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COUKS
DE
LANGUE ARABE
OUVRAGES DE M. L.-J. BRESNIER,f
l'un des disciples de Silvestre de Sacy
l'rofesseoi à la Chaire publique d'arabe et à l'Ecole normale d'Alger
Professent honoraire d'arabe aux deux Séminaires d'Alger, etc.
CHRESTOIV1ATHIE ARABE. LETTRES, \.CTES ET PIÈCES ni ver SES,
avec la traduction française en regard, suivie d'une Notice sur
'sions musulmanes, et d'une Concordance inédite des
en et musulman ; 2" éilit., revue, corrigée et
entée. — 1 fort vol. in S", orné d'un magnifique titre arabe,
couleurs, type oriental 12 fr.
honoré d'nne souscription de S. E. M. le .Ministre de la guerre)
DJAROUMIYA, Grammaire arabe élémentaire, de Mohammed
ben Dawoud el-Sanhadjy, texte arabe et traduction française.
rnés de notes explicatives. 2'édit. — 1 vol. in-.S° acec un
titre et couleurs 5 fr.
1 i même ouvrage, texte arabe seul. Brochure in-8 n , aoec titre or
leurs 1 fr . 50
PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE LA LANGUE ARABE, ouvrage
théorique et pratique, contenant les règles et les faits les plus
téristiques de la lecture, de l'écriture, du langage, delà
grammaire et de la métrique.— I vol. in-18 cartonné S fr.
Juyû\ ^sh 3 IJLkJI jW
ANTHOLOGIE ARABE ÉLÉMENTAIRE, choix de maximes et de
ia plupart inédits, accompagnés d'un Vocabulaire
■ -français, à l'usage des Lycées et îles licol es primaires supé-
l' Algérie. — 1 fort vol. in 18, orné d'un joli titre arabe,
eurs 5 fr.
(On - iiption de S. E. M. le Ministre de la guerre)
ELEMENTS DE CALLIGRAPHIE ORIENTALE, comprenant 34
modèles d'écriture arabe, orientale et harbaresque : 17 barbares-
ques Algérie, Tunis), et 17 orientaux (Egypte, Turquie,
- rie, etc. avec une introduction explicative. — 1 cahier
Qg, dans nu carton 3 fr. 50
r y a
1MP . JOTfRDAN, ALGER
\
COURS
PRATIQUE ET THÉORIQUE
DE
LANGUE ARABE
RENFERMANT
LES PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA LECTURE, DE LA GRAMMAIRE ET DU STYLE
Ainsi que les Éléments de la Prosodie
ACCOMPAGNÉ
D'UN TRAITÉ DU LANGAGE ARABE USUEL
Et de ses Hivers Dialectes en Algérie
L.-J. BRESNIER
L'UN DES DI8CIPLES DE SILVESTRE M -
Deuxième Edition
VLGER
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE ADOLPHE JOl RDAN
IMPRIMEUR-LIBRAIRE DE t/UNIVERSITI D'ALi
Place du Gouvernement
1915
PRÉFACE DE L'ÉDITEUR
En présentant au public une deuxième «'dit ion du
Cours pratique et théorique de Langue irabe, par
Bresmei;, j'éprouve le besoin d'expliquer le but que je
poursuis. Je n'ai nullement l'intention, ainsi qu'on
pourrait le croire, d'opposer cette méthode ;'i celle
actuellement en usage pour l'enseignement de l'Arabe.
Je ne cherche pas à la ( lui substituer. La discussion des
doctrines et des méthodes d'enseignemeni ne sonl pas
de mon ressort; mon métier est d'éditer et je in'\
confine.
Des conversations diverses que j'ai entendues, nu
fait ressort saillant: Bresnier est un maître autorise
devant lequel tous les arabisants s'inclinent respe
tueux, louant sa méthode. Elle constitue, à proprement
parler, un véritable monument dont personne ne songe
à contester l'autorité. Convaincu de cette vérité que
\ i imÉFACE i>i i.'ii'i l' i : i i ;
j'expose ici sans phrases e1 afin de conserver intact
ce tnonumenl >•! il<" le transmettre à la postérité, j'en
ai l.iil une deuxiè idition absolumenl conforme à
l'originale. Les arabisants, je l'espère, me sauront gré
de in.i bonne volonté, et le public réservera un accueil
toul particulier i\ la Méthode du Maître, qui se trouve
ainsi rajeunie et, partant, d'un usage [»1 lis agréable.
\i.rn phe JOURDAN.
A
Monsieur le Général E. DAUMAS
Mon Général,
Les Lettres Orientales, et surtout les Etudes et les
Lettres Arabes, appelées à un brillant avenir en Ylgérie,
se souviendront que vous leur ave: accordé un appui
constant et une protection active et éclairée.
J'ose donc, en leur nom bien plus qu'au mien, vous
dédier ce Livre, qui doit en grande partie son existence
à vos encouragements et à vos consolations.
Que cet ouvrage témoigne, pour le présent et pour
l'avenir, d'un important service rendu par vous encore
au pays et à la science, et de la gratitude personnelle de
V Auteur.
L.-J. BRESNIER.
AVANT- PROPOS
DE LA PREMIÈRE ÉDITION
L n des plus beaux résultats de la conquête et de
l'organisation de l'Algérie par la France, esl l'exten-
sion et l'éclaircissement d'un grand nombre d'idées
que nous ne comprenons chez nous qu'au point de
vue exclusif et tranchant des théories et des systèmes,
qui nous laissent bien souvent inhabiles devanl lin
gence spontanée de leur application.
Ges idées et leurs théories même prennenl au foyer
ardent d'une civilisation qui se crée, un caractère posi-
tif et générateur que l'éloignemenl des faits oe leur
permet que rarement d'atteindre en Europe. On ae &i
borne pas, dans notre belle conquête, à de savantes
combinaisons, à d'ingénieuses hypothèses, à de subtils
arguments, car tout doit \ être éprouvé au creuset de
l'application ; on y apprend aussi à lire dans le livre
immense et sublime de- faits primordiaux : on y
acquiert, par l'usage et l'observation, une connaissance
positive et directe des choses : on > participe enfin à
une transformation qui s'opère sur tous les êtreî
parcourant les degrés d'une longue échelle, depuis
\ \ VNT l'Itoi-o?
l'homme du temps cl du pays d'Abraham, jusqu'à
celui de notre pays el de nos jours; depuis le sol
primitif el sauvage, jusqu'à celui dont la civilisation a
complètement changé l'aspect, dont la science et l'in-
dustrie ont approprié les produits ou la nature souvent
rebelle, au bien-être moral cl matériel de l'humanité.
I admirable ci puissante impulsion qui fait mouvoir
ensemble cl succès tous les agents intellectuels et
matériels de l'organisation de l'Algérie, est l'œuvre
d'une administration celle de la Guerre) qui a su,
dans -a liante intelligence*, ne pas se restreindre aux
traditions et aux systèmes d'une spécialité, mais conce-
voir et appliquer des idées en rapporl avec la grandeur
d'une tâche qui embrasse, suis nulle exclusion, toutes
les branches quelconques de la civilisation.
appelé en [836, à coopérer pour une humble part à
cel immense travail, et chargé, sur la désignation de
l'illustre de Sac\, d'imprimer une direction à l'étude
de l'arabe et d'en fonder l'enseignement, nous éprou-
vâmes par nous-même, (\r* notre arrivée, que la science
théorique seule, quel que soit son degré, est arrêtée
bientôt par la pratique la pi us restreinte ; nous com-
prime- sans peine que le travail que nous avions fait
n'étail que préparatoire, et qu'il nous restait encore
.1 entreprendre une autre ('Inde non moins étendue
pom noue que la première, et d'autant plus difficile
qu'elle ne pouvait -appuyer sur aucune base écrite.
1 alors que nous aperçûmes le ravin profond qui
sépare, pour nous autres lettrés européens, les idées
AVANT-PKOPOS
purement spéculatives de celles qui onl une application
directe et précise. Il fallait traverser l'obstacle, el nous
n'hésitâmes pas à descendre dans le gouffre, et à gra^ ii
La côte abrupte de l'autre bord, que nous Millions la
nécessité d'explorer. \.près de longues et minutieus
observations, nous reconnûmes de part et d'autre
l'identité du sol, et les points sur lesquels on devait
établir les premières communications. Non- dûmes
alors nous efforcer de relier d'une manière solide el
permanente les idées de la théorie aux faits de la prati-
que, et jeter un pont sur le vide que le défaut tic
relations avait laissé se creuser entre les unes et les
autres.
Nous publiâmes dans ce but en i846 la première
édition de cet ouvrage, que l'insuffisance de- ressources
typographiques nous contraignit à autogiraphier nous-
mème : c'était une construction provisoire destinée à
pourvoir aux nécessités du moment ; nous la rétablis-
sons aujourd'hui sur une plu- grande surface, et sui-
des bases plus profondes et plu- solides.
Placé au milieu des faits, appelé à les employer sous
presque toutes leurs formes autanl qu'à le- analyser el
les démontrer, nous avons acquis une appréciation qui
a modifié sur plus d'un point les idées que non- avions
apportées d'Europe, tout en confirmant l'exactitude
et l'excellence des principes que nous avons reçus.
Personne n'ignore que les choses vues de près et à
loisir, sont autres soin eut que ce qu'elles paraissent
lorsqu'on les examine à distance ou Les étudie par
tradition ; on nous pardonnera donc de n'être pas
toujours d'accord avec les opinions (pie l'on s'est faite
\\ \\ 1- l'Ilill'IlS
en Europe, et poui lesquelles nous déclarons professe)
la plus entière déférence, lors même que l'évidence t\r<
faits nous oblige à nous en écarter "ii à les contredire.
Non- n'avons pas hésité à adopter tous 1rs moyens de
simplification que la pratique jointe à la théorie nous
.1 présentés pour l'étude, el nous n'avons pas cru, dans
les as de divergence avec les idées émises jusqu'à
jour, entrer dans aucun système de réfutation ou
de controverse. Nous pensons que l'objet de l'étude
.•-i bien plutôt ici l'a :quisition et l'appréciation exacte
des faits, que la stérile connaissance i\r> doctrines
auxquelles il- ont donné lieu, e1 nous marchons direc-
tement au but sans parcourir le long H tortueux
chemin que les tradil ions onl marqué.
L'arabe esl la langue classique des peuples musul
m, m- : tous l'étudient, le plus grand nombre l'écrivent
el la parlent, et ses caractères graphiques sont adoptés
partout où l'Islamisme a porté ses conquêtes. Sa con-
naissance, comme on voil el comme nous le démon-
trons dans ce livre, peul favoriser les relations avec
de nombreuses populations séparées par de vastes
espaces, et elle a puni- nous en Algérie une importance
politique el administrative tojite spéciale. D'un autre
les événements de notre sièdle font prévoir des
romunicationsde plus en plus étroites et nécessaires
l'Orient et avec l'intérieur de l'Afrique, et la
langue est l'intermédiaire le plus rationnel et le plus
efficace de toutes les relations. \>r là la nécessité, pour
présenl comme pour un avenir prochain, d'études
aies qui doivent seconder les utiles el profondes
herches de la science, el s'appliquer directement
AVANT-PROPOS Mil
en outre aux besoins pratiques "I positifs de l'adminis-
tration, du commerce et de la civilisation.
Le sol fécond de notre Algérie, i ù les plantes et les
hommes peuvent si énergiquemenl croîtbre ''I se déve-
lopper, peut aussi adniirablemenl se prêter aux exi-
gences pratiques el théoriques de l'étude, el il est
appelé à devenir un foyer d'où jaillira plus tard une
vive lumière sur l'Orient. L 'enseignement le la langue
et des lettres arabes, s'il est un jour apprécié e1 encou-
ragé, contribuera de plus en plus aux progrès de uotre
belle conquête, el initiera directement Les hommes
studieux et actifs de l'Europe aux relations des peuples
musulmans, que les livres seuls ne nous (ont qu'im-
parfaitement ou inexactement connaître.
D'après tas idées positives qui précèdent, el en tenant
compte des besoins du momenl el des prévisions de
l'avenir, on peut facilement concevoir que l'étude et
l'enseignement de l'arabe ne peuvent se restreindre,
comme le croienl certaines spécialités, à la connais
sanee exclusive de la grammaire, aux seules parfcicul i
rites de la concorda noe des mots. S'il esl indispensable
de recourir à ces moyens élémentaires, il- ne peuvent
être un but efficace el sérieux, el uous eussions retiré'
nous-mème peu d'avantage du profond savoir de nos
illustres et vénérés professeurs, s'ils ne nous eussenl
enseigné autre chose que les règles gramimatii
des langues de l'Orient .
Les étude- arabes en Ugérie doivent non seulement
embrasser, comme en Europe, le- connaissances néi
saires aux recherches de la philologie • •! de la sci<
historique et littéraire, mais procurer en outre le-
AVANT- PROl'OS
mu yens de comprendre el de communiquer rietteimenl
.t spontanément, par la parole e1 1rs écrits, toutes les
formes de la pensée : les circonstances de l'époque et
de la localité dous offrent cet immense avantage, c'est
aux .--prit- laborieux à en profiter. Ci' nV-i pas assez
pour nous de déchiffrer avec un pénible labeur quel-
ques ouvrages manuscrits se rapportant à un ordre
onscril d'idées: de favorables conjectures nous
permettent ici de m us familiariser avec Ions les textes
que la science et la pratique offrenl à nos investigations
dire tes, <•! de seconder I administration dan- les nom-
breux détails de -on œuvre organisatrice.
-\ pour préparer ce résultat que nous publions
cel ouvrage. On peut le regarder, d'une part, comme
l'exposé ulémentaire de- principes et tics faits de la
langue arabe, et de l'autre comme l'introduction des
étudiants an sein du trésor inépuisable, mais un peu
confus par -on abondance même, de l'admirable
Grammaire de Silvestre de Sacy. Non- connaissons la
faiblesse de m - moyens ci l'étendue de noire tâche,
mai- notre mission esl de l'entreprendre avec courage,
quel qu'en sodl le succès. Il faut, pour la première foi-.
réunir la pratique h la théorie, qui doivent se déve
lopper l'une par l'autre : il t'anl tracer à toul prix, en
franchissant ou renversa'nl les obstacles, des voies di-
tes au milieu de- champs encore inconnus poui
non- t\r l'application.
Poui marcher vers notre but, nous avons^exposé en
li-iincl ri avec des numéros indicateurs, les
b.i- et les principes réels ci peu nombreux sur lesquels
la langue arabe, et nous avons développé
\\ w r-pnopos
ces lois et ces principes par des démonstrations i
exemples servant à en préciser la nature el l'applica-
tion. Loin de chercher à multiplier 1rs règles, comme
on l'a fait jusqu'à ce jour, non- avons posé nettement
quelques principes rigoureux, qud épargnenl à l'étu-
diant les embarras inextricables du système confus et
anti-synthétique (\<-> Irabes, que l'on suit scrupuleu
sèment en Europe, el où l'on répète successivement,
avec quelques variétés de formes, les idées émises par
les premiers grammairiens. Non- avons mi- dans notre
travail une grande quantité de textes, la plupart marius
crits, représentant toute espèce d'écriture et de style,
et s'appliquanf à ton- les points principaux de la
littérature et de la pratique usuelle. On nous -aura
gré peut-être de cette innovation nécessaire et de cette
addition rarement usitée. Non- avons pensé que pour
enseigner el apprendre avec fruit, il ne faut pas se
restreindre à l'abstraction de- principes et à la rigidité
inflexible de- systèmes, qui forment trop souvenl à
eux seuls ce qu'où nomme la science, mais qu'il faul
aussi présenter et étudier la réalite de- fait-, l'on- les
hommes pratiques approuveront notre parti, et nou-
nous inclinons devanl l'opinion des autres. Nous ne
devons pas dissimuler que cel ouvrage n'est pas écrit
seulement pour ceux qui se bornent à apprendre, il
s'adresse aussi el surtout à ceux-là qui veulenl savoir.
L'exécution matérielle de ce livre dépasse un peu
les bornes ordinaires de l'impression en Europe : elle
a présenté quelques difficultés résultant de lu nature du
travail et surtout de l'exiguïté de- ressources de la
\\ \\ I PliUl't)^
localité; mais elle .1 pu être accomplie grâce à deux
llents artistes, MM. ( !h. Pob im \\\,
lithographe, el \. Ducuvri \i . typographe arabe, qui
ont compris el secondé le tiravaitl de l'Auteur, et sup
pléé, avec une intelligence et u<ne habileté remarqua-
.111 défaut des moyens industriels donl l'Algérie
n.'esl pas énc< >re suffisamment poun ue.
. juillet
Préface de la Première Édition
Le but que je me suis proposé dan- li présent ou-
vrage est d'offrir aux nombreuses personnes qui entre-
prennent en Algérie l'étude de l'arabe, l'ensemble dés
faits principaux qui se rencontrenl le plus habituelle-
ment dans la pratique; d'en exposer la cause, la liaison
et 1rs conséquences, afin de faciliter e1 étendre les
moyens de communication par la parole et les écrits.
Je dois faire obsen er aux personnes qui commencent .
que dan- l'étude l'une langue parlée, la mémoire doit,
autant que possible, acquérir un grand nombre de faits
avant que le jugement se nielle à les apprécier. L'usage
d'un livre, dans cette étude, ne peut avoir pour résul-
tat que de faciliter l'appréciai ion de ce qui nous frappe,
et diriger l'application de ce que notre mémoire pos-
sède. Pour éviter à chacun plus d'un mécompte, qu'on
me permette d'entrer à cet égard dan- quelques déve-
loppements.
La pratique, je \en\ dire l'usage oral d'une langue,
dépend des conditions suivantes : — i" Exercice de
l'oreille, qui doit être habituée à distinguer ci à saisir
instantanément tous les mots; — •>" aptitude de la
mémoire à présenter spontanément à la pensée les idées
des mr4s que l'oreille perçoit, et le- mot- des idées que
l'on veut exprimer; — 3° Exercice de- organes le I'
prononciation, qui doit transmettre distinctement les
- articulations conformément aux usages éta-
i Habitude et intelligence de la construction
- mots, et de la forme que revêtent les idées.
<>n nçoit qu'un livre, dont l'influence s'exerce
d'une manière toute spéciale sur le jugement, ne peut
: nn i à la mémoire, à l'oreille e1 à la prononciation,
\ rcice suffisant, ai la spontanéité d'action indis-
nsables à l'intelligence el à l'usage de la parole. Pour
arrivei à bien parler une langue, il faut, de toute né-
— itr. établir avec le peuple qui l'emploie un contact
immédiat, soutenu pendant un temps assez long pour
que I 'S organes de l'ouïe, *de la mémoire el de la pro-
n 'iation, se plient sans efforl e1 d'une manière toute
burelle aux nouvelles habitudes qu'on vent leur faire
ontracter.
( n-' grammaire d'une langue étrangère doit donc
uniquement secondeT la pratique H indiquer l'appxé;
•iation ri la classification dc> mots <'t des idées, en s'ap-
puyant sur le- données d'une éducation commune à
eux auxquels • \\r es1 destinée. Elle suppose tout natu-
lement cette éducation première acquise, car elle ne
peut pr< - !» - 1 par la comparaison des idées et des
mes nouvelles, à des idées et de- formes positive-
ment établies et ennui;--.
Dans l'étude de la littérature d'une langue, l'action ne
rtant que sur des écrits, la mémoire ne doit que rappe-
ler I'- -''ii- des mots qu'on a sous les yeux, et l'oreille
ni li pi- nonciation n'ont pas rigoureusement besoin
d'être exercées. Le raisonnement, alors, agit presque
: s'appuie -m un texte qui n'a pas la mobilité de
■i parole, et qu'on peul analyser dans ses moindres dé-
n- rien perdre de son ensemble. L'étude litté-
raire doil se faire dans La solitude et le recueillement,
DE LA PREMIERE 1 mi [( <\
tandis que celle qui a pour objel la conversation, ne
peut s'accomplir qu'au milieu des individus, des fa
milles el des populations.
Les observations qui précèdent se résument par cel
axiome, que je livre à l'examen des esprits réfléchis :
on n'acquiert la pratique du langage des hommes
qu'avec les hommes, et l'intelligence des écrits qu'avec
les écrits.
Bien que la connaissance de la littérature d'une lan-
gue ne soit pas indispensable pour la prati pie de cette
langue, dans la limite des idées communes, il n'en esl
pas moins vrai qu'elle est un puissant auxiliaire, el
qu'elle élargit de beaucoup le renie des expressions t
des idées. Réciproquement, la pratique esl un avantage
fort précieux pour l'étude de la littérature : on peut ju-
ger de cela par le secours que nous retirons de l'usage
de notre langue française pour l'intelligence de nos
ouvrages littéraires, et par l'influence de :eux ci sur le
style de la onversation, Je dois ajouter que la relation
de la littérature d'un peuple ;"i la langue ^ ulgaire esl en
raison directe de l'éducation générale de ce peuple : plus
les niasses sont instruites, plus l'expression vulgaire
ou familière se confond avec l'expression littéraire,
parce qu'une instruction commune ramène chacun à
des bases uniformes; au contraire, plus les masses sonl
ignorantes, plus elles introduisent d'altérations dans le
langage ordinaire, et plus alors ce langage s'éloigne <i
la correction des écrits.
Ma pensée unique a été d'être utile: mon désir esl de
resserrer les lien* qui m'a-ttachenl à !" Algérie.
Septembre 1846.
INTRODUCTION
A L'ÉTUDE DE LA LANGUE ARABE
OBSEPA \Tlo.\S IMPORTANTES
/. pratique orale d'un,' langue quelconque s'acquiert
d'abord pur l'oreille et non par les livres : ceux-ci la
dn ■ icpp- : /. mais ne In créent jamais.
.1 _;i •; si cette idée a déjà été émise. C'esl possible,
- probable, d'après Térence : « Nullum esl jàm dic-
tum quod non dictum sil priùs ». Mais il esl bien cer-
tain que chez nous on en lient raremenl compte dans
l'étude des langues que l'on veut parler. De ce que nous
sommes obligés (l'étudier exclusivement par les livres
les langues ancieiiines, on en c lnraii à torl que les
langages des peuples doivenl s'apprendre comme la
lit/bératur non lie langage) des Grecs e1 des Romains.
Toute- les personnes qui veulenl apprendre à parler
une langue s'empressenl généralemen»! d'acquérir de
nombreux volumes, el de fatiguer, en leur particulier,
leur intelligence, quand elles onl besoin sculememl
d'exerc r d'abord leur audition, leur attention pi
"H-l lv\ \ 1 IONS 1MT •!'. I \ N I I -
el leur faculté de retenir el de prononcer des nu >t < .
Loin de moi de faire la critique de ce qui est. Je le
constate simplement; chacun peul L'apprécier. .1»' dois
seulement indiquer les écueils e1 éviter les déceptions.
<>u sail forl bien que celui qui marche à un but îe-
doit pas prendre un chemin qui conduil autre part.
Parler une langue, el la lire en la comprenant, sont
deux buts distincts. On parle avec les hommes, on
Lnavec les livres. 11 ne faut donc pas plus se borne]
à un livre pour apprendre à parler, qu'au langage pour
apprendre à lire. — La faculté de parler une langue
est subordonnée à V audit io'n. (liiez Inu-, lr> |nMq>les. les
enfants, dès le premier âge excepté ceux qui naissent
sourds . écoutent les sons qui les frappent, puis
reent à les répéter, jusqu'à ce qu'ils arrivent à
parler la langue de ceux qui les ont élevés. Ce n'est
que lorsqu'ils parlent très-courammen1 qu'on leur
apprend à lire chez les peuples civilisés, et qu'on
Leur enseigne les théories grammaticales, qui trouvent
alors une application positive et réelle dans les faits
quis pai la pratique.
I .i pratique, ou le fait, doit donc essentiellement
précéder des théories qui n'en sont que L'appréciation
ou la classifi :ation, et qui ont pour but de faire tirer
d'une chose connue, Le parti le |»lus avantageux et le
plus rationne 1 ] possible.
Par tous ces motifs, que l'observation et l'expérdence
indiquent, il faut conclure qu'une théorie, et, pour
renfermer dans notre sujet, qu'une grammaire
ne peut utilement expliquer que des faits déjà acquis.
■ Chercher dans un livre la prononciation indispen-
sable des -on- ■■! des articulations d'une langue, expri-
OBSER> VI [( >XS I M !'■ >K'l Wll-
mes conventionnellement paT L'écriture, el qui ne peu-
vent être saisi- que par l'oreille seule, c'est s'expos ;
à de vagues conjectures, à de fausses analogies; s'est
perdre du temps, et retarder, sinon compromettre, le
résultat que l'on veut obtenir.
Les mots et les locutions principales qui doivent,
dans le langage, présenter instantanément l'idée qu'ils
expriment, sans qu'il soil besoin, pour les compren-
dre, de déductions grammaticales, doivenl être acquis
également par l'oreille, non par 1rs yeux ou par I
sonnement. Oui d'entre nous, quand il parle, m' pré i
cupe des parties du discours qu'il emploie, de- figures
de rhétorique dont il se sert, ou de la forme de son
argumentation? Comment pourrait-on s'exprimer,
comment pourrait-on comprendre le- autres, si ohaqu<
mot prononcé ou entendu devait être l'objel d'un exa
mt'ii théorique?
Les observations qui précèdent se résumenl di ne i
ceci, qu'en commençant l'étude d'un langage, — il
faut se borner, somme théorie, au\ bases le- plus sim
pies et les plus indispensables; — se li\ rer ensuit
courage à l'observation et à l'acquisition de- lui- m
milieu des faits eux-mêmes, — puis revenir plus I ird
mais alors par l'étude, à l'appréciation el au classement
de ce que la mémoire a acquis sans l'approfondir.
J'insiste sur ce plan, parce que dans ma pratique de
l'enseignement de l'arabe, j'ai toujours constaté qu
beaucoup de personnes, par timidité ou par d'autres
causes, s'abstenaient de 1 1 .'•< j m-iiter le- Indigènes et se
bornaient à travailler exclusivement avec les Livres
elles arrivaient, il est vrai, à apprécier ce [u'elles pou
vaient lire, mai- elles ne pouvaient, même au bout d
plusieurs année-, s'exprimer qu'avec difficulté et Len-
i IBS1 i^ \ l IONS IMPOB 1 W I ES
tour, el ne saisissaient que d'une manière tout-à-fait
insuffisante le discours oral. Qr, pour boul Langage
que l'on veul apprendre, c'est la faculté de saisir ins-
tantanément les -"ii- avec les idées qu'ils expriment
qu'il l'.iul développer d'abord: les moyens d'analyse
el de lassification ne peuvent avoir d'autre but que
d'étendre et faciliter la pratique acquise, ri ne doivent
uper qu'en second lieu.
Pour corroborer ce qui précède, je dois dire, comme
fait, que les pcrsi nnes qui ont appris le plus lot à
parler l'arabe, sont celles qui se sont mises le plus
franchcmenl à la pratique; que d'autres, s'appuyanl
\ ln-i\ iiiiriit sur des études par les livres, quoique
mdées souvent par un juigemenl liés développé,
h'miiI presque rien tiré, pour la pratique orale, des
I héories qui les i\ aienl abs^ irbées.
Les populations arabes, eu général, étant fort igno-
rantes, par leur misère d'abord, ri ensuite par l'ex-
trême difficulté de l'étude cl de l'application de leur
idiome, le langage usuel des diverses régions est sou-
mis à bien des variétés, soil de prononciation, soil de
dénomination des idées el des choses, qui oui souvent
pour principales causes des influences de localité ou
d'individus. Ces différences constituent les diailectes
arabes, dont le mécanisme grammatical est uniforme
partout, ei n'esl autre que la restrictif n aux plus indis-
pensables besoins de la pensée, du mécanisme générai)
de la langue.
dialectes -mil à la langue arabe ce que le lan-
ge des gens -au- instruction des diverses provinces
li. esl à notre langue. Formés d'altérations,
il- ne s'enseignent mille part; il- se transmettent par
OBSI ;n\ \TIi>\- IMI'UH I \M F>
le contact, et ce n'est que par la fréquentation qu'on
peut les acquérir. Comme ils ne sonl appuyés que sur
la routine livrée aux incertitudes e1 aux hésitations de
l'ignorance, ils n'ont pas de principes fixes, ils ne
représentent pas ces conventions universelles d'un.'
nation, qui attachenl invariablement une signification
précise à un mot, à une locution, à une particularité
d'orthographe ou de prononciation. C'est pourquoi
personne n'écrit avec intention, mais seulement par
impuissance de mieux faire, dans un dialecte arabe,
pas plus que Ton ne rédige chez nous dans le style
des paysans ou i\r< lusses inférieures des populations
ilt n;is villes. Lorsque les individus un peu lettrés de
■es oli - - : ivent, ils le font sans logique, sans ortho-
graphe, sans régularité, et ils sentent tellement l'im-
perfection de leur style, qu'ils cherchent ordinaire-
ment à le relever par des expressions prétentieuses,
quelquefois, comme lie/, non-, fort plaisammenl
appliquées.
Tels sont les dialectes arabes, qui n'olïreut rien
d'analogue à ce qui se rencontre chez bous les peuples
qui eut une langue et une littérature constituées.
L'Européen qui apprend l'arabe n'a pas à se préoc-
cuper de toutes ces différences de dialectes : il doit -■
eorner à apprécier les usages du lieu où il se trouve.
Si l'expression dc< idées et des choses varie souvent,
les bases sont toujours les mêmes, et celui qui p
bien un dialecte se mettra, avec un peu d'attention,
au courant des autres.
Pour ce qui regarde les écrits, le mode d'étude esl
différent. Tin texte n'a pas la mobilité fugitive de la
parole, et peut se soumettre à toutes les conditions de
l'analyse : il n'a rien à perdre des lenteurs de l'appré-
«SI RA \ I IONS [MPOB l \n l ES
dation. - 1»<' plus, quand il esl correcl 0,"il n'exige
pas absolument la faculté de la prononciation et de la
pratique orale. C.V>t ainsi que beaucoup d'ouvrages en
langues étrangères, tanl classiques, qu'orientales el
européennes, sont très exactement traduits par des
personnes d'un savoir éminent, qud souvenl sont res-
- étrangères à la prononciation e1 à la pratique de
ingues, dont elles n'onl pas im urgenl besoin.
On conçoit, d'après cela, que l'étude des écrits d'une
langue, exigeant beaucoup de jugement et de
réflexion, doit être faite dans le sillenoe du cabinet:
tandis que celle du langage, qui doil rechercher la
spontanéité, el se garder des retards de la réflexion,
ne peut se faire utilement qu'au milieu des individus.
J'ai l'ait souvent remarquer aux personnes qui com-
mencent l'étude du langage arabe, qu'elles ont à se
préoccuper particulièrement de comprendre ce qu'el-
le- entendent; que là est la véritable difficulté. Quant
à exprimer leurs propres pensées, l'habitude d'enten-
dre et quelques légers efforts de mémoire leur four-
niront très facilement des mots et des locutions qui
s'adapteronl à leurs idées. 11 ne faut pas s'étonner de
pailei difficilement avant d'agir beaucoup entendu.
Je fais la même remarque pour le style. Souvent on
veut rédiger en arabe avant, que la mémoire et l'exj '•
il Je 'lis quandil est correct, car alors il s'appuie sur des règles
es; mais quand une lettre, par exemple, est. tracée par quel
que personne sans instruction, comme cela a lieu, très souvent, ou
ne ]"•' • ment en i imprendre le style qu'avec la connais-
sons el du mode <le prononciation de la localité ou
3 cas, l'orthographe suit La prononciation ou
■ivain, el La science a grand besoin de la pratique
expliquer ces altérations, qui ont chez nous-même de
OBSERA VI [ONS [MPOR1 Ci 1 1
riencc aient procuré les formules et les mots us
on arrive ainsi à de très mauvais résultats. On n
devine pas plus un style qu'un langage étrang
et l'autre ne sont que lia reproduction servile de sons
et de tournures d'expressions qui ont frappé déjà notre
mémoire par nos oreilles ou par nos yeux, el dont
nous avons saisi le mode de combinais m. Pour pab
ler, même en notre langue, il faut nécessairement
avoir beaucoup entendu parier: et pour É< rire, il faut
avoir beaucoup lu et beaucoup retenu de mémoh
ne peut faire utilemenl des thèmes qu'après ;i\
acquis, par la lecture, le sentimenl du génie d'un
langue: et celui de l'iarabe est tellement éloigné du
français, ta<n1 sous le rapport des formes que sous celui
des idées, qu'il est à peu près impossible de traduire
fidèlemenl du français en arabe, avec les seules res-
sources du meilleui dictionnaire I n grand nombre
de choses, d'ailleurs, sonl intraduisibles, faute d'équi-
valent dans la pensée de- Indigènes.
Le mode d'expression et d'écriture de U ute lang le
est soumi- i les conventions ou règles précises, à l'aide
desquelles seules on peut déterminer la valeur ou la
forme des mots. C'est ce qu'on nomme la grammaire
et l'orthographe.
L'orthographe est et doit être plu- rigoureuse que la
prononciation. Les erreurs de celle-ci sonl facHern
relevées dans le dialogue; le- fautes de celle là p
vent compromettre le sens. La grammaire et l'ortho
graphe sont à une langue ce que la discipline et 1 uni-
forme sont à une armée. San- elles il > aurail une
confusion inextricable. Voilà pourquoi nous sommes
obligés d'étudier même }■'- règles de notre propre lan
gue. et d'apprécier le- causes étynu logiqui -
12 5EHVATK »NS IMPOB rASTES
1 1 1 . 1 1 i < al. •> qui en dirigenl le plus ordinairement l'or-
thographe.
Si ette étude mais esl nécessaire pour lire et pour
écrire en français, c'est-à-dire en notre langue, on ne
peut rationnellement la regarder comme inutile pour
lire cl pour écrire dans la langue arabe, fort différente
de la nôtre, H dont le système d'écriture, très-Ampar
l'ail, a toujours l>rs<>in du jugement cl de la science du
le teur pour être complété.
lai- effet, autant en français on évite, avec le soin le
plu- minutieux, tout ce qui pourrait amener la moin
dre hésitation, autant en, arabe un néglige toul ce qui
peut rendre, non-seulement facile, mais mémo pos-
sible, la lecture courante à première vue.
Si l'on pouvail supposer qu'une pensée d'ensemble
eût présidé à la formation de notre système graphique
actuel el de celui t\i'.< arabes, on devrait admettre que
lie/ nous on s'esl tellemenl méfié de l'intelligence du
lecteur, qu'on lui a réglé jusqu'au temps de sa respi-
ration; tandis que les Vrabes sembleraient avoir eu une
idée -i haute de la sagacité e1 de la scie ice de celui qui
lit, qu'ils eussenl pensé lui faire injure en lui mettant
sous les yeux autre chose que la charpente ou la sténo-
graphie des mots qu'on lui soumel .
En arabe on n'écril presque jamais les voyelles, les
mots ne sorti jamais séparés, les points <pii distinguent
certaines lettres entre elles sonl assez souvent omis,
fréquemment mal placés; les caractères souvent m .1
formés; il n> a poinl de ponctuation, point de majus-
ulcs, poinl d'alinéas el l'on est forcé de subir les
inconvénients de ce chaos, où l'on ne peut se guider
que par l'étude, l'analyse et l'habitude.
.le me suis expliqué ailleurs sur les graves incon
0BS1 |;\ \ | [| .\- [MPORTAÎSTES
vénients de ce système graphique forl répandu en
Asie el en Afrique, qui empêche, chez les Vrabes sur
tout, la communicati< n rapide de la pensée, el ue peul
être à la portée du grand nombre. Cette imperfection,
qui en es1 une cause fréquente, pour les Arabes aussi
bien que pour les Européens, soil de fâcheux contre-
sens, soit de l'inintelligence complète dr> textes, expli-
que la nécessité pour l'arabe, encore plus que poui nos
langues d'Europe, d'éléments solides de grammaire
Heureusement que si le mode de l'écriture es1 déplo-
rable, au point de vue du résultat, tes principes de la
langue sont d'une admirable régularité : ils reposent
sur des Wascs très-peu nombreuses, et d'une applica
tion constante el fort étendue. San- relie régularité, il
fût devenu à peu près impossible de comprendre les
moindres écrits, taudis qu'il suffit pour saisir Je style
arabe, avec Les moyens actuels, d'une attention cons
tamment soutenue et d'une analyse minutieuse et
rapide, donl la connaissance exacte de- \'< rmes des
mots fournit les moyens.
L'art de l'imprimerie n'est pas usité par le- arabes;
tous les écrits sont Irait'-- à la main. H esl donc indis-
pensable de se familiariser avec les imperfections de
l'écriture des Indigènes, qui, en Vlgérde, offre rare-
ment des traces de l'art calligraphique, -i brillant
encore (lie/ le- Orientaux. Comme il ne s'agit pas,
quand on étudie, de réformer ce qui existe, mais île
l'accepter et de se mettre à même de le comprendre
dans l'état où il se trouve, il fini -'exercer le pins pos-
sible à nv< nnaître le- lettres qui composent les mots
arabes, malgré leurs irrégularités par rapport au type
commun. Nos caractères d'imprimerie, qui -"ni natu-
rellement plus facile- à distinguer pour nous
1 ' ( BSERVATIONS IMPORTANTES
très-loin de donner une idée suffisante de l'écriture
• ursive, et ne peuvenl dispenser de s'exercer à lire el
e s é c ri ts .
Il \ a lieu i i de faire une remarque qui s'applique
à l'écriture rapide de toutes les langues: c'est qu'il
est bon, pour lin' toute écriture courante, de com-
prendre à peu près ce qu'on lit, el de n'être pas exclu
sivement à la merci de la forme plus ou moins incor
reetc des lettres. On conçoil sans peine que ce n'esl
[ue par une longue habitude que l'on parvient à ce
i ésultat.
Je fais observer enfin que, quel que soit le système
[de suivi, rien ne pétri dispenser celui quii étudie
du travail assidu, de la pratique el de L'observation per-
sonnelles, e1 qu'il esl impossible d'abréger le temps
que les facultés de chacun exigcnl pour qu'il puisse
apprécier un fait, ou comprendre et appliquer une
rie. - - Beaucoup île personnes demandent si tel
laps de temps leur suffira, six mois ou un an, par
exemple, en travaillant une heure pai jour, pour par-
ler arabe. On peut leur répondre qu'elles ont passé
bien des années avanl ^\r parler el d'écrire convenable-
menl leur langue, et qu'en tenant compte du dévelop
peinent que leurs facultés ont pu acquérir, il y a lieu
de penser qu'un idiome où presque rien de ce qu'elles
pratiquent ne peut leur servir, où les idées sont diffé-
rentes, puisqu'elles parlent d'un ordre moral el social
bien ïloigné du notre, exigera de leur pari quelque
persévérance, dan- les conditions même les plus favo-
; ibles.
La langue arabe est beaucoup plus homogène que
la langue française; elle es1 surtout beaucoup plus
"rigoureuse dans ses principes. La difficulté de l'étude.
OBSERVATIONS IMPORTANTES 1$
l'état 'peu florissant des populations musulmanes
empêche qu'elle ne soit cultivée par les masses; elle
est par conséquent souvent mal pratiquée. L'ignorance
étant générale, le petit nombre des gens instruits se
conforme, dans le langage, à toutes les altérations
usitées, et se trouve ainsi entraîné par la routine. Les
diverses altérations arbitraires que le langage arabe
subit dans les localités, ont fait affirmer il y a plus
d'un siècle, aux uns par le défaut de pratique, aux
autres par le défaut de théorie, qu'il y a une langue
vulgaire constituée et écrite. C'est à peu près comme
si un étranger ayant appris notre langue avec les
livres, et ayant séjourné quelque temps parmi nous,
déclarait dans son pays, qu'outre un français littéral,
il existe un français vulgaire régulièrement usité et
écrit, et donnait comme preuves pratiques et littérai-
res de son assertion, les locutions provinciales, les
incorrections du langage de la populace et les irrégu-
larités du style et de l'orthographe des artisans fran-
çais qui lui ont fourni leur mémoire. La distinction de
vulgaire et de littérale peut être appliquée à toutes les
langues, dont les règles sont mal observées par les
gens sans instruction. Quelques personnes affirment
aussi, sur leur autorité, que, dans les écrits, ce qui
n'est pas ponctué est en arabe vulgaire, et ce qui est
accompagné de tous les signes est en arabe littéral.
C'est'un défaut complet d'appréciation des bases de la
langue, pour laquelle la présence ou l'absence des
signes n'est qu'un détail graphique. Il n'y a qu'un
style bien ou mal rédigé, bien ou mal orthographié,
comme cela a lieu en français et en bien d'autres lan-
gues. Quant au langage, il est soumis à beaucoup d'in-
fluences de localités ou d'individus.
jli >>H-l RA \ i IONS iMl'ciii rANTES
IVI est Lel il exacl de La langue arabe. Si Le tableau,
quoique fidèle, en paraîl peu flatté, c'est que nous
pensons qu'il est utile de donner enfin une idée nette
el positive d'une question qui a été el qui est encore si
diversement el si inexactemenl appréciée. Nos obseï
\,iii'ii- tendent à faire bien comprendre La marche à
suivre dans L'étude et dans L'application de la langue
arabe, - >us le double rapporl il<- La parole el de l'écri-
ture, el à épargner aux personnes laborieuses qui l'en
treprennent, une fausse direction dans L'étude, une
|. rtede temps considérable, <•! La déception de l'in-
-ii ;i es.
PLAN D'ETUDE
MODE DE PRATIQUE ORALE
L'étude pratique élémentaire du langage arabe, est
très simple, elle doit se borner, au début :
i° A la connaissance des caractères de l'alphabet,
principalement comme base de prononciation. Il faut
s'exercer beaucoup à prononcer les lettres et les mots
principaux avec des Indigènes;
2° A retenir dans la mémoire les pronoms person-
nels affixes qui, joints aux noms, représentent l'idée
possessive exprimée en français par : son, sa, ses, etc.;
3° A apprendre les deux temps ou modes dont se
compose l'unique conjugaison de la langue arabe;
\° A se familiariser le plus tôt possible avec les
mots et les locutions qui expriment les idées les plus
usuelles et les plus fréquentes, à les écrire, et à
employer tous les autres moyens propres à les fixer
dans la mémoire;
5° A fréquenter le plus que l'on peut les Indigènes,
et à les écouter attentivement parler.
Ces premières difficultés \aincues, on pourra s'oc-
cuper utilement des développements renfermés dans
le deuxième livre de cet ouvrage.
]s il \n i>7 i i DE
éti ni: DES ÉCRITS
L'étude élémentaire des écrits doil consister,
d'abi ud :
i \ se rendre compte de la forme el du tracé des
telles à la main;
\ apprécier le système de la lecture des textes,
avec h us les signes <|ui complètent l'alphabet;
< A apprendre df mémoire le prétéril el l'aoriste
du verbe, qui sonl la base de la conjugaison;
i \ apprendre, égalemenl de mémoire, les dix pre-
mières formes du verbe dérivé;
\ apprendre la déclinaison et les notions élémen-
taires de l'emploi des cas.
Il faut, en outre, s'exercer à lire d'abord exclusive
menl des textes accompagnés des voyelles el des signes
omplémentaires, le Coran, par exemple, à s'en rendre
ompte, de manière à arriver gradueJlemenl à déchif-
frer !'■- écrits qui ne portenl aUcun si^-ur.
Il ne faut pas perdre île vue que la présence o<U
l'absence des voyelles sur un texte n'en doil modifier
aucunement la lecture, «'l qu'il est d'usage en arabe de
n- pas mettre les voyelles H les signes complémen-
taires de l'alphabet. Toul lecteur es1 supposé assez
instruil pour lire et comprendre exactement sans ces
indications, H par conséquent nul écrivain n'esl
.t-i i 'int a h :s empl» >\ er.
Cours Pratique et Théorique
de Langue arabe
LIVRE PREMIER
NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA PRATIQUE ORALE
CHAPITRE PREMIER
DE LA FIGURE ET DE LA PRONONCIATION
DES C \i: \< TÈRES
Les caractères arabes sont au nombre de vingt-huit,
ou vingt-neuf suivant certaine appréciation. Les uns
ont des équivalents exacts parmi les lettres de notre
alphabet; d'autres ont des analogues plus ou moins
éloignés; quelques-uns enfin représentent des articu-
lations qui nous sont totalement inconnues.
On conçoit, d'après cela, que la prononciation d'un
grand nombre de ces caractères ne peut être exacte-
ment rendue par nos lettres, qui ne reproduisent, pour
nous, que les sons et les articulations de notre langue.
Comme l'alphabet est la base théorique la plus simple
sur laquelle on puisse acquérir les éléments de la
prononciation d'une langue, il faut faire, poui l'arabe,
ce que nous avons fait pour le français : apprendre,
avec des Indigènes, le nom et la râleur des lettres, sur la
figure de chacune d'elle.
Il n'est pas inutile d'observer ici que dans tous les
alphabets, la valeur de chaque caractère est exprimée
ordinairement par le premier son ou la première
COURS
articulation de son nom. L'appréciation exacte de la
prononciation en arabe du nom des lettres ci-après en
déterminera donc la valeur.
\i l'IIABET
Le nom el la valeur des caractères arabes ont été
indiqués aussi exactemenl que la valeur attribuée à nos
lettres l'a permis. Pour ce qui est marqué d'une *, on
devra consulter les Indigènes.
Mi\|
FORME
VALEUR
\
a , ê Longs,
i e i o brefs
— '
b
— '
t
^_,
c
dj
C
<_
.
d
:
«
>
r
i
z
t
--
_j_JT
k
-'
1
NOM
FORME
VALEUR
Mîm.
->
\
m
Noûn.
n
» Sàd.
U°
* Dâd.
o°
Aïn.
C
Raïn.
c
r parisien.
Fâ.
f
' Kaf. •
w :
souv. g dur.
Sîn.
LT
s, ç
Chîn.
<J*
ch
Hâ.
5
)i
Ouâou.
• 3
ou
Va.
^C
y, i
Ilamza.
£
DE LANGUE ARABE 21
REMAR'.'T ES -i B L'ALPHABET
Dans la ville d'Alger, le •— ' se prononce Isa.
Le 3 est souvent prononcé comme le -, surtout à
Alger.
Le j , qui a pour équivalent notre r, mais non
grasseyé, est très difficile à prononcer pour la plupart
des Français. Les personnes qui grasseyent arrivent
presque toujours à prononcer exactement les lettres
qui nous sont étrangères, avant d'articuler convena-
blement le j : tant il est difficile de perdre une habi-
tude prise.
Le !» est souvent confondu avec le j*.
Le v, 3 est prononcé par les Arabes comme notre g
dur.
Le s équivaudrait bien à notre h, si celui-ci était
pour nous aujourd'hui autre chose qu'une lettre muette
et purement orthographique. C'est encore une lettre
à écouter prononcer.
A la fin d'un mot, cette lettre port'' souvent deux
points ». C'est alors un / toujours précédé d'un a ou
d'un c bref, et qui se prononce al ou et s'il est en
liaison avec le premier son du mot qui suit, on a
seulement s'il ne se lie pas. C'est ainsi qu'on dit en
français : état, résultai, chat, sans prononcer le t, sauf
dans le cas de liaison avec la première lettre du mot
qui suit: étal ecclésiastique, résultat obtenu, acheter chat
en poche.
Le * est en réalité la première lettre de l'alphabet,
à la place de l' ) , qui est, la plupart du temps, le
support du <=. L'usage en Algérie le met à la fin de
l'alphabet comme vingt-neuvième lettre ; je n'ai pas
site à m'} conformer ici, sa place n'étant d'aucune
importance dans ces notions de la prononciation. Il
en sera spécialement question pins lard.
Il esl d'usage aussi de comprendre dans l'alphabet
le ^ qui esl la réunion des caractères J et ' ; mais ce
n'esl qu'une ligature, non une lettre, et, à ce titre, il
faudrait taire entrer dans l'alphabet tous les groupes
très nombreux formés par la combinaison des caractères.
Afin d'éviter toute fausse indication, on s'est abstenu
d'employer nos lettres dans le tableau précédent pour
déterminer certaines articulations arabes que l'oreille
seule peut apprécier exactement, (les articulations.
inusitées chez nous sont analogues, sauf une pronon-
ciation un peu plus intense, à d'autres articulations
représentées dans l'alphabet, el qui ont des équivalents
en français. La prononciation de ces équivalents peut
me! lie sur la voie des analogues, avec l'aide de la
pratique.
\ oici le tableau de ces analogies :
[rt tentation s fortes, emphatiques ou gutturales,
analogues a d'autres articulations faibles
esl l'articulation faible
de ? '
L
(s.-uis analogue
chez, nous)
— '
1
—
1
—
:>
1»
— —
if
i
-•
-
_ — —
Js
—
,
R
a pour analogue guttural
r parisien
-
l\
— —
\-
(sans équivalent
chez nous quand
il n est pas pro-
noncé gue .
u
est l'articulation faible
du^--
—
[
II
— —
z
—
DE LANGUE AU \l.l 1-
Il faut tâcher de se familiariser au plus tôt avec les
formes de ces caractères, afin de pouvoir se dispenser
d'employer nos lettres, dont l'usage, très mauvais pour
la prononciation, doit être complètement proscrit dès
qu'on peut s'en passer.
DE LA TRANSCRIPTION DE L'ARARE
EN GARAC1 ÈRES II! W,: AÏS
Pour l'étude de la prononciation, aucun système de
transcription n'est suffisamment exact et est toujours
dangereux. La forme toute particulière des caractères
arabes, fort étrange pour nous, peut justifier, dans les
commencements de l'étude, le secours décevant de la
transcription en nos caractères. Quoiqu'il y ait au
moins autant d'inconvénients que d'avantages à céder
à cette nécessité, nous la subirons quand nous ne
croirons pas pouvoir l'éviter.
Bien des systèmes ont été inventés par les Européens
pour reproduire la prononciation et l'orthographe arabe.
Il en est de plus compliqués que l'alphabet lui-même, et
surtout beaucoup moins exacts. Sans entrer ici dans
aucun détail à cet égard, nous dirons qu'à cause de
l'impossibilité de représenter aux yeux des sons que
l'oreille n'a pas encore retenus, le moins défectueux de
tous les systèmes, et par conséquent celui qui doit être
préféré, c'est le plus simple, qui reproduit autant que
possible la prononciation, tout en conservant si on le
veut toutes les particularités de l'orthographe el les
traces de l'étymologie.
Le système adopté par la Commission scientifique de
l'Algérie remplit ces conditions, etl'on peul l'appliquer
pour l'impression dans tous les pays. Nous l'emploierons
dans cet ou\ rage.
11 repose sur ce principe :
(i Les caractères arabes ont, pour la plupart, des
ÊQi [valents ou des analogues en français. »
Quand un caractère arabe a un équivalent exact en
français, on le représente par cet équivalent ;
Quand il n'a qu'un analogue plus ou moins éloigné,
on le représente par cet .analogue accompagné d'un
point, d'un accent, d'une marque quelconque, en se
conformant , pour les ouvrages imprimés, aux ressources
typographiques de la localité.
Quand il n'a ni analogue ni équivalent, on le repré-
sente conventionnellement comme on peut. C'est ainsi
qu'on a rendu ~ par kii et p. par '.
Cet accent, cette marque, n'a pas la prétention de
fixer uni' prononciation que dans toutes les langues les
caractères ne retracent (pie par convention : il a pour
but de prévenir le lecteur que la lettre- française qu'il
accompagne n'a pas exactement en arabe sa propre
valeur, el qu'elle indique une articulation seulement
analogue, mais non rigoureusement équivalente à la
prononciation française représentée. C'est au lecteur à
apprendre par l'oreille la valeur réelle de la représen-
tation du caractère arabe, ou mieux du caractère arabe
lui-même, comme il a appris dans son enfance la
valeur pour les Français, des lettres A B C D, etc.
I d'après ce système que les lettres de l'alphabet
DE LANGl L \RABE 25
seront rendues dans le présent ouvrage : . Les ana-
logues seront accompagnés du signe (').
Système phonique et orthographique de transcription
* ! a, i, e, eu, o : z
^ b •:- (
O t *Jb d
o ts ^r k
S dj J i
r h
L
in
îh ., n
d • -- s
d •? d
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k' e
L'' -
s, c, ç
w""'
ch
J
h
J
ou
—
y. ï. i
[■
La reproduction des sons-voyelles et de leurs nuances,
lorsqu'elle doit être le plus possible conforme à la
prononciation, ne peut être soumise à des règles fixes.
(1) Ce système de transcription, quelque simple qu'il soit, c
tout autre ailleurs, ne peut être rigoureux qu'au point de vue de
l'orthographe : quant m la prononciation, qu'il s'agira souvent de
figurer ici le plus exactement possible, il subira plus d'une modi-
fication.
Je ne puis mieux justifier cela que par la comparaison avec des
faits de notre langue. On écrit en français : monsieur, i
nous aimons, et l'on prononce : moc mon. La
valeur particulière de nos caractères subit chez nous même, comme
on le voit, plus d'un changement.
Des faits analogues, mais non identiques, ont lieu en arabe, soit
par des causes d'euphonie, soit par la manière donl telle ou telle
articulation est rendue en certain''- localités. — Ceci prouve déjà
combien tout système de transcription est peu fid< îelle
complication il amène dans l'étude dune langue déjà suffis
pourvue de difficultés pour nous.
( lomme le son-voyelle dépend fréquemment de la nature
des consonnes qu'il sépare, il ne peut être représenté
d'une manière systématique ; el quelque soin que l'on
\ apporte, il sera souvent inexact. On ne doit jamais
attendre une exactitude satisfaisante d'aucun système
de transcription.
CHAPITRE II
DES PRONOMS PERSONNELS
! i SPÉ< IAJ i Ml :\ l DES PRONOMS \M l\i -
Un des principaux rouages du mécanisme très simple
de l'arabe esl l'emploi facile el immédiat des pronoms
personnels afïîxes avec les noms d'abord, puis avec les
verbes et les prépositions.
Il n'y a pas en arabe de pronoms (ou adjectifs) pos-
sessifs. L'idée de la possession s'exprime par le pronom
personnel, <pii se place, avec une modification dans sa
forme primitive, après le nom de la chose possédée.
Ainsi l'on ne dit pas, comme en français : ma maison,
mon ihi'fiil, mes fleurs, mais :
La maison de moi _- ,! - dâr î
Le cheval de moi — _:: ; : ù aoud î
Les fleurs de moi S^y nouâr î
En aucun cas. le pronom ne cesse d'être personnel.
Le pronom se trouve toujours dans une condition
d'indépendance ou de dépendance : il est sujet, ou
régime.
DE LANGUE Al; \l:i
En arabe, quand il est sujet, c'est-à-dire quand il ne
dépend grammaticalement d'aucun agent, il consiste
en des mots isolés dont voici la liste :
PRONOMS PERSONNELS SUJETS
(pronoms ISOLÉS
Lil ana, je, moi
wo! i enta, tu, toi, vous (au sing.) masc.
O^l ) enli, lu, toi, vous 11 ' (ausing.) îém.
_ ? _a /toMfl, il, lui
^_> /lit/a, elle
nous
ah nâ,
entoui
houm, eux, elles
*_._>' entoum, vous
(l) Dans les langues, le singulier exprime ordinairement l'unité,
l'individualité, et le pluriel indique la réunion, la collection. Bien
que cette maxime grammaticale paraisse absolue au premier
abord, elle présente, chez différents peuples, d'assez nombreuses
exceptions. En voici quelques-unes :
1° Il est d'usage, en français et en anglais, de dire vous en
s'adressant à une seule personne comme à plusieurs. Le singulier
tu est rarement employé : c'est une marque de familiarité affec-
tueuse, ou d'arrogance et de mépris. Vous est donc quelquefois
singulier par l'usage, quoique pluriel par la grammaire.
2" En allemand, on emploie, en s'adressant à des personnes d'une
condition inférieure, le pluriel de la deuxième personne : « wollet
Ihr, habet lhr », et avec des égaux et des supérieurs, le pluriel de
la troisième personne : wollen Sie, haben Sie », etc. (O. o. M.
3° En arabe, on se sert du singulier en s'adressant à une seule
personne, quelle qu'elle soit, et du pluriel en parlant à plusieurs,
sans que le singulier et le pluriel expriment autre chu-,- que Le
nombre. Dans le style seulement, le pluriel s'emploie, en certains
cas, par une espèce d'emphase, a la place du singulier.
D'autre part, dans la conversation quelquefois, et dans 1
29 couiis
Quelquefois on a jou 1 1* à plusieurs do ces pronoms
une finale qui n'a d'autre luit que d'en accentuer plus
sensiblement l'expression. Ainsi l'on prononce souvent:
anâyâ, je, moi
'-'-:--' entâyâ, tu, loi, vous (masculin)
U^j] entinâ, )
tu, toi, vous (féminin)
'_..__«' entiyâ, s
PRONOMS PERSONNELS RÉGIMES
(pronom- \l I [XES)
Le pronom personnel arabe peut, être dans la dépen-
dance d'un nom ou d'un adjectif pris comme nom,
d'un verbe ou d'une préposition. Dans tout cas de
dépendance, il s'exprime par une ou plusieurs lettres,
qui se placent immédiatement à la fin du mot qui
régit, et avec lequel elles font corps. C'est ce qui a fait
donner au pronom, dans celte condition, l'épithète
à'afjixc.
Voici le tableau des lettres qui forment le pronom
souvent, un verbe, un adjectif ou un pronom se met au singulier
n a \ ec un sujel pluriel. ♦
Enfin, si l'on emploie toujours le singulier en parlant a une
-'finie, on se sert souvent du pluriel en parlant à la
première personne. < >n dit nous au lieu de moi.
Il sei de multiplier les observations sur ce sujet. —
ml a l'emploi affecté du singulier en pa'rlant français a des
arabes, dans la pei tn inexacte qu'ils nous tutoient, il ne faut
pas perdre de vue que quand on parle une langue, on doit se
ormer a son génie : affecter dans sa propre langue une tournure
étrangère est une, puérilité, et peul devenir quelquefois une
incon
DE LANGUE ARABE 2'.)
affixe, et qui doivent toujours être précédées d'un nom,
d'un verbe ou d'une préposition.
TABLEAU DES PRONOMS AFFIXES
j: — î — de moi
\jj" — ek — de toi
3 — ho, oh — de lui
' La — hà — d'elle
Lj — nù — de nous
J> — koum — de vous
*_> — hou m — d'eux, d'elles
|
Il faut observer qu'au pluriel on ne distingue pas le
masculin du féminin, dans le pronom, dans le verbe et
très souvent dans l'adjectif.
Avec les verbes, le pronom affixe de la première
personne du singulier est ^ ni, et non ^ * seulement,
comme avec les noms et les prépositions. Cela a pour
but d'éviter une confusion avec une forme du verbe.
Pronoms af fixes joints à un nom
.b dâr maison
^.b dur/ la maison de moi (ma maison)
kj/jb dàivA' de vous (sing.) votre...
».ta dâr/io pu dâro/i — ni<: lui
l».b dàvlui d'elle,
U.b dârnd de nous
»/,b dàrkoum — de vous
,* a i
b d&vhoum — d'eux, d'elles
COI RS
Lorsqu'on sera arrivé à répéter facilement et sans
1er ce qui précède, on pourra substituer au mol
liaison, les mots suivants :
^i j bîl chambre
^.'■.-..S 1,1 1 il) livre
:„^ 'aoud cheval
j 3j ou//-/ fils, enfant de...
.■_• i/i'ihl main, bras
J_x, ridjl pied, jambe
, i 'dïn œil
^ h iihib ami
El successivemenl tous les substantifs que l'on
apprendra par l'usage, et qu'il sera bon de noter au fur
el à mesure qu'on les entendra prononcer.
h- pronom affixe se joinl de la même manière avec
les prépositions ou les mots qui en tiennent lieu. Ainsi
l'on dit, par exemple, avec j>_à-s 'and, chez, auprès,
vers :
<•(•■ mu! sVni|'l"i<; aussi pjur
_.. z 'midi chez moi j'ai
^fSxz 'andEK — loi, vous (sing.) lu as, vous avez
- 'anduQ — lui il a
'"/"/ma elle elle a
-- >ni(ly\ nous nous avons
andno\ m — vous (pi.) vous avez
: 'andnovM eux, elles ils ont, ellesont
DE LANG1 11 VRABE '.',[
Comme on le voit, cette expression : chez moi, ruez
toi, chez lui, etc., est aussi employée avec l'idée de :
j'ai, tu as, etc. 11 faut bien observer que ce n'est pas
un verbe.
On pourra s'exercer sur les prépositions :
/
h, vers
menn
de, par
•util, 'aie
sur, pour
fôk'
au-dessus, sur
ta ht
dessous, etc.
JL^j k'bel, k'abl avant
j_*_ ; > ba'd après
^J- avec les alTixes, se prononce : 'alyya, 'alik, 'alvh, etc.
DE LA PARTICULE ', AVEC LES AFFIXES
y
On peut placer ici, comme analogue et indispensable
à apprendre de mémoire, la particule u. Sans signifi-
cation particulière, elle s'emploie dans les dialectes
barbaresques avec les affîxes, et prend pour nous la
signification du présent du verbe être : je suis, etc.
Elle détermine le présentou l'approximation du présent.
çjî. rasi je suis
<jX\, rûw tu es, vous ètes{sing\)
si. n'iH il est
ç,la>î. ri'iwl elle esl
U', f<iy\ nous sommes
„_f\ /7/isOLM vous êtes
*.»!, . /vnioi m ils, elles sont
J I CM RS
La seul.' particularité qui distingue ce mol de ceux
qui prennent les afïixes, c'esl que, dans presque tous les
dialectes, on dit à la •> personne du féminin e*'j /vîhî,
elle est. au lieu de ■* », fui sérail plus conforme à
l'analogie.
Il scia question de ce mot dans la conjugaison.
CHAPITRE 111
ÉLÉMENTS DE LA CONJ1 GAISON
11 n'y a qu'une conjugaison.
Elle n'a que deux temps ou modes, le prétérit et
I'aoriste. Elle esl parfaitement régulière, et par consé-
quent facile à saisir.
La signification des temps n'es! pas absolue, dépen-
dant, on peut dire que le prétérit est généralement
employé pour exprimer le tempspassé et ses différentes
nuances, — et P aoriste, pour le présent, et plus parti-
culièrement pour le futur.
De l(t Racine
["ous les mots arabes qui expriment une action, an
état, une idée, un objet, une qualité, onl pour base
une racine de trois lettres fondamentales, qui se
retrouvenl avec le même ordre dans tous les dérivés
de la même souche.
Cette racine a par elle-même une valeur abstraite,
DE LANGUE ARABE 33
qui ne peut être déterminée qu'au moyen de l'addition
systématique de sons voyelles ou d'articulations qui
en restreignent et en fixent la signification.
De la Forme
Tout ce qui est ajouté à la racine, c'est-à-dire aux
trois lettres fondamentales d'un mot, constitue la
forme ; les lettres ajoutées se nomment lettres for-
ma tives.
Dans tout mot arabe, il faut distinguer la racine el
la forme.
Cette question importante sera développée plus loin.
Il suffit de l'énoncer ici.
Les lettres d'une racine arabe se désignent par
l'ordre de leur position : on dit la première, la deuxième,
la troisième radicale.
Du Radical
Tout verbe arabe a pour base un radical, qui exprime
la 3 e personne singulière masculine du passé : // a fait,
il a écrit, etc.
A ce radical s'ajoutent des lettres constamment 1rs
mêmes :
A la fa, pour les personnes du prétérit ;
Au commencement, pour celles de l'aoriste.
Le radical est, en quelque sorte, le pivot de la
conjugaison ; il en est l'expression la plus simple, et
sert de base à la formation de toutes les personnes : il
convient de le prendre pour point de départ.
COURS
Sauf quelques cas particuliers, dont il sera question
ci après, le radical est immuable. On le répète autant
de fois qu'il y a de personnes, avec les additions carac-
téristiques.
La nature du radical n'influe aucunement sur la
conjugaison : peu importe donc le nombre ou la
nature des lettres qui le composent.
Il y a, pour le verbe, dans le langage arabe, deux
genres au singulier : le masculin et le féminin. On peut
en commençant, négliger le féminin, qui n'a lieu qu'à
la seconde el à la troisième personne. Au pluriel il n'y
a qu'un seul genre.
Il u'\ a que deux nombres : le singulier el le pluriel
qui dérive du singulier.
Toutes les personnes d'un temps se forment de la
'.', personne de ce temps. Il est bon, avant de conjuguer
un verbe arabe, de connaître la .'»'' personne du prétérit
et la •! de l'aoriste.
Comme on le voit par le tableau ci-après, la conju-
gaison est liés simple. Néanmoins, cette extrême sim-
plicité embarrasse tous les commençants, * i u i sont
portés malgré eux à la rapprocher de notre manière
d'exprimer I idée verbale. Il est très nécessaire de se
familiariser promptement a^vec la forme du verbe
arabe ; e'esi pourquoi je dois appeler ici toute l'atten-
tion, el engager spécialement à éviter toute comparai-
son avec la conjugaison française, mais à s'appuyer
sur une pratique exclusive.
DE LANGl'E ARABE
:;:,
TABLEAU DE LA G0NJ1 GAISON
(Le radical, quel qu'il soit, est représenté par un trait)
1
EN ARABE
a
<r.
se
o
X
^2
EN FRANÇAIS
Singulier
PRÉTÉRIT
3 e
2*
jr,
AORISTE
3 e
2"
1"
Singulier
! r
;
r]
Si l'on substitue au trait un radical quelconque :
^_2js 'araf, il a su, il a connu ; -/--- ' tcferredj, il
a contemplé ; j-~- - krxsciir, il a brisé ; v->~' chreuh,
il a bu, etc., on aura conjugué les deux temps du
verbe arabe au singulier.
1 Tour ?. . ._so. Il est d'usage, dans l'écriture arabe, de oe pas
tracer deux l'ois une lettre qui se répète sans intermédiaire d'un
son voyelle. On place an dessus, si L'on ceut, le signe ~ appelé
chedda, ou t eehdid, • pour avertir le lecteur que la lettre écrite en
vaut deux.
COURS
Voici l'application de ceci à un radical :
_oj-S 'ARAF, il a su, CONNU.
PRÉTÉRIT
^jy-z '-ï p. ah a f il a su, ou connu.
_>3 y-s 2 e p. 'araf< tu as..., vous avez su.
JU? _^ | r p. 'araf/ j'ai su.
AORISTE
- r«— 3 e p. ia'raf il sait, ou il saura.
?t*-j 2'' p. /a'rak tu sais, ou tu sauras, vous, etc.
, - »*— l re p. /ia'hak je sais, ou je saurai.
On voit que le radical 'araf ne changé pas, et qu'il
esl seulement, suivant les cas, suivi d'un /, ou précédé
d'un ?, d'un t, d'un //. qui sont à peu près les seules
lettres constituant la conjugaison dans l'usage oral.
On a pu remarquer que la l re et la 2" personne du
prétérit sont identiquement semblables : l'une et l'autre
- indiquent par l'articulation /, ajoutée au radical.
FORMATION DU PLURIEL
Règle unique. Le pluriel se forme en ajoutant le
son lj (où) au singulier correspondant ;
Excepté a la I personne du prétérit, où l'on change
la filiale — t en U nâ.
Ainsi :
lsu, fail au pluriel 'ahaf-om, ils ont su.
tuas, vous avez su, 'araft-oû, vous avez su.
DE LANGUE ARABE 'M
*araf£, j'ai su, 'arafXA, nous avons su
Ïa'raf, il sait, il saura, Ïa'raf-oÛ, ils sauront.
/a'raf, tu sais, vous savez, /a'raf-oî), vous saurez.
ma'raf, je sais. • n\' nw-oû, nous saurons.
formation du féminin
La forme féminine n'a lieu qu'à la 2" et à la 3 e per-
sonne du singulier ; jamais à la première.
Elle consiste, pour la 3" personne, en l'addition d'un
O au radical ; et pour la ï\ -en la prononciation du
son i après la forme masculine, de cette manière :
i(lcnlii|iie à la 2' masculin.
î
En appliquant ceci au radical ^_?j-s 'araf, déjà
employé, on aura :
PRÉTÉRIT
■j^3 ^ 3 e p. f. 'ARAFèt, elle a su.
Os»: 2 e p. f. 'ARAF/t, tuas, vous avez su.
AORISTE
^a^-j 3" p. f. /a'raf, elle sait,. elle saura.
tfyxJi -2 e p. f. /at.ai/. tu sais, vous saurez.
■ I '1 US
Observation. — J'ai déjà prévenu contre l'emploi des
lettres françaises; je ne saurais trop insister : elles ne
peuvent donner une idée suffisamment approximative
de la prononciation. Ainsi, les lettres 'araf, que j'ai
employées ci dessus pour le radical ^_$ ^, n'en rendent
qu'imparfaitemenl la prononciation, et, à cause de leur
fixité, elles nt se prêtent pas au\ nuances des sons, ipie
l'oreille seule peut saisir. Je ne fais ici usage de nos
lettres que parce que je m'adresse aux personnes qui
commencent à étudier l'arabe. Mais je dois leur déclarer
que le meilleur système de transcription en caractères
européens elanl toujours inexact au point de vue de la
prononciation, et ne pouvant conserver d'uniformité
bien rigoureuse, surtout pour les sons voyelles, il faut
s'en affranchir le plus toi possible, parce qu'il a le grave
inconvénient de nous retenir malgré nous dans nos
habitudes nationales, que nous devons tâcher de perdre
en parlant une langue étrangère. Il ne faut se guider,
pour In prononciation usuelle, que sur les Indigènes.
DE Ql ELQl ES RADICA1 \ [RRÉG1 LIERS
La conjugaison est unique et absolue, c'est-à-dire
que les lettres qui caractérisent les temps et les per-
sonnes s'appliquent constamment de la même manière.
Quelques radicaux seulement renferment, soit au
milieu, soit à la lin, les sons ! â, - où, j. ) ; d'autres
"ni les deux dernières radicales semblables. Les uns et
les autres subissent, pour des causes d'euphonie qu'il
ne faut pas rechercher ici, certaines modifications qui
n'influent aucunement sur les lettres de la conjugaison.
Ces modifications ne doivent aucunement arrêter les
DE LANGUE ARABE 39
commençants : ils n'ont qu'à se baser, pour la conju-
gaison du prétérit et de l'aoriste des verbes dits irrégu-
liers, sur la troisième personne de chacun de ces temps.
§1
Verbes dont la prononciation médiate est A long,
représenté (*) par ', à la 3 e pers. du prêt., et nommés
habituellement
VERBES COV Ul-
Caractères spéciaux. — 1° Les verbes concaves ont
pour seconde radicale un * ou un ^c, qui se change
toujours en ' au prétérit dans la prononciation des
dialectes. Ainsi ^ kân, il a été, ^ : 1 -- châf, il a vu,
Jl — . sâl, il a coulé, ^ . djâb, il a apporté, sont des
verbes concaves.
2° .4 la 2° et à la l re personne du prétérit, on retranche
cet i dans l'orthographe ; dans la prononciation on y
substitue le son ou, o, i, e, eu, etc. (plus ou moins aigu
ou grave) selon que la lettre représentée par ' est en
réalité _j ou ^C, ce que l'on reconnaît presque toujours
à l'aoriste.
3° A Yaoriste, 1'' du prétérit devient - ou _- ; il ne
reste I, dans l'usage oral, qu'en un très petit nombre
de cas.
(1) Je dis représenté, parce que l'\ n'est point une lettre ayant une
valeur propre : quand il n'est pas le support du *, ou le signe de la
prolongation d'un a bref qui le précède grammaticalement, il tienl
la place des consonnes faibles ^ ou ^, que des raisons d'euphonie
et d'orthographe ont converties en \ .
',il COURS
Verbe «-' kdn, .,«-5o ikoûn, il a été.
Sing. PRÉTÉRIT Plur.
i- il a été. ' — \K ils onl été.
k.in ki'inoù
. lu as. vous avez été. l^JLi vous avez été.
— - ' kountuù
kounl /..-... | 7 s ,. ,
I ai ete. I— L-5 nous avons ete.
ko u nu â
AOR1- l l
,-\-- il sera, il est. * !yX ils seront, ils sont.
ikoùn ikoûnoû
, Xy tu seras, vous êtes. IjXj vous serez, vous ries.
tkoûn tkoûnoû
,JC' je serai, je suis. ijJo nous serons.
nkoùn Qkoûnoû
On conjuguera ainsi : ^U. chaf, ^_?*-~>. ichoûf, il a
vu; \\J k'âl, \*Ju ik'oûl, il a dit; ,b dar, ,^,>i<loù>\
il a tourné, etc., et tous les verbes concaves dont 1' ' se
change enj à l'aoriste, ce qui est enseigné par l'usage.
\ erbe — >W- djâb, -r- -.:-^"''- idjîb. il a apporli', il a amené.
Sing. PRÉTÉRI1 l'iur.
v .'.^ il a apporté. L— ''-^ i' s on ^ apporta.
djâb djâboû
tuasapporté, vous.. [ y-^ vous avez apporté.
s — ^"^ djeuliloù
dieubt/ ., . . - i . . ,
j ai apporte. -^-^ nous avons apporte.
djeubnâ
DE LANGUE ARABE 41
AORISTE
v-^-rF 5 - il apportera. ^---^ ils apporteront,
idjib idjîboù
s-^rF 3 tu apporteras, vous.. y^F 3 vous apporterez.
tdjîb tdjiboû
s- ^^ j'apporterai. 'j^r?^ nous apporterons.
ndjîb ndjiboù
On conjuguera ainsi : J' — - sâl, J-r*** .' icîl, il a coulé ;
} Ls s'âr,j-^ is'îr, il est devenu, il est arrivé que.... etc.,
en un mot tous les verbes concaves dont 1' I se change
en ^J, à l'aoriste.
Quelques verbes concaves, en très petit nombre,
conservent à 1' 1 du prétérit, sa valeur et sa forme à
l'aoriste. En voici des exemples :
Verbe -«o'-j bat, <—'•—: ibât, il a passé la nuit.
Sing. PRÉTÉRIT Plur.
^jLi il a passé la nuit. '— ,J ils ont passé la nuit.
bût bâtoù
tu as passé la nuit, i^-j v s avez passé la nuit.
n> w-"-> ^ beuttoû
beutt ' j'ai passé la nuit. Llxj nous avons passé, etc.
beutnà
AORISTE
Singulier. oA-H! oA«j O^J il passera la nuit, etc.
ibàt tbât abat
Pluriel. jy'-H !y -° JyV ils passeront la nuit, etc.
ibâtoù tbâtoû nli.Hon
(1) Pour C-^-X_-> . Voyez la note de la paj
I 01 RS
On conjuguera ainsi : J' — sâl, JUo içâl, demander,
interroger, réclamer ; _-'-• ^ khâf, ^_eLsH. ikhâf,
craindre;- b bân, ,Lo ibân, apparaître;-- J.-i— J
eslk'âm, ,Ux~j istk'âm, s'élever, se monter à...., etc. —
(
On peut remarquer ainsi que malgré la suppression de
1"' au prétérit, ou son changement à l'aoriste, la règle
de la conjugaison ne cesse d'être appliquée.
§ Il
i erbes dont la prononciation finale, à la 3 e pers. du prêt.,
est A bref, représenté par ! ou s _c, c/ appelés
\ ERBES DÉFECT1 El \
Caractères spéciaux. I" Les verbes de cette classe
changent toujours le son final d en ï, à la 2 e et à la
1 personne <ln prétérit.
2° A l'aoriste, le son ù se change en / dans quelques
verbes, et se conserve dans les autres. L'usage est le
seul guide en cette circonstance.
Verbe c~ - mchâ, c-~^- imchî, il est allé.
>m PRÉ II RIT Plur.
L _c^- a il est allé. LUu^ ils sont allés.
mchâ mchâoû
lu es, vous êtes allé, 'y-r^ vous êtes allés.
— "' mchîtoû
inclut / . ... • I . . h '
je suis aile, ■— ~t~* nous sommes ailes,
cnchinâ
DE I \M.I I \1',\BE
AORISTE
S _^*J il ira, ii va. !*~^ ils iront, ils vont.
imchî imchîou
^r~* s tu iras, tu vas, vous... ' - ^.o vous irez, vous allez,
temchî fcemchîou
c iu^ j'irai, je vais. [?^*J nous irons. îr allons.
nemchî nemchîou
On peut conjuguer ainsi : -^ ou ^ djû, cr?~?' idjt,
venir; 3*-^ chrâj^Sj^, ichrî, acheter; J-*-{ brâ, _£/-H
ibH, rendre pointu, tailler (une plume, un roseau, un
crayon) ; ^V bk<L c-^—>. ibkî pleurer, etc.
Verbe ^ brâ, ^ ibrû, il a (''té guéri, il a guéri (neutre
PRÉTÉRIT
Singulier. 'j-j O^.j-j il a guéri, tu as guéri, etc.
brâ bril
Pluriel. \^j-j \y^..j-{ ^.j-i i' s onl guéri, etc.
brâoù brîtoû brin,]
VORIS i l
Singulier. ^j^H. tr-c- 3 ' [>-■- il guérira, etc.
ibrâ tebrê nebrâ
Pluriel. V <-:->. 'j|r-H V/-- '' s guériront, etc.
ibrâoû tebrâoù nebrâoù
§ 111
Verbes dont les deux dernières radicales sont semblables
nommés ordinairement
\ 1 r. IMS SOURDS
11 y a «les racines donl la seconde lettre radicale et la
troisième sont semblables, comme ^j— ch-d-d, -.>, r-d-d ;
on réunit ces lettres par euphonie, dans la pronon-
ciation comme dans l'écriture: --- chedd, il a tenu;
-, reudd, il a rendu, replacé, rétabli ; J-a. h'all, il a
ouvert, etc.
La seule particularité que présentent ces verbes dans
le langage, avec la réunion des deux dernières radicales,
esl l'intercalalion du son î avant le / de la seconde et
delà première personne du prétérit.
Verbe ^-^ h'abb, >_^-^- ; ih'abb, il a voulu, il a aimé,
il a désiré.
Sing. PRÉTÉRIT Plur.
_ -n il a voulu. '_-— . ^ ils ont voulu.
h'abb h'abboû
tu as, v s avez voulu. V— —^ vous avez voulu.
— — ^ h'abbîtoû
j'ai voulu. '_-.-— ^ nous avons voulu,
h'abbînâ
AORISTE
Singulier. _--^-' _-•<-' -r^ 3 ^ il veut, etc.
ih'abb bh'abb nh'abb
Pluriel. \Z -x— '_ LsP '-.-^ ils voudront,
th'abboû nh'abboû
El ainsi de Ions les autres.
DE LANG1 E ARABE (,'i
DE L'IMPÉRATIF
L'impératif est toujours semblable, pour la pro-
nonciation, à la 3 e personne de l'aoriste, dont on
retranche le — ; initial. Quant aux particularités de
l'orthographe, il n'y a pas lien de s'en occuper ici. -
Lorsque le besoin de la prononciation l'exige, on subs-
titue à ce -j. initial une voyelle brève, une espèce d'à,
d'e ou d'o, que dans les verbes primitifs, c'est-à-dire
dans les radicaux de trois lettres, on représente graphi-
quement par . C'est ainsi que nous avons mis un e au
commencement des mots esprit , eapérer, etc.
L'impératif n'a en arabe que la seconde personne ;
pour les autres, on a recours à l'aoriste.
EXEMPLES D'IMPÉRATIFS
Impératifs Aoriste
JLO' Ikellem parlez. J._C;_>
yZS kesseur brisez. ^JO
(*) ^_*j^ chôf voyez. w'v^.
(*) J^—5 kôl dites. J^i_>
(*) w*-^-a. dfîb apportez. ^^wj-sH
. >j-t>\ cchreub buvez. ^v-
(*) -àv»l emehî allez, parlez. _.~.o
j._3, ( erfeud enlevez, ôtez. J^-?H
x-Zu chedd tenez, prenez. ~-±-;
(*) L'orthographe exigerait : ^—^o, ^Li , ^_^„=». , ^ ««_«a\, en
supprimant le a et le ^ des verbes roncaces, et la dernière lettre
du verbe défectueux, par suite d'influences grammaticales dont le
développement apporterait ici de la confusion. 11 sullit, pour le
moment, que la prononciation soit exactement re- par les
caractères arabes.
I 01 RS
I e pluriel se forme, comme il a < ; l< ; dit, en ajou-
tant : ci au singulier : ikellemoû, kessroû, «'te.
Je rappellerai ici la nécessité de ne jamais s'exercer
onjuguer un verbe sans en connaître préalablement
la '.'> personne du prétérit el la 3 e de l'aoriste.
\ I Mil I \i!<>\ Dl LIVRE PREMIER
Le résumé de ce qui précède se borne à ceci :
1
Qu'il faut apprendre à reconnaître et à fixer la pro-
nonciation par les caractères arabes.
Il
Etudier spécialemenl les trois mots ci-dessus :
S)~ dârî, etc., la maison de moi (p. 29) ;
_---'- 'and/, etc., j'ai, etc. (p. 30) ;
j^'j vnni, etc., je suis, etc. (p. 31);
qui sufïîsenl pour exercer à l'emploi, très important en
arabe, des pronoms afïixes.
III
:ercer à la conjugaison sur les sept verbes :
, $f- — , -fi *- - 'araf — t'a'raf, savoir (*) ;
^jjr- H ~~ kan — ikoun, être;
: pas d'infinitil en arabe: ce n'est que pour simplifier
que aous employons ici ce mode du verbe français.
acenl en arabe par les troisièmes personnes
• ■lit .•! de l'aoriste.
DE LANGT 1. Ali IBE i »
^U> — v*^ — djâ-b — idjîb, apporter ;
<1Àj — ^,'Lj — bat — /bat, passer la nuit ;
c~è*j> — cr^*+?. — mchâ — imchî, aller :
>_) — V_o — brâ — ibrâ, guérir ;
^-^ — ^^.,sr- J . — h'abb — ih'abb, aimer, vouloir ;
dont le premier est dit régulier, et les autres renferment
toutes les particularités qui semblent aux commençants
des difficultés ou des exceptions.
OBSERVAT» )NS GÉNÉRALES
Presque tout le mécanisme du langage oral est dans
l'emploi facile et immédiat des pronom* a/fixes et des
personnes du verbe : c'est là ce qui, dans la pratique,
demande un peu d'étude et de réflexion. Le reste exige
spécialement de l'observation et de la mémoire.
Pour l'emploi des autres mots, tels que les substan-
tifs, par exemple, il faut avoir soin, chaque lois qu'on
le peut, de s'informer du pluriel d'un singulier que l'on
connaît. On ne doit pas se préoccuper des différences
plus ou moins grandes que l'on pourra remarquer entre
le pluriel et le singulier. La pratique et un peu d'étude
mettront plus tard sur la voie.
Le féminin se forme par l'addition du son a, qui
s'écrit ordinairement par ». (V. ci-dessus, p. 21, ligne
21 et suiv.)
Quant aux adjectifs qualificatifs, il faut observer
qu'ils affectent certaines formes particulières assez
faciles à reconnaître, comme y^J kbîr, grand ; , -=^-?
COURS
ferliân, satisfait, content; <^jy ezrak', bleu; leur
féminin est en a, qui s'orthographie par °\, s et ^,
comme on le verra plus loin. Les adjectifs n'ont qu'une
expression pour les deux genres au pluriel, excepté
toutefois quelques participes ou adjectifs verbaux.
L'article détermjnatif est J ( el, le, la, les, invariable
pour tous les genres et tous les nombres, il ne doit
jamais se mettre devant un substantif accompagné d'un
pronom affîxe, ou régissant un autre nom, il faut dire :
l'i-inld. la main, et >--•' ieddoh, sa main, ou --^ -■->
iedd Mohammed, la main de Mohammed ; mais jamais :
-^ ---', ci-ieddoh, ei-iedd Mohammed.
L'adjectif se met après le substantif, au contraire du
français. Nous disons : une grande maison : on dit en
arabe : -< — ■- /- dur kbîra, une maison grande.
Si le substantif est précédé de l'article Jl, ou est
déterminé (Tailleurs, l'adjectif prend aussi l'art-icle,
signe de la détermination : iij-^O ,îaj! cd-dâr cl-kbîra,
la maison la grande, J-^_*Ji ^ Mah'moùd cl-'âk'eul,
Mahmoud le sage.
Les phi;, <cs se construisent à peu près comme en
français, avec cette particularité que l'on place souvent
h- verbe avant le sujet : y' ^& L» JJj '- *J J^ ^=^ W
djâ s'âh'boh, ou k'âl loh ma zdl mû k'd'â amroh, son
camarade est venu, et lui a dit qu'il n'a pas encore fait
son affaire. .1 ta lettre : est venu camarade de lui, et il
a dit à lui (qu'il) n'a pas cessé d'être n'ayant pas
accompli l'affaire de lui.
Le complément du verbe, soit direct, soif indirect,
place toujours après le verbe. Ainsi il faut dire en
DE LANGUE ARABE i.l
arabe : il a vu lui, nous avons dit a eux, voi - avez
VENDU LUI A ELLE, pour : U l'(l VU, UOUS leUV CIVOM dit,
vous le lui avez vendu.
ijsU, châfoh, il a vu lui ;
kJ Uli k'olnâ Ihoum, nous avons dit à eux ;
^ 4^*j beu'toh Ihâ, vous avez vendu lui à elle.
1
-5-
La conjonction que, si fréquente en français, ne
s'exprime presque jamais : // m'a dit qu'il voulait vous
•parler ce soir, iI_£jJ1 sjj* ^,w J..vj ^.-sr- 5 . J, Jli &'#/ //
t'/i'abô ilkellem m'ak had el-'achïia ; à la lettre : il a dit
à moi il désire converser avec vous ce soiv. On peut
employer JJ elll ou jh bellî à la place où nous mettons
que, mais cet emploi n'est pas fréquent et n'est géné-
ralement qu'un pléonasme.
Le relatif qui, que, lequel, laquelle, dont, lesquels,
desquels, etc., s'exprime invariablement, dans l'usage
oral, par la conjonction J.) elll, déterminée ensuite par
le pronom personnel accompagné, s'il y a lieu, d'une
préposition. Il ne doit s'employer qu'avec un antécé-
dent essentiellement déterminé.
On construit ainsi :
L'homme qui est venu : U. J.1 J=*JI er-radjel elll djâ,
l'homme que il est venu ;
Le cheval dont vous m'avez parlé : J, JL -•■? J-' - ; - 1 "
4_is el-'aoud cil) k oit li "alîh, le cheval que vous avez dit
à moi à l'égard de lui ;
COURS
I \ maison où vous demeurez : .,— C-; ^i r ', JJ ,bJ)
j eddâr W// râk teskon fîhâ, Ja imuson que i ?ow$ r/r.v
demeurant dans elle :
I \ im;i;i '///'■ \iuis ave/ achetée: '-a ••-- ,*-■ J,l -,^'
el-ard' cllï chrît-/id, /</ /<v/v que vous avez acheté e\\e.
I •'! ainsi pour tous les cas analogues.
Si l'ahtécédenl n'est pas déterminé, le relatif no
sprime pas. On dit : J, JLà J._x, La. djâ radjel, k'âl
lî,- e«£ venu un homme, il a dit " moi; c'est-à-dire: il
est venu i \ HOMME 7/// nui dit. . . .
L'état social, la vie intérieure, la culture des facultés
étanl fort simples chez les Arabes, le nombre et la
nature des idées, et parlant, leur mode d'expression, se
ressentent de cette simplicité. Il n'y a point de nomen-
clature scientifique à l'usage de la masse, peu ou point
de termes d'arts, de commerce, de politique, d'art mili-
taire ou de science nautique. On peut concevoir d'après
cela pourquoi un grand nombre de nos idées, incon-
nues aux Arabes, manqui ni de mois qui les expriment.
Les idées physiques ou métaphysiques qui nous sont
communes avec eux subissent souvent certaines modi-
fications dépendant des conditions particulières de leur
existem iale, de leurs principes, de leurs besoins.
De là la loi nie particulière, ordinairement fort simple,
de l'expression de la pensée, qui exige l'observa-
tion des mœurs et du caractère arabes pour être bien
I ■ - personnes qui n'ont pas encore acquis une habi-
tude suffisante de l'idéologie des Arabes devront s'atta-
■-•lier a exprimer toute idée française de la manière la
DE LANG1 1 \11ABE
plus simple, et la dépouiller de tout ce qu'elle renl
nierait en notre langue de métaphorique, d'ambigu ou
de redondant, et lui donner une forme en quelque
sorte matériellement palpable.
Si l'on voulait dire, par exemple :
« Les conditions imposées à Hadj Amar pour le ter-
ci pain qui lui a été concédé Tan dernier sont fort
« onéreuses pour lui, et il ne peut les remplir. Il
« demande à être dégrevé pour cette année de la
« moitié des plantations qu'il devait faire, et de Ja
« totalité de la construction qu'il devait élever. Le
« défrichement, fort pénible dans son terrain, a absorbé
fi les sommes dont il peut disposer en ce moment. Il
« est dans l'alternative, si Ton n'admet sa requête, de
« se voir enlever le fruit de son travail ou de contracter
« des obligations qui le gêneront pour l'avenir. . . ))
Ces idées pourraient prendre la forme suivante
dans le style familier de la conversation du dialecte
d'Alger :
« Hadj Amar est à bout avec les conditions qu'on
« lui a imposées pour le lot que lui a donné le gou-
« vernement l'an passé. Il demande qu'on Vexcuse cette
« année pour la moitié des plantations qui sont à sa
« charge, ainsi que pour la construction, parce que le
« travail du sol lui est sorti, pénible, et il y a dépensé
« tout l'argent qu'il avait en ses mains en ce intiment.
« Si on ne l'excuse pas, son travail sera perdu, el s'il
« emprunte de l'argent à quelqu'un, il restera gêné
« pour l'avenir. »
1- ' J| - '- s -~l M il! aj
"•— ' W '"■»'' -' > — ^ ^ k^ ^_
■' ' ■ > ^^_:_^ 00 jj] us - *! <( ' - L
A la lettre :
Est el-hadj ' imar à bout avec les conditions que ils
nul stipulé elles on a stipulées) sur lui, pour le mor-
ceau que a donné à lui le gouvernement Vannée anté-
rieure; et lui demande que ils pardonnent à lui cette
année pour la moitié de la plantation qu'ils ont obligé
lui à elle, et sur la construction; parce que le travail du
sol est sorti s'est trouvé) à lui pénible, et il a dépensé
pour lui la totalité de$ deniers qui (riaient) dans sa
main en ce moment. Et si ils ne pardonnent pas ù
lui, s'en ira à lui (pour de lui, — lui échappera) sort
travail pour rien; et s'il emprunte les deniers de chez
le momie, il restera gêné d'ici en avant.
Cel exemple, que Ton pourrai! étendre indéfiniment,
suffit pour donner aux commençants un exemple de la
phraséologie arabe. II y aurail bien d'autres manières
d'exprimer ces idées, el les variétés dans l'expression
<1 une pensée sont nombreuses chez presque tous les
peuples. On ne peul les fixer par des règles précises,
car pour l'arabe, par exemple, sauf quelques conve-
DE LANGt E AR \FE
nances théoriques déjà exposées, tout dépend exclusi-
vement, non de l'étude, mais du sentiment et du
d'habitude de celui qui parle, ainsi que de la clarté di-
ses propres idées.
Je compléterai ces notions très élémentaires de la
pratique en donnant la nomenclature dv> nombres,
quelques phrases et quelques locutions d'un emploi
fréquent, pouvant servira s'informer de quelque chose,
à engager une conversation, et à apprécier ou recon-
naître les mots qui frappent le plus souvent l'attention
des commençants.
DES ELEMENTS DE LA NUMERATION
UNITÉS
joJj ouâlied un - — . setta six
_ . , zoùdi ' deux i_*, — seb'a sept
tlâla trois * — i - L*J lemânia huit
ïçjA arbiin quatre i-*-~3 tes'a neuf
L~&^ khamea cinq v .-~ 'achra dix
Les unités, à partir de trois, —•--•. sont terminées par
le s qui représente la finale u. Cr\\r finale se retranche
à tous les numératifs, excepté -►— dix, dans le cas très
fréquent où le numératif est suivi d'un nom. Ainsi l'on
dit :
i---— ; _-":.-- 'andî Hâta, j'en ai trois.
et ,--;- <J>JJ j;--^ 'andî tell dyâr, j'ai trois niaison-.
'1 Avec les dizaines, on dit ■ .
.'. i COURS
I mol -'-x'. ouâh'ed, un, exige, quand un nom le
suit, que celui- ci prenne l'article :
,......[' -\^v'- ouâh'ed el-mechmoûm. un hommei
s\jl\ j.^' ; ouâh'ed el-mrd, une femme
Quand il exprime l'idée spéciale, l'unité abstraite, il
se place après le nom, qui est alors sans article; et si
celui-ci est féminin, il se prononce el s'écrit : s-XsJj :
-V ; >^"-* mechmoûm ouâh'ed, un seul bouquel
;---v-- t^j-j» mrâ ouâh'da, une seule femme.
De onze à dix-neuf 1rs numératifs sont formés dos
noms des unités, auxquels on ajoute la terminaison
ich, corruption de yt~a. Ainsi l'on prononce :
u
- ! j.x' ah'dâch onze
îenâeh douze
ïAsAj tlellâch treize
I arbaHâch quatorze
khamstâch quinze
.: ! ..
settâch seize
« sba'tâch dix-sept
, iUjl&j' tmanlâch dix-huit
i,Uju«j' tea'tâch dix-neuf
Quand ces numératifs sont suivis de noms, ceux-ci
gardent la forme du singulier; il esl d'usage alors de
prononcer les numératifs comme s'ils avaienl un j, ou
la finale en, outre leur désinence caractéristique. On
prononce :
irba'lâchen radjel, quatorze hommes, etc.
Ce ne sonl là que des particularités de prononciation
"el nullementdes principes d'orthographe.
DE LANGUE ARABE
DIZAINES
Les noms de dizaines sont formés des noms îles unités
par la substitution, à partir de trente, de la terminaison
(oJ in à la finale s a. Le nombre vingt, (j-^r^, se forme
par le même changement opéré au mot >\~- dix.
'eucherin
vingt
.>.j~J trente
tlâtin
settin
arba'în
khamsîn
,' quarante
cinquante
soixante
.,__3u._„. soixante-dix
seb'în
~jL>j quatre-vingts
temânin
quatre-vingt-dix
tesin
Lorsque les dizaines sont accompagnées d'unités, on
exprime toujours les unités avant les dizaines. Ainsi
l'on ne dit pas vingt-six, par exemple, mais six-et-vingt
..>.• yts.. 'il setta ou -euchrîn.
11 faut observer qu'avec les dizaines on ne se sert pas
de r y, pour exprimer le nombre deux; on dit .*-~ lS'i
d/*7/* : .^.j-^ ^»~-'- : '''"'" ow 'cucherîn, vingt-deux.
CENTAINES
Cent s'écrit ûL» et se prononce wj//«, quand il est à la
fin d'une -période., et souvent myat quand il est suivi
d'un nom. On dit :
Ll= fjcs. ,£" l,it,i 'andoh mya, il en avait cent
et J^j --.■-• myat radjel, cent hommes.
Deux cents se dit c r-~ ^ //"//' ; '" (terminaison du duel .
56 cours
Les autres centaines se composent du mol ajU précédé
<los noms des imites :
tellmya trois cents
âjU-xjJ arba'mija quatre cents
JjU^ftà. khamsmya cinq cents
SjLjL- seltmya six cents
SjUju~. seba'mya sept cents
îjU_j^j' temanmya huit cents
ïjUju-ï les'amya neuf cents
Mille se dit -' ate/; c'est un nom qui se construit
ave,- les autres numératifs comme un substantif ordi-
naire : deux mille [ j^ô\ alfêin, trois mille ^Yl ^Jj
tell dhif. Il prend, comme on le voit, les signes du duel
et du pluriel.
EXPRESSIONS ET LOCUTIONS FAMILIÈRES
SERVAN1 d'iNTRODUCTIOS A H CONVERSATION
JOURS DE I \ SEMAINE ■
Dimanche j.^' ,L$j nhâr el-ah'ed
Lundi rJj^] — 'tel su) n
Mardi ■ U'^bJ! _ _ elUelâtâ
Mercredi 'x.< ,^ ( — el-arba'â
Jeudi r^*=sr 5 ! el-khamîs
Vendredi i**^! — cl-djem'a
Samedi c^~ M — — es-sebt
DE I.W'.i , \l; w.r.
L
r
PRIN< IPAUX INSTANTS DE LA JOl l'.MI
el-fedjeur le point du jour
es's'bâh le matin, la matinée
cl-'eulâm un peu avant midi
ez-saouâl (le déclin) ie midi vrai
ed'-dohor après-midi, vers une heure
el-'as'eur l'instant média! entre le midi
et le coucher
Y rs deux heures et demie, trois
heures ou trois heures et demie,
suivant la saison).
el-marrd) le coucher du soleil
d-'euchd la nuit tombante
nous's el-lll la moitié de la nuit, minuit.
HEURES
Chez les Indigènes qui connaissent l'usage des hor-
loges, les heures s'énoncent comme chez nous, par les
nombres qui en désignent Tordre dans le jour ou dans
la nuit. On prend quelquefois le coucher du soleil pour
point de départ.
Heure se dit : ^—sdn. au duel .*—-'— sâ'até'in, au
pluriel cAsL- sâ'âl et s->[?~ souâya*. Avec l'indication
11) L'usage des montres n'est pas répandu chez les lu:
comme chez les peuples civilisés. La plupart des Arabes ne sau-
raient apprécier la période que nous appelons heure. Ils divisent la
journée comme il est dit ci-dessus. — Dans [i
conquête, on compte le temps comme chez nous.
. COI RS
numérique on n\ xprime pas ordinairement le mot ïsl—
On .Ml :
Midi ^JJYl el-etsnâch la douze
Une heure s-XaJjJ! eî-ouâh'da la une
Deux heures rî 'JI cz-zoûdj la deux
Trois heures XJ'^UJ! et-tselâtsa la trois
Quatre heures L*_j.Y1 el-arba'a la quatre
Cinq heures L-^-M el-khamsa la cinq
Six heures ï-xJ! es-setta la six
Sepl heures £*~JI es-seb'a la sept
Huit heures LJUjJ! et-tscmânia la huit
Neuf heures ïx~jd! et-tCÇ ( a la neuf
Dix heures ^.AoJ] el-'achra la dix
Onze heures .ilj-^Y! el-ah'dâch la onze
.Minuit JJJI s^-^J nous's' elrlll moitié de la
nuit, ou bien : U3I <-.'—- iUJVÎ el-elsnâch mtâ*
C ^
</ />/, la douze de la nuit.
Tour les heures après-minuit jusqu'au point du jour
ys^\ (Y. ci-dessus), on dit :
Une heure après | -' *; ba 'd) minuit J-^ ' _ ~~~ Jx : * -^ [y '
el-OUâh'da ba'd UOUS's el-lll, el ainsi de suite.
.1 deux heures, à trois heures, etc., se dit ~^' ^- s
'a/d ez-zoûdj, i-j'^J! J-- 'alâl-lselâlsa. Notre préposition
à s exprime toujours par ^_J-- 'alâ.
DE LANGUE ARABE
LOCUTIONS FAMILIERES
Bonjour! *£J* -»^~ salâmou 'alyl
Salllt ! 1---HJ' esselâma
^ L»jL131j Ju] ebk'a be
' t^à. Xz ç i)l ebk'a 'a la khér
Courage, c'est bien ! 'isr-^ sj£)sxi ia't'ik s'ah'h'a
^ ^jXàL^i &iil allâh icéllemek
/ Ut-^j-^ *jSi ikattsar khérek
Si l'on a reçu quelque cl
Adieu.
Je vous remercie.
Connaissez-vous cela? <
o t Ijj) ^i, a .jù' ta'raf-chi hâdâ 1
bavez-vous ce que \ J? s — V
c'est?
Je le connais. )
Je sais ce que c'est. )
àSyjj na'rfoh
ç£ à3 pu ..-• "sa na'rfoh che 2)
Je ne le connais pas. |
Je ne le sais pas
Je sais. ^_V*'' " a ' Lal
Je ne sais pas. ^ ^_*j*i - J ma '
Commentse nomme j, . , , f kil
cela/ S i 1/ "••
Qu'est-ce que cela? '-'-* ---' achDÔ '
Remarques im i
(1) Cet exemple sufiit pour indiquer au:s mçants m 1 "'
I'interrogation s'exprime par le mot ^y-^- - , prononcé chi ou c/itf,
suivant l'euphonie, el placé après le verbe affirmatif.
(2) L'idée négative, comme on le voit, s'énonce par le verbe
affirmatif placé entre le mot Lo ma et le mot ^«i chi ou che,
on le met en français entre ne et PAS.
60 Coi i.-
Qui est-ce (quelle , » ; ?• \ , , ■_,„ «
lAa _v.;-' achkoûn hada?
personne v c'-
Dites moi. J, Ji k'ol li
Il m'a ilit. J, JU kàl lî
Il vous a dit. vj^O J ] j k'Ai lek
Quoi...? Ont'...? J.I ach
Que vous a-t-il dit? oXJ JU ^i.1 ach k'ftl lek?
Qu'avez-vous fait? O-Xss J^l ach 'amelt?
Qu'a-t-elle vu ? c^U ^1 a ch châfet ?
PoUVeZ-VOUS ? ^i, *=5r*-> tendjem chi
Je puis. »s~~' nendjem
n
Je ne puis pas. ? à ,^-> U mânendjemche
Il peut.
Il peul écrire l ).
11 est venu.
Je suis venu.
Vous êtes venu.
Qui esl venu '.'
Nous viendrons demain.
H faul (q ,,\ lazem
H faut (que) vous veniez. ^.s- J > ;Y uWm tedji
Quel...? ^y> Jf\ a ch men
\ •
iendjem
iendjem iekteub
i
_2v
dja
— .-- Lj5
ana djît
-,-- -•'
enta djît
Cil
achkoûn djâ ".'
lli L,.^
ndjîoû r'adda
I L'infinitif fra anl pis d'équivalent en arabe, on l'ex-
prime, dans les cas -111 iloguea & i exemple ci-dessus, par l'aoriste,
qui alors ;i la valeur du subjonctif. — On ue dil pas en arabe :
mais il peut qu' M ÉCRIVE.
DE LANGUE ARABE |')1
Quel cheval montez-
vous aujourd'hui ?
Quelle maison est
celle-ci?
Donnez-moi.
Il m'a donné.
Je lui ai donné.
Apportez (ou amenez).
Qu'a-t-il apporté ?
L'avez- vous apporté?
Je l'apporterai après- ,
demain ^ '-^Jîr* ^rr^ nd J il)oh r'ir r'adda
1 h*f ~~
\
ach Mien 'aoud ter-
keboh el-ioûm ?
J ,S»j\3
tf J- }
ach men dâr hâdi ?
a't'ini
^Ikcl
a't'âni
^■_Ls!
a't'îtoh
v. a^v
djib
ach djàli '.'
vS
-^-^-
djeuhtoh chi ?
Il est malade. ^.j k - si i;i
u
h (1) mrîd'
W
ach râh ia'mel ?
Que fait-il ? J^*j s!
Il écrit. s-^sXj »î. râh iekteub
Il vient d'écrire. y^! 1 , râh kteub
Il a vu.
châf
Il verra, il voit. sw^j^Hl ichoûf
Il veut.
ih'abb
Il aime.
Il désire.
Voulez-vous venir? ^ £> JUsr* th'abb chi tedii?
(1) L'expression râh, râho (V. ci-dessus, p. 31) indique l'idée
positive de l'existence présente. Elle ramène au présent la signifi-
cation principalement future de l'aoriste, et à un passé trrs récent
le prétérit du verbe. — Râni nekteub, signifie : ù i ris m un i
ràni kleubt, je viens d'Éi rire.
corns
]] ne veut pas. ^ ,, ^ U ma iha'bb che
J'ai voulu. ^-. — »■ b'abbit
Il a voulu v aller , ~ •• ,. M ,.,,-,
Kilt cru). ) \ i-> •• •
Quand? à quelle époque). c^K _-' ! ^ f;i1 ouok't
Quand (lorsqui . J,\ cuij ouk'i ejii
Comme. » &-S kîf
Quand? (à ^ueZ/e heure). LcL. .k , -■' acbmensa'a?
Quand viendra-t-il ? ^ sjuèj ^i > faï ouok't idjî ?
A quelle heure est-il , , .. , , .
• > .) , W- ïz — ,..- . :-■' ach men sa a ous cl
arrive . ) w v t r <s
Quand vous lui écrirez. ^ w-^Xi\ — .c_ ;: > kîf tekteub loh
Quand il voudra. vJUœt^ l' O-i* ouok't elli îh'abb
_--/ kîf - kemfl
Comme , de môme , ) i •
ainsi que, dès que... N
Comme vous voudrez. Ç^-' UT kemâ tb'abb
Je crois (je pense que j , ^
il me parait que... I ) w >* •■
Il croit pouvoir venir. -sH *=sr^ J yJ=-' id '^- 1 ' loh iend J em
EXERCICES DE LA CONJUGAISON DES VERBES
\\l<; LES PRONOMS AFFIXES
Remarque essentielle. - Toul pronom personnel
régime d'un nom, d'un verbe ou d'une préposition,
se joinl immédiatement à ce nom, à ce verbe, à cette
préposition.
DE LANGUE ARABE
En français, le pronom régime du verbe se place
avant le verbe; nous disons : je L'ai vu, donnez-LE
moi, il vous a écrit, nous le leur avons envoyé.
Il n'en est pas ainsi en arabe, où l'on adopte invaria-
blement la construction :j'di vu lui, donnez lui a moi,
il a écrit a vous, nous avons envoyé lui a eux.
AFFIRMATION
^li. — ^_ajJ^.i VOIR
Passé
Je l'ai vu. j^^_a_±. choft oh
Vous (sing.) m'avez vu. ~_:;_2_i>. choft-nî
11 VOUS a VU. ^j^GLi, chàf-ek
Nous l'avons vu. >L^.i_^. chof-nâh
VOUS nOUS avez VUS. Li^JC-iî-i, ehoftoù-nà
Us l'ont vue. La^-sLi, châfoû-hâ
Futur
Je vous verrai ^\?j._iuJ nchoùf-ek
Vous sing.) la verrez. L^yL-j' tchoûf hâ
Il les verra. *4_5.uu_> ichoûf-houm
Nous vous verrons. „.0 a iuJ nchoûfoû-koura
Vous me verrez. ^«-s «~^->' tchoûfoû ni
Ils le verront. .v._^_o_i^-j ichoûfoû-h
Présent
Je les vois. p- 5 ^ J j rânî nchoûf - houm
Vous(siHfl.)mevoyez. ^j^' — r j rtk tcho, ' lfni
I ', . COURS
II la voit. La_3JU_i >\ râh ichoùf-hâ
NOUS VOUS S1H0. voyons ^t-O^J lil. rànâ nchoùfoùk
VOUS nous voyez. ba-3.ft-dJ ,i', râkoum tchoùfoû-na
Ils [e voienl ;j.i; *a>î, rahoum ichoûfoûh
l\ I I RRI m. \ I |()N
Passé
(1).
L'avez-vous [sing.) vue"? c ~ V._i.~. choft-hâ chi
Nous a-t-il vus'.' g-i -;_;'.„ chàf-na chi
Les avons-nous VUS? ? .£,*ttLi_&à chofna-houm chi
M'avez-VOUS VU? -£> o*xji_.£, choftoû-nî chi
Nous ont-ils vus'? ci, Lj*.sU, chafoû-na chi
Futur
Meverrez-vous(sitt</.)? c^ c ; -^~~- ; tchoûf-nî chi
La verra-t-il "? -~ l$_s^i-j ichoûf-hâ chi
Les verrons-nous ? ~> v*~?-~.~ nchoufoû-houm chi
\ous verrez-vous? ,i '^j^.; tchoufoû-nà chi
\ ous sing. > verront-ils? c ~ _^C-s^j ichoûfoùk ciu
igative (ty^O s'emploie rarement a la première
':i se serl plutôt de la forme affirmative prononcée avec
l'inflexion de l'interrogation. On dirait donc ci-dessus : anaciiopt-
oh '.' \.n \ nchoûf-h ' comme on dit en français : je l'ai ru? je la
au lieu de : V-ai-je vu t la cois-je f
DE LANGUE ARABE ('m
Présent
Les V0is-je? I 1 ) ~H~-- _~ ' ^°j râni chi nchoûf-houm
Nous voyez-vous (s.)? Usu^J" -L^jS\ i-âk chi tchoûf-nâ
La voit-il? ^-?r^ c~ *\ râh chi ichoûf-hâ
Le voyons-nous? SaJJLi ,i, L>). rânâ chi nchoûfoûh
Les VOVez-VOUS? *s>*J~LS ~i, ,J\. râkoum chi tchoû-
i -> -^ cr | J fouhoum
Vous voient-ils? X-»%io ^ *»i, râhoum chi ichoû-
\ ^ -^ ■• u> | J foukoum
NÉGATION
La forme négative est la même que l'interrogative,
que l'on fait seulement précéder de la particule L» ma.
Passé
Je ne les ai pas vus. Ju, +j—zjlJ., 1= ma choft-houm che
Vous ne l'avez pas vue J^ lg,.v .a,;;. U ma choft-hâ che
•et ainsi pour les autres personnes.
Futur
Je ne vous verrai pas. -£> ^O -i— ; U raâ nchoûf-ek che
Vous ne me verrez pas. c i- ; ^jij' l ma tchoûf-nî che
et ainsi pour les autres personnes.
Présent
Je ne les vois pas. *^ -—■> ^ ji. U ma râoî che nchoûf-
V s nen s voyez pas. u-Sa-iJ -:. <\jX\. '-- mârakchi tchoûf-na
Il ne la voit pas. U-'^-—' -~ s 'i '■•- '" ' ri1 ' cl!ii :;il
-et ainsi des autres personnes.
(1) A la lettre : êuis-je je mis oux, etc.
66 ' '" RS
Il faut observer que souvent dans la forme négative
on supprime la particule \ , et l'on dit par une espèce
de contraction :
,na m je lie Sllis paS.
_ ^TU ma k chi tu n'es, vous n'êtes pas.
,L a» U ma ho chi il n'est pas.
^ a U ma hî chi elle n'est pas.
jl, b l» ma na che nous ne sommes pas.
■■•. ^U ma koura che vous n'êtes pas.
- c !
* ,» li ma boum che ils ne sont pas.
^r |
Si le pronom régime se construit avec le verbe par le
moyen d'une préposition, la préposition et le prénom
forment un mot isolé du verbe, parée que le pronom ne
peut se joindre qu'au mot qui le gouverne, et qu'en
aucun cas la préposition n'est affixe, c'est-à-dire qu'elle
ne si- joint jamais à la fin d'un mot. Voici comme exem-
ple de ce l'ait :
\\J )*-i_J DIRE
Passé
Je lui ai dit (à elle). V c^ Lil m ana k'oit îhâ
VOUS (S.) m'avez dit. J, ^••- ^ enta k'oll 1!
Il nous a dit. '— ' J'- 3 k'â] lenâ
1 On se rappelle que La première et la seconde personne du
se prononcent identiquement de la même manière.
souvent, que dans le dialogue, soit pour éviter une con-
i sée, soil même simplement par une espèce d'éner-
on mel le pronom isolé LJ\ ana moi, ou ûol enta toi, devant
rbe.
DE LANGUE VB IBE (',7
Nous lui avons dit. <*J L;_Li k'olnâ loh
Vous leur avez dit. *$) L^-Li k'oltoû lhoum
Ils VOUS (plur.) ont dit. -CJ Uli k'âlaù Ikoum
et ainsi de suile pour tous les autres temps.
^-•.;_> — ^^■.:<_.C_j ÉCRIRE
Futur
Je le lui (masc.) écrirai. J j..,;:..C- nekteubho loh
VOUS (.5.) les lui (f.) écrirez I4J «4~~-G tekteub-houm lhâ
Il me l'écrira. J, j....::_.G ikteubho Iî
Nous le leur écrirons. *J vjcJCJ nekteuboûh lhoum
Vous nous les écrirez. U »* „;;..0 tekteub-houm lena
r 5 •
Ils la leur écriront. *J U_-,:_\y iekteuboû-hâ lhoum
"-y
et ainsi pour le présent, avec l'emploi de çjl. , etc
avant le verbe.
OBSERVATN >N ESSENTIELLE
si R LES NOTIONS PRATIQT ES QUI PRECEDENT
Les principes qui ont été exposés dans ce premier
livre, ont pour but exclusif de donner, le plus tôl pos-
sible, les moyens de parler avec les Indigènes el de les
comprendre. Ces principes sont basés sur l'analogie
des faits du langage usuel des masses, qui n'est autre,
ainsi que nous -l'avons dit plus haut, que 1(1 restriction
du mécanisme général de la langue arabe aux /'mines les y
. OURS
plus simples, et son application aux plus indispensables
uns de la pensée.
O n doit «loin- y chercher seulement la constatation
des principales bases de l'analogie du langage, mais
nullement les règles positives et normales de l'ortho-
graphe, de la grammaire ou de la syntaxe, qui seront
développées plus loin. Le but que l'on se propose en
étudiant l'arabe, c'est d'appliquer le plus toi possible,
cette t'tinle aux besoins du moment et du lieu. Il faut
donc s'emparer immédiatement de la pratique, quelque
défectueuse qu'elle soit au point de \ue delà gram-
maire, et connaître les points principaux sur lesquels
elle repose. En arabe comme en toutes choses, la pra-
tique peut être puissamment développée par l'étude des
lois de la théorie ; mais il ne faut pas s'ôter tout moyen
de progrès en regardant comme règle définitive ce qui
n'est qu'une altération plus ou moins répandue.
C'est pourquoi j'indique la pratique de l'arabe comme
un moyen d'obtenir promptement un résultat provi-
ire. .le tais observer en même temps que les notions
qui précèdent, et tous les développements qui vont
.ni vit sur la langue parlée {dialectes), ne doivent
aucunement être pris pour les règles de la grammaire
ou de l'orthographe arabe, mais seulement comme
l'exposé de certaines analogies. Ce que j'ai dit ci-des-
sus (pages 8 et 9) peut bien faire comprendre cette
assertion .
LIVRE 11
PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA LECTURE EN ARABE
On trace les caractères arabes de droite à gauche, île
telle sorte que les lignes commencent au point direc-
tement opposé à celui où elles commencent en français ;
il résulte de ce principe que la première page de tous
les livres arabes est à la place de la dernière dans nos
livres : il est facile, avec un peu d'attention, de se
familiariser avec cette disposition toute inverse de la
nôtre.
Ce mode d'écriture, fort étrange pour nous, à cause
de nos habitudes qu'il contrarie, peut s'expliquer ainsi :
on se sert instinctivement de la main droite pour
écrire : il est permis de penser, par conséquent, que
dans l'origine de l'écriture, on a dû être porté tout
naturellement à placer d'abord la main où sa position
physique l'attirait directement, et à continuer ainsi en
avant dans cette direction, c'est-à-dire de droite à
gauche.
Puisque nous exposons ce fait, nous ajouterons que
les races diverses des hommes ont adopté à cet égard
des usages différents, qui indiquent une influence que
les observations philologiques les plus minutieus
semblent impuissantes à apprécier. Ainsi, les anciens
Grecs ont écrit de droite à gauche, en revenant ensuite
de la gauche à la droite (le boustrophédon) : les Égyp-
tiens (écriture" démotique), les habitants de l'Hindous-
,|l COI RS
tan, les Parses, les Romains, d'après les Grecs, et
beaucoup d'autres nations, traçaieht leurs lettres de
gauche à droite comme nous ; les Chinois el quelques
peuples tartares écrivent de haut en bas en colonne
verticale. Cette variété dans la direction de l'écriture
a dû nécessairement influer sur la forme des caractères
alphabétiques, el celle-ci a pu exercer à son tour une
espèce de réaction.
DE L'ALPHABET
L'alphabel arabe a vingt-huit lettres toutes consonnes.
Les voyelles, indiquées après coup par suite de l'im-
perfection tardivement sentie de l'alphabet, sont repré-
sentées par trois petits signes qui se placent, (juand
on /es- écrit, au-dessus el au-dessous des lettres.
Observations. Cette représentation graphique des
voyelles, de même que celle de quelques signes acces-
soires, n'est pas de nécessité rigoureuse, et la compli-
cation qui eu résulte fait presque toujours négliger de
les écrire. Le lecteur arabe est toujours suppose 1 assez
instruit pour les ajouter, sans les voir écrits, aux
consonnes des mots qu'il lit, en se conformant au sens
de l'idée qu'on a voulu exprimer ainsi qu'aux particu-
larités de la grammaire.
Ce système 1res incomplet d'écriture, commun à
toutes les langues sémitiques et à celles d'autre origine
qui s'écrivent avec les caractères de ces dernières, est
très loin de la précision européenne, où les textes
peuvent être lus par un étranger, sinon compris, avec
la seule étude <\>'> caractères alphabétiques; tandis
qu'en arabe par exemple, un texte qui n'esl pas écrit
avec tous les signes complémentaires de l'alphabet, ne
peut être lu exactement qu'avec la connaissance par-
DE l \m.i l w; \v\ 7]
faite des règles de la grammaire et l'intelligence inslan-
tantanée du sens de ce qu'on lit.
La nécessité d'études et de connaissances préalables,
d'une tension continuelle de l'esprit, pour lire en arabe
d'une manière efficace, rendent la lecture dans cette
langue l'objet d'un travail constant, qui ne peut être
à la portée de la masse des populations. Ce sera, sans
nul doute, dans l'avenir même, comme ce fut dans le
passé, un obstacle à la communication et au dévelop-
pement des idées chez les Musulmans. Si l'on consi-
dère avec cela qu'ils sont étrangers aux observations et
aux connaissances les plus vulgaires des nations mieux
civilisées, on s'explique le peu de résultat pour eux
des études, mêmes les plus étendues, qu'ils font dans
leur langue.
Les peuples primitifs, notamment les Arabes, parais-
sent n'avoir, dans l'origine, destine l'écriture qu'à
retracer à la mémoire des choses déjà connues et
apprises par une espèce d'initiation : tels sont les textes
sacrés, que l'on apprenait par cœur, et qui paraissent
chez les Orientaux, avoir subi les premiers l'applica-
tion de l'écriture. Peu à' peu l'instinct progressif de
l'homme a étendu l'usage d'écrire, et les alphabets,
d'abord fort incomplets, ont tendu par divers moyens,
non seulement à soutenir la mémoire et à transmettre
à peu près intacte la prononciation, mais encore à
faire naître et à communiquer la pensée.
Les lettres de l'alphabet arabe sont rangées dans un
certain ordre par les Arabes Barbaresques, et dans un
autre ordre par les Orientaux. Elles ont aussi une
forme typique un peu différente. Il esl utile de connaître
ces deux classifications, ainsi que la valeur numérique
attribuée en certains cas à chacune des lettres dan-
deux alphabets.
ALPHABET ARABE BARBARESQUE
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DE LANGUE ARABE
73
ALPHABET ARABE ORIENTAL
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7
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So
S
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1Jk
oh-**?
30o
3°
G
Telle esl la forme normale des lettres dans l'un et
l'autre alphabet.
On ajoute souvent à l'alphabet le Lâm-Alif : ^ ou Y.
Ce n'est que la réunion des deux lettres J e1 \ qui
peuvent, malgré leur ligature, se trouver très distinc-
tement séparées dans la prononciation du mot.
A la lin d'un mot, le s (hà) prend quelquefois deux
points : - ; il équivaut alors à notre / final, et, comme
lui, ne se prononce ordinairement que lorsqu'il est
suivi d'une voyelle Le ï esl toujours censé précédé
du son (/. On le nomme en arabe 'i±>y ,-• b là merboût'a,
t lié.
Quelquefois, à la fin d'un mot, le ^f se prononce
o bref, à cause de l'influence d'une voyelle à laquelle
il s'allie : il se nomme alors alif bref.
La différence de l'alphabet oriental avec l'alphabet
barbaresque consiste principalement, comme on a pu
le voir, dans une légère variété de forme et dans la
ponctuation du ^_- et du ^J>, qui, chez les Arabes de
l'Orient, se ponctuent . - et ^Jj. Quant à la pronon-
ciation des lettres, il en a été traité dans le Livre pré-
cédent (V. p. :H) et suiv.).
VOYELLES ET SIGNES ACCESSOIRES DE L'ALPHABET
L'alphabet ne renferme que des articulations ou con-
sonne-. Pour compléter rr système défectueux, on a
introduit l'usage de trois petits signes représentant les
trois nuances principales du son voyelle \nrï : A, I, 0,
nommés en arabe _'- / \^, et en français .motions ou
points-voyelles, ainsi (pie l'emploi de quatre autres
destinés à indiquer au lecteur les particularités delà
DE 1 VN'.I I UlAIii:
prononciation. Ces derniers se désignent ordinairement
sous le nom de signes orthographiqi es. L'application
de ce système complémentaire se nomme en arabe
Llltoj ou k..^ du verbe k^ et klcsl, fixer, établir
solidement. On dit généralement en français ponctuer
un texte arabe, c'est-à-dire y ajouter tous les signes.
L'écriture arabe, ainsi complétée, représente la pro-
nonciation et l'orthographe des mots d'une manière
un peu plus confuse, mais aussi précise que nos écri-
tures européennes.
Les trois signes représentant les trois voyelles brèves
principales sont, tant pour leur forme que pour leur
valeur, la modification des consonnes faibles [ , s e( __-.
TABLEAU DES SIGNES OU POINTS-VOYELLES
FORME
VALEUR
Dam ma.
Fat ha.
Kesra.
0, OU
A
1
i et toutes les nuan
f ces so <elon la na-
ture des consonnes qu'ils
i tur
ace
ompagnent.
Les voyelles ne peuvent jamais commencer une syllabe.
APPLICATION
ba
bi
bou
vr*
c< ■
d'araba
farih'a
ta ti tou
h açouna 'orifi
Les voyelles indiquenl «'i précisent, non-seulement,
1.' sens, l'orthographe et la prononciation des mots,
mais servent encore, pour la syntaxe, à former la
déclinaison des noms el la conjugaison des verbes à
certains modes.
A la lin dos mots, ces voyelles indiquent le cas ou le
mode, c'est-à-dire le rapport grammatical et logique
avec les autres mots; elles prennent alors une déno-
mination spéciale, caractéristique de la déclinaison.
SIGNES-VOYELLES SERVANT A LA DECLINAISON
FORME
CAS ni ELLES INDIQUENT
Ref'a
Nas'ba
Kll!
aida
Nomin \ TU .
Absence d'agent grammatical in-
fluent.
Cas direct (accusatif).
' Influence directe d'un verbe actif, ou
/ suppression d'un agent quelcon-
■ que-
Cas indirect, génitif, datif, ablatif
\ des Latins. — [nfluenoe d'un nom
I sur un nom ( libei Pétri) ou d'une
préposition quelconque sur un nom .
APPLICATION
_' : _._„.." gladius(\e sabre)
_-_.'_!." gladium
_/ r __.Ji gladii, gladio
^ r ,—\-\^ il écrira
.:_G C /) (qu')il écrive
hl TA NO I IX ( ( ^_J_a_LL3l )
Quand un mot, substantif ou adjectif, esl grammati-
calement indéterminé, c'est-à-dire exprime un objet,
DE LANG1 1. Ai; ABE
une idée ou une qualité quelconque , sans la spécialisa-
tion qu'y ajoute en français l'article le, la, les, on ajoute,
DANS LA DÉCLINAISON" ARABE, L'ARTICULATION X à la
voyelle désinentielle Cette particularité s'indique dans
l'écriture en redoublant la figure de la voyelle.
Ainsi ou
redoublé
s ou • >
se prononce <>i \
» —1- A
»
//
)) A X
)) 1
»
— —
)) IN
Cette addition du son d'N à la voyelle du cas se nomme
en arabe . r _j^-~-> (du verbe o^?- 3 ) prononciation avec n.
Remarque. Avec la désinence — an, on ajoute par
orthographe un ' qui ne change en rien la prononcia-
tion. Il n'y a d'exception à cette règle que pour les
mots dont la dernière lettre est un hamza ou un ta
mer bout' a ï.
APPLICATION
OS-4-- gladius un sabre (quelconque) .st'/'/'oix
Ll_l~ gladium » scï/an
i^a-4-*- gladii, gladio » seïfm
sU aqua eau (nominatif) md'ouN
sU aquam » (accusatif) imi'xy
^Saqua>,aqua » (gén. dat. abl.) mâ'm
L-ljj^' urhs une ville (quelconque) madînato\ x
Ll_j>x> wW>o/< » madinalAti
Ljl-jj-*' wr/jïs, urbi,urbe » madînatin
ï8
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES
Les signes orthographiques se placenl au-dessus des
caractères. Ils n'indiquenl pas un son, mais seulement
une particularité de l'orthographe ou un accident de la
prononciation. En voici le tableau :
Djeznia, t Avertit que la consonne sur la-
SokoÛn, ' c ' quelle il est placé ne doit être
ou t / s u i % i<- «l'aucune voyelle et ter-
( l|i;ik la mine la syllabe.
Indique le redoublement sans in-
„ termédiaii e de la lettre sur la-
•i- i i v i / \ cruelle il se trouve. Il représente
! eeliilnl ' ou ' , .. 11111*1
deux lettres semblables, dont la
\ , t f seconde est nécessairement sui-
) (tonne ! ,.,
barbaresque x "' d " ne vo Y t,lle <I U »1 P 01 ' te tou-
jours avec lui.
ou
Chedda
Se met sur un \ d'euphonie ou alif
I \ d'union, lettre orthographique
Ouas la ~" qui ne se place jamais qu'au
\ I commencement de certains mots,
et ne se prononce que rarement.
3e place sur un I ou un i qui de-
1 vrait être orthographiquement
\ suivi d'un autre l OU d'un a que
\|,. ( | ( |- l l'euphonie a fait supprimer dans
/ l'écriture. — Placé sur d'autres
lettres, il indique une abrévia-
1 1 in.
\
DE I \N(.l E AKABE
APPLICATION
'a-ra-fet 'a-raf-ta
O-*— d—A-J. !*>-J" au lieu de ^1 >_._l_.Cj'
te-kel-lem-tou te kel-lern-tou
au lieu de
dâ-rou '1-k'à-d'i dà-rou el-k'âd'î
Ar-lv-J — *! a a {('eu »_:_: *''
u-man-toum a'-man touni
Nota. Ces signes ne sont, dans leur origine, que les abréviations
des mots arabes exprimant l'action qu'ils exercent.
Chez les Barbaresques, le techdid se place quelquefois sous la
lettre, quand il est accompagné du kesra.
BES LETTRES CONSIDEREES PAR RAPFORT
A LEUR FORME
Les vingt-huit lettres de l'alphabet arabe ne présen-
tent pas un nombre égal de formes diverses. Beaucoup
de caractères, semblables par la figure, mais différents
par la prononciation, se distinguent seulement par un,
deux ou trois points ajoutés au-dessus ou au-dessous de
leur figure. Ces points sont connus généralement sous
la dénomination de points diacritiques, c'est-à-dire
distinctifs.
Dans l'origine, cette distinction graphique n'avail
pas lieu, et toutes les lettres de forme semblable se con-
fondaient malgré la différence des articulations qu'elles
représentaient. Cette confusion des consonnes, jointe à
l'absence déjà signalée des signes et des voyelles, fai-
sait de la lecture une divination, et l'intelligence des
choses écrites n'était possible qu'à des initiés, dont la
80
mémoire se trouvait réveillée par un mot ou un signe
qui la mettail spontanémenl sur la voie.
D'après ce qui précède, on peut s'expliquer pour
l'élude graphique de l'écriture, comment, en faisant
abstraction tics points, l'alphabet ne se compose pas de
vingt-huit caractères, mais seulemenl des dix-sept
types ci- après.
rYPES DE L'ALPHABET ARABE BARBARESQUE
w '
TL
J^A
<jj K^/ o ^j>
il PES DE L ALPHABET ORIENTAL
<<J^ * U />
DE LA LIAISON DES CARACTERES ENTRE EUX
Les lettres composant un même mot arabe doivent
être, autant que possible, toutes liées en un groupe
compact. L'application de ce principe exige quelques
développements.
Parmi les dix-sept types ci-dessus, les uns, au nom-
bre de quatre, représentent purement et simplement la
lettre sans addition d'aucun trait accessoire. Ce sont
les quatre types : •
>- I
DE LANGUI \li \HI
81
Les treize autres sont terminés par un appendice plus
ou moins long-, qui sert à en compléter la forme, et
parait avoir été ajouté par élégance, comme cela a lieu
chez nous dans certaines lettres finales : t, fU > £ sç, etc.
Ce sont, en caractères barbaresques ;
3 a.% 41 io 3
J'Ai
t/^fy^
7*543
V
L'appendice qui termine la figure de ces caractères
serait, clans la plupart, un obstacle à leur réunion, et
d'ailleurs les tiendrait trop écartés. Aussi, lorsqu'on
veut les joindre, on les réduit à leur élément constitu-
tif en supprimant cet appendice. Les types 1,7, 13 se
confondent alors dans la forme unique — - n" 1 ci-après,
ce qui réduit aux onze formes suivantes l'ensemble de
ces caractères.
(. \l;.\<: ("ÈRES BARBARESQUES
H 1o
9
CARACTERES ORIENTAT*
<H. 40 S % f 6 S J31-1
j r
S> &, j^ ^vo --«^o
Les types étant ainsi appréciés, abstraction faite .les
points qui établissent les diverses valeurs d'un même
caractère, il suffira d'ajouter ces points conformément
vj COUKS
aux indications «le l'alphabet, pour rétablir chaque
lettre dans sa valeur spéciale I 1 ).
Le principe de la réunion des caractères est, comme
chez nous, de continuer le trait du premier caractère
jusqu'au commencement du second, et ainsi de suite.
1 Celte ol consignée dans d'anciennes notes que j'ai
muniquees il y a environ 15 ans à un de mes amis, a été déjà
appliquée dans la seconde et dans la troisième édition d'un ouvrage
pratique el très estimé qu'il a publié a Alger. (M. H. Dm iporti ,
maire arabe vulgaire >.
Je dois faire remarquer, sans aucune idée de critique pour per-
sonne, que toutes les grammaires arabes donnent à chaque carac-
tère quatre formes : isolées, initiales, médiales et finales; cela
istepasen réalité, et complique inutilement le travail des com-
mençants. Si je relève ici une erreur générale, je n'ai pas l'intention
de la censurer, je ne veux que l'expliquer. Qu'on me permette
d'entrer un instanl dans quelques détails techniques.
sition typographique des lettres arabes exige, pour former
les différents groupes et permettrede lier les lettres entre elles, que
certains caractères soient fondus par fragments qui représentent,
dans un même type, la portion finale d'une lettre avec la portion
initiale d'une autre : les lettres ainsi morcelées sont complètement
s pour le lecteur, et ne sont guère reconnues que de celui
qui dispose les types pour 1 impression. Tels sont, par exemple,
les caractères -"^ - o. -- -> ^ -r -- S- -. etc.
D'après ce fait, le nombre 'les types formant les groupes ne se-
rait pas de quatre fois vingt-huit lettres, mais infiniment plus con-
rable. Les anciens auteurs des grammaireset leurs successeurs
ont pris naïvement les types de l'imprimerie pour ceux de récri-
ture, et de là sont venues les quatre formes qu'ils ont données à
chaque lettre. Il faut encore leur savoir gré de n'avoir pas poussé
plus loin cette complication.
Pour mieux faire comprendre l'observation qui précède, j'ajoute-
rai que ce que je viens de signaler pour les lettres arabes a lieu
en typographie pour les lettres françaises : on emploie, dans la
sentatioa de certains genres de notre écriture, des fragments
que la plupart, des lecteurs ne pourraient reconnaître
qu'a\ ■ en i] île :
" ts /£ z- /& /i c-rts /-rb /v>ï rtc /ï-z*
Que dirail on si l'on enseignait notre alphabet avec ces fragments?
Je dois consl lernent, malgré des appréciations tradition-
DE LANGl i: \Ii ahi:
e
ïlfautobserverquelaliaisondeslettresamènequelque-
fois une légère modification dans l'alignement des types
ou dans leur figure. La lettreoules lettres qui précèdenl
le type ^, se placent ordinairement un peu au-dessus d,
la ligne, on écrit, par exemple : ^-— - m- „_,/, m .
S-^F 1 *-* \ ys-t-'-dj-b, plutôt, que ^_-_. et ^..*_/
ou ( *^a_^ ^^_:__.,. Les lignes de l'écriture doivent
nelles qui ont un principe analogue aux précédentes ,l qui sont
répétées par des Européen,, auteurs de grammaires arabes, que la
première lettre de l'alphabet n'est pas réellement V\ ma i s le
hanua , consonne gutturale, espèce d'hiatus analogue au ^ mais
plus faible que cette lettre dont il a la forme. Cette observation
que la pratique m'a confirmée de la manière la plus positive, avait
déjà frappé 1 esprit pénétrant et sagace de M. de Sacj qui privé
de moyens bien étendus d'application orale, a deviné des faits d'une
admirable exactitude, restés inaperçus de ceux mêmes qui les
appliquaient. (Y. S. de Sagy, Grammaire arabe ">- édit I I nr>
16, 48, 61). ' ' ' ■
L'alif\, est très souvent employé, de même que le « et le -
pour supporter le ' que sa forme isole des autres caractères- ri
sert donc en ce cas à signaler au lecteur la présence d'un hamsa
Dans d autres circonstances l'I sert à rendre long un a bref qui le
précède, comme ferait chez nous un accent circonflexe- en outre
il tient quelquefois la place d'un , ou d'un ^, que des causes d'eu-
phonie jointes à des exigences de forme ont changé en I !
aucun cas, l'\ n'est une lettre réelle : il n'a pas de valeur propre il
ne peut jamais porter de voyelle, il n'est qu'un support inerte ou
un signe de prolongation; par conséquent il n'est pas une con-
sonne. Les lexiques arabes, le K'âmoûs de Fîroûzâbâdî, le S'ih'âlï
de Djauhari, et tous les ouvrages qui présentent une classification
alphabétique, commencent par 'i^J\ ^Uo « chapitre du ham
En lexicographie arabe, ce qu'on nomme alij, c'est Yalif bref,
_^iJ\ e-çJl, c'est-à-dire le ^j final d'un mot, qui se prononce a
bref, et qui, après avoir perdu sa valeur de consonne, s'appuie sur
la voyelle a qui le précède. Les ouvrages de lexicographie placenl
ce ^, sous le nom d'alif, à la tin de la série alphabétique.
Ces distinctions minutieuses, mais importantes, n'ont pas encore
été suffisamment établies. On a placé jusqu'aujourd'hui le c au
nombre des signes orthographiques el l'I au rang des lettres; sur
cette base inexacte se sont créées et fortifiées un grand nombre
d inutiles théories d'exceptions et d'irrégularités, restées inexpl
blés à bien d'autres qu'à des commençants.
être d'une longueur égale ; cl les lettres, autant que
possible, séparées également. On peut, si la régularité
l'exige, prolonger le trait qui unit deux lettres. A la lin
des mois, on restitue ;i chaque lettre finale son ap-
pendice.
En appliquant le principe et les observations qui
précèdent, les types ci-dessus réunis formeraient les
deux groupes suivants :
BARBARESQ1 E
OIUKN I \l
EN CARACTÈRES D'iMPRIMERIE :
Les quatre types j , - ( indiqués ci-dessus, page 80,
n'ayant pas d'appendice, ne peuvent subir aucun re-
tranchement et ne s'allient pas à la lettre qui les suit.
exemple :
r ad ' I a il m n m ou m h r en
Telles sont les formes les plus élémentaires des ca-
ractères arabes. — La calligraphie et le degré plus ou
moins grand d'habitude de l'écriture chez les divers
individus, déterminent un grand nombre de variétés
DE LANG1 I \l; \HK v",
que l'usage apprendra, et qui malgré la forme étrai
en apparence, qu'elles donnent aux lettres, laissent
toujours reconnaître le type primitif. Voici les princi-
pales modifications :
Le ■> après une autre lettre
, prend souvent la forme
P entre deux lettres et à la fin * *
^_^ entre deux lettres .i
:===> a souvent la forme > ou <JS
i au milieu d'un mot -^ ou
' à la fin a ou
^C final s'écrit quelquefois ■-■
Nola. — Il est bon d'observer que dans cet ouvrage
nous ponctuerons toujours le ^ et le ^_. suivant
l'usage, barbaresque, excepté quand nous citerons des
textes écrits en caractères orientaux, où nous les repré-
senterons ,, : et .s. 11 est utile de s'habituer à lin 1 des
deux manières.
DES CHIFFRES
Les chiffres des Arabes s'écrivent dans le même ordre
que les nôtres. Voici leur forme la plus commune :
t r r f c i \ \ i ..
1 2 3 4 5 6 7 8 !»
Ces chiffres sont indiens d'origine.
Certains Arabes, notamment ceux du Maroc, afïec
tent d'employer les chiffres européens, qu'ils appellent
à tort ç,L^_c r'ohâii. Comme ils sont faciles à recon-
86 i mi ii-
naihv pour nous, malgré L'altération fréquente de leur
forme, nous nous dispensons de les donner ici.
Les quantités exprimées en chiffres s'écrivent exacte- ■
ment comme chez nous ; il en est de même des fractions.
L'usage du calcul écrit rsi très peu répandu chez les
Arabes : c'est pourquoi les signes de la numération
sont peu perfectionnés.
CES LETTRES REPRESENTANT LES NOMBRES
Les lettres sont quelquefois prises comme signes
d'une valeur arithmétique exposée plus haut, pages 72
et '■'■>. Cela se rencontre, entre autres cas, dans les
indications mathématiques, géographiques ou astro-
nomiques, des degrés du cercle ou des longitudes et
latitudes i|ui se trouvent sur les anciens astrolabes et
dans les ouvrages de géographie arabe.
DES CH RONOGB VMMES
On forme aussi les dates avec des lettres disposées
de manière à donner un sens, et dont la somme indi-
que l'époque du fait dont on veut consacrer la mémoire.
C'est ce que l'on nomme chronogramme. Beaucoup
d'inscriptions monumentales arabes ou turques pré-
sentent cette particularité. Pour trouver la date, qui
souvent d'ailleurs est répétée en chiffres, il suffit d'addi-
tionner les lettres des mots qui forment le chrono-
gramme, en ayant égard toutefois au style barbaresque
ou oriental de l'inscription, car la valeur arithmétique
des lettres est différente dans les deux classifications
de l'alphabet I .
(1 Les chronogrammes étaient aussi en usage chez les Grecs et
chez les La tins.
DE LANGUE VU Mil;
C'est ainsi, par exemple, que l'on trouve dans une
inscription en caractères orientaux placée sur la porte
principale de la mosquée dite Djâma' Sâfir, à Alger,
les mots suivants :
atit
dM L
i J^lar*- _J
« Hoca'in pacha, combattant dans la voie de Dieu
« (c'est-à-dire pour la cause de Dieu) a régénéré les
« formes (de cet édifice) pour la gloire du Très- H a al. »
On peut additionner ainsi les lettres qui composent
ces mots :
1064
10
60
2
10
30
1
30
30
5
U
1
4
ï
4
)
1
J
30
200
*o
G0
3
6
\
40
2
z
8
358
U
598
358
598
40
\
1
4
L/*
300
1
!
1
30
!
1
30
J
30
5
^
j
40
8
60
3
1
10
î
5
50
s
4
o
;
80
1064
1/
vx coi RS
Les chronogrammes se rencontrent fréquemment
dans les inscriptions orientales ou barbaresques des
monuments de l'Algérie. Ce n'esl pas ici le lieu d'en
multiplier les citations.
Di i 'abadjed et de l'aïk'a< Il
La valeur numérique des lettres arabes est établie
d'après leur ordre primitif, qui était celui de l'alphabet
hébreu et des autres langues sémitiques. Voici cet
ordre, qui est l'origine de la valeur numérique attribuée
à chaque lettre :
Unités
9 8 7 6 :i i 3 2 \
1- _ . s ^ !
Dizaines
90 80 70 60 50 40 30 20 10
LT ^ : t U° J ( J ^ ^
Centaines
900 800 700 000 500 400 300 200 100
|, N . * ■
IOOO
c^ j <3
DE LAKGl I Al; U.F
Les Barbaresques, qui paraissent n'avoir eu que des
traditions altérées en littérature comme en bien d'au-
tres choses, ont modifié ainsi cette classification :
Unités
9 8 7 6 5 4 3 2 1
Dizaines
90 80 70 60 50 40 30 20 10
^-- C u c > i -
Centaines
900 800 700 600 500 ïOO 300 200 100
L C *"
.1/i'He
iooo
Pour aider à fixer dans la mémoire les classifications
ci-dessus, on en a formé les huit mots techniques
suivants, en réunissant les lettres en groupes :
Ordre oriental
... c . «• ' - ' \ > t_ ' , i l
Les six premiers groupes renferment les vingl deux
lettres communes aux langues sémitiques; les deux
90 < oi rs
derniers, celles qui appartiennent plus spécialement à
la la n _ lie arabe.
( )rdre burbàresque
De celte variété de classification des lettres chez les
Barbaresques, résulte la différence de la valeur numé-
rique de quelques-unes. Cette classification est ce qu'on
nomme Abadjed ou AboudjadW, mot formé de la
réunion des lettres du premier groupe. C'est ainsi que
nous avons établi en notre langue le mot ABCD.
De /'aïk'acii
Les Barbaresques nomment Aïk'ach la série des
lettres groupées en neuf mots, d'après l'ordre des
chiffres exposant le nombre des unités, des dizaines,
des centaines, etc.: l-l 0-1 00- 1000, 2-20-200 Voici
cet ordre, qui paraît avoir été inconnu aux gram-
mairiens européens.
C G ' ' C ' ' > '■'
. ' ' ' ' . ' c l ' ' c"" ' c • • c I
J -f > L/ ; ' J • Ls
■1 C'est du mol technique abadjed ou aboudjad, qu'est venue
l'exprès on très commune boudjadi [^J^ae-iî aboudjadi) que les
Arabes emploient pour désigner un novice, et, par suite, un ignorant
ou un homme peu expert dans une chose. On dit en arabe: ana
,. mis nocice, c'est-a-ilire : je suis encore à l'alphabet,
comme nous disons en Français, a propos d'une chose que nous
commençons â apprendre ou qui nous est peu familière: j'en suis
ire h l'\ li C.
DE LANG1 I VRABE
DES TROIS LETTRES FAIBLES j . ' ET DE LEUR EMPLOI
J'ai dit plus haut que l'alphabet arabe ne renferme
que des consonnes, c'est-à-dire des articulations.
Il faut observer que trois lettres, l'\ le 3 et le _-.
représentent des articulations faibles, très voisines des
sons voyelles a, ou et i, avec lesquels elles s'allient en
les prolongeant quand elles en sont précédées.
La valeur de l'I (alif hamza) est une espèce de con-
traction ou d'effort contenu de la glotte, qui n'a pas
de représentation en français. Celte articulation peul
s'alliera tous les sons; elle est le résultat de la dis-
position des organes de la voix pour prononcer une
voyelle quelconque. Nous l'exprimerons convention-
nellement par le signe '.
Le j peut être représenté par nos lettres ou, com-
mençant une syllabe, mais c'est plutôt le w des Anglais.
Il peut être précédé ou suivi de tous les sons voyelles,
bien qu'il soit rarement accompagné du son d'i.
Le S est l'v au commencement d'une syllabe, comme
dans yacht, yeux, etc.
Ces lettres, très proches des sons brefs a, OU, i, ont
une tendance naturelle à se combiner avec ces voyelles.
LETTRES DE PROLONGATION
Lorsque 1'', le 3 et le S sont grammaticalement pré
cédés de la voyelle qui leur est analogue, ces trois
lettres perdent, par euphonie, leur valeurde consonnes,
et se confondent avec la voyelle, dont elles prolongent le
ton l . Elles n'ont pins alors qu'une valeur analogue à
celle (!•' notre accent circonflexe v . C'est ainsi que les
Arabes expriment les voyelles longues â, i. où. Par
exemple :
1 f f \ *
kàliboun k'oloûboun cherltoun
au lieu de :
ka'iiboun k'o\owboun cheriyîoun
Dans celte circonstance elles se nomment lettres de
prolongation. Bien qu'elles ne puissent porter de
voyelles, elles ne doivent jamais être surmontées
du — . Quelques personnes ont indiqué ces lettres comme
étant voyelles par elle-mêmes, ce qui est inexact en arabe,
el résulte de connaissances tn-s superficielles de la
grammaire.
Les Barbaresques omettent souvent l'I de prolonga-
tion dans leurs manuscrits, ou bien ils récrivent après
(1) Cette combinaison de coyelles ou sons brefs avec des articu-
lations d'une nature analogue, produit ainsi artificiellement des
voyelles longues. Il faut observer que la cause de cette contraction
ou combinaison euphonique, est le peu de ditïérence existant entre
ls voyelles et les trois articulations faillies; il faudrait, pour
les prononcer distinctement les uns des autres, une attention minu-
qui, d'ailleurs, aurait un effet peu agréable à l'oreille. Nous
ferons remarquer, en passant, que dans toutes les langues, les
deux causes les plus générales de contraction sont la différence
trop peu sensible ou la dissemblance trop considérable qui existe
entre des sons ou des articulations. Dans le premier cas il faudrait
soin, el dans e second, trop d'efforts dans la prononciation.
pli que pourquoi, à mesure que les peuples se sont policés,
le langage s'esl adouci, el n'a conservé les traces de sa rudesse
primitive que dans l'orthographe des mots, dont beaucoup de lettres,
.' chez nous, sonl modifiées ou ne se prononcent plus.
DE LANG1 1 VB W.i
coup, quand ils ponctuent, et souvent en encre de cou-
leur. Ils nomment LulJ' thâbta (fixée), toute lettre
suivie d'un I de prolongation.
Cette suppression de l'I de prolongation, assez, géné-
rale chez les Barbaresques, est admis»' orthographi-
quement dans certains mots d'un usage fréquent, comme
^scsj 1 , ij.*, vjjCb, etc. "). Lorsqu'on ponctue ces mots,
on indique 1'! supprimé, par un — ou petit I, tracé
perpendiculairement au-dessus de la place que devrait
occuper 1'', de celte manière :
',-lllii \X-* SZJ* pour \HLl}\ bli X<Db
DES SUPPORTS Dl BAMZA
Le hamza *, qui est, en réalité, ainsi que nous l'avons
dit ci-dessus, la première lettre de l'alphabet, a pres-
que toujours un support sans râleur dt prononciation,
destiné à signaler à l'œil sa forme en quelque sorte
parasite. Ce support qui, au commencement d'un mot
est un I, peut être, dans l'intérieur ou à la fin, l'une des
trois lettres faibles \ -, S, choisie d'après l'analogie
indiquée par la voyelle qui est le plus directement en
rapport avec le hamza.
Lorsque l'I est le support d'un « commençant un mot,
(1) La suppression de l'\ dans l'écriture lient à ce que cette lettre,
qui est d'un emploi fréquent, ne se lie pas, à cause de sa forme, à
la lettre qui la suit; l'\ force à interrompre l'écriture, et esl par
conséquent un obstacle souvent renouvelé. On conçoit alors qu'on
l'ait supprimé en bien des cas. C'est ainsi que notre orthographe a
admis la suppression de certaines lettres embarrassante- i
prononciation ou l'écriture: Ys par exemple. Nous n'écrivons plus
asne, caresme, mesme, mais âne, carême, même.
le - e au-dessous de l'i s'il porte la voyelle
— : ainsi :
JU-jl 'in-zâ-loun
Q md, dans l'intérieur d'un mot, le - a pour support
un _- li indique l'influence du — le _£doit s'écrire
s points : ainsi :
._ .__-,- ■ - i-zâ-ir ' JJ i-lû t'i-hâ-'i-iiii
On omet fréquemment le -• sur 1 : la voyelle que
elui-ci suffit pour l'indiquer.
Ile que soit la lettre inscrite sous un hamza, il
n'en faut tenir aucun compte dans la prononciation :
elle n'a qu'une valeur exclusivement orthographique,
et même, en bien des cas. on peut la supprimer sans
inconvénient. Le hamza i u esl la lettre appréciable,
lui seul se prononce avec la voyelle qui le précède ou
qui le suit. Par exemple :
- - ■-..,■ g )u-'â-\oun %ou-'i-\a mou-'mi-noun
Les deux pr< - mi ts peuvent s'écrire sans sup-
■ du = :
[ * ' V - ■
DE I ' ' û'i SU 'N
I d'union se dislingue de tout autre en ce qu'il porte
le signe d'union ou < -- oues'la.
DE LANGUE ARABE
Il s'emploie exclusivement devant les mots dont la
première lettre, par un accident grammatical ou toute
autre cause, ne peut porter de voyelle. Cette premi
lettre se joint, dans la lecture, à celle qui termine le
mot précédent, lorsque celle-ci a une voyelle : alors
l'I d'union ne se prononce pas ; par exemple :
djà-'(/ 'l-'fl-mî-row
Mais s'il n'y a pas de mot qui précède, ou que le sens
ou un autre motif empêche di a liaison. 1'! d'union,
qui n'a été imagine que pour parer à cet accident,
devient le support d'un = qui prend une voyelle, et
empêche la première lettre du mot d'être isolée
Exemple :
' jJULJ PvJIj .:' S-J-^f
'éi-h'am-dou lil-lâ-hi rab-bi-'l-â-la-mî-na
L' de _\-*sr'\ qui est un alif d'union, porte ici le
hamza parce qu'il commence la phrase : c'est le premier
mot du Coran.
Parmi les mots qui commencent par un '. il faut
remarquer l'article determinalif invariable et préfil
J! cl, constitué par la lettre J /. qui, ainsi qu'on le voit
par le ■ — djezm qu'elle porte, ne peut être, en ce
1 L'\ d'union a une certaine analogie avec Ve euphonique placé
par notre orthographe en avant de certains mots commençant
étymologiquement par deux consonnes, comme :
estampe.
2 C'est-à-dire qui se joint au commencement du i:.
'.tli . .'1 RS
suivit 1 d'aucune voyelle. Sa prononciation de el ne peut
toujours euphoniquemenl s'accorder avec celle de la
première lettre du mot qu'il précède (V. ci-après Lettres
solaires). En ce cas, le J de l'article se change, dans la
prononciation, en la première lettre du mot, qui s'arti-
cule alors deux fois. Celte particularité s'indique, dans
l'orthographe, par la suppression du — du J I 1 ) et l'ad-
dition du — sur la première lettre du mot. Ainsi Ton
écrira et prononcera :
k'â-la 'r-ra-djoM-low 'a-lay-kou-mou 's-sa-lâ-mow
au Hou de :
k'â-la el-ra-djoit-lpw 'a-lay-koit-moM el-sa-lâ-mou
C'est ainsi que l'on a contracté, dans des mots d'ori-
gine latine ou grecque, certaines prépositions préfixes;
par exemple : affaiblir, allusion, apposer, ellipse, pour
adfaiblir, adlusion, adposer, enlipse; avec cette diffé-
rence que (die/, nous l'orthographe consacre celte modi-
fîcation, tandis que chez, les Arabes la prononciation
seule l'indique, car on ni; prend pas toujours la peine
-d'ajouter les signes accessoires.
1 L'absence de (mil signe sur une lettre, excepté sur les lettres
de prolongation, est, dans un (exte régulièrement ponctué, L'indice
de 1 élision de cette lettre. Il est de principe dans l'écriture arabe,
iute Lettre doit porter une voyelle, ou, a son défaut, un signe
ne mi rant qua l'omission de la voyelle est intenl tonnelle et régulière.
On verra dans le ebapitre de l'écriture d'autres signes accessoires
qui viennent compliquer la minutie de ce système.
DE LANGUE ARABE
DES LETTRES DITES solaires ET lunaires
Parmi ies lettres qui commencent les substantifs et
les adjectifs, il en est de compatibles avec le J de l'article
et d'autres incompatibles.
Les premières ne changent pas la prononciation
du J de l'article quand il les précède : ce sont les
lettres lunaires ; les secondes l'assimilent à elles-mêmes
pour l'articulation : ce sont les lettres solaires. Ainsi
l'on dit, par exemple :
eL-k'amarou, la lune et ecn-cnernsou, le soleil
Lettres solaires
■■■■ w is * * k L • i ;oO
Lettres lunaires
-" v ' — s — : c C I c c c •
La dénomination bizarre de lettres solaires donnée à
la première catégorie par les grammairiens arabes, et
de lettres lunaires à la seconde, vient de ce que le mot
f—fr-i. chems, soleil, qui commence par une lettre
incompatible, appartient à la première série, et le mot
,_,s_3 k'amar, lune, commençant par une lettre com-
patible, appartient ainsi à la seconde. Le parallélisme
d'idées que présentent ces deux mots, joint à la diffé-
rence de catégorie de leur première lettre, les ;i fait
prendre pour indice de chacune des deux séries. De là
les dénominations que les grammairiens leur ont
données: !.-• ,_^_i_" _. r _^- M . X — ~-^J' _ . _x— M
98
DES SYLLABES
L'appréciation des syllabes est indispensable pour la
lecture. Un commençant ne peut distinguer rigoureu-
sement les syllabes d'un mot arabe, qu'autant que ce
mol esl entièrement ponctué. C'est pourquoi l'on ne
peut s'exercer utilement à lire que sur des textes pourvus
désignes. La lecture de textes non ponctués donne une
fausse direction aux personnes qui commencent, el leur
crée un obstacle réel à des études sérieuses. C'est une
source abondai) le d'eneurs, d'autant plus dangereuse
qu'elle paraît plus accessible.
Les syllabes arabes sont composées :
1" D'une lettre avec sa voyelle;
2° Ou de deux lettres prononcées, séparées par une
voyelle.
Il ne peut y avoir deux lettres de suite sans voyelle,
car nulle consonne ne doit se prononcer en arabe sans
être précédée ou suivit; d'une voyelle.
Les voyelles, comme on sait, ne comptent point
parmi les lettres de l'alphabet. Elles ne commencent
jamais une syllabe, et il ne peut y avoir qu'une seule
vo\ elle sur une même lettre (1 ).
] Il arrive cependant que l'on rencontre dans certains ouvrages
nr.-ihcs, soil deux, soit même trois voyelles sur la même lettre. Ce
■■st rare et indique, par une espèce d'abréviation, que le mot
peul se lire de plusieurs manières. Ainsi, l'on écrirait, par exemple :
* s, pour indiquer que ce mot peut se lire des trois manières :
* s- r_s , el n s, avec des significations différentes. Cela a lieu
manuscrits du Coran, où l'on trouve entre autres :
DE LANGI I \l; \l.l.
On reconnaît qu'une syllabe est compost'»' d'une
lettre ou de deux lettres, de la manière suivante :
La première lettre d'une syllabe a toujours une
voyelle. S'il y a une voyelle sur la lettre qui vient
ensuite, la première seule forme la syllabe, qui est alors
d'une seule lettre.
Mais si la lettre venant en second lieu ne porte pas
de voyelle, elle doit nécessairement se joindre avec la
première par le moyen de la voyelle que porte celle-ci.
La syllabe est alors de deux lettres. Exemple :
th'ottm-mfl ba-'ath-nd Moû-çà bi-â-yâ-ti-nâ H-\â
Fw-'flou'-na oua-ma-lâ-'i-hi
Le premier mot «-*' porte un — (V. ci-dessus, p. 78 .
C'est comme s'il était écrit *_ô-j, la première syllabe
est donc formée des deux lettres *-$' dont le * n'a pas de
voyelle, et la seconde est formée du second -. qui porte
la voyelle — .
Dans le mot L_L*_j, le v'< ipii porte une voyelle, est
suivi du p qui en a une aussi, et qui, par conséquent,
n'a pas besoin de s'appuyer sur le w> précédenl pour
être prononcé : Le w> forme donc a lui seul la pre-
mière SYLLABE.
jVj » _-»ix_^_!> ,o— «— s « De quoi donc alors annonces-cous la nouvelle ' »
Ou bien: « Quelle bonne nouvelle venez-cous m' annoncer ? El plus
loin : ^_j> *_>L_àJ! ^— .«— ! l-C_J\ l_ i,-C_s « Nous avons
qu'elle serait de ceux qui doivent rester. » Ou bien : h Et nous arons
décrété ceci : elle est de ceux qui doivent rester. »
101 coins
Le ? peut être destiné, comme on voit, à former ou
,i commencer la seconde syllabe: ce qui dépendra de la
lettre «|iii le suit. Si elle a une voyelle, le p constituera
seul la syllabe; niais si elle n'en a pas, elle devra
s'appuyer sur le p-. Or, nous voyons que la lettre qui
suit le p est un o portant le — . c'est-à-dire le signe
exclusif de la voyelle; par conséquent ce ^>, qui ne
peu! s'appuyer sur une voyelle qu'il n'a pas, se rejettera
sur le '- qui le précède, avec lequel il se liera par le
moyen de la voyelle. La seconde syllabe est donc
FORMÉE DES DEUX LETTRES ^,--.
Après le <jl> qui termine la seconde syllabe, vient
le .\ qui porte une voyelle et qui est suivi d'un I. Or,
nous avons vu (p. 91) que 1 ' placé après le — , forme
artificiellement la voyelle longue il. Il n'est plus
consonne, et ne peut plus porter ni les voyelles, ni
le — lui-même ' . Ainsi le ,.> suivi de 1'', constitue la
syllabe - /"'. troisième syllabe du mot LlJL*_j. On
juMit décomposer ainsi les autres mots.
Ce mode d'analyse des syllabes est plus simple à
appliquer qu'on ne le pense au premier abord. Son
■ — , indiquant l'impossibilité d'une voyelle après une lettre,
donne essentiellement à la lettre qui le porte le caractère de con-
sonne : car, en arabe, la consonne peut seule être suivie d'une
voyelle. Ce fail explique pourquoi les lettres de prolongation, ainsi
que toutes les autres qui ont perdu accidentellement leur caractère
ne doivent jamais porter le — . Quelques mauvais
copistes surtout chez les Barbaresques, dans la crainte sans doute
tromper, mettent le — sur tous les \, les ^ et les ^ indis-
tinctement. C'esl un fait a observer, mais ce n'est pas un exemple
a suivre.
DE LANGUE ARABE 101
principe unique esl que la syllabe arabe est formée
d'une ou de deux lettres articulées.
Observation. — On ne tient pas compte, dans la
syllabe, des lettres que la prononciation élide, telles
que P! d'union (p. 94), le J de l'article inséré dans une
lettre solaire (p. 97), Pi qui suit le . du pluriel, etc.
Ainsi dans cet exemple :
ia-'in Ik-boû oua-'a-k'â-moù 's'-s'a-lâ-ta
les mots ï--^J t î^»Li!j doivent se prononcer comme
si Ton avait écrit S^Lko^tilj oua-a-k'â-moûs'-s'a-lâ-ta,
au lieu de oua-'a-kâ-moù al-s'a-ld-ta (m'indiqueraient
les lettres, si l'on ne tenait compte des signes.
Notre langue offre des particularités analogues, avec
cette différence toutefois que la plupart des lettres
altérées ou supprimées se changent ou disparaissent
elles-mêmes dans notre orthographe moderne. On en
trouve l'exemple dans les mots : accroissement, ascen
sion, le neuvième, une dizaine, sujet, qui sont pour :
adcroissement, adscension, le neufviesme, une dixaine,
subject, ainsi qu'on les écrivait jadis, d'après leur ortho-
graphe étymologique.
Les principes et les effets de Peuphonie ne manquenl
pas d'analogie dans la plupart des langues ; cependant,
ils sont constatés d'une manière précise dans quelques
unes seulement, tandis que dans les autres, notamment
en arabe, renfermés dans la pratique ainsi que dans
l'instinct des convenances de la prononciation, ils ne
s'indiquent orthographiquement que d'une manière
accessoire.
in.
DU SON-VOYELLE BREF
Les trois signes ou pointS-VOyéUes ne se bornent pas
à indiquer les trois nuances principales et caractéris-
tiques a. i, 01 du son voyelle : ils en indiquent encore
toutes les modulations.
Ainsi, dans la pratique, les nuances du son, je veux
dire les voyelles, sont nombreuses, bien que l'ortho-
graphe n'admette que trois signes pour les représenter.
Les modifications que subissent les trois signes,
autrement dit les trois sons a, i, o, dans la prononcia-
tion, ont pour cause principale la nature de la consonne
après laquelle ils se prononcent. Après les articulations
qui n'exigent aucun effort, comme i;, m, l, s, c'est-à-
dire en arabe ^ J j w-, etc., la 1 valeur des trois
voyelles est e, a, i, ou, o, faiblement prononcés; mais
après les lettres emphatiques ou gutturales, comme
- ta L Js _ ^ v 4 o etc., les trois sons varient d'une
- - ce — c
manière sensible, sans perdre entièrement leur carac-
tère primitif. L'oreille seule peut apprécier et saisir
exactement ces nuances.
Cette variété a lieu surtout dans les langues qui ont
conservé aux articulations leur rudesse primitive. Elle
a une cause toute physiologique : la disposition quel-
quefois un peu forcée, l'espèce de contraction que subit
le larynx dans l'articulation de certaines consonnes,
influe nécessairement sur la nature du son émis, qui
devient plus ou moins intense, plus ou moins aigu ou
-iave. Il arrive en cette circonstance ce qui a lieu en
musique dans les instruments à embouchure : le son
est déterminé par l'étendue de la colonne d'air dépla-
DE LANGI I M; VBE 103
cée, ainsi que par la disposition des organes qui le
produisent.
Nous avons tous remarqué qu'en notre langue un
grand nombre de voyelles et même de consonnes que
l'étymologie conserve et que l'orthographe exige, ne se
prononcent pas dans la pratique ; nous élidons bien
des lettres quand nous disons, par exemple : Ils rica-
nent de la campagne. Un fait analogue a lieu en arabe,
où les signes, surtout à la fin des mots, ne se pronon-
cent pas toujours distinctement et s'élident plus d'une
fois. Ainsi la phrase :
« Les familiers du prince, après avoir considéré le
cheval, se regardèrent en riant, »
donnera, comme transcription systématique en carac-
tères français, chaque signe écrit ayant une lettre repré-
sentative :
In-na kha-wâs'-s'a 'l-ma-li-ki lam-mâ nad'a-roû 'i-lâ
'l-fa-ru-ci ta-d'â-h'a-koû ;
mais si l'on veut en représenter la prononciation effec-
tive, il faut transcrire :•
Enna khâouas's el-melik, lemmâ nad'aroû ilè ï-ferès,
ledâhekoû.
La pratique et une oreille attentive sont nécessaires
pour saisir ces particularités, avec lesquelles on se
familiarise par l'habitude.
L'articulation exacte des consonnes arabes facilite
beaucoup la prononciation des voyelles brèves.
10V COI RS
DES VOYELLES LONGUES ET DE L'ACCENT
Les voyelles longues, comme on l'a déjà dit (p. 91),
sont, dans l'orthographe arabe, le résultat de la com-
binaison des trois consonnes ou lettres faibles ! » ^c
avec leurs voyelles analogues placées avant elles.
Par voyelle longue, il faut entendre un son quelcon-
que, prolongé pendant un certain espace de temps; de
même «pie la voyelle brève est un son prononcé rapide-
ment : l'une et l'autre peuvent être une même note de
musique exprimée avec des valeurs de durée diffé-
rentes ' .
L'accent consiste principalement à observer, en pro-
nonçant, les valeurs prosodiques d'une langue, confor-
mément aux usages reçus. Il réside dans l'inflexion de
la voix sur les syllabes, et dans la précision des sons
sous le double rapport de la nature et de la durée.
La nature et la durée des sons, la prononciation plus
ou moins rapide des syllabes, constituent dans toutes
les langues, non-seulement l'exactitude et l'élégance
de la prononciation, mais empêchent encore la confu-
sion de certains mots. Ainsi, chez nous, il n'est pas
indifférent de dire : Tel est un grand pêcheur, — Sa
pâle est levée, — La châsse est fermée; ou. Tel est un grand
pêcheur, Su patle est levée, — La chasse est fermée,
etc. De même en arabe : J— ? k'tel tuer, Jj'Ls kAtal
1 J'insiste sur cette observation, parce qu'en français, nous ap-
pelons voyelle longueur! son un peu plus intense que les autres,
indiqué souvent par un accent circonflexe, et noyelle br'èoe un son
faible, sans tenir presque aucun compte de sa durée, à laquelle
nous sommes généralement peu sensibles. De là vient la difficulté
que nous éprouvo >ir l'accent des autres langues, dont nous
-non- volontiers la prononciation et l'harmonie à nos habi-
■ e qui a (ail dire à un savant philologue étranger, que
ingues en français.
DE LANGUE ARABE 10.' >
combattre, J-ïli KàTEL assassin, jJ^ ouled fils, enfant,
yîfj! ouLâD ou ouLêD enfants, ne présentent ni le même
son ni le même sens pour les personnes qui ont une
oreille exercée.
La pratique est plus puissante que la théorie pour
indiquer l'accent des langues. On peut seulement éta-
blir en principe pour l'arabe, que les consonnes sont
fortement articulées, que les voyelles brèves sont à
peine sensibles, et que les voyelles longues sont très
marquées.
EXERCICES DE LECTURE
L'art de l'imprimerie, dune application très circons-
crite chez les Musulmans d'Orient, est entièrement in-
connu des Arabes barbaresques.
Les caractères imprimés par les Européens ont une
forme beaucoup plus conventionnelle qu'exacte, peu
artistique et peu gracieuse; en compensation, ils ont
une netteté et une régularité favorables à la lecture,
et il serait à désirer qu'ils ne fussent pas plus étrangers
aux peuples musulmans qu'aux savants européens En
attendant ce progrès, qui sera au moins bien tardif, il
faut, pour atteindre un résultat utile au milieu des po-
pulations musulmanes, s'habituer, dès le principe, à
voir et à reconnaître les caractères tels qu'ils sont,
avec toute l'élégance comme avec toutes les bizarreries
et les imperfections des manuscrits. C'est dans ce but
que j'ai écrit à la main dans cet ouvrage et autographié
les textes destinés spécialement à servir d'application
soit à la lecture, soit à l'écriture. J'ai représenté les
modifications les plus saillantes du type oriental et du
type barbaresque, ainsi que les éléments de récriture
des Juifs.
106
I. TYPE DU CARACTERE BARBARESQUE
ÛLkkm
y?
y
II. ECRITURE BARBARESQUE D'UN BON STYLE
^ —
DE LANG1 I \l, VB1
TRANSCRIPTION
(La traduction de ces exercices est placée ci-après).
I
k'â-let 'â-yi-cha-tow ro-d'i-ya '1-lâ-hott 'fln-hà | fa-djf-
tow ra-çoû-la '1-lft-hi s'al-lâ 'l-lâ-how c a-\ey-hi oua-
sel-la-ma fa-'akh-bar-toM-how fa-k'â-la '1-lâ-howm-ma
h'ab-bib j 'i-ky-nd '1-me-dî-na-ta ka-h'ob-bi-nâ mek-
k<i-la 'aou 'a-ched-da oua s'ah'-h'ih'-hâ oua bâ-rek
le-nd fî 'eh-li-hâ
II
k'â-la '</-bok'-râ-t'ou ra-h't-ma-/»o '1-lâhon 'l-'om-row
k'a-c'î-roww ouas'-s'i-nk-'a-tou t'a-ouî-la-toun \ oua-
'1-ouftk-toM d'ay-yi-k'own ouat-tedj-rt-ba-tOM kha-t'é:
roun oua 'l-k'a-d'â-'oM 'a-ci-roun.
s
III. TYPE DU CARACTERE ORIENTAL
•O . .o
J^fe û
>
DE LANGUE ARABE 109
III
C^LsiJ' | ^ L=Là $ ^jL-lJ ! ^-*-' ^ J'-r-^' ' I ■)^- > 3 *
SOI -Ra-TOM 'L-KA-M-'a-Tl
bis-mi 'I-lâ-hi 'r-rah'-mâ-ni r-ra-h'î-rm | 'd-kà-
ri-'a-iou ma 'l-k'â-ri-'a-tOM oua-mâ 'ad-ra-ka ma
'l-ka-ri-'a-tow yau-ma ya-koù-nou 'n-nâ-çOM | kel-
fa-rà-chi '1-meb-thoû-thi oua-te-koû-now | '1-dji-bà-
\ou kel-'ih-m '1-men-foù-chi fa-'am-mâ mtin tha-
k'ou-let ma-ouà-7Â-nou-hou ia-hou-oua fî 'î-cha-tin
rk-d'i-ya-tin | oua-'am-mâ mun khaf-fet ma-ouâ-zî-
nou-hou ici-' om-mou-hou hk-oui-ya-toun oua-mâ
'ad-râ-kft ma hi-yah nà-rowi h'-d-mi-ya-toun .
Il) Ces points, avec une grande variété de formes ou de couleurs,
servent, dans les manuscrits du Coran, à séparer les versets; dans
les textes en prose riniée, ils séparent les périodes et font remar-
quer les rimes. Us n'ont pas un rapport obligé avec les divers
membres de la phrase, et ne peuvent être assimilés à nos sign<- i ■•
ponctuation. Ils sont d'un emploi restreint h peu près exclusive-
ment a ces deux cas.
IV. ECRITURE BARBARESQUE ELEGANTE
-ffilî i
•^'v
4?
£ £
2L-W
• > 1~
V. ECRITURE BARBARESQUE USUELLE
1 ^^Uv>UU^I
,ls^^^)(^)j
DE LANG1 l \l. \i;i | | |
l\
(Les caractères du texte ci-contre sont assez distincts pour qu'il ue
soit pas besoin de les reproduire avec les types de l'imprimerie).
soù-na-jou 'z-yj'L-ze-La n
bis-mi '1-lâ-hi r-iv/h'-mà-m 'r-ra-h'î-im | id'A- zowl-
ù-\a-ii 'l-'ar-àou zù-zk-la-hâ oua-'akh-ra-dja-ti 'l-'or-
d'ow | 'ath-k'â-la-hd oua-ka-la 'l-'in-sâ-now ma \<i-
hà ysm-ma-'i-din lou-h'ad-di-thou 'akh-bâ-ra-hâ
bi-an-na rab-ba-ka 'aou-h'â \a-hû ya.u-ma-'i-din \
ias'-dou-rou 'n-nâ-çOM uch-tà-ta/i H-yoït-raû 'a'-mâ-
la-howm | fa-man ya'mel mtth-k'â-la d'ar-ra-U«
khtf y-ivm ya-ra-ho oufl mon ya'-mel mith-k'â-la | d'ar-
vii -{in cher-van ya-ra-ho.
Les points-voyelles et les signes accessoires, suivant l'usage, restent
sous-entendus. (V. ci dessus, pp. 74 et 76)
!
's-'-d al-l-h l-'-l-a m-ka-m el-m-'-d'-m el-'r-f-' el-h-
mâ-m el-'n-f-' mau-lâ-nâ ed-dou-lât-ly sî-d-nâ h'-çyn
bâ-chà "-t'â-h al-]-h m-n khy-râ-t ed-d-n-yâ ou-el-
'a-kh-r-t ma y-h-b ou y-châ
Les lettres ainsi groupées sont, comme on voit, insuffisantes pour
être lues sans de nombreuses additions. Le lecteur' esl censé avoir
assez de pratique et d'étude, et comprendre en outre assez bien le
sens pour compléter l'écriture ainsi qu'il suit :
'as'ad aWàhou ta'âlâ mak'âm el mo'ad'd'em el-'arfà', e\-
houmâm el-'anfa', maulânâ ed-doûlâtlî sîdnâ h'oçaïn
bâchù ('rt't'â-ho llâh men khayrât ed-donyâ ouàl
kkhiva ma yoh'ibb om/ ycchâ ! )
COL'KS
VI TRES-BONNE ECRITURE BARBARESQUE
^^^L^^^^iB^
la
e^
^ Q lie Ji»>43âl&2U^»
VII. TRES MAUVAISE ECRITURE BARBARESQUE
DE LANGUE ARABE 1 l.i
VI
\'n-na 'a-bok'-râ-t'a 1cm ya'-d'en K-men da-'at-ho
vhah-oua-tou-hou 'i-lâ 'ch-chor-bibcl-ley-li, 'an yech-
ra-ba 'aou | là yech-ra-ba ; lâ-km-na-ho 'in chu-
vi-ba oua nâma ba'da chor-bi-hi fa-'in-na-ho 'adj-
oua-dow m/n 'an-lâ | yc-nâ-mtf. Oua d'â-lt-ka li-'an-
na 'n-naù-ma ye-le-dA-ra-kou d'a-ra-ra 'ch-chor-bi,
ou'/ d'ù-h'-ka 'an-na 'l-'â-da-ta lem | tedj-ri bcch-
chor-bi bcl-ley-H; (a-i-d'â cha-ri-ba fî-hi fa-là ma-h'â-
la-ta 'an-na da-li-ka 'ch-ehor-ba yoh'-di-thow li-
'l-had'-mi fa-djâ-dja-ta?i oua îe-çk-dan ke-hù-1? '1-mâ-
'i '1-bù-rc-di 'id'a s'ob-ba fî k'td-rin | fî-hâ t'a-'â-moMH
oua hou-oua yar'-lî 'a-là 'n-nâ-n.
VII
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o 1 ^ i~ J y •■ J
L'orthographe de ce fragment est aussi altérée que la forme îles
lettres (cas très fréquent chez les Arabes). Ce n'est pas ici le lieu
de la rétablir. Voici la transcription française d'après la pronon-
ciation et le sens :
fî hàd el-bàbor, rânà ba'athnâ lkoum el-h'aouâïdj
m' el-'adjoûza ellî recellou m'a-hâ el-djeben. - Ouel-
yôm, ma nsîb-che m'a-men nersel lkoum h'attâ hâ-
dja. Ouel-yôm terseloù chouya fâkia délia'. Ouel-
yôm tah'ras' 'alâ '1-djenân mtâ'ak | tbî'-ho bêch tete-
.hennou entoum.
m
VIII. TYPE DE L'ECRITURE USUELLE DES ARABES.
Fat simile d'unt lettre de l'émir [bd-el-KaderJ
DE LAV.l I ARABE
Mil
t -.11.
•XI^^IJ^^JL?.. .:iU! | ^,
\_- n _ ;*.
I U-» *• Loi. > *J| L_*_* ^ i l ■;•' av iLaJ!
J V
Is U.
Lecture courante
« araraà ba'd esselàm 'alâ 'Imak'âm er-rafî' ouel-
djenâb el-'aly el-menî' : fa-'inna ktâbek ouçolnî ('az-
zak allâh !) raa'a el-ktàb elledî ouddjahtah ileyya; ou
frah'i bih ferh'an 'adîman, ou 'amelt ma'aya, be-'irçâl
liàdà '1-ktâb, mziya 'od'mà, ou'ah'sant 'ileyya bih ih
çânan teth'addetli en-nâs bih, ouinma. Djezâk allâh
'anni bel-khîr ed-dâïm ouel-'euzz ou-et-tekrîm el-mo-
làzem, ou-ouaffak'ck lel'eu'l el-khîr, ou-dja'alek men
ahlih, ou-dja'alek 'àliyan 'alâ Tak'rân. Ou methlek
men el-'afàd'el ouer-redjâl el-'amâthel, mari ia'mel
el-khîr ouel-'ihïàn ma'a melhlî, ou 'anâ 'alâ hâde
'1-hal !!!... Ou 'ennî el-yôm laïs 'andî ktâb ouâh'ed...»
116
IX SPECIMEN DE L'ECRITURE DES CHRETIENS DE SYRIE
X AUTRE SPECIMEN
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118
XI. ECRITURE HEBRAÏQUE
■ les Juifs de L'Algérie pour écrire l'arabe
V. l'Alphabel ci-contre)
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< \g£ f^^UJs % jn*'pj ïjyjLy/ nJ^y crvrûj'f? js/°
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DE LANGUE ARABE
ALPHABET HEBREU USUEL DU RITE PORTUGAIS
•COMPARÉ AVEC L'ALPHABET ARABE
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Observation. — Les caractères surmontés d'une " sonl employés
a la fin des mots. — Les lettres CJ 3 là et ^ n'ont pas de
représentation spéciale. — Les lettres suivent l'ordre hébraïque
(V. Abadjed, p. 88).
TRANSCRIPTION LITTÉRALE, LIGNE l'OLP. LIGNE, DU TEXTE CI-CONTRE,
EN CARACTÈRES ARABES
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1854 (ii— ) fj. ; — '-•) ^ l s
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1 20 COURS
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^^ J »t
J= ^
Le st> le et l'orthographe de la lettre hebrsèo-arabe
précédente sont très fautifs : je ne m'arrête pas ici à
les rectifier. Dans ces textes on doit s'attendre à toutes
sortes d'incorrections.
Les Juifs originaires des pays musulmans, qui suivent
le rite portugais, se servent, pour représenter les lan-
gages des diverses localités qu'ils habitent, du caractère
dont on vient de voir un spécimen. Ils le nomment en
Algérie : o^t— " b=k Écriture de la correspondance.
Ils se servent aussi du genre d'écriture appelé en Europe
Uabbinique, très peu différent du caractère chaldéen
ou hébreu moderne. Les Juifs de l'Algérie donnent à
ce dernier le nom de J^j ^ caractère Itâclû, expres-
sion mnémonique formée d'initiales qui rappellent le
nom du célèbre rabbin liabbi Cheloumou Ishak, dont
les ouvrages sont écrits et imprimés en ces caractères.
Les lettres d'un même mot se lient généralement.
Eu voici le type, comparé, comme le précédent, à
l'alphabet arabe, qu'il est destin»' à représenter :
TU'. LANGl E ARABE
121
t
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>\ ? n
J
fit
1
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Voici un fragment d'une lettre écrite en caractère
ffdc/it :
XII. ECRITURE HEBRAÏQUE DITE
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rr le ..7 ^-Wifii >*£-* toi» î|'» o&Jjo r>;0D *»» y
■>-*3 ■?£> ^ "1 \£X* *uii \^J .^03 p> l&ï V* >ÇJ
y»}i>7 '6 Li£» jrJ j>Jifc;oi> ^? pyuis» fur *>n
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/^ r£\i> rkr; *'0^ ai? f*p; •f^o»;^ ^ ^
WMlrà&s Oiô yii? )•;>*> •**>?-> /&; ^ iû uui^L»
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TRANSCRIPTION, LIGN1 POUB LIGNE, in c \k \c. ri l; l'.s wtABKs
!
X< o-^^.:5
\ . >■
U
f r,W ilo^J'.J 6 ' 3 ^ J^'
On y exprime souvent les nombres avec les vingt-
deux lettres de l'alphabet hébreu, dont on trouve l'ordre
el la valeur dans les six premiers mots de YAbadjed
oriental. (V. ci-dessus, pp. 88 et 89, et l'Alphabet
oriental, p. 73.)
La connaissance de l'écriture hébraïque appliquée à
la langue arabe est nécessaire sous plus d'un rapport.
Elle peut, entre autres cas, fournir des renseignements
uliles à notre politique au milieu de détails mercantiles
qui sont un but et quelquefois un prétexte de corres-
pondance. C'est pourquoi nous sommes entrés dans
quelques détails à ce sujet. Comme cette écriture ne
s'applique généralement qu'à un langage et une pro-
nonciation corrompus, où l'on rencontre les écarts
•d'orthographe les plus étranges, on n'en peut conseiller
l'étude qu'aux personnes déjà familières avec le lan-
gage usuel el avec l'écriture des Arabes.
On ne verra pas sans intérêt ici un spécimen du
actère <lont les Israélites européens qui suivent le
DE LANGUE ARABE
•rite allemand se servent pour écrire cette langue. Les
•caractères se lisent de droite à gauche comme pour 1rs
langues de l'Orient.
ALPHABET HEBREU USUEL DU RITE ALLEMAND
i f \) j i i) fj o ( c ï? b a
lu u t c> v qu p o i'. m
u â o au eu ei ai d) fit $ r
Les formes finales sont marquées d'une *: Le caractère k esl une
■espèce de support : il se place avant les voyelles i et u qui com-
mencent les mots, et après ces voyelles quand elles les terminent.
XIII. TEXTE HEBRiEO-ALLEMAND
f^K^y «<ir* Hj^Vç^/ ^^)
(T^Af
\1\
rRANSCRIPTION i IGNE Pi >VK l IGN1
B. K. II. Strasburgden 20 ,en Mai 1854.
Herrn Kolb, in Kolmar,
Durch heutigen Kurier schickeichlhneneinenmitC L54
bezeichneten YYaarenballender, die in Ihremgeehrten
Schreiben voni fùnfzehnten dièses, verlangteWaaren
enlhaltet.
[ch hoffe, Sie werdeo niieh immer mit Ihren Bestellun-
gen beehren, ich werde Sie stets mitderselben Pûnkt-
lichkeit bedienen.
Es grûsset Sie hœllichst.
M. BLOCII.
ECRIT! RE, CALLIGRAPHIE, PALEOGRAPHIE
L'écriture proprement dite, c'est-à-dire le tracé à la
main des caractères de la langue, est une partie fort
importante de l'étude pratique. A -peu d'exceptions près,
tout est manuscrit chez les Arabes : c'est pourquoi la
connaissance des formes des lettres, avec leurs modifi-
cations et leurs altérations diverses, est plus nécessaire
encore pour déchiffrer les textes et les ouvrages de toute
nature, que pour les écrire: c'est une dépendance obli-
gée de la lecture. Nous avons dû, en conséquence, nous
étendre sur ce point important de la pratique.
Le moyen le plus efficace de lire les manuscrits,
surtout quand ils sont difficiles, est de se rendre familier
avec les caractères, en s'exerçanl aussi bien à les imiter
qu'à les reconnaître. L'élégance et la recherche extrê-
mes, ainsi que l'altération bizarre de l'écriture, pré-
DE I.AM.I 1. \li \BE \ J",
sentent souvent de grandes difficultés de lecture, que
l'on ne peut résoudre avec la seule connaissance des
types imprimés.
Les développements qui vont suivre et les textes
manuscrits ci-après, ont pour but d'indiquer les phases
et les nuances du caractère arabe, d'habituer les étu-
diants à lire comme à tracer les divers genres d'écriture ;
ils doivent servir de base à l'application des règles
établies et à l'appréciation des faits exposés dans le
présent ouvrage. On ne doit plus être arrêté en Algérie
par le type d'un écrit arabe, ni s'excuser de ne
pouvoir le lire ni le comprendre, en disant comme
autrefois, à l'exemple des Indigènes : a C'est en arabe
d'Egypte », ou, ce qui était bien plus concluant : « C'est
en arabe littéral. » Une pareille assertion équivaut à celle
du renard de la fable. Pour quelques-uns, c'est l'aveu
complet et involontaire d'une ignorance inexcusable.
L'art de l'écriture, d'un usage très restreint chez les
Arabes avant l'Islamisme, ne parait pas remonter pour
eux à une très haute antiquité. L'histoire nous apprend
que dans les siècles qui ont précédé Mahomet, les
Arabes avaient une écriture nommée Mousnad ou
Himyarite, du nom de Himyar, chef des dynasties qui
ont régné dans le Yemen depuis environ un siècle avant
notre ère, jusqu'en 525 de J.-C, époque où elles furent
vaincues et remplacées par les Abyssins. Cette écriture,
que l'on ne connaît plus guère aujourd'hui que de nom,
et qui, d'après les historiens, paraît avoir eu deux
types, l'uncursif et lié, pour l'écriture à la main, l'autre
isolé, pour les monuments, était déjà tombée à l'état
de tradition dès les premiers moments de l'Islamisme.
1 26 coi i>>
On en trouve cependanl aujourd'hui de prétendus
indices, notamment dans des recueils arabes d'alpha-
bets cabalistiques de toutes sortes de langues, rapportés
indistinctement à l'ordre, à la valeur et au nombre
actuels des lettres arabes. L'examen attentif et minu-
tieux que nous avons l'ait de recueils de cette nature,
leur inexactitude grossière el notoire, pour les langues
même que Ton connaîl le plus, nous permettent de les
signaler à la défiance dc^ hommes consciencieux.
De curieuses inscriptions ont été découvertes et
copiées jadis par MM. YYellsted, Cruttenden et Arnaud
dans le Yemen, patrie des Arabes, à Saba', Khariba,
H'is'n el-Ghorâb, Ma'reb, etc. Les caractères inconnus
de <■<'> inscriptions ont donné lieu à d'ingénieuses
recherches! 1 . el le savant M. Fresnel pense qu'elles
sont en caractères et en langue liimvarites. Malgré-
l'étal encore conjectural aujourd'hui de leur appré-
ciation, nous transcrirons l'une d'elles pour commencer
el présenter avec plus de scrupule la série qui va suivre
>U'< diverses représentations de l'écriture des Arabes..
XIV. INSCRIPTION EN CARACTERES dits HIMYARITES
Trouvée ,'j Khariba (Yemen). (Se lit de droite ù gauche]
viv^iAi^niAsnihniNinîfiflifiHnhoNîiYH
Journal asiatique, sept.-oct. I8i5.
DE LANGUE ARABE
TRANSCRIPTION SUIVANT M. FRESNEL ! !
JU. 13 ^ K
<_
»- - — - r-^ e 4
A l'époque de Mahomet, les Arabes ont dû avoir 1rs
deux écritures appelées aujourd'hui Neskhl el Coufique.
Le type du caractère neskhî existait dans toute son
intégrité, non seulement au temps du Prophète, mais
même, suivant toute probabilité, assez longtemps avant
lui, et la tradition en peut être fort ancienne. L'illustre
de Sacy, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions
et Belles- Lettres (tomes IX et X, 1832), donne le fac-
similé et la traduction de deux passeports égyptiens
écrits sur papyrus et datés du mois de chaouâl 133 de
l'hégire (751 de J.-C). Le même savant reçut commu-
nication d'un autre papyrus, daté de l'an iO de Mahomet
(661 de J.-C), exactement semblable aux deux premiers
pour le caractère de l'écriture, et en lit l'objet d'un très
curieux mémoire. N'ayant pas à ma disposition ce
(1) Journal asiat., sept.-oct., p. 172, n" IX, et p. L83. — Malgré
l'ingénieuse et savante invention du système de iplion de ces
caractères, il serait peut-être hasardeux d'y voir une analogie trop
concluante avec Vhimyarite, ou avec ['ismaélique, ancien langage
du Yemen, et principe de l'arabe des temps modernes. En général,
lorsqu'on a déjà tant de peine à comprendre des innues
écrites en caractères connu*, on ne saurait être trop circonspect
dans l'appréciation des langues inconnues écrites en cara
inconnus. L'adhérence aux lettres ci dessusdepel I
parasites, rappelle un peu les traditions du ca
ou abyssin.
1 28 COURS
dernier document, je me contente de reproduire ici,
d'après M. de Sacj . le mieux conserve des deux papyrus
précités. On en trouvera plus loin la transcription et
la traduction. Je l'ai réduit, avec toute l'exactitude dont
je suis capable, au quart de sa grandeur réelle :
XV. PASSEPORT ARABE SUR PAPYRUS
—-'Jb
Cet exemple peut donner une idée de l'état et de la
forme de l'écriture arabe au temps de Mahomet.
Ce caractère a été importé, dit-on, dans la ville
d'Anbâr, en Irak, pendant le VI e siècle de notre ère
DE LANGUI VB Mil | ^',|
(environ cent ans avant le Prophète musulman' par
« deux hommes de la tribu de Tav, et pur conséquent
» d'origine yamanique : Morâmir, fils de Marwa, et
» Aslam, fils deSedra (M. » Il fut nommé Djazm (coupé,
séparé), peut-être parce qu'il fut « pris ou imité du
» Mousnad, l'ancien système d'écriture himyarite » - ;
il fut calqué, pour l'ordre et la valeur arithmétique des
lettres, sur les alphabets hébreu et syriaque, avec
l'addition des autres articulations particulières à la
langue arabe. Pour qu'on retînt plus facilement dans
la mémoire la série des lettres, on la divisa en huit
groupes ou mots techniques; et c'est là ce qui a formé
VAbadjed ou Aboudjad, dont il a été question ci-dessus,
p. 88. On raconte que Morâmir ayant huit fils, leur
donna pour noms chacun des mots de cette série.
Outre le Djazm, connu de nos jours sous la désigna-
tion générique de Neskht (caractère de copie), on importa
chez les habitants du Hedjaz, peu de temps avant
Mahomet, un alphabet dont les lettres, plus anguleuses
et moins faciles à tracer rapidement que celles du Djazm,
se rapprochent beaucoup, pour la forme, de l'ancien
caractère syriaque appelé Estranghélo. (Test ce caractère
qui plus tard a été appelé Coufique, ^..î/ L^, proba-
blement à cause de modifications importantes qu'il a
reçues dans la ville de Coufa. Cette écriture, par la
(1) Consultez à cet égard, entre autres documents, le bel et pré-
cieux ouvrage de M. Caussin de Perceval : Essai sur l'histoire des
Arabes avant l'Islamisme ; les savants travaux de M. de -
dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions ■ t Belles-1
t. ix et x, ainsi que le fragment d'Ebn-Khaldoun qu'il a publié dans
le t. n de sa Chresionxo.th.ie arabe.
(2) V. Essai sur l'histoire des Arabes, t. i, p. 291.
130 ' Mt |iS
lourdeur de ses formes, n'es! guère applicable à l'usage
ordinaire : aussi le nombre des livres écrits de cette
manière est-il peu considérable ; elle a été, en compen-
sation, fort employée dans les inscriptions des monu-
ments, où elle entre pour beaucoup, à cause de sa
richesse artistique, dans l'ornementation architecturale.
On en verra plus loin le spécimen.
Ces anciens alphabets, classés d'après l'ordre hébreu
él syriaque, rie renfermaient primitivement, comme ces
langues, que vingt-deux caractères pour les vingt-huit
articulations de la langue arabe: la même lettre avait
plusieurs valeurs, sans qu'aucun signe put les distin-
guer, et nul indice abus ne représentait les voyelles.
Cet inconvénient, qui n'eût pas permis la transmission
des textes sans les plus graves altérations, amena, au
'■uminencement de la dynastie des Ommiades, l'addition
des points diacritiques, ou distinctifs, qui furent com-
plétés par les autres signes accessoires (V. ci-dessus,
pp. 74 et 78). Ces additions indispensables à l'alphabet
déterminèrent la classification moderne, où toutes les
lettres d'une même forme, distinguées seulement par
d<-s points, sont rangées ensemble.
L'art de l'écriture arabe, stimulé par l'ardeur reli-
gieuse excitée par les conquêtes de l'Islamisme, et le
besoin d'étudier et de répandre les textes de la doctrine,
s'étendit bientôt chez tous les peuples convertis. ( '.banni
substitua au type de l'écriture nationale le type de celle
des vainqueurs, et l'embellit à l'envi de tout l'art et de
tout le luxe dont il était capable. De là les rapides pro-
grès que fil l'écriture, la perfection qu'elle atteignit
bientôt, el les modifications qu'introduisirent d'habiles
DE LANGUE M; Mil \[]\
calligraphies, artistes de l'époque, d'après leur talent
et l'influence du genre d'écriture de leur pays. Les villes
célèbres de Basra et de Coufa devinrent le loyer de ce
progrès. La première perfectionna l'écriture neskhl,
qui a servi de type à tout l'Orient; la seconde décora
les monuments de la richesse et de la variété capri-
cieuse des caractères Coufique et Karmatique, dont les
Barbaresques de nos jours ont subi les traditions sans
les comprendre. L'écriture arabe s'est embellie, dans
les monuments comme dans les livres, de l'éclat d'une
brillante et délicate ornementation, qui s'était intro-
duite chez nous, mais qui s'est complètement effacée
devant l'admirable découverte de l'imprimerie.
Les Barbaresques sont loin d'avoir atteint la perfec-
tion des Orientaux, dans l'art calligraphique connue en
toute autre chose; et c'est à tort que des historiens
européens, faute d'observations directes, leur ont attri-
bué, pour les sciences comme pour les arts, un mérite
résultant de l'influence et de l'action immédiate des
Orientaux.
Chez les Arabes de l'Orient l'écriture est savante et
régulière: elle s'appuie sur des principes exacts; c'est
un art constitué. Chez les Barbaresques, elle n'est
qu'arbitraire et n'a pas de proportions adoptées.
Principaux genres de l'écriture arabe
Après ces considérations succinctes sur l'origine el
les progrès de l'écriture chez les Arabes, il convient
d'entrer dans quelques détails pratiques. N'ayant p
l'intention de faire ici un coins théorique d'écriture,
nous nous bornerons à indiquer les principales distinc-
132 COI RS
ti.uis du type général, et à donner quelques moyens
d'exécution.
Les genres d'écriture les plus caractéristiques sont :
Le Neskhî, type primitif, usité en un grand nombre
ili 1 contrées de l'Orienl : c'est celui que nos caractères
il imprimerie ont tâché d'imiter.
Le Coufique, abandonné depuis longtemps, (pie l'on
rencontre plus généralement sur les monuments.
Le Dîwânî, type d'écriture des Turcs, employé en
Turquie el en Egypte; écriture lourde et ramassée.
Le Djeri ou cursive, type d'écriture adopté par les
Turcs; les lettres finales, surtout y sont plus dévelop-
pées que dans les autres caractères. .
I.e Ta'lîk', écriture des Persans et des Indiens, qui
présente l'alternative de pleins très saillants et de déliés
tics minces, à peu près comme l'écriture dite anglaise
die/, nous.
Le Mar'rabî vulgairement Mr'arbî ( barbaresque ,
africain ou occidental), écriture des Arabes de l'Occi-
dent de l'Afrique.
Os différents genres d'écriture ont un grand nombre
de variétés el de noms dépendant de leur dimension,
ou de légères modifications du type fondamental.
Je me contenterai de citer les suivantes :
POUR LE NESKHÎ :
Le Thoulouth, écriture en gros, équivalant à notre
bâtarde;
Le Yâk'oûtî, et le Raïh'ânî, peu usités aujourd'hui ;
écritures d'une grande netteté et d'une élégante sim-
plicité de formes.
DE LANGI 1 \l;\BE
POUR LE COUFIQUE :
Le Coufique quadrangulaire et le Karmatique, où l'on
rencontre une ornementation arbitraire el artistique
des lettres.
POUR LE DÎWÂNÎ, ÉCRITURE DES TURCS :
Le Dîwânî neskhîci et le dîwânî djcrtci, espèces de
cursives du Dîwânî.
POUR LE TA'LIK', ÉCRITURE DES PERSANS :
Le Chekestèk, ou écriture brisée; espèce de ta'lik
allongé.
Les Barbaresques de nos jours ont peu de goûl el
d'adresse pour les arts, et en particulier pour l'écriture.
Les croisades ont détruit les germes de civilisation que
répandirent chez eux les Orientaux qui affluaienl en
Afrique et en Espagne ; les villes ont été ruinées, l'ému-
lation a disparu, et l'esprit des peuples s'est affaissé.
Sera-ce pour toujours; et du sein de leur ignorance,
volontaire désormais, se borneront-ils à voir, avec une
stérile admiration, leurs sciences el leurs arts les plus
intimes possédés seulement par des étrangers? Si
l'on rencontre de loin en loin quelques pauvres el i ares
cités, on voit aussi que la majorité des populations du
sol sont des gens de la lente, race qui fui toujoi rs
réfractaire à une civilisation organisée. Ces faits
expliquent l'état des lettres dans nos contrées : « L'écri-
» lure, dit Ëbn-Khaldoun, fait partie des arts, el c'esj
» là la condition commune des arts, qu'ils suivenl les
» progrès de la civilisation. Aussi voyons-nous que la
134 cours
» plupart des nomades ne savent ni lire, ni écrire; et
o si quelques-uns d'entré eux savent lire et écrire, leur
écriture est grossière et leur lecture est imparfaite et
o défectueuse n . »
L'écriture îles Barbaresques actuels n'admet pas, que
je sache, de catégories systématiques, et ses variétés
nombreuses, quand elles offre ni quelque élégance,
résultent plutôt de l'instinct personnel de l'écrivain que
d'un principe appliqué. Les Barbaresques ne distinguent
que deux écritures: le ^o-ij** *=*, cuva clerc occidental
ou barbaresque, et le J,,i^_.-- Là., caractère oriental,
que leurs savants se vantent sans scrupule de ne pou-
voir lire.
Des procédés de l'écriture
Les Arabes se servent pour écrire, de klem ou
roseaux. En Orient, ces roseaux (Bambusia scriptoria,
Kunth . à peu près de la grosseur de nos plumes, sont
employés comme elles ; en Barbarie on prend des
roseaux ordinaires (arundo Donax, Linn.) de gros dia-
mètre, que l'on fend sur leur longueur, et dont on fait,
suivant leur grosseur, un nombre plus ou moins grand
de lilcin, de près d'un centimètre de largeur. On les
amincit à leur extrémité. On les fend comme nos
plumes, et l'on y pratique une espèce de rigole pour
laisser couler l'encre. Cette dernière espèce de klem est
fort défectueuse, et ne permet guère d'obtenir commo-
démenl une grande délicatesse dans les traits ; son seul
- ., Chrestom., t. n, p. 308.
i>e LANGi E \r. \nr \:\ ,
mérite est d'être extrêmement commune, et de n'exiger,
sauf le soin de la tailler, aucun des secours de l'in-
dustrie.
Sans entrer ici dans des détails techniques étrangers
à cet ouvrage, je ferai observer aux personnes qui veu-
lent acquérir ou imiter un genre quelconque d'écriture
arabe, que l'aspect général du caractère et sa ressem-
blance avec un modèle donné, résultent essentiellement
du soin que l'on a pris de couper le bec du k'iem dans
sa largeur, arec une inclinaison proportionnée aux
différents accidents du type à imiter. Il faut une main
et un œil exercés pour saisir et retracer les détails d'une
écriture, et ce n'est que par l'habitude et la compa-
raison que l'on arrive à un résultat satisfaisant ; c'est-
là, d'ailleurs, une loi universelle.
Voici, du reste, quelques indications curieuses, quel-
ques conseils pratiques fort utiles donnés par AboiV
1-Hassan Ali. plus connu sous le nom d' Ebn-el-Bawwâb,
célèbre poète et calligraphe arabe, qui mourut eu 'il!!
ou 423 de l'hégire (1023 ou 1033 deJ.-C). Il esl regardé
par les historiens et les biographes arabes, comme
celui qui a porté l'écriture au plus haut point de perfec-
tion. Je ne puis mieux faire que transcrire ici une petite
pièce de vers de cet auteur, rapportée par Ebn-Khaldoun
et Ebn-Khallican, et traduite et imprimée par .M. de
Sacy dans sa Chrestomathie , t. n, p. 318; c'est à la fois
un document précieux et un exercice de lecture, d'écri-
ture et de traduction, à joindre à ceux que renferme
ce livre.
Ebn el-Bawwâb a dit :
Traduction de \l. de Sacy)
« vous qui souhaitez posséder dans sa perfection
l'arl d'écrire, et qui avez l'ambition de vous distinguer
par la beauté et la régularité de votre écriture,
« Si votre projet est sincère et voire résolution ferme,
priez votre Seigneur de vous en faciliter le succès.
•<( Choisissez d'abord des kulums bien dressés, solides
et propres à produire une belle écriture ;
El lorsque vous voudrez en tailler un, préférez
celui qui vous paraîtra d'une proportion moyenne.
« Considérez ses deux extrémités, et choisissez, pour
la tailler, celle qui est la plus mince et la plus ténue.
G Donnez à sa tige une juste proportion, en sorte
qu'elle ne soit ni trop longue ni trop courte.
(< Placez la fente exactement au milieu, afin que la
taille soit égale et uniforme des deux côtés.
« Quand vous aurez exécuté tout cela en homme
habile et connaisseur en son art,
a Appliquez toute voire attention à la coupe ; car c'est
île la coupe (jUe tout dépend.
« Xe vous flattez pas que je vous en dévoile le mys-
tère: c'est un secret dont je suis avare.
« Tout ce que je vous dirai, c'est qu'il faut tenir le
milieu entre une forme arrondie et une forme pointue.
i' Mettez ensuite dans votre écritoire du noir de fumée
que vous préparerez avec du vinaigre ou du jus de verjus.
Vous \ joindrez de la rubrique, qui aura été battue
et mélangée avec de l'arsenic jaune et du camphre.
DE LANGUI VRAB1 137
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13S COURS
« Lorsque ce mélange aura suffisamment fermenté,
prenez du papier blanc, doux au toucher et bien
fabriqué :
(( Puis après l'avoir coupé, soumettez-le à l'action de
la presse, afin qu'il soit exempt d'inégalités et de défauts
qui altèrent sa propreté.
a Ensuite occupez-vous sans relâche et patiemment à
copier des modèles : la patience est le meilleur moyen
d'atteindre le but auquel on aspire.
Commencez d'abord à écrire sur une planche, et
dégainez pour cela le glaive d'une volonté ferme, mais
exempte de précipitation ;
« Ne rougissez point de la laideur des caractères que
nous formerez d'abord, en commençant à copier des
exemples et à tracer des lignes;
a Car la chose est difficile, mais elle deviendra aisée :
combien de fois ne voit-on pas la facilité succéder à la
difficulté !
(i Aussi, quand une fois vous aurez obtenu ce qui
était l'objet de votre espoir, vous en ('prouverez beau-
coup de joie et de plaisir.
ci Remerciez alors J)ieu, et rendez-vous digne de sa
bienveillance, car Dieu aime l'homme reconnaissant.
Que votre main et vos doigts ne soient consacrés
qu'à écrire des choses utiles que vous laisserez après
vous, quand vous quitterez ce séjour d'illusion :
" Car l'homme trouvera demain, lorsque le registre
de ses actions sera déployé devant lui. tout ce qu'il
aura l'ait pendant les jours de sa vie » M.
1 Le mètre ou rythme de cette petite pièce est le kdmil, dont
la valeur normale, en prosodie latine, est uu-u- [ uu-u- | «ju-o- pour
chaque hémistiche, saut les licences.
DE LANÙI li A.RABE
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Il esl bon d'observer <|ue pour écrire l'arabe et lui
conserver son caractère distinctif, il faut se servir de
roseaux Y. p. 134) el s'abstenir des plumes d'oiseaux
el surtout des plumes de fer, qui sont aptes à supporter
l'eflforl de la main dans le sens où il s'exerce en traçant
nos caractères, mais qui ne supporteraient pas de même
l'effort inverse résultant de la direction opposée de
l'écriture arabe ' .
Il est très élégant et très rationnel d'observer la
même distance entre toutes les lettres.
de l'écriture hébraïque appliquée a l'arabe
Cette écriture, dont on a vu déjà el dont on trouvera
ci-après des spécimens, peut s'écrire avec des plumes
métalliques pour le caractère dit : ^AV" lai., mais Ton
doit employer le k'iem pour le i-î, i:^ (V. ci-dessus
page 121).
Si l'on règle le papier, on écrit sous la ligne, en y
faisant adhérer la partie supérieure des lettres; c'est
l'opposé de nos caractères, dont on fait toucher la
partir inférieure à la ligne tracée par le crayon.
DE QUELQUES SIGNES ACCESSOIRES EMPLOYÉS DANS CERTAINS
GENRES D'ÉCRl UltK
Dans le genre d'écriture orientale appelé Thoulouth,
et en général dans presque lotîtes les grosses écritures
d'un style ideiiant, on ajoute aux signes complémen-
taires de l'alphabet certaines marques ou indices ayant
pour but de donner au lecteur une plus grande certitude.
Quand une lettre dont la ligure peut porter ou ne pas
porter de points, comme ~ - , -> - >> J» etc., se
^ - ^ ^ ^
l Voy. sur ce qui concerne lesinsl ruments, le papier, etc., ainsi
que pour des détaris plus étendus, l'Essai de Calligraphie orientale,
a la suite de la Grammaire arabe d'Herbin.
DE LANG1 i; AI; VB] | ' { \
trouve employée sans points, on la surmonte d'un petit
signe appelé --_Ls.^_--, semblable à un petit \ arrondi à
l'extrémité de ses branches, et destiné à indiquer au
lecteur que ce n'est pas par oubli, mais bien avec inten-
tion que la lettre ne porte pas de points.
Dans cette même circonstance et dans les cas où une
lettre peut être confondue avec une autre, on répète si
l'on veut, sous le caractère qui n'a pas de point, le
caractère lui-même dans de très petites dimensions.
La lettre » seule, est surmontée d'un autre petit s . La
cause de cette particularité est qu'en certains cas cette
lettre est l'abréviation des molsj-» Lui (Dieu), ou ^-',
qui a le même sens, et que par respect on évite de la
placer au-dessous des autres. La lettre j» est souscrite
aussi d'un petit j». Dans l'Inde et dans l'Afrique orien-
tale, il est assez ordinaire de placer un point sous la
lettre -. Voici un exemple de ces signes :
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DE LANGUE ARABE
TRANSCRIPTION ET TRADUCTION LITTÉRALE
DES TEXTES MANUSCRITS PRÉCÉDENTS
I. PAGE 106
Grosse écriture barbaresque, genre andalous. - Fragment d'un
recueil de traditions
TRADUCTION
Aïchad) (que Dieu la comble de ses grâces !)
dit : « Je vins trouver l'envoyé de Dieu (que Dieu ré-
» pandesurlui ses bénédictions et lui accorde le salut ')
» et l'informai du fait. Mon Dieu, s'écria-t-il, fais que
» Médine nous devienne aussi chère que la Mekke, ou
» même davantage; purifie-la, et accorde-nous tabé-
» nédiction dans ses habitants ! »
II. MEME PAGE
Belle écriture andalouse d'un style plus récent que la précédente.
1 er Aphorisme d'Hippocrate
TRADUCTION
Abok'ràt' (Hippocrale) (que Dieu lui fasse miséricor-
de !) a dit : « La vie est courte, l'art est Ion-, le mo-
» ment est étroit*-', l'expérience est dangereuse ■'• et le
» jugement est difficile. »
(1) Fille d'Abou-Bekr, et troisième femme de Mahomet.
(2) Le texte grec porte : « o de lcairôs ôxùs » l'occasion est aoile
ou fugilice.
(3) Le texte dit : « spbalerê i> glissante, trompe- •
12
110
, 01 RS
III. PAGE 108
Caractère des bonnes copies orientales du Coran, écriture nukhi
de moyenne grosseur
1 1. mu < riON
CHAPn RE Cl) DT BRI II l ORMIDABLE (i)
Vu nom du Dieu clément el miséricordieux. — Le
j 0ur a,,) bruit formidable. Qu'est-ce que le brut!
formtda6te?-r- Quelque chose t'a-t-il «lit ce qu'est le
oruit formidable?- C'est le jour où les hommes éper-
dus deviendront connue des sauterelles répandues sur
le sol ; - Où les montagnes ébranlées seront ramollies
comme la laine teinte et cardée. -Alors celui dont
les balances seront lourdes (par le poids des bonnes ac-
tions), celui-là jouira d'une existence agréable;
Mais celui dont les balances seront légères, sa mère
(son séjour) sera Hâouiya. - Quelque chose t'a-t-il dit
ee qu'est Hâouvya > - C'est un feu dévorent.
IV. PAGE 110
Bonne écriture barbaresque moderne
I i; Mil cl ION
CHAPITRE \< IX) Dl TREMBLEMEN1 DE LA TERRE ( 2 )
\„ n om du Dieu clémenl et miséricordieux
Lorsque la terre sera ébranléede son tremblement,
I Le mot k'dri'at signifie, a la lettre (celle) gui frappe, qui
" ; c'est u g n adjectif verbal ^actif «P^ÇP^
( , mmm ,, tau | sous entendre la coud, le brait, le son. Daprcs les
"enta eU " °'esl un des noms du jour du jugement dernier,
7-1 spéciale nt la voUc ou le bruit terrible qui ébranlera
f.VcS!Ïc'ïï a-dire le s le la trompette qu'embouchera 1 ange
(2 ,,, ,,,„, d'Esràfil, .lisent les commentateurs, produira cette
agitation au jour du jugement.
DE LANG1 i U1 U! ,
- Qu'elle jettera hors de son sein les fardeaux qu'elle
renferme!" Et „ue l'homme effrayé s'écriera-- qu'a-
irelle? -Alors elle racontera - ses histoires Car
ton Se.gneur lui a„ra donné la révélation - El les
hommes seront amen,, par groupes séparés, - Pour
M" on leur 7">«™ 1»«™ œuvres. --Qui, „„.,„,„
fait du bien, le poids même d'un atome fou d'une ne
tite fourmi), le verra ; - Et celui qui aura fait du mal
Je poids même d'un atome, le verra.
V. MEME PAGE
Caractère d'écriture fort ordinaire
TRADUCTION
Que le Dieu très-haut comble de félicité la personne
du grand, très-élevé, magnanime, très-ulile, notre maî-
tre le daulatliW, notre seigneur Hoçaïn bâcha Que
Dieu lui donne, des biens de cette vie el de l'autre
tout ce qu'il veut et désire !
(1) Ce sont, d'après les uns, les trésors qu'elle cache en métan,
z: re XsZL? v qui s f ront ~ ■« ^ dS é iï£
iw'J < : même Qoser °nl 3 ton : her Mos = ln ,
S t v-i; deaUXSOn : 10S morts, car les , £ hom
^2)Cest par erreur que le texte de la..pa ge lin ci . dessus te
jja-rf il racontera, ,1 faut lire C^ au féminin. Ce passai
tTlesZCs\r dU r ge nt de --r, la Terre racon
tes es acaons bonnes et mauvaises des hommes Aboa-Horat
<^S i ri t ,/^ > /' 0rigiDearabe ' est ^l^ration du mol ti
Zr?' ' 7 Cest u " ^jectif relatif (un-, formé du mol ara
*Jj>, alternance, changement, vicissitude, pério
O^^ernentetc. H ^e, * la lettre, ^«u. o«/or.iS; „S
nez les, Algériens, celait une épithète honorifique el distinct
P^a entent appliquée au Pacha, que nous nommons Plu
ornent Dey On écrivail JSYjjJl, fa y-,,, , „„ „ 1( ,.
cette acception, i - G, ( , 7 ,, m ,,, /, , / %
j-^ COURS
VI. PAGE 112
Écriture barbaresque élégante et ^un excellent style.
1( ,u du Kitàb ei-'O, /. fi Charh> el-Fo< I, commentaire
5 apLris rHip, Par vbou '1-Faradj ben Ya'koûb.
surnommé Ebn el-K off.
il; Mil i riON
Hippocrate n'a pas ordonné à celui que la soif solli-
cite pendant la mut. de 1m. ire ou de ne pas boire. Néan-
moins, si l'on boit, et s.'endorl après avoir bu, cela
vaut mieux que de ne pas dormir; car le sommeil neu-
tralise les inconvénients .le boire eu relie circonstance.
H n 'esl pas d'usage de boire pendant la nuit; si 1 on
boit n en résulte infailliblement un désordre et un
trouble dans la digestion. C'est comme de beau froide
que l'on verserait dans un vase où l'on aurait mis des
aliments qui seraient en ébullition sur le feu
VII. MEME PAGE
Caractère d'écriture et style de gens sans instruction, bon a pren-
lre comme exercice pratique, et non comme modèle.
TB VDUCTION
.. Sur ce bateau à vapeur, nous vous envoyons
Les effets de linge parla vieille femme qui nous a ap-
porté du fromage de votre part. Je ne sais plus main-
tenant par qui je pourrai vous envoyer quelque chose.
Envoyez-moi quelques pastèques. Occupez-vous de
votre jardin: vendez-le afin d'en être débarrassé... W.
~.i Froa<^n~clr lettre particulière, où je n'ai pas cru devoir imi-
beauc ■ à-analogues cbez ■ s, comme chez tout, s es autres
DE LANGUE ARABE ! 73
VIII. PAGE 114
Fragment de lettre particulière. Écriture el style usuels des Ai
algériens d'une instruction suffisante; simplicité d'expi
sans élégance ni recherche.
TRADUCTION
Après le salut sur la dignité, sur la personne auguste,
élevée, invincible, votre lettre m'est parvenue (que
Dieu vous chérisse !) ainsi que le livre que vous m'avez
adressé, qui m'a causé une très grande joie. En me
l'envoyant, vous m'avez rendu un éminent service el
avez fait envers moi une bonne action dont on s'entre-
tiendra, el qui sera favorablement appréciée. Que Dieu
vous en récompense pour moi, en vous accordant une
félicité constante, ainsi que la gloire et les honneurs
mérités; qu'il vous seconde dans votre bienfaisance, et
vous mette au nombre de ses élus; qu'il vous élève au-
dessus de vos semblables! Un homme tel que vous,
d'entre les plus éminents et les plus distingués, qui
agit avec une telle bonté, une telle délicatesse envers
pellent arabe culgaire et regardent comme une langue constituée.
C'est tout simplement une série d'altérations qui n'ont d'autres lois
que les aberrations non raisonnées de l'ignorance. Les théoriciens
sans pratique, qui ne peuvent comprendre les écarts de ce style, et
les praticiens sans théorie, dont la routine n'en concit pas d'au-
tre, ont fait établir jadis, en Europe, une distinction spéciale, et
même un enseignement, pour ce qui n'a d'autres princi] - pie la
déviation de toutes les conventions établies. C'est à peu près comme
si l'on prenait chez nous, pour établir l'appréciation et l'étude, le
langage des paysans de Molière et l'orthographe insaisissable de
certains caporaux et soldats : l'un et l'autre sont des faits de fran-
çais culgaire, et non des principes. — Il existait jadis en Algérie
une manière toute spéciale de distinguer l'arabe dit littéral de
l'arabe dit culgaire : ce que l'on comprenait (c'était souvent peu
de chose) était déclaré arabe vulgaire ; mais tout ce que l'on ne
comprenait pas (c'était quelquefois beaucoup) étail impito;
ment arabe littéral.
1 ~ \ COURS
un homme comme moi, placé dans cette position !! !
Je n'ai en ce mo r.ent aucun livre... (Fragment d'une
lettre autographe d'el Hadj Abd el-Kader à M. le Gé
tiéral Vnsuf.)
IX. PAGE 116
i igmenl de lettre particulière. Caractère d'écriture ordinaire, style
.!'■ Syrie, beaucoup ['lus prétentieux que le style algérien.
III \IM ( I l<>\
Père chéri, objel d'une extrême vénération (que
son existence soil durable !)
Après avoir baise 1rs nobles mains de voire Pater-
nité, et imploré la grâce de vos prières constamment
exaucées; après vous avoir exprimé nos vœux ardents
au sujet du bonheur de vous voir, heureux présage de
tout bien ; après nous être informé de votre auguste
personne (s'il plait à Dieu jouissez du bien-être le plus
complet !) : - La chose exposée à votre Paternité,
c'esl que depuis le momenl où nous avons quitté votre
personne, quand nous étions au Caire où vous êtes
resté, nous n'avons cessé de faire des vœux, en lâchant
de lesappliquer aux choses qui tiennent le plus à votre
cœur, car les relations d'enfance ne s'oublient pas.
Depuis environ cinq années que nous habitons la ville
de....
X. MEME PAGE
Fragment d'une autre lettre de Syrie
En second lieu, j'ai eu l'honneur de recevoir
votre chère lettre, qui renferme l'aiguillon d'une poi-
gnante douleur., qui est remplie de tristesse et de cha
DE LANG1 i: AHABE
grin, et dont la date est du 24 du mois de Choubâl'
(février) dernier. Je l'ai lue avec un cœur luise et
d'abondantes larmes, à cause de la perte de mon frère,
de mon appui, de mon cher Stephanos. quel malheur
immense vient nr atteindre à cause de mou vénéré
XI. PAGE 118
Texte hebreeo-arabe
TRADUCTION
.Muer, 18 mai, année 1854.
A la main de monsieur Xeeiui Safar, I. S. '
Le but de ces lignes est de vous instruire que je vous
adresse une petite somme d'argent pour que vous m'a-
chetiez quelques étoffes de bonne qualité, semblables à
celles que vous m'avez envoyées la première fois.
Savoir :
1° Malt't (gros tissu de coton) à raie jaune, 20 balles :
2° Mall'\ à raie bleue, 30 d°
3° Malt'i à raie rouge, i0 d°
Et par la première occasion, vous meuvent 1 /, quel
ques articles de droguerie, parce qu'on m'a dit qu'ils
avaient un bon débouché chez nous.
(1) Les lettres I. S., sont l'abréviation (1rs roots hébi
ichmerho Sôro, que son Rocher le préserve que Dieu le protège!)
— A. H. et S. T., de la page ci-après, sont également des abré-
viations, la première, des mots : ' ibd hechim, le Serviteur du
Nom (le serviteur de Dieu;: et la seconde, des mots : Siim
bon signe. Ces abréviations étaient fort usitées autrefi -
sont à peu près délaissées aujourd b - retrouve plus parti-
culièrement dans le style des personnes âgé -
I Tli i "I HS
Celle lettre est tracée à la hàU\
11 n'y a rien à ajouter, si ce n'est le bien (i/urjc roua
souhaite . Salut à toute la famille.
A. II. i Daoud Levi Bram I. S. (2)
S. T. (3)
XII. PAGE 121
Autre texte hebrœo-arabe.
I i; \DI CTION
Apns de nombreux saints sur vous et sur toute votre
famille. Ensuite, nous avons reçu votre lettre. Ensuite,
nous avons appris que vous êtes en bonne santé. Nous
apprenons toujours (avec plaisir) de bonnes nouvelles
les uns des autres.
El maintenant, comment ne m'avez-vous pas averti
au sujet de l'avocat et de ce qu'il a fait relativement à
l'affaire de la maison? Vous savez cependant d'une
manière toute particulière que je n'ai personne que
vous pour me représenter dans ce procès. Je vous ai
''lit et vous ne m'avez pas répondu, ce qui m'a vive-
ment contrarié, car je n'ai su que dire. Je vous en
prie, Monsieur, ne m'oubliez pas ; prenez la peine de
me répondre et mettez-moi au courant de ce qui a lieu.
.!'■ ne prolongerai la présente pour vous que par le
wuhait du) bien. Salut ; .
I, -1. 3) Voyez la note, page 175.
texte-ci, de même que le précédent, renferme, outre des
incorrections de tout*' nature, des locutions particulières aux Juifs
de l'Algérie : ce sont des monuments «le l'arabe culgaire.
DE LANGUI \li VBE | t /
XIII. PAGE 123
Texte hebrœo-allemanil.
TB U)LCTION
B. E. H. > Strasbourg, 20 mai 1854.
.4 Monsieur Kolh, à Colmar
Par le courrier d'aujourd'hui, je vous adresse un
ballot de marchandises marqué C 154, dont votre ho-
norée lettre du 15 courant renferme la demande.
J'espère que vous voudrez bien toujours m'honorer
de vos commissions; je vous servirai constamment
avec la même ponctualité.
Je vous présente mes saluls empressés.
M. BLOCII -
XIV. PAGE 126
Inscription himyarite
TB \IM <: l [ON
(1) Abréviation de la formule religieuse aébraîq be Ezrath
hAdonaï, aoee l'aide de Dieu.
(2) On peut remarquer, dans le texte, p. L23, que la signatu
en caractères allemands. Il n'est pas d'usage, en cette circon;
de signer en caractères hébreux.
178
XV PAGE 128
Écriture arabe sur papyrus; caractère nés khi
M s list et de littérature orientale, extraits des tomes
1\ et Y rfes Mémoires de l'Institut, p. 68)
in i i i;i DE m . m - \« i
I - ' t | •
1 ; < ^1 ,:< ^ y! ^C.L UJ ^ >,/ J, ^ ^
Jly ( £ !Ljî) JLi! Jl (U^^l) L*JUj l^v, L*^ j
^Ji JJ l^J ^o *i dl *^-LJ
— J'y. J*=— t 1 ) [ J ] r^'n' — -' (j **-*) l- **- ]
M. de Sacy, ainsi qu'on l'a vu plus haut, avail deux passeports
contenant la même formule, portant la même date, et ayanl dû
li 'livrés au même moment. <>n peut eu \oir le fac-similé
dans l'ouvrage cité. Les dégradations et les altérations de chacun
•d'eux ne portant pas sur les mêmes passages, il a été possible
avec ces ileu.\ documents de compléter à peu près toute la formule.
1 J'ai ajouté entre des crochets deux mots, dont les traces
m'ont semblé p isilives par la comparaison <les deux papyrus.
de LANGl E m; \hi:
\v
TRADUCTION DE M. DE SA( \
(( A été transcrit.
« Au nom du Dieu clément et miséricordieux.
« Ceci est un écrit donné par moi, Djaber, lils d'O-
» béïd, intendant de l'émir Abd el-Melik, lils de Yézid,
» et préposé à la province de Memphis, à Samia Felibek,
» imberbe, corpulent, roux, ayant le nez élevé en bosse,
» les sourcils longs et peu épais et la tète rasée ; et à
» FéloudjHalbê, imberbe, roux, ayant les sourcils longs
» et peu épais et la tète rasée; tous deux habitants du
» (lieu nommé le) Monastère d'Abou Hennés) du nome
» de Memphis.; attestant que je leur ai permis de se
» transporter dans le Saïd, avec leurs femmes, leurs
» provisions et leurs marchandises, jusqu'à la lin de
» Schawâl de Tannée 133. Si donc quelqu'un des in-
» tendants de l'émir que Dieu lui accorde le bonheur '. I
» les rencontre, il ne doit leur apporter aucun empê
» chement
» [copié et] écrit par Ibrahim, dans] le 1 er jour de la
» lune de Schawàl de l'an 133. »)
Le cachet, dont il n'aurait pas été possible de tracer
lisiblement ici les caractères, à cause de leur réduction,
a été lu ainsi par M. de Sacy :
« Djaber a remis tous ses intérêts au Dieu clémenl
» (elj miséricordieux. »
180
XVI. PAGE 142
i i -nulle des caractères d'une litanie arabe écrite par des Chinois-
Inscription monumentale en coufique quadrangulaire.
1° Gros caractères (fin de la litanie). — 2" Petits caractères, avec
lesquels toute la litanie es! écrite, sur trois colonnes. — 3" Ins-
cription coulique.
LECTURE
i° _w ^cu^v jâvi ooi ^
d~. L ls lui.!*,
3° --*--> .t^; J- : -i ,. r * v-^bJI JJ
XVII. PAGE 143
1° Dessin d"une inscription en caractère dit karmatique ; - 2° d'une
autre inscription en caractère africain monumental; tirées de-
l'Alhambra.
LECT1 RE
io UjL» /- J 1 cO> Ufb ju**»! ^O <$\
2o L-I.J! _fc*"-J Jbk si,ÎJ iJ^T .J> N ,U.;N
I 'J? ^
XVIII. PAGE 144
1 Inscription en caractère africain (Alhambra). — 2° Autre
inscription en caractère coufique iTarragone).
I EC II RE
1° ^..:.-^.V j.^.> > ^o ; -3 ^-■-î> dM tf y
DE LANGUE ARABE 1>[
XVI
TRADUCTION
1° Mon Dieu, tu es le premier, le dernier ; à toi ap-
partient la louange.
Que Dieu répande ses grâces sur son envoyé.
2° Mon Dieu ! c'est toi qui mets à nu les choses, qui
les achève; à toi appartient la louange.
Tiré du tome V du Journal asiatique de Londres, p. 272. — Je
dois la communication de ce document intéressant et original, a
l'obligeante bonté de mon savant condisciple et digne ami M. le
baron de Slane.
3° A Dieu appartient l'empire du passé et de l'avenir.
XVII
TRADUCTION
1° « mon Dieu, à toi la louange pour toujours, et
à toi la reconnaissance d'une manière permanente. »
2» toi qui hérites des Ans'âr, par une voie non in-
directe, d'une gloire devant laquelle les illustrations les
plus affermies sont ébranlées. . . [vers du mètre t'aouîl.]
Ces deux inscriptions et les deux suivantes du n" xviii sont
•extraites du bel ouvrage de M. Girault de Prangej : Essai sur
V architecture des Arabes et des Mores, 1841, in-4".
XVIII
tu \i»i <: riON
1° Un secours vient de Dieu, et la victoire est proche :
annonce cette bon ne nouvelle aux cro van Is(Cor.lxi, 13).
L82
(«II,) *iiî JQ,!
XIX. PAGE 145
\ - : 210 el fragment du verset 211 du chapitre wvi du Coran.
Caractère coufique des livres.
I 11 INSCRIPTION
XX. PAGE 146
Éléments < 1 e l'écriture orientale; écriture Thoulouth (gros carac-
tère neskhî). Lettres isolées. Au milieu, éléments de l'écriture
neskhl.
XXI. PAGE 147
>uile et complément de la série des lettres commencée a la page
précédente. La dernière ligne, qui est une application des élé-
ments, renferme la phrase suivante :
TB INSCRIPTION
LT
JJIJ 0\ .,-1; '>'h\ 3 l-L-i sJLJJ
XXII. PAGE 148
Fragmenl d'un beau manuscrit moderne des Séances de Harlri,
séance. Écriture usitée plus particulièremenl en Egypte.
l'H VNSCRIPTION
C f , , , , ' t E =. ' c / / , c ' '
DE LANGUI m; MU
2. Au nom de Dieu. Qu'une bénédiction de Dieu soil
sur le serviteur de Dieu Abd er-Rahman, prince des
croyants. Que Dieu prolonge (sa vie '
XIX
TRADUCTION
... et les démons (les polythéistes) n'en ont pas reçu
la révélation; — il ne convenait pas (qu'il leur fût ré-
vélé) ; car ils ne . . . (devaient pas se soumettre).
\\
Lettres isolées et signes accessoires de l'écriture)
XXI
TU U)UCTION
J'étais prophète, et l'homme se trouvait encore entre
l'eau et l'argile (dont il fut formé).
Wll
l l; \m C HON
Par Dieu, lui dit le Wàl: ' , tu as fort bien
parlé ! Quel fils de l'homme es-tu donc ? — Alors | \bou-
Zeïd) le regarda du coin de l'œil et se mit à chanter «':>
clignant les paupières :
(1) Préfet nu principal mau
184
,J&i ;i LL U [i L3iL
iU V- fil!)! '
J -..-9
M
- HT. . ■■ ■ < -J ^
^,J1 ^ J Jej-5 *-î ¥ ^Li'l
XXIII. PAGE 149
Verset 31 cl fragment du versel 32 du chapitre m du Coran. —
Bonne écriture rih'ânî, perfectionnement de l'ancien neskhî]
caractère très lisible, usité particulièrement dans les vu et vin 8
siècles de l'hégire, et a peu près délaissé aujourd'hui.
lit INSCRIPTION
~ ; i i ^ i ; < f "
1 Le style poétique des Séances de Hariri <^-«*JJ Cj^UL^JI )
<i3^.^^ c?-*-*-* crî ^ O-î ^i- £ i^î *.~Aii\ ^ ^\ est rempli
d'images, de proverbes, de jeux de mots et d'allusions, que nos
seules idées ne nous permettent pas toujours de comprendre. C'est
pourquoi on ne peut traduire intelligemment cet ouvrage sans en
altérer forcément le caractère, très éloigné du reste, de tout ce que
pouvons concevoir. Dans le texte, au lieu de quel est son boit*,
il y a littéralement .■ quelle est sa chenille i/e bois pointu J^Lri-
[b usage de cure-dent, d'épingle, de cheville, et de bien d'autres
applications dans la de arabe, qu'il serait trop long de détaillerici.
DE LANGl ! \l: W'.i lS.'i
Ne demande pas à l'homme quel est son père; mais éprouve
— quel est son bois : recherche-le dès lors, ou bien le luis.
Il n'est pas déshonorant pour la liqueur découlant du raisin avant
le foulage, quand elle est douce
— au goûter, d'être tille du verjus.
Le narrateur rapporte que le Wâlî le lit approcher, et
l'invita à s'asseoir tout auprès de lui (1 >, pour avoir si
bien résolu la question. — Puis il fit passer sur lui
quelques-uns des ruisseaux de sa générosité.
XXIII
TRADUCTION
(Dieu) dit : Adam, apprends-leur leurs propres noms.
Quand il (Adam) les eut dénommés par leurs noms - ,
il (Dieu) < 3 J dit: Ne vous avais-je pas exprimé déjà que
je connais le secret des cieux et de la terre, et que je
sais ce que vous manifestez, tout aussi bien que ce que
vous cachiez. — Et lorsque nous avons dit aux anges :
Prosternez- vous
ilj La lettre porte : '7 le fit asseoir comun ■ qui va
circoncira, c'est-à-dire aussi près que.... singulière image, qui
n'obtiendrait pas chez nous, sans doute, L'approbation de tous les
gens de goût.
(2) Suivant la tradition, Dieu présenta à \daiu les choses
sur la terre, et lui ordonna de les désigner chacune par un nom.
(3) La même expression pronominale désigne ici deux
ditïérents. J'ai traduit littéralemenl pour faire ressortir cette parti-
cularité caractéristique du style arabe. Chez nous, la logique, Ou
pour mieux dire le bon sens, engage a éviter loin.- espèce d'ampbi
bologie ou d'obscurité dans les paroles ou : on ne
186
XXIV. PAGE 150
Texte des deux derniers chapitres du Coran, en caractères neskhi
i 11 \i>! i m; CXIII
] I I TT"RE
tolérerait pas un pronom personnel se rapportant à deux ou plu-
sieurs antécédents distincts; en arabe on ne se donne pas la peine
d'éviter celte obscurité, que l'on paraît rechercher surtout dans le
style descriptif et narratif des ouvrages historiques. Le Coran, entre
autres difficultés et amphibologies, ne se l'ait pas faute de celle-ci,
qu'il n'est pas toujours aussi facile d'expliquer que dans le passage
rl dessus. - Je me hâte .le dire que le Coran esl le livre clair et
précis par excellence, qui doit frapper de sa eérité tout esprit sain
qui le médite ^_-_s J*JJ V ^^~^- ^ &-*) (Coran H, 1 et
passim). Les commentateurs Les plus orthodoxes, sans doute de
peur de se tromper, donnent souvent trois ef même quatre inter
prétations d'un mot ou d'un passage. On trouve dans un commen-
taire du ( loran, par El-Beïd'âici i.Vls. en écriture orientale, 31)4,
r ,],. la Bibliothèque d'Alger), un fait d'une originalité piquante,
relatif à l'application du môme pronom à de nombreux antécédents.
Le copiste, ou quelque lecteur fervent de cet ouvrage, ayant eu
sans doute de la peine a ranger dans sa pensée les nombreux anté-
cédents de certains pronoms, s'est, avisé de mettre, s,, us chaque
antécédenl el sous le pronom qui y correspond, un numéro d'ordre ;
de telle sorte que l'on .encontre les proie. m- allixes souscrits de
divers numéros suivanl leur relation avec .1 ;s antécédents qui ont
les mêmes chiffres. Cela n'a lieu que dans les premières pages du
livre ' , patience peut être a manqué pour aller plus loin. On ne
une pensée malicieuse du naïf auteur de cette ingé-
nieuse méthode; c'est une critique plaisante, mais bien méritée, de
l' bs< ai ité du style arabe, qui nécessite toujours une attention et
une lD ninutieuses de la part des lecteurs, même musul-
QS , Le nombre .le ceux-ci, d'ailleurs, pour ce motif, est et sera
toujours infiniment restreint.
DE I \\,,| | ARABE
XXIV
181
TRADUCTION
1 Dis: Je cherche auprès du Maître de l'aurore
un refuge; 2 Contre les maléfices de ce qu'il a créé!
3 Contre la mauvaise influence de la lune H lorsqu'elle
s'éclipse; 4 Contre les enchaînements do celles qui
soufflentsur les nœuds : o Contre la malice ,1. l'envieux
en proie à sa passion.
(1) Voici à propos de ces deux chapitres très connus, un exemple
des motifs donnés parles commentateurs a la révélation successfve
des versets du Coran. Je le traduis du _^^;J1 ^_y^ ^LX^
J^UJI ^>U II ne sera pas déplacé'icï: Feliœ gui pôtuuterum
cognosct'i-e causas.
serviteui un jeune garçon que les Juifs circonvinrent avec tant
d instances et d'.mportunités, qu'ils le décidèrent à leur livrer des
cheveux arraches par le peigne a la tête du Prophète etquelque
dents de son pe.gne. Un d'entre eux, nommé Lebid ben • Ve „
n^mm^ ° me T ta o eCCeS Ch ° SeS ' qu ^ eta en.oiied.na an ( ,
t 1 ' e , Pr ° Phète t0mba dan ^eusement malade
deux anl p? " ■ ama ' gnt - DanS Un moment où i] et.it .ssoupi,
deux anges qm étaient venus s'asseoir, l'un a sa tête, l'autre a se
peds s entretinrent des causes qui avaient amené son éfai
ause T 1 H éta ! 1S dG C6tte aVeDtUre ' et dire ^ M- les objets
m X, \ e ™ haat ° m ^ ««en* enveloppés dans „,„. feuille
m,, lu ,,,.. de fleur de palmier, et placés sous !a pierre de curage
annaren *" Tf d f De ''°^"' ^^^ ^ mal ^ é un somn
aon it ' aVa, r t v t0Ut enteildu ' se réveilla, et appelant Aîcha, lui
Zohl^TfA UVenaifcde révéler - " env °y a en toute hâte Ali,
merré in V Y, '"' er UU puitS " IIs »'* ^dirent, levèrent la
perre indiquée, q U1 était tout au fond, et trouvèrent, avec la feuille
r a !° ? IeS Ch6VeUX el leS deQts du l 1 "^'""' '"' orin aoq
on avait pratiqué onze nœuds. C'est a cett : caeion que Dieu
m descendre les deux chapitres, qui contiennent entre eus le n
bre exact de onze versets. Ali el ses deua compagnons se mirenl
à défaire les nœuds, et a chaque nœud le Prophète ressentait un
soulagement ; au onzième, il se urne s'il venait d'être dôbar
rasse de liens, n
El-Rhasin, qui raconte aussi le fait, mais avec variantes dit aue
le serviteur de Mahomet était Juif.
Les Musulmans évitent, encore aujourd'hui, de laisseï éi
des cheveux.
188 coi u>
| . ii g
L \
♦— — ^i — . \ a "~ y — - v - *—
V ; jjjl J! 3 .'1)1 ^X.U 2 ,JJJ! ^ Liî JJ 1
iJJl _>_. » '„.,.i.J cjJ! 5 'J-Li-M JlLJl il
, J_J'. i_I^< ^ 6
XXV. PAGE 151
Les six premiers versets du chapitre wii du Coran
Caractère neskhi des bons manuscrits
l li INSCRIPTION
*_ .o ! ,_<,_^ ; J ' »û ! L-i
VI» ' ■ LslîJI Lfcj- "' ' C r t - y! 'J Jl Ulî I , 1
(Il Ceci fut rérdZé au sujet de El-Nad'ar lien el-Hâreth, qui
opposait toujours des objections et des arguments a la doctrine de
Mahomel El-Khasin <m voit ici la confirmation de ce qui a été
dil précédemment (p. 187, note), sur les causes de la récèlation du
in. Les commentaires fourmillent d'explications analogues.
DE I.Wi.l I \li\HE [§9
CHAPITRE DES HOMMES (CXIV et dernier du CofilU \
Au nom du Dieu clément et miséricordieux.
1 Dis: Je cherche un refuse auprès du Maître des
hommes; i Du Roi des hommes; 3 Du Dieu des hom-
mes; Contre celui qui incite au mal, qui disparaît
devant l'invocation (le Diable) ; 5 Qui souille le mal
dans le sein des êtres; 6 De la race des génies et «le
celle des hommes.
Maxime au bas de la page
Le Dieu magnanime est sincère
XXV
TB \DUCTI0N
CHAPITRE DU PELERINAGE
Au nom du Dieu clément et miséricordieux.
1 hommes, vénérez votre Seigneur. Le tremble-
ment de l'heure (dernière du monde) est une chose bien
grave! 2 Le jour où vous le ressentirez, toutes les
mères qui allaiteront oublieront les petits qu'elles
nourrissent, et toutes les femelles qui porteront ((('po-
seront leur fruit. Tu verras |]| les hommes ivres; mais
ils ne seront pas ivres. Car le châtiment de Dieu est
rude. 3 Parmi les hommes, il en est qui discutent de
Dieu, sans connaissance positive, et qui suivent tout
agitateur revoit»'' ; \ Au sujet duquel il est écril que
il) La première partie du vers, i s'adresse aux hommes en général .
le reste s'applique à Mahomet. Ces transitions immédiates sont très
fréquentes dans le Coran, et ont lieu fort souvent dans la même
période. Il est important de connaître ce fait pour éviter de nom
hreux contre-sens.
190 COI RS
<_
1 s~~'
\ ■ - ^ \ u ■ ■■) ~ \
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, \ ,J k — - • ■ C r | ' | - t ■, \
'c'X Mil JL S jljLJ V Jbo lia J^M^f L! -^
( l-J -V.3 i ,_i, Lf ) .Le aJ ' « J -1 \
XXVI. PAGE 152
Caractère turc employé dans les relations officielles
1° Ligne supérieure, écriture djeri ; 2° Ligne inférieure, caractère
diwâni .
TRANSCRIPTION
(Ces textes sont en langue turque)
1° Formule qui accompagne le sceau du sultan
- ^ .y- c 1 - c' c' w ^
j^r,jj.l c-+JU jU*-J!
Nichâni cherlft 'altchân, <<îmi makân, ce toghraï gharrâï djihân,
araï sitâni khak'ân, noufid'a bW-aoun cr-rebbâni, rè s's'awn
es's'amadânî. h'okmi oldourki
DE LANGUE ARABE 191
celui qui lui remettra le soin de ses affaires sera égaré
par lui, et par lui amené au supplice du feu ardent.
5 hommes ! si vous avez cornu un doute sur la résur-
rection, sachez que nous vous avons, créés de terre, puis
d'une goutte d'eau, puis de sang- coagulé, puis d'une par-
celle de chair complètement formée, et d'une autre par-
celle non encore formée, afin que nous vous expliquions
clairement' 1 ). Nous fixons solidement dans le sein des
mères ce que nous voulons, jusqu'à une époque dési-
gnée ; ensuite nous le faisons sortir enfant; puis nous
vous faisons atteindre votre puberté. Il en est parn.i
vous qui meurent; il en est parmi vous qui atteignent
la plus grande décrépitude de la vie, en sorte qu'ils ne
savent plus rien après avoir su. Tu vois la terre sèche
et nue; mais lorsque nous y faisons tomber l'eau, un
mouvement s'y opère, elle croît, elle produit toutes
sortes de choses bonnes. 6 Cela s'accomplit parce que
Dieu est la vérité, et qu'il donne la vie et la mort ; car,
certes (il est puissant en toutes choses).
XXVI
TRADUCTION
Ceci est le signe noble, ('-levé, brillant, le chiffre
(toughra) qui illumine et orne l'Univers du Khâkân
(empereur). (Que ce chiffre soif efficace, avec l'assis-
tance du Seigneur, avec la protection de l'Eternel î)
Son ordre est que
(1) Je traduis très scrupuleusement el avec tous les documents
authentique?. Ceci peut donner uûe idée île ce qu'on entend par
explication claire dans le Coran.
192 i oi ns
2° Formule qui commence une lettre administrative
, LJLï! . -A. \\ U _ v J| U J s »î b >' • : Jl " !
çili \ S U Jl/ , ^j-L. -jLâ.d *_;_~^
LECTl RE
Deoletlu, ' inâietlu ra'/etlu, l ali 'Ihimen, djeliu chchiem, e/endim, sol-
t'ânem h'asretlari, djenâbi sa'ddetme'&blarinèh, derkiar oldn, mil
umah'abbetim, ce khuloùci meceddètim ber kemdl olmaktan nù<-l i i .
XXVII. PAGE 153
Autres écritures turques
1" Ligne supérieure, commencement d'une lettre ; 2° Ligne médiate T
extrait d'un roman turc en vers, sur la vie d'Alexandre le Grand :
3° Ligne inférieure, maxime turque en vers.
TRANSCRIPTION
io jjjL)] jjl ^Ui ^'jv.UOJjv^^
Sa'adetlu, met eddetlu, rnekremetlu k'arenddch aghâï djelilu 'l-k'adar
h'azretlarinun, mucherrif sah'èhi makiarem oldn.
LECTl RE
Faïlak'oûs euldi, vè sou' l-k'arnaïni <-itâh, — Roûmun ih'lîmlnèk
oLiloii (1) pddichah .
I 11 y a ici un jeu de mots sur ^5^3! répété, qui se prononce
euldi mourut) et oldou (devint). Ces particularités sont très fré-
quentes dans la Littérature orientale.
DE LANGUE AR\BE 193
2° A l'Excellence de la source des félicités, le fortuné,
protégé de Dieu, gracieux, doué de nobles pensées, de
manières distinguées; mon maître, mon sultan
(Tel)..., l'objet de ma sympathie, de mon amitié et de
ma plus sincère affection, qui ne peuvent que devenir
de plus en plus parfaites
Les Turcs ne sont pas moins exagérés que les Arabes dans le
nombre et le choix des épithètes, qui constituent en grande partie
le style épistolaire.
WMI
TRADUCTION
1° De la Seigneurie du fortuné, aimable, honorable,
frère, très élevé Seigneur, le noble, la source des belles
actions
2° Philippe mourut, et le prince Doù-'lk'arnaïn
(Alexandre) — devint roi des contrées de la Grèce.
Ce vers est du mètre ramai: -u— I -u— | -u— sauf les licences.
Sa quantité réelle est ici :
-u- | — U- | — o-
-u- | — u- | — o-
194
CEI Il RI
-'<</V</!'7! k'ouli-im; s'âïamdrien s'olt'dnl-im.
XXVIII. PAGE 154
Ve s persans écrits en caractère ta'lîk
I l; WSCRIPTION
1" ,^_->^; ,.b _d._^
I I < I I RI
Hemin tchechmi dârem zi-khânandeghidn — ke nâmem b<' nikoù
berend lier zubân (Châhnâmèh).
0~~i UsJ jJ' , . , . Ail, LaJ O , - ,
* j •* j ■ s ^>
RI
/.'j merghi h'azri kerden doû roûs ret à nist : Roûs ke k'a;â bâched,
ce roûs ke frasa nist. - Rougi ke Kazâ nist, es 6 pâk nebâehed : —
Roûsi ke k'asâ bâched, es 6 rehâ nist.
3 b .)*•-£ *1 I c-JLoJj
LECTI lil
Be-ah'çâni dçoûdèh kerden dill, — bih ez alf rik'at be fier mensilî.
1 Mètre motefrâreb : u— | u-- | u— | u—
Mètre moteddi ek . u- | -u- | -u- | -o-
DE LANG1 E vu \ru:
3° Je suis le serviteur de qui m'honore, et le sultan
de qui me méprise.
(Le chiffre qui est entre les deux hémistiches est le cachet
et la signature de l'Auteur du présent livre)
WMIÏ
II; VDUCTION
1° Je dois toujours acoir l'œil (avoir soin) que ceux
qui proclament les renommées portent sur la langue
mon nom comblé de bénédictions.
2° Il est deux jours où il ne faut pas craindre la
mort : — le jour où le sort doit s'accomplir et le jour
où il ne le doit pas. — Le jour où la mort n'est pas
présente, la crainte est inutile; — le jour où elle
arrive il n'est aucun moyen de lui échapper.
3" Consoler par un bienfait un cœur affligé, — vaut
mieux que mille rak'a (série de prières) dans chaque
cbapelle t 1 ).
(1) Je n'étends pas davantage les citations turques el persanes :
elles n'ont pas un rapport assez direct avec le but de cet om
Ce qui précède suffit pour donner une idée des formes qu'n prises
le caractère ne^khi chez les Turcs et les Persans. On a vu plus
haut [p. 142 celle que les Chinois lui donnent.
196
XXIX. PAGE 155
Extrait de l'ouvrage intitulé : ^LuxaJI g .Ua-^i ^\ Jj\<^oY\ c \Li«»
Traité de la Guerre sainte, par- Ahmed ben Ibrahim cd-
dimechk'i. — Écriture tâ'lik', fort souvent usitée pour les manus-
crits arabes de l'Orient.
Il; VNSCRIPTION
\ * - , vl • , • J| ' - , ^c -I M t;i I , J;
* -- <\* § ~j tf" » Ils ^_i! 1 - L= i\il J.- iiit
. . . A.» i
wyJ l^jii, ^çJLo sjunJ ^bJi ^^'^j ^Uj ^ ^ ^
Jb jlâ (i) Ijji ^C-iX -. ,^L* ; ,»T U JLxi U>! aU.
A-iLtls j£j Ll^a. iLa. JJo J »^' v aJ^àJlc ajd*9 j^i! Ljxi,
II
1 On -;iit que chez les Arabes, le soin des animaux, comme
tous les travaux domestiques, est dévolu aux femmes.
DE LANGUE ARABE 19^
XXIX
TRADUCTION
Chapitre quatorzième, traitant des avantages résultant
du soin des chevaux, des bons traitements qu'on leur fait
et de l'affection qu'on leur porte ; mentionnant aussi ce
qui est louable et blâmable dans ces animaux, et la
recommandation de ne leur couper ni 1rs crins du front.
ni les oreilles.
On tient d'Omar ben 'Abd el-'Azîz la tradition sui-
vante : Il m'a été affirmé que l'Envoyé de Dieu (que
Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le
salut!) a dit : « Celui qui a un cheval et qui le traite
bien, Dieu le traitera bien; et s'il le garde, Dieu le
gardera. » — El-Baïhak i rapporte dans le (livre intitulé
Echcha'b, que Roûh' ben Zenbà' vint visiter Tamîm ed-
Dâri, et le trouva nettoyant l'orge pour son cheval au
milieu des gens de sa maison (ses femmes). — Eh quoi !
«'écria Roûh', n'y a-t-il parmi ceux-ci, personne pour
te dispenser de ce soin? — Si fait, répondit Tamîm,
mais j'ai entendu l'Envoyé de Dieu dire que celui qui
nettoie l'orge pour son cheval, et la lui attache dans
la musette), Dieu lui compte sur son livre une bonne
■action pour chaque grain.
D'après Aïcha (que Dieu la comble de biens! on
raconte le fait suivant : Etant sortie un matin (elle
trouva) l'Envoyé de Dieu essuyant la face de son
cheval avec son vêtement. « Envoyé de Dieu, lui
dit-elle, avec votre vêtement!... Que savez-vous
198 coubs
^ J Xij^ ^^ -J^', ^jj J o^l Jiï
j \ ■ £
XXX. PAGE 156
Maximes tirées de la Son/m (loi traditionnelle)
ri; INSCRIPTION
20 l^ujui ,:.> u u^i *jll> ^±u> li^i
30 ,„.._..>„. s u . : ^ vi i uj ^ r j-s . K _;.: uj l :r , .v
(j-J-o- -- r - Lr:
^V 1
-i par erreur que j'ai écrit A^-a dans le texte (p. 155).
- Dans ce texte el dans les suivants, qui sont en caractères
!S, nous nous conformerons, pour la transcription, à
I usage local, pour la ponctuation des lettres l_s et \^é.
DE LAM.t E VIïXBE 199
répliqua-t-il, si Gabriel ne me Ta pas recommandé
particulièrement cette nuit ? — Eh bien ! dit-elle,
chargez-moi de lui donner sa nourriture. — C'est-à-
dire, répartit le Prophète que vous voulez m'enlever
toute la récompense; car Gabriel m'a annoncé que Dieu
m'inscrira une bonne action pour chaque grain. » Ceci
est mentionné dans le livre intitulé : Chefâ es'S'odoùr.
Aboû 'Obaïda et Wakî 1 disent que er-Rabî' ben
S'abîh' ben el-Haean leur a raconté que l'Envoyé de
Dieu étant venu avec un cheval, se mit à lui essuyer les
yeux, la face et les naseaux avec la manche de sa —
tunique. — « Envoyé de Dieu, lui dit er-Rabî' avec
la manche de votre tunique ! » — Gabriel, répondit
(Mahomet), m'a fait des recommandations au sujet «les
chevaux
XXX
TRADUCTION
1° La générosité est un arbre d'entre les arbres du
Paradis; ses branches pendent jusque sur la terre. —
[El-Efrâd.)
2° Le bonheur est attaché aux crins du front des
chevaux jusqu'au jour de la résurrection. ~ (Aboû
Ho i a 'ira.)
3° La propreté dans les vêtements, et le contente-
ment de peu, font partie de la dignité de celui qui croil
sincèrement en Dieu. — (Ebn <>ni<ir.>
200 i "i rs
XXXI. PAGE 157
rradil ions et Max imes ( Sonna
ni VNSCRIP riON
^s'kJLJC ^_;,.ix"J gjuLifd) 14JLJÏ
t^-3>.} « à-*.
XXXII. PAGE 158
lU^U-Ui :,u
Fragment et fac-similé d'une lettre écrite de la part du fils de
1 t'inpereur du Maroc à un caïd. L'original a été trouvé a la
bataille d'Isly.
TRANSCRIPTION
. > . . ..... (
.c... :'i_j;V '_;._.„ .XL ^
M \ a/i a, ma est une forme emphatique du mot allahon
até de la finale mma nu oumma. Cette addition n'a guère
lieu que < i m r i - ce mot et dans l'expression haloumma, viens ici.
DE LANGUE ARABE 201
XXXI
TRADUCTION
mon Dieu ! Enrichis-moi par la science ! orne-moi
par la bonté; distingue-moi par la piété; fais-moi sup-
porter (la rie) avec le bien-être ! Dieu (qu'il soit exalté!)
a dit : « Lorsque mon serviteur a la pensée d'une
» bonne action et qu'il ne l'a fait pas, je la lui inscris
» comme une seule bonne action ; s'il l'a fait, je la lui
» porte comme dix bonnes actions, et même jusqu'à
» sept cents fois le double. S'il a la pensée d'une mau-
» vaise action et ne l'a fait pas, je ne la lui enregistre
» pas; s'il la fait, je la porte comme une seule mau-
» vaise action. »
XXXII
TRADUCTION
Louange au Dieu unique. Que Dieu répande ses grâ-
ces sur notre Seigneur et notre Maître, Mohammed, et
sur sa famille.
Serviteur de notre gracieux, glorieux et magnanime
Souverain, caïd Omar ben Mohammed, que Dieu l'as-
siste et te garde ! que le salut soit sur toi, ainsi que la
bénédiction de Dieu, par les grâces de notre Souverain
(que Dieu perpétue son existence et sa gloire !)
Ensuite. Ta lettre nous est parvenue; nous avons
entouré son contenu de notre science, et avons appris
ce qui est survenu du fait de la perversité des Karàrma,
par suite du méchant esprit qui existe en eux, et du
mauvais caractère de leur foi ; car ils ont enlevé le
voile de leur pudeur et rejeté loin d'eux tout ce qui les
14
. oi R8
! Jmt»! 1*J JOi _ jLi. L & AkiM Lll'l. rfJL*
,«• ' _ > » *
Ulil Lu i' ic^l ^X3lii ^Xi^j ^LJ^^-xJî
XXXIII. PAGE 159
Variété du caractère andalous
I l; INSCRIPTION
. _ ... •• . Ulj V pJUl ^W L* .-^-'' ^ j*?
^ » LlïU,! c ~*3T J ! tl»!j£îl U (1) CL-teOi
1 Au lieu de ^X^l»\_^o. Les écrivains barbaresquee ne savent
stinguer les cas où l'on doit employer le Jp de ceux où l'on
doit mettre le 1».
DE LANGUE ARABE 203
couvrait. Mais avec de tels gens on ne peut compter
le nombre des fautes. Aujourd'hui, patience, et demain
gloire ! Par la patience et la fermeté dans ces lieux
(temporels) , le Croyant arrive auprès de Dieu, aux sé-
jours embaumés des zéphirs et des parfums les plus
suaves. Paix donc à celui qui apprécie le but où il tend ;
tout ce qu'il rencontre parmi les choses d'ici-bas lui
semble méprisable. Eh quoi ! Dieu ne dit-il pas : « Nous
» vous éprouverons, afin de connaître ceux d'entre
» vous qui participent à la guerre sainte et le reste
du verset. (Cor. xlvii, 33). C'est par la guerre contre
l'ennemi et l'infidèle nue Dieu distingue entre le mé-
chant et le bon, comme il distingue entre la tempête
qui ravage et la pluie qui féconde. Malheur à eux, qui
sont un peuple commettant le mal et s'abstenant du
bien !
Quant à ce que tu nous mandes de tes bons rapports
et de ton entente avec le docteur de la loi Sid Ali ben
el-Aziz, ton ami et ton compagnon (que Dieu te com-
ble de biens!) c'est là l'objet de nos désirs et de nos
vœux
XXXIII
TRADUCTION
Chapitre premier du livre (intitulé] les beautés des
graces divines et des qualités humaines par le cheikh
'Ard el-Wahhabben Ahmed ren 'Ali ech-Cha'ranî, —
Dans lequel sont, parmi les grâces, celle de la noblesse
de mon origine, puisque je suis de la postérité de
l'Imàm Mohammed ben el-Hanafïya ; puis la connais-
sance du Coran par cœur, dès l'âge où je commençai à
• >,,■ COI RS
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c — • C - ' ' '
XXXIV. PAGE 160
Copie faite a Alger d'un,' procuration passée devant le Cadi de
runis . Dans cette pièce, comme dans les suivantes, les noms
onl été changés |
TRANSCRIP l [OIS
ii j_,__- j i
x s, ■ ,M L> o j J^f Ju-J! ^ 3 ,WI <X»Yl ^
m u , i -il , 1 ë )! - 1' JL»>Y!
1 ?< ^,-Jl Signifie, h la lettre, celui qui a êproucé, qui dot* ou
„,,.,• [g miséricorde de Dieu : le pardonne,
I ession s'applique aux morts seulement.
ell,. a Le sens alors dé feu ou t/é/ian*. - Le participe passif, cnes les
que, non-seulement une action subie ou faite, mais
bir -u ô fa
DE LANGUE \RABE
205
distinguer les choses; — mon assiduité, depuis l'âge
de huit ans, à faire les cinq prières aux moments fixés :
je ne me rappelle pas avoir môme, jusqu'à ce jour, re-
tardé aucune d'elles; puis ma préservation de tout
accident, bien que je sois orphelin de père et de mère ;
— la soumission du crocodile pour moi, lorsque je
me noyais dans le Nil : il se tint sous mes pieds jus-
qu'à ce que je me reposasse et que je pusse nager;
puis mon émigration des contrées du Rif au Ivaire pour
y étudier la science; — puis la connaissance par cœur
des textes des ouvrages de science, que personne n'avait
pu retenir dans mon temps, et l'énumération des cho-
ses que j'avais retenues, que je fis aux cheikhs, tels que
lecheikh es-Islam Zakaiia, le cheikh Borhàn ed-Dîn
XXXIV
TRADUCTION
Louange à Dieu. — Ceci est la copie d'un acte de
procuration dressé par le notariat de la ville de Tunis
(que Dieu la garde !) accompagné d'une désignation
d'office. L'une et l'autre pièce sont transcrites ici par
urgence et comme confirmation de la minute, d'après
l'autorisation du cheikh, du pontife, du magnanime
sid Mohammed ben 'Omar (que Dieu le favorise et le
dirige !)
Ici commence la copie du texte.
« Louange à Dieu. L'honorable, très-glorieux, pro-
tégé de Dieu, vénérable Sid Kaddour, fils de feu le
sieur Ahmed Khodja, a donné procuration aux
deux honorables, glorieux, protégés de Dieu, lec-
20 ! o" rs
l - - T ' - C: ' ^
■Y t I-. aJl I.ULj ' ■' •■• 1 I dis *—j ' « Ls LiU 1
_- - ; — .. . . Z c " -r ^ .. . > -s
• Li ïjui cY, l U _^ LU U . LU U U^,U.
^ - 1.3 . <U * JU ^
c \ ' ^ * * \ 5
jiJ- _U; SLiU J LÔ 1_ 1*Jo_j jl LbUJ! ibL^JL ^
Je saisirai cette occasion pour donner aux personnes appelées à
traduire îles pièces de cette nature, où la surabondance des for-
mules fait presque disparaître le fond, un conseil que je crois
important : — il faut s'attacher à saisir et à noter les points prin-
cipaux, ordinairement peu nombreux, les bien détacher les uns
- lUtres, les exposer séparément dans la traduction, puisy ajou-
ter le cortège des détails purement de forme qui les accompagnent.
- Ainsi, dans le fragment ci-dessus, il n'y a que trois points
atiels que j'ai mis en caractère différent, savoir : le sieur...
A DONNE PROCURATION AUX SIEURS POUR LE REPRÉSENTER
dans Le résumé de cette pièce est dans ces mots : Tel donne
poucoir <i rELS de gérer les biens qu'il possède à Alger et aux enci-
rons. Le principe de toute bonne traduction est de séparer
sntie] des accessoires.
XXXV. PAGE 161
te pièce de vers faite par el-Hadj Ahmed, bey de Constantine,
lors du premier siège (1836)
ri; INSCRIPTION
__ u j.._/.u ! Jà_cU j.*.; ^i \\ ii^L, &\ iys\
.5L.M . .'-.-,■- :j_JI :1s** UÙJL, U Us d! U c'J\
DE LANGUE ARABE 207
teurs (de la loi de Dieu), marchands — Abd-er-Rahmax,
fils de feu 'Omar, — et Most'afa ben Ali, — tous deux
domiciliés dans la ville d'Alger, pour le représenter
dans la surveillance de toutes ses propriétés, dans le
Dettoyage des arbres qu'elles contiennent, dans la répa-
ration des dégradations, dans l'éloignement de toute
main agressive, dans la vente des produits, à qui ils
voudront, pour ce qu'ils voudront, et comme ils vou-
dront, au terme qu'ils voudront;
Ainsi que pour la location de ce qu'il y a à louer en
fait de maisons et de terrains, tant à l'intérieur d'Alger
qu'à l'extérieur, à qui ils voudront, pour ce qu'ils vou-
dront, et jusqu'au terme qu'ils voudront;
Ainsi que pour le dégagement de ses capitaux de tout
débiteur quelconque, et auprès de qui il appartiendra,
par attestation judiciaire ou autre, pour toutes rede-
vances ou dépôts, à l'intérieur et à l'extérieur d'Alger;
Et aussi pour la rente de ce qui semblera. ...
XXXV
TRADUCTION
Les vers suivants sont des paroles de notre maître le
pieux Abou 'l-'Abbàs, le seigneur Ahmed (que Dieu
augmente sa puissance !) cherchant à se recueillir en
Dieu par le moyen du plus illustre des intermédiaires,
le plus noble des hommes (que Dieu répande sur lui ses
grâces ! ) au moment où nous apprîmes l'assaut de l'en-
nemi, et ses efforts contre l'Islamisme, ainsi que la pro-
tection (du Prophète) envers les hommes. La grâce (de
la composition) de ces vers arriva spontanément comme
(l) oL-jYI [Li Ij».
-— • »■■
!U] -:.^ !_&; :__■_, LjU-L
■Jù\ _./.> t .^:', jï^ Si^ii jj>i lju^ji jjc,
JLJI Cjuj ,bLkJI 'Li j-,' '..-.J.., c ;uui
^.
1 >
is ici sur la valeur de celte composition,
ds. Je dirai en passanl que I" mérite litté-
raire de ces vers fi i :■ que le bey n'y ait pas consacré plus
, quart-d'heure. Les circonstances qui le portaient sans doute
irréa al â la poésie l'excusent, et ce n'est pas l'utilité de
e sous ce rapporl qui nous la fait présenter ici. — Le
est peu régulier el exige beaucoup d'apostrophes; chaque
hémistiche a p ; : u-u- | — o- | -o-. C'est un spécimen de
DE LANGUE ARABE 209
les premières lueurs de l'aurore, car II (que Dieu aug-
mente sa puissance!) les composa en l'espace d'un
quart d'heure. En voici l'exposé :
Que de nuits j'ai passées dans l'angoisse ! — L'enfant
à la mamelle en aurait blanchi !
Ma résignation est à bout, ma chair se dessèche —
A l'apparition d'un événement si extraordinaire.
Je ne puis adresser ma plainte qu'à l'Eternel, — Au
Dieu du ciel, qui entend et exauce.
Je l'implore au nom d'un Prophète qui a dirigé —
Toutes les créatures par des bienfaits abondants.
Au nom de ses Compagnons, hommes d'intégrité. —
Hâte-toi (mon Dieu) de nous secourir, car tu es le mé-
decin.
Le mendiant à ta porte, voudrais-tu qu'il fût repous-
sé, — Toi qui est le Généreux? Il ne se peut qu'il soit
déçu.
Certes, nos fautes ont franchi la limite, — Mais tu
es le but de tout impétrant.
Un esclave a pèche contre le Roi de l'Éternité. — Il
est au maître un droit sur un esclave misérable.
La tourbe des Chrétiens contre nous déploie — Les
ailes de sa tyrannie, en exaltant la Croix.
milice de Dieu ! seconde-nous de tes efforts, —
Car les larmes qui ruissèlent de nos yeux ont blessé
nos paupières.
Aie pitié de nos pleurs, nous n'avons pas d'appui.—
Sois pour la religion un gardien scrupuleux.
210 coi us
■* — *
llij 6Î5! ^ ^-li luJl ^^ J^j L dJL
XXXVI. PAGE 162
Extrait de maximes et conseils de morale, en vers, écrits sur une
longue bande, >-l trouvés dans une mosquée, a Chercliell
11; INSCRIPTION
___ . j— - .. £ ~- 5 c , o , ~~~-
J" î ^ — " ^
., : y, ^l^ n
XXXVII. PAGE 163
Versets 37 Ê iJ du ni' chapitre du Coran
II; INSCRIPTION
DE LANGUE ARABE .211
Les voies de salut se sont rétrécies et bouchées. —
Accomplis pour nous promptement ta promesse.
Car tu as dit en paroles qui sont un appui certain :
— Le secours vient de Dieu, et la victoire est proche
{Cor. lxi, 13.)
XXXVI
TRADUCTION
Supporte avec patience le dépit de l'envieux : — le
rubis ne se détériore pas pour être mis dans la flamme.
Ce n'est pas la même chose qu'un collier de perles et
un collier de coquillages (conchœ Veneris) : — Ni un
lingot de cuivre et un lingot d'or.
Tel est le cœur humain, composé de bassesse et de
dignité, — Mais la coloquinte amère ne se compare pas
à la datte sucrée.
La mesure normale de ces vers est : --u- | -o- (sauf les licences)
répétée deux fois dans chaque hémistiche. C'est le mètre appelé
El-Bacît.
XXXVII
TRADUCTION
37 ( Happclle-toi) Lorsque les anges dirent : Marie,
Dieu t'a choisie et t'a purifiée, il t'a choisie entre toutes
les femmes de l'Univers. 38. Marie, soumets-toi à ton
Seigneur, prosterne-loi, et prie avec ceux qui prient!
39 Ceci est une communication des choses cachées que
L - , i' C ' "'
".i " •■ Il 1 49 J! 1)1 vr . C ! \ j| û M
JlUh ^l^ijlii |U IL cill^' J, lia 1 ',X
..-., Il >l!,. u Us^jT; ;..,:.....". u_LJf.l ÛLLsJÎ
Ij «.^.-oNli \ Leurs Mrclies pour tirer au sort, on fr/'en les k'iem
[voir p. 134 ou cannes avec lesquelles ils écrivaient le l'entaleuque,
el qui étaienl en fer (Kitâb ^Adjâib et-Tefsir, déjà cité). C'était un
usage qui s'esl conservé jusqu'à Mal iet, de tirer au sort
avec des flèches sans pointes, el à ce destim es \ Idm ou K'idâh ,
lieul écrits des mots vagues d'affirmation, de néga-
tion, etc., applicables i toutes circonstances. On prenait ainsi une
détermination pour les choses contestées et irrésolues. Ces flèches
I une ancienne divinité des Arabes, nommée Hobal,
don! "u gardail l'idole dans la Ka'ba avant Mahomet. L'usage su-
perstil • flèches esl Eormellement proscrit par le Coran.
5 el 92 .
itile de ren irquei encore les deux interprétations
DE LANGUE ARABE
213
nous te révélons (ô Mohammed), car lu n'étais pas au-
près d'eux lorsqu'ils lancèrent leurs roseaux pour con-
naître qui se chargerait de la tutelle de Marie. Tu n'étais
pas auprès d'eux lorsqu'ils se disputaient. 40 (Souviens-
loi) Lorsque les anges dirent : Marie ! Dieu le réjouit
de la bonne nouvelle d'un Verbe de sa part, dont le nom
est le Messie Aïça ( Içâ) fils de Marie qui sera vénéré
dans ce monde et dans l'autre, et (mis) au nombre des
plus proches (de Dieu";. 41 Dès le berceau ii adressera
la parole aux hommes, ainsi que dans l'âge mûr. Il
comptera parmi les justes. 42 Elle dit : Seigneur, d'où
pourrais-je donc avoir un enfant, quand aucun homme
ne m'a touchée? Il (l'ange) repartit : c'est ainsi que
Dieu crée qui il veut. Quand il accomplit une chose, il
lui suffit de dire : sois, et elle est. 43 El il (Dieu) lui
enseignera le Livre (*), la Sagesse, le Pentateuque et
l'Évangile. 44. Et (il s'annoncera) comme prophète aux
enfants d'Israël : Je suis venu vous trouver avec un
signe de voire Seigneur; je puis créer devant vous,
avec de l'argile, comme une figure d'oiseau; puis je
soufflerai sur elle, et elle sera un oiseau par la permis-
sion de Dieu. Et je guéris l'aveugle de naissance et le
lépreux; je ressuscite les morts par la permission di-
vine, et je vous indiquerai ce que vous devez manger et
ce que vous devez garder dans (vos demeures. . . j
données par le commentaire précite au mot f$.h\. J'ai déjà fait ob-
server (p. 186, note) <[ue l'on rencontre souvent trois ou quatre
explications différentes et probables d'un même passage : c'est
beaucoup pour un livre clair et précis.
(1) C'est-à-dire l'Écriture, ou l'ensemble des livres révélés, parti-
culièrement les deux livres [l'Éoanc/ile et le Coran), à cause de leur
excellence (Él-Beid'âtei', ms. 394, A. Bibl. d'Alger).
IV
XXXVIII. PAGE 164
ment d'une lettre particulière en prose rimée (1)
I R \\-( RIP lli >\
u
^ * 11',, M . 1 • r - y- ^ oV ,t. '3-*
ij'i La*** iJ': t j>.
k*
1 La prose rimée consiste en une série de périodes inégales,
1 pai des consonnances que l'on peut répéter indéfiniment,
ou varier après deux périodes consécutives. Ce genre, qui exige,
pour éviter la platitude, beaucoup de talent littéraire, serait re-
poussé chez nous par le goût. Les Arabes qui v ( sent au bél-esprit
en font partout un usage que Ton ne peut trop blAiner, parce que,
avec aussi peu de tact que de talent, ils altèrent ou sacrifient le
i emploient des es pressions et des idées forcées pour parve-
nir a mettre au bout de la phrase un mot qui tâche de rimer avec
celui qui termine la période précédente. Que dirait-on, chez nous,
-i quelqu'un écrivait : « Au très-grand etcénérable, — estimé, consi-
déré, respectable, l'illustre M. Prud'homme, l'ami de Dieu et des
hommes. - Nous aoons reçu ootre honorée, — et de nos doigts
Vacons dépliée; — nous y m uns In acec bonheur, — que vous êtes
" en santé et bonheur; — cela /ions a remplis de joie. — Nous
Dieu qu'il cous tienne en joie... » etc.
Voila un échantillon très-exact des beautés de la prose rimée
chez le commun 'les Arabes. La lettre ci-dessus est écrite dans ce
- i a la traduire littéralement. Le sens,
comme d habitude, est noyé dans une foule d'expressions et d'épi-
ssent il peut se réduire à ces mots : « Je cous
DE LANGUE ARABE 215
XXXVJII
TRADUCTION
Cachet (i)
Celai qui met sa confiance en son Dieu, le Magnanime,
son serviteur Khalil, cadi de Mila.
Lettre
Louange à Dieu. De la part du serviteur de
Dieu (que sa louange soit proclamée !) et la plus humble
de ses créatures, Khalil, le Cadi. Que Dieu soit pour lui !
— A l'ami très dévoué, — A l'ami vrai, sincère, très
délicat, — Le sid Khalil, — Que le Souverain magna-
nime le comble de biens ! — Que le salut soit sur vous,
ainsi que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions, —
Tant que se succéderont dans les corps créés le mouve-
» suis et serai toujours reconnaissant des bontés que vous aces
» eues pour moi. — 11 est bon d'observer que chez les peuples peu
civilisés, les mots abondent d'autant plus dans le style, que les
idées y sont plus rares; chez les peuples avancés, au contraire,
chaque mot, pour ainsi dire, exprime une idée, et le style est plus
concis.
(1) Chez les Arabes, le cachet tient presque toujours lieu de
signature. Sa position sur la lettre est une partie importante du
cérémonial épistolaire. Du supérieur à l'inférieur, il se place au-
dessus; de l'inférieur au supérieur, il se met au bas de la lettre,
ou plus respectueusement, au dos de la page écrite; d'égal à égal,
on peut l'omettre.
Du supérieur à l'inférieur, la lettre commence par la mention
du nom de celui qui écrit, dans une formule analogue à celle-ci :
« De La part du serciteur de Dieu..., le seigneur tel.. ., à l'affec-
tionné... tel... » Quand c'est un inférieur qui écrit, la formule
est: « A la Seigneurie du très-grand, tre.<-honorable. . . seigneur
tel. » D'égal à égal, chacun suit en cela son tact et ses allections
personnelles.
21ti
V |! 'V. „ JI^jo
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LÀ-st^» 2 »_*_aJL*_j
XXXIX. PAGE 165
Fragment de lettre. Formule initiale. Écriture ordinaire et cou-
rante, dont le seul mérite calligraphique est d'être lisible. (Dans
l'original de cette lettre, le cachet est placé au dos).
Il; INSCRIPTION
rv. r; .A_;< >-., r0 JCJi J-, J£
L^\ U
«iî jL^rJ)
. H II
. — .s. J »_- _
--" a .IU M _,„f|
DE LANGUE ARABE 217
ment et le repos. — Voilà ! — Si vous témoignez votre
bonté par des informations à notre égard. — Nous
sommes, grâces à Dieu, dans l'état le plus excellent. —
Et de la manière la plus parfaite. ■ — Nous ne nous
informons que de vous, -- Et de quelle manière sont
les choses qui vous touchent. — Que notre Dieu les
fasse marcher conformément à nos désirs et aux vôtres.
— Ensuite: la chose exposée à votre noble entende-
ment, — A votre cœur éminent, gracieux, — Sera
du bien, s'il plaît à Dieu. Nous sommes à jamais pour
vous dévoués, — A cause de ce dont vous nous avez
gratifié de vos nombreuses faveurs: nous louons Dieu
et lui sommes reconnaissants. — - Nous n'oublierons
pas votre bienveillance efficace, — Votre bonté sincère,
— au sujet de ce que vous avez fait pour nous
XXXIX
TRADUCTION
Cachet
Celui qui met sa confiance dans le Magnanime, sou ser-
viteur Ibrahim. ( V. la note de la page 21 \. i 1270 i 1854; .
Lettre
Louange à Dieu. Que Dieu répande ses grâces
sur notre Seigneur et notre Maître Mohammed, et qu'il
lui accorde le salut !
Et au célèbre, pieux, aidé du Dieu très haut; à la
félicité du Seigneur chargé des affaires des Arabes. Que
le salut soit sur vous, ainsi que les effets les plus
exquis de la grâce et de la bienveillance divines.
218
XL. PAGE 166
caraotère hebrœo arabes. Fragment d'une lettre écrite en
caractère 'lit A "t. reproduit lettre pour lettre en
Khal ■ Rdchi, dans la moitié inférieure de la page.
IU \\x RIPTION
XLI. PAGE 167
Vutre lettre hebrœo-arabe en caractère cursif, comme le précédent
fragment.
i i; VNSCRIPTION
1854 , ^ Jy 15(1) %jl
<X_,,, M »,< 9
1 i In a déjà vu que ces sortes de textes sont fort incorrects sous
le double rapport du style et de l'orthographe. La prononciation
idiotismes des Juifs y sont assez scrupuleusement marqués.
.!<• D'analyse pas ici ces particularités. Je ferai observer, à l'occasion
DE LANGUE ARABE 219
Le but du présent, de nous à vous, est premièrement
nos informations nombreuses à voire sujet et à l'égard
de votre haute seigneurie, ainsi qu'au sujet de vos
affaires, secondées de la bienveillance divine. Que
Dieu les accomplisse en conformité de votre désir.
Ainsi soît-il.
XL
TRADUCTION
Réponse au reçu de votre très chère lettre. Mainte-
nant, monsieur, je vous instruis que je suis allé chez
l'avocat, et que j'ai causé avec lui de votre affaire. —
Il m'a dit — que l'affaire est sortie (a été appelée) il y
a aujourd'hui un mois, — et que vous avez gagné votre
cause. — On a obligé votre adversaire à construire la
maison et à l'achever en cinq semaines. — J'ai recom-
mandé à l'avocat de prendre copie du jugement et de
faire ce qu'il faudra pour terminer l'affaire. Soyez
en repos.
XLI
rRADUCTION
Mostaghanem (Moslar'ânem) 15 juillet L854.
A la main de Si Ishak Barukh.
De ma part, à moi, qui vous salue de beaucoup de
du mot Mostar'ànem, que l'on a souvent défiguré, par la trans-
cription dans notre langue, la prononciation de beaucoup de noms
d hommes, de localités ou de choses très usuelles, qu'il eût été
pour nous aussi facile et plus utile de prononcer intelligiblement.
JJ COI
1^ -, 1 il, - v! • • ■ f" I t
On s'esl cru obligé, par exemple, d'après les traditions d'autres
pays, de transcrire imperturbablement par gh, ghr el .v la lettre c,
la valeur réelle est l'K grasseyé, comme le prononcent tout
naturellement la plupart des Français, notammenl les Parisiens, et
avec un p d aïïectation, les Provençaux. C'est ainsi que l'on
écril en français, el p ir conséquenl que l'on prononce : Mostaghanem,
gba; ', Bou-Baghla, Laghouat, Grossel, Lalla Maghvnia,
tandis qu'il eûl été plus simple, et surtout parfaitement exact,
d'écrire el de prononcer: Mostarânem, rdsia, Borâr, Bou Hurla,
rouât, Recul Lai a Warnia, etc.; il est vrai que cela eût semblé
peul
Nous ; ssus p. 23) {'impossibilité de donner une
par la transcription, de certains sons arabes, et
l'inutilité de I ies a cel égard; nous devons insister,
al >ns, pour qu'au moins un reproduise avec
DE LANGUE ARABE 221
saluts. Je vous réponds au sujet du reçu de votre chère
lettre. Par elle j'ai vu que vous êtes en bonne santé, ce
dont j'ai éprouvé une grande satisfaction.
Et aujourd'hui, Monsieur, je vous informe qu'au-
jourd'hui je vous ai nolisé par le vapeur du commerce,
une caisse de plumes d'autruche choisies une à une.
Je vous prie, à l'arrivée de ladite caisse à la douane de
Marseille, d'avoir soin d'envoyer votre commis ou votre
écrivain, pour qu'il soit présent lorsqu'on ouvrira cette
caisse, et qu'il fasse attention à leur arrangement; car
vous savez que cet article est extrêmement délicat.
Vous voudrez bien, de temps en temps, les épousseter,
et les placer dans un endroit qui ne soit pas humide,
en attendant qu'il vienne entre vos mains une occasion
de pouvoir me les vendre à un bon prix. En ce moment,
je n'ai à prolonger la présente que par (le souhait) du
bien. Salut '''.
(Les mots écrits ci-dessus en italique, sont en français dans
le texte).
précision, lorsqu'on peut le faire tout naturellement, la pronon-
ciation arabe, qui est le but de toute transcription : les lettres qu'on
emploie n'en sont que le moyen; et l'on sait qu'un moyen n'est
efficace qu'autant qu'il est en rapport direct avec son but. Partout
où l'on peut opter entre la prononciation exacte et une lettre pure-
ment systématique, il faut sacrifier celle-ci. Dans la plupart des
cas pratiques, on ne doit pas chercher à faire de l'orthographe
arabe avec des lettres françaises.
(1) Il ne faut pas oublier que toutes ces traductions sont littérales,
autant que cela m'a été possible en français. Je n'ai pas cru, dans
l'intérêt de l'exactitude, devoir me trop préoccuper de notre style ;
j'ai suivi et conservé la trace des mots. — Si l'on compare ces
dernières formules épistolaires avec celles des lettres des Arabes,
on y remarquera de notables différences.
XLII. PAGE 168
Lettre écrite par un Juil marocain caractère Râchî) (1)
I i: \\x RIP I \t.\
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1)1 ,bLj i_3U , M
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— L.Ï oL-_,LlJj 1 ^C_k^ JW'
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i*i lit. t.
I Les mots sonl tellemenl défigurés qu'il esi indispensable de
les rétablir :
. > r [ ■ * y~î~~' ' :~' w ,* / , ' — ' „ Y
DE LANGUE ARABE 223
XLII
TRADUCTION
A la main de celui dont le nom est d'heureux présage,
le vénérable Meyer Baruch. Que Dieu le garde ! — De
ma part à moi, ben Samoun, votre associé. Je vous
présente de nombreux saluts. — Après les saluts, moi
Zrida, votre sœur, je vous salue (1 L — Aujourd'hui
informez-vous des benaïk < 2 ), s'ils vous sont parvenus.
— Des saluts à Meyer. — Informez-nous si nous vous
enverrons 9 benaïk. Si je vous les envoie, procurez-
nous une livre de soie et envoyez-nous la. Prenez soin
de nous acheter 38 laça ' 3 ), on dit qu'il en est arrivé là-
bas. — Moi, Joseph, je salue Zizi, leur maison (famille)
se porte bien. Et moi, ben Samoun, je réitère mon
salut à Meyer. — Et aujourd'hui, mon frère, prenez soin
de nous envoyer de l'argent. Comprenez ce qu'est la
dépense de ces trois maisons, car il n'y a pas de com-
merce (en ee moment). Ayez soin de ne pas m'oublier
au sujet du billet. — Moi, Jacob, je fais à mon père de
nombreux saluts.
j?-^'^ c ^----~ (jj uîjj.^-f *-*y~j Sj-V\ a -~- wA-^. i— jîj
^ f \ ^y lj Luc ^^J ^j b p-Jt J-r i* J* ^^
(1) Celui qui a rédigé cette lettre, au lieu de parler des autres à
la troisième personne, les fait parler eux-mêmes à la première.
(2) Longues pièces de tissus d'or, que les femmes juives attachent
comme parure a leur tête, et qui descend par derrière presque au
bas de leur vêtement.
(3) Espèces de sébiles de cuivre à l'usage du bain.
i m RS i ■ i LANGUI \u vil
Les divers fragments qui précèdent sonl autant de
spécimens des textes littéraires el usuels, ainsi que des
genres les plus caractéristiques de l'écriture arabe. Ils
ont pour objel spécial de servir de principe à la lecture
de tous les écrits, et, pour la plupart, de modèles (récri-
ture. Ils sont aussi, pour l'application, <\rs échantillons
jde presque tous les styles. J'ai ajouté, ailleurs, dans ce
volume, comme complémenl à ces détails de calligra-
phie orientale, un spécimen de l'ornementation la plus
riche *\r> manuscrits, que j'ai tâché de rendre aussi
brillante que les procédés autographiques me l'ont
permis. On verra plus loin, comme exercice de pratique
usuelle, les s| iéei 1 1 \r n des textes les plus difficiles par
l'incorrection de l'écriture, de l'orthographe ou de la
rédaction.
FIN M LIVRE DEUXIEME
LIVRE 1 1 r
ÉLÉMENTS DE LA GRAMMAIRE ARABE
CHAPITRE PREMIER
PRINCIPES FONDAMENTAUX
§ 1. — Aperçu de la langue arabe littérale et cul
La langue arabe est une dans ses principes et dans
leur application normale. Partout elle a les mêmes
bases, appuyées sur d'anciennes traditions, et consa-
crées, aussi bien que fixées, par le Coran, par les poètes,
par les commentateurs, les littérateurs et les gram-
mairiens.
La conséquence de ce fait est qu'aujourd'hui, comme
au temps de Mahomet, la grammaire et l'orthographe
arabes sont astreintes aux mêmes lois dans tous les pays
où la langue est usitée. Les infractions aux principes
sont, maintenant comme jadis, regardées partout
comme des fautes résultant de l'ignorance des individus.
226 coi rs
ou d'habitudes locales «|iie les gens instruits excluent
rigoureusement du stylo, quoiqu'ils les suivent quel-
quefois dans la conversation familière.
-I ainsi, par exemple, qu'un écrit français sera
regardé comme correct ou incorrect, suivant sa confor-
mité plus ou moins parfaite avec les principes établis
depuis que notre langue est constituée, et qu'on ne
pourra faire adopter comme régulières des fautes contre
le style et contre l'orthographe, en prétextant que celui
qui écrit appartient à telle ou telle province ou à tel ou
tel village. Il en est ainsi du langage, qui est soumis
aux mêmes lois fondamentales que le style, et où les
constructions insolites, les expressions impropres et les
locutions provinciales, sont évitées par les personnes
d'une instruction distinguée.
De ce qu'un grand nombre de personnes sans éduca-
tion ne tienne:)l pas compte, en parlant ou en écrivant,
de principes qu'elles ne connaissent pas ou qu'elles
connaissent mal, nous ne disons pas chez nous qu'elles
parlent ou écrivent en français vulgaire, et nous n'avons
jamais suppose que les incorrections de leur langage
ou de leur style constituassent une langue.
C'est pourtant ce qu'on a fait pour l'arabe, et ce
qu'on fait encore en Europe et ailleurs, où, sous pré-
texte de donner par démonstration des connaissances
pratiques, on a inventé depuis longtemps ['enseignement
de l'arabe vulgaire, qui consisterait, s'il n'était inap-
plicable. ,'i enseigner a ne p<n< mettre l'orthographe et à
s'exprimer le moins correctement possib'e. Le résultat
inaperçu de cette aberration, que Ton appréciera plus
tard, quand on -cra mieux éclairé, serait d'établir pour
DE LANGUE ARABE 22/
principes les altérations les plus grossières et les
moins uniformes, et d'empêcher pour l'avenir toute
•connaissance exacte et extensible. On a confondu
l'acquisition des faits avec leur appréciation; on n'a
pas vu que la première exige l'observation et l'applica-
cation directes, rien de plus; et que l'autre constitue
l'étude, -c'est-à-dire le jugement et la classification, qui
ne peuvent être réellement utiles qu'après l'acquisition
■des faits.
On est obligé, pour enseigner et pour apprendre
l'arabe vulgaire, de poser et d'admettre les règles fon-
damentales comme des écueils : c'est alors qu'il faut
les bien connaître pour les mieux éviter. C'est à peu
près comme si l'on enseignait notre langue à un étran-
ger, en lui disant qu'en français vulgaire on évite de
mettre ou de prononcer régulièrement les lettres qui
indiquent les nombres et différencient les temps, et
que l'on se dispense de construire exactement les phra-
ses : il demanderait qu'on lui exposât d'abord la règle,
pour mieux apprendre à l'éluder. C'est ce qui ne manque
jamais d'avoir lieu quand on enseigne l'arabe vulgaire.
Il est indispensable de connaître les particularités ou
les formes irrégulières du langage populaire, qui sont
fondées en tout pays sur une routine traditionnelle, et
sur l'absence ou l'insuffisance des éludes. Elles peuvent
•être constatées et exposées; mais elles doivent être
apprises, après de légères notions introduefives, par
la pratique, c'est-à-dire par le contact avec les indi-
vidus. Nous en avons donné les caractères généraux
en commençant ce livre; nous en présenterons plus
loin les faits avec détails.
J'entre dans ces appréciations pour lâcher de donner
une idée précise d'une distinction peu rationnelle ap-
pliquée spécialement à l'arabe, et pour faire disparaître
l'espèce d'éloignement que l'on a pour des éludes po-
sitives et nécessaires, qu'on semble redouter parce
qu'on les considère comme exclusivement scientifiques.
On regarde à tort la science, je veux dire l'étude et les
connaissances profondes, comme n'ayant qu'une appli-
cation rétrospective et sans influence sur les faits
actuels. Otte prévention s'est établie pour l'arabe,
entre autres causes, sur ce qu'en Europe, le défaut de
relations immédiates el journalières avec les Arabes a
contraint à se borner aux faits écrits. Renfermé dans
la seule lecture, on est resté étranger à la pratique
orale, à la rédaction écrite; de même que dans les pays
musulmans, souvent faute de ressources, on est resté
étranger aux principes. De là se sont, établies, entre
ceux qui lisent et ceux qui patient, des distinctions de
connaissances littérales et de connaissances vulgaires,
qui signalent, de l'une et de l'autre pari, une élude
incomplète et une lacune importante à combler. Une
pareille transaction n'est pas plus digne de la science
qui l'a admise, faute d'être suffisamment éclairée, que
de la pratique ignorante qui a su la lui imposer : com-
me on ne pouvait s'entendre, on s'est fait cette conces-
sion réciproque, qui rappelle, qu'on me permette de le
dire, celle de la rhubarbe .el da séné.
Pour toui homme sérieux, la pratique et la théorie
ne forment qu'un tout, el la science ne doit pas borner
son action aux faits passés, qui ne seront plus : elle
doit produire dans le présent, et tracer, en les éclai-
DE LAM'.l E AI! \HE
22'.»
rant, les voies pour l'avenir; ses regards ne doivent
pas èlre exclusivement rétrogrades : ils doivent s'éten-
dre et plonger dans les deux horizons.
§ 2. — De la Grammaire
1. La grammaire arabe renferme un petit nombre de
principes, dont l'application est d'une imperturbable
régulante.
Pour faire ressortir les principes fondamentaux de la grammaire,
et pour les séparer des développements auxquels ils donneront
inévitablement lieu, ton.* les principes essentiels, toutes les n
de la langueseront en caractères italiqueset porteront un numéro
d'ordre.)
Sous ce rapport elle est très simple. Sa difficulté
spéciale lient à ce que la plupart des signes constiluanl
l'application de ces principes sont presque toujours
sous-entendus dans l'écriture, sans rien perdre pour
cela de leur influence. C'est comme si, pour notre lan-
gue, après être convenu d'indiquer les pluriels i\v>
noms et des adjectifs par s, de conjuguer les temps et
les personnes des verbes avec telles terminaisons, de
former les adjectifs, les adverbes, etc. de telle manière,
•on se dispensait d'écrire toutes ces lettres caracté-
ristiques, surtout les voyelles, en se trouvant satisfait
d'en bien connaître la place et de les savoir prononcer
au besoin.
On conçoit d'après cela que les indices grammati-
caux, ou plutôt leur place, doivenl être d'autant mieux
connus qu'on ne les aperçoit dans la pratique que par
la seule analyse et une attention exercée. On arrive à
230 , oi rs
ce résultat en s'appliquant d'abord à lire el à analyser
des textes soigneusement ponctués, el en s'habituant
progressivemenl à lire les signes sans les voir tracés.
Tous les textes, sans exception, peuvent être ponc-
tués, c'est-à-dire accompagnés des signes complétant
l'alphabet el constituant l'orthographe et la gram-
maire; mais les copistes prennent rarement ce soin.
Le savoir el l'intelligence du lecteur y suppléent.
§ 3. Des parties du Discours
2. Les irabes rangent taules les parties du discours en
trois classes : le nom, » — I; le verbe, U*-j; et la parti-
ci le, _:/-^ •
Le nom comprend chez eux le substantif, le pronom,
l'adjectif, et le participe ou adjectif verbal.
Le verbe a les mêmes limites <pie chez nous.
La PARTiccLE renferme l'article, l'adverbe, la prépo-
sition, la eonjonction et l'interjection.
§4. De la Racine
3. On nomme racine les trois lettres fondamentales de
tout nom ou île tout verbe arabe. Elles ne constituent des
mots qu'avec le secours (les indices de la forme.
Ces trois lettres radicales expriment une idée vague
el abstraite, qui se retrouve avec un sens précis dans
tous les dérivés.
DE LANGUE ARABE 2.'.] 1
Voici des exemples de racines :
^— '*-$ idée abstraite d'écrire.
^j—z de connaître,
v^jj — & — de frapper.
Toutes les lettres peuvent contribuer à former une
racine.
Bien qu'en général la combinaison de trois lettres
donne une racine, il y a cependant des incompatibi-
lités qu'il est bon de noter ici.
TABLEAU DES LETTRES QUI NE SE RENCONTRENT JAMAIS
IMMEDIATEMENT DANS UNE RACINE
avec
C
Cl
h avec i et
^3
' , (excepté dans yJ-t/
Un petit nombre de racines ont quatre ou même
(I) M. île Sacy, Grammaire "rabe, t. i, p. '■'<-.
2M
cinq lettres. Elles sonl quelquefois formées par la
répétition des mêmes caractères ; elles indiquent ordi-
nairement une origine étrangère au peuple arabe.
g 5. De la Forme
4. La, forme est V ensemble des signes et des lettres que
l'on ajoute à la racine pour en restreindre et en déter-
miner le sens:
Il suit de là que tout mol arabe, nom ou verbe, tire
de la racine le principe <le sa signification, el de la
fonnf son application spéciale.
La forme des mots arabes est régulière, c'est-à-dire'
que les signes caractéristiques et grammaticaux s'ap-
pliquent d'une manière uniforme et dans les mêmes
cas, suivant la signification comme verbe, qualité,
action, état, instrument, lieu, etc. On peut ainsi,
d'après la seule forme, reconnaître la nature du mot.
C'est dans l'appréciation el l'emploi de la forme que
consiste la grammaire arabe. Je mets à part la syntaxe.
§ 6. — De la manière d'exprimer techniquement la Forme
5. La forme grammaticale d'un mot s'exprime en
substituant à ses trois lettres radicales les lettres J-*-?.
La racine d'un mot, quelles que soient les lettres
qui la composent, n'influe en rien sur l'application de
la forme. Aussi, pour rendre celle-ci plus sensible et
permettre d'en bien comprendre les détails, les gram-
mairiens arabes, d'après les hébreux, ont adopté les
DE LANGUE ARABE 2!)3
trois lettres J-*~r (dont le sens abstrait est faire ou
agir) pour représenter la racine d'une manière absolue ;
ils ajoutent à ces lettres toute la série des indices gram-
maticaux, qui sont d'autant mieux saisis par les étu-
diants, que la répétition constante de la même racine
porte toule leur attention vers l'appréciation de la
forme. Nous emploierons ce moyen, qui est usité par
tous les commentateurs et les grammairiens.
Voici quelques exemples de son application :
Mots Forme technique
v~ : - il a écrit. J-*-r 3 e pers. prêt, actif.
v_-^ il a ete écrit. J-^-? passif.
w-ïa écrivant, écrivain. J--~ ? adj. verb. act. masc.
«x*.^ loué, louable. J-*-*-* adj. v. pass., 2 e forme.
Si l'on compare ces mots avec les formes corres-
pondantes, on remarquera entre eux une complète
identité, abstraction faite des racines ^---i'et J._>_as. ,
qui sont devenues J-*-?, comme on vient de l'indiquer.
6. D'après l'usage de représenter absolument la racine
par J— *-? , ou nomme, en grammaire, la première
lettre radicale d'un mot ^_* ; la seconde <> ; la troisième
J; quelle que soil d'ailleurs la forme de chacune d'elles.
On peut aussi, pour rendre la forme des mots plus
apparente, remplacer les trois radicales par des points,
de celle manière :
16
, oi RS Dl i iNGl i m.m ; i
La /'"/////• est, pour les mots de la langue arabe, ce
que le solfège es! aux paroles du chant.
§ 7. — Des lettres foriuatives
7. tes lettres ajoutées à la racine pour eônslituçr
certaines espèces de mois, sont appelées lettres serviles
ou formatives.
// .7 en a six : \ {\ et\) O (o ci » )
• * z — ™
Les développements suivants en indiqueront l'em-
ploi ' .
1 Les grammairiens joignent È ces lettres, réellemenj formatives,
res [ e ttres qui ne sont que des prépositions et conjonctions
préfixes ou des pronoms affixes, ce sont : .__> cf J *-? ''' o -4,
joignenl effectivement au mot, mais elles n'onl
pl us d'infiuence sur sa forme caractéristique, que n'en onl chez
nons on, d dans place d'armes, etc. Je n'hésite pas a
- Je citerai seulement ici doux expressions bechni-
qu j renfermenl toute la série. C'est, suivant quelques gram-
mairiens : ^C_jLa-j \j-J>-J. *■« JL3 [qu'ils s'engraissent dans un
suivant d'autres: L^-x-J^-^JLiS vous me l'avez deman-
lettreg - enl en arabe: lX_^\^J\, additionnelles.
CHAPITRE II
DU VERBE EN GÉNÉRAL
§ 1. — Notions préliminaires
Le verbe étant la source étymologique de la plupart
des substantifs et des adjectifs, il convient d'en traiter
avant les deux autres divisions des mots.
Nous entendons par verbe un mot exprimant l'idée
d'une action faite ou d'un étal subi par un sujet, à un
moment déterminé d'une manière absolue ou simple-
ment relative
La conjugaison consiste dans l'application systéma-
tique au radical (c'est-à-dire à l'élément invariable de
chaque verbe) des lettres et des signes qui déterminent
les personnes et les temps.
8. La conjugaison arabe est unique et absolue : les
mêmes signes et les mêmes lettres s'emploient toujoi rs
UNIFORMÉMENT, dailS les mrmes circonstances, pour les
mêmes personne* et 1rs mêmes temps.
Elle est. par conséquent, d'une extrême régularité;
on verra plus loin qu'elle est très simple.
236 cov RS
9. Ily a deux voix : l'actif et le passif; deux genres :
Je masculin et le féminin : trois nombres : te singulier,
le duel et le pluriel.
10. // // a deux temps ou modes principaux : le pré-
térit eti'aoriste. -■ le prétérit exprime l'idée générale
du passe : f aoriste, celle du présent, et plus particulière-
ment celle du futur 1 .
Le prétérit n'a qu'une forme unique; quanta 1' aoris-
te, au moyen de Légères modifications dans sa terminai-
son, il exprime le conditionnel, ['impératif, le subjonctif
ou optatif el {'affirmation énergique de l'accomplisse-
ment futur de l'action ou de l'état.
Les diverses nuances des temps relatifs s'indiquent
par la combinaison du prétérit et de l'aoriste, soit entre
eux, soil avec certains verbes exprimant l'existence.
Il nv a pas de mode correspondant à notre infinitif.
L'expression la plus simple d'un verbe est la 3 e per-
sonne singulière masculine du prétérit : c'est d'elle que
dérivent toutes les autres; cest par elle que l'on doit
commencer la conjugaison.
C'est aussi par cette troisième personne que l'on
énonce un verbe arabe, comme nous énonçons un
verbe français par l'infinitif.
La première personne n'admet aucune distinction
des genres masculin el féminin.— Elle n'a pas de duel.
I Les grammairiens arabes reconnaissent trois modes : le pré-
térit, ^ «>\J$\ - l'aoriste P; L^JI - et l'impératif f jJ^i\ ; ce
. S l formé directement de L'aoriste el n'est pas un élément.
DE LANGUE ARABE 237
La seconde personne, au duel, ne distingue pas les
genres.
Le verbe est primitif, quand il n'a que les trois
lettres radicales à la 3 e personne du prétérit.
Il est dérivé, lorsqu'à cette 3 e personne des lettres
formatives ont été ajoutées.
Lorsqu'on veut indiquer les éléments constitutifs
d'un verbe primitif, on énonce les 3 e * personnes du
prétérit et de l'aoriste, ainsi que le nom d'action de ce
verbe. Par exemple :
LLA4 J4
s asseoir.
l_I_Lc v _.l_*_j 1—l-s savoir.
! I
_ - _Lov \_L_W. \ .'. ^ èlre beau.
§ 2. — De la Conjugaison
La. conjugaison, qui est fort simple, doit être essen-
tiellement apprise de mémoire.
Le tableau suivant en indique les formes élémentai-
res; il a pour base, suivant l'usage des grammairiens,
la racine J-*-r, à laquelle on pourra, pour s'exercer,
substituer toute autre racine quelconque.
_ ?
TABLEAU DE LA CONJUGAISON DU VERBE PRIMITIF ACTir
FORME I ECHNIQ! I. OU PARADIGME
PRÉTÉRIT
SINGl
Féminin Masculin
:; OJ
DUEL
. .UJ
U-LLiLi
1 ' I . I • 1 ; I ! I .
II'. .
a_;j uiJLi
i_LUJ
AORISTE
i il .-. j'ai Mil. — Ils.
m , i tous
II-, el
\(, i.
S I N G U I il B
Féminin Masculin
UJLï
l _*_9
PLU H ni
r x_;_: . i » »..,, tt ,1
II. eHe vgiba, la agiras, j \ i-
i. v i - |[g elles, VGIRON l (tous
denx), voiis kcnii / i tons rteax)
il-, elles, \ nt, etc.
DE LANGUE ARABE
239
SIGNES CARACTERISTIQUES DE LA CONJUGAISON
LES THOlS RADICALES SONT REMPLACEES PAR DES POINTS
s.
Z
O
PRÉTÉRIT
AORISTE
6INGULI1 I:
SINGULIER
Féminia Masculin
Féminin Masculin
G • • •
.. /• ^
c '
3 e
l } ...
• • •
. . . J
. . . >
_
G • •
y G • •
. . . ')
! ' e
_•: . .
: . :)
1 1 Y E L
D U E L
3e
U . '. .
1 '
U le,':
2 e
i ' -
PLURIEL
PLURIEL
::
J' ■ ■
ii '.: : :
>
. 1 • • • -
s C V
Oe
. t-> • • •
c
1
. i . . .3'
- • • •-'
1 '' e
,
? / (
(1) L'i placé après le a du pluriel,
n'est qu'une lettre d^orthogra-
l lie el n'a au iune valeur de
prononciation.
. . . J
Nota-. — \. l'observ. ci-après au
sujet de la voyelle que doit por-
ter la 2" radicale d'un verbe,
au prétérit ou à l'aoi isie.
2iO ' "' RS
Observation importante. -- On a dû remarquer dans
les tableaux précédents, que la 3 e personne du prétérit
el la o e de l'aoriste portent 1rs irais voyelles sur le * (2°
radicale (V. ci-dessus, page 98, à la note). Cela sigûifie
que dans le verbe primitif actif, la 2- radicale peut
avoir l'une «1rs trois voyelles, qui se répète à toutes les
personnes du même temps. Le dictionnaire «-t l'usage
indiquent à chaque racine la voyelle que porte le 9 •
Cette voyelle n'est pas toujours la môme à l'aoriste
qu'au prétérit.
Ainsi le verbe dont la forme est J_« — ? . par exemple,
peu! faire, à l'aoriste : J_*_a_j , J_*_4_j el j_*_£_j fl >.
La forme J-*-? fait If plus souvent J-*~^- J . — et J-»-?
fait toujours J-*-r--. .
Voici des exemples de l'application de ces formes :
rit Aoriste Prétérit Aoriste
\
)~m
L
v— 5 — - 1 — »
paraître.
^J-i
l, — J ) »*''* >
frapper, battre.
jjll;
. " s
^.LsCJ
écrire.
^ ._*_;_:
f
i
savoir.
l !; ,
,9s
y ; C '
être bon, beau.
\-y
La forme J-»-s indique généralement un état.
Le verbe conjugué au tableau précédent a pour type
on paradigme : J-*-? — J— *-*-?..
1 Le9 Dictionnaires indiquent cette particularité au moyen des
abrévial na Fut. A, I, O, suivant la nature de la voyelle.
DE LANGUE ARABE 2il
11. Il est nécessaire, avant de conjuguer un verbe
primitif actif , de connaître exactement la 3 e personne
du prétérit et celle de l'aoriste.
La voix passive ne présente en aucun cas cette incer-
titude de la voyelle de ]a 2° radicale.
On doit considérer la 3 e personne du prétérit, et la 3 e
de l'aoriste, chacune dans son mode, comme le point
de départ de la conjugaison des antres personnes, pour
le verbe dérivé comme pour le verbe primitif, à la voix-
passive aussi bien qu'à la voix active
12. Les personnes du duel et du pluriel se forment
des personnes correspondantes du singulier, arec l'addi-
tion des indices caractéristiques du nombre.
§ 3. — De la voix passive
13. La voix passive a pour type :
Prétérit J--*-? — Aoiuste J_*_1_j (... — .. \m
Les caractères distincts et spéciaux de la voix passive
pour tous les verbes, sont :
Au Prétéru' : le — [d'amma) sur la première lettre,
et le — (kesra) sous la seconde radicale :
A l'Aokiste : le — (d'amma) sur la première lettre, et
le — (fat h' a) sur la seconde radicale.
Ainsi, les verbes : . ~.:.S écrire, . >.-ce frapper, »_L^
savoir, connaître, etc., font invariablement au passif :
,_. ■■-' ^.--X— > être écrit. _,.-r _v^;. être frappé.
*JL_s *JL*_j être connu.
Ces deux éléments suffisent pour conjuguer tout le verbe.
§ 4. — Des différents temps de l'Aoriste
Aoriste indicatii . < >n a vu aux ta Idéaux de la conju-
, son, pages 238 el 239, que ^aoriste est terminé par
le rel'a (Y. page 76) dans les personnes où la 3 e ra-
dicale finit le verbe; et qu'il a pour finale un c > dans
toutes les autres. Ce — et ce .. caractérisent spéciale-
ment Vindicatif (excepté au féminin de la 3 e et la
2 ■ personne du pluriel i.
14. Aoriste subjonctif. — On forme le subjonctif en
remplaçant le — de l'indicatif par le — nas ba < V. p. 76),
et en supprimant le .\ à toutes les personnes ou il est
ajoute.
Le ., de la troisième personne du féminin pluriel et
celui de la deuxième se conservent.
Le ,, qui termineces personnes est le signe du pluriel
féminin dans les verbes, el n'est pas l'indice du temps :
c'e>t pourquoi il ne peut disparaître en aucun cas.
Cel aoriste est désigné par quelques grammairiens
européens d'après Erpenius, sous le nom de futur an-
tithétique. Les Arabes le nomment _'----.J' ? .Us-JI
l'aoriste accusatif, parce qu'il est terminé par le —
nas'ba, signe de l'accusatif dans les noms (V. p. 76).
L'emploi de cel aoriste esl à peu près le même que
celui de notre optatif ou subjonctif : il est subordonné
a des influences analogues.
Voici la conjugaison de l'aoriste subjonctif, qu'il esl
bon de comparer avec celle des tableaux p. 238 el 239.
DE LANGUE AKABK
243
AORISTE SUBJONCTIF OU OPTATIF
f.
z
X
2
FORME TECHNIQUE
Or PARAD] (ME
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
DE LA FORME
SINGULIER
Féminin
Masculin
Féminin
Masculin
3e
)_x_flj
JjLaj
. . . ï
, . . j
1
2 e
JJLLï
wb • • • J
. . . j
1 "
j : c ? i
^ f
DUEE
3«
— *•--- - 1 — *-s-f.
i • • • ■
o e
i.' : ! ï
PLURIEL
3°
c
9
t, ^ G x . S s C s
.1 . . . J ';..»•>.
Oe
>,,
! J^xIj
. > . . . -
l: ::;■
[ré
! ; ^_,
^ ^ c
. . .. j
w
Qu'i
, qu'elle agisse, que tu agisses, que j\ ussi . — Qu'ils,
qu
'elles agissent, que vous agissiez t. deux). — Qu'ils,
qu
'elles agissent, que vous agissiez, que nous AGISSIONS.
15. Aoriste conditionnel. — L'aoriste conditionnel
ne diffère de l'aoriste subjonctif que pur la substitution
du - (djezma i au — caractéristique de celui-ci. i X 1 L)
AORISTE CONDITIONNEL
1 os personnes indiquées par un trait sonl eotièremenl
s que dans le subjonctif)
FOKMI I ECHNIQI E
VRADIGMl
Oe
1"
IKÎNES CARACTERISTIQUES
Dl i \ FORME
S1NG1 I il K
i ni il Masculin
Féminin
Masculin
significations: celle du conditionnel est
principale, il exprime aussi le commandement.
- certaines |>;i r-t n- n les dont il sera rjues
ndans la i prend quelquefois sous leur influence
la signification du passé.
DE LANGUE AKA.BE
24!
Les grammairiens européens nomment l'aoriste
conditionnel, d'après Erpenius, aoriste apocope. Les
Arabes le nomment ^j-s-", à cause de la suppression
(/»j-^ coupure) de la voyelle de la dernière radicale.
16. Impératif. — L'impératif se forme de la 2 e per-
sonne singulière masculine de l'aoriste conditionnel,
par le retranchement du -j' caractéristique.
Lorsque la lettre qui suit ce — > ne porte pas une
voyelle, mais un — , ce qui a toujours lieu dans le
verbe primitif, on met à la place du -> un ' d'union.
(V. page 94.)
EXEMPLES !
Aoriste conditionnel Impératif
:_Llj "Jjt
i \
Lorsque l'I d'union doit supporter un hamza (V. p. 94,
au milieu), il faut donner à ce - un — kesra, si l'aoriste
est J-«-a-j 5 et un — d'amma s'il est J_x_jL> , de cette
manière :
Aoriste conditionnel Impératif
L'emploi du = pour l'impératif est très rare; il n'a
, oi RS
lieu nécessairement, el toujours avec fe (I) que
dans la i forme du verbe dérivé. (V. ci-après.)
17. L'impératif n'a que la 2 e personne; les autres
s'empruntent à l'aoriste conditionnel.
IMPERATIF
r
-
r.
FORME II' HNIQ1 l
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
z
1 PARADIGME
M l v FORME
SINGU
l 1ER
l éminin Masculin
Féminin
Masculin
2
^-.U^f J._*_/
mm . : r
: : : r
Dl 1 L
9e
ii4r i ; ; : r
PLI l:ll 1
» ' -• c r*
_
. '
AG
agissez tous deux, Lou tes- deux. • Agissez.
aoristes énergiques paragogiques d'Erpeniu^).
Indépendamment des formes ci-dessus de l'aoriste, il en
existe deux autres dérivées immédiatement dt l'aoriste
subjonctif Y. ci-dessus, p. 243.).
Ces deux formes, destinées à appuyer, à confirmer
avec énergie l'idée d'une action très prochaine ou
future, onl pour signe caractéristique : la première
un ) redoublé; portant un - • \), r et ajouté à la der-
DE LANGUE ARABE
nière lettre de chaque personne de l'aoriste subjonctif ;
— la SECONDE a un ., sans voyelle ( ., I .
Le premier des deux aoristes l ., ) est nommé aoriste
énergique lourd, et le second i ,, i aoriste énergique léger.
AORISTE ENERGIQUE LOURD
3 e
l re
V
9»
FORME TECHNIQUE
OU PARADIGME
LIGNES CAKACTERISTIQL'Eï
DE LA FORME
SINGULIER
Féminin Masculin
" i : » v = \ . : .
,._L_X_£_!
\ : %\
Féminin
,, — x_i_'
lia: \ :
&
c r
2e
lre
"UJJJLi ~ ULa.
\ :
Masculin
.! '
, • , c
o
Certes, il, elle agira, tu agiras, vous agirez, j'agirai. — Certes,
ils agiront, vous agirez tous deux). — Certes, ils,
VG'lRONT, etc.
248
AORISTE ENERGIQUE LEGER
1
z
z
Kl IRME II' HNIQUE
SK
N'ES CAR ^CTÉRISTIQI ES
-
OU PARADIGME
DE LA FORME
SINGULIER
féminin
Masculin
F
éminin
Masculin
,.. _x_a_j'
t
c
<, , , i. ,
:;-
^-.U*-a_>
. - J
1 .
c
, c '
-■
^_i_x_a_j
^X-fJ
ej
. . . J
.). . . ■>
1"
1 i ljî
:. . . : f
DCJEL
Manque l
PLURIEL
3e
(Manquent)
(M
anquentj
i, t f {, t
C 9 s t
2e
c' • • • 3
ire
C i / c
, . j
u
c' •
Le .i el le ., n'étant suivis immédiatement ni l'un ni
l'autre d'aucune voyelle, déterminent, parce motif, la
suppression des lettres « et _c de prolongation, qui se
rencontrent avanl eux dans la -' personne du singulier
el dans la •> el la 1 du pluriel; l'i du duel seul, qui
devrait aussi disparaître, est toléré devant le .i. —
I
DE LANGUE ARABE 24 ( .)
La 3 e et la 2 e personne du pluriel féminin sont termi-
nées emphatiquement par c i--> au lieu de c *->.
.^ 5. — De l'Adjectif verbal ou Participe
8. — Dans le verbe primitif, la forme de l'adjectif
bal, soit actif, soit passif, est invariablement comme
mit.
OBJECTIF VERBAL OU PARTICIPE, DU VERBE PRIMITIF
ADJECTIF VERBAL ACTIF
ADJECTIF VERBAL PASSIF
(participe présexi )
(participe passé)
SINGULIER
SINGULIER
Féminin
Masculin
Féminin
Masculin
•■ \ '
| ! (, s
J a_X-<5_*
f. - > c ,
/ c c ^
i. . 5 . . .-
... . - 5
>
DUEL
DUEL
l ■■ j * J -
. * -— *— *— -
\ '■■' \ '
/ , <.,
, • > c. •
C
^,!....,
PLUBIF.L
PLURIEL
■ , M f | :>
•
c ij -_?-*-. -•-
\ \
| '
' » ' " ^
x ; >.
Ji' ' •
oi . » . . *•
.,-.,. .fi j
19- — Dans le verbe dérivé, l'adjectif verbal se forme
de la 3° personne de l'aoriste, en substituant un » au -i,
17
250 COURS
et en observant : 1° que le s doit toujours porter le — ;
2° que la voyelle du ? (2 e radicale) doittoujours être un
- à r actif, et un au passif; 3° qwe /a rouelle finale
est toujours celle de lu déclinaison Y. ci-après).
On en verra plus loin toutes les formes. En voici
quelques exemples :
Aoriste : — L£j j] adresse la parole^ — *_Lx_^ adres-
sanl la parole, - — •— ^-~' celui auquel est adresser la
parole.
[orisle :«•-—-:-• il donne une bonne nouvelle; —
j- ï~ -*-* celui qui donne une bonne nouvelle; — j-&*-*^
celui qui reçoit une bonne nouvelle.
Aoriste : y^L*-J il châtie; — ^--i '_*_-- châtiant; —
» î\-x-.' châtié.
Aorisle : j~^-^~ } - il annonce; — ^-;-^~~ celui qui
annonce; j-:-^~* — celui auquel on annonce.
g 6. — Du Nom Verbal ou Nom d'Action
20. le Nom verbal, en arabe j--^-*, est un mot
essentiellement tiré du verbe, soit primitif soit dérivé;
il eu renferme toute lu signification, abstraction faite de
l'idée îles temps et des personnes.
Le nom du verbe primitif a des formes diverses.
Celui du verbe dérivé a des formes positives et réguliè-
res, qui, presque toutes, renferment les. signes distinc-
tifs du \ erbe.
DE LANGUE ARABE 2 ."> I
Il est nécessaire d'apprendre les noms verbaux. On
les trouvera dans le tableau ci-après.
La voix passive n'a pas de nom verbal.
§ 7. — Du Verbe dérivé
21. On appelle verbe dérivé le verbe primitif aug-
menté de certaine* lettres caractéristiques.
Ces lettres, qui se conservent pour la plupart dans
toute la conjugaison et dans les dérivés, indiquent une
certaine modification de l'idée du verbe primitif,
comme de faire faire, d'attribuer l'action ou l'état* de
marquer la réciprocité d'action, la possibilité qu'un fait
ait lieu, le désir qu'il s'accomplisse, la minutie de
l'action ou ['intensité de l'état.
22. Les diverses conditions du verbe, quant à la
signification, se nomment formes du verbe; il en est
dix principales qu'il suffit de connaître en commençant.
Il est indispensable de les apprendre de mémoire.
Le verbe primitif constitue la première forme.
L'ordre dans lequel on les range est établi d'après le
nombre de lettres formatives qui les distinguent, et
non d'après les analogies de signification.
Les grammairiens européens reconnaissent quinze
formes du verbe. Les Arabes en ont constaté davantage
Je n'ai mis ici que ce qui est d'un emploi fréquent.
Il est d'usage d'énoncer les formes du verbe par leur
numéro d'ordre. On dit : tel verbe est à la première
forme, à la deuxième, etc., suivant son rapport avec
l'un des types ci-après. Dans les dictionnaires, elles
sont marquées par des chiffres romains.
TABLEAU DES DIX
FORME TECHNIQUE
VOIX PASSIVE
PRETER! I
j-i+4
f / , / f ( >
f " t ' f ' c r
AjuSULj J.x.i_j I
!»
M.'iiiijue Manque
VOIX ACTIVE
Mi.M VERBAL AORISTE
\ r ariable
•• ( 'l ' '
i±\J6
/
/
/ C. /
/
', » / ,
UloJ
/, / / /
■ / c /
J
î c / c /
I ' '
^4
uu
JJLîi
( x ï -
{ / / <"Â
DE LANGUE ARABE
253
PREMIERES FORMES DU VERBE
SIGNES CARACTERISTIQUES DE LA FORME
VOIX PASSIVE
AORISTE PRÉTÉRIT
. . . i
= / / 9
VOIX ACTIVE
NOM VERBAL AORISTE
Variable
i>- . ■ . I . >
= / / /
/ / /
' / l /
J • J
/ / . / /
/ / c t
• . *->
? / C /
/ C /
Manque
> / c / c ••
Mangue
£ / c /
/ C /
9
10
La deuxième forme a aussi pour noms verbaux : LLuLï
V _*_;_ — "^LjLa — ^L*_9 cl ^ Lx-s [rarement ustiés).
La troisième 'orme a aussi x - -*-- (et N . '..*.-3 //Av rare).
La quatrième forme a ^ IL? L)L*j ei LLxjI (rares).
La cinquième forme a aussi x - -*-?-*; Insi.iihnr Lj^Lxj ,
el la dixième i±*-k — I //r\ rares).
Tous les noms verbaux peuvent se décliner (V. p. 76).
§ v Signification et application des Formes du Verbe
23. /." PREMIÈRE FORME (J--*-?) indique l'idée simple
de l'action ou de l'état :
v — .■..:..-. écrire; *_'._=. savoir; * — -marquer.
24. La deuxième forme (J-*-?) signifie générale-
ment faire faire l'action, mettre dans l'état, attribuer la
qualité, supposer l'étal ou l'action indiquée pur le verbe
•primitif :
*-i-s enseigner ; . j£ taire écrire, enseigner a écrire ;
ru.ù faire ('tuilier; ,-*-■* rendre malade: *_k_i regar-
(1er. traiter comme grand, honorer, etc.
Elle signifie aussi se rendre et séjourner : > ui aller
vers le couchant; :,--■ aller vers le levant; ^.'X_£.
hiverner.
Elle s'applique souvent à des substantifs qui donnent
ainsi lieu h des verbes: J.J.~> enlever la peau 'de jI^
DE LANGUE ARABE
peau); y-^J nourrir avec des dattes de r *_j : dattes);
£---=>. /ewer des troupes (de ^-^ corps de troupe).
Elle indique aussi une idée de minutie ou d'attention
particulière dans l'action : y~*S briser, concasser;
a_ki couper en petits morceaux; - — à-Li fermer avec soin.
25. La troisième forme (J_cl_s) renferme l'idée de
diriger l'action vers un objet; elle implique ordinaire-
ment le sens des prépositions à, vers, contre.
C'est pourquoi le verbe qui à la première forme se
construit avec ces prépositions, les supprime à la troi-
sième.
On dit : i.——~-> ¥ j'ai écrit (h) lui; àwxJLïLi j'ai com-
battu (contre) lui; ^.xJl-jLà j'ai fait face (à) lui; à-iuULa.
je me suis assis (auprès de) lui ; «x__ : ._=J..-^ je l'ai fré-
quenté, j'ai fait société (avec) lui; à_i'^jî. j'ai porté
mes désirs (vers) lui (je l'ai sollicité), etc.
26. La quatrième forme i . J-*-? ! ) a beaucoup d'ana-
logie, pour le sens, avec la seconde :
,— _=J trouver, regarder comme bon : hJL^I faire
asseoir; ^_^o ' renvoyer, faire partir; *v_5i traiter
avec égards, honorer; èJLj ' faire parvenir, envoyer,
transmettre.
La 4 e forme admet l'idée d'une action spontanée, et
la 2" celle d'une action attentive et minutieuse; c'est
pourquoi elles ne doivent pas être confondues entre
elles dans les verbes où l'une et l'autre sont employées.
En voici des exemples : *J_- enseigner, démontrer,
256 cours
«JlcI faire savoir, instruire, prévenir de.,.; Jy-j (en
parlant du Coran) faire descendre peu à peu, versetpar
verset, J— ■' faire descendre tout à lu fois, révéler, ins-
pirer; à_Li faire parvenir, remettre directement, kAs)
iransmriin\ envoyer, etc.
Elle indique aussi, comme la seconde, l'idée de se
rendre en un lieu déterminé : J— ?>' aller dans la mon-
tagne; — >--' aller vers l'ouest; ^J^' aller vers l'est;
w -a--' aller vers la plaine.
Quelquefois un verbe à la quatrième forme a un sens
toul différent de celui de la seconde : O-^ causer avec
quelqu'un, l'entretenir ; ^l--^ 1 créer, établir, fonder,
instituer, construire, élever; ç>j — ? frapper à coups
pressés; <>>•--' tirer au sort, etc. Cela tient à ce que la
racine a deux ou plusieurs significations primitives
distinctes, dont les unes admettent la seconde forme,
les autres la quatrième.
27. la cinquième forme (J-*-^) est nuel<iucfois le
passif de la seconde. Elle a généralement le sens qu'une
chose est ou peut être, ou qu'elle se fait, ou peut se
faire, '/ peu /nés comme nos verbes pronominaux se lire,
se dire, se manger, etc.
*_L*_j être enseigné, apprendre; s_,^- x - J être averti,
prévenu ; >~ \— • se briser, être fragile; (j-r-H s'expli-
quer, se distinguer, être distinct ; j-î^-ï se grandir,
s'enorgueillir ; —;•-*-> s'arabiser, se dire ou se prétendre
DE LANGUE ARABE 25"
Arabe; ~_Hr-> se faire Juif; ^_^f-*" j être surpris, s'élon-
ner ; *-LCj s'entretenir, converser, etc.
28. La sixième forme (J-cLs-J) indique une récipro-
cité d'action entre deux ou plusieurs sujets :
!o_àjL*j' ils se sont tenus embrassés ; L — ïLO ils ont
correspondu par lettres ; IjJj'Lii ils se sont combattus ;.
. r s. y y
L_à_j> — j" ils ont lutté à la course, etc.
Elle exprime aussi la répétition consécutive d'un fait
ou d'une action :
• >--' j~'' ils se sont suivis sans interruption ; l^-ïlX-j ils
se sont multipliés de plus en plus; C J ._*.:> qu'on ne
cesse de l'exalter (Dieu), ^> , --.•->' qu'il soit béni sans
cesse ou de plus en plus.
Elle a quelquefois le sens de se faire passer pour. . . . ,
contrefaire, se rendre, se faire (comme la cinquième) :
s \ s
c---*- se faire aveugle simuler) ; OjUJ' se faire
mort, se faire passer pour mort ; <^> 4-j faire semblant
y y, y .
de pleurer ; , ; -^~' se faire le regard "de travers, simuler
1 y y
cette infirmité. Dans ces significations, la sixième forme
paraît être employée pour la cinquième.
29. La septième forme (j-jwftj)) a généralement une
idée passive ou pronominale, comme la cinquième ; elle
est moins usitée :
c ~c ~~> y y — *
y~als?\ être assiégé ; fj~Ç-i> être mis en déroute; ^ — àUaiî
être lâché, renvoyé; partir, s'en aller, etc.
30. La huitième forme (J-*-^'), d'un emploi plus-
fréquent que la septième, en a toutes les significations :
COURS
^la être n'uni, se reunir; --*-' , être épouvante.
/s I .
trembler de frayeur ; >—- - être averti par un exemple,
\ y y ^ \
profiter d'un exemple ; J- - ■•- être régularisé, équilibré :
être juste, bien proportionné; être égal à ^yJa^s]
s y s c <
euphoniquement pour •^jjJL^e ) être emu, agite;
s'émouvoir, s'agiter, etc.
Il \ a une grande analogie de signification entre la
cinquième, la septième el la huitième forme, qui sont
généralemenl passives ou pronominales par rapport à
uotre langue : dans beaucoup de verbes on pourrait les
employer l'une pour l'autre: l'usage cependant admet
telle forme préférablement à telle autre; il n'y a pas
de règle à cel égard.
31. Là neuvième forme (J-*-»l), rarement usitée,
s'applique spécialement aux verbes indiquant des cou-
leurs ou des difformités :
j-ê-a^ être rouge ;^-f-^' être jaune ; J_?-^' être louche.
32. La dixième forme (J-*jt^-~ »l) marque ordinaire
ment le désir de l'action ou de l'état qu'exprime le verbe
primitif, l'idée de chercher à faire ow à être.... :
/i / / cp . / / c ' «, r*
i -*— : — demander le secours, implorer; »— «-^ '
demander des renseignements, s'informer;^-*-*-— 1
implorer le pardon.
Elle signifie aussi, tomme la seconde : attribuer, tenir
pour, regarder comme, et, par extension, prendre
pour désigner, instituer, nommer :
jr-~~^ regarder comme bon, approuver; *-k*-;-~.
DE LANGUE ARABE 2.'>'.'
regarder comme grand, honorer ; — ~ -^ — prendre ou
designer pour successeur, ou pour lieutenant ; j ]_?-'■'--
nommer vizir; J?^ — •> nommer à..., investir de... ;
^^5-^- ;: — rechercher la société de quelqu'un, le pren-
dre pour compagnon.
Telles sont les significations les plus ordinaires, et
surtout les plus précises, des dix premières formes. On
pourrait étendre beaucoup l'exposé de leurs diverses
nuances, mais il en résulterait une minutie de détails
qui ne profiterait pas à l'étude. En se rendant bien
compte de l'influence qu'exerce chaque forme sur le
verbe primitif, on saisira bientôt, avec un peu de pra-
tique, le sens qui résulte de l'action de la forme com-
binée avec l'idée première.
En résumant ces diverses significations, on voit
qu'elles se bornent à indiquer :
1° L'idée de faire faire, d'attribuer; 2° de diriger
l'action vers ou contre un objet ; 3° de réciprocité et de
continuité; 4° d'un verbe passif ou pronominal;
5 e de chercher à faire et d'implorer.
Toutes ces nuances ne peuvent convenir à la signi-
fication de chacun des verbes primitifs : cela explique
pourquoi toutes les formes ne peuvent, en réalité,
s'appliquer à un même verbe. De plus, parmi les formes
analogues, il en est que l'usage a préférées: c'est à la
pratiqué et au dictionnaire à les indiquer.
Les autres formes du verbe dérivé sont rarement
usitées. Jusqu'à la quinzième inclusivement, elles n'ont
guère d'autre résultat que d'ajouter une idée d'intensité
ou d'éneFgie à la signification primitive. Les autres
l 01 R9
ne son l que des particularités sans importance qu'il
suffira d'observer. On les trouvera constatées plus loin.
La conjugaison du verbe dérivé n'occasionne aucune
difficulté ni aucune modification appréciable. Il esl
bon de rappeler ici que l'on doil Loujours se guider
sur les troisièmes personnes du prétéril el de l'aoriste.
§9. Du Verbe quadrilitère
Le Verbe quadrilitère esl celui donl la racine est
composée de quatre lettrés. Il se représente par le type
J.-^x-i — JJbui-j; il a quatre formes que l'on trouvera
ci après dans la table générale des formes. Comme il
est très rare el ne présente aucune particularité notable,
il ne mérite pas une ('Inde spéciale.
§ 10 De quelques expressions verbales
Il y a en arabe certains mois qui, sans rire des
verbes, participent cependant <lc la conjugaison sous
un certain rapport. Ces mots onl été nommés, d'après
les Arabes : verbes négatif, de louange, de blûme el
d'admiration, .le ne mentionne ces dénominations que
pour mémoire, je ne m'arrêterai pas à les développer.
Voici li ^ faits :
verbi négatif -— — n'être fias
\ a que le l 'rétéril
-IV. I I II. 1! 1.1 M
m' i ••• " i i ' c \
J .-' i:iii *al\ lils
DE LANGUE ARABE 261
VERBES DE LOUANGE ET DE BLAME
Ils n'ont que la troisième personne du prétérit
*_x_i et *_*--< fêm. _^.o._*_ > combien est bon !
i i
-.— .' fnn. O- — j combien est mauvais !
YElîBK D'ADMIRATION
C'est plutôt une formule exclamative, composée de la
particule -* (que....!) jointe à un adjectif superlatif,
mis, ainsi que le nom, au cas direct : 'j...- : , t /' U Que
Zeïd est généreux! — Ou se sert aussi quelquefois de
la forme J-*-?l avec la préposition _> : -x_> ;_j ^j' ()we
Zeïd es/ généreux! A la lettre : Jieconnais de la géné-
rosité à Zeïd.
CHAPITRE III
DES MOTS DITS IRRÉGULIERS
Les irrégularités, en arabe, sont plus apparentes que
réelles. Elles viennent toutes de l'emploi rigoureux de
la forme.
33. Les mots sujets aux irrégularités sont ceux dont
la racine contient, en tout ou en partie, les trois lettres
faibles I j S (V. p. 91 et suiv.).
34. Les irrégularités consistent dans le changement
ou la suppression des lettres faibles, d'après certaines
convenances d'euphonie et d'orthographe.
Ce changement ou cette suppression a lieu quand l'ap-
plication de la forme grammaticale blesse ces convenances.
262 i oi rs
35. La forme grammaticale fait toujours la loi à
la racine.
Causes de la suppression ou du changement
des lettres faibles dans la racine.
PREMIÈRE CAUSE
36. a i es articulations ou consonnes dominent dans
ht prononciation et surtout dans l'orthographe arabes :
c'est pourquoi on évite la rencontre ou le rapprochement
de plusieurs sous rouelles OU 'jUitsi roi/rllrs.
On <lil el on écrit :
i JLi pour j-.î forme J-*J dire.
.O-j — ^— -.:-- — '•'• passer la nuit.
V
id. se lever.
id. aller, marcher.
DEUXIÈME CAUSE
37- b Deux lettres sans voyelle ne peuvent se suivre
immédiatement dans l'orthographe -
1 On a vu plus haut (p. 83, note), que L'1 n'est pas une lettre
réelle: Dan- une racine, il est le support inerte d'un j, ou la trans-
mutation accidentelle et euphonique d'un « ou d'un ^j, radical.
: Deux consonnes, toutes deux sans voyelle, ne peuvent se
suivre immédiatement, pas plus que deux voyelles. La lettre de
prolongation, qui a perdu sa valeur de consonne, sans être pour
une voyelle, intercepte et absorbe le son qui la précède, et
empêche sa transmission a la consonne qui la suit. Si donc cette
te un —, elle se trouve complètement isolée, puis-
qu'elle ri" peul s'appuyer sur aucun son antérieur ou postérieur.
L'orthographe supprime alors la lettre de prolongation, qui est
un obstacle, et met ainsi la consonne en contact immédiat avec la
e précédente
DE LANGUE ARABE 263
II résulte de là qu'une lettre de prolongation dis-
paraît, si, par une application de la forme, elle vient à
être suivie d'une lettre portant le — . On dit :
Lâ_j *J pour J--i-> *J forme l-*-a_) il n'a pas dit.
^ r _j »J — j._; v _5 «J — Jji.ft-j il n'a pas voulu.
J— à — J^-i — J— *-?' (contractée) dis.
Par exception, 1/ ' seul est conservé devant une lettre
redoublée par le —. (V. page 78.)
TROISIÈME CAUSE
38. [c] les voyelles de la forme déterminent la nature
des lettres de prolongation. Celles-ci doivent être en
rapport de figure avec les voyelles qu'elles prolongent.
(Voir p. 91).
Si la voyelle prolongée change de nature, la letlre-
qui la prolonge la suit dans ce changement. C'est pour-
quoi l'on dit :
1i ' \ ' ' t " ' • i * c /
Jl_3 forme J-*-? et Jj— -H forme Jw*_a_>
^ - • z • / •
J.-&L-3 (frjorme act.) J-^-r (3 e forme pass.)-
».*_£_.-
/ ? i / /
11 en est de même du support du = dans l'intérieur
d'un mot : il devient J,j ou ,_£ sans points, suivant la
voyelle influente. (V. pages 93 et 94).
tu
QU AT MEME CAUSE
39. d Qn évite avec le plus grand soin la rencontre
des sons et -- (0 et 1), ainsi que désarticulations 3
et S (W et Y et réciproquement. Ils sont incompatibles
entre eux.
Dans les cas très fréquents où celle rencontre a lieu,
celui des deux sons incompatibles qui est le moins im-
portant pour la forme du mot, se supprime et quelque-
fois se change en l'autre. Le » et le ^c se contractent
ensemble quand ils ne peuvent se supprimer : ils se
réunissent alors par le — . On dit :
'l.^...-- pour L- :.—"--- forme U-l-*-? ils sont allés.
Ljm_> ils iront.
s-* C ^ " / L''^ /
•'J?"
^_: — J...^— ' — J-x-a-j il joindra.
/ " / /
; ./ ? ./ / f i /
es), — , » — toi, — ., aJLcl-s consentants.
, ;*
f
t '
<:-■
/
?
? c
/
2 .
-" »~
-J>
— J-z -3 passe.
(te/. , . ,
— Jo_*_ff— » lance, jeté.
~ />
— - , ;^-:.- 3 — d?-*-£-? toujours présent
— O •- — -• — , » *-? mort.
Dl LANGUI UîABE 21 ■
Dans la forme J---~? lorsque le c (2 e radicale) es(
un * ou un Jr, il se change en = par euplionie. Ce chan-
gement euphonique du j ou du ^c en - a lieu aussi en
d'autres cas. principalement après un ! de prolongation.
Par exemple :
jjLi pour j.li disant.
for i ne J----
marchant.
iJt _ ^uU< _ JL*^ don.
5L _ ctli _
i._St-ï
appel
CINQUIEME CAUSE
40. e Si itrt — de la forme tombe sur mw lettre de
prolongation finale, celle-ci se supprime dans l'ortho-
graphe ;1 \ On écrit :
.-. :t
pour -*u---' for me J-*--' va.
— _r"-<' — J-*-?' vois.
— ^rt-J. *J — J~*-H il na l ,as vu
— J, — L_*_s retourne.
— jr---' — J-*-r' approche.
(1) Cette conséquence est rationnelle : la lettre faible, en devenant
lettre de prolongation, perd déjà sa valeur de consonnes n'est plus
c
(ju'un signe. Si l'influence abstractive du — vient s'ajouter à ce
premier accident, la lettre jaible perd ce qui lui reste, c'est-à dire
sa forme: elle disparaît.
18
266
•l\ll ME CAUSE
41. F On évite souvent, dans un mot, la répétition'
séparée d'une même articulation.
Lorsque la -' et la il radicale sonl la même lettre
il PORTENT CHACUNE UNE VOYELLE, on les réunit dans la
prononciation en supprimant la voyelle intermédiaire,
et dans l'orthographe, par le — .
On «lit :
--.. pour ----- forme J-*-? tenir ferme.
.=J — - — -v 1 — '_*_3l aimer.
SEPTIEME (AI SE
42. G Lorsqu'une lettre de la racine diffère trop ou
irop peu, dans sa prononciation, de lu lettre formulât
itère laquelle elle est en contact, elle se joint à celte der-
nière pur une contraction, ou se supprime, suivant les
convenances de l'euphonie.
Ce principe, analogue au précédent, est commun à
toutes les langues, et présente bien «les formes dans
l'application, Ceux qui comprennent L'étymologie des-
mois t'iamais accréditer, afficher, approuver, e/furou-
cher, toujours, etc., l'apprécieront facilement.
Si l'on passait en revue, pour l'arabe comme pour les
autres langues, toutes les formes de contraction eupho-
nique, on trouverait beaucoup d'analogies curieuses,
dont les détails trop étendus ici ne feraient qu'obscurcir
notre sujet. Je me bornerai à citer ces exemples
d'application :
DE LANGl L ARABE 2()7
(1) *_j',>,! pour *->'.>J forme ^J-Lî] vous avez voulu.
— „.:;_. > — *_:<_.\_*_; v s avez passé la nuit.
%-&->
■*-?!
de leur Seigneur
très rare sur l'eau,
être ému.
, _L _.J _ ^J '.. ^|
-31 _ '« __' t
prendre.
\ — aJ'l U-ï , ! - ' .*_::_.; ' être continu.
être ajouté, naître.
»_> - ' — f -0 ^ ' êtr e m e n t i o n n é .
J._x,_." — J._;>.,._.H — (V.p.95ets.) l'homme.
ç*-[j-j — c-Ihî — J- 5 '— JH1 consoler, assister.
Toutes ces particularités résultent de l'application
rigoureuse de la forme et de l'appréciation de l'euphonie
arabe.
Telles sont les causes peu nombreuses de toutes les
modifications que l'on remarque dans l'orthographe el
dans la prononciation de certains mots. Ces faits très
rationnels embarrassent et effraient beaucoup 1rs com-
mençants par leur aspect. Il est facile d'arriver à les
(i) Toute lettre qui perd sa prononciation en conservant -a forme,
ne doit plus porter aucun <iu'ne.
apprécier tous, si l'on nese préoccupe d'abord que de la
KORMl NORMALE.
l'on r étendre l'application «les principes que nous
venons d'exposer, voici un tableau des irrégularités.
On pourra le consulter au besoin et y étudier, dans
leurs effets, les causes que nous avons signalées.
PRINCIPALES DIFFICULTES ORTHOGRAPHIQUES
MOTS
dits
\ I MM
TYPE
GH VMMATK \1
c ii respondanl
RENVOI
V U X ( : \ i SI -
de
['irrégularité
(V.p. 2i>2)
SKiXIFIGA'l luN
F il
F
G
D
D(2
il a lui.
lu \ nul .
prends, prenez
il joindra.
U s'esi joint.
1 L'impératif _s vienl de l'aoriste c litionnel —*-}. forme
euphonique pour „
'l \ . p, 2i5 commenl l'impératif dérive de l'aoriste condi-
ontiel .
DE 1. AM.l E VKABE
269
MOTS
dits
[RRÉGULIF.ns
!
TY p E RENVOI
AI LIEU vi \ caoses SIGNIFICATION
GRAMMATICAL (le
correspondait
-_3
.. ;
li
i; i - i : ;
:_3î , y.
c. —J s J
C • L "
l'irrégularité des mots
(V. p. 262)
A - C il a dit.
' j'ai dit.
dis.
J^_i_, jjjj ! JJLLî a
il dira.
A- G il a \ endu.
. \
LîL» ,JJ-i
JUJ A
D
'ai vendu.
disant.
J-,
D - C on a dit.
' ' i, \ V_x_3 ' ! A-C il a accompli
(1) On a vu (n° 11) que la 2' cl la l ro person l'un temps se
forment de la 3 e ; V. ci-après, p. 277, lignes 13 el suivantes.
270
MOTS
ans
irri gui h i;-
\i lll i
I > Il
RI SVOJ
mx causes SIGNIFICATION
I, \U\I.\ I H \l. lll
litii-uul.ii ité m - mots
correspondait j gQ 2 )
\ i|
UJlS! a-b
j'ai placé
|_x_3 A C il es! parvenu.
< »
aJLjuJ
/ je suis parvenu
\
(V. lechdid, ' i' a jpasséla nuil
p. 78). y ■' '
-' HJ ' A
A- C il esl venu.
il esl allé
i -
: • i
elle esl allée.
il- son! allés.
il- mit consenti.
DE LANGUE ARABE
271
MOIS
AU LIEU
TYPE
RENVOI
M \ i VUSES
SIGNIFICATION
dits
GR VMM VTICAL
de
IRRÉGULIERS
DE
correspondant
l'irrégularité
(p. 202,
DES MOTS
; • i ;
J.-i
J. X— -
D
le" '
— — ;.^v
y
~ .>«.
JULL, ! c
j-^La.; C
il ira.
il consentira.
ils lanceront
(aor. énerg.)
ils consentiront
(aor. énerg.)
ilréprimandera,
domination.
description, for-
me.
action de s'oc-
cuper de. . .
clé.
/ V. p
\ 263.
nécessil <■.
MOIS
AI 1 III
i in.-
•j VJ
ï'JJe
^" J "
jj i
. _. ._?
■■ : t
° r
Lf-
\
- r
;n \ mm \ ' h w.
\ ^ -> I
LbLk^f 'bLusï
LiJ '
Lsl
.x. .3
RENVOI
M \ i V 1 SI -
SIGNIFICATION
alarité
(V. p. £62)
m - MOI S
A (1)
prière.
D-D
lenteur, g n<\ ité
D-G
force.
E
\ a .
G-E
vois.
D B (2)
consentant .
G
application,
technologie.
] Le mot s'iLo esl souvent écrit s^Ji—o ; il en est de même
nots s^; aumône, redevance à Dieu, el sL*a»» , aie. La plu-
parl 'les copies du ( oran onl < onsi rvé le » dans ces mots, au
lieu de le changer en \ suivant l'analogie.
_■ l tanouin v. p. 76) est l'addition de l'articulation ^ a la
voyel atielle d'un mol indéterminé. Bien que ce ^
présente par le redoublement de la voyelle, il n'en a pas
moins une influence orthographique réelle, et, conformément a
la règle B, il fail disparaître la lettre de prolongation qui vien
drail à le précéder.
DE LANGUI VB \VE l~'->
§ 2. — Des Verbes irréguliers
Après les observations qui précèdent, je ne parlerai
des verbes irréguliers que pour ne pas laisser les per
tonnes qui étudient l'arabe étrangères aux classifica-
tions établies d'abord par les grammairiens musulmans.
et reproduites de confiance jusqu'à ce jour par les Eu-
ropéens; je ne les regarde pas comme indispensables à
l'élude. Ces classifications minutieuses ne sont que la
nomenclature ingénieuse d'un grand nombre de faits
appartenant aux causes sus-énoncées. Il ne faut pas
s'étonner de l'extension qu'on leur a donnée; il faut.
au contraire, savoir gré de ce qu'on n'a pas indéfini-
ment multiplié le nombre des catégories.
Cette complication tient à ce que le génie des Arabes
s'est toujours laissé absorber par de pointilleux détails,
et ne s'est presque jamais élevé aux causes en remon-
tant le cours des faits. Leurs grammairiens, peu habi-
tués à l'induction, peu à même de comparer, ont souvent
pris des effets pour des causes : c'est pourquoi ils ont
posé sans nécessité un si grand nombre de règles. Les
influences de la forme sur les articulations faibles « ^c
dans la racine, ont donné' lieu notamment à la forma-
tion de catégories fondées, non sur des principes réels.
mais sur la seule apparence des faits. Les Européens, se
fiant trop au jugement des Arabes, et ne tenant pas
assez, compte de l'esprit de routine de ces derniers, ont
cru devoir suivre leurs errements: c'est pourquoi ils ont
reproduit, les uns d'après les autres, des théories qui
ont bien pour but de démontrer les lois de la langue
arabe à ceux qui les ignorent, mais qui ont l'inconvé
nient d'être comprises par ceux seulement qu'une con-
naissance profonde met à même de s'en passer.
Voici les principales catégories des verbes dits irré-
guliers :
I M Série. — "Si rbi - sourds.
I Verbes sourds. Donl la seconde et la troisième
lettre de la racine sonl semblables, el se réunissent «m
certains cas par euphonie. Y. pag. -'»<». F) :
JLi tenir, pour :... : :.- boucher, pour ;„\..
1 1 S< •>' . - Verbes hamzés.
1 l erbes hamzés de -. — Dont la première radicale
est un :
,_.--' commander; 3_àJ prendre, recevoir.
'.\ Verbes hamzés '/*' ç,. Donl la seconde radicale
est un :
( '. — interrooer : *L_i être sinistre.
V' Verbes hamzés de J. — Dont la troisième radicale
est un :
ll_-- emplir ; !*_s lire.
III e Série. — Verbes impari ut6.
Verbes assimilés. — Dont la première radicale esl
un . ou un j: :
_— 3 ; — _jj_à_> (D) s'arrêter : — .• — _.- .• sécha .
c Verbes con< vves. - Dont la seconde radicale '-- ;
un . ou un _-, changé en ' au prétérit :
•Là — ^—i-' se lecer : U~^> — _^-kj rire hou.
DE LANGUE ARABE 27ii
7° Verbes défectueux. — Dont la troisième radicale
;sl un « ou un J :
'-.-• — -j—.' commencer; -.C 1) — C .C_- pleurer .
IV e Série. — Verbes doublement imparfaits.
V e Série. — Verbes triplement imparfaits, etc.
C'est-à-dire toutes les combinaisons que peuvent
prendre entre elles ces sept premières espèces de verbes
irréguliers : telles que : hamzô de ^_~ et concave;
hamzé de ^ cl défectueux ; hamzê île ^ 9, concave et
défectueux; assimilé et hamzé «le %\ assimilé, hamzé de
* et défectueux; assimilé et défectueux, etc., etc. -
Ces verbes, malgré leur irrégularité prétendue, se
conjuguent comme J-*-3 en tenant compte des parti-
cularités orthographiques ou euphoniques résultant de
la nature de leurs lettres radicales. Un peu de tact,
résultat d'une certaine pratique raisonnée, en fera com-
prendre Ions les détails mieux que de minutieuses
théories, qui exigent une étude longue et aride et
n'amènent qu'aux conclusions les plus élémentaires.
Pour faciliter la pratique, et éviter de nombreuses
indécisions, j'exposerai ici les principales modifications
de certaines racines dans leur conjugaison.
1 Les verbes dont la troisième radicale est un a , el ceux où elle
est iiu^ donnent à cette lettre, quand ils ont la forme J-a-s. le son
d'à an prétérit (3 € pets. Mais il faut observer que les cerbes termi-
- par un & représentant généralement le son a par \; — Et ceux
•jui sont terminés par mi_ ç conseroent cette lettre mer le son cî'a;
c'esl ce qu'on nomme V\ bref. V. p. 74).
|2 V. pour tous ces détails, l'admirable Grammaire arabe de
M. le baron Silvestre de Sacv.
I \ l RBES -"l RDS.
- . i i J.-«-3 — J._x_.i_.' i boucher
VORIST] INDlCATIf
_ _■_.. j — j — j' j..~._>, etc. F
VI IRIS 11 i OND1TIONN] I.
;. ....' rè-ijul. el - - j conti a< té.
F ôij_^
2° VERBES HAMZÉS.
Très peu de modifications. Il faut avoir soin d'obser-
ver < jut" le . est une lettre solide dans presque tous les
as. mais que la lettre qui lui sert de supporlest subor-
née à la voyelle influente (V. p. '.)3).
3 VERBES ASSIMILÉS.
Les verbes assimilés dont la première lettre radicale
est un - perdenl cette lettre ù l'aoriste J._x_a_j d .
i._.^. -.--■ i..^_: poser.
a._i . zi^) s_jLj tomber, arriver.
: , . :>_: : aller à l'abrem oir.
Ceux qui onl pour première lettre un _- n'offrent pas
imalie sensible.
I VERBES CONC VVES.
s verbes dont la 2 e radicale est un • ou un
DE LANGUE ARABE
t
__". changé euphoniquement en au prétérit, quand le
verbe est de la forme J-*-? A .
JU — Jj-àJ ( J-*- J — J-*4->) dire
PRÉTÉRIT ISTE INDICATI1
OJU JLJ i.i-5 Li-J etc.
iORIS I E CONDITIONN I I
L_JLi Uu etc.
. J_*_f — J._x_i_:) marcher
AORISTE INDICATII
J^J U^-: etc. B
Al IRIS! E CONDI ri"\ '
,_-._:• _.* — .■ etc. ,b
A la seconde et à la première personne du prétérit,
ï'1 est supprimé à cause du — du J (B et p. 'li\'l. note).
1 1 faut observer que dans ce cas la voyelle de la première
radicale est analogue à la nature de la seconde radicale
retranchée : c'est un — pour un ; , et un — pour un s _c.
A l'aoriste conditionnel, le — (\u J fait supprimer
Ja lettre faible; mais il ne faut pas perdre de vue que
l'effet cesse avec lu cause. Ainsi, au pluriel !^L*_£_j, on
écrirait U._ A_j et L» ~— \. On dirait de même à l'impé-
ratif, qui est formé du conditionnel : J — à et j--^—- —
L* et Uî—— .
278
5 \ ERBES m l h I I EUX.
...... - -ï—s-i (J-*-? — J * j \) aller
P RI i i ! ; l 1
VORIST]
Singulier
Singuliei
masc.
linl
v Ùla n. 1
j\i j
B
'
*■""
etc. D
mbjoncl .
< iondit.
[Et
Duel
Pluriel
IL
Duel
.-■» Sa ' - anomalie)
Pluriel
'.7/1. Illiisr.
/ D v [ndicatif '•Ju a i^J (D)
— v ' ^ ■ •• . •• c >
Subionct. . »~-«^-' ("D)
i Iondit.
l^i^J (D).
._:_.• — ç i ; (J-*-? — J-*----/ /r.s/o'
l-l: 1 I I.IM I
Singulier
ion i
Singulier
[ndicatil _i_Lj etc. (D)
jubjonct. ,.£_*->
i lit. . i ;
(A)
E
1>L I. \M.1 1 \l; VBE
279
Duel
fêm.
masc.
l '
Pluriel
(D)
Duel
Sans anomalie)
Pluriel
fêm. masc.
Indicatif
^.,, ^y^> (D )
jubjonct. >t _*JL»_j (D)
'._;. i_j j Condit. ILaJLj (D)
Les adjectifs verbaux actifs de ces verbes font :-_.--
et ^ ^1-j pour c ---- et çsLj (D-B) (JaLs) au nominatif
et au cas indirect V. ci-après) ; ils sont très réguliers
au cas direct.
Je n'étendrai pas plus loin cet aperçu ; il suffira, je
pense, pour préparer les commençants à l'observation
des faits : car il est indispensable d'acquérir, par l'ap-
plication, une expérience qu'aucune théorie ne saurai!
remplacer.
CHAPITRE IV
DU NOM —Il
Sous cette dénomination, les Arabes comprennent le
substantif, I'adjectif et le pronom. Nous traiterons de
chacune de ces espèces de mots en particulier.
280
. Ol RS
SECTION PREMIERE
?; 1. Du Substantif
43. Le nom substantif est primitif nu dérivé. Le nom
primitif rsi celui dont la dérivation ne peut rire gram-
maticalement appréciée. Il n'est astreint à aucune forme
araclèristiqut .
EXEMPLES DE SOMS PRÏR S.
i ; , . (leur. rose.
J-Li datte.
J.-^»..çl... coing.
...j_^ lentilles.
J-a.. pied.
1 — x , homme.
. ,-? ' homme.
*_~=_.-- contrée.
_■'_.._; jujubes.
., Z d'il.
j — ,! lion.
lion, bête féroce.
a-^paume de la main,
j: ) lion.
; i faul observer que lorsqu'on : I m ni un mol arabe, on
néralement la coyellejtnale. On dirait donc ouard,
el non ouardoun. — A la i lis d une pi riodi . la voyelle finale
subil une modification dans sa prononciation : si elle es! simple,
ononci pas; si elle a le tanouin, celui-ci disparaît, el
l'on prononce la voyelle seule. - J'ai déjà fail remarquer qu'un
md nombre de voyelles, lanl intérieures quejînales, s'éli-
denl comme cela a lieu chez nous p »ur b laucoup de lettres ortho
graphi |ues Ainsi non- ne tenons pas compte il.' imites les lettres
[uand nous disons, par exemple : elles nous avaient pn
nus ç aient le lendemain. Sur cinquante-quatre lettres,
i prononce a peine ici trente-quatre, el les autres, tant ooyelles
que consonnes, ne sonl pas sensibles. Ceci peul faire comprendre,
DE LANGUE ARABE 2 S 1
Ces mots sont nombreux. Leur signification n'est pas
indiquée par leur forme, et ils ne viennent pas d'une
racine usitée avec un sens analogue. Il ne faut pas s'ar-
rêter à les analyser, mais seulement tâcher de les fixer
dans la mémoire. Ils donnent souvent lieu à des dérivés
comme :
J-aj-j forme J_x_fl_j' mettre pied à terre.
-\. — J— *-5 fleurir.
^J et *-*J'l Ua et 'je 1 produire des dattes.
* > t f ' r t
izjy-» ïJj-x-3 virilité, courage.
44. Le nom dérivé <■*( relui à in racine duquel une
forme caractéristique a été imposée.
EXEMPLES DE NOMS DERIVES.
vjL-j'lï bon ordre, errang*. forme J._._^4-' n.verb. 2 e f.
tYyzl* Légalité, — j\*1;jL\ h. r. 10* f.
ï_£-,LjlJ contestation, — LLéLL» n. r. 3 e f.
'Lî_ï marchand de dattes, — J'-*- n .de métier
„__£_-- cle,
JULlL» //. d'insW
rtlii! achat, act.d'achet er . J^jLs 7 n. r. 8 e f.
par analogie, pourquoi la lecture courante en arabe diffère Je l'or-
thographe, au moins pour l'élision de quelques voyelles. Quant
aux consonnes, à très peu d'exceptions près, elles doivent toutes
se prononcer.
19
Js^ COI RS
Mans les mois dérivés, la forme esl régulière el serl à
caractériser la signification ; dans les mots primitifs
elle esl arbitraire el ne porte aucun indice spécial.
On connaîtra les tonnes des mots dérivés, par l'étude
des faits grammaticaux suivants. Quant aux mots pri-
mitifs, l'usage seul peut les enseigner.
g 2. Des principales espèces de Noms dérivés
1. NOM VERBAL ,.X*3^J I
45. Le nom verbal ou nom d'action (V. ci-dessus,
p. 250) est /<■ mot déclinable qui exprime d'une manière
abstraite l'idée du verbe, comme état cl comme fait.
^J: frappement, coups, <lc ^_j>yo frapper.
_-,-•- étal de maladie, maladie, pr- 8 tomber malade.
ï-3yju> connaissance, savoir, s $jjz savoir.
_--.'4-> répartition, ^_j^s répartir, diviser.
,^lsl acl de tain- savoir, avis, JUl prévenir de...
\ \
I \ I Ml'l I -
. _- ..-.- y ..^ il le frappa d'un frappement vio-
lent il le battit violemment .
- _ .•:'__' îiCJIj jXxjLLc! je vous ai renseigné sur
l'événement, d'un renseignement complet (je vous ai
complètement renseigné sur le fait).
Comme 'tu le voit, une des fonctions du nom d'action
esl de reproduire l'idée du verbe ou de la corroborer
DE LANGUE ARABE 283
d'une manière abstraite et souvent adverbiale : c'est par
là surtout qu'il se distingue du nom substantif ordinaire,
Dans le verbe primitif, le nom d'action n'a pas la
précision qu'on lui trouve dans le verbe dérivé (V. ci-
dessus, pp. 252-253) ; ses formes sont nombreuses et
à peu près arbitraires: l'usage et le dictionnaire peu-
vent seuls indiquer la forme ou les formes qu'il prend
à chaque racine.
Voici les types principaux du nom d'action à la
1 re forme du verbe f 1 ) :
J— *-3 J._. x_2 Jl_ x_3 .l_x_3
iXU
.,^l_x_? J-_ x._? J._.._*_3 J^JLa-J
,- — x_3 j^_.-_x_3 ^— l-.., *.., 9 a I * a j
JL*_a_j LJa-Lx-i i j'_x_; J. x_?
46. Le //o/n verbal tient souvent lieu du verbe lui-
même et gouverne comme lui :
11 fut châtié pour son action de léser les serviteurs
(de Dieu, les gens).
En français : il fut châtié pour avoir lésé les gens.
(1) V. S. tie Sacy, Grammaire arabe, t. i, p. 283.
-! v i COURS
II. NOMS DE TEMPS ET l>K LIEU KJl L oU>^ .^»~Jl I 1 ) î %U>
47. Le //"//' de lieu et le nom de temps sont des mots
dérivés exprimant le lieu ou le moment de l'action. Ils
sont de l'une des formes J~*-a_P, J-*-v e( t)Juu>. Ainsi :
: — :..-- lieu, place, de a- -r. poser.
__ -- le levant, l'orient, s $»_£. se lever (If soleil).
_ . £_-» le coucher, l'occident, ^_>-^ se coucher (id).
j-s— a chapelle, mosquée, j-k-~ se prosterner.
,_w habitation, logis, . Y S — se loger, habiter.
_--'—' retraite, séjour, j.1 séjourner, se relir 1 .
s — - petit phare (minaret), ,Ls luire, éclairer.
; • temps, lieu de nais- f .
sauce, - .Jj enfanter.
: j>.. .-• lieu, temps d'une pro-
messe, As. promettre, vouer.
III. NOM D'INSTRUMENT Uj , — ,1
I
48. Le nom qui indique l'instrument ou l'objet avec
lequel on fait une action est de l'une. des formes J_*_s_^,
*_!*_/ et ÏUJu..
li Le mol ^3 — li signifie a la lettre un case.
DE LANGUE ARABE 283
Ce qui le distingue de toutes les autres formes ana-
logues, c'est que son .» caractéristique porte toujours
un kesru — .
Voici des exemples de noms d'instruments :
Ljl — * scie, de ,._xu_> scier.
,-LxJL^ clé,
L
^._v_3 ouvrir
C
.yj-z-* balance, ;.; * peser.
L-ij-x-A cuiller, ^__ v_s puiser, plonger.
2>jr-*-* lime, :>j-j limer.
^I.j-^ javelot, j,; lancer, darder.
IV. NOMS DE METIER OU D INTENSITE ijJLw» *_~J
Les noms qui désignent des professions ou des
métiers sont en général de la forme JLsL-9. Ce sont de
véritables adjectifs employés substantivement dans le
plus grand nombre des cas.
On les trouvera ci-après aux adjectifs.
V. NOMS n'UNITÉ (V. ci-après : Du Singulier)
VI. DE QUELQUES AUTRES FORMES SPECIALES DE NOMS.
Les noms de la forme £_L*_3 indiquent généralement
le contenu, la plénitude, à peu près comme chez nous
les mots terminés par ée : bouchée, cuillerée, etc.
(S. de Sacy, Gramm. ar., t. i, p. 307.)
281
'. t
_ boih'liee.
-^-._ a poignée.
_.^_.-v la verdure.
,_; f _.x gorgée.
x_i_v_^ assemblée, total.
à f-su^a la couleur jaune.
La Formé ïJl_*_9 Indique souvent une portion, un
fragment : i_i^k haillon, morceau de vêtement ; i-èy-s
section, fraction; 'i \n à sillon de charrue, morceau de
terre, ' v tc.
La forme Jl-*_5 indique généralement des affections
ou des maladies : J.-*.~ toux; ^UJ hépatite, etc.
La forint 1 ï-i\-*-s indique le reste, le résidu, une petite
portion : L~cl.J rognure; Li-L». raclure, etc.
SECTION DEUXIEME
DE L ADJECTIF.
Nous distinguerons sons cette dénomination l'adjectif
verbal, l'adjectif qualificatif' et l'adjectif relatif. Quant
à l'adjectif conjonctif, vulgairement nommé pronom
relatif, il en sera traité séparément.
L'adjectif verbal et l'adjectif qualificatif sont essen-
tiellement dérivés du verbe; — l'adjectif relatif est
formé du nom.
8 i. — De l'Adjectif verbal J jv-a-a-J \ *-~oU ^J~cLaJ\ <s ^* j \
Nommé aussi participe, nom d 'ag-i x i et nom de patient
L'adjectif verbal est, comme le verbe, dune forme
active ou d'une forme passive.
DE LANGUE \HABE 28"ï
49. L'adjectif verbal actif exprime Vidée /l'une action
que l'on fait ou que Ion. fera dans un moment présent
ou futur, ou d'un étal accidentel, ou passager.
Par exemple: <^-j\S ,_;' je suis écrivant (j'écris) ;
I S '' * 9
L^-j> î. c-wJ j'étais étant à cheval (j'étais à cheval).
ï-£JLi j»y&1 > i) J_^^j!
Je serai ou je dois être plaçant sur la terre un repré-
sentant (je vais ou je dois placer sur....) (Cor. ii, 28).
Les Arabes le nomment: J-slkJ! *-J />o/// ofe l'agent.
50. L'adjectif verbal passif indique une action subie.
faite ou faisable, un état prolongé ou permanent.
Par exemple : *«.& g->» compris et intelligible : *Ja_x-^
H - • ft . [ i
honoré, e£ honorable; , . ;> _x_-- connu, et digne d'être
connu, avouable, convenable.
it i ; rt c ' u
—5-:. .* — *-? —
Il dit: Quel est votre message, ô vous, députés?
(Cor. xv, 57).
Il dit : Certes, vous êtes des gens récusables.
(Cou. xv, 62).
« quelle noble amie, si elle eût accompli sa pro-
messe, ou si elle eût accueilli mes conseils ! o /." /ettre
il Le trait placé au-dessus des mots arabes dans un texte équi-
vaut à celui que nous tirons au-dessous dans notre écriture, ou à
nos caractères italique*.
>-
porte : si elle eûl rendu vraie sa chose promise, et si le
conseil eûl été accepté. [Bànat So'âd, vers 6].
Les Arabes nomment l'adjectif verbal passif * — '
J t » ■» & N y/o??? dw patient.
51. Les adjectifs verbaux s'emploient souvent comme
noms, ainsi que ceia a lieu chez non*.
On dil : . -—.G un écrit ; *JLs un savant ; ^'~i un
cadi {un jugeant); ^— ---- un mufti (wrc décidant).
Les formes des adjectifs verbaux ont déjà été expli-
quées ci-dessus, p. 249.
§ J. Adjectif qualificatif C->_*— i_J\
Les adjectifs qualificatifs se placent toujours après le
lutin qualifié. On ne dit pas en arabe : une bonne terre,
niais une terre bonne : *-^> ^~j .
52. Les /ormes les plus fréquentes et les plus caractéris-
in/ ues îles adjectifs qualificatifs sont : S-:-*- 3 — Jj-*-? —
,J.x.î -- ,^.l.x3 — JUj et J-*-V- Exemple :
}----- long, grand.
*_j »_f généreux, noble.
._'._:. élevé, auguste.
____.> fort.
__*_j e/j e— j prophète.
, ~;.^ indulgent.
^_^_5_3, compatissant.
.L_~-*J somnolent.
J) . si,?
J-U-* nu.
.La.^-3 satisfait, joyeux.
, _a_£ très indulgent.
LU,! brun (teint).
DE LANGUE ARABE
28
ADJECTIFS DE METIERS.
53. La forme JLL? (rarement LJULi) a la signi-
fication de l'intensité d'une qualité, ou l'habitude d'une
action : c'est pourquoi elle indique très souvent un métier
ou une profession. Ainsi :
..-.J? très inique.
. »lJo très menteur.
^_jL»j très libéra!.
L_*Xs et *^Lc très docte.
L»L$L? ^ (.L^J très intelli-
gent.
Jl_à-a> portefaix.
j— sr- ■ menuisier.
rLLi maçon.
-!='_ 1_^ calligraphie.
~X_s laboureur.
54. La forme J-*J>' I 1 ) caractérise les couleurs en
général, les particularités physiques ou les difformités du
corps. Elle indique aussi la comparaison (V. ci-après).
p — j.l blanc.
• ■• •
v-^-^J rouge.
noir.
:, ;' bleu foncé.
.-j—^' jaune.
^— --' noir (/'"•//. /e teint).
ç_&^1 aveugle.
, — -' borgne.
_.joJ bossu.
j. — a.! louche.
(1) Cette forme est de celles qui n'admettent pas le tanouin à leur
désinence (V. Déclinaison).
290
Il y a d'autres formes d'adjectifs qualificatifs plus
rares et moins distinctes. En voici la liste :
Jjlj — , .w difficile.
\~x-ï — ^~o^ beau, bon.
}~*~ï — yLà. grossier.
U*_3 — ip mince.
décrépïl et
misérable.
brave.
»-j dormeur.
1^ _ Jl^ (1
oux.
JJi9 — *—-•-■•- très véridi-
i|tie.
* **j> — ...j.? 1res saint.
Les deux dernières sont un augmentatif des formes
! «Jet '-*_?.
COMP \li \ I 11 I I SI l'IlîLATIF.
55. La forme J-*-?1 exprime aussi l'idée de notre com-
paratif et de notre superlatif. Elle est alors une modifica-
tion de l'une tirs for airs J-*- — J--'--- — J— *-? — J^-*-?
auxquelles seules elle s'applique. Ainsi, de
. — _x bon. on fait
^.*.~r difficile,
*J _s savant.
■
J._.._!._i peu abondant,
J— ~- long,
_ _".!- bon,
,j-a_i indulgent.
, — a.! meilleur, très bon .
,_. .*._-' plus, très difficile.
*_Lc! plus, très savanl .
J._j' moindre (pour JAstj
J^-L' plus, très long.
s^-J»' meilleur, très bon.
r _A_c1 plus indulgent.
DE I.W.I I \HABE 291
Applications :
(l)^_j_c -r _-- J-^s-?! --->., Zeïd est plus excellent
que ( .,..-•) 'Amr.
JLiJI .,_-- b_jsljI J__s_*JI l'intelligence est plus
utile que la richesse.
*_Li' i^'. Dieu le sait (mieux que
personne) ( 2 ).
,_*~_=J _* L- « v _x_.- 2 il ne sait pas ce qui est
le mieux.
jJaj] ç'AlîU'lll ïl'UlJl !,! l'habileté dans les affai-
res est bonne, mais la
piété est préférable.
*_• vj._x_j v-JLcl -_j , l_3 Dis : mon Dieu est plus
savant (quepersonne)
sur leur nombre.
Cor. xviii, 21).
§ 3. — Adjectif relatif i ^**v^L_*J^ ^-lo^l
L'adjectif relatif est le mot qui exprime une qualifica-
tion tirée d'un pays, d'une famille, d'un objet ou d'une
(1) Le nom propre » *-_£ l Amr, qu'il ne faut pas confondre avec
, — »_£ l Omar, est très fréquent dans l'usage aussi bien que dans
Jes exemples de la grammaire, où il est employé avec le nom j^-i ;
Zeïd, comme chez nous, Paul avec Pierre. En Algérie on le pro-
nonce 'Amer ou l Ameur.— Pour éviter de le confondre avec , — „.-£,
on le fait suivre, dans l'écriture, au nominatif et au ra> indirect,
d'un a orthographique, placé après les voyelles des cas: a, _*._£ et
2 , — »_£ (au cas direct, il fait \ __»_*).
(2) Cette locution est employée après une assertion dont on laisse
la'garantie a Dieu; elle exprime le doute.
292 COI RS
idée, comme en français algérien, mérovingien, céleste,
i ssentiel, etc.
56. L'adjectif relatif a pour signe distinctif le j.
ajouté comme terminaison au mot dont il dérive.
Exemples :
ç-j»-5 arabique, arabe, de ^_<>-- Arabe.
-. Syrien, ,LàJI la Syrie.
oiy — impérial, .UaL, chef, souverain.
^- >~
~jL,L Sassanide, ,»l — ' — Sâçân [nom propre).
c-*Jls scientifique, théo- ft c
riiiue, %-Ls science.
_JlLc pratique, J— *-s action.
^-'-.'j^v du fer, ferrugineux, -'-.--^ fer.
Les mois terminés par le > perdent cette lettre :
~__0 Mekkois, de 'L.\J> laMekke.
c-*-i>L9 Fat imite, JL^-LLa Fât'ima(w. pr. /iéwi.).
j-ia réel. A„8...g.» vérité, réalité.
57. Quelques adjectifs relatifs se caractérisent pur la
l'uni le ^--' comme :
çjU... spirituel, ttc -.«, esprit, âme.
— C J
^-Lw..-n corporel, matériel, % — a. corps.
DE LANGUE ARABE 293
i çjIJlJ de Médéa.( Algérie), LjjJ(waI) Médéa.
^_'< ( j_._CJ d'Alexandrie, Ij.JjlCJ Alexandrie.
Quand le mot dont se forme l'adjectif relatif contient
des lettres faibles, il est soumis aux modifications eupho-
niques et orthographiques dont nous avons exposé les
lois ci-dessus, p. 262 et suivantes.
Quelques mots subissent, pour d'autres causes, de
légères modifications qu'un peu d'attention fera saisir.
Je me borne à ces exemples, qu'a recueillis M. de Sacy :
_-Ci_- royal. de _^.C_L,- roi. vice-roi.
Sjj^ de Mésopotamie, >V-^' Mésopotamie.
_-%-• '^ d'Alger h!)-^ 3 ' Alger.
^_J •_■_* de Médipe, ^_._.;j_-- Médine.
ç-^*-3 de K'oraïch, A-> ^ Koraïch (tribu).
JU, Tavyte, 2 ■- T'ayy (tribu).
L, o-jwJ
c
du Prophète, C ....J' le Prophète.
J.--- hostile, _.J_£ ennemi.
r^_.\-*_-- virtuel, _x_;_*_.-- sens, idée.
,.ik^_-- de Most'afa, ç>_&Ja-^» Most'afa [n. pr.
(1) Quelques grammairiens, Ebn-Ferh'âl entre autres, rejettenl
l'emploi de la terminaison j\ dans ces deux derniers cas à cause
du ^ qu'elle remplace: mais l'usage iz< '-in'* rai l'admet par euphonie,
au lieu de ,«_Ji>«_«J et ,«_j : ,,>_^_5Llo\.
. I 11 RS
s-f lie Bokhara, j^L^-f Bokhara.
^c^--+ céleste, L* — ciel.
__-_•' paternel, ^_->l père.
_-•,', de lu'w. _-, Reyy (ville).
c. -- du Tabaristan, .,' ►--^ Tabaristan.
^JLk' d'Abd-el-Mot't'a- _iUi i^ 'Abd-el-Mot't'a-
leb, leb.
^c,*S-i d'Abou-Bekr, ,_x_.' ._■' Abou-Bekr.
__■._-—' nomade, : ^—> vastes régions
où campent les Arabes i impropremeni appelées Déserl I .
C'est ainsi que chez nous certains adjectifs ethniques
et patronymiques présentent quelques altérations plus
ou moins graves de la forme normale, comme Touran-
geau, Ponentais, Bourguignon, Aucitain (d'Auch), etc.
SECTION TROISIEME
DES DIV] RSK> < "Mil [IONS DES NOMS ET DES ADJECTIFS
§ 1. — Du Diminutif _
Beaucoup de noms et quelques adjectifs peuvent
admettre l'idée diminutive de l'objet ou de la qualité
qu'ils expriment. C'est ainsi que nous disons, pour
indiquer la petitesse, la grâce ou la dépréciation des
personnes, des objets ou des qualités : fillette, femme-
lette, gentillette, tablette, etc.
58. ïji forme typique du diminutif est J._ : ._*_?.
caractères distinctifs sonl : I" le — sur la pre-
„ DE LANGUE ARABE 295
mière lettre du mot; 2° l'intercalation d'un j; après la
seconde lettre, qui porte toujours le — . Exemples :
^^_.-L? petit cœur, de , JLs cœur.
i_*_lli petit fort, L*iJ forteresse.
j_._^ petit, humble esclave, Jw~s esclave, serviteur.
Si le mot dont on forme le diminutif contient plus
de trois lettres, non compris les indices finaux du
féminin (> : ou J>, la lettre qui suit le j; est toujours
suivie du — . Exemples :
^jtj-i-A bleuâtre, de s $.:) bleu.
- >j . : - à -s petit scorpion, . >j-i_s scorpion.
iy _Ja — L~ petit souverain, .LU — souverain.
t
petit démon, .,LL__^ Satan.
Les mots dont la forme n'admet pas le tanouîn au
positif, ne le prennent pas au diminutif.
Les noms des formes w-*_î ainsi que les mots ter-
minés par .!— venant après quatre lettres et plus,
conservent au diminutif la finale .,' — . Exemples :
,L-.X~ un peu ivre de .\-\— ivre.
,^ll_~i' un peu paresseux ,~.^S paresseux.
,Us-liJ un petit Locman ,LX_iJ Locman
'.I1JL*J un petit 'Imràn olr-*- 5 'Imrân.
JUl=; un peu de safran '\'\ c - safran.
296 cours
Si le mot contienl des lettres faibles, il subit les
modifications que l'euphonie exige. On dit par exemple :
^♦_>^-s petit cavalier, rir , -..Ls cavalier.
. ..■--• petite balance, .,'»—-■* balance.
_ — petit vieillard, _---- vieillard, cheikh.
L C
, — Ub petite autruche, , — Lis autruche mâle.
j ' noirâtre, i» — ' noir.
£_* — ,v^ petite assemblée, LcL*^. assemblée.
Lj j-Zo petite chose, un peu, 2 c _^ chose.
>►->.: petite maison, ,': maison.
I fans lesdeuxderniersmots, le - a étéajou.té pour mieux
seoir la prononciation ; on a dit : H.j-^ (vulg-'j et ^.j;- 5
au lieu de _-^-- pour- ? c __ .£. et i-^-. Cette addition'
euphonique du ï au diminutif a lieu souvent dans les
mots très courts pour en compléter l'étendue, LiJL_JJ
somme disent les grammairiens arabes.
S 2. - Du Genre
59. // y a 'leur genres en arabe: le masculin et le
féminin. lisse reconnaissent en général par le sens ou
par la terminaison.
II suffît de connaître les indices du féminin pour
distinguer le masculin.
DE LANGUE ARABE 1\) i
60. Les noms spécialement féminins par leur signi-
fication absolue ou relative sont :
1° Les noms des êtres femelles ;
2° Les noms de localités ;
•'! La plupart des noms des parties doubles du corps :
la main, l'œil, etc. ;
4° Les noms de collection ou pluriels irréguliers
(V. ci-après) ;
5° Les mots et les locutions énoncés d'une manière
abstraite, dans les commentaires et les analyses gram-
maticales ;
6° Les adjectifs, les pronoms et les verbes qui se
rapportent à des mots féminins.
61. Les mois féminins par la terminaison sont ceux
dont la finale a pour base le son A, exprimé orthogra-
phiquement par 'i par J ou par _j, (alif bref, p. 74),
quand ces mots ne désignent pas des êtres mâles.
Tout mot qui n'a aucune de ces terminaisons, et qui
n'est pas féminin par le sens, peut être, à priori, consi-
déré comme masculin.
Ces trois terminaisons s'appliquent ainsi qu'il suit :
62. 1° La plupart des noms et des adjectifs masculins
deviennent féminins en prenant la finale ï—, de celte
manière :
Masculin. Féminin.
*_s oncle paternel, l-^-z tante paternelle.
» 1 " ' c
La_L petit garçon, L-La_L petite fille.
20
298 cours
la.? chat, ï-îa_i chatte.
\__^_f grand, âgé, >^- :: — ^ grande.
,1 îLê fâché, irrité, LjU— ja_c lâchée.
63. -" Les adjectifs J-*-?1 indiquant les couleurs
ou /ex difformités (n° 54) /bwi aw féminin ÙL*J>.
Masculin. Féminin.
ja jI blanc, îI_^=_._j blanche.
' ' <-\ > ~\ "■
Se ! noir, ,bj._~. noire.
— Ls! aveugle, îLv_*_c aveugle.
Jj-a.! louche, sYj_=v louche.
64. 3° Les adjectifs J-*-?' indiquant la comparaison
in" 55) font au féminin J-*-f.
Masculin. Féminin.
lir ~-^ très bon, -.wa». très bonne.
rr J'l plus, très grand, Sj-^r- tn>s grande,
JJ premier, antérieur, J,^! première.
^_3il plus prochain, l_.._^ plus prochaine W.
1 Le mot Lx_3J3\ la plu* proche, s'emploie pour désigner la cie
temporelle, '-c monde-ci, et quelquefois l'U/iircrs. On sous-entend
s<v_^_x^, la vie . «.._àJ\ ^.Lx^ "W\ 1_a_3jJ1 8_^_^_s:\ L,oj « c/, Ja oii
» présente n'est qu une jouissance trompeuse. » (Cor. ni, 182.)
DE LANGUE ARABE 299
f S c /
Quelques adjectifs ,.X*j (sans tanouln) font au
féminin JJi: c ,Cd œre, féminin ^%JL'. — On dit
^_L1-^ femme grosse (sans masculin).
Le mot a=J mh, fait au féminin ^jSl.) une.
65. Les adjectifs J~_*_? rt j^_*_ ? son* quelquefois
employés ainsi pour les deux genres.
On dirait, sans indice du féminin :
" W • i
.^A_i, reconnaissant, — te.
-- vieille femme.
À? menteur, — leuse
Y ■ / -
J-^-' tue, — é
ee.
On peut y joindre les adjectifs LJlU — LfjLa — î Lia
- ^.U_^ — J..x.i.., _ J..._*.^, qui sont presque toujours
invariables, car ce sont généralement des noms
abstraits de qualité employés comme épithètes.
L'usage a rendu arbitrairement féminins certains
mots qui n'ont pas la terminaison de ce genre : on les
reconnaît facilement dans les textes parles pronoms,
les adjectifs ou les verbes qui s'y rapportent.
En voici quelques exemples :
ja.) terre.
„ fî
.,-' oreille.
►«-aJ âme.
^i>-> cavité, ventricule.
U
(j-^-E œil, source.
et ' E
__^_j , ' lièvre.
,Lj feu.
if i, /
»• soleil.
300 COURS
D'autres mots, sans terminaison caractéristique, sont
masculins ou féminins suivant tel écrivain, ou par
l'usage 'le telle localité : c'esl à la pratique à les appren-
dre ; la grammaire n'a pas à s'en occuper.
Enfin il y a en arabe, comme dans un grand nombre
de langues, des noms masculins qui ont pour féminins
des mots d'une origine toule différente. Ainsi :
Masculin.
pere,
J-9*. homme,
.,L^s_a. cheval,
^Co coq,
J— *-=». chameau,
j — ' lion.
Féminin.
*! mère.
I
A femme.
i^ jument (M.
i_a.La.j poule.
LiLj chamelle.
a J lionne.
Les noms d'animaux surtout renferment cette parti-
cularité.
§ 3. — Du Nombre > jk_s>. — SI
66. Les Arabes ont trois nombres: le singulier, le
DUEL et le PLURIEL.
Ml SING1 I OU, DE L UNITE, DU NOM SPECIFICAT1F.
Le singulier, que son nom définit suffisamment, se
distingue par l'absence des signes du duel et du pluriel.
] l mot ^ _s signifie aussi un cheoal.
DE LANGUE ARABE 301
67. Indépendamment de l'idée générale qu'on attache
au singulier, les Arabes indiquent, par une espèce
d'énergie, l'unité absolue de l'action ou de la chose, en
ajoutant un ï au nom singulier qui l'exprime, '"est ce
qu'ils appellent le nom d'unité et le nom d'espèce.
Bien qu'on attribue au premier la forme £JL*_9 et au
second LJlJLs il est bon d'observer que le > caractéri-
sant l'unité s'applique encore à des mots de formes
très diverses : c'est pourquoi il n'est pas exact en fait
d'établir des catégories spéciales pour cette désinence.
On peut dire, en général, que le * de l'unité est
applicable à la plupart des singuliers exprimant une
action ou une espèce d'êtres ou d'objets, et qu'il indique
l'action faite une (ois, Impartie d'un tout, unseul des indi-
vidus ou des objets désignés collectivement par le mot
singulier, ou l'idée abstraite de l'action. — ■ Exemples :
/ c /
v y Y -<s action de frapper, Lj >_*» un coup.
jJh^ action d'extraire, ïa.Là.1 act. d'extraire une fois.
.—.-j paille, Ljl_*_ï une paille, un fétu.
jL^s. pigeon (espèce), JL^Lo. un seul pigeon.
i.j fleur, rose (espèce), tï. 3 une rose.
^^-xS action d'écrire, £_*_x_5 act. d'écrire, écriture.
DU DUEL.
Le duel est un nombre intermédiaire entre le singu-
lier et le pluriel ; nous ne le connaissons guère que par
la langue grecque. Il se rencontre aussi en arabe, et
indique l'idée de deux personnes ou de deux choses.
302 i oj rs
68. Le duel se forme en ajoutant au moi singulier la
terminaison ,1 qui marque le nominatif, et devient
.y~: — dans les noms cl dans les adjectifs, au eus direct et
au cas indirect. (V. ci-après, Déclinaison.) Par exemple :
ER. Dl' Kl..
Nominatif. Cas dir. et indir.
J-^-j pied, c , ' - ^J l^"\J deux pieds
/ / / / /
"/ / I / / / c / / /
.^...j.-- ville, ,..;:.^..'j-^ >r xJjA^ deux villes.
/ ' / '
'// ,/// t / / /
£_; — an, j - ; — ' — (j/^-*-* - deux ans.
/ /
__._.' maison, tente, L o*- x -H (j-t- /L H deux maisons.
£ ' y t . -. ; / t. = 9 /
.j_c ennemi, ., --■- ^j-?.»---- deux ennemis.
» -* b .s considérable, .»U-Joi ^^.aJas considérabl
c
es.
♦Jbu il sait, ,_^.-x.j ils savent tous deux.
JL\_xj il cause, ,..^J..\_.> ils causent tous deux.
c;
Si la dernière lettre du mot singulier est une lettre
faible, on tient compte des lois de l'euphonie (V. ci-
dessus, p. 262 et suiv.). Ainsi l'on dit :
SINGULIER. DUEL.
Nominatif. Cas dir. et indir.
i / I ' I • c ' l '■
~ -i cadi, .,._...^._3 .t^osj deux cadis.
? ' y s
.y ,s s / t. s s /
._.^_- bâton, j ----- ^.j-*" deux bâtons.
y t \ y y y c y y /
2 — s jeune homme, i-.--? c r-r~- ;: -r deux jeunes h.
^1 père (p 1 ^!), C »L—:' \j-tj-^ deux pères.
L^_^ rouge (fém.) . <r, t ,
DE LANGUE ARABE 303
DU PLURIEL.
L'exposé de la formation du pluriel est un des points
les plus difficiles de la grammaire arabe, et l'on y a
accumulé un grand nombre de classifications minu-
tieuses, dont la plupart ne contiennent que des faits de
peu d'importance, ou très rares et presque exception-
nels. Il n'est pas surprenant qu'avec un tel système,
qui est celui des grammairiens arabes, on ait obscurci
la question au lieu de l'éclaircir.
Les pluriels arabes ont des formes diverses que l'on
peut ainsi apprécier : les unes, positives et à peu près
constantes, s'appliquent à des espèces déterminées de
singuliers; — les autres, extrêmement variées, n'ont
rien qui les distingue des mots singuliers, et ne suivent
pas de loi rigoureuse dans leur application. Les pre-
mières seules doivent être étudiées : on connaîtra les
autres par l'observation et par l'usage.
D'après ces considérations, nous nous bornerons à ran-
ger la multitude des pluriels arabes en deux catégories (*),
dont il ne faut pas prendre les dénominations dans un
sens trop absolu : Tune, des pluriels positifs, et
l'autre, des pluriels arritraip.es.
(1) Je ne me crois pas obligé à suivre l'usage, ou plutôt la rou-
tine des grammairiens, qui comptent, entre leurs nombreuses
classifications, près de cinquante formes de pluriels, réparties en
soixante-neuf séries de singuliers. Une pareille complication, pure-
ment minutieuse et subtile, n'est pas de nature à rien apprendre à
ceux qui ignorent, et mérite a peine d'arrêter l'attention de ceux
304 COURS
La première renferme ceux qui ont une forme dis-
tincte et un emploi déterminé ; la seconde, ceux où
l'idée de pluralité, ou plutôt de collection, n'a aucun
signe extérieur et est tout implicite.
Beaucoup de singuliers ont plus d'une forme de
pluriel, soit arbitrairement, soit d'après la différence de
leurs acceptions. Les adjectifs verbaux et les adjectifs
qualificatifs ont presque toujours des pluriels spéciaux
quand ils sont employés comme noms.
Il ne faut pas oublier (pie les mots pluriels, comme
tous les autres, subissent les lois de l'euphonie quand
l'application de la forme rencontre une des articula-
tions laildes ', ; ou _£. (V. ci-dessus, p. 262 et suiv.}.
PLURIELS POSITIFS
69. Les pluriels positifs sont ceux que leur forme
caractérise, cl dont on peut facilement reconnaître le
singulier.
On peut les réduire aux quatre espèces suivantes,
établies d'après leurs caractères distinctifs et leur
application.
l'i; i:\ii i:\w-: KSPÈCE. — Pluiuel par terminaisons
70. La première espèce est particulière aux adjectifs
qui savent. Je renverrai, [mur tous ces menus détails, entre autres
excellents ouvrages, à ceux de MM. de Sac y, Martelotto et Lumsden,
ainsi qu'aux grammairiens arabes eux-mêmes. .Si je trace hardi-
ment une voie nouvelle, ce n'est pas par le désir d'innover : c'est
pour faire éviter a ceux qui étudient une route longue et pleine de
détours, par Laquelle on arrive presque toujours trop tard, quand
on ne reste pas en chemin. Mon bui n'est pas, comme parait être
i des grammairiens arabes, de disséquer les faits qui n'ont plus
de vie pour en cataloguer les fragments, mais de faciliter l'intelli-
gence de ceux qui existent et la production de ceux qui doivent être.
DE LANGUE ARABE 305
verbaux, aux noms de métiers et aux adjectifs relatifs.
— Elle a pour signes caractéristiques les finales longues
., °- et o>- |! > substituées, suivant lesqenres, aux dési-
nences brèves analogues du singulier . — Elle a aussi la
finale »_ ajoutée à certains adjectifs relatifs.
Les grammairiens donnent au pluriel par c »j- et
99 i / 9 .. z: . 9 c y . .
^-•'-le nom de pluriel réqulier J— u s^s-' ; ils nomment
toutes les autres formes pluriel irrégulier ►-..~A_;J t **=..
DEUXIÈME ESPÈCE. — Pluriel par l'intercalation
DE L' \ OU A LONG.
71. La deuxième espèce appartient a un très grand
nombre de singuliers de quatre lettres, ainsi qu'à ceux de
cinq lettres dont la pénultième est une lettre de prolon-
gation. — Elle a pour indices l'\ ou A long, mis après
la seconde lettre du mot, et le — ou I après la troisième.
— La voyelle finale ne prend pas le tanouin.
TROISIÈME ESPÈCE. — Pluriels spéciaux
DES ADJECTIFS ^J-cLs ET ^l_-*._.S._3
72. La troisième espèce appartient aux adjectifs J-cLj
(1) Les terminaisons ^m— et djV_ du pluriel dit régulier, ne sont
que le changement en longues des linales brèves — et a_ du singu-
lier. Ce fait a échappé à l'observation minutieuse des grammairiens.
— Je pen-e que la finale ^3— n'est qu'une voyelle prolongée dans
un tanouin, dont le <j_, perd régulièrement son — , parce qu'il vient
après une lettre de prolongation (V. n° 37). La finale ^j\— peut être
aussi regardée, en certains cas, comme la prolongation de \_: c'est
encore un tanouin prolongé.
COURS
et J-r-*-? employés comme substantifs. — Elle a pour
signes caractéristiques les [ormes sx_*_3 J 1 -*-^ J-*-s e<
^ . ;<
QUATRIÈME ESPÈCE. — Pluriels des noms de trois lettres,
i I I>E QUELQUES ADJECTIFS.
73. Lu quatrième espèce s'applique généralement auj
noms singuliers île trois lettres et a quelques adjectifs. —
Elle n pour signes les (ormes JL*_s J^-*-? J 1 --*-^ et
• / / ■
BÉTAILS DE L'APPLICATION DES DIFFÉRENTES SORTES
DE PLURIELS POSITIFS
PREMIÈRE ESPÈCE
signes : finales .,;- }nasc., oL fém., ï-, adj. relatifs).
application: 1° aux adjectifs verbaux (participes);
2° JLÏ.? (n. de met., n° 53).
3" relatifs (n° 56).
Exemples :
M VSCUI in FÉMININ.
Singulier. Pluriel. Singulier. Pluriel.
iJli sachant, ', Jjll iJJli oÛIJ
„ * , • , '> » , „ , ■ ,
,._-- — » croyant. .,..;_^»^ ^jlp^ oAj-»^
<s /•-* l^ •-* ^ ^
p, - ' / , - / " / = ' „ s ~ '
^]\S menteur, .,-.•' j-f i_j|J_T cX>lJ^
sorcier, .• , ,Lsr— a,L=s— oli'-ar—
Égyptien,
-J v-'-^-
c
••/
c._«2_2_a. H'afs'ide, .»^_*ajL». Lwo.fla oLwwi.ft.î>
DE LANGUE ARABE 307
Les adjectifs relatifs indiquant le rapport à un pays,
une secte, une raee, se mettent aussi au pluriel par la
simple addition du s, lorsqu'une idée de généralité
n'expose pas à les confondre avec des féminins singu-
liers. On dit :
Singulier. Pluriel.
—g : -> hanafi secte), ï_._i_L^ les hanaii.
o_CJLp maleki, id. Ll_xJL>> les maleki.
"-' s s " s /
- ! ' c ' '' = i ' c '
-jLdJLc ottoman, *_*_>L*ji_o ottomans.
Un petit nombre de substantifs et d'adjectifs ont
arbitrairement les terminaisons , — et C^i- :
MASCULIN. FÉMININ.
Singulier. Pluriel. Singulier. Pluriel.
. >-> î (i) fils , . , ,_;_> cJu oLlj
~ v-3 joyeux, ^y-^j-*. *^V? ^'-=v-?
)Lc monde, .tj-*JU (sans féminin).
i
DE LA TERMINAISON
74. La /îna/e ot- foin/ qu'appliquée généralement
auxpluriels féminins, caractérise aussi d'une manière
absolue le pluriel :
1 ' De la plupart des noms terminés par » »! et _-"- ;
il) Le mot ^»->\ est pour ^~^~> (V. n° 42); de même que son
féminin Cl^— ^_> est pour k*_^_.> puis JL_A_>\.
108
2 Des noms d'action du verbe dérivé;
i! Des mots étrangers ;
i Elle s'ajoute aussi à certaines formes absolues de
pluriel dont on veul restreindre l'idée; c'est ce qu'on
appelle pluriels île pluriels.
En général, elle s'emploie dans les mois arabes ou
étrangers auxquels, par défaut d'analogie, on ne peut
donner l'une des autres formes de pluriels usitées.
Exemples :
Singuliers.
s\;_i incursion.
j\ -l-s». jardin.
. i_^_w ciel.
A^Jl£-o discussion.
^_i^_ia chemins.
Pluriels.
. - .1 î -.
iuguliers Pluriels.
.Xjo bouleversement. djLv.lij
qIax« ( ramad an.
l—^oL^ pacha.
j\„-i,=>. officier-général
s-' y
Pluriels de pluriels.
jLâU,
missives.
maisons.
Vl_£».. hommes.
IUI XIÈME I SPÈC1 Pluriel par tM
signes: I" intercalation de I'- (A long) après la
deuxième lettre du mot singulier;
2° emploi du — (son d'I après la troisième
lettre ;
3° absence du tanouîn.
application : A la plupart des mots singuliers de quatre
lettres, et à ceux de cinq lettres dont
l'avant dernière est une lettre de pro-
longation.
DE LANGUE ARABE
309
Cette espèce de pluriel est la plus nombreuse dans ses
applications. Ce fait est resté inaperçu des grammairiens.
Les deux premières lettres du mot, dans ces pluriels,
ont toujours la voyelle — (A). Toute lettre de prolon-
gation venant après la troisième, qui a le — , doit être
nécessairement un ^_£. (V. les règles d'euphonie, p. 'H')'l
et suiv . i.
Le s final d'un singulier ne compte pas pour une
lettre, et ne modifie en rien la forme du pluriel ; on le
retranche toujours, quand il existe au singulier, et on
l'ajoute quelquefois à certains pluriels. Exemples :
Singuliers. Pluriels. Singuliers. Pluriels.
v_ — !Ls> moule, forme. vJ^J\_^_à A_a_^_s vaste région ^_z\S.-s
de sable.
£\J-J^° Id. AsT°
lA-^^-^o^o calamité. v_^_3L^iyo
oU»^-»*> sultan. -...^-.k^Lvo
S siège, chaise. **i\j£
^volr». bu l'Ile. jA*j^U-a.
X-^-^l.'S disciple. i Jo*-^»SL->
(Si le s" s'ajoute, le ^ j a_L-*\}_>
se retranche).
r*-r
chapelet.
>Lvwo
C5""
_.> _»»a marocain.
.1 :*. autocrate.
C_33-3^-=>- boutique.
dj^-**--> puce.
iÀ_J . LsLo
8 t-A.
310 COURS
<f / l : ''' / c
0d peut ajouter le mol pluriel ou collectif .uaJsl (JU-s')
ongles, griffes, qui prend une double forme de pluralité :
.- s h\. Quelques autres mots se trouvent dans ce cas :
»— ' nom. plur. U— \, plur. de plur. f — -J On a vu
plus haut (p. 307) «pie la forme la plus commune des
pluriels de pluriels est la terminaison oî—
Les Arabes confondent le pluriel par ' dans les t/ua-
torze formes suivantes : J-jL*-? — Jl*_s — J--^--? ~ J^j?
- jjlii - jj& _ LÙLo - j^L»f - S-^ - j-clii
— J_^La_> - LUlXï - JxUu» - ,y*Aju> (1).
w " / • / ' " • ■
Fi H: Ml'. (il_»_a
On peut rattacher celle espèce de pluriels, usitée dans
quelques mots, à la forme précédente. Elle ne diffère
que parce que la troisième lettre est suivie d'un — (A),
au lieu d'un — . En voici quelques exemples : L>j,.z don,
/ " /
pi. '--.'--*; - _->•-'" sentence, pi. ^jI-xj; — J?— )-\
siège, pi. -~ p. On l'applique aussi à quelques adjectifs
1 Dans L'exposé des pluriels, les grammairiens arabes ne se
soiil 'irrêtés qu'aux formes qui caractérisent la nature des mots,
en perd an I de vue ce qui marque la pluralité: ils ont divisé en
quatorze espèces un pluriel unique dont ils n'ont pas aperçu les
iudi I ints, el ne se sonl pas doutés qu'ils consacraient
quatorze fois la même chose. C'est comme si chez nous on préten-
dail conquérants, appréciables, etc., sont autant
de formes différ ntes ■!" pluriels, parce que ces mots sonl de natures
diverse M de Sacy, qui le premier a débrouillé le chaos de la
a pr nti l'analogie de ces formes, et les a réduites
fories.
DE LANGUE ARABE
311
/ ~
de la forme .,--*-? sans tanouîn) : .^S—> ivre, pi. ^$.\SL,
/ / 9 9 ' ^ / / / S 9 / G /
(et 3y^—)\ — J^^ agile, pi. J>U= ; — j'-^-j repen-
tant, pi. ^tU (i).
TROISIÈME ESPÈCE
~ ' S 9 " = 9 " = * ~ /
signes : formes ;-._*_3 — JL*_a — J--*-? — ï^L*-3Î.
l I y
application : à un grand nombre d'adjectifs J-oLs et
surtout J-:-*-? employés comme noms.
Exemples :
Singuliers.
« 11 s. savant. iL^._l_.
-_£l_*o poète. ^U_3i_*
/^ — ' t
tA-a-d^L lieutenant. A_a._X_à
ance. i
Pluriels. Singuliers. Pluriels
Z*-Ul-£. ti
_^_- JaiL orateur. *
« jLS endormi.
^..jLia soumis.
e- a
(1) La forme (J.LsLs peut être d'autant mieux rattachée à la
grande série des pluriels par l'\, que. la plupart des mots auxquels
elle s'applique ont aussi l'autre forme. — On dit aussi bien aLX_s
que ^£o,l_^_3, — ~^AyS que -«j\.._S', etc. Le — parait n'avoir été
substitué au — que pour l'euphonie dans certains cas . Quant
au y adjectifs o^— *-$ , dont la voyelle finale n'a pas de tanouîn,
on peut observer que le ^ qui les termine n'est pas compté pour
une lettre réelle, mais comme une espèce de tanouîn prolongé. Ce
qui peut corroborer cette opinion, c'est, d'une part, que les adjectifs
■J^.-s.-'i i acec tanouîn n'ont pas cette forme de pluriel : et, d'autre
part, l'observation que j'ai faite a la note de la p. 305, sur la
prolongation du tanouîn.
312
>/v_--«— à-â doc t r en droit, fL-^-ia
. à_s pauvre. A ,_b_3
_SLa. chef.
? L5L^
=~ ami, iL-âLa».!
Jo médecin. i\ Z-b\
_i riche. iL> Li\
La forme bL*_j! s'applique parliculièremenl aux
adjectifs J — *-s venanl d'une racine sourde ou dêfec-
tueuse.
ni \ ll;li;\li; ESPÈCE
signes : formes J 1 -*-? — Jjr*-r — J'-- 51 -?' — AJjijI.
application : 1° aux substantifs de trois lettres en
général ;
î' i " 'i
^ a quelques adjectifs J---3 — J_„_x_3
Observations. — La forme LLx-sl est plus spécialement
employée pour les singuliers J~»-? et Jj-*-? venanl
d'une racine sourde ou défectueuse. — Quelques noms
singuliers, notamment le nom d'action du verbe à la
3 e forme, ont aussi le type J'-*- ? .
Singuliers. Pluriels. Singuliers. Pluriels.
maison, tente.
O-^ ->. milice, légion. ;>^_>L-r».
^ ^., homme. ^Jl_2»..
t ,'t* . >'. :
-\_jj_s, morceau pièce. ci j,
tt ! I i
Jys^Xs. contrepoids. J\a_s\
Singuliers.
i ^_>3 loup, chacal
J-J^-l» long.
1} j-jl-cjô repentant.
p'i— ï i our -
>_!->— >._>o mort.
,_AaU protecteur.
DE LANGUE ARABE
Pluriels. Singuliers.
I!
1-5 \
^
jiX— s ennemi.
_1_-**; ancêtre.
<_î vers (poésie).
_X_£». aile.
_vL_£ bride.
aL^o\ imam.
313
Pluriels
i' ^ » >
Les pluriels de la seconde, de la troisième et de la
quatrième espèce,, appliqués aux adjectifs, s'emploient
«ans distinction pour les deux genres. De même que les
pluriels arbitraires ci-après, ils sont en général, pour
les substantifs, considérés comme des noms de collec-
tion, et comme tels mettent au féminin singulier les
verbes, les adjectifs et les pronoms qui s'y rapportent.
Il en sera question dans la syntaxe.
'. s \ t s
Les adjectifs J— *-3 et JU*-? sont quelquefois employés
comme singuliers et comme pluriels.
Pour résumer la théorie des faits qui précèdent, nous
allons exposer dans le tableau suivant le rapport des
formes des pluriels positifs avec les singuliers qui peu-
vent les admettre. C'est un document qu'on pourra
consulter au besoin.
(I) On a vu. ilans la note de la p. 311, la dilTérence, pour le pluriel,
.des formes ^^L-s-s et ^\L_s_3 avec et sans tanouin).
i m us
RAPPORT DES PLURIELS POSITIFS AVEC LES SINGULIERS
ET RÉCIPROQUEMENT
CAR VC1 1 RI S
\ Mllil ET FORME
FORMES
N \ Tllit.
1. 1 FORME
^ 1 1 OnMES
in s SING1 I.IEBS
iiks SINGI in ilS
a. -s plui iels
auxquels ils s'appliquent
DES PLI Ul II S
auxquels i
s s'appliquent
PREMIÈRE ESP1 1 i
QUATRIÈME ESPÈCE
ctifs \ erbaux.
substantifs
adjectifs
i / relatifs.
quelque i n irns el a Ije Ht-.
1
o^*? ~ *
\
1 J-*3
1 *
is_
adjectifs relatifs.
J-*-?
n. terrain, par s A ^_
', n. d'acl . des \. dérivés.
J\_1as
' il noms étrangers.
" c'i
rarement à qq .
s'ajou te aussi à qq. pi.
J^-k.?
J- a3 /
adj. J-»L*
DEUXIÈME ESPÈCE (Pluriels par \)
Mots de quatre lettres.
\_ apr. la 2 e 1.
. .,„ i — de cinq lettres, dont
— sous la 3 e .
/ 1 av.-dern. esl un
Pas de tonoo n. lun^ouun^
J-f*
1 " /'
1 J-**
J-~*?
TROISIÈME ESPÈi l
" ,
Formes : ". ,
V s>" £ ^
/ ^j.^.a.3 1 adjectifs employés
y
JU3
J^f?
\ 'M
omme substan-
;, /
dérivés d'une i
J *-*-*
J_ C U \ tifs.
iA_l_-a_3 \
racine sourde
jJLa
lÀJlfila
nu défecl ' .
j£\L*4i
J^*î
veaanl parlicul 1
; ic sourdt
■ m défectueuse.
J**?
DE LANGUE ARABE 315
PLURIELS ARBITRAIRES
75. Les pluriels arbitraires sont ceux dont la forme
n'est pas distincte de celle des singuliers, — ou dont l'ap-
plication est soumise à des causes cariées et peu précises.
Pour éviter ici de longs détails qui ne seraient que
minutieux sans être utiles, je me bornerai à signaler ces
pluriels à l'observation. La liste suivante, sur laquelle
on pourra jeter les yeux de temps en temps, permettra
de se familiariser peu à peu avec les pluriels arbitraires
et de les reconnaître dans la pratique. Les exemples
ci-après ont été choisis dans toutes les applications.
EXEMPLl s
Formes
des pluriels Singuliers Pluriels
*. » . .V chose précieuse. k asH
j^-iJ autre (fém.) l_ll
i_j^_3 bourgade. _- v _,l
"> / ' — V
L-Ls^ barbe. {^J
y ,L_x_S livre.
J I j._j occiput (du cheval).
X_A_jj._* ville.
j_j } ,_j m o n i t e u r . ' j_i
' j
Jj— j apôtre. J_^
t r ■ r
316 cours
Formes
des pluriels Singuliers Pluriels
^ J_*_ÎL1 1)1 ((SC. 1
ÎJJ ) ~, c , y rouge. *J_^
v L5_j aiguillette. *iXCj"
Ljlst^ épreuve, malheur. :.r- srja
. 6. o-l-rs anneau. ^_i_l_^
'" x_i / Jjli chorchant. lA±
/
',"1
V. /
„ \
Ï 1 . . \ W
I
C
s / / /
JJLL étudiant (D. i_JLi,
■ /
s*_»L_j vendeur. a_^1_j
> --? cadi. sUzlJ
/ p^j berger. HLsJ
ili singe. ioCa
~.ftj mari woiiju.v). *-=?-3\
; — > cruche. s: *_T
r _^_^ branche. i._;_^-s
M Le mol i •vi'Ja veui dire 7'" cherche (la science). Il signifie un
lianl qui perfectionne des études élémentaires. Kn Algérie, on
intiers le nom do tâleb h tout individu sachant un peu
lire • ' esl synonyme de lettré, ou homme instruit, ce qui
u'implique pas toujours une connaissance réelle. — Le pluriel
1 indique la catégorie la corporation.
DE LANGUE ARABE
317
Formes
des pluriels Singulier;
f / t
frère.
g-azelle.
^bLi garçon.
Pluriels
°J-=
j
L=s. voisin.
I_*-~o petit enfant.
.. / <~
c
,bU_3
.La souris.
.L_a. voisin.
~' frère.
C
JU-i gazelle.
>iLc garçon.
ja_)l_3. mur.
enfant.
?L~ — j femmes (col/.
c'"
, ^.1-3 cavalier.
jJL> ville.
U
[)SJJ
.c, pain mince et rond. .J-f-*
c' • J
Formes
uriels Singuliers Pluriels
LaH mer. L.i-' 1
LL* oôte. JLLJ
c \- coudée. & ^
.,_--- d'il, source. .»~r~-
j._._s esclave.
U
\
,i_*_a. âne.
- -^ pèlerin delà Mekke.
->*-? \
« /
^
v_^_"_* mort. )1_^
) ^,\J._> succombant. .\_.1_j-
-' i , / . . / c. /
f w&_»_aJ sot. c .i_.v_^
^L-^i irrite. ^--^
\ * ' oncle (paternel).
I
1 <
oncle (maternel). SL)«»-a
yJs-^- pierre. s.Lâr-^
' / \ ' /i /
/
J^'...l compagnon.
DE LANGUE AUABE 319
On peut ajouter à tous ces pluriels, ou, pour mieux
dire, à tous ces collectifs, les formes suivantes, dont
quelques-unes présentent des analogies que l'on saisira
facilement : ■
ï_;_~, année, plur. )y s , et ,.,_,_; .
A mère, o'-fr-^ I (jpl. par o'-)
*U eau. , , , ,
— ? bouche. 5 'j-?J (J '-*-?')
Le mot .Loi (..i^jL») homme, fait , -UI (JUj) et
par contraction ^Lj. — Le mot s)*-*) femme, tire
son pluriel d'une autre racine et fait ?L~ J (racine c ~3,
ou plutôt jw) forme jl-*-9, ï*-~J (LL*j) et ,iL-».i
Les mots composés de plus de quatre lettres (non
compris le s) forment ordinairement leur pluriel par l'I
intercalé (n°71) et rejettent les lettres qui dépassent
l'étendue de la forme J.jLx.3 ou JJLxj. Ainsi J-^^a—
coing, fait -.-*«-; o^-î^-s araignée, fait w^ulç, etc.
Quelques mots ont deux ou plusieurs formes de plu-
riels, soit arbitrairement, soit à cause d'acceptions
diverses qu'ils possèdent. Tels sont, par exemple :
320 COURS
y^&s. temps, siècle ou époque, <pii fait ai1 pluriel ,-■---
1 — ^-- bâton, pluriels : .~as. — ^j — ,a_&! i LjLsI)
-r — - (»'//, soaiee, homme notable, etc., pluriels : v - --'
fi./ / t c • * t t
j — ; serviteur, esclave, a les pluriels .,<.--*.:. — j....-
-' ' - ! r ' I "|, / " _'
( j / | s y i / s c • "T/fc/
<s / /
*'\X\ \\\1
/ s
Je n'étends pas plus loin ces exemples, dont le déve-
loppement est du domaine de la lexicologie.
§ 4. — De la déclinaison et des cas
76. Les substantifs, les adjectifs et même, par ana-
logie, l'aoriste des verbes, se déclinent.
Les signes de la déclinaison ont déjà été indiqués ci-
dessus (V. p. 76). Nous allons en démontrer les effets.
Les noms que prennent les voyelles désinentielles
indiquant les cas, viennent des cas eux-mêmes, qui se
désignent ainsi :
NOMINATIF «—?}-'
CAS DIREI I v-AsaDl
cas indirect (gen., dat., abl.) j n* -v - , l
DE LANGUE ARABE 321
D'après ces appellations, un mot au nominatif est dit
f > C / f 9 O / • 1 •
p^_3 t _*; au cas direct, ^~^_* ; — au cas indirect,
77. L'aoriste du verbe n'a que deux terminaisons par
les ro //elles :
1° par le — pour l'indicatif;
2° par le — pour le subjonctif Y. p. 242).
78. La déclinaison arabe a pour caractère spécial les
trois inflexions pour les mots déterminés. — Le
tanouin (p. 77) a lieu dans les mots indéterminés.
Par exemple :
Déterminé Indéterminé
NOMiN. J-^-V l'homme. J-^, un homme.
CAS D1R. J-^'J' » --^, »
CAS IND1R. J-=M-31 » J-^i »>
APPLICATION
Déterminé
Li/J' eL». /'homme est venu.
J^.J-3! ^-V< j'ai vu l'homme.
w l_^l ( L> sJl-'j*-^ j'ai passé près de /'homme.
s
Indéterminé
J..^.. eI_=». un homme est venu.
~L^ , -JUoi. j ai vu M/i homme.
J-k ^j Oi v- j j'ai passé près d'un homme.
322 coi rs
Gomme on le voit, la déclinaison est essentiellement
triptote, c'est-à-dire à trois inflexions.
79. La plupart des noms et des adjectifs, tant sinqu-
tiers quepluriels, se déclinent comme j-^j
Néanmoins, un nombre assez considérable de mots
ne prennent pas de tanonin quand ils sont indéter-
minés et conservent au cas indirect la finale — du cas
direct. Ils sont ainsi diptotes, c'est-à-dire à deux in-
flexions.
DES MOTS DIPTOTES.
80. Les mots diptotes sont ceux qui, dans l'état indé-
terminé, ne subissent pas le tanonin ; ils n'ont que les
(leur in /Icrions : — pour le nominatif, et — pour le cas
direct comme pour le cas indirect. Quand ces mots sont
déterminés, Us détiennent triplâtes comme les autres.
Par exemple :
Indéterminé. Déterminé.
/ / . <■'
NOM .
i\jJ>-5 pauvres. jL-LL)) les pauvres.
CAS D1R. V ~ / , p ' ^ijjJI ))
CAS IND1R. \ y~-z.-) \ »
Ainsi, dans l'acception indéterminée, on dirait :
u-a_9 _ ^ il est venu des pauvres.
_, / v \às\ il a l'ait entrer des pauvres.
As jj-^oJ' il a fait l'aumône à des pauvres.
Dr LANGUE ARABE 323
Et dans l'acception déterminée :
L_i_sJ ! eUw les pauvres sont venus.
sL-i-aJ! J=OÎ il a fait entrer les pauvres.
J.-à.a. ) i ^Js ^j.j.^z.s il a tait 1 aumône aux pauvres.
On peut remarquer par ce qui précède que la décli-
naison est très simple.
81. Les mots essentiellement diptotes sont les suivants :
1° Les pluriels par l'j (n° 71) :
2° Les mots terminés par si indépendant de la racine;
3° Les adjectifs l_x_2 ! ;
4° Les adjectifs singuliers i-L*-? et les numératifs
5° Les noms propres en général,, ou les mots em-
ployés comme tels. (V. dans les diverses formes, celles
qui n'ont pas de tanouîn).
Quelques noms propres, par exception, sont triptotes
X = / ' * c / / / / f c / > / fc
comme a*=s^ — j._j • — ,. r ~»^ — :-r* Ma ' — J-i-», etc.
Les Arabes déclarent systématiquement diptotes les
mots terminés par j:_ (al if bref) non radical. Comme
ces mots n'éprouvent pas de changement réel, je dirai,
sans recourir à aucune subtilité, qu'ils sont indéclina-
bles et qu'il n'y a pas lieu de s'en préoccuper dans
l'étude i 1 ).
(1) Les Arabes qui se plaisent a accumuler les détails, au risque
d'obstruer la voie des principes, considèrent les mots des formes
^.«.s et ,J,l».9 comme diptotes, bien qu'ils soient invariables aux
trois cas. — Ils disent que la déclinaison de ces mots est virtuelle,
A2.\ COURS
Les mots venant de racines défectueuses, c'est-à-dire
dont la troisième lettre est un - ou un _-, et i|iii sont
• • ' i '
termines par __"_ comme ^-v..*. ,...c:, etc., sont consi-
dérés, à cause /lu tanouîn, comme de la classe des mots
triplotes . néanmoins ils sont indéclinables par les
mêmes cuises que les précédents; ils perdent seule-
ment leur tanouîn quand ils deviennent déterminés, ce
qui est la loi générale.
Les mots terminés par c_ perdent celte lettre quand
ils ont le tanouîn. Le — se conserve, pour cause d'eu-
phonie (n os 37 et '.V.h, aussi bien au nominatif qu'au cas
indirect. Le cas direct est régulier. Exemples :
Indéterminé. I déterminé .
nomin. -L.3 un cadi.' ,.^LiJI le cadi.
CAS 1)1 H. ' csli )) ^sLàJI ))
" / sJ> /
CAS IND1R. pLà j^sUJ)
nomin. y...-) des nuits. JA-JJ' les nurts.
* " / "
cas mu. JU » JL..LM »
CAS i.ni un. JLJ » J>W^' B
DE LA DÉCLIN U50N DU DUEL
ET DES PLURIELS RÉGULIERS MASCULINS ET FÉMININS
82. Les duels et les pluriels réguliers masculins et
c'est-a dire sans indice extérieur; mais c'est la une pure subtilité,
parce '|'"' La cause de l'invariabilité vient de l'impossibilité eupho-
nique 'I appliquer à cette terminaison le — ou le — (V. ci-dessus,
i 39), el cela revient à dire <{w ces mots se déclineraient
s'ils n en étaient empêchés.
DE LANGUE ARABE 325
féminins déterminés et indéterminés, n'ont que deux
in flexions dans leur déclinaison.
DÉCLINAISON DU DUEL
nomin. .^-^, 2 hommes ou .,bL=4)l les 2 hommes
CAS DIR. («.<,/ i<,
CAS IXDIR
i cr :
jl=». ,
On remarquera que la déclinaison du duel s'opère par
le changement de 1 M du nominatif en ^j- aux autres cas.
DÉCLINAISON DU PLURIEL MASCULIN RÉGULIER
nom in. , i _^_-.-- » ,j..-j.J! les croyants.
CAS DIR. \ / i
CAS INDIR.' c "/^
croyants, ou .>•;-'- -^-*>-
La déclinaison du pluriel régulier a lieu par le chan-
gement du j du nominatif en ^:_ aux autres cas.
DÉCLINAISON DU PLURIEL FÉMININ RÉGULIER
nom ix. ^[jj»y croyantes ^\jj>jJ\ les croyantes.
CAS DIR. [ ./ % ' ■/ *> L .
CAS1ND1R.' /
/ S*
Le pluriel féminin régulier ne prend jamais le — :
C'est ainsi que Dieu expose clairement ses signes au
monde (Cor. ii, 183).
J'ai fait observer précédemment (p. 305, note) que le
pluriel régulier, tant pour le masculin que pour le
326 ' oi R8
féminin, paraît être formé par le changement en lon-
gues des désinences brèves <lu singulier de chaque
genre, .rajouterai ici < i u» 1 la déclinaison du masculin,
qui a pour caractères les sons, el _-, semble être une
application, avec les lettres longues, de la déclinaison
ordinaire. On n'a pu employer r' au cas direct, parce
qu'il se serait confondu avec le nominatif du duel.
Quant au féminin, il esl facile de reconnaître que sa
déclinaison esl basée sur celle du masculin.
83. /.'' .\ qui termine les mots un duel et au pluriel
masculin régulier, se retranche quand ces mois en régis-
sent d'autres. (Les numératifs de dizaines no perdent
pas le ... parce que, dans la plupart des cas, ils ne régis-
sent point i. Ainsi, l'on dit :
), c ■> •) ^"V
Lesdeux garçons de Zeïd m'ont apporté vingt dirhems.
Je lui ai payé deux mille dinars.
deux qui pensenl devoir rencontrer leur Seigneur
(devoir cire les rencontrants de...) Cou. ir, 43).
/ c ' t . ' \\ '\ \ '. ' ' '* <
Les Béni Açad oui écrit aux Béni Yah'ya.
1) Le a du pluriel ne peut terminer seul un mot : l'usage est de
le faire suivre d'un I orthographique. Quelques uns ajoutent aussi
cel \ après un « radical terminanl des mots singuliers, mais il est
plus correct et plus rationnel de ne te mettre qu'au pluriel seule-
ment. Il se retranche devant les affixes.
DE LANGUE ARABE '.)lt
84. Les mots ^i père, ~\ frère, *^ beau-père, i>
utérus, réduits à deux lettres par des causes d'euphonie,
se déclinent arec les lettres de prolongation quand ils
régissent un nom ou un pronom. On dit :
nomin. ---> ; ~-y le père de Zeïd. <JJ\à.\ votre frère
(sing.
CAS D1R. J_j i ; Lj ! )) iW" Lk' »
CAS1ND1R. 3_Jj ç j] )> ^_tX.^I ))
' / /
> ■ /
Le mot 3 ï qui a, qui possède, fait aussi -i, lis et s _
Le mot *_3 et *-3 (pour >'„.?) bouche, fait *?, 1-3 et o
Xe pouvant plus maintenir fermé avec la main l'orifice
d'une outre pleine d'eau qu'elle portait sur ses épaules,
une petite fille appela de loin son père et lui dit :
«Mon cher père, retenez-lui l'orifice (litt.sabouche); son
orifice m'a vaincu, je n'ai pas de force contre son orifice» .
Il y a deux mots qui se déclinent doublement, ce
sont sy-^ homme et *— '-f^ fils (ce dernier est très rare).
La voyelle désinentielle entraine, par euphonie, celle
qui la précède, et lui communique sa forme et sa valeur.
On dit :
nomin. ->-- J homme. *_x_j ' fils.
C AS 1NDIR . ! v---- ' » La-J-J I ))
CAS D1R. Çf-*\ » %_!_)! »
L'oreille saisit facilement cette particularité.
COURS
Les mois ~> musc, et '— ( o [cm., qui signifient /cm*
<lcur. se déclinentà la manière des duels, s'ils sont sui-
vis d'un pronom afflxe, el font : çJ^ el ç^JlX
Les Arabes nomment _•>_*_-- lout mot déclinable
suivant eux. et -— — j le mot indéclinable.
Ils nomment ^_- v--^---' le mot quia les trois inflexions
(triptote), cl qui a par conséquent le tanouîn dans
l'indétermination; - el o~e_x_/> ,_~_s le nom diptote,
ou à deux inflexions et sans tanouîn.
SECTION QUATRIÈME
l t II
l>KS NUMERAT1FS (^J_*_V d_*_wl)
§ 1. - Numératifs cardinaux
85. £es numératifs cardinaux sont .•
l NITÉS DIZAINES
Masculin. Féminin.
/
un, une.
; ,UJ1 .111 Jl deux.
-<• / / /
LBJi (2 X»1j' trois.
I es noms de dizaines, de trente à qua-
tre-vingt-dix. sonl les n s des unités
correspondantes mis au pluriel régulier
maseniin pour les deux genres. Ils se
di'vlinenl '-n Iciul «•iiiimie ce dernier.
..->---- vin -t.
/ ' /\ /
, o_jjU' trente.
1 Le mot (jjU.J>\ (fém. tjjLXJ._s après un nom au duel) est une
espèce d'adjectil au c/uel : il subit toutes les particularités de ce
nombre [V. p
mol J^U-J" et ses composés s'écrivenl souvent J^J3 sans
'1 alif (V p srvatioa sur le retranchemenl de cette lettre).
DE LANGUE AltABE
y ' /ci
329
quatre. I ^j-^J quarante.
~.,s_^ cinq,
fl) JLw-, six.
«_ . — sept.
* — iL^j- .2. L*J huit.
-L_j" neuf.
/ c / /
^ — .^ cinquante.
; — soixante.
soixante-dix.
r-^-^dix.
Zéro se d i t r _i — = un rien, un vide.
■ )j-^*-*-> quatre-vingt.
, j_«-»j - quatre-vingt-dix.
(Ces mots conservent ordinairement
le O final devant les noms qui les
suivent).
86. Z>e o/^ à dix-neuf, ils sont indéclinables :
Masculin Féminin
' S ' ' ' f <. c / / c. ,
r-^-c j_^i »jL-fi .çjlsJ tl
- lli-l _
/ / / /
lAii-3
a-J .1 U
/ c /
Masculin
/ . / z.
/
/ / c
Féminin
«i ô—, 1G
/
s c /
c •
j'-Lj- 18
~ — /
/
«— — j 19
(A la
dta:
du
lettre : urt-dîa;. sept-dix, huit-
comme nous disons : d'x-seot
/nui, etc. i
d) Le mot C,^ est une contraction euphonique pour
est sa véritable étymologte.
(2) U-J est pour ^U-i' il se décline comme J,Li
qni
87. Les unités jointes aux dizaines s' expriment ainsi :
,, [ .*- r J I_^j vingt-un.
__j..iJ vingt-une.
_• &J ? ' _ , ULi 1 trente-deux (muse.)
.,•*-*_> .L ^'-U quarante-trois (fém.)
< est-à-dire un, une w vingt; deux r/ trente; trois ef
quarante, en énonçant Jow/oursTunité avant la dizaine.
88. Les centaines s' expriment par le nom féminin 2jU(1)
" /
CEN'I OW CENTAINE, précédé, s'il y a lieu, des noms fémi-
nins des unités, après lesquels, pur exception, il reste au
singulier - . Ainsi, Ton dit :
Lj ._.-- cent.
._;;__> _* deux cents.
- .- _•-..:- trois cents.
_ _-• se — j , ' quatre cents
_.• ._-- ~_^_-v cinq cents.
L_i ._.-- ^~. six cents.
,j^_>L^ «._, — . sept cents.
i i / < , •
_.'..-• jUJ' huit cents.
L_)'._p ^*«.j' neuf cents.
(Le mot <*J>Lo ne se mel au pluriel
i|ue lorsqu'il signifie descentaines .
1 Le mot A— >1_j« est de la forme A._i_«._s et peut s'écrire <L^-^sa;
"ii rencontre aussi <^_A_» pour À.-.^.^. — L'expression 3ol o ou
.'.-^-^ étant la plus rationnelle, je l'ai adoptée ici.
2 Le iioi <**_>Lx a les pluriels i^-^e, O^-*, ^5^ et ^^-S-^.
3 On peul réunir le nom de l'unité et celui de la centaine eu un
un si rire <^_>l_«_ £_LJ> iro/.s cent.*, cela ne change a
rien à la condition respective de ces deux expressions, dont la pre
mière place la second* au cas îhdirecl .
DE LANGUE AliARE 331
89. Les quantités de mille s'expriment de lu même
manière. par le nom substantif *Sjô\ mille OM.miJlier.
// a pour pluriel habituel _-V et quelquefois _- — ' '.
On dit : S~-^ mille.
deux mille.
_^< LJ^Lï trois mille.
^SM i_x_/,' quatre mille.
LU! ..^i^c Li — , vingt-six mille.
, &J ' 4-J U» ce n t m i 1 1 e .
a_J! '._:_•'._.* deux cent mille.
Un million s'exprime par v_s.J! s_J1 un millier de
mille.
90. Le numéralif cardinal se place généralement de-
vant le nom ; il le régit au eus indirect et le met au pluriel,
de trois a dix seulement. (V. ci-après, Application).
A partir de onze jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf, on
met toujours le nom au singulier ' et au cas direct
indéterminé.
1 Cela tient a ce que, de trois a dix, les numératifs des unités
sont considérés comme des noms spéciaux de quantités détei mim es,
et qu'ils signifient un trio, une quartaine, etc., de telles choses;
comme nous disons une huitaine, une disaine de.... — Au-dessi s
de dix, les numératifs cardinaux sont censés exprimer des quan-
tités abstraites, dont on détermine la nature par un mot singulier
indiquant toute l'espèce; c'est a peu près comme si l'on disait chez
nous : il y en a orne, etc., en homme, en cheàal, etc , c'est-à-dire de
l'espèce homme, checal.
332 coi rs
Après li v mol .>—'._-• on se sert du singulier au cas
indirecl .
I OBSERVATIONS
Un l'ail digne de remarque, c'est que le >', signe ordi-
naire du féminin, caractérise le .masculin dans les
numératifs d'unités, de trois ii dix.
Le numératif se rencontre quelquefois après le nom,
comme une espèce d'adjectif qui s'accorde en genre et
en cas. On peul dire, par exemple : o"^' — . *-J' - ^
o-i-j il lui a écrit Irais épltres, à la lettre : il lui a écrit
épitres trois.
Les mots JoJ. el »*x=J« signifient particulièrement
un seul, une seule, et ne s'emploient qu'après le nom,
comme adjectifs. On dit : a».L Jis.. un seul homme;
>-'-V_ > »-- une seule femme. Lorsqu'il s'agit d'expri-
mer d'une manière indéterminée //// être quelconque,
sans une idée spéciale d'unité, on se borne à donner au
nom le tanouîn de l'indétermination (p. 76).
Le numératif ,'._.._y' et son féminin, lorsqu'ils n'ac-
compagnenl pas un nom de dizaine, s'emploient après
le nom comme adjectifs, mais rarement, parce que le
nombre duel, qui exprime l'idée de deux objets, les
rend inutiles, et ne les admel en certains cas que par
pléonasme ou pour la confirmation de la dualité. Par
exemple :
I / .-. I „ I ' .1 ■ \ / \ ' ■ \
Il l'a acheté pour une double centaine de dinars; je
dis : double.
DE LANGUE AHABE
333
APPLICATION DES M MER ATIFS CARDINAUX.
sL_^l (l) sLa. Il est venu une femme.
' t / < ' /
.,-_^, J— ^ Il est entré deux hommes.
.LLj'1 *J ,Lf II en avait deux.
' ^i
U
.—i_îl JL_> , _jLJU a_;._* i^Li II le lui vendit (2
pour deux mille réaux (pour itn double millier de réaux,
double).
X II y avait avec lui trois filles.
,l_ô.i_c LJ'iLi" ï.ta 9. vj>_\_cv.. J'ai trouvé dans sa mai-
son trois serviteurs.
(/ëm.) U'&J ... — LJbLj *$J o»j r x_i,l Vous (en) avez
acheté trois pour eux.
L.fl-3 ^-iu_i ï_x_j . ! iJL_ï_x_wl Quatorze personnes allè-
rent au-devant de lui.
• ! /
,l_j_J>! 4.J H a vimrt-deux brebis.
il) Le verbe à la troisième personne, placé devant son sujet, n'est
pas tenu de s'accorder avec lui : c'est pourquoi on rencontre
souvent des verbes au singulier masculin placés devant leurs
sujets féminins du même nombre, ou du duel ou du pluriel.
(2) Vendre à se dit .»^o pi >. La préposition -~>», qui signifie
ordinairement de (eas), est employée ici par exception dans le sens
de J «.
' ' '
y j-y ii
m a envoyé
quarante-deux pigeons.
_ _-^ , 4JU .-*.-- ,,o II avait avec luirent hommes.
_j _•; -_. — . iwJL-A-j »•. u _-%->< Il a loué sa maison
pour cent six dinars.
._iV--
J'ai deux cents dirhems.
ïJlLJj i-LlJ _jjJ1 ^l_x_> LjL.9 Nous avons lu le livre
des Mille et une Nuits.
J._X — -._*. - i-J M^_M
v | ;• jM
XI 3 ^
l.l_A_o De tout cela, ils ont touche trois mille cinq
cent soixante-sept dinars.
Ils soni en tout quatre cent mille huit cent trente-six
individus.
Je lui ai livré six mille deux cent cinquante-quatre
si'ra de froment.
y , , / 9
y _aji ^LsJ-vUj jj] upi j>j ix,
Le total de sa fortune est de deux millions trois cent
cinquante mille dirhems.
DE LANGUE ARABE 335
f^sr^ < an c.aJ) % .*j_ja*J' j.-*-.' ,.ïo:.a. Après les avoir
comptés, nous les trouvâmes au nombre de deux
millions d'individus.
Les quantités, comme on voit, s'expriment dans le
même ordre décroissant que chez nous, à l'exception
des unités, qui précèdent toujours les dizaines (n° 87).
Les nombres très étendus, surtout les dates, s'expri-
ment aussi dans un ordre inverse, c'est-à-dire ascen-
dant : on commence par énoncer les plus petites quan-
tités et progressivement les plus grandes.
Ainsi l'on dira, par exemple :
ï^Lj> 3 ^^-wj ,UJ *JL— JjYI s--j. S^-S ^LaOX^> ^bj
* sJîj Sa naissance eut lieu au commencement de
Rebî' premier, de l'an mil deux cent soixante-huit. (A
la lettre : huit et soixante, et deux cent et mille).
§ 2. — Numératifs ordinaux
91. Les numératifs ordinaux n'ont une forme carac-
térisée que jusqu'à onze. Ils sont tirés des noms des
unités, construits sur la forme J-'-?
Au-dessus de onze, ils se complètent par les noms
des dizaines, *J^>, .,.j.-à.-s, etc., dont le premier est
indéclinable.
33t) COURS
m MÉB \ i il s ORDIN \i \.
Masculin. Féminin.
i 1,1 premier. i
C-{b
quatorzième.
" /
,'._;■ deuxième.
)U" troisième. I_;JLJ'
a_jî. quatrième.
G; J
; ,; ia l <
-*»Li. cinquième.
loLl sixième. i_Iol_l
1_j1 « septième. LjLjLI
. t -ÀJ huitième. i_:._-*Lj
f . ' * / '
2 l_v neuvième. i_* U
r _d,L^ dixième. s^Li-Lc
t .,A..p oL=* onzième. s,_.i._c i_oL:
— çjLJ' douzième.
y y s s s
— ^.J'J' treizième. _ LjULj
1 Les mots J,'*\ et ,J,<»\ ont la forme Jyj>s\ et ^«a-s îles super
latifs : ils signifient le et ^« />/?/.■< en aoant; cela n'a lieu que lors-
qu'ils son! seuls. Avec les dizaines, on se sert de ^^1=»- féminin
A_>>la., altératii n de _^s»J<».
DE LANGUE ARABE 337
Masculin. Féminin.
LjLc ItU, quinzième. ïJzJs, iwLl
— , ^ol . seizième. — i ol ,
- a_jl - dix-septième. — L*_>Ll
y
,yAJî dix-huitième. Lj_*LJ
— jLlLï dix-neuvième. i_x ,!_,•
De onze à dix-neuf, les numératifs J-cLs sont indé-
clinables, excepté lorsqu'ils sont précédés de l'article Jl.
Le vingtième se dit i0 ^_JL*Jî.
A partir de vingt-un, on se sert des noms ordinaux
d'unités, que l'on joint aux dizaines par la conjonction
5 et, de la manière suivante :
, vinsrt-unieme.
y^ .t- . =o~ tren te-deuxièm e .
c-
} cinquante-sixième.
m a-ll_ir j ! I L J .> LU lia'
^jjLLÛÇ «jLU! le i
~ , -' c-. - soixante-dix-septième.
: o IlU^ LLLÛi la \
; :i s . coin-
Excepté île onze à dix-neu£, tous ces nombres se dé-
clinent : les unités, avec les trois inflexions (p. i>21) et
les dizaines, à la manière des pluriels réguliers (p. 325).
Le centième se dil LjLJ! ; le millième . aJ^I.
Les quantièmes des mois s'expriment de deux ma-
nières :
I" Par les numéral ifs ordinaux que l'on vienl
d'exposer; on dira donc :
_jj|, r__>Uj! ,o_Jl le vingt-septième
jour de Redjeb
v _i_.^ y .owi^jjl. ousr J ! £ ,l_x_j à la date du vingt-
un de S'afar.
2° En disant, du 1 er au 14 du mois : tant de nuits
étant écoulées; — au 15 : lu moitié du mois; — depuis
le 16 jusqu'au 2!) ou 30 : tant de nuits restant.
Par exemple :
,'._^_--, y iJ ! j."\' A la première nuit de Ramadan
(le 1 er ), ou bien : V--^---, *»-c - Au commencement
de la lune de Ramadan.
_x_La. . r _:v_LJ,.J Deux nuits étant passées (le 2).
,jJUa. ^bUL) Trois (nuits J'. r J) étant passées (le 3).
Et ainsi de suite jusqu'au 14. - - Le 4;> s'exprime par
-._.^_..,> ». — _5uaj _ — aLaxJ] a. A la moitié de. . .
• '
l'I LANGl E ARABE 339
Depuis le 16, on indique le nombre de nuits restant,
en diminuant jusqu'à la fin du mois et se basant sur la
période de vingt-neuf ou de trente jours des différents
mois. Ainsi l'on dira :
Îj-S' y o^_à_j ïy-z~-z a..-,^ Quatorze (nuits) restant
de. . . (le 16, si le mois a trente jours).
■Xi c r-- -^-a-J c »;.— • -;-'- Deux nuits restant de... 'le
27 ou le 28). '
Cette manière n'est pas fort usitée, et sa complica-
tion justifie le peu d'usage que l'on en fait.
Les actes judiciaires et les lettres sont très souvent
datés, dans les Etats-Barbaresques, d'une manière
beaucoup plus simple, mais moins précise. On suppose
les mois divisés en trois parties, que l'on désigne ainsi :
J._«'„ N . i les (dix) premiers; — Ja-J,"^! les (dix) médiaux;
— j._àJjYi [es (neuf ou dix) derniers. C'est-à-dire, le
premier, le deuxième, le troisième tiers de te! mois.
On rencontre souvent, d'après cette distinction,
l'équivalent de cette formule :
A la date des 'jours) médiaux de Cha'bàn de l'année
cinquante-et-une et cent après mille cJ e tiers de
Cha'bàn 1151).
Les Arabes expriment quelquefois leurs dates en
dénommant le chiffre du siècle I ,jJ) de l'Hégire, au
340
lieu des expressions cent el mille. Ainsi la date précé-
dente pourrai! être énoncée :
r 1 1 "<J| '
.... _
L'an cinquante-et-un du douzième siècle de l'HégireW.
Aprèsla mention de l'Hégire, on ajoute aussi quelque
épithète ou quelque expression déterminative se rap-
portant à Mahomet, comme : o-L^-J I 5*-^-* ,.*»...
.. .de l'Hégire (émigration) de l'Elu; ou bien ïr-sr* .,..■>
' s ^ s . / ^S c /
>_'_*_• „_.« N . ~» ,ic l'Hégire de celui après lequel il n'y a
plus de prophète.
L'état social des .Musulmans de ces contrées s'acco-
mode par tradition de cette exactitude relative de leurs
dates, qui même, pour pi us d'obscurité, sont rarement
accompagnées du nom de la localité.
Il suffirait sans doute ici, pour la théorie, d'indiquer
la forme grammaticale des numératifs et leur construc-
tion respective; mais la numération en général, et
particulièrement la question des dates, sont à la fois
d'un haut intérêt pour la science et d'une urgente
nécessité pour la pratique. G'esl pourquoi je vais
>1) On trouve souvent dans les anciens actes des cadis îles tribus
arabes, 'les dates exprimées d'après celte formule, appliquée d'une
manière inexacte et pouvant embarrasser celui qui les prendrai!
trop rigoureusement. Par exemple, l'on pourrait rencontrer la date
ci dessus exprimée de cette manière : ^.^.*~.^.~*.* ^j^.\ iA-Lui
_Ju£ ^SlxJl iV)*-*-^ ^-j <_ja^ ->-»-> JbLoa l'an mil cent cinquante un
du douzième siècle; - ou bien île cette autre : ^.^^^^.-^o, ^jAa^l
^Jue. jLxJl i^>_ft_i\ ^xm <_jaJ\ « AiLoa mil cent cinquante-un après
siècle. Je signale ces erreurs pour qu'on puisse en tenir
compte dans la pratiq ue.
[1E LANGUE \li\BE 341
ajouter, en passant, dans ce chapitre, à des faits usuels
très réguliers que l'on chercherait vainement ailleurs,
un calcul fort simple pour trouver le rapport commun
des années de l'Hégire et de celles de notre ère.
CONCORDANCE BES ANNEES MUSULMANES
ET DES ANNÉES CHRETIENNES
I. On trouve le rapport d'une année musulmane
quelconque à une année grégorienne :
En retranchant— du chiffre de L'année de l'Hégire, et
ajoutant au reste le nombre i\ll.
II. On trouve le rapport d'une année grégorienne à
une année de l'Hégire :
En retranchant du chiffre de L'année grégorienne le
nombre 622, et ajoutant au reste —de sa quotité.
Dans l'un comme dans l'autre cas, lorsque le reste
de la division est sensiblement plus grand que la moitié
du diviseur, on ajoute une unité au quotient.
APPLICATION
Soit à trouver le rapport de la présente année de
l'Hégire 1271, à l'année grégorienne. On a :
1271 — ^ + 622 = 1855
Et pour le rapport inverse de l'année 1855 à L'année
de l'Hégire, on a :
185;) - 622 + 1855 ~ 622 - 1271
(L'année 1271 s'étend du 23 septembre 1854 au 12
septembre 1855).
Ce calcul très simple indique, à une unité près, le
chiffre de l'année. Il esl bon d'observer que chaque
année musulmane a 1 1 jours de moin* que notre année
et que 33 années de l'Hégire équivalent à 'M années
grégoriennes, [lest facile aujourd'hui d'avoir un. point
de départ pour tics calculs plus minutieux.
E i fjlications
Les années musulmanes sonl essentiellement lunaires; elles n'ont
que 35i jours; leurs mois sonl de 29 el de 30 jours (29 j. 12 h. 40 m.)
et doivent commencer avec la lune; les jours se compteni à partir
du coucher du soleil. Mais l'inexactitude des calculs chez, les
Arabes établit quelquefois deux jours de différence, d'un pays à
un autre, pour le I e ' jour du mois. C'est pourquoi il est difficile
pour nous de préciser rigoureusement la concordance des jours
que l'on indique sans les nommer,
Nos années de 365 jours onl par conséquenl 11 jours de plus
que celles de l'Hégire ; d'où il suit que :
33 années de l'Hégire = 32 années de J.-C. + 2 jours.
et 32 de J.-C. =-33 » de l'Hég. — 2 jours.
Le rapport esl donc, en négligeant la fraction :
de 33 à 32 pour les années de l'Hégire,
et de 32 a 33 pour celles de Jésus-Christ.
11 faut, par conséquent, défalquer trois années par siècle musul-
man comparé au siècle grégorien. Ainsi, un vieillard arabe
auquel on reconnaîi cenl ans dans sa tribu, est en réalité pins
ine qu'un vieillard de quatre-vingl dix-huit ans chez nous.
L'ère de l'Hégire a commencé le 16 juillet 622 de la nôtre istyle
"iieni: c'est pourquoi, dans nos années, la fraction différen-
tielle des deux ères n'est applicable qu'à partir de 622, chiffre qui
i sente une somme d'années essentiellement grégoriennes. On
peul voir, pour des détails plus étendus, un excellent petit Traité
> Uendrier arabe, par M. Am. Sédillot et l'Art de vérifier les
Datas.
§ 3. — Des Fractions
92. De trois n dix, 1rs noms des fractions s'expriment
par les formes J-*-s et J-*.? {rarement J...-*.?) appliquée»
a ni noms <les nulles correspondantes.
DE LANGUE ARABE
Ainsi :
<m j>^à demi.
• A- ou dwb tiers.
ou aJ_J septième.
v~
*-j , quart.
.^^ it**^ cinquième.
sixième.
\J
,.^ huitième.
»— o neuvième.
,_Juj dixième.
Ces mots peuvent prendre l'article, comme cela a
lieu chez nous.
Leur pluriel ordinaire est de la forme J-*-r '. On dit :
ç>L)J Li'iLj trois quarts .Jj.~J L^à cinq sixièmes, etc.
La science du calcul étant fort peu étendue chez les
Arabes, le système de numération est peu perfectionné
et les expressions en sont très restreintes. Au-delà d'un
dixième, on dit : tant départies de tant de parties. Par
exemple :
y y c y
— . z ? y -
LJ)Lï trois vingt-
cinquièmes (trois parties de vingt-cinq parties).
On a vu déjà (p. 85) que les fractions ordinaires
s'écrivent en chiffres comme chez nous. Dans les
comptes, les fractions déterminées des unités moné-
taires se placent après les entiers, comme chez nous les
sous et deniers dans les nombres complexes; seulement
en arabe, le chiffre qui les exprime est souligné. Ainsi
l'unité monétaire se divisant, en beaucoup de lieux, en
huit parties ( j ■-*->' à-^Us-j) on en trouve les fractions
figurées ainsi : f, c, etc., c'est-à-dire deux thoumoun
(huitièmes), cinq thoumoun el ainsi de suite. On lit
par exemple, dans les actes de dépôt :
joJ
r-i r
-Z A_A_J U»l ,J..J.
,u_,u '
i y / / /
, '
Iff
JlôJ
« La ipiotité de son dépôt, en pièces distinctes, est
2
de 20l£, deux cents dinars et un dinar et un quart (-);
, s
plus l ïj., quatorze dinars et la moitié I , )du dinar » (*).
Dans les actes (|ui indiquent les parts de succession,
on trouve souvent les fractions divisées les unes par
les autres; mais on n'énonce que la division successive,
(1) Cela a lieu dans les comptes de toute nature. Dans le détail
de la vente des meubles d'une succession chez les Arabes de la
e, par exemple, on trouve :
r- r
L'ne vache rousse 20 2
i ne grande chaudière en
cuivre 25 6
l'ne marmite en cuivre. 100
>>....:
1/
-, n
Un pot en cuivre
l (ne veste a manches, or-
née d'or 16 t
^jj'o Lju*. a U
i i
746
U ï
formant un total de soixante-quatorze sultanis (8 fr. 40 l'uni et
6 t/iournoun . «
Dans les comptes de cette nature, l'es chiffres se placcni en
colonnes, a la droite du détail de's objets, et l'on met un point
équivaleul de zéro) devant le dernier chiffre de gauche, ainsi que
je l'ai figuré ici. - Je rappelle que les chiffres se posent dans le
même ordre que chez nous.
DE LANGUE ARABE 345
sans exprimer la fraction qui en résulte. Par exemple :
/wt revient le sixième des trois quarts de la mollir du
tiers restant, c'est-à-dire .-, et ainsi des autres cas
analogues.
Les numératifs prennent, dans des cas excessivement
rares, des formes de diminutifs (Y. p. 294), d'adjectifs
relatifs (p. 291), etc., dont les caractères spéciaux ont
été indiqués précédemment.
SECTION CINQUIÈME
DU PRONOM PERSONNEL (^_*visJ î )
Le pronom est un mot qui reproduit l'idée d'un être
déjà nommé ou généralement sous-entendu. C'est l'ex-
pression abrégée du substantif, soit seul, soit avec tout
ce qu'on emploie pour le définir.
93. Le pronom est sujet ou régime. Quand il est
■sujet, il consiste, comme chez nous, en des mots isolés.
— Quand il est régime, il s'indique par des lettres
ajoutées à la fin des noms, des verbes, ou des prépo-
sitions qui le gouvernent.
D'après cela, on nomme pronom isolé le pronom
sujet, et pronom ai-fixe le pronom régime.
Le pronom a une terminaison particulière pour le
féminin à la 2 e et à la 3 e personne seulement. A la l 1
personne du singulier et du pluriel, il n'a qu'une forme
pour le masculin comme pour le féminin.
Au duel, il n'admet pas de l 1 ' personne et reste au
féminin le même qu'au masculin.
23
346
94. Les pronoms isolés ou sujets, sont :
SINGULIER
Masculin Féminin
l re p. l_iJ moi.
2 e p. o-j) toi.
3 e p. JL&'lui.
j* elle.
Masculin
l re p. wsr- J nous.
2° p. *-<_>' vous.
3 e p. '*-* eux.
Féminin
_ Ce
,.v-a elles.
DUEL
Pour les deux genres
2 e p. u^Jl vous deux.
3 e p. l-*_a eux, elles deux.
95. Les pronoms affixes, ou régimes, sont
PLURIEL
SINGULIER
Masculin Féminin
l re p.
2 e p.
3 e p.
u
Masculin
l r *p. Ij
2* p. r r
3° p. "Jt
Féminin
r
~ 9
DUEL
Pour les deux genres
2 e p. Llir
3 e p. LU
Après les verbes, le pronom affixe S de la l re per-
sonne est précédé d'un ., et devient C J. Cette addition
du j a pour but de distinguer le pronom j; de la l re p.
du — ou du j féminin de la seconde. (\. Conjugaison).
Les pronoms afïixes, joints aux noms, reproduisent
l'idée de nos adjectifs possessifs mon, ton, etc.
DE LANGUE ARABE
347
96. Le pronom régime se place immédiatement après
le mot qui le gouverne. Telle est la règle de sa cons-
truction < 1 ).
APPLICATION
c jLx_5 le livre de moi.
° ; /
^ — !w-à! il a averti moi.
UT ^
/
^S =0 — . les armes de toi (masc.).
_^C JL*_^ la beauté de toi (fém.).
9 ' ° \ /
^-. x_)', j'ai vu lui.
I $_*-s dans elle.
l ^—x-J—^-j entre vous deux.
I « % *\ '* ^ le procès d'eux, d'elles deux.
I ^jLcU-a. la réunion de /ioms.
M V-?j-s il a connu t/0ï*s (masc).
u
r x_^._]i_s il a honoré uoms (fém.
«, $_xJL=k.i) j'ai introduit eux.
, $Jl_ w.î il a envoyé eto.
\ l § v. Vi î j'ai vu cm„p, e//es dew.i?.
(1) Ce principe et les démonstrations qui vont suivre, appartien-
nent à la syntaxe par leur nature, et a la grammaire par leurs
effets. Ce double rapport m'a obligé à sortir ici des limites de la
grammaire proprement dite.
348 i.u ks
Lorsqu'un verbe arabe régit deux pronoms de diffé-
rentes personnes, on peut les mettre à la suite l'un de
l'autre, en suivant l'ordre '1rs personnes. On lit dans le
• - ~ ■• .• ' ^ / / /
Coran, en. n, v. 131, »wl ^JC...^...— ? Et Dieu te suffira
contre eux. C'est ainsi que l'on écrit : -4 r _-.-:JL.. Vous me
l'avez demandée ; ^..C:.-._k-' Je vous l'ai donné, etc. Cette
réunion de deux pronomsà un verbe n'est pas générale,
el on ne l'opère qu'avec réserve. Kllc ne peut jamais
avoir lieu quand l'euphonie s'y oppose, et notamment
quand les pronoms sont de la même personne. On ne
dirait pas, par exemple: L^^JLJa*] ni ^jXS^jlx^^s .
Dans ce ras on détacherait un des pronoms, comme on
va le démontrer.
97. On peut détacher le pronom affixe régi par un
verbe, en l'appuyant sur le mol insignifiant^), qui ne
sert qu'à cet usage.
On dit, par exemple : _£Lj>I (le pronom ^f prend
un — quand l'euphonie l'exige), v-t> L_») — su!, etc.
Cette séparation a lieu quand le verbe a deux pro-
noms pour régime, ou quand on veut placer le régime
avant le verbe pour donner plus d'énergie à l'expression :
Par exemple : >r -~*-x_~J ^X l -> !. X-*-xJ _*rij! toi nom
adorons, et toi nous implorons ; c'est-à-dire : c'est toi que
nom adorons, c'est loi que nous implorons (Cor. i, 4). Et
ailleurs: ,,,A_^xJ &L>! *JLjl5 .1 Si rous êtes un adorant,
c'est-à-dire : si réellement c'est lui que vous adorez
de langue arabe li'i'.l
(Cor. ii, 167). — On dit avec deux pronoms régimes du
même verbe : LâLsl -_jLL_eî II me l'a don née : -
clrLJ! j._;_A_i_Ji Je l'ai pria pour toi.
y 7 / s ' s
Informez-moi du montant de votre salaire, et je vous
le donnerai (Mille et une Nuits).
Le pronom détaché <jj~i-j\ — *_M._>! etc., de la
2 e pers., signifie souvent prends garde à...., garde-toi
de. . . . Si un nom vient après lui, on interpose la
conjonction _j entre le pronom et le nom, qui se met
alors au cas direct. Exemples :
,jLoJ] ^CJU c.jU «o U
Méfie-loi de l'affaire dont les débuts sont larges et
faciles : l'issue en sera pour toi étroite et difficile.
(Hamaça, p. 512.)
Gardez-vous de me désobéir, ou d'enfreindre mon
présent ordre.
L'idée restrictive du pronom (??ioi sett/, toi seul, etc.)
s'exprime par le mot --^j unité, mis absolument au cas
direct, et suivi des affixes. On dit : s-'-^ lui seul, — ._<--^a
//<>j/.s- .s7'///x, etc. A la lettre : (dans) l'unité de lui. de nous.
DE QUELQUES PARTICULARITÉS ORTHOGRAPHIQUES SUBIES
PAR LES PROÏJOM8 OU RÉSULTANT DE LEUR EMPLOI.
Le pronom S de l'a première personne se sous-entend
350 cours
quelquefois, surtout après certains mots au vocatif,
où l'usage autorise à le supprimer. Sa présence virtuelle
est indiquée par le — qui le précède toujours. On écrit,
par exemple, <*~>j pour ^->j mon Ihen ! — p-s uj
pour ç-»j-* W. wa nation ! — <»^-è Lj pour ? — »^-è U
rwow garçon ! mon serviteur I
M • !
/ y
f S £ — » / '-»
On admet chez les gens éclairés que vous disiez ^jIc l>
et fXc U> (avec ou sans le j:). (IIariri, Molh'at el-Prâb.)
f /
v .._^i— ' L_J *_*_)' i > . ,_~._x_ï 3 v i s ' ,
; rv ; j-n ~- >>'
Mon Dieu, facilite-nous (les choses de la vie), ne nous
suscite pas de difficultés; mon Dieu, conduis-nous à
une bonne fin.
Cette suppression du pronom ^c, de la première per-
sonne se remarque dans le Coran à la fin de certains
versets, où la présence de cette lettre dérangerait la
rime en forçant à prononcer la voyelle finale, qui s'élide
généralement. On lit, par exemple, ch. Il, v. 38:
.,—,->, .-3 :j' ; et moi, crawnez-mot ; — et ch. xxix,
v. 56: j-j—-_3 j: -->>-? et moi, adorez-moi (pour
S — b-4-* j ' -?' et ç-jjUL*'-? ) •
Dans les circonstances où le pronom affixe de la
troisième personne (le singulier féminin excepté) doit être
joint à un mot terminé par un ,_£ ou par un — , on
change par euphonie le d' arrima ( — ) du pronom en
DE LANGUE ARABE 351
kesra — ). Ainsi Ton dit et l'on écrit : •4-^ — ,*-s-r? —
y y \ y s
• y - =;
..a-^-j , y-% etc. — Ce changement est une conséquence
y y J ** -y
de l'incompatibilité que j'ai signalée à la page 264, d.
Il n'a pas lieu dans l'affixe de la 2 e personne f 1 '.
Le » qui termine les pronoms afïîxes de la 2 e et de
la 3* personne au pluriel porte un — . Lorsque le mot
qui vient après ces afïîxes commence par un î d'union,
le — du a se remplace par une voyelle de liaison, que
l'euphonie détermine. Ainsi, l'on a vu un peu plus
»"p t i ' ^,y / y _ ' "L 7° ° ' -~ *!*'''
haut : *1j' ♦_^-.\ — a_\-.-~-3 au lieu de alo' *-aJL-a-\_*_~. .3 . En
\ " > \ •• >
voici d'autres exemples :
c . | y c .y y ~ \\' ■• ' c ' \\ ' --'- 1 ' ' - ' I ' "I |
Il a seulement prohibé pour vous l'usage de la chair
morte (non égorgée suivant le rite), le sang, ainsi que
la chair de porc ou sanglier. (Cor. xvi, 116.)
' s i ' \ 7"° c 't t \ ' c i
^t\_UsJ' *-$-Jl J— .1 Le prince envoya vers eux.
(1) J'ai indiqué, page 264, l'incompatibilité des sons o et i. C'est
d'après ce fait que le d'amma du pronom de la troisième personne
devient un kesra quand il se trouve dans la proximité du son i.
Ce changement n'a pas lieu à la seconde personne, bien qu'elle
ait au duel et au pluriel un — pour voyelle : 1° parce que la ren-
contre des deux sons incompatibles ne pouvant avoir lieu qu'à ces
nombres, est beaucoup moins fréquente que dans la troisième per-
sonne, où elle peut aussi se trouver au singulier masculin; —
2° parce que l'articulation ^s"de la deuxième personne sépare d'une
manière suffisante le — du — quand ils se rencontrent: tandis que
le s de la troisième, dont l'articulation est moins sensible, laisse
trop sentir l'incompatibilité. L'usage, qui a établi toutes ces lois
d'euphonie, les applique partout chez les Arabes avec une admi-
rable régularité.
La substitution d'une voyelle à un - final, même à
la lin d'un mot tout autre qu'un pronom, a lieu quel-
quefois en poésie, lorsque le mètre ou la rime l'exige.
Les exemples en sont nombreux : je ne cite que ceux-ci :
i 3 . *s ..
ii : : \ i
Avant moi, les Tribus (les fils de Jacob) avaient vendu
Joseph, et c'était bien eux ! (Hariri, séance \.\xiv.)
'. ' \ / \'. / <. - ,r, / c c • c • /
Elle dit : et après qu'elle eut épuisé sur le cœur et
les yeux de cet homme la fascination irrésistible <le sa
beauté, ses compagnes dirent à l'homme: lève-toi.
Hàmaça, p. 601.)
Cet emploi d'une voyelle d'euphonie à la place d'un
final devant un I a pour cause le principe énoncé
ci-dessus (p. 262, b). — Il ne se restreint pas aux pro-
noms seuls, mais s'applique à toute lettre [malc quel-
conque portant un — et se trouvant suivie d'un mot
commençant par un I. On dit, par exemple: -- M .>->
pour &y}| %r * de la part de Dieu : — j_JUL)1 ,._,_=J pour
:J--- V — J informe le caïd, etc. — C'est la conséquence
toute naturelle de cette loi, qu'en arabe deux consonnes
sans voyelle ne peuvent se suivre dans une syllabe,
même lorsqu'elle est formée par la liaison d'un mot
avec un autre. Chez nous, par un motif qui a quelque
DE LANGUE ARABE '.]'.')'.'>
analogie avec celui-ci, nous séparons, en pareil cas,
non des consonnes par des voyelles, mais des voyelles
par des consonnes ; nous disons : vas-y, y ra-l-il ?
aime-t-on ? etc.
Quelquefois on ajoute un a euphonique aux pronoms
affixes singuliers de la 1 re et de la 3 e personne. On
trouve par exemple, à la dernière ligne de la page 108
ci-dessus, ^-.-* pour c-*, à cause de la rime. — On
peut écrire aussi »j-» pour^_>; — ■>. — »Xc pour „.o_£.
Ce s est nommé par les grammairiens arabes '— ^ de
silence. — On écrit quelquefois^-^-? — j$-& —j-^ — ^»j
au lieu de j-fc-? — l _c-£-? , etc. — Ces faits n'ont lieu qu'en
poésie, et sont des licences autorisées par la mesure
ou la rime.
Quand un pronom afïixe est joint à la 2 e personne
plurielle masculine du prétérit ( *_>' . . . ) on intercale,
par euphonie, un * de prolongation entre cette finale
et le pronom. On dit : çj^jl^jû vous m'avez écrit ; —
uj^_é_x_9^_c vous l'avez connue.
On ajoute également ce » d'euphonie au pronom
9
aflîxe *-- lorsqu'il est immédiatement suivi d'un autre
afïixe. Par exemple :
9 / / ï C S 9 / / 9 / ? Cl
*" ,— — \ i^»C /»l C.C _^- C 9 l y 9 ^" a 1 C •* i. k
, ^ JJ f; J • ^-
S'il (Dieu) vous les demande (uos biens), et qu'il vous
presse avec instance, l'avarice vous retient; il fait res-
sortir ainsi vos méchantes dispositions. (Cou. xlvii, 39.)
354 coi rs
Les Arabes, par un tact fort judicieux, ont étendu les
appréciations grammaticales au delà même des faits
apparents et directement sensibles. D'après ce système,
ils reconnaissent dans le verbe les traces, soit réelles,
soit virtuelles, des pronoms sujets. Quelque minutieuse
que paraisse cette appréciation, elle n'en est pas moins
rationnelle, car le pronom sujet n'est pas énoncé avec
le verbe comme chez nous : il est noua- entendu, ou bien
représenté par quelques-unes des lettres employées dans
la conjugaison.
SIGNES REELS DES PRONOMS RENFERMES
DANS LA CONJUGAISON
PERSONNES
DU VERBE
SIGNES
apparents
I) KS l> I! il \ il \l S
jLl_*_3 /
PERSONNES
DU VERBE
SIGNES
apparents
DES 1* H N M S
JL
*_9
3-
_x.3
_JL*_a_j
• L*ji.y
Dans tontes les autres personnes le
pronom n'est pas apparent : il est
caché.
DE LANGUE ARABE 'A',')'.)
On voit dans le tableau ci-contre celles de ces lettres
auxquelles les Arabes reconnaissent une influence pro-
nominale (*); on peut apprécier, par analogie, la fonc-
tion des autres lettres de diverse nature ajoutées à
la racine.
SECTION SIXIÈME
DE L'ARTICLE DÉTERMINATIF ET DE L'ARTICLE DÉMONSTRATIF
98. L'article déterminât if consiste dans la lettre J pré-
cédée d'un I d'union (Y. p. 95 et 96) et se joignant au
commencement du mot que l'on veut déterminer.
Il est invariable et équivaut à nos articles le, la, les,
Ainsi l'on dit :
le navire. J— -tm— >' les hommes,
la ville. si Ul les femmes.
(1) C'est ainsi que dans la conjugaison latine, où comme en arabe,
les pronoms n'accompagnent pas nécessairement le verbe, on recon-
naît les personnes à certaines lettres caractéristiques, indépen-
dantes des indices du nombre ou du temps. Ainsi, quand on dit :
ama t amabi mus ame nt
mone t monueri mus monere nt
legi t lega mus legeri nt
audivera t audire mus audivisse nt, etc.
on ne peut méconnaître que la finale t n'indique la troisième per-
sonne du singulier, et les désinences m«s et nt, la première et la
troisième personne du pluriel a tous les temps et à toute* les conju-
gaisons. On peut faire une observation analogue pour les autres
lettres caractéristiques. On nous eût beaucoup simplitié l'étude du
latin avec un peu moins de contiance en l'orthographe et plus de
pratique de l'ensemble et d'appréciation de l'euphonie. — H y a
bien des remarques semblables a faire en grec et même en notre
langue.
ii.il» l OURS
99. L'article démonstratif est .-
Masculin. Féminin.
singulier. h ce, cet -ci. tô et ci cette.
DUEL. ,,b «7 ,j: ces deux ....-ci. .\~> — ,.r- J
/■ • / •
pluriel. "^jl ces ....-là (pour les deux genres).
Pour indiquer une chose éloignée, on ajoute ^"
ou
Masculin. Féminin
y
S IN
se. sirb <7 JtiJli ce, cet ...-là. JlTLj, JXy c/ J-jCb
duel. ^tx-jb-v^x-L-»^ ces deux ....-la. v^xjLj- «^\.x^.j
s s " s s "
pluriel. sjXJYJ ces ....-là (pour /es deux genres).
Après l'expression ou l'idée du duel ou du pluriel de
la 2 J personne, on peut dire : L^-x53, *_xîi>, .»-x53, par
une espèce d'emphase et d'attraction.
100. On fait souvent précéder l'article démonstratif
de la particule d'attention La (voici), que l'on peut écrire
sans \ et l'on dit :
Masculin. Féminin.
singulier. 'J_î ce, cet ....-ci. »a_» et .ci-»
m EL. ,i J-a c/ ,.-- Jî> ces deux ....-ci. .!---■-> — c *~ : - ; -»
pluriel. \— ? ces ....-ci (pour les deux genres).
On ajoute aussi La au démonstratif jifiù ci-dessus,
de la iiicine manière.
DE LANGUE ARABE 3i 17
Observations. — L'article déterminatif J! ne peut se
joindre à un nom suivi d'un pronom affixe, ou en cons-
truction avec un autre nom, parce qu'en arabe la déter-
mination qui résulte de ce rapport d'annexion rend son
i / YT" >/ 'i ' * \ ' /
emploi inutile. On dit, par exemple : C ^_L" .ta o^-
je suis entré (dans) (la) maison du cadi ; ^~-<s-~- u -^-;--
(le coucher du soleil.
L'adjectif qualifiant un nom déterminé doit prendre
l'article déterminatif ^ : , — ]k-xJ l ^LxJCJ! le livre
sublime (le Coran), à la lettre : le livre le sublime ;
J-jLaJI j_ r - , Zeïd le sage.
Il est important d'observer que la particule J' n'est
pas toujours l'article déterminatif; c'est quelquefois
l'abréviation du relatif ^cU) qui, lequel, dont il sera
question ci-après. Ce fait a lieu devant les adjectifs
verbaux et autres. Les exemples en sont nombreux ; en
voici quelques-uns :
\ M • \ ■■ ■ \ \ \\ \
r
Conduis-nous.... dans la voie de ceux auxquels tu as
accordé tes grâces, non des irrité contre eux ; c'est-
à-dire : non de ceux contre lesquels on est irrité.
{Cor. i, 6-7.)
y S
Mon Dieu, fais-nous sortir de cette bourgade, la
pervers son peuple ; e est-a-dire : de laquelle le peuple
est pervers. (Cor. iv, 77.)
; .' s COURS
î.jSàJ+J] ►--- -V Les ordres les mentionnés, c'est-à-
râtre : les ordres qui ont été mentionnés.
'-^-'— - çJ'S I JsjjJLJ! Les conditions les venant leur
explication ; c'est-à-dire : desquelles l'explication va
suivre (*).
Le mot 15, etc., est employé comme notre article ce,
cet, ou comme notre pronom démonstratif celui-ci, ceci.
Quand il fait fonction de l'article ce, cet, etc., il exige
toujours l'article Ji devant le mot avec lequel il est en
rapport, lorsque celui-ci n'est pas autrement déterminé.
Ainsi l'on doit dire :
J-=^p! t«xa cet homme-ci. &!j-*J] ïJj* celte femme-ci .
Quand '->, etc., est sujet d'une proposition totale ou
partielle, et signifie celui-ci, ceci, etc., l'article J' ne
doit pas être employé après lui, si son attribut est
indéterminé. Exemples :
?>v_s-^ Jk_=v.j Ia-s celui-ci (est) un homme brave.
.^r • '
sl^l ïj_jt celle-ci fes^ une femme belle.
Il s y s
On voit, en comparant les quatre exemples ci-dessus,
qu'il n'est pas indifférent d'employer ou d'omettre
l'article Jl après le démonstratif lj-a et ses analogues.
Si le mot ta, lÀ* etc., pris comme sujet de proposition,
ei il suivi d'un attribut déterminé, on intercalerait
1 L'emploi de l'article le, la, les, chez nous, a lieu aussi d'une
manière analogue. Nous disons : le commandant, le condamne, le
nu ,ien, c'est-à-dire, celui qui commande, celui qui est condamna,
celui qui ne vaut rien, etc.
DE LANGUE ARABE 359
entre lui et cet attribut un pronom personnel isolé,
pour conserver au démonstratif son caractère distinctif
du reste de la proposition. Par exemple :
Celui-ci (est) l'homme que je vous ai reccommandé.
Ceux-là (sont) les perturbateurs dont il a été question.
SECTION SEPTIEME
. V f y s .
de l'adjectif conjonctif (adjectif relatif) J^^r^Ol
et des autres mots de cette nature, tant conjonctifs qu'interrogatifs
ÎOI . Les mots conjonctifs sont au nombre de quatre .-
j-'J-J! — ^J - U et Jçî (l).
DE L'ADJECTIF CONJONCTIF ^js H
102. L'adjectif conjonctif qm, que, lequel, ainsi que
le nom indéfini celui qui, celui que, ce qui, ce que,
etc., s'expriment en arabe par le mot ^JJl modifié sui-
vaut le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte :
Masculin. Féminin.
• = i7° v lequel, qui, que, ~.""" .
SING. ,_£*—)) celui qui. celui que, ç jJ! (indéclinable).
y ce qui, ce que. w •
DUEL. .iJjJl (Casdir.etindir. JjjjJl) ^l^î-J^JJ! (déclin.)
s _ __ • ' • ^
plur. ^.iMpoéf. jJ ^î-^^î (aidée/.),
(1) Quelques-uns ajoutent *) soit invariable, soit déclinable-
(V. p. 327), ou pouvant faire au féminin £j>\> (sing.) etCli^i f/ ^-
Je ne le mentionne que pour mémoire: il est à peu près inusité.
11 a le même sens que ^çX^.
31 COURS
Ce mot a d'autres formes el un diminutif extrême-
ment rares, pour lesquels je renvoie à ta grammaire
de S. de Sacy).
103. L'adjectif conjonctij ç\J\ lequel, qui, que,
doit toujours se rapporter à un nom déterminée).
Exemples :
ta — i ,._.-->._•' ç\J\ JJ^Jl L'enfant lequel le père de
lui (est) malade.
'j_ m 9 _» ^_:;_." »L.*JI La femme laquelle est dans
la maison.
__j_.„ J.I; ^jJl J-^^J! J, JLà A dit à moi l'homme
Irtfuel est entré chez moi.
] Le mot ^jJ\ est formé d'une manière analogue à notre mot
.•<•/, la-quelle, etc. Il se compose de L'article déterminatif J\ et
d'un conjonctif 1 < 1 >— ) masc. el .^-Xj/ém. qui n'est jamais employé
sans l'article. On devrai! écrire partout ^.x-lh avec deux ^J appa-
rents ; mais l'usage fréquent de ce mot au singulier des deux
genres et au masculin pluriel explique la contraction orthogra-
phique ^j,X-\\ — < _ f JLJ\ — £j_x>J\. Le duel et le pluriel féminin,
d'un emploi heaucoup plus rare, ont conservé les deux J. Il y
a d'autres opinions a cet égard, toutes fort respectables, mais
auxquelles mes observations directe-; ne me permettent pas de me
_er. Je n'entame pas ici de discussion sur ce fait, peu important
pour la science et sans intérêt pour la pratique. Je conclus seule-
ment, avec M. de Sacy, que le mot ^3J\ est déterminé par essence,
et que cela explique pourquoi les Arabes, plus rigoureux que
nous, ne l'emploient que lorsqu'il esl dans la dépendance d'un
mol déterminé.
DL LANGUE ARABE 361
à_^Ll_j o, f-s ~_xJI A-Ls-'! Le jardin lequel j'ai
passé auprès du maître de /m/.
"*_C_I_^,' —ï$ûi\ JCj^ 1 . Et vos mères lesquelles
ont allaité i-ous. (Cor. iv. 27.)
/ . ^ c
çJ! iiu — ..1 j:iJl v .U.SUI ç-^-àJ-j Est parvenu à moi
le livre (ou l'écrit) lequel vous avez envoyé lui à moi.
■iw l lc '— :-j_s~' j:JJI ,-^Yl ~_^ij! j.J S'est terminée
l'affaire laquelle nous nous sommes entretenus sur elle.
-L-?' _jjJ3! .y-A-^j^ J.1 ,_!=_> II tourna ses regards
vers les deux hommes lesquels se présentaient.
Interroge la bourgade laquelle nous étions dans W/e,
et la troupe laquelle nous sommes venus parmi
elle. (Cor. xii, 82.)
On peut observer, sur tous ces exemples, deux faits
.généraux importants :
Premièrement, que l'adjectif conjonctif ^JJi smf
toujours immédiatement le nom déterminé dont il
dépend, sans pouvoir jamais en être séparé par aucune
préposition ' :
[1) Il est facile de voir dans les exemples ci-dessus que la cons-
truction arabe, que j'ai conservée en français, serait pour nous
régulièrement .: L'enfant dont... — La femme qui est... — L'homme
qui est entre... — Le jardin auprès du maître duquel... — Et cos
mères qui... — Le -livre que... — L'affaire sur laquelle.. — Les
. 01 RS
Deuxièmement, que le conjonctii arabe ne pouvant
subir directement l'influence d'aucun aident, cette-
influence s'exerce sur un pronom personnel placé après
l'attribut du conjonctii'.
Ce pronom est nomme par les Arabes .jjLkJ] V .._^-J!
pronom qui retourne, ou pronom de rappel.
Lorsque l'attribut ou complément de ^ù-JI, qpi est
ordinairement un verbe, se trouve être un nom ou un
adjectif, on place devant ce nom oui cet adjectif un
pronom personnel isolé, qui sert de sujet à la propo-
sition formant l'attribut du conjonctii'. Par exemple :
La jeune fille laquelle elle:
bienfaisante.
J-j^jl-s U-ft ,13-131 ,Li — âJI Les deux botes lesquels*
eux deux chez vous.
..■ — )! ,^b ? » _---' J — v- 11 Le messager lequel lui est
venant vers nous.
104. Avec un nom indéterminé on ne peut employer
_-"Jj', et nul nuire mot ne le remplace.
On dirait donc, en prenant tous les exemples ci-
dessus dans l'acception indéterminée :
deua hommes qui... — La bourgade dans i vu elui ... La troupe
PARMI LAQUELLE... — I.'ililjrctif ^.X-M .'I dODC tOUJOUrS 111 va li.l hic
menl la signification de notre mol lequel, etc., et ce fait explique
l'emploi après lui d un pronom personnel subissant l'influence des-
agents qui ne pcuvi-nl .-ij.'-ir ■ i i r. -cf.- m > -n I sur l.'ailjoclil rniijoncl.il .
DE I. \M.( E UiABE '.'AV-\
p-i r> fj-i\ xJ 5 Un fils son père malade ( dont le
père est...)
c. y y / y '• ' . \,'
jj_._; Jàï j-^ y J, j-i M'a dit M/> homme entra chez
moi ... itfl homme qui...)
j — Le L.\_>'j_^-' ^-s] ç^a—i-j! j_3 S est terminée w/ie
affaire nous avons causé sur elle ( sur laquelle
nous avons )
Et ainsi dans tous les cas analogues.
On voit par là que tout ce qui s'ajoute au mot indé-
terminé pour le définir/est une sorte d'expression des-
criptive ou qualificative, qui s'unit au nom comme le
ferait un adjectif. C'est ce que les Arabes nomment
LLs, expression conjointe, ou proposition conjonctive.
105. Le conjônetif ^$S3\ est souvent employé comme
nom indéfini : il signifie alors celui qui, celui que, ce
qui, ce que, etc. Il ne se rapporte pas toujours dans ce
cas a un mot déjà exprimé, mais bien souvent a un nom
sous-entendu qu'il remplace. Exemples :
Cor. Il, î
, »Jw>5_j .,_> jj! Ceux qui croient aux mystères.
•$->. ^j-cX-j ,^.3JI iy-kj''^! Ne repousse pas ceux qui
invoquent leur Seigneur... (Cor. vi, 52.)
»£_jJ_Jj çJ^LÎI Y! «^JfL^»! .,! Leurs mères ne sont
autres que celles qui les ont enfantés. (Cor. lviii, 1.)
36 i cour^
UL. I.UU-L) 1.^-^ L_0 LU çjJl lil Kl il est
ce/iw çmi a établi pour vous les étoiles, afin que vous
vous dirigeassiez par elles. (Cor. vi, 99).
_i. ._* __JJL< çiï] j-a> ^ci}\ ,,jJj^_x — ï! Est-ce que
\ .mis ave/ l'intention < !<• prendre ce 7/// esî très mauvais
en échange de ce qui est bon'.' (Cor. 11, 58).
\JS\ ' H 3J! L< O cjJIj '-•_>' Croyez à ce oui a
été révélé à ceiu; cm ont cru. (Cou. 111, 65).
Le mot _-- ,u s'applique spécialement aux personnes;
mais il peut aussi, dans certains cas, se rapporter aux
choses, comme on le voit par ces deux derniers exem-
ples, où il signifie ce qui.
Quelquefois _-"-'-•' est syncopé, et réduit à l'article Jl
un de ses éléments. On a déjà vu qu'il s'emploie ainsi
devant toutes sortes d'adjectifs, et qu'il ne faut pas le
confondre, pour le sens, avec l'article déterminatif
proprement dit. (V. ci-dessus, p. 357).
On trouve aussi Jl pour _-"- ,,( devant des mois autres
que des adjectifs : des noms, des verbes, ou même des
prépositions; mais ces cas sont très rares, et ne doivent
être regardés que comme des licences tolérables seule-
ment en poésie. Telle est du moins, l'opinion judicieuse
de la plupart des grammairiens. En voici des exemples,
donnes par Ebo 'Ak'îl, dans son commentaire de
['Alfïya. (grammaire arabe en 1003 vers, parEbn Malek),
sur ce premier hémistiche du vers { .l ( .) :
y.î JUj^îl ^.^.X.a-- '.4._'_S. Jl JkJLtf 'Lx?. y.~S Lft-xSj
DE LANGUE AR\BE 365
/ w / ^ ! \ y / , /
.4 /a lettre :....[ Je suis] du peuple le l'envoyé de Dieu,
d'entre eux ; à eux s'humilient les cous des Béni Ma'add.
C'est-à-dire : (Je suis) du peuple dont l'envoyé de Dieu
fait partie, et devant lequel se courbent les têtes altières
des Béni Ma'add M.
o / / y / / c. y ^ y y - ~° / y . / [ / / y i y
... Celui qui ne cesse d'être reconnaissant [envers
Dieu] de L'avec lui (ce 17m esJ a?;pr /tu — /e> bienfait
reçu , — celui-là est digne d'une vie large (généreuse) < 2 L
' / y
Tu n'es pas le juge, le soit acceptable sa sentence
(dont la sentence...) — ni l' (homme) estimé, ni le doué
de bon sens, ni de capacité pour la discussion' 3 ).
[Farazdak']
(1) La mesure réelle de ce vers, est : u | u _•_ _ | u__||
u | l>_uu_ | u L'avant-dernier pied ( u _ u u _ ) laisse voir
que tous les autres sont u _ u u _ , changé en u : c'est le mètre
ouàtir. — On lit aussi Oo\> au lieu de C-J.> dans certains mss.
(2) Mètre radjaz __<_>_ | __u_ | _ _ u _ .
(3) Mètre baciï __ u _ | _u_ | __u_ | _ u _. Il est à noter que les
copistes (au moins dans les manuscrits que j'ai vus), écrivent dis-
tinctement ._-o_XJ\ avec un — sur le J . Ce dernier vers est cité
également par El-Makoudi, l'un des commentateurs de YAlfiya.
M. de Sacy (Gramm. ar., t. i, pp. 449, 450) donne ces exemples,
mais il ne cite en entier que le premier de ces trois vers. Les com-
mentateurs n'en indiquent pas l'origine.
i 01 RS
Hariri a «lit : I Séance xi.vr).
i jnTjJ *. S ' v '.cj ) ' ■'-- ir l£ )T l°C ■ im r fj
toi qui es mon interrogateur au sujet des lettres ■» et
> _-\ pour éviter que les mots ne t' égarent.. . W.
DES MOTS CONJONI Ni - i\j-*s — ' c — ET ,C \
Ces trois mots peuvent être employés d'une manière
énonciative ou interrogative, comme les conjonctifs
français qui, que, lequel, quel.
106. Le conjonctif ij-* signifie énonciativement celui
qui, celui que, quiconque, ceux, celles qui, etc. ; — et
interrogaiivement qui? qui est-ce? qui sont ceux qui?
Ils'applique spécialement aux personnes, et il est inva-
riable, quel que soit le genre ou le nombre dont il
exprime l'idée '->.
Exemples :
..? K - on —-.-• Qui est-ce ? Oui est-là ? Oui est-il ?
. >LUL r .-- Qui esl à la porte? Qui sont ceux ou
celles qui
ja , N . I. ,j>^-*— -i' ^ ,^*j *-- - — ^-- ( j Et ton Seigneur
li Mètre kkaflf : _u -- | __o- | -u pour chaque hémistiche.
Le pied __ u - esl changé Ici en <■ - <i - .
2 Dans des cas très rares, on donne h .y* les signes habituels
du féminin, du duel el du pluriel régulier, en retranchant toutefois
la voyelle désinentielle. Ces modifications ne peuvent, avoir lieu
que dans le cas de l'interrogation absolue : Qui sont ils* f Qui est ce "
etc., '-u Eaisanl rapporter • *>« a un antécédent déjà exprimé ou
bous entendu.
DE L \M,l I VRABE 36 i
sait -mieux i(que personne) qui est dans les cieux ou
sur la terre. (Cor. vu, 57.)
yiS tt f> v^-^3 . r --' .1-» ^-^-n-^ Parmi eux il en est qui
ont cru, et parmi eux il en est qui ont refusé de
croire. (Cor. n. 254.)
c ( / f c / ( / y 'c f/ / /~ fc /
*_4_...U « ^ . j -.jLoN v j »--- Quiconque croira et
fera de bonnes œuvres, il n'y aura pas de crainte
pour n/,r. (Cor. vf, 48).
.,,. — .Usr 3 ) Cemi oue Dieu dirige, celui-là est le
bien dirigé ; quiconque il égare, ceux-là sont ceux
qui perdent. (Cor. vu, 177.)
i^j*s?\ _/._> ;_3 k )a! .,L5 . Et il fut le premier
■ ' .C ' ^ .
ae ceux qui ouvrit (ouvrirent) la porte de la guerre.
On ajoute quelquefois après .,-■> interrogatif, le mot
13 (celui-ci), pour donner plus d'énergie à l'expression :
Et //;// esi (/ohc celui qui vous
\ y -'
aidera? Cor. iii, 154.)
107. Le conjonctif L= esi analogue à .y dans toutes
ses applications, avec cette différence que ..-- supplique
exclusivement aux choses, il signifie : ce qui, ce que,
quelque chose que..., quoique.... quoi ? qu'est-ce '?
68 UR9
Exemples :
., ...\_- ..--. oj' v -», ^_-i-<-" u JLî II dit : créature
de Dieu, 7/// es-tu el çu'es-tu ? J////V c< une Nuits, t. n,
p. 607, Édil. de Boulak, près le Caire).
atàl .'..-; >--~^-' k .-a .,» vC-.iJ^ 1 !jj»jij"bj Et ce que
vous mettrez devant vous en fait de bonnes œuvres,
vous le retrouverez auprès de Dieu (Cor. 11, 104).
Lju»I y *-v— — '- --'j Et 7//V eût-il eu contre
eux, s'ils avaient cru en Dieu ? ((Ion. iv, 43).
iijL* »y}! il,! li U ,, Jj-à-p-3 Et ils diront : qu'est-ce dont
que Mien a voulu dire en parabole? (Cou. il, 24).
a.Y! « L», o'«-*~J' * --• ^ A Dieu appartient ce 7/*/
esl dans les cieux et ce çiti est sur la terre.
On a vu précédemment (p, 364) que l'on emploie
quelquefois _^— ! |'t>ur 1rs choses, à la place de L».
Le conjonctif '--■ ne doit pas être confondu, pour le
sens, avec la particule L», qui a beaucoup de significa-
tions, et dont il scia question plus loin.
108. Le nom conjonctif __d signifie quel, quelle, etc.,
ênoncialivement on interrogalivemenl. Il est essentielle-
ment déclinable; il peut avoir les indices du féminin, du
duel el du pluriel, mois seulement en des cas très rares.
DE LANGUE ARABE 369
Voici des exemples de son emploi :
/ . ^ / •• /
ë M « a. , <"! , „.i, çj Là Dis : quelle chose est plus
concluante en témoignage? (Cor. vi, 19').
^«AJLà. i _i. JjJ y \)e<{U(>lle chose Pa-t-ilcréé? (Cor.
LXXX, 17).
5_JULl> _U_^ ç] L-*JLk f . H jJ! JL» 3 Et ceux
qui auront été injustes sauront fort bien de quel
bouleversement ils seront renversés. (Cor. xxvi, 228) .
&_*_£ t ~o^ *Xj! »j,_L* — ? Afin qu'il éprouve lequel
de vous est le plus excellent en œuvres. (Cor. x-i, 9).
/ /■
çj^sJ) Dis : appelez-le Dieu, ou le Miséricordieux ;
de quelque manière quexous l'appeliez (peu importe),
car il possède les noms les plus beaux. (Cor.xvh, 110).
JLc V*-'— 11 dit : ceci est entre moi et toi. Quelle
çwe soif celle des deux périodes que j'accomplisse, il ne
doit pas y avoir d'inimitié contre moi (Cor.xx.viii^28 : ) .
Dans ces deux exemples, la particule L^ se trouve
ajoutée au mot ^î, et peut se joindre même comme un
affixe, ainsi qu'on le voit en l'un des deux cas. Elle
indique l'acception la plus large que puisse prendre le-
170 COI RS
mol auquel elle s'allie : c'est pourquoi '--• '— .«' signifie de
quelque manière que. . . , et _*_> I quelle que soit celle. . .
Telles sonl les principales espèces de mots que les
arabes comprennent sous l'appellation générique de
noms. Il y a quelques autres expressions qu'ils joignent
à ces catégories, comme JljJ descends; — --■-* quand;
- J> combien ; — lii' de telle façon ; o ^- ^j^ZS dételle
et telle manière, telle et (elle chose :
_> > V ._v_
S s^XJ p^.l ^.ùJl mLs Car le vieil
C - cr-
iard a déposé pour vous chez lui telle et telle chose
(El-Mostat'ref, p. 177, Édit. du (dire).
Les mots de cette espèce qui font l'ofTice de particules
-sont appelés par les Arabes noms indéclinables. Comme
celle dénomination, admissible sous certains rapports,
'n'est pas appuyée sur les caractères particuliers des
noms, dont ces mots sonl dépourvus, mais sur une
théorie d'analyse toute métaphysique, je me borne à la
signaler ici, sans m'arrêter à la développer.
En traitant ci-dessus de l'article démonstratif ou nom
d'indication 'i\^i\ 1 — ' ainsi que du conjonctif o- J --'>
j'ai été naturellement amené à parler de l'article déter-
minatif i _&j t-*U) , ?r a.) qui, par son caractère absolu
I invariabilité appartient à lagrandesérie des particules.
Dl LANGUE ARABE 'M 1
CHAPITRE V
DE LA PARTICULE J?j-i-
Sous cette dénomination générale sont compris pour
nous : Y article, la préposition, Yadverbe, la conjonction
et Y interjection. J'ai traité de Yarlicle dans le chapitre
précédent.
Les prépositions, les adverbes et même les conjonc-
tions arabes, sont en partie formées par des expres-
sions ou des particules spéciales; mais un très grand
nombre aussi consistent en des noms d'état, de position,
de lieu, de temps, de rapport, etc., mis au cas direct
d'une manière absolue, ainsi qu'en des locutions com-
posées de divers éléments, comme cela souvent se pré-
sente aussi chez nous* 1 ). La faculté de former ainsi des
expressions prépositives, adverbiales ou conjonctives
•est très étendue chez les Arabes, et il serait inutile et
trop long de les reproduire toutes. Ceci d'ailleurs n'est
pas une difficulté, car les principes de cette formation,
•que j'indiquerai clans la syntaxe, sont tellement positifs,
•qu'il est facile de les saisir et de les appliquer. Je ne
puis donc tracer ici que la liste des particules et des
principales locutions adverbiales, en laissant à la pra-
tique et au dictionnaire le soin d'enseigner le reste,
quand l'occasion se présentera. D'autre part, la nature
de ces particules et de ces diverses locutions est telle-
(1) Les expressions : auprès, autour, ois-à-cis, attendu, depuis,
alentour, aujourd'hui, longtemps, surtout, maintenant, cependant,
néanmoins, etc. etc., en sont des exemples.
:\~,1 . 01 rs
ment variée; el présente souvent une telle différence
avec les mots qui 1rs expriment en notre langue, qu'il
n'est guère possible de ranger la plupart d'cntr'elles en
des catégories rationnelles et certaines. C'est pourquoi
je ne m'arrête à établir aucune classification spéciale,
et laisse à chacun If droit de les répartir comme bon
lui semble. Cela, du reste, n'est (rancune importance
pour la pratique, et n'intéresse que fort, peu la science.
Les particules formées d'une seule lettre sont préfixes,
et se joignent aux mots qui leur servent de complé-
ment [i .
LISTE
DES PARTICULES ET DES LOCUTIONS PREPOSITIVES.
ADVERBIALES, CONJONCTIVES, ETC.
Prépositions, adverbes, conjonctions, interjections)
liai 1 , pour, dans, à,
a vec , ( serment) ,
par. . . !
semblable à, connue
serment par...! Le «
I signifie aussi : et,
combien de...! tan-
' \ dis que, en même
j; ' temps que, en sovl e
que \ . Syniaa <■ ).
±y comme (abrèeiation
< s
_--..- di-après .
comme, de même
que, ainsi que.
I ainsi , de cette ma -
sC'JVC' nière, c'est ainsi
— T" \ que.
/ / /
J à (appartenant à ...
— (kj deo. les pron.
a.(H i es excepté le
__~ ) pour, afin de...
I Les particules formées d'une seule lettre, au nombre de sept
en arabe, se joignent pour ne pas pester isolées au milieu des autres
DI I \NGIE AKABE
373
(partie, de confirma-
tion certes.
1 ' vers,à.j'usqu'à(ea élus.
jusqu'à [incl.], même,
jusqu'à ce que, afin
de, pour.
1 <\ '
verbes, noms et parti-
cules indiquant Per-
ception excepté, ou-
tre, à la différence
de..., si ce n'est.
\1LL et
^ signif. aussi
Dieu... préserve, loin
de.., sauf ..! respect.
sur, contre, à la charge
de, malgré, à cause,
pour.
abstract., éloignem. )
de, loin de, indépen-
damment de, de des-
sus, au détriment de,
d'après.
,5 »
ians, parmi, au sujet
de, par rapport à . . .
»J.J auprès, par devant, en
présence de, chez (1).
depuis, à partir de...
-' / traction) de , une
partie île, par, de la
part de, à cause de,
en fait de, d'entre,
parmi.
b_p avec, simultanément,
v. en compagnie, par
l'occasion de, mal-
gré, quoique.
..-- simultanément.
J_\_s chez, auprès, selon.
combiende...! que de...
souvent (2). (Laconj.
* ci-ap. a aussi toutes
ces acceptions .
souvent, peut-être que.
dessous, plutôt que,
à l'exclusion de, sans,
moins, autre que, en
deçà de .
or
~> entre, parmi.
1' <)u dit aussi ^jjJ_^^>J_jJ
^J _ \>->J, mais plus rarement.
_ On dit aussi : _ i >. _ O,
14 I
^_\1 ..: tandis que.
:..<■
* [en !;u-<', vis-à-vis, en
, t présence, devant,
, _ derrière, en arrière de.
* au-dessus, sur.
Is.ljLs au-dessus
,_: dessous, sous.
l _ _j avant.
\ " a un peu avant dimin,
/_*_.; a P res -
I
.' Cl "" .OUI.
Z\
l_v_? par rapport &,àl'égard
de V_.,_? V-- ll '" ' a
pari de. . . au sujel
de, concernant.
'._.i ne. . . pas {ar. le prêt
rarement l'aor.)
\ i,i. non ' ai ec l'aor. )
' _J ue... pàs(a< .l'ao.cond.)
1 ; iil. arec /Vu»/-. s«i!y'.
~ J id. (aoec le prétérit ),
après que, lorsque.
V <
non, certes.
non — /;a/ - ï. condit. si
(pour le temps futur)
NM si. • • ne, sinon ( ■Vo/îfj
, /,<//'(. co/id. si pou» Je
— passé
'.-• l.'-VIJ s-i ce n'était que..., si...
" - r ' -" ne
„_ . quand môme,et même,
et si .
" .' partie, inchoatioeet aj
U munit a e, certes.
L_a~j' aeulement.car.eneffiet,
ne. . . que.
DE LANGUE ARABE
37$
..)) f'-°'lÀ. que, afin que,
^ (ao. un verbe I.
.1 que, afin que ac. «7»
^ nom.
,l_S comme si. . .
3 afin que, pour ao. roi
^ ' cerbe).
= H id.
CT*
L*_ Lj ! partout où, en quelque
lieu que.
— cv où, puisque.
L.'
arec un nom).
ç.i - çAj a h 11 que.
LaJL^-ss. partout où, en quelque
lieu que.
o . jusqu'à tant que, jus-
' -' qu'à ce que.
*_5 combien.
jLi combien de.
M I
v ; c ' /afin que... ne, depeui
JJ \J ' que contractj
w /comment énonc.etin-
, l ,L terrogati/j.
^a — S" 1
c^
J_j mais, au contraire, —
(après une erreur,
c'est-à-dire .
lj--^- cependant, mais rfee
/es cerbes).
\_J id. t/rr. /e.s- 7/0///S
/ /
L_>J LL tant que, longtemps...
Us_a S de <
l'ielque manière
que.
^_:_.^ quand, Lorsque sens
passé .
\ ' ' '
yS J ~~* en quelque temps que.,
jusques à quand ?
,L_j I en quelque temps que,
^ quand.
UJ e t*J Pourquoi
Lô-JLi toutes les fois que.
Lwl_? et mieua '_'- J_Ç tout ce
que.
— *-h 5— ' toutes Jes fois que,
quelque chd.se que.'
376
( Cl H-
I
,' es) ce que? soit que..-
u
_,_-■ est-ce que'
\\ '/.- i ' lorsque , alors que ,
w. voila que.
\ j| lorsque, quand sens
tut.), voilà que, "' •
'$] .' : ' dés lors, par conséq 1
srlll et J/"!i il a l0l-s -
- -/ \ ïj (peut prendrt
~* •■) lespron.aj) de la "
pers .
'_^ ' quant à.
_^.M j sur-le-champ.
J - 3
, I
alors, en ce moment-là.
[_~,\ llU bien, soil que di~\ |_^j 1 > constam 1 , toujours.
à lemne .
" / /à la place de, au lieu
de.
1 \ < ^
l
JaJ .Cj _k-è et jLs jamais
dans /'• sens passé).
!i_jV]amais r^« s /(> ' s, '"/ s '
• f J futur. I f 7'. ces mots
/ t /\ doieent être précédés
-1_- d'une négation .
î-_i_3 seulement.
^I_lj ' aujourd'hui, mainte I ~^. ensu ite, pui
P " naut. *
/
'_■._:. demain
/ > . .
' n! ' maintenant, en o ■ m
lJ ment.
7 ., ' '
DE LANGl i: ARABE
377
;_v iâ
\_J pèut-êtri
J
— s -.: — - surtout, principalem'
J..s . J-g-3 _ J_aJ particule em-
ployée devant des oerb.
au prêter, et indiq.
le temps passé) déjà..
particule employée deo.
des oerb. à l'aor., et
indiquant le futur.
_£ ^Lis_9 k' en loin de. . .tant s'en
'■ faut, préférablement
à, plutôt que.
C
• y— ——■ quelle différence de.. ,à
.,_) plût à Dieu ! je vou-
drais bien. . .
/plaît il?
-~o « v^>__i telle et telle chose.
IÀS B \jS telle et telle manière, ou
chose.
._- que. . ! combien. . . !
tant que, qu'est-ce
y que. . .? ne. . . pas.
-5 et, par. . .! tandis que.
/
^ - et, or, car, alors, en
^"~ - conséquence.
(Ces trois particules
ont un y rand nombre
d'applications qui se-
ront exposées dans la
Syntaxe) .
3 ou, ou bien, soit que.
-> l ou bien.
c !
31 c'est-a-dire.
^.o _ i.^s silence !
y s
^ t . S} j allons !
X-J ! - A_>
* ' 1
' bravo ! c'est bien !
L_a
arrête.
' \ / 1 ■
i_L_! laisse, finis !
I S 1- s
y — j-j bien loin que, il s'en
faut que. . .
doucement,
j — ft . ... a» viens,
accours.
25
[78
.*-*-*/ viens ici (prennent les
genres et les nombres
, \ comme l'impéi
r' ; ' prends garde, garde
- - ,. \ .p 349
i*>. . . particule compel-
loti
malheur a. . . ! ( <"'.' »
-A— ^-? c'esl bien, a la bonne
• heure!
si _ L hélas.
■ ' ,_j descends.
_a prends.
_. _J VOICI .
> |_ a la fin des mots, in-
dique l'appel d'une
personne éloignée :
V.-Cs.- 3 U> hé! Mo-
hammed, ohé !
. s aïe ! ouf !
Telles sont les particules principales. et les locutions
adverbiales les plus usitées. Quantaux adverbes propre-
ment dits, ils sont peu nombreux en arabe; et, de môme
que les autres mots de la série des particules, ils n'ont
pas de forme spéciale. J'exposerai dans la syntaxe, par
des exemples, remploi de ces diverses expressions.
Je n'ai cité que très peu d'interjections, parce qu'en
arabe comme ailleurs, à un petit nombre d'exceptions
près, les interjections ne sont pas des mots constitués,
mais des effets vocaux souvent impossibles à rendre par
l'orthographe, et dont on ne peut guère avoir une idée
qu'en les entendant. Ils sont donc presque exclusive-
menl du domaine de la pratique orale et nullement de
celui de la grammaire. Il n'y a pas lieu de s'en préoc-
cuper dans I étude : l'observation les indiquera.
DE LANGUE ARABE 379
CHAPITRE VI
EXPOSÉ TECHNIQUE DES FORMES
DE LA LANGUE ARABE
On s'est attaché dans les chapitres qui précèdent, à
exposer les principes de la théorie des formes dans des
proportions restreintes, mais suffisantes pour servir de
base à l'étude raisonnée de la langue arabe, et pour
guider les premiers pas des arabisants dans la voie de
l'application. Les tables suivantes ont pour but de com-
pléter ces éléments, ainsi que d'étendre et de faciliter
la pratique par les solutions qu'elles pourront offrir.
Elles sont destinées à soulager la mémoire et non à la
surcharger : elles s'adressent seulement à l'observa-
tion; c'est pourquoi on devra se contenter de les par-
courir de temps en temps, et de les consulter dans les
difficultés de l'analyse.
Je n'y ai admis que les formes indiquant une idée
spéciale, ou modifiant d'une manière déterminée la
signification de la racine. Quant aux formes insolites
ou arbitraires, elles n'ont pas de place ici.
On a pu observer déjà que, malgré la régularité des
signes extérieurs des formes arabes, leur signification
n'est pas toujours restreinte à une seule acception,
surtout dans les noms et les adjectifs originaires du
verbe primitif. Une même forme peut s appliquer à la
fois à un substantif et un adjectif, ou caractériser le
singulier de divers pluriels, ou le pluriel de divers
singuliers. Je n'ai pas cherché dans cette confusion un
ordre qui n'existe pas, ni établi un système de classi-
380 coi rs
fication qui eûl « * t « * . comme beaucoup d'autres, plus
difficile à saisir que le l'ait lui-même. Amené par l'expé-
rience à regarder toute complication inutile comme un
obstacle, j'ai présenté l'ensemble de toutes ces formes
le plus simplement qu'il m'a été possible. La sagacité
du lecteur les appréciera peu à peu, au moyen de quel-
que attention el de beaucoup d'usage, qui sont deux
maîtres habiles en l'ail de langues.
Les particularités delà conjugaison, les indices des
genres, des nombres el «les cas, n'avaient pas besoin
d'encombrer ces tables, car leur connaissance doit
indispensablement être déjà fixée dans la mémoire; et
leur reproduction eût obligé à présenter ici chaque
forme sous autant de faces qu'il y a de temps et de per-
sonnes, ou de signes spéciaux des nombres, des genres
et des cas.
Les formes ne sont pas classées par ordre alphabé-
tique, mais d'après la nature de l'idée grammaticale
qu'elles présentent. L'ordre alphabétique ne reposant
que sur les quatre lettres ' ^> ^_| -», n'eût pas sensible-
ment facilite les recherches, et aurait apporté l'incon^
vénient grave de disséminer des faits qu'il importe
d'observer réunis.
Le chiffre qui précède chaque forme est un numéro
d'ordre auquel il ne faut pas attribuer une valeur abso-
lue; il a pour but d'établir les renvois indiquant les
rapports des formes entr'elles. — Les formes du verbe
dérivé <•( des mots qui en proviennent sont marquées
ru chiffres romains'. Les dix premières correspondent
à celles du tableau de la page 2;'»2.
Les abréviations employées sont :
i, . t substantif. A. adjectif.
/,. /. nom verbal ou d'action. /'. pluriel.
,,. dér. nom dérivé.
DE I.VNGUE ARABE
381
TABLE I
FORMES SPÉCIALES DU VERBE
Les chiffres romains désignent les formes du verbe. — Les chiffres
arabes indiquent l'ordre général.
C a
■'■£ Z
2 £ ' FORMES
W o J
"■ - ~
Z
TECHNIQUES
SIGNES
caractéristiques
SIGNIFICATION
DES FORMES
1
i
2
h
3
m
4
IV
o
V
6
VI
7
VII
VOIX ACTIVE
V E R lî E T IW L 1 T E R E
'.*'
J*
3~
3»?
Lsotn
Idée simple de l'action, de
l'état ou delà qualité.
Faire faire l'action : mettre
ou supposer dans l'état :
attribuer la qualité, —
minutie de l'action, —
aller en un lieu, — réci-
ter, appliquer une for-
mule.
Diriger l'action vers ou con
tre, — faire des efforts,
— chercher a. . .
H j Comme la II*. — faire deve-
' / nir, rendre. . .
, Passif de la IL. — Idée
' w *f, \ pronominale, se dire, se
« . . -» à faire, se prétendre, cod-
trefaire, — pouvoir être.
, s Réciprocité, mutualitéd'ac-
\ tion, — répétition consé-
I. J
I cutive d'un fait, — comme
V, simuler, contrefaire.
I
. Sens passif ou pronominal,
comme V, niai* moin-<
usitée.
382
[Tab >■ I. suite
10
il
12
11!
14
1:;
16
>_ loKMI.s
SIGNES
E( ,iM,..i es caractéristiques
SIGNIFICATION
lis Fi iRMES
('ommr V et VII.
■^ y •>** y * s u ~ s Couleurs ou particularités
'.» ix V93\ . . . \ i physiques, — intensité.
'ySJl^M
Uésir de l'action de l'état,
°f. U/ f \ - attribuer, regarder
' t -**" i comme, — instituer, —
investir.
or*
. \
\ '. i«. . \
XIII
Intensité de la forme IX .
XVI
1 / Wll
18 xviii
19
• /
>s o /»
&'
o »o
. \
s s &
• -y
l'on tes ces formes indiquent
généralement l'intensité
d'un état, quelquefois l'é-
nergie d'une action; elles
ont ordinairement la si-
gnification neutre. Elles
semblent être une espèce
de modification emphati-
que et, auginentative de
ridée du verbe primitif.
Les Arabes nomment les
verbes de ces formes :
aime , .'s il 11 1 l'i-be quadri-
litère . (Juu\<\uqs gram-
mairiens comptent jusqu'à
trente-cinq formes de vér-
in- : je me borne a celles-
[Table l, suite.)
DE LANGUE ARABE
383
X
s.
—- -
C w
FORMES
SIGXES
SIGNIFICATION
û a
§~5
TECHNIQUES
caractéristiques
DES FORMES
z
z
1
20
XX
s s* s
1
1 ci, parce que tes tfias pre-
mières seules ont une ap-
plication fréquente, et que
21
XXI
x^o i
s"^** ^
les autres, surtout les der-
J^ss
.*. .
nières, sont extrêmement
restreintes. Je n'en ai pas
22
XXII
,„ OS
parlé a dessein dans les
explications du verbe ;
mais je n'hésite pas a les
constater dans ces tables,
*&$
s s
¥*y s r°
parce qu'il n'est pas inu-
23
XXIII
r i
... |
tile de les connaître, et
qu'elles n'ont d'autre in-
convénient ici que d'aug-
s os S %
s O ' f.
menter le nombre des mots
24
XXIV
J^
s ■ ■>
techniques : elles n'obli-
gent la mémoire à aucun
travail, elles s'adressent
23
XXV
' Ses<
S s»'?.
. .3. J
toules a l'observation. —
Le Cj commençant une
forme y ajoute l'idée pro-
S s Os'
/ /«•-^
nominale ou neutre (se
26
XXVI
>^
• '£-'■»
faire. . . ou être fait. . . )
27
XXVII
'
VER
BE QUADRII
.ITÈRE
28
I
3*
^ s ■* s
analogue a la I rc forme du
verbe trilitère.
29
"
s s *> "'f
. . . . ^
S S*> S 9 lC
analogue à la V* id.
30
m
^5»
. .}. • |
analogue à la VII e id.
31
IV
5^
6 ' ' "?
indique l'intensité.
3
[Table i. suite.)
FORMES
il. 1 1 \ i ... I ES
SIGNES
caractéristiques
SIGNIFICA1 i( »N
DES FORMES
32
33
::',
35
36
:i"
38
39
10
VolX PASSIVE
V E II B K T li I L I T E H E
i\
, A
y y>*
y 9 •*
ix (pas de passif)
y «7 3 ,
m (pas de passif)
y y
S VJ f
. . . *
. • . ->
y >*.
y
0**
9 OfO
La signification de ces for-
mes eSl relie îles formes
correspondantes ci-des-
sus, augmentée du s.-ns
passif. — Comme on le
pense bien, elles ne sont
applicables qu'aux vei-
lles dont la signification
est transitive. Je n'ai pas
donné les formes passives
dont le caractère d'ail
leurs ésl bien connu, \ ,
p.241 au delà de la XIV',
parce que îles la XI e for-
me, les \ erbes indiquent
généralement un état, une
circonstance, une.qualité,
et que la nature âe leur
signification n'admet pas
la voi s passive, qu'il est
toujours facile de recon-
naître ou de déterminer
au besoin.
(Table l. suite .)
DE LANGUE ARABE
385
■f.
r.
- s
O x
■^ -
Se
^ DB S
— £> -
s =
» k-
X
X
il
XII
42
XIII
43
XIV
FORMES
TECHNIQUES
SIGNES SIGNIFICATION
caractéristiques des formes
... . I
VERBE OUADRILITKRE
44
i
45
ii
46
m
47
IV
•..«>
o e
analogue à la 1" forme du
verbe trilitère passif.
•>?.
U^SJD | • . « . J | analogue à la V e forme
U>2>3' • O. * 1 analogue à la VIP id.
^f f.f.t
analogue à la XI e forme du
verbe actif, intensité.
La voix passive n'a que fort peu d'applications dans le verbe
quadrilitère dérivé, dont le sens est généralement neutre.
Observation. — On pourrait rationnellement ne reconnaître
comme quadrilitère, que des verbes formés de quatre lettres
avec une signification spéciale, comme r y>.> rouler, sans aucune
relation avec des verbes trilitères usités : mais souvent on ne
considère que la forme, et l'on admet dans cette catégorie, de-
mots tirés du verbe sourd répété, comme J;J: trembler (de J :)
ou indiquant l'emploi des formules, comme l_o_^«_> dire la
formule <sû)\ *..~o .
-
TABLE II
FORMES DES NOMS D'ACTION DU VERBE DÉRIVÉ
FORMI -
II. Il M. .il 1 -
SIGN1 S
caractéristiques
CORRESPONDANCE
de ces Formes
AVEC i.i VERBE DÉRIVÉ
w
3> ''
r\r.
Voir l'explication des for
mes du verbe a la table l.
'»H
s
"Y. .
s
50
51
1 l f l'orme du i erbe. — La
dernière [53] est la plus
usitée.
52
•
53
"^
54
'aiiOi
». . \ . »
.'i.'i
'JVia
•'• ■ i
|
56
Il l" forme du ' erbe. — Les
deux pi-i' m i î« ■ ■- i . i ',.,
sont fréquentes.
:,7
'X>.
"s
(Table 11. suite.)
DE LANGUE ARABE
387
z -
■S 2
3 a
FORMES
TECHNIQUES
SIGNES
caractéristiques
CORRESPONDANCE
de ces formes
AVEC LE VERBE DÉRIVÉ
38
59
JùKsS
1
60
«Usai
•9/
!
<. . . \
I\ e f. du v. — La forme
ri" 58 est la plus usitée.
61
!)&
^ !• •
(12
63
• • - J
I
V e forme du verbe.
64
65
VI e forme du verlie.
66
tVv_SUlM
VII e forme.
67
'Juif
'.iijri
VIÎI e forme.
68
s *
IX- forme.
69
u\£axJS>\
70
~6 • • •^Cfc»>'
X e forme.
71
î>$t#
"O. °r
XI e forme
388
[Table u. suite.)
r
1 ORMl S
SIGNES
CORRESPONDANCE
y
II. Il M. .il h -■
caractéristiques
de oes rormes
A\ El l i VERB] DÉRIVÉ
9 y.^ ?t
\ 1 1' forme.
SiJS
Mil' forme.
7 i
s
\ IV' [orme.
T..
• -
s
XV' forme.
76
"JfoAi
XVI e forme.
77
7s
•
«• y
\ V l [« forme.
79
XVIII forme.
80
>
-1
\ 1 \ forme.
32
»J(SS
•^^3
\ \ ' forme.
i
1
[Table II. suite.
DE LANGUE AHABE
389
X
FORMES
SIC NES
CORRESPONDANCE
3 Q
's:
TECHNIQUES
caractéristiques
de ces formes
AVEC LE VERBE DÉRIVÉ
s;;
9 <* e /
1
86
*ac*
'.G.".
XXI e forme.
\
87
^* x
■>».
3» s>s
XXII e forme.
88
•*•
XXIIP forme.
89
^
XXIV e forme.
90
'JW
XXV' forme.
91
"j^
XXVI e forme.
92
p J^ai>
XXVII e forme.
NOMS D'ACTION 1)1 VERB
E QUADRILITÈRE
93
^
V ■" o y
94
2' «s
.....
95
I re forme.
96
"àî^SS
97
3^
390
[Table II, suite.)
1
:
FORJI) -
SIGNES
CORRESPONDANCE
- ~
de ces formes
s
rE( 1 1 M .■ i ES
caractéristiques!
IVEC U vi RBE DÉRIVÉ
A> » 9 ' '.
98
.....>
II' forme.
99
III e forme.
V y
>>
100
^^
Y. .îl
1 V* forme.
'",
^ *
TABLE III
FORMES DES ADJECTIFS VERBAUX OU PARTICIPES
FORMES SIGNES
ii, uni. caractéristiques
<:<>i:m-:siM>\i)A\<:i<;
de ces formes
AVEC II VERBE
VOIX ACT1 V E
ADJECTIFS VERBAI \ M VERBE TRILITERE ACTIF
102
lu::
■», \' 9 I y i'
I n forme. V. pour la signi
fical ion, table I. formes
du i erbe.
Il" forme.
III" forme
I \ ' for
[Table lit, suite.)
DE LANGUE ARABE
391
105
106
107
108
109
110
111
112
113
114
115
L16
117
FORMES
SIGNES
caractéristiques
CORRESPONDANCE
de ces formes
AVEC LE VERBE DÉRIVÉ
V* forme.
VI e forme.
Vs»jL«-o . . .^o ° forme.
3^
y- S
-
O. . j»
3. . >o
J4^
a-*
.***•
a ' 9
VIII e forme.
IX e forme.
X e l'orme.
XI e forme.
XII e forme.
XIII e forme.
XIV e forme.
XV e forme.
XVI e forme.
X VII e forme.
[Table lll. suite
1
Z -
FORMES
SIGNI -
( ORR1 SPONDANCE
SE
118
1 I • IINIQ.I I S
caractéristiques
de ces formes
\\ 1 1 1 1 \ 1 1; r.i DÉRIVÉ
\\ Ml forme.
119
y «^ .*
y
XIX e forme.
L20
JyULo
y « -J
X .V forme.
12i
"Jé^
-..». ri
\ X 1' forme.
122
y
WII" forme.
123
*9s «9
. J. . vO
y
XXIII 1 forme.
12'.
v 9 ' 3
XXIV e Eorme.
123
XXV e forme.
126
y «-"'J
y
XXV] forme
127
»1 • "£*
.3. .**
\\\ II e forme.
AD
IECTIFS \ ERB
\l \ lii VERBE
(.il ADRIL1TÈRE ACTIF
128
l c Eorme.
129
"j^
• ♦ • -yJi
y
Il forme
{Table lll.suih .)
DE LANGUE ARABE
393
O a
•s 1
3 a
FORMES
TECHNIQUES
SIGNES
caractéristiques
CORRESPONDANCE
de ces formes
AVEC LE VERBE DÉRIVÉ
130
'^
; ; . ) . . j>
111° forme.
131
»>
. . . . ./O
IV e forme.
VOIX PASSIVE
ADJECTIFS VERBAUX DU VERBE TRILITÈRE PASSIF
132
3- ••*
I" forme.
133
II e forme.
134
yyz
III 1 forme.
13;j
"S*£
IV e forme.
136
V e forme.
137
Vc.UÛ-6
. 1 .y*
VI e forme.
138
VIP forme.
139
VIII e forme.
IX 1 ' forme, {n'apasdepass.)
26
194
[Table m. suite.)
FORMES
IK 'Il J
140
Vfi_0^_A>U-6
141 >^^
r»2
143 3*-^-*
SICNKS
caractéristiques
CORRESPONDANCE
de ces formes
AVEC LE VERBE
» 9
X' forme.
\ r forme, in'ap.depassif.)
XII' tonne.
XI 11° forme.
XIV forme.
ADJECTIFS VERBAUX IU VERBE QUADRILITERE PASSIF
144
1 13
I 16
14*7
>>
• • . . >0
I" forme
I I e fori le .
III f fin me
IV' forme.
DE LANGUE ARABE
395
TABLE IV
FORMES SPECIALES DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS
■J.
3 'a
FORMES
TECHNIQUES
SIGNES
caractéristiques
SIGNIFICATION
148
'<W^
-
adj. qualificatif très wsjfé.
149
•
intensité du précèdent.
150
'
adj. qualif. t/"ès usité.
loi
9\ t^
•J-
'
intensité du précédent.
152
iûSk
Sir;
■ 1
i
153
Si;:
\
une qualité passagère, un
état instantané.
154
'a: :
155
Y'1
> "
couleurs et particularités
physiques. — Compa-
ratif et superlatif.
156
J^
>
fém. des adj. comparatifs
précédents 155 .
157
fém. des adj. de couleurs,
etc. [155] — appartient
aussi à quelques noms.
158
159
â)\Jsb
y. 1.
qualité intense, action fré-
quente, profession, mé-
tier, qualité très intense.
396
{Table n , suite et fin.)
\ ■*■
~ -
KORMI s
SIGNl -
z -
SIGNIFIC \ riON
s.
1 I r.HMQUI s
caractéristiques
i' ■
160
J*?
.
n ' - >
L6Î
/'. ^)^s
~x • • .
162
è\oS&
s: x
163
"cÙ^à
toutes ers formes se rap-
portent à un état passa-
ger, a unequalité Intense,
*Ù**t
>> s 5
une action fréquente.
164
- _0
>■>
La forme Itil sert quelque-
165
S\SkjL»
fois de pluriel à tOl dési-
gnant des âtres raison-
nables.
».<s *
'' * s- •>
|l',li
mXsul»
y. . ^>
Wi
i
168
" If'
c5 ; ' • •
adj. relatif pourles numé-
ratifs de fractions.
Voi
• à la table N
»
, les formes di
noms qui peuvenl être
empli
\ ées comme adj
setifs, el qui son
l indiquées par \. adjectif.]
DE LANGUE ARABE
39"
TABLE V
FORMES DES NOMS D'ACTION ET AUTRES
DÉRIVÉS DU VERBE PRIMITIF
La lettre A. veut dire que telle forme est employée aussi comme adjectif.
La lettre 7' signifie pluriel et les chiffres indiquent les singuliers.
03
FORMES
SIC NFS
— —
s 1
S a
TECHNIQUES
caractéristiques
SIGNIFICATION
169
)' ' '''
1> Os
n.oerbal très usité., A.
170
3*?
«..<?.
171
J-f?
y * »
n.o. A. — /'. rfe 150, 181,
182, 183, 202.
172
'^
j," • *
;/./ -. A. — P. de 101,181,
184.
173
^
! '
y
».r. /'. de 182.
174
;> -- y
u.c. P. de 155 /ion compa-
ratif et 161 .
173
5^
>> '
71.0. A .
176
j^
tt f s
h . dérivé. A .
177
y*
ft > >
n.o. P. de 118, 170, 172,
183,185,186, 195,199,200.
178
a .i .
i . suite l
1
FORMl S
SIGNES
y
ru HNIQl i s
caractéristiques
SIGNIFICA «ON
179
%A
•
y
n.o.
L80
âliâ
5'
u.c. /'. rfe 169, 170, 171
iai
"Â^
-
n.c.
182
» ■( *
#&3
y
" . ' . indique La partie, la
traction /'. cte 1 is. L69,
171, 172, 185, 187.
L83
7
a .i . indique la capacité,
le contenu, la couleur.
184
i0^3
2T ■
*"
a i . /'. de lui désignant
des 'très raisonnables.
L8S
jLîAS
v :\t
y
n.e. V. 61 \
186
p .\:
**
«.o. éloignement, a\ er-
sion. V. 55 \. - P. rfe
148, L69, l7o, 171, 172,176,
181, 183, 109 211.
18*7
*j\il
".ir
f
i is maladies;
— le reste le fragment \ .
[88
'j\sé
" vu
n à habitude, d'intensité
de l'action. 1. Voy. 152,
189
L58.
[90
'jvSi
"\"
A
n il habil ude. 1. /'. de
101, 212.
191
'•^lâa
n .' . idée abstraite. /'. rfe
lui. 17:'
(Table V, suite.)
DE LANGUE ARABE
399
192
193
194
195
196
197
198
199
200
201
202
203
204
FORMES SIGNES
techniques carac térist ï q ues
'<àJl3is
"Si3 V.\:>.
» > *
if J J
■J *
te? •*: •
n.r. P. de 101, 172.
/< .' . A .
/i. dérioé rare, idéeabstr
n.o. A.
n.o. P. de 101, 169, 170, 171
172, 175.
n.o. idée abstraite. .A.
n.o. P. de 169, principale-
ment sourd ou concare.
n.o. rare, mouvement. .V.
Voy. 148 P. de 101, 169,
186.
n.o. rare.
X
a
^»
ra.o. P. des od/. 101. L48,
153, 155, 175," indiquant
cS"
*
lésion organique.
c3-
s
>
u.c. r«/r, .A. [V. 156;.
^"
a
n.o. rare.
id.
MX)
(Table V, suite.)
1.
FORMES
SIGNl -
SIGNIFICATION
s
, E( HNIQI 1 S
caractéristiques
DES l"H\ll 5
20.Ï
j^
■/,/.
n .i . rare.
206
J^ff
n.o. rare, intensité, énerg.
207
S\r-:T
/' .( .agitation, mouvement
rapide.
208
Vfr
forme énergiq. du précèd.
209
J>\ . . .
n .i '■ . A.
210
>
a i l'.ile lOlconcaoe; 109,
171, 174, 185, 187.
211
n.o. rare. A. 1 '. de 169,
172, 199, 213.
212
3^:
» 'Y.
n ./ . rare.
213
»:
v X
a . dérivé rare. Voy, 101
i\\
>SL\S
W. A.
21.1
^-^s-\s
M.
2ir,
M.
217
fis**
n . d'abondance, de lieu,
de temps.
{Table V, suite.)
DE LANGUE ARABE
iOl
Xi
C a
r-. -
_ a
y:
FOR. MHS
TECHNIQUES
SIC, NES
caractéristiques
SIGNIFICATIOÎN
218
**SJstSL*
* . . .-4
n. d'abondance, de lien,
de temps.
219
J^
. . . ^r>
n . de lieu, de temps.
220
n. o. rare.
221
■i>\ J °"
)' J o '
id. Voy. 132;.
222
V > - !
. . . J>
223
TS ■ ■ ■ J>
224
"■■A^
K . . .-«
22: i
n. d'instrument, de vase,
de récipient.
id. A .
226
■ ^
id. A .
227
>> 1 X O
. 1 . . J>
id. A.
228
'JV_5?J0
. 1. . _>
a. '". rare. Voy. bi .
2?9
J V-SLÎU
i
id.
lOtî
(Table V, suite et fin.)
r
FORMES
SIGNES
~- -
SIGNIFICA riON
s '
•
caractéristiques
DIMINUTIF
■i
230
y^ 5
diminutif de ^J--*»
231
^
i ut' n*iie du préa i '''''
232
5 .J. •
< ',1, /in . de i/vJ—sia
233
dimin . de Jy-zls
234
5 , *>^.>
dimin. de ,JL- »—«,-<«
TABLE VI
FORMES SPÉCIALES DE PLURIEL
Les chiffres renvoient aux singuliers auxquels elles correspondent.
/
FORMI -
SIGN] S
-
RENVOI AUX SINGl I.M.KS
s
1 1 I.IIM"! 1 -
caractéristiques
233
"À^StS
'v—
LOI défectueux. Voy. 161].
236
77 ^ ȣ
169, 17(1. 171. 172, 186, 199.
[Table 17, suite.] de langue arabe
403
<r. z
3 a
Z
237
238
23! I
240
241
242
243
244
245
246
247
248
249
FORMES SIGNES
techniques j caiac ( éris t ï ((ues
"jGS
'.Y A
*\&**\ *\. . . \
I
'2ÙJBL3\ V. • . \
*" * /
#&$ 'Sr :
RENVOI AUX SINGULIERS
J«â
rf -ïr:
^
•£
0^5»
'•;>'•'
ÎKW
5^*?
> , - ^
"iàlVi?
/)/. de presque tous les noms
et adjectifs de trois let-
tres et de 101, 148.
101, 148, 199.
148, principalement sourd
ou défectueux.
148, 185, 186, 195, 196, 199,
princip. sourd ou déject.
101.
84, 148, 185, 186, 191, 192,
193, 195. 197, 200.
156, 157, 201, 203.
152, 153, 156, 157, 200. 201.
79, 212, 213, 214.
80, 82, 215.
93, 94.
95, 96, 97.
( Table IV, suite et /in
1
j
1 ORM1 S
SIGX1 S
— S
RENVOI AI \ SINGULIERS
£ ;
1 1 • lIMyl/l S
caractéristiques
Z
250
^
>.x\
60, 233.
251
^
- ^
GO, 216, 231.
252
^
52.
253
^UÏ
" s
51, 53.
254
•itXfrViû
if. . I. j
52.
^-
*"
255
'te&
217 à 226 inclus.
256
'S^^
132, 165, 1G7, 227.
Voii
parmi le< non
is et les ad jectii
s, les formes servant aussi
de plu
: qui sonl
notées par la 1
îttre P. , pluriel
DE LANGUE ARABE
iOo
TABLE VII
FORMES DE SINGULIERS MISES EN RAPPORT
AVEC LEURS DIVERS PLURIELS
Les chiiïres placés après la lettre A. indiquent, lorsqu'il y a lieu,
les pluriels des mots pris comme adjectif.».
La lettre /'. signifie que la forme qu'elle accompagne sert aussi de
pluriel.
r aa
NOMS
SIGNES
RENVOI AUX FORMES
^ °— E
— s -
et :nljeo(ifs
SINGULIERS
caractéristiques
qui leur servent
DE PLURIEL
loo
• • • \
A. non comparatif. 171,
21 1 — cotnpar. 250.
157
>I\r r-
A. 171. 18G.
169
V <=> -
236, 182, 186, 196. 199. 210,
211, 237. — A. 186, 237.
170
186, 196. 236. 237.
171
Il 9 >
182, 196, 236. 237.
172
» ' "
182, 186, 237. - A. 237.
1715
p. ^
U •
^
179, 237.
174
'■ *&
P - ,
210.
17b
*y**.
v» x
237.
176
y*
t> S '
237.
iOh
(2'aMe i ■//. suite )
-
NOMS
SlGNl S
RENVOI MX FORMES
jectifs
SIXUI '
caractéristiques
(|iii leur ser\ enl
DE l'I 1 i: Il i
177
v ; j
237.
178
j> -f »•>
|
* • • •
174.
1 79
'kW
V . . .
173.
180
K "ÛJ^,
173.
[81
t , • ,
Y . . .
174 189.
182
r. *\a3
* . . .
173.
y
s
183
* . . .
L74.
IV,
y ' i*î-ks>
'1" '
y . . .
186.
161
>■ "Ais
>■< s ^ >
i . . .
174.
Iv.
'5\^
*\ \T '
177, L82, 210. 240. A.
186, 238
18
177. 2in, 236, 240. -A.
177, 238.
187
'J&
■
182, 210, 240. A. 177,
211,
191
/ J iîv^
H. 1. .
186, 242.
(Table VU, suite.) de langue arabe
407
ta' x
NOMS
SIGNES
RENVOI AUX FORMES
el adjectifs
SINGULIERS
caractéristiques
qui leur servent
DE PLURIEL
192
p. '^1*3
242.
J93
*£<Â
•> j,9
19 1
243, 244.
195
p. J^ft
177, 240,242. — A. 177, 237.
196
177, 240, 242.
197
177. 242. — A. 177, 242.
198
177, 212.
199
P/J^.'
•' y
238. - A. 186, 201, 237,
238, 210, 241, 245.
200
"y '
a o. .
177. 242. - A. 186, 242.
201
P- J^
y -9 y
6- • •
243. - A, 186.
202
J^
s 9 ,
yf • • •
186. — -V. comparât. 174.
— 7io/» compar. 169.
203
•- *
£• • •
243, 244
204
!
&
s s '
243, 244.
108
[Table VU, suite.)
NOMS
SIGNES
RENVOI AUX FORMES
— 9 ï
ci adjectifs
SINGI UERS
caractéristiques
qui leur servent
DE PLURIEL
209
>1 S 9 y
'1>\: : '.
186, 201, 244
210
1 • ''j^Jk9
'6\: '. .
17 i, 186;
211
1
P. J^R3
186, 201, 24i.
[52
0^3
186, 201, 244.
L53
186, 201, 244.
L54
1
186, 201, 244.
212
7>\.
*. X
245.
213
\ .ir
161, 245. — A. 161, 184,
190, 195, 238, 2 il, 245.
214
m: ; ir
245.
215
'AJy-ls
ï'/.ir
246.
216
251.
217
"J^°
. . . ./>
255 .
218
J' 1 • •» ^
2!
Table VU, suite.)
DE LANGUE ABABE
409
Zé a a
0. s =
NOMS
et adjectifs
SINGULIERS
SIGNES
caractéristiques
RENVOI AUX FORMES
qui leur servent
DE PLURIEL
219
0*£
255.
220
0*?*
. . . -X>
255.
221
25G.
222
. . . _o
255.
223
255.
224
WfcLaJU
255.
225
. . . -a
255.
226
255.
227
256.
229
*x.'A
253.
j 51
• •
•
253.
52
■^d-SLSJ
% . . . 3"
y
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248
\ i \ Cette table
ne s'applique pas aux pluriels par termi-
Imit on a
indiqué l'emploi p. 304, 305, 306, 307, 314
de cet ouvra.
Lorsqu'une îles formes auxquelles renvoie comme pluriel la
Talilc vil. De porte
pas déjà cette indication dans les tables
• li-ntes, on doit en inférer qu'elle ne sert de pluriel qu'acci-
. ntellemenl el pour
quelques singuliers primitifs
I IN DU LIVRE THM|s||.Mi.
LIVKE IV
SYNTAXE
Dans le livre de la grammaire, nous avons présenté
en particulier chacun des rouages de la langue arabe;
il nous reste à exposer clans celui-ci l'action mutuelle
de ces rouages, ainsi que la manière dont ils se coor-
donnent pour transmettre la pensée. Tel est l'objet de
la syntaxe.
Dépouillée de tous les faits accessoires, qui sont la
conséquence de quelques lois rigoureuses, la syntaxe
générale, ou, pour mieux dire, la phraséologie arabe,
est simple et facile à comprendre dans sa marche, si
Ton en trace nettement la direction. Je vais entre-
prendre cette tâche, sans me flatter de l'accomplir.
L'exposé de l'arrangement des mots en des périodes
pour constituer la phrase, se nomme phraséologie; le
rapport grammatical et logique des mots entre eux est
appelé concordance, et l'on nomme dépendance l'action
que certaines parties du discours subissent de la part
des autres. L'appréciation de la phrase sous ces trois
points de vue forme la syntaxe, dans l'application la
plus étendue de ce mot.
Je traiterai de chacun de ces points dans l'ordre et
le lieu qui me sembleront le plus opportuns pour les
offrir utilement à la mémoire et à l'observation.
t!2
CHAPITRE PREMIER
EXPOSÉ DE LA PHRASÉOLOGIE ARABE
109. Les \rabes ne reçoit unissent ijue deux termes
dans la proposition : le sujet et l'attribut, qu'ils nom-
ment 'j_.-.. v u l'inchoatif et t-*-=^ 1 l'énonciatif (*).
(1) C'esl avec raison que les Arabes n'admettent >\ue deux ternies
dans la proposition, l a grand Dombre de uns grammairiens Euro-
péens, guidés plutôt par d'anciennes traditions que par leur réflexion,
v introduisent le verbe (substantif) comme un troisième élément,
et sans nécessité compliquent l'analyse d'une distinction que la
logique ni l'usage de beaucoup de langues ne peuvent admettre.
La plupart des nations modernes de l'Europe expriment en effet
l'idée de l'existence par le verbe substantif, lorsque l'attribut ne
renferme cas un verbe d'action ou d'état; mais dans les langues
sémitiques, comme en beaucoup d'autres idiomes de l'Orient, cette
idée résulte de la seule énonciation d'un sujet mis en rapport avec
un attribut, sans qu'il soit besoin, comme en français, parexemple,
de la présence constante du verbe. Nous disons : Tout homme est
attaché ù. la rie ; on traduirait en grec : pas anthrôpos philozôo», en
entendant estl; en latin : Omni* homo oitoe studiosus. Ovide
.1 dit : « Tu miiti propoaltum, tu mihi semper opus. » On dit en
arabe : ^S\ <ajù\ Dieu (est grand. La même élision a lieu dans les
autres langues sémitiques; et l'on pourrait sans peine multiplier
ici, d'après les divers idiomes, les citations de propositions où le
'est pas ex primé .
Bien plus, le verbe d'action ou d'état lui-même ne présente qu'im-
nt l'idée de l'existence, et souvent chez beaucoup de peu-
les nuances de l'expression, on met à sa place un
il, qui indique l'action ou l'état à un temps passé,
présent ou futur. Nous disons en tramais : je riens, c'est-à-dire.
d'ap iens eux-mêmes, je suis tenant; maison
dirait en latin : oenio ou ego oeniens; au temps futur : venturus. On
dirait également, en arabe, ?>Là LJ\ je (suis) venant ou devant
nsi qu'on lit dans le Coran, chap.II, V.28 : ^s\a. ^Jï\
DE LANGUE ARABE 413
Toutes les parties accessoires, telles que les adjectifs,
les divers compléments, les termes circonstanciels de
lAJL^ià- ^,^1 3 je (suis) devant ou allant établir sur la terre un
représentant, c'est-à-dire, je dois ou je rais...
< >r, si le verbe substantif peut être supprimé, s'il doit l'être en
tant de circonstances et de langues; s'il n'est qu'implicite dans le
verbe d'action ou d'état, il n'est pas un élément nécessaire et cons-
titutif de la proposition, qui se passe bien souvent de sa présence :
il n'est simplement qu'un indice réel ou virtuel de l'existence inhé-
rent au sujet, et l'on ne l'exprime, dans un grand nombre d'idiomes,
que lorsqu'il faut indiquer un temps spécial et exclusif.
Quand on dit : Pierre est malade. Pierre est l'être auquel on
attribue l'état de maladie; Pierre est le sujet de la proposition,
malade en est l'attribut; le mot i:sr, qui indique l'existence de
Pierre, au temps présent, n'est ici une nécessité de la proposition
que par rapport aux convenances de la langue française, car on ne
serait pas obligé de l'exprimer en certaines autres langues, où le
seul énoncé d'un sujet entraine l'idée de l'existence actuelle ou
absolue de ce sujet. On dirait en latin : Petrus œgrotus sans être
astreint a employer est, et la proposition n'en serait ni moins
entière ni inoins explicite. On ne pourrait pas supprimer ainsi le
sujet ou l'attribut : Petrus ou œgrotus n'exprimeraient aucune idée
complète s'ils étaient isolés.
En faisant abstraction des formes d'expression particulières à
chaque langue, on voit que partout la proposition ne se base que
sur un sujet et un attribut, c'est-a-dire sur renonciation d'un être
toujours existant puisqu'on le nomme, et sur l'indication d'un état,
d'une qualité ou d'une action qu'on y rattache. Souvent la nature du
sujet ou de l'attribut, ou de l'un des deux est telle, qu'on ne peut
l'exprimer par un seul mot, et que ce sujet ou cet attribut exige
certains détails, certaines définitions : il .peut s'accroître alors de
beaucoup de mots ou même de périodes ou phrases dépendantes : on
le nomme complexe; mais l'addition des mots à chacun des termes
n'ajouteaucun nouvel élément aux deux principes de la proposition.
Ainsi, par exemple, dans la phrase ci-dessus : Pierre est malade,
on pourrait être obligé de désigner Pierre avec plus de précision,
d'indiquer la cause, la nature et l'époque de sa maladie, etc., la
proposition pourrait prendre, en ce cas, un développement analogue
à celui-ci : Pierre, le frère de votre ami dont nous avons parcouru
à chenal les domaines l'an dernier, par une pluie battante, est g ra-
rement malade, depuis deux jours, d'une fièvre pernicieuse qu'il a
prise en chassant dans les marais; mais cette addition considé-
rable de mots n'introduirait dans la proposition aucun nouveau
terme fondamental. J'ajouterai ici qu'en toutes les langues, on esl
i I i COURS
temps, de lieu, d'état, etc., sont nommés par eux
,j."_flJ..B •■• J ' dépendances.
lio. Le sujet de lu proposition doit se placer avant
l'attribut: l'inversion est rare.
d'autant pins clair el intelligible, que l'on complique moins le sujet
el ['attribut
1 — expressions elliptiques, sous une forme réduite, contiennent
[eux éléments indispensables delà proposition. Le sujet, et
quelquefois une partie de l'attribut y sont élidés. Ainsi, lorsqu'on
dit a quelqu'un Viens, c'est une forme abréviative pour je veux
tire que tu viennes; Silence! est pour : je vous ordonne
flaire silence; — Assez! signifie: cous en ares fait, dit, etc.,
u .' veut dire : je cous recommande à Dieu.
L'appréciation des bases de la proposition est facile: l'analyse en
s simple, au moins dans quelques langues, parmi lesquelles on
peut classer l'arabe; parce que, dans ces langues, la construction
adoptée ne permet pas le mélange, ou même, en général, l'inter-
- o les termes, et que le sujet et l'attribut restent toujours
blement distincts.
Ces développements, qui appartiennent à la grammaire générale,
ont ici une application directe, car ils sont l'expression de l'opinion
grammairiens arabes, ils montrent le caractère fondamental de
la proposition arabe surtout, et les principes d'après lesquels il
tant l'analyser. Je dois indiquer l'analyse comme l'unique moyeu
de se reconnaître avec précision au milieu de la confusion d'un
Bystème graphique où, comme je Fai dit p. 12 et, 13, on n'écrit pas
les voyelles, on ne sépare ni les mots ni les périodes, et souvent
môme on ne prend pas la peine de tracer distinctement les carac-
tôres Je m- pari.' pas des ouvrages imprimés, qui se bornent à
presque exclusif des Kuropéens entr'eux. C'est par l'ana-
que les Vrabes eux mêmes entendent leurs propres livres, et
c'est la nécessité absolue de ce travail de l'esprit, qui leur a fait
produire un si grand nombre de commentaires; c'est, là encore ce
qui absorbe el circonscrit leurs idées, et les émousse de telle sorte
q| rarement pénétrer dans la civilisation des autres
peuples, lorsqu'elles se sont, usées d'abord sur les difficultés de
l.-ur système d'écriture, el sur les vaines subtilités de la scolasti-
que On conçoit que ce systè primitil d'études, dont nous com-
mençons heureusement a sortir., ne donne.a l'esprit qu'un petit
nombre de (ait- spéciaux el d'idées fondamentales, et que las
théories de l'école tiennent alors Heu de science, comme elles l'ont
(ait long temps | r nous
DE LANGUE ARABE \\>
Voici quelques exemples de propositions :
1° j-^-^ *^ Dieu (est) grand.
2° *_jLs jl_j; Zeid (est) debout.
3° .ÎJ-J! > J_j ; Zeid (est) à la maison.
/ / c ■ n es
4° ,^0_jl-c j-j \ Zeid (es/) chez vous.
5° »»_>1 *Li j_j : Zeid, son père s'est levé.
t /
6° Ljj>b *-x_> ,L=v j_j : Zeid, son esclave (fém.) est en
fuite.
Ces exemples indiquent les diverses manières dont
Y attribut peut être formé dans la proposition arabe;
savoir: 1° d'un adjectif qualificatif ; 2° d'un adjectif
verbal ; 3° d'une préposition et de son régime; 4° d'un
terme circonstanciel d'état, de lieu ou de temps , 5° d'un
verbe avec son sujet; 6° d'une proposition complète.
(V. Djaroumiya, de l'Inchoatif et de l'Énonciatif.)
Voici d'autres propositions où le sujet ou l'attribut
sont complexes ou composés :
*»-^' i— -sL-t <-? Lorsqu'il fut descendu de dessus le
cheval, il s'arrêta à la porte de la caverne, réfléchissant
à la conséquence de son affaire. {Mille et une Nuits,
t. ii, p. 326.)
H6 COURS
; U l! ..,__• _•'.., là ^Cl i_*_:„. V A elle
t- I - ■ - ■ - • ■
du géhenne, l'enfer) sept portes; à chaque porte,
d'eus un'- portion désignée (c'est-à-dire : à chaque
porte une certaine partie d'entre eux (les réprouvés)
esl assignée . Cor., xv, i4.)
111. // est de règle, en commençant une phrase, d'ex
primer le verbe a.v ant son sujet (J-ela), et de dire, par
exemple :
- ■ /. /
j_< ; ,_; ? Se leva Zeid.
_C^' Lk Est venu votre frère.
112. Le complément direct du verbe, quand il n'est
pus h ii pronom, s'exprime après le sujet. Exemples :
tesscs///
L_*_s _•_. : _•,.-- Zeid a battu 'Amrfà la lettre : a frappe
Zeid 'Amr).
. _^ j._.v_v~-' wflj^cl Mohammed a affranchi un es-
clave (a affranchi Mohammed...)
Observation. On voit déjà, par ces deux exemples,
que l'ordre général de la construction suit cette mar-
che : 1° le verbe ; 2° le sujet du verbe : 3° le complément
ou régime du verbe (1 *.
I Ce fail très simple esl important a noter, parce qu'il éclairoit
l'amphibologie que cette construction offre pour nous. Si nous
disons \ battu Zeid l Amr, nous ne savons s'il faut entendre : Zeid
a hatt'i ■ \mr, ou 'Amr a battu Zeid. En arabe, non seulement La
voyelle du cas il est vrai qu'on ne l'exprime pas toujours), mais
surtout l ordre de i onstruction, empêchent la confusion du sujet et
■lu régime: il faut se rappeler seulement que le sujet doit être avant
le /•'■',
DE LANGUE ARABE 417
Si le complément du verbe est un pronom afïîxe, il
s'attache au verbe (V. p. 3i7 , et précède ainsi le sujet.
Exemples :
j_j , sL_x_i,l A acheté-'//' Zeid <Zeid l'a... |
s *a.yi »i_l- si -' A introduit /'(/.y le chambellan.
113. Lorsqu'un verbe a deux ou plusieurs complé-
ments directs ou indirects, on les range dans l'ordre que
la logique leur assigne.
On place ordinairement le complément direct avant
le complément indirect et l'expression des personnes
avant celle des choses ; mais cet ordre n'est pas rigou-
reusement obligatoire. Exemples :
.ULxJ ' _^.C — ' ' kfJL.,1 J'ai envoyé <i vous le livre (ou
l'écrit).
X-^Ji ^U_5J1 oJLwJ J'ai envoyé //■ //'-/r à vo
m-.
l_^_>_>, ( L' ï_jL»3) -Uv-^--' «Jb A transmis Mohammed
/f //> ; /r)/ à ses propriétaires.
*_>'.x~ M ^_- ^' JJ èJLj (// a transmis an générai
(émir) le sceau.
O— ^- J'ai cru Zeid (être) votre frère.
/ /. s f
-j'-Lj;' Adonné(à) moi 'Amr sa chamelle
' Amr m'a donné... I
i I 8 COUKS
114. U verbe à la troisième personne, placé avant
son -i ji r. n'est pas tenu de s' accorder avec lui. —Cepen-
dant, si le sujet est un nom essentiellement féminin, ou un
mot un duel ou on pluriel irrégulier, le verbe peut se
mettre au singulier féminin.
Exemples :
^JIj_^Lj Ne te demandera pas la permission, ceux
qui croient en Dieu et au jour dernier, de participer
à la guerre sainte parleurs richesses. (Cor. ix, 44.)
-.__>jvJ' _ >_^_- )li, El dit des femmes dans la ville.
Cor., xii, 50).
\r prendra pas les croyants les incrédules pour amis
à l'exclusion (plutôt ffue) des croyants. (Les croyants
ue prendront pas. . .) (Cou. m, 27.)
Lorsque la mère de I laça n eut entendu ces vers, elle jeta
un grand cri et dit. . . (Milleet une Nuits, i. n, p. 297.)
_ ■- -s L*_j ^*xJ^ Ceci (c\s7) à cause de ce
qu'fl présenté (fém.) tes deux mains (Cor. xxn, 10).
: /■ . /
.-" _ - LsUj _^CJ; Ceci (es/) à cause de ce
DE LANGUE ARABE 419
qu'a présenté (fém.) vos mains. (...A cause des œuvres
avec lesquelles vous vous êtes présentés. Cor.viii, 53.)
j^L-pl-j "^~a>j^>\ ll_Llj J>A.L j_lK Déjà était vernie
nos apôtres (vers) Abraham avec la bonne nouvelle.
(Cor. xi, 72.)
*JL JL ^LUJT ^1L] j^ljToJlij A drt (/8m.)
les Juifs : n'esî pas (fém.) les Chrétiens sur une chose.
fLes Juifs ont dit : les Chrétiens ne sont pas dans une
bonne voie. Cor. h, 107.)
XSJ ' -Li. t V H^ ! «Li AJD ! ^J U . \CJ • • • • • Mais
a dit (fém.) les anciens : la clémence (est) une des qua-
lités des âmes nobles. (Mille et une Nuits, t. u, p. 497.)
^-LLJ! O-'U A dit (fém.) le monde. (On a dit.)
Observation importante. — Cet emploi du singulier
féminin avec les noms pluriels s'explique parce fait déjà
signalé (p. 313) que les Arabes considèrent les substan-
tifs pluriels comme des noms abstraits de collection, et
qu'ils sous-entendent toujours avec eux le mot LcL*.^
réunion, collection, dont l'idée entraîne naturellement
l'emploi du singulier féminin. Ainsi, dans les derniers
exemples ci-dessus, c'est comme si l'on avait dit : est
venue la collection de nos apôtres. — La collection des
Juifs a dit. . ., etc.
On verra ci-après que les adjectifs et les pronoms sui-
vent le même principe dans leur accord avec les noms.
115. Les verbesplacés après le sujet s'accordent avec
lui pour le genre, le nombre et la personne, comme cela a
120 coi m
lien chez nous; mais il faut observer que si lesujet est un
NOM PLURIEL d'ÈTRESNON RAISONNABLES OU DE CHOSES, le
•-, rbe qui se rapporteà ce nom <loii rire on singulier fémi-
nin.- Il en est de même des adjectifs et des pronoms.
Les noms pluriels en général, comme on l'a dit ci-
lessus, el particulièrement ceux qui désignent des êtres
non raisonnables, étant pour les Arabes des nomssingu-
liers féminins de collection, on conçoit facilement l'ac-
cord rationnel au féminin et au singulier des verbes.
et même <lrs adjectifs cl des pronoms qui se rapportent à
noms.
Voici des exemples de cet accord, tant pour les verbes
que pour les adjectifs et 1rs pronoms.
'J.S\J r >:;,
' \ ,t, a ' t a _,V j
:.ii \swl+*
\ TJ
être voudrait bienceux qui soni incrédules s'ils étaient
musulmans. — Laisse- les qu'i/s jouissent, et que abuse
eux l'espérance ; ils sauront. (Ceux qui sont incrédules
-fiaient contents peut-être s'ils étaient musulmans \
laisse-les manger e( jouir des biens de la vie, et se
livrera leur trompeuse espérance: ils finiront un jour
par connaître la réalité. Cor. \v, 1. 3.)
s
^ ^ Vil Ll Uk! UJ . LiU f ; H jJl J ,jLJ Et dira
ceux qui .v*»/ pervers : notre Dieu, retarde-nous jus-
qu'à un terme prochain (accorde-nous encore un
faible délai. Cor. xiv, i5.)
— -V <* /• > C ^-"V
DE LANGUE ARABE 421
%-aJ 'o--'' J-- Je dis en moi-même : si je reviens au
("aire, m'emprisonnera (fém.) les gens (les créanciers)
à cause de leurs capitaux. (M. et une Nuits, t.ii, p. 200.)
»~mS,
Jî, s
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•$-à»-J
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.aliu.
Jî ,j
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1
M
»<y
_u
Y
5^-a
_fi-
.JI
(Basra) Le portique de la ville sainte..., aux chapelles
retentissant du témoignage de la foi ; aux écoles
célèbres, aux cimetières visités... (Hariri, séance l.
,a_s S'avança vers lui des
femmes croyantes r ici II es.
■ J J- s " / \ s J ^
Ljj>L_^ — î-5^ Nous ne nous informons que de vos
états agréés par Dieu (c'est-à-dire des circonstances
physiques et morales dans lesquelles cous cous trouiez,
et que nous reconnaissons agréables à Dieu,, que notre
Seigneur les rende conformes à notre désir ! (Style
êpistolaire.)
t / > c s s s s <. s /y tes s
ib«jv_x^> *>' , ^ fMsH ,. r -<N-~-j 2* v -i.- Et ils l'achetèrent
pour un vil prix, pour quelques deniers comptes (trop
peu nombreux pour être pesés.) (Cor. xn, 20.)
,LJî J/X-. ULâJ Ils ont
dit : a été enivrée par l'ivresse nos yeux ; mais loin de
là, nous sommes des gens ensorcelés. (Cor. xv, 15.)
On a vu plus haut que les adjectifs s'expriment après
mots qu'ils qualifient; on dit : une terre bonne et
Qon une bonne terre. (V. p. 288.)
116. Les divers régimes ou compléments se placent
immédiatement après les agents i/ui les gouvernent.
Conformément à cette règle générale, le verbe gou-
verné par une conjonction, le nom gouverné par un
nom ; le complément d'un verbe ou d'une préposition, se
mettent toujours après la conjonction, le nom, le verbe
ou la préposition dont ils dépendent. Il n'y a pas d'in-
version comme en latin, en grec, en allemand, etc.
Ainsi, l'on construirait en arabe les mots d'après cet
ordre : Lorsque viendra le caïd; — Lamaison (de) Zeid;
- Les cavaliers (du) goum • *» de lui; — J'ai vu lui, elle,
etc.; — lia écrit à moi une lettre (ou une lettre à moi);
— // it passé par le chemin. On ne dirait môme pas,
tomme chez nous, lorsque le caïd viendra; — les cava-
Hers de son goum ; — je h'aivu; — iliïa écrit une lettre.
Exemples :
Ijiï Le livre (de) Dieu.
<- ; /
_ ._: ' , .1 ai vu lui avec frère(de) lui. (Je l'ai vu
avec son frère.
I / s '
j_ <'.—U' J-a.J ti! Lorsque entrera le caïd( 2 '.
i Le mot ^<v-i, <|ue l'on prononce goum, signifie généralement
!>f;ii|>l<-, amas d'hommes, monde, etc., et spécialement une masse de
cavalii
2) <>n verra ci après que la particule \>\ lorsque, change en futur
ns du prétérit.
DE LANGUE ARABE 423
~ > / , . , ' . ^ : • c , • <. • /
«jJJl le IL\_L 3 >r » U-a^^ Nous sortîmes de notre
oui an (territoire ou pays) contre l'ennemi.
Iac LjjwOI l 1 J-*=J Nous arriverons à la ville demain.
Ces exemples suffisent pour indiquer la construction
toute simple des compléments. — On peut y remarquer,
sans qu'il soit besoin de longs développements, que le
nom gouverné par un nom ou par une préposition est au
cas indirect, ainsi qu'on l'a déjà indiqué p. 76.
Bien que l'on doive commencer généralement la
phrase arabe par le verbe accompagné, s'il y a lieu,
d'une conjonction qui le régit, cet ordre ne peut être
constamment observé, soit par l'absence du verbe, soit
parce que la nature de l'idée exige une forme d'expres-
sion différente. On ne peut tracer aucune règle absolue
pour ce cas : le tact et l'habitude du style peuvent seuls
indiquer le moyen de rendre les nuances de la pensée.
Ainsi, par exemple, il n'est pas indifférent de dire en
français : d'après votre observation, il s'est conduit en
brave; ou il s'est conduit en brave d'après votre observa-
tion. Ces faits sont nombreux dans toutes les langues
et se devinent bien mieux qu'ils ne s'étudient.
Voici des exemples de phrases ne commençant pas
directement par le verbe :
,j^J^ -.j «SS J Et si c'était un Coran (*) (que)
(1) Le mot o^r* signifie lecture, récitation; il vient du verbe Ui
lire ou réciter de mémoire.
fût fait marcher par lui les montagnes; ou fût
fait traverser par lui la terre, ou fût fait parler les
morts? (Et si c'était un Coran par lequel on pût faire
marcher les montagnes; faire franchir subitement la
terre, faire parler les morts?. . . Cor., xin, 30).
X_- L ' £LjL' LÎ! -Si .J u ( ) fils d'Adam ! certes
il viendra (à) vous des Apôtres (tirés) d'entre vous.
(Con. vu. 33.)
y /
*_CJ '_;_-- < El il n'y a pas d'animal sur la terre, ni
d'oiseau volant de ses deux ailes qui ne soit (rangé)
en nations comme vous. (Cor. vi, 38.)
>r /tf] jU! LL», * ..-jl— ,>. * .vj^>.r*U ,.r~JU
Par la figueet par l'olive! — Par la montagne de Sinaï!
— Par celte contrée respectable !... (Con. xcxv,l,2,3.J
L\JL \< _ L-Lii)! iLTl V!
w c';-r. • / *- ) ■ J-
Otoi vers lequel on se dirige en toute urgente nécessité,
je me plains à toi de ma misère; daigne avoir pitié de
ma plainte ] . (El-Mostat'ref, éd. duCaire, 1. 1, p. \ 52).
X^Ls iii ' jLs ..yA *_Li .J.6 oo t Tu es sur une
1 Mètre l'aouil y __ ; u | .- _ _ u pour chaque liémis-
: I U
DE LANGUE ARABE 't2>
science (tu possèdes une science émanée de la science
de Dieu [que) Dieu même a enseigné (à) toi elle (que
Dieu même t'a enseignée.) (El-Mostat'ref, 1. 1, p. 27.)
oii C S' Ji X 'la j Jiî L) 'J 3' Ji Ij ! Moi, pour
retenir ce que je n'ai pas dit, je suis plus puissant que
je ne le suis M pour retenir ce que j'ai dit. (El-Mos-
tat'ref, t. 1, p. 102).
c / f r c
. I c ' \ \ îr \ \
r / ' s s y, , ' ' s """/ * s t ' /' / s y t y
Le <C_. « a - r. 1 U . l_*_ •■■•.! ^_-_3 LT1 ;>_; .
O ^ -J , , ; ~ ^ ^ w .
i__.u,_k^ Approbation' 21 à celui que préoccupe son
péché (en le détournant) des péchés des autres; appro-
bation à celui qui reste chez lui, mange sa propre
pitance, n'a d'autre soin que sa soumission (à Dieu) et
pleure sur ses fautes ! (Paroles d'Ali, rapportées dans
le Mostatref, t. î, p. 107.)
(1) Je conserve sans scrupule, en traduisant en français, la forme
de la phrase arabe toutes les fois que le sens n'en peut être altéré.
Je tiens à exposer nettement ici le style arabe, et une rédaction
purement française en dissimulerait souvent les particularités. Je
fais observer à ce sujet que les faits présentés directement et à
propos, sont bien plus favorables à l'acquisition de la pratique, que
les définitions subtiles: c'est pourquoi j'évite celles-ci tant que je
ne les crois pas indispensables. Un fait bien établi sert de base
solide à l'appréciation et a la production des autres faits analogues ;
une définition minutieuse le rend difficilement intelligible si on
l'ignore, et ne fait que l'appuyer si on le connaît. Le présent ouvrage
a pour but principal d'enseigner a ceux qui ne savent pas.
(2) Le mot ^^ est le féminin du superlatif s_-*~Ja\ (V. p. 298,
D° 64) il signifie tr-ès bonne, excellente. 11 est employé ici d'une
manière elliptique et comme formule d'approbation.
28
£6
Ceux qui auront cruel l'ait les bonnes œuvres, appro-
bation à eus et bonne résidence! (Cou. xm, 28.)
t / . i • . >- / *"i -. ?•/«.•
':.>r-' . — £_> b j'LJ -»»_< Au îour u/m
jugement) où viendra chaque âme discuter pour elle-
même. Cor. xvi, 112.)
._ *< r u; ^jûL Jx_u liAiS à î ^jS\ Jx±j
ir _JlxJU L*JLk Ce (.s'O/// les versets de Dieu; nous
te les lisons avec la vérité; et Dieu n'est pas (capable)
de vouloir l'injustice pour les mondes.
'iULL'1 JsiSS iil j-l? ^ iJj Et si n J (était) la bonté
de Dieu pour toi et sa miséricorde... (Cor. IV, 115).
».^M ,1". iii'o fj>+-> y J^. 1 y. Et parmi les
Arabes! i/en<JSf)qui croient en Dieu et au jour dernier.
Qu'il se soumette, et qu'il revienne à ce que il était
-m lui [dans les conditions où il était), cela est préfé-
rable pour lui.
< , \
j~w— u ,'_ ij Lij_j»l Là. b! c ;_^v Au point que,
lorsqu'arriva notre ordre, et que se mit à bouillonner
mrce, nous dîmes. . . . (Cor. xi, 42).
DE LANGUE ARABE \±~
117. Lorsqu'un substantif ou un pronom commence
une phrase, on le fait précéder ordinairement de la
particule inchoative et confirmative . = ,î, qui le met
toujours au cas direct par son influence.
Exemples
ïl i \
\ y
.j\ Zeid est debout, ou certes, Zeid est
debout ('
L'homme que vous avez vu chez moi hier est parti
aujourd'hui pour le Sahara.
jgj^J jjj >L._~ r^ ^11, £jj ,j, Xous(2}
avons écrit à vous des fois nombreuses, et vous ne
m'avez pas répondu. (Style épistolaire.)
y:-.<:
j^s. U_i! &\ j_- .o-^-aJI ïi_s "! Le nombre
des mois, auprèsde Dieu (est de) douze mois. (Cor. ix. 36. i
(1j On doit faire observer ici que le sujet et l'attribut de la
proposition, soit simples, soit complexes, sont toujours censés au
nominatij dans leur ensemble, quels que soient les accidents
grammaticaux survenus dans leurs parties. Ainsi le mot U_£-
complément de I est à l'accusatif par l'influence de cette parti-
cule; mais il ne représente pas seul le sujet, qui se compose
de 1,xj>j \ et qui, dans son intégralité, doit être considéré
absolument comme au nominatif.
(2) Je rappelle ici que s'il est d'usage «remployer le singulier en
parlant à une seule personne (V. p. 27), il est très usité de parler
de soi au pluriel. Dans le style épistolaire, par exemple, on emploie
alternativementle singulier etle pluriel t /•< et nous), sans s'astreindre
exclusivement à l'un ou à l'autre.
4 9 _-0 >--- ---" «-U. >^XÎ! Certes toi (tu
le collecteur des hommes pour un jour il n'y a
pas de doute sur lui (au sujet duquel il n'y a pas. . .
Cor. m. 7.)
On peut, à la rigueur, commencer directement une
phrase par un nom ou un pronom au nominatif, comme
chez nous: mais' les cas en sont restreints, el l'usage de
la particule inchoative J est général.
DES TERMES CIRCONSTANCIELS
La théorie des termes circonstanciels est un des points
plus importants de la syntaxe. Elle est heureusement
forl simple.
Les expressions adverbiales et prépositives indiquant
la manière d'être ou d'agir, le lieu, le temps de l'action,
l'étal de celui qui est ou agit, sont formées en arabe
par les noms ou les adjectifs exprimant ces idées. Les
noms el les adjectifs employés ainsi comme (cimes
circonstanciels, sont toujours mis à l'accusatif d'une
/minière absolue, en vertu d'une préposition sous-
entendue, ou île l'ellipse de mots dont ils sont le
complément. ( V. cas direct, p. 76).
C'esl ici une des particularités les pins caractéristiques
de la langue arabe, c'est un des points où elle semble
présenter le plus de différence avec les langues euro-
péennes On verra plus loin l'étendue de cette différence.
Pour tâcher de faire exactemenl comprendre la théorie
des termes circonstanciels, je vais m'adressera l'attention
du lecteur : je lui présente les faits suivants, qu'il voudra
bien étudier : il en déduira lui seul les conséquences.
DE LANGUE ARABE Ï19
On a pu remarquer, au chapitre V, tjue les prépositions
et les adverbes proprement dits sont peu nombreux. Ils
consistent pour la plus grande partie en des locutions
formées de divers éléments* 1 ). Toutes ces locutions ont
un principe unique de formation : c'est le nom ou
l'adjectif exprimant l'idée adverbiale ou prépositive,
employé tout seul et mis a l'accusatif, ou construit au
cas indirect avec une préposition.
Voici des exemples de la forme que prennent en
arabe, par rapport à notre langue, nos adverbes et nos
prépositions. Je mets entre parenthèses ce qui est sous-
entendu en arabe :
Aujourd'hui *j- J ' (dans) le jour (actuel.
Hier , ►w»^! dans) la veille récente.
Demain !_\_i (dans le) jour qui suit.
Bientôt l_. ■ > »_3 (dans le temps) prochain.
Souvent V^ fendes; fois.
Toujours LJ_JÎJ (en) persistant.
(1) Ce fait est commun à un grand nombre de langues, tant ancien-
nes que modernes ; les Grecs et les Latins formaient les adverbes
avec des noms et des adjectifs affectés de certaines terminaisons
spéciales. Les Grecs disaient : énopiôn, en face: — rômaîsti, en latin
(latine); les Romains : pulchrè, bon, bien; — aliter, autrement. Les
uns et les autres se servaient aussi, comme les peuples modernes,
d'expressions composées faisant l'office de simples adverbes ou de
prépositions, comme: epei de pote, dès que, une fois que...: quemad-
modum (quemad modum), delà même manière, de même que, etc.
— C'est ainsi que l'on dit en anglais : thewrong way, a rebours: en
français : aujourd'hui, bientôt, toujours, sur-le-champ, etc.. etc.
130
Sincèrement
Certainement
ULa. (en) vérité
, i_._L>r- ; — ' L.' (>n réalité.
Nuitamment -5 ) (dans la) nuit.
Rapidement L^L* (en) se hâtant.
/> 1 » V (< J '0 intégralité.
Complètement
.,( 4._aJI_j avec intégralité.
Maintenant c ^ dans la) circonstance
' ii mi ' \ actuelle.
Sur-le-champ ' ' I , ,
1 dans le moment.
i • / 1 *
1 n instant *_sl. (pendant) un instant.
Alors ^ . (au) moment d'alor-
lintre ■ »—::-: (dans V) intervalle.
Chez 2—ï—z. (dans la) proximité.
/
I S i, s
Dessus : i (dans le) dessus.
A droite. ._;_~_^_- au côté) droit.
DE
LANGUE ARABE
431
A cheval
LIT!;
(enj étant à cheval
Par affection
5 ïj-fi
(par) affection.
A la place de
En or
CJi
(en) or.
Ces exemples suffisent pour préciser la démonstration.
Ils indiquent la marche à suivre pour tous les cas
analogues. J'établis donc, d'après ce qui précède, le
principe général suivant :
118. Toute idée adverbiale ou prépositive, toute
circonstance de temps, de lieu ou d'état, attribuée à
l'action ou au sujet, s'exprime par le nom ou l'adjectif
qui l'indique, mis absolument au cas direct, ou placé
sous l'influence d'une préposition.
Voici des exemples de l'application de ce principe :
A --. ..
j_jj eL». Zeid est venu aujourd'hui.
• c • ■ c o / c ' ' / s c s
SU9]
toi qui es arrêté devant notre tombe, ne t'étonne
pas de notre état : //?>r nous étions comme toi, demain
tu seras comme nous. (Inscription lumulaire.)
'i3î\li[J 'f Yl \11 Soi jlsli J! «V-aJ rtJj-iJ *î
... et ne dis pas d'une chose : « Je ferai cela demain »
car elle n'aura pas lieu), ;i moins que Dieu ne
veuille ' . (Cor. xxiii, 23. I
C_ _;.:'' _.._.i„x ,^ n Maintenant {dans le moment
actuel Dieu a ôté un fardeau de (dessus) vous.
i II a allégé votre tâche]. (Cou. vin, »'»7.)
ç -^1« ■ " a. ,\l - -? Ils dirent: maintenant, tu
as apporté la vérité. (Cor. h, 66.)
»■
arrivera vers vous le jour de la date {de In "présente
lettré), {aujourd'hui) deux hommes de notre ville.
Style êpistolaire.)
in JLiij^
, -J ' j Et la mesure {au) jour d'alors,
sera) la .justice. (Cor. vu, 7. 1
1 1) Les commentaires donnent .1 la réoélation de ce verset l'origine
suivante : Mahomet ayant été interrogé par les Mekkois au sujet
de l'âme, de la tradition des Sept DormanK el de celle de Dou-
'lk'arnaïn Vlexandre-le-Grandj fut pris au dépourvu, et les ajourna
sans réflexion au lendemain pour leur donner la solution de leur
demande. Le lendemain, même .-piesiinn, même embarras el même
'i-.-. La chose se continua ainsi pendant plusieurs jours, et le
, mortifié, disait toujours qu'il n'avait pas encore reçu
d'éclaircissement d'en haut a cet égard. Fin lin, Dieu le mit en état de
répondre, en l'avertissant d'être plus circonspect a l'avenir, et de
jamais affirmer qu'il ferait une chose, ^ans ajouter a&\ t\J^ ^\ ;
Dieu i eut, ou s'il plait a Dieu. Le verset ci-dessus
me allusion à ce fait, et explique l'usage constant chez les
Arabes d< ige formule : s'il plaît << Dieu, que nous avions
■ la louable habitude d'employer jadis.
DE LANGUE ARABE 433
^^-5=-'-- -■— --- -^ .*-*-> j Et vous, en ce temps-là, vous
regarderez. (Cor. lvi, 83.)
champ s'entremêla les deux troupes, et s'aggrava le
combat". (Aussitôt les deux corps d'armée en vinrent
aux prises, et l'affaire devint très chaude.)
JUJ ' ^iXJ i ..-3 LJL*L^ i_A — , LL*-i! Nous restâmes
(durant) une année entière dans cette ville.
/ / -,•
* S /
Us voyagèrent (par) terre et (par) mer (pendant)
l'espace de deux mois et vingt-un jours! 2 .
— *- J ! ,U»! *_±_ft_à,l_3 Et il les arrêta vis-à-vis la
mosquée.
^iL-jL. J-TjuiLj ^5LL» ^î.. ,IX Et il y
avait derrière eux un roi qui prenait tous les navires
(p«r) violence. (Cor. xviii, 78.)
il) Les mots exprimant les périodes du temps, comme ^\ moment,
— ^~<*~ id., — JvaL*j heure, instant, — fj) — A j° ur i — >A-x— «<o année,
— ^_j>.U> (/ai'', etc., s'emploient souvent d'une manière spéciale
avec l'article déterminatif ^J\ : — £>Y\ — as'^1 — ?<v-J\ etc. ; ils
indiquent alors l'actualité de la période du temps, et signifient le
moment présent : le jour (actuel); l'année, la date actuelle ou
présente).
(2) Voir ci-dessus, p. :J31, note.
COURS
El est permis à \ ouscequi(esl ) derrière celaM (ni dehors
de cela ), que vous recherchiez (en miiriaije) avec votre
fortune des (personnes) vertueuses. (Cor. iv, 28.)
.C_.' i; ^» l^_jj_C-Ll_3 ljJ_s— ' liLs Et lorsqu'ils se
prosternent, qu'ils soient (par) derrière vous. (Cor.
iv, 103.)
r . r \* * ** r ■
4,—- J_- n' .y.....' $yjû ï Nous n'établissons pas de
distinction entre aucun d'eux. Cor. m, 130.)
II ' t. s s s
«. X
> : .—:J' .,_- i._.'J_» ,.r-^-> L»J Li,.\ y?. ,» . ,*_j« Et nOUS
avons envoyé postérieurement à eux, Jésus, fils de
Marie : en confirmant ce qui [était) entre ses deux
mu i ns icn sa présence ou en sa possession) du
Pentateuque; et nous lui avons donné l'Evangile,
dans lequel est une direction et une lumière, et
comme confirmant ce qui (était) entre ses deux mains
du Pentateuque. (Cor. v, 50.
1 V. -nr *XJ> l'observation de la page 356. — On peut y ajouter
que cette espèce de concordance toute (/'attraction est analogue a
cette locution du latin vulgaire (c'est-à-dire du latin familier ou des
relations habituelles) ea-a, eccum, eccam, etc., voici..., que l'on
lit accorder par attraction avec le nom de la chose démontrée.
' ainsi que Térence a dit : Eccum militent. [Ennuch., Act. III,
îi 1 Plaute et Térence ont fait un assez fréquent usage de ces
for mes 'lu langage ordinaire.
/
DE LANGUE ARABE 435
c. y / s t /
a-jJlj .»-.—! Ensuite (il arriva) que le vizir entra chez
le roi, et baisa la terre entre ses deux mains (c'est-à-
dire, devant lui, en sa présence .
!.X_e*_p s_*5LL*_j « Lljl*-j Ljl^Ls jJu:_- ,.„sr~— :
Eh bien ! nous allons te présenter une magie sa
similitude (semblable à la sienne) fixe entre nous et
entre toi une promesse < [ . (établis entre nous une
convention). (Cor. xx, 60).
s ' s c s / / t, s c * "7* y '
_*_\_^_~_.< a_s_y- J . y &} cr~~- £ Il peut se faire (de la
/m/7 de) Dieu qu'il réunisse la séparation de vous
deux. (Peut-être que Dieu vous réunira tous deux) < 2 >.
(1) On voit par cet exemple, que lorsque le mot ( v r -~> a deux com-
pléments, et que l'un de ces compléments ou tous les deux sont des
pronoms, on répète le mot -»^-> devant chaque complément. Ainsi,
par exemple, on construirait de cette manière : entre nous et entre
bous; entre gous et entre les habitants de la ville, etc. — Quant
au mot commençant cette phrase, c'est l'aoriste énergique lourd
(V. p. 247) du verbe ^j-j^ venir, qui, lorsqu'il est suivi de la pré-
position v s, signifie pour nous venir avec, c'est-à-dire apporter,
présenter. Il en est de même des autres verbes arabes qui expriment
l'idée de venir.
(2) Le mot ^j.^_> comme la plupart des autres expressions prépo-
sitives, n'est pas une particule ; c'est un nom signifiant intercalle,
espace qui sépare, interstice. Il s'emploie comme substantif en plus
d'un cas. A l'exemple ci-dessus j'ajouterai le suivant :
J ; ^ ' " y " ■
u Nous étions à peine sortis de notre assoupissement, que se leva,
en poussant un cri vers nous, le corbeau delà séparation, qui nous
coassait la triste nouvelle de notre éloignement. » (Mille et une
Nuits, t, u, p. 390).
_^ — jl_*_i ir c. Ensuite, je ne manquerai pas de
venir (sur) eux par decant eux M, /mr derrière eus.
de leur droite et de leur gauche. (Cor. vu, 16).
r j!ii\ J^H^l V -s- 1 U-I-JlLIIj ICJ Comment
'loue y aurait-il pour les Polythéistes un pacte (respec-
table) (tuprrs(\e Dieu elaiipri's de sou apôtre ? excepté
toutefois ceux envers lesquels vous vous êtes engagés
auprès du temple sacré (la Mekke). Or tant qu'ils (les)
observeront envers vous, observez(-les) envers eux,
car Dieu aime ceux qui (le) respectent. (Cor. ix, 7).
&JJI AJu: ,.-- ,» U, i\i' Jljlc , yf -> .,J».ij. Ht ils disenl :
il est d'anjnrs [de la parti de Dieu : tandis qu'il n'est
pas d'auprès de Dieu. (Cou. ni, 72).
XJ.5 ,,J L. r-AJLj, ^j ^_~_: ,1 ,_a_i_j ^6^ ,1
■ _ù^ j_oJ Dieu ne pardonne pas qu'on associe (au-
cun être) avec lui ; mais il pardonne ce qui (est) c// deçà
(ou à l'exception) décela, à qui il veut. (Cou. xv, .'il).
I On voit clairement que l'expression «_^_£jo\ -,_^_^ ^_*>o d'entn
iiii>' métaphoriquement "n présence, en face, par
■ • Je la fais remarquer a cause de son emploi fréquent.
DE LANGUE AR\BE 437
/ /
[•»-?
- C" x \ ° • ■ y J w I
;,v . tJLLLl
_3.
^Z\J3 .,o Et nous-les avons coupés (répartis) sur la
terre (en) nations ; parmi elles sont les hommes
vertueux, et parmi elles différence de cela (des hom-
mes qui ne sont rien moins que cela). (Cor. vu, 167).
Et ils adorent e?? deçà (à l'exclusion) de Dieu, ce qui
ne leur nuit ni leur profite (ce qui ne les lèse ni ne
les avantage). (Cor. x, 19).
--^-j Uj-p J_J ajl)I, Je l'ai vu (T) avant (de)
sa mort de deux jours. (Je l'ai vu deux jours avant... ;
/
fjir? i-»-»J-*j ._ ;_.J' J-^j 11 arriva vers nous (T) après
(d 1 ) eux deux d'un jour (... un jour après eux .
./*>/,*../
/ c /
IjLï .,! JJLj V 5 Llj3 I t«JLj
Ils dirent : nous avons été lésés avant que tu vinsses
(vers) nous, et après que tu fus venu. (Cor. vu, 126.)
f C S C / i, C 7 C
j..x.j yj>» J— ? ..^ ,-^V ^ A Dieu est la souveraineté
à 1 auparavant et après ^) (du passé et de l'avenir).
(Cor. xxx, 3.)
(1) Les mots J^s antériorité, — ,Aju — postériorité, — ^_i<v3 — te
<■/< '.-.-.-.7/.S- ; — c^ss^ /c dessous, lorsqu'ils sont employés d'une manière
adverbiale, c'est-a-dire sans complément, comme en français:
wparacant, pur-dessus, par-dessous, etc., restent invariablement au
"1RS
EXEMPLES DE TERMES CIRCONSTANCIELS D'ÉTAT
Lf)' jLJJ \J Existait Zeid {étant) à cheval (Zeid
était à cheval ).
CsXJîo xZJ) yJkJ 11 regarda vers lui [étant) rianl(en
riant L
f .». /
1 ^-.^ c— »L-j' Est venu (à) moi vos
deux camarades («fani pleurants (en pleurant).
JUbLa., .,'-T II existait irtmih un homme savant
il était savant .
_*jli *_sLUl .Ifeî '.--. Kt jenepensepasl'heure(r/<////)
présente (je ne crois pas que l'heure du jugement soit
arrivée). (Cor., passim).
Montez Ions deux sm/' l'arbre tel (sur tel arbre) et
restez tons deux \r(niii) silencieux. {Mille et une \uils,
t. m, p. 268.)
nominatif, même quand ils sont ao-ompa^nés d'une préposition. Ce-
Fait esl une exception unique à la loi de l'influence des prépositions,
qui gouvernent toutes le cas indirect V. p. 70). Ainsi l'on dit:
^y^s .^ au parai ant ; — *xsc> ^> après : — <^.s? I j r * par-dessous ;
^2*3 ■ _~ par-dessus. 11 reste bien entendu que ces mots suivent
la loi commune des régimes des prépositions lorsqu'ils Bont suivis
d'un autre nom ou delà conjonction ^\ que. Les exemples ci-dessus
démontrent suflisamrnent ces particularités.
DE LANGUE ARABE 439
5 V—
/
•
! LJLCJ !
* & /
(-4
a
ixii
S'ils avaient pris la fuite, ils seraient (étant) des gens puis-
sants; — mais ils regardèrent la résignation à la mort
comme (étant) bien plus noble. (Hamaça, p. 424) I 1 ).
.; J&\ ^jJ\°^jj. \_j \,_^j ; mt -li ld
> - ! '. . / ' ^ > ' . • c , / / r y / ^ C (T / s '<.,<" , c /
A î-l-à. J_i_3 J_x_) iJa-a^jJ .,-_\_>a ^JL_Là. J-A-5 i^a.*-^
Puisque l'âme était existante avant l'existence du
corps, et qu'elle sera existante après la disparition du
corps, il (Dieu) nous a enseigné (par là) — qu'il soit
loué et exalté ! — qu'il existe antérieurement à
l'œuvre de sa création, et qu'il sera existant après
la destruction de sa création. (Tauh'îd, doctrine de
l'Unité de Dieu, ms. écrit en 778 de l'Hégire, c'est-
à-dire vers 1377 de notre ère).
I ' -I ' ^ '
U-)L_3 yl \-i Et était l'apôtre de Dieu — que Dieu
répande sur lui ses grâces et lui accorde le salut —
priant assis, et Abou-Bekr, debout. (Ifrâd el-Ah'ed,
par El-Mokaddeci, 2 e partie du ms. cité).
(1) Mètre t'aouil : o__ | u | o__ | u | pour chaque
hémistiche. On voit dans tous ces exemples que le ternie circons-
tanciel d'état détermine la manière dont on existe, et que le verbe
qui précède doit toujours être pris dans le sens absolu d'exister.
J'ai marqué un autre exemple de terme circonstanciel d'état dans le
vers cité à la note 2 de la page 435..
(40
f S J s
Hâte-toi pour le bien, lorsque /// es (le pouvant, car
n'est pas en toul moment toi pouvant |1 '.
. L» vJLlkJ! (Lli^jir'l rXJ. Mais les serviteurs
onl oubli»'' l'appartement souterrain OMi?er/ (on! laissé
ouvert...! [Mille et une VuitS, t. 1, p. 419).
L,
C;_IJ
=S.(U
I. ! «
LUI v tjLHi LLlii
c
j .1 Kt peut-être (jiie mon Dieu me
donnera mieux que ton jardin, et qu'il enverra sur
lui ton jardin) un fléau du ciel, et alors (ton jardin»
se trouvera un mutin un terrain nu : — ou bien l'eau
s'en trouvera absorbée. (Cou. xviu, .38, 39).
lrii*iiiff)oJi jiJ^_J! h ' Lif' Et jette
les yeux sur ton Dieu, que tu passais la journée (en)
résinai en extase devant lui. ((loi;, xx, ( Mj.
- s. !j_=s — ■ ». a > *J , — '.< — -_< v-- - Kt ceux qui
passent la nuit (étant) prosternés et (étant) debout
devant le Seigneur. (Cou. xxv, 65).
1 Mètre bacit, déjà indiqué [p. 365, note 3. Le >ujet de y»*~y esl
roposition aominale ^ï~k*z C^o\ Cf. Sagy, Gram. Il, 110, n*204.
_ Pour ,^-*_j^.
Pour C-JjJ».
DE LANGUE ARABE yj
c K^-~ -- ; -- Aows avons passé la nuit (étant) veil-
lants (à veiller).
UL ^H ^>^ J -*- ; ; U H I Et il devint, après son cha-
grin, (étant) content ' .
L-^-x-c vi^-àJ i*j j-j-fij' jl ^-~-- Peut-être que vous
deviendrez, après votre indigence (é/ara?) rMe.
p^-c ljj^o^. ^~_~_. p^j-u p_j N , I Eli quoi donc !
le jour où de châtiment) doit venir sur) eux n'est
pas (étant) détourné de dessus eux. (Cor. xi, 11).
^- £ J^j--:' ôj-i *~ Va pas cessé d'être, A bon Ali,
(étant) absent (Abou Ali a toujours été absent .
- ~V- C ~ ^ /V(e*0 P«« 'Amir consentant.
XJi J_c I^Li a-j ij ^ Y\cst) pas Zeid puissant sur
cela.
'-"V f* 5 ■ •■ ' r ^■"■■" JgJ j Tu les comptes comme éveil-
lés, tandis qu'eux (sont) endormis. Cou. xvm, 17).
(Il Tous les verbes signifiant exister, même avec une idée parti-
culière de temps, ou de manière, comme ,Lo deoenir, ^^\ exister
au matin - Ob exister pendant la nuit - JJà e .,-/^r pe™
"" ~ J!i "" ss *' r ''''■"'•<'"'■ - ^~X J n'éire /-a., etc., sont nom-
més par les Arabes les sœurs de l'expression L_* (exister).
2'.»
', \ g COURS
l_.ft,?L .v_. lil. El voici qu'il se trouve debout c'est-à-
dire présent). (Mille et une Nuits, t. 1, p. 426).
On voit par tous ces exemples (pie les mots servant à
déterminer l'étal dans lequel on existe se mettent à
l'accusatif, même quand le verbe d'existence est sous-
entendu, comme on le remarque dans les deux avant-
dernières citations. Cependant qnelques grammairiens
arabes n'admettent pas. cette règle avec les particules
négatives L» et ^ .
Observation. —L'idée négative de l'existence expri-
mer par les particules négatives seules, autorise l'em-
ploi de la particule w> devant le terme circonstanciel,
qui se met alors nécessairement au cas indirect. Cette
forme ajoute une espèce d'énergie à la négation, qui
di vient plus absolue. En voici des exemples :
/ >
r L*_x_j Lo._£ J._?'_x_j ^' L»j Et Dieu n'est certes pas
inattentif à ce que vous faites. (Cor. ii, 69).
.._•_.-- ._^j s^XJ .JpJ L*_s El nous ne sommes aucune-
ment (lisjiosés à croire à toi. (Cou. vu, 12'.!).
L-J y-tj-s-) Ool '---- Lt tu n'es jhis capable de croire
à nous. (Cou. xn, 17).
,— .*-» .^..-^;.-Jr-' *_* ._.--. El ils //r \o/// pas destinés
a sortir du feu. (Cor. ii, 162).
ij——^ *zxj>j-*-i ,^ r -*-j _j| ._,-•. Et je ne sais pas du tout
de ceux qui vous feront connaître son histoire.
DE LANGUE ARABE 443
TERMES CIRCONSTANCIELS INDIQUANT LA MANIÈRE,
LE MOTIF, L'ESPÈCE, LA SUBSTANCE, ETC.
/ / / /
-Ju LI^jU» s.-?.-^ Il tomba étant couvert pour lui (le
monde), c'est-à-dire : il tomba sans connaissance, <>>/,
évanoui.
C-w'a ', _^-^ a Dieu t'annonce l'heureuse nouvelle
.. . j j-j >
de Jean, (comme) confirmant (tes prophéties) avec un
Verbe de Dieu (Jésus), et comme un Seigneur (poul-
ies hommes) ; {comme) un homme dominant ses pas-
sions, et (comme) un prophète. (Cor. in, 34).
L*_*-*.^ IJLà.^ Ils entrèrent (en) réunion (ils entrèrent
tous).
-//,,,.,..'- . .-''*.' , / '
/ /
L
• r
LcU *Jo> O-' i — i-j : -sv ^- ; - -* Celui qui s'approchera
de moi d'un empan, je m'approcherai de lui d'une
coudée ; et celui qui s'approchera de moi d'une cou-
dée, je m'approcherai de lui d'une brosse. (Sonna).
.-/ . / <•
YlLkYl *_Toî: U w-C-3 L^ J S'ils étaient sor-
tis (contre l'ennemi) au milieu de vous, ils ne vous
auraient augmentés qu'en inconvénient (ils n'auraient
fait que vous susciter des embarras). (Cor. ix, 47).
_u; _3 tii iL ,.3 liiJf c-ïLil: jaJLuTjLi
V__!r_- '.-_: A dit rautcur: et viendra le discours sur
analogue à cela, dans le chapitre... (en)
étant prolongé, i 11 en sera question dans le chapitre...
avec plus de détails). Ms. inédit).
/ ,. .
LT^iUl.Uk^ J.-J' r -cjl ,LT. Kl il était (le
Prophète) \eplus clair des hommes en éloculion, et le
p/Ms agréable d'entr'eux ew paroles. (Mostat'ref,
t. i. p. 139).
'...e,J' : _o^„-J' c»t3 L. b
Lorsque j'invoquai à mon aide la résignation après
ton départ, ainsi que les pleurs, ceux-ci répondirent
{avec) obéissance (... s'empressèrent d'obéir...), mais
la résignation ne répondit pas (à mon appel)* 1 ).
Hamaça, p. 108).
^U_, ^_3j-oL ,U-^l. r _ ak l ,_, .,'•/- El il était du
meilleur •- des négociants el du plus véridique en
paroles. (Il étail un des négociants les plus estimés,
et de ceux dont la parole avait le plus de poids).
i Mille cl une Nuits, t. i, p. h 16)
... M jl sHo El je gagnai (pour) le sembla-
ble '/<'//./• semblables. (Je gagnai deux fois autant).
l/i/Ze r/ ////- Vm'fs, t. i. p. 120).
I Mètre lé jâ indiqué, & La p. t24, aote.
- I ti "ni employés souvent comme noms
abstraits de qualité intruse: il- sonl alors de véritables noms, c'est
irquoi ils m d ni pas comme adjectifs. On voit par l'exem-
pj on dil : il était •<<■ ci \ ldi meilli ub parmi.. .
DE LANGUE ARABE il I D
Il commença la création par ce que voulut sa volonté
— et forma* 11 les créatures (en) espèces et (en) couleurs
(diverses).
Tous les êtres créés (naquirent) d'une femelle et d'un
mâle, — excepté le Fils de Marie, (car) le souffle fut (sou)
agent producteur. (Ifrad, de Mokaddeci, ms. déjà cité).
* . « - > c
J -3
- .;_\ : j i_; (_-_ f . l_?L^ o3>,Ç
J! SliJtXj
Est arrivée la lettre, et nous a réjoui son contenu, —
et j'ai voulu que moi dans le cœur je la gardasse.
J'ai augmenté (en) sentiments passionnés au moment
(1) J'ai transcrit la leçon ci-dessus d'après un manuscrit à moi,
copié à la mosquée d'El-Azhar, au Caire, en 778. d'une fort belle
écriture neskhi-rihâni, format in 18, et parfaitement conservé malgré
ses 478 ans d'existence. Mais je pense qu'au lieu de . a_i> qui ne
donne aucun sens, il faut lire ,^o forma, qui se présente ici tout
naturellement à l'idée. Bien qu'il faille être très circonspect dans
ces sortes de rectifications, je n'hésite pas sur celle-ci, parce que le
sens l'exige, et que l'analogie des lettres ,o et J» a bien pu tromper
l'attention du copiste, qui paraît d'ailleurs avoir été aussi scrupu-
eux qu'habile. — Le mètre de ces vers est le banît'. (V. p. 365, no te 3) .
','lf. COURS
que je l'ai baisée, —c'est comme si le prix de l'amour
riait son contenu.
C'est-à-dire : J'ai reçu voir.» lettre ; son contenu m'a
comblé <1«' joie, et j'ai cherché à la graver dans ma
mémoire.
Lorsque je l'ai respectueusement baisée, j'ai senti
l'ardeur de mes sentiments s'accroître. — 11 m'a semblé
qu'elle renfermait la récompense de ma passion (1 >.
, mile et une Nuits, t. n, p. 382).
r'LUYCU >jJyjlvl>' ^- Et dis: mon Dieu,
tais-moi descendre ((wnw) un étant fait descendre
béni. (Mon Dieu, envoyez-moi comme un apôtre
favorisé de votre bénédiction). (Cor. xxiii, 30).
Est-il suivant les principes de l'équité que moi —
je sois chargé (d')tine affaire (qui) ne se peut pas (2).
Il \i;ii;i, p. 377).
pris celte (règle de) politesse (pour imam) (pour
guide . et je la considérai, pour tirer mes intérêts,
(comme) une brute. (Harïri, p. 85).
/ /
._-- :..i àJ>L) a ,-î
i.._* L_aj . L»jJ -*-
_*JLkj! lï Ensuite
il partil en marchant tout droit— el reprenant son
allure d'amble d'anciennement (d'autrefois).
Harïri, p. 202.)
; Mè : Kâmil: u »-u- | u u I ----- I pour chaque
! iche
2 Mètre ouAflr. [V. p. 365, note 1.)
DE LANGUE ARABE 447
tajj^i, L>lj_e vJljJ-cIj Ut-a-i , ♦->-■-' '~-"'« 3 Et quant à ceux
qui auront été incrédules, je les châtierai (d')un
châtiment dur (je les châtierai sévèrement). (Cor.
m, 49).
./" y • 'y "• > W J y \*
Quel est donc celui qui prêtera à Dieu (d')un bon prêt
afin qu'il le lui double (de) doublements nombreux ?
(Qui donc prêtera généreusement à Dieu, afin qu'il
lui en rende bien des fois le double). (Cor. h, 246).
/ , y /
tj_jjk_i U.j-9 -„< Lx.^_3 3 w;-*Jî «i£jUo IjlLo . jlJ Est
■/ J .' /'y i J " J '
arrivé (à) nous votre écrit chéri, et nous nous sommes
réjouis à son sujet (d')une réjouissance forte (nous
l'avons reçu avec une vive satisfaction). (Style épis-
tolaire).
. c. / t .s / ■*
Il le frappa (d')itH frappement
violent (il le battit rudement).
CLc GLj sL_j! .j_&_*J1 J^s^ Elle a perçu la somme
sus-énoncée, (d')une perception définitive, et a ac-
quitté la dette du sieur Mohammed susdit, (d')un
acquittement complet, absolu). (Actes judiciaires).
U >' • T u-
XjJI^s^-M ^jT_U.Ln Et il livre à eux deux la
plantation susdite, (de) /« livraison complète, et tous
deux en devinrent possesseurs (de) /a possession valide,
m
absolue. (11 livra INTÉGRALEMENT... et ils devinrent
légitimem] nt el intégralement propriétaires {Actes.)
c
tOUJ! ,^j»:4'jiJi p^!<l
/ X
r™
Et il disposa, dans la terre susdite (de) la disposition
du propriétaire dans sa propriété (de la manière
dont dispose le...) (Actes).
y < ' c /
' - — ■ - - « Lkls JsU-cL 11 s'irrita (oV)une irritation mo-
y
lente il se mit violemment en colère).
-j-x-i -'— C_> ^Cj II pleura (d')ime f/r/m*/ depleurer
intense (il pleura amèrement).
. ^
3l_ •-' * a**^ jlJ ,l_T 3 Et il avait d'abord amassé
une fortune abondante (... iîkai'coup de biens).
jj-a. Le: , , ;, j j..3j Et il avait été gratifié (par
Dieu (d')une gratification abondante (la Providence
l'avait AMPLEMENT pourvu de biens).
-X-- •-' l._::_i i_JLx_àj Et il le tua (d')uu meurtre affreux
y
• il le tua atrocement).
Observation. — Ces derniers exemples sufïiront, je
pour démontrer comment se formule en arabe
l'expression adverbiale que nous rendons par des adver-
bes terminés en ment. On voit qu'on emploie à l'accu-
satif le nom de l'action ou de la cliose, et qu'on le fait
suivit' d'un adjectif au même cas pour indiquer la qua-
DE LANGUE AKABE 449
/
lité, l'intensité,, l'abondance, etc. Les adjectifs j..ja.^
violent, intense, ^ rg grand, considérable; y-LS nom-
breux ; SA- 3 P eu nombreux; S-?.j-=?- abondant ; r ~.^
bon, beau ; ^--^ mauvais, affreux, sont le plus géné-
Ç" '
raie ment usités.
Les mots \y-^> abondant, et b_^ intensité, farce,
s'emploient souvent à la fin des périodes avec le sens
de nos adverbes beaucoup, très, fort, par exemple :
l r _^Li a..^s: ; . ,Ls il l'aimait beaucoup ; 'j,_^ tLs^ ,_»<,
et il (est) très brave.
r _^.S I^A^-^Jj jLJLs L.\-^-^-::- J ._3 Qu'ils rient un peu
et qu'ils pleurent beaucoup. (Gon. ix, 83).
LLi-jî !* J\UJ! Jiî Jl ULftJl I.L; Transmet-
tez notre salut aux personnes de la maison (la famille)
grand ou petit < ! ).
L.^_j \ JLi II a dit de plu."
f c / y •
àJ L_oL>' S^-a-c j_j : ^f-^a Zeid a battu 'Amr (comme)
éducation pour lui.
• 1. / /-. /
^JJ "oJJ j_j: ^l_3 Zeid s'est levé (par) vénération
pour c Amr.
(lj Les mots L_a_^_£ et L_£_sLo sont à l'accusatif à cause de
l'influence du verbe substantif o^ sous-entendu. C'est comme s'il
y avait l,^_à-o c,\ \ ~^— ^-^ ^-^ ou, comme on dit encore par
inversion \ v ^_i_-o^\ ^L^ L_*. — ^_£ qu'il soit grand ou petit, c'est-
à-dire, tant grand que petit.
150
Il C-
Je suis venu le trouver [par]
le désir de son entretien (dans le désir de m'entre-
tenir avec lui).
CjIs
Zeid dégouttait de *?/>■///■
i^_o . v _- v _ùwc ^z^ijSJï) J'ai acheté vingt (en fait de)
mouton. (Y. ci-dessus, p. 331, note).
_•' _^xjl.^ ,yS ' j_> ; Zeid (est) plus noble que toi (en)
/n'/r (en aïeux I.
I !»l
us beau que toi (en figure.
1 — .• , i-JLiJ, -._--' Emplissez-moi une k'olla (16 litres)
-J
d'huile.
/ / ' s
L*-^J ULL,\jl* LîiL* jl^
,3 Lv_l — f Nous
avons fait mesurer (c'est-à-dire acheté) au marché
du Dimanche (') treize siVa (en) blé.
-._..;
u :,ii-
Il avait! 2 ) une aiguière (en) or.
-_.v-._s )j_âj _•._,.
r lt 1
c ■
a paye à
! Les marchés se désignent souvent chez les Arabes par le nom
•lu jour où ils se tiennent : on y ajoute rarement le nom de la loca-
lité. — Le sa'a est une mesure pour les grains, qui équivaut en
ie à 60, 120 et 190 litres.
(2) Il est & observer que nos verbes aooir et deeoir n'ont pas
d'équivalent en ami"- l )n dil : \ lui [est) un cheoal
<0;
<> lui 8UB moi <•<?"/. dinar* .L__jO a3Lo ^-_ <*J , c'est-à-dire IL A
///> cAôl al I] OIS '■''"' '/murs.
DE LANGUE ARABE 451
lui ce qui était à lui, sur lui (c'est-à-dire : ce qu'il lui
devait) en monnaie réelle (d')argent.
' <. c f" 1 ' I ' " ( c \ÏC~ \ c ' t c f / - c ' c \ "
Et il ne sera accepté d'aucun d'eux le contenu de la
terre (en) or ; et s'il voulait se racheter par lui...
Cor. m, 85).
DE QUELQUES TERMES CIRCONSTANCIELS
FORMANT DES EXPRESSIONS ELLIPTIQUES OU MÉTAPHORIQUES
EMPLOYÉES FRÉQUEMMENT
■*S 3 \ Ls-j-ls (De) bon gré ou (de) mauvais gré (bon
gré, mal gré).
LcLLj Lx_*_~. Audition et obéissance (volontiers). C'est-
i T \ î'i * c y ' c /
à-dire : .A_c.l_b « — ■!»'«. L *_* — O-*-*—. J'ai entendu
(d')audition, et j'obéirai (d')obéissance.
U c ,_? Soyez content, tranquillisez-vous. — .1 /rt /t'///r,
soyez frais (d')œil, (c'est-à-dire: que votre œil échauffé
par les pleurs de l'inquiétude et du chagrin, soit
rafraîchi par la satisfaction). — .r~.--*--' *>- 3 la fraî-
cheur de l'œil, se dit métaphoriquement pour la satis-
faction, la joie ; --'— - »*-à signifie ainsi lu joie (li-
mon œil.
U.._i yJ. L~.oj ^a jr^i] w )LL9 Le vieillard lui dit
' ' C "
tranquillisez-vous et réjouissez-vous.
. >
' m - = i i = - i ' i t ' ° f ' i .' \ c ' i r - '
' / S
Seigneur, donne-nous, par nos femmes et nos en-
fants, la fraîcheur (la joie) des yeux. ((',015. x\v, 74).
..._:_.< ^~- Soyez tranquille, rassurez-vous; soyez
bon : soyez, content ; à /»/ /r///r .- soyez bon (en) âme
(aj ez l'esprit en repos
/ ' ,>.,.- > . ,/
-lui 1 ri, ^1 h j ^.:/:l:^ g o^u ; l X
J'avais une épouse que j'aimais, el j'étais content et
tranquille. (Mille et une Nuits, t. 11, p. 179).
/ 0/ ,
'/ itc/ie e/ couvercle : c'est-à-dire : le tout
est à votre service (très volontiers !) ; présente aussi
le double sens : par amitié et par respect.
_^ v _- Aisance, amplitude, ^s~> L.,_^ r _^ aisance avec
vous : formule d'accueil : soyez le bienvenu !
~~±~- --!•' Famille et facilité. — Autre formule d'accueil :
soyez le bienvenu /(Vous êtes en famille et avez toute
aisance).
- _..'j.s~' La tradition, — le verset (du Coran).
" /
- Formule indiquanl l'abréviation d'une citation du
Coran ou de la Sonna, el signifiant: le (reste du)
verset, delà tradition, etc. ; analogue à et cœteru.
j r J\ Formule d'abréviation analogue à la précédente,
C
DE LANGUE ARABE 453
et équivalente à et cœtera : — abréviation des mots
Sj-àJ II jusqu'il sa fin (du p mage que l'on cite).
/ c / .
-^ .j-z --'' De prrr d'après aïeul (de père en fils).
Ij_*_j Éloignement. — Loin ' (loin de nous l]
. t .._.J'._L. n ^JiAJ !j_x_*_3 Loin de nous donc le peuple
•' " y / \ - /
inique. (Cor. xxm. 43).
^-"j Lsr— - Laideur et abomination. — (Fi ! combien
est laid... !)
■--~. oX — %J Ls-r- - ^_U_ Et je dis : que votre défaut
de langue est donc laid ! (Hariri, p. 375).
&ii! :'._*_.* Protection de Dieu! — (Que Dieu garde ou
/
préserve !)
;1^JL. >r ^i -j . &\ il*-* Jli sjXJ ~ -,-* s^Jli Elle
dit : Viens donc! ()we /)*>?/ me préserve! répon-
dit-il ; mon maître m'a rendu le séjour agréable.
'Cor. xn, 23).
/,/■.!
Jù\ .,'-^-:— La louange de Dieu, et AjLs-r~ ■ sa louange.
— (Que Dieu est digne de louanges ! que Dieu soit
loué!) (Formule d'admiration).
Cette formule s 'appliquant à Dieu seul, on remplace
k.> l I «H'RS
très souvent le mol ^-' par le pronom. (V. ci-après,
dans la Syntaxe <ln verbe, la formule JUi el quelques
autres expressions analogues. Ainsi àjLsr-?— JU il dit,
sa louange, a pour nous le sens de : Dieu [quesa louange
&<<it proclamée !) dit...
J'ajouterai comme formule elliptique admiralive
fréquemmenl usitée, mais non comme terme circons-
tanciel, l'expression suivante :
j> Ce que Dieu veut !!! — ■ C'est-à-dire : combien
est admirable le résultai de la volonté divine l C'est
une expression de surprise et d'admiration f 1 ).
_i-j JJ' ^_i.iJa)l Le chemin ! le; chemin ! (faites place).
— •- , [ -—:. : , (En) douceur ! (en) douceur ! doucement .
doucement I (diminutif de .>. , douceur, mollesse.
_c bL*ia_s Exubérance de... indépendamment de...
sans qu'il soit besoin de... loin de...
_cLnûj Et (en) montant (et plus, et même davantage).
Je n'éte'ndrai pas plus loin ces exemples, que j'ai
1 La littérature, surtout la poésie, renferme un assez grand)
nombre de faits isolés de suppression < 1 * * mois qu'on laisse deviner
au lecteur: mais ces particularités n'étanl soumises à aucune règle
fixe, ni restreintes a d'autres limite- que cclW-s .lu génie ou de la
bardiesse de l'écrivain, on ne peut déduire aucun principe rigou-
leur exposé; c'est pourquoi je renvoie directement à la
littérature arabe et aux exemples d'ellipse qu'a cités M. de Sacy
dans son beau traité de la syntaxe arabe Gramm. t. h, p. 450 et
suis. , Toutes les langues, dans leur application usuelle comme
dans leur littérature, présentent de semblables faits, mais on ne les
apprécie qu'avec le tact résultant d'une longue pratique.
DE LANGUE ARABE 41)5
choisis avec soin ; ils sont assez variés pour démontrer
et faire comprendre cette grande loi de la syntaxe
arabe, que :
119. Tout substantif ou adjectif employé d'une ma-
nière elliptique (c'est-à-dire placé sous l'influence d'un
agent quelconque sous-entendu) est mis au cas direct
ou accusatif.
De là l'emploi fréquent de cette forme grammaticale
pour toutes les expressions prépositives, conjonctives ou
adverbiales ; pour toutes les circonstances d'état, de lieu,
de temps, de manière, d'espèce, de motif, etc.
Dans la grammaire arabe, les termes circonstanciels
forment les catégories suivantes, dont on trouvera les
exemples aux renvois ci-après (*).
,j-^,vJ' Nom verbal Raccompagné d'un adjectif, indi-
que souvent la manière) : page 282, lignes 19, 21 ; —
1 En constatant un principe général, je n'ai pas cru devoir sui
vre l'usage des Arabes, de faire autant de catégories qu'il y a
d'espèces de mots auxquels il s'applique. On augmente ainsi la
difficulté de l'étude en y jetant inutilement de la confusion sous une
apparence d'ordre minutieux. Il serait bien plus appréciable aux
diverses intelligences, et bien plus simple de déclarer, par exemple,,
que l'eau nourrit et vivifie tous les végétaux, que de dire qu'elle
nourrit les arbres, et d'ajouter ensuite que les légumes s'en nour-
rissent aussi, puis les fleurs, puis les herbes, etc., en faisant pour
cette loi générale presque autant de règles qu'il y a d'individualités-
qui la subissent. Lorsqu'une longue pratique vient éclaircir un
pareil système, on conclut mais bien tard, que puisque le fait est
général, il fallait le dire explicitement. — Ceci explique pourquoi,
dans cet ouvrage, malgré les traditions antérieures, j'ai suivi les-
principes dans leurs diverses applications, sans me préoccuper des
barrières que la routine a placées ou conservées. D'autres ont ensei-
gné la science de la grammaire des Arabes avec un talent et une
profondeur que j'admire ; je me borne ici au soin plus modeste
d'enseigner directement les faits de la lani/ue, et je renvoie, pour
l'étude des systèmes et des controverses, aux auteurs qui en ont
traité.
156 ' ours
i ii'.. 1. 23 : i iT el 148, passim : - 451, I. 10, 12;
152, 1. 13, 15; i53, l. 4, 5, 7, 9, II. 13, 17.
,L . Jj .1- Vow (à la lettre vase) de temps. - Y. les
expressions Indiquant le temps, dans la Liste des
particules, page 372 et-suivantes ; — puis : page 423,
ligne '. : 427, I. 8 ; - 429J. 13, 14, 15, 16, 17,
18 : 430, 1. 4, 8, 9, 10, Il ; - 431, I. 15, 17,
21 ; 432, I. 4, 7, 9, 13; 433, I. 2, 8, 10 ; -437,
1. II. 13, 15, 18.
■.,LC»J! w^t--^ A'owî de lieu. — V. Liste des particules,
' page 372 el suiv.; — 430, 1. 16; -433, I. 9, 12, 14 ;
434, 1. I, 5,8, 11, 12; - 435, 1. 2,5;- 436, I. 1,
2. .1, 6, 14, 17; — 444, I. !>.
JLs^l Terme i irconstanciel d'état : page 415, ligne 18;
' — 431, 1. 1 ; — Ï34, 1. 10, 12; - 438, 439, 440, 441
passim : — Ml, 1. 1 ; -- 443, 1. 3. 6, 7, 12 ; 444,
1. I ; 452, 1. 10
^__ : _^.;:_. n Terme spêcificatij ; indique l'espèce, la ma-
tare, la substance ; signifie : en fuit de... pur... pour...
en... - page 333, ligne 13; - 334, I. 1, 10, 12,
15 ; - 344, 1.4; —369, 1. 2, 9;— 'i27, I. 14; — 431,
1. 4; — 433, 1. 9; - 143, I. 14, 15; 444, I. il, 16;
445, I. 2, 13; - 450, 1. 4, 5, 7, 9, 10, 12, 15, 16;
451, I. :;, 15, 11 ;- 452, I. 4.
LS jJup'l lS r omdumolif:p. 449, I. I7,I0;— 450,1.1.
y y s
.,.- — — x Attribut <lr p ,o (el de ses analogues) : page
435, ligne 27; 438J. 2. s : 439, I. 1, 6, 7, 8 ; -
440, 1. I. 9, 10, 15, 18; - - 441, 1. 1. 3, 5, 7, 10,
12. 13 ; - 444, I. ."». (V. ci-après, chap. 11).
DE LANGUE ARABE i.i7
__.^.^_^ Attribut de ^..-...d- [et de ses analogues);
page 438, ligne 10 ; — 439, 1. 2 ■ — m, 1. 15.
(V. ci-après, chap. M .
«U^jl^I L'exception : page 443, 1. 19; — 445, I. 4.
(V. ci-après: Syntaxe des particules).
' J - J ' Le ro:(lli f- page 424, ligne G; — 431, 1. 16.
(V. ci-après, Syntaxe des particules).
Remarque. On peut ajouter ici ce que les Arabes
nomment uj J^^aJ! le complément arec lequel. C'est
l'emploi de l'accusatif dans un nom placé après la
particule 3 indiquant la .simultanéité et signifianl en
même temps que; par exemple : Ju^ïjL^JiTIl
L'émir (général) est venu en même temps que l'année.
— Les exemples en sont assez rares dans l'usage.
Plusieurs expressions elliptiques renfermées dans la
classe des noms de verbes (e. ci-après), ne sont que des
termes circonstanciels. ( V. la liste des particule*, p. 372).
Il y a encore quelques autres classifications de même
nature, que je passe sous silence.
DE L EXPRESSION DE LA TOTALITE
ET DE L INDIVIDUALITE
(Adjectif tout, toute, - LUI-MÊME, lui seul, etc., en français).
~-;:-fj-*~ I (le corroboratif)
On ne peul dire en arabe : toit le monde est venu : —
l'ai lu tous ces livres, — dans toute la ville.
On dit: Les gens, leur totalité, sont venus ; — j'ai lu
ces livres, leur totalité : - dans la ville, sa totalité.
30
COURS
120. Vidée de la totalité s'exprime par 1rs mots J-T
INTÉGRALITÉ, TOTALITÉ, — a s-a. REUNION, et quelquefois
_ 1 i niversalité, suivis (1rs pronoms aflixes, et mis
après le Qom substantif, dont ils suivent le cas.
Exemples :
x^nii *Al J-J' -U. Est venu les gens, totalité
d'eux (tout le monde est venu).
ju*-=s. ou LJo v axaJ) ïJ-> o-ij-9 J ai lu ces livres,
totalité d'eux M.
JlS'jJlJI -3 r ^=sr t ! r, 1 .^, S'est répandue la nouvelle
dans la ville son intégralité ( 2 )
121. /.f.v mots JS et a^a. peuvent rire aussi placés,
comme simples substantifs, devant le nom dont ilsmar-
quent la totalité, qui devient ainsi leur complément, ri
se met au ras indirect.
Le mot J/ prend souvent alors la sens de notre mot
chaque.
1) nu n'a pas oublié que les pluriels sont généralement consi-
- par les Arabes comme des noms de collection, et ne comptent
dans la syntaxe, que comme des singuliers féminins. (V. p. 419).
: I • mol J^S signifie l'intégralité '/'une chose, et le mot ç-> r -»^-
la réunion de plusieurs objets. C'est pourquoi le mot ^-«-^ ne
• être employé que lorsqu'il s'agitefeta réunion d' êtres distincts*
et non de . ensemble du même objet.
DE LANGUE ARABE 459
Exemples :
^~oL» ~_aJ o jJ' *_j ...Puis sera soldée chaque
âme (de) ce qu'elle rtwra gagné. (Cor. ii, 284).
J e \ J. 1 «_=J, : J* VS Chaque chose doit revenir à
son origine.
a_> '»_>.> . J—> s— *-». t .^-^.' Il lit venir l'ensemble des
gens de son conseil.
L'idée absolue de tous s'exprime ordinairement par
le mot j: — ^ employé invariablement à l'accusatif
(U — ojzs.) comme terme circonstanciel (p. 443 1. 12, ou
par ^s^' — a_xJH — &^_.>' ou =-^-.- ' — Ces derniers mots
ont le type, et paraissent avoir le sens des superlatifs
(V. p. 290) mais ils prennent au féminin la forme ibl_*_3.
Ils s'accordent avec le nom en genre, en nombre et en
cas, et prennent au pluriel masculin la terminaison
.,^_(V. p. 314), ils ont au pluriel féminin la forme
J-»-3 — Le mot **-»J est fort usité ; l'emploi des autres
est assez rare.
Exemples :
Lu^-*. P ri\ c s 'J IL' wCU çjJ! h* Il est celui
qui a créé pour vous ce qui est sur la terre, (en) tota-
lité. (Cor. m, 27).
160
.,_**-*-=>. »$JU JLxJjUJi j^s— *? Se prosternia les anges,
leur totalité, leur plus grande réunion, (don. w. 30).
ju»-=J „_> _:._5 y.z ..î Et nous les submergeâmes tous.
Cor. xxi, 77.
' t . c '. c ' f ! / ■■ ' ! "tt
*^ " / ' >
Tu as dissipé ton bien en frivolités, car -- /OM/ ce
qu'elles t'ont commandé n'était que des ordres de lu
sottise i . i Hamaça, p. 724).
122. L'idée ^'individualité ow de personnalité que
nous exprimons par même, joint aux pronoms, comme
doiIs mêmes, etc., se rend pur les mots ^aJ âme, indi-
viilu: _•': essence, individu, personne, K s œil, pn's
dans la même acception.
Os mots sont toujours suivis des affixes, et se placent
à la suite des noms dont ils indiquent l'individualité.
Exemples :
4^jî_^j ,ILUJ! 4 — )l ,jtJ Alla vers lui le sultan, de su
prison ne.
/
' Il est venu vers nous, de sa personne.
J -•_: , ,Li S'est levé Zeid, sa personne.
I Mètre Ku.mil. Y. p. i46, note 1
DE LANGUE ARABE 461
J'ai dit (p. 340, 1. 20 et suiv.), que l'on exprime l'idée
restrictive de l'individualité moi seul, lui seul, etc., par
_--^. >j,-^. Je rappelle ici cette formule, sans toute-
fois la confondre avec les expressions précédentes de la
totalité et de V individualité. Le mot j^j est tout sim-
plement un nom employé constamment à l'accusatif
comme terme circonstanciel, tandis que les mots expri-
mant la totalité et {'individualité suivent la condition
du nom auquel ils se rapportent.
Les notions, ou pour mieux dire les faits qui précè-
dent, observés avec soin, peuvent donner une idée
générale exacte de la phraséologie arabe. Nous allons
traiter séparément de ce qui regarde les espèces de mots
susceptibles de concordance.
CHAPITRE II
SYNTAX E DU VERBE
VALEUR ET CONCORDANCE DES TEMPS
On a vu plus haut, p. 23(i ; que la conjugaison arabe
ne renferme que deux temps ou modes : le prétérit et
Yaoriste. Ces deux éléments, combinés entre eux ou
placés sous l'influence de certaines particules, doivent
répondre à toutes les nuances temporelles du verbe.
On ne peut, comme on voit, chercher à établir une
comparaison rigoureuse avec notre conjugaison ; on
doit seulement apprécier la valeur tant positive que
relative des deux temps arabes. L'habitude de lire et
d'analyser est le seul moyen d'acquérir le tact nécessaire
162 cours
p.mr saisir les diverses nuances tics temps. De nom-
breuses règles sonl inutiles: les principes généraux
sonl très simples, et d'autant plus rigoureux dans leur
application.
Le i'i;i ii i;n indique généralement l'idée temporelle
du passr. 1 1 1 1 î est toujours confirmée lorsqu'il est précédé
de quelques particules spéciales; — l 1 aoriste marque
le futur.
Mais l'action d'autres mots ou de certaines particules
intervertit souvent ces acceptions, et le prétérit devient
un futur, comme l'aoriste se change en passé.
On peut facilement apprendre ces particules, et
l'appréciation de la valeur temporelle du verbe arabe
devient facile, si l'on ne cherche pas toutefois à établir
avec notre conjugaison un rapport qui n'existe pas.
Lorsqu'un verbe indiquant l'action et surtout l'exis-
tence, a pour complément un autre verbe à l'aoriste ou
au prétérit, ce second verbe prend pour nous la valeur
d'un gérondif ou participe présent ou passr, et le sens
se réduil à ceci : il est ou etff.it faisant ou avant fait...
Le second verbe alors fait fonction de terme circons-
tanciel d'étal. (V. p. 438).
\ ALEURS DU PRETERIT
123. Lis particules confirmant la signification du
prétérit au temps passé sont les suivantes:
et -._;._' déjà.
L.^. 1 après que.
ne... pas.
»-J si.
g*-
jusqu a ce que...
jusqu'alors que..
DE LANGUE ARABE
463
On en trouvera des exemples page 327, ligne 10 ; — 352, 1. 5, 8 : —
361, 1. 7 : 363, 1. 5 ; — 415, 1. 18 ; — 418, 1. 17 : — 419, 1. 3 ; — 426,
1. 19;— 440, 1. 1 : 444, 1. 10 : — 447, 1. 10; 44S, 1. Il, 13; —466,1. 4.
124. Les mots donnant au prétérit le sens dl' pré-
sent ABSOLU OU DU FUTUR SOitt :
SI,
lil et U , : 1 _ ,> lorsque.
L» tant que... quelque
chose que...
.v- quiconque,
jjl quel... que.
L+1S toutes les fois que..
et l_*_i
partout
ou.
I
u-$-p quelquechoseque. .
p! de quelque façon
w que.
_j~J> et Ly-a-o de quel-
que façon que...
' ' c \
-*Jol quelque part que...
Et autres expressions conjonctives analogues à ces
dernières, pourvu qu'elles aient une acception générait',
et quelles ne soient ni interrogatives, ni employées
comme régime d'un agent grammatical exprimé ou
sous-entendu. (V. ci-après : Formes de l'expression
conditionnelle).
En voici deux exemples :
iïiï u t-Loii \y
«ys, usjj^s?' i syucJi j,i »jljju u ' . Et lorsque VOUS
appelez à la prière, ils la prennent pour un sujet de
dérision. (Cor. v, 63).
jsl> i:
UT V
_9_a_Js_5
'.lu
'-■- . . - lc El comment (sera-ce) lorsque nous
viendrons (au jour du jugement) avec un témoin (pris)
de chaque peuple, el que nous i tendrons avec toi
anl de lémoin contre ceux-ci ? (Cor. iv, 'i,'ii.
.- i n outre, page 367, ligne 6; - 369, 1. L5 : - 122, l. 23;
134, L 5: - .-::. 1 \\. ■ : I 20, 21 : - 171, 1. 2 : 173, LU; -
125. Le prétérit est souvent employé avec un sens
optatif, principalement à la suite des noms propres ; il
exprime alors un vœu s'adressant à Dieu, comme :
_LL*_jj ^hl-v-j' -v- u JLé A dit Dieu (qu'il soit béni et
exalté '
_l_^ ; j_s Qu'il (Dieu) soit loué et glorifie I
._'-._x J._a. Que soit proclamée sa gloire !
<JL*_jj i_)'._rc--. — ■ JL? Il a dit : (que sa louange soil
proclamée, el qu'il soit exalté!)
Ces formules s'appliquenl à Dieu seul)
JLj *.Az &\ JUa (?ite Dieu repu iule sur lui ses grâces,
el 7//'/'/ //// accorde le salut !) -- Formule qui accom-
pagne la mention du Prophète :1 >.
I J'ajouterai, en dehors de l'objet di ce paragraphe, et pour
iules l'expression : »^L«Ul *^* 7"- e ''- safcwt
les prophètes antérieurs à Mahomet.
DE LANGUE ARABE 465
' t- ' •' .
^' ,.^, Que Dieu lui donne des marques de sa
satisfaction ! — (Formule accompagnant la mention
de tous les personnages musulmans vénérés pour
leur sainteté).
^' i_s.^, Que Dieu lui fussi- miséricorde ! — (Formule
qui accompagne le nom d'un personnage mort).
126. Le prétérit est employé quelquefois par énergie
ponr exprimer une action présente, ou prochaine et
indubitable.
On dit : oJL-à j'ai accepté, pour j'accepte ; oo.!
j'ai voulu, pour je veux, je désire, etc.
/ /,
1,^-fi-c U — La. .iLTàJl Car il (Dieu) est bon, indulgent.
(Cor. xvn, 46).
Dans les actes des cadis, l'emploi du prétérit du verbe
pour le présent absolu est fréquent ; en voici quelques
exemples :
,y—>.j-* A-v-vJij j_*_»j j._ : ..^J ' ^cy^>] Le sieur Ahmed
et le sieur Meziân achètent...
J J
-j Sa dette est quittancée.
) i_j ' x«^_i_:
(Devant le cadi...) se présente le sieur tel, qui prend à
té in n ig n a ge contre lui-même les deux témoins (odoul,
assesseurs, témoins et greffiers du cadi) qu'il roui...
'.l'.li
127. Lorsqu'un verbe régit directement un autre verbe
nu prétérit, le tempsdu second verbe équivaut alors pour
nous à une espèce de gérondif ou de participe passé.
/, <./
,...." 'J _ ,--v ji ,ls ', El il étail uiiuul déjà été vers
la Syrie (il était jadis allé en Syrie).
-
(./CStlS. ? et, S (. . , s
.,;,, x ^^-3 _._>0 _._;_^ c j_;_..J ._> l'iùt à Dieu que
j'eusse été ui/nnt égorgé deux poulets ! (.l'aurais bien
l'ail si j'avais égorgé deux poulets). (Milleetune Nuits,
t. u. p. 608).
,.^.^ duljI. ^j_Tj Et rcotts étions I'ayant vu au Caire,
nous l'avions déjà vu...)
Le verbe au prétérit, placé sous l'influence d'un autre
verbe au même temps, équivaut ainsi à notre plus-que-
parfait de l'indicatif.
VALEURS DE L'AORISTE
AORISTE INDICATIF
128. Le sens général de l'aoriste indicatif (V. p. 238,
239) est le futur, surtout quand il est précédé de la
s c /
particule _-j— (V. p. 'Ml, col. I).
l^-wc »j.L1JJ_j *a>jjJla> Ceux qui auront été in-
crédules sur nos signes, certes WOMS tes brûlerons par
le feu. Et chaque fois que leur peau sera suflisamment
rôtie, nous leur mettrons une autre peau à la place.
Cor. iv, 59).
DE LANGUE ARABE 467
UuLL. Cxj iI^'Jsl^sL IrLU LUI \j>
f , /
y . . /
L+JCJ1 ., JLaj bJL_s II dit : nous fortifierons ton bras
par ton* frère, et nous établirons à vous deux une
puissance, et ils ne parviendront pas jusqu'à vous
deux. (Cor. xxvm, 35.)
Voyez page 348, ligne 4 : — 367, 1. 17 ; — 368, 1. 10 ; — 369, 1.6;
418, 1.7; — 420, 1. 14, 23 : - 421, 1. 11 ; — 426, 1.4: — 432, 1. 8 ;
— 433, 1. 1 : — 439, 1. 8 ; - 441, 1. 7; — 442, l. ce. dem. ; — 443,
1. dem. ; — 447, 1. 5.
Cet aoriste est aussi employé avec l'idée d'un temps
présent absolu. Par exemple :
/ f.ir.sss i t . • s t S c /■ > "/T'y
,, 4 _;_L*_vb. ,*,._~_3 '._.* *_!_*_; ftij). Et Dieu sait ce
que vous tenez secret, et ce que vous divulguez. (Cor.
xvi, 19).
Voyez page 325, ligne 21 ; — 326, 1. 19 ; — 348. 1. 22 ; — 363, 1. 19 ;
— 364, 1. 4 ; — 368, 1. 2; — 426, 1 . 7, 13 ; — 434, 1. 8 ; — 436, 1. 14, 17, 18 ;
— 437, 1. 6 ; — 440, 1. 18 ; - 441, 1. 15 ; — 442, 1. 16 ; — 443, 1. 6 ; —
446, 1. 14.
129. L'aoriste indicatif placé directement sous l'ac-
tion d'un verbe au prétérit, équivaut pour nous a un
participe présent. — Il est pour les Arabes un véritable
tenue circonstanciel d'état. (V. p. 438 et suiv.).
~J\ J_*isH L> , ._2,.-j r-i-»., Et il s'assit, observant
ce qui allait lui être apporté. (Hariri).
., J_^..x.j laie L> \ — »L), Et (c'est) chose vaine ce qu'ils
étaient faisant. (Cor. vu, 135).
i -
^>^j_: . _*.... laJLè [Js dirent : nous avons entendu
i. ,i 1er .1 un homme les invoquant. (Cor. xxi, 61 . I
m, 1. 17 : - 146, 1. 22 : 172, I 8
Il n'est pas rare de rencontrer le participe présent au
lieu de l'aoriste dans les cas analogues à ceux qui précè-
dent, el les grammairiens arabes eux-mêmes admettent
comme lies régulier l'emploi du participe ou de l'aoriste
indifféremment en un grand nombre de circonstances.
On peut observer ici que l'aoriste, placé sous l'in-
fluence du prétérit, exprime une idée temporelle ana-
logue à celle de notre imparfait de l'indicatif.
AORISTE SUBJONCTIF OU ACCU.-'. Ml
130. L'aoriste subjonctif (V. p. 243) s'emploie en
arabe dans les mêmes circonstances que chez nous le
mode subjonctif.
Voici les particules après lesquelles il a lieu, même
lorsqu'elles sont sous-entendues :
J afin que, en sorte
, que. pnlir que.
J jamais, il n'arrivera
jamais que...
el ,:' dès lors, en
conséquence.
ç-i afin que.
J signif. disposé à. ..
capable de...
>_r
que.
j3 signif. en sorte que.
2 id.
3 i signif. à moins que
-^ jusqu'à ce que, et
alors.
[1) On peut remarque] en passant, que le mot \>\ el ^3\ dès lors...
est uni nom de temps réduit par l'usage a La valeur d'uni
DE LANGUE ARABE 469
Exemples :
L$.)l -_5a^ yj> _sj_< J 11 n'arrivera jamais que nous
invoquions à l'exclusion de lui un Dieu. (Cor. xviii, 13)
/ /
L-^-i-S' \jXy^\3 j L-wi-S' ^C_x-— ' gS Afin que nous le
louions beaucoup, et te priions beaucoup. (Cor.xx, 34.)
> l 1 ,_i_x__J x^ 1 , f _C_j *J Dieu n'a pas été disposé à
i > ; - / ^ ■■ .j
leur pardonner. (Cor. iv, 136).
- v-^v ^*x— Le , 4 _\_j jLa5 Afin qu'il n y ait pour toi un
péché; — om : de peur qu'il n'y ait... (Cor. xxxm, 50.)
simple particule. Il suint une véritable déclinaison, puisqu'on le
rencontre non seulement sous la forme £>>\ ou \>\ ci-dessus (avec le
tanouin de l'indétermination), mais encore sous les formes \3\
lorsque, au temps ou... a tif comme terme circonstanciel de
temps; 3\ au cas indirect quand il est sous l'iniluence d'un nom :
Jv_x_X_s a etc., au temps d'alors; — et >\ lorsque, puisque. Le nomi-
natif serait 3\ ; il est inusité parce qu'il ne peut convenir ainsi à
l'emploi de terme circonstanciel ou a un état de concordance.
Le mot ^j>\ n'est un agent du subjonctif que lorsque, venant
après l'énoncé d'un fait hypothétique, il marque la conséquence
probable résultant de son exécution ; comme lorsqu'on dit en fran-
çais: il est possible qu'il vienne il, mutin ; alors, nous nous réjoui-
rons. — On dirait en arabe : alors, il arrivera que nous nous réjouis-
sions. Dans ce cas, on doit suppose!- que O^ es t pour ^\ 3\ alors
il (arrivera) que... — Si l'on fait attention au sens réel de toutes
ces particules, on verra qu'elles exigent l'emploi du subjonctif par
le même motif que la conjonction que chez nous.
170 ' "L'RS
Le mot - est compost'' de J $S — 1 poui
que... ne. ..
Les particules ci-dessus sont nommées LàLsJ] ^«'oj
agents de l'accusatif pour le verbe.
Voir page 319, ligne, 4, 17 : — 369, 1. 9; — 418, 1. 7 ; — 426, 1. 15;
■ .. 1. 1 : - 135, 1. 10: ',:;:, l. 14 ; - 140, 1. S, 9, 10; - 441,
■ 1, 1. 3: — 471. 1. 8.
IORISTJ CONDITIONNEL OU APOCOPE
131. L'aoriste conditionnel (V . p. 244), a les accep-
tions suivantes :
\" Le présent absolu ou le futur, après les particules
conditionnelles J et ,' si, et tous les mots conionctifs
et conditionnels qui changent le sens du prétérit en
présent ou en futur (V. p. 463), lorsqu'ils ne sont pas
interrogatifs et ne servent pas de régime f 1 ).
2 Le TEMPS PASSÉ après la particule *J ne... pas...,
et LU ne... pas encore...
.'!" L'ORDRE ou la dkiknsk (impératif}, après la parti-
cule J que... (impératif), ^' que... ne... (prohibitif).
Les mots pouvant gouverner l'aorisle conditionnel
sont nommés Lx_aJ! ., ; L_^.
1 Les \ trdent avec raison les mots équivalant à nos
expressions quiconque, tous ceux qui, quelque chose que, toutes les
fou que, etc., comme renfermant l'idée d'une condition, et ils em-
ploient après eux, par ce motif, le mode apocope ou conditionnel.
En effet, lorsqu'on 'lit, par exemple : quiconque prêoariquera sera
puni, etc., cela revienl h cette forme : si quelqu'un préoarique, il
sera puni.
DE LANGUE ARABE 47 1
Exemples du présent ou du futur
Quiconque loue les hommes, les hommes le louent ;
— et les hommes, quiconque les blâme (en) est blâmé (*).
[Proverbe, Mostat'ref, t. i, p. 40).
i_j v-s— : ■ ' ■-- \ * »-j .*» Quiconque fait 'lu mal, en est
rétribué (puni). (Cor. iv, 122.)
/ /
/ /
.•£) ^ U_s Uj b^^J L^l - *_j UjU Uv UU.
u ' ; . J ' * " ^ " > ' v "
.^.^-l^^sj Et ils dirent : quoi que soit ce que ( 2 1 tu nous
apportes en fait de signe miraculeux pour que tu
nous ensorcelles par lui, eh bien ! nous ne serons en
toi aucunement croyants 1 3 ). (Cor. vu, 129).
Dans ce dernier exemple, le premier verbe arabe est
(1) Mètre bacit' réduit ici à : — o - | - u - | <_>-- pour chaque
hémistiche. (V. p. 365, note 3).
(2) Voir ci-après, a la Syntaxe des particules, la composition du
mot 1*4,^.
Le sens des verbes ci-dessus est pour nous le présent ; mais
en réalité, il peut se rapporter aux diverses périodes du temps,
principalement au présent et au futur. Il est évident que si l'on
dit : quiconque loue les hommes, — quiconque fait du mal, — quelque
signe que tu nous apportes... on n'entend pas parler exclusivement
du temps présent, qui est souvent imposé a notre langue par la
grammaire, et non par la logique ; le sens est plutôt : quiconque
louera..., fera du mal... quelque signe que tu apporteras... (posté-
rieurement au moment actuel) ;car il ne s'agit pas d'une action ni d'un
fait spécial s'accomplissant au moment présent, mais d'une action.
prèoue pour l'avenir. — C'est également par une bizarrerie de notre
langue, que nous disons avec le présent et même l'imparfait de
l'indicatif, dans une idée essentiellement future : si nous faisons et
si nous faisions au lieu de si nous ferons et si nous ferions, èk
l'exemple des autres peuples modernes.
T,! cours
au mode conditionne] : le second, à cause de J que...
est au subjonctif; quant à l'adverbe aucunement, il
résulte de l'énergie apportée par la préposition w
venant appuyer une idée négative. (V. p, 365, 1. Il et
369, 1. 11.
Exemples de l'aoriste conditionnel indiquant le passé
, »_ôJLjtJ — •— \..' vJ L» % _x-*-l-*-> « Et il vous enseignera
ce que 'm/* n'étiez pus sachant (ce que vous ne saviez
pas. (Cor. h. 146).
JCJ
_i — .< *J , Et // //c resta nue le
• ■• i - '
roi et le vizir.
iUyjiJ lj— *-p vJXj *J tiij ,,L> oXJi Cela iest parce que
Dieu n'a pas échangeant une grâce... (Cor. vin, 55).
- Le mot *ÏXj est une apocope autorisée par l'usage,
pour .»-£->.
??k\\ ùÛI j lî iJ li^i "^ I " J h" P I Est-ce que
/(/ n'aspas vu que Dieu, se prosterne devant lui ce
qui est dans les cieux et sur la terre ? (Cor. xx, 18).
Le mot >-• est un exemple d'altération euphonique el
orthographique. (V. p. ^<i.">, n° iO).
'.-;.:. 1ï LÏJ J_j Mais, loin de là! ils //'o/// pas
encore goûté mon châtiment. (Cor. xxxviii, 7).
DE LANGUE ARABE 473
S
c
J
1—
1
Jj
Jo Jli o .,Ls.j^ ! J^Aj LU, A dit f/îém.y les Arabes :
nous avons cru. Dis-(leur) : rou.s n'arez pas cru ;
mais dites : nous avons embrassé l'islamisme, alors
même que n'est pas encore entrée la foi dans vos
cœurs. (Cor. xlix, 14).
Voir page 425, 1. 4 ; — 135, 1. 27 : — 441, 1. 10.
Exemples de l'aoriste indiquant l'ordre ou la prohibition
P
s *u_*JI --j Lj^Lj JL» — ' (>wc ,N'rtc//f par notre
présent ordre, le sieur tel, que.
y.sS-Aj sLi. k- .^<wl_5 eLl .^^_3 Celui qui veut, om'i'/
croie / et celui qui veut, qu'il refuse de croire ! (Cor.
xvnr, 28).
Dans ce dernier exemple, on voit que la particule
impérative J a perdu sa voyelle par euphonie, et est
devenue J à cause de la conjonction préfixe ^_o qui la
précède. ..^-wLs est pour ,.^ — 1_3.
_.' U_feJ JJLJ -._? /Ve ûfis pas à eux deux : fi ! (Cor.
xvn, 24.)
' ■-<*! ~ ' Xj»L; c ' => ' ^i' " ' / iT II ' - v
T # . T *~ '" ** *5 ■ 3 -^"T ** " »*— J , ^ c y~*> — - I * — ««« '
<, *** s <■ ' , ^~~ , ' ' ' ^~ J
' ' ' s
N'interroge pas l'homme sur son caractère, — (lors-
qu'il y a à sa face un témoin de la nouvelle (qui pourra
reporter la nouvelle de sa réponse). (Proverbe, Mosta-
t'ref, t. i, p. 41).
31
COURS
@ue ne /'/r me pas les croyants 1rs infidèles pour amis
(ou alliés), à l'exclusion des croyants (1). -- (Que les
croyants ne contractée pas d'amitié ou d'alliance
avec les infidèles en négligeant les croyants. (Cor.
m. -In.
Voir page 363, 1. 21 ; — 431, 1. 16, -il: - 434, 1. 5.
A' IRIS ri. s ÉNERGIQUE8
132. Les aoristes énergiques lourd et léger (V. p. 247
cl 248) indiquent tout simplement la confirma lion de
l'idée du verbe ; leur valeur est celle de l'aoriste avec
toutes scs h a a n ccs.
On trouve ci-dessus des exemples de l'aoriste énergi-
que lourd, page m, l, 6; 435, 1. 5; — 430, 1. 1.
Quant à l'aoriste énergique léger, son emploi est plus
pare ; il n'est qu'une modification du premier, dont
le !, final devient \ . En voici un exemple :
Cer/es le sort te fera rire de lui en s'acharnant contre
Lui, el en allumant à cause de sa perfidie le feu des
combats - . (HariRi, p. 210).
1, Ce passage a déjà été cité p. 418 ; je le reproduis ici, non seu-
lement comme nouveau fail d'application, mais aussi pour rectifier
la I raduction.
' ( 2 Mètre Kâmil V. p. 146, note 1). Sa mesure réelle est ici :
u u - u -
u u - u
DE LANGUE ARABE 475
c
Le j de cet aoriste est quelquefois assimilé au I-
dans l'orthographe. On le trouve écrit ainsi en quelques
rares circonstances, notamment dans ces deux passages
du Coran :
^ûf^iïS; s <jjllS&\\j [mil* A'
Et s'il ne fait pas ce que je lui ordonne, il ne man-
quera pas d'être incarcéré, et certes il sera confondu
avec les gens les plus vils. (Cor. xn, 32).
jl^ldi^ i_iii.(j yirjj ^i y- Mais point du
tout ! s'il ne s'abstient pas, nous (le) traînerons (dans
l'enfer) par les cheveux qui couvrent son front.
(Cor. xevi, 15).
Les mots U^G et l*-a-~J sont pour ,.h-& et ^ul^J.
— ^ r .J est une contraction orthographique pour V^
certes, si... Ci
Observation. — Les signes des aoristes énergiques
peuvent aussi, disent les grammairiens, s'ajouter de la
même manière ta l'impératif, qui n'a, comme on sait,
que la deuxième personne; mais ce fait est extrême-
ment rare. On se sert ordinairement des aoristes
énergiques eux-mêmes. Il est à constater qu'ils ne
s'emploient généralement qu'après des particules affir-
matives ou corroboralives.
REMARQUES SUR LES FORMES DE L'EXPRESSION
CONDITIONNELLE
Les Arabes considèrent comme propositions condi-
tionnelles, non-seulement celles qui sont placées sous
l'influence des particules Lj et \ \ si... et des mots con-
\~ù COURS
jonctifs pris d'une manière absolue (V. p. 463, n° 124);
maisencore toute proposition impérativè, tout ordre,
toute prohibition ou oté/ense, accompagné .l'une période
indiquant la conséquence de l'exécution de l'ordre ou
de l'infraction de la défense.
Ainsi 1rs propositions: faites le bien, vous serez
récompensé; - ne commettez pas le mat, vous seriez
puni, sont, .lisent les Arabes, équivalentes à : si VOUS
faites le bien:.., — si vous commettez le mal... On peut
aussi, d'après eux, conserver la forme impérative, en
mettant au subjonctif le verbe de la seconde période:
faiteslebien, ensorte quewous soyez récompensé; —ne
commettez pus le mal, de telle sorte que vois soyez puni :
_ou en employant l'indicatif comme simple affirmation:
faites l'aumône, vois soulagerez des malheureux.
Pour éviter toute complication de détails, faisons
observer avec soin :
1 Que la phrase conditionnelle est toujours censée
composée de deux éléments: la condition IjJJ\ ,
et la conséqi ence de l'accomplissement de la condition,
"tjTjji^L LA RÉPONSE OU la COMPENSATION («'>?>) <k
la condition, de l'ordre (^ T ) ou de la défense (j^î)
te seconde partie de la phrase reste quelquefois sous-
entendue.
2 Que la condition se rapporte au temps passé ou au
temps futur, el qu'en ce dernier ras elle peut être
affirmative ou dubitative.
Ce qui perme , d'établir pour la condition les trois
formes suivantes :
DE LANGUE ARABE
417
I. Passé : Si vous étiez venu hier, nous aurions monté
à cheval.
II. Fwfaer affirmatif : Si ?;oms venez demain, nous mon-
terons...
III. Futur dubitatif : Si vous veniez demain nous mon-
terions...
'L) ll_s
L'analyse de ces trois propositions nous permet
d'établir :
1° Que la particule _»J confirme dans le verbe au pré-
térit le sens du passé ; — qu'elle donne à l'aoriste
indicatif le sens dubitatif et futur I 1 ).
2° Que la particule .,' change toujours en futur le
verbe au passé qu'elle accompagne. — Elle peut aussi
être suivie du verbe à l'aoriste conditionnel ; elle
indique alors un présent absolu et affirmatif.
3° Que le verbe de la seconde période est générale-
ment au même temps que le verbe de la condition elle-
même.
(1) Cet emploi de l'indicatif après <^ , particule essentiellement
conditionnelle et dubitatice, peut surprendre un observateur scru-
puleux. On doit dire ici que la particule cyJ pourrait être suivie du
passé du verbe ^^Jè et que l'on peut le sous-entendre : le verbe
d'action reste naturellement alors à l'indicatif. C'est comme si l'on
disait: ^jsr 1 ^^JS y> si vous seriez venant. La remarque ci-après
au sujet du verbe o^P eu t corroborer cette assertion.
i7 s COURS
La particule J placée ordinairement devant le verbe
de la période subordonnée, a une valeur confîrmative
énergique, à peu près comme noire mol certes...
Observation. On appuie souvent les particules condi-
tionnelles sur le verbe X être, exister, (int 1 l'on met
après elles, et qui leur ôte toute influence sur le temps du
verbe d'action. Ce dernier n'a plus alors d'autre valeur
que celle d'un terme circonstanciel d'état, analogue à un
participe présent ou passé, sous la tonne d'un aoriste
indicatif ou d'un prétérit. — On peut aussi répéter par
énergie le verbe ,5 dans la première el surtout dans
la seconde période, et dire, par exemple:
'<■■■< = . ■ m . ■■;/■■<,
Si tu uniis été avant CACHÉ /' a mou r , tu serais comme
nous avons été et comme ti fus toi-même ; mais velu
n'eut pas lieu >'. Mostat'ref, t. i, p. 51).
/ c
U_I_S\ LL\J r .^' ^._.,_^ oJLi —3 Si roux étiez
ÉTANT VEND hier, HOUS eUSSWnS été AVANT MONTÉ à
cheval, etc.
Le verbe ,'^, dont l'emploi modificatif est très fré-
quenl ailleurs même que dans la condition, prend pour
lui-même l'idée temporelle, et laisse au verbe qui le
suit l'unique fonction d'indiquer la nature de l'action
ou de I état.
principes fondamentaux une l'ois établis, on peut
présenter les exemples suivants ;i une étude attentive et
l) Mi p. 365). Le pied - u - est ici ou-. ^*£-> est pour
DE LANGUE ARABE 479
scrupuleuse : ils renferment toutes les nuances de
l'expression conditionnelle.
/ i. ./
\\yj> %-a-L^ oJ J —i-JU c^jJlL! J Si tu avais jeté les
jj ; j • - ' • | , ■•■
yewa; sur eux, iu £e x^rflis détourné d'eux par une fuite
(en t'enfuyant). (Cor. xvni, 17.)
. «J^ij Lo..r I-a-M <>>-*-* ,^ J J-s Dis : si était avec lui
des dieux comme ils disent... (s'il y avait avec lui
d'autres dieux...) (Cor. xvn, 44.)
^i^LDî j> ^JLS .,! LxJ^JL LL_jLj L» 1) Si encore
tu nous apportais les anges (si tu nous apportais le
témoignage des anges), si tu es du nombre des gens
véridiques ? (Cor. xv, 7.)
> iX-3\_*_d.1 ^z^^J c _l;J' — oji' J Si /w avais été
m'ayant, interrogé, je serais t'ayant renseigné.
' es o r f c / s ' o^T c • ,«/ /
'».. â & ws_x_^_.' *_l_^.x_! .5 »J« J._l_X^>.j .Joli ... Ils
^ •• ; U • , \ ■ \J J v • • / > C-°
n'en apporteraient pas un semblable, ef si (quand
bien môme) serait l'un un appui pour l'autre (quand
bien même ils s'associeraient les uns avec les autres).
(Cor. xvn, 90.)
. . r -^ ^L* LIT Lj 3 LJ , . ,_/_*_> ^_j IL.. Et tu n ' es pa s
croyant en nous, et si (quoique) nous ayons été sin-
cères. (Cor. xii, 17.)
-J .il LaJl_»! J_*_> . r _* o, N J , _v-" ,. t _jJ,J.J J a i *J J
180
x-j »j»LL^! Li-J Esl ce qu'il n'a pas expliqué à
ceux qui héritenl de la terre après ses habitants (pri-
mitifs), que ' SI nous roulants nous les atteindrions
(châtierions) pour leurs fautes... ? (Cou. vil, 98.)
> $ > >» '^_wwO tyS,\JJ .! LJ Si (il arrivait i que Eût à
nous un retour (sur la ferre) en sorte que nous fussions
délh rés d'eux ! (Cor. n, 162. |
/•• » " <. • " ~
, _a-Luj Lis „ J S'/7\ étaient sachant ! (s'ils savaient !)
Cor. ii, 96.)
,. f..-?-» ^1 L^ *jLLxJ J «,_-.:_.* ,'« Et si vous mourrez,
ou êtes lues, certes, vers Dieu, vous serez (ail ressus-
citer. (Cor. m. 151 .)
J. jJ ,.,-x-j *J .Xs Et .si M'esJ />«$ à lui de fils! (et
s'il n'a pas...) (Cor. IV, 12.)
_ll. u L_JLxj ^aJ! Si-? ySLi ,', Et s'// // a d'entre
vous mille, // raineront deux mille. (Cou. vin, (i7.)
_>l lit l-j-x^j , Jb caJJI Ll .» a r>j-j' ",!, Et sî /m /es
appelles à la voie orthodoxe, il n'est pas possible qu'ils
soient dirigés alors jamais (ils ne pourront jamais
être dirigés). (Cor. win, 'M\.)
-J L. UJ ,JL*-> JXJ, LJ \s\ UU Ils dirent
1 Voir ■ i après, aux particules : ^,\ du récit.
DE LANGUE ARABE 481
invoque pour nous ton Dieu, qu'il explique à nous
quelle est sa couleur. (Cor. ii, 64).
çwe /w me demandes, tu le trouveras présent devant
toi. (Mille et une Nuits, t. i, p. 398).
On peut joindre aux citations précédentes les diverses phrases
conditionnelles données déjà a propos d'autres règles, notamment :
page 287, 1. 21 ; — 353, 1. 23 ; — 365, 1. 7, 11 ; — 368, 1. 5, 8 ; —
369, 1. 11, 15 ; — 420, 1. 14, 27 ; - 426, 1. 11, 15 ; — 439, 1. 1 ; — 471,
1. 2, 6, 8.
Je termine ce chapitre par deux observations très
importantes :
PREMIÈRE OBSERVATION
133. Le nom d'action et /'adjectif verbal (V. tables
Il et III, p. 386 à 394), ainsi que certains adjectifs qua-
lificatifs qui suivent ordinairement dans leur syntaxe la
condition des noms (V. p. 423, 1. 5 et suiv.), peuvent
exercer toutes les fonctions du verbe dont ils son! tirés,
et régir comme celui-ci, directement ou indirectement,
un ou plusieurs compléments.
Les mots Aa-^Uk JcU. ç>] dans le passage cité page
287, 1. 6, ainsi que JjU! l^î p. 366, 1. 2 (D, sont
des exemples de l'adjectif verbal gouvernant à l'accu-
satif comme verbe actif. — Les phrases données, p. 431,
(1) Les lettres J\ dans le mot ^J^L^}\ fp. 366, 1. 2) ne sont pas
l'article déterminatif, mais bien le conjonctif ^£^\ (p. 364 et 365).
L'affixe ^_£ n'est pas ici un pronom en rapport d'annexion, c'est-à-
dire dépendant d'un nom, ni placé comme tel au cas direct : il est à
ï accusatif comme complément direct de l'adjectif verbal ou participe
j^^Lco qui goueerne comme le verbe. Le sens littéral est : O (toi) lé
(quel) interroge moi. (O toi qui m'interroges!)
HJ2 COURS
l. 21; - '.'.!. I. 7. 13 : - i42, 1. 16, 18, 20, 22, ren-
ferment des adjectifs verbaux gouvernant un complé-
ment avec les mêmes prépositions que le verbe.
Quanl au nom d'action, il y en a un exemple, p. 283,
n 'it'.. Cela sullii pour exposer ce principe très facile à
comprendre, et je renvoie, pour les détails, au bel
ouvrage de M. de Sacy Grammaire arabe, t. n .
ni r \ IÈME OBSI i:\ VTION
134. Le mot qui exprime une action, et le verbe qui
exprime l'idée île lu faire, sont ordinairement lires Inus
deux de la aie mr racine. On dit en arabe :
'LjSS^jJS 11 a MENTI UN MENSONGE abominable.
ijoj— bU,.l xz,A II a dirigé une DIRECTION sage.
Nous dirions en français: Il a fait un mensonge...
// a imprimé une direction...
On doit conclure de là : 1° que l'idée verbale de la
perpétration, jointe à un mot indiquant une action,
s'exprime en arabe par le verbe même d'où est tiré le
nom de l'action ; 2° qu'en bien des cas le nom verbal
arabe, accompagnant son propre verbe, est à l'accusatif
comme complément direct tic celui-ci.
L'étude analytique de tous les exemples de ce îv 15
Livre, pourra développer sur les faits eux-mêmes un
tael el une appréciation réels que ne peuvent donner ni
1rs définitions ardues, ni surtout la comparaison avec
notre langue, dont on ne peut trop se garder, tant que
DE LANGUE ARABE
483
l'étude n'est pas solidement assise. Je ne puis assez
recommander ce travail pratique et direct à ceux qui
veulent réellement savoir.
CHAPITRE III
DE QUELQUES CLASSES PARTICULIÈRES DE VERBES
d'après les grammairiens arabes
I. U_v'_>J, K-- Verbe .X el ses analogues.
On appelle ainsi tous les verbes signifiant d'une
manière absolue être, exister, ou ne pas être, 011 joignant
à cette acception l'idée du temps où l'on existe, ou de
la manière dont on est. (V. p. 441, note).
II. slLi^M Jl*-sî. — Verbes de commencement, ou verbes
inchoatifs
Ce sont des verbes employés avec le sens de se mettre
à... commencer à... Voici les plus fréquents :
■' > ^ /
» * t-' ( / -
Exemple : wv-x_x_> J,n_a> 11 se mit à écrire.
Il y a d'autres verbes indiquant la continuation ou la
cessation de l'action, comme *b et ,-i-i rester, conti-
(
nuer ; Jl; cesser, etc.
184 COURS
III. _--LJ' J '-*-?'. -- Verbes de cœur (ou plutôt verbes
de la pensée).
Les Arabes désignent ainsi les verbes exprimant
l'idée ilf croire, penser, être d'avis, regarder comme,
etc. On en compte dix, qui sont :
jLfi savoir; -^_ trouver; g. voir, être d'avis, maer;
.yJàpenser; > — -^ estimer, croire, tenir pour...; JLà>
/ -^ ' /■ ~ r* / \ / ^
s'imaginer; *-c; prétendre; j_^~- prendre pour...; J-»-».
supposer; s_*~> entendre dire...
Leur syntaxe esl très simple : ils mettent à la fois «m
cas DIRECT le MOW il»' la personne ou de l'objet comme
complément direct, — et l'adjectif qui les accompagne,
comme terme circonstanciel d'état. On dit par exemple :
iLsLs 'j_j ; o^ — =»■ •/'"' îenw Zeid (pour) sage.
' — (La. L_*_c o-^—t j'at r/// 'Amr assis, etc.
Ces verbes se nomment aussi
ou /es analogues) de o—- —t.
A pari l'idée spéciale qu'ils expriment, les verbes des
trois catégories précédentes n'offrent rien de particu
lier. Il- observent les lois générales des autres verbes
dans leur syntaxe et dans leur conjugaison. On ne les
a mentionnés ici que pour préparer les commençants
stème adopté en arabe pour les classifications prin-
cipales
DE LANGUE ARABE 485
c /
IV. sJJL ~^-iJ\ J'-*- 3 '- — Verbes de louange, de blâme
— et d'admiration.
Il a déjà été question de ces verbes, ainsi que des
verbes (ou plutôt formules- d'admiration s^-i-*-^! Jus!
pages 260 et 261. Le peu que j'en ai dit suffit pour
indiquer leur nature, leur syntaxe et leur application.
Quant à la formule d'admiration, elle est l'objet d'appré-
ciations que je ne puis marrêter à discuter ici. Le vers
cité à la page 287, 1. 20, commence par un verbe
d'admiration (*). J'y ajoute cet autre exemple :
s c s~
~~*/
L$~3 c-*~ ■— i'î c -x-'' L_sl_~Jj 8J-_a ^ji^_>! ~* Combien est
bénie cette heure où tu es venu ! (Mille et nue Nuits,
t. u, p. 56.)
y y /
V. .f_>,LÂ-*JI JL*j1. — Verbes d'approximation.
Ce sont des verbes exprimant l'idée de se disposera
faire..., ou celle de la probabilité (pue l'on fasse...
(1) Je remarque ce vers, dans la grammaire de M. de Sacy, t. n,
p. 218, avec une leçon diiïérente de la mienne. M. de Sacy a lu i/Uà»
naturel, caractère. J'ai tiré cet exemple, qui est le sixième vers de
la K'acîda de Ka'b ben Zohaïr, (>l*lo 0<_3l>) d'un très bon manus-
crit oriental où on lit JUÀ. amie. L'excellent commentaire de Soyouti
qui accompagne mon texte, justifie et explique cette leçon ; et j'ai
pris avec confiance dans ce scoliaste le sens de la traduction que
j'ai donnée. Cette différence dans le texte n'infirme en rien l'exac-
titude de la leçon de M. de Sacv.
i N ' COURS
Les principaux sont :
ç~s 11 peut se faire que...
^_.^ Etre sur le point de... -- peu s'en fallut que.,
id. i aoriste ^LSIj)
^ v. - i d . ( ao r . ^iX-i^j )
S
Les deux premiers ne s'emploient qu'au prétérit).
Exemples :
jSLi .1 -~s Peut-être, ou il peut se faire que vous
soyez...
possible, si vous reveniez (de vos erreurs) que vous
commissiez l'iniquité sur la terre? (Cou. xlvii, 24.)
Voir page 135, 1 . 10 ; 141, 1. 6.
. ; . ;— - _:._ .> ,— ? _v-J_i b__)j_j ^a U» Les cœurs d'une
partie d'entre eux n'étaient pus sur le point de peu
cher. (Cor. ix, 1 18. )
le cœur de la mère de Moïse se trouva vide; si elle
avait été proche (un peu plus encore...) elle le mani-
festait. (Cor. wyiii. 9. 1
VI. JLajY! '-/--■'. - Noms de verbes.
Ce sonl des particules ou des expressions elliptiques
DE LANGUE ARABE
487
faisant imparfaitement fonction de verbes. C'est surtout
au dictionnaire à les apprendre. J'en ai mis un assez
grand nombre dans la Liste des particules. Y. p. 372
et suiv.) En voici quelques autres exemples :
i\~>jï A ta disposition ; — prends.
X-Jj-X-s ^ j-ï -J» _.:' Quelque chose que tu désires,
c'est à ta disposition .
a_j v^*x_*JLs Aie soin de... Cela te regarde.
ICJu
c y c ' i.
;t
(*
t :
. ois L Défais-toi de ces paroles grossières, ouvre
ton œil, et aie soin d'être poli. (.l//7/c eJ une Nuits,
t. ii, p. 378.)
*-> J-- Amenez-le moi.
— ' -V— --*
\
J-c Apportez-moi un luth qu'au-
cune main n'ait touché. (J/i//r ei ime \uits.)
-JLc Charge-toi de Zeid.
Ji Va-t-en
L.
(ow éloigne-toi) de moi, vieillard, car je suis occupée
à bien autre chose qu'à l'eau et aux aliments. ( Mille
et une Nuits, t. n, 182. i
J-a-j .y ^tx-^-ftU Quel homme incomparable vous êtes !
fc88 COURS
J-9>i .»* o*", - ^ A Dieu votre récompense en fait
d'homme '. (Formule d'admiration, équivalente à :
quel homme admirable vous ries ' |
j..._. 7/ s'en finit bien que le passé
ue re\ i-'tine !
f. i : i " - <- ' c » ' i -
oaJ w— -* Viens ici, iirrne.
s "y
J.-$.._^ Arrive. (L'orthographe des trois dernières
lettres de ce mot (J_$_>)est très variée. — V. lé dic-
tionnaire .
Je n'étends pas plus loin ces exemples ; ils appartien-
nent exclusivement à la pratique, et sont trop divers
pour être appréciés uniformément par la syntaxe.
CHAPITRE IV
SYNTAXE ET VALEURS DES PARTICULES
PRINCIPALES
Voir liste des particules, page 372]
135. Toutes les prépositions gouvernent, comme les
noms, leur complément au cas indirect. (V. p. 76.)
Les particules du rocatif, et les mots divers expri-
mant la négation et l'exception exercent sur le nom
qui les accompagne une influence variable, <pii est
basée tantôt sur la loi du rapport d'annexion ou de la
DE LANGUE ARABE 489
dépendance des noms (p. 423, I. 5), tantôt sur celle de
l'action du verbe actif sur son régime ou de l'emploi
du cas direct en cas d'ellipse. (V. p. 76 et 455 n° 119).
Cette diversité d'action tient à la manière dont on
apprécie les mots régissants, comme noms, comme
verbes ou comme simples particules : elle rentre dans
la loi fondamentale de \& syntaxe des désinences, exposée
dans sa plus grande partie au petit tableau de la page
76, et développée p. 320 et suiv.
Les prépositions arabes, plus que toutes les autres
particules, modifient souvent d'une manière très sensi-
ble pour les autres langues, l'idée appartenant aux
mots qu'elles mettent en rapport. Cest pourquoi il est
utile de connaître leurs valeurs les plus caractéris-
tiques, et d'observer en consultant le dictionnaire, les
•diverses prépositions qui accompagnent plus particu-
lièrement tel ou tel verbe I 1 ).
Nous allons donner succinctement les acceptions les
plus importantes des particules les plus usitées, afin de
les rendre immédiatement familières.
préposition . -
Elle signifie : par, pour, sur, avec, dans, a ; on
l'emploierait dans des phrases analogues à celles-ci :
J'ai passé par le marché.
(1) Cette influence marquée des prépositions sur Jes autres mots
a lieu dans tous les idiomes. Je ferai seulement remarquer pour le
français la différence que les prépositions donnent aux idées sui-
vantes: — il est venu a Paris ou de Paris ; — il le prit a son frère,
ou pour son frère; — connaître une affaire, ou connaître D'une
affaire; — battre in retraite, ou battre la retraite ; — arriver pa"r
.un endroit, ou arriver sur un endroit ou n'un endroit, etc., etc.
32
i'.lll COURS
Il l'a frappé avec ou par son sabre.
Je l'ai vendu roi r deux dirhems ;
11 esl venu AVEC lui (il l'a APPORTÉ OU AMENE ;
Il est parti avec lui lil l'a emporté ou emmené) ;
Il demeure a Oran :
Il m'a renseigné si i; cela .
Elle a eu outre les valeurs suivantes :
K\S * i dans tel jour; — ^Lsr^H O— >' L». et tu
n'es certes pas brave; - 1,-oU. à-> '-'. et le voici tout-
a-coi p présent; - j-x-a-j .w -<•— ' cv-a» il fut recom-
pensé poi r ou \ cause de ce qu'il faisait; — L^ci oiilj -^
.'I il suffit DE Dieu pour) auxiliaire. (COR. IV, 47.)
Voir en outre : page 282, 1. 20 ; - 291, 1. 13 : - 321, 1. 20, 24 :
326, 1. 15 : - 327, 1. 11 : — 332, 1. 26 : - 333, 1. 5 ; — 334, 1. 4, 12 :
- 338, 1. 11 ; — 349, 1. 4 ; - 359, 1. 4 ; - 364, 1. 1, 4 ; — 365, 1. 11 ;
366, 1. 17, 19 : - ils. 1. 7. s, 20, 22 ; - U9, 1. 3 ; — 421, 1. 18 ; -
i23, I. 21. 2:,: - 124, 1. 9; — 425. 1. 9; — 420, 1.7, 13; — 432, 1.6 :
142, 1. 1, L6, 18, 20, 22. 24: - i45, 1. 1 ; — 447, 1. 10 ; — 451, 1. 3 ;
— 460, 1. 18, 20; 166, 1. 20; — 471, 1. 9.
PARTICULE J
Voir page 172, colonne 2, et i73, 1. 15 et suiv.)
Comme préposition elle signifie \. appartenant a,
i'oi i; ; el comme conjonction : pour que, afin que,
Qi i.... i impératif).
On en remarquera L'emploi avec ces deux acceptions: page 325,
1. 20 ; - 333, I. >. II. 15; 334, 1. 15 ; (338, I. 17, 20, 21 ; - 339,
7. emploi spécial : — 345, l. 2 ; — 363, I. 3 ; - 364, 1. 1 ; — 365,
1. 1 : I. 2 : 369, 1. 11 : - 420. 1. 1. L5 tè4, I. 5 ; - 430,
1.7,18; 137, 1. 17 ; — 440, 1. 18 ; 446; 1. 18 ; 447, 1. 22 ; — 449,
1. 11, 17. 19 : i . 1,1. le. 15 : i i0, I. 15, emploi remarquable ; -
452, 1.17 l. 5, 9, 13 ; 159, I. 20. 169, 1. 6, 8 ; - 471,
1. 8; - 473, 1. 9, Il : 474, 1. 18.
DE LANGUE ARABE 491
/
PARTICULE J.
Marque une affirmation énergique et signifie certes.
Voir page 202, 1. 5 ; — 435, 1. 5 ; — 436, 1. 1 ; — 439, 1.1.
Cette particule s'emploie aussi comme formule d'ex-
clamation ou d'appel, après Lj du vocatif; elle met
alors le nom qui la suit au cas indirect.
W.-—S7-*-— - _j la chose extraordinaire !
j._.' ,_' _j Au secours de Zeid !
Quand elle est placée devant un pronom, celui-ci
s'accorde avec le substantif qui vient après lui. Par
exemple :
^._L_^J c V '~PV quel malheur! (V. p. 116, 1. 13.)
On la trouve quelquefois jointe au mot qui la précède,
ce qui est contraire à l'usage général : >§ — .Y! JL> Au
secours de l'islamisme !
PRÉPOSITION J.'.
Klle signifie a, vers, jusque (exclusivement).
Voir paire 309, 1. 6: — 361, 1. 9: — 364, 1. 7 ; — U7, L. 13, 15,
1G 18; — 420. 1. 23, 27 ;- 421, 1. 19;— 423 1. 3 : — 427. 1. 8, 11 ; -
132, l. 8;— 137, 1. 12; - 438, 1. 4; - 140, 1. 15 ; — 449, 1. 13; -
159, 1. 't; — 460, 1. 18, 20 : - 463, l. 21; - 166, 1. i; — 480, 1. 10,
remarquable, 17; —487, 1. 17, remarquable.
PARTICULE ^_a>
Elle signifie : jusqu'à inclusivement), et même; jus-
192
qi '\ ce qi i •'. \i iv Qi e. Elle mel le nom qui la suit au
cas indirect, el le verbe à l'aoriste, au mode subjonctif '.
^- n -x JUSQU'A! malin.
>,..-•'...' &iil ç.3'Lj çJ^a ...|^jslcIj Et pardonnez... jusqu'à
. e que Dieu vienne avec son ordre (1) . (Cor. ii. 103.)
Cette particule ne détruit pas le rapport grammatical
que pciil avoir le nom qui la suil avec un verbe ou tout
autre agent qui la précède ; elle laisse le nom au nomi-
natif comme sujet, à l'accusatif comme régime, etc. ;
elle n'agil sur le nom en le mettant au cas indirect,
qu'à défaul de toute autre influence. On dit par exemple :
i\ ^La .JJj! sLa. Tout le monde est Venu, ET MÊME
(est venu) Zeid.
'j,_j ; ^-^. J_Ul vj^oî , J'ai vu tout le monde, ET
même (j'ai vu) Zeid.
j—jV-j —- ^ / r.LUlj _•,*--- J'ai passé auprès de tout
le monde, et même auprès de Zeid.
PRÉPOSITION ^J--.
Elle signifie : sur, contre, pour, etc.
Voir page 178, 1. 9 : - 188, 1. 17; - 190, 1. 7; - 200, l. 7, 14;
2 12, I i. 18 : — 204, 1. 6 ; — 208, I. 10, 13 ; — 210, 1. 7, 17 ; -
283, l. 18 ; 322, 1. clerh. : - 323, 1. 4 ; 357, I. 18;— 365, 1.7;-
i!5, !. 18 ; 121, 1.1; - 423, 1. 1 ; — 424, 1. 21 ; — 425, 1. 4, 9 ;
i a remarqué déjà que les verbes arabes exprimant l'idée de
venir et >1 aller, prennent pour nous le sens à.' apporter et à! emporter
lorsqu'ils sont accompagnés de la préposition i > aoéc.
DE LANGUE AR\BE
493
426, 1. 11, 15: — 434. 1. 10: — 435, 1. 1: —439,1. 2. 15; — 440, 1. 1G ;
— 441, 1. 13 : — 443, 1. 3: — 450, 1. 16; 464, 1. 1, 18: — 465, 1. 20 ;
— 469, 1.8: — 5-79, 1.3: 187, 1. 8, 9, 13 et 16, remarq.
PREPOSITION .k.
Elle signifie: de (ex des Latins), une partie de, parmi,
EN FAIT DE, EN COMPARAISON DE.
Elle sert à corroborer la négation U» employée avec
les noms, par une fonction analogue à celle de s - avec
les adjectifs (p. \\1. 1
Observation. La préposition #r » subit en certains cas
les modifications euphoniques et orthographiques sui-
vantes : 1° devant un ' le - du , se change en _ (V. p.
^- y
352, 1. 15 et suiv.), et devant J' en - : -xJ<J! ^ de la
part de l'enfant ; — 2° avec l'affixe j; et Li de la pre-
mière personne, le .: se redouble : on prononce et l'on
écrit g-^> et LL» ; — 3° elle se contracte avec les mots
conjonctifs >r * et U> (p. 366, 367), et devient -s^
et L*.*; — 4° dans des cas très rares, elle perd le ., et
forme la préposition préfixe -» qui se joint comme tous
les autres préfixes. — Celle observation s'applique en
tout point à la préposition -= ci-après.
Voir page 291, 1 . 2,4: — 333, 1. 5 ; — 334, 1. 9 ; — 338, 1. 9, 11,
17 : — 339, 1. 5, 7 ; — 340, 1. 3, 7, 8, 2* ; 343, 1. 15 : - 345, 1 2 :
- 352, 1. 9, 19 : — 357, 1. 23 : — 305. ! . 1 : — 367 : 1 . :.! : — 368, 1.5: -
369, 1. 4 : — 416, 1. 1 : - 418, 1. 13 : - U9, 1. 10 : - i23, 1. 1 ; —
424, 1. 9, 21 ; — 125, 1. 4 exemple remarquable; - i26, 1. 13;
431, 1. 16 ; — 432, 1 8 ; — 434, 1. 5, 11, 12 : — 430, 1. 1, 14 ; — 137,
1. 1, 6, 14, 17 ; — 443, 1. (i, 14, 15 ; — 444, 1. 16 : - 445, 1. 3 ; — 450,
1. 7, 9 ; — 451, 1. 3 ; — 452, 1. 1 : — 169, 1. 2 ; — 473, 1. 20; — 174,
1. 1, 19: — 475, 1. 5: — 479, 1. 3, 9 l dern. ; — 480, 1. 15;
481, 1. 3 : — 487, 1. 21; — 188, 1. I remarq.)
PREPOSITION
Cette préposition signifie aussi i>k. non plus comme
r'.r en latin, mais comme abs. — Elle indique {'éloigne-
raient, {'exclusion, l'idée à'ôter, d'enlever.
Kilo a un caractère toul particulier en arabe, que les
autres langues ne peuvent exprimer qu'avec une grande
variété de termes : elle modifie sensiblement en outre
le sens îles verbes : elle a besoin d'être étudiée spécia-
lement. Voici des faits :
JL-iJl r - >,._<-— H _--\~ Il a été riche avec sa gloire
i m 1.1 sivi ment aux richesses. (II était assez riche de sa
gloire pour se passer de fortune ; — ou il n'avait pas
besoin de. . .).
-û_> _ .S"
t«_àJ - l Craignez un
jour OÙ une âme ne paiera rien A LA DÉCHARGE d'une
autre. (Cor. h, i5 ; De Sacy, Gramm.ar., t. i, p. i84).
-_^>»j .^ /''' proximité (prochainement); — J...b U:
sous peu de temps. (V. l'observation sur ^ p. i93.)
,^\_j L_i ,*_c o »_,._< < Il m'a insti'iiil ai' sujet de votre
état.
^_._i ÔJI — Vous vous êtes informé de moi.
1 — /
;,_;,_? _j ,,£ ._;_y_\_^ Il nous a raconté D après (ou
qu'il Lenail de) Abou Horaïra. (Style de la Sonna, ou
recueil traditionnel des actes et des paroles du Pro-
phète .
DE LANGUE ARABE 495
Que la promesse formelle de Dieu te protège, ô mère
de Màlek ! — car certes, Dieu sans (qu'WÏ te fera souffrir,
(est) très riche et très à Taise |li , (car Dieu, pour sa
gloire ni pour sa puissance, n'a besoin de te faire souf-
frir.) (Hamaça, p. 578.)
^-Ls±.«\ .yjz ._3..3 II décéda '- en laissant sa femme.
Voir page 137,1. 7: - 139, 1. 4, 6; — 180, 1. 13; — 182, 1. dern. : -
188, 1. 14: — 196, 1. 9, 10. L6 : - L98, 1. 13, 15 ; — 200, 1. 16 ; — 202,
1.1; — 204, 1. 1, 14: - 200. 1. 1, 2:— 421, I. 11 ; — 425, 1.8;— i26,
1.4;— 431, 1. 3;— 436, 1. 1,2: — 442, 1. 10: —453, 1. 3; —487, 1. 17.
(1) Mètre t'aouil (p. 424, note). Ce vers renferme l'anomalie, tolé-
rée parce qu'elle est rare et hardie, de l'action directe de la prépo-
sition sur le verbe à un mode personnel. Il y a ellipse de la conjonc-
tion ^j\ que, avec laquelle on eût mis le verbe au subjonctif. — Le
commentateur Tebrisi s'efforce de justifier cet écart des règles de
la grammaire générale ; il fait même observer que { ^& est peut-être
ici pour la conjonction ^\, suivant l'usage de certains anciens Arabes
qui confondent le *. aoec le $.. Malgré ces ingénieuses subtilités, le
fait ci-dessus ne peut être considéré que comme une licence hardie
•et je ne le cite que pour mieux faire apprécier la valeur de ^_s. .
(2) Le mot ^y-s <*_j" ci-dessus, est la V e forme du verbe ^j-Sj. à la
voix passive : il signilie à la lettre : il fut fait solder (la dette de
cette vie). On peut le lire aussi a la voix active, il solda. Cette
expression est employée métaphoriquement pour signilier mourir :
elle est plus convenable que l'expression directe C_A_ *>. Les musul-
mans n'emploient le mot ^y-Sj^-J que pour eux seuls.
t'"' COURS
PRÉPOSITION _—•?•
Elle signifie spécialement sur, dans.
Elle a encore ces autres acceptions :
-_: — ,_a -._y^._y Trois sur six, c'est-à-dire : multiplié
< .. /
"ii frappé (^_j.»_^£_p) sur... (trois multipliant six).
> >_\_~..^ ^ _ ^ Il sortit dans (au milieu de) sa troupe.
page 287, 1. 6 : — 333, 1. 9 : - 335, 1. 12 ; — 338, 1. clern. ;
352, 1. 8 : - 360, 1. 9 ; — 368, 1. 12 : — 415, 1. 4 ; — 418, 1. 11 ; -
fil», 1. 9, L6; 137, 1. 1 ; — 440, 1. 2 : - 443, 1. dern. : - 445, 1. 12;
l. 14 ; — 448, 1. 3; — 150, 1. 12; — 460, 1. 5.
Les autres prépositions ont un sens moins variable ;
on les connaîtra par le Dictionnaire et par la Liste des
particules, etc., p. 'Ml.
CONJONCTION . .
Elle a les fonctions suivantes :
1° Elle joint les mots et les périodes comme notre
conjonction et ;
2° Elle met au cas indirect le nom qui la suit, et
constitue une formule de serment : par Dieu! — PAR
ta tète. (V. p. 206, 1. dern. ; - 124, 1. 13.)
3° Devant un nom indéterminé, qu'elle met au cas
indirect, elle signifie: combien de fois... ! souvent...
que de... ! Elle se nomme alors w>, -'- ouàou de » >,,
ause de son analogie, dans ce cas, avec celte expres-
sion. i Voir p. 373, col. 1.)
DE LANGUE ARABE 497
r a, / s > > \ 7* / c y c / c ■- y
à. .'.- zï fco J O A-3t_J ^;_;-_^»_p
^ "> y ' J '/
Que de fois un voyageur t 1 ) marchant après la dispa-
rition des dernières lueurs directrices du crépuscule,
je l'ai convié à mon hospitalité — par un feu éclatant
semblable à l'aurore, et dont les tisons jetaient une
flamme ardente ! (que de fois j'ai attiré un voyageur
attardé, perdu dans les ténèbres...) (Hamaçà, p. 718).
> / 9 ' -y
> [s "... 'U ^ _,' j 7 I i ^_;
Que de fois il arrive qu'une pièce de bois (est) fendue
pour une mosquée, — par moitié, et que son reste (est)
pour les privés des Juifs ! < 2 ). Mostat'ref, t. n, p. 3.
4° Devant un nom à l'accusatif, la conjonction j ex-
prime la simultanéité d'une action, la concomittance
ou la participation : on la nomme 'L*j*j> .'. ouàou de
simultanéité, et L^Ls-Ji J. ouâou de concomittance.
Par exemple :
IL_jiws J |j eUJ! j^-jL-w ! S'est égalisée l'eau avec le
morceau de bois (mesurant la hauteur).
(1) Mètre t'aouil, p. 424. Le mot # voJL«^o signifie à la lettre : celui
qui fait aboyer les chiens (qui gardent les tentes et les douars des
Arabes). C'est, comme on voit, une expression métaphorique pour
désigner un étranger. — Ce beau vers t'ait allusion a la précaution
hospitalière et charitable qu'avaient autrefois quelques Arabes
généreux, d'entretenir pendant la nuit des feux allumés, pour guider
les voyageurs attardés, et leur offrir un abri contre la soif, la faim
et les bêtes féroces.
(2) Mètre Kâmil V. p. 446, note).
V. |S COURS
t. / / / ? . /
'j._' : . ,_l£j .-- Qu'avez-vous donc avec Zeid ?
On la trouve aussi gouvernant l'accusatif après l'ex-
pression o r — >' (V. p. itV.i, I. 7 ei suiv.)
Y. ci après, la comparaison des conjonctions ^. et v ?•
.*i° La particule j caractérise souvent une période ou
une proposition serrant de terme circonstanciel d'état ;
elle signifie en ce ras tandis que... en étant. Elle se
nomme alors JUsrMjl» ouâou de Jlk ou d'état. Far ex. :
^L-^a-àj-aj J-^-— Et il outra, c7 lui irrité ; c'est-à-dire :
il entra tout irrité.
Voir page 114, t. ao.-dern.; — 182, 1. 17 ; — 202, 1. 4, 17 ; — 204,
1. 2; - 212, 1. 6.
Consulter, en outre, pour l'application de a tous les textes et les
exemples précédents.
CONJONCTION w «
Cette particule signifie : et, or, quant a, en consé-
quence, ET ALORS, EN SORTE QUE, AFIN QUE, HÉ BIEN ! —
Elle indique la confirmation, l'énergie. — Elle est plus
souvent dislinctive que copulative : elle marque les
périodes de la phrase. - - Elle indique l'ordre et le rang,
comme dans cet exemple :
r t / y
c /
Est venu Zeid, puis 'Amr. — Lors-
qu'elle signifie afin que, etc., elle met le verbe à
l'aoriste subjonctif (p. 243).
Employée dans un dialogue, elle marque le change-
ment d'interlocuteur. — Dans une période où différents
DE LANGUE ARABE 499
sujets ont été déjà exprimés, elle prévient que le sujet
du verbe qui la suit n'est plus le même que celui du
verbe ou des verbes placés avant elle.
La conjonction » sert seulement à lier entre eux des
verbes ou des sujets corrélatifs, tandis que ^_* indique
de plus la distinction des sujets, des verbes ou des
périodes.
Les conjonctions . et < 9 se joignent comme tous les
mots, à d'autres particules. Il est facile de les distin-
guer. — s^js a souvent un emploi analogue au point-
virgule et au point chez nous ; sa signification, comme
on voit, est multiple. — Elle ne peut, en bien des cas,
se rendre par une particule française, bien que son
influence doive être souvent marquée dans la traduc-
tion. On ne peut l'apprécier que par l'observation de
ses diverses fonctions dans les textes; c'est pourquoi
je renvoie aux passages suivants de ce livre :
Voir page 106, 1. 3, 4 ; — 108. 1. 7. 8. 9 : — 110, 1. 8 ; — 112, 1. 3,5;
— 114, 1. 4: — 137, 1. 3, 5, 6, 10: — 139, 1. 3, 4, 8, 10;— 180, 1. 8;—
182, 1. ar dern. etdern. : 186, 1. 3, 13 ; 196, 1. 11, remarquable, 13, 19 ;
— 200, 1. 0, 8, 17 ; —202, 1.1. 3, 4, 7, 9. remarq : - 204, 1. 3: — 212,
1. 7, 10; — 214, 1. 9; — 216. 1. 3, 5. ao.-dern. ; — 287, 1. 15 : — 291.
1. 10 : — 352, 1. 8 : — 365, 1. 7 ; — 367, 1. 3, 0. 9, 17 ; — 368. 1. 10 ; —
369, 1. 11, remarq. ; — 420, 1. 15 ; — 42 i, 1. 17 : - 126, 1. 15 : - 127
1. 11, remarq. ; — 434, 1. 5. remarq.; — 435, 1. 5, remarq. ; — 440,
1. 2, 9 : — ;;7, 1. 1,5, remarq. ; — 154, 1. 17, remarq. ; — 463, 1. 26 :
— 467. 1. 2 ; — 473, 1. 11. 18; —474, 1. 19; — 480,-1. 13. 17 : - 487,
1. 17.
CONJONCTIONS "! — / — .! ET .,'.
c c c C »
La conjonction .,' devant les noms, qu'elle met nu
cas direct, et c *' devant les verbes, qu'elle met au sub-
jonctif (p. 243) signifie que.
500 COURS
i est une particule inchoative et eonfirmative. On
l'emploie fréquemment devant un nom ou un pronom
commençant une phrase. (V. p. 'i 2 7 , n° 117).
Elle met au cas durci un accusatif le nom qui la suit.
Elle partage cette influence avec d'autres particules,
nommées par les grammairiens arabes ,,' _''»_^J; ce
comme
sont : .,' que; — .Si) mais, cependant; -
st.'- ^ '
si : — ^— • plût a Dieu ' il sciait à désirer que... -
JoiJ peut -cire que...
page 188, 1. 15 : 196, 1. L9 : — 210, 1. 14 ; — 212, 1. 3 ; — 287,
1. 4, 6, 18, 21 ; - 291, 1. 11 ; - 427, 1. 6 et suiv.
Le - de .1 — .1 et .XJ peut être changé en -cl
alors ces particules perdent toute influence sur le nom
qui les suit (1 ).
Lorsque la construction de la phrase amène un verbe
après les particules .%), ,1, XJ et JjJ, elles prennent
avec elles l'allixe » de la troisième personne, qui sert à
• puiser leur action grammaticale, et ne se rapporte pas
spécialement à un antécédent exprimé, mais bien,
d'une manière générale, à l'ensemble de la proposition
qui le suit. Ce pronom estnommé .,'— u &**> pronomou
expression cachée de la chose (ou de l'état). Par exemple :
/ s s c s t = E z.( / y .
\.~. Ji i_j] J,l J.~,' Il m'envoya ('prévenir de) cela
• H e : il était arri \ é.
Voyez page 116, 1. 6 : - 139, 1. 12:— 190, 1. 17;— .473, 1. 9.
1 <:■■ fait permet de supposer que la cause de l'accusatif qu'exigenl
ces particules dans les noms qui les suivent, est renfermée dans le —
DE LANGUE ARABE 501
La conjonction ./ que, suivie d'un verbe au prétérit,
à l'aoriste indicatif, et surtout à l'impératif, avertit
que la période qui la suit est un récit direct ou textuel,
à peu près comme les deux points chez nous. Dans
cette condition on la nomme L^LCs^l .! ou >__»..a.;Jl ,1
' H V ' ' ' V
c'est-à-dire : .^ du récit ou de l'explication . Par exemple :
Nous avons reçu l'ordre que nous nous livrassions au
Seigneur des Mondes, et (ceci) que : « Accomplissez
la prière et craignez-le », (On nous a donné l'ordre...
en nous (lisant...) (Cor. vi, 70, 71.)
i Voyez en outre : page 212, 1. 9.
J
(V. expressions conditionnelles, p. i7r>, 177.)
PARTICULES CONDITIONNELLES *_) ET ,1 SI
PARTICULE JL_9
Le mot ~.J est un de ceux qui confirment le prétérit
du verbe dans la signification du passé (p. 462). — Il
marque aussi l'idée de suffisance et met alors à l'accu-
satif le nom ou le pronom qui le suit. Par exemple :
sjJLjj-s ç-Jj-J Votre secours m'a suffi.
!.x_a> Lv_j \ X-3 Ceci a suffi (à) Zeid.
ff y i
*_>,^ i\x-3 U> Un dirhem ne m'a pas suffi.
Dans la plupart de ses nombreux emplois, ce mot est
un nom eonjonctif signifiant pour nous CE QUE, ou
contenant au moins la valeur de notre conjonction que.
(V. p. 'M\~ . 368.) Il peut être pris dans le sens nion
ciatif ou interrogatîf.
Quelquefois ..-- indique la durée, et signifie tant que :
^ jL-vs ^._o ..-- tant t/ur vous resterez jeune.
Il ("-t aussi exclamatif et admiratif, et signifie com-
l'.ll s .. ! Ql K... !
y /
^X—- K 1S ,_^_aJ L» Combien votre parole est belle !
\ . Verbes d'admiration, p. 485).
C'est aussi une particule négative ordinairement em-
ployée avec le prétérit du verbe. (V. p. \\1. ï(>2.)
La particule U se joint, après d'autres particules,
après des verbes el des noms. Avec ces derniers, elle
indique un sens absolu et général, el forme des espèces
de mots conjonctifs absolus, tels que : -*-i- -^ en quel-
que lieu que...; — U-^-ji partout où... ; — -<n-~ toutes les
fois que... ' ; — '-^-v' quelque chose que... '-' ; — UJLL
|i Lorsque cette expression signifie roi i ci que, on doit l'écrire
. \ mots séparés, el le mot JyS n'est alors a l'accusatif qu'au-
tant qu il subit l'influence il an agent d ■ ce cas. C'est comme chez
i arce que el par ce que.
•-^x esl formé du eonjonctif Lo < i -ri ... suivi d'un autre Lo in-
diquanl généralité. L'euphonie a changé en s_ la prononciation \- du
DE LANGUE ARABE oOï-
/ =, , / -
certes nue... ; — UJ1 ( L» x . ' ) seulement ; — Ul (L» ..I) soit
pendant longtemps, aussi longtemps que.. . : — UjI (U ,1 )
yite... ; — U*l quant «... ; — U-j , // arrive bien des fois
que..., souvent...;— -*J pour ee que ? — U-j par ce ywe..;
/ / /
— U_T comme... ; — L» Ji se/o» ce que...; — 11» ^_-- jus-
'///'>/ quand... ; etc., etc.
L.--, pronom interrogatif, perd son alif, quand il est
sous l'influence d'une particule du cas indirect, excepté
dans la locution bU, pourquoi cela : *J, *_>, > Xc
/> \ / \ > \ **~
ou ->-—, .» -v-^ ou ,» Lx_a. , etc.
( \ ~ \
. •
Le mot L» est souvent employé dans la proposition
comme un véritable nom ; il peut servir de sujet ou de
régime.
En voici quelques exemples :
, JU-xj Lie ._-- J-JsLj. Et c'était chose vaine que ce
qu'ils étaient faisant. (Cor. vu. 135) (V. p. 407.)
*^JL_>>i _5 L_*i_Js L» le , _;_x_;_3 , Ils se sont soulevés
à cause de ce (/we ils ont été lésés dans leurs biens.
/ "' '•" c ' I ' va 1 '
.,«^_x-iwj _-- ^_JLi Ce qu'ils sont reconnaissants, c'est
bien peu. 1 Leur reconnaissance est, certes, bien petite).
premier L_-j, et l'orthographe a consacré cel usage. Le changement
du son a en ah par euphonie a lieu en plus d'un cas en arabe, surtou)
a la tin des mots; j'ai eu déjà occasion d'en citer un fait page 353 ;
1. 8 et suiv. J'ajouterai eu passant si par cette particularité
euphonique, que le k des mots féminins, qui est un véritable O
précédé de son a (v. p. 74), devient s eu bien des cas.
►04 COURS
Enfin, le mol — -- se rencontre quelquefois sans aucun
complément : il a le sens alors de noire expression
quiconque ou quoi que ce soit :
Certes Dieu n'a pas de scrupule qu'il frappe (propose)
en parabole qi oi QUE CE soit : un cousin, et même ce
qui est au-dessus de lui (en petitesse). (Cor. n, 24.)
Le sens de '._-• dans cet exemple et dans les cas analo
gués rentre encore dans son emploi comme nom
conjonctif.
\ oir dans la plupart des textes et des exemples que
renferme cet ouvrage, les diverses applications de L>,
soit isolé, soit joint à la suite *\r^ particules ou d'autres
mots).
DE QUELQUES FORMES D' EXCLAMATION ET D'APPEL
On dit, dans une acception de commisération ou de
> (, s / es . s
complainte : -_' ; et Ij_jI: L malheureux Zeid ! — ou,
également avec le oJllJ! La | > de silence, p. 353, I. ('»
/
et suiv.) : si.*— > ; '» .
Si JLJJH lil îULHilC *J lij Et il lui dit (au vieil-
lard) : n malheureuse barbe grisonnante ! est-ce que
tu ne crains pas Dieu? (Mille et une Nuits, t. i,
p. i32.)(D.
1 En citant ce dernier passage des VîUlf >•/ "/"■ Xiùts, je dois faire
observer que j'ai pris sans scrupule dans cet ouvrage, excellent pour
l'arabe, les exemples qui étaient de nature a faire com-
prendre l'application des principes que j'ai établis. Indépendamment
de l'utilité directe que j'y ai rencontrée, j'ai eu pour but de réhabiliter
DE LANGUE ARABE 505
/ /
On dit également pour appeler : sIa^s^ L> Hé Mo-
hammed, hé !
Le s de silence représentant une articulation très
faible, résultant de l'expiration d'un son prolongé, prend
par exception le 1 après une lettre de prolongation
tout autre môme que l'î.
L'expression ^a abréviation de J-jj indique la me-
nace. sJijLj « signifie : malheur à toi! malheureux ! —
C'est une contraction pour ^iXJ J-J3.
On trouve dans le Coran, chap. xxviii, v. 82, le mot
j£j joint à K\ Voici ce passage :
/ • C Si s c
i;-Jl ^~~- J «^ ' J^ « Malheureux! ne sais-
ie v — jj ■ •• c' ■•- 3
tu donc pas que Dieu répand avec profusion les dons
de sa providence à qui il veut... (Tel est du moins le
sens que donnent plusieurs commentateurs).
un livre extrêmement curieux, que les détails peu compris de la vie
pratique qu'il renferme ont fait regarder en Europe comme écrit en
arabe otilgaire. J'ai exposé déjà, page 225 et suiv., et je développerai
au commencement du Livre VI e les motifs sur lesquels est fondée
une telle appréciation. Je dois dire que cet ouvrage est écrit en
grande partie dans un style simple, clair, correct, souvent élégant
et gracieux, et qu'il renferme de charmantes citations littéraires ;
j'ajouterai encore, de curieux détails pour ceux qui veulent s'ini-
tier a la vie musulmane. Je mets a part certains passages que le
bon goût réprouve. On peut y acquérir un style narratif et descriptif
très coulant. Je ne puis qu'en recommander l'étude à ceux qui
veulent obtenir un bon résultat de leur travail. Je suis loin d'en dire
autant des Fable* </e Locman, que l'Europe a admises sans trop
d'examen comme un livre classique, et qui laisse voir dans sa ré-
daction une forme étrangère qu'un peu d'habitude du style arabe
fait reconnaître et repousser bien loin. Cet ouvrage, peu volumineux,
a été reproduit successivement depuis Erpénius jusqu'à nos jours ;
mais, bien qu'il soit facile à acquérir, je ne le recommande pas
à ceux qui veulent sérieusement apprendre l'arabe: si l'on y ren-
contre l'application assez heureuse de quelques règles de la gram-
maire, on y trouve aussi une l'orme de style qu'il faut éviter de
prendre pour modèle.
33
..m ; COURS
— / —
SYNTAXE DU VOCATIF 'j_.J')
/
Les particules du vocatif sont : L> — ' — Jj! et LL_b> ;
elles équivalent pour nous à ô...! lu' 1 ...!
Les exemples suivants serviront de démonstration :
jj ;' '-.- O Zeid ! I ' . — jU \ L' homme !
»_■ v _v_. n j_ô-s^ _> Mohammed le généreux !
i ■;
On remarque ci dessus l'absence du tanouîn avec I e
nominatif.
Si l,i personne ou la chose appelée n'est pas présente,
on met son nom à l'accusatif avec le tanouîn :La.. U).
Quand le nom de l'objet appelé est en annexion avec
un autre, on le nuit toujours à l'accusatif :
à\ j_1s li 'Abd-AUah !
.' te/
-
I / / I '
,_^_~_^ L> (celui) dont est belle la face !
"^L-iv 'jJ lis L< (celui) qui est gravissant les montagnes!
On peut, surtout après les pronoms, faire usage du s
de silence. (V. ci-dessus, p. 353 et 505.)
■> — -J_ i _j Mon serviteur !
li L'emploi de la particule 6, chez nous, est restreint à quelques
cas d'emphase; mais il faut observer que la forme habituelle du
itil est pour nous I énonciation du nom de la personne ou île la
chose: Terre, adore ton créateur! Il Défaut donc pas s'astreindre à
rendre toujours en français les particules arabes du vocatif par ô.
DE LANGUE ARABE 507
SYNTAXE DES PARTICULES DE L EXCEPTION
|j_>:Yl ^-i-J' ,Li Tout le monde s'est levé, excepté
Zeid. (accusatif.)
ÎJo: o/^ j._5 , V j-cj *\J U II ne s'est levé personne, si
ce n'est Zeid. i nominatif om accusatif lorsque la pro-
position est négative et complète.)
177/ = • ' •
Jo ; x - ' ..? U II «e s'est levé que Zeid. (Propos, incompl.)
lir>M.-' "'L.'
Je »'ai frappé '/we Zeid. [Lorsque la
proposition est incomplète, le nom qui \ suit Y' prend
le eus exigé pur son rapport île sujet ou de régime
comme celu a lieu pour „_^v (V. p. 492).
Les noms j---~> . ^$_> — ■ ?»^— et ^-i excepté, si ce n'est,
veulent toujours après eux le cas indirect.
y /
Les mots ^-sk, Ij_c et LiL^ pouvant être pris comme
verbes ou comme noms (particules du cas indirect
d'après les grammairiens arabes), et signifier on a
excepté... ou exception de... ont après eux, suivant
cette double appréciation, le cas direct ou le cas
INDIRECT.
SYNTAXE DE LA NÉS ATI ON ^
On dit: ,hJ^ j J-^,^ il n'y a pas d'homme à la
308 COURS
maison. Avec le cas direct et sans tanouîn quand le
nom suit immédiatemenl la particule.)
Dans le cas contraire, on emploie le nominatif, et l'on
dit : s'',.-V M- J=^ ,llîl c -?^ Il n'y a pas, dans la mai-
son, d'hommem de femme. — Lorsque la négation porte
sur deux OU plusieurs objets dont le nom vient après la
particule, on peut employer l'accusatif sans tanouîn, ou
le nominatif avec le tanouîn, et dire : >\_.--' ^L J— ^ , ^
ou s \_- 2 - J-9. , X — C est ainsi qu on dit :
' ' , / .
a^U ^11 g^ Y^ Jj.a ^ Il n'y a de puissance et de
force qu'en Dieu. — | Expression de résignation dans
une circonstance malheureuse ou pénible. |
DE L'INTERROGATION ET DES PROPOSITIONS ALTERNATIVES
Les particules d'interrogation sont : J-*, !, *l. On
dit par exemple :
2_-_s— I c .5 j._- ■ L_a> o« Est-ce que Zeid est à la
mosquée? (ou Zeid est-il... ?)
L'interrogation est quelquefois suivie d'une proposi-
tion alternative, indiquée en français par ou bien ; cette
dernière locution s'exprime en arabe par J ou ,»' :
■ '--" ça -'ou *l «-^LsJ) (>jJu:I Est-ce que Zeid est
a la mosquée, Oîi /m'/> a la maison ?
,1 4*_9y_x_J'l Est-ce que vous le connaissez ou non !
DE LANGUE ARABE 509
La particule C»l qui signifie aussi ou bien, équivaut à
notre mot soit, soit que... ; elle accompagne souvent
un aoriste énergique.
J^v^XJi-a il' ■ rJL-liLSljLLlJ! 7,-IjLïIJI Soit
r/wc vous veniez vers nous, soit que vous envoyiez des
ambassadeurs, cela est la même chose.
Avant de terminer ce chapitre par quelques observa-
tions sur l'analyse logique en arabe, je dois parler
d'une appréciation particulière aux grammairiens arabes
de l'un des accessoires les plus fréquents des termes de
la proposition, le Permutatif.
DU PERMUTATIF ( J jJ_J 1 )
On nomme ainsi en arabe toute expression simple ou
composée, reproduisant, sous une autre forme et en
d'autres termes, dans un but de précision et de descrip-
tion, l'idée d'un être ou d'un objet déjà indiqué. Par
exemple, quand on dit : Zeid votre frère, est venu,
l'expression cotre frère, qui pourrait être augmentée de
beaucoup d'autres mots, précise et décrit la personne
de Zeid.
Le permutatif, soit simple soit composé, est toujours
grammaticalement ou logiquement au même cas et
dans les mêmes conditions que le mot dont il reproduit
l'idée.
Les grammairiens arabes admettent quatre sortes de
permutatifs ; mais comme cette classification est plus
subtile que logique, je renvoie, entre autres ouvrages,
à la Djaroumiya, au Molh'at el-Vràb, à YAlfiya et à leurs
commentateurs, qui les feront suffisamment connaître.
510 COURS
OBSERVATIONS SUR L ANALYSE LOGIQUE
L'analyse logique esl basée en arabe sur 1rs mémos
principes que l'analyse grammaticale. On regarde les
diverses périodes, dans leur ensemble, comme des
individualités, el on leur attribue les mêmes conditions
qu'aux parties isolées du discours.
On considère donc comme virtuellement au nomi-
natif, toute expression si m pie ou composée, servant de
sujet ou d'attribul à une proposition, et toute période
jointe par une conjonction COpulative à une expres-
sion réellement ou virtuellement au nominatif, ou lui
servanl de qualificatif ou de permutatif. On dit que telle
proposition esl (virtuellement) au cas direct comme
complément ou comme terme circonstanciel ; qu'elle
esl au cas indirect comme placée sous la dépendance
de tel nom ou de telle particule. On suit, en résumé,
pour l'analyse des diverses parties de la phrase, les
mêmes principes que pour les mots.
Quant à l'analyse grammaticale elle résulte de la con-
naissance des indices extérieurs des mots suivant leu 1 '
nature et leur condition, ainsi que de l'appréciation de
l'influence de divers agents sur les compléments. Les
développements renfermés dans les Livres III et IV de
cel ouvrage, onl pour luit de faire comprendre ces
détails, qui serviront de règle pour l'analyse.
Pour ne pas jeter de la confusion sur un sujet qui
présente à toul Européen d'assez grandes difficultés, je
ne m'arrête pas à exposer le système minutieux de quel-
ques Arabes pour l'analyse de leur langue. Lorsqu'on
aura acquis les faits choisis et les idées fondamentales
que j'ai tâché de présenter clairement ici, on pourra
chercher dans le riche trésor de la Grammaire de M. de
Sacy, les moyens de les étendre et de les approfondir.
DE LANGUE ARABE ,'i 1 1
CE L USAGE DES DICTIONNAIRES ARABES
Les mots arabes ont pour la plupart leur principe
dans une racine de trois lettres'(p. 230) ; il est donc
rationnel, pour l'ordre des mots comme pour l'intelli-
gence et la comparaison des idées qu'ils expriment, de
grouper dans le dictionnaire, autour de ce foyer, tous
les nombreux dérivés que l'addition des lettres initiales
diverses eût disséminés de tous les côtés du livre. C'est
pourquoi, dans tous les lexiques imprimés par les
Européens, on doit chercher la racine du mot dont on
veut connaître la signification ensuivant l'ordre naturel
de la première, de la deuxième et de la troisième lettre
radicale. Il est indispensable, comme on voit, d'être
familier avec les formes grammaticales pour apprécier
sur-le-champ ce qui constitue la racine. On atteint
facilement ce résultat avec un peu d'étude. — Si l'on
voulait, par exemple, trouver le mot -J^r'—', il faudrait
remarquer d'abord que ce mot est le nom verbal d'une
X e forme, dont les indices grammaticaux sont connus ;
et après avoir déterminé ~ t -^ pour la racine, chercher
dans le livre ces lettres suivant leur ordre alphabétique.
Dans les dictionnaires des Arabes, le K'âmoàs de
Firoûzâbâdi, le S'ih'âh' de Djauhari, etc., les mots sont
classés également par racines ; mais l'ordre dans lequel
on doit les chercher procède par la troisième radicale ;
puis la première, et enfin la seconde. Ainsi, la racine
_ r d. devrait être cherchée d'abord dans la série des
mots finissant par le ~ ; puis, on devrait trouver dans
cette série ceux qui commencent par ~ ; et, tenant ainsi
les deux extrémités du mot, on arriverait enfin aux
racines où la lettre médiale est un ,. L'ordre alphabé-
tique suivi partout est l'ordre oriental.
512 COURS
DE LA TRADUCTION
La traduction de l'arabe en français ou dû français
en arabe, doit être basée sur l'appréciation du sens
précis îles mois arabes par rapport à leur racine, à leur
forme et à la circonstance de leur emploi. Elle ne doit
rire mot v mot t/ue pour l'étude, et l'on doit s'attacher
h reproduire sartou'l la pensée et loules ses iiuu nées avec
une grande exactitude. Quant aux tournures particu-
lières à la langue du texte, il faut presque toujours,
pour la clarté ei l'élégance, renoncer à les figurer dans
celle de la traduction, au génie de laquelle il faut se
conformer.
La traduction de l'arabe en français nous devient
facile bien long-temps avant celle du français en arabe,
qui fait subir à notre mode d'expression des modifi-
cations considérables, à cause de la différence, non-
seulement des formes du style, mais encore des idées
dans les deux langues.
Ou ne parvient à traduire du français en arabe
qu'avec une longue habitude des divers genres de style,
et // est indispensable 'le lire beaucoup de te.rtes pour
arrivera ce résultai, plus difficile à atteindre que l'on
ne pmse. Il ne faut pas juger des traductions d'utilité
directe que l'on est appelé à rédiger en arabe, parles
thèmes que nous faisons au collège avec le dictionnaire :
le secours de celui-ci est bien faible, et loin de suffire
pour donner à l'expression de l'idée la forme conve-
nable el nécessaire pour la faire comprendre dans son
application posith e.
FIN DU LIVRE QUATRIÈME
LIVRE V
NOTIONS ABRÉGÉES DE LA PROSODIE
ET DE LA MÉTRIQUE DES ARABES
La versification arabe, comme celle des anciens
Grecs, est basée sur des rythmes divers, formés de
mesures et de tons méthodiquement répartis. Ces
rythmes, qui s'adressent à l'oreille bien plus qu'aux
yeux, ne peuvent se noter ou se décrire exactement
pour nous : ce sont des chants dont le mouvement et
la tonalité sont en rapport, non seulement avec la
quantité prosodique et la disposition de leurs éléments,
mais aussi avec les sentiments qu'ils expriment.
Les signes extérieurs et graphiques de la prosodie
peuvent seuls être exposés ici : leur connaissance est
indispensable pour la lecture et l'intelligence des
poètes, que l'exigence du mètre ou la forme poétique
oblige à des inversions et à des licences inusitées en
prose, mais justifiées et expliquées par les lois de la
prosodie.
La composition des vers arabes consiste dans la dispo-
sition symétrique de syllabes longues et brèves groupées
par séries formant des pieds. Cette analogie avec la
métrique et la prosodie des Grecs et des Romains,
nous servira de base pour établir nos principes.
Afin de marcher directement au but, nous laisserons
de côté la confusion du système théorique des Arabes,
51 i COURS
qui est en cela comme en tout le reste, plus long et
plus difficile à étudier que le fait lui-même. Nous
suivrons le plan qu'a trace'- M. de Sacy, «mi y apportant
les simplifications que l'usage nous a mis à même de
faire, el renvoyant, pour des détails plus complets, au
traite de M. de Sacy lui-même, ou à celui plus étendu
de M. Kiev la-.
DE LA QUANTITE
On peut classer toutes les syllabes des mots arabes
en longues el en brèves, el nous indiquerons pour les
distinguer les caractères généraux suivants :
1" Les syllabes longues sont composéesde deuxarticu-
la lions (consonnes), séparées par un son bref; ou d'une
articulation suivie d'un son prolongé (lettre de prolon-
gation I. i V. p. 1)1 . i
Le - ou la lettre de prolongation écrite ou sous-
entendue, marque la lin de toute syllabe longue.
1 Les syllabes brèves sont formées d'une articulation
et d'un son bref. (Y. p. 1(1^. |
Les syllabes longues sont donc composées de DEUX
lettres articulées, el les syllabes brèves, d'une seule
lettre ave'c sii voyelle. J'ai indiqué ci-dessus, p. 98 et
suiv.. la manière de les distinguer; je n'ai pas besoin
de répéter ces détails.
Je dois faire observer : 1° Que l'on compte dans
l'appréciation de la valeur prosodique tout ce (/ui se
prononce : ainsi, le lanouîn esl regardé comme un j
écril ; la lettre portant le - est censée tracée deux fois:
la première avec un - la seconde avec la voyelle que
DE LANGUE ARABE 515
porte le - ; 1' ' de prolongation supprimé par tolérance
orthographique (p. 93), est prononcé comme s'il était
écrit, etc.
2° Que l'on néglige au contraire tout ce qui ne se
prononce pas, comme l'I p. 9ii et. la lettre dénuée de
tout signe par transmission de sa valeur à la lettre qui
la suit, par exemple, le J de l'article devant les lettres
solaires (p. 97).
3° Que l'on peut considérer au besoin comme longues,
certaines syllabes brèves : ce sont, par exemple, le 8
pronom affixe de la 3 e personne; s (pour > v. p. 351),
terminant les pronoms de la 1" et de la 3 e personne du
pluriel, et les syllabes brèves terminant les seconds
hémistiches; on doit même faire suivre celles-ci de
la lettre de prolongation, comme on peut le voir à
la fin du vers ci-après.
4° Que la syllabe '— ; dans Ij! moi, peut être prise pour
brève ; — que certaines lettres de prolongation termi-
nant les mots ne sont pas comptées comme indiquant une
longue devant l'I; — que le tanouîn est supprimé
à la fin d'un vers ; que, si la rime l'exige, on peut
substituer un - à la voyelle du dernier mot du vers.
On ne peut apprécier ces particularités qu'avec la
connaissance de la composition technique et fonda-
mentale des divers mètres ou rythmes.
Nous marquerons les syllabes longues par ce trait _ ,
elles syllabes brèves par ce signe consacré, <, suivant
les usages de la prosodie latine.
Nous avons noté la quantité syllabique en commen-
516 COURS
vaut par la gauche, comme dans les vers grecs ou latihs,
c'est-à-dire en suivant la direction de notre écriture.
D'après toul ce qui précède, on évaluerait par
exemple, la quantité prosodique de ce vers :
'" . x/ •> ^ V J
en le supposant écrit d'après les particularités d'ortho-
graphe et d'euphonie qu'il renferme :
/ ■• w ^
On pont s'exercer ainsi sur tous les textes prosodiques
dont on a d'abord précisé la lecture et l'orthographe,
et notamment sur les vers dont j'ai indiqué la mesure
et la quantité dans cet ouvrage.
DES PIEDS ET DE LEUR DENOMINATION TECHNIQUE
Les pieds sont composés de syllabes longues et de
syllabes brèves méthodiquement disposées. On en
compte huit principaux ou primitifs.
Avant d'en présenter le tableau, il convient d'exposer
à l'observation les six éléments qui, d'après le système
des arabes, entrent dans leur formation, au lieu des
longues et des brèves qui sont étrangères à ce système.
Je marque ces éléments d'une lettre, qui me permettra
de les rappeler dans le tableau des huit pieds primitifs
ci-après.
I Mets ta confiance dans le Miséricordieux, pour ta chose toul
entière, — car, en vérité, il n'a jamais déçu celui qui s'est confié
en lui. ' Mètre t'aoull, ci-après).
DE LANGUE ARABE
517
ELEMENTS DES PIEDS D APRES LES ARABES
u
U-i-i
„• P corde légère.
» lourde.
j. j« pieuoapiquet attaché.
-£_- J-Jj piquet séparé.
Cy-i^a 4JL0L3 petite cloisou.
Cy-L£ ïJLs^Ls grande cloison.
La phrase technique suivante les contient tuus daDs l'ordre ci-dessus
\ : '■ K t !
I
/e n'ai pas ru de poisson sur le versant d'une montagne..
11 est bon d'observer ici que les dénominations tech-
niques des éléments delà métrique arabe, sont emprun-
tées aux parties constitutives de la tente.
On indiquera ci-après, par les lettres de renvoi, la
présence et l'ordre des éléments dans chacun des pieds.
Les pieds des vers arabes, dans leur état régulier
comme dans les altérations que l'usage permet de leur
faire subir, sont toujours désignés par un mot gramma-
518 COURS
tical technique (v. les Tables p. ;{7!) et surv.), d'une
valeur égale à la quantité prosodique à laquelle il sert de
dénomination. Quand on écrit ces mois, on représente
toujours le tanouîn par le ,,.
Je donne un numéro d'ordre à chacun des huit pieds
suivants ; ce chiffre me servira à le représenter dans le
tableau des mètres fondamentaux.
// est indispensable d'apprendre de mémoire les huit
moh techniques représentant les pieds.
PIEDS REGULIERS OU PRIMITIFS
gs
_c
s.
1
NOM
1 i i IIMl.il'K
\ \I.KI If
PROSODIQUE
ÉLÉMENTS
d'après
LES IRABES
ASSIMILATION
A LA PROSODIE LATINE
1 ' /
c a
bacchius.
2
^—■-; -^
C II il
iambo-spondée.
3
' JL ©1 aJ
c c
ïambe-anapeste.
'.
1 'A .i i
d 11 II
a c h
trochée-spondée.
."■
---
il c
amphimacre.
6
1
a a c
il d n
spondée-iambe.
1
e c
anapeste-iambe.
-
sifjJLSJ
n n d
spondée-trochée.
DE LANGUE ARABE 519
Les Arabes nomment le pied d'un vers A_L*_&_j" au
pluriel J_iLi_j.
DES METRES OU RYTHMES FONDAMENTAUX
La combinaison des huit pieds primitifs forme seize
mètres ou rythmes principaux, auxquels on peut rap-
porter de nombreuses variétés. Voici les noms de ces-
mètres :
METRES FONDAMENTAUX
NOMS
(les
M ETRES
LJJl
Y-3
CM
LAXJ!
uPpi
s. .,
PIEDS
O H
— *
formant
•a -a
-. "
UN HEMISTICHE
z -
12 12
9
4 5 4 5
10
6 5 6 5
11
3 3 3
12
7 7 7
13
2 2 2
14
6 6 6
15
4 4 4
16
N M S
des
MÈTRES
PIEDS
formant
UN HEMISTICHE
<-<,
±J1
^ /
j&ï
6 6 8
6 8 6
4 6 4
2 4 2
8 6 6
6 4 4
1 1 1 1
520 COURS
Le mètre de chaque vers se compose de deux hémis-
tiches, qu'en théorie on suppose identiquement sembla-
bles, mais qui, dans la pratique, offrent quelquefois des
différences notables.
Les deux hémistiches du vers étant supposés égaux
entre eux, j'ai indiqué seulement la composition de l'un
«1rs deux. Les chiffres de la troisième colonne dans le
tableau qui précède rappellent les pieds primitifs que
j'ai déjà notés sous le même numéro. (V. p. 518.)
Chacun des noms désignant les mètres est une
épithète caractérisant une des particularités du rythme
auquel on l'applique, comme le long (n° 1) ; — le pro-
longé in 2) ; — Y étendu (n° 3), etc. Ces dénominations
n'étant pas pour nous suffisamment explicites, je ne
m'y arrête pas ici.
Quelquefois le vers est divisé en trois ou quatre par-
lies, dont les premières riment entre elles, et la dernière
a une terminaison spéciale répétée à lafin dechaquevers.
Le mètre d'un vers se nomme j-^H (mer) ; le vers
lui-même, _^-...j (tente); l'hémistiche p'»-^ d'une des
deux pailies de 1 entrée de la lente), ou r -k~±, moitié.
DE LA RIME
La rime, nommée LwsliJ], consiste dans la repétition
à la fin des vers, d'une même consonnance et d'une
même quantité prosodique. Cette consonnance estquel-
quefois uniformément conservée dans foute l'étendue
de la pièce de vers ou du poème; quelquefois aussi elle
est périodiquement variée ou alternée.
La rime esi formée par la lettre ou les lettres accom-
DE LANGUE ARABE '.'>1\
pagnées de voyelles, comprises entre les deux dernières
lettres quiescentes, c'est-à-dire depuis le — ou la lettre
de prolongation qui précède la terminaison du vers, et
le dernier signe de cette terminaison. On a vu déjà que
la voyelle brève finissant un vers était comptée comme
si elle était suivie de sa lettre de prolongation.
La rime peut ainsi être formée de quatre, de trois, de
deux, ou d'une lettre portant une voyelle ; elle peut
encore en certains cas être formée de deux lettres quies-
centes se suivant immédiatement. La rime à quatre
lettres et celle aux deux quiescentes sont rares.
Suivant son étendue elle prend les dénominations
suivantes :
rime à une lettre : .ii_51 rime
» à deux lettres : Lj.ta —
)) à trois lettres : LJLsLàJ!
5)
/ /
» à quatre lettres : LiC*_~J! — ^_;_C_^
.^a^^^ » à deux quiescentes: .,'~kJ — , — ,,L
DES ALTERATIONS DES PIEDS ET DES METRES
PRIMITIFS
Les huit pieds et les seize mètres ne sont pas intégra-
lement employés, et l'on rencontre de nombreuses
modifications dans la quantité prosodique ou dans le
nombre des pieds. Ces modifications consistent, pour
les pieds, dans la substitution de syllabes brèves à des
syllabes longues, dans le remplacement de deux brèves
34
522
par une longue, dans quelques additions, ou dans le
retranchement de la quantité des pieds, surtout à la fin
des hémistiches.
Ainsi le I "'' pied, .yy*-* par exemple, dont la valeur
prosodique est u-_, peul être réduit à >■ - >• -- -^
... et -.
Le 2 e pied J — &La^ valant u — peut devenir : u_u_,
Le 3 pied . r _x_.l_iLi_.^ valant u-u«_, peut devenir :
u u — O — u u u _ w u — — _o_ \»
c. ' ' . •
Le i e pied .j-J'jLcL» valant -u__, devient: uu_o
Le 5 e pied JUL9 valant - » - , devient: uu_ _
Le e pied ^Jlxjjlx.«w» valant -_«_, devient
— '»'_»_ v; u U — — VJ U U u — u u
Le 7 e pied r _LtLsLX^ valant uu_u_. devient
u — u
Le 8 e pied oY^jup valant — «, devient
T<lles sont les altérations et les modifications princi-
pales que chacun des pieds peut subir dans l'usage.
Lorsqu'on veut énoncer techniquement une de ces
valeurs prosodiques, on se sert, avons-nous dit, d'une
forme grammaticale p. .'{7 ( J et suiv.) représentant iden-
DE LANGUE ARABE .'»23
tiquement la même quantité. Soit, par exemple, à énon-
cer la quantité -^w_; on cherchera dans la mémoire
une expression technique formée d'abord d'une longue,
puis de deux brèves, et enfin d'une longue ; le tanouîn
représentant presque toujours la syllabe longue termi-
nant un pied, un peu d'attention présentera à l'idée le
mot Jjt-^_fi-= ou prosodiquement J_*_xjp. Si l'on veut
dénommer cette autre quantité : -uu__, on trouvera le
mot grammatical <^J^jJui.*, et ainsi des autres. Il faut,
comme on voit, pour cette application, une connais-
sance familière des formes et un peu d'habitude.
Lorsqu'à la fin d'un vers les deux dernières lettres du
pied sont toutes deux quiescentes, on exprime techni-
quement cette particularité par la finale ./-ajoutée au
mot désignant le pied. Ainsi, pour exprimer la quantité
du mot ,LLi_w par exemple, on dirait que sa valeur pro-
sodiqueest ,-*-*-3; le mot oL^y serait représenté par
,bL&U, etc.
Quant aux modifications des mètres, elles consistent
dans des altérations ou dans le retranchement systéma-
tique des pieds, ce qui constitue plusieurs catégories
de genres ou d'espèces dans le même mètre. Ces distinc-
tions minutieuses et étendues exigeraient un dévelop-
pement spécial qui n'éclaircirait pas un sujet dont je
marque ici les points les plus saillants, en me renfer-
mant dans ce qui est indispensable à l'étude élémen-
taire et à l'observation.
Lorsqu'on veut déterminer le mètre d'un vers, la
D24
connaissance des pieds et des mètres primitifs étant
supposée acquise, on lit attentivement les syllabes des
mois, d'après leur valeur prosodique ; et l'analogie des
pieds rappelle à l'oreille les pieds élémentaires que l'on
a appris. On peut également, et ec moyen est plus
facile aux commençants, écrire en signes latins les
quantités prosodiques dans l'ordre où elles se présen-
tent Si l'œil est habitué aux quantités analogues des
pieds primitifs, il reconnaît bientôt ce qui les retrace
ou s'en rapproche. On doit observer que les pieds ne
finissent ni ne commencent pas nécessairement avec
les mots, et (pie la prosodie ne tient pas compte de la
séparation de ceux-ci ; quelquefois môme le second
hémistiche d'un vers commence dans l'intérieur d'un
mol : on en trouvera notamment deux exemples aux
pages 'M'i'l, I. .">, et 366, I. 2, ci-dessus.
Pour scander, par exemple, un vers supposédu rythme
• il'
\i Js on se rappellera le type de ce mètre : .JLfiLsu» , t '-o
c '. , s y c r /
,X r sLsu> Jjxjs en observant 1rs quantités; puis lisant
ensuite le vers supposé de ce mètre, l'oreille indiquera
si ce rythme ou tout autre lui convient réellement.
Il faut, comme on voit, un peu d'habitude des types
des divers rythmes ; c'est seulement un exercice répété
qui procure ce résultat.
J'ajouterai, en terminant, que la poésie des Turcs,
des IVrsans et des autres peuples musulmans de l'Asie,
esl fondée sur des principes analogues à ceux des
Arabes
Les vers cités en différents endroits de cet ouvrage
peuvent servir de texte à l'élude et à l'application des
DE LANGUE ARABE .')2,'i
éléments qui précèdent ; on les trouvera aux indications
suivantes :
Mètre jjjà\ (N° 1) page 349, 1. 12; — 352, 1. 8;
— 424, 1. 16; — 435, note; -
439, 1. 1 ; — 444, 1. 9.
_ L~Jj\ (N° 3) page 210, 1.7; — 287,1. 21; —
365, 1. 11; — 440, 1. 1 ; - - 445,
1. 1 ; — 471, 1. 2; — 478, 1. 13.
— UljJI (N° 4) page 365, 1. 1 ; — 446, 1. 14.
j_^£j| (No 5) pages 137, 139 ; — 352, 1. 5 ;
445,1. Il; — 460, 1.5; — 474,1.18.
■^Lp\ (N« 7) page 350, 1. 7; — 365, 1. 7;
— 431, 1. 16.
lJ! (N° 10) page 184, 1. 1 ; - - 473, 1. 20.
JljJi (N° 1 1) page 366 , I. 2.
Les principes de grammaire, de syntaxe et de métri-
que renfermés dans les livres qui précèdent, une fois
observés sur les exemples imprimés, doivent amener à
lire avec soin et à analyser les textes manuscrits que
j'ai reproduits autographiquement dans le II e livre de
cet ouvrage. Je signale la lecture des écrits tracés à la
main comme indispensable à l'étude eflicace et appli-
cable de la langue des Arabes, où l'on ne doit consi-
dérer les textes imprimés que comme d'beureuses mais
trop rares exceptions. C'est pour atteindre ce but
éminemment pratique de la lecture et de l'intelligence
des manuscrits, que j'ai écrit et présenté les fragments
des diverses écritures ; ils renferment dans leur abrégé
XJ y ~
;>2l'i COURS
succinct, une grande variété de formes et des exemples
de style pris sur des sujets divers, écrits de tous les
points principaux du vaste empire de l'Islamisme. Ils
doivent servir d'introduction à l'usage des livres des
Arabes, où souvent la difficulté de l'écriture n'est pas
le moindre des obstacles que l'on rencontre.
Tous les textes qui précèdent et ceux qui vont suivre,
doivent être lus et analysés d'après les principes géné-
raux que nous avons donnés. Les altérations même
que la pratique illettrée nous offre dans les morceaux
\ II. XI, XII, XL, XLI, XLII, transcrits aux pages 113,
I T.». 122, 218 à 223, et dans ceux qui terminent cet
ouvrage, ne peuvent être appréciées que comparative-
ment à ces principes universels de la langue. L'obser-
vation de tous ces faits, empruntés à des pays, à des
époques, à des hommes très divers, et basés tous sur
les mêmes lois, {trouve l'unité absolue de la langue
arabe dans son application régulière, et l'influence de
ses principes, même dans les altérations les plus sensi-
bles que la routine a apportées.
Il faut donc établir cette conclusion, que l'étude de
ces lois et de ces principes est le seul moyen, non seu-
lemenl de comprendre et de déterminer la marche de
la langue arabe dans les nombreuses applications que
nous devons en faire, mais encore d'étendre une prati-
que oral»; que les relations constantes et directes peuvent
seules donner, ET QUE L'ON CHERCHERAIT VAINEMENT
All.l.l.i RS.
FIN DU LIVRE CINQUIEME
LIVRE VI
DU LANGAGE ET DE SES « DIALECTES » (D
Nous avons indiqué en commençant cet ouvrage les
points fondamentaux peu nombreux, mais positifs, sur
lesquels repose la pratique orale (V. livre I er ) ; nous
allons développer et appliquer ces éléments, et présen-
ter, bien plus que démontrer, les faits principaux du
langage arabe.
Je Tai déjà dit : ceci ne peut être une grammaire :
c'est l'exposé de l'altération populaire de formes de
mots indiquées dans les chapitres qui précèdent. Cette
altération peut s'étendre ou se restreindre suivant le
degré d'instruction ou d'éducation des individus, et
selon les usages reçus dans les divers lieux. Chez les
gens instruits, elle se maintient dans les limites de la
tolérance accordée en toutes les langues au discours
familier ; chez la masse grossière elle ne connaît de
bornes que celles de l'instinct arbitraire des analogies
(1) En me servant du mot dialectes, je dois l'aire observer que cette
expression indique seulement ici les diverses modifications locales
et arbitraires que l'on rencontre dans la pratique la plus commune :
mais qu'elle ne désigne pas des formes locales de langage ou de
style autorisées par le bon goût et consacrées par des autorités
littéraires. A ce point de oue, la langue arabe n'a pas de dialectes
de no< jour*.
■J s COURS
et de l'hésitation résullanl d'une instruction nulle ou
mal assise ' .
1 i In conçoit facilement qu'il est impossible d'indiquer des règles
fixes, la précisément où il n'y .1 qu'ignorance de toute règle et
application irréfléchie d'une routine traditionnelle. Si l'on veut
lier le langage élégant <'i choisi, assez rare dans nos contrées,
des gens d'instruction, il faut eu chercher les principes dans la
grammaire de la langue ; mais quant aux altérations variées que
les niasses emploient, on ne peut guère les appuyer que sur les
faits. Dans quelle grammaire, par exemple, enseignerait-on l'ortho-
graphe et la syntaxe du français trivial et pittoresque île la popu-
parisienne ou marseillaise ? Quels chefs-d'œuvre littéraires de
ce style offrirait-on à des étrangers qui. semblables à beaucoup
d'arabisants, voudraient étudier ce français dans la ferme inten-
tion de l'appliquer aux affaires du pays, et dans l'espoir ambitieux
d'apprendre ainsi notre langue, rapidement et sans littérature, ru n
pour i \ parler et L'ÉCRIRE, c'est-à-dire tout simplement
dans sa plus grande portée ? — La grammaire, pour une telle étude,
seraient les gens eux-mêmes ; les textes littéraires, les lettres
que les plus instruits tâchent d'écrire : les ressources, comme on
voit, seraient très bornées, car nous ne sachions pas qu'il existe, en
mçais des carrefours, d'autres ouvrages didactiques ou de bellcs-
lettres. On peut demander sous quelle forme, après de si hautes
études, on traitera une délicate affaire, ou rédigera un document
■ fficiel.
Sans doute, il esl nécessaire à un étranger qui veut séjourner
dan- un pays et y établir îles relations avec les habitants, de com-
prendre la langue de toutes les classes de la population ; et le plus
court chemin pour arriver à un résultai provisoire n'est pas d'en-
endre d'abord une étude exacte et théorique qui chez nous-
mêmes a suioi, mais non précédé la routine. Il faut donc se résou-
dre à acquérir patiemment une pratique facile, ce qui est l'œuore
du temps et de I" fréquence des relations, et l'éclairer et l'étendre
m par une étude hi<-ii assise.
<>n peut voir, parles observations qui précèdent, dans quel cadre
il faut restreindre le langage des masses chez les Arabes ou chez
toute autre nation, ut ce qu'on doit entendre, si l'on tient forcément
a l'expression, par la dénomination d'arabe vulgaire, si populaire
chez les -axants européens. Mais il faut remarquer toutefois qui;
pour "ii apprécier ou en démontrer les bases, il faut recourir aux
principes réguliers el fondamentaux de }a langue.
Quant a cette distinction théorique de l'arabe en deux langues
constituées, l'une littérale,Y&utre vulgaire, distinction que l'on peut
faire dans i<i pratique de toutes les langues, soit par rapport aux
différences entre la prononciation et l'orthographe <>"(/■ ci-dessus
DE LANGUE ARABE vi2'.>
On ne doit donc pas chercher ici les règles d'une
orthographe ou d'un style arrêtés ou étudiés, mais
seulement la constatation des faits usuels. Pour faciliter
l'examen nous avons écrit les mots en conciliant autant
p. 103 et 280, note), soit par rapport aux altérations de l'orthographe
ou de l'expression parmi les classes illettrées, elle fait sourire les
isens expérimentés dans la question ; elle n'infirme ou n'atténue en
rien les règles universelles de la langue, et ne fait pas que Ton
doive prendre pour une abrogation des principes, le fait d'une tolé-
rance générale dans la prononciation, ou celui d'une faute d'ortho-
graphe ou d'une expression triviale chez un homme ignorant ou
grossier. Faut-il diviser la langue française en deux idiomes, parce
que nous prononçons mocieu, et qu'un pauvre artisan aura ajeter
hun fon de boutic ? Où s'arrêterait une telle distinction, une fois
que le principe en aurait été admis ?
Les actes publics arabes, les pièces administratives, les recueils
d'anecdotes, de contes, même celui (tes Mille et une Nuits, la corres-
pondance des gens instruits, etc., tout en ayant un style et des
expressions en rapport avec les idées et les objets exprimés, ne sont
pas plus en langue vulgaire que chez nous les décrets, les arrêtés,
les actes notariés, les romans, les lettres intimes des gens du monde,
etc. Et si un Arabe venait chez nous établir cette classification,
nous déclarerions sans hésiter qu'il ne connaît qu'imparfaitement
le français. C'est aussi l'opinion judicieuse des Arabes instruits,
au sujet de la distinction que nous avons établie dans leur langue.
Que dirions-nous, en effet, si nous apprenions qu'un étranger,
ayant étudié d;ins son pays notre littérature, mais n'ayant jamais
seulement eu l'un de nous, proclame que nos lois, nos journaux,
nos romans de mœurs, notre correspondance, etc., sont en. .français
vulgaire, parce qu'ils ne sont pas écrits exactement sur le rythme
d'Athalie, ni dans le style épique de Telemaque ; s'il s'appuyait en
outre sur ce qu'ils renferment des expressions techniques ou des
détails positifs et familiers qu'il ignore, et que, par conséquent, la
science ne doit pas s'abaisser à comprendre ? — Que dirions-nous
encore d'un autre étranger qui, après avoir acquis tant bien que
mal la pratique de notre langue au milieu de nous, mais unique-
ment dans les relations les plus vulgaires, ne craindrait pas d'affir-
mer que non seulement les ouvrages de jurisprudence, de méta-
physique, de haute littérature, mais encore le langage de la bonne
société, les journaux, les actes de l'autorité, les livres de toute
sorte, sont en français littéral parce qu'il les trouverait au-dessus
de son expérience ou de son éducation ?
Telle est pourtant l'histoire delà division que la science et l'igno-
rance européennes ont faite pour elles-mêmes de l'unité de la langue
530
que possible l'étymologie avec la prononciation ; mais
on peut s'attendre à rencontrer dans la pratique les
modifications les plus bizarres et les plus variées. Ce
arabe, sans jamais pouvoir s'entendre sur les limites de cette dis-
tinction, que le plus ou moins de connaissances partielles de chacun
rapproche ou éloigne, mais qu'une observation générale et positive
abolit.
Je ne m'arrêterais pas a développer la question avec l'insistance
que j'y ai mise dans cet ouvrage, surtout ayant la pénible appré-
hension de contrarier des opinions que je respecte, si les effets de
l'inexacte appréciation que j'indique ne causaient un grave préju-
dice au présent et a l'avenir do notre Algérie ainsi qu'aux intérêts
de la science. C'est donc un devoir pour moi de signaler un écueil
où viennent s'anéantir en notre pays les plus persévérants efforts.
On se borne à étudier uniquement l'arabe oulgaire parce qu'on ne
veut pas devenir tarant (danger beaucoup moins imminent qu'on
ne le croit) : on néglige les vrais principes de l'étude, et l'on prend
pour règles les trivialités du langage et les altérations de l'ortho-
graphe des gens ignorants, en s'imaginant que tous les Arabes,
même les plus grossiers, sont naturellement instruits dans leur
Langue, et doivent être imités et suivis. On joint a ce fonds tous
les barbarismes et les solécismes inèoitables à un étranger dans
une langue avec laquelle il est depuis peu familier, et l'on écrit
tout cela, que dis-je ? on recommande de l'écrire, pour se mettre,
croit-on, par cet arabe vulgaire, plus a la portée de* masses qui
savent pas lire: ou plutôt, disons-le nettement, parce que beau-
coup d'Européens s'imaginent que la langue arabe ne peut être
appliquée que dans les limites de la connaissance qu'ils en possè-
dent.
Aussi, en suivant cette voie, on espère (par traduction) que les
rois et les habitants renseigneront l'autorité locale par leur fenêtre ;
— on dresse un titre de respect pour un titre de donation ; — on fait
signer à tel qu'il connaît l'autorité de... au lieu de qu'il reconnaît;
— on dit que nous oeillons sur telle ville, pour dire que nous la
gardons ; — on déclare à des gens de la tente qu'en plantant des
mûriers et des oliviers ils obtiendront l'avantage de n'acoir plus
du tout besoin de vêtements, ni de cultiver les provisions de leurs
maisons. — Tout cela, bien entendu, entouré de gallicismes, de
fautes d'orthographe et de style abondamment variées, que l'on n'a
pu éviter, faute de savoir, et que l'on croit d'ailleurs justifiées et
absoutes par l'indulgent prétexte d'arabe vulgaire Si nous
n'étendons pas plus loin ces affligeantes citations, ce n'est pas par
le défaut de textes. . .
Qu'on non- pardonne la nécessité de signaler ces faits pour en
DE LANGUE ARABE j3 1
fait surprendra d'autant moins, qu'il ne s'agit ici que
de l'orthographe de ceux qui n'en ont pas. Tout ce qui
est régulier, tout ce qui est correct, a élé exposé dans
la Grammaire (livre III), j'aurai lieu souvent d'y ren-
voyer. Quant aux altérations, on ne peut s'en rendre
compte que par leur comparaison avec les faits régu-
liers, ou se borner à les résoudre par cette solution
universelle de tous les gens ignorants auxquels on
demande la cause d'un fait : c'est ainsi. Sur cette der-
nière base il n'y a pas d'analyse possible.
faire apprécier la cause et la portée fâcheuse, et qu'on nous per-
mette d'ajouter que chez les autres peuples, comme chez nous,
l'application d'une langue, en dehors des besoins ou des relations
de la rie privée, doit être fondée sur des études spéciales. S'il est
indispensable à un Français d'acquérir une certaine instruction
pour appliquer son propre langage ou son style aux relations de
la société, et surtout aux affaires de son pays, il est encore plus
urgent pour lui de faire un travail analogue pour parler et pour
écrire dignement et avec efficacité une langue étrangère.
On peut être bien persuadé que les écrits publics et officiels de
toute nature, dans les pays musulmans comme chez nous, ne sont
jamais rédigés dans le style des populaces, par convenance d'abord
et ensuite pour l'intelligence de ceux qui sarent lire, auxquels seuls
ils sont adressés. On peut voir a cet égard tous les journaux et
tous les Unes usuels imprimés en arabe et publies j>ar les musul-
mans ; on peut consulter toutes les pièces administratives et toute
la correspondance des gens lettrés.
Ces considérations sont de nature à appeler de sérieuses ré-
flexions : elles se rattachent à des intérêts beaucoup plus impor-
tants que ceux de la grammaire, avec laquelle cependant elles ont
une relation directe, et l'on nous absoudra peut être, en leur faveur,
d'avoir si longuement développé ce sujet.
J
CHAPITRE PREMIER
CARACTÈRES SPÉCIAUX DU LANGAGE POPULAIRE
COMPARÉ A LA LANGUE RÉGULIÈRE
On a remarqué déjà qu'en noire langue la pronon-
ciation s'éloigne quelquefois de l'orthographe (V. p. 103
el _ s i> : on sera d'autant inoins surpris de l'énoncé d'un
fait analogue en arabe.
Le langage oral diffère plus ou moins du style écrit
par ses formes ou par le choix des mots, selon lins
truction des individus.
Les caractères généfaux les plus saillants de cette
différence sont les suivants :
1" Les voyelles brèves, à peine prononcées, sont
rares, et employées comme par l'unique besoin de
séparer les consonnes pour les articuler. Le son voyelle
est souvent obscur, et acquiert une intensité plus ou
moins grande suivant la nature de la consonne qu'il
accompagne (V. p. 102). Les voyelles longues
(V. p. 104) sont assez nettement senties. — Les voyelles
de la déclinaison ne sont pas usitées (V. p. 280, note) ;
un très petit nombre de mots font exception à ce fait
général.
1 Les pluriels réguliers masculins n'ont que la termi-
naison .y-> (m ), et les duels . r -;_ (a'in) pour tous les cas
(V. p. 325 De plus, la terminaison du duel est
appliquée seulement n quelques mois d'un usage fré-
quent, comme p_> jour, — As année, — J^sL~ heure,
DE LANGUE ARABE ',')'. u'i
J_^, pied, — jj main, — .y..^ œil, — ^4-
mois.
.^-jL» cent, — «^aJI mt'tte, etc.
3° Les verbes n'ont pas de duel ni de pluriel féminin
(V. p. 238). Le pluriel masculin les remplace. — La
voix passive (V. p. 241) n'est pas usitée ; comme elle ne
diffère de la voix active que par les voyelles, l'indéci-
sion de celles-ci dans le langage ne permettrait pas de
la reconnaître. On y supplée au moyen de la 5 e , de
la 7 e et plus rarement de la S 9 forme du verbe dérivé
(V. p. 252).
4° L'aoriste perdant sa voyelle finale, comme tous
les autres mots, est le même pour le conditionnel et le
subjonctif que pour l'indicatif. — Il perd son ., final au
pluriel, et se termine alors par lj ou comme le pluriel
du prétérit. — Le ' indiquant la première personne du
singulier devient un ., , qui est plus sensible dans la
prononciation ; c'est pourquoi, sans doute, l'usage
barbaresque Ta généralement adopté. — Le pluriel de
la première personne s'indique, comme dans les autres,
par la finale îj (où) ajoutée au singulier. (V. p. 3Get37.)
5° Les verbes assimilés par * (V. p. 274) ne perdent
pas le j à l'aoriste, et se conjuguent régulièrement. —
Les verbes défectueux terminés par - (V. p. 275) se
confondent pour la conjugaison avec ceux qui sont
terminés par J^.
( Y. le rerbe réduit aux proportions du langage popu-
laire, p. 32 à 47 incl.)
Tout cela, comme on le voit, n'est que la simplifica-
tion familière des principes grammaticaux, dont l'usage
COURS
même est observé parmi les gens d'une instruction et
d'une éducation distinguée ; l'auteur de ce livre a vu
en dn erses occasions des exemples fort remarquables (*) .
On peut joindre aux modifications qui précèdent, les
incorrections de toute nature que l'ignorance des indi-
vidus occasionne : entre autres l'altération de quelques
^ / ...
lettres d'un mot, comme -v-x- — pour i\_s-~ arbre ; —
^..k.i j> pour -~.^--' v-- malade (fém.) ; — la transposition
1 Notamment a Alger el a Constantine, chez des personnes de
la localité. .T'ai vu en outre un jour, dans cette dernière ville, un
homme de Médine qui parlait réellement comme un litre arabe ;
qu'oïl me pardonne cette expression. Ce dernier individu, avec lequel
j'ai conversé assez Longtemps, m'a semblé étranger à la littérature,.
et m'a assuré, avec un certain orgueil, que dans sa famille (celle du
Prophète) on s'exprimait toujours ainsi. Bien que cette assertion
ne me donne pas une certitude, je la regarde comme probable, car
personne ne doute que les faits sur lesquels est établie une gram-
maire, n'aient été longtemps pratiqués aoant d'être classés, sans
doute avec quelques licences tolérées dans l'improvisation du dis-
cours. Mahomet lui même ne savait pas lire ; il parlait l'arabe
avec une extrême pureté qu'il a dû acquérir d'après les traditions
vulgaires de son temps ; et le Coran, qu'il a dicté, est à juste titre
considéré comme l'un des plus beaux monuments de la correction
grammaticale, dont les règles n'étaient pas encore constatées par
écrit. On peut observer que l'acquisition d'un langage résulte de
l'audition et de la' répétition fréquente des mots et des formules
oression ; la mémoire et cette admirable faculté que Dieu a
donnée c'i l'homme, particulièrement dans son jeune âge, de saisir
par instinct la symétrie des mots, l'analogie des formes, permettent,
au bout de quelque temps, d'exprimer spontanément la pensée sous
une forme semblable à celle qu'on a entendue en telle occurrence.
On prend ainsi le langage bon ou mauvais de ceux par lesquels on
a été é ou qu'on a longtemps fréquentés. Nous avons tous
-uns les yeux ce fait providentiel, et nous pouvons l'observer chez.
les enfants élevés dan- les divers pays el par les différentes classes
de la société. Il autorise à établir que le style consacré par les
grammairiens a dû être général, et qu'une nation telle que les
Arabes, où l'usage de la poésie et des récits lyriques était popu-
laire (bs les temps les plus anciens, a dû perfectionner de bonne
heure dan- Les relations un idiome dont elle s'est a bon droit mon-
trée constamment fia
DE LANGUE ARABE 535
du son voyelJe dune consonne à une autre, comme
A_w.jo»| (emdersa) pour A_w j^> (medreça) école; —
l'emploi impropre des mots, leur acception variable
dans les localités; les locutions particulières à tel ou
tel pays. Tels sont les caractères spéciaux de la langue
du peuple, non seulement chez les Arabes, mais encore
chez nous et chez bien d'autres nations (*).
DES SYLLABES DANS LA PRONONCIATION USUELLE
La prononciation vulgaire est basée sur l'articulation
rapide des consonnes et des voyelles longues renfer-
mées dans un mot, en retranchant autant qu'on le peut
le son voyelle bref. Cette confusion se régularise par
les usages suivants :
Les syllabes sont généralement composées de deux
lettres essentiellement consonnes. — D'où il suit que le
mot composé d'un nombre pair de consonnes, se divi-
sera par syllabes de deux consonnes séparées par une
voyelle brève non écrite, ou par une voyelle longue
écrite, Exemples :
(1) Des faits analogues ont lieu en français. Des personnes illet-
trées disent : un sirugien, une ormoire, un guernadier un cocodrile ;
en province on dit : une montée (un escalier) ; une sous-tasse (sou-
coupe) ; c'est moi que je lui ai dit... : Jaites lumière à monsieur
(éclairez a...) ; adieu lorsqu'on aborde quelqu'un ; remettez-cous
(asseyez-vous), etc. Ces particularités, que l'on rencontre abon-
damment dans toutes les langues, peuvent indiquer et préciser le
rapport du langage usuel d'une nation quelconque a la langue de
cette nation En aucun pays on n'enseigne par démonstration les
fautes d orthographe ou les locutions provinciales ou populaires,
avec lesquelles on ne peut se familiariser que par la pratique :
l'Europe seule a créé l'enseignement de l'arabe vulgaire qu'elle ne-,
connaissait pas.
COI RE
yed b ol l'àr aek teb mek-toûb ber-mîl
main. dis. souris, j'écris. écrit. baril.
inas-takh-ber- ion djem
s'informafat. i) peut.
Dans les mots composés d'un nombre impair de
lettres, les trois premières constituent ordinairement
la première syllabe, et les syllabes suivantes se sépa-
rent de deux en deux lettres. Exemples :
chrenb k ' 1 o u 1 > breud
il a bu. il a retourné. il a eu froid.
(a l'envers).
cheurb k'alb beurd
la boisson. cœur. le froid.
J— ft_j y-- \*JL-^ r Js _J_j.Ua-*
k ron-fel frah'-toû md'â-reb-nft
œillet. — girolle, vous vous êtes réjouis. nos places.
L'addition d'une lettre à un mot change la disposi-
tion des syllabes. Exemples :
mok-h'ol-toh mkoli'-la rakû h'al-na
son fusil. fusil. nos fusils.
DE LANGUE ARABE ,')37
CHAPITRE II
PARTICULARITÉS GRAMMATICALES
DU VERBE ET DU PARTICIPE
Je ne puis que renvoyer, pour la formation des
personnes, à ce que j'ai dit page 35 et suiv.
Les formes du verbe dérivé ont été indiquées ci-
dessus, aux pages 251 et suivantes. La pratique les
admet avec la seule modification de l'élision ordinaire
des voyelles. (V. p. 532). La quatrième et la neuvième
formes seulement sont peu usitées. Voici des exemples
de leur application aux idées les plus communes :
2« FORME. (V. p. 254, n° 24.
JaJl sj_a J— ~ôjJ ^.Is Où fait arriver ce che-
) — (oit aboutit...).
(1) On a signalé, p. 23 et suiv., les graves inconvénients qui doi
vent faire exclure de l'étude de la prononciation tout système
quelconque de transcription de l'arabe en caractères européens.
Celui qui veut non seulement étudier, mais apprendre l'arabe, doit
se familiariser avec la forme et la valeur des lettres de l'alphabet :
c'est une première difficulté qu'il faut vaincre a tout prix. Et comme,
dans l'intérêt de l'application, on ne peut dispenser les arabisants
de leurs efforts personnels ni île l'observation directe des faits,
notre devoir est de les guider en leur travail, et non de les habituer,
par une dangereuse et coupable condescendance, à une transcrip-
tion française que nous désapprouvons dans 1 <i ude. Seulement, pour
soutenir les pas chancelants de ceux qui débutent, et leur permettre
de consolider et d'asseoir leurs premiers essais, nous écrirons quel-
quefois la prononciation eu caractères français, mais séparée du
texte pour ne pas inlluencer la lecture directe de celui ci.
33
-
>- ■ ' --■--• -\— " Le froid d'aujourd'hui m'a
/vn'/m malade.
■A. '_-_Vw .,;' Ll UàJl ULli' Nous avons rendu complète
(achevée) l'affaire qui était chez nous (que nous
• i\ ions).
3' FORME. (V. p. 255, n» 25.)
i. -.„•_• '.jv J->'-i-> _ r "/- w'- 1 La porte de ma maison
fait face à sa boutique.
5. -~ --^j'-G L» ul Moi je n'écrirai pas à lui.
6. OL^Ji »Âa > ^-'j y~ Il « demandé conseil à moi
sur celte question (affaire).
*sj j tB.j.us
v IL
Ils ont combattu contre eux avec le
goum (troupes de cavaliers arabes).
V FORME. (V. p. 255, n» 26.)
La 1 forme est peu usitée dans la pratique orale :
elle est trop facile à confondre avec la première. On lui
préfère la deuxième.
s. .:.x" J.c Lla.^s^ >j£d*i jl, Je rons informe de-
notre sortie contre l'ennemi.
^ ,.,_ ^-'•- J . U c Ul lia Cette chose «e me plaît pas.
5« F( iRME, 7 FORME ET 8« FORME. (V. p. 256 el 257, q« 27,29, 30.
10. - u~J! - .-y." _£ jJj *-L*3' Mon fils s'esï enseigné
(a appris) la lecture à l'école. (V. p. 48 et 416, n° 111).
DE LANGUE ARABE 539
11. -----^ .y> -..-s-*-' Nous tuons été étonnés de ses
paroles.
12. ^jJXi U 3 A..UJ! t O U, Le verre est
tombé sur le sol et ne s'est pas brisé.
13. ^O-.-i ,t, ^jL^suLj Se trouve-t-il chez vous ?
14. ^. ^_1_*_.-j U ^_JLLJ! »Àa Cette fenêtre ne se
ferme pas.
çLJ! j_- .1 ; H !
chez le bev.
15. - — " --~ rA-jJ] l«jt^.-;_^! Le monde .se rassembla
16. 1J-A-» «x-gjjj (1) ^.O— ^ L» u! Moi je n'ai pas
pensé (qu')il s'enlècerait ainsi.
1/. .^-jjr- us'.] .-a^j — a_o Lorsque nous arrivâmes,
nous nous reposâmes un peu.
6« FORME. (V. p. 257. n" 28.)
18. T ,U) *-$-*-» L-~ibLi' Nous nous sommes rencontres
avec eux hier.
19. L-*-jIXjl> *_»!, Us s'entre-écrivent.
il) Parmi les altérations d'orthographe que l'on observe dans les
écrits de ce style, il est bon de noter que le mot ^Zt e*t souvent
écrit ^Jc et joint au mot qui le précède. La négation L* est écrite
aussi sans \ et se joint également. On trouverait par exemple :
^X_X_. — -LJà^o pour ^y^o C-<— *— i— là L» . On peut ajouter à cette
observation, que l'on omet souvent les lettres \ , « , ^ et ï qui
doivent terminer un mot, et l'on rencontre A> pour \£*\>, ma
maison; «A_»_)\ pour ^^_»_J\, l'ennemi: ^_î_x_^o pour iA_sJ^_-<o',
• iiininrK' etc.
COURS
20. L l J *i •- ; c--^ '- -— •— '— <è < >'— ^ ' ^ 11 est venu
me consulter ; je lui ai dit : (attendez) jusqu'à ce que
nous nous consultions entre nous.
•9' ET 11 FORME. (V. p. 258, n» 31 et 382, n° Ll.)
21. àJjJla^! et jj^J "JU-J Sa couleur a jauni {il a pâli).
- < cv. t^J et -> &^ 3 ,La.l Sa figure a rougi.
10' FORME. (V. p. 258, n° 32.)
23. isj> '__ ^*-'— ' LLS' .Vo//.s noits étonnions à son sujet.
2 ',. v^--- v-A- ~ J «J^^ 8 J'allai in'informer auprès d'eux.
Il; INSCRIPTION EN CARACTÈRES FRANÇAIS. (V. p. 25.)
1. Ouèin tououassal 1 1 A d ett'rîk'?
2. Kl Beurd mta' el-ioûm marrad'-ni.
3. Kenimelnâ ech-chor'ol elli kân 'and-nâ.
4. Bâb dâri ik'âbel h'ânoûtoh.
5. Ana ma nkatboh che.
6. Châouami fi l>âd el-meçàla.
7. T'ârdoû-houm bel-goûm.
8. Rânî no'eulm ek bkhoroûdj-na 'ala l-'adoû.
9. Hâd ecb chî ma yo'djeb-nî che.
10. Ta'allem oulid-î el-k'râya fel-msîd.
11 . Ta'addjeb-na men klâmo-h.
L2. T'âh' el kâs tel kà'a ou mfi tkesser che.
13. Yens'âb cbî 'andek ?
14. ll.nl et't'âk'a ma tenr'olok' che.
15. Ivljtem'où en-nàs 'and el-bây.
16. Ana ma d'annil che iertfed hakdâ.
17. I\ii ouç'olDâ ertah'na chouiya.
L8. Tlâk'înâ m'a-houm e] barah'.
19 Râhoum itkâtboû.
20. I » i A ichâouav qî, k'oll loh : h'atta netchâouaroû.
21. Es'farr Loûnoh et es'farr loûnoh.
22. Ah'marr oudjbo, et ah'mârr oudjho.
23 Kounna nesta'adjboû mennoh.
24. Mcbît Destakhbar 'and houm.
DE LANGUE ARABE 541
CONCORDANCE DU VERBE FRANÇAIS
AVEC LE VERBE ARABE
Comme on Ta vu p. 35 et 36, le verbe arabe ne ren-
ferme que deux temps : le prétérit, pour toutes les mo-
difications du passé ; l'aoriste, peur toutes celles du
présent ou du futur. Tous les temps d'un verbe se
rapportant à ces trois périodes, la concordance avec le
verbe français se réduit à la classification des temps de ce
dernier, selon leur rapport réel avec le passé, le présent
ou le futur. Il résulte de cette brièveté extrême de la
conjugaison arabe, qui n'est étendue par aucun auxi-
liaire, une simplicité un peu embarrassante pour nous
dès l'abord, mais qui est très promptement appréciée.
Le prétérit, qui s'emploie lorsqu'il s'agit d'un passé
quelconque, servira donc à reproduire tous les passes
contenus dans chacun de nos modes ; Y aoriste, tous
les présents et les futurs. Tous les deux se partagent
exclusivement les temps de notre verbe, de la manière
suivante :
Passé défini du verbe français.
i Passé indéfini id.
Le prétérit du Passé antérieur id.
verbe arabe équi- Imparfait indic. id.
vaut aux temps : J Plus-que-parf. ind. id.
Conditionnel passé id.
Futur passé id.
Les temps qui précèdent s'expriment par le prêtent
seul, toutes les fois qu'ils peuvent être ramenés à la
signification d'un passé absolu, sans aucune idée de
relation nécessaire à un autre temps. Autrement, on
placerait devant le prétérit arabe, le passé ou l'aoriste
.m_ coin-
du verbe c >- (Y. p. 10), selon son rapport avec un
temps déjà passé, un présenl relatif ou un futur. L'im-
parfail de l'indicatif, employé dans le sens relatif,
est l'objet d'une construction dont on va parler ci-
après.
Exemples :
•le terminai. O^a-Là.
J'ai eu terminé. ,o„^J.„x
Quand....' J'eus terminé. sj^AXi .. .. ~ : ~ : -f
J'avais terminé. ^..^J..^ ^^.S
(V. ci-ap. )
>. /
J'aurai terminé dans trois ^..~L^ , _.0 ...^Ul J^X> _
jours (I ici.
Si j'avais terminé hier. ~ ,LJ.! ^A-oJLà. ,LfJ
Pour exprimer un passe encore récent, on place le mot
_3Î. etc., devant le ■prétérit : Far exemple :
ce *
J'ai terminé à l'instant. o^JM-i iJu^ë-L». jI.
Je riens de...)
Présent indicatifdu v. franc. ( Il est
ordinairemenl précédé de Ju
Imparfait (préc. du prêt. c >- etc.)
i Futur présent.
I. aoristedu verbe | Conditionnel présent,
arabe équivaut aux Impératif. (l re el 3 e personnes).
tem ps : j Présent subjonctif;
I Imparfait.
Plus- que-parfait.
Infinitif (lorsque celui-ci peut se
remplacer parle subjonctif).
DE LANGUE ARABE 543
Exemples :
Je termine, je vais terminer. «si-sr il,
Je terminais quand O-J 1 ^-o^ x.^S'^lx-- „„o- '— £
vous entriez.
Je terminerai demain. '-•- .a-LsH
Je terminerais, si je pou- *=s- Lj .X J ^-^
vais.
Allons! terminons. L-^Lsr- 5 aJib
11 faut (que) je termine aujour- ^-J' j^--^' *f$
d'hui.
Il fallait ) (que) je terminasse, j ï J ^ ,
' (que) j'eusse terminé. ) ^ P c
Il faut (que) j'aie terminé. i/ 1 -^"' J > N -
Je ne puis terminer. *a.LsJ ....»^ J - J U
» •
L'infinitif n'existe pas en arabe ; lorsqu'il se rencon-
tre en français à la suite d'un autre verbe, an'V exprime
par l'aoriste, qui équivaut alors, quant au sens, à un
subjonctif. La proposition : « Je ne puis terminer » se
construira : « Je ne puis (que) je termine »; il en est ainsi
de toutes les propositions analogues.
La conjonction que, dont l'équivalent arabe est J'
elli, se sous-entend presque toujours devant l'aoriste
pris comme subjonctif, surtout lorsqu'il est précédé du
verbe ou de l'une des expressions »]* lâzem, il faut
(que); ^ 131» mû dû biya, je voudrais bien (que);
plût à Dieu que je.., etc.
TEMPS RELATIFS
S'il esl absolumenl nécessaire d'indiquer la relation
d'un temps à un autre comme : Je terminais quand
vous entriez : — quand j'avais terminé, il commençait,
etc., on place le verbe d'action ou d'état sous la dépen-
dance du verbe substantif to. être, exister, ce qui donne
implicitement aux propositions la forme suivante:
l'ourle prétérit j~ 1 avec I'aoriste ou le participe du
verbe : il a existé ou il existait
taisant..., ou étant..., ; (il FAI-
SAIT ou était) ;
2° avec le PRÉTÉRIT du verbe : il a
existé ou il existait ayant fait...
ou ayant été... ; (il avait fait
OU ÉTÉ).
Pour l'aoriste ....G avec le prétérit du verbe : il exis-
lera ayant fait... ou été... (il
AURA FAIT OU ÉTÉ) (D.
On obtient ainsi, comme on voit, l'équivalent pour
nous ili- l'imparfait et du plus-que-parfait de l'indicatif,
ainsi que du futur passé.
Les Arabes emploient avec une extrême réserve ces
différentes combinaisons de temps, et seulement lors-
qu'il n'y a aucun moyen de les éviter. Le degré peu
I 11 y a lieu d'observer que le verbe l jJ€, loin d'être auxiliaire,
me chez nous acoir el être dans la conjugaison, devient ici le
verbe principal de la proposition, et que le verbe d'action ou d'état
qui le suit, nus à l'aoriste ou au prétérit, n'a plus pour nous que
la valeur d'un simple participe présent ou passé déterminant le
mode de l'existem - \ . *78, 1. 21 et suiv., et syntaxe />a.<fiim.)
DE LANGUE ARABE .i'j.'i
avancé de l'éducation générale a restreint chez eux
l'expression des idées aux formes les plus simples.
OBSERVATIONS SUR LE PRÉSENT
Lorsqu'on veut indiquer une action qui s'accomplit
au moment présent, on place devant le verbe à l'aoriste
le mot ^ j je suis, etc. (V. p. 31). Le verbe d'action ou
d'état n'équivaut plus alors pour nous qu'à un parti-
cipe. Exemple :
^t£J J jâJ ^3). rânî nek'ol lek, Je te dis (maintenant).
J_â_*_> s\j (jiî ach ràh ya'mel Que fait-il (actuellement)?
Souvent, lorsqu'il s'agit d'exprimer une action dura-
ble et surtout un état permanent, on emploie, au lieu
du verbe, un participe ou un adjectif. Exemples :
c r-r:- J [r$— ' -^< ranâ sehrânîn NOUS sommes veillant.
^ -^ <-»M ràhi înachia Elle est allant.
Au lieu de
-JL-iJ" j>). râhî temchî Elle va.
'■', rânà nessaheroû Nous veillons.
Il n'est pas toujours indifférent d'employer l'un pour
l'autre, soit le verbe à l'aoriste, soit le participe ou
l'adjectif : le verbe indique seulement le fait instan-
tané d'une action, et le participe et l'adjectif en font
supposer la persistance. Cette distinction serait sensible,
par exemple, dans les phrases suivantes :
\JPiy ^\ Je suis malade, et j*j*i ^j Je tombe malade.
j_cli j\. Je suis assis, j_*JLS „il, Je m'assieds.
.">'f(> COURS
Un temps présent se rapportant immédiatement à un
passé récent, autrement dit, l'idée venir de faire, avoir
fait à l'instant, s'exprime par le mot ^y), etc., suivi du
prétérit du verbe d'action ou d'état. Exemples :
^,.. : s..ï _'', Je viens d'écrire, j'ai écrit à l'instant.
IjLa. *_&). Us viennent d'arriver.
O--— 'j; o r ', Tu viens de faire.
L'expression du présent s'élide presque toujours lors-
qu'il s'agit d'un état durable et non d'une action mo-
mentanée) ; en un mot quand on indique l'état habituel
et constant d'un être quelconque. Ainsi l'on dira :
^-— *—' S-^jj-* C'(est) un brave homme.
C
, -►-- , L ^.3 ^s,h Ma maison (est) à Bab-Azzoun.
Y-^S\ àii' Dieu (est) très grand.
DES PHRASES CONDITIONNELLES
Toute expression conditionnelle renferme deux pério-
des : la condition proprement dite, et la conséquence
de l'accomplissement de la condition. Par exemple :
si vous travaillez, vous serez récompensé; nous disons
aussi : vous serez récompensé si roux travaillez.
Il est d'usage, en arabe, d'exprimer la condition
d'abord, et ensuite la conséquence. On dirait donc :
si eoas travaillez....
Toute condition se rapporte à un temps passé ou à un
temps futur, avec une idée, soit affirmative, soit dubi-
tative pour le temps futur ou pour le présent.
DE LANGUE ARABE
Les exemples suivants résument ces particularités de
la condition :
1° (Passé). Si vous aviez travaillé, vous auriez été
récompensé ;
2° (Futur affirmatif). Si vous travaillez, vous serez
récompensé ;
3° (Futur ou présent dubitatif). Si vous travailliez,
cous seriez récompensé.
Dans le premier cas, la particule conditionnelle si
se rend par ..,- j- 1 loû kân, qui se répète souvent devant
le second membre de phrase, et qui est toujours suivi
du verbe au prétérit :
travaillé, vous auriez reçu votre salaire.
i>_i'j_=J c^j^-i .,- J o;.-— -J— ^ .,c J Si vous aviez
0/* ww? rfire (/h.s-.s/ : ^X_< *=J Â=klï ^-.^o^^ X J
Dans le deuxième cas (futur affirmatif), la conjonc-
tion si s'exprime par bl ^W, (jue l'on prononce souvent
t/d par altération, et qui est ordinairement suivie du
verbe au prétérit plutôt qu'au futur ; on ne répète
pas 13! :
s^-Cj^J 3àu' o^-^à- b) Si vous travaillez, vous rece-
vrez votre salaire. On dit aussi : .... >-xdP Î3I.
Dans le troisième cas (futur dubitatif), on exprime
si par ,y¥J, et les verbes de chaque période se mettent
à l'aoriste :
^-v^' J_^~> J . , _i-' .,- J Si vous travailliez, vous
recevriez votre salaire.
Î8
OBSERVATIONS sut LE SUBJONCTIF
On a vu que les temps du subjonctif français se ren-
dent généralement par l'aoriste arabe ; ce mode est
indiqué presque toujours par l'une des expressions
conjonctives: < -•-' bâch, afin que. ,->;^ lâzern, il faut
que, ç-f - - ; ma dû biya, je voudrais bien que..., il
sciait bon que je etc. On dira donc avec l'aoriste:
^O ^....^ J., ^1 jJ! 9 S» ^J^\ Lil Je lui ai.
remis cet argenf pour qu'il vous l'apportât.
--•^■-' •» i^ Il faut que vous veniez.
s^*LJi ._- bL> [1 serait bon que je le visse.
Et avec le prétérit :
ç_i . J_â^U YJ <vbL. Plût à Dieu qu'il ne fût
pas entre ! '
Ces deux derniers exemples peuvent être pris dans le
sens de : Je voudrais bien le voir ; -- il eût bien voulu
n'être pas entré ; à la lettre, s'il n'était pas entré.
L'expression c - '- -* est composée de la particule U,.
prise avec l'acception admirative de combien ! du pro-
nom démonstratif b pour tÀa cela, de la préposition ^_->
avec, sur, par, suivie d'un pronom ■personnel affixe
(V. p. 29). Le sens littéral de cette expression est :
combien cela avec moi I etc. Le pronom doit ebanger
avec la personne, de cette manière :
ç-j b ..-- mê dâ biya Je voudrais bien.
.jX-j b U m;i dâ bik Tu voudrais bien.
*_\_J b
DE LANGUE ARABE 549
^ ma dà bih II voudrait bien.
ma dâ bihê Elle voudrait bien.
-» ma dâ bina Nous voudrions bien.
--" ma dà bikouru Vous voudriez bien.
-* ma dà bihoum Ils ou elles voudraient bien.
Lorsque c -j '- --' est employé avec l'aoriste sans la
•condition .X J loù kân, si, il donne plus particulière-
.ment au verbe le sens de notre infinitif ; par exemple :
^_9jAJ _j ta ^ ma dâ biya nchoûf-oh Je voudrais bien le
voir.
Uj^b ^j£> 13 L* ma dâ bik tâkhod-hâ VOUS voudriez (sing.)
bien la prendre.
Lorsque l'on doit exprimer un passé du mode subjonc-
tif, on se sert du prétérit arabe. Exemples :
y^Sjye, ^jXi J^c ;J acb'amel bâch d'rabtoh. Qll'avait-il fait
pour que vous l'ayez frappé (ou que vous le frap-
passiez) ?
M
i • -' • i t *■ ti
X L! ^xl
- : " blâ chekk
elli kân ikhàf bezzâf bâch herab hâkdâ. H fallait qu'il eût
bien peur pour qu'il se soit sauvé (enfui). (Sans
aucun doute, il craignait beaucoup pour qu'il se soit
sauvé ainsi.;
DE L'INFINITIF
L'infinitif s'emploie chez nous de trois manières :
1° Comme complément direct d'un verbe ; par
■exemple : Je veux venir.
• il I COURS
1° Comme régime (rime préposition, exemple : Il est
entré pour lui parler ; - // lui a dit de se taire; —
Vous n'aimez pus à écrire.
3° Comme nom abstrait, exemple: Lire est une chose
excellente.
Dans le premier cas, on l'exprime <mi arabe par
l'aoriste, qui prend alors la valeur du subjonctif. Ainsi :
--^- ^ -^ Je veux venir. (Je veux que je vienne.)
■j^J\ J, w-~?H ^S- <J Jj*- 5 fj Y 11 faut dire à votre
frère de m'apporter des dattes il faut (que) vous
disiez à votre frère qu'il m'apporte...)
On voit parce dernier exemple, que l'on doit toujours
préciser en arabe la personne renfermée dans l'infinitif
français.
Dans le second eas, c'est-à-dire après une préposi-
tion, l'infinitif se rendra par l'aoriste, s'il peut se rem-
placer par une personne du subjonctif; on l'exprimera
par le nom verbal s'il a une signification abstraite.
Par exemple :
-JL-- »-KjLj <J»\-> J-^- Il est entré pour lui parler (pour
qu'il lui parlât).
jU-£~o --' __i? juj! Vous lui ave/. <iii de se taire (qu'il
se lui).
_,._.._\_< ç± ^ — sH ..-- Vous n'aime/ pas à écrire (<pie
vous écrh iez).
DE LANGUE ARABE 551
*— ~ , ( - ^ ^jS~--~ Avez- vous une maison à vendre
(pour la vente) ?
"£%_> 'aJJ .Us. ^-XÀs J'ai seulement un jardin à louer
(pour la location).
Dans le troisième cas, lorsque l'infinitif exprime
l'idée de l'action ou de l'état d'une manière abstraite,
c'est-à-dire sans acception de temps ni de personnes,
on le reproduit par le nom verbal, dont l'usage indi-
quera les formes, du moins pour le verbe primitif.
Exemples :
Ajx-ïH^" A_^L=^ ^.jLiJI Lire est une excellente chose
(la lecture est...).
^Jyp\i J-ixJ' &-i_o jjuJ) Voyager est très utile à l'in-
telligence (le voyage... .
0^-9- r-:— <r-~^ ois Vous avez bien fait de venir
C
(vous avez bien fait lorsque vous êtes venu).
r XJ! !j-J Lôju U .5 L» Il n'v a rien à faire à cela
(vous n'avez...). i A fa lettre: il n'y a pas quelque
chose que vous fassiez pour cette chose).
DE QUELQUES VERBES SPECIAUX
On a vu précédemment (p. 544), qu'en bien des cas
le verbe ^ être, exister, était employé pour indiquer le
fait de l'existence, et modifier la signification tempo-
relle du verbe d'action ou d'état. On se sert aussi à sa
place, de certains verbes joignanl à l'idée d'exister,
celle d'une époque précise, comme :
i 12 i 01 RS
^-— - as'bah exister, se trouver au matin...
^_-' bât (aor. O'^J — pondant la nuit entière...
J-— «t'ait pendant le jour entier...
Ainsi l'on dirait :
&->.*-* O— s-:--^' -j' ana es'bah'l merid'. Je me suis levé
malade (ou je me suis trouvé au matin...)
iïjd\ z _^j j i v J! j^ij ^yi _^ ^ms ^xjl
bâlek teta"ab roûh'ek bezzyâda, ouah'ed en-nhar tes'bah' fel-ferAch
Prenez garde de trop vous fatiguer, un beau malin
vous vous trouverez alité.
i>j*~>j»j s-^t àJJ nia tamela ouhoua içoûr'. Toute la nuit
il n'a fait que crier. (V. p. 498, 1. 6.)
.,'—— ?rl - j>-— ~ «l'alloù fel-djenàn. Ils ont été toute la
journée à la campagne. (V. p. 141, note, et 183.)
L'idée de commencer ou se mettre à faire une chose
ou à être dans un état, s'exprime par le verbe '--> bdâ,
aoriste '--h. ibdû, commencer, et quelquefois '--^ khedâ,
aoriste --^- yâkhod (se prendre à...). Exemples :
jyyLj — -j- j Nous nous sommes mis à lire.
>---*- '-'-<■ kheda i'ânedoh. Il se prit à le contredire.
(V. p. 183.)
Si l'on veut indiquer la persistance dans un état ou
une action, on se sert des mots «-*-? bk'â et -~*-9 /«'a<i,
rester. Ainsi : „~J ! Ijjt >r » .U.*? j^àj lil Je suis resté
DE LANGUE ARABE 553
joyeux de cette chose. — s-'--'-V. J -' J <'-^ ^cr *~^ Vous
l'avez laissé à la maison en train d'écrire (restant
écrivant). (V. p. 483.
C'est à l'usage d'apprendre tous les cas où ces verbes
sont employés ; on ne peut ici que les signaler à l'atten-
tion des étudiants.
DU VERBE Jî; '•-" PRIS DANS L'ACCEPTION DE ENCORE
L'expression Jî: U ma zâl est un verbe accompagné
de la particule négative L» ma. Il signifie ne pas cesser
d'être, être encore. Il se conjugue au prétérit suivant les
règles du verbe concave, à la classe duquel il appartient
(V. p. 39). Ainsi l'on dira :
Sing. oJ; L» ma zelt je (suis) encore.
«j^J; ^ ma zelt tu (es) encore (masc).
oJj '-•-' ma zelti id. (fém.).
J'', La ma zâl il (est) encore.
0<-J'j ~ J ma zàlet elle 'est) encore.
Plur. '-•'-- ' ; '-* ma zelnâ nous (sommes) encore.
L..J- U ma zeltoû vous (êtes) encore.
UJh - ma zâloû ils om elles (sont) encore.
■"y
De là la signification de notre mot encore. Il est
ordinairement précédé de _— ,! , nîwJ (p. 31) pour le
temps présent, de X kân pour le passé, el .jj-Z-?, ikoûn
pour le futur (p. 40).
36
mi COURS
Exemples :
- - -kc! J\ ^L^TJI ^jJLs Jlj U J'ai encore le
livre que vous m'avez donné (le livre lequel tu as
donné lui, à moi (est) encore chez moi, etc.).
s^X-k_iLi *_y-\_ '..- '_ ', j> Vos papiers (sont) encore
chez eux.
+±j W ~™- r -' J - jr.~ ■•" « ' ' — -^ _- Elle était
encore à Miliana quand son mari est arrivé.
__._*" 0J5 , - •*-->■- ■' Ia» -.3 '-.J, L» UioCj Nous serons
encore dans cette ferme à l'époque des raisins.
Lorsque l'expression Jîj -• est suivie d'un verbe, elle
prend une signification négative (ne... pas encore) et
le verbe doit aussi lui-même être accompagné. de la
négation '.--. Par exemple :
^c- W- ^ u^j '••' Il n'est pas encore venu.
j^sL, '..-- oJjj •-' Elle n'a pas encore vu.
j^JUs U 0-5; L> .le n'ai (ou tu n'as) pas encore fait.
»Lj i 1 U LJ: U Nous ne l'avons pas encore rencontré.
la-x-ô^a L» L. vJ, U \'ous n'avez pas encore compris.
laLi^a ...- L", U ]|s ne sont pas encore allés.
L'observation dont, le verbe kân .,- a été l'objet
(p 544, note) est entièrement applicable à l'expression
J\ '-. Le sens littéral «1rs exemples suivants est donc :
Il n'a i><is cessé d'être n'étant pas venu ; — Elle n'a pas
cesse d'être n'ayant pas vu, et ainsi de toutes les phrases
analogues.
DE LANGUE ARABE . 1. 1. 1
DE L IDEE ITERATIVE
L'idée de refaire, recommencer une action s'exprime
par le verbe il, , aoriste --;»->. impératif y. que l'on place
devant le verbe d'action ou d'état. Exemples :
^j| o_*-<s~. JJ aJ J_à y Redites-lui ce que vous avez
entendu.
.> ; Recommencez.
A*-ij J J>*-J J^V-J -- ^ c^-f '- J J e ne lui dirai pas
une autre fois de rester.
Le verbe y\\ signifie spécialement augmenter; c'est
pourquoi i! est employé dans le cas où cette idée se
rencontre, notamment à la place de notre mot encore
signifiant de plus ; ainsi :
^~_Lx_i :..: j_j y.H II faut que je lui en donne encore.
5j-x_i w^».3 - -j j-J Je monterai encore à cheval demain.
iaLJ!iij^a.^Ax3J y. Asseyez-vous encore un instant.
DU VERBE FAIRE FAIRE
L'idée de faire faire une action s'exprime, dans un
très grand nombre de cas, en redoublant seulement la
deuxième radicale (V. p. 2."»i, n" 24) ; mais certains
verbes que l'usage apprendra ne peuvent prendre cette
forme, et Ton est obligé alors de donner un autre tour
à la phrase ; par exemple : ordonner, dire, recomman-
der que l'on fasse... ou que l'on soit... Ainsi :
L-wsH ,.'-- u [jJU Ils ont fait venir les maçons. (Ils
ont dit aux maçons de venir.) Ou bien :
l^-aH .*■/-•-? -- V— - *-i " s ,,nl envoyé (dire) aux ma-
çons de venir. Ou encore :
.^j'_.__ H L_>L». Ils ont amené les maçons.
I ,_M !
fi LsHJ I^XJo
, J <
r* i-i
Vous ferez écrire au kha-
lifat. i \'ous leur direz d'écrire...)
S-^-i >-, Il l'a fait pleurer. (Il l'a rendu pleurant.)
On pourrail dire aussi : jL\_>.
aJLxj J.- ,-■.—: ï.\j Je le ferai repentir de ses actions.
Je le rendrai se repentant.)
Faire dire... s'exprime par j^-*-i ou J — -j envoyer.
Exemple :
Lu* +jt\JjJi-~o ^ïf\ | J-'-' ^iXjlsr-°Y L*_£_x_> Nous avons
fait dire à vos amis que vous les attendez ici.
i Voy. verbes de commencement, de continuation, etc.
P. S-83).
EXERCICES SUR LES VERBES
Voyez la transcription en caractères français, p. 562)
1. J'ai un beau cheval.
2. Avez-vous une maison?
ind j'aurai un jardin j'y
vi.Mi Irai chaque jour.
». J'avais un bon chien de chasse,
il est. mort.
JL» ^._c _-_\_Us i
Jl» JJi
}U
DE LANGUE ARABE
55 "3
5. Si j'étais resté a Alger, j'au- *•— ' j~~*
rais de la fortune.
6. Ils ont beaucoup d'intelligence
7. Ils arriveront bientôt.
8. Il a beaucoup de livres.
9. Avez-vous travaillé aujour-
d'hui"?
10. Savez-vous quelle heure il est ?
11. Y a-t-il un douar près d'ici?
12. Il y en a.
13. Où est-il?
14. Par où irons-nous ?
15. Qui nous montrera le chemin ?
16. Qui d'entre vous nous a trom-
pés ?
17. Pourquoi tous ces discours ?
18. Quand arriverons-nous?
19. A quelle heure viendra t il ?
20. F.tes-vous déjà venu ?
21. Comment avez vous l'ait pour
le saisir ?
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S^L^j oi, ^L? is
^ ^L ^ J.\ je 1!»
J._-^_\^N
LT"
JU ^ 2i
COURS
22 Que dites vous de cela ?
23. Qu esl ce que cel objel qui
parait noir la-bas "
24 I! n'\ a pas de danger (de
crainte
25, Ce u'esl pas cela qtie je \ ous
- dit.
Nous ne sommes pas malades.
27 N tes-\ ous pas sortis aujour-
d'hui?
N esl ce pas eu s que \ ous avez
renci ml rés sur le chemin ?
29. 1 1 n esl pas de ceux qui nous
aimenl -
30. Elles ne sonl pas grandes. (Au
pluriel, le masculin et le
féminin sont semblables).
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X 1 cbj- 1 lj* g^b 25
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\ ' > O J £ k/_S A_3 yii»_.>
32
31 . Je termine maintenant i i
travail.
Je le verrai après demain, s'il
plaii a Dieu
^ W I . I ! x <*!••■ "•-{
m l'a vu avant-hier sur la • > ~ ; -: Jj "j-r ~" °°
place.
\ ous saurez aujourd'hui s'il
i la ville.
35. I! n'a pas cru devoir le lui
Nous avons re i er de
la maison.
\b\ i^-Jl ^ »-*-> 34
5ÎL-JI
J |^_i_j ,,^ ci J ^l» 35
J! P U LOI L,j± 36
DE LANGUE ARABL
37. Prenez votre sabre.
38. Ne le touchez pas.
39. Allez lui parler.
40. Nous reviendrons après-
demain.
il. Prenez garde qu'il ne vienne
pas. :
42. Vous lui direz pourquoi je ne
lui ai pas écrit
i'-i. S'il vous interroge sur mon
compte, dites-lui que vous
n'avez sur moi aucune nou-
velle.
Venez prendre emporter) ses
lettres.
45. Ne vous préoccupez pas de
moi.
Allez lui dire que je l'attends
ici.
Quand vous aurez Uni de lire
ce livre, envoyez-le moi.
48. Il sortait quand j'entrais.
559
\_x_.-> JL_xj' ~ , 39
->-3 40
AJ-; 41
L Ul J^ d J^Ur 42
J J_è J^^rUL- |j>! 43
iLI^_j :' .J 44
>LL^J jUJJi.. 46
tv fc I.
U
L *jl^I ^UJ31
a — ) 4/
49. Nous aurons fini avant lui.
50. Ma maison est srande et belle.
Ujuc^Ou^ ( ^ 48
•"Or ^
ou bien: _j)« -. , — ^ »_a
3 V . ' ,
..w Li Î^^JLs: 3 49
-JL.
ï,-i ç.b 50
560
51. Il m'a «lit que si vous ne
pouvez lui faire cel te affaire,
il s'adressera à (il verra)
une aul re personne.
52 Si j'avais su qu'il le détériorât,
ne le lui aurais pas donné
53. "-'il m'arrivail des nouvelles
sur cette chose, je v ous les
dirais sur le-champ.
il ue nous paraît pas qu'U
vienne slt< il ,
55 Je lui ai dil d'amener la mule.
56. Il sérail bon que vous ne sor
tissiez pas de la maison
57. Il laul que je le déli\ re d'entre
ses mains.
Il faudrait bien que j 'en ache
tasse un semblable.
! Elle voudrait bien vous voir.
60. Il tant qiu'J y ait eu un motif
ive pour qu'il ait répudié
-a femme.
J, JUS ..]
J-JN. a . Q a-^J J ■
53
C v
j^-Xj jst-J LJ ^Jaj L
54
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55
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56
;
57
58
>_iX_? a-xuj' Uj 1 ^ L»
59
60
61 On doit toujours faire le bienJ ^ tt.a b_*_j ,)' . -r j »:")i (il
rournez : Il faul qu e
l'homme fasse toujours...)
! ra\ ailler esl un devoir. (Il
faul que 1 homme travaille).
l i a deu s maisons a vendre,
i en achèterai une quand
c- ,.
« r ] <* p v
e/>
62
63
J.-* S.XaJ
~,T
DE LANGUE ARABE
561
j aurai loué mes trois bou- . \.iL. ;> Jl-'i ^ , «_\_j
64. Vous n'avez rien a dire a cela.
;11 n'y a pas quelque chose!
que vous disiez, a cela).
V
65.
66.
67.
Nous pouvons arranger l'af- j x ., <-. \ \\ ' j ' _ ,, , \ \.
faire. ^ " .
Ils ont passé la nuit a se pro-
mener.
Vous vous êtes levé un peulvO-J' <^> ►■* -^->
malade.
Il passa le jour à dormir (dor-
mant).
j t vl
Nous sommes restés toute la
journée à la ferme, et avons
passé la nuit en ville
Nous l'avons laissé en train
de manger.
Lorsque je le vis ainsi, je me
mis à rire.
Je n'ai pas encore fini.
En avez-vous encore '?
Nous ne savions pas encore
qu'il dût venir (qu'il vien-
drait).
75. Elle est encore à Alger.
76. Les chevaux n'ont pas encore
bu.
69.
70.
71.
72.
73.
lJ| Jj,
64
65
66
67
68
LiJU, i^l - ULJLi 69
>v$ jj
>-JJo li-SCa A.::.i_i. , ^S
bl OvJLkU ^J; L,
70
71
72
73
^W!
75
L^UUliLJ^I 76
7" \ ous l< - tire Je nou
\ eau.
78 P use vous qu'il le revoie j^s
i re ?
»—._.' ,._^'... — I J.-.> w— J / /
->.;_; ^XJ v-^-- 1 78
79. < mi a fait venir (on a ai»
toutes les botes de somme
de la campagne.
30 11 faudra faire écrire cette
Lettre par votre fecrétaire.
\ "lis recommanderez à
votre secrétaire qu'il écrn e
cette lel I
81. .1* lui ni l'ait dire de ve
82. Vi ius ferez porter i \ ous en\ er
rez cela chez moi.
,<
s JJ31 J-jUJI I^U> 7!)
Si» >jjLsK JZ+j 80
SI
J |j._a ,* ,.* > s 2
83. Il ne m'armera plus de lui
parler.
j s 83
v i Nous ne viendrons plus chez SJiJLxJ !ajua.j ..» 'à! Jo U 84
lui.
85. I iniimv moi encoi e & boire.
86. .le n'ai [plus rieiî a lui donner.
V 64).
87. On m'a chargé de vous le dire.
88. C'est la tout ce que je sais.
.: h cl i; 85
^.C J^_i_j eijUij S7
J-CJI J..3,_*_; JJji tjjt 88
TRANSCRIPTION DES EXERCICES PRECEDENTS
(V. p. 23 el 25]
1 . ' Amli 'aoud melîh'.
2 ■ \ iHi.lv chi dar '.'
5; Loù kan k 'adt fel-djezâïr,
ikoùn 'andi 'lmal.
6. ""Andhoum 'àk'el bezzâf.
7 I .ilioiiiii k'rib \ oùs'loù.
'.',. Kîf ikoûn 'andi djenân, nedji
lih koull yoûm.
i Kan 'andî seloûguî melîh' ou | 8. 'Andoh ktoub bezzâl
mat.
DE LANGUE ARABE
563
Khedemt clii el-ioùm?
10. Ta'ral chi ach meii sa'a râhî?
11. Kânchi dawwâr henâ k'rîb ?
12. Kân.
13. Fàïnho '?
14. Men aln neroûh'oû.
15. Achkoùn iouarrî Inâ et't'rik '.
16. Achkoûn fîkoùm rarrnâ?
17. 'Alêch liàd'el-kelâm el-koull ?
i v Fay ouak t nous'loû.
19. 'Alâ ach men sâ'a idjî ?
20. Djit-chi k'obîla
21. Kéch 'amelt bêch b'akemtoh?
22. Acli râk tk'oûl "alâ hâdâ?
23. Achnô hàd'ech-chi c\\[ iedh'ar
ekh'al lhih.
24. Ma kânche el khôt.
20. Ma chi hâdâ elli k'olt lek ana.
26. Ah'nâ ma nâche merâd'.
27. Ma chî kheredjtoû el-ioûm?
28. Màclii hou ma elli lekî'toû-
houm fet't'rik'"?
Houa mâho chi mellî ih'abboù-
nà.
Ma houm chi kbâr. (Pour les
Hâni aekhallas' chor'lî del-
ouak't.
32. Nechoûfoh r îr r'adoua in châ
allah.
33. Châioûheouel-bârah'fel-blâça.
• ii. Ta'rafelioi'un idârâhofel blâd?
35. Ma d'har loh che lâzem ik'oùl |
loh.
3ti. Khedinâ 1-krâ mtâ' ed-dâr.
37. Khod sîfek.
38. Mi tem — ouhche.
39. Roh' tekellem m'âh.
40. Nerdje'où r'îr r'adoua.
41. Bâlek ma idjîche.
>2 Tek'oûl loh 'alêch ana mâktebt
lohche.
20.
30.
31.
i.'i. [dâ sâk'sâk 'aleyya, k'ol loh
ma 'andek h'attâ khbar
'aleyj a.
4i. Adji eddi h' âouâtoh.
15 Ma tekhammemche 'allej ya.
e Roh' k'ol loh ràni nestennàh
henâ.
47. Kif tekballas' tek'râ hâd el
ktàli, eb'atsoh li.
4S. Kânikbrodj kîf kounl nedkhol
fou bien : houa khâredj ou
ana dâkhel .
49. Nekhellas'oû k'bel mennoh.
50. Dârî kebîra ou melih'a.
51. K al lî idà ma tendjein tak'd'î
loh hâde d-da'oua, ichoûf
ouâh'ed akhor.
■"'2 Loû kân 'ara ft elli ifess
kân ma 'at'ît ho loi.
53. Loû kân idjînî khbar 'alâ hâd
chî, nek'oûloh lek :
54 Ma id'har lnâ idjî bekrî hâkdâ.
55. \na k'olt loh idjîb el-bar'la.
56. \Iâ dâ bik ma takhrodj men
ed-dâr.
57. Lâzem nesellekoh menieddîh.
N \lâ dâbiya neclirî ouâh'ed kîfoh
59 \lâ dâbîhâ techoûfek.
60. Lâzem kânet 'andoh sebba
'a lima béch t'aliak' martoh.
61. Lâzem ben âdem ia'mel dâïm
el-khîr
62. Lâzem ben âdem iakhdem.
63. 'Andoh zoûdj diyâr lel br-
nechrî ouâh'da kif cekoûn
krit h'ouânetî et- 1 là ta.
64. Ma kân ma ik ôl 'alâ hâd ech-
chî.
65. Nendjemoù nesâouiou d da'
oua.
66. 1 tâtoû il" aouçoù.
67. Es'bab'l chouia merid' enta.
68. D'ail râk éd.
69. lt'allinâ fel-h'aouch, oubetnâ
blâd.
564 co
70 Khallmah k à'ad iakoul.
71 . kit cbeftob bakda bdîl aed b aïs
72 \là zell ma kballas t ana.
\ml.-k ma /.il ?
7i. Konnâ ma zelnâ ma oa'arfoù-
cbe lazem idjî.
75. Iliya ma zfilel tel I ijezâïr.
76 El khil ma zâloû ma cberboù.
77 rezîd Iccherrablioiini.
78. Id har lek izîd iohoûfoh.
79. 1 ijaboû '/ zouâïl el-kouU men
el-djenan .
su.
rouas's'i kal
l.i'ii.
tek iktob had s]
81. Ana b'ats Loh idjî.
82. Teb'ats hôda l'andi.
s::, ma bk'a li chi nekellemoh. |
84 Ma bk'a Ina cbe nerdje'oû
I ■ a 1 1 1 1 1 1 1 1 .
85. Zid a't'îni uechrob,
S''.. \la \imli ma na'l'ili.
87. Ouas - aouni nk'oûl lek,
ss Hâda houa ellî na'arfoli et
koull.
CHAPITRE III
DU NOM ET DE L'ADJECTIF
J'ai exposé dans la Grammaire les formes caractéris-
tiques et les diverses classes des noms et des adjectifs
ip. 280 et suiv.), et j'ai indiqué (p. 532 et suiv.), les
altérations que subil la prononciation des mots dans
les relations communes. Je ne puis ici que reporter le
lecteur à ces explications précédentes, et me borner à
i-nnslaltT uniquement les faits pratiques.
Les noms et les adjectifs ont ordinairement une
forme qui fait reconnaître la nature de leur significa-
tion, el par laquelle on les classe rationnellement;
c'esl d'après ce principe (pu.' l'on a établi les catégories
suivantes.
NOMS PRIMITIFS
Ces substantifs ne sont pas dérivés d'une racine
usitée : ils ont quelquefois une origine étrangère à la
DE LANGUE ARABE
565
langue arabe. Leurs formes sont diverses et arbitraires ;
l'usage seul peut les indiquer. En voici des exemples* 1 ).
jtr? puits.
*_ — , bête féroce, lion.
^ _i_£ scorpion.
i_*_j panthère.
j-a^_a_*- coing.
J_A_jwi œillet, girofle.
fjX-9 espace de pioche.
l?l_, — , souliers.
NOMS DERIVES
Les noms dérivés du verbe primitif ont des formes trop
nombreuses pour qu'on puisse les énumérer toutes ici ;
je renvoie aux types que présente la page 283. Je dois
dire cependant que la forme composée seulement des
trois lettres de la racine est la plus usitée ; par exemple :
u
/
intelligence,
différence,
mensonge,
haine,
maladie.
de
connaître.
séparer.
mentir.
haïr.
être malade.
Bien que toutes les formes du verbe aient un nom
dérivé spécial (p. 252, 253 j, on n'en emploie guère que
deux ou trois espèces dans le langage le plus commun ;
par exemple :
11) .l'emploie quelques signes orthographiques pour faciliter ou
préciser la prononciation de certain- mots : il ne faut pas les regar-
der comme constituant l'orthographe : je me suis déjà expliqué &
•ce sujet.
566
- lui nie „.. .'..*.• enseignement, de *Jl_c enseigner
si L
3
guerre,
consultation.
2, Lis combattre.
,.._... consulter.
Ces trois formes sont très fréquentes, et employées
dans l'occasion par toul le momie parce qu'elles sont
les plus saillantes ; mais il en esl beaucoup d'autres,
appartenant a une pratique plus éclairée, dont l'usage
el la variété dépendent du degré d'instruction des
individus et des diverses influences de leur éducation.
(V. p. 252 .
NOMS INDIQUANT LE LIEU, LE TEMPS ET L'INSTRUMENT
Voir page 284, 285)
w>>-*-
le couchant.
M
~_._x-- ueu de séances
_LJL clé.
C
( LàJL» scie.
.jS-~j> logis.
—.^ — « lieu, endroit.
$j&-<> séparation.
'■—-v école, bureau.
■—~~' école d'enfants.
— .x» espèce de collège.
.Li._* lieu.
rabot.
NOMS 01 PU lui WJECT1FS, INDIQUANT LE METIER, L'HABITUDE
D'UNE ACTION OU L'INTENSITÉ D'UNE QUALITJ
Voir page 2S9)
I '' i 3PÈCE
JLI_a. portefaix.
,'_>— menuisier.
^•*-^ poltron.
j\xS menteur.
barbier.
DE LANGUE ARABE
I -
56"î
_-_3 cultivateur
très indulgent.
-„.---_£ très docte.
2 e ESPÈCE
Certains noms de métier sont formés du nom de
l'objet produit ou vendu, auquel on ajoute la désinence
turque ^-^ dji, qui équivaut à peu près à notre termi-
naison ier, dans ferblantier, passementier, etc. Ces
mots sont une des traces de la domination turque.
Exemples :
_a>..Ur-? potier de terre, de ,Ur-r terre à poterie.
(l)^xUL horloger, LoL horloge, montre .
gj-$.9 café,
étuviste, ^'.-ow.^ étuve.
, _.v_a_L tambour, etc.
f t
•'-- = tambour, ,
Quoique lès noms de métier puissent être rangés dans
la catégorie des substantifs, il est plus rationnel de les
considérer comme des adjectifs.
NOM ABSTRAIT DE COULEUR OU DE QUALITE
Ces noms, analogues à ceux qui chez nous sont ordi-
nairement terminés en eur, comme rougeur, vigueur,
se forment en plaçant un _* avant la troisième radicale,
et un ï après elle. Il faut donc ainsi réduire préalable-
ment à la simple racine l'adjectif ou le nom dont on
veut exprimer l'abstraction. Par exemple :
il) Le s du substantif a été remplacé par un \ dans l'orthographe,
de l'adjectif, pour représenter la prononciation.
168 COURS
>, »_\.; rougeur, de _-\-\-- vermeil.
s. — a^à. verdeur, j-^ 2 -^' être vert.
t.jjL^e couleur jaune, ,.i..^' être jaune.
L)j^sr? vigueur, énergie, J-œt-? vigoureux.
Ljj-L. douceur, ^-^-^j doux au toucher.
i-^._^_ a dureté, densité, _-oLà dur.
C
ADJECTIFS
ADJECTIF VERBAL
La formation des adjectifs verbaux, tant primitifs
que dérivés, a déjà été indiquée dans la Grammaire,
page 249, 250 et 390.
Les adjectifs verbaux actifs (participes présents),
expriment ordinairement l'idée d'une action ou d'un
état relativement ou absolument présent et persistant,
mais non une qualité habituelle ou inhérente à l'objet.
On dit : j-s-a^*-* lui (est) étant assis (il est assis) ; —
3-Jl. i—,:.^ je l'ai trouvé dormant, etc.
En plusieurs cas ils remplacent le verbe. Il en est de
même de certains adjectifs qualificatifs. (V. p. 545).
ADJECTIF QUALIFICATIF
(Voir page 288 et 395
l'ouï' l'usage oral, on peut admettre que l'adjectif
qualificatif se forme des trois manières suivantes :
I" Par les trois radicales, comme ^^J^ei ^» difficile
(cette forme esl la moins usitée) ;
di: i.am.i i; w; uu-:
569
2° En plaçant un j£ devant la 3 e radicale. Exemples :
r-^-o grand.
r-^À-^o petit.
Lj ._]= lono-.
L-
is_! v--- malade.
a-j ,..!= aimable, gracieux.
_j v _/ généreux.
Les adjectifs de cette forme indiquent (ordinairement
une qualité inhérente à la personne ou à l'objet, non
un état passager ou une qualité acquise. Leur nombre
est très considérable.
3° Certains adjectifs qualificatifs se forment en ajou-
tant la terminaison .,' an à la racine, comme :
.)l_^jtJ dormant, des verbes ~_ *J sommeiller.
r_£_w s'enivrer, être ivre.
.\S-~, ivre,
.,'_.< y^z nu.
w ■■>
.il»-* — veillant,
i c ' .
,La_~3_c irrite,
.,^-a joyeux,
j; j-s être nu inusité).
y-^ — veiller.
^^.i être irrité.
„ v _5 être joyeux.
On peut joindre à ces trois formes d'adjectifs, celle
des qualificatifs indiquant les couleurs principales, qui
consiste tout simplement à prononcer un ' devant la
racine du mot. Par exemple :
' c 1
' c i
_*_^J
rouge
(foncé).
vert.
' ' ,
' <■ .
• • 1
bleu.
jaune
, t
i ' h
— — :— '
blanc
J~^
noir.
37
570 • OURS
Celte forme indique aussi les dilTormilés. Kxemples
J— -^' louche.
^_^_;' aveugle.
, _-— ' borgne.
c, r J\ chauve.
„c._\L^ qui a les mains
ou les pieds contractés.
Les adjectifs de trois lettres cl ceux qui sont formés
par l'addition d'un _- avant la troisième radicale,
comme y^J grand, »->.y généreux, prennent aussi cette
dernière forme quand ils expriment une idée compa-
rative ou superlative, comme y^S\ plus ou très grand ;
"' plus ou très généreux, etc. (V. p. 289 et 290).
» "
ADJECTIF RELATIF (V. p. 291 et suiv.)
L'adjectif qui exprime la relation à une idée, un objet
mi un pays, se forme en ajoutant au mot qui exprime
l'idée, l'objet, le pays, etc., la terminaison j$, &(pour,c);
par exemple :
AJls, intellectuel, des mois ^-i-- intelligence.
c -*--~- physique, naturel, L*-wwis nature (phys.).
_-■.'■-.« — céleste, vent du nord, '...w ciel.
._.-'._^. Syrien, »Li, Syrie.
Cpa_» Égyptien, r _.^_P Egypte.
j^onj,.' 1 ^ Algérien, ^Lj- ' Alger.
On concevra sans peine que les mots exprimant des
idées non appréciables aux masses, comme g-Li-s et
__-*— -.-^ soient très peu usités dans la conversation, à
cause du défaut général d'instruction.
DE LANGUE ARABE .171
Lorsque le nom de l'objet ou du pays auquel on veul
appliquer l'idée relative est terminé par le >, comme
le mot L*. r ..J= ci-dessus, ou les mots : L\.. : .L: Blida ;
i_jLJ._* Miliana; LjLLc Bône, etc., on supprime le »
en ajoutant le S- Ainsi l'on dit :
^jj— _l_; . habitant ou natif de jj,_.._1_.< Blida.
^-A_ :: _L* ï_iL_.U Miliana.
^J.~-~ i_ : -l_L s Bône.
Les mots I-G Mekka, la Mekke, et h , _u.C Eskenderia,
Alexandrie, ainsi que quelques autres, forment par
exception les adjectifs relatifs ^LC mekkâouî, .Mec-
quois, et çJI.JwlCJ eskenderânî, Alexandrin. ((Test
d'après cette dernière forme que l'on dit : ,_j^L^ (
el-oulâni, le premier, au lieu de J ; ^' el-ewwel).
Quelques autres adjectifs ethniques (ou de pays), se
forment par l'addition au nom du pays, de la termi-
naison turque j-- ou -- (lu ou li) qui indique en cette
langue l'idée de relation. Exemple: ç-^°i -'""'^ de
Sinyrne ; A-ï-jS kHUî, Cretois, des mots >...---,' Zm//\
Smyrne, <1^£ Krll, ile de Crète, etc.
Les adjectifs qui indiquent les différentes nuances
des couleurs se forment en ajoutant le j; caractéris-
tique <le la signification relative, au nom de l'objet
servant de terme de comparaison. Exemples :
^p-
, cendré, de :>L», cendre,
v rose, couleur de poche, ~ y± pèche.
572 ' "' RS
g^-J jaune citron, de *--- citron.
Iiklè mai roi), JJn.t.q marron, châtaigne.
Tous les adjectifs se mettenl après le. substantif.
du genre (Voir page 296
11 n'y a que deux genres en arabe, le masculin el le
féminin. Les noms el les adjectifs féminins sont pres-
que tous terminés par le son a, représenté par le ? W.
l'I ou le S- Les noms el les adjectifs terminés par les
autres I. 'tires sont ordinairement masculins, à moins
qu'ils ne désignent un être essentiellement femelle.
Il suit de là que l'addition du s à un adjectif masculin
ou au nom d'un mâle, lui donne le genre féminin. Ceci
est une règle générale. En voici des exemples :
< grand, [nui ni h ïj-t-*^ grande.
j_jt endormi, >-->; endormie.
_^;_0 écrit, i->ySs écrite.
_,_• ^ proche, '^->.j- 3 proche,
jjf c hien L-JlS' chienne.
^ 4 chat LJa-i chatte.
|.,.. adjectifs indiquant les couleurs principales ou
1rs particularités extérieures du corps (V. p. 569),
forment leur féminin en reportant a la lin l'I par lequel
ils commencent. Exemples :
I voyez sur le ï page 21, 1. 19 el suivantes.
' c \
et ->■
DE LANGUE ARABE .'i~3
►—■ c~
rouge, féminin
_:,,' bleu, Là] :
J^-^ lo Lie lie. "ï -_^.
ç_*_^i aveugle, L ~-*-e
Les adjectifs de même forme ayant une signification
comparative ou superlative, comme y^S\ akbar, plus ou
très grand. »x.o' as'r'ar, plus ou très petit, restent inva-
riables tant pour le féminin que pour le pluriel dans
l'usage oral.
Les noms de villes et de pays sont du genre féminin,
ainsi que ceux de quelques membres douilles, comme :
JL-^biLoI ou J J ._..-.--.L-J Constantinople.
>_\_~-*...-- Mascara.
r-^oJ! l'œil.
-— — ' la main, etc.
Observations. — Quelques noms de mâles ont pour
féminin d'autres noms d'une origine différente de la
leur, par exemple :
féminin ~ >j- a ! femme.
LlJ lionne.
L^L=v poule.
On peut voir par ces exemples, que celte particularité
se trouve aussi en français.
J_=v ,
homine,
a.
lion,
•55^-
COq,
(1) Lorsque le mot ï\j.* (ou plutôt »\ r ^\ ) est suivi des pronoms
affixes, on ne prononce pas l'\ qui précède le "s. On dit : marti ma
femme, martek, ta femme, etc.
Parmi les noms d'êtres inanimés, il est des mots à
terminaison masculine donl le genre varie suivant les
lieux, el quelquefois suivani les personnes. Ainsi: ,'- s
maison; — - .--• chambre; ~J>-?.j-b chemin; oo; huile,
etc., sont féminins à Alger el masculins ailleurs. Les
mots _•'- porte; >ï sang, ordinairement masculins,
son! employés arbitrairement comme féminins par
diverses personnes.
DU NOMBRE [V. p. 3Ô0
Il y a trois nombres en arabe: le singulier, le duel
et le pluriel.
SINGULIER
Le singulier est de deux espèces: I" Il désigne un
individu ou un objel isolé, comme s X^S unlivre, ojlj
une fille; c'esl le nom singulier propremenl dit.
2 II désigne aussi une espèce tout entière, ou une
collection, comme: j»U=. pigeons; ~V poules; ^j- roses;
J-^~ coings; c'est le nom COLLECTIF. Par rapport à sa
syntaxe il esl masculin singulier ; quant à l'idée qu'il
exprime, il est pluriel. - - On dira donc par exemple :
__-^-~* •' __-- __-''- s |j z-' 1 les poules, sont chères au mar-
ché; ^fF I l» les sauterelles son! rennes, etc. Presque
tous b's noms de fruits, <\r fleurs, de légumes, et ceux
de quelques animaux <pii sont peu en rapport avec
l'homme, ou même d'insectes, comme : — >— scorpions ;
, _ : mouches ; ^ ----'■-• moustiques, sont de cette nature.
Il en esl de même de quelques noms d'action ou de
substance, comme — •--- mensonge; v^~^ action de
frapper : ^.- -■ de la paille ; j-*-± du puni, etc.
DE LANGUE ARABE
Tous ces noms expriment, sous forme de singuliers
en arabe, une quantité, une masse indéterminée, ou la
collection entière des objets. Exemples :
— -^ — fj' J? ■ — -~,-x--' Vous m'apporterez des pommes
douces .
jr ÏL ?^jj3'«^y II m'a envoyé des roses épa-
non îes.
J._CJ ( C-— a.U! ^S s]jsJ\ Les sauterelles ont dévoré tous
les navets.
r-jLj si. ,. r _._:_M L a paille est sèche.
v >wid! - *_ajl*_,*s Uî Je les ai trouvés se battant.
— =x .>._,._.L_*_3' Vous lui donne
rez du pain.
Lorsque l'on veut indiquer un objet, un individu de
l'espèce, une parcelle, une portion déterminée ou un
seul fait, on ajoute au collectif le s , comme pour for-
mer le féminin ; c'est ce qu'on appelle le NOM d'unité.
11 est féminin pour la syntaxe. Ainsi l'on dira :
ïjAss. L^ULï jS'b Je mangerai une pomme douce.
Ls^'U io.j J, v^i^jol Envoie-moi une rose épanouie.
A_*jLL -^_jlj&J Â-=l Prends un mire! cuit.
--_^_ ; ''.j AjLaJ' Une paille sèche.
ïy-~-J> z. -j y* -./ 11 a mangé (reçu) un grand coup.
c 9
Lij^s^ gj-^-à> >_£,] Achète itn fui m tendre.
Il en est ainsi des autres collectifs, qui peuvent
devenir noms d'unités de cette manière.
576 i ours
On voit, d'après ce qui précède, qu'il Tant distinguer
le nom d'unité du nom singulier ne désignant qu'uni
objet, comme :~- '/// cheval, ou indiquant la collection
comme *_;_— =>■ poissons, etc.
in El (A p 301]
Le duel s'indique par la terminaison .,.-;- êïn (pronon-
>- / '
cée ,.-'- //> et même <•-- aiène par corruption dans
certains moisi ajoutée au substantif singulier masculin
ou féminin. Par exemple :
INGUl il i;
DUEL
y ■•
un jour,
-::---
deux
jours.
i
un an.
!
—
ans.
■J-.J
une nuit,
—
nuits.
une fois,
cr^ïr'
—
fois.
i.
c
^---
un d'il,
—
yeux.
-
yU
J_:
une main,
^^
—
mains.
L'usage oral de certaines localités n'admet ce nom-
lin' que dans une série de mois assez restreinte. On ne
l'emploie pas dans les adjectifs. Lorsqu'on ne peut
appliquer la forme du duel, on la remplace par le mol
~ -j ilcux, suivi du nom ou de l'adjectif au pluriel,
comme cela a lieu en français. On dit : J'--^. ~- y \ deux
hommes; — oUl~» ~ ; , deux (femmes) musulmanes.
CL
• ;;
Lorsqu'un nom au duel est suivi d'un pronom affîxe,
on retranche !<• ., qui le termine. Ainsi l'on dit:
s 'aïnïh, sesdeux yeux; — -->--;> ieddîh, ses deux
mains, au lieu de 'aïnîn-ho, ieddln-ho.
DE LANGUE ARABE
PLURIEL (V. p. 303).
Le pluriel peut se diviser en pluriel régulier et pluriel
irrégulier. Le pluriel régulier a deux formes : l'une
pour le masculin, l'autre pour le féminin ; celle du
masculin consiste à ajouter au singulier la terminaison
^jri-tn (qu'il ne faut pas confondre avec .*>.- é'in du
duel). Exemples :
JL~j> musulman, pluriel >~_JLws
\ l c
xJ). endormi, couché, v-'-J',
,L.»_i endormi, somnolent, ,jLju
\- *— "
sy>y élevé, soulevé, ., .0. .,%.--
Ij— voleur,
^-:.- r
Le pluriel régulier masculin s'applique presque exclu-
sivement : 1° aux adjectifs verbaux ou participes ; 2°
aux adjectifs qualificatifs terminés par ,' (comme .,L«*3
ci-dessus) ; 3" aux noms de métiers ou d'habitude for-
més comme ^j-K- voleur; 4° à quelques adjectifs ethni-
ques, c'est-à-dire relatifs à un pays comme ^aAj de
Hlida, pluriel ..,. :: .jj...-L .
Le pluriel régulier féminin se forme des singuliers
en s par le changement de cette lettre en *S>\, ce qui nVsi
autre chose que la transformation de la désinence brève
at du singulier, en la longue ât au pluriel. Exemples :
LjLw» musulmane, pluriel oLL~»
178 c° l RS
a-U. chose, pluriel o^-»-
i.J..r chienne, > _-...J.->
Il s'applique: là ions les noms de femelles termi-
nés par s ; 1° à un très grand nombre de mots dési-
gnant des objets inanimés, également terminés par if ,
comme ici courge, bouteille, pluriel otcji, etc.; 3° aux
noms d'unité, lorsqu'il s'agit d'exprimer une quantité
limitée.
On «lit :
c r
>-, ; une seule rose, O --- o-— 3 trois roses,
i un pain, ^'—..-^ ~ . \ deux pains,
et : ,- ouerd, des roses, .--^ khoubz, du pain (powr
une collection ou une quantité illimitée).
Les autres noms et adjectifs prennent le pluriel dit
irrégulier.
Pluriel irrégulier. — Outre le pluriel parles terminai-
sons ,>i et o! il y a encore d'autres formes pour expri-
mer ce nombre. Si l'on s'arrêtait aux particularités
minutieuses de l'orthographe, il faudrait beaucoup de
temps et d'étude pour les apprécier toutes; mais dans
l'usage oral, qui n'admet comme je l'ai dit, que les
principales règles, on doit surtout se baser sur la pro-
nonciation. D'après cela, on peut réduire à deux gran-
des séries principales l'ensemble de tous les pluriels
irréguliers ; savoir :
1 Le pluriel par l'intercalai ion de 1' ' après la
deuxième lettre du singulier.
DE LANGUE ARABE
2° Le pluriel par l'intercalation du . après la
deuxième lettre du singulier.
Règle générale. — Presque tous 1rs pluriels irré-
guliers se forment en plaçant un ' ou un - après la
deuxième lettre du singulier.
PLURIEL PAR 5
Cette forme appartient presque exclusivement à des
noms singuliers composés de trois lettres.
Exemples :
v^JLi cœur, intérieur, pluriel . ^JLi
O-j c h ambre, _ >J. i
i — io vieillard, docteur.
L.
c "
mois.
PLURIEL PAR \ (V. p. 305
Cette forme est sans contredit la plus générale de
toutes ; elle appartient à un très grand nombre de mots
de trois lettres, et à presque tous les noms substantifs
ou adjectifs pris substantivement, composés de quatre
ou cinq lettres non compris le s . Exemples :
usS mouton, vluriel
I
^..._._ lllwl . lwll , r»™ ^- ■■-
^—O chacal, _-'-
PH treille, ijl,
^— : ~ P J 'P e . jr L
J._^--' audience, séance — J —
COURS
„..c_i_.- clé, pluriel _-L.i_,- (i)
<- C
p - g j cabinet, réduit étroit, v ^'._i_.^
Observations
L'usage indique ceux dos noms de trois lettres qui
tonnent leur pluriel par ' ; quant aux autres mots,
pour prendre cette forme, ils ne doivent pas renfermer
plus de quatre lettres essentiellement consonnes (c'est-
à-dire autres que I' ! le : ou le _-), non compris le » .
Ainsi le mot , _C~._x. -- . par exemple (qui signifie lieu où
campe une armée, et désigne la ville que nous nom-
mons Mascara i, ne peut prendre cette forme, parce
qu'il renferme cinq lettres solides.
Quand le nom singulier est terminé par le s du fémi-
nin, on retranche cette lettre en formant le pluriel.
Exemples :
l j cou, pluriel wXi.
>V._^-:' jardin potager, — v--.'-^.
LiUlaw cimetière,
Quelques singuliers de quatre lettres terminés par le
ï , changent cette lettre en Jï au pluriel :
?_£» caf( ^' pluriel ^.L^-J
1 - ; bouton de vêtemV
J La-s
I i in dei rail dire ^Jiisua et r1ï woLLo (V. p. 309, 1. 4 et suiv.),
dit ainsi dans l'usage de beaucoup do localités, .l'ai constaté
seulement ici la coût urne d'Alger.
DE LANGUE ARABE 581
Les singuliers terminés par j: i, prononcent quel-
quefois celte lettre a ou i indistinctement au pluriel :
~* ,£ korsî, siège, chaise, plur. --.'/ krâcî OU krâcâ.
*j' tebsi, assiette, plat, — ~~,Lï tbâcî ou tbâcâ.
Ceux où le _^ se prononce a au singulier, lui don-
nent le son d'î au pluriel : comme ^J»-i-- tnttk ht . poêle à
frire, pluriel -JLL-- mk'âlî.
Les singuliers de cinq lettres non compris le », dont
lavant-dernière lettre est un I, un 3 ou un ^, retran-
chent quelquefois ce caractère dans la prononciation
vulgaire en prenant la forme du pluriel. Exemples :
_L-~^ lampe, pluriel
L
L
J*X — . coq,
J_. ,_- j_j baril, J._- ' ,._>
Dans la formation du pluriel par \ si la lettre qui
précède \'\ du pluriel est elle-même un \ elle se
change en j . Exemples :
s_jLL cachet, pluriel «.-jL-L
^ • L • ^
<^^La. sinçe, ç^!^
Si elle est un _. ou un jz elle se conserve.
2° Si la lettre qui suit \'\ du pluriel est un ! ou un ^ ,
elle se change en i _c. Exemples :
s.tëLi, sac, pluriel r -?&-i
iSA-ï barque, — ^ v --
La cause de ces changements est basée sur les conve-
382 i "i rs
nances de l'euphonie ou de l'orthographe. Je l'ai expli-
quée .ivre détails page 2HI et suivantes, aux mots (fils
irréguliers.
Outre les deux grandes séries de pluriels par le . el
T' qui embrassent plus de la moitié des substantifs
arabes, il y a beaucoup d'autres formes appartenant à
des substantifs de différentes natures. Voici les plus
usitées :
1° Les noms terminés par un ' et les noms étrangers
qui n'offrent aucune analogie de l'orme avec les noms
arabes, font leur pluriel en prenant la terminaison cA
pomme les noms féminins V. p. 307). Dans les noms
termines par', on intercale un - par euphonie avant
la désinence du pluriel, pour séparer les deux .
Exemples
\ s
ciel.
1 . !
pacha,
-~~^-ï
consul,
c' ^
capitaine,
„l
bey,
pluriel oU
_ ,< I
1 Les noms singuliers de trois lettres, dont la
seconde est un ', comme . >L> . .La. . Ls etc., forment
Nuis pluriels en changeant F' en _-",et en prenant
pour désinence la terminaison ,*\ . Exemples :
, •'._' porte, pluriel ,'__._>
.La. voisin, ..L- x
.La souri-, .!■ — 3
DE LANGUE ARABE
FORMES DE PLURIELS PARTICULIÈRES AUX ADJECTIFS
Outre la forme de pluriel régulier applicable aux
adjectifs indiqués ci-dessus, p. 577, il existe quelques
pluriels irréguliers appartenant spécialement à cette
espèce de mots.
1° Les adjectifs formés par Finlercalation du _f avant
la troisième radicale, comme »__ +£, J^jJ?, etc., chan-
gent au pluriel ce ^ en I. Exemples :
y-z-^-S grand, âgé, pluriel ,'_.._<'
y-~â-«e petit, jeune, ,Li — -
JjjJt long-, JLJ,
2° Les adjectifs indiquant les couleurs ou les diffor-
mités comme >•-*-»> I , etc. (V. p. 569) forment leur
pluriel en retranchant l'I par lequel ils commencent.
Exemples :
y-*-=sS rouge, plu ri ri y-6-=±
£>,_]»] sourd, Ïf-Je
S 9
c_*^! aveugle, ._,.._-
3° Les adjectifs relatifs et les noms de métiers termi-
nés en j; ou --^, forment presque tous leur pluriel
par l'addition du », à la manière des noms singuliers
féminins. Exemples :
JJoJLj citadin, pluriel -—--•--
_._'...-- yS Cretois, A-jJuj jS
ç ^s"f_Js canonnier, -...-x-'^-l-
c^lx«, m 1 de sucre, épicier, '<^-iSv.~.
I 01 RS
5 Quelques adjectifs de diverses formes prennent
arbitrairement le pluriel régulier. On dit, par exemple :
difficile, dur: -__■' <iim<ihlr. sage; >jl-—-> mort, et
au pluriel ^r 5 '; — >r ~~~Iiel .,..-:-...--.
Remarque. -- Lorsque les adjectifs qualificatifs et les
participes présents et passés du verbe primitif sont
employés comme noms substantifs, ils prennent souvent
une forme de pluriel différente de celle qu'ils auraient
eue s'ils eussent marqué seulement une qualité ou un
état. Voici le tableau de ces formes :
SIN ,i i 1 1 RS PLURIELS
Même \ *J -- un savant. Lfr_Le
forme i
*i -^ un gouverneur, un uge,
Même \
forme I
i
.„;.x_-- un écrit, une poche, . -_jdL»
__i_? un pauvre, un dévot, !»_&-?
>— — /» un mort, c--;-
<.__...-.!= un médecin, L-J?!
,\_.\ — un (homme) ivre,
Y
Il faut observer que dans l'usage oral, presque tous
les adjectifs pluriels sont des deux genres. On dit :
JLa.. des hommes ,
~ J^a bons et bonnes.
L-J des femmes
Enfin, plusieurs noms ou adjectifs ont des pluriels
particuliers, autres que ceux indiqués plus haut. On ne
peut donner aucune règle sensible dans la langue par-
DE LANGUE ARABE . pVi
lée, pour leur formation. Voici la liste de toutes i es
formes, représentées pardesexemples; elle complète l'ex-
posé de tous les pluriels usités dans la langue parlée.
NOMS FORMANT LEURS PLURIELS 1)' UNE MANIÈRE ARBITRAIRE
SINGULIERS PLURIELS.
, ui maison, ,L_jO
J-^-a- charge, fardeau, J'_^_>J
A_JU cruche, mesure de liquides, J-LJ
*JLi roseau à écrire (calamus), £_*,JU
., * — i jour, J—V
.L*_a> à ne, r-s-*- 0-
?,_*_-- chèvre, V— *-- J
-r,' terre, terrain, ..--' ,!
^jLjJs chemin, voie, ., — <— ^
'_^_^ bâton, c--^--
js_ ;_= esclave (au propre), •'-r-^
j_»_c serviteur, adorateur, iL^-s
— ~r-r.-^3 nègre, c »'-*-^
. «Lj-i, beau garçon, jeune homme, ., ~^-t*
^.Ls cavalier, homme brave, ,^ — .-^
,iLâ. négresse, ^J-à.
*_o_i ancien, vieux, ^ J - 3
38
.'iM'. COUBS
11 y a des singuliers qui prennent pour pluriels d'au-
tres noms exprimant une collection, comme :
i^_s cheval. pluriel J-^-à [et :LsM
>'— •■> femme, .,'— - et Lj
Un même mot peut avoir différents pluriels. Le
pluriel d'un mot varie souvent suivant les localités.
On ajoute quelquefois la terminaison o' dt à desmots
ayant déjà une forme plurielle; c'est ce que les Arabes
appellent pluriel de pluriel. On restreint ainsi dans
l'usage oral l'idée plurielle à un petit nombre indéter-
miné, à quelques objets.
exemples :
,'__n~ m c s o^Lj! l_jj,_*_i Nous sommes restés quel-
ques jours à la campagne.
oK^I Ç ^.ÀJ j:-..LJ^ ^v. :: ^ Lj' Je suis allé à Blida
accomplir quelques affaires.
, »;! jobLJ ►s'— -I., * 'If r.^ ^ Il a rassemblé ses
quelques deniers, et est parti pour Zmyrne, son pays.
Le nombre des mots de cette nature est très limité ;
l'usage les apprendra bientôt.
DIMINUTIF (V. p. 29 i)
Le diminutif des noms et des adjectifs, usité princi-
palement dans le langage familier, indique la petitesse
ou la grâce des objets, et donne en certains cas une
tournure plus modeste à l'expression.
DE LANGUE ARABE 587
Règle générale. — Le diminutif se forme toujours par
Tintercalation d'un ^j (?) après la seconde lettre du mot.
Exemples :
NOMS SUBSTANTIFS DIMINUTIFS
5 — jS chaise, c~°. t^ petite chaise.
*j-$-ï café, ^_w^_3 un peu de café.
s >*—&-* place, lieu, ^_>_,_^->» petite place.
JL_*iJ trou, .^—^.^-Lj' petit trou.
On dirait familièrement par exemple :
Lxj<-p 2^-^-3 v ,y-J~J ~i> *—-—?— =^ Voulez-vous prendre
un peu de café avec nous ?
v «j^iajnjjB o .ujI Asseyez-vous à cette petite place.
Le diminutif arabe (au singulier masculin) doit tou-
jours être de cinq lettres ; c'est pourquoi les mots de
trois lettres seulement redoublent le jî du diminutif,
comme :
±-*J$ mouton, diminutif £ — -ï
^^wl_? cœur, ,^-JU
u , ; haie, v-^j j
ou ajoutent à la fin du mot le s dans les substantifs
féminins à forme masculine comme ;
n _*wi, soleil, * «-^
,ju— ^ fil le . Ajw.-x_>
j,_Lj ville, » A-^-i-j
On peut encore augmenter l'idée diminulivc des mots
588 cours
formes comme >'--• ,î de io.« une rose en en redoublant
le _- : si donc on prononce »-X_ j.^ on exprime une très
petite rose, et ainsi du reste.
Lorsque le nom est de cinq lettres, on évite la forme
diminutive, à moins que l'avant-dernière lettre ne soit
un ', un » ou un __, auquel cas on la retranche,
comme cela a lieu pour certains pluriels (V. p. 580).
Exemples :
_L._i-.-" clé, diminutif ( [ ) _::_,.£_*
<~ J C
s :jjj-~£ cotïre, v jj^jl^o
J -• ^_j baril, S—*—- H
Par des motifs analogues à ceux qui ont été exposés
à l'égard des pluriels par î (V. p. 579), lorsque la
seconde lettre du mot dont on forme le diminutif est
un ' ou un j, on la change en -. Par exemple :
,b maison, diminutif iy->.^
x •'— j porte, , *-» _»j
v _-._.< puits, H^-f
«O-^-J chambre, ^_ ^j
Lorsque la troisième lettre est un I, et quelquefois
lorsqu'elle est un -, elle se transforme en un j; qui
s'insère dans celui du diminutif, comme ^sS } livre,
diminutif ._, -——, petit livre, etc.
1 On devrait plus régulièrement prononcer ^_^_X_^_jL*a . C'est
un cas analogue a celui qui est mentionné dans la note de la p. 580.
DE LANGUE ARABE 58 ( .t
Ceux des diminutifs dont il vient d'être question, qui
ne sont pas terminés par le >', prennent quelquefois
arbitrairement cette lettre. Ils forment tous leur pluriel
par l'addition de la terminaison o' .
L'usage algérien donne à quelques adjectifs une
forme insolite de diminutif. En voici des exemples :
\-*-*-£ grand, diminutif ,_._ T
/
y-~-*-»e petit, , . — *_.<r
l_> *_L long, J^j ,--
y s
y c /
. <p--~y blanc, -a — > *_j
Ces diminutifs forment leur féminin par le ï et leur
pluriel par la terminaison »_> (V. p. 577).
CHAPITRE IV
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE PRONOMS
DU PRONOM PERSONNEL
Cette question a été traitée au point de vue du lan-
gage oral, p. 26 et suiv., et sous sa forme régulière,
p. 345 et suiv. Je ne puis que renvoyer à ces articles.
J'y ajouterai seulement les particularités ci-après :
Si le mot auquel on joint un pronom alïîxe quelcon-
que est terminé par le », cette lettre devient alors,
comme dans tous les autres cas où elle cesse d'être la
dernière du mot, un véritable .o, aussi bien pour la
590 COUR8
fornic que pour le son. On dira donc : A-*i Jl le cou, et
s^Xj^J. ton cou, etc.
Quand le j? afiSxe de la l"' personne doit être ajoute
à un mot terminé par un \ un - ou un ^c, c'est-à-dire
par l'un «1rs sons voyelles â, où. i, il se prononce ordi-
nairement j: ya par euphonie. Ainsi, par exemple :
^j , mon père ; 1—-— (pour .. r ^..^), ///a /n/>r ; ILc
sur moi, etc.
Le pronom afïîxe ne doit pas se rencontrer dans un
même mot avec l'article déterminatif J! le, la, etc.
Il v a deux mots dont on fait un fréquent usage en
Algérie, et qui s'emploient toujours devant un nom ou
un affîxe, pour indiquer la possession, ou le rapport
d'annexion, comme notre préposition de. Ce sont f\-u>
propriété, jouissance, usufruit, et JLo qui a à peu près
la môme signification. Exemples :
_;'._.<;_.•> ,h}\ 5Âs Cette maison est à moi.
s *£JLo iojj) Le cheval de vous (votre cheval).
, Jl_CJI ,k pLx_v» De qui (à qui) le chien ?
^jXJUo j.-* '--j Voici le vôtre.
» ft.sL^» ' j.» C'est là le leur ?
PRONOM m ARTICLE DÉMONSTRATIF, CE, CET, ETC. (V. p. 356)
Le démonstratif peut être considéré comme article et
comme pronom : comme article, quand il est l'expo-
sant nécessaire du nom, par exemple cet homme, cette
i ille : comme pronom, quand il tient lui-même la
place d'un nom, et qu'il est le sujet d'un verbe ou
de la:>jgue arabe 591
d'une proposition, comme : cela est bon, celui-ci con-
vient. En arabe, dans l'un et l'autre cas, il s'exprime
par les mots suivants :
POUR LES OBJETS PROCHES :
lô et taLa ou ÎJ-a ce, ceci, celui-ci.
»jus ^3 La — ^i-a cette, celle-ci.
Ujj-» — îjô.a ces, ceux-ci, celles-ci.
POUR LES OBJETS ÉLOIGNÉS :
(en ajoutant le ^f)
O.r'5 et viT'lJ» cela, celui-là, etc.
sj^Co e/ ^jXô.a féminin.
v^Tji el c^3-> pluriel des deux genres.
Lorsqu'on l'emploie comme article démonstratif, le
mot qui le suit doit commencer par l'article J'; il se
prononce constamment x~a>, et il n'y a pas lieu alors
de se préoccuper de sa voyelle finale. Exemples :
JJLc J^J! lÂ-a cet homme (est) intelligent.
ïj-.-J' ï)ï^\ j;i-a cette ville (est) grande.
^__J r Ji ULaJI Lj_a ces femmes (sont) gracieuses.
Quand il est employé comme p/'O/iom démonstratif, le
mot qui le suit ne prend pas l'article Jl ; ainsi l'on dira :
JiLc J^, Î3„a celui-ci (est) un homme intelligent.
i>-^-4 -^-j »«i_» celle-ci (est) une ville grande.
^_£y> L-J IjÀ.» celles-ci (sont) des femmes gracieuses.
COURS
La ('anse logique de ce fait a été développée ci-dessus,
page 358.
On voil que le démonstratif s'accorde en arabe avec
le mol qui suit, parce qu'il est toujours censé s'y rap-
porter.
Il faul ajouter au démonstratif '.xa> le mot_}»U voici,
qui est formé de l'expression démonstrative U suivie du
pronom personnel de la troisième personne, de cette
manière :
m. si nu. jj*La voici, fém. ^L&
" [pi. 2 g. lili
^jS"jjtLs> voilà, ^tS^aXi
Le mot -ï^ répété est, comme on sait, l'expression
des huées de la populace en Algérie.
PRONOM 01" ADJECTIF RELATIF OU C0NJ0NCT1F
(Voir page 49, 1. 15 et suivantes, et page 360 et suivantes)
DE QUELQUES AUTRES ESPÈCES D' ADJECTIFS
OU PRONOMS CONJONCTIFS
V. p. 366 et 369)
1° Pronoms interrogatifs.
2° Pronoms indéfinis :
Quoi, î*\, _j_i-i.i.
_jjL_i,l «jJt-> '--* s_^Cx_^ *)LS ïJ-JLs 11 a quelque chose
à vous dire, je ne sais quoi.
Quoi que, quelque chose <\w>..., U ^jJs.
_~ ,jX.L.--'_; L= J J^-ft-î '-- i/l Quoi que vous lui disiez,
il ne vous croira pas.
DE LANGUE ARABE
593
^ Jï-
Ce qui, ce que, '—-, jJ! , ,p.
Jj-à-j U ^_* j-so II sait ce qu'il a à dire.
Oui (en parlant des personnes) . r ^, j
U. a» . K - ou Us. —Ci;.' J J— â-ï c-- *-sr- ; — ' Pouvez-
vous me dire qui est venu ?
Quelconque, & J\ (quel qu'il soit) ^_^^> ^ j^L.
Qui nue ce soit, .& J!.
Chacun, J-^L Jf.
Chaque, chacun, l'un, j^U' (l'un) ; j^J^Jt, (la tête),
en parlant des animaux ; L-^-s^! la graine (la pièce)
pour les fruits, les œufs, etc. — Quand il s'agit d'un
même prix attribué à chacun des objets de même
nature, on répète simplement la quotité du prix.
Exemples :
jjJù.o L... » c\ à «s-dv *_i_xj j^ \j\ Je les ai achetés cinq
soms chacun.
s-tCiJ iLix iLâ^ Dix francs chacun.
Quelque, un certain, etc. ja_*_> quelque chose ja-*->
L&.L». ; quelquefois oU-* (*=-*-? .
Quelqu'un, a=Jj (un...). Quelqu'un est venu La. j-^'. ;
(s'il s'agissait d'une femme, on dirait s'-Xa^), etc.
Quelques-uns, aucuns, certains ^a-x-J'.
Les uns, les autres, s'exprime" par le mot ^.*_> suivi
des pronoms afïîxes ; il est quelquefois répété. En voici
des exemples :
594 cours
^.x-j L-^aju-i *> L ,u UUc Nous avons pris un arran-
gement les uns avec les autres (entre nous).
as-su ^-^-^-x_' a/ '^JjC_- '^j 1 ^ Ils causaient entre eux
i les uns avec les autres)
Personne, aucun, nul, :..\ , ; - -^, iJ-a. ou j_^ (avec
un verbe négatif). En parlant d'un être femelle, on
dirait ifj-aJ. c _<_=>..
. : à. \ f l» j.^'a ..-^ Personne ne m'a parlé.
j~x c^-^ 9 '--- Je n'ai trouvé personne.
/ ne personne, se rend par J-^Ji J-=Jj un homme ;
is\j~J\ --^' ; une femme, etc.
L'un cl l'autre, -.jJJl; w^jlJ'Y! (les deux); _.,j *,
T ., ,. r __> (à deux, tous deux) entre deux.
M l'un ni l'autre, kJS"\^j> n — !jj> Y (ni celui-ci, ni celui-
là). On se sert plus ordinairement de AaJj -~-^ aucun.
Exemples :
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre : ^tf lij> Y_j 13^^ o^ U
l°(je n'ai vu ni celui-ci, ni celui-là); — 2° ^ oa^ t»
*-^jl^» j-.^L (je n'ai vu personne d'eux) ; — 3° par néga-
tion absolue : J-£JIj ^-^.^.^ '..-- (je ne les ai pas vus
du tout).
/ n nuire, pJ _\^' ; ; d'autres, .*-> fà.1 J^lj ; ou simple-
ment j-=*\ et au pluriel *_j*-àJ ; féminin singulier
DE LANGUE ARABE 595
Rien, A-aLa. ^—^ (accompagné d'une négation). Le
mot <--^-=» n'est pas négatif, il signifie jusqu'à, même;
avec une négation exprimée ou sous-entendue, il veut
•dire : pas même....
On, se rend par le pluriel du verbe ; on me l'a. dit :
J LJli (on m'a dit). Le pronom /' ne s'exprime pas.
On sous-entend ^-LJ! les gens, que l'on peut exprimer
dans tous les cas.
La plupart, iL_£_\Jt.
Moi-même, toi-même, etc., se rend par les pronoms
isolés, suivis du mot ^j}'-! (en personne . il est venu
lui-même, ^' JJ'o y& U..
De moi-même, par moi-même, etc., s'exprime par le
mot ~ 3 , suivi des atïîxes. J'ai fait cela moi-même :
C J
IJ-a O-La-s _^. , ; pour moi-même _^ ,_. .
Moi seul, toi seul, etc., s=J* (ou mieux j^i avec les
pronoms affixes : moi seul, ^50*-=^ ; nous seuls, U.xaJj.
DE L'ARTICLE DÉTERMINATIF ET DE SON EMPLOI (syntaxe des noms)
(V. p. ls. 1. 6 et suiv., et p. 355)
Il consiste dans les deux lettres J' el, qui équivalent
à tous nos articles le, la, les; cet article arabe est
entièrement invariable. Il sert :
1° A distinguer un nom déterminé d'un nom indéter-
miné : JaJ! l'homme (dont on parle) ; W U, un homme
•(quelconque), etc.
596 cours
J \ indiquer le rapport d'annexion entre deux noms
déterminés, d'après cette règle fondamentale :
Lorsqu'un nom gouverne un nom déterminé, ou que
plusieurs noms se gouvernent successivement, on ne met
jamais V article qu'au dernier, à moins que celui-ci ne
soi! un nom propre, naturellement déterminé, OU un
mot suivi d'un pronom ujji.ee. Exemples :
— ._^ ' ■ _.. La porte de la prison.
,_^ ta ^-JUs La leur Ire de la maison d'Omar.
«toliJI --_,,_C_^ w .'..« J_aJ _'..:_i.- La clef de la serrure
de la porte du tribunal du cadi.
çù^s, ^Ls^ La bride de mon cheval.
Si le dernier des noms en annexion est indéterminé,
on n'emploie pas l'article :
— _:x > .'_.' La porte d'une prison.
On se sert aussi du mot o 1 -.- | V. p. 590) pris comme
de, et alors la construction est la même qu'en français,
quant à l'emploi ou à la suppression de l'article déter-
minatif. exemples :
Le livre du caïd JoliJI ^J.„;<, ou Joli)! ^ ^UJÎ!
la roule d'un jardin .,'_. - ._^ r,U._- wiotJaJl.
On se sert aussi de J'_o au lieu de c-l^ 8 , mais plus
rarement.
DE LANGUE ARABE
597
CHAPITRE V
ADVERBES, PRÉPOSITIONS, CONJONCTIONS, INTERJECTIONS
LOCUTIONS ADVERBIALES OU PRÉPOSITIVES
(Voyez p. :'.72, 428 et suiv.]
ADVERSES
.'_J
\ oui.
L
ICI
.e—a-j oui (plus poli que le ^f ^ ■*—& là, là-bas
précédent) . Interr .
Plaît-il ?
W, Y non mégation générale).
L^j ne....
VI seulement, sinon, excepté
(contraction générale
de o^ si. e t de V
non) .
3 là -bas. On dit aussi
&,_.> assez, seulement (On y
joint aussi les pron.
afflxes : ^^-^^ j'en
ai assez, ^1^_j tu
en as..., s£, > il en
a... . La£^._j elle en
a assez, etc.).
Les adverbes et les prépositions proprement dits sont
peu nombreux en arabe ; on y supplée d'une manière
en quelque sorte artificielle, dont i! a été question
p. 429 et suivantes, conformément à un usage à peu
près général dans toutes les langues, et que l'on acquiert
spécialement par la pratique.
598
PREPOSITIONS
PR] FIXES
par, au moyen de, sur, etc. i — ^
de (ex
^S connue.
^J a, pour, vers.
Ces prépositions se joignent
aux noms qu'elles gouvernent:
LojtlLî iAJ ^=> il l'a frappé avec
le bâton, jXJ C^_i_s L*i" comme
je t ai dit. Elles ne sont jamais
liées au mut qui les précède.
jj.\ (ordinairement contracté-
en J ), vers, a (indique
le mouvement).
^wt sur, contre, dessus, de-
(remplace ^).
• y_* de (ab*) (très peu usité,,
remplacé ordinairement-
par J-*).
2_ dans, pour, sur.
(V. p. 52).
PRINCIPALES PREPOSITIONS
ET LOCUTIONS ADVERBIALES FRANÇAISES RENDUES
EN ARABE
.4 i-ause, _l>LrL 1—s.
ailleurs, ,_^L\ j>.-^*,-*> 1— .
A insi, \J-jL.sb .
Mors, «JU-à^JI &X> 1_ .
Alternaticement, JiJ\JLlb ; ûu <^LlL>
*_J ; devant un verbe
Après,
Le
.^ — s , rarement).
Assurément, ^ <v_l_».-x> .
Aucunement, ^J_5LJL.> .
Aujourd'hui, ^^-^Jl .
Auparavant, Ls, et ,1^9 ,\y*-
AuprèS, f\wX-S ; „x ^_£ ; .clj^..
Aussi, ia-SLS; 15-ib '; >a_*\>, —
autant que... ^_jl~*£ ; Jls.'vi' .
\nnit, Jy_. — s (suivi d'un verbe,
Le l_^_à ) ; avant qu'il /tarte
DE LANGUE ARABE
ZP-
: avec les
affixes, on emploie
acant moi , «_J— c
Acec (ensemble) ç_^c .
Bas (em ,J-ft-*«;\ .
Beaucoup, ^_s\ ;Jb ; ,-J^; ^«jb
Bien, f _;jL<; l_ — 3»; ç_^Db .
Bientôt, t-«.-s _à .
Cependant, •+-£ s ù ; _-oJb .
C'est-à-dire, ^^^i^st-i .
Combien,
'l*. Jàb
Comme, k _jB_^_S' (V. j4mss/)
Dans, 1_ : ^sJLi 1_ .
Dedans, ^\.. **)>.
Dehors, .Là-;
Dé/à, \Joij : ^X J'\jo*_v
Demain, \j^_i : s^j^i .
Après-demain, s^^X-i _ ^_i .
Depuis que..., ^^» (^\ ^>o).
Derrière, L; ^_ji.A.^à. .
59»
Dès, ^_^ : JJ» civJj.
Dessous, sous, v^-s -5 .
Dessus, sur, v_2^_s, le.
Deoant (vis-à-vis) JULô, ? Lx.â.
Par devant, ? \>Â_s • »_>*.
Donc, ^b^\ .
Dorénavant, ■_? •> »^ bL* • »>$.
Doucement, \jk L.« \_x :L« ;
Encore (V. </e J'ttfee itératioe,
p. 555) ç»â.\ 8»Ia (une autre-
fois).
Encore iV. Jl: bc, p. 553).
Enfin, L^oLsM.
Ensemble, \y+*s L^ (en totalité)'
Jbl-^b .
Entièrement, Jy-^ (adjec).
Entre, ^ — ,v_> (suivi des pro-
noms affixes O^ X_-^_> .
b-^_Jb_-v_> entre nous, etc.;.
Enrers, ^c ; »— s.
A l'enrers, \ s^JJL^JLv.
600 co
■tentent, \v*o \+~c.
- !«iUib : *>Jo-jL5b .
nient, ^A-^-vwJb .
Franchement, '+■■ «_^LJb .
Gratuitement, V L>'> > .
Hâte à la... J\J a '_jLjb.
Heure (de bonne...) ^ ,X-> .
Heure (tout-à-1'i au passé : j\.b_*i ;
au futur iA_£a^à \j£jt .
Hier, .LJ) ; ^^t\ ; Arant-hier,
Improoiste ia 1' a_)i_a£ i^ .
Injustement, *_l_kJb .
Inutilement, ^l_l»bJ\ 1_ .
Jadis, qL- « ; .
Jamais, \*x >\ ; on dit aussi :
^iT-^-c : ^ ,-,,.£; '/<; ma oie, rfe
ia rie, etc., avec une e.xpres-
-i "il négative.
Jusqu à m me, ,-^-=*-
Xa-aj (éloigné); de loin
vX_ » — j . _.*j e t ^xxjij . v>o .
ne, ^.^S; ^\ CUà« .
Lendemain, \jLàJ\ , 3\J3\ ^<v-J\
Maintenant. C-^-à^Jl 13 .
Mieux, »_^.à- : ■ ...-^ \
^ .. ^
Moins, prép. _^.i : adv. ,J~J\.
0(/, ^y->U ; -.-As .
Parmi, ^r-~>; 2_ (V. Entre).
Partout, i j _,o_*a ,_)— ^ ^— :
/'".■>• du tout, J-5Jb .
Pendant, 1 ; pendant Que...
Peu, iA-jj ^o . /^m à peu (V.
Doucement).
\ peu /ires, j—sb"?..
Peut-être, ._£_<,_> .
Plus, davantage, „_x_£l .
Plutôt [V. Mieux-).
Près, ^_^_> ,i ; ->^£ ; ? \j>i .
DE LANGUE ARABE
601
Probablement, l_^_à a .
Rien, jv-wl-»,, _X_~w .
Sans doute, ^X_^o \L.> .
Secrètement, _**JL> , JuoLsà^ta.
Selon, d'après, .A-* .
Seulement, M\ ; £ „_> .
.So/ï .' 1/1 *_L-£ Lo .
Tantôt... (répété) sZ-o, iA_cl_-*o,
(répétés).
Tard, ~^Ly^a . (C'est un adjectif
qui peut prendre le féminin
et le pluriel, il signifie :
tardif.
Il est tard, Jlsrl ^-^.-o (le temps
s'en est allé).
Temps en temps (de) ^^s. iAeL«j
AfiUtO.
Toi, ^5 r JL t v .
Toujours, *->\>; L-^b et Up.).
7om£ (entier, adject.), ^J—ok .
(la totalité).
Tout d coup. -,_x_*.\ 1_ .
7owî d l'heure (au passé: i/vL^i
un peu avant) (au futur:
Tout de suite, C^s^Jl \3 ; pL«j ^
Très, c_s\lJb (V. Beaucoup) se
place toujours après l'adjectif.
7>o/>, ^jl^Jb (V. Beaucoup).
Trop de... job yJL> (avec excès)
se place après le nom.
Veille (la) - ,L^Jl .
Vigoureusement, s«
à H
Violemment, , « jJL> .
A ÏS - a ■ r />■ , aJ L^_s .
Vraiment. »_ji_-«._jL_sr{Jb
39
602
CONJONCTIONS
Soit (répété U>; (répété); Soit
cous, soit lui, v* Ls C-o\ L> .
/ '"infant,
Toutefois, I
l 'ependant, \
Mais, car,
^Y.
vérité
Parce que «Jal-â. ^_
Et, * .
Qu< . ^J\ .
de ., afin que, £>\-i •
Si, \>\: ^J .
o«, ou bien, *\ ; ^\ « .
Quand môme, a_-a .
M, "v : ~Va peut se répéter) .
Puisque (comme) v _a_^_S' : \>\ .
INTERJECTIONS
.\ll<m.< .' coyons! courage! cOo^. ; L^\ .
Oui-dà! oh! iétonnement). s' > .
/'/«>■ courent...: (doute), £_.> & ,. > .
Voyons (curiosité), \,\ ; ^j\ _> \ A ; ( ^\j.'S peut être employé avec
des verbes ).
Attention .' gare! prends garde! ^jX-Jb (a le féminin et le pluriel
comme un impératif ^-^Jb ; \_^-<Jl> ) ; quel(|ues-uns conju-
guent j£Jb comme un verbe a l'aoriste : ^«OIa-j il prend garde.
Vite! tôt! &L«j 3 ; imême observation que pour le précédent).
Halte! ^_j>-sa,\ : (impératif usuel d<- ^s^ | .
Hé! ohé! (pour appeler), L. v ; ç^.^o\.
Pardon .' I iôl_a. , s'emploie avec les pronoms aiïixes de la
deuxième personne : ^f\ *'*\ *-, etc.. pour demander excuse-
il un mot ou d'une idée impropre.
DE LANGUE ARABE 603
DE LA NUMERATION
Voir page 53 et suivantes, et 328 et suiv.
REMARQUES SUR LA SYNTAXE
(Voir Livre IV, page 412 .
Elle est très simple dans l'usage oral, et peut facile-
ment être exposée et comprise au moyen de peu
d'observations et de quelques exemples. Un point
essentiel à remarquer, c'est que le langage ordinaire
n'admet pas les expressions figurées de notre langue,
et qu'il faut presque toujours se borner à reproduire
l'idée de la manière la plus simple et la plus directe, en
n'employant que les mots indispensables.
Voici quelques faits saillants et choisis, qui pourront
faciliter la pratique.
Les articles indéterminés, un, du, de, etc., ne s'expri-
ment pas habituellement : J'ai reçu une lettre >\-; ^•'•- "•■=>■;
— Il a du pain, y_*-à. »a_lc. Un, une, peuvent se rendre
aussi par *x=Jj. — Un homme, W W-' ~-^-', — Une
femme, 2ÉL-4J! j_aJ..
Une même préposition française, comme tout autre
mot en général, se rend souvent en arabe par diffé-
rents mots, suivant ses diverses acceptions. Voici des
exemples :
jLac-U çZ-6J> g>\. Je vais à Alger.
JTLj si—Le! Il lui donna à manger.
604 cours
>.',-> — • (L'homme ■■'// bâton.
oLLc _ £[~, ._& tl demeure à Bône.
,L*Jti _\_\_- Je loue ii l'année.
Les degrés de comparaison s'expriment des manières
suivantes :
1° Les adjectifs formés comme ^--^et , r? *~=, peuvent
prendre la forme comparative et superlative : ^-J! plus
outrés grand; ^^x^ plus ou très difficile. Le que de
noire comparatif s'exprime par ,.y>. Exemple :
.x.».^ K - y ^S\ Plus grand nue Mohammed.
2° On peut employer l'adjectif simple, et le faire
suivre de la préposition ^U sur.
i_JU v--*-.^ J& 11 est plus petit (ou plus jeune) que lui.
3° On peut aussi exprimer l'idée comparative par
.^ yjJ'l , plus que...
_ .LJI y> ^JL^I ., — M .ys-»^ s 'i H est P' us malade
aujourd'hui qu'hier.
4° Mieux, meilleur que, y y.^ ; meilleur que toi
^S-;—* v — a ; on peut dire aussi : ^> t*— aJ.
• \Idiiis. J._?' (moindre) en parlant des qualités.
LJLà -' J-s! JU Sa fortune est moindre que l'on ne
disait.
DE LANGUE ARABE (Ï05
6° Moins, en parlant des qualités, comme moins bon,
moins grand, etc., ne peut s'exprimer directement en
arabe. On dit alors : pas bon comme, pas grand connue ;
ou bien l'on prend l'idée inverse avec le mot plus, plus
mauvais que... plus petit que... Il est moins grand que
lui :
^-sl- t S S->.j-^ <~ ■ j* '--S ou '■-'"-* *^=-^ (P as long- comme
lui, ou plus court que lui).
7° Pis n'a pas d'équivalent précis. Il faut le détermi-
ner par un adjectif, et dire : plus mauvais, plus méchant,
plus laid, etc., suivant l'idée qualificative. Exemple :
^_jlp _<Jl îijJj ^S^ ^.......i J^' !àj» Cet homme (est)
méchant, mais son fils est pis que lui (plus méchant).
Le superlatif absolu très fort, etc., se rend par les
mots w JjJ L , j—wi-S', V -.L.> placés après l'adjectif ; très
bon, , — ,L> ^A-?, etc.
Le superlatif relatif, le plus, etc., s'exprime tout sim-
plement par l'adjectif qualificatif précédé de l'article J!
Exemple :
^_uc J,! ^Jljî^js !j_a> C'est le plus beau que je possède.
606
(JIAPITHE VI
APPLICATION
Les notions précédentes du mécanisme plus ou moins
vicieux du langage usuel ou vulgaire, doivent être,
ainsi que je l'ai dit, développées surtout par une pra-
tique orale persévérante. L'étude par écrit n'est qu'un
faillie auxiliaire et un appui peu certain de ce travail
indispensable. Cet appui très secondaire, qui ne man-
que pas d'inconvénients et qui serait tout seul ineffi-
cace, peut cependant favoriser une pratique intelligente
s'il est saisi à propos. C'est pourquoi je donne ici des
faits d'un style qui a pour représentation directe les
sons uniques de la parole, mais non les signes de l'écri-
ture. On en trouverait difficilement des textes en dehors
des lettres d'affaires personnelles, et l'on ne le rencon-
tre qu'appliqué aux idées les plus ordinaires et le moins
élevées. Tout ce qui nécessite l'élude et le développe-
ment intellectuel par l'instruction et l'éducation tend à
en effacer les I races, et le ramène aux formes normales
que nous avons développées précédemment.
Les morceaux du slyle commun des gens illettrés,
publiés en divers ouvrages pratiques, ont été rédigés
pour l'usage exclusif des Français, auxquels on a dû
fournir les moyens de se mettre immédiatement en
rapport pour leurs besoins avec les Indigènes. C'est
ainsi que le premier, M. IL Delâporte, et plus tard
MM. Martin et Vignard, ont publié, pour l'usage pra-
tique des Français, des livres qui représentent avec
DE LANGUE ARABE 607
une frappante exactitude le langage des relations vul-
gaires I 1 ) ; c'est ainsi que l'Auteur de ce livre a écrit la
narration suivante. Mais cette reproduction naïve, qui
offre aux musulmans un peu scandalisas l'aspecl que
nous présenteraient les Contes de Perrault, par exem-
ple, rédigés et écrits par un artisan illettré, et qui n'est
en arabe vulgaire qu'à cette condition, n'a pour nous
qu'une portée relative et actuelle, et ne peut servir de
base a l'étude. Son utilité, indispensable pour nous
depuis la conquête, à cause des rapports immédiats et
obligés que l'on devait établir, diminuera peu à peu, à
mesure que les générations européennes de l'Algérie
s'habitueront dans l'enfance à parler le langage des
Arabes, comme cela a déjà lieu, et étudieront plus tard
la langue dans toute son extension. On nous pardon-
nera donc ici cette concession à la nécessité encore
présente ; nous prévenons seulement le commençant
qu'il ne doit point y chercher des principes, mais des
faits: celui dont Tétude est assise déjà sur des bases
solides y trouvera de curieux sujets de comparaison.
Ces sortes de textes peuvent admettre de nombreuses
variantes dans leurs formes et leurs expressions, et
l'on ne doit y exiger que la simple et fidèle représenta-
tion du langage le plus familier. S'ils étaient écrits
pour des Musulmans, ils seraient astreints à une correc-
tion qui ne devrait exclure ni l'élégance, ni la naïveté,
ou ils attireraient à leur auteur le juste reproche d'igno-
rance et de trivialité.
[1] M. H. Delaporte, Grammaire, Dialogues et Fables de Lu
Fontaine, en idiome d'Alger; M. Martin, aîné, Dialogues; <■!
MM. P. Vignard et Martin aîné, Fables de l.n Fontaine, en style
usuel (Constantiue). Tous ces ouvrages, d'une grande exactitude
pratique, ont rendu et rendront encore de nombreux servie
l'application de l'arabe aux relations ordinaires et privées.
608
XLIII LEGENDE ARABE
BTYLE OR \l D 'ALGER (a)
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DE LANGUE ARABE ()09
XLIII
TRADUCTION TRÈS LITTÉRALE
Les aotes se trouvent à la fin de ce morceau)
Etait autrefois, soixante ans avant l'entrée de* Français à AL i.
un hommie vieux, on disait à lui El-Fâcl (originaire de Fez), lui
possesseur île biens
beaucoup; parmi eux un jardin beau, dans la banlieue de la ville.
Et à lui trois filles
belles et jolies comme la lune: et n'était à lui qu'elles. Et le
vieillard ne voulait pas
donner des époux à elles, parce que dans son cœur (était) la
crainte lorsqu'il se séparerait d'elles, il resterait
seul dans le inonde, et le prendrait la mélancolie à leur sujet. —
Et 1 us demandèrent en mariage des gens nombreux des
fils des principaux de la ville et possesseurs de fortune, et n'ac-
cueillit pas eux le \ [eux El-Fâcî.
Et quant aux sœurs, était la pensée d'elles s U1 - i e .mariage, parce
que était tombé leur cœur
sur trois jeunes gens beaux, camarades avec les uns et les autres,
(entre eux), elles rencontraient eux sur
le chemin du jardin, lorsqu'elles montaient ou descendaient (6).
L'un d'eux (était)
le fils du pacha; le second, le lils de l'agha, el le troisième le fils
du syndic des crieurs publics.
Et le vieux El-Fâcî montait, lui et les filles de lui, au jardin dans
les jours de l'été ;
et lorsque était à lui des aiffaires, il descendait à la ville et lais-
sait les filles de lui
seules avec les négresses et les nègres. Et les jeunes gens se réu-
nissaient dans le jardin
du fils de l'aminé (syndic) des crieurs, et lui proche du jardin
d'El-Fâcî. Et par la ruse
des vieilles femmes et les suggestions du démon — la malédiction
de Dieu (soit) sur lui! — eut lieu la correspondance
entre les jeunes gens et les jeunes filles; et au moment où allait
le vieillard à la ville, venaient
les jeunes gens au jardin des sœurs, et restaient à causer avec
elles sous
610 COURS
^ G-
.-. ii \ \ \ \
.\-^-
L
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A' Il • .
C-
1! ^ ^JJj . /;^\ JJ
l^jLSli_j l,J-«-i, Lil»
'I £_ J^J.AÀJ J» ,.,'
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DE LANGUE ARABE 611
les arbres. Ils demeurèrent ainsi un espace de temps jusqu'à ■
que parvint la nouvelle au vieux
El-Fàcî. Il fut stupéfait de cette affaire, et s'irrita contre les filles
de lui, d'une irritation
grande; cependant, il ne montra pas à elles ce qui (était) dans le
cœur de lui. Un jour d'entre les jours.
il sortit du jardin avec le matin, comme s'il allait à la ville, con-
formément
à l'usage de lui: en sorte que pensèrent les sœurs qu'il était parti,
et qu'il ne reviendrait pas jusqu'au
soir. Elles firent le signal qui (était convenu) entre elles et les
jeunes gens ; et vinrent
ceux-ci. et ils restèrent à causer et à rire ensemble. Retourna le
vieillard
de sa route, et entra dans le jardin, et se cacha entre les arbres,
et vit
îles hommes avec les filles de lui. Après qu'il eut connu la réalité
de l'affaire, il sortit doucement doucement.
pour que ne vît pas lui personne, et s'en alla à la ville. Lorsqu'il
monta le soir,
il ne manifesta aux filles ni colère, ni irritation, et il laissa elles
s'en aller
se coucher selon les usages d'elles. Lorsque fut arrivé le milieu de
la nuit, et (que) il connut elles
plongées dans le sommeil, il se leva du lit de lui, et entra dans
la chambre d'elles,
marchant avec précaution, et un esclave noir (était) avec lui. et il
égorgea elles. Et par la toute-puissance de Dieu, n'
entendit pas eux aucun des nègres et des négresses qui (étaient)
dans
la 'maison (c). Lorsque fut levé le matin, il dit aux serviteurs
(qu') ils rassemblassent les bagages,
et préparassent les mules et descendissent le tout à la ville. Us
firent comme dit à eux
le maître d'eux, et vidèrent la maison, excepté la chambre des
filles : il avait recommandé (à) eux (qu') ils n'
éveillassent pas elles, parce qu'il restait lui et le nègre un te!
et (qu') ils amèn iraient elles à la ville. Enlevèrent les serviteurs
le bagage entier et descendirent à la ville.
Lorsqu'ils furent partis, il prit les filles de lui. lui et le nègre,
et ensevelit elles, et creusa à elles
612
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DE LANGUE ARABE
613
trois tombes, el enterra elles dans le jardin. El après cela, il
revint lui
et le nègre.- à la maison de lui de la ville, et dit aux gens de lui
qu'il avait envoyé les filles
à la ferme. El après un espace de temps petit, il s'en alla au pèle-
rinage lui el le nègre. Resta le jardin
d'El-Fâcî vide un temps long, el il n'\ avail pas quelqu'un qui
montât à lui. ni quelqu'un qui
demeurât dans lui. Se détériora la maison de campagn ») et se
lézarda, et fut abondante l'herbe et devint
le jardin chaque nuit sortaient dans lui des revenants, et les gens
du quartier
voyaient comme de la lumière marchant pendant -la nuit et cnten-
il, lient comme des cris et desi gémissements et la demande de secours
Et devinrent les gens s'entretenant sur lui, et épouvantés de lui
beaucoup :
et personne ne voulait passer par ce côté-là. Etait dans
la ville, deux jeunes hommes, ne croyant pas au discours îles
gens ;
lorsqu'ils entendirent parler de cette nouvelle, ils rirent de cela,
et s'accordèrent
sur ce qu'ils iraient dans le jardin d'El-Fâcî, et qu') ils emmè-
neraient un
camarade d'eux, guitariste, il monterait avec la guitare de lui.
pour chanter à eux et tenir compagnie à eux
dans cette nuit-là. Ht ils lièrent arrêtèrent) que chacun d'eux
emporterait le manger,
le boire ei des bougies, el qu') irait chacun tout seul afin nue
n' ùt pas connaissance
d'eux personne. Et était ce guitariste le nom de lui Omar, et lui
homme
vertueux, el pieux, et craignant le Seigneur. Lorsque vinl la nuit.
s'en alla
le guitariste Omar nu jardin et arriva lui le premier, cl il vit
ses camarades
n'y étant pas. Il se mil à ~ promener dans le jardin, ci dans la
maison, et il trouva
le monde la totalité) vide, el il n'> avait pas dan- lui marqm
fils d'Adam d'êtres humains) el il n'entendit que la \ ( >i\
de la chouette dans le- jardin, et le- chauve uris dans les appar-
tements. Il attendit les camarades de lui
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DE LANGUE ARABE Glî>
deux heures de temps, et lorsqu'il vil eux tarder, il connut eux
ayant eu peur, et (qu') ils ne
viendraient pas. Il entra dans une chambre en bas, alluma la
bougie
qu'il avait apportée avec lui, et plaça les aliments, et s'assit dans
le milieu du kobo (d) pour dîner.
Lorsqu'il eut fini qu'il mangeât, i! se mil à accorder la guitare
de lui.
et resta à battre, jouer) et à chanter, et tout (était) silencieux
autour de lui jusqu'auprès de
la moitié de la nuit. Lui ainsi jouant et chantant, et voici le pla-
fond
craquant sur sa tète, et il entend comme si un être humain mar-
chait dans la chambre supérieure
à pas légers, et descendait dans l'escalier. Il se recommanda au
Dieu l'élevé, le très-grand,
et leva les yeux de lui, et vit à la porte de- la chambre trois de
femmes jeunes, belles, jolies, mais la figure d'elles blanche (pâle)
comme la neige, et elles
vêtues de linceuls arrosés de sang, et à leur cou des perles et une
joaillerie (des bijoux)
n'est pas à elle de prix, et des bracelets d'or aux mains (bras)
d'elles, et des anneaux d'or aux pieds (jambes) d'elles
et en la main d'elles des oranges (e), et elles marchaient comme
~i quelqu'un traînait elles.
Il connut elles filles d'El-Fâcî. Elles entrèrent (dans) la chambr<
et firent le salut à Omar
le guitariste avec leur main, et elles silencieuses. Il rendit à elles
le salut. Elles dirent à lui
par signe (qu')il continuât à chanter pour elles. Il se remit à
jouer, et elles restèrent debout.
écoutant. Néanmoins il paraissait sur la figure d'elles comme si
ne satisfaisait pas elles le chant
qu'elles entendaient. S'avança la (plus) petite Jeune) d'entre elles,
et elle prononça comme par contrainte
pour elle, et la voix d'elle enrouée (rauque) et elle dit à lui : Omar,
ce chant de toi
ne convient pas ici Les paroles de lui : seulement chante sur un
air vif:
» Jardin d'El-Fâcî, dans toi je joue, dans toi !<■ chante, dans
» toi l'on m'a coupé la tête. »
616 COURS
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DE LANG1 I VRABE 1)1"/
prit le guitariste dans l'intention de la jeune fille se prêta à son
désir) et se mit à chanter comme ''lie avait dit à lui.
Et ''lie tournant dans le milieu de la chambre av v précipitation,
et jetanl à lui dans le mouchoir de lui
de l'écorce de l'orange qui (était) dans la main d'elle, et elle aug-
mentait tournant, et accélérait, au point que
descendait la sueur de la figure d'elle. Lorsqu'elle eut fini, com-
mencèrenl les soeurs d'elles
à tourner comme elle, et elles jetaient dans le mouchoir d'Omar
des écorces d'orange. Et après
qu'elles eurenl terminé qu'elles tournassent, dit à lui la jeune
fille qui avait parlé un peu avant :
maître Omar, nous désirons loi (que) tu viennes (vers) nous l'an
venant prochain) comme aujourd'hui (à pareil jour).
il tais) attention de toi (prends garde) que tu ne sois nonchalant
en\ ers nous, ou bien que tun'oublie^s nous ; et -i tune- viens pas à non- .
nous-mêmes nous viendrons (vers) toi. Il répondit par: Audition
et Obéissance, et elles sortirent silencieuses
comm? elles étaient venues, et elles ne se mouvaient pas, vous
auriez dit elles glissaient sur le sol. Resta Omar seul,
épouvanté, réfléchissant à ce que avait vu son œil. Et après un
moment long, il entendit
les filles dans la chambre qui (était) sur la tète de lui criant le
■cri de celui que l'on tue
et demandant secours. Mais fut coupé (interrompu) le bruit sur-Ie-
champ, et il n'entendit que la voix
de la chouette dans le jardin. Resta ainsi le guitariste jusqu'au
point du jour, et le vainquit
le sommeil. Il dormit jusqu'à ce que fût monté le soleil: et lors-
qu'il se leva était le jour
près d'être à sa moitié. Il prit les effets de lui et trouva eux
comme il avait laissé eux; si ce n'est le mouchoir de lui:
il était ayanl laissé lui avec l<-s écorces de l'orange qu'elles avaient
jetées à lui ; il trouva lui rempli
avec de- diamants et des perles, et des sultanis d'or. Il emporta
un et revint
a la ville. Et était avant cessé à lui la frayeur; cependant il ne
parla pas au monde sur ce qu'
il avait vu par là. Et il resta instant sur instant (de temps en
temps) pensant à ces filles,
et s'apitoyanl sur oe qu'elles avaient <ubi : et il implorait. Dieu
qu'iil leur pardonnât et réintégrât elles sur
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DE LANGUE ARABE G 19
l'état antérieur! d'elles. Lorsque fut' complet l'an, il se rappela
la parole qu'il avait engagée envers elles, et monta
au jardin d'El-Fàcî, comme il était monté l'année première (pré-
ôédente) ; et il n'instruisit sur cette chose
personne, ^près qu'il fut arrivé, il pria deux rak'a -Tics de
prières) et pleura sur les filles, et dit: Pardonne
à elles, ù Miséricordieux . et délivre elles du démon le lapidable.
ht il resta à chanter des chants religieux
jusqu'à ce que fût passée la moitié de la nuit : el -'tait le point du
jour proche: cl il n'avait vu personne. Il se réjouit
de cela et loua Dieu, et fit la prière du point du jour. Lorsqu'il
se l<-va de la prière.
il vit les filles debout auprès de lui dans la chambre ; mais à la
place des linceuls
qui (étaient) sur elles la fois première, elles étaient vêtues (d ! )
habillements beaux, et la jeune fille
la (plus) jeune (était) parée comme la mariée. Elles firent le salut
sur lui avec leurs mains, et prit la sœur
la (plus) jeune la main de lui avec la main d'elle, et elle (était)
froide comme la neige et sèche (roide), et elle montra à lui
le jardin. Sortirent les filles de la chambre, et marchèrent dans
le jardin jusqu'à ce qu'
elles arrivassent à un endroit, étaient dans lui trois tombeaux
ouverts. Regarda .
sur eux Omar le guitariste, et vit dans le cœur (intérieur) d'eux
les linceuls qui étaient sur
les filles d'KldÏH i. lorsqu'il vit elles l'an premier (précédent). Dit
à lui la fille petite la (plus) jeune
— et la voix d'elle comme si elle sortait de dessous la terre :
punds eux, et brûle eux, et prie.
Etait avec le guitariste un briquet pour (qu') il allumât les
bougie-: il recueillit quelque chose (un peu) de
broussailles et d'herbes sèches, et battit le briquet, et alluma le
feu. et jeta
dan- lui I - linceuls, et il pria. Lui ainsi, el les tilles d'El-Fâcî
crièrent un cri
grand, et tombèrent sur la terre évanouies. Elle- restèrent ainsi,
et Omar ne cessait
de prier jusqu'à ce qu'elles revinrent à elles, et commencèrent
les yeux d'elles à se remuer, et la langue d'elles à prononeej ;
et elles louant Dieu et remerciant lui. Et était l'âme revenue eu
elles. S'émerveilla
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DE LANG1 E ARABE b21
Omar de la puissance de Dieu — qu'il soit exalté! — et se réjouit.
beaucoup de cotte chose. Etait
le jour ayant commence à monter. Firenl le salut les filles sur le
guitariste, et félicitèrent lui sur la force
du cœur de lui. et elles (étaient) se rappelant ce qui était arrh
à elles avec le père d'elles. Elles chargèrent Omar
qu') il allât pour apporter à elles de la ville ce qui était aé
saire (à) elles, pour (qu') elles restassent dans
la campagne jusqu'à ce qu'il fit (prit) pour elles un moyen qu'elles
partissent à une ville autre; et elles dirent
à lui : Achète à nous tout ce que nous avons dit à toi, et ne *ois
pas parcimonieux sur rien, parce que
chez nous (nous avons) par-dessus la bijouterie de nous et l'argent
de nous, le trésor du père de nous, enterré ici,
et i! n'a pu emporter lui le jour qu'il a égorgé nous, lui et le
nègre, parce qu'
il a craint (que ne) tuât lui le nègre, lorsqu'il aurait eu connais-
sance de lui (du trésor). Accomplit à elles Omar tout
ce qu'elles avaient dit à lui, et elles restèrent ainsi plusieurs jouis.
et lui venait (voir) elles chaque jour. Un
jour il prévint elles qu'il avait préparé à elles le voyage à une
ville éloignée, belle. Remercièrent lui
les filles, et dit à lui la (plus) jeune: Omar, toi. tu as fait sur
nous tout bien, et tu (es)
la cause du retour de nous à la vie; (que) Dieu rémunère toi, et
récompense toi pour les bienfaits de toi.
Nous allons emporter avec nous seulement la chose légère (les objets
légers) de nos richesses, et dans elle (il y a) ce qui suffira (à) nous
pour la longueur de l'existence de nous, et voici les actes tics |
priétés du père de nous, nous avons trouvé eux avec le trésor:
prends eux et l'argent que nous laissons, et reste, toi. propriétaire
d'eux. Il dit à elle: madame,
je ne prendrai ni le bien de vous, ni le bien du père de vous, et
lui ne profiterait pas (à) moi contre le deuil
qui (est) dans le cœur de moi, et le souci qui (esl i dans la tête de
moi; et après vous je n'ai besoin d'aucune
chose. Dieu n'a pas donné (à) moi ce que j'implore de lui, je
rends grâces (à) lui et je me résigne; et s'
il plaît à Dieu, je sortirai de ce monde bientôt. Leva la tête d'elle
la jeune fille, et elle vit les deux yeux de lui avec des larmes. Elle
dit à lui : frère tle moi, seulement loue
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M (TES
Pour compléter la tournure vulgaire de ce texte, il manque
la variété illimitée el capricieuse des fautes d'orthographe, qui son!
l'ornement obligé d'un style où l'on ne rencontre pas souvent le
même moi reproduil d'une même manière. Cette légende ayant été
écrite /"<(//• des Européens qui veulent s'initier au langage usuel,
j'ai dû apporter dans l'orthographe une régularité sans laquelle ils
aient pu se reconnaître, mais qu'ils ne trouveraient certaine-
ment pas chez un Arabe rédigeant dans ce style. Si la science n'est
indispensable pour lire de tels écrits, il faut, en récompense,
une certaine habitude du langage et îles mœurs des populations,
car "ii doil bien plus souvent y devinée ce qu'on a voulu mettre,
ii 5 a écrit.
(b Le fait que l'on raconte esl censé se passer près d'Alger, bien
qu'on ne nomme pas la ville. Celte localité est, comme on sait, au
bord de la mi de collines où sont situées de char-
DE LANGUE ARABE 623
le Seigneur, parce que nous somme? ayant connu ce qui (est) dans
le cœur de toi, tu crains (que)
tu (ne) quittes nous, comme nous craignons, nous, (que) nous (ne)
quittions toi; et si c'est le désir de toi (que) tu restes avec nous,
choisis une de nous et épouse-la ; nous sommes ayant consenti
toutes à cette chose, et ce que
tu diras, cela (est) lui (ce sera ainsi). Il dit à elle: et comment,
moi. je choisirai parmi vous, et vous
trois toutes belles et jolies: je ne puis désigner celle-ci ou bien
celle-ci. Elle dit
à lui : Parle ; à toi la sauve-garde, et ne crains pas (que) tu fâches
nous. 11 dit: hé bien! madame, le cœur de moi
a choisi celle qui a parlé (à) moi dans cette nuit effrayante. Et
était elle (c'était) la (plus) jeune
parmi les sœurs. Se réjouit la jeune f ille- de cela, parce qu'elle
était
aimant lui. et se réjouirent les sœurs d'elle, (d') une joie bien
grande. Ils s'accordèrent sur ce qu'ils partiraient
tous ensemble, et qu'il épouserait lui la jeune fille (au) moment
où ils arriveraient à la ville qu'ils
prenaient elle pour but. Ils partirent sur la bénédiction (à la grâce)
de EWeu. et se marièrent les filles toutes par là. El
ils vécurent dans tout bonheur et bien-être. Et Dieu (le) sait
mi hix que personne).
mantes maisons de campagne. Cette condition topographique a fait
admettre les expressions monter et descendre, pour dire aller à la
campagne ou en recenir.
l ■ Le mot r _.> signifie, dans la localité, la maison du jardin de
plaisance. Dans une autre acception il désigne aussi un fort isolé,
une tranche de fruit, un signe du zodiaque.
(d) Enfoncement cintré en ogive à sa partie antérieure, d'un peu
plus ou un peu moins d'un mètre de profondeur, au milieu de la
longueur d'une chambre. Cet enfoncement, situé ordinairement vis-
a-vis la porte, et garni de matelas et de tapis, forme ainsi une
espèce de sofa très lias où l'on s'assied les jamhes repliées comme
s'assoient nos tailleurs.
e) \ la lettre, des graines d'orange, ce qui ne veul pas dire des
pépins, mais des pommes d'orange. On a vu page 593, au mot cha
comment on désigne l'indicidualité, la pièce, l'un, pour les fruits,
les œufs, etc.
624 is
Observation. J'ai rédigé celle traduction presque
mol à mot, el d'une manière assez littérale pour diriger
la lecture el l'analyse du texte, mais insuffisante pour
dispenser l'étudianl du travail el des recherches qu'il
doit prendre la peine de faire lui-même. G'esl dans le
même luit que je n'y joins pas une traduction libre. Ce
morceau, qui n'a aucune prétention littéraire est sur-
toul destiné à ceux qui l'étudieronl avec soin ; il sera
au besoin compris par les autres personnes sur la tra-
duction, maigre les tonnes arabes que j'ai dû donner
à celle-ci.
CHAPITRE VII
DES DIFFÉRENCES LOCALES, OU DIALECTES
Il serait matériellement impossible de représenter la
totalité de ces différences, qui consistent en un grand
nombre de détails minutieux, donl la plupart ne peu-
vent être figurés par aucune écriture, el que l'audition
peut seule faire apprécier. On voit déjà combien l'étude
pratique el directe au milieu des faits est indispensable.
On peut néanmoins indiquer les points les plus saillants
de ces particularités. Les différences ipii frappent le
plus un Européen déjà habitué au langage de certains
individus ou de certaines localités, lorsqu'il vient à
changer de lieu ou de relations, ont pour causes et
pour caractères les faits suivants :
I Pronociation plus ou moins nette, plus ou moins
confuse, plus nu moins rapide, à laquelle l'oreille
DE LANG1 E AB Mit' 62d
même la [tins exercée doit s'habituer par une addition
spéciale ;
2" Articulation différence (Tune ou de plusieurs
lettres de la langue; son voyelle plus ou moins marqué.
plus ou moins conforme aux règles orthographiques
des mois ;
3° Emploi pour les choses et les idées, de dénomina-
tions spéciales et de locutions d'un usagepurement local,
ou ayant en d'autres lieux une signification toute
différente (1 >.
Des trois points que nous venons de signaler, ceux
qui regardent la prononciation ne peuvent guère être
appréciés que par l'oreille. On peut cependant en indi-
quer certaines particularités bien marquées.
Dans Test de l'Algérie, c'est-à-dire dans les villes de
la province de Constantine, les inlluences du voisinage
de Tunis se font sentir ; la prononciation se rapproche
un peu plus des formes orthographiques des mots, et
les voyelles intérieures sont plus nettement indiquées
que partout ailleurs. Les consonnes sont articulées
avec une valeur plus distincte. La terminaison féminine
_- est souvent employée à Constantine en parlant à des
hommes. Le ~ est souvent prononcé comme notre •/.
i Ces faits pratiques ont lieu aussi bien en français qu'en arabe
el dans toutes les autres langues. Si nous ne les apercevons pas,
c'est qu'habitués à eux dès notre enfance, ils échappenl a notre
observation, et que d'ailleurs nous n'avons pas souvent de faits
analogues a leur comparer. Lorsque nous les remarquons dans les
langues étrangères, ils nous semblent insolites et inexplicables; la
maxime évangélique : quod autem oidesfestucam in oculo fratis tui
trabem autem quœ in oculo tuo est, non considéras (Luc vi,
peut faire comprendre cette particularité.
I OT RS
Dans la province d'Alger, notamment dans cette
dernière ville, les voyelles sont à peine prononcées, et
certaines consonnes sont prises quelquefois l'une pour
l'antre ; par exemple : le o pour le c,», le .> pour le i> ,
le ^-- pour le ri, le ^- pour le \j*, le - pour le j», le
- pour le -k el le ~ pour le £. Le ;- et le o sont
prononcés tch dans quelques mots ; on dit, par ex. :
-^— ~ tchîna, orange, tchk'âtcher, des bas (pluriel
de \ Li .
• Dans la province d'Oran, les influences du Maroc
sont très sensibles, surtout parmi les Arabes ; on
remarque plus particulièrement une certaine modifica-
tion dans le son des voyelles, notamment aux environs
de Tlemcen, dans celle des pronoms >, *> et ,/uue cer-
laines tribus prononcent eh, /"'/// et kem ; on dit par
exemple : chèflèh, goll Ihcm, pour chèfloh, k'olt Ihoum
(je l'ai vu, je leur ai dit). Les consonnes sont articulées
en certains endroits d'une manière confuse, impossible
a reproduire. En quelques pays, notamment chez quel-
ques populations du Maroc, le ~ esl prononcé gue,
comme en Egypte.
Les habitants des villes, plus policés par leur genre
■d'existence el leurs relations, ont en général une ma-
n ière de prononcer plus distincte et moins rude que les
Arabes de la tente, dont un grand nombre sont dénués
de toute espèce d'éducation. Aussi remarque-t-on dans
les habitudes de ces derniers et dans leur langage, une
grossièreté farouche qu'il n'est pas sans intérêt pour
un Européen d'observer. Chez tous les Arabes et dans
les populations du sud de l'Algérie y compris le Sahara,
DE LANGUf VB \BI. 627
an observateur exercé rencontre des nuances curieuses
et infinies de prononciation qu'il ne serait ni possible
ni utile de consigner ici.
Tous les Arabes, et beaucoup d'habitants même de
certaines villes, donnent au ■. ? la prononciation adou-
cie que; ils prononcent, par exemple JU tjiil lil a dit),
et ] j.x^ yt'a'ud (nous avons coupé), etc. Il est à remar-
quer que-partout, quelle que soit la prononciation locale
du ^_J, on lui conserve, en lisant le Coran, sa valeur
gutturale propre, que nous avons représentée, faute de
mieux par k' lli . Quelques Indigènes indiquent en écri-
vant, la prononciation gue du , .-en plaçant trois points
sur cette lettre, de cette manière ^_t ; par une notation
analogue, ils mettent trois points sous le ^ pour la
prononciation tch ; mais ces indications sont arbitraires
et individuelles, et n'appartiennent pas à l'alphabet
arabe ; c'est un moyen de représenter une prononcia-
tion étrangère, appliquée d'une manière variable à
beaucoup de lettres, et qu'on peut assimiler, par exem-
ple à notre transcription du-, par /.7/, khr, qrh, qkc,
qr, etc.. ou par un point ou toute autre marque conven-
tionnelle - .
1 Kl m Khaldoun, dans ses Prolégomènes, indique la prononciation
donnée par les Arabes de la tente au ^_i comme un signe qui dis-
tingue de la véritable race arabe, où l'on a conservé au v_à sa pro-
nonciation nette et gutturale, les nombreuses populations qui s'y
sont mêlées. On peut observer ici qu'en français, la prononciation
de IV distingue aussi pour nous les origines ethniques d'une ma-
nière toute spéciale.
(2) C'est ainsi que certains Arabes écrivent les mots : Jjla ^J\
il r,>ille, i.^> ^j^Jx£ canon du fusil ^_s eerrou, etc., pour leur usage
personnel. L'emploi du £ cependant est le plus connu et le plus usité
parmi tous les signes deconvention. Nous> recourrons quelquel
628 « "i us
Lorsqu'à la fin d'un mol la lettre _- doit être pronon-
cée a, quelques Arabes l'écrivenl sans points diacriti-
ques : el lorsque le _- final se prononce i, ils y mettent
les deux points, ou le tonl revenir horizontalemenl
sous les lettres qui le précèdent, comme dans le mot
__-" ou . — e'iî. Cette distinction locale est très ration-
nelle, mais il s'en faut de beaucoup qu'elle soit obser
vée par tout le monde, el qu'on la rencontre dans Ions
les manuscrits barba resques.
Un grand nombre d'Indigènes ignorants, ayant
observé que l'on met un ! d'union (p. 94) devant cer-
tains nuits, en placent ainsi presque partout.
< Ihez les Juifs, surtout ceux d'Alger, l'articulation ^J
prend un caractère qui les l'ait infailliblement recon-
naître : ils la reproduisent par une interruption brusque,
une espèce de contraction gutturale sans articulation,
qu'il est impossible de représenter: c'est une valeur
intermédiaire entre le et le p- . Celle prononciation du
_j par les Juifs d'Alger est semblable à celle qu'il a
d'une manière générale en Egypte el en Syrie. Indé-
pendamment de la prononciation du ^j>, les Juifs d'Al-
ger, plus particulièremenl que ceux di"< autres loca-
lités, changent en èh toutes les finales a du féminin,
qu'ils prolongent d'une manière affectée ; ils ont en
outre un accent traînant el désagréable que l'oreille-
saisil malgré elle. Quand ils écrivent en caractères
arabes, ils niellent souvent le ^ à la place du^et
réciproquement. Dans certains endroits, leur langage
se rapproche beaucoup de celui des Musulmans, mais
il se trahit pour l'observateur par quelques expressions
DE I ING1 I si: \l;i l'pi'.t
■caractéristiques, soit arabes, soit empruntées à l'hébreu.
Les textes xi, p. Ils ; xn, |). \2\ ; XL, xu, xi.n, p. 166,
167, 168, sont des types de ce style.
Je ne puis que signaler ici l'existence de ces particu-
larités : leur nature, leur nombre et leur variété ne me
permettent pas de les reproduire, et une oreille atten-
tive les aura plus tôt saisies et retenues que je ne les
aurais développées ; elles ne sont appréciables d'ailleurs
qu'aux personnes ayant acquis déjà une certaine habi-
tude de l'arabe, et pouvant déjà établir des comparai-
sons. Les commençants ne peuvent les reconnaître.
Quant aux locutions et aux dénominations propres à
chaque localité, ou qui y sont usitées de préférence' à
d'autres, elles sont trop nombreuses pour être toutes
placées ici, et ne sont pas spécialement du ressort de
cet ouvrage. J'en vais néanmoins donner des exemples
suffisants pour indiquer en quoi elles consistent. Je
renvoie pour le reste à la pratique et aux utiles ouvrages
de MM. H. Delaportr, P. Vignard, et A. Martin.
LISTE COMPAREE DE DIVERSES EXPRESSIONS LOCALES
EN ALGERIE ET AU MAROC
■Comment cous portez-cous ? Jl_3 <^_^ô _X^_^. ^-})a, Constantine : —
viXJUi- (JoU Alger ; — ^b ^\^ Arabes ; — ^5_v^ - ^-^-^ <-^—^
M a roc .
S'étonner, ^^s^ Constantine : — , ^.^ s — ^~o\ Alger.
Toux, L-5U\ — }i^*^sz J \ Alger, Constantine, Oran : — pl_a arabes
de la tente.
630 ■ "Urs
.•_iai ,^-o Constantine; — N * — ^> Al^er.
. >â_* Constantine; — la — --a Uger.
. aj _i. — l a , Constantine Muer, aj „=»- signifie masure)
- Or ^ A1 s er -
' ordonnier, \\~y-A. Constantine el Manu- (a Alger, sacetier) ; —
^ 5 _2c'j»_A_ji._^î Alger.
Petit garçon, J-aL Constantine; — wvJ» Alger ; — ^m«o pi. tJôU«o
Ara
' iterne, ■— n._^ Constantine; — > ^_^- Alger.
colon . ^-~~-s Constantine; — Ja_sr£ J^a- Alger.
1er substantif . \^x_i Arabes; — >^_k_a Alger.
-. , <v^^o (Constantine; — ,_-^_jU^ Alger; — ;U»4y-o Manu
ie-toi, i s N ;\ Constantine; — J«A-* Alger; — ^_A_rL — ? ;.&!
\iabes.
Tomber, r LAs Alger; Arabes.
Efre fatigué, ^ ; T Z>\ Sud : — t _^._c Alger.
i 3 i onstantine el arabes; ,U>-=»- Alger.
'/', i^.jsr'" Alger; — s.>l_*oa Arabes.
Entrer, \~À) Alger; — ■ ^x_=>- \rabes, Sud.
Encoyer, Jus_> Alger; ia_a — '~o — la a..:»; Oran, Tlemcen.
encoyé chercher, a) C^ùu Li'i Alger; aJ *_2-*.^->..**j Arabes
_X_^c Alger; — ^-3 Arabes et Constantine; — ,.kx> Arabes
/.'« plu -_X^iJ\ O-Jh Alger; — '■ a_^.J\ i «JLs Arabes.
somme, l : — X_-o\: pi. I sU ; Arabes, Tunis, La Calle ;
expression impropre à Alger.) - s—: \\> Alger.
DE LANGUE ARABE 63 !
Allumer, ^J-a-^j Alger: — ^k>Jo ,£vXS Arabes.
Mettre le feu, .l_-L_)\ t^*-^ Alger, Arabes; — a *._sL.»J\ LJLj
Constantine.
Fermer, gJ— > Arabes; — ^i..l_i Alger: — Ik_^c Maroc.
Lion, -^_-«._^o Cpnstantine, Arabes; — n. ^_*o Alger: — ? l_i,_^o —
dwJ Sud.
Couteau droit, . « — c^XrL Alger : — .»^^o Constantine, Arabes: —
, c, a, r _9 Arabes.
y
En deçà, ^*> Arabes : — L^_* ^.^ Alger.
£"n <7t7à, ^JL-^Ô Arabes; — .a-^-^J Alger et Arabes.
Citrouille, iA—jW-S"; — À_>_^_.>£ Arabes; — «A_£ r _i Alger.
Aooir besoin, i^ÀsrCvol Alger ; — ^iK^ol Arabes et Constantine.
Trembler de froid, l _£_a_JLo\ Arabes; — .>,.>Jl> ^\.jL> \ Alger.
Qa'esi-ce çwe <v/a, \J»a ,-X_*c\tt Arabes; — \_XA_^_.^_iô\ Alger.
Appelez-le, j\ A3 Arabes : — a] k_^_£ — aJ (__S :\ Alger.
Boire, i î^ Alger, Constantine ; — ^_53j :. Jn; Arabes.
Faire, -Aj * ^y^3 Alger, Bône ; — , — :.~^— ;. >!■> Arabes;
^aL^^o^ ^ L«j Constantine.
Interroger, ^^uuJuu^ ^^.^.k^j Alger; — (JU**£ J'^-> Arabes
Parier, ryo\j^ Arabes, Constantine : — ,i>ls: J Alger.
Vi'e/i.s, LJ ^-\ Alger, Constantine; — r^3 )^ Arabes.
. - y . c y
Haik (oêtement), ^>X— >>=»- Alger, Arabes; — ^ _*_.=»- Sud : I ^J^-s».-
signifie un agneau a la Calle, et un mouton au Maroc).
Figue, >&yoj£ Alger: — j?^^ Constantine: — £r-£— * Arabes.
l 01 RS
c^\ — o_-lJ\ ^j>y^>iyS (prononcez karmoûs's i
^ja^a Arabes, Constantine, Maroc.
Maïs, ,- a>U£o La Calle el I onstantine en plusieurs
lieux ia_-L-»^_j signifie sorgho, espèce de millet); a_x_5LJ
Maroc; - .> au Maroc indique une espèce particulière de
nrilli't .
_ s \ ^ J\ Uger; — ,~~J»\ arabes.
Bail ^Lo. Vlger el Aral..'-; l_x_À_i' frontière de
• Tunis ; — *—£■-- — ■*--=»- Mar »
-.— ■— x_!>\ Alger; — C_> <*-~-£— *■-£ Constantine el Maroc.
rot7e d'araignée, iaJULà. Constantine; — Cj*— <—£->*-£ Alger.
WwV, _3C-?. Ls». ; — ^, o Constantine; — ? .A_9 Arabes.
Assiette, • ? _s.-' Constantine; ,«_^w__*_j Alger et Maroc; —
fà Constantine ^*.^'S signifie plat en métal).
. \xX-i~i \^x_i Arabes el Sud.
Beaucoup, («jalyJb — <sûi\ ,.-*=»- Alger; — r ^-l> Arabes, Constantine.
/i/o.--.-' . ,X_.X-x.^j Alger; — Jt—^-s.-" 3 < 'onstantine : — i Lis - * signifie
étrille chez les Arabes.
Beau, . )L^I) Alger; — ^--.U Constantine : - r\-fi-* Maroc.
Bon, bien, # — ^-1 «j Alger; — \<v-~j \y~o Constantine.
cco, u^-j-à Alger; — ^J-^ ^ Constantine.
Calotte, }Ls«iôL£i Alger; .^ ^ Constantine ; — J03J ^1> Maroc
' apuchon, JLSj^JtJi Alger; A_*Iôlià Constantine
oMe, A_i>«. ; Alger el Maroc; — aj» V L- ^— «-^ Constantine.
DE LANGUE VBABE 633
•Checal, >^a Alger, Arabes ; — >l-*c Arabes ; — qLa».x Constan-
tine ; — ^} — olj La Calle (expression impropre à Alger).
Coq, ^^*«) Alger, Constantine ; — r _jJ-s Arabes et Maroc.
Encre, r _^»_a. Alger ; — ^\>A_>o Constantine et Maroc.
Nez, ...à-L-Lo Alger et Maroc ; — ^-uu.rL — *_a-^-i Constantine et
Arabes.
Perdre, ^_a_L3" Alger; — .)* Constantine, Arabes.
■Cette rille-ci, ;>\LJ\ ^S.a Alger; — ^$->-*> > < ï^-^ ^JJb Constantine.
Pistolet, ^^^ Arabes ; — JvJjyk^io Alger : — ^*o\»_a» La Calle.
Grand plat de bois pour le couscoussou, sA-ax." Alger: — J.s.^iS —
vA_>L-ft. -^. Constantine, Arabes.
Cuisine, iA_àrn._k»a Constantine ; — iA_-<*L-oL Alger.
£/ne fois, »»1\ ^Xra.\o Alger; — sjair\ ^^s-\«» Arabes et Constantine.
Gombo (légume mucilagineux très apprécié) a— oL^Lo (1) Alger: —
>A-J> J *-S Constantine. (Le mot ji._-^<vi» signifie a Constantine
une herbe aromatique apportée du Soudan, et employée comme
condiment dans la cuisine.)
(1) Ce nom très usité désigne des légumes et des plantes pota
gères de diverses espèces. Presque tous les Arabes connaissent le
nom de meloukhia, mais chaque peuplade l'applique a un aliment
dilïérent. Chez les uns il désigne le corchorus olîtorius, chez les
autres, la maloa hortensis, maloa agrestis, l'olus judaïcum, etc.
41
XLIV. ANECDOTE EN LANGAGE USUEL D'EGYPTE
» - ' !,JLi_s >jLk= c^l ». s*£JLil »\ "-} ^_jisî -_>' tab
' .-- ' il
I RADUCTION LIBRE
• m ! in certain imbécile, entrant un jour dans une ville,.
trouva écrit sur la porte : « Tout étranger qui mourra dans cette
cité, sera enseveli aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts
dirhems pour son linceul ». Cet individu qui était plus à sec d'ar-
gent qu un Juil un jour de samedi, se trouva une fois dans une rue
'•h présence du roi qui passait. Il se mit .à crier : justice ! (lutter.,
se). — Qui t'a fait du tort ? lui dit le roi. — J'ai vu écrit
sur la porte de la ville, répondit l'homme, que tout étranger qui
mourra dans cette ville, sera enseveli aux trais du roi, qui donnera
quai ms pour son linceul; pour moi vingl dirhems
suffisent a mon dernier vêtement, et j'ai dès à présent un urgent
DE LANGUE ARABE 633
XLV. LA MÊME, EN STYLE BARBARESQUE
_l. a J-=^ Jl UiJ^ *_ao .»—*— ».-ksl JUg ~-"J y
^JulJ J Lx^ , .._;.!..
.^
besoin des soixante autres; comptez-les moi, et lorsque je mourrai
vous n'en aurez plus que vingt a me donner. Le roi se rail a rire
et ordonna qu'on lui remit la somme qu'il demandait. L'homme la
prit et continua son chemin.
Quelques jours après, il rencontra encore le roi ; il s'arrêta et
cria : justice! comme la première fois. Les personnes qui accom-
pagnaient le prince lui demandèrent qui l'avait lésé. J'ai vu, répon-
dit-il, la nuit dernière, Jésus, fils de Marie (que les bénédiction- el
le salut de Dieu soient sur lui!) et il m'a dit : « Tu ne mourras que
noyé. » Je réclame donc les vingt dirl - stant du prix de mon
linceul, parce que désormais il ne m'est | e. Le roi
s'amusa de sa ruse, et lui lit donner une petite pension.
636
XLVI. FRAGMENT D'UN CHANT ARABE
Par ben Gtjennoûn, de Mascara
raphe du texte a été scrupuleusement conservée)
\S. jjJl b^^jLÎLx Jj Jl
C M I ° ^ C J . ■; ~ I ' | A | '
|j L'y o U 13H a 3 JXj--\JL!
= ' S f- r fi c
v ^ n ,. _<^ ^_> ^_*\_j ^
/ • C ' '
/es
)
<c c
r
J*J\ Li ^J-J
UJjI^J, ^ObLd.-
JCILI
; ;_, i c^Li
DE LANGUE ARABE 637
XLVI
TUA DICTION
Des soucis importants me réclament au loin ; qui
donc me fera rejoindre ma belle aux yeux d'aigle '?
Allons ! mon coursier, pour Dieu, vole avec moi !
Pour elle je t'ai comblé de soins, et lorsque tu a voulu
apaiser ta faim,
Je ne t'ai pas donné un orge échauffé et vieilli ;
Je t'ai attaché par des entraves de laine, et des fers
ne t'ont jamais flétri ;
Je t'ai soigné comme un frère, et mieux que cela
encore ;
Je t'ai baigné bien des fois, et pansé avec une étrille
neuve,
Les amulettes même qui te protègent sont recouvertes
de soie.
Ta couverture est moelleusement garnie, ta selle est
comme la rose ;
Je ne t'ai pas abreuvé de l'eau stagnante et croupie
des mares ;
Tes épis sont beau, aucun mal ne peut f atteindre ' .
Ton matin enrichit celui qui est pauvre < 2 >.
Je t'ai fait visiter le cheik El-Akh'al ; tu n'es pas un
animal vil,
Car tu as dévoré l'espace sans posséder les ailes de
l'oiseau.
Allons ! mon coursier, pour Dieu, vole avec moi !
(1) Les Arabes considèrent ces marques dans le poil des chevaux
comme des indices de bonheur.
(2) C'est-à-dire, que sa vitesse et son ardeur promettent ch:
matin à son maître un ample butin.
P"° I 01 RS
XLVII. FRAGMENT DUNE NARRATION
DE LA BATAILLE DISLY
Adressée du Maroc à des maures Trarzas
3 environs de Podor (Meuve du Sénégal) (1)
ponctuation du texte est reproduite telle qu'elle y a été marquée)
r tr—i P 1 -■-.-= -.V r u ^ ' — - Jt ^ 3 r-^l : —"
' ■* L/ '^ w •• i«? » ^
j-»3 s^J^Lib >U II 1 l,J,L.Jt II iJL ,
t • c , \
1 Je dois la communication de ce fragment a l'obligeance de
M. le docteur Féraud hls, qui l'a recueilli au Sénégal, et copié sur
1 autographe, que j'aurais reproduit ici en /ac-similè, si je l'avah
eu , ma disposition. Je ae puis que transcrire cette copie que l'on
""■' a " m , xa ° te - bien q«e deux passages [U e j'ai surlignés me
>ir besoin d'une rectification.
DE LANGUE ARABE 639
XLVII
TRADUCTION LITTÉRALE
Récit de la collision qui eut lieu entre les Musulmans
et les Chrétiens :
(Commencement) (Les Chrétiens) partirent d'Alger
pour marcher contre les Musulmans. Ils s'étaient por-
tés sur Oudjda et avaient fait main basse sur ce que
cette ville renfermait de Musulmans. Quelques corps
de troupe de Mahi-ed-Din (Abd-el-Kader ben Mahi-ed-
Din) avaient obtenu quelques succès. La nouvelle de
ces faits parvint à l'Imam Moulai Abd-er-Rahman
(l'empereur du Maroc), qui partit aussitôt de Marra-
kech (Maroc) pour se rendre à Rabat, et fît prévenir
l'Imam de Tafilalet (Tafilet), qui est l'Excellent Imam,
et qui est caïd, ainsi que Ben-Amhaouchi, caïd des
Aïtamer. L'empereur mit aussi sur pied (?) trois de ses
fils, Sidi Mohammed, Moulai - Sleïman et Moulai Ahmed.
Les troupes de Moulai' Ahmed étaient au nombre de
plus de*soixante- quinze mille (hommes) ; c'est le plus
jeune de ses frères, et celui dont l'armée était la moins
nombreuse. Us marchèrent vers les Infidèles et en
vinrent aux mains avec eux. Les Chrétiens employèrent
contre eux les ruses les plus perfides, qui ne produi-
sirent aucun dommage aux Musulmans. Entre autres
machinations, ils leur envoyèrent une mule figurée et
creuse, remplie de poudre et de plomb, à laquelle les
Musulmans ne firent aucune attention (qu'ils ne voulu-
rent pas recevoir) et sur le dos de laquelle était une
grande quantité d'or. Us envoyèrent aussi à Sidi
Mohammed une statue d'homme en or, dans laquelle
était renfermé tout ce qu'on peut imaginer d'artifices ;
640 COURS
r*^ -■ - ! ^ — ^ ^ ^'-;' c-^- r^-; - L r>* r*^
(/et s'arrête le fragment). -~— ■*--- --
U J^ki. .LLpl jJL^.^v
xlviii. fragment dune lettre
Écrite par un algérien
.-- J. IfcJjJLÏ çf' ■ „^*'' .J^' JJ Xi
XLIX. SPECIMEN DE TRANCAIS
ECRIT EN CARACTERES ARABES, PAR UN INDIGENE
DE LANGUE ARABE 641
il n'y fit pas attention. On se mit en ligne et l'on com-
battit. Les Musulmans furent renversés sur leuv dos, et
le carnage en fut considérable. Neuf mille sept cents
hommes d'entre eux périrent, et les Chrétiens conver-
tirent tous les Musulmans (?) qui étaient entre leurs
mains. La nouvelle parvint à l'Imam Moulai" Abd-er-
Rahman, qui s'irrita contre son fils, Sidi...
Il est a regretter que ce document ne soit pas complet: indé-
pendamment de l'utilité pratique et directe qu'on y trouve, c'est un
monument de l'esprit d'exagération des Marocains, qui trouvent
généralement, plus encore que les autres populations arabes, les
bornes de la vérité trop étroites. On doit même leur savoir gré de
n'avoir pas mis ici le triomphe du côté des Musulmans.
XL VIII
TRADUCTION L1TTÉRALK
Et aujourd'hui nous est arrivé votre écrit chéri, et
nous l'avons lu, et nous l'avons compris. Et aujour-
d'hui pourquoi nous ne vous avons pas envoyé la lettre
au sujet de el-Houcin (Hoceïn) le fils de votre oncle
maternel, c'est qu'il est perdu (mort). Que Dieu lui
fasse miséricorde. Amen ! Et aujourd'hui vous nous
informerez, ma chère petite soeur, sur Lalla Khadoudja
la vieille, si vous la voyez, ou si vous ne la voyez pas...
Je ne m'arrête pas à rectifier les fautes de tous ces divers écrits,
que je donne ici comme exercices et non comme étude. .le ne puis
indiquer d'autre moyen d'apprécier ces irrégularités, que de se
familiariser avec les principes réguliers : la comparaison résoudra
toutes les difficultés.
XLIX
TRANSCRIPTION
Fais ta provision de bonnes œuvres., car tu es au
moment de ton départ, et le voyageur ne peut se
passer de provisions. (Traduction d'un versarabe dictée
à un Indigène).
-
L. PRIERE MUSULMANE EN ESPAGNOL
(Paraphrase du premier chapitre du Coran écrite
en caractères arabes] (1
i & y $ . <• c t . s i* ? ... c . s et
i Cette pièce est tirée d'un manuscrit andalous, d'une petite
écriture line et régulière, appartenant a M. le docteur Perron,
«l'Alexandrie, l'un de nos orientalistes les plus profonds. Ce frag-
ment fui montré d'abord a notre savant voyageur et archéologue
algérien M. Berbrugger, qui l'a déchiffré, et en a donné une trans-
cription avec la rectification, dans le journal l'AM&ar.
DE LANGUE ARABE 643
L
TRANSCRIPTION
(La lettre s est représentée dans le texte par^ ; p par
y;M ou v par • ; g et gu par i ; qu par o,f; e par
Îj ou 'j. — Les mots ne sont pas exactement séparés).
La loacion es ada Allah — Senor de todas las cosas
kheakadas — elpiadoso debuenos idemalos en este mundo
— ipiadoso delos buenos enelotro mundo. — Iky deldia
deljuicio en que valar donara Allah alasgentes por sas
obras — atu adoramos cou obedencia iumildad iatu
demandamos aiuda guianos alacarrera dresada — ala-
carrera deaquellos que hiniste garacia sobre elos con
laélislam no delos que te ensennes sobre los queson losju-
dios ni de losiarrados queson los Kiristianos.
RECTIFICATION
La loacion esa de Allah ! — Senor de todas las cosas
khalakadas (*). El piadoso de buenos y de malos en este
mundo, y piadoso de los buenos en elotro mundo. Rey
del dia del juicio, en que valor donara Allah a las
gentes por sus obras. A tu adoramos con obedicncia y
humildad ; y a tu demandamos ayuda. Guianos a la
carrera enderezada, a la carrera de aquellos que han
esta gracia sobre ellos con la ley Islam, no de los que
te insanos sobre ellos, que son los Judios ; y de los
yerrados, que son los Cristianos.
il; Arabisme pour criadas
, , COURS
LI LETTRE DU HAMADAR DE ZANZIBAR
DE LANGUE ARABE 645
LI
TRANSCRIPTION
(Les ^_i et les Ji sont ponctués à la manière orientale).
^LUI w^*M ^Yi l^ij ^jTy! Lî^.s^U-^ J!
X^ÏL, JL ^ Li" t. *J Uj L*_^ 5 U- U_J!
■ t < t \f .1 ; » •• • < ! H ; t
U-j U, o£Ls ^rJ,U i ,,-G Y^tCLL -*,î, X
^Lvî.viCJ! UL^rU*_*j _a_\J! .5^ ^,
çài' J.^1 *Xx-L£ ^JLT^JÎ^jlj Y .^CL^L 3 ^_x_^^-^
r _SLJ! J_^. ^_,_^ tULÇ ^lT (JL_i!) JU.il wLl*
^4 J _LJ L__::_r ^î X dl .U .1 Xi^J
aV>L ,^hN- »—■=*.-« ■ w OfcJu) JUS ,*/» -J4_.I3.xJ' % \J „___' */»
u
y
( ~,_- ■ l'-i-^-^'v ^-_^_;_A. ) /^:'-^r- > — ' ^L-S--' s_L^r t ! .^Ç.,,-^
646
LU. LETTRE D'UN SULTAN INDIEN
°o
LUI. SOUMISSION DE LA TRIBU DES ZOUGZOUG,
A M. LE GENERAL CHANGARNIER
c-c-wcf, ls1**cf->s &iU^r Çké?*'* (û
DE LANGUE ARAHE
64?
LU
TRANSCRIPTION
(La lettre > est souscrite d'un point dans le texte. Voir p. 141)
sj IJ
ivr •• . » > r •• r y v — - ^
_) 13-
Joi
c
un
TRANSCRIPTION
dS
-_.^ o£Jb ;&J] ,J r .i.
L/
(L^^_;_0 ) L^_^G r xl ( L M .^ ^ l
s*5ùU! LJ ( J«j i k«J. b^ ^: v l, (^ ^) ^1 > 3l— e
cr
^L~A ^T;!(>JI ^U^siCJ! (^
-
LIV. DECLARATION REÇUE ET ECRITE PAR UN CADI
Rédaction très confuse
DE LANGUE ARABE 649
LIV
TRANSCRIPTION
B_3 , _£,l» _ N . y» ,|, »JÏ ' A_i_3 . ^J K * ^ -^
j^UJl I. Uî^lcI aj . *_i_j J. oJLJ' >j> ^XU JJ
îYl. ^ ^U_iï! *i. lJ-^3 ULU^I l^jl i-Li
W
1271
a_a L^
650
COURS
L V. - LETTRE ECRITE PAR UN HABITANT DE BONE
A UN HABITANT DE CONSTANTINE
I
DE LANGUE ARABE
651
LV
TU WSCRIPTION
c
-x. Uus-^l ,..UV . r ...., r x_l' ï t -*^ Ll _-^ j* U
.1 , !
._j , t
LL
l_£_^_j *.. ^_jj_j
iJ! J_^J
i ,
652 cours
traduction des textes manuscrits precedents
Il Lettre du Hamadar de Zanzibar
TRADUCTION LITTÉRALE
A la seigneurie de notre ami le très noble, el notre
trésor très respecté, l'ami excellent, le très honorable
capitaine. Que Dieu le conduise dans le chemin de
ceus qui sont bien dirigés ! — Votre auguste lettre
nous est parvenue, et nous avons compris ce qu'elle
renferme. Nous avons été réjouis d'y apprendre voire
état de bien-être el de santé à peu (Texceptioni près.
Vous nous mandez, au sujet de quelqu'un de chez
vous que des soldais l'ont empêché d'entrer dans le
koul (espèce .le citadelle) ; soyez bien persuadé, notre
ami. que je n'étais pas présent ; j'étais profondément
endormi, et personne ne m'a parlé d'eux. Si j'avais été
informé, ils ne seraient pas revenus sans l'accomplis-
sement de ce dont ils avaient besoin, s'il plaît à Dieu
(s'il eut plu à Dieu), soyez bien convaincu de cela et
n'en concevez aucun souci, car vous pouvez attendre
de notre pari tout ce qui pourra vous plaire et vous être
agréable ; la position est une, nos relations sont paci-
fiques, et il n'y aura pas de distinction s'il plaît à Dieu.
Quant à h'afi (nom du chef des Wakamba), "le voici
qui vient vous trouver (à votre bord) avec deux de ses
femmes et trois personnes des siens ; le jeune Moslafa
Ramzar Rachiran l'accompagne. Par un effet de votre
bonté, ne les retenez pas longtemps auprès de vous,
que h'iiji a beaucoup d'occupations, et ce n'est
même pas sans quelque préjudice pour nous qu'il a pu
se rendre auprès de vous, l'ouï' le Chaïb el-Manika (?)
DE LANGUE AR^BE 653
il n'est pas encore arrivé. Lorsqu'il se présentera, nous
vous en préviendrons, s'il plaît à Dieu, soyez-en assuré.
Nous vous avons écrit sur le verso de voire écriture
(lettre) parce que nous n'avons pas de papier semblable
à celui-ci, et nous espérons de votre obligeance que
vous voudrez bien nous en donner. Restez constam-
ment dans un état prospère ! Présentez nos compli-
ments à tout votre monde, et de notre part spéciale
à tous les amis.
Écrit de la part de votre affectionné, l'humble Hama-
dar Tandjaia. -- Vendredi.
Le style arabe de cette lettre et de la suivante indique par sa
forme et ses expressions l'influence d'une langue étrangère, quoi-
que part certaines constructions inusitées, mais faciles à compren-
dre, il soit assez simple. Les peuples de ces contrées étudient et
parlent l'arabe pour la plupart, mais ils ont un idiome particulier,
qu'ils écrivent avec les caractères de l'arabe et que l'on nomme
souâh'ili sur la côte de Zanzibar. Ces textes m'ont été donnés par
M. E. Vignard, qui les a rapportés de la station des mers de l'Inde,
dont il faisait partie.
LU. — Lettre d'un sultan indien
TRADUCTION LITT É Et A L E
Au nom du Dieu clément et miséricordieux, à la sei-
gneurie (de nos amis — ces mots sont rayés) d'entre les
Français. Ensuite : ce que je vous ferai savoir, (c'est
que nous avons reçu — mots sous-entendus) votre lettre
et nous avons compris ce qu'elle renferme de détails.
Néanmoins, troupe de Francs, si vous voulez nie ren-
contrer, suivez mes gens, car j'ai envoyé vers vous
avec promptitude et pour apporter des facilités. Sortez
avec mes gens et toute la troupe, parce que j'ai donné
des ordres afin qu'ils vous guident dans la ville.
COUKS
Par la vérité de Dieu, de Dieu {répété par respect),
cette lettre) rst émanée de la main du sultan Youcef
ben Cheikh Mahmoud. (Il vous fait de nombreux saints,
d'un nombre égal à celui ides versets) du Coran. (Suit
la désignation des personnes qu'il a envoyées.)
La dernière phrase de cette Lettre, renferme, au lieu d'une des
formules de bienséance que le style épistolaire arabe exige, un
mple de ces injures cauteleusement détournées que les Musul-
man- les plus fanatiques s'étudient a glisser dans leurs lettres
is aux Chrétiens. Ces subtilités ont pour but de ne pas
profaner envers des infidèles, des souhaits dont les Musulmans se
croient seuls dignes. Pour un lecteur étranger a ces moyens assez
rép substituer une injure a une politesse, le texte de cette
phrase semble contenir ces mots : ^\ = JL)\ )a»j ^lo ;:*. Lo^L**> „>iL*J-«*o
- saints aussi nombreuse que les versets les mots
<s lettres) du Coran — Mais si l'on réfléchit qu'aucun bon
musulman ne doit mentionner en vain le Coran, surtout a celui
qui n'en fait pas sa loi, et si l'on observe que le style de cette lettre
est loin d'être même poli, et qu'a la deuxième ligne le mot amis a
lyé, on est amené a examiner l'écriture, et l'on découvre faci-
lement que le texte (p. 646) ne porte pas en réalité: Lo\L«*} j^SL^X^o
mais bien les mots : L-c\L*o ,o_5LoL*o (qu'il oous inflige des désa-
dont l'aspect est presque le même,
explication n'est ni légère, ni gratuite : elle repose sur îles
- assez nombreux, et dont l'un îles plus communs est cette for-
mule que l'on rencontre quelquefois : ^J^.J\ ç^o\ ^^ ^s. ? \U*J\
qui le salut soit sur celui qui marche dans la odie orthodoxe ! au
lieu de l'expression directe 7'" le sain! soit sar cous .' i*X*Jl« a^U*J )
LUI. — Soumission de la tribu des Zoug Zoug, a M. le général
Changarnier
TRADUCTION LITTÉRALE
Au chef des troupes, le général Changarnier. Salut
sur vous. Ensuite nous vous envoyons notre écrit, et
nous serons vos serviteurs attachés à Dieu et à vous;
iKHi- serons fidèles envers vous dans notre service
auprès de vous, el nous demandons l'autorisation de
DE LANGUE ARABE li.i.i
nous rendre dans la circonscription des Oulâd Ayad.
parce que leur territoire est le nuire. Vous nous donne-
rez votre Aman (garantie de sécurité] et vous nous
donnerez un titre de considération (des fonctions)
auprès de vous. De la part de ceux au nom desquels est
écrit le présent, la tribu des Zoug-Zoug [] (ou mieux,
leg-Zeg).
LIV. — Déclaration reçue et rédigée par un cadi
TRADUCTION LITTÉRALE
La présence de l'écrivain de ceci — que Dieu le pro-
tège ! — Et que Moulai' Hàchem a porté devant nous en
déclarant : et qu'il était autrefois en procès au sujet de
trois propriétés, et cela el-Cha'ba, el-Hammâm elel-
Barkoukiya près d'El-Mahdi. Et quant à la terre el-
Hammariya, située à Tlemcen, et qu'elle était une pro-
priété à nous seulement; elle fut prise pour I* 1 gouver-
nement autrefois, et il n'est pas tombé de sa part ; —
une déclaration. Et que les trois endroits, le gouver-
nement les a pris ; et s'il est tombé de lui, c'est qu'il
est revenu sur sa décision. — Ou par oubli ou par
erreur. Sur cela l'appel en témoignage a eu lieu et la
déclaration de Moulai' Hàchem.
Et sur cela, l'écrivain de ceci a constaté et enregistré
le 13 Djoumàdà premier de l'an 1271.
Je donne ici cette pièce informe, qui a un caractère d'authenticité,
afin de démontrer l'inconvénient d'études insullisantes pour traiter
des affaires sérieuses. Si je l'ai traduite mot à mot. ce n'est pas
seulement pour être plus exact, mais surtout parce que les détails
en sont présentés, par ignorance du style, d'une manière tellement
illogique et confuse, qu'il m'eût été impossible de les ramener à
(1) Tribu arabe au sud de Miliana en Algérie.
656 COURS
la précision d'une traduction régulière. — la première condition-
DE rOUTE rRADUI riON l-l l 'INTELLIGENCE des IDÉES DU TE\ I I .
On rencontre assez souvent encore aujourd'hui, des écrits sem-
biables à celui-ci, destinés à établir authentiquement des faits-
intéressant l'Etat ou les particuliers. Un traducteur éclairé et
prudenl n'y voyant rien de précis, s'abstiendra de conclure: mais
un interprète timide ou inexpérimenté déterminera, par son ima-
gination ou par des renseignements plus ou moins exacts, un sens
qu'il est matériellement impossible d'y trouver. L'interprétation de
tels écrits ne peut être qu'arbitraire, et ne sera jamais l'œuvre des
gens qui comprennent la responsabilité morale d'une traduction. —
Il faut dire a la louange des cadis de l'Algérie, qu il se trouve parmi
eus 'les personnages fort instruits, et qu'ils ne sont pas tous au
niveau de l'auteur de l'écrit ci-dessus.
IV Lettre écrite par un habitant de Bône a un habitant
de Constantine
TRADUCTION LITTÉRALE
Louange au Dieu unique. Que Dieu répande, ses grâces
sur notre seigneur Mohammed. — A la date du 26
redjeb. — Ensuite : la réponse (lettre) est adressée à
nos honorables, très glorieux frères, qui sont l'objet de
toutes nos intentions (pensées), le sid Aïça ben Vahya,
sid Amar ben Kacem, et sid Yahya ben Saïd. — Que les
saints soient sur vous au nombre de mille, ainsi que
mille souhaits. Ensuite : votre chère lettre nous est
parvenue dans (pan la poste ; nous l'avons lue et en
avons compris Ja totalité ; — Nous y avons trouvé le
profil de la santé de votre corps (personne) et (l'avis)
• le votre bien-être. Louange à Dieu! — Nous vous
in formons au sujet des fusils ; il a expédié à cause
d'eux l'homme que vous avez mentionné. Quant au
pistolet, nous n'en avons pas vu (de traces). — Quant
i ce que vous dites au sujet d'Ibrahim, le voici qui
vient vci- vous à pied, conformément à sa parole du
jour '!•• la date (d'aujourd'hui même). .le vous en pré-
DE LANGUE ARABE 657
viens pour que vous nous donniez de ses nouvelles.
Salut.
Je n'étends pas plus loin ces textes ; leur présence ici
n'a pour but que de faire comprendre et de permettre
d'appliquer tous les principes établis et démontrés dans-
ce livre. J'ai taché d'approprier ces morceaux, dans le
choix de leur variété, à tous les faits de l'usage et de la
littérature. J'espère que les personnes laborieuses y
trouveront une direction sûre et positive au milieu des
champs immenses de l'étude, de l'observation et de la
pratique.
DE L ECRITURE DITE KERCHOUNI
Le mot persan ^— t ..Myerchoùnî désigne l'application
des caractères syriaques à récriture de l'arabe. Le Ker-
choùni est usité en Syrie chez les Chrétiens maronites,
spécialement pour la transcription de la Bible, des
Évangiles et des livres de la liturgie. Je me borne à
mentionner ici ce genre d'écriture, qui est fort connu
d'ailleurs, et partout exactement représenté. Son appli-
cation restreinte, et toute en dehors de l'objet de cet
ouvrage, m'excusent de ne pas m'y être arrêté.
DE L'INTERPRETATION ORALE
L'interprétation orale, comme la traduction écrite,
exige d'abord l'intelligence des idées, et un usage facile
et spontané des mots et des formes du langage suivant
ses diverses applications C'est une très grande erreur
que de penser transmettre des idées par l'intermédiaire
de celui qui ne peut les comprendre, qui n'a pas assez
de pratique pour les exprimer, ou que l'on ne croit pas
devoir suffisamment initier aux choses qu'elles concer-
658 cours
nent. On peut moins encore interpréter oralement mot
à mol, comme on l'exige quelquefois, que traduire par
écrit mot à mot. La construction et les figures étant
différentes dans chaque langue, on s'expose, en inter-
prétant mot à mot, non seulement à n'être pas compris,
mais encore à se montrer étrange ou ridicule, et à dire
en certains cas, tout autre chose que ce qu'on doit
exprimer. Que penserait par exemple, un étranger
auquel nous traduirions mot à mot dans sa langue :
Comment vousporte&rVOUS? Que dirions-nous si l'on
rendait en français avec la même précision technique:
Hou) do you do ? Quelle serait en d'autres langues la
valeur de nos locutions : partager un avis, — faire su
cour, -- rompre son ban, — porter une nouvelle, etc.?
L'interprétation orale ne doit être que la transmission
des idées arec leurs nuances, le plus directement et le
plus simplement possible. Lorsqu'elle s'applique à des
idées complexes et au-dessus des faits ordinaires de la
vie matérielle, elle demande une solide instruction,
beaucoup d'expérience, et une intelligence pénétrante
et rapide. On pense à tort que tout individu quelconque
peut interpréter toutes sortes d'idées quand il possède
la routine de deux langues dans les bornes des rela-
tions vulgaires. Si l'on réfléchit que parmi nous-mêmes
un homme sans instruction ou sans expérience ne peut
reporter exactement les choses auxquelles il est étran-
ger, on concevra sans peine qu'il est plus difficile de
transmettre les idées dans un autre idiome, puisque,
loin de pouvoir réciter textuellement des paroles, on
doit souvent les revêtir, en les traduisant, d'une forme
qui ne ressemble en rien à l'expression primitive.
FIN
TABLE ANALYTIQUE
Préface de l'éditeur v
Avant-propos de la l rp édition ix
Préface de la l rc édition ... 1
Introduction à l'étude de la
langue arabe 5
Plan d'étude 17
LIVRE I
ÉLÉMENTS DU LANGAGE USUEL
Chapitre premier. — De la
figure et de la prononcia-
tion des caractères 19
Remarques sur l'alphabet. . . 21
Remarques sur le s 21
Articulations analogues dans
l'alphabet arabe 22
Transcription de l'arabe en
caractères français toujours
inexacte 23
Système de la commission
scientifique 2i
Chapitre deuxième. — Pro-
noms personnels 26
Pronoms personnels sujets
(isolés) 27
Pronoms personnels régimes
(afflxes) 28
Pronoms afflxes joints aux
noms 29
Pronoms alîixes joints aux
prépositions 30
De la particule \ . avec les
afflxes 31
Chapitre troisième. — Élé-
ments de la conjugaison... 32
De la racine 32
De la forme 33
Du radical 33
Tableau de la conjugaison
(orale) 35
Application 36
Formation du pluriel dans
le verbe 36
Formation du féminin dans
le verbe 37
De quelques radicaux irré-
guliers 38
Verbes concaves 39
Verbes défectueux 42
Verbes sourds 44
De l'impératif i5
Récapitulation du Livre I er . 46
Les verbes arabes s'énoncent
par la 3" personne du pré-
térit, coin me les verbes
français pari'////'/'///'.. .. 46
Observations générales 47
Détails sur la syntaxe du
langage il
Pronom ou adjectif relatif. . 19
Tournure des idées françai-
ses dans le langage araii ■ ■■
660 i mu i w
Numération usuelle 53
Expressions et locutions fa-
milières 56
Jours de la semaine 56
Division de la journée 57
Heures 57
Locutions familières 59 i
I sercices sur la conjugaison. 62
Interrogation 64
Négation 65
Observation essentielle 67
LIVRE 11
PRINCIPES DÉTAILLÉS DE LA
l EC l II; I
De l'alphabel 70
Alphabet barbaresque 72
Alphabet oriental 73
Sur le » 74
Ponctuation du ^_s et du <_à 74
Voyelles et signes accessoi-
res de l alphabet 74
Tableau des points voyelles 75
Tableau de leur emploi clans
la déclinaison 76
Du tanouin 76
s orthographiques 78
— Leur emploi 71)
De la forme îles lettres 79
Points diacritiques 79
Réduction du nombre des
tères quant à la forme 80
Liaison des caractères entre
eux 80
Chiffres 85
Des lettres représentant les
nombres 86
Des chronogrammes 86
De l'Abadjed 88
De l'Aïk'ach t 90
Des lettres faibles \ _ « _ £. 91
Lettn - de prolongation. ... 91
Ml I l'.'l I
Suppression de l'I de prolon-
gation 92
Support du hamsa 95
De l'I d'union 94
Lettres dites solaires et lu-
naires 97
Des syllabes 98
Il ne peut y avoir deux lettres
de suite sans voyelle 98
Analyse des syllabes 99
Observation sur la contrac-
tion des lettres 101
Du son-voyelle bref.. . . ..102
L'articulation des consonnes
mllue sur la nature du
son-voyelle 102
I m ne prononce pas toutes
les lettres que l'orthogra-
phe exige 103
Des voyelles longues et de
l'accent 104
La durée du son-voyelle ne
modilie en rien sa nature. 104
Exercices de lecture 105
Tex tes autographiés avec leur
transcription en regard... 106
et suiv. (V. ci-après Table
des textes).
Alphabet hébreu appliqué a
larabe 119
Autre alphabet hébreu rabbi-
nique 121
Nécessité de pouvoir lire
l'arabe écrit en caractères
hébreux 122
Alphabet hébreu du rite aile
inand 123
Écriture, calligraphie, palœo
graphie 124
Nécessité de pouvoir lire
toutes les écritures arabes. 125
Le type du caractère arabe
actuel (neskhl) existait
longtemps avant Mahomet. 127
Importation du caractère
neskhi 128
Caractère coulique 129
TABL1 \N
L'alphabet arabe ne conte-
nait jadis ijue 22 lettres,
classées suivant l'ordre
hébraïque 130
Principaux genres de l'écri-
ture 131
Des procédés de l'écriture
arabe 134
Pièce de vers d'Ebn-el-Baw-
wâb sur les procédés de
l'écriture 136
Observation sur l'écriture
hébraïque 1 iO
De quelques signes accès
soires employés dans l'écri-
ture 140
La lettre > en quelques loca-
lités est souscrite d'un
point 1*1
Types divers du caractère
arabe 142
Transcription et traduction
des textes de la lecture et
de l'écriture 169
LIVRE III
ÉLÉMENTS DE LA GKAMMA1RE
Chapitre premier. — Prin-
cipes fondamentaux- 225
§ I. Aperçu de la langue
arabe dite littéraire et vul-
gaire 225
La langue arabe est soumise
aujourd'hui aux mêmes rè-
gles qu'au temps de Ma-
homet 225
Motifs des Européens pour
diviser l'arabe en deux
idiomes : inexactitude de
cette division 226
La pratique et la théorie ne
forment qu'un tout 228
§ 2. De la Grammaire 229
Nécessité absolue de connaî-
tre les indices grammati-
caux 229
§ 3. Des parties du discours. 23(1
§ 4. De la Racine 230
W 1 I [Ql !
Incompatibilité de certaines
lettres
§ 5. De la Forme
§ 6. Manière d'exprimer la
Forme
Nom technique des trois
lettres de la racine
§ 7. Des lettres formatives..
Mots techniques où elles sont
réunies
Chapitre deux:
verbe en général . . .
Du
§ 1. Notions préliminaires. . .
Il n'y a qu'une conjugaison.
On distingue la coi.r active
et la voix passive
Il n'y a que deux modes....
Deux genres et trois nom-
bres
Il n'y a pas d'infinitif
Toutes les personnesdu verbe
sont formées de la 3 e sing.
masc. du prétérit
La l re pers. ne distingue pas
les genres
La 2" pers. au duel ne distin-
gue pas les genres
Définition du verbe primitif. .
Définition du verbe dérivé . .
Manière d'indiquer la conju-
gaison d'un verbe
§ 2. De la conjugaison
Tableau de la conjugaisondu
verbe primitif actif
Signes caractéristiques
Remarques sur la voyelle de
la 2 radicale du verbe pri-
mitif
Le duel et le pluriel se for-
ment du singulier corres-
pondant
§ 3. Voix passive. - Type
technique
§ L Des divers temps de l'ao
riste —
es de l'indicatif
661
231
232
232
233
234
234
235
235
2:i5
236
236
236
236
236
236
237
237
2:::
237
237
238
2.H
241
241
212
i wu i \
tères du subjonctif ou
futur antithétique 242
Tableau de l'aoriste sub
... 2V:î
Caractères de ■■ - 'oncli
243
lu de l'aoriste condi-
tionnel 254
Il est mssi nommé aoriste
_ i.'i
Impératif. — 11 se forme de
l'aoriste conditionnel 245
Tableau de l'impératif 2it>
-t.'- énergiques ou r •
quvs. — Leui - carac-
s 246
m de l'a tJi
«pie Lourd :S7
Tableau de l'aoriste léger... 2i8
g 5. Adjectil \ erbal ou pari i-
du verbe primitif ... 2i9
ctif verbal ou participe
du verbe dérivé 2i9
i 6. l 'u nom verbal ou d'ac-
tion 250
g 7. Du verbe dérivé 251
Tableau des dix premières
formes du verbe, avec leur
nom verbal -'>-
Les noms ■> erbaux sont décli
nables 254
Signification el applica
tion des formes du \ erbe.. 25i
i et II forme 254
lil et IV forme 2. r >.">
V forme 256
Vf, VII et VIII" forme. ... 257
irme 258
§9 Du \ erbe quadrilitère. . 260
!>•■ quelques expres-
- verbales 260
ii if 260
■ ou de
blâm 261
• ou formule d'admira
ti'iu 261
\i i i I'.m i
Chapi i i;i 1 ROI8I1 ME. D ■<
mois dits irréguliers 261
Presqne toutes les irrégula
rites viennenl de la prôsen
ce dans une racine du \,
du a ou du ^ 261
Elles onl pour but de conci
lier l'euphonie el l'ortho-
graphe 261
§ 1. Causes de la suppres
sii i du changement des
letl re> faibles :
l 'remière c mse A 262
l 'eu \ ième cause B 262
! sièmc cause C 263
Quai riènie cause D 264
Cinquième cause E 265
5i i ième cause F 266
Septième cause G 266
Application de la 7'' cause.. . 267
Tableau des principales dit'ti
cultes orthographiques. . . . 268
£ 2. Des verbes irréguliers.. 273
Ils n'ont pas d'autres irrégu-
larités que celles qui affec
tent en certains cas tous
les autres mois 27iS
Classification des verbes irré-
guliers 27 i
i .u \ri i RE QU \ rRXÈME. — Du
nom 279
Les Arabes comprennent
sous cette expression, le
substantif, 1 adjectif et le
pronom 279
.Sec//,,// première. 280
§ 1. Du substantil ou du nom
primitif 280
Du nom dérivé 2S1
£ 2. Principales espèces de
mots dérivé s :
l. Nom verbal nu d'action... 282
Formes dix erses ou d'action
du verbe primitif 283
Le nom verbal gouverne
comme 1" verbe - s '->
TABLE W
II. Noms ue temps et de lieu.
— Leurs formes 284
III. Nom d'instrument. —
Ses formes 2S ^
IV. Noms ou adjectifs de
métiers. iV. a<lje>-i -
V. Noms d'unité V. du sin-
gulier .
VI. De quelques autres for-
mes spéciales de noms. . . . 285
Section deuxième. De l'ad-
jectif 286
Diverses espèces d'adjectifs. 286
§ 1. Adjectif verbal (participe 286
A la voix active il peut indi
quer une action future. . . . 287
A la voix passive il indique
une action faisable 287
S'emploie souvent comme
nom 288
§ 2. Adjectif qualificatif. 288
Se place après le nom qua-
lifié 288
Ses formes ordinaires 288
Adjectifs de métiers uu d'in-
tensité 289
Adjectifs de couleurs et de
particularités physiques... 289
Formes diverses d'adjectifs.. 290
Comparatif et superlatif.... 290
Applications 291
Orthographe du raot «^.. 291
§ 3. Adjectif relatif ethnique
ou patronymique 291
11 a pour signe le ^ final.. . -l'-
Autre terminaison de cet
adjectif - ( .»-J
Section troisième. Des diver-
ses conditions des noms et
des adjectifs 294
§ 1. Du diminutif, son usage 294
Sa forme
§ 2. Du genre 296
Noms féminins par significa-
tion 297
\mi"i i
Noms féminins car terminai-
son
Signe ordinaire du féminin
Féminin des adjectifs de cou-
leurs • 298
Féminin des adjectifs com-
paratifs 298
Formes d'adjectifs servant
pour les deux genres. . ..
\I< its arbil rairemenl féminins
Mots - aux deux
genres 300'
Mots féminins différents de
leurs masculins 300
i :i. I >es trois nombres 300
Du -singulier 300
Des noms d'unité et d'espèce. 301
Du duel .. 301
rmiriaison caractéristi-
que 302.
Du pluriel 303
Les pluriels arabes rang* -
ileux cla-ses 303
Les pluriels positifs sonl ceu s
qui ont une forme et une
application spé ;iales 304
Pluriel par terminaisons.... 305
Pluriel régulier
Pluriel irrégulier
Pluriel par l'intercalation de
Y\ 305.
Pluriels spéciaux de certains
adjectifs 305
Pluriels des noms de trois
: ttres
Application des espèces de
pluriels positif
Pluriel des pluriels positif. J 1 "
Tableau du rapport des plu-
riels positifs avec les sin
guliers, et réciproquement
Les pluriels arbitraires sont
ceux qui n'ont pas uni- Eor-
me spéciale, ou dont l'ap-
plication 1 1 ' < — - 1 pas rigou-
reusem snt déterminée 315
Liste des pluriels arbil ràii -
I Mil I \\
Pluriel,- insolite- 319
S > l >e la déclinaison el des
320
Noms des cas 320
Déclinaison de l'aoriste 321
La déclinaison a trois infle
xions ' ! -l
Application 321
Le tanouîn indique les mots
indéterminés 321
Des mots diptotes 322
Ils ne prennent jamais le
tintouin 322
ssentiellemenl diptotes 323
Mu!.- indéclinables M
Déclinaison du duel 325
I déclinaison du pluriel mas
culin régulier 325
Déclinaison du pluriel fémi-
nin régulier 325
Le pluriel régulier est formé'
par le changement en lon-
gues des désinences brèves
du singulier 326
Le o final du duel et du
pluriel se retranche devanl
des noms 326
\l tsqui >e déclinenl avec les
lettres de prolongation. .. :!27
Mots qui se déclinent double-
ment 32'
-Comment les Arabes dési-
gnent les mots déclinables
et les indéclinables 328
" quatrième. Numéra-
tifs 328
^ l. Numératifs cardinaux. . 328
Les m mus de dizaines sont des
noms il 'unité mis au pluriel
lier masculin 328
l 3 numératifs cardinau x
inables de onze
à dix n. ut 329
Unités jointes aux dizaines.. 330
Centaines 330
Mille et million 331
Syntaxe du numératif cardi-
nal !
\l ï l 1Q1 1.
Par exception, le s est le signe
du masculin dans le nuiné
rat if cardinal 332
Le numératif se place quel-
quefois après le nom 332
— Cela a lieu surtout pour le
mot i>a»\j signifiant un seul 332
Le mol i*jL3'l employé pour
corroborer l'idée du duel.. 332
Application des numératifs
cardinaux 333
Dates 335
§2, Numératifs ordinaux.... 335
I ls uni la forme du participe
actif. du verbe primitif.... 335
Table des numératifs ordi-
naux 336
Quantièmes des mois 338
Us s'indiquent par le nombre
des nuits passées ou res-
tantes 338
Le mois partagé, pour les
dates, en trois périodes ou
tiers chez les Barbaresques 339
On exprime aussi le quan-
tième du siècle 339
Concordance des années mu-
sulmaneset des années chré-
tiennes, et réciproquement. 341
Explications 3 4-2
L'ère musulmane date du
16 juillet 622 342
§3. I tes fractions 342
( lommenl on «''nonce et écrit
les fractions 343
Section cinquième. Pronom
personnel 345
Le pronom personnel est sujet
ou régime 345
Pronom isolé ou sujet 346
Pronom affixe ou régime.... 346
Les pronoms affîxes joints
aux noms ont le sens de
nos adjectifs possessifs... 346
I ,e pronom régime doit suivre
son agenl 347
Application 347
ruii.i w
Deux pronoms régis par un
même verbe (ou un même
agent) se placent comme
affixes a la suite l'un de
l'autre
On peut détacher l'ai'lixe en
l'appuyant sur Lj\
Le mot e5"W.^ signifie prends
garde
Moi seul, toi seul, etc
Particularités orthographi-
ques des pronoms
Suppression du ^ de la l 10
personne
348
348
349
349
Changement de la voyelle de
l'ainxe de la 3 e personne.. .
— N'a pas lieudans la seconde
Le f des affixes pluriels de la
2 e et de la 3« personne peut
prendre une voyelle
Une voyelle peut remplacer
le - final
Causes de cette substitution.
Le s de silencu ajouté aux
affixes
Le « intercalé par euphonie
entre une 2 e personne du
prétérit et un affixe
A lieu aussi après *£ de la
2 e personne
Toute personne du verbe ren
ferme un pronom
Signes des pronoms dans le
verbe
Section sixième. De l'article
déterminatif et de l'article
démonstratif
349
350
350
351
351
352
352
353
353
353
354
354
355
L'article déterminatif con-
siste dans le J)
Article démonstratif
Signes de l'éloignement
Assimilation du ^d'éloigné
ment à l'affixe de la 2 e pers.
La particule La précède sou-
vent le démonstratif
356
356
356
356
VLYTIQI 1 lit',.',
L'article déterminatif ne se
joint pas à un nom suivi
d'un al'lixe 357
Il s'emploie aussi bien avec
l'adjectif qu'avec le nom
qualifié 357
Les lettres ^J\ sont souvent
pour ^3J\ 357
Syntaxe de \3 ou \jofc 358
Section septième. Mots con-
jonctifs 359
Adjectif conjonctif ^3J\ (re-
latif) 359
Il doit toujours se rapporter
à un nom déterminé.
Exemples 360
Il suit toujours son antécé-
dent 361
Il ne subit l'inlluence d'aucun
agent 362
Pronom de ra/>/>cl 362
Le relatif ^J^\ suivi d'un
pronom personnel isolé .. . 362
— 11 ne peut s'employer avec
un mot Indéterminé....... 362
Ce que les Arabes nomment
àU.-o ou proposition con-
jonctive 363
Le, mot ,$3J\ employé com-
me /M<m indéfini 363
— Il se dit quelquefois des
choses -loi
— Réduit souvent à J\ 364
— Employé devant toutes
sortes de mots ::iii
Conjonctif I ^a énonciatif et
interrogatif 366
Conjonctif Lo ne se rapporte
qu'au \ choses 367
Conjonctif,^ essentiellement
déclinable 368
Ce que les Arabe» appellent
mots indéclinables 370
I il W'I I RE cinquième.— De la
particule :!71
13
666
I Mil I \\
l leaucoup d'expressions pré
positives . adverbiales el
conjonctives, sont formées
par des noms
des particules et des ex
pr — iions prépositives, etc.
Chapitri sixième. /
technique des formes . .
rable 1 . Formes spéciales du
\ erbe :
Voix active- V . t rilitère . . .
Voix active. ■ V. quadrilitère
Vois passive. V. trilitère
Voix passive. V. quatriH-
371
372
379
381
333
tère
Table II. Noms d'action du
verfJe dérivé
rable II. Noms d'ael ion du
verbe quadrilitère
Table 111 . Formes 'le- adjec-
tifs a erbaux :
Voix active. - V . trilitère . .
\ "i \ active. — V. quadrilitère
Voix passive.- V. trilitère.
Voi s passive. — V. quadrili
turc
Table IV . Formes spéciales
des adjecl ils qualificatifs . .
Table V. Noms >l action el au
très, dérivés du V. primitif.
rable VI . Formes spéciales
de pluriels, avec leur cor-
- pi mdance aux singuliers
Talil'- VI I Rapport des sin-
liers avec les pluriels
385
386
389
10
392
393
394
395
.'.'.'7
V 12
t05
LIVRE IV
SYNTAXE
La phrasèoloijie el la nynta ce i. 1
Chapi i i: i i*i-. i . m 1 1 u. — De la
■< nl,r 412
I ,es \ rabes ne i ec< mnaiss ml
dans la proposi i ion qui
sujet el l'attribut il2
Le Biijel se place avant l'attri
but H-i
un 1QI E
Elément divers - de l'attribut. il[>
Le verbe s'exprime ai ant le
MIJcl H6
Le régime se met après le
sujet L16
Le verbe commence généra-
lemenl la pbrase 116
I ,( \ erbe précèdent son sujet
n est pas tenu île s'accorder
avec lui ils
Les \ rabes considèrent les
pluriels comme des noms
singuliers féminins de col
lection 419
Le verbe après son sujet, s'ac
corde avec lui 119
accord du verbe, de l'adjectif
et du pronom au singulier
féminin avec les noms <>e
collection 420
Les régimes se placent immé
diatement a p rès leurs
agents i-_
Observation sur la syntaxe
du nom 423
Pbrases ne commençant pas
par le verbe 423
A défaut du verbe. la particule
(•jl doil précéder le sujet
de la proposition VU
Termes circonstanciels 128
Quelques prépositions et ad-
verbes français exprimés
en arabe 129
Tout nom indiquant une cir-
constance de temps, d'état,
de lieu, etc., est à l'accu-
satif • 131
Exemples de divers termes
circonstanciels 431
Du mot .~o 435
V ' .- .
L^S • ,yO JKSL1 ^j.^3 437
Exemples de termes circons-
tanciels il état 138
Termes circonstanciels indi-
quant la manière, le motif,
la substance, ele 145
I IB1 I \\
Expressions elliptiques ou
métaphoriques t\>l
Tout substantif placé sous
l'influence <l'uu agent sous
entendu est a l'accusatif.. i. r >.")
Classification des termes cir-
constanciels par les Arabes t55
Nom verbal 155
Nom de temps 456
Nom de lieu 456
Nom d'état t56
Terme spécificatif 456
Nom du motif 156
Attribut de ^,£ 156
Attribut de ^^J.^à 157
Formule d'exception 157
Vocatif 457
Complément acec lequel 157
De l'expression de la totalité
et de l'individualité (tout,
toute, lui-même, lui seul).
Nommée par les Arabes
cor roboratif
Manière d'exprimer l'idée de
la totalité
— Idée de chaque
Idée absolue de la totalité
De l'individualité, de la per-
sonne
CHAP1TB I ni UXIÈME.
taœe <ht cerbe
Syn-
Valeur et concordance des
temps
Tout verbe au prétérit ou à
l'aoriste, servant de complé
ment à un autre verbe,
équivaut pour nous à un
gérondif ou participe passé
ou présent
Le verbe dans cette coud il ion
fait fonction de terme cir-
constanciel d'état
V m El i;s m pré i mut :
l'articules conlirmant au pré-
térit le sens du passé
i.i ,
457
( ;.s
459
t59
460
ICI
,lil
402
i62
162
VLYTIQUE lil'u
Mots qui lui donnent le sens
du présent absolu ou du
futur 463
Le prétérit employé comme
optatif m
Principales formules adop-
tées dans la mention de
Dieu , de Mohammed, des
prophètes et des saints per
sonuages i64
Le prétérit employé par éner
gie pour le présent i65
Le verbe au prétérit placé
sous l'influence d'un verbe
au même temps, équivaut
à notre plus que-par fa il a
Vindicatif 466
Valeurs de l'ai iristi :
A Vindicatif \\ indique géné-
ralement le temps futur. . . i66
Il indique aussi le présent
absolu 467
Gouverné par un verbe au
prétérit, il équivaut à notre
imparfait de l'indicatif. ... 167
Aoriste subjonctif. — Parti-
cules après lesquelles on
l'emploie ■ .' 168
Les particules du subjonctif
nommées ^~-v^U— ^— ^ 170
Aoriste conditionnel ou apo-
cope i-70
Marque le présent absolu ou
le tutur 470
Marque le temps passé i7(l
Marque l'ordre ou la défense. i70
Les particules nommées
?; U-4-l tTii
Exemples de son emploi pour
le présent ou le futur. . . i-7 1
Exemples pour le tem'ps fiasse 472
Exemples pour l'ordre ou la
prohibition f 7::
Aoristes énergiques. - Leur
emploi i-7 i
Le ^ de l'aor. énerg. léger
assimilé au tanouin 17..
Propositions conditi telles. 17.".
176
476
(>6S i \i.i
Les \ rabes regardenl comme
conditionnelles toutes les
propositions conjonctives,
împéral ives et prohibitives.
La phrase conditionnelle a
ilrux éléments
Elle se rapporte au passé
ou au futur 476.
Elle esl dubitative 176
Valeur de J "t tic \ i77
t. a particule J employée
dans la deuxième période.
Emploi de o^ ''ans la con-
dition
Exemples de phrases condi-
tionnelles
I \N M 1 1 |U| |
Valeurs de
Valeurs de
Le nom d'action et l'adjectif
verbal gouvernent comme
le verbe
Le mot indiquant une action,
et le verbe qui exprime
l'idée de la faire sont tirés
de la même racine
Chapitre troisième. — De
quelques •■lasses de cerbes,
d'après les a rabes
I <jj £ et ses analogues
II. Verbes de commencement.
III. Verbes de cœur, ou de
la pensée
- Leur syntaxe
Nommés : les analogues
IV. Verbes de louange, de
blâme et d'admiration
Verbes «l'approximation
Exemples
VI . Noms de verbes
Exemples
i7s
478
179
481
282
483
483
483
184
484
184
185
485
486
486
187
< m mm i i- 1 Qi \ i B m mi . Syn-
ln.ri- et râleurs des parti-
cules principales
l outes les pré positions,
comme les noms, gouver-
nant au cas indirect
iSS
1KS
Valeurs de
Valeurs de
Valeurs «le
Valeurs de
Valeurs de
Valeurs de
Valeurs de
Valeurs de
Valeurs «le
Valeurs de J>\-<^-C^-o) 4 "
Ces dernières particules font
partie d'une série nommée
O^ CjW^-\ 500
Pronom d'état LiJ\ j^o 500
O^ du récit 501
Particule J^s 502
Emploi et valeur de Lo 502
Syntaxe du Vocatif 506
Syntaxe des particules de
l'Exception 507
Syntaxe des particules de la
Négation 507
De l'interrogation et de l'al-
ternative 508
Particules d'interrogation... 508
Du Permutatif 509
Ohservations sur l'analyse
logique ... 510
Syntaxe virtuelle 510
De l'usage des dictionnaires
arabes 511
Manière de chercher les mots
dans les Lexiques européens 511
— Dans le k'âmoûs 511
De la traduction 512
TABLE AN
LIVRE V
N T 1 N S É L É M ENTAIRES
DE LA PROSODIE
Des rythmes 513
Utilité de la connaissance des
éléments de la prosodie . . 513
La prosodie arabe peut être
ramenée aux longues et
aux brève* 513
De la quantité 514
Syllabes longues 514
Syllabes brèves 514
Valeurs prosodiques des di-
vers signes orthographi-
ques 514
Les longues et les brèces
marquées comme dans la
prosodie latine 515
Manière de déterminer les
longues et les brèves 516
Des pieds 516
Éléments des pieds d'après
les Arabes 517
Lee pieds sont technique-
ment désignés par un terme
grammatical représentant
une quantité identique à
eux-mêmes 51?
Pieds réguliers ou primitifs. 518
Mètres ou rythmes fonda-
mentaux 519
Les mètres se composent de
deux hémistiches 520
Ils se divisent aussi en trois
ou quatre parties 520
De la rime 520
Noms qu'elle prend suivant
sa forme 521
Altérations des pieds et des
mètres primitifs 521
Exposé des principales alté-
rations 522
Manière d'énoncer technique
ment une valeur prosodi
que --
Comment on détermine le
mètre d'un vers 523
\LYTIQTJE
669
Pour scander un vers 524
Les divers peuples musul-
mans de l'Asie suivent les
mêmes principes de versi-
fication 524
Renvois aux vers de diffé-
rents mètres cités dans
cet ouvrage 525
Observation sur l'unité de la
langue arabe 526
LIVRE VI
DU LANGAGE ET DE SES l)I\LECTES
La démonstration des faits
du langage ne peut établir
ni une grammaire, ni une
orthographe 527
Elle n'est que la constata-
tion de la manière d'écrire
de ceux qui n'ont pas d'or-
thographe 531
Chapitre premier. — Carac-
tères spéciaux du langage
comparé à la langue régu
Hère 532
La différence principale rési-
de dans la simplification
des lois grammaticales '<'■'•'■'
Des syllabes dans la pronon
ciation usuelle 535
Chapitre deuxième. — Par
ticularités grammaticales. 537
Du verbe et du participe 537
Application des formes du
verbe 53"ï
Transcription des exemples. 540
Concordance du verbe Iran
çais avec le verbe arabe. . . 541
Valeur relative du prétérit
arabe 541
Valeur de l'aoriste 542
11 n'y a pas d'infinitif en arabe 543
En nous exprimant en arabe
nous sous-entendons sou
vent notre conjonction que. 543
Temps relatifs
Observations sur le présent. 545
I> 70 rABLE ANALYTJQ1
Des phrases conditionnelles. 546
< Ibservations sur le sub-
jonctif .'liS
De noire infinitil rendu en
arabe 549
De quelques \ erbes spéciau s 551
Du verbe .) l ; Lo, ou de l'ex
pression encore '■ 53
De L'idée itérative 555
Du verbe faire l'aire 555
Exercices sur les verbes.... 556
Transcription des exercices. 562
Chapitre rRoisiÈME. — Du
nom, et de l'acljectij 56 i
Noms primitifs 564
dérivés 565
Noms de temps, de lieu el
'1 in&trumeni 566
Noms de métier, d'habitude
ou d'intensité 566
Noms abstraits de couleur ou
de qualité 567
adjectif \ erbal 568
Adjectif qualificatif 56s
adjectif de couleurs 569
Adjectif de particularités phy
siques 570
xiljt'i-iii relatif 570
Adjeclif indiquant les cou-
leurs el les nuances 571
Du genre 572
Le signe du féminin esl le
-"ii final a 572
Du nombre 574
Nom singulier 574
Nom collectif 574
Nom il té 575
Duel 576
Pluriel régulier masculin . . 577
Pluriel régulier féminin 577
Pluriel irrégulier 57S
Pluriel par « 579
Pluriel par \ 570
Pluriels des adjectifs.
Pluriels arbitraires . .
Diminutif
583
585
586
Ch wi i re QUA ri! i ;Mi: . — Des
différentes espèces de /jro
noms
Pronom personnel
Pronom ou article démons-
tratif
Pronom ou adjectif relatif. . .
Pronoms conjonctifs
l 'ronoms indéfinis
Quoi, quoi que
( v qui, ce que, — qui, quel
conque
Qui que ce soit, — chacun,
chaque
Qwlque, un certain, — quel-
qu'un
Quelques-uns, — les uns les
589
589
500
592
592
592
502
593
59.'!
autres
Personne, — une personne. . .
L'un et l'autre, — ni l'un ni
l'autre
Un autre, d'autres
Rien, on, la plupart
Moi même, — par moi même
Moi seul
De l'article déterminatif.. .
593
593.
594
594
594
595
505
595
595
CHAP1 I Kl. CINQUIÈME. — Acl-
cerbes, prépositions, aon
jonctions, interjections, etc. 597
Adverbes 597
l 'répositions 598
Principales prépositions et
locutions adverbiales fran-
çaises rendues en arabe. . . 50S
Conjonctions . 602
Interjections 602
De la numération 603
Remarques sur la syntaxe . 603
Degrés de comparaison 604
Mieuic, meilleur 604
Moins, pis, très, fort 605
TABLE DE
Chapitre sixième. — Appli
cation C06
Sur la rédaction en style dil
vulgaire 606
Légende arabe. 608
Chapitre septième. — Biffé
renées locales ou dialectes.
En quoi consistent les diffé-
rences locales 624
Liste comparée de quelques
expressions locales 629
Anecdote dans le style du
Caire 634
La même en style barbn-
resque 635
Fragment d'un chant arabe
(province d'Oran) 636
Narration de la bataille d'Isly
envoyée du Maroc au Sé-
négal 638
TEXTES (J71
Fragment d'une lettre écrite
par u i . Algérien 640
Phrase française écrite en
caractères arabes 640
Prière musulmane en espa-
gnol, écrite en caractères
arabes 642
Lettre arabe du hamadar de
Zanzibar 644
Lettre arabe d'un sultan in
dien (mer des Indes) 646
Soumission de la tribu Zoug-
zoug à M. le Général
Changarnier 646
Déclaration reçue paruncadi
(Algérie) ' 648
Lettre d'un habitant de Bône
(Algérie) 650
Traduction des quatres tex-
tes précédents 652
De l'écriture dite Kerchoùnî. 657
De l'interprétation orale 657
TABLE
DES
TEXTES AUTOGRAPHIÉS, FAC-SIMILE ET AUTRES
CONTENUS DANS CET OUVRAGE
Frontispice. Titre arabe du licre . « La clef de la langue el des
« belles-lettres, — pour ouvrir les trésors des
« connaissances des Arabes. »
au bas) distique du mètre ouâfir : « Il n'est pas
« d'écrivain qui ne soit sujet au trépas, — mais
« ce que la main a tracé se conserve dans la suc-
« cession des temps
« N'écris donc de ta main que des choses — dont la
ci vue pourra te réjouir au moment de la.résur-
« rection. »
672 i \ni i: DES 1 1-:\ TES
Pages
72 Alphabet barbaresque.
73 Uphabel oriental.
106 1 Écriture andalouse. — Fragment d'un recueil de tra-
ditions. — Transcrit p. 107, traduit p. 169.
Il 11. -llf écriture andalouse. — 1" aphorisme d'Hippo-
crate. — Transcrit p. 107, traduit p. 169.
lus III Écriture orientale moyenne. — Chapitre CI du Coran.
— Transcrit p. 10'.», traduit p. 170.
110 IV Écriture barbaresque élégante. — < ihapitre XCIX
tlu Coran. — Transcrit p. 111, traduit p. 170 et 171.
110 Y Écriture barbaresque usuelle.— Formule épistolaire.
— Transcrite p. 111, traduite p. 171.
112 VI lies lionne écriture barbaresque. — Fragment d'un
commentaire des aphorismes d'Hippocrate, —
Transcrit p. 113, traduit p. 172.
112 VII Très mauvaise écriture barbaresque. — Fragment
d'une lettre. — "Transcrit p. 113, traduit p. 172.
lit YII1 Fac-similé de l'écriture d'Abd-el-Kader. — Fragment
d'une lettre à M. le général Yusuf. — Transcrit
p. 115, traduit p. 173.
116 IX Ecriture des chrétiens de Syrie. — Fragment d'une
lettre. — Transcrit p. 117, traduit p. 174.
110 X Autre spécimen. — Fragment d'une lettre.— Trans-
crit p. 117, traduit p. 174.
ILS XI Écriture juive, caractère ordinaire. — Lettre. —
Transcrite p. 119, traduite p. 175.
121 XII Autre genre d'écriture, caractère rabbinique. — Let-
tre. — Transcrite p. 122, traduite p. 176.
123 X 111 Écriture des juifs allemands.— Lettre. — Transcrite
p. 124, traduite p. 177.
120 XIV Écriture dite himyarite. — Inscription lapidaire. —
Transcrite p. 127, traduite p. 177.
128 X Y Écriture Neskhî du temps de Mahomet. — Fac-similé
d'un passeport arabe sur papyrus. — Transcrit
p. 178, traduit p. 179.
137 Écriture Neskhî d'un bon style. — Poésie sur l'art
d'écrire. — Traduite p. 136 et 138.
142 XVI Fcrituro arabe. tracée par des Chinois. — Caractère
Counque quadrangulaire.— Transcrits et traduits
p. 180 et 181.
143 XVI] Caractère dit Karma tique (Counque orné). — Carac"
tère africain. — Inscriptions de l'Alhambra. —
Transcrites p. 180 et 181.
I \Hl 1 in:s I KMHS
673
Pages
144 XVIII
145
151
XIX
146
XX
147
XXI
148
XXII
149
XXIII
150
XXIV
XXV
152 XXVI
153 XXVII
15* XXVIII
155 XXIX
156 XXX
157 XXXI
158 XXXII
159 XXXIII
160 XXXIV
161 XXXV
162 XXXVI
163 XXXVII
Caractère africain. — Caractère Couhque lapidaire.
— Inscriptions de Grenade (Alhambra) et deTarra-
gone. — Transcrites p. 180 et 181.
Ecriture Coutique des manuscrits. — Verset 210 et
fragment du verset 211 du cliap. XXV.du Coran.
— Traduits p. 182 et 183.
Éléments de l'écriture orientale, caractère Thou-
louth. — Lettres isolées. — Transe, p. 182 et 183.
Suite du précédent, terminé par une phrase. —
Transcrite p. 182 et 183.
Genre d'écriture égyptien. — Fragment de la 38 e
Séance de Hariri. — Transcrite p. 182 et 183.
Caractère Rihâni. — Versets 31 et 32 du chapitre II
du Coran. — Transcrits p. 184 et 185.
Écriture Neskhî. — Les deux derniers chapitres du
Coran. — Transcrits p. 186, 188, 187 et 189.
Écriture Neskhî, d'un bon style. — Les six premiers
versets du chapitre XII du Coran. — Transcrits
]). 188 et 189.
Principaux caractères turcs. — Formule du Toghrâ .
Formule épistolaire. — Transcrite p. 190 et 191.
Autres écritures turques. - Formule épistolaire. —
Vers turc— Maxime. — Transcrits p. 192 et 193.
Écriture persane. Caractère Ta'lik'. — Vers persans.
Transcrits p. 194 et 195.
Ecriture persane. — Fragment d'un manuscrit arabe
écrit en Ta'lik'. — Transcrit p. 196 et 197.
Écriture barbaresque. — Variété. — Trois maximçs
de la Sonna. — Traduites p. 19S et 199.
Autre variété. — Fragment de Sonna. — Transcrit
p. 200 et 20 i.
Maroc. — Fragment et fac-similé d'une lettre du fils
de l'empereur du Maroc. — Transcrit p. 200 et 201.
Variété andalouse. — Extrait d'un manuscrit. —
Transcrit p. 202 et 203.
Alger. — Fragment de la copie d'une procuration
rédigée à Tunis et copiée à Alger. — Transcrit
p . 204 et 205 .
Constantine. — Pièce de vers par le Bey Ahmed.—
Transcrite p. 206 et 207.
Maroc— Morale en vers.— Transcrite p. 210 et 211.
Variété. — Versets 37 à 44 du chapitre III dn Coran .
— Transcrits p. 210 et 211.
1.7 i i un i ni S n M ES
■
16-1 XXXVIU Bône. - Pragmeni d'une Lettre en prose ri mée. —
Transcril p. '21 1 el 215.
\\\IX arabes de la tente.— Fragment de lettre. — Trans-
cril p. 216 217.
\1 Écritures hébraïque ordinaire el rabbinique com-
parées. Même fragment de lettre arabe écrite
dans les deux caractères. — Transcrite p. 218-219.
167 XI. I Autre texte hébreeo-arabe. — Lettre. — Transcrite
p. 218-219.
168 XI. II Variété du caractère rabbinique. — Lettre d'un juif
marocain. Transcrite p. 22'2-223.
TEXTES IMPRIMÉS
La traduction accompagne chaque texte
608 XI. 111 Légende arabe, style usuel algérien.
\I.IY Anecdote en langue du Caire.
635 XLV Le même, reproduit, pour la comparaison, en style
algérien.
636 XLV] Fragmenl d'un chant arabe.
638 XLVII Narration de la ha taille d'Isly écrite au Maroc, el
envoyée à un maure du Sénégal. (Fragment.)
6*0 XLVIII Texte en arabe dil culgaire.
6i0 XLIX Texte français écril en caractères arabes.
642 L Texte espagnol écrit en caractères arabes.
FAC-SIMILE
■ ,, i.l Écriture de l'Afrique orientale. — Lettre du Hama-
dar de Zanzibar. — Transcrite p. 645, traduite,
p. 652.
LU Lettre d'un sultan indien. — Transcrite p. 6i7, tra-
duite p. 653.
Spécimens de mauvaise écriture et de mm/rai* style de l'Algérie
LUI Soumission de la tribu des Zoug-Zoug. ■ Trans
crite |). 647, traduite p. 654.
I.IV Déclaration reçue el rédigée par un cadi. — Trans
crite p. 649, I raduite p. 655.
LV Lettre d'un babitanl de Bône, adressée à un habi-
tanl de Constantine. — Transcrite p. 651, traduite
['• '
iTES PRINCIPALES 675
ANALYSE
DES NOTES PRINCIPALES
Pages
25 Les lettres françaises même ne conservent pas, pour notre
prononciation, une valeur uniforme; on ne peut les appli-
quer à reproduire la prononciation arabe, que lorsqu'il est
impossible de s'en passer.
27 Les Arabes n'ayant pas l'habitude de s'exprimer au pluriel en
s'adressant a une seule personne, on ne peut dire qu'ils
tutoient. On ne peut tutoyer que par exception a un usage
général tout contraire, et cet usage n'existe non plus chez les
Arabes qu'il n'existait chez les Grecs et chez les Romains.
82 L'alphabet arabe n'est pas quadruple, comme on l'a représenté
jusqu'aujourd'hui en Europe. Les exigences de l'imprimerie
ont obligé à fondre certains caractères en plusieurs frag-
ments pour les besoins matériels de l'impression, et les
premiers grammairiens européens ont donné comme principe
de la lecture et de l'écriture ce qui n'était qu'un détail a
l'usage des ouvriers imprimeurs. Tous les autres les ont
imités.
Le Hamza n'est pas un signe orthographique, comme on l'a
cru jusqu'ici ; c'est la première lettre de l'alphabet ; c'est une
consonne qui s'articule avec les voyelles, e1 subit tous les
accidents des autres lettres de l'alphabet.
83 L'\ n'est pas une lettre réelle : c'est le support d'un /tant:".
ou le signe de la prolongation du son a bref.
92 La cause de la contraction, dans toutes les langues est la dif
férence trop peu sensible, ou la dissemblance trop considé
rable entre les sons et les articulations. On en doit chercher
surtout l'explication dans les habitudes de la prononciation
93 Sur la cause probable de la suppression de 11 tolérée en
certains cas par l'orthographe.
96 Dans le système orthographique arabe, l'absence de tout
signe sur une lettre est l'indice de l'élision de cette lettre
dans la prononciation.
98 Plusieurs voyelles se placent techniquement sur la même lettre
pour indiquer par abréviation diverses formes ou valeurs
d'un même mol
i\ ,[\ VNALYS1 m- NOTES PRINCIPALES
Pages.
100 C'esl a tort que certains copistes mettent le — sur les lettres
de prolongation. Le — est, comme la voyelle, le signe positif
de la râleur de consonne, que les lettres de prolongation ont
atiellement perdue.
127 On ne saurait être trop circonspect dans l'appréciation des
langues inconnues, écrites en caractères im-minKs, quand on
a déjà tant de difficulté à apprécier celles qui sont connues
dans leur écriture comme dans leurs principes et leurs
applications.
171 Sur le mot <*.UJ<».>.
172 L'arabe était jadis en Algérie déclaré oulgaire quand on le
comprenait, et littéral ou d'Egypte quand on ne l'entendait pas .
i v > 1 es arabes emploient fréquemment un môme pronom pour
divers antécédents. — Inconvénients Je ce fait. — Les com-
mentateurs du Coran donnent souvent Irois ou quatre inter-
prétations d'un même passage. — Manuscrit arabe où le
copiste a donné un numéro à chaque pronom et à ses divers
antécédents.
187 Sur les motifs donnés par les commentateurs du Coran & la
récélalion successive des versets, suivant le besoin des cir-
constances. — Origine des deux, derniers chapitres du Coran .
188 Autre fait à l'appui île cette observation.
20i Le mot ? ^=*-y.sa est employé avec le sens de défunt.
208 Quelques conseils pour la traduction par écrit.
212 Sur le mot ^Là\, flèches pour tirer au sort. — Autre exemple
de la diversité des interprétations des commentateurs dm
Coran.
21 i Sur l'abus de la prose rimée en arabe.
2K, Sur l'apposition du" sceau dans les lettres.
218 Nous avons souvent défiguré sans nécessité la prononciation
de mots arabes très usuels, par une orthographe préten-
tieuse ou afïectée.
262 Pourquoi la lettre de prolongation ne peut être suivie d'une
lettre ayant un Cause de sa disparition en certains cas.
Sur le même sujet.
280 La voyelle désinentielle d'un mot se modifie ou se retranche
dans la prononciation. Il en est de même de quelques voyelles
intérieures. — Faits analogues chez nous.
ANALYS1 DES NOTES PRINCIPALES 677
Pages
287 Sur le trait placé au-dessus de certains mots arabes.
291 Sur l'orthographe désinentielle du nom _^_;.
291 Sur l'expression *Jt*\ <aa)\ 4 .
298 Sur le mot LÔjJl.
303 Sur la minutie des classifications établies par les grammairiens
arabes.
305 Les terminaisons du pluriel régulier masculin et féminin ne
sont que le changement en longues des désinences brèoes
du singulier. — Son-voyelle prolongé dans un tanouîn.
310 Les grammairiens arabes ont fait quatorze catégories d'une
même espèce de pluriel.
311 Remarque essentielle sur les formes .Jl*.â et ^\L*3. —
Nouveau fait de la prolongation du tanouin.
316 Ce qu'on entend par i JUa.
326 Le « du pluriel seul doit être accompagné de l'\ d'orthographe.
On ne doit pas ajouter l'\ aux mots singuliers terminés
par le «.
331 Pourquoi l'on met au singulier et à l'accusatif les noms des
objets comptés, au-dessus de dix.
333 Vendre à... se rend par -^3 cL.\
^-^ c
340 Manière inexacte dont les cadis des tribus énoncent quelque-
fois les dates.
dit Sur la manière d'écrire des fractions.
351 Pourquoi avec le pronom de la 3 e personne 1 on dit «-43-^
pour *4,-^â, sans que le changement analogue ait lieu
à la 2 e personne.
355 La conjugaison latine porte avec elle, comme la conjugaison
arabe, les indices apparents des pronoms personni ls.
358 Notre mot le employé souvent pour celui que. . .
360 Particularité orthographique du mot ^J^\.
366 -Jt prend quelquefois les signes du féminin, du duel et du
pluriel.
412 La proposition n'a réellement que deux termes : les usages de
la langue française ont porté nos grammairiens à en établir
trois.
6/8 INALYS1 DES NOTES PRINCIPALES
Pages
k25 S m le mot .j^l».
►27 Le sujet el L'attribut de la proposition sont toujours censés-
an nominatii
î-32 Origine de l'expression «uiUL^s ^\ s'il plaît à Dieu.
La tonne f,XJ3 pour jXJ3 rappelle par analogie la torme
latine eccum, i ccam, etc.
Le mot ^^v— > entre, doit se répéter quand il a pour complé
ment un pronom .
i '7 1 es mots ^J-^à ^_v^ etc., restent invariablement au nominatif
quand ils n'ont pas de complément .
t't't Remarques sur les adjectifs comparatifs.
»Ô0 Valeur de S'â'a mesura 'les grains) en Algérie.
Différence du mot J^S et du mot j^-^^»..
i68 Le mot V>\ est un substantif qui subit une véritable déclinaison.
tTo Les Arabes regardent comme phrases conditionnelles les pro-
positions ayant pour sujet les mots quiconque, chaque fois
que. tout ce (jue, ele .
(71 Observation sur l'emploi, chez nous, du présent ou de l'im-
parfait de l'indicatif pour le futur, dans les phrases condi-
tionnelle-.
(77 Pourquoi on peut employer l'aoriste indicatif après <J.
Sur 1" mol ^s <*_'.>" .
502 Sue U J.S" et L^S •
r>02 Sur la tonne du mot U^.^ .
504 Sur l'utilité des Mille el /un- Nuits pour l'étude du style arabe.
— C'est a tort que l'on a adopté en Europe les Fables de
Locman pour un livre d'étude et un dèle île style, malgré
la forme étrangère de leur rédaction
Nous ne devons pas exprimer constamment en français la
part l'-ulr Li par ô.
527 \ proprement parler, il n'y a pas de dialectes en arabe; il n'y
a que des formes locales.
528 Nature de l'arabe vulgaire. Pourquoi les Européens, qui ne
le connaissent pas, l'ont admis comme une langue a part . —
Nul écrit public arabe n'est rédigé en arabe oulgaire. — Cette
distinction dans l'arabe en indique unA connaissance incom-
VNALYSE DES NOTES PRINCIPALES 679
Pages
pléte. — Inconvénients graves de l'application de l'arabe
vulgaire des musulmans, et surtout de celui des Euroj
aux alïaires publiques. — Les formes plus ou moins inexac-
tes du langage usuel ne peuvent être tolérées que dans les
relation* de ta oie privée.
53 1 Les personnes instruites, ou celles qui ont eu par l'éducation
de lionnes traditions orales, parlent correctement et ne se
croient pas obligées de s'exprimer comme les gens grossiers.
— Faits et observations à l'appui. — La langue arabe a été
parlée jadis dans toute sa pureté grammaticale. Le mélange
et l'ignorance croissante des peuples en ont corrompu la
pratique.
654 De quelques inconvenances de style de la part des Musulman-
fanatiques.
655 On ne peut traduire un écrit dont les idées ne sont pas suffi-
samment formulées. L'imagination ne doit pas suppléer à
l'obscurité complète d'un texte.
ALGER
DES PRESSES DE A. JOURDAN
RÉIMPRIME
1914
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UNIVERS1TY OF TORONTO LIBRARY
6763
1915
Bresnier, Louis Jacques
Cours pratique et
théorique de langue arabe
renfermant les principes
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