'a dit ci- 
lessus, el particulièrement ceux qui désignent des êtres 
non raisonnables, étant pour les Arabes des nomssingu- 
liers féminins de collection, on conçoit facilement l'ac- 
cord rationnel au féminin et au singulier des verbes. 
et même <lrs adjectifs cl des pronoms qui se rapportent à 
noms. 

Voici des exemples de cet accord, tant pour les verbes 
que pour les adjectifs et 1rs pronoms. 



'J.S\J r >:;, 






' \ ,t, a ' t a _,V j 




:.ii \swl+* 




\ TJ 





être voudrait bienceux qui soni incrédules s'ils étaient 
musulmans. — Laisse- les qu'i/s jouissent, et que abuse 
eux l'espérance ; ils sauront. (Ceux qui sont incrédules 
-fiaient contents peut-être s'ils étaient musulmans \ 
laisse-les manger e( jouir des biens de la vie, et se 
livrera leur trompeuse espérance: ils finiront un jour 
par connaître la réalité. Cor. \v, 1. 3.) 



s 



^ ^ Vil Ll Uk! UJ . LiU f ; H jJl J ,jLJ Et dira 

ceux qui .v*»/ pervers : notre Dieu, retarde-nous jus- 
qu'à un terme prochain (accorde-nous encore un 
faible délai. Cor. xiv, i5.) 



— -V <* /• > C ^-"V 



DE LANGUE ARABE 421 

%-aJ 'o--'' J-- Je dis en moi-même : si je reviens au 
("aire, m'emprisonnera (fém.) les gens (les créanciers) 
à cause de leurs capitaux. (M. et une Nuits, t.ii, p. 200.) 

































































»~mS, 


Jî, s 


> 


•$-à»-J 


> 


.aliu. 


Jî ,j 






r Wi 


i 


L-J ! 


f- 


JL»: 












•■ 












• 






' 








„<-*> 




_^ 












































_>_ 


n^u. 


1 


M 




»<y 


_u 




Y 


5^-a 


_fi- 


.JI 



(Basra) Le portique de la ville sainte..., aux chapelles 
retentissant du témoignage de la foi ; aux écoles 
célèbres, aux cimetières visités... (Hariri, séance l. 



,a_s S'avança vers lui des 



femmes croyantes r ici II es. 



■ J J- s " / \ s J ^ 

Ljj>L_^ — î-5^ Nous ne nous informons que de vos 
états agréés par Dieu (c'est-à-dire des circonstances 
physiques et morales dans lesquelles cous cous trouiez, 
et que nous reconnaissons agréables à Dieu,, que notre 
Seigneur les rende conformes à notre désir ! (Style 
êpistolaire.) 



t / > c s s s s <. s /y tes s 

ib«jv_x^> *>' , ^ fMsH ,. r -<N-~-j 2* v -i.- Et ils l'achetèrent 
pour un vil prix, pour quelques deniers comptes (trop 
peu nombreux pour être pesés.) (Cor. xn, 20.) 






,LJî J/X-. ULâJ Ils ont 



dit : a été enivrée par l'ivresse nos yeux ; mais loin de 
là, nous sommes des gens ensorcelés. (Cor. xv, 15.) 



On a vu plus haut que les adjectifs s'expriment après 
mots qu'ils qualifient; on dit : une terre bonne et 
Qon une bonne terre. (V. p. 288.) 

116. Les divers régimes ou compléments se placent 
immédiatement après les agents i/ui les gouvernent. 

Conformément à cette règle générale, le verbe gou- 
verné par une conjonction, le nom gouverné par un 
nom ; le complément d'un verbe ou d'une préposition, se 
mettent toujours après la conjonction, le nom, le verbe 
ou la préposition dont ils dépendent. Il n'y a pas d'in- 
version comme en latin, en grec, en allemand, etc. 
Ainsi, l'on construirait en arabe les mots d'après cet 
ordre : Lorsque viendra le caïd; — Lamaison (de) Zeid; 
- Les cavaliers (du) goum • *» de lui; — J'ai vu lui, elle, 
etc.; — lia écrit à moi une lettre (ou une lettre à moi); 
— // it passé par le chemin. On ne dirait môme pas, 
tomme chez nous, lorsque le caïd viendra; — les cava- 
Hers de son goum ; — je h'aivu; — iliïa écrit une lettre. 

Exemples : 
Ijiï Le livre (de) Dieu. 



<- ; / 



_ ._: ' , .1 ai vu lui avec frère(de) lui. (Je l'ai vu 



avec son frère. 



I / s ' 

j_ <'.—U' J-a.J ti! Lorsque entrera le caïd( 2 '. 



i Le mot ^<v-i, <|ue l'on prononce goum, signifie généralement 
!>f;ii|>l<-, amas d'hommes, monde, etc., et spécialement une masse de 
cavalii 

2) <>n verra ci après que la particule \>\ lorsque, change en futur 
ns du prétérit. 



DE LANGUE ARABE 423 



~ > / , . , ' . ^ : • c , • <. • / 



«jJJl le IL\_L 3 >r » U-a^^ Nous sortîmes de notre 
oui an (territoire ou pays) contre l'ennemi. 



Iac LjjwOI l 1 J-*=J Nous arriverons à la ville demain. 

Ces exemples suffisent pour indiquer la construction 
toute simple des compléments. — On peut y remarquer, 
sans qu'il soit besoin de longs développements, que le 
nom gouverné par un nom ou par une préposition est au 
cas indirect, ainsi qu'on l'a déjà indiqué p. 76. 

Bien que l'on doive commencer généralement la 
phrase arabe par le verbe accompagné, s'il y a lieu, 
d'une conjonction qui le régit, cet ordre ne peut être 
constamment observé, soit par l'absence du verbe, soit 
parce que la nature de l'idée exige une forme d'expres- 
sion différente. On ne peut tracer aucune règle absolue 
pour ce cas : le tact et l'habitude du style peuvent seuls 
indiquer le moyen de rendre les nuances de la pensée. 
Ainsi, par exemple, il n'est pas indifférent de dire en 
français : d'après votre observation, il s'est conduit en 
brave; ou il s'est conduit en brave d'après votre observa- 
tion. Ces faits sont nombreux dans toutes les langues 
et se devinent bien mieux qu'ils ne s'étudient. 

Voici des exemples de phrases ne commençant pas 
directement par le verbe : 






,j^J^ -.j «SS J Et si c'était un Coran (*) (que) 



(1) Le mot o^r* signifie lecture, récitation; il vient du verbe Ui 
lire ou réciter de mémoire. 






fût fait marcher par lui les montagnes; ou fût 
fait traverser par lui la terre, ou fût fait parler les 
morts? (Et si c'était un Coran par lequel on pût faire 
marcher les montagnes; faire franchir subitement la 
terre, faire parler les morts?. . . Cor., xin, 30). 



X_- L ' £LjL' LÎ! -Si .J u ( ) fils d'Adam ! certes 

il viendra (à) vous des Apôtres (tirés) d'entre vous. 
(Con. vu. 33.) 



y / 






*_CJ '_;_-- < El il n'y a pas d'animal sur la terre, ni 
d'oiseau volant de ses deux ailes qui ne soit (rangé) 
en nations comme vous. (Cor. vi, 38.) 

>r /tf] jU! LL», * ..-jl— ,>. * .vj^>.r*U ,.r~JU 

Par la figueet par l'olive! — Par la montagne de Sinaï! 
— Par celte contrée respectable !... (Con. xcxv,l,2,3.J 



L\JL \< _ L-Lii)! iLTl V! 



w c';-r. • / *- ) ■ J- 

Otoi vers lequel on se dirige en toute urgente nécessité, 
je me plains à toi de ma misère; daigne avoir pitié de 
ma plainte ] . (El-Mostat'ref, éd. duCaire, 1. 1, p. \ 52). 

X^Ls iii ' jLs ..yA *_Li .J.6 oo t Tu es sur une 



1 Mètre l'aouil y __ ; u | .- _ _ u pour chaque liémis- 

: I U 



DE LANGUE ARABE 't2> 

science (tu possèdes une science émanée de la science 
de Dieu [que) Dieu même a enseigné (à) toi elle (que 
Dieu même t'a enseignée.) (El-Mostat'ref, 1. 1, p. 27.) 

oii C S' Ji X 'la j Jiî L) 'J 3' Ji Ij ! Moi, pour 

retenir ce que je n'ai pas dit, je suis plus puissant que 
je ne le suis M pour retenir ce que j'ai dit. (El-Mos- 



tat'ref, t. 1, p. 102). 



c / f r c 



. I c ' \ \ îr \ \ 

r / ' s s y, , ' ' s """/ * s t ' /' / s y t y 

Le <C_. « a - r. 1 U . l_*_ •■■•.! ^_-_3 LT1 ;>_; . 

O ^ -J , , ; ~ ^ ^ w . 

i__.u,_k^ Approbation' 21 à celui que préoccupe son 

péché (en le détournant) des péchés des autres; appro- 
bation à celui qui reste chez lui, mange sa propre 
pitance, n'a d'autre soin que sa soumission (à Dieu) et 
pleure sur ses fautes ! (Paroles d'Ali, rapportées dans 
le Mostatref, t. î, p. 107.) 



(1) Je conserve sans scrupule, en traduisant en français, la forme 
de la phrase arabe toutes les fois que le sens n'en peut être altéré. 
Je tiens à exposer nettement ici le style arabe, et une rédaction 
purement française en dissimulerait souvent les particularités. Je 
fais observer à ce sujet que les faits présentés directement et à 
propos, sont bien plus favorables à l'acquisition de la pratique, que 
les définitions subtiles: c'est pourquoi j'évite celles-ci tant que je 
ne les crois pas indispensables. Un fait bien établi sert de base 
solide à l'appréciation et a la production des autres faits analogues ; 
une définition minutieuse le rend difficilement intelligible si on 
l'ignore, et ne fait que l'appuyer si on le connaît. Le présent ouvrage 
a pour but principal d'enseigner a ceux qui ne savent pas. 

(2) Le mot ^^ est le féminin du superlatif s_-*~Ja\ (V. p. 298, 
D° 64) il signifie tr-ès bonne, excellente. 11 est employé ici d'une 
manière elliptique et comme formule d'approbation. 

28 



£6 



Ceux qui auront cruel l'ait les bonnes œuvres, appro- 
bation à eus et bonne résidence! (Cou. xm, 28.) 



t / . i • . >- / *"i -. ?•/«.• 



':.>r-' . — £_> b j'LJ -»»_< Au îour u/m 

jugement) où viendra chaque âme discuter pour elle- 
même. Cor. xvi, 112.) 



._ *< r u; ^jûL Jx_u liAiS à î ^jS\ Jx±j 

ir _JlxJU L*JLk Ce (.s'O/// les versets de Dieu; nous 

te les lisons avec la vérité; et Dieu n'est pas (capable) 
de vouloir l'injustice pour les mondes. 



'iULL'1 JsiSS iil j-l? ^ iJj Et si n J (était) la bonté 
de Dieu pour toi et sa miséricorde... (Cor. IV, 115). 



».^M ,1". iii'o fj>+-> y J^. 1 y. Et parmi les 
Arabes! i/en<JSf)qui croient en Dieu et au jour dernier. 



Qu'il se soumette, et qu'il revienne à ce que il était 
-m lui [dans les conditions où il était), cela est préfé- 
rable pour lui. 



< , \ 



j~w— u ,'_ ij Lij_j»l Là. b! c ;_^v Au point que, 

lorsqu'arriva notre ordre, et que se mit à bouillonner 
mrce, nous dîmes. . . . (Cor. xi, 42). 



DE LANGUE ARABE \±~ 

117. Lorsqu'un substantif ou un pronom commence 
une phrase, on le fait précéder ordinairement de la 
particule inchoative et confirmative . = ,î, qui le met 
toujours au cas direct par son influence. 



Exemples 



ïl i \ 



\ y 



.j\ Zeid est debout, ou certes, Zeid est 



debout (' 



L'homme que vous avez vu chez moi hier est parti 
aujourd'hui pour le Sahara. 

jgj^J jjj >L._~ r^ ^11, £jj ,j, Xous(2} 

avons écrit à vous des fois nombreuses, et vous ne 
m'avez pas répondu. (Style épistolaire.) 



y:-.<: 



j^s. U_i! &\ j_- .o-^-aJI ïi_s "! Le nombre 
des mois, auprèsde Dieu (est de) douze mois. (Cor. ix. 36. i 



(1j On doit faire observer ici que le sujet et l'attribut de la 
proposition, soit simples, soit complexes, sont toujours censés au 
nominatij dans leur ensemble, quels que soient les accidents 
grammaticaux survenus dans leurs parties. Ainsi le mot U_£- 
complément de I est à l'accusatif par l'influence de cette parti- 
cule; mais il ne représente pas seul le sujet, qui se compose 
de 1,xj>j \ et qui, dans son intégralité, doit être considéré 
absolument comme au nominatif. 

(2) Je rappelle ici que s'il est d'usage «remployer le singulier en 
parlant à une seule personne (V. p. 27), il est très usité de parler 
de soi au pluriel. Dans le style épistolaire, par exemple, on emploie 
alternativementle singulier etle pluriel t /•< et nous), sans s'astreindre 
exclusivement à l'un ou à l'autre. 



4 9 _-0 >--- ---" «-U. >^XÎ! Certes toi (tu 

le collecteur des hommes pour un jour il n'y a 
pas de doute sur lui (au sujet duquel il n'y a pas. . . 
Cor. m. 7.) 

On peut, à la rigueur, commencer directement une 
phrase par un nom ou un pronom au nominatif, comme 
chez nous: mais' les cas en sont restreints, el l'usage de 
la particule inchoative J est général. 

DES TERMES CIRCONSTANCIELS 

La théorie des termes circonstanciels est un des points 
plus importants de la syntaxe. Elle est heureusement 
forl simple. 

Les expressions adverbiales et prépositives indiquant 
la manière d'être ou d'agir, le lieu, le temps de l'action, 
l'étal de celui qui est ou agit, sont formées en arabe 
par les noms ou les adjectifs exprimant ces idées. Les 
noms el les adjectifs employés ainsi comme (cimes 
circonstanciels, sont toujours mis à l'accusatif d'une 
/minière absolue, en vertu d'une préposition sous- 
entendue, ou île l'ellipse de mots dont ils sont le 
complément. ( V. cas direct, p. 76). 

C'esl ici une des particularités les pins caractéristiques 
de la langue arabe, c'est un des points où elle semble 
présenter le plus de différence avec les langues euro- 
péennes On verra plus loin l'étendue de cette différence. 

Pour tâcher de faire exactemenl comprendre la théorie 
des termes circonstanciels, je vais m'adressera l'attention 
du lecteur : je lui présente les faits suivants, qu'il voudra 
bien étudier : il en déduira lui seul les conséquences. 



DE LANGUE ARABE Ï19 

On a pu remarquer, au chapitre V, tjue les prépositions 
et les adverbes proprement dits sont peu nombreux. Ils 
consistent pour la plus grande partie en des locutions 
formées de divers éléments* 1 ). Toutes ces locutions ont 
un principe unique de formation : c'est le nom ou 
l'adjectif exprimant l'idée adverbiale ou prépositive, 
employé tout seul et mis a l'accusatif, ou construit au 
cas indirect avec une préposition. 

Voici des exemples de la forme que prennent en 
arabe, par rapport à notre langue, nos adverbes et nos 
prépositions. Je mets entre parenthèses ce qui est sous- 
entendu en arabe : 

Aujourd'hui *j- J ' (dans) le jour (actuel. 

Hier , ►w»^! dans) la veille récente. 

Demain !_\_i (dans le) jour qui suit. 

Bientôt l_. ■ > »_3 (dans le temps) prochain. 

Souvent V^ fendes; fois. 

Toujours LJ_JÎJ (en) persistant. 



(1) Ce fait est commun à un grand nombre de langues, tant ancien- 
nes que modernes ; les Grecs et les Latins formaient les adverbes 
avec des noms et des adjectifs affectés de certaines terminaisons 
spéciales. Les Grecs disaient : énopiôn, en face: — rômaîsti, en latin 
(latine); les Romains : pulchrè, bon, bien; — aliter, autrement. Les 
uns et les autres se servaient aussi, comme les peuples modernes, 
d'expressions composées faisant l'office de simples adverbes ou de 
prépositions, comme: epei de pote, dès que, une fois que...: quemad- 
modum (quemad modum), delà même manière, de même que, etc. 
— C'est ainsi que l'on dit en anglais : thewrong way, a rebours: en 
français : aujourd'hui, bientôt, toujours, sur-le-champ, etc.. etc. 



130 
Sincèrement 



Certainement 



ULa. (en) vérité 

, i_._L>r- ; — ' L.' (>n réalité. 

Nuitamment -5 ) (dans la) nuit. 

Rapidement L^L* (en) se hâtant. 

/> 1 » V (< J '0 intégralité. 

Complètement 

.,( 4._aJI_j avec intégralité. 

Maintenant c ^ dans la) circonstance 

' ii mi ' \ actuelle. 

Sur-le-champ ' ' I , , 

1 dans le moment. 

i • / 1 * 

1 n instant *_sl. (pendant) un instant. 



Alors ^ . (au) moment d'alor- 



lintre ■ »—::-: (dans V) intervalle. 

Chez 2—ï—z. (dans la) proximité. 

/ 

I S i, s 

Dessus : i (dans le) dessus. 

A droite. ._;_~_^_- au côté) droit. 





DE 


LANGUE ARABE 




431 


A cheval 




LIT!; 


(enj étant à cheval 




Par affection 




5 ïj-fi 


(par) affection. 




A la place de 










En or 




CJi 


(en) or. 





Ces exemples suffisent pour préciser la démonstration. 
Ils indiquent la marche à suivre pour tous les cas 
analogues. J'établis donc, d'après ce qui précède, le 
principe général suivant : 

118. Toute idée adverbiale ou prépositive, toute 
circonstance de temps, de lieu ou d'état, attribuée à 
l'action ou au sujet, s'exprime par le nom ou l'adjectif 
qui l'indique, mis absolument au cas direct, ou placé 
sous l'influence d'une préposition. 

Voici des exemples de l'application de ce principe : 



A --. .. 



j_jj eL». Zeid est venu aujourd'hui. 

• c • ■ c o / c ' ' / s c s 



SU9] 



toi qui es arrêté devant notre tombe, ne t'étonne 
pas de notre état : //?>r nous étions comme toi, demain 
tu seras comme nous. (Inscription lumulaire.) 

'i3î\li[J 'f Yl \11 Soi jlsli J! «V-aJ rtJj-iJ *î 
... et ne dis pas d'une chose : « Je ferai cela demain » 






car elle n'aura pas lieu), ;i moins que Dieu ne 
veuille ' . (Cor. xxiii, 23. I 

C_ _;.:'' _.._.i„x ,^ n Maintenant {dans le moment 
actuel Dieu a ôté un fardeau de (dessus) vous. 
i II a allégé votre tâche]. (Cou. vin, »'»7.) 



ç -^1« ■ " a. ,\l - -? Ils dirent: maintenant, tu 

as apporté la vérité. (Cor. h, 66.) 






»■ 



arrivera vers vous le jour de la date {de In "présente 
lettré), {aujourd'hui) deux hommes de notre ville. 
Style êpistolaire.) 



in JLiij^ 



, -J ' j Et la mesure {au) jour d'alors, 
sera) la .justice. (Cor. vu, 7. 1 



1 1) Les commentaires donnent .1 la réoélation de ce verset l'origine 

suivante : Mahomet ayant été interrogé par les Mekkois au sujet 

de l'âme, de la tradition des Sept DormanK el de celle de Dou- 

'lk'arnaïn Vlexandre-le-Grandj fut pris au dépourvu, et les ajourna 

sans réflexion au lendemain pour leur donner la solution de leur 

demande. Le lendemain, même .-piesiinn, même embarras el même 

'i-.-. La chose se continua ainsi pendant plusieurs jours, et le 

, mortifié, disait toujours qu'il n'avait pas encore reçu 

d'éclaircissement d'en haut a cet égard. Fin lin, Dieu le mit en état de 

répondre, en l'avertissant d'être plus circonspect a l'avenir, et de 

jamais affirmer qu'il ferait une chose, ^ans ajouter a&\ t\J^ ^\ ; 

Dieu i eut, ou s'il plait a Dieu. Le verset ci-dessus 

me allusion à ce fait, et explique l'usage constant chez les 

Arabes d< ige formule : s'il plaît << Dieu, que nous avions 

■ la louable habitude d'employer jadis. 



DE LANGUE ARABE 433 



^^-5=-'-- -■— --- -^ .*-*-> j Et vous, en ce temps-là, vous 
regarderez. (Cor. lvi, 83.) 



champ s'entremêla les deux troupes, et s'aggrava le 
combat". (Aussitôt les deux corps d'armée en vinrent 
aux prises, et l'affaire devint très chaude.) 



JUJ ' ^iXJ i ..-3 LJL*L^ i_A — , LL*-i! Nous restâmes 
(durant) une année entière dans cette ville. 



/ / -,• 



* S / 

Us voyagèrent (par) terre et (par) mer (pendant) 
l'espace de deux mois et vingt-un jours! 2 . 



— *- J ! ,U»! *_±_ft_à,l_3 Et il les arrêta vis-à-vis la 



mosquée. 



^iL-jL. J-TjuiLj ^5LL» ^î.. ,IX Et il y 

avait derrière eux un roi qui prenait tous les navires 
(p«r) violence. (Cor. xviii, 78.) 



il) Les mots exprimant les périodes du temps, comme ^\ moment, 

— ^~<*~ id., — JvaL*j heure, instant, — fj) — A j° ur i — >A-x— «<o année, 

— ^_j>.U> (/ai'', etc., s'emploient souvent d'une manière spéciale 

avec l'article déterminatif ^J\ : — £>Y\ — as'^1 — ?<v-J\ etc. ; ils 
indiquent alors l'actualité de la période du temps, et signifient le 
moment présent : le jour (actuel); l'année, la date actuelle ou 
présente). 

(2) Voir ci-dessus, p. :J31, note. 



COURS 

El est permis à \ ouscequi(esl ) derrière celaM (ni dehors 
de cela ), que vous recherchiez (en miiriaije) avec votre 
fortune des (personnes) vertueuses. (Cor. iv, 28.) 



.C_.' i; ^» l^_jj_C-Ll_3 ljJ_s— ' liLs Et lorsqu'ils se 

prosternent, qu'ils soient (par) derrière vous. (Cor. 
iv, 103.) 



r . r \* * ** r ■ 

4,—- J_- n' .y.....' $yjû ï Nous n'établissons pas de 
distinction entre aucun d'eux. Cor. m, 130.) 




II ' t. s s s 



«. X 



> : .—:J' .,_- i._.'J_» ,.r-^-> L»J Li,.\ y?. ,» . ,*_j« Et nOUS 

avons envoyé postérieurement à eux, Jésus, fils de 
Marie : en confirmant ce qui [était) entre ses deux 
mu i ns icn sa présence ou en sa possession) du 
Pentateuque; et nous lui avons donné l'Evangile, 
dans lequel est une direction et une lumière, et 
comme confirmant ce qui (était) entre ses deux mains 
du Pentateuque. (Cor. v, 50. 



1 V. -nr *XJ> l'observation de la page 356. — On peut y ajouter 
que cette espèce de concordance toute (/'attraction est analogue a 
cette locution du latin vulgaire (c'est-à-dire du latin familier ou des 
relations habituelles) ea-a, eccum, eccam, etc., voici..., que l'on 
lit accorder par attraction avec le nom de la chose démontrée. 
' ainsi que Térence a dit : Eccum militent. [Ennuch., Act. III, 
îi 1 Plaute et Térence ont fait un assez fréquent usage de ces 
for mes 'lu langage ordinaire. 

/ 



DE LANGUE ARABE 435 



c. y / s t / 

a-jJlj .»-.—! Ensuite (il arriva) que le vizir entra chez 
le roi, et baisa la terre entre ses deux mains (c'est-à- 
dire, devant lui, en sa présence . 



!.X_e*_p s_*5LL*_j « Lljl*-j Ljl^Ls jJu:_- ,.„sr~— : 

Eh bien ! nous allons te présenter une magie sa 
similitude (semblable à la sienne) fixe entre nous et 
entre toi une promesse < [ . (établis entre nous une 
convention). (Cor. xx, 60). 

s ' s c s / / t, s c * "7* y ' 

_*_\_^_~_.< a_s_y- J . y &} cr~~- £ Il peut se faire (de la 

/m/7 de) Dieu qu'il réunisse la séparation de vous 
deux. (Peut-être que Dieu vous réunira tous deux) < 2 >. 



(1) On voit par cet exemple, que lorsque le mot ( v r -~> a deux com- 
pléments, et que l'un de ces compléments ou tous les deux sont des 
pronoms, on répète le mot -»^-> devant chaque complément. Ainsi, 
par exemple, on construirait de cette manière : entre nous et entre 
bous; entre gous et entre les habitants de la ville, etc. — Quant 
au mot commençant cette phrase, c'est l'aoriste énergique lourd 
(V. p. 247) du verbe ^j-j^ venir, qui, lorsqu'il est suivi de la pré- 
position v s, signifie pour nous venir avec, c'est-à-dire apporter, 

présenter. Il en est de même des autres verbes arabes qui expriment 
l'idée de venir. 

(2) Le mot ^j.^_> comme la plupart des autres expressions prépo- 
sitives, n'est pas une particule ; c'est un nom signifiant intercalle, 
espace qui sépare, interstice. Il s'emploie comme substantif en plus 
d'un cas. A l'exemple ci-dessus j'ajouterai le suivant : 

J ; ^ ' " y " ■ 

u Nous étions à peine sortis de notre assoupissement, que se leva, 
en poussant un cri vers nous, le corbeau delà séparation, qui nous 
coassait la triste nouvelle de notre éloignement. » (Mille et une 
Nuits, t, u, p. 390). 












_^ — jl_*_i ir c. Ensuite, je ne manquerai pas de 

venir (sur) eux par decant eux M, /mr derrière eus. 
de leur droite et de leur gauche. (Cor. vu, 16). 



r j!ii\ J^H^l V -s- 1 U-I-JlLIIj ICJ Comment 

'loue y aurait-il pour les Polythéistes un pacte (respec- 
table) (tuprrs(\e Dieu elaiipri's de sou apôtre ? excepté 
toutefois ceux envers lesquels vous vous êtes engagés 
auprès du temple sacré (la Mekke). Or tant qu'ils (les) 
observeront envers vous, observez(-les) envers eux, 
car Dieu aime ceux qui (le) respectent. (Cor. ix, 7). 



&JJI AJu: ,.-- ,» U, i\i' Jljlc , yf -> .,J».ij. Ht ils disenl : 

il est d'anjnrs [de la parti de Dieu : tandis qu'il n'est 
pas d'auprès de Dieu. (Cou. ni, 72). 



XJ.5 ,,J L. r-AJLj, ^j ^_~_: ,1 ,_a_i_j ^6^ ,1 

■ _ù^ j_oJ Dieu ne pardonne pas qu'on associe (au- 

cun être) avec lui ; mais il pardonne ce qui (est) c// deçà 
(ou à l'exception) décela, à qui il veut. (Cou. xv, .'il). 



I On voit clairement que l'expression «_^_£jo\ -,_^_^ ^_*>o d'entn 
iiii>' métaphoriquement "n présence, en face, par 
■ • Je la fais remarquer a cause de son emploi fréquent. 



DE LANGUE AR\BE 437 



/ / 



[•»-? 



- C" x \ ° • ■ y J w I 



;,v . tJLLLl 



_3. 



^Z\J3 .,o Et nous-les avons coupés (répartis) sur la 

terre (en) nations ; parmi elles sont les hommes 
vertueux, et parmi elles différence de cela (des hom- 
mes qui ne sont rien moins que cela). (Cor. vu, 167). 



Et ils adorent e?? deçà (à l'exclusion) de Dieu, ce qui 
ne leur nuit ni leur profite (ce qui ne les lèse ni ne 
les avantage). (Cor. x, 19). 



--^-j Uj-p J_J ajl)I, Je l'ai vu (T) avant (de) 
sa mort de deux jours. (Je l'ai vu deux jours avant... ; 



/ 



fjir? i-»-»J-*j ._ ;_.J' J-^j 11 arriva vers nous (T) après 
(d 1 ) eux deux d'un jour (... un jour après eux . 



./*>/,*../ 



/ c / 



IjLï .,! JJLj V 5 Llj3 I t«JLj 

Ils dirent : nous avons été lésés avant que tu vinsses 
(vers) nous, et après que tu fus venu. (Cor. vu, 126.) 



f C S C / i, C 7 C 

j..x.j yj>» J— ? ..^ ,-^V ^ A Dieu est la souveraineté 

à 1 auparavant et après ^) (du passé et de l'avenir). 
(Cor. xxx, 3.) 



(1) Les mots J^s antériorité, — ,Aju — postériorité, — ^_i<v3 — te 
<■/< '.-.-.-.7/.S- ; — c^ss^ /c dessous, lorsqu'ils sont employés d'une manière 
adverbiale, c'est-a-dire sans complément, comme en français: 
wparacant, pur-dessus, par-dessous, etc., restent invariablement au 



"1RS 

EXEMPLES DE TERMES CIRCONSTANCIELS D'ÉTAT 



Lf)' jLJJ \J Existait Zeid {étant) à cheval (Zeid 
était à cheval ). 



CsXJîo xZJ) yJkJ 11 regarda vers lui [étant) rianl(en 

riant L 



f .». / 



1 ^-.^ c— »L-j' Est venu (à) moi vos 

deux camarades («fani pleurants (en pleurant). 



JUbLa., .,'-T II existait irtmih un homme savant 
il était savant . 



_*jli *_sLUl .Ifeî '.--. Kt jenepensepasl'heure(r/<////) 

présente (je ne crois pas que l'heure du jugement soit 
arrivée). (Cor., passim). 



Montez Ions deux sm/' l'arbre tel (sur tel arbre) et 
restez tons deux \r(niii) silencieux. {Mille et une \uils, 
t. m, p. 268.) 



nominatif, même quand ils sont ao-ompa^nés d'une préposition. Ce- 
Fait esl une exception unique à la loi de l'influence des prépositions, 
qui gouvernent toutes le cas indirect V. p. 70). Ainsi l'on dit: 
^y^s .^ au parai ant ; — *xsc> ^> après : — <^.s? I j r * par-dessous ; 
^2*3 ■ _~ par-dessus. 11 reste bien entendu que ces mots suivent 
la loi commune des régimes des prépositions lorsqu'ils Bont suivis 
d'un autre nom ou delà conjonction ^\ que. Les exemples ci-dessus 
démontrent suflisamrnent ces particularités. 



DE LANGUE ARABE 439 



5 V— 


/ 
• 


! LJLCJ ! 


* & / 


(-4 




a 


ixii 





S'ils avaient pris la fuite, ils seraient (étant) des gens puis- 
sants; — mais ils regardèrent la résignation à la mort 
comme (étant) bien plus noble. (Hamaça, p. 424) I 1 ). 

.; J&\ ^jJ\°^jj. \_j \,_^j ; mt -li ld 

> - ! '. . / ' ^ > ' . • c , / / r y / ^ C (T / s '<.,<" , c / 



A î-l-à. J_i_3 J_x_) iJa-a^jJ .,-_\_>a ^JL_Là. J-A-5 i^a.*-^ 

Puisque l'âme était existante avant l'existence du 
corps, et qu'elle sera existante après la disparition du 
corps, il (Dieu) nous a enseigné (par là) — qu'il soit 
loué et exalté ! — qu'il existe antérieurement à 
l'œuvre de sa création, et qu'il sera existant après 
la destruction de sa création. (Tauh'îd, doctrine de 
l'Unité de Dieu, ms. écrit en 778 de l'Hégire, c'est- 
à-dire vers 1377 de notre ère). 

I ' -I ' ^ ' 

U-)L_3 yl \-i Et était l'apôtre de Dieu — que Dieu 

répande sur lui ses grâces et lui accorde le salut — 
priant assis, et Abou-Bekr, debout. (Ifrâd el-Ah'ed, 
par El-Mokaddeci, 2 e partie du ms. cité). 



(1) Mètre t'aouil : o__ | u | o__ | u | pour chaque 

hémistiche. On voit dans tous ces exemples que le ternie circons- 
tanciel d'état détermine la manière dont on existe, et que le verbe 
qui précède doit toujours être pris dans le sens absolu d'exister. 
J'ai marqué un autre exemple de terme circonstanciel d'état dans le 
vers cité à la note 2 de la page 435.. 



(40 



f S J s 



Hâte-toi pour le bien, lorsque /// es (le pouvant, car 
n'est pas en toul moment toi pouvant |1 '. 



. L» vJLlkJ! (Lli^jir'l rXJ. Mais les serviteurs 

onl oubli»'' l'appartement souterrain OMi?er/ (on! laissé 
ouvert...! [Mille et une VuitS, t. 1, p. 419). 



L, 



C;_IJ 



=S.(U 



I. ! « 



LUI v tjLHi LLlii 



c 



j .1 Kt peut-être (jiie mon Dieu me 

donnera mieux que ton jardin, et qu'il enverra sur 
lui ton jardin) un fléau du ciel, et alors (ton jardin» 
se trouvera un mutin un terrain nu : — ou bien l'eau 
s'en trouvera absorbée. (Cou. xviu, .38, 39). 

lrii*iiiff)oJi jiJ^_J! h ' Lif' Et jette 

les yeux sur ton Dieu, que tu passais la journée (en) 
résinai en extase devant lui. ((loi;, xx, ( Mj. 



- s. !j_=s — ■ ». a > *J , — '.< — -_< v-- - Kt ceux qui 

passent la nuit (étant) prosternés et (étant) debout 
devant le Seigneur. (Cou. xxv, 65). 



1 Mètre bacit, déjà indiqué [p. 365, note 3. Le >ujet de y»*~y esl 
roposition aominale ^ï~k*z C^o\ Cf. Sagy, Gram. Il, 110, n*204. 
_ Pour ,^-*_j^. 

Pour C-JjJ». 



DE LANGUE ARABE yj 



c K^-~ -- ; -- Aows avons passé la nuit (étant) veil- 
lants (à veiller). 



UL ^H ^>^ J -*- ; ; U H I Et il devint, après son cha- 
grin, (étant) content ' . 



L-^-x-c vi^-àJ i*j j-j-fij' jl ^-~-- Peut-être que vous 
deviendrez, après votre indigence (é/ara?) rMe. 

p^-c ljj^o^. ^~_~_. p^j-u p_j N , I Eli quoi donc ! 

le jour où de châtiment) doit venir sur) eux n'est 
pas (étant) détourné de dessus eux. (Cor. xi, 11). 



^- £ J^j--:' ôj-i *~ Va pas cessé d'être, A bon Ali, 
(étant) absent (Abou Ali a toujours été absent . 



- ~V- C ~ ^ /V(e*0 P«« 'Amir consentant. 



XJi J_c I^Li a-j ij ^ Y\cst) pas Zeid puissant sur 
cela. 



'-"V f* 5 ■ •■ ' r ^■"■■" JgJ j Tu les comptes comme éveil- 



lés, tandis qu'eux (sont) endormis. Cou. xvm, 17). 



(Il Tous les verbes signifiant exister, même avec une idée parti- 
culière de temps, ou de manière, comme ,Lo deoenir, ^^\ exister 
au matin - Ob exister pendant la nuit - JJà e .,-/^r pe™ 

"" ~ J!i "" ss *' r ''''■"'•<'"'■ - ^~X J n'éire /-a., etc., sont nom- 
més par les Arabes les sœurs de l'expression L_* (exister). 

2'.» 



', \ g COURS 

l_.ft,?L .v_. lil. El voici qu'il se trouve debout c'est-à- 
dire présent). (Mille et une Nuits, t. 1, p. 426). 

On voit par tous ces exemples (pie les mots servant à 
déterminer l'étal dans lequel on existe se mettent à 
l'accusatif, même quand le verbe d'existence est sous- 
entendu, comme on le remarque dans les deux avant- 
dernières citations. Cependant qnelques grammairiens 
arabes n'admettent pas. cette règle avec les particules 
négatives L» et ^ . 

Observation. —L'idée négative de l'existence expri- 
mer par les particules négatives seules, autorise l'em- 
ploi de la particule w> devant le terme circonstanciel, 
qui se met alors nécessairement au cas indirect. Cette 
forme ajoute une espèce d'énergie à la négation, qui 
di vient plus absolue. En voici des exemples : 



/ > 



r L*_x_j Lo._£ J._?'_x_j ^' L»j Et Dieu n'est certes pas 
inattentif à ce que vous faites. (Cor. ii, 69). 



.._•_.-- ._^j s^XJ .JpJ L*_s El nous ne sommes aucune- 
ment (lisjiosés à croire à toi. (Cou. vu, 12'.!). 



L-J y-tj-s-) Ool '---- Lt tu n'es jhis capable de croire 
à nous. (Cou. xn, 17). 



,— .*-» .^..-^;.-Jr-' *_* ._.--. El ils //r \o/// pas destinés 
a sortir du feu. (Cor. ii, 162). 

ij——^ *zxj>j-*-i ,^ r -*-j _j| ._,-•. Et je ne sais pas du tout 
de ceux qui vous feront connaître son histoire. 



DE LANGUE ARABE 443 

TERMES CIRCONSTANCIELS INDIQUANT LA MANIÈRE, 
LE MOTIF, L'ESPÈCE, LA SUBSTANCE, ETC. 



/ / / / 



-Ju LI^jU» s.-?.-^ Il tomba étant couvert pour lui (le 

monde), c'est-à-dire : il tomba sans connaissance, <>>/, 
évanoui. 






C-w'a ', _^-^ a Dieu t'annonce l'heureuse nouvelle 
.. . j j-j > 

de Jean, (comme) confirmant (tes prophéties) avec un 
Verbe de Dieu (Jésus), et comme un Seigneur (poul- 
ies hommes) ; {comme) un homme dominant ses pas- 
sions, et (comme) un prophète. (Cor. in, 34). 



L*_*-*.^ IJLà.^ Ils entrèrent (en) réunion (ils entrèrent 
tous). 



-//,,,.,..'- . .-''*.' , / ' 



/ / 



L 



• r 



LcU *Jo> O-' i — i-j : -sv ^- ; - -* Celui qui s'approchera 

de moi d'un empan, je m'approcherai de lui d'une 
coudée ; et celui qui s'approchera de moi d'une cou- 
dée, je m'approcherai de lui d'une brosse. (Sonna). 



.-/ . / <• 



YlLkYl *_Toî: U w-C-3 L^ J S'ils étaient sor- 

tis (contre l'ennemi) au milieu de vous, ils ne vous 
auraient augmentés qu'en inconvénient (ils n'auraient 
fait que vous susciter des embarras). (Cor. ix, 47). 

_u; _3 tii iL ,.3 liiJf c-ïLil: jaJLuTjLi 






V__!r_- '.-_: A dit rautcur: et viendra le discours sur 

analogue à cela, dans le chapitre... (en) 
étant prolongé, i 11 en sera question dans le chapitre... 
avec plus de détails). Ms. inédit). 



/ ,. . 



LT^iUl.Uk^ J.-J' r -cjl ,LT. Kl il était (le 

Prophète) \eplus clair des hommes en éloculion, et le 
p/Ms agréable d'entr'eux ew paroles. (Mostat'ref, 
t. i. p. 139). 

'...e,J' : _o^„-J' c»t3 L. b 

Lorsque j'invoquai à mon aide la résignation après 

ton départ, ainsi que les pleurs, ceux-ci répondirent 

{avec) obéissance (... s'empressèrent d'obéir...), mais 

la résignation ne répondit pas (à mon appel)* 1 ). 

Hamaça, p. 108). 

^U_, ^_3j-oL ,U-^l. r _ ak l ,_, .,'•/- El il était du 

meilleur •- des négociants el du plus véridique en 
paroles. (Il étail un des négociants les plus estimés, 
et de ceux dont la parole avait le plus de poids). 
i Mille cl une Nuits, t. i, p. h 16) 

... M jl sHo El je gagnai (pour) le sembla- 

ble '/<'//./• semblables. (Je gagnai deux fois autant). 
l/i/Ze r/ ////- Vm'fs, t. i. p. 120). 

I Mètre lé jâ indiqué, & La p. t24, aote. 

- I ti "ni employés souvent comme noms 

abstraits de qualité intruse: il- sonl alors de véritables noms, c'est 

irquoi ils m d ni pas comme adjectifs. On voit par l'exem- 

pj on dil : il était •<<■ ci \ ldi meilli ub parmi.. . 



DE LANGUE ARABE il I D 









Il commença la création par ce que voulut sa volonté 
— et forma* 11 les créatures (en) espèces et (en) couleurs 
(diverses). 

Tous les êtres créés (naquirent) d'une femelle et d'un 
mâle, — excepté le Fils de Marie, (car) le souffle fut (sou) 
agent producteur. (Ifrad, de Mokaddeci, ms. déjà cité). 



* . « - > c 



J -3 



- .;_\ : j i_; (_-_ f . l_?L^ o3>,Ç 



J! SliJtXj 



Est arrivée la lettre, et nous a réjoui son contenu, — 
et j'ai voulu que moi dans le cœur je la gardasse. 
J'ai augmenté (en) sentiments passionnés au moment 



(1) J'ai transcrit la leçon ci-dessus d'après un manuscrit à moi, 
copié à la mosquée d'El-Azhar, au Caire, en 778. d'une fort belle 
écriture neskhi-rihâni, format in 18, et parfaitement conservé malgré 

ses 478 ans d'existence. Mais je pense qu'au lieu de . a_i> qui ne 
donne aucun sens, il faut lire ,^o forma, qui se présente ici tout 
naturellement à l'idée. Bien qu'il faille être très circonspect dans 
ces sortes de rectifications, je n'hésite pas sur celle-ci, parce que le 
sens l'exige, et que l'analogie des lettres ,o et J» a bien pu tromper 
l'attention du copiste, qui paraît d'ailleurs avoir été aussi scrupu- 
eux qu'habile. — Le mètre de ces vers est le banît'. (V. p. 365, no te 3) . 



','lf. COURS 

que je l'ai baisée, —c'est comme si le prix de l'amour 
riait son contenu. 

C'est-à-dire : J'ai reçu voir.» lettre ; son contenu m'a 
comblé <1«' joie, et j'ai cherché à la graver dans ma 
mémoire. 

Lorsque je l'ai respectueusement baisée, j'ai senti 
l'ardeur de mes sentiments s'accroître. — 11 m'a semblé 
qu'elle renfermait la récompense de ma passion (1 >. 
, mile et une Nuits, t. n, p. 382). 

r'LUYCU >jJyjlvl>' ^- Et dis: mon Dieu, 

tais-moi descendre ((wnw) un étant fait descendre 
béni. (Mon Dieu, envoyez-moi comme un apôtre 
favorisé de votre bénédiction). (Cor. xxiii, 30). 



Est-il suivant les principes de l'équité que moi — 
je sois chargé (d')tine affaire (qui) ne se peut pas (2). 
Il \i;ii;i, p. 377). 



pris celte (règle de) politesse (pour imam) (pour 
guide . et je la considérai, pour tirer mes intérêts, 
(comme) une brute. (Harïri, p. 85). 



/ / 



._-- :..i àJ>L) a ,-î 



i.._* L_aj . L»jJ -*- 



_*JLkj! lï Ensuite 

il partil en marchant tout droit— el reprenant son 

allure d'amble d'anciennement (d'autrefois). 

Harïri, p. 202.) 



; Mè : Kâmil: u »-u- | u u I ----- I pour chaque 

! iche 
2 Mètre ouAflr. [V. p. 365, note 1.) 



DE LANGUE ARABE 447 



tajj^i, L>lj_e vJljJ-cIj Ut-a-i , ♦->-■-' '~-"'« 3 Et quant à ceux 

qui auront été incrédules, je les châtierai (d')un 
châtiment dur (je les châtierai sévèrement). (Cor. 
m, 49). 



./" y • 'y "• > W J y \* 

Quel est donc celui qui prêtera à Dieu (d')un bon prêt 
afin qu'il le lui double (de) doublements nombreux ? 
(Qui donc prêtera généreusement à Dieu, afin qu'il 
lui en rende bien des fois le double). (Cor. h, 246). 



/ , y / 



tj_jjk_i U.j-9 -„< Lx.^_3 3 w;-*Jî «i£jUo IjlLo . jlJ Est 

■/ J .' /'y i J " J ' 

arrivé (à) nous votre écrit chéri, et nous nous sommes 
réjouis à son sujet (d')une réjouissance forte (nous 
l'avons reçu avec une vive satisfaction). (Style épis- 

tolaire). 



. c. / t .s / ■* 



Il le frappa (d')itH frappement 
violent (il le battit rudement). 









CLc GLj sL_j! .j_&_*J1 J^s^ Elle a perçu la somme 

sus-énoncée, (d')une perception définitive, et a ac- 
quitté la dette du sieur Mohammed susdit, (d')un 
acquittement complet, absolu). (Actes judiciaires). 






U >' • T u- 



XjJI^s^-M ^jT_U.Ln Et il livre à eux deux la 

plantation susdite, (de) /« livraison complète, et tous 
deux en devinrent possesseurs (de) /a possession valide, 



m 



absolue. (11 livra INTÉGRALEMENT... et ils devinrent 
légitimem] nt el intégralement propriétaires {Actes.) 



c 



tOUJ! ,^j»:4'jiJi p^!<l 



/ X 



r™ 



Et il disposa, dans la terre susdite (de) la disposition 
du propriétaire dans sa propriété (de la manière 
dont dispose le...) (Actes). 



y < ' c / 

' - — ■ - - « Lkls JsU-cL 11 s'irrita (oV)une irritation mo- 

y 

lente il se mit violemment en colère). 



-j-x-i -'— C_> ^Cj II pleura (d')ime f/r/m*/ depleurer 
intense (il pleura amèrement). 



. ^ 



3l_ •-' * a**^ jlJ ,l_T 3 Et il avait d'abord amassé 

une fortune abondante (... iîkai'coup de biens). 



jj-a. Le: , , ;, j j..3j Et il avait été gratifié (par 

Dieu (d')une gratification abondante (la Providence 
l'avait AMPLEMENT pourvu de biens). 



-X-- •-' l._::_i i_JLx_àj Et il le tua (d')uu meurtre affreux 

y 

• il le tua atrocement). 

Observation. — Ces derniers exemples sufïiront, je 
pour démontrer comment se formule en arabe 
l'expression adverbiale que nous rendons par des adver- 
bes terminés en ment. On voit qu'on emploie à l'accu- 
satif le nom de l'action ou de la cliose, et qu'on le fait 
suivit' d'un adjectif au même cas pour indiquer la qua- 



DE LANGUE AKABE 449 

/ 

lité, l'intensité,, l'abondance, etc. Les adjectifs j..ja.^ 

violent, intense, ^ rg grand, considérable; y-LS nom- 

breux ; SA- 3 P eu nombreux; S-?.j-=?- abondant ; r ~.^ 

bon, beau ; ^--^ mauvais, affreux, sont le plus géné- 

Ç" ' 
raie ment usités. 

Les mots \y-^> abondant, et b_^ intensité, farce, 

s'emploient souvent à la fin des périodes avec le sens 
de nos adverbes beaucoup, très, fort, par exemple : 

l r _^Li a..^s: ; . ,Ls il l'aimait beaucoup ; 'j,_^ tLs^ ,_»<, 
et il (est) très brave. 



r _^.S I^A^-^Jj jLJLs L.\-^-^-::- J ._3 Qu'ils rient un peu 
et qu'ils pleurent beaucoup. (Gon. ix, 83). 



LLi-jî !* J\UJ! Jiî Jl ULftJl I.L; Transmet- 

tez notre salut aux personnes de la maison (la famille) 
grand ou petit < ! ). 



L.^_j \ JLi II a dit de plu." 



f c / y • 



àJ L_oL>' S^-a-c j_j : ^f-^a Zeid a battu 'Amr (comme) 
éducation pour lui. 



• 1. / /-. / 



^JJ "oJJ j_j: ^l_3 Zeid s'est levé (par) vénération 
pour c Amr. 



(lj Les mots L_a_^_£ et L_£_sLo sont à l'accusatif à cause de 
l'influence du verbe substantif o^ sous-entendu. C'est comme s'il 
y avait l,^_à-o c,\ \ ~^— ^-^ ^-^ ou, comme on dit encore par 
inversion \ v ^_i_-o^\ ^L^ L_*. — ^_£ qu'il soit grand ou petit, c'est- 
à-dire, tant grand que petit. 



150 



Il C- 



Je suis venu le trouver [par] 



le désir de son entretien (dans le désir de m'entre- 
tenir avec lui). 



CjIs 



Zeid dégouttait de *?/>■///■ 



i^_o . v _- v _ùwc ^z^ijSJï) J'ai acheté vingt (en fait de) 
mouton. (Y. ci-dessus, p. 331, note). 

_•' _^xjl.^ ,yS ' j_> ; Zeid (est) plus noble que toi (en) 
/n'/r (en aïeux I. 



I !»l 



us beau que toi (en figure. 



1 — .• , i-JLiJ, -._--' Emplissez-moi une k'olla (16 litres) 



-J 
d'huile. 



/ / ' s 



L*-^J ULL,\jl* LîiL* jl^ 



,3 Lv_l — f Nous 



avons fait mesurer (c'est-à-dire acheté) au marché 
du Dimanche (') treize siVa (en) blé. 



-._..; 



u :,ii- 



Il avait! 2 ) une aiguière (en) or. 



-_.v-._s )j_âj _•._,. 



r lt 1 



c ■ 



a paye à 



! Les marchés se désignent souvent chez les Arabes par le nom 
•lu jour où ils se tiennent : on y ajoute rarement le nom de la loca- 
lité. — Le sa'a est une mesure pour les grains, qui équivaut en 
ie à 60, 120 et 190 litres. 
(2) Il est & observer que nos verbes aooir et deeoir n'ont pas 



d'équivalent en ami"- l )n dil : \ lui [est) un cheoal 



<0; 



<> lui 8UB moi <•<?"/. dinar* .L__jO a3Lo ^-_ <*J , c'est-à-dire IL A 
///> cAôl al I] OIS '■''"' '/murs. 



DE LANGUE ARABE 451 

lui ce qui était à lui, sur lui (c'est-à-dire : ce qu'il lui 
devait) en monnaie réelle (d')argent. 

' <. c f" 1 ' I ' " ( c \ÏC~ \ c ' t c f / - c ' c \ " 

Et il ne sera accepté d'aucun d'eux le contenu de la 
terre (en) or ; et s'il voulait se racheter par lui... 
Cor. m, 85). 

DE QUELQUES TERMES CIRCONSTANCIELS 

FORMANT DES EXPRESSIONS ELLIPTIQUES OU MÉTAPHORIQUES 

EMPLOYÉES FRÉQUEMMENT 



■*S 3 \ Ls-j-ls (De) bon gré ou (de) mauvais gré (bon 
gré, mal gré). 



LcLLj Lx_*_~. Audition et obéissance (volontiers). C'est- 

i T \ î'i * c y ' c / 

à-dire : .A_c.l_b « — ■!»'«. L *_* — O-*-*—. J'ai entendu 

(d')audition, et j'obéirai (d')obéissance. 



U c ,_? Soyez content, tranquillisez-vous. — .1 /rt /t'///r, 

soyez frais (d')œil, (c'est-à-dire: que votre œil échauffé 
par les pleurs de l'inquiétude et du chagrin, soit 
rafraîchi par la satisfaction). — .r~.--*--' *>- 3 la fraî- 
cheur de l'œil, se dit métaphoriquement pour la satis- 
faction, la joie ; --'— - »*-à signifie ainsi lu joie (li- 
mon œil. 



U.._i yJ. L~.oj ^a jr^i] w )LL9 Le vieillard lui dit 
' ' C " 
tranquillisez-vous et réjouissez-vous. 



. > 



' m - = i i = - i ' i t ' ° f ' i .' \ c ' i r - ' 

' / S 

Seigneur, donne-nous, par nos femmes et nos en- 
fants, la fraîcheur (la joie) des yeux. ((',015. x\v, 74). 



..._:_.< ^~- Soyez tranquille, rassurez-vous; soyez 
bon : soyez, content ; à /»/ /r///r .- soyez bon (en) âme 
(aj ez l'esprit en repos 



/ ' ,>.,.- > . ,/ 



-lui 1 ri, ^1 h j ^.:/:l:^ g o^u ; l X 

J'avais une épouse que j'aimais, el j'étais content et 
tranquille. (Mille et une Nuits, t. 11, p. 179). 



/ 0/ , 



'/ itc/ie e/ couvercle : c'est-à-dire : le tout 
est à votre service (très volontiers !) ; présente aussi 
le double sens : par amitié et par respect. 



_^ v _- Aisance, amplitude, ^s~> L.,_^ r _^ aisance avec 
vous : formule d'accueil : soyez le bienvenu ! 



~~±~- --!•' Famille et facilité. — Autre formule d'accueil : 
soyez le bienvenu /(Vous êtes en famille et avez toute 
aisance). 



- _..'j.s~' La tradition, — le verset (du Coran). 

" / 

- Formule indiquanl l'abréviation d'une citation du 
Coran ou de la Sonna, el signifiant: le (reste du) 
verset, delà tradition, etc. ; analogue à et cœteru. 

j r J\ Formule d'abréviation analogue à la précédente, 

C 



DE LANGUE ARABE 453 

et équivalente à et cœtera : — abréviation des mots 
Sj-àJ II jusqu'il sa fin (du p mage que l'on cite). 

/ c / . 

-^ .j-z --'' De prrr d'après aïeul (de père en fils). 



Ij_*_j Éloignement. — Loin ' (loin de nous l] 



. t .._.J'._L. n ^JiAJ !j_x_*_3 Loin de nous donc le peuple 

•' " y / \ - / 

inique. (Cor. xxm. 43). 



^-"j Lsr— - Laideur et abomination. — (Fi ! combien 
est laid... !) 



■--~. oX — %J Ls-r- - ^_U_ Et je dis : que votre défaut 
de langue est donc laid ! (Hariri, p. 375). 



&ii! :'._*_.* Protection de Dieu! — (Que Dieu garde ou 

/ 

préserve !) 



;1^JL. >r ^i -j . &\ il*-* Jli sjXJ ~ -,-* s^Jli Elle 



dit : Viens donc! ()we /)*>?/ me préserve! répon- 
dit-il ; mon maître m'a rendu le séjour agréable. 
'Cor. xn, 23). 



/,/■.! 



Jù\ .,'-^-:— La louange de Dieu, et AjLs-r~ ■ sa louange. 
— (Que Dieu est digne de louanges ! que Dieu soit 
loué!) (Formule d'admiration). 

Cette formule s 'appliquant à Dieu seul, on remplace 



k.> l I «H'RS 

très souvent le mol ^-' par le pronom. (V. ci-après, 
dans la Syntaxe <ln verbe, la formule JUi el quelques 

autres expressions analogues. Ainsi àjLsr-?— JU il dit, 
sa louange, a pour nous le sens de : Dieu [quesa louange 
&<<it proclamée !) dit... 

J'ajouterai comme formule elliptique admiralive 
fréquemmenl usitée, mais non comme terme circons- 
tanciel, l'expression suivante : 

j> Ce que Dieu veut !!! — ■ C'est-à-dire : combien 
est admirable le résultai de la volonté divine l C'est 
une expression de surprise et d'admiration f 1 ). 

_i-j JJ' ^_i.iJa)l Le chemin ! le; chemin ! (faites place). 



— •- , [ -—:. : , (En) douceur ! (en) douceur ! doucement . 
doucement I (diminutif de .>. , douceur, mollesse. 



_c bL*ia_s Exubérance de... indépendamment de... 
sans qu'il soit besoin de... loin de... 

_cLnûj Et (en) montant (et plus, et même davantage). 
Je n'éte'ndrai pas plus loin ces exemples, que j'ai 



1 La littérature, surtout la poésie, renferme un assez grand) 
nombre de faits isolés de suppression < 1 * * mois qu'on laisse deviner 
au lecteur: mais ces particularités n'étanl soumises à aucune règle 
fixe, ni restreintes a d'autres limite- que cclW-s .lu génie ou de la 
bardiesse de l'écrivain, on ne peut déduire aucun principe rigou- 
leur exposé; c'est pourquoi je renvoie directement à la 
littérature arabe et aux exemples d'ellipse qu'a cités M. de Sacy 
dans son beau traité de la syntaxe arabe Gramm. t. h, p. 450 et 
suis. , Toutes les langues, dans leur application usuelle comme 
dans leur littérature, présentent de semblables faits, mais on ne les 
apprécie qu'avec le tact résultant d'une longue pratique. 



DE LANGUE ARABE 41)5 

choisis avec soin ; ils sont assez variés pour démontrer 
et faire comprendre cette grande loi de la syntaxe 
arabe, que : 

119. Tout substantif ou adjectif employé d'une ma- 
nière elliptique (c'est-à-dire placé sous l'influence d'un 
agent quelconque sous-entendu) est mis au cas direct 
ou accusatif. 

De là l'emploi fréquent de cette forme grammaticale 
pour toutes les expressions prépositives, conjonctives ou 
adverbiales ; pour toutes les circonstances d'état, de lieu, 
de temps, de manière, d'espèce, de motif, etc. 

Dans la grammaire arabe, les termes circonstanciels 
forment les catégories suivantes, dont on trouvera les 
exemples aux renvois ci-après (*). 

,j-^,vJ' Nom verbal Raccompagné d'un adjectif, indi- 
que souvent la manière) : page 282, lignes 19, 21 ; — 



1 En constatant un principe général, je n'ai pas cru devoir sui 
vre l'usage des Arabes, de faire autant de catégories qu'il y a 
d'espèces de mots auxquels il s'applique. On augmente ainsi la 
difficulté de l'étude en y jetant inutilement de la confusion sous une 
apparence d'ordre minutieux. Il serait bien plus appréciable aux 
diverses intelligences, et bien plus simple de déclarer, par exemple,, 
que l'eau nourrit et vivifie tous les végétaux, que de dire qu'elle 
nourrit les arbres, et d'ajouter ensuite que les légumes s'en nour- 
rissent aussi, puis les fleurs, puis les herbes, etc., en faisant pour 
cette loi générale presque autant de règles qu'il y a d'individualités- 
qui la subissent. Lorsqu'une longue pratique vient éclaircir un 
pareil système, on conclut mais bien tard, que puisque le fait est 
général, il fallait le dire explicitement. — Ceci explique pourquoi, 
dans cet ouvrage, malgré les traditions antérieures, j'ai suivi les- 
principes dans leurs diverses applications, sans me préoccuper des 
barrières que la routine a placées ou conservées. D'autres ont ensei- 
gné la science de la grammaire des Arabes avec un talent et une 
profondeur que j'admire ; je me borne ici au soin plus modeste 
d'enseigner directement les faits de la lani/ue, et je renvoie, pour 
l'étude des systèmes et des controverses, aux auteurs qui en ont 
traité. 



156 ' ours 

i ii'.. 1. 23 : i iT el 148, passim : - 451, I. 10, 12; 
152, 1. 13, 15; i53, l. 4, 5, 7, 9, II. 13, 17. 

,L . Jj .1- Vow (à la lettre vase) de temps. - Y. les 
expressions Indiquant le temps, dans la Liste des 
particules, page 372 et-suivantes ; — puis : page 423, 
ligne '. : 427, I. 8 ; - 429J. 13, 14, 15, 16, 17, 
18 : 430, 1. 4, 8, 9, 10, Il ; - 431, I. 15, 17, 
21 ; 432, I. 4, 7, 9, 13; 433, I. 2, 8, 10 ; -437, 

1. II. 13, 15, 18. 

■.,LC»J! w^t--^ A'owî de lieu. — V. Liste des particules, 

' page 372 el suiv.; — 430, 1. 16; -433, I. 9, 12, 14 ; 
434, 1. I, 5,8, 11, 12; - 435, 1. 2,5;- 436, I. 1, 

2. .1, 6, 14, 17; — 444, I. !>. 

JLs^l Terme i irconstanciel d'état : page 415, ligne 18; 
' — 431, 1. 1 ; — Ï34, 1. 10, 12; - 438, 439, 440, 441 

passim : — Ml, 1. 1 ; -- 443, 1. 3. 6, 7, 12 ; 444, 

1. I ; 452, 1. 10 

^__ : _^.;:_. n Terme spêcificatij ; indique l'espèce, la ma- 

tare, la substance ; signifie : en fuit de... pur... pour... 
en... - page 333, ligne 13; - 334, I. 1, 10, 12, 
15 ; - 344, 1.4; —369, 1. 2, 9;— 'i27, I. 14; — 431, 
1. 4; — 433, 1. 9; - 143, I. 14, 15; 444, I. il, 16; 

445, I. 2, 13; - 450, 1. 4, 5, 7, 9, 10, 12, 15, 16; 

451, I. :;, 15, 11 ;- 452, I. 4. 

LS jJup'l lS r omdumolif:p. 449, I. I7,I0;— 450,1.1. 



y y s 



.,.- — — x Attribut <lr p ,o (el de ses analogues) : page 
435, ligne 27; 438J. 2. s : 439, I. 1, 6, 7, 8 ; - 

440, 1. I. 9, 10, 15, 18; - - 441, 1. 1. 3, 5, 7, 10, 
12. 13 ; - 444, I. ."». (V. ci-après, chap. 11). 



DE LANGUE ARABE i.i7 

__.^.^_^ Attribut de ^..-...d- [et de ses analogues); 
page 438, ligne 10 ; — 439, 1. 2 ■ — m, 1. 15. 
(V. ci-après, chap. M . 

«U^jl^I L'exception : page 443, 1. 19; — 445, I. 4. 
(V. ci-après: Syntaxe des particules). 

' J - J ' Le ro:(lli f- page 424, ligne G; — 431, 1. 16. 
(V. ci-après, Syntaxe des particules). 

Remarque. On peut ajouter ici ce que les Arabes 

nomment uj J^^aJ! le complément arec lequel. C'est 
l'emploi de l'accusatif dans un nom placé après la 
particule 3 indiquant la .simultanéité et signifianl en 
même temps que; par exemple : Ju^ïjL^JiTIl 
L'émir (général) est venu en même temps que l'année. 
— Les exemples en sont assez rares dans l'usage. 

Plusieurs expressions elliptiques renfermées dans la 
classe des noms de verbes (e. ci-après), ne sont que des 
termes circonstanciels. ( V. la liste des particule*, p. 372). 
Il y a encore quelques autres classifications de même 
nature, que je passe sous silence. 

DE L EXPRESSION DE LA TOTALITE 
ET DE L INDIVIDUALITE 

(Adjectif tout, toute, - LUI-MÊME, lui seul, etc., en français). 

~-;:-fj-*~ I (le corroboratif) 

On ne peul dire en arabe : toit le monde est venu : — 
l'ai lu tous ces livres, — dans toute la ville. 

On dit: Les gens, leur totalité, sont venus ; — j'ai lu 
ces livres, leur totalité : - dans la ville, sa totalité. 

30 



COURS 

120. Vidée de la totalité s'exprime par 1rs mots J-T 

INTÉGRALITÉ, TOTALITÉ, — a s-a. REUNION, et quelquefois 

_ 1 i niversalité, suivis (1rs pronoms aflixes, et mis 
après le Qom substantif, dont ils suivent le cas. 

Exemples : 



x^nii *Al J-J' -U. Est venu les gens, totalité 
d'eux (tout le monde est venu). 



ju*-=s. ou LJo v axaJ) ïJ-> o-ij-9 J ai lu ces livres, 

totalité d'eux M. 



JlS'jJlJI -3 r ^=sr t ! r, 1 .^, S'est répandue la nouvelle 



dans la ville son intégralité ( 2 ) 



121. /.f.v mots JS et a^a. peuvent rire aussi placés, 
comme simples substantifs, devant le nom dont ilsmar- 
quent la totalité, qui devient ainsi leur complément, ri 
se met au ras indirect. 

Le mot J/ prend souvent alors la sens de notre mot 
chaque. 



1) nu n'a pas oublié que les pluriels sont généralement consi- 
- par les Arabes comme des noms de collection, et ne comptent 
dans la syntaxe, que comme des singuliers féminins. (V. p. 419). 

: I • mol J^S signifie l'intégralité '/'une chose, et le mot ç-> r -»^- 
la réunion de plusieurs objets. C'est pourquoi le mot ^-«-^ ne 

• être employé que lorsqu'il s'agitefeta réunion d' êtres distincts* 
et non de . ensemble du même objet. 



DE LANGUE ARABE 459 

Exemples : 

^~oL» ~_aJ o jJ' *_j ...Puis sera soldée chaque 
âme (de) ce qu'elle rtwra gagné. (Cor. ii, 284). 



J e \ J. 1 «_=J, : J* VS Chaque chose doit revenir à 

son origine. 



a_> '»_>.> . J—> s— *-». t .^-^.' Il lit venir l'ensemble des 
gens de son conseil. 

L'idée absolue de tous s'exprime ordinairement par 
le mot j: — ^ employé invariablement à l'accusatif 

(U — ojzs.) comme terme circonstanciel (p. 443 1. 12, ou 

par ^s^' — a_xJH — &^_.>' ou =-^-.- ' — Ces derniers mots 
ont le type, et paraissent avoir le sens des superlatifs 
(V. p. 290) mais ils prennent au féminin la forme ibl_*_3. 
Ils s'accordent avec le nom en genre, en nombre et en 
cas, et prennent au pluriel masculin la terminaison 
.,^_(V. p. 314), ils ont au pluriel féminin la forme 
J-»-3 — Le mot **-»J est fort usité ; l'emploi des autres 



est assez rare. 



Exemples : 



Lu^-*. P ri\ c s 'J IL' wCU çjJ! h* Il est celui 

qui a créé pour vous ce qui est sur la terre, (en) tota- 
lité. (Cor. m, 27). 



160 



.,_**-*-=>. »$JU JLxJjUJi j^s— *? Se prosternia les anges, 
leur totalité, leur plus grande réunion, (don. w. 30). 



ju»-=J „_> _:._5 y.z ..î Et nous les submergeâmes tous. 
Cor. xxi, 77. 



' t . c '. c ' f ! / ■■ ' ! "tt 

*^ " / ' > 

Tu as dissipé ton bien en frivolités, car -- /OM/ ce 

qu'elles t'ont commandé n'était que des ordres de lu 

sottise i . i Hamaça, p. 724). 

122. L'idée ^'individualité ow de personnalité que 
nous exprimons par même, joint aux pronoms, comme 

doiIs mêmes, etc., se rend pur les mots ^aJ âme, indi- 

viilu: _•': essence, individu, personne, K s œil, pn's 
dans la même acception. 

Os mots sont toujours suivis des affixes, et se placent 
à la suite des noms dont ils indiquent l'individualité. 

Exemples : 



4^jî_^j ,ILUJ! 4 — )l ,jtJ Alla vers lui le sultan, de su 
prison ne. 

/ 
' Il est venu vers nous, de sa personne. 



J -•_: , ,Li S'est levé Zeid, sa personne. 



I Mètre Ku.mil. Y. p. i46, note 1 



DE LANGUE ARABE 461 

J'ai dit (p. 340, 1. 20 et suiv.), que l'on exprime l'idée 
restrictive de l'individualité moi seul, lui seul, etc., par 

_--^. >j,-^. Je rappelle ici cette formule, sans toute- 
fois la confondre avec les expressions précédentes de la 
totalité et de V individualité. Le mot j^j est tout sim- 
plement un nom employé constamment à l'accusatif 
comme terme circonstanciel, tandis que les mots expri- 
mant la totalité et {'individualité suivent la condition 
du nom auquel ils se rapportent. 

Les notions, ou pour mieux dire les faits qui précè- 
dent, observés avec soin, peuvent donner une idée 
générale exacte de la phraséologie arabe. Nous allons 
traiter séparément de ce qui regarde les espèces de mots 
susceptibles de concordance. 



CHAPITRE II 

SYNTAX E DU VERBE 
VALEUR ET CONCORDANCE DES TEMPS 

On a vu plus haut, p. 23(i ; que la conjugaison arabe 
ne renferme que deux temps ou modes : le prétérit et 
Yaoriste. Ces deux éléments, combinés entre eux ou 
placés sous l'influence de certaines particules, doivent 
répondre à toutes les nuances temporelles du verbe. 
On ne peut, comme on voit, chercher à établir une 
comparaison rigoureuse avec notre conjugaison ; on 
doit seulement apprécier la valeur tant positive que 
relative des deux temps arabes. L'habitude de lire et 
d'analyser est le seul moyen d'acquérir le tact nécessaire 



162 cours 

p.mr saisir les diverses nuances tics temps. De nom- 
breuses règles sonl inutiles: les principes généraux 
sonl très simples, et d'autant plus rigoureux dans leur 
application. 

Le i'i;i ii i;n indique généralement l'idée temporelle 
du passr. 1 1 1 1 î est toujours confirmée lorsqu'il est précédé 
de quelques particules spéciales; — l 1 aoriste marque 
le futur. 

Mais l'action d'autres mots ou de certaines particules 
intervertit souvent ces acceptions, et le prétérit devient 
un futur, comme l'aoriste se change en passé. 

On peut facilement apprendre ces particules, et 
l'appréciation de la valeur temporelle du verbe arabe 
devient facile, si l'on ne cherche pas toutefois à établir 
avec notre conjugaison un rapport qui n'existe pas. 

Lorsqu'un verbe indiquant l'action et surtout l'exis- 
tence, a pour complément un autre verbe à l'aoriste ou 
au prétérit, ce second verbe prend pour nous la valeur 
d'un gérondif ou participe présent ou passr, et le sens 
se réduil à ceci : il est ou etff.it faisant ou avant fait... 
Le second verbe alors fait fonction de terme circons- 
tanciel d'étal. (V. p. 438). 



\ ALEURS DU PRETERIT 



123. Lis particules confirmant la signification du 
prétérit au temps passé sont les suivantes: 



et -._;._' déjà. 
L.^. 1 après que. 
ne... pas. 



»-J si. 



g*- 



jusqu a ce que... 
jusqu'alors que.. 



DE LANGUE ARABE 



463 



On en trouvera des exemples page 327, ligne 10 ; — 352, 1. 5, 8 : — 
361, 1. 7 : 363, 1. 5 ; — 415, 1. 18 ; — 418, 1. 17 : — 419, 1. 3 ; — 426, 
1. 19;— 440, 1. 1 : 444, 1. 10 : — 447, 1. 10; 44S, 1. Il, 13; —466,1. 4. 



124. Les mots donnant au prétérit le sens dl' pré- 
sent ABSOLU OU DU FUTUR SOitt : 



SI, 



lil et U , : 1 _ ,> lorsque. 

L» tant que... quelque 
chose que... 

.v- quiconque, 
jjl quel... que. 
L+1S toutes les fois que.. 



et l_*_i 



partout 



ou. 



I 

u-$-p quelquechoseque. . 

p! de quelque façon 
w que. 

_j~J> et Ly-a-o de quel- 
que façon que... 

' ' c \ 

-*Jol quelque part que... 



Et autres expressions conjonctives analogues à ces 
dernières, pourvu qu'elles aient une acception générait', 
et quelles ne soient ni interrogatives, ni employées 
comme régime d'un agent grammatical exprimé ou 
sous-entendu. (V. ci-après : Formes de l'expression 
conditionnelle). 

En voici deux exemples : 






iïiï u t-Loii \y 



«ys, usjj^s?' i syucJi j,i »jljju u ' . Et lorsque VOUS 
appelez à la prière, ils la prennent pour un sujet de 
dérision. (Cor. v, 63). 



jsl> i: 



UT V 



_9_a_Js_5 



'.lu 



'-■- . . - lc El comment (sera-ce) lorsque nous 

viendrons (au jour du jugement) avec un témoin (pris) 

de chaque peuple, el que nous i tendrons avec toi 

anl de lémoin contre ceux-ci ? (Cor. iv, 'i,'ii. 

.- i n outre, page 367, ligne 6; - 369, 1. L5 : - 122, l. 23; 
134, L 5: - .-::. 1 \\. ■ : I 20, 21 : - 171, 1. 2 : 173, LU; - 

125. Le prétérit est souvent employé avec un sens 
optatif, principalement à la suite des noms propres ; il 
exprime alors un vœu s'adressant à Dieu, comme : 



_LL*_jj ^hl-v-j' -v- u JLé A dit Dieu (qu'il soit béni et 
exalté ' 



_l_^ ; j_s Qu'il (Dieu) soit loué et glorifie I 
._'-._x J._a. Que soit proclamée sa gloire ! 



<JL*_jj i_)'._rc--. — ■ JL? Il a dit : (que sa louange soil 
proclamée, el qu'il soit exalté!) 

Ces formules s'appliquenl à Dieu seul) 



JLj *.Az &\ JUa (?ite Dieu repu iule sur lui ses grâces, 
el 7//'/'/ //// accorde le salut !) -- Formule qui accom- 
pagne la mention du Prophète :1 >. 



I J'ajouterai, en dehors de l'objet di ce paragraphe, et pour 
iules l'expression : »^L«Ul *^* 7"- e ''- safcwt 
les prophètes antérieurs à Mahomet. 



DE LANGUE ARABE 465 



' t- ' •' . 



^' ,.^, Que Dieu lui donne des marques de sa 
satisfaction ! — (Formule accompagnant la mention 
de tous les personnages musulmans vénérés pour 
leur sainteté). 



^' i_s.^, Que Dieu lui fussi- miséricorde ! — (Formule 
qui accompagne le nom d'un personnage mort). 

126. Le prétérit est employé quelquefois par énergie 
ponr exprimer une action présente, ou prochaine et 
indubitable. 

On dit : oJL-à j'ai accepté, pour j'accepte ; oo.! 
j'ai voulu, pour je veux, je désire, etc. 



/ /, 



1,^-fi-c U — La. .iLTàJl Car il (Dieu) est bon, indulgent. 
(Cor. xvn, 46). 

Dans les actes des cadis, l'emploi du prétérit du verbe 
pour le présent absolu est fréquent ; en voici quelques 
exemples : 

,y—>.j-* A-v-vJij j_*_»j j._ : ..^J ' ^cy^>] Le sieur Ahmed 
et le sieur Meziân achètent... 



J J 



-j Sa dette est quittancée. 



) i_j ' x«^_i_: 






(Devant le cadi...) se présente le sieur tel, qui prend à 
té in n ig n a ge contre lui-même les deux témoins (odoul, 
assesseurs, témoins et greffiers du cadi) qu'il roui... 



'.l'.li 



127. Lorsqu'un verbe régit directement un autre verbe 
nu prétérit, le tempsdu second verbe équivaut alors pour 
nous à une espèce de gérondif ou de participe passé. 



/, <./ 



,...." 'J _ ,--v ji ,ls ', El il étail uiiuul déjà été vers 
la Syrie (il était jadis allé en Syrie). 



- 



(./CStlS. ? et, S (. . , s 

.,;,, x ^^-3 _._>0 _._;_^ c j_;_..J ._> l'iùt à Dieu que 
j'eusse été ui/nnt égorgé deux poulets ! (.l'aurais bien 
l'ail si j'avais égorgé deux poulets). (Milleetune Nuits, 
t. u. p. 608). 

,.^.^ duljI. ^j_Tj Et rcotts étions I'ayant vu au Caire, 
nous l'avions déjà vu...) 

Le verbe au prétérit, placé sous l'influence d'un autre 
verbe au même temps, équivaut ainsi à notre plus-que- 
parfait de l'indicatif. 

VALEURS DE L'AORISTE 

AORISTE INDICATIF 

128. Le sens général de l'aoriste indicatif (V. p. 238, 
239) est le futur, surtout quand il est précédé de la 

s c / 

particule _-j— (V. p. 'Ml, col. I). 



l^-wc »j.L1JJ_j *a>jjJla> Ceux qui auront été in- 

crédules sur nos signes, certes WOMS tes brûlerons par 
le feu. Et chaque fois que leur peau sera suflisamment 
rôtie, nous leur mettrons une autre peau à la place. 
Cor. iv, 59). 



DE LANGUE ARABE 467 

UuLL. Cxj iI^'Jsl^sL IrLU LUI \j> 



f , / 



y . . / 



L+JCJ1 ., JLaj bJL_s II dit : nous fortifierons ton bras 

par ton* frère, et nous établirons à vous deux une 
puissance, et ils ne parviendront pas jusqu'à vous 
deux. (Cor. xxvm, 35.) 

Voyez page 348, ligne 4 : — 367, 1. 17 ; — 368, 1. 10 ; — 369, 1.6; 
418, 1.7; — 420, 1. 14, 23 : - 421, 1. 11 ; — 426, 1.4: — 432, 1. 8 ; 
— 433, 1. 1 : — 439, 1. 8 ; - 441, 1. 7; — 442, l. ce. dem. ; — 443, 
1. dem. ; — 447, 1. 5. 

Cet aoriste est aussi employé avec l'idée d'un temps 
présent absolu. Par exemple : 



/ f.ir.sss i t . • s t S c /■ > "/T'y 

,, 4 _;_L*_vb. ,*,._~_3 '._.* *_!_*_; ftij). Et Dieu sait ce 

que vous tenez secret, et ce que vous divulguez. (Cor. 
xvi, 19). 

Voyez page 325, ligne 21 ; — 326, 1. 19 ; — 348. 1. 22 ; — 363, 1. 19 ; 

— 364, 1. 4 ; — 368, 1. 2; — 426, 1 . 7, 13 ; — 434, 1. 8 ; — 436, 1. 14, 17, 18 ; 

— 437, 1. 6 ; — 440, 1. 18 ; - 441, 1. 15 ; — 442, 1. 16 ; — 443, 1. 6 ; — 
446, 1. 14. 

129. L'aoriste indicatif placé directement sous l'ac- 
tion d'un verbe au prétérit, équivaut pour nous a un 
participe présent. — Il est pour les Arabes un véritable 
tenue circonstanciel d'état. (V. p. 438 et suiv.). 



~J\ J_*isH L> , ._2,.-j r-i-»., Et il s'assit, observant 

ce qui allait lui être apporté. (Hariri). 



., J_^..x.j laie L> \ — »L), Et (c'est) chose vaine ce qu'ils 
étaient faisant. (Cor. vu, 135). 



i - 



^>^j_: . _*.... laJLè [Js dirent : nous avons entendu 
i. ,i 1er .1 un homme les invoquant. (Cor. xxi, 61 . I 

m, 1. 17 : - 146, 1. 22 : 172, I 8 

Il n'est pas rare de rencontrer le participe présent au 
lieu de l'aoriste dans les cas analogues à ceux qui précè- 
dent, el les grammairiens arabes eux-mêmes admettent 
comme lies régulier l'emploi du participe ou de l'aoriste 
indifféremment en un grand nombre de circonstances. 

On peut observer ici que l'aoriste, placé sous l'in- 
fluence du prétérit, exprime une idée temporelle ana- 
logue à celle de notre imparfait de l'indicatif. 

AORISTE SUBJONCTIF OU ACCU.-'. Ml 

130. L'aoriste subjonctif (V. p. 243) s'emploie en 
arabe dans les mêmes circonstances que chez nous le 
mode subjonctif. 

Voici les particules après lesquelles il a lieu, même 
lorsqu'elles sont sous-entendues : 

J afin que, en sorte 



, que. pnlir que. 

J jamais, il n'arrivera 

jamais que... 

el ,:' dès lors, en 
conséquence. 

ç-i afin que. 
J signif. disposé à. .. 
capable de... 



>_r 



que. 

j3 signif. en sorte que. 

2 id. 

3 i signif. à moins que 

-^ jusqu'à ce que, et 
alors. 



[1) On peut remarque] en passant, que le mot \>\ el ^3\ dès lors... 
est uni nom de temps réduit par l'usage a La valeur d'uni 



DE LANGUE ARABE 469 

Exemples : 



L$.)l -_5a^ yj> _sj_< J 11 n'arrivera jamais que nous 
invoquions à l'exclusion de lui un Dieu. (Cor. xviii, 13) 



/ / 



L-^-i-S' \jXy^\3 j L-wi-S' ^C_x-— ' gS Afin que nous le 
louions beaucoup, et te priions beaucoup. (Cor.xx, 34.) 



> l 1 ,_i_x__J x^ 1 , f _C_j *J Dieu n'a pas été disposé à 
i > ; - / ^ ■■ .j 

leur pardonner. (Cor. iv, 136). 



- v-^v ^*x— Le , 4 _\_j jLa5 Afin qu'il n y ait pour toi un 
péché; — om : de peur qu'il n'y ait... (Cor. xxxm, 50.) 



simple particule. Il suint une véritable déclinaison, puisqu'on le 

rencontre non seulement sous la forme £>>\ ou \>\ ci-dessus (avec le 

tanouin de l'indétermination), mais encore sous les formes \3\ 
lorsque, au temps ou... a tif comme terme circonstanciel de 

temps; 3\ au cas indirect quand il est sous l'iniluence d'un nom : 

Jv_x_X_s a etc., au temps d'alors; — et >\ lorsque, puisque. Le nomi- 

natif serait 3\ ; il est inusité parce qu'il ne peut convenir ainsi à 
l'emploi de terme circonstanciel ou a un état de concordance. 

Le mot ^j>\ n'est un agent du subjonctif que lorsque, venant 
après l'énoncé d'un fait hypothétique, il marque la conséquence 
probable résultant de son exécution ; comme lorsqu'on dit en fran- 
çais: il est possible qu'il vienne il, mutin ; alors, nous nous réjoui- 
rons. — On dirait en arabe : alors, il arrivera que nous nous réjouis- 
sions. Dans ce cas, on doit suppose!- que O^ es t pour ^\ 3\ alors 
il (arrivera) que... — Si l'on fait attention au sens réel de toutes 
ces particules, on verra qu'elles exigent l'emploi du subjonctif par 
le même motif que la conjonction que chez nous. 



170 ' "L'RS 

Le mot - est compost'' de J $S — 1 poui 

que... ne. .. 

Les particules ci-dessus sont nommées LàLsJ] ^«'oj 

agents de l'accusatif pour le verbe. 

Voir page 319, ligne, 4, 17 : — 369, 1. 9; — 418, 1. 7 ; — 426, 1. 15; 
■ .. 1. 1 : - 135, 1. 10: ',:;:, l. 14 ; - 140, 1. S, 9, 10; - 441, 
■ 1, 1. 3: — 471. 1. 8. 

IORISTJ CONDITIONNEL OU APOCOPE 

131. L'aoriste conditionnel (V . p. 244), a les accep- 
tions suivantes : 

\" Le présent absolu ou le futur, après les particules 
conditionnelles J et ,' si, et tous les mots conionctifs 
et conditionnels qui changent le sens du prétérit en 
présent ou en futur (V. p. 463), lorsqu'ils ne sont pas 
interrogatifs et ne servent pas de régime f 1 ). 

2 Le TEMPS PASSÉ après la particule *J ne... pas..., 
et LU ne... pas encore... 

.'!" L'ORDRE ou la dkiknsk (impératif}, après la parti- 
cule J que... (impératif), ^' que... ne... (prohibitif). 

Les mots pouvant gouverner l'aorisle conditionnel 
sont nommés Lx_aJ! ., ; L_^. 



1 Les \ trdent avec raison les mots équivalant à nos 

expressions quiconque, tous ceux qui, quelque chose que, toutes les 
fou que, etc., comme renfermant l'idée d'une condition, et ils em- 
ploient après eux, par ce motif, le mode apocope ou conditionnel. 
En effet, lorsqu'on 'lit, par exemple : quiconque prêoariquera sera 
puni, etc., cela revienl h cette forme : si quelqu'un préoarique, il 
sera puni. 



DE LANGUE ARABE 47 1 

Exemples du présent ou du futur 

Quiconque loue les hommes, les hommes le louent ; 
— et les hommes, quiconque les blâme (en) est blâmé (*). 
[Proverbe, Mostat'ref, t. i, p. 40). 

i_j v-s— : ■ ' ■-- \ * »-j .*» Quiconque fait 'lu mal, en est 
rétribué (puni). (Cor. iv, 122.) 



/ / 



/ / 



.•£) ^ U_s Uj b^^J L^l - *_j UjU Uv UU. 
u ' ; . J ' * " ^ " > ' v " 

.^.^-l^^sj Et ils dirent : quoi que soit ce que ( 2 1 tu nous 

apportes en fait de signe miraculeux pour que tu 
nous ensorcelles par lui, eh bien ! nous ne serons en 
toi aucunement croyants 1 3 ). (Cor. vu, 129). 
Dans ce dernier exemple, le premier verbe arabe est 



(1) Mètre bacit' réduit ici à : — o - | - u - | <_>-- pour chaque 
hémistiche. (V. p. 365, note 3). 

(2) Voir ci-après, a la Syntaxe des particules, la composition du 
mot 1*4,^. 

Le sens des verbes ci-dessus est pour nous le présent ; mais 
en réalité, il peut se rapporter aux diverses périodes du temps, 
principalement au présent et au futur. Il est évident que si l'on 
dit : quiconque loue les hommes, — quiconque fait du mal, — quelque 
signe que tu nous apportes... on n'entend pas parler exclusivement 
du temps présent, qui est souvent imposé a notre langue par la 
grammaire, et non par la logique ; le sens est plutôt : quiconque 
louera..., fera du mal... quelque signe que tu apporteras... (posté- 
rieurement au moment actuel) ;car il ne s'agit pas d'une action ni d'un 
fait spécial s'accomplissant au moment présent, mais d'une action. 
prèoue pour l'avenir. — C'est également par une bizarrerie de notre 
langue, que nous disons avec le présent et même l'imparfait de 
l'indicatif, dans une idée essentiellement future : si nous faisons et 
si nous faisions au lieu de si nous ferons et si nous ferions, èk 
l'exemple des autres peuples modernes. 



T,! cours 

au mode conditionne] : le second, à cause de J que... 
est au subjonctif; quant à l'adverbe aucunement, il 
résulte de l'énergie apportée par la préposition w 
venant appuyer une idée négative. (V. p, 365, 1. Il et 

369, 1. 11. 
Exemples de l'aoriste conditionnel indiquant le passé 



, »_ôJLjtJ — •— \..' vJ L» % _x-*-l-*-> « Et il vous enseignera 

ce que 'm/* n'étiez pus sachant (ce que vous ne saviez 
pas. (Cor. h. 146). 



JCJ 



_i — .< *J , Et // //c resta nue le 

• ■• i - ' 

roi et le vizir. 



iUyjiJ lj— *-p vJXj *J tiij ,,L> oXJi Cela iest parce que 

Dieu n'a pas échangeant une grâce... (Cor. vin, 55). 

- Le mot *ÏXj est une apocope autorisée par l'usage, 
pour .»-£->. 



??k\\ ùÛI j lî iJ li^i "^ I " J h" P I Est-ce que 
/(/ n'aspas vu que Dieu, se prosterne devant lui ce 
qui est dans les cieux et sur la terre ? (Cor. xx, 18). 

Le mot >-• est un exemple d'altération euphonique el 
orthographique. (V. p. ^<i.">, n° iO). 



'.-;.:. 1ï LÏJ J_j Mais, loin de là! ils //'o/// pas 
encore goûté mon châtiment. (Cor. xxxviii, 7). 



DE LANGUE ARABE 473 









S 


c 


J 


1— 




1 


Jj 



Jo Jli o .,Ls.j^ ! J^Aj LU, A dit f/îém.y les Arabes : 

nous avons cru. Dis-(leur) : rou.s n'arez pas cru ; 
mais dites : nous avons embrassé l'islamisme, alors 
même que n'est pas encore entrée la foi dans vos 
cœurs. (Cor. xlix, 14). 

Voir page 425, 1. 4 ; — 135, 1. 27 : — 441, 1. 10. 



Exemples de l'aoriste indiquant l'ordre ou la prohibition 

P 



s *u_*JI --j Lj^Lj JL» — ' (>wc ,N'rtc//f par notre 



présent ordre, le sieur tel, que. 



y.sS-Aj sLi. k- .^<wl_5 eLl .^^_3 Celui qui veut, om'i'/ 

croie / et celui qui veut, qu'il refuse de croire ! (Cor. 
xvnr, 28). 

Dans ce dernier exemple, on voit que la particule 
impérative J a perdu sa voyelle par euphonie, et est 
devenue J à cause de la conjonction préfixe ^_o qui la 
précède. ..^-wLs est pour ,.^ — 1_3. 



_.' U_feJ JJLJ -._? /Ve ûfis pas à eux deux : fi ! (Cor. 

xvn, 24.) 
' ■-<*! ~ ' Xj»L; c ' => ' ^i' " ' / iT II ' - v 

T # . T *~ '" ** *5 ■ 3 -^"T ** " »*— J , ^ c y~*> — - I * — ««« ' 

<, *** s <■ ' , ^~~ , ' ' ' ^~ J 

' ' ' s 

N'interroge pas l'homme sur son caractère, — (lors- 
qu'il y a à sa face un témoin de la nouvelle (qui pourra 
reporter la nouvelle de sa réponse). (Proverbe, Mosta- 
t'ref, t. i, p. 41). 

31 



COURS 

@ue ne /'/r me pas les croyants 1rs infidèles pour amis 
(ou alliés), à l'exclusion des croyants (1). -- (Que les 
croyants ne contractée pas d'amitié ou d'alliance 
avec les infidèles en négligeant les croyants. (Cor. 

m. -In. 

Voir page 363, 1. 21 ; — 431, 1. 16, -il: - 434, 1. 5. 

A' IRIS ri. s ÉNERGIQUE8 

132. Les aoristes énergiques lourd et léger (V. p. 247 
cl 248) indiquent tout simplement la confirma lion de 
l'idée du verbe ; leur valeur est celle de l'aoriste avec 
toutes scs h a a n ccs. 

On trouve ci-dessus des exemples de l'aoriste énergi- 
que lourd, page m, l, 6; 435, 1. 5; — 430, 1. 1. 

Quant à l'aoriste énergique léger, son emploi est plus 
pare ; il n'est qu'une modification du premier, dont 
le !, final devient \ . En voici un exemple : 









Cer/es le sort te fera rire de lui en s'acharnant contre 
Lui, el en allumant à cause de sa perfidie le feu des 
combats - . (HariRi, p. 210). 



1, Ce passage a déjà été cité p. 418 ; je le reproduis ici, non seu- 
lement comme nouveau fail d'application, mais aussi pour rectifier 
la I raduction. 
' ( 2 Mètre Kâmil V. p. 146, note 1). Sa mesure réelle est ici : 



u u - u - 



u u - u 



DE LANGUE ARABE 475 

c 

Le j de cet aoriste est quelquefois assimilé au I- 
dans l'orthographe. On le trouve écrit ainsi en quelques 
rares circonstances, notamment dans ces deux passages 
du Coran : 

^ûf^iïS; s <jjllS&\\j [mil* A' 

Et s'il ne fait pas ce que je lui ordonne, il ne man- 
quera pas d'être incarcéré, et certes il sera confondu 
avec les gens les plus vils. (Cor. xn, 32). 

jl^ldi^ i_iii.(j yirjj ^i y- Mais point du 

tout ! s'il ne s'abstient pas, nous (le) traînerons (dans 
l'enfer) par les cheveux qui couvrent son front. 
(Cor. xevi, 15). 

Les mots U^G et l*-a-~J sont pour ,.h-& et ^ul^J. 

— ^ r .J est une contraction orthographique pour V^ 
certes, si... Ci 

Observation. — Les signes des aoristes énergiques 
peuvent aussi, disent les grammairiens, s'ajouter de la 
même manière ta l'impératif, qui n'a, comme on sait, 
que la deuxième personne; mais ce fait est extrême- 
ment rare. On se sert ordinairement des aoristes 
énergiques eux-mêmes. Il est à constater qu'ils ne 
s'emploient généralement qu'après des particules affir- 
matives ou corroboralives. 

REMARQUES SUR LES FORMES DE L'EXPRESSION 
CONDITIONNELLE 

Les Arabes considèrent comme propositions condi- 
tionnelles, non-seulement celles qui sont placées sous 
l'influence des particules Lj et \ \ si... et des mots con- 



\~ù COURS 

jonctifs pris d'une manière absolue (V. p. 463, n° 124); 

maisencore toute proposition impérativè, tout ordre, 
toute prohibition ou oté/ense, accompagné .l'une période 
indiquant la conséquence de l'exécution de l'ordre ou 
de l'infraction de la défense. 

Ainsi 1rs propositions: faites le bien, vous serez 
récompensé; - ne commettez pas le mat, vous seriez 
puni, sont, .lisent les Arabes, équivalentes à : si VOUS 
faites le bien:.., — si vous commettez le mal... On peut 
aussi, d'après eux, conserver la forme impérative, en 
mettant au subjonctif le verbe de la seconde période: 
faiteslebien, ensorte quewous soyez récompensé; —ne 
commettez pus le mal, de telle sorte que vois soyez puni : 
_ou en employant l'indicatif comme simple affirmation: 

faites l'aumône, vois soulagerez des malheureux. 

Pour éviter toute complication de détails, faisons 
observer avec soin : 

1 Que la phrase conditionnelle est toujours censée 
composée de deux éléments: la condition IjJJ\ , 
et la conséqi ence de l'accomplissement de la condition, 

"tjTjji^L LA RÉPONSE OU la COMPENSATION («'>?>) <k 

la condition, de l'ordre (^ T ) ou de la défense (j^î) 
te seconde partie de la phrase reste quelquefois sous- 

entendue. 

2 Que la condition se rapporte au temps passé ou au 
temps futur, el qu'en ce dernier ras elle peut être 
affirmative ou dubitative. 

Ce qui perme , d'établir pour la condition les trois 
formes suivantes : 



DE LANGUE ARABE 



417 



I. Passé : Si vous étiez venu hier, nous aurions monté 
à cheval. 

II. Fwfaer affirmatif : Si ?;oms venez demain, nous mon- 
terons... 

III. Futur dubitatif : Si vous veniez demain nous mon- 
terions... 



'L) ll_s 



L'analyse de ces trois propositions nous permet 
d'établir : 

1° Que la particule _»J confirme dans le verbe au pré- 
térit le sens du passé ; — qu'elle donne à l'aoriste 
indicatif le sens dubitatif et futur I 1 ). 

2° Que la particule .,' change toujours en futur le 

verbe au passé qu'elle accompagne. — Elle peut aussi 
être suivie du verbe à l'aoriste conditionnel ; elle 
indique alors un présent absolu et affirmatif. 

3° Que le verbe de la seconde période est générale- 
ment au même temps que le verbe de la condition elle- 
même. 



(1) Cet emploi de l'indicatif après <^ , particule essentiellement 
conditionnelle et dubitatice, peut surprendre un observateur scru- 
puleux. On doit dire ici que la particule cyJ pourrait être suivie du 
passé du verbe ^^Jè et que l'on peut le sous-entendre : le verbe 
d'action reste naturellement alors à l'indicatif. C'est comme si l'on 

disait: ^jsr 1 ^^JS y> si vous seriez venant. La remarque ci-après 
au sujet du verbe o^P eu t corroborer cette assertion. 



i7 s COURS 

La particule J placée ordinairement devant le verbe 
de la période subordonnée, a une valeur confîrmative 
énergique, à peu près comme noire mol certes... 

Observation. On appuie souvent les particules condi- 
tionnelles sur le verbe X être, exister, (int 1 l'on met 
après elles, et qui leur ôte toute influence sur le temps du 
verbe d'action. Ce dernier n'a plus alors d'autre valeur 
que celle d'un terme circonstanciel d'état, analogue à un 
participe présent ou passé, sous la tonne d'un aoriste 
indicatif ou d'un prétérit. — On peut aussi répéter par 
énergie le verbe ,5 dans la première el surtout dans 
la seconde période, et dire, par exemple: 



'<■■■< = . ■ m . ■■;/■■<, 






Si tu uniis été avant CACHÉ /' a mou r , tu serais comme 
nous avons été et comme ti fus toi-même ; mais velu 
n'eut pas lieu >'. Mostat'ref, t. i, p. 51). 



/ c 



U_I_S\ LL\J r .^' ^._.,_^ oJLi —3 Si roux étiez 
ÉTANT VEND hier, HOUS eUSSWnS été AVANT MONTÉ à 

cheval, etc. 

Le verbe ,'^, dont l'emploi modificatif est très fré- 
quenl ailleurs même que dans la condition, prend pour 
lui-même l'idée temporelle, et laisse au verbe qui le 
suit l'unique fonction d'indiquer la nature de l'action 
ou de I état. 

principes fondamentaux une l'ois établis, on peut 
présenter les exemples suivants ;i une étude attentive et 



l) Mi p. 365). Le pied - u - est ici ou-. ^*£-> est pour 



DE LANGUE ARABE 479 

scrupuleuse : ils renferment toutes les nuances de 
l'expression conditionnelle. 



/ i. ./ 



\\yj> %-a-L^ oJ J —i-JU c^jJlL! J Si tu avais jeté les 

jj ; j • - ' • | , ■•■ 

yewa; sur eux, iu £e x^rflis détourné d'eux par une fuite 
(en t'enfuyant). (Cor. xvni, 17.) 

. «J^ij Lo..r I-a-M <>>-*-* ,^ J J-s Dis : si était avec lui 

des dieux comme ils disent... (s'il y avait avec lui 
d'autres dieux...) (Cor. xvn, 44.) 



^i^LDî j> ^JLS .,! LxJ^JL LL_jLj L» 1) Si encore 

tu nous apportais les anges (si tu nous apportais le 
témoignage des anges), si tu es du nombre des gens 
véridiques ? (Cor. xv, 7.) 



> iX-3\_*_d.1 ^z^^J c _l;J' — oji' J Si /w avais été 
m'ayant, interrogé, je serais t'ayant renseigné. 

' es o r f c / s ' o^T c • ,«/ / 

'».. â & ws_x_^_.' *_l_^.x_! .5 »J« J._l_X^>.j .Joli ... Ils 
^ •• ; U • , \ ■ \J J v • • / > C-° 

n'en apporteraient pas un semblable, ef si (quand 
bien môme) serait l'un un appui pour l'autre (quand 
bien même ils s'associeraient les uns avec les autres). 
(Cor. xvn, 90.) 



. . r -^ ^L* LIT Lj 3 LJ , . ,_/_*_> ^_j IL.. Et tu n ' es pa s 

croyant en nous, et si (quoique) nous ayons été sin- 
cères. (Cor. xii, 17.) 

-J .il LaJl_»! J_*_> . r _* o, N J , _v-" ,. t _jJ,J.J J a i *J J 



180 



x-j »j»LL^! Li-J Esl ce qu'il n'a pas expliqué à 



ceux qui héritenl de la terre après ses habitants (pri- 
mitifs), que ' SI nous roulants nous les atteindrions 
(châtierions) pour leurs fautes... ? (Cou. vil, 98.) 

> $ > >» '^_wwO tyS,\JJ .! LJ Si (il arrivait i que Eût à 
nous un retour (sur la ferre) en sorte que nous fussions 
délh rés d'eux ! (Cor. n, 162. | 

/•• » " <. • " ~ 
, _a-Luj Lis „ J S'/7\ étaient sachant ! (s'ils savaient !) 

Cor. ii, 96.) 



,. f..-?-» ^1 L^ *jLLxJ J «,_-.:_.* ,'« Et si vous mourrez, 

ou êtes lues, certes, vers Dieu, vous serez (ail ressus- 
citer. (Cor. m. 151 .) 



J. jJ ,.,-x-j *J .Xs Et .si M'esJ />«$ à lui de fils! (et 

s'il n'a pas...) (Cor. IV, 12.) 



_ll. u L_JLxj ^aJ! Si-? ySLi ,', Et s'// // a d'entre 
vous mille, // raineront deux mille. (Cou. vin, (i7.) 



_>l lit l-j-x^j , Jb caJJI Ll .» a r>j-j' ",!, Et sî /m /es 

appelles à la voie orthodoxe, il n'est pas possible qu'ils 
soient dirigés alors jamais (ils ne pourront jamais 
être dirigés). (Cor. win, 'M\.) 



-J L. UJ ,JL*-> JXJ, LJ \s\ UU Ils dirent 



1 Voir ■ i après, aux particules : ^,\ du récit. 



DE LANGUE ARABE 481 

invoque pour nous ton Dieu, qu'il explique à nous 
quelle est sa couleur. (Cor. ii, 64). 



çwe /w me demandes, tu le trouveras présent devant 
toi. (Mille et une Nuits, t. i, p. 398). 

On peut joindre aux citations précédentes les diverses phrases 
conditionnelles données déjà a propos d'autres règles, notamment : 
page 287, 1. 21 ; — 353, 1. 23 ; — 365, 1. 7, 11 ; — 368, 1. 5, 8 ; — 
369, 1. 11, 15 ; — 420, 1. 14, 27 ; - 426, 1. 11, 15 ; — 439, 1. 1 ; — 471, 
1. 2, 6, 8. 

Je termine ce chapitre par deux observations très 
importantes : 

PREMIÈRE OBSERVATION 

133. Le nom d'action et /'adjectif verbal (V. tables 
Il et III, p. 386 à 394), ainsi que certains adjectifs qua- 
lificatifs qui suivent ordinairement dans leur syntaxe la 
condition des noms (V. p. 423, 1. 5 et suiv.), peuvent 
exercer toutes les fonctions du verbe dont ils son! tirés, 
et régir comme celui-ci, directement ou indirectement, 
un ou plusieurs compléments. 

Les mots Aa-^Uk JcU. ç>] dans le passage cité page 
287, 1. 6, ainsi que JjU! l^î p. 366, 1. 2 (D, sont 
des exemples de l'adjectif verbal gouvernant à l'accu- 
satif comme verbe actif. — Les phrases données, p. 431, 



(1) Les lettres J\ dans le mot ^J^L^}\ fp. 366, 1. 2) ne sont pas 
l'article déterminatif, mais bien le conjonctif ^£^\ (p. 364 et 365). 
L'affixe ^_£ n'est pas ici un pronom en rapport d'annexion, c'est-à- 
dire dépendant d'un nom, ni placé comme tel au cas direct : il est à 
ï accusatif comme complément direct de l'adjectif verbal ou participe 
j^^Lco qui goueerne comme le verbe. Le sens littéral est : O (toi) lé 
(quel) interroge moi. (O toi qui m'interroges!) 



HJ2 COURS 

l. 21; - '.'.!. I. 7. 13 : - i42, 1. 16, 18, 20, 22, ren- 
ferment des adjectifs verbaux gouvernant un complé- 
ment avec les mêmes prépositions que le verbe. 
Quanl au nom d'action, il y en a un exemple, p. 283, 
n 'it'.. Cela sullii pour exposer ce principe très facile à 
comprendre, et je renvoie, pour les détails, au bel 
ouvrage de M. de Sacy Grammaire arabe, t. n . 

ni r \ IÈME OBSI i:\ VTION 

134. Le mot qui exprime une action, et le verbe qui 

exprime l'idée île lu faire, sont ordinairement lires Inus 
deux de la aie mr racine. On dit en arabe : 



'LjSS^jJS 11 a MENTI UN MENSONGE abominable. 



ijoj— bU,.l xz,A II a dirigé une DIRECTION sage. 

Nous dirions en français: Il a fait un mensonge... 
// a imprimé une direction... 

On doit conclure de là : 1° que l'idée verbale de la 
perpétration, jointe à un mot indiquant une action, 
s'exprime en arabe par le verbe même d'où est tiré le 
nom de l'action ; 2° qu'en bien des cas le nom verbal 
arabe, accompagnant son propre verbe, est à l'accusatif 
comme complément direct tic celui-ci. 

L'étude analytique de tous les exemples de ce îv 15 
Livre, pourra développer sur les faits eux-mêmes un 
tael el une appréciation réels que ne peuvent donner ni 
1rs définitions ardues, ni surtout la comparaison avec 
notre langue, dont on ne peut trop se garder, tant que 



DE LANGUE ARABE 



483 



l'étude n'est pas solidement assise. Je ne puis assez 
recommander ce travail pratique et direct à ceux qui 
veulent réellement savoir. 



CHAPITRE III 

DE QUELQUES CLASSES PARTICULIÈRES DE VERBES 

d'après les grammairiens arabes 



I. U_v'_>J, K-- Verbe .X el ses analogues. 



On appelle ainsi tous les verbes signifiant d'une 
manière absolue être, exister, ou ne pas être, 011 joignant 
à cette acception l'idée du temps où l'on existe, ou de 
la manière dont on est. (V. p. 441, note). 

II. slLi^M Jl*-sî. — Verbes de commencement, ou verbes 
inchoatifs 

Ce sont des verbes employés avec le sens de se mettre 
à... commencer à... Voici les plus fréquents : 

■' > ^ / 

» * t-' ( / - 
Exemple : wv-x_x_> J,n_a> 11 se mit à écrire. 

Il y a d'autres verbes indiquant la continuation ou la 
cessation de l'action, comme *b et ,-i-i rester, conti- 



( 
nuer ; Jl; cesser, etc. 



184 COURS 

III. _--LJ' J '-*-?'. -- Verbes de cœur (ou plutôt verbes 
de la pensée). 

Les Arabes désignent ainsi les verbes exprimant 
l'idée ilf croire, penser, être d'avis, regarder comme, 
etc. On en compte dix, qui sont : 

jLfi savoir; -^_ trouver; g. voir, être d'avis, maer; 

.yJàpenser; > — -^ estimer, croire, tenir pour...; JLà> 

/ -^ ' /■ ~ r* / \ / ^ 

s'imaginer; *-c; prétendre; j_^~- prendre pour...; J-»-». 
supposer; s_*~> entendre dire... 

Leur syntaxe esl très simple : ils mettent à la fois «m 
cas DIRECT le MOW il»' la personne ou de l'objet comme 
complément direct, — et l'adjectif qui les accompagne, 
comme terme circonstanciel d'état. On dit par exemple : 



iLsLs 'j_j ; o^ — =»■ •/'"' îenw Zeid (pour) sage. 



' — (La. L_*_c o-^—t j'at r/// 'Amr assis, etc. 

Ces verbes se nomment aussi 
ou /es analogues) de o—- —t. 

A pari l'idée spéciale qu'ils expriment, les verbes des 
trois catégories précédentes n'offrent rien de particu 
lier. Il- observent les lois générales des autres verbes 
dans leur syntaxe et dans leur conjugaison. On ne les 
a mentionnés ici que pour préparer les commençants 
stème adopté en arabe pour les classifications prin- 
cipales 



DE LANGUE ARABE 485 



c / 



IV. sJJL ~^-iJ\ J'-*- 3 '- — Verbes de louange, de blâme 
— et d'admiration. 

Il a déjà été question de ces verbes, ainsi que des 
verbes (ou plutôt formules- d'admiration s^-i-*-^! Jus! 

pages 260 et 261. Le peu que j'en ai dit suffit pour 
indiquer leur nature, leur syntaxe et leur application. 
Quant à la formule d'admiration, elle est l'objet d'appré- 
ciations que je ne puis marrêter à discuter ici. Le vers 
cité à la page 287, 1. 20, commence par un verbe 
d'admiration (*). J'y ajoute cet autre exemple : 



s c s~ 



~~*/ 



L$~3 c-*~ ■— i'î c -x-'' L_sl_~Jj 8J-_a ^ji^_>! ~* Combien est 

bénie cette heure où tu es venu ! (Mille et nue Nuits, 

t. u, p. 56.) 



y y / 



V. .f_>,LÂ-*JI JL*j1. — Verbes d'approximation. 

Ce sont des verbes exprimant l'idée de se disposera 
faire..., ou celle de la probabilité (pue l'on fasse... 



(1) Je remarque ce vers, dans la grammaire de M. de Sacy, t. n, 
p. 218, avec une leçon diiïérente de la mienne. M. de Sacy a lu i/Uà» 
naturel, caractère. J'ai tiré cet exemple, qui est le sixième vers de 
la K'acîda de Ka'b ben Zohaïr, (>l*lo 0<_3l>) d'un très bon manus- 
crit oriental où on lit JUÀ. amie. L'excellent commentaire de Soyouti 
qui accompagne mon texte, justifie et explique cette leçon ; et j'ai 
pris avec confiance dans ce scoliaste le sens de la traduction que 
j'ai donnée. Cette différence dans le texte n'infirme en rien l'exac- 
titude de la leçon de M. de Sacv. 



i N ' COURS 

Les principaux sont : 

ç~s 11 peut se faire que... 
^_.^ Etre sur le point de... -- peu s'en fallut que., 

id. i aoriste ^LSIj) 

^ v. - i d . ( ao r . ^iX-i^j ) 

S 

Les deux premiers ne s'emploient qu'au prétérit). 
Exemples : 



jSLi .1 -~s Peut-être, ou il peut se faire que vous 
soyez... 



possible, si vous reveniez (de vos erreurs) que vous 
commissiez l'iniquité sur la terre? (Cou. xlvii, 24.) 
Voir page 135, 1 . 10 ; 141, 1. 6. 

. ; . ;— - _:._ .> ,— ? _v-J_i b__)j_j ^a U» Les cœurs d'une 

partie d'entre eux n'étaient pus sur le point de peu 
cher. (Cor. ix, 1 18. ) 



le cœur de la mère de Moïse se trouva vide; si elle 
avait été proche (un peu plus encore...) elle le mani- 
festait. (Cor. wyiii. 9. 1 

VI. JLajY! '-/--■'. - Noms de verbes. 
Ce sonl des particules ou des expressions elliptiques 



DE LANGUE ARABE 



487 



faisant imparfaitement fonction de verbes. C'est surtout 
au dictionnaire à les apprendre. J'en ai mis un assez 
grand nombre dans la Liste des particules. Y. p. 372 
et suiv.) En voici quelques autres exemples : 



i\~>jï A ta disposition ; — prends. 



X-Jj-X-s ^ j-ï -J» _.:' Quelque chose que tu désires, 
c'est à ta disposition . 



a_j v^*x_*JLs Aie soin de... Cela te regarde. 



ICJu 



c y c ' i. 



;t 



(* 



t : 



. ois L Défais-toi de ces paroles grossières, ouvre 

ton œil, et aie soin d'être poli. (.l//7/c eJ une Nuits, 

t. ii, p. 378.) 

*-> J-- Amenez-le moi. 



— ' -V— --* 

\ 



J-c Apportez-moi un luth qu'au- 
cune main n'ait touché. (J/i//r ei ime \uits.) 



-JLc Charge-toi de Zeid. 






Ji Va-t-en 



L. 



(ow éloigne-toi) de moi, vieillard, car je suis occupée 
à bien autre chose qu'à l'eau et aux aliments. ( Mille 
et une Nuits, t. n, 182. i 

J-a-j .y ^tx-^-ftU Quel homme incomparable vous êtes ! 



fc88 COURS 

J-9>i .»* o*", - ^ A Dieu votre récompense en fait 

d'homme '. (Formule d'admiration, équivalente à : 

quel homme admirable vous ries ' | 

j..._. 7/ s'en finit bien que le passé 
ue re\ i-'tine ! 



f. i : i " - <- ' c » ' i - 



oaJ w— -* Viens ici, iirrne. 

s "y 

J.-$.._^ Arrive. (L'orthographe des trois dernières 
lettres de ce mot (J_$_>)est très variée. — V. lé dic- 
tionnaire . 

Je n'étends pas plus loin ces exemples ; ils appartien- 
nent exclusivement à la pratique, et sont trop divers 
pour être appréciés uniformément par la syntaxe. 



CHAPITRE IV 

SYNTAXE ET VALEURS DES PARTICULES 
PRINCIPALES 

Voir liste des particules, page 372] 



135. Toutes les prépositions gouvernent, comme les 
noms, leur complément au cas indirect. (V. p. 76.) 

Les particules du rocatif, et les mots divers expri- 
mant la négation et l'exception exercent sur le nom 
qui les accompagne une influence variable, <pii est 
basée tantôt sur la loi du rapport d'annexion ou de la 



DE LANGUE ARABE 489 

dépendance des noms (p. 423, I. 5), tantôt sur celle de 
l'action du verbe actif sur son régime ou de l'emploi 
du cas direct en cas d'ellipse. (V. p. 76 et 455 n° 119). 
Cette diversité d'action tient à la manière dont on 
apprécie les mots régissants, comme noms, comme 
verbes ou comme simples particules : elle rentre dans 
la loi fondamentale de \& syntaxe des désinences, exposée 
dans sa plus grande partie au petit tableau de la page 
76, et développée p. 320 et suiv. 

Les prépositions arabes, plus que toutes les autres 
particules, modifient souvent d'une manière très sensi- 
ble pour les autres langues, l'idée appartenant aux 
mots qu'elles mettent en rapport. Cest pourquoi il est 
utile de connaître leurs valeurs les plus caractéris- 
tiques, et d'observer en consultant le dictionnaire, les 
•diverses prépositions qui accompagnent plus particu- 
lièrement tel ou tel verbe I 1 ). 

Nous allons donner succinctement les acceptions les 
plus importantes des particules les plus usitées, afin de 
les rendre immédiatement familières. 

préposition . - 

Elle signifie : par, pour, sur, avec, dans, a ; on 
l'emploierait dans des phrases analogues à celles-ci : 
J'ai passé par le marché. 



(1) Cette influence marquée des prépositions sur Jes autres mots 
a lieu dans tous les idiomes. Je ferai seulement remarquer pour le 
français la différence que les prépositions donnent aux idées sui- 
vantes: — il est venu a Paris ou de Paris ; — il le prit a son frère, 
ou pour son frère; — connaître une affaire, ou connaître D'une 
affaire; — battre in retraite, ou battre la retraite ; — arriver pa"r 
.un endroit, ou arriver sur un endroit ou n'un endroit, etc., etc. 

32 



i'.lll COURS 

Il l'a frappé avec ou par son sabre. 
Je l'ai vendu roi r deux dirhems ; 

11 esl venu AVEC lui (il l'a APPORTÉ OU AMENE ; 

Il est parti avec lui lil l'a emporté ou emmené) ; 

Il demeure a Oran : 

Il m'a renseigné si i; cela . 

Elle a eu outre les valeurs suivantes : 

K\S * i dans tel jour; — ^Lsr^H O— >' L». et tu 

n'es certes pas brave; - 1,-oU. à-> '-'. et le voici tout- 

a-coi p présent; - j-x-a-j .w -<•— ' cv-a» il fut recom- 

pensé poi r ou \ cause de ce qu'il faisait; — L^ci oiilj -^ 

.'I il suffit DE Dieu pour) auxiliaire. (COR. IV, 47.) 

Voir en outre : page 282, 1. 20 ; - 291, 1. 13 : - 321, 1. 20, 24 : 
326, 1. 15 : - 327, 1. 11 : — 332, 1. 26 : - 333, 1. 5 ; — 334, 1. 4, 12 : 

- 338, 1. 11 ; — 349, 1. 4 ; - 359, 1. 4 ; - 364, 1. 1, 4 ; — 365, 1. 11 ; 
366, 1. 17, 19 : - ils. 1. 7. s, 20, 22 ; - U9, 1. 3 ; — 421, 1. 18 ; - 

i23, I. 21. 2:,: - 124, 1. 9; — 425. 1. 9; — 420, 1.7, 13; — 432, 1.6 : 
142, 1. 1, L6, 18, 20, 22. 24: - i45, 1. 1 ; — 447, 1. 10 ; — 451, 1. 3 ; 

— 460, 1. 18, 20; 166, 1. 20; — 471, 1. 9. 

PARTICULE J 
Voir page 172, colonne 2, et i73, 1. 15 et suiv.) 

Comme préposition elle signifie \. appartenant a, 
i'oi i; ; el comme conjonction : pour que, afin que, 
Qi i.... i impératif). 

On en remarquera L'emploi avec ces deux acceptions: page 325, 
1. 20 ; - 333, I. >. II. 15; 334, 1. 15 ; (338, I. 17, 20, 21 ; - 339, 
7. emploi spécial : — 345, l. 2 ; — 363, I. 3 ; - 364, 1. 1 ; — 365, 
1. 1 : I. 2 : 369, 1. 11 : - 420. 1. 1. L5 tè4, I. 5 ; - 430, 

1.7,18; 137, 1. 17 ; — 440, 1. 18 ; 446; 1. 18 ; 447, 1. 22 ; — 449, 
1. 11, 17. 19 : i . 1,1. le. 15 : i i0, I. 15, emploi remarquable ; - 
452, 1.17 l. 5, 9, 13 ; 159, I. 20. 169, 1. 6, 8 ; - 471, 

1. 8; - 473, 1. 9, Il : 474, 1. 18. 



DE LANGUE ARABE 491 

/ 

PARTICULE J. 

Marque une affirmation énergique et signifie certes. 

Voir page 202, 1. 5 ; — 435, 1. 5 ; — 436, 1. 1 ; — 439, 1.1. 

Cette particule s'emploie aussi comme formule d'ex- 
clamation ou d'appel, après Lj du vocatif; elle met 
alors le nom qui la suit au cas indirect. 

W.-—S7-*-— - _j la chose extraordinaire ! 

j._.' ,_' _j Au secours de Zeid ! 

Quand elle est placée devant un pronom, celui-ci 
s'accorde avec le substantif qui vient après lui. Par 
exemple : 

^._L_^J c V '~PV quel malheur! (V. p. 116, 1. 13.) 

On la trouve quelquefois jointe au mot qui la précède, 

ce qui est contraire à l'usage général : >§ — .Y! JL> Au 
secours de l'islamisme ! 

PRÉPOSITION J.'. 

Klle signifie a, vers, jusque (exclusivement). 

Voir paire 309, 1. 6: — 361, 1. 9: — 364, 1. 7 ; — U7, L. 13, 15, 
1G 18; — 420. 1. 23, 27 ;- 421, 1. 19;— 423 1. 3 : — 427. 1. 8, 11 ; - 
132, l. 8;— 137, 1. 12; - 438, 1. 4; - 140, 1. 15 ; — 449, 1. 13; - 
159, 1. 't; — 460, 1. 18, 20 : - 463, l. 21; - 166, 1. i; — 480, 1. 10, 
remarquable, 17; —487, 1. 17, remarquable. 

PARTICULE ^_a> 

Elle signifie : jusqu'à inclusivement), et même; jus- 



192 



qi '\ ce qi i •'. \i iv Qi e. Elle mel le nom qui la suit au 
cas indirect, el le verbe à l'aoriste, au mode subjonctif '. 



^- n -x JUSQU'A! malin. 



>,..-•'...' &iil ç.3'Lj çJ^a ...|^jslcIj Et pardonnez... jusqu'à 

. e que Dieu vienne avec son ordre (1) . (Cor. ii. 103.) 

Cette particule ne détruit pas le rapport grammatical 
que pciil avoir le nom qui la suil avec un verbe ou tout 
autre agent qui la précède ; elle laisse le nom au nomi- 
natif comme sujet, à l'accusatif comme régime, etc. ; 
elle n'agil sur le nom en le mettant au cas indirect, 
qu'à défaul de toute autre influence. On dit par exemple : 



i\ ^La .JJj! sLa. Tout le monde est Venu, ET MÊME 

(est venu) Zeid. 



'j,_j ; ^-^. J_Ul vj^oî , J'ai vu tout le monde, ET 
même (j'ai vu) Zeid. 

j—jV-j —- ^ / r.LUlj _•,*--- J'ai passé auprès de tout 
le monde, et même auprès de Zeid. 

PRÉPOSITION ^J--. 

Elle signifie : sur, contre, pour, etc. 

Voir page 178, 1. 9 : - 188, 1. 17; - 190, 1. 7; - 200, l. 7, 14; 

2 12, I i. 18 : — 204, 1. 6 ; — 208, I. 10, 13 ; — 210, 1. 7, 17 ; - 

283, l. 18 ; 322, 1. clerh. : - 323, 1. 4 ; 357, I. 18;— 365, 1.7;- 

i!5, !. 18 ; 121, 1.1; - 423, 1. 1 ; — 424, 1. 21 ; — 425, 1. 4, 9 ; 



i a remarqué déjà que les verbes arabes exprimant l'idée de 
venir et >1 aller, prennent pour nous le sens à.' apporter et à! emporter 
lorsqu'ils sont accompagnés de la préposition i > aoéc. 



DE LANGUE AR\BE 



493 



426, 1. 11, 15: — 434. 1. 10: — 435, 1. 1: —439,1. 2. 15; — 440, 1. 1G ; 

— 441, 1. 13 : — 443, 1. 3: — 450, 1. 16; 464, 1. 1, 18: — 465, 1. 20 ; 

— 469, 1.8: — 5-79, 1.3: 187, 1. 8, 9, 13 et 16, remarq. 



PREPOSITION .k. 

Elle signifie: de (ex des Latins), une partie de, parmi, 

EN FAIT DE, EN COMPARAISON DE. 

Elle sert à corroborer la négation U» employée avec 

les noms, par une fonction analogue à celle de s - avec 

les adjectifs (p. \\1. 1 

Observation. La préposition #r » subit en certains cas 
les modifications euphoniques et orthographiques sui- 
vantes : 1° devant un ' le - du , se change en _ (V. p. 

^- y 

352, 1. 15 et suiv.), et devant J' en - : -xJ<J! ^ de la 

part de l'enfant ; — 2° avec l'affixe j; et Li de la pre- 
mière personne, le .: se redouble : on prononce et l'on 

écrit g-^> et LL» ; — 3° elle se contracte avec les mots 

conjonctifs >r * et U> (p. 366, 367), et devient -s^ 
et L*.*; — 4° dans des cas très rares, elle perd le ., et 
forme la préposition préfixe -» qui se joint comme tous 
les autres préfixes. — Celle observation s'applique en 
tout point à la préposition -= ci-après. 

Voir page 291, 1 . 2,4: — 333, 1. 5 ; — 334, 1. 9 ; — 338, 1. 9, 11, 
17 : — 339, 1. 5, 7 ; — 340, 1. 3, 7, 8, 2* ; 343, 1. 15 : - 345, 1 2 : 
- 352, 1. 9, 19 : — 357, 1. 23 : — 305. ! . 1 : — 367 : 1 . :.! : — 368, 1.5: - 
369, 1. 4 : — 416, 1. 1 : - 418, 1. 13 : - U9, 1. 10 : - i23, 1. 1 ; — 
424, 1. 9, 21 ; — 125, 1. 4 exemple remarquable; - i26, 1. 13; 
431, 1. 16 ; — 432, 1 8 ; — 434, 1. 5, 11, 12 : — 430, 1. 1, 14 ; — 137, 
1. 1, 6, 14, 17 ; — 443, 1. (i, 14, 15 ; — 444, 1. 16 : - 445, 1. 3 ; — 450, 
1. 7, 9 ; — 451, 1. 3 ; — 452, 1. 1 : — 169, 1. 2 ; — 473, 1. 20; — 174, 
1. 1, 19: — 475, 1. 5: — 479, 1. 3, 9 l dern. ; — 480, 1. 15; 
481, 1. 3 : — 487, 1. 21; — 188, 1. I remarq.) 






PREPOSITION 



Cette préposition signifie aussi i>k. non plus comme 
r'.r en latin, mais comme abs. — Elle indique {'éloigne- 
raient, {'exclusion, l'idée à'ôter, d'enlever. 

Kilo a un caractère toul particulier en arabe, que les 
autres langues ne peuvent exprimer qu'avec une grande 
variété de termes : elle modifie sensiblement en outre 
le sens îles verbes : elle a besoin d'être étudiée spécia- 
lement. Voici des faits : 

JL-iJl r - >,._<-— H _--\~ Il a été riche avec sa gloire 

i m 1.1 sivi ment aux richesses. (II était assez riche de sa 
gloire pour se passer de fortune ; — ou il n'avait pas 
besoin de. . .). 



-û_> _ .S" 



t«_àJ - l Craignez un 



jour OÙ une âme ne paiera rien A LA DÉCHARGE d'une 

autre. (Cor. h, i5 ; De Sacy, Gramm.ar., t. i, p. i84). 

-_^>»j .^ /''' proximité (prochainement); — J...b U: 
sous peu de temps. (V. l'observation sur ^ p. i93.) 

,^\_j L_i ,*_c o »_,._< < Il m'a insti'iiil ai' sujet de votre 
état. 



^_._i ÔJI — Vous vous êtes informé de moi. 

1 — / 

;,_;,_? _j ,,£ ._;_y_\_^ Il nous a raconté D après (ou 

qu'il Lenail de) Abou Horaïra. (Style de la Sonna, ou 
recueil traditionnel des actes et des paroles du Pro- 
phète . 



DE LANGUE ARABE 495 






Que la promesse formelle de Dieu te protège, ô mère 
de Màlek ! — car certes, Dieu sans (qu'WÏ te fera souffrir, 
(est) très riche et très à Taise |li , (car Dieu, pour sa 
gloire ni pour sa puissance, n'a besoin de te faire souf- 
frir.) (Hamaça, p. 578.) 

^-Ls±.«\ .yjz ._3..3 II décéda '- en laissant sa femme. 



Voir page 137,1. 7: - 139, 1. 4, 6; — 180, 1. 13; — 182, 1. dern. : - 
188, 1. 14: — 196, 1. 9, 10. L6 : - L98, 1. 13, 15 ; — 200, 1. 16 ; — 202, 
1.1; — 204, 1. 1, 14: - 200. 1. 1, 2:— 421, I. 11 ; — 425, 1.8;— i26, 
1.4;— 431, 1. 3;— 436, 1. 1,2: — 442, 1. 10: —453, 1. 3; —487, 1. 17. 



(1) Mètre t'aouil (p. 424, note). Ce vers renferme l'anomalie, tolé- 
rée parce qu'elle est rare et hardie, de l'action directe de la prépo- 
sition sur le verbe à un mode personnel. Il y a ellipse de la conjonc- 
tion ^j\ que, avec laquelle on eût mis le verbe au subjonctif. — Le 
commentateur Tebrisi s'efforce de justifier cet écart des règles de 
la grammaire générale ; il fait même observer que { ^& est peut-être 
ici pour la conjonction ^\, suivant l'usage de certains anciens Arabes 
qui confondent le *. aoec le $.. Malgré ces ingénieuses subtilités, le 
fait ci-dessus ne peut être considéré que comme une licence hardie 
•et je ne le cite que pour mieux faire apprécier la valeur de ^_s. . 

(2) Le mot ^y-s <*_j" ci-dessus, est la V e forme du verbe ^j-Sj. à la 
voix passive : il signilie à la lettre : il fut fait solder (la dette de 
cette vie). On peut le lire aussi a la voix active, il solda. Cette 
expression est employée métaphoriquement pour signilier mourir : 
elle est plus convenable que l'expression directe C_A_ *>. Les musul- 
mans n'emploient le mot ^y-Sj^-J que pour eux seuls. 



t'"' COURS 

PRÉPOSITION _—•?• 

Elle signifie spécialement sur, dans. 
Elle a encore ces autres acceptions : 



-_: — ,_a -._y^._y Trois sur six, c'est-à-dire : multiplié 

< .. / 
"ii frappé (^_j.»_^£_p) sur... (trois multipliant six). 



> >_\_~..^ ^ _ ^ Il sortit dans (au milieu de) sa troupe. 

page 287, 1. 6 : — 333, 1. 9 : - 335, 1. 12 ; — 338, 1. clern. ; 
352, 1. 8 : - 360, 1. 9 ; — 368, 1. 12 : — 415, 1. 4 ; — 418, 1. 11 ; - 
fil», 1. 9, L6; 137, 1. 1 ; — 440, 1. 2 : - 443, 1. dern. : - 445, 1. 12; 
l. 14 ; — 448, 1. 3; — 150, 1. 12; — 460, 1. 5. 

Les autres prépositions ont un sens moins variable ; 
on les connaîtra par le Dictionnaire et par la Liste des 
particules, etc., p. 'Ml. 

CONJONCTION . . 

Elle a les fonctions suivantes : 

1° Elle joint les mots et les périodes comme notre 
conjonction et ; 

2° Elle met au cas indirect le nom qui la suit, et 
constitue une formule de serment : par Dieu! — PAR 
ta tète. (V. p. 206, 1. dern. ; - 124, 1. 13.) 

3° Devant un nom indéterminé, qu'elle met au cas 
indirect, elle signifie: combien de fois... ! souvent... 

que de... ! Elle se nomme alors w>, -'- ouàou de » >,, 

ause de son analogie, dans ce cas, avec celte expres- 
sion. i Voir p. 373, col. 1.) 



DE LANGUE ARABE 497 

r a, / s > > \ 7* / c y c / c ■- y 

à. .'.- zï fco J O A-3t_J ^;_;-_^»_p 

^ "> y ' J '/ 

Que de fois un voyageur t 1 ) marchant après la dispa- 
rition des dernières lueurs directrices du crépuscule, 
je l'ai convié à mon hospitalité — par un feu éclatant 
semblable à l'aurore, et dont les tisons jetaient une 
flamme ardente ! (que de fois j'ai attiré un voyageur 
attardé, perdu dans les ténèbres...) (Hamaçà, p. 718). 

> / 9 ' -y 

> [s "... 'U ^ _,' j 7 I i ^_; 

Que de fois il arrive qu'une pièce de bois (est) fendue 
pour une mosquée, — par moitié, et que son reste (est) 
pour les privés des Juifs ! < 2 ). Mostat'ref, t. n, p. 3. 

4° Devant un nom à l'accusatif, la conjonction j ex- 
prime la simultanéité d'une action, la concomittance 
ou la participation : on la nomme 'L*j*j> .'. ouàou de 
simultanéité, et L^Ls-Ji J. ouâou de concomittance. 
Par exemple : 

IL_jiws J |j eUJ! j^-jL-w ! S'est égalisée l'eau avec le 
morceau de bois (mesurant la hauteur). 



(1) Mètre t'aouil, p. 424. Le mot # voJL«^o signifie à la lettre : celui 

qui fait aboyer les chiens (qui gardent les tentes et les douars des 
Arabes). C'est, comme on voit, une expression métaphorique pour 
désigner un étranger. — Ce beau vers t'ait allusion a la précaution 
hospitalière et charitable qu'avaient autrefois quelques Arabes 
généreux, d'entretenir pendant la nuit des feux allumés, pour guider 
les voyageurs attardés, et leur offrir un abri contre la soif, la faim 
et les bêtes féroces. 

(2) Mètre Kâmil V. p. 446, note). 



V. |S COURS 

t. / / / ? . / 

'j._' : . ,_l£j .-- Qu'avez-vous donc avec Zeid ? 

On la trouve aussi gouvernant l'accusatif après l'ex- 
pression o r — >' (V. p. itV.i, I. 7 ei suiv.) 

Y. ci après, la comparaison des conjonctions ^. et v ?• 

.*i° La particule j caractérise souvent une période ou 

une proposition serrant de terme circonstanciel d'état ; 
elle signifie en ce ras tandis que... en étant. Elle se 

nomme alors JUsrMjl» ouâou de Jlk ou d'état. Far ex. : 

^L-^a-àj-aj J-^-— Et il outra, c7 lui irrité ; c'est-à-dire : 
il entra tout irrité. 

Voir page 114, t. ao.-dern.; — 182, 1. 17 ; — 202, 1. 4, 17 ; — 204, 
1. 2; - 212, 1. 6. 

Consulter, en outre, pour l'application de a tous les textes et les 
exemples précédents. 



CONJONCTION w « 

Cette particule signifie : et, or, quant a, en consé- 
quence, ET ALORS, EN SORTE QUE, AFIN QUE, HÉ BIEN ! — 

Elle indique la confirmation, l'énergie. — Elle est plus 
souvent dislinctive que copulative : elle marque les 
périodes de la phrase. - - Elle indique l'ordre et le rang, 
comme dans cet exemple : 



r t / y 



c / 



Est venu Zeid, puis 'Amr. — Lors- 
qu'elle signifie afin que, etc., elle met le verbe à 
l'aoriste subjonctif (p. 243). 

Employée dans un dialogue, elle marque le change- 
ment d'interlocuteur. — Dans une période où différents 



DE LANGUE ARABE 499 

sujets ont été déjà exprimés, elle prévient que le sujet 
du verbe qui la suit n'est plus le même que celui du 
verbe ou des verbes placés avant elle. 

La conjonction » sert seulement à lier entre eux des 
verbes ou des sujets corrélatifs, tandis que ^_* indique 
de plus la distinction des sujets, des verbes ou des 
périodes. 

Les conjonctions . et < 9 se joignent comme tous les 

mots, à d'autres particules. Il est facile de les distin- 
guer. — s^js a souvent un emploi analogue au point- 
virgule et au point chez nous ; sa signification, comme 
on voit, est multiple. — Elle ne peut, en bien des cas, 
se rendre par une particule française, bien que son 
influence doive être souvent marquée dans la traduc- 
tion. On ne peut l'apprécier que par l'observation de 
ses diverses fonctions dans les textes; c'est pourquoi 
je renvoie aux passages suivants de ce livre : 

Voir page 106, 1. 3, 4 ; — 108. 1. 7. 8. 9 : — 110, 1. 8 ; — 112, 1. 3,5; 

— 114, 1. 4: — 137, 1. 3, 5, 6, 10: — 139, 1. 3, 4, 8, 10;— 180, 1. 8;— 
182, 1. ar dern. etdern. : 186, 1. 3, 13 ; 196, 1. 11, remarquable, 13, 19 ; 

— 200, 1. 0, 8, 17 ; —202, 1.1. 3, 4, 7, 9. remarq : - 204, 1. 3: — 212, 
1. 7, 10; — 214, 1. 9; — 216. 1. 3, 5. ao.-dern. ; — 287, 1. 15 : — 291. 
1. 10 : — 352, 1. 8 : — 365, 1. 7 ; — 367, 1. 3, 0. 9, 17 ; — 368. 1. 10 ; — 
369, 1. 11, remarq. ; — 420, 1. 15 ; — 42 i, 1. 17 : - 126, 1. 15 : - 127 
1. 11, remarq. ; — 434, 1. 5. remarq.; — 435, 1. 5, remarq. ; — 440, 
1. 2, 9 : — ;;7, 1. 1,5, remarq. ; — 154, 1. 17, remarq. ; — 463, 1. 26 : 

— 467. 1. 2 ; — 473, 1. 11. 18; —474, 1. 19; — 480,-1. 13. 17 : - 487, 
1. 17. 

CONJONCTIONS "! — / — .! ET .,'. 
c c c C » 

La conjonction .,' devant les noms, qu'elle met nu 
cas direct, et c *' devant les verbes, qu'elle met au sub- 
jonctif (p. 243) signifie que. 



500 COURS 

i est une particule inchoative et eonfirmative. On 
l'emploie fréquemment devant un nom ou un pronom 
commençant une phrase. (V. p. 'i 2 7 , n° 117). 

Elle met au cas durci un accusatif le nom qui la suit. 
Elle partage cette influence avec d'autres particules, 

nommées par les grammairiens arabes ,,' _''»_^J; ce 



comme 



sont : .,' que; — .Si) mais, cependant; - 

st.'- ^ ' 

si : — ^— • plût a Dieu ' il sciait à désirer que... - 
JoiJ peut -cire que... 

page 188, 1. 15 : 196, 1. L9 : — 210, 1. 14 ; — 212, 1. 3 ; — 287, 
1. 4, 6, 18, 21 ; - 291, 1. 11 ; - 427, 1. 6 et suiv. 

Le - de .1 — .1 et .XJ peut être changé en -cl 
alors ces particules perdent toute influence sur le nom 
qui les suit (1 ). 

Lorsque la construction de la phrase amène un verbe 
après les particules .%), ,1, XJ et JjJ, elles prennent 
avec elles l'allixe » de la troisième personne, qui sert à 
• puiser leur action grammaticale, et ne se rapporte pas 
spécialement à un antécédent exprimé, mais bien, 
d'une manière générale, à l'ensemble de la proposition 
qui le suit. Ce pronom estnommé .,'— u &**> pronomou 
expression cachée de la chose (ou de l'état). Par exemple : 

/ s s c s t = E z.( / y . 

\.~. Ji i_j] J,l J.~,' Il m'envoya ('prévenir de) cela 
• H e : il était arri \ é. 

Voyez page 116, 1. 6 : - 139, 1. 12:— 190, 1. 17;— .473, 1. 9. 



1 <:■■ fait permet de supposer que la cause de l'accusatif qu'exigenl 
ces particules dans les noms qui les suivent, est renfermée dans le — 



DE LANGUE ARABE 501 

La conjonction ./ que, suivie d'un verbe au prétérit, 
à l'aoriste indicatif, et surtout à l'impératif, avertit 
que la période qui la suit est un récit direct ou textuel, 
à peu près comme les deux points chez nous. Dans 

cette condition on la nomme L^LCs^l .! ou >__»..a.;Jl ,1 

' H V ' ' ' V 
c'est-à-dire : .^ du récit ou de l'explication . Par exemple : 



Nous avons reçu l'ordre que nous nous livrassions au 
Seigneur des Mondes, et (ceci) que : « Accomplissez 
la prière et craignez-le », (On nous a donné l'ordre... 
en nous (lisant...) (Cor. vi, 70, 71.) 

i Voyez en outre : page 212, 1. 9. 



J 
(V. expressions conditionnelles, p. i7r>, 177.) 



PARTICULES CONDITIONNELLES *_) ET ,1 SI 



PARTICULE JL_9 

Le mot ~.J est un de ceux qui confirment le prétérit 
du verbe dans la signification du passé (p. 462). — Il 
marque aussi l'idée de suffisance et met alors à l'accu- 
satif le nom ou le pronom qui le suit. Par exemple : 

sjJLjj-s ç-Jj-J Votre secours m'a suffi. 
!.x_a> Lv_j \ X-3 Ceci a suffi (à) Zeid. 



ff y i 



*_>,^ i\x-3 U> Un dirhem ne m'a pas suffi. 






Dans la plupart de ses nombreux emplois, ce mot est 
un nom eonjonctif signifiant pour nous CE QUE, ou 
contenant au moins la valeur de notre conjonction que. 
(V. p. 'M\~ . 368.) Il peut être pris dans le sens nion 
ciatif ou interrogatîf. 

Quelquefois ..-- indique la durée, et signifie tant que : 

^ jL-vs ^._o ..-- tant t/ur vous resterez jeune. 
Il ("-t aussi exclamatif et admiratif, et signifie com- 

l'.ll s .. ! Ql K... ! 



y / 



^X—- K 1S ,_^_aJ L» Combien votre parole est belle ! 
\ . Verbes d'admiration, p. 485). 

C'est aussi une particule négative ordinairement em- 
ployée avec le prétérit du verbe. (V. p. \\1. ï(>2.) 

La particule U se joint, après d'autres particules, 
après des verbes el des noms. Avec ces derniers, elle 
indique un sens absolu et général, el forme des espèces 

de mots conjonctifs absolus, tels que : -*-i- -^ en quel- 

que lieu que...; — U-^-ji partout où... ; — -<n-~ toutes les 

fois que... ' ; — '-^-v' quelque chose que... '-' ; — UJLL 



|i Lorsque cette expression signifie roi i ci que, on doit l'écrire 
. \ mots séparés, el le mot JyS n'est alors a l'accusatif qu'au- 
tant qu il subit l'influence il an agent d ■ ce cas. C'est comme chez 
i arce que el par ce que. 

•-^x esl formé du eonjonctif Lo < i -ri ... suivi d'un autre Lo in- 
diquanl généralité. L'euphonie a changé en s_ la prononciation \- du 



DE LANGUE ARABE oOï- 

/ =, , / - 

certes nue... ; — UJ1 ( L» x . ' ) seulement ; — Ul (L» ..I) soit 



pendant longtemps, aussi longtemps que.. . : — UjI (U ,1 ) 



yite... ; — U*l quant «... ; — U-j , // arrive bien des fois 
que..., souvent...;— -*J pour ee que ? — U-j par ce ywe..; 



/ / / 



— U_T comme... ; — L» Ji se/o» ce que...; — 11» ^_-- jus- 
'///'>/ quand... ; etc., etc. 

L.--, pronom interrogatif, perd son alif, quand il est 
sous l'influence d'une particule du cas indirect, excepté 

dans la locution bU, pourquoi cela : *J, *_>, > Xc 

/> \ / \ > \ **~ 

ou ->-—, .» -v-^ ou ,» Lx_a. , etc. 
( \ ~ \ 

. • 
Le mot L» est souvent employé dans la proposition 

comme un véritable nom ; il peut servir de sujet ou de 

régime. 

En voici quelques exemples : 

, JU-xj Lie ._-- J-JsLj. Et c'était chose vaine que ce 
qu'ils étaient faisant. (Cor. vu. 135) (V. p. 407.) 

*^JL_>>i _5 L_*i_Js L» le , _;_x_;_3 , Ils se sont soulevés 
à cause de ce (/we ils ont été lésés dans leurs biens. 

/ "' '•" c ' I ' va 1 ' 

.,«^_x-iwj _-- ^_JLi Ce qu'ils sont reconnaissants, c'est 
bien peu. 1 Leur reconnaissance est, certes, bien petite). 



premier L_-j, et l'orthographe a consacré cel usage. Le changement 
du son a en ah par euphonie a lieu en plus d'un cas en arabe, surtou) 
a la tin des mots; j'ai eu déjà occasion d'en citer un fait page 353 ; 
1. 8 et suiv. J'ajouterai eu passant si par cette particularité 

euphonique, que le k des mots féminins, qui est un véritable O 
précédé de son a (v. p. 74), devient s eu bien des cas. 



►04 COURS 

Enfin, le mol — -- se rencontre quelquefois sans aucun 
complément : il a le sens alors de noire expression 
quiconque ou quoi que ce soit : 

Certes Dieu n'a pas de scrupule qu'il frappe (propose) 
en parabole qi oi QUE CE soit : un cousin, et même ce 
qui est au-dessus de lui (en petitesse). (Cor. n, 24.) 

Le sens de '._-• dans cet exemple et dans les cas analo 
gués rentre encore dans son emploi comme nom 
conjonctif. 

\ oir dans la plupart des textes et des exemples que 
renferme cet ouvrage, les diverses applications de L>, 
soit isolé, soit joint à la suite *\r^ particules ou d'autres 
mots). 

DE QUELQUES FORMES D' EXCLAMATION ET D'APPEL 

On dit, dans une acception de commisération ou de 

> (, s / es . s 

complainte : -_' ; et Ij_jI: L malheureux Zeid ! — ou, 

également avec le oJllJ! La | > de silence, p. 353, I. ('» 

/ 

et suiv.) : si.*— > ; '» . 



Si JLJJH lil îULHilC *J lij Et il lui dit (au vieil- 
lard) : n malheureuse barbe grisonnante ! est-ce que 
tu ne crains pas Dieu? (Mille et une Nuits, t. i, 
p. i32.)(D. 

1 En citant ce dernier passage des VîUlf >•/ "/"■ Xiùts, je dois faire 

observer que j'ai pris sans scrupule dans cet ouvrage, excellent pour 

l'arabe, les exemples qui étaient de nature a faire com- 

prendre l'application des principes que j'ai établis. Indépendamment 

de l'utilité directe que j'y ai rencontrée, j'ai eu pour but de réhabiliter 



DE LANGUE ARABE 505 



/ / 



On dit également pour appeler : sIa^s^ L> Hé Mo- 
hammed, hé ! 

Le s de silence représentant une articulation très 
faible, résultant de l'expiration d'un son prolongé, prend 
par exception le 1 après une lettre de prolongation 
tout autre môme que l'î. 

L'expression ^a abréviation de J-jj indique la me- 
nace. sJijLj « signifie : malheur à toi! malheureux ! — 
C'est une contraction pour ^iXJ J-J3. 

On trouve dans le Coran, chap. xxviii, v. 82, le mot 
j£j joint à K\ Voici ce passage : 



/ • C Si s c 



i;-Jl ^~~- J «^ ' J^ « Malheureux! ne sais- 
ie v — jj ■ •• c' ■•- 3 

tu donc pas que Dieu répand avec profusion les dons 
de sa providence à qui il veut... (Tel est du moins le 
sens que donnent plusieurs commentateurs). 



un livre extrêmement curieux, que les détails peu compris de la vie 
pratique qu'il renferme ont fait regarder en Europe comme écrit en 
arabe otilgaire. J'ai exposé déjà, page 225 et suiv., et je développerai 
au commencement du Livre VI e les motifs sur lesquels est fondée 
une telle appréciation. Je dois dire que cet ouvrage est écrit en 
grande partie dans un style simple, clair, correct, souvent élégant 
et gracieux, et qu'il renferme de charmantes citations littéraires ; 
j'ajouterai encore, de curieux détails pour ceux qui veulent s'ini- 
tier a la vie musulmane. Je mets a part certains passages que le 
bon goût réprouve. On peut y acquérir un style narratif et descriptif 
très coulant. Je ne puis qu'en recommander l'étude à ceux qui 
veulent obtenir un bon résultat de leur travail. Je suis loin d'en dire 
autant des Fable* </e Locman, que l'Europe a admises sans trop 
d'examen comme un livre classique, et qui laisse voir dans sa ré- 
daction une forme étrangère qu'un peu d'habitude du style arabe 
fait reconnaître et repousser bien loin. Cet ouvrage, peu volumineux, 
a été reproduit successivement depuis Erpénius jusqu'à nos jours ; 
mais, bien qu'il soit facile à acquérir, je ne le recommande pas 
à ceux qui veulent sérieusement apprendre l'arabe: si l'on y ren- 
contre l'application assez heureuse de quelques règles de la gram- 
maire, on y trouve aussi une l'orme de style qu'il faut éviter de 
prendre pour modèle. 

33 



..m ; COURS 

— / — 

SYNTAXE DU VOCATIF 'j_.J') 

/ 

Les particules du vocatif sont : L> — ' — Jj! et LL_b> ; 
elles équivalent pour nous à ô...! lu' 1 ...! 

Les exemples suivants serviront de démonstration : 

jj ;' '-.- O Zeid ! I ' . — jU \ L' homme ! 

»_■ v _v_. n j_ô-s^ _> Mohammed le généreux ! 

i ■; 

On remarque ci dessus l'absence du tanouîn avec I e 
nominatif. 

Si l,i personne ou la chose appelée n'est pas présente, 
on met son nom à l'accusatif avec le tanouîn :La.. U). 

Quand le nom de l'objet appelé est en annexion avec 
un autre, on le nuit toujours à l'accusatif : 

à\ j_1s li 'Abd-AUah ! 



.' te/ 



- 



I / / I ' 

,_^_~_^ L> (celui) dont est belle la face ! 



"^L-iv 'jJ lis L< (celui) qui est gravissant les montagnes! 

On peut, surtout après les pronoms, faire usage du s 
de silence. (V. ci-dessus, p. 353 et 505.) 

■> — -J_ i _j Mon serviteur ! 



li L'emploi de la particule 6, chez nous, est restreint à quelques 

cas d'emphase; mais il faut observer que la forme habituelle du 

itil est pour nous I énonciation du nom de la personne ou île la 

chose: Terre, adore ton créateur! Il Défaut donc pas s'astreindre à 

rendre toujours en français les particules arabes du vocatif par ô. 



DE LANGUE ARABE 507 



SYNTAXE DES PARTICULES DE L EXCEPTION 



|j_>:Yl ^-i-J' ,Li Tout le monde s'est levé, excepté 
Zeid. (accusatif.) 



ÎJo: o/^ j._5 , V j-cj *\J U II ne s'est levé personne, si 
ce n'est Zeid. i nominatif om accusatif lorsque la pro- 
position est négative et complète.) 

177/ = • ' • 

Jo ; x - ' ..? U II «e s'est levé que Zeid. (Propos, incompl.) 



lir>M.-' "'L.' 



Je »'ai frappé '/we Zeid. [Lorsque la 
proposition est incomplète, le nom qui \ suit Y' prend 
le eus exigé pur son rapport île sujet ou de régime 
comme celu a lieu pour „_^v (V. p. 492). 

Les noms j---~> . ^$_> — ■ ?»^— et ^-i excepté, si ce n'est, 
veulent toujours après eux le cas indirect. 



y / 



Les mots ^-sk, Ij_c et LiL^ pouvant être pris comme 
verbes ou comme noms (particules du cas indirect 
d'après les grammairiens arabes), et signifier on a 
excepté... ou exception de... ont après eux, suivant 
cette double appréciation, le cas direct ou le cas 

INDIRECT. 

SYNTAXE DE LA NÉS ATI ON ^ 



On dit: ,hJ^ j J-^,^ il n'y a pas d'homme à la 



308 COURS 

maison. Avec le cas direct et sans tanouîn quand le 
nom suit immédiatemenl la particule.) 

Dans le cas contraire, on emploie le nominatif, et l'on 

dit : s'',.-V M- J=^ ,llîl c -?^ Il n'y a pas, dans la mai- 

son, d'hommem de femme. — Lorsque la négation porte 
sur deux OU plusieurs objets dont le nom vient après la 
particule, on peut employer l'accusatif sans tanouîn, ou 

le nominatif avec le tanouîn, et dire : >\_.--' ^L J— ^ , ^ 
ou s \_- 2 - J-9. , X — C est ainsi qu on dit : 



' ' , / . 



a^U ^11 g^ Y^ Jj.a ^ Il n'y a de puissance et de 
force qu'en Dieu. — | Expression de résignation dans 
une circonstance malheureuse ou pénible. | 

DE L'INTERROGATION ET DES PROPOSITIONS ALTERNATIVES 

Les particules d'interrogation sont : J-*, !, *l. On 
dit par exemple : 

2_-_s— I c .5 j._- ■ L_a> o« Est-ce que Zeid est à la 
mosquée? (ou Zeid est-il... ?) 

L'interrogation est quelquefois suivie d'une proposi- 
tion alternative, indiquée en français par ou bien ; cette 
dernière locution s'exprime en arabe par J ou ,»' : 

■ '--" ça -'ou *l «-^LsJ) (>jJu:I Est-ce que Zeid est 
a la mosquée, Oîi /m'/> a la maison ? 



,1 4*_9y_x_J'l Est-ce que vous le connaissez ou non ! 



DE LANGUE ARABE 509 

La particule C»l qui signifie aussi ou bien, équivaut à 
notre mot soit, soit que... ; elle accompagne souvent 
un aoriste énergique. 

J^v^XJi-a il' ■ rJL-liLSljLLlJ! 7,-IjLïIJI Soit 

r/wc vous veniez vers nous, soit que vous envoyiez des 
ambassadeurs, cela est la même chose. 

Avant de terminer ce chapitre par quelques observa- 
tions sur l'analyse logique en arabe, je dois parler 
d'une appréciation particulière aux grammairiens arabes 
de l'un des accessoires les plus fréquents des termes de 
la proposition, le Permutatif. 

DU PERMUTATIF ( J jJ_J 1 ) 

On nomme ainsi en arabe toute expression simple ou 
composée, reproduisant, sous une autre forme et en 
d'autres termes, dans un but de précision et de descrip- 
tion, l'idée d'un être ou d'un objet déjà indiqué. Par 
exemple, quand on dit : Zeid votre frère, est venu, 
l'expression cotre frère, qui pourrait être augmentée de 
beaucoup d'autres mots, précise et décrit la personne 
de Zeid. 

Le permutatif, soit simple soit composé, est toujours 
grammaticalement ou logiquement au même cas et 
dans les mêmes conditions que le mot dont il reproduit 
l'idée. 

Les grammairiens arabes admettent quatre sortes de 
permutatifs ; mais comme cette classification est plus 
subtile que logique, je renvoie, entre autres ouvrages, 
à la Djaroumiya, au Molh'at el-Vràb, à YAlfiya et à leurs 
commentateurs, qui les feront suffisamment connaître. 



510 COURS 

OBSERVATIONS SUR L ANALYSE LOGIQUE 

L'analyse logique esl basée en arabe sur 1rs mémos 
principes que l'analyse grammaticale. On regarde les 
diverses périodes, dans leur ensemble, comme des 
individualités, el on leur attribue les mêmes conditions 
qu'aux parties isolées du discours. 

On considère donc comme virtuellement au nomi- 
natif, toute expression si m pie ou composée, servant de 
sujet ou d'attribul à une proposition, et toute période 
jointe par une conjonction COpulative à une expres- 
sion réellement ou virtuellement au nominatif, ou lui 
servanl de qualificatif ou de permutatif. On dit que telle 
proposition esl (virtuellement) au cas direct comme 
complément ou comme terme circonstanciel ; qu'elle 
esl au cas indirect comme placée sous la dépendance 
de tel nom ou de telle particule. On suit, en résumé, 
pour l'analyse des diverses parties de la phrase, les 
mêmes principes que pour les mots. 

Quant à l'analyse grammaticale elle résulte de la con- 
naissance des indices extérieurs des mots suivant leu 1 ' 
nature et leur condition, ainsi que de l'appréciation de 
l'influence de divers agents sur les compléments. Les 
développements renfermés dans les Livres III et IV de 
cel ouvrage, onl pour luit de faire comprendre ces 
détails, qui serviront de règle pour l'analyse. 

Pour ne pas jeter de la confusion sur un sujet qui 
présente à toul Européen d'assez grandes difficultés, je 
ne m'arrête pas à exposer le système minutieux de quel- 
ques Arabes pour l'analyse de leur langue. Lorsqu'on 
aura acquis les faits choisis et les idées fondamentales 
que j'ai tâché de présenter clairement ici, on pourra 
chercher dans le riche trésor de la Grammaire de M. de 
Sacy, les moyens de les étendre et de les approfondir. 



DE LANGUE ARABE ,'i 1 1 

CE L USAGE DES DICTIONNAIRES ARABES 

Les mots arabes ont pour la plupart leur principe 
dans une racine de trois lettres'(p. 230) ; il est donc 
rationnel, pour l'ordre des mots comme pour l'intelli- 
gence et la comparaison des idées qu'ils expriment, de 
grouper dans le dictionnaire, autour de ce foyer, tous 
les nombreux dérivés que l'addition des lettres initiales 
diverses eût disséminés de tous les côtés du livre. C'est 
pourquoi, dans tous les lexiques imprimés par les 
Européens, on doit chercher la racine du mot dont on 
veut connaître la signification ensuivant l'ordre naturel 
de la première, de la deuxième et de la troisième lettre 
radicale. Il est indispensable, comme on voit, d'être 
familier avec les formes grammaticales pour apprécier 
sur-le-champ ce qui constitue la racine. On atteint 
facilement ce résultat avec un peu d'étude. — Si l'on 
voulait, par exemple, trouver le mot -J^r'—', il faudrait 

remarquer d'abord que ce mot est le nom verbal d'une 
X e forme, dont les indices grammaticaux sont connus ; 
et après avoir déterminé ~ t -^ pour la racine, chercher 

dans le livre ces lettres suivant leur ordre alphabétique. 
Dans les dictionnaires des Arabes, le K'âmoàs de 
Firoûzâbâdi, le S'ih'âh' de Djauhari, etc., les mots sont 
classés également par racines ; mais l'ordre dans lequel 
on doit les chercher procède par la troisième radicale ; 
puis la première, et enfin la seconde. Ainsi, la racine 
_ r d. devrait être cherchée d'abord dans la série des 
mots finissant par le ~ ; puis, on devrait trouver dans 
cette série ceux qui commencent par ~ ; et, tenant ainsi 
les deux extrémités du mot, on arriverait enfin aux 
racines où la lettre médiale est un ,. L'ordre alphabé- 
tique suivi partout est l'ordre oriental. 



512 COURS 

DE LA TRADUCTION 

La traduction de l'arabe en français ou dû français 
en arabe, doit être basée sur l'appréciation du sens 
précis îles mois arabes par rapport à leur racine, à leur 
forme et à la circonstance de leur emploi. Elle ne doit 
rire mot v mot t/ue pour l'étude, et l'on doit s'attacher 
h reproduire sartou'l la pensée et loules ses iiuu nées avec 
une grande exactitude. Quant aux tournures particu- 
lières à la langue du texte, il faut presque toujours, 
pour la clarté ei l'élégance, renoncer à les figurer dans 
celle de la traduction, au génie de laquelle il faut se 
conformer. 

La traduction de l'arabe en français nous devient 
facile bien long-temps avant celle du français en arabe, 
qui fait subir à notre mode d'expression des modifi- 
cations considérables, à cause de la différence, non- 
seulement des formes du style, mais encore des idées 
dans les deux langues. 

Ou ne parvient à traduire du français en arabe 
qu'avec une longue habitude des divers genres de style, 
et // est indispensable 'le lire beaucoup de te.rtes pour 
arrivera ce résultai, plus difficile à atteindre que l'on 
ne pmse. Il ne faut pas juger des traductions d'utilité 
directe que l'on est appelé à rédiger en arabe, parles 
thèmes que nous faisons au collège avec le dictionnaire : 
le secours de celui-ci est bien faible, et loin de suffire 
pour donner à l'expression de l'idée la forme conve- 
nable el nécessaire pour la faire comprendre dans son 
application posith e. 

FIN DU LIVRE QUATRIÈME 



LIVRE V 

NOTIONS ABRÉGÉES DE LA PROSODIE 

ET DE LA MÉTRIQUE DES ARABES 

La versification arabe, comme celle des anciens 
Grecs, est basée sur des rythmes divers, formés de 
mesures et de tons méthodiquement répartis. Ces 
rythmes, qui s'adressent à l'oreille bien plus qu'aux 
yeux, ne peuvent se noter ou se décrire exactement 
pour nous : ce sont des chants dont le mouvement et 
la tonalité sont en rapport, non seulement avec la 
quantité prosodique et la disposition de leurs éléments, 
mais aussi avec les sentiments qu'ils expriment. 

Les signes extérieurs et graphiques de la prosodie 
peuvent seuls être exposés ici : leur connaissance est 
indispensable pour la lecture et l'intelligence des 
poètes, que l'exigence du mètre ou la forme poétique 
oblige à des inversions et à des licences inusitées en 
prose, mais justifiées et expliquées par les lois de la 
prosodie. 

La composition des vers arabes consiste dans la dispo- 
sition symétrique de syllabes longues et brèves groupées 
par séries formant des pieds. Cette analogie avec la 
métrique et la prosodie des Grecs et des Romains, 
nous servira de base pour établir nos principes. 

Afin de marcher directement au but, nous laisserons 
de côté la confusion du système théorique des Arabes, 



51 i COURS 

qui est en cela comme en tout le reste, plus long et 
plus difficile à étudier que le fait lui-même. Nous 
suivrons le plan qu'a trace'- M. de Sacy, «mi y apportant 
les simplifications que l'usage nous a mis à même de 
faire, el renvoyant, pour des détails plus complets, au 
traite de M. de Sacy lui-même, ou à celui plus étendu 
de M. Kiev la-. 

DE LA QUANTITE 

On peut classer toutes les syllabes des mots arabes 
en longues el en brèves, el nous indiquerons pour les 
distinguer les caractères généraux suivants : 

1" Les syllabes longues sont composéesde deuxarticu- 
la lions (consonnes), séparées par un son bref; ou d'une 
articulation suivie d'un son prolongé (lettre de prolon- 
gation I. i V. p. 1)1 . i 

Le - ou la lettre de prolongation écrite ou sous- 
entendue, marque la lin de toute syllabe longue. 

1 Les syllabes brèves sont formées d'une articulation 

et d'un son bref. (Y. p. 1(1^. | 

Les syllabes longues sont donc composées de DEUX 
lettres articulées, el les syllabes brèves, d'une seule 
lettre ave'c sii voyelle. J'ai indiqué ci-dessus, p. 98 et 
suiv.. la manière de les distinguer; je n'ai pas besoin 
de répéter ces détails. 

Je dois faire observer : 1° Que l'on compte dans 
l'appréciation de la valeur prosodique tout ce (/ui se 
prononce : ainsi, le lanouîn esl regardé comme un j 
écril ; la lettre portant le - est censée tracée deux fois: 
la première avec un - la seconde avec la voyelle que 



DE LANGUE ARABE 515 

porte le - ; 1' ' de prolongation supprimé par tolérance 
orthographique (p. 93), est prononcé comme s'il était 
écrit, etc. 

2° Que l'on néglige au contraire tout ce qui ne se 

prononce pas, comme l'I p. 9ii et. la lettre dénuée de 
tout signe par transmission de sa valeur à la lettre qui 
la suit, par exemple, le J de l'article devant les lettres 
solaires (p. 97). 

3° Que l'on peut considérer au besoin comme longues, 
certaines syllabes brèves : ce sont, par exemple, le 8 

pronom affixe de la 3 e personne; s (pour > v. p. 351), 
terminant les pronoms de la 1" et de la 3 e personne du 
pluriel, et les syllabes brèves terminant les seconds 
hémistiches; on doit même faire suivre celles-ci de 
la lettre de prolongation, comme on peut le voir à 
la fin du vers ci-après. 

4° Que la syllabe '— ; dans Ij! moi, peut être prise pour 
brève ; — que certaines lettres de prolongation termi- 
nant les mots ne sont pas comptées comme indiquant une 

longue devant l'I; — que le tanouîn est supprimé 
à la fin d'un vers ; que, si la rime l'exige, on peut 
substituer un - à la voyelle du dernier mot du vers. 

On ne peut apprécier ces particularités qu'avec la 
connaissance de la composition technique et fonda- 
mentale des divers mètres ou rythmes. 

Nous marquerons les syllabes longues par ce trait _ , 
elles syllabes brèves par ce signe consacré, <, suivant 
les usages de la prosodie latine. 

Nous avons noté la quantité syllabique en commen- 



516 COURS 

vaut par la gauche, comme dans les vers grecs ou latihs, 
c'est-à-dire en suivant la direction de notre écriture. 
D'après toul ce qui précède, on évaluerait par 
exemple, la quantité prosodique de ce vers : 

'" . x/ •> ^ V J 

en le supposant écrit d'après les particularités d'ortho- 
graphe et d'euphonie qu'il renferme : 



/ ■• w ^ 

On pont s'exercer ainsi sur tous les textes prosodiques 
dont on a d'abord précisé la lecture et l'orthographe, 
et notamment sur les vers dont j'ai indiqué la mesure 
et la quantité dans cet ouvrage. 

DES PIEDS ET DE LEUR DENOMINATION TECHNIQUE 

Les pieds sont composés de syllabes longues et de 
syllabes brèves méthodiquement disposées. On en 
compte huit principaux ou primitifs. 

Avant d'en présenter le tableau, il convient d'exposer 
à l'observation les six éléments qui, d'après le système 
des arabes, entrent dans leur formation, au lieu des 
longues et des brèves qui sont étrangères à ce système. 

Je marque ces éléments d'une lettre, qui me permettra 
de les rappeler dans le tableau des huit pieds primitifs 
ci-après. 



I Mets ta confiance dans le Miséricordieux, pour ta chose toul 
entière, — car, en vérité, il n'a jamais déçu celui qui s'est confié 
en lui. ' Mètre t'aoull, ci-après). 



DE LANGUE ARABE 



517 



ELEMENTS DES PIEDS D APRES LES ARABES 




u 



U-i-i 



„• P corde légère. 



» lourde. 



j. j« pieuoapiquet attaché. 



-£_- J-Jj piquet séparé. 



Cy-i^a 4JL0L3 petite cloisou. 
Cy-L£ ïJLs^Ls grande cloison. 
La phrase technique suivante les contient tuus daDs l'ordre ci-dessus 



\ : '■ K t ! 



I 
/e n'ai pas ru de poisson sur le versant d'une montagne.. 



11 est bon d'observer ici que les dénominations tech- 
niques des éléments delà métrique arabe, sont emprun- 
tées aux parties constitutives de la tente. 

On indiquera ci-après, par les lettres de renvoi, la 
présence et l'ordre des éléments dans chacun des pieds. 

Les pieds des vers arabes, dans leur état régulier 
comme dans les altérations que l'usage permet de leur 
faire subir, sont toujours désignés par un mot gramma- 



518 COURS 

tical technique (v. les Tables p. ;{7!) et surv.), d'une 
valeur égale à la quantité prosodique à laquelle il sert de 
dénomination. Quand on écrit ces mois, on représente 
toujours le tanouîn par le ,,. 

Je donne un numéro d'ordre à chacun des huit pieds 
suivants ; ce chiffre me servira à le représenter dans le 
tableau des mètres fondamentaux. 

// est indispensable d'apprendre de mémoire les huit 
moh techniques représentant les pieds. 

PIEDS REGULIERS OU PRIMITIFS 



gs 

_c 

s. 

1 


NOM 

1 i i IIMl.il'K 


\ \I.KI If 
PROSODIQUE 


ÉLÉMENTS 
d'après 

LES IRABES 


ASSIMILATION 

A LA PROSODIE LATINE 


1 ' / 





c a 


bacchius. 


2 


^—■-; -^ 





C II il 


iambo-spondée. 


3 


' JL ©1 aJ 




c c 


ïambe-anapeste. 


'. 


1 'A .i i 




d 11 II 
a c h 


trochée-spondée. 


."■ 




--- 


il c 


amphimacre. 


6 




1 


a a c 

il d n 


spondée-iambe. 


1 







e c 


anapeste-iambe. 


- 


sifjJLSJ 





n n d 


spondée-trochée. 



DE LANGUE ARABE 519 

Les Arabes nomment le pied d'un vers A_L*_&_j" au 
pluriel J_iLi_j. 



DES METRES OU RYTHMES FONDAMENTAUX 

La combinaison des huit pieds primitifs forme seize 
mètres ou rythmes principaux, auxquels on peut rap- 
porter de nombreuses variétés. Voici les noms de ces- 
mètres : 

METRES FONDAMENTAUX 



NOMS 

(les 

M ETRES 



LJJl 



Y-3 



CM 



LAXJ! 



uPpi 





s. ., 


PIEDS 


O H 




— * 


formant 


•a -a 




-. " 






UN HEMISTICHE 






z - 


12 12 


9 


4 5 4 5 


10 


6 5 6 5 


11 


3 3 3 


12 


7 7 7 


13 


2 2 2 


14 


6 6 6 


15 


4 4 4 


16 



N M S 

des 

MÈTRES 



PIEDS 

formant 

UN HEMISTICHE 






<-<, 



±J1 



^ / 



j&ï 



6 6 8 

6 8 6 

4 6 4 

2 4 2 

8 6 6 

6 4 4 
1 1 1 1 



520 COURS 

Le mètre de chaque vers se compose de deux hémis- 
tiches, qu'en théorie on suppose identiquement sembla- 
bles, mais qui, dans la pratique, offrent quelquefois des 
différences notables. 

Les deux hémistiches du vers étant supposés égaux 
entre eux, j'ai indiqué seulement la composition de l'un 
«1rs deux. Les chiffres de la troisième colonne dans le 
tableau qui précède rappellent les pieds primitifs que 
j'ai déjà notés sous le même numéro. (V. p. 518.) 

Chacun des noms désignant les mètres est une 
épithète caractérisant une des particularités du rythme 
auquel on l'applique, comme le long (n° 1) ; — le pro- 
longé in 2) ; — Y étendu (n° 3), etc. Ces dénominations 
n'étant pas pour nous suffisamment explicites, je ne 
m'y arrête pas ici. 

Quelquefois le vers est divisé en trois ou quatre par- 
lies, dont les premières riment entre elles, et la dernière 
a une terminaison spéciale répétée à lafin dechaquevers. 

Le mètre d'un vers se nomme j-^H (mer) ; le vers 
lui-même, _^-...j (tente); l'hémistiche p'»-^ d'une des 

deux pailies de 1 entrée de la lente), ou r -k~±, moitié. 

DE LA RIME 

La rime, nommée LwsliJ], consiste dans la repétition 
à la fin des vers, d'une même consonnance et d'une 
même quantité prosodique. Cette consonnance estquel- 
quefois uniformément conservée dans foute l'étendue 
de la pièce de vers ou du poème; quelquefois aussi elle 
est périodiquement variée ou alternée. 

La rime esi formée par la lettre ou les lettres accom- 



DE LANGUE ARABE '.'>1\ 

pagnées de voyelles, comprises entre les deux dernières 
lettres quiescentes, c'est-à-dire depuis le — ou la lettre 
de prolongation qui précède la terminaison du vers, et 
le dernier signe de cette terminaison. On a vu déjà que 
la voyelle brève finissant un vers était comptée comme 
si elle était suivie de sa lettre de prolongation. 

La rime peut ainsi être formée de quatre, de trois, de 
deux, ou d'une lettre portant une voyelle ; elle peut 
encore en certains cas être formée de deux lettres quies- 
centes se suivant immédiatement. La rime à quatre 
lettres et celle aux deux quiescentes sont rares. 

Suivant son étendue elle prend les dénominations 
suivantes : 



rime à une lettre : .ii_51 rime 

» à deux lettres : Lj.ta — 

)) à trois lettres : LJLsLàJ! 



5) 



/ / 



» à quatre lettres : LiC*_~J! — ^_;_C_^ 
.^a^^^ » à deux quiescentes: .,'~kJ — , — ,,L 

DES ALTERATIONS DES PIEDS ET DES METRES 
PRIMITIFS 

Les huit pieds et les seize mètres ne sont pas intégra- 
lement employés, et l'on rencontre de nombreuses 
modifications dans la quantité prosodique ou dans le 
nombre des pieds. Ces modifications consistent, pour 
les pieds, dans la substitution de syllabes brèves à des 
syllabes longues, dans le remplacement de deux brèves 

34 



522 



par une longue, dans quelques additions, ou dans le 
retranchement de la quantité des pieds, surtout à la fin 
des hémistiches. 

Ainsi le I "'' pied, .yy*-* par exemple, dont la valeur 
prosodique est u-_, peul être réduit à >■ - >• -- -^ 

... et -. 

Le 2 e pied J — &La^ valant u — peut devenir : u_u_, 

Le 3 pied . r _x_.l_iLi_.^ valant u-u«_, peut devenir : 

u u — O — u u u _ w u — — _o_ \» 

c. ' ' . • 

Le i e pied .j-J'jLcL» valant -u__, devient: uu_o 



Le 5 e pied JUL9 valant - » - , devient: uu_ _ 

Le e pied ^Jlxjjlx.«w» valant -_«_, devient 

— '»'_»_ v; u U — — VJ U U u — u u 

Le 7 e pied r _LtLsLX^ valant uu_u_. devient 



u — u 



Le 8 e pied oY^jup valant — «, devient 



T<lles sont les altérations et les modifications princi- 
pales que chacun des pieds peut subir dans l'usage. 

Lorsqu'on veut énoncer techniquement une de ces 
valeurs prosodiques, on se sert, avons-nous dit, d'une 
forme grammaticale p. .'{7 ( J et suiv.) représentant iden- 



DE LANGUE ARABE .'»23 

tiquement la même quantité. Soit, par exemple, à énon- 
cer la quantité -^w_; on cherchera dans la mémoire 
une expression technique formée d'abord d'une longue, 
puis de deux brèves, et enfin d'une longue ; le tanouîn 
représentant presque toujours la syllabe longue termi- 
nant un pied, un peu d'attention présentera à l'idée le 
mot Jjt-^_fi-= ou prosodiquement J_*_xjp. Si l'on veut 
dénommer cette autre quantité : -uu__, on trouvera le 
mot grammatical <^J^jJui.*, et ainsi des autres. Il faut, 
comme on voit, pour cette application, une connais- 
sance familière des formes et un peu d'habitude. 

Lorsqu'à la fin d'un vers les deux dernières lettres du 
pied sont toutes deux quiescentes, on exprime techni- 
quement cette particularité par la finale ./-ajoutée au 
mot désignant le pied. Ainsi, pour exprimer la quantité 
du mot ,LLi_w par exemple, on dirait que sa valeur pro- 
sodiqueest ,-*-*-3; le mot oL^y serait représenté par 
,bL&U, etc. 

Quant aux modifications des mètres, elles consistent 
dans des altérations ou dans le retranchement systéma- 
tique des pieds, ce qui constitue plusieurs catégories 
de genres ou d'espèces dans le même mètre. Ces distinc- 
tions minutieuses et étendues exigeraient un dévelop- 
pement spécial qui n'éclaircirait pas un sujet dont je 
marque ici les points les plus saillants, en me renfer- 
mant dans ce qui est indispensable à l'étude élémen- 
taire et à l'observation. 

Lorsqu'on veut déterminer le mètre d'un vers, la 



D24 



connaissance des pieds et des mètres primitifs étant 
supposée acquise, on lit attentivement les syllabes des 
mois, d'après leur valeur prosodique ; et l'analogie des 
pieds rappelle à l'oreille les pieds élémentaires que l'on 
a appris. On peut également, et ec moyen est plus 
facile aux commençants, écrire en signes latins les 
quantités prosodiques dans l'ordre où elles se présen- 
tent Si l'œil est habitué aux quantités analogues des 
pieds primitifs, il reconnaît bientôt ce qui les retrace 
ou s'en rapproche. On doit observer que les pieds ne 
finissent ni ne commencent pas nécessairement avec 
les mots, et (pie la prosodie ne tient pas compte de la 
séparation de ceux-ci ; quelquefois môme le second 
hémistiche d'un vers commence dans l'intérieur d'un 
mol : on en trouvera notamment deux exemples aux 
pages 'M'i'l, I. .">, et 366, I. 2, ci-dessus. 

Pour scander, par exemple, un vers supposédu rythme 

• il' 

\i Js on se rappellera le type de ce mètre : .JLfiLsu» , t '-o 

c '. , s y c r / 

,X r sLsu> Jjxjs en observant 1rs quantités; puis lisant 
ensuite le vers supposé de ce mètre, l'oreille indiquera 
si ce rythme ou tout autre lui convient réellement. 
Il faut, comme on voit, un peu d'habitude des types 
des divers rythmes ; c'est seulement un exercice répété 
qui procure ce résultat. 

J'ajouterai, en terminant, que la poésie des Turcs, 
des IVrsans et des autres peuples musulmans de l'Asie, 
esl fondée sur des principes analogues à ceux des 
Arabes 

Les vers cités en différents endroits de cet ouvrage 
peuvent servir de texte à l'élude et à l'application des 



DE LANGUE ARABE .')2,'i 

éléments qui précèdent ; on les trouvera aux indications 
suivantes : 

Mètre jjjà\ (N° 1) page 349, 1. 12; — 352, 1. 8; 

— 424, 1. 16; — 435, note; - 
439, 1. 1 ; — 444, 1. 9. 

_ L~Jj\ (N° 3) page 210, 1.7; — 287,1. 21; — 

365, 1. 11; — 440, 1. 1 ; - - 445, 
1. 1 ; — 471, 1. 2; — 478, 1. 13. 

— UljJI (N° 4) page 365, 1. 1 ; — 446, 1. 14. 

j_^£j| (No 5) pages 137, 139 ; — 352, 1. 5 ; 
445,1. Il; — 460, 1.5; — 474,1.18. 

■^Lp\ (N« 7) page 350, 1. 7; — 365, 1. 7; 

— 431, 1. 16. 

lJ! (N° 10) page 184, 1. 1 ; - - 473, 1. 20. 

JljJi (N° 1 1) page 366 , I. 2. 

Les principes de grammaire, de syntaxe et de métri- 
que renfermés dans les livres qui précèdent, une fois 
observés sur les exemples imprimés, doivent amener à 
lire avec soin et à analyser les textes manuscrits que 
j'ai reproduits autographiquement dans le II e livre de 
cet ouvrage. Je signale la lecture des écrits tracés à la 
main comme indispensable à l'étude eflicace et appli- 
cable de la langue des Arabes, où l'on ne doit consi- 
dérer les textes imprimés que comme d'beureuses mais 
trop rares exceptions. C'est pour atteindre ce but 
éminemment pratique de la lecture et de l'intelligence 
des manuscrits, que j'ai écrit et présenté les fragments 
des diverses écritures ; ils renferment dans leur abrégé 



XJ y ~ 



;>2l'i COURS 

succinct, une grande variété de formes et des exemples 
de style pris sur des sujets divers, écrits de tous les 
points principaux du vaste empire de l'Islamisme. Ils 
doivent servir d'introduction à l'usage des livres des 
Arabes, où souvent la difficulté de l'écriture n'est pas 
le moindre des obstacles que l'on rencontre. 

Tous les textes qui précèdent et ceux qui vont suivre, 
doivent être lus et analysés d'après les principes géné- 
raux que nous avons donnés. Les altérations même 
que la pratique illettrée nous offre dans les morceaux 
\ II. XI, XII, XL, XLI, XLII, transcrits aux pages 113, 
I T.». 122, 218 à 223, et dans ceux qui terminent cet 
ouvrage, ne peuvent être appréciées que comparative- 
ment à ces principes universels de la langue. L'obser- 
vation de tous ces faits, empruntés à des pays, à des 
époques, à des hommes très divers, et basés tous sur 
les mêmes lois, {trouve l'unité absolue de la langue 
arabe dans son application régulière, et l'influence de 
ses principes, même dans les altérations les plus sensi- 
bles que la routine a apportées. 

Il faut donc établir cette conclusion, que l'étude de 
ces lois et de ces principes est le seul moyen, non seu- 
lemenl de comprendre et de déterminer la marche de 
la langue arabe dans les nombreuses applications que 
nous devons en faire, mais encore d'étendre une prati- 
que oral»; que les relations constantes et directes peuvent 

seules donner, ET QUE L'ON CHERCHERAIT VAINEMENT 
All.l.l.i RS. 



FIN DU LIVRE CINQUIEME 



LIVRE VI 

DU LANGAGE ET DE SES « DIALECTES » (D 



Nous avons indiqué en commençant cet ouvrage les 
points fondamentaux peu nombreux, mais positifs, sur 
lesquels repose la pratique orale (V. livre I er ) ; nous 
allons développer et appliquer ces éléments, et présen- 
ter, bien plus que démontrer, les faits principaux du 
langage arabe. 

Je Tai déjà dit : ceci ne peut être une grammaire : 
c'est l'exposé de l'altération populaire de formes de 
mots indiquées dans les chapitres qui précèdent. Cette 
altération peut s'étendre ou se restreindre suivant le 
degré d'instruction ou d'éducation des individus, et 
selon les usages reçus dans les divers lieux. Chez les 
gens instruits, elle se maintient dans les limites de la 
tolérance accordée en toutes les langues au discours 
familier ; chez la masse grossière elle ne connaît de 
bornes que celles de l'instinct arbitraire des analogies 



(1) En me servant du mot dialectes, je dois l'aire observer que cette 
expression indique seulement ici les diverses modifications locales 
et arbitraires que l'on rencontre dans la pratique la plus commune : 
mais qu'elle ne désigne pas des formes locales de langage ou de 
style autorisées par le bon goût et consacrées par des autorités 
littéraires. A ce point de oue, la langue arabe n'a pas de dialectes 
de no< jour*. 



■J s COURS 

et de l'hésitation résullanl d'une instruction nulle ou 
mal assise ' . 



1 i In conçoit facilement qu'il est impossible d'indiquer des règles 
fixes, la précisément où il n'y .1 qu'ignorance de toute règle et 
application irréfléchie d'une routine traditionnelle. Si l'on veut 
lier le langage élégant <'i choisi, assez rare dans nos contrées, 
des gens d'instruction, il faut eu chercher les principes dans la 
grammaire de la langue ; mais quant aux altérations variées que 
les niasses emploient, on ne peut guère les appuyer que sur les 
faits. Dans quelle grammaire, par exemple, enseignerait-on l'ortho- 
graphe et la syntaxe du français trivial et pittoresque île la popu- 
parisienne ou marseillaise ? Quels chefs-d'œuvre littéraires de 
ce style offrirait-on à des étrangers qui. semblables à beaucoup 
d'arabisants, voudraient étudier ce français dans la ferme inten- 
tion de l'appliquer aux affaires du pays, et dans l'espoir ambitieux 
d'apprendre ainsi notre langue, rapidement et sans littérature, ru n 
pour i \ parler et L'ÉCRIRE, c'est-à-dire tout simplement 
dans sa plus grande portée ? — La grammaire, pour une telle étude, 
seraient les gens eux-mêmes ; les textes littéraires, les lettres 
que les plus instruits tâchent d'écrire : les ressources, comme on 
voit, seraient très bornées, car nous ne sachions pas qu'il existe, en 

mçais des carrefours, d'autres ouvrages didactiques ou de bellcs- 
lettres. On peut demander sous quelle forme, après de si hautes 
études, on traitera une délicate affaire, ou rédigera un document 
■ fficiel. 

Sans doute, il esl nécessaire à un étranger qui veut séjourner 
dan- un pays et y établir îles relations avec les habitants, de com- 
prendre la langue de toutes les classes de la population ; et le plus 
court chemin pour arriver à un résultai provisoire n'est pas d'en- 
endre d'abord une étude exacte et théorique qui chez nous- 
mêmes a suioi, mais non précédé la routine. Il faut donc se résou- 
dre à acquérir patiemment une pratique facile, ce qui est l'œuore 
du temps et de I" fréquence des relations, et l'éclairer et l'étendre 
m par une étude hi<-ii assise. 

<>n peut voir, parles observations qui précèdent, dans quel cadre 
il faut restreindre le langage des masses chez les Arabes ou chez 
toute autre nation, ut ce qu'on doit entendre, si l'on tient forcément 
a l'expression, par la dénomination d'arabe vulgaire, si populaire 
chez les -axants européens. Mais il faut remarquer toutefois qui; 
pour "ii apprécier ou en démontrer les bases, il faut recourir aux 
principes réguliers el fondamentaux de }a langue. 

Quant a cette distinction théorique de l'arabe en deux langues 
constituées, l'une littérale,Y&utre vulgaire, distinction que l'on peut 
faire dans i<i pratique de toutes les langues, soit par rapport aux 
différences entre la prononciation et l'orthographe <>"(/■ ci-dessus 



DE LANGUE ARABE vi2'.> 

On ne doit donc pas chercher ici les règles d'une 
orthographe ou d'un style arrêtés ou étudiés, mais 
seulement la constatation des faits usuels. Pour faciliter 
l'examen nous avons écrit les mots en conciliant autant 



p. 103 et 280, note), soit par rapport aux altérations de l'orthographe 
ou de l'expression parmi les classes illettrées, elle fait sourire les 
isens expérimentés dans la question ; elle n'infirme ou n'atténue en 
rien les règles universelles de la langue, et ne fait pas que Ton 
doive prendre pour une abrogation des principes, le fait d'une tolé- 
rance générale dans la prononciation, ou celui d'une faute d'ortho- 
graphe ou d'une expression triviale chez un homme ignorant ou 
grossier. Faut-il diviser la langue française en deux idiomes, parce 
que nous prononçons mocieu, et qu'un pauvre artisan aura ajeter 
hun fon de boutic ? Où s'arrêterait une telle distinction, une fois 
que le principe en aurait été admis ? 

Les actes publics arabes, les pièces administratives, les recueils 
d'anecdotes, de contes, même celui (tes Mille et une Nuits, la corres- 
pondance des gens instruits, etc., tout en ayant un style et des 
expressions en rapport avec les idées et les objets exprimés, ne sont 
pas plus en langue vulgaire que chez nous les décrets, les arrêtés, 
les actes notariés, les romans, les lettres intimes des gens du monde, 
etc. Et si un Arabe venait chez nous établir cette classification, 
nous déclarerions sans hésiter qu'il ne connaît qu'imparfaitement 
le français. C'est aussi l'opinion judicieuse des Arabes instruits, 
au sujet de la distinction que nous avons établie dans leur langue. 

Que dirions-nous, en effet, si nous apprenions qu'un étranger, 
ayant étudié d;ins son pays notre littérature, mais n'ayant jamais 
seulement eu l'un de nous, proclame que nos lois, nos journaux, 
nos romans de mœurs, notre correspondance, etc., sont en. .français 
vulgaire, parce qu'ils ne sont pas écrits exactement sur le rythme 
d'Athalie, ni dans le style épique de Telemaque ; s'il s'appuyait en 
outre sur ce qu'ils renferment des expressions techniques ou des 
détails positifs et familiers qu'il ignore, et que, par conséquent, la 
science ne doit pas s'abaisser à comprendre ? — Que dirions-nous 
encore d'un autre étranger qui, après avoir acquis tant bien que 
mal la pratique de notre langue au milieu de nous, mais unique- 
ment dans les relations les plus vulgaires, ne craindrait pas d'affir- 
mer que non seulement les ouvrages de jurisprudence, de méta- 
physique, de haute littérature, mais encore le langage de la bonne 
société, les journaux, les actes de l'autorité, les livres de toute 
sorte, sont en français littéral parce qu'il les trouverait au-dessus 
de son expérience ou de son éducation ? 

Telle est pourtant l'histoire delà division que la science et l'igno- 
rance européennes ont faite pour elles-mêmes de l'unité de la langue 



530 



que possible l'étymologie avec la prononciation ; mais 
on peut s'attendre à rencontrer dans la pratique les 
modifications les plus bizarres et les plus variées. Ce 



arabe, sans jamais pouvoir s'entendre sur les limites de cette dis- 
tinction, que le plus ou moins de connaissances partielles de chacun 
rapproche ou éloigne, mais qu'une observation générale et positive 
abolit. 

Je ne m'arrêterais pas a développer la question avec l'insistance 
que j'y ai mise dans cet ouvrage, surtout ayant la pénible appré- 
hension de contrarier des opinions que je respecte, si les effets de 
l'inexacte appréciation que j'indique ne causaient un grave préju- 
dice au présent et a l'avenir do notre Algérie ainsi qu'aux intérêts 
de la science. C'est donc un devoir pour moi de signaler un écueil 
où viennent s'anéantir en notre pays les plus persévérants efforts. 
On se borne à étudier uniquement l'arabe oulgaire parce qu'on ne 
veut pas devenir tarant (danger beaucoup moins imminent qu'on 
ne le croit) : on néglige les vrais principes de l'étude, et l'on prend 
pour règles les trivialités du langage et les altérations de l'ortho- 
graphe des gens ignorants, en s'imaginant que tous les Arabes, 
même les plus grossiers, sont naturellement instruits dans leur 
Langue, et doivent être imités et suivis. On joint a ce fonds tous 
les barbarismes et les solécismes inèoitables à un étranger dans 
une langue avec laquelle il est depuis peu familier, et l'on écrit 
tout cela, que dis-je ? on recommande de l'écrire, pour se mettre, 
croit-on, par cet arabe vulgaire, plus a la portée de* masses qui 
savent pas lire: ou plutôt, disons-le nettement, parce que beau- 
coup d'Européens s'imaginent que la langue arabe ne peut être 
appliquée que dans les limites de la connaissance qu'ils en possè- 
dent. 

Aussi, en suivant cette voie, on espère (par traduction) que les 
rois et les habitants renseigneront l'autorité locale par leur fenêtre ; 

— on dresse un titre de respect pour un titre de donation ; — on fait 
signer à tel qu'il connaît l'autorité de... au lieu de qu'il reconnaît; 

— on dit que nous oeillons sur telle ville, pour dire que nous la 
gardons ; — on déclare à des gens de la tente qu'en plantant des 
mûriers et des oliviers ils obtiendront l'avantage de n'acoir plus 
du tout besoin de vêtements, ni de cultiver les provisions de leurs 
maisons. — Tout cela, bien entendu, entouré de gallicismes, de 
fautes d'orthographe et de style abondamment variées, que l'on n'a 
pu éviter, faute de savoir, et que l'on croit d'ailleurs justifiées et 

absoutes par l'indulgent prétexte d'arabe vulgaire Si nous 

n'étendons pas plus loin ces affligeantes citations, ce n'est pas par 
le défaut de textes. . . 

Qu'on non- pardonne la nécessité de signaler ces faits pour en 



DE LANGUE ARABE j3 1 

fait surprendra d'autant moins, qu'il ne s'agit ici que 
de l'orthographe de ceux qui n'en ont pas. Tout ce qui 
est régulier, tout ce qui est correct, a élé exposé dans 
la Grammaire (livre III), j'aurai lieu souvent d'y ren- 
voyer. Quant aux altérations, on ne peut s'en rendre 
compte que par leur comparaison avec les faits régu- 
liers, ou se borner à les résoudre par cette solution 
universelle de tous les gens ignorants auxquels on 
demande la cause d'un fait : c'est ainsi. Sur cette der- 
nière base il n'y a pas d'analyse possible. 



faire apprécier la cause et la portée fâcheuse, et qu'on nous per- 
mette d'ajouter que chez les autres peuples, comme chez nous, 
l'application d'une langue, en dehors des besoins ou des relations 
de la rie privée, doit être fondée sur des études spéciales. S'il est 
indispensable à un Français d'acquérir une certaine instruction 
pour appliquer son propre langage ou son style aux relations de 
la société, et surtout aux affaires de son pays, il est encore plus 
urgent pour lui de faire un travail analogue pour parler et pour 
écrire dignement et avec efficacité une langue étrangère. 

On peut être bien persuadé que les écrits publics et officiels de 
toute nature, dans les pays musulmans comme chez nous, ne sont 
jamais rédigés dans le style des populaces, par convenance d'abord 
et ensuite pour l'intelligence de ceux qui sarent lire, auxquels seuls 
ils sont adressés. On peut voir a cet égard tous les journaux et 
tous les Unes usuels imprimés en arabe et publies j>ar les musul- 
mans ; on peut consulter toutes les pièces administratives et toute 
la correspondance des gens lettrés. 

Ces considérations sont de nature à appeler de sérieuses ré- 
flexions : elles se rattachent à des intérêts beaucoup plus impor- 
tants que ceux de la grammaire, avec laquelle cependant elles ont 
une relation directe, et l'on nous absoudra peut être, en leur faveur, 
d'avoir si longuement développé ce sujet. 



J 



CHAPITRE PREMIER 
CARACTÈRES SPÉCIAUX DU LANGAGE POPULAIRE 

COMPARÉ A LA LANGUE RÉGULIÈRE 

On a remarqué déjà qu'en noire langue la pronon- 
ciation s'éloigne quelquefois de l'orthographe (V. p. 103 
el _ s i> : on sera d'autant inoins surpris de l'énoncé d'un 
fait analogue en arabe. 

Le langage oral diffère plus ou moins du style écrit 
par ses formes ou par le choix des mots, selon lins 
truction des individus. 

Les caractères généfaux les plus saillants de cette 
différence sont les suivants : 

1" Les voyelles brèves, à peine prononcées, sont 
rares, et employées comme par l'unique besoin de 
séparer les consonnes pour les articuler. Le son voyelle 
est souvent obscur, et acquiert une intensité plus ou 
moins grande suivant la nature de la consonne qu'il 
accompagne (V. p. 102). Les voyelles longues 

(V. p. 104) sont assez nettement senties. — Les voyelles 
de la déclinaison ne sont pas usitées (V. p. 280, note) ; 
un très petit nombre de mots font exception à ce fait 
général. 

1 Les pluriels réguliers masculins n'ont que la termi- 
naison .y-> (m ), et les duels . r -;_ (a'in) pour tous les cas 
(V. p. 325 De plus, la terminaison du duel est 

appliquée seulement n quelques mois d'un usage fré- 
quent, comme p_> jour, — As année, — J^sL~ heure, 



DE LANGUE ARABE ',')'. u'i 



J_^, pied, — jj main, — .y..^ œil, — ^4- 



mois. 



.^-jL» cent, — «^aJI mt'tte, etc. 

3° Les verbes n'ont pas de duel ni de pluriel féminin 
(V. p. 238). Le pluriel masculin les remplace. — La 
voix passive (V. p. 241) n'est pas usitée ; comme elle ne 
diffère de la voix active que par les voyelles, l'indéci- 
sion de celles-ci dans le langage ne permettrait pas de 
la reconnaître. On y supplée au moyen de la 5 e , de 
la 7 e et plus rarement de la S 9 forme du verbe dérivé 
(V. p. 252). 

4° L'aoriste perdant sa voyelle finale, comme tous 
les autres mots, est le même pour le conditionnel et le 
subjonctif que pour l'indicatif. — Il perd son ., final au 
pluriel, et se termine alors par lj ou comme le pluriel 

du prétérit. — Le ' indiquant la première personne du 
singulier devient un ., , qui est plus sensible dans la 
prononciation ; c'est pourquoi, sans doute, l'usage 
barbaresque Ta généralement adopté. — Le pluriel de 
la première personne s'indique, comme dans les autres, 
par la finale îj (où) ajoutée au singulier. (V. p. 3Get37.) 

5° Les verbes assimilés par * (V. p. 274) ne perdent 
pas le j à l'aoriste, et se conjuguent régulièrement. — 
Les verbes défectueux terminés par - (V. p. 275) se 
confondent pour la conjugaison avec ceux qui sont 
terminés par J^. 

( Y. le rerbe réduit aux proportions du langage popu- 
laire, p. 32 à 47 incl.) 

Tout cela, comme on le voit, n'est que la simplifica- 
tion familière des principes grammaticaux, dont l'usage 



COURS 

même est observé parmi les gens d'une instruction et 
d'une éducation distinguée ; l'auteur de ce livre a vu 
en dn erses occasions des exemples fort remarquables (*) . 
On peut joindre aux modifications qui précèdent, les 
incorrections de toute nature que l'ignorance des indi- 
vidus occasionne : entre autres l'altération de quelques 

^ / ... 

lettres d'un mot, comme -v-x- — pour i\_s-~ arbre ; — 

^..k.i j> pour -~.^--' v-- malade (fém.) ; — la transposition 



1 Notamment a Alger el a Constantine, chez des personnes de 
la localité. .T'ai vu en outre un jour, dans cette dernière ville, un 
homme de Médine qui parlait réellement comme un litre arabe ; 
qu'oïl me pardonne cette expression. Ce dernier individu, avec lequel 
j'ai conversé assez Longtemps, m'a semblé étranger à la littérature,. 
et m'a assuré, avec un certain orgueil, que dans sa famille (celle du 
Prophète) on s'exprimait toujours ainsi. Bien que cette assertion 
ne me donne pas une certitude, je la regarde comme probable, car 
personne ne doute que les faits sur lesquels est établie une gram- 
maire, n'aient été longtemps pratiqués aoant d'être classés, sans 
doute avec quelques licences tolérées dans l'improvisation du dis- 
cours. Mahomet lui même ne savait pas lire ; il parlait l'arabe 
avec une extrême pureté qu'il a dû acquérir d'après les traditions 
vulgaires de son temps ; et le Coran, qu'il a dicté, est à juste titre 
considéré comme l'un des plus beaux monuments de la correction 
grammaticale, dont les règles n'étaient pas encore constatées par 
écrit. On peut observer que l'acquisition d'un langage résulte de 
l'audition et de la' répétition fréquente des mots et des formules 
oression ; la mémoire et cette admirable faculté que Dieu a 
donnée c'i l'homme, particulièrement dans son jeune âge, de saisir 
par instinct la symétrie des mots, l'analogie des formes, permettent, 
au bout de quelque temps, d'exprimer spontanément la pensée sous 
une forme semblable à celle qu'on a entendue en telle occurrence. 
On prend ainsi le langage bon ou mauvais de ceux par lesquels on 
a été é ou qu'on a longtemps fréquentés. Nous avons tous 

-uns les yeux ce fait providentiel, et nous pouvons l'observer chez. 
les enfants élevés dan- les divers pays el par les différentes classes 
de la société. Il autorise à établir que le style consacré par les 
grammairiens a dû être général, et qu'une nation telle que les 
Arabes, où l'usage de la poésie et des récits lyriques était popu- 
laire (bs les temps les plus anciens, a dû perfectionner de bonne 
heure dan- Les relations un idiome dont elle s'est a bon droit mon- 
trée constamment fia 



DE LANGUE ARABE 535 

du son voyelJe dune consonne à une autre, comme 
A_w.jo»| (emdersa) pour A_w j^> (medreça) école; — 
l'emploi impropre des mots, leur acception variable 
dans les localités; les locutions particulières à tel ou 
tel pays. Tels sont les caractères spéciaux de la langue 
du peuple, non seulement chez les Arabes, mais encore 
chez nous et chez bien d'autres nations (*). 

DES SYLLABES DANS LA PRONONCIATION USUELLE 

La prononciation vulgaire est basée sur l'articulation 
rapide des consonnes et des voyelles longues renfer- 
mées dans un mot, en retranchant autant qu'on le peut 
le son voyelle bref. Cette confusion se régularise par 
les usages suivants : 

Les syllabes sont généralement composées de deux 
lettres essentiellement consonnes. — D'où il suit que le 
mot composé d'un nombre pair de consonnes, se divi- 
sera par syllabes de deux consonnes séparées par une 
voyelle brève non écrite, ou par une voyelle longue 
écrite, Exemples : 



(1) Des faits analogues ont lieu en français. Des personnes illet- 
trées disent : un sirugien, une ormoire, un guernadier un cocodrile ; 
en province on dit : une montée (un escalier) ; une sous-tasse (sou- 
coupe) ; c'est moi que je lui ai dit... : Jaites lumière à monsieur 
(éclairez a...) ; adieu lorsqu'on aborde quelqu'un ; remettez-cous 
(asseyez-vous), etc. Ces particularités, que l'on rencontre abon- 
damment dans toutes les langues, peuvent indiquer et préciser le 
rapport du langage usuel d'une nation quelconque a la langue de 
cette nation En aucun pays on n'enseigne par démonstration les 
fautes d orthographe ou les locutions provinciales ou populaires, 
avec lesquelles on ne peut se familiariser que par la pratique : 
l'Europe seule a créé l'enseignement de l'arabe vulgaire qu'elle ne-, 
connaissait pas. 



COI RE 

yed b ol l'àr aek teb mek-toûb ber-mîl 

main. dis. souris, j'écris. écrit. baril. 

inas-takh-ber- ion djem 

s'informafat. i) peut. 

Dans les mots composés d'un nombre impair de 
lettres, les trois premières constituent ordinairement 
la première syllabe, et les syllabes suivantes se sépa- 
rent de deux en deux lettres. Exemples : 

chrenb k ' 1 o u 1 > breud 

il a bu. il a retourné. il a eu froid. 

(a l'envers). 
cheurb k'alb beurd 

la boisson. cœur. le froid. 

J— ft_j y-- \*JL-^ r Js _J_j.Ua-* 

k ron-fel frah'-toû md'â-reb-nft 

œillet. — girolle, vous vous êtes réjouis. nos places. 

L'addition d'une lettre à un mot change la disposi- 
tion des syllabes. Exemples : 

mok-h'ol-toh mkoli'-la rakû h'al-na 

son fusil. fusil. nos fusils. 



DE LANGUE ARABE ,')37 

CHAPITRE II 
PARTICULARITÉS GRAMMATICALES 



DU VERBE ET DU PARTICIPE 

Je ne puis que renvoyer, pour la formation des 
personnes, à ce que j'ai dit page 35 et suiv. 

Les formes du verbe dérivé ont été indiquées ci- 
dessus, aux pages 251 et suivantes. La pratique les 
admet avec la seule modification de l'élision ordinaire 
des voyelles. (V. p. 532). La quatrième et la neuvième 
formes seulement sont peu usitées. Voici des exemples 
de leur application aux idées les plus communes : 

2« FORME. (V. p. 254, n° 24. 



JaJl sj_a J— ~ôjJ ^.Is Où fait arriver ce che- 
) — (oit aboutit...). 



(1) On a signalé, p. 23 et suiv., les graves inconvénients qui doi 
vent faire exclure de l'étude de la prononciation tout système 
quelconque de transcription de l'arabe en caractères européens. 
Celui qui veut non seulement étudier, mais apprendre l'arabe, doit 
se familiariser avec la forme et la valeur des lettres de l'alphabet : 
c'est une première difficulté qu'il faut vaincre a tout prix. Et comme, 
dans l'intérêt de l'application, on ne peut dispenser les arabisants 
de leurs efforts personnels ni île l'observation directe des faits, 
notre devoir est de les guider en leur travail, et non de les habituer, 
par une dangereuse et coupable condescendance, à une transcrip- 
tion française que nous désapprouvons dans 1 <i ude. Seulement, pour 
soutenir les pas chancelants de ceux qui débutent, et leur permettre 
de consolider et d'asseoir leurs premiers essais, nous écrirons quel- 
quefois la prononciation eu caractères français, mais séparée du 
texte pour ne pas inlluencer la lecture directe de celui ci. 

33 



- 



>- ■ ' --■--• -\— " Le froid d'aujourd'hui m'a 



/vn'/m malade. 



■A. '_-_Vw .,;' Ll UàJl ULli' Nous avons rendu complète 
(achevée) l'affaire qui était chez nous (que nous 
• i\ ions). 

3' FORME. (V. p. 255, n» 25.) 



i. -.„•_• '.jv J->'-i-> _ r "/- w'- 1 La porte de ma maison 
fait face à sa boutique. 



5. -~ --^j'-G L» ul Moi je n'écrirai pas à lui. 



6. OL^Ji »Âa > ^-'j y~ Il « demandé conseil à moi 
sur celte question (affaire). 



*sj j tB.j.us 



v IL 



Ils ont combattu contre eux avec le 
goum (troupes de cavaliers arabes). 

V FORME. (V. p. 255, n» 26.) 

La 1 forme est peu usitée dans la pratique orale : 
elle est trop facile à confondre avec la première. On lui 
préfère la deuxième. 



s. .:.x" J.c Lla.^s^ >j£d*i jl, Je rons informe de- 
notre sortie contre l'ennemi. 



^ ,.,_ ^-'•- J . U c Ul lia Cette chose «e me plaît pas. 
5« F( iRME, 7 FORME ET 8« FORME. (V. p. 256 el 257, q« 27,29, 30. 

10. - u~J! - .-y." _£ jJj *-L*3' Mon fils s'esï enseigné 
(a appris) la lecture à l'école. (V. p. 48 et 416, n° 111). 



DE LANGUE ARABE 539 



11. -----^ .y> -..-s-*-' Nous tuons été étonnés de ses 
paroles. 



12. ^jJXi U 3 A..UJ! t O U, Le verre est 
tombé sur le sol et ne s'est pas brisé. 



13. ^O-.-i ,t, ^jL^suLj Se trouve-t-il chez vous ? 



14. ^. ^_1_*_.-j U ^_JLLJ! »Àa Cette fenêtre ne se 
ferme pas. 



çLJ! j_- .1 ; H ! 
chez le bev. 



15. - — " --~ rA-jJ] l«jt^.-;_^! Le monde .se rassembla 



16. 1J-A-» «x-gjjj (1) ^.O— ^ L» u! Moi je n'ai pas 
pensé (qu')il s'enlècerait ainsi. 



1/. .^-jjr- us'.] .-a^j — a_o Lorsque nous arrivâmes, 
nous nous reposâmes un peu. 

6« FORME. (V. p. 257. n" 28.) 



18. T ,U) *-$-*-» L-~ibLi' Nous nous sommes rencontres 
avec eux hier. 



19. L-*-jIXjl> *_»!, Us s'entre-écrivent. 



il) Parmi les altérations d'orthographe que l'on observe dans les 
écrits de ce style, il est bon de noter que le mot ^Zt e*t souvent 
écrit ^Jc et joint au mot qui le précède. La négation L* est écrite 
aussi sans \ et se joint également. On trouverait par exemple : 
^X_X_. — -LJà^o pour ^y^o C-<— *— i— là L» . On peut ajouter à cette 
observation, que l'on omet souvent les lettres \ , « , ^ et ï qui 
doivent terminer un mot, et l'on rencontre A> pour \£*\>, ma 
maison; «A_»_)\ pour ^^_»_J\, l'ennemi: ^_î_x_^o pour iA_sJ^_-<o', 
• iiininrK' etc. 



COURS 

20. L l J *i •- ; c--^ '- -— •— '— <è < >'— ^ ' ^ 11 est venu 
me consulter ; je lui ai dit : (attendez) jusqu'à ce que 
nous nous consultions entre nous. 

•9' ET 11 FORME. (V. p. 258, n» 31 et 382, n° Ll.) 



21. àJjJla^! et jj^J "JU-J Sa couleur a jauni {il a pâli). 



- < cv. t^J et -> &^ 3 ,La.l Sa figure a rougi. 

10' FORME. (V. p. 258, n° 32.) 



23. isj> '__ ^*-'— ' LLS' .Vo//.s noits étonnions à son sujet. 



2 ',. v^--- v-A- ~ J «J^^ 8 J'allai in'informer auprès d'eux. 

Il; INSCRIPTION EN CARACTÈRES FRANÇAIS. (V. p. 25.) 

1. Ouèin tououassal 1 1 A d ett'rîk'? 

2. Kl Beurd mta' el-ioûm marrad'-ni. 

3. Kenimelnâ ech-chor'ol elli kân 'and-nâ. 

4. Bâb dâri ik'âbel h'ânoûtoh. 

5. Ana ma nkatboh che. 

6. Châouami fi l>âd el-meçàla. 

7. T'ârdoû-houm bel-goûm. 

8. Rânî no'eulm ek bkhoroûdj-na 'ala l-'adoû. 

9. Hâd ecb chî ma yo'djeb-nî che. 

10. Ta'allem oulid-î el-k'râya fel-msîd. 

11 . Ta'addjeb-na men klâmo-h. 

L2. T'âh' el kâs tel kà'a ou mfi tkesser che. 

13. Yens'âb cbî 'andek ? 

14. ll.nl et't'âk'a ma tenr'olok' che. 

15. Ivljtem'où en-nàs 'and el-bây. 

16. Ana ma d'annil che iertfed hakdâ. 

17. I\ii ouç'olDâ ertah'na chouiya. 
L8. Tlâk'înâ m'a-houm e] barah'. 
19 Râhoum itkâtboû. 

20. I » i A ichâouav qî, k'oll loh : h'atta netchâouaroû. 

21. Es'farr Loûnoh et es'farr loûnoh. 

22. Ah'marr oudjbo, et ah'mârr oudjho. 
23 Kounna nesta'adjboû mennoh. 

24. Mcbît Destakhbar 'and houm. 



DE LANGUE ARABE 541 

CONCORDANCE DU VERBE FRANÇAIS 
AVEC LE VERBE ARABE 

Comme on Ta vu p. 35 et 36, le verbe arabe ne ren- 
ferme que deux temps : le prétérit, pour toutes les mo- 
difications du passé ; l'aoriste, peur toutes celles du 
présent ou du futur. Tous les temps d'un verbe se 
rapportant à ces trois périodes, la concordance avec le 
verbe français se réduit à la classification des temps de ce 
dernier, selon leur rapport réel avec le passé, le présent 
ou le futur. Il résulte de cette brièveté extrême de la 
conjugaison arabe, qui n'est étendue par aucun auxi- 
liaire, une simplicité un peu embarrassante pour nous 
dès l'abord, mais qui est très promptement appréciée. 

Le prétérit, qui s'emploie lorsqu'il s'agit d'un passé 
quelconque, servira donc à reproduire tous les passes 
contenus dans chacun de nos modes ; Y aoriste, tous 
les présents et les futurs. Tous les deux se partagent 
exclusivement les temps de notre verbe, de la manière 
suivante : 

Passé défini du verbe français. 

i Passé indéfini id. 

Le prétérit du Passé antérieur id. 

verbe arabe équi- Imparfait indic. id. 

vaut aux temps : J Plus-que-parf. ind. id. 

Conditionnel passé id. 

Futur passé id. 

Les temps qui précèdent s'expriment par le prêtent 
seul, toutes les fois qu'ils peuvent être ramenés à la 
signification d'un passé absolu, sans aucune idée de 
relation nécessaire à un autre temps. Autrement, on 
placerait devant le prétérit arabe, le passé ou l'aoriste 



.m_ coin- 

du verbe c >- (Y. p. 10), selon son rapport avec un 
temps déjà passé, un présenl relatif ou un futur. L'im- 
parfail de l'indicatif, employé dans le sens relatif, 
est l'objet d'une construction dont on va parler ci- 
après. 

Exemples : 

•le terminai. O^a-Là. 

J'ai eu terminé. ,o„^J.„x 

Quand....' J'eus terminé. sj^AXi .. .. ~ : ~ : -f 

J'avais terminé. ^..^J..^ ^^.S 
(V. ci-ap. ) 



>. / 



J'aurai terminé dans trois ^..~L^ , _.0 ...^Ul J^X> _ 
jours (I ici. 

Si j'avais terminé hier. ~ ,LJ.! ^A-oJLà. ,LfJ 

Pour exprimer un passe encore récent, on place le mot 
_3Î. etc., devant le ■prétérit : Far exemple : 

ce * 

J'ai terminé à l'instant. o^JM-i iJu^ë-L». jI. 

Je riens de...) 

Présent indicatifdu v. franc. ( Il est 
ordinairemenl précédé de Ju 
Imparfait (préc. du prêt. c >- etc.) 
i Futur présent. 
I. aoristedu verbe | Conditionnel présent, 
arabe équivaut aux Impératif. (l re el 3 e personnes). 
tem ps : j Présent subjonctif; 

I Imparfait. 

Plus- que-parfait. 
Infinitif (lorsque celui-ci peut se 
remplacer parle subjonctif). 



DE LANGUE ARABE 543 

Exemples : 
Je termine, je vais terminer. «si-sr il, 

Je terminais quand O-J 1 ^-o^ x.^S'^lx-- „„o- '— £ 

vous entriez. 

Je terminerai demain. '-•- .a-LsH 

Je terminerais, si je pou- *=s- Lj .X J ^-^ 
vais. 

Allons! terminons. L-^Lsr- 5 aJib 

11 faut (que) je termine aujour- ^-J' j^--^' *f$ 

d'hui. 

Il fallait ) (que) je terminasse, j ï J ^ , 

' (que) j'eusse terminé. ) ^ P c 

Il faut (que) j'aie terminé. i/ 1 -^"' J > N - 

Je ne puis terminer. *a.LsJ ....»^ J - J U 

» • 

L'infinitif n'existe pas en arabe ; lorsqu'il se rencon- 
tre en français à la suite d'un autre verbe, an'V exprime 
par l'aoriste, qui équivaut alors, quant au sens, à un 
subjonctif. La proposition : « Je ne puis terminer » se 
construira : « Je ne puis (que) je termine »; il en est ainsi 
de toutes les propositions analogues. 

La conjonction que, dont l'équivalent arabe est J' 
elli, se sous-entend presque toujours devant l'aoriste 
pris comme subjonctif, surtout lorsqu'il est précédé du 
verbe ou de l'une des expressions »]* lâzem, il faut 
(que); ^ 131» mû dû biya, je voudrais bien (que); 
plût à Dieu que je.., etc. 



TEMPS RELATIFS 

S'il esl absolumenl nécessaire d'indiquer la relation 
d'un temps à un autre comme : Je terminais quand 
vous entriez : — quand j'avais terminé, il commençait, 
etc., on place le verbe d'action ou d'état sous la dépen- 
dance du verbe substantif to. être, exister, ce qui donne 
implicitement aux propositions la forme suivante: 

l'ourle prétérit j~ 1 avec I'aoriste ou le participe du 
verbe : il a existé ou il existait 

taisant..., ou étant..., ; (il FAI- 
SAIT ou était) ; 

2° avec le PRÉTÉRIT du verbe : il a 
existé ou il existait ayant fait... 
ou ayant été... ; (il avait fait 

OU ÉTÉ). 

Pour l'aoriste ....G avec le prétérit du verbe : il exis- 
lera ayant fait... ou été... (il 

AURA FAIT OU ÉTÉ) (D. 

On obtient ainsi, comme on voit, l'équivalent pour 
nous ili- l'imparfait et du plus-que-parfait de l'indicatif, 
ainsi que du futur passé. 

Les Arabes emploient avec une extrême réserve ces 
différentes combinaisons de temps, et seulement lors- 
qu'il n'y a aucun moyen de les éviter. Le degré peu 



I 11 y a lieu d'observer que le verbe l jJ€, loin d'être auxiliaire, 
me chez nous acoir el être dans la conjugaison, devient ici le 
verbe principal de la proposition, et que le verbe d'action ou d'état 
qui le suit, nus à l'aoriste ou au prétérit, n'a plus pour nous que 
la valeur d'un simple participe présent ou passé déterminant le 
mode de l'existem - \ . *78, 1. 21 et suiv., et syntaxe />a.<fiim.) 



DE LANGUE ARABE .i'j.'i 

avancé de l'éducation générale a restreint chez eux 
l'expression des idées aux formes les plus simples. 

OBSERVATIONS SUR LE PRÉSENT 

Lorsqu'on veut indiquer une action qui s'accomplit 
au moment présent, on place devant le verbe à l'aoriste 
le mot ^ j je suis, etc. (V. p. 31). Le verbe d'action ou 
d'état n'équivaut plus alors pour nous qu'à un parti- 
cipe. Exemple : 

^t£J J jâJ ^3). rânî nek'ol lek, Je te dis (maintenant). 

J_â_*_> s\j (jiî ach ràh ya'mel Que fait-il (actuellement)? 

Souvent, lorsqu'il s'agit d'exprimer une action dura- 
ble et surtout un état permanent, on emploie, au lieu 
du verbe, un participe ou un adjectif. Exemples : 

c r-r:- J [r$— ' -^< ranâ sehrânîn NOUS sommes veillant. 
^ -^ <-»M ràhi înachia Elle est allant. 



Au lieu de 

-JL-iJ" j>). râhî temchî Elle va. 



'■', rânà nessaheroû Nous veillons. 



Il n'est pas toujours indifférent d'employer l'un pour 
l'autre, soit le verbe à l'aoriste, soit le participe ou 
l'adjectif : le verbe indique seulement le fait instan- 
tané d'une action, et le participe et l'adjectif en font 
supposer la persistance. Cette distinction serait sensible, 
par exemple, dans les phrases suivantes : 

\JPiy ^\ Je suis malade, et j*j*i ^j Je tombe malade. 
j_cli j\. Je suis assis, j_*JLS „il, Je m'assieds. 



.">'f(> COURS 

Un temps présent se rapportant immédiatement à un 
passé récent, autrement dit, l'idée venir de faire, avoir 
fait à l'instant, s'exprime par le mot ^y), etc., suivi du 
prétérit du verbe d'action ou d'état. Exemples : 

^,.. : s..ï _'', Je viens d'écrire, j'ai écrit à l'instant. 

IjLa. *_&). Us viennent d'arriver. 

O--— 'j; o r ', Tu viens de faire. 

L'expression du présent s'élide presque toujours lors- 
qu'il s'agit d'un état durable et non d'une action mo- 
mentanée) ; en un mot quand on indique l'état habituel 
et constant d'un être quelconque. Ainsi l'on dira : 



^-— *—' S-^jj-* C'(est) un brave homme. 
C 

, -►-- , L ^.3 ^s,h Ma maison (est) à Bab-Azzoun. 

Y-^S\ àii' Dieu (est) très grand. 

DES PHRASES CONDITIONNELLES 

Toute expression conditionnelle renferme deux pério- 
des : la condition proprement dite, et la conséquence 
de l'accomplissement de la condition. Par exemple : 
si vous travaillez, vous serez récompensé; nous disons 
aussi : vous serez récompensé si roux travaillez. 

Il est d'usage, en arabe, d'exprimer la condition 
d'abord, et ensuite la conséquence. On dirait donc : 
si eoas travaillez.... 

Toute condition se rapporte à un temps passé ou à un 
temps futur, avec une idée, soit affirmative, soit dubi- 
tative pour le temps futur ou pour le présent. 



DE LANGUE ARABE 



Les exemples suivants résument ces particularités de 
la condition : 

1° (Passé). Si vous aviez travaillé, vous auriez été 
récompensé ; 

2° (Futur affirmatif). Si vous travaillez, vous serez 

récompensé ; 

3° (Futur ou présent dubitatif). Si vous travailliez, 
cous seriez récompensé. 

Dans le premier cas, la particule conditionnelle si 
se rend par ..,- j- 1 loû kân, qui se répète souvent devant 
le second membre de phrase, et qui est toujours suivi 
du verbe au prétérit : 



travaillé, vous auriez reçu votre salaire. 



i>_i'j_=J c^j^-i .,- J o;.-— -J— ^ .,c J Si vous aviez 



0/* ww? rfire (/h.s-.s/ : ^X_< *=J Â=klï ^-.^o^^ X J 

Dans le deuxième cas (futur affirmatif), la conjonc- 
tion si s'exprime par bl ^W, (jue l'on prononce souvent 
t/d par altération, et qui est ordinairement suivie du 
verbe au prétérit plutôt qu'au futur ; on ne répète 
pas 13! : 

s^-Cj^J 3àu' o^-^à- b) Si vous travaillez, vous rece- 
vrez votre salaire. On dit aussi : .... >-xdP Î3I. 

Dans le troisième cas (futur dubitatif), on exprime 
si par ,y¥J, et les verbes de chaque période se mettent 
à l'aoriste : 

^-v^' J_^~> J . , _i-' .,- J Si vous travailliez, vous 
recevriez votre salaire. 



Î8 



OBSERVATIONS sut LE SUBJONCTIF 



On a vu que les temps du subjonctif français se ren- 
dent généralement par l'aoriste arabe ; ce mode est 
indiqué presque toujours par l'une des expressions 
conjonctives: < -•-' bâch, afin que. ,->;^ lâzern, il faut 
que, ç-f - - ; ma dû biya, je voudrais bien que..., il 
sciait bon que je etc. On dira donc avec l'aoriste: 

^O ^....^ J., ^1 jJ! 9 S» ^J^\ Lil Je lui ai. 
remis cet argenf pour qu'il vous l'apportât. 

--•^■-' •» i^ Il faut que vous veniez. 

s^*LJi ._- bL> [1 serait bon que je le visse. 

Et avec le prétérit : 

ç_i . J_â^U YJ <vbL. Plût à Dieu qu'il ne fût 
pas entre ! ' 

Ces deux derniers exemples peuvent être pris dans le 
sens de : Je voudrais bien le voir ; -- il eût bien voulu 
n'être pas entré ; à la lettre, s'il n'était pas entré. 

L'expression c - '- -* est composée de la particule U,. 
prise avec l'acception admirative de combien ! du pro- 
nom démonstratif b pour tÀa cela, de la préposition ^_-> 
avec, sur, par, suivie d'un pronom ■personnel affixe 
(V. p. 29). Le sens littéral de cette expression est : 
combien cela avec moi I etc. Le pronom doit ebanger 
avec la personne, de cette manière : 

ç-j b ..-- mê dâ biya Je voudrais bien. 

.jX-j b U m;i dâ bik Tu voudrais bien. 



*_\_J b 



DE LANGUE ARABE 549 

^ ma dà bih II voudrait bien. 

ma dâ bihê Elle voudrait bien. 
-» ma dâ bina Nous voudrions bien. 
--" ma dà bikouru Vous voudriez bien. 
-* ma dà bihoum Ils ou elles voudraient bien. 



Lorsque c -j '- --' est employé avec l'aoriste sans la 
•condition .X J loù kân, si, il donne plus particulière- 
.ment au verbe le sens de notre infinitif ; par exemple : 

^_9jAJ _j ta ^ ma dâ biya nchoûf-oh Je voudrais bien le 
voir. 

Uj^b ^j£> 13 L* ma dâ bik tâkhod-hâ VOUS voudriez (sing.) 

bien la prendre. 

Lorsque l'on doit exprimer un passé du mode subjonc- 
tif, on se sert du prétérit arabe. Exemples : 

y^Sjye, ^jXi J^c ;J acb'amel bâch d'rabtoh. Qll'avait-il fait 

pour que vous l'ayez frappé (ou que vous le frap- 
passiez) ? 

M 



i • -' • i t *■ ti 



X L! ^xl 



- : " blâ chekk 
elli kân ikhàf bezzâf bâch herab hâkdâ. H fallait qu'il eût 

bien peur pour qu'il se soit sauvé (enfui). (Sans 
aucun doute, il craignait beaucoup pour qu'il se soit 
sauvé ainsi.; 

DE L'INFINITIF 

L'infinitif s'emploie chez nous de trois manières : 

1° Comme complément direct d'un verbe ; par 
■exemple : Je veux venir. 



• il I COURS 

1° Comme régime (rime préposition, exemple : Il est 
entré pour lui parler ; - // lui a dit de se taire; — 
Vous n'aimez pus à écrire. 

3° Comme nom abstrait, exemple: Lire est une chose 
excellente. 

Dans le premier cas, on l'exprime <mi arabe par 
l'aoriste, qui prend alors la valeur du subjonctif. Ainsi : 

--^- ^ -^ Je veux venir. (Je veux que je vienne.) 
■j^J\ J, w-~?H ^S- <J Jj*- 5 fj Y 11 faut dire à votre 

frère de m'apporter des dattes il faut (que) vous 

disiez à votre frère qu'il m'apporte...) 

On voit parce dernier exemple, que l'on doit toujours 
préciser en arabe la personne renfermée dans l'infinitif 
français. 

Dans le second eas, c'est-à-dire après une préposi- 
tion, l'infinitif se rendra par l'aoriste, s'il peut se rem- 
placer par une personne du subjonctif; on l'exprimera 
par le nom verbal s'il a une signification abstraite. 

Par exemple : 

-JL-- »-KjLj <J»\-> J-^- Il est entré pour lui parler (pour 
qu'il lui parlât). 

jU-£~o --' __i? juj! Vous lui ave/. <iii de se taire (qu'il 

se lui). 

_,._.._\_< ç± ^ — sH ..-- Vous n'aime/ pas à écrire (<pie 
vous écrh iez). 



DE LANGUE ARABE 551 

*— ~ , ( - ^ ^jS~--~ Avez- vous une maison à vendre 
(pour la vente) ? 

"£%_> 'aJJ .Us. ^-XÀs J'ai seulement un jardin à louer 
(pour la location). 

Dans le troisième cas, lorsque l'infinitif exprime 
l'idée de l'action ou de l'état d'une manière abstraite, 
c'est-à-dire sans acception de temps ni de personnes, 
on le reproduit par le nom verbal, dont l'usage indi- 
quera les formes, du moins pour le verbe primitif. 

Exemples : 

Ajx-ïH^" A_^L=^ ^.jLiJI Lire est une excellente chose 
(la lecture est...). 

^Jyp\i J-ixJ' &-i_o jjuJ) Voyager est très utile à l'in- 
telligence (le voyage... . 

0^-9- r-:— <r-~^ ois Vous avez bien fait de venir 

C 
(vous avez bien fait lorsque vous êtes venu). 

r XJ! !j-J Lôju U .5 L» Il n'v a rien à faire à cela 
(vous n'avez...). i A fa lettre: il n'y a pas quelque 
chose que vous fassiez pour cette chose). 

DE QUELQUES VERBES SPECIAUX 

On a vu précédemment (p. 544), qu'en bien des cas 
le verbe ^ être, exister, était employé pour indiquer le 
fait de l'existence, et modifier la signification tempo- 
relle du verbe d'action ou d'état. On se sert aussi à sa 
place, de certains verbes joignanl à l'idée d'exister, 
celle d'une époque précise, comme : 



i 12 i 01 RS 

^-— - as'bah exister, se trouver au matin... 

^_-' bât (aor. O'^J — pondant la nuit entière... 

J-— «t'ait pendant le jour entier... 

Ainsi l'on dirait : 

&->.*-* O— s-:--^' -j' ana es'bah'l merid'. Je me suis levé 
malade (ou je me suis trouvé au matin...) 

iïjd\ z _^j j i v J! j^ij ^yi _^ ^ms ^xjl 

bâlek teta"ab roûh'ek bezzyâda, ouah'ed en-nhar tes'bah' fel-ferAch 
Prenez garde de trop vous fatiguer, un beau malin 
vous vous trouverez alité. 

i>j*~>j»j s-^t àJJ nia tamela ouhoua içoûr'. Toute la nuit 
il n'a fait que crier. (V. p. 498, 1. 6.) 

.,'—— ?rl - j>-— ~ «l'alloù fel-djenàn. Ils ont été toute la 
journée à la campagne. (V. p. 141, note, et 183.) 

L'idée de commencer ou se mettre à faire une chose 
ou à être dans un état, s'exprime par le verbe '--> bdâ, 
aoriste '--h. ibdû, commencer, et quelquefois '--^ khedâ, 
aoriste --^- yâkhod (se prendre à...). Exemples : 

jyyLj — -j- j Nous nous sommes mis à lire. 

>---*- '-'-<■ kheda i'ânedoh. Il se prit à le contredire. 
(V. p. 183.) 

Si l'on veut indiquer la persistance dans un état ou 
une action, on se sert des mots «-*-? bk'â et -~*-9 /«'a<i, 
rester. Ainsi : „~J ! Ijjt >r » .U.*? j^àj lil Je suis resté 



DE LANGUE ARABE 553 

joyeux de cette chose. — s-'--'-V. J -' J <'-^ ^cr *~^ Vous 
l'avez laissé à la maison en train d'écrire (restant 
écrivant). (V. p. 483. 

C'est à l'usage d'apprendre tous les cas où ces verbes 
sont employés ; on ne peut ici que les signaler à l'atten- 
tion des étudiants. 

DU VERBE Jî; '•-" PRIS DANS L'ACCEPTION DE ENCORE 

L'expression Jî: U ma zâl est un verbe accompagné 
de la particule négative L» ma. Il signifie ne pas cesser 
d'être, être encore. Il se conjugue au prétérit suivant les 
règles du verbe concave, à la classe duquel il appartient 
(V. p. 39). Ainsi l'on dira : 

Sing. oJ; L» ma zelt je (suis) encore. 

«j^J; ^ ma zelt tu (es) encore (masc). 

oJj '-•-' ma zelti id. (fém.). 

J'', La ma zâl il (est) encore. 

0<-J'j ~ J ma zàlet elle 'est) encore. 

Plur. '-•'-- ' ; '-* ma zelnâ nous (sommes) encore. 

L..J- U ma zeltoû vous (êtes) encore. 

UJh - ma zâloû ils om elles (sont) encore. 

■"y 

De là la signification de notre mot encore. Il est 

ordinairement précédé de _— ,! , nîwJ (p. 31) pour le 

temps présent, de X kân pour le passé, el .jj-Z-?, ikoûn 

pour le futur (p. 40). 

36 



mi COURS 

Exemples : 
- - -kc! J\ ^L^TJI ^jJLs Jlj U J'ai encore le 
livre que vous m'avez donné (le livre lequel tu as 
donné lui, à moi (est) encore chez moi, etc.). 

s^X-k_iLi *_y-\_ '..- '_ ', j> Vos papiers (sont) encore 
chez eux. 

+±j W ~™- r -' J - jr.~ ■•" « ' ' — -^ _- Elle était 
encore à Miliana quand son mari est arrivé. 

__._*" 0J5 , - •*-->■- ■' Ia» -.3 '-.J, L» UioCj Nous serons 
encore dans cette ferme à l'époque des raisins. 

Lorsque l'expression Jîj -• est suivie d'un verbe, elle 
prend une signification négative (ne... pas encore) et 
le verbe doit aussi lui-même être accompagné. de la 
négation '.--. Par exemple : 

^c- W- ^ u^j '••' Il n'est pas encore venu. 

j^sL, '..-- oJjj •-' Elle n'a pas encore vu. 

j^JUs U 0-5; L> .le n'ai (ou tu n'as) pas encore fait. 

»Lj i 1 U LJ: U Nous ne l'avons pas encore rencontré. 

la-x-ô^a L» L. vJ, U \'ous n'avez pas encore compris. 

laLi^a ...- L", U ]|s ne sont pas encore allés. 

L'observation dont, le verbe kân .,- a été l'objet 
(p 544, note) est entièrement applicable à l'expression 
J\ '-. Le sens littéral «1rs exemples suivants est donc : 
Il n'a i><is cessé d'être n'étant pas venu ; — Elle n'a pas 
cesse d'être n'ayant pas vu, et ainsi de toutes les phrases 
analogues. 



DE LANGUE ARABE . 1. 1. 1 



DE L IDEE ITERATIVE 



L'idée de refaire, recommencer une action s'exprime 
par le verbe il, , aoriste --;»->. impératif y. que l'on place 
devant le verbe d'action ou d'état. Exemples : 

^j| o_*-<s~. JJ aJ J_à y Redites-lui ce que vous avez 
entendu. 

.> ; Recommencez. 

A*-ij J J>*-J J^V-J -- ^ c^-f '- J J e ne lui dirai pas 
une autre fois de rester. 

Le verbe y\\ signifie spécialement augmenter; c'est 
pourquoi i! est employé dans le cas où cette idée se 
rencontre, notamment à la place de notre mot encore 
signifiant de plus ; ainsi : 

^~_Lx_i :..: j_j y.H II faut que je lui en donne encore. 

5j-x_i w^».3 - -j j-J Je monterai encore à cheval demain. 

iaLJ!iij^a.^Ax3J y. Asseyez-vous encore un instant. 

DU VERBE FAIRE FAIRE 

L'idée de faire faire une action s'exprime, dans un 
très grand nombre de cas, en redoublant seulement la 
deuxième radicale (V. p. 2."»i, n" 24) ; mais certains 
verbes que l'usage apprendra ne peuvent prendre cette 
forme, et Ton est obligé alors de donner un autre tour 
à la phrase ; par exemple : ordonner, dire, recomman- 
der que l'on fasse... ou que l'on soit... Ainsi : 






L-wsH ,.'-- u [jJU Ils ont fait venir les maçons. (Ils 
ont dit aux maçons de venir.) Ou bien : 

l^-aH .*■/-•-? -- V— - *-i " s ,,nl envoyé (dire) aux ma- 
çons de venir. Ou encore : 

.^j'_.__ H L_>L». Ils ont amené les maçons. 



I ,_M ! 



fi LsHJ I^XJo 



, J < 



r* i-i 



Vous ferez écrire au kha- 



lifat. i \'ous leur direz d'écrire...) 
S-^-i >-, Il l'a fait pleurer. (Il l'a rendu pleurant.) 
On pourrail dire aussi : jL\_>. 

aJLxj J.- ,-■.—: ï.\j Je le ferai repentir de ses actions. 
Je le rendrai se repentant.) 

Faire dire... s'exprime par j^-*-i ou J — -j envoyer. 

Exemple : 

Lu* +jt\JjJi-~o ^ïf\ | J-'-' ^iXjlsr-°Y L*_£_x_> Nous avons 
fait dire à vos amis que vous les attendez ici. 

i Voy. verbes de commencement, de continuation, etc. 
P. S-83). 

EXERCICES SUR LES VERBES 

Voyez la transcription en caractères français, p. 562) 



1. J'ai un beau cheval. 

2. Avez-vous une maison? 



ind j'aurai un jardin j'y 
vi.Mi Irai chaque jour. 



». J'avais un bon chien de chasse, 
il est. mort. 



JL» ^._c _-_\_Us i 









Jl» JJi 



}U 



DE LANGUE ARABE 



55 "3 



5. Si j'étais resté a Alger, j'au- *•— ' j~~* 






rais de la fortune. 

6. Ils ont beaucoup d'intelligence 

7. Ils arriveront bientôt. 

8. Il a beaucoup de livres. 

9. Avez-vous travaillé aujour- 

d'hui"? 

10. Savez-vous quelle heure il est ? 

11. Y a-t-il un douar près d'ici? 

12. Il y en a. 

13. Où est-il? 

14. Par où irons-nous ? 

15. Qui nous montrera le chemin ? 

16. Qui d'entre vous nous a trom- 

pés ? 

17. Pourquoi tous ces discours ? 

18. Quand arriverons-nous? 

19. A quelle heure viendra t il ? 

20. F.tes-vous déjà venu ? 

21. Comment avez vous l'ait pour 

le saisir ? 






IJL-V —■ 



> *-3 



.' - 



JjJL» ^S :j.-^c s 



-.j 



ls 



\'s 



:.^ 9 



^^' 10 



X u 



,ir 12 



,-a .^Ls 13 



^H 



H .|Jl .v- I i 



_ v j£. — _ , ..." , «.„\_^, 7 O 
v — -^ ■* ■• \^>*> 

fâl ^Ltfi ÎAa • M _- 17 

S^L^j oi, ^L? is 

^ ^L ^ J.\ je 1!» 



J._-^_\^N 



LT" 



JU ^ 2i 



COURS 

22 Que dites vous de cela ? 



23. Qu esl ce que cel objel qui 
parait noir la-bas " 

24 I! n'\ a pas de danger (de 
crainte 

25, Ce u'esl pas cela qtie je \ ous 
- dit. 

Nous ne sommes pas malades. 

27 N tes-\ ous pas sortis aujour- 
d'hui? 

N esl ce pas eu s que \ ous avez 
renci ml rés sur le chemin ? 

29. 1 1 n esl pas de ceux qui nous 
aimenl - 



30. Elles ne sonl pas grandes. (Au 
pluriel, le masculin et le 
féminin sont semblables). 



w ; c 



! .,-, 



. ■ _£! .,;■ .If U 24 



X 1 cbj- 1 lj* g^b 25 

Ul 

_-< - ^ UL» Ul^I 2<; 



,^J! L^.1* 



^^jJ.klL 



^v_> 



wT 



u» n 



.- 28 



JJi 



,JLari> }S y±, B a L» .? 29 

,L^ ^ *j, L- 30 

iJlîi JljLi, J<c J cJÎ, 31 



. U 



^' 



c 



\ ' > O J £ k/_S A_3 yii»_.> 



32 



31 . Je termine maintenant i i 

travail. 

Je le verrai après demain, s'il 
plaii a Dieu 

^ W I . I ! x <*!••■ "•-{ 

m l'a vu avant-hier sur la • > ~ ; -: Jj "j-r ~" °° 

place. 



\ ous saurez aujourd'hui s'il 

i la ville. 

35. I! n'a pas cru devoir le lui 

Nous avons re i er de 

la maison. 



\b\ i^-Jl ^ »-*-> 34 



5ÎL-JI 



J |^_i_j ,,^ ci J ^l» 35 



J! P U LOI L,j± 36 



DE LANGUE ARABL 



37. Prenez votre sabre. 

38. Ne le touchez pas. 

39. Allez lui parler. 



40. Nous reviendrons après- 
demain. 



il. Prenez garde qu'il ne vienne 
pas. : 

42. Vous lui direz pourquoi je ne 
lui ai pas écrit 

i'-i. S'il vous interroge sur mon 
compte, dites-lui que vous 
n'avez sur moi aucune nou- 
velle. 



Venez prendre emporter) ses 
lettres. 



45. Ne vous préoccupez pas de 
moi. 



Allez lui dire que je l'attends 
ici. 

Quand vous aurez Uni de lire 
ce livre, envoyez-le moi. 



48. Il sortait quand j'entrais. 



559 



\_x_.-> JL_xj' ~ , 39 



->-3 40 



AJ-; 41 



L Ul J^ d J^Ur 42 



J J_è J^^rUL- |j>! 43 



iLI^_j :' .J 44 



>LL^J jUJJi.. 46 



tv fc I. 



U 



L *jl^I ^UJ31 



a — ) 4/ 



49. Nous aurons fini avant lui. 

50. Ma maison est srande et belle. 



Ujuc^Ou^ ( ^ 48 

•"Or ^ 
ou bien: _j)« -. , — ^ »_a 

3 V . ' , 



..w Li Î^^JLs: 3 49 



-JL. 



ï,-i ç.b 50 



560 



51. Il m'a «lit que si vous ne 
pouvez lui faire cel te affaire, 
il s'adressera à (il verra) 
une aul re personne. 

52 Si j'avais su qu'il le détériorât, 
ne le lui aurais pas donné 

53. "-'il m'arrivail des nouvelles 
sur cette chose, je v ous les 
dirais sur le-champ. 



il ue nous paraît pas qu'U 
vienne slt< il , 

55 Je lui ai dil d'amener la mule. 

56. Il sérail bon que vous ne sor 

tissiez pas de la maison 

57. Il laul que je le déli\ re d'entre 

ses mains. 

Il faudrait bien que j 'en ache 

tasse un semblable. 

! Elle voudrait bien vous voir. 

60. Il tant qiu'J y ait eu un motif 
ive pour qu'il ait répudié 
-a femme. 



J, JUS ..] 



J-JN. a . Q a-^J J ■ 











53 


C v 






j^-Xj jst-J LJ ^Jaj L 


54 


'J._.Cs 




AkJlw^ J olibl 


55 


^■^bJbaÇliU 


56 


; 






57 




58 


>_iX_? a-xuj' Uj 1 ^ L» 


59 




60 






61 On doit toujours faire le bienJ ^ tt.a b_*_j ,)' . -r j »:")i (il 



rournez : Il faul qu e 
l'homme fasse toujours...) 

! ra\ ailler esl un devoir. (Il 
faul que 1 homme travaille). 

l i a deu s maisons a vendre, 
i en achèterai une quand 



c- ,. 



« r ] <* p v 






e/> 



62 
63 



J.-* S.XaJ 



~,T 



DE LANGUE ARABE 



561 



j aurai loué mes trois bou- . \.iL. ;> Jl-'i ^ , «_\_j 



64. Vous n'avez rien a dire a cela. 
;11 n'y a pas quelque chose! 
que vous disiez, a cela). 



V 



65. 



66. 



67. 



Nous pouvons arranger l'af- j x ., <-. \ \\ ' j ' _ ,, , \ \. 

faire. ^ " . 



Ils ont passé la nuit a se pro- 
mener. 



Vous vous êtes levé un peulvO-J' <^> ►■* -^-> 
malade. 



Il passa le jour à dormir (dor- 
mant). 



j t vl 



Nous sommes restés toute la 
journée à la ferme, et avons 
passé la nuit en ville 

Nous l'avons laissé en train 
de manger. 

Lorsque je le vis ainsi, je me 
mis à rire. 

Je n'ai pas encore fini. 
En avez-vous encore '? 



Nous ne savions pas encore 
qu'il dût venir (qu'il vien- 
drait). 



75. Elle est encore à Alger. 



76. Les chevaux n'ont pas encore 
bu. 



69. 

70. 
71. 

72. 

73. 



lJ| Jj, 



64 

65 

66 
67 
68 



LiJU, i^l - ULJLi 69 



>v$ jj 

>-JJo li-SCa A.::.i_i. , ^S 

bl OvJLkU ^J; L, 






70 
71 

72 
73 



^W! 



75 



L^UUliLJ^I 76 






7" \ ous l< - tire Je nou 

\ eau. 

78 P use vous qu'il le revoie j^s 

i re ? 



»—._.' ,._^'... — I J.-.> w— J / / 

->.;_; ^XJ v-^-- 1 78 



79. < mi a fait venir (on a ai» 

toutes les botes de somme 
de la campagne. 

30 11 faudra faire écrire cette 

Lettre par votre fecrétaire. 

\ "lis recommanderez à 

votre secrétaire qu'il écrn e 

cette lel I 

81. .1* lui ni l'ait dire de ve 

82. Vi ius ferez porter i \ ous en\ er 

rez cela chez moi. 



,< 



s JJ31 J-jUJI I^U> 7!) 



Si» >jjLsK JZ+j 80 



SI 



J |j._a ,* ,.* > s 2 



83. Il ne m'armera plus de lui 
parler. 



j s 83 



v i Nous ne viendrons plus chez SJiJLxJ !ajua.j ..» 'à! Jo U 84 
lui. 



85. I iniimv moi encoi e & boire. 

86. .le n'ai [plus rieiî a lui donner. 

V 64). 

87. On m'a chargé de vous le dire. 

88. C'est la tout ce que je sais. 



.: h cl i; 85 



^.C J^_i_j eijUij S7 
J-CJI J..3,_*_; JJji tjjt 88 



TRANSCRIPTION DES EXERCICES PRECEDENTS 

(V. p. 23 el 25] 



1 . ' Amli 'aoud melîh'. 
2 ■ \ iHi.lv chi dar '.' 



5; Loù kan k 'adt fel-djezâïr, 
ikoùn 'andi 'lmal. 



6. ""Andhoum 'àk'el bezzâf. 

7 I .ilioiiiii k'rib \ oùs'loù. 



'.',. Kîf ikoûn 'andi djenân, nedji 
lih koull yoûm. 

i Kan 'andî seloûguî melîh' ou | 8. 'Andoh ktoub bezzâl 
mat. 



DE LANGUE ARABE 



563 



Khedemt clii el-ioùm? 

10. Ta'ral chi ach meii sa'a râhî? 

11. Kânchi dawwâr henâ k'rîb ? 

12. Kân. 

13. Fàïnho '? 

14. Men aln neroûh'oû. 

15. Achkoùn iouarrî Inâ et't'rik '. 

16. Achkoûn fîkoùm rarrnâ? 

17. 'Alêch liàd'el-kelâm el-koull ? 
i v Fay ouak t nous'loû. 

19. 'Alâ ach men sâ'a idjî ? 

20. Djit-chi k'obîla 

21. Kéch 'amelt bêch b'akemtoh? 

22. Acli râk tk'oûl "alâ hâdâ? 

23. Achnô hàd'ech-chi c\\[ iedh'ar 

ekh'al lhih. 

24. Ma kânche el khôt. 

20. Ma chi hâdâ elli k'olt lek ana. 

26. Ah'nâ ma nâche merâd'. 

27. Ma chî kheredjtoû el-ioûm? 

28. Màclii hou ma elli lekî'toû- 

houm fet't'rik'"? 

Houa mâho chi mellî ih'abboù- 
nà. 

Ma houm chi kbâr. (Pour les 

Hâni aekhallas' chor'lî del- 

ouak't. 

32. Nechoûfoh r îr r'adoua in châ 

allah. 

33. Châioûheouel-bârah'fel-blâça. 

• ii. Ta'rafelioi'un idârâhofel blâd? 

35. Ma d'har loh che lâzem ik'oùl | 
loh. 

3ti. Khedinâ 1-krâ mtâ' ed-dâr. 

37. Khod sîfek. 

38. Mi tem — ouhche. 

39. Roh' tekellem m'âh. 

40. Nerdje'où r'îr r'adoua. 

41. Bâlek ma idjîche. 

>2 Tek'oûl loh 'alêch ana mâktebt 
lohche. 



20. 
30. 
31. 



i.'i. [dâ sâk'sâk 'aleyya, k'ol loh 
ma 'andek h'attâ khbar 
'aleyj a. 

4i. Adji eddi h' âouâtoh. 

15 Ma tekhammemche 'allej ya. 

e Roh' k'ol loh ràni nestennàh 
henâ. 

47. Kif tekballas' tek'râ hâd el 

ktàli, eb'atsoh li. 

4S. Kânikbrodj kîf kounl nedkhol 
fou bien : houa khâredj ou 
ana dâkhel . 

49. Nekhellas'oû k'bel mennoh. 

50. Dârî kebîra ou melih'a. 

51. K al lî idà ma tendjein tak'd'î 

loh hâde d-da'oua, ichoûf 
ouâh'ed akhor. 

■"'2 Loû kân 'ara ft elli ifess 
kân ma 'at'ît ho loi. 
53. Loû kân idjînî khbar 'alâ hâd 
chî, nek'oûloh lek : 

54 Ma id'har lnâ idjî bekrî hâkdâ. 

55. \na k'olt loh idjîb el-bar'la. 

56. \Iâ dâ bik ma takhrodj men 

ed-dâr. 

57. Lâzem nesellekoh menieddîh. 
N \lâ dâbiya neclirî ouâh'ed kîfoh 

59 \lâ dâbîhâ techoûfek. 

60. Lâzem kânet 'andoh sebba 

'a lima béch t'aliak' martoh. 

61. Lâzem ben âdem ia'mel dâïm 

el-khîr 

62. Lâzem ben âdem iakhdem. 

63. 'Andoh zoûdj diyâr lel br- 

nechrî ouâh'da kif cekoûn 
krit h'ouânetî et- 1 là ta. 

64. Ma kân ma ik ôl 'alâ hâd ech- 

chî. 

65. Nendjemoù nesâouiou d da' 

oua. 

66. 1 tâtoû il" aouçoù. 

67. Es'bab'l chouia merid' enta. 

68. D'ail râk éd. 

69. lt'allinâ fel-h'aouch, oubetnâ 

blâd. 



564 co 

70 Khallmah k à'ad iakoul. 

71 . kit cbeftob bakda bdîl aed b aïs 

72 \là zell ma kballas t ana. 

\ml.-k ma /.il ? 

7i. Konnâ ma zelnâ ma oa'arfoù- 
cbe lazem idjî. 

75. Iliya ma zfilel tel I ijezâïr. 

76 El khil ma zâloû ma cberboù. 

77 rezîd Iccherrablioiini. 

78. Id har lek izîd iohoûfoh. 

79. 1 ijaboû '/ zouâïl el-kouU men 

el-djenan . 



su. 



rouas's'i kal 

l.i'ii. 



tek iktob had s] 



81. Ana b'ats Loh idjî. 

82. Teb'ats hôda l'andi. 

s::, ma bk'a li chi nekellemoh. | 

84 Ma bk'a Ina cbe nerdje'oû 

I ■ a 1 1 1 1 1 1 1 1 . 

85. Zid a't'îni uechrob, 

S''.. \la \imli ma na'l'ili. 

87. Ouas - aouni nk'oûl lek, 

ss Hâda houa ellî na'arfoli et 
koull. 



CHAPITRE III 
DU NOM ET DE L'ADJECTIF 



J'ai exposé dans la Grammaire les formes caractéris- 
tiques et les diverses classes des noms et des adjectifs 
ip. 280 et suiv.), et j'ai indiqué (p. 532 et suiv.), les 
altérations que subil la prononciation des mots dans 
les relations communes. Je ne puis ici que reporter le 
lecteur à ces explications précédentes, et me borner à 
i-nnslaltT uniquement les faits pratiques. 

Les noms et les adjectifs ont ordinairement une 
forme qui fait reconnaître la nature de leur significa- 
tion, el par laquelle on les classe rationnellement; 
c'esl d'après ce principe (pu.' l'on a établi les catégories 
suivantes. 

NOMS PRIMITIFS 

Ces substantifs ne sont pas dérivés d'une racine 
usitée : ils ont quelquefois une origine étrangère à la 



DE LANGUE ARABE 



565 



langue arabe. Leurs formes sont diverses et arbitraires ; 
l'usage seul peut les indiquer. En voici des exemples* 1 ). 



jtr? puits. 

*_ — , bête féroce, lion. 

^_i_£ scorpion. 

i_*_j panthère. 



j-a^_a_*- coing. 

J_A_jwi œillet, girofle. 

fjX-9 espace de pioche. 

l?l_, — , souliers. 



NOMS DERIVES 

Les noms dérivés du verbe primitif ont des formes trop 
nombreuses pour qu'on puisse les énumérer toutes ici ; 
je renvoie aux types que présente la page 283. Je dois 
dire cependant que la forme composée seulement des 
trois lettres de la racine est la plus usitée ; par exemple : 



u 



/ 



intelligence, 

différence, 

mensonge, 

haine, 

maladie. 



de 



connaître. 

séparer. 

mentir. 

haïr. 

être malade. 



Bien que toutes les formes du verbe aient un nom 
dérivé spécial (p. 252, 253 j, on n'en emploie guère que 
deux ou trois espèces dans le langage le plus commun ; 
par exemple : 



11) .l'emploie quelques signes orthographiques pour faciliter ou 
préciser la prononciation de certain- mots : il ne faut pas les regar- 
der comme constituant l'orthographe : je me suis déjà expliqué & 
•ce sujet. 



566 



- lui nie „.. .'..*.• enseignement, de *Jl_c enseigner 



si L 



3 



guerre, 
consultation. 



2, Lis combattre. 

,.._... consulter. 



Ces trois formes sont très fréquentes, et employées 
dans l'occasion par toul le momie parce qu'elles sont 
les plus saillantes ; mais il en esl beaucoup d'autres, 
appartenant a une pratique plus éclairée, dont l'usage 
el la variété dépendent du degré d'instruction des 
individus et des diverses influences de leur éducation. 
(V. p. 252 . 

NOMS INDIQUANT LE LIEU, LE TEMPS ET L'INSTRUMENT 
Voir page 284, 285) 



w>>-*- 



le couchant. 



M 



~_._x-- ueu de séances 

_LJL clé. 

C 

( LàJL» scie. 

.jS-~j> logis. 

—.^ — « lieu, endroit. 



$j&-<> séparation. 

'■—-v école, bureau. 

■—~~' école d'enfants. 

— .x» espèce de collège. 

.Li._* lieu. 



rabot. 



NOMS 01 PU lui WJECT1FS, INDIQUANT LE METIER, L'HABITUDE 
D'UNE ACTION OU L'INTENSITÉ D'UNE QUALITJ 

Voir page 2S9) 

I '' i 3PÈCE 



JLI_a. portefaix. 
,'_>— menuisier. 



^•*-^ poltron. 
j\xS menteur. 



barbier. 



DE LANGUE ARABE 

I - 



56"î 



_-_3 cultivateur 



très indulgent. 



-„.---_£ très docte. 



2 e ESPÈCE 

Certains noms de métier sont formés du nom de 
l'objet produit ou vendu, auquel on ajoute la désinence 
turque ^-^ dji, qui équivaut à peu près à notre termi- 
naison ier, dans ferblantier, passementier, etc. Ces 
mots sont une des traces de la domination turque. 

Exemples : 
_a>..Ur-? potier de terre, de ,Ur-r terre à poterie. 
(l)^xUL horloger, LoL horloge, montre . 

gj-$.9 café, 
étuviste, ^'.-ow.^ étuve. 

, _.v_a_L tambour, etc. 



f t 



•'-- = tambour, , 

Quoique lès noms de métier puissent être rangés dans 
la catégorie des substantifs, il est plus rationnel de les 
considérer comme des adjectifs. 



NOM ABSTRAIT DE COULEUR OU DE QUALITE 

Ces noms, analogues à ceux qui chez nous sont ordi- 
nairement terminés en eur, comme rougeur, vigueur, 
se forment en plaçant un _* avant la troisième radicale, 
et un ï après elle. Il faut donc ainsi réduire préalable- 
ment à la simple racine l'adjectif ou le nom dont on 
veut exprimer l'abstraction. Par exemple : 



il) Le s du substantif a été remplacé par un \ dans l'orthographe, 
de l'adjectif, pour représenter la prononciation. 



168 COURS 

>, »_\.; rougeur, de _-\-\-- vermeil. 

s. — a^à. verdeur, j-^ 2 -^' être vert. 

t.jjL^e couleur jaune, ,.i..^' être jaune. 

L)j^sr? vigueur, énergie, J-œt-? vigoureux. 

Ljj-L. douceur, ^-^-^j doux au toucher. 

i-^._^_ a dureté, densité, _-oLà dur. 

C 

ADJECTIFS 
ADJECTIF VERBAL 

La formation des adjectifs verbaux, tant primitifs 
que dérivés, a déjà été indiquée dans la Grammaire, 
page 249, 250 et 390. 

Les adjectifs verbaux actifs (participes présents), 
expriment ordinairement l'idée d'une action ou d'un 
état relativement ou absolument présent et persistant, 
mais non une qualité habituelle ou inhérente à l'objet. 
On dit : j-s-a^*-* lui (est) étant assis (il est assis) ; — 
3-Jl. i—,:.^ je l'ai trouvé dormant, etc. 

En plusieurs cas ils remplacent le verbe. Il en est de 

même de certains adjectifs qualificatifs. (V. p. 545). 

ADJECTIF QUALIFICATIF 

(Voir page 288 et 395 

l'ouï' l'usage oral, on peut admettre que l'adjectif 
qualificatif se forme des trois manières suivantes : 

I" Par les trois radicales, comme ^^J^ei ^» difficile 
(cette forme esl la moins usitée) ; 



di: i.am.i i; w; uu-: 



569 



2° En plaçant un j£ devant la 3 e radicale. Exemples : 



r-^-o grand. 
r-^À-^o petit. 
Lj ._]= lono-. 



L- 



is_! v--- malade. 



a-j ,..!= aimable, gracieux. 
_j v _/ généreux. 



Les adjectifs de cette forme indiquent (ordinairement 
une qualité inhérente à la personne ou à l'objet, non 
un état passager ou une qualité acquise. Leur nombre 

est très considérable. 

3° Certains adjectifs qualificatifs se forment en ajou- 
tant la terminaison .,' an à la racine, comme : 

.)l_^jtJ dormant, des verbes ~_ *J sommeiller. 

r_£_w s'enivrer, être ivre. 



.\S-~, ivre, 



.,'_.< y^z nu. 
w ■■> 

.il»-* — veillant, 

i c ' . 
,La_~3_c irrite, 

.,^-a joyeux, 



j; j-s être nu inusité). 

y-^ — veiller. 

^^.i être irrité. 

„ v _5 être joyeux. 



On peut joindre à ces trois formes d'adjectifs, celle 
des qualificatifs indiquant les couleurs principales, qui 
consiste tout simplement à prononcer un ' devant la 
racine du mot. Par exemple : 



' c 1 






' c i 




_*_^J 


rouge 


(foncé). 




vert. 


' ' , 






' <■ . 




• • 1 


bleu. 






jaune 


, t 






i ' h 




— — :— ' 


blanc 




J~^ 


noir. 



37 



570 • OURS 

Celte forme indique aussi les dilTormilés. Kxemples 



J— -^' louche. 
^_^_;' aveugle. 
, _-— ' borgne. 



c, r J\ chauve. 
„c._\L^ qui a les mains 
ou les pieds contractés. 



Les adjectifs de trois lettres cl ceux qui sont formés 
par l'addition d'un _- avant la troisième radicale, 
comme y^J grand, »->.y généreux, prennent aussi cette 
dernière forme quand ils expriment une idée compa- 
rative ou superlative, comme y^S\ plus ou très grand ; 
"' plus ou très généreux, etc. (V. p. 289 et 290). 



» " 



ADJECTIF RELATIF (V. p. 291 et suiv.) 

L'adjectif qui exprime la relation à une idée, un objet 
mi un pays, se forme en ajoutant au mot qui exprime 

l'idée, l'objet, le pays, etc., la terminaison j$, &(pour,c); 

par exemple : 

AJls, intellectuel, des mois ^-i-- intelligence. 

c -*--~- physique, naturel, L*-wwis nature (phys.). 

_-■.'■-.« — céleste, vent du nord, '...w ciel. 

._.-'._^. Syrien, »Li, Syrie. 

Cpa_» Égyptien, r _.^_P Egypte. 

j^onj,.' 1 ^ Algérien, ^Lj- ' Alger. 

On concevra sans peine que les mots exprimant des 
idées non appréciables aux masses, comme g-Li-s et 
__-*— -.-^ soient très peu usités dans la conversation, à 
cause du défaut général d'instruction. 



DE LANGUE ARABE .171 

Lorsque le nom de l'objet ou du pays auquel on veul 
appliquer l'idée relative est terminé par le >, comme 
le mot L*. r ..J= ci-dessus, ou les mots : L\.. : .L: Blida ; 
i_jLJ._* Miliana; LjLLc Bône, etc., on supprime le » 
en ajoutant le S- Ainsi l'on dit : 

^jj— _l_; . habitant ou natif de jj,_.._1_.< Blida. 

^-A_ :: _L* ï_iL_.U Miliana. 

^J.~-~ i_ : -l_L s Bône. 

Les mots I-G Mekka, la Mekke, et h , _u.C Eskenderia, 
Alexandrie, ainsi que quelques autres, forment par 
exception les adjectifs relatifs ^LC mekkâouî, .Mec- 
quois, et çJI.JwlCJ eskenderânî, Alexandrin. ((Test 
d'après cette dernière forme que l'on dit : ,_j^L^ ( 
el-oulâni, le premier, au lieu de J ; ^' el-ewwel). 

Quelques autres adjectifs ethniques (ou de pays), se 
forment par l'addition au nom du pays, de la termi- 
naison turque j-- ou -- (lu ou li) qui indique en cette 
langue l'idée de relation. Exemple: ç-^°i -'""'^ de 
Sinyrne ; A-ï-jS kHUî, Cretois, des mots >...---,' Zm//\ 
Smyrne, <1^£ Krll, ile de Crète, etc. 

Les adjectifs qui indiquent les différentes nuances 
des couleurs se forment en ajoutant le j; caractéris- 
tique <le la signification relative, au nom de l'objet 
servant de terme de comparaison. Exemples : 



^p- 



, cendré, de :>L», cendre, 

v rose, couleur de poche, ~ y± pèche. 



572 ' "' RS 

g^-J jaune citron, de *--- citron. 
Iiklè mai roi), JJn.t.q marron, châtaigne. 

Tous les adjectifs se mettenl après le. substantif. 
du genre (Voir page 296 

11 n'y a que deux genres en arabe, le masculin el le 
féminin. Les noms el les adjectifs féminins sont pres- 
que tous terminés par le son a, représenté par le ? W. 
l'I ou le S- Les noms el les adjectifs terminés par les 
autres I. 'tires sont ordinairement masculins, à moins 
qu'ils ne désignent un être essentiellement femelle. 

Il suit de là que l'addition du s à un adjectif masculin 
ou au nom d'un mâle, lui donne le genre féminin. Ceci 
est une règle générale. En voici des exemples : 

< grand, [nui ni h ïj-t-*^ grande. 

j_jt endormi, >-->; endormie. 

_^;_0 écrit, i->ySs écrite. 

_,_• ^ proche, '^->.j- 3 proche, 

jjf c hien L-JlS' chienne. 

^ 4 chat LJa-i chatte. 

|.,.. adjectifs indiquant les couleurs principales ou 
1rs particularités extérieures du corps (V. p. 569), 
forment leur féminin en reportant a la lin l'I par lequel 
ils commencent. Exemples : 

I voyez sur le ï page 21, 1. 19 el suivantes. 



' c \ 

et ->■ 



DE LANGUE ARABE .'i~3 



►—■ c~ 



rouge, féminin 

_:,,' bleu, Là] : 

J^-^ lo Lie lie. "ï -_^. 

ç_*_^i aveugle, L ~-*-e 

Les adjectifs de même forme ayant une signification 
comparative ou superlative, comme y^S\ akbar, plus ou 
très grand. »x.o' as'r'ar, plus ou très petit, restent inva- 
riables tant pour le féminin que pour le pluriel dans 
l'usage oral. 

Les noms de villes et de pays sont du genre féminin, 
ainsi que ceux de quelques membres douilles, comme : 

JL-^biLoI ou J J ._..-.--.L-J Constantinople. 

>_\_~-*...-- Mascara. 

r-^oJ! l'œil. 

-— — ' la main, etc. 

Observations. — Quelques noms de mâles ont pour 
féminin d'autres noms d'une origine différente de la 
leur, par exemple : 

féminin ~ >j- a ! femme. 
LlJ lionne. 
L^L=v poule. 

On peut voir par ces exemples, que celte particularité 
se trouve aussi en français. 



J_=v , 


homine, 


a. 


lion, 


•55^- 


COq, 



(1) Lorsque le mot ï\j.* (ou plutôt »\ r ^\ ) est suivi des pronoms 
affixes, on ne prononce pas l'\ qui précède le "s. On dit : marti ma 
femme, martek, ta femme, etc. 



Parmi les noms d'êtres inanimés, il est des mots à 
terminaison masculine donl le genre varie suivant les 
lieux, el quelquefois suivani les personnes. Ainsi: ,'- s 
maison; — - .--• chambre; ~J>-?.j-b chemin; oo; huile, 
etc., sont féminins à Alger el masculins ailleurs. Les 
mots _•'- porte; >ï sang, ordinairement masculins, 
son! employés arbitrairement comme féminins par 
diverses personnes. 

DU NOMBRE [V. p. 3Ô0 

Il y a trois nombres en arabe: le singulier, le duel 
et le pluriel. 

SINGULIER 

Le singulier est de deux espèces: I" Il désigne un 

individu ou un objel isolé, comme s X^S unlivre, ojlj 

une fille; c'esl le nom singulier propremenl dit. 

2 II désigne aussi une espèce tout entière, ou une 
collection, comme: j»U=. pigeons; ~V poules; ^j- roses; 
J-^~ coings; c'est le nom COLLECTIF. Par rapport à sa 
syntaxe il esl masculin singulier ; quant à l'idée qu'il 
exprime, il est pluriel. - - On dira donc par exemple : 
__-^-~* •' __-- __-''- s |j z-' 1 les poules, sont chères au mar- 
ché; ^fF I l» les sauterelles son! rennes, etc. Presque 
tous b's noms de fruits, <\r fleurs, de légumes, et ceux 
de quelques animaux <pii sont peu en rapport avec 
l'homme, ou même d'insectes, comme : — >— scorpions ; 
, _ : mouches ; ^ ----'■-• moustiques, sont de cette nature. 
Il en esl de même de quelques noms d'action ou de 
substance, comme — •--- mensonge; v^~^ action de 
frapper : ^.- -■ de la paille ; j-*-± du puni, etc. 



DE LANGUE ARABE 



Tous ces noms expriment, sous forme de singuliers 
en arabe, une quantité, une masse indéterminée, ou la 
collection entière des objets. Exemples : 

— -^ — fj' J? ■ — -~,-x--' Vous m'apporterez des pommes 

douces . 

jr ÏL ?^jj3'«^y II m'a envoyé des roses épa- 

non îes. 

J._CJ ( C-— a.U! ^S s]jsJ\ Les sauterelles ont dévoré tous 

les navets. 

r-jLj si. ,. r _._:_M L a paille est sèche. 
v >wid! - *_ajl*_,*s Uî Je les ai trouvés se battant. 



— =x .>._,._.L_*_3' Vous lui donne 



rez du pain. 



Lorsque l'on veut indiquer un objet, un individu de 
l'espèce, une parcelle, une portion déterminée ou un 
seul fait, on ajoute au collectif le s , comme pour for- 
mer le féminin ; c'est ce qu'on appelle le NOM d'unité. 
11 est féminin pour la syntaxe. Ainsi l'on dira : 

ïjAss. L^ULï jS'b Je mangerai une pomme douce. 

Ls^'U io.j J, v^i^jol Envoie-moi une rose épanouie. 

A_*jLL -^_jlj&J Â-=l Prends un mire! cuit. 

--_^_ ; ''.j AjLaJ' Une paille sèche. 

ïy-~-J> z. -j y* -./ 11 a mangé (reçu) un grand coup. 

c 9 

Lij^s^ gj-^-à> >_£,] Achète itn fui m tendre. 

Il en est ainsi des autres collectifs, qui peuvent 
devenir noms d'unités de cette manière. 



576 i ours 

On voit, d'après ce qui précède, qu'il Tant distinguer 
le nom d'unité du nom singulier ne désignant qu'uni 
objet, comme :~- '/// cheval, ou indiquant la collection 

comme *_;_— =>■ poissons, etc. 

in El (A p 301] 

Le duel s'indique par la terminaison .,.-;- êïn (pronon- 

>- / ' 
cée ,.-'- //> et même <•-- aiène par corruption dans 

certains moisi ajoutée au substantif singulier masculin 
ou féminin. Par exemple : 





INGUl il i; 




DUEL 




y ■• 


un jour, 


-::--- 


deux 


jours. 


i 


un an. 


! 


— 


ans. 


■J-.J 


une nuit, 




— 


nuits. 




une fois, 


cr^ïr' 


— 


fois. 


i. 




c 






^--- 


un d'il, 




— 


yeux. 


- 




yU 






J_: 


une main, 


^^ 


— 


mains. 



L'usage oral de certaines localités n'admet ce nom- 
lin' que dans une série de mois assez restreinte. On ne 
l'emploie pas dans les adjectifs. Lorsqu'on ne peut 
appliquer la forme du duel, on la remplace par le mol 
~ -j ilcux, suivi du nom ou de l'adjectif au pluriel, 
comme cela a lieu en français. On dit : J'--^. ~- y \ deux 
hommes; — oUl~» ~ ; , deux (femmes) musulmanes. 



CL 



• ;; 



Lorsqu'un nom au duel est suivi d'un pronom affîxe, 
on retranche !<• ., qui le termine. Ainsi l'on dit: 
s 'aïnïh, sesdeux yeux; — -->--;> ieddîh, ses deux 
mains, au lieu de 'aïnîn-ho, ieddln-ho. 



DE LANGUE ARABE 



PLURIEL (V. p. 303). 



Le pluriel peut se diviser en pluriel régulier et pluriel 
irrégulier. Le pluriel régulier a deux formes : l'une 
pour le masculin, l'autre pour le féminin ; celle du 
masculin consiste à ajouter au singulier la terminaison 
^jri-tn (qu'il ne faut pas confondre avec .*>.- é'in du 
duel). Exemples : 

JL~j> musulman, pluriel >~_JLws 

\ l c 

xJ). endormi, couché, v-'-J', 

,L.»_i endormi, somnolent, ,jLju 

\- *— " 

sy>y élevé, soulevé, ., .0. .,%.-- 



Ij— voleur, 



^-:.- r 



Le pluriel régulier masculin s'applique presque exclu- 
sivement : 1° aux adjectifs verbaux ou participes ; 2° 
aux adjectifs qualificatifs terminés par ,' (comme .,L«*3 
ci-dessus) ; 3" aux noms de métiers ou d'habitude for- 
més comme ^j-K- voleur; 4° à quelques adjectifs ethni- 
ques, c'est-à-dire relatifs à un pays comme ^aAj de 
Hlida, pluriel ..,. :: .jj...-L . 

Le pluriel régulier féminin se forme des singuliers 
en s par le changement de cette lettre en *S>\, ce qui nVsi 
autre chose que la transformation de la désinence brève 
at du singulier, en la longue ât au pluriel. Exemples : 

LjLw» musulmane, pluriel oLL~» 



178 c° l RS 

a-U. chose, pluriel o^-»- 

i.J..r chienne, > _-...J.-> 

Il s'applique: là ions les noms de femelles termi- 
nés par s ; 1° à un très grand nombre de mots dési- 
gnant des objets inanimés, également terminés par if , 
comme ici courge, bouteille, pluriel otcji, etc.; 3° aux 
noms d'unité, lorsqu'il s'agit d'exprimer une quantité 
limitée. 

On «lit : 

c r 

>-, ; une seule rose, O --- o-— 3 trois roses, 

i un pain, ^'—..-^ ~ . \ deux pains, 

et : ,- ouerd, des roses, .--^ khoubz, du pain (powr 
une collection ou une quantité illimitée). 

Les autres noms et adjectifs prennent le pluriel dit 
irrégulier. 

Pluriel irrégulier. — Outre le pluriel parles terminai- 
sons ,>i et o! il y a encore d'autres formes pour expri- 
mer ce nombre. Si l'on s'arrêtait aux particularités 
minutieuses de l'orthographe, il faudrait beaucoup de 
temps et d'étude pour les apprécier toutes; mais dans 
l'usage oral, qui n'admet comme je l'ai dit, que les 
principales règles, on doit surtout se baser sur la pro- 
nonciation. D'après cela, on peut réduire à deux gran- 
des séries principales l'ensemble de tous les pluriels 
irréguliers ; savoir : 

1 Le pluriel par l'intercalai ion de 1' ' après la 
deuxième lettre du singulier. 



DE LANGUE ARABE 

2° Le pluriel par l'intercalation du . après la 
deuxième lettre du singulier. 

Règle générale. — Presque tous 1rs pluriels irré- 
guliers se forment en plaçant un ' ou un - après la 
deuxième lettre du singulier. 

PLURIEL PAR 5 

Cette forme appartient presque exclusivement à des 
noms singuliers composés de trois lettres. 

Exemples : 

v^JLi cœur, intérieur, pluriel . ^JLi 

O-j c h ambre, _ >J. i 

i — io vieillard, docteur. 



L. 



c " 



mois. 



PLURIEL PAR \ (V. p. 305 



Cette forme est sans contredit la plus générale de 
toutes ; elle appartient à un très grand nombre de mots 
de trois lettres, et à presque tous les noms substantifs 
ou adjectifs pris substantivement, composés de quatre 
ou cinq lettres non compris le s . Exemples : 



usS mouton, vluriel 



I 
^..._._ lllwl . lwll , r»™ ^- ■■- 

^—O chacal, _-'- 

PH treille, ijl, 

^— : ~ P J 'P e . jr L 

J._^--' audience, séance — J — 



COURS 

„..c_i_.- clé, pluriel _-L.i_,- (i) 

<- C 

p - g j cabinet, réduit étroit, v ^'._i_.^ 

Observations 

L'usage indique ceux dos noms de trois lettres qui 
tonnent leur pluriel par ' ; quant aux autres mots, 
pour prendre cette forme, ils ne doivent pas renfermer 
plus de quatre lettres essentiellement consonnes (c'est- 
à-dire autres que I' ! le : ou le _-), non compris le » . 
Ainsi le mot , _C~._x. -- . par exemple (qui signifie lieu où 
campe une armée, et désigne la ville que nous nom- 
mons Mascara i, ne peut prendre cette forme, parce 
qu'il renferme cinq lettres solides. 

Quand le nom singulier est terminé par le s du fémi- 
nin, on retranche cette lettre en formant le pluriel. 
Exemples : 

l j cou, pluriel wXi. 

>V._^-:' jardin potager, — v--.'-^. 



LiUlaw cimetière, 






Quelques singuliers de quatre lettres terminés par le 
ï , changent cette lettre en Jï au pluriel : 

?_£» caf( ^' pluriel ^.L^-J 



1 - ; bouton de vêtemV 



J La-s 



I i in dei rail dire ^Jiisua et r1ï woLLo (V. p. 309, 1. 4 et suiv.), 
dit ainsi dans l'usage de beaucoup do localités, .l'ai constaté 
seulement ici la coût urne d'Alger. 



DE LANGUE ARABE 581 

Les singuliers terminés par j: i, prononcent quel- 
quefois celte lettre a ou i indistinctement au pluriel : 

~* ,£ korsî, siège, chaise, plur. --.'/ krâcî OU krâcâ. 

*j' tebsi, assiette, plat, — ~~,Lï tbâcî ou tbâcâ. 

Ceux où le _^ se prononce a au singulier, lui don- 

nent le son d'î au pluriel : comme ^J»-i-- tnttk ht . poêle à 
frire, pluriel -JLL-- mk'âlî. 

Les singuliers de cinq lettres non compris le », dont 
lavant-dernière lettre est un I, un 3 ou un ^, retran- 
chent quelquefois ce caractère dans la prononciation 
vulgaire en prenant la forme du pluriel. Exemples : 



_L-~^ lampe, pluriel 






L 



L 



J*X — . coq, 



J_. ,_- j_j baril, J._- ' ,._> 

Dans la formation du pluriel par \ si la lettre qui 
précède \'\ du pluriel est elle-même un \ elle se 
change en j . Exemples : 

s_jLL cachet, pluriel «.-jL-L 

^ • L • ^ 

<^^La. sinçe, ç^!^ 

Si elle est un _. ou un jz elle se conserve. 

2° Si la lettre qui suit \'\ du pluriel est un ! ou un ^ , 
elle se change en i _c. Exemples : 

s.tëLi, sac, pluriel r -?&-i 

iSA-ï barque, — ^ v -- 

La cause de ces changements est basée sur les conve- 



382 i "i rs 

nances de l'euphonie ou de l'orthographe. Je l'ai expli- 
quée .ivre détails page 2HI et suivantes, aux mots (fils 
irréguliers. 

Outre les deux grandes séries de pluriels par le . el 
T' qui embrassent plus de la moitié des substantifs 
arabes, il y a beaucoup d'autres formes appartenant à 
des substantifs de différentes natures. Voici les plus 
usitées : 

1° Les noms terminés par un ' et les noms étrangers 
qui n'offrent aucune analogie de l'orme avec les noms 
arabes, font leur pluriel en prenant la terminaison cA 
pomme les noms féminins V. p. 307). Dans les noms 
termines par', on intercale un - par euphonie avant 
la désinence du pluriel, pour séparer les deux . 



Exemples 



\ s 


ciel. 


1 . ! 


pacha, 


-~~^-ï 


consul, 


c' ^ 


capitaine, 


„l 


bey, 



pluriel oU 

_ ,< I 






1 Les noms singuliers de trois lettres, dont la 

seconde est un ', comme . >L> . .La. . Ls etc., forment 

Nuis pluriels en changeant F' en _-",et en prenant 
pour désinence la terminaison ,*\ . Exemples : 

, •'._' porte, pluriel ,'__._> 

.La. voisin, ..L- x 

.La souri-, .!■ — 3 



DE LANGUE ARABE 

FORMES DE PLURIELS PARTICULIÈRES AUX ADJECTIFS 

Outre la forme de pluriel régulier applicable aux 
adjectifs indiqués ci-dessus, p. 577, il existe quelques 
pluriels irréguliers appartenant spécialement à cette 
espèce de mots. 

1° Les adjectifs formés par Finlercalation du _f avant 
la troisième radicale, comme »__ +£, J^jJ?, etc., chan- 
gent au pluriel ce ^ en I. Exemples : 

y-z-^-S grand, âgé, pluriel ,'_.._<' 

y-~â-«e petit, jeune, ,Li — - 

JjjJt long-, JLJ, 

2° Les adjectifs indiquant les couleurs ou les diffor- 
mités comme >•-*-»> I , etc. (V. p. 569) forment leur 
pluriel en retranchant l'I par lequel ils commencent. 
Exemples : 

y-*-=sS rouge, plu ri ri y-6-=± 

£>,_]»] sourd, Ïf-Je 

S 9 

c_*^! aveugle, ._,.._- 

3° Les adjectifs relatifs et les noms de métiers termi- 
nés en j; ou --^, forment presque tous leur pluriel 
par l'addition du », à la manière des noms singuliers 
féminins. Exemples : 

JJoJLj citadin, pluriel -—--•-- 

_._'...-- yS Cretois, A-jJuj jS 

ç ^s"f_Js canonnier, -...-x-'^-l- 

c^lx«, m 1 de sucre, épicier, '<^-iSv.~. 



I 01 RS 

5 Quelques adjectifs de diverses formes prennent 
arbitrairement le pluriel régulier. On dit, par exemple : 
difficile, dur: -__■' <iim<ihlr. sage; >jl-—-> mort, et 
au pluriel ^r 5 '; — >r ~~~Iiel .,..-:-...--. 

Remarque. -- Lorsque les adjectifs qualificatifs et les 
participes présents et passés du verbe primitif sont 
employés comme noms substantifs, ils prennent souvent 
une forme de pluriel différente de celle qu'ils auraient 
eue s'ils eussent marqué seulement une qualité ou un 
état. Voici le tableau de ces formes : 

SIN ,i i 1 1 RS PLURIELS 

Même \ *J -- un savant. Lfr_Le 



forme i 



*i -^ un gouverneur, un uge, 



Même \ 
forme I 



i 
.„;.x_-- un écrit, une poche, . -_jdL» 

__i_? un pauvre, un dévot, !»_&-? 

>— — /» un mort, c--;- 

<.__...-.!= un médecin, L-J?! 



,\_.\ — un (homme) ivre, 



Y 



Il faut observer que dans l'usage oral, presque tous 
les adjectifs pluriels sont des deux genres. On dit : 

JLa.. des hommes , 
~ J^a bons et bonnes. 

L-J des femmes 

Enfin, plusieurs noms ou adjectifs ont des pluriels 
particuliers, autres que ceux indiqués plus haut. On ne 
peut donner aucune règle sensible dans la langue par- 



DE LANGUE ARABE . pVi 

lée, pour leur formation. Voici la liste de toutes i es 
formes, représentées pardesexemples; elle complète l'ex- 
posé de tous les pluriels usités dans la langue parlée. 

NOMS FORMANT LEURS PLURIELS 1)' UNE MANIÈRE ARBITRAIRE 

SINGULIERS PLURIELS. 

, ui maison, ,L_jO 

J-^-a- charge, fardeau, J'_^_>J 

A_JU cruche, mesure de liquides, J-LJ 

*JLi roseau à écrire (calamus), £_*,JU 

., * — i jour, J—V 

.L*_a> à ne, r-s-*- 0- 

?,_*_-- chèvre, V— *-- J 

-r,' terre, terrain, ..--' ,! 

^jLjJs chemin, voie, ., — <— ^ 

'_^_^ bâton, c--^-- 

js_ ;_= esclave (au propre), •'-r-^ 

j_»_c serviteur, adorateur, iL^-s 

— ~r-r.-^3 nègre, c »'-*-^ 

. «Lj-i, beau garçon, jeune homme, ., ~^-t* 

^.Ls cavalier, homme brave, ,^ — .-^ 

,iLâ. négresse, ^J-à. 

*_o_i ancien, vieux, ^ J - 3 

38 



.'iM'. COUBS 

11 y a des singuliers qui prennent pour pluriels d'au- 
tres noms exprimant une collection, comme : 

i^_s cheval. pluriel J-^-à [et :LsM 

>'— •■> femme, .,'— - et Lj 

Un même mot peut avoir différents pluriels. Le 
pluriel d'un mot varie souvent suivant les localités. 

On ajoute quelquefois la terminaison o' dt à desmots 
ayant déjà une forme plurielle; c'est ce que les Arabes 
appellent pluriel de pluriel. On restreint ainsi dans 
l'usage oral l'idée plurielle à un petit nombre indéter- 
miné, à quelques objets. 

exemples : 

,'__n~ m c s o^Lj! l_jj,_*_i Nous sommes restés quel- 
ques jours à la campagne. 

oK^I Ç ^.ÀJ j:-..LJ^ ^v. :: ^ Lj' Je suis allé à Blida 
accomplir quelques affaires. 

, »;! jobLJ ►s'— -I., * 'If r.^ ^ Il a rassemblé ses 

quelques deniers, et est parti pour Zmyrne, son pays. 

Le nombre des mots de cette nature est très limité ; 
l'usage les apprendra bientôt. 

DIMINUTIF (V. p. 29 i) 

Le diminutif des noms et des adjectifs, usité princi- 
palement dans le langage familier, indique la petitesse 
ou la grâce des objets, et donne en certains cas une 
tournure plus modeste à l'expression. 



DE LANGUE ARABE 587 

Règle générale. — Le diminutif se forme toujours par 
Tintercalation d'un ^j (?) après la seconde lettre du mot. 

Exemples : 

NOMS SUBSTANTIFS DIMINUTIFS 

5 — jS chaise, c~°. t^ petite chaise. 

*j-$-ï café, ^_w^_3 un peu de café. 

s >*—&-* place, lieu, ^_>_,_^->» petite place. 

JL_*iJ trou, .^—^.^-Lj' petit trou. 

On dirait familièrement par exemple : 

Lxj<-p 2^-^-3 v ,y-J~J ~i> *—-—?— =^ Voulez-vous prendre 

un peu de café avec nous ? 

v «j^iajnjjB o .ujI Asseyez-vous à cette petite place. 

Le diminutif arabe (au singulier masculin) doit tou- 
jours être de cinq lettres ; c'est pourquoi les mots de 
trois lettres seulement redoublent le jî du diminutif, 
comme : 

±-*J$ mouton, diminutif £ — -ï 
^^wl_? cœur, ,^-JU 

u , ; haie, v-^j j 

ou ajoutent à la fin du mot le s dans les substantifs 
féminins à forme masculine comme ; 

n _*wi, soleil, * «-^ 

,ju— ^ fil le . Ajw.-x_> 

j,_Lj ville, » A-^-i-j 

On peut encore augmenter l'idée diminulivc des mots 



588 cours 

formes comme >'--• ,î de io.« une rose en en redoublant 
le _- : si donc on prononce »-X_ j.^ on exprime une très 
petite rose, et ainsi du reste. 

Lorsque le nom est de cinq lettres, on évite la forme 
diminutive, à moins que l'avant-dernière lettre ne soit 
un ', un » ou un __, auquel cas on la retranche, 
comme cela a lieu pour certains pluriels (V. p. 580). 

Exemples : 

_L._i-.-" clé, diminutif ( [ ) _::_,.£_* 
<~ J C 
s :jjj-~£ cotïre, v jj^jl^o 

J -• ^_j baril, S—*—- H 

Par des motifs analogues à ceux qui ont été exposés 
à l'égard des pluriels par î (V. p. 579), lorsque la 
seconde lettre du mot dont on forme le diminutif est 
un ' ou un j, on la change en -. Par exemple : 

,b maison, diminutif iy->.^ 

x •'— j porte, , *-» _»j 

v _-._.< puits, H^-f 

«O-^-J chambre, ^_ ^j 

Lorsque la troisième lettre est un I, et quelquefois 
lorsqu'elle est un -, elle se transforme en un j; qui 
s'insère dans celui du diminutif, comme ^sS } livre, 
diminutif ._, -——, petit livre, etc. 



1 On devrait plus régulièrement prononcer ^_^_X_^_jL*a . C'est 
un cas analogue a celui qui est mentionné dans la note de la p. 580. 



DE LANGUE ARABE 58 ( .t 

Ceux des diminutifs dont il vient d'être question, qui 
ne sont pas terminés par le >', prennent quelquefois 
arbitrairement cette lettre. Ils forment tous leur pluriel 
par l'addition de la terminaison o' . 

L'usage algérien donne à quelques adjectifs une 
forme insolite de diminutif. En voici des exemples : 

\-*-*-£ grand, diminutif ,_._ T 

/ 

y-~-*-»e petit, , . — *_.<r 

l_> *_L long, J^j ,-- 

y s 

y c / 

. <p--~y blanc, -a — > *_j 

Ces diminutifs forment leur féminin par le ï et leur 
pluriel par la terminaison »_> (V. p. 577). 



CHAPITRE IV 
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE PRONOMS 



DU PRONOM PERSONNEL 

Cette question a été traitée au point de vue du lan- 
gage oral, p. 26 et suiv., et sous sa forme régulière, 
p. 345 et suiv. Je ne puis que renvoyer à ces articles. 
J'y ajouterai seulement les particularités ci-après : 

Si le mot auquel on joint un pronom alïîxe quelcon- 
que est terminé par le », cette lettre devient alors, 
comme dans tous les autres cas où elle cesse d'être la 
dernière du mot, un véritable .o, aussi bien pour la 



590 COUR8 

fornic que pour le son. On dira donc : A-*i Jl le cou, et 
s^Xj^J. ton cou, etc. 

Quand le j? afiSxe de la l"' personne doit être ajoute 
à un mot terminé par un \ un - ou un ^c, c'est-à-dire 
par l'un «1rs sons voyelles â, où. i, il se prononce ordi- 
nairement j: ya par euphonie. Ainsi, par exemple : 
^j , mon père ; 1—-— (pour .. r ^..^), ///a /n/>r ; ILc 

sur moi, etc. 

Le pronom afïîxe ne doit pas se rencontrer dans un 
même mot avec l'article déterminatif J! le, la, etc. 

Il v a deux mots dont on fait un fréquent usage en 
Algérie, et qui s'emploient toujours devant un nom ou 
un affîxe, pour indiquer la possession, ou le rapport 
d'annexion, comme notre préposition de. Ce sont f\-u> 
propriété, jouissance, usufruit, et JLo qui a à peu près 
la môme signification. Exemples : 

_;'._.<;_.•> ,h}\ 5Âs Cette maison est à moi. 

s *£JLo iojj) Le cheval de vous (votre cheval). 

, Jl_CJI ,k pLx_v» De qui (à qui) le chien ? 

^jXJUo j.-* '--j Voici le vôtre. 

» ft.sL^» ' j.» C'est là le leur ? 

PRONOM m ARTICLE DÉMONSTRATIF, CE, CET, ETC. (V. p. 356) 

Le démonstratif peut être considéré comme article et 
comme pronom : comme article, quand il est l'expo- 
sant nécessaire du nom, par exemple cet homme, cette 
i ille : comme pronom, quand il tient lui-même la 
place d'un nom, et qu'il est le sujet d'un verbe ou 



de la:>jgue arabe 591 

d'une proposition, comme : cela est bon, celui-ci con- 
vient. En arabe, dans l'un et l'autre cas, il s'exprime 
par les mots suivants : 

POUR LES OBJETS PROCHES : 

lô et taLa ou ÎJ-a ce, ceci, celui-ci. 
»jus ^3 La — ^i-a cette, celle-ci. 

Ujj-» — îjô.a ces, ceux-ci, celles-ci. 

POUR LES OBJETS ÉLOIGNÉS : 

(en ajoutant le ^f) 

O.r'5 et viT'lJ» cela, celui-là, etc. 

sj^Co e/ ^jXô.a féminin. 

v^Tji el c^3-> pluriel des deux genres. 

Lorsqu'on l'emploie comme article démonstratif, le 
mot qui le suit doit commencer par l'article J'; il se 
prononce constamment x~a>, et il n'y a pas lieu alors 
de se préoccuper de sa voyelle finale. Exemples : 

JJLc J^J! lÂ-a cet homme (est) intelligent. 
ïj-.-J' ï)ï^\ j;i-a cette ville (est) grande. 
^__J r Ji ULaJI Lj_a ces femmes (sont) gracieuses. 

Quand il est employé comme p/'O/iom démonstratif, le 
mot qui le suit ne prend pas l'article Jl ; ainsi l'on dira : 

JiLc J^, Î3„a celui-ci (est) un homme intelligent. 
i>-^-4 -^-j »«i_» celle-ci (est) une ville grande. 
^_£y> L-J IjÀ.» celles-ci (sont) des femmes gracieuses. 



COURS 

La ('anse logique de ce fait a été développée ci-dessus, 
page 358. 

On voil que le démonstratif s'accorde en arabe avec 
le mol qui suit, parce qu'il est toujours censé s'y rap- 
porter. 

Il faul ajouter au démonstratif '.xa> le mot_}»U voici, 
qui est formé de l'expression démonstrative U suivie du 
pronom personnel de la troisième personne, de cette 
manière : 

m. si nu. jj*La voici, fém. ^L& 

" [pi. 2 g. lili 

^jS"jjtLs> voilà, ^tS^aXi 

Le mot -ï^ répété est, comme on sait, l'expression 
des huées de la populace en Algérie. 

PRONOM 01" ADJECTIF RELATIF OU C0NJ0NCT1F 

(Voir page 49, 1. 15 et suivantes, et page 360 et suivantes) 

DE QUELQUES AUTRES ESPÈCES D' ADJECTIFS 
OU PRONOMS CONJONCTIFS 

V. p. 366 et 369) 

1° Pronoms interrogatifs. 
2° Pronoms indéfinis : 

Quoi, î*\, _j_i-i.i. 

_jjL_i,l «jJt-> '--* s_^Cx_^ *)LS ïJ-JLs 11 a quelque chose 
à vous dire, je ne sais quoi. 

Quoi que, quelque chose <\w>..., U ^jJs. 
_~ ,jX.L.--'_; L= J J^-ft-î '-- i/l Quoi que vous lui disiez, 
il ne vous croira pas. 



DE LANGUE ARABE 



593 



^ Jï- 



Ce qui, ce que, '—-, jJ! , ,p. 
Jj-à-j U ^_* j-so II sait ce qu'il a à dire. 

Oui (en parlant des personnes) . r ^, j 
U. a» . K - ou Us. —Ci;.' J J— â-ï c-- *-sr- ; — ' Pouvez- 
vous me dire qui est venu ? 

Quelconque, & J\ (quel qu'il soit) ^_^^> ^ j^L. 

Qui nue ce soit, .& J!. 

Chacun, J-^L Jf. 

Chaque, chacun, l'un, j^U' (l'un) ; j^J^Jt, (la tête), 
en parlant des animaux ; L-^-s^! la graine (la pièce) 
pour les fruits, les œufs, etc. — Quand il s'agit d'un 
même prix attribué à chacun des objets de même 
nature, on répète simplement la quotité du prix. 

Exemples : 

jjJù.o L... » c\ à «s-dv *_i_xj j^ \j\ Je les ai achetés cinq 

soms chacun. 
s-tCiJ iLix iLâ^ Dix francs chacun. 

Quelque, un certain, etc. ja_*_> quelque chose ja-*-> 
L&.L». ; quelquefois oU-* (*=-*-? . 

Quelqu'un, a=Jj (un...). Quelqu'un est venu La. j-^'. ; 
(s'il s'agissait d'une femme, on dirait s'-Xa^), etc. 

Quelques-uns, aucuns, certains ^a-x-J'. 

Les uns, les autres, s'exprime" par le mot ^.*_> suivi 
des pronoms afïîxes ; il est quelquefois répété. En voici 
des exemples : 



594 cours 

^.x-j L-^aju-i *> L ,u UUc Nous avons pris un arran- 
gement les uns avec les autres (entre nous). 

as-su ^-^-^-x_' a/ '^JjC_- '^j 1 ^ Ils causaient entre eux 
i les uns avec les autres) 

Personne, aucun, nul, :..\ , ; - -^, iJ-a. ou j_^ (avec 
un verbe négatif). En parlant d'un être femelle, on 
dirait ifj-aJ. c _<_=>.. 

. : à. \ f l» j.^'a ..-^ Personne ne m'a parlé. 

j~x c^-^ 9 '--- Je n'ai trouvé personne. 

/ ne personne, se rend par J-^Ji J-=Jj un homme ; 
is\j~J\ --^' ; une femme, etc. 

L'un cl l'autre, -.jJJl; w^jlJ'Y! (les deux); _.,j *, 
T ., ,. r __> (à deux, tous deux) entre deux. 

M l'un ni l'autre, kJS"\^j> n — !jj> Y (ni celui-ci, ni celui- 
là). On se sert plus ordinairement de AaJj -~-^ aucun. 
Exemples : 

Je n'ai vu ni l'un ni l'autre : ^tf lij> Y_j 13^^ o^ U 
l°(je n'ai vu ni celui-ci, ni celui-là); — 2° ^ oa^ t» 
*-^jl^» j-.^L (je n'ai vu personne d'eux) ; — 3° par néga- 
tion absolue : J-£JIj ^-^.^.^ '..-- (je ne les ai pas vus 
du tout). 

/ n nuire, pJ _\^' ; ; d'autres, .*-> fà.1 J^lj ; ou simple- 
ment j-=*\ et au pluriel *_j*-àJ ; féminin singulier 



DE LANGUE ARABE 595 

Rien, A-aLa. ^—^ (accompagné d'une négation). Le 
mot <--^-=» n'est pas négatif, il signifie jusqu'à, même; 
avec une négation exprimée ou sous-entendue, il veut 
•dire : pas même.... 

On, se rend par le pluriel du verbe ; on me l'a. dit : 
J LJli (on m'a dit). Le pronom /' ne s'exprime pas. 
On sous-entend ^-LJ! les gens, que l'on peut exprimer 
dans tous les cas. 

La plupart, iL_£_\Jt. 

Moi-même, toi-même, etc., se rend par les pronoms 
isolés, suivis du mot ^j}'-! (en personne . il est venu 
lui-même, ^' JJ'o y& U.. 

De moi-même, par moi-même, etc., s'exprime par le 

mot ~ 3 , suivi des atïîxes. J'ai fait cela moi-même : 

C J 
IJ-a O-La-s _^. , ; pour moi-même _^ ,_. . 

Moi seul, toi seul, etc., s=J* (ou mieux j^i avec les 
pronoms affixes : moi seul, ^50*-=^ ; nous seuls, U.xaJj. 

DE L'ARTICLE DÉTERMINATIF ET DE SON EMPLOI (syntaxe des noms) 

(V. p. ls. 1. 6 et suiv., et p. 355) 

Il consiste dans les deux lettres J' el, qui équivalent 
à tous nos articles le, la, les; cet article arabe est 
entièrement invariable. Il sert : 

1° A distinguer un nom déterminé d'un nom indéter- 
miné : JaJ! l'homme (dont on parle) ; W U, un homme 
•(quelconque), etc. 



596 cours 

J \ indiquer le rapport d'annexion entre deux noms 
déterminés, d'après cette règle fondamentale : 

Lorsqu'un nom gouverne un nom déterminé, ou que 
plusieurs noms se gouvernent successivement, on ne met 
jamais V article qu'au dernier, à moins que celui-ci ne 

soi! un nom propre, naturellement déterminé, OU un 
mot suivi d'un pronom ujji.ee. Exemples : 

— ._^ ' ■ _.. La porte de la prison. 

,_^ ta ^-JUs La leur Ire de la maison d'Omar. 

«toliJI --_,,_C_^ w .'..« J_aJ _'..:_i.- La clef de la serrure 
de la porte du tribunal du cadi. 

çù^s, ^Ls^ La bride de mon cheval. 

Si le dernier des noms en annexion est indéterminé, 
on n'emploie pas l'article : 

— _:x > .'_.' La porte d'une prison. 

On se sert aussi du mot o 1 -.- | V. p. 590) pris comme 
de, et alors la construction est la même qu'en français, 
quant à l'emploi ou à la suppression de l'article déter- 
minatif. exemples : 

Le livre du caïd JoliJI ^J.„;<, ou Joli)! ^ ^UJÎ! 
la roule d'un jardin .,'_. - ._^ r,U._- wiotJaJl. 

On se sert aussi de J'_o au lieu de c-l^ 8 , mais plus 
rarement. 



DE LANGUE ARABE 



597 



CHAPITRE V 

ADVERBES, PRÉPOSITIONS, CONJONCTIONS, INTERJECTIONS 

LOCUTIONS ADVERBIALES OU PRÉPOSITIVES 

(Voyez p. :'.72, 428 et suiv.] 

ADVERSES 



.'_J 



\ oui. 



L 



ICI 



.e—a-j oui (plus poli que le ^f ^ ■*—& là, là-bas 
précédent) . Interr . 
Plaît-il ? 



W, Y non mégation générale). 

L^j ne.... 

VI seulement, sinon, excepté 
(contraction générale 
de o^ si. e t de V 
non) . 



3 là -bas. On dit aussi 



&,_.> assez, seulement (On y 
joint aussi les pron. 
afflxes : ^^-^^ j'en 
ai assez, ^1^_j tu 
en as..., s£, > il en 

a... . La£^._j elle en 
a assez, etc.). 



Les adverbes et les prépositions proprement dits sont 
peu nombreux en arabe ; on y supplée d'une manière 
en quelque sorte artificielle, dont i! a été question 
p. 429 et suivantes, conformément à un usage à peu 
près général dans toutes les langues, et que l'on acquiert 
spécialement par la pratique. 



598 



PREPOSITIONS 

PR] FIXES 

par, au moyen de, sur, etc. i — ^ 



de (ex 



^S connue. 



^J a, pour, vers. 

Ces prépositions se joignent 
aux noms qu'elles gouvernent: 
LojtlLî iAJ ^=> il l'a frappé avec 
le bâton, jXJ C^_i_s L*i" comme 
je t ai dit. Elles ne sont jamais 
liées au mut qui les précède. 



jj.\ (ordinairement contracté- 
en J ), vers, a (indique 
le mouvement). 

^wt sur, contre, dessus, de- 
(remplace ^). 

• y_* de (ab*) (très peu usité,, 
remplacé ordinairement- 
par J-*). 

2_ dans, pour, sur. 

(V. p. 52). 



PRINCIPALES PREPOSITIONS 

ET LOCUTIONS ADVERBIALES FRANÇAISES RENDUES 

EN ARABE 

.4 i-ause, _l>LrL 1—s. 

ailleurs, ,_^L\ j>.-^*,-*> 1— . 

A insi, \J-jL.sb . 

Mors, «JU-à^JI &X> 1_ . 

Alternaticement, JiJ\JLlb ; ûu <^LlL> 

*_J ; devant un verbe 



Après, 
Le 



.^ — s , rarement). 



Assurément, ^ <v_l_».-x> . 
Aucunement, ^J_5LJL.> . 
Aujourd'hui, ^^-^Jl . 
Auparavant, Ls, et ,1^9 ,\y*- 

AuprèS, f\wX-S ; „x ^_£ ; .clj^.. 

Aussi, ia-SLS; 15-ib '; >a_*\>, — 
autant que... ^_jl~*£ ; Jls.'vi' . 

\nnit, Jy_. — s (suivi d'un verbe, 
Le l_^_à ) ; avant qu'il /tarte 



DE LANGUE ARABE 



ZP- 






: avec les 



affixes, on emploie 
acant moi , «_J— c 



Acec (ensemble) ç_^c . 

Bas (em ,J-ft-*«;\ . 

Beaucoup, ^_s\ ;Jb ; ,-J^; ^«jb 

Bien, f _;jL<; l_ — 3»; ç_^Db . 

Bientôt, t-«.-s _à . 
Cependant, •+-£ s ù ; _-oJb . 

C'est-à-dire, ^^^i^st-i . 



Combien, 



'l*. Jàb 



Comme, k _jB_^_S' (V. j4mss/) 
Dans, 1_ : ^sJLi 1_ . 
Dedans, ^\.. **)>. 



Dehors, .Là-; 



Dé/à, \Joij : ^X J'\jo*_v 

Demain, \j^_i : s^j^i . 
Après-demain, s^^X-i _ ^_i . 

Depuis que..., ^^» (^\ ^>o). 
Derrière, L; ^_ji.A.^à. . 



59» 
Dès, ^_^ : JJ» civJj. 

Dessous, sous, v^-s -5 . 
Dessus, sur, v_2^_s, le. 

Deoant (vis-à-vis) JULô, ? Lx.â. 
Par devant, ? \>Â_s • »_>*. 
Donc, ^b^\ . 

Dorénavant, ■_? •> »^ bL* • »>$. 
Doucement, \jk L.« \_x :L« ; 

Encore (V. </e J'ttfee itératioe, 

p. 555) ç»â.\ 8»Ia (une autre- 
fois). 

Encore iV. Jl: bc, p. 553). 
Enfin, L^oLsM. 

Ensemble, \y+*s L^ (en totalité)' 

Jbl-^b . 

Entièrement, Jy-^ (adjec). 

Entre, ^ — ,v_> (suivi des pro- 
noms affixes O^ X_-^_> . 

b-^_Jb_-v_> entre nous, etc.;. 

Enrers, ^c ; »— s. 

A l'enrers, \ s^JJL^JLv. 



600 co 

■tentent, \v*o \+~c. 
- !«iUib : *>Jo-jL5b . 

nient, ^A-^-vwJb . 

Franchement, '+■■ «_^LJb . 

Gratuitement, V L>'> > . 

Hâte à la... J\J a '_jLjb. 

Heure (de bonne...) ^ ,X-> . 

Heure (tout-à-1'i au passé : j\.b_*i ; 
au futur iA_£a^à \j£jt . 

Hier, .LJ) ; ^^t\ ; Arant-hier, 

Improoiste ia 1' a_)i_a£ i^ . 
Injustement, *_l_kJb . 
Inutilement, ^l_l»bJ\ 1_ . 
Jadis, qL- « ; . 

Jamais, \*x >\ ; on dit aussi : 

^iT-^-c : ^ ,-,,.£; '/<; ma oie, rfe 
ia rie, etc., avec une e.xpres- 
-i "il négative. 

Jusqu à m me, ,-^-=*- 



Xa-aj (éloigné); de loin 

vX_ » — j . _.*j e t ^xxjij . v>o . 

ne, ^.^S; ^\ CUà« . 
Lendemain, \jLàJ\ , 3\J3\ ^<v-J\ 

Maintenant. C-^-à^Jl 13 . 

Mieux, »_^.à- : ■ ...-^ \ 
^ .. ^ 

Moins, prép. _^.i : adv. ,J~J\. 
0(/, ^y->U ; -.-As . 

Parmi, ^r-~>; 2_ (V. Entre). 

Partout, i j _,o_*a ,_)— ^ ^— : 

/'".■>• du tout, J-5Jb . 
Pendant, 1 ; pendant Que... 

Peu, iA-jj ^o . /^m à peu (V. 

Doucement). 

\ peu /ires, j—sb"?.. 

Peut-être, ._£_<,_> . 

Plus, davantage, „_x_£l . 

Plutôt [V. Mieux-). 

Près, ^_^_> ,i ; ->^£ ; ? \j>i . 



DE LANGUE ARABE 



601 



Probablement, l_^_à a . 
Rien, jv-wl-»,, _X_~w . 
Sans doute, ^X_^o \L.> . 

Secrètement, _**JL> , JuoLsà^ta. 

Selon, d'après, .A-* . 
Seulement, M\ ; £ „_> . 
.So/ï .' 1/1 *_L-£ Lo . 

Tantôt... (répété) sZ-o, iA_cl_-*o, 
(répétés). 

Tard, ~^Ly^a . (C'est un adjectif 
qui peut prendre le féminin 
et le pluriel, il signifie : 
tardif. 



Il est tard, Jlsrl ^-^.-o (le temps 
s'en est allé). 

Temps en temps (de) ^^s. iAeL«j 

AfiUtO. 



Toi, ^5 r JL t v . 

Toujours, *->\>; L-^b et Up.). 

7om£ (entier, adject.), ^J—ok . 



(la totalité). 
Tout d coup. -,_x_*.\ 1_ . 

7owî d l'heure (au passé: i/vL^i 
un peu avant) (au futur: 

Tout de suite, C^s^Jl \3 ; pL«j ^ 

Très, c_s\lJb (V. Beaucoup) se 
place toujours après l'adjectif. 

7>o/>, ^jl^Jb (V. Beaucoup). 

Trop de... job yJL> (avec excès) 
se place après le nom. 

Veille (la) - ,L^Jl . 



Vigoureusement, s« 



à H 



Violemment, , « jJL> . 
A ÏS - a ■ r />■ , aJ L^_s . 

Vraiment. »_ji_-«._jL_sr{Jb 
39 



602 



CONJONCTIONS 

Soit (répété U>; (répété); Soit 



cous, soit lui, v* Ls C-o\ L> . 



/ '"infant, 

Toutefois, I 
l 'ependant, \ 
Mais, car, 



^Y. 



vérité 



Parce que «Jal-â. ^_ 



Et, * . 

Qu< . ^J\ . 

de ., afin que, £>\-i • 
Si, \>\: ^J . 
o«, ou bien, *\ ; ^\ « . 
Quand môme, a_-a . 
M, "v : ~Va peut se répéter) . 
Puisque (comme) v _a_^_S' : \>\ . 

INTERJECTIONS 

.\ll<m.< .' coyons! courage! cOo^. ; L^\ . 
Oui-dà! oh! iétonnement). s' > . 

/'/«>■ courent...: (doute), £_.> & ,. > . 

Voyons (curiosité), \,\ ; ^j\ _> \ A ; ( ^\j.'S peut être employé avec 
des verbes ). 

Attention .' gare! prends garde! ^jX-Jb (a le féminin et le pluriel 
comme un impératif ^-^Jb ; \_^-<Jl> ) ; quel(|ues-uns conju- 
guent j£Jb comme un verbe a l'aoriste : ^«OIa-j il prend garde. 

Vite! tôt! &L«j 3 ; imême observation que pour le précédent). 

Halte! ^_j>-sa,\ : (impératif usuel d<- ^s^ | . 

Hé! ohé! (pour appeler), L. v ; ç^.^o\. 

Pardon .' I iôl_a. , s'emploie avec les pronoms aiïixes de la 

deuxième personne : ^f\ *'*\ *-, etc.. pour demander excuse- 
il un mot ou d'une idée impropre. 



DE LANGUE ARABE 603 

DE LA NUMERATION 

Voir page 53 et suivantes, et 328 et suiv. 

REMARQUES SUR LA SYNTAXE 

(Voir Livre IV, page 412 . 

Elle est très simple dans l'usage oral, et peut facile- 
ment être exposée et comprise au moyen de peu 
d'observations et de quelques exemples. Un point 
essentiel à remarquer, c'est que le langage ordinaire 
n'admet pas les expressions figurées de notre langue, 
et qu'il faut presque toujours se borner à reproduire 
l'idée de la manière la plus simple et la plus directe, en 
n'employant que les mots indispensables. 

Voici quelques faits saillants et choisis, qui pourront 
faciliter la pratique. 

Les articles indéterminés, un, du, de, etc., ne s'expri- 
ment pas habituellement : J'ai reçu une lettre >\-; ^•'•- "•■=>■; 
— Il a du pain, y_*-à. »a_lc. Un, une, peuvent se rendre 
aussi par *x=Jj. — Un homme, W W-' ~-^-', — Une 
femme, 2ÉL-4J! j_aJ.. 

Une même préposition française, comme tout autre 
mot en général, se rend souvent en arabe par diffé- 
rents mots, suivant ses diverses acceptions. Voici des 
exemples : 



jLac-U çZ-6J> g>\. Je vais à Alger. 

JTLj si—Le! Il lui donna à manger. 



604 cours 

>.',-> — • (L'homme ■■'// bâton. 
oLLc _ £[~, ._& tl demeure à Bône. 
,L*Jti _\_\_- Je loue ii l'année. 

Les degrés de comparaison s'expriment des manières 
suivantes : 

1° Les adjectifs formés comme ^--^et , r? *~=, peuvent 

prendre la forme comparative et superlative : ^-J! plus 
outrés grand; ^^x^ plus ou très difficile. Le que de 
noire comparatif s'exprime par ,.y>. Exemple : 

.x.».^ K - y ^S\ Plus grand nue Mohammed. 

2° On peut employer l'adjectif simple, et le faire 
suivre de la préposition ^U sur. 

i_JU v--*-.^ J& 11 est plus petit (ou plus jeune) que lui. 
3° On peut aussi exprimer l'idée comparative par 

.^ yjJ'l , plus que... 

_ .LJI y> ^JL^I ., — M .ys-»^ s 'i H est P' us malade 
aujourd'hui qu'hier. 

4° Mieux, meilleur que, y y.^ ; meilleur que toi 
^S-;—* v — a ; on peut dire aussi : ^> t*— aJ. 

• \Idiiis. J._?' (moindre) en parlant des qualités. 

LJLà -' J-s! JU Sa fortune est moindre que l'on ne 

disait. 



DE LANGUE ARABE (Ï05 

6° Moins, en parlant des qualités, comme moins bon, 
moins grand, etc., ne peut s'exprimer directement en 
arabe. On dit alors : pas bon comme, pas grand connue ; 
ou bien l'on prend l'idée inverse avec le mot plus, plus 
mauvais que... plus petit que... Il est moins grand que 

lui : 

^-sl- t S S->.j-^ <~ ■ j* '--S ou '■-'"-* *^=-^ (P as long- comme 
lui, ou plus court que lui). 

7° Pis n'a pas d'équivalent précis. Il faut le détermi- 
ner par un adjectif, et dire : plus mauvais, plus méchant, 
plus laid, etc., suivant l'idée qualificative. Exemple : 

^_jlp _<Jl îijJj ^S^ ^.......i J^' !àj» Cet homme (est) 

méchant, mais son fils est pis que lui (plus méchant). 

Le superlatif absolu très fort, etc., se rend par les 
mots w JjJ L , j—wi-S', V -.L.> placés après l'adjectif ; très 
bon, , — ,L> ^A-?, etc. 

Le superlatif relatif, le plus, etc., s'exprime tout sim- 
plement par l'adjectif qualificatif précédé de l'article J! 
Exemple : 

^_uc J,! ^Jljî^js !j_a> C'est le plus beau que je possède. 



606 



(JIAPITHE VI 

APPLICATION 

Les notions précédentes du mécanisme plus ou moins 
vicieux du langage usuel ou vulgaire, doivent être, 
ainsi que je l'ai dit, développées surtout par une pra- 
tique orale persévérante. L'étude par écrit n'est qu'un 
faillie auxiliaire et un appui peu certain de ce travail 
indispensable. Cet appui très secondaire, qui ne man- 
que pas d'inconvénients et qui serait tout seul ineffi- 
cace, peut cependant favoriser une pratique intelligente 
s'il est saisi à propos. C'est pourquoi je donne ici des 
faits d'un style qui a pour représentation directe les 
sons uniques de la parole, mais non les signes de l'écri- 
ture. On en trouverait difficilement des textes en dehors 
des lettres d'affaires personnelles, et l'on ne le rencon- 
tre qu'appliqué aux idées les plus ordinaires et le moins 
élevées. Tout ce qui nécessite l'élude et le développe- 
ment intellectuel par l'instruction et l'éducation tend à 
en effacer les I races, et le ramène aux formes normales 
que nous avons développées précédemment. 

Les morceaux du slyle commun des gens illettrés, 
publiés en divers ouvrages pratiques, ont été rédigés 
pour l'usage exclusif des Français, auxquels on a dû 
fournir les moyens de se mettre immédiatement en 
rapport pour leurs besoins avec les Indigènes. C'est 
ainsi que le premier, M. IL Delâporte, et plus tard 
MM. Martin et Vignard, ont publié, pour l'usage pra- 
tique des Français, des livres qui représentent avec 



DE LANGUE ARABE 607 

une frappante exactitude le langage des relations vul- 
gaires I 1 ) ; c'est ainsi que l'Auteur de ce livre a écrit la 
narration suivante. Mais cette reproduction naïve, qui 
offre aux musulmans un peu scandalisas l'aspecl que 
nous présenteraient les Contes de Perrault, par exem- 
ple, rédigés et écrits par un artisan illettré, et qui n'est 
en arabe vulgaire qu'à cette condition, n'a pour nous 
qu'une portée relative et actuelle, et ne peut servir de 
base a l'étude. Son utilité, indispensable pour nous 
depuis la conquête, à cause des rapports immédiats et 
obligés que l'on devait établir, diminuera peu à peu, à 
mesure que les générations européennes de l'Algérie 
s'habitueront dans l'enfance à parler le langage des 
Arabes, comme cela a déjà lieu, et étudieront plus tard 
la langue dans toute son extension. On nous pardon- 
nera donc ici cette concession à la nécessité encore 
présente ; nous prévenons seulement le commençant 
qu'il ne doit point y chercher des principes, mais des 
faits: celui dont Tétude est assise déjà sur des bases 
solides y trouvera de curieux sujets de comparaison. 

Ces sortes de textes peuvent admettre de nombreuses 
variantes dans leurs formes et leurs expressions, et 
l'on ne doit y exiger que la simple et fidèle représenta- 
tion du langage le plus familier. S'ils étaient écrits 
pour des Musulmans, ils seraient astreints à une correc- 
tion qui ne devrait exclure ni l'élégance, ni la naïveté, 
ou ils attireraient à leur auteur le juste reproche d'igno- 
rance et de trivialité. 



[1] M. H. Delaporte, Grammaire, Dialogues et Fables de Lu 
Fontaine, en idiome d'Alger; M. Martin, aîné, Dialogues; <■! 
MM. P. Vignard et Martin aîné, Fables de l.n Fontaine, en style 
usuel (Constantiue). Tous ces ouvrages, d'une grande exactitude 
pratique, ont rendu et rendront encore de nombreux servie 
l'application de l'arabe aux relations ordinaires et privées. 



608 



XLIII LEGENDE ARABE 






BTYLE OR \l D 'ALGER (a) 



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DE LANGUE ARABE ()09 

XLIII 

TRADUCTION TRÈS LITTÉRALE 

Les aotes se trouvent à la fin de ce morceau) 

Etait autrefois, soixante ans avant l'entrée de* Français à AL i. 

un hommie vieux, on disait à lui El-Fâcl (originaire de Fez), lui 
possesseur île biens 

beaucoup; parmi eux un jardin beau, dans la banlieue de la ville. 
Et à lui trois filles 

belles et jolies comme la lune: et n'était à lui qu'elles. Et le 
vieillard ne voulait pas 

donner des époux à elles, parce que dans son cœur (était) la 
crainte lorsqu'il se séparerait d'elles, il resterait 

seul dans le inonde, et le prendrait la mélancolie à leur sujet. — 
Et 1 us demandèrent en mariage des gens nombreux des 

fils des principaux de la ville et possesseurs de fortune, et n'ac- 
cueillit pas eux le \ [eux El-Fâcî. 

Et quant aux sœurs, était la pensée d'elles s U1 - i e .mariage, parce 
que était tombé leur cœur 

sur trois jeunes gens beaux, camarades avec les uns et les autres, 
(entre eux), elles rencontraient eux sur 

le chemin du jardin, lorsqu'elles montaient ou descendaient (6). 
L'un d'eux (était) 

le fils du pacha; le second, le lils de l'agha, el le troisième le fils 
du syndic des crieurs publics. 

Et le vieux El-Fâcî montait, lui et les filles de lui, au jardin dans 
les jours de l'été ; 

et lorsque était à lui des aiffaires, il descendait à la ville et lais- 
sait les filles de lui 

seules avec les négresses et les nègres. Et les jeunes gens se réu- 
nissaient dans le jardin 

du fils de l'aminé (syndic) des crieurs, et lui proche du jardin 
d'El-Fâcî. Et par la ruse 

des vieilles femmes et les suggestions du démon — la malédiction 
de Dieu (soit) sur lui! — eut lieu la correspondance 

entre les jeunes gens et les jeunes filles; et au moment où allait 
le vieillard à la ville, venaient 

les jeunes gens au jardin des sœurs, et restaient à causer avec 
elles sous 



610 COURS 






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DE LANGUE ARABE 611 

les arbres. Ils demeurèrent ainsi un espace de temps jusqu'à ■ 
que parvint la nouvelle au vieux 

El-Fàcî. Il fut stupéfait de cette affaire, et s'irrita contre les filles 
de lui, d'une irritation 

grande; cependant, il ne montra pas à elles ce qui (était) dans le 
cœur de lui. Un jour d'entre les jours. 

il sortit du jardin avec le matin, comme s'il allait à la ville, con- 
formément 

à l'usage de lui: en sorte que pensèrent les sœurs qu'il était parti, 
et qu'il ne reviendrait pas jusqu'au 

soir. Elles firent le signal qui (était convenu) entre elles et les 
jeunes gens ; et vinrent 

ceux-ci. et ils restèrent à causer et à rire ensemble. Retourna le 
vieillard 

de sa route, et entra dans le jardin, et se cacha entre les arbres, 
et vit 

îles hommes avec les filles de lui. Après qu'il eut connu la réalité 
de l'affaire, il sortit doucement doucement. 

pour que ne vît pas lui personne, et s'en alla à la ville. Lorsqu'il 
monta le soir, 

il ne manifesta aux filles ni colère, ni irritation, et il laissa elles 
s'en aller 

se coucher selon les usages d'elles. Lorsque fut arrivé le milieu de 
la nuit, et (que) il connut elles 

plongées dans le sommeil, il se leva du lit de lui, et entra dans 
la chambre d'elles, 

marchant avec précaution, et un esclave noir (était) avec lui. et il 
égorgea elles. Et par la toute-puissance de Dieu, n' 

entendit pas eux aucun des nègres et des négresses qui (étaient) 
dans 

la 'maison (c). Lorsque fut levé le matin, il dit aux serviteurs 
(qu') ils rassemblassent les bagages, 

et préparassent les mules et descendissent le tout à la ville. Us 
firent comme dit à eux 

le maître d'eux, et vidèrent la maison, excepté la chambre des 
filles : il avait recommandé (à) eux (qu') ils n' 

éveillassent pas elles, parce qu'il restait lui et le nègre un te! 

et (qu') ils amèn iraient elles à la ville. Enlevèrent les serviteurs 
le bagage entier et descendirent à la ville. 

Lorsqu'ils furent partis, il prit les filles de lui. lui et le nègre, 
et ensevelit elles, et creusa à elles 



612 



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DE LANGUE ARABE 



613 



trois tombes, el enterra elles dans le jardin. El après cela, il 
revint lui 

et le nègre.- à la maison de lui de la ville, et dit aux gens de lui 
qu'il avait envoyé les filles 

à la ferme. El après un espace de temps petit, il s'en alla au pèle- 
rinage lui el le nègre. Resta le jardin 

d'El-Fâcî vide un temps long, el il n'\ avail pas quelqu'un qui 
montât à lui. ni quelqu'un qui 

demeurât dans lui. Se détériora la maison de campagn ») et se 
lézarda, et fut abondante l'herbe et devint 

le jardin chaque nuit sortaient dans lui des revenants, et les gens 
du quartier 

voyaient comme de la lumière marchant pendant -la nuit et cnten- 
il, lient comme des cris et desi gémissements et la demande de secours 

Et devinrent les gens s'entretenant sur lui, et épouvantés de lui 
beaucoup : 

et personne ne voulait passer par ce côté-là. Etait dans 

la ville, deux jeunes hommes, ne croyant pas au discours îles 
gens ; 

lorsqu'ils entendirent parler de cette nouvelle, ils rirent de cela, 
et s'accordèrent 

sur ce qu'ils iraient dans le jardin d'El-Fâcî, et qu') ils emmè- 
neraient un 

camarade d'eux, guitariste, il monterait avec la guitare de lui. 

pour chanter à eux et tenir compagnie à eux 

dans cette nuit-là. Ht ils lièrent arrêtèrent) que chacun d'eux 
emporterait le manger, 

le boire ei des bougies, el qu') irait chacun tout seul afin nue 
n' ùt pas connaissance 

d'eux personne. Et était ce guitariste le nom de lui Omar, et lui 

homme 

vertueux, el pieux, et craignant le Seigneur. Lorsque vinl la nuit. 
s'en alla 

le guitariste Omar nu jardin et arriva lui le premier, cl il vit 
ses camarades 

n'y étant pas. Il se mil à ~ promener dans le jardin, ci dans la 
maison, et il trouva 

le monde la totalité) vide, el il n'> avait pas dan- lui marqm 
fils d'Adam d'êtres humains) el il n'entendit que la \ ( >i\ 

de la chouette dans le- jardin, et le- chauve uris dans les appar- 
tements. Il attendit les camarades de lui 



I i 1 i COURS 



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DE LANGUE ARABE Glî> 

deux heures de temps, et lorsqu'il vil eux tarder, il connut eux 

ayant eu peur, et (qu') ils ne 

viendraient pas. Il entra dans une chambre en bas, alluma la 

bougie 

qu'il avait apportée avec lui, et plaça les aliments, et s'assit dans 

le milieu du kobo (d) pour dîner. 

Lorsqu'il eut fini qu'il mangeât, i! se mil à accorder la guitare 
de lui. 

et resta à battre, jouer) et à chanter, et tout (était) silencieux 
autour de lui jusqu'auprès de 

la moitié de la nuit. Lui ainsi jouant et chantant, et voici le pla- 
fond 

craquant sur sa tète, et il entend comme si un être humain mar- 
chait dans la chambre supérieure 

à pas légers, et descendait dans l'escalier. Il se recommanda au 
Dieu l'élevé, le très-grand, 

et leva les yeux de lui, et vit à la porte de- la chambre trois de 

femmes jeunes, belles, jolies, mais la figure d'elles blanche (pâle) 
comme la neige, et elles 

vêtues de linceuls arrosés de sang, et à leur cou des perles et une 
joaillerie (des bijoux) 

n'est pas à elle de prix, et des bracelets d'or aux mains (bras) 
d'elles, et des anneaux d'or aux pieds (jambes) d'elles 

et en la main d'elles des oranges (e), et elles marchaient comme 
~i quelqu'un traînait elles. 

Il connut elles filles d'El-Fâcî. Elles entrèrent (dans) la chambr< 
et firent le salut à Omar 

le guitariste avec leur main, et elles silencieuses. Il rendit à elles 
le salut. Elles dirent à lui 

par signe (qu')il continuât à chanter pour elles. Il se remit à 
jouer, et elles restèrent debout. 

écoutant. Néanmoins il paraissait sur la figure d'elles comme si 
ne satisfaisait pas elles le chant 

qu'elles entendaient. S'avança la (plus) petite Jeune) d'entre elles, 
et elle prononça comme par contrainte 

pour elle, et la voix d'elle enrouée (rauque) et elle dit à lui : Omar, 
ce chant de toi 

ne convient pas ici Les paroles de lui : seulement chante sur un 
air vif: 

» Jardin d'El-Fâcî, dans toi je joue, dans toi !<■ chante, dans 

» toi l'on m'a coupé la tête. » 



616 COURS 

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DE LANG1 I VRABE 1)1"/ 

prit le guitariste dans l'intention de la jeune fille se prêta à son 
désir) et se mit à chanter comme ''lie avait dit à lui. 

Et ''lie tournant dans le milieu de la chambre av v précipitation, 
et jetanl à lui dans le mouchoir de lui 

de l'écorce de l'orange qui (était) dans la main d'elle, et elle aug- 
mentait tournant, et accélérait, au point que 

descendait la sueur de la figure d'elle. Lorsqu'elle eut fini, com- 
mencèrenl les soeurs d'elles 

à tourner comme elle, et elles jetaient dans le mouchoir d'Omar 
des écorces d'orange. Et après 

qu'elles eurenl terminé qu'elles tournassent, dit à lui la jeune 
fille qui avait parlé un peu avant : 

maître Omar, nous désirons loi (que) tu viennes (vers) nous l'an 
venant prochain) comme aujourd'hui (à pareil jour). 

il tais) attention de toi (prends garde) que tu ne sois nonchalant 
en\ ers nous, ou bien que tun'oublie^s nous ; et -i tune- viens pas à non- . 

nous-mêmes nous viendrons (vers) toi. Il répondit par: Audition 
et Obéissance, et elles sortirent silencieuses 

comm? elles étaient venues, et elles ne se mouvaient pas, vous 
auriez dit elles glissaient sur le sol. Resta Omar seul, 

épouvanté, réfléchissant à ce que avait vu son œil. Et après un 
moment long, il entendit 

les filles dans la chambre qui (était) sur la tète de lui criant le 
■cri de celui que l'on tue 

et demandant secours. Mais fut coupé (interrompu) le bruit sur-Ie- 
champ, et il n'entendit que la voix 

de la chouette dans le jardin. Resta ainsi le guitariste jusqu'au 
point du jour, et le vainquit 

le sommeil. Il dormit jusqu'à ce que fût monté le soleil: et lors- 
qu'il se leva était le jour 

près d'être à sa moitié. Il prit les effets de lui et trouva eux 
comme il avait laissé eux; si ce n'est le mouchoir de lui: 

il était ayanl laissé lui avec l<-s écorces de l'orange qu'elles avaient 
jetées à lui ; il trouva lui rempli 

avec de- diamants et des perles, et des sultanis d'or. Il emporta 
un et revint 

a la ville. Et était avant cessé à lui la frayeur; cependant il ne 
parla pas au monde sur ce qu' 

il avait vu par là. Et il resta instant sur instant (de temps en 
temps) pensant à ces filles, 

et s'apitoyanl sur oe qu'elles avaient <ubi : et il implorait. Dieu 
qu'iil leur pardonnât et réintégrât elles sur 

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DE LANGUE ARABE G 19 

l'état antérieur! d'elles. Lorsque fut' complet l'an, il se rappela 
la parole qu'il avait engagée envers elles, et monta 

au jardin d'El-Fàcî, comme il était monté l'année première (pré- 
ôédente) ; et il n'instruisit sur cette chose 

personne, ^près qu'il fut arrivé, il pria deux rak'a -Tics de 
prières) et pleura sur les filles, et dit: Pardonne 

à elles, ù Miséricordieux . et délivre elles du démon le lapidable. 
ht il resta à chanter des chants religieux 

jusqu'à ce que fût passée la moitié de la nuit : el -'tait le point du 
jour proche: cl il n'avait vu personne. Il se réjouit 

de cela et loua Dieu, et fit la prière du point du jour. Lorsqu'il 
se l<-va de la prière. 

il vit les filles debout auprès de lui dans la chambre ; mais à la 
place des linceuls 

qui (étaient) sur elles la fois première, elles étaient vêtues (d ! ) 
habillements beaux, et la jeune fille 

la (plus) jeune (était) parée comme la mariée. Elles firent le salut 
sur lui avec leurs mains, et prit la sœur 

la (plus) jeune la main de lui avec la main d'elle, et elle (était) 
froide comme la neige et sèche (roide), et elle montra à lui 

le jardin. Sortirent les filles de la chambre, et marchèrent dans 
le jardin jusqu'à ce qu' 

elles arrivassent à un endroit, étaient dans lui trois tombeaux 
ouverts. Regarda . 

sur eux Omar le guitariste, et vit dans le cœur (intérieur) d'eux 
les linceuls qui étaient sur 

les filles d'KldÏH i. lorsqu'il vit elles l'an premier (précédent). Dit 

à lui la fille petite la (plus) jeune 

— et la voix d'elle comme si elle sortait de dessous la terre : 
punds eux, et brûle eux, et prie. 

Etait avec le guitariste un briquet pour (qu') il allumât les 
bougie-: il recueillit quelque chose (un peu) de 

broussailles et d'herbes sèches, et battit le briquet, et alluma le 
feu. et jeta 

dan- lui I - linceuls, et il pria. Lui ainsi, el les tilles d'El-Fâcî 
crièrent un cri 

grand, et tombèrent sur la terre évanouies. Elle- restèrent ainsi, 
et Omar ne cessait 

de prier jusqu'à ce qu'elles revinrent à elles, et commencèrent 
les yeux d'elles à se remuer, et la langue d'elles à prononeej ; 

et elles louant Dieu et remerciant lui. Et était l'âme revenue eu 
elles. S'émerveilla 



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DE LANG1 E ARABE b21 

Omar de la puissance de Dieu — qu'il soit exalté! — et se réjouit. 
beaucoup de cotte chose. Etait 

le jour ayant commence à monter. Firenl le salut les filles sur le 
guitariste, et félicitèrent lui sur la force 

du cœur de lui. et elles (étaient) se rappelant ce qui était arrh 
à elles avec le père d'elles. Elles chargèrent Omar 

qu') il allât pour apporter à elles de la ville ce qui était aé 
saire (à) elles, pour (qu') elles restassent dans 

la campagne jusqu'à ce qu'il fit (prit) pour elles un moyen qu'elles 
partissent à une ville autre; et elles dirent 

à lui : Achète à nous tout ce que nous avons dit à toi, et ne *ois 
pas parcimonieux sur rien, parce que 

chez nous (nous avons) par-dessus la bijouterie de nous et l'argent 
de nous, le trésor du père de nous, enterré ici, 

et i! n'a pu emporter lui le jour qu'il a égorgé nous, lui et le 
nègre, parce qu' 

il a craint (que ne) tuât lui le nègre, lorsqu'il aurait eu connais- 
sance de lui (du trésor). Accomplit à elles Omar tout 

ce qu'elles avaient dit à lui, et elles restèrent ainsi plusieurs jouis. 
et lui venait (voir) elles chaque jour. Un 

jour il prévint elles qu'il avait préparé à elles le voyage à une 
ville éloignée, belle. Remercièrent lui 

les filles, et dit à lui la (plus) jeune: Omar, toi. tu as fait sur 
nous tout bien, et tu (es) 

la cause du retour de nous à la vie; (que) Dieu rémunère toi, et 
récompense toi pour les bienfaits de toi. 

Nous allons emporter avec nous seulement la chose légère (les objets 
légers) de nos richesses, et dans elle (il y a) ce qui suffira (à) nous 

pour la longueur de l'existence de nous, et voici les actes tics | 
priétés du père de nous, nous avons trouvé eux avec le trésor: 

prends eux et l'argent que nous laissons, et reste, toi. propriétaire 
d'eux. Il dit à elle: madame, 

je ne prendrai ni le bien de vous, ni le bien du père de vous, et 
lui ne profiterait pas (à) moi contre le deuil 

qui (est) dans le cœur de moi, et le souci qui (esl i dans la tête de 
moi; et après vous je n'ai besoin d'aucune 

chose. Dieu n'a pas donné (à) moi ce que j'implore de lui, je 
rends grâces (à) lui et je me résigne; et s' 

il plaît à Dieu, je sortirai de ce monde bientôt. Leva la tête d'elle 

la jeune fille, et elle vit les deux yeux de lui avec des larmes. Elle 
dit à lui : frère tle moi, seulement loue 



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M (TES 

Pour compléter la tournure vulgaire de ce texte, il manque 
la variété illimitée el capricieuse des fautes d'orthographe, qui son! 
l'ornement obligé d'un style où l'on ne rencontre pas souvent le 
même moi reproduil d'une même manière. Cette légende ayant été 
écrite /"<(//• des Européens qui veulent s'initier au langage usuel, 
j'ai dû apporter dans l'orthographe une régularité sans laquelle ils 
aient pu se reconnaître, mais qu'ils ne trouveraient certaine- 
ment pas chez un Arabe rédigeant dans ce style. Si la science n'est 
indispensable pour lire de tels écrits, il faut, en récompense, 
une certaine habitude du langage et îles mœurs des populations, 
car "ii doil bien plus souvent y devinée ce qu'on a voulu mettre, 
ii 5 a écrit. 

(b Le fait que l'on raconte esl censé se passer près d'Alger, bien 
qu'on ne nomme pas la ville. Celte localité est, comme on sait, au 
bord de la mi de collines où sont situées de char- 



DE LANGUE ARABE 623 

le Seigneur, parce que nous somme? ayant connu ce qui (est) dans 
le cœur de toi, tu crains (que) 

tu (ne) quittes nous, comme nous craignons, nous, (que) nous (ne) 
quittions toi; et si c'est le désir de toi (que) tu restes avec nous, 

choisis une de nous et épouse-la ; nous sommes ayant consenti 
toutes à cette chose, et ce que 

tu diras, cela (est) lui (ce sera ainsi). Il dit à elle: et comment, 
moi. je choisirai parmi vous, et vous 

trois toutes belles et jolies: je ne puis désigner celle-ci ou bien 
celle-ci. Elle dit 

à lui : Parle ; à toi la sauve-garde, et ne crains pas (que) tu fâches 
nous. 11 dit: hé bien! madame, le cœur de moi 

a choisi celle qui a parlé (à) moi dans cette nuit effrayante. Et 
était elle (c'était) la (plus) jeune 

parmi les sœurs. Se réjouit la jeune f ille- de cela, parce qu'elle 
était 

aimant lui. et se réjouirent les sœurs d'elle, (d') une joie bien 
grande. Ils s'accordèrent sur ce qu'ils partiraient 

tous ensemble, et qu'il épouserait lui la jeune fille (au) moment 
où ils arriveraient à la ville qu'ils 

prenaient elle pour but. Ils partirent sur la bénédiction (à la grâce) 
de EWeu. et se marièrent les filles toutes par là. El 

ils vécurent dans tout bonheur et bien-être. Et Dieu (le) sait 
mi hix que personne). 



mantes maisons de campagne. Cette condition topographique a fait 
admettre les expressions monter et descendre, pour dire aller à la 
campagne ou en recenir. 

l ■ Le mot r _.> signifie, dans la localité, la maison du jardin de 
plaisance. Dans une autre acception il désigne aussi un fort isolé, 
une tranche de fruit, un signe du zodiaque. 

(d) Enfoncement cintré en ogive à sa partie antérieure, d'un peu 
plus ou un peu moins d'un mètre de profondeur, au milieu de la 
longueur d'une chambre. Cet enfoncement, situé ordinairement vis- 
a-vis la porte, et garni de matelas et de tapis, forme ainsi une 
espèce de sofa très lias où l'on s'assied les jamhes repliées comme 
s'assoient nos tailleurs. 

e) \ la lettre, des graines d'orange, ce qui ne veul pas dire des 
pépins, mais des pommes d'orange. On a vu page 593, au mot cha 
comment on désigne l'indicidualité, la pièce, l'un, pour les fruits, 
les œufs, etc. 



624 is 

Observation. J'ai rédigé celle traduction presque 
mol à mot, el d'une manière assez littérale pour diriger 
la lecture el l'analyse du texte, mais insuffisante pour 
dispenser l'étudianl du travail el des recherches qu'il 
doit prendre la peine de faire lui-même. G'esl dans le 
même luit que je n'y joins pas une traduction libre. Ce 
morceau, qui n'a aucune prétention littéraire est sur- 
toul destiné à ceux qui l'étudieronl avec soin ; il sera 
au besoin compris par les autres personnes sur la tra- 
duction, maigre les tonnes arabes que j'ai dû donner 
à celle-ci. 



CHAPITRE VII 
DES DIFFÉRENCES LOCALES, OU DIALECTES 

Il serait matériellement impossible de représenter la 
totalité de ces différences, qui consistent en un grand 
nombre de détails minutieux, donl la plupart ne peu- 
vent être figurés par aucune écriture, el que l'audition 
peut seule faire apprécier. On voit déjà combien l'étude 
pratique el directe au milieu des faits est indispensable. 
On peut néanmoins indiquer les points les plus saillants 
de ces particularités. Les différences ipii frappent le 
plus un Européen déjà habitué au langage de certains 
individus ou de certaines localités, lorsqu'il vient à 
changer de lieu ou de relations, ont pour causes et 
pour caractères les faits suivants : 

I Pronociation plus ou moins nette, plus ou moins 
confuse, plus nu moins rapide, à laquelle l'oreille 



DE LANG1 E AB Mit' 62d 

même la [tins exercée doit s'habituer par une addition 
spéciale ; 

2" Articulation différence (Tune ou de plusieurs 
lettres de la langue; son voyelle plus ou moins marqué. 
plus ou moins conforme aux règles orthographiques 
des mois ; 

3° Emploi pour les choses et les idées, de dénomina- 
tions spéciales et de locutions d'un usagepurement local, 
ou ayant en d'autres lieux une signification toute 
différente (1 >. 

Des trois points que nous venons de signaler, ceux 
qui regardent la prononciation ne peuvent guère être 
appréciés que par l'oreille. On peut cependant en indi- 
quer certaines particularités bien marquées. 

Dans Test de l'Algérie, c'est-à-dire dans les villes de 
la province de Constantine, les inlluences du voisinage 
de Tunis se font sentir ; la prononciation se rapproche 
un peu plus des formes orthographiques des mots, et 
les voyelles intérieures sont plus nettement indiquées 
que partout ailleurs. Les consonnes sont articulées 
avec une valeur plus distincte. La terminaison féminine 
_- est souvent employée à Constantine en parlant à des 
hommes. Le ~ est souvent prononcé comme notre •/. 



i Ces faits pratiques ont lieu aussi bien en français qu'en arabe 
el dans toutes les autres langues. Si nous ne les apercevons pas, 
c'est qu'habitués à eux dès notre enfance, ils échappenl a notre 
observation, et que d'ailleurs nous n'avons pas souvent de faits 
analogues a leur comparer. Lorsque nous les remarquons dans les 
langues étrangères, ils nous semblent insolites et inexplicables; la 
maxime évangélique : quod autem oidesfestucam in oculo fratis tui 
trabem autem quœ in oculo tuo est, non considéras (Luc vi, 
peut faire comprendre cette particularité. 



I OT RS 

Dans la province d'Alger, notamment dans cette 
dernière ville, les voyelles sont à peine prononcées, et 
certaines consonnes sont prises quelquefois l'une pour 
l'antre ; par exemple : le o pour le c,», le .> pour le i> , 
le ^-- pour le ri, le ^- pour le \j*, le - pour le j», le 
- pour le -k el le ~ pour le £. Le ;- et le o sont 
prononcés tch dans quelques mots ; on dit, par ex. : 
-^— ~ tchîna, orange, tchk'âtcher, des bas (pluriel 
de \ Li . 

• Dans la province d'Oran, les influences du Maroc 
sont très sensibles, surtout parmi les Arabes ; on 
remarque plus particulièrement une certaine modifica- 
tion dans le son des voyelles, notamment aux environs 
de Tlemcen, dans celle des pronoms >, *> et ,/uue cer- 
laines tribus prononcent eh, /"'/// et kem ; on dit par 
exemple : chèflèh, goll Ihcm, pour chèfloh, k'olt Ihoum 
(je l'ai vu, je leur ai dit). Les consonnes sont articulées 
en certains endroits d'une manière confuse, impossible 
a reproduire. En quelques pays, notamment chez quel- 
ques populations du Maroc, le ~ esl prononcé gue, 
comme en Egypte. 

Les habitants des villes, plus policés par leur genre 
■d'existence el leurs relations, ont en général une ma- 
n ière de prononcer plus distincte et moins rude que les 
Arabes de la tente, dont un grand nombre sont dénués 
de toute espèce d'éducation. Aussi remarque-t-on dans 
les habitudes de ces derniers et dans leur langage, une 
grossièreté farouche qu'il n'est pas sans intérêt pour 
un Européen d'observer. Chez tous les Arabes et dans 
les populations du sud de l'Algérie y compris le Sahara, 



DE LANGUf VB \BI. 627 

an observateur exercé rencontre des nuances curieuses 
et infinies de prononciation qu'il ne serait ni possible 
ni utile de consigner ici. 

Tous les Arabes, et beaucoup d'habitants même de 
certaines villes, donnent au ■. ? la prononciation adou- 
cie que; ils prononcent, par exemple JU tjiil lil a dit), 
et ] j.x^ yt'a'ud (nous avons coupé), etc. Il est à remar- 
quer que-partout, quelle que soit la prononciation locale 
du ^_J, on lui conserve, en lisant le Coran, sa valeur 
gutturale propre, que nous avons représentée, faute de 
mieux par k' lli . Quelques Indigènes indiquent en écri- 
vant, la prononciation gue du , .-en plaçant trois points 

sur cette lettre, de cette manière ^_t ; par une notation 
analogue, ils mettent trois points sous le ^ pour la 
prononciation tch ; mais ces indications sont arbitraires 
et individuelles, et n'appartiennent pas à l'alphabet 
arabe ; c'est un moyen de représenter une prononcia- 
tion étrangère, appliquée d'une manière variable à 
beaucoup de lettres, et qu'on peut assimiler, par exem- 
ple à notre transcription du-, par /.7/, khr, qrh, qkc, 
qr, etc.. ou par un point ou toute autre marque conven- 
tionnelle - . 



1 Kl m Khaldoun, dans ses Prolégomènes, indique la prononciation 
donnée par les Arabes de la tente au ^_i comme un signe qui dis- 
tingue de la véritable race arabe, où l'on a conservé au v_à sa pro- 
nonciation nette et gutturale, les nombreuses populations qui s'y 
sont mêlées. On peut observer ici qu'en français, la prononciation 
de IV distingue aussi pour nous les origines ethniques d'une ma- 
nière toute spéciale. 

(2) C'est ainsi que certains Arabes écrivent les mots : Jjla ^J\ 

il r,>ille, i.^> ^j^Jx£ canon du fusil ^_s eerrou, etc., pour leur usage 

personnel. L'emploi du £ cependant est le plus connu et le plus usité 

parmi tous les signes deconvention. Nous> recourrons quelquel 



628 « "i us 

Lorsqu'à la fin d'un mol la lettre _- doit être pronon- 
cée a, quelques Arabes l'écrivenl sans points diacriti- 
ques : el lorsque le _- final se prononce i, ils y mettent 
les deux points, ou le tonl revenir horizontalemenl 
sous les lettres qui le précèdent, comme dans le mot 

__-" ou . — e'iî. Cette distinction locale est très ration- 
nelle, mais il s'en faut de beaucoup qu'elle soit obser 
vée par tout le monde, el qu'on la rencontre dans Ions 
les manuscrits barba resques. 

Un grand nombre d'Indigènes ignorants, ayant 
observé que l'on met un ! d'union (p. 94) devant cer- 
tains nuits, en placent ainsi presque partout. 

< Ihez les Juifs, surtout ceux d'Alger, l'articulation ^J 
prend un caractère qui les l'ait infailliblement recon- 
naître : ils la reproduisent par une interruption brusque, 
une espèce de contraction gutturale sans articulation, 
qu'il est impossible de représenter: c'est une valeur 
intermédiaire entre le et le p- . Celle prononciation du 
_j par les Juifs d'Alger est semblable à celle qu'il a 
d'une manière générale en Egypte el en Syrie. Indé- 
pendamment de la prononciation du ^j>, les Juifs d'Al- 
ger, plus particulièremenl que ceux di"< autres loca- 
lités, changent en èh toutes les finales a du féminin, 
qu'ils prolongent d'une manière affectée ; ils ont en 
outre un accent traînant el désagréable que l'oreille- 
saisil malgré elle. Quand ils écrivent en caractères 
arabes, ils niellent souvent le ^ à la place du^et 
réciproquement. Dans certains endroits, leur langage 
se rapproche beaucoup de celui des Musulmans, mais 
il se trahit pour l'observateur par quelques expressions 



DE I ING1 I si: \l;i l'pi'.t 

■caractéristiques, soit arabes, soit empruntées à l'hébreu. 
Les textes xi, p. Ils ; xn, |). \2\ ; XL, xu, xi.n, p. 166, 
167, 168, sont des types de ce style. 

Je ne puis que signaler ici l'existence de ces particu- 
larités : leur nature, leur nombre et leur variété ne me 
permettent pas de les reproduire, et une oreille atten- 
tive les aura plus tôt saisies et retenues que je ne les 
aurais développées ; elles ne sont appréciables d'ailleurs 
qu'aux personnes ayant acquis déjà une certaine habi- 
tude de l'arabe, et pouvant déjà établir des comparai- 
sons. Les commençants ne peuvent les reconnaître. 

Quant aux locutions et aux dénominations propres à 
chaque localité, ou qui y sont usitées de préférence' à 
d'autres, elles sont trop nombreuses pour être toutes 
placées ici, et ne sont pas spécialement du ressort de 
cet ouvrage. J'en vais néanmoins donner des exemples 
suffisants pour indiquer en quoi elles consistent. Je 
renvoie pour le reste à la pratique et aux utiles ouvrages 
de MM. H. Delaportr, P. Vignard, et A. Martin. 

LISTE COMPAREE DE DIVERSES EXPRESSIONS LOCALES 
EN ALGERIE ET AU MAROC 

■Comment cous portez-cous ? Jl_3 <^_^ô _X^_^. ^-})a, Constantine : — 
viXJUi- (JoU Alger ; — ^b ^\^ Arabes ; — ^5_v^ - ^-^-^ <-^—^ 
M a roc . 

S'étonner, ^^s^ Constantine : — , ^.^ s — ^~o\ Alger. 

Toux, L-5U\ — }i^*^sz J \ Alger, Constantine, Oran : — pl_a arabes 
de la tente. 



630 ■ "Urs 

.•_iai ,^-o Constantine; — N * — ^> Al^er. 
. >â_* Constantine; — la — --a Uger. 

. aj _i. — l a , Constantine Muer, aj „=»- signifie masure) 

- Or ^ A1 s er - 

' ordonnier, \\~y-A. Constantine el Manu- (a Alger, sacetier) ; — 
^ 5 _2c'j»_A_ji._^î Alger. 

Petit garçon, J-aL Constantine; — wvJ» Alger ; — ^m«o pi. tJôU«o 
Ara 

' iterne, ■— n._^ Constantine; — > ^_^- Alger. 

colon . ^-~~-s Constantine; — Ja_sr£ J^a- Alger. 

1er substantif . \^x_i Arabes; — >^_k_a Alger. 

-. , <v^^o (Constantine; — ,_-^_jU^ Alger; — ;U»4y-o Manu 

ie-toi, i s N ;\ Constantine; — J«A-* Alger; — ^_A_rL — ? ;.&! 

\iabes. 

Tomber, r LAs Alger; Arabes. 

Efre fatigué, ^ ; T Z>\ Sud : — t _^._c Alger. 

i 3 i onstantine el arabes; ,U>-=»- Alger. 

'/', i^.jsr'" Alger; — s.>l_*oa Arabes. 

Entrer, \~À) Alger; — ■ ^x_=>- \rabes, Sud. 

Encoyer, Jus_> Alger; ia_a — '~o — la a..:»; Oran, Tlemcen. 

encoyé chercher, a) C^ùu Li'i Alger; aJ *_2-*.^->..**j Arabes 

_X_^c Alger; — ^-3 Arabes et Constantine; — ,.kx> Arabes 

/.'« plu -_X^iJ\ O-Jh Alger; — '■ a_^.J\ i «JLs Arabes. 

somme, l : — X_-o\: pi. I sU ; Arabes, Tunis, La Calle ; 

expression impropre à Alger.) - s—: \\> Alger. 



DE LANGUE ARABE 63 ! 

Allumer, ^J-a-^j Alger: — ^k>Jo ,£vXS Arabes. 

Mettre le feu, .l_-L_)\ t^*-^ Alger, Arabes; — a *._sL.»J\ LJLj 

Constantine. 

Fermer, gJ— > Arabes; — ^i..l_i Alger: — Ik_^c Maroc. 

Lion, -^_-«._^o Cpnstantine, Arabes; — n. ^_*o Alger: — ? l_i,_^o — 

dwJ Sud. 

Couteau droit, . « — c^XrL Alger : — .»^^o Constantine, Arabes: — 
, c, a, r _9 Arabes. 

y 

En deçà, ^*> Arabes : — L^_* ^.^ Alger. 

£"n <7t7à, ^JL-^Ô Arabes; — .a-^-^J Alger et Arabes. 

Citrouille, iA—jW-S"; — À_>_^_.>£ Arabes; — «A_£ r _i Alger. 

Aooir besoin, i^ÀsrCvol Alger ; — ^iK^ol Arabes et Constantine. 

Trembler de froid, l _£_a_JLo\ Arabes; — .>,.>Jl> ^\.jL> \ Alger. 

Qa'esi-ce çwe <v/a, \J»a ,-X_*c\tt Arabes; — \_XA_^_.^_iô\ Alger. 

Appelez-le, j\ A3 Arabes : — a] k_^_£ — aJ (__S :\ Alger. 

Boire, i î^ Alger, Constantine ; — ^_53j :. Jn; Arabes. 

Faire, -Aj * ^y^3 Alger, Bône ; — , — :.~^— ;. >!■> Arabes; 
^aL^^o^ ^ L«j Constantine. 

Interroger, ^^uuJuu^ ^^.^.k^j Alger; — (JU**£ J'^-> Arabes 

Parier, ryo\j^ Arabes, Constantine : — ,i>ls: J Alger. 

Vi'e/i.s, LJ ^-\ Alger, Constantine; — r^3 )^ Arabes. 

. - y . c y 

Haik (oêtement), ^>X— >>=»- Alger, Arabes; — ^ _*_.=»- Sud : I ^J^-s».- 
signifie un agneau a la Calle, et un mouton au Maroc). 

Figue, >&yoj£ Alger: — j?^^ Constantine: — £r-£— * Arabes. 



l 01 RS 

c^\ — o_-lJ\ ^j>y^>iyS (prononcez karmoûs's i 
^ja^a Arabes, Constantine, Maroc. 

Maïs, ,- a>U£o La Calle el I onstantine en plusieurs 

lieux ia_-L-»^_j signifie sorgho, espèce de millet); a_x_5LJ 
Maroc; - .> au Maroc indique une espèce particulière de 

nrilli't . 

_ s \ ^ J\ Uger; — ,~~J»\ arabes. 

Bail ^Lo. Vlger el Aral..'-; l_x_À_i' frontière de 

• Tunis ; — *—£■-- — ■*--=»- Mar » 

-.— ■— x_!>\ Alger; — C_> <*-~-£— *■-£ Constantine el Maroc. 

rot7e d'araignée, iaJULà. Constantine; — Cj*— <—£->*-£ Alger. 

WwV, _3C-?. Ls». ; — ^, o Constantine; — ? .A_9 Arabes. 

Assiette, • ? _s.-' Constantine; ,«_^w__*_j Alger et Maroc; — 
fà Constantine ^*.^'S signifie plat en métal). 

. \xX-i~i \^x_i Arabes el Sud. 

Beaucoup, («jalyJb — <sûi\ ,.-*=»- Alger; — r ^-l> Arabes, Constantine. 

/i/o.--.-' . ,X_.X-x.^j Alger; — Jt—^-s.-" 3 < 'onstantine : — i Lis - * signifie 
étrille chez les Arabes. 

Beau, . )L^I) Alger; — ^--.U Constantine : - r\-fi-* Maroc. 

Bon, bien, # — ^-1 «j Alger; — \<v-~j \y~o Constantine. 

cco, u^-j-à Alger; — ^J-^ ^ Constantine. 

Calotte, }Ls«iôL£i Alger; .^ ^ Constantine ; — J03J ^1> Maroc 

' apuchon, JLSj^JtJi Alger; A_*Iôlià Constantine 

oMe, A_i>«. ; Alger el Maroc; — aj» V L- ^— «-^ Constantine. 



DE LANGUE VBABE 633 

•Checal, >^a Alger, Arabes ; — >l-*c Arabes ; — qLa».x Constan- 
tine ; — ^} — olj La Calle (expression impropre à Alger). 

Coq, ^^*«) Alger, Constantine ; — r _jJ-s Arabes et Maroc. 

Encre, r _^»_a. Alger ; — ^\>A_>o Constantine et Maroc. 

Nez, ...à-L-Lo Alger et Maroc ; — ^-uu.rL — *_a-^-i Constantine et 
Arabes. 

Perdre, ^_a_L3" Alger; — .)* Constantine, Arabes. 

■Cette rille-ci, ;>\LJ\ ^S.a Alger; — ^$->-*> > < ï^-^ ^JJb Constantine. 

Pistolet, ^^^ Arabes ; — JvJjyk^io Alger : — ^*o\»_a» La Calle. 

Grand plat de bois pour le couscoussou, sA-ax." Alger: — J.s.^iS — 
vA_>L-ft. -^. Constantine, Arabes. 

Cuisine, iA_àrn._k»a Constantine ; — iA_-<*L-oL Alger. 

£/ne fois, »»1\ ^Xra.\o Alger; — sjair\ ^^s-\«» Arabes et Constantine. 

Gombo (légume mucilagineux très apprécié) a— oL^Lo (1) Alger: — 

>A-J> J *-S Constantine. (Le mot ji._-^<vi» signifie a Constantine 

une herbe aromatique apportée du Soudan, et employée comme 
condiment dans la cuisine.) 



(1) Ce nom très usité désigne des légumes et des plantes pota 
gères de diverses espèces. Presque tous les Arabes connaissent le 
nom de meloukhia, mais chaque peuplade l'applique a un aliment 
dilïérent. Chez les uns il désigne le corchorus olîtorius, chez les 
autres, la maloa hortensis, maloa agrestis, l'olus judaïcum, etc. 

41 






XLIV. ANECDOTE EN LANGAGE USUEL D'EGYPTE 

» - ' !,JLi_s >jLk= c^l ». s*£JLil »\ "-} ^_jisî -_>' tab 

' .-- ' il 




I RADUCTION LIBRE 

• m ! in certain imbécile, entrant un jour dans une ville,. 

trouva écrit sur la porte : « Tout étranger qui mourra dans cette 
cité, sera enseveli aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts 
dirhems pour son linceul ». Cet individu qui était plus à sec d'ar- 
gent qu un Juil un jour de samedi, se trouva une fois dans une rue 
'•h présence du roi qui passait. Il se mit .à crier : justice ! (lutter., 
se). — Qui t'a fait du tort ? lui dit le roi. — J'ai vu écrit 
sur la porte de la ville, répondit l'homme, que tout étranger qui 
mourra dans cette ville, sera enseveli aux trais du roi, qui donnera 
quai ms pour son linceul; pour moi vingl dirhems 

suffisent a mon dernier vêtement, et j'ai dès à présent un urgent 



DE LANGUE ARABE 633 

XLV. LA MÊME, EN STYLE BARBARESQUE 




_l. a J-=^ Jl UiJ^ *_ao .»—*— ».-ksl JUg ~-"J y 




^JulJ J Lx^ , .._;.!.. 



.^ 



besoin des soixante autres; comptez-les moi, et lorsque je mourrai 
vous n'en aurez plus que vingt a me donner. Le roi se rail a rire 
et ordonna qu'on lui remit la somme qu'il demandait. L'homme la 
prit et continua son chemin. 

Quelques jours après, il rencontra encore le roi ; il s'arrêta et 
cria : justice! comme la première fois. Les personnes qui accom- 
pagnaient le prince lui demandèrent qui l'avait lésé. J'ai vu, répon- 
dit-il, la nuit dernière, Jésus, fils de Marie (que les bénédiction- el 
le salut de Dieu soient sur lui!) et il m'a dit : « Tu ne mourras que 
noyé. » Je réclame donc les vingt dirl - stant du prix de mon 
linceul, parce que désormais il ne m'est | e. Le roi 

s'amusa de sa ruse, et lui lit donner une petite pension. 



636 



XLVI. FRAGMENT D'UN CHANT ARABE 

Par ben Gtjennoûn, de Mascara 
raphe du texte a été scrupuleusement conservée) 

\S. jjJl b^^jLÎLx Jj Jl 

C M I ° ^ C J . ■; ~ I ' | A | ' 

|j L'y o U 13H a 3 JXj--\JL! 

= ' S f- r fi c 
v ^ n ,. _<^ ^_> ^_*\_j ^ 

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J*J\ Li ^J-J 



UJjI^J, ^ObLd.- 



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; ;_, i c^Li 



DE LANGUE ARABE 637 

XLVI 

TUA DICTION 

Des soucis importants me réclament au loin ; qui 
donc me fera rejoindre ma belle aux yeux d'aigle '? 

Allons ! mon coursier, pour Dieu, vole avec moi ! 

Pour elle je t'ai comblé de soins, et lorsque tu a voulu 
apaiser ta faim, 

Je ne t'ai pas donné un orge échauffé et vieilli ; 

Je t'ai attaché par des entraves de laine, et des fers 
ne t'ont jamais flétri ; 

Je t'ai soigné comme un frère, et mieux que cela 
encore ; 

Je t'ai baigné bien des fois, et pansé avec une étrille 
neuve, 

Les amulettes même qui te protègent sont recouvertes 
de soie. 

Ta couverture est moelleusement garnie, ta selle est 
comme la rose ; 

Je ne t'ai pas abreuvé de l'eau stagnante et croupie 
des mares ; 

Tes épis sont beau, aucun mal ne peut f atteindre ' . 

Ton matin enrichit celui qui est pauvre < 2 >. 

Je t'ai fait visiter le cheik El-Akh'al ; tu n'es pas un 
animal vil, 

Car tu as dévoré l'espace sans posséder les ailes de 
l'oiseau. 

Allons ! mon coursier, pour Dieu, vole avec moi ! 



(1) Les Arabes considèrent ces marques dans le poil des chevaux 
comme des indices de bonheur. 

(2) C'est-à-dire, que sa vitesse et son ardeur promettent ch: 
matin à son maître un ample butin. 



P"° I 01 RS 



XLVII. FRAGMENT DUNE NARRATION 

DE LA BATAILLE DISLY 

Adressée du Maroc à des maures Trarzas 
3 environs de Podor (Meuve du Sénégal) (1) 
ponctuation du texte est reproduite telle qu'elle y a été marquée) 



r tr—i P 1 -■-.-= -.V r u ^ ' — - Jt ^ 3 r-^l : —" 

' ■* L/ '^ w •• i«? » ^ 

j-»3 s^J^Lib >U II 1 l,J,L.Jt II iJL , 

t • c , \ 












1 Je dois la communication de ce fragment a l'obligeance de 
M. le docteur Féraud hls, qui l'a recueilli au Sénégal, et copié sur 
1 autographe, que j'aurais reproduit ici en /ac-similè, si je l'avah 
eu , ma disposition. Je ae puis que transcrire cette copie que l'on 

""■' a " m , xa ° te - bien q«e deux passages [U e j'ai surlignés me 

>ir besoin d'une rectification. 



DE LANGUE ARABE 639 

XLVII 

TRADUCTION LITTÉRALE 

Récit de la collision qui eut lieu entre les Musulmans 
et les Chrétiens : 

(Commencement) (Les Chrétiens) partirent d'Alger 
pour marcher contre les Musulmans. Ils s'étaient por- 
tés sur Oudjda et avaient fait main basse sur ce que 
cette ville renfermait de Musulmans. Quelques corps 
de troupe de Mahi-ed-Din (Abd-el-Kader ben Mahi-ed- 
Din) avaient obtenu quelques succès. La nouvelle de 
ces faits parvint à l'Imam Moulai Abd-er-Rahman 
(l'empereur du Maroc), qui partit aussitôt de Marra- 
kech (Maroc) pour se rendre à Rabat, et fît prévenir 
l'Imam de Tafilalet (Tafilet), qui est l'Excellent Imam, 
et qui est caïd, ainsi que Ben-Amhaouchi, caïd des 
Aïtamer. L'empereur mit aussi sur pied (?) trois de ses 
fils, Sidi Mohammed, Moulai - Sleïman et Moulai Ahmed. 
Les troupes de Moulai' Ahmed étaient au nombre de 
plus de*soixante- quinze mille (hommes) ; c'est le plus 
jeune de ses frères, et celui dont l'armée était la moins 
nombreuse. Us marchèrent vers les Infidèles et en 
vinrent aux mains avec eux. Les Chrétiens employèrent 
contre eux les ruses les plus perfides, qui ne produi- 
sirent aucun dommage aux Musulmans. Entre autres 
machinations, ils leur envoyèrent une mule figurée et 
creuse, remplie de poudre et de plomb, à laquelle les 
Musulmans ne firent aucune attention (qu'ils ne voulu- 
rent pas recevoir) et sur le dos de laquelle était une 
grande quantité d'or. Us envoyèrent aussi à Sidi 
Mohammed une statue d'homme en or, dans laquelle 
était renfermé tout ce qu'on peut imaginer d'artifices ; 



640 COURS 



r*^ -■ - ! ^ — ^ ^ ^'-;' c-^- r^-; - L r>* r*^ 



(/et s'arrête le fragment). -~— ■*--- -- 



U J^ki. .LLpl jJL^.^v 



xlviii. fragment dune lettre 

Écrite par un algérien 






.-- J. IfcJjJLÏ çf' ■ „^*'' .J^' JJ Xi 



XLIX. SPECIMEN DE TRANCAIS 

ECRIT EN CARACTERES ARABES, PAR UN INDIGENE 






DE LANGUE ARABE 641 

il n'y fit pas attention. On se mit en ligne et l'on com- 
battit. Les Musulmans furent renversés sur leuv dos, et 
le carnage en fut considérable. Neuf mille sept cents 
hommes d'entre eux périrent, et les Chrétiens conver- 
tirent tous les Musulmans (?) qui étaient entre leurs 
mains. La nouvelle parvint à l'Imam Moulai" Abd-er- 
Rahman, qui s'irrita contre son fils, Sidi... 

Il est a regretter que ce document ne soit pas complet: indé- 
pendamment de l'utilité pratique et directe qu'on y trouve, c'est un 
monument de l'esprit d'exagération des Marocains, qui trouvent 
généralement, plus encore que les autres populations arabes, les 
bornes de la vérité trop étroites. On doit même leur savoir gré de 
n'avoir pas mis ici le triomphe du côté des Musulmans. 

XL VIII 

TRADUCTION L1TTÉRALK 

Et aujourd'hui nous est arrivé votre écrit chéri, et 
nous l'avons lu, et nous l'avons compris. Et aujour- 
d'hui pourquoi nous ne vous avons pas envoyé la lettre 
au sujet de el-Houcin (Hoceïn) le fils de votre oncle 
maternel, c'est qu'il est perdu (mort). Que Dieu lui 
fasse miséricorde. Amen ! Et aujourd'hui vous nous 
informerez, ma chère petite soeur, sur Lalla Khadoudja 
la vieille, si vous la voyez, ou si vous ne la voyez pas... 

Je ne m'arrête pas à rectifier les fautes de tous ces divers écrits, 
que je donne ici comme exercices et non comme étude. .le ne puis 
indiquer d'autre moyen d'apprécier ces irrégularités, que de se 
familiariser avec les principes réguliers : la comparaison résoudra 
toutes les difficultés. 

XLIX 

TRANSCRIPTION 

Fais ta provision de bonnes œuvres., car tu es au 
moment de ton départ, et le voyageur ne peut se 
passer de provisions. (Traduction d'un versarabe dictée 
à un Indigène). 



- 



L. PRIERE MUSULMANE EN ESPAGNOL 

(Paraphrase du premier chapitre du Coran écrite 
en caractères arabes] (1 

i & y $ . <• c t . s i* ? ... c . s et 



i Cette pièce est tirée d'un manuscrit andalous, d'une petite 
écriture line et régulière, appartenant a M. le docteur Perron, 
«l'Alexandrie, l'un de nos orientalistes les plus profonds. Ce frag- 
ment fui montré d'abord a notre savant voyageur et archéologue 
algérien M. Berbrugger, qui l'a déchiffré, et en a donné une trans- 
cription avec la rectification, dans le journal l'AM&ar. 



DE LANGUE ARABE 643 

L 

TRANSCRIPTION 

(La lettre s est représentée dans le texte par^ ; p par 
y;M ou v par • ; g et gu par i ; qu par o,f; e par 

Îj ou 'j. — Les mots ne sont pas exactement séparés). 

La loacion es ada Allah — Senor de todas las cosas 
kheakadas — elpiadoso debuenos idemalos en este mundo 
— ipiadoso delos buenos enelotro mundo. — Iky deldia 
deljuicio en que valar donara Allah alasgentes por sas 
obras — atu adoramos cou obedencia iumildad iatu 
demandamos aiuda guianos alacarrera dresada — ala- 
carrera deaquellos que hiniste garacia sobre elos con 
laélislam no delos que te ensennes sobre los queson losju- 
dios ni de losiarrados queson los Kiristianos. 

RECTIFICATION 

La loacion esa de Allah ! — Senor de todas las cosas 
khalakadas (*). El piadoso de buenos y de malos en este 
mundo, y piadoso de los buenos en elotro mundo. Rey 
del dia del juicio, en que valor donara Allah a las 
gentes por sus obras. A tu adoramos con obedicncia y 
humildad ; y a tu demandamos ayuda. Guianos a la 
carrera enderezada, a la carrera de aquellos que han 
esta gracia sobre ellos con la ley Islam, no de los que 
te insanos sobre ellos, que son los Judios ; y de los 
yerrados, que son los Cristianos. 



il; Arabisme pour criadas 



, , COURS 

LI LETTRE DU HAMADAR DE ZANZIBAR 








DE LANGUE ARABE 645 



LI 

TRANSCRIPTION 

(Les ^_i et les Ji sont ponctués à la manière orientale). 

^LUI w^*M ^Yi l^ij ^jTy! Lî^.s^U-^ J! 



X^ÏL, JL ^ Li" t. *J Uj L*_^ 5 U- U_J! 

■ t < t \f .1 ; » •• • < ! H ; t 

U-j U, o£Ls ^rJ,U i ,,-G Y^tCLL -*,î, X 
^Lvî.viCJ! UL^rU*_*j _a_\J! .5^ ^, 

çài' J.^1 *Xx-L£ ^JLT^JÎ^jlj Y .^CL^L 3 ^_x_^^-^ 

r _SLJ! J_^. ^_,_^ tULÇ ^lT (JL_i!) JU.il wLl* 
^4 J _LJ L__::_r ^î X dl .U .1 Xi^J 

aV>L ,^hN- »—■=*.-« ■ w OfcJu) JUS ,*/» -J4_.I3.xJ' % \J „___' */» 



u 



y 



( ~,_- ■ l'-i-^-^'v ^-_^_;_A. ) /^:'-^r- > — ' ^L-S--' s_L^r t ! .^Ç.,,-^ 



646 



LU. LETTRE D'UN SULTAN INDIEN 



°o 



LUI. SOUMISSION DE LA TRIBU DES ZOUGZOUG, 

A M. LE GENERAL CHANGARNIER 

c-c-wcf, ls1**cf->s &iU^r Çké?*'* (û 



DE LANGUE ARAHE 



64? 



LU 

TRANSCRIPTION 

(La lettre > est souscrite d'un point dans le texte. Voir p. 141) 



sj IJ 



ivr •• . » > r •• r y v — - ^ 






_) 13- 






Joi 



c 






un 

TRANSCRIPTION 



dS 



-_.^ o£Jb ;&J] ,J r .i. 



L/ 



(L^^_;_0 ) L^_^G r xl ( L M .^ ^ l 



s*5ùU! LJ ( J«j i k«J. b^ ^: v l, (^ ^) ^1 > 3l— e 



cr 



^L~A ^T;!(>JI ^U^siCJ! (^ 



- 



LIV. DECLARATION REÇUE ET ECRITE PAR UN CADI 

Rédaction très confuse 



DE LANGUE ARABE 649 



LIV 



TRANSCRIPTION 

B_3 , _£,l» _ N . y» ,|, »JÏ ' A_i_3 . ^J K * ^ -^ 

j^UJl I. Uî^lcI aj . *_i_j J. oJLJ' >j> ^XU JJ 



îYl. ^ ^U_iï! *i. lJ-^3 ULU^I l^jl i-Li 






W 



1271 

a_a L^ 



650 



COURS 



L V. - LETTRE ECRITE PAR UN HABITANT DE BONE 
A UN HABITANT DE CONSTANTINE 

I 



DE LANGUE ARABE 



651 



LV 



TU WSCRIPTION 



c 

-x. Uus-^l ,..UV . r ...., r x_l' ï t -*^ Ll _-^ j* U 



.1 , ! 









._j , t 






LL 



l_£_^_j *.. ^_jj_j 



iJ! J_^J 



i , 






652 cours 

traduction des textes manuscrits precedents 



Il Lettre du Hamadar de Zanzibar 
TRADUCTION LITTÉRALE 

A la seigneurie de notre ami le très noble, el notre 
trésor très respecté, l'ami excellent, le très honorable 
capitaine. Que Dieu le conduise dans le chemin de 
ceus qui sont bien dirigés ! — Votre auguste lettre 
nous est parvenue, et nous avons compris ce qu'elle 
renferme. Nous avons été réjouis d'y apprendre voire 
état de bien-être el de santé à peu (Texceptioni près. 

Vous nous mandez, au sujet de quelqu'un de chez 
vous que des soldais l'ont empêché d'entrer dans le 
koul (espèce .le citadelle) ; soyez bien persuadé, notre 
ami. que je n'étais pas présent ; j'étais profondément 
endormi, et personne ne m'a parlé d'eux. Si j'avais été 
informé, ils ne seraient pas revenus sans l'accomplis- 
sement de ce dont ils avaient besoin, s'il plaît à Dieu 
(s'il eut plu à Dieu), soyez bien convaincu de cela et 
n'en concevez aucun souci, car vous pouvez attendre 
de notre pari tout ce qui pourra vous plaire et vous être 
agréable ; la position est une, nos relations sont paci- 
fiques, et il n'y aura pas de distinction s'il plaît à Dieu. 

Quant à h'afi (nom du chef des Wakamba), "le voici 
qui vient vous trouver (à votre bord) avec deux de ses 
femmes et trois personnes des siens ; le jeune Moslafa 
Ramzar Rachiran l'accompagne. Par un effet de votre 
bonté, ne les retenez pas longtemps auprès de vous, 
que h'iiji a beaucoup d'occupations, et ce n'est 
même pas sans quelque préjudice pour nous qu'il a pu 
se rendre auprès de vous, l'ouï' le Chaïb el-Manika (?) 



DE LANGUE AR^BE 653 

il n'est pas encore arrivé. Lorsqu'il se présentera, nous 
vous en préviendrons, s'il plaît à Dieu, soyez-en assuré. 

Nous vous avons écrit sur le verso de voire écriture 
(lettre) parce que nous n'avons pas de papier semblable 
à celui-ci, et nous espérons de votre obligeance que 
vous voudrez bien nous en donner. Restez constam- 
ment dans un état prospère ! Présentez nos compli- 
ments à tout votre monde, et de notre part spéciale 
à tous les amis. 

Écrit de la part de votre affectionné, l'humble Hama- 
dar Tandjaia. -- Vendredi. 

Le style arabe de cette lettre et de la suivante indique par sa 
forme et ses expressions l'influence d'une langue étrangère, quoi- 
que part certaines constructions inusitées, mais faciles à compren- 
dre, il soit assez simple. Les peuples de ces contrées étudient et 
parlent l'arabe pour la plupart, mais ils ont un idiome particulier, 
qu'ils écrivent avec les caractères de l'arabe et que l'on nomme 
souâh'ili sur la côte de Zanzibar. Ces textes m'ont été donnés par 
M. E. Vignard, qui les a rapportés de la station des mers de l'Inde, 
dont il faisait partie. 

LU. — Lettre d'un sultan indien 
TRADUCTION LITT É Et A L E 

Au nom du Dieu clément et miséricordieux, à la sei- 
gneurie (de nos amis — ces mots sont rayés) d'entre les 
Français. Ensuite : ce que je vous ferai savoir, (c'est 
que nous avons reçu — mots sous-entendus) votre lettre 
et nous avons compris ce qu'elle renferme de détails. 
Néanmoins, troupe de Francs, si vous voulez nie ren- 
contrer, suivez mes gens, car j'ai envoyé vers vous 
avec promptitude et pour apporter des facilités. Sortez 
avec mes gens et toute la troupe, parce que j'ai donné 
des ordres afin qu'ils vous guident dans la ville. 



COUKS 

Par la vérité de Dieu, de Dieu {répété par respect), 

cette lettre) rst émanée de la main du sultan Youcef 
ben Cheikh Mahmoud. (Il vous fait de nombreux saints, 
d'un nombre égal à celui ides versets) du Coran. (Suit 
la désignation des personnes qu'il a envoyées.) 

La dernière phrase de cette Lettre, renferme, au lieu d'une des 
formules de bienséance que le style épistolaire arabe exige, un 
mple de ces injures cauteleusement détournées que les Musul- 
man- les plus fanatiques s'étudient a glisser dans leurs lettres 
is aux Chrétiens. Ces subtilités ont pour but de ne pas 
profaner envers des infidèles, des souhaits dont les Musulmans se 
croient seuls dignes. Pour un lecteur étranger a ces moyens assez 
rép substituer une injure a une politesse, le texte de cette 

phrase semble contenir ces mots : ^\ = JL)\ )a»j ^lo ;:*. Lo^L**> „>iL*J-«*o 
- saints aussi nombreuse que les versets les mots 
<s lettres) du Coran — Mais si l'on réfléchit qu'aucun bon 
musulman ne doit mentionner en vain le Coran, surtout a celui 
qui n'en fait pas sa loi, et si l'on observe que le style de cette lettre 
est loin d'être même poli, et qu'a la deuxième ligne le mot amis a 
lyé, on est amené a examiner l'écriture, et l'on découvre faci- 
lement que le texte (p. 646) ne porte pas en réalité: Lo\L«*} j^SL^X^o 
mais bien les mots : L-c\L*o ,o_5LoL*o (qu'il oous inflige des désa- 
dont l'aspect est presque le même, 
explication n'est ni légère, ni gratuite : elle repose sur îles 
- assez nombreux, et dont l'un îles plus communs est cette for- 
mule que l'on rencontre quelquefois : ^J^.J\ ç^o\ ^^ ^s. ? \U*J\ 
qui le salut soit sur celui qui marche dans la odie orthodoxe ! au 
lieu de l'expression directe 7'" le sain! soit sar cous .' i*X*Jl« a^U*J ) 



LUI. — Soumission de la tribu des Zoug Zoug, a M. le général 
Changarnier 

TRADUCTION LITTÉRALE 

Au chef des troupes, le général Changarnier. Salut 
sur vous. Ensuite nous vous envoyons notre écrit, et 
nous serons vos serviteurs attachés à Dieu et à vous; 
iKHi- serons fidèles envers vous dans notre service 
auprès de vous, el nous demandons l'autorisation de 



DE LANGUE ARABE li.i.i 

nous rendre dans la circonscription des Oulâd Ayad. 
parce que leur territoire est le nuire. Vous nous donne- 
rez votre Aman (garantie de sécurité] et vous nous 
donnerez un titre de considération (des fonctions) 
auprès de vous. De la part de ceux au nom desquels est 
écrit le présent, la tribu des Zoug-Zoug [] (ou mieux, 
leg-Zeg). 

LIV. — Déclaration reçue et rédigée par un cadi 
TRADUCTION LITTÉRALE 

La présence de l'écrivain de ceci — que Dieu le pro- 
tège ! — Et que Moulai' Hàchem a porté devant nous en 
déclarant : et qu'il était autrefois en procès au sujet de 
trois propriétés, et cela el-Cha'ba, el-Hammâm elel- 
Barkoukiya près d'El-Mahdi. Et quant à la terre el- 
Hammariya, située à Tlemcen, et qu'elle était une pro- 
priété à nous seulement; elle fut prise pour I* 1 gouver- 
nement autrefois, et il n'est pas tombé de sa part ; — 
une déclaration. Et que les trois endroits, le gouver- 
nement les a pris ; et s'il est tombé de lui, c'est qu'il 
est revenu sur sa décision. — Ou par oubli ou par 
erreur. Sur cela l'appel en témoignage a eu lieu et la 
déclaration de Moulai' Hàchem. 

Et sur cela, l'écrivain de ceci a constaté et enregistré 

le 13 Djoumàdà premier de l'an 1271. 

Je donne ici cette pièce informe, qui a un caractère d'authenticité, 
afin de démontrer l'inconvénient d'études insullisantes pour traiter 
des affaires sérieuses. Si je l'ai traduite mot à mot. ce n'est pas 
seulement pour être plus exact, mais surtout parce que les détails 
en sont présentés, par ignorance du style, d'une manière tellement 
illogique et confuse, qu'il m'eût été impossible de les ramener à 



(1) Tribu arabe au sud de Miliana en Algérie. 



656 COURS 

la précision d'une traduction régulière. — la première condition- 

DE rOUTE rRADUI riON l-l l 'INTELLIGENCE des IDÉES DU TE\ I I . 

On rencontre assez souvent encore aujourd'hui, des écrits sem- 
biables à celui-ci, destinés à établir authentiquement des faits- 
intéressant l'Etat ou les particuliers. Un traducteur éclairé et 
prudenl n'y voyant rien de précis, s'abstiendra de conclure: mais 
un interprète timide ou inexpérimenté déterminera, par son ima- 
gination ou par des renseignements plus ou moins exacts, un sens 
qu'il est matériellement impossible d'y trouver. L'interprétation de 
tels écrits ne peut être qu'arbitraire, et ne sera jamais l'œuvre des 
gens qui comprennent la responsabilité morale d'une traduction. — 
Il faut dire a la louange des cadis de l'Algérie, qu il se trouve parmi 
eus 'les personnages fort instruits, et qu'ils ne sont pas tous au 
niveau de l'auteur de l'écrit ci-dessus. 



IV Lettre écrite par un habitant de Bône a un habitant 
de Constantine 

TRADUCTION LITTÉRALE 

Louange au Dieu unique. Que Dieu répande, ses grâces 
sur notre seigneur Mohammed. — A la date du 26 
redjeb. — Ensuite : la réponse (lettre) est adressée à 
nos honorables, très glorieux frères, qui sont l'objet de 
toutes nos intentions (pensées), le sid Aïça ben Vahya, 
sid Amar ben Kacem, et sid Yahya ben Saïd. — Que les 
saints soient sur vous au nombre de mille, ainsi que 
mille souhaits. Ensuite : votre chère lettre nous est 
parvenue dans (pan la poste ; nous l'avons lue et en 
avons compris Ja totalité ; — Nous y avons trouvé le 
profil de la santé de votre corps (personne) et (l'avis) 
• le votre bien-être. Louange à Dieu! — Nous vous 
in formons au sujet des fusils ; il a expédié à cause 
d'eux l'homme que vous avez mentionné. Quant au 
pistolet, nous n'en avons pas vu (de traces). — Quant 
i ce que vous dites au sujet d'Ibrahim, le voici qui 
vient vci- vous à pied, conformément à sa parole du 
jour '!•• la date (d'aujourd'hui même). .le vous en pré- 



DE LANGUE ARABE 657 

viens pour que vous nous donniez de ses nouvelles. 
Salut. 

Je n'étends pas plus loin ces textes ; leur présence ici 
n'a pour but que de faire comprendre et de permettre 
d'appliquer tous les principes établis et démontrés dans- 
ce livre. J'ai taché d'approprier ces morceaux, dans le 
choix de leur variété, à tous les faits de l'usage et de la 
littérature. J'espère que les personnes laborieuses y 
trouveront une direction sûre et positive au milieu des 
champs immenses de l'étude, de l'observation et de la 
pratique. 

DE L ECRITURE DITE KERCHOUNI 

Le mot persan ^— t ..Myerchoùnî désigne l'application 
des caractères syriaques à récriture de l'arabe. Le Ker- 
choùni est usité en Syrie chez les Chrétiens maronites, 
spécialement pour la transcription de la Bible, des 
Évangiles et des livres de la liturgie. Je me borne à 
mentionner ici ce genre d'écriture, qui est fort connu 
d'ailleurs, et partout exactement représenté. Son appli- 
cation restreinte, et toute en dehors de l'objet de cet 
ouvrage, m'excusent de ne pas m'y être arrêté. 

DE L'INTERPRETATION ORALE 

L'interprétation orale, comme la traduction écrite, 
exige d'abord l'intelligence des idées, et un usage facile 
et spontané des mots et des formes du langage suivant 
ses diverses applications C'est une très grande erreur 
que de penser transmettre des idées par l'intermédiaire 
de celui qui ne peut les comprendre, qui n'a pas assez 
de pratique pour les exprimer, ou que l'on ne croit pas 
devoir suffisamment initier aux choses qu'elles concer- 



658 cours 

nent. On peut moins encore interpréter oralement mot 
à mol, comme on l'exige quelquefois, que traduire par 
écrit mot à mot. La construction et les figures étant 
différentes dans chaque langue, on s'expose, en inter- 
prétant mot à mot, non seulement à n'être pas compris, 
mais encore à se montrer étrange ou ridicule, et à dire 
en certains cas, tout autre chose que ce qu'on doit 
exprimer. Que penserait par exemple, un étranger 
auquel nous traduirions mot à mot dans sa langue : 
Comment vousporte&rVOUS? Que dirions-nous si l'on 
rendait en français avec la même précision technique: 
Hou) do you do ? Quelle serait en d'autres langues la 
valeur de nos locutions : partager un avis, — faire su 
cour, -- rompre son ban, — porter une nouvelle, etc.? 
L'interprétation orale ne doit être que la transmission 
des idées arec leurs nuances, le plus directement et le 
plus simplement possible. Lorsqu'elle s'applique à des 
idées complexes et au-dessus des faits ordinaires de la 
vie matérielle, elle demande une solide instruction, 
beaucoup d'expérience, et une intelligence pénétrante 
et rapide. On pense à tort que tout individu quelconque 
peut interpréter toutes sortes d'idées quand il possède 
la routine de deux langues dans les bornes des rela- 
tions vulgaires. Si l'on réfléchit que parmi nous-mêmes 
un homme sans instruction ou sans expérience ne peut 
reporter exactement les choses auxquelles il est étran- 
ger, on concevra sans peine qu'il est plus difficile de 
transmettre les idées dans un autre idiome, puisque, 
loin de pouvoir réciter textuellement des paroles, on 
doit souvent les revêtir, en les traduisant, d'une forme 
qui ne ressemble en rien à l'expression primitive. 



FIN 



TABLE ANALYTIQUE 



Préface de l'éditeur v 

Avant-propos de la l rp édition ix 

Préface de la l rc édition ... 1 

Introduction à l'étude de la 
langue arabe 5 

Plan d'étude 17 

LIVRE I 

ÉLÉMENTS DU LANGAGE USUEL 

Chapitre premier. — De la 
figure et de la prononcia- 
tion des caractères 19 

Remarques sur l'alphabet. . . 21 

Remarques sur le s 21 

Articulations analogues dans 
l'alphabet arabe 22 

Transcription de l'arabe en 
caractères français toujours 
inexacte 23 

Système de la commission 
scientifique 2i 

Chapitre deuxième. — Pro- 
noms personnels 26 

Pronoms personnels sujets 
(isolés) 27 

Pronoms personnels régimes 
(afflxes) 28 

Pronoms afflxes joints aux 
noms 29 

Pronoms alîixes joints aux 
prépositions 30 



De la particule \ . avec les 
afflxes 31 

Chapitre troisième. — Élé- 
ments de la conjugaison... 32 

De la racine 32 

De la forme 33 

Du radical 33 

Tableau de la conjugaison 

(orale) 35 

Application 36 

Formation du pluriel dans 
le verbe 36 

Formation du féminin dans 
le verbe 37 

De quelques radicaux irré- 
guliers 38 

Verbes concaves 39 

Verbes défectueux 42 

Verbes sourds 44 

De l'impératif i5 

Récapitulation du Livre I er . 46 

Les verbes arabes s'énoncent 
par la 3" personne du pré- 
térit, coin me les verbes 
français pari'////'/'///'.. .. 46 

Observations générales 47 

Détails sur la syntaxe du 
langage il 

Pronom ou adjectif relatif. . 19 

Tournure des idées françai- 
ses dans le langage araii ■ ■■ 



660 i mu i w 

Numération usuelle 53 

Expressions et locutions fa- 
milières 56 

Jours de la semaine 56 

Division de la journée 57 

Heures 57 

Locutions familières 59 i 

I sercices sur la conjugaison. 62 

Interrogation 64 

Négation 65 

Observation essentielle 67 

LIVRE 11 

PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA 

l EC l II; I 

De l'alphabel 70 

Alphabet barbaresque 72 

Alphabet oriental 73 

Sur le » 74 

Ponctuation du ^_s et du <_à 74 

Voyelles et signes accessoi- 
res de l alphabet 74 

Tableau des points voyelles 75 

Tableau de leur emploi clans 

la déclinaison 76 

Du tanouin 76 

s orthographiques 78 

— Leur emploi 71) 

De la forme îles lettres 79 

Points diacritiques 79 

Réduction du nombre des 

tères quant à la forme 80 

Liaison des caractères entre 

eux 80 

Chiffres 85 

Des lettres représentant les 

nombres 86 

Des chronogrammes 86 

De l'Abadjed 88 

De l'Aïk'ach t 90 

Des lettres faibles \ _ « _ £. 91 

Lettn - de prolongation. ... 91 



Ml I l'.'l I 

Suppression de l'I de prolon- 
gation 92 

Support du hamsa 95 

De l'I d'union 94 

Lettres dites solaires et lu- 
naires 97 

Des syllabes 98 

Il ne peut y avoir deux lettres 
de suite sans voyelle 98 

Analyse des syllabes 99 

Observation sur la contrac- 
tion des lettres 101 

Du son-voyelle bref.. . . ..102 

L'articulation des consonnes 
mllue sur la nature du 
son-voyelle 102 

I m ne prononce pas toutes 
les lettres que l'orthogra- 
phe exige 103 

Des voyelles longues et de 
l'accent 104 

La durée du son-voyelle ne 
modilie en rien sa nature. 104 

Exercices de lecture 105 

Tex tes autographiés avec leur 
transcription en regard... 106 
et suiv. (V. ci-après Table 
des textes). 

Alphabet hébreu appliqué a 
larabe 119 

Autre alphabet hébreu rabbi- 
nique 121 

Nécessité de pouvoir lire 
l'arabe écrit en caractères 
hébreux 122 

Alphabet hébreu du rite aile 
inand 123 

Écriture, calligraphie, palœo 
graphie 124 

Nécessité de pouvoir lire 
toutes les écritures arabes. 125 

Le type du caractère arabe 
actuel (neskhl) existait 
longtemps avant Mahomet. 127 

Importation du caractère 
neskhi 128 

Caractère coulique 129 



TABL1 \N 

L'alphabet arabe ne conte- 
nait jadis ijue 22 lettres, 
classées suivant l'ordre 
hébraïque 130 

Principaux genres de l'écri- 
ture 131 

Des procédés de l'écriture 
arabe 134 

Pièce de vers d'Ebn-el-Baw- 
wâb sur les procédés de 
l'écriture 136 

Observation sur l'écriture 
hébraïque 1 iO 

De quelques signes accès 
soires employés dans l'écri- 
ture 140 

La lettre > en quelques loca- 
lités est souscrite d'un 
point 1*1 

Types divers du caractère 
arabe 142 

Transcription et traduction 
des textes de la lecture et 
de l'écriture 169 



LIVRE III 

ÉLÉMENTS DE LA GKAMMA1RE 

Chapitre premier. — Prin- 
cipes fondamentaux- 225 

§ I. Aperçu de la langue 
arabe dite littéraire et vul- 
gaire 225 

La langue arabe est soumise 
aujourd'hui aux mêmes rè- 
gles qu'au temps de Ma- 
homet 225 

Motifs des Européens pour 
diviser l'arabe en deux 
idiomes : inexactitude de 
cette division 226 

La pratique et la théorie ne 
forment qu'un tout 228 

§ 2. De la Grammaire 229 

Nécessité absolue de connaî- 
tre les indices grammati- 
caux 229 

§ 3. Des parties du discours. 23(1 
§ 4. De la Racine 230 



W 1 I [Ql ! 

Incompatibilité de certaines 
lettres 

§ 5. De la Forme 

§ 6. Manière d'exprimer la 
Forme 

Nom technique des trois 
lettres de la racine 

§ 7. Des lettres formatives.. 

Mots techniques où elles sont 
réunies 



Chapitre deux: 
verbe en général . . . 



Du 



§ 1. Notions préliminaires. . . 

Il n'y a qu'une conjugaison. 

On distingue la coi.r active 
et la voix passive 

Il n'y a que deux modes.... 

Deux genres et trois nom- 
bres 

Il n'y a pas d'infinitif 

Toutes les personnesdu verbe 
sont formées de la 3 e sing. 
masc. du prétérit 

La l re pers. ne distingue pas 
les genres 

La 2" pers. au duel ne distin- 
gue pas les genres 

Définition du verbe primitif. . 

Définition du verbe dérivé . . 

Manière d'indiquer la conju- 
gaison d'un verbe 



§ 2. De la conjugaison 

Tableau de la conjugaisondu 
verbe primitif actif 

Signes caractéristiques 

Remarques sur la voyelle de 
la 2 radicale du verbe pri- 
mitif 

Le duel et le pluriel se for- 
ment du singulier corres- 
pondant 

§ 3. Voix passive. - Type 
technique 

§ L Des divers temps de l'ao 

riste — 

es de l'indicatif 



661 

231 

232 

232 

233 

234 

234 

235 
235 
2:i5 

236 
236 

236 

236 

236 

236 

237 
237 

2::: 

237 

237 

238 

2.H 

241 
241 

212 



i wu i \ 

tères du subjonctif ou 
futur antithétique 242 

Tableau de l'aoriste sub 

... 2V:î 

Caractères de ■■ - 'oncli 

243 

lu de l'aoriste condi- 
tionnel 254 

Il est mssi nommé aoriste 

_ i.'i 

Impératif. — 11 se forme de 
l'aoriste conditionnel 245 

Tableau de l'impératif 2it> 

-t.'- énergiques ou r • 
quvs. — Leui - carac- 

s 246 

m de l'a tJi 
«pie Lourd :S7 

Tableau de l'aoriste léger... 2i8 

g 5. Adjectil \ erbal ou pari i- 

du verbe primitif ... 2i9 

ctif verbal ou participe 
du verbe dérivé 2i9 

i 6. l 'u nom verbal ou d'ac- 
tion 250 

g 7. Du verbe dérivé 251 

Tableau des dix premières 
formes du verbe, avec leur 
nom verbal -'>- 

Les noms ■> erbaux sont décli 
nables 254 

Signification el applica 
tion des formes du \ erbe.. 25i 

i et II forme 254 

lil et IV forme 2. r >."> 

V forme 256 

Vf, VII et VIII" forme. ... 257 

irme 258 

§9 Du \ erbe quadrilitère. . 260 

!>•■ quelques expres- 
- verbales 260 

ii if 260 

■ ou de 

blâm 261 

• ou formule d'admira 
ti'iu 261 



\i i i I'.m i 
Chapi i i;i 1 ROI8I1 ME. D ■< 

mois dits irréguliers 261 

Presqne toutes les irrégula 
rites viennenl de la prôsen 
ce dans une racine du \, 

du a ou du ^ 261 

Elles onl pour but de conci 
lier l'euphonie el l'ortho- 
graphe 261 

§ 1. Causes de la suppres 

sii i du changement des 

letl re> faibles : 

l 'remière c mse A 262 

l 'eu \ ième cause B 262 

! sièmc cause C 263 

Quai riènie cause D 264 

Cinquième cause E 265 

5i i ième cause F 266 

Septième cause G 266 

Application de la 7'' cause.. . 267 
Tableau des principales dit'ti 
cultes orthographiques. . . . 268 

£ 2. Des verbes irréguliers.. 273 

Ils n'ont pas d'autres irrégu- 
larités que celles qui affec 
tent en certains cas tous 
les autres mois 27iS 

Classification des verbes irré- 
guliers 27 i 

i .u \ri i RE QU \ rRXÈME. — Du 
nom 279 

Les Arabes comprennent 
sous cette expression, le 
substantif, 1 adjectif et le 
pronom 279 

.Sec//,,// première. 280 

§ 1. Du substantil ou du nom 

primitif 280 

Du nom dérivé 2S1 

£ 2. Principales espèces de 
mots dérivé s : 

l. Nom verbal nu d'action... 282 

Formes dix erses ou d'action 
du verbe primitif 283 

Le nom verbal gouverne 
comme 1" verbe - s '-> 



TABLE W 

II. Noms ue temps et de lieu. 

— Leurs formes 284 

III. Nom d'instrument. — 
Ses formes 2S ^ 

IV. Noms ou adjectifs de 
métiers. iV. a<lje>-i - 

V. Noms d'unité V. du sin- 
gulier . 

VI. De quelques autres for- 
mes spéciales de noms. . . . 285 

Section deuxième. De l'ad- 
jectif 286 

Diverses espèces d'adjectifs. 286 

§ 1. Adjectif verbal (participe 286 

A la voix active il peut indi 
quer une action future. . . . 287 

A la voix passive il indique 
une action faisable 287 

S'emploie souvent comme 
nom 288 

§ 2. Adjectif qualificatif. 288 

Se place après le nom qua- 
lifié 288 

Ses formes ordinaires 288 

Adjectifs de métiers uu d'in- 
tensité 289 

Adjectifs de couleurs et de 
particularités physiques... 289 

Formes diverses d'adjectifs.. 290 

Comparatif et superlatif.... 290 

Applications 291 

Orthographe du raot «^.. 291 

§ 3. Adjectif relatif ethnique 

ou patronymique 291 

11 a pour signe le ^ final.. . -l'- 
Autre terminaison de cet 
adjectif - ( .»-J 

Section troisième. Des diver- 
ses conditions des noms et 
des adjectifs 294 

§ 1. Du diminutif, son usage 294 

Sa forme 

§ 2. Du genre 296 

Noms féminins par significa- 
tion 297 



\mi"i i 

Noms féminins car terminai- 
son 

Signe ordinaire du féminin 

Féminin des adjectifs de cou- 
leurs • 298 

Féminin des adjectifs com- 
paratifs 298 

Formes d'adjectifs servant 
pour les deux genres. . .. 

\I< its arbil rairemenl féminins 

Mots - aux deux 
genres 300' 

Mots féminins différents de 

leurs masculins 300 

i :i. I >es trois nombres 300 

Du -singulier 300 

Des noms d'unité et d'espèce. 301 

Du duel .. 301 

rmiriaison caractéristi- 
que 302. 

Du pluriel 303 

Les pluriels arabes rang* - 

ileux cla-ses 303 

Les pluriels positifs sonl ceu s 
qui ont une forme et une 
application spé ;iales 304 

Pluriel par terminaisons.... 305 

Pluriel régulier 

Pluriel irrégulier 

Pluriel par l'intercalation de 

Y\ 305. 

Pluriels spéciaux de certains 
adjectifs 305 

Pluriels des noms de trois 
: ttres 

Application des espèces de 
pluriels positif 

Pluriel des pluriels positif. J 1 " 
Tableau du rapport des plu- 
riels positifs avec les sin 
guliers, et réciproquement 
Les pluriels arbitraires sont 
ceux qui n'ont pas uni- Eor- 
me spéciale, ou dont l'ap- 
plication 1 1 ' < — - 1 pas rigou- 
reusem snt déterminée 315 

Liste des pluriels arbil ràii - 



I Mil I \\ 

Pluriel,- insolite- 319 

S > l >e la déclinaison el des 

320 

Noms des cas 320 

Déclinaison de l'aoriste 321 

La déclinaison a trois infle 
xions ' ! -l 

Application 321 

Le tanouîn indique les mots 
indéterminés 321 

Des mots diptotes 322 

Ils ne prennent jamais le 
tintouin 322 

ssentiellemenl diptotes 323 

Mu!.- indéclinables M 

Déclinaison du duel 325 

I déclinaison du pluriel mas 
culin régulier 325 

Déclinaison du pluriel fémi- 
nin régulier 325 

Le pluriel régulier est formé' 
par le changement en lon- 
gues des désinences brèves 
du singulier 326 

Le o final du duel et du 
pluriel se retranche devanl 
des noms 326 

\l tsqui >e déclinenl avec les 
lettres de prolongation. .. :!27 

Mots qui se déclinent double- 
ment 32' 

-Comment les Arabes dési- 
gnent les mots déclinables 
et les indéclinables 328 

" quatrième. Numéra- 
tifs 328 

^ l. Numératifs cardinaux. . 328 
Les m mus de dizaines sont des 
noms il 'unité mis au pluriel 

lier masculin 328 

l 3 numératifs cardinau x 
inables de onze 

à dix n. ut 329 

Unités jointes aux dizaines.. 330 
Centaines 330 

Mille et million 331 

Syntaxe du numératif cardi- 
nal ! 



\l ï l 1Q1 1. 

Par exception, le s est le signe 
du masculin dans le nuiné 
rat if cardinal 332 

Le numératif se place quel- 
quefois après le nom 332 

— Cela a lieu surtout pour le 
mot i>a»\j signifiant un seul 332 

Le mol i*jL3'l employé pour 

corroborer l'idée du duel.. 332 

Application des numératifs 
cardinaux 333 

Dates 335 

§2, Numératifs ordinaux.... 335 
I ls uni la forme du participe 

actif. du verbe primitif.... 335 

Table des numératifs ordi- 
naux 336 

Quantièmes des mois 338 

Us s'indiquent par le nombre 
des nuits passées ou res- 
tantes 338 

Le mois partagé, pour les 
dates, en trois périodes ou 
tiers chez les Barbaresques 339 

On exprime aussi le quan- 
tième du siècle 339 

Concordance des années mu- 
sulmaneset des années chré- 
tiennes, et réciproquement. 341 

Explications 3 4-2 

L'ère musulmane date du 
16 juillet 622 342 

§3. I tes fractions 342 

( lommenl on «''nonce et écrit 
les fractions 343 

Section cinquième. Pronom 
personnel 345 

Le pronom personnel est sujet 
ou régime 345 

Pronom isolé ou sujet 346 

Pronom affixe ou régime.... 346 

Les pronoms affîxes joints 
aux noms ont le sens de 
nos adjectifs possessifs... 346 

I ,e pronom régime doit suivre 
son agenl 347 

Application 347 



ruii.i w 



Deux pronoms régis par un 
même verbe (ou un même 
agent) se placent comme 
affixes a la suite l'un de 
l'autre 

On peut détacher l'ai'lixe en 

l'appuyant sur Lj\ 

Le mot e5"W.^ signifie prends 

garde 

Moi seul, toi seul, etc 

Particularités orthographi- 
ques des pronoms 

Suppression du ^ de la l 10 
personne 



348 

348 

349 
349 



Changement de la voyelle de 
l'ainxe de la 3 e personne.. . 

— N'a pas lieudans la seconde 
Le f des affixes pluriels de la 

2 e et de la 3« personne peut 
prendre une voyelle 

Une voyelle peut remplacer 

le - final 

Causes de cette substitution. 

Le s de silencu ajouté aux 
affixes 

Le « intercalé par euphonie 

entre une 2 e personne du 
prétérit et un affixe 

A lieu aussi après *£ de la 
2 e personne 

Toute personne du verbe ren 
ferme un pronom 

Signes des pronoms dans le 
verbe 

Section sixième. De l'article 
déterminatif et de l'article 
démonstratif 



349 
350 

350 

351 

351 

352 
352 

353 

353 

353 
354 
354 

355 



L'article déterminatif con- 
siste dans le J) 

Article démonstratif 

Signes de l'éloignement 

Assimilation du ^d'éloigné 
ment à l'affixe de la 2 e pers. 

La particule La précède sou- 



vent le démonstratif 



356 

356 

356 
356 



VLYTIQI 1 lit',.', 

L'article déterminatif ne se 
joint pas à un nom suivi 
d'un al'lixe 357 

Il s'emploie aussi bien avec 
l'adjectif qu'avec le nom 
qualifié 357 

Les lettres ^J\ sont souvent 

pour ^3J\ 357 

Syntaxe de \3 ou \jofc 358 

Section septième. Mots con- 
jonctifs 359 

Adjectif conjonctif ^3J\ (re- 
latif) 359 

Il doit toujours se rapporter 
à un nom déterminé. 

Exemples 360 

Il suit toujours son antécé- 
dent 361 

Il ne subit l'inlluence d'aucun 
agent 362 

Pronom de ra/>/>cl 362 

Le relatif ^J^\ suivi d'un 

pronom personnel isolé .. . 362 

— 11 ne peut s'employer avec 

un mot Indéterminé....... 362 

Ce que les Arabes nomment 

àU.-o ou proposition con- 
jonctive 363 

Le, mot ,$3J\ employé com- 
me /M<m indéfini 363 

— Il se dit quelquefois des 
choses -loi 

— Réduit souvent à J\ 364 

— Employé devant toutes 
sortes de mots ::iii 

Conjonctif I ^a énonciatif et 

interrogatif 366 

Conjonctif Lo ne se rapporte 
qu'au \ choses 367 

Conjonctif,^ essentiellement 

déclinable 368 

Ce que les Arabe» appellent 
mots indéclinables 370 

I il W'I I RE cinquième.— De la 
particule :!71 

13 



666 



I Mil I \\ 



l leaucoup d'expressions pré 
positives . adverbiales el 
conjonctives, sont formées 
par des noms 

des particules et des ex 
pr — iions prépositives, etc. 

Chapitri sixième. / 

technique des formes . . 

rable 1 . Formes spéciales du 
\ erbe : 

Voix active- V . t rilitère . . . 

Voix active. ■ V. quadrilitère 

Vois passive. V. trilitère 

Voix passive. V. quatriH- 



371 
372 

379 



381 
333 



tère 



Table II. Noms d'action du 
verfJe dérivé 

rable II. Noms d'ael ion du 
verbe quadrilitère 

Table 111 . Formes 'le- adjec- 
tifs a erbaux : 

Voix active. - V . trilitère . . 

\ "i \ active. — V. quadrilitère 

Voix passive.- V. trilitère. 

Voi s passive. — V. quadrili 

turc 

Table IV . Formes spéciales 
des adjecl ils qualificatifs . . 

Table V. Noms >l action el au 
très, dérivés du V. primitif. 

rable VI . Formes spéciales 

de pluriels, avec leur cor- 

- pi mdance aux singuliers 

Talil'- VI I Rapport des sin- 
liers avec les pluriels 



385 
386 
389 



10 
392 
393 



394 
395 

.'.'.'7 

V 12 
t05 



LIVRE IV 

SYNTAXE 

La phrasèoloijie el la nynta ce i. 1 
Chapi i i: i i*i-. i . m 1 1 u. — De la 

■< nl,r 412 

I ,es \ rabes ne i ec< mnaiss ml 
dans la proposi i ion qui 
sujet el l'attribut il2 

Le Biijel se place avant l'attri 
but H-i 



un 1QI E 

Elément divers - de l'attribut. il[> 
Le verbe s'exprime ai ant le 

MIJcl H6 

Le régime se met après le 

sujet L16 

Le verbe commence généra- 
lemenl la pbrase 116 

I ,( \ erbe précèdent son sujet 
n est pas tenu île s'accorder 
avec lui ils 

Les \ rabes considèrent les 
pluriels comme des noms 
singuliers féminins de col 
lection 419 

Le verbe après son sujet, s'ac 
corde avec lui 119 

accord du verbe, de l'adjectif 
et du pronom au singulier 
féminin avec les noms <>e 
collection 420 

Les régimes se placent immé 
diatement a p rès leurs 
agents i-_ 

Observation sur la syntaxe 
du nom 423 

Pbrases ne commençant pas 
par le verbe 423 

A défaut du verbe. la particule 
(•jl doil précéder le sujet 
de la proposition VU 

Termes circonstanciels 128 

Quelques prépositions et ad- 
verbes français exprimés 
en arabe 129 

Tout nom indiquant une cir- 
constance de temps, d'état, 
de lieu, etc., est à l'accu- 
satif • 131 

Exemples de divers termes 
circonstanciels 431 

Du mot .~o 435 

V ' .- . 

L^S • ,yO JKSL1 ^j.^3 437 

Exemples de termes circons- 
tanciels il état 138 

Termes circonstanciels indi- 
quant la manière, le motif, 
la substance, ele 145 



I IB1 I \\ 

Expressions elliptiques ou 
métaphoriques t\>l 

Tout substantif placé sous 
l'influence <l'uu agent sous 
entendu est a l'accusatif.. i. r >.") 

Classification des termes cir- 
constanciels par les Arabes t55 

Nom verbal 155 

Nom de temps 456 

Nom de lieu 456 

Nom d'état t56 

Terme spécificatif 456 

Nom du motif 156 

Attribut de ^,£ 156 

Attribut de ^^J.^à 157 

Formule d'exception 157 

Vocatif 457 

Complément acec lequel 157 

De l'expression de la totalité 
et de l'individualité (tout, 
toute, lui-même, lui seul). 

Nommée par les Arabes 



cor roboratif 



Manière d'exprimer l'idée de 
la totalité 

— Idée de chaque 

Idée absolue de la totalité 

De l'individualité, de la per- 
sonne 



CHAP1TB I ni UXIÈME. 

taœe <ht cerbe 



Syn- 



Valeur et concordance des 
temps 

Tout verbe au prétérit ou à 
l'aoriste, servant de complé 
ment à un autre verbe, 
équivaut pour nous à un 
gérondif ou participe passé 
ou présent 

Le verbe dans cette coud il ion 
fait fonction de terme cir- 
constanciel d'état 

V m El i;s m pré i mut : 

l'articules conlirmant au pré- 
térit le sens du passé 



i.i , 
457 

( ;.s 

459 
t59 

460 

ICI 

,lil 



402 



i62 



162 



VLYTIQUE lil'u 

Mots qui lui donnent le sens 
du présent absolu ou du 

futur 463 

Le prétérit employé comme 

optatif m 

Principales formules adop- 
tées dans la mention de 
Dieu , de Mohammed, des 
prophètes et des saints per 
sonuages i64 

Le prétérit employé par éner 
gie pour le présent i65 

Le verbe au prétérit placé 
sous l'influence d'un verbe 
au même temps, équivaut 
à notre plus que-par fa il a 
Vindicatif 466 

Valeurs de l'ai iristi : 

A Vindicatif \\ indique géné- 
ralement le temps futur. . . i66 

Il indique aussi le présent 
absolu 467 

Gouverné par un verbe au 
prétérit, il équivaut à notre 
imparfait de l'indicatif. ... 167 

Aoriste subjonctif. — Parti- 
cules après lesquelles on 
l'emploie ■ .' 168 

Les particules du subjonctif 

nommées ^~-v^U— ^— ^ 170 

Aoriste conditionnel ou apo- 
cope i-70 

Marque le présent absolu ou 
le tutur 470 

Marque le temps passé i7(l 

Marque l'ordre ou la défense. i70 

Les particules nommées 

?; U-4-l tTii 

Exemples de son emploi pour 

le présent ou le futur. . . i-7 1 

Exemples pour le tem'ps fiasse 472 

Exemples pour l'ordre ou la 
prohibition f 7:: 

Aoristes énergiques. - Leur 

emploi i-7 i 

Le ^ de l'aor. énerg. léger 

assimilé au tanouin 17.. 

Propositions conditi telles. 17.". 



176 

476 



(>6S i \i.i 

Les \ rabes regardenl comme 
conditionnelles toutes les 
propositions conjonctives, 
împéral ives et prohibitives. 

La phrase conditionnelle a 
ilrux éléments 

Elle se rapporte au passé 
ou au futur 476. 

Elle esl dubitative 176 

Valeur de J "t tic \ i77 

t. a particule J employée 
dans la deuxième période. 

Emploi de o^ ''ans la con- 
dition 

Exemples de phrases condi- 
tionnelles 



I \N M 1 1 |U| | 

Valeurs de 

Valeurs de 



Le nom d'action et l'adjectif 

verbal gouvernent comme 
le verbe 

Le mot indiquant une action, 
et le verbe qui exprime 
l'idée de la faire sont tirés 
de la même racine 

Chapitre troisième. — De 
quelques •■lasses de cerbes, 
d'après les a rabes 

I <jj £ et ses analogues 

II. Verbes de commencement. 

III. Verbes de cœur, ou de 
la pensée 

- Leur syntaxe 

Nommés : les analogues 

IV. Verbes de louange, de 
blâme et d'admiration 

Verbes «l'approximation 

Exemples 

VI . Noms de verbes 

Exemples 



i7s 

478 
179 

481 
282 



483 
483 
483 

184 

484 

184 

185 
485 

486 
486 
187 



< m mm i i- 1 Qi \ i B m mi . Syn- 
ln.ri- et râleurs des parti- 
cules principales 

l outes les pré positions, 
comme les noms, gouver- 
nant au cas indirect 



iSS 



1KS 




Valeurs de 
Valeurs de 

Valeurs «le 
Valeurs de 
Valeurs de 
Valeurs de 
Valeurs de 
Valeurs de 
Valeurs «le 



Valeurs de J>\-<^-C^-o) 4 " 

Ces dernières particules font 
partie d'une série nommée 

O^ CjW^-\ 500 

Pronom d'état LiJ\ j^o 500 

O^ du récit 501 

Particule J^s 502 

Emploi et valeur de Lo 502 

Syntaxe du Vocatif 506 

Syntaxe des particules de 
l'Exception 507 

Syntaxe des particules de la 
Négation 507 

De l'interrogation et de l'al- 
ternative 508 

Particules d'interrogation... 508 

Du Permutatif 509 

Ohservations sur l'analyse 

logique ... 510 

Syntaxe virtuelle 510 

De l'usage des dictionnaires 
arabes 511 

Manière de chercher les mots 
dans les Lexiques européens 511 

— Dans le k'âmoûs 511 

De la traduction 512 



TABLE AN 

LIVRE V 

N T 1 N S É L É M ENTAIRES 
DE LA PROSODIE 

Des rythmes 513 

Utilité de la connaissance des 
éléments de la prosodie . . 513 

La prosodie arabe peut être 
ramenée aux longues et 
aux brève* 513 

De la quantité 514 

Syllabes longues 514 

Syllabes brèves 514 

Valeurs prosodiques des di- 
vers signes orthographi- 
ques 514 

Les longues et les brèces 
marquées comme dans la 
prosodie latine 515 

Manière de déterminer les 
longues et les brèves 516 

Des pieds 516 

Éléments des pieds d'après 
les Arabes 517 

Lee pieds sont technique- 
ment désignés par un terme 
grammatical représentant 
une quantité identique à 
eux-mêmes 51? 

Pieds réguliers ou primitifs. 518 

Mètres ou rythmes fonda- 
mentaux 519 

Les mètres se composent de 
deux hémistiches 520 

Ils se divisent aussi en trois 
ou quatre parties 520 

De la rime 520 

Noms qu'elle prend suivant 
sa forme 521 

Altérations des pieds et des 
mètres primitifs 521 

Exposé des principales alté- 
rations 522 

Manière d'énoncer technique 
ment une valeur prosodi 
que -- 

Comment on détermine le 
mètre d'un vers 523 



\LYTIQTJE 



669 



Pour scander un vers 524 

Les divers peuples musul- 
mans de l'Asie suivent les 
mêmes principes de versi- 
fication 524 

Renvois aux vers de diffé- 
rents mètres cités dans 
cet ouvrage 525 

Observation sur l'unité de la 
langue arabe 526 



LIVRE VI 

DU LANGAGE ET DE SES l)I\LECTES 

La démonstration des faits 
du langage ne peut établir 
ni une grammaire, ni une 
orthographe 527 

Elle n'est que la constata- 
tion de la manière d'écrire 
de ceux qui n'ont pas d'or- 
thographe 531 

Chapitre premier. — Carac- 
tères spéciaux du langage 
comparé à la langue régu 
Hère 532 

La différence principale rési- 
de dans la simplification 
des lois grammaticales '<'■'•'■' 

Des syllabes dans la pronon 
ciation usuelle 535 

Chapitre deuxième. — Par 
ticularités grammaticales. 537 

Du verbe et du participe 537 

Application des formes du 

verbe 53"ï 

Transcription des exemples. 540 

Concordance du verbe Iran 
çais avec le verbe arabe. . . 541 

Valeur relative du prétérit 

arabe 541 

Valeur de l'aoriste 542 

11 n'y a pas d'infinitif en arabe 543 

En nous exprimant en arabe 
nous sous-entendons sou 
vent notre conjonction que. 543 

Temps relatifs 

Observations sur le présent. 545 



I> 70 rABLE ANALYTJQ1 

Des phrases conditionnelles. 546 

< Ibservations sur le sub- 
jonctif .'liS 

De noire infinitil rendu en 
arabe 549 

De quelques \ erbes spéciau s 551 

Du verbe .) l ; Lo, ou de l'ex 

pression encore '■ 53 

De L'idée itérative 555 

Du verbe faire l'aire 555 

Exercices sur les verbes.... 556 

Transcription des exercices. 562 

Chapitre rRoisiÈME. — Du 
nom, et de l'acljectij 56 i 

Noms primitifs 564 

dérivés 565 

Noms de temps, de lieu el 
'1 in&trumeni 566 

Noms de métier, d'habitude 
ou d'intensité 566 

Noms abstraits de couleur ou 
de qualité 567 

adjectif \ erbal 568 

Adjectif qualificatif 56s 

adjectif de couleurs 569 

Adjectif de particularités phy 
siques 570 

xiljt'i-iii relatif 570 

Adjeclif indiquant les cou- 
leurs el les nuances 571 

Du genre 572 

Le signe du féminin esl le 
-"ii final a 572 

Du nombre 574 

Nom singulier 574 

Nom collectif 574 

Nom il té 575 

Duel 576 

Pluriel régulier masculin . . 577 

Pluriel régulier féminin 577 

Pluriel irrégulier 57S 

Pluriel par « 579 

Pluriel par \ 570 



Pluriels des adjectifs. 
Pluriels arbitraires . . 
Diminutif 



583 
585 
586 



Ch wi i re QUA ri! i ;Mi: . — Des 
différentes espèces de /jro 
noms 

Pronom personnel 

Pronom ou article démons- 
tratif 

Pronom ou adjectif relatif. . . 

Pronoms conjonctifs 

l 'ronoms indéfinis 

Quoi, quoi que 

( v qui, ce que, — qui, quel 
conque 

Qui que ce soit, — chacun, 
chaque 

Qwlque, un certain, — quel- 
qu'un 

Quelques-uns, — les uns les 



589 
589 

500 
592 
592 
592 

502 



593 



59.'! 



autres 

Personne, — une personne. . . 

L'un et l'autre, — ni l'un ni 
l'autre 

Un autre, d'autres 

Rien, on, la plupart 

Moi même, — par moi même 

Moi seul 

De l'article déterminatif.. . 



593 

593. 
594 

594 

594 
595 

505 
595 
595 



CHAP1 I Kl. CINQUIÈME. — Acl- 

cerbes, prépositions, aon 
jonctions, interjections, etc. 597 

Adverbes 597 

l 'répositions 598 

Principales prépositions et 
locutions adverbiales fran- 
çaises rendues en arabe. . . 50S 

Conjonctions . 602 

Interjections 602 

De la numération 603 

Remarques sur la syntaxe . 603 

Degrés de comparaison 604 

Mieuic, meilleur 604 

Moins, pis, très, fort 605 



TABLE DE 

Chapitre sixième. — Appli 
cation C06 

Sur la rédaction en style dil 
vulgaire 606 

Légende arabe. 608 

Chapitre septième. — Biffé 
renées locales ou dialectes. 

En quoi consistent les diffé- 
rences locales 624 

Liste comparée de quelques 
expressions locales 629 

Anecdote dans le style du 
Caire 634 

La même en style barbn- 
resque 635 

Fragment d'un chant arabe 
(province d'Oran) 636 

Narration de la bataille d'Isly 
envoyée du Maroc au Sé- 
négal 638 



TEXTES (J71 

Fragment d'une lettre écrite 
par u i . Algérien 640 

Phrase française écrite en 
caractères arabes 640 

Prière musulmane en espa- 
gnol, écrite en caractères 
arabes 642 

Lettre arabe du hamadar de 
Zanzibar 644 

Lettre arabe d'un sultan in 
dien (mer des Indes) 646 

Soumission de la tribu Zoug- 
zoug à M. le Général 
Changarnier 646 

Déclaration reçue paruncadi 
(Algérie) ' 648 

Lettre d'un habitant de Bône 

(Algérie) 650 

Traduction des quatres tex- 
tes précédents 652 

De l'écriture dite Kerchoùnî. 657 

De l'interprétation orale 657 



TABLE 

DES 

TEXTES AUTOGRAPHIÉS, FAC-SIMILE ET AUTRES 

CONTENUS DANS CET OUVRAGE 



Frontispice. Titre arabe du licre . « La clef de la langue el des 
« belles-lettres, — pour ouvrir les trésors des 
« connaissances des Arabes. » 
au bas) distique du mètre ouâfir : « Il n'est pas 
« d'écrivain qui ne soit sujet au trépas, — mais 
« ce que la main a tracé se conserve dans la suc- 
« cession des temps 
« N'écris donc de ta main que des choses — dont la 
ci vue pourra te réjouir au moment de la.résur- 
« rection. » 



672 i \ni i: DES 1 1-:\ TES 

Pages 

72 Alphabet barbaresque. 

73 Uphabel oriental. 

106 1 Écriture andalouse. — Fragment d'un recueil de tra- 

ditions. — Transcrit p. 107, traduit p. 169. 
Il 11. -llf écriture andalouse. — 1" aphorisme d'Hippo- 
crate. — Transcrit p. 107, traduit p. 169. 

lus III Écriture orientale moyenne. — Chapitre CI du Coran. 

— Transcrit p. 10'.», traduit p. 170. 

110 IV Écriture barbaresque élégante. — < ihapitre XCIX 

tlu Coran. — Transcrit p. 111, traduit p. 170 et 171. 

110 Y Écriture barbaresque usuelle.— Formule épistolaire. 

— Transcrite p. 111, traduite p. 171. 

112 VI lies lionne écriture barbaresque. — Fragment d'un 

commentaire des aphorismes d'Hippocrate, — 

Transcrit p. 113, traduit p. 172. 
112 VII Très mauvaise écriture barbaresque. — Fragment 

d'une lettre. — "Transcrit p. 113, traduit p. 172. 
lit YII1 Fac-similé de l'écriture d'Abd-el-Kader. — Fragment 

d'une lettre à M. le général Yusuf. — Transcrit 

p. 115, traduit p. 173. 
116 IX Ecriture des chrétiens de Syrie. — Fragment d'une 

lettre. — Transcrit p. 117, traduit p. 174. 

110 X Autre spécimen. — Fragment d'une lettre.— Trans- 

crit p. 117, traduit p. 174. 

ILS XI Écriture juive, caractère ordinaire. — Lettre. — 

Transcrite p. 119, traduite p. 175. 

121 XII Autre genre d'écriture, caractère rabbinique. — Let- 

tre. — Transcrite p. 122, traduite p. 176. 

123 X 111 Écriture des juifs allemands.— Lettre. — Transcrite 

p. 124, traduite p. 177. 

120 XIV Écriture dite himyarite. — Inscription lapidaire. — 

Transcrite p. 127, traduite p. 177. 

128 X Y Écriture Neskhî du temps de Mahomet. — Fac-similé 

d'un passeport arabe sur papyrus. — Transcrit 
p. 178, traduit p. 179. 

137 Écriture Neskhî d'un bon style. — Poésie sur l'art 

d'écrire. — Traduite p. 136 et 138. 

142 XVI Fcrituro arabe. tracée par des Chinois. — Caractère 

Counque quadrangulaire.— Transcrits et traduits 
p. 180 et 181. 

143 XVI] Caractère dit Karma tique (Counque orné). — Carac" 

tère africain. — Inscriptions de l'Alhambra. — 
Transcrites p. 180 et 181. 



I \Hl 1 in:s I KMHS 



673 



Pages 

144 XVIII 



145 



151 



XIX 



146 


XX 


147 


XXI 


148 


XXII 


149 


XXIII 


150 


XXIV 



XXV 



152 XXVI 

153 XXVII 
15* XXVIII 

155 XXIX 

156 XXX 

157 XXXI 

158 XXXII 

159 XXXIII 

160 XXXIV 

161 XXXV 

162 XXXVI 

163 XXXVII 



Caractère africain. — Caractère Couhque lapidaire. 

— Inscriptions de Grenade (Alhambra) et deTarra- 
gone. — Transcrites p. 180 et 181. 

Ecriture Coutique des manuscrits. — Verset 210 et 
fragment du verset 211 du cliap. XXV.du Coran. 

— Traduits p. 182 et 183. 

Éléments de l'écriture orientale, caractère Thou- 

louth. — Lettres isolées. — Transe, p. 182 et 183. 
Suite du précédent, terminé par une phrase. — 

Transcrite p. 182 et 183. 
Genre d'écriture égyptien. — Fragment de la 38 e 

Séance de Hariri. — Transcrite p. 182 et 183. 
Caractère Rihâni. — Versets 31 et 32 du chapitre II 

du Coran. — Transcrits p. 184 et 185. 
Écriture Neskhî. — Les deux derniers chapitres du 

Coran. — Transcrits p. 186, 188, 187 et 189. 
Écriture Neskhî, d'un bon style. — Les six premiers 

versets du chapitre XII du Coran. — Transcrits 

]). 188 et 189. 

Principaux caractères turcs. — Formule du Toghrâ . 
Formule épistolaire. — Transcrite p. 190 et 191. 

Autres écritures turques. - Formule épistolaire. — 

Vers turc— Maxime. — Transcrits p. 192 et 193. 
Écriture persane. Caractère Ta'lik'. — Vers persans. 

Transcrits p. 194 et 195. 
Ecriture persane. — Fragment d'un manuscrit arabe 

écrit en Ta'lik'. — Transcrit p. 196 et 197. 
Écriture barbaresque. — Variété. — Trois maximçs 

de la Sonna. — Traduites p. 19S et 199. 
Autre variété. — Fragment de Sonna. — Transcrit 

p. 200 et 20 i. 
Maroc. — Fragment et fac-similé d'une lettre du fils 

de l'empereur du Maroc. — Transcrit p. 200 et 201. 
Variété andalouse. — Extrait d'un manuscrit. — 

Transcrit p. 202 et 203. 
Alger. — Fragment de la copie d'une procuration 

rédigée à Tunis et copiée à Alger. — Transcrit 

p . 204 et 205 . 
Constantine. — Pièce de vers par le Bey Ahmed.— 

Transcrite p. 206 et 207. 
Maroc— Morale en vers.— Transcrite p. 210 et 211. 
Variété. — Versets 37 à 44 du chapitre III dn Coran . 

— Transcrits p. 210 et 211. 



1.7 i i un i ni S n M ES 

■ 

16-1 XXXVIU Bône. - Pragmeni d'une Lettre en prose ri mée. — 
Transcril p. '21 1 el 215. 
\\\IX arabes de la tente.— Fragment de lettre. — Trans- 
cril p. 216 217. 
\1 Écritures hébraïque ordinaire el rabbinique com- 
parées. Même fragment de lettre arabe écrite 
dans les deux caractères. — Transcrite p. 218-219. 

167 XI. I Autre texte hébreeo-arabe. — Lettre. — Transcrite 

p. 218-219. 

168 XI. II Variété du caractère rabbinique. — Lettre d'un juif 

marocain. Transcrite p. 22'2-223. 

TEXTES IMPRIMÉS 

La traduction accompagne chaque texte 

608 XI. 111 Légende arabe, style usuel algérien. 
\I.IY Anecdote en langue du Caire. 

635 XLV Le même, reproduit, pour la comparaison, en style 

algérien. 

636 XLV] Fragmenl d'un chant arabe. 

638 XLVII Narration de la ha taille d'Isly écrite au Maroc, el 

envoyée à un maure du Sénégal. (Fragment.) 
6*0 XLVIII Texte en arabe dil culgaire. 
6i0 XLIX Texte français écril en caractères arabes. 
642 L Texte espagnol écrit en caractères arabes. 

FAC-SIMILE 

■ ,, i.l Écriture de l'Afrique orientale. — Lettre du Hama- 

dar de Zanzibar. — Transcrite p. 645, traduite, 
p. 652. 
LU Lettre d'un sultan indien. — Transcrite p. 6i7, tra- 
duite p. 653. 

Spécimens de mauvaise écriture et de mm/rai* style de l'Algérie 

LUI Soumission de la tribu des Zoug-Zoug. ■ Trans 

crite |). 647, traduite p. 654. 
I.IV Déclaration reçue el rédigée par un cadi. — Trans 

crite p. 649, I raduite p. 655. 
LV Lettre d'un babitanl de Bône, adressée à un habi- 

tanl de Constantine. — Transcrite p. 651, traduite 

['• ' 



iTES PRINCIPALES 675 



ANALYSE 

DES NOTES PRINCIPALES 



Pages 

25 Les lettres françaises même ne conservent pas, pour notre 
prononciation, une valeur uniforme; on ne peut les appli- 
quer à reproduire la prononciation arabe, que lorsqu'il est 
impossible de s'en passer. 

27 Les Arabes n'ayant pas l'habitude de s'exprimer au pluriel en 
s'adressant a une seule personne, on ne peut dire qu'ils 
tutoient. On ne peut tutoyer que par exception a un usage 
général tout contraire, et cet usage n'existe non plus chez les 
Arabes qu'il n'existait chez les Grecs et chez les Romains. 

82 L'alphabet arabe n'est pas quadruple, comme on l'a représenté 

jusqu'aujourd'hui en Europe. Les exigences de l'imprimerie 
ont obligé à fondre certains caractères en plusieurs frag- 
ments pour les besoins matériels de l'impression, et les 
premiers grammairiens européens ont donné comme principe 
de la lecture et de l'écriture ce qui n'était qu'un détail a 
l'usage des ouvriers imprimeurs. Tous les autres les ont 
imités. 
Le Hamza n'est pas un signe orthographique, comme on l'a 
cru jusqu'ici ; c'est la première lettre de l'alphabet ; c'est une 
consonne qui s'articule avec les voyelles, e1 subit tous les 
accidents des autres lettres de l'alphabet. 

83 L'\ n'est pas une lettre réelle : c'est le support d'un /tant:". 

ou le signe de la prolongation du son a bref. 

92 La cause de la contraction, dans toutes les langues est la dif 

férence trop peu sensible, ou la dissemblance trop considé 
rable entre les sons et les articulations. On en doit chercher 
surtout l'explication dans les habitudes de la prononciation 

93 Sur la cause probable de la suppression de 11 tolérée en 

certains cas par l'orthographe. 

96 Dans le système orthographique arabe, l'absence de tout 
signe sur une lettre est l'indice de l'élision de cette lettre 
dans la prononciation. 

98 Plusieurs voyelles se placent techniquement sur la même lettre 
pour indiquer par abréviation diverses formes ou valeurs 
d'un même mol 



i\ ,[\ VNALYS1 m- NOTES PRINCIPALES 

Pages. 

100 C'esl a tort que certains copistes mettent le — sur les lettres 

de prolongation. Le — est, comme la voyelle, le signe positif 
de la râleur de consonne, que les lettres de prolongation ont 
atiellement perdue. 

127 On ne saurait être trop circonspect dans l'appréciation des 
langues inconnues, écrites en caractères im-minKs, quand on 
a déjà tant de difficulté à apprécier celles qui sont connues 
dans leur écriture comme dans leurs principes et leurs 

applications. 

171 Sur le mot <*.UJ<».>. 

172 L'arabe était jadis en Algérie déclaré oulgaire quand on le 

comprenait, et littéral ou d'Egypte quand on ne l'entendait pas . 

i v > 1 es arabes emploient fréquemment un môme pronom pour 
divers antécédents. — Inconvénients Je ce fait. — Les com- 
mentateurs du Coran donnent souvent Irois ou quatre inter- 
prétations d'un même passage. — Manuscrit arabe où le 
copiste a donné un numéro à chaque pronom et à ses divers 
antécédents. 

187 Sur les motifs donnés par les commentateurs du Coran & la 

récélalion successive des versets, suivant le besoin des cir- 
constances. — Origine des deux, derniers chapitres du Coran . 

188 Autre fait à l'appui île cette observation. 

20i Le mot ? ^=*-y.sa est employé avec le sens de défunt. 

208 Quelques conseils pour la traduction par écrit. 

212 Sur le mot ^Là\, flèches pour tirer au sort. — Autre exemple 
de la diversité des interprétations des commentateurs dm 
Coran. 

21 i Sur l'abus de la prose rimée en arabe. 

2K, Sur l'apposition du" sceau dans les lettres. 

218 Nous avons souvent défiguré sans nécessité la prononciation 
de mots arabes très usuels, par une orthographe préten- 
tieuse ou afïectée. 

262 Pourquoi la lettre de prolongation ne peut être suivie d'une 

lettre ayant un Cause de sa disparition en certains cas. 

Sur le même sujet. 

280 La voyelle désinentielle d'un mot se modifie ou se retranche 
dans la prononciation. Il en est de même de quelques voyelles 
intérieures. — Faits analogues chez nous. 



ANALYS1 DES NOTES PRINCIPALES 677 

Pages 

287 Sur le trait placé au-dessus de certains mots arabes. 

291 Sur l'orthographe désinentielle du nom _^_;. 

291 Sur l'expression *Jt*\ <aa)\ 4 . 

298 Sur le mot LÔjJl. 

303 Sur la minutie des classifications établies par les grammairiens 
arabes. 

305 Les terminaisons du pluriel régulier masculin et féminin ne 
sont que le changement en longues des désinences brèoes 
du singulier. — Son-voyelle prolongé dans un tanouîn. 

310 Les grammairiens arabes ont fait quatorze catégories d'une 

même espèce de pluriel. 

311 Remarque essentielle sur les formes .Jl*.â et ^\L*3. — 

Nouveau fait de la prolongation du tanouin. 

316 Ce qu'on entend par i JUa. 

326 Le « du pluriel seul doit être accompagné de l'\ d'orthographe. 
On ne doit pas ajouter l'\ aux mots singuliers terminés 
par le «. 

331 Pourquoi l'on met au singulier et à l'accusatif les noms des 
objets comptés, au-dessus de dix. 

333 Vendre à... se rend par -^3 cL.\ 

^-^ c 

340 Manière inexacte dont les cadis des tribus énoncent quelque- 
fois les dates. 

dit Sur la manière d'écrire des fractions. 

351 Pourquoi avec le pronom de la 3 e personne 1 on dit «-43-^ 

pour *4,-^â, sans que le changement analogue ait lieu 

à la 2 e personne. 

355 La conjugaison latine porte avec elle, comme la conjugaison 
arabe, les indices apparents des pronoms personni ls. 

358 Notre mot le employé souvent pour celui que. . . 

360 Particularité orthographique du mot ^J^\. 

366 -Jt prend quelquefois les signes du féminin, du duel et du 
pluriel. 

412 La proposition n'a réellement que deux termes : les usages de 
la langue française ont porté nos grammairiens à en établir 

trois. 



6/8 INALYS1 DES NOTES PRINCIPALES 

Pages 

k25 S m le mot .j^l». 

►27 Le sujet el L'attribut de la proposition sont toujours censés- 
an nominatii 

î-32 Origine de l'expression «uiUL^s ^\ s'il plaît à Dieu. 

La tonne f,XJ3 pour jXJ3 rappelle par analogie la torme 
latine eccum, i ccam, etc. 

Le mot ^^v— > entre, doit se répéter quand il a pour complé 
ment un pronom . 

i '7 1 es mots ^J-^à ^_v^ etc., restent invariablement au nominatif 
quand ils n'ont pas de complément . 

t't't Remarques sur les adjectifs comparatifs. 

»Ô0 Valeur de S'â'a mesura 'les grains) en Algérie. 

Différence du mot J^S et du mot j^-^^».. 

i68 Le mot V>\ est un substantif qui subit une véritable déclinaison. 

tTo Les Arabes regardent comme phrases conditionnelles les pro- 
positions ayant pour sujet les mots quiconque, chaque fois 
que. tout ce (jue, ele . 

(71 Observation sur l'emploi, chez nous, du présent ou de l'im- 
parfait de l'indicatif pour le futur, dans les phrases condi- 
tionnelle-. 

(77 Pourquoi on peut employer l'aoriste indicatif après <J. 

Sur 1" mol ^s <*_'.>" . 

502 Sue U J.S" et L^S • 

r>02 Sur la tonne du mot U^.^ . 

504 Sur l'utilité des Mille el /un- Nuits pour l'étude du style arabe. 
— C'est a tort que l'on a adopté en Europe les Fables de 

Locman pour un livre d'étude et un dèle île style, malgré 

la forme étrangère de leur rédaction 

Nous ne devons pas exprimer constamment en français la 

part l'-ulr Li par ô. 

527 \ proprement parler, il n'y a pas de dialectes en arabe; il n'y 

a que des formes locales. 

528 Nature de l'arabe vulgaire. Pourquoi les Européens, qui ne 

le connaissent pas, l'ont admis comme une langue a part . — 
Nul écrit public arabe n'est rédigé en arabe oulgaire. — Cette 
distinction dans l'arabe en indique unA connaissance incom- 



VNALYSE DES NOTES PRINCIPALES 679 

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pléte. — Inconvénients graves de l'application de l'arabe 
vulgaire des musulmans, et surtout de celui des Euroj 
aux alïaires publiques. — Les formes plus ou moins inexac- 
tes du langage usuel ne peuvent être tolérées que dans les 
relation* de ta oie privée. 

53 1 Les personnes instruites, ou celles qui ont eu par l'éducation 
de lionnes traditions orales, parlent correctement et ne se 
croient pas obligées de s'exprimer comme les gens grossiers. 
— Faits et observations à l'appui. — La langue arabe a été 
parlée jadis dans toute sa pureté grammaticale. Le mélange 
et l'ignorance croissante des peuples en ont corrompu la 
pratique. 

654 De quelques inconvenances de style de la part des Musulman- 

fanatiques. 

655 On ne peut traduire un écrit dont les idées ne sont pas suffi- 

samment formulées. L'imagination ne doit pas suppléer à 
l'obscurité complète d'un texte. 



ALGER 

DES PRESSES DE A. JOURDAN 



RÉIMPRIME 



1914 












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6763 
1915 



Bresnier, Louis Jacques 

Cours pratique et 
théorique de langue arabe 
renfermant les principes 
détailles de la lecture 



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