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Full text of "Décret du 31 mai 1882 : portant règlement sur les exercices de la cavalerie, revisant et complétant le décret du 17 juillet 1876"

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DECRET 

DU 31 3IAI 1882 

PORTANT 

RÈGLEMENT SUR LES EXERCICES 

DE LA CAVALERIE 

REVISANT ET COMPLÉTANT 

LE DÉCRET DU 17 JUILLET 1876. 



TOME PREMIER. 

Rapports, — Titres I et II. 



MINISTERE DE LA G U EURE. 



DECRET 

DU 31 MAI 1882 

PORTANT 

RÈGLEMENT SIR LES EXERCICES 

DE LA CAVALERIE 

UEVISANT ET COMPLETANT 

LE DÉCRET DU 17 JUILLET 1876. 



TOME PREMIER. 
Rapports. — Titres I et II. 



PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 

1882. 



REGLEMENT 

SUR 

LES EXERCICES DE LA CAVALERIE. 
RAPPORT 

PRÉSENTÉ AU MINISTRE DE LA GUERRE 

PAR LE COMITÉ CONSULTATIF 

DE LA CAVALERIE 

CHARGÉ DE REVISER ET DE COMPLÉTER LE REGLEMENT 
Du 17 JUILLET 1876. 

Paris, le 11 février 1882. 
Monsieur le Ministre. 

Le décret du 17 juillet 1876, portant règlement 
sur les exercices de la cavalerie, très complet dans 
les ti'ois premiers titres, traite sommairement, au 
titre IV : «Instruction des corps de cavalerie 
composés de plusieurs régiments», des manœu- 
vres de brigade et de division. On pouvait espérer 
qu'une bonne insti'uction de détail suffirait àj^endre 
facile le commandement des brigades et des divi- 



sions. Cet espoir a été deçà. Si la pratique des 
gnuides manœuvres a permis de constater les pro- 
grès accotnpiis dans l'instruction de détail, elle a 
démontré, d'autre part, que nos divisions, nos 
brigades et même nos régiments ne sont pas suffi- 
samment préparés à la tactique de combat. Aussi 
avez-vous décidé, à la suite des grandes manœuvres 
exécutées en 1881 par 6 divisions de cavalerie, 
que le règlement du 17 juillet 1876 serait complété. 

Avant de soumettre ce travail à votre examen , 
le Comité croit nécessaire d'en exposer les points 
principaux, et de dissiper certaines ci'aintes que sa 
publication poui-rait éveiller. 

Fermement convaincu deV excellence des résultats 
que le règlement de 1876 a assurés, le Comité s'est 
attaché à en conserver toutes les prescriptions fon- 
damentales. Mais, par un procédé différent de celui 
que la Commission de 1876 a employé, le Comité 
s'est d'abord préoccupé de tracer, d'une façon géné- 
rale, les règles de la tactique de la division, unité 
de combat de la cavalerie. Il a recherché ensuite les 
évolutions qui répondaient le rnieux aux nécessités 
de celte tactique , et c'est ainsi qu'il a été amené à 
introduire dans le règlement de 1876 certaines 
modijications indispensables à la bonne exécution 
de ces évolutions. 

Le travail que vous soumet le Comité se compose : 

Du titre IV : Ecole de brigade. — École de divi- 
sion; 

Des modifications apportées aux titres I, Il et III 
du règlement du 17 juillet 1876. 



TITRE IV. 

ÉCOLE DE BRIGADE. — ÉCOLE DE DIVISION. 

Le nouveau titre IV vise particulièrement les 
points suivants : 

I. Remplacer des indications trop générales par 
des règles plus définies. 

If. Revenir à l'ordre et à la cohésion la plus ab- 
solue dans la charge. 

III. Faciliter l'accord des lignes , en ramenant à 
la même vitesse le trot et le galop des trois subdivi- 
sions de l'arme, et en adoptant le galop allongé. 

IV. Indiquer à l'artillerie une place plus ration- 
nelle, pendant la phase préparatoire du combat. 

I 

Remplacer des indications trop générales 
par des règles plus définies. 

A des indications parfois un peu vagues, à des 
avis judicieux , sans doute, mais dont V efficacité 
dépend trop souvent, il faut le dire, du plus ou 
moins d'intelligence et de coup d'œil des officiers, 
le Comité substitue des principes, des règles, des for- 
mations plus définies, plus facilement applicables , 
et certainement nécessaii-es , si l'on veut assurer 
aux masses de cavalerie la rapidité et la vigueur 
d'exécution qui garantissent le succès. 



8 RAPPORT. 

?ic(mnioins , pour bien jnontrer qu'il ne préten- 
dait pas imposer une réglementation étroite, le 
Comité s'est borné à exposer d'une façon (jénérale 
les principes de la tactique des lignes et les procédés 
qui paraissent les meilleurs pour répondre aux 
nécessités les plus probables. 

Ce qui est dit du «dispositif préparatoire » de 
combat n'est, en réalité, qu'une affirmation nou- 
velle, et plus nette encore, des principes déjà posés 
dans le règlement, puisque la Conunission de 1876 
a formellement reconnu la nécessité de fixer un 
ordre normal de préparation au combat, que la 
division pourrait prendre dans la plupart des cas. 

Ce dispositif ne diminue pas V initiative du chef; 
il se prêle au contraire, avec la plus grande flexi- 
bilité, à toutes ses combinaisons ; il permet de main- 
tenir , pendant la période préparatoire , l'ordre et 
le calme , et d'éviter aux troupes toutes fatigues 
inutiles, jusqu'au moment oii le général a pu appré- 
cier exactement la situation et prendre sa résolu- 
tion définitive. 

II 

Revenir à l'ordre et à la cohésion la plus absolue 
dans la charge. 

Afin de développer au plus haut point les qua- 
lités de vigueur, d'initiative, d'audace et d'impé- 
tuosité qui ont toujours distingué lu cavalerie 
française, le règlement de 1876 a donné, pour 
l'exécution de la charge, des prescriptions dont le 
but a été dépassé dans la pratique. 



UAPPORT. 9 

L'article 372 du règlement dit que dans la charge 
du peloton les cavaliers ne doirent pas se désunir ; 
mais l'article 376 détruit tout l'effet de cette pres- 
cription, en ajoutant que : « la cohésion de la troupe 
est moins nécessaire dans la charge proprement dite 
que dans les préliminaires de l'attaque; qu'il im- 
porte, en eff'et , qu'au commandement: Chargez, 
les caïudiers les plus bi'aves , montant les meilleurs 
chevau,r, ne soient pas r<(lentis, et que la valeur 
individuelle, qui doit décider finalement du succès 
de la charge, laisse à chacun tous les avantages de 
son audace, de sa ténacité, de sa force physique et 
de son adresse. » 

L'interprétation qu'on a donnée à cette rédaction 
a eu des conséquences fâcheuses: il est urgent de 
rappeler les vrais principes de la charge en ligne. 

C'est par la valeur, l'audace et l'iuipétuosilé 
de toute la troupe, par l'exemple des officiers, 
par l'action des serre-files, par l'appui moral 
que donnent les soutiens, et surtout par le 
maintien de l'ordre et de la cohésion, qu'on 
assurera au choc une puissance irrésistible. 

III 

Faciliter l'accord des lignes en ramenant à la 
même vitesse le trot et le galop des trois sub- 
divisions de l'arme, et en adoptant le galop 
allongé. 

Si une division de cavalerie était composée de 
régiments appartenant à la même subdivision de 



1 RAPPORT. 

l'arme, il n'y aurait pas lieu de modifier les vitess&s 
des allures, telles qu'elles ont été fixées à l'ar- 
ticle 288 du règlement. 

Mois il n'en est pas ainsi; et l'on objecte avec rai- 
son que les différentes lignes, et, dans la même ligne, 
les régiments différents, ne peuvent pas obtenir 
l'accord nécessaire dans l'exécution de leurs mou- 
vements, si la vitesse des allures varie avec chaque 
subdivision de l'arme. 

Le Comité pense qu'il suffit d'apporter une lé- 
gère modification aux prescriptions du règlement 
de 1876 pour faire disparaître cette objection. 

On ne saurait modifier la vitesse du pas; cela 
serait d'ailleurs inutile, car une troupe de cavalerie 
peut toujours regagner au trot, et sans fatigue , ta 
distance qui la sépare d'une autre troupe qui l'a de- 
vancée au pas. 

Il n'en est pas de même si l'on marche au trot 
ou au galop. 

Or la vitesse du trot et celle du galop, telles que 
le règlement de 1876 les a fixées pour la cavalerie 
de ligne, sont des moyennes que la cavalerie légère 
pourra atteindre sans effort, tandis que la cavalerie 
de réserve y ramènera facilement l'allure de ses 
chevaux, si elle est bien instruite. 

Le Comité propose donc de les adopter, pour 
toutes les subdivisions de l'arme; la vitesse uni- 
forme du trot serait ainsi de 2iO mètres par mi- 
nute, et celle du galop ordinaire de 3àO mètres. 

En outre, il a été reconnu que, dans la ma- 
nœuvre des lignes, l'emploi du galop ordinaire ne 



RAPPORT. 1 1 

permet pas toujours d'assurer, en temps utile, 
l'exécution de certains mouvements du champ de 
bataille. 

Ainsi, pour ne citer qu'an exemple , quand la 
deuxième ligne doit donner, soit qu'elle veuille 
agir sur lejlanc d'une troupe qui charge de front 
la première ligne, soit quelle veuille s'opposer à 
une attaque qui menace le Jlanc de cette ligne , 
son action risque d'être tr-op tardive, si ellcnepar- 
inent pas à diminuer promplcment la distance qui 
la sépare de la première ligne. 

Il paraît, en conséquence , nécessaire d'adopter, 
pour effectuer les mouvements de lignes qui pré- 
cèdent immédiatement le combat ou dans d'autres 
circonstances , l'emploi d'un galop dit allongé, dont 
la vitesse servait fixée à à^tO mètres, pour toutes 
les" subdivisions de l'arme. 

Cette vitesse sera soutenue sans inconvénient, si 
les hommes et les chevaux y sont suffisamment pré- 
parés dans les différentes phases de l'instT'uction. 

IV 

Indiquer à l'artillerie une place plus rationnelle 
pendant la phase préparatoire du combat. 

Le Comité s'esl préoccupé d'indiquer, d'une 
manière générale, la place qu'il convient d'assi- 
gner à r artillerie, dans le dispositif préparatoire 
de combat. 

La pratique des manoeuvres a montré que la 
règle qui prescrit de placer l'artillerie du côté le 



12 RAPPORT. 

moins menacé, c'est-à-dire du côté oii n'est pas la 
deuxième ligne, est inapplicable. 

Il n'est pas logique, en effet, d'admettre que, 
tant que l'adversaire n'aura pas dévoilé ses projets, 
le commandant d'une division de cavalerie sache 
précisément sur quel point il fera porter l'action de 
sa troupe , dans quelle direction exacte il la fera 
donner, quels coups il aura à parer. 

Pour ce motif et pour éviter à l'artillerie toute 
fatigue prématurée , le Comité propose de la faire 
marcher, dans le dispositif préparatoire de combat , 
derrière le centre de la première ligne, à 150 mètres 
environ. 

Ainsi placée, elle pourra se conformer prompte- 
ment, et en dépensant peu d'efforts , à tous les mou- 
vements qu'exécutei^i la division pendant la période 
d'approche, et gagner rapidement les positions qui 
lui sont assignées, dès que le général aura pris sa 
décision. 

Telles sont les considérations qui ont présidé à la 
nouvelle rédaction du titre IV. 

Afin que celte rédaction n'entraîne aucune con- 
fusion dans les esprits , le Comité a séparé le titre IV 
en deux parties bien distinctes : 

Évolutions. 

Manœuvres et combat. 

En rédigeant les instructions relatives aux 
évolutions, il a truite d'abord les évolutions de la 
brigade , pour exposer ensuite celles de la division, 
dont les brigades évoluent d'après les procédés qui 



RAPPôin-. 13 

leur sont propres; au contraire, quand il s'est 
agi de présenter les instructiojis de manœuvres, le 
Comité a du commencer par traiter les manœuvres 
de la division et n'a envisagé qu'ensuite la brigade, 
puisque l'unité de combat, dans la cavalerie, est la 
division, et que la brigade doit manœuvrer et com- 
battre d'après les principes posés pour la division. 

Ces principes généraux sont également appli- 
cables au régiment , lorsqu'il n'est pas directement 
appuyé par d'auti^es troupes; c'est pour ce motif 
que le Comité a réuni, dans la rédaction du titre IV, 
toutes les prescriptioJis relatives au combat de la 
cavalerie, dont plusieurs se trouvaient placées à 
l'école de l'escadron et à l'école du régiment dans 
le règlement du i7 juillet 1876. 

Elles forment, au titre IV, un corps de doctrine 
auquel les ojficiers devront se reporter en toute cir- 
constance. 

MODIFICATIONS APPORTÉES 
AUX TITRES I, II ET III. 

Les modifications apportées à la rédaction des 
titrées I, II et III ont pour but de mettre les diffé- 
rentes écoles en concordance avec les écoles de divi- 
sion et de brigade, de préciser certains points qui 
avaient donné lieu à des interprétations différentes , 
et de combler des lacunes que la pratique a fait 
reconnaître. 

La nécessité de ces modifications est exposée en 
suivant l'ordre des chapitres du règlement. 



14 



TITRE I. 

Progression de l'instruction. 

Les prescriptions de la circulaire ministérielle 
qui a fixé la procjression et les dijfércntes périodes 
de l'instruction doivent trouver naturellement leur 
place dans le nouveau rè(jlement. 

Instruction des cadres. 

// en est de même des prescriptions relatives à 
l'instruction des cadi^cs, dont l'importance et les 
excellents résultats sont aujourd'hui indiscutables. 

Ainsi que l'avait reconnu d'ailleurs la Commis- 
sion de 1876 , certaines parties dans le rè(/lemeid 
de manœuvres et le règlement du. service en cam- 
pagne se complètent et se confondent ; c'est ce qui 
explique l'insertion, dans le présent règlement, 
de prescriptions qui pourraient également trouver 
leur place dans le règlement du service en cam- 
pagne. 

Combat à pied. 

La ConiJuissioii de 1876 , ainsi qu'il résulte de 
la lecture de ses procès-verbaux , s'est prononcée, 
en grande majorité, contre l'abus du combat à 
pied. 



RAPPORT. 15 

Tout en parUir/eant cette opinion , le Comité pense 
que, s'il importe de ne combattre à pied que dans 
des cas nettement détermines , il est essentiel d'in- 
diquer les procédés qui paraissent propres à assurer 
le succès. 

Il vous propose, en conséquence, une rédaction 
qui résume clairement le mode d'emploi du combat 
à pied des troupes à cheval. 

Dressage. 

Quelques compléments nécessaires ont été intro- 
duits dans le travail de la lonye et dans la leçon 
de l'éperon. 

Passage et sauts d'obstacles. 

Ce chapitre desbascs del'insti'uclion aétémodijié. 
On a tenu compte, dans la nouvelle rédaction, des 
résultats excellents que l'emploi de la lomje donne 
pour dresser les jeunes chevaux aux passages et 
aux sauts d'obstacles. 

Entrainement. 

Le travail de l'entraînement des chevaux est 
pratiqué dans toutes les cavaleries étrangères ; 
il était donc nécessaire de le réglementer dans la 
nôtre. 

Le chapitre qui lai a été réservé indique suffisam- 
ment les limites dans lesquelles celte préparation 
essentielle devra être maintenue. 



Intonation. 

// a paru utile de modifier une prescription 
relative à la manière de prononcer les commande- 
ments, contenue dans le rapport de la Commission 
de 1876. 

Prescrire, en effet, de prononcer comme en un 
seul mot le commandement: Au trot marche, ex- 
pose à de véritables confusions. 

Lors même, par exemple, que le commandement 
MARCHE, «e doit provoquer qu'une préparation, 
accélérer, ou éteindre l'allure, il est indispensable 
de le prononcer distinctement, c'est-à-dire de 
mettre un léger intervalle entre Vindicaiion de l'al- 
lure et le commandement : Marche. 



TITRE II. 

Maniement du sabre. 

Le Comité insiste sur les avantages que présente 
l'emploi de la pointe dans le maniement du sabre; 
il se réserve de vous présenter ultérieurement un 
règlement d'escrime qui familiarisera mieux le ca- 
valier avec son arme de combat. 

Instruction du tir. 
Le Comité vous propose de supprimer du règle- 



UAPPOUT. 1 7 

ment la partie relative à l'instriiclioii préparatoire 
du tir. 

Un nouveau manuel ilc tir est aetaellernenl a 
l'étude; or, tout en admettant que dans la cavalerie 
on ne doit pas doimcr à l'instruction du tir l'impor- 
tance qu'elle a dans* l'infanterie, comme les rè(jhs 
de tir qui sont bonnes pour les troupes d'infanterie 
le sont également pour celles de cavalerie, le Comité 
estime qu'il y aura tout avantage à remelti'C ce 
manuel aux troupes de cavalerie. 

A ce propos , le Comité croit devoir faire observer 
que certaines circonstances dans lesquelles la cava- 
lerie sera appelée à combattre à pied rendent pré- 
Jérable l'emploi desj'euœ de salve. Pour conserver, 
en effet, à ce genre de combat son caractère tout 
spécial, il faut restreindre l'emploi du feu indivi- 
duel et lui substituer celui des feux d' ensemble , 
dans lesquels le choix du but à atteindre , ainsi que 
la distance sont précisés par le chef de la troupe. 

TITRE III. 

Tenue. 

Le Comité propose défaire porter le bourgeron , 
avec ou sans le vêlement de drap, dans toutes les 
périodes de l'instruction, même avec les armes, 
quand les hommes n'ont p(ts lu coiffure distinclive. 

L'usage de cet effet est une économie pour 
l'Etat. De plus, en hiver, porté sur un autre vêtenien l, 
le bourgeron garantit l'homme du froid et de la 



1 8 HAPPORT. 

pluie; tandis qu'en été, la suppression du vêtement 
de drap permet de le faire travailler dans des con- 
ditions plus hygiéniques. 

La circulaire qui a autorisé l' enlèvement des 
sacoches a donné, au point de vue de l'instruction 
équestre, les meilleurs résultats ;le Comité l' a intro- 
duite dans le règlement , sous forme de prescription. 

Tenue des rênes. 

Les prescriptions du règlement de 1876 rela- 
tives à la tenue des rênes ont marqué un véritable 
progrès dans l'instruction équestre; mais elles 
doivent être légèrement modifiées, si l'on veut que le 
cavalier soit en état de manier à la fois son cheval 
et ses armes , dans toutes les directions et à toutes 
les allures. Cette nécessité avait été reconnue, du 
reste, par les membres les plus compétents de lu 
Commission de 187 6. 



Tir à cheval. 

Dans les guerres d'Europe, on peut affirmer que 
l'emploi du fusil achevai doit être considéré comme 
une exception ; le Comité a donc été unanime à 
vous proposer de sup/irimer cette partie de l'instruc- 
tion, afn de réagir contre l'abus qui a été fait du 
tir à cheval , et pour les raisons qui sont données 
au paragraphe « tirailleurs « du présent rapport. 



19 



Combat individuel. 



// est nécessaire de supprimer aussi du rècjlcnicnt 
les prescriptions relatices au combat individuel. 

Les cavaliers les plus adroits, 1rs soldats les plus 
expérimentés ne pourraient y être exercés fréquem- 
ment , sans irriter les chevaux et sans les rendre 
complètement rétifs. Les hommes doivent être per- 
fectionnés, à pied , datis le maniement du sabre, et 
quand ils sont devenus bons cavaliers , ils exécu- 
tait facilement à cheval ce qu'ils savent faire à 
pied. D'ailleurs la plupart des réyiments ont dû re- 
noncer àl' application de cette partie du rè(jlemcnl. 

Transition des allures. 

A la page 28 du rapport , et à l'article 33'i du 
règlement, la Conuiiission de 1876, préoccupée , 
d'une façon peut-être trop exclusive , de la con- 
servation des chevaux, a insisté sur la nécessité 
de prendre ou d'éteindre les allures en suivant 
une gradation très marquée. Le Comité estime que 
ces principes ti^ès sages, et facilement applicables 
aux petites unités, deviennent d'une application 
difficile quand il s'agit de troupes plus considérables, 
principalement dans les écoles de brigade et de divi- 
sion, et qu'on ne saurait alors s'y astreindre d'une 
façon absolue, si l'on ne veut pas s'exposer, par la 
perte des distances et la lenteur de l'ébranlement, à 
des inconvénients beaucoup plus graves que ceux 
que le règlement de 1876 a cherché à éviter. 



20 RAPPORT. 

Passage des défilés. 

Le Comité pense qu'il csl prcférable d'employer 
dans les écoles du peloton et de l'escadron le même 
procédé pour exécuter le passage des défilés. Il pro- 
pose d'adopter celui qui est prescrit actuellement 
à l'école de l'escadron. 

Déploiement. 

Dans les déploiements de la colonne par quatre, 
comme dans celui de la colonne de pelotons, le règle- 
ment de 1876 n'a pas jugé à propos de prescrire à 
la fraction de troupe qui oblique de se redresser 
un peu avant d'arricer à hauteur de la ligne. Le 
Comité a formulé celte prescription , afin de faire 
cesser les fiottements que la rédaction de 1876 
pouvait causer. 

Pour éviter toute perle de temps dans V exécution 
des mouvements, le Comité a cru devoir supprimer 
le ntot«en avant» dans tous les commandements 
de déploiement ou dejormation. 

Charge. 

Dans la charge, le règlement de 1876 a prescrit 
que le commandement d'avertisscn\ent «Pour l'at- 
taque» servirait le plus souvent de signal pour 
mettre le sabre à la main. Le Comité a constaté, 
pendant les manœuvres, que ce procédé contribuait 
à causer un désordre qu'il faut éviter à tout prix, 
dans les instants qui précèdent la charge. Pour ce 



RAPPORT. 21 

motif, il vous propose d'établir en principe que 
le sabre sera mis à la main , avant le commande- 
ment «Pour l'attaque». 

Fourrageurs. 

Tout en conservant la charcje en fourraijeurs , 
dont l'emploi est efficace contre l'artillerie, le 
Comité diminue l'intervalle (jui sépare les cavaliers 
dispersés, afin de permettre à leur chef de les 
maintenir dans la direction du but qu'il veut 
atteindre. 

, Tirailleurs. 

Mahjré les suppressions considérables que le rè- 
glement de i876 a apportées dans T école des ti- 
railleurs, les abus que la Commission voulait faire 
cesser subsistent en partie, et, dans la plupart 
des régiments , cette école est encore une des préoc- 
cupations principtdes des instructeurs. 

Or, s'il est vrai que, dans certains cas, en Algé- 
rie , par exemple , on peut faire usage du feu à 
cheval, il est reconnu qu'en Europe ce mode de 
combat doit être considéré comme tout à fait excep 
tionnel. 

Le Comité a résolu, en conséquence, de suppri- 
mer dans le règlement tout ce qui a trait aux exer- 
cices de tij-ailleu7-s. 

La rédaction qu'il propose à l'article « lOclai- 
reurs», de l'école du peloton, répondra à tous les 
besoins. 



22 



Mouvements obliques. 



En limihdd l'emploi de l'oblique par troupe à 
l'ordre de halaillc , dans lequel l'oblique individuel 
est tout à fait insuffisant, le rèylement de 1876 
semble presque en condamner l'usaye. 

Le Comité estime qu'il y a lieu de réglementer 
l'emploi de l'oblique pur troupe, en colonne aussi 
bien qu'en bataille. 

L'oblique individuel convient : quand il s'acjit de 
franchir une petite distance en avant et sur le côté ; 
l'oblique par troupe: quand il faut enj'rancliir une 
plus (jrande ; mais , quand on doit franchir de lon- 
(jues distances en avant et sur le côté, mieux vaut 
employer le changement de direction par lu tête 
de colonne. 

Ces règles sont, du reste , subordonnées aux con- 
ditions du tei'rain. 

Conversion du régiment. 

Pour faciliter l'exécution des différentes manœu- 
vres de division et de brigade, le Comité propose 
d'admettre que le pivot ne sera pas tenu, dans la 
conversion du régiment , à conserver une immobilité 
absolue, et qu'il deVra , au contraire, dégager plus 
ou moins le terrain. 

Colonne d'escadrons. 

Si le Comité estime ,d' accord avec lerèglement de 
iS76,qu'ily a lieu de limiter l'emploi de la colonne 



RAPPORT. 23 

d'escadrons , il pense cependant qu'il est nécessaire 
de le prévoir et de le faciliter dans certaines manœu- 
vres, notamment dans le passage des défilés et dans 
les mouvements de la 2'' et de la 3' liç/ne. 

Déploiement. 

Les prescriptions contenues dans lé deuxième pa- 
ragraphe de l'article ^i60 du règlement ont pour effet 
derendre très difficile l'exécution de plusieurs mou- 
vements de l'école du régiment. 

Le Comité pense que, si le principe quelles posent 
doit être conservé, il est cependant nécessaire , pour 
faciliter le déploiement de la masse, ainsi que le pas- 
sage de la ligne de colonnes à la masse, que l'esca- 
dron sur lequel le mouvement s'exécute se porte 
droit devant lui, à l'allure indiquée, et ne prenne 
le pas qu'après avoir parcouru une étendue de ter- 
rain égale à sa profondeur. 

Colonne double. 

Quelque rai-es que soient les occasions où l'on 
pourra employer la colonne double, il est néces- 
saire d'indiquer certains commandements qui n'ont 
pas été prévus par le règlement de 1876 ; le Comité 
en propose l'adoption. 

Constitution d'un escadron de soutien. 

Le règlement de manœuvres prescrit à tout chef 
de cavalerie de conserver, jusqu'au dernier mo- 



24 RAPPORT. 

ment, la réserve dont il dispose; mais il faut prévoir 
que, dans beaucoup de circonstances , cette réserre 
aura clé emjacjée pour déterminer le succès ; on doit 
donc s'assui'cr la possession d'une nouvelle réserve. 
Afin de pourvoir à cette nécessité, le Comité vous 
propose de décider que dans le réc/iment , à moins 
d'ordre contraire, l'escadron de direction se rallie 
derrière le chef de la troupe dès que la poursuite 
commence , et constitue alors la réserve. 

Le travail que le Comité a l'honneur de sou- 
mettre à votre approbation est une satisfaction don- 
née, aussi complète que possible, aux exigences qui 
se sont manifestées au cours des différentes ma- 
nœuvres annuelles. Il y a tout lieu de supposer que 
de nombreuses imperfections pourront y êti-e siç/na- 
lées, à la suite des applications auxquelles il sera 
soumis; le Comité n'hésite donc pas à affirmer que 
son iï'uvail est et restera perfectible. 

Tout en reconnaissant l'utilité de certaines autres 
modifications , le Comité n'a pas cru devoir pro- 
poser de les inlroduii-e dès maintenant dans le rè- 
glement. 

Ainsi, d'après les pi^escriptions du règlement 
de 1876 , le déploiement en bataille s'obtient par 
un ralentissement très marqué de la tète de colonne, 
qui doit passer au pas. Si ce procédé est celui qui 
assiu-e le plus tôt la formation, et s'il est supé- 
rieur à celui du règlement de 1829, qui paraissait 



RAPPORT. 25 

ne concevoir que V immobilité api'ès la formation , 
il présente cependant un inconvénient réel. 

En effet , toute troupe de cavalerie qui marche aa 
combat a intérêt à prendre le galop le plus tard 
possible, pour ménager les forces de ses chevaux , 
et à ne pas se déployer trop tôt, afin de conser- 
ver plus longtemps ses facultés de inanœuvre. Le 
procédé actuel assure, à la vérité, l'exécution du 
déploiement d(tns le temps minimuju, mais il marque 
un véritable temps d'arrêt au moment oii il semble 
qu'il n'y ait pas un instant à perdre , et alors qu'il 
faudrait conserver à toute la troupe l'élan qui con- 
tribue au succès. En outre, ce temps d'arrêt n'é- 
chappe pas à l'adversaire, et peut grandir sa con- 
fiance et cvalter son courage. 

Ces inconvénients ont frappé tous ceux qui ont 
exercé des commandements aux manœuvres an- 
nuelles. 

On pourr^iit y remédier en adoptant le déploie- 
metil au galop allongé , mais le Comité pense que- 
cette formation rapide ne pourra être introduite 
dans le règlement que lorsque les rrgimenls seront 
suffisamment rompus àla pratique du galop allongé. 



Afin de mieux permettre aux troupes de cava- 
lerie de se rendre compte des modijications appor- 
tées au règlement de 1876 , et pour (jue l'on sache 
bien en quelle haute estime il lient cette œuvre, le 
Comité vous propose de reproduire intégralement , 



20 RAPPORT. 

en tète du règlementrevii et complété Je rapport de 
la Commission de 1876. 

Les Membres du Comité consultatif de la cavalerie: 

Général de Galliffet, président du Comité. 
Général Thornton, membre du Comité. 
Général Huyn de Verneville, membre du 

Comité. 
Général Cramezel de Kerhué, membre du 

Comité. 
Général Loizillox , adjoint au Comité. 
Général de Contamine, membre du Comité. 
Général de Jessé, membre du Comité. 
Colonel HUMANN, membre du Comité. 
Colonel Lenfumé DE Lignières, membre du 

Comité. 
Lieutenant-Colonel DE Salles, adjoint au Comité. 
Lieutenant-Colonel Marin, secrétaire du Comité. 
Chef d'escadrons Donop, secrétaire du Comité. 



RAPPORT 



PRESENTK AU MINISTRE DE LA GUERRE 
PAR LA COMMISSION 

CHARGÉE DE FiEVISEK LES REGLEMENTS EN VIGUEUR 
SUR LES EXERCICES DE LA CAVALERIE. 



La Commission chargée de reviser ^ordonnance 
du 6 décembre 1829 et le règlement provisoire 
du 10 août 1871 sur les exercices de la cavalerie 
a l'hoimeur de présenter à Son Excellence le Mi- 
nistre de la guerre le résultat de ses travaux; elle 
s'est inspirée, pour retnplir cette tâche difficile, 
des conditions nouvelles qui ont été faites à la ca- 
valerie par le développement des armées modernes 
et par les transformations progressives de l'art de 
la guerre. Ce point de vue élevé a conduit la Com- 
mission à des changements considérables , qui s'en- 
chaînent les uns les autres, qui ont des attaches 
avec différentes parties du service et de l'instruc- 
tion, qui se ramifient dans l'exercice de tous les 



28 RAPPORT. 

(jrudes, et qui, en raison de cette importance, ne 
sauraient être clairement démontrés par une simple 
énumération. Il a donc paru utile de dissiper à 
l'avance les objections qui iraient à l'encontre 
de changements devenus indispensables et d'expo- 
ser en détail, suivant un ordre logique et avec 
l'appui de nombreuses comparaisotis entre les an- 
ciens règlements et celui proposé , les considérations 
p7-incipales qui sont intervenues pendant ce ti^avail 
de revision. 

Les arguments propres à éclairer la recherche 
consciencieuse des meilleures méthodes aspirant à 
l'instruction de la cavalerie sont présentés ainsi qu'il 
suit : 

Forme (jénérale du nouveau règlement. — 
L'ordonnance de 1S29 était, dans son principe , 
une sorte de vade-mecuui « l'usage des instinic- 
teurs; elle prétendait surtout à un exposé d'exer- 
cices rudimentaires et accessoires: mais, par suite 
d'une déviation progressive, ces exercices étaient 
devenus la chose principale , puis l'unique but de 
l'instmction des troupes. 

Cette interprétation a été, aux yeux de la Com- 
mission, l'un des motifs qui l'ont disposée à entre- 
prendre radicalement la revision d'une ordonnance 
signée de noms illustres , car les besoins auxquels 
cette ordonnance répondait ont non seulement 
varié avec les époques, mais les idées qui lui 
avaient servi de base ont été rétrécies dans leur 
application. 



KAPPOKT. 29 

Ainsi s'exprimait d'ailleurs un officier généi-al 
cminenl à propos des règlements d'instruction : 

(( Jlfaut réduire l'ordonnance à quelques pages, 
«rejeter tout ce qui est inutile, et, au lieu de 
« fausser l'esprit des officiers et de charger leur 
« mémoire par une mauvaise étude, faire en sorte 
«qu'ils n'appliquent leur attention que sur ce 
«qu'il faut faire sur le champ de bataille. 

«Une réforme semblable trouvera une grande 
« contradiction, je le sais ; il y a tant d'officiers 
«qui n'ont d'autre mérite que celui de savoir 
«l'ordonnance, qui ont pour elle une véritable 
«admiration et qui se verraient avec chagrin 
«contraints d'oublier ou de négliger la science 
«qu'ils admirent parce qu'ils l'ont acquise avec 
«peine. C'est de l'élude de la guerre, c'est de 
« la reconnaissance du terrain que l'officier s'oc- 
« cupera quand on l'aura délivré de manœuvres 

«oiseuses, théâtrales, etc. etc ; surtout il 

« ne s'imaginera pas savoir quelque chose parce 
«que sa mémoire sera chargée de fornmles de 
« commandements et qu'il saura reconnaître 
«l'inexactitude d'un guide ou réprimander l'in- 
« attention d'un chef de peloton.» [De l'ai'inée 
selon la Charte, par le général- comte Morand, 
1829.) 

Ces lignes ont été acceptées par tous les membres 
delà Commission comme un véritable programme , 
et c'est pourquoi elles trouvent ici leur place 



30 RAPPOr.T. 

comme une épigraphe au frontispice du nouveau 
règlement. 

Quelle est, en effet, la situation actuelle, au 
point de vue de l'instruction des ti'oupes de cavale 
rie? 

Durant une longue période de temps, qu'on 
pourrait faire remonter au V vendémiaire an xiii 
ou plus exactement à 1829 , les procédés d'instruc- 
tion de l'arme se sont établis sur des assises pro- 
fondes; plusieurs générations militaires ont vécu 
sous l'empire des mêmes idées et les méthodes d'in 
sti'uction ont acquis la valeur de ces traditions qui, 
dans une certaine limite et pour le plus grand 
nombre, suppléent au i^aisonnement , mais qui en- 
gendrent aussi une puissance d'habitude réfractaire 
à toute innovation. 

Cependant les changements considérables surve- 
nus dans la constitution des armées et les perfec- 
tionnements apportés dans l'armement imposent 
absolument à la cavalerie la recherche de nouvelles 
pratiques, sous peine de laisser cette arme au- 
dessous de sa mission , aijisi que des progrès réali- 
sés dans la plupart des armées éti'ungeres. 

Il est juste de reconnaître que, dans cette évolu- 
tion de progrès qui touche toutes les armes, la 
cavalerie est aux prises avec des difficultés parti- 
culières; d'une part, sa. valeur, dépendant en 
grande partie de celle des chevaux, ne peut rece- 
voir des perfectionnements comme dans nos engins 
matériels de guerre; d'autre part , le développe- 
ment réclamé par l'éducation du cavalier coïncide 



r.APPOi'.T. 31 

précisément avec une réduction de la durée de son 
service. 

Il ressort avec évidence de cette double difficulté 
qu'on ne saurait atteindre le but assigné aux pro- 
grès de la cavalerie qu'en réglant les exercices de 
manière à épargner au cheval tous les efforts de 
travail qui ne concourent pas directement à leur 
effet utile, et qu'en éliniinanl du programme de 
l'instruction du cavalier tout ce qui ne se rattache 
pus directement à son rôle de combattant. 

Cette proposition étant admise , tous les perfec- 
tionnements auxquels tend la présente instruction 
ont été étudiés dans ce sens et y trouvent leur ex- 
plication. 

Des expériences ont d'ailleurs précédé ce tra- 
t'rt//^'\ et les opinions émises, à la suite d'épreuves 
faites déjà sur différents points de concentration de 
la cavalerie, sont parvenues à une nuiturité suffi- 
sante pour faire accepter un ensemble de doctrines 
qu'il importe dès aujourd'hui de généraliser. 



'"' La Commission d'expëriences était ainsi composée 
Général Ameil, président; 
Générai du Pheuil, 
Général de Bernis, 

Général de Tucé , } membres; 

Général de Vouges de Chanteclair, 
Général L'Hotte , 
Lieutenant-Colonel Grandin, 
pid'j Command' Robert D'ORLÉA^s, duc J sccrélaives; 
DE Chartres, 
Capitaine Ghis , secrétaire adjoint. 



La (jiiesUon de forme n était pas sans intérêt 
dans la réduction de ces travaux, et la sobriété du 
texte est tout d'abord de nature à attirer l'atten- 
tion , si l'on compare ce texte à celui des écoles cor- 
respondantes actuellement en vigueur. 

En effet, nos rèc/lements actuels visaient à une 
harmonie de rédaction , aune abondance de for 
mules et à une classijication de matières qui, même 
implicitement et alors qu'on ne l'eût pas formelle- 
ment prescrit , représentaient bien une œuvre dédiée 
à la mémoire; de là un engouement irréfléchi pour 
l'étude littérale du texte et un oubli des principes 
enveloppés sous ce texte; un temps précieux était 
absorbé par le culte du li Itérai, l'horizon des 
études militaij^es se limitait de plus en plus , et un 
travail opiniâtre se portait, à tous les degrés 
de la hiérarchie et durant les plus longues car- 
rières, sur une assimilation de mots plutôt que sur 
la méditation des idées. 

Il n'a pas semblé inutile de vider ce débat, parce 
que cette passion du littéral, dont la cavalerie 
française s'est fait un attribut, paraît avoir fait 
son temps; et s'il est encore jugé avantageux 
de répéter, dans les mêmes termes, des explications 
qui s'adressent à l'homme de recrue et qui peuvent 
êti-e possédées exactement par des instructeurs su- 
balternes, il est certainement superflu d'apprendre 
.littéralement et de débiter, sur le terrain, des ex- 
plications adressées à une troupe qui, hiérarchi- 
quement, est représentée pur son chef et dont le 
chef doit être préalablement instruit. 



liAPPORT. 33 

Nos anciens rè(jlements de manœuvres se dis- 
tinguent encore par une (jj-ande précision de détails 
qui, en réalité, ne sont que lu description minu- 
tieuse de figures géométriques correspondant à 
chaque mouvement ; les mouvements y ont été créés 
pour la surface plane et symétrique d'un terrain de 
manœuvres de convention, et, en partant de cette base, 
la symétj'ie a cnf<mté les combinaisons les plus va- 
riées , pi'oprcs à satisfaire le coup d'œil, mais étran- 
gères aux besoins réels de la tactique. L'expérience 
démontre que celte provision énorme de combinai- 
sons n'aboutit qu'à l'embarras, lorsqu'on opère en 
rase campagne et dans des circonstances qui ne per- 
mettent ni les mouvements géométriques, ni la trans- 
mission de convmmdements compliqués , ni même le 
temps de la réjlexion. 

C'est donc avec l'intention marquée d'éviter de 
pareils écueils que l'instruction nouvelle est très 
sobre de détails, dégagée de toute complication et 
dépourvue de toute recherche dans la i-essemblance 
des phrases; elle ne vise pas à limiter la pensée du 
chef dans un cadre étroit, mais, au contraire, 
à laisser une certaine élasticité qui l'oblige à donner 
essor à ses qualités; les prescriptions formelles y 
sont raines, et les principes seuls sont nettement 
posés, afin de bien établir qu'il ne suffirait pas de 
connaître par cœur des commandements et des ma- 
nières d'évoluer pour posséder l'esprit du règle- 
ment, et que là où le but seul est ti^acé, cela si- 
gnifie que les moyens susceptibles d'y conduire ont 
été considérés comme accessoires et que chacun doit 
I. 



34 RAPPORT. 

les trouver lai-même dans son expérience et son 
jugement. 

Divisions du nouveau règlement. — Le nou- 
veau règlement est divisé d'une manière analogue 
à l'ordonnance de 1829 et comprend quatre titres 
principaux : 

TITRE PREMIER, 

BASES DE L'INSTRUCTION ET PRELIMINAIRLS. 

TITRE II. 

INSTRUCTION A PIED. 

i Travail préparatoire. 
Travail sans armes. 
, Travail avec armes. 

Ecole du peloton. 
École de l'escadron. 

TITRE m. 

INSTRUCTION À CHEVAL. 



École du cavalier. 



Travail pré|)araloirc. 
Travail en bridon. 
Travail en bride. 
Travail en annes. 



École du peloton. 
École de l'escadron. 
École du régiment. 

TITRE IV. 

INSTRUCTION DES CORPS DE CAVALERIE 
COMPOSÉS DE PLUSIEURS REGIMENTS. 



RAPPORT. 



% 



TITRE PREMIER. 
Bases de l'instruction et préliminaires. 

Les bases d'inslriiclioii ont été remaniées de 
manière à êti^e mises en harmonie avec la loi des 
cadres la plus récente, et avec les dispositions nou- 
velles qui caractérisent le nouveau règlement dans 
sa forme et dans son esprit. 

Le chapitre des définitions a reçu quelques addi- 
tions relatives aux formations nouvelles. 

Les prescriptions se l'apportant ù des iiiesures 
d'ordre et de service intérieur ont été simplifiées 
de manière à diminuer les lenteurs et le formalisme 
exagérés des rassemblements de troupes. 

Les dispositions particulières concernant les re- 
vues et inspections ont été mises en concordance 
avec celles en usage dans l'infanterie. 

Les détails fort utiles se rapportant a ta nomen- 
clature des effets principaux de harnachement et 
d'armement, ainsi qu'à leur enti^etien , au paque- 
tage, etc., ont été condensés dans un chapitre spé- 
cial, de manière à en dégager le texte du règle- 
ment et à les mettre facilement à portée des consul- 
tations presque journalières qu'ils comportent. 

Le chapitre du dressage a été remanié de ma- 
nière à substituer à une description coinpendieuse 
de procédés secondaires et fort variables un exposé 
de principes généraux à l'abri de toute controverse 
et susceptibles de se plier plus avantageusement à 
toutes les ressources des cavaliers, ainsi qu'aux 



36 RAPPor.T. 

variétés infinies de conformations , de caractère et 
d'aptitudes qui se présentent parmi les chevaux. 
Cette partie importante du service sera confiée 
désormais aux officiers et aux sous-officiers, car 
on ne saurait espérer que les cavaliers du rang 
fassent doués du tact et d'une instruction équestre 
suffisants pour bien remplir cet objet, et il a para 
nécessaire de donner une impulsion nouvelle au 
dressage, qui intéresse si sérieusement les services 
du cheval. 

Il n'a pas été fait mention des anciennes dispo- 
sitions contenues dans les articles à et 5 de l'or- 
donnance de 1829 et intitulées : «Divisions, ordre, 
progression du travail et gradation de l'in- 
struction»; cette suppression est molivée par un 
rjrand nombre de raisons, qui paraissent devoir être 
développées. Ces articles établissaient une progres- 
sion de travail à échéances fixes , une division per- 
manente du régiment en ù'ois classes, une décom- 
position des matières d'instniction par nature, 
durée et quantité. Cette constitution idéale aboutis- 
sait à cette conclusion que «le ' cavalier, api'ès 
i8o journées de travail, était en état de passer 
à l'école de l'escadron,» ei que chaque peloton, 
escadron ou régiment était réputé comme ayant 
satisfait au programme lorsqu'il avait parcouru 
ponctuellement l'ordre, le nombre et la durée des 
séances déterminées. 

La Commission eut été en contrxidiction avec tous 
les principes quelle s'est efforcée de faire prévaloir, 
si elle avait maintenu ces formalités devenues im- 



RAPPORT. 37 

praticables, tombées en désuétude dans quelques par- 
ties, exagérées dans d'autres, mais toujours plus 
restrictives que stimulantes. 

Dans cet ordre de choses, les appréciations tenant 
à des causes matérielles ont moins de valeur en- 
core que les considérations morales, et c'est sous 
ce dernier aspect que cette question paraît devoir 
être principalement envisagée. 

Il se dégage tout d'abord un principe irréfutable , 
à savoir, que quiconque est chargé de la respon- 
sabilité de l'action doit avoir aussi le soin de la 
préparation ; la responsabilité ne saurait être que 
le corollaire d'une certaine somme d'initiative, et il 
appartient aux règlements d'équilibrer dans une 
juste mesure ces deux termes, entre lesquels chaque 
grade doit se mouvoir aisément, en laissant à égale 
distance les velléités d'indépendance et les abdica- 
tions d'autorité. Cette initiative est également in- 
dispensable pour permettre à des aptitudes particu- 
lières toute leur expansion et pour faire ressortir 
non pas seulement la valeur intrinsèque de chacun , 
mais aussi son originalité et sa valeur relative dans 
l'ensemble du personnel. 

On peut avancer que , dans les conditions ac- 
tuelles , en ayant égard à la multiplicité des détails 
de l'instruction militaire, à la diversité des rôles du 
cavalier, au roulement incessant des cadres, à la 
quantité et au renouvellement des effectifs , un rè- 
glement , quel qu'il soit, en organisation aussi bien 
qu'en manœuvres , ne saurait tout approprier ni 
tout prévoir. Les lacunes, dans le cas dont il s'agit. 



38 RAPPORT. 

se traduisent par des causes d'oisiveté, les pres- 
criptions minutieuses créent des frottements nui- 
sibles , et c'est aujourd'hui ce qui se produit trop 
souvent sous le couvert du règlement lui-même. Il 
est donc plus sage d'affirmer et de rehausser, avant 
tout, le principe de la responsabilité personnelle, et 
d'établir que, dans tous les grades, le chef doit 
faire sentir son autorité plutôt par la constatation 
des résultats que par l'indication des moyens de 
détail, et que le subordonné doit agir plutôt avec 
le jrssort de sa propre volonté et de sa conscience 
qu'avec l'attente de la surveillance et par la con- 
sommation des heures de service qui lui sont dé- 
parties. , 

Si l'on examine l'opportunité de cette réglemen- 
tation du temps sous le rapport des convenances 
matérielles, on constate également des difficultés 
et des inconséquences qu'il importe de ne pas laisser 
subsister. 

Ainsi les saisons, qui ont servi de base à la 
fixation des heures de travail, ne sont pas toujoui^s 
l'expression exacte des conditions atmosphériques 
et varient selon les contrées ou même d'un jour à 
l'autre; il n'est donc pas rationnel de régler à 
l'avance, d'une manière absolue et uniforme, la 
marche du travail. 

Cependant ces tableaux de travail pouvaient, 
tels quels, être, sinon pratiqués servilement , du 
moins servir de guide, alors qu'ils étaient circon- 
scrits dans le régiment, alors que les exercices rou- 
laient presque exclusivement sur /'ordonnanco et 



RAPPORT. 39 

qae la première classe travaillait trois fois par se- 
maine et même une seule fois «pendant les mois de 
novembre, décembre et janvier. » (Ordonnance 
de 182g, art. V, Bases de l'instruction.) Mais 
ce principe de réglementation ayant subsisté, les 
conséquences en ont été étendues aujourd'hui à des 
conditions toutes différentes, résultant de l'embri- 
gadement général et du travail permanent; alors 
surgissent les impossibilités, et la recherche de l'uni- 
formité des occupations est évidemment en opposi- 
tion avec la variété des exercices. 

Le service de la cavalerie exige aujourd'hui de 
vastes espaces, et les terrains de manœuvres sont 
devenus trop exigus; il ne faut donc pas agir de 
telle sorte que ces terrains soient encombrés pen- 
dant deux heures et vides pendant le reste de la 
journée. En dehors des grands rassemblements, 
correspondant aux écoles d'ensemble, les terrains 
de manœuvres , les voies utiles à la pratique du 
service en campagne, aussi bien que les manèges, 
les appareils gymnastiques , les champs de tir, le 
matériel de voltige , etc., doivent être occupés 
presque sans interruption, en tenant compte des 
circonstances locales et d'éventualités presque jour- 
nalières. Ce n'est que par cette succession d'efforts 
répétés, par cet agencement habile des ressources 
et par cette distribution judicieuse du travail qu'on 
peut obtenir à la fois la variété, l'utilité et la 
continuité des exercices. 

On a reproché souvent à la cavalerie de se laisser 
absorber par les pratiques de son service intérieur; 



40 RAPPORT. 

et, en effet, l'instruction des troupes était placée 
sons la dépendance de ce service, tandis qu'au- 
jourd'hui la Commission pense que l'instruction, 
sous toutes ses formes, doit être l'obligation pri- 
mordiale du métier, et qu'à celle-ci doivent être su- 
hordonnées toutes les autres convenances. Ce prin- 
cipe est non seulement imposé par les conditions 
nouvelles des lois militaires en vigueur, mais il ré- 
pond au système d'éparpillement qui , en campagne , 
constitue la vie habituelle de la cavalerie, à la 
mobilité de tous les éléments de cette arme et ù l'es- 
prit de prévoyance qui doit sans cesse être éveillé; 
il inculque, à tous les degrés de la hiérarchie et 
dans les habitudes de garnison, la vivacité, l'en- 
train et cette sorte d'ubiquité qui doivent être le ca- 
chet de la cavalerie. 

En résumé, le cours des saisons ne saurait au- 
jourd'hui , comme en 1829, régler absolument et 
uniformément le travail de la cavalerie : son année 
militaire est constituée par les périodes d'incorpo- 
rations, de remontes, de libérations , de rappels, 
de grandes manœuvres, etc.; c'est d'après ces don- 
nées générales qu'il faut jalonner la route du tra- 
vail , sans y semer des entraves, sous le vain pré- 
texte d'égalité dans l'obéissance et d'unité dans le 
commandement. 

L'article U, intitulé: Responsabilité, devoirs et 
attributions de chaque grade, a été emprunté en 
grande partie à l'injanterie ; les points communs 
aux deux armes et permettant la même réglemen- 
tation ont été reproduits textuellement d'après le 



RAPPORT. 41 

règlement de 1875; les différences, caractérisées 
pur la constitution spéciule de la cavalerie , ont été 
conservées , mais tes attributions ont été légèrement 
déplacées, de manière à raffermir les principes d'au- 
torité et de responsabilité qui, dans l'état actuel, 
sont sensiblement émoussés par le principe dissol- 
vant de la responsabilité collective et du partage 
des attributions. 

Dans toutes les armées étrangères, la division 
du travail est assurée par la décomposition du 
tout en groupes constitués , mais jamais pur an par- 
tage des différents éléments de la valeur indivi- 
duelle de l'homme entre plusieurs mains. En un 
mot, dans ces armées, le régiment est divisé et sub- 
divisé jusqu'à r infiniment petit, mais l'homme 
est un des anneaux de la chaîne hiérarchique 
et n'a pas affaire à des autorités latérales, de 
même que. le chef exerce les devoirs du comman- 
dement dans toute sa plénitude, sans en déléguer 
une partie à d'autres chefs du même ordre que 
lui ; le fonctionnement en temps de paix se rap- 
proche ainsi le plus possible du. fonctionnement en 
temps de guerre. 

Notre organisation actuelle ne permettrait pas 
d'agir ainsi , jnais il a paru possible de s'en rap- 
procher et d'inaugurer ces tendances , en modelant 
quelques points du service de la cavalerie sur celui 
de l'infanterie et en s'abstenant, par conséquent , 
de toutes nouveautés qui pourraient paraître sub- 
versives. 

Il ne semble pas super Jl a, d'ailleurs, d'exposer 



42 RAPPORT. 

les inconvénients de nos errements actuels , afin d'en 
préparer peu à peu la rectification. 

Par suite de l'éparpillement systématique des 
fonctions, les branches principales du service se 
trouvent adjugées à des spécialistes : tel officier a 
pour domaine l'instruction à pied, tel autre l'in- 
struction à cheval ; tel officier est chargé d'instruire 
tous les sous-officicTS du régiment, tel autre instruit 
les brigadiers, et ainsi de suite de grade en grade 
et pour chacune des parties entrelescjuellcs l'ensemble 
du service ou de l'instruction peut se décomposer. 

Ce mode d'opérer a été inspiré par des appa- 
rences séduisantes , car chaque branche du service, 
étant centralisée , soumise à une impulsion unique, 
confiée à une aptitude choisie, présente séparément 
les garanties d'un bon fonctionnement , mais elle ne 
vise pas à l'harmonie générale des rouages, et porte 
le germe d'un principe funeste , dont les effets ne se 
font sentir qu'après une longue eccpéricnce et dont 
l'influence est aujourd'hui saisissante. 

A la javeur de ces spécialités, qui sont les forces 
vives du travail quotidien, la masse des officiers 
est dépossédée d'une partie du service; un grand 
nombre d'entre eux se désintéressent ou s'affran- 
chissent, sans qu'il en résulte des conséquences 
immédiates ; les officiers même auxquels est échu 
un emploi spécial se perfectionnent exclusivement 
dans cet emploi , se confnent dans an ordre d'idées 
et tendent à s'isoler des autres parties du métier. 

Le capitaine-commandant notamment se trouve 
singulièrement déshérité, car il n'a le plus souvent 



nAPPOr.T. 43 

qu'à enregistrer des faits accomplis ; on dresse ses 
hommes et ses chevaux en dehors de sa participa- 
tion ; on se charc/e d'instruire ses agents; des com- 
missions usurpent son action; des règlements précis 
et détaillés à l'excès éti'cignent tout esprit d'initia- 
tive et nivellent l'émulation. Il résulte de ces erre- 
ments que le grade qui doit être l'expression com- 
plète de l'activité, de l'intelligence et des facultés 
de commandement , qui doit sei^vir de critérium 
pour marquer d'une façon presque indélébile l'a- 
venir des officiers, ce grade est amoindri et abaissé 
au rang d'une fonction automatique. Une étiHinge 
anomalie ressort encore do ce fait : l'escadron, qui , 
à l'instar du régiment, est organisé, encadré, ou- 
tillé et administré de manière à se suffire à lui- 
même et à représenter une unité de commande- 
ment, est exploité, au contraire , d'après un prin- 
cipe de pluralité qui est la négation de son insti- 
tution. 

Par suite de ces expédients , l'homogénéité de 
l'escadron se désagrège insensiblement , le caractère 
distinctif de chaque commandement s'efface, et la 
valeur d'un régiment se trouvefondée sur des bases 
fragiles et trompeuses ; car ce système s'écroule des 
que la guerre éclate, et le régiment, qui, étant lar- 
gement doté de spécialités pendant la paix , a le 
mieucp fonctionné, devient au contraire celui qui, 
renfermant le moins d'officiers rompus à la totalité 
de leurs devoirs , ressent la plus forte secousse dès 
que , par le fait de la guerre, il est indispensable itc 
restiluer à chacun sa part complète d'action. 



44 RAPPORT. 

Tout autre doit être l'organisation régimen- 
taire ; toutes les pratiques de l'état de paix doivent 
être des enseignements pour l'état de guerre, et, 
entre les procédés actuels, qui dissimulent l'insuffi- 
sance ou tolèrent l'indifférence impunément , et les 
procédés qui mettraient , au contraire , en relief les 
actes de chacun et ne laisseraient à l'état latent ni 
incapacité ni défaillance , il paraît absolument né- 
cessaire d'opter pour ces derniers, quelles que soient 
les difficultés et la crise passagère pouvant résulter 
de cette transformation capitale. 

TITRE II. 
Instruction à pied. 

Le titre 11 , comprenant tout ce qui est relatif à 
l'instruction à pied, se divise en école du cavalier, 
école du peloton et école de /'escadron. 

L'école du cavalier à pied a été calquée sur 
l'école du soldat de l'infanterie, en tout ce qui est 
commun aux deux armes. Cette similitude a été ju- 
gée nécessaire pour faire disparaître les traces d'un 
particularismeV/«j n'aurait'pas de raison d'être, 
et elle était de plus imposée par la loi du recru- 
tement, puisque des hommes ayant servi dans la 
cavalerie peuvent être rappelés dans les troupes à 
pied de la réserve ou de l'armée territoriale. 

Toutefois, la brièveté du service ne permettait 
pas de donner à l'instruction à pied du cavalier 
le temps et les soijis dévolus aux spécialités du 
fantassin, telles que l'habileté dans le tir, la prépa- 



RAPPORT. 45 

ration à iu marche, etc.; le maniement du. sabre 
devait, par contre, occuper une place notable dans 
l'instruction du cavalier. Ces raisons seules ont 
produit les dissemblances qui peuvent èti-c remar- 
quées entre les écoles du soldat de ces deux armes. 

L'emploi du sabre, compris autrefois sous le 
titre : Exercice du sabre , et celui : Escrime du 
sabre, a été confondu sous un seul et même titre et 
a été sensiblement abrégé. Il a semblé que cette pro- 
vision énorme de coups de sabre dans le vide, com- 
pliquée encore, dans V'usaye, par l'habitude de 
rechercher des effets d'ensemble, de décomposer ces 
coups par temps et mouvements , d'exiger une ca- 
dence uniforme , faisait perdre beaucoup de temps 
et n'était pus en rapport avec la simplicité de l'effet 
à produire , qui consiste uniquement à savoir frapper 
d'estoc et de taille un objectif quelconque. Pour 
obtenir ce résultat il est certainement plus rationnel, 
plus expéditif et plus démonstratif d'apprendre à 
l'homme à se placer à portée convenable d'un ob- 
jectif déterminé, de manière qu'il puisse atteindre 
de la pointe ou du tranchant des bandes tracées à 
l'avance, ainsi qu'on procède en visant une cible 
avec le fusil. 

Tous les cavaliers , mis en présence d'an manne- 
quin, apprennent rapidement à faire usage de leur 
sabre, à observer la position voulue, à rectifier 
leurs fautes; tandis que les coups dans le vide 
exigent un long apprentissage, obligent à une répé- 
tition constante des détails de position et d'exécution 
et ne comportent aucun redressement autre que 



^Ô nAPPOKT, 

celui .d'erreurs relatives à l'ensemble cl à l'uni- 
formité. 

L'école du peloton à pied correspond à l'école de 
section de l'infanterie, mais en diffère sensiblement, 
car tout ce qui intéresse lesformations de combat de 
l'infanterie, les feux de salve, les feux rapides, etc., 
est sans objet pour la cavalerie, et il suffit, pour 
cette dernière arme, que les principes d'ordre et de 
régularité soient satisfaits, lorsque, dans les pu- 
rades, corvées ou autres services de garnison , elle 
doit se réunir et se mouvoir à pied. 

Ce programme est généralement considéré comme 
suffisant et comme seul praticable, à cause du temps 
a réserver à la pratique du cheval, et pourtant il 
met en présence deux opijiions dissidentes quant aux 
procédés d'exécution. Les uns voudraient que les 
mouvements à pied fussent une préparation à ceux 
a cheval , les autres voudraient que ces mouvements, 
si restreints et si simples qu'ils fussent, s'exécu- 
tassent absolument comme dans l'infanterie et aux 
mêmes commandements. Ce débat est en réalité 
peu important, tiuiis la Commission n'a pas cru 
devoir le passer sous silence, puisqu'il a cours dans 
le personnel des instructeurs. 

En ce qui concerne la première opinion, il a 
seinblé que l'avantage bien mince de préparer, à 
pied, aux manœuvres à cheval n'était pus compensé 
par l'inconvénient de créer des mouvements trop 
différents de ceux des autres armes et qui seraient 
alors basés sur des règles tnoins logiques que con- 
ventionnelles; on ne peut faire, par exemple, que 



RAPPonT. 47 

la colonne pur qiiuti'e ne soit, à pied, une colonne 
avec distance, égale au frofit, tandis qu'à cheval 
elle est le double du front; il est donc inutile de 
chercher des analogies qui n'existeraient que dans 
des mots el des formules de commandement , mais 
non dans les mécanismes. 

Quant à l'opinion qui p^-éconise l'adoption com- 
p'.cte des formes de l'infanterie, elle est également 
trop absolue. Il est un principe qui s'impose dans tous 
les mouvements à cheval et qu'il n'est pas facultatif 
de modifier : à savoir, que le cavalier du deuxième 
rang doit toujours suivre son chef de file ; les cava- 
liers sont familiarisés avec ce principe invariable et 
il semble bien inutile de leur enseigner une exception 
pour le seul bénéfice de créer une ressemblance 
avec l'infanterie dans des mouvements aussi secon- 
daires que ceux consistant à se former par qualité. 
Déplus, la rupture par quatre et la formation du 
front par le doublement ou le dédoublement des 
files présentent une certaine difficulté pour les ca- 
valiers, exposés à rencontrer les éperons de leurs 
voisins dans ce déplacement rapide en avant ou en 
arrière. 

En résumé , l'école du peloton à pied donne seule- 
ment les moyens de marcher en ordre, par deux , 
par quatre, par peloton, el dépasser de l'une à 
l' autix de ces formations , sans qu'il soit question 
déformes ni même de termes de combat. 

La colonne par deux est maintenue , puisqu'il 
peut être nécessaire d'en faire usage, mais avec les 
restrictions énoncées dans lerapport de l'ordonnance 



48 RAPPonT. 

de 1829 , restrictions montrant que, de même que 
dans l'infanterie, on ne doit l'employer que par 
exception. 

tf La marche par le Jlanc , pour les cavaliers à 
upied, a beaucoup d'inconvénients, surtout dans une 
il. colonne profonde; elle est peu assurée et présente 
i^ un flottement continuel; chaque cavalier, crai- 
« gnant de rencontrer les éperons de son chef de 
if lie, raccourcit le pas et la colonne s'allonge indé- 
«finiment. La Commission y a substitué la marche 
«par quatre files à droite ou à gauche, qui a 
«.l'avantage d'offrir une colonne plus courte, plus 
« régulière, plus en rapport avec les mouvements de 
« la cavalerie et pouvant se reformer promptement 
«dans tous les sens. » (Ordonnance de 182g.) 

La rupture par quatre et le rétablissement du 
front par les moyens invei^ses permettent de ti-ans- 
porter le peloton dans tous les sens et de le former 
sur le point et suivant toutes lignes qu'il convien- 
drait d'occuper; les principes de la marche sont 
déterminés dans ces deux cas; certains procédés 
sont indiqués spécialement pour les revues et inspec- 
tions, par conséquent l'instruction du peloton peut 
être considérée comme complète avec ces seules 
données. 

TITRE ni. 

Instruction à cheval. 
École du cavalier. 
L'école du cavalier se distingue de l'ancienne 
par un principe nouveau, qui mérite d'êtie mis en 



RAPPor.T. 49 

relief par (iiu'hjiics développements , pour être bien 
compris et convenablement appliqué. 

Selon la méthode (jui avait prévalu dans l'or- 
donnance de 1829 et le règlement de 187 1, on se 
proposait d'exercer le cavalier à l'emploi et à la 
combinaison des aides, au moyen de Ji (jures de 
manège. 

L'Iiahilelé de chaque cavalier isolé consistait dans 
son exactitude à parcourir des lignes droites ou si- 
nueuses, traçant des figures plus ou moins varices; 
la perfection du travail d'ensemble consistait dans 
l'identité de figures homologues, tracées simulta- 
nément ou successivement par plusieurs cavaliers 
réunis; enfin l'instructeur avait un moyen naturel 
de vérifier la juste application des aides par le ta- 
bleau représenté sous ses yeux cl composé par 
l'agencement de ces f gares. 

Le raisonnement qui a inspiré cette méthode est 
exact et s'accommode parfaitement avec la nécessité 
d'exercer un certain nombre de cavaliers à la fois , 
attendu que l'obligation pour ces cavaliers de par- 
courir un même espace dans le même temps cl à 
la même allure implique de la part de chacun un 
accord dont la clef ne peut être donnée que par 
des principes communs, uniformément uppli(jués; 
mais cette méthode n'est pas exempte d'inconvé- 
nients pour former des cavaliers militaires dans un 
temps relativement court. En effet, les sous-officiers 
et brigadiers instructeurs , généralement peu versés 
dans l'art équestre et peu experts à reconnaître la 
justesse des aides du cavalier, sont encouragés par 



50 RAPPORT. 

cette méthode à se désintéresser de toute démonstra- 
tion relative aux principes d'équitaiion ; ils ont 
une tendance à ne porter leur attention (jue sur 
la symétrie de mouvements , et bornent presque 
exclusivement leurs remarques à la rectitude des 
distances ou des intervalles , des alignements enfile 
ou de front. Les cavaliers de recrue, d'autre part, 
consacrent un temps relativement lomj à se familia- 
riser avec des termes inconnus de la plupart d'entre 
eux et à apprendre des figures de manège, ainsi 
que certains procédés secondaires pour être con- 
stamment réglés et alignés ; si leur attention est 
surprise, ils corrigent leur faute par une précipi- 
tation nuisible; si le cheval n'est pus suffisamment 
docile ou n'a pus été convenablement préparé à 
l'interprétation des aides, ils doivent sacrifier à 
l'uniformité la juste exécution du mouvement. 

En un mot, cette méthode d'enseignement, bonne 
avec des instructeurs accomplis, avec des cavaliers 
intelligents et avec des chevaux bien dressés, pré- 
sente de nombreux inconvénients lorsque toutes ces 
conditions ne sont pas réunies; la forme y acquiert 
plus d'importance que le fond, les moyens do- 
minent le but réel , et alors même que l'instruction 
du cavalier paraît êti'e individuelle , l'action de 
l' insti^ucteur s'y exerce toujours d'une manière 
collective, anonyme et avec la préoccupation im- 
posée par un travail d'ensemble. 

Il s'agissait donc de supprimer toutes ces lon- 
gueurs, incompatibles avec la brièveté du service, 
de consacrer plus de soin à l'équitution, et défaire 



UAPPORT. 51 

en soiie que l'aclion de l'inslractciir fùl toujours 
personnelle, en s'appJiquanl à lourde râle à cJuicun 
des c(ivuUe7-s qu'il instniit, mais jamais à tous à 
la J'ois; par suite de ces procédés nouveaux, l'œil 
est moins satisfait , mais l'instiHU-tion des cavaliers 
y (jagne sensiblement en perfection et en économicf 
de temps. 

L'école du cavalier, disait l'ordonnance de 1829, 
«a pour objet de former des cavaliers adroits à 
«manier leurs chevaux et leurs armes dans 
« toutes les directions et à loules les alluies.» 

Ce programme est rigoureusement maintenu, 
mais les moyens de l'accomplir ont été dégagés , 
dans la nouvelle école, de tous les procédés acces- 
soires, récréatifs, mais non indispensables , et dé- 
viant du but principal , qui doit être de rendre 
l'homme apte à servir, le plus tôt et le mieux pos- 
sible, dans le peloton ou l'escadroti, dans le rang 
ou isolément, en rase campagne et non dans un 
manège. 

En se reportant au programme énoncé plus 
haut, il faut apprendre au cavalier de recrue à 
suivre une direction déterminée , et, pour cela, lui 
indiquer d'abord cette direction, puis l'obliger à 
s'y maintenir ou à s'y porter et à agir comme s'il 
était isolé, sans se confier à une piste tracée ni à 
la routine de son cheval. Une partie des prescrip- 
tions du nouveau règlement s'applique à la nécessité 
d'inculquer constamment au cavalier la préoccu- 
pation de la di7'cction à suivre et à ne jamais le 
laisser agir machinalement. Les carrés, dans les- 

4. 



52 liAPPOUT. 

(Iitcls se incuvent ijlusicurs atcaliers, ne scrvciU 
(jn à jdlonncr des directions et à maintenir ilionane 
sons l'œil de l'inslractear, nutis chacun travaille 
dans ce carré comme s'il était seul, sans aucune 
préoccupation de distance ni d' alignement ; quelques 
•mouvements très simples apprennent au cavalier à 
passer d'u?ie direction à une uuti'e et à faire usage 
de ses aides ; l'ensemble de ces presci'iptions réalise 
tout ce qu'il est nécessaire d'enseigner au cavalier 
pour qu'il sache marcher «dans toutes les direc- 
tions». 

Quant aux allures, il faut que le cavalier en 
distingue non seulement les trois espèces , mais qu'il 
en observe exactement la régularité et la vitesse; 
chaque allure a son rythme particulier , et sa. vi- 
tesse a été calculée en raison <lcs moyens des che- 
vaux de troupe et en vue de l'uniformité du travail 
d'ensemble ; il faut donc que le cav(dier soit con- 
firmé isolément dans la connaissance de cette vi- 
tesse, afin que son cheval soit toujours réglé, ra- 
lenti ou développé au niveau de l'allure-type. 

Il était autrefois loisible au cavalier d'accélérer 
ouderalentir l'allure pour reprendre une distance 
perdue; il devait céder à toutes les secousses de vi- 
tesse qui se produisaient dans l'ensemble de sa re- 
prise ; les conducteurs seuls étaient astreints à 
jwsséder la notion du rythme des allures ,mais ils y 
attachaient peu d'importance et y dérogeaient sou- 
vent. Aujourd'hui, chaque cavalier doit prendre de 
lui-même l'allure commandée et en régler la vi- 
tesse ; // nu pas à se préoccuper des cavaliers voi- 



liAPI'ORT. 53 

sins autrement que pour les éviter par des procédés 
délerniinés , et s'il est (jêué ou arrêté, il fait choi.r 
d'une autre direction, mais toujours sans accrois- 
sement ni ralentissement de vitesse. Ce n'est que par 
une pratique soutenue de celte méthode que l'on 
parvient à confirmer le cavalier dans le degré de vi- 
tesse et le rytlune des trois allures, (ju il doilposséder 
au même titre que le fantassin doit posséder la ca- 
dence du pas accéléré, et sans lesquels le travail en 
troupe ne pourrait être coi'rect ou serait sujet à des 
flottements d'allur-es contraires à la bonne exploi- 
tation des forces du cheval. 

Les accélérations ou ralentissements d'allures 
sont mentionnés cependant dans le cours de l'école 
du cavalier, car ces exercices sont nécessaires pour 
apprendre la gradation des aides ou acquérir le 
sentiment des allures , mais ils ne sont exécutés que 
sur l'indication expresse de l'insh^ucteur et ne sont 
pas livrés à l'inspiration du cavalier. 

Les prescriptions relatives à cet ordre d'idées 
satisfont à la deuxième partie du programme : 
«Marcher à toutes ies allures. » 

Enfin, l'instruction du cavalier qui se rapporte 
au maniement des armes est développée , comme 
dans l'ancien règlement, dans un chapitre distinct ; 
les modifications apportées dans ces exercices sont 
la conséquence de celles adoptées dans le maniement 
des armes à pied ou se justifient d'elles-mêmes , sans 
qu'il soit nécessaire d'en discuter les motifs par des 
considérations d'analogie , de commodité, de simpli- 
cité ou d'abréviation de la durée de l'instruction. 



54 RAPPORT. 

Ces trois objets : directions, allures, usage des 
armes, sont les linéaments principaux de toute 
école du cavalier, et la Commission a dû résoudre 
de prime abord les pj-incipes se rapportant à ces 
grandes divisions de l'instruction; mais la question 
de méthode, dans le parcours de chacune d'elles , 
surtout en ce qui a trait à l'équitation, a été aussi 
l'objet d'un examen attentif. 

Il serait superjlu, sinon impossible, de prétendre 
à enseigner au soldat des Jinesses d'équitation ; 
mais le minimum d'habileté auquel il est nécessaire 
de satisfaire est aujourd'hui bien éloigné des res- 
trictions de l'ordonnance de l'an xiii , qui n' ac- 
cordait la leçon du galop qu'aux sous-officiers , et 
même de l'ordonnance de 1829, (jui avait consi- 
déré comme un énorme progrès l'obligation d'é- 
tendre cette leçon à tous les cavaliers , quoique dans 
des limites étroites et avec des précautions infinies. 

Il a donc semblé inutile de s'attarder dans un 
luxe de précautions qui, sous prétexte de mé- 
thode, font naître des appréhensions et occa- 
sionnent des lenteurs excessives ; on s'occupe dans 
lu nouvelle école, dès le début , d'assouplir l'homme 
et de le débourrer, puis, lorsqu'il est en con- 
Jiance, on fait appel à son attention pour lui 
apprendre l'usage et l'effet des aides, et enfin on 
aborde promptement l'emploi des allures vives, 
parce que l'assiette du cavalier, étant indépen- 
dante de tout raisonnement , ne devient assurée que 
par une succession continue d'épreuves physiques et 
non par une gradation d'explications théoriques. 



RAPPORT. 55 

Il y avait un éciieil à éviter en introduisant l'u- 
sage du (jalop, comme celui des autres allures, 
sans aucune distinction. Le (jalop de 350 inèlres 
par minute est trop rapide pour être employé dans 
un terrain circonscrit , les recrues ne sont pas 
assez maîtres de leurs chevaux pour les diriger à 
cette allure vive, l'insti-ucteur serait dans l'impos- 
sibilité de continuer le système d'éducation person- 
nelle, qui est le propre de cette école, le désordre 
et les accidents- savaient souvent le partage de 
ces exercices à grande vitesse ; il a donc fallu 
instituer, spécialement pour l'école du cavalier, 
une vitesse particulière de galop ralenti ; mais 
ce procédé n'est pas une innovation vague et in- 
connue, car il était, de fait, déjà en usage dans 
notre instruction de détail, et il est d'ailleurs 
une conséquence forcée des règles établies quant 
à la constance des allures et au mode d'enseigne- 
ment. 

En partant de ce principe, que la confiance est 
un grand élément de succès pour le dressage des 
j^ecrues, que le façonnement du corps doit précé- 
der le travail de l'intelligence , et que, dans les 
bornes de l'équitation militaire , l'habitude est pré- 
férable à la science, la Commission eût désiré que 
le travail à la longe reçût une plus grande impor- 
tance , mais elle a hésité à eiiù^er dans cette voie en 
raison de certaines difficultés matérielles et des 
ressources du personnel; elle a cru devoir tenir 
compte du rejet de cette méthode ancienne par 
l'ordonnance de 1829 , et elle s'est bornée à la re- 



50 RAPPORT. 

commander, de concert avec le tivivail à cheval des 
premières leçons, surtout à l'éijard de certaines 
conforinalions rebelles à l' éqiiitation. 

La Commission a, de plus, affirmé les avantages 
de la volticje pour hâter les progrès du cavalier, 
mais il est nécessaire que ces derniei^s exercices ne 
soient plus considérés comme un hors-d'œuvre et un 
accessoire , et passent réellement dans les pratiques 
habituelles et journalières de l'instruction. 

En résumé, /'école du cavalier n'a pas in<(u- 
guré de nouveaux principes d'équitation , mais elle 
a simplijié et transfortné les procédés d'éducation ; 
la Comnïission , pour rester fidèle à sa doctrine, 
s'est étudiée à ne rien prescrire qui n'ait son utilité, 
et réciproquement à faire enseigner tout ce qui peut 
être appliqué plus tard, enjin à faire en sorte (fue 
les instructeurs substituent, dans cette partie de 
l'instruction, des conseils attentifs , patients et ap- 
propriés à chaque homme , aux généralités et aux 
effets d'intonation qui caractérisaient les coutumes 
du manège militaire. 

Les seules innovations apportées dans les pra- 
tiques de l'équitation plutôt que dans les principes 
consistent dans l'adoption du trol enlevé et de la 
conduite à deux mains, et ne sont d'ailleurs que 
la consécration d'habitudes générales, entièrement 
justifiées par l'expérience. Il n'y avait donc aucune 
raison d'en frustrer le cavalier militaire, lorsque 
celui-ci ne se trouve pas dans les circonstances 
qui d' elles-mêmes et forcément le privent de ces 
avantages. 



RAPPORT. 57 

Le trot enlevé soulage le cheval et l'homme, 
produit, nalarctlcment et sans efforts nouveaux, 
un surcroît d'allure cl donne des moyens de con- 
duite plus surs , en ce qui concerne la fixité de la 
main. 

La conduite du cheval k deux mains assure avec 
plus de précision l'obéissance du cheval, rétablit la 
symétrie dans la position du cavalier et donne à ses 
aides un jeu plus facile, plus complet et niieu.r 
gradué. 

Enfin, il convient de signaler la règle nouvelle 
qui prescrit de ne prendre une allure vive ipie 
par allongement progressif, onde ne s'arrêter qu'en 
éteignant peu à peu la vitesse primitive ; cette règle 
présente de tels avantages au point de vue de la 
conservation des chevaux que la Commission n'a 
pas cru devoir prendre en considéralion les rai 
sons contraires tendant à leur opposer la lenteur 
apparente de l'exécution , attendu que, dans la 
pratique, cette lenteur n'est pas d'une influence 
sérieuse, qu'elle est largement compensée (ainsi 
qu'on le verra plus loin) par l'abréviation ou la 
suppression des commandements , et que ce procédé 
est d'accord avec les meilleurs principes de l'équi- 
tation, dans le sens utilitaire, qui seul convient à 
l'armée et surtout au travail en troupe. 

École du peloton. 

[.'école du peloton est le premier élément de 
rinslruclion numœucrière des troupes , et toutes les 



58 RAPPORT. 

questions de principe apparaissent dès le débat de 
celte école. 

Les changements considérables qui y ont été 
apportés tiennent à des principes nouveaux , et c'est 
par conséquent par lu discussion raisonnée de ces 
principes qu'il convient d'expliquer les changements 
survenus et d'éclairer le jugement des ojfîciers ap- 
pelés à former des instructeurs , à propager ces 
principes et à en généraliser l'application. 

C'est ainsi que l'exposé suivant paraît avoir 
toute sa raison d'être. 

J)e la place du guide. — Le choix de rempla- 
cement du guide est d'une importance capitule pour 
la bonne exécution des marches et a besoin d'être 
soigneusement médité. 

Il est mathématiquement exact que la cohésion 
d'une ligne de bataille étendue peut être assurée 
par le parallélisme de la direction des chevaux 
et par l'égalité de vitesse de chacun d'eux; de là 
les règles qui ont prévalu dans l'ordonnance de 
i829. 

Cette condition est en effet facilement satisfaite , 
lorsqu'une ligne est mise en mouvement dans une 
direction fixe et perpendiculaire au front; mais si 
la direction est variable, ainsi qu'on doit le pré- 
voir dans une attaque réelle de cavalerie lancée 
contre un ennemi mobile, et notamment au-devant 
de l'aile d'une ligne adverse en marche, les mo- 
difications de l'axe de direction ne peuvent, se- 
lon nos anciens errements, s'exécuter, dans la 
ligne entière, que successivement , par suite d'un 



RAPPORT. 59 

seidiinent du botle-à-botte parcourant le front 
d'une aile à l'autre et en vertu du principe qui 
voulait que les cavaliers cédassent à toute pression 
venant du côté du guide. 

Cette pression , d'abord légère , puis multipliant 
sa puissance de proche en proche, produisait des 
flottements ou des déchirements de la ligne, et de 
plus , tout changement apporté dans la direction 
initiale ne pouvait être exécuté que successivement 
et par conséquent lentement. 

En vain voudrait-on arguer des pratiques adop- 
tées pour la marche des lignes d'infanterie et re- 
connues suffisantes. Le coude-à-coude du fantas- 
sin est favorisé pur la cadence, tandis que le 
Ijotte-à-botte du cavalier, aux allures vives et 
avec les battues inégales des chevaux, est plutôt 
une fiction qu'une réalité. 

Le problème à résoudre , pour faire mouvoir ra- 
pidement des lignes de cavalerie dans des direc- 
lions variables, consiste donc dans la création d'un 
signe visible et instantané, communiqué à tous les 
cavaliers à la fois , au lieu d'une pression gra- 
duelle parcourant les rangs. Pour cela faire il 
fallait que le guide fût placé en évidence, en de- 
hors de la ligne et à portée de la vue de chaque 
cavalier; c'est ainsi (jue les cltefs de peloton ont 
été institués les guides de leur peloton et jalonnent 
tout le front de la ligne. 

Les chefs de peloton se règlent eux-mêmes sur 
leur capitaine par l'intermédiaire du chef du 
deuxième peloton. 



00 RAPPORT. 

Les capitaines se retient sur Je commandant 
du régiment par l'intermédiaire du capitaine du 
deuxième escadron. 

Et cfifin le commandant du régiment, secondé 
par les chefs d'escadrons, est le directeur général et 
indépendant de la ligne de bataille. 

Dans ces conditions, les lignes les plus étendues 
peuvent serpenter en tous sens sans difficulté , et l'on 
ne saurait nier (fue le chef d'une troupe , dirigeant 
une attaque à une allure vive contre un objectif 
mobile, ne peut réellement rester muîti'e du point 
d'attaque qu'en imprimant la direction de s(( ligne 
par la seule direction de son cheval , sans avoir à 
se préoccuper de transmettre un ordre à ujie aile 
éloignée de lui, ni à attendre l'exécution lente 
d'un changement de front. 

Ces principes de direction sont absolus dans une 
attaque réelle et par conséquent dans toute marche 
en bataille, puisque cette disposition est un ordre 
d'attaque et non un oi'dre de marche ; mais o« l'e- 
connalt que dans certaines circonstances , et sur- 
tout en instruction, il est nécessaire que certains 
chefs ne soient pas assujettis à une place immuable ; 
des moyens sont alors donnés pour satisfaire à celle 
exigence, elle colonel, ainsi que les capitaines, 
peuvent recouvrer leur indépendance et déléguer 
leur rôle de direction toutes les fois qu'ils en 
sentent l'opportunité. 

Du BOTTE-À-BOTTE. — Le botte-à-botte ou au- 
rement dit le lien des cavaliers entre eux , dans le 



uAPPonT. 61 

raïKj , a élé habilaelleincnt déjhii dans ces iernics : 
(jiic les. cavaliers devaieul avoir de l'aisance sans 
cire ouverts ou le contact de la botte sans être 
serrés. Cette règle a été déterminée dans l'ordon- 
nance de 1829 et dès les leçons à cheval, où il était 
dit que les chevaux étaient placés «5a?' un ramj à 
un tiers de mètre l'un de l'autre». Tels sont les 
éléments qui établissent la valeur de l'expression 
usuelle : bolle-à-bolle. 

Ces principes ont été reconnus bons pour main- 
tenir lu liaison des cavaliers dans le rang; nuiis 
ajin de donner à ces principes une interprétation 
plus large, l'intervalle entre les chevaux non mon- 
tés a été porté d'un tiei's de mètre à un demi-mètre. 

Il est en effet évident que si les cavaliers se 
louchent de la boite lorsqu'ils sont de pied ferme, 
ils seront serrés dès que les chevaux seront en 
nutrche et surtout à l'allure du galop, dont les 
oscitlalions en sens inverse et non uniformes entre 
tous les chevaux produisent forcément des chocs. 

La pratique même vérifie ce fait, et il est facile 
de se convaincre que, dans les marches en bataille 
aux allures vives, la troupe conserve d'autant 
nueax son front qu'elle avait de l'aisance au point 
de départ , et qu'au coidraire elle s'éparpille 
d'autant plus qu'elle était plus serrée élaid de 
pied ferme. 

Cette différence d'un demi à un tiers de mètre a 
semblé suffisante pour parer à la tendance des cava- 
liers à trop se serrer et pour atténuer des exigences 
trop absolues, qui voudraient quelquefois considé- 



62 RAPPORT. 

rer une ligiie de bataille comme une masse inerte, 
en remontant à l'âge éloigné des charges en ordre 
profond, à courte portée et à allure pesante. 

Cette aisance, qui favorise le calme et la régula- 
rité des allures , est également devenue nécessaire 
pour faciliter l'exécution des obliques individuels , 
dont l'emploi est fréquemment prescrit dans le mé- 
canisme des nouvelles évolutions. 

Enfin il est à remarquer que cette augmenta- 
tion apportée dans l'étendue du front se lie égale- 
ment à celle de 50 centimètres apportée dans la 
distance entre les rangs, afin de conserver la 
même relation théorique entre la largeur et la 
longueur du cheval , de sorte que dans les évalua- 
tions on continuera à compter, en moyenne (va- 
riable selon les armes), le front du peloton comme 
égal à 12 mètres et la profondeur des deux rangs 
comme égale à 6 mètres. 

Cette augmentation de distance ne touche pas la 
colonne de route, dont il importait de ne pas ac- 
croître la profondeur et dont le mécanisme pro- 
cède de mouvements successifs , qui n'ont pas un 
lien forcé avec ceux de la colonne avec distance et 
des formations correspondantes. 

Plusieurs de ces considérations se trouvent cor- 
roborées par un changement semblable apporté 
dans le règlement d'infanterie du 10 juillet 1875, 
d'après lequel les files sont foi'mées à 12 centi- 
mètres l'une de l'autre, au lieu d'être coude à 
coude , et la distance d'un rang à l'autre est portée 
à UO centimètres , au lieu de 35 centimètres. 



KAPPonr. C3 

Des commandements. — Les conwumdeinenls 
ont été simplijiés , abrégés et quelquefois remplaces 
par des signes. 

Des expériences ont prouvé que ces modijira- 
lions , facilement praticables , étaient un corollaire 
obligé de la mobilité à donner aux troupes de 
cavalerie. 

Les comtnandements longs et sonores étaient 
acceptables dans le domaine du terrain de ma- 
nœuvres et pour des évolutions sur place ou de pa- 
rade; mais si l'on admet que la cavalerie doit pou- 
voir prendre toute disposition favorable sans cesser 
de marcher et être exercée avec toute la puissance 
dont elle est susceptible , il faut que les officiers 
transmettent leur volonté en marchant devant leur 
troupe à toutes les allures et n'emploient que des 
signaux ou des commandements simples et brefs. 

Cette brièveté de commandements n'a pas en- 
core semblé suffisante; on a cherché à rendre les 
manœuvres plus silencieuses et l'on a reconnu que 
dans beaucoup de cas il était facile de supprimer 
cette sorte de cascade de commandements indéfini- 
ment répétés; des signes ont été inventés , signes à 
l'aide desquels un groupe de cavaliers équivalent 
à la force d'un peloton peut très aisément être 
conduit par son chef, qui dès loi's devient res- 
ponsable de la direction à prendre, de la vitesse à 
observer et de la place à occuper. Ce principe peut 
aussi s'appliquer, dans une limite plus restreinte, 
à l'escadron et au régiment. 

Quant à l'intonation des commandements , les 



64 IIAPPURT. 

crvemenls jxissés suffisent pour ublcnir ioule l' uni- 
formité désirable; il y a lieu seulement d'insister 
sur l'utilité de ne donner à lu ooi.v qu'une éten- 
due proportionnée à celle de lu troupe que l'on 
commande, et sur un principe nouveau qui est 
celui-ci : toutes les fois que le mouvement à exé- 
cuter comporte une action immédiate, la troupe 
est avertie pur un commandement préparatoire, 
répété ou traduit de proche en proche, puis elle 
est engagée dans ce mouvement par le comnuinde- 
mcnl Marche. 

Mais s'il s'agit seulement d'accélérer ou d'é- 
teindre l'allure, le commandement Mauche, pro- 
voquant seulenient une préparation et non une 
exécution instantanée , doit suivre sans interrup- 
tion l'indication également préparatoire de l'allure, 
ou si une allure nouvelle doit coïncider avec 
l'exécution d'un mouvement, cette indication d'al- 
lure doit se confondre avec le commandement 
Makche et non avec le commandement prépara- 
toire. 

Exemple : Une troupe marchant au pas, pour 
la J'aire passer au trol, on commande : Au troL 
MARCHE {coînme en un seul mot). 

Une ti'oupe marchatit en colonne au pas, pour 
la former en bataille, on commande : i° Eu avant 
en bataille, 2" Au trol marche. 

Enfui, dans la texture des commandements on 
remarque certains changements qui ont pour but 
d'établir de l'analogie et d' appliquer une loi géné- 
rale. 



RAPPORT. 05 

Exemple : Pour passer de l'ordre en bataille 
à l'ordre en colonne avec dislance , an lien de: Pe- 
loloiis à droite [on à gauche), on commande : A 
droite (ou à gauche) en colonne, par analotjie 
avec le mouvement complémentaire : A gauche [ou 
à dioile) en balaille; et, en (j encrai , dans tout 
commandement , on s'est proposé d'énoncer la dis- 
position à prendre et d'évoquer l'idée qui doit en 
résulter, et non pus seulement d'indiquer un méca- 
nisme abstrait tel que dans l'ancien commande- 
ment : Pelotons à droite. 

Des formations en uataille. — // est passé à 
l'état d'axiome que la cavalerie combat par le mou- 
vement, tandis que l'infanterie et l'artillerie com- 
battent sur place; de même l'état stationnaire de 
la cavalerie correspond à an temps d'arrêt dans son 
action ojjensive, tandis que c'est, au contraire, la 
marche qui suspend les feux de l'infanterie et de 
l'artillerie. 

Il est donc rationnel d'établir que l'expression : 
En bataille doit avoir une acception différente se- 
lon les armes, et comme il est admis en principe , 
dans ce nouveau rèylemcnt, que la formation en 
balaille ne doit être prise qu'en vue du combat , il 
en résulte que les mouvements aboutissant à une 
formation en bataille doivent toujours être suivis 
sans interruption du mouvement offensif. Il est vrai 
que, dans lu pratique usuelle , les fractions de troupe 
servant de base à une formation en bataille sont 
souvent obligées de s'arrêter, par suite de l'exiguïté 
du terrain de manœuvres ; mais, dans ce cas, les 



66 RAPPORT. 

expédients employés ne seront pas érujés en règle 
et n'auront pas pour effet de consacrer un prin- 
cipe faux; c'est ce que ta Commission a prétendu 
faire en considérant le mouvement en avant comme 
un corollaire obligé de toute formation en bataille. 

Des conversions à pivot fixe. — On remar- 
quera sans doute que la conversion à pivot fixe , 
dont le mécanisme reste le même que par le passé , 
a reçu cependant quelques explications nouvelles; 
ces changements ne tiennent pas à de simples dis- 
cussions de mois. 

Lorsqu'un peloton converse sur le terrain de ma- 
nœuvres , son chef peut facilement prendre la direc- 
tion nouvelle, en se réglant sur les lignes qui enca- 
drent le terrain; mais s'il opère en rase campagne, 
ce chef de peloton ne peut être certain d'exécuter 
une conversion , au degré xouhi, qu'en prenant un 
point de repère dès le début du mouvement et non 
pendant ou après ce mouvement , à partir de la di- 
rection qu'il va quitter et non après avoir aban- 
donné celte direction, qu'il laisse derrière lui; c'est 
pourquoi , et en raisonnant toujours dans l'hypo- 
thèse de manœuvres en rase campagne, il est dit 
qu'au moment de converser le chef de peloton uin- 
dique du geste le point sur lequel le peloton doit mar- 
cher après la conversionr), puis il tourne pour son 
propre compte en se dirigeant de suite sur le nou- 
veau j)oint, et ne reprend son rôle de guide que 
lorsque le mouvement circulaire est terminé. 

Pendant la conversion , le gradé du centre cesse 



RAPPORT. 67 

motneiitanéineiU de suivre les Iriices du (jaide et 
s'iissujettil lai-même à la rè(jle commune, qui veut 
que tous les cavaliers restent liés du côté du pivot 
et cèdent à toute pression de ce côté. 

Il est prescrit au yradé de l'aile marchante ade 
l'aire quelques pas droit devant lui avant de con- 
versern, pour éviter la pression qui se produit 
facilement du côté du pivot, et parce que, dans 
les conversions aux allures vives, le pivot doit 
éteindre l'allure avant d'arrêter et de commencer le 
mouvement commandé. 

On remarquera qu'il n'est pas question , dans le 
nouveau règlement, de demi-tours par front d'es- 
cadron; ce mouvement est devenu inutile par 
suite de l'adoption des inversions de peloton. 

Dks conversions à pivot mouvant. — La con- 
version à pivot mouvant s'emploie dans les change- 
ments de direction et intéresse principalement le 
front du peloton , qui répond à la colonne la plus 
usitée dans les manœuvres. On se propose, dans ce 
dernier cas, d'éviter que les fractions successives 
ne viennent s'accumuler sur le terrain de la con- 
version et que la colonne n'éprouve des ralentisse- 
ments ou des à-coups; ce but sera largement atteint 
si les pivots ne modifient pas leur allure en tour- 
nant et conservent par conséquent la même distance 
entre eux. 

Mais, pour que cette dernière condition puisse 
être adoptée, il faut que l'aile marchante puisse 
augmenter sa vitesse d'une quantité suffisante pour 

5. 



08 llAl'PUKT. 

parcourir, dans le même temps que le pivot, un es- 
pace beaucoup plus grand , ou que , la vitesse de l'aile 
marchanle et du pivot étant donnée , les arcs de cercle 
correspondants soient déterminés dans la même pro- 
portion. Or, quelle que soit l'allure du pivot, l'aile 
marchante peut facilement prendre une vitesse 
double : donc il suffit que les arcs de cercle ou 
les rayons soient aussi dans la pi'oportion de 1 à 2. 

Ces données de calcul, jointes à des observations 
empiriques , ont fait admettre que le rayon du cercle 
le plus convenable à faire décrire au pivot était , en 
moyenne, d'environ 9 mètres; soit 15 mètres pour 
le guide. Mais il ne reste pas inoins établi que 
cette conversion peut s'exécuter sur un arc de 
cercle plus ou moins grand , car celte nécessité dé- 
coule de l'emploi ijui peut être fait de cette conver- 
sion en detiors du terrain de manœuvres. 

Le rayon du guide étant ainsi fixé, celui d'un 
front trois fois moindre , ou de la colonne par quatre, 
se trouve naturellement de 5 mètres. 

Quant au front de l'escadron, sa conversion ne 
pouvait être réglée dans les mêmes conditions, 
puisque l'aile marchanle n'eût pas pu acquérir une 
vitesse suffisante. Afin de ne pas créer une pres- 
cription nouvelle, le rayon du pivot de la conver- 
sion adopté pour le peloton a été conservé pour ce 
front quadruple; jnais la proportion voulue entre 
les vitesses correspondantes du pivot et de l'aile mar- 
chante a été rétablie à l'aide d'une diminution d'al- 
lure du pivot. 



RAPPORT. 09 

Des obliques individuels. — Les ohlùnies in- 
dividuels , (jiii Jacililent et accélèrent les ruptairs 
et les formations , ont été introduits largement 
dans le mécanisme des nouveaux mouvements. 

Ces ohiujues ont été portés jusqu'à l'amjle d'un 
demi-à-droite (^ou à-gauche), en profitant de l'élas- 
ticité obtenue par l'adoption d'un espace de 50 cen- 
timètres entre les chevaux non montés. Toutefois 
cette aisance n'est pas encore suffisante pour per- 
mettre à tous les cavaliei-s d'un peloton d'exécuter 
simultanément l'oblique, et il est nécessaire que le 
front s'étende légèremejit en commençant l'oblique 
et se rétablisse peu à peu en le terminant; cette 
fluctuation a paru assez peu sensible dans la pra- 
tique pour ne pas abandonner les avantages de ces 
mouvements , qui communiquent une facilité et une 
rapidité d'exécution très-supérieures à celles des 
anciens procédés. 

Des alignements. — L'alignement dégagé de 
toute question de coup d'œil et de parade est d'une 
importance capitale pour la cavalerie, mais beau- 
coup plus dans la marche que dans l'état station- 
naire. 

Le nouveau règlement a donc abandonné l'habi- 
tude d'aUgner constamment une troupe dès qu'elle 
est arrêtée, attendu que cette règle est d'une appli- 
cation cojistante et ne doit pas attendre l'excitation 
du commandement pour être observée, ni cesser 
lorsque la troupe est mise en mouvement. 

V alignem.ent de pied ferme n'étant dès lors 



70 RAPPORT. 

(juiine (ipplicalion des principes donnés pour la 
marche en bataille, les procédés doivent être iden- 
tiques dans les deux cas, et les règles, cherchées 
pour assurer la rectitude de la marclic, à cause de 
l'importance et de la difficulté de ces marches , ont 
été naturellement appropriées aux pi'incipes de l'u- 
liijnenu'nt de pied ferme , dont l'exécution est rela- 
tivement plus facile et moins importante. C'est ainsi 
que l'alignement sur le centre a été adopté, et il a 
été stipulé que toute troupe , en s' arrêtant, devait 
s'aligner d'elle-même , sans que cela fût com- 
mandé. 

On doit i^econnaître d'ailleui^s que ces résultats 
de l'observation sont conformes au raisonnement. 
D'après les anciens procédés de l'alignement sur une 
'die, les cavaliers avaient le moyen de se placer 
sn ligne droite, mais non de juger si cette ligne 
correspondait à l'emplacement voulu; il fallait 
qu'un gradé quelconque intervînt pour doimer la 
direction de la ligne suivant laquelle le front devait 
s'établir; tandis qu'aujourd'hui les cavaliers, en 
tournant la tête à droite et à gauche, ont non 
seulement le devoir de s'aligner absolunienl, mais 
celui de s'aligner relativement à une ligne déter- 
minée. 

Ce double rôle est bien une conséquence du pla- 
cement de tous les officiers devant la troupe et non 
sur la ligne du rang, comme dans certaines 
armes, et l'oubli de cette conséquence serait la 
continuation d'une anonudie qu'on a cru devoir 
faire disparaître, 



IlAPPORT. 7 I 

De la colonne de route. — Des ruptures 
ET FORMATIONS. — Les riiptures du peloton, par 
lagaacJie, ainsi que les formations, les dédouble- 
ments et les doublements , la yauche en tête, ont été 
supprimés. 

Cette simplification avait été proposée et mise en 
essai dès 18U6, et l'on s'étonne qu'elle ait attendu 
une aussi longue période de temps avant d'être 
consacrée. 

Il est, en effet, bien inutile de înaintenir les 
ruptures] par la (jauche d'un front de peloton 
pour le seul bénéfice de la symétrie, car on ne 
saurait arguer de l'utilité d'employer deux pro- 
cédés dont le résultat se traduit par une différence 
de U mètres entre les traces des deux colonnes, 
par la droite ou par la gauche. 

Ces deux manières avaient l'inconvénient d'al- 
longer de beaucoup le temps dévolu à l'instruction 
et de produire, même chez les cavaliers bien exer- 
cés, une grande incertitude qui est appelée à dis- 
paraîlre aujourd'hui. 

Les dédoublements par un ont été passés sons 
silence avec intention, car la colonne par un ne 
doit être considérée que comme un accident auquel 
on peut parer en laissant les cavaliers dédoubler 
et doubler à volonté, pour franchir successivement 
un passage étroit, nuiis non comme une disposition 
intentionnelle. 

Ces modifications ont amené la suppression du 
commandement : Sur \a dvoiie en lialaiile; non 
pas que ce mouvement soit abrogé dans la colonne 



72 r.AppoRT. 

par quatre, mais parce que le seul commandement : 
A droite en bataille, complété par l'idée que 
dans toute formation les i^angs de quatre doivent 
toujours se ramjer à ta gauche de ceux qui les 
précèdent, suffit à l'indication précise du mouve- 
ment à exécuter. 

Quajit aux allures à observer^ dans ces différents 
mouvements, elles ont été déterminées d'après un 
principe général : à savoir, qu'on doit éviter de re- 
tarder la marche d'une colonne de route, et que 
son allongement ou son raccourcissement doivent se 
faire sans arrêt d'aucune fraction de la colonne. En 
conséquence, et en principe, les ruptures et les dé- 
doublements se font en doublant l'allure; les dou- 
blements et les formations se font aux allures vives, 
sans doubler l'allure. Ce procédé offre en outre l'a- 
vantage de permettre d'exécuter ces mouvements 
par imitation de la tête à la queue. 

Le galop ne convenant pas à une colonne de 
route, il n'a été fait mention de cette dernière 
allure qu'à litige d'exercice, mais non dans un bat 
d'utilité réelle. 

Le peu de développement donné à ces mouve- 
ments doit être 7'egardé comme une expression de 
leur valeur, et les circonstances journalières 
doivent suffire à confirmer la troupe dans leur 
exécution, sans qu'on ait recours aux ressources 
du terrain de manœuvres, qui doit être réservé 
pour des exercices plus utiles, et dont l'espace 
libre est d'ailleurs en contradiction avec l'emploi 
de la colonne de route. 



UAPPORT. 73 

École de l'escadron. 

L'analyse de l'école de l'escadron, étant déjà 
ébauchée par les arguments énoncés plus haut, 
pourrait presque se borner à la classijicaiion de 
ses matières. Cependant quelques détails d'appli- 
cation paivtissent mériter une mention particu- 
lière, et il devient également opportun de faire 
ressortir certains principes essentiels dont le 
germe eœistait déjà dans l'école du peloton , et qui 
ac(juièrcnt une plus grande valeur par suite de 
leur application à l'escadron. Ces principes sont : 

r La confirmation de la règle qui fait de l'offi- 
cier, quel que soit son grade, le guide et le conduc- 
teur de sa troupe ; 

2" La suppression des inversions ; 

3" L'indépendance relative des différentes subdi- 
visions. 

La règle qui place le guide en avant du front 
conduit à distinguer la position de l'officier instrui- 
sant sa troupe de celle de ce même officier manœu- 
vrant avec sa troupe instruite. Dans le premier 
cas, l'officier a la liberté d'action qui convient à 
tout instructeur au point de vue de la surveillance; 
mais dans le deuxième cas il s'empare lui-même 
de la conduite de sa troupe, tout en la commaii- 
dant, et se montre ainsi, dans l'application des 
règles données par lui et dans la manifestation du 
résultat final , son chef responsable et autorisé. Ce 
principe a pour conséquence d'ajjèrmir l'action des 
officiers sur leurs hommes, de resserrer tes liens 



74 RAPPORT. 

fini doivent unir une troupe à son chef, et de sim- 
plifier l'insh-uction en liijiitant à l'école du peloton 
tout ce qui touche à l'éducation des cavaliers et 
des (jradés subalternes. 

La (juestion des invei'sions a soulevé de trop 
longs débats dans le passé pour qu'il n'y ait pas 
lieu de la considérer cotnme jugée. Le nouveau 
règlement supprime les invei^sions , et les pelotons 
dans l'escadron prennent toujours leur numéro 
de la droite à la gauche de lu ligne ou de la tête à 
la queue de la colonne , quelle que soit la position 
respective de ces fractions. Ce principe s'apj)lique 
plus tard aux-escadi^ons et aux demi-régimenis ; 
il n'est fait exception que pour les lymgs de quatre, 
qui ne sont jamais intei^vertis. 

L'indépendance relative des différentes fractions 
constituées découle du principe qui fait de l'officier 
le guide de S(( troupe ; le peloton dans l'escadron , 
de même que l'escadi^on dans le régiment, ont le 
devoir de se conformer à tous les mouvements de 
leur chef, et celui-ci, ayant le soin de la direction 
et l'assurance d'être suivi , acquiert la faculté de 
porter sa troupe au point voulu, dans l'ordre le 
plus en l'apport avec la nature du terrain, sans 
s'astreindre à une autre règle que celle de suivre le 
plus court chemin. 

PnÉLIMINAIRES DE I.'ÉCOLE DE i/eSGADRON. 

Une des modijicalions notables du nouveau règle- 
ment consiste dans ce principe nouveau : que 
l'homme de troupe , admis à l'école de l'escadron, 



RAPPORT. 75 

est considéré comme étant parvenu à la limite cx- 
Iréme de son instruction dans le rang. Les procédés 
d'exécution sont les mêmes pour plusieurs pelotons 
juxtaposés que pour un peloton unique, et l'homme 
de troupe, dans l'escadron, doit se borner à exé- 
cuter toutes les ijidicaiions de son chef de peloton , 
indicatioïis P^ansmises par un geste ou par un com- 
mandement déjà connu de lui. 

Il î'essort de ce p7-incipe que l'école de l'escadron 
ne comporte de nouveautés que pour les officiers , 
et que dès lors un capitaine-commandant ne sau- 
T-ait être rendu responsable du maniement de sa 
troupe qu'à la condition d'avoir participé lui-même 
à l'enseignement qui a précédé les exercices d'esca- 
dron, et que s'il a préalablement acquis lu certi- 
tude qu'on a enseigné à ses homtnes de recrue tout 
ce qui est relatif aux écoles précédentes. 

Le capitaine-commandant sera donc désormais 
chargé de l'instruction individuelle des recrues , et 
il est à propos d'affirmer que cette instruction doit 
être d'autant plus solide que les mouvements d'en- 
semble, devenus plus rapides, plus souples et en 
quelque sorte plus élastiques , disposent davantage, 
même d'une manière inconsciente, à s'((ljranchir 
du joug de la rigidité. 

L'école du cavalier doit êti'e à la J'ois une école 
d'équitation , de discipline et d'assouplissejncnt mo- 
ral et physique de l'homme, de manière que le ca- 
valier soit dressé dans l'habitude d'une attention 
constante, ainsi que dans l'habileté à se servir de 
ses armes et chms la précision à manier son cheval. 



76 RAPPORT. 

Ces considérations se trouvent confirmées par 
l'insti^uction ministérielle du 17 février 1875 sur 
le service en campaçjne, car celte instruction pres- 
crivait déjà d'exercer les jeunes soldats à l'école 
du peloton de ce service dès leur admission à la 
quatrième leçon achevai, «sous la direction du 
chef de pelolon el la surveillance du capitaine- 
commandant. » 

Alignement de l'esgadkox. — L'alignement 
de l'escadron est en réalité de deux sortes , selon 
que l'escadron est de pied ferme et selon qu'il est 
en marche. 

Il a été établi précédemment que le capitaine- 
commandant n'était pas assujetti, comme le chej 
de peloton , à une place invariable devant son esca- 
dron ; on conçoit aussi que, dans une ligne éten- 
due , la rectitude dujront ne serait pas suffisamment 
assurée par l'alignement particulier de chaque es- 
cadron, et il est nécessaire qu'un escadron puisse 
s'établir exactement sur le prolongement d'une 
ligne déjà occupée, en partant d'une base déter- 
minée et d'un point d'origine éloigné. 

De là, et pour cette double raison, l'alignement 
de l'escadron sur l'une des ailes, et non constam- 
ment d'après la direction centrale prise par son. 
chef, ainsi qu'il est prescrit pour le peloton. 

Mais pendant la marche (n°39.')), et «/or5 que 
le capitaine-commandant occupe sa place normale 
devant le front de son escadron, celui-ci prend son 
alignement vers le centre. 



nAPPOUT. 77 

// reste d'ailleurs entendu que pour l'homme de 
troupe, et dans chaque peloton, l'uligiiemenl se 
prend toujours comme si le peloton était isolé; l'ali- 
gnement (jénéral de l'escadron est assuré par celui 
des chefs de peloton et l'alignement spécial du front 
de la troupe est subdivisé, quant à la responsa- 
bilité d'exécution, entre les quati^e fractions qui le 
constituent. 

De la marche en bataille. — // est à i-enmr- 
quer que plus le front est étendu, plus les chanye- 
mcnls apportés dans la direction doivent être lents 
et progressifs. 

Il est manifeste que si un brusque changement 
de direction opéré par le capitaine -commandant 
était imité instantanément parles chefs de peloton, 
chaque peloton formerait , dans l'escadron, les élé- 
ments d'une ligne brisée qui ne pourrait ensuite 
s'étendre et se rectifier en ligne droite que par un 
refiux en sens inverse du mouvement exécuté pré- 
cédemment. 

Il est donc indispensable que, dans tout change- 
ment appojHé à la direction de la marche, les 
chefs de peloton envisagent non pas seulement la 
direction nouvelle, nuiis surtout la place qu'ils de- 
vront occuper, en supposant le centre de lu ligne 
porté sur le point voulu et le mouvement terminé. 

La marche oblique individuelle peut être con- 
sidérée comme un exercice d' instruction ou comme 
un expédient propre à faire face à une situalion 
passagère; mais la difficulté de ce mouvement sur 



78 RAPPORT. 

un front étendu (difficulté accusée par la réduc- 
tion du deçjré d'obliquité par rapport à celui de 
l'école du peloton) montre qu'il ne faut en faire 
usage qu'avec réserve. La marche diagonale par 
peloton supplée d'ailleurs à cette difficulté. 

Les mouvements propres à faire gagner mo- 
mentanément du terrain sur les flancs ou en arrière 
s' exécutent par des mouvements semblables à ceux 
employés pour rompre en colonne ou se former en 
li^ie, mais par des commandements différents de 
ceux employés dans ces deux cas, parce que cette 
dernière disposition a un caractère de durée et 
répond à une idée autre que celle qui consiste à 
gagner seulement un peu de terrain dans un sens 
quelconque. 

Comme conséquence de cette idée, les comman- 
dements déterminés pour rompre en colonne ou 
pour se former en ligne ne sont pas suivis du 
commandement : En=AVAXT, puisque la marche est 
elle-même le complément obligé de ces mouvements. 

JVlARCHE EN COLONNE AVEC DISTANCE. — La 

place normale assignée au capitaine-commandant 
en tête de la colonne doit s'entendre de telle façon 
que cette place convient lorsque le capitaine doit 
amorcer la direction de sa colonne vers un but 
déterminé, lorsqu'il importe qu'il reste nudtre 
d'une direction variable ou indécise, lorsque des 
raisons de préséance ou de commodité commandent 
cette disposition. 

Mais dans le courant des manœuvres , et notant' 



liAPPOUT. 79 

ment lorsque le capitaine doit faire an conunande- 
dcnicnt destiné aux qualité pelotons à la fois, il va 
de soi que le capitaine cesse de rester en tête de 
la colonne et doit se placer sur le flanc, place qui 
est d'ailleurs indiquée comme habituelle, à l'école 
du régiment , pour tous les escadrons auti^es que 
celui de la tête. 

Le commandement indiqué pour le changement 
de direction de la colonne avec dislance (n" àlO) 
est déterminé en vue de cas particuliers, mais il 
paraît suffisamment établi pur l'esprit du nouveau 
règlement que généralement le changement de 
direction devra s'exécuter à la seule indication du 
capitaine : Direction sur tel point, ou simple- 
ment en suivant le capitaine-commandant, s'il est 
en tête de la colonne. Le commandement : Tète de 
colonne à gauche [ou à droite) ne saurait convenir 
à ce dernier cas , puisque son effet immédiat ne 
s'appliquerait qu'au capitaine seul. 

DÉPLOIEMENTS. — Les considérations qui ont 
fait admettre les déploiements en éventail à l'école 
du régiment n'ont pas prévalu pour l'école de 
l'escadron, et cela pour différentes raisons : 

La rapidité ne gagne p<(s sensiblement , dans un 
escadron isolé, à l'exécution en éventail plutôt que 
d'un seul côté; le terrain gagné sur le front est 
limité, pour un escadron isolé , à un seul peloton , 
tandis qu'il s'étend à deux escadrons à l'école du 
régiment. Le principe en vertu duquel les pelotons 
des ailes sont commandés par des lieutenants se 



80 RAPPORT. 

trouve maintenu., et enfui les risques de confusion 
de la part des chefs de peloton sont diminués en 
raison de la diminution dans le nombre des 
moyens *d' exécution . 

Les mouvements indiqués sous le n° U27 doivent 
s'exécuter dans chaque peloton suivant le com- 
mandement : En avant en bataille, comme à l'école 
du peloton. Le mécanisme de ces mouvements com- 
porte plusieurs changements d'allure, qui eussent 
été évités par la formation successive des pelotons; 
mais CCS prescriptions n'ont rien d'absolu, comme 
l'indique le règlement, et les procédés indiqués, 
tout en étant moins laborieux pour la mémoire, 
présentent l'avantage de donner des pelotons plus 
tôt formés. 

Enfin l'école de l'escadron se termine par des 
exercices et un exposé de préceptes appropriés à 
la lactique d'un escadron isolé, afin de développer 
le jugement des ofjicicrs de tous grades et de les pré- 
parer à l'accomplissement de leur mission devant 
l'ennemi. 

Les divers chapitres de la charge ont été rédigés, 
à cet ejfet, sur un nouveau plan, et comprennent 
non seulement de nombreux exercices, mais tout 
un corps de doctrine sur l'emploi de l'arme, qu'il 
importe de rendre familier aux officiers. 

Les tirailleurs ojit été l'objet d'un remaniement 
complet, qui les a débarrassés de prescriptions mi- 
nutieuses et peu compatibles avec leur rôle. 

Le combat à pied a reçu sti-ictement le déve- 
loppement qu'il paraît devoir comporter. Toutefois 



RAPPORT. 81 

la brièveté de son exposition ne met aucun obstacle 
à un emploi étendu; les prescriptions qu'il ren- 
ferme n'ont eu en vue que les procédés permet- 
tant de séparer une troupe à cheval en combat- 
tants à pied et conducteurs de chevaux haut le 
pied, mais elles ne prétendent pas Jîxer toutes les 
circonstances qui commandent l'emploi du combat 
à pied ni en préciser les différentes manières. 

École du régiment. 

La nouvelle école du régiment diffère essentiel- 
lement de l'ancienne, et ce résultat est naturel, car 
les conséquences des principes différents qui ont 
sei'vi de base aux écoles précédentes divergent 
d'autcmt plus qu'on, s' éloigne du point de départ. 

Ainsi, d'après l'ordonnance de 1829, les pelotons 
ou les escadrons étaient des éléments abstraits et 
numérotés, qu'il s'agissait, dans les manœuvres, 
de désarticuler et d'articuler, d' embrouiller et de 
débrouiller, sans que la série des numéros fut alté- 
rée et de manière à faire face en tous sens et dans 
tous les ordres; la progression formaliste des fronts 
faisait le fond de la méthode, l'appropriation des 
mouvements au terrain était négligée et aucun sens 
lactique ne présidait à leur exécution. 

Ces exercices comportaient certainement un 
genre de mérite de la part des troupes qui les 
exécutaient correctement et des officiers qui les 
commandaient sans hésitation , mais ils représen- 
taient une multitude de mouvements dans un cadre 



82 RAPPORT. 

vtivit d'idées; lundis que la nouvelle école se pro- 
pose, au contraire, d'insérer un nombre aussi res- 
treint que possible de mouvements dans un vaste 
cadre de doctrines. 

La nouvelle école du régiment n'admet , en réa- 
lité , que quatre ordres fondamentaux : 

1° La masse de colonnes ; 

2° La colonne par pelotons ou colonne simple; 

3° La ligne de colonnes; 

4° La ligne de bataille. 

La masse de colonnes a pour objet de dispo- 
ser le régiment de telle sorte qu'il occupe peu d'es- 
pace, tout en conservant la possibilité de se mou- 
voir avec aisance et de se déployer avec célérité 
dans tous les sens. 

La colonne par pelotons est la plus habituelle 
dans les manœuvres , car elle permet de passer fa- 
cilement à l'ordre en ligne et de contourner aisé- 
ment les obstacles. 

Lu ligne de colonnes a pour objet de combi- 
ner les avantages de la colonne simple de marche 
avec ceux de l'ordre déployé de combat; elle s'em- 
ploie, en général , dans toutes les situations qui 
exigent à la fois la mobilité et la promptitude à 
entrer en action. 

La ligne de bataille est essentiellement l'ordre 
de combat; on doit éviter de marcher longtemps 
dans cet ordre, à cause de ses fluctuations et parce 
qu'on rencontre rarement des terrains étendus dé- 
pourvus d'obstacles. 

A ces ordres fondamentaux se rattachent : soit 



RAPPORT. 83 

des ordres dérivés , tels que la colonne double, la 
colonne par escadrons, serrée ou à distance en- 
tière; soit des ordres combinés , subordonnés à des 
hypothèses de guerre et appartenant à ce qu'on 
appelle des dispositions dans lesquelles ficjurent : 
les échelons, les gardes-flancs, les flancs oflen- 
sifs , etc.; mais ces ordres n'ont pas un caractère 
classique ni une forme absolue, comme les pre- 
miers. 

Les évolutions sont très simples , n'ont pas de pré- 
tention à une régularité mathématique et envisa- 
gent constamment la rapidité des formations , de 
manière à donner satisfaction au principe qui éta- 
blit la prédominance du but sur les moyens. Les 
règles qui les régissent sont limitées aux cas géné- 
raux; elles n envisagent pas les cas particuliers, qui 
peuvent se multiplier à l'infini. Leur application ne 
comporte pas, par suite, d'exécution machinale; et 
l'officier, habitué dès le terrain de manœuvres à 
faire appel à son intelligence, sera moins embarrassé 
loi'squ'il se trouvera aux prises avec les difficultés 
qu'il rencontrera en rase campagne. L'importance 
des évolutions le cède du reste à celle des marches, 
et l'instruction utile du régiment exige avant tout 
qu'il sache marcher dans les dijfférents ordres avec 
la plus grande régularité, à toutes les allures. 

Les exercices se bornent donc à un très petit 
nombre de mouvements et ne doivent emprunter de 
la variété qu'aux situations diverses dans les- 
quelles on peut placer le régiment, à la configu- 
ration du terrain, aux allures et à certaines hy- 



84 RAPPORT. 

pothèses dépendant de l'ennemi. En principe, une 
fois la réijiment instruit, les manœuvres doivent 
se dérouler constamment suivant un même pro- 
gramme consistant à se masser pour attendre et 
observer, à se porter sur un point déterminé, à se 
déployer en ligne de colonnes avant de se former 
en bataille pour attaquer; dans ce programme 
peuvent s'intercaler dijjerejits incidents, tels fjue 
des changements de front ou de direction, des 
marches et contre-marches , des ploiements et dé- 
ploiements, etc., jnais ces incidents ne doivent avoir 
qu'une importance secondaire, incapable d'absor- 
ber l'idée principale. 

La Commission n'ignore pas que, dans la pra- 
tique , les dimensions des terrains de manœuvres 
s'opposent souvent au déroulernent vraisemblable et 
non interrompu des phases de ce programme ; tnais 
la suppression des inversions en facilite l'exécu- 
tion, et quelles que soient d'ailleurs les difficultés 
d'application, la justesse de ces principes même ne 
serait pas altérée et les moyens d'atteindre un but 
ne sauraient avoir plus d'importance que le but 
lui-même. 

Ces explications paraissent suffisantes pour faire 
apprécier l'esprit dans lequel l'école du régiment 
a été rédigée; quant aux prescriptions nouvelles 
relatives aux commandements , aux fonctions de 
chacun, aux mouvements élémentaires, à l'agen- 
cement des escadrons dans le régiment, aux prin- 
cipes de tactique et d'emploi de l'arme, etc., elles 
ne sont que la continuation des idées émises prccé- 



RAPPORT. 85 

demment et trouvent leur justification dans des 
pratiques déjà connues. 

Il est cependant à remarquer que la conservation 
des chevaux est favorisée pur les nouveaux méca- 
nismes employés dans les évolutions , la rareté des 
arrêts , la grande régularité et le calme des allures 
qui résultent de la continuité de la marche. 

TITRE IV. 

Instruction des corps de cavalerie 
^composés de plusieurs régiments. 

Les matières énoncées sous ce titre se rapportent 
à des principes de tactique et n'avaient pas trouvé 
place dans les règlements précédents d'exercices ; 
il importe de démontrer tout d'abord l'utilité de 
ces principes, puis d'en déduire les règles d'appli- 
cation. 

BDT ET UTILITÉ DE CETTE INSTRUCTION. 

Les règlements de 1829 et de 1871 comprenaient , 
sous le titre : Évolutions de ligne , une série d'exer- 
cices qui n'étaient que la reproduction, sur une 
plus grande échelle, des exercices de régiment; le 
règlement de 1871 en caractérisait d'ailleurs toute 
la portée, en disant : «Beaucoup d'évoiutions ne 
«sont, en quelque sorte, que des problèmes de 
« terrains de manœuvres destinés à développer 
«le coup d'œil, Tà-propos, le culte de la mé- 
«thode et du bon ordre dans les situations les 



86 RAPPORT. 

«plus variées; mais elles ne prétendent pas à 
« rendre Tiniage du champ de bataille. « 

La Commission de i87ù s'est placée à un autre 
point de vue, car, dans tout le cours de ses travaux, 
elle n'a cessé de rappeler les doctrines qui se rappor- 
taient à l'emploi de l'arme sur le champ de bataille; 
elle a adapté les exercices aux maximes en proscri- 
vant toutes les formes inutiles, rigides et compas- 
sées : donc les exercices de la brigade et de la di- 
vision doivent être logiquement le complément des 
précédents, et traiter du rôle de ces grandes unités 
en présence de l'ennemi , sur les véritables terrains 
de combat, et non en faisant abstraction de l'ennemi 
sur des terrains de manœuvres de convention. 

Il y a toutefois un écueil à éviter dans cette ré- 
glementation, car les règles qui y sont données ne 
doivent pas être appliquées servilement, ni considé- 
rées comme un répertoire de recettes infaillibles , 
qui seraient le secret de la victoire; il convient de 
bien établir que ces données sont seulement des gé- 
néralités soumises à la sagacité du chef, rnais sus- 
ceptibles d'une foule de commentaires dans la théo- 
rie et de modifications dans la pratique. 

La bravoure et l'élan sont, comme autrefois, les 
facteurs principaux de l'art de conduire les troupes; 
il y aurait donc danger à exagérer l'importance 
d'un règlement de tactique, et cette raison est une 
de celles qui ont prévalu pour borner dans de sages 
limites l'exposé des principes émis sous le titre IV. 

Le général Jomini exprimait ainsi cette vérité : 
« Les qualités essentielles pour un général d'ar- 



RAPPORT. 87 

« mée seront toujours : un grand caractère, un 
« courage moral qui mène aux grandes résolu- 
<( fions , puis le sang-froid ou courage physique 
Il qui domine les dangers, et enfin le SAVOIR, qui 
« n'apparaît qu'en troisième ligne, mais qui est 
« l'auxiliaire indispensable du caractère et de la 
Il bravoure. » 

// demeure donc acquis que le titre IV ne pré- 
tend pas à l'importance d'un ouvrage didactique 
complet, et avec d'autant plus de j-aison, qu'en fait 
de tactique il n'y a pas de règles absolues à po- 
ser; les exemples qui seraient présentés , si nom- 
hreux qu'ils fussent, ne pourraient suffire à la 
multiplicité des circonstances , et c'est seulement 
par l'étude de l'histoire militaire qu'on parvient 
à s'assimiler un grand nombre de principes qui , 
venant en aide à la mémoire et à l'intelligence , 
donnent la science capable de résoudre tous les cas 
qui peuvent surgir. 

Sous le bénéfice de ces considérations primor- 
diales , il peut être intéressant d'exposer les con- 
clusions de la Commission sur les points princi- 
paux qui ont été l'objet de ses débats. 



DE L'INFLUENCE ET DU ROLE DE LA CAVALERIE 
DANS LES ARMÉES. 

La cavalerie, aux époques les plus florissantes 
de la gloire militaire , a occupé le premier rang dans 
les armées: elle ne saurait plus aajoui'd'lnii dé- 



88 RAPPonT. 

cider seule de la fortune des armes, mais son rôle 
a gagné en variété et en occasions d'habileté. 

Il serait vain de vouloir nier aujourd'hui ces 
vérités : la viabilité sous toutes ses formes, la den- 
sité des populations de l'Europe, les progrès de la 
culture, la division de la propriété, sont autant 
de causes qui font échec aux exploits des grandes 
charges de cavalerie. Les armes à feu , produits de 
l'industrie, sont indéfiniment perfectibles, tandis 
que le cheval, qui est l'arme du cavalier, ne dé- 
pend pas des créations humaines. Les vastes plaines, 
recherchées autrefois pour le déploiement des lignes 
de cavalerie, sont devenues des champs de tir of- 
ferts aux ravages de l'artillerie; les obstacles du 
terrain, haies , fossés , maisons, bois, etc., sont au- 
tant de repaires ou d'abris pour les tirailleurs d'in- 
fanterie et les artilleurs : toutes ces raisons tendent 
de plus en plus à transformer les conditiojis de la 
guerre, et par conséquent le mode d'emploi de la 
cavalerie. 

Si l'on envisage les phases successives par les- 
quelles un corps de cavalerie est appelé à passer 
dès l'ouverture des hostilités , on voit : 

i" La cavalerie se mobilisant, se rassemblant et 
marchant à la frontière pour troubler les prépara- 
tifs de l'ennemi et couvrir ceux de sa propre ar- 
mée, pour prévenir les incursions de la cavalerie 
ennemie et prendre contact avec elle; ces opéra- 
tions préliminaires sont du domaine de règlements 
organiques spéciaux ou de principes de stratégie 
qui trouvent place dans les règlements sur le ser- 



RAPPORT. 89 

vice (les armées en campagne et ne sont pas abordés 
dans le présent titre; 

2" La cavalerie, ayant pris le contact avec l'en- 
nemi, opère en avant de l'armée; elle sert de rideau 
poar couvrir les mouvements de celle-ci et s'engage 
avec la cavalerie ennemie pur des choc^ successifs , 
croissant graduellement en intensité, depuis les 
escarmouches d'exploration jusqu'aux abordages 
en masse. 

Dans ces cojulitions , lu cavalerie puise toute sa 
force et produit tout son effet au moyen de la coo- 
pération des différents groupes entre lesquels elle 
est décomposée ; le général en chef s'inspire de don- 
nées émanant de la cavalerie elle-même ; celle-ci a 
momentanément un rôle susceptible d'inffuencer 
l'opportunité des opérations militaires; 

3° Lu cavalerie opère en seconde ligne : dans ce 
cas , elle est subordonnée aux autres armes, dont 
elle devient l'auxiliaire ; elle s'appuie sur elles au 
lieu de les couvrir; elle cherche la région d'action 
la plus profitable à l'ensemble, et intervient, no7i 
plus pur des efforts purtiels, mais aussi soudaine- 
ment que possible et avec toute su puissance numé- 
rique. 

Ces deux dernières phases du rôle de la cavale- 
rie sont le point de départ de la tactique de cette 
arme. 

DE LA CAVALERIE EN AVANT DE L'ARMEE. 

La guerre, a dit le général de Brack, est l'art 
de savoir « se battre et dormir, et il faut souvent 



90 RAPPORT. 

plus d'habileté pour rendre des forces à sa 
troupe que pour les user. » 

Ce précepte, sous sa forme pittoresque , exprime 
fjue la sécurité des troupes, dont dépend en grande 
partie leur repos, a une influence considéi-able sur 
le combat, et cette sécurité générale est confiée en- 
tièrement à la cavalerie lorsque celle-ci opère en 
avant de l'armée. 

Toutes les fois que la cavalerie couvre l'infan- 
terie, elle doit agir de manière à assurer complè- 
tement la sûreté de celle-ci , et si cotte mission est 
bien remplie, il n'est pas téméraire d' affirmer que 
l'armée sera redevable à la cavalerie d'un précieu.r 
bienfait. 

Mais à mesure que les deux armées opposées 
circonscrivent la cane neutre qui les sépare, les 
essaims de cavalerie, d'abord disséminés , se con- 
densent peu à peu; le terrain ne peut être disputé 
que par le rassemblement de toutes les forces dont 
on peut disposer : c'est alors que la division de ca- 
valerie, secondée par son artillerie, se concentre 
et prend un dispositif de combat pour se mesu- 
rer avec les escadrons ennemis. Ce dispositif affecte 
un type uniforme et devient un ordre normal de 
préparation , lorsque les circonstances permettent 
d'agir ainsi; mais il affecte une forme d'autant 
plus variable qu'il dérive, avec moins de transi- 
tion , du système d'exploration qui a précédé cette 
concentration. 

Dans cette hypothèse, une brigade se détache 
d'abord de la division et s'échelonne en profon- 



RAPPORT. 91 

deur à la manière d'une avant-garde, pour recon- 
naître le terrain et la position exacte de l'ennemi. 

Dès les premiers indices, toute l'artillerie à che- 
val va se mettre en batterie en avant du gros , en 
dehors des ailes et à proximité du terrain présumé 
des renconti^es de cavalerie; elle se poste de ma- 
nière à entamer le combat, à croiser ses feux avec 
la direction des charges, sans courir le risque 
d'être masquée, et à se déplacer le moins possible 
dans le courant de l'action. 

Ces conditions répondent aux exercices détaillés 
du n" 533 au n" 551 et aux principes énoncés à 
propos des combats de cavalerie contre cavalerie. 

DE LA CAVALERIE EN SECONDE LIGNE. 

Lorsque les armées opposées arrivent à portée 
l'une de l'autre, la cavalerie démasque l'infanterie, 
qui se déploie, et elle passe en deuxième ligne. 

Dans cette situation, la cavalerie n'est pas appe- 
lée à entrer en lice dès le début; il serait même 
imprudent de l'exposer sans profit aux coups de 
l'ennemi et de la confondre parmi les troupes d'in- 
fanterie, dont elle gênerait les jnouvements; sa 
place est à couvert du Jeu, sa formation est un 
ordre quelconque de masse, avec des vides suffi- 
sants pour pouvoir se déplacer avec Jlexibilité dans 
tous les sens. La division attend ainsi, pendant 
que son chef, soit par lui-même , soit pur l'intermé- 
diaire d'ofjiciers d'ordonnance, obset-ve la physio- 
nomie générale du combat. 



92 RAPPORT. 

Lorsque lu lutte grandit et permet d'apprécier 
exactement le point objectif des efforts de l'ennemi, 
la division de cavalerie s'ébranle en masse pour 
aller menacer les Jlancs et les derrières de l'en- 
nemi , apporter dans le combat l'appoint de ses bat- 
teries et prendre d'écharpe les troupes de deuxième 
ligne ou de réserve; la démonstration devient 
alors un des grands moyens d'action de la cavalerie. 

Pour arriver à ce résultat, la division de cava- 
lerie indépendante doit, au moment opportun, se 
jeter résolument en dehors et en avant du front à 
t'aide d'un vaste inouvemcnt tournant, et lorsqu'elle 
a reconnu une position favorable et mis ses pièces 
en batterie, elle prend son dispositif de combat. 

La cavalerie, par cette diver'sion , inquiète le 
front de la ligne ennemie, attire contre elle- 
même une certaine somme d'eD'orts qui divergent 
de l'action principale, et, en se livrant au jeu alter- 
natif et combiné d'attaques à l'arme blanche et de 
salves d'artillerie , elle provoque ou subit toutes 
tes éventualités d'un engagement partiel, dans le- 
quel elle peut se mesurer avec une quelconque des 
trois armes, et doit par conséquent prendre ses dis- 
positions de combat comme il est énoncé dans le 
titre IV. 

Si la division de cavalerie est destinée à servir 
de réserve, elle reste en masse de colonnes en 
dehors du terrain présumé de la retraite, au repos 
et à l'abri , jusqu'au moment d'intervenir et de 
mettre à profit les chances diverses de la latte. 

Il ressort de ces deux rôles distincts que, si l'en- 



RAPPORT. 93 

nemi Jléchit , la division de cavalerie, chargée du. 
rôle de démonstration, le harcèle et le poursuit; 
si, au conti'aire, l'ennemi est victorieux , la divi- 
sion de cavalerie placée en réserve protège la 
retraite et s' efforce de rétablir le combat. 

DISPOSITIF DE COMBAT. 

Les principes fondamentaux du combat sont les 
mêmes dans la cavalerie et dans l'infanterie , car 
ils tendent toujoujs à enfoncer la ligne ennemie 
en un point quelconque, ù envelopper ses ailes et à 
provoquer chez l'adversaire quelques faux mouve- 
ments ou une situation critique dont on tire parti; 
mais les moyens d'action pour arriver à ce résul- 
tat sont tout différents dans les deux armes. 

L'infanterie a adopté un ordre dispersé , qui 
répond aux conditions de la lutte par bonds suc- 
cessifs et par groupes plus ou moins compactes, 
ainsi que le veulent la portée et l'effet destructeur 
des armes à feu actuelles. 

Mais, d'une part, la cavalerie, obligée à prendre 
carrière dès qu'elle se trouve dans la zone des 
projectiles, et ne pouvant ni rester immobile sous 
le feu ni s'embusquer, ne saurait adopter le 
même ordre que l'infanterie; d'autre part, une 
masse de cavalerie, telle qu'une division, ne pour- 
rait pas le plus souvent se développer sur un seul 
front , et il serait d'ailleurs imprudent de risquer 
l'enjeu du combat sur un seul objectif et au moyen 
d'une attaque dirigée dans un sens unique. 



94 RAPPORT. 

La tactique d'une division de cavalerie ne se 
subdivise donc pas dans chaque ligne d'attaque , 
mais se partage entre plusieurs lignes chargées de 
rôles différents, ainsi qu'il est procédé dans un 
corps d'année relativement aux divisions dont il se 
compose. 

Ces rôles distincts consistent : 1° à attaquer 
direclenient; 2" à manœuvrer sur les ailes; 
3° à conserver une réserve ; de là le partage de 
la division de cavalerie en trois lignes, et afin de 
distinguer constamment le rôle de chaque ligne, 
d'éviter toute confusion , de faciliter les évolutions 
de chacune d'elles et de ne les engager que succes- 
sivement, ces trois lignes sont non seulement dési- 
gnées à l'avance, mais postées sur des emplace- 
ments différents et avec des formations différentes , 
appropriées à leur destination spéciale. 

Cet ensemble de dispositions préparatoires con- 
stitue ce qu'on appelle le dispositif de combal. 

L'utilité de ces trois lignes étant admise, quels 
doivent être leur force, leur composition, leur 
emplacement et leurs formations? 

Force des lignes. — La force relative des 
lignes est très variable : elle dépend de l'importance 
à donner à l'un des trois rôles énoncés précédem- 
ment , des vues particulières du général en chef, 
des conditions morales ou jnatérielles des tj'oupes , 
des dispositions du terrain , etc. ; mais , dans an 
ordre préparatoire de combat, il n' apparaît encore 
aucune raison pour attribuer à une ligne une sapé- 



RAPPORT. 95 

riorité numérique sur une autre. Or, la division 
étant, en principe, composée de trois brigades, il 
en résulte que dans le dispositif normal chaque 
ligne est égale et de la force d'une brigade. 

Chaque ligne, étant constituée d'une manière 
indépendante , doit pourvoir elle-même aux condi- 
tions de tout combat, conditions qui se manifestent 
habituellement en trois phases principales et dis- 
tinctes : 

1° Reconnaissance et approche de l'ennemi ; 

■j" Attaque; 

3° Poursuite ou retraite. 

Mais, par suite de la coopération réciproque des 
trois lignes, une quelconque de ces phases , virtuel- 
lement associées, peut être plus ou moins prolongée 
ou abrégée et même supprimée dans le courant de la 
lutte; il est clair, par exemple, qu'une ligne engagée 
peut, pendant l'évolution de l'attaque (2" phase), 
appeler le concours d'une ligne voisine, de même 
que la ligne placée en réserve bénéficie naturelle- 
ment , au point de vue du déroulement de la pre- 
mière phase, des opérations accomplies par les 
lignes précédentes. 

De là le renfort de telle ligne au détriment de 
telle autre et la rupture du dispositif normal ; mais 
les considérations qui interviennent dans cette ba- 
lance judicieuse et opportune des forces dépendent 
forcément des circonstances fortuites de la lutte, et 
c'est pourquoi il n'est pas possible de poser à cet 
égard des règles fixes. 



96 RAPPORT. 

Composition des lignes. — La composition de 
chaque ligne, au point de vue de l'espèce de cava- 
lerie, serait naturellement indiquée si la place et 
le rôle de chacune d'elles étaient invariables et 
susceptibles d'être calculés à l'avance; mais il n'en 
est pas ainsi, et, dans le doute, on peut seulement 
poser ce principe : qu'il est désirable que lu pre- 
mière ligne, chargée de l'attaque directe, soit four- 
nie par la grosse cavalerie; que la deuxième 
ligne, chargée de manœuvrer sur les ailes, soit 
composée de la brigade de ligne, et la troisième 
ligne , chargée de poursuivre , do la brigade légère. 

Si la division de cavalerie opère en avant de 
l'armée et (trant que celle-ci ne se soit engagée, il 
peut arriver que l'attaque soit ébauchée par des 
préliminaires , incombant à la brigade de première 
ligne; celle-ci se ti^ouve alors énervée avant lemo- 
ment de l'action générale et doit passer en deuxième 
ligne ou en réserve, pour laisser à une autre ligne 
le soin de l'attaque principale : ce serait donc, dans 
ce cas, la brigade de grosse cavalerie qui serait 
avantageusement placée en deuxième ligne dans la 
première phase du dispositif. 

Si la division opère sous le couvert de l'armée, 
les positions de l'ennemi sont déjà terminées, la 
tournure du combat est dessinée, les attaques de 
cavalerie sont plus soudaines; on peut alors pré- 
voir que la ligne la plus avancée devra porter le 
principal effort et sera avantageusement composée 
de la brigade de grosse cavalerie. 

Enfin, lorsque lu division est. en réserve, il y 



lUPPoiiT. 97 

aura iniciél laidot n engager la brigade la plus 
fraîche, tantôt à lancer la grosse cavalerie pour 
arrêter une poursuite de la part de l'ennemi , tan- 
tôt à envoyer la brigade légère dans une poursuite 
à longs traits contre l'ennemi battu. 

Emi'i.ackmknt des lignks. — // est indique, par 
la destination particulière de chaque ligne , (pie leur 
rôle respectif procède d'après un ordre de succes- 
sion et non par simultanéité; donc les lignes doivent 
être échelonnées à des distances différentes de l'ob- 
jectif comniun. 

Il est également indiqué, par la nature de leur 
rôle , que les trois lignes n'ont pas le même champ 
de préparation au combat ; donc ces trois lignes 
doivent être placées sur des plans variables, ou- 
vrant naturellement à chacune d'elles l'orientation 
différente qui préside à leur enti'ée en lice. 

En un mot, chaque ligne doit être placée der- 
rière et sur le côté, par rapport à celle qui la pré- 
cède. 

D'autres considérations permettent encore de dé- 
terminer plus approximativement l'emplacement 
propre à chaque ligne. 

La deuxième ligne doit être assez voisine de la 
première pour pouvoir lui porter secours à l'oc- 
casion, mais en être assez éloignée pour }ie pas 
subir le contre-coup de ses échecs , ni être enti-aînéc 
dans un mouvement de recul, ni être exposée aux 
mêmes portées de tir, ni être montrée à lu vue de 
l'ennemi. En supposant même que, dans une ut- 



98 RAPPOKT. 

laqua très vive , la deuxième ligne soit transformée 
i ntégralement en échelon de renfort pour la pre- 
mière ligne, il est nécessaire que cet échelon pro- 
duise son attaque par un mouvement convergent 
ou latéral, mais non sur les traces de ta première 
ligne. 

Enfin la deuxième ligne doit être placée à dis- 
tance telle de la première que , dans le cas d'un 
changement de front, elle puisse rapidement se dé- 
velopper pour faire tête à l'attaque oblique de l'en- 
nemi et devancer, dans le sens du nouveau front , 
le mouvement critique de conversion de la première 
ligne déployée, qui devicnl ainsi deuxième. Pour 
réaliser cette condition, il est avantageux que la 
deuxième ligne soit placée à peu près à distance 
entière de déploiement derrière la première, et, 
par suite de cette disposition , la relation d'espace 
entre les deux lignes se trouve intervertie après le 
changement de front, mais toujours dessinée. L'as- 
saillant qui surviendrait inopinément se trouve 
alors contre-haltu avec célérité par une ligne équi- 
valente. 

Quant à décider s'il convient de placer lu bri- 
gade de deuxième ligne en arrière de l'ailç droite 
ou en arrière de l'aile gauche, ou, à la fois et par 
moitié, en arrière de chaque aile, cette solution est 
le fait du choix du terrain de combat et de la po- 
sition de r ennemi ; mais la dernière hypothèse doit 
se présenter rarement, attendu qu'un dispositif de 
combat doit toujours tendre à gagner une aile 
quelcœique de l'ennemi, et constitue, par récipro- 



RAPPOllT. 99 

cité, une aile débordée et vulnérable , du côté de 
laquelle la place de la deuxième ligne se trouve 
rationnellement indiquée. 

La troisième ligne est dans une situation d'expec- 
tative tant que les deux premières lignes n'ont pas 
encore alimenté la lutte; elle peut être appelée à 
intervenir dans les péripéties du combat de ma- 
nières très diverses et dans des régions tj'ès va- 
riables; elle représente , au début, un foyer d'ob- 
servation relativement aux autres lignes, et les 
autres lignes la considèrent comme un réservoir 
de forces à leur disposition; donc son emplacement 
doit être au centre de son rayonnement probable 
d'action. Cette condition étant satisfaite, il n'y a 
pus intérêt à préciser exactement cet emplacement ; 
mais si la deuxième ligne garnit la zone de ter- 
rain voisine de l'aile droite, il est prudent dépla- 
cer symétriquement la troisième ligne vis-a-vis de 
l'aile gauche , ou réciproquement; il faut également 
qu'en cas de mouvements latéraux et de change- 
ments de front, les trois lignes restent bien dis- 
tinctes , et cet ensemble de conditions fait que , dans 
le dispositif de combat, la troisième ligne trouve 
sa place à peu près à demi-distance en arrière de 
la deuxième ligne et du côté opposé à celle-ci. 

Chaque division est pourvue de trois batteries, 
placées sous le commandement du chef de l'artil- 
lerie et la direction du général de division. 

Une de ces batteries peut être attachée spéciale- 
ment à une brigade, lorsque celle-ci reçoit une 
mission particulière qui l'éloigné du gros de la di- 



100 r.AProcT. 

vision; mais tlès que les trois brigades sont réunies 
l't coordonnées en vue d'une action commune, le 
(jroupe des trois batteries est reconstitué sous un 
commandement unique. 

Une certaine incompatibilité semble exister entre 
deux éléments opposés , dont lavie réside pour l'un 
dans le mouvement et pour l'autre dans l'immo- 
bilité; mais il résulte, au contraire, de cette dua- 
lité un accord très efficace , lorsque les deux armes 
sont maniées par un système d'alternatives et de 
compensations qui laissent à chacune d'elles son 
mécanisme propre. 

La condition essentielle du succès de l'emploi 
combiné de l'artillerie avec la cavalerie consiste 
dans la séparation des deux armes dès que l'action 
commence. Si l'artillerie est liée étroitement aux 
mouvements de la cavalerie , si elle n'ouvre sonfeu 
qu'au moment oii celle-ci se lance à la chircje , si 
chaque batterie agit séparément , méthodiquement 
et à son temps, l'artillerie n'est (jue d'un faible 
secours pour la cavalerie, lorsqu'elle n'est jxts un 
embarras. 

Pour obvier à ces inconvénients , il est nécessaire 
que, dans le dispositif de combat , toutes les pièces 
soient groupées en un point voisin de l'aile non 
menacée, d'oii elles paissent , à un moment donné , 
aller occuper rapidement une position préalable- 
ment j-econnue , favorable au tir et assez en avant 
du front pour ne pas être ti^op tôt masquée par 
une marche agressive de la cavalerie. Le dévelop- 
pement de l'artillerie doit se faire alors de manière 



r..\ppor,T. 101 

à mcth^c instantanénHmt les dix-hait pièces dans 
l'enjeu de la lutte et à préparer une brècltc au 
flot de la charge, avec une sûreté de coup d'oeil , 
un à-propos et une rapidité dont le commandant 
de l'artillerie doit prendre l'initiative. 

Il doit arrivei' rarement, dans cette action fou- 
droyante mais de courte durée, que les pièces aient 
l'occasion d'épuiser toutes les munitions de leurs 
caissons et de leur avant-train; par conséquent il 
Y a tout avantage à laisser une partie des caissons 
en arrière du dispositif des ti-oupes , sauf à faire en 
sorte que ces caissons se tiennent, pendant le com- 
bat, en liaison avec leur pièce. 

Enfin, il convient d'insister encore sur ce fait 
que, pour l'artillerie, moins que pour toute autre 
arme, les règles tendant à assigner un emplace- 
ment normal dans le dispositif de combat n'ont rien 
d'absolu. L'efficacité de l'artillerie dépendant en 
ijrande partie de la nature du sol et de lu confi- 
guration du terrain , ces considérations doivent 
avoir lu priorité dans le choix de son emplace- 
ment. Si, par exemple, l'artillerie peut mettre ses 
pièces en batterie sur une route bordée par des es- 
carpements inaccessibles, elle n'a pas à se préoc- 
cuper de son voisinage de telle ou telle aile , proté- 
gée ou non; il peut même survenir des circonstances 
dans lesquelles il y a plus d'avantage à modifier le 
dispositif général , en raison de la position occupée 
pur l'artillerie , qu'à obliger celle-ci à rester dépen- 
dante de ce dispositif. 



I 02 RAPPORT. 

Formation de chaque LfcNE. — La formation 
de chaque ligne découle naturellement de son degré 
de préparation au combat; or, les lignes étant éche- 
lonnées de manière à ménager l'emploi des forces 
et à graduer progressivement les efforts, chacune 
d'elles doit avoir une formation appropriée à l'ac- 
tualité de son rôle. 

Si les trois lignes étaient déployées , elles occupe- 
raient un terrain trop vaste et s'étaleraient inu- 
tilement à la vue de l'ennemi; ou bien elles se cou- 
vriraient de manière à remplir, à jet continu, les 
trouées qui se présenteraient devant elles; enfin ces 
lignes étendues et t aides ti' auraient pas l'élasticité 
voulue pour se plier avec célérité aux changements 
de front inopinés, commandés par les surprises des 
actions de cavalerie. 

Si les ti^ois lignes étaient massées, elles bénéfi- 
cieraient de cette situation au point de vue de leur 
aptitude à se mouvoir promptement dans tous les 
sens; mais aucune d'elles ne serait en mesure de 
recevoir l'ennemi, et le dispositif du combat resterait 
sans direction préconçue et par conséquent sans 
préparation. 

Donc, il est nécessaire d'attribuer à chaque 
ligne une formation correspondant à son rôle et 
défaire ressortir, même dans leur disposition gra- 
phique, un assemblage répondant à une idée géné- 
rale, aux probabilités et aux besoins imminents du 
dispositf de combat, sauf à modifier ces formations 
au gré des éventualités. 

La première ligne étant la plus avancée dans la 



RAPPORT. '"'* 

sphère d'uctioa, l'ordre qui lui convient est d'abord 
celai en ligne de colonnes. 

En partant de cette buse, la deuxième ligne 
peut se former en masse de colonnes, à mtervaUe 
de déploiement par régiment, et la troisième ligne 
est simplement en masse de colonnes. 

Si la première ligne se forme en ligne pleme 
pour la charge, la deuxième ligne se déploie en 
ligne de colonnes pour se mettre en mesure de 
faire succéder son attaque à celle de la première, et 
^la troisième ligne s'ébranle pour aller au-devant 
des secours qui pourraient lui être empruntés. 

Enfin, l'artillerie fait choix de son terrain et en 
prend ordinairement possession avec la totalité de 
ses pièces, de manière à ouorir le feu avec toute 
la puissance dont elle peut disposer, avant d'attirer 
sur elle le feu ou les attaques de l'ennemi. 

Telles sont les données multiples qui doivent pré- 
sider à l'adoption d'un dispositfde combat, ou au- 
trement dit à la construction de cette vaste machine 
de guerre composée de vingt- quatre escadrons, de 
dix -huit bouches à feu et placée dans la main d'un 
sml chef La mise en train de cet appareil appar- 
tient à un ordre d'idées qui sera développé plus 
loin, mais on peut dès à présent en résumer les 
propriétés principales : 

r La division de cavalerie est assez concentrée 
pour pouvoir être embrassée par une impulsion 
unique, et assez étendue pour laisser à chaque bri- 
gade une individualité relative; 

2" Chaque ligne a devant elle un horizon propre 



'04 itAPPoriT. 

à son action, et en arrière un espace libre pour 
lai permettre de reprendre haleine et de se j-allier 
sans entraîner les lignes voisines; 

3° On peut alimenter le combat, soit sur un front 
concave, comme il convient pour tenter un grand 
coup et faucher cii-culairement l'ennemi, soit en 
profondeur, ainsi qu'il convient pour réparer des 
échecs successifs ; 

U° Chaque chef de ligne connaît à l'avance et par 
sa propre position le mode de coopération qu'il 
doit à l'ensemble ; 

5" Toute ligne qui marche à l'attaque est pro- 
tégée en arrière et sur sesjlancs; 

6° L'ennemi , de quelque côté qu'il se présente, 
reçoit immédiatement et sans ordres préalables 
une lignepouvant lui faire tète; 

7" Enfin on peut changer rapidement de direc- 
tion dans tous les sens et modifier le front d'attaque 
jusqu'au moment de la charge. 



DES MANOEUVRES. 



La division de cavalerie étant constituée, ras- 
semblée et disposée en vue du combat, d'après les 
considérations qui précèdent, il reste à détermi- 
ner les lois propres à mettt^e en œuvre les élé- 
ments dont elle se compose et à accorder ses or- 
ganes de commandement avec ses facultés de mou- 
vement. 

Si l'on se bornait à des manœuvres dans le 
vide, en faisant abstraction de forces adverses; si 



IIAI'P.IHT. lOf) 

l'on se proposail scalciiiciil d'excrccT SYslcnuiliqnc- 
mciil les ii'oupcs (luxformcs jn^dliqucs, aujf (ilhu-cs, 
à la transhilion d'un point à un ualic ou d'un 
ordre à un autre, les exei'eiees réylementaires , 
déjà institués pour le récjinwnl, suffiraient pour 
la brii/ade et la division , avec de léyi'res variantes ; 
mais si l'on poursuit l'idée de faire un règlement 
pour la guerre et de n'exercer les troupes (pi aux 
manœuvres de (juerre , ce programme implique des 
différences caractéristiques par rapport à l'école 
du régiment. 

Il a été établi précédemment que la tactique 
d'une division de cavalerie avait des points com- 
muns avec celle d'un corps d'armée complet, et 
cette analogie se continue forcément dans les pro- 
cédés d' 'exécution. 

Les troupes d'une division ne J'orment plus sur 
le champ de bataille de longues lignes conti/iues ; 
elles y sont , au contraire, réparties dans une zone 
plus ou moins étendue; elles présentent tantôt des 
groupes sei-rés, tantôt des lignes minces, affectent 
des formes tantôt rigides, tantôt ondulées; il se 
produit d((ns cette zone un mouvement continuel , 
irrégulier et sans cesse changeant; en réalité, il 
n'y a plus d'action unique, /nais une série d'ac- 
tions partielles , distinctes , coordonnées et concou- 
rant vei'S un but commun. 

Cette tratisjornuition des elforts individuels de 
plusieurs groupes en une action commune impose 
aux colonels et <tux généraux de brigade une 
lâche difficile , (pi.i exij^e une connaissance exacte 



106 RAPPORT. 

des règles de la guerre moderne et qui ne peut être 
préparée qu'à l'aide d'une application constante 
et raisonnée, dans les exercices de paix, des prin- 
cipes de tactique. 

Il faut donc renoncer tout d'abord aux an- 
ciens errements , qui consistaient à faire esca- 
dronner une division entière, comme an simple 
peloton , à l'aide de formules retentissantes et toutes 
préparées , comportant une exécution instantanée 
et identique. 

Ces procédés seraient impraticables et illogiques, 
attendu que le chef de la division ne pommait se 
faire entendre, surtout dans le tumulte du combat ; 
que, tantôt un commandement unique peut se tra- 
duire par des mouvements différents dans chaque 
brigade, tantôt un mouvement d'ensemble peut exi- 
ger des commandements différents, et enfin que les 
chefs de ligne eux-mêmes ne sont pas astreints à 
une place fixe, mais doivent se placer au point où 
ils peuvent le mieux juger la situation ou recevoir 
les ordres du général de division. Les manœuvres 
sont la conséquence du dispositf de combat , qui 
en est l'origine , et les variétés déforme et d'espace 
qui existent dans ce dispositif réagissent forcément 
sur les exercices auxquels les troupes et ^ leurs 
chefs doivent être familiarisés et dont le dévelop- 
pement est du ressort du règlement d'instruc- 
tion. 

Cependant, après les discussions contradictoires 
qui ont présidé à la rédaction de ce nouveau 
règlement à l'usage de la brigade et de la division, 



RAPPORT. 1 07 

il semble bon de jeter un coup d'œil rétrospectif sur 
l'emploi de ces grands corps de cavalerie et d'ap- 
précier leur effet utile dans les différentes circons- 
tances qui peuvent se présenter. 

Lorsque la cavalerie opère en avant de l'armée, 
ou autrement dit avant la bataille , les reconnais- 
sances qui ont préludé à l'approche des deux cava- 
leries doivent donner à son chef le moyen de juger 
approximativement le point oii il doit rencontrer 
le gros de la cavalerie ennemie ou être rencontré 
lui-même. Selon les avantages qu'il peut en recueil- 
lir, il marche ou il attend, mais il agit toujours 
de manière à avoir ses fojxes concenti'ées pour 
l'heure du dénouement, et le succès dépend, en 
grande partie , de la sûreté de son jugement pour 
prévoir et de l'opportunité de sa résolution pour agir. 

Lu conduite à tenir pendant la lutte est d'ail- 
leurs suffisamment détaillée dans les différentes 
parties du règlement. 

Lorsque la cavalerie opère sous le couvert de 
l'armée, ou autrement dit pendant la bataille, elle 
se masse d'abord derrière une aile, et de préfé- 
rence à portée d'une artère de communication d'oii 
elle puisse rayonner, observer la physionomie du 
combat et surveiller les alentours du champ de 
bataille. 

Lorsque la lutte est entrée dans cette phase qui 
accuse de pari et d'autre une certaine lassitude et 
trahit la nécessité des suprêmes efforts , la cavalerie 
apporte l'appoint de son apparition et menace l'en- 
nemi d'un mouvement tournant. 



108 RAPPor.T. 

Si rinfunteric ennemie , aidée par son artillerie , 
s'oppose à cette manœuvre , la lutte se résout en 
grande partie par la puissance de l'artillerie, et 
la cavalerie ne prononce son attarpie que lorsque 
l'infanterie est démantelée ; si l'ennemi oppose à 
cette manœuvre sa propre cavalerie, les deux 
armes luttent entre elles, et la p((rtie se dénoue 
selon les règles cottnues. 

Dans l'un et l'autre cas, la manœuvre de la di- 
vision de cavalerie aura produit une diversion 
utile, soit en réconfortant ses propi-es troupes, 
soit en décomposant la résistance de l'ennemi. 

Enfin , de quelque côté que l'on envisage le râle 
de la cavalerie (si l'on en eacepte la poursuite, 
qui, quoique très féconde en résultats, n'est le plus 
souvent qu'une action diffuse, dont le succès est dû 
principalement à une différence de dispositions mo- 
rales entre les deux partis) , on voit que la cavalerie 
est appelée à manœuvrer, toujours à manœuvrer, 
avant la charge. Ses chefs ont lu difficile mission 
de résoudre, dans un temps ti'ès court et au milieu 
d'un tourbillon d'événements , l'énigme de la vic- 
toire; ils doivent, comme par intuition et toujours 
sans hésiter, supputer les avantages et les risques 
qui sui-gissent ; il faut savoir graviter constam- 
ment dans une atmosphère de conditions vitales, 
telles que : ne pas se laisser surprendre , conserver 
l'impétuosité des chevaux , fouler un terrain prati- 
cable, etc.; il faut discerner si un mouvement 
ennemi n'est pas un simulaci-e cachant un piège 
fatal , ou si l'on peut soi-même employer ce strata- 



nAPPoiiT. 109 

gèmc ; il faut coiisuller et favoriser l' efficacité de 
l'artillerie, se dérober aux nappes des feux enne- 
mis, se mouvoir à propos et de tous cotés pour 
tourner ou prendre à revers, pour faire avorter des 
démonstrations hostiles, etc. etc. 

On voit ainsi combien est complexe la mission 
d'un (jénéral de cavalerie , combien il serait péril- 
leux d'y en-er à l'acentiire. 

Il fut un temps oii la cavalerie pouvait se livrer 
à des tournois de vaillance, oii l'intrépidité de ses 
chefs était presque exclusivement l'âme du succès, 
oii l'éperon des cavaliers suffisait à lancer à courte 
distance les chevaux contre les rangs eiuiemis et y 
semer l'épouvante ; l'insti-uction des troupes pou- 
vait alors se contenter de l'inoculation du don de 
foudroyer, en rappelant la « Icmpète équcslre» 
de l'antiquité ; mais uujourd'liui il faut ajouter 
à ces nobles traditions d'autres enseignements , et 
il est indispensable d'e.vercer la cavalerie pendant 
la paix à toutes les opérations de guerre qui se 
rapportent à la diversité et à la multiplicité de ses 
rôles. 

Eu un mot, il faut tiyivaillcr sans relâche, 
mais d'un ti-avail fructueux , conduisant directe- 
ment et sûrement au but final , sans déviations 
stériles en l'honneur de pratiques surannées ou 
seulement attrayantes. 

Tel est le vœu par lequel la Commission de cava- 
lerie, après deux années d'expériences et d'études , 
termine la série des travan.x dont l'exécution lui a 



ilO r.APPOiiT. 

été confiée pur Son Excellence le Minisire de la 
guerre. 

Les Membres de la Commission, 

Général du Barail, Président; 

Général Thorjiton, 

Général Cornât, 

Gén"' DE VOUGES DE Chanteclair , 

Général L'Hotte, 

Colonel Sa VIN de Larclause , ) membres , 

Colonel Grandin, 

Lieutenant-Colonel de Jessé, 

Lieuten'-Colonei Robert d'Orléans, 

duc de Chartres, 
Capitaine Ghis, membre adjoint; 
Capitaine Meynier, secrétaire. 







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REGLEMENT 



LES EXERCICES DE LA CAVALERIE. 



Le Président de la Képublique fhançaise , 

Considérant : 

Que les progrès réalisés depuis la publi- 
cation du décret du 17 juillet 1876 per- 
mettent de donner, dès aujourd'hui des in- 
structions générales pour la manœuvre des 
lîrigades et des divisions de cavalerie; 

Que l'expérience a démontré la nécessité 
d'apporter certaines modifications au règle- 
ment actuel ; 

Sur le rapport du Ministre de la guerre, 



1 1^ Tiiiu. rr<i.Mii:i«. 

DÉCRÈTE : ^ 

TITRE PREMIEK. 

BASES DE L'INSTRUCTION 
ET PRÉLIMINAIRES. 



Ani. !". — Dci'iiiiliuns it principes ;;éiK'iMUx. 

Ai'.T. II. — l'orraatioii d'un ri'ginicnl en lialMlli . ll:'s«fUi- 

l)lenient. 
Art. III. — Dis()osilioiis nhiiivi's :iu\ rcMics. De l'('tciidaril. 
Ar,T. IV. — Do l'iiisiniclion. Conilial à |)icd. 
Ar.T. V. — ICmploi du cheval. Kiinitalion. Dres.s;;frc. 
Anr. VJ. — l'resciiplious rulativcs ;iii harjKu liciiiiiil cl 

a rarmcmeiil. 
Al. I. \ll. — ConiiViaiidciiiciils , bii^iianv, soiiiiCiics. 



ARTICLE I". 
DÉFLMTIOAS ET PRINCIPES GK>É1UU\. 



Troupe, se compose de rangs el de files. 

Raiifj , se compose de cavaliers les uns à cùlé 
des autres. 

File, se compose de deux cavaliers l'un der- 
rière l'autre; une file est creuse lorsqu'il n'y a 
pas de cavalier au deuxième rang. 



UASES DE L'INSTRUCTION. 113 

Chef défile, est l'homme du premier rang 
dune troupe , relativement à celui qui est placé 
derrière lui, au deuxième rang. 

Serrc-file , est un officier, ou un sous-officier 
placé derrière le deuxième rang. 

Front, est le devant d'une troupe, soit en ba- 
taille, soit en colonne. 

Aile, est l'extrémité de droite ou de gauche 
d'une troupe en bataille. 

Flanc, est le côté de droite ou de gauche d'une 
troupe. 

Intervalle, est l'espace vide entre deux troupes , 
ou entre deux fractions d'une troupe, comptt 
dans le sens du front. 

Il est mesuré , à cheval , du genou du cavalier 
de gauche d'une troupe , au genou du cavalier de 
droite de la troupe qui suit, dans l'ordre déployé. 

Cet intervalle est de 12 mètres entre les es- 
cadrons, et entre les régiments dune troupe en 
bataille. 

A pied, l'intervalle d'un escadron à l'autre 
est de 12 pas (9 mètres), mesuré des coudes 
des mêmes cavaliers. 

Distance, est l'espace vide entre deux troupes, 
deux fractions de troupe, ou entre les rangs 
d'une même troupe, compté dans le sens de la 
profondeur. 

La dislance entre les rangs est mesurée : à 
cheval, de la croupe des chevaux du premier 
rang, à la tète des chevaux du deuxième ; à pied, 



^ 



m- 

114 TITRE PllEMIER. 

des épaules des cavaliers du premier rang, à la 
poitrine de ceux du deuxième. 

La distance entre les rangs serrés est : à 
cheval, d'un mètre et demi; à pied, de 4o cen- 
timètres; entre les rangs ouverts, elle est : à 
cheval, de 6 mètres, et à pied, de 4 pas 
(3 mètres). 

La distance entre deux troupes , ou deux frac- 
tions de troupe, est mesurée de la croupe des 
chevaux du deuxième rang de la troupe ou frac- 
tion de troupe, à la tête des chevaux du premier 
rang de celle qui suit. 

A pied, la distance entre les troupes est mesu- 
rée comme la distance entre les rangs. 

Profondeur, est l'espace compris entre la tète 
et la queue d'une colonne. 

La profondeur de la colonne de pelotons est 
à peu près égale au front que la troupe occupait 
en bataille. 

Pour évaluer le front d'une troupe et la pro- 
fondeur d'vuie colonne, il est nécessaire de sa- 
voir que chaque cheval monté occupe en épais- 
seur le tiers de sa longueur; cette épaisseur est 
de moins d'un mètre. Afin d'éviter les frac- 
tions et d'arriver au même but par un calcul 
plus simple, ayant aussi égard à l'aisance qu'il 
est indispensable de conserver enh"e les cavaliers 
dans le rang, et à la distance qui doit exister 
entre les deux rangs, on la suppose d'un mètre. 
Il en résulte que les deux rangs occupent environ 
6 mètres dans le sens de la profondeur, sur les- 



BASES DE L'INSTRUCTION. 115 

quels il se trouve un mètre et demi de distance 
d'un rang à l'autre, et que l'étendue du front 
d'un escadron est, en moyenne, d'autant de 
mètres qu'il y a de files. 

A pied, on évalue le front d'une troupe à rai- 
son de 75 centimètres par homme, y compris 
12 centimètres entre chaque file. 

Alignement, est la disposition de plusieurs ca- 
valiers, ou de plusieurs Iroupes, sur une même 
ligne. 

Toute troupe qui doit se former et s'aligner 
sur une autre, s'arrête à hauteur des serre-files, 
parallèlement à la ligne de formation, pour se 
porter ensuite sur l'alignement de la troupe 
déjà formée. 

Le commandant de l'escadron qui s'aligne 
sur un autre se porte pour l'aligner, du côté op- 
posé à celui indiqué par le commandement. 

Lorsqu'une troupe de cavalerie doit s'aligner 
sur une troupe d'infanterie , les officiers qui sont 
devant le front des escadrons s'alignent sur les 
serre-files de l'infanterie. 

Peloton , se compose habituellement de 
douze files. 

Division, se compose de deux pelotons. 

Escadron, se compose de quatre pelotons. 

Demi-régiment, se compose de deux escadrons. 

Régiment dans l'ordre en bataille, se compose 
de ses escadrons placés sur la même ligne , et sé- 
parés par leurs intervalles. 

8. 



116 TITRE PnEMIER. 

Le régime it de manœuvre se compose de 
quatre escadrons. 

Colonne, s'entend d'une troupe qui a rompu 
et dont les fractions sont placées les unes der- 
rière les autres. 

Colonne de route , est formée de cavaliers par 
par quatre, ou par deux. 

Colonne de pelotons, est formée de pelotons 
ayant entre eux la distance nécessaire pour se 
remettre en bataille dans tous les sens. On peut 
aussi former la colonne de divisions ou d'esca- 
drons à distance entière, on à demi-distance; 
mais la proportion du front de peloton est plus 
avantageuse 

Colonne serrée, est formée d'escadrons en ba- 
taille, avec 18 mètres de distance d'un escadron 
à l'autre. 

Ligne de colonnes, se compose d'escadrons en 
colonne de pelotons, disposés sur la môme ligne, 
à intervalle de déploiement. 

Masse, est formée d'escadrons en colonne 
de pelotons, disposés sur la même ligne, à 
12 mètres d'intervalle. 

Ilapture, est le mouvement par lequel on 
passe de l'ordre en bataille à l'ordre en co- 
lonne, ou par lequel on diminue le front d'une 
colonne. 

Formation , est le placement régulier de toutes 
les fraclions d'une troupe, soit dans l'ordre en 
bataille, soit dans l'ordre en colonne. 

Disposition ou dispositif, est le partage d'une 



BASES DE L'INSTRUCTION. 117 

troupe en fractions ayant chacune un rôle parti- 
culier à remplir. 

Échelons, est la disposition de troupes placées 
les unes derrière les autres, se débordant en 
tolalilé ou en partie. 

Garde-JIanc, est une troupe destinée à proté- 
ger les flancs. 

Flanc offensif, est une troupe prenant une 

position menaçante, sur le flanc de l'ennemi. 

Commandements. On en distingue trois sortes: 

Le commandement d'avertissement, qui sert de 

signal pour attirer l'attention; 

Le commandement préparatoire , qni indique le 
mouvement à exécuter; 

Le commandement d'exécation. qui détermine 
l'exécution. 

Temps, en instruction de détail, est uïie ac- 
tion d'exercice qui s'exécute à un commande- 
ment et qui peut se diviser en mouvements, 
pour en démontrer le mécanisme et en faciliter 
l'exécution. 

Évolutions, sont les mouvements réguliers, 
par lesquels un régiment passe d'une foiination 
à une autre. 

Évolutions de brigade, de division, sont les 
mouvements exécutés, dans le même but, par 
plusieurs régiments, ou plusieurs biigades, sur 
une ou plusieurs lignes. 

Manœuvre, est l'application des évolutions 
combinées avec le terrain, la 'position et les 
mouvements de l'ennemi, 



18 TITIIE PREMIER. 



ARTICLE II. 



FORMATION D'UN REGBIENT 

DANS L'ORDRE EN RATAILLE. 

RASSEMRLEMENTS. 



Formation d'un régiment dans l'ordre 
en bataille. 

Les escadrons d'un régiment en bataille sont 
formés sur deux rangs et sur la même ligne, à 
12 mètres d'intervalle. 

Dans les rassemblements, ils s'établissent par 
ordre de numéros, de la droite à la gauche. 

Dans chaque escadron, les pelotons se for- 
ment sur la même ligne , sans intervalles , et par 
ordre de numéros de la droite à la gauche; on 
place au premier rang les cavaliers de première 
classe. 

Le i" et le 2' escadron forment le i'^ demi- 
régiment, ou demi-régiment de droite; le 3° et le 
4° forment le 1" demi-régiment, ou demi-régi- 
ment de gauche. Chaque demi-régiment est 
commandé par un chef d'escadrons. 

Ce qui est prescrit pour la formation en ba- 
taille, à cheval, est applicable à la formation à 
pied, -i 



BASES DE I/INSTRUCTION. 1 1 9 

Place des officiers et des sous-officiers de 
l'état-major d'un régiment dans l'ordre 
en bataille. 

Le colonel, àun front d'escadron en avant du 
capitaine-commandant de l'escadron de direc- 
tion, ayant derrière lui le capitaine instructeur; 
derrière cet officier : les deux adjudants, le ma- 
réchal des logis (trompette-major) et un trom- 
pette. 

Le lieutenant-colonel, à la gauche du colonel, 
la tète de son cheval à hauteur de la hanche du 
cheval du colonel. 

Chaque chef d'escadrons, vis-à-vis du centre 
de son demi-régiment, sur l'alignement des ca- 
pitaines-commandants. 

Le colonel se porte partout où il juge sa pré- 
sence nécessaire; le lieutenant-colonel, partout 
où le colonel juge à propos de l'employer. 

Le porte-étendard est placé à l'avant-dernière 
fde de gauche du premier rang du 4° peloton 
du 2' escadron, entre deux maréchaux des 
logis. 

Les trompettes , sauf ceux qui suivent les gé- 
néraux, le colonel et les- capitaines-comman- 
dants, sont à i'°,5o derrière leurs pelotons res- 
pectifs; ceux de la première division derrière la 
nie de droite, ceux de la deuxième division der- 
rière la file de gauche. 

Quand l'adjoint au trésorier, les médecins et 



120 TITHE PREMIKR. 

les vétérinaires sont présents, ils se placent, 
dans l'ordre où ils sont ici désignés, à 25 mètres 
en arrière de la droite du i" escadron. 



Place des officiers , des sous-officiers 
et des brigadiers dans l'ordre en bataille. 

Le capitaine-commandant, suivi d'un trom- 
pette, est placé à un demi-front d'escadron, en 
avant du centre. 

Le capitaine en second est placé en arrière 
du centre de l'escadron, la tête de son cheval 
à 3 pas de la croupe des chevaux du deuxième 
rang. 

Le lieutenant en premier commande le pre 
mier peloton. 

Le lieutenant en deuxième commande le qua- 
trième peloton. 

Un des sous- lieutenants commande le 
deuxième peloton; l'autre commande le troi- 
sième peloton. 

Chacun des commandants de peloton est 
placé au centre de son peloton, la croupe de 
son cheval à un mètre et demi en avant de la 
tète des chevaux du premier rang. 

A pied, les chefs de peloton sont à un pas 
(75 centimètres) en avant du premier rang. 

Le maréchal des logis chef est eu serre-file 
derrière le centre du premier peloton. 

Le plus ancien sous-oflicier de chacun des 



BASES DE I/INSTr.UCTION. 121 

trois derniers pelotons est en serre-file derrière 
le centre de son peloton. 

Les serre -fdes ont la tète de leurs chevauv 
à i^jôo de la croupe des chevaux du deuxième 
rang; à pied, ils sont à un pas (76 centi- 
mètres) du deuxième rang. Les autres sous- 
officiers, le brigadier-fourrier et les brigadiers 
sont placés aux ailes de leurs pelotons respec- 
tifs , d'abord au premier rang, puis au deuxième, 
à la droite du peloton, puis à la gauche, d'après 
leur grade et leur rang d'ancienneté. 

L'homme qui marque le centre du })eloton 
est un brigadier, ou un cavalier de première 
classe. 



Rassemblement d'un régiment achevai. 

Le plus souvent le régiment doit monter à 
cheval et se rassembler sans soniicj-ies. Quand on 
emploie les sonneries, à la sonnerie: à cheval, 
les cavaliers sellent, brident, montent à cheval , 
et se rendent au lieu de rassemblement. 

Si les chevaux doivent être seulement sellés, 
sans sortirde l'écurie, on fait soutier leboate-selle. 
A ce signal, les cavaliers sellent et atten- 
dent la sonnerie à cheval , pour brider et sorlir 
de l'écurie. 

Chaque officier passe l'inspection de son pe- 
loton et fait faire l'appel par le maréchal des 
logis; il rend compte au capitaine-commandant, 



122 TITRE PREMIER. 

qui réunit l'escadron et le fait compter par 
quatre. 

Les chefs d'escadrons, après avoir reçu les 
rapports des capitaines-commandants, rendent 
compte au lieutenant-colonel. 

Le lieutenant-colonel, ayant reçu ces rap- 
ports, réunit le régiment, et, à l'arrivée du 
colonel, il lui fait son rapport et prend ses 
ordres. 



Rassemblement d'un régiment à pied. 

Lorsqu'un régiment doit prendre les armes 
à pied, on fait sonner quatre appels consécu- 
tifs; à ce signal, les cavaliers sont réunis et in- 
spectés, puis les rapports rendus, comme il est 
prescrit plus haut. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 123 



ARTICLE m. 

DISPOSITIONS RELATIVES AUX REVUES. 
DE L'ÉTENDARD. 

Dispositions relatives aux revues. 

Pour une revue, les officiers supérieurs et les 
capitaines-commandants se rapprochent du pre- 
mier rang et se placent sur la ligne des chefs de 
peloton. 

Le lieutenant-colonel, à la droite du régi 
ment. 

Les chefs d'escadrons A la droite du demi-régi- 
ment qu'ils commandent , et le major à la gauche 
du régiment. 

Le capitaine instructeur suit le colonel. 

Le trésorier, l'officier d'habillement, l'ad- 
joint au trésorier, le médecin-major et les 
médecins aides-majors, les vétérinaires en pre- 
mier, en deuxième et l'aide -vétérinaire, sont 
placés sur un rang, et dans l'ordre où ils son! 
ici désignés, à aS mètres en arrière de la droite 
(lu premier escadron. 

Tous les trompettes , formés sur deux rangs , 
ayant à la droite du premier rang le maréchal 
des logis (trompette-major), et derrière lui le bri- 



12-'l TITr.E PUEMIER. 

gadiei-lronipelfe, se placent à 6 pas de la droite 
du premier escadron, sur raligneuienl du pre- 
mier rang. Un adjudant est à la tète des trom- 
pettes. 

Les hommes à pied sont placés à 25 mèlres 
en arrière de leurs escadrons respectifs. 

Le peloton hors rang, commandé par l'adju- 
dant-vaguemestre, est établi vis-à-vis de la droite 
du i" escadron, à lo mètres en arrière des 
officiers de l'état-major. 

Les enfants de troupe sont rangés à sa gauche. 

Le colonel, après avoir fait mettre le sabi'e à 
la maia et commandé l'alignement, ordonne, 
s'il y a lieu, aux trompettes de sonner, se ])orte 
vivement au-devant de la personne à qui l'on 
rend les honneurs, la salue du sabre et resie à 
portée de recevoir ses ordres. En l'accompagnant 
dans sa revue, il lui cède toujours le côté de la 
troupe. 

Lorsqu'on fait ouvrir les rangs, tous les 
officiers font face à la troupe, de mamère 
que la tète de leurs chevaux soit à 6 mèhes 
du premier rang. Les serre-fdes reculeni, de 
manière à se trouver à 6 mètres du deuxième 
rang-. 

L'inspection finie, loi'squ'on fuit serrer les 
rangs, les officiers et les serre-files reprennent 
leur place. 

Lorsque la revue est passée par le colonel , le 
régiment lui est présenté par le lieutenant- 
colonel. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 125 

Lorsque deux ou plusieurs régiments sont 
réunis, chaque colonel se place sur l'alignement 
des officiers, à 3 mètres de la droite des trom- 
pettes. 

Dans une brigade, dans une division, ou dans 

un groupe de divisions, seul, le commandant 
des troupes, accompagné des officiers de son 
état-major, se place à 20 mètres en avant du 
centre de la ligne. Il se porte rapidement au- 
devant de la personne qui passe la revue , quand 
elle est près d'arriver à la droite de la ligne, la 
salue du sabre, et l'accompagne en lui laissant 
le côté de la troupe. 

Le commandant des troupes seul accompagne 
la personne qui passe la revue. 

Les autres officiers généraux se placent à la 
droite du colonel de leur premier régiment; les 
officiers de leur état-major sont derrière eux. 

Quand une troupe de cavalerie est passée en 
revue à pied, les officiers supérieurs et les ca- 
pitaines-commandants, s'ils sont à cheval, se 
tiennent derrière leur troupe : le capitaine-com- 
mandant à 10 pas en arrière du centre de son 
escadron, les chefs d'escadrons à i5 pas en ar- 
rière et au centre des leurs. 

De l'étendard. 

Lorsque l' étendard doit sortir, une division 
est commandée d'avance , et à tour de rôle dans 
chaque escadron, pour lui servir d'escorte. 



126 



TITRE PREMIER. 



Escorte de rétendard. 



*»» 



-j-^.a 







Le capitaine-commandant et le capitaine en 
second alternent pour le commandement de 
cette escorte. 

Le premier peloton de l'escorte fournit la 
pointe d'à vaut -garde, composée de deux cava- 
liers que dirige un maréchal des logis, et que 
suivent, à lo mètres, deux autres cavaliers. 

Les trompettes, formés par quatre, et conduils 
par un adjudant, marchent à lo mètres des ca- 
valiers qui précèdent. 

Le reste du premier peloton, ayant le lieu- 
tenant à sa tète, marche par quatre, à lo mètres 
des trompettes. 

Le porte- étendard marche immédiatement 
après, entre deux maréchaux des logis. 

Le deuxième peloton , ayant à sa tète le sous- 
lieutenant, suit le porte-étendard, marche par 
quatre , et fournit la pointe d'arrière-garde. Cette 
pointe, composée de deux cavaliers, suit à 
lo mètres en arrière; elle est commandée par 
un Jnùgadier. 

Le capitaine marche à 4 mètres du flanc, à 
hauteur du porte-étendard. 

Les deux premiers cavaliers de la pointe d'a- 
vant-garde ont la carabine ou le pistolet haut -, 
tous les autres cavaliers de l'escorte ont le sabre 
à la main. 

Ce détachement, arrivé sans bruit de trom- 



BASES DE L'INSTRUCTION. 127 

pettes au lieu où est rétendard, y est forme en 
bataille. 

L'adjudant met pied à terre, va prendre 
l'étendard et le remet au porte-étendard. 

Réception de l'étendard. 

Dès que l'étendard parait, le capitaine fait 
présenter le sabre; les trompettes sonnent: à 
l'étendard. 

Après deux reprises de celle sonnerie, le ca- 
pitaine fait porter le sabre et rompre, pour se 
mettre en marche dans l'ordre où il est venu; 
les trompettes sonner>t la marche. 

Lorsque l'étendard arrive devant le régiment, 
le colonel fait mettre le saJjre à la main; les 
ti'ompettes cessent de sonner et vont prendre, 
ainsi que l'escorte, leur place de bataille, en 
passant derrière le régiment. 

Le porte-étendard , accompagné des deux ma- 
réchaux des logis, se dirige vers le centre du 
régiment, et s'arrête devant le colonel, faisanl 
face au régiment; le colonel fait alors présenter 
le sabre et sonner à l'étendard; il salue du 
sabre. Le porte-étendard se rend ensuite à sa 
place de bataille, et le colonel fait porter le 
sabre. 

Les officiers supérieurs saluent du sabre lors- 
que l'étendard passe devant eux. 

L'étendard reçoit à son départ les mêmes 
honneurs qu'à son arrivée, et il est reconduit 



,128 Tnr.K t>r.EMiKi\. 

au logement du colonel dans l'ordre prescrit ci- 
dessus. 

A pied, l'escorte est composée de la même 
manière', et l'étendard reçoit les mêmes hon- 
neurs. 

Salut de l'étendard. 

Lorsque l'étendard doit rendre les honneurs, 
ie porte-élendard salue de la manière suivante, 
en deux temps. 

1. A 4 pas de la personne que l'on doit saluer, 
baisser doucement la hampe en avant, en la 
rapprochant de l'horizontale. 

2. Relever doucement la hampe, lorsque la 
personne qu'on a saluée est dépassée de 4 pas. 

Salut du sabre. 

Le salut du sabre s'exécute en quatre temps. 

1. A 4 pas de la personne que l'on doit saluer, 
élever le sabre verticalement, le tranchantà gau- 
che, la poignée vis-à-vis et à 3o centimètres de 
l'épaule droite. 

2. Baisser la lame, en étendant le bras de 
toute sa longueur, le poignet en quarte. 

3. Relever vivement le sabre, comme au pre- 
mier temps, lorsque la personne qu'on a saluée 
est dépassée de 4 pas. 

4. Porter le sabre. 



BASKS 1)K l.nsTIiCCTIO>. I 2y 

Ordre en colonne pour défiler. 

si la personne ;i qui ion rend les lionneiirs 
esl placée sur le flanc droit de la colonne, le 
colonel commande : Garde à vous , cers la droite , 
puur défiler. 

Le colonel se place à la tète de la colonne, à 
liô mètres en avant du premier rang de la 
fraction de tète. 

Le lieutenant-colonel marche à la gauche du 
colonel, la tète de son cheval à hauteur de la 
hanche du cheval du colonel. 

Le major, le capitaine instructeur, le tré- 
sorier, loflicier d'habillement et l'adjoint au 
trésorier sont places sur un rang, à (j mètres 
derrière le colonel. 

Les adjudants, l'un derrière l'autre, sont à 
un mètre à gauche des serre-files de la fraction 
de tête. 

Tous les trompettes marchent à 2Ô mètres eii 
avant du colonel, précèdes par un adjudant. 

Un chef d'escadrons marche à la tète du pre- 
mier escadron, à 4 mètres en avant du capi- 
taine-commandant, et à 4 mètres en arrière des 
officiers de Tctat-major. 

L'autre chef d'escadrons se place de même, à 
la tète des escadrons qu'il commande. 

Si l'on défile par pelotons, les capitaines- 
commandants marchent à la tète de leur premier 
peloton, ayant à leur gauche le chef de ce pe- 



130 TITKE PREMIEK. 

lolon. Les capitaines en second sont, placés à la 
tète du troisième peloton de leur escadron, 
ayant le chef de ce peloton à leur gauche. 

Les serre-files marchent à l'aile gauche de 
leur peloton. 

Le médecin-major et les médecins aides-ma- 
jors, ayant à leur gauche les vétérinaires en 
premier, en deuxième et l'aide -vétérinaire, 
marchent sur un seul rang, à la gauche du ré- 
giment, à 4 mètres du dernier peloton. 

Les sous-officiers , brigadiers et cavaliers con- 
servent la tète directe en défilant. 

Les officiers fixent les yeux sur la personne 
à qui l'on rend les honneurs, en passant devant 
elle. 

Les troiBpettes sonnent la marche correspon- 
dant à l'allure à laquelle on défile. 

L'étendard et les officiers rendent les hon- 
neurs conformément aux règlements. 

Les officiers qui, dans l'ordre ci -dessus dé- 
taillé, marchent à la gauche du colonel, du 
major, et des capitaines- commandants, se ran- 
gent à leur droite, si la personne à qui ion rend 
les honneurs se trouve à gauche de la colonne. 
Il en est de même pour les médecins et les 
vétérinaires. Les serre - files se placent alors à 
l'aile droite de leur peloton. 

Si l'on défile par divisions, les capitaines-com- 
mandants marchent en avant du centre de la 
première division, et sur l'alignement des chefs 
de peloton. Les capitaines en second marchent 



BASES DE L'INSTRUCTION. 131 

en avant du centre de lu deuxième division, sur 
l'alignement des chefs de peloton. Les serre- 
files marchenl. à l'aile de leur division, du côté 
opposé à la personne à qui l'on rend les hon- 
Tieurs. 

Si l'on défile par escadrons, à distance entière, 
à demi-distance, ou en colonne serrée, les offi- 
ciers de l'étal-major conservent les places qui 
viennent d'être indiquées. Les capitaines-com- 
mandants marchent sur l'alignement des chefs 
de peloton ; les autres officiers conservent leui' 
place de bataille. Les sous-officiers serre-files se 
placent à l'aile de l'escadron, du côté opposé 
à la personne devant laquelle on défile: ceux de 
la division qui est de ce côté, à hauteur du pre- 
mier rang; ceux de l'autre division, à hauteur 
du deuxième rang. 

Si, par exception, le peloton hors rang doit 
figurer dans une revue à pied, il prend la gauche 
du régiment. Il ne défile pas ; il eu est de même 
des enfants de troupe, des maîtres ouvriers et 
des cantinières. 

Défilé d'une brigade ou d'une division. 

Pour défiler, on fait rompre en colonne, et , 
au commandement : Garde à vous , vers la droite 
(ou vers la gauche), pour déjilei', les trompettes 
se portent à la tête de leurs régiments les- 
pectifs. 

Les régiments se mettent en mouvement, de 



132 TIÏl'.K PliEMlEfi. 

manière a prendre ieur distance : 45 mètres 
entre les régiments, 60 entre les In'igades. Ces 
distances sont mesm'ces de la dernière subdivi- 
sion du régiment , ou de la brigade , aux trom- 
pettes du régiment suivant. 

Lorsqu'ils arrivent à 00 mètres de la personne 
à qui l'on rend les honneurs, les trompettes 
commencent à sonner la marche correspondant 
à l'allure à laquelle on défile; ils cessent de 
sonner quand ils ont dépassé de 100 mètres la 
personne à qui l'on rend les honneurs. 

Le général de division défile à la tète de la 
division, ayant à 8 mètres derrière lui son chel" 
d'état-major, et à vm mètre et demi derrière 
celui-ci les officiers de l'étal-major sur un seul 
rang. 

Chacun des généraux de brigade, ayant à 
4 mètres derrière lui son officier d'ordon- 
nance, défile à la lète de sa brigade , à 20 mètres 
en avant du colonel du premier régiment. 

Le général qui commande la première Ijri- 
gade se tient à 3o mètres en arrière du gé- 
néral de division. 

Les trompettes du premier régijnent de la di- 
vision marchent à 25 mètres en avant du géné- 
ral de division ; ceux du premier régiment des 
autres brigades marchent également à 25 mètres 
en avant du général qui les commande. 

Le général (ou l'olTicier supérieur qui com- 
mande la troupe), après avoir fait le salul, suivi 
des officiers de .son élat-major (ou du capitaine- 



BASES DE L'INSTRUCTION. 133 

inslnicteur), va se placer en face de la personne 
à qui l on rend les honneurs, et à 20 mèlres en 
viron en dehors du flanc de la colonne. 

Dès que le déQlé est terminé, il se porte au 
galop devant cette personne, la salue du sabre, 
et prend ses ordres. 



Prescriptions pour le défilé d'une troupe 
composée des trois armes. 

Chaque arme défile conformément aux pres- 
criptions contenues dans son règlement parti- 
culier; mais la largeur du front des différentes 
subdivisions (cnuipagnie, bataillon, escadron 
ou batterie, suivant le cas) et la distance qui 
les sépare doivent, aulant que possible, être 
les mêmes pour toutes les armes. 

La distance est de 45 mètres (60 pas) entre les 
régiments, 60 mètres (80 pas) entre les bri- 
gades; 75 mètres (100 pas) entre les divisions. 

Si le défilé a lieu au pas pour toutes les 
armes, la distance d'une arme à l'autre est de 
100 mètres; si les troupes à cheval défilent au 
trot, la distance entre elles et l'inlanterie est de 
5oo mètres; elle est de 800 mètres, si les armes 
à cheval défilent au galop. 

Enfin, si, l'artillerie défilant au trot, la ca- 
valerie défile au galop, la distance enire ces 
deux armes est aussi de 800 mètres. 

Ces distances sont comptées de la dernière 



134 TITRE PREMIER. 

subdivision du régiment, de la brigade, ou de 
la division, au caporal sapeur du régiment sui- 
vant dans l'infanterie, à l'adjudant marchant 
en tète des trompettes dans les troupes à cheval. 

Les troupes à cheval prennent le trot ou le 
galop, suivant les ordres reçus, au moment où 
la dernière suVjdivision d'infanlerie passe devant 
la personne à qui l'on rend les honneurs. 

Si cela est nécessaire pour que le mouve- 
ment des troupes à cheval n'éprouve aucun re- 
tard, le dernier régiment d'infanterie débar- 
rasse le terrain en déboîtanL à droite ou à 
gauche par un mouvement de flanc, lorsque 
la dernière subdivision a dépassé de loo mètres 
(200 pas) la personne devant laquelle on défile. 

Chaque régiment d'infanterie défile avec sa 
musique. L'artillerie défile avec la musique 
d'une des brigades d'artillerie, ou à son dé- 
faut, avec la musique du dernier régiment d'in 
fanterie. 

Dans la cavalerie, chaque régiment défile 
avec ses trompettes. 



BASES DR L'INSTBUCTTON. '35 



ARTICLE IV. 
DE I/INSTRUCTION. 



nu COMBAT \ PÎED. 



Principes généraux. 

L'instruction des cadres et de la troupe étant 
la partie la plus importante du service, tontes les 
autres doivent lui être subordonnées. Chaque 
chef, à tous les degrés de la hiérarchie , a une 
part' de responsabilité correspondant à la pari 
d'autorité qui lui est dévolue, et consacre 
à l'instruction de ses subordonnés tous ses 
etTorts et tous ses soins. Il en est responsable 
vis-Èi-vis de son supérieur immédiat. 

L'instruction se divise en deux branches prm- 
cipales : l'instruction équestre, qui concerne tout 
ce qui a trait à la connaissance et à l'emploi 
du cheval, et l'instruction militaire, qui com- 
prend la connaissance et l'application de tous 
les règlements miUlaires. La direction de ces 
deux branches, étroitement liées l'une à l'autre, 
est concentrée dans la même main, et chaque 
commandant d'escadron dirige à la fois 1 mstruc- 



136 TITP.K PIIEMIKR. 

lion équestre et l'inslruction niililaire flo son 
escadron. 

L'instruction se donne d'abord dans l'esca- 
dron, puis dans le demi -régiment et dans le 
rég-inient, suivant une progression générale 
tracée par le colonel. 

Elle comprend l'instruction des cadres et 
l'instruction de la troupe. 

L'instruction des cadres, dont l'impurtance 
est capitale, a lieu toute l'année; elle s'étend 
aux connaissances professionnelles que doivent 
posséder les officiers et les gradés. 

Avant le commencement de chaque période 
de l'instruction, chaque chef veille à ce que ses 
cadres possèdent les connaissances qui entrent 
dans le programme de cette période. Il s'attache 
à les pénétrer de l'esprit des règlements, et s'ef- 
force par des théories spéciales, et surtout par 
des conférences pratiques sur le terrain, de 
développer letn-s aptitudes comme instructeurs. 
Il fait, autant que possible, instruire chaque 
fraction constituée par son chef. 

Tout en exerçant ime action personnelle et 
une surveillance constante sur les instructeurs, 
il s'efforce de développer en eux le sentiment 
du devoir et l'habitude d'agir sous l'inspiration 
de leur conscience. 

Dans les opérations de guerre et les applica- 
tions du service en campagne, il s'attache à 
provoquer l'esprit d'initiative et d'à-piopos de 
ihacun. 



RASr.S DF. I/INSTRUCTIOX. 137 

Responsabilité, devoirs et attributions 
de chaque grade. 

Le colonel est responsable de toutes les par- 
ties de l'instruction du régiment ; il exige que 
le présent règlement soit ponctuellement suivi. 
Il veille à ce que les différents grades con- 
servent l'initiative que comporte leur part de 
responsabilité, et fait senlir son influence, 
plutôt jiar une impulsion régulatrice donnée 
à l'ensemble, que par luie action immédiale 
dans le détail. 

Le lieutenant-colonel surveille la marche de 
l'instruction tliéorique et pratique, et s'assure 
que les ordres donnés par le colonel sont 
exécutés. Son attention se porte plus particu- 
lièrement sur l'instruction des sous-officiers, 
des brigadiers etdes cavaliers susceptibles d'être 
proposés pour l'avancement; il s'assure qu'elle 
est suffisante et en rend compte au colonel. 

Il réunit, soit dans des conférences, soit sur 
le terrain, les officiers de lout grade, pour 
donner à leur instruction vme impulsion uni- 
forme et développer en eux le goût du travail. 
Il leur explique le but et l'esprit des diverses 
prescriptions réglementaires, surtout en ce qui 
concerne leur application au service de guerre 
et aux petites opérations. 

Le chef d'escadrons surveille l'instriu-lion de 
son demi-régiment, jusqu'à la réunion desesca- 



138 TITRE PREMIER. 

drons pour Vécole du régiment; il s'attache à 
maintenir ses escadrons au même niveau en 
guidant au besoin les capitaines-commandants 
d'après les résultats obtenus. 

Il s'assure que les officiers de ses escadrons 
possèdent les connaissances professionnelles qui 
leur sont nécessaires pour exercer avec autorité 
les fonctions de leur grade; il leur enseigne les 
règlements sur les exercices et les différents 
services. 

Le chef d'escadrons soumet au lieutenant- 
colonel les demandes qu'il croit devoii* faire, ou 
qui peuvent lui être faites par ses capitaines- 
commandanls, relativement à la natiu'e, au lieu 
et à la durée des exercices. Le chef de corps 
prononce. 

Le capitaine-commandant dirige l'instruction 
de son escadron ; il en est responsable. Il varie , 
dans la limite des prescriptions réglementaires 
et des ordres du chef de corps, l'objet des exer- 
cices, pour leiu- donner de l'iulérèt, et tout en 
faisant, autant que possible, instruire chaque 
fraction constituée par son chef, il exerce une 
action personnelle et constante sur toutes les 
parties de l'instruction. 

Il soumet à son chef d'escadrons, pour être 
transmises au chef de corps, les demandes qu'il 
peut avoir à faire relativement à la nature, au 
lieu et auv heures des exercices de son escadron. 

Le capitaine-commandant complète et perfec- 
tionne l'instruction pratique de ses cadres. La 



BASES DE L'INSTRUCTION. 139 

théorie des sous-officiers, des brigadiers et des 
élèves -brigadiers est faite, dans chaque esca- 
dron, par un officier de l'escadron. 

(/instruction et l'éducation militaire se don- 
nant réellement dans l'escadron , la mission du 
capitaine -commandant a une importance des 
plus grandes : il s'y consacre tout entier. 

Le capitaine instructeur esl à la disposition du 
colonel pour diriger les écoles régimentaires des 
sous-officiers, et pour faire aux lieutenants et aux 
sou9-lieutenants des cours ou des conférences 
sur le lir, lartillerie, la topographie, l'hippo- 
logie , et en général sur toutes les matières qui 
font l'objet de V enseignement général de l'école 
d'application de cavalerie. Il peut être appelé, 
en outre, à perfeclionner l'instruction équestre 
des lieutenanls et des sous-lieutenants. 

Instruction des officiers. 

L'instruction des officiers embrasse tout ceque 
renferme le présent règlement; ils doivent être 
en état d'en expliquer, démontrer et commander 
toutes les parties. Ils doivent connaître l'hippo- 
logie, le tir, et les règlements qui déterminent 
leurs devoirs dans les diverses positions, soit en 
paix , soit en guerre. Il faut enfin qu'ils possèdent , 
relativement à la topographie, à la fortification, 
à l'artillerie et à la tactique, les connaissances 
nécessaires à i" exécution des manœuvres et des 
marches, et à leur application en terrain varié. 



140 TITRE PREMIER. 

Instruction des sous- officiers. 

Les soiis-ofTiciei's doivent pouvoir enseij?ner 
les écoles du cavalier et du peloton. Ils doivent 
également connailie tous les détails du service, 
afin de bien conduire leur troupe, et de pouvoir 
remplacer, au besoin, les chefs de peloton. 

La théorie des sous-officiers doit embrasser: 
les hases de l'inslriiction, en ce qui concerne les 
sous-officiers, les écoles du cavalier, du peloton 
et de l'escadron: les irglenients sur le service inté- 
rieur , le service en campacjne , le service dans les 
places, en ce qui concerne leur grade, ainsi 
que les fonctions qu'ils peuvent avoir à rem- 
plir; enfin, des notions pratiques d'hygiène et 
d'hippologie. 

Il faut, autant que possiljle, que les sous-offi- 
ciers soient capables d'établir un rapport suc- 
cinct, et de l'accompagner d'un croquis expli- 
catif des disposiiions prises dans une opération 
donnée. 

Instruction des brigadiers. 

Les brigadiers doivent savoir enseigner l'école 
du cavalier, remplir les fonctions de gradés d'en- 
cadrement, et commander leur escouade dans 
les différents exercices d'ap^îlicalion. Ils doivent 
se distinguer spécialement par une certaine ha- 
bileté en équitation, en voltige, en escrime, etc. 

L'instruction pratique des brigadiers com- 
prend , en outre, quelques notions d'hippo- 



lîAsii.s Di: r."iNSTr,ccTioN. 141 

logie, et tous les détails lelatifs aux diverses 
fonctions de leur grade dans le scr-vice inlcriciu-, 
le service des places el le service en campagne. 

Le colonel peut choisir dans chaque escadron 
un certain nombre de cavaliers et en former 
un cours spécial (ï élèves-brigadiers . 

Toutefois, cette désignation ne doit être faite 
qu'après trois mois de présence au corps, 
lorsque ces cavaliers ont déjà reçu une première 
éducation militaire de leurs chefs directs. 

Ils restent dans leur escadron, en dehors des 
heures consacrées à ce cours. 

Instruction des recrues. 

L'instruction des recrues est iaite entièrement 
par les soins de leur capiiaine-comniandant. 

Elle comprend: V école du cavalier et ï école 
du peloton. 

L'instruclion de l'honinie de recrue com- 
mence par le travail à pied. On lui apprend en 
même temps tous les détails de discipline, de 
police et de service intérieur, ainsi que ceux: re- 
latifs à la tenue du cavalier, au pansage du cheval 
et à la manière de tenir le pied à la forge. On 
lui fait connaître les dilTérentes parties de l'ar- 
mement, de réquipemeat et du harnachement, 
ainsique les moyens de les entretenir; la manière 
dé rouler le manteau, de plier les effets, de les 
placer; de paqueter, seller, charger, brider, dé- 
brider et desseller. 



142 



TITRE PREMIER. 



Ces diverses instructions sont doufiées par le 
brigadier de chambrée, sous la surveillance du 
sous-officier et de l'officier de peloton. 

Quelques jours après leur arrivée au corps, 
on commence l'instruction à cheval des recrues. 
L'instruction doit être donnée d'une manièi'e 
simple, facilement compréhensible, suivant mie 
marche progressive, et sans attendre l'épuise- 
ment complet d'un sujet d'exercices pour passer 
à un autre. C'est ainsi que, dès les commence- 
ments, on doit faire alterner l'instruction mili- 
taire avec les exercices gymnastiques,le travail à 
pied avec celui à cheval, etc. etc. Une réparti- 
tion judicieuse du travail règle la part à donner 
aux exercices physiques, et celle à attribuer à 
l'enseignement des détails de discipline, de 
police et de service intérieur. 

Lorsque l'instruction des recrues sur ïécole 
du cavalier a été reconnue suffisante par le co- 
lonel, on leur fait exécuter Y école du peloton sur 
le terrain de manœuvres et dans les exercices 
de service en campagne. 

Il est essentiel que les instructeurs aient tou- 
jours les mêmes hommes à instruire, à pied et à 
cheval. 

Ils doivent s'attacher à connaître le nom et 
le caractère de chacun des cavaliers qui leur 
sont confiés. 

Avant de commencer le travail, les instruc- 
teurs s'assurent de la bonne tenue des hommes 
et des chevaux. 



BASES DE L'INSTBDCTION. i^^ 

Le capitaine-commandant veille avec la plus 
grande attention à ce que les instructeurs aieni 
pour les hommes de recrue la douceur et la 
patience avec lesquelles ceux-ci doivent tou- 
jours être traités. 

Le travail régimentaire est réglé de iacon 
que les recrues montent tous les jours, sans ab- 
sorber les ressources en chevaux du régiment, 
afin que les anciens cavaliers puissent, autant que 
possible,monteregalementàchevaltouslesjours. 

Instruction du régiment. 

L'instruction du régiment se poursuit toute 
l'année, de manière à se compléter et à se per- 
fectionner constamment. Elle est faite suivant 
la progression réglementaire, modifiée au be- 
soin par le chef de corps, en raison des cir- 
constances locales, de telle sorte qu'à l'époque 
des manœuvres d'automne, le régiment ait par- 
couru successivement toutes les parties du pré- 
sent règlement et du règlement sur le service en 
campagne. 

L'instruction première du cavalier est le 
point de départ d'une bonne discipline; elle a 
pour objet d'inculquer à l'homme, dès le prm- 
cipe, le sentiment de l'obéissance et de la pré- 
cision, et d'associer graduellement le cheval à 
son cavalier, de manière à en faire un tout 
complet, alerte, entreprenant, et docile dans la 
main du chef, soit isolément, soit en troupe. 
Toutes les journées, à l'exception de celle du 



144 TITRE PHEAIlKi;. 

diuiaiiche, sont consacrées aux e.vcrciccs de loiile 
nature, parmi lesquels le travail à cheval occupe 
la plus grande place. 

Des enseignements journaliers doivent con- 
stamment développer le goût des exercices phy- 
siques : équitation, voltige, escrime, boxe, etc.; 
perfectionner chez le cavalier la connaissance 
du cheval, celle des soins à lui donner; assurer 
eniin l'entretien des effets de harnachement, des 
armes, etc. 

L'instruction sur le service en cainpugiœ a 
pour but d'initier le cavalier à toutes les mis- 
sions qu'il est appelé à remplir à la guerre, de 
régler et de développer son initiative; elle est 
donnée le plus tôt possible en terrain varié, de 
manière à frapper ses yeux et à éveiller son in- 
telligence. 

L'instruction donnée sur le terrain d'exercices 
et celle du sei'vice en campagne se complètent réci- 
proquement et sont inséjiarables Tune de l'autre; 
le chef de corps leur accorde une égale attention 
et en règle parallèlement la marche de la façon 
la mieux appropriée aux saisons et aux circon- 
stances. A toutes les périodes de l'instruction, il 
fait faire des manœuvres d'application , eti suppo- 
sant des circonstances de guerre , avec un ennemi 
marqué, et en utilisant les terrains dont il dis- 
pose. 

Dans tous les exercices d'application, chaque 
fraction constituée, peloton ou escadron, con- 
serve autant que possible son autonomie. 



BASES DE 1,'lNSTnUCnON. 145 

f-es officiers ne doivent pas oublier que l'en- 
seignement technique jjuise une très fj^rande 
valeur dans la manière dont il est donné sur le 
terrain, en présence de la troupe; ils doivent 
donc s'clTorcer d'acquérir une aptitude réelle au 
commandement, et don faire preuve en toute 
circonstance. L'attitude personnelle des chefs 
est de la plus haute importance. 

L'ensemble des connaissances qui doivent être 
enseignées aux sous-officiers, aux brigadiers et 
aux cavaliers est indiqué dans le tableau ci-après. 

Tableau indiquant les différentes 
instructions à donner dans le régiment. 



1° Cavaliers. 

(Jeune? soldats et auciem cavaliers.] 

Instruction et exercices pratiques. 

École du cavalier, à pied et à cheval; école dti 
peloton , à pied et à cheval. 

Participation aux exercices de ïécole de l'es- 
cadron et de ïécole du réyimeid et aux applica- 
tions du service en campagne. 

Enseignement préparatoire et exercices de tir. 

Exercices d'embarquement en chemin de fer 
et de débarquement. 

Exercices de mobilisation. 



1 46 TITBE PREMIER. 

Emploi de la dynamite; destructions diverses. 

Conduite et emploi du cheval. 

Exercices de gymnastique , d'escrime, de vol- 
tige, de natation ; (exercices de boxe et de bâton i 

Emploi du pistolet-revolver ( si le cavalier en 
est armé). 

Enseignements divers. 

Nomenclature et entretien des effets d'habille- 
ment, d'équipement, de harnachement, et des 
armes. 

Paquetage. 

Soins à donner au cheval, pansage; présenta- 
tion, tenue du cheval au montoir, à la forge. 
Placement régulier des effets du harnachement. 

Connaissances des différentes parties de l'exté- 
rieur d'un cheval. 

Obligations généi'ales du soldat; ses droits, 
ses devoirs. Service du cavalier au quartier, 
dans les places, en route, en campagne; service 
de planton ou d'estafette. 

Prescriptions d'hygiène. 

Obligations des réservistes. 

Dénomination des divers accidents de terrain ; 
orientation. 

2° Brigadiers. 

Instruction et exercices pratiques. 
Tous les exercices prescrits pour les cavaliers. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 147 

En plus : 

Exercices d'application du service en cum- 
pugne avec les cadres de l'escadron. 
Dressage des jeunes chevaux. 

Enseignements divers et instxiiction théorique. 

Tous les enseignements prescrits pour les ca- 
valiers. 

En plus : 

Connaissance des buses de l'ùislruclio/i en ce 
qui concerne le grade de brigadier. 

École du cavalier, à pied et à cheval. 

Ecole du peloton , fonctions des brigadiers. 

Règlement sur le service intérieur : devoirs 
des sous-ofliciers, des brigadiers; leurs fonctions 
au poste; leurs devoirs pendant les routes; droit 
de punir; cassations, rétrogradations, suspen- 
sions des brigadiers. 

Règlement sur le service des places : devoirs 
des hommes en faction, en patrouille; devoirs 
des chefs de poste, des commandants de pa- 
trouilles et de rondes ; honneurs à rendre. 

Règlement sur le service en campagne : de- 
voirs des brigadiers et des sous-ofliciers, aux 
avant-postes, en marche, dans le service de 
découverte, au cantonnement, au bivouac. 

Notions d'hippologie: extérieur du cheval, 
robes, âge, ferrure, signalement, hygiine. 
nourriture , maladies. 

Notions sur la connaissance du terrain. 



148 TITRE PREMIRB. 

Sous-officiers. 

Instruction et exercices pratiques. 

Tous les exercices prescrits pour les briga- 
diers. 

En plus : 

Commandement du peloton isolé et du pelo- 
ton dans l'escadron. 

Lecture de la carte sur le terrain. 

Enseignements divers et instruction théorique. 

Tous les enseignements prescrits pour les bri- 
gadiers. 

Eu plus : 

Connaissance des bases de l'iiisU-uction, en ce 
qui concerne les sous-officiers. 

Ecole du peloton et école de l'escadron à pied et 
à cheval. Commandement d'un peloton à l'école 
du régiment. 

Règlement sur le service intérieur : devoirs 
des sous-officiers et des lieutenants ou sous- 
lieutenants Droit de punir; cassations, ré- 
trogradations, suspensions. Devoirs des sous- 
officiers dans les routes, dans les détachements. 
Règienient sur le service en campagne : de- 
voirs des sous-officiers et des chefs de peloton ; 
dispositions concernant le peloton ou l'esca- 
dron en station, en marche, au cantonnement. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 149 

au bivouac ; notions sur le service de découverte 
et sur les petites opérations de guerre. 

Notions d'hippologie: aplomb, tares. 

Notions pratiques d'hygiène. 

Notions sur la comptabilité de l'escadron. 

Notions siu'les travaux qu'un détachement de 
cavalerie peut avoir à faire en campagne; no- 
tions sur les ouvrages de fortification passagéi'e. 

Et, autant que possible, établissement d'un 
rapport succinct sur une petite opération. 



Progression de l'instruction. 

L'instruction ne doit pas être enserrée dans 
une progression dont les différentes parties 
sont déterminées par des dates fixées à l'avance, 
car des circonslanoes imprévues peuvent influer 
sur la rapidité avec laquelle l'enseignement est 
conduit. Mais on la divise en quatre grandes 
périodes, à la suite de chacune desquelles une 
inspection doit être passée. 

Première période. 

Le travail à cheval sans armes étant la base de 
l'enseignement équestre, on doit prolonger la 
première période de l'instruction du cavalier de 
recrue, et afin d'encourager tout ce qui a trait à 
l'emploi judicieux du cheval, on doit lui con- 
sacrer la plus sérieuse importance. 



150 TITRE PREMIER. 

Lorsque l'époque prévue pour la première 
inspection approche, et, dès c{ue le capitaine- 
commandant juge ses hommes sulfisammenl 
instruits, il les présente à son chef d'escadrons. 
Celui-ci s'assure des résultats obtenus; s'il en est 
salisfail, il demande au colonel de les consta- 
ter lui-même. 

Au jour indiqué, le colonel, entouré des offi- 
ciers supérieurs et de tous les capitaines-com- 
mandants, procède à l'inspection de l'escadron. 
11 se fait rendre compte de la progression du 
travail, des difficultés qu'on a rencontrées, des 
moyens cpi'on a employés pour les vaincre. Il 
fait interroger chacun par ses supérieurs di- 
rects à tous les degrés, et obtient le double ré- 
sultat de constater à la fois l'instruction des ca- 
valiers, et la valeur des cadres comme instruc- 
teurs. Il s'assure principalement c|u'on a dé- 
montré aux hommes l'utilité de ce qui leur est 
prescrit; qu'on s'est attaché à la rectification in- 
dividuelle des fautes; que les allures sont cou- 
lantes et bien réglées; qiie les chevai'.x ont la 
tête bien placée ; qu'ils exécutent sans à-coups les 
mouvements qui leur sont demandés; que les 
cavaliers sont en confiance avec leurs instruc- 
teurs et avec leurs montures; que cavaliers et 
chevaux ne dépensent de leurs forces que ce qui 
est absolument nécessaire, etc. Après un examen 
minutieux, il discute devant tous le résultat 
obtenu, et donne son avis motivé sur les per- 
fectionnements cherchés. 



BAlSES de L'INSTRUCTION. 151 

Le colonel fait comprendre que le règle- 
ment trace la véritable voie de l'enseignement 
équestre, en exigeant de l'instructeur un pro- 
fessorat de tous les instants, et non le débit de 
phrases arides, sèches et monotones. 

Le colonel passe également à la même époque 
l'inspection de ïécole du cavalier à pied. 

Après cette inspection simultanée de l'adresse 
des cavaliers à manier leurs armes à pied, et de 
leur aisance à cheval, le colonel peut autoriser 
en connaissance de cause le port des armes à 

cheval. 

Les rigueurs de l'hiver et les restrictions for- 
cées du travail au manège imposent l'obligation 
de mettre cette saison à profit pour les théo- 
ries. On joint, en conséquence, à l'inspection 
pratique, l'inspection théorique des premiers 
éléments du service intérieur, du service des 
places, du service en campagne, de l'instruc- 
tion préparatoire du tir ; l'inspection sur le mon- 
tage et le démontage des armes, etc. Sans préci- 
ser le point où l'on doit être arrivé au moment 
de l'inspection de la première période, l'essen- 
tiel est qu'à l'inspection de la seconde, l'instruc- 
tion pratique soit complète. 

Deuxième période. 

La deuxième période comprend : ïécole du 
cavalier (travail en (trmes) et ïécole du peloton 
à cheval; V école du peloton et ïécole de l'esca- 



'^2 TITf.E PKEMIER. 

dron à pied; la continuation des différents ser- 
vices. 

La somme des efforts utiles dépensés pendant 
cette période, qui fait d'une recrue un soldat, 
est si considérable qu'on doit en rehausser l'im- 
portance aux yeux de toM.s. En conséquence, l'in- 
spection en est passée par le général de bri,i>-ade. 

L'inspection de ïécole du cavalier et de ïécole 
du peloton à cheval est suivie de celles de ïécole 
du peloton et de ïécole de l'escadron à pied, de 
l'inspection du tir (i), du service en campagne 
et enfin de l'inspection théorique de tous les 
devoirs du soldat. 

Troisième période. 

La troisième période comprend ïécole de l'es- 
cadï-on à cheval et la continuation des applica- 
tions du service en campagne. 

Le colonel, qui ne peut commencer ïécole du 
régiment avec profit que lorsque l'instruction des 
escadrons est complète, passe lui-même l'in- 
spection de la troisième période d'instruction. 

Chaque escadron, après avoir évolué, doit 
exécuter un tlième de service en campagne. 



(i) Il esl difTicile de donner une date fixe à rinspeclion 
du tir en raison des difficultés locales que présente son 
instruction, mais le tir doit toujours être terminé pour l..s 
anciens cavaliers et les recrues à IN^poquc de la quatrième 
inspection. 



BASES DE I.'INSTKUCTIOV. ] 53 

Quatrième période. 

La quatrième période coaiprenà : l'école du 
ré(jiment; rapplicalioii plus étendue du service 
en canipayitc et les dilïérentes jjranches d'in- 
struction qui n'ont pas atteint leur complet 
développement lors de la troisième inspection, 
telles que le dressage des jeunes ciievaux, 
les exercices des cadres. 

Cette inspection , qui est la constatation même 
du travail annuel, est passée par les i^énéraux 
de division, conunandants de dix ision ou inspec- 
teurs généraux permanents. Toutefois l'inspec- 
tion du général de division doit toujours être pré- 
cédée d'une inspection du général de brigade. 

\ la même époque, le général de division 
passe une inspection particulière des cadres, 
sur toutes les matières qui ont échappé à son 
contrôle dans l'examen pratique, et l'ait exé- 
cuter sous ses yeux une application de l'instruc- 
tioii des cadres sur le service en campagne. 

Le dressage des chevaux versés à cinq ans 
dans les escadrons doit être assez avancé pour 
être l'objet d'une inspection spéciale du général 
de division. 

Dans la critique détaillée qui est faite de celte 
partie de l'instruction, on doit faire tout parti- 
culièrement ressortir les procédés de dressage 
qui ont conservé les chevaux, et ceux qui les 
ont, au contraire, fatigués. 



154 nTRE PREMIER. 

Anciens cavaliers. 

L'instruction équestre des recrues, qui n'a été 
qu'ébauchée pendant la première année, est 
complétée les années suivantes. 

En raison de l'importance capitale du travail 
à cheval sans armes, il est nécessaire de lui 
assigner une période de temps aussi longue pour 
les anciens cavaliers que pour les recrues. La 
durée des périodes de l'instruction sera réglée 
par les capitaines-commandants, en tenant 
compte des nécessités du service; mais il est 
indispensable que les anciens cavaliers puissent 
commencer Vécole de l'escadron en même temps 
que les recrues. 

La deuxième inspection des anciens cavaliers 
est passée par le colonel. 

La constatation des progrès accomplis dans 
certaines parties de l'instruction , telles que l'es- 
crime, la natation, etc., aura lieu aux époques 
fixées pour les autres inspections. 

Le colonel peut exceptionnellement déléguei', 
pour ces inspections , le commandant en second 
du régiment, mais jamais un officier du grade 
inférieur à celui de chef d'escadrons. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 



TABLEAU 



155 



indiquant la succession des périodes de 
l'instruction et l'époque approxima- 
tive des différentes inspections. 

Première période. 

Inspection pur le colonel. 

(Du 10 mars au i5 avril) (i). 

Recrues. 

École du cavalier à cheval : travail prépa- 
ratoire, travail en bridon. travail en 
bride ; 

École du cavalier à pied; 

Instruction théorique préparatoire sur les 
devoirs du soldat; tir; montage et dé- 
montage des armes; voltige; exercices 
gymnastiques. 



(,) Ces dates ne sont pas absolues et peuvent varier eu 
raison des conditions climuléiiques, etc. 



150 TITRE PREMIER. 



Anciens cavaliers. 



p 
-3 



eu 



Ecole du cavalier à cheval : travail prépai'u- 
toire, travail en bridon, travail en bride; 

Ecole du cavalier à pied ; 

Instruction théorique du service intériear, 
du service des places, du service en cam 
pagne, etc, etc.; 

Tir; 

Voltige, exercices g-ynuiastiques. 



Deuxième période. 



Inspection par le Général de brigade. 
(Du i5 mai au i"juin.) 

Recrues. 

Ecole du, cavalier à cheval : travail en 
armes; école du peloton à cheval; 

Ecole du peloton et école de l'escadron à 
pied; 

Applications du service en campagne; 

Instruction théorique sur les devoirs du 
soldat ; 

Tir ; montage et démontage des armes 

Voltige, exercices gymnastiques. 



"73 



BASES DL L'INSTRUCTION'. 157 

Inspcclion par le Colonel. 
Anciens cavaliers. 

Ecole (la cavalier à cheval, travail en 
armes; école du peloton à cheval; 
2 \ École du peloton et de l'escadron à pied; 

Applications du service en campagne ; 

Instruction théorique sur les devoirs du 
soldat ; 

Tir; 

Voltige, exercices gymnastiques. 

Troisième période. 

Inspection par le Colonel. 

(Du i" au i5 juillet.) 

Recrues et anciens cavaliers. 



— ; I Ecole de l'escadron à cheval; 
Service en campagne; 
Exercices gymnastiques, natation, etc. 



158 TITRE PREMIER. 

Quatrième période. 



Inspection par le Généra/, de division. 

(Du i5 aoûi au i" sepleiiibre. 

Ecole du régiment ; 
Service en campagne; 
Instruction des cadres ; 
Dressage des jeunes chevaux. 

Comme il faut évieter qu ces inspections ne 
troublent l'ordre arrêté pour le travail et ne 
fassent perdre du temps, chacune d'elles doit 
être passée, autant que possible, à l'heure fixée 
pour r instruction que l'on examine. 

De mèiiie, le général de division, inspecteur 
général, inspecte l'instruction du régiment jus- 
qu'au point où elle est parvenue, sauf à appré- 
cier si cette instruction a progressé en raison 
du temps qui lui a été consacré. Par suite, la 
préoccupation de l'arrivée de l'inspecteur géné- 
rai ne doit influer en rien sur la marche régu- 
lière de l'instruction régimentaire. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 159 

INSTRUCTION PRATIQUE DES CADRES 

INFÉRIEURS ET SUPERIEURS. 

Prescriptions générales. 

L'instruction pratique des cadres est un ensei- 
gnement spécial donné à tous les officiers el à 
tous les gradés, au moyen d'exercices ou de 
manœuvres exécutés sans le concours de la 
troupe. 

Cet enseignement concerne les différentes 
branches du service de la cavalerie et tous les 
genres d'opérations dont elle peut être char- 
gée en garnison, en manœuvre et en campagne. 

Il doit avoir un caractère essentiellement pra- 
tique; par conséquent, il n'a lieu que lorsque 
la partie théorique des règlements a été apprise 
et commentée. 

Il consiste en une démonstration , faite en quel- 
que sorte les preuves à la main, dans l'intérieur 
du quartier, au manège, sur le terrain de ma- 
nœuvre, sur le terrain de la cible, en rase cam- 
pagne, etc. 

Il est donné d'abord dans l'escadron, ensuite 
dans le demi-régiment, puis dans le régiment 
et dans la brigade; en dernier lieu, dans la divi- 
sion. 



160 TITHE PREMIEB. 

Il commence le lendemain du départ de la 
classe pour se continuer pendant toute l'année; 
mais ilest réglé de tellefaçon que, dans chacune 
des branches du service, rinstruclion donnée 
aux cadres précède toujours celle donnée à la 
troupe, d'après la progression détaillée plus 
haut. 

L'instniction des cadres d'une unité est tou- 
jours faite par son chef immédiat , qui est en 
même temps le directeur et le professeur du 
groupe. 

Cette double fonction incombe: au capitaine- 
commandant pour l'escadron; au chef d'esca- 
drons pour le demi-régiment; au colonel j)our 
le régiment ; aux généraux de brigade et de divi- 
sion pour la brigade et pour la division. 

Si le commandant d'une unité ne possède pas 
encore l'expérience que nécessite ce genre de 
travail, son enseignement est confié, excepiion- 
nellement et momentanément, au comman- 
dant de l'unité supérieure. 

La même mesure est prise lorsque les cadres 
d'une unité, se trouvant réduits au point de ne 
pouvoir à eux seuls faire lui travail utile, sont 
réunis aux cadres d'une unité similaire. 

I^es opérations des cadres en terrain varié 
concernent tout aussi bien les applications du 
présent rv-glement que celles du l'èglemenl sur 
le service en campagne. 

En raison des explications à donner, de la 
discussion des détails, des interrogations et des 



BASES DE L'INSTRUCTION. 161 

critiques que ie directeur doit toujours faire sur 
les lieux mêmes et en présence de tous, une 
opération d'étude nécessite une durée de temps 
beaucoup plus grande qu'une opération de 
guerre; il y a donc lieu de consacrer plusieurs 
journées à ce qui , dans la réalité , serait fait dans 
une seule. C'est au directeur qu'il appartient de 
préciser avec soin le point où doit, le lendemain, 
recommencer l'opération interrompue, afin que 
l'instruction de chaque jour soit la suite logique 
de l'instruction du jour précédent. 

La reconnaissance du terrain, faite en détail 
par ie directeur, doit toujours précéder un exer- 
cice de cadres. 

L'exercice est mis en train par un ordre écrit 
indiquant: 

La situation supposée de l'ennemi et ses in- 
lentions probables; 

La situation du corps auquel on est censé ap- 
partenir; 

Le but de l'opération ; 

La mission de la troupe chargée de l'opéra- 
lion et (s'il y a lieu) la position des h'oupes voi- 
sines, et les indications sur le rôle qui leur est 
assigné pour concourir à l'opération. 

Avant de passer à l'exécution, le directeur 
divise l'opération en un certain nombre de 
phases; puis, il s'assure que les données de l'or- 
dre sont bien comprises; au besoin il les expli- 
que et les commente verbalement; il interroge 
les officiers sur les remarques qu'ils ont à faire. 



162 TITRE PREMIER. 

et sur les dispositions qu'ils prendraient, s'ils 
étaient chargés de diriger l'exercice. 

Dans les débuts, le directeur donne lui-même 
les ordres de détail, en ayant soin de les moti- 
ver; puis , pendant qu'une fraction des cadres 
les exécute , il parcourt le terrain avec l'autre 
fractio», redressant les fautes commises, discu- 
tant le pour et le contre de chaque mouvement , 
et faisant ressortir la'meiileure solution. 

Plus tard , il se borne à donner un ordre ge- • 
néral, en laissant à ses subordonnés l'initiative 
des ordres de détail et le soin de prendre les 
dispositions particulières dont la responsabilité 
leur appartient. 

Plus l'unité dont les cadres sont exercés est 
importante, et moins il faut s'attacher aux dé- 
tails. Le dii'BCteur se préoccupe surtout de dé- 
montrer : 

Comment les différentes phases de l'opéra- 
tion doivent s'enchaîner pour assurer le but de 
l'opération; 

Quelles sont, pour assurer le même but, les 
relations qui doivent exister entre les différentes 
fractions représentées par les cadres, entre 
les différents groupes dans les exercices d'esca- 
dron, entre les escadrons dans ceux de demi- 
régiment et de régiment, entre les régiments 
dans ceux de brigade, entre les brigades dans 
ceiLx de division. 

Il importe de faire ressortir, non pas que tel 
escadron ou tel régiment a bien exécuté un mou- 



BASES DE L'INSTRUCTION. 163 

vement isolé, mais qu'il a opéré de façon à 
concourir à la réussite de l'ensemble de la ma- 
nœuvre. 

Il importe également d'habituer les chefs des 
différentes fractions à faire preuve d'initiative, 
et à ne pas attendre des instructions spéciales 
pour régler leurs mouvements sur ceux de trou- 
pes faisant corps avec celles qu'ils comman- 
dent. 

Dans le cours de l'exercice, le directeur in- 
troduit diverses hypothèses qui sont la consé- 
quence de renseignements fictifs, mais toujours 
vraisemblables, soit qu'ils se rapportent à l'ad- 
versaire, soit qu'ils concernent une troupe 
amie. Il doit loujoius faire manœuvrer l'ad- 
versaire d'une façon logique, et justifier ses 
propres inouvemenls |)ar ceux du parti op- 
posé. 

lia soin depréciser deqvielcôté il y a offensive 
prononcée ou expectative; et il se maintient 
dans les conditions de celte hypothèse, tant que 
la situation n'est pas modifiée, par suite d'ordres 
qu'il est censé avoir reçus, ou en conséquence 
de résolutions qu'il expose. 

Quand les dispositions prises par le directeur 
ou quand celles qu'il suppose prises par l'en- 
nemi indiquent qu'on arri\e au moment du 
combat proprement dit," la nécessité du procédé 
de démonstration s'alTirme plus encore , et l'exer- 
cice ne consiste plus que dans une conversation 
entre le directeur et les cadres. 



164 TITHE PREMIER. 

A cet effet, le directeur se porte avec tout 
son personnel, sur un point qui permet de dé- 
couvrir la plus grande partie du terrain où l'ac- 
tion est censée s'engager. Il fait envisager aux 
officiers , d'après le terrain et les dispositions sup- 
posées de l'ennemi, quelques - unes des hypo- 
thèses qui peuvent se présenter. 11 les inter- 
roge sur les résolutions quils prendraient pour 
y faire face, ainsi que sur les mouvements qu'ils 
exécuteraient, suivant que l'engagement se ter- 
minerait par un succès ou par un échec. 

Les opérations à double action et les recon- 
naissances dites d'officier sont exclues des exer- 
cices de cadres. 

En sus des critiques de tous les instants, le 
directeur doit faire, avant de quitter le terrain, 
une cfitique d'ensemble , qui termine le travail 
de la journée. 

Il s'abstient de demander des rapports écrits, 
ou du moins il les restreint à l'emploi qui en 
est fait en campagne. Ces rapports sont tou- 
jours exécutés sur le terrain ainsi que les cro- 
quis qui, exceptionnellement, peuvent être né- 
cessaires pour leur servir de complément. 

Le plus souvent, les rapports doivent être ver- 
baux, de manière à conserver aux exercices de 
cadres le caractère d'instruction parlée qui leur 
est propre. 



BASES DE L'INSTRnCTIOK. 165 

Prescriptions spéciales. 

Instruction des cadres de l'escadron. 

L'instruction des cadres de l'escadron com- 
prend : 

Ecole à pied; école à cheval, jusqu'à l'école 
de l'escadron inclusivement; tir; dressage el 
entraînement du cheval; leçon de la longe et de 
l'éperon; ferrure. — Escadron coinbattant iso- 
lément; pelotons des ailes; escadron de soutien; 
eclaireurs du terrain. Combat à pied. 

Exercices d'orientation. 

Emploi des différents groupes de l'escadron 
dans le service de marche et de station (pointe 
d'avant -garde, flanqueurs, flancs -gardes, pa- 
trouilles, vedettes, etc.). Passage du service de 
jour au service de nuit. Peloton d'avant-garde. 
Escadron dans le service démarche; escadron 
appartenant à un corps de cavalerie en explo- 
ration et fournissant des patrouilles de décou- 
verte. 

Escadron aux avant-postes, réguliers et irré- 
guliers; au cantonnement; au bivouac. 

Petites opérations de guerre qu'un escadron 
peut être appelé à exécuter isolément. Soutien 
d'artillerie. Destruction des voies ferrées, etc. 

L'instruction des cadres de l'escadron embras- 
sant tous les détails du service qui peuvent 
incomber aux groupes les plus restreints est 



166 



TITRE PREMIER. 



donnée à tous les cadres de l'escadron , sans ex- 
ception; officiers, sous-officiers, brigadiers. 

Le capitaine-commandant direcleur emploie 
ia. méthode démonslrative , non seulement en ter- 
rain varié, mais encore dans tous les exercices 
qui concernent les écoles à pied et à cheval, le 
dressage , le tir, etc.; exercices qui ont Ions pour 
but de former des instructeurs. 

En terrain varié, le capitaine-commandant 
directeur peut adjoindre à ses cadres quelques 
anciens cavaliers, pour marquer certaines direc- 
tions ou des emplacements de groupes. 

Après chaque exercice, il adresse un compte 
rendu sommaire à son chef d'escadrons. 

Instruction des cadres du demi-régiment 
et du régiment. 

Les exercices du demi-régiment et du régi- 
ment comprennent toute la série des opérations 
que ces unités peuvent être appelées à exécuter: 

Combat. Dispositifs préparatoires. Rôle de la 
réserve. Patrouille de combat. Combat à pied. 
Marches en avant ou en retraite. Avant-garde, 
arrière-garde , flanc-garde. 

Service d'exploration. 

Avant-postes ; cantonnements ; bivouacs. 

Passage du service de sûreté de jour au ser- 
vice de sûreté de nuit. 

Petites opérations. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 167 

Cavalerie opérant en liaison avec d'autres 
armes. Action par régiment ou par demi-régi- 
ment. 

L'instruction est destinée exclusivement aux 
officiers; tous doivent y prendre part. 

Pendant le cours de l'exercice, chaque offi- 
cier tient note sur un carnet des ordres qu'il 
reçoit et de ceux qu'il donne. Il n'y a pas de rap- 
port à fournir; les carnets sont remis sur le 
terrain même au directeur, qui, à l'aide de ces 
renseignements, établit le compte rendu som- 
maire de l'exercice. 

Instruction des cadres de la brigade. 

Les exercices de cadres de la brigade compren- 
nent la mise en application des procédés de 
manœuvre et de combat, formulés au titre IV du 
présent l'èglement , ainsi que toute la série des 
opérations qu'une brigade de cavalerie est appe- 
lée à exécuter en campagne. 

Ces opérations se rattachent à trois situations 
principales : 

La brigade appartient: 

Soit à un corps d'armée faisant partie d'une 
armée ; 

Soit à une division de cavalerie; 

Soit à un corps d'armée opérant isolément. 

Ces exercices ont lieu, tous les ans, dans cha- 
que brigade de cavalerie, et ils constituent une 
manœuvre d'une durée de cinq jours, qui se 




168 TITRE PREMIEB. 

déroule d'après un ordre général , rédigé sous 
la forme d'un ordre de corps d'armée ou de di- 
vision de cavalerie. 

Les cinq journées d'exercices doivent être, 
autant que possible, consacrées à l'étude d'une 
opération susceptible d'être exécutée dans une 
seule journée de guerre. 

L'exécution ne doit pas entraîner à un par- 
cours exagéré de terrain, et les changements 
d'installation du personnel n'ont lieu cpi'autant 
que le développement de l'opération nécessite 
cette mesure. 

Le personnel qui manœuvre est composé 
ainsi qu'il suit: 

Le général de brigade, un officier du service 
d'état-major; 

Un officier d'artillerie ; 

Et, dans chacun des régiments : le colonel 
ou le lieutenant -colonel, un chef d'escadrons 
ouïe major, quatre capitaines, ou, à leur dé- 
faut, des lieutenants choisis parmi les plus aptes. 

Le directeur s'inspire des prescriptions du 
titre IV pour l'emploi du commandant de son 
artillerie. 

Chaque officier tient noie sur un carnet des 
ordres qu'il reçoit et de ceux qu'il donne. 

Le travail à remettre à la fin de la manœuvre 
se réduit à un exposé fait jour par jour, de la 
marche de l'opération et des moyens d'exécu- 
tion employés. 

Un rapport est établi par le directeur, à l'aide 



BASES DE L'INSTRUCTION. 169 

des carnets d'ordres qui lui sont remis tous les 
soirs par les officiers. 



Instruction des cadres de la division. 

Les exercices de cadres de la division compren- 
nent la mise en application des procédés de 
manœuvre et de combat formulés au titre IV, 
ainsi que toute la série des opérations qu'une 
division de cavalerie est appelée à exécuter dans 
le service d'exploration et sur ie champ de ba- 
taille. 

Ces exercices ont lieu, tous les ans, dans cha- 
que division de cavalerie, ainsi que dans chacun 
des arrondissements permanents d'inspection. 
Ils constituent une manœuvre d'une durée de 
quatre jours, qui se déroule, comme la ma- 
nœuvre de brigade, et qui forme l'enseignement 
le plus élevé que puissent recevoir les cadres de 
la cavalerie. 

Le personnel qui manœuvre est composé 
ainsi qu'il suit: 

Le générai de division, le chef d'étal-major, 
l'officier d'ordonnance du général; 

Les généraux de brigade et leurs officiers 
d'ordonnance ; 

Le chef d'escadron d'artillerie et les ca- 
pitaines commandant les batteries division- 
naires ; 

Un sous-intendant militaire, lorsque l'opéra- 
tion le comporte ; 



170 TITRE PREMIER. 

Dans chacun des régiments de cavalerie : le 
colonel ou le lieutenant-colonel, deux officiers 
supérieurs, ou, à leur défaut, deux capitaines- 
commandants. 

Les exercices de division ne donnent pas lieu 
à des rapports remis sur le terrain même au 
directeur. Le grade élevé des officiers qui ma- 
nœuvrent doit exclure tout ce qui porte le carac- 
tère d'une exécution de détail. Mais après le re- 
tour dans les garnisons, le général de division 
prescrit à tous les officiers qui ont pris part aux 
exercices de lui présenter un travail d'ensemble 
Ce travail expose et précise l'enseignement 
donné sur le terrain. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 171 

DU COMBAT A PIED. 
Principes généraux. 

La cavalerie peut être appelée à combattre à 
pied, mais dans une mesure restreinte, afin de 
ne pas la distraire de son l'ôle véritable. 

Il peut se présenter néanmoins certaines cir- 
constances dans lesquelles une troupe de cava- 
lerie doit mettre pied à terre, pour faire un 
usage utile de la carabine dont elle est armée, 
notamment s'il s'agit : 

D'organiser la défense des cantonnements, 
afin de réduire le nombre des chevaux employés 
au service de sûreté, et de diminuer, par suite, 
les causes de fatigue ; 

De se porter rapidement en avant pour occu- 
per une position jusqu'à l'arrivée de l'infanterie; 

De défendre l'entrée ou la sortie d'un défilé , 
pour ralentir la poursuite de l'ennemi et proté- 
ger une retraite ; 

De forcer un passage qui arrête la marche et 
exige beaucoup de temps pour être tourné; 

D'inquiéter un ennemi (convoi, bivouac, co- 
lonne, etc.), que l'on ne peut pas songer à abor- 
der, ou dont on est séparé par un obstacle in- 
franchissable; 

De protéger les batteries dans certains terrains. 

Le combat à pied de la cavalerie ne doit être 
regardé que comme un expédient; mais quand 



172 TITRE PREMIER. 

on l'emploie, il doit être conduit avec la plus 
grande vigueur. 

Une troupe de cavalerie qui combat à pied 
comprend : i° les combattants à pied, compo- 
sant une chaîne et un soutien; 2° les chevaux 
haut le pied , formant un , deux ou plusieurs grou- 
pes ; 3° autant que possible , ime réserve à cheval. 

Combat défenslf. — On porte habituellemenl 
sur la chaîne, dès le début, la plus grande par- 
lie des combattants à pied, les deux tiers envi- 
ron. Le soutien est, dans tous les cas, rapproché 
de la chaîne ainsi que les chevaux haut le pied. 

On utilise tout ce qui peut arrêter la marche 
de l'ennemi, abriter de ses vues et rendre le 
tir efficace. 

Quand on se voit forcé de battre en retraite, 
les chevaux haut le pied sont amenés très rapi- 
dement au-devant des combattants à pied, qui 
se retirent tous ensemble, le plus vite possible, et 
montent à cheval sous la protection de la réserve. 

L'emploi des feux de salve est recommandé. 

Combat offensif. — La chaîne et le soutien 
sont d'abord de force à peu près égale; autant 
que possible, on ne fait intervenir le soutien 
qu'au moment décisif. 

On cherche à agir par surprise et à brusquer 
le dénouement, sans jamais persister dans im 
combat traînant que la cavalerie n'est pas pré- 
parée à soutenir. 

Le soutien se maintient, en géné»'al, à i5o 



BASES DE I/lNSTnUCTION. 173 

mètres environ de la chaîne. 11 est placé au 
centre de la ligne ou du côté où l'efFort principal 
doit se produire. On cherche à le dérober aux 
vues de l'ennemi. 

Les chevaux haut le pied sont constamment 
maintenus à portée des combattants à pied, 
autant que possible à l'abri du feu de l'ennemi ; 
ils doivent être, en tout cas, garantis de toute 
surprise. 

La réserve à cheval est chargée du service de 
sûreté; elle se tient prête à profiter de toutes les 
chances du combat; elle protège le ralliement. 

Quand les combattants à pied sont suffisam- 
ment rapprochés de la position et que l'ennemi 
paraît ébranlé, le chef de la troupe commande : 
En avant ! et fait sonner la charge par les troiiî- 
pettes. Tous les combattants à pied se jettent 
alors l'ésolument à l'assaut. 

La position enlevée, on peut diriger sur l'en- 
nemi quelques feux de salve; les chevaux haut 
le pied sont amenés jusque sur la position; enfin 
la réserve à cheval s'efforce de profiter du suc- 
cès obtenu par les combattants à pied. 

Si le résultat qu'on recherche n'est pas promp- 
tement obtenu, on remonte à cheval pour tour- 
ner la position que l'on n'a pas réussi à emporter. 

Les commandements sont transmis à la voix 
ou au sifflet; on n'emploie jamais les sonneries 
de trompette que pour donner le signal de 
l'assaut. 



1'^ TITRE PREMIER. 

ARTICLE V. 

EMPLOI DU CHEVAL. ÉQUIÏ ATION. 
DRESSAGE. 

La qualité et la docilité des chevaux consti- 
tuent l'un des éléments essentiels de la valeur de 
la cavalerie, et sont, en partie, la conséquence 
des soins donnés à l'éducation des jeunes che- 
vaux. 

En arrivant au corps , les chevaux de remonte 
sont groupés séparément dans l'escadron dans 
lequel ils sont versés, et soumis à un régime 
spécial motivé par les exigences de leur accli- 
matement. Les premiers soins dont ils sont l'ob- 
jet ont pour but de les entretenir en santé, de 
façonner leur tempérament aux conditions de 
la vie militaire, de développer leurs forces par 
une hygiène bien entendue de nourriture et 
d'exercice, de les rendre famihers à l'homme, 
de les accoutumer au ferrage , au sellage , au 
pansage, ainsi qu'au poids du cavalier. 

Le dressage proprement dit ne commence 
que lorsque les chevaux, bien acclimatés, ont 
atteint l'âge de cinq ans; il a iiéu clans chaque 
escadron, sous la responsabilité du capitaine 
commandant, et à l'aide du personnel dont il 
dispose. Des heutenants et des sous-lieutenants, 
ainsi que des sous-ofiiciers , des brigadiers, et 



BASES DE L'INSTRUCTION. 175 

des cavaliers de choix participent à ce dressage . 
et deviennent responsables des chevaux qui leur 
sont confiés. Les chevaux les plus distingués 
sont réservés pour le dressage entrepris par les 
officiers. 

Les leçons de dressage qui sont données aux 
jeunes chevau.'i par les sous-officiers, les bri- 
gadiers et les cavaliers sont dirigées par un of- 
ficier spécialement préposé à ce service, dans 
chaque escadron, et désigné par le capitaine- 
commandant. Elles sont données, soit en re- 
prise, soit isolément, en tenant compte de 
l'habileté équestre des cavaliers, de leur expé- 
rience , du caractère des animaux , ou de cer- 
taines considérations de service, de temps et de 
lieux ; mais aucun cheval n'est admis dans le 
rang, sans avoir été présenté à l'examen du co- 
lonel, par le cavalier qui l'a dressé. 

On ne peut ni trop encourager les efforts des 
officiers pour mener à bien cette partie si im- 
portante de l'instruction, ni trop veiller à ce 
qu'on ne fatigue pas prématurément les jeunes 
chevaux dans leurs membres. Le dressage , dirigé 
par les capitaines-commandants, doit être très 
surveillé, et la critique en est faite, devant tous, 
de la manière la plus détaillée, surtout au point 
de vue de la conservation des chevaux. 

Les chevaux de troupe, pour être réputés 
complètement dressés, doivent pouvoir exécu- 
ter tout ce qui est prescrit à ïécolc du cavalier, 
et spécialement: être dociles au monloir, mar- 



176 



TITRE PREMIER. 



cher franchement et régulièrement sur la ligne 
droite, à toutes les allures, passer ou sauter 
des obstacles de toute nature, endurer la 
pression du rang, sortir facilement du rang, 
supporter toutes les parties du harnachement 
et de la charge, ne pas s'effrayer du bruit ni 
de la vue des objets à l'usage des troupes. Les 
exercices qui dépassent les limites fixées à 
V école du cavalier sont proscrits. 

Quant aux procédés du dressage proprement 
dit, les principes en sont basés principalement 
sur l'exploitation habile, envers le cheval, de 
l'appât des récompenses ou de la crainte des 
châtiments, et sur une gradation méthodique 
des exercices, en ne perdant jamais de vue 
qu'il importe de procéder sans précipitation et 
de mener le dressage très lentement 

1/ appât des récompenses et la crainte des 
châtiments sont d'un usage constant dans le 
dressage, et comportent une infinité de moyens 
dont les plus usités sont : les caresses, le repos 
succédant immédiatement au moindre signe 
d'obéissance, le relâchement des rênes et des 
jambes, l'action de passer au pas après une 
allure vive; la persistance dans l'emploi desaides, 
l'usage énergique des jambes ou l'emploi de 
l'éperon, et enfin, dans des cas exceptionnels, 
les corrections de la cravache, de la chambrière 
et du caveçon. Ces moyens se recommandent 
spécialement au tact du cavaher, et ne peuvent 
être l'objet de règles positives. 



BVSFS DE I.I>.srRliCTIO\. 177 

La gradation à observer dans les evercices 
ne peul différer sensiblement de celle employée 
pour former le cavalier, car cet ordre métho- 
dique procède du simple au composé , mesure 
graduellement les actions du cavalier à la faci- 
lité qu'il doit lencontrer dans l'obéissance du 
cheval, et fait varier la combinaison des aides 
d'après une progression ascendante. 

En conséquence, la série des mouvements de 
ïécole du cavalier s'adapte également à l'édu- 
cation du cheval, avec cette différence que les 
fautes d'exécution doivent être rectifiées avec 
d'autant plus de douceur, de patience et de per- 
sévérance que les seuls moyens de démonstra- 
tion résident dans l'application des deux prin- 
cipes fondamentaux cités plus haut. On s'attache 
à exécuter les divers mouvements longtemps, 
dans le même ordre et de la même manière, 
jusqu'à ce que le cheval soit confirmé dans la 
connaissance des actions du cavalier, par l'ef- 
fet de la répétition, et que son obéissance, d'a- 
bord laborieuse, soit transformée peu à peu en 
habitude presque instinctive. 

Il existe toutefois , en dehors du cadre de 
travail tracé précédemment , certaines prépara- 
tions destinées à servir de trait d'union entre 
quelques phases consécutives du dressage. 

Ces préparations ne sont pas indispensables 
avec tous les chevaux , mais il est quelquefois 
très utile d'y avoir recours pour prévenir l'in- 
quiétude ou les défenses du jeune cheval. 



178 TITRE PREMIER. 

Ainsi, lorsque le cheval n'est pas docile au mon- 
toir, se tracasse, résiste surplace, l'instructeur, 
à pied, doit venir en aide au cavalier, et opérer 
de manière à faciliter les actions de celui-ci , 
en tenant le cheval, le mettant en confiance , 
ou l'acheminant dans la direction voulue, selon 
le cas. Il recourt au besoin au caveçon. 

Pour amener le cheval à répondre à la pres- 
sion des jambes, le cavalier fait usage d'une cra- 
vache ; pour lui apprendre à céder à l'action 
d'une jambe, on peut l'habituer, d'abord à pied, 
à ranger les hanches à droite et à gauche, par 
de légers attouchements de la cravache sur le 
flanc gauche et sur le flanc droit. 

Pour apprendre au cheval k reculer, il est 
bon d'essayer ce mouvement d'abord à pied , 
très lentement, et de travers au besoin, avant 
de l'exiger à cheval, et droit. 

Lorsque le cheval reçoit la bride, on peut 
l'initier d'abord à pied aux effets du mors, par 
de légèi'es actions des rênes. 

Tous les mouvements possibles , à toutes les 
allures , déi'ivent de quatre actions élémentaires 
qu'il est nécessaire de faire comprendre par- 
faitement et séparément au jeune cheval, avant 
de les associer de manière à produire des 
efl'ets combinés ; ces actions sont : porter en 
avant à la pression des jambes, reculer à la trac- 
tion des rênes ; ranger les épaules et ranger les 
hanches. Ces éléments étant bien compris du 
jeune cheval, les exercices ordinaires d'équi- 



BASES DE L'INSTRUCTION. 179 

talion, appropriés judicieusemenl à sesmcyt-'iis 
à ia maturité de son développement et à son état 
de sanlé, achèvent le dressage. 

Vax dehors de ces exercices, il en est d'autres 
qui visent des buts spéciaux, tels sont ceux qui 
ont trait : 

Au travail à la longe ; 

A la leçon de l'éperon ; 

Au passage et au saut d'obstacles; 

A la docilité au feu; 

A la voltige ; 

Aux chevaux rétifs ou difficiles. 



Travail à la longe. 

Le tiavail à la longe est d'une grande utilité 
pour exercer un jeune cheval, pour dépenser 
les forces d'un cheval qui ne peut être monté, 
pour cadencer les allures, et enfin pour dompter 
un animal vicieux, par un travail qui ne nuit en 
rien à sa conservation. 

Le cheval, muni dun caveçon, est tenu au 
moyen d'une longe par finstructeur. Il est essen- 
tiel que le caveçon soit bien ajusté au-dessous 
des joues et que la muserolle soit suffisamment 
serrée, afin que les montants ne puissent off'en- 
ser l'œil du côté du dehors, dans le travail en 
cercle. 

Le cheval est acheminé en cei'cle à gauche 

12. 



180 TITI'.E PREMIEli. 

par un aide qui l'accompagne, l'altire avec la 
rêne du bridon, et le chasse en agitant la cham- 
brière qn'ii tient dans la main gauche, en arrière 
du cheval. A mesure que le cheval s'avance sur 
le cercle, l'aide s'éloigne peu à peu, jusqu'à ce 
qu'il se trouve près du centre d'un grand cercle 
décrit par le cheval. Il remet alors la chambrière 
à l'instructeur. 

Si le cheval s'échappe brusquement, on ré- 
siste de la longe, tout en cédant légèrement à 
son écart, et on le ramène peu à peu. 

Si le cheval tire avec violence sur la longe 
quand il travaille aux allures vives, on le met 
souvent au repos, après l'avoir ramené sur un 
cercle étroit. 

Si le cheval s'arrête, on se sert de la cham- 
brière pour le stimuler; au besoin, l'aide va 
f>e placer derrière lui, pour le déterminer à se 
poi'ter en avant. 

On répète le même travail à main droite, par 
les mêmes procédés, ayant soin de faire tra- 
vailler le cheval autant à main droite qu'à main 
gauche. 

On peut faciliter le travail à la longe en fai- 
sant décrire au cheval un cercle dans un des 
coins du manège. 

La voix est employée pour habituer le cheval 
à répondre de la même manière aux mêmes 
intonations, prononcées distinctement et àvoix 
basse. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 181 

La chambrière stimule le cheval et sert aussi 
à l'éloigner du centre du cercle. 

La longe communique la volonté de l'in- 
structeur par des oscillations ou de légères sac- 
cades, soit pour modérer le cheval, soit pour 
le châtier. 

Ces trois moyens , combinés ou appliqués sé- 
parément, doivent concourir aux résultats sui- 
vants qui sont l'indice du succès du travail : 

Le cheval doit être calme et légidier à toutes 
les allures, et ne pas jeter les hanches en de- 
hors ; la longe ne doit pas être tendue , ni ce- 
pendant être flottante. 

Quand l'instructeur s'arrête, ou prononce à 
voiv basse le mot holà!\e cheval doit s'arrêter 
dioit sur le cercle. 

Si l'instructeur prononce le mot viens! le 
cheval doit venir à lui; une caresse et une poi- 
gnée d'avoine le récompensent de son obéis- 
sance. 

Leçon de l'éperon. 

L'instructeur met un caveçon au jeune cheval 
pour l'amener à comprendre et à sul)ir l'action 
de léperon , et pour être en situation de dominer, 
dès le début, les défenses qui pourraient se pio- 
duire. 

Tenant la longe de la main droite, il se place 
à quelques pas en avant du cheval, et ordonne 
au cavaher de fermer les jambes, de manière à 
faire sentir simultanément les deux éperons. 



182 TITRE PREMIER. 

Si le cheval recule, l'instructeur le détermine 
en avant avec la longe; si le cheval se défend, 
ii lui donne une saccade de caveçon et renou- 
velle les saccades jusqu'à ce que le cheval se 
porte vivement en avant. 

Cette leçon , qui demande une très grande 
prudence, beaucoup de tacl, et un égal mélange 
de douceur et de fermeté, est renouvelée jusqu'à 
ce que le cheval se porte fianchement en avant 
à l'action de l'éperon, ei ne témoigne aucune 
velléité de ruer à la botte. 

Pendant tout le cours de cette leçon , la longe 
est tenue par un officier. 

Passages ou sauts d'obstacles. 

Le passage et le saut des obstacles exigent 
chez ie cheval deux qualités essentielles : la fran- 
chise et l'adresse. 

La franchise dépend de son caractère et du 
soin que l'on apporte à graduer les différents 
obstacles qu'il doit sauter. 

L'adresse s'acquiert par l'habitude, et par le 
souvenir des fautes que le cheval a faites dans les 
commencements. 

Par son poids , par ses actions involontaires 
sur les rênes, par ses déplacements d'assiette, 
le cavalier gène le cheval dans le saut; il est 
donc naturel de faire d'abord passer ou sauter 
le cheval sans cavalier. 

Le cheval doit avoir déjà reçu la leçon de la 



BASES DE L'INSTRUCTION. 183 

longe, car c'est au moyen de la longe et du 
caveçon qu'on le dresse au passage et au saut des 
obstacles. 

En principe, on doit faire passer tous les 
obstacles qu'il n'est pas indispensable de sauter; 
on commence donc le dressage en habituant 
le cheval à suivre son cavalier dans des ter- 
rains variés et présentantquelques accidents tels 
que sillons, ornières, fossés, etc., qu'il est pos- 
sible de traverser sans sauter. 

Le cheval ayant instinctivement moins de ré- 
pulsion pour les obstacles naturels que pour les 
obstacles ai-tificiels , et d'autre part, les obstacles 
en largeur demandant plus d'adresse pour être 
franchis que les obstacles en hauteur, et se pré- 
sentant plus souvent, on amène d'abord le 
cheval devant un fossé naturel , peu large et peu 
profond, à talus très nets, un fossé de route, 
par exemple. 

Les chevaux étant rangés en face du fossé, à 
une certaine distance, et les cavaliers étant pied 
à terre et ayant mis le caveçon à leurs chevaux, 
on se conforme aux prescriptions suivantes: 

Le cavalier tenant la longe se fait suivre de son 
cheval au pas: en arrivant au fossé, il le saute, 
et continue de marcher sans se retourner. Si 
la longe ne se tend pas , cela prouve que le che- 
val le suit; il le caresse dès qu'il a franchi. (On 
doit veiller pendant tout le dressage à l'exécu- 
tion de cette prescription.) 

Si le cheval ne saute pas derrière le cavalier. 



184 TITRE PRliMIF.n. 

il peut: soit hésiter devant l'obstacle, sans se 
jeter ni à droite ni à gauche; soit se jeter à 
droite ou à gauche, pour se dérober; soit re- 
culer. 

Par des oppositions de caveçon, le cavalier 
empêche le cheval de se jeter de côté ou de 
reculer, et le force à rester carrément devant 
l'obstacle. 

Il rend ensuite de la longe, afin que le che- 
val puisse baisser la tête, voir l'obstacle, le 
juger, et se servir de son encolure pour aider 
au saut, tandis que l'instructeur agite un peu la 
chambrière pour lui faire comprendre qu'il 
doit se porter en avant. 

L'instructeur emploie la chambrière très so- 
brement, afin que l'animal ne saute pas avec pré- 
cipitation. Il est essentiel que le cheval ne soit 
pas ti'op excité et qu'il puisse sauter à sa guise. 

On choisit ensuite un fossé plus large et plus 
profond, puis un fossé avec de l'eau, un fossé 
couvert, un double fossé, im fossé avec ta- 
lus, etc.; en observant qu'il faut graduer tiès 
sagement les obstacles, et ne pas trop demander 
dans une seule séance, afin de ne pas fatiguer 
le cheval ni le rebuter. 

Lorsque le cheval est devenu franc et qu'il 
saute sans hésitation, le cavalier, après avoir 
sauté, reste près du fossé, donne de la longe, 
met le cheval en cercle et lui fait sauter le 
fossé plusieurs fois. 

Quand le cheval, rendu franc et adroit sur 



BASES nr. L'ÏNSTIUJCTION. 185 

les obstacles les plus difiiciles, les saute en cercle, 
sans hésitation, on recommence le travail, le 
cheval étant monté, en suivant la même pro- 
;,'ression 

On peut faire passer d'abord un cheval dressé 
qui sert de maître d'école. 

Le cavalier quitte les rênes et prend le pom- 
meau de la selle; tandis qu'un autre cavalier 
lenant la longe à pied passe l'obstacle devant le 
cheval, comme il est dit plus haut. 

La chambrière ne remplit plus qu'uii rôle se- 
condaire. Le cavalier, avec ses jambes, et au 
besoin , avec ses éperons, détermine le cheval eu 
avant; toutefois il doit se servir des jambes et 
surtout des éperons avec beaucoup de modéra- 
tion , afin de laisser le cheval sauter de lui-même. 

On saute de jnême les obstacles en hauteur : 
barre, talus et haie. 

Ce dressage embrasse à la fois l'éducation 
du cheval et celle du cavalier. Il donne au pre- 
mier la franchise et ladresse, au second la con- 
fiance; car le cavalier, en voyant son cheval sau- 
ter les obstacles les plus difficiles, en s'aidant de 
sa tète et de son encolure, en conclut qu'il ne 
doit pas s'attacher aux rênes, afin de laisser au 
cheval la liberté qui lui est nécessaire pour la 
bonne exécution du saut. 

Pendant toute la période de dressage des 
chevaux de cinq ans, ces exercices doivent être 
pratiqués une fois par semaine; les chevaux 
ne sont montés que dans les derniers mois. 



186 TITRK PREMIER. 

Ce dressage présente plus de difficultés avec 
les vieux chevaux (ju'avec les jeunes; mais s'il 
est mené patiemment, il donne d'aussi bons 
résultats. On doit y soumettre tout cheval fpii 
fait des difficultés devant un obstacle. 



Docilité au feu. 

L'impression causée par un bruit violent tient 
souvent à une susceptibilité nerveuse difficile à 
combattre, mais la frayeur du cheval cède aussi 
le plus souvent aux traitements qui surpassent 
en bonté le mal causé par la détonation. 

Tout le secret de ce dressage consiste dans 
l'application de moyens tels que la détonation 
devienne le signal précurseur d'une satisfaction 
donnée au cheval. 

Ces moyens peuvent être variés à l'infini; 
mais les haljitudes particulières au cheval de 
troupe permettent de recommander les sui- 
vants : 

Familiariser le cheval avec la vue de l'arme; 

Tirer des coups de feu, d'abord éloignés, 
puis rapprochés peu à peu; d'abord en troupe, 
puis isolément; les chevaux étant d'al^ord en 
mouvement, puis immobiles; 

Gagner le cheval par l'exemple, en plaçant 
celui qui est peureux entre deux chevaux très 
calmes ; 

Remplacer le signal du repas par un coup de 



BASES DE L'INSTRCCTION. 187 

feu; mais éviter de s'obstiner envers les che- 
vaux irascibles, afin que ceux-ci ne cessent ja- 
mais de considérer l'écurie comme un lieu de 
tranquillité; 

llempiacer, pendant les classes, le comman- 
dement repos, par un coup de feu; tromper le 
cheval lorsque l'attente du bruit éveille sa crainte ; 
iviter avec soin les à-coups de main ou de 
jambes au moment où le cheval se dérobe; ex- 
[)loiter la paresse du cheval, de telle sorte que 
l'immobilité succède à des coups de feu mul- 
tipliés. 

En un mot, faire toujours coïncider une ré- 
compense avec le bruit, par des caresses, par le 
repos après une allure vive, prolongée, etc. 

On se conforme aux mêmes principes pour 
habituer le cheval au bruit du clairon, du tam- 
bour, etc. 

Voltige. 

Le cheval est dressé pour la voltige d'après les 
moyens énoncés plus haut pour le travail à la 
longe. 

Il importe de faire choix, pour ces exercices, 
d'un cheval froid, très calme et non chatouil- 
leux. 

Les seules allures employées pour la voltige 
sont le pas et le galop. 

Afin d'abréger les tâtonnements tendant à 
obtenir facilement les départs au galop et le ga- 



188 TITRE PREMIKn. 

lop lent, on penl faire monter le cheval par un 
cavalier dont les moyens ordinaires d'équitalion 
servent d'interprètes pour apprendre au cheval 
les indications de l'instructeur. Les actions du 
cavalier sont ensuite peu à peu supprimées, et 
le cheval est exercé jusqu'à ce qu'il soit blasé 
complètement sur le contact des jambes, et de- 
vienne insensible à tous les mouvements du ca- 
valier qui voltij^e, en n'accordant l'obéisaance 
qu'fi linslrucleur qui dirige le travail. 



Des chevaux rétifs ou difficiles. 

La rétiveté d'un cheval peut engendrer une 
quantité de dérèglements qu'il importe de maî- 
triser, aussi bien pour la conservation de l'ani- 
mal que pour la sécurité du cavalier; mais la 
solution de cette difficulté réside plutôt dans 
l'habileté équestre du cavalier que dans des 
procédés particuliers , applicables aux cas très 
nombreux ou imprévus qui peuvent surgir. 
Cette étude comprend donc seulement des con- 
seils utiles et dignes d'être médités, mais non 
des règles absolues. 

Des chevaiij: ignorants. — Lorsqu'un cheval 
désobéit par ignorance de ce qui lui est demandé, 
en manifestant seulement un certain trouble 
ou une résistance passive, les connaissances 
les plus élémentaires indiquent qu'on doit le 



BASES DR I/INSTHUr,TK)\. 1 8Q 

rappeler à l'obéissance, depuis le point où son 
dressage est en défaut , en suivant, à partir de 
ce point, la série des exercices indiques pour 
compléter son éducation. 

Des chcvaaa; peureux. — Lorsqu'un cheval se 
dérobe ou se défend à l'aspect d'un objet quel- 
conque, on doit s'eflbrcer de le ramener pas à 
pas et de l'approcher fréquemment de cet objet , 
sans insister avec ténacité au moment de la dc- 
fense, ni le contraindre obstinément à regar- 
der ou il flairer l'objet. On doit surtout s'abstenir 
de toute correction, dont la coïncidence avec 
limage qui effraye tendrait encore à augmenter 
la peur, en faisant attribuer les mauvais traite- 
ments à l'objet lui-même. Les caresses devront, 
tout au contraire, être constamment employées; 
elles suffiront presque toujours à dissiper les 
craintes que manifeste le cheval. 

Des chevaux mal conformés. — Le cheval mal 
conformé subit naturellement les conséquences 
de la faiblesse des organes déshérités, et résiste 
à l'exécution des mouvements qui font spécia- 
lement appel au travail de ces organes. Le ca- 
valier doit donc éviter les exigences immodé- 
rées qui auraient pour résultat de provoquer 
des défenses, si le cheval est impuissant, ou de 
ruiner davantage les parties défectueuses, si le 
cheval se soumet. 



190 TITRE PREMIER. 

Des chevaux qui pointent ou se cabrent. — Les 
chevaux s'arrêtent et pointent le plus souvent, 
soit parce qu'ils boudent contre les janibes, soit 
parce qu'ils craignent la main. 

Celte habitude vicieuse devient invétérée 
d'autant plus facilement que le cavalier doit, 
au moment de la défense, cesser par prudence 
loute action des rênes, et que le cheval tient cet 
abandon momentané pour une récompense qui 
le confirme forcément dans son indocilité. Il en 
est de même si le cavalier se laisse désarçonner; 
et lorsque celui-ci doute de sa solidité, il est 
préférable, dans l'intérêt du dressage, et pour 
ne pas tirer sur les rênes, de saisir une poignée 
de crins, sans abandonner les rênes. 

11 importe surtout de prévenir le cabrer; le 
cavalier doit dans ce but, dès que le cheval tend 
à s'arrêter pour pointer, le surprendre par l'agi- 
tation des janibes contre les flancs, ou des 
rênes contre l'encolure, de manière à obtenir 
immédialement le mouvement progressif, qui 
affaiblit la défense ou la paralyse. Aussitôt que 
le cheval cède, en se portant en avant, il faut 
éviter de profiter de la supériorité acquise sur 
lui pour le châtier, car ce procédé engage le 
cheval à ne plus se livrer, et à ne pas s'expo- 
ser aux coups qui accompagnent la franchise 
de son allure. 

Les corrections de la chambrière, employées 
d'accord avec les éperons, peuvent servir utile- 
ment pour réprimer le cabrer. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 191 

Si le cheval persiste dans ce moyen de dé- 
fense, et s'il continue à se révolter obstinément 
contre les jambes, il faut revenir aux premiers 
éléments du dressage, en agissant avec beau- 
coup de méthode, et en évitant de multiplier 
les exigences. 

L'instructeur recourt finalement à l'emploi du 
cavecon. 

Des chevaux qui ruent. — Certains chevaux 
contracleut l'habitude de ruer, soit parce que 
le poids du cavalier est une cause de souffrance 
pour les reins ou les jarrets, soit parce qu'ils 
sont chatouilleux, et ripostent par cette défense 
à l'impression désagréable que leur cause le 
contact des jambes ou de l'éperon. 

Dans le premier cas, on peut chercher à for- 
tifier par l'exercice les organes défectueux, et à 
les soulager pendant le travail, en évitant les 
arrêts subits ou les allures raccourcies, qui 
réagissent péniblement sur l'arrière-main. Il est 
essentiel de rendre le cheval très souple aux 
actions de la main, afin que la rigidité de 
fencolure ne s'oppose pas à la décomposition 
des effets rétrogrades transmis par le mors. Si 
le cheval rue à l'approche des jambes, on amor- 
tit cette sensibilité en l'accoutumant peu à peu 
à les supporter, et en recourant au besoin à 
l'action du caveçon, comme il est prescrit à la 
leçon de l'éperon. 

Le cavalier a soin, en outre, de chasser 



192 TITKK PREMIER. 

vigoureusement le cheval en avant, en faisant 
usage de la cravache sur les épaules, et de 
relever brusquement la tête et l'encolure , au 
moment où le cheval médite ou exécute la 
ruade. 

Des chevaux irritables. — Les chevaux irrita- 
bles ressentent plus vivement les impressions 
communiquées par le cavalier, et il convient 
de ménager celte susceptibilité, afin de ne pas 
aigrir le cheval ni le troubler par la crainte. 
On doil s'efforcer de le familiariser avec les 
aides, en employant la plus grande patience, et 
de perfectionner son dressage, de telle sorte que 
le sentiment de l'obéissance captive toute son 
attention et domine l'expression de sa sensi- 
bilité. 

Le cavalier doit agir avec plus de finesse et 
de modération que sur un cheval froid, et sur- 
tout éviter les surprises de main ou de jambes 
qui exaspèrent le cheval. 

Enfin, il est utile de prévenir les difficultés 
qui naîtraient d'un excès de fougue, si le cheval 
était soumis à un repos trop prolongé. 

Des chevaux qui s'emportent. — Les chevaux 
s'emportent sous l'empire de causes très di- 
verses : parce que leur irritabilité égare leur 
sovunission; parce que les abus du cavalier les 
étourdissent; parce qu'en raison de leur masse, 
ils éprouvent des difficultés à modérer la vitesse 



BASES DK I.'INSTliUCTION. 193 

acquise; parce que le ralenlissenienl esl (pour 
une airière-niain faible ou tarée) une cause de 
souffrance à laquelle ils cherchenl à échapper. 
De plus , la plupart des chevaux qui , pour un mo- 
tif quelconque, ont tenté ce mode de résistance, 
trouvent un encouragement à le renouveler, par 
la liberté avec laquelle ils donnent cours à leur 
indépendance el méconnaissent les actions du 
cavalier pendant ces échappées. 

Le premierdevoir du cavalier, pour réprimer 
ces écarts, est d'étudier la cause qui les pro- 
voque et d'éviter de la faire naître. 

L'application rigoureuse des moyens de con- 
duite, sans rechercher le cheval, ni l'exciter 
par le désaccord des aides ou l'incertitude de 
l'assiette, suffit le plus souvent* à éviter ces 
écarts désordonnés. 

Quelques chevaux s'étourdissent et s'empor- 
tent sous l'unique influence d'une vitesse dont 
la notion ne leur est pas assez famihère; il suffît 
alors de les exercer suffisamment pour complé- 
ter leur éducation. 

Ces leçons sont données, autant que possible, 
dans un manège, afin que le cheval soit plus 
attentif, et éprouvé dans un terrain circonscrit 
avant d'être livré à un espace plus étendu. Il 
importe de ne jamais descendre de cheval ni le 
rentrer à l'écui'ie après un insuccès. 

Si le cheval porte au vent, le cavalier baisse 
la main , en tirant sur les rênes. 

I. i3 



194 TITRE PREMIER. 

Si le cheval s'encapuchonne, ie cavalier le 
relève brusquement au moyen de la bride ou 
en sciant du bridon. 

Si le cheval a les barres offensées, au point 
d'avoir perdu toute sensibilité , le cavalier are- 
cours au bridon. 

Si, malgré toute la vigilance du cavalier, le 
cheval persiste à gagner à la main, on cherche 
à le calmer à la voix en employant le mot holà. 
Si ce moyen est sans effet, on a recours à la 
force pour arrêter le cheval, en observant les 
principes suivants : 

Tirer avec énergie sur les rênes, en portant 
le corps en arrière et s'arc-boutant sur les 
étriers; cesser et renouveler aliernalivementles 
mêmes efforts, chercher à amener la tête du 
cheval à droite , ou à gauche, par l'action directe 
des deux rênes du même côté. 

Si le cavalier sent son impuissance à arrêter 
le cheval, il doit chercher seulement à le diri- 
ger, s'il a du champ devant lui , ou à le mettre 
en cercle si le terrain le permet. 

De la cravache. — La cravache n'est, le plus 
souvent, qu'un simple attribut, usité parmi les 
cavaliers, sans faire partie intégrante de la te- 
nue militaire; mais elle peut servir comme aide 
supplémentaire, ou comme instrument de châ- 
timent. 

Dans le premier cas , qui ne se rapporte pas 



BASES DE L'INSTRUCTION. 195 

à un travail en troupe, le cavalier fient la cra- 
vache de la façon qui lui semble la plus com- 
mode, dans l'une ou dans l'autre main, la 
mèche en bas, ou sous le bras gauche, la 
mèche en arrière. 

Lorsque la cravache doit servir comme aide, 
ainsi que cela a lieu fréquemment pour le dres- 
sage, le cavalier la tient dans la main droite, 
près du gros bout, la mèche en bas. Au mo- 
ment de s'en servir, le cavalier abandonne la 
l'êne de la main droite et applique la cravache 
légèrement et par coups intermittents, soil au 
flanc lorsrpi'il s'agit de faire ranger les hanches , 
soit à l'épaule lorsqu'il s'agit de décider le mou- 
vement en avant ou d'accélérer l'allure. Ce der- 
nier moyen est surtout employé envers les ju- 
ments ramingues, dont l'élat altère la sensibi 
lité aux jambes. 

Lorsque la cravache est employée pour don- 
ner une correction, le cavalier doit cingler vi- 
goureusement les flancs du cheval, un peu en 
arrière des éperons, en rendant la main et chas- 
sant le cheval en avant. Les coups de cravache 
sur l'encolure doivent, en principe, être inter- 
dits, dans la crainte qu'ils n'atteignent les yeux 
de l'animal. 

Observations (jénérales. — Le cheval est rare- 
ment doué d'instincts vicieux qui le prédesliueut 
à la rétiveté, mais il acquiert très promplement 
une propension à résister, sous l'influence de la 

i3. 



196 TITRE PREMIER. 

pusillaniiiiilé du cavalier, de ses exigences exa- 
gérées, ou des mauvais traitements. 

La pusillanimité de l'homme révèle bientôt 
au cheval liusuffisance de celui qui prétend le 
dominer, el les concessions que le cheval gagne 
deviennent identiques aux moyens qui seraient 
reconmiandés pour obtenir ses défenses. Il en 
résulle que l'essor permis aux caprices du 
che\al n'est réellement qu'un mode de dressage 
propre à les développer. 

Les mauvais traitements, infligés à tori et à 
travers, ont également les conséquences les plus 
lunesles; car le cheval igtiorant la cause des 
châtiments qu'il reçoit, ainsi que les moyens d'y 
échapper, témoigne une appréhension constante, 
cherche à secouer le joug, el enfin contracte l'ha- 
bitude de se révolter et d'entreprendre une lutte, 
dans laquelle le cavalier n'est pas toujours vic- 
torieux. 

Enfin, l'in^uissance du cheval à répondre à des 
-exigences exéfgéréesou à comprendre des actions 
auxquelles il n'a pas été suffisamment initié en- 
gendre souvent des désordres qui dégénèrent en 
défenses sérieuses et difficiles à réprimer. 
' Eh urf mot, le lalen,t du cavalier consiste 
beaucoup plus dans l'art de prévenir les défenses 
d^ cheval que dans la puissance capable de les 
maîtriser, et le 'cachet d'une saine expérience 
l'^'side surtout dans l'aptitude à éluder toutes les 
occasions susceptibles de provoquer une lutte 
entre le cavalier et sa monture. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 197 

Manière de présenter un cheval 
pour une inspection. 

F^e cavalier amène le cheval en tenant les rênes 
du bridon avec la main droite, à 1 5 centimètres 
de la bouche, les ongles en dessous, la main 
haute et ferme pour empêcher le cheval de sau- 
ter, la main gauche tenant l'extrémité des rênes 
du bridon. 

Il se dirige de manière à passer à 6 pas 
devant la personne à qui le cheval est pré- 
senté. Quand il est à sa hauteur, il s'arrête, 
exécute un demi-tour à droite sur la pointe du 
pied droit, de manière à se placer devant le 
cheval, lui faisant face; il saisit ensuite de 
chaque main un des montants du bridon, sans 
lâcher les rênes, et tenant les poignets élevés, 
place le clieval bien droit, la tète haute. 

A l'indicalion: Pour repartir, le cavalier se 
replace f;ice en tête par un demi-tour à gauche, 
sur la pointe du pied droit, tient les rênes de la 
main droite, à i5 centimètres de la bouche du 
cheval, leur extrémité restant toujours dans la 
main gauche, et se met en mouvement au 
pas, marchant droit devant lui, sans regarder 
le cheval. 

A l'indication: An trot, le cavalier passe l'ex- 
trémité des rênes dans la main droite, la gauche 
restant libre; marche au pas gymnastique et 
détermine progressivement le cheval à prendre 



198 TITRE PREMIER. 

le trot. Tout en conservant la main haute, il 
laisse cependant au cheval la liberté néces- 
saire. 

A l'indication: Au pas, le cavalier passe au 
pas, exécute avec le cheval un demi-tour à 
droite, revient à l'allure prescrite, et passe à 
cette allure devant la personne à qui on pré- 
sente le cheval. Le cavalier exécute le même 
mouvement jusqu'à ce qu'il lui soit ordonné de 
se retirer ou de s'arrêter. Quand il s'arrête, il 
se place face au cheval, dans la position détail- 
lée plus haut. 

Lorsque le cheval hésite à se porter en avant , 
il ne faut pas se tourner vei's lui, ni même le 
regarder, mais l'attirer avec fermeté et sans 
saccades en l'encourageant de la voix. 

Si au contraire le cheval se montre trop 
ardent, le cavalier prend une rêne de chaque 
main, à 3o centimètres de la bouche du cheval, 
éloigne les mains l'une de l'autre, et scie du 
bridon, se maintenant' le plus près possible 
de l'épaule. 

Si le cheval se cabre, le cavalier tient ferme- 
ment les rênes par leur extrémité , et donne au 
besoin quelques légères saccades, tout en par- 
lant sévèrement au cheval. 

Quand le cheval doit être animé, le sous- 
oflîcier qui tient la chambrière se place tou- 
jours du côté où se tient le cavalier qui présente 
le cheval. 



BASES DE L'INSTRUCTION, 199 



Entraînement. 



Au point de vue de la cavalerie, l'entraînemenl 
est l'art d'amener le cheval, par une hygiène et 
nn travail bien entendus, au meilleur état de 
santé et de force, afin qu'il soit capable, au 
moment voulu, de fournir son maximum de 
vitesse et de résistance. 

En principe, le travail imposé annuellement 
par les nécessités de l'instruction suffit pour 
atteindre ce résultat. 

En effet, chaque année, le travail régulier 
recommence après l'arrivée des recrues. D'abord 
on demande peu aux recrues, et l'on exige peu 
du cheval ; les efforts imposés au cheval crois- 
sent avec les progrès du cavalier. Le travail sur 
les grandes pistes permet d'allonger les allures ; 
Yécole du peloton nécessite l'emploi de temps 
de trot et de galop plus prolongés; ensuite, 
Yécole de l'escadron, l'école du réxjiment, et en- 
fin les dilférentes applications du service en 
campagne augmentent progressivement ces exi- 
gences. 

Le ti'avail se fait d'abord sur les pistes du 
manège ou sur les pistes extérieures; puis, sur 
le terrain de manœuvres, et enfin sur les routes 
dont le sol est plus dur. 

Au début, le cheval ne porte que la selle et le 
cavalier; il porte ensuite le poids des armos, 
puis celui du paquetage. 



200 TITRE PREMIER. 

Il y a, par suite, progression dans le travail 
demandé aux poumons et aux membres, ef 
augmentation croissante du poids imposé au 
cheval. Le travail journalier l)ien compris et 
bien dirigé suffît donc à l'entraînement du 
cheval de guerre. 

Il y a cependant des exceptions dont il faut 
tenir compte: ainsi, un cheval a été indisponible 
pendant un temps plus ou moins long. Un autre , 
d'un tempérament lymphatique, très gras, n'a pas 
suffisamment proGté du ii^avail. Un troisième a 
été réintégré à une époque postérieure à celle 
de la reprise du travail régimentairc , etc. Ces 
chevaux ne peuvent pas être, au moment des 
grandes manœuvres, dans des conditions égales 
à celles que présente l'ensemble du régiment. 

Il est impossible de fixer des règles absolues, 
car chaque cheval a un tempérament différent 
et une qualité de membres variable, et ce 
serait s'exposer à de fâcheux résultats que de 
soumettre tous les chevaux retardataires à un 
même travail fixé à l'avance. On ne peut qu'in- 
diquer le but à atteindre, les soins à donner, les 
écueils à éviter, et recommander de redoubler 
de zèle et de prudence pour obtenir le résultat 
recherché. 

Il faut d'abord débarrasser le cheval de tout 
le poids qui le surcharge inutilement. On y ar- 
rive par des suées. 

La suée se donne par un travail au galop très 



BASES DE L'INSTRUCTION. 201 

lent sur le sol doux du manège, et, à défaut du 
manège , sur des pistes sablées. La couverture 
est étendue sur le cheval de toute sa lon- 
gueur. On choisit de préférence, pour ce pre- 
mier travail, de belles journées de prin- 
temps. 

Quand la suée a été jugée suffisante, on fait 
marcher le cheval, au pas, pendant un quart 
d'heure environ; puis, pour le débarrasser de 
la sueur, on le racle (soit avec un couteau 
de chaleur, soit avec une baguette flexible, soit 
avec des bouts de corde de rebut). 

Quand la sueur a été complètement enlevée, 
on remonte le cheval, on le fait marcher au 
pas, jusqu'à ce qu'il soit sec, puis on le panse 
avec soin. 

Il ne faut pas donner plus de deux suées par 
semaine, et l'on doit toujours les proportionner 
au tempérament du cheval. 

Tant que le cheval n'est pas débarrassé du 
poids qui le surcharge, il sue blanc, et le travail 
peut être continué; on doit le modérer dès que la 
sueur est limpide. (Certains chevaux suent tou- 
jours blanc; ils constituent une exception très 
rare dont il faut tenir compte.) 

Loi'sque le cheval est débarrassé de tout poids 
inutile, on cherche à augmenter son haleine. A 
cet effet, on prolonge progressiveii.ent la durée 
des temps de trot et de galop. 

Pondant toute la durée de ce travail spécial , 
on surveille attentivement le flanc des chevaux. 



202 TITRE PRE.MIEI!. 

et l'on constate paiiiculièrcment le temps qui 
leur est nécessaire pour reprendre, au pas, leur 
respiration normale, après un exercice prolongé 
aux allures vives. 

Un cheval de cavalerie, quelle que soit la 
subdivision de l'arme à laquelle il appartient, 
doit être facilement amené à pouvoir parcoui'ir, 
SUT- un bon teiTuin, et sans souiller, lo kilomètres 
au trot, ou 6 kilomètres au galop. 

Les capitaines-commandants surveillent at- 
tentivement cette partie de l'entraînement; ils 
en font suivre les détails par les officiers de 
l'escadron, et en vérifient sans cesse les résul- 
tats. 

Un cheval est en bonne condition de travail, 
quand il a le poil luisant et la peau souple, 
lorsqu'on passant la main sur les côtes, on ne 
sent pas de graisse, et qu'on ne peut que difTiciie- 
ment pincer la peau. Les muscles de la croupe 
doivent être durs , immobiles pendant la marche ; 
les aponévroses doivent être bien dessinées, 
l'encolure amincie et ferme. Le cheval entraîné 
a, dans toutes ses allures, une souplesse et un 
calme qui indiquent la force. 

Aux grandes manœuvres succède, pour les 
chevaux, une période de repos relatif qui se 
prolonge jusqu'à l'arrivée des recrues , et même 
un peu au delà. Ce repos est indispensable à la 
santé des chevaux, car la tension de tous les 
ressorts ne pourrait être maintenue constam- 



BASES DE 1,'INSTRUCTION. 203 

aient sans de graves dangers. Il ne nuit en rien, 
du reste, an travail que l'on peut avoir à exiger 
subitement , lors d'une mobilisation, car un 
cheval qui a été bien entraîné peut être remis 
on condition en peu de jours. 

Pondant celte période de repos relatif, on 
laisse Ips cbe\auic reprendre un peu de graisse, 
pour leur pernieltre do supporler plus facilonieni 
les rigueurs de Ihiver. Les pieds et les membres 
fatigués sont l'objet de soins attentifs. Un régime 
rafraîchissant, des barbottages et, s'il y a lieu, 
l'usage des carottes calmeront les tempéraments 
échauffés. Mais il faut éviter avec soin do passer 
trop brusquement du maximum de travail à un 
repos absolu. Dans les [)remicrs jours, les che- 
vaux doivent f^iire deux promenades d'une 
heure et demie chacune; ils nen font en- 
suite qu'une seule de deux heures d'abord, 
puis d'une heure seulement. 

Il est inutile de soumettre les chevaux de 
moins de six ans à ces exercices préparatoires, 
puisqu'ils ne prennent pas part aux grandes 
manœuvres; toutefois les règles générales de 
rentraînomenl leur sont applicables. 



204 



TITRE PREMIER. 



ARTICLE VI. 



PRESCRIPTIONS RELATIVES 
AU HARNACHEMENT ET À L'ARMEMENT. 



Du harnachement. 

Le harnachement se compose d'une selle et 
d'une hiide. 

Description de la selle. 

La selle est un intermédiaire nécessaire en- 
tre le cavalier et sa monture, pour adoucir les 
réactions, pour ajouter aux moyens de tenue, 
et pour servir à l'arrimage des eflels du cava- 
lier. 

La selle comprend : 

V arçon , 

Le siège. 

Les accessoires. 

Varçoti est la partie solide sur laquelle est 
étabUe la selle. Il se compose de deux bandes, 
ou lames, qui s'appuient sur les côtes et sont 
réunies par deux arcades. L'arcade de devant, 
dont la partie supérieure forme le pommeau, 



BASES DK i;iNSTnucTiON. :205 

protège le garrot, limite le siège du cavalier et 
sert d'apiJiii aux sacoches. L'arcade de derrièie, 
ou Iroussequin, protège les reins du cheval, 
donne à l'arrière du siège la largeur et la con- 
cavité nécessaires pour eniboiter le cavalier, el 
sert d'appui à la charge de derrière. 

L'arcon, pourvu du siège et des quartiers, 
forme le corps de selle, qui se comi)lèle par les 
l'auK quartiers et les panneaux. 

Le sihije est fixé sur l'arçon et poile le ca- 
valier. 

Les qaaiiicrs, fixes sur les bandes, cacheni 
les contre-sanglons. 

Les Jain-qaartiers abritent le cheval du con 
tact des boucles de sangle. 

Les panneaux, reml)0urrés, préservent le dos 
du cheval du contact avec l'arçon. 

Les accessoires de la selle sont : 

Une croupière , 

Un poitrail , 

Une sangle. 

Deux poches à fers , 

Deux sacoches , 

Deux étrivières et élriers. 

Une botte de carabine, 

Une coiwerture , 

Un bissac , 

Des courroies de paquetage. 

La croupière sert à empêcher la selle d'avancer 
sur les épaules. On y distingue le contre-san- 
glon, le corps de croupière et le culeron. 



£ 






OCX * ^2^ 



/ (J / I 



' , ,/ . '--r C'Jc u^x' Cena'O' ^ 




&Ù. /^y/^A<?3^^. "■'■'"^ phemieiî. / 

Le poitrail sert à eiu])ècher la selle de glisser 

•/^-^/^/-i^^^-^V^^^^^-^^^ -^'^^^^^"^'T'^'"^' ^^ ^^ compose d'une traverse por- 

. tant l'ornement du poitrail, et de deux mon- 

/ / ^ -V y La samjle sert à maintenir la selle et se fixe à 

qJ a (Xyt-^^ /î:^t* des contre-sangions. 

y Les poches à fers , de la contenance de deux 
O^y^ h^ Û ^l^^ . (^iers , renferment un sachet destiné à recevoir les 
clous à ferrer. La poche de gauche reçoit ies 
hcafCU^U<^^ ^y r^U-cCc^ clous à glace. 

' / û Les sacoches, reunies par un chapelet, reçoi- 

ûCo/'/i'ci^u •'— vent certains effets. 

/y La sacoche droite est traversée de haut en 

bas par une gaîne servant à loger le manche de 
la hachette, et munie, au-dessus du recouvre- 
ment, d'un couvre-tranchant de hachette. 

Les cliivières, passant sur les quartiers, ser- 
vent à suspendre les étriers. 

Les éùiers servent à supporter la jambe du 
cavalier; on y distingue l'œil, ies branches et 
la semelle. 

La couverture sert d'intermédiaire entre la 
selle et le dos du cheval. 

Le bissac reçoit l'avoine et ies vivres. 
Les courroies de paquetage comprennent les 
courroies de manteau et les courroies de charge 
de derrière ; elles servent à fixer les effets sur 
la selle. Une courroie, dite de porte-crosse , sert 
à maintenir la crosse de la carabine, lorsque 
l'arme est' portée à la botte; elle s'attache au 
côté droit du chapelet de la selle. 



-^^^^^ /u^. /^^^^^/'/t^^- 







tfV- ^ (fait i>iu (^^ iHoi^ ^ 

fr.cAd'ou^-y h^^ ^^/- f- 1/;;:^ 



I 



/ t{:ac<^^/y ■ . / ^ — -^ . 

' BASES DE L'INSTRUCTION. -iU / ^ 

-^^ Description de la bridé. 'T, ~~ ^^ - X 

La bride est ua ensemble de pièces en cuir et 
en métal, dont l'agencement sert à diriger le 

cheval. 

La bride comprend : 

La monture , 

Les mors. 

Les rênes. 

Les pièces qui composent la monture sont: 

Le dessus de tête, qui sert à supporter les mon- 
tants. I 1 1 

Le frontal, destiné à empêcher le dessus ae 

tète de glisser en arrière. 

Les montants, places le long des joues, sup- 
portent les mors de bride et de fdet. 

Le mors de bride est l'inslrument de domma- 
lion à l'usage duquel toutes les autres parties de 
la bride doivent concourir. 11 se divise en em- 
bouchure, branches et gourmette. 

V embouchure, placée dans la bouche, au- 
dessus de la langue, comprend la liberté de h 
langue et les canons. ' 

Les branches se réunissent aux canons par 
des contre-rivures, et leur extrémité supérieure 
reçoit le porte-mors de la bride. 

La gourmette se fixe aux branches et con- 
tourne la Ijarbe. 

Le mors de filet se compose de deux canons 
s'articulant ù deux brisures. 



ÂA fft,^Â/M: 



{^a^-tAj:^ c.^>t /Cé^aZjz / /t-o^i^^ ^^./f^^ «/- 



Les relies de bride et les i^ênes de filet se bou- 
clent aux anneaux des mors correspondants. 

Le licol de parade complète la bride du mo- 
dèle 1874, pour les cuirassiers et les dragons. Il 
se compose de deux montants qui supportent la 
muserolle, de la sous-gorge formant collier, et 
de la longe. La sous-gorge peut se dégager du 
licol et s'engager dans les gaines mobiles du 
frontal, si l'on veut se servir de la bride sans le 
licol. Ce dernier peut être transformé au besoin 
en bridon, en engageant le T dû mors de filet 
dans les anneaux carrés du licol. 

Dans la cavalerie légère, un collier remplace 
le licol de parade; la bride est pourvue d'une 
sous-gorge semblable à celle du licol, qui per- 
met de se servir de la bride sans collier. 

Ajuster une selle. 

Placer la selle sur le dos du clieval, sans cou- 
verture ni tapis, afin de voir si sa forme se rap- 
porte bien à celle du dos du cheval. 

Les arcades doivent kisser une grande liberté 
au garrot et aux reins, le cavalier étant en 
selle; les lames, au moins à deux travers de 
doigt de la colonne vertébrale, doivent porter 
bien à plat, sans comprimer les côtes; leur bord 
intérieur est aminci, de manière qu'on puisse 
passer le doigt dessous. 

La selle doit être placée de manière à reposer 
sur la partie la plus forte de la ligne du dos. 






BASES DK L'INSThUCTIUN. ^09 

c'est- ù- dire sur la partie voisine du j^arrot, 
mais sans gêner ie mouvement de l'épaule, et, 
pour cela, la pointe antérieure de la lame doit 
être à trois doigts en arrière de la pointe de 
l'épaule. 

Il faut s'assurer que la croupière n'est pas 
tendue, afin de ne pas blesser le cheval à la 
queue ni le faire ruer. 

L'ornement du poitrail doit être à la nais- 
sance de l'encolure et au centre du poitrail. 

Ajuster une bride. 

Si le frontal est trop long, le cheval peut se 
débrider ou le dessus de tète glisse en arrière; 
s'il est trop court, il comprime les oreilles et 
peut blesser le cheval. 

Les montants doivent être ajustés de manière 
que le mors ne soit ni trop haut ni trop jjas. 

Le mors de bride agit sur les barres à la façon 
d'un levier dont la puissance dépend de la lon- 
gueur des branches, de la forme de l'embou- 
chure et du sens de la Iraction des rênes. 

Pour que le jnors soit bien ajusté et produise 
tout son elîet, il faut : 

1° Que les canons portent sur les barres, à un 
travers de doigt des crochets inférieurs pour le 
cheval, et à deux travers de doigt des coins pour 
la jument; 

2° Que l'embouchure ne soit ni trop étroite 
ni trop large, et que le haut des branches ne 
comprime pas les joues; 



210 TITRE PUEMIER. 

3° Que la gourmette soit mise de telle sorte 
qu'on 'puisse passer le doigt entre elle et la 
barbe. 

Si les canons portent plus haut qu'il n'est in- 
diqué, ils agissent sur des parties moins sensi- 
bles, et leur effe lest amoindri; déplus, le mors 
du filet comprime la commissure des lèvres et 
n'a pas le jeu nécessaire à son emploi. 

Si les canons portent plus bas, ils bulent 
contre les crochets et gênent le cheval. 

Si l'embouchure est trop étroite, les bran- 
ches plissent les lèvres et peuvent les blesser. 

Si l'embouchure est trop large, le contact 
des canons avec les barres n'est plus assuré, el 
le mors peut basculer. 

Si la gourmette n'est pas assez serrée, le 
mors bascule, les branches se placent dans le 
prolongement des rênes, le bras de levier dis- 
paraît, et le cheval, moins contenu, obéit avec 
moins de précision. 

Si la gourmette est trop serrée, le contact 
permanent du mors émousse la sensibilité des 
barres, la barbe est endolorie, le cavaher ne 
peut graduer les effets du mors , et le cheval 
ne répond pas aux indications qu'il reçoit. 

Pour adoucir l'action de la gourmette sur les 
chevaux ayant la barbe très sensible, on peut 
placer un morceau de feutre ou de cuir entre la 
gourmette et la barbe. 

Le mors du fdet agit sur la commissure des 
lèvres et se place au-dessus de l'embouchure , 



BASES DE L'INSTRUCTION. 

de maiiièie à ne pas gêner les effets du mors 
de bride. 

Seller. 

S'approcher du cheval par le côte gauche, et 
placer sur son dos la couverture pliée en qua- 
tre, le gros pli sur le garrot, les lisérés du côte 
gauche, en a^ant soin de passer plusieurs fois 
la couverture d'avant en arrière, pour lisser le 
poil ('). 

La sangle étant bouclée dans les contre-san- 
glons du côté hors inontoir, et relevée sur le 
siège, el la croupière étant allongée jusqu'au der- 
nier point, prendre la selle de la main gauche, 
à l'arcade de devant, el de la main droite sous 
le Iroussequin ; la placer doucement sur le dos 
du cheval, les mamelles de l'arçon en arrière 
du jeu des épaules. S'assurer alors si la couver- 
ture ne forme aucun pli , particulièrement sur 
le garrot, et la soulever avec ia main dans celte 
partie; regarder s'il n'y a pas de cuirs pris sous 
la selle; serrer la sangle avec modération el 
sans brusquerie; se placer derrière le cheval, 
saisir la queue et en tortiller les crins autour 
du tronçon; engager ensuite le culeron sous 
la queue, dont on a soin de retirer tous les 
crins; raccourcir la croupière; revenir du côlé 
gauche, boucler le poitrail , et abattre les étriers. 



l'I Le lupis de fcutrc, pour les selles modèles iSo!i cl 
1861, est placé sous la couverture. 

i4. 




212 iTl'KK PKEMIER. 



Brider. 

Se placer du côte monloir; passer le licol à la 
tète du cheval; boucler la sous-gorge sans la 
serrer, afin de ne pas gêner la respiration; 
piendre la bride avec la main gauche; passer 
avec la main droite les rênes de la bride et du 
fdet j)ar-dessus l'encolure du cheval; prendre la 
bride à la lètièie avec la main droite, l'élever à 
la hauteur et en avant de la tète du cheval; saisir 
avec la main gauche les mors de bride et de fdet, 
et les engager ensemble dans la bouche du che- 
val, le mors du fdet au-dessus de celui de la 
bride; passer alors les oreilles entre le frontal 
et le dessus de tète, dégager le toupet, bouton- 
ner le licol au dessus de tête; accrocher la 
gourmette et attacher la longe roulée au D de 
la selle, destiné à la recevoir, du côté monloir. 

Débrider. 

Décrocher la gourmette; déboutonner le li- 
col; détacher la longe, et attacher le cheval au 
râtelier jusqu'à ce qu'il soit dessellé; avancer 
les rênes de la bride et du fdet sur le dessus de 
tète, les passer par-dessus les oreilles, les lais- 
ser tomber dans le pli du bras gauche; ôter la 
bride de la tète du cheval, en commençant par 
dégager foreille droite; faire deux tours au- 
dessous du frontal avec les rênes de la bride 
et les passer entre le frontal et le dessus de tête. 



BASKS" DE L'INSTRUCTION. 



Desseller. 




Déboucler le poitrail et la sangle; passer du 
coté hors inonioir, relever la sangle et le jjoitrail 
s'ils sont propres, et dans le cas contraire, ne 
les relever qu'après les avoir essuyés; relever 
ensuite i'étrier droit, porter la selle un peu en 
arrière, dégager la croupière, la relever et la 
fixer à l'une des courroies de manteau; relever 
I'étrier gauche et enlever la selle avec les deuv 
mains, la gauche la tenant sous l'arcade de de- 
vant, et la droite sous le Iroiissequin. Retirer la 
couverture, la plier en deux, le côté mouillé 
en dedans ; la placer sur la selle. 

Le tapis de feutre est place sur la couverture. 



214 TITRK PREMIER. 



De l'armement. 

Les armes du cavalier sont : 

Le sabre ; 

La carabine (dragons, chasseurs et hussards) ; 

Le pistolet-revolver (cuirassiers, el sous-offi- 
ciers, maréchaux ferrants et trompettes des 
autres subdivisions de l'arme). 



Sabre. 

Le sabre des cuirassiers el cehii des dragons 
sont du modèle iS54 et ne difîèrenl que par 
leur longueur. 

On distingue dans cette arme : 

La lame : droite, à deux pans creux ; la pointe, 
le dos, le tranchant et le talon; 

La poignée ; 

La garde : la branche principale, les trois 
branches latérales, la coquille; 

Le fourreau : les bracelets, les anneaux, le 
dard ; 

La cravate, en buffle. 

Le sabre de la cavalerie légère est du modèle 
1822 : 

La Jame en est courbée ; 

La cjarde n'a que deux branches latérales. 

Les autres pièces sont les mêmes que dans le 
sabre modèle i854. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 215 

Carabine modèle 1874. 

NOMENCLATURE. 

La carabine peut se diviser en quatre parties 
principales, qui sont : 
1° Le canon; 
2" La culasse mobile; 
3" La monture ; 
!x Les garnitures. 

r Canon. 

Le canon comprend deux parties : 

1° Le canon proprement dit ; 

2° La boîte de culasse. 

On distingue dans ie canon : 

L'âme, dont le calibre est de 11 millimètres; 
la bouche ; les rayures ; 

La chambre, qui reçoit la cartouche. 

A l'extérieur du canon : 

Le guidon , et son embase , 

Le logement de l'extracteur; 

La hausse, dont les pièces principales sont ; 

1° Le pied; 

2" Le ressort; 

3° La planche mobile, qui porte trois crans de 
mire, dont un au sommet, correspondant à peu 
près à la distance de 1,100 mètres, un au fond 



216 TITRE PREMIER. 

de la fente, pour la distance de 3oo mètres, et 
un sur le talon , pour la distance de 200 mètres. 
Cette planche est graduée: siu* le côte gauche, de 
100 en 100 mètres, pour les distaures de 4oo à 
1,000 mètres, et sur le côté droit, en demi-cen- 
timètres et en millimètres; 

4° Le cm^seur, qui porte le cran de mire mo- 
bile ; 

La boîte île culasse , dont les pièces principales 
sont : 

La boîte; 

Le ressort-gâchette ; 

La détente. 

2° Culasse mobile. 

La culasse mobile comprend sept pièces : 

1° Le cylindre; 

2° Le ressort à boudin ; 

3° La tête mobile; 

4° L'extracteur ; 

5° Le chien ; 

6° he pcT'cuteur ; 

7° Le manchon. • 

3' Monture. 

lia monture se divise en trois parties : 
1° Le/«t; 
2° La poignée ; 
3° La crosse. 



BASES DE I/INSTRUCTION. 2 1 7 



4" Gfomitures. 



Les garnitures principales sonl : 

1* La hcKjaette ; 

2° Vcmboiichoir et son rossoi't; 

3* La (jrcnudière et son ressort ; 

4° La capucine et son îrssort; 

5° La sous-(j(irde ; 

6° La plaque de couche. 



Accessoires. 



Chaque cavalier doit être pourvu d'un jeu 
d'accessoires. 

Le jeu d' accessoires comprend : un nécessaire 
d'armes (modèle 1874) et un lavoir en laiton. 

Le nécessaire d'armes se compose de : 

1° La boîte; 

2° Vhailier; 

3° La lame du tournevis; 

4' La spatule-curette ; 

5° La trousse en drap. 

Le cavalier doit avoir en outre : 

De la graisse \ , , , 

r, .< , / dans une boite 

une pièce grasse en drap. .. l , ~ ,, 

I nPïPP-nlâriP' 

Une brosse douce à graisser) 
Quelques morceaux de vieux linge ; 
Des curettes en bois tendre; 



218 TITRE Pr.EMIER. 

Pistolet-revolver modèle 1873. 



NOMENCLATUBE. 

Le pistolet-revolver peut se diviser en six par 
ties principales , qui sont : 
1° Le canon; 
2° La carcasse ; 
3° Le barillet; 
4" ha platine; 
5° Les garnitures; 
6° La monture. 

1" Canon. 

Dans le canon on distingue : 
A l'intérieur : 

Vûme, dont le calibre est de ii millimètres; 
la bouche, les rayures; 
A l'extérieur : 
Le guidon et son embase ; 
La pai'tie antérieure ; 
La partie centrale; 
Le bouton Jîl été. 

2° Carcasse. 
C'est sur la carcasse que sont assemblées les 
diverses paiiies de l'arme. On y distingue • 
La console ; 
Le rempart ; 
La bande ; 
Le corps de platine ; 
La poignée ; 
La calotte. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 219 

3° Barillet. 

t,' Platine. 

La platine se divise en trois pai'ties princi- 
pales : 

1° Le chien ; 

2° La gâchette ; 

3° La détente. 

Le chien comprend : 

1° Le chien proprement dit ; 

2* Vaxe du chien ; 

3° La chaînette ; 

4° La vis de chaînette ; 

5° Le grand ressort ; 

6° Vétouteaii de grand ressort ; 

7° La clef de grand ressort; 

8° La goupille de clef de grand ressort 

La gâchette comprend : 

1° La gâchette proprement dite; 

2° h'ajce de la gâchette ; 

3° Le ressort de gâchette. 

La détente comprend : 

1° La délente proprement dite ; 

2° La barrette ; 

3° Le ressort de barrette ; 

4" Le menlonnet ; 

5° Le ressort de détente ; 

6° Le pontet. 



■220 TITRE PREMTEn. 

5° Garnitures. 

Les garnitures se subdivisent de la manière 
suivante : 

1° L'aœe du barillet et son ressort ; 

2" Le poussoir, son irssort et son houlon ; 

3" La baguette et son ressort; 

4° La porte , son o^re et son ressort ; 

5° La plaque de recouvrement ; 

G" Vanneau de calotte et son pivol ; 

7° La rosette de monture. 

6° Monture. 

La monture , en corne fondue et moulée , com- 
prend : 

1° La plaquette gauche ; 
2° La plaquette droite. 

Accessoires. 

Le jeu d'accessoires pour la carabine _doiL 
être employé pour le démontage , le remontage 
et l'entretien du revolver ; ce n'est qu'en cas 
de nécessité absolue qu'il peut être fait usage 
de l'axe du barillet comme tournevis. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 221 

ARTICLE VU.. 
GOx\lMAINDEMEi>TS. SIGNAUX. SONNEIUES. 



Commandements . 

Le Ion du cominandeinenl doit cire animé, 
distinct, et d'une étendue de voix proportionnée 
à la troupe que l'on commande. 

On prononce le commandement d'avertisse- 
ment : Garde à vous, dans le haut de la voix, en 
appuyant sur la première syllabe, et prolon- 
geant la dernière. 

Ce commandement sert de type pour le com- 
mandement : Chargez (n°354). 

Les commandemenis d'exécution sont pro- 
noncés d'un ton plus ferme que les commande- 
ments préparatoires; on les prolonge, parce 
que le mouvement qui doit les suivre se com- 
muniquant de l'homme au cheval, on évite ainsi 
toute espèce de saccade et d'à-coup. 

Les commandements préparatoires qui in- 
diquent l'allure doi\enl être séparés du coni- 
mandemenL d'exécution qui suit, par un inter- 
valle appréciable, quoique de très courte durée. 

Dans l'exercice à pied et dans le maniement 
des armes, la partie du commandement qui dé- 
termine l'exécution doit être prononcée d'un 
ton ferme et bref. 



222 ïiTi\E pnEMiEii. 

Pour déterminer i'intonation des comman- 
dements préparatoires, on a pris celle de la 
première partie des commandements : Cavalier 
en avant, marche; Cavalier à droite, droite; 
Reposez = arme. 

Le commandement : Cavalier en avanl , sert 
de type à tous les commandements prépara- 
toires terminés par une consonne ou par une 
syllabe pleine, et, par exception, au comman- 
dement : Colonne. Exemples : Marcfacz le pus; Au 
trot; Au galop; Formez les pelotons, etc. 

Le commandement : Cavalier à droite, sert de 
type à tous les commandements prépara- 
toires terminés par un e muet. Exemples : Pur 
quatre; Pelotons à droite, etc. 

Le premier membre du commandement : lie- 
posez = ARME, sert de type à la première partie 
des commandements du naaniement des armes . 
de la charge , et des feux. 

Les commandements d'avertissement et les 
commandements préparatoires sont distingués 
par des lettres italiques; ceux d'exécution, par 
des lettres capitales. 

Les commandements employés dans quelques 
parties de l'instruction de détail sont en même 
temps commandements préparatoires et com- 
mandements d'exécution et font exception aux 
règles d'intonation; on les prononce sur le ton 
d'indication, qui ne comporte aucune inflexion 
de voix, et qui est moins élevé que le ton de 
commandement. 



BASES DE L'INSTRUCTION. 1*23 

Exemples : Doublez; Marchez un trot, etc. 
Les assouplissements se commandent égale- 
ment sur le ton d'indication. 



Signaux. 



De l'emploi du sifflet. 

Le sifflet, qui jieut être considéré comme un 
aide utile du commandement dans les détails 
du service habituel, doit cire plus spécialement 
employé toutes les fois qu'une troupe lient à 
dissimuler sa présence ou ses mouvements. 
Ainsi : à proximité de l'ennemi , aux avant- 
postes, dans les reconnaissances, dans les 
marches de nuit ou dans les marches à travers 
des terrains couverts, dans les embuscades, 
dans les prises d'armes au bivouac ou au can- 
tonnement, enfin dans le combat à pied. 

Signaux. 

Afin d'éviter la confusion qui résulterait de 
l'emploi de signaux multipliés se ressemblant 
forcément, on n'a adopté que les suivants : 

1. Attention. 

2. Marche ou au pas. (Quand on est au Irol 

ou au galop.) 



î'4 


TITRE PREMIER. 


3. 


Halte. 


4. 


Au trol. 


5. 


Au galop. 


6. 


A droite. 


7- 


A gauclie. 


8. 


Demi- tour. 


9- 


RaHienieiit. 


lO. 


Retraite. 


1 1. 


Coiiiuieiicez le feu. 


12. 


Cessez le leu. 



225 



Signaux du sifflet notés en musique. 



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226 TiTHE i'i\K.Mit;r,. 

Signaux du sifflet 
notés par des lignes conventionnelles. 



Les lignes suivantes représentent : 

— Un coup de sifflet breC. 

• Un coup de sifflet produit par 

une expiration naturelle. 



Un coup de sifllet prolongé pro- 
portionnellement à la longueur de 



Un coup de sifflet en trille, c'est- 
à-dire produit par un roulement du 
gosier. 



Les distances entre les lignes conventionnelles 
représentent les intervalles à laisser entre les 
notes. 



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228 TITUE niLMlER. 



Sonneries. 



1 . Le réveil. 

3. Le repas des chevaux. 

3. L'appel. 

4. Le pansage. 

5. Le boute-selle, 
(j. A cheval. 

-. Ouatre appels consécutifs (pour le rasiem 

blement du ix'ginienl à pied). 

8. L'instruction, 

p. A Tordre. 

10. Aux officiers. 

1 1. Aux maréchaux des logis chefs. 

12. Aux fourriers. 

i3. Aux maréchaux des logis de semaine, 

i4. Aux brigadiers de semaine. 

i5. Aux malades. 

i6. La soupe. 

17. Les corvées. 

18. Les distributions. 

19. Le rassemblement de la garde. 

20. L'appel des consignes. 

21. Aux trompettes. 



SONNERIES. 22Q 

22. La retraite. 

aS. L'extinction des feux. 

24. La générale. 

25. A l'étendard. 

2(j. L'ouverture du ban. 

27. La fermeture du ban. 

28. Garde à vous. 

29. Pied à terre. 

30. Sabre à la main. 
3i. Remettez le sabre. 

32. La marche. 

33. La charge. 
34- Exécution. 

35. En avant. 

36. Halte. 

37. Demi-tour. 

38. En retraite. 

39. A droite. 

40. A gauche. 

4i. Le ralliement. 

\2. La charge en fourrageurs. 

43. Au pas. 

44. Au trot. 

45. Au galop. 

46. Le demi - appel . 



230 



CAITIKR DES SONXEniF.S. ! 



1. Le réveil. 



Allegretto 



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2. Le repas des chevaux. 

Allegro. 



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9 



231 




3. L'appel. 



Allegro 




4. Le pansage. 



AlJegro. 



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232 



5. Le Boute-selle. 



Allegretto. 




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6. A cheval- 
Ppestissjmo. 




SONNERIES. 



233 




^^^^fmm^ 







7. Quatre appels consécutifs. 

Pour le rasiemhlement du régiment à pied. 
Allegro. 




8. L'instruction. 



Allegro. 




234 



SONNERIF.S. 



9. A l'ordre. 
Allegro. jj 




10. Aux officiers. 



Allegro. 




1 1 . Aux maréchaux des logis chefs. 

Allegro. 




235 



12. Aux fourriers. 



Allegro. 



■^. pî^lBS^hf:^=i=^-l=.- 



13. Aux maréchaux des logis 
de semaine. 



Alleî^ro. 



^J-Ifff: 



nr» 




14. Aux brigadiers de semaine. 

Allegro. 




236 



SONNERIES. 



15. Aux malades. 

Allegretto. 




16. La soupe. 
Prestissimo. 



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237 



17. Les corvées. 



Presto, 




18. Les distributions. 

Allegro. 



19. Le rassemblement de la garde. 




238 




20. L'appel des consignés. 






4J^j?3^-J^-;^J^ ^g^ 



21. Aux trompettes. 
Allegro. 







SONNERIES. 



1>0<J 



22. La retraite. 

Allegro non f^oppc^ 



^IJ'-ii l j.j,ljJ l j.jJ 




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23. L'extinction des feux. 
Mafis(oso. 





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240 



24. La générale. 



VivBce. 




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241 




25. A l'étendard. 



Maestoso. 




SONNERIES. 



26. L'ouverture du ban. 



Moderato. 




é=^^'^=^^'^^^^^^ 



t^f=^fr^^^ 



27. La fermeture du ban. 

Moc'erato. 




SONNERIES). 



•243 



28. Garde à vous. 



Allfgra 




29. Pied à terre. 

Allpcretto. 




30. Sabre à la main. 

Alle gro v ivf>. 

-P^ — pg 

31. Remettez le sabre. 

Allpgto vivo. 



iti. 



244 



32. La marche. 

[Sert pour défiler au pas.) 
Allegro. 





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33. La charge. 



Presto. 




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34. Exécution. 



Allegro. 



245 



35. En avant. 



3 3 

36. Halte. 

Moderato. 



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Allegro. 

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37. Demi-tour. 



Allegro. 




38. En retraite. 
Allegro non troppo. 



39. A droite. 



Allegro. 



246 SONNERIES. 

40. A gauche. 

Allepro. 



41 . Le ralliement. 



Presto, 




42. La charge en fourrageurs. 

Allegro. 




43. Au pas. 

[Etant aa trot ou au galop. 
Modetato. 




SONNERIES. 



247 



44. Au trot. 

{A pied, au pas gymnastique. ) 
Moder.ito, 



45. Au galop. 



Allegro. 



46. Le demi-appel. 

Allegro. 



^ 




Chaque sonnerie est précédée du refrain du 
régiment lorsque les circonstances l'exigent. 

L'emploi des sonneries doit être aussi restreint 
que possible. 



L*école des trompettes ne doit jamais com- 
mencer par la (jénérale ni par la sonnerie ; à 
cheval. 



MARCHES 

COMPOSÉES PAR M. CERCLIER 



PnOFE89BUR 



w ro\»EnvATOinE natioxac. de mosioce. 



MAUCHES. 

Marche n* 1. 
Trompettes à l'unisson ou trompette seule. 



251 




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Mcmc marclie arrangée pour ijuatie Irompttlcs. 




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MARCHES. 




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MAnCHES, 

Marche n° 2. 

Marche arrangée pour quatre trompettes. 



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268 MARCHES. 

Marche n" 3 (pour défiler au trot). 
Trompettes à runisson ou trompette seule. 

Sif;nal du trot- 




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Même marche arrangccjpour quatre IrompcUcs. 



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MARCHES. 273 

D. C. al scgno. ;y 




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Marche n" 4 (pour défiler au trot). 
Trompettes à runisson ou trompette seule. 

signal ilu Irot. 




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Même marche arrangée pour quatre trompettes. 



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Signal du trol. 


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MARCHES. 



Marche n° 5 (pour défiler au galop). 
'J rompeltcs à l'unisson ou trompette seule. 

Au galop. 




Da capo al segno. 



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Même marclie arrangée pour quatre trompettes. 



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Au K.lop. 



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MARCHES. 



285 




286 



Marche n" 6 (pour défiler au galop). 
TrODjpettes à l'unisson ou trompette seule. 

Al. p.ln,,. 




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MARCHES. 



287 



Même marche arrangée pour quatre trompettes. 




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%â4/^*^ C^ycu,-^^ ^t^^^ A^t^^'^J(^''-<>^ 'T^^ ^-^^^^^ ff^^ 
TRE DEUXIÈME. ;?W^ ^ ^^cA^or^^cC -^^^^^^ 

RucTiON A PIED. 4=-.^i^^..X^_^ ^,,;:2:: 



y^^^y^^^ -TITRE DEUXIÈME. 



INST 



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ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 






1. Cette t'cole a pour objet de développer les 
forces et l'adresse du cavalier, de lui donner 
une attitude et une démarche militaires, de le 
préparer à se mouvoir dans le rang, et de lui 
apprendre l'usage de ses armes. 

Pour obtenir de rapides progrès dans des 
exercices qui forment la base de l'éducation du 
soldat, il est nécessaire que l'instruction soit, 
autant que possible, donnée individuellement; 
les classes doivent, à cet effet, se composer au 
plus de 6 à 8 cavaliers. 

L'instructeur donne l'explication de chaque 
mouvement, en peu de paroles claires et pré- 
cises, et exécute lui-même le mouvement, afin 
de joindre l'exemple au précepte. Il accoutume 
les cavaliers à prendre deux-mêmes la position 
démontrée; ne les touche, pour la rectifier, que 
lorsque leur défaut d'intelligence l'y oblige ; 






Aflc p t^et^cck^ *y. /i^ce^ S/u^ 



294 " TITRE DEUMÈMK. 



/ / soutient leur attention par un ton animé; ne 

les arrête point trop longtemps sur les mêmes 
mouvements, et n'e\ige que progressivement la 
précision et l'ensemble. 

L'instructeur garde toujours une attitude 
régulière. 

Lorsque l'instructeur veut faire commencer 
. -le travail, il commande : Garde à vous; à ce 

^ WiiU £- ^ commandement, le cavalier reste immobile el 

/ fixe son attention. 

Pour terminer le travail, rinstnicleiir fait 
|i , rompre les rangs au commandement : Rompez 

'^ ' vos raïujs , marche. 

L'école du cavalier à pied se divise en trois 
r , pavties : Travail préparatowe : Travail sans armes ; 

\1 \/i\Av^^" '^ ^ ^ 7>v/r«// avec armes. 

Travail préparatoire. 

Assouplissements. 

Sauts. 

Barres parallèles. 

Voltige sur le cheval de liois. 

Boxe et exercices divers. 

Z. Le travail j)réparatoire se compose d'exer- 
p, / p cicesgymnastiques destinés à assouplir l'homme 

de recrue, et à développer ses forces, son ngiliti? 
et son adresse. 






ÉCOLE DU CAVALIER X PIED. 295' ^^^5>^^►^^*>fc^-^-^:'^^^»':^^>^ • 

L'instructeur doit bannir toute contrainte de 
ce genre de travail, s'attacher à varier les 
exercices de manière à en rendre l'exécution 
attrayante, proportionner ses exigences aux 
moyens des cavaliers qui lui sont confiés, el 
chercher à faire naître entre eux le plus d'é- 
mulation possible. 

Les cavaliers sont en bourgeron et en képi ; 
si la température l'exige, le vètemcnl de drap 
est mis sous le bourgeron. 

Les sous-officiers sont dans la tenue habi 
lu elle. 



Assouplissements . 






- 3. Les cavaliers sont formés sur un rang, à // * 

V\}pi.^i>.ff^y 2 mètres l'un de l'autre; ils ont le corps droit, ''^ 

et les talons sur la même ligne. 

Les assouplissements s'exécutent à l'énoncé 
A,{ j , j. ,,^ du mouvement suivi de l'indication : Commence:: ; 

on les continue ou on les répète jusqu'à l'indi- 
cation : Cessez. 

L'instructeur fait décomposer ces exercices, 

'^j,!''\ , , s'il le juge à pi'opos, et en fait, au besoin , mar- 

/ quer le rythme par les cavaliers, qui comptent 

alors à haute voix: an, deux, trois, etc., suivant 

le nombre de mouvements que comporte chaque 

exercice. 

) Lorsque l'assouplissement nécessite une posi- 

'^l^'- '" lion préalable, l'instructeur la fait prendre à 

l'indication : En position, qui précède dans ce 

cas l'indication : Commencée. 









C(À<^'ov^u ■ [^es assouplissements s'exécutent à une ca-. 

dence modérée dont l'instructeur augmente 
progressivement la vitesse. Les llexions du 
corps et les flexions sur les extrémités infé- 
rieures s'exécutent toujours lentement. 

Les cavaliers conservent les poings fermés 
^/liriMiii ^^^,^, dans tous les mouvements. 

'I Les bras, tendus horizontalement en avant, ou 

■)1>^ , »# * verticalement en l'air, sont touioui's placés pa- 
ralleiement, les ongles en dedans. 

Mouvement horizontal , on vertical , 
on latéral des bras, avec flexion. 

4. Tourner le dessus de la main en avant, 
élever les poings, en les faisant glisser le long 
des cuisses et des hanches jusqu'aux aisselles, et 
en leur imprimant un mouvement de rotation 
en dehors. 

Allonger vivement les bi'as en lançant les 
poings en avant (o« verticalement, on latérale- 
meni), le corps droit. 

Ramener les poings à hauteur des épaules, 
les coudes ouverts. 

Imprimer aux poings un mouvement de 
rotation en dedans, et les ramener énergique- 
ment dans le rang. 

* Rotation des bras en avant on en arrière. 

5. Faire décrire aux bras tendus un cercle 
de bas en haut [on de haut en bas), le poing 



N • ^.^ . / /' .-y. \^A^ y. . -, „ f x, ^^,>, /?/-. 'cn^ ^^ 



c^ (yi^ ^-^^^-^r-y^c^ic^e:^' e 



KCOI-E DU CAVALIER À PIED. 207 ^/^^^^^^ V éo(^ C^oC^^^} 

rasant la cuisse, en élevant le corps sur la 'C -^ ^.^^ - / "S y ^ \ 

plante (les pieds. // / / ^- — i 



Mouvement horizontal des avant-bras. . • '''^% 



^' 'V 

6. £« /Jos/7(o«. — Élever les bras tendus pa ^ /:/ ^ f^-^^ci- C^^^^, ^..^ 
rallèleinent en avant. / /' 

Retirer vivement les coudes en arrière, les /i^r.^ ^ ^^^^z-^^e.^t^^ <y^!^ ^^^*^ ■ 
bras flécliis, les noinj^s à bauteur de la cein-^^^ ^^^, , ^ y y . • 

ture. ^ ^ / \ 

Rapporter les bi'as tendus en avant à la pre- '/^^—/'^^::t^^^ i^<^<i>t<fy'u^ y' 
niière position. ^// ^ ^ '^'^ 

Flexion des extrémités inférieures. ^/c^^ct. Z'J;»-/^'^ ^ ' 

î. Fm position. — Réunir la pointe des pieds 
eu portant le poids du corps en avant. 

Abaisser lentement le corps, en ployant les 
jambes sans les ouvrir, les cuisses contre les 
mollets, les bras pendant naturellement, le 
poids du corps portant sur là plante des pieds. 

Sfi relever graduellement, le corps d'aplomb. 



Flexion du corps en avant et en arrière. 

8. Fléchir le plus possible le corps en avanf, 
k's jambes tendues, les pieds restant à plat, les 
bras allongés vers le sol. 

Redresser le corps, le courber lentement en 
arrière, en creusant les reins, et en ramenant 
les poings à hauteur des hanches, les coudes en 



r 



298 TITRE DEUXIÈME. 

arrière et détachés du corps, les jambes un peu 
fléchies, les talons légèrement levés, la tête 
suivant le mouvement du corps. 



Flexion du corps en avant et en arrière, 
avec mouvement horizontal, o/t vertical, 
oa latéral des bras , avec flexion. 

9. Exécuter la flexion du corps en avant, 
puis la flexion du corps en arrière, en éJevant 
les bras tendus verticalement, la tète penchée 
en arrière, les yeux suivant le mouvement des 
poings. 

Flexion du corps en avant sur la jambe 
gauche ou droite , et mouvement vertical 
des bras , avec flexion . 

iO. En position. — Porter le pied gauche (ou 
droit) à 5o centiniètres en avant, et placer en 
même temps les poings sur la poitrine, les 
épaules maintenues carrément, la tête directe. 

Exécuter la flexion du corps en avant, en ten- 
dant la jambe en arrière, et fléchissant la jambe 
en avant. 

Redresser le corps en exécutant la flexion du 
corps en arrière, les poings sur la poitrine, la 
jambe en avant tendue , la jambe en arrière 
fléchie. 

Aflonger les bras en lançant les poings ver 



ÉCOLE Di; CAVAIJEK À PIED. 299 

ticalement en l'air, les ycu\ siiivanl lo mou- 
vement des poings. 

Ramener les poings sur la poitrine. 

Élévation alternative des cuisses. 

41. En position. — Placer les poings à hauteur 
(les lianclies, les ongles en dedans, les coudes en 
arrière et détachés du corps, l'avant-bras placé 
horizontalement. 

Elever le genou gauche en rapprochant la 
cuisse du corps le plus possible, la jambe tom- 
bant naturellement, la pointe du pied baissée et 
légèrement tournée en dehors, poser le pied à 
terre, et evécuter le même mouvement avec la 
jambe droite. 

Observation. La direction à donner à la 
cuisse est subordonnée à la vitesse à laquelle 
s'exécute le mouvement. Maintenue horizontale 
à la cadence du pas accéléré , la cuisse doit être 
1res peu fléchie cà celle du pas gymnastique. 

Lancer alternativement les poings en avant 

12. En position. — Placer les poings sur la 
poitrine, les ongles en dedans, les coudes en 
arrière et rapprochés du corps. 

Lancer avec force le poing droit en avant, en 
('tendant vivement le bras de toute sa longueur, 
et on oITiiçanl l'épaule gauche ; le replacer 
anssit()t sur la poitrine, et répéter le même mou- 
vemtMil avec \o. poiwj; gaiiclie. 



300 TITRE DEUXIÈME. 

Flexion des extrémités inférieures et mou- 
vement horizontal, ou vertical, on latéral 
des bras, avec flexion. 

• 3. Enposillon. — Réunir la pointe des pieds. 

Fléchir les extrémités inférieures en ployant 
les jambes, et faire glisser les poings le long 
du corps jusqu'aux aisselles. 

Se relever graduellement, et élever les bras 
tendus en avant [ou verticalement, ou latérale- 
ment). 

Ramener les poings à hauteur des épaules, 
les coudes ouverts. 

Replacer les bras dans le rang, par un mou- 
vement de rotation des poings en dedans. 



Flexion simultanée des cuisses et des 
jambes, et mouvement vertical des bras, 
sans flexion. 

14. En position. — Réunir la pointe des pieds. 

Fléchir légèrement sur les jambes en portant 
les bras en arrière ; élever vivement les bras 
tendus verticalement, et faire effort en même 
temps sur les jarrets pour s'enlever le plus liaut 
possible, en rapprochant les genoux du corps. 

Tomber sur la plante des pieds en fléchissant, 
les bras en l'air, et se redresser en laissant tom- 
ber les bras dans le rang. 



ÉCOLE DL CAVALlEi; À PIED. 301 

Sauts. 

15. Ces exercices comprennent les sauis en 
hauteur, en largeur et en profondeur, seuls ou 
combinés les uns avec les auli'es. 

On les exécute de pied ferme, à pieds joints, 
puis en les faisant précéder d'une course de la 
à i5 pas, le cavalier conservant les poings fer- 
més, et s' attachant à retenir sa respiration pen- 
dant le saut. 

16. Dans les sauts de pied ferme, le cavalier 
réunit la pointe des pieds et lléchit les extré- 
mités inférieures, les talons légèrement élevés, 
en portant le haut du corps en avant et en ten- 
dant les bras en arrière. Il détend ensuite brus- 
quement les jarrets, s'élance en jetant les bras 
en avant [ou en l'air), franchit la distance ou 
l'obstacle, tombe sur la plante des pieds en flé- 
chissant, et se redresse. 

tt. Lorsque le saut doit être précédé d'une 
course, le cavalier part vivement, en observant 
de précipiter sa course et de raccourcir le pas 
en approchant de l'obstacle. Arrivé près du 
point indiqué, il frappe vigoureusement le sol 
de l'un ou de l'autre pied pour s'enlever, en 
réunissant et ployant les jambes ; franchit la 
distance ou l'obstacle , le corps ramassé , et tombe 
à terre en fléchissant sur la plante dès pieds, 
comme dans le mouvement de pied ferme. 



^^- rnitli OEUMÈIMK. 

i8. Le cavalier jette ies bras en avant dans 
les sauts en largeur, et les lance en lair dans les 
sauts en hauteur et en profondeur. 

Le terrain sur lequel le cavalier se reçoit 
après le saut doit être ameubli ; il importe,' au 
contraire, que la partie du sol sur laquelle ce 
même cavalier prend son élan soit résistante. 

Barres parallèles. 

19. Le cavalier se place entre les bancs , eu 
saisit une de chaque main, la paume appuyée 
sur la crête, le pouce en dedans, les doigts en 
dehors. 

Dans cette position, on exerce successive- 
ment les cavaliers : 

A se soutenir sur les mains les bras tendus; 

A se porter en avant ou en arrière par un 
mouvement alternatif des mains ; 

A se porter en avant ou en arrière par sac- 
cades ; 

A descendre le corps et à le remonter par la 
llexion et l'extension des bras ; 

A balancer les jambes en avant et en arrière; 

A se suspendre par les mains et par les pieds ,' 
la poitrine tournée vers le sol ; 

A porter les jambes réunies en avant ou en 
arrière, sur l'une ou l'autre barre, et à les Va- 
mener entré les barres ; 

A se lancer à terre en avant ou en arrière, en 



ÉCOLE DU CAVALIEH A PIED. .503 

passant par-dessus la barre droite ou la barre 
gauche. 

20. On apprend entln anx cavaliers à fran- 
chir les barres par le travers, en prenant un élan 
de quelques pas, et s'appuyant des mains sur 
les deux barres. Le mouvement s'exécute en 
taisant pivoter le corps sur les poignets et jetant 
les jambes réunies, soit à droite, sort a gauche. 

21. Dans tous ces exercices, on place deux 
cavaliers près des barres pour prêter aide au 
besoin. 

Voltige sur le cheval de bois. 

22. La voltige sur le cheval de bois com- 
prend l'ensemble des exercices de voltige dé- 
taillés à Yécole du cavalier à cheval. 

Les mouvements s'exécutent de pied terme, 
et en prenant de l'élan, par le travers du cheval 
et par la croupe. Le cavalier place ses mams a 
plat sur les parties de l'appareil correspondant 
à celles qui sont désignées à ïécole du cavalier 

à cheval. 

Les précautions recommandées pour les exer- 
cices précédents sont applicables à la voltige. 

Boxe. Exercices divers. 

23. La boxe française, la course, les exer- 
cices sur le trapèze et à l'aide de la perche peu- 



'^'^ ÏITliE DELi\lÈME. 



venl sajouter utilement au travaii ci-dessus dé- 
taillé. La boxe conduit, en particulier, à un jeu 
des muscles et des articulations essenliellemcnt 
propre à l'assouplissement du cavalier. 

Les instructeurs consulteront avec Iruit, pour 
tout ce qui a trait à ces exercices, le iManuel de 
l Ecole normale de gymnastique. 

24. L'instructeur doit revenir fréquemment 
sur le travail préparatoire, et consacrer aux di- 
vers exercices dont il se compose quelques in- 
stants chaque jour, pendant toute la durée de 
1 école du cavalier. 

Travail sans armes. 

Position du cavalier à pied. 
A droite , à gauche. 
Demi-à-droite , demi-à-gauche. 
Demi-tour à droite. 
Principes des différents pas. 
Marquer le pas. 
Changer le pas. 
A droite, à gauche en marchant. 

Demi-à-droite, demi-à-gauche en mar- 
chant 

Demi-tour à droite en marchant. 

2 5. Les cavaliers placés sur un rang, à un 



ÉCOLE DU CAVALIEU A I>1ED. 305 

mètre l'un de l'autre, sont dans la même tenue 
que pour le ti'uvuil prépuraloire. 

Position du cavalier à pied. 

86. Au commandement : Garde à vous, le 
cavalier fixe son attention et prend la position 
suivante : 

Les talons sur la même ligne et rapprochés 
autant que la conformation de l'homme le 
permet; les pieds un peu moins ouverts que fé- 
querre et également tournés en dehors; les 
genoux tendus sans les raidir; le corps d'aplomb 
sur les hanches et penché en avant; les épaules 
effacées et également tombantes ; les bras pen- 
dant naturellement, les coudes près du corps, 
la paume de la main un peu tournée en dehors , 
le petit doigt en arrière de la couture du pan- 
talon; la tète droite sans être gênée; les yeux 
fixés droit devant soi. 

Garde à vous. 

Z'9. Lorsque l'instructeur veut faire reposer, 
il commande : Repos. Au commandement : Re- 
pos, le cavalier reste en place, sans être tenu 
de garder l'immobilité ni la position. 

A droite, à gauche. 

!88. Aux commandements : Cavaliers à droite 
[ou à gauche), droite (ou gauche), tourner sur 



-V 



306 TITRE DEUXIEME. 

le talon gauche, d'un quart de cercle à droite 
[ou à gauche), en élevant un peu la pointe du pied 
gauche et le pied droit; rapporter ensuite le 
talon droit à côté du gauche, sur la même 
ligne. 

1. - Cavaliers à droite. 

2. - DROITE. 

Demi-à-droite, demi-à-gauche. 

Z9. Le mouvement s'exécute comme celui à 
droite (ou à gauche), mais le cavalier ne tourne 
que d'un demi-quart de cercle. 

1. - Cavaliers oblique à droite (ou à gauche). 

2. - DROITE (ou gauche). 

Demi-tour à droite. 

30. Aux commandements : Cavaliers demi- 
tour, DROITE , faire un demi-à-droite sur le talon 
gauche , placer le pied droit en équerre , le mi- 
lieu du pied vis-à-vis et à environ lo centimètres 
du talon gauche; tourner sur les deux talons, en 
élevant un peu la pointe des pieds, les jarrets 
tendus ; faire face en arrière , et rapporter en- 
suite vivement le talon droit à côté du gauche. 

1. - Cavaliers demi-tour. 

2. - DROITE. 



.aj Oit /(^ y^ Z*^- ' 



r^^ . au/" Clé c^ a^*^' /^ 



ECOLE DU CAVAI.IEK \ PIED. 



307 



Principes des différents pas. 

Pas accéléré. 

3i. La longueur du pas accéléré est de 
75 centimètres, à compter d'un talon à l'autre, 
et sa vitesse de ii5 par minute. 

32. L'instructeur, se plaçant à 10 ou 12 pas 
des cavaliers et leur faisant face, leur explique 
le mécanisme du pas, en le décomposant 
comme il va être indiqué; il l'exécute lui-même, 
afin de joindre l'exemple au précepte. 

Au commandement: Cavaliers en avant, le ca- 
valier porte le poids du corps sur la jambe 
droite. 

Au commandement : Marche , il porte le pied 
gauche en avant, la pointe légèrement tournée 
en dehors, le pose sans frapper, à 76 centimètres 
du droit, le talon droit levé, tout le poids du 
corps portant sur le pied qui pose à terre. 

Au commandement: Deux, le cavalier porte la 
jambe droite en avant, le pied passant près de 
terre, pose ce pied à la même distance et de la 
même manière qu'il vient d'être expliqué pour 
le pied gauche, et continue de marcher ainsi 
aux commandements: Un, deux, sans que les 
jambes se croisent, sans que les épaules tour- 
nent, en laissant aux bras un mouvement d'os- 






/* JVi^Uk^^ 



/^rUC^iC^ 






.U--^ 






^ ^^ 






308 TITRE DEUXIÈME. 

cillation naturelle, et la tête restant toujours 
dans la position directe. 

1 . - Cavaliers en avant. 

2. - MARCHE. 

33. Les cavaliers étant en marche. 

Au commandement : Cavaliers, halte, le 
cavalier rapporte le pied qui est en arrière à 
côté de l'autre, sans frapper. 

1. - Cavaliers. 

'2. - HALTE. 

Le comiiiandement : Halte, est fait indistinc- 
tement, sur l'un ou l'autre pied, mais un mo- 
ment avant qu'il soit près de poser à terre. 

34. L'instructeur s'attache d'abord à habituer 
les cavaliers à faire des pas de la long^ueur vou- 
lue ; quand les hommes ont contracté cette 
habitude, on accélère peu à peu l'allure, de 
façon à arriver progressivement à la cadence 
de 1 15 pas à la minute. 

Afin de donner au mécanisme du pas toute 
la régularité et toute la précision désirables, 
l'instructeur veille à ce que le corps porte bien 
sur le pied qui est en avant, à ce que le talon 
de l'autre pied se lève à temps pour faciliter ce 
mouvement , et à ce que la tête reste haute , le 
corps ne penchant ni à droite ni à gauche. 

35. Quand les cavaliers sont familiarisés avec 
la longueur réglementaire du pas, l'instructeur 



ÉCOLE DU CAVAUEP. A. PIED. 300 

les exerce à la marche sans décorpposer, en in- 
diquant de temps en temps seulement la ca- 
dence, au moyen des commandements: Un, 
quand le pied gauche doit poser à terre, et : 
Deux, quand c'est le pied droit. 

Pas en arrière. 

36. Au commandement : Cavaliers en ar- 
rière , MARCHE, le cavalier retire le pied gauche 
en arrière et le porte à la distance de 35 centi- 
mètres, à compter d'un talon k l'autre, fait de 
même du pied droit, et continue jusqu'au 
commandement: Cavaliers, uMjTE. Ace dernier 
commandement, le cavalier s'arrête, en rappor- 
tant le pied qui est en avant à côté de l'autre , 
sans frapper. 

1 . - Cavaliers en arrière. 

2. - MARCHE. 

Et après quelques pas : 

1. - Cavaliers. 

2. - HALTE. 

L'instructeur veille à ce que le cavalier se 
porte droit en arrière, et à ce que l'aplomh 
ainsi que la position du corps soient conservés. 
La cadence de ce pas est la même que celle 
du pas accéléré. 



310 TITRE DEUXIEME. 

Sï. Dans les premiers exercices l'elatifs à la 
marche, on n'exige point que les cavaliers s'oc- 
cupent de l'alignement; d'ailleurs , lorsqu'ils ont 
contracté riiaJjitude de Taire à la même ca- 
dence des pas égaux en longueur, ils ont acquis 
le vrai moyen de conserver l'alignement. 

Le pas accéléré étant le pas habituel de la 
troupe, il n'est énoncé dans le commandement 
préparatoire que lorsque la troupe est au pas 
gymnastique. 



Pas gymnastique. 

38. La longueur du pas gymnastique est de 
80 centimètres, et sa vitesse habituelle de 170 
par minute. 

Au commandement : Cavaliers en avant, le ca- 
valier porte le poids du corps sur la jambe droite. 

Au commandement : Pas gymnastique, il place 
les mains à hauteur des hanches, les doigts fer- 
més , les ongles en dedans , les coudes en ar- 
rière. 

Au commandement: Marche, il porte le pied 
gauche en avant, la jambe légèrement ployée, 
le genou peu élevé ; pose le pied gauche , la 
pointe la première, h 80 centimètres du droit, 
et il exécute aVec le pied droit ce qui vient d'être 
prescrit pour le gauche. Ce mouvement se con- 
tinue ainsi, en portant le poids du corps sur la 



ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 3 1 1 

jambe qui pose à terre, et en laissant aux bras 
un mouvement d'oscillation naturelle. 

1 . - Cavaliers en avant. 
1. - Pas (jymnaslique. 

3. - MARCHE. 



39. Les cavaliers étant en marche , 

Au commandement : Cavaliers, halte, le 
cavalier rapporte le pied qui est en arrière à côté 
de l'autre, et laisse tomber les mains dans le 
rang, à la position du cavalier à pied. 

1. - Cavaliei's. 

1. - HALTE. 

L'instructeur indique la cadence du pas, en 
faisant le commandement : Un, quand le pied 
gauche doit poser à terre, et le commandement : 
Deux, quand c'est le pied droit. 

40. Le pas g^ mnastique peut s'exécuter à dif 
férents degrés de vitesse. Dans les circonstances 
pressantes, la cadence de ce pas peut être portée 
à i8o par minute. 

On recommande au cavalier de ne respirer, 
autant que possible, que par le nez, en conser- 
vant la bouche fermée. L'expérience a prouvé 
qu'en se conformant à ce principe, un homme 
peut fournir une course plus longue et avec 
moins de fatigue. 



.112 TITRE DEUXIÈME. 

Marquer le pas. 

41. Les cavaliers étant en marche, 

Au commandement : Marquez le pas , marghk 
le cavalier marque simplement la cadence du 
pas, en soulevant et en replaçant à terre alter- 
nativement l'un et l'autre pied. 

1 . - Marquez le pas. 

2. - MARCHE. 

42. Les cavaliers marquant le pas, 

Au commandement : Cavaliers en avant, 
MARCHE, le cavalier reprend le pas de 76 centi- 
mètres. 

1. - Cavaliers en avant. 

2. - MARCHE. 

43. Dans l'un et l'autre cas, l'instructeur fait 
le commandement : Marche, un moment avant 
que le pied soit prêt de poser à terre. 

Changer le pas. 

44. Les cavaliers étant en marche. 

Au commandement: Changez le pas, marche, 
le cavalier rapporte le pied qui est en arrière à 
côté de celui qui vient de poser à terre , et repart 
de ce dernier pied. 

1. - Changez le pas. 

2. - marche. 



ÉCOLE DU CAVALIER A PIED. 313 

L'instructeur fait le commandement : Marche, 
un moment avant que le pied soit près de poser 
à terre. On apprend au cavalier par ce moyen 
à reprendre le pas lorsqu'il l'a perdu. 

A droite, à gauche en marchant. 

45. Au commandement: Cavaliers à droite 
( ou à gauche), aiarghe . tourner le corps à droite, 
et partir du pied droit dans la nouvelle direction , 
sans perdre la cadence du pas. 

1. - Cavaliers à droite. 

2. - MARCHE. 

L'instructeur fait le commandement: Marche, 
un moment avant que le pied gauche [on droit) 
soit près de poser à terre. 

Demi-à-droite , demi-à-gauche 
en marchant. 

46. Au commandement : Cavaliers oblique à 
droite (ou à 'gauche), marche, chaque cavalier 
fait un demi-à-droite (ou à-gauche ) , et marche en- 
suite droit devant lui dans la nouvelle direction. 

1. - Cavaliers oblique à droite. 

2. - MARCHE. 

L'instructeur fait le commandement: Marche , 
un moment avant que le pied gauche (ou droit 
soit près de poser à terre. 



31 A TITRE DEUXIÈME. 

47. Le cavalier marchant dans la direction 
oblique , 

Au commandement: £/« = avant, chaque ca- 
valier fait un dcmi-à-gauche (oadenn'-à-droite), 
et marche ensuite droit devant lui dans la direc- 
tion primitive. 

En = AVANT. 

Demi- tour à droite en marchant. 

48. Au commandement : Cavaliers demi- 
tour à droite, marche, les cavaliers posent le 
pied g-auche à terre, font face en arrière en 
tournant sur la pointe des pieds, et l'epartent du 
pied gauche dans la nouvelle direction. 

1 . - Cavaliers demi-tour à droite. 

2. - MARCHE. 

L'instructeur faitle commandement: Marche , 
à l'instant où le pied gauche est en l'air. 

49. L'instructeur peut arrêter les cavaliers 
en leur faisant faire demi-tour; à cet effet, il 
commande: Cavaliers demi-tour à droite , halte. 
Les cavaliers font deini-tour en tournant sur le 
pied gauche, et rapportent le pied droit sur l'ali- 
gnement du gauche. 



ÉCOLE nn CAVALIER À PIED. 3 1 5 



Travail avec armes. 

Maniement et emploi du sabre. 
Maniement de la carabine. 
Maniement du pistolet-revolver. 

50. Dans le maniement des dilTérentes armes , 
l'exécution de chaque commandement forme 
un temps , mais ce temps est souvent divisé en 
mouvements, afin d'en mieux faire connaître le 
mécanisme aux cavaliers. 

La dernière syllabe du commandement dé- 
cide l'exécution vive du premier mouvement de 
chaque temps; les commandements : Deux et 
Trois, décident celle des autres mouvements. 
Dès que le cavalier connaît la position des di- 
vers mouvements d'un temps, on lui montre à 
l'exécuter sans s'arrêter sur ces mouvements. 

5t. Pour le maniement des armes, les cava- / ( \*l 

liers sont placés sur un ranj^, à 13 centimètres 
1 "un de l'autre, la main gauche pendante sur 
le côté par-dessus le sabre. Cet intervalle de 
12 centimètres se mesure de telle sorte qu'en 
plaçant la main gauche sur la hanche, la paume 
en arrière, les doigts en avant, le coude de 
chaque cavalier effleure le bras droit de son 
voisin de "auche. 



^1^ TITRE DEUXIÈME. 

58. Pour faire reposer, l'instructeur fait exé- 
cuter les mouvements (n°' 69 ou 79) et commande 
ensuite : Repos. Le cavalier tient son sabre à 
volonté, en évitant d'en placer la pointe à terre, 
ou appuie sa carabine contre le corps en pas- 
sant la main droite en avant de l'arme. Au 
commandement : Garde à vous, le cavalier re- 
r prend la position (n" 69 ou n" 79). 

* 

53. Lorsque les cavaliers sont affermis dans 
le maniement des armes, on leur fait répéter 
avec leurs armes tous les mouvements du tra- 
vail sans armes. 

Les à-droite, les à-gauche, les demi-à-droite, 
les demi-à-gauche et les demi-tours s'exécutent 
au port d'arme (n" 55 ou 70) et à la position 
de reposer l'arme (n° 59 ou 79). Dans ce der- 
nier cas, les cavaliers armés de la carabine la 
soulèvent légèrement avec la main droite, et la 
reposent ensuite à terre. 

La marche, les à-droite, les à-gauche, les 
demi-à-droite, les demi-à-gauche elles demi- 
tours en marchant s'exécutent, soit au port 
d'arme, soit aux positions de reposer le sabre 
ou de l'arme sur l'épaule droite (n" 81). 
( . Les cavaliers doivent, au commandement : 

Marche, saisir le fourreau avec la main gauche, 
au-dessus du bracelet inférieur, la main fer- 
mée, le pouce allongé. 

L'instructeur exerce les cavaliers à reposer le 






^£>C4^r^ 






^^/€^ ^^-// c /c^/^^y^^- 



ÉCOLE DU CAVAUEK X PIED. 317 Q? C^ ^'^t^ ^' ^^ ^^- 

sabre, OU à mettre la carabine sui^répaule droite, /; 7^/^ ï>t,i^/ A. '/q e^t^/^ /îy 
et à les porter, en marchant. — zrr •' 

Lorsque les cavaliers ont la carabine sur ^^J^^^^y^^^^*.;^ ^ /Tt^j^^a^^S-x-^---» 
l'épaule droite ou le sabre au repos, ils les ^^^^^ /^ J-^à^ /^c^u^oocJ - 
portent en arrêtant, au commandement: Halte. 

Dans la marche au pas gymnastique, les cava- 
liers mettent d'eux-mêmes la caralaine sur 
l'épaule droite, ou le sabre au repos, au com- 
mandement : Vas gymnastique. 

54. L'instructeur fait prendre aux cavahers j;;^^^^'^ 7^A/J^a^^^ 
le shako ou le casque pendant les derniers _j, V , //'^^ T7/ 

jours du travail en armes. Les cavaliers ^oxx^fM^f'>lcyi^^^<^,Uy^^-^^^^ 
d'abord armés du sabre seulement. Ils mettent ,/*7^ «^ C^c^t/^^^. '^ ^''H^a-Ua. ^^ 
la carabine à la grenadièi'e, lorsqu'ayant toutes^^,^(j^},t/î::£^ cfu^^i--^ à'<-^ c^ '^*<.*^*^ 
leurs armes, ils doivent faire usage de leur sabre. ^ 

Maniement du sabre. 



Sabre à la main. 

2 temps. 

55. Au commandement : Sabre, incliner 
légèrement la tête à gauche, sans déranger la 
position ; décrocher le sabre et le ramener la 
monture en avant avec la main gauche; 
engager le poignet droit dans la dragonne ; 
saisir le sabre à la poignée; dégager la lame 
du fourreau de 20 centimètres , en maintenant 
le fourreau contre la cuisse avec la main 








, . / • 318 / TITl'.E DEtjXiÈî 



JXIEME. 



^^V*^ ' A / /C y gauche, qui le tient au premier anneau, et re- 
'■■■ A^^JêX^^^ Ucr'^^^^^^ CriyA^W pj^^gj. j^ t^^g directe. 

I' yf^ ^ /û-^aTyf^''^''^^''^-''^-'^^^^^''^ '^ ^^ ^' Au commandement : Main , tirer vivement 

' 1 -^ // ../-y/ 'yy ,^^o^ le sabre, en élevant le bras de toute sa lon- 

^ *^' / gueur ; marquer un temps d arrêt ; porter le 

.' /^ / . . ^y., ^^ sabre à l'épaule droite, le dos de la lame 

.CK , t-^z/i'i^ i*- appuyé au deiaut de I épaule, le poignet a la 



fine: y d'hit CÙ /^^ Ce^/c^ '^^'^^^^ hanche, le petit doigt en dehors de la poignée, 
► / . / ~ / ^ ■''' Vr r-/-i' ^, ^a/-^ et remettre le fourreau au crochet. 

il'//'/ /^T / ^•~ Sabre. 

\ eM C^/ ^^C^-^cc a-Çièj ' .^^ Remettre le sabre. 

.. ' 'Acce^M^^ /'-t^ࣣcj (^ao^ ^ Y , temps. 

,Mx^i4^c-i^^ ^^^^^ (^J^''^^^'''^'^' 56. Au commandement : Remettez, décro- 
K^- U- ^y P /^ ' a , /, >7,Yr-7 /^Ly^y/ ; - cher le fourreau et ramener l'ouverture en 
1 / / ^ , avant; porter le sabre en avant, le bras demi- 

i J<X^\Z^ ^y^^ J^{:^^UcA^Jy^^'dl^^t'^^^^ tendu, le pouce vis-à-vis, et à lO centimètres 
\j ///.■'/ /ili^ Cc^^ '^^^^^'^'^ ■ ^^ ^^^^ la lame verticale, le tranchant à gau- 
" ' y /, ^ ' .y „..'•' ^^^' l^ pouce allongé sur le côté droit de la 

C{ i^^^yCe, t / ■c-a^utcuf^^'^ c^-'/'Z/^'c- 'poignée, le petit doigt se réunissant aux trois 

^ /■ /2- ' C t^^'^^^^/"'^^^'^'^ autres. 

ce<r<^ Lc ; / .X f~ 2. Au commandement: Sabre, porter le 

\C'icCe^tÛ^Ù-^t^J^'^'^^^'^^^^/^ poignet vis-à-vis de l'épaule gauche; baisser la 

■ ' ^'' / P h /-j y>'jx^yt/'^^'-^J — lauïe et la passer en croix le long du bras 
, / gauche, la pomte en arrière; inclmer lege- 

ic^fw^^ ■ / rement la tète à gauche, en fixant l'œil sur 

■■'7 /) / / .7/-/~^/ y V/ l'ouverture du fourreau; y remettre la lame, 
yiœi ae./à^/ c/^^^^W^^^^^^ dégager le poignet de la dragonne, replacer la 
*^Y ,^'t^ y/ Ci-cZL*' Oiyu^i^ t/~ ^^-^ tète directe, la main droite sur le côté, et re- 






(^^;^/ //>^^^^tèÔi^U CAVALIEK A PIED. ^ 1 9 ^^^^^ ^^-^-- ^ ^ 2^y.^^ 

/ xnettre le sabre au crochet, la monture ^"^ ^^ /^^,^,^,,^,_ ^^._ 



arrière. 



sabre 



1. - Remettez. / / / 

2. -SABRE. ^^^x^A^Ù^^'^^^y ^'^^ 

5». Les cavaliers étant au \iOri du sabre : ^i/v^L.-/jijijt.k^oce- c^^h^^ ^-^-^-^ 

Présenter le sabre. / >^_ / 

1 temps. ^^^ ^r^rW'lS^/^'^^^"*^'*^ 

Exécuter le premier temps de remettre ^^ ^^^^/ J^^lM^ ^^c-oc^ ^^ 
bre, sans décrocher le fourreau. ^ ^/.^^ /.^ .^z^:^ 

Présentez = sabre. / ,/ 

Porter le sabre. Z // y y - 

1 temps. y 

58. Reporter le sabre, le dos de la lame r j^^-^^j^^ ^O/^cr'- -^ 
appuyé au défaut de l'épaule, le poignet à la /^ ^^^j^X-^^-/ '?--?^C - 
hanche, le petit doigt en dehors de la poignée. • ' \f ^ ."^^ 

Portez = SABRE. ^^ /i^1cy/c-njL.^>^^ju. . ^ 

Reposer le sabre. ^?^ /c^^^u^ u ^laJ' l::i-^^.^^ 

1 temps, 3 mouvements. X/ ^CC^ ^/.-^-^ 1^ é^^^^:.^ 

59. Détacher le sabre verticalement à lo cen- / y / y ^ 

timètres de l'épaule avec la main droite, saisir ^^^/â:^t^/<;^i^iM.^^^ ^<^^^ 
en même temps la lame avec la main S^'-"'^'^'^'^^.^^^-^^^^^^ ^^^ 
au-dessus de la garde. '^^ /» // / 

2. Saisir la garde avec la main droite , le dos ^5 ^ O^^.f/-^ '^ - "^'' ^'^^'^-' 
de la main en avant. ^ „ / 









' /C^^W^.^^^^ .^^^/^^, A^t,*^^^^:^ ^>^^^^.^ ^r .-— ^-^--^- 



y // / 320 TITRE DEUXIEME. 

\ ^ ^^ , 

. ^ / i ,, n y^n, y ^~^^//> 3. Replacer vivement, la main irauche sur le 

^ / ^ K^¥,^.OÙy7 ^(J^ w 11 11 1 -1 i I j 

/y y cote, allonger le bras droit, et appuyer le dos 

; 01 ci^ 'U IcmA- , ^C^ ûU'uj>^à.^ la lame au défaut de Tépauie. 
^~ "Z/ Z' * .■ // ^r/ Reposez = SABRE. 

' /,^/^X/ ^<^ /ûo^hfi o^Û'U'i^ ^e,/-/yf<^^~~ Porter le sabre. 

f , /^U C^t/é^e^ ^:aW. ^ /^^^h^l^éLi^Ju 1 temps, 3 mouvements. 

-- *'" /<:>(; t^ i>e^^' ^i:^ ^<£ ce-^z-J'U ^ *** élever le sabre verticalement avec la 

/) /y main droite, la lame détachée et à lo centi- 

(>) ,x Ltiv ^ (n.^t-ty?-x£-^ . - jj^^^j,gs de l'épaule; saisir ia lame avec la main 
• ' ^ U4 /ofc^-J) h-t^t^i^/j^ . gauche, au-dessus de la garde. 

■- / / 2. Replacer la main droite à ia poignée. 

3. Reporter le sabi-e à l'épaule, et replacer en 
même temps la main gauche sur le côté. 

^ Portez = SABRE. 

(^ . y • ^ •/ . -/ y Genou à terre. 

t" , — ) /^ 1 temps. 

i' / y, A -//y ,^y, /), ©*• Le cavalier étant à la position de présenter 

,, / le sabre, porter le pied droit en arrière, en tour- 

' à^ Çn_t_ c/tuf ck. /> r^ç-yi^- nant un peu la pointe du pied gauche en dedans; 

" ,. , /^ '/ou.^^^ / A^^i^^*^ ^ • lïiettre le genou à terre à 20 centimètres, en 

/ . / 9 /J £- A^^-éf— arrière et à droite du talon gauche; baisser la 

-'ux^tc.'^ cc^ i^Tj^ 7^ ''^ pointedusabre jusqu'à terre, le bras demi-tendu, 

K i'^c-f/uni^ô^^^'^''^'^'''^^*^^^^'^'^'^^^ ongles en dessus; placer la main gauche à 

1 /' ' -> z. /• ^* coiffure, le dessus de la main contre la visière, 

"^^fic, A a^^^t^PL^^ ^.c^cc^u. -■ les doigts étendus etjoints, le coude élevé. 

^>^//^^c^ '^ocu. / UCU, U^,^ GenOtt==^ TERRE. 

^^r; /î.^ ^/ ^ ■c^/,^^^. pJr-- ^^ ^-- U^ ^^-^ ''■' '^^-'^- 

^ ^ ^ /? ^ y * I / y 



'/ 



r-.c^ 



ECOLE DU CAVALIER X PIED. 321 

Porter le sabre. 

2 temps. 

«*. Au commandement : Debout, se relever, 
rapporter le pied droit à côté du gauche, et 
reprendre la position de présenter le sabre. 

Au commandement : Portez = sabre, re- 
porter le sabre à l'épaule. 

1. - Debout. 

2. - Portez = SABRE. 

Emploi du sabre. 

G3. Les exercices qui suivent sont destines 
à préparer le cavalier à l'emploi de son sabre 
dans le combat à cheval. 

L'instructeur doit s'attacher à lui faire com- 
prendre qu'il importe d'attaquer avec vigueur 
en toute circonstance, et que l'emploi de l'arme 
blanche vis-à-vis d'un adversaire demande de 
la dextérité dans le poignet et de la souplesse 
dans le bras, plutôt que de la force. 

On fait usage du sabre en employant la pointe 
ou le tranchant, de préférence la pointe, et en 
tenant, dans tous les cas, la poignée de l'arme 
à pleine main. 

Les coups de pointe se portent vivement et 
à fond, en allongeant sans à-coup le bras de 
toute sa longueur. On les dirige vers la poitrine 
ou vers le flanc de l'adversaire. 



CCvJJ 









322 TITRE DEUXIÈME. 

Les coups de sabre se donnent en allongeant 
le bras de toute sa longueur, et en imprimant 
tout l'élan possible à la lame, qui doit frapper à 
partir du milieu et en sciant. Il faut, à cet effet, 
ramener le poignet quelque peu vers le corps en 
terminant le mouvement. Les coups de sabre 
portent sur la tète, sur le cou et sur la main 
de bride du cavalier. 

Les coups de pointe doivent être employés 
de préférence, comme exigeant moins de force, 
et comme ayant un résultat plus prompt, plus 
certain et plus décisif que les coups de sabre, 
qui s'emploient surtout pour se faire place dans 
la mêlée. 

64. Les cavaliers sont placés sur un rang, à 
3 mètres l'un de l'autre. 

En garde. 

Les cavaliers ayant le sabre à la main , au com- 
mandement : En garde, décrocher le fourreau, 
porter le pied droit à 70 centimètres du pied 
gauche, placer la main gauche comme il est dit 
(n° 261) pour la main de labride; porter en même 
temps la main droite en avant et un peu au- 
dessus de la main gauche, le petit doigt réuni 
aux trois autres, les ongles à gauche, le coude 
un peu détaché du corps, la pointe du sabre 
inclinée en avant, à hauteur et dans la direction 
de l'épaule droite, le tranchant à droite, plus 
bas que le dos de la lame. 
En garde. 



/cil ^cccy^cff\^ c^ ^^f /</ £..t_^.c^^ 
'du cavalikr à pied. 323^ ^^ 



.îxA-tw^^/ ^' ^' fc\< ^^ ;4/ît^ ^ ^^f/</é.^i^^.,>^^ — / ^i-i^i (--^ 




< ^//y c<j>^. ^ ^^ V '^ — 
La position en garde demeure subordonnée /Y X - 

à la direction de l'attaque, le cavalier devant ^^ 'u^ /C^*< ^^'^c/^ f ^/^^Yô^ 

toujours tenir la pointe de son sabre dans la / 

direction de son adversaire. tZ^ f^^/Y/'^^-^ — 

Porter le sahre. f7 ^ 

65. Rapporter le pied droit à côté du j^auche, 
accrocher le fourreau ,et prendre la position du ^^7 ^^/-^-^v» 
port du sabre. / 

Portez = SABRE. / 

66. Afin d'affirmer le principe de la supério- 
rité du coup de pointe sur le coup de .sabre, les 
exercices ci-dessous détaillés con)prennent deux 
coups de pointe, séparés par un coup de sabre. 
Ces exercices se composent de coups en avant, 
diriges légèrement vers la droite ou vers la 
gauche, et de coups de côté. 

On les exécute aux indications : Coups en 
avant vers la droite (ou vers la gauche), ou 
Coups de côté à droite (ou à gauche). Le cavalier, 
placé à la position en garde, revient, le mouve- 
ment terminé, à cette même position. 

Coups en avant. 

69. Diriger la pointe du sabre Icgcrement à 
droite en écartant un peu le poignet, et porter 
un coup de pointe dans la direction de la lame^ 
Ramener le poignet au-dessus de la tète, à droite, 
le coude ployé, le tranchant en l'air, la pointe 



324 TITRE DEUXIÈME. 

en arrière et à gauche, et donner un coup de 
sabre en avant et à droite, le bras décrivant un 
cercle qui ramène en garde. Porter un nouveau 
coup de pointe en avant et à droite, et revenir 
en garde. 

68. Diriger la pointe en avant et à gauche, en 
rapprochant le poignet du corps, et porter un 
coup de pointe dans la direction de la lame. 
Ramener le poignet au-dessus de la tète à droite , 
In pointe du sabre en arrière, et donner un coup 
de sabre en avant et à gauche, en faisant décrire 
au bras un cercle qui ramène à la position en 
garde. Porter un nouveau coup de pointe en 
avant et à gauche, et revenir en garde. 

Coups de côté. 

69. Tourner la tète à droite, diriger la pointe 
du sabre de ce côté , et porter un coup de pointe 
dans la direction de la lame. Ramener le poi- 
gnet au-dessus de l'épaule gauche, la pointe du 
sabre en arrière, et donner un coup de sabre 
horizontalement à droite; faire tourner la 
lame au-dessus de la lèle, baisser le poignet en 
fléchissant le coude, porter un nouveau coup 
de pointe à droite et se remettre en garde. 

90. Tourner la tète à gauche, diriger la 
pointe du sabre de ce côté, et porter un coup de 
pointe dans la direction de la lame. Ramener le 
poignet à droite, à hauteur de la tète, la pointe 
du sabre en arrière, et donner un coup de sabre 



ÉCOLE DO CAVALIER À PIED. 325 

horizontalement à gauche, laisser tourner la 
lame au-dessus de la tète; porter un nouveau 
coup de pointe à gauche, et se remettre en 
garde. 

Coups réunis. — Coups à volonté. 

îl. Lorsque les cavaliers exécutent bien cha- 
cun des coups qui précèdent, on les leur l'ai 
réunir deux à deux, à la simple indication: 
Coups en avant ou Coups de coté. 

Ï2. A l'indication : Coups à volonté, le ca- 
valier exécute à volonté les coups en avant, et 
les coups de côté, soit à droite, soit à gauche, 
jusqu'au conunandement : En garde. 

Exercice du mannequin. 

9 S. Lorsque les cavaliers ont été suffisam- 
ment exercés aux mouvements qui précèdent, 
l'instructeur les leur fait répéter sur un man- 
nequin, pour les amener à porter leurs coups 
dans une direction bien déterminée. 

Cette répétition n'implique point l'obligation 
de ne faire usage que des coups composés ci- 
dessus détaillés. L'instructeur doit, au contraire, 
décomposer chaque exercice, et insister sur 
chaque coup de pointe et sur chaque coup de 
sabre tout le temps nécessaire pour que le ca- 
\alier arrive à frapper exactement de la pointe' 
et du tranchant sur les points qui lui sont in- 
diqués. 



1 



32G TITRE DEUXIÈME. 

Le mannequin se compose d'un poteau soli- 
flement fixé dans le sol, à la partie supérieure 
duquel on établit une matelassure en toile rem- 
bourrée de foin. L'appareil a la taille d'un homme 
à pied, et porte, dans la partie qui simule le 
buste, des raies très apparentes, indiquant la di- 
rection à donner aux différents coups et les 
points sur lesquels ils doivent porter. 

La ligne T répond à la 
tète; eg représente l'épaule 
gauche; e d l'épaule droite; 
pp la poitrine. 

L'instructeur place le cava- 
lier près du mannequin dans 
les différentes positions dans 
lesquelles deux cavaliers, s'a- 
bordant achevai, pouiraient 
se rencontrer. 

Les coups de pointe se 
portent sur la bande p p ; les 
coups de sabre se donnent sur 
la tète ou sur les épaules. On 
dirige ces derniers diagona- 
lement, quand on applique 
les coups en avant; horizon- 
talement, lorsqu'on emploie 
les coups de côté. 
La mise en garde, précédant l'exécution des 
divers mouvements, comporte naturellement le 
placement de la pointe du sabre dans la di- 
rection de l'objectif. 



ÉCOLE DTI CAVALIEU À PIED. 327 

Maniement de la carabine. 

■74. L'instructeur ne s'attache d'abord qu'à 
l'exécution des niouvements, et n'exige pas que 
les cavaliers s'occupent de la cadence , à laquelle 
on ne les astreint que progressivement et lors- 
qu'ils sont lanuliarisés avec le maniement de 
leur arme. 

Principes du port d'arme. 

ÏS. Le cavalier étant placé comme il est 
expliqué dans le travail sans armes, l'instruc- 
teur lui fait ployer légèrement le bras droit, et 
place la carabine de la manière suivante : 

L'arme dans le bras droit et au défaut de l'é- 
paule , le canon en arrière et d'aplomb , le bras 
droit presque allongé ; la main droite embras- 
sant le chien et la sous-garde, le pouce au-dessus 
de la sous-garde, le premier doigt dessous, le 
petit doigt au-dessus de la crête du chien, les 
autres au-dessous ; la crosse à plat le long de la 
cuisse droite, le bras gauche pendant naturel- 
lement, comme il est prescrit (n° 26). 

»©. Le maniement de la carabine est montré 
dans la progression suivante : 

Présenter l'arme. 

i temps , 2 mouvements. 

ïï. Porter l'arme, avec la main droite, d'à- 



328 TITIUÎ nEIJKiÈME. 

plomb vis-à-vis le milieu du corps, la baguette 
en avant; empoigner en même temps brusque- 
ment l'arme avec la main gauche, à hauteur de 
la hausse, le pouce allongé le long du canon 
contre la monture, l'avant-bras collé au corps 
sans être gêné, la main à hauteur du coude. 

2. Empoigner l'arme avec la main droite au- 
dessous et contre la sous-garde. 

Présentez — arme. 

Porter l'arme. 

1 temps, 2 mouvements. 

9 S. Tourner la main droite pour embrasser 
le chien et la sous-garde; porter l'arme avec 
cette main d'aplomb contre l'épaule droite; 
glisser la main gauche à hauteur de l'épaule, les 
doigts ouverts et joints, le bras droit presque 
allongé. 

2. Laisser tomber vivement la main gauche 
dans le rang. 

Portez = x'RUE. 

Reposer l'arme. 

I temps, a mouvements. 

79. Saisir brusquement l'arme avec la main 
gauche, à hauteur de l'épaule, la détacher en 
même temps avec la main droite; lâcher l'arme 
de cette main, la descendre de la main gauche, 
la ressaisir avec la main droite au-dessous de la 



ÉCOLE DU CAVALIER A PIED. 329 

grenadière, le petit doigt derrière le canon, 
l'arme d'aplomb, la main droite appuyée à la 
hanche, le talon de la crosse dirigé sur le côté 
de la pointe du pied droit, et laisser tomber 
vivement la main gauche dans le rang. 

2. Poser la crosse à terre sans frapper; ache- 
ver d'allonger le bras droit, et prendre la posi- 
tion du cavalier reposé sur l'arme. 

La main basse, le canon entre le pouce et le 
premier doigt allongé le long de la monture, 
les trois autres doigts allongés et joints, le bout 
du canon à environ 5 centimètres du bras 
droit, la baguette en avant, le talon de la crosse 
à côté et contre la pointe du pied droit, l'arme 
d'aplomb. 

Reposez = .\nME. 

Porter l'arme. 
1 temps, 2 mouvements. 

80. Élever l'arme verticalement avec la main 
droite à hauteur du teton droit, vis-à-vis de l'é- 
paule, à 5 centimètres du corps, le coude droit 
y restant joint; saisir l'arme de la main gauche, 
au-dessous de la main droite , et descendre aus- 
sitôt la main droite pour embrasser le chien et 
la sous-garde , en appuyant l'arme à l'épaule , le 
bras droit presque allongé. 

2. Laisser tomber vivement la main gauche 
dans le rang. 

Portez — AmiE. 



330 TITRE DEUXIÈME. 

L'arme sur l'épaule droite. 

1 temps, 3 mouvements. 

81. Élever l'arme avec la main droite verti- 
calement, vis-à-vis de l'épaule, la baguette en 
avant; la saisir avec la main gauche à hauteur 
de la hausse; continuer de l'élever avec cette 
main, qui s'arrête à hauteur de l'épaule, en 
même temps que la main droite se place sur 
le plat de la crosse, le bec entre les deux pre- 
miers doigts, les autres sous la crosse. 

2. Placer l'arme sur l'épaule droite, le levier 
en dessus, en la faisant glisser dans la main 
gauche. 

3. Laisser tomber vivement la main gauche 
dans le rang. 

Ar?ne sur l' épaule = droite. 

Porter l'arme. 

\ temps, 3 mouvements. 

82. Redresser l'arme verticalement en allon- 
geant vivement le bras droit de toute sa lon- 
gueur, la baguette en avant; saisir en même 
temps l'arme avec la main gauche, à hauteur 
de la hausse. 

2. Abandonner la crosse de la main droite, 
qui embrasse aussitôt le chien et la sous-garde; 
achever de descendre l'arme avec la main 



ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 331 

droite, glisser la main gauche à hauteur de 
l'épaule, les doigts ouverts et joints. 

3. Laisser tomber vivement la main gauche 
dans le rang. 

Portez = ARME. 

83. Les cavaliers étant reposés sur l'arme, 
l'instructeur leur fait mettre l'arme sur l'épaule 
droite , par les commandements et les moyens 
prescrits pour exécuter ce mouvement lorsqu'ils 
sont au port d'arme. 

Reposer l'arme. 

1 temps, 3 mouvements. 

84. Premier mouvement : comme il est pres- 
crit (n" 82). 

2. Lâcher la crosse de la main droite; des- 
cendre l'arme avec la main gauche le long et 
près du corps, la saisir au-dessous de la grena- 
dière avec la main di'oite, qui est appuyée à la 
hanche, et laisser tomber vivement la main 
gauche dans le rang. 

3. Comme il est prescrit (n° 79). 

iiep»5ez = ARME. 

Genou à terre. 

1 temps. 

85. Les cavaliers étant à la position de pré- 
senter l'arme , porter le pied droit en arrière, en 
tournant un peu la pointe du pied gauche en 



332 TITRE DEUXIÈME. 

dedans; mettre le genou à terre à 20 centi- 
mètres en arrière et à droite du talon gauclie , 
l'avant-bras gauche appuyé sur la cuisse ; laisser 
glisser la crosse jusqu'à terre sans frapper, et 
abandonner l'arme de la main droite, qui se 
place à la coiffure, le dessus de la main contre 
la visière, les doigts étendus et joints, le coude 
élevé. 

Genou = terre. 

Porter l'arme. 

a temps. 

86. Au commandement : Debout, se relever, 
rapporter le pied droit à côté du gauche, et 
reprendre la position de présenter l'arme. 

Au commandement: Portez = aï^ue , reporter 
l'arme à l'épaule. 

i. - Debout. 

2. - Portez = AWME. 

87. Les cavaliers éï&xû reposés sur l'arme : 

Ii'arme à la grenadière. 

1 temps. 

Détendre la bretelle avec les deux mains, sou- 
tenant l'arme avec le bras droit; la saisir à hau- 
teur de la hausse avec la main droite, le pouce 
allongé sur le bois; l'élever en travers au-dessus 



ÉCOLE DU CAVAr.lEli À PIED. 333 

de la tète, le levier en dessus, le bout du canon 
à gauche et plus élevé que la crosse, la bretelle 
pendante ; passer la tète et le bras droit entre la 
bretelle et l'arme, qu'on laisse tomber à droite; 
placer la main droite sur la crosse pour la chas- 
ser en arrière, et replacer cette main sur le côte. 

Grenudière = arme. 

Reposer l'arme. 

1 temps. 

88. Saisir l'arme à la poignée avec la main 
droite, la tirer en avant pour passer le bras 
droit entre le corps et l'arme; la saisir avec la 
même main à hauteur de la hausse, le pouce 
allongé sur le bois; l'élever, la passer en travers 

par-dessus la tète; poser la crosse à terre à côté c ._^ 

et contre la pointe du pied droit; tendre labre- yT-»/ i.^ ^-^,0 

telle, et prendre la position du cavalier reposé j ' 

sur l'arme. 

Reposez = arme. 

Charge en quatre temps. 

80. Les cavaliers étant au porl d'urine ou re- 
posés sur l'arme : 

Charger l'arme. 

1 temps, 2 mouvements. 
J. Elever larme avec la main droite, la sai- 



334 TITRE DEUXIÈME. 

sir avec la main gauche , le pouce sur la hausse , 
puis à la poignée avec la main droite, la main 
gauche à hauteur du coude; faire un derai-à- 
droite sur le talon gauche , porter en même temps 
le pied droit à 3o centimètres en arrière et à 
20 centimètres sur la droite, la pointe du pied 
un peu rentrée. 

2. Abattre l'arme avec les deux mains, le 
pouce de la main gauche allongé le long du 
bois, l'extrémité des autres doigts ne dépassant 
que légèrement les bords de la monture, sans 
toucher le canon; la crosse sous l'avant-bras 
droit, la poignée de l'arme contre le corps, à 
environ lo centimètres au-dessous du teton 
droit, le bout du canon à hauteur de l'épaule; 
saisir le levier avec la main droite, entre le 
pouce et le premier doigt ployé. 

1. - Charge en quatre temps. 

2. - Chargez = arme. 

Ouvrir le tonnerre, 
1 temps. 

90. Armer en tournant le levier de droite à 
gauche, le ramener en arrière sans brusquerie, 
porter la main à la giberne et saisir la car- 
touche par l'étui à poudre. 

Ouvrez = tonnerre. 



ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 335 

Cartouche dans le canon. 

1 temps. 

91. Porter la cartouche dans l'échancrure, 
la balle en avant; l'introduire dans la chambre 
en l'accompagnant avec le pouce; saisir le levier 
avec la main droite, entre le pouce et le premier 
doigt ployé. 

Cartouche = canon. 

Fermer le tonnerre. 

1 temps. 

92. Pousser doucement la culasse mobile, 
rabattxe vivement et complètement le levier à 
droite, saisir l'arme à la poignée avec la main 
droite, le premier doigt allongé le long du pon- 
tet. 

Fermez = tonnerre. 

93. Les armes étant chargées : 

Porter l'arme. 

2 temps. 

l. Au commandement: Portez, désarmer; à 
cet efïet, fixer les yeux sur la boite, saisir le 
levier avec la main droite, le tourner pour ame- 
ner le renfort dans le prolongement du pan 



330 TITRE DEUXIÈME. 

intermédiaire droit de la boite; tenir l'arme so- 
lidement avec la main droite à la poignée; pla- 
cer la main gauche sous la boite de culasse, 
les doigts en avant de l'échancrure, leur extré- 
mité sous le levier, pour l'empêcher de se ra- 
battre; placer le pouce en travers sur le chien, 
le premier doigt en avant de la détente , les autres 
en arrière et contre la sous-garde; presser sur 
la détente ; conduire avec précaution le chien 
au cran de sûreté en le retenant avec le pouce , 
et saisir l'arme à la poignée avec la main droite 
et à hauteur de la hausse avec la main gauche. 
2. Au commandement : Arme, redresser vive- 
ment l'arme et prendre la position du cava- 
lier au port d'arme. 

i . - Portez. 

2. - ARME. 

Charge à volonté. 

94. La charge à volonté s'exécute comme la 
charge en quatre temps, sans s'arrêter sur aucun 
temps. 

Les cavaliers étant au port d'arme ou reposés 
sur l'arme, l'instructeur commande: 

1 . - Charge à volonté. 
1. - Chargez = arme. 

95. Les armes étant chargées, l'instructeur 
commande: Portez = arme, ce qui s'exécute 



ÉCOLE DU CAVALIEU X PIED. 337 

coimiic il est prescrit, après la charge en quatre 
temps (n" C)3). 

96. Lorsque la charge est exécutée sur deux 
rangs, les cavaliers du second rang appuient de 
10 centimètres à droite, aux commandements : 
Charge en quatre temps, ou : Charge à volonté, 
qu'ils soient à la position du cavalier au port 
d'arme ou reposés sur l'arme. Ils se replacent à 
leur chef de file après l'exécution du mouve- 
ment de porter l'arme. 

Autant que possible, les armes ne doivent 
être chargées qu'au moment où l'on veut faii-e 
feu. 

Déchargement de l'arme. 

Ht. Faire glisser la main gauche le long du 
Ijois; ouvrir le tonnerre sans brusquer le nïou- 
\cment; placer le pouce de la main gauche au- 
dessus de l'cchancrure de la boite de culasse, 
pour empêcher la cartouche de tomber à terre ; 
prendre la cartouche avec la main droite et la 
remettre dans la giberne. 

Opérer de la même manière pour empêcher 
un étui vide d'être projeté à l'extérieur, lors- 
qu'on ouvre le tonnerre. 

Dans les cas exceptionnels , lorsqu'il sera 
nrcessaire de recourir à la baguette, ouvrir le 
loimerre, s'assurer que le percuteur ne fait 
pas saillie sur la tête mobile; poser la crosse à 



338 TITRE DEUXIÈME. 

terre entre les pieds, l'arme un peu inclinée en 
avant; tirer la baguette, l'introduire dans le 
canon, la laisser tomber sur la cartouche, en 
ouvrant la main, pour éviter tout risque d'ac- 
cident; remettre la baguette. 

Positions du tireur. 

Position du tireur debout ^^K 

»8. Les armes étant chargées, le chien au 
d'an de sûreté et les cavaliers au porl d'arme 
ou reposés sur l'arme : 

Apprêter l'arme. 

1 temps, 3 mouvements. 

Premier et deuxième mouvements, comme 
les deux mouvements du premier temps de la 
charge (n" 8g). 

3. Armer en tournant le levier de droite à 
gauche, puis le rabattre complètement à droite; 



i') Les positions du tireur et les mouvements déjoue et 
'Je feu ne doivent être exécutés qu'après les ^exercices pré- 
paratoires prescrits dans le Manuel de tir commun à toutes 
les armes. 

Le Manuel donne également les règles à observer dans le 
tir à la cible. 



ÉCOLE DU CAVAMER A PIED. 3 .'5 9 

saisir l'arme à la poignée, avec la main droite, 
le premier doigt allongé le long du pontet. 

1. - Position du tireur debout. 
3. -Apprêtez =armb. 

Porter l'arme. 

a temps. 

î>9. Comme il est prescrit après la charge 

(""93). 

1 . - Portez. 

2. -ARME. 

lOO. Les armes étant chargées et les ca- 
valiers à la position du tireur debout: 

En joue. 

1 temps. 

A l'indication : A [tant de) mètres , disposer la 
hausse pour la distance indiquée. 

Au commandement: Joue, élever l'arme avec 
les deux mains, sans hrusquer le mouvement, 
le corps restant d'aplomb ; appuyer fortement 
la crosse contre l'épaule, le coude gauche 
abattu, le droit à hauteur de l'épaule, fermer 
l'œil gauche, prendre la ligne de mire et la 
diriger sur le but, en penchant le moins possi 



3'l0 TITUE DEUXIÈME. 

blc la tèle à droite et en avant; la main droite 
embrassant fortement la poignée; la deuxième 
phalange du premier doigt de la main droite en 
avant et contre la détente. 

1 . -A (tant de) mètres. 

2. - JOUE. 

Feu. 

i temps. 

lOI. Faire partir le coup en achevant de 
fermer le doigt sans brusquerie, la tète et le 
corps restant immobiles. 

Feu. 
lOS. Les cavaliers ayant fait feu: 

Charger. 

1 temps. 

Retirer vivement l'arme, prendre la position 
du second mouvement du premier temps de la 
charge, et exécuter la charge à volonté. 

Chargez. 

103. Si l'instructeur veutli\ire porter l'arme 
au lieu de la faire charger : 

Porter l'arme. 

2 temps. 

1. Au commandement: Pouïkz, prendre la 
position du second mouvement du premier temps 



École do cavalier à pied. 3^ I 

de la charge, retirer Tétui du canon, désarmer 
et saisir l'arme à la poignée. 

2. Au commandement : Arme, porter l'arme 
eii revenant face en avant. 

1. - Portez. 

2. - Arme. 

1©4. Les cavaliers étant à la position de 
joue : 

Replacer l'arme. 

i temps. 

Reprendre la position du dernier temps de la 
charge. 

Beplacez = arme. 

Si, après avoir replacé larme, on veut la faire 
porter, on se conforme à ce qui est prescrit 
après la charge. Les cavaliers rabattent la hausse , 
s'il y a lieu, après avoir désarmé. 

Position du tireur à genou. 

105. Les ai'mcs étant chargées, le chien au 
cran de sûreté et les cavaliers au port d'arme : 

Apprêter l'arme. 

1 temps , 3 mouvements. 

1. Faire un demi-à-droite sur le talon gauche, 
porter le milieu du pied droit à environ 3o cen- 




342 TITRE DEUXIÈME. 

timètres en arrière, et i5 centimètres à droite 
du talon gauche, suivant la taille de l'homme, 
les épaules effacées et la tète directe. 

2. Mettre le genou droit à terre , poser la 
crosse à terre sans frapper, s'asseoir sur la 
jambe droite en tournant le talon en dedans; 
saisir l'arme avec la main gauche, à hauteur de 
la hausse, et avec la main droite, à la poignée. 

3. Abattre l'arme avec les deux mains , l'avant- 
bras appuyé sur la cuisse gauche, la crosse 
touchant la cuisse droite; armer, en tournant le 
levier de droite à gauche, puis le rabattre com- 
plètement à droite; saisir l'arme à la poignée, 
avec la main droite, le premier doigt allongé 
le long du pontet. 

1 . - Position du tireur à yenou. 

2. - AppJ-èteZ = ARME. 

Lorsque les cavaliers ont le sabre , ils le sai- 
sissent avec la main gauche et le ramènent en 
avant, en exécutant le premier uiouvement. 

Porter l'arme. 

2 temps. 

lOC. Au commandement : Portez, désarmer, 
saisir l'arme à la poignée, et redresser vivement 
larme. 

2. Au commandement: Arme, se relever et 
reprendre là position du port d'arme. 

1 . - Portez. 

2. - Arme, 



ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 343 

Si la position du tireur à genou est prise en 
partant de celle du cavalier reposé sur l'arme , la 
crosse reste appuyée à terre pendant l'exécution 
du premier mouvement. 

lOV. Les armes étant chargées et les cava- 
liers à la position du tireur à genou : 

En joue. 

1 temps. 

A l'indication: A [tant de) mètres, disposer la 
hausse pour la distance indiquée. 

Au commandement: Joue, placer le coude 
gauche sur la cuisse et près du genou; faire 
glisser en même temps l'arme dans la main 
gauche, qui vient se placer contre le pontet, le 
poignet légèrement en dedans, l'arme main- 
tenue entre le pouce et les quatre doigts réunis 
sur la main droite ; appuyer la crosse contre 
l'épaule; prendre la ligne de mire et la diriger 
sur le but, en penchant le moins possible la 
tète à droite et en avant, la main droite em- 
brassant fortementla poignée, la deuxième pha- 
lange du premier doigt de la main droite en 
avant et contre la détente. 

1.-4 (tant de) mètres. 

2. - JOUE. 

Tous les hommes, par suite de leur confor- 
mation, ne peuvent pas prendre la position à 



344 TrTRE DEUVIÈME. 

genou de la même manière ni par les mêmes 
moyens. L'instiMicleur leur fait prendre la posi- 
tion qui leur est la plus commode poni- le tir, 
tout en cherchant à se rapprocher le plus pos- 
sible de la position indiquée plus haut. 

Sur le terrain, l'instructeur apprend aux ca- 
valiers à profiter des dilYérences de niveau du 
sol, pour remédiera leurs défauts de conforma- 
tion. 

Les cavaliers étant à la position enjoué, le 
feu s'exécute comme il est prescrit debout. 

108. Les cavaliers ayant fait feu, au com- 
mandement: (lUARGEz, retirer vivement l'arme, 
et charger dans la position du tireur à (/cnou. 

409. Si l'instructeur veut faire porter les 
armes au lieu de les faire charger : 

Porter l'arme. 

t temps. 

1. Au commandement : Portez, prendre la 
position du troisième mouvement d'apprêter 
l'arme, étant à genou, retirer l'étui du canon, 
désarmer, saisir l'arme à la poignée, et redres- 
ser vivement l'arme. 

2. Au commandement : Abaie, se relever et 
reprendre la position du port d'arme. 

1. - Portez. 

2. - Arme. 



ÉCOLE DU CAVALIER A PIED. 345 

I lO. Les cavaliers étant à la position dejoite; 

Replacer l'arme. 

1 temps. 

Reprendre la position du troisième mouve- 
ment d'apprêter l'arme. 

Beplacez = arme. 

Après avoir fait replacer l'arme, l'instructeur 
la fait porter, ou fait reprendre la position en 
joue. 

i i 1. Au dernier mouvement de la position du 
tireur debout ou à genou, les cavaliers chargent 
leurs armes, si elles ne le sont dt^à. 

Lorsque les cavaliers sont sur deux rangs, 
ceux du second rang appuient d'environ 1 5 cen- 
timètres à droite, au commandement de Position 
du tireur, qu'ils soient au port d'arme ou repo- 
sés sur l'arme. Ils se replacent à leur chef de 
fde après l'exécution du mouvement de porter 
l'arme. 

Position du tireur couché. 

112. Se coucher sur le ventre, ohliquement 
au l)ut, les deux coudes servant d'appui et rap- 
prochés le plus possible; soutenir l'arme de ma- 
nière que le bout du canon ne soit pas appuyé 
à terre, tout corps étranger introduit dans 



34G TITRE DEUXIÈME. 

Tarme, surtout près de ia bouche, pouvant 
amener la rupture du canon. 

Cette position, dépendant essentielienienl de 
la conformation de l'homme, ne peut être régle- 
mentée d'une lîianière absolue. Les cavaliers 
doivent éviter avec soin d'épaulersurla clavicule. 

113. Les cavaliers étant dans la position du 
tireur couché doivent, pour charger, s'appuyer 
sur l'avant-bras gauche. 



Inspection des armes. 

1 temps. 

tl4. Prendre la position du second mouve- 
ment du premier temps de la charge, ouvrir le 
tonnerre, mettre le chien au cran de départ, 
pour faire sortir le percuteur, et saisir l'ai'me à 
la poignée. 

Inspection = arme. 

L'instructeur inspecte ensuite successivement 
l'arme de chaque cavalier, en passant devant le 
rang. Chaque cavalier, à mesure que l'instruc- 
teur passe devant lui , redresse son arme avec 
les deux mains, le tonnerre en avant, et se 
remet face en avant. Après l'examen de l'in- 
structeur,, il reprend la position du cavalier re- 
posé sur l'arme, après avoir fermé le tonnerre 
et désarmé , dans la position du second mouve- 
ment du premier temps de la charge. 



ÉCOLE DU CAVALIER À PIED. 347 

Maniement du pistolet-revolver. 

115. Les cavaliers sont à la position du ca- 
valier à pied, le revolvei' dans son étui. 

Haut le pistolet. 

1 temps. 

Ouvrir l'étui du revolver et saisir l'arme à la 
poignée avec la main droite, la retirer de la 
gaine, l'élever, la porter à hauteur et à lo cen- 
timètres de l'épaule droite , le bout du canon en 
l'air, la sous-garde en avant, le premier doigt 
allongé contre le pontet. 

Haut = PISTOLET. 

Replacer le pistolet. 

1 temps. 

116. Abaisser le pistolet et le remettre dans 
la gaine de l'étui avec la main droite. 

Replacez = pistolet. 

117. Le cavalier étant à la position de haut 
le pistolet : 

Charger le pistolet. 

1 temps. 

Abaisser le pistolet vis-à-vis le milieu du corps , ' 
le bout du canon dirigé vers la terre et à 
gauche; placer le canon dans la main gauche 



/X 



348 TITRE DEUXIÈME. 

(rt cheval sans quitter les rênes); mettre le chien 
au cran de sûreté, et ouvrir la porte avec le 
pouce de la main droite; introduire successive- 
ment les cartouches dans leur chambre , en fai- 
sant tourner le barillet de gauche à droite, avec 
le premier doigt de la main droite; fermer la 
porte, s'assurer que la rotation du Iwrillet n'est 
pas gênée, et faire haut le pistolet. 

Chargez = pistolet. 

Déchargement de l'arme. 

118. Détacher la baguette de son tenon et 
mettre le chien au cran de sûreté. Placer le pis- 
tolet à plat dans la main gauche, la baguette 
en dessus; chasser les douilles ou les cartouches 
avec la baguette, que Ton manie de la main 
droite, la main gauche tournant le barillet de 
gauche à droite. 

Position du tireur. 

119. L'arme étant chargée et le cavalier à 
la position de haut le pistolet : 

Apprêter le pistolet. 

1 temps. 

Faire un demi-à-gauche, de manière à s'effacer 
en avançant l'épaule droite; abattre le pistolet 
dans la main gauche, qui le saisit entre le pouce 



ÉCOLE DU GAVAUEIl À PIED. 34 U 

et le premier doigt, en avant du barillet; armer 
et faire haut le pistolet. 
Apprêtez = pistolet. 

En joue. 

1 temps. 

120. Abaisser le pistolet le bras demi-tendu; 
placer la deuxième phalange du premier doigt 
de la main droite en avant de la détente, et viser 
à hauteur de ceinture d'homme, sans baisser la 
tête. La main droite doit embrasser la crosse so- 
lidement et le plus haut possible. 
Joue. 

Le cavalier dans cette position fait feu, ou 
revient à la position de haut le pistolet, au 
commandement de l'instructeur. 

181. Pour faire feu, le cavalier doit appuyer 
très progressivement son doigt sur la détente, 
de manière à ne pas déranger son arme. Le 
coup parti, il est essentiel de laisser la détente 
revenir librement sur elle-même, en ouvrant le 
premier doigt le plus possible. 

Cette observation , applicable au tir inter- 
mittent, dans lequel on arme après chaque coup, 
en agissant sur la crête du chien avec le pouce 
de la main droite, le premier doigt engagé dans 
le pontet et en avant de la détente, se rapporte 
également au tir continu, dans lequel le cavalier 
arme et ditermine le départ par la simple 
pression du doigt sur la détente. 



350 TITRE DEUXIÈME. 

Dansletirintermit1ent,le cavalier, après avoii" 
fait feu, reprend la position de haat le pistolet. 

188. Lorsque l'instructeur veut faire exécuter 
le tir continu, le cavalier étant à la position de 
haut le pistolet, il fait précéder le commande- 
ment : Joue, de l'indication : Tir continu. 

183. L'enrayage du revolver se produit lors- 
que le barillet ayant tourné trop rapidement, 
son mouvement est en avance sur celui de la 
came de la détente. Cette came vient s'arc- 
bouter contre le renfort du barillet, entre deux 
échancrures, et oppose alors une résistance in- 
surmontable, soit pour le doigt qui presse sur 
la détente, soit pour le pouce qui agit sur la 
crête du chien. Lorsque cet accident se présente, 
le cavalier doit éviter d'augmenter son effort en 
raison de la résistance qu'il rencontre. Il ftmt 
alors cesser d'appuyer sur la détente, laisser 
tomber le chien au cran de sûreté , tourner s'il 
est nécessaire le barillet en sens contraire de 
sa rotation habituelle, et recommencer la ma- 
nœuvre de l'arme. 

Tir du revolver. 

184. Le tir du pistolet-revolver est exécuté 
suivant les principes indiqués pour la carabine, 
mais à de très courtes distances, lo à 20 mètres 
seulement. 

On fait exécuter le tir continu après le tir in- 
termittent. 



ÉCOLE DU PELOTON À PIED. 351 



ECOLE DU PELOTON A PIED. 



125. Les principes prescrits à ïécole du 
peloton à cheval sont applicables au peloton 
travaillant à pied, sauf les uiodiGcations qui 
sont la conséquence naturelle de celte situa- 
tion. 

La tenue des cavaliers et la composition 
du peloton sont les mêmes qu'à l'école à cheval 
correspondante (cuirassiers sans cuirasse). 

Les mouvements s'exécutent au pas accéléré, 
les cavaliers au port d'arme, ou à la position de 
l'arme sur l'épaule droite [reposez le sabre). 

Le pas gymnastique peut être également 
employé, mais l'instructeur ne doit en user 
qu'avec modération. 

1:86. Toutes les t'ois que les cavaliers, armés 
de la caralnne, sont reposés sur l'arme, au com- 
mandement : Marche , ils portent l'arme sur 
l'épaule droite en se mettant en marche. 

L'instructeur peut, en arrêtant le peloton, 
ramener les cavaliers, armés de la carabine, à 
la position du cavalier reposé sur l'arme, mais il 
doit, dans ce cas, les prévenir du mouvement à 
exécuter (n°84) avant de commander : Halte. 



352 TITUE DEUXIÈME, 

Alignement. 

Ouvrir et serrer les rangs. 

Reculer. 

Maniement des armes. 

Feux. 

Marche directe en bataille. 

Conversions. 

Marche oblique individuelle. 

Colonne par quatre. 

Colonne par le flanc. 

Alignement. 

I2Î. Les cavaliers étant au port d'arme ou 
reposés sur l'arme (n" 55, 76, 69, 79), l'instruc- 
teur aligne le peloton suivant les principes pres- 
crits à Vécole (la pelolon à cheval. 

Les cavaliers placent la main gauche sur la 
hanche, au commandement: Alignement; s'éta- 
blissent sur la ligne, en donnant un coup d'œil 
à droite et à gauche , et replacent la main dans 
le rang, au commandement : Fixe. 

Ouvrir et serrer les rangs. 

128. Comme il est prescrit à Vécole du. pe- 
loton à cheval; ie deuxième rang se porte à 
3 mètres en arrière; le serre -file recule de 



ÉCOLE DU PELOTON X PIED. 353 

manière à se trouver à 3 mètres du deuxième 
rang; le guide se porte à 3 mètres en avant 
et fait face au centre du peloton. Le mouve- 
ment s'exécute, les cavaliers AU port d'arme ou 
reposés sur l'arme. 

Reculer. 

18». Comme à ïécole du peloton à cheval , 
les cavaliers marchent le pas en arrière. 

Maniement des armes. 

130. Le peloton est exercé au maniement 
des armes, à rangs ouverts et à rang serrés, 
suivant les principes prescrits à Vccole du cava- 
lier à pied. 

L'instructeur s'attache à donner de l'enseuible 
aux cavaliers , et veille à ce que les mouvements 
s'exécutent vivement et près du corps. 

131. Le guide passe derrière le rang, au pre- 
mier commandement de la charge, et reprend 
sa place devant le peloton après le mouvement 
de porter l'arme. 

138. Le peloton étant à rangs serrés, au 
premier commandement des mouvements: 5a6re 
à la main ou Remettre le sabre, le deuxième rang 
se porte à 3 mètres en arrière, et après avoir 
porté le sabre à l'épaule, ou l'avoir remis dans le 
fourreau, il serre à sa distance, sans comman- 
dement. 

23 



354 TIXn£ DEUXIEME. 

Pendant le mouvement, le guide se porte à 

3 mètres en avant, et le serre-file à la même dis- 
tance en arrière; le mouvement terminé, l'un 
et l'autre reprennent leur place. 

133. Les mouvements détaillés à Vécole du 
cavalier à pied (n°' 63 à 73) ne s'exécutent qu'à 
files ouvertes; l'instructeur fait à cet effet ouvrir 
les rangs, et commande ensuite: Ouvrez les files, 

MARCHE. 

Le cavalier qui marque le centre de chaque 
rang reste immobile; les autres cavaliers exé- 
cutent : ceux d(3 droite, un à -droite; ceux de 
gauche, un à -gauche, et se portent en avant. 
Chacun d'eux s'arrête et fait front par un à- 
gauche, ou par un à-droite, lorsqu'il est à 

4 mètres de son voisin du côté du centre, et 
s'aligne de ce côté. 

Les cavaliers du deuxième rang se placent 
exactement derrière leur chef de file. 

134. Pour faire serrer les files, l'instructeur 

commande : Serrez les files, marche. Les cava- 
liers de chaque rang, à l'exception de celui du 
centre, exécutent un à -gauche, ou un à-droitc, 
se portent droit devant eux, et se replacent dans 
le rang, en s' alignant du côté du centre. 

Feux. 

135. Les feux sont toujours exécutés de pied 
ferme. Les hommes doivent prendre l'habitude 



ÉOCLE DU PELOTON À PIED. 355 

de viser attentivement , en appliquant les prin- 
cipes de tir; ils doivent pouvoir rendre compte 
du nombre de coups qu'ils ont tirés. L'instruc- 
teur les interroge sur ce point; il indique le but 
et la hausse, et les fait varier souvent. 

136. Lorsque l'instructeur veut faire tirer 
quelques hommes seulement, il les désigne no- 
minativement. Ces hommes tirent à volonté, 
mais sans précipitation. L'instructeur augmente 
ou diminue pi'ogressivcment l'intensité du feu, 
en faisant varier tantôt la rapidité du tir, tantôt 
le nombre des tireurs. 

Au premier commandement des feux , le guide 
se conforme à ce qui est prescrit (n° loi ). 

13*. Pour faire exécuter un feu sur tout le 
front , l'instructeur commande : 

i. - A (tant de) mètres. 

2. - COMMENCEZ LE FEU. 

Le commandement indique seulement qu'il 
est permis de tirer. 

Les cavaliers commencent le feu à volonté, 
mais sans précipitation. 

138. Pour donner au feu sa plus grande in- 
tensité, l'instructeur commande: 

FEU RAPIDE. 

Les hommes tirent rapidement, mais sans 

u3. 



356 TITKE DEUXIÈME. 

cesser de viser. Ce feu ne comporte que l'em- 
pioi de la hausse de 200 mètres. 

139. L'instructeur fait fréquemment exécuter 
des feux de salve par les cavaliers réunis sur un 
ou sur deux rangs ; à cet effet, il commande: 

1. - Feu de peloton. 

2. - Position du. tireur. 

3. - Apprêtez — armes. 

[\. - A (tant de) mètres, =joue. 

5. - FEU. 

C. - CHARGEZ. 

Marche directe en bataille. 

t40. La marche du peloton en hataiiie s'exé- 
cute suivant les principes prescrits à Yécole du 
peloton à cheval. 

L'instructeur veille à ce que chaque cavalier 
conserve toujours l'intervalle qui doit le séparer 
de son voisin du côté du centre. Le cavalier 
doit céder à la pression qui pourrait venir de 
ce côté, et résister à celle qui viendrait du côté 
opposé, reprendre insensiblement son inter- 
valle, dans le cas où il l'aurait perdu, et ne 
regagner l'alignement que peu à peu, en allon- 
geant ou raccourcissant le pas, s'il s'aperçoit 
qu'il est trop en avant ou trop en arrière. 

141. Le peloton étant en bataille, pour faire 
face en arrière, l'insti'ucteur commande : Cava- 
liers demi-tour, droite. 



ÉCOLE DU PELOTON À PIED. 357 

L'instructeur exerce le peloton en marche à 
faire face en arrière et à se remettre face en 
tête sans arrêter. On lui apprend également à 
s'arrêter en faisant demi-tour (n" /19). 



Conversions. 

148. Les principes des conversions indiqués 
à ïécole du peloton à cheval sont applicables au 
peloton à pied. 

143. Dans les convei'sions à pivot fixe, le 
guide règle sa marche de manière que le centre 
du peloton se trouve exactement derrière lui, et 
à un pas de distance, au moment où la con- 
version s'achève; le gradé placé au pivot tourne 
sur lui-même, en marquant le pas; les cavaliers 
du deuxième rang appuient vers l'aile mar- 
chante, de manière à se maintenir pendant toute 
la conversion exactement derrière leur chef de 
fde. 

144. Dans les conversions à pivot mouvant, 
le guide converse en raccourcissant le pas , de 
manière que l'aile marchante conserve le pas 
de 70 centimètres; tous les cavaliers raccour- 
cissent le pas en raison de leur éloignement de 
l'aile marchante. L'arc de cercle que le guide 
doit parcourir dépend des circonstances; il est 
habituellement de 5 mètres de rayon. 



?i5S TITRE DEUXIÈME. 

Marche oblique individuelle. 

145. Le mouvement s'exécute comme il est 
prescrit à V école du peloton à cheval; le guide, 
les gradés d'encadrement et tous les cavaliers 
exécutent à la l'ois un demi-à-droite [ou denu'- 
à-gauche) en marchant. 

Colonne par quatre. 

146. Le peloton étant ou marchant en ba- 
taille , on le rompt en colonne par quatre , aux 
commandements: Quatre Ji les à droite {ou à 
(/rtfic/ie), MARCHE. Chaque fraction de quatre llles 
converse suivant les principes prescrits pour 
les conversions à pivot fixe du peloton en ba- 
taille, les n" 1 (ou 4) du premier rang servant 
de pivots. Le guide se place à un pas en avant 
des files qui deviennent tète de colonne. 

Lorsque les conversions sont presque termi- 
nées, l'instructeur commande : Haete , ou : En = 

AVANT. 

A pied, la colonne par quatre marche, change 
de direction et oblique suivant les principes 
prescrits à Vécole du peloton à cheval. 

Dans la marche, les premiers rangs doivent 
conserver exactement leur distance, afin do 
pouvoir se reformer en bataille par un mouve- 
ment général. L'ai'c de cercle que le guide doit 
parcourir en changeant de direction a 5 mètres 
de rayon. 



ÉCOLE DU PELOTON À PIED. 359 

14». Le peloton étant en colonne par quatre, 
on le remet en bataille par le mouvement in- 
verse de celui qui a servi à le rompre en co- 
lonne: — Quatre files à gauche (ou à droite). 

MARCHE , HALTE , OU : En = AVANT. 

Le mouvement s'exécute de pied ferme ou en 
marchant. 

148. Le peloton ayant rompu par la droite 
{ou par la gauche), pour le former en avant, ou 
à droite [ou à gauche) en bataille, l'instructeur 
porte la colonne sur le nouveau front , et la 
remet ensuite en bataille comme il a été indique 
ci-dessus. 

Ces mouvements peuvent encore s'exécuter 
en formant tout d'abord le peloton en bataille , 
et en le portant ensuite sur le nouveau front. 

Colonne par le flanc. 

149. Le peloton étant en bataille, pour le 
mettre en colonne par le flanc, l'instructeur 
commande : Cavaliers à droite (ou à gauche), 
DROITE (ou gauche), si l'on est de pied ferme, 
et : Marche, si l'on est en marche. Le guide 
se porte à un pas en avant de la tête de co- 
lonne. 

La colonne par le flanc marche, change de 
direction et oblique comme la colonne par 
quatre. 

Quand la colonne se met en marche, les ca- 



360 TITRE DEUXIÈME. 

valiers prennent 40 centimètres de distance 
entre chaque rang de deux. 

La colonne étant en marche, au commande- 
ment: Co/o«7ie, les premiers cavaliers marquent 
le pas, et chacun serre à sa distance, pour s'arrê- 
ter au commandement : Halte. 

150. Le peloton étant en colonne par le 
flanc, on le remet en bataille aux commande- 
ments: Cavaliers à gauche (ou à droite), gauche 
(ou droite), et : Marche, si la colonne est en 
marche. Dans ce dernier cas , les cavaliers re- 
prennent leur intervalle sur le centre pendant 
la marche en bataille. 

151. Pour passer de la colonne par quatre à 
la colonne par le flanc, et réciproquement, Tin- 
structeur remet le peloton en bataille et le 
rompt ensuite comme il est prescrit (n" 149 ou 
n" 147). 



ÉCOLE DE L'ESCADRON À PIED. 361 



ECOLE DE L'ESCADRON A PIED. 



158. Celte école ne comporte que les mou- 
vements nécessaires pour permettre à un esca- 
dron à pied de faire face au service de gar- 
nison. 

L'escadron manœuvre à pied par les com- 
mandements et suivant les principes prescrits à 
V école de l'escadron à cheval, mais en tenant 
compte des modifications qui ont été indiquées 
à ïécole du peloton à pied. 

Pour passer de la colonne de pelotons à la 
colonne par quatre, le capitaine-commandant 
commande: Quatre files à droite (ou à gauche), 
= et dans chaque peloton tournez à gauche (ou à 
droite) , ^iarche. Chaque peloton exécute sa rup- 
ture , et change de direction du côté indiqué , 
pour prendre rang dans la colonne. 

Réciproquement, pour passer de la colonne 
par quatre à la colonne de pelotons, le capi- 
taine-commandant commande : Dans chaque 
peloton, tournez == droite (ou gauche). En = 
AVANT; et lorsque les pelotons sont entrés dans 
la nouvelle direction : Quatre files à gauche (ou 
à droite), marche. 

153. Pour faire exécuter les feux par l'es- 
cadron entier , on se conforme à ce qui est 
prescrit à Vécole du pdoton à pied. 



362 TITRE DEUXIÈME. 

Le capitaine-commandant peut faire tirer les 
pelotons l'un après l'autre. L'avertissement : 
Position du tireur, qui s'adresse à tout l'escadron , 
doit être, dans ce cas, suivi des commande- 
ments : Premier [deuxième, troisième ou qua- 
trième) peloton, apprêtez = A^M^ , etc. 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE TOME PREMIER. 



Pige». 

Rapport présenté au Ministre de la guerre 
par le Comité consultatif de la cavalerie 
chargé de reviser et de compléter le 
règlement du 17 juillet 1876 5 

Rapport présenté au Ministre de la guerre 
par la Commission chargée de reviser les 
règlements en vigueur sur les exercices 
de la cavalerie » 27 

TITRE PREMIER. 
Bases de l'instruction. 

ARTICLE 1". 

Définitions et principes généraux 112 

ARTICLE II. 

Formation d'un régiment dans l'ordre en 
bataille. Rassemblements 1 18 

Formation d'un régiment dans l'ordre en ba- 
laille 118 

Place des officiers et des sous-officiers de 
l'état-major d'un régiment dans l'ordre en 
bataille 110 



364 TOME PREMIER. 

Pages. 

Places des officiers , des sous-officiers et des 

brigadiers dans l'ordre en bataille 120 

Rassemblement d'un régiment à cheval \>\ 

Rassemblement d'un régiment à pied \->.2 

ARTICLE III. 

Dispositions relatives aux revues. De l'éten- 
dard 123 

Dispositions relatives aux revues i23 

De l'étendard 1 25 

Salut du sabre 1 28 

Ordre en colonne pour déûler 129 

Défdé d'une brigade ou d'une division i3i 

Prescription pour le défilé d'une troupe compo- 
sée des trois armes 1 33 

ARTICLE IV. 

De l'instruction. Du comljat à pied i35 

Principes généraux 1 35 

Responsabilité, devoirs et attributions de cha- 
que grade 1 37 

Instruction des officiers 1 Sg 

• des sous-officiers i/io 

des brigadiers iZio 

— des recrues i/ii 

du régiment 143 

Tableau indiquant les différentes instructions 

à donner dans le régiment 1/4 5 

Progi-ession de l'instruction 1/19 



TABLE DES MATIERES. 365 

l'agcs. 

Tableau imliquanl ia succession des périodes 
de l'instruction et l'époque approximative 

des différentes inspections i55 

Instruction pratique des cadres . . 159 

Prescriptions générales iSg 

Prescriptions spéciales i65 

lustruction des cadres de i'escadron i65 

______^___^__ du demi-régiment cl du ré- 
giment 166 

Instruction descadres de la brigade 167 

de la division 169 

Du combat à j)ied 171 

ARTICLE V. 

Emploi du cheval. Équitation. Dressage. . . 174 

Travail à la longe 179 

Leçon de l'éperon 181 

Passages ou sauts d'obstacles 182 

Docilité au feu 186 

Voltige 187 

Des chevaux rétifs ou difEciles 188 

Manière de présenter ini cheval pour une inspec- 
tion 197 

Entraînement 199 

ARTICLE VI. 

Prescriptions relatives au harnachement et 

;\ l'arniemenl 204 

Du hai'nachement ioi 

De l'armement 2 1 4 



366 TOME PREMIER. 

Pages. 
ARTICLE VIL 

Coinmandemenls. Signaux. Sonneries. ... 221 

Commandements 221 

Signaux 223 

Sonneries 228 

Marches 2^9 

TITRE DEUXIÈME. 

Instruction à pied. 

École du cavalier à pied 298 

Travail prcpaialoire ig^ 

Assouplissements 298 

Sauts 3oi 

Barres parallèles 3o3 

Voltige sur le cheval de bois 3o3 

Boxe et exercices divers 3o3 

Travail sans ai'nies 3o4 

Position du cavalier à pied 3o5 

A droite , à gauche 3o5 

Demi-à-droite , dcmi-à-gauche 3o6 

Demi-tour à droite 3o6 

Principes des difTérents pas 307 

Marquer le pas 3i2 

Changer le pas 3i2 

A droite , à gauche en marchant 3i3 

Demi-à-droite , demi-à-gauche en marchant 3i3 

Demi-tour à droite en marchant 3ii 

Travail avec armes 3 15 

Maniement et emploi du sabre 317 

Maniement de la carabine 327 



TABLE DES MATIKUES. 307 

Piges. 

Maniement du pistolet-revolver 347 

École du peloton à pied 35 1 

Alignement 352 

Ouvrir et serrer les rangs 352 

Reculer 353 

Maniement des armes 353 

Feux 35Zi 

Marche directe en bataille 356 

Conversions 357 

Marche oblique individuelle 358 

Colonne par quatre 358 

Colonne par le flanc . . SSg 

Ecole de l'escadron à pied 36 1 



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J c /S^A^^c^/-^^- cJ/ met ///é2. 
^.^,yU^^. ^^^^^-^-./- ^^^-^^^ - -- 



DÉCRET 

DU 31 MAI 1882 



PORTANT 



RÈGLEMENT SUR LES EXERCICES 

DE LA CAVALERIE 

REVISANT KT COMPLÉTANT 

LE DÉCRET DU 17 JUILLET 1876. 



TOME SECOND. 

Titres III et IV. 



I 




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^fr^'I STERE de la guerre. 



DECRET 

DU 3 1 MAI 1882 

PORTANT ^ 

RÉGLEMEOT SDR LES EXERCICES 

DE LA CAVALERIE 



REVISANT ET COMPLETANT 



LE DECRET DU 17 JUILLET 1876. 



TOME SECOND. 



Titres III et IV. 



PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 

1882. 



i-JBRAIRIE MILITAIRE 
DE 

MILON FILS 

Fournisseur de l'école ,e ca.alerl, 
SAUMUR. 



I 





















^^/jaJ<^ ^ 'i£^<jC,C^i^-ly^ /Ol^re^/ 









REGLEMENT 

StIR 

LES EXERCICES DE LA CAVALERIE, 

TITRE TROISIÈME. 
INSTRUCTION À CHEVAL. 

ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 



154. Celle école a pour objet de former des 
cavaliers adroits à manier leurs chevaux et leurs 
armes. 

Pour obtenir ce résultat, les instructeurs doi- 
vent chercher d'abord à mettre les cavaliers en 
confiance, à les assouplir, et à les bien placer à 
cheval; ils leur donnent ensuite les moyens de 
conduire leurs chevaux, par une application gra- 
duelle des principes, et leur apprennent enfin à 
se servir de leurs ariues. 

Les classes se composent, connue à pied, de 
tj à 8 cavaliers. 



8 TITRE TROISIÈME. 

Les cavaliers et les brig-adiers sont en bour- 
J^ geron , képy el bottes. Si la température l'exige , 

/,:•:./ ^ts ^ ~ le vêtement de drap est porté sous le bour- 

geron. Pendant le travail préparatoire, l'éperon 
est muni d'un cache-éperon. 

Les sacoches sont enlevées des selles, afin de 
permettre de mieux juger la régularité de la 
position du cavalier. 

Les sous-oflTiciers sont dans la tenue habituelle. 

La méthode indiquée pour donner la leçon 
à \ école du cavalier à pied est applicable à l'école 
(la cavalier à cheval. L'instruction est indivi- 
duelle; tout mouvement nouveau est l'objet 
d'une leçon particulière , donnée successivement 
à ciiaque cavalier. 

Pendant le cours du travail, l'instructeur doit 
éviter les observations générales, rectifier les 
fautes en interpellant directement les cavaliers 
qui ont pu les commettre , passer fréquemment 
d'un cavalier à l'autre, et multiplier les conseils, 
en s'inspirant des principes développés dans le 
règlement, mais sans jamais se considérer comme 
tenu d'en reproduire le tevte littéral. 

L'instructeur n"a point de place fixe; il peut 
mettre pied à terre, s'il le juge nécessaire, pour 
donner certaines leçons, ou pour mieux expli- 
quer un mouvement. Son attitude , dans tous les 
cas, doit demeurer correcte, et telle qu'elle 
puisse servir d'exemple aux cavaliers qui lui sont 
confiés. 
' , On choisit des chevaux sages pour les pre- 



r-i ■ • •• ' I 






ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 9 

niières leçons. L'instructeur fait de temps en 
temps changer les cavaliers de chevaux entre eux. 

Le travail se commence et se termine au pas. /y /Cbc- 

Pour commencer le travail, l'instructeur com- 
mande : Garde à voiis;k ce commandement, le . ir-tç^ > r- 1 \J 
cavalier régularise sa position et ajuste les rênes. 
Pour soulager l'attention des cavaliers, l'in- ^i /. "'' 
structeur commande: Repos; le cavalier relâche '' 
les rênes, sans les abandonner. 

Dans les repos, en marchant au pas, les cava- 
liers s'abandonnent un peu, mais sans changer 
d'allure. 

Il faut faire de fréquents repos, surtout dans 
les commencements , et en profiter pour ques- 
tionner les cavaliers sur les instructions qu'ils 
ont reçues. 

Dans tous les exercices, l'instructeur doit, de 
plus, s'attacher à varier les allures, et à en régler 
la durée, de manière à ne pas fatiguer les cava- 
liers, ni épuiser les chevaux. 

L'e'co/e du cavalier à cheval se divise en quatre - 
parties : travail préparatoire, ti-avail en bridon, tra- 
vail en bride, travail en armes. 

Travail préparatoire. 

Amener son cheval sur le terrain. 
Sauter à cheval et à terre. 
Prendre les rênes dans une main et les 
séparer. 



/ ^ ^ —T 10 TITRE TROISIÈME. 

, / ^ ' ' I û / Position du cavalier a cheval. 

^ . , / â j_^ Assouplissements de pied lerme. 

^àtJn^ ^^ à^lA^cc^ ■ Assouplissements en marchant. 



Voltige. 

155. Le travail préparatoire embrasse l'en- 
semble des e\ei"cices nécessaires pour assouplir 
l'homme de recrue, lui donner de la confiance, 
assurer quelque peu son assiette , et le mettre . 
par suite, en état de recevoir avec fruit les leçons 
qui suivent. 

Ces exercices s'exécutent, soit en disposant 
les cavaliers sur la piste , comme il est explique 
( n° 212), soit en tenant le cheval à la longe , pen- 
dant toute la durée de la leçon. 

L'emploi de la long-e ayant pour effet de faire 
disparaître promptementl appréhension du jeune 
cavalier, et de rendre ses progrès plus rapides, 
l'instructeur trouvera souvent avantage à com- 
biner les deux méthodes. La voltige forme, en 
toutcas,le complément indispensable de l'une et 
de l'autre. 

La classification des exercict's qui composent 
le travail préparatoire n'implique point l'obliga- 
tion de les exécuter dans l'ordre où ils sont 
présentés; il appartient à l'instructeur de le mo- 
difier, et de régler l'emploi de ces exercices, en 
raison des cavaliers qui lui sont confiés. Le 
travail préparatoire ne vise qu'un but : placer le 
cavalier à cheval et l'habituer aux différentes 






ÉCOLE DU CAVALIER X CHEVAL. 1 I 

allures, avant de se préoccuper de l'action des 
aides, qui fait l'objet des leçons suivantes. 

Le b^avail préparatoire s'exécute, autant que 
possible, dans le manège ou dans une carrière 
fermée; les cavaliers y conduisent leurs chevaux 
en main et les ramènent de même au quartier. 

Lorsqu'ils ont acquis de la confiance , ils se 
rendent au manège et en reviennent à cheval. 

Les chevaux sont sellés et en bridon ; les 
étriers sont relevés et croisés sur le pommeau de 
la selle. 

Le travail à la longe peut s'exécuter, soit à 
l'aide du caveçon , soit en passant une longe dans 
les deux anneaux du bridon; il comporte, quant 
à la conduite du cheval, l'observation des prin- 
cipes indiqués [titre I, article F). 

Amener son cheval sur le terrain. 

1 56. Le cavalier amène son cheval sur le ter 
rain, les rênes passées sur l'encolure ; il tient les 
rênes avec la main droite, à i5 centimètres de 
la bouche du cheval, les ongles en dessous; la 
main haute et ferme , si le cheval saute. 

En entrant dans le manège, l'instructeur dis- 
pose les cavaliers sur la ligne du milieu, à 
3 mètres d'intervalle. 

Chaque cavalier se place du côte montoir, le 
flanc droit à hauteur de la ganache, dans la po- 
sition du cavalier à pied, en tenant les rênes 












12 TITRE TROISIÈME. 

avec la main droite, comme il vient d'être pres- 
crit. 

L'instructeur veille à ce que les chevaux soient 
placés droit, perpendiculairement à la ligne 
du milieu. 

15*. Un cheval est droit, lorsqu'il pose 
d'aplomb sur les quatre membres, en ayant la 
tête, l'encolure et le corps dans une même di- 
. y rection. 

Ja^'éot. à: àyWic ,4^iL^^^;c^-«^'tJtZ.^^.^ Sauter à cheval et à terre. 
U^^^utf '- ^Cc^i^t,^^.^/^^^ 158. Au commandement: Sautez à cheml , 

^'iKC^^y'U- CoT^^-rtyPèr â^'^*"*^^ ^e placer face à l'épaule gauche du cheval; sai- 

^^a^t^-^C^^fC'^'^ é^^ '''' ^^' '^""' ^''^"^ ^^ "'•''"' §-^^c'ie, leur extré- 

^ / / mité sortant du côté du petit doigt; placer la 

JZii^ULf<^-i''C<'*^-^'''*^ '^/''^^^ droite, qui tient les rênes, sur le pom- 

CmJj^Ji^ ^ Ox^'Âuft^^/ ^^**^^^^ ; s'élancer vivement en s'enlevant sur les 
y //-y •-T^ / vl.y^w_-£^^§"^*^^' rester un instant dans cette position, 

UK^Î^^a^c^iA.a^<,<.^--^>i'^--f^ ^t gg mettre légèrement en selle. 



^yl./,,,^.^ . 0'.'-t^i.'in<^ /c-Jf^^ Prendre une rêne du bridon dans chaque 
%C^L CU^ /y-Ac ^/a><^/z^^— ÎP^^"^' ^^^ d°i»ts fermés, les poignets à hauteur 

. / / du coude, soutenus et séparés, à i5 centimètres 

C^- ^ <:^^'Z-^^.>l^..^.*t.^..v<r^2l-l^n de l'autre, les doigts se faisant face , i'extré- 
'n-^-'C/e^ ÛL^l^^lt^ ^^ fi^;^ nfiité supérieure des rênes sortant du côté du 

. r / / '^ pouce. 

HcLu'Uà^ c4^urfiZ:^:^x^ ^ *^®- ;^" commandement: Sautez à terre, 

prendre les renés dans la main droite comme 
il est dit (n" 262); saisir les crins avec la main 
gauche, et placer la main droite sur le pom- 

?a^ ^ /i^^ an yor<-yu^ 4 Lc.^ a^.^ ^ ^C^^^^^ 




A 



ÉCOLE DL' CAVALlEli A CHEVAL. IS 

meaii. S'enlever sur les poignets ; rapporter la 
cuisse droite à côté de la gauciie ; rester un 
instant dans cette position, et arriver légèrement 
à terre. ^ 

160. Pour faire sauter à terre et -a cheval, 
sans temps d'arrêt, l'instructeur commande: 
Saulez à terre et à cheval. 

Les cavaliers devant être exercés à sauter à 
terre et à cheval des deux côtés également, 
l'instructeur fait répéter ces mouvements du 
côté hors montoir. 

Prendre les rênes dans une main, 
et les séparer. 

' ^- • • '■■■^, . * 

ici. Au commandement: Prenez les rênes '--^ -•^• 
dans la main gauche, placer la main gauche 
vis-à-vis le milieu du corps, y passer la partie 
delà rêne qui est dans la main droite, et laisser 
tomber cette main sur le côté. 

Au commandement : Séparez les rênes, saisir, 
avec la main droite, la partie de la rêne droite 
qui est dans la main gauche, et replacer les poi- 
gnets à i5 centimètres l'un de l'autre. .u i 

On fait également prendre les rênes dans la ^ïi^^ Wiôiitj-^S^^ i^U /c tviy oO 
main droite, et séparer les rênes. ^^VJU - Kic^n (vU--i <hc>^^^l^ ovV ^ U' 

i6«. Le cavalier, pour ajuster les rênes, j^/ 
rapproche les poignets l'un de l'autre, et saisit > 

avec le pouce et le premier doigt d'une main, 

Uuj^^ dc'/ccih â^c^^iu^t- /Uc/^i, /H^^ùi^, lâ^y^^^^^uc^ ^. 

< cAc^c^C^^^^^^^^i^cx^^^cy^^uC-c-^ ^/^^ £e£c^ Jlt,,^^^,^^^ 



'A^^, C-^ 



/.^-. 



^i^CC^ t^cC'l-^,''^^ '^^-^'^■^^^ • 14 TITRE TROISIÈME. 

? i:e^K^^^£^t^^^>cc^ ^<i^c^ au-dessus et près du pouce oppose, la rêne 
//• y / /^ X y ^ qu'il ^6ut raccourcir. 

/ -/l ^ Z.yl ^aS ««»• L'instructeur fait abandonner et re- 

/^ i^J^/' P^-«"dre les rênes, lorsquil le juge à propos, 

yi/i^/ /lîVi^ - .^^,^ commandements : Ahanàonnet les rênes, et 

/^ A^jr. Az^^^-a^i:^^' Reprenez les rênes. Au premier commandement, 
Ur^ /c^/a^ ^ ^U^,^ -le cavalier laisse tomber les rênes derrière le 
9c^ AoU' uVJi^ ^ In^L^cc^ -ft pommeau, et place les mains sur le côté. 

(Zc yc^^c^ â^^t^u,ct^^ C-c u^^^^l.^ '— Position du cavalier à cheval. 

J ./ • /• , / t64. La position ci-dessous détaillée doit être 

"^"-^^^^^^^ ^^ ^^^ considérée comme un type dont les cavaliers 
^ Uy,A..e-<^^^ U^ i^K^>t-c^ '^ - devront se rapprocher graduellement. 

/ / Les fesses portant également sur la selle, elle 

AiJ^V • plus gn avant possible ; 

Les cuisses tournées sans effort sur leur plat, 
embrassant également le cheval, ne s'allongeant 
que par leur propre poids et par celui des 
jambes ; 

Le pli des genoux liant; 
Les jambes libres et tombant naturellement; 
la pointe des pieds tombant de même; 
Les reins soutenus sans roideur; 
Le haut du corps aisé, libre et droit; 
Les épaules également effacées ; 
Les bras libres, les coudes tombant naturelle- 
ment ; 

La tète droite, aisée et dégagée des épaules; 



École dd c.walier à cheval. 15 

Une rêne du bridon dans chaque main, 
comme il est dit [n° i58). 

I<*5. Dans celte position, les parties du 
corps représentées par le buste et les jambes 
sont mobiles et doivent agir à la volonté du ca- 
valier, soit comme aide, soit comme moyen 
d'adoucir les réactions ou de combattre les dé- 
fenses du cheval. 

La cuisse doit, au contraire, rester immobile 
et adhérente à la selle, toutes les lois que les 
réactions n'obligent pas le cavalier à céder à 
l'impulsion qu'il reçoit; mais, dans ce cas même, 
le genou doit se fixer comme un pivot autour 
duquel les parties voisines peuvent se mouvoir. 

Si le cavalier a les fesses trop en arrière, il 
ne peut se lier au mouvement du cheval, il est 
exposé à se blesser sur le Iroussequin, et à por- 
ter le haut du corps en avant; on combat ce dé- 
faut en recommandant au ca\ aller de chcisser les 
fesses sous lui, de chercher le fond de la selle, et 
en insistant sur le mouvement d'élévaiioii des 
cuisses (n° 170). 

Les cuisses doivent être tournées sur leur 
plat, afin que leur forme soit mise en rapport 
avec la convexité du corps du cliexal. 

Si les cuisses sont tournées trop en dedans, 
le bas de la jambe est écarte, et les aides infé- 
rieures, trop éloignées du cheval, agissent par 
à-coup. 

Si les cuisses sont tournées trop en dehors, 



16 TITKK TKOISIÈME. 

l'éperon peut agir sans la volonté du cavalier, 
le genou est ouvert, l'adhérence de la cuisse est 
diminuée; on fait disparaître ce défaut de posi- 
tion au moyen de la rotation des cuisses (n° 171 ). 

Si la cuisse est trop rapprochée de l'horizon- 
tale, on dit que le cavalier est raccroché; les ge- 
noux remontent facilement et la puissance d'en- 
veloppe du cavalier est dimiiuiée. Ce défaut est 
fréquent chez les commençants; on y remédie 
par un exercice prolongé sans étriers et par la 
rotation des cuisses. 

Si la cuisse est trop rapprochée de la verticale, 
on dit que le cavalier est sur ïenfourchure. Le 
cavalier ainsi placé a souvent de la puissance, 
mais peu d'aisance; il a moins de facilité pour 
se lier aux mouvements du cheval, mais cette 
position est plus avantageuse pour faire usage 
du sabre. On remédie à ce défaut par \ élévation 
des cuisses. 

En résumé, le cavalier doit être assis , tout en 
ayant la cuisse descendue. 

166. La position du cavalier décrite ci-dessus 
doit être observée toutes les fois que le cheval 
est de pied ferme; mais elle est susceptible d'être 
modifiée dans différents cas , soit d'une manière 
intermittente, soit d'une manière continue. 

Ainsi , le cavalier modifie cette position d'une 
manière intermittente, lorsque les réactions 
naturelles du cheval, se produisant à intervalles 
égaux, l'obligent à céder à chaque réaction. 



É'.OLE DL CAVALIEU À CHKVAL. 17 

pour reprendre aussitôt après sa position nor- 
male. 

Exemple: Le cavalier, étant au (rot, est pro- 
jeté à ciiaque battue diagonale; le cavalier, 
étant au galop, est légèrement chassé sur le côte 
à chaque temps; mais, dans l'un et l'aulre cas, 
le cavalier reprend sa position, dans rinlervallc 
de chaque battue, ou de chaque temps. 

l-e cavalier modifie sa position d'une manière 
continue, lorsqu'il veut disposer de son poids 
pour charger, soit l'avant-main, soit l'arrière 
main, et produire tel ou tel efFel; ou bien, il la 
modifie accidentellement, pour résister aux dé- 
fenses du cheval, s'il rue ou s'il se cabre, en 
portant le corps, soit en arrière, soit en avanl. 

Assouplissements de pied ferme. 

16Î. On se conforme, pour les indications, 
à ce qui est prescrit au travail préparatoire à 
pied. 

Dans les assouplissements, les cavaliers 
prennent les rênes dans une main, les séparent, 
les abandonnent, et les reprennent, suivant le 
besoin, et sans conunandements. 

Mouvement des bras. 

I«8. Les mouvements de bras s'exécutent 
comme à pied (n"' 4, ^i (îi 12), mais moelieu- 
sement, et sans observer de cadence. 



lo TITKE rUOISIEME. 

Flexion du rein en avant (ou en arrière). 

169. Incliner lentement, le plus possible , et 
sans appuyer la main sur la selle, le haut du 
corps en avant, ou en arrière, en évitant de 
remonter les genouv. 

Élévation des cuisses. 

lîO. Elever les cuisses, les soutenir hoii- 
zontalement et à la même hauteur, les jamher- 
et les pieds tombant naturellement, les épaules 
effacées. 

L'instructeur profite de l'élévation des cuisses^ 
pour j)rescrire aux cavaliers de saisir le pom- 
meau avec les deux mains , et de chasser les fesses 
en avant, le plus possible. 

Le cavalier ramène les cuisses à leur position 
primitive à liudication : Cessez. 

Rotation de la cuisse. 

1 îi. Ecarter le genou, le porter eu arrière , 
en étendant la jambe , tourner le genou et le 
pied en dedans le plus possible, et replacer la 
cuisse à plat sur la selle. 

Flexion des jambes. 

17*. Ployer les jambes le plus possible, sans 
déranger les cuisses, ni toucher le cheval, le 



ÉCOLE DU CAVAI.IEU À (.IIEVAI.. I 'J 

liaiil du corps restaiil droit, et laisser aussitôt 
retoixiber les jambes. 

Rotation des pieds. 

lîS. Faire décrire à chaque pied, par un 
mouvement lent et unilbrme, un cercle de de- 
dans en dehors, et de dehors en dedans, sans 
déranger la position. 

Flexion des pieds. 

iîl. Baisser et élever successivement la 
pointe des pieds parallèlement au corps du che- 
val. 

Déplacement de l'assiette. 

iîS. On exerce les cavaliers : 

A simuler une perte d'équilii)re à droite ou à 
gauche, et à se rétablir, sans le secours des 
mains ; 

A se tourner en arrière à droite ou en arrière 
à gauche, et à se remettre face en tête, sans 
l'aide des mains. 

Assouplissements en marchant. 

iV©. Pour mettre la reprise en marche, l'in- 
structeur désigne un cavalier instruit destiné à 
servir de conducteur; il lui fait suivre la piste, 
et ordonne individuellement à chacun des atdres 



20 TITUE TROISIÈME. 

cavaliers de se mettre en colonne derrière le pre 
niier, en se suivant de près. 

L'instructeur limite ses explications au\ prin- 
cipes de conduite indispensables pour mettre le 
cheval en mouvement et l'arrêter; les cavaliers 
se bornent à laisser leurs chevaux suivre ceux 
qui les p*'écèdent. 

Lorsque les cavaliers conuiiençent à s'habi- 
tuer au mouvement du cheval, l'instructeur leur 
l'ait répéier en marchant les assouplissenienis 
ex'écutés de pied ferme, et porte toute son atten- 
tion sur la position de chaque cavalier. 

Quand les cavaliers ne manifestent plus d'ap- 
préhension en marchant au pas, l'instructeur 
prescrit au conducteur de prendre le trot, et il 
fait repéter les assouplissements en marchant 
à cette allure. Le trot doit être pris d'abord à 
un degré très modéré; on le porte à la vitesse 
réglementaire, quand les cavaliers ont acquis 
assez d'assiette pour conserver à cette allure 
une position régulière. 

Les assouplissements au galop ne s'exécutent, 
au travail préparaloirc , que si le cheval est tenu 
à la longe. 

On fait souvent abandonner les rênes, et trot- 
ter avec les bias pendants, en reconnuandant aux 
cavaliers de bien s'asseoir. 

L'instructeur fait aussi sauter à terre et à 
cheval en marchant, ce qui contribue à donner 
de l'aseurance aux jeunes cavaliers. 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 21 

Voltige. 

lï*. La voltige est la gymnastique spéciale 
du cavalier; elle développe la souplesse, la force 
et la hardiesse de l'homme de recrue, et entre- 
tient chez le cavalier instruit ces qualités ac- 
quises. 

Les exercices de voltige complètent avanta- 
geusement le travail à la longe, et s'exécutent 
concurremment avec le travail sur les pistes. 

Travail de pied ferme. 

198. Ce travail s'exécute d'aboi'd sans pren- 
dre d'élan, puis avec élan. 

Un homme est à la tête du cheval, qui est nu 
et en bridon. 

L'instructeur exécute et démontre, puis en- 
suite fait exécuter chaque mouvement, à de 
simples avertissements. 

Un aide, placé du côté opposé, suit tous les 
mouvements du cavalier et se tient prêt à préve- 
nir les chutes. , ^ 



Travail sans élan. 



179. On commence le travail de vohige 
en faisant sauter à cheval et à terre, ce qui s'exé- 
cute comme il est prescrit (n" i58), le cavalier 
plaçant la main droite sur le garrot. 



J^M^^ < ' ^^ ' 



22 TITIUÎ ïnOISIEME. 

180. Etant à clicval, passer la jambe pour faire 
face à gauche (ovi en arrière). — Passer la jambe 
di'fjite par-dessus le garrot, pour faire lace à 
gauche. Ktant assis, pour faire face en arrière, 
pivoler sur les fesses en passaut la jambe gauche 
par-dessus la croupe, avec ou sans l'aide des 
mains. 

181. Sauter à cheval de côté. — Comme pour 
sauter à cheval; mais en s'asseyanl du côté 
gauche. 

188. Èlanl assis de côlé, se remettre à cheval 
ou franchir le cheval. — Placer la main droite sur 
le garrot et saisir les crins de la main gauche; 
s'enlever siu- les j)oignels, en baissant la tète et 
le liant du corps; étendre les jambes réimies 
par-dessus la croupe du cheval, soil pour l'en- 
fourcher, soit pour sauter à terre à droite. 

18». Franchir le cheval. — Se placer comme 
pour sauter à cheval ; s'enlever sur les poignets, 
en inclinant le corps sur l'encolure; jeter les 
jambes réunies et allongées par-dessus la croupe, 
le corps soutenu sur les l)ras tendus; arrivera 
terre à l'épaule droite, les talons joints. 

184. Sanlei' à cheval avec une seule main. — 
Saisir les crins de la main gauche; se placer en 
avant de l'épaule gauche du cheval, l'avant-hras 
gauche appuyé sur l'encolure , le pied gauche 
en avant, l'épaule droite effacée; s'élancer vive- 



ÉCOLE DU CAVALIER X CHEVAL. 23 

ment en avançant l'épaule droite et écartant la 
jambe droite, pour arrivera cheval. 

185. Les mouvements qui précèdent, après 
avoir été exécutes à gauche , sont répètes à 
droite, puis sur le cheval garni de la selle de vol- 
tige. 

186. Les ciseaujL'. — Etant à cheval, saisir les ^ 
crampons de la selle ; s'enlever sur les poignets, Ijâ C/^ 
en balançant les jambes, portant le haut du 

corps en avant et baissant la tète; croiser les 
jambes en se retournant sur la selle; aban- 
donner les crampons à l'instant où le corps se 
relève , et se mettre face en arrière. 

Pour se 7-emettre face en avant, saisir les poi- 
gnées placées à l'arrière de la selle, et se con- 
former à ce qui vient d'être prescrit, pour faire 
face en arrière. 

Travail avec élan. 

189. Sauter à cheval par le coté. — Prendre 
de l'élan, faire une batlue pour s'enlever, la 
main gauche sur le garrot, la main droite sur 
le dos, et se mettre à cheval. 

188. Franchir le cheval par le côté. — Même 
mouvement que précédemment, en observant 
que le cavalier passe les jambes à droite, et ar- 
rive à terre à hauteur de l'épaule. 

Ce mouvement ainsi que le précèdent, après 
avoir été exécuté à gauche, est répété à droite 



24 



TITRE TROISIEME. 



189. Sauter à cheval pur la ci-oupe. — Prendre 
de l'élan, faire une battue, appliquer les mains 
sur la croupe, s'enlever, cl arriver à cheval la 
ceinture en avant. 

190. Sauter en croupe, et arriver cï terre à 
l'épaule (lu cheval. — Sauter coninie il est pres- 
crit précédemment, en passant la jambe droite 
{ou gauche) par-dessus la croupe, pour la 
réunir à l'autre, et arl-iver à terre du côté 
gauche {ou droit). 

191. Sauter en croupe faisant face en arrière. — 
S'élancer comme il est prescrit précédemment; 
pirouetter sur les poignets, en croisant les 
jambes, pour s'asseoir face en arrière. 

1 92. Sauter à genou ( ou debout ] sur la croupe. 
— Même mouvement que pour sauter à cheval, 
en enlevant davantage les jambes. 

193. Le travail avec élan se répète avec la 
selle de voltige. 

Travail au galop. 

194. Ce travail s'exécute d'abord avec le 
surfai.x:, puis avec la selle de voltige; le cheval 
est bridé et enrèné. 

Travail avec le surfaix. 

195. Sauter à cheval et à terre. — Saisir le 
crampon de la main gauche, le pommeau ou 



ÉCOLE DL' CAVALIER À CHEVAL. 25 

l'autre crampon de la main droite; suivre le 
cheval en mesure, se réglant sur ie pied ante- 
l'ieur gauche , sans laisser l'épaule droite eu ar- 
rière, et s'élancer à cheval. S'enlever sur les 
poignets, et sauter à terre à hauteur de l'épaule. 
L'instructeur exerce les cavaliers à sauter à 
terre et à s'enlever à cheval de la même hattue. 

196. EUml à cheval, sauter à terre en passant 
la jambe droite par-dessus l'encolure , et sauter à 
cheval sans temps d'arrêt. — Abandonner les 
crampons pour passer la jambe droite; les res- 
saisir de suite, et sauter à terre et à cheval. 

L'instructeur varie le mouvement ci-dessus, 
en faisant sauter à terre et assis, à gauche ou à 
droite. 

Les mouvements qui précèdent s'exécutent 
également du côté hors montoir. 

19». Francltir le cheval. — S'asseoir à gauche, 
saisir les crampons; sauter à terre, franchir le 
cheval de gauche à droite, sans temps d'arrêt, 
et se remettre à cheval. 

Le mouvement s'exécute également, en par- 
tant de la position à cheval, ou le cavalier étant 
assis à droite. 

Ces mouvements sont répètes du côté hors 
montoir, et enfin le cavalier est exercé à franchir 
le cheval de gauche à droite, e! de droite à 
gauche, sans temps d'arrêt. 



. -^ f/ût4^ ûu Icn^ c/,ûry/- ha.;J C^ i^^^ ^ Àw^. SU^ ùr. c c^.-'-^J-i^ 7i^ 
/■ ^ ' ^ ■ ' ;^ 

j^t^^MA^ ^ C^t>.^A^v- Travail avec la selle. 

■^-f^^ C^cvOlmK . • 198. Tous les mouveuients ci-dessus détail- 

lés sont répétés avec la selle de voltige; on y 
ajoute les ciseauv. 

. 199. Remplacement. — Un cavalier étant à 

■fCoi(ZiA-i^ ^''JCCA,^ c('^ /r^^/ 'cheval, un deuxième cavalier lui saisit le bras / 

/ // ir / gauche au-dessus de la saignée, prend en ' 

I ^^t^K^^^^i^'/^^^^^'^'^/^'^^'^ même temps la poignée droite de la selle, et 

; /loa fu lc/cCJ<^^^ (--f c-*-^^ ^ ~ saute en croupe, tandis que le premier passe la 

'' - / / / V /T V // / jambe par-dessus l'encolure pour sauter à terre. 

'.P.ifKC^/u^fL^y^ c/lC4^ca^-^, /<^j^ Travail en liridon. 

\ ( - c ^x /7 ' yc> ly^ C^ 9CH^ "-/' Pci^^Xc C)uX/^U/j c)- t^x^ 

\cM/cAki^3JtA.xt.yL^^'^-'^^i^r,^c^yc^^\i^i> rênes et des jambes. 
I ^^< c- i^ A^oi^^t^rc^ fc c^ c/o^<^-u^ a^^^ Marcher et arrêter. 

c^ u^ zl< ^1^ M< lU . a^ Tj^/tr/aii _ Tourner à droite ou à gauche. 

— Marcher à inain droite ou à main 

■^^/^cc^-i> ^ /f^*<LacV^ /?/ A^ gauche. 
*a'iyic-Cc>yi^ur^f^.^^yot^A,,^^C Passcr du pas au trot et du trot au pas. 

S^^ott^ln^yL.^./tA/'h c^ iyu-yûie.. /Jkiyit/^^ Dou])ier. 
r^^AM^A^. e^: . Ja>/-^u 7^f ^/f.^^^, Changer de main. 

'/C-^^/v^ /.•/,/. , Demi-voJte, 











ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. "21 

Reculer et cesser de reculer. 

Allonger et ralentir le pas et le trot. 

Étant (le pied ferme , marcher au trot , 
et marchant au trot, arrêter J 

De l'éperon. 

Sortir du rang. 

Laisser le cheval s'échapper au galop , 
en allongeant le trot. 

Appuyer. 

Principes du galop. 

Travail en sens inverse. 

De l'étrier. 

Mouler à cheval et mettre pied à terre. 

Travail à distances fixes. 

Passages et sauts d'obstacles. 

aOO. Lorsque les cavaliers ont été familia- /l j , <) /ù ^ 

lises avec le mouvement du cheval à toutes les '^^^^u ^ e^s^U^o-*.- 
allures , rinstructeiu' les fait passer au travail en C^^-i^U^ eU^ c<,, B c^ , -..^ / u .{; 

briJoii, qui a pour l)ut de les initier à l'emploi '^oSpit,^^ 

des aides, d'assurer complètement leur assiette, 
et de les confirmer dans les principes de posi- 
tion qui leur ont été donnés au /7y/iv//7 prépara- 
toire. 

L'instructeur revient sur les assouplissements ^ . , ^ ,, , /■ 

lorsqu'il le juge utile, et il prescrit aux cavaliers '^ y-*^fu^t* 















28 TITRE TROISIÈME. 

d'exécuter, au commandement : repos , les mou- 
vements qu'il a signalés à chacun d'eux, comme 
étant spécialement propres à corriger les défauts 
de position qui leur sont particuliers. 

Les chevaux sont sellés et en hridon. 

Le travail s'exécute sur des rectangles dont 
les angles sont marqués par des fanions ou par 
tout autre signe très apparent (". 



/ 



ft'XuA^.t^tAt'Ifj.j • 









/iv** /T&y>t 



1 6U^\ 



20 1. La leçon du hridon comporte des exer- 
cices à distances indéterminées , et des exercices 
en reprise ou à distances fixes. 

Le caractère des premiers consiste dans l'in- 
dépendance absolue des cavaliers , les uns par 
rapport aux autres, et dans l'obligation con- 
stante, pour chacun d'eux, d'assurer sa direc- 
tion, et de maintenir son cheval à une allure 
égale, pendant la marche sur la piste, comme 
pendant l'exécution de chaque mouvement. 

Ces jnouvements, peu nombreux d'ailleurs, 



i') La portion délimilce de terrain sur laquelle IravaillenI 
les cavaliers doit avoir, en moyenne, 90 mètres de longueur 
sur 3o mètres de largeur. L'insti-ucteur doit déplacer son 
carré toutes les fois que les pistes sont assez marquées pour 
que le cheval les suive machinalement. On évite de placer 
plusieurs classes parallèlement les unes aux autres, afin de 
ne point laisser au cavalier des repères, qui pourraient l'ame- 
ner à se diriger autrement qu'en visant ies points désignés. 

^y-^U Ca^it^/cc- C^/i/^,^j>w /[\^r^, <^-^^ , ^^^ ^t^.-<^^z^U^ 
^ /-.^ -^ ^^^ ,y^i^ f.^^ ^ ^^^^^ ^ j^ 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 29 

se divisent en mouvements s'exécutant sur un 
point déterminé de la piste, et en mouvements 
s'exécutant sur un point quelconque; ces der- 
niers n'impliquent même pas pour le cava- 
lier l'obligation de répondre au commande- 
ment par une exécution immédiate ; celle-ci ne 
doit avoir lieu, tout au contraire, que lorsque 
la position du cavalier sur la piste et l'état de 
préparation de son cheval le mettent dans des 
conditions lui permettant d'exécuter régulière- 
ment le mouvement commandé. Le cavalier 
doit, de plus, calculer son terrain de manière 
à ne pas se rencontrer avec ses voisins; son 
initiative est ainsi éveillée; jnais il importe de 
la maintenir dans de sages limites. 

On donne pour principes au cavalier de laisser 
à sa gauche, quand il est à main droite, et à sa 
droite, quand il marche à main gauche, les ca- 
valiers qu'il croise dans les mouvements exécu- 
tes sur un point déterminé de la piste, et de se 
diriger i)ar lui doubler régulier sur la partie de 
la piste la juoins occupée, toutes les fois qu'il 
est trop rapproché des cavaliers qui le précè- 
dent. 

Les exercices en reprise ou à distances fixes , 
beaucoup moins importants que les précédents, 
sont destinés à préparer les cavaliers au tra- 
vail d'ensemble. L'exécution doit y suivre le 
commandement, et le cavalier doit y être consi- 
déré comme tenu de lier ses mouvements à ceux 
du conducteur de la reprise. 






)a'.- 



Op^ t*y*^ 



/ 



-^ 



°(^^U^J ^^ 



-> / 






\j^y^ iVntci 



ft/Vv Xt/fWU» 







ijçy^ fr>wifl-V^ ÔU^VH*/ 






30 TITRE TROISIÈME. 

aO«. Pour faire passer les cavaliers marchant 

sur tout le })ourtoui' de la piste au travail à 

distances fixes, Tinstruc- 

., •— ^ ,• tgm> commande : Sur le 

\ \ cavalier {un tel), en reprise. 

ai ; Le cavalier désigné s'ar- 

'i i rète, ou passe au pas, et 

fi ]j tous les autres serrent à un 

/; mètre et demi de distance 

; de celui qui les précède. 
j Lorsque l'instructeur 

'^?. veut donner une explica- 

I 4ion à tous les cavaliers à 

i la fois, il les réunit en 

; cercle autour de lui (n'a 55), 

^? sans les astreindre à des 

I distances égales, et leur 

i lait ensuite reprendre leur 

i i)lace sur la piste. 

[ 3 J Les cavaliers sonthabi- 

• ^ • * luellement conduits sur le 

terrain, et ramenés au quartier, en colonne par 

deux; l'instructeur les dispose dans cet ordre 

par un simple avertissement. 



aft 



\ 



MU. 1 ^^A^vl-V^tlu ^^^^^ 



Des rênes et des jambes. 

%03. Les rênes du bridon servent à trans- 
mettre à la bouche du cheval les actions de la 
main du cavalier, et opèrent des effets variables, 
selon le sens dans lequel elles agissent, et sui- 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 3 1 

vant quelles sont mises en jeu, isolement ou 
simultanément. 

En considérant l'action isolée de In rêne 
droite, on reconnaît que cette rêne peut pro- 
duire sur l'avantniain deux effets principaux: 

1° Lorsque le cavalier ouvre la rêne droite, 
en portant IVanchement la main à droite, la tète 
et l'encolure du cheval sont attirées vers la 
droite [rêne directe). 

2° Lorsque le cavalier appuie la rêne droite 
contre l'encolure, la tète est attirée vers la 
droite, et la masse de l'encolure est poussée vers 
la gauche {rêne opposée). 

Ces deux efTets ne se localisent pas sur l' avant- 
main; ils réagissent aussi sur rarrière-main , 
dont ils provoquent le déplacement par côté, 
d'une manière d'autant plus sensible que la 
traction (action d'avant en arrière) exercée sur 
la l'ène est plus prononcée. 

La rêne gauche produit des effets inverses. 

L'action combinée des deux rênes produit 
des effets qui sont la conséquence des actions 
isolées de chaque rêne. 

Le cavalier se sert des rênes, pour diriger le 
cheval, ralentir son allure, et l'arrêler. Pour le 
diriger, le cavalier doit agir du bridon sans al- 
térer l'élan naturel du cheval, car la franchise 
dans le mouvement en avant est la première 
qualité à rechercher; les rênes doivent être mo- 
dérément tendues, et ne jamais servir de moyei! 
de tenue au cavalier. 



a 



lit/ clin' //. 






I 



32 TITRE TROISIÈME. 

L'effet (les rênes est plus ou moins accusé, 
suivant que la traction est plus ou moins ener- 
A.-V i'v-.>,cw, ^''-'q'-- gique, et selon que la position de la tète du 
cheval est plus ou moins rapprochée de la ver- 
ticale. Le cavalier tient les poignets plus bas, ou 
plus haut, selon que le cheval porte au vent, ou 
qu'il s'encapuchonne. On augmente la puissance 
du.bridon en faisant sentir successivement l'ef- 
A^-JM^vW, ,.^, ^|g chaque rêne, ce qui s'appelle scier du 

hridoji. 

«O-l. Les jambes agissent sur l'arrière-main; 
leurs effets sont plus bornes que ceux des rênes, 
car ils se produisent à l'aide d'une pression 
dont le sens est unique. 

Lorsque le cavalier ferme la jambe droite, il 
exerce une pression à laquelle le cheval repond 
j , [^ en déplaçant ses hanches vers la gauche. 

'] '^'^^ L'action isolée de la jambe gauche se traduit 

(j par un effet inverse. 

L'action simultanée des deux jambes produit 
une double pression à laquelle le cheval doit 
répondre par le mouvement en avant. Il esl 
essentiel d'entretenir chez le cheval cette mani- 
festation indispensable de docilité. 

L'action des jambes varie suivant son inten- 
sité , et selon les parties du corps sur lesquelles 
, ^ elle s'exerce. A égale intensité, la pression des 

\/\\^ jambes a d'autant plus d'effet qu'elle est exercée 

plus en arrière. 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 33 

«05. L'instructeur puise dans les conside- 
rations qui pi'écèdent, et dans celles qui sont ^k, „._j U-j ;t:^T^ lo.- ■ 

jointes au ioarner(n'" i lO et suivants), les expli- 
cations nécessaires pour amener les cavaliers à 
se rendre compte de l'action de leurs mains et 
de leurs jambes. 

Il leur en fait faire l'application, dès le début 
de cette leçon, en lesexerçant individuellement, 
et comme' il est dit ci-après , à la marche, à 
l'arrêt, an changement de direction. ^ (V{t4- ' 

Avant de commencer un mouvement, il faul -■ (< lî^ctWl 

rassembler [ou avertir) son cheval. Pour rassem- 
bler le cheval, le cavalier rapproche un peu les 
jambes, et soutient les poignets; le mouvement 
exécuté, il replace les poignets et les jambes, 
soit pour égaliser leur action, soit pour la faire 
cesser. 

Marcher et arrêter. 

«06. Le pas est une allure lente que le cheval ; J 
peut soutenir très-longtemps. Les pieds se lèvent i CtJ 

successivement, et posent dans l'ordre de leur ^^ ^ ,^^^_ 

lever. Ainsi, par exemple, si le pied droit de (^ i ' ^ ^ / 

devant entame l'allure, les autres pieds se lèvent 
dans l'ordre suivant: gauche de derrière, gauche 
de devant, droit de derrière; ils se posent dans 
le même ordre, et de telle manière qu'il y en a 
toujours deux levés et deux à l'appui. 

Le pas doit être franc et assez allongé pour ^ y , ^ I / y , / ^l? • 

parcourir de loo à 120 mètres par minute, 
selon la subdivision de l'arme. 

II. 3 



34 



TITRE TROISIEME. 



SO*. Au coimiiandement : Marchez, fermer 

t)id>u^<^Ao\ les jambes par degrés, plus ou moins en arrière 

/ des sangles, suivant la sensibilité du cheval, en 

ayant l'attention de ne point ouvrir ni remonter 

les genoux, et baisser un peu les poignets, ce 

qui s'appelle rendra la main. 

L'instructeur accompagne le cavalier en mar- 
cliant à ses côtés. 



iZ^^iZlc/ 



208. Au commandement : Arrêtez, s'asseoir 
en se grandissant du haut du corps; élever en 
même temps les poignets par degrés pour ra- 
lentir, puis éteindre l'allure, et tenir les jambes 
près, pour empêcher le cheval de reculer ou 
de se traverser. 

Tourner à droite ou à gauche. 



209. La conduite du cheval ne s'opérant 
/ . tj. que par des actions combinées des rênes et des 

-rf'^.A/V 6{AVAÂ>^ Ov^C^w/^i/f" janil)es, il importe de faire connaître au ca- 
valier les aides indispensaliles pour se diriger, 
\^('^^\ vYi(AiAl\w»Wb't- — soit dans un sens, soit dans un autre, et de lui 

faire entrevoir la conséquence de l'emploi 
unique d'une aide, avant de lui demander le 
concours de tous les moyens dont il peut dis- 
poser. 

L'instrucleur doit, dans ce but, chercher à 
lui faire comprendre, dès les premières leçons, 
qu'il peut faire tourner son cheval à droite : 
1° Par la rêne droite; 

A , 



// ^ y 



^^ic^u^ _ y 



ÉCOLE DU CAVALIER A CHEVAL. 35 

2° Par la rèiie gauche ; ■ : 

3" Par la jaiiil^e droite ; 

4° En combinant ces trois moyens, el y 
ajoutant l'emploi de la jambe gauche, ce qui 
constitue le tourner par l'accord des aides. 

Le tourner à gauche conduit naturellemeiil 
à une décomposition inverse. 

/{('/((' directe. — Va\ ouvrant IVanchement la 
rêne droite, la tète et l'encolure sont attirées f^i.., ^^ clvXLi' ' Ù 
vers la droite, les hanches sont repoussées vers O^^^Aa c6tAx L^e^'^ 
Iai,^auche, elle cheval fait face à droite. Si le ^ ^ . J h . ^^^^ 

cheval est de pied ferme, il se produit un léger )Co^o (JCUAyi '^^ 1 

mouvement rétrograde; s'il est en marche, il y «^^^a^AîT- ^ 

ralentissement d'allure. 

HeHC opposée. — En pressant la rêne gauche 
contre l'encolure, la masse de l'encolure est 
poussée à droite, et le cheval est rangé face 
à droite. Il se produit un mouvement rétro- 
"•rade,ou un ralentissement plus marqué que 
dans le cas précédent. 

,lc//ore de la jamhe. — Eu fermant la jambe j 

droite, les hanches sont poussées A ganclie, et le f OlA/\A,'{H- 
cheval est placé face à droite. Si le cheval est de / 
pied fenne, l'action de la jambe droite provoque 
le mouvement en avant; s'il est en marche, il 
y a augmentation d'allure. 

En résumé, dans les mouvements qui pré 
cèdent, l'aide employée suffit rigoureusement 
à diriger le cheval, soit à droite, soit à gauche, 
mais les membres se meuvent en se croisant 



30 TITRE TnOISiÈME. 

|)tMiibl(.'jiieiil, l'avant -main et l'arrière -main 
sont en désaccord, et il se produit dans rallure, 
soit un ralentissement, soit une accélération. 
De là l'utilité de l'accord des (lides. 

!810. L'accord des aides s'entend d'une re- * 
iation telle que, dans l'exécution de tout mou- 
vement, les aides se prêtent un mutuel secours. 
Cet accord est nécessaire pour que l'action 
d'une aide isolée trouve immédiatement un 
correctif, si elle est trop énergique, ou un sti- 
mulant, si elle est trop faible, afin que tout 
mouvement se produise sans altération d'allure, 
et pour que l'avant-main et l'arrière-main soient 
toujours maintenues dans une attitude conforme 
au mouvement qu'on exécute. 

L'accord doit exister : i° entre les rênes; 
2° entre les jambes ; 3° entre la main et les jambes. 

L'accord entre les rênes est tel que, si le cheval 

^ q^T^'? doit tourner à droite, par exemple, l'action de 

la rêne droite est secondée par celle de la rêne 

gauche, et que celle-ci surveille en quelque sorte 

le mouvement, pour l'arrêter au moment donne. 

L'accord entre les jambes est tel que, si l'une 
d'elles tend à faire jeter les hanches à gauche, 
! I , }iJ/^ l'autre jambe s'oppose à un écart trop prononcé, 

et limite le mouvement au point voulu. 

L'accord entre la main et les jambes est tel 

que, si la main provoque un mouvement latéral 

. Vi/\ ou rétrograde, l'action des jambes seconde et 

l \ÇA/'^^ régularise ce mouvement; si les jambes pro- 



eA^ 



;WVt^^^ ^ 



ÉCOLE DU CAVALIER X CHEVAL. 37 

voquent une accélération d'allure, la main en 
facilite et en régularise l'exécution. 

Il ressort de ces considérations que tout mou- 
vement du cheval résulte de l'emploi de plusieurs ( -. 
aides, agissant à des degrés différents. Mais, rvUjnA^ 
quelles que soient ces différences, le cavalier _^ 
doit toujours tendre à obtenir l'obéissance du 
cheval, par des indications aussi légères que 
possible, soit de la main, soit des jambes. 

211. Le cavaUer elant en marciie, au com- 
mandement : Tournez À DROITE (ou À gauche), 
déterminer le cheval sur un arc de cercle de 

2 pas de rayon, en fermant la jambe du dedans , - , i ^ Ci , . ^[, \h,^^ __ 

et en ouvrant la rêne du même côté; contenir 
les hanches avec la jambe du dehors, et régula- 
riser l'elFet de la rêne du dedans par celle du 
côté opposé. Le cavaher se porte droit devant 
lui en terminant V à-droite (ou ï à-gauche). 

On exécute un demi-tour, en réunissant deux J Cj ^. ^ . 
à -droite, ou deux à-gauche ; l'oblique représente 61 Cl^ ^n^ f> ^1 l/Vk. 
la moitié d'un à-droite ou d'un à-gauche. 

Ces mouvements s'exécutent, le cavaUer étant 

en marche, aux commandements : Demi-tour à ^ y^ji kVXvi"^'''^- 

DROITE (ou À gauche): Oblique à droite (ou à i 

gauche). 

Marcher à main droite ou à main gauche. 

«12. Les cavaliers étant arrêtés sur la ligne 
du milieu, l'instiucteuv leur rappelle les condi- 



38 TITRE TROISIÈME. 

lions indiciufes pour que le clieval soit droit 

(n° 157), et leur en fait faire l'application avant 

; '.rt/M^ dxOit ■ <À ^A.ttl/c^ de les mettre en mouvement. Il leur explique 

/ ensuite que le cavalier marche à main droite, 

quand il a le côté droit en dedans du manège, 

à main gauche, quand c'est le côté gauche. 

Au commandement : VUncnuz À main droite 

1 / \ viA^VA^v- ^Vo^'t*- ^^^ ^ MAIN gauche), les cavaliers se portent en 

\~^0^\/ ' avant au pas, et tournent du côté indiqué, en 

arrivant à la piste. 

Le mouvement est successif; l'instructeur le 

-«'«'LCiJv/" règle de manière à répartir les cavaliers sur 

l^ tout le pourtour du manège. 

^ Les cavaliers travaillant à main droite ou à 

main gauche doivents'af tacher à marcher droit , 

en prenant comme points de direction les si- 

- J gnaux qui limitent les pistes, et à régler l'allure 

de manière à conserver un pas bien égal et de 

la vitesse réglementaire. 

Si le cheval porte ses épaules à droite, il faut 

ouvrir la rêne gauche et tenir la jambe droite près. 

Si le cheval porte ses épaules à gauche, il 

faut ouvrir la rêne droite et tenir la jambe 

0\aj^U/> gauche près. 

Si le cheval porte ses hanches à gauche, il 
faut fermer la jambe gauche et sentir la rêne 
droite. 

Si le cheval porte ses hanches à droite, il faut 
fermer la jambe droite et sentir la rêne gauche. 

313. Loisqu'un cavalier est trop rapproché 



ÉCOLE DU CAVAI.IKR À CHEVAL, 



39 



I 



de celui qui marche devant lui, l'instructeur lui 

,_^ , prescrit, en temps oppoi- 

( ! tun, d'exécuter un rt-r/roj/f' 

I i (ou à-gauche), pour aller 

V ! rejoindre, en traversant le 

manège, la partie de la 
])iste opposée qui présente 
un vide suffisant. Les cava- 
liers arrivent peu à peu à 
I exécuter ce mouvement de 
i' leur propre initiative, sans 
i avertissement de l'instruc- 
; leur toules les fois que le cas 
„J se produit ; mais ils doivent 
o| rviter de le provoquer, 
i i Le cavalier tourne carre 

i I ment, sans modifier son 

i i allure, et sans dévier de la 

\ j-e» •'. ligne droite , qui doit lou 

jours être choisie perpendiculaire à la piste sur 
laquelle il se dirige. Cette observation, d'ailleurs 
générale, s'applique à Ions les exercices. 

214. L'instructeur s'assure que les cavaliers 
s'attachent à marcher droit sur les points déter- 
minés; il veille à ce qu'ils arrivent progressi- 
vement à passer régulièrement les coins, en 
décrivant l'arc de cercle prescrit (n" "ui); il 
exige que l'allure soit fiaiiche et bien égale, et 
porte une attention particulière à la manière 
dont chaque cavalier lait usage de ses aide*. 






i a uj - 



40 TITRE TROISIÈME. 

Passer dupas au trot et du trot au pas. 

-| 815. Le trot régulier est une allure dans 

/ , . , laquelle le cheval fait des battues également 

"^ ' ' " espacées, et exécutées successivement par 

chaque bipède diagonal. Sa vitesse doit être 
de 24o mètres par minute. Le cheval peut 
soutenir le trot beaucoup plus longtemps que le 
galop; c'est l'allure la plus propre aux parcours 
rapides et étendus. 

A cette allure, le corps du cavalier, projeté 
.v.% O'vv 1^1^ ^ verticalement par une première battue, reçoil, 
. aumomentoù il retombe , la réaction d'une nou- 

\ tN.Vt\A"^>-^ velle battue; ces chocs, se reproduisant à inter- 

valles égaux , communiquent au cavalier un mou- 
vement alternatif d'élévation et d'abaissement. 
Les moyens de tenue prescrits au pas sont 
applicables à l'allure du trot. Quoique les réac- 
tions de cette allure permettent plus difficile- 
ment au cavalier de conserver son assiette, 
celui-ci doit s'efforcer de réparer les écarts 
qu'il éprouve, beaucoup moins par la force que 
par l'équilibre; s'attacher à adoucir les réac- 
tions , au moyen de la souplesse du rein , et épar- 
gner au cheval les saccades du bridon , en main- 
tenant les poignets fixes. 

a 16. Au commandement : Marchez au trot, 
puis : Marchez au pas, employer les moyens 
prescrits pour passer de l'arrêt au pas, et du pas 
à l'arrêt, en procédant avec d'autant plus de 
gradation que la différence est plus grande 



\xyxY'- 






ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 



41 



entre la vitesse déjà acquise et celle à acquérir. 
Il résulte de rapplication de ce principe que le 
cheval ne doit jamais passer brusquement d'une 
allure à une autre, mais être au contraire en- 
gagé peu à peu dans lallure commandée. 

Doubler. 

Z17. Le doubler se compose de deux «- 
droite (onde deuYà-(/«uc/it'), reliés par une ligne 
droite conduisant perpendiculairement d'une 
piste à l'autre. 

Le mouvement s'exécute dans la largeur du 
manège, dans la longueur, et sur un point quel- 

, » ^. conque de la piste. Pour 

assurer la régularité de 
l'exécution, dans les deux 
premiers cas, les points- 
milieu des grands et des 
petits côtés sont marqués 
d'un signe apparent. 



? 



1- 



218. Au commande - 
ment : Doublez dans la 
LARGEUR, chaque cavalier 
exécute un à-droite, (ou 
à-gauche) , lorsqu'il arrive à 
3 pas du milieu d'un grand 
côté, traverse le manège 
dans sa largeur, en prenant 
une direction exactement 
perpendiculaire à la piste 



/. 



«t/iç 



WV*v^^' 



\o\ii {U miiKK,\)^ iU hcn^ 4(a'cu. iov^l^d'i'Ux^i^^ dx^VieiilciJ.^ U.^ffu/JMU- 



11 



42 TITRE TROISIÈME. 

sur laquelle il se dirige, et rentre sur cette piste 
par un deuxième «-(/ro/fe [ou à-cf anche). 

Le mouvement s'exôcule par les deux extré- 
mités de la ligne qui relie le milieu des grands 
côtés; les cavaliers se croisant, en passant à un 
mètre les uns des autres, et se laissant à gauche 
[on à droite!, comme il a été indiqué (n° 'ioi]. 

Le doubler dans la longueur s'evécule suivant 
les mêmes princi])os, au commandement : Dou- 
blez DANS LA LONGUEUR. 



/.' 



QQ\AM-'r^^r^'']vx\ { 






«1». Au commandement : Doublez, les cava- 

», -î— -, » liers doublent dans la Ion 

j gueur,ou dans la largeur, 

I sur le point de la piste où 

j ils se trouvent. Les cava- 

...J liers trop l'approchés du 

1 coin continuent de mar- 

j cher siu" la piste, et dé 

j passent le coin pour al- 

! 1er doubler rcgidièrement 

! dans la largeur, ou dans 

"~'J ' la longueur. 

i Les cavaliers appelés à 

* ; doubler dans la longueur, 

— J doivent régler leur mou- 

! vemeul de manière à ne 

j pas rencontrer ceux qui 

; doublent dans la largeur. 

^"' "•' '• Les cavaliers qui se trou- 
ent trop rapproches de ceux qui les précèdent 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 



43 



jjprès le mouvement se conforment à ce qui 
est prescrit (n° 2i3). 

Changer de main. 

«tO. Au commandement : Changez, de main, 
chaque cavalier, aprèsavoir 
passé le coin et marché 
5 pas sur le grand côte, 
se dirige diagonalement 
de manière à prendre la 
piste opposée à la nou- 
velle main, à 6 pas du 
coin. 
^ . l^es cavaliers qui n'ont 

', \ j pas commencé leur movi- 
\\ i vement, alors que d'autres 
' rentrent déjà sur la pisle , 



i\ 



\N 



! \ 



I 



\ 



dégagent le 



terrain en 
piste intc - 



^S-o^- 



tracant une 

rieure. 

Le changement de main 

s'exécute, par e>ctension, 

dans la largeur et dans la 
longueur du manège, perpendiculairement 
d'une piste à l'autre , auv commandements : 

CHA^GEZ DE MAIN DANS l.A LARGEUR OU CHANGEZ 
DE MAIN DANS LA LONGUEUR. 

Volte. 

«ai. La volte est un cercle décrit une fois, 
et tangent à la piste. 



ficPÎ'f à^"^^ 



^ l i 



/ 



I 

V 



^.. 



V 



\/ 



44 TITRE TROISIÈME. 

Au commandement: Volte, le cavalier décrit 
_ . lin cercle d'un diamètre 
égal à la moitié du petit 
côté, el, le mouvement 
achevé, se porte droit de- 
vant lui, dans la direction 
primitive. 

Les considércitions dé - 
veloppées au chapitre de 
la nunxhecircaluire (n°256) 
sont applicables à la volte ; 
le cavalier maintient son 
cheval sur le cercle en 
faisant usage des moyens 
piescrits pour le tourner 
( n° 2 1 1 ) , et s'attache à con- 
server le même degré d'in- 
clinaison que son cheval, 
en décrivant un cercle bien 
régulier. 
L'instructeur réduit les dimensions du dia- 
mètre de la voile, en raison des progrès des 
cavaliers. 



.y "À- 

T T 



Demi- volte. 



otv 



v^ 



vtf' 



II- 



222. La demi-volte se compose d'un demi- 
cercle suivi d'un changement de main. 

Au commandement : Demi -volte, le cava- 
lier marchant à main droite (ou à main gauche) 
décrit un demi-cercle , d'un diamètre égal à ce- 



ECOLE DU CAVALIER A CHEVAL. 



45 



\ 1 



lui de la voUe, et prend une direction diagonale, 
pour rentrer sur la piste en changeant de main. 

.„<iBt * — ,• L'instructeur veille à ce 

que les cavaliers ne rac- 
courcissent pas la diago- 
nale, qui doit avoir le 
même degré d'obliquité 
que celle du changement 
de main, et fait progressi- 
vement serrer le mouve- 
ment. 

2 83. Les mouvements 

'\ I tels que : doubler, changer 

\i de main, volte , demi-volte, 

\ après avoir été exécutés 

■^ I au pas, sont répétés au 

-\| trot. 



\ 



h^ 



ri ^i 



Reculer et cesser de reculer. 

884. Au commandement : Reculez, tenir les 
jambes plus près, et élever les poignets par de- 
grés, en assurant le corps. Dès que le cheval 
obéit, baisser et élever alternativement les poi- 
gnets, ce qui s'appelle arrêter et rendre. 

Le cavalier doit assurer le corps, pour qu'il 
ne penche pas en avant par l'elTet du mouve- 
ment du cheval, et éviter de prolonger l'effet 



46 TITRE TROISIÈME. 

des lènes, afin que le cheval ne se mette point 
sur les jarrets, 
j . Si le cheval jette les hanches de côte, fermer 

ÇJ\,CAA\AM (tXw "M-^-^^'j la jambe du même côté; si ce moyen ne suffit 
1 pas pour remettre le cheval droit, ouvrir, puis 

tirer la rêne du côté où le cheval jette ses han- 
ches, en soutenant de la rêne opposée, ce qui 
s'appelle opposer les épaules aux hanches. 

Si le cheval résisie au l'eculer, faire quelques 
pas en avant, ou fermer une jambe pour dépla- 
cer les hanches; profiter de ce déplacement 
pour reprendre l'action des mains. 

Si le cheval recule trop vite, diminuer l'ac- 
tion des rênes, et fermer au besoin les jambes. 
\u commandement: Arrêtez, cesser l'action 
6i\hxÀxy* *^*^* rênes, et fermer les jambes. 

Allonger le pas et le ralentir. 

: tv» ^ ^j vv^- «85. Pour allonger, et pour ralentir le pas, le 

• v (/ JUw cavalier doit employer les moyens prescrits 

pour passer du pas au trot, et du trot au pas, 
en observant des nuances plus faibles dans la 
gradation des aides, et en limitant l'action de 
ces aides au degré voulu, pour ne provoquer 
ni l'allure du trot en allongeant , ni l'arrêt en 
ralentissant. 

Le cavalier doit chercher à se rendre compte 
des différentes phases du mouvement, pour ar- 
river à bien l'exécuter. 
Le cheval, en allongeant le pas, augmente 



École dv cavalieu à cheval. 47 

peu à peu le balancement de l'encolure, à me- 
sure qu'il augmente l'étendue du pas; il accélère 
le mouvement de l'encolure, à mesure qu'il pré- 
cipite \n cadence du pas; enfin, si le cheval prend 
le trot, il précipite l'action d'un membre posté- 
rieur eu même temps querelle du membre anté- 
rieur opposé, afin d'arriver à l'appui diagonal 
qui caractérise le trot. 

Le cavalier doit, par conséqueiil, pour al- 
longer le pas, diminuer graduellement la ten- 
sion des rênes, afin de laissera l'encolure une 
liberté croissante, sans pourlani abandonner 
le cbeval, accorder son assielfe avec le berce- 
nienl du cbeval, el faire rellner le poids du 
corps en arrière en cessant f aciion des jambes, 
aussilôt qu'il sent que le cbeval va prendre le 
trot. 

Pour ralentir, le cavalier doit faire en sorle 
que le cheval marche à pas comptés , sans se tra- 
verser, et lui permet le de sentir le lever et le 
poser de chaque membre antérieur. 

**©. Les cavaliers allongent et ralentissent le 
pas aux commandements : Allongez. — Ralen- 
tissez. Afin de confirmer les cavaliers dans le 
principe de l'égalité des allures, l'instructeur 
ne lait jamais passer de l'allongement au ralen- 
tissement, et réciproquement, sans avoir fait 
marcher quelque temps à la vitesse réglemen- 
taire, qui se reprend au commandement : Mar- 
chez AD PAS. 






Ui 



IVt/l-H/lA^ 



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lA. 



48 TITRE TROISIÈME. 

Allonger le trot et le ralentir. 

«aï. Pour allonger le trot, employer les 
moyens prescrits pour produire une augmen- 
talion (le vitesse, en ayant soin d'agir très pro- 
gressivement, au fur et à mesure que le cheval 
se livre. Si le cheval hésite à se livrer, le cava- 
lier doit le régler à un trot modéré et le solli- 
citer peu à peu avec les jambes, tout en soule- 
. nant les poignets. 

Si le cheval ne chasse pas assez activement, 
le cavalier le stimule par l'aclion énergique des 
V jambes. 

Si le cheval est froid des épaules, le cavalier 
soutient davantage les poignets. 

Si les hanches ne chassent pas également, le 
cavalier opère une retraite de corps, du côté où 
il ressent l'effet le plus marqué, tout en fer- 
mant la jambe, ou en soutenant la rêne du 
même côté. 

Si les épaules ne manient pas également, le 
cavalier soutient les poignets du côté de l'épaule 
la plus active, et, au besoin, ferme la jambe du 
même côté. 

Durant ces exercices, le cavalier doit bien 
s'asseoir, quoique la position du corps en ar- 
rière ne soit pas favorable à l'accélération de 
\\(J^"^ la vitesse, parce qu'il acquiert ainsi une fa- 

cilité plus grande pour se lier au cheval, sentir 
ses actions, et corriger les mouvements pre- 



ÉCOI.K DD CAVALIKK X CHEVVI,. 49 

cipités ou trop énergiqties de rarrière-main, 
qui entraîneraieiU ie cheval au galop. De plus, 
le cavalier, en s'étayant solidement, au moyen 
de la fixité des genoux et de l'aplomb de l'as- 
siette, soutient le cheval et le dispose à prendre 
sur le mors un appui qui l'aide à recevoir la 
détente des membres postérieurs, et à embrasse • 
le terrain avec plus de confiance. Enfin, il esl 
essentiel d'accorder les etîets des poignets avec 
ceux des jambes, car l'allure du trot, étant 
réglée par bipède diagonal, établit une soli 
darité constante entre l'avant-main et l'arrière- 
main. 

Pour ralentir le trot, cesser peu à peu les 
moyens prescrits pour l'accélérer, en diminuant 
gradueilemenll'action des jambes, et augmen 
tant celle des poignets. 

Lorsque le ralentissement du trot doil faire 
descendre l'allure au-dessous de son degré nor- 
mal, le cavalier, tout en élevant les poignets, 
doit fermer les jambes, afin que le ralentisse- 
ment soit compensé par un soutien plus mar- 
qué, et que le cheval ne prenne pas rhal)itude 
de U-ottiner. 

2ZH. Ces exercices s'exéCTitenl comme les 
précédents, aux commandements : Allongez ou 
Ralentissez, et doivent être comme ceux-ci sé- 
parés par un retour à l'allure ordinaire, qui se 
prend au commandement: Marchez au trot. 

Les cavaliers doivent, en allongeant l'allure, 

n. /. 



50 tithe tkoisiÈme. 

s'attacher à iui donner toute l'extension pos- 
sible, et dépasser au besoin ceux qui les pré- 
cèdent. Le mouvement terminé , ils se con- 
forment à ce qui est prescrit ( n" -2 13). On agit de 
même après le ralentissement. 

L'instructeur fait allonger le trot IVequem- 
I eut, mais pendant un temps limité. Cet exer- 
cice a pour effet d'assurer l'assiette du cavalier, 
en le soumettant à des réactions plus dures, et 
de déterminer chez le cheval un emploi de 
forces plus accusé, favorable à leur développe- 
ment et à la franchise du mouvement en avant. 



Étant de pied ferme , marcher au trot , 
et marchant au trot, arrêter. 

22». Pour partir au trot, emplover consécu- 
tivement et sans interruption, les moyens pres- 
crits pour passer de l'arrêt au pas, et du pas au 
trot, en veillant à ce que l'élan communiqué 
par les jambes soit très progressif, et règle par 
les poignets au degré de vitesse qui correspond 
à l'allure indiquée. 

Pour arrêter, emplover consécutivement, et 
sans interruption, les moyens prescrits pour pas- 
ser du trot au pas, et du pas à l'arrêt , en veillant 
à ce que le rellux produit par les poignets se 
fasse progressivement, soit maîtrisé par les 
jambes, et limité de manière à ne point dégé- 
nérer en mouvement rétrograde. 



ÉCOLE DU CAVALIKR À CHEVAL. 51 

Il resuite de ces principes que le pas sert de 
transition entre l'ininiobililé et le trol ou ré- 
ciproquement , niais il doit être limite à quel- 
ques foulées. 

De l'éperon. 

230. Si le che\ai nobeit pas aux jambes, il 
faut employer l'cperon. 

L'éperon est à la fois une aide el un moven 
de châtiment. 

On emploie réi)eron, comme moyen de cliâii- .. -j 
ment, sur le cheval qui refuse d'obéir à l'action ^ 
des jambes ; on en use, comme aide, quand 
on n'a d'autre but que d'augmenter l'effet pro- 
duit par une jambe, ou par les deu\ jambes 
réunies. 

Pour employer l'éperon, comme aide, le ca- i , 

valier doit continuer la pression des jambes 
jusqu'à ce que l'éperon arrive au poil, et ajouter 
progressivement son effet à celui des jambes. 

Pour employer l'éperon, comme châtiment, 
il faut assurer le corps, se lier des cuisses et des 
jambes, rendre un peu la main, et appliquer 
franchement les éperons en arrière, et près des 
sangles. Si le cheval n'obéit pas, renouveler 
l'emploi de l'éperon jusqu'à sa soumission, par 
actions répétées et rapprochées, sans cesser la 
pression des jambes, qui ne doivent se relâcher 
que lorsque l'obéissance est assurée. 

L'emploi de l'éperon doit être l'objet dune 

A. 



52 TITRE TROISIÈME. 

leçon tonle spéciale donnée successivement à 
chaque cavalier, coiiforniéinent aux principes 
prescrits. ( Titre I, article V. ) 

L'emploi de l'éperon doit toujours être dé- 
montré par un sous-officier ou par un cavalier 
de choix. 

Sortir du rang. 

«31. L'instructeur établit les cavaliers sur 
un raiijÈf , à l'extrémité du manège, le dos tourne 
au petitcôté, et leur fait ensuite quitter le rang 
individuellement, par un simple avertissement. 

Le rang ^e forme au commandement : Au 
RANG; les cavaliers se dirigeant vers l'instructeur 
par le chemin le plus couri, et s'etablissant en 
ligne derrière lui. 

Le cavalier désigné pour sortir du rang sou- 
tient les poignets et détermine son cheval en 
avant, en évitant de le surprendre ou de le brus- 
fpier, et se porte droit devant lui. En arrivant 
au petit côté opposé, le cavalier reprend la piste, 
H main droite ou à main gauche. L'instructeur 
iarrète, au besoin, sur un point déterminé, qui 
devient la base de formation dun nouveau rang. 

Il importe, pour entretenir la franchise et la 
docilité du cheval, que les cavaliers soient très 
fréquemment exercés à quitter le rang. Ce mou- 
vement s" exécute à toutes les allures. 

En cas de résistance de la part du cheval, il 
convient d'employer la longe, pour lui faire con- 
tracter l'habitude de sortir franchement du rang. 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 5.'i 

Laisser le cheval s'échapper au galop 
en allongeant le trot. 

î32.Les cavaliers ayaiil acquis une prenuère 
notion de l'allure du galop, au moyen du travail 
à la longe ou des exercices de voltige, l'instructeur 
les réunit autour de lui et les livre à leurs pro- 
pres moyens, en exigeant seulement qu'ils di- 
rigent leur cheval au galop sur un grand cercle, 
et qu'ils conservent une position régulière; il 
ne leur explique pas encore le mécanisine de 
cette allure, ni les moyens d'en assurer la jus- 
tesse et d'en régler la vitesse. 

Ce travail s'exécute comme il a été prescrit 
pour allonger le trot, en poussant celte allure 
à une limite telle que le cheval ne pouvant 
augmenter la vitesse, en conservant le jeu des 
membres propre à l'allure du trot, emploie une 
autre combinaison des extrémités, qui produit 
le galop. 

On commence le galop sur la ligne circu- 
laire, contrairement au principe adopté dans le 
travail aux autres allures, pour les raisons sui- 
vantes : 

1° Le cheval est naturellement disposé à 
prendre le galop sur le pied du dedans, et les 
explications données plus loin démontrent l'uti- 
lité de galoper juste ; 

2° Le cavalier n'ayant pas à changer de di- 
rection évite les dérangements d'assiette pou- 



54 TITRE TROISIÈME. 

vant résuller du passage des coins à une allure 
rapide ; 

3° Le cheval élaiil ployé a moins de tendance 
à gai(ner à la main ; 

4° La diffîcullé de régler la vitesse est éludée, 
par la possil)ilité donnée au cavalier de décrire 
un cercle plus -ou moins grand, suivant que le 
cheval galope plus ou moins vile. 

Aussitôt que le galop est obtenu, le cavalier 
s'abandonne au mouvement du cheval et di- 
minue l'action des aides; dès que le cheval est 
calme, le cavalier, pour acquérir de l'aisance, 
se penche vers lencolure, ou vers la croupe, 
prend les rênes dans l'vme ou l'autre main, et 
caresse son cheval. 

Pour reprendre le trot, élever les poignets 
par degrés, et diminuer le diamètre du cercle; 
le cavalier laisse ainsi le cheval diminuer sa 
vitesse et reprendre de lui-même l'allure du 
Irot, ayant soin d'assurer l'assiette, de manière 
que le passage du galop au trot ne provoque 
aucun déplacement. 

Appuyer. 

833. L'appuyer est un mouvement dans le- 
quel les épaules el les hanches parcourent deux 
pistes parallèles, de manière qu'en appuyant 
à droite, les membres du bipède latéral gauche 
croisent en avant ceux du bipède latéral droit, 
ou réciproquement en appuyant à gauche. 



ÉCOI.K DU CAVALIER À CHEVAL. 55 

Ce mouvemenl est utile pour confirmer le 
cavalier dans la connaissance des effets que 
peut produire la combinaison des, aides; il 
sert particulièrement à assurer le départ au 
galop sur tel ou tel pied, et à permettre au ca- 
valier dans le rang de rectifier son alignement. 
L'appuyer procède à la. fois d'un déplacement 
latéral de f avant-main et de f arrière-main, et 
il est bon de le décomposer, en apprenant sépa- 
rément au cavalier, d'abord à faire ranger les 
hanches de son cheval autour des épaules, 
puis les épaules autour des hanches. 

834. Demi-tour sur les épaules. — Le demi- 
tour sur les épaules consiste à faire parcourir 
aux hanches un demi-cercle autour du membre 
antérieur gauche, quand on est à main droite, 
et du membre antérieur droit, quand on est 
à main gauche. 

Le cavalier clant sur la piste, à main droite, au 
commandement: Demi -tour sur les épaules, 
glisser et presser la jambe gauche en arrière, 
en élevant plus ou moins les poignets pour 
maintenir les épaules en place; agir modéré- 
ment de la jambe droite, maintenue près des 
sangles, afin d'empêcher le cheval de reculer, ou 
de précipiter le dcplacement des hanches, ainsi 
que delà rêne droite, pour empêcher les épaules 
de dévier à gauche. 

L'utilité et la rectitude du mouvement exigent 
qu'il soit fait très lentement, afin que le cavalier 



56 TiTItE riiOISlÈMK. 

apprenne à graduer ses aides, et que le cheval 
obéisse avec précision. 

Pour le demi-tour à gauche, nièuies principes 
et moyens inverses. 

235. Dcnn-toiir sur les hanches. — Le demi- 
tour sur les hanches consiste : à main droite, 
;i faire parcourir au cheval un demi - cercle 
autour du membre postérieur droit ; à main 
gauche, autour du membre postérieur gauche. 

Le cavalier étant sur la piste, à main droite, au 
commandement : Demi-tour sur les hanches, 
porter les poignets à droite, et tenir les jambes 
près pour contenir les hanches et empêcher 
i'acculemenl; agir de la jambe gauche en arrière 
des sangles, pour empêcher les hanches de 
dévier à gauche, et de la rêne gauche poiu' 
régler et terminer le mouvement. 

Le mouvement des poignets ayant pour 
conséquence de rejeter les hanches dans le seris 
opposé, il devient souvent nécessaipe que l'ac- 
tion de la jambe du dehors soit plus puissante 
que celle des aides déterminant le mouvement 
lui-même. 

l^e mouvement doit être l'ait pas à pas, et il 
est essentiel que le cheval croise les membres 
antérieurs et pivote, avec calme et régularité. 

Pour le demi -tour à gauche, mêmes prin- 
cipes et moyens inverses. 

Pour préparer les cavaliers au demi-tour sui- 



ÉCOLE OU CWALIEIl \ CHEVAL. 57 

les hanches, on leur fait faire quelques demi- 
voltes de pk)s en phis serrées. 

«36. Les demi- tours sur les épaules et sur 
les hanches sont répéics sur la ligne du milieu, 
afin que le cavalier soit mis en siluation d'agir 
sans le secours que peul lui prêter la piste ou 
le mur du manège. On les exécute alternative- 
ment dans tous les sens, pendant le travail, 
jusqu'à ce qu'ils soient devenus familiers aux 
cavaliers, 

*3». Lorsque ce dernier résultat est obtenu, 
linstructeur apprend aux cavaliers à appuyer 
la croupe en dedans, en appliquait les principes 
prescrits pour ranger les épaules et les hanches. 

Ce mouvement s'exécute en employant d'abord 
la rêne et la jambe du dehors (aides latérales), 
qui agissent en poussant les épaules et les 
hanches du côté vers lequel on appuie; le 
cheval se trouve infléchi du côté opposé. Lorsque 
l'appuyer s'exécute facilement avec celte com- 
binaison des aides, l'instructeur prescrit au ca- 
valier de continuer l'emploi de la jambe du de- 
hors, mais d'ouvrir la rêne du dedans [aides 
diagonales) , de manière à attirer les épaules du 
côté vers lequel on appuie; le cheval est alors 
infléchi du côté vers lequel s'exécute le mouve- 
ment. 

Les explications domiees ^n" 2o3), sur la pos- 
sibilité de faire usage de l'une ou de l'autre rêne. 



58 TITRE TROISIÈME. 

pour produire un effet semblable sur l'avant - 
main, sont suffisantes pour faire comprendre 
les deux proct-dcs qui servent au mouvement 
d'appuyer. Le premier doil être employé d'abord, 
parce que l'appuyer demandé ainsi se trouve 
facilité par les secours que la rêne peut prêter 
à la jambe du même côte, pour obtenir le dépla- 
cement de farrièro-main. 

23H. Les cavaliers Jiiarcliant à luain droite, 
au commandement : Ai-puyez r,A cboupe en de- 
dans, placer le cbeval obliquement à la piste, 
eu rangeant les hanches à droite, et appuyer 
sans pencher le corps à gauche. 

Les hanches ne doivent être que très légère- 
ment déplacées sur le côté (l'épaisseur ducheval 
environ), et sont maintenues dans cette position 
pendant toute la durée du mouvement. 

Au commandement : Redressez, replacer le 
cheval droit sur la piste. 

Les cavaliers marchant à main gauche, l'ap- 
puyer s'exécute suivant les mêmes principes et 
par les moyens inverses. 

339. (hiand les cavaliers ont bien compris 
le mouvement, l'instructeur les fait appuyer ht 
croupe en thhors. La direction oblique du cheval, 
maintenue dans les limites qui viennent d'être 
indiquées, se prend par le déplacement des 
épaules en dedans du manège. 

L'instrncleur fait aussi appuyer, suivant la 



ÉCOLE DU CWALIEH X CHEVAL. 59 

Ui^ne du changement de main , et suivant la dia- 
gonale de la demi-voile. Il veille attentivement 
à ce que les épaules précèdent toujours les 
hanches. 

Principes du galop. 

840. Le galop est l'allure la plus rapide et, 
par conséquent, la plus fatigante. Le cavalier 
doit éviter de l'employer pour de longs trajets, 
et notamment pour les routes, surtout lorsque 
le cheval est chargé. 

Il y a trois sortes de galop : 

Le galop ordinah-e , dont la vitesse est fixée à 
!V|0 mètres; * 

Le galop de nutitèye , doni la vitesse est beau- 
coup moindre; 

Le galop allongé, dont la vitesse est de 
/(4o mètres. 

Un cheval galope sur le pied droit , lorsque 
la jambe droite de devant dépasse la jambe 
gauche de devant, et que la jambe droite de 
derrière dépasse aussi la jambe gauche de der- 
rière. Le mécanisme de cette allure s'opère gé- 
néralement en trois temps. 

Le premier temps est marque par la jambe 
gauche de derrière qui pose la première à terre, 
le deuxième par le bipède diagonal gauche, el le 
troisième par la jambe droite de devant. 

Un cheval galope sur le pied gauche, lorsque 
la jambe gauche de devant dépasse la jambe 



60 TITBE TROISIEME. 

droite de devant, et que la jambe gauche de 
derrière dépasse aussi la jambe droite de der- 
rière. 

Le premier temps esl marqut" par la jaaibe 
droite de derrière qui pose la première à terre, 
le deuxième par le bipède diaj?onal droit, et le 
troisième parla jambe gauche de devant. 

Un cheval galope juste , lorsqu'il galope sin- 
le pied droit, en travaillant ou tournant à main 
droite, et sur le pied gauche, en travaillant ou 
tournant à main gauche. 

Un cheval galope J</«j-, lorsqu'il galope sur 
le pied gauche, en travaillant ou tournant à 
main droite, et sur le pied droit, en travaillant 
ou tournant à main gîiuche. 

Un cheval est désuni, lorsqu'il galope à droite 
des pieds de devant, el à gauche des pieds de 
derrière, ou lorsqu'il galope à gauche des pieds 
de devant et à droite des pieds de derrière. 

Le cavalier doit reconnaître, sans se pencher, 
sur quel pied son cheval galope, par les indices 
suivants : 

Dans le galop à droite, tout le côté droit du 
cavalier est porté en avant; la fesse gauche res- 
sent une réaction plus marquée que la fesse 
droite; la jambe droite éprouve im balancement 
plus sensible que la jambe gauche; le genou 
droit frotte sur la selle, tandis que le genou 
gauche reste facilement adhérent et fixe. 

Dans le galop à gauche, les effets inverses se 
manifestent. 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 61 

Il est essentiel pour la sécurité du cavalier 
et la facilité du mouvement, que le cheval ga- 
lope sur le pied droit pour tourner à droite, et 
sur le pied gauche pour tourner à gauche. 

Lorsqu'un cheval est désuni, il peut être 
faux du devant, ou faux du derrière. Dans le 
premier cas, la ligne d'appui du hipède latéral 
du dehors esl très étendue, tandis que les 
membres du hipède latéral du dedans sont très 
rapprochés; le passage des coins rend la chute 
imminente. 

Dans le deuxième cas, les hipèdes latéraux 
ont une attitude inverse de celle qui vient 
d'être indiquée, et le tourner devient d'une exé- 
cution difficile. 

On dit que le che\al galope à (jiuitre temps, 
lorsque le bipède diagonal gauche (en galo- 
pant à (hvdte) fait entendre deux battues suc- 
cessives, aalieu de les opérer simultanément. 
Cette allure est défectueuse, et provient souvent 
de faiblesse de rein ou de ruine; le cavalier doit 
combattre cette défectuosité par des opposi- 
tions fréquentes, qui grandissent le ciieval, sti- \/h^,:^u tç-urr^ A - y '^^^^' ^'x 
mulent son éneigie, et soutiennent sou allure. jt^J^/a^a <^/ ./î*<^^' ^ -^^m^^/^ J 

Passer du pas au galop et du galop au trot. 

*4I. Le passage du |)as au ^rt/o/) (/t; nunièffe 
est plus aisé que celui du Irot au galoj), à 
cause de l'analogie qui existe entre les deux 
premières allures, quant à la succession des 



62 TITRE TROISIÈME. 

membres , et parce que le lettux du poids vers l'ar- 
rière-main, nécessaire pour l'enlever au galop, 
est d'autant plus facile que le cheval est moins 
engagé dans le mouvement en avant. Cependant 
cette facilité relative n'existe que dans des limiles 
restieintes, et à la condition de ne pas entamer 
le galop à une vitesse trop grande; c'est dans 
ces limites que ce mouvement doit être de- 
mandé, car lorsqu'il s'agit du galop ordinaire, 
il est de principe de ne le prendre qu'en le fai- 
sant succéder à l'allongement progressif du trot. 

*4îï. Afin de faire bien comprendre aux ca- 
valiers l'enlever au galop et le départ juste, on 
procède de la manière suivante : 

Le cavalier marchant à main droite, au com- 
mandement: Partez au galop, traverser d'abord 
le cheval en déplaçant légèrement les hanches à 
droite; puis, au moment de déterminer le galop, 
porter les poignets un peu en arrière et à gau- 
che, pour laciliter l'enlever de l'avant-main , tout 
en déchargeant l'épaule droite, et ajouter aux 
aides déjà mises en jeu une égale pression des 
jambes, à un degré suffisant pour produire une 
accélération qui corresponde à la vitesse du ga- 
lop. Le cavalier redresse son cheval dès que le 
départ est obtenu. 

Les aides principales, employées pour tra- 
verser le cheval, ayant été la rêne et la jambe 
gauches, et pour accélérer l'allure, la jambe 
droite et la jambe gauche, il en résulte que 



// 



École du cavalier à cheval. 63 

finalement les aides ayant agi avec le plus d'el- 
fel ont été la rêne gauche et la jambe gauche. 
Cette suite d'actions donne au cavalier le moyen 
fie |)artir, juste; car le cheval étant dispose, en 
a|)puyant à droite, de telle sorte que le bipède 
latéral droit dépasse le bipède latéral gauche, 
se trouve naturellement disposé à partir sur le 
pied droit, s'il est enlevé au galop en conservant 
cette attitude. ^/ 

Pour partir au galop à gauche, mêmes prin / 

cipee et moyens inverses. 

143. Lorsque ces départs au galop sont bien 
compris, le cavalier cesse peu à peu, de traver- 
ser le cheval , et prend le galop en maintenant le 
cheval aussi droit que possible; ixiais il procède 
toujours, dans la mise en action de ses aides, 
d'abord comme pour traverser le cheval, puis 
comme pour accélérer l'allure, c'est-à-dire qu'il 
augmente la pression des jambes pour détermi- 
ner le galop, au moment où il scat le cheval 
disposé pour le départ à droite à céder à l'efTet 
de la rêne et de la jambe gauches. 

944. Pour passer du galop au trot, employer 
les moyens prescrits pour passer du trot au 
pas. 

Si le ralentissement ne suffit pas pour l'aire 
changer d'allure, opérer une traction directe 
de la rêne du côté où le cheval galope, ou une 
pression de l'autre rêne pour contenir le mouve- 



(J4 TITRE TROISIÈME. 

inenl de l'cpaule la plus avancée, et pousser 
les hanciies du côté opposé, de manière à réta- 
blir légalité dans l'action des membres. 

Le cavalier a recours à cet effet toutes les 
fois que son cbeval prend le galop sans qu'il 
l'ait provoqué, ou sans que cette allure ait t-te 
commandée. 

«45. L'instructeur fait galoper plusieurs fois 
de suite à la même main sur la piste et sur la 
ligne du milieu, afin que le cavalier se rende 
bien compte du dépari au galop sur chaque 

pied. 

On recommande au cavalier d avoir la main 
légère, pour que le galop soit franc, bien que 
n'étant pas allongé, et pour éviter de mettre 
les chevaux, sur les jarrets. 

Pour maintenir le cheval juste, il faut se Uer 
à tous ses mouvements. 

Lorsqu'un cheval galope fauv, ou qu'il est dé- 
suni, l'instructeur fait passer le cavalier au pas 
et lui fait ensuite reprendre le galop, en lui 
expliquant de nouveau les moyens à employer 
pour faire partir le cheval juste. 

L'instructeur fait toujours jiasser au pas pour 
changer de main. 

Quand les cavaliers ont acquis l'habitude du 
galop, on leur fait exécuter à cette allure le 
doubler dans la largeur, le doubler dans la lon- 
gueur et la volte (n"" ?. vS et 2ii ;. 

L'instructeur les exerce aussi à partir de 



École du cavalier X cheval. f>5 

pied ferme au galop, e( à s'arrêter, marchant 
à cette allure. Pour partir de pied ferme au 
galop, le cavalier passe, successivement et ra- 
pidement, de l'arrêt au pas et du pas au galop. 
Pour arrêter, le cavalier suit la gradation pres- 
crite (n° -jiG). 



Passer du trot au galop et du galop au pas. 

846. Pour passer du trot au galop, employer 
les moyens prescrits pour passer du pas au galop ; 
niais le cavalier doit commencer par rompre 
la symétrie d'action qui caractérise le trot, au 
moyen d'un effet latéral de l'une ou de l'autre 
rêne, alin que l'effet des aides produise le ga- 
lop, et non, comme il arrive souvent, une aug- 
mentation de soutien dans l'allure du trot. 

Pour passer du galop au pas, employer con- 
sécutivement les moyens prescrits pour passer 
du galop au trot, et du trot au pas. 

Travail en sens inverse, 

24Î. Cet evercice a pour objet de dévelop- 
per l'initiative des cavaliers, de les perfection- 
ner dans la manière de conduire leurs chevaux , 
d'augmenter la franchise de ces derniers, et de 
les confirmer dans l'habitude de travailler iso- 
lément. On l'exécute à l'aide d'une piste tracée 



66 TITRE TUOISIÈME. 

à l'iiiterieur, et à 2 mètres environ de celle qui 
limite le carré. 



•• ! 

! ! 

i ; 

i '•• 







J^~^.. '• ! 'x.'J''' ! i i 






ECOLE DU CAVALIER A CHEVAL. 67 

Une moitié de la reprise travaille à main 
droite; l'autre moitié travaille à main gauche. 
Les cavaliers qui marchent à main droite sui- 
vent la piste habituelle; ceux qui marchent à 
main gauche suivent la piste intérieure. 

Les cavaliers étant en marche, rinslructeur 
désigne nominativement ceux qui doivent chan- 
ger de main. Au conmiandement : Travail en 
SENS INVERSE, ils exécutent un demi-tour, puis 
chaque cavalier suit la piste habituelle ou la 
piste intérieure , suivant la main à laquelle il 
se trouve. 

Les cavaliers, disposés en sens inverse et re 
partis sur toute l'étendue des deux pistes, répè- 
tent les exercices qui précèdent. Le changemeni 
de main et la demi-volte entraînent naturelle- 
ment, pour chaque cavalier, un cliangement de 
piste.On empêche les renconti'es , en prévenant 
les cavaliers marchant à main gauche que c'est 
à euv qu'il appartient d'éviter les cavaliers qui 
uiarchent à main droite. 

Pour remettre les cavaliers sur une seule piste, 
l'instructeur commande : Marchezà main droiti;. 
A ce conunandement, les cavahers qui suivent 
la piste intérieure font demi-tour et rentrent 
sur la piste du dehors, en se conformant aux 
principes indiqués. (n° 2i3). 

De l'étrier. 

848. Lorsque les cavahers ont acquis de 
l assiette et sont arrives à conserver à toutes les 

5. 



(^g TITRE TROISIÈME. 

allures une position régulière, l'inslrucleurleur 
fait prendre les élriers. 

Les ctriers sont convenablement ajustes, 
lorsque le cavalier étant régulièrement placé à 
cheval, le genou fixé à la selle, les jambes pen- 
dantes, la semelle de i'étrier correspond au 
haut du talon de la botte. 

L'éSrier ne doit porter que le poids de la 
jambe; le pied doit être chaussé jusqu'au lier«, 
le talon plus bas que la pointe du pied. 

Si le cavalier prenait un trop grand appui 
sur les étriers, cet appui dérangerait son 
assiette, ainsi que la position des jambes, e1 
nuirait à la facililé de leur action. 

Si le cavalier ne chaussait pas les étriers jus- 
qu'au tiers, il risquerait de les perdre, et s'il 
les chaussait trop, les jambes ne tomberaient 
plus naturellement. 

Le talon doit être plus bas que la pointe du 
pied, afin que le pied puisse conserver l'etner 
sans effort et sans roideur, que le jeu de son 
articulation avec la jambe reste libre, et que la 
cavalier ne risque pas d'employer l'éperon moi 
à propos. 

«49. Dans certains exercices, tels que le galoi) 
allongé, la charge, le trot enlevé, et dans l'em- 
ploi des armes, le cavalier, par exception aux 
principes ci-dessus, sent l'appui sur les etriers 
et les chausse plus ou moins complètement; il 
doit encore les chausser pour tous les sauts et 
tous les passages d'obstacles. 



ÉCOLE DU CAVALIEU À CHEVAL. 09 

*50. Les cavalieis répètent, avec les étriers, 
tout le travail en hridoii; rinstructeur les exerce 
à les lâcher et à les reprendre en marchant, sans 
l)aisser la tète ni se servir des mains; il lem- 
apprend aussi à les ajuster pendant les repos de 
pied ferme, en comparant la long'ueur des étri- 
vières à celle du bras. 

Pendant le cours de l'instruction , l'instructeur 
remet fréquemment les cavaliers au travail sans 
étriers. 

Monter à cheval et mettre pied à terre. 

A cheval. 

251. Les cavaliers étant placés comme il est 
prescrit (n" i56), au commandement: Achevai,, 
faire un à -droite, puis un pas en arrière à 
droite, pour se placer à hauteur de l'étrier ; 
i^lisser en même temps la main droite le long' 
de la rêne gauche, et placer cette main sur la 
selle. Mettre le pied gauche dans l'étrier ( en .se 
servant au besoin de la main gauche), et se 
rapprocher du cheval de manière à appuyer le 
genou gauche contre la selle , sans que la pointe 
du pied touche le cheval; saisir avec la main 
gauche une poignée de crins, par-dessus les 
rênes, et placer la main droite sur le trousse- 
t[iiin ou sur la palette. . 

S'élancer du pied droit, en tirant fortement 
les crins à soi ; appuyer en même temps la main 
droite sur le trousseqnin ou sur la palette, le ge- 



70 TTTRE TROISIÈME. 

nou gauche fléchi et fixé contre la selle, le haut 
du corps un peu incliné en avant, pour empê- 
cher la selle de tourner; rapporter le pied 
droit à côté du gauche, et rester un instant 
dans cette position. 

Porter la main droite, sans quitter les rênes, 
sur la sacoche droite; passer lajamhe par-dessus 
la croupe, en phant un peu le genou, de ma- 
nière que l'éperon ne louche pas le cheval ; so 
mettre légèrement en selle, prendre une rêne 
dans chaque main, et chausser Tétrier droit. 

Pied à terre. 

« 52 . Au commandement : Pied À terre, passer 
la rêne droite dans la main gauche , l'extrémité 
des .rênes sortant du côté du pouce; les saisir 
près du pouce gauche avec la main droite , les 
ongles en dessous, et placer cette main sur la 
sacoche droite; déchausser l'étrier droit, et sai- 
sir avec la main gauche une poignée de crins, 
par-dessus les rênes. 

S'enlever sur l'étrier gauche; passer la jambe 
droite par-dessus la croupe, sans toucher le 
cheval, en pliant un peu le genou ; rapporter le 
pied droit près du gauche, le genou gauche 
fixé à la selle, le haut du corps un peu penché 
en avant ; placer en même temps la main droite 
sur le troussequin ou 'sur la palette, en la glis- 
sant le long des rênes sans les abandonner, et 
rester un instant dans cette posilion. 

Descendre légèremenl à terre, les talons sur 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 7] 

la même ligne; abandonner les crins; faire un 
pas vers la gauche, en glissant la main droite 
le long de la i^êne gauche, et en se replaçant à 
la position du cavalier avant de monter à cheval. 

253. Les cavaliers doivent être exercés à 
monter du côté hors montoir, et à mettre pied 
à terre de ce côté, co qui s'exécute comme il est 
prescrit ci-dessus. 



Travail à distances fixes. 

854. Le travail à distances fixes ou en reprise 
orme je complemeiil de la leçon du bridon et 

.^ ,î....„-iB»« comporte la répétition des 

exercices qui précèdent; 
on y ajoute la marche cir- 
culaire. 

L'instructeur réunit les 
cavaliers en reprise, com- 
1 / me il est indiqué (n" 202) , 

et leur fait exécuter dans 
cet ordre : le doubler dans 
la largeur et dans la lon- 
gueur , les changements de 
main, la. volte, la demi-vol- 
le, l'appuyer. 

Ces mouvements s'exé- 
cutent dans les conditions 
d'allures et aux comman- 
dements indiqués pour 
le travail à distances ind«- 



i 
i 
i 
i 



72 TITRE TROISIÈME. 

terminées; les cavaliers suivent le conduc- 
teur, et passent successivement par les mêmes 
points, en s'attachant à conserver leur dis- 
lance (i'",5o). 

*55. La marche circulaire est un mouvement- 
dans lequel le cheval doit parcourir une ligne 
courbe, en satisfaisant constamment à la con- 
dition de faire passer les épaules et les hanches 
par les mêmes points. 

Il ressort de cette condition que, si (à main 

droite), les épaules doivent être attirées vers la 

droite, les hanches doi- 

,. ^^^^^ ^^^^ rejetées vers la 

î gauche; les aides à em- 

i ployer sont donc princi 

j paiement la rêne droite cl 

1 la jambe droite. 

j Au commandement: En 

" "Xi CERCLE, le conducteur, 

j;'' \ suivi des autres cavaliers, 

•î ]• décrit un cercle entre les 

® /! deux pistes. 

n^^ _.,.•■' I Tout cheval qui travaille 

î en cercle doit être ployé 

1 dans la direction de la ligne 

i qu'il parcourt. S. cet effet, 

i le cavalier le détermine et 

j le contient sur cette ligne 

J. ■'. avec la rêne Ju dedans, en 

soutenant l'allure avec la jambe du même 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 73 

côté. Il doit, en même temps, modifier l'efTet 
de la rêne du dedans par celle du dehors , et 
contenir les hanches avec la jambe du dehors. 

Au commandement: Marchez large, le con- 
ducteur redresse son chevalet reprend la piste; 
il est suivi des autres cavaUers. 

Quand il n'est pas fait d'indication contraire, 
le cercle décrit par le conducteur, au comman 
dément: En cercle, a pour diamètre la largeur 
du manège. 

256. Dans la marche circulaire, surtout à 
ime allufe vive, et sur un cercle étroit , les cava- 
liers doivent conserver exactement le même de- 
gré d'inclinaison que leurs chevaux, el se main- 
tenir dans la direction suivie, sans laisser en 
arrière l'épaule ou la hanche du dehors. 

De plus, il est à remarquer que sur un cercle 
étroit, à une allure vive, et en raison de la faci- 
lité plus grande des hanches à se déplacer par 
rapport aux épaules, le cheval a une tendance à 
substituer à la courbe régulière qu'il doit décrire 
des éléments de ligne droite entrecoupés de l'ac- 
tion de ranger les hanches. Lecavaher doit donc 
avoir soin de contenir les hanchesavec fermeté, 
à l'aide de la jambe du dehors, tout en mollissant 
de la jambe du dedans. Dans ce cas spécial, une 
aide régulatrice peut acquérir pins d'impor- 
tance que l'aide qui a produit le mouvement lui- 
même. 



74 TITBK TROISIÈME. 

asç. On exerce les 

5 ] cavaliers marchant en cer- 

j i cle, à main droite ou à 

j ,. ,^ j main gauche, à tracer 

j / \ i un nouveau cercle en 

y' '\i changeant de main. A cel 

: I effet, au commandement: 

j'-,^ ^'i En cercle à gadghe (ou 

i \ ^' i À droite), le conducteur 

"\ f-«^''*°°''~-x i' marche quelques pas droit 

1/ \i devant lui, et décrit un 

ï "i nouveau cercle à gauche 

f, /. ( ou à droite ), entre les deux 

|\ /i pistes; tous les autres ca- 

! *'• --'"' i valiers suivent exactement 

î i le conducteur. 
! j Le changement de cer- 
• -i ''• cle, comme tous les chan- 
gements de main, ne s'exécute qu'au pas et au 
trot. 

858. Les cavaliers marchant en reprise, à dis- 
tances fixes, pour faire former ie rang, l'instruc- 
teur commande: Au rang. Le conducteur tourne 
à droite ou à gauche, selon la main à iaqnelli> 
on marche, et s'arrête après avoir marché G pas. 
Les autres cavaliers lournent successivement, do 
manière à venir se former à la gauche, ou à la 
droite du cavalier qui les précédait. Les cavaliers 
doivent ralentir les derniers pas, et empêcher 
leurs chevaux de se jeter sur ceux déjà formés. 



F.COI.E DU CAVALIER X CHEVAL. 75 



Passages et sauts d'obstacles. 

259. Dès que les cavaliers ont acquis de la 
solidité, l'instructeur les exerce à passeï- e1 à 
sauter des obstacles, ce qui s'exécute en bri- 
don, suivant les principes prescrits i\u travail m 
bride (n"' 280 et suivants). 



Travail en brille. 

De la tenue des rênes. 

De l'usage et de l'effet de la bride et du 
filet. 

Répétition avec la bride du travail en 
bridon. 

Travail sur de grandes lignes. 

Travail à l'extérieur. 

Passages ot sauts d'obstacles. 

360. Le travail en bride comporlaiiL l'em- 
ploi d'un instrument de conduite dont les 
effe'is sont plus sévères, l'inslrucleur ne fail 
passer les cavaliers à cette leçon que lorsqu'ils 
ont acquis de l'assieltc , eL une connaissance suC 
fisanle de 1" action des aides. 

Le cavalier amène son cheval sur le terrain , 



70 TITRE TROISIÈME, 

en tenant les rèncs du filet, comme il est pres- 
crit de tenir celles du bridon. 

Il monte à cheval, et met pied à terre, en 
appliquant aux rênes de la bride ce qui a été 
dit pour celles du bridon. Après avoir mis pied 
à terre, et avant de conduire son cheval à l'écu- 
rie, il décroche la gourme! le. 

De la tenue des rênes. 

8ttl. Le cavalier tient les rênes de bride el 
defdetdans la main gauche, ("-es quatre rênes doi- 
vent être tenues de manière que la main du ca- 
valier soit en contact permanent avec la bouche 
du cheval, soit par le moi's, soit par le fdet. 

Le cavalier ajuste les rênes en montant à 
cheval, et toutes les fois qu'il est nécessaire, de 
manière à observer la position suivante : 

Les rênes de bride avec leur bouton coulant 
dans la main gauche, le petit doigt entre les 
deu.x rênes; les rênes de fdet au-dessus des rênes 
de bride, le médius entre les deux rênes; l'ex- 
trémité des rênes de bride et de filet sortant 
entre l'index et le pouce; le pouce fermé sur la 
seconde jointure de l'index, pour empêcher les 
quatre rênes de glisser; le coude tombant natu- 
rellement, la main le plus bas possible ; le poignet 
un peu incliné vers le corps; les doigts en face 
du corps, le petit doigt un peu plus près que le 
pouce. 

L'instructeur s'attache à faire comprendre 



ÉCOLE DU CAVALIER X CHEVAL. 77 

aux cavaliers que cette position de la main leur 
donne le moyen : 

1° De conduire le cheval sur le fdet, en relâ- 
chant le petit doigt; 

2° De conduire le cheval sur la bride , en relâ- 
chant le médius ; 

3" De conduire le cheval sur les c|uatre rênes 
en sentant avec le petit doigt et le médius l'ap- 
pui des rênes sur le mors et sur le fdet. 

Dès que les cavaliers sont confirmés dans l;i 
position ci-dessus indiquée, afin d'apprendre a 
conduire leurs chevaux avec une seule main , 
la main droite sera souvent pendante sur le côlé. 
Cependant, pour leur faire mieux comprendre 
les effets des rênes et les astreindre à se main- 
tenir carrément cà cheval, l'instructeur fail 
prendre fréquenunent la rêne droite du filel 
sous le médius de la main droite, qui se place 
à hauteur de la main gauche, Textréuiité de la 
rêne sortant du côté du pouce. 

Cette position permet au cavalier d'agir sur 
la tête du cheval par des effets directs, avec la 
main droite. 

Si le cheval résiste cà l'effet de la rêne droite 
du filet, le cavalier prend la rêne droite débride 
sous le petit doigt de la main droite, conservant 
en même temps la rêne droite de filet sous le 
médius de la même main; les quatre rênes sont 
alors séparées dans chaque main, deux par deux, 
et le cavalier est entièrement maître de la lête 
du cheval , et par suite de sa direction. 



78 TITRE TBOISIÈME. 

Dans tous ces mouvemenls de séparation de 
lènes, le cavalier laisse glisser les rênes droites, 
sous le pouce de la main gauche, sans jamais 
les abandonner tout à fait. 

Les effets directs ont une telle importance, 
dans la conduite du cheval, que lorsque le cava- 
lier a le sabre à la main, il doit, au besoin, 
prendi-e de la main di^oite, soit le filet, soit 
le filet et la bride, ayant l'attention toutefois 
de maintenir la pointe du sabre élevée, afin de 
ne pas blesser ses voisins. 

262. Pour ajuster les rênes, saisir les rênes 
de bride et du filet avec le pouce et le premier 
doigt de la main droite, les élever, entrouvrir 
les doigts de la main gauche, avancer un peu 
cette main vers l'encolure, puis la ramener vers 
le coips à sa position, en sentant légèrement 
l'appui du mors et du filet, et en ayant soin de 
tenir les jambes pi-ès pour contenir le cheval, 
resserrer les doigts, fermer la main gauche, et 
lâcher les rênes de la niaiii droite. 

Le cavalier opère de la même manière pour 
raccourcir isolément l'une ou l'autre rêne. 

Ces mouvements doivent s'exécuter en dépla- 
çant les mains le moins possible. 

Si le pouce est bien fermé sur l'index de ia 
main gauche, les rênes ne s'allongent pas et 
un léger relâchement des derniers doigts remé- 
die à la dureté que cette rigidité du pouce pour- 
rait donner à la position de la main de la bride. 



ÉCOLE DU CAVALIEU À CHEVAL. 79 

Le manienicnt des rênes étant une des bases 
de réquitation, rinslriicteur y exerce, avec le 
plus grand soin, les cavaliers de pied ferme. 

De l'usage et de l'effet de la bride 
et du filet. 

863. Les elfets isolés de chaque rêne de 
biide sont analogues à ceux du bridon, mais 
plus accentués, alors même qu'ils sont produits 
par des actions plus légères de la main du ca- 
valier; ils sont accompagnés d'une inlîuence ré- 
trograde plus marquée, et résultent d'une cause 
agissant sur les barres plutôt que sur les lèvres. 

Afin de faire apprécier au cavalier les effets 
de chaque rêne , ainsi que la puissance du moi-s 
de bride, l'instructeur fait tenir momentané- 
ment les rênes de bride séparées, comme celle 
du bridon , et exécuter au pas les mouvements 
les plus simples, tels que : marcher, arrêter, 
tourner, etc. 

L'instructeur l'ait prendre ensuite les rênes de 
bride dans la main gauche seule, et ùût exécu- 
ter au cavalier les mouvements élémentaires 
nécessaires pour l'amener à se rendre compte 
des effets qu'il produit ; il termine enfin cette 
instruction élémentaire par l'emploi des quatre 
rênes tenues comme il est dit (n° 12G1). 

864. Lorsque les rênes de bride sont réu- 
nies dans la main gauche, et que le cavalier 



80 Tirr.E TUOISIÈ.ME. 

porte siinplenieiilla main à droile ou à gauche, 
les rênes ne produisent plus d'elîets combinés, 
comme dans le cas où elles étaient indépen- 
dantes, et l'une d'elles ne peut servir d'auxiliaire 
ou de correctif à l'autre; cependant l'habitude 
de ce moyen de conduite est indispensable, pour 
ménager au cavalier l'usage de la main droite, 
lorscpiil doit manier son sabre. 

L'effet des rênes de bride résulte des quatre 
mouvements principaux que la main peut opé- 
rer en se poi'tant : en avant, eu arrière, i 
droite ou à gauche. 

Si la main se porte en avant, de manière que 
les deux rênes soient flottantes : leur action esl 
négative et se borne à ne pas mettre opposition 
au mouvement en avant. 

Si la main se porte en arrière : les deuv rênes 
se tendent également; le mors produit une im- 
pression égale sur les deux barres, et cet effet 
dispose au mouvement rétrograde. 

Si la main se porte à droite : la rêne droile 
devient flottante et d'un effet nul ; la rêne 
gauche se tend, la tète est sollicitée à se porter 
à gauche, mais l'appui de la rêne sur le côté 
gauche de l'encolure détermine le cheval à 
tourner à droite. Cependant, si le cavalier agit 
au point d'attirer avec trop de force la tête du 
cheval vers la gauche, l'effet de traction delà 
lêne gauche arrive à dominer l'effet de pres- 
sion produit par cette même rêne, et le cheval 



ÉCOLE DU CAVALIEK À CHEVAL. 81 

range ses hanches à droite, ou, autrement dit, 
tourne à gauche. 

Si la main se porte à gauche : elle produit un 
effet inverse de celui qui vient d'être expliqué 
et dispose le cheval à tourner à gauche. 

265. Il résulte des explications qui précèdent 
que la main de bride, agissant seule, peut pro 
duire des effets incorrects, et quelquefois con- 
traires à ceux demandés. L'association de la 
bride et du filet corrige ces imperfections et ré- 
tablit la possibilité de graduer les effets qu'on 
veut produire, de les seconder l'un par l'autre, 
et d'assurer avec précision l'obéissance du che- 
val. 

Les quatre rênes réunies dans la main gauche 
permettent au cavalier d'adoucir, ou de com- 
pléter l'effet du mors de bride, en faisant pré- 
dominer l'action du filet par un simple relâche- 
ment du petit doigt, ou par une inclinaison de 
la main; mais l'emploi du filet demeure plus 
efficace encore, en séparant les deux rênes et 
en s'aidant de la main droite, comme il est 
expliqué (n° 261). 

Dans cette position, qui doit être habituelle 
au cavalier ne faisant pas usage de son sabre , 
si la main de bride se porte en avant ou en 
arrière , la main droite l'accompagne dans son 
déplacement; si la main de bride se porte à 
droite ou à gauche, le filet seconde ou régula- 



OZ TITRE TROISIEME. 

rise l'action de la rêne gauche ou de la rêne 
droite de bride. 

En se servant alternativement de la bride ef 
du iilet, le cavalier ménage la bouche du che- 
val qui tire à la main, cette action alternative 
lui permettant d'agir, tantôt sur les barres, et 
tantôt sur la commissure des lèvres. 

Dans tous les mouvements de la main, le 
cavalier doit conserver le bras ployé, afin que 
les articulations du poignet, du coude et de 
l'épaule contribuent à adoucir l'etfet produit 
par la main. 

Répétition avec la bride du travail 
en bridon. 

966. Le travail sur la piste avec la bride com- 
j)orte la répétition de tous les exercices exé- 
cutés par les cavaliers pendant le travail 
eu hridon [n" ii'à au n°259), lins tracteur se con- 
formant aux mêmes règles pour donner la 
leçon. 

Les mouvements s'exécutent conformément 
aux principes établis dans le travail précédent, 
sauf à tenir compte de la différence signalée 
entre la puissance du mors de bride et celle du 
mors de bridon. 

L'instructeur s'attache toujours à ce que les 
cavaliers marchent droit sur les points qui doi- 
vent les guider, et veille à ce qu'ils conservent. 



ÉCOLE DU CAVALIER A CHEVAL. 83 

dans tous les exercices, une allure parfaitement 
égale. L'égalité de l'allure garantit le bon ordre 
dans les mouvements en troupe, et conduit à 
ménager le cheval. La ligne droite oblige le ca- 
valier à faire constamment usage de ses aides, 
et contraint le cheval à une soumission de tous 
les instants; c'est la garantie la plus sûre d'un 
travail fructueux. 

869. Le changement de direction s'exé- 
cute, comme il est prescrit dans le travail en 
bridon (n" 211), en observant de faire usage 
du filet pour attirer la tète du cheval dans la di- 
rection à suivre, et d'agir modérément de la 
bride, pour ne pas porter la tête en dehors, ni 
produire un effet rétrograde nuisible à la con- 
servation de l'allure. Ces principes s'appliquent 
à tous les mouvements en cercle. 

a«8. L'appuyer s'exécute comme il est pres- 
critdansle travail en bridon (n"' 233 et suivants) , 
en passant par toutes les phases de ce mouve- 
ment : 

1* Décomposition du mouvement, en ran- 
geant les hanches et les épaules ; 

2° Appuyer, en se servant seulement de la 
jambe du dehors et de la main de bride; 

3° Appuyer, en se servant simultanément de la 
bride et du filet pour placer la tète dans le sens 
du mouvement. 



84 TU HE TROISIÈME. 

Passer du pas au galop et du galop au trot. 

869. Coiume il est prescrit dans le travail 
en hriclon (n° 242). Exécuter ce mouvemeit 
d'abord en Iraversant le cheval, puis sans le tra- 
verser, et dans ce dernier cas, en agissant seu- 
lement de la main de la bride, {)uis en agissant 
des deux mains à la fois. 

Pour partir au galop à droite, en traversant 
le cheval, agir comme en bridon, en appuyant 
d'abord à droite, puis en communiquant la 
vitesse qui correspond au galop. 

Pour partir au galop à droite, en agissant 
seulement de la main de bride, et sans traverser 
le cheval, porter la main en arrière et à gauche, 
et augmenter la pression des jambes. L'action 
de la main de bride attire légèrement la tète à 
droite, en refoulant l'encolure à gauche, et 
dégage l'épaule droite; la pression des jambes 
sollicite le galop, qui s'entame à di'oite.à cause 
de l'opposition de l'encolure au développe- 
ment de l'épaule gauche. 

Pour partir au galop à droite, en agissant des 
deux mains à la fois , et sans traverser le cheval , 
porter légèrement la main de bride un peu e;i 
arrière et à gauche, mais attirer la tète du cheval 
vers la droite avec le filet, et répondre à cette 
action par une légère pression de la jambe 
gauche. Au moment où le cheval cède à cet effet 
de la rêne droite et de la jambe gauche, aug- 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 85 

iiienler d'une égale quantité la pression des 
jambes , et communiquer raccélcration de vitesse 
(|ui correspond au galop. L'action des deux 
mains ayant pour elïet d'attirer légèrement la 
tète du cheval à droite sans déplacer Tenco- 
liire, la pression des jambes sollicite le galop, 
qui s'entame à droite, à cause du sens de l'im 
pulsion de la jambe gauche. 

«ÎO. Pour passer du galop au trot, agir 
fonime il est prescrit dans le travail en bridon. 

Passer de l'arrêt au galop et du galop à 
l'arrêt; du trot au galop et du galop au 
pas. 

87 1. Comme il est prescrit dans le travail en 
hridou (n" 2^5 et 2 '16), et dans le mouvement 
jjrécedent. 

Travail sur les grandes lignes. 

Î8Ï8. Le travail sur de grandes lignes, ou en 
carrière, s'exécute sur un rectangle ayant de 200 
à 3oo mètres de longueur, sur 100 de largeur, 
environ. Les cavaliers y sont exercés à toutes 
les allures, mais on y fait peu de mouvements. 

Le but de ces exercices est complexe : con- 
lirmer le cheval dans la marche en ligne droite; 
augmenter sa franchise en l'isolant davantage; 
développer ses moyens en lui faisant souvent 



86 TITRE TROISIEME. 

alionger le trot; apprendre au cavalier à user 
du trot enlevé; le familiariser avec le galop 
ordinaire: régler la vitesse de cette allure; 
obtenir le calme nécessaire à la bonne exécu- 
tion du travail en troupe , et à l'utile emploi des 
forces du cheval; enfin préparer le cavalier à la 
charge. 

Les cavaliers sont répartis à grandes distances 
sur tout le pourtour de la carrière. L'instruc- 
teur borne ses commandements aux indica- 
tions d'allures, et fait exécuter les changements 
de main et les mouvements que peut nécessiter 
le travail, en interpellant chaque cavalier. 

Les angles du terrain sont marqués d'un 
•signe apparent; il en est de même des distances 
que le cheval doit parcourir en une minute, 
soit au pas, soit au trot, soit au galop. 

8*3. Le trot enlevé doit être le seul employé 
en dehors des exercices de manège. L'instruc- 
teur y exerce sa reprise, en veillant à ce que 
les cavaliers se conforment aux principes qui 
suivent : 

Le cheval marchant au trot, le cavalier com- 
mence par incliner légèrement le corps en 
avant, de manière à céder plus facilement à la 
réaction qui doit lui faire quitter le fond de la 
selle; puis, prenant un léger appui sur les 
étriers, tout en conservant l'adhérence des ge- 
noux et des jambes légèrement portées en ar- 
rière, il maintient son assiette isolée de la selle 



ECOLE nrj CAVALIER A CHEVAL. 87 

pendant que la réaction suivante se produit, et 
il continue dans cet ordre, en évitant toujours 
une réaction sur deux. 

Dans le principe, on facilite au cavalier le 
mécanisme du trot enlevé, soit en lui faisant 
caresser l'encolure du cheval , ce qui détermine 
l'inclinaison du corps en avant, soit en lui fai- 
sant saisir les crins avec la main droite. 

La bonne exécution du trot enlevé exige que 
l'assiette s'éloigne le moins possible, que le 
contact de la selle se reprenne moelleusement, 
sans choc, que l'appui sur les étriers soit léger, 
et que le talon soit maintenu plus bas que la 
pointe du pied. 

Si le cavalier a les étriers trop chaussés, l'ar- 
liculation du pied n'a pas l'élasticité suffisante 
pour se lier en mesure aux mouvements du 
cheval. 

Si le cavalier enlève trop l'assiette, les mou- 
vements sont disgracieux et le cavalier se fa- 
ligue sans pro-fit pour le cheval. 

Si le cavalier n'enlève pas assez l'assiette, il 
retombe en selle avant que la réaction à laquelle 
il doit échapper soit terminée et perd la cadence 
du trol. 

Lorsque le trot est lent, l'enlever de l'assiette 
profite moins de l'élan empi^unté à la vitesse de 
l'allure ; le cavalier a moins de facilité pour s'en- 
lever, et doit se soutenir plus longtemps sur les 
étriers. 



o8 TITRE TROISIÈME. 

Lorsque le trot est rapide et étendu, le sou- 
lèvement de l'assiette est facilité par l'impul- 
sion de l'allure. 

Lorsque le trot est sec, le cavalier doit s'en- 
lever davantage sur les étriers, mais il observe 
I)ius facilement la cadence de l'allure. 

Lorsque le trot est doux, le cavalier doit 
très peu s'enlever; les mouvements du cheval, 
habituellement courts et précipités, lui per- 
mettent difficilement de suivre la mesure de 
l'allure. Il doit d'ailleurs ne point rechercher 
le trot enlevé avec les chevaux qui se bercent , 
Iraquenardent , et qui, pour diverses raisons, n'o- 
pèrent pas régulièrement la succession des 
battues. 



«94. Les exercices au galop, dans le travail 
en carrière, comportent d'abord l'emploi du 
gs\o^^ ordinaire , qui se prend toujours par ac- 
célération d'allure. 

Le cavalier doit allonger progressivement le 
trot, jusqu'à ce que le cheval parte de lui-même 
au galop, sans se préoccuper du pied sur lequel 
il a pu s'enlever. 

Lorsque le cheval galope sur le pied du de- 
hoE6, le cavalier doit, en passant le coin, laisser 
à son cheval la liberté nécessaire pour changer 
de pied, mais ne rien faire pour l'y solliciter. Il 
importe, du reste, d'arrondir les coins à cette 
allure. 



ECOLE DU CAVAMER À CHEVAL. 89 

Tous les efforts de l'instructeur, pendant ie 
travail au galop, doivent tendre à obtenir du 
calme et une allure réglée, ce qui evige des exer- 
cices prolongés, et beaucoup de modération 
dans l'emploi des aides. 

Le travail, commencé isolémenl à grandes dis- 
tances, se poursuit en réunissant les cavaliers 
par petits groupes, et en cherchant à ce que 
les chevaux ne s'animent pas et ne tirent pas sur 
les rênes, tout en étant maintenus ù la vi- 
tesse réglementaire. 

2*5. Lorsque les chevaux galopent avec 
calme et sans tirer à la main, au galop ordi- 
naire, on les exerce au galop allongé. 

Ce travail s'exécute suivant les principes qui 
précèdent, mais en répar tissant les cavaliers 
sua* un rectangle dont le grand côlé doit avoir 
au moins 5oo mètres. 

Les cavaliers sont exercés aussi à passer du 
galop ordinaire au galop allongé, et récipro- 
quement. 

S*©. La vitesse des allures correspond h celle 
des exercices en troupe, el doit être réglée par 
l'instructeur à l'aide de repères établis dans les 
manèges et les carrièTes, ainsi que sur les ter- 
rains de manœuvres, de manière ta concorder 
avec les données du tableau suivant ; 



90 



TITRE TROISIEME. 





DISTANCES 


TEMPS NÉCESSAIRE 


DESIGNATION 


PARCOUBUES 


PODR P.VRCOURin 




en une minute 


un kilomètre 


DES SUBDIVISIONS 
(le l'arme. 




__ 




ati 
pas. 


aa 
Irol. 

Met. 


au galop 
ordinaire, 
au galop 


au 
pas. 


au 
trot. 


uu 
galop. 


.5 te 




Met. 


Met. 


Met. 










Cavalerie légère. . 


100 






10"> 1 






Cavalerie de ligne. 


110 240 


340 


'tiO 


9 5'|4">10» 


2™ 56- 


2- 1 r,' 


Cavalerie (le réserve 


120) 
1 






8 2 ) 

1 







'iW. On prépare en.suite les cavaliers à la 
charge , en les exerçant à allonger le galop à 
toute vitesse, sur une longueur de 6o à 8o mè- 
tres. 

Le mouvement s'exécute successivement. 

Chaque cavalier, à l'avertissement de l'in- 
structeur, l'end la main sans pourtant aban- 
donner son cheval, qui doit continuer à mar- 
cher droit dans la direction donnée, et allonge 
progressivement au galop le plus vite, en fai- 
sant sentir au besoin l'action de l'éperon. 

Le cavalier, pendant la charge, penche le 
corps un peu en avant, fixe les genoux et prend 
un point d'appui sur les étriers. 

Pour passer du galop de charge à une allure 
moins vive, employer sans violence les prin- 
cipes prescrits pour ralentir, en augmentant l'ac 
lion des aides et portant le corps en arrière. 



ECOLE DU CAVALIER A CHEVAL. 91 

Travail à l'extériexir. 

ffiS, Ces exercices ont pour but d'habituer 
les cavaliers à conduire leurs chevaux dans tous 
les terrains, et de leur apprendi'e à les ménager, 
quand ils ont à parcouiir de grandes distances. 

L'instructeur conduit sa reprise à travers 
champs , sur les chemins de culture , ou sur les 
routes, répartit ses cavaliers, soit isolément, soil 
en groupes, et les exerce au pas et au trot, en 
s' attachant àlevu- inculquer les principes de con- 
duite qui devront les guider, lorsqu'ils seroni 
al)andonnés k eux-mêmes. 

Ces principes consistent à varier lesallures, sans 
jamais les pousser jusqu'à la limite extrême des 
moyens du cheval, en évitant les lluctuations 
de vitesse ; à marcher au pas en quittant l'écurie , 
pendant un temps plus ou moins long, pour 
mettre le cheval en haleine ; à ne trotter qu'en 
terrain plat', les montées et les descentes néces- 
sitant de plus grands efîoi^ts chez le cheval et 
l'exposant aux blessures du hai'nachement; à 
suivre une progression croissante dans l'éten- 
due de^ temps de trol ; à subordonner la durée 
des temps de pas inlermédiaires au degré de 
rapidité avec lequel le cavalier doit eflfectuer sa 
course totale; à rechercher en toutes cir- 
constances les terrains doux, qui fatiguent 
moins le cheval et ménagent ses membres, et à 
le maintenir, par conséquent, sur les bas côlés 



92 TITRE TROISIÈME. 

plutôt que sur le milieu de la chaiisst'e; à ter- 
miner enfin par un temps de pas d'autant plus 
prolongé que la course aura été plus longue 
et plus sévère. 

A ces principes généraux, qui doivent être 
démontrés pratiquement, l'instructeur ajoute 
les conseils que lui suggère son expéiience, et 
loutes les observations qui peuvent résulter des 
conditions du teri'ain. sur lequel il conduit sa 
troupe. Les prescriptions suivantes embrassent la 
plupart des cas qui peuvent se présenter. 

aîO. Pour gravir une pente raide, il faut 
l'endrc complètement la main, dès qu'on a 
donné au cheval sa direction; porterie baut du 
corps en avant, et saisir la crinière pi'ès du 
garrot, par-dessous les rênes. 

Pour descendre une pente de même nature, 
il faut rendre la main, et laisser au cheval toute 
liberté de prendre la position de tète qui peut 
lui être nécessaire; porter le corps en arrière, 
et, pour ne pas glisser vers le garrot, saisir au 
besoin le troussequin ou la palette avec la main 
droite. 

Les pentes rapides doivent toujoius être gra- 
vies avec d'autant plus de calme qu'elles sont 
plus longues, et, quand le sol est glissant, il 
faut éviter de les suivre obliquement, soit en les 
montant, soit en les descendant. 

Si le terrain est très-inégal, avoir les aides 
vigilantes, sans toutefois enlever au cheval son 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 93 

initiative. L'initiative doit être rendue au ciieval 
toutes les fois qu'il se trouve en présence de 
difficultés matérielles pouvant éveiller son in- 
stinct, qui devient, eu pareil cas, un guide infi- 
niment plus sur que les aides du cavalier. 

Si le terrain est lourd ou profond, rendre la 
main , et si Ion est forcé de prendre une allure 
rapide, s'enlever sur les étriers aGn de moins 
charger l'arrière main. 

Si l'on a à traverser un terrain marécageux, 
marcher très lentement, et éviter de se placer en 
tile; si le cheval enfonce, s'inquiète, et cherche 
à sortir du marais par bonds, mettre pied à 
terre, et conduire le cheval en main. 

Pour passer un cours d'eau, suivre le gué ou 
couper la rivière obliquement, en choisissant 
sur la rive opposée un point qu'on ne perd pas 
de vue. 



Passages et sauts d'obstacles. 

280. Ces exercices sont destinés à compléter 
l'instruction du cavalier, en éprouvant sa har- 
diesse et sa solidité, de même que le travail du 
manège a pour objet de confirmer son tact et la 
justesse de ses aides. Le plus sûr moyen de réus 
sir-consiste à acheminer, 1res progressivement, 
le cavalier vers le but qu'il doit atteindre, de 
manière à ne pas alïlublir sa confiance par un 
tra. ail prémat iré, et à ne pas compromettre la 



94 TITRE TROISIÈME. 

franchise du cheval, par le trouble et par l'in- 
suflisance des actions du cavalier. 

Les obstacles à franchir se rapportent à deux 
types principaux : 

1° Ceux (jui comportent des sauts en largeur, 
tels que : fossés , douves , etc. ; 

2° Ceux qui comportent des sauts en hauteur, 
tels que : haies, barrières, murs gazonnés , murs 
en pierres, banquettes, etc. 

Les dimensions de ces obstacles sont aug- 
mentées au fur et à mesure que les cavaliers 
deviennent plus habiles; elles peuvent ctre limi- 
tées à 3 mètres pour les obstacles en largeur , 
et à 90 centimètres pour ceux en hauteur. 

Il est de règle habituelle d'aborder les obstacles 
en hauteur, au galop, à yn train modéré, et le.s 
obstacles en largeur, à un train un peu allongé. 

aSi. Avant de sauter, chausser les étriers, 
ajuster les rênes, et relâcher légèrement les rênes 
de bride, de manière à faire prédominer l'action 
des rênes du fdet; se diriger très droit sur l'obs- 
tacle, au pas, puis au galop. 

En arrivant près de l'obstacle, s'asseoir, en- 
velopper le cheval, l'assurer dans le mouvement 
eu avant, et rendre la main en la maintenant 
basse. Au moment où le cheval s'élance, se lier 
à ses mouvements, en s'asseyant le plus pos- 
sible, et en opérant une retraite de corps, sans 



ÉCOI-E DU CAVALIEU X CHEVAL. 95 

dépiacer les poignets lorsque le cheval pose à 
terre. 

Après avoir sauté, ralentir peu à peu l'allure, 
et passer successivement du galop au trot, et du 
trot au pas. 

282. Si le cheval hésite en arrivant près de 
l'obstacle, surprendre et devancer ses résis- 
tances, en le stimulant vigoureusement par la 
pression des jambes. 

Si le cheval se dérobe obliquement , en ga- 
gnant à la main, reprendre le pas, replacer le 
cheval dans la direction voulue, le ramener à 
cette allure le plus près possible de l'obstacle , 
et le stimuler au moment de franchir. 

Si le cheval se dérobe par un iête-à-qaeiic à 
droite, le replacer dans l'ancienne direction par 
un demi-tour à gauche , le ramener au pas , et 
franchir; s'il résiste au demi-tour, opposer les 
cpaules aux hanches, en agissant de la rêne et 
de la jambe gauches. Employer les moyens 
inverses, si le cheval se dérobe par un tête-à- 
(jaeiie à gauche. 

Si le cheval s'arrête court devant l'obstacle, 
reculer lentement sans tourner bride , afin de ne 
pas révéler au cheval un moyen de fuir l'obs- 
lacle; prendre un peu de champ pour le déter- 
miner à s'élancer, et le ramener ainsi jusqu'à ce 
qu'il se décide à franchir. 

Si le cheval bourre et gagne à la main, re- 
prendre le pas ou ralentir jusque près de l'obs- 



96 TITKE TROISIÈME. 

tacle, sans toatelbis contrarier le cheval au 
momenl où il doit prendre son élan. 

Si le cheval s'obstine à refuser de sauter, 
l'instructeur peut employer la chambrière; s'il 
résiste encore, il faut revenir aux procédés 
indiqués [titre I, article V). 

Le cavalier doit, dans tous les sauts, s'attacher 
à aborder l'obstacle carrément, et tenir ses rênes 
de manière à maintenir la tête de son cheval 
dans la direction, en usant, s'il y a lieu, d'oppo- 
sitions plus ou moins marquées. 

Il doit surtout éviter toule saccade , au mo- 
ment où le cheval se reçoit après le saut. 

2^3. L'instructeur fait d'abord sauter isolé- 
ment chaque cavalier. Les cavaliers sont ensuite 
exercés àsauter une série d'obstacles, en reprise, 
à grandes distances, puis par groupes de deux 
ou de quatre. La conservation des distances est 
un moyen de constater que ces exercices n'ap- 
portent pas de trouble à la régularité de la con- 
duite du cheval. 

Le cavalier est exercé cà franchir, pendant le 
travail en bridon , puis pendant le ^YU'aj7e« bride, 
avec et sans étriers; mais alors même que ces 
exercices lui sont devenus familiers et qu'il con- 
serve une position régulière pendant le saut, ou 
conGrme le cavalier dans l'habitude de sauter 
sans étriers, afin qu'il ne soit pas exposé à en- 
courir un échec, par suite de la privation de ses 
moyens de tenue habituels. Le cavalier a ton- 



ÉCOLE DU CAVALIEn X CHEVAL. 97 

jours soin de ne pas s'attacher aux rênes; et 
tout en observant exactement la position pres- 
crite (n" 261 ), il se sert davantage du filet. 

Ces leçons sont habituellement données à la 
fin du traxail, afin que le cavalier soit mieux en 
selle, et que le cheval soit constamment en- 
couragé dans sa franchise par la récompense 
qui lui sert d'appât, lorsqu'il est descendu, ou 
ramené cà l'écurie, immédiatement après avoir 
sauté. Les principes prescrits cà cet égard {tilre I, 
article F), sont d'une application constante. 

*84. Les exercices de saut s'exécutent d'a- 
bord en abandonnant les l'ènes, afin d'empê- 
cher le cavalier de contracter l'habitude de s'y 
attacher, et de lui faire comprendre qu'il ne 
doit conserver son aplomlj qu'en restant bien 
assis et en tenant les jambes près, de manière a 
se lier au cheval le plus possible. 

Ce travail s'exécute comme il est prescrit 
[titre I, article V). Le cheval pourvu d'un cave- 
çon est dirigé par l'instructeur. 

Lorsque le cavalier est complètement fami- 
liarisé avec ces exercices, l'instructeur enlève 
le caveçon, fait reprendre les rênes au cavalier, 
et l'exerce conformément aux prescriptions du 
n° 283, en veillant à ce que ses mains restent 
'basses et près du pommeau. 

Dans le principe , le cavalier aborde l'obstacle 
au pas , et ne laisse son cheval piendre une 
allure plus vive, ou r>e le stimule pour s't lancer 



98 TITRE TROISIÈME. 

qu'à 3 mètres environ de l'obstacle. A mesure 
qu'il prend plus d'assurance, on le fait sauter, 
en partant du trot et du galop. 

885. Une troupe formée sur deux rangs fran- 
chit un obstacle sans dispositions préliminaires; 
les cavaliers, en approchant de l'obstacle, ren- 
dent la main et laissent leurs chevaux sauter, 
comme s'ils étaient isoles. L'alignement se rompt 
à quelques mètres de l'obstacle, et se reprend 
presque immédiatement après le saut. 

En procédant conformément à ces principes, 
une troupe en colonne peut franchir une série 
d'obstacles, sans allongement dans la colonne, 
et sans modification dans son degré de vitesse. 

Les obstacles en hauteur doivent se franchir 
en colonne, parce qu'ils sont abattus, ou plus ou 
moins détruits par les premieis chevaux. La pré- 
férence à accorder à l'ordre en colonne sur 
l'ordre en bataille, et réciproquement, dans le 
passage des obstacles , demeure du reste subor- 
donnée à la nature du terrain à traverser. 

S86. Le saut nécessitant un violent effort 
de la part du cheval, l'instructeur s'attache 
à faire comprendre au cavalier qu'il importe 
de ne point abuser de cet exercice, et qu'il 
y a toujours avantage à passer les obstacles 
plutôt qu'à les sauter, quand les conditions 
générales le permettent. Le travail à l'extérieur 
fournira matière à démonstrations sous ce rap- 



ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 99 

port, et conduira l'instructeur à expliquer au ca- 
valier que pour passer un fossé , le plus commun 
des obstacles qui se rencontrent en rase cam- 
pagne, il taut se conformer aux principes indi- 
qués pour descendre et pour gravir les pentes 
rapides (n° 279). 



Travail en armes. 

Maniement et emploi du sabre. 
Maniement de la carabine et du pisto- 
let-revolver. 

Exercices de tir. 
Poursuite. 

«S'y. Le cavalier, en amenant son cheval sur 
le terrain, décroche le sabre, et le remet au 
crocliet le travail terminé. Le cavalier porte ha- 
bituellement la carabine à la grenadièi'e; (ou le 
pistolet- revolver, dans son étui.) Il est aussi 
exercé la carabine étant à la botte. 

L'instructeur fait répéter aux cavaliers munis 
de leurs armes les différents exercices du tra- 
vail en bride; il veille à ce que le poids et le 
mouvement des armes ne leur fassent pas perdre 
la régularité de la position, et leur fait alternati- 
vement conduire leur cheval d'une seule maiu. 
ou des deux mains. 

Pour exécuter le maniement des armes de 



100 riTi'.K thoimème. 

pied ferme, 1" instructeur forme les cavaliers 
sur un rang, à 3 mètres l'un de l'autre. 

Maniement et emploi du sabre. 

Sabre à la main. 

2 temps. 

«88. Passer la main droite par-dessus les 
rênes, exécuter ce qui est prescrit à pied (ii° 55), 
en reposant le poignet droit sur le haut de la 
cuisse. 

1. - Sabre. 
a. - Main. 

Remettre le sabre. 

2 temps. 

ZH9. Comme il est prescrit à pied (n" 56), en 
appuyantle dos delà lame à l'avant-bras gauche . 
j*usqu'à ce que la pointe soit engagée dans le 
fourreau; le mouvement termine, reprendre les 
rênes. 

i. - Remettez. 
-2. - Sabre. 

290. Les mouvements de présenter et porter 
le sabre s'exécutent à cheval comme il est pres- 
crit à pied (n°' ôy et 58). 

L'instructeur fait mettre le sabî-e à la main 
aux trois allures, et remettre le sabre en mar- 



ÉCOLE DU CAVALIER \ CHEVAL. 101 

chant au pas seulement. Il veille à ce que les 
cavaliers, en exécutant ces mouvements, dé- 
rangent, le moins possible , la position de la main 
de la bride. 

L'instructeur fait repéter, le sabre ù la main, 
quelques-uns des exercices du ii^uvail en bride, 
en exigeant toujours la même régularité, et en 
veillant à ce que les cavaliers ne refusent point 
l'épaule droite. 

Le cavalier qui a le sabre à la main peut , mo - 
mentanément, s'aider de la main droite pour 
conduire son cheval, comme il est dit(n° 261). 

291. Les coups de pointe et les coups de 
sabre indiqués à l'école du cavalier à pied 
(n"' 63 à 73), s'exécutent d'abord de pied ferme, 
puis en marchant, aux trois allures. On ne fait 
toutefois exécuter au trot et au galop que les 
coups à volonté. 

A l'indication : Co/ifre/'i/j/a/i^er/e, les cavaliers 
dirigent leurs coups de haut en bas. 

L'instructeur s'assure que les cavaliers ne 
tournent ou n'inclinent le corps qu'autant qu'il 
est nécessaire, et qu'ils conservent toujours la 
main gauche au-dessus du pommeau de la selle. 

Pour exécuter l'exercice du sabre en mar- 
chant, l'instructeur prend les dispositions pres- 
crites ( n° 2 T 2) , et fait tracer une piste à 2 mètres 
du mur, lorsque le travail s'exécute dans un 
manège. Les cavaliers tiennent les jambes près 
el prennent un appui sur lesétriers; leurs mou- 



102 TITRE TROISIÈME. 

vements ne doivent modifier ni l'allure, ni la 
direction du cheval. 

Pour exercer les cavaliers à frapper un but 
déterminé, on place sur la ligne du milieu, 
ou sur tout autre point de la carrière, mais loin 
de la piste, un chandelier surmonté d'une têle 
mobile. Le cavalier est d'abord exercé à passeï', 
à toutes les allures, très près de f objectif, en le 
laissant alternativement à sa droite et à sa 
gauche. Lorsque le cheval ne manifeste plus 
aucune tendance à s'en éloigner, l'instructeur 
indique au cavalier le coup de pointe ou le coup 
de sabre qu'il devra porter sur la tête mobile. 

La tète est ensuite placée à terre. Le cavalier 
n'incline le corps que de la quantité nécessaire 
pour arriver à atteindre la tête avec la pointe 
de son sabre, en dirigeant le coup de haut en 
bas. Dans ce dernier exercice le cavalier laisse 
toujours l'objectif à sa droite. 

Les exercices pi'éparatoires de la charge 
indiqués dans le travail en bride (n" 277) sont 
répétés avec le sabre; les cavaliers prenant, à 
l'indication de l'instructeur, la position des ca- 
valiers du premier ou celle des cavaliers du 
deuxième rang, et terminant le mouvement 
par quelques coups à volonté. — Position du 
premier rang : en garde (n" 64) ; ou Position du 
deuxième rang: le poignet à droite au-dessus 
de la tète, le coude ployé, le tranchant en 
l'air, la pointe en arrière et à gauche. 



C01.E DU CAVALIER À CHEVAL. 103 

Maniement de la carabine, 

*9*. Les cavaliers ayant l'arme à la grena- 
dière : 

Haut l'arme. 

1 temps. 

Exécuter ce qui est prescrit à pied (n" 88), en 
posant la crosse sur la cuisse, le bout du canon 
haut et en avant, au-dessus de l'oreille droite du 
cheval , la sous-garde en avant. Ne pas tendre la 
bretelle. 

Haut = ARME. 

L'arme à la grenadière. 

1 temps. 

293. Elever l'arme en travers au-dessus de 
la tète, la passer à la grenadière, comme il est 
prescrit ta pied (u° 87). 
Grenadière = arme. 

S94. Les cavaliers étant à la position de 
haut l'arme : 

Reposer l'arme. 

1 temps. 

Baisser Tanne avec la main droite en incli- 
nant le bout du canon en avant ; l'engager dans 
la botte; passer la courroie deux fois autour de 



104 TITRE TROISIÈME. 

ia poignée; la boucler avec la main droite en 
soutenant la crosse de la main gauche; reprendre 
les rênes dans les deux mains. 
Reposez = aame. 

Haut l'arme. 

I temps. 

)8î»5. Déboucler la Qourroie avec la main 
droite, en soutenant la crosse de la main 
gauche ; saisir l'arme à hauteur de la hausse avec 
la main droite, le pouce allongé le long du bois: 
la dégager de labotte; l'élever et placer la crosse 
sur la cuisse, le bout du canon haut et en avant, 
au-dessus de l'oreille droite du cheval, la sous- 
garde en avant. 

Hailt=^ ARME. 

89©. Le cavalier passe directement de ia po- 
sition de l'arme à la grenadière à la position de 
l'arme à la botte et réciproquement, aux comman- 
dements :iJe;305ez= arme, et Grenadière = \miE. 

;89ï. Les cavaliers étant à ia position de 

haut l'arme : 

Charger. 

Placer l'arme dans ia main gauche, avec la 
main droite, sans lâcher les rênes, et exécuter la 
charge à volonté, comme il est prescrit à pied 

(n'94). 

Chargez =^arme. 



■ ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. lO.T 

«98. L'arme étant chargée, si l'instructeur 
ne veut pas faire exécuter le feu : 

Haut l'arme. 

1 temps. 

Désarmer comme il est prescrit à pied (n" gS] ; 
saisir l'arme avec la main droite à hauteur de 
la hausse, et reprendre la position de/irt«/ Vanne. 

Haut := ARME. 

Au commandement : Grenadière = arme , le 
cavalier décharge son arme avant d'exécuter le 
mouvement. 

299. Les cavaliers étant à la position de 
haut l'arme, l'arme charg'ée, et le chien au cran 
de sûreté : 

Apprêter l'arme. 

1 temps. 

Placer l'arme dans la main gauche et armer 
connne il est prescrit (n° 98). 
Apprêtez = arme. 

Si l'instructeur ne veut pas faire exécuter le 
feu, il se conforme à ce qui est prescrit après la 
charge (n° 298). 

300. L'arme étant chargée, les cavaliers à la 
position du quatrième temps de la charge ( n' 92 ) ; 



106 TITRE TROISIÈME. 

En joue. 

1 temps. 

A l'indication . A [tant de) mètres, exécuter 
un demi-à-droite, et disposer ia hausse. 

Au commandement : Joue , dégager le petit 
doigt de la main gauche du bouton coulant ; 
élever l'arme avec les deux mains, en laissant 
glisser les rênes jusqu'à leurs extrémités dans la 
main gauche ; appuyer la crosse contre l'épaule; 
ajuster, le bout du canon dans la direction de 
l'épaule gauche du cheval, et placer le premier 
doigt de la main droite sur la détente. 

i. - A (tant de) mètres. 

3. - JOUE. 

Si le cheval se déplace pendant le mouve- 
ment, le cavalier soutient l'arme avec la main 
gauche, et se sert de la main droite pour main- 
tenir le cheval. 

Feu. 

1 temps. 

301. Appuyer le premier doigt de la main 
droite sur la détente; faire feu; descendre l'arme 
avec les deux mains ; faire glisser les rênes 
dans la main gauche, en les élevant de la main 
droite, de manière à sentir l'appui du mors et 






ÉCOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 107 

du filet, et prendre la position du quatrième 
temps de la charge. 

Feu. 

Charger. 

1 temps. 

308. Exécuter la charge à volonté et se tenir 
prêt à faire feu ou haut l'arme, au command<?- 
ment de finstructeur. 

Chargez. 

Les cavaliers redressent leurs chevaux après 
le feu, au commandement: Gre«rtc//ère = arme. 

303. L'instructeur fait faire haut = arme et 
grenadière = arme, aux trois allures, et il veille 
A ce que les cavaliers conduisent toujours leurs 
chevaux avec la même régularité pendant l'exé- 
cution de ces mouvements. 

Maniement du pistolet-revolver. 

Haut le pistolet. 
1 temps. 

304. Passer la main droite par-dessous les 
rênes, retirer le pistolet de son étui, et faire 
haut le pistolet comme il est prescrit à pied 
(n" 11 5). 

Haut = PISTOLET. 



108 TITRE TROISIÈME. 

Replacer le pistolet. 

1 temps. 

305. Abaisser le pistolet, le remettre dans sa 
gaine. 

Replacez = pistolet. 

306. Les cavaliers étant à la position de haut 

le pistolet : 

Charger le pistolet. 

i temps. 
Gomme il est prescrit à pied (n" 117). 
Chargez = pistolet. 

Apprêter le pistolet. 

1 temps. 
309. Abaftre le pistolet dans la main gauche, 
et exécuter le reste du mouvement comme il est 
prescrit à pied (11° 119). 
Apprêtez = pistolet. 

308. Les cavaliers étant à la position de haut 
le pistolet, l'instructeur commande: Joue et feu, 
ce qui s'exécute comme il est prescrit à pied, 
mais en maintenant le bout du canon à droite 
ou à gauche de la tète du cheval. 

309. L'instructeur remet ensuite les cavaliers 
en mouvement, et leur fait exécuter à toutes les 
allures les mouvements de haiU le pistolet et de 
replacer le pistolet. 



ÉCOLE DU CAVALIEn À CHEVAL. 1 0'i 

Exercices de tir. 
Carabine, 

3iO. Les règles de tir détaillées à l'école du 
cavalier à pied sont applicables à cheval. 

Toutes les fois qu'un cavalier en marche doit, 
par exception, faire feu, il place son cheval el 
l'ari'ète de manière que l'objet visé soit à sa 
gauche. 

Pistolet-Revolver. 

311. Le tir du pistolet ne s'exécute qu'en mar- 
chant; le cavalier doit faire feu sans changerd'al- 
lure, et sans modifier la direction de son cheval. 

On exerce le cavalier à tirer en avant, à droite , 
à gauche, et enfin, en arrière à droite. 

L'instructeur forme le rang à l'extrémité du 
manège, le dos tourné au petit côté, et fait éta- 
blir en avant du rang une cible dont on modifie 
la position, de manière à satisfaire aux difîérenls 
tirs. 

Le cavalier sort du rang, à l'avertissement de 
l'instructeur, fait haut le pistolet, exécute le tir 
commandé en arrivant près de la cible, rejoint 
la piste, et rentre dans le rang. 

Le tir du pistolet à cheval ne pouvant pré- 
senter quelque certitude qu'à la condition d'être 
exécuté à courte distance, le cavalier doit faire 
feu à 3 mètres environ de la cible. Le mouve- 
ment du che\al ne permettant pas d'ajuster 



1 10 TITRE TROISIÈME. 

comme dans le tir à pied, le cavalier doit se 
borner à placer le pistolet dans la direction de 
la cible, en étendant moelleusement le bras, et 
à faire feu sans secousse. 

Les exercices qui précèdent, après avoir été 
exécutés à blanc, à toutes les allures , sont répétés 
à poudre. Le tir à balle ne s'exécute pas à cheval. 
A la distance de 3 mètres, la cartouche à poudre 
produit sur la cible, recouverte d'une feuille de 
papier, une trace suffisante pour juger de la di- 
rection du coup. 

Les cavaliers sont aussi exercés au tir con- 
tinu, qui ne s'applique qu'aux circonstances 
exceptionnelles , et en particulier à celle dans la- 
quelle le cavalier est entouré de tous côtés. 

Le cavalier, sorti du rang, et arrivé sur le 
point désigné par l'instructeur, s'arrête et fait 
feu successivement : en avant et à droite, a 
droite, en arrière à droite, en avant et à gauche, 
à gauche, et enfin, en arrière à gauche. 

Poursuite. 

SI*. La poursuite est la préparation équestre 
du combat ; elle provoque l'émulation chez les 
cavaliers, éprouve leur assiette, et les astreint à 
faire usage de tous leurs moyens de conduite. 
Elle sert à démontrer que dans le combat à che- 
val , à égalité de courage , l'avantage doit rester 
au cavalier montant le mieux . et ayant le cheval 
le mieux dressé. 



ECOLE DU CAVALIER À CHEVAL. 1 1 1 

L'iiislructeur forme deux reprises face à face, 
le dos tourné au petit côté, et à 6 mètres en 
avant de la piste. 

Au commandement: Poubsuite , le cavalier de 
droite de chaque rang- se porte en avant, au 
trot, et marche à la rencontre de son adver- 
saire, qu'il doit croiser de très près: alors com- 
mence la poursuite. 

H est assigné pour but à chaque cavalier de 
toucher son adversaire sur l'épaule gauche, en 
se servant exclusivement de la main droite, et 
utilisant, à cet effet, les voites, les demi-voltes, 
le demi-tour sur les épaules ou sur les han- 
ches. 

Le cavalier s'aide de la main droite pour 
conduire son cheval, jusqu'au moment de tou- 
cher son adversaire. 

La poursuite cesse dès que l'un des cavaliers 
a été touché, ou au commandement : Halte , de 
l'instructeur. Les deux cavaliers passent au 
pas, sont remplacés par le cavalier de droite de 
chaque rang, et se replacent dcrrièi'e la droite 
de leur rang. 

L'instructeur restreint la longueur de la lutte, 
s'il est nécessaire, et s'attache à prévenir les 
querelles qu'elle pourrait faire naître. 

Si dans le courant dela^poursuite, un cheval 
s'échappe au galop, l'instructeur n'exige pas 
que le cavalier le remette immédiatement au 
trot. 



112 TITRE TROISIÈME. 

Observations relatives au combat 
individuel. 

313. Le côté droit du cavalier ainié du sabre 
est son côté fort, et le côté gauche son côté 
faible. On doit donc éviter de présenter, dans le 
combat, le côté gauche à son adversaire, et cher- 
cher, au contraire, à l'attaquer à gauche, ou 
mieux , en arrière à gauche. 

En conséquence, si le cavalier a dépassé son 
adversaire , il revient sur lui , par un demi-tour 
à droite. S'il est poursuivi , il peut se laisser dé 
passer du côté droit, afin d'attaquer son adver- 
saire du côté faible. 

Il importe d'employer toujours les coups de 
pointe dès la première rencontre. Quand on 
porte des coups de sabre, ils doivent être diri- 
gés sur la tête du cavalier, ou sur celle du che- 
val, ou sur la main débride. 

Lorsque le cavalier, ayant le sabre à la main, 
doit faire usage du revolver, ce qui peut se pré- 
senter dans une mêlée, ou dans une poursuite, 
il laisse pendre le sabre à la dragonne. 

Si le cavalier lutte contre un lancier, il doit 
parer le coup de lance, de bas en haut, se glisser 
sous la hampe, et serrer l'adversaire de près. 
La tactique des lanciers consistant à s'isoler 
les uns des autres, et à se maintenir hors de la 
portée du sabre, il importe de les pelotonner 
et de les joindre de près , pour paralyser l'emploi 
de leur arme, et faire tourner les avantages de la 
situation au profit des cavaliers armés du sabre. 



KCOI.K VV PEr.OTOX A CHKVAL. JI3 

ÉCOLE DU PELOTON A CHEVAL. 



314. Lécole du peloton a pour but de for- 
mer les cavaliers au travail d'ensemble, et dap- 
prendre au peloton à exécuter tous les mouve- 
ments utiles à son emploi, soit isoléjnent, soit 
dans l'escadron. 

Les cavaliers et les brigadiers sont en bour- 
geron, en képy et en armes. Quand la tempé- 
rature l'exige, le vêlement de drap est mis sous 
le bourgeron. A la fin de l'instruction, les cava- 
liers prennent le casque ou le shako et le 
\ élément de drap; les cuirassiers, la cuirasse. 
Les sous-oiliciers sont dans la tenue habi- 
tuelle; ils sont dans la tenue de la troupe quand 
elle prend le casque ou le shako. 

Les selles sont sans sacoches ; mais pour ter- 
miner l'instruction, les chevaux sont chargés. 
Le peloton est composé de 24 cavaliers au 
H moins ( 12 files), y compris 

^'â un gradé placé à chaque 

aile. Lorsqu'il ne se trouve 
pas 'i4 hommes dans le pe- 
loton, le premier rang est 
complété à 12 cavaliers, et 
les files creuses sont réparties sur les n"' 2 et 3. 
L'instructeur désigne un brigadier qui doit 
marquer le centre du peloton; il se place à la 
gauche de la première moitié du peloton , lors- 
que le nombre des files est pair. 

H. 8 




I 14 TITRE TROISIÈME. 

En instruction, iechef du peloton fait occuper 
sa place devant la troupe par un sous-ofiicier 
qui sert de guide. 

Avant d'être exécutée sur deux rangs, l'école 
du peloton se fait d'abord par rang, à l'exception 
des ruptures et des formations. Chaque rang est 
alors composé comme le premier i-ang du pe- 
loton complet. 

Les mouvements sont exécutés au pas jus- 
qu'à ce qu'ils soient bien compris; ensuite au 
trot, et enfin au galop. 

Quels que soient les mouvements à exécuter, il 
ne faut jamais en tamer brusquement l'allure com- 
mandée. Ainsi, lorsqu'un peloton doit partir au 
galop, étant de pied ferme, les cavaliers doivent 
ébranler leurs chevaux au pas, continuer l'ac- 
tion des aides pour passer au trot, qu'ils allon- 
gent progressivement, jusqu'à ce que les chevaux 
prennent d'eux-aiièmes le galop. Chaque cavalier 
n'a qu'à se préoccuper de maintenir l'alignemeni. 

Réciproquement, pour arrêter, étant au ga- 
lop, il ne faut pas arrêter court, mais il faut 
éteindre progressivement l'allure; les cavaliers 
persévèrent donc dans l'emploi des aides jus 
qu'à ce que les chevaux aient passé successi- 
vement, mais rapidement, au trot, au pas, et 
enfin à l'imiuobilité. 

Ces principes, applicables à tous les mouve- 
ments en troupe , exigent d'autant plus d'atten- 
tion que le front de la troupe, ou sa profon- 
deur, est plus considérable. 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 115 

Il importe, en effet , de ne pas perdre de vue 
que la progression ci-dessus spécifiée n'im- 
plique point un mouvement successif de la part 
de fractions qui pourraient se trouver les unes 
derrière les autres. Quelle que soit la profondeur 
(l'une colonne, les dilTérenles imilés qui la com- 
posent doivent s'ébranler ou s'arrêter simul- 
tanément, en suivani, la gradation ^H'escrite. Il 
appartient aux chefs de ces unités de régler leur 
allure, de telle sorte que les distances ne cessent 
pas d'être observées. 

L'instructeur fait décomposer les mouvements 
lorsqu'il le croit utile. Il se porte partout 
où il juge sa présence nécessaire, mais particu- 
lièrement derrière le peloton , pour surveiller 
l'exécution des mouvements, ainsi que la ma- 
nière dont chaque cavalier conduit son cheval. 

Tous les commandements sont faits par l'ins- 
tructeur, qui seul a le sabre à la main. 

Le guide accompagne du geste correspondan t 
les commandements faits pour se porteren avant, 
obliquer, converser, diminuei' l'allure , et arrêter. 
Les cavaliers sont aussi exercés à exécuter ces 
mêmes mouvements, au geste, sans commande- 
ment. 

Le peloton fait toujours usage du li'ot en- 
levé; lorsque, par exception, l'instructeur veut 
l'aire prendre le trot assis, il en fait l'indication. 

Les cavaliei's sont exercés fréquemment à 
passer et à sauter des obstacles, à quitter le 
rang individuellement, et à se servir de leurs 

8. 



] I (■) TITUK IliOISlÈME. 

ainies. Pour l'exercice du sabre, on prend Je?» 
dispositions prescrites à ï école du cavalier. 

Lorsque l'instruction du peloton est termi- 
née, le sons-officier qui remplit les fonctions de 
giiide passe en serre-file, et le chef du peloton se 
plaçant devant la troupe , en prend lui-même la 
direction et en devient le guide. 

La voix, dans des conditions d'émission pro- 
j)ortionnées au front; le geste; la direction et 
l'allure de sou cheval sont, pour le chef du 
peloton, trois moyens de se mettre en rapport 
avec sa troupe. Ces ti'ois moyens peuvent, en 
raison des circonstances, s'employer isolément , 
ou se combiner les uns avec les autres. Une 
Iroupe instruite doit d'ailleurs arriver à suivre 
son chef sans commandements, dans les modi- 
fications qu'il apporte à sa direction primitive. 

Monter à chevai et mettre pied à terre. 
Alignement. 

Ouvrir et serrer les rangs. 
Reculer. 

Marche directe en bataille. 
Conversions. 

Marche oblique individuelle. 
Formations , marches et déploiements 
de la colonne par quatre oa par deux. 
Charges. Éclaireurs. Combat à pied. 



KCOLF. DD PELOTON A CHEVAL. 



117 



Monter à cheval et mettre pied à terre. 

315. Le peloton étanl formé sur deuxrang-s 
ouverts, à 4 mètres de distance, le guide à che- 
val, à i"\r)o en avant du centre, les cavaliers à 
la tète de leurs chevaux, et les chevaux à 
5o centimètres l'un de l'antre; au comman- 
dement : Comptez- vous quatre, les cavaliers 
se comptent, dans chaque rang, de la droite 
à la gauche : un, deux , ti^ois, quatre, suivant la 
place que chacun occupe. Lorsqu'il y a des 
files creuses, les cavaliers du deuxième rang 
prennent les numéros de leur chef de file. 

316. Au commandement : A cheval, te 
guide et les n"' i et 3 de chaque rang se portent 
en avant, d'une longueur de cheval, et tous les 
cavaliers montent à cheval; les n°' 2 et '\ 
rentrent aussitôt dans leurs intervalles, et le 
deuxième rang serre à i'",5o du premier. 

SI T. Le peloton étant formé sur deux rani>s 




serrés, au coaunandement : Pied à terre, le 



1 I 8 TITRE TROISIÈME. 

guide, le premier rang, et les n" i et 3 du 
deuxième se portent en avant; le guide et les 
n" I et 3 du premier rang, à deux longueurs 
de cheval, les autres à une seule. Les n"' ;î el 3 
du deuxième rang restent en place. Les cava- 
liers ainsi formés, sur quatre rangs, mettent 
pied à terre. Le guide leste à cheval si Ton ne 
commande pas : Repo.s. 

L'instructeur fait remonter à cheval, le pelo- 
ton étant dans cette position. 

318. Le peloton étant pied à terre, sur quatre 
rangs, si l'instructeur veut le reformer sur deux 
rangs ouverts , il commande : Reprenez = vos 
RANGS. Les nimiéros fî et 4 de chaque rang 
rentrent dans leur intervalle et s'alignent sur 
les n'" 1 et 3 , qui ne bougent pas. 

319. Le rang isolé se conforme, pour metire 
pied à teire, à ce qui a été dit pour le deuxième 
rang du peloton. 

Alignement. 

3aO. Au commandement: Alignement, le 
brigadier du centre et les gradés des ailes se 
placent sur une ligne droite, à i"\5o derrière le 
guide : le brigadier, exactement dans la di- 
rection du guide, et les gradés des ailes à un 
demi-front de peloton du brigadier, dans la 
mémo direction. Les cavaliers s'établissent entre 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 119 

ces trois points; ils accordent leurs épaules sur 
celles du brigadier du centre et du gradé de 
leur aile , en donnant à cet effet un coup d'oeil 
à droite et à gauche. En fixant les yeux sur la 
ligne des yeux, ils ne doivent apercevoir que 
la poitrine du deuxième cavalier qui les avoi- 
sine. Ils se rapprochent de leur voisin du côté 
du centre, mais sans se toucher, de manière 
à avoir de l'aisance dans le rang, et placent 
leurs chevaux perpendiculairement au front. 

Les cavaliers du deuxième rang doivent être 
exactement derrière leur chef de file, dans la 
même direction, et à i"",5o de distance. 

Le conunandement : Fixe, termine l'aligne- 
ment; tous les cavaliers reprennent l'immobilité. 

Pour s'assurer que le peloton est bien aligné, 
l'instructeur se place perpendiculairement au 
llauc de la troupe. 

0)1 exerce le peloton <à s'aligner sur une 
sunple indication derrière le guide, quelle que 
soit la position de celui-ci, afin de bien faire 
comprendre à la troupe que c'est la place prise 
par le chef et la direction de son cheval qui 
déterminent, en toute circonstance, la place que 
doit occuper le peloton. 

Lorsque les cavaliers savent s'aligner correc- 
tement, l'instructeur ne commande l'alignement 
que s'il le juge nécessaire. Toutes les fois que 
le peloton s'arrête, les cavaliers rectifient d'eux- 
mêmes leur alignement, sous la surveillance 
des gradés des ailes. 



/ 120 TITRF, TROISIKMF.. 



Ouvrir et serrer les rangs. 

381. Le peloton étant en bataille, au com- 
mandement : Ouvrez vos rungs , makghe, le 
deuxième rang recule, de manière à se trouver 
à 6 mètres du premier; chaque cavalier conser- 
vant la direction de son chef de fde. Le guide 
se porte à 6 mètres en avant , et l'ail l'ace au 
centre du peloton. 

Au commandement : Serrez vos rangs , 
MARCHE , le deuxième rang serre à i"',i3o du 
premier, et le guide reprend sa place devant 
le centre du peloton. 

Lorsque le peloton est pourvu d'un serre file, 
ce sous-officier recule au commandement : 
Ouvrez vos rangs, mahche, de manière à se 
trouvera 6 mètres du deuxième rang, et se re- 
met à sa distance aux commandements : Serrez 
vos rangs, marche. 

Reculer. 

38*. Au conunandement : Peloton en ai-- 
riere, marche, le guide et tous les cavaliers 
reculent à la fois, jusqu'au commandement: 

Peloton, HALTE. 

Marche directe en bataille. 

383. Le guide placé devant le centre dirige 
la marche; à cet effet, l'instrucleur lui domie 







tou.L L cLf^XJUUP. < ^^^/^ (cc^^CA^ J^>^^~ 






ECOLE nu PRr.OTO\ A C11KV\I 



121 





pour point de direction un objet éloigné et ^^ ^ 

apparent, tel qu'un clocher, une maison, un J c^nleuvtVL (UaJajuI^ 'icfwf/) 
arbre. J 

Le guide indique du geste le point de direc-^jT/ /^^^ ^^^t/^-»-^*-^-*^ 
fion, et prend de suite des points internié- „ 

diaires. ^/ ctt ^Û'-C^^ Co'Un<yt<j^ «^ 

L'instrucleur peut charger le guide de choisir /. . ,.^ - / ^yn^ 

le point de direction; dans ce cas, celui-ci ^*4 UMCi.jJjJ. -~U/>(^<-*^ f^ 
l'indique à haute voix. , 

Au commandement : Peloton en avant, ^ cl£A^u.<Xy^ 
MAUGHE, tous les cavaliers se mettent en mou /^ *y-/< 

vement a la lois. 

Le brigadier du centre suit le guide en con:^<./ CO. L U O-^ 
servant sa dislance. Les cavaliers marchent 
droit devant eux, à une alliue bien égale, 
en so réglant sur le centre; ils cèdent à la 
pression qui vient de ce côté, et résistent à celle ^ 
qui vient du côté opposé. 

Les gradés d'encadrement, en se maintenant 
rigoureusement à l'allure prescrite et dans la 
direction donnée, contribuent beaucoup à la 
régularité delà marche; ils surveillent les ca- 
valiers placés entre eux et le centre du pe- 
loton. 

Les rectifications qui se rapportent , soit à l'a- 
lignement, soit à l'aisance dans le rang, se font 
sans hâte et progressivement. 

Pour s'assurer que le guide, les gradés des 
ailes, le brigadier du centre et tous les cavaliers 
marchent régulièrement, l'instructeur se place 
derrière le centre du peloton. Pour vérifier 

jOm loUAjUL uaÂL UMJf, iuJ 






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4,fè 



122 TITRE TROISIÈME. 

l'alignement, il se met de préférence sur le 
flanc. 

Le peloton étant en marche, au comman- 
dement : Peloton , HALTE , le guide et tous les 
cavaliers s'arrêtent, et le peloton s'aligne sans 
commandement. 

Les marches directes doivent se faire à toutes 
les allures, et, autant cpie possible, sur de 
longues lignes; il faut éviter de multiplier les 
arrêts. 

324. Le peloton marchant au pas, on le fait 
passer au trot, puis au galop, aux commande- 
ments : A.1X trot , au galop, marche. 

On revient au trot, puis au pas, aux comman- 
dements : Au trot , au pas , marche. 

On peut également passer du pas au galop, 
et du galop au pas, en observant toujours la 
progression prescrite pour changer d'allure. 

On fait partir le peloton de pied ferme au trot, 
OTi au galop, au commandeinent : Peloton en 
avant, au trot [au galop), marche; et l'on arrête 
le peloton marchant à ces allures, au com- 
mandement : Peloton , halte. 

Pour passer d'une allure vive à une allure 
lenle, le guide élève le bras. 

335. S'il se présente devant le peloton un 
obstacle qui empêche quelques cavaliers de 
marcher droit, ils s'arrêtent, sans commande- 
ment, et passent en serre- file. L'obstacle dépassé, 
ils reprennent leur place en augmentantrallure, 



ÉCOLE DU PELOTON A CHEVAL. 123 

Lorsque le peloton traverse un terrain par- 
semé d'obstacles , les cavaliers cessent de rester 
rapprochés , le front s'élend , et chacun choisit sa 
route, sans trop s'astreindre à l'aligneuient. Le 
guide continue ti régler l'allure et à diriger le 
peloton. 

Lorsqu'on rencontre un passage qui ne per- 
met pas de rester sur un front de peloton , et que 
l'instructeur ne juge pas à propos de rompre en 
colonne de route, les cavaliers se groupent au- 
tour du guide, les gradés d'encadrement se 
portent à sa hauteur et longent les bords du 
passage, le brigadier du centre serre tête à 
croupe sur le cheval du guide. Les cavaliers 
qui peuvent se placer entre le guide et le 
gradé de leur aile, vont se placer en allongeant 
l'allure; les autres cavaliers se groupent en ser- 
rant sur les pi^emiers. 

Ces dispositions, qui varient en raison des 
circonstances, se prennent à l'indication : A 
volonté. Le peloton se reforme à l'indication : 
Ralliement; l'instructeur s'assure que chaque 
cavalier a repris la place qu'il occupait précé- 
demment. 



3%<>. Pour confh'mer les cavaliers dans le 
jjrincipe qui les astreint à suivre leur chef en 
loules circonstances, et pour les exercer à se re- 
former promptemenl, quand ils sont en dé- 
sordre, l'instructeur porte le peloton en avant 



124 TITRE TROISIKMF. 

au galop, et romiuande ensuite : demi-tour 

INniVIDIK!.. 

Les cavaliers s'arrèteul et font demi-tour à 
gauche; le guide exécute rapidement Je même 
mouvement, traverse le peloton de manière à 
se trouver à sa lètc, et se retire en prenant une 
direction perpendiculaire, ou oblique, à l'ancien 
front. Les cavaliers le suivent en groupe. 

Loisque le i;uide a parcouru quelques cen- 
taines de pas, l'instructeur conunande: rai.- 
jiiKMEN'T. Le guide exécute un nouveau demi- 
tour, traverse les groupes de cavaliers en sens 
inverse, el se porte en avant. 

Tous les cavaliers font face en tète, au com- 
mandement : BAi.i.iEMENT, se reforment en pe- 
loton derrière leifiiide, le plus vite possiijie, et 
se conforment a son allure. 

Le mouvement est d'abord exécute au trot. 

Conversions. 

3*7. On distingue deux sortes de conver- 
sions: la conversion à pivot fixe et la conversion 
à pivot mouvant. 

Toute troupe qui converse doit exécuter son 
mouvement sans se désunir, et sans que l'ali- 
gnement cesse d'être observé. 

Conversion à pivot fixe . 

388. La conversion à pivot fixe s'exécute 
aux trois allures, le peloton étant de pied ferme, 



/y 



hrf- 



ffyy 



iy 



ECOI.K DU PELOTON A CHI.VAr 



125 ti. {aK^f^^^^ 






marche; mais elle ne se fait au galop, Ivf f^. .' Cd^<--^^^'^ ' " / ^' 
rtant de i)ied ferme, iiiic si la marche // ^ ' 



en partant ae p 
direcle doit lui succéder. 

»*9. Le peloton claiit de pied ferme, aux 
commandements : 



1 




Peloton à droite (ou 

à (jaiiche); Peloton /f y, ^ y y,/:/_^^ 

demi-tour à droite c^^ ^ (^ cc-^ Cyt^ <^ '^ *^ '^ , ' 



LX-e r< 



//.^A-XM'^ 



[on demi-tour à gau- 
che); Peloton demi- ,, - / ' t / 
adroite (ou demi-à- ^/i^y^^^ c^C /i^^ ^' ^>^«<yL, 
gauche) marche, le ^ ^ ^^^^ _ ^ /c^c^ 
gmde et les cavaliers ^•^ oc*^u. «^ / 
déterminent leurs ^ cm^ ci^^y~ Ç"-^^ / ''^ ' 
chevaux en avant ,J/ y> ^y; c^yy^^^^^^"-" 
et commencent de -^^^e-^ '^ ^^ ^ o^ '^ ^ . 

suile à converser. ■ ^ cl ci^ c '"i "^ ^*^ •^ " " /'/ ^'^* 
Le guide indique du geste le point sur lequel y_ /?l^^ 

le peloton doit marcher après la conversion, ^f c'C<^^ /^^^^ 
tourne de suite son cheval dans cette direction, /? ' lù^X-td^ ^Â-^^^û^ 

et ralentit l'allure, de manière à se trouver au '^ ^/ o-^ct-^y^ A^ '^ / /O 

centre de son peloton , et à sa distance, lorsque y ay^^ ^^ C^^^"^ ^ 
la conversion est terminée. . , / . />,, ^ 

Le grade qui est pivot tourne surplace, en ^ CAyi^-ijeA ^ t^*- / 
évitant de reculer; il se règle sur l'aile mar- , y / &^-c60' ^V 

chante, et dirige les cavaliers rapprochés de lui. ^i^<5^^< ^^-^2-^^X 

Le gradé de l'aile marchante fait quelques ^,, S,^^/,/^ '1:^ y<yt*- ^A-C'^^ «'<^t_ 
pas droit devant lui , avant de converser , et dé- 
crit un arc de cercle proportionné à l'étendue (jLCS-C£.c,iji /' 
du front, de manière à ne causer ni ouverture ^ , 



^ V<^''y 



w^-i, ( -^ 






r. f 



o^O. {(.■ t*^c/h-i lie 



ricla^vi-J U 



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M ^U^U^ "2^^ /ciyt^ c/- 



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Y .-uu/ ûu 



/ . IWc^ \ clt / ? <^ '«- 






/ 






£^ 



^ /7 126 TITRE TIIOISIÎ-.ME. 

7} (X<Ay{AA^ XiSl/^^/ ^ ni resserremenl dans le rang. A cet effet, il 

/ tourne parfois la tête du côté du pivot, afin de 

fuji Cet tA-^c^ L4/<^ JK^ i^-Mjt /c^^c<-*u>ir l'ensemble du rang. 

n / ^ Les cavaliers restent liés du côté du pi vol , 

^ jl^ fyrhcj/-CA^Xt.^iyK ^^'^ "^ ralentissent l'allure, en proportion de leur éloi- 

. gnement de l'aile marchante, et s'alignent sur 
fv O 7 px cc^ / /^^ ^^^ ^ ^^^ gradés des ailes. Ils cèdent à la pression qui 

'-^^'^ ' 7 / vient du côté du pivot, et résistent à celle qui 

i/hMV<J ' cL'- /xJLZerù;i^ c^oc<^ vient du côté opposé. 

/ Les cavaliers du deiLxiéme rang, au moment 

l^i {tx^^oi^ • où la conversion commence, gagnent du ter- 

rain vers l'aile marchante, tout en rangeant les 
(ly j, / Z'/ ^ r^ hanches de leurs chevaux avec la jambe droite 

lUcY/Cff CctA.y- - ^ (ott gauche) , de manière que chacun soit de 

-, // V / ^ y^^/^ '/ / deux cavaliers en dehors de la direction de son 
/ '^4 <fc^\{<^^ , ^^^y^^^chef de fxle. 

y /' / v,^/ Pour le demi -tour, le guide agit comme si 

'^i'ti^forj ''■C ^ Y '' l'instructeur avait commandé deux à-droite (ou 

>:'/'/^^// Ùi C<:<MCcÂxy'CJ à-gauche) successifs. 

*" ^ -^ Pour surveiller la conversion, l instructeur 

,, y ///•/■/£• /cl ^(^^'^ P^nf se placer sur le flanc, du côté du pivot, et 

"^ / ^ dans le prolongement du premier rang. 

/^ ' , f ^^Lfyt ^\^ Lorsque l'aile marchante est près d'arriver sur 



.yy, 



la nouvelle ligne de front, l'instructeur com- 
fi trC^xJ^ / /^-^^^^^ "^ — mande: Halte. Les cavaliers arrêtent; ceux 

du deuxième rang reprennent leur chef de fde. 

1^/' /^yC y- /k^4..x^ '^ ^ Si au lieu d'arrêter, l'instructeur commande: 

/ / .V £ft= AVANT, les cavaliers du deuxième rang 

1^^ y y, f Tf/ Cf^Ci^ôff-'^'**- '^ reprennent leur chef de file, et le peloton se 

- ^ . porte en avant, à l'allure delà conversion, eu se 

^ (j^ C^A^'i-zf-t ^^ 4^ //'"'^''^^con formant aux principes de la marche directe. 




c2c c<W. 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 127 y^ 

Après toute conversion, le peloton rectifie, ^^ C-tr^^-u-Cl^-f c^£>-z^ . 
s'il y a lieu , sa position derrière le guide. 

330. Le peloton marchant en bataille, ces ~ j ^ 
mouvenienls s exécutent aux mêmes commaii- //t/y'^' '^' *^ 
déments. Le pivot arrête, ensuivant la grada- /^ - ^ j c^^tyi^c^^-c^/ ^*^'> 
tion prescrite; l'aile marchante exécute son /ic^''^^^ e< / 
mouvement, à l'allure à laquelle marchait le C^i^Pt cf Û'^^^ ^^ Ze- /^^ ^^'■^■^^^ 
peloton avant la conversion, et les cavaliers, ■ . ^ //. 'p ca^*^ e^ 
amsi que le guide, se contornient a ce qui esl '^^^' ^ / V / 
prescrit en parlant de pied ferme. ^ f^oiAxoÙ {^Jt^ d^ ^^ ^^^^^^ 

On peut faire converser en indiquant une y /> / / -lL-^ 

nouvelle allure. j(riA U? <^^^^^ ' " / 

Conversion à pivot mouvant. ^ ^ . ,, ^ ^ , . /^^ / 

. . , , oL/^a^^ /^-^ .^^ ^-/ 

331. La conversion a pivot mouvant ne s exé- // ^ i, /y ^ 
cute qu en marchant. [ j /^ C/^-^ Ct.-C<-^ y. 

Aux commandements : Tou7viez, droitk (ou / '^ ^/^ 

gauche). En = AVANT, le guide indique le mou ^ frtyi C ^ix Ct /"^^-^ 
vement du geste, et tourne en allongeant ou jf^ J' ^_ 

doublant son allure, de manière que le pivot ^ ^ 

conserve l'allure à laquelle le peloton marchait ,^ / /' ^ /^ ^ / /' 
précédemment. 2/ / ^ tCt. /■ > ^ -^ 

L'arc de cercle que le guide doit parcourir ./ (7 / /fc/^^' 

pend des circonstances; celui de i5 mètres // /C^^-iy* 



dépend des circonstances; celui de i5 mètres // ^C^^-iy* i^y-^^ - • ^ y 

de ravon est le plus favorable à la bonne exécu- / ' ' / y- ,^16-^ ^ ^t^z^Ç 

,. i 4^ ^ 1 H -t 1 ' I J c<rct^i.i2-*^^ ^ 

tion du mouvement, et doit être employé sur le , ^ 

terrain de manœuvres. / o/^{A^Î^^ ^^ ^ A^C-t^^ 

Le brigadier du centre suit le guide. Le gradé / 

de l'aile marchante allonge ou double l'allure /t^ crtA. ï/Cc< cf ' ^ 






.jT CtyC^l 






TITRE THOIMliME. 

suivant le besoin, et, se règle, ainsi que le pelo- 
ton, sur le cavalier du centre. Tous les cavaliers 







augmenlenl leur degré de vitesse, en raison de 
leur éloignement du pivot, et restent liés et ali- 
gnés du côté du centre. 

Au coni mandement : En = avanv, qui doil 
être fait lorsque le guide arrive dans la nouvelle 
direction , le guide et tous les cavaliers se por- 
tent en avant, à l'allure à laquelle ils mar- 
chaient avant la conversion. 

3»a. L'instructeur feit aussi changer de di- 
rection, à la seule indication du point sur lequel 



ECOLE DU PELOTON À CHEVAL. 



129 



il veut que la troupe se dirige. Le guide se porte 
alors sur le nouveau point, en se conformant à 
ce qui vient d'être prescrit, et le peloton le suit. 

Marche oblique individuelle. 
333. Le peloton marchant en bataille, au 



mm^mm 





commandement : Oblique à droite, 

/ 



II. 



MARCHE, le 

9 










130 TITRE TROISIÈME. 

guide el ie gradé de l'aile droite font un demi- 
à-dioile, et se portent droit devant eux dans la 
nouvelle direction. Tous les autres cavaliers 
obliquentpeu à peu, jusqu'au denii-à-droite, dès 
qu'ils ont l'espace nécessaire. Chacun d'eux place 
le genou droit en arrière du genou gauclie de son 
voisin de droite. Les cavaliers restent ainsi liés, 
dans chaque rang, en continuant de se régler 
sur le guide , pendant toute la durée de la marche 
oblique, le front du peloton restant toujours 
parallèle à la direction qu'il avait précédem- 
ment. 

Au commandement: En = avant, le guide el 
tous les cavaliers redressent leurs chevaux, et le 
peloton se porte en avant, en se conformant au\ 
principes de la marche directe. 

L'oblique à gauche s'exécute suivant les 
mêmes principes, aux commandements: Oblique 
à gauche, vi arche, En = avant. 

La marche oblique individuelle s'exécute à 
toutes les allures (soit à ralkue à laquelle le 
peloton marchait précédemment, soit à une 
nouvelle allure). Pour faciliter le mouvement, 
lés cavaliers de l'aile vers laquelle on oblique 
doivent avoir l'attention d'allonger un peu les 
premiers pas, tandis que ceux de l'aile opposée 
les ralentissent. 

En principe, le demi-à-droite [ou demi à- 
gauche) est le degré d'obliquité adopté, mais 
en application ce degré peut être plus ou moins 
prononcé. 



^ 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 131 

Formations, marches et déploiements 
de la colonne par quatre ou par deux. 

334. Dans la colonne par quatre [ou par 
deux;, ou colonne de route, la distance entre 
les rangs est réduite de jnoitié, pour diniinuer 
la profondeur de la colonne. 

Afin d'éviter les répétitions, ces niouvemenls 
sont expliqués par quatre. L'instructeur fail 
exécuter les ruptures par deux, d'api'ès les 
mêmes principes, au conunandenient : Par 

deux, MARCHE. 

Rompre par quatre. 

335. Les ruptures ne s'exécutenl que par la 
droite du peloton. 

Lorsqu'on rompt le peloton, pour marcher 
en colonne, le guide se place à i"',5o, en avant 
du centre des premières files, et il conduit la 
colonne. 

336. Le peloton étant de pied terme, au 
conmiandement : Pur quatre, marche, le 
deuxième rang serre à demi-distance du pre- 
mier. Les quatre files de droite se portent droit 
devant elles; elles sont suivies par les autres frac 
tions de quatre, qui se mettent en mouvement 
lorsque les hanches des chevaux du deuxième 
rang de la fraction qui rompt arrivent à hauteur 



132 TITRE TROISIÈME. 

de la tète des chevaux du preuiier rang; alors, 
elles obliquent à droite, et marchent dans cette 
direction jusqu'à ce qu'elles rencontrent la co- 
lonne, où elles prennent rang en se redressant. 
Si l'on veut rompre au trot, ou au galop, on 
indique l'allure après le commandement prépa- 
ratoire. 

33*. Lorsquel'instructeur veut faire marcher 
la colonne de route dans le prolongement du 
front du peloton, il fait changer de direction 
aux premières files lorsqu'elles ont rompu. Les 
autres files suivent les premières, en rompant 
plus ou moins tôt, selon que le changement de 
direction se fait à droite, ou à gauche. Ce mou- 
vement ne s'exécute que de pied ferme. 

338. Le peloton marchant en bataille , la rup- 
ture s'exécute perpendiculairement au front , au 
commandement prescrit de pied ferme. 

Le peloton marchant au pas, ou au trot, les 
premières files doublent l'allure; chacune des 
fractions qui suivent prend successivement l'al- 
lure de la tète en obliquant, dès qu'elle a l'es- 
pace nécessaire, et se met en colonne. 

Lorsque le peloton marche au galop, les 
quatre premières files continuent de marcher à 
celte allure; le reste du peloton passe au trot, 
et chaque fraction reprend le galop dès qu'elle 
a l'espace nécessaire. 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 133 

339. Lorsque la colonne est formée, l'ins- 
tructeur l'arrête au commandement : Colonne, 

HALTE. 

Marche en colonne. 

340. La colonne par quatre (ou par deux) 
s'emploie sur les routes. 

Au commandement : Colonne en avant , 
MARCHE, toute la colonne se porte en avant, au 
pas. Le point de direction est indiqué, comme 
pour la marche en bataille , et le guide se con- 
forme aux principes de cette marche. Le pre- 
mier rang suit le guide; les autres rangs se 
maintiennent derrière celui qui les précède, et à 
leur distance. 

Néanmoins, afin d'éviter les à-coups et de 
maintenir l'allure égale, la distance entre les 
rangs peut être diminuée, ou disparaître, et les 
cavaliers peuvent même gagner du terrain, à 
droite ou à gauche de ceux qui les précèdent. 
Toutes les fois que la colonne traverse un ter- 
rain difficile, lorsqu'il y a lieu, par exemple, 
d'éviter les ornières ou les parties empierrées 
d'un chemin , les cavaliers s'ouvrent autant qu'il 
est nécessaire; l'attention constante de chacun 
devant être de ménager son cheval. 

L'instructeur se tient habituellement sur le 
flanc de la colonne pour en surveiller la 
marche. 

On se conforme pour les allures à ce qui est 
prescrit (n°324). 



134 TITRE TROISIÈME. 

341. Le changement de direction s'exé- 
cute au même commandement, et suivant les 
mêmes principes que pour le peloton en ba 
taille (n°' 33 1 et 332); le pivot tournant à la 
même allure, et l'aile marchante allongeant 
ou doublant la sienne. 

L'arc de cercle que le guide doit parcourir a 
5 mètres de rayon; le premier rang des quatre 
fdes de droite suit le guide; tous les autres tour- 
nent successivement sur le terrain où le pre- 
mier a tourné. 

348. La marche oblique individuelle s'exé- 
cute en colonne, par les mêmes commande- 
ments qu'en bataille; le guide et tous les ca- 
valiers exécutent à la fois un demi-à-droite (ou 
demi-à-gauche) ; les cavaliers qui sont du côté 
de ro])lique se maintiennent à la même hau- 
teur; les cavaliers de leur rang se règlent sur 
eux. 

Pour s'assurer de la régularité de la marche 
oblique, linstrucleur se place de préférence à 
la queue de la colonne. 

Dédoublements et doublements. 

343. Le dédoublement se frfit au trot, quand 
la colonne est au pas, au galop quand la co- 
lonne est au trot, sans que l'allure soit indi- 
quée. 



ÉCOI.F. DU PELOTON À CllEVAI.. liif) 

344. Le peloton marchant en colonne 
par quatre, au conimandemenl : Par deiuv, 
MARCHE, les cavaliers des quatre premières files 
rompent par deux, comme il est prescrit pour 
rompre le peloton (n° 338); les cavaliers des 
files suivantes exécutent successivement le même 
mouvement, dès qu'ils ont le terrain nécessaire 
pour rompre par deux, à leur distance. 

Lorsque la colonne est au galop, le guide et 
les files 1 et 2 de la première fraction de quatre 
continuent de marcher à la jnême allure ; 
toutes les autres files passent au trot, et re- 
prennent successivement le galop lorsqu'elles 
sont dédoublées. 

345. Le peloton marchant en colonne par 
deux, au trot, ou au galop, au commande- 
ment : Marchez quatre, marche, les deux 
premières files passent au pas ; les deux files 
suivantes se portent, de suite, en obliquant à 
gauche, vis-à-vis de la place qu'elles doivent 
occuper; en y arrivant elles se redressent, et 
prennent le pas quand elles sont à hauteur 
des deux premières. Toutes les autres files con- 
tinuent de marcher droit devant elles ; les files 
3 et 4 exécutent leur doublement de la même 
manière, mais successivement, et lorsque les 
files 1 et 2 sont près d'arriver à leur distance, et 
de passer au pas. 

Si la colonne marche au pas, les deux pre- 
mières files restent au pas, et le doublement 



136 



TITRE TROISIÈME. 



s'exécute au trot ou au galop, au commande- 
ment : Marchez quatre, au trot {au galop) - 

MARCHE. 



f,i,i 3/ « I) i: 3/ j; ja i>. is ïAi/ 

l\i/i/î./i/:/i'?vi/i/i)( 



Déploiements. 

346. La colonne marchant au trot, ou au 
galop, au commandement : En bataille, marche, 
m le guide et les quatre pre- 

H ^ mières files passent au pas, 

après avoir marché 6 mè- 
tres; les autres fractions 
de quatre obliquent à gau- 
che, marchent droit devant 
elles dans cette direction, 
gagnant par le chemin le 
plus court la place qu'elles 
doivent occuper dans le 
peloton. Elles se redres- 
sent vis-à-vis de cette 
place, et passent au pas en 
arrivant sur l'alignement 
~^, ! i des files déjà formées. 

■, : Pendant laformation, le 

;. _J guide se place au centre du 

nouveau front, et le deuxième rang prend 
i",5o de distance. 




34*. La colonne marchant au pas, ou étant 
de pied ferme, au commandement : En bataille, 
au trot [au galop) , marche, la colonne prend 



ECOLE DU PELOTON A CHEVAL. 



13' 



i'allure indiquée par le commandement ; le guide 
et les quatre premières files passent au pas, 
après avoir marché G mètres, et le reste de la 
formation s'exécute comme il vient d'être dit. 



348. La colonne marchant au trot, ou au 
galop , au commandement : A gauche ( ou à droite) 
en bataille, marche , le guide et les premières files 



\\ 



\ 




à droite], et 



tournent à gauche [ou 

passent au pas après avoir marché ••-;7-:;;' 

6 mètres dans cette direction. ; • 

Les autres fractions de quatre conti- ^"r...-.-.: 

nuent de marcher droit devant elles, : J 

et chacune tournant successivement à : ; 

gauche [ou à droite), vient s'établir ^:;;.;;.-- 

toujours à la gauche de la fraction qui <^. ; 

la précède. • -; 

Le reste du mouvement s'exécute i._ J 

comme il est prescrit pour Yen bataille (n° 34'3)- 

349. La colonne marchant au pas, ou étant 

de pied ferme, au commandement : A gauche 



138 TITRE TROISIÈME. 

(ou à droite) en bataille, au trot [au galop), 
MARCHE, la colonne prend l'allure indiquée par 




• ..v=--i-*^' 



le coniniandemenl ; le guide et les 
quatre premières fdes passent au pas, 
après avoir tourné à gauche [ou à 
droite) , et marché 6 mètres dans cette 
direction. Le reste du mouvement 
s'exécute comme il vient d'être dit. 



..".■■.".::; 350. SI l'instructeur veut arrêter, 

; f' avant que la formation soit terminée, 

■ "; il indique au guide le point où il veut 

que le peloton se forme; en y arrivant, 
le guide et les files déjà en ligne s'arrêtent; les 
autres files vieiment se placer à leur hauteur. 

351. Lorsque, par exception, l'instructeur 
veut faire dédoubler par deux, au pas, il arrête 
la colonne avant de commander le mouvemenl. 
S'il veut faire exécuter le doublement par 
quatre, ou une formation en bataille, au pas, 
la colonne étant de pied ferme ou marchant au 
pas, son commandement n'indique pas d'allure, 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 139 

et il fait arrêter la tête de colonne au point 
qu'il juge convenable. 



352. Quand les mouvements indiqués à celte 
école ont été correctement exécutés aux trois 
allures, l'instructeur exerce le peloton, mar- 
chant en bataille, ou en colonne par quatre, à 
l'allure du galop allongé. 

Ce galop se prend au commandement : Allon- 
gez. 

Au commandement : Ralentissez, la troupe 
reprcixl le galop ordinaire. 

Charges. 

353. La charge forme le complément de l'ins- 
truction du peloton; elle constitue l'action dé- 
cisive, et, par conséquent, la plus importante 
de la cavalerie. 

La rapidité dans la marche, la cohésion, 
l'impétuosité, et la vigueur dans le choc sont 
les conditions essentielles du succès. 

Il importe d'autant plus d'exercer le peloton 
à s'avancer de loin, aux allures vives , en conser- 
vant du calme et de la cohésion , que la portée 
des armes à feu oblige aujourd'hui la cavalerie 
à se maintenir à plus grande distance de l'en- 
nemi. 

Afin d'habituer le chef du peloton à diri- 
ger sa troupe sur un objectif déterminé, l'en- 



^.- ..^- .^ ..-/'- /^-^ ' ^ ^- / ^ www, ^ 

/ ' 140 TITRE TROISIÈME. 

nemi est figuré dans les exercices par deux ca- 
valiers, espacés de manière à marquer le front 
d'un peloton. 

354. Pour exercer le peloton à la charge, on 
fait d'aboi-d mettre le sabre à la main, puis le 
chef du peloton le fait passer au galop à 700 ou 
800 pas de l'ennemi. Avant d'arriver au point 
où il veut commencer la charge, il commande : 
Pour l'atïaque, et ne commande : Chargez, 
que lorsque le peloton arrive à 5o ou 60 pas 
des cavaliers qui marquent l'ennemi. 

Au commandement : Chargez, les cavaliers 
du premier et du deuxième rang prennent la po- 
sition du sabre indiquée pour la charge, à l'école 
du cavalier; et allongent au galop le plus vite, 
sans abandonner leur cheval, ni se désunir. Les 
cavaliers qui figurent l'ennemi se dérobent à 
droite et à gauche. 

Dès que le peloton a dépassé la ligne que for- 
maient les cavaliers figurant l'ennemi, le chef 
du peloton commande : Rallieme:st. 

A ce commandement, les cavaliers portent le 
sabre à l'épaule, ralentissent l'allure, passent 
au trot, et le peloton se reforme derrière son 
chef, qui continue à s'avancer dans la direction 
de la charge. 

Le chef du peloton fait arrêter et remettre le 
sabre, lorsque tous les chevaux ont repris le 
trot. 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 14 I 

355. Le ralliement qui termine la charge a 
pour but de rappeler les hommes éparpillés à la 
suite ilu choc, et de les ramener dans la main de 
leur chef. Le point sur lecpielce mouvement doit 
s'exécuter est natiuellement indiqué dans la réa- 
lité par la tournure de l'attaque. Il en résulte que 
le ralliement a lieu en avant du point objectif, 
lorsque l'ennemi a tourné bride , lorsqu'il a été 
enfoncé par la charge, ou qu'il a cédé le terrain 
après une mêlée plus ou moins longue, tandis 
qu'au contraire, le ralliement se fait en ar- 
rière, lorsque la charge a été refoulée par l'en- 
nemi. 

En instruction, on fait exécuter le ralliement, 
tantôt en avant, tantôt en arrière. Le guide se 
porte dans la direction que les cavaliers doivent 
suivre pour se rallier; si le peloton doit se re- 
former en arrière, le mouvement est exécuté 
comme il est dit (n" 326). 

356. Lorsque le peloton exécute bien la 
charge et le ralliement dans les conditions qui 
viennent d'être énoncées, on augmente pro- 
gressivement les difficultés, en multipliant les 
cas particuliers. 

Les cavaliers qui figurent l'ennemi sont con- 
fiés à un gradé qui leur fait faire demi-tour, au 
moment où le chef du peloton commande : 
Chargez, et les porte en arrière, soit dans la 
direction de la charge, soit dans une direction 
oblique, de manière à fournir au peloton le 



142 TITRE TROISIÈME. 

moyen d'exécuter une poursuite. En instruc 
tion,le chef du peloton arrête le mouvement 
à i5o ou 200 pas. 

L'ennemi , placé à une dislance indéterminée , 
s'avance vers le peloton, en simulant une at- 
taque, qui ol)lige le chef de ce dernier à régler, 
sur la marche même de l'ennemi, les phases 
successives de sa contre-attaque. 

L'ennemi , après s'être avancé face au peloton, 
pour donner lieu aune attaque de front, se 
•dirige de côté, sur un point déterminé, de ma- 
nière à fournir au peloton l'occasion d'exécuter 
une attaque de flanc. 

Le chef du peloton peut varier ces ditlé 
rentes suppositions, mais il doit s'attacher, dans 
tous les cas, à ne donner aux cavaliers que des 
principes exacts. Dans l'attaque de front, le 
peloton doit arriver parallèlement au front de 
rennemi, et centre contre centre; dans l'attaque 
de flanc, qui peut être ohlique ou perpendicu- 
laire, le centre du peloton doit prendre pour 
point de direction l'aile contre laquelle l'attaque 
est dirigée. 

357. Les données qui précèdent embrasseuL 
l'ensenible des conditions dans lesquelles s'exé- 
cute une attaque de cavalerie, mais ces don- 
nées, très générales, sont susceptibles d'être 
modifiées et complétées dans une foule de cir- 
constances. 

Il demeure en efl'et sous-entendu, dans les 




/ ÉCOLE DU -Peloton a cheval. 143 ^^^^,,^^^ ci C^ni^^'c^/ (^^>^*^^ - 

exercices, que toute charge doit être précédée ^ / y. ^ -^ j t^o^ 
de patrouilles, ayant pour objet d'aviser de la /j/^ ^ 
présence de l'ennemi, et de reconnaître son em- yy '^/^ 



de patrouilles, ayant pour objet d'aviser de la 

Le, cA t^^t/ ' - tf- - . 
placement et ses mouvements. /■ / ^ J 

On admet, de même, que le lerrain wç.^xç-A^CTkAA'^^, A Cc^>iy^*^'-*~^ ^ 
seule aucun obstacle susceptible d'arrêter Va y , \ . , /.---< /l /,-' — ll^ 

marche du peloton, alors qu il y aurait heu de ^ ^ . / / / / 

s'en assurer, dans la réalité, à l'aide d'un ou de ^ - OO^^C'<-</i O^lx^-^^ ^^/^^ - 
deux cavaliers précédant le peloton d'une cei^/' J^ / ' C- / O-iP/i^ «-^^-^ 

laine de mètres, qui ne le rallieraient qu'au mo- ^^ '' ' " J^-C ( ^<-^'^^ y' / 

ment de charger. oCCc.^.A^ /< /^ c^-^- '^ ' ^^^ 

L'étendue du lerrain a parcourir au galop, ' c^ 

et la distance à laquelle il y a lieu d'entamer la (1<> Cc<.^T^ d?^^ . 
charge ont été déterminées; mais ces distances 
peuvent varier, soit que l'on soit surpris par une 
attaque, soit que l'on veuille fondre sur l'en- 

iieirsi à 1 improviste, ou dans un moment pro- û (Jj a /^ ^ ■ J/f 

pice et très higitif. Ih /^^^^CLC Â- Ce.-, l-C^J^^a^^^ 

Ces distances sont encore subordonnées à^./" ^ y y , 

l'état des chevaux, à la nature du sol, et à / ^ /*^-*-^ '' •^^ 

larme que l'on veut attaquer. La question • 

est, dans tous les cas, dominée par un prin- 
cipe, c'est que le mouvement doit être léglé de 
manière que les chevaux conservent toute leur 
impétuosité au moment du choc, et n'arrivent 
point épuisés devant l'ennemi. 

A cet effet, le peloton reste au galop ordi- 
naire, jusqu'au moment où il entame la charge , 
qui ne doit être commandée qu'à 5o ou 6o pas 
de rennemi. 

On recommande expressément aux cavaliers 



144 TITRE TH01SIÈ.ME. 

de ne pas se désunir dans les exercices, afin que 
la charge conserve la plus grande cohésion. 

Le serre-fde assure, d'une façon absolue, 
l'application de ce principe. 

358. Les exercices de la charge doivent être 
exécutés avec le plus grand soin, mais l'inslruc- 
teur s'attache à ménager les chevaux, rpii 
ne pouri'aient sufiire à de longs parcours aux 
allures vives, s'ils n'y étaient préparés avec beau- 
coup de méthode et de progression. 

, / L'instructeur commande rarement: Chargez, 

flt\jxcLAiCvfi*.<. 'uJ^\A.tf-ê-i'<^'< ^ '''y mais il s'étend, en revanche, sur les préliminaires 

Charge en fourrageurs. 

359. La charge en fourrageurs est une at- 
taque pratiquée par des cavaliers dispersés sur 
une ligne plus ou moins étendue. 

Cette attaque comprend deux mouvements 
bien distincts : la dispersion des cavaliers, et la 
charge. 

L'ennemi est figuré dans les exercices, comme 
il a été prescrit pour la charge en ordre com- 
pact, mais en espaçant davantage les cavaliers. 

Le peloton étant de pied ferme, ou en marche , 
au commandement : E> fourrageurs, les cava- 
liers prennent le galop, mettent le sabre à la 
main, s'ils ne font déjà, et se dispersent en 
éventail, en avant du front, sur une étendue de 
5o à 6o mètres. 



ÉCOLE DU PELOTON À CHEVAL. 1 45 

Les cavaliers du premier rang se règlent sur 
le chef du peloton, qui marche sur lu ligne, et 
|)rennent des intervalles sensiblement uniformes; 
ceux du deuxième rang se portent à hauteur, et 
à un pas . environ , de leur chef de fde. Le serre- 
file maintient les cavaliers à leur intervalle et 
dans la direction qu'ils doivent suivra'. 

En arrivant à loo pas des cavaliers qui mar- 
quent l'ennemi, le chef du peloton fait sonner 
la CHARGE EN FOURRAGELRS. A cette sonnerie, 
tous les fourrageurs prennent la position du 
sabre indiquée pour le premier rang dans la''^ 
charge, et allongent au galop le plus vite, en 
se dirigeant de manière à envelopper les ca- 
valiers qui figurent l'ennemi. Ceux-ci font demi- 
tour, et se portent rapidement en arrière. 

Lorsque les fourrageurs ont parcouru loo à 
1 oo mètres au train de charge , le chef du pelo- 
ton fait sonner le ralliement. A cette sonne- 
rie, les fourrageurs passent au trot et se re- 
forment en peloton derrière leur chef, qui con- 
tinue à s'avancer dans la direction de l'ennemi. 

La dispersion peut, au besoin, s'exécuter au 
pas ou au trot. 

Le ralliement après la charge en fourrageurs 
s'exécute comme celui qui suit la charge en 
ordre compact, en partant d'ailleurs de ce prin- 
cipe général , commun à toutes les dispersions , 
que le ralliement se fait toujours sur le point 
où se trouve le chef de la troupe. 



^ 140 TlThE TROISIEME. 



Éclaireurs. 

360. Les cavaliers qui garantissent, en plus 
ou moins grand nombre, sur le front, sur les 
flancs, et même sur les derrières, la sûreté 
d'une troupe, sont quelquefois appelés à faire 
usage de leur carabine. 

Un combat de ce genre n'est qu'une exception, 
et ne comporte i)as de réglementation spéciale. 

Les cavaliers s'appliquent à tirer le meilleur 
parti du terrain, et des obstacles naturels ou ar- 
tificiels qu'il présente, pour se mettre à l'abri. 
Ils peuvent même dans certains cas , par exemple, 
quand ils sont séparés de l'ennemi par un 
obstacle infranchissable (rivière, marais, etc.), 
mettre pied à teire pour mieux utiliser leur 
arme à feu. 

Les seuls signaux à trausn. élire aux éclaireurs 
sont ceux de : Marche, Halte , Ralliement, Coin- 
rnencez le feu. Cessez le feu.. Ils sont tous faits au 
sifflet. En aucun cas, on ne fait usage des son- 
neries de trompette. 



361. Dans le cours de cette école, l'instruc- 
teur fait fréquemment reprendre l'instruction 
de détail, particulièrement au point de Aue 
équestre, afin de corriger les habitudes que 
les cavaliers pourraient avoir contractées, pen- 
dant le travail en troupe. 

à^ Jo-j/octLC( - /? 

.:.a^..j:^^ //m, ^^-/^ -- ^^•- ^" ^'' ^' 



//^^^C'Pt^/eoc^'u- t^â^utt^^<.i^c-ty • 



/ ÉCOLE DU PEI/OTON À 01ETAL. Iklj^ / ^ Z /f 

Combat à pied. V^^cxa / ^ 6t./ /^'^ <^/< - 

362. Le peloton marchant en bataille, aiy ^ / , / y ^^^ ^^{^ 
commandement : Combat à pied, les cavaliers '^^ ^ j'C^t-^ / i /f 

s'arrêtent et exécutent ce qui est prescrit pour .^î't^;<<''6/i <- O i-i-^'i^''^ c ^ ^ 
metti'e pied à terre, mais les n" 2 restent à^ ^/ / /yA^ i^/y L^ ^ c^^ 
cheval. Dans chaque rang, les n" 1, 3 et 4, après . / / ^ Z' y/ 

avoir mis pied à terre, passent les rênes par-^^t-^^-'^t-V'^ ^'^ *- "^ 

dessus l'encolure; les n"' 1 et 3 les remettent au 

n" 2 , qui les saisit, à environ 3o centimètres deX" ' f ^^^ -c4^^-^-^ e^<-'^ ^ 

l'extrémité, le n° ^ attache les rênes de son che- 
val au montant de la bride du cheval du n° 3./:^ /l^c «^ <> ^^ t/CA't^^ O 

Les n"' 1 , 3 et 4 se forment sur deux rang-s, , /j/ y ^ . ^(^ f_^/<>^ 

en avant du peloton, dans l'ordre où ils étaient '^ ^-^ ' y/ ^ ^ T 

achevai, après avoir pris dans la sacoche droite^ 4^^^^ o/^(^*-/'^'^ /^ 
puis passé en sautoir, l'étui-musette contenant j> ^ 4/ jiJ^/c^^ ^^ ^ ^ '^ Oi^— 
les cartouches. '^ , / ^, 

Si, par exception, on veut faire mettre pied^^ .î^ ctc^L^i^'^ r-TiA 

à terre à un moins grand nombre de cavaliers, , . y y 

le chef du peloton prescrit aux n"' 1 et 3 de^^ ^e^^^cC^*-^ ^/ 

rester à cheval. Les n°' 2 et 4, après avoir niis^j' y CfACCc^%- ^^/<- c^u ^^ 

pied à terre, remettent les rênes de leur cheval / . y 7\ ^^^ '^ 

à leur voisin de droite. //^^ (^l<^ ^Û7 /Ce c ^ ' y ^ '^ 

Dans la défensive on peut, dans certains cas, a /,^ ^ , / — — 

iau'e tenu' par un seul cavalier tous les chevaux 
d'un rang ou d'un deini-rang. Ce cavalier met 
pied à terre, et tient dans le bras ployé les rênes 
des chevaux haut le pied groupés autour de lui 

Le chef du peloton reste à cheval, ou met pied 
à terre, selon les circonstances. 



148 TITHK TROISIÈME. 

363. Les cavaiiers, formés sur deux, rangs, 
sont, de suite ,^ conduits rapidement vers le point 
où ils doivent combattre. 

Le chef du peloton désigne ensuite les files 
qui doivent former le soutien , et indique à un 
gradé, servant de guide et marquant approxima- 
tivement le centre de la chaîne, la direction à 
suivre, ou remplacement à occuper; puis il com- 
mande : En tip.ailleurs. 

Ace commandement, les cavaliers qui com- 
posent la chaîne se dispersent, au pas gymnas- 
tique, et se forment sur une ligne, prenant, à 
partir du centre, des intervalles sensiblement 
égaux, de 3 mètres environ. Ils se conforment 
ensuite à la direction qui leur est donnée par 
le guide. 

Le peloton des chevaux est conduit par un 
gradé désigné : il est maintenu à portée des 
combattants. 

Quand ces n;ouvements sont bien exécutés, 
le chef du peloton apprend aux cavaliers à uti- 
liser le terrain, pour rendre le tir efficace, et 
pour se soustraire au feu de l'ennemi. 

On les habitue ensuite à faire les mouvements 
qui conviennent le mieux aux conditions du 
teiTain , et à Thypothèsè qui a été choisie. 

EnGn, on les exerce à exécuter les divers 
feux au commandement. 

Les commandements sont transmis à la voix 
ou au sifflet. On n'emploie jamais les sonneries 



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I 



ECOT.E DU PELOTON À CHEVAL. 149 

de trompette que pour donner le signal dp 
l'assaut. 



361. Au signal : Ralliement, le peloton des 
chevaux se porte rapidement derrière le chef du 
peloton, ou sur le point que celui-ci a indiqué; 
le premier rang s'élablissant à 6 pas, en avani 
du deuxième. 

Les cavaliers à pied regagnent leurs chevaux 
par la ligne la plus courte, mettent l'arme à 
la grenadière, leprennent les lènes, les re- 
passent par-dessus l'encolure, et montent à che- 
val. 

Le mouvement terminé, tous les cavahers 
mettent le sabre à la main; le peloton est em- 
mené rapidement, tantôt en retraite derrière 
une réserve supposée, tantôt en avant, pour 
simuler un retour ofFensif. Les cavaliers re- 
placent ensuite l'étui-musette dans la sacoche. 
Si le soutien n'a pas été porté sur la chaîne, 
il forme échelon en arrière, et, avec son feu, 
protège la chaîne quand les cavaliers qui la 
composaient regagnent leurs chevaux. 

365. liC peloton étant en colonne par deux, 
le chef du peloton peut aussi commander le 
combat à pied; dans ce cas, les cavaliers placés 
sur le flanc gauche de la colonne mettent pied 
à terre et se forment, comme il est indiqué 
(n'Se^). 



/ ÉCOLE DE L'ESCADRON A CHEVAL. 

366. L'école de l'escadron a pour objet d'exer- 
cer les pelotons à exécuter ensemble ce qu'ils 
ont appris séparément, et d'enseigner à l'esca- 
dron tous les mouvements qui sont vxtiles à son 
emploi, soit isolément, soit dans le régiment. 
La tenue des cavaliers, des brigadiers , des 
sous-officiers , et celle des chevaux sont les mêmes 
qu'à l'école du peloton, sauf les exceptions moti- 
vées parles circonstances, ou par la nature des 
exercices. Les officiers sont dans la même tenue 
que la troupe, lorsqu'elle prend le casque ou le 
shako. 

Dans l'ordre en bataille, les quatre pelotons 
sont placés les uns à 
a' côté des autres et sans 

intervalles. Le ca- 
pitaine-commandant , 
suivi d'un trompette, 
se tient à un demi- 

front en avant du cen- 

^ s tre de l'escadron , et 
sert de guide. Le capi- 
taine en second est placé à 3 mètres en arrière 
du centre. Le maréchal des logis chef est en 
serre-fde. à i^ôo derrière le premier peloton , 
et le plus ancien sous-officier de chacun des trois 




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^''^ ÉCOLE DE L'ESCADRON À CIIEVAI.. J5I /If C'^/'^'^ i' GT i- 



derniers pelotons derrière le sien. Les autres 
sous-officiers sont placés aux ailes de leuus pelo- 
tons respectifs, comme il est dit [Titre I, ur- 
licle I). Ils comptent dans le rang; des briga- 
diers les suppléent au besoin. 

Dans l'ordre en colonne de pelotons, les pelo- 
tons sont placés les uns derrière les 
-i autres, à une distance égale à la 

moitié de leur front. 
B Pendant le cours des mouvements, 

les pelotons sont désignés par les 
numéros qu'ils occupent en bataille 
ou en colonne, sans avoir égard à 
leurs numéros habituels. Ainsi, le 
premier peloton est toujours celui 
qui se trouve à la droite de l'esca- 
dron en bataille , ou *en tète de 
l'escadi'on en colonne. 

Les mouvements de l'escadron se 
font aux commandements du capitaine-com- 
mandant. 

Lorsqu'il le juge nécessaire, pour appeler 
l'attention des chefs de peloton, le capitaine 
commande : Garde à vous. 

Avant de faire un commandement, il élève le 
sabre, la pointe en l'air, en étendant le bras, et 
il l'abaisse ensuite en même temps qu'il pro- 
nonce le commandement d'exécution. 

Pour faire mieux comprendre ses comman- 
dements, il indique du sabre le sens du mouve- 
ment, et place son cheval dans celte direction. 






152 TITRE TROISIÈME. 

Le capitaine- commandant recouvre son in- 
dépendance, dès qu'il élève le sabre pour faire 
un commandement. Il peut alors tourner la tète 
vers l'escadron, et cesser de s'occuper du point 
de direction. 

Les chefs de peloton ne mettent le sabre à la 
main que lorsque les cavaliers l'ont eux-mêmes. 
Ils déterminent la ligne de bataille, et conduisent 
leur peloton, suivant les principes prescrits à 
l'école du peloton. 

Pour se porter en avant, obliquer, converser, 
diminuer l'allure, ou arrêter, les chefs de peloton 
se bornent à faire un geste, en plaçant leur 
cheval dans la direction voulue, et le mettant à 
l'allure prescrite. Ils ne font de commandements 
que lorsque la poussière, le brouillard, l'obscu- 
rité ou tout autre cause empêche la troupe de 
distinguer leurs indications, et ces commande- 
ments doivent être prononcés, dans tous les cas, 
sans élever la voix plus qu'il n'est nécessaire 
pour se faire entendre de leur peloton. 

Le capitaine en second surveille l'exécution 
des mouvements; son attention est particuliè 
rement dirigée sur les chefs de peloton; il a 
pour cela la liberté de se déplacer Les serre- 
files surveillent le peloton derrière lequel ils 
se trouvent et tiennent la main à ce que les 
cavaliers observent les principes prescrits à 
Vécole (lu peloton. 

En instruction, et conformément auxprincipes 
adoptés à Vécole du peloton , le capitaine com- 



ECOLE DE L'ESCADRON A CHEVAL. 153 

mandant, pour exercer plus utilement sa sur- 
veillance, fait occuper par le capitaine en 
second la place qui lui est assignée dans les dif- 
férentes formations; le capitaine en second faii 
alors les commandements. 

On peut exécuter sur un rang toute l'école de 
l'escadron, à l'exception de la colonne de route. 

Pendant le cours de cette école, les cavaliers 
sont exercés fréquemment à passer et à sauter 
des obstacles. 

Le capitaine-commandant exerce les officiers 
à commander l'escadron, et les sous -officiers 
les pelotons. 

Alignement. 

Ouvrir et serrer les rangs. 

Reculer. 

Marche directe en bataille. 

Conversions. 

Marche oblique individuelle ou par 
troupe. 

Formations, marches et déploiements 
de la colonne de pelotons. 

Formations, marches et déploiements 
de la colonne de route. 

Charges. Éclaireurs du terrain. Combat 
à pied. 



154 TITRE TROISIEME. 

36*. Le capitaine-commandant fait compter 
par quatre, au commandemenl : Dans chaque 

peloton = COMPTEZ-VOLS QUATRE. 

Il fait monter à cheval , et mettre pied à terre , 
comme il est prescrit à ïécole du peloton. Si 
l'on met pied à terre en colonne de pelotons, 
les chefsde peloton se portent sur le liane de \\ 
colonne. 

Alignement. 

368. Le capitaine-commandant se porte en 
dehors de l'aile, du côté de l'alignement, sur 
le prolongement de la ligne qu'il a choisie; il 
établit sur cette ligne le chef du peloton le plus 
voisin, et commande : A droite (ou à gauche) = 
ALIGNEMENT. A ce commandement, les chefs des 
trois derniers pelotons s'alignent sur celui du 
côté indiqué;1e brigadier du centreet lesgradés 
des ailes s'établissent, dans chaque peloton, à 
i'",5o derrière leur chef respectif , et chaque pe- 
loton s'aligne comme il est prescrit à Vécole du 
peloton. 

Dès que les chefsde peloton sont alignés, le 
capitaine commande : Fjxe. 



Ouvrir et serrer les rangs. 

369. On fait ouvrir et serrer les iangs,comn.e 
à Vérole du. peloton. 



ÉCOLE DE L'KSCADRON À CHEVAL. 155 

Reculer. 

3*0. Pour porter l'escadron en arrière, de 
quelques pas seulement, on commande : Escd- 
dron en arrière, marche...; Escadron, halte. 

Marche directe en bataille. 

3 Vf. La marche directe de l'escadron en ba- 
taille s'e.Kécute suivant les principes prescrits pou r 
le peloton. 

[.e capitaine-commandant, placé à un demi- 
front d'escadron en avant du centre, sert de 
guide. Le chrf du deuxième peloton règle si 
marche de manière que le centre de l'escadron 
soit toujours à la distance prescrite, et dans la 
direction du capitaine-commandant. Les antres 
chefs de peloton s'alignent sur celui du deuxième 
et conservent leur intervalle de ce côté. 

Les serre fdes veillent à ce que le brigadier 
du centre marche exactement deri'ière le chef 
du peloton. 

Si le capitaine -commandant veut quitter 
momentanément sa place devant le centre de 
l'escadron il indique à haute voix le point de 
direction au chef du deuxième peloton, qui est 
alors chargé d'assurer la marche. Lorsque ce 
point de direction est déjà connu, le capitaine 
se borne à le montrer du sabre, et il devient libre 
de ses mouvements. 



156 TITRE TROISIÈME. 

Pendant ia marche en bataille, s'il se pré- 
sente des obstacles devant quelques cavaliers, ils 
s'arrêtent et passent en serre-file. Si ces obs- 
tacles empêchent un peloton de conserver son 
front, il exécute ce qui est prescrit à l'école du. 
peloton (n° 325). 

3*2. Le capitaine commandant met l'esca- 
dron en marche, au commandement : Esca- 
dron en avant, marche; il l'arrête au comman- 
dement: Escadron, halte. 

Toutes les fois que l'escadron s'arrête, après 
une formation ou une marche en bataille, les 
chefs de peloton rectifient d'eux-mêmes leur ali- 
gnement sur celui du deuxième. 

Les changements d'allure s'exécutent confor- 
mément à ce qui est prescrit pour le peloton. 

SVS. Pour gagner du terrain vers l'un des 
lianes de l'escadron, le capitaine-commandant 
commande: Pelotons à droite (ou à gauche), 
marche; E/t== AVANT; ce qui s'exécute à ia fois 
dans chaque peloton comme il est prescrit à 
Vécole du peloton (n" 829 et 33o). 11 remet l'es- 
cadron dans la direction primitive, au\ com- 
mandements : Pelotons à gauche (ou à droite), 

MARCHE; En = AVANT, OU HaLTE. 

374. L'escadron étant, ou marchant en ba- 
taille, pour le faire marcher en arrière, le ca- 



ECOI.i: DE L'ESCADRON À CHEVAL. 157 

pitaine-commandant commande : Pelotons demi- 
tour à droite {ou à gauche), marche. Ce mouve- 
ment s'exécule, à la fois, dans chaque peloton, 
comme il est prescrit à ïécole du peloton; les 
conversions terminées, les pelotons se portent 
droit devant eux, au conmiandement : En = 
AVANT, du capitaine-commandant. 

Si, au lieu de porter l'escadron eu avant, 
le capitaine-conmiandant veut l'arrêter, il com- 
mande : Halte , au moment où les pelotons sont 
près de finir leur conversion. 

Pendant le demi-tour, le capitaine-comman- 
dant se porte en avant du nouveau front, en 
passant entre les deux pelotons du centre. 



Conversions. 

SVS. La conversion à pivot fixe de l'escadron 
en bataille s'exécute, de pied ferme ou en mar- 
che, suivant les principes prescrits pour le pelo- 
ton, aux commandements : Escadron à droite [oa 
à gauche); demi-à-droite (ou demi-à-gauche), 
MARCHE; En = AVAKT, OU Escadron , halte. 

Le capitaine-commandant, cjui' est le guide 
de l'escadron, se conforme à ce qui est presci il 
pour le chef de peloton (n°32g). Les chefs de 
peloton règlent leur marche, en raison du mou- 
vement que doit exécuter l'escadron, et les pe- 
lotons suivent leurs chefs. 



158 TITIVE TROISIÈME. 

3'iG. La conversion à pivot mouvant s em- 
ploie pour changer de direction en colonne d'es- 
cadrons. Elle s'exécute aux commandements, et 
sviivant les principes prescrits pour le peloton 
(n°' 33 1 et 332), avec cette différence que le ca- 
pitaine-commandant règle son allure de ma- 
nière que le chef du deuxième peloton, du côté 
du pivot , conserve l'allure de la marche. 

Le rayon de l'arc de cercle que décrit habi- 
tuellement le capitaine-commandant est d'en- 
viron 32 mètres. 



Marche oblique individuelle. 

39», La mai'che oblique individuelle s exé- 
cute aux mêmes commandements que pour le 
peloton. Le capitaine-ccjmmandant, les chefs de 
peloton, et tous les cavaliers exécutent un quart 
d'à-droite (on d'à-gauche), et se portent droit de- 
vant eux. 

On emploie ce mouvement, quand on a peu 
de terrain à gagner en avant , et sur le côté. 

Marche oblique par troupe. 

378. Lorsque la marche oblique doit se pro- 
longer plus Isngtemps, ou quand on veut obli- 
quer en gajjnant plus de terrain sur le côté que 
par le mouvement qui précède, le capitame- 
commandant commande : Pelotons demi-à-droile 



KCOI.E DE L'ESCADUON À CHEVAL. 159 

(ou demia-gauche] , marche; En = avant. Cha- 
que peloton exécute une conversion à pivot 
fixe, et se porte ensuite en avant en se confor- 
mant aux principes de la marche directe. 

Les chefs des trois derniers pelotons ont la 
tête de leur cheval à i (ou 2) pas, en dehors, 
et à hauteur de l'épaule du cheval du deuxième 
rang de l'aile du peloton qui les précède. Ils 
marchent dans la direction que suit le chef du 
peloton de tête. 

Pour remettre l'escadron en bataille, le ca])i- 
laine-conunandant commande : Pelotons demi-ù 
gauche {ou demi-à rfroîft;), marche; En = avam, 

ou HALTE. 

Le mouvement s exécute aux trois allures, 
l'escadron étant de pied ferme, ou en marche. 



Formations , marches et déploiements 
de la colonne de pelotons. 



Formations. 

Sî». L escadron étant en bataille, pour le 
former en colonne vers l'un de ses flancs, le 
capitaine-commandant commande : A droite (ou 
à gauche) en colonne, marche. Chaque peloton 
exécute u)ie conversion à pivot fixe, du côté in- 



100 TirnE TROISIÈME. 

cliqué, et, le mouvement terminé, se porte 
droit devant lui. 




Si le caj)ilaiiie-coii>uiaiidaul \ eut arrêter, au 
lieu de lueltre la colonne en niouveuient, il 
commande : Halte, au moment où les pelotons 
terminent leui- conversion. 



380. L'escadron étant en bataille, pour le 
former en colonne 
de pelotons, en avant 
de son front, le ca- 
pitaine - commandant 
commande : En co- 
lonne, MARCHE. Le pe- 
loton de droite, pre- 
mier peloton , se porto 
en avant ; le deuxième 
ua jOqUu ])eloton fait un demi- 
à- droite, tourne de 
suite à gauche, par une conversion à pivot 
mouvant, et suit le premier peloton. Le troi- 
sième et le quatrième peloton font un à-droite, 




ÉCOLE DE L'ESCADRON À CHEVAL. 161 

se portent droit devant eux, et tournent succes- 
sivement à gauche, pour se mettre en colonne 
derrière les deux premiers. 

381. On rompt l'escadron en avant, par 
la] gauche suivant les mêmes principes, au 
commandement : Par la gauche en colonne, 

MARCHE. 

3818. Si le capitaine-commandant veut exécu- 
ter les mouvements qui précèdent, à une allure 
plus vive, il fait suivre le commandement pré- 
paratoire du commandement: au trot [au galop), 

MARCHE. 

383. L'escadron marchant en bataille, ces 
ruptures s'exécutent de la même manière que 
de pied ferme, à l'allure de la marche, ou à celle 
indiquée par le commandement. 



Marches. 

384. Le capitaine-commandant n'a pa» de 
place déterminée. Lorsqu'il veut diriger per- 
sonnellement la colonne, il se place à un front 
de peloton, en avant du centre du peloton de 
tète; il sert alors de guide. Le capitaine-com- 
mandant indique toujours le point de direction 
au chef du peloton de tête, cet officier devenant 
le guide de la colonne toutes les fois que le ca- 
pitaine ne marche point en tète. 



102 TITRE TROISIÈME. 

Le capitaine en second se lient sur le llunc; 
il surveille. les mouvements et la marche de la 
colonne. 

Les serre-files se placent, à moitis d'ordre 
contraire, à la droite de leur peloton, à hauteur 
du premier rang. Les trompettes marchent der- 
rière eux, à hauteur du deuxième rang. 

Pendant toute la durée de la marche directe, 
les chefs de peloton se maintiennent exacte- 
ment en file. Il est essentiel qu'ils se mettent 
en mouvement à la fois, et qu'ils marchent à 
une allure hicn égale, afin de conserver leur 
distance; s'ils la perdent, ils ne doivent la 
reprendre que peu à. peu. 

On met la colonne en marche, au conunan- 
dement : Colonne en avant, .marche, et on 
l'arrête au commandement : Colonne, halte. 

385. Lorsque la colonne rencontre un défilé 
qui ne permet point de passer sur un front de 
peloton, sans cependant obliger à former la 
colonne de roule, chaque peloton marche suc- 
cessivement, à volonté, comme il est prescrit 
M Yécole du peloton (n° 325). 

Cette disposition, qui se prend à l'indi- 
cation : A volonté, des chefs de peloton, s'emph-ie 
principalement pour passer un défilé de peu 
de longueur, et permet à la colonne de ne pas 
augmenter sa profondeur, ou de s'allonger le 
moins possible. 

En sortant du défilé, chaque peloton se 



ÉCOLE DE L'ESCADr.ON À CHEVAL. 163 

lefoime à l'indication : Ralliement, comme il 
est prescrit à Vécole du peloton. 

386. Les chang^einents de direction de la 
colonne de pelotons s'exécutent par des con- 
versions successives à pivot mouvant, aux 
commandements : Tète de colonne à droite 
(ou À gauche); demi-à-droite (ou demi-à- 
GAUChe), du capitaine-commandant. Le peloton 
tète de colonne converse et se porte en avant; 
les autres exécutent successivement le même 
mouvement, sur le terrain oii le i)remier a 
tourné. 

Immédiatement après avoir changé de direc- 
tion, le capitaine-commandant indique au chef 
du premier peloton le nouveau point sur lequel 
il veut diriger la colonne. 

La coloime -de pelotons peut également 
changer dedirection, à la simple indication d'un 
nouveau point, comme il est prescrit pour le 
peloton (n'SS^). 

Lorsque le capitaine-commandant marche en 
tète de l'escadron, il se borne à prendre de 
sa personne la direction sur laquelle il veut 
engager la colonne. 

38'y. La marche oblique individuelleestco.;.- 
mandée et exécutée comme à Vécole du peloton ; 
les chefs de peloton ayant l'attention de se main- 
tenir à la même hauteur, sur une ligne per- 
pendiculaire au front. 



164 TITRE TROISIÈME. 

388. On peut encore faire gagner à la colonne 
du terrain vers l'un de ses flancs, en employant 
la marche oblique par troupe. Le capitaine-com- 
mandant commande : Pelotons demià-droiie (ou 
demi-à-gaache) , marche; En ^ avant. Chaque 
peloton exécute une conversion à pivot fzxe, et 
se porte ensuite en avant. Les chefs des trois 
derniers pelotons se conforment à ce qui est 
prescrit (n" 378). 

Pour remettre l'escadron en colonne, le capi- 
taine-commandant commande : Ptlotons denii-à- 
gauche [ou demi-à-droite), makche; En — avant 

ou HALTE. 

389. L'escadron mai'chant en colonne de 
pelotons, pour lui faire gagner du terrain dans 
une direction perpendiculaire à l'un de ses 
flancs, le capitaine-commandant commande : 
Pelotons à droite (ou à (jauche), marche; E/i = 
avant; ce qui s'exécute, à la fois, dans chaque 
peloton , comme il est prescrit à V école du pe- 
loton. 

390. Pour faire marcher en arrière la colonn'e 
de pelotons, on commande : Pelotons demi-tour 
à droite [ou à gauche) , marche ; = En avant. 

Déploiements . 

391. La colonne de pelotons se dé[)loie sui 
une ligne parallèle, oblique, ou perj)endiculaire 
à son front. 



ECOLE DE I,'ESC\DRON A CHEVAL. 



165 



Le capitaine -commandant se place, pour 
commander les déploiements, sur la ligne de 
direction que doit suivre le centre de l'escadron, 
après la formation. Dans la formation en avant, 
cette ligne peut ne pas être parallèle à la direc- 
tion suivie par la colonne. 

398. La colonne étant de pied ferme, ou 
marchant au pas, pour la déployer en avant, 
le capitaine - com- 
mandant comman- 
de : Vers la droite 
(ou vers la gauche) 
en bataille, au, trot 
[augalop), masRGHe. 
Le premier peloton 
se porte droit de- 
vant lui, à l'allure 
indiquée, et prend 
le pas après avoir 
marché l'étendue 
de son fron t. Les au- 
tres pelotons obli- 
quent du côté in- 
diqué par le com- 
mandement, enexé 
autant le mouve- 
ment comme il est 
prescrit (n°387). Ils 
se dirigent par le 
chemin le plus court, vers la place qu'ils doi- 



1 D ip Q 



u a 




166 TITRE TROISIÈME. 

vent occuper en bataille; quand ils sont à sa 
hauteur, ils se redressent, et passent au pas 
en arrivant sur la ligne. 

Chaque peloton doit arriver en ligne sans se 
désunir. La formation terminée, les chefs de 
peloton rectifient, s'il y a lieu, lem^ intervalle, 
eu se réglant sur le chef du deuxième. 

Pendant le mouvement, les serre-files repren- 
nent leur place de bataille. 

393. La colonne marchant au trot, ou au ga- 
lop, le déploiement s'evécute de la mèaie ma- 
nière, aux commandements : Vers la droite [ow 
vers la gauche) en bataille, sîarche, ou :. , . . au 

(julop ? MARCHK. 

394. La colonne exécutant une marche obli- 
que individuHle, le capitaine-commandant peut 
la déployer en avant, du coté vers lequel elle 
oblique, sans lui faire reprendre auparavant la 
marche directe 

Dans ce cas, le peloton de tête se redresse 
immédiatement, et le mouvement s'exécute 
comme il est prescrit (n° Sc)'?). 

395. Pour déployer la colonne sur une ligne 
oblique, le capitaine-connnandant commande : 
Demi-à-droile (ou demi-à gauche) en balaille, au 
trot {u'i galop), marche. Si la colonne est au 
trot ou au galop, le ca])ilaine commande :. . . 
MARCHE, ou. . . . au galop, marche. 



ECOLE DE I.'ESCADllON A CHEVAL. 



107 



Chaque peloton exécute un demi-à-droite [ou 
demi-à gauche). La conversion terminée, le pe- 
loton de tète se porte droit devant lui , et prend 
ie pas après avoir marché l'étendue de son 




front, les autres pelotons obliquent du côté in- 
diqué, pour se porter en ligne. 

On se conforme, du reste, à ce qui est pres- 
crit pour le déploiement vers la droite ou vers 
la gauche. 

396. La colonne exécutant une marche 
oblique par troupe, le capitaine-commandant 
peut la déployer du côté vers lequel elle oblique 
aux commandements : Vers la droite (ou vers la 
gauche) en bataille, marche, on , . . . au trot {an 



168 TITRE TROISIEME. 

galop), MARCHE. Le mouvement s'exécute comme 
il est prescrit ci-dessus (lorsque la conversion, 
demi-à-droite ou demi-à-gauche, des pelotons 
est terminée). 

399. La colonne exécutant une marche 
oblique par troupe , le capitaine-commandant 
peut aussi la déployer dans la direction qu'elle 
suivait précédemment, et du côté vers lequel elle 
oblique. A cet effet, il indique la direction au 
chef du premier peloton, et commande le dé- 
ploiement. 

398. Dans les formations qui précèdent, si 
le capitaine-commandant veut arrêter l'escadron 
avant que le mouvement soit terminé, il in- 
dique au chef du peloton de tète la ligne de 
bataille qu'il a choisie. En y arrivant, celui-ci 
s'arrête, et les autres pelotons viennent se for- 
mer à sa hauteur. 

399. Il est de principe que les déploiements 
dans lesquels les pelotons ont des espaces iné- 
gaux à parcourir s'exécutent aux allures vives ; 
néanmoins, si le capitaine-commandant veut, 
par exception, faire faire ces mouvements au 
pas , la colonne étant de pied ferme , ou marchant 
au pas, son commandement n'indique pas d'al- 
lure, et il arrête la tête de colonne au point où 
il veut établir la ligne de bataille. 



ECOLE DE L'ESCADRON A CHEVAL. 



109 



400. Pour déployer la colonne sur un de 
ses flancs, le capitaine-commandant commande 
A. droite (ou à gauche) en bataille, marche, 
ou , au trot {au galop), marche. Tous les 




pelotons exécutent à la fois un à-droite [ou un 
à-gauche), et se portent en avant, les chefs de 
peloton se réglant sur celui du deuxième. 

40I. Si la colonne exécute une marche 
oblique par troupe, elle peut aussi être dé- 
ployée sur le flanc vers lequel elle oblique ; le 
capitaine-commandant commande : Pelotons 
demi-à-drpite [ou demi-à-gauche), marche, ou. . . 
au trot [au galop), marche. Tous les pelo- 
tons exécutent à la fois un demi-à-droite [ou 
demi-à-gauche), et se portent en avant, les chefs 
de peloton se réglant sur celui du deuxième. 



Formations, marches et déploiements 
de la colonne de route. 

402. La colonne de l'oute, dont le nom in- 
dique l'emploi, est formée de cavaliers par 



170 TITRE TROISIÈME. 

quatre ou par deux; elle sert aussi à passer les 
défilés longs et étroits. 

L'escadron étant en bataille, le capitaine- 
coininandant le fait rompre par la droite, en 
colonne par qualie {ou par deux), suivant les 
principes prescrils à V école du peloton, et par 
les mêmes coumiandemenls ; le premier peloton 
rompant conune il est dit à Yécole du peloton , 
(n° 336) ,et les trois autres comme il est prescrit 
(u" 337). Le chel" du peloton tête de colonne se 
place devant les ])remières files; les autres chefs 
de peloton marchent sur le flanc gauche, à hau- 
teur du premier rang de la fraction de droite 
de leur peloton. 

Le capitaine-commandant n'a pas de place 
déterminée. Le capitaine eu second se tient, en 
principe, du côté opposé à celui où se tient le 
capitaine-commandant. Les serre-files marchent 
sur le flanc droit; ils veillent à ce que les cava- 
liers ne laissent pas s'accroître les distances. 

403. Pour rompre l'escadron par la gauche, 
le capitaine -commandant commando : Pai- hi 
(jaiiche par quatre, makche. Le quatrième pe- 
loton rompt j)ar quatre, comme il est prescrit 
(n° 336); chacun des autres pelotons rompt suc- 
cessivement , comme il est dit ( n° 337 ) , en ayant 
soin de ne commencer son mouvement, que 
lorsque le deuvième rang des quatre premières 
files du peloton qui le précède dépasse le front 
de l'escadron. 



ÉCOLE DE L'E,SCADI\ON À CHEVAL. 171 

404. Le capitaine-comniaiidanl peiil , a u he^ i^ 
soin, faire exécuter ces ruptures au\ allures 
vives. 

405. Pour la marche en colonne do roule, 
ainsi que pour les dédoublements et double- 
ments, l'escadron se conforme à ce qui est 
prescrit pour le peloton. 

406. L'escadron marchant en colonne de 
roule se déploie en avant, et sur ses flancs, 
aux mêmes commandements que le peloton. 
Chaque peloton se forme successivement en ba- 
taille, à gauche de celui qui le précède, lorsque 
le déploiement se fait en avant ou sur le flanc 
gauche de la colonne; à droite, quand le dé- 
ploiement a lieu sur le flanc droit. 

L'allure du trot est employée le pins habi- 
liiellement dans ces formations; si l'on veut les 
faire au pas, on se conforme à ce qui est près 
crit (n°39g). • 

40». Il faut éviter de déployer directement 
la colonne de route, et il est toujours préférable 
de passer auparavant par la colonne de pelotons. 

Pour passer de la colonne de route à la co- 
lonne de pelotons, le capitaine-commandant 
conmiande : Formez les pelotons, au (rot [on 
galop), MARCHE. Si la colonne est au trot ou 
au galop, le capitaine commande. . . . mabciif., 
ou au ijdlop, MARCHE. Chaque peloton se 



1 72 TITRE TROISIÈME. 

forme en bataille, à Tallure de la marche, 
ou à celle indiquée par le commandement. 
Dès qu'ils sont formés, les trois derniers pe- 
lotons serrent h leur distance, en prenant de 
nouveau l'allure de la formation. 

408. L'escadron étant, ou marchant en co- 
lonne de pelotons, le capitaine-commandant 
le fait rx>mpre en colonne de route, par les 
commandements prescrits à l'école du peloton 
(n°'336 et 338). Le premier peloton rompt aussi- 
tôt, et les autres successivement, dès qu'ils ont 
le terrain nécessaire. 

409. La colonne de route étant de pied 
ferme, ou marchant au pas, si le capitaine-com- 
mandant veut, par exception, que la colonne 
de pelotons se forme au pas, son commande- 
ment n'indique pas d'allure, et il arrête la tête 
de colonne au point qu'il juge convenable. 

Les chefs des trois derniers pelotons arrêtent 
leur tête de colonne lorsqu'elle a marché 6 pas, 
et serrent à leur distance , dès que leur peloton 
est formé. 

4iO. Lorsqu'on veut passer de la colonne 
de route à la colonne de pelotons, immédia- 
tement après avoir traversé un défdé, le capi- 
taine-commandant fait son commandement dès 
que la tête de colonne a débouché. Le premier 
peloton se forme aussitôt, et les autres succes- 
sivement, en sortant du défdé. 



ÉCOLE DE L'ESCADRON À CHEVAL. 173 

411. L'escadron marchant en colonne de 
route, on l'exerce à se former rapidement en 
bataille en avant, en arrière, ou sur un des 
flancs de la colonne, en se ralliant derrière le 
capitaine-commandant. 

A cet effet, cet officier se porte sur le point 
où il veut que son escadron se forme; il prend 
alors le pas et commande : Ralliement. Les chefs 
de peloton répètent ce commandement et vont 
au trot (ou au galop, s'il est commandé), prendre 
derrière le capitaine-commandant la place qu'ils 
doivent avoir sur le nouveau front. 

Si le capitaine-conmîandant est en avant de 
la colonne, les chefs de peloton se placent 
comme dans le mouvement de vers la gauche en 
bataille (n° 3g2 ) ; s'il est en arrière, les chefs de 
peloton se placent également comme dans le 
mouvement de vers la (jaache en bataille, mais 
en supposant que la colonne marche dans la di- 
rection prise par le capitaine. 

Si le ralliement se fait sur un des flancs 
de la colonne, les places des chefs de peloton 
sont celles de ï à-droite (ou de V à-gauche) en ba- 
taille, ou de la formation sur une ligne oblique. 

Chaque peloton suit son chef, en marchant à 
volonté, comme il est prescrit à Vecole du pelo- 
ton, et se forme en bataille derrière lui , en arri- 
vant en ligne. 

418. La colonne de pelotons, ayant pris la 
disposition prescrite (n" 385), se rallie également 



I CUc^^'t/X^ ^^^' P'- '^V/ TITRè TROISIÈME. 



comme il vient d'être dit pour lu colonne de 
route. 



P y/ j/fji l Cl/ Ci^^"^^^^ 413. Quand les mouvement qui précèdent 
; ' '' '. / y x^ A^ ont été correclement exécutés aux trois allures, 

t/ûO ' Cl^^^^-''^^^^-^ ^^^^'T/â .J^ '^ capitaine- commandant exerce l'escadron, 
1 . 4 ^^^^ ^^^^</^^ marchant en bataille ou en colonne de pelolons, 

\/UMj^ U^J^^^^ I à l'allure du galop «//o«fy(/. 

\ r L <>■ n^l/^^' Le capitaine-commandant lait aussi exécuter 

j Ciui «^ — / à cette allure quelques déploiements sur des 

' lignes parallèles ou obliques au front. 



Charges. 

414. La charge de l'escadron s'exécute en 
bataille, et en colonne, soit en ordre compact, 
soit en fourrageurs. 

Les principes prescrits pour la charge du pe- 
loton sont applicables à l'escadron. 

L'ennemi est représenté , dans les exercices, 
par quatre cavaliers dirigés par un gradé; ils 
sont espacés de manière à figurer les quatre 
chefs de peloton d'un escadron. 

415. Le capitaine-commandant fait mettre le 
sabre à la main. Après avoir fait prendre le 
galop qui doit précéder la charge, iicommanfle: 
pouu l'attaque, et se place sur l'alignement 
des chefs de peloton. 

Quand l'escadron arrive à 5o ou 6o pas des 
cavaliers qui figurent l'ennemi, ie capitaine- 



ÉCOLE DE L'ESCAOnON À CHEVAI,. 175 

commandant commande : Chargez. A ce com- 
mandement, répété par tous les chefs de peloton, 
l'escadron se conforme à ce qui est prescrit 
pour le peloton; les cavaliers qui figurent l'en- 
nemi font demi-tour, et se retirent rapidement. 
Le capitaine-commandant arrête la charge au 
commandement : Ralliement, répété par tous 
les chefs de peloton; en instruction, il com- 
mande: Escadron, halte, lorsque tous les ca- 
valiers ont repris le trot. 

416. Pour rallier l'escadron en arrière, on 
se conforme aux principes prescrits à Yécole du 
peloton, le capitaine-commandant et les chefs 
de peloton ayant l'attention de se placer proirq)- 
tement en avant du nouveau front, tant pour se 
retirer, que pour se remettre face en tête. 

41 'ï. Dans une attaque de front, lorsque le 
capitaine-conunandant veut envelopper l'ennemi 
en débordant une de ses ailes, il prescrit au 
chef du peloton de droite, ou de gauche, de 
s'éloigner de l'escadron, en obliquant, pendant 
la marche offensive qui précède la charge, d'al- 
longer l'allure, et de se rabattre ensuite par une 
conversion sur l'aile ennemie. L'escadron com- 
bine ainsi une attaque de flanc avec une attaque 
parallèle. Le mouvement s'exécute au comman- 
dement: Premier [ou qaatrième) peloton , flanc 

OFFENSIF. 

Lorsque l'escadron se trouve au contraire 



170 TITRE TROISIEME. 

menacé sur une de ses ailes , le capitaine-com- 
mandanl, pendant la marche offensive, ordonne 
au chef du peloton menacé de se détacher de 
l'escadron par une conversion , et de faire lète à 
l'ennemi. Le mouvement s'exécute au comman- 
dement: Premier (ou quatrième) peloton, flanx 

DÉFENSIF. 

On exerce l'escadron à ce qu'il doit exécuter 
dans ce dernier cas, en disposant quelques cava- 
liers chargés de dessiner l'hypothèse correspon- 
dant au mouvement à exécuter. 

418. Il est de principe que les attaques de 
cavalerie doivent toujours se ménager une ré- 
serve. L'escadron isolé ne laisse cependant un 
peloton derrière lui que lorsque le capitaine- 
commandant le juge à propos. 

419. L'escadron charge, en partant de l'ordre 
en colonne, lorsqu'il n'a pas le temps ou l'espace 
nécessaire pour se déployer, ou lorsqu'il s'agit de 
faire brèche, à tout prix, sur un point de la 
ligne ennemie. 

La colonne étant en marche, sur l'ordre du 
capitaine-commandant, le chef du premier 
peloton conduit son peloton à la charge; le 
reste de l'escadron suit, à loo pas de distance 
pour appuyer le mouvement. Les pelotons se 
forment en ligne, si le terrain le permet, ou 
chargent successivement, en partant de l'ordre 
en colonne. 



École de l'escadron a cheval. 177 

La nature du mouvement indique que le ral- 
liement des pelotons repoussés doit se faire en 
arrière des fractions destinées à les soutenir. 

Le capitaine-commandant dirige le mouve- 
ment et charge avec la fraction de l'escadron 
qu'il considère comme devant contribuer le 
plus avantageusement au succès de l'attaque. 

4SO. L'escadron, en bataille ou en colonne, 
est exercé à la charge en fourrageurs, soit par 
loiil l'escadron à la fois, soit par un ou plusieurs 
pelotons désignés dans la ligne, ou dans la 
colonne. 

Au commandement : En foorrageurs, l'es- 
cadron ou les pelotons désignés se dispersent, 
chargent, et se rallient, comme il est prescrit à 
l'école du. peloton; le capitaine-commandant se 
conforme à ce qui est indiqué pour le chef du 
peloton. 

On doit remarquer toutefois , qu'il est dange- 
reux de lancer de grandes lignes dans cet 
ordre, car il faut une grande discipline pour 
les rallier rapidement après l'attaque. 

Dans la plupart des cas , il y a tout avantage à 
conserver un peloton en réserve, soit pour for- 
mer le noyau du ralliement, soit pour parer 
aux retours offensifs de l'ennemi. 

Les charges en fourrageurs se combineni, 
dans les exercices, avec les charges en ordre 
compact. Il importe que les fourrageurs re- 



178 TITRE TROISlblE. 

poussés, OU ralliés sur les deniéres, démasquent 
pronipteuienl la troupe qui les suit. 

L'ennemi est toujours représenté, afin d'as- 
surer la direction et la portée des différentes 
charges; mais ces simulacres demandent à être 
complétés par des hypothèses, parce que les 
règles d'application diffèrent, suivant que l'on 
est appelé à charger de l'infanterie, de la cava- 
lerie, ou de l'artillerie. 

4*1. Les principes tactiques relatifs à l'em- 
ploi des charges sont exposés au litre IV du 
présent règlement. 



Éclair eur s du terrain. 

4a*. L'escadron est précédé, à 200 inètres 
environ, par deux cavaliers, appelés éclaireurs 
du terrain, et chargés de signaler les obstacles 
qui pourraient arrêter la marche. 

Ils cherchent les passages, et le cas échéant, 
ils doivent indiquer, par un signal, que l'esca- 
dron est obligé de réduire son front. 

Pendant que l'un des cavaliers continue de 
marcher, l'autre s'arrête devant l'obstacle, et 
même, si cela est nécessaire, rebrousse che- 
min pour prévenir le capitaine-commandant et 
le guider. 

Au moment de l'attaque, le rôle de ces éclai- 
re^irs a une importance particulière, pour em- 



ÉCOLB DE L'ESCADHON À CHEVAL. 179 

pêcher la troupe de charger sur un terrain 
impraticable. 

En arrivant à proximité de l'ennemi, les 
éclaireurs du terrain se laissent rejoindre par 
l'escadron, et chargent avec lui. 



483. Dans le cours de cette c'co/e, le capitaine- 
commandant se conforme à ce qui est prescrit 
(n'Seï). 

Combat à pied. 

4S4. L'escadron est exercé à combattre à 
pied, suivant les procédés donnés à Vécole du 
peloton. 

En générai, trois pelotons sont désignés pour 
combattre à pied; l'un d'eux forme le soutien. 
Le quatrième reste à cheval, sert de réserve, 
garantit la sûreté, et se lient prêt à jjrofiter des. 
chances du combat. 

Le capitaine-commandant prend le comnan- 
dement des combattants à pied. Un oflicier reste 
à la tète du groupe des chevaux haut le pied. 

Dans le cas où. les pelotons combattent à 
quelque distance l'un de l'autre, les chevauv 
haut le pied forment également plusieurs 
groupes; chacun de ces groupes est maintenu, 
par rapport aux combattants du j)eloton corres- 
pondant, dans les conditions prescrites à Vé- 
cole du peloton. 



t, LC( [ L^U>U^ l^ /' 'l go _^^ TITRE TROISIEME. ^ / , , v 

^^X /rt/^x,Li Ci^^i^ty^O^ - ^çQj^g PU BÉGIMENT. 






4185. L'école du régiment a pour oI)jet 
d'exercer les escadrons à exécuter ensemble ce 
qu'ils ont appris séparément, et d'enseigner au 
régiment tous les mouvements qui sont utiles à 
son emploi, soit isolément, soit dans un corps 
de cavalerie plus considérable. 

Le régiment se foi'me et se meut : 

En bataille; 

En ligne de colonnes; 

En masse; 

En colonnes. 

426. Un régiment de manœuvre est composé 
de quatre escadrons. Deux escadrons forment 
un demi-régiment; si le régiment est réduit à 
trois escadrons, il n'en reste pas moins frac- 
tionné en deux demi-régiments; l'un des demi- 
régiments est constitué par un seul escadron, 
désigné d'avance. 

Lorsque les escadrons se trouvent au-dessous 
de leur complet de quarante-huit files, les pelo- 
tons d'un même escadron s'égalisent entre eu\ , 
en se complétant à douze cavaliers au premier 
rang. 

L'escadron peut être réduit à trois, et même 
à deux pelotons. 



-C^ T^C^u, ^VcA. Jpccy.c^ /L t^clr^^ (fxoc^^c^ 

i:COl/E DU RKGIMENT. Û ' I8l / Z C4-/^ /cO 1yC- ^t^ C^^U^ 

On peut exécuter sur un rang toute l'école i.^ 1 

du régiment, à l'exception de la colonne de ^A'-'Ç^'^^^y 
route. / • / -^ - 

42?. Les escadrons n'ont de place assignée 
c^ue pour la réunion du régiment. Pendant le 
cours des évolutions, ils sont désignés j)ar la 
place qu'ils occupent sur la ligne de bataille, 
ou dans la colonne. Ainsi, le premier escadron 
est celui qui se trouve à la droite de la ligne 
ou en tète de la colonne. 

H en est de même des demi-régiments. 

Les escadrons ne peuvent s'inlerverlir qtjc ) 9 
dans le demi-régiment auquel ils appartiennent, y . 

Un demi-régiment qui manœuvre isolément 
se forme et se meut suivant les mêmes prin- 
cipes que le régiment; le chef d'escadrons qui 
le commande l'exerce aux évolutions et aux 
manœuvres contenues dans celte école. 

428. Une place est assignée au colonel dans 
les différentes formations, et lorsqu'il sert lui- 
même de guide au régiment; mais il n'en est 
pas moins libre de se porter partout où il juge 
sa présence nécessaire. 

Pendant les évolutions et les manœuvres, 
lieutenant-colonel surveille l'exécution des mou 
vements; les chefs d'escadrons se placent de 
manière à entendre les conunandementsdu co- 
lonel. 



182 TITRE TROISIEME. 

4*î>. Lorsque le régiment est réuni à d'au- 
tres troupes, le colonel ordonne les mouve- 
ments à la voix; lorsqu'il manœuvre isolément, 
et loin de l'ennemi, il peut remplacer par les 
sonneries indiquées ( Titi-e I, artick VU) les com- 
mandements qui leur correspondent. 

A la sonnerie: Demi-lour , à moins d'ordre 
contraire, les pelotons exécutent un demi-tour à 
gauche. 

Le colonel s'occupe, surtout dans les ma 
nœuvres, de la dircclionà donneraux capitaines- 
coiumandants. Lorsqu'il est nécessaire d'appeler 
leur attention, et toutes les fois qu'ils n'élèvent 
pas le sabre en même temps que lui , il com- 
mande : Garde à vous. Le colonel se conforme 
du reste à ce qui est prescrit pour le capitaine- 
commandant à Yécolc de l'escadron (n° 871 ). 

Les chefs d'escadrons surveillent les mouve- 
ments de leur demi-régiment. Ils font des com- 
mandements particuliers, quand c'est nécessaire ; 
mais ils ne répètent les commandements du 
colonel que lorsque ceux-ci n'ont pas été en- 
tendus. 

Au commandement : Garde à vous, ou lorsque 
le colonel élève le sabre, les capitaines -com- 
mandants se placent de manière à entendre 
le commandement du colonel, et à se faire 
entendre de leur troupe. Ils répètent immé- 
diatement les commandements préparatoires 
du colonel, lorsque les escadrons doivent exé- 
cuter à la fois le même mouvement; ils les ré 



ÉCOLK DU RÉGIMENT. 183 

pètent successivenient, ou leur substituent un 
comniandenient particulier, dansie cas de mou- 
vements successifs ou particuliers; enfin ils ré- 
pètent simultanément le commandement d'exé- 
cution, excepté dans le cas de mouvements 
successifs. 

Le commandement d'avertissement n'est pas 
répété. 

Les commandements du colonel s'adressent 
à tous les escadrons qui manœuvrent ensemble 
dans le régiment; mais chaque escadron n'exé- 
cute son mouvement qu'au commandement 
de son capitaine. 

Les capitaines-commandants doivent se figu- 
rer promptement la formation à prendre, et, 
quand le terrain le permet, diriger leur esca 
dron, par le chemin le plus court, vers la place 
qu'il doit occuper, en employant la marche 
oblique individuelle , la marche oblique par troupe , 
le changement de direction par la têle de la colonne , 
ou la marche de Jlunc , selon la direction à 
prendre, ou en raison du terrain. 

430. Si le colonel veut faire exécuter simul- 
tanément, dans tous les escadrons, ou dans les 
demi-régimenis, certains mouvements, tels que: 
changements de direction , ruptures, ou forma- 
tions en bataille, etc.; il fait précéder le com- 
mandement, de l'indication: Dans chaque esca- 
dron, ou: Dans chaque demi-récjimcnt. 

Exemples : Dans chaque escadron ou Dans 



184 TITRE TROISIÈME. 

chaque demi-régiment, tète de colonne demi-à 

GAUCHE. 

Dans chaque escadron ou D<ms chaque demi- 
régiment, demi-à-gauche en bataille, etc. 

Dans le cas où le mouvement doit çtre exé- 
cuté par demi-régiment, les chefs d'escadrons 
font les commandements correspondant à ceux 
du colonel, et les capitaines ne commandent 
eux-mêmes qu'après avoir entendu le comman- 
dement de leur chef d'escadrons. 

431. Lorsque le commandement du colonel 
ne s'adresse qu'à une fraction du régiment, 
par exemple, à un demi-régiment ou à un esca- 
dron, le commandement doit être précédé du 
numéro de cette fraction. 

432. Le régiment met le salire à la main, 
remet le sabre, et le présente, au seul comman- 
dement du colonel. 

Lorsque les circonstances sont telles que 
le colonel ne puisse faire entendre son com- 
mandement à tout le régiment, comme il ar- 
rive quand on marche dans une rue, ou dans un 
chemin creux, le colonel fait mettre le sabre 
à la main , ou remettre le sabre , à la sonnerie 
d'un de ses trompettes. Les capitaines-comman- 
dants commandent alors ce mouvement. 

433. Le régiment étant en bataille, en ligne 
de colonnes, ou en masse, l'escadron de direc- 



ECOLE DU REGIMENT. 



185 



tion est celui qui est placé à droite du centre, 
quand le nombre des escadrons est pair. C'est 
celui du centre, si le nombre des escadrons est 
impair. 

C'est sur cet escadron que les autres se rè- 
glent, pour rectifier leur intervalle et leur ali- 
gnement. 

Si le colonel veut, par exception, désigner un 
autre escadron de direction que celui placé au 
centre, ou à droite du centre, il commande: 
[Tel) escadron = esgadkon de direction. 

Dans les évolutions où les escadrons ont à 
parcourir des espaces inégaux, celui qui se 
forme le premier est escadron de direction, 
jusqu'à ce que le mouvement soit terminé. 

434. Dans les évolutions où les escadrons 
parcourent des espaces égaux, par exemple: 
pour passer de la ligne de bataille cà la ligne 
de colonnes, ou pour déployer la colonne de 
pelotons sur un de ses flancs, tous les esca- 
drons conservent l'allure de la marche, ou pren- 
nent en même temps celle ordonnée par le 
colonel, et continuent de marchera cette allure. 

Si, au contraire, les escadrons ont à parcou- 
rir des espaces inégaux, il est de règle que le 
mouvement s'exécute au trot ou au galop. Dans 
ce cas, fescadron qui a le moins de chemin à 
faire pour arriver cà sa place, .se met en mouve- 
ment au pas, si l'on est de pied ferme, ou passe 
au pas, si l'on marche îiu trot ou au galop, et 



180 TITRE TflOISli.MK. 

conserve cette allure. Les autres escadrons exé- 
cntent leur mouvenienl à l'allure ordonnée, ou 
à celle de la marche, et ils prennent le pas en 
arrivant à leur place. 

Les exceptions à cette règle sont indiquées. 

435< Si le colonel veut arrêter avant que le 
mouvement soit terminé, il indique à l'esca- 
dron, base de formation, le point où il doit 
s'arrêter. 

Le régiment marchant au pas, ou étant de 
pied ferme, si, par exception, le colonel veut 
faire exécuter au pas, les mouvements où les 
escadrons parcourent des espaces inégaux, 
son connnandement n'ordonne pas d'allure, et 
il indique le point où doit s'arrêter l'escadron, 
base de formation. 

436. Il est de principe que la cavalerie se 
déploie en ligne pour combattre; par consé- 
quent, les mouvements qui ont pour but de 
déployer une colonne, ou d'étendre un front, 
impliquent une idée d'offensive, et il faut, de 
préférence, les exécuter aux allures vives. 

431. Le colonel fait monter à cheval et 
mettre pied à terre, connue il est prescrit à 
l'école de l'escadron. 

Dans les exercices de longue durée, afin de 
faire reposer les hommes et les chevaux . on fait 
niettre pied à terre dans l'ordre où l'on se trouve, 



ÉCOLE DU «égimeat. 187 

loules les l'ois que la troupe doil resler en place 
pendant quelques minutes. 

438. Le régiment formé en bataille, en ligne 
de colonnes, ou en masse, est aligné parles 
commandements prescrits à ïécole de l'cscu- 
dron. 

En bataille, le colonel aligne lui-même les 
chefs de peloton de l'escadron, base d'aligne- 
ment. Les capitaines-commandants se portent 
à l'aile opposée au côté de l'alignement, pour 
aligner leurs chefs de peloton, et ils reprennent 
leur place de bataille, au commandement: Fixe , 
du colonel. 

En ligne de colonnes, ou en masse, le co- 
lonel aligne les officiers placés en tète des co- 
lonnes, et, dans chaque escadron, les autres 
officiers se règlent sur eux. 

439. Pour ouvrir et pour serrer les rangs, 
ainsi que pour faire reculer le régiment , le co- 
lonel se conforme à ce qui est prescrit pour 
l'escadron. Ce dernier mouvement s'exécute 
aux commandements : Escddrons en arrière, 
marche; Escadrons, haltk. 

440. Le régiment étant dans un ordre quel- 
conque, on lui fait gagner du terrain vers l'un 
de ses flancs, par le mouvement de pelotons à 
droite (ou à gauche); on le met face en arrière, et 



J88 TITRE TKOISlÈME. 

onlereuieL face en tête, au moyeu du deiiii-lour 
par pelotons. 

Après ces conversions à pivot fixe par pelotons, 
les capitaines-commandanls coiiiinandent : En 
=AVANT, toutes les fois que le colonel n'a pas 
commandé : Halte. 

441. Le colonel fait obliquer le régiment 
dans un ordre quelconque, comme il est prescrit 
pour l'escadron. 



Iiig;ne de bataille. 

448. Lorsque le colonel prend la direction 
de la marche en bataille, il se place à un demi- 
front d'escadron en avant du capitaine-comjnan- 
dant de l'escadron de direction. 



6^ 



L'ordre en bataille s'emploie particulièrement 
pour charger. Il en résulte que le mouvement 
le plus important est la marche de front, et qu'il 
faut exercer le régiment à foire des marches en 
bataille sur de longues lignes, toutes les fois 
que le terrain le permet. 



ÉCOLE DU RÉGIMENT. 180 

La ligne de bataille trouve encore son emploi , 
lorsqu'on est obligé de rester à découvert sous 
ie feu de l'artillerie ennemie. 



443. Le régiment étant en bataille, pour le 
porter en avant , le colonel commande : Esca- 
drons en avant, marche, ou an trot [an 

galop), MARCHE. Les escadrons se mettent en 
mouvement comme il est prescrit à Vccole de 
l'escadron (n° S-ji). 

Le colonel choisit un point de direction aussi 
éloigné que possible, et il l'indic^ue à haute voix 
au capitaine-commandant de l'escadron de di- 
rection. Cet officier marche droit sur ce point. 

Les autres capitaines-commandants marchent 
à une allure bien égale, dans une direction pa- 
rallèle à celle indiquée par le colonel, de ma- 
nière à ne pas laisser s'accroître leur intervalle; 
ils s'alignent sur le capitaine-commandant de 
l'escadron de direction. 

Quand le colonel sert de guide au régimeni , 
le capitaine-commandant de l'escadron de di- 
rection se maintient exactement denière lui, à 
un demi-front d'escadron. 

Lorsqu'un capitaine- commandant s'aperçoit 
qu'il perd son intervalle, il ne rectifie que peu 
à peu sa direction. 

L'intervalle normal des escadrons, ûxé à 
12 mètres, peut être du reste modifié par le 
colonel, en raison des circonstances. 



190 TITBE TROISIÈME. 

444. Si des obstacles se présentent devant 
le front d'un peloton, il se conforme à ce qui 
est prescrit à ï école de l'escadron (n" 371). Si ces 
obstacles se présentent devant le fi'ont d'un 
escadron entier, le capitaine porte son escadron 
derrière celui du mêuie deaii-régiment, par le 
mouvement de: pelotons à droite {ou à gauche) , 
en doublant l'allure, et il le remet en ligue 
par le mouvement inverse, lorsque l'obstacle 
est dépassé. 

445. Le régiment marchant en bataille , le 
colonel l'arrête au commandement : Escadrons, 

HALTE. 

44«. Le régiment en bataille converse aux 
commandements : Uégiment à droite (ou à 
gauche), marche; ou , au ti^ot [au galop). 



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marche; et Régiment, halte ou eR= avant. La 
conversion s'exécute, comme il est prescrit pour 
l'escadron; les capitaines-commandants réglant 






ECOLE DU REGIMENT. 1" 1 <f/Z,<_ /^lî^t-*^^ i- '-? C- <_s-^ 

leur marche sur celle du capilaiiie-coiiuuaiidant Z^*^^^^^^^ y{ c<^ * "y ^ cL <-^ 

de l'escadron de l'aile. Le pivot n'est pas tenu a , y C/y/c^ l< ^ ^"^ - 

l'immobilité; ilconfornje son mouvement à celui<:3i. / <:: ^^^ ic^c^>-^l^ 

du colonel, et dégage peu à peu le terrain en / 

avançant. Les chefs de peloton se conforment y 

à la marche et aux signes de leurs capitaines- /-,,/) /d /^^ ^^^^ ^^ / 

commandants, qui ne font pas de commande- ^ 

La conversion du régiment s'einplcne pour ^^^ (7/ /^ ^ 

faire avancer l'une ou l'autre des ailes. Lorsque ^^^ ^^2 ^*- ^^^ <. e ^' ^ 
le régiment doit exécuter un changement de ^ - X ^^Ot^'*^^-^ 

front perpendiculaire, le colonel fait de préfé-'^'^^^^ ■^ ' 

rence rompre le régiment, pour le l'^former/- . Âgi/i Cyf ^ ^^^ ^^^ 

ensuite dans la nouvelle direction. / j tX^ *^— 

liigne «le colonnes. '^'ci Yif^'O^^*-/ 

449. Dans cet ordre, les escadrons formés <^ ^ ^ ^ 
en colonne de pelotons sont disposés parallè- ^ 

lement, ayant leur lète à la même hauteur, /^ J^r> ■ /c Ct--/'-^^^'^ / ' 

et entre eux des intervalles égaux au front d'un ^^ '^ i y ' " y / _/i 

escadron en bataille. / / / /, -j ^r a. rtt-^iX «:<:*, 

• à • • ô • . . Ç 



OB ai CM '^ ^<^ 



Les capitaines -commandants sont places Cc^-tcc/lx ^^^ ''^ ^ 

/ / / -^ , ^ y. y — ^ *^ 2^£'<-' 









192 TITUE TROISlliME. 

coiiiiiie dans l'ordre en colonne de pelotons. Le 
colonel et les officiers supérieui's le sonl comme 

— = — ^ I ) dans l'ordre en bataille. 

— — — _ La ligne de colonnes possède une grande mo- 
^ _-^ - (?) bilité , et se prête avec avantage aux niouve 

-" — "" ■' ' ments en terrain varié. Elle permet de se dé- 

/'J' I^J/aJ i^ fUc ou pl'»yei' rapidement en bataille, et c'est la nieil- 

Uncru^vu- i/ ^ ^ ^S / leure formation préparatoire avant une attaque 






lu) 



de front. 



448. Pour passer de la ligne de bataille à la 
à . ligne de colonnes, le colonel commande : E« 

T * ^^. d î'ilccê- yt^Y (U //^^^^^%te de colonnes, marche, ou au trot [au 

^ ''' (PJ -A cyi^ù.) (jalop), MARCHE. Les escadrons rompent à la 

I ) 11 f%.^^'f'/ fois, comme il est prescrit (n" 38o). 

/ / z^^- "*'*®' '^''^ ^^^^^ rompre les escadrons par la 
1*1^/1. d iJi t^ ^^ hJ^U/T^'^'^ g«uche, le colonel commande: Var la gauche, 
^ ^ . /' . / ^^ C^ ^h CtâlX ligne de colonnes et les escadrons rompent 



"comme il est prescrit (n° 38 1' 



V V >^ > 



[_li 



V ^ ^11-^ 450. Le régiment formé en ligne de colonnes 

\_ X ^ ^ ^ marche et converse, suivant les mêmes principes 

• /^ A'y r/ ^ JC ^^ ^ '^ (^JLÙi^^yxQw bataille. Le colonell'arrête, et le remet 
^ L&i ■ ^ ' ji^/C(J>u^-t^ .en marche, aux mêmes commandements; mais 

(7 ^'Ù-X ^^- /^'^^"^ / ff l^es capitaines-commandants commandent: Co- 

'^ /f^U^ti^^ *^ ^^ A^'^^/'o'ine, HALTE, et : Colonne en avant, marche. 

l/lAJ-i^y^ Ij^ ^ j ^ Si la conversion du régiment en ligne de 

( jf^f^i , c^ â'^^ '' I colonnes a seulement pour but de faire avancer 

/ " . l'une des ailes, le pivot se conforme à ce qui 

est prescrit \xf 446). Il n'y a pas lieu de soc- 







tuper du placement des trois deiuici S pelotons, f Af/X^A^ Û^ZC^tV — - — 
en arrière du premier i)clolon de l'escadron "^^ A- / ') 

pivoi. f/^l/-^ ^ic?uLy 

Lorsque la ligne doit exécuter un change- ( 
ment de front perpendiculaire, on peut aussi la 
rompre, et déployer de nouveau le régiment en 
ligne de colonnes. 



45 8. Pour passer de la ligne de colonnes à la 
ligne de bataille, le colonel commande: Vers la 
droite [on vers la (jaiiclic) en bataille, au. trot [au 
rjalop), MAHCHE. Si la ligne de colonnes est au 

trot ou au galoj), le colonel commande 

MARCHE ou. . . au galop, marche. 

Chaque escadron se forme en bataille (u^SyS 
ou n" 3()3!. 

452. Le régiment étant en ligne de colonnes, 
si le colonel commande : Pelotons à droite (ou à 
gauche), marche ou halte, le régiment se 
trouve formé en colonne d'escadrons, à dislance 
entière. 

Les capitaines-commandants se placent sur 
le flanc, à l'exception de celui de l'escadron 
de tète, qui marche comme il est prescrit 
(n^Syi). Les chefs des deuxièir.es pelotons se 
maintiennent en fde, et sont responsables de la 
conservation de la distance. 

453. On passe de la colonne d'escadrons à 
dislance entière, à la colonne d'escadrons h 



194 TITHE TUOISIÈME. 

flemi-disluiict;, au comuiandeiiieni : A dcnii- 
dislunce, au trot [au galop) , marche, ou.... 

MAUCIIi:. 

L'escadron de lèle passe au pas, s'il n'y est 
déjà, ou reste de pied l'ernie si la colonne esl 
arrêtée; les autres escadrons serrent à l'allure 
indiquée, ou à celle à laquelle uiarchail la co- 
lornie. 

454. Pour passer de la coloiuie d'escadrons a 
demi-distance, à la colonne d'escadrons à dis- 
tance entière, le colonel commande: Par latêle 
de la colonne, prenez les distances , au trot [au 
galop) , MARCiii; 

Le capitaine commandant du premier e.sca- 
dron porte son escadron en avant, à l'allure 
indiquée; les autres escadrons exécutent le 
même mouvement, lorsqu'ils sont à leur dis- 
tance de l'escadron qui les précède. 

455. Quand la colonne d'escadrons doit 
changer de direction, chaque escadron exécute 
successivement ce qui est prescrit (n° Syô), 
lorsqu'il arrive à hauteur du point oii l'escadron 
de tête a conversé. 

456. Lorsque le colonel veut déployer la 
colonne d'escadrons , en avant de son front , il 
commande : Vei^s la droite (ou vers la gauche) 

en bataille, au trot [au galop), aiarghe 

ou MARCHE. L'escadion de tète marche droit 
devant lui; les autres escadrons viennent se 



ÉCOLE DU RÉGIMENT. 195 

Ibinier successivcmcnl en Ijalaille, par le inoii- 
vement de : pelotons demi à droite (ou demi à 
gauche), suivi de celui de: pelotons demi à gauche 
ou [demi à droite). 

Pour déployer la colonne d'escadrons des 
deux côtés à la fois, le colonel commande: 

En bataille, au trot {au galop), makche ou 

MARCHE. L'escadron de lêle se porte droit devant 
lui ; le deuxième escadi-on se déploie à sa droite , 
et le deuxième demi-régiment à sa sfauclic. 

45*. Lorsque le régiinenl est en ligne do 
colonnes, si le colonel veut le déployer rapide- 
ment, dans une direction perpendiculaire à 
l'un de ses lianes , il commande : Pelotons à droite 
(ou à gauche), au trot [au galop), mahcue, ou. . . 
MAUCUK, et déploie ensuite la colonne d'esca- 
drons comme il est dit plus liaul. 

458. Si le colonel veut déployer rapidement 
les escadrons, sur une ligne oblique, il com- 



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mande: Dans chaque escadron, demi a droite (ou 

i3. 



196 TITRE TROISIEME. 

(Jetni à gauche) en bataille, aa trot [au yalop). 

MARCHE ou MARCHE . 

Chaque escadron se déploie comme il est 
prescrit (n°3g5). Le mouvement terminé, le ré- 
giment forme quatre échelons d'escadron sw 
couvrant légèrement. 

459. Le colonel peut aussi commander : 
Dans cluKjue escadron , itiE de colonne demi à 
DROITE (ou DEMI A gauche); puis loi'sque les 

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escadrons sont entres dans la nouvelle direc- 
lion : Vers la gauche (ou vers lu droite) en ba- 
taille, au trot [au galop), marche ou . . . . 

MARCHE. 

460. Le colonel peut eiitin , apiès a\oir in- 
fléchi les tètes de colonne, déployer les esca- 
drons sur le flanc opposé à celui vers lequel 
marchent les colonnes, par le mouvement de 



ÉCOLE DU nÉGIMENT. 197 

pelotons à gauche (ou à droilv). Le régiment 



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l'orme de même quaU'e échelons d'escadron. 

461. Lorsque le régiment est en ligne de 
colonnes cl que chaque escadron exécute une 
niarcjie ohlique par lrou])e, si le colonel com- 
mande : Dans chaque escadron, tirs la droite en ba- 
taille, au trot [au galop], MARCHE ou. . . MARCHE, 
cliaque escadron se déploie comme il est pies- 
cril (n" 396), et le régiment présente la même 
formation que plus haut (n"" 'lôS, ^|0(), 'i^o . 

Iflasse. 



462, Dans la ibrmationen 
masse, les escadrons sont dis- 
posés comme dans la ligne de 
colonnes, mais à }:>. pas seu- 
lement d'intervalle. La place 



(2 i^ c^ ca 

ai [^ 1^ ai 
Cj^a c^ [^ ud 



ça iM i^ U9 des oiliriors est la mémo. 



198 TITRE TROISliîMK. 

463. La masse permet de placer les esca- 
drons sur un espace restreint, en leur conser- 
vant assez d'indépendance pour la facilité de la 
marche, et pour le déploiement. On peut faire 
mouvoir la cavalerie dans cet ordre sur le 
champ de bataille, lorsqu'elle n'est ))as exposée 
au feu de l'artillerie. 

Quand la masse est employée comme forma- 
tion de rendez-vous, ou pour abriter la cava- 
lerie, on peut diminuer les intervalles entre les 
colonnes, et même les supprimer. 

Former la masse étant en bataille. 

464. Ce mouvement se l'ail de ])référence 
sur les escadrons du centre. Le colonel com- 
mande : Forme: la masse, au trot [au galop], 
Mvnciii;. Si le l'ég'iment est au trot, ou au 



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o/t 1^ iia 1^ 

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galop, le colonel commande marche 

ou au (lalup , marchi:. 



ÉCOLE DI' nÉGIMENT. 190 

l^es escadrons du centre rompenl : le 
deuxième, par la gauche en colonne, le troi- 
sième, en colonne; aux ailes, le premier esca- 
dron rompt à gauche, le quatrième à droite 
en colonne, et chaque capitaine-commandant 
conduit son escadron à la place qu'il doit occu- 
per dans la masse. 

465. Pour former la masse sur une des ex- 
trémités de la ligne, ie colonel commande: 
Sur le pj^emier [ou sur le qiialrième) escadron, 
formez la masse. . . 

Dans le premier cas, le premier escadron 
rompt eu colonne , et les escadrons placés à sa 
gauche se conforment à ce qui est prescrit phis 
haut pour le quatrième escadron ; dans le second 
cas, le quatrième escadron rompt par la gauche 
en colonne, et les escadrons placés à sa droite 
exécutent ce qui est prescrit pour le premier. 

Former la masse étant en ligne 
de colonnes. 

466. Le colonel comman(lé:5«r(<e/)«crtd?'07i, 
forme- la masse, an trot {au galop), aiarche, 

ou. . . , MAHCUE. 

L'escadron désigné se porte droit devant lui, à 
l'allure indiquée, ou à celle à laquelle il mar- 
chait avant le conunandement, d'une étendue 
de terrain égale à la profondeur de la colonne. 



200 TITRE TROISIÈME. 

et passe au pas; les autres escadrons sont con 





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duits à la piace qu'ils doivent occuper dans la 
masse. 

467. On se conforme pour mouvoir la masse, 
aux principes prescrits pour la ligne de colonnes 
(n° 4>>o), toutefois les changements de direc- 
li«n sont toujours exécutés par une conversion. 

Déployer la masse. 

468. Pour déployer^la masse, en ligne de co- 
lonnes, le colonel commande: Sut [tel) escadron, 
en ligue de colonnes, un trot {au galop], marcue, 

ou MAHC1IE. 

L'escadron désigné se|)orte droit devant lui, à 
l'allure indiquée, ou à celle à laquelle il mar- 
chait avant le commandement, d'une étendue 
de terrain égale à la profondeur de la colonne. 



ÉCOLE DU RÉGIMENT. 201 

el passe an pas; les aiilres sont conduits vers la 



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^ 1±3 [±1 E^ 

(^ [^ EJ CZI 

123 El E3 lZî 

El El E3 (2i 
place qu'ils doivent occuper en ligne de co- 
onnes. 

469. Si l'on \eiit déployer la niasse en ba- 



iO o/ 

(^ IZJ IZI ^ 

121 [ZJ El Ei 

El El [^ El 

El El El E] 

taille directement, le colonel commande: E« 



202 TITIVI-: TROISIKMK. 

balaiUe , au trot {ou, </aloij), mai'.ciik, on. . . . 
MAKGHE. I^e deiiNièriie escadron se l'oi-nie on l)a- 
laiUevers la droite, le troisième vers la gauche; 
les escadrons des ailes gagnent extérieurement 
le front de trois pelotons, et se forment en 
suite en bataille. 

490. Pour former la masse en l)ataiile, d'un 
seul côté, le colonel commande : Vers la droite 

(ou vers la gauche) en bataille L'escadron 

de gauche ( ou de droite) se déploie du côté 
indiqué; les autres escadrons gagneut l'espace 
nécessaire, et se forment successivement en 
bataille, du même côté. 

•IVl. Le régiment étant en masse, si le co- 
lonel fait exécuter le mouvement de : pelotons à 
droite (ou à (jauche), le régiment se trouve 
formé en colonne serrée, avec i8 pas de dis- 
tance d'un escadron à l'autre. 

Les capitaines-commandants et les chefs des 
deuxièmes pelotons se conforment à ce qui est 
prescrit (n" 402). 

La colonne serrée convient comme f(jrjuation 
préparatoire, avant d'exécuter des charges suc- 
cessives. Elle permet, comme la masse, de 
placer les escadrons sur un es])ace resireini; 
mais elle est beaucoup moins souple cpie celte 
dernière, ffui doit lui être préférée. 

-lï*. l'our passer de la cohiniio serrée à la 



KCOI.E DU fVEGIMEM'. 203 

colonne d'escadrons, à distance entière, ou à 
demi-distance, le colonel commande : Par la 
lêie de la colonne, prenez les distances (ou les 
demi-distances), marche. Le capitaine- comman- 
dant du premier escadron et successivement 
ceux des autres escadrons exécutent le mou- 
vement comme il est prescrit (n°454)- 

On passe réciproquement de la colonne d'es- 
cadrons à la colonne serrée , au comma ndement : 
Colonne serrée , nalrot{aii gra/op) , marche, ou. ., 
MARCHE. Le mouvement s'exécute comme il est 
prescrit (n° 453). 

4'8'a. Les changements de direction de la 
colonne serrée s'exécutent comme ceux de la 
colonne descadrons. 

4'54. Lorsque le colonel veul déployer la co- 
lonne serrée, sans revenir à la masse, il com- 
mande : Vers la droite (ou vei'S la gauche) en 
bataille, au trot (au (/alop), marche, ou ... ., 
MARCHE. Le mouvement s'exécute comme il est 
prescrit (n" 456). 

4'9'5. La colonne .serrée peut également être 
déployée des deux côtés à la fois. Le colonel 
commande : En bataille. . . Le mouvement s'exé- 
cute comme il est prescrit (n° 456). 

ttti, Lor.'>quelo régimoni est en masse, il peut 



204 TITRE TROISIÈME. 

enfin êire déployé rapidemenl, dans une direc- 
tion perpendiculaire à l'un de ses flancs. 

Le mouvement s'exécute comme il est près 
crit (n" /i57, et n" 474 ou n" ^']o). 



Colonne de pelotons. 



4Ç9. Dans cet ordre, les esca- 

t> drons formés en colonne de pelo- 

© tons sont disposés, les uns derrière 

les autres, ayant entre eux une dis- 

tance de 18 mètres, égale cà la dis- 

„ tance de peloton plus l'intervalle d'es- 

na cadron. 

a Les officiers supérieurs et les capi- 

^ taines- commandants, sauf celui de 

l'escadron de tête, se tiennent sur lo 

f^ flanc de la colonne, du côté 011 so 

ra trouve le colonel. 

Quand le colonel dirige lui-même 
^* la colonne, il se place en avant de 
^ la tète. 

j-^ La colonne de pelotons, dont le 

front est peu étendu, s'emploie avan- 
ûi • tageusement pour marcher en terrain 
^ varié , parcourir de longues distances , 
et passer un défilé. Elle peut se dé- 
ployer dans tous les sens, et se forme 
très rapidement en bataille sur ses lianes. 



ECOLE DU REGIMENT. 



205 



Former la colonne de pelotons étant en 
bataille, en ligne de colonnes ou en 
niasse. 

498. Le régiment élant en l)alaille, ou en 
ligne de colonnes, pour le former en colonne 
de pelotons, vers l'un de ses flancs, le colonel 
commande : A droite (ou à gauche) en colonne, 
MARCHE, ou. ... , an trot [au galop), marche. 

Si le régiment est en bataille, les escadrons 
rompent à droite {ou à gauche) en colonne. 

Si le régiment est en ligne de colonnes, les 
escadrons changent de direction ensemble, du 
côté indiqué, pour se mettre en colonne. 

4î9. Le régiment étant en bataille, pour le 
rompre en colonne de pelotons, en avant du 
front, le colonel commande : En colonne, 

marche, ou au trot [au galop), marche. 

Le premier escadion rompt en colonne, les 
autres rompent à droite en colonne, et suivent 
le premier. 

On rompt ie régiment en avant par la gauche , 
suivant les mêmes principes, au conunande- 
ment : Par la gauche en colonne, makche 

Pour former la colonne sur un autre point de 
la ligne , le colonel conmiande : Sur [tel) escadron , 

en colonne, marche, ou au trot [au 

galop) , marche. L'escadron désigné rompt en 
en colonne. Les autres rom[ient, à droite ou à 





2()() TITHE TROISiÈMli. 

gauche en colonne, selon qu'ils se trouvent à 
gauclie ou à droite de l'escadron base de for- 
mation, et ils ne se portent en avant, pouientrer 
dans la coloime, que lorsqu'ils ont l'espace né- 
cessaire. Los escadrons du même denii-réginient 
se suivent toujours. 

■i80. Le rcginieiil élan! en ligne de colonnes, 
pour le former en colonne de pelotons, en 
avant de son front, le colonel fait les mêmes 
conin\andements qu'en bataille. L'escadron qui 
doit |)rendrc la tète de la colonne marche 
droit devant lui; les autres changent de direction, 
et vont successivement [)rei)dre rang dans la 
colonne, comme il est prescrit ci-dessus. 

481. Le régiment étant en masse , on le forme 
en colonne de pelotons sur ses lianes, ou en 
avant de son front, par les commandements 
prescrits (n" 478 et 479)- L'escadron sur lequel 
s'opère la rupture se porte du côté indiqué j^ar 
le commandement; les autres restent de pied 
ferme, ou s'arrêtent, et ne se mettent en mou- 
vement que lorsqu'ils ont le terrain nécessaire , 
pour entrer successivement dans la colonne. 

482. Les principes de la marche en colonne 
de pelotons, prescrits à Vécolc de l'escadron , sont 
applicables au régiment. 

Lorsque le colonel ne dirige pas lui-même la 
colonne, il indique le point de direction au ca- 



ÈCOI.lî DU UÉGIMENT. :2()7 

|)ilainc-coimuandant de l'escadron de lèlc, <{ui 
esl alors cliargé de diriger la marche. 

Déployer la colonne de pelotons. 

4^3. La colonne de pelolons pcul se dé- 
ployer en ligne de colonnes, ou en bataille, sur 
nne ligne parallèle, oblique, ou perpendiculaire 
à son IVonl. 

11 est de la plus grande importance qu"aj)res 
tout déploiement, le régiment marche exacte- 
ment dans la direction choisie par le colonel. A 
cet elFet, celui-ci aura l'attention de se placer, 
|)our commander le déi)loienienl , sur la ligiie 
que devra suivre l'escadron de direclion. 

Déployer la colonne de pelotons, 
en ligne de colonnes. 

484. Pour déployer en avant d'un seul cole, 
le colonel commande : Vers la droite ( ou vers 
la gauche) , en ligne de colonnes, au Irol [au 
galop), MARCHE. Si la colonne est au trot ou au 
galop, le colonel commande : .... MARCHii 

ou , au galop, marche. L'escadron de tète 

marche droit devant lui; les autres sont conduits 
du côté indiqué par le commandement, vers la 
|)lace qu'ils doivent occuper en ligne de colonnes. 

485. Pour déployer la colonne de pelotoO'S, 
vers la droite et vers la i;auche, le colonel com- 



208 rlTHE TROISIÈME. 

mande : En lijjiie de colonnes Le (leuxicinc 

escadron se poiie à droite du pieniiei', le troi- 
sième el le qualrième à çauehe. 

480. Pour déployer la colonne de pelolijiis 



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en ligne de colonnes, sur une ligne ol)li(pio 



i:CUI,K DO RÉGIMENT. 209 

le ( oloncl foiuinaiide : Deini-à-droilc (ou deini- 
(i-guache),en ligiiii de colonnes , au Irol [aa galop], 
MAHCHE, ou. . ., MARCiiK. Tous les escadrons exé- 
cutent le chaiigenient de direction indiqué i)ar 
le coniinandenicnl. Le premier escadron marche 
ensuite droit devant lui; les autres sont con- 
duits à la place qu'ils dc^ivenl occuper en ligne, 
de colonnes. 

481. Pour déployer la colonne de pelotons 
en liffne de colonnes 



(2 



sur un de ses (lancs, 
le colonel comman- 
de : A droite {ou à gaa- 



(^ che), en ligne de 

,.-'"SI K G kl ° colonnes , mabciie , 

C3 * ou , «u trol ( au, 

•^ qulop], MARCHE. Les 

p^ capitames -comnian- 

,--|] HH S o o-a dants font exécuter 

f ^ * le changement de di- 

Q rection indiqué par le 

•3 commandement, et, 

'-'""il E fi M o le mouvement achevé, 
^ • les escadrons se por- 
ta tent droit devant eux. 

61 
Former la masse étant en colonne 
de pelotons. 

■188. Ce mou\ejnent s'exécute aux comman- 

II. i4 



210 TITRE TROISIÈME. 

déments : ^67-5 la droite (ou vers la g ( niche), for- 
mez la masse, an trot [au 
galop), MARCHE, ou... 
MARCHE ; OU au coinmaii- 
dement : Formez la 
masse. . . Les escadrons 
se conforment à ce qui 
est prescrit (n" 484 et 
485), pour déployer la 
colonne de pelotons en 
ligne de colonnes, avec 
cette difîérence qu'ils ne 
prennent entre eux que 
l'intervalle de masse. 






ai 



1 



ai 






[21 



489. Quand on veut 
former la masse , sur une 
ligne oblique, ou sur un 
des lianes de la colonne , 
le colonel fait entrer la 
tête de colonne dans la 
nouvelle direction , et la 
formation s'exécute du 
côté où l'on a tourné, à 
l'un des trois comman- 
dements indiqués plus 
haut. 



Déployer la colonne de pelotons, 
en bataille. 
490. La formalion en avant en bataille étant 



ÉCOLE DU KÉ6IMENX. 211 

relativement lente, on doit éviter de déployer 
ainsi la colonne de pelotons lorsqu'on est de- 
vant l'ennemi. 

La foi-mation sur une ligne oblique se fait à 
peu près moitié plus vite que la formation en 
avant. 

Quant au déploiement sur un des flancs, il 
s'exécute avec une grande rapidité. 

491. Le régiment étant en colonne de 
pelotons, pour le former en bataille d'un seul 
côté, le colonel commande : Vers la droite (ou 
vers la gauche) en bataille, au trol[aii cjalop), 
MARCHE, ou. . ., MARCHE. Le premier escadron 
se forme du côté indiqué; les autres escadrons 
sont conduits du même côté; puis, lorsqu'ils ont 
gagné l'espace nécessaire, et que leur tète de co- 
lonne arrive à un front de peloton de la ligne 
de bataille, les capitaines- commandants com- 
mandent le déploiement. • 

49*. Quand le colonel veut exécuter le dé- 
ploiement des deux côtés à la fois, ce qui doit 
être le cas le plus habituel, il commande: En 
bataille. ... Le premier demi-régiment se dé- 
ploie alors vers la droite, et le deuxième vers 
la gauche. 

493. Si le demi légiment manœu\rc seul, le 
))remier escadron se déploie vers la droite, el le 
deuxième vers la gauche. 



212 



TITRE TROISIEME. 



494. Pour déployer la colonne de pelotons 
sur une ligne oblique, le colonel connnande : 
Demi-àdroUe (ou demi-à-yauche) en bataille, au. 
trot {au galop) y marche, ou. . ., marche. Chaque 




escadron se déploie obliquement, conuue il est 
prescrit à Y école de l'escadron (n° 395). Lorsque 
ces déploiements sont exécutés, l'escadron de 



ÉCOLE DU BÉGIMENT. 213 

tète continue à marcher droit devant lui; les 
autres sont conduits à la place qu'ils doivent 
occuper en bataille. 

495. Pour déployer la colonne sur un de ses 
flancs, le colonel commande: A droite (ou à 
gauche) en bataille, marche, ou...., au trot 
[au galop), marche. Les escadrons se forment 
du côté indiqué, et se portent en avant, si le co- 
lonel ne commande pas : Halte. 



Colonne double. 

496. Les deux demi-régimenis, formés en 
colonnes de pelotons, disposées parallélemenl , 
ayant leurs lêles à la même haulein*, et entre elles 
un intervalle de \2 pas forment une colonne 
double. L'intervalle peut varier, du reste , en 
raison du terrain et des ordres du colonel. 

La colonne double a l'avantage d'occuper 
moins de profondeur que la colonne de pelo- 
tons, et d'exiger moins de temps pour se dé- 
ployer en a\ant. 

Sauf indication contraire, le demi-régiment 
de droite est demi-régiment de direction. 

Dans tous les mouvements de la colonne 
double, les conunandanls de demi-régimenls, 
conformément aux prescriptions du n° 42g , 
font les commandements correspondant à ceux 
du colonel. 



21/i TITRE TROISIÈME. 

49». Le régiment étant en bataille, pour 
former la colonne double, en avant du front, 
le colonel commande : En colonne double, 
MARCHE, ou an irol {an çjalop), marche. Dans 
le premier demi-régiment, le deuxième esca- 
dron -rompt par la gauche, et le premier à 
gauche eu colonne; dans le deuxième demi-régi- 
ment, le troisième escadron rompt en colonne, 
et le quatrième à droite en colonne, de façon 
que les pelotons de tète des deux demi-régiments 
marchent à la même hauteur, et à 12 mètres 
d'intervalle. 

Le régiment étant en ligne de colonnes ou en 
masse, la colonne double se forme derrière le 
deuxième et derrière le troisième escadron par 
le même commandement. Dans la ligne de co- 
lonnes, l'intervalle se resserre sur le demi- 
régiment de direction. 

Le régiment étant en colonne de pelotons, 
pour former la colonne double, le colonel com- 
mande : Vers la droite (ou rers la gauche) , en 
colonne double, au trot {au (julop), marche, 
ou. . ., MARCHE. Le demi-régiment de queue se 
porte à l'allure commandée, ou à celle à la- 
quelle il marchait avant le commandement, du 
côté indiqué, et à liaateur du demi-régiment 
de tête; en y arrivant il prend le pas. 

498. Le déploiement de la colonne double, 
en avant du front, en bataille ou en ligne de co- 



ÉCOLE Dll RÉGIMHNT. 215 

lonnes, s'exécute aux conimandcmenls et sui- 
vant les principes prescrits pour la colonne de 
pelotons. Dans le dcploienienl en ligne de co- 
lonnes, l'intervalle s'ouvre sur le demi-régi- 
ment de direction. 

Le déploiement en bataille sur l'un des flancs 
se fait au commandement : A guiiche (ou à 
droite) en bataille, marche. Le demi-régiment 
intérieur se déploie comme il est prescrit 
(n''495); le demi-régiment extérieur continue 
à marcher, et. dès qu'il est démasqué, il se dé- 
ploie à son tour formant échelon, et se porte 
ensuite sur l'alignement du premier. 

Colonne de l'oute. 

499. Le régiment se forme en colonne de 
route suivant les principes prescrits à ïécole de 
l'escadron (n° /i02 ou n° 4o3); chaque escadron 
rompant assez à temps pour prendre place dans 
la colonne, à 12 mètres de l'escadron qui le 
précède. 

Dans les routes , le colonel fixe la distance qui 
doit séparer les escadrons; mais ils serrent l'un 
sur l'autre, quand il s'agit de franchir un défilé. 

500. Pour passer de la colonne de route à la 
colonne de pelotons , chaque escadron se forme 
d'abord sur lui-même (n"4o7) ; il serre ensuite 
à sa distance, à l'alhuo à laquelle les pelotons 
ont été formés. 



210 TITRK rnOISlÈAÎK. 

SOI. Pour passer de la culonne de pelotons 
à la colonne de roule, chaque escadron exécute 
successivement le mouvement prescrit (n° f\0&), 
de manière à se trouver à sa distance. 

503. Si le colonel \ eut déployer la colonne 
de route, sans former d'abord la colonne de 
pelotons, ce qui ne doit avoir lieu qu'exception- 
nellement, le mouvement s'exécute en avant, 
au commandement : Vers la gauche en ba- 
taille, MARCHE. Le premier escadi'on se forme 
en bataille, comme il est prescrit (n° 4o6); les 
autres sont conduits du côté indiqué, et se 
forment successivement en bataille. 

503. Le ralliement du régiment s'exéjcute 
suivant les principes prescrits pour l'escadron 
(n'"4ii et 412). Dans le i-alliement en avant, 
ou en arrière, les escadrons vont prendre, der- 
rière le colonel , la place qui leur est assignée 
dans la formation en bataille (n° 492). 

Échelons. 

504. Lorsque le colonel veut porter le régi- 
ment en avant, en le disposant en échelons par 
demi-régiment, il désigne le demi -régiment 
qui doit se porter en avant le premier, et lui 
donne sa direction; il indique ensuite à celui 
qui forme le deuxième échelon la distance, et, 
s'il est nécessaire , l'intervalle qu'il doit conser- 
ver. 



ÉCOr.K DU HÉGIMKNT. ^17 

Le mouvement comineiicc à riiidicatioii : 
^ Tel) (h'ini-rc(jimciit , à [telle distance), en échelon. 

Chaque demi régiment evérnte son mouve- 
ment au coujmandement de son rhef d'esca- 
drons. 

505. Pour porter le régiment en arrière, en 
prenant ia même disposition, le colonel désigne 
ledemi-régimenlqui reste face en tète, et il fait 
connaître à l'autre s'il continuera de marcher 
en arrière jusqu'à nouvel avis, ou à quelle dis- 
tance il devra s'arrêter et se remettre face en 
tète. Le demi-régiment maintenu en avant se 
retire au moment indiqué par le colonel. Si l'é- 
chelon qui l'a précédé dans la marche en ar- 
rière s'est remis fi\ce en tète, il va prendre, par 
rapport à lui , la place que lui désigne le colo- 
nel. Le mouvement commence à l'indication: 
[Tel) demi-régiment , en retraite (ou ù telle dis- 
tance en retraite), en échelon. 

La marche en retraite peut s'exécuter ainsi, 
soit en conservant, soit en alternant la position 
relative des échelons. 



506. Le colonel modiûe la force respective 
des échelons lorsqu'il le jnge ta propos. Ainsi , le 
régiment marchant en bataille, le colonel peut 
faire l'indication : [Tel) escadron , à [telle distance), 
EN ÉCHELON , OU : ( Tel) escadj'on , en arrière. . . . 
à telle distance, en échelon. 



21 (S TITISE TliOISlÈME. 

50*. Lrt ligne de bataille est reformée à l'in- 
dicalion : Siu^ [tel] demi-régiment , ou sur [tel] 
escadron, en ligne. Le demi-régiment, ou les 
escadrons se portent sur l'alignement du demi- 
régiment, ou de l'escadron désigné. 



508. Quand les mouveiuents qui précèdent 
ont été correctement exécutésaux trois allures, 
le colonel exerce le régiment là l'allure du galop 
allongé. Le colonel fait aussi exécuter à cette 
allure quelques déploiements sur des lignes pa- 
rallèles ou obliques au front. 

Le galop allongé ni- s'emploie pas en colonne 
de route. 



Charges. 

509. Le régiment exécute les exercices de 
la charge, en se conformant d'une manière 
générale à ce qui est prescrit aux écoles de l'es- 
cadron et du peloton. 

L'ennemi est représenté par un nombre d'es- 
cadrons égal à celui dont le régiment est com- 
posé. Ces escadrons, figurés connue il est dit à 
V école de l'escadron , sont placés sous la direction 
d'un oflicier. 

510. Le régiment, luarchant d'abord en ba- 
taille, au galop, et ayant le sabre à la main, au 



■ ÉCOLE DU RÉGIMENT. 219 

commandement: Pour i/attaque, le colonel, 
les officiers, les sous-officiers et les trompettes 
qui l'accompagnent se placent au centre du ré- 
giment, à hauteur des chefs de peloton. 

Les chefs d'escadrons et les capitaines-com- 
mandants se conforment au mouvement du co- 
lonel, et se placent aussi sur l'alignement des 
officiers; les chefs d'escadrons au centre de leur 
demi-régiment. 

Au commandement : Chargez , répété par 
tous les officiers, les escadrons se lancent bien 
droit, et chai'gent comme il est prescrit. 

Pour les différentes charges, comme pour les 
ralliements, on se conforme à ce qui est pres- 
crit aux écoles précédentes. 

Tous les officiers répètent le commandement : 

PiALLIEMKNT. 

Les trompettes qui suivent le colonel font les 
sonneries qui correspondent aux connnande- 
ments : Chargez et Ralliement. Les trom 
pettes qui accompagnent les capitaines-com- 
mandants répètent les mêmes sonneries. 

511. Dans le cours de cette école, le colonel 
se conforme à ce qui est prescrit (n° 36 1) 

ITIanœuvres. — Combat. 

512. Quand le régiment exécute bien les 
évolutions qui ont pour but de le préparer à 
son rôle dans la brigade, le colonel complète 



•220 riTrsE troisième. 

son instruction, en l'exerçant à la manœuvre 
et au combat, comme régiment isolé, suivant les 
principes ex})osés ( Titi^e IV). 

Le régiment est donc souvent disposé , comme 
la division, sur trois lignes : deux escadrons en 
première ligne , un escadron en deuxième, et 
un en réserve. Le coloneldoit, comme le général 
de division dans la division, et comme le géné- 
ral de brigade dans la brigade isolée , se placer 
à portée de la réserve, de manière à pouvoir 
diriger le combat. 

513. Le demi-régiment est une troupe trop 
peu considérable pour qu'on puisse le fraction- 
ner en plusieurs lignes ; mais cependant on doit , 
dans tous les cas, lui constituer une réserve; 
elle sera, en général, d'un demi-escadron. 

514. La })roteclion des flancs des escadrons 
est assurée par les pelotons des ailes, dont le 
rôle est le même que celui des escadrons des 
ailes dans les jnanœuvres de division. 

La poursuite et le ralliement s'exécutent 
comme il est prescrit ( Titre FV). 

515. Lorsqu'il est à proximité de l'ennemi, 
le régiment se fait éclairer de tous côtés par 
des pulrouilli's de combat, composées d'un offi- 
cier ou d'un sous-officier et de deux ou trois ca- 
valiers de choix. Ces patrouilles sont chargées 
de renseigner le colonel sur les mouvements de 



ÉCOLE DU RÉGIMENT. 221 

i enneaii; elles continuent leur service de sur- 
veillance pendant foule la durée de Taclion. 

516. Le colonel varie les exercices à son 
gré. 

Il fait intervenir les pelotons des ailes et la ré- 
serve, soit dans les attaques parallèles, soit dans 
les attaques obliques, en limitant parfois leur 
rôle à une simple démonstration. Il combine les 
charges en ordre compacte avec celles en four- 
rageurs : les premières s'exécutent, soit par le 
front entier, soit en échelons, soit enfin par 
escadron, en partant de la colonne serrée ou 
de la colonne d'escadrons; les charges en fourra- 
geurs apparaissent, tantôt comme prélude, tan- 
tôt comme terminaison d'une attaque en ligne , 
et la force de la troupe qui les exécute peut va- 
rier d'un peloton à un escadron entier. 

Il faut écarter de cette instruction louîc 
idée de spectacle. Chaque manœuvre doit avoir 
un but tactique, et reposer sur une hypothèse 
simple, et nettement définie. 

Ces exercices sont d'abord concertés d'avance; 
le colonel laisse ensuite l'initiative des mouve- 
ments à l'oflicier qui dirige l'ennemi figuré. 

51». Dans les exercices on représente les 
différentes armes par des cavaliers porteurs de 
fanions de différentes couleurs; il est bon de 
jjréparer les officiers, dès l'école de l'escadron, à 
l'emploi de ces signes conventionnels. 



Z21 riTUE Tl'iOISIEME. 

518. Le ix-giiiient tle cavalerie altuché à 
une division d'infanterie marche, manœuvre et 
combat d'après les principes exposés [Titre IV , 
école de division). Mais son rôle étant lelati vement 
peu étendu, l'im'tiative qui doit être laissée au 
colonel est renfermée dans des limites plus 
étroites. 



Combat à pied. 

519. Dans certaines circonstances on peut 
faire combattre à pied plusieurs escadrons. 

L'escadron reste dans ces combats l'unité tac 
tique. 

Les chevaux haut le pied sont groupés, au- 
tant que possible, derrière leurs escadrons res- 
pectifs. 

La réserve à cheval est formée par des unités 
constituées : un ou plusieurs escadrons. 



TITRE QUATRIEME. 

ÉCOLE DE BRIGADE. - ÉCOLE DE DlVlSlOiX. 
Évolutions. — Manoeuvres et combat. 

ÉVOLUTIONS. 

lia brigade. 

Prescriptions générales. 

5SO. Deux, ifgiaieuls réunis sous le nièine 
commandement forment une brigade. 

Une brigade peut être composée , exception- 
nellement, de trois régiments. 

Les régiments sont désignés, dans la brigade , 
par la place qu'ils occupent en ordre ployé , ou 
en oi'dre déployé, ou par l'indication de leur 
numéro. 

Ils le sont aussi par celle de la subdivision 
de l'arme à laquelle ils appartiennent, si la 
brigade comprend des régiments de subdivi- 
sions différentes. 

521. Le général de brii^ade se place de ma- 



2'2k TITIIE QUATRIÈME. 

nière à pomoir diriger l'ensemble. Quand lu 
brigade esl déployée, il se conforme, aidant (juc 
possible, aux prescriptions du n° 627. 

Il donne ses ordres directement, ou les fait 
transmettre par des otriciers d'ordonnance ; 
chaque régiment détache auprès de lui un of- 
ficier el un trompette. 

SZt. Le général })eul employer, dans cer- 
tains cas, les soimeries indiquées [Titre I, ar- 
ticle Vil). Elles sont habituellement précédées 
du signal : Garde à vous. 

A moins d'ordre contraire, les mouvements 
ne s'exécutent qu'à la sonnerie : Exécation. 

Le général de bi-igade a seul l'initiative des 
sonneries. Les colonels, qui peuvent faire ré- 
péter' ces sonneries, commandent, en principe, 
à la voix , ou à l'aide d'indications. 

Dans les évolutions et dans les manœuvres, à 
moins d'ordre contraire, à la sonnerie : Demi-tour, 
les pelotons exécutent un demi-tour à gauche. 

Tout chef qui envoie un ordre verbal, le fait 
répéter par celui qu'il charge de le porter. 

5S3. Dans le cours des évolutions les colonels 
se placent de manière à recevoir facilement les 
ordres du général, et à les faire exécuter sans 
retard. 

Ils se préoccupent beaucoup plus de la rapi- 
dité que des détails de l'exécution. Ils se font 
promptemenl une idée exacte du mouvement 



ÉCOLE DE BRIGADE. 225 

ordonne, afin de l'exéculer ensuite, par le plus 
court chemin, et de la manière la plus simple, 
au moyen des procédés de l'école du régiment. 

Ordre déployé. 

524. L'ordre déployé de la brigade com- 
prend : 

1 . ha ligne de bataille. 

2. La ligne de colonnes. 

3. La ligne de musses. 

1 . Ligne de bataille. — Les régiments , formés 
en bataille, sont séparés par un intervalle de 
12 mètres. 

2. Ligne de colonnes. — Les régiments , 
formes en ligne de colonnes, sont séparés par 
un intervalle de 12 mètres, plus l'étendue du 
front de trois pelotons. 

3. Ligne de masses. — Sans intervalle de dé- 
ploiement. — Les régiments, formés en masse, 
sont sépai'és par un intervalle de [12 mètres. 
Avec intervalle de déploiement. — Les régi- 
ments sont séparés par le même intervalle, 
augmenté de celui qui est nécessaire au déploie- 
ment des masses (au total loG'"). 

Ordre ployé. 

S95. L'ordre ployé de la brigade compiend: 
1. La colonne de masses. 

II. i5 



~ -, -^ ^ 



0^^ 



226 TITRE QUATRIÈME. 

2. Lacoloiinc d'escadrons. 

3. La colonne de pelotons. 

4. La colonne double. 

5. La colonne de rouie. 

1 . Colonne de masses. — Les régiments , l'onnés 
en masse, ont entre eux une distance de i8 mè- 
tres. 

2. Colonne d'escadrons. — Les régiments, for- 
més en colonne d'escadrons, à distance entière 
ou à demi-distance, ont entre eux: dans le 
premier cas, une distance de 54 mètres; dans le 
deuxième, une distance de 3o mètres. 

Cet ordre comprend aussi la colonne serrée ; 
les l'égiments, formés en colonne serrée, ont 
entre eux une distance de i8 mètres. 

3. Colonne de pelotons. — Les régiments , for- 
més en colonne de pelotons, ont entre eux 
une distance de i8 mètres. 

4. Colonne double. — La brigade est formée, 
soit par deux colonnes de pelotons des régiments 
accolés, soit par deux colonnes doubles de 
l'égiments, placées l'une derrière l'autre. 

Quand les régiments sont accolés, ils sont sé- 
parés par un intervalle de 12 mètres; quand 
ils sont placés l'un derrière l'autre, ils ont une 
distance de 18 mètres. 

5. Colonne de route. — Les régiments , formés 
en colonne de route, ont entre eux une dis- 
tance de 12 mètres. 

Dans les routes, ainsi que dans les défilés, 



ÉCOLE DE BRIGADE. 227 

la brigade se conforme à ce qui est prescrit 
(n" 499)- 

526. Le général de brigade peut , exception- 
nellement, modifier les intervalles et les dis- 
tances indiqués plus haut. 

Direction. 

sa». Quand la brigade est en ordre déployé, 
Tescadron de direction est, sauf indication 
contraire, le deuxième escadron du deuxième 
régiment. C'est devant cet escadron, et à un demi- 
front d'escadron du colonel, que doit marcher 
le général de brigade, à moins qu'il ne juge 
utile de se porter sur un autre point. 

En colonne de masses, la direction est as- 
surée, de même, par le deuxième escadron du 
régiment de tète. 

Principe général des évolutions. 

5«8. En principe, les évolutions de la bri- 
gade se font comme celles du régiment. Les ré- 
giments se trouvent dans les mêmes conditions 
que les demi-régiments, et exécutent leurs mou- 
vements en se confomnanl aux mêmes règles. 

58». Parmi les évolutions auxquelles la bri- 
gade doit d'abord être exercée, on peut indi- 
quer les suivantes : 

i5. 



228 [titre quatrième. 

Passer de la ligne de masses sans intervalle de 
déploiement, à la ligne de masses avec inter- 
valle de déploiement, et réciproquement. 

530. De pied ferme, on emploie les mouve- 
ments carrés; en marche, les mouvements obli- 
ques ; le régiment de direction est le régiment 
base de formation; l'autre régiment exécute le 
mouvement à la même allure, ou à l'allure indi- 
quée. 



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Passer de la colonne de masses à la ligne 
de masses sans intervalle de déploiement. 

531. Le mouvement s'exécute sur le régiment 
de tète. De pied ferme, on emploie les inouve- 
vements carrés; en marche, les mouvements obli- 
ques. 



ÉCOLE DE BRIGADE. 229 

Pour déployer la colonne de masses en ligne 
de niasses, sur un de ses flancs, chaque réginieni 
converse du côté indiqué; le régiment de tête 
gagne le terrain nécessaire pour permettre au 
régiment de queue d'effectuer son mouvement. 



Passer de la ligne de masses sans intervalle 
de déploiement à la colonne de masses. 

S3t. De pied ferme, le mouvement s' exécute 
sur l'un ou sur l'autre régiment; le régiment qui 
doit entrer dans la colonne se porte en avant 
ou en arrière, suivant le cas, et prend ensuite 
sa place par des mouvements carrés. 

En marche, le mouvement s'exécute comme 
il est prescrit (n° 53i); le régiment de direc- 
tion prend la tète de colonne , sauf indication 
contraire. 

Pour former la ligne de masses en colonne 
de masses, sur un de ses flancs, chaque régiment 
converse du côté indiqué. 

Passer de la ligne de masses aveo intervalle 
de déploiement à la colonne de masses. 

533. De pied ferme et en marche, le mouve- 
ment s'exécute sur l'un ou sur l'autre régiment , 
par des mouvements obliques. 

Le régiment de direction se conlor;ae aux 
prescriptions du n° 532. 



230 TITRE QUATRIEME. 

Passer de la ligne de masses à la ligne 
de colonnes. 

534. Le mouvement s'exécute comme il est 
prescrit (n" 53o) , et sur l'escadron de direction 
de la bi'igade. 

Si la ligne est à intervalle de déploiement, le 
mouvement, sauf indication contraire, s'exécute 
dans chaque régiment sur l'escadron de direc- 
tion. 

Passer de la colonne de masses à la ligne 
de masses avec intervalle de déploiement 

535. Le mouvement s'exécute sur le régiment 
de tête, comme il est prescrit (n" 53o). 

536. Dans tous ces mouvements, le régiment 
qui n'est pas régiment base de formation ne se 
met en marche que lorsqu'il a le terrain néces- 
saire pour déboîter, ou pour entrer dans la 
colonne. 

De même, les régiments ne prennent, ou ne 
conservent les allures vives, que le temps néces- 
saire à l'exécution correcte de l'évolution. 

Procédés à employer dans les déploie- 
ments et dans certains changements 
de direction. 
539. Pour éviter que dans les manœuvres la 



ÉCOLE DE BRIGADE. 231 

brigade ne soit surprise en voie de formation , 
il est préférable d'exécuter par régiment les dé- 
ploiements, ainsi que la plupart des change- 
ments de direction. 



Exemples : 

Déploiements. 

La brigade étant en colonne de pelotons, 
la déployer en avant en bataille. 

538. Le régiment de tête se déploie/ comme 
il est prescrit à l'école du régiment; le régi- 
ment de queue déboîte immédialemenl, se dé- 
ploie, et ne se porte en ligne que lorsque son 
déploiement est terminé. 

La brigade présente ainsi deux échelons pen- 
dant l'exécution du mouvement. 

La brigade étant en colonne de route, ou en 
colonne de pelotons , la déployer en ligne de 
niasses, ou en ligne de colonnes. 

539. Le régiment de tète exécute le mouve- 
ment; le régiment de queue déboîte immédia- 
tement, et ne se porte en ligne qu'après avoir 
formé la masse (ou s'être déployé en ligne de 
colonnes). 



232 



TITRE QUATRIÈME. 



LA BRIGADE ETANT EN COLONNE DE PELOTONS 
SE DÉPLOIE EN LIGNE DE MASSES. 



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ECOLE DE BRIGADE. 233 



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TITRE QUATRIÈME. 



LA BRIGADE ETANT EN COLONNE DE PELOTONS 
SE DÉPLOIE EN LIGNE DE COLONNES. 



ÉCOLE DE BRIGADE. 235 

LA BRIGADE ÉTANT EN COLONNE DE PELOTONS 
.SE DÉPLOIE EN LIGNE DE COLONNES. 



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La brigade étant en colonne de route, ou en co- 
lonne de pelotons, la former en colonne de 
masses. 

540. Chaque régiment exécute shiiullancment 
le mouvement; le régiment de queue serre à sa 
distance, après avoir formé la masse, 



236 TITRE QUATRIÈME. 



Changements de direction. 

En bataille. 

541. Le régiment pivot change de direction, 
en général par ie mouvement de rupture, suivi 
du déploiement dans la nouvelle direction. Il 
peut, exceptionnellement, changer de direction 
par un mouvement de conversion. 

Le colonel du régiment de l'aile cou. mande : 
Changement de direction à droite [ou à 
galghe), sur le premier (ou le deuxième 
régiment), et se place aussitôt devant l'esca- 
dron intérieur. 

Le régiment rompt en ligne de colonnes, 
et dès que le premier peloton a rompu, chaque 
escadron se porte, en suivant le chemin le 
plus court, vers la place qu'il doit occuper. Le 
colonel dirige l'escadron intérieur. 

Chaque escadron se redresse, et se déploie 
successivement. Quand le régiment est formé . 
il se porte sur la même ligne que le premier 
(fig. 1 et 2 ci-contre). 

En ligne de colonnes. 

54t. Le mouvement s'exécute d'après les 
mêmes principes. Toutefois, il est souvent 
préférable de faire converser le régiment pivot, 
plutôt que de le rompre, pour le déployer ensuite 
en ligne de colonnes. 



CHA^'GEMENT DE DIRECTION DE LA BRKiADE i/l. 
DANS L'ORDRK EN BATAILLE. / /P; 

FifiXjre 1. ( pagt" 23B.) -' ',— ij 



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CHANGEMENT DE DIRECTION ,' 

DE LA BRIGADE /,,--- 

DAVS L'ORDRE EX BATAILLE^'/' ./' 

KieMie i. (pao-e 236.) - / ^' ,- 



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ECOLE DE BRIGADE. 



237 



En ligne de masses avec intervalle 
de déploiement. 

548. Le régiment pivot converse; celui de 
l'aile fait son mouvement en exécutant deux 
conversions suivies de marches directes. 

En ligne de masses sans intervalle 
de déploiement. 

544. Le mouvement s'exécute par une 
conversion de la brigade; le régiment de l'aile 
peut aussi faire le mouvement en exécutant 
deux conversions précédées, séparées, et suivies 
de marches directes. 





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545. Dans les changements de direction, le 
régiment qui est à Taile double Tallure. Si la 



238 TITRE QUATRIÈME. 

brigade marche au galop, le régiment pivot 
passe au trot, dès le commencement du mou- 
vement. 

Les prescriptions du deuxième paragraphe du 
n" 536 s'appliquent également aux mouvements 
qui précèdent. 

546. S'il ne s' agit que d'un léger changement 
de direction, il suffit que le général de brigade 
modifie peu à peu la direction prise par l'es- 
cadron de directioi\. 

547. Dans les conversions, le pivot doit, 
conformément à ce qui a été presci'it à Vécole 
(la régiment, dégager peu à peu le terrain, afin 
de conserver en manœuvre la flexibilité et 
l'aisance nécessaires à l'exécution des mouve- 
ments. 



548. Ces évolutions ne sont pas les seules 
auxquelles on doit habituer la brigade. Il 
appartient au général de multiplier les cas que 
l'on n'a pas examinés dans le règlement, en se 
conformant aux prescriptions qui précèdent. 

On doit, notamment, exercer la brigade 
formée en échelons soit de régiment, soil de 
demi-régiment, soit même d'escadron; étant 
ainsi formée, la faire marcher, changer de di- 
rection , la déployer la ployer etc. 



ÉCOLE DE BRIGADE. 239 

La brigade doit aussi exécuter ies évolutions 
qui la préparent au rôle de première, de deu- 
xième ou de troisième ligne qu'elle a à remplir 
dans la division. 

549. Lorsque la brigade comprend trois régi- 
ments, les régiments évoluent comme les 
escadrons d'un régiment de ^ trois escadrons; 
à cet effet, deux des régiments sont supposés 
former une demi-brigade; le troisième constitua 
l'autre demi-brigade. 



240 TITRE QUATKIÈME. 

JL(» division. 

Prescriptions générales. 

550. Une division se compose de trois bri- 
gades , exceptionnellement de deux. 

Les brigades sont désignées par les noms des 
généraux qui les commandent, ou par la place 
quelles occupent, ou par l'indication de la sub- 
division de l'arme à laquelle elles appartiennent. 
Elles le sont aussi par le numéro quelles por- 
tent , si ce sont des brigades de corps d'armée. 

55t. Le général de division se place de ma- 
nière à pouvoir diriger l'ensemble. 

La division évolue et manœuvre au moyen 
d'ordres transmis à chaque brigade. 

A cet effet, le général de division a auprès de 
lui un nombre suffisant d'officiers pour porter 
ses instructions et ses ordres aux généraux de 
brigade. 

55%. A moins d'ordre contraire, les mouve- 
ments d'ensemble ne s'exécutent qu'à la sonne- 
rie : Exécution. 

Chaque brigade détache un trompette auprès 
du général de division. 

Le général de division a seul finitiative des 
sonneries. Les généraux de brigade qui peuvent 
faire répéter ces sonneries commandent, en 



ÉCOLE OE DIVISIOIV. 241 

principe, à l'aide d'indications; ils peuvent 
aussi commander à la voix. 

553. Dans le cours des évolutions, les g^éne- 
raiix de brigade se placent de manière à recevoir 
facilement les ordres du général de division, et 
à les faire exécuter sans retard, en prenant les 
dispositions qui conduisent le plus sûrement, et 
par le chemin le plus court, au but indique. 



Ordre déployé. 

554. L'ordre déployé de la division com- 
prend : 

1. Ln licjne de bataille. 

2. La liyne de colonnes. 

3. La licjne de niasses. 

4- La liyne par brigade en colonne Je m<(sses. 

En bataille, en ligne de colonnes, en ligne de 
niasses, les intervalles qui séparent les brigades 
sont les mêmes que ceux qui séparent les régi- 
ments dans la brigade. 

En ligne par brigade en colonne de masses, l'in- 
tervalle qui sépare les brigades est de la mètres. 

Ordre ployé. 

555. L'ordre ployé de la division comprend : 
i . [m colonne par brigade en ligne de masses. 
■2. La colonne de masses. 

II. i6 



242 TITUE QUATHIEME. 

3. La cotoiuie d'escadrons (compreiiaul la co- 
lonne à distance entière ou à demi-distance, et 
la colonne serrée). 

4- La colonne de pelotons. 

5. La colonne double. 
^'Ô!' La colonne déroute. 

En colonne par brigade en ligne de naisses , la 
distance qui sépare les brigades est de i8 mè- 
tres. Dans tous les autres ordres ploycs , les dis- 
lances qui séparent les brigades , sont les mêmes 
que celles qui séparent les régiments dans la bri- 
gade. 

•■>5«. Le gcncral de di\isiuu peut modifier, 
exceptionnellement, les intervalles et les dis- 
tances indiqués plus haut. 

Direction. 

SSï. Quand la division est en ordre déployé, 
la direction se prend, sauf indication contraire, 
sur le régiment de direction de la brigade du 
centre. 

En colonne par brigade en ligne de masses , 
et en colonne de masses , la direction est assurée 
par la brigade, ou par le régiment de tète. 

Principe général des évolutions. 

558. Dans les évolutions de division , les mou- 
vements de chaque brigade s'exécutent suivant 
les principes prescrits « l'école de brigade 



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ECOLE DE DIVISIO!». 243 

559. Parmi les évolutions auxquelles la di- 
vision doit être exercée, on peut indiquer les 
suivantes : 

I. 

Passer de la ligne de masses sans intervalle 
de déploiement. 

560. 1° à la ligne de masses avec intervalles de 
déploiement ; 

2° à la ligne par brigade eu colonne de masses: 

3° « la colonne par brigade en ligne de masses, 

k' à la colonne de masses. De pied ferme, les 

régiments autres que les régiments voisins du 

régiment base de la formation , gagnent par de^ 



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occuper dans la colonne. 



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244 TITRE QUATRIÈME. 



Passer de la ligne par brigade en colonne 
de masses. 



561. 1° à la ligne de masses ; 

n 2" à la colonne par brigade en ligne de masses . 

f37 p f) Le mouvement s'exécute en marchant, el sur 

r-7 ymLyvL^ dUMJ^-*^ une des brigades d'aile. Les autres brigades ga- 

'-^ gnent la place qu'elles doivent occuper, se 

YJ déploient en ligne de masses, et serrent à leur 

^p-. distance. 

Uj 3° à la colonne de masses. 

D 

Passer de la colonne par brigade en ligne 
de masses. 

5«a. i" à la ligne de musses ; 

2» à la ligne par brigade en colonne de masses ; 

3° à la colonne de masses. 

IV. 
Passer de la colonne de masses. 

56». 1° à la ligne par brigade en colonne de 

masses ; 

2° fl la ligne de masses ; 

5" à la colonne par brigade en ligne de masses. 



ÉCOLE DE DIVISION. 245 

564, Dans les formations de colonne, les bri- 
gades serrent à leur distance, à moins d'indica- 
tion contraire , dès qu'elles sont entrées dans la 
colonne; dans les niouvemenls qui comportent 
des déploiements, elles iragnent d'abord l'espacft 
nécessaire pour effectuer lem- déploiement. 

Dans tous les mouvements, les régiments ei 
les brigades se conforment aux prescriptions 
des [n"' 536 el 545). 

5(>5. C'est au général de division à mul- 
tiplier les cas que l'on n'a pas pré\Tis dans 
le règlement, en se conformant aux prescrip- 
tions qui précèdent. On doit, notamment, afin 
de la préparer aux manœuvres sur plusieurs 
lignes, exercer la division en échelons, 
marcher dans cet ordre, modilier la direction, 
déployer, etc. 

566. Les trois brigades évoluent l'une par 
rapport à l'autre, comme les régimenis dans les 
biigrades de trr)is résiments. 



246 TITRE QUATRièMK 

MANOEUVRES ET COMBAT. 

liSk division. 

Préliminaires. 

SSî. La division est dans la cavalerie l'unité 
de combat; la brigade doit manœuvrer et com- 
battre d'après les principes admis pour la divi- 
sion. 

568. Trois batteries à cheval soni habilnelle- 
ment attachées à la division. 

Mode d'instruction. 

569. Les manœuvres coiuporlent toujours 
des hypothèses. 

Il appartient au général de créer des supposi- 
tions eu rapport avec les réalités de la guerre , 
et de faire ressortir, dans chaque cas, les moil- 
leares dispositions à prendre. 

L'instruction comporte trois périodes : 

1 . Manœuvre avec hypothèse ; 

2. Manœuvre avec un ennemi marqué; 

3. Manœuvre avec un ennemi représenté. 
Chacune de ces péxiodes comprend deux 

modes d'exécution : 

Premier mode. — Avec préparation ; 
Deuxième mode. — Sans préparation. 



BCOLK DE DIVISIOX. 247 

Première période. 

Manœuvre avec hypothèse. 

PKEMIER MODi;. 

5ÎO. Le général de division réunit les géné- 
raux de brigade, les chefs de corps, le cnniman- 
dantde l'artillerie, et, le plus souvent possible , 
tous les autres officiers. Il expose l'hypothèse, 
indique la manœuvre qui en est la conséquence , 
arrête les détails d'exécution et fait exécuter. 

DEUXIÈME MODE. 

Le général de division indicp.ie l'hypothèse et 
se borne à ordonner lexécution. 

Deuxième période. 



Manœuvre avec un ennemi marqué. 

PREMIER MODE. 

591. L'ennemi marqué prend le dispositif 
préparatoire de combat qui lui a été ordonné 
par le général de division, et constitue, en quel- 
que sorte, un plastron conire lequel manœuvre 
la division. 



248 TITRE QUATniÙME. 

DEUXIÈME MODK. 

L'ennemi marqué prend les dispositions 
qu'il juge convenal)les. 

Dans ce cas, le général de division remet le 
commandement à tm de ses lieutenants et de- 
vient arbitre. 

Troisième période. 



Manœuvre avec un ennemi représenté. 
Division contre division. 

PREMIER MODE. 

Sï*. Les commandants de division se con- 
forment à certaines conventions qui leur ont 
été indiquées par le général, directeur des ma- 
nœuvres. 

DEUXIÈME MODE. 

Un thème général est communiqué aux divi- 
sions, qui, placées à vme certaine distance l'une 
de l'autre ( lo à 12 kilomètres par exemple), 
se cherchent, manœuvrent et combattent , avec 
toute liberté laissée à leurs chefs. Toutefois le 
général directeur se tient en mesure de rectifier, 
ou d'arrêter l'opération. 

S93. La pratique des manœuvres de division 
permet aux officiers d'acquérir les qualités in- 
disp'însables à tout chef de ca^alerie et donne 



École de division. 249 

à la troupe l'habitude de manœuvrer en grandes 
masses, en conservant l'oindre le plus absolu. 

Ordre de marche. 

594. Pendant la période d'exploration, la di 
vision s'avance, par deux ou plusieurs routes, 
atin de faciliter sa marche, rétablissement de 
ses cantonnements, et l'exploitation des res- 
sources du pays, tout en conservant la facilité 
de se concentrer rapidement. 

Dès que la division se trouve à une distance 
telle que la rencontre de l'ennemi peut résulter 
il'une marche fin-cée (70 ou 80 kilomètres par 
exemple) , les facilités de la marche , du canton- 
neuient et de l'alimentation doivent être sacri- 
fiées aux nécessités de la concentration. 

Le g-énéral de division prend alors ses dispo- 
sitions. 

Une brigade, de préférence la brigade légère, 
forme l'avant-garde. Elle précède le gros de 
4 à 6 kilomètres , selon le terrain. Deux esca- 
drons marchent en tète d'avant-garde. 

Les deux autres brigades forment le gros. 
Elles marchent dans l'ordre qui convient le 
mieux aux mouvements du terrain et à la nature 
du sol, sans perdre de vue que le danger aug- 
mente avec l'allongement des colonnes. 

La sûreté de la brigade d'avant-garde ainsi 
que du gros de la division reste garantie par les 
éclaireurs, les flanc-gardes, et les reconnais- 
sances d'officiers. 



âfiO TITr.R OtVTKiÈMK. 

Prise du dispositif préparatoire 
de combat. 

5*5. Aussitôl que l'enneuii esl signalé en 
l'orces, à proxiniilédé l'avant-garde , le général 
de division fait prendre aux brigades qu'il a 
sous la main, ainsi qu'à l'arlillerie, un ordre pré- 
paratoire de combat. 

Quel que soit cet ordre, il doit assurer le 
partage des forces en plusieurs lignes se prêtant 
un mutuel appui; en trois, sauf de très rares 
exceptions. La disposition des lignes eu éche- 
lons est la plus favorable à leur action réci- 
proque. 

596. Sans imposer, d'une façon absolue, le 
dispositif préparatoire de combat qui est indi- 
qué plus loin, on peut dire cependant que c'est 
celui qui place le commandant de la division 
et le maintient jusqu'au dernier moment, dans 
les meilleures conditions de sûreté et de 
liberté d'action. 

La division, formée sur trois lignes, chacune 
d'une brigade, présente la disposition en éche- 
lons, le centre en avant. Si la division ne com- 
prend que deux brigades, l'une des brigades 
forme la première ligne, l'autre se fractionne, et 
conslitîiela deuxième et la troisième ligne. 

En général, la première ligne est formée par 
la brigade de cuirassiers; la deuxième, par la 



ÉCOLE DE DIVISION. 25 i 

brigade de dragons; la troisième, par la brigade 
de cavalerie légère. 

Si la brigade d'avant-garde n'a pas rejoint le 
gros, quand on prend le dispositif préparatoire, 
le général de division prélève niomentanémenl 
?sur la deuxième ligne les escadrons néces- 
saires à la constitution d'une réserve. 

Chaque ligne détache aussitôt ses i)atrouilles 
de combat et ses éclaireurs de terrain. La 
brigade d'avant-garde a agi de même, dès que 
l'ennemi lui a été signalé à 'proximité. 

5»*. La distance qui sépare les lignes varie 
selon les circonstances et le terrain. 

Elle est généralement de 200 à 3oo mètres, 
entre la première ligne et la deuxième, et de 
3oo à 4oo, entre la première et la troisième. 

La deuxième et la troisième ligne doivent 
être maintenues à un intervalle de déploiement 
d'escadron de la première. 

L'artillerie marche derrière le centre de la 
première ligne, à i5o mètres. Elle est formée 
en masse. 

578. La première ligne marche en ligne de 
masses, avec intervalle de déploiement, ou en 
ligne de colonnes. Cette dernière formation est 
recommandée, dès qu'on approche de l'ennemi. 

La deuxième ligne marche en colonne de 
masses, en ligne de masses, ou en ligne de 
colonnes, Elle est placée du côté où le général 



-Jav , ,[: (/Ui U' {^ 



252 TITRE QUATRIÈME. 

de division juge que jiourra se produire le plus 
grand effort. 

La troisième ligne marche en colonne de 
masses, ou en ligne de masses. Elle est placée du 
coté opposé à la deuxième ligne. (Fig. i et "x 
ci-contre). 

La première ligne donne la direction à Ten- 
seinble du dispositif; le général qui la com- 
mande se place devant l'escadron de direction. 

La deuxième et la troisième ligne se règlent 
sur la première; à cet effet, elles prennent leur 
escadron intérieur pour escadron de direction. 

579. Pour faire changer la division de direc- 
tion quand elle marche dans ce dispositif prépa- 
ratoire de combat, le général ordonne : Chan- 

GEMKNT DE DrRECTION À DROITE [ou À GAUCHE ). 

La première ligne change de direction comme 
il est prescrit à l'école de briyade. La deuxième 
et la troisième ligne se conforment au ntou- 
vement de la première; elles se dirigent par 
le chemin le plus coiu'l , vers le point qu'elles 
doivent occuper dans la nouvelle direction, en 
ayant soin de régler leur allure de manière à y 
arriver en temps opportun. 

Si le changement de direction doit avoir pour 
conséquence d'intervertir l'ordre relatif de la 
deuxième et de la troisième ligne, le mouvement 
s'exécute également d'après les mêmes prin- 
cipes. Le général indique seulement de quel 



Figure l. (page 252.) 



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ÉCOLE DE DIVISION. 253 

côte doit marcher la deuxième ligne, quand le 
changement de direction est exécuté. 

ExKMPi.E : La deuxième ligne est à droite, 
et après le changement de direction , c'est à 
gauche que la deuxième ligne doit marcher; le 
général ordonne: Changement de direction \ 

DROITE [ou A GAUCHE ) , DEUXIÈME LIGNE À GAUCHE. 

S'il ne s'agit que d'un léger changement de 
direction, la première ligne modifie peu à peu 
sa direction; la deuxième et la troisième se 
conforment à son mouvemenl. 

Lorsque le général de division veut regagner 
du terrain en arrière, le mouvement s'exécute 
à la sonnerie, ou à l'indication : Demi-tour-. La 
division fait ensuite face en tète, par le même 
mouvement. 

Si le demi-tour a pour objet de faire prendre 
à la division une direction opposée à la pre- 
mière, le générai désigne la brigade qui doit 
former la première ligne après le demi-tour, et 
indique de quel côté doit se trouver la seconde. 

Reconnaissance de l'ennemi. 
Ordres d'exécution. 

580. Dès que la brigade d'avant-garde signale 
la présence de l'ennemi, le général de division , 
accompagné du commandant de l'artillerie, se 
porte très rapidement vers cette brigade, pour 
apprécier les renseignements qui lui ont été 
fournis, juger la situation, el prendre prompte- 



254 TITRE QUATRIÈME. 

ment ses resolutions. Revenu aussitôt au gros 
de la division, il donne ses ordres aux chefs de 
ligne. 

581. Le commandant de l'artillerie qui a 
reçu ses instructions, se met de suite en mesure 
de les exécuter. 

Dès que le général de division, ayant résolu 
d'engager le combat , a donné ses ordres , le chef 
de la première et celui de la deuxième ligne 
jouissent de toute liberté d'action. 

Le chef de la troisième ligne reste aux or- 
dres du général de division. 

Rôle des lignes. 

58*. La première ligne est la ligne d'attaque. 

Elle est destinée à porler les premiers coups. 
C'est sur elle que se règle, autant que possible, 
l'action de la deuxième ligne. 

Elle marche dans l'ordre oîi elle a été formée; 
en ligne de masses avec [intervalle de déploie- 
ment , ou en ligne de colonnes. 

Le commandant de la première ligne cherche 
à discerner le point qu'il doit attaquer, et ma- 
nœuvre pour l'atteindre. 

L'ordre en bataille se prêtant mal aux modi- 
fications rapides de la direction , le déploiement 
des escadrons ne doit être commandé que le 
plus tard possible, à moins toutefois que le feu 
de l'artillerie ne force à le hâter. 



ÉCOLE DE DIVISION. 255 

583. L'élude du rôle de la première ligne 
permet de provoir les hypotlièses suivantes : 

/. La première ligne est do force à peu. près égide 
à la ligne opposée. 

Le général de brigade manœuvre alors poiu- 
déborder un des flancs de l'adversaire. 

//. La première ligne est plus forte que la ligne 
opposée. 

La première ligne cliarge de froni el de flanc. 
L'action de flanc de la première ligne est 
dirigée, autant que possible, du côté opposé à 
celui où se trouve la deuxième. 

///. La première ligne est moinsj'orle que la ligne 
opposée; celle-ci occupe un front plus étendu. 

Si l'ennemi déborde la première ligne du 
côté oii se trouve la deuxième , c'est à cette der- 
nière ligne qu'il appartient, en principe, de 
parer au danger. Si l'ennemi déborde du côte 
opposé, la première ligne ne doit pas compter 
sur l'intervention de la troisième; elle fait face 
avec ses propres forces à l'attaque de flanc de 
l'ennemi. 

58-1. il est préférable de ne pas détacher à 
l'avance des escadrons destinés à servir de garde- 
flanc ou de flanc offensif. 

Dès que leur intervention est nécessaire, el 
sans attendre aucun ordre, les escadrons des 



256 TITRK QUATRIÈME. 

ailes doivent se détacher très rapidement de la 
ligne. 

Le rôle de ces escadrons est considérable; on 
y exerce successivement tousles capitaines-com- 
mandants pendant les manoeuvres. 

585. Dès que le général de division a résolu 
d'engager le combat, il met deux ejcadrons de 
la troisième ligne à la disposition du comman- 
dant de la premièie. 

Ces escadrons, formés habituellement en 
masse, sont placés à i5o mètres en arrière du 
centre de la première ligne. (On doit observer 
qu'à ce moment l'artillerie a quitté sa place nor- 
male pour aller prendre position ) 

Ils ont pour mission de combler très rapide- 
ment les vides qui peuvent se produire dans la 
première ligne, de la soutenir , et de renforcer 
son choc sur le point où il doit produire le 
plus grand elfet. 

Les escadrons de soutien doivent aussi charger 
les détachements ennemis qui auraient traversé 
la première ligne. 

586. La deuxième ligne représente plus par- 
ticulièrement la ligne de manœuvre. 

En général, elle marche en ligne de masse» 
avec intervalle de déploiement, et se forme en 
ligne de colonnes, quand la première ligne se 
déploie en bataille. Cependant, le feu de l'artille- 



ÉCOLE DE DIVISION. 257 

rie peut dé(cnniner à déployer plus tôt les 
masses. 

Le coiuniaridaut de la deuxième ligue ne 
laisse jamais s'accroître la distance qui le sépare 
de la première. 

La deuxième ligne doit seconder l'action de 
la première : le moyen le plus efTicace de rem- 
plir ce rôle consiste fréquemment à aller à la 
recherche de la deuxième ligne ennemie, pour 
la combattre, ou tout au moins pour la contenir. 

Le succès de l'attaque de la première ligne 
dépend souvent de la rapidité et de l'énergie de 
l'intervention de la deuxième; mais ce principe 
n'autorise nullement à rechercher la simulta- 
néité des attaques. L'action des deux lignes ne 
peut être que successive. Il est impossible, en 
effet, que le commandant de la deuxième 
ligne puisse prendre une résolution et engager 
ses escadrons, avant d'avoir discerné le point 
sur lequel il doit agir. 

Il est essentiel que , tout en prenant sa décision 
le plus rapidement possible, et tout en la faisant 
suivre d'une action aussi prompte qu'énergique, 
le commanrlant de lu deuxième ligne évite d'en- 
gager tons ses escadrons à la fois. Celui des deux 
adversaires qui aura garanti le succès de sa pre- 
mière ligne, tout en conservant, le dernier, une 
partie de sa deuxième ligne, sera assuré delà vic- 
toire , puisqu'il aura contraint la réserve ennemie 
à s'engager la première. 

II. 17 



258 TITRE QUATRIEME. 

SSî. Diverses hypothèses peuvent se présen- 
ter et amener les situations suivantes pour la 
deuxième ligne : 

I. Le commandant de la deuxième liyne concouri 
au succès de la première, en attaquant de flanc la 
première ligne ennemie. 

II. Le commandant de la deuxième ligne se porte 
avec toutes ses forces à la rencontre de la deuxième 
ligne ennemie , soit pour l'attaquer, soit pour lu con- 
tenir. 

IIL La première ligne est repoussée. 

IV. La première ligne est débordée par l'ennemi. 

V. La deuxième ligne doit faire face à un dan- 
ger ou à une attaque imprévue. 

588. I. Le commandant de la deuxième ligne 
concourt au succès de lu première, en attaquant de 
flanc la première ligne ennemie. 

Le régiment intérieur exécute cette attaque , 
avec toutou partie de ses forces; le régiment 
extérieur est réservé pour faire face à un danger 
éventuel. 

Le mouvement du régiment intérieur est 
exécuté suivant divers procédés. 

589. Le régiment intérieur peut appuyer 
l'attaque de la première ligne par le mouvement: 
Dans chaque escadron, demi-à-gauche (ou demi-à- 



ECOLE DE DIVISION. 259 

droite) en bataille (n" 458), ou par un change- 
ment de direction des têtes de coionnc dirigées 

Direction 



-< «ft»t 

de l'ennemi 




260 



TirnE QUATniEME. 



ploienienl en bataille de chaque escadron 
(n" 409). 

L'action de flanc du régiment intérieur est 
également obtenue en infléchissant les tètes 
de colonne dans une direction extérieure; les 



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escadrons forment alors quatre colonnes qui, 
I)ar le mouvement d'« (jauche ( ou à droite) en 
halaille, présentent une ligne de quatre esca- 



' ÉCOLE DE DIVISION. 261 

drons en échelons, se couvrant plus ou moins 
(n°46o). 

Dans ces mouvements, les capitaines des trois 
derniers escadrons ont l'attention de gagner, 
sur le flanc extérieur, le terrain nécessaire pour 
ne pas être trop masqués par l'escadron qui les 
précède. 

590. Le régiment intérieur peutaussi rompre 
en colonne, le plus souvent par l'escadron exté- 

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rieur, marcher dans une direction oblique, et 



262 TITRE QUATRièME. 

se rabattre sur le flanc de l'ennemi . par le mou- 
vement dVi gauche (ou d'à droite) en bataille. 

En général, il y a inlérèt à rabattie les deux 
ou trois premiers escadrons sur le flanc de 
l'ennemi, sans attendre les escadrons suivants 
qui appuient alors en échelons. 

Ce mouvement, dangereux dans un terrain 
découvert, peut s'employer avec succès lorsque 
la configuration du terrain permet de dérober 
la marche de la colonne 

Si la deuxième ligne est en ligne de masses 
au moment de s'engager, le régiment intérieur 
formé en masse rompt en colonne, comme il 
es! dit plus haut. 

591 . Lorsque la nature du terrain a obligé la 
deuxième ligne à se former en colonne double, 
le régiment intérieur peut être amené à se 
porter sur le flanc de l'ennemi comme il est 
prescrit à V école du régiment (n° 498, deuxième 
paragraphe). 

598. 11. Le général commandant la deuxième 
ligne se porte avec toutes ses forces à la rencontre 
de la deu-rième ligne ennemie , soit pour l'attaquer, 
soit pour la contenir. 

Le régiment qui est le plus rapproché de l'en- 
nemi se porte à l'attaque; l'autre forme le sou- 
tien et la réserve. 

593. 10. La première ligne est repoussée. 

Le régiment intérieur charge en flanc l'en- 



ÉCOLE DE DIVISION. 263 

nemi désuni par la poursuite. Il exécute cette 
attaque par un des procédés indiqués (n°' 58g, 
590 et 591 ). 

Le régiment extérieur concourt au mouve- 
ment, en couvrant l'aile débordante du régiment 



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intérieur, ou prend à quelque distance une posi- 
tion qui menace le flanc de l'ennemi lancé à la 
poursuite, et permet de recueillir la première 
ligne, 



264 TITRE QUATRIÈME. 

594. IV. La première ligne est débordée par 
l'ennemi. 

Le comniandant de la deuxième ligne déploie 
le nombre d'escadrons néces.saires pour pro- 
longer le front d'attaque. Aux autres escadrons 
t'choil le rôle de la deuxième ligne. 

595. V. La deuxième ligne doit faire face ù 
an danger ou à une attaque imprévue. 

Si, au moment où le combat va s'engager, un 
danger ou une attaque imprévue est signalée à 
quelque distance sur les tlancs, la deuxième (ou 
la troisième ligne, suivant le cas) se porte 
dans la direction de l'ennemi, et prend le 
dispositif de combat de brigade isolée, qui 
répond le mieux aux circonstances. 

Toute brigade ainsi détacbée doit assurer 
ses communications avec le gros de la division , 
afin qu'il soit toujours possible de faire con- 
courir, en temps opportun, les trois brigades 
à l'action décisive. 

591». La troisième ligne constitue la réserve 
pour totites les éventualités. Elle reste dans la 
main du général de division qui l'emploie , 
mais en partie seulement, soit pour renforcer 
les autres lignes, soit pour faire face aux éven- 
tualités. 11 est de principe de ne pas la dépenser 
en entier dans le courant de la lutte, et de ne 
lancer les derniers escadrons de la réserve 
qu'au moment suprême de l'action décisive. 



ÉCOLE DE DIVISION. 265 

Le général de division est seul juge de ce 
moment, 

SSï. La plupart des suppositions que l'on peut 
concevoir se rapprochent des hypothèses qui 
ont été exposées , et il appartient au général de 
subordonner les solutions qu'elles comportent 
aux conditions du terrain, à la force de l'en- 
nemi, etc. Les procédés qui ont été indiqués 
doivent être considérés comme des exemples; 
il ne faut pas y voir des formules inrai-iables. 

Poursuite. 

598. Lorsque l'ennemi est repoussé, le succès 
doit être complété par une poursuite énergique 
el opiniâtre, pour empêcher l'ennemi de se re- 
former. 

»Dans chaque régiment, l'escadron de direc- 
tion est rallié ; il ne prend pas part à la pour- 
suite et suit au trot, servant de réserve aux trois 
autres. 

Les escadrons de soutien peuvent èlre ralliés, 
pour former la nouvelle réserve du général de 
division, quand la troisième ligne est engagée. 

599. Le ralliement de la division s'opère par 
brigade; chaque brigade se rallie en bataille. 

Dispositif en cas de sxirprise. 

600. Une division peut être mal éclairée et 
se trouver .subitement menacée, en avant, sur 
un de ses flancs, en arrière. 



266 TITRE QUATRIÈME 

Si ce danger subit se présente en avant, la 
division est toute formée pour le conjurer; tout 
au plus, peut-on avoir à intervertir la position 
relative de la deuxième et de la troisième ligne. 

Si l'attaque vient de droite ou de gauche , la 
brigade qui est du côté menacé y fait face aussi- 
tôt et devient première ligne; les deu\ autres 
brigades constituent, l'une la deuxième, l'autre 
la troisième ligne; chacune formant échelon en 
arrière de l'aile dont elle est le plus rapprochée. 

La brigade qui devient première ligne fait 
son mouvement de la manière suivante : 

Le régiment qui est du côté vers lequel on 



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I t^ i^ (^ ls Û2I .à u^ ^i 

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veut déployer fait : Pelotons à droite (on à 



LA DIVISION, FORMF.K SITR TBOIS I.IC.NKS, FAIT RAPIDKMEN'T KACK A (JArCHK T.T S'F.XI.AGE AfSSITOT. 

Figuif 1. (page 2(i7.) 



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•SSS'r' 

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ÉCOLE DE DIVISION. 267 

gauche), et, dès qu'il est en colonne serrée, il 
se déploie rapidement. L'autre régiment gagne 
la place qu'il doit occuper, par un des mouve- 
ments indiqués à l'école de brigade, après avoir 
fait demi-tour, s'il y a lieu. 

Enfin si l'attaque se présente en arrière, la 
division y fait face par un demi-tour; la troi- 
sième ligne devient première ligne. 

Dans ces cas de surprise, les commandants 
des brigades qui ne forment pas immédiatement 
la première ligne, s'inspirent de la situation 
pour jouer le rôle de la deuxième ligne, ou se 
renfermer dans celui de la troisième. 

60I. Si la surprise est telle que la division 
doive s'engager immédiatement, l'artillerie se 
relire au plus vite, du côté opposé à l'ennemi. 
Elle intervient, si les circonstances luipermettent 
de le faire. (Fig. i ci-contre.) 

60:S. Le dispositif préparatoire de combat 
permettant d'exécuter avec la plus grande faci- 
lité tous les changements de direction, et se 
prêtant à toutes les éventualités, il y a lieu d'en 
recommander l'emploi toutes les fois que le gé- 
néral n'a pas de motifs sérieux pour en prendre 
un différent. 

Patrouilles de combat. — Éclaireurs 
de terrain. 

603. Les éclaireurs de terrain qui précèdent 



268 TITHE QUATRIEME. 

les troupes dans les manœuvres de division (et 
de brigade) se conforment aux prescriptions du 
n" 4^2 , avec un soin d'autant plus grand que les 
unités dont ils doivent assurer la marche sont 
plus considérables. 

604. A proximité de l'ennemi, chaque ligne 
se fait éclairer par des patrouilles de combat 
composées de cavaliers de choix et commandées 
par des officiers ou des sous-officiers. 

Ces patrouilles constituent le système de sîireté 
de la division. Le général de division complète 
ce système, en envoyant des reconnaissances 
d'officier, plus ou moins loin , dans la direction 
de l'ennemi. 

Les patrouilles règlent leur marche d'après 
la configuration du terrain , et selon les cir- 
constances, pour bien voir, et pour renseigner 
promptenient le général de division, soit par 
un signal, soit par un avis. 

Elles doivent , en outre , rendre compte promp- 
tenient au commandant de la ligne à laquelle 
elles appartiennent, et, suivant les circonstan- 
ces, aviser aussi les commandants des troupes 
voisines. 

Passage des défilés. 

605. En dehors de la sphère du combat, le 
passage des défilés s'exécute rapidement et sans 
interruption. Les lignes se succèdent; la plus 
rapprochée passe la première. 



ÉCOLE UE DIVISION. 269 

Quand le passage doit être effectué de vive 
force, si le terrain s'y prête, l'opération est pré- 
parée par l'artillerie, et, s'il est nécessaire, par 
des escadrons à pied. L'ennemi est tenu à dis- 
tance, aussi loin que possible, soit par le canon, 
soit par la luousqueterie , pour permettre à la 
cavalerie de se déployer au delà. 

Les escadrons tètes de colonnes franchissent 
rapidement le défilé, se déploient, et si l'ennemi 
devient pressant, chargent successivement. Ils 
choisissent une direction telle qu'ils ne soient 
pas rejetés dans le défilé, en cas d'insuccès. 

Le reste de la division suit d'aussi près que 
possible. 

L'artillerie ne franchit le défilé qu'après la 
première brigade. 

Si la division doit passer le défilé en retraite, 
l'arlillerie, et successivement, deux brigades, 
passent rapidement le défilé, et prennent posi- 
tion à la sortie. Une brigade est chargée de 
contenir l'ennemi et de protéger le mouvement; 
au moment oîi elle se retire, elle laisse deux 
escadrons pour couvrir sa retraite. 

Combat contre la cavalerie. 

60G. Après qu'il s'est li\é clairement son but, 
un chef de cavalerie doit y marcher résolument, 
ne pas s'en laisser détourner, et employer pour 
l'atteindre des moyens toujours simples. 



270 TITRE QUATRIÈME. 

Les principes essentiels qui doivent guider un 
chef de cavalerie dans ses résolutions peuvent 
se résumer ainsi: attaquer le premier, et, s'il a 
laissé l'ennemi prendre l'initiative, le prévenir 
toujours dans la charge; chercher à attaquer 
par surprise ; s'efforcer de prendre l'ennemi de 
flanc ou même à revers; protéger ses propres 
flancs et se ménager une réserve, quelque 
faible qu'elle soit, pour la fin du combat. 

La rapidité de la marche et le parti qu'on 
saura tirer des couverts et des mouvements du 
terrain pour se dérober à la vue de l'ennemi 
donneront les moyens d'attaquer par surprise , 
et de frapper l'adversaire avant qu'il ait pris ses 
dispositions. Si l'on peut le prendre de flanc, le 
succès sera d'autant plus certain. Une troupe 
relativement faible peut en toute confiance exé- 
cuter une attaque de flanc : l'effet moral pro- 
duit par ce genre d'attaque, la rapidité avec 
laquelle on doit tomber sur l'ennemi, ainsi que 
la direction de la charge, bien plus que le 
nombre, décident du succès. 

eo». Il est parfois avantageux d'entamer le 
combat par une fausse attaque, opérée par une 
faible portion de la troupe, soit pour masquer 
l'attaque véritable, soit pour engager l'ennemi 
à faire un faux mouvement, soit enfin pour 
l'entraîner dans une poursuite imprudente. 

608. La disposition en échelons, qui réunit les 



ÉCOI.E DE DIVISION. 271 

avantages de l'ordre mince à ceux de l'ordre 
profond, doit trouver des applications nombreu- 
ses. Elle donne le moyen de porter vers l'ennemi, 
ou de lui refuser, soit l'une ou l'autre des ailes, 
soit le centre; de ménager ses forces, en n'en- 
gageant que la portion qui doit combattre; de 
faire des attaques successives; enlin, de débor- 
der la ligne ennemie et de l'envelopper. 

609. Pour conserver aux chevaux la vigueui' 
nécessaire à la charge, pour maintenir la 
troupe dans la main de ses chefs, et aussi pour 
être à même de profiter du succès que l'on peut 
obtenir, il est utile de prolonger l'allure du 
trot, et de limiter à 3oo ou à 4oo mètres le 
galop qui doit précéder la charge. C'est ainsi 
que l'on aborde l'ennemi avec le double avan- 
tage de la cohésion et de la vitesse acquise. 

Il est donc indispensable de ne faire le com- 
mandement; Chargez, qu'à courte distance. La 
troupe se précipite alors sur l'ennemi de toute 
la vitesse de ses chevaux. L'élan des officiers fait 
plus que t«ut le reste pour le succès: ils doivent 
être l'exemple du soldat, et entreries premiers 
dans les rangs ennemis. Une fois dans la mêlée, 
chacun ne songe qu'à frapper, surtout de la 
pointe. 

61 0. Lorsque la cavalerie ennemie tourne 
bride avant que la charge ne soit lancée, il est 
prudent, dans la crainte d'un piège , de ne la 
faire poursuivre que par une partie de la ligne, 



272 TITRE QUATRIÈME. 

qui se disperse en Iburi-ageurs. le reste de la 
liirne suivant en bon ordre. 



Combat contre l'infanterie. 

611. La portée des armes actuelles, et plus 
encore la rapidité de leur chargement, imposent 
le devoir à tout chef de cavalerie de ne se lancer 
à l'attaque de l'infanterie, à moins d'ordres 
contraires, que lorsque le but à atteindre est à 
hauteur des pertes qu'entraîne un combat aussi 
inégal. 

On ne saurait donner à cet égard des règles 
précises; cependant, dans certains cas, la cava- 
lerie ne doit pas hésiter un instant à attaquer une 
troupe d'infanterie. 

Ainsi : 

1° Lorsque la cavalerie peut surprendre une 
troupe d'infanterie, avant que celle-ci n'ait le 
temps de se former, pour repousser son attaque 
avec la plénitude de ses moyens; 

2° Lorsque la cavalerie peut charger une 
troupe d'infanterie démoralisée, soit pendant 
le combat, soit après, dans la poursuite; 

3° Lorsque, après un combat malheureux, 
la cavalerie doit se sacrifier, pour arrêter s'il est 
possible, ou tout au moins pour refarder la 
marche de l'ennemi. 

618. Un ne peut indiquer, avec précision, 
les formations que la cavalerie doit prendre 



l'xOLE DE DIVISION. 273 

dans ces circonstances. Les chances de succès 
dépendent de la rapidité de l'attaque : elle doit 
être entreprise avec la plus extrême vig-ueur, 
sans perdre un instant, et le plus souvent, dans 
l'ordre même où l'on est formé, aussitôt que 
l'occasion de charger se présente. 

Lorsqu'il devient utile de préparer l'attaque, 
on prend des dispositions qui permettent de 
charger l'ennemi sur le front et sur les lianes. 
Les attaques- doivent être simultanées, et non 
successives, afin que l'ennemi ne puisse pas se 
reformer après chacune d'elles, ni concentrer 
successivement tous ses feux sur l'échelon qui 
le charge. 

Combat contre l'artillerie. 

ei3. La cavalerie peut jouer un grand rôle 
en attaquant les masses d'artillerie. Ces attaques 
léussissent surtout quand elles sont exécutées 
sur une artillerie en mouvement, ou sur une 
artillerie dont quelques pièces seulement sont 
en batterie. 

Elles doivent être, autant que possible, di- 
rigées de front, de flanc, et même de revers. 
L'attaque de front est exécutée par une ligne de 
fourrageurs; les attaques de flanc et de revers 
sont faites en ordre compacte. 

Les escadrons qui exécutent les attaques de 
flanc, ou celles de revers, doivent profiter des 
lornies du terrain, pour se dérober autant que 
"• 18 



274 TITRK QUATRIÈMK. 

possible aux vues de i'ennemi, et surprendre 
par une irruption soudaine les troupes de 
soutien des batteries. 

Une réserve doit être constituée pour parer 
aux circonstances qui peuvent se présenter 
pendant le combat, et pour assurer *le ral- 
liement des échelons dont l'attaque a échoué. 

Rôle de la cavalerie pendant et après 
la bataille. 

614. Pendant la phase qui précède l'engagc- 
mentgénéral, les divisions de cavalerie sont ha- 
bituellement maintenues en avant du front, tant 
pour gêner le déploiement de l'adversaire que 
pour jnasquer les mouvements de larmée. Dès 
que la lutte est engagée, les divisions reçoivent 
généralement l'ordre de dégager rapidement le 
front de l'armée et de se porter sur les flancs. 

La mission du général commandant la cava- 
lerie devient alors particulièrement délicate 
puisqu'il doit, à la fois, ne pas s'écarter des 
instructions générales qu'il a reçues, et ne 
laisser échapper cependant aucune des occa- 
sions qui s'offrent à lui de jouer un rôle, sou- 
vent capital, au milieu de l'action générale. 

Il peut avoir notamment pendant le combat: 

A se porter sur les flancs , ou même sur les 
derrières de l'ennemi, pour y produire, avec des 
masses d'artillerie , une action très efficace ; 



ÉCOLK DE DIVISION. 275 

A {)iécédei' et à appuyer toute manœuvre 
ayant pour but de déborder une aile de la ligne 
ennemie; 

A s'opposer à une manœuvre analogue de 
l'adversaire, ou tout au moins à la signaler et 
la retarder dans la limite de ses moyens; 

A combattre résolument toute ofTensive de la 
cavalerie ennemie; 

A remplir provisoirement les vides qui se pro- 
duisent dans la ligne de bataille; 

Ou encore : à se porter au loin, dans la direc- 
tion que doivent suivre les divisions ou les corps 
ennemis dont on attend l'arrivée sur le champ 
de bataille, pour relarder leur apparition par 
tous les moyens possibles. 

615. Cet aperçu suffît pour faire entrevoir le 
rôle que peut jouer, sur le champ de bataille, 
une division de cavalerie, et pour démontrer 
combien il faut éviter de la renvoyer en arrière 
de la ligne de bataille , au début du combat , afin 
de ne pas s'exposer au danger de ne pouvoir 
pas en disposer au moment opportun. 

II prouve également qu'il y a intérêt, sauf 
dans des cas tout à fait exceptionnels, à ne ja- 
mais priver la division de cavalerie de son artil- 
lerie, si l'on ne veut pas la mettre dans l'im- 
possibilité de remplir la grande mission qui lui 
incombe. 

616. Quoique, le plus souvent, il y ait in- 
térêt à faire agir la cavalerie sur les ailes de 

18. 



270 TITRE QUATRlIiMK. 

r;iiiu(ie, on peut cependant, dans certains cas, 
la faire participer iitilciiient, en jTjToupes plus on 
moins considérables, aux dilTérentes actions du 
combat de l'infanterie. 

Si la cavalerie est placée de manière à inter- 
venir rapidement dans la lutte, si elle a été 
dissinmiée aux vues de l'ennemi jusqu'au mo- 
ment de s'engager, il n'est pas douteux que son 
irruption subite ne produise un grand effet et 
n'obtienne parfois de grands résultats. 

Aucune prescription formelle ne peut être 
donnée à cet égard; les conditions de l'engage- 
ment, et siu'tout la nature du terrain indiquent 
au général en chef quel est le meilleur emploi 
à faire de sa cavalerie. 

d'y. Dès que l'ennemi accuse son infériorité 
et se dispose à battre en retraite, le général 
commandant ia cavalerie doit (à moins d'orJrcs 
contraires) se porter rapidement sur la di- 
ix'clion de la retraite, harceler l'ennemi, et 
lout foire pour produire la déroute. 

Si l'ennenii est victorieux, c'est à la cavalerie 
(ju'incombe le grand rôle de dévouement et de 
sacrifice. 

A tout prix, elle se maintient en contact avec 
l'ennemi; elle profite de toutes les occasions 
pour retarder sa poursuite, fermement con- 
vaincue qu'elle ne peut payer par trop de sang 
l'honneur de sauver l'armée, et parfois le pays, 
d'un immense désastre. 



ÉCOLE DK DIVISION. 277 



Responsabilité de tout chef de cavalerie. 

018. Le rôle qui incombe à la cavalerie ne 
permet pas aux commandants d'armée, de 
corps d'armée, etc., de la maintenir à portée 
de recevoir des ordres de détail. Un chef de ca- 
valerie ne doit donc pas les attendre. On le met 
an courant de la situation; on lui assignele but 
à atteindre; la mesure dans laquelle la cavalerie 
doit fournir son concours; c'est à lui à s'ins- 
pirer de son expérience de la tactique de l'arme , 
])our obtenir le résultat indiqué. 

En tout cas, le chef de la cavalerie n'oubliera 
pas que, de toutes les fautes qu'il peut com 
mettre, une seule est infamante : l'inaction. 



Emploi de l'artillerie. 

619. Les trois batteries à cheval d'une divi- 
sion de cavalerie sont réunies sous le comman- 
dement d'un chef d'escadron. (!et ofïîcier supé- 
rieur marche habihielleinent avec le général de 
division, dont il reçoit directement les ordres. 

Lorsqu'une brigade chargée d'une mission 
spéciale s'éloigne du gros de la division , une 
batterie peut lui être attachée. Le capitaine de 
cette batterie remplit, près du général de bri- 
gade, le même rôle que le chef d'escadron d'ar 
lillerie, près du général de division. 



278 TITRE QUATRIÈME. 

<»*0. En marche et loin de l'ennemi, chaque 
batterie conserve toutes ses voitures. Dans le voi- 
sinage de l'ennemi, l'artillerie n'emmène que 
ses pièces et les deux: caissons d'une section par 
batterie; les autres voitures marchent réunies, 
en arrière, plus ou moins loin de la division, 
sous la conduite d'un ofiicier ou d'un adjudant. 
Elles se maintiennent autant que possible sur les 
routes. 

«81. L'artillerie prépare l'attaque; elle entre 
ordinaiiement en action pendant les prélimi- 
naires du combat. Il est préférable de l'engager 
tout entière afin d'obtenir très promptement le 
résultat cherché; mais pour hâter son inter- 
vention, il est nécessaire que les batteries, et 
même les sections, ouvrent le feu successive- 
ment, dès qu'elles sont en halterie. 

La division s'engage, au besoin, sans attendie 
le concours de ses batteries ; celles-ci inter- 
viennent aussitôt que possible. 

Il appartient au général de division de fixer le 
moment, et d'indiquer d'une façon générale le 
terrain sur lequel l'artillerie doit prendre posi- 
tion. 

Le commandant de l'artillerie détermine 
l'emplacement des batteiies. Il choisit un em- 
placement lui permettant avant tout d'ouvrir le 
feu très promptement, sans gêner l'action de la 
cavalerie, et lui donnant, si cela est possible, 
assez de vîies pour suivre et appuyer la division 



ÉCOI.K DE DIVISION. 279 

pendant les différenles phases du combat, sans 
avoir à déplacer les batteries. 

Pour mettre à profit les longues portées de 
ses pièces, l'artillerie doit être aujourd'hui plus 
nianœuvrière que jamais, et ne pas hésiter à 
s'aventurer, en s'écartant des troupes qu'elle 
appuie, afin de concourir plus longtemps et 
plus efficacement au combat. 

Il y a un intérêt de premier ordre à ouvrir le 
feu brusquement : les batteries doivent se por- 
ter sur leur emplacement, à toute bride, et faire 
feu dès qu'elles voient l'ennemi. 

L'artillerie prend d'abord pour objectif les 
troupes de l'ennemi. Au moment de" la mêlée, 
elle lire sur les réserves, puis sur les batteries. 

En toutes circonstances, le commandant de 
l'artillerie observe attentivement les péripéties 
de la lutte, et se tient prêt à porter ses batteries 
partout où il peut concourir à l'action d'en- 
semble. Il ne doit jamais attendre, pour les dé- 
placer, des ordres qui ne lui arriveront pas, 
ou qui lui parviendront trop tard: si une posi- 
tion meilleure que celle qu'il occupe s'offre à 
lui, il ne doit attendre que le moment propice 
pour s'y rendre. Mais ce moment est si court 
et si fugitif, que son devoir strict lui impose 
l'initiative de ce déplacement, aussitôt qu'il le 
croit possible. 

682. Dès que les batteries se rendent à leur 
position de combat, elles sont accompagnées 



280 TITllE QUATHIÈME. 

d'un soutien spécial, désigné d'avance dans les 
escadrons de la réserve. 

La force des soutiens varie selon les circon- 
stances. En général, on fait accompagner une 
batterie isolée par un peloton, et un groupe 
de tiois batteries par un escadron. 

Le chef du soutien n'est pas aux ordres du 
commandant de l'artillerie; il s'entend avec 
lui; il est responsable de la sûreté des pièces 
et jouit, à cet effet, de la plus grande indé- 
pendance. 

Le gros de la troupe de soutien est habituel- 
lejnent placé à 5o mètres, environ, en dehors 
du flanc le plus exposé, et à loo ou 200 mè- 
Ires en arrière de la ligne des pièces. Des 
cavaliers isolés et de petites patrouilles éclai- 
rent le terrain , le plus loin possible, dans toutes 
les directions. 

La présence d'un soutien spécial ne sup- 
prime nullement le devoir qui incombe à toute 
Iroupe voisine d'une batlerie de concourir à la 
défense des pièces, s'il y a lieu. 

«83. Il est impossible de préciser quelles 
doivent être les positions relatives de l'artil- 
lerie et des escadrons pendant un engagemenl. 
Lechoivde l'emplacement des batteries dépend 
de la nature du terrain et de circonstances 
1res diverses; mais c'est, en principe, à 3oo ou 
à 4oo mètres, en avant , et à 200 ou à 3oo mètres 



ECOLE DE DIVISION. 281 

sur le côlé de l'aiie non menacée de la pre- 
mière lig^ne, que l'artillerie doit se déployer. 

C'est ordinairement au moment où le géné- 
ral se décide à engager le combat qu'il pres- 
crit à l'artillerie d'entrer en action. 

Dans le cas où l'intervention des balleries est 
regardée comme provisoirement inutile, elles 
prennent néanmoins position; mais les pièces 
sont laissées sur leurs avant-trains, et l'on s'at- 
tache à les dérober aux vues de l'ennemi. 

Dès que la division prend son dispositif" pré- 
paratoire de combat, les batteries formées en 
masse se placent à i5o mètres du centre de la 
première ligne, à moins que la nature du terrain 
ou des circonstances particulières ne fixent 
sûrement le général sur la direction où l'effort 
principal doit se produire. Dans ce cas, l'artille- 
rie est placée à hauteur de la ))remière ligne , 
du côté de la troisième. 

«24. La batterie attachée à une brigade 
isolée, marche, manœuvre et combat, confor- 
mément aux principes établis pour l'artillerie 
d'une division. 

Dans le dispositif préparatoire de combat, la 
distance qui la sépare de la première ligne est 
réduite à 80 mètres environ. 



2H2 TITRE QUATRIÈME. 

lia brigade. 

Brigade isolée. 

625. Unebrip^ade isolée marche, manœuvre 
et combat d'après les mêmes principes que la 
division. 

686. Deux escadrons forment l'avant-garde; 
ils précèdent la brigade de 3 à 4 kilomètres, 
environ, selon le terrain; un peloton marche 
en tète d'avant-garde. 

<»87. La composition de la brigade à deux 
régiments ne se prête pas, autant que celle de la 
division, à la formation des trois lignes; néan- 
moins, la brigade doit cependant former trois 
échelons , dans le dispositif préparatoire de 
coudjat. 

Un régiment constitue la première ligne; 

Deux escadrons de l'autre régiment la deu- 
xième. 

Le général doit, avec les deux escadrons qui 
restent, assurer le soutien de l'artillerie et celui 
de la première ligne; aussi ne dispose-t-il, 
dans la plupart des cas, que d'un seid es- 
cadron. Cet escadron, qui ne peut pas remplir 
e rôle de la troisième ligne dans toute son éten- 
due, forme la réserve aux ordres du général. 

Si la brigade comprend trois régiments, cha- 
i|ue régiment forme une ligne. 



ÉCOLE DR BRIGADE. 283 

La deuxième ligae se tieni à loo mi'tres , envi- 
ron, et la troisième à 200 mètres, environ, de 
la première. 

L'artillerie marche derrière le centre de la 
première ligne, à 80 mètres. 

Brigade de corps d'armée. 

088. La brigade de cavaleiùe attachée à un 
corps d'armée manœuvre et combat en se 
conlbiinant aux principes établis à ïccole de di- 
vision; mais son rôle étant moins étendu, l'ini- 
tiative qui doit être laissée à son chef est ren- 
fermée dans des limites plus étroites. 

Brigade de ligne. 

6*9. Quand l'instruction de la brigade isolée 
est terminée , le général de brigade la prépare à 
jouer le rôle des brigades de première et de 
deuxième ligue, tel qu'il est expliqué à ['école 
de division. A cet elTet, il introduit successive- 
ment les hypothèses qui correspondent au 
rôle de ciiaque ligne, et fait figurer, s'il est 
nécessaire, par quelques cavalii'rs les lignes 
autres que celle constituée par la brigade. 



284 TITRE QUATRIÈME. 

DISPOSITIONS GÉNÉRALES. 

1° Sont et demeurent abrogées toutes les 
instructions et dispositions contraires au 
présent décret qui porte Règlement mr les 
exercices de la cavalerie. 

2" Le Ministre de ]a guerre est chargé 
de Texécution du présent décret. 

Fait à Paris, le 3i mai 1882. 
Jules GRÉVY, 



Par le Prt'sidpnt de la République; 

Le Minish'e de la Guerre, 
BILLOT. 



TABLE DES MATIERES 

CONTENUES DANS LE TOME DEUXIEME. 



TITRE TROISIEME. 
Instruction à cheval. 

Pages. 

J'icole du cavaliei" à cheval -j 

Travail préparatoire g 

.\mciiei' son cheval sur le lerraiii 1 1 

Sauler à cheval et à terre 13 

Prendre les rênes dans une main et les séparer . . 1,? 

l'osition du cavalier à cheval i4 

Assouplissements de pied ferme 17 

Assouplissements en marchant 19 

Vcjjtige 21 

Travail en bridon 26 

Des rênes et des jambes 3o 

Marcher et arrêter 33 

Tourner à droite ou à gauche 3i 

Marcher à main droite ou à main gauche 37 

Passer du pas au trot et du trot au pas ào 

Doubler ài 

Changer de main 43 

\ olte 'i3 

Demi-volte àà 

Reculer et cesser de reculer 45 



286 ÏOMK SECOND. 

l'agcs. 

Allonger le pas et le ralentir ^6 

Allonger le trot et le ralentir i8 

Etant fie pied ferme, marcher au trot, et marchant 

au trot , arrêter 5o 

De l'éperon 5 1 

Sortir du rang 5-2 

Laisser le cheval s'échapper au galop, en allon- 
geant le trot 53 

A ppuyer bà 

Principes du galop 5<) 

Travail en sens inverse 65 

De rétrier 67 

Monter à cheval et mettre pied à terre 69 

Travail à dislances fixes 71 

Passages et sauts d'obstacles 76 

Travail en bride 70 

De la tenue des rênes 76 

De l'usage et de l'effet de la bride et du lilet 79 

Hcpétition , avec la bride, du travail en bridon . . 8:i 

Travail sur les grandes lignes 85 

Travail à l'extérieur 91 

Passages et sauts d'obstacles 98 

Travail en armes 99 

Maniement et emploi du sabre 100 

Maniement de la carabine io3 

Maniement du pistolet-revolver 107 

Exercices de tir 109 

Poursuite 110 

Ecole du peloton à cheval 1 13 

Monter à cheval et mettre pied à terre 117 

Alignement 118 

Ouvrir et serrer les rangs 1 20 

Reculer 120 

Marche directe en bataille 1 20 

Conversions 124 



TABLi; DES M\nKni:s. 287 

l'agcs. 

Conversion à pivol (ixe I2i 

Conversion à pivot mouvant lay 

Maicho oblique individuelle 129 

Formalions, marches et, déploiements de la 

colonne jiar quatre oa par deux 1 3 1 

Rompre p;ir quatre i3i 

Marche en colonne l33 

Dédoublements et doublemcnls i34 

Déploiements i36 

Charges 169 

Charge en fourragcurs 1 ii 

Eclaireurs 1 46 

Combat à pied 147 

Kcole de l'escadron à cheval i5o 

Alifjiiement 1 54 

Ouvrir et serrer les rangs 1 54 

Reculer 1 55 

Marche direrle en bataille i55 

Conversions 1 57 

Marche oblique individuelle i58 

Marche oblirpie par troupe 1 58 

Formations, marches et déploiements de la 

colonne de pelotons 1 5y 

Formations 169 

Marches 161 

Déploiements iG4 

Formations , marches el déploiements de la 

colonne de route 1 69 

Charges 174 

Eclaireurs du terrain 178 

Combat à pied 179 



288 TOME SKCOND. 

Pages. 

Ecole du régiiiieut i§q 

Ligne de bataille , f:g 

Ligne de colonnes , „ , 

Masse ,._ 

Former la masse étant en bataille |q,s 

l'ormcr la masse étant en ligne de colonnes 19g 

Déployer la musse ,qq 

Colonne de pelotons 20/i 

Tormer la colonne de pelotons étant en bataille, 

en ligne de colonnes ou en masse oqS 

Déployer la colonne de pelotons 207 

Déployer la colonne de pelotons en ligne de co- 
lonnes 

Former la masse étant en colonne de pelotons .... 209 

Déployer la colonne de pelotons en bataille 210 

Colonne double o 1 3 

Colonne de route 2 1 5 

Echelons , ç 

•Charges 2,8 

Manœuvres. — Combat 219 

Combat à pied 2^2 



TITRE QUATRIÈME. 

École de brigade. — École de division. 

Evolutions. — Maneuvres et combat. 

Evolii lions ^.,2 

L« brigade ^^^ 



TABLE DES MATIÈRES. 289 

Pages. 

Prescriptions générales 323 

Ordre déployé aaS 

Ordre ployé 227 

Direction 127 

Principe général des évolutions 227 

Procédé à employer dans les déploiements et dans 

certains changements de direction 23o 

Déploiements 281 

Changements de direction 236 

La division ^40 

Prescriptions générales 240 

Ordre déployé 2ii 

Ordre ployé ail 

Direction 2U2 

Principe général des évolutions 242 

Manœuvres et combat 246 

La division 2^6 

Préliminaires 246 

Mode d'instruction 246 

Ordre do marche aig 

Prise du dispositif préparatoire de combat aSo 

Reconnaissance de l'ennemi. — Ordres d'exécution. 253 

[Rôle des lignes a54 

Poursuite 265 

Dispositif en cas de surprise 265 

Patrouilles de combat. — Eclaireurs de terrain .. . 267 

Passage des défilés 268 

Combat contre la cavalerie v 269 

Combat contre l'infanterie 272 

Combat contre l'urtillerie 278 

Rôle de la cavalerie pendant et après la bataille . . 274 

Responsabilité de tout chef de cavalerie 277 

Emploi de l'artillerie 277 



II. 



19 



290 TOME SECOND. 

Pages. 

La brigade ^^^ 

Brigade isolée ^°* 

Brigade de corps d'armée *^^ 

Brigade de ligne *°^ 



ËTIIDE 



SUR LA LOI DU 3 JUILLET 1883 



Et le Kèglemenl d'AdminisIralion Publique 



iJu 2 Août 1877, 



SAUMUR 

PAUL GODET , IMPRlMHUR-LIBRAIRH 
1883 



DES RÉQUISITIONS MILITAIRES 

Etude 5wr la loi du 2 juillet 1877 et le Règlement 
d; Administration Publique du 2 Août i877. 



Le but de cette étude est de rechercher : 

1° Les conditions dans lesquelles un commandant de détachement peut exercer 
le droit de réquisition; 

2° Quelles sont les prestations qu'il a le droit de requérir ; 

3° Les formalités à remplir pour l'exécution des réquisitions. 

Il existe des dispositions spéciales relatives aux chevaux, mulets et voitures 
nécessaires à la mobilisation. Leur réquisition exige des opérations préparatoires 
effectuées dès le temps de paix et prévues par la loi; comme elle s'exécute en 
dehors des commandants de troupe et que ceux-ci n'ont pas à en faire usa-e 
nous ne noi»s en occuperons pas. Nous laisserons également de côté ce qui a 
trait aux réquisitions des chemins de fer, et aux réquisitions de l'autorité 
maritime , au règlement des indemnités. 

En résumé, nous rechercherons, dans la loi du 3 juillet 1877 et dans le 
règlement qui détermine les conditions d'exécution de cette loi . toutes les 
prescriptions indispensables ou utiles à connaitie pour un commandant de 
détachement. 



CHAPITRE I. 

CONDITIONS DANS LESQUELLES s'kXERCE LE DROIT DE RÉQUISITION. 



Le droit de requérir s'ouvre : 

1" En cas de mobilisation totale; 

2" En cas de mobilisation partielle ou de rassemblements de troupes prove- 
nant de faits de force majeure. 

Ce droit, qui peut s'exercer plein et entier dans le premier cas subit des 
restrictions dans le deùxiènie. - 



I. — MOBILISATION TOTALE. . 

La mobilisation totale de l'armée est ordonnée 'par . un décret du chef de 
l'État rendu en conseil des ministres. 

Le droit de requérir s'ouvre simulfanément pour toute l'armée le jour lixé 
par le décret de mobilisation et prend lin le jour ou l'armée est remise sur le 
pied de paix. 

Ce droit s'exerce sur le territoire français : 

Directement et de plein droit : 

1" Par les généraux commandant des armées; 

2". Par les généraux commandant des corps d'armée ; 

3" Par les généraux commandant des divisions opérant isolément ; 

4° Parles généraux commandant des troupes ayant une mission spéciale. 

Par délégation : 

l^ Aux fonctionnaires de l'Intendance ; 

1'^ Aux officiers commandant des détachements envoyés en mission spéciale. 

Par sous-délégation, des fonctionnaires ou ofliciers compris dans le para- 
graphe précédent : 

Aux ofliciers, aux fonctionnaires sous leurs ordres , pouvant être éventuelle- 
ment par suite de reconnaissance , marches ou autres faits de guerre, appelés à 
exercer des réquisitions. 



II. — MOBILISATION PARTIELLE ou RASSEMBLEMENTS DE TROUPES. 

■ La mobilisation par-tielle est ordonnée par un simi>le arrêté du ministre de la 
guerre et s'applique généralement aux grandes manœuvres annuelles. 

Les réquisitions ne s'exercent plus de plein droit; elles ne s'étendent plus 
qu'à certains déjiartements dénommés et sont limitées dans leur durée par 
l'arrêté du ministre de la guerre qui détermine spécialement les portions du 
territoire, l'époque à laquelle pourra commencer et celle à laquelle pourra finir 
l'exercice du droit de réquisition. 

L'arrêté minisiériol est publié <à l'avance par les soins des préfets dans les 
communes de leur département faisant partie des régions désignées par les 
instructions du ministre. 

Donc 1" restriction dans l'exercice du droit qui n'a plus lieu simultanément 
dans toute la France. 

En second lieu, les ofticiers que nous avons cités plus haut ont seuls qualité 
l)our ordonner des réquisitions , et le fonctionnement du droit de requérir ne 
peut se faire qu'avec des ordres et des reçus détachés des carnets. 

Donc '2° restriction absolue du droit de requérir à ceux des officiers ayant 
qualité pour ce faire et munis des carnets prescrits. 

Dans le cas de rassemhlemenis de troupes provenant de faits de force 
majeure, les commandants de troupes prennent immédiatement des mesures 
sous leur responsabilité personnelle, sauf à rendre compte au ministre par voie 
hiérarchique. 

La loi assimile ce cas à la mobilisation partielle. Le ministre devra donc lixer 
le temps pendant lequel les officiers pourront requérir, bien que la durée du 
daîiger (ju'il s'agit de combattre soit inconnue. Si la durée établie par l'arrêté 
est insuffisante, un nouvel arrêté fixera un nouveau délai. Dans la plupart des 
êirconstances, cette prolongation concernera surtout le logement et le cantonne- 
ment; car les autorités militaires pourvoient de suite aux divers autres besoins 
des troupes. 



CHAPITRE IL 

DES PRESTATIONS A FOURNIR I^AR' VOIE DE RÉQUISITION. 

I. _ MOBILISATION TOTALE. 

Sont exigibles par voie de réquisition : 

I" Le logement et cantonnement poui' les hommes et chevaux et pour tout le 
jnatériel à la suitr : 



- 6 — 

2" La nourriture journalière des officiers et soldats logés chez l'habitant ; 

3" Les vivres et le chauffage pour l'armée ; les fourrages pour les chevaux , 
mulets et bestiaux ; la paille de couchage pour les troupes campées ou can- 
tonnées : 

A" Les moyens d'attelage et de transport de toute nature, y compris le 
personnel ; 

5° Les bateaux et embarcations qui se trouvent sur les fleuves, rivières, 
lacs et canaux ; 

6" Les moulins et les fours ; 

7" Les matériaux , outils , machines et appareils nécessaires pour la cons- 
truction ou la réparation des voies de communication , et en général pour 
l'exécution de tous les travaux militaires ; 

8" Les guides, les messagers, les conducteurs, ainsi que les ouvriers pour 
tous les travaux que les différents services de l'armée ont à exécuter ; 

9" Le traitement des malades ou blessés chez l'habitant ; 

10" Les objets d'habillement, d'équipement, de campement, de harnache- 
ment , d'armement et de couchage , les médicaments et moyens de pansement; 

Ll'' Tous les autres objets et services dont la fourniture est nécessitée par 
l'intérêt militaire. 

II. _ MOBILISATION PARTIELLE ou RASSEMBLEMENT DE TROUPES. 

En temps de paix, le nombre des prestations qui peuvent être l'objet d'une 
réquisition se restreint, et le droit de requérir ne s'étend plus qu'au logement, 
aux cantonnements, aux vivres et aux transports. (1", 'io, 3", 4" et 5° du para- 
graphe précédent.) 

Pour les transports mêmes (4" et 5"), la loi en limite la durée à un maximum 
de vingt-quatre heures pour chaque fois qu'il y a lieu d'y recourir. 



CHAPITRE III. 

DE l'exécution des Hl5:gLTISlTI0XS. 

Trois principes généraux dominent la matière : • 

l" La réquisition est faite non pas aux habitants par voie directe, mais en 
bloc, c'est-à-dire à la commune; elle est notifiée au Maire, et adressée par 



l'oflicier supérieur en gi'ade qui , d'après les règlements militaires, se trouve 
avoir hiérarchiquement le commandement des troupes rassemblées en une même 
localité. L'ordre de réquisition porte avec lui le délai accordé pour la livraison. 

2" Les réquisitions faites par les détachements de troupes , réquisitions qui 
sont les seules dont nous nous occupions , ne peuvent se confondre en aucune 
manière avec les réquisitions qui peuvent être ordonnées pour les besoins géné- 
raux de l'armée par les commandants de corps d'armée ou les fonctionnaires de 
l'Intendance. 

3° Les réquisitions exercées sur une commune ne peuvent porter que sur les 
ressources y existant, sans pouvoir les absorber complètement. 

DES CARNETS DE RÉQUISITION. 

La loi, par une équitable disposition formulée en son article 2, veut que toutes 
les prestations donnent droit à des indemnités représentatives de leur valeur, 
sauf dans le cas de l'article iô, relatif au logement et au cantonnement des 
troupes dans certains cas déterminés ; mais c'est là une exception que nous 
examinerons plus loin. 

Toute prestation fournie sur réquisition doit donc, pour satisfaire au vœu de 
la loi, être constatée par des écrits : ordres et reçus. 

Les ordres de réquisition doivent être établis : 

1° En principe, toujours sur des carnets spéciaux et à souches ; 

'> Par exception, sur des feuilles isolées en double expédition. 

Cette exception est prévue par l'article 8 de la loi pour le cas où un comman- 
dant de corps ou chef de détachement, opérant isolément et non muni d'un 
carnet à souches, se verra dans l'obligation de pourvoir aux besoins journaliers 
des hommes placés sous ses ordres et des chevaux confiés à sa garde. Cette 
faculté n'est accordée que pour le temps de guerre, et la garantie résulte de la 
responsabilité pei'sonnelle de l'officier requérant. Il doit, à défaut de carnet, 
établir ses ordres en double expédition, dont l'une restera aux mains du Maire, 
et l'autre sera envoyée hiérarchiquement et sans délai au général commandant 
le corps d'armée dont il relève. 

La livraison de la prestation est constatée par l'officier au moyen d'un reçu 
extrait également d'un carnet à souche pour être remis au Maire (ou à ses 
suppléants). 

Les ordres de réquisitions et les reçus des prestations, délivrés sur des 
feuillets détachés ou non des carnets, sont formulés par écrit en chiffres, ou en 
toutes lettres de [(référence, et signés, mais ils ne font aucunement mention de 
prix ; ils énoncent simplement : 



— 8 — 

L'es|)è<-o, les (juantilés des déniées requises ; 
Le nombj'e des objets réquisitionnés ; 
L'estimation de ces objt.'ts dans certains cas déterminés ; 
La nature, la durée des services demandés. 
Ils portent également l'indication : 

De la date de la réquisition et de la livraison des matières f)U de la réception 
des ouvrages ; 

De l'heure dans certains cas, [lour les travaux notamment. 
Il peut y avoir plusieurs reçus pour le même ordre. 

Voici les modèles du carnet d'onires de réquisitions et du carnet de reçus : 



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FOURNITURES PAR REQUISITION 



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11 



MODELE 



Feuillet n 

( t) Indiquer le lieu, la dale et l'heure où 
la pres'.alion doit être fournie. 

(•2) Indiquer en tuutcs lettres la nature et 
la quantité de denrées, voitures ou autres 
prestations requises et, s'il y a lieu, la durée 
probable du service à exécuter- 

(ij Mêmes indications en chilires. 



État -major de 

• régiment do 

• bataillon ou escadron 

• compagnie ou batterie. 



Officiers. 



EflVclif. 



Troupe — 
Chevau.v . . 



Coniniunc de 
Dépaitement de 
Date fixée pour la pi eslation 
Heure fixée pour la preslalion 

(3) 



ce 

M 



O 



ce 

M 

a 



CARNET D'ORDRE DE RÉQUISITION 



Carnet n° 



Feuillet n" 



Il ne pourra être payé de prestations comprises dans 
la présente réquisition que sur la production de reçus 
qui seront délivrés par les autorités militaires pour les 
fournitures faites, ou de cerlificais établis par elle pour 
constater l'e.xécution du service requis. 



ORDRE DE RÉQUISITION 



arniee 

corps d'armée, 
division de 
brigade 



Nom et grade du sigmtairc ( 
(écrits très-lisiblement) ( 



Ktat-major de 

• régiment de 

• bataillon ou escadron 

• compagnie ou batterie 



Le maire de département de 

{ou par exception , en l'absence de la muniripnlité) 
le sieur demeurant ;i 

dép' de est requis de fournir à 

le 18 , à heure du 

les prestations suivantes, savoir: 



I ' Les carnet.? sont destinés aux chefs de corps opérant de plein droit et 
exerçant directement les réquisitions ; 

2" Ils peuvent être revêtus de la délégation des chefs de corps aux fonction- 
naires de l'Intendance et aux officiers envoyés en mission spéciale ; 

3" Ou bien encore, ils peuvent être remisa ces derniers et revêtus de leur 
sous-délégation aux officiers ou chefs de service sous leurs ordres. 

L'ordre de réquisition établi est détaché du carnet à souches, et le double 
reste inscrit sur la souche adhérente au carnet et correspondante au feuillet 
détaché. La mission accomplie ou le carnet épuisé, les souches restées aux 
mains des officiers parties prenantes sont envoyées à la commission instituée 
pour le règlement des indemnités, afin de leur permettre de composer ses 
éléments d'appréciation par le rapprochement de l'ordre de réquisition avec 
le carnet dont ledit ordre est détaché. 

Comme contrôle, du reste , il y a encore le carnet de réception, rhiquel le5 



- lt> - 

officiers chargés de la réception des prestations détaclient le reçu des prestations 
fournies, et, comme dans le cas précédent, ils auront soin de faire parvenir les 
souches à la commission du règ'lement df^s indemnités, alin de compléter les 
moyens d'information. 

Faisons remarquer en passant (ju^il faut bien recommander aux Maires de 
prendre les mesures nécessaires poui' soustraire à la connaissance de l'ennen)i 
les ordres et reçus de réquisition qui pourraient lui donner des indications 
précieuses sur la composition et les ellectifs des troupes. 

EXÉCUTION DE hX H f^QUISITlON. 

Comme nous Tavons dit la réquisition est adressée à la commune, et nnlitiée 
au Maire (1) (Voir p. 6, 1"). 

Ont qualité pour la recevoir : 

I « Le Maire : 

'2" Son ou l'un de ses adjoints dans l'ordre de nomination : 

3" E\ à leur défaut , un conseiller municipal dans Tordi-e du la])leau. 

.Aussitôt l'ordre de réijuisition reçu, le Maire ou son suppléant légal convoque 
pour l'assister deux membres du conseil municipal dans Tordre du tal)leau et 
deux habitants les plus imposés présents. 

Le Maire, sauf le cas d'urgence extrême, cas dans lequt'l il pouria ai;ir seul , 
assisté de ces quatre personnes formant conseil, procédera à la répartition de la 
réquisition demandée. 

Cette répartition porte sur les habitants demeurant (.'Héctivement ilans la 
connnune et .s?n' les conlribnaldes. 

Deux cas peuvent se ]>i'ésenter : 

Si la réfjuisition est inférieure comme (juantité requise aux ressources de la 
connnune, lien de plus simple, elle est fournie en entier. 

Si, au contraire la réquisition dépasse les ressources de la commune, le 
Maire doit tout d'abord livrer tout ce qu'il peut fournir. Il doit conserver : 

i» A cha(|ue famille, les vivres destinés à l'alimentation pendant trois jours ; 

2" A tout établissement agricole, les grains et autres deiu^ées pour la consom- 
mation de huit journées ; 

15" A ceux des haVntanls , téinnei-s , cultivateurs ou auti'es , (jui oui des bes- 

(I) Ce principe sonHre toutefois une exception pour le cas ou une réquisition urgente est 
nécessaire sur un point éloigné du siège de la commune, iiamean , ferme ou toute autre 
habitation isolée, cas dans lequel la réquisition peut être adressée dii-ectement par l'autorité 
militaire aux habitants de ces demeures séparées du bourg ou de la ville, en ayant soin de 
se faire assister dans la répartition par les habitants les plus notables de l'endroit. 



— i:; — 

tiaux, le t'oiurago jiécessaire à quinze journées de nourriture |tar tète de 
bétail. 

Dans le cas où la i'é(iuisition n'est pas complétée, l'autorité militaire conserve 
le droit de véiitication, et si elle découvre des denrées, en procédant à des 
recherches qu'elle a le dioit de faire à main armée , elle peut s'emparer de vive 
force des denrées indûment refusées , dresse procès-verbal de ses prises et 
signale les faits à l'autorité judiciaire. Le Maire est responsable, et, de plus, 
passible d'une amende allant de 25 à 500 fr. 

De même, lorsque les prestations ne sont pas fournies dans le délai prescrit, 
l'autorité militaire conserve le droit d'y procéder par elle-même. 

La répartition dressée par le Maire est obligatoire pour tous les habitants ou 
coniribuables de la commune; elle est sans appel et s'exécute immédiatement. 
Au besoin , en cas de refus des habitants de se conformer à la répartition , le 
MaiFe se fait assister de la force armée, et, dans ce cas, les denrées ou objets 
requis sont saisis, et ro[)posant, renvoyé devant les tribunaux, est, passible 
d'une amende qui peut s'élever au double de la prestation requise. 

Les prestations sont réunies en un lieu indiqué par le Maire et délivrées par 
ses ordres , en sa présence ou en la présence de délégués choisis par lui , aux 
parties prenantes qui en donnent reçu. 

Maintenant que nous avons vu d'une manière générale comment s'exécutaient 
les réquisitions , nous allons reprendre les différents genres de prestations 
ônumérés p. 5 et 6 alin d'inditiuer les règles particulières qui régissent la réqui- 
sition de quel((ues-unes d'entre elles. 

/■' Le logement et le cantonnement pour les hommes et chevaux et pour tout le matériel 

à ta suite. 

Cette importante natuie de prestation devant être i-equise pour ainsi dire 
journellement, nous étudirons à part les dispositions qui en règlent l'application 
(Voir appendice). 

±' La nourriture journutii're des officiers et soldats lofjès che:- l'habitant. 

Les ofliciers devient veiller à ce ([ue les hommes ne se montrent pas exi- 
geants et la loi prend la précaution d'ajouter que la nourriture devra être celle 
en usage dans le pays, condition à la<iuelle doivent ligoureusement se conformer 
les troupes appelées a < u bénéficier. 

Le droit à indemnité ouvert ix l'habitant par l'article '2 de la loi trouvera ici 
son application , et l'officier requérant devra en partant laisser entre les mains 
du Maire un reçu mentionnant le nomltre de demi-journées de noiu'riture. 



— u - 

S" Les vivres ^ et le chauffa ye pour l'armée; les fourrages pour les chevaux, mulets et 
bestiaux; la paille de couchage pour les troupes campées et cantoméfs. 

L'officier requérant doit mentionner sur l'ordre de réquisition la quantité de 
rations requises et la quotité de la ration réglementaire. 

En principe, l'officier doit ne toucher que ce qui est réglementairement alloué 
a ses hommes et à ses chevaux, et le général commandant en chef a seul autorité 
pour augmenter la quotité des rations réglementaires. Il n'est donc pas possible 
de conseiller d'augmenter cette quotité, car, au règlement des comptes, le trop 
perçu ressortirait , et l'officier, pécuniairement responsable, serait obligé à un 
remboursement. Toutefois, dans certains cas urgents, comme cela peut se pré- 
senter pour le commandant d'un escadron de découverte, alors qu'il n'e^t pas 
possible de provoquer des ordres dans ce sens , nous pensons que le chef d'un 
détachement ne doit pas hésiter à forcer la ration de ses chevaux qui a à en 
rendre compte en demandant l'approbation de la mesure que les circonstances 
l'ont engagé à prendre. 

i" Les moyens d'attelage et de transport de toute nature y compris le personnel. 

Si les chevaux, voitures ou harnais sont requis pour une durée dépassant 
cinq jours, ils sont estimés contradictoirement par l'officier requérant et par 
le Maire. ^ 

Si au contraire (et ce sera le cas général pour nous) les chevaux , voitures ou 
harnais ne sont requis que pour un déplacement dont la durée n'excédera pas 
cinq jours , y compris le retour au lieu de la prise de possession , l'officier 
requérant se borne à laisser au Maire un état des chevaux ou véhicules réqui- 
sitionnés. 

En cas de perte ou d'avaries , constatation en est faite par un certificat que le 
chef du détachement ou du convoi laisse entre les mains du conducteur et si 
e chef du détachement ou du convoi, par suite' d'une circonstance particulière 
ou d'un fait de guerre, se refuse à délivrer le , certificat demandé ou ne peut 
l'établir, le conducteur devra faire constater par le juge de paix, ou à son défaut • 
par le Maire de la commune où s'est produit le dommage , les causes de la 
perte ou de l'avarie et la valeur, si la valeur n'a déjà fait l'objet, comme il est 
dit précédemment, d'une estimation contradictoire. 

5" Les bateaux et embarcations qui se trouvent sur les fleuves . rivières , lacs et canaux. 
Comme au paragraphe précédent. 

6" Les moulins et les fours. 
Nous n'aurons à requérir des moulins que pour la mouture de grains destinés 



— 15 — 

à la consommation immédiate. La eonstalion de la mouture par les quantités 
livrées servira de base à l'indemnité. 

7" Les matériaux, outils , machines et appareils nécessaires pour la construction ou la 
réparation des voies de communication et en général pour l'exécution de tous les travaux, 
militaires. 

Si l'usage desdits objets ne doit pas dépasser liuit jours, l'énumération des 
objets requis est simplement consignée sur le reçu. 
Pour plus de buit jours estimation contradictoire. 

^o Les guides, messagers, les conducteurs ainsi que les ouvriers pour tous les travaux 
que les différents services de l'armée ont à exécuter. 

Les chefs de détachement qui requièrent des guides ou conducteurs pour 
accompagner les troupes, doivent pourvoir à leur nourriture, ainsi qu'à celle des 
chevaux conane s'ils faisaient partie de leur détachement pendant toute la durée 
de la réquisition. 

Les guides , les messagers , les conducteurs et les ouvriers qui sont l'objet de 
réquisition reçoivent à l'expiration de leur mission un certificat qui en constate 
l'exécution et qui est délivré : 

Pour les guides, par les commandants de détachement ; 

Pour les messagers, par les destinataires ; 

Pour les conducteurs, par les chefs de convoi ; 

Pour les ouvriers, par les chefs de service compétents. 

Pour les prestations de services personnels exigées des habitants domiciliés 
dans une commune, les habitants désignés par le Maire sont appelés à fournir 
les services ordonnés. 

Si l'un des habitants requis ne se soumet pas à l'appel du Maire, refuse sa 
coopération effective, ou vient à quitter le service pour lequel il est désigné, 
l'officier sous les ordres duquel il doit exécuter ou il exécute le travail demandé 
constate son refus, son absence ou l'abandon de son poste, et signale le fait au 
Procureur de la République chargé de poursuivre le délinquant qui, en temps 
de paix, encourra une amende de 16 à 50 francs. 

En temps de guerre, il n'en est|plus de même, le délit entraînant de graves 
conséquences. L'habitant (jui se sera soustrait aux obligations pour lesquelles il 
aura été requis, tombera sous le coup des dispositions portées en l'article 62 du 
Code de Justice militaire ; il sera traduit devant un Conseil de guerre, et sera 
passible de la peine d'emprisonnement de sixjjours à cinq années. (Art. 194 du 
Gode de Justice militaire.) 



- 16 - 

!J" Le traitemeiil îles wahides on bleasés chrz rinibilanl. 

C'est au Maire ([u'ajtparlifnt de fournir, en les désignant, les locaux à alïecter 
au traitement des malades ou blessés. 

• Les soins de médecins civils peuvent être reciuis, et leurs visites donnent lieu 
à une indemnité spéciale qui sera fixée par la Commission d'évaluation. Le 
médecin requis ne devra pas perdre de vue que, pour être indemnisé, il devra 
présenter ou un certificat du chef du détachement, ou l'attestation de l'hahitant 
ou du malade qu'il loge et le visa du Maiie. 

/flo Les objets d'habillement, iV équipement , de campement, de harnachement, d'armement ■ 
et de coachofje, les médicaments et les moyens de pansement. 

Rien de particulier. 

//" Tous les autres objets et services dont lu fourniture est nécessitée par l'intérêt militaire. 

Ce paragraphe a ]iOur but, dans une sage prévoyance, de fournir la possibilité 
de requérir sans restriction tout objet ou service non compris dans la nomen- 
clature que nous venons de parcourir, et de ne laisser en souffrance, par suite 
de cette généralisation, aucun des intérêts de l'armée. 



G^ 



APPENDICE 



LOGEMENT ET CANTONNEMENT 



Comme nous l'avons indiqué déjà, le logement elle cantonnement des troupes 
sont l'objet d'un travail préparatoire fait en temps de paix et périodiquement. 
Ce travail a un double but : 1» fournir à l'autorité militaii'e-des renseignements 
exacts sur la capacité des localités pour le logement et le cantonnement des 
troupes; 2" sauvegarder les intérêts des habitants en fixant un maximum aux 
charges qui peuvent leur être imposées et en les répartissant d'une façon équi- 
table. 

Comme ce travail, aux termes de la loi, doit être fait tous les trois ans et que 
d'autre parties municipalités ne se donnent pas toutes la peine de dresser l'état 
de répartition qui est le dernier terme du travail et le document mis dans les 
mairies à la disposition des commandants de détachement, il nous paraît utile 
de faire connaître la série des opérations ayant pour but l'établissement, dans 
chaque commune, d'un « état n" 1 de répartition des ressources pour le logement 
et d'un état n° 2 de répartition du cantonnement. » Nous examinerons ensuite 
les droits d'un commandant de troupes en matitire de réquisition do logement 
et de cantonnement : 1° en temps de paix; '2" en temps de guerre, puis enfin 
la manière dont s'exécute une réquisition de cette nature. 

Mais il importe tout d'abord de définir ces deux opérations, « logement et can- 
tonnement » : nous ne pouvons mieux faire que de i-eproduire le texte même 
des articles de la loi : 

(( Art. 8. — Le logement des troupes en station ou en marche chez l'habi- 
tant, est l'installation, faute de casernement spécial, des hommes, «les animaux 
et du matériel dans les parties des maisons, écuries, l'emises ou|abris des par- 



■ 2 — 

ticuliers reconnus , à la suite d'un recensement, comme pouvant être affectés à 
cet usage, et fixés en proportion des ressources de chaque particulier ; les con- 
ditions d'installation afférentes aux militaires de chaque grade, aux animaux et 
au matériel, étant d'ailleurs déterminées parles règlements en vigueur. 

y> Le caniojinemeni des troupes, en station ou en marche, est l'installation des 
hommes, des animaux et du matériel dans les maisons, étahlissements, écuries, 
bâtiments ou abris de toute nature , appartenant soit aux particuliers, soit aux 
communes ou aux départements, soit à l'Etat, sans qu'il soit tenu compte des 
conditions d'installation attribuées, en ce qui concerne le logement défini ci- 
dessus, aux militaires de chaque grade, aux animaux et au matériel, mais en 
utilisant, dans la mesure du nécessaire, la contenance des locaux, sous la réserve 
toutefois que les propriétaires ou détenteurs conservent toujours le logement 
qui leur est indispensable. » 



CHAPITRE 1. 

SÉRIE DES OPÉRATIONS AYANT POUR BUT L'ÉTABLISSEMENT , DANS 
CHAQUE COMMUNE, DES ÉTATS DE RÉPARTITION DU LOGEMENT 
ET DU CANTONNEMENT. 

En exécution de la loi du 3 juillet 1877 (art. 10) et conformément au décret 
du 2 août de la même année (art. 23), il a été établi, dans toute la France, par 
les soins des municipalités, des états n° i et n" 2, indiquant les ressources que 
présente chaque commune povu" le logement et le cantonnement des troupes. 

Ces états sont conformes aux modèles F et G (voir p. 6 et 7) et n'en difierent 
(|ue par le titre. 

L'état de logement est intitulé : 

« Etat modèle n" 1, indiquant les ressources que présente la commune 
de pour le logement des troupes, » 

L'état de cantonnement est intitulé : 

« État modèle n° 2 , indiquant les ressources que présente la commune 
de pour le cantonnement des troupes. » 

Le règlement du 2 août 1877 prescrit l'obligation pour les Maires de dresser 
ces états tous les trois ans en double expédition. 

Ces états imprimés, tout prêts à être remplis, sont fournis aux municipalités 
par les commandants de région. Les maires ont à les remplir en se conformant 
aux règles suivantes : 



— :î — 

État n» 1 (logement). 

Colonne 1 . — Nom de la commune, indioation de l'agglomération principale, 
des hameaux et des maisons isolées. 

S'il s'agit d'une commune rurale, on inscrira en premier lieu le groupe dont 
fait partie la mairie, puis successivement les hameaux, châteaux et fermes ou 
maisons isolées, pouvant servir à loger les troupes. 

S'il s'agit d'une commune urbaine, on la fractionnei'a quartier par quartier, 
le quartier inscrit le premier étant toujours celui où est située la mairie. 

Colonne 2. — Nombre des habitants. 

Le dernier recensement de la population servira de base aux chiffres à inscrire 
dans cette colonne ; ces chiffres modifiés, s'il y a lieu, devront, en tous cas, ne 
pas comprendre la population dite flottante. 

Colonne 3. — Nombre des maisons. 

Pour remplir cette colonne, on se servira aussi, comme base, du dernier 
tableau de recensement, en tenant compte des maisons récemment construites, 
détruites par incendie ou autrement, etc., etc. 

Colonne 4. — Nombre des chambres pour officier. 

On doit entendre par chambre « pour officier » celle dont on peut disposer , 
dans beaucoup de familles, pour un parent ou un ami, quand ces derniers vien- 
nent à l'occasion des fêtes, des marchés, etc. 11 n'est pas nécessaire qu'elles 
soient luxueuses. 

Colonne 5. — Nombre des lits pour officier. 

Dans la plupart des chambres visées au paragraphe précédent, il sera possible 
de mettre à un moment donné, et pour un très-petit nombre de jours, deux et 
quelquefois trois lits par chambre ; deux ou trois. officiers subalternes pourront 
ainsi être suffisamment installés pour une nuit. 

On ne portera comme lits pour officier que ceux qui sont dans des conditions 
convenables d'installation, sauf à recourir, en cas de besoin, aux lits destinés à 
la troupe, pour les donner aux officiers. 

Colonne 6. — Nombre des lits pour la troupe. 

On doit entendre par là tpus les objets de couchage disponibles dans les habi- 
tations, fermes, etc., qui peuvent être utilisés pour les sous-officiers et hommes 
de troupes ; un matelas ou paillasse , avec une couverture , constituent yn lit 
pour la troupe. 

Colonne 7. — Nombre de places dans les écuries, étables ou remises, pour 
chevaux ou mulets. 



Il faut oom])ter environ 1 mètre sur 3 mètres par place de cheval ou mulet. 

On recherchei'a tous les locaux fermés non occupés d'une façon permanente 
et pouvant servir à loger des chevaux, sans se préoccuper si ces locaux sont ou 
non pourvus de mangeoires ou de râteliers; on évaluera la capacité des écuries 
ou étables, en supposant que les animaux qui les occupent habituellement sont 
resserrés, et celle des bergeries, en admettant que les moutons sont parqués en 
plein air. Quant aux remises, granges, hangars, etc., on ne comptera comme 
fournissant des places pour chevaux que ceux de ces locaux où les animaux 
seront non-seulement abrités, mais logés. 

Il en résulte que 'le chiffre à inscrire .dans la colonne 7 représentera le 
maximum des chevaux qu'on peut loger; dans la colonne ((observations», on devra 
indiquer le chiffre dont ce total devrait être diminué pendant telle ou telle 
période de l'année, ainsi que les raisons ou les usages locaux par suite desquels, 
pendant ce temps, la capacité disponible serait devenue moindre. 

Colonne 8. — Nombre des places pour voitures. 

11 faut compter environ 2 mètres sur 5 mètres pour une voiture militaire à 
quatre roues. 

Cette colonne s'applique à tous les abri« pouvant être disponibles à un moment 
donné, tels que hangars, halles, locaux couverts mais non fermés, etc., où l'on 
pourrait abriter des voitures militaires et même des chevaux en cas d'insuffi- 
sance d'abris fermés. 

Par analogie avec ce qui a été dit au sujet de la colonne précédente, le 
nombre de voitures ainsi obtenu représente un maximum ; on devra indiquer 
dans la colonne « observations », le chiffre dont il faudrait diminuer ce total pen- 
dant telle ou telle période de l'année, par exemple au moment où les hangars 
sont pleins de fourrages, etc., etc. 

Si, au lieu de mettre des voitures dans ces locaux, on voulait les utiliser à un 
moment donné , pour abriter les chevaux , le nombre de ces animaux qu'on 
pourrait y placer serait égal à celui des voitures multiplié par 3. 

■ État n" 2 (cantonne.ment). 

Colonnes 1 , 2 et 3. — Mêmes observations que pour l'état n" 1. 

Colonne -4. — Nombre des hommes pouvant être cantonnés dans les maisons, 
établissements, écuries, bâtiments ou abris de toute nature. 

Le cantonnement n'est autre chose que l'abri momentané , l'espace couvert , 
suffisant à l'homme pour déposer son sac et se reposer; dans le cantonnement 
resserré, qui correspond au maximum du nombre d'hommes à cantonner , 
l'espace minimum nécessaire à im homme peut être évalué à 1 mètre sur 2 



mètres ; c'eèi du cantonnement resserré, à l'exclusion de tout autre, (ju'il con-' 
vient de s'occuper, dans cet état n" 2. 

Tout local , non absolument indispensable aux habitants et qui permet de 
soustraire le soldat aux intempéries des saisons, doit figurer au cantonnement 
(sauf les locaux habités par les personnes visées par l'article 'J2 de la loi du 
3 juillet 1877: Détenteurs de caisses publiques déposées dans ledit domicile , 
veuves et filles vivant seules et communautés religieuses de femmes.) 

Pour évaluer le nombre de places de cantonnement ainsi fournies, o)i suppo- 
sera les granges, greniers, hangars, bergeries, etc. dans l'état où ils sont aux 
moment de l'année où ils ollVent la plus grande capacité disponible, sauf à 
indiquer dans la colonne « observations » le chiftVe dont il faudra au besoin 
diminuer le total du cantonnement , pendant telle ou telle période de l'année : 
les limites de cette {)ériode seront indiquées, ainsi que les raisons ou les usages 
locaux par suite desquels la capacité de cantonnement se trouverait amoindrie. 

En conséquence, la colonne -4 fera connaître quel est le nombre maximum 
d'hommes pouvant être cantonnés dans la conmaune, à l'exclusion de tout 
logement fourni aux officiers ou aux chevaux. 

Ce nombre sera le plus souvent considérable ; et en dehoi's de cas tout-à-fait 
exceptionnels, on n'aura pas besoin de recourir à la totalité des ressources ainsi 
relevées. 

Les (( états » ainsi dressés par le Maire sont envoyés au Pj'éfet qui les reçoit 
du Maire pour les transmettre au commandant de région , afin que ce dernier 
puisse être à même de se servir de ces indications comme base des opérations 
successives de la marche des troupes. 

De plus, afin d'éviter les erreurs de la part des Maires, Ces « états » sont l'objet 
d'une révision faite par des officiers envoyés en mission par le Ministre de la 
guerre dans chaque commune. 

Des tableaux récapitulatifs sont, après cette vérification, imprimés ou auto- 
graphiés par les soins du commandant de région et tenus en tout temps à la 
disposition : 

1" Des officiers généraux exerçant le commandement ; 
2" Des Intendants militaires ; 
3o- Des commissaires du l'èglement des indemnités ; 
4" Des Maires par exti'aits concernant leur commune. 

Le double par extrait des « états » (voir ci-contre modèles F et G) est donc 
envoyé à chaque commune, et dès que cette pièce parvient au Maire, ce fonc- 
tionnaire convoque le Conseil municipal et dresse à son tour un état indicatif 
particulier à sa_^ commune, où il a soin de consigner les ressources de diaipic 
feu ou maison, afin d'arrêter, par une délibération prise en consi'il, Toi'drc dans 



— 6 - 

lequel les habitants de la commune auront à supporter, à tour de rôle, les 
charges du logement ou celles du cantonnement, suivant la nature de la réqui- 
sition. 



DEPAnTKMK>r 



ABHONDISSEMKJÎT 
d ■ 



MODÈLE F. 

LOGEMENT. 



EXTRAIT DES TABLEAUX RECAPITULATIFS 

ÉTABLIS POLR I.A ■" RÉGION. 



Art. 10 

(le In loi (lu 

3 juillet 1877. 



Art, 2.5 
du déirel du 
2 août 1877. 



ÉTAT révisé par l'autorité militaire des ressources que présente la commune d 
pour le logement des troupes. 



NOM l»l-: LACOMMUMs 

indiralion 
de i'jiggloméralion 

principnle, des 
h;imeaux el dos 

maisons isolées 

(1) 



NOMBRE 



des 

hnbi- 
lanls 



des 

mai- 
sons 

(3) 



des 

cliaiiibr. 

pour 
oflicier 



(i) 



dis iils 

pour 

clTirier 



des iils 
pour 

la 
troupe 

(6) {•) 



Totaux. 



NOMBRE 

DE PLACES 
dans les écuries, 
élables o;i remises 



l'Our 
chevaux 
mul. ou 
bestiaux 

(7) 



pour 
voilu- 
res 

(8^ 



OBSKRVATIONS 



Les Maires deviont 
en dressant la liste de 
répartition corrcspon- 
danleaux éiionciation 
portées dans les deux] 
étals F et G , pour le 
logenient et le can- 
tonnement , prendre 
soin d'établir cette 
liste par ordre d'em- 
placement de façon a 
per.Tietlre aux hom- 
mes £;roiipés sous la 
main de leurs chefs, 
de se porter rapide- 
ment el sans confusion 
aux lieux de rasseui- 
blement , ce (jui ne 
pourrait se faire si , 
par exemple, l'ordre 
suivi pour la réparti 
lion était celui du ta. 
bleau des contribua- 
bles ou simplement 
l'ordre alphabétique 
du nomdes habitants. 
— (Corn, page '32. - 
Rég Art. -JS^p. 147J. 



(*) Les hommes de troupe sont logés chez 
rhabitant à raison d'un lit par sous-oflicier 
et d'un lit ou ou moins d'un matelas et une 
couverture pour deux soldats (Art 23 du 
décret du 2 aoilt 1877 ) 



18 



f.e Général commandant le ' corps d'armée. 



DEPARTEMKM 



MODÈLE H. (RECTO) 
TlllMESTliE KS . 



AKRONDISSEMEM 



(1) E REGIMENT D 



(1) Intlicalion du corps de Iroupeeldc la 
iporlinn du corps. 

(2) Si la période d'occupation comprend des d 
inuils .ifférenles à plusieurs Irimeslrcs . il esl 
clabli des étals distincts par trimestre. 

(3) On ne comple dans cette colonne qu'une 
nuit pour deux ûfliciers logeant ensemble. 

(4) Indiquer en toutes lettres le nombre de 
nuits pour chaque catégorie. 

(3) Chefs de corps ou de délai bernent. 

(G) Au dos des étals d'cfTectif, se trou>e un 
^Mat nominatiroù liont imliqués l>'S militaires 
et animaui qui ont éprouté des mutations 
pendant la période d'occupation relevée à 
lélald'elTeclif. (Voir modèle U bis). 

Les mulaiions provenant de départ ou 
dl'arrivée de détachement n'y seront portées 
que numériquement. 

Ces états signés des chefs de corps seront 
remis aui Maires en exécution de 1 article 30 
du règlement. 

(7) Ces étals différent pour les énoncia- 
tions suivant qu'il s'agit du logement ou du 
cantonnement. Us ne varient que dans lesla- 
bleaus d'énoncialion. Ils sont en tous aulres 
points semblables; c'est pourquoi nous ne 
donnons qu'une seule formule , bien que 
chacun de ces étals forme une feuille séparée. 



(1) (BATAILLONS, ESCADRONS OU U.VrTERIES). 

ETAT HVMÈRIQVE des officiers, sous officiers. soldais, chevaux et mulets nui 
ont été loges ou cantonnés dans la commune d ■ 'du 

au inclus (2} 



Loi dn 3 julllel I87T. 

Arlicle : o 
du décret du i aoill 1877. 

Instruction ministérielle 
du 2.Ï avril 1878. 

Modèle n" t. 



APPLICATION m MODÈLE H. 















LOGEMENT 


(7) 










CANTONNEMENT (7) 


PÉRIODES D'OCCUPATIO.V 




EFFECTIF 


NO.MBRE DE NCITS 




EFECTIF 


MHBM «i sms 


«IBcitPS 

:»;« 

seuls 

13 

1 

~n 

7 
7 


par 
Jeux 

16 

lu 

10 
ti 


officiers 

18 

1 
49 
23 

24 


soldais 
608 

"êôs 

304 
304 


chevaux 

el 
auleU 

1 
3 

3 


ollieiers 
lorfs 
seuls 

103 

11 

214 
68 

3'tU 


olBcien 
logi's 
par. 
(Icui 

218 

~248 
51 

197 


offleiers 

1488 

1490 
243 

1247 


soldats 


chevaux 

et 
lUuWs 

155 

12 
167 
27 

140 


«liciers 

et 
houiraes 

de 


chevaux 

et 
iiulels 


fifflciers 

el 
hamnes 

de 


chevaux 

el 
mulets 


Effectif des hommes présents ou f'jour du tri- 
mestre (ou de l'occopalioii) et nombre de 


18 848 











A augmenter d'après les mutations inscr 


tes 


Totaux 


18 848 

3 018 

15 800 






A augmenter pour les mêmes motifs (6). . 

Effectif au dernier jour du trimestre (ou 

l'occupation) et t.ilaui des nuits .... 


•• 
de 
















(iERTlFIK 


e présent état ui 


jnlant aui 


juaui 


lés du l 


j 













Le Sous-lnlcndant militaire : 



Le ,5) 



Extraitde la circulaire duibavrit 187f) 
décision du 8 avril 1878. — [Circulaire n- 
17*0. [Services administratifs. — Hôpi- 
taux), — Je recommaiiderai tout particuliè- 
rement l'exécution des prescriptions du 2' pa- 
ragraphe de l'article 30 précité du décret, qui 
dispen-ent les corps de troupe d'établir n-s 
élatsdurantla période drsmanœuvresou de la 
mobilisation. Les troupes auront donc à four- 
nir aux Maires les étals d'effectif du nouveau 
modèle, pendant U durée des mouvements 
qu'elles exécuteront , soit pour se rendre aux 
points de concentration fixés pour le commen- 
cement des manœuvres, soit pourrentrer dans 
leurs garnisons; mais elles cesseront de les 
■délivrer dans le cours des manœuvres elle*, 
mêmes, le logement et le cantonnement pen- 
dant celte période devant, aux termes de l'ar- 
ticle 15 de laloidu 3 juillet 1877, être fournis 
à litre eatiéremeul gratuit. 

Les étals d'effectif qui font l'objet de la 
présenle inscripliun devront être dressés par 
les soins des corps intéressés, par analogie 
avec ce qui s'est pratiqué jusqu'ici pour ré- 
tablissement des cerliOi ats des chefs de corps 
qu'ils sont destinés à remplacer. 

Signé : Général BoncL. 



(1) Les mut.itionsv provenant de départ ou 
d'arrivée de délachenients, ne seront portées 
que numériquemenl. 

(2) On ne compte dans celte col jnne qu'une 
nuit pour deux nlBciers logeant ensemble. 



MODÈLE H bis. (verso) (1) 
ETAT NOIUIIS'ATIF des militaires el animaux qui ont éprouvé des mutations du l" 

LOGEMENT 



au 31 mars 1878 inclut 



OUUI^ 


>OMS 


uialri- 


KT 


cules 


PHÉNOMS 




M. Lcclerr.... 
M. Durand... 


Î425 


Jouanneau.... 




Ribouet 




Guibert 

L'Endormi ... 
L'Abeille 



Capitaine 
S.lieut. 



Sergent 

Idem 

Sol.dl'cl. 
Cheval 
Jument 



CANTONNEMENT 



MITT.VTIONS ET MOUVEMENTS 



Le 2' bat. esl parti p Nevers le 22 mars. 

Parti en perm. de huit jours le 24 mars. 

Eniré à l'hôp. de X... le 21 mar.<, logeant 
avec M. Martin, qui va loger seul à par- 
tir de ce jour , 

Nommé serg.-maj. à la comp, du 1" bat. 
Parti le 29 n)ars p. rejoind. celte comp. 

Venu des laporaux de la V comp. du 
i" bataillon le 29 mars 

Enl.à l'bttp.de. Ic2i mars, sorti leSOdud. 

Abattu le 25 mars 

Venue du dép. de rem. d'Agen le 20 mars 
To'aui 



AUGMENTAÏI0N3 



oltici^rs 

logfs 

par deux (2) 



AUGMENTATIONS 




Vu: 

Le Siius- Intendant mUitair» : 



Ckriihé pak le (2) 



- 10 — 



Commune de 

ÉTAT N° 2. 
Répartition du cantonnement. 



DESIGNATION 

PAU BUK 

des maisons ou mojrn 

de 1-ur numéro 

el du nom 

de leurs propriétaires 

I 



NOMBRE MAXIMUM 



des hommes 
pouvnnt 

élre 
rantonnés 



des chevaux 
pouvant 

élrc 
l'anlonnds 



OBSERVATIONS 



RuK Neuve. 
N" I . Pierre . . . 



3. Paul 

5 Jean 

KcE DU Lycée. 
1. Bertrand. , . 
3. Pierron . . . 



20 



Les granges, remises, écuries, hangars, cic,. pouvant servir d'abri aus«i bien aiii hom- 
mes qu'aui chevaui, doivent être comptés pour la délerminalion des chilTres à inscrire 
dans ch.ifU'e des colonnes 2 et 3 ; on saura que pour chaque ciK val abrité il faut tliini- 
nuer de 3 le nombre des hommes pouvant être ciulonnés. Ainsi, au n" 3 de la rue Neuve, 
chez M. P.iul, im peut cantonner UO hotnmcs ou aochevam cl 62 hommes (26 X 3 + 
62 - 110). 



Dans la colonne 1 , on aura soin d'écrire les noms de rue en gros carac- 
tères , et au-dessous de chacun d'eux , les maisons de la rue en les désignant 
autant que possible par leur numéro et le nom de leur propriétaire. 

On suivra d'abord un des côtés de la rue avant de passer à l'autre. 

Dans les localités un peu importantes , des états séparés devraient être établis 
par quartier. 

Tous les états, copiés à plusieurs exemplaires , seront conservés avec soin 
par les municipalités, et une copie sera confiée à l'officier chargé de préparer 
le cantonnement, afin de lui permettre de faire la répartition des troupes selon 
la contenance des locaux. 

De plus, pour que cet officier puisse se rendre compte immédiatement de 
la position et de la distance des écarts, il serait à désirer qu'il trouvât à la mairie 
un plan de la commune indiquant les ressources de l'agglomération principale 
et de chacun des écarts, pour le logement ou le cantonnement des hommes et 
des chevaux. Ce plan pourrait être la copie du plan d'assemblage cadastral mis 
à jour , sur lequel on ajouterait les renseignements ci-dessus. (Instructions 



DÉPABTEME>IT 



AnnONDISSEUENT 



CANTON 



— 7 — 
MODÈLE G. 

CANTONNEMENT. 



Art. 10 

de la loi du 

. 3 juillet 18T7. 



EXTRAIT DES TABLEAUX RECAPITULATIFS 

ÉTABLIS POUR LA ' RÉGION. 



Art. 25 
du décret dii 
2 août 1877. 



ÉTAT révisé par l'ai 


torilc militair 
pour le ran 


des ressources que présenlc la commune d 
tnnnement ries troupes, < 


MOM DE LA COMMUNE 

indicalion 

de l'agglomération 

des hameaui 

et des maisons isolées 

(1) 


des 
habi- 
tants 

(2) 


NOMBRE 

DES HOM»ES 

des pouv. êlre cantonnés 

dans les maisons. 
'^^I- élablissem., écuries , 
cnnc bàliraenls ou abris 
°°"' de loule nature 

(3) (t) 


OBSERVATIONS 


Tolaui 

















le 
Le Général commandant le ' corps d'armée , 

11 est avantageux de disposer de la manière suivante le tracé de l'état indi- 
catif par maison, des ressources de la commune, qui, aux termes de l'article 26 
du décret du '2 août 1877, doit être établi par les municipalités. 

Commune de 

ÉTAT N° 1. 
Hépartition des ressources pour le logeinent. 



DÉSIGNATIO.V 

PAR KDE 

des maisons au moyen 

de leur numéro 

el du nom 

de leur propriétaire 

1 



RoB Neuve. 
N" 1. Pierre . . . . 

2. l'aul 

3. Jean 

RuK DU Lycée. 

N" 1. Bertrand . . 

2. Pierron . . . 



de 
chamb. 



de lils 

pour 

oQiciers 



de lils 
pour 



places 

pour 

chevaux 



de 

places 

pour 

voitures 

6 



OBSERVATIONS 



(3) On ne peut compter comme lits pour ollicicrs que ceux qui sont dans des chambres 

pour officiers. 
(5) Dans des abris fermés, tels que écuries, étables, granges, remises, etc. 
(6] Dans des abris ouverts, tels que hangars, etc. 



Voir état n" 2, page 10. 



— 11 - 

du 9 avril 1881 lelalives à l'application du décret du 'i août 1877 en ce qui 
concerne le logement et le cantonnement de troupes.) 

Cette dernière opération est loin d'être faite dans toutes les communes ; de sorte 
qu'on trouve plus fréquemment dans les mairies les états F et G (p. 6 et 7) que 
les états n° 1 et n" 2 (p. 7 et 10). 

Nous nous permettrons de faire observer que l'état de recensement établi pour 
le cantonnement principalement, deviendrait pour l'ennemi entre les mains 
duquel il tomberait en cas de retraite de l'armée, un document très-précieux 
qu'il importe d'éviter de laisser surprendre, de même que les états d'eifectifs 
laissés aux Maires par les commandants de troupes, indications (ju'il est de toute 
nécessité, à notre avis, de mettre rapidement à l'abri en les faisant transporter 
en retrait de la ligné des hostilités. 

L'un et l'autre de ces documents contiendraient pour l'ennemi des rensei- 
gnements précis et officiels à la fois sur les forces réelles des corps qu'il a 
devant lui, et sur la possibilité d'abriter un effectif déterminé à l'avance. 

Il nous paraîtrait donc très-important que , dans la praticjue , les Maires des 
communes comprises dans un rayon proche de la ligne de combat fussent invités 
à se tenir prêts à faire remettre , en cas d'alerte , aux mains du commandant le 
plus proche, les pièces dont nous venons d'indi<iuer l'usage, états d'effectifs, 
états de répartition , états de recensement, afin de les soustraire à une surprise 
de l'ennemi. 

Le commandant de la région aurait toujours en réserve et disponible, pour le 
cas où l'armée, par un retour offensif, libérerait les communes démunies de leur 
état de recensement, un double des extraits du tableau récapitulatif prescrit par 
l'article 23 du règlement, destiné à parer à l'éventualité d'un envoi immédiat à 
la commune. 

Ces mesures de prudence nous paraissent devoir être prises dans un intérêt 
de défense que nous faisons ressortir ici à titre d'observation, et qu'il serait facile 
de porter à la connaissance des Maires, par les commandants de corps d'aim ée 
sur les points menacés. (Traité des réquisitions militaires, par Legrand). 



CHAPITRE IL 

EXÉCUTION DES liÉQUISITIONS DE LOGEMENT ET DE 
CANTONNEMENT. 

L'autorité militaire reste seule juge de la piitportion suivant laquelle les 
ressouices des différentes localités devront être utilisées en raison de l'edectif des 



— 12 — 

troupes , à la cofidition l(Jutefois de ne pas dépas^^ei' les chiiries portés sur 
l'état n" 2. . • 

Naturellement, dans le cas où les locaux sont requis pour le logement, ils 
sont portés en déduction du cantonnement, et réciproquement. 

Logement, -r- Quand les troupes logent chez Tliabitant (ce «jui a lieu lors- 
qu'elles voyagent pour changer de garnison, se rendre aux manceuvres ou en 
revenir), les officiers sont logés seuls dans des chambres reconnues à l'avance. 
Si le nondjre des chambres est inférieur à celui des officiers, on i)eut mettre 
deux officiers du grade de lieutenant ou sous-lieulcnant dans une chambre à 
deux lits. 

La troupe est logée à raison de un lit fou un matelas et une couverture) j)Our 
deux caporaux ou soldats ; vui lit poui' chaque. sous-officier. 

Ces lits j)euvent au besoin être placés dans des chambrettes, boulangeries, 
greniers à grains, etc. 

Les chevaux sont installés dans les places disponibles {\qî< écuries , étables , 
remises , etc. 

Cantonnement. — (Jn a recours au cantonnement' lorsque , en raison de 
l'effectif des troupes , il n'est pas possible de les loger. C'est ce qui arrive 
pendant les manœuvres d'automne. 

Si les ressources de la localité le permettent , on requiert à la fois le can- 
tonnement pour les hommes et le logement pour les officiers et les chevaux. 

On utilise tous les abris, de façon à assurer à l'hommi; l'espace couvert suffi- 
sant pour se reposer; cet espace peut être évalué à 1 mètre sur 2 mètres. Tout 
local (chambre, remise, écurie, grenier, grange, hangar, etc.) non absolument 
indispensable aux habitants, et qui permet de sousliaire le soldat aux intem- 
péries des saisons, peut être requis pour le cantonnement 

Les propriétaires ou détenteurs conservent seulement les locaux qui leur sont 
nécessaiies pour leur logement et celui de leurs animaux ou njarchandises. 

Dans le cas où les abris sont insuffisants, des chevaux sont mis à la corde, 
en plein air. 

Arrivée d'une troniie qui doit séjourner dans une localité. — Lorsipi'une 
troupe doit séjourner dans une localité, le Maire en est prévenu à l'avance. Il 
fait préparer les Ijillets de logement (pour les officiers, la troupe et les clievaux, 
en cas de logement ; pour les officiers seulement en cas de cantonnement de 
manœuvi e, si la localité permet à la fois de loger les officiers et de cantonnei" la 
troupe). 

En ari'ivant , l'officier qui précède la colonne reçoit ces billets , les distribue à 
la troupe, et, à l'aide de l'état indicatif des ressources de chaque maison, fait 
la répartition du cantonnement. 



— 13 — 

Un conseiller municipal doit rester k la mairie assez longtemps après l'arrivée 
de la troupe pour régler, de concert avec l'oflicier de garde, les réclamations qui 
peuvent se produire au sujet du logement et du cantonnement. (Instructions 
relatives à l'application du décret du 2 août 1877 en ce qui concerne le loge- 
ment et le cantonnement des lroui)es.) 

Remarquons que l'article 11 du titre 3 de la loi permet au commandant de 
détachement d'exiger que les hommes et les chevaux appartenant aux mêmes 
unités constituées soient logés dans le même quartier. 

Hors le cas de mobilisation, le Maire ne pourra envahir le domicile des 
absents; il devra loger ailleurs à leurs frais. (Article 13.) 

En cas de guerre, le Maire devra, tout en entourant l'occupation du domicile 
de l'absent de toutes les précautions désirables pour garantir de l'abus de 
jouissance, faire ouvrir les portes et y abriter les troupes. 

Ces précautions consisteront dans l'ouverture des lieux en présence de témoins, 
et, autant que cela sera possible, dans la conservation des objets mobiliers inutiles 
ou superflus à l'occupation militaire en les faisant porter dans un local fermé. 

La seule différence entre le pied de paix et le pied de guerre réside dans 
l'envahissement du domicile des absents que la guerre seule autorise et que la 
mobilisation partielle ne justijierait i»as. 

Etats d'effectifs. — Toutes les fois que l'occupation d'une localité doit donner 
lieu au paiement d'une indemnité (1), le commandant de la troupe doit remettre 
au Maire un état d'effectif conforme au modèle H, pag. 8 et 9. 

Cette indemnité est due : 

Pour toute occupation au-delà de trois nuits par mois dans le même local par 
des troupes de passage en marche , par des troupes de résidence occupant une 
place forte en vue d'un siège, ou des troupes de concentration dans les places, 
villes ou villages, après la période de mobilisation expirée. 

Car l'indemnité de logement n'est pas due pour des troupes qui manœuvrent, 
ni pour des troupes qui se rassemblent dans leurs lieux de mobilisation. 

Le nombre des nuits se compte non pas d'après le temps passé par une seule 
troupe et la même, mais par l'occupatioa eil'ective du local pendant plus de trois 
nuits dans le cours d'un mois, que la troupe occupante reste la même ou que 
différents détachements et différentes armes s'y succèdent. 

Dégâts chez l'hahitant. — La première opératioh consiste en un procès- 
verbal du fait qui s'est produit, dressé contradictoirement : 

En temps de paix : par le Maire de la commune , en présence et avec le 
concours de l'officier commandant la troupe, ou par l'officier détaché par le 

(i) Les Maires ne sachant pas si d'autres troupes ne viendront pas stationner sur la 
(îoniiruuie avant-un mois peuvent toujours exiger les états d'ed'eclif. 



- 14 - 

commandant de la troupe et laissé en arrière pour constater les plaintes. 
(.... Un officier sera laissé à cet effet par le commandant de la troupe, article 14 
du titre III.) 

En temps de guerre : par le Maire et par l'officier laissé en arrière pour 
recevoir les réclamations. A défaut de l'officier, si le départ inopiné de la troupe 
n'a pas permis d'en laisser un, l'habitant devra s'adresser au juge de paix ou en 
son lieu et place au Maire en l'absence de ce dernier; l'une ou l'autre de ces 
autorités se transporte sur les lieux , constate le dégât, fait une enquête, dresse 
un procès-verbal et le remet à l'intéressé qui les a requis pour qu'il puisse 
faire valoir ses droits devant la commission des indemnités, par l'intermédiaire 
du Maire. 

Le délai pour les habitants qui ont des griefs à exposer est de trois heures 
après le départ de la troupe, soit qu'ils s'adressent à l'officier laissé en arrière 
pour recueillir les réclamations et qui , en temps de paix , ne doit quitter la 
localité que trois heures après le départ du dernier détachement, soit qu'ils aient 
à porter leurs plaintes devant le juge de paix , le Maire ou toute autre autorité 
en l'absence des deux premières, ce qui ne se présentera que très-rarement. 

Ce délai est de rigueur , et l'action est forclose l'heure passée sans que la 
réclamation soit présentée ; le procès-verbal devra donc mentionner l'heure 
exacte du départ de la troupe. 

En temps de paix, le procès-verbal est envoyé à l'autorité militaire. 

En temps de guerre, le procès-verbal est assimilé à l'ordre de réquisition et 
vaut comme tel. 



Saumur, imp. P. Godet. — y4823 



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