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Full text of "De l'influence de l'écriture sur le langage : suivi de grammaires barmane et malaie, et d'un aperçu de l'alphabet harmonique pour les langues asiatiques, que l'Institut Royal de France a couronné en 1827"

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in 2010 witii funding from 

University of Ottawa 



http://www.arcliive.org/details/delinfluencedelOOsclil 



DE 

L'INFLUENCE 

DE L'ÉCRITL'RE 

SUR LE LANGAGE. 

mkmoirt: çn , en 1828 , ^ partage le prix fonde 

PAU M. LF COMTE DE VOLSEY ; 

, Sl'll I 

DE GRAÎVIMAIHES BARMA^E ET MALAIE, 

ET d'iFN aperçu 

DR l,'liI.PH\BKT H\RM0A19rK POUR LKS LA\RUES ASIATIQUKS, 
UVK I,'l\STITLT ROYAL OK ,FR,VSCE A COURONNÉ KN 182Î. 

A.A E. SCHLEIERMACHER, 

CO>SF.II,I,KR INTOIK I>K S. A. R. LE GRAND-DUC DE IIESSE. 



r.entfs qunqiiP ac lora et alla miilla 
r«'p**ria5 inlPT noniinuin causas. 

Oiiinlil. liit(i(.oral. I. <t 



DARMSTADT, 1835, 

J. W. H E Y E R , ( G. J O N G H A U 8 ). 

MAYENCE , A. Leroux. — MANIVHEIM , Artaria & Fontaine. 
PARIS, Mme v^e DoNDEY DupRÉ. - LONDRES, Black, 

YOUNG & YoiTNG. 



H 






PREFACE. 



13 es circonstances indépendantes de ma volonté ont retardé 
de plusieurs années la publication de ce livre, dont Tini- 
pression , interrompue par d'assez longs intervalles, vient 
enfin d'être terminée, après avoir été commencée en 1830. 
Ce délai, qui n'a pas été sans inconvéniens pour moi, est 
cause de l'inégalité du papier, dont je ne me suis aperçu 
que trop tard. 

Le Mémoire est publié ici sans aucun changement tel 
que je l'avais soumis à l'Institut Royal de France. Mais 
j'ai fait beaucoup de corrections et d'additions aux ^ap- 
pendices, tant à la grammaire barmane , à laquelle j'ai 
ajouté encore Isl Liste de 7'aeincs^ qu'à la grammaire ma- 
laie, qui maintenant a reçu une étendue qu'elle n'avait pas 
auparavant. 



n prp'face. 

J'aurais pu, à la véritë, me borner à ne publier que 
le mémoire, et circonscrire les deux appendices dans les 
limites les plus étroites; mais il m'a paru que le mémoire 
offrirait trop peu d'intérêt, s'il n'était pas accompao;aé 
de quelques pièces d'une utilité plus générale. D'ailleurs 
la grammaire barmane de Carey*) est si rare et si chère, 
qu'un travail qui en présente tout le contenu, quoique 
avec des changemens et sous des formes différentes, devait, 
selon mon opinion, avec les augmentations qu'il présente, 
être agréable à beaucoup de personnes qui s'occupent de 

linguistique. 

J'avais encore une autre raison de ne pas trop en re- 
streindre l'étendue; c'était l'envie de satisfaire au désir 
exprimé jadis par l'illustre fondateur du prix, que l'al- 
phabet harmonique fût employé un jour à publier des 
dictionnaires et des grammaires de langues asiatiques. 
Or, peu de ces langues offrent tant de difficultés ortho- 
graphiques que le barman , dont la prononciation et l'or- 
thographe diffèrent tant l'une de l'autre. C'était donc un 
essai pour voir jusqu'à quel point il serait possible de 
concilier ce qui devait paraître presque inconciliable, un 
essai pour chercher à vaincre des difficultés, qui ne se 
présentent dans la même proportion que pour quelques 
idiomes seulement. 

Sans doute il ne m'appartient pas de préjuger la ques- 
tion générale sur l'alphabet harmonique; lorsque pour 
la première fois en 1821 elle fut posée, je n'en crus pas 

*) A Grammar of tbe Bunnan Language To which is added, a 
List of the simple Roots froiii which the Language is de ived. 
By F. Carey. Serampore, printed at the Mission Press. 1814.8? 



PREFACE. III 



Ja solution trop difficile, et je l'abordai parce qu'elle me 
pre'sentait quelque chose d'attrapant et que j'aimais à 
vaincre les obstacles qui devaient s'élever. En prenant 
pour base de toute transcription l'orthog^raphe des langues 
qu'il fallait transcrire, je pensais qu'on devait chercher 
à exprimer la prononciation, autant qu' il serait possible, 
par les lettres de l'alphabet harmonique choisies pour 
rendre celles des idiomes étrangers, mais que jamais on 
ne devait sacrifier la rigueur de l'orthographe à la pro- 
nonciation- Tout indifférent que pouvait être le choix des 
signes accessoires ajoutés aux lettres romaines, pourvu 
toutefois qu'ils fussent employés d'une manière consé- 
quente , le principe néanmoins , sur lequel devait être 
fondé l'alphabet harmonique, ne me paraissait susceptible 
d'aucune modification importante. 

Le temps qui s'est écoulé depuis n'a rien changé à l'opi- 
nion que j'avais émise alors sur ces principes, et la gram- 
maire barmane présentera donc un exemple de l'applica- 
tion de l'alphabet harmonique à une lang-ue, où l'accord 
de l'orthographe avec la prononciation offre le plus de 
difficultés. 

Le malai, au contraire, se transcrit facilement en let- 
tres européennes; mais une autre raison me porta à ne pas 
en rejeter la grammaire, quoique elle eût une étendue 
assez considérable. Après avoir cherché à approfondir 
le système grammatical d'une langue qui, malgré les tra- 
vaux estimables qui existent déjà, me paraissait néanmoins 
offrir encore tant d'obscurité, je croyais avoir réussi à 
jeter quelque lumière sur ce sujet, et à réduire à des 
principes plus précis des règles parfois assez vagues. Il 



IV PUEFACE- 

faut dire cependant qu'au lieu de nouveaux secours je n'ai 
eu que ceux qui m'ont été fournis par mes devanciers , 
par les ouvrages de Werndly , de Marsden, de Robinson, 
dont aussi j'ai tiré tous Jes exemples; mais l'application 
de ceux-ci aux règles particulières et les développemens 
sur le génie propre delà langue m'appartiennent en grande 
partie, et je m'estimerai heureux d'avoir présenté quelques 
nouvelles données. 

On trouvera peut-être que j'ai multiplié trop souvent 
les exemples pour éclaircir des points qui ne présentant 
aucune difjRculté; si j'ai agi de la sorte, c'est qu'il m'a 
semblé, que dans une langue, qui sous plusieurs rapports 
paraît si vague, il faut plus que dans une autre habituer 
dès le commencement l'esprit à la construction particu- 
lière, pour lui faire acquérir un certain tact, qui quelque- 
fois le guidera mieux que les règles grammaticales. Aussi 
n'a-t-il fallu que quelques feuilles d'impression de plus 
pour les admettre, tout nombreux qu'ils étaient. 

J'aurais bien désiré pouvoir pareillement donner plus 
d'exemples pour le barman; toutefois ceux que j'ai donnés 
suffiront, j'espère, pour faire connaître le caractère par- 
ticulier de la construction de cette langue. Les mots de 
ces exemples qui ne sont pas expliqués dans les notes, se 
trouveront dans la Liste de lacines à la fin de la gram- 
maire, ou parmi les particules, (p. 262 et suiv.) ou dans 
la table alphabétique des mots barmans qui servent à 
former les différentes parties du discours, p. 305. 

Dans la traduction des exemples j'ai tâché surtout de 
m'approcher des textes originaux autant que le génie de 
la langue française me l'a permis; je l'ai quelquefois sacri- 



PIIK^ACE. 



fié même, pour rendre ce rapprochement plus exact. En- 
core ai-je du recourir au latin pour faire des traductions 
interlinéaires du barman, lesquelles cependant, je l'avoue, 
sont parfois presque aussi obscures que i'orig;inal qu'elles 
doivent expliquer. 

Dans la rédaction de ces grammaires je ne me suis 
astreint à aucun système g-rammatical; aussi n'ai-je pas 
été trop difficile au sujet des dénominations que j'ai em- 
ployées pour les différentes parties du discours. Quelque 
utile qu'il puisse être de les choisir soigneusement pour 
une de nos langues, il ne s'en suit pas, que les mêmes 
distinctions qu'on a cru devoir établir, et par conséquent 
les mêmes dénominations soient également convenables à 
d'autres langues. Ainsi, pour en donner un exemple, si 
dans telle langue on distingue les adjectifs possessifs, 
démonstratifs et indéfinis des pronoms analogues, cette 
distinction, peut-être très-juste pour cette langue, ne s'ap- 
plique nullement à telle autre, qui peut regarder tous 
ces mots ou comme adjectifs, ou comme pronoms, ou 
exiger aussi d'autres divisions et dénominations. Il en est 
de même des temps des verbes si différens dans les diver- 
ses langues, et qui présentent souvent dans les unes des 
nuances de signification, que d'autres sont à peine en état 
de rendre. Et plus on cherche quelquefois à approfondir 
ces distinctions, à bien établir la nature de certaines par- 
ties du discours, plus on se trouve embarrassé dans des 
difficultés souvent presque inextricables. Les grammai- 
riens aussi ne s'accorderont jamais, à ce qu'il paraît, sur 
ces points, de sorte qu'il semple avantageux, de ne pas 
pousser trop loin ces recherches toutes les fois qu'on ue 



VI PREFACE. 

s'y trouve pas contraint par un système une fois adopté , 
qui peut-être ne permet plus de reculer. 

Il y a des langues riches en formes grammaticales qui , 
pour marquer les rapports des noms entre eux, ont dans 
les déclinaisons des cas inconnus aux langues classiques, 
qui les ont perdus avec le temps ; car nul doute qu'elles 
n'aient eu autrefois des cas , qui ont disparu avant que ces 
langues aient commencé à avoir une littérature. Je me 
suis servi quelquefois de dénominations de cas en usage 
pour des langues bien différentes, si leur emploi m'a paru 
convenable; j'ai donc parlé d'un instrument al, d'un so- 
ciaiify d'un locatif; je n'ai pas hésité à me servir des 
termes de potentiel, prohibitif etc. pour marquer des 
modes ; mon unique but ayant été de m'exprimer avec une 
clarté suffisante; ce que je croyais pouvoir faire mieux 
par ces termes, qu'en employant toute autre méthode. 

Pour des raisons semblables j'ai toujours mis l'article 
masculin non-apostrophé devant les noms des consonnes, 
qui dans les différentes langues commencent tantôt par 
une voyelle, tantôt par leur propre son. 

Cependant je dois observer qu'au fond je ne suis ni 
grammairien ni orientaliste, et que je n'ai jamais pensé 
à passer pour tel. Mes études particulières me portèrent 
vers l'histoire et la géographie; d'ailleurs les réglemens 
de la bibliothèque, qui pendant plus d'une vingtaine d'an- 
nées a été confiée à mes soins, exigeaient des employés 
quelques connaissances de toutes les langues dans les- 
quelles il y a des livres imprimés, leur laissant le soin de 
s'arranger là-dessus par une juste répartition de leurs 
études, pour pouvoir satisfaire à cette demande. Tout 



PUEFACE. MI 

raisonnable que puisse paraître une telle obligation, elle est 
devenue depuis beaucoup plus difficile à remplir qu'elle 
ne l'était autrefois, et les soins des sociétés bibliques n'ont 
pas peu contribué à la rendre presque inexécutable. Toute- 
fois c'est dans le sens de ce règlement et dans le besoin 
que m'en faisaient mes études historiques, que je me suis 
occupé de beaucoup de langues différentes, sans en ap- 
profondir aucune, ce que la foule de travaux inséparables 
de mon état ne m'auraient jamais permis, ayant à réunir 
les livres de plusieurs collections particulières et à former 
ainsi une bibliothèque, qui depuis s'est accrue rapidement 
par la munificence de son illustre fondateur. 

J'emploie dans le cours de cet ouvrage les signes de 
l'alphabet harmonique tels que je les ai adoptés dans un 
mémoire couronné en 1827 par l'Institut Royal de France. 
Ort trouvera à la suite de la grammaire malaie le prospec- 
tus de ce mémoire, que maintenant je pense publier: la 
valeur des lettres de l'alphabet harmoniquey est suffisam- 
ment indiquée , pour que j'aie pu en faire usage ici ; en- 
core donnerai-je à la fin de cette préface les lettres des 
principaux langues slavones, du sanskrit et du bengali, 
comparées avec celles de l'alphabet harmonique. 

L'exécution de ces lettres sous les rapports de l'art 
typographique ne satisfait pas aux demandes qu'on serait 
peut-être en droit de faire. Au lieu de faire graver des 
poinçons particuliers, j'ai seulement fait ajouter sur des 
matrices ordinaires les signes accessoires aux lettres ro- 
maines. En gravant des poinçons nouveaux , on aurait pu , 
à la vérité, former des caractères l>eaucoup plus élégans 
et plus distinctifs , en réunissant à la figure principale des 



VIII PREFACE. 

lettres les sig-iies accessoires qui s'y prêtent. Quelques 
lettres même, telles que 1' à, n'ont été formées que par 
la jonction de deux sig-nes typog-raphiques dans la com- 
position. Mais plusieurs de celles qui appartiennent à 
la fonte du français, sont encore plus défectueuses que 
les lettres nouvelles. Ce sont principalement les voyelles 
avec le circonflexe, cet accent ne se distinguant pas tou- 
jours d'une manière assez claire; et cette imperfection a 
ég^alement lieu pour les. points voyelles et les signes dia- 
critiques de l'écriture arabe, qui est employée dans la 
grammaire malaie. C'est ainsi qu'à la page 646 le tesdid 

au-dessus de (jW.X.3 baggimâna etc. n'est guère visible. 

J'ai également senti assez souvent le manque de lettres 
capitales comme initiales d'une proposition et des noms 
propres, défaut qui dans le cours de l'ouvrage n'a pu être 
quelquefois réparé qu'avec difficulté. Cependant il est 
évident, que pour obtenir de l'alphabet harmonique tous 
les avantages que nous offre l'imprimerie pour les langues 
européennes, on ne peut se passer ni de lettres capitales, 
ni de lettres italiques. C'est ainsi que nous devons aussi 
employer nos signes de ponctuation, quand même les 
langues, que nous transcrivons, n'en ont pas, ou seule- 
ment très-peu. 

J'ai corrigé moi-même les épreuves, et peu accoutumé 
que j'étais à ce travail , ayant été d'ailleurs empêché quel- 
quefois par d'autres occupations d'y porter tous les soins 
qu'il exige, des fautes que je n'aurais pas dû laisser passer, 
m'ont échappé inaperçues. Je n'ai donc rien de mieux à 



l'IlKFACK. IX 

faire, qu'à corrig:er dans l'errata celles qui s'jk trouveront 
encore. 

Je termine en donnant la correspondance des lettres du 
sanskrit, du bengali et des lang;ues slavones avec celles 
de Talphabet harmonique. Mais n'ayant pas à ma dispo- 
sition des caractères du bengali , je ne puis qu'arranger les 
lettres de l'aljjhabet harmonique d'après l'ordre de celles 
de l'alphabet bengali, en ajoutant quelques eclaircisse- 
mens à ce dernier. 

ALPHABET SANSKRIT. 

r 

^a, ^Tâ, ^i, 7^1, ^ u, ^1*1, ^ri, ^rî, T^Jl ^U. 

^ è, ^ ai, ^T ô, =^ au; ' n om m; 1 h. 

^ k, î^ î^, 3T g, ^ ê, 3" n; 

^ c, ^ c, ïï g, ^ f , 3T ù; 

T: i, 6 ?, J d, ^ ^, nr n; 

ri i, ^ ï, ^ d, q" cl, R" u; 

^ p, T\ p, ôT b, >T î>, R'm; 

^ h T »*, ;?T 1, ôf v; 

îiïs, ^ s, ^ s, ^ h, 5E" l 



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ALPHABET BENGALE. 

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au ; Il , ( il ) ; h ; 

g' ê'. 0> 

g' . I ^ n ' 

a,(r), cT[,(f), !•; 
d, 5, n; 

b , b , m ,; 

1, w; 

s, h. 

La voyelle bengale qui répond à l'a sanskrit, est rendue 
par o dans la plupart de nos livres. Selon sa position elle 
se prononce de différentes manières ; au commencement 
des mots elle a nn son mojen entre a et o, au milieu g-é- 
néralement celui de l'œ (eu français) , et à la fin des mots 
celui de l'o, 

La diphthongue ai a au commencement des mots le 
son que nous exprimons par ai, mais après une consonne 
elle se prononce souvent oi. 

Des vojelles se trouvent fre'quemment l'une à coté de 
l'autre sans former des diphthongues, desquelles il faut 
les distinguer dans la transcription. Je marque par con- 
séquent d'un tréma l'i voyelle après a et o, et l'u vojelle 
après a, comme dans hoïtè Etre, mot de trois syllabes. 

Le 11 qui représente l'anusvàra sanskrit, a dans le ben- 
gali le même son que le n guttural; et le candrabunda, 
le il, celui du n nasal fraiirais. Ce dernier, d'un usage 
très-fré((uent, n'est pas admis dans l'alphabet. 



PKEFACK. XI 

Les lettres d et d ont dans beaucoup de mots le son 
des r et f , et reçoivent alors un point pour indiquer ce 
changement de son. 

Les Beng-ales confondent entièrement les b et v sans- 
krits, qu'ils ne distinguent pas par des caractères diffé- 
rens. Ils les prononcent b tous les deux, quand ces lettres 
commencent la syllabe ou qu'elles se trouvent après une 
voyelle, mais w, lorsque dans la même syllabe une autre 
consonne les précède imme'diatement. Ce n'est donc que 
pour la forme qu'on jnet un w à la place qui lui appar- 
tient dans l'alphabet; tous les mots, qui devaient com- 
mencer par le \k , se trouvant à la lettre b, comme Bongo 
pour le Vanga sanskrit, le nom du Bengale. Dans quel- 
ques livres publies par des Européens le ^v est marqué 
d'un point toutes les fois qu'il a, ou devait avoir le son 
du V ou du w, ce qui a surtout lieu dans des mots déri- 
vés de l'arabe et du persan. 

La lettre qui répond au j sanskrit, change le son pri- 
mitif dans beaucoup de mots en celui qui appartient au 
g, mais en conservant sa propre figure. Quand elle est 
prononcée j, le caractère bengale qui lui appartient, prend 
un point. Je me sers du j pour transcrire cette lettre, 
quand elle se prononce comme le g. Observons que le j 
latin présente dans l'italien , l'anglais et le français , des 
altérations de son semblables à celle du j sanskrit dans 
le bengali. 

Le s bengale est ordinairement prononcé comme le s. 
On peut employer le s bohème à la place du s simple, 
si l'on veut marquer cette articulation particulière. 



XII 



PREFACE. 



CORRESPONDANCE DES LETTRES DES 

PRINCIPAUX ALPHABETS SLAVONS AVEC 

CELLES DE L'ALPHABET HARMONIQUE. 



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Les voyelles particulières des alphabets slove'nien, po- 
lonais et bohème ont e'té conservées sans changement dans 
la colonne qui pre'sente les lettres de l'alphabet harmo- 
nique, celui-ci n'étant pas destiné à remplacer des alpha- 
bets, qui sont formés de lettres romaines. 

Les caractères de l'ancien slavon ne se distinguent des 
lettres russes que par leur figure qui est moins moderne; 
leur valeur est la même, excepté quelques lettres de l'an- 
cien slavon , qui ne se trouvent plus dans l'alphabet russe; 
mais aucune de ces lettres n'est employée dans le Mé- 
moire ci-après. Par conséquent il ma paru inutile de 
donner à l'ancien slavon une colonne particulière. 

Je ne puis entrer ici dans aucun détail sur ces difFérens* 
alphabets, ce qui m'entraînerait trop loin. 



TABLE 

DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE 

MÉMOIRE SUR L'INFLUENCE DE L'ÉCRITURE 

SUR LE LANGAGE. 

Sujet de la question ' . . . . Page 1. 

Programmes de la Commission ....... 1. 

Aucun genre d'écriture n'a jamais exercé une influen- 
ce fort marquée sur les langues 5. 

Choix des matériaux; il faut les chercher principale- 
ment dans l'histoire des langues 6. 

Formation des langues primitives; elles varient pour 
les sons qu'elles adoptent ou rejettent, d'après les 
difficultés qu'ont éprouvées les premiers hommes 
pour leur articulation 8. 

Il s'est formé bientôt d'une manière analogue des 
diversités dans le caractère distinctif des langues 
d'origine différente 9- 

Famille des langues sémitiques 9. 

Famille des langues indo-germaniques 10. 

Famille des langues nommées monosyllabiques . . 11. 

Différence des langues qui appartiennent à des fa- 
milles différentes , et ressemblance d'autres d'une 
même famille 12. 

Le différent genre d'écriture n'a exercé aucune in- 
fluence sur les langues de ces trois familles , quelle 
qu'ait été l'époque de son adoption 13. 

L'écriture idéographique des anciens Egyptiens et des 
Chinois, et la simplicité de leurs idiomes, parais- 



TABLE DES MATIERES, XV 

sent avoir suggéré l'idée , que cette simplicité était 
une conséquence de l'écriture . . . . Page 13. 

Les autres langues monosyllabiques, qui en partie 
ont adopté l'écriture alphabétique^ présentent le 
même caractère distinctif que le chinoivS. — Lan- 
gue annamitique. — Barman 14. 

Comparaison du barman et du chinois 14. 

Le barman a conservé, malgré son écriture alphabé- 
tique , le caractère général des langues monosyl- 
labiques 16. 

Celles-ci sont sujettes plus que les langues polysyl- 
labiques à changer leurs racines, qui par conséquent 
présentent moins de ressemblances dans les divers 
idiomes, que les racines de langues polysyllabi- 
ques d'une même famille 17. 

Rapports entre le chinois et le barman 11". 

Incertitude sur les commencemens de l'écriture chi- 
noise et sur son emploi dans les temps anciens; 
écriture annamitique 19. 

Recherches de De Guignes 21. 

Il en résulte qu'on ne peut supposer pour les temps 
anciens de la Chine qu'un usage très-limité de 
l'écriture, qui par conséquent n'était pas propre à 
saisir l'idiome parlé ou à le modifier ; au contraire, 
le chinois a subi beaucoup de changemens et se 
divise en plusieurs dialectes 27. 

La richesse de l'écriture chinoise et la pauvreté de 
la langue parlée ne favorisent pas non plus l'opi- 
nion, que la première ait exercé une influence mar- 
quée sur la dernière; la langue parlée s'est ap- 



XVI TABLE DES MATIERES. 

pauvrie au lieu de suivre les développemens de 
l'écriture Page 28. 

L'écriture chinoise paraît n'avoir exercé aucune in- 
fluence sur le japonais 29. 

Le malai, qui n'a jamais été soumis à l'influence 
d'une écriture idéographique, présente néanmoins 
le caractère qu'on suppose être la conséquence 
d'une telle écriture 30. 

Les Malais n'avaient aucune écriture avant leur con- 
version à l'islamisme 30. 

D'autres peuples de l'Océanique, qui adoptèrent éga- 
lement la religion de Mohammed, conservèrent 
les alphabets qu'ils avaient antérieurement . . . 31. 

Tous les mots malais, qui ont rapport aux lettres, 
sont tirés de l'arabe 3L 

Le malai n'a pas de dialectes 32. 

Influence de l'alphabet malai-romain sur la pronon- 
ciation de ceux qui en font usage 33. 

Extrême simplicité du malai 34. 

Origine du malai; idiomes qui ont concouru à le 
former. Espèces de mots qu'ils ont chacun con- 
tribués au malai 34. 

Tous les mots étrangers suivent les règles de la gram- 
maire malaie 37. 

Idiome des anciens Egyptiens 38. 

Réfutation de l'opinion qui croit y apercevoir une 
influence de l'écriture idéographique .... 38. 

La similitude de la grammaire de plusieurs langues, 
et de leurs systèmes de synthèse, n'offrent pas 
toujours le principal point de comparaison pour 



TABLK DES MATIEUES. XVII 

pouvoir déterminer si elles ont ou n'ont point une 
origine commune j ce sont plutôt les racines. Ex- 
emples tirés (lu sanskrit et des idiomes modernes 
de l'Inde; de l'anglais. Causes qui détruisent le 
système grammatical d'une langue . . . Page 39. 

Ressemblances entre le copte et l'anglais sous ces 
rapports de grammaire dont on a cru pouvoir in- 
férer l'influence de l'écriture idéographique . . 41. 

La grammaire du copte ne prouve rien en faveur 
de l'hypothèse qui suppose l'ancien égyptien arrivé 
à son état particulier par suite de son écriture hié- 
roglyphique; l'anglais, qui n'a jamais fait usage 
de cette écriture, présentant des formes entière- 
ment analogues 44. 

On pourrait donc aussi bien se croire fondé de con- 
sidérer l'ancien égyptien comme une langue formée 
par la fusion de plusieurs idiomes différens . . 44. 

Et même si l'on voulait concéder l'influence de l'écri- 
ture sur l'ancien égyptien, il resterait à décider, 
si on ne devrait pas attribuer une influence plus 
forte à l'écriture alphabétique qu'à l'idéographi- 
que, Renseignemens donnés par Diodore de Sicile 
sur l'usage de l'écriture alphabétique parmi les 
Egyptiens 45. 

La nature de l'écriture hiéroglyphique est peu pro- 
pre à fixer le langage, parce que les mêmes signes 
peuvent être appliqués indistinctement à des idio- 
mes très-difFérens. Limites dans lesquelles est cir- 
conscrit l'usage de toute écriture idéographique, 
si on veut l'employer à différentes langues . . 49. 



XVIII TABLE nrs MATIEKFS. 

Exemple cViiii système grammatical en signes ide'o- 
graphiques jjour prouver que de tels signes ne 
peuvent exercer aucune influence sur la langue 
parlée Page 50. 

Mais aussi l'écriture alphabétique ne l'exerce que 
d'une manière très-faible, et toute influence ap- 
partient à la littérature 53. 

Le bengali comparé avec le sanskrit peut servir d'ex- 
emple d'une langue qui, malgré l'écriture alphabé- 
tique, a perdu toutes les formes grammaticales du 
sanskrit, mais en conservant la plupart des mots 
de cette langue presque sans aucun changement . 53. 

Aperçu du système grammatical du bengali . . • 54. 

Notions historiques sur le bengali; changemens de 
langues dans le royaume d'Assani 11. 

Les autres idiomes modernes de l'Hindoustan ont 
subi des changemens semblables à ceux du bengali 73. 

Tendance des langues slavones à se conserver *. . 74. 

Les peuples slavons habitaient dès les temps les plus 
reculés à l'est des tribus germaniques .... ,74. 

Introduction de l'écriture parmi les Slavons . . . 74. 

Les peuples slavons ont conservé des ressemblances 
de langage avec l'ancien idiome qui leur était com- 
mun, et en dernier lieu avec celui qui a servi de 
base à toutes les langues indo-germaniques . . 75- 

Les Slovéniens ne reçurent l'écriture qu'au seizième 
siècle 76. 

Ijcur idiome n'est pas plus altéré que ceux des autres 
peuples slavons ; au contraire, il a conservé des formes 



TABLK DES MATIERES. XIX 

que ces derniers ont perdues pour la plupart Page 77. 

Déclinaisons slavoues 77. 

Degrés de qualification dans les langues slavones et 
le sanskrit 85. 

Observations sur des pronoms sanskrits et slavons . 91. 

Observations sur des conjugaisons sanskrites et sla- 
vones 94. 

L'absence de l'écriture n'a eu aucune influence sur 
des langues une fois formées, parce que les unes 
ont été conservées malgré cette absence, tandis que 
d'autres avec une écriture ont quelquefois subi des 
changemens beaucoup plus forts que les premières 98- 

Il ne peut être question d'aucune influence de l'écri- 
ture sur les langues au commencement de leur 
formation; car si quelques-unes avaient alors une 
espèce décriture, son usage devait être si limité, 
qu'elle n'aurait pu d'aucune manière arrêter ou 
altérer la marche de la langue 99. 

Impossibilité d'indiquer les causes de la marche dif- 
férente des peuples primitifs dans la formation de 
leurs langues 100. 

L'écriture n'exerce d'influence sur une langue qu'en 
ce qu'elle sert à répandre une littérature; mais 
elle ne peut conserver aucune langue , au contraire, 
elle doit suivre plus ou moins les changemens que 
le temps et l'usage y apportent 101. 

Et même sans l'intermédiaire de l'écriture l'influence 
de la littérature est souvent très-sensible,- celle 
exercée par plusieurs genres de poésie parmi dif- 
férens peuples peut en servir d'exemple . . . 103. 



XX TABLE 1)KS MATIEHES. 

TABLE 

DES MATIÈRES COATENUES DANS LA 
GRAMMAIRE BARMANE. 



Les rliilTrcs renvoient aux paragriiplitH. 



De l'alphabet, introduction 1. 

Alphabet barman 2. 

Classes des lettres barmanes 3. 

Distinction des lettres d'après les org-anes .... 4. 

Gutturales. . 5. Palatales. . 6. Cérébrales . 7. 

Dentales . . 8. Labiales . . 9. Demi-voyelles 10. 

Sifflantes , h et î 11. 

Initiales barmanes 12. 

Jonction des lettres barmanes- Vojelle inhe'rente; 
satj signe qui sert à la supprimer. Lettres com- 
posées. Sig-nes représentatifs des lettres j, r, w et h 13. 

Prononciation du h joint à une autre consonne; jh, 

rh et Ihj rendus par s , s et s 14, 

Combinaisons jvv et rvv ou jii et i'ii ; hj , hr et hw ou hù 15. 

Consonnes composées 16. 

Voyelles du pâli 17. 

.Signes représentatifs des voyelles 18. 

Prononciation des voyelles 19. 

Voyelles initiales formées par le signe de l'a . . . 20. 

Voyelle ou diphthongue 5 21. 

Finale n 22. Finale h . . . . 23. 

Aukmi^rt, accent qui rend brèves les finales . . . 24. 

Trois séries de voyelles et nasales 25. 



TABLK DES >1ATIEHKS. XXI 

Monosyllabes termines par des consonnes .... 26. 

Lettres tronque'es . • 27. 

Formation des monosyllabes à lettres tronquées ; 

syllabaire barmaii 28 

Monosyllabes dont les yoyelles pénultièmes sont 

long^ues 29. 

Monosyllabes dont la pénultième est un a; èfi pro- 
noncé ï . 30 

Monosyllabes dont la pénultième est une des voyel- 
les ou diphthong-ues i , u , au , ô 31. 

Monosyllabes dont la consonne initiale est suivie 

d'une des lettres ou combinaisons j, r, ù, jû, rfi, h 32. 

Changement de son dans les monosyllabes composés 33. 

Prononciation des mots palis . 34. 

Sig-ne de ponctuation ; séparation des monosyllabes 

barmans 35- 

Abréviations barmanes ... ...... 36. 

Des mots. Termes de grammaire 37. 

Trois classes de mots barmans 38. 

Mots dérivés; affinité de signification 39. 

Mots palis dans le barman 40. 

Des noms. Postpositions qui remplacent les inflexions 41. 

\oms des sept cas et du vocatif 42. 

Les deux nombres 43. 

Postpositions employées pour les cas 44. 

Paradigme de la déclinaison 45. 

Vocatif 4fi. 

Particules vocatives 47 — 52. 

Titres de civilité ou d'honneur 53 — 58. 

Des genres 59. 



XXII TABLE DES MATIERES. 

Distinction des genres dans les animaux .... 60. 
Distinction des genres dans les hommes . . . .61. 

Des adjectifs 62. 

Distinstion du genre dans les adjectifs composés avec 

des substantifs, ou employés comme substantifs . 63- 
Adjectifs qu'on ne peut pas employer comme verbes 64. 

Comparatif et superlatif 65. 

Des numératifs 66 — 72. 

Pronoms 73 — 110. 

Des verbes 111. 

Des verbes composés • . .112. 

Des temps du verbe 113. 

Pluriel du verbe 114. 

Formation des temps 115. 

Paradigme du verbe 116. 

Des différentes formes du présent, du futur et du 

passé 117. 

Formation du plus-que-parfait et du futur passé .118. 
Particules conjonctives et terminaisons verbales . . 119. 
sî,sau,sa . . .120. ï. .121. tïh, tat, îat 122. 
Ihjten, Ijifik, sa-pi-icn, rûé, sàu , lat-sàu ou lap-sàu 

et la-sâu 123. hu ou hù, hû-lô, hù-rûé 124, 125. 

De l'accord du verbe 126. 

Des modes du verbe 127. 

Gérondif, infinitif ou supin 128. 

Subjonctif 129. 

Participe indéfini; participe passé défini . . . .130. 

Participe présent défini 131. 

Participes ou différentes formes du verbe subordonné ; 

subjonctif, conditionnel , affixes llijaerj et Ijaek . 132. 



TABLK DES MATIEKKS. XXIII 

— affixes sùii, ncnh, mù, mù-kàli, ta-iiiù-kàh etlfli 133. 

Verbe négatif . . . • 134 — 137. 

Inipt'ratif ou précatif 13H — 144. 

Impératif ou précalif négatif 145 — I4(î. 

Forme interrogativc (lu verl)e 147 — 154. 

L'impératif et la forme interrogative présentent seuls 
quelque apparence du verbe 155. 

Passif .... 156. Infinitif passif . . • 157. 

Particules de supposition et de probabilité . . . 158. 

Verbes composés 159. 

Subjonctif composé ou mode de possibilité, de pro- 
babilité 160. 

Potentiel 161. 

Verbes composés formés avec les racines pi^an, laik 
et d'autres 162. 

Verbes composés dont les racines différentes sont 
inséparables 163. 

Optatif .164. 

V^erbes composés formés avec les racines wiin, n>î 
ou rahi, ra, kaek ou ksèli, lûœj, zê, saen, Caik , 
ne, ap, tat, zu , mjàh , nïh, nii^ein, niraè, rît . • 165. 

Causatif .... 166. Futur causatif .... 167. 

Infinitif causatif. Exemples de l'usage des particules 
emplo;yées à former le verbe barman .... 168. 

Des mots composés 169. 

Mots composés de la première classe . . 170 — 172. 

Mots composés de la seconde classe 173- 

Mots composés de la troisième classe 174. 

Mots composés de la quatrième classe 175. 

Mots composés de la cinquième classe . 176 — 219. 



XXIV TABLE DES MATIERES. 

Mots de description : fù, 182. pàh, 183. ùh, 184. 
kôj, 185. jauk, 186. kaun, 18Î. zîh, 188. sm, 
ran, 189. paek ou baek, 190. lonh, 191. ^œnh, 
192. faun, 193. zaurj, 194. pon, 195. op,196. 
fop, 19Î. Ciê ou îàé, 198. ïijap, 199. Ihùà, 200. 
pràh, 201. pjâh, 202 tlt, 203. paen , 204. 
priii, 205. kfiaenh, 206. îijaunh, 20Î. kain, 208. 
^îhou&î,209. î^içnh, 210. konh, 211. smej, 
212. tan, 213. "kficek, 214. 1 tek, 215. ku, 216. 

Mots composés de la sixième classe 220. 

Composés qui forment des nom^ d'action, d'agent, 
de matière, de qualité, d'état, de patrie, des di- 
minutifs, des adjectifs, etc 221. 

Le préfixe a supprimé dans les composés .... 222. 

Noms d'action, de propriété, de condition ou d'état, 
formés avec îirienh ou îtjienh 223. 

Noms de matière, de sujet ou d'affaire, formés avec 
î^jœk 224. 

Noms semblables formés avec rà 225. 

Composés, formés avec zarâ, qui expriment ce qu'on 
doit faire, un but, un objet 226- 

Composés semblables formés avec ran ou ran . . . 227. 

Noms d'agent 228. 

Noms d'agent honorifiques 229. 

Noms d'autorité ou de permission 230- 

Noms de possession , d'emploi, de profession ou d'état 231. 

Noms de responsabilité, d'emploi, de châtiment, de 
capacité , de mérite 232 — 23;i- 

Composés qui marquent la propriété du roi, de la 

famille rojale etc • . 236. 



TABLE DES MATIERES- XXV 

\oms d'emplois publics, de gouvernement, de pos- 
session . . 237 — 239. 

Noms de profession 240 — 241. 

Patronymiques et noms de patrie 242. 

Noms de demeure ou d'origine 243. 

Noms du prince héritier 244. 

Diminutifs 24d- 

tom Bloc, entre dans des compose's 246. 

?a Petit morceau , entre dans des compose's • . • 247. 

Adjectifs formés par la jonction de Ijûccj ou pû*j, de 
za-pûaej ouza-ïjûaej; de ka-manh, ka-maiili-lili , 
li ou li-pùspj : de sa-mhja . ka-mhja et ta-mhja . 248- 

Adjectifs et adverbes formés par des sons imitatif? ■ 249. 

Adverbes formés par les préfixes a, ta, ou laffixe 
zùà; par la répétition d une racine ou d'un nom . 250. 

Adverbes dont la dérivation est sujette à des difii- 
cultés 251. 

Adverbes formés de mots différens 252- 

Intensifs; construction des adverbes 253. 

Adverbes composés de temps 254 — 258- 

Particules par ordre d'alphabet 259. 

De la construction grammaticale 260. 

De l'attribut, wisèsana , formant une phrase ou pé- 
riode entière 261- 

Construction des accusatifs verbaux 262. 

Particules conjonctives Ijaek-nhaen ...... 263- 

Signes du nominatif sï et kàh 264. 

Signe de l'accusatif ko . . 265- 

Signe de l'accusatif ko remplaçant celui du nomina- 
tif si 266 



XXVI TABLE DES MATIERES- 



Signe de l'accusatif sô 261. 

Signes de l'accusatif Caii et 2î 208. 

Emploi du mot alaejDans, au milieu 269. 

Signes de l'instrumental sï, f)i^œn et nhaen . 270 — 273. 

Signe de l'instrumental kraun 274. 

Signe de l'instrumenta! praen joint à celui du datif âli 275. 

Signe de l'instrumental nhaen lié à des particules 
augmentatives 276. 

Signe du datif àh 277. 

Le signe du datif àh remplace cehii de l'accusatif, ko, 278. 

Les signes àh du datif, et nliaik ou tûaen du locatif, 
expriment une possession 279. 

Signe du datif nlià 280. 

Signes de l'ablatif ka et mha 281- 

Le signe de l'ahlatif ka forme des cas absolus . . 282. 

Signe de l'ablatif kraun 283. 

Signes de l'ablatif ïaek et auk 284 

Signes du génitif ï et tûien 285. 

Signes du locatif nhaik et tûaen . . . 286 — 288. 

Signe du locatif kraun 289. 

Signes du locatif mhà et wœj 290 — 29 L 

Signes du locatif idiaik, tûaen, mhà et wiej, em- 
ployés indifféremment 292. 

Signes du locatif mùkàh et rakàh 293. 

Divisions du temps 294. 

Noms des jours 295. 

Divisions du jour 296. 

Dénominations qui ont rapport aux jours et aux temps 
du jour . 297. 

Mois barmans 298. 



TABLK DFS 1>IAÏ1EUKS. XXVll 

Divisions des mois 299. 

Monnaies et poids 300. 

Mesures de longueur 301. 

Mesures des matières sèches 302. 

Régions du ciel 303. 

Table alphabétique des mots barmans qui servent à 

former les différentes parties du discours Page 305. 
Liste de racines barmanes Page 319. 



TABLE 

DES MATIÈRES CONTENUES DANS LA 
GRAMMAIRE MALAIE 



Les cliiffres renvoient aux paragraphes. 



De l'alphabet, introduction 1. 

Alphabets arabe-nialai et latin-malai .... 2. 

Classes des lettres malaies 3. 

Gutturales; palatales ou mouillées 4. 

Dentales, labiales et demi-voyelles 5- 

Sifflante et aspirée 6. 

Du s t T 

DuOq 8. 

Du {^ s 9. 

Des consonnes qui n'appartiennent qu'aux mots tirés 

de l'arabe 10- 

Des voyelles Il* 



XXVIII TABLE DES MATIERES. 

Lettres fortes et lettres faibles, lettres de prolongation 1 2. 

Du hamzah 13. 

De l'àlif mad et du mad àlif; du mad joint aux let- 
tres^ et {_J 14. 

Du dazam et du tesdîd . 15. 

Des lettres 5 et (_Ç portant le dazam ou le tesdid . 16. 

Du mad diarûrî et du mad làzim 17. 

Exemples de l'emploi des voyelles 18. 

Suppression des lettres de prolong-ation .... 19. 
L' 1 suivi dans la même syllabe d'une autre lettre 

ne peut pas être î 20. 

Des rapports de l'àlif et du hamzah 21. 

Des manières de rendre le hamzah dans l'alphabet 

harmonique 22. 

Des changemens que font subir les aflixes an et i 

aux finales d'un mot malaî 23- 

Particularite's de l'orthographe arabe; nunnations; 

M'eslah ; tesdid euphonique ■ . . 24. 

Des deux sons que présente en malai chacun des trois 

signes de voyelles 25. 

Du hamzah màti 26. 

Le hamzah et le mad signes d'abréviation . . . 27. 

De l'anka 28. 

Orthographe latin-malaie 29. 

Ponctuation 30. 

Des mots 31. 

Mots composés 32. 

Mots répétés 33- 

Formes différentes de plusieurs mots 34. 



TABLK DKS MATIERES. XXIX 

Du Ion et de la quantité 35. 

Des mots dérivés au moven des préfixes et affixes . 36. 

Du préfixe ka et de l'affixe an 3T 

Du préfixe peu 38- 

Du préfixe per 39. 

Du préfixe men et des affixes kan et i 40. 

Du préfixe ber 41. 

Du préfixe ter 42. 

Du préfixe di 43. 

Des préfixes se, sa, si, et de Taffixe adverbial na; 
verbes et adjectifs changés en substantifs par les 

affixes ku , mu et na 44. 

De l'affixe nda ou da 45. 

Dérivés malais dont les primitifs ne paraissent plus 

en usage 46. 

Dérivés anomales . 47. 

Exemples pour les règles d'orthographe et de déri- 
vation 48. 

Des noms, et particulièrement de leurs nombres . 49. 

De la manière d'exprimer en malai les cas d'autres 

langues 50. 

Du génitif de dépendance et de possession; des noms 

appellatifs 51. 

De l'article 52. 

Emploi de la particule pun 53. 

Des interjections qui marquent le vocatif .... 54. 

Du genre des substantifs . , 55. 

De l'adjectif 56. 

Des degrés de qualification dans les adjectifs . . 57. 

Des numératifs; cardinaux 58. 



XXX TABLE DES MATIERES. 

Place des cardinaux; le préfixe ka sert à former des 
ordinaux, des adverbes de nombre, et marque 
l'article devant les cardinaux 59. 

Mots de description qui servent à compter les difFé- 
rens objets 60- 

Noms de nombre collectifs et distribiitifs rendus par 
la répétition des numératifs et par des nume'ratifs 
avec le préfixe ber 61. 

Le préfixe per sert à former des numératifs fraction- 
naires et des adjectifs de dimension 62. 

DifFérens adverbes de nombre; nombres proportion- 
nels et autres expressions qui ont rapport aux 
numératifs 63. 

Répétition de l'action exprimée par kàli Fois . . 64. 

Expressions pour les opérations simples d'arithmétique 65 

Manière de dater 66. 

Chiffres des Malais 6T. 

Des pronoms personnels et des substantifs qui en tien- 
nent lieu 68. 

Les pronoms personnels etc. employés comme pro- 
noms possessifs 69. 

Pronoms de la première personne 70. 

Pronoms de la seconde personne ....... 7L 

Pronom de la troisième personne 72. 

Doubles formes de quelques pronoms personnels . 73- 

Du pluriel des pronoms personnels 74. 

Des préfixes et affixes pronominaux 75. 

Difficultés dans l'emploi des pronoms de la troisième 
personne . 76. 

Exemples des pronoms personnels . . . • . . 77. 



TABLE DES IVIATIEHES. XXM 

Le composé dijài'ia employé pour îja 78. 

Affi.ves pronominaux employés à la place des pro- 
noms 79. 

Des adjectifs pronominaux dîri , sindîri et kindîri 

Même 80. 

Emploi de àwâ Corps, personne, à la place d'un pronom 81. 

De la manière de rendre en malai le pronom person- 
nel indéfini On 82. 

Des pronoms démonstratifs 83. 

Du pronom relatif 84. 

Des pronoms interrogatifs et indéfinis 85. 

Pronoms interrogatifs 86. 

Adverbes dérivés des pronoms interrogatifs . . . 8T. 

Pronoms indéfinis 88. 

Des verbes 89. 

Verbes' substantifs adda et dàdi , et leurs dérivés . 90. 

Du présent 91. 

Du passé 92 

De l'affixe lah 93. 

Du passé prochain 94. 

Du futur . * 95. 

Actif et passif 96. 

Du passif exprimé par le préfixe ter ..... 97. 

Du préfixe di devant le participe et l'indicatif . . 98. 

De l'impératif 99. 

De l'optatif ou précatif 100. 

Du subjonctif et de l'indicatif subordonné à un autre 
verbe 101. 

Différentes manières de rendre en malai l'auxiliaire 
français Pouvoir 102- 



XXXII TABLE DES I\IATIEREv«. 

Du conditionnel 103. 

De l'infinitif 104. 

Du participe 105. 

Du verbe ne'gatif 106. 

Du verbe interrog;atif 107. 

Des verbes pronominaux re'flechis 108- 

Des verbes pronominaux réciproques 109. 

Des verbes impersonnels 110. 

Conjugaison malaie établie par les traducteurs des 
saintes e'critures . 111. 

Des particules 112. 

Liste alphabétique des particules 113. 

De la syntaxe; vague du discours malai . . . .114. 

Des substantifs qui se trouvent en rapport ensemble 115. 

Des substantifs et adjectifs suivis d'affixes pronomi- 
naux 116. 

Des substantifs régime d'un adjectif ..... 117. 

De l'accord du verbe avec son sujet; de l'agent et 
du patient 118. 

Du sujet et du régime des verbes 119. 

De l'emploi des prépositions 120. 

Des noms de lieu comme régime d'un verbe , . . 121. 

Des noms d'espace de temps ou de lieu comme ré- 
gime d'un verbe 122. 

Le sujet ou le régime exprimés deux fois .... 123. 

De la place des adverbes 124. 



ALPHABET HARMONIQUE 

POUR TRANSCRIRE LES LANGUES ASL\TIQUES 
EN LETTRES EUROPÉENNES; 

MÉ3I0IRE 

QUE L'INSTITUT ROYAL DE FRANCE 
A COURONNÉ EN 1827. 

PAR 

A.A.E. SCHLEIERMACHER. 



J-J 'ouvrage que j'annonce aujourd'hui , présentera les 
systèmes alphabétiques de la phipart des langues asiati- 
ques, ceux des langues slavones, du valaque, du copte, 
de l'éthiopien et de l'amharique. En les comparant avec 
l'alphabet harmonique qui doit servir à transcrire ces 
langues en lettres européennes régulièrement organisées, 
j'entrerai dans des discussions de linguistique , d'étymo- 
logie et quelquefois même d'histoire, afin de bien établir 
les bases, sur lesquelles doit être fondé le système de 
transcription pour chacune de ces langues. 



L'occasion à laquelle cet ouvrag;e doit son origine, n'est 
pas sans importance pour juger de l'esprit dans lequel 
il a été conçu ; je crois donc devoir en parler. Un extrait 
de l'introduction à l'ouvrage fera connaître ensuite les 
principes qui ont servi à former l'alphabet harmonique, 
dont on peut voir un premier emploi dans le Mc'moîre 
sur VInJluence de V Ecriture sur le Langage^ Hu^jc viens 
de publier conjointement avec des grammaires barmane 
et malaie. 

M. le comte de Volney , doué d'un esprit vif et péné- 
trant, avait, jeune encore, réfléchi sur les rapports des 
peuples différens de la terre, sur ce qui les éloigne les 
uns des autres, les empêche de se communiquer les pro- 
grès faits dans les sciences et les arts, sur les moyens 
enfin de rapprocher ces peuples, que séparent actuelle- 
ment des barrières souvent presque insurmontables. Il crut 
apercevoir une des principales causes de cet éloignement 
dans la diversité des langues et dans la difficulté que les 
différens genres d'écriture opposent à leur étude; il conçut 
donc l'idée, qu'aucun moyen ne contribuerait autant an 
rapprochement des nations, que le remplacement de ap- 
partenant caractères, tous les nombreux aux idiomes divers, 
par les lettres d'un seul alphabet, organisées de sorte qu'à 
leur aide on pût rendre avec la même facilité les sons des 
langues de l'Asie que ceux des Européens. 

Cette idée de substituer ainsi un seul genre d'écriture 
à la multitude de signes simples et composés, d'abrévia- 
tions etc. que nous rencontrons dans les différentes écri- 
tures des peuples de l'Asie, est si grande, les suites, si, 



dans un temps plus ou moins reculé, elle pouvait se léa- 
liser, en seraient si importantes, que malgré les objections 
que l'on pourrait être tenté de faire, on n'en éprouvera 
pas moins des sentimens d'admiration pour le génie de 
celui qui a su la concevoir, et qui depuis la poursuivit 
jusqu'à ses derniers momens. 

En effet , ce ne fut que peu de temps avant sa mort qu il 
publia sur la question, qui l'avait tant occupé, L'alfahet 
européen applique' aux langues asiatiques, Paris, 1819 ; 
et son dernier ouvrage, L'he'hreu simplifie' par la mé- 
thode alfabe'tique de C.-F. 1 olney , ne parut que quel- 
ques mois après sa mort, en 1820. 

Il avait pour la première fois développé ses idées dans 
un ouvrage publié en 1795 sous le titre de Simplijicafion 
des langues orientales , ou méthode nouvelle et facile 
d'apprendre les langues itrabe , persane et turke, 
avec des caractères européens. Toute sa pensée s'y 
trouve dans l'épigraphe suivante tirée de la Cité de Dieu 
de saint Augustin, k La diversité des langues est un mur 
«de séparation entre les hommes; et tel est l'effet de cette 
«diversité, ou'elle rend nulle la ressemblance parfaite 
« d'organisation qu'ils tiennent de la nature. '' 

M. de Volney se promit vers ce temps-là de grands 
avantages d'une méthode qui aurait réalisé son projet 
d'un alphabet général , quoiqu' alors il le restreignit en- 
core aux seules langues des peuples de l'Asie mohammé- 
daoe. Les avantages qui devaient en résulter , profiteraient, 
selon son opinion, aussi bien aux Européens, en leur faci- 
litant l'étude des langues asiatiques pour multiplier leurs 
relations avec les uations de l'Orient, qu'à ces dernières, 

1. 



auxquelles notre littérature, nos sciences et nos arts de- 
viendraient moins étrangers. 

Cependant on ne saurait nier, qu'il n'ait exag-éré un 
peu les espérances relatives au succès de son idée ; et les 
propositions qu'il fit en même tem[>s, n'étaient pas très- 
propres à la faire goûter aux savans. Ceux-ci ne pou- 
vaient pas lui pardonner d'avoir trop déprécié les ouvrages 
nombreux de la littérature orientale; et d'un autre côté, 
comment s'attendre à ce que les nations, auxquelles elle 
appartient , puissent si facilement l'échanger contre une 
autre, qui leur devait présenter tant d'idées étrangères 
à toute leur manière de penser, à leur religion, à leurs 
lois, à leurs coutumes! Et ce n'était pourtant rien moins 
que cela qu'il avait en vue; il 'dit là-dessus dans le dis- 
cours préliminaire: « Que si je considérais cette révolution 
«sous des rapports moraux et philosophiques, il me 
«serait facile de lui développer des effets immenses; car 
«à dater du jour où s'établiront de l'Europe à l'Asie de 
«faciles communications d'arts et de connaissances, à da- 
« ter du jour où nos bons livres traduits pourront circuler 
«chez les orientaux, il se formera dans l'Orient un ordre 
«de choses tout nouveau, un changement marqué dans 
«les moeurs, les lois, les gouvernemens. ^' Néanmoins il 
paraît assez douteux , quelques concessions qu'on veuil- 
le faire à l'opinion énoncée, que les peuples de l'/Vsie 
abandonnent jamais si facilement des coutumes, auxquel- 
les ils tiennent depuis tant de siècles , s'ils ne s'y trouvent 
pas contraints par des raisons de politique toutes diffé- 
rentes de celles, que peuvent leur présenter une littérature 
et une écriture nouvelles. Mais, sous ce rapport, M. de 



5 

Volney a exagéré aussi un peu les difficultés, que les 
orientaux doivent ressentir de leur écriture pour une in- 
struction plus g-énérale; la question aurait dû, ce me 
semble, regarder plutôt l'imprimerie dont l'usag-e devait 
être plus répandu , ou introduit parmi les peuples, aux- 
quels cet art était encore étranger. Car les défauts de 
l'écriture arabe, que seule il avait alors en vue, concer- 
nent moins le système alphabétique, que la Jiianière de 
l'employer, ce système admettant presque la même clarté 
que le nôtre, si l'on met partout les points voyelles et 
les signes orthographiques. Il faut convenir cependant, 
que même avec ces accessoires il est plus sujet à causer 
des méprises que le nôtre, et qu'il présente à l'imprimerie 
des difficultés assez graves. L'alphabet romain au con- 
traire offre une clarté entière et la plus grande facilité 
d'exécution, de quelque manière qu'on l'emploie. Aussi 
a-t-on apporté tous les soins au perfectionnement de l'im- 
primerie occidentale, tandis que pour l'imprimerie orien- 
tale on cherche ce perfectionnement dans la copie exacte 
des manuscrits originaux, au lieu de remplacer ceux-ci 
par des imprimés, dont la clarté devait approcher autant 
que possible de celle de nos propres livres. 

Considérant donc comme inutile ou même nuisible l'u- 
sage d'une écriture qui lui paraissait offrir trop d'incon- 
véniens, M. de Volney pensa la remplacer tout d'un coup 
par une autre, entièrement différente de celle, qui jusque- 
là avait servi à exprimer les langues orientales ; et il 
n'admit pas même l'emploi simultané de ces deux genres 
d'écriture, qui sagement mis en parallèle, auraient dû 
accoutumer les commençans à lire les ouvrages originaux 



6 

tout en leur facilitant l'e'tude par la méthode qu'il avait 
proposée. 

Cependant ces projets n'eurent d'abord aucune suite; 
on n'y revint qu'en 1803, lorsqu'à l'occasion de la carte 
destinée à accompagner la Description de VEgypte^ il 
s'éleva des discussions sur la manière de rendre les noms 
propres en lettres romaines , qui devaient exactement cor- 
respondre à celles de l'arabe. Une commission nommée 
à ce sujet, adopta une méthode, mais M. deVolney, 
qui en était membre , ne crut pas devoir l'approuver 
dans toutes les parties. 

Plus tard ses vues s'étant agrandies, M. de Volney 
étendit ses projets à un alphabet, qui devait représenter 
tous ceux de l'Asie, et de plus être propre à exprimer 
les sons de l'écriture idéographique des Chinois. Dans 
l'Epitre dédicatoire à l'honorable Société asiatique à Cal- 
cutta, qu'il mit à la tète deL'Alfahet européen applique' 
aux langues asiatiques ^ il s'explique là-dessus, et attend 
des membres savans de cette société l'exécution de ses 
desseins. Le livre même présente une analyse des lettres 
de plusieurs alphabets de l'Europe et de l'alphabet arabe. 
Bientôt après il donna dans son dernier ouvrage, c'est-à- 
dire dans L'He'breu simplifie', un abrégé de grammaire 
hébraïque, en y employant les lettres modifiées de l'al- 
phabet romain, tout comme auparavant il les avait ap- 
pliquées dans la Simplification des langues orientales à 
un abrégé de grammaire arabe. 

Cependant ce qu'il avait fait lui-même, ne lui parut 
pas entièrement atteindre son but; il légua donc par testa- 
ment une somme de 24,000 francs , pour fonder des prix , 



qu'une commission choisie parmi les membres de l'Insti- 
tut Royal (le France (levait (h'cerner aux meilleures solu- 
tions (les questions qu'elle aurait p ro postées , soit pour 
provoquer et encourager tout travail tendant à donner 
suite et ext^cution à la mt^thode de transcrire les langues 
asiatiques en lettres européennes régulièrement organist^es, 
soit pour encourager l'étude philosophique des langues. 

La commission proposa pour le premier concours, celui 
de 1822, la question suivante: examiner quels sont les 
moyens de re'uliser le plan du testateur ; dans quelles 
homes il conviendrait d'en circonscrire l'application ; 
quelle est la direction à donner au travail; eîifin quels 
résultats probables on a droit d'en attendre. Le prix 
fut partagé entre M. Scherer, conservateur de la Biblio- 
thèque Royale de Munie, et moi. 

Le point de vue sous lequel j'envisageai alors cette 
question, se trouve suffisamment indiqué dans le rapport 
fait sur ce concours dans la séance publique des quatre 
Académies, le 24 avril 1822, dont j'emprunte l'extrait 
suivant de mon mémoire relatif aux résultats probables 
qu'on doit attendre de la formation d'un alphabet har- 
monique. 

Sans doute, ai-je dit, un tel alphabet donnera de grands 
avantages pour plusieurs travaux littéraires. Je répète à 
ce sujet ce que M.Rémusat en a dit dans ses Recherches, 
p. 90, ne sachant rien de mieux à en dire: «Dans toutes 
«les langues qui ont des caractères particuliers, la trans- 
«cription des mots en lettres européennes est un puissant 
«moyen d'étude, non qu'on doive en aucun cas renoncer 
«à consulter les textes originaux, ou se borner à lire les 



8 

« portions qui en ont été extraites ; mais parce qu'en écri- 
c( vant sur des sujets d'histoire ou de philologie, on a fort 
(( souvent occasion de citer des mots ou des phrases , et 
((très-rarement le moyen de les exprimer avec les signes 
(cqui leur sont propres." Ce sera surtout pour la première 
étude d'une langue, qu'il sera très-favorable de pouvoir 
faire usage de transcriptions exactes: les formes gram- 
jnaticales, les mots s'impriment beaucoup mieux dans la 
mémoire par des caractères connus, qu'en épelantdes let- 
tres étrangères, auxquelles celui qui n'a pas encore l'exer- 
cice nécessaire, se méprend souvent. Quand une fois on 
se sera familiarisé avec les élémens de la langue, et qu'on 
aura appris à connaître une certaine quantité de mots, 
on lira alors les caractères étrangers avec une plus grande 
facilité, parce que leur connaissance se rattachera à des 
notions déjà acquises. 

Mais de telles transcriptions offrent souvent au savant 
même de grands avantages. Sans un exercice continuel, 
plusieurs caractères étrangers s'oublient facilement ; telles 
sont par exemple les lettres des langues indiennes qui , 
quoique facilement apprises, sont bientôt oubliées. Celui 
qui ne s'occupe pas spécialement d'une langue étrangère, 
peut, pour d'autres genres d'études, tirer un grand profit 
des connaissances qui s'appuient sur l'intelligence d'une 
telle langue; mais alors il lui faudrait pour cet objet une 
transcription dans des lettres communes. 

Ce sera au temps à décider si, pour épargner des frais, 
on voudra publier des ouvrages entiers, des grammaires 
ou des lexiques, en caractères romains. Nous en avons 
plusieurs, mais jusqu'à présent cette méthode n'a pu rece- 



9 

voir l'approbation générale, parce que la manière adopte'e 
pour les transcriptions était ortlinairement trop vag-ue ou 
même fautive. Arrangée d'après uue prononciation parti- 
culière, comme l'italienne, l'anglaise, la hollandaise, ou 
d'après une prononciation mixte, elle offrit assez souvent 
de nouvelles difficultés qui suscitèrent de graves obstacles 
à un usage commode. Il me paraît prématuré de vouloir 
fonder des espérances ultérieures sur un pareil alphabet, 
et d'attendre qu'il soit adopté par les peuples qui ne font 
point usage des caractères romains, ce qu'on a cru en 
pouvoir espérer. 

Je crois néanmoins devoir observer ici que sous l'in- 
fluence des Espagnols et des Hollandais, plusieurs peuples 
ont abandonné l'usage des alphabets dont ils se servaient 
autrefois. Les lettres romaines sont usitées dans les îles 
Philippines, dans plusieurs îles Moluques, et elles com- 
mencent même à être souvent employées par les Malais. 
Les savans missionnaires de la société Baptiste aux [ndes , 
impriment en ce moment pour des insulaires de la mer 
du Sud, des textes de TEcriture-Sainte, en caractères 
romains régulièrement organisés. 

Au sujet d'une autre partie de la question, j'exposai 
les inconvéniens qu'il y aurait à préférer la prononciation 
à l'orthographe, et je me décidai pour cette dernière 
comme base de toute transcription. 

En 1825 la commission mit au concours pour l'an ISZT 
la formation d'un alphabet harmonique d'après les vues 
de M. le comte de Volnej. Elle couronna ensuite le mé- 
moire que je lui avais présenté pour ce concours. L'in- 
troduction en contient les principes généraux , que j'extrais 



10 

\c\ , pour exposer les raisons sur lesquelles j'ai cru devoir 
fonder l'alphabet harmonique. 

La formation d'un alphabet propre à rendre tous les 
sons qui se rencontrent dans les langues différentes par- 
lées sur notre terre, pourra paraître un peu chimérique; 
mais si l'on considère l'analogie des articulations et de 
leurs changemens dans des idiomes entièrement distincts, 
et le choix que nous avons des signes qui doivent les 
exprimer, on conçoit bien la possibilité de la formation 
d'un alphabet universel. Cet alphabet doit ou chercher 
à rendre chaque nuance que peut présenter l'articulation 
humaine, et créer par conséquent une foule de signes 
nouveaux pour la multiplicité de ces nuances, ou à sub- 
stituer seulement aux différens caractères des alphabets 
existans des signes uniformes tirés, quant à leur base , 
d'un seul alphabet et limités au plus strict nécessaire. 
Le premier de ces procédés peut avoir quelque chose 
d'attrayant; classer ainsi tout ce qui se trouve de sons 
humains, rechercher les lois générales suivies par les 
organes de la parole , et soumettre enfin les langues par- 
ticulières aux règles qui en résultent pour leur appliquer 
ce qui leur convient individuellement, voilà sans doute 
une belle tâche pour un esprit systématique habitué aux 
abstractions spéculatives. Mais le langage humain, mal- 
gré les analogies multipliées qu'il nous présente, paraît 
néanmoins être tellement varié, et avoir pris souvent une 
marche si particulière et même si capricieuse , qu' aucun 
système , quelle que soit la sagacité qui aurait présidé à 
sa formation, ne le saisira dans toutes ses singularités; 



Il 

il se trouvera des cas qu'aucune spéculation n'aura pu 
prévoir et qui se refusent alors à l'exactitude rigoureuse 
que demande le système. Et si même on parvenait à vaincre 
cette première difficulté, en suppléant tout ce qui, sous 
ce rapport, peut manquer au système, il n'en resterait pas 
moins une autre difficulté plus grande encore, celle de 
l'application particulière des sig;nes dont le nombre se 
serait bien accru. La prononciation seule devrait alors 
guider dans le choix qu'on aurait à faire entre tant de 
signes; mais il n'y a rien de plus vague dans beaucoup 
de langues que la prononciation, qui varie d'un lieu à un 
autre, qui varie même selon la différence des états et 
les classes des habitans. x\insi au lieu d'une application 
rigoureuse on aurait un embarras continuel, et l'on man- 
querait toujours de raisons suffisantes pour décider la- 
quelle des différentes articulations devrait être préférée. 

Il paraît donc que le second procédé a l'avantage sur 
le premier tant sous le rapport d'une application plus 
facile que parce qu'il présente des bases plus certaines; 
il a encore l'avantage de fournir les moyens de reproduire 
exactement l'orthographe adoptée dans l'écriture originale 
des langues étrangères. En envisageant la question sous 
ce point de vue , je n'ai cherché qu'à former un alphabet 
harmonique qui serait propre à transcrire en lettres ro- 
maines, différemment modifiées par de légers accessoires, 
les principaux idiomes de l'Asie, j'ai compris dans mon 
travail encore ceux des peuples slavons, le valaque, le 
copte et l'éthiopien. 

En prenant l'alphabet romain pour base de l'alphabet 
harmonique, j'ai cru devoir adopter pour les voyelles la 



12 

prononciation allemande ou italienne avec des modifications 
demandées par la quantité des sons à rendre; j'ai établi 
des classes pour les consonnes, leur donnant autant que 
l'admet leur forme, le même accessoire ou selon l'organe 
auquel elles appartiennent , ou selon d'autres analog-ies 
qu'elles présentent. Mais à côté <les accessoires employés 
régulièrement j'en ai dîi prendre encore d'autres pour 
distinguer des articulations qui ne permettent pas une 
classification aussi exacte que les premières; l'arbitraire et 
la facilité de joindre tel ou tel signe à la figure d'une lettre 
romaine m'ont guidé alors dans le choix. Aussi ai-je pris 
quelquefois le même caractère pour rendre deux lettres 
d'alphabets entièrement différens, quoique peut-être le son 
n'en soit pas absolument le même; mais je n'ai pas voulu 
trop multiplier le nombre des signes; et d'autres lettres 
qui demandent un même caractère, différeront quelquefois 
plus que ceux-là dans la bouche de peuples différens. 
Plusieurs aussi des caractères adoptés n'appartiennent qu'à 
une orthographe spéciale, et n'expriment pas une pronon- 
ciation différente de celle que doit avoir la lettre à la- 
quelle l'accessoire est joint. 

Ce qui suit est un aperçu de l'alphabet harmonique , mais 
en omettant plusieurs lettres employées pour une langue 
seulement, et dont l'usage est trop limité, pour qu'elles 
puissent entrer dans ces observations générales. Chaque 
caractère de l'alphabet harmonique doit exprimer une 
seule articulation, invariable dans les différentes positions 
et devant les diverses voyelles, excepté si une langue 
étrangère varie le son d'une lettre d'après sa position ou 



13 

«l'aiitrcs riiconstances; variation que l'alphabet harmoni- 
que doit distinguer quelquefois par ses signes. 

Plusieurs langues reconnaissent des voyelles brèves, 
moyennes et longues. Je distinguerai les premières par le 
signe de la brève, les dernières par le circonflexe, les 
moyennes ne recevront aucune marque particulière. Celles- 
ci seront employées si une langue n'admet pour la longueur 
qu'une seule classe de voyelles, mais les circonstances 
particulières détermineront le choix entre les brèves, mo- 
yennes et longues pour les idiomes qui demandent de 
telles distinctions. Je ne mets pas d'accens au-dessus des 
voyelles pour des variations de son , parce que j'en dois 
réserver l'emploi aux langues qui s'en servent pour mar- 
quer les tons ou l'accent syllabique. Les différentes voyel- 
les distribuées dans les trois classes sont les suivantes: 
Brèves: a, àè, ë, ï, ô, œ, îi, y; 
Moyennes: a, ae, e, i, o, œ, u, y; 
Longues: â, eè, é, i, ô, œ, û, y. 

Les a, e, i, o, u, auront, comme il a déjà été dit, le 
son qui leur appartient dans l'allemand et l'italien^ et 
qui pour les quatre premiers est le même dans le français; 
l'u est l'ou français et l'oo anglais. 

L'ae exprime le son des è et ai français dans des mots 
tels que père et paire, de l'a ou ae allemand comme dans 
Biir Ours. L'oe représente le son de l'ô ou œ allemand 
et de l'eu français. L'y doit rendre celui de l'u français , 
de l'u ou ue allemand, de l'y slavon, et il conservera 
ainsi le son qu'on doit supposer à l'ancien v grec. 

On pourrait employer aussi les â, ô et u de l'orthogra- 
phe allemande à la place des ae^ œ et y, si ces derniers 



14 

n'admettaient pas d'une manière plus facile les signes 
accessoires, et si l'on n'avait pas besoin des deux points 
au-dessus des voyelles pour marquer le tréma. Dans plu- 
sieurs langues on trouve des sons moyens entre l'a etl'o, 
qu'on pourrait exprimer en joignant des accessoires aux 
lettres a ou o, selon que ces sons tiennent plus ou moins 
de l'a ou de l'o. Cependant, si je ne me trompe, aucun al- 
phabet asiatique ne distingue ces sons par des caractères 
simples; on y emploie des diphthongues ou des signes 
regardés comme telles. 

D'autres voyelles seront les a, e, ï, u, y, pour les 
il, 1), ï ou i, K) et M du russe; l'e servira encore pour le 
kesra arabe s'il ne se prononce pas comme i , et pour plu- 
sieurs autres langues. Surmonté d'un circonflexe (e) il 
exprimera le kesra des langues, qui le rendent long au 
moyen d'une lettre de prolongation , s'il n'est pas pro- 
noncé alors comme î. Des distinctions particulières de 
voyelles se bornent à tel ou tel idiome. Elles n'ont rap- 
port ordinairement qu'à l'orthographe, et peuvent être 
marquées alors par une ligne placée au-dessous ou au- 
dessus de la voyelle en question , comme a, a, e, ô, etc. 

Les diphthongues ai et au serviront à rendre des sons 
exprimés dans plusieurs langues par une combinaison de 
deux signes, mais que les alphabets indiens rendent par 
des lettres particulières. Ayant à choisir entre les diffé- 
rentes méthodes d'exprimer ces sons, il m'a paru préfé- 
rable d'y prendre avec la plupart des alphabets deux 
lettres réunies ensemble, plutôt qn'une seule avec de nou- 
veaux accessoires. La manière de rendre les voyelles 
simples ne m'a pas permis, en choisissant deux signes, 



lé 

d'adopter d'autres combinaisons que celles des lettres ai 
et au; aussi employées de la sorte, sont-elles, si géné- 
ralement connues , que cela seul aurait dû entrer pour 
beaucoup dans le choix à faire. Les deux sons sont étran- 
gers au français; l'allemand les a dans ses diphthongues 
ei ou c^ et au , l'anglais dans des mots tels que time et 
owl', l'orthographe par ai s'accorderait mieux avec le 
son qu'on donne à Vei allemand que cet ei. Je conserve- 
rai ordinairement pour les diphthongues des langues asia- 
tiques l'orthographe qu'elles ont elles-mêmes; néanmoins 
l'analogie des diphthongues ai et au me fait adopter pour 
plusieurs autres des combinaisons semblables qui se ter- 
minent par / et u au lieu de consonnes comme iv. J'em- 
ploierai doue, lorsque le cas se présentera, les diphthongues 
ei, oi, ui^ eu, etc. 

J'attribue aux lettres b, d,f, k, l,m,n, p,r, s,t, 
V, x, z, les mêmes articulations qu'elles ont généralement 
dans le français et dans l'anglais. Je ne fais aucun usage 
du c simple différemment prononcé dans toutes les lan- 
gues modernes devant les différentes voyelles; le k en 
exprimera le son pour les alphabets étrangers. Dérivé 
pour la figure du g primitif, dont il occupa la place dans 
l'alphabet, le c romain remplaça ensuite le k dans l'or- 
thographe, et le g dut prendre la place qui avait appar- 
tenu au z oriental et grec, que les Romains, lors de son 
adoption , reléguèrent à la fin de l'alphabet. 

Le g doit conserver devant toutes les voyelles le son 
qu'il a dans le français et l'anglais devant l'a et l'o , sans 
qu'on y insère un u ou h devant le et l'i. 

Le h est regardé comme lettre aspirée; mais il sera 



16 

encore conservé pour exprimer les caractères étrangers 
auxquels il doit répondre, quand même ils auraient per- 
du dans une quantité de mots leur aspiration comme en 
français. 

Le q représentera la lettre sémitique p, O», dont il 
dérive, mais je ne mettrai point un u entre le q et la vo- 
yelle dont il est suivi. 

Le w aura le son que lui donnent les Anglais, exprimé 
en français par ou mis devant une voyelle. Mais la distinc- 
tion entre les lettres v et w peut dans plusieurs cas être 
vague, parce que dans presque aucune langue asiatique 
elles n'ont de caractères difFérens, de sorte qu'il faut ou 
choisir d'après la prononciation prédominante, ou régler 
l'emploi de ces deux lettres d'après des différences de 
position. Le premier procédé paraît préférable, si l'on 
ne veut pas, en suivant des raisons d'étjmologie, prendre 
le V pour tous les alphabets qui ne distinguent pas deux 
caractères. 

Le X ne se trouve que dans des alphabets dérivés du 
grec, et seulement pour des mots originairement grecs. 

Les accessoires dont je fais usage pour distinguer les 
consonnes, sont un point, une ligne horizontale, le signe 
de la brève et l'accent aigu , que je mets au-dessus et au- 
dessous des lettres; dans quelques cas seulement l'accent 
et le point seront doublés. Le circonflexe n'est employé 
qu'une seule fois. Plusieurs consonnes recevront en haut 
une ligne courbée comme dans le b. J'adopte encore les 
deux signes des esprits grecs , mais je les place dans la 
ligne même. 

J'emploierai quelquefois dans la discussion une ligne — 



I 



n 

ou deux lig^nes = pour indiquer une consonne quelcon- 
que qui, dans les alphabets asiatiques, prend le signe 
d'une voyelle en haut, en bas, à droite, à gauche ou des 
deux côtes, et je inettrai la voyelle originale à la place 
qu'elle doit occuper relativement à la consonne. 

Les consonnes de l'alphabet harmonique peuvent être 
distribuées en classes, soit d'après les organes qui servent 
à les articuler, soit d'après les accessoires qui les distin- 
guent. Ces derniers doivent être choisis selon des analo- 
gies faciles à saisir, et comme ils s'appliqueront à des 
lettres prononce'es avec differens organes, les deux sortes 
de classes doivent se confondre. 

Plusieurs idiomes qui ont nos consonnes simples, en 
distinguent d'autres, qui se prononcent d'une manière plus 
forte, par des caractères particuliers. Je mets pour les 
exprimer dans l'alphabet harmonique, au-dessus des lettres 
simples, l'accent aigu, que je double encore quand il faut 
marquer, soit une seconde gradation, soit seulement une 
différence orthographique, lorsque deux lettres fortes pré- 
sentent à peu près le même son , comme aussi cela a lieu 
quelquefois dans nos alphabets pour des lettres différentes. 
Telles sont les consonnes d, d, h, h, k, r,s,t,z,z. 

D'autres consonnes recevront à la même place une ligne 
horizontale, qui marquera en général un changement de 
son moins fort que le signe précédent, ou même dans 
plusieurs cas, le même son qui appartient aux lettres sim- 
ples. Telles sont les consonnes d, s, t, z. 

Pour quelques altérations de son différentes de celles 
que je viens d'indiquer, je mets au-dessous des consonnes 
simples le signe de la brève, et j'écris n pour le son du 

2 



18 



n g-uttiiral, rendu par ng- en fraiieais, comme dans sang, 
h pour le eh allemand, le «. arabe, exprimé d'une ma- 
nière imparfaite dans le français et dans l'anglais par kh. 
J'aime mieux en dériver le caractère nouveau du h que 
du k, parce cjue dans la plupart des idiomes qui ont ce 
son, il paraît exister plus d'affinité entre les lettres h, 
h, h et h, qu'entre ce dernier et le k. Observons ce- 
pendant que le k et le îi aspiré, dont nous parlerons plus 
tard, se changent dans plusieurs langues non-seulement 
en h, mais aussi en h; ce dont l'allemand comparé aux 
langues latine et grecque et les idiomes slavons peuvent 
fournir des exemples suffisans. Les mots suivans prouve- 
ront cette affinité pour les premières de ces langues. 



y.efpa) ^i , 


caput, 


Kopf, Haupt 


yvav , 


canis , 


Hund. 


o»>Os , 


casa , 


Haus. 




collum , 


Hais. 


y.açbia , 


cor. 


Herz. 


»^fÇ«^ , 


cornu , 


Horn. 


5<rçio^ , 


herus , 


Herr, 


yor/.oi;, 


(coelum), 


hohl. 




cutis , 


Haut. 


)t«>iO(f«0^, 


culmus, calamus. 


Halm. 


/«J'J'«/3t^ , 


cannabis , 


Hanf. 




celare, 


hehlen. 




acerbus , 


herbe. 




cerebrum , 


Hirn. 




cervus , 


Hirsch. 


iy.aTbi>, 


centum , 


hundert. 




crates , 


Hiirte 



19 

Je range dans une même classe de gutturales les lettres 
k, k, q, g. Un g fort sera distingue' par le circonflexe, 
g, parce que la figure de cette lettre ne permet pas d'y 
joindre l'accent aigu en bas; il représentera parmi d'autres 
lettres le ô arabe. Un g, si l'on en a besoin pour une 
langue étrangère, exprimera le g doux des Allemands tel 
qu'il se trouve dans les mots sagcn, segncn, legen, sicgen, 
beugen, gelogen., liigen^ Krug ; il exprimera encore le 
g espagnol devant e et i , comme dans les mots escoger , 
elegir , lettre qui cependant se prononce un peu plus du 
gosier, que le g doux des Allemands. C est un son plus 
faible que celui du h, que les EiSpagnols expriment par 
j et par x. Les lettres k et g peuvent de plus être mouil- 
lées , et recevoir une aspiration particulière , dont il sera 
question plus bas. 

Parmi le nombre des gutturales je compte encore les 
h, hi, h et h; le h, qui servira à exprimer et le s arabe 
et le visarga indien ( : ) , dont le premier peut aussi être 
rendu par t, quand il se prononce comme le t. Ayant dû 
placer l'aspirée simple, le h, parmi les gutturales, dont 
on ne peut pas le séparer sans inconvénient, j'y ai mis 
également le h , qui n'est qu'une modification du h. Les 
autres aspirées , ou lettres avec jonction d'un h, appar- 
tiennent à différentes classes selon leur son principal. 

L'esprit rude mis dans la ligne remplacera l'aïn sémi- 
tique, lettre gutturale, qu'il faut rendre par un signe par- 
ticulier, parce que souvent elle précède ou suit une voyelle 
longue, comme dans les mots arabes *3u; àlam Monde 
et P[/^l auzà' Des troupes; ce qui empêche, du moins 
pour le dernier cas, de l'exprimer par un signe joint à la 

2. 



20 

voyelle. Les Ang^Liis ont conservé dans plusieurs de leurs 
livres la figure arabe de cette lettre; ils transcrivent câlam 
et awzâc les mots cités. Les Hollandais l'ont introduite 
sous une autre forme dans l'alphabet latin-malai, (sz). 

Je ne mets dans aucune classe un signe destiné à ex- 
primer une lettre que l'on compte ordinairement parmi 
les aspirées- C'est l'esprit doux du grec placé dans la li- 
gne, qui servira à rendre l'élif hamzé ou le hamzali arabe, 
de même que l'élif des autres langues sémitiques, lorsque 
leur orthographe demande qu'on les exprime dans une 
transcription régulière. Cela a lieu, quand au milieu d'un 
mot une syllabe commence par une voyelle, comme dans 
le mot qoràn , qu'il ne faut pas lire qo-ràn. Le même 
signe exprimera le yerr slavon , b , quand il se trouve, au 
milieu d'un mot, devant une voyelle. 

Toutes les langues des peuples civilisés sont sujettes 
à un adoucissement de prononciation, qui change les sons 
de plusieurs lettres d'une manière souvent très-uniforme 
dans des langues qui n'ont aucune relation ensemble. Les 
palatales des grammairiens de l'Inde paraissent avoir été 
inconnues à la plupart des langues anciennes; presque par- 
tout où nous les voyons actuellement, elles sont en étroite 
affinité avec les gutturales. Le k et le g s'adoucisserit 
tantôt en admettant un i bref après leurs sons primitifs , 
et tantôt ils se changent en palatales. Le son du c italien 
devant e et i et du ch anglais, un tch de l'orthographe 
française, dérive généralement de celui du k. L'italien 
met dans beaucoup de mots son c palatal pour le c ou k 
latin et grec, où le français et l'anglais donnent au c la 
prononciation d'un s, comme dans les mots^ suivans : 



21 



y.ibt>o^, cedrus, cedro, cèdre, cedar. 

certiis, certo, certain, certain. 

xor/ov, coelinn, cielo, ciel. 

Dans d'autres mots on trouve d'une manière assez uni- 
forme le k allemand et le c latin conservés en italien avec 
leur son primitif, cliang;és en ch dans le français et l'an- 
glais avec des articulations palatales différentes dans ces 
deux idiomes. Quelques mots français et anglais conser- 
vent aussi, contre l'analogie, le son primitif; quelquefois 
les deux prononciations se trouvent en même temps dans 
des mots différens d'une même racine. Tels sont les mots 
suivans : 

alleinand, latin j italien, français, anglais. 

Kelch, calix, calice, calice, chalice. 

calce , chaux et calcaire , (clialk , 
mais avec le sens de craie). 
caméra, chambre, chamber. 
Kanzler, cancellarius, cancelliere, chancelier, chancellor. 
cantare, cantare, chanter, chant, 
candelarius, candelajo, chandelier, chandler. 
Kapelle, capella, cappella, chapelle, cliapel. 

Kapitel, capitulum, capitolo, chapitre. 



Kalk, calx, 

Kammer, caméra. 



Keusch , 
Kâse, 
Kasten , 
Kiste, 
Kopf, 
Kamin, 
Katze , 
Kirche , 



castus, 
caseus, 

cista, 

caput, 
caminus , 
catus , 



casto, 
cacio , 

cassa , 

capo , 



chaste. 



caisse , 



chapter. 

chaste. 

cheese. 

chest. 

(chief). 



(chef), 

cammino, cheminée, chimnev. 
gatto, chat, cat, chit. 

church. 



22 



Le g latin subit des cliang-emens absolument semblables 
dans la prononciation des lang-ues mentionnées, quand il 
se trouve devant e et i. Tandis que le français lui donne 
le son du j plus doux que celui du ch, l'italien et l'anglais 
le prononcent comme un dj français; et ces trois langues 
agissent avec une conformité égale à l'égard du j latin et 
français, que les Italiens et les Anglais prononcent aussi 
comme le dj français, mais que les premiers changent en 
g, tandis que les derniers lui conservent son orthographe 
primitive. Les mots suivans en seront des exemples. 
lutin, italien^ français^ anglais. 
generazione, génération, génération, 
gentile , gentil , gentle. 

gesto , geste , gest. 

giardino, jardin, (garden, conforme à 

Vallemand Garten). 
gettare, jeter, 

giuoco, jeu, 

jument, 
jeune , 



generatio 

gentilis, 

gestus, 



jactare, 
jocus, 



jumentum, giumento , 
juvenis, giovane, 



jurare, giurare. 



justitia, giustizia. 



jurer. 



jet. 

joke. 

jument. 

(joung, conforme à 

Vallemand jung). 

(svvear, conforme à 

Vallemand schwôren). 

justice. 



justice 

Les idiomes slavons et une partie de ceux de l'Asie 
présentent la même analogie entre les gutturales et les 
palatales. Je distingue généralement ces dernières par 
une ligne horizontale mise au-dessus des lettres simples, 
et j'adopte le c pour le c palatal des Italiens, le ch an- 
glais, un tch français; le g exprimera le son du g palatal 



23 

des Italiens et Anglais et du j anglais, d'un <lj français; 
le j celui du j français- Ce dernier est étranger aux An- 
glais et aux Allemands. Les premiers l'expriment dans des 
mots asiatiques par zli, ce qui est conséquent, parce rjuMls 
mettent sh pour le son plus fort du cli français. Les 
Allemands, principalement pour des nojiis propres russes, 
le rendent par sh, ôtant le c de la combinaison scli, qui 
équivaut au ch français. Je rends ce dernier, le ch français, 
le sch allemand, le sh anglais par s, qui, dans presque tous 
les alphabets orientaux, a un caractère particulier, souvent 
dérivé de celui qui répond à notre s simple. I^e s présente 
dans plusieurs langues la même affinité avec le h et même 
le h, que le c présente avec le k, et les g et j avec le g; 
dans d'autres, auxquelles le h est étranger^ cette affinité 
existe entre le k et le s. 

Des alphabets slavons et le géorgien réunissent dans un 
seul caractère les deux palatales se, qu'on trouve fré(|uem- 
ment jointes ensemble de cette dernière manière dans le 
sanskrit et les autres idiomes de l'Inde. Les Allemands 
doivent rendre cette combinaison par schtsch, les Anglais 
par shch, et les Français par chtclij je l'exprimerai par 
s pour les idiomes slavons et le géorgien. 

Quelques langues ont un sou moyen entre nos c et g , 
que les Français expriment par dch Je le rends par le c 
polonais pour le distinguer de ces deux lettres. 

La même affinité qui se trouve entre les palatales, 
existe aussi entre ces dernières et les sifflantes. Les pala- 
tales se changent eu sifflantes j et celles-ci en sens opposé 
en palatales d'une manière en général peu différente 
dans les langues qui ont ces deux classes de lettres. Le s 



24 

répond alors au s et entre les g;utturales ordinairement au 
h avec ses modifications j le z répond au J^ et un son plus 
fort que j'exprimerai par 9 , le ts de l'orthographe françai- 
se , au c. Je rends par z une lettre de plusieurs alpha- 
bets, qu'en français on transcrit ordinairement par ds ou 
dz, et qui répond au g; des palatales. J'ai pris le z pour 
en dériver les caractères qui doivent exprimer les sons 
rendus par 9 et z, parce que le z a dans l'allemand, l'ita- 
lien et le slavon méridional le son du ts français rendu 
par 9, et que le z est, sous différens rapports, plus propre 
à en former des caractères pour les sons demandés, que 
ne le seraient le s ou le c , les seules lettres parmi les- 
quelles on aurait encore à choisir. J'adopte un z pour 
quelques alphabets qui ont une nuance du z plus forte 
encore, qu'on rend ordinairement en français par ths, ou 
qui ont un second caractère pour le même son du z. Mais 
lorsqu'une de ces lettres transcrites en français par ths 
répond à un c aspiré, c, dont il sera question ci-dessous, 
je la rends par g, qui est un z aspiré. Aux sifflantes ap- 
partiennent encore quelques autres lettres, comme le s, 
adopté pour le s emphatique des Arabes, le (J^. 

Je me sers de la dénomination de linguales pour dési- 
gner les dentales t et d aussi bien que toutes les autres 
lettres qui, dans différentes langues, en sont des modifica- 
tions. Les linguales simples t et d se changent, dans plu- 
sieurs idiomes, de la même manière dans les sifflantes z 
etz ou z, que les palatales c, g et j, et se changent en- 
core dans ces palatales mêmes- 

Les linguales des alphabets sémitiques ont pris toutes 
avec le temps un son sifflant en outre de celui qui leur était 



25 

propre, de sorte qu'une partie des mots où il se trouve 
de ces lettres, ont été prononcés avec le son sifflant, tan- 
dis que d'autres ont conservé le son ling"ual. Ce fut le 
même changement de prononciation qui dans l'anglais et 
le grec eut lieu pour le th et le ô. D'un autre côté, des 
lettres, dont le son était primitivement sifflant, le chan- 
gèrent quelquefois en un son ling;ual. Par suite de ces 
altérations différentes nous voyons plusieurs lettres des 
alphabets sémitiques présenter des sons doubles; nous 
voyons ces lettres prendre deux formes dans l'arabe, dont 
l'une devait sans doute, exprimer le son lingual, l'autre, 
le son sifflant. On avait ajouté un point à l'une de ce§ 
formes pour la disting^uer de l'autre; mais plusieurs de ces 
lettres se prononcent actuellement de manières différentes 
dans les pays où l'on parle l'arabe^ et parmi les peuples 
qui ont adopté avec l'islamisme l'alphabet et une quantité 
de mots arabes. 

Dans l'Arabie, on préfère en général le son lingual pour 
ces lettres; dans la Perse, la Turquie et l'Hindoustan, le 
son sifflant ; l'Egypte et la Syrie attribuent aux unes le 
son lingual, aux autres le sifflant. Dans beaucoup de nos 
ouvrages qui traitent de l'Orient, on écrit les noms pro- 
pres d'après la prononciation arabe; dans d'autres, on suit 
celle des Persans et des Turks, et il y en a plusieurs où 
l'on trouve employée l'une aussi bien que l'autre. Quelle 
cpie soit la méthode sur laquelle on pourrait s'accorder 
sous le rapport de l'histoire^ il nous faudra toujours un 
système de transcription propre à exprimer aussi bien les 
sons persans et turks, que les sons arabes. Nous devons 
donc pouvoir rendre de diverses manières les lettres dont il 



26 

s'agit. Quelques-unes se distinguent dans l'arabe par un 
son emphatique qu'on peut exprimer par le signe des let- 
tres fortes, que cependant je pense remplacer, pour le 
persan et le turk, par des points au-dessous des lettres, 
qui, de linguales qu'elles étaient, deviennent sifflantes, 
parce que l'autre signe ne leur conviendrait guère. On 
rendra donc les lettres O par t, Cj (le th anglais) par 
t et s, O par d, ô par d et z, vj^ par s, LK» par d et 
z, ^ par ^, 2b par d et z. Le ib prononcé par les Ara- 
bes ne diffère pas du 'oà, mais articulé par d'autres 
peuples il en diffère davantage. Quelques accessoires 
qu'on emploie pour distinguer ces différentes lettres, il 
sera toujours impossible d'en préciser les sons, et pour 
plusieurs on ne pourra les apprendre que par l'instruction 
orale. 

Les Indiens distinguent des dentales t et d , qu'ils pro- 
noncent en appliquant Ja langue aux dents, une autre 
classe de lettres qu'ils nomment mûrddanja, adjectif dé- 
rivé de miirddan Tête. On a traduit ce nom par cérébra- 
les ^ faute d'une expression plus convenable, les noms de 
nos langues occidentales pour tête ne permettant pas d'en 
dériver un adjectif propre au sens demandé. Pour arti- 
culer ces lettres on touche du bout de la langue au pa- 
lais, de sorte que les t, d etc. en opposition aux dentales» 
semblent provenir de la tête ou du moins de plus haut 
que les dentales. Quelques écrivains, pour éviter le nom 
de cérébrales, les ont appelées linguales, la langue étant 
le- principal organe employé à les prononcer. Dans plu- 
sieurs contrées de l'Inde elles ne paraissent pas trop se 
distinguer de nos t et d , desquels , selon quelques-uns , 



27 

elles approchent alors plus que les dentales t et d. Mais 
dans d'autres contrées elles pre'sentent un son particulier 
et diffèrent alors sensiblement des t et d de nos langues 
occidentales; le d cérébral aussi est sujet, par son articu- 
lation particulière, à se changer en r. En les transcrivant, 
on les distingue généralement des dentales par un point 
mis au-dessous des cérébrales, comme t, d; quelques-uns 
seulement ont donné ce signe aux dentales. Mais j'aime 
mieux exprimer de la sorte les cérébrales, parce que les 
dentales répondent généralement aux lettres d'autres lan- 
gues que nous devons rendre par nos t et d, et qu'il y a 
d'autres cérébrales encore que souvent nous ne pouvons 
pas exprimer par nos caractères simples, tandis que les 
autres dentales n et s répondent exactement à nos n et s. 
Aux cérébrales appartiennent les t, d, le r qui résulte 
d'un changement du d, et leurs aspirées Ç, d et f, enfin 
un n et un s. 

Les lettres p , b , et leurs aspirées fi , o , sujettes à se 
changer en f , sont labiales. On n'a besoin que rarement 
d'un p avec le signe qui marque différentes variations 
de son. Le russe distingue du f un autre f, qui n'en diffère 
que pour le caractère, et que je rends par f. Le f russe , 
le (J), dérive du (P grec, le f , o, du ô. 

Aux labiales appartient encore le m, mais il a dans les 
alphabets indiens des rapports avec les nasales; c'est pour- 
quoi je le place à leur côté , les ayant rangées dans une 
classe particulière. 

Parmi les nasales il faut compter le n dental , le n cé- 
rébral et le n guttural pour le son fort de ng et même nk, 
mais qui s'affaiblit quelquefois jusqu'à celui du n nasal 



28 

français. Cependant quelques alphabets distinguent du n 
guttural ce n nasal, que je rends alors paru. Ce der- 
nier servira ainsi à exprimer le candrabunda de plusieurs 
alphabets de l'Inde, signe qui, dans le bengali, a toujours 
le son du n dans le mot français quand ^ dont il ne se di- 
stinguera pas trop non plus dans les autres idiomes indiens. 
On pourra employer encore ce ii, si une langue, qui n'a 
qu'un seul caractère pour le n guttural ou nasal , le prononce 
plutôt de la manière faible. Le ii mouillé est la même 
lettre que le n palatal des idiomes de l'inde, et pre'senle 
la même affinité au n guttural, que les autres palatales 
aux gutturales. Il a le son palatal quand il précède une 
palatale, comme dans le mot français sm^e; il est mouillé 
devant une voyelle, comme dans le mot Srt/o-wer , qui pré- 
sente l'affinité de ce son avec le n guttural dans sang. 
Aux nasales appartiennent encore, le m, le m mouillé, 
les n et m destinés à exprimer l'anusvàra des idiomes de 
l'Inde. Le n servira également pour la nunnation arabe. 

Je rends par j l'articulation que les Allemands expri- 
ment par j , les Anglais et Français par y consonne. J'ai 
adopté^ce signe avec les deux points, parce que le j simple, 
dont il faut dériver le caractère pour ce son-là, si l'on 
prend ici pour norme la signification primitive des lettres, 
est prononcé de manières trop différentes parmi les na- 
tions occidentales, pour le conserver ainsi sans y joindre 
un signe distinctif. Les grammairiens de l'Inde le met- 
tent à la tète des demi-voyelles, au nombre desquelles 
ils comptent encore les lettres r, 1 , et v ou \v. Ils admet- 
tent des voyelles r et 1 qui répondent aux consonnes r et 
l , comme les i et u aux j et v. Je rends ces voyelles par 



29 

r et 1, en y ajoutant, selon la différence de prononciation 
dans les divers idiomes de l'Inde un i et î, ou un u et û. 
Un r rendra le r de plusieurs peuples qui adoucissent 
cette lettre jusqu'à lui donner le son qui appartient au j*. 
Le ï barré des Polonais me servira à exprimer l'ancien 1 
sanskrit, le ^ ^ conservé dans la plupart des idiomes 
modernes de l'Inde , et comparé suivant la prononciation 
des diffV'rentes contrées où il est en usage, ou la diversité 
des écrivains, à un Ir, au 11 du pays de Gales, et au gl 
italien , mais articulé de manière qu'on ne peut pas l'ap- 
j)rendre sans instruction orale. Ce n'est pas seulement à 
cause d'une ressemblance de son, que je suppose au ï 
polonais et au ^ indien , que je les rends par le même 
caractère ; c'est aussi parce que je crois voir sous le rap- 
port étymologique dans le î slavon le représentant de 
cette ancienne lettre , dont des idiomes slavons auront 
conservé le son de la même manière qu'ils ont conservé. 
des voyelles r et 1. Les lettres j, r, 1 et v subissent dans 
quelques alphabets des modifications particulières trop 
spéciales pour en parler ici; mais un r fort appartient 
à des langues diff'érentes; un r cérébral, et la même con- 
sonne aspirée, f, se trouvent dans plusieurs idiomes de 
l'inde. 

Les lettres précédentes j , r, 1 et v avec leurs modifi- 
cations, et le X, seront réunies dans une classe particu- 
lière sous la dénomination de lettres mêlées. 

Presque toutes les consonnes simples et plusieurs de 
celles qui sont distinguées par des accessoires, peuvent 
être mouillées dans différens idiomes , principalement 



30 

clans ceux parlés par les peuples slavons. L'orthographe 
russe les marque par un signe particulier, le i>, mis dans 
la ligne après la lettre mouillée. Je les distingue par un 
point mis au-dessus. Ce sont les lettres b, c-> d> Si J-> 
k , l , lii , 11 ^ P , ^ 5 s î s ' i 5 t , V , z , z. 

Les lettres k, g, c, g, 9, z, t, d, r, t, d, p etb, 
peuvent être aspirées dans les idiomes de l'Inde et des 
contrées plus orientales de l'Asie. On exprime générale- 
ment dans nos transcriptions l'aspiration de ces lettres en 
leur joignant un h, h ou ,h. On les prononce en fai- 
sant entendre ce h bien distinctement, comme dans les 
mots anglais hothouse, milk house, dog house, church 
hill, prononcés ensemble rapidement et comme en un seul 
mot, ho-tjwuse, mil-hjiouse^ do-gjiouse, chur-chyhill ; 
ou comme en séparant les mots uhlior , adhère-, uphill en 
a-hjior ^ a-djic7'e, u-pjùll. J'exprime l'aspiration de ces 
lettres par une ligne courbée placée au-dessus, d'où il 
résulte les caractères R, ^, c, g,, 2-, ^-i f , d, f , C, d, p, b. 
Ces aspirées aussi bien que les mouillées seront rangées 
dans les mêmes classes que les lettres dont elles dérivent. 

Plusieurs langues présentent des lettres qui, dans cer- 
tains cas, ne se prononcent pas. On peut, s'il le faut, les 
distinguer, ou par des figures plus petites, ou par un 
accessoire particulier. La première méthode, ordinaire- 
ment facile à exécuter dans l'impression, est plus difficile 
dans l'écriture j on peut donc y mettre un petit zéro, 
placé en haut ou en bas suivant la différente figure des 
lettres. 

En réunissant ensemble les consonnes dont il a été ques- 
tion, on peut en former le tableau suivant: 



31 



P 
O 



o 

S?: 

o 

02 

< 

Eh 











ir-j. 
















r\ 








«3 








iro 








*iD 


. 


• 


• 


^ 


. 






b 


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uhlD 


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i-^. 


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X 


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lU. 


«^ 




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• itftî 












^ 

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•N^ 






*s 


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o 


•b£ 


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"w 


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•H 


"~* 
















g 


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MU 






.^ 


•a 


••- 




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»^ 




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•-S 








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X- 




Ni 


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^ 








#N 


<hc 




N- 


f-Jv 






?s* 


"C 
















c2 


^- 




V^ 


•^^ 






i^ 








^ 


«^ 




--S 


•N 








N: 


'^ ' 




si 


^ 




















^ 




N> 


"^l 






i-T 


«3 


45j 




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53 


>>• 


V 
















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X: 


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CA* 


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* 















32 

L'ouvrage que je viens d'annoncer contiendra beaucoup 
d'alphabets étrangers; par conse'quent la publication en- 
traînera des frais considérables. Il formera un volume in- 
4. d'environ 60 feuilles, dont le prix, pour les souscrip- 
teurs, sera de 11 fl. ou 24 fr. 

payables à la réception. 

On ne fera imprimer que peu d'exemplaires au-dessus 
du nombre dont on aura besoin pour satisfaire aux de- 
mandes reçues. La souscription restera ouverte jusqu'à 
la fin de cette année; plus tard , le prix de l'ouvrage sera 
augmenté de moitié pour les personnes qui n'auront pas 
souscrit. 

ON SOUSCRIT 

à Darmstadt chez J. W. Heyer (G. Joxghaits); 

à Majence chez A. Leroux ; 

à Mannheim chez Artaria et Fo\tai\e; 

à Paris chez M'"^ \ve Doxdey-Dupre; 

à Londres chez Black, Young etYouNo; 
ainsi que chez les principaux Libraires de l'Allemagne et 
de l'Etranger. 

La liste des souscripteurs sera imprimée en tête de 
l'ouvrage. 

Février, 1835. 



DARMSTADT. — IMPRIMERIE DE STAIIL ET BEKKER. 



DE 



L' I N F L II E N C E 



DE L'ÉCRITURE 



SUR LE LANGAGE. 



DtRMSTAflT. 



IMPRIMKRIK HK STAIIL ET BKKKER. 



DE 

L' INFLUENCE 

DE L'ÉCRITURE 

SUR LE LANGAGE. 



M-Ja Commission de l'Institut royal de France, chargé de 
l'exécution de la fondation faite par M. le comte de \ olney , 
proposa en 1823 pour sujet du prix qu'elle devait adjuger 
en 1825 , de déterminer l'influence des difFérens genres 
d'écriture ou de leur absence sur la formation du langage 
chez les nations , qui ont fait usage soit de l'écriture hié- 
roglyphique , soit de récriture alphabétique , ou qui enfin 
pendant long-temps n'ont eu aucune coimaissance de l'art 
d'écrire. 

Le point de vue sous lequel fut envisagée cette question, 
me paraît trop essentiel à la discussion elle même , pour ne 
pas donner en entier les programmes publiés à ce sujet 
dans le Journal des Savans des années 1823 et 1826, 
deux concours n'ayant offert aucun résultat satisfaisant. 

1. a La commission propose pour sujet du prix qu'elle 
adjugera le 24 avril 1825 d'examiner si l'absence de toute 
écriture , ou l'usage , soit de l'écriture hiéroglyphique ou 
ide'ogi'aphîque , soit de l'écriture alphabétique ou jjJiono- 

1 



& DE L INFLUENCE I)E L ECRITURE 

griqyfvque f ont eu quelque influence sur la formation du 
lang-age chez les nations qui ont fait usag;e de l'un ou de 
l'autre genre d'e'criture , ou qui ont existé long-temps 
sans avoir aucune connaissance de l'art d'écrire , et dans 
le cas où cette question paraîtrait devoir être décidée 
affirmativement , de déterminer en quoi a consisté cette 
influence. On a cru pouvoir avancer , sans avoir approfondi 
ce problème, que dans l'absence de toute écriture, les 
formes grammaticales dont l'usage est de réunir dans un 
seul mot à une idée principale les idées accessoires de 
temps , de mode , de genre , de nombre , de personne , et 
de diverses natures de rapports se multiplient avec une 
extrême facilité; d'où il résulte un système grammatical 
très-compliqué , et sujet à éprouver en peu de temps de 
grands et nombreux changemens; que l'écriture idéogra- 
phique au contraire , oppose le plus grand obstacle possible 
à la multiplication des formes et à la complication du 
système grammatical , et par une conséquence nécessaire , 
donne au langage le plus haut degré possible de fixité, 
enfin , que les effets produits par l'emploi de l'écriture 
alphabétique ou phonographique , tiennent le milieu entre 
ceux qui résultent, d'une part, de l'usage de l'écriture 
idéographique , et de l'autre de l'absence de tout système 
d'écriture. C'est cette supposition que la commission sou- 
met à la discussion ; et elle désire obtenir une solution de 
ce problème fondée sur des faits constans et mis hors 
de doute. '' 

2. Programme de 1826. « La question proposée par la 
Commission paraît avoir été en général bien saisie par les 
concurrens. Toutefois il semble, que faute d'avoir eu re- 



StU I.K LANGAGE. 3 

cours au premier programme publie en 1823 , il est resté 
à plusieurs d'entre eux quelque cloute sur ce que la com- 
mission avait entendu par la formation du langage ; et 
ce doute devait nécessairement s'étendre sur l'influence 
que l'on supposait avoir pu être exercée par l'absence de 
toute écriture , ou par l'un des deux systèmes d'écriture 
idéographique ou phonograpliique , sur cette formation. 
Avec un peu de réflexion , on devait sentir et il paraît qu'on 
a du moins préjugé que la commission n'avait pas voulu 
mettre en question l'antériorité du langag^e sur l'écriture. 
Ce qu'elle îivait principalement en vue, c'était la marche 
synthétique par laquelle, au moyen d'inflexions, d'altéra- 
tions ou de combinaisons variées à l'infini, les idées acces- 
soires de nombres, de genres, de personnes, de modes, de 
temps , en un mot tous les signes de rapports , se fondent avec 
les idées principales des êtres ou des actions ; sans cepen- 
dant qu'elle eût prétendu exclure ce genre de composition, 
plus artificiel, qui consiste dans la réunion en un seul 
mot de plusieurs idées principales , et qui fait la richesse 
de divers idiomes , par exemple du grec , du persan et de 
l'allemand. Les auteurs des mémoires envoyés au concours 
ont aussi plus ou moins rempli la condition du programme, 
qui exigeait que la solution du problème fut fondée sur 
des faits et non sur des théories. Ces faits ne pouvaient 
être que des idiomes dont le système grammatical fût 
bien avéré , et le genre d'écriture , s'il s'agissait d'une na- 
tion en possession d'une écriture quelconque, bien con- 
staté. Pour les langues identifiées en quelque sorte avec 
une écriture phonographique , les exemples ne manquaient 
pas ; pour les langues associées à une écriture idéogra- 

1. 



•4 I>K L I^FLUKNCE DE L ECRITURE 

phiqiie les regards devaient se porter d'abord sur les 
Egyptiens et les Chinois : il était sans doute quelques 
autres idiomes dont on pouvait invoquer le témoignage, 
et que la commission s'abstiendra de désigner ; mais avant 
tout, il fallait bien constater le système grammatical des 
langues qu'on choisissait pour éclairer la question , et 
c'est la partie la plus faible de tous les mémoires. Cepen- 
dant, les nouvelles découvertes qui ont levé en partie le 
voile qui couvrait les antiques monumens de l'Eg^ypte, 
et la lumière répandue par des travaux récens sur la langue 
chinoise, ofliaient aux concurrens de g-randes ressources. 
Quant à l'influence , mise en question , de l'absence de 
l'écriture , il n'était pas nécessaire , pour examiner cette 
partie flu problème, d'avoir à sa disposition des livres 
élémentaires d'un grand nombre d'idiomes de nations sau- 
vages , et surtout de nations absolument dépourvues d'écri- 
ture. Plusieurs peuplades de l'Afrique , de l'Amérique et 
de la Polynésie , chez lesquelles une écriture tout-à-fait 
étrangère s'est introduite avec la prédication du christia- 
nisme , lorsque leur langage avait été élaboré , dans l'ab- 
sence de toute écriture , pendant une longue suite de siècles, 
pouvaient fournir des élémens suffisans pour la solution 
du problème ; et il faut peut-être l'ajouter , si l'on écarte 
tout-à-fait , comme il convient de le faire , la supposition 
que l'écriture ait précédé le langage , on ne doit pas perdre 
de vue que l'écriture , de quelque nature qu'elle soit , a pu 
s'introduire chez une nation à des époques plus ou moins 
rapprochées du berceau de sa langue , et que , par une 
conséquence nécessaire , si l'absence de l'écriture a une 
influence propre à augmenter ou à restreindre les formes 



SUR LE LA>GA(iE. D 

complexes <lu lang-age , cette influence aura exerce long- 
temps son pouvoir sur le peuple qui n'a reçu l'écriture 
qu'après plusieurs siècles d'existence , tandis qu'elle aura 
été presque nulle sur une société qui , à peine constituée , 
a inventé ou reçu du dehors une méthode de fixer ses 
pensées ou leur expression vocale par l'écriture. Le doute 
qui paraît s'être élevé sur ce qu'on avait entendu par 
formation du langage, s'est, aussi porté sur l'idée qu'on 
avait attachée à Icijixtte du langage. Ce qu'on a déjà dit 
doit suffire pour faire sentir qu'on n'entend pas par-là un 
état invariable qui repousse toute amélioration , toute ac- 
quisition, toute altération euphonique , toute variation 
dans la prononciation, Torthog-raphe ou la syntaxe; mais 
que l'idée attachée au terme de fixité est que, la langue 
ayant été saisie par l'écriture , si l'on peut parler ainsi , 
dans une certaine situation, relativement à la tendance 
naturelle qui semble porter les hommes à incorporer les 
idées accessoires dont on a parlé avec les idées princi- 
pales , l'usage de cet art a arrêté les progrès de cette 
fusion ou agglomération , ou bien les a favorisés. " 

D me paraît convenable de placer à la iète de ce mé- 
moire l'opinion que je crois devoir défendre , tout opposée 
qu'elle soit, à celle avancée dans le premier programme, 
à l'opinion dis-je, que différentes sortes d'écriture auraient 
dû exercer une influence différemment modifiée d après 
la diversité de leur nature sur les langues ou naissantes 
ou formées déjà. Or mon opinion est, qu'aucun genre d'é- 
criture n'a jamais exercé comme tel une influence assez 
marquée sur la langue d'un peuple quelconque, pour nous 



6 DK LllNFLUENCE DE l'eCUITITIIE 

autoriser à attribuer à cette cause soit les formes particu- 
lières , soit la stabilité d'un idiome dans un degré plus ou 
moins grand que celui qu'il aurait peut-être présenté en 
d'autres circonstances. Afin de ne pas donner lieu dès le 
commencement à être mal-compris, je suis bien loin de 
nier en général l'influence de l'écriture sur le langage , si 
on prend ce mot d'écriture dans un sens étendu ; ce que 
je crois devoir nier, c'est seulement la diversité d'influence 
exercée par les difFérens genres d'écriture sur la formation 
général d'une langue ou sur son caractère particulier. 
J'espère pouvoir montrer comment sous des conditions 
semblables plusieurs langues avec une écriture hiérogly- 
phique ou une alphabétique n'ont ressenti l'effet de cette 
différence que d'une manière très-faible ; comment des 
langues dépourvues de toute écriture ont su conserver 
pendant de longs espaces de temps une quantité d'anciennes 
formes, dont d'autres qui faisaient usage d'une écriture 
alphabétique ont perdu presque les dernières traces. Mais 
je ne me dissimule pas, que, si les faits que je rapporterai 
me paraissent suffisans pour établir mon opinion, d'autres 
peut-être ne partageront pas cet avis , et qu'il sera im- 
possible de prouver jamais entièrement une opinion quel- 
conque ; ce ne sera qu'une conviction fondée sur des raisons 
plus ou moins fortes, et parmi celles sur lesquelles chacun 
appuiera sa manière de voir il s'en trouvera sans doute 
qui ne manqueront pas de plausibilité. 

Ce qui d'abord doit embarrasser ceux qui cherchent la 
solution de la question proposée, c'est sans doute et le 
choix des matériaux sur lesquels on puisse fonder cette 
solution, et la marche qu'on devra suivre. Car quoique 



SUR LE LANGAGE. T 

cette question ne paraisse appartenir qu'au domaine de la 
philologie, il peut néanmoins s'élever des doutes assez 
spécieux , si jamais un travail sur les langues considérées 
en elles-mêmes peut conduire au but proposé , et si ce ne 
sera pas plutôt à 1 histoire qu'on devra demander presque 
tous les renseignemens propres à éclaircir ce problème. 
C'est l'état d'une langue à une époque donnée , qui ordi- 
nairement se présente à nos yeux; mais souvent une telle 
langue dérobe à nos recherches tous les changemens qu'elle 
a du subir avant d'arriver à cet état. En ne considérant 
que ce dernier nous courons les risques de nous tromper 
étrangement , et des difficultés très-graves peuvent s'offrir 
si nous cherchons à démêler un état antérieur. Supposons 
que de l'anglais nous ne connaissions que 1 idiome actuelle- 
ment en usage, que nous ne sachions rien des anciens dia- 
lectes germaniques et Scandinaves , rien du français et des 
idiomes d'origine romane ou du latin, que de fausses con- 
clusions ne déduirions nous pas peut-être de cette con- 
naissance imparfaite! Ainsi pour en juger, ce ne sera pas 
cette langue en elle-même qui nous en offrira les moyens , 
ce seront plutôt d'autres langues qui , en nous fournissant 
des notices historiques, nous mettront en état de parvenir 
au but proposé. Rien ne nous indique pour un idiome par- 
ticulier ou isolé qui se présente sous une forme quelconque, 
quel en aurait pu être l'état , si sous d'autres influences 
que celles qu'il a ressenties , cet idiome avait parcouru les 
siècles dans lesquels il acheva sa formation; et là se trouve 
la principale difficulté pour ceux qui tâcheront d'éclairer 
la question par des considérations tirées de la langue elle- 
même ou purement philologiques. 



8 DE l'influence de l'écriture 

Les langues anciennes , les langues primitives se sont 
forme'es et ont pris une partie du caractère distinctif que 
nous leur voyons , sans qu'aucun genre dVcriture ait pu 
arrêter ou seconder leur première formation. Celle-ci se 
fit suivant le génie particulier des ancêtres des difFërens 
peuples , et d'après la facilité plus ou moins grande que 
leurs organes de la parole avaient à produire certains sons. 
Ces sons, ou les noms attribués aux objets des sens, furent 
fixés à une époque plus ou moins rapprochée parmi les 
hommes d'une même souche. Avaient-ils trouvé ces pre- 
miers hommes qui vinrent se réunir en une société quel- 
conque , une difficulté particulière à articuler un son , qui 
peut-être était facile à une autre peuplade , alors ce son 
là ne fit pas partie de leur langage, tandis qu'il entra dans 
celui d'une société voisine. Cette difficulté de produire 
certains sons , innée à quelques hommes , et que sous 
d'autres circonstances ils auraient pu vaincre aisément, 
devait devenir habituel le aussitôt que les enfans apprirent 
le langage de leurs pères suivant le cercle plus ou moins 
étroit , dans lequel ceux-ci s'étaient renfermés lors de la 
première formation de la langue. Tandis qu'on ajouta peu- 
à-peu de nouveaux sons aux premières articidations, d'autres 
qui auraient également pu être adoptés , restèrent exclus 
ou par hazard , ou parce que le génie de la langue et les 
organes de la prononciation commençaient déjà à prendre 
une certaine direction , et à se renfermer dans des limites 
différemment modifiées. 

Tout ce qui est particulier dans l'articulation d'un peuple 
quelconque au sujet des sons qu'il cherche à éviter ou à 
remplacer par d'autres, s'il les reçoit d'un peuple voisin. 



SUR LE LANGAGE. 9 

parce qu'ils lui offrent quelque difficulté, se trouve aussi 
clans la prononciation des individus , dont Torgane de la 
parole n'est pas encore suffisamment exercé à produire de 
tels sons. C'est ainsi que des enfans qui ont quelque peine 
à prononcer certains sons, leur font subir exactement les 
mêmes changemens auxquels on les voit assujettis dans la 
prononciation de certains peuples. On parvient avec le 
temps à vaincre cette difficulté dans l'articulation parti- 
culière d'un enfant, ou celui-ci cherche aussi à se corriger 
lui-même; mais séparé de la société qui l'environne, rien 
ne l'aurait pu engager à s'efforcer de produire des sons 
pour lesquels il a senti quelque répugnance. C'est de cette 
manière que les différens peuples primitifs ont reserré 
plus ou moins les limites dans lesquelles devait procéder 
la formation des racines de leurs languas ; d'autres raisons , 
comme la demeure dans les montagnes ou dans les plaines, 
le contact avec d'autres nations etc. ont modifié plus tard 
de manières fort différentes les articulations primitives. 

Le génie des langues qui distingue celles d'une même 
souche d'autres qui leur sont étrangères, suivit une marche 
analogue; il se forma bientôt dans les différentes langues 
primitives un caractère général , indélébile pendant long- 
temps, et qui devait résister à beaucoup de révolutions 
extérieures. Ainsi nous voyons les peuples sémitiques ré- 
pandus sur ini espace assez considérable , adopter et con- 
server des formes de grammaire très-semblables dans leurs 
différens dialectes, malgré que les uns atteignissent de 
bonne heure un haut degré de civilisation , tandis que 
d'autres restèrent encore long-temps en arrière. Les uns 
avaient une écriture vingt siècles environ avant (pi'elle fut 



10 DE l'influence DE l'ecRITURE 

adoptée par les autres ; et lorsque ces derniers la reçurent , 
ils n'accordèrent au dialecte du peuple d'où leur venait 
cette e'criture aucune influence sur les formes grammati- 
cales de leur lang-ue. Et néanmoins telle était encore alors 
la ressemblance entre les difFérens dialectes sémitiques, 
qu'on n'a besoin d'aucune recherche , pour les reconnaître 
du premier abord comme langues qui descendent d'une 
même souche. 

Une seconde famille de langues différente de celle dont 
nous venons de parler , est formée par les idiomes de 
l'Hindoustan propre, de laPerse, de l'Arménie, desGrecs, 
des Romains, des peuples slavons et germaniques. Mais 
l'immense étendue de pays qu'occupèrent de bonne heure 
les peuples auxquels appartenaient ces idiomes, devait y 
produire plus de modifications que nous n'en voyons dans 
les langues sémitiques. Chacune des grandes divisions énon- 
cées ci-dessus s'éloigna plus ou moins de ce qui paraît 
leur avoir été en commun autrefois. Un des principaux 
signes distinctifs entre ces idiomes consiste dans l'adop- 
tion de l'article et de verbes auxiliaires ou dans la con- 
servation des inflexions; cette adoption fut occasionée or- 
dinairement par la réunion de différens peuples ou tribus 
en une nation nouvelle. Les inflexions trop difficiles pour 
que la partie de cette nation, àla(|uelle elles étaient étran- 
gères , se les appropriât , devaient faire place à des formes 
plus faciles. C'est de cette manière, que mélangés entre 
eux, les idiomes qui dérivent d'une même souche, peuvent 
s'éloigner néanmoins extrêmement de leur type primitif, 
et qu'ils ont formé des langues nouvelles qui avec l'idiome 
ancien n'oftVent plus d'autres ressemblances que celles qui 



SUR LE LANGAGE. 11 

se trouvent conserve'es dans les racines plus ou moins dé- 
fig-urées. 

Une troisième famille de lang-ues plus distincte encore 
des deux qui viennent de prece'der que celles-ci ne le sont 
entre elles , est la famille des langues nommées monosylla- 
biques de l'est de l'Asie , qui en différens idiomes s'étende 
sur la Chine et la presqu'île au-delà du Gange. Ils nous 
présentent dans leur caractère distiuctif une ressemblance 
entre eux tout aussi frappante que l'est celle entre les 
idiomes sémitiques , mais il existe une grande différence 
dans le genre de ces ressemblances. Les langues se'mitiques 
ont en commun les formes grammaticales et les racines , 
ce ne sont qu'autant de dialectes où la connaissance de l'un 
facilite extrêmement celle de l'autre. Les langues mono- 
syllabiques n'ont en commun d'une manière apparente 
qu'une très-petite partie de racines et de formes gramma- 
ticales , et celles-ci ne sont même pas communes à toutes 
ensemble , ces rapprochemens se remarquent dans les idi- 
omes des peuples voisins comme des peuples éloigne's d'une 
manière égale mais en g-énéral très-peu sensible. Dans les 
mêmes pays il y a des dialectes souvent très-difFérens, 
les mêmes mots se prononcent tantôt avec d'autres initiales, 
ou avec d'autres finales , tantôt et les initiales et les finales 
sont changées. Mais en revanche les langues monosylla- 
biques se distinguent de toutes les autres par leur petite 
quantité de mots, diversifiés par les intonations, et par la 
conformité qui règne dans leurs manières de former ou 
plutôt de joindre ensemble les différentes parties du dis- 
cours. La connaissance d'une de ces langues facilite extrê- 
mement celle des autres, si l'on ne considère pas les mots 



12 DE l'influence de l'écriture 

particuliers. Ce qui pour la construction paraît le plus 
les disting^uer les unes des autres, c'est l'emploi ou de 
prépositions ou de postpositions à la place des inflexions 
d'autres langues, rapport qui varie de pays en pays , et 
qui fit dire à l'envoyé de la Chine au royaume de Camboge , 
dont M. Abel-Remusat a traduit la relation, (Nouvelles 
Annales des Voyages , III, 63) , « Les mots que nous 
mettrions après se placent ordinairement avant chez eux. " 
Des observations savantes du D. Leyden sur les langues 
indochinoises se trouvent dans le dixième volume des re- 
cherches asiatiques , sur lesquelles il me sera permis d'ap- 
peler l'attention des lecteurs. 

Ce qui met au plus grand jour la ressemblance aussi 
bien que le caractère distinctif des langues d'une même 
souche avant qu'elles aient subi des changemens trop forts , 
c'est la facilité avec laquelle on peut traduire de l'une 
dans l'autre sans avoir besoin de donner aux phrases une 
nouvelle structure et de substituer à certaines locutions 
d'autres qui n'en présentent que le sens , sans pouvoir ren- 
dre dans tous les cas les expressions particulières. On peut 
de cette manière démontrer avec facilité les rapports in- 
tinies qui existent entre les langues de chacune des trois 
familles indiquées, avant que quelques-unes se soient trop 
éloignées de leur origine commune, mais dès qu'on veut 
faire un tel essai sur des idiomes de familles différentes, 
principalement entre une des langues monosyllabiques et 
une des polysyllabiques, on se trouve forcé de faire des 
changemens très-sensibles et à la construction et à la sig- 
nification particulière de beaucoup de mots, pour exprimer 
dans une autre langue la même idée , que ces mots ex- 



SUR LE LANGAGE. 13 

priment dans l'idiome auquel ils appartiennent. Le sens 
d'un mot pris isolément diffère souvent trop de celui qu'il 
a en connexion avec d'autres, et les mots réunis ensemble 
présentent des acceptions trop différentes de celles qu'ils 
ont hors de cette réunion , pour qu'on ne doive pas leur 
substituer des expressions tout-à-fait dissemblables. Il est 
vrai que cela a lieu pour toutes les langues comparées en- 
semble , chacune présente ses idiotismes ; mais ceux-ci se 
ressemblent dans les langues qui sont en affinité , et pren- 
nent un caractère tout différent dans les langues radica- 
lement diverses. 

Les langues de nos seconde et troisième familles ont 
adopté le genre d'écriture , dont chacune d'elles fait usage, 
à des époques très-éloignées les unes des autres , de même 
que les langues sémitiques ; mais on ne voit, ce me semble, 
aucune influence très-prononcée , que ces genres d'écriture 
différens aient exercée sur les langues. Mais abordons 
maintenant la question de plus près. 

Il paraît que la simplicité du copte comme représentant 
de l'ancien idiome des Egyptiens, et le caractère particu- 
lier du chinois ou son génie, qui diffère tant de celui de 
nos langues occidentales , ont suggéré lidée, que l'écriture 
idéographique en usage parmi les anciens Egyptiens et les 
Chinois a été la cause principale de la simplicité et du 
caractère particulier de ces langues. En s'apercevant que 
les Chinois ne sont pas parvenus à avoir des inflexions 
semblables à celles de nos langues , des mots composés de 
la même espèce que les nôtres , etc. on a cru en trouver la 
raison dans un genre d'écriture qui se serait opposé à de 



14 DE l'influence de l'écriture 

telles formations , en appliquant un signe différent à cha- 
cune (les particules qui tiennent lieu de nos inflexions. 

Cette supposition, toute probable qu'elle puisse paraître, 
semble néanmoins dépourvue de fondemens solides. Car 
ce qui distingue ainsi le chinois de nos langues polysylla- 
biques, ne le distingue pas des monosyllabiques , qui, pour 
ce que nous en connaissons , présentent le même caractère 
général et les mêmes rapports entre les différentes parties 
du discours , que le chinois. Celles que nous connaissons 
le mieux sont l'idiome nommé annamitique et le barman ; 
sur le premier nos notions sont puisées dans le dictionnaire 
du Père Alexandre de Rhodes publié à Rome en 1651 , 
et à l'égard du second la dernière édition d'un alphabet 
de la Propagande , et une grammaire du Missionnaire 
Félix Carey, fournissent les meilleurs renseignemens. Le 
barman ayant adopté selon l'opinion la plus accréditée vers 
la fin du quatrième siècle de notre ère un alphabet indien , 
et l'ayant conservé jusqu'à nos jours , présente une occa- 
sion de comparer l'influence probable de l'écriture idéo- 
graphique du chinois et de l'écriture alphabétique du 
barman sur des idiomes qui dans leur organisation ne dif- 
férent que fort peu. Maintenant pour en anticiper le ré- 
sultat, telle est la ressemblance entre ces deux idiomes, 
telle l'analogie qu'ils présentent partout, qu'on pourrait 
écrire sans difficulté beaucoup de phrases barmanes mot- 
à-mot avec des caractères chinois , où ces derniers pris 
isolément exprimeraient exactement le même sens que les 
mots barmans isolés. Il y a sans doute beaucoup de dif- 
férences ; ainsi le barman rend toujours par des postposi- 
tions , ce qui dans nos langues est exprimé par les in- 



SUR LE LAÎÎGAGE. 15 

flexions et prépositions , et dans le chinois tantôt par 
prépositions et tantôt par postpositions. Le barman fait 
quelquefois usag-e de plus de particules qui nous semblent 
superflues , que ne le fait le chinois ; il emploie souvent 
plus de synonymes réunis dans un composé pour éviter 
l'équivoque des liomoplioiics , accumulation, qui tient à 
son système d'écriture alphabétique, celle idéog;raphique 
des Chinois n'étant pas ainsi sujette à des méprises pro- 
venant des homophones. iXIais ces composés de synonymes 
n'empêchent nullement que le barman selon son caractère 
général ne se range entièrement parmi les langues mono- 
syllabiques. Aussi le Chinois en parlant fait la même chose 
que le Barman en écrivant ; si dans la conversation il n'est 
pas entendu de celui à qui il parle , il ajoute au mot qui 
a donné occasion à l'équivoque des synonymes , seule ma- 
nière de s'expliquer clairement dans l'excessive pauvreté 
du langage. 

On trouvera dans le barman et le chinois les mêmes 
genres de mots dont la position distingue la partie du 
discours à laquelle ils appartiennent; les mêmes genres 
de composés, à l'exception toutefois que dans le chinois 
le verbe principal suit quelquefois le verbe auxiliaire , ce 
qu'il ne fait jamais en barman; on leur trouvera le même 
emploi de particules finales et conjonctives , de mots d'es- 
pèce servant à déterminer les substantifs , etc. Si à côté de 
ces ressemblances il existe assez de différences et des idio- 
tismes particuliers , les premières sont néanmoins plus 
marquées. Ainsi le différent genre d'écriture ne parait pas 
avoir exercé une influence bien prononcée sur ces deux 
langues. 



16 DE l'influence de l'écriture 

Mais si rëcriture alphabétique avait pu entraîner la 
langue vers un système plus semblable à celui des langues 
polysyllabiques , le temps ne lui aurait pas manqué pour 
accomplir un tel changement , que plusieurs circonstances 
auraient d'ailleurs favorisé. Ce n'a pas été seulement l'é- 
criture, mais aussi la religion et le culte qui des Hindous 
sont passés aux Barmans , peuple qui pour une foule d'idées 
ne paraît avoir eu auparavant aucune expression. Les Bar- 
mans adoptèrent par conséquent les mots palis exprimant 
ces idées , mots polysyllabiques , qui en partie restèrent 
comme tels dans leur langue , et ils se rapprochèrent ainsi 
des idiomes polysyllabiques, ce qu'ils firent encore en 
changeant dans beaucoup de composés le son de l'initiale 
du second membre , et le réunissant de la sorte plus in- 
timement au premier. Le barman ne reconnaît que trois 
tons ou accens , tandis que le chinois en reconnaît quatre , 
et la langue annamitique six. Ces tons ne tiennent pas es- 
sentiellement à ces langues , mais ils concourent puissam- 
ment à cette prononciation lente et par syllabes détachées , 
qui en forme un des caractères distinctifs. Or une telle 
langue se rapprochera d'avantage des langues polysylla- 
biques à proportion qu'elle aura moins de tons et que leur 
juste articulation sera moins essentielle. De tous les peuples 
de rindo-Chine les Barmans paraissent distinguer le moins 
les tons, ou les prononcer avec des différences moins sen- 
sibles; mais malgré ces circonstances leur langue s'est 
conservée dans son caractère essentiellement monosylla- 
bique pour tout ce qui tient aux formes grammaticales. 
On aurait tort, sans doute, si on voulait attribuer à l'é- 
criture alphabétique que le barman n'a pas des tons fort 



SUU LE LANGAGE. 17 

distingues; car de tontes les langues monosyllabiques le 
siamois, qui également s'écrit avec un alphabet pâli, est 
celle où les tons sont marqués de la manière la plus sensible 
C'est un des caractères généraux de ces langues, qu'avant 
d'avoir reçu un certain degré de fixité par un genre d'écri- 
ture ou par une littérature quelconques, elles soient su- 
jettes beaucoup plus que les langues polysyllabiques aux 
changemens dans leurs racines, ou ce qui est alors le 
même, dans tous leurs mots. Un mot dans une langue 
polysyllabique est rarement toiit-à-fait isolé, il entre dans 
différens composés , fait partie de mots divers et en reçoit 
plus de stabilité. Se perd-il dans un de ces mots, il est 
conservé dans im autre, et c'est pour cette raison, que les 
langues polysyllabiques offrent encore après des siècles, 
qu'elles ont été séparées les unes des autres, des facilités 
pour faire au n.oyen de leurs racines des recherches sur 
leur première origine. Mais dans les langues monosylla- 
biques tout changement de prononciation ravit ordinaire- 
ment un mot entier à ces sortes de recherches, et comme 
le nombre de syllabes est si limité, et que la prononciation 
y est si sujette à des altérations, il en résulte que des 
comparaisons entre les mots de ces langues auront beau- 
coup moins de poids que des comparaisons semblables entre 
les mots de langues polysyllabiques. Les langues mono- 
syllabiques nous présentent par cette raison si peu de mots 
qui leur soient communs; elles en ont sans doute, comme 
aussi dans chacune d'elles il s'en trouve, où l'on voit 
l'affinité que ces mots ont ensemble; mais leur nombre 
comparé à celui dans les langnes polysyllabiques est tou- 
jours fort limité. Ce peu de rapport se trouve par consé- 

2 



18 DE l.'lNFLlTEKCE DE l'eCRITURL 

qiient aussi dans le chinois et le barman à l'égard de leurs 
racines, de sorte que si l'on ne devait jug^er que d'après 
elles, on se croirait à peine autorisé à attribuer à ces langues 
une orig-ine commune. Il s'y trouve, il est vrai, des res- 
semblances de toute espèce, comme entre les mots qui 
sont tantôt verbes ou adjectifs ou substantifs, ceux qui ne 
sont que substantifs, et ceux enfin qui ne sont que parti- 
cules. Mais de telles comparaisons de mots monosyllabiques 
isolés présentent toujours beaucoup de vague. J'en citerai 
néanmoins quehpies exemples, où je me servirai pour le 
chinois de l'orthographe ordinaire adoptée en France, et 
pour le barman de celle établie dans l'appendice à ce 
mémoire. 

nhain en barman et nèng en chinois. Pouvoir, être ca- 
pable. 

si en barman et chï en chinois, Savoir. 

Sîej en barman et chè en chinois, Déplacer. 

vsat en barman et châ en chinois ou chat dans le dia- 
lecte de Canton, Tuer. Ce mot est sat aussi dans la langue 
annamitique. 

s'cenh en barman et chén en chinois, Châtrer. 

nûâh en barman et nieoû en chinois, Boeuf ou vache. 

"kiiè en barman et khioùan en chinois, Chien. 

îiu en barman et ko en chinois , mots qui joints à un 
nom de nombre remplacent les noms de description et sig- 
nifient Un certain. 

sï en barman répond généralement à la particule tchî 
de l'ancien style chinois, et à la particule tt du style mo- 
derne. 



,^ SUn LE LANGAGE. 19 

La particule barmane tô , signe du pluriel , répond au 
toù chinois ; tous les deux se mettent après le nom. 

Il en barman, joint à un nom de nombre, sig;nifîe Fois, 
comme sÔn-li Trois fois. Dans le chinois làï paraît être 
le même mot ; il forme des adverbes de nombre , comme 
sàn-làï Troisièmement ; il y signifie aussi Venir , ce qui en 
barman est làh , où lî n'a plus aucune signification comme 
verbe. 

Cela suffira pour cette sorte d étymologies , qui , certes , 
ne sont bonnes à rien. 

Le barman est peut-être trop peu connu, pour que les 
assertions précédentes , fondées sur l'analogie entre le chi- 
nois et le barman , puissent suffire à prouver mon opinion ; 
je mettrai donc dans un appendice un abrégé de la gram- 
maire barmane , mais je m'y abstiendrai de toute compa- 
raison ultérieure avec le chinois , assez connu par l'excel- 
lente grammaire de M. Abel-Rémusat. 

L époque où l'écriture des Chinois fut inventée ou 
employée d'une manière un peu générale pour l'usage 
commun , me paraît très-incertaine ; et c'est pourtant prin- 
cipalement de la détermination de cette époque, que doit 
dépendre tout raisonnement sur la manière dont cette 
écriture aurait pu agir sur la langue parlée. Car si celle-ci 
était déjà formée telle que nous la voyons plus tard , et 
qu'elle fût en usage depuis un temps considérable , je ne 
vois pas trop à quelles conclusions l'état de la langue et 
de son écriture peut nous conduire. Nous savons positive- 
ment que pendant une série de siècles les habitans du 
midi de la Chine n'avaient pas encore d'écriture. Ils ont 

2. 



20 DE l'inflitence de l'écriture 

dû adopter la lang;He et Tecritiire chinoises au temps où 
ils ont été soumis, quoique pour la langue ils paraissent 
avoir conservé beaucoup de ressemblances avec plusieurs 
de leurs voisins, habitans de l'Inde au-delà du Gange. 
Parmi ces derniers ceux qu'on distingue par le nom d'An- 
namites , reçurent aussi l'écriture des Chinois , parfaite- 
ment applicable à leur langue monosyllabique , mais qui 
pour les mots particuliers diffère entièrement du chinois. 
Les caractères de celui-ci qui à la Chine subirent avec 
le temps beaucoup de modifications, en reçurent d'autres 
parmi les Annamites. Ceux-ci font usage actuellement 
aussi bien de l'écriture chinoise que de celle qui leur est 
propre , dont les caractères dérivés des caractères chinois 
leur ressemblent en ce qu'ils sont également des signes 
purement idéographiques. Rien cependant ne paraît indi- 
quer que la langue annamitique ait été altérée sous un 
rapport quelconque par Técriture étrangère; tout au con- 
traire semble appuyer la supposition que l'idiome des 
Annamites avant l'adoption de l'écriture portait déjà le 
même caractère qui le distingue actuellement, caractère 
partagé par les autres idiomes de l'Inde au-delà du Gange. 
Ce ne serait donc pas l'écriture qui , à défaut de renseig- 
nemens plus certains, devrait être présumée avoir imprimé 
au chinois son caractère distinctif , parce que ce même 
caractère appartient aux langues de peuples qui n'ont 
reçu cette écriture qu'après un long espace de temps , 
aussi bien qu'à d'autres , qui au lieu de l'adopter ont plu- 
tôt admis l'écriture alphabétique. Il nous faut donc des 
notices plus positives sur l'histoire du chinois pour pou- 
voir décider qu'elle a pu être l'influence de l'écriture sur 



SUR LK LARGAGES 21 

cet idiome, et si jamais une telle influence a eu lieu; il est 
par conséquent nécessaire de recourir à tous les renseig- 
nemens que Ihistoire nous peut fournir. 

Ce qui dans les contestations vives qui ont été élevées 
à ce sujet , paraît mériter le plus de confiance , ce sont 
les recherches de M. De Guignes rapportées daus quel- 
ques mémoires lus à l'académie royale des inscriptions et 
belles-lettres. Ces mémoires ont été inprimés aux volumes 
36, 42 et 43 de ceux de l'académie sous les titres sui- 
vans : Examen critique des Annales chinoises ou Mémoire 
sur l'incertitude des douze premiers siècles de ces Annales 
et delà Chronolog-ie Chinoise; vol. 36, pag. 164 — 189. 
Idée de la Littérature Cliinoise en général , et particu- 
lièrement des Historiens et de l'étude de l'histoire à la 
Chine ; ibid. p. 190 — 238. Mémoire dans lequel on ex- 
amine qu'elle fut l'étendue de lEmpire de la Chine, 
depuis sa fondation jusqu'à l'an 249 avant J. C. et en 
quoi consistait la nation Chinoise dans cet intervalle ; 
vol. 42, p. 93 — 148. Reflexions sur quelques passages 
rapportés par les IMissionaires , concernant la Chronologie 
Chinoise; avec un tableau fidèle de l'état de l'ancienne 
Histoire de la Chine et des sources dans fesquelles les 
Historiens modernes ont puisé ; ou Supplément au Mémoire 
sur rincer titiwle des douze premiers siècles des Aimales 
et de la Chronologie Chinoise ; voh 43 , p. 239 — 286. 

M. De Guignes dit au vol. 36 , p. 197 : « iVvant que 
de terminer cet article, je ne dois point oublier un fait 
extraordinaire qui nous donne une idée peu favorable du 
soin que les anciens Chinois ont pris de conserver leur 
langue. Daus toutes les préfaces die lems dictionnaires. 



22 DE l'influence de l'ecritiiue 

on lit ce passag-e : Dans la jjIus haute antiquité , on 
avait des sons et point de caractères ; dans V antiquité 
moyenne , on rendît les sons par des caractères ; mais 
dans la suite , quoiqu'on eût réglé tout ce qui concernait 
les caractères , on perdit leur son, parce que les prin- 
cipes qui concernaient les sons , n étaient pas clairement 
exposés , et cette erreur s'est perpétuée. Ainsi les Chi- 
nois n'ont plus la prononciation qui convient à chaque 
caractère , ni par conséquent le rapport qui doit naturelle- 
ment exister entre la langue et l'écriture ; ce ne fut qu'après 
l'ère Chrétienne qu'on s'attacha à cette partie ; c'est-à-dire 
à attribuer à chaque caractère le son qu'on crut devoir 
lui appartenir. " 

Vol, 43 , p. 270 — 211 : « L'incendie des livres arrivé 
l'an 213 avant J. C. a fait périr, dit-on, à la Chine la 
plupart des monumens historiques. Cette perte ne pour- 
rait-elle pas avoir été exagérée , et ne voudrait-on pas 
dire seulement qu'il est péri un grand nombre d'exem- 
plaires des mêmes livres? Je suis persuadé que chez les 
anciens Chinois on écrivait moins qu'on ne veut nous le 
faire croire ; l'Imprimerie n'existait point , on n'avait point 
encore l'usage du papier et on ne se servait que de bam- 
bou ou de pièces d'étoffes. Avec si peu de moyens le goût 
des sciences ne devait pas être fort répandu ; la morale 
faisait la principale étude de quelques Philosophes qui 
ont écrit des traités fort courts dans lesquels on ne trouve 
pour ainsi dire que des pensées détachées. L'histoire, à 
en jug'er par le Tchun-tsieou de Confucius , était réduite 
à la seule indication des événemens. D'ailleurs Chi-hoang-ti 
épargna celle de sa famille qui cependant n'est ni plus 



SUR LK LANGAGE. 23 

claire ni plus développée que celle des autres. En secon»! 
lieu, attaché à la doctrine et à la religion des Tao-se, 
il conserva les écrits qui y étaient relatifs et composés 
par ces Bonzes ; cependant ce qui en reste n'est pas con- 
sidérable et ne nous offre que de petits traités fort courts 
dans lesquels il s'agit de doctrine, et par occasion on y 
rapporte quelques traits historiques sans dates. Voilà une 
des sources de l'histoire, encore plusieurs de ces ouvrages 
sont-ils soupçonnés d'avoir été controuvés sous les Han, 
et attribués à des Auteurs anciens dont les écrits, s'ils 
en avaient faits , n'existaient plus. En général les Chinois 
n'ont point été embarrassés à supposer des livres, à en 
faire même descendre du ciel. C'est ce qui arriva sous la 
dynastie des Song dans le onzième et dans le douzième 
siècle de l'ère chrétienne. Sous Chi-hoang-ti et aupara- 
vant, l'Empire était désolé par des guerres civiles et par 
des troubles peu favorables aux progrès des Lettres , et 
ces troubles continuèrent encore après l'incendie. Ce ne 
fut que vers l'an 175 avant J. C. qu'on révoqua l'édit de 
proscription des livres. La doctrine de Tao-se, dans la- 
quelle on ne reconnaît point pour livres authentiques les 
King des Lettrés , dominait alors dans l'empire , et s'il faut 
en croire le P. Cibot, le zèle dans le recouvrement des 
King a été bien peu éclairé. '^ 

Ibid. p. 284 — 286 : « Quel jugement devons-nous donc 
porter de ces Annales , sur-tout quand nous voyons que les 
auteurs les plus accrédités n'ont pas osé remonter pour la 
certitude chronologique au-delà de Tan 425 avant J. C. 
quand nous voyons dans ces derniers temps un Chinois 
qui, voulant travailler sur la chronologie ancienne de sa 



24 DE l'influence de L'ECniTUnE 

nation, a cru devoir se servir de notre chronologie et de 
notre ancienne histoire pour rétablir la sienne ; quand nous 
voyons que cette ancienne histoire chinoise ne consiste que 
dans l'assemblag^e d'un très-petit nombre d'événemens qui 
ne sont point détaillés et qui ne sont rapportés que d'après 
le témoig-nage d'auteurs très-modernes et décriés à cause 
du trop grand nombre de fables qu'ils débitent ? '' 

(( Il résulte de tout ce que nous venons de dire 1.° que 
les Missionnaires qui exigent que nous recevions sans exa- 
men tout ce qu'ils nous disent de l'histoire de la Chine et 
qui voudraient nous ôter la liberté d'écrire sur ce sujet, 
ont interpolé et altéré une infinité de textes à la faveur 
desquels ils soutiennent à leur gré l'antiquité de la nation 
Chinoise. '* 

(( 2,° Qu'en nous présentant cette histoire comme le mo- 
nument le plus digne de foi qu'il y ait au monde , ils dé- 
crient tous" les auteurs qui depuis les environs de l'ère 
chrétienne nous l'ont transmise , quoique ceux-ci soient 
les seuls qui aient écrit cette ancienne histoire. " 

« 3.° Que ces mêmes Missionaires en voulant la borner 
uniquement à ce qui est rapporté dans les King qui ne 
disent presque rien , semblent , par l'usage qu'ils en font , 
vouloir y comprendre les Commentateurs de ces King qui 
ne sont que des Ecrivains modernes. '* 

«( 4.° Qu'ils admettent dans les résultats généraux les 
Écrivains qu'ils ont le plus décriés dans le détail particu- 
lier , et font un grand usage des fables que ceux-ci dé- 
bitent. » 

« Concluons en laissant à part ces prétentions des Mis- 
sionaires , 1.° que l'ancienne histoire de la Chine et sa 



SUR LE LANGAGE. 25 

chronologie ne sont qu'un pur système imaginé par les 
Chinois modernes ; 2.° que les Chinois n'ont pas une idée 
exacte de l'histoire des deux premières dynasties qui sont 
à la tète de leur histoire, ni de leur durée , ni du nombre 
des Empereurs , ni des lieux où ces Princes ont régné , ni 
de la géographie du temps ; 3.° qu'ils débitent sur ces an- 
ciens temps quantité de fables imaginées ou par le Tao-se, 
et celles-ci sont plus grossières et plus absurdes, ou par 
les Lettrés qui en ont inventé de plus simples et de plus 
vraisemblables. Tels sont ces discours pleins de morale 
qu'ils font tenir à leurs anciens Rois , et ces utiles inven- 
tions qu'ils leur attribuent et qu'il a fallu découvrir de 
nouveau dans des temps plus modernes. " 

(( Voilà ce qu'on découvre dans les monumens chinois , 
quand on les examine sans prévention et sans enthousiasme, 
quand on ne se laisse pas éblouir par la grandeur actuelle 
de la nation qui nous présente en effet , pour les temps 
postérieurs à l'ère chrétienne, le plus beau corps d'histoire 
qui soit au monde. " 

Vol. 42 , p. 14? — 148 ; M. De Guignes après avoir 
rapporté l'incendie des livres , continue de la sorte : (c Les 
Han qui , l'an 206 , succédèrent aux Tsin , en désapprou- 
vant à cet égard la conduite de Chi-hoang-ti , adoptèrent 
son plan de gouvernement qui les rendait maîtres absolus , 
et la Chine ne formant plus qu'un vaste corps soumis à un 
seul Chef, n'étant plus déchirée intérieurement par cette 
foule de petits Souverains , tourna toutes ses forces vers 
ses voisins, franchit les barrières que la Nature semble 
lui avoir imposées , entra dans la Tartarie et pénétra jus- 
que dans la Bactriane ; ces pays devinrent alors le théâtre 



26 

des guerres de la Chine : les Chinois s y soutenaient selon 
les succès de leurs armes. Avant cette époque la Chine 
était trop occupée par des guerres civiles , et ses petits 
Souverains étaient trop faibles pour entreprendre de si 
grandes conquêtes : voilà pourquoi les Chinois n'ont pres- 
que pas été connus dans ces anciens temps. " 

« Tels sont le commencement et la formation de cet 
Empire qui , tel que nous le voyons à présent , ne doit re- 
monter que jusque vers l'an 220 avant J. C. ; avant cette 
époque il était divisé , comme on l'a vu , en plusieurs Ro- 
yaumes qui étaient en plus grand nombre auparavant , 
parce qu'ils étaient moins considérables : plus ancienne- 
ment ces Royaumes n'étaient que de simples habitations 
de familles policées qui étaient dispersées au milieu des 
Barbares , dans (juatre provinces seulement , et les onze 
autres étaient entièrement occupées par d'autres peuples 
Barbares qui ne furent connus que lentement et succes- 
sivement par les habitans civilisés des quatre premières. 
Toutes ces familles avaient un chef général qui , après la 
conquête , porta le titre de 1 ang ou de Roi. C'est le pre- 
mier de ces Chefs, à ce que l'on prétend, qui vers l'an 
1122 avant Jésus-Christ , leur distribua le pays. " 

« Au-delà de cette époque , l'empire Chinois est abso- 
lument inconnu ; on ne voit dans l'histoire aucun détail 
qui nous en donne une idée ; les règnes des Princes sont 
incertains; il n'y avait point de villes; les Peuples et la 
Cour semblent avoir été nomades. Les pays que l'on sup- 
pose avoir été le plus habités paraissent sauvages , quoi- 
que l'on donne à cet Empire une vaste étendue , des Peuples 
policés qui cultivaient avec succès les Arts et les Sciences, 



Sun LE LANGAGE. 2T 

des Rois philosophes qui ne s'occupaient que du bonheur 
de leurs Sujets , des Sujets qui étaient aussi vertueux , et 
une antiquité qui surpasse celle de toutes les autres Na- 
tions. '' 

« Toute cette Histoire paraît donc fabuleuse , imaginée 
par des Ecrivains très-postérieurs , et ce n'est qu'après 
l'an 1122 avant Jésus-Christ que l'on voit la véritable 
origine des Chinois qui , faibles dans leur berceau , s'ac- 
croissent insensiblement , s'étendent , découvrent des pays 
inconnus auparavant , et forment long-temps après le vaste 
Empire que nous connaissons. " 

Maintenant je ne vois pas trop ce qu'on pourrait op- 
poser avec quelque fondement aux recherches du savant 
académicien , ni aux conclusions auxquelles il arrive. Il en 
paraît résulter pour notre question qu'on ne peut supposer 
pour les temps anciens de la Chine qu'un usage très-limité 
de l'écriture , non seulement sous le rapport des objets 
auxquels elle était appliquée , mais aussi en ce que la con- 
naissance en était peu répandue. Si jusqu'à nos jours en 
Chine l'écriture n'appartient et ne peut appartenir suivant 
sa nature particulière qu'au domaine seul des érudits et 
n'entrer jamais dans l'usage du peuple en général que pour 
un petit nombre de ses signes , comment aura-t-elle pu 
dans ses commencemens certainement très-faibles et à ce 
qu'il paraît comparativement tardifs , saisir l'idiome parlé 
de sorte à l'enchaîner , à en arrêter la marche ou à la mo- 
difier; et cela encore dans cette foule de petits états qui 
ne tenaient l'un à l'autre que par de faibles liens. Il faut 
sans doute postérieurement accorder à la littérature une 
influence marquée sur la langue; on lit à la Chine depuis 



28 I>E l'influence de L ECRITURE 

vingt siècles les livres classiques étudies par tous les écri- 
vains. Cependant ils n'ont pu empêcher le chinois de subir 
Ijeaucoup de changemens , dont une grande partie qui se 
rapportent aux sons ne peuvent même plus s'apercevoir 
aujourd'hui. Aussi le chinois actuel est-il loin de l'uni- 
formité que semble promettre celle de l'écriture; au con- 
traire chaque province a son dialecte particulier , et les 
habitans des parties méridionales et septentrionales de 
Tempire ne s'entendent pas mutuellement , lorsqu'ils ne 
parlent que l'idiome de leur pays. 

Mais si d'un autre côté on voulait concéder la possibi- 
lité ou la vraisemblance même d'une telle influence; il y 
a une circonstance particulière dans les rapports entre 
l'écriture et la langue parlée, qui parait s'opposer à une 
telle concession. C'est la richesse des expressions dans 
l'écriture et l'extrême pauvreté de la langue parlée. La 
première exprime une foule de détails de diverses ma- 
nières, peint les objets par des images qui n'ont aucun 
rapport avec la dernière, rend par des caractères dilFérens 
des nuances souvent très-délicates , tandis que la langue 
parlée doit très-souvent confondre sous une même expres- 
sion des choses absolument distinctes, et ne sert que d'une 
manière peu commode à tous les usages de la vie com- 
mune. Un morceau de rhétorique chinoise, pour m'expri- 
mer ainsi , doit être écrit mais non pas prononcé ; toutes 
les beautés qui peuvent le distinguer ne se trouveront que 
dans l'écriture , la langue parlée ne s'y accomodant pas. 
Si donc on suppose à l'écriture une influence telle faible 
qu'elle soit sur la langue chinoise , pourquoi , demandera- 
t-on ne l'a-t-elle pas exercée sur cette foule d'homophones 



SITR LE LANGAGE. 29 

exprimés clans l'écriture par des caractères différens et 
souvent composés? pourquoi les mots ne se sont-ils pas 
modifiés de différentes manières dans la prononciation en 
suivant une marche analogue à celle de l'écriture? Mais 
de tels changemens étaient trop étrangers au caractère 
primitif de la langue qui étant monosyllabique les re- 
pousse, et reste dans ses composés même essentiellement 
monosyllabique : si elle subit des altérations pour la pro- 
nonciation , elle ne cesse néanmoins d'être assujettie toujours 
aux lois auxquelles par sa nature elle se trouve soumise 
depuis des siècles. Les changemens qu'elle a subis , l'ont 
certainement appauvrie au lieu d'ajouter à sa richesse ; 
ils ont créé des homophonçs de termes qui autrefois avaient 
«ne articulation distincte ; entre autres distinctions qui 
doivent avoir existé jadis ils ont fait perdre à l'idiome des 
lettrés par l'adoucissement progressif de la prononciation 
toutes les consonnes finales , excepté les nasales , tandis 
que dans les idiomes provinciaux ces consonnes distinguent 
encore une grande quantité de mots confondus dans celui 
des lettrés. Le barman suit en cela une marche analogue; 
ses lettres tronquées en sont une preuve évidente. Il con- 
fond les finales k et t, les finales p et t, dans les mêmes 
mots où le chinois les a supprimées ; et à peine peut-on 
saisir encore dans cette confusion la vraie articulation 
souvent trop peu distincte. 

D'un autre côté nous voyons le japonais faire usage 
pendant long-temps des caractères chinois avant d'en dé- 
river son alphabet syllabique ; mais l'écriture étrangère 
n'y paraît avoir exercé aucune influence sur la langue 
elle-même. 



30 DE l'influence de L'ECniTimE 

Il s'offre encore dans ces contrées éloigne'es un autre 
idiome qui , quoique jamais soumis à l'influence d'une écri- 
ture idéographique , présente néanmoins exactement le 
caractère qu'on suppose être la conséquence d'une telle 
écriture. C'est le malai, dont la simplicité est aussi peu 
favorable à l'opinion , que dans l'absence de toute écriture 
les formes grammaticales auraient dû se multiplier avec 
une extrême facilité. J'emprunte au sujet de cette langue 
quelques observations à l'introduction qui précède l'ou- 
vrage du missionaire W. Robinson sur les principes de 
l'orthographe malaie , (An attempt to elucidate the prin- 
cipes of malayan orthography, Fort Marlborough , 1823, 
in 8.°) dans lequel toutes les questions dont il s'occupe 
sont très-bien discutées et approfondies. Je me permettrai 
seulement de les abréger un peu. 

Il paraît , dit-il , que c'était une opinion reçue assez 
généralement que les Malais après leur conversion à la 
religion de Mohammed remplacèrent leur alphabet propre 
par celui des Arabes. On a mis en question cette opinion, 
et probablement on était bien fondé à le faire ; car il n'existe 
aucun livre dans cet ancien caractère supposé , et les Ma- 
lais eux-mêmes ne parlent jamais de tels livres. Dans l'in- 
térieur de Sumatra on trouve à la vérité des inscriptions 
d'une écriture inconnue , mais rien ne prouve qu'elles sont 
dfies à des Malais. Et il y a plusieurs peuples de ces con- 
trées qui jusqu'à nos jours n'ont encore adopté aucune 
sorte de lettres. Si on ne peut pas démontrer que les Ma- 
lais n'en avaient point, ceux qui leur en supposent , ne 
peuvent pas davantage prouver leur opinion , mais il y a 



SITR LE LANGAGE. 



31 



des raisons bien fortes pour leur contester l'usage d'une 
écriture qui leur fut propre. 

D'autres peuples de l'Océanique ont également adopté 
l'islamisme , mais tous ont conservé l'alphabet qu'ils avaient 
avant cette adoption ; il serait assez singulier que les Ma- 
lais seuls entre leurs voisins eussent abandonné le leur. 
Les Malais n'ont qu'un commencement de civilisation ; 
ils n'ont aucune littérature indigène d'une époque quelque 
peu réculée , aucune histoire ancienne , aucun mémoire 
authentique. Presque tous leurs livres sont des traductions, 
et on ne voit pas qu'ils en aient eus qui dépassassent quel- 
ques siècles; leurs compositions originales sont évidem- 
ment modernes. S'il y avait donc d'anciens livres , que 
sont-ils devenus ? on aurait pu au moins les conserver sous 
une forme arabe , ce qui même n'était pas nécessaire puis- 
que les Malais n'ont point d'aversion pour les livres païens 
de leurs voisins idolâtres , et ils ont plusieurs traductions 
du javanais avec toute la mythologie des Hindous. Leurs 
progrès dans la civilisation ne sont pas tels , qu'on ait 
besoin de les attribuer à une connaissance des lettres an- 
térieure à l'islamisme. 

Mais s'ils avaient eu une écriture, pourquoi des noms 
pour désigner un livre , une lettre ou un caractère , une 
syllabe , (êga Syllabe en malai étant évidemment le bsriA 
arabe), leur sont-ils étrangers; pourquoi n'ont-ils pour 
les exprimer d'autres dénominations que celles de sûrat 
ou kitâb et de huruf, tirées de l'arabe? mots qui manquent 
également aux Niyas leurs voisins , qui eux-mêmes dénués 
d'alphabet et de livres , empruntent aux Malais les noms 
de sùrat et de kitâb , si le besoin se présente de désigner 



32 

ces choses qui leur sont étrang;ères. Il est vrai que les 
Malais ont des mots pour exprimer l'ide'e d'Ecrire , de 
Lire , ou de Coordonner des mots dans une phrase , 
mais la sig-nification attachée à ces mots paraît être dé- 
rivée d'autres qui leur appartenaient primitivement. 

Le malai ne présente pas des dialectes difFérens , toute- 
fois on pourrait peut-être compter comme tel le langage 
de Menangkabau ; mais excepté ce dernier les variations 
de prononciation et d'orthographe , les provincialismes 
et les corruptions sont si légères, qu'elles ne peuvent pas 
passer pour différences de dialecte. En général tous les 
mots écrits d'une manière correcte ont partout dans les 
différentes contrées où l'on parle le malai , les mêmes con- 
sonnes, les mêmes voyelles, le même nombre de syllabes, 
et les mêmes terminaisons; il ne peut donc pas être ques- 
tion de dialectes différens. Aussi les livres qui sont écrits 
par des Malais et non pas par des étrangers , se trouvent 
en circulation dans tous les endroits habités par des Ma- 
lais: tandis que pour les traductions faites par des étran- 
gers , il arrive souvent que ceux-ci se sont servis d'ex- 
pressions que tout au plus des Malais de l'endroit même 
comprennent, mais qui sont inintelligibles pour tous les 
autres. Par exemple des Malais habitant parmi des Java- 
nais comprendront peut-être dans une telle traduction des 
mots javanais qui seront inconnus à leurs compatriotes 
d'un autre pays. En outre ceux qui naviguent dans des 
contrées éloignées habitées par des Malais, ne trouvent 
aucun obstacle à s'expliquer ; ils ne rencontrent nulle part 
des différences essentielles de langage, bien que dans un 
endroit tel mot soit plus usité que tel autre qu'on em- 



Sl'U LK LANGAGE. 33 

ploie (l'avantage ailleurs clans la même signification. Mais 
ces deux mots sont néanmoins parfaitement entendus en 
ces difFérens lieux , si toutefois ils sont malais ; car à l'é- 
gard des mots empruntés aux indigènes on ne peut les 
comprendre ailleurs; mais aussi ces emprunts ne forment 
pas des dialectes. Les Malais n habitent ordinairement que 
les côtes; leur langue n'appartient à l'intérieur d'aucune 
des îles majeures , si l'on en excepte une partie de Suma- 
tra. Dans les autres îles les indigènes parlent plusieurs 
langues , ou bien une seule , qui en général leur est par- 
ticulière et ne se trouve point dans les îles voisines. Les 
Malais en contact habituel avec ces indigènes doivent 
nécessairement en emprunter des mots et les mêler au 
langage vulgaire; mais malgré ce mélange ils conservent 
néanmoins assez pur leur propre idiome. (Plusieurs sa- 
vans distingués ont parlé de dialectes difFérens du malai , 
mais Ms. Raffles et Crawfurd , bien en état d'en juger , 
sont d'accord sur ce point avec M. Robinson, qu'on n'en 
peut pas admettre, sauf celui de Meuangkabau). 

N'oublions pas ici de faire mention de 1 influence par- 
ticulière exercée par lalphabet malai-romain sur la pro- 
nonciation de ceux qui en font usage , influence indiquée 
par M. Robinson à la page 216 de l'ouvrage cité. Les 
Malais chrétiens ont reçu des Européens plusieurs éditions 
différentes des saintes écritures , dont les unes ont été 
publiées en caractères arabe-malais sans voyelles , les 
autres en caractères romains adaptés aux besoins du malai. 
Aux Moluques la population chrétienne surpasse de beau- 
coup celle des Mohammédans , et le langage de la pre- 
mière est plus corrompu. Les Malais mohammédans pro- 

3 



34 DE l/j%Fl,UEi\CK DK h KCRITimr 

noncent toujours le fathali , s'il n'a pas le son de notre a , 
comme Vu bref de l'anglais, (un e bref, que Werudly a 
rendu par e , Craw furd et Robinson par a ) ; les chrétiens 
aux Moluques le prononcent comme a , e , o et i , d'après 
les voyelle» qui dans leur transcription malai- romaine 
remplacent le fathah. Cette bible leur sert de règle au- 
tant pour la grammaire, l'orthographe et la prononciation, 
que pour la doctrine de foi. 

Que le malai soit une langue ancienne ou moderne , son 
principal caractère est une extrême simplicité. Les noms 
n'y distinguent ni nombres, ni genres, ni cas. Les adjectifs 
sont toujours les mêmes, les degrés de qualification ne 
sont exprimés que par des mots particuliers qu'on joint 
aux adjectifs. Les pronoms ne distinguent que les trois 
personnes, mais ni cas, ni genres, ni nombres; et les verbes 
ni personnes, ni nombres, ni temps, ni modes. Tout y 
dépend donc des règles de la construction. Jusqu'ici c'est 
de l'ouvrage de M, Robinson que nous avons fait un ex- 
trait ; ajoutons-y quelques autres observations encore. 

D'après ce qui vient de précéder, les ancêtres des Ma- 
lais dans l'intérieur de Sumatra n'avaient pas de lettres à 
eux propres , lorsque , au quatorzième siècle ou tout au 
plus au treizième, les Arabes les convertirent à l'islamisme. 
Avec leur religion ceux-ci leur apportèrent leur écriture, 
et l'existence des Malais comme tels ne paraît dater que 
de cette époque. Dans le manque absolu de renseignemens 
sur leur état antérieur à leur conversion, c'est seulement 
la langue qui peut fournir quelques données propres à 
nous éclairer là-dessus; cette langue étant un mélange de 
plusieurs autres , ou y ayant puisé beaucoup de mots , 



S(îK LK LANGAGE. 35 

ceux-ci peuvent en partie nous montrer les limites dans 
lesquelles doit avoir été circonscrite la civilisation des 
Malais. Ces limites sont extrêmement étroites, et quoirpie 
plusieurs mots que les ancêtres des Malais ont du avoir 
autrefois , aient été remplacés lors de la formation de la 
lang-ue actuelle par d'autres tirés de l'un des idiomes qui 
ont concouru à cette formation, ce qui reste du fond pri- 
mitif est pourtant suffisant pour prouver sa grande pau- 
vreté. M. Crawfurd dans son estimable histoire de l'archipel 
indien fait (vol. Il, p. 44), l'évaluation suivante de la 
proportion reLitive d'après laquelle les différens idiomes 
ont contribué à la formation du malai. 

«Après avoir," dit-il, «examiné cette question plusieurs 
fois , il croit pouvoir avancer que sur cents parts du malai 
actuel, vingt sept appartiennent au malai primitif, cin- 
quante à la langue polynésienne , seize au sanskrit , cinq 
à l'arabe, et deux à plusieurs autres idiomes.- Les mots 
du malai primitif comprennent ceux des premiers besoins , 
ceux qui répondent aux formes grammaticales d'autres 
langues, les prépositions, la plupart des particules, le 
verbe substantif et les verbes ou mots auxiliaires , les ad- 
jectifs et verbes les plus fréquens qui représentent les 
qualités abstraites ou les actions les plus communes." 

« Les mots qui appartiennent à la langue polynésienne 
offrent un caractère moins déterminé et en général sans 
connexion avec la forme de la langue. On y voit les pre- 
miers commencemens de civilisation dans les noms de 
nombre , de métaux , d'animaux et plantes utiles. Mais ces 
mots ont remplacé aussi beaucoup de mots primitifs , 
comme ceux de ciel, lune, montagne, blanc, noir, main, 

3. 



I 



36 DE l/lAFLUENCE DE l/ÉCRITUnE 

oeil , etc. qui n'auraient pas pu manquer aux sauvages les 
moins civilisés. '* 

(( Le sanskrit entre dans le malai dans des proportions 
beaucoup moindres que dans aucun des dialectes javanais , 
et encore y est-il moins pur que dans ces derniers. Les 
mots sanskrits sont des termes de mythologie et des noms 
abstraits pour les premiers besoins , tels que intelligence , 
prudence , cause , temps , etc. '^ 

<( De l'arabe dérivent une foule de termes appartenant 
pour la plupart à la théologie, à la métaphysique, au 
droit, aux cérémonies^ de ces mots enfin dont on ne peut 
se passer dans l'étude du Coran et de ses commentaires. 
Si l'occasion se présente , les écrivains aiment à faire pa- 
rade de ces termes comme preuve de leur érudition ; mais 
il y en a très-peu qui soient entrés dans la langue propre, 
de sorte qu'on n en compte que vingt à trente environ. 
Ils expriment des idées abstraites qui manquaient au malai 
lors de sa formation, tels que génie, cause, doute, vi- 
gueur, valeur, etc. 

(( Le nombre des mots tirés du telinga est plus grand 
que ne le suppose M. Marsden, mais ces mots ne forment 
pas partie intégrante du langage. Ce sont pour la plupart 
des termes de commerce ; les autres sont passés au malai 
par les traductions. On peut néanmoins être surpris qu'il 
n'y en ait pas davantage , comme presque tout ce qui tient 
à la littérature malaie se trouve actuellement dans la plu- 
part des îles de l'archipel entre les mains des descendans 
de Telingas, nés dans ces îles." 

Il parait donc que des Javanais ont apporté aux peuples 
sauvages de Sumatra les cominencemens de civilisatioji 



Sin LE LANGAGE. 3? 

eu même temps que la religion et la mythologie des Hin- 
dous. Aussi les restes d'anciennes sculptures et d'inscrip- 
tions trouvés près de la capitale de l'ancien royaume de 
Menangkabau dans l'intérieur de Sumatra, sont, à ce qu'on 
dit, entièrement semblables à ceux qu'on voit dans l'île 
de Java. Et le javanais se parle presque purement encore 
de nos jours à la cour de Palembang-. 

Par suite du passage par le javanais les mots sanskrits 
entrés dans le ma lai y sont plus altérés et en moindre 
partie que dans le premier idiome. Au temps où des peu- 
ples de Sumatra ont adhéré aux croyances hindoues ^ il 
n'existait pas encoi*e de livres malais; ceux écrits en ja- 
vanais pouvaient suffire, comme long-temps dans l'Inde 
la lang-ue sacrée fut seule en usage pour la littérature à 
exclusion des idiomes vulgaires , et comme parmi nous le 
latin le fut an commencement du moyen âge. L'origine 
de la littérature malaie ne date par conséquent que du 
temps qui suivit la chute de la religion hindoue. Le peuple 
malai s'appropria alors les termes de littérature arabe, 
sans que pour cela on puisse en conclure , que l'existence 
des livres et des lettres lui était inconnue antérieurement 
à cette époque , puisque il s'était approprié dans d'autres 
circonstances des mots étrangers pour des objets, qu'il 
avait dii pouvoir désigner long-temps auparavant. 

Tous les mot« tirés des difFérens idiomes dont il a été 
question ci-dessus, suivait à peu d'exceptions près, les 
règles de la grammaire malaie ; c'est à dire qu'on en forme 
des composés ou dérivés semblables à ceux du malai propre. 
La plupart des mots malais simples sont de deux syllabes; 
on en dérive d'autres mots au moyen €le quelques préfixes 



38 DE LIKFLUEISCE DE l/ÉCiUTlUlE 

et affixes , mais sans faire subir aux mots primitifs d'autres 
chang-emeiis que quelques légères altérations à cause de 
l'euphonie , de l'accent ou la quantité. On trouvera dans 
le second appendice un abrég-é de grammaire malaie , dont 
le but est de faire voir comment cette langue entièrement 
simple s'est formée de ces élémens différens. 

Si nous tournons maintenant nos regards vers l'ancien 
idiome des Egyptiens conservé assez fidèlement , a ce qu il 
parait, dans les différens dialectes du copte, nous y trou- 
vons une écriture qui semble dater de beaucoup plus loin 
que celle des Chinois. Les recherches modernes en ont 
démontré l'usage ancien, ils ont fait voir que pendant une 
série de siècles on en peut suivre l'application constante; 
et néanmoins je ne sache pas quel parti j'en pourrais tirer. 
Car bien que j'y voie un idiome simple , un idiome dont 
très-peu de mots semblent se ressentir d'une origine étran- 
gère, rien cependant ne me donne la conviction, que tel 
qu'il nous a été conservé et qu'il a pu être aux temps des 
Pharaons , il nous présente encore ses formes primitives. 
Un voile épais couvre l'origine du peuple égyptien ; les 
renseignemens que les anciens nous fournissent à cet égard, 
semblent prouver qu'il a été formé par des hommes dont 
l'extraction n'était pas la même. Les castes qui ont dû 
civiliser d'abord et dominer ensuite les hordes sauvages 
aux bords du Nil, paraissent descendus des pays méri- 
dionaux pour fonder d'abord des états séparés, qui furent 
réunis plus tard en un seul empire. 

Il se trouve par rapport au copte une assertion énoncée 
il y a presque vingt ans dans le Magasin encyclopédique, 



suit LK lan«a(;k. 39 

1808, vol. IV, p. 255 siiiv. où la question qui nous occupe 
est considérée sous le point de vue que je crois devoir 
combattre. En contestant les principes qui y sont établis , 
il m'a paru que je parviendrais le mieux à démontrer mon 
opinion, ce qui me ferait éviter une discussion peut-être 
trop prolixe sur le caractère du copte. 

« Mais ce sur quoi j'insisterai beaucoup, '' est-il dit à 
Tendroit cité, «c'est la grammaire de la langue copte, 
et son système de synthèse. Car c'est surtout par là que 
l'on peut reconnaître si plusieurs langues ont, ou n'ont 
point une origine commune. Qu'on me montre donc celui 
des peuples en relation avec l'Egypte depuis Alexandre 
jusqu'à Omar, dont la langue a pu donner naissance au 
système grammatical des Coptes, et qu'on le fasse seule- 
ment avec quelque probabilité; et je consens à regarder 
la langue copte, comme totalement différente de l'ancien 
égyptien. '' 

« Non seulement je crois impossible de fournir la preuve 
que je demande ici; je vais plus loin, et je ne crains point 
de dire que la langue copte conserve encore dans son 
système grammatical , plusieurs traits de la physionomie 
propre à un idiome qui s'est long-temps écrit en carac- 
tères hiéroglyphiques. '* 

D'abord je conteste le principe qui dans la grammaire 
de plusieurs langues , dans leurs systèmes de synthèse 
cherche leur principal point de comparaison, pour pou- 
voir déterminer si elles ont ou n'ont point une origine 
commune. Je ne révoque pas en doute que , s'il se trouve 
des ressemblances assez marquées dans le système gram- 
matical de deux langues , on ne puisse ordinairement leur 



40 DE l'influence de l'Écriture 

supposer une orig-ine commune , mais elle peut de même 
avoir lieu , si sous ce rapport grammatical il n'y a presque 
plus ou point de ressemblance. Qu'on compare par exemple 
le sanskrit et ses formes multipliées avec le bengali ; pres- 
que toute la grammaire du premier a disparu dans le der- 
nier , et cependant celui-ci est un des plus purs rejetons 
du sanskrit , de sorte qu'un dictionnaire bengali peut 
presque tenir lieu d'un dictionnaire sanskrit. Je reviendrai 
plus bas sur ces idiomes. Ce ne sont pas les formes gram- 
maticales qui démontrent par préférence la communauté 
d'origine, ce sont les racines, soit conservées dans leur 
état primitif dans une foule de mots simples ou composés, 
soit altérées suivant les règles particulières d'étymologie 
et de changemens auxquelles ces racines se trouvent as- 
sujetties d'après le génie différent des divers idiomes. 
Toutefois faut-il, comme j'en ai fait déjà l'observation, 
en excepter les lang-ues monosyllabiques, où les racines, 
n'étant pas liées par des composés, ou ne l'étant que très- 
peu , se trouvent sujettes à des altérations de son , aux- 
quelles les racines des langues polysyllabiques résistent 
plus facilement et pendant plus long-temps. Les langues 
occidentales en affinité avec le sanskrit ont eu autrefois 
des formes dont une grande partie devait rappeler celles 
de cet idiome. Qu'en est-il resté à l'anglais, langue qui 
dérive presque exclusivement de langues en affinité avec 
le sanskrit? Le latin, le français, le normand, l'anglo- 
saxon , le danois etc. ont concouru à la formation de l'an- 
glais , qui a conservé les mots , et rejeté les inflexions 
appartenant à ces différentes langues, suite presque iné- 
vitable rfun concours de peuples divers, dont aucun ne 



Sri; LE LANGAGE. 41 

présente , soit par son nombre , soit par sa position poli- 
tique, soit enfin par IVtat de sa littérature une prépon- 
dérance assez marquée pour que les autres parties de la 
nation abandonnent entièrement leurs idiomes particuliers. 
De ceux-ci il ne reste alors que les mots bruts, et par des 
concessions réciproques les différens peuples d'une telle 
nation suppriment les inflexions ou les altèrent de manière 
à leur faire perdre toutes les difficultés qu'elles leur pré- 
sentaient auparavant. 

Maintenant l'anglais, dont Torigine est si différente de 
celle qu'on suppose au copte, offre, quant à la grammaire, 
les mêmes caractères qui , dans le journal cité ci-dessus , 
sont regardés comme devant principalement distinguer le 
copte d'autres idiomes. II y est dit à la page 260 : 

(( Dans le très-grand nombre des noms coptes , le pluriel 
ne diffère pas du singulier, ce n'est qu'un monosyllabe 
préfixe qui distingue les deux nombres. " 

Dans le très-grand nombre des substantifs anglais le 
pluriel ne diffère du singulier que par la jonction d'un *■ 
final ou d'un es, l'article est le même pour les deux nom- 
bres, qui dans les adjectifs ne sont distingués d'aucune 
manière. 

« Il en est de même des genres. Rarement ils sont in- 
diqués par une variation dans la terminaison. Ordinaire- 
ment ils ne sont distingués que par l'article , ou par l'ad- 
dition des mots mâle , femelle. " 

L'anglais ne distingue pas non plus les genres par les 
terminaisons , excepté quelques féminins en ess. Ce n'est 
que la signification qui détermine le genre, et si un mot 
capable de genre ne 1 indique pas , on le fait précéder en 



42 DE l'influence de L'ECIUTimE 

cas de besoin (les mots mâle, femelle, il, elle, homme, 
fille, et quelques animaux encore des mots chien, chienne, 
daim , daine , coq , poule ; comme male-servant ou man- 
servuni ^ery\teiir,J'enuile-servant ou maid-sei'vant Ser- 
vante ; male-cat ou he-cat Chat , female-cat ou she-cat 
Chatte; c/o^-^ox Renard , ht Ich-fox Renarde; huck-rabhil 
Lapin , doe-ruhhit Lapine ; cock-spm'row Moineau mâle , 
hcn-sparrow Moineau femelle. 

(( Les noms (coptes) n'ont point de cas. Des particules 
pre'fixes remplacent ces formes g-rammaticales si utiles 
pour indiquer les relations des noms avec les verbes." 

De même les noms anglais n'ont point de cas; ceux-ci 
sont remplaces par des particules préfixes, et à la place 
de ces dernières on peut exprimer le génitif par un s final. 

(( Les noms abstraits donnent-ils naissance à des noms 
concrets, ou au contraire? Les noms aussi forment-ils 
des verbes, ou les verbes des noms ? Toutes ces forma- 
tions se font par l'addition de divers monosyllabes — Il 
est vrai que ces monosyllabes préfixes s'écrivent aujour- 
d'hui en un seul mot avec celui qui exprime l'idée prin- 
cipale; mais ils ne se fondent point, et ne se mêlent point 
ensemble ; — Ne voit-on pas que c'est là une analyse facile 
à rendre en caractères hiéroglyphiques ? " 

Pour la formation des mots l'anglais nous présente cette 
différence que , dérivé de langues qui avaient déjà des 
composés et des dérivés pour presque tous les besoins , 
il n'avait pas besoin en les adoptant d'en former de nou- 
veaux ou d'en restreindre l'usage ; mais quand il le fit , ce 
fut assez souvent d'après le même principe que le copte , 
c'est-à-dire qu'on voit dans les composés les mots simples 



SUIl I.K LANGAGE. 43 

en entier, et il n'y aurait aucune difficulté d'exprimer par 
des hiéroglyphes diftérens les parties intégrantes de mots 
anglais tels que GuiU-less-ness , Need-ful-ness , etc. Mais 
de même que dans le copte une foule de noms y forment 
des verbes sans aucun changement , dont presque chaque 
page d'un dictionnaire anglais présente des exemples ; 
comme hedge Haie , to hedge Entourer de haies ; hecd 
Garde ; to heed Prendre g^arde ; heel Talon , pied , to heel 
Donner du pied ; helm Gouvernail , to helin Gouverner ; 
help Aide, to help Aider; et on emploie même de la sorte 
des noms propres dans un sens figuré, comme Hector 
Fanfaron , to liector Faire le fanfaron. 

« Les formes qui dans la langue copte indiquent les 
diverses personnes des verbes, sont des monosyllabes ou 
des dissyllabes qui peuvent s'attacher au verbe ou s'en 
séparer , le verbe restant invariable , et il n'est pas rare 
que l'on interpose un autre mot entre cette forme préfixe 
et le verbe. Dans certains temps on emploie deux ou trois 
petits mots, dont l'un se place avant et l'autre après le 
verbe , sans cependant y être attachés. ^' 

L'anglais montre sous ces rapports des formes sem- 
blables ; le verbe n'y est sujet à presqu'aucun changement 
pour la conjugaison , et la plupart des temps se forment 
au moyen de verbes auxiliaires, qui peuvent être séparés 
du verbe principal. On y dit He iv'dl for some tinte re- 
tire , he Tiad heenfor some time retired , etc. et on em- 
ploie comme particules séparables plus ou moins rappro- 
chées du verbe les prépositions qui n'y sont pas intimement 
liées comme dans ohtaiîi, compel, etc. Plusieurs composés 
présentent aussi des prépositions indifférejnment jointes 



44 DE l'iKFLUENCE de LECIlITUnE 

aux verbes ou séparées ; comme to uphold Soutenir , to 
hold up Soutenir ; on dira dans un certain sens Will you 
hold hjm up ? Le soutiendrez vous ? aussi bien que Will 
you uphold hhn ? 

Les comparaisons préce'tlentes démontrent , ce me semble, 
que ce qui est donné comme caractère distinctif du copte 
et résultat de son écriture hiéroglyphique , ne peut pas 
être pris pour tel , parce qu'il s'applique également à un 
idiome , qui , certes , n'a jamais fait usage d'hiéroglyphes. 
Nous n'avons donc pas besoin de pousser les comparaisons 
plus loin encore, où le malai offrirait sous tous ces rap- 
ports une analogie parfaite avec le copte. 

Ainsi la grammaire extrêmement simple du copte pour- 
rait également favoriser l'hypothèse de ceux , qui vou- 
draient supposer l'ancien égyptien arrivé à l'état que nous 
lui connaissons, par suite d'une fusion de différens idiomes. 
S'ils invoquent l'usage et les formes particulières d'une 
partie des pronoms comme restes d'une influence sémitique, 
je crois qu'on devra leur concéder ce point , parce qu'il 
est peu vraisemblable qu'indépendamment d'une telle in- 
fluence ces pronoms aient pu présenter tant de ressem- 
blances. Mais cette première concession pour une partie 
si essentielle du discours mènera plus loin ; elle conduira 
à la supposition que peut-être l'égyptien contient plus de 
racines étrangères ou provenant de diflférentes tribus mêlées 
ensemble , qu'on n'en peut reconnaître aujourd'hui. Et plus 
l'origine de la langue remonte à une époque réculée, plus 
le laps de temps a pu donner lieu à des changemens qui 
auront rendu méconnaissables des mots altérés dans quel- 
ques-uns de leurs élémens, surtout si ces mots n'ont pré- 



Srn LK LANGAGE. 45 

sente lors de leur adoption que des formes simples et 
point de dérives, que dans la suite 1 égyptien aura com- 
posés à sa manière. 

Dans le manque absolu de notices propres à nous fournir 
les reuseig-nemens dont nous avons besoin pour pouvoir 
éclaircir Torig-ine de la nation ég-yptienne , de ses castes , 
de ses institutions , des rapports entre ses croyances et 
celles des peuples de l'Asie, je ne vois pas trop quelles 
conséquences on peut tirer de l'état de sa langue. Mais 
ici il y a encore plusieurs autres observations à faire. 
D'abord il me semble, que même en accordant quelque 
influence à l'écriture hiéroglyphique sur la langue parlée 
en Eg;ypte , cette influence a été très-exagérée , vu les 
circonstances sous lesquelles se trouvait cette écriture. 
Appartenant par sa nature et d'après le témoignage exprès 
des anciens, presque exclusivement au domaine des éru- 
dits , employée à des inscriptions et des livres dont le 
contenu était peu varié , à ce qu'il paraît , ces caractères 
tracés sur les murs des principales résidences des rois et 
des prêtres, ne pouvaient pas agir d une manière fort effi- 
cace sur lidiome d'un peuple nombreux dont la langue 
devait suivre sa marche naturelle. Et encore a-t-on com- 
mencé de bonne heure à se servir d'une écriture alpha- 
bétique , à en faire , d'après les restes que nous en avons 
et les témoignages positifs des anciens, mi usage assez 
étendu, de sorte que s'il fallait concéder une influence 
marquée à des écritures idéographique ou alphabétique , 
on devrait demander d'abord , laquelle des deux fût celle 
qui a opéré le plus sur lancien égyptien. Diodore de Si- 
cile nous donne dans plusieurs endroits des renseignemens 



46 DE l'influence de l'Écriture 

qui supposent un «sag-e très-frequent de l'écriture alpha- 
bétique, usage suffisamment démontré d'ailleurs par les 
découvertes modernes. C'est ainsi qu'il raconte (I, 70), 
d'après les livres des prêtres , que les anciens rois , mis 
sous la stricte surveillance des prêtres , devaient lire au 
point du jour les lettres qui leur étaient adressées de tous 
côtés , afin qu'instruits par eux-mêmes de tout ce qui se 
passait dans le royaume, ils pussent pourvoir et satisfaire 
à tout. 

Il indique (I, 75), les formes de procéder en justice, 
où tous les procès devaient se faire par écrit , l'acte d'ac- 
cusation, la défense, la réplique et la duplique, et les 
juges ne prononçaient leur décision que sur les différentes 
pièces écrites des deux parties , avec entière exclusion de 
toute procédure orale. On trouve mentionné à cette occa- 
sion un code le lois divisé en huit livres. 

Diodore, en parcourant ensuite plusieurs lois qui lui 
semblaient mériter une mention particulière , en rapporte 
aussi une ( 1 , 78 ) , contre les falsificateurs des monnaies , 
des poids et mesures , la contrefaçon des sceaux , et les 
écrivains publics qui composaient de fausses pièces, in- 
séraient ou supprimaient quelque chose dans les actes, 
ou qui produisaient de faux contrats. Dans le chapitre 
suivant nous voyons que les lois demandaient au créancier 
une obligation écrite de la part du débiteur , lorsqu'il 
voulait poursuivre ce dernier pour un prêt d'argent, que 
celui-ci niait de devoir. S'il n'y avait pas d'obligation 
écrite , l'accusé était absous sur son serment qu'il ne de- 
vait rien. Une loi défendait de doubler la valeur d'une 
créance par les intérêts. 



SITR l.V. I, ENGAGE. 4T 

Le vol était l('g-alenient toléré selon Diodore (I, HO), 
soit qu il fut iiidistiiictement permis à tout le inonde, ou 
que le privilège en appartint seulement à une caste par- 
ticulière ainsi que cela a lieu dans l'Inde. Mais les voleurs 
dont un chef tenait registre , devaient lui apporter aussi- 
tôt toutes les choses dérobées ou lui en faire rapport. 
Ceux qui étaient volés, hii adressaient par écrit un état 
de^ objets perdus avec mdication du jour, de l'heure et 
du lieu , et recouvraient leur propriété en en payant le 
quart de la valeur. 

D'après le chapitre suivant les prêtres apprennaient 
aux enfans l'écriture sacrée et l'écriture vulgaire ; la con- 
naissance des hiéroglyphes paraît exclue de cette instruc- 
tion élémentaire destinée au peuple. Ce qui est dit plus 
bas, prouve qu'il y est question de l'instruction générale 
et non pas de celle des fils des prêtres. Car on y distingue 
entre les arts ou métiers que les enfans devaient apprendre 
de leurs pères ou parens , et les lettres , enseignées seule- 
ment par ceux qui s'occupaient des sciences. 

Au chapitre 82 il est question des livres de médecine; 
au chapitre 91 de la supputation des frais de funérailles 
faite par écrit et soumise aux parens du mort par ceux 
qui faisaient l'embaumement , pour s'accorder sur les dé- 
penses. Mais selon Hérodote, (II, 86), l'accord se faisait 
entre les contractans sur trois images en bois, peintes 
d'après nature , qui représentaient les différentes espèces 
des momies , et que ceux chargés de l'embaumement mon- 
traient aux parens pour faire un choix et s'accorder en- 
suite sur le prix; différence peu importante, ces divers 



48 DE l'influence de l'écuiture 

procédés ayant pu être en usage dans des lieux ou des 
temps difFérens. 

Aux chapitres 94 et 95 Diodore nomme les principaux 
législateurs pour le droit, le culte, le militaire et l'ad- 
ministration. 

L'exposé précédent , tout bref qu'il est , de l'usage très- 
répandu de l'écriture alphabétique, car il ne peut être 
question d'hiéroglyphes pour les usages communs de la 
vie et les différentes relations que les particuliers avaient 
entre eux, cet exposé dis-je, doit fournir, ce me semble, 
un argument très-fort en faveur de l'opinion qui n'attribue 
aux hiéroglyphes aucune influence, quelque peu consi- 
dérable qu'on la suppose , sur la langue vulgaire. Et certes , 
ces hiéroglyphes dont le nombre d'après tout ce que nous 
en connaissons , ne s'élève pas à plus de mille , et dont 
l'usage paraît avoir été limité à des objets de religion et 
d'histoire , ou à des inscriptions que la grande masse de 
la nation pouvait bien se passer de savoir lire , n'étaient 
pas propres à exercer une telle influence. Employés d'abord 
seuls ils furent remplacés aprèsquelque temps pour l'usage 
ordinaire par une écriture alphabétique , et on s'est même 
servi conjointement des signes alphabétiques et idéogra- 
phiques. Les monumens hiéroglyphiques qui nous restent , 
datent pour la plupart d'une période où l'écriture alpha- 
bétique était déjà inventée ; on continuait à se servir d'hié- 
roglyphes comme d'une écriture de luxe , d'ornement , qui 
présentait quelque chose de solennel ; et probablement 
l'invention de l'écriture alphabétique précède les temps, 
où en érigeant les grands monumens on faisait le plus 
d'usage d'hiéroglyphes. On ne m'opposera pas que ceux- 



s un LK LANGAGE, 49 

ci se trouvent dans des livres, des rituels, sur les mo- 
mies ; il y avait là du luxe comme il y en avait pour les 
monumens publics. 

Mais un argument plus fort encore contre l'influence 
particulière d'un système d'écriture hiéroglyphique sur 
une langue quelconque se trouve , ce me semble , dans la 
nature même de cette écriture qu'on peut très-facilement 
appliquer à des idiomes bien différens entre eux. C'est 
ainsi que nous voyons le chinois lu et entendu par des 
hommes des pays voisins de la Chine, par des hommes 
qui souvent n'en savent prononcer presque aucun mot à la 
chinoise , et qui adaptent aux caractères étrangers les mots 
de leur langue , auxquels ces caractères peuvent s'appli- 
quer aussi bien qu'au chinois. Il n'y a aucune difficulté 
de former avec très-peu de réflexion un système d'hiéro- 
glyphes applicables sans trop de variations à beaucoup 
de langues différentes , la même chose sera exprimée par 
le même caractère ; seulement suivant la différence des 
écrivains de pays divers il y aura quelques inversions, et 
quelquefois des locutions particulières. Ainsi le latin pour- 
rait joindre le même caractère à Deus et Ager dans colère 
deum et colère agrum , où le français prendrait deux 
caractères répondant à adorer et à labourer, tandis que 
l'allemand qui exprime l'idée labourer un champ par les 
mots (( ein Feld bauen ^' choisirait ici le caractère qui ré- 
pondrait au mot bâtir. Ce sont ces locutions différentes 
qui s'opposeront toujours à l'emploi d'une langue univer- 
selle dont se sont occupés quelques savans du dernier 
siècle. Mais ces difficultés qui ne permettent pas l'usage 

4 



50 DE l'influence de l'Écriture 

entièrement uniforme d'une écriture idéographique pour 
différentes langues , n'empêchent pas , qu'on n'écrive ces 
langues absolument avec les mêmes signes , employés 
seulement quelquefois différemment suivant le génie par- 
ticulier de la langue à laquelle ils doivent servir. 

On voudra bien m'excuser si pour prouver ce que je 
viens d'avancer , je joins ici un essai d'une écriture idéo- 
graphique, tout futile qu'il puisse paraître. 

Je suppose que des langues auxquelles on voudrait ap- 
pliquer un tel système, les unes pourraient être riches en 
formes grammaticales et les autres très-pauvres. Néan- 
moins je ne fatiguerai point la patience de ceux qui liront 
ce mémoire au point de vouloir leur soumettre im tableau 
de tous les signes que demanderaient des langues diffé- 
rentes considérées suivant leur individualité , et je ne ferai 
pas de grands efforts pour inventer ces signes ; il ne s'agit 
que de démontrer comment ils pourront agir sur une langue. 
Ce qui suit sera donc un abrégé de grammaire idéogra- 
phique , où j'observe seulement que le pluriel s'exprimera 
toujours par la jonction d'un point, que le duel, que je 
supprime ici , se pourra faire par la jonction de quelque 
autre signe comme d'un 2 , et que les langues qui n'ont 
pas besoin de tous les signes indiqués , en supprimeront 
quelques-uns comme l'anglais l'article pour le féminin et 
le neutre qu'il remplacera par celui pour le masculin. 

Article masculin i , féminin ' , neutre * . 
Art. indéterminé masc. , féminin , neutre v . 
Pronom de la première personne T. 
Pronom de la seconde personne h. 



SUR LE LANGAGE. 



51 



Pronom de la troisième personne masculine L. 
Pronom de la troisième personne féminine b. 
Pronom de la troisième personne neutre d. 
Pronom de la troisième personne indéterminée 5- 
Pronom démonstratifs 2 Celui-ci , S Celui-là. 
Pronom relatif A Qui , que , lequel. 
Pronom interrogatif ^ Qui , que , lequel. 

La déclinaison contient les signes destinés à indiquer 
les cas de quelques langues , ou les prépositions ou post- 
positions qui les remplacent dans d'autres ; ces signes pla- 
cés à côté des caractères <iui doivent exprimer des noms , 
peuvent se prendre facilement dans ces sens différens. Si 
donc un cercle avec un point O représente le mot Soleil , 
les signes des cas pour lesquels je prendrai l'initiale de 
leurs noms , s'y joindront de la manière suivante : 



Singulier. 



Nominatif, 

Accusatif, 

Génitif, 

Datif, 

Ablatif, 

Instrumental , 

Sociatif , 

Locatif, 

Vocatif, 



V O Le soleil. 
«O Le soleil. 
?0 Du soleil. 
^ O Au soleil. 
f O Du soleil. 
} O Par le soleil. 
f O Avec le soleil. 
] O Dans le soleil. 
^O O soleil. 



Pluriel. 

7 ©Les soleils. 
lO Les soleils, 
f O Des soleils. 
^ O Aux soleils. 
^O Des soleils. 
\ O Par les soleils. 
f O Avec les soleils. 
} O Dans les soleils. 
^O O soleils. 



Les modes et les temps des verbes actifs seront indi- 
qués par les signes suivans qui doivent enclaver le carac- 

4. 



52 DE LIKFLITKIVCE DE i/eCRITUIIE 

tère destiné à exprimer la racine d'un verbe. Quelque 

changement ou accessoire à ces signes servira à rendre le 

passif. 

In- Sul)- Condi- lin- Iiifi- Gé- Paiti- 
dicatif. jonctif. tionnel. pe'ratif. nitif. rondif. cipes. 

Présent. Hl' TH^ T"? FI' FI Fl^ ri'' 

Imparfait. [ J» [_J« 

Parfait. L_J^ L_J« L_J*^ L_J L_J^ L_J»' 

partait. 

Futur, ry D' D D^ op 

Futur passé. (_)î (_)« (_) (_}S (_)P 

Supposé que F fût le caractère idéographique de Faire , 
on formerait la conjugaison pour le présent indicatif de la 
manière suivante avec les signes des pronoms personnels. 

Singulier. Pluriel. 



1. 


r [Fli 


Je fais. 


rTFli 


Nous faisons. 


2. 


h 1 Flî 


Tu fais. 


h [fV 


Vous faites. 


3. 


LFl' 


Il fait. 


lTfI' 


Ils font. 




h[FV 


Elle fait. 


bJFli 


Elles font. 




d|F|i 


Il fait. 


d iFl^ 


Ils font. 




5|Flî 


On fait. 







Ainsi peu de signes assez simples suffiraient aux be- 
soins ordinaires de la grammaire. Je ne crois pas qu'on 
me conteste qu'un tel système ne puisse s'appliquer facile- 
ment à des langues fort différentes ; employé pour rendre 
le même passage d'après différentes traductions il pré- 



SVn LE LAXGAGE. 53 

sentera des textes souvent absolument les mêmes quoi(|ue 
transcrits sur des lang^ues diverses. Or je demande com- 
ment un système d'écriture qui exprime ég;alement bien 
les phrases de différens idiomes , peut fixer ou saisir une 
langue quelconque, l'arrêter dans sa marche naturelle, 
ou favoriser celle-ci; empêcher l'incorporation des idées 
accessoires avec les idées principales, ou la hâter. Et si 
l'on rend moins vague un tel système d'écriture idéogra- 
phique, si aux hiéroglyphes véritables oa joint des signes 
phonétiques, on ne fait alors que rapprocher l'écriture 
ainsi formée de l'écriture alphabétique; on la fait sui^re 
dans le même rapprochement les règles adoptées par I é- 
criture alphabétique , et on lui fait exercer la même in- 
fluence. 

Mais si l'on demande qu'elle est donc l'influence que 
peut exercer une écriture alphabétique ou phonographi([ue 
sur la langue parlée , je répondrai que , quant à moi , je 
la crois bien faible en tant qu'il y est question seulement 
de l'écriture en elle même et non pas de la littérature à 
laquelle elle sert; selon moi toute influence de ce genre 
dérive de la littérature d'après sa nature différente, et 
l'écriture n'exerce qu'une influence purement subsidiaire. 
Comme pour la première partie de la question dont il 
s'agit je n'ai pu fournir des preuves absolues à l'appui de 
mon opinion , de même je ne puis la corroborer ici que 
par différens exemples. 

Le sanskrit était dès l'époque la plus réculée une des 
langues les plus riches en formes grammaticales. Il a été 
remplacé dans l'Inde par différens idiomes modernes , qui 



54 DE l'influence de l'éciiituiie 

n'ont presque rien conservé de ses formes grammaticales. 
Le bengali est entre tous ces idiomes l'exemple le plus 
frappant des changemens, qu'a subis une langue, dont les 
racines sont restées ainsi que presque tous les mots dé- 
rivés et composés, à l'exception toutefois des inflexions. 
Ces dernières ont été ou très-altérées , ou pour la plupart 
remplacées par de nouvelles ; et cette foule de formes 
grammaticales du sanskrit s'y trouve réduite presque au 
plus strict besoin pour une langue qui fait encore usage 
d'inflexions. 

Les mêmes inflexions y servent à tous les mots décli- 
nables des deux premiers genres; il n'y a que quelques 
règles sur la manière de les joindre aux mots de termi- 
naisons différentes. Le duel a été supprimé, mais dans 
les deux autres nombres on distingue sept cas comme dans 
le sanskrit ; le vocatif n'a pas d'inflexion particulière. Mais 
ce qu'il faut remarquer surtout , c'est que presque aucune 
des inflexions des déclinaisons ne ressemblent à celles du 
sanskrit; presque toutes elles paraissent d'une formation 
entièrement nouvelle. Ces inflexions sont : 

Singulier. 

1. Nominatif, sans inflexion. 

2. Accusatif, ké. 

3. Instrumental , été. 

4. Datif, ère, ké. 

5. Ablatif, été , hoïtè. 

6. Génitif, ér. 

T Locatif, ê, été. 



Slll LE L'IXJACJE. .J.> 

Pluriel. 

1. Nominatif, êrâ, êrâu. 

2. Accusatif, èrdigkê. 

3. Instruinental , êrdigête. 

4. Datif, èrdigèré, èrdigkê. 

5. Ablatif, èrdigètê, èrdiglioïtê , èrdèrhoïtè 

6. Génitif, èrdigèr, èrdèr. 
1. Locatif, èrdigè, èrdigètè. 

Lorsqu'un nom se termine par une voyelle, le initial 
des inflexions précédentes est supprimé. Mais lorsqu'il se 
termine par o, (la voyelle inhérente, prononcée o dans 
le bengali) , cet o est remplacé par le initial des inflexions, 
et de tels noms suivent alors la déclinaison de ceux qui 
se terminent par une consonne. iViusi putro Fils, fait à 
l'instrumental putrétè. 

Le masculin gon L'homme et le féminin nârî La femme, 
serviront d'exemples de mots de ces deux genres qui se 
terminent en consonnes et en voyelles. 

Singulier. 

1. Nominatif, gon L'homme. 

2. Accusatif, gonkê L'homme. 

3. Instrumental , gonètè Par , avec l'homme. 

4. Datif, gonèré, gouké A Thomme. 

5. Ablatif, gonètè, gonhoïtè De l'homme. 

6. Génitif, gonèr De l'homme. 

7. Locatif, gonè, gonètè Dans ITiomme. 



56 I>E LIINFLUENCE DE LECniTUIlE |' 

Pluriel. 

1. Nominatif, gonêrâ, gonêrân Les hommes. 

2. Accusatif, gonêrdigkê Les hommes. 

3. Instrumental , gonêrdigètê Par , avec les hommes. 

4. Datif, gouèrdig-érê , gonêrdig-kê Aux hommes. 

5. Ablatif , gonêrdigêtê , gonêrdighoïtê , gonêrdèrhoïtè 

Des hommes. 

6. Génitif, gonêrdigér, gonêrdêr Des hommes. 

7. Locatif, gonêrdigê , gonêrdig-étê Dans les hommes. 

Singulier. 

1. Nominatif, nârî La femme. 

2. Accusatif, nàrikê La femme. 

3. Instrumental, nàrîtê Par, avec la femme. 

4. Datif, nàrirè , nàrîké A la femme. 

5. Ablatif, nàritè, nàrihoïté De la femme. 

6. Génitif, nârîr De la femme. 

T. Locatif, nârîtê Dans la femme. 

Pluriel. 

1. Nominatif, nârîrâ, nàrirân Les femmes. 
'Â. Accusatif, nàrîrdigkê Les femmes. 

3. Instrumental , nàrirdigetê Par , avec les femmes. 

4. Datif, nàrirdig-êrê , nârirdigkè Aux femmes. 

5. Ablatif , nârîrdig-êté, nàrirdiglioïfê , nàrîrdèrhoïtê Des 

femmes, 
(î. Génitif, nàrîrdigêr, nârîrdêr Des femmes. 
7. Locatif, nàrirdigètè Dans les femmes. 



Sl'U LE LANGAGE. 



57 



Le neutre , qui ne distingue pas les deux nombres , a 
les inflexions suivantes : 

1. Xominatif , sans inflexion. 

2. Accusatif, kê. 

3. Instrumental , ê , êtê. 

4. Datif, ê, été, ké. 

5. Ablatif, ê , été , hoïté. 

6. Génitif, ér. 

7. Locatif, é , été. 

Ces inflexions expriment proprement le singulier ; on 
indique le pluriel ou par un nom de nombre, ou d'une 
manière vague par un mot qui exprime une quantité , 
comme gulà Multitude , collection , monceau , assorti- 
ment, suite, gun Qualité, etc. 

Les mots gon Espèce , genre , classe , partie , multi- 
tude , nombre , gàti Tribu , race , classe , genre , sorte , 
nation , borgo Classe , et dol Portion , partie , bande , 
troupe , sont souvent joints à des noms d'êtres animés , 
et lôk Peuple, personne, à ceux d'hommes, pour leur 
donner un sens collectif , indéfini , comme ràgâgon ou 
ràgàlôk Des rois , britjoborgo Des serviteurs , kurudoi 
Une bande de Kurus , mogurlôk Des ouvriers , sàhêblôk 
Des seigneurs, bànor posu-gâti se ki gànê 
simid animal id quid scit ? 
Le singe est un animal , que sait-il ? Mais quelquefois ils 
expriment aussi le pluriel défini, comme dans l'exemple 
suivant : ràgàgon uÇijà gélén Les princes s'étant levés par- 
tirent. 

Le pluriel défini exprimé par notre article peut aussi 
se former avec ces mots , lorsqu'on leur joint une inflexion 



58 

du pluriel, comme britjoborgêrâ Les serviteurs. Tantôt 
les noms , soit au nominatif soit aux cas obliques , com- 
prennent l'article dans leur signification et tantôt ils ne le 
comprennent pas , suivant les difFérens rapports de la pro- 
position. Mais quelquefois on joint au nominatif la finale 
ê , ( que peut-être on peut regarder comme le pronom ê 
Celui-ci), qui alors exprime l'article, comme gon Homme, 
gone L'homme ; sokol Tout , sokolê Le tout , tous , cha- 
cun. Souvent aussi les pronoms sêi II , elle , et ai Celui- 
là , celle-là , tous les deux dans le sens de Ce , cette , ou 
de Le , la , sont-ils employe's à la place de l'article. L'ar- 
ticle indéfini Un , une , est rendu par le nom de nombre 
êk Un , une , de la même manière que dans plusieurs de 
nos langues occidentales. 

Les règles sur le genre , que pour le sanskrit on ne peut 
donner que d'une manière insuffisante , parce que presque 
tout s'y range sous les exceptions , se réduisent pour le 
bengali à la même règle à peu près que pour l'anglais ; 
c'est à dire que les substantifs ont trois genres , dont le 
masculin n'appartient qu'aux êtres mâles, le féminin qu'aux 
êtres femelles, le neutre à toutes les choses inanimées et 
aux noms qui expriment des qualités abstraites. Mais lors- 
que celles-ci sont personnifiées , ces noms prennent le genre 
féminin qu'ils ont dans le sanskrit. 

Les noms d'animaux qui se terminent par une consonne, 
prennent généralement un î pour former le féminin , et 
ceux qui se terminent par une voyelle , la remplacent par 
î; comme mrig Le daim, mïigî La daine; gàdâ L'àne, 
gâdî L'ànesse. Plusieurs noms néanmoins qui se terminent 
par u et û , n'admettent pas cet î , mais sont distingués 



SUR LE LAAGAGK. 59 

en cas de besoin par les mots punis Mâle et strî Femelle, 
mis avant les noms d'animaux dont on veut distinguer le 
genre. 

Les adjectifs n'admettent aucune distinction de nombre 
ni de cas , excepté s'ils sont employés à la place d'un sul>- 
stantif. Mais les féminins des adjectifs sont distingués de 
leurs masculins et neutres par les mêmes terminaisons à 
et î, qui dans le sanskrit leur sont propres pour la plupart. 

Les degrés de comparaison sont exprimés de deux ma- 
nières , dont l'une a conservé les formes sanskrites , les 
affîxes tor pour le comparatif et tom pour le super- 
latif, tandis que l'autre qui est plus en usage, met àr Plus 
devant le positif pour exprimer le comparatif, et oti ou 
otjonto Très , excessivement , pour exprimer le superlatif. 

Les pronoms dérivent des pronoms sanskrits. Ils se 
distinguent en pronoms de supériorité et d'infériorité et 
se déclinent avec les inflexions des noms masculins et fé- 
minins , mais appartiennent aux trois genres sans change- 
ment dans leur forme. 

La conjugaison des verbes est extrêmement simple, et 
il n'y en a qu'une seule avec quelques différences très- 
légères qui distinguent les verbes dont la racine se ter- 
mine par une voyelle de ceux dont elle se termine par 
une consonne. On forme la conjugaison par des inflexions 
jointes immédiatement à la racine, et par des verbes auxi- 
liaires joints à des noms verbaux ou au participe passé. 

Les terminaisons itum ou itu et turh ou tu de l'infinitif 
sanskrit ont été changées dans le bengali en ité ; ce qui 
précède cette terminaison ité ào\i être regardé comme la 
racine des verbes à laquelle on joint les inflexions des 



(JO DK LIKFLllKKCE DE L ECRITURE 

temps et des modes. C'est ainsi que ho et Ixor sont les ra- 
cines des verbes hoïtê Être , devenir , et koritê Faire. Le 
premier de ces deux verbes, hoïtê, dérive du sanskrit 
Ibû, dont Tinfinitif est bavitum ou bavitu, où du b il n'est 
resté que l'aspiration, et le v a été supprimé comme il 
l'a été dans clIùùv pour aevum. Koritê dérive du sanskrit 
kïi, infinitif kartum ou kartu. 

Le verbe bengali comprend huit temps , qui sont 1. le 
présent indéfini , 2. le présent défini , 3. le prétérit simple 
ou l'imparfait, 4. le prétérit défini, 5. le parfait, (le pré- 
térit d'aujourd'hui), 6. le plusqueparfait , 1. le futur, 
8. l'aoriste ou conditionnel , auxquels , pour compléter la 
conjugaison , il faut ajouter l'impératif et l'infinitif, des 
noms verbaux , des participes et gérondifs. 

Tous les temps appartiennent à l'indicatif; quelques- 
uns employés avec des conjonctions servent aussi pour le 
subjonctif et le conditionnel. 

Les verbes qui en sanskrit forment la classe des verbes 
dérivés, sont exprimés dans le bengali par des infinitifs 
ou noms verbaux en conjonction avec des auxiliaires , et 
on peut former de cette manière beaucoup de composés 
de significations différentes. Le causatif seul a une forme 
particulière qui n'est pas composée. 11 met un â entre la 
racine et les inflexions et terminaisons , comme korâitê 
Faire faire, de koritê Faire. 

On distingue dans la conjugaison les trois personnes 
qui sont les mêmes pour les trois genres. On y distingue 
également les deux nombres, le singulier et le pluriel; 
mais les idées de supériorité et d'infériorité de la part <le 
ceux qui parlent, et de ceux auxquels on parle ou dont 



SUR LE LANGAGE. 61 

on parle, ont tellement confondu l'usage de ces nombres, 
en mettant le singulier du verbe en construction avec le 
pluriel d'un nom , et le pluriel du verbe avec le singulier 
dun nom , que quelques-uns ne voient dans le pluriel du 
verbe que la forme honorifique et dans le singulier la 
forme commune; manière d'envisager ces deux nombres 
qu'on trouve justifiée dans presque toutes les phrases. 

Le présent indéfini , le prétérit simple , le futur et l'ao- 
riste sont conjugués avec des inflexions jointes immédia- 
tement à la racine: le présent défini et le prétérit défini 
avec l'auxiliaire àc Etre, joint au participe présent en 
ite; le parfait et le plusqueparfait avec le même auxiliaire 
joint au participe passé en ijà. 

L'auxiliaire àc Etre, corruption du mot sanskrit as, 
n'a que deux temps, le présent indéfini et le prétérit 
simple ; il perd son à initial par la jonction à un autre 
verbe pour le conjuguer. Ces deux temps de àc sont : 

Présent indéfini. 

Sing. 1. àci Je suis. Plur. 1. àci Nous sommes. 

2. àcis Tu es. 2. àco Vous êtes. 

3. àcè II , elle est. 3. àcèn Ils , elles sont. 

Prétérit. 

Sing. 1. àcilàm J'étais. Plur. 1. àcilàm Nous étions. 

2. àcili Tu étais. 2. àcilâ Vous étiez. 

3. àcilo II , elle était. 3. àcilên Ils , elles étaient. 

Tels sont les deux temps de àc d'après leurs nombres 
primitifs, indépendans des modifications que les relations 



62 PE l'influence de l'Écriture 

(le société y ont apportées. Mais comme par suite de celles- 
ci l'usage a prévalu de ne se servir du singulier que lors- 
qu'il s'agit d'inférieurs ou de gens du commun, et de 
mettre le pluriel dans tous les rapports de supériorité , il 
en résulte un emploi des deux nombres tout a fait diffé- 
rent de celui qui primitivement leur devait appartenir. 
Si donc on met le présent indéfini de âc en construction 
avec des pronoms d'infériorité et de supériorité , il en ré- 
sulte la conjugaison suivante pour les deux genres. 

Formes d'infériorité. 
Singulier. Pluriel. 

1. mui âci Je suis. 1. môrà âci Nous sommes. 

2. tui àcis Tu es. 2. tôrâ âcis Vous êtes. 

3. se àce II, elle est. 3. tàhârâ âcê Ils, elles sont. 

Formes honorifiques. 
Singulier. Pluriel. 

1. ami âci Je suis. 1. âmrâ âci Nous sommets. 

2. tumi âco Tu es. 2. tômrà âco Vous êtes. 

3. tini âcên II , elle est. 3. tênârâ âcên Ils , elles sont. 

Les neutres qui n'ont pas de pluriel , ne sont construits 
qu'avec les formes du singulier commun ou d'infériorité , 
comme dans l'exemple suivant: 

tômâj ê sokol gun îâkê 
In te haec omnes virtutes est , à la place de sunt. 
Ainsi pour la conjugaison les deux nombres n'existent 



SUR LE LANGAGE. 



63 



plus daus l'usage actuel; il n'y a que les trois personnes 
et des formes d'infériorité et de supériorité ; mais je me 
servirai néanmoins dans les pages suivantes des anciennes 
distinctions de singulier et pluriel préférablement aux 
plus modernes. 

La conjugaison d'un verbe résulte des inflexions simples 
jointes aux racines, et des deux temps de âc joints avec 
suppression de l'a initial à l'infinitif en itê et au nom ver- 
bal en ijà. Je donnerai d'abord toutes ces inflexions soit 
simples soit composées avec les terminaisons itê et ijà, 
ensuite les conjugaisons de hoïte Etre et korite Faire. Ces 
deux verbes présentent le paradigme d'une conjugaison 
dont la racine se termine en une voyelle comme ho , et 
d'une dont la racine se termine en une consonne comme kor. 

Inflexions. 

Présent indéfini. 

Sing. 1. i. Plur. 1. i. 

2. is. 2. ô,o. 

3. j, ê. 3. n, en. 

Présent défini. 

Sing. 1. itêci. Plur. 1. itêci. 

2. itêcis. 2. itêco. 

3. itecê. 3. itêcên. 

Prétérit simple. 

Sing. 1. ilàm. Plur. 1. ilâm. 

2. ili. 2. ilâ. 

3. ilo , ilêk. 3. ilén. 



64 DE l'influence i)E l'Écriture 

Prétérit défini. 

Sing. 1. itècilàm. Plur. 1. itêcilàm. 

2. itêcili. 2. itécilâ. 

3. itécilo, itêcilêk. 3. itècilêii. 

Prétérit parfait. 

Sing. 1. ijàci. Plur. 1. ijàci. 

2. ijàcis. 2. ijâco. 

3. ijàcê. 3. ijàcèu. 

Plus-que-parfait. 

Sing. 1. ijâcilàm. Plur. 1. ijàcilàm. 

2. ijàcili. 2. ijâcilà. 

3. ijàcilo, ijâcilèk, 3. ijàcilên. 

Futur. 



Sing. 


l.ibo. Plur 


. 1. ibo. 




2. ibi. 


2. ibà. 




3. ibê , ibêk. 


3. ibèn. 




Aoriste. 




Sing. 


1. itàm. Plur. 


1. itàm. 




2. itis, iti. 


2. itâ. 




3. ito. 


3. itén. 



Impératif. 

Sing. 1. i. Plur. 1. i. 

2. ô , - , is. 2. ô , iô , o , oho. 

3. uk. 3. un. 



Sru LE LANGAGE. 65 

Infinitif, ité. 

Noms verbaux, on , an , ôjà , à. 
Participes présens, itê , it , ot. 

Participe passé , conserve la forme qu'il a en sanskrit. 
Participes conjonctifs. i , ijà , jà , ê , ilê. 
Gérondif, ibâ, ibàrê, ibâr, ibàrê, terminaisons qui pré- 
sentent le nominatif, datif, génitif et locatif. 



Ho ITÉ ETRE. 




Présent indéfini. 




Sing. 1. hoï Je suis. Plur. 1. 


hoï. 


• 2. hoïs. 2. 


hoô. 


3. hoj. 3. 


hon. 


Présent défini. 





Sing. 1. hoïtêci Je suis. Plur. 1. hoïtêêi. 

2. hoïtêcis. 2. hoïtêco. 

3. hoïtêcê. 3. hoïtècén. 

Prétérit simple. 

Sing. 1. hoïlàm Jetais. Plur. 1. hoïlâm. 

2. hoïli. 2. hoïlà. 

3. hoïlo , hoïlêk. 3. hoïlên. 

Prétérit défini. 

Sing. 1. hoïtêcilâm Je fus. Plur. 1. hoïtêcilâm. 

2. hoïtêcili. 2. hoïtêcilâ. 

3. hoïtêcilo , hoïtêcilêk. 3. hoïtêcilên. 



66 



DE L INFLUENCE DE L ECRITURE 

Prétérit parfait. 



Sîng. 1. hoijâci J'ai été. 

2. hoijâcis. 

3. hoijâcê. 



Plur. 1. hoïjâci. 

2. hoïjâco. 

3. ho'ijâcén. 



Plus-que-parfait. 

Sing. 1. hoijâcilâm J'avais été. Plur. 1. hoïjâcilâm. 

2. hoijàcili. 2. hoïjâcilâ. 

3. hoïjàcilo, hoijâcilêk. 3. hoijàcilên. 



Futur. 



Sing. 1. hoïbo Je serai. 

2. hoïbi. 

3. hoïbê , hoïbêk. 



Aoriste. 



Plur. 1. hoïbo. 

2. hoïbâ. 

3. hoïbén. 



Sing. 1. hoïtâm J'étais. 

2. hoïtis. 

3. hoïto. 



Plur. 1. hoïtâm. 

2. hoïtâ. 

3. hoïtên. 



Impératif. 

Sing. 1. hoï Que je sois. 

2. hoô. 

3. houk , hauk. 

Infinitif, hoïtê Être. 
Noms verbaux, hoôn L'état d'être, 
hoôjâ L'être. 



Plur. 1. hoï. 

2. hoô , hoïô. 

3. hoiin, haun. 



Sl'n LK LANGAGE. 6T 

Participes présens, hoïté, hoït Etant. 

Participe passé, bùto Eté , devenu. 

Participes conjonctifs. hoï, hoïj'à Etant, ayant été. 

hoïlê En devenant , étant devenu. 

Gérondif. 

1. Nominatif, hoïbà Etant. 
4. Datif. hoïbàré A être. 

6. Génitif. hoïbàr D être. 
T. Locatif. hoïbàré En étant. 



KORITE FAIRE. 

Présent indéfini. 

Sing. 1. kori Je fais. Plur. 1. kori. 

2. koris. 2. koro. 

3. korê. 3. korèu. 

Présent défini. 

Sing. 1. koritèci Je fais. Plur. 1. koritéci- 

2. koritécis. 2. koritèco. 

3. koritècè. 3. koritècén. 

Prétérit simple. 

Sing. 1. korilàm Je faisais. Plur. 1. korilàm. 

2. korili. 2. korilà. 

3. korilo, korilêk. 3. korilèn. 

5. 



68 



DE L INFLUENCE DE L ECRITURE 

Prétérit défini. 



Sing. 1. koritêcilâm Je fis. 

2. koritêcili. 

3. koritêcilo , koritêcilêk. 



Pliir. 1- koritêcilâm. 

2, koritêcilâ. 

3. koritêcilên. 



Prétérit parfait. 



Sing. 1. korijàci J'ai fait. 

2. korijàcis. 

3. korijàcê. 



Plur. 1. korijàci. 

2. korijàco. 

3. korijàcên. 



Plus-que-parfait. 
Sing-. 1. korijàcilâm J'avais fait. Plur. 1. korijâcilâm. 



2. korijâcili. 

3. korijâcilo , korijâcilêk. 



Futur. 



Sing. 1. koribo Je ferai. 

2. koribi. 

3. koribê, koribêk. 



Aoriste. 



Sina:. 1. koritâm Je faisais. 



'ë 



2. koriti. 
3< korito. 



2. korijàcilà. 

3. korijàcilên. 



Plur. 1. koribo. 

2. koribâ. 

3. koribêii. 



Plur. 1. koritâm. 

2. koritâ. 

3. koritéii. 



Impératif. 



Sing. 1. kori Que je fasse. Plur. 1. kori. 

2. kor , koris. 2. koro , koroho , koriô. 

3. koruk. 3. korun. 



SlUl LE LANGAGE. 69 

Infinitif, koritè Faire. 

Noms verbaux, koron L'action de faire. 

korà Le faire. 
Participes présens, koritê, korot Faisant. 
Participe passé, krito Fait. 
Participes conjonctifs. 

kori, korijà, korjà, korê Faisant, ayant fait. 

korilè En faisant , étant fait. 

Gérondif. 

1. Nominatif, koribà Faisant. 
4. Datif. koribârê A faire. 

6. Génitif. koribàr De faire. 
T. Locatif. koribârê En faisant. 

Les verbes précédens en construction avec des substan- 
tifs , adjectifs et participes passés , servent comme auxi- 
liaires ; hoïtê à former des verbes neutres et passifs , koritê 
à former des verbes causatifs et actifs. On se sert aussi 
du verbe Càkitê Demeurer, rester, être, (corruption du 
sanskrit sCâ), comme verbe auxiliaire pour exprimer une 
coutume , ou une possibilité , et précédé d'une conjonction 
pour exprimer le subjonctif ou le conditionnel. 

L'infinitif en construction avec un datif et la troisième 
personne du singulier de hoïtê forme une conjugaison 
pérîphr astique exprimant une nécessité , comme âmâkê 
jâitê hqj Je dois aller, (il m'est à aller). Cette conjugai- 
son est en usage pour le présent indéfini, le prétérit simple, 
le futur, et quelquefois aussi pour le plus-que-parfait. 

Le passif est formé par le participe passé en construc- 



tO DE l'influence DE l'eCRITURE 

tion avec hoïtê Être ; par le nom verbal en â en construc- 
tion avec le verbe jâité Aller ; et de deux autres manières 
encore , dont l'une est de mettre l'ag-ent à l'instrumental , 
le sujet au nominatif , et d'employer le verbe à l'actif, 
comme bàgê mânus îtâijâcê 

par le tig^re l'homme a dévoré , pour a été dévoré. 

A l'aide de difFérens auxiliaires on forme le potentiel, 
le désidératif, l'inchoatif , l'intensif, le prohibitif, l'inter- 
rog;atif etc. On fait aussi usage du verbe impersonnel. 

Il n'y a que trois verbes qui soient irrég-uliers , irrégu- 
larité qui n'affecte pas les inflexions , mais le thème. Ce 
sont les verbes dite Donner , asitê Venir , et jâitê Aller. 

Faisons mention encore de deux conjugaisons particu- 
lières assez remarquables. A la place de hoïtê nâ N'être 
pas, on conjugue très-souvent la particule négative nà 
au présent indéfini de la manière suivante : 

Singulier. 

1. noji, nài, nohi Je ne suis pas. 

2. nojis , nohis Tu n'es pas. 

3. noj , nohê , nàhê II , elle n'est pas. 

Pluriel. 

1. noji , nâi , nohi Nous ne sommes pas. 

2. noô , noho Vous n'êtes pas. 

3. non , nohên Ils , elles ne sont pas. 

On conjugue l'adverbe bot Vraiment, certainement, 
de la même manière que nâ au présent indéfini. 



SUR LE LANGAGE. t\ 

Singulier. 

1. boti Je suis vraiment. 

2. botis Tu es vraiment. 

3. bote II , elle est vraiment. 

Pluriel. 

1. boti Nous sommes vraiment. 

2. boto Vous êtes vraiment. 

3. botèn Ils, elles sont vraiment. 

L'aperçu pre'ce'dent suffira , ce me semble , pour montrer 
l'extrême simplicité des formes grammaticales du bengali, 
qui présentent un contraste si frappant avec le système 
compliqué du sanskrit. 

Ce fut en 1204 de notre ère que les Mohammédans sub- 
juguèrent le Bengale; jusque là il avait été gouverné par 
des princes hindous. Mais la corruption du sanskrit ne 
date pas de cette époque , elle doit être plus ancienne. 
Le pâli , parlé probablement autrefois au midi du Bahar 
aux limites du Bengale, nous montre déjà mille ans plu- 
tôt les traces de cette transition du sanskrit aux idiomes 
modernes. Aussi n'y a-t-il pas beaucoup de mots arabes 
et persans dans le bengali , et si on le compare avec l'hin- 
doustani , on voit que le nombre de mots étrangers y est 
très-peu considérable en comparaison de ceux qui sont 
entrés dans ce dernier idiome. Si une partie du peu de 
mots , qu'on voit ci-dessus , s'écartent autant de leur ori- 
gine sanskrite , il n'en faut pas conclure que cela ait lieu 
généralement , mais ces mots employés comme auxiliaires 



72 

se sont ressentis plus que les autres des lois communes 
qui entrainent une dégëne'ration progressive. 

Le bengali , en supprimant toutes les anciennes inflexions 
ou en les alte'rant entièrement , en a créé de nouvelles tant 
pour la déclinaison que pour la conjugaison formée prin- 
cipalement à l'aide du verbe substantif. Peu de temps 
seulement y ont conservé des inflexions propres , pour les- 
quelles on peut à peine montrer encore quelque ressem- 
blance avec des inflexions sanskrites. 

Mais il se présente une objection assez grave et que 
nous ne pouvons pas passer sous silence , contre l'opinion 
que le bengali soit parvenu à son état actuel par une dé- 
génération progressive du sanskrit. Long-temps il a été 
le chaînon le plus oriental des idiomes indiens dérivés du 
sanskiit ou en affinité avec celui-ci. Les restes de popula- 
tions sauvages que nous voyons encore dans plusieurs 
parties de l'Hindoustan , semblent prouver que ces con- 
trées avaient jadis des habitans d'une autre race que ceux 
qui parlaient le sanskrit primitivement. Or c'est une ques- 
tion de savoir si jamais le peuple du Bengale, descendu 
probablement de ces habitans primitifs , s'appropriât en- 
tièrement le sanskrit , ou bien s'il ne se formât pas dès le 
commencement de son assujettissement à des étrangers plus 
civilisés que lui, une langue plus semblable à son idiome 
actuel qu'au sanskrit , en supprimant les formes gramma- 
ticales trop difficiles de celui-ci et n'adoptant que les mots. 
On ne peut pas prétendre qu'il est invraisemblable , qu'un 
peuple tout entier ait accepté l'idiome de quelques prêtres 
et guerriers; car nous avons vu cela s'effectuer au royaume 
d'Assam , qui dans les temps anciens doit avoir fait partie 



SUR LE LANGAGE. 73 

des pays hindous. Cependant plus tard on y a eu jusqu'au 
commencement du dix-septième siècle une langue , des 
livres et des institutions semblables à celles des pays au- 
delà du Gange; mais alors des Brahmans s'introduisirent 
dans ce pays , y répandirent leurs doctrines , convertirent 
le roi, et bientôt un dialecte bengale remplaça l'ancien 
idiome , de sorte que celui-ci appartient maintenant pres- 
que entièrement aux langues mortes. De belliqueux que 
furent autrefois les habitans d'Assam ils sont devenus pu- 
sillanimes comme les Bengales. Aux abus multipliés et aux 
funestes institutions de plusieurs pays au-delà du Gange 
les Brahmans y ont ajouté encore celle de leurs castes, 
de sorte qu'on ne trouve presque nulle part réunis plus 
d'élémens de despotisme et d'oppression qu'au royaume 
d'Assam , qui aussi est devenu' enfin le foyer des plus 
terribles dissensions et guerres intestines. 

Dans l'occident le latin a remplacé autrefois de la même 
manière des idiomes entièrement difFérens, comme l'a fait 
plus tard aussi l'arabe ; et c'était souvent un remplacement 
entier et non pas une fusion de deux langues. 

Les autres idiomes modernes de l'Hindoustan présentent 
la même simplicité de formes grammaticales que le ben- 
gali ; et tous ces idiomes comparés avec le pâli et le 
pràkrit prouvent la dégénération progressive du sanskrit 
et la transition de cet ancien idiome aux langues modernes 
effectuée par une longue série de siècles. 

L'écriture alphabétique du sanskrit , sous plusieurs rap- 
ports une des plus parfaites que nous connaissions , n'a 
donc pas exercé une influence conservatrice des formes 
graimiiaticales ; les langues de llnde ont été entièrement 



74 DE l'iIVFLUENCE de L ECRITITRE 

changées sous ce rapport , tandis que tous les érudits ont 
continué à écrire le sanskrit comme langue savante , et 
que presque tous ils ont méprisé de faire usage des idiomes 
modernes pour d'autres ouvrages que des écrits populaires. 

Tournons maintenant nos regards vers une autre famille 
de langues en affinité avec le sanskrit , vers les langues 
slavones. Celles-ci présentent une inclination toute parti- 
culière à se conserver ; ce qu'elles ont fait pendant une 
longue série de siècles et d'oppressions étrangères, aux- 
quelles peu d'autres langues auraient résisté. 

L'histoire nous montre dès les temps les plus reculés 
les peuples slavons habitant à l'est des tribus germaniques; 
et quoi«|ue sous le nom de Slaves ils ne paraissent que 
vers la première moitié du sixième siècle , plusieurs noms 
conservés par les anciens historiens et géographes nous 
fournissent néanmoins la certitude de leur existence an- 
térieure dans la Pologne actuelle et les contrées limi- 
trophes. Aussi ne se trouve-t-il aucune notice qui les fasse 
immigrer dans ces pays à une période postérieure au com- 
mencement de notre ère. 

Ceux d'entre eux qui habitaient la Pannonie ancienne, 
sujets du royaume de la Grande Moravie, reçurent dans 
la seconde moitié du neuvième siècle un alphabet dérivé 
de l'alphabet grec. A la ruine de ce royaume l'écriture 
nouvelle se réfugia au midi dans le pays des Ser viens et 
à l'est dans celui des Russes qui la reçurent au dixième 
siècle. Aucun des peuples slavons n'avait fait usage au- 
paravant d'une écriture quelconque; ceux qui se servent 
actuellement des alphabets romain ou allemand , les adop- 



SUR LE LANGAGE, T5 

tèrent en partie beaucoup plus tard. Loiig;-temps déjà 
avant de commencer à écrire, les Slaves étaient partagés 
en plusieurs états, qui dans l'étendue de pays qu'ils oc- 
cupaient ensemble, ne pouvaient pas avoir des liaisons 
très-étroites. 

Malgré ces circonstances qui paraissent peu favorables 
à la conservation de la langue , séparés plus tard par des 
gouvernemens différens , par la religion , par les institu- 
tions et relations politiques , les Slaves ont conservé tant 
de ressemblances entre leurs différens dialectes et en même 
temps avec leur ancien idiome parlé dans la Pannonie il 
y a près de mille ans , que cette fixité d'une langue géné- 
ralement peu écrite pendant un long espace de temps doit 
arrêter nos regards. 

Mais ce n'est pas seulement la ressemblance des idiomes 
slavons entre eux qui soit remarquable, c'est plus encore 
celle , qu'ils ont tous conservé avec une langue ancienne , 
de laquelle ils dérivent de la même manière qu'en dérivent 
les idiomes germaniques , le latin , le grec , le sanskrit , etc. 

Tandis qu'une grande partie des racines que ces langues 
ont en commun, se trouvent fortement altérées dans les 
idiomes slavons , mais d'après des règles en général assez 
constantes , ces idiomes nous montrent d'un autre côté des 
ressemblances avec une langue ancienne , dont les idiomes 
modernes de l'Inde , qui ont conservé les racines sanskrites 
dans un état beaucoup plus pur, ne présentent presque 
plus aucune trace. 

La langue ancienne de laquelle en dernier lieu doivent 
dériver toutes ces langues, dont la communauté d'origine 
n'est sujette à aucun doute, ne nous est plus connue; mais 



76 DE l'influence de l'écriture 

sous plusieurs rapports le sanskrit comparé avec les idiomes 
de l'occident peut nous en tenir lieu , vu que par sa posi- 
tion ge'ographique il se trouve le plus oriental parmi les 
idiomes en question et par conse'quent mis hors de l'in- 
fluence des autres. Il a conservé dans une partie de ses 
mots des formes aussi anciennes et quelquefois plus pures 
encore que celles qui des premiers temps de la Grèce et 
de l'Italie sont parvenues jusqu'à nous , tandis que le con- 
traire a eu lieu pour d'autres de ces formes. Cependant 
le sanskrit avait déjà éprouvé aux temps d'où datent les 
commencemens de sa littérature de fortes altérations dans 
ses formes, et des adoucissemens de prononciation dont 
l'influence s'est fait sentir jusque dans ses racines. Car , si 
je ne me trompe pas entièrement, les palatales doivent 
partout où elles se trouvent, leur existence à un adoucisse- 
ment du son des gutturales ; rapport qui se rencontre de 
la même manière pour toutes ces sifflantes que dans les 
langues auxquelles elles manquent, on ne peut exprimer 
que par des lettres composées telles que ts , ths , dz , ds. 
Celles-ci dérivent ou de palatales ou de dentales. Ainsi 
les anciens idiomes sémitiques n'avaient pas encore toutes 
les lettres de cette catégorie que nous leur voyons plus 
tard; ils les reçurent avec le temps d'après l'analogie de 
langues avec lesquelles ils n'ont sous ce rapport rien de 
commun , que les lois naturelles ou générales des sons. 

Le slovénien actuel n'a reçu son écriture que dans des 
temps très-modernes. Car , bien que l'écriture slavone dût 
son origine à des missions établies parmi les Slovéniens 
orientaux, ceux de la Pannonie, elle fut néanmoins dé- 
truite trop tôt dans ce pays pour qu'elle y eût pu prendre 



SUR LE LANGAGE. T7 

aucune racine , et jamais elle n'avait péne'tre jusqu'aux 
Slovéniens occidentaux , habitans de la Carniole , de la 
Carinthie et de la Styrie. Aussi n'avait-elle appartenu pro- 
bablement qu'aux prêtres, qui en avaient eu besoin pour 
pouvoir former des rituels slavous et traduire quelques 
livres des saintes écritures dans l'idiome des nouveaux 
chrétiens. Ce ne fut que vers le milieu du seizième siècle 
que Primus Truber fit au profit de la réformation nais- 
sante le premier essai d'écrire l'idiome du pays slovénien 
sa patrie, avec des lettres romaines, qui lui servirent à 
publier en 1557 et 1560 une traduction du nouveau tes- 
tament , et d'autres livres encore. Son essai fut corrigé 
depuis et promit d'heureux résultats , mais au commence- 
ment du dix-septième siècle les protestans furent suppri- 
més, leurs livres détruits et remplacés par quelques livres 
catholiques dont le nombre était très-peu considérable. 
Dans les temps modernes les Slovéniens en ont reçu quel- 
ques-uns , de même que plusieurs traductions des saintes 
écritures ou en entier ou en parties , qui ont été imprimées 
dans les deux derniers siècles. 

Malgré cet usage si tardif d'une écriture, le slovénien 
n'est en général pas plus altéré dans ses formes , que ne 
le sont les autres idiomes slavons; au contraire il a de 
plus que ceux-ci continué à se servir du duel , abandonné 
peu à peu par ces idiomes , mais dont tous ils nous montrent 
encore les traces tant dans les écrits du moyen âge , que 
dans l'usage qu'on en trouve quelquefois encore dans des 
dialectes vulgaires. 

Les déclinaisons slavones n'offrent plus, à la vérité, 
dans leurs inflexions que des traces très-faibles de leur 



Î8 DE l'influence de l'écriture 

ancienne parenté ; mais elles se distinguent pourtant encore 
par le nombre de leurs cas, qui sont le nominatif, le gé- 
nitif, le datif, l'accusatif, l'instrumental et le locatif, 
nommé prépositionel par les grammairiens russes , parce 
qu'il est toujours précédé d'une préposition. L'instrumen- 
tal a conservé les significations qu'il a dans les langues 
de l'Inde , il exprime ce que nous rendons par les prépo- 
sitions par et avec. Quelques grammairiens le nomment 
sociatif à cause de cette dernière signification. Plusieurs 
idiomes slavons ne distinguent plus le vocatif du nomi- 
natif, mais d'autres en admettent la distinction, et nous 
montrent pour ce deux cas plus ou moins de différences. 
Toutes les langues slavones rejettent l'usage de l'article 
de même que le sanskrit et le latin. Mais elles font une 
distinction qui leur est particulière, et qui est étrangère 
à la grammaire des langues parentes ; elles distinguent 
presque partout dans le masculin et dans plusieurs fémi- 
nins par de légères nuances la déclinaison des êtres ani- 
més de celle des êtres inanimés , distinction qui n'était pas 
encore établie dans l'ancien slavon. Le polonais va plus loin 
encore que les autres idiomes slavons en distinguant dans 
les terminaisons de quelques cas les hommes , les animaux 
et les choses. La déclinaison des adjectifs s'étend aux trois 
genres et à tous les cas comme celle des substantifs. 

Deux exemples pris au hasard d'un masculin et d'un 
féminin démontreront la ressemblance que la déclinaison 
slavone a conservée dans les différens dialectes^ malgré 
l'espace de temps et de lieu qui les sépare. Je prends les 
mots muj Homme , mari , et voda Eau , en transcrivant 
l'ancien slavon, le servien et le russe d'après l'alphabet 



SUR LE LANGAGE. 19 

harmonique, et le slovéïiien d'après l'orthographe établie 
par M. Kopitar ; les finales sh , z et z du slovénien , polo- 
nais et bohème sont pour l'étymologie et le son la même 
lettre que notre J. Muj trouve ses représentans en sanskrit 
dans les noms dérive's manusja et manuga , et en allemand 
dans Mensch, quoique le son du n ne se soit conservé 
parmi tous les idiomes slavons que dans le seul polonais, 
dont les ^ et ç dans m^z , mçza etc. se prononcent on , en. 
Mais à la fin d'un mot ^ est prononcé comme ô et ç comme 
ê. Ces deux lettres polonaises remplacent d'ailleurs ex- 
actement d'après les lois de l'étjmologie slavone l'u des 
autres dialectes. L'a final des noms sanskrits qui appar- 
tiennent aux langues slavones aussi , est dans ces dernières 
tantôt conservé et tantôt supprimé, le genre y est arbi- 
trairement changé , et quand même des noms sanskrits et 
slavons se terminent par la même lettre , la ressemblance 
qu'on peut trouver encore dans leurs déclinaisons, peut 
très-bien ne paraître que due au hazard. L'ancien slavon 
seul présente avec le sanskrit cette analogie qu'il a au 
duel les mêmes cas semblables que ceux qui le sont aussi 
en sanskrit; savoir 1. le nominatif, l'accusatif et le vocatif, 
2. l'instrumental et le datif et pour le sanskrit en outre 
l'ablatif, 3. le génitif et le locatif. Le féminin slavon voda 
répond au neutre sanskrit uda , dont ces trois cas du duel 
sont 1. udê , 2. udâbjàm , 3. udajôh. A voda et uda ré- 
pond unda du latin, le sanskrit uda étant dérivé de la 
racine und Mouiller, être mouillé. 



80 



DE L INFLUENCE DE L ECRITURE 



ANCIEN SLA VON. 



SLOVENIEN. 



Singulier. 



1. Nominatif. 


muj. 


môsh. 


2. Génitif. 


muja. 


moslid. 


3. Datif. 


mujevi. 


moshu. 


4. Accusatif. 


muj. 


mosha. 


5. Instrumental, 


, mujem. 


mosham, 


6. Locatif. 


muji. 


moshu. 


1. Vocatif. 


muju. 


môsh. 



Duel. 



1. Nominatif. 


muja. 


moshâ. 


2. Génitif. 


muju. 


môsh. 


3. Datif. 


mujema. 


moshama. 


4. Accusatif. 


muja. 


moshà. 


5. Instrumental 


. mujema. 


moshâma. 


6. Locatif. 


muju. 


moshéh. 


7. Vocatif. 


muja. 


moshâ. 



Pluriel. 



1. Nominatif. miijeve. 

2. Génitif. mujev. 

3. Datif. mujem. 

4. Accusatif. niuja. 

5. Instrumental, muji. 

6. Locatif. mujeh. 

7. Vocatif. mujeve. 



moshjé. 

môsh. 

moshém. 

moshé. 

moshmi. 

moshéh. 

moshjé. 



SUR LE LANGAGE. 
SERVIEN. RUSSE. POLONAIS. BOHÈME. 



81 



Singulier. 



1. Nom. 


moj. 


muj. 


m^z. 


m HZ. 


2. Gén. 


moja. 


muja. 


meza. 


muze. 


3. Dat. 


moju. 


muju. 


mçzo>\i. 


muzowi, muzi. 


4, Ace. 


moja. 


muja. 


meza. 


muze. 


5. Instr. 


mojem. 


mujem. 


mçzem. 


muzem. 


6. Loc. 


moju. 


muje. 


mçzu. 


muzowi, muzi. 


7. Voc. 


moju. 


muj. 

Plui 


m^zu. 
•iel. 


muzi. 


1. Nom. 


moji. 


muji. 


mçzowie. 


muzi , muzowé. 


2. Geii. 


moja. 


mujeï. 


mçzovv. 


muzii , muzûw. 


3. Dat. 


mojima. 


mujam. 


mezom. 


muzûm. 


4. Ace. 


moje. 


mujeï. 


mçzow. 


muze. 


5. Instr. 


mojima. 


mujami. 


mezami. 


muzi , muzmi. 


6. Loc. 


mojima. 


mujah. 


mçzaeh. 


muzjch. 


1. Voe. 


moji. 


muji. 


mçzowie. 


muzi, muzowé. 




ANCIEN SLAVON. 


SLOVÉNIEN. 



Singulier. 



1. Nominatif. voda. 

2. Génitif. vody. 

3. Datif. vode. 

4. Accusatif. vodu. 

5. Instrumental, vodou. 

6. Locatif. vode. 

7. locatif. vodo. 



voda. 

vode, vodé. 
vôdi. 

vodo, vodo 
vodo , vodô. 
vôdi. 
voda. 

6 



82 


DE L INFLITEKCE DE 


L ECRITURE 






Duel. 




1. Nominatif. 


vode. 




vôdi, vodé. 


2. Génitif. 


vodu. 




vôd, vodà. 


3. Datif. 


vodama. 




vodama, vodama, 


4. Accusatif. 


vode. 




vôdi , vodé. 


5. Instrumental 


. vodama. 




vodama , vodama, 


6. Locatif. 


vodu. 




vôdah, vodéli. 


r Vocatif. 


vode. 




vôdi, vodé. 



Pluriel. 



1. Nominatif. vody. 

2. Génitif. vod. 

3. Datif. vodam. 

4. Accusatif. vody. 

5. Instrumental, vodami. 

6. Locatif. vodah. 

7. Vocatif. vody. 



vôde, vodé. 
vôd, vodâ. 
vôdam, vodàm. 
vôde, vodé. 
vôdami, vodami. 
vôdah , vodàh , vodéh. 
vôde, vodé. 



SERVIEN. 



RUSSE. 



POLONAIS. 



BOHEME. 



Singulier. 



1. Nom. 


voda. 


voda. 


woda. 


woda. 


2. Gén. 


vode. 


vody. 


wody. 


wody. 


3. Dat. 


vodi. 


vode. 


wodzie. 


wodë. 


4. Ace. 


vodu. 


vodu. 


Avodç. 


wodu. 


5. Instr. 


vodom. 


vodoii. 


M'oda. 


wodau. 


6. Loc. 


vodi. 


vode. 


Modzie. 


wodë. 


r Voc. 


vodo. 


voda. 


wodo. 


wodo. 



SUR LE LANGAGE. 



83 



Pluriel. 



]. \oin. 


vode. 


vody. 


Mody. 


wody. 


2. Geu. 


voda. 


vod. 


wod. 


\\od. 


3. Dat. 


vodama. 


vodam. 


wodom. 


wodâm. 


4. Ace. 


vode. 


vodv. 


wody. 


wody. 


5. Instr. 


vodama. 


vodami. 


wodami. 


wodami. 


6. Loc. 


vodama. 


vodah. 


wodach. 


wodacli. 


7. Voc. 


vode. 


vody. 


\vody. 


wody. 



Aux precedens j'ajouterai un autre nom regardé comme 
anomal dans toutes les langues slavones parce que le no- 
minatif singulier , comme eu sanskrit , n'y a pas le r radi- 
cal, conservé dans les autres cas. C'est mati ou mat Mère, 
en affinité avec le mâtri sanskrit , les mots ,t/>îT«ç ou uarn^ 
du dialecte dorique, mater , Mutter etc. J'y joindrai égale- 
ment la déclinaison sanskrite avec laquelle celle des idiomes 
slavons a conservé quelques ressemblances, ce qu'elle na 
pas fait pour d'autres noms. Le polonais mac y manque parce 
qu'il n'est plus usité , ayant été remplacé par le dérivé mat- 
ka, dont le bohème mati emprunte aussi souvent ses cas. 







SANSKRIT. 


ANCIEN SLA VON. 


SLOVENIEN. 








Si 


ingii 


ilier. 




1. 


\ominatif. 




mâtà. 




mati. 


mati. 


2. 


Géu. Abl. 




màtuh. 




matere. 


mâtere. 


3. 


Datif 




màtrè. 




materi. 


materi. 


4. 


Accusatif 




mâtaram 




mater. 


mater. 


5. 


Instrumental. 


màtrà. 




materïu. 


mâterjo. 


6. 


Locatif 




mâtari. 




materi. 


materi. 


7. 


Vocatif 




màtah. 




mati. 


mâti. 



6. 



84 



DE L INFLUEXCE DE L ECIIITITUE 

Duel. 



1. Nom. Acc. Voc. mâtarau. materi. materi. 

2. Génitif. mâtrôh. materïii. mater. 

3. Dat. Abl. Iiistr. mâtribjâm. materma. mâterama. 
6. Locatif. mâtrôli. materïu. mâterah. 



1. Nominatif. 

2. Génitif. 

3. Dat. Abl. 

4. Accusatif. 

5. Instrumental. 

6. Locatif. 

7. Vocatif 



Pluriel. 

mâtarah. matere , materi. mâtere. 

mâtrînâm. materïï. mater, 

mâtïiljjah, niaterem. mâteram. 

mâtrîh. matere , materi. mâtere. 

mâtribih. matermi. mâterami. 

mâtrisu. matereh. mâterah. 

raàtarah. matere , materi. mâtere. 



SERVIEN. 



RUSSE. 



BOHEME. 



Singulier. 



1. Nominatif 


mati. 


mat. 


mati. 


2. Génitif 


matere. 


materi. 


matere. 


3. Datif 


materi. 


materi. 


materi. 


4. Accusatif 


mater. 


mat. 


mater. 


5. Instrumental. 


materom. 


materii. 


mateî-j. 


6. Locatif. 


materi. 


materi. 


materi. 


7. Vocatif 


mati. 


mat. 


mati. 



Pluriel. 



1. Nominatif 

2. Génitif 



matere. 
matera. 



materi, 
matereï. 



matere. 
materj. 



SrU LE LA>GA(JK. 



85 



3. Datif. 

4. Accusatif. 

5. Instrumental. 

6. Locatif. 

7. Vocatif. 



matera ma. 
matere. 
materama. 
matera ma. 
matere. 



materam. 

matereï. 

materami. 

materah. 

materi. 



materjm. 

matere. 

matefemi. 

matefjch. 

matere. 



Les noms slavoos pour fille, duhitri du sanskrit , -S't'T'ûf- 
Twç et Tochter, suivent l'anomalie ou la déclinaison de 
raati ; ce sont pour l'ancien slavon le mot dsi , génitif 
dsere , pour le slove'nien hzhi , génitif hzliére , pour le 
servien kci , génitif kceri , (qui dans quelques cas s'éloigne 
de mati), pour le russe doc génitif doceri, et pour le bo- 
hème dci, génitif dcere , (nom vielli actuellement excepté 
au datif dceri), tous mots qu'isolés on ne serait pas fa- 
cilement tenté de comparer avec ceux des langues parentes - 
indiqués ci-dessus. 

Les langues slavones présentent pour les degrés de qua- 
lification des analogies remarquables avec ceux du sans- 
krit en ijas et isÇa et du grec eu tcov et tç'oç. Mais elles 
n'ont pas des formes qui répondent aux comparatifs et su- 
perlatifs en tara et tama du sanskrit , en Tgçoç et tcltoç 
du grec. 

En sanskrit les terminaisons îjas pour le comparatif, 
et isÇa pour le superlatif , ne se joignent qu'à peu d'adjec- 
tifs , de même que les terminaisons grecques icàv et tç'oç. 
Ces degrés de qualification sanskrits ne sont en usage que 
pour les adjectifs qui sont fonnés par les affixes mat , vat , 
vin et tri , mais qui également prennent les formes en tara 
et tama ; et pour vingt-neuf adjectifs , dont , à l'exception 
de deux , les positifs auxquels on joint ces degrés de qua- 



86 

lification, sont hors d'iisag-e , et remplaces par d'autres 
positifs qui prennent les formes tara et tama. Ainsi guru 
Grave, fait ou gurutara , gurutama, ou d'un positif in- 
usité gara, garijas, garisfa; et lagu Le'g-er a les quatre 
formes lagutara et lagijas Plus léger , lagutama et lagisla 
Le plus léger ou très-léger. Souvent la terminaison îjas 
est employée dans le sens du superlatif et la terminaison 
isfa dans le sens du comparatif , de sorte que quelques 
grammairiens leur assignent absolument la même signi- 
fication de comparatifs et de superlatifs. 

Lorsque les mots formés par les affixes mat , vat , vin 
et tïi prennent les terminaisons tara et tama , on conserve 
ces affixes excepté le n de vin ; mais lorsqu'ils prennent 
les terminaisons îjas et isÇa , on supprime ces affixes avec 
la voyelle qui les précède, si le mot sans ces affixes a 
plus d'une voyelle. Ainsi matimat Intelligent , mêdàvin 
Intelligent, et kartri Faisant, font matimattara, matimat- 
tama, matîjas et matisfa; mêdâvitara, médâvitama, mê- 
dîjas et médisfa; kartïitara, kartritama, karîjas et karisfa. 

Ces formes en îjas et isÇa qu'on ne trouve presque plus 
qu'avec des positifs anciens qui plus tard ne présentent 
que les formes dérivées en mat , vat , vin et tri , paraissent 
donc les restes d'anciennes formes , employées peut-être 
autrefois d'une manière plus générale. Elles ont les trois 
genres , nominatif du masculin en îjân , du féminin en 
îjasî, du neutre en îjah, et pour is[a nominatif du mas- 
culin en isîah, du féminin en isfâ, du neutre en isfam. 

L'ancien slavon a pour terminaison régulière du com- 
paratif eïsïï, ou aïsïi après les lettres j, s, c, soit primi- 
tives soit adoptées par quelque changement ; comme slav- 



SUn LE liAXUAGE. 87 

nyï Glorieux , slavnetsïï Plus glorieux , mudryi Sage , 
mudreïsïï Plus sage , mladyï Jeune , mlajaisïï Plus jeune. 
Dans une acception absolue, si aucune comparaison n'a 
lieu, ces formes ont le sens de superlatifs; mais dans ce 
cas elles peuvent aussi être précédées de vse (yrav-) ou de 
la préposition pre (prae , per) , ou de ces deux mots ré- 
unis ensemble , comme milostivyï Gracieux , vsemilosti- 
veïsïï ou premilostiveisTï Le plus gracieux ; svetl jt Clair , 
resplendissant, svetletsu Plus resplendissant, (sérénis- 
sime), vsepresvetleisïi Le plus resplendissant. 

Ces formes en eïsïï et aisn qu'on décline aux trois 
genres , se joignent encore à des adverbes avec significa- 
tion de comparatifs , comme nije Plus bas , nijaïsÏÏ Le plus 
bas; blije Plus proche, blijaisu Le plus proche. 

Une autre forme régulière du comparatif qu'on peut 
joindre à beaucoup d adjectifs , est la terminaison sïï , au 
féminin saa et si , au neutre see et se , comme mladsïi 
Plus jeune. Les adjectifs formés par les affixes ok et kyï 
prennent principalement cette terminaison sïï, en suppri- 
mant leurs affixes , comme glubokyï Profond , glubsïi 
Plus profond. Elle appartient aussi à des comparatifs dont 
les positifs sont hors d'usage, comme gorsiï Plus mauvais, 
d'un ancien positif gore , remplacé par zol ou zlyï Mauvais. 

Une troisième forme régulière du comparatif est la ter- 
minaison eï, ou pour quelques irréguliers ïï, si au fémi- 
nin et ee au neutre ; comme slavnei Plus glorieux , mu- 
dreï Plus sage , des positifs slavnyï et mudrvï indiqués 
ci-dessus. La forme en ïi se trouve pour quelques com- 
paratifs dont le positif est inusité , comme mnïï , féminin 
mensi , neutre mnee Minor , minus , qu'on joint au positif 



88 

mal Pen , petite ; boliï ou bolei , féminin bolsi , neutre 
bolée Plus grand , qu'on joint au positif veliï ou velikyï 
Grand. Mais ces mêmes mots peuvent aussi prendre la 
forme précédente , comme mensïi masc. mensaa fém. men- 
see neutre M'mor , minus , bolsïi masc. bolsaa fém. boisée 
neutre Plus grand. 

Le slovénien forme le comparatif par les terminaisons 
fhi ou ji, iflii ou iji , ejfhi ou eji; il le fait précéder du 
mot naj ou nar , pour en former le superlatif; comme flàb 
Faible , flâbf hi ou flàbji Plus faible , nar flâbfhi ou nar 
flàbji Le plus faible ; pravizhen Juste , pravi'zhnifhi ou 
pravizhniji Plus juste, nar pravizhnifhi ou nar pravi'zhniji 
Le plus juste; bel Blanc, belèjfhi ou belèji Plus blanc. 
Quelques adjectifs forment le comparatif avec l'adverbe 
bol Mieux, (plus), dont le comparatif déclinable bolfhi 
ou bolji est aussi celui de l'adjectif dôber Bon , tandis 
qu'en ancien slavon il sert de comparatif à l'adjectif veliï 
Grand. Tel est rudèzh Rouge, bol rudèzh Plus rouge, 
nar bol rudèzh Le plus rouge. Quelques adjectifs ont des 
comparatifs anomaux qui ont perdu leurs anciens positifs, 
comme mali Petit, peu, manfhi ou manji Plus petit, 
moins ; d'autres adjectifs sont sujets à un changement ou à 
une suppression de leurs finales devant les terminaisons du 
comparatif, comme gèrd, Laid, gèrfhi ou gèrji Plus laid. 

Le servieu joint la terminaison ji aux positifs pour en 
former les comparatifs, et met devant ces derniers naj 
pour le superlatif, comme slabi Faible , slabiji Plus faible , 
naj slabiji Le plus faible. Mais le j du ji comparatif et les 
dernières lettres de beaucoup d'adjectifs se combinent en- 
semble ou sont même remplacés par d'autres , comme dans 



SUR LE LANGAGF. 89 

iiilad Jeune , mladi Plus jeune , gorak Amer, gorci Plus 
amer. Quelques adjectifs ont des comparatifs anomaux, 
comme zao Mauvais , gori Plus mauvais , mali Petit , maiii 
Plus petit. 

Le russe n'a point de comparatifs déclinables ; son com- 
paratif répond à l'adverbe de l'ancien slavon avec la sig- 
nification du comparatif. On le forme en changeant les 
terminaisons yi et ïi des positifs en ee , comme slabyï 
Faible , slabee Plus faible. Mais si ces terminaisons yi et 
ïï sont pre'cédées de g ou d , de k , de st , de h , ou que 
ces consonnes soient les finales du positif, on change le 
g ou d en j, le k en c, le st en s, le h en s, tous suivis de e, 
comme dorog- ou dorog^îiCher, doroje Plus cher , molod ou 
molodyï Jeune , moloje Plus jeune , legkïï Léger , legce 
Plus léger, gustyï Epais, g;use Plus épais, suli ou suhïi Sec, 
suse Plus sec. Il y a des exceptions et quelques anomaux, 
comme malyï Petit, mense Plus petit, velikïï Grand, boise 
ou bolée Plus grand , plus. Ce dernier mis devant un po- 
sitif sert aussi à exprimer le comparatif. 

Le superlatif déclinable en sïï masculin, saa féminin, 
see neutre , est formé en changeant la terminaison ee du 
comparatif en eisïï , et celle en e précédé d'une consonne 
en aisïï, comme slabee Plus faible, slabeïsïï Le plus faible, 
moloje Plus jeune, molojaisïï Le plus jeune, nije Plus 
bas, nijaisïï Le plus bas. Quelques-uns sont irrég;uliers , 
comme mense Plus petit, mensiï Le plus petit, boise Plus 
grand , bolsïï Le plus grand. 

On fait précéder le superlatif des mots pre , vsè, et 
quelquefois aussi de naï , pour en augmenter la significa- 
tion. On fait également précé^ler le positif des mots pre , 



90 

vse , des adverbes vesma , velmi , ocen Très , mnogo Beau- 
coup , et du pronom samyi , samaa , samoe Même , pour 
en former des superlatifs. 

Le polonais forme le comparatif en changeant l'y ou 
l'i final des positifs en szj, qu'on décline dans les trois 
g-enres , masc. szy , fém. sza , neutre sze. Pour le superlatif 
on fait précéder le comparatif de la particule nay autre- 
fois na , comme sîaby Faible , sïabszy Plus faible , nay 
sïabszy Le plus faible. Quelques consonnes ou syllabes 
qui précèdent l'y et l'i final des adjectifs , sont sujettes à 
des changemens tlevant le szy du comparatif, et l'a, de la 
pénultième se change en ç, comme ma,dry Sage, m^drszy 
Plus sage. Quelques adjectifs sont anomaux, comme zïy 
Mauvais, gorszy Plus mauvais, wielki Grand, wiçkszy 
Plus grand , mal'y Petit , mnieyszy Plus petit. 

Quelques adjectifs ne forment leurs degrés de quali- 
fication que par les adverbes bardziey Plus , nay bardziey 
Le plus, comme rydzy Rouge, (couleur de feu), bar- 
dziey rydzy Plus rouge etc. Mais on met bardziey aussi 
devant des positifs , qui peuvent former des comparatifs 
réguliers. 

On forme des superlatifs par les mots prze, (le pre 
des autres dialectes), wcale Tout, bardzo Très, wielce 
Très,arcy Très, extrêmement, (erz en allemand, archi 
en français), comme arcy dobry Extrêmement bon. 

Le bohème joint au positif pour en former le compa- 
ratif soit flj ou ègfTj , (si ou eïsi), devant lesquels on 
supprime ordinairement les terminaisons y et ky , et même 
outre ce dernier la voyelle qui le précède. La consonne 
devenue finale devant le flj , et quelquefois même la vo- 



SlîR LE LANGAGE. 91 

yelle radicale peuvent être sujettes à quelques change- 
mens, comme mlatly Jeune, mladflj plus jeune , njzky 
Bas, nizflj Plus bas, hlubok^ Profond, hlublTi Plus pro- 
fond , cern^ Xoir , ceniëg^fTj Plus noir , slab^ Faible , 
slabllQ ou slabëg-ITj Plus faible, husty Epais, IiustlTj ou 
hustëgllj Plus e'pais. Quelques comparatifs sont irregu- 
liers, comme zly Mauvais, horfpj Plus mauvais, maly 
Petit, menflj Plus petit, Meliky Grand, wëtfïj Plus g^rand. 
Pour le superlatif on met uej devant le comparatif, connne 
neymenflj Le plus petit. 

Ce serait tomber dans l'absurde que de vouloir conti- 
nuer ainsi à comparer ici les formes grammaticales des 
différens idiomes slavons; les exemples précedens prouve- 
ront suffisamment, qu'une différence d'une demi-douzaine 
de siècles dans l'ancienneté de l'écriture n'a eu aucune in- 
fluence sur ces idiomes , puisque la plupart des autres 
langues écrites montrent dans un pareil espace de temps 
des altérations au moins aussi fortes que le sont les diffé- 
rences entre les idiomes slavons. Je me permettrai donc 
seulement encore quelques observations sur ces idiomes 
et le sanskrit comparés ensemble. 

La déclinaison suivante est celle des pronoms des deux 
premières personnes du sanskrit, de l'ancien slavon et du 
slovénien, d'après l'ordre de la déclinaison sanskrite. 

SANSKRIT. ANCIEN SLAVON. SLOVÉNIEN. 

Singulier. 

l.Xom. aham Je, moi. az. jeft,(jes). 

2. Ace. màm . ma. ma. mène, (mé), me. 



92 DE l'influence de l'écriture 

3. Iiistr. majâ. mnou mené , ( menôj , 

mâno). 
4.Dat. mahjam, me. mne,mi. mèhi, mi. 

5.Abl. mat. 

6. Gén. marna, me. mené. mène, me. 

T.Loc. maji. mne. mèni. 

Duel. 

1. Nom. âvâm. va masc. \efem. ma masc. mefem. 

2. Ace. âvâm, nau, \amasc.\efém. nâj , (nâji, nâju). 

3. Instr. âvâîjjâm. nama. nâma. 
4.Dat. âvâîyjâm, nau. nama. nâma. 
5, Abl. âvâbjâm. 

6. Gén. âvajôh , nau. nau. nâj, (nâji, nâju). 

l.Loc. âvajôh. nau. nâma. 

Pluriel. 



l.Nom. vajam. 


mj. 


mi musc. 


méfem. 


2. Ace. asmân, nah. 


ny- 


nàf. 




3. Instr. asmâbih. 


nami. 


nâmi. 




4, Dat. asmaLjam , nah. 


nam. 


nàm. 




5. Abl. asmat. 








6. Gén. asmâkam , nah. 


nas. 


nàf. 




T.Loc. asmâsu. 


nas. 


nàf. 





Singulier. 



1. Nom. tvam Tu , toi. ty. 


ti'. 


2. Ace. tvâm, tvâ. ta. 


tebe, (té), te. 


3. Instr. tvajà tobou. 


tebô, (tebôj , tâbo). 



SUR LE LANGAGE. 



93 



4.Dat. 


tuhjam , 


iè 


tebe , ti. 


tebi, ti. 


5.Abl. 


tvat. 








6.Gén. 


tava , té. 




tebe. 


tebe, te. 


7. Loc. 


tvaji. 




tebe. 


tebi. 



Duel. 

1. Nom. jiivâm. 

2. Ace. jiivàm, vàm. 
S.Instr.juvàbjàm. vama. 
4.Dat. juvàbjàm , vâm. vama. 

5. Abl. juvàbjàm. 

6. Gën. juvajôh , vàm. vau. 

7. Loc. juvajôh. vau. 

Pluriel. 



va maso. \éfcm. 
vâj , (vàji , vâju). 
vâma. 
vâma. 

vâj , (vâji , vàju). 
vâma. 



1. Xom. jùjam. 


vy- 


VI masc. 


\é fe'm 


2. Ace. jusmàii, vah. 


>y 


vàf. 




3. Instr. jusmàbih. 


vami. 


vâmî. 




4.Dat. jusmabjam, vah. 


. vam. 


vàm. 




5. Abl. jusmat. 








6. Gen. jusmàkam, vah. 


vas. 


vàf. 




î. Loc. jusmàsu. 


vas. 


vàf. 





Ces déclinaisons , toutes différentes qu'elles doivent pa- 
raître, offrent cependant des ressemblances assez remar- 
quables. Elles empruntent leurs cas à différeus thèmes , 
qui changent en général aux mêmes cas pour le sanskrit 
et les idiomes slavons. Le sanskrit a deux formes aux ac- 
cusatifs, datifs et génitifs, la seconde est emplovée gé- 



94 DE l'infliteivce de l'Écriture 

néralement clans les propositions subordonnées. Ce sont 
les mêmes cas où le slovénien a aussi au singulier deux 
formes , dont la première n'est emploje'e que pour énoncer 
le pronom avec plus d'emphase. L'ancien slavon seul a 
conservé dans son duel va Nous deux , quelques traces de 
l'âvâm sanskrit, forme qui partout ailleurs a été perdue. 
Les nah et vah sanskrits sont absolument les mêmes que 
les nas et vas slavons, le h final n'étant qu'une altération 
euphonique du s final. 

Nous avons vu ci-dessus que pour les deg-rés de com- 
paraison les idiomes slavons ne font pas usage d'une forme 
qui réponde au tara sanskrit et au Têçoç grec. Mais dans 
quelques pronoms dérivés ils ont cette forme de la même 
manière que ces deux langues. Le sanskrit a des pronoms 
dérivés comme katara et j'atara Qui, lequel, (de deux), 
qui répondent à peu près aux grecs TroTêçoç ou zon^oç et 
«Têçoç. L'ancien slavon a le pronom jeter , jetera , jetero , 
masc. fém. neutre , Quelqu'un ; et ainsi que le russe il a le 
pronom relatif kotor jï masc. kotoraa fém. kotoroe neutre 
Qui, lequel, katéri, katéra, katéro du slovénien. 

La seconde conjugaison sanskrite doit être regardée 
comme celle qui a conservé les formes les plus anciennes ; 
elles joint les inflexions les plus simples immédiatement 
à la racine des verbes, et ces inflexions paraissent être 
d'anciens pronoms , de sorte que le verbe substantif , par 
exemple , exprime au présent les combinaisons simples de 
Etre-moi , Etre-toi , Etre-lui etc. Dans les inflexions de la 
première personne du singulier et du pluriel on voit le m 
représentant du pronom de cette personne, au duel pré- 
sent le vah, qui est le va des autres temps; le s de la se- 



SUR LE LANGAGE. 



95 



conde personne du singulier ne se voit plus parmi les 
pronoms que dans le (Tv grec, remplacé partout ailleurs 
par t , qu'on trouve à la seconde personne du duel et du 
pluriel, ainsi qu'à la troisième personne des trois nombres. 
Mais observons que pour le présent du verbe substantif 
aucune langue ne parait s'approcher autant du sanskrit 
que l'ancien slavon , quoique le premier ait perdu au duel 
et au pluriel la lettre initiale. Le tableau suivant contient 
les inflexions sanskrites du présent et la conjugaison de ce 
temps du verbe substantif en sanskrit , ancien slavon , slo- 
vénien , servien , polonais et bohème. Le russe est le même 
pour le singulier et le pluriel que l'ancien slavon , mais 
le duel lui manque comme au servien, au polonais et au 
bohème , parce qu'il a été perdu dans ces idiomes. 



INFLEXIONS ^"ERBE SANS- 




SLO- 


SANSKRITES. 


KRIT AS. 


ANCIEN SLAVON. 


VÉNIEN. 


Sing. 1. mi. 


asmi. 


jesm. 




sim. 


2. si. 


asi. 


jesi 




si. 


3. ti. 


asti. 


jest. 




3^' 


Duel, 1. vah. 


svah. 


jesva, masc.'jesYe^fe'm. 


sva. 


2. Cah. 


sfah. 


jesta , 


jeste , 


sta. 


3. tah. 


stah. 


jesta. 


jeste, — 


sta. 


Plur. 1. mah. 


smah 


jesmy. 




smo. 


2. fa." 


sfa. 


jeste. 




ste. 


3. anti. 


santi. 


sut. 




so. 


SERVIES 


r. 


POLONAIS. 


BOHÊME. 


Sing. 1. jesam , 


sam. 


jestem. 


gsem 




2. jesi , si. 




jestes. 


gsi. 




3. jest , je. 




jest. 


gest , 


ge. 



96 DE l'influence de l'écriture 



r. 1. jesmo , smo. 


jestesmy. 


gsme. 


2. jeste , ste. 


jestescie. 


gste. 


3. jesu , su. 


s%- 


gsau. 



Le sanskrit a conservé au présent de tous les verbes 
actifs l'inflexion mi pour la première personne du singu- 
lier , que par une analogie assez singulière la plupart des 
langues parentes ont remplacée par o et u. Les langues 
slavones diffèrent sous ce rapport les unes des autres. 
L'ancien slavon et le russe terminent la première personne 
du présent en u et u, il n'y a que très-peu de verbes 
irréguliers qui la terminent en m. Le slovénien et le ser- 
vien y ont partout les finales am, em et im, le polonais 
am et ç , le bohème u , i , îm et âm , excepté dans le verbe 
substantif. Malgré cette différence de la première per- 
sonne du singulier , les autres inflexions suivent toutes la 
même analogie. 

Une distinction essentielle qui se fait surtout remar- 
quer dans les langues slavones , est celle entre une action 
entièrement accomplie , et une qui au temps dont on parle 
peut durer encore ou se répéter plusieurs fois. D'autres 
langues qui marquent cette différence entre des temps dé- 
finis et indéfinis ne l'étendent ordinairement qu'à un seul 
temps , comme au présent ou au passé. Dans les idiomes 
slavons les racines à conjuguer sont tantôt conservées sous 
leur forme primitive et simple , tantôt pour marquer les 
différentes nuances de signification elles ont reçu quelque 
altération , soit par une amplification de la forme primi- 
tive ou l'accession d'une syllabe , soit par l'admission d'une 
préposition inséparable. Les verbes ainsi formés expriment 



SUR LE LANGAGE. 97 

OU une action indéfinie qui, pour le temps dont on parle, 
a quelque dure'e plus ou moins limitée, une action vag^ue 
sous ce rapport comme l'est généralement dans les autres 
langues l'expression d'une action énoncée simplement; ou 
elles expriment une action momentanée qui s'accomplit 
sans durée ni répétition , qui n'arrive qu'untj^l^le fois ou 
d'un seul effort; ou une action qui au temps dont on parle 
est entièrement accomplie; ou enfin une action itérative. 

Selon leur signification primitive les verbes prennent 
une ou plusieurs des formes qui expriment ces nuances, 
et quoique en général le verbe slavon n'ait que trois temps , 
le présent, le prétérit et le futur, on exprime pourtant 
tous les temps d'autres langues en se servant de telle ou 
telle forme du verbe. Le verbe d'action indéfinie fournit 
ainsi un présent indéfini , l'imparfait et le futur simple ; 
le verbe d'action momentanée le prétérit défini et le futur 
défini ; le verbe d'action accomplie le prétérit parfait et 
le futur passé ; le verbe d'action itérative le plus-que- 
parfait etc. Mais ce ne sont pas absolument les mêmes 
temps que ceux indiqués ici par ces noms étrangers, ce 
sont d'autres nuances très-difficiles à bien saisir pour un 
étranger , et que l'usage seul apprend à employer conve- 
nablement. Aussi quoique en général les diflférens idiomes 
slavons , soient partis du même principe , ils varient pour- 
tant beaucoup pour les nuances de signification et de forme 
dans leurs verbes particuliers. Tous ils se servent du verbe 
substantif pour la formation de plusieurs temps, n'expriment 
le subjonctif et le conditionnel qu'à l'aide de conjonctions; 
mais ils ont l'impératif et l'infinitif pour les différentes 

7 



98 

formes de verbes et sont riches en participes et gérondifs 
pour tous les temps. 

Ainsi tandis que les désinences des conjugaisons sla- 
vones présentent encore des traces non équivoques de leur 
ancieûne parenté avec le sanskrit, les temps et les modes 
s'en éloîgneiit beaucoup , soit que toutes ces langues aient 
suivi en cela aatrefois des lois communes et que par suite 
de leur séparation les idiomes slavons aient changé le 
système conservé par le sanskrit , soit que des deux côtés 
on se soit éloigné de ce qui primitivement était commun 
à tous. 

Mais terminons ces détails longs et fastidieux , dont le 
seul but a été de montrer, comment des langues dépour- 
vues d'une écriture pendant une longue série de siècles 
ont su conserver des formes , que d'autres langues ont perdu 
sous des circonstances , qui certes , n'étaient pas moins fa- 
vorables à les conserver. Il ny a aucun doute que le 
sanskrit n'ait été formé long-temps avant d'être écrit ; la 
tradition générale et qui n'est contestée nulle part , assigne 
aux vèdas une origine antérieure de beaucoup à l'époque 
de celui ou de ceux qui les premiers doivent les avoir 
rassemblés et mis par écrit. Mais cette époque , quelle 
qu'en soit la date , n'est probablement pas très-éloignée 
de celle , à laquelle les Hindous auront reçu l'écriture al- 
phabétique et l'auront adaptée à leur usage particulier; 
elle est néanmoins sans aucun doute postérieure d'un assez 
long espace de temps à cet âge, qui vit se consommer la 
séparation entre les tribus qui devaient peupler la Grèce 
et l'Italie, les plaines des Slavons et les forêts germa- 



niques. Si donc on suppose, a que dans l'absence de toute 
écriture, les formes grammaticales dont l'usage est de 
réunir dans un seul mot à une idée principale les idées 
accessoires de temps, de mode, de genre, de nombre, de 
personne, et de diverses natures de rapports, se multi- 
plient avec une extrême facilité ; d'où il résulte un système 
grammatical très-compliqué, et sujet à éprouver en peu 
de temps de grands et nombreux changemens , " cette sup- 
position , en ce qui regarde de grands et nombreux chan- 
gemens, ne paraît pas se confirmer par l'état des idiomes 
slavons et sanskrit , ni par celui des autres langues en affi- 
nité avec eux. Les changemens ne se firent que lentement 
et pas-à-pas , et les recherches faites dans les temps mo- 
dernes prouvent de plus en plus la foule de ressemblances 
conservées long- temps encore après leur séparation , et 
qui n'ont été abandonnées qu'après un long espace de temps. 
Je concède volontiers que dans l'absence de l'écriture 
lors de la première formation des langues les formes gram- 
maticales aient pu se multiplier avec une extrême facilité, 
et que même elles l'aient fait chez plusieurs peuples; mais 
je n'établirais pas comme règle formelle cette multiplica- 
tion de formes , et je ne la croirais jamais arrêtée par au- 
cune écriture. Car, il me semble, que bien long-temps 
avant d'arriver à cet état de culture , qui rend possible 
l'emploi d'une écriture quelconque , toute langue avait dû 
avoir pris déjà une consistance telle, que les faibles com- 
mencemens d'une écriture n'auraient plus été en état d'ar- 
rêter ou d'altérer d'une manière si faible qu'elle fût, la 
marche qu'elle avait prise. Et les commencemens d'une 
écriture quelconque me paraissent bien faibles aux temps 

T. 



100 

de sa première invention ; ties siècles (levaient se passer 
jusqu'à ce qu'on parvint à en faire un emploi facile, à 
découvrir ou à se procurer à bon marclié les matériaux 
propres à l'écriture. Car on n'avance que lentement à l'é- 
poque d'une civilisation naissante , et des peuples déjà bien 
cultivés , tels que les Grecs , eurent long-temps encore à 
lutter pour les progrès de la littérature contre le prix 
excessif des livres , prix que nous avons vu se renouveler 
au moyen âge. L'usage de l'écriture a donc été pendant 
quelque temps limité soit à des monumens ou des travaux 
publics, soit à l'emploi qu'en pouvaient faire quelques 
lettrés ou prêtres ; et cet usage devait encore être restreint 
sous le rapport des moyens qu'il pouvait offrir à l'expres- 
sion de la pensée. C'est une chose bien différente lors- 
qu'un peuple reçoit d'un autre plus civilisé une écriture dé- 
jà formée qu'il n'a qu'a s'appropier; et on a vu des peuples 
«lépourvus auparavant de toutes les connaissances qui se 
lient aux lettres , faire de rapides progrès après avoir reçu 
celles-ci. 

L'absence ou l'usage de l'un ou de l'autre genre d'écri- 
ture ne me paraît donc être d'aucun poids pour éclaircir 
la question relative à la simplicité ou multiplicité des 
formes grammaticales que peuvent présenter différentes 
langues; et il sera impossible, si je ne me trompe, d'in- 
diquer les causes de la marche différente des peuples pri- 
mitifs dans la formation de leurs langues. Quoique souvent 
nous soyons en état de rapporter l'origine du caractère 
particulier d'un peuple à des causes connues ou assez pro- 
bables , maintes fois tous les fils nous échappent pour 
arriver aux premières causes, surtout quand il s'agit des 



SUR LE LANGAGE. 101 

peuples priinilifs. Et je ne vois pas de «lifference entre le 
génie particulier des langues, dont les unes peuvent avoir 
reçu dès leur commencement un caractère de stabilité , ou 
une pauvreté <le formes, opposés entièrement à l'essor libre 
que les autres auront pris ; je ne vois aucune différence 
entre ce g-énie particulier des langues, et celui des peuples. 
Je n'aurai pas besoin d'observer, que je recoiniais des cas, 
où l'on peut faire remonter l'état d'une langue à des causes 
certaines ou assez probables ; j en ai données ci-dessus 
pour l'anglais. 

J'aurais très-bien pu multiplier les exemples à l'appui 
de mes opinions ; les langues sémitiques s'j offraient entre 
autres avec un long intervalle qui sépare l'adoption de 
l'écriture parmi les peuples de la Syrie etc. de lépoque 
où la plupart des habitans de l'Arabie l'ont reçue , et cela 
avec une ressemblance de langue très-marquée; levalaque, 
qui pendant presque dix siècles avait perdu l'usage de 
l'écriture présenterait également des points de comparai- 
sou assez intéressans ; mais je ne vois pas trop à quoi 
pourrait servir, d'accumuler de telles observations. 

Je crois que l'écriture n'exerce d'influence sur une langue 
qu'en ce qu'elle sert à répandre une littérature, qui n'ap- 
partienne pas à quebpies érudits seulement , mais à la 
grande masse de la nation. Si cette littérature est fondée 
sur des livres saints ou classiques, qui sont étudiés géné- 
ralement, dont les différeus passages sont appris par coeur , 
cités à cliarjue occasion, alors une telle littérature, quel- 
que limitée quelle soit , peut exercer une puissante in- 
fluence sur une langue. Ce sera le cas pour les livres clas- 
siques des Chinois , le coran et les traductions des saintes 



102 DE l'influenck de l'Écuituke 

écritures clans plusieurs langues , dont l'influence ne peut 
pas être méconnue. Plusieurs de ces traductions ont fait 
conserver par les protestans des expressions qui sans elles 
seraient perdues depuis long'-tenrps. Une semblable in- 
fluence est exerce'e par les lois publie'es dans l'idiome vul- 
gaire, etc. mais c'est toujours une influence de la littéra- 
ture plutôt qu'une influence de l'e'criture. Cette littérature 
agira plus efficacement suivant qu'elle sera plus étendue 
et plus généralement répandue; la lecture constante don- 
nera à toutes les formes et aux significations des mots une 
fixité , qu'elles n'auraient pas sans cela. Mais alors une 
écriture alphabétique doit sans doute fixer d'une manière 
plus sûre ce qui tient aux sons de la langue et à la langue 
parlée que ne le peut faire une écriture idéographique. 
Toute langue étant sujette à des changemens continuels 
dans la prononciation , ceux-ci auront lieu sans même être 
indiqués pour une grande partie des mots par l'écriture 
idéographique ; et sous ce rapport cette dernière sera le 
moins en état d'imprimer à une langue un caractère de 
fixité. Quant aux formes générales, aux expressions, aux 
idiotismes, l'écriture idéographique sera tout aussi bien 
forcée de suivre peu à peu les changemens qui s'opéreront 
dans la langue , que l'écriture alphabétique. Mais les deux 
genres d'écriture perdront leur influence , quand la litté- 
rature aura cessé de l'exercer. L'écriture n'a pu conserver 
ni le sanskrit , ni le grec , ni le latin , tous ils ont dû faire 
place aux idiomes modernes , parce que la littérature an- 
cienne avait cessé pendant quelque temps son influence 
dans les pays où jadis régnèrent ces langues , et que dans 



SUR LE LANGAGE. 103 

le sanskrit cette litte'rature a été restreinte plus tard à une 
partie trop limite'e de la population. 

Mais je concède aussi une influence très-marquée à une 
littérature non-écrite. C'est ainsi que des poè'nies comme 
ceux d'Homère ou d'Ossian, récités ou chantés à toute 
occasion, pouvaient agir puissamment sur la langue parlée, 
et que nous voyons de nos jours encore, comment de tels 
poëmes peuvent se conserver dans la tradition et entrer 
dans toute la vie d'un peuple , pour m'exprimer ainsi. 
Qu'on compare à ce sujet le Discours préliminaire de 
M. Fauriel à ses « Chants populaires de la Grèce mo- 
derne, " dont je me permettrai de répéter ici ce qui se 
trouve à la page CXXIX au sujet de la fixité de certaines 
expressions ou locutions. « Un des caractères " y est-il 
dit , (( des poésies composées pour le peuple et par des 
hommes qui lui appartiennent, c'est que les traits les plus 
saillants et les plus originaux , ceux qui ont frappé le plus 
dans leur nouveauté, deviennent aisément des généralités 
poétiques , dont chacun s'empare ensuite , pour les em- 
ployer , à son gré , partout où elles peuvent s'adapter ; de 
façon qu'elles se trouvent , au bout d'un certain temps , 
répétées dans une foule d'ouvrages , pour chacun desquels 
il semble qu'elles aient pu également être inventées , sans 
que l'on puisse dire quel est celui pour lequel elles l'ont 
été en effet. Elles se transmettent ainsi d'âge en âge, sans 
s'user, et jouissent d'une sorte d'immortalité, dans des 
compositions toutes destinées à un oubli plus ou moins 
prochain. Il y a , dans les chants du peuple grec , un grand 
nombre de ces généralités ou lieux communs de poésie , 
les uns narratifs, les autres descriptifs, et tous remar- 



104 DE l'influence de L'ÉcniTlIRE SUR LE LANGAGE. 

quables par la justesse, la précision ou la force. Ce qu'il 
importe le plus d'y observer , c'est que la plupart sont in- 
dubitablement plus anciens que toutes les pièces où ils se 
trouvent aujourd'hui. J'en ai remarqué plusieurs dans des 
ouvrages en grec vulgaire écrits pour le peuple , ou dans 
le goût de ceux du peuple , et de plusieurs siècles anté- 
rieurs aux chansons de ce recueil. On en trouverait très- 
probablement d'autres dans des ouvrages encore plus an- 
ciens ; de sorte qu'ils sont , dans la poésie des Grecs mo- 
dernes , une marque non-seulement de popularité , mais 
d'ancienneté. '' 

De même que les Grecs modernes ont cette foule de 
chansons non-écrites , de même nous en voyons une grande 
quantité parmi des peuples slavons. M. Vuk Stephano- 
vitch adonné plusieurs collections de poëmes serviens, 
qu'il a recueillis le premier de la bouche de ceux qui les 
chantaient; on y voit un poëme épique de plus de douze 
cents vers, qui, fait il y a plusieurs siècles , est chanté 
partout. L'influence de ces poèmes slavons sur le peuple 
est exactement la même que celle attribuée ci-dessus à la 
poésie des Grecs; mais comme elle sort de notre sujet, je 
ne m'en occuperai pas d'avantage , et je conclus ce mé- 
moire en passant à des appendices , où j'ai réjeté les abrégés 
de grammaire barmane et malaie, qui à cause de leur éten- 
due auraient trop arrêté par leur insertion dans le mé- 
moire même la marche d'une discussion déjà assez aride. 



105 



PREMIER APPENDICE. 

GRAMMAIRE BARMANE. 



DE L ALPHABET. 

1. Le barman, ou d'après l'orthog^raphe primitive le 
inranmà, nom que les indigènes adoucissent en mjanmà , 
et qu'ils prononcent ordinairement IVjammâ , dérive son 
alphabet de celui du pâli (pâli) dont il conserve toutes 
les lettres. Il en conserve ég;alement les principes fonda- 
mentaux de l'orthog^raphe , c'est à dire la voyelle inhé- 
rente et les consonnes composées, mais il apporte aussi 
à ce système d'écriture quelques modifications particu- 
lières , demandées par la nature d'une langue originaire- 
ment si différente de celle d'un idiome en étroite affinité 
avec le sanskrit. A ces premières modifications d'un système 
étranger le temps en a ajouté encore d'autres provenus des 
changemens que la langue parlée a du subir; des sons 
ont été adoucis , des lettres, conservées dans l'orthographe 
ont été supprimées dans la prononciation , enfin des mots 
adoptés du pâli ont été assujettis à l'analogie de ceux du 
barman. 11 en est résulté un système d'écriture souvent 
assez singulier par la différence f(ui se trou>e entre 1 or- 
thographe et la prononciation, ce qui fait naître bien de 



106 GIVAMMAIUK BAUMANE. 

difficultés à une transcription exacte ; il s y joint un autre 
embarras encore , celui de déterminer la vraie prononcia- 
tion. Car non seulement il y a un choix à faire entre les 
différens dialectes, dont quelques auteurs comptent jus- 
qu'à dix-huit dans Tempire des Barmans; mais il est aussi 
fort difficile de bien saisir des sons étrangers articule'» 
d'une manière très-peu distincte et dont avec nos lettres 
nous ne pouvons repre'senter la prononciation usuelle que 
d'une manière quelquefois bien éloig-née et assez souvent 
très-vag;ue; il est ég-alement difficile de soumettre à des 
régules générales des sons variables et peu précis. Les Bar- 
mans de distinction ont l'usage en parlant en société d'avoir 
la bouche entièrement remplie d'un mélange de bétel, de 
tabac , de chaux vive et d'épices , qui les empêche de bien 
articuler chaque mot. Cette habitude a sans doute contri- 
bué puissamment à rendre leur prononciation peu distincte; 
elle a tellement établi ce vague d'articulation , que , quand 
même un Barman parle sans cet empêchement factice , 
sa prononciation n'en devient néanmoins pas plus claire. 
Ainsi pour en donner des exemples, les Barmans, selon 
Symes , articulent le nom de Gautama d'une façon qui ne 
permet guère de distinguer par quelle lettre il commence ; 
et les sous des lettres anglaises tjd,th,seiz y sont 
presque entièrement confondus. 

Fr. Buchanan fait au cinquième volume des Asialic 
Researches (p. 224 de l'édition in 8°) la remarque sui- 
vante : Quoique les dialectes de ces peuples leur paraissent 
réciproquement très-distincts , la différence néanmoins 
consiste principalement dans des variations d'accent si lé- 
gères , qu'un étranger peut à peine les saisir. Comme un 



DR l'alphabet. 107 

Anglais peut d'abord rarement distinguer l'accent d'Aber- 

9 f 

deen de celui des autres comtés d'Ecosse , qui a un Ecos- 
sais paraissent si difFérens, de même je ne pouvais ordi- 
nairement apercevoir aucune différence entre les mots des 
quatre langues , ( le barman , le rakain , le yo et celle de 
Tenasserim) , quoique parmi les Barmans tous les pro- 
vinciaux evcitassent généralement le rire , et souvent pa- 
russent n'être entendus qu'avec difficulté. 

Un moyen commode d'éviter dans la transcription de 
mots barmans tous les inconvéniens qui résultent de cet 
état de choses , serait , de ne reproduire que les lettres de 
l'orthographe originale d'après quelque principe fixe , 
comme cela est si facile et si naturel pour les idiomes de 
l'Inde en deçà du Gange; on lirait alors une telle trans- 
cription de la même manière qu'on lit un texte barman 
avec les substitutions à faire dans la prononciation aux 
lettres écrites. Mais il m'a paru convenable à faire au 
moins un essai , de réunir par l'alphabet harmonique l'or- 
thographe originale avec la prononciation usuelle, quoique 
je sache très-bien , que je n'aie réussi que d'une manière 
très-imparfaite par un procédé mixte, qui tantôt paraît 
suffire entièrement à rendre également l'orthographe ori- 
ginale et la prononciation , mais qui dans d'autres circon- 
stances doit sacrifier celle-ci pour conserver la première. 
Toutefois il faut observer encore que même une repro- 
duction entière de l'orthographe barmane présente des dif- 
ficultés particulières occasionées par son manque absolu 
de fixité. Les Barmans se servent indiff"éremment des lettres 
de même son les unes pour les autres; ils confondent de 
la sorte les j et r, nr et n , b et p, les finales k et t, 



108 GRAMMAIRE BARMANE. 

t et p , n , n et m, œ et aej , ô et ôw etc. sont très-inexacts 
dans la distinction des voyelles brèves et lon^i^ues, et em- 
ploient ou omettent presque arbitrairement les deux accens 
destines à rendre brève une syllabe ou à l'allonger. Une 
transcription faite d'une manière aussi vague nous pré- 
senterait à nous, qui sommes accoutumés à plus d'unifor- 
mité, une bigarrure peu supportable; il faut par consé- 
quent corriger l'orthographe barmane, autant qu'il sera 
possible, d'après les moyens que nous peuvent offrir les 
travaux des Barmans. Ceux-ci se sont bornés sous ce rap- 
port à la confection de listes de racines où ils établissent 
la vraie orthographe ; c'est donc pour tous les mots qui 
s'y trouvent écrits d'une manière uniforme, celle qu'on 
doit préférer; mais plusieurs de ces racines y varient pour 
l'orthographe , et il reste beaucoup d'autres mots où l'on 
est hors d'état de déterminer l'orthographe à suivre ; il y 
en a même où des doutes pourront s'élever si deux mots 
différemment écrits ne sont pas le même. 

Depuis le temps que j'ai écrit cela, où je n'avais d'autres 
livres sur le barman que la Grammaire de Carey et l'Al- 
phabet de la Propagande, j'ai reçu deux dictionnaires i\u 
barman,*) qui m'ont mis en état, de corriger beaucoup 



*) An English and Barman Vocabulary , prcredod l)y a concise 
Graniniar, in Avhich tlie Buruian Définitions and Words are acconi- 
panied witli a Pronunciation in tlic Englisli Cfiaracter; desip^ncd 
to cxtend tlie (-«Ihuiiiial Use of the liurnian Laiif^iiag-e. By G. II 
llougli , of Kangoon. Seranipore , 1825, un \o\. in 8" olilon»;. 

A Dietioiiary of tlie Bnrnian Lanf^iiag*! witli l<i'\|ilaiiations iii 
En<>iiNli. (Joitipiled (Voni tlie l\Iaiiiiscr!|)tK of A. Jud>>on , I). I). 
and of otIi< r Missionaries in Burniah. Calcutta , printed at the 
Haptist Mission Press, 182(», 8°. 



DE i/alphabet. 109 

(le fautes (rortho^taphe ou lYen marquer les différences. 
Maigre les soins apportes dans ces ouvrages à rendre Tor- 
thog;raphe aussi exacte que possible, ils présentent néan- 
moins encore beaucoup de différences, et Ton y avoue 
l'impossibilité de les fiiire disparaître entièrement. 

2. L'alphabet barman a quarante-quatre lettres, nom- 
mées :^à-lonh, de zà Écriture et lonh Rond, ou avec des 
termes palis kàra et akkara, en sanskrit aksara; douze en 
sont voyelles, sara, en sanskrit svara, et trente-<leux con- 
sonnes, bjî ou bjîh, en sanskrit vjangana. 

7 oy elles. 



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110 GRAMMAIUK BARMANK. 



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h, 


ï, 


an. 





La terminologie grammaticale du pâli ou mâgadî (de 
la langue de Magada), de'rivée de celle du sanskrit, se 
trouve confondue avec des termes barmans , parce que les 
Barmans n'ont pas de grammaire proprement dite pour 
leur langue , mais seulement des règles pour traduire du 
pâli en barman et des grammaires pâlies. En épelant leur 
alphabet ils prononcent les consonnes comme les peuples 
de l'Inde en leur joignant la voyelle inhérente , l'a , ka , 
ka , ga etc. et ne font alors presque aucune distinction 
entre les aspirées et les non-aspirées. Mais ils ont aussi 
des noms particuliers pour les consonnes et les signes re- 
présentatifs des voyelles (Voyez 18), tirés pour la plu- 
part de leur forme, et ils nomment leur alphabet d'après 
les deux premières consonnes ka-ki^îh "ka-îcûê. 

3. Les grammairiens du pâli comme ceux du sanskrit 
comprennent les vingt-cinq premières consonnes sous le 
nom des cinq classes, pancawaggà (du sanskrit varga 
Classe et panca Cinq); ils les distinguent par les lettres 
qui commencent ces cinq séries en kawagga, la classe qui 
comprend les lettres k, ït, g, g, n, cavvagga, classe des 
lettres c, c, g, g, û, tawagga, celle des t, Ç, d, d, n, 
tawagga, celle des t, î, d , d, n, et enfin pawagga , celle 



I»K i/aLPHABKT. 111 

(les p, fi, b, b, m. Une consonne des (len\ dernières séries 
se nom)iie awag-g-a , qui n'appartient à aucune classe , en 
sanskrit avargîja. 

Les cinq premières lettres des cinq classes k , c , t , t , 
p , sont tenues , et les cinq troisièmes lettres g- , g , d , d , 
b , moyennes , pour me servir ici de la terminologie des 
grammairiens grecs ; les premières sont douces selon Jud- 
son , les dernières dures. Les cinq deuxièmes lettres îî , c , 
Ç, ï, f), sont les aspire'es des tenues; les cinq quatrièmes 
lettres g , g , d , d , b , quoique proprement les aspirées 
des moyennes , ne diffèrent cependant pas dans la pronon- 
ciation barmane des troisièmes lettres g-, g, d, d et b. 
Mais les secondes lettres k, c, Ç, C et ^ s'aspirent, et 
Judson les rend par hk ou k aspiré , ht s ou ts aspiré , 
lit ou t aspiré, et hp ou p aspiré. Hough écrit 

kh, gh, tsh, dzh, ht, dh, ht, dh, hp, bh, 
pour k , § , c ou f , g ou 2 , f , d , f , d , ^ , b. 

Les cinq dernières lettres , les n , n , n , n et m , sont 
les nasales de leurs classes respectives, auxquelles il faut 
joindre le n. Une lettre nasale se nomme nhàladanika 
akkara , en sanskrit sànunàsika ou anunâsika. 

4. D'après l'organe qui sert à les articuler , les lettres 
sont ou gutturales kanÇagà, du sanskrit j^kaiiÇja ; ou pala- 
tales tâlugà , du sanskrit tàlavja ; ou cérébrales muddagà , 
du sanskrit mûrddanja ; ou dentales dantagà , du sanskrit 
dantja ; ou labiales autÇagà , du sanskrit ôsfja. Cette divi- 
sion comprend et les consonnes et les voyelles de la ma- 
nière suivante : 



112 GHAMMAIRR BAUl^lAlVK. 

Gutturales : k , k , g; , g , n , h , a , à. 

Palatales: c, c, g, |, n, j , i , î. 

Cérébrales : t , î, d , d , n , r , ï. 

Dentales : t , ï , d , d , n , I , s. 

Labiales : p , p , b , b , m , ii , û. 

Gutturales et palatales : ê , œ. 

Gutturales et labiales : au , au. 

Dentale et labiale : w. 
Dans les termes palis précédens là final indique le plu- 
riel ; la forme indéterminée finit par a. 

Le Prospectus d'un alphabet harmonique mis à la fin 
de ce livre explique en général la signification des lettres 
romaines destinées à exprimer celles des langues de l'Asie; 
j'y renvois donc pour tout ce qui regarde ces caractères 
en général , ne parlant ici que de ce qui est particulier au 
barman , idiome très-riche en difficultés orthographiques. 

5. Les consonnes gutturales se nomment le OO k ka- 
krih Grand k; le S) R îi:a-5:ûè ïc spiral; le O g ga-naBj 
Petit g ; le W g ga-krîh Grand f ; et le C n na. L'Al- 
phabet de la Propagande compare le n à l'y des Hébreux, 
et on y dit à la page 17 , que les Juifs de la synagogue de 
Rome prononçaient ce dernier exactement comme le n 
barman. Le n final d'une syllabe se place souvent sous une 
tormeraccourcie ^vec le sat (Voyez 13) au-dessus de la 
consonne qu'il précède dans la prononciation, comme 

OOœo maengalà Bien-être, bonheur, mot pâli et sanskrit, 

CO^CûO tamenlâ Lundi. (Voyez pour les a , œ et à , 13 et 18). 

6. Des consonnes qui répondent aux palatales sans- 
krites les quatre premières ont et les sons de palatales et 



DE l'alphabet. 113 

les sons de sifflantes. Carey ne les prononce qu'en pala- 
tales, ce seront alors nos c, c, g et ^; mais Symes les 
exprime par za , 'za , sa , sa ; Judson dans le Dictionnvy 
of the Burmun Language par ts , hts ou ts aspiré, dz 
et dz; Hoiigh dans le 1 ocuhuliwy par ts , ish , dz et 
dzh; et l'Alphabet de la Propagande par z dura, s'iciiti 
in zappa ah Italis pronunciatur ; zli dura et aspirata 
quasi tzh ; z lenis , ut in Azaria , et in zio Itali soient 
pronunciare ; et zh lenis, ut superior , quamvis aspi- 
rata ; nuUius ferme usus. Les mots barmans transcrits 
dans les diffe'rens ouvrages anglais pre'sentent tantôt le 
son palatal et tantôt le son sifflant , et le même mot se 
trouve assez souvent prononcé des deux manières , comme 
la ville de Chagaing (dans les ouvrages géographiques 
deHamilton) ou Tsahgaing (Judson Account of the ame- 
rican baptist Mission to the burman empire, p. 225); les 
chefs des Shaans nommés zabuas ou chobwas (Hamilton 
East India Gazetteer II , p. 530 , Snodgrass Narrative of 
the Burmese m ar , p. 231 , Trant Two Years in Ava , 
p. 201); un magistrat nommé chekey (Symes p. 195, Trant 
p. 245), ou chekoy (Cox Journal of a résidence in the 
Burmhan Empire , p. 3) , ou sit-kai (Judson Account p. 3), 
le zït-kiè ou cît-kcè de notre orthographe; un vêtement 
des soldats écrit putchoo (Symes, p. 186), ou pussoh 
(Trant , p. 213) , ou patso (Judson Account , p. 107) , le 
pu-|6 de notre orthographe; le nom de l'éléphant cœn 
ou gcTn dans Chaingeewoon Maître des éléphans (Symes 
p. 309) , et dans Sandaht Village de l'éléphant (Symes 
p. 277) , nom qui presque partout est prononcé avec la 
palatale. 

8 



114 GRAMMAIRE BARMANF.. 

Les sig-nes de sifflantes qui d'après les règles établies 
pour l'alphabet harmonique répondent aux palatales c, 
c, g et g sont 9, 2, z et I; ces deux classes de lettres 
doivent donc exprimer celle des palatales barmanes selon 
les circonstances , si l'on ne veut se servir pour cela des 
unes ou des autres exclusivement. Je me servirai , à l'ex- 
ception de quelques termes palis , généralement des signes 
9 , g , z et |. 

Ces lettres se nomment , le © z , za-lonh za rond ; le 
OO f , |a-leim |a entrelacé ; le Q ^ ou (^ z , za-îîûic za 
fendu; et le 'S^ ou GO f fa-mraBnh-|ûie 2a. chassieux. Le 
n , nommé na , a deux formes ^ et ^ ? dont la pronière 
est plus en usage, quoique regardée proprement comme 
un iin , parce que la seconde prête à des confusions avec 
lu , pour lequel ce caractère est employé fréquemment. 

7. Les cérébrales sont étrangères au barman et s'y pro- 
noncent dans les mots palis comme les dentales. Ce sont 
le P t nommé ta-sa-naen- îcjeit ou ta-san-ljsen-îîjeit ta soc 
de charrue (ou peut-être croc de palanquin) ; le Q ou ^ 
ï îa-MÛmh-pœh Ça canard ; le P d da-raen-kauk da poi- 
trine large (convexe) ; le Z) d da-rê-mhop da coco d'eau , 
c'est à dire écorce de coco qui sert à boire de l'eau ; et 
le (DO n na-krîh Grand n. 

8. Les dentales se nomment le CO t ta-wûmh-pû ta 
ventre élevé; le CO ï ïa-|aen-Cûh ïa. chaîne d'éléphant; 
le 9 d da-ïûêh da entortillé; le O ou d da-auk-îij'aik 
da concave en bas ; et le ^ ou ^ n na-nœj Petit n. 

9. Des labiales le O p se nomme pa-^auk pa préci- 
pice; le (J p pa-op-ïop ou jia-ûh-îop ou pa-ûli-îot pa 



Dr l'alphabet. 115 

bonnet; le O b ba-taBk-îcjaik ba concave en haut; OO le \) 
ba-kom ou ba-konli Ija bossu , et le y m ma. Le j) qui 
selon l'Alphabet de la Propagande se prononce comme 
un p double avec une aspiration gutturale , a selon Carey 
plutôt le son d'un f , son que je ne me souviens pas d'avoir 
rencontre dans aucune transcription. Judson dans le J)ic- 
tionary le rend par lip ou p aspiré. Dans le b l'aspiration 
est très-peu sensible; on le trouve ordinairement rendu 
par b, le b propre O étant très-rarement employé dans 
l'écriture barmane. Souvent le I3 est confondu dans l'or- 
thographe avec le f), et se prononce quelquefois aussi de 
la même manière , comme dans bunh-krîh Prêtre de 
Bouddha , où le b est partout transcrit par ph ou par p , 
phonghi , poonghi ou poonghee. 

10. Les demi-voyelles se nomment le CO j ja-paek-laek 
ja couché sur le dos; le Q r ra-kauk ra recourljé; les 
CO 1 et O w la et wa. 

Le r est une lettre très-difficile à prononcer pour phi- 
sieurs peuples du sud-est de l'Asie , qui aiment à glisser 
dessus ou qui l'adoucissent en j ou lui donnent le son de 
quelque autre lettre. Le pâli supprime le r presque par- 
tout. Les Barmans le confondent ordinairement avec le j, 
et prononcent très-souvent des mots qui commencent par 
un r avec un j initial, mais sans que cette articulation 
appartienne à des mots particuliers; ce n'est qu'un adou- 
cissement assez commun , et les mêmes mots sont pronon- 
cés avec un r ou j initial , comme rè ou je Eau , tandis que 
d'autres paraissent toujours conserver le r, comme le mot 
rahanh L^n prêtre. Hough met généralement un y pour 
le r barman. Précédé d'une autre consonne le r se prononce 

8. 



116 GUAiMMAIUE BAUMANE. 

toujours comme j , et je le rends alors par r. On ne l'en- 
tend que d'une manière très-faible ou point-du-tout, si 
précédé d'une consonne, il est suivi d'un i ou î; ainsi krih 
Grand , mot qui termine beaucoup de noms de dig-nité , 
et dont alors selon la règle 33 le k doit souvent se pro- 
noncer comme g, se trouve transcrit par glii, gliee, gliie, 
gi , gee , gji et gjee , tandis qu'au commencement d'un 
mot ou isolé il l'est par kee etc. Il en est de même pour 
le j entre une consonne et un i ou î. Entre deux voyelles 
le r est souvent supprimé dans la prononciation, comme 
dans le nom de la ci-devant capitale Amarapura , lors- 
qu'il est prononcé Amaapuja. Le raïiain, le dialecte d'Ar- 
racan , qui n'admet pas autant d'adoucissemens que le bar- 
man, conserve toujours le son primitif du r. L'orthographe 
barmane confond continuellement le r et le j précédés 
d'une consonne. 

Le w précédé d'une autre consonne se prononce comme 
u (oM français) et sert alors à former de ces syllabes que 
l'orthographe française pour le chinois rend par ou , 
comme koua, kioua etc. Je l'exprimerai alors par û , écri- 
vant kûa à la place de kwa ou de ce koua chinois. Des 
sons tels que le kioua chinois s'expriment en barman par 
le concours d'un j ou r avec le w ou l'û ; au kioua chinois 
répondent par conséquent le kjfia ou le krûa barmans. Cet 
û approche quelquefois du son d'un o. Comme initiale le 
w barman répond au w anglais; comme finale, où il se 
trouve après l'au et l'ô, il est muet, mais l'orthographe 
barmane omet alors fréquennnent ce w non-entendu , ou 
plutôt celui-ci est mis seulement par redondance à la fin 
d'une syllabe barmane. 



ni: l'alphabet. 117 

11. Les s et s sanskrits ayant été supprimés dans le 
pâli, le barman n'en a pas pu recevoir ces lettres quoi- 
qu'il en ait le son , qu'il exprime comme nos langues occi- 
dentales par des combinaisons d'autres lettres. Mais les 
érudits et les brahmins qui se trouvent dans l'empire bar- 
man ont adopté deux caractères dont ils se servent pour 
le sanskrit s'ils le transcrivent en lettres barmanes; le o 
exprime alors le 5J s et le o le Q s. 

Le OO s qui répond au Çf s sanskrit , a principalement 
le son du tli anglais , comme il est dans le mot thatch , 
son que Carey lui attribue exclusivement à tout autre. 
Judson le dit un th dur ou doux comme dans tJmi , thcin , 
et l'Alphabet de la Propagande un s uhsque sihilo , nti 
apud nos quoque in nonnullis aud'itur vilio lînguae , vel 
educutwnis. Les ouvrages anglais le rendent par s , par 
th , par z et encore par d ; par z ou d principalement au 
milieu d'un mot composé où les tenues dans beaucoup de 
cas sont prononcées comme moyennes. C'est ainsi que le 
mot mrô-sû-kïih Chef d'une ville, d'un village ou d'un 
district , maire , se trouve transcrit musghi , myosugi , 
myothuggi , meuthogee , mewthaghee , mewdaghee et 
mioudogee ; le nom d'un mois tàu-sa-lœnh (Août-Septem- 
bre), touzelien; et qu'on trouve le nom du fleuve qui sé- 
pare les nouvelles provinces britanniques au midi de l'em- 
pire barman de celui-ci , écrit Thalueyn , Saluoen , Sahven 
et San-luen. Il me semble que pour rendre cette lettre on 
pourrait très-bien se servir toujours d'un s ; néanmoins 
comme les signes t et s de l'alphabet harmonique doivent 
exprimer les sons du th anglais , j'ai adopté le s pour 
l'alphabet barman. On ajoute un troisième trait à la fi- 



118 GRAMMAIRE BARMANE. 

gure du s , OOD , nommé sa-krih alors , Grand s ; c'est le 
même qu'un s double , et l'on met indistinctement ou les 
trois traits ou deux s l'un au dessous de l'autre. Il faut 
par conséquent rendre le 000 ou ^ par ss ; mais pour 
l'articulation il ne diffère pas du s simple. 

Les Barmans ne peuvent pas prononcer les lettres r et 
s suivies immédiatement d'une autre consonne ; ces lettres 
sont alors généralement muettes. 

Le CO h nommé ha est le h aspiré français. 

Le P î nommé îa-ki'îh Grand ï, a été adopté du pâli 

qui l'a en commun avec le sanskrit ancien et la plupart 
des idiomes modernes de l'Inde. Les Barmans n'en font 
usage que dans des mots palis, mais ils le prononcent 
comme le 1 simple. 

12. De ces consonnes toutes les moyennes et leurs aspi- 
rées, à l'exception toutefois du b, devraient, à ce qu'il 
paraît, être étrangères à l'orthographe du barman propre, 
et ne se trouver que dans des mots empruntés d'autres 
langues. Mais on fait quelquefois usage des moyennes à 
la place des tenues et leurs aspirées, là où celles-ci se 
prononcent en moyennes , (Voyez 33).- C'est ainsi que l'on 
trouve les noms de lettres donnés ci-dessus za-îtûîè , za- 
mraBnh-2Û8è et da-Cùêh , écrits za-gûœh , fa-mjaen-zûaèh 
et da-dûêh. Les racines barmanes ne commencent que par 
quelques voyelles et par les consonnes k'kn,9gn,tf 
n, p p m, j r 1 w, s et h, à l'exclusion de toutes les mo- 
yennes et leurs aspirées. Le b seul est employé dans quel- 
ques mots du barman propre. 

13. La jonction des lettres est fondée sur le même 
principe que dans les idiomes de ilnde, c'est à dire que 



DE l'alphabet. 119 

chaque consonne qui n'est pas suivie d'une voyelle parti- 
culière, se prononce avec l'a, la voyelle inhérente, qui 
au milieu ou à la fin d'une syllabe n'est jamais e'crite; 
ainsi OO est ka et OOCO kata. S'il faut supprimer la vo- 
yelle inhérente, on met au-dessus de la consonne à pro- 
noncer sans cet a un petit crochet nommé sat ou sat- 
mhjaen, de sat Tuer, couper, tronquer, éteindre, et mhjaen 
Dépouiller, ôter, enlever, sig^ne qui répond de la sorte 
au viràma sanskrit ; ainsi OOCO est kat. Une consonne qui 
a perdu la voyelle inhérente se nomme a-sat. Si deux ou 
plusieurs consonnes doivent se suivre sans qu'il y ait entre 
elles une voyelle , on réunit ces consonnes en un composé , 
soit en les mettant l'une au dessous de l'autre , ou les joig- 
nant ensemble d'une autre manière, soit en distinguant 

par le sat celles qui perdent la voyelle inhérente. On 

r 
écrit donc indifféremment '^^oL «" "^^^^ ^aekku Pa- 
pier. Une lettre ainsi composée se nomme jutta akRara du 
sanskrit jukta aksara ; une lettre finale , soit consonne ou 
voyelle, se nomme kâ-ran, de kàra Lettre, et anta Fin 
en sanskrit et pâli. 

La plupart des lettres composées conservent leur forme 
ordinaire, mais les j, r, w et h joints à une autre consonne 
reçoivent alors des formes particulières que je nommerai 
signes représentatifs de ces lettres. Ces signes sont le ja- 
paen ou ja élevé pour le j , qui sous les formes ^ nj et 
—l] se place à droite de la consonne à laquelle il se joint, 
comme O^l kja; le ra-rlt ra entourant (^ , comme [cr: 
kra ou kra ; le wa-|iiaè \va suspendu ^ , comme ^ kwa 



120 GAMMAIRK BARMA^E. 

OU kûa ; et le ha-ïôh ou Iia-2ùœ ha joint ou ha suspendu 
^ , comme ^ mha. Ce h ne ce joint en barman qu'aux 
nasales n , n , ii , n , m , aux demi- voyelles j , r , 1 , w , et 
aux s et 1, dont cependant les n et ï ne peuvent non plus 
se trouver dans des mots barmans que par une anomalie 
d'orthographe à la place des n et 1. 

14. Le h joint aux nasales leur donne une aspiration 
que d'après l'AIphaljet de la Propag-ande il faut pro- 
noncer par le nez, tandis que l'aspiration dans les Ih et 
vvh se rend par la bouche d'une manière difficile à expli- 
quer. Ce sont des sons à peu près comme fia , fiia , mais 
non pas ces sons eux-mêmes. On trouve dans des mots 
barmans e'crits en lettres romaines les consonnes initiales 
suivies d'un h exprime'es assez souvent d'une manière in- 
verse , comme hm , hl , à la place de mh , lli ; efforts de 
rendre ces sons par nos lettres , qui s'y refusent constam- 
ment. Hough met toujours le h qui suit une nasale devant 
celle-ci , écrivant lima pour mha etc. ce que fait e'gale- 
ment Judson. Carey conserve l'orthographe originale. 
L'aspiration forme'e par la jonction d'tm h aussi bien que 
celle qui est inhérente aux consonnes , est souvent , à ce 
qui paraît, supprimée dans la prononciation barmane. 

Le h joint à quelques autres lettres sert encore à for- 
mer le son du ch français, du s de l'alphabet harmonique, 
son qui en barman est représenté principalement par le 
rh. J'ai rendu ce dernier par le s de l'alphabet bohème 
qui répond à notre s, en le distinguant par un point, s, 
les autres lettres cérébrales, à la classe desquelles appar- 
tient le r, étant marquées du même point. J'écris par con- 
séquent sàh Etre rare, cher, d'un prix élevé, à la place 



DE i/alphabet. 121 

(lu rhàh barman. La combinaison jh a le même son du s , 
mais je n'en ai rencontré aucun exemple ; un s avec deux 
points par analogie du s pourrait en cas de besoin expri- 
mer le jh. On trouve dans très-peu de mots la réunion 
des lettres shj qui ont également le son du s, comme 
shjà La langue , shjàh Etre rare , pas abondant , shju 
Siffler , comme un serpent. Les lettres Ihj ont aussi quel- 
quefois ce son du s, soit exclusivement où je les rends 
par s , soit concurrement avec leur son naturel , comme 
sa La langue (pour Ihjà), sauk ou Ihjauk Parler, pro- 
noncer , traverser. L'orthographe dans quelques-uns de 
ces mots est vague; l'on écrit Ihj.iu (sâu) et rhàu (sâu) 
Laver, Ihjô (so) et rho (sô) Cacher; mais dans la plu- 
part des mots les lettres Ihj paraissent conserver leur son 
naturel. 

15. Les signes représentatifs des j et w , et des r et w 

se combinent ensemble en -^ et p^ pour former le son 

jû ou i'fi, (you en français), comme dans '-^ kj^^ ^^ 

[cTj ki^ûa. Ou nomme ces combinaisons des signes jw et 

rw ja-paBn-wa-5ûie et ra-rït-wa-lfiie. Les signes repré- 
sentatifs des h et j se réunissent de la n]éme manière en 
^ , nommé ha-Côh-ja-paen , comme <<^ mhja ; et les signes 
représentatifs des h et r, et des h et w, en des combinai- 
sons nommées haCôh-rarït et halôh-wa|fiœ ; combinaisons 
dont on trouvera des exemples ci-dessous. Les lettres jj 
(ja suivi du japien), équivalent à un j simple; les lettres 
ni^ à un n. 

16. Les suivantes sont des consonnes composées, dont 
cependant la plupart ne se trouvent que dans des mots 



122 GRAMMAIRE BARMANE. 

palis, où, comme en sanskrit, aucune aspirée ne peut 
être doublée , la première étant changée dans la non-aspi- 
rée qui lui répond. Les nasales ne se combinent avec les 
consonnes des cinq classes que quand elles appartiennent 
toutes les deux à la même classe. 

c8kk«, ^ kka, 8 gga, 5 nha, § ?z«, ^ 9f«, 

^ zz«, ^ zfa, [^ hja, 3 nz«, ^ nna, ^ nhûa, 

£ tta, P tfa, '^ ckl«, ^ n!«, ^ nd«, '^^"^ nnw. 



tta, Çp. tï«, § dda, (^ nta, ^ ndw, ^ uda, 



nn«, 



^ nua, jf nh«, "^ nhu«, ^ PP«5 ^ P^^? o ^^^'5 ex» ^'^^'5 
^ mpa, ^ mba, ^ mm«, Q mhra, ^ sû«, ^ Ha, 



00 lhù«, ^ps sm«. 

Le composé sm se met quelquefois à la place des lettres 
simples s et m. Ainsi l'on écrit ordinairement smîh Fille 
à la place de sa-mih. 

IT. Le pâli n'a que huit voyelles, a, i et u , qui sont 
brèves , râsâ , (du sanskrit hrasva) , et a , î , û , ê et ô qui 
sont longues , dîgà , (du sanskrit dirga). On regarde dans 
le pâli comme similaires samànà a et à, i et î, u et ù , et 
les mêmes voyelles entre elles , telles que a et a ; on re- 
garde comme dissimilaires asamànâ toutes les autres vo- 
yelles les unes envers les autres, comme a et i etc. Le 
pâli n'a pas de voyelles particulières pour les ai et au 
sanskrits, mais le barman met à leur place dans l'alphabet 
ses lê et au. Les voyelles sanskrites ïi , ïi, li et li man- 
quent et dans le pâli et dans le barman. 



IIK L ALPHABKT. 



123 



18. Les voyelles ne sont écrites avec les caractères 
qu'elles ont dans l'alphabet qu'au coniinencement d'un 
mot ou d'une syllabe ; au milieu et à la fin on les marque 
par des signes représentatifs, excepté l'a 99, la voyelle 
inhérente, qui n'a pas besoin de signe particulier. Ces 
signes qui relativement à la consonne qui les précède, 
prennent la place qu'ils ont ici envers les deux lignes re- 
présentant la consonne , sont les suivans : 

IZO ou ~] nommé îtj'a Ligne pendante pour l'a SQO. 
Le dernier de ces signes représentatifs n'est joint qu'aux 
lettres 3Ît, Og, C n,3d, op etow, parce que le 
premier signe formerait avec ces consonnes d'autres lettres. 
Les signes représentatifs des au et au suivent sous ce rap- 
port l'analogie de l'a. 

-Q. nommé lonh-krîh-taen Grand rond placé au dessus , 

pour l'i CT? • 

^ nommé lonh-ki^ih-taen-fan-'kap Grand rond placé 
au dessus avec un petit oeil , (ou un ornement de cheveux 

nommé 2an-îcjap) , pour l'i c/S\ • 

ont 

—, ou — i nommé ta-îijaunh-naen Un tuyau de fon- 
taine , pour l'u 3 , ou Q , comme on l'écrit aussi fré- 
quemment. 

^ ou —l[_ nommé nhït-î^jaunh-yiBn Deux tuyaux de 

fontaine, pour l'ii Q. 

r, 

G= nommé sa-wêh-îôh Écrit devant de loin, pour 
— nommé nauk-sô-prît Jeté eu arrière , pour l'œ çg . 



124 GllAMMAIRE BAKMANE. 

G=0 OU GZ: I nommé sa-wêh-îôh-îija Ecrit devant 
de loin et ligne pendante , pour l'au cfcûo ou [CQ , comme 
on abrège souvent ce signe. 

GZio ou Qzz] nommé sa-\vêh-fôh-îcja-|é-ïôh Ecrit 
devant de loin et ligne pendante (avec une autre) écrite 

auprès, pour l'àu g[cûO . 



On écrit par conséquent 



SSCTj 


pour 


aka, 


g-rL 


pour 


ûkû , 


SSOC700 




àkâ, 


Gcœ ' 


— 


èkè. 




— 


iki. 


à^'nb 




3BK3B , 


#« 


— 


îkî, 


af^..^ 




aukau , 


g-? 


— 


ukn , 






âukàu. 



19. L'a se prononce comme a à la fin d'une syllabe et 
devant les finales t , n , p , m et n ; il se prononce comme 
aï devant les finales k , n et j ; il se prononce comme i 
devant les finales 9 et lî. (Voyez 28). 

L'i se prononce comme i à la fin d'une syllabe; devant 
une consonne finale il se prononce comme la diphthongue 
allemande ei , ou comme l'i anglais dans le mot thine. 

L'u se prononce comme u (ou français) à la fin d'une 
syllabe; devant une consonne finale il se prononce tantôt 
comme u, et tantôt comme o, et on peut le rendre sans 
inconvénient de ces deux manières selon les circonstances. 



DE i/alphabkt. 125 

Après une consonne initiale Vu se prononce quelquefois 
comme a, mais sans que cette prononciation particulière 
soit toujours observée dans les mêmes mots. Ainsi pu-|ôh 
Toile , un vêtement des soldats , pul» Perle et kulàli Un 
étranger, sont prononce's quelquefois pazôh (Voyez 6,) 
palîB et kalàh. Ce dernier mot qui devrait peut-être s'é- 
crire kùhlàli Trunsmarinus qui vient d'outre mer, de 
kuh \ager , traverser , et làh Venir , aller , se trouve or- 
thographié en barman kulà , kulàh et kûlàh. D'après une 
autre étymologie il dérive du sanskrit kula Famille, caste, 
et signifie les hommes de caste, les Hindous, significa- 
tion étendue à tous les habitans à l'ouest d'Ava et qu'on 
distingue en Kulas noirs et blancs. S;yniies et d'autres 
l'écrivent Colar, l'ù barman étant quelquefois rendu par 
o dans les ouvrages anglais. 

L'ê est l'é ou l'ée français , et l'œ est l'è français ou l'ai 
dans les mots air , aise. 

Je rends par au la voyelle ou diphthongue barmane qui 
pour le pâli comme pour le sanskrit est généralement ex- 
primée par ô. Sa prononciation parait varier entre 1 ô et 
l'au, ce dernier tel qu'il se trouve dans le mot anglais au- 
dience. Ces sons ont lieu lorsque cette voyelle termine une 
syllabe, et alors l'Alphabet de la Propagande la rend par 
Vcô grec, (aperium ut au Gallorum) ; mais suivie d'une 
consonne elle a le son de l'on anglais, de l'au allemand, et 
l'Alphabet cité l'exprime dans ce cas par au. Je la rendrai 
toujours par au qu'on peut remplacer par ô quand on vou- 
dra exprimer ce dernier son. 

La voyelle ou diphthongue que je rends par au a le 
même son que l'au, seulement il est plus long. L'Alphabet 



s 


pour 


i, 


s 




1% 


^ 




u- 


^ 




û. 



126 GRAMMAIRE BARMANE. 

(le la Piopag;ande Ja rend par co ^ (apertum cl produc- 
tum) , Carey la compare à l'aw dans uwful. Elle ne se 
trouve qu'à la fin d'une syllabe, où les Anglais l'expriment 
généralement par au et aw , quelquefois aussi par o. 

20. Pour former des voyelles initiales on combine aussi 

à la place des voyelles propres de l'alphabet ^ ^9 *^ ^i 

pu, p û, Qê, Cfcjqo au et &[COO au, leurs signes re- 
présentatifs avec la figure de l'a, mettant 

C5^ pour ê, 

C'^B'SO — au , 
Q^y — au. 

Ces voyelles formées avec le signe de l'a se prononcent 
de la même manière que les voyelles auxquelles elles ré- 
pondent, ce n'est qu'une distinction orthographique ; aussi 
écrit-on rarement les unes à la place des autres. Je distin- 
guerai par une ligne placée au-dessous d'elles les voyelles 
supportées par l'a, ayant adopté ce signe dans les cas ana- 
logues des autres alphabets où il faut exprimer un tel sup- 
port. Ce seront alors des i, i, ij, u, e, au et au. On met 
toujours en barman ces dernières voyelles si la syllabe 
se termine par une consonne ; on y peut donc très-bien 
omettre la distinction , n'écrire en lettres romaines que les 
voyelles ordinaires et faire usage seulement des lettres 
soulignées dans le peu de syllabes qui ne consistent qu'en 
une seule voyelle , si toutefois on ne veut pas conserver 
cette distinction dans tous les cas, à cause des mots palis 
qui commencent par les autres voyelles. 



I)i: L AMMIABKT. 



127 



21. Une combinaison des signes représentatifs des vo- 
yelles i et II supportés par Ta forme un o que j'exprimerai 
par ô ; on le donne pour l'o dans les mots italiens Savoja , 

faro, ou dans les mots anglais yoke, own. Cet o ^ perd 
le support de l'a comme les autres voyelles qui l'ont, s'il 
est joint à une consonne ; ainsi '^ est ko et ^ nhô. De- 
vant les finales k et n il se prononce à peu près comme la 
diphthongue allemande ai, et c'est ainsi que je le rends 
alors avec TAlphaljet de la Propagande, Carey et Judson. 
Hougli l'exprime par oi. 

22. On joint dans l'alphabet aux voyelles et aux con- 
sonnes l'an ^, le n supporté par a, où l'a ne sert qu'à l'ar- 
ticulation et comme support orthographique, le n étant 
toujours exprimé par un ::£ placé au dessus de la lettre 
qu'il suit dans la prononciation , comme co kan. Ce n , 
nommé an-bjangana an consonne par les grammairiens pa- 
lis, et sêh-dra-taBn ou séh-séh-t«n Point mis au dessus, 
par les Barmans , est un n faiblement nasal qu'on pourrait 
très-bien rendre par n , s'il n'était pas préférable de lui 
conserver le signe adopté pour l'anusvàra des alphabets de 
l'Inde. Dans le pâli il remplace toutes les nasales , mais 
dans le barman il est rarement employé de cette manière, 
excepté pour un n ou m final , ou avant un m final où il 
redonde. Comme abréviation il remplace souvent le k final. 
Ainsi l'on écrit kaun à la place de kauk , où la transcrip- 
tion doit restituer le k. 

Les n et n à la fin d'une syllabe et devant une autre con- 
sonne sont souvent muets, et quelquefois l'orthographe les 
supprime alors; comme tan-kàh Une porte, qu'on pro- 



128 GRAMMAIRE BARMANE. 

nonce tagàh , (Voyez 33 , ) tan-2à ou tan-Sà Un ornement , 
qu'on prononce ordinairement ta2à, kan-taii ou ka-taii De- 
mander pardon. 

23. Le visarga sanskrit =ig le h de notre orthographe, 
n'est jamais employé dans le pâli ; on le regarde comme un 
accent dans le barman et on le nomme wisazzani , ou |e'-ka- 
gîh ce qu'on rend Entourant auprès ou sé-pauk Percé au- 
près ; mis après l'a 330° âh on le nomme selon l'Alphabet 
de la Propagande wît-za-nî-nhît-lonli Deux ronds ajoutés. 
Cet Alphabet l'exprime par h, et je lui conserverai le signe 
h adopté pour les alphabets de l'Inde. Il se joint aux vo- 
yelles et diphthongues â , î , ù , ê , œ et ô , et aux consonnes 
finales n , n , n , m et n , formant avec ces dernières , d'après 
l'Alphabet cité, des aspirations nasales qui se rencontrent 
rarement. Mais il y a beaucoup de racines où elSes se 
trouvent, tandis que l'orthographe ordinaire, et par con- 
séquent aussi la prononciation paraissent les supprimer. 

24. L'aukmjft ou l'aukmrft Arrêtant en bas, qui est un 
point ou petit cercle mis au dessous de la ligne, est opposé 
au wisazzani. Il est employé à rendre brève une syllabe 
qui se termine par une des lettres ê, œ, au, ô, n, n, n, m 
et n ; une telle syllabe est alors comme tronquée. Ainsi à> 

avec cet accent @Q ou ©3 se prononce comme l'è dans le 

mot français après. Je l'exprimerai par l'accent aigu mis 
au dessus de la lettre à laquelle il appartient, écrivant é, 
œ , au , o , n , ii , ii , m et n. Les voyelles a , i , u et au n'ad- 
mettent aucun des deux accens. 

25. Les voyelles et diphthongues forment de cette ma- 
nière trois séries de voyelles, brèves, moyennes et longues, 



DE l/ ALPHABET. 129 

et les nasales finales offrent trois séries semblables, de na- 
sales avec le son tronqué , de nasales entendues entièrement, 
et de nasales avec la postspiraiion. Ces trois séries sont : 

a, i, u, é, œ, aii, 6, ij, ii, ii, rn, n. 

â, î, û, ê, se, au, ô, n, ii, n, m, n. 

âh , îh , ûh , êh , «h , au , ôh , nh , nh , nh , mh , nh. 

Selon Judson le h est regardé comme inhérent dans l'œ, 
de même que dans la terminaison am, et par conséquent 
omis après ces finales par des écrivains exacts. L'Alphabet 
de la Propag-ande dit également que l'aè se prononce avec 
une j)ostspîration. 

Je ne saurais dire si ces distinctions par les accens 
barmans ont eu quelque rapport avec les tons chinois, 
si difficiles à saisir pour une oreille qui n'y est pas accou- 
tumée ; je n'ai trouvé au sujet d'intonations que l'obser- 
vation suivante de Symes , (p. 339) : « Dans la déclama- 
tion de la poésie la langue est extrêmement mélodieuse ; la 
prose même de la conversation ordinaire paraît nombreuse , 
et le mot final de chaque phrase est allongé par une ca- 
dence harmonieuse qui marque la période à l'oreille d'une 
personne qui n'en entend pas du tout la signification. " 

26. Une grande partie des mots barmans consiste en 
monosyllabes terminés par une consonne , qui avec la vo- 
yelle précédente est assez souvent prononcée d'une manière 
différente de celle que demanderait l'orthographe. Ainsi 
ak se prononce œk ou aet, et kak kaek ou kaet. Ces mono- 
syllabes consistent ou en une voyelle initiale suivie d'une 
consonne finale, ou en une consonne initiale soit simple 
ou composée, suivie d'une voyelle et d'une consonne finale. 

9 



130 GUAMMAIRE BARMANE. 

Les voyelles qui précèdent une consonne finale con- 
servent tantôt leur son primitif, tantôt elles le changent; 
ces changemens suivent cependant en général des règles 
assez constantes. Les voyelles employées de la sorte sont 
a , i , u , au et ô , dont i , u et au , si elles sont initiales , 
sont combinées avec le signe de l'a, et sont rendues ici 
par les caractères i , u et au , mais pour lesquelles je ne 
mettrai que i , u et au , si elles sont suivies d'une consonne. 

2T. Les consonnes qui terminent ces monosyllabes sont 
les k , n , z , il , t , n , p , m , j et w. Elles reçoivent le sat , 
le signe qui supprime la voyelle inhérente. Une telle con- 
sonne finale se nomme a-sat ou sat-akïîara Lettre tron- 
quée. La prononciation de ces consonnes tronquées est 
très-peu distincte , leurs sons sont comme commencés et 
aussitôt supprimés , de sorte qu'il est très-difficile de les 
bien saisir et de leur assigner une valeur certaine. Quel- 
ques-unes d'elles conservent leur son naturel , d'autres le 
changent , ou se prononcent d'une manière vague de plu- 
sieurs façons. 

28. Les terminaisons qui résultent des voyelles et con- 
sonnes finales indiquées , peuvent être précédées de toutes 
les consonnes simples comme initiales, ou de ces mêmes 
consonnes suivies des lettres j , ï , ù , jû , ïù et h. Les 
grammairiens en forment un syllabaire où entrent toutes 
les consonnes simples comme initiales avec toutes les ter- 
minaisons , puis toutes les consonnes combinées avec les 
lettres j , r , fi , jii , ïû , suivies des mêmes terminaisons , 
et enfin les consonnes qui peuvent être suivies du h comme 
initiales avec toutes les terminaisons. 



DE l'alphabet. 131 

La première des combinaisons formées de la sorte étant 
kaek , les grammairiens les nomment d'après celle-ci ka- 
rè-ka-sat-kaek c'est à dire un k final qui suit le ka. Le 
syllabaire complet où entrent les combinaisons aussi des 
consonnes avec une voyelle finale se nomme saen-ponh- 
krih Grand modèle ou grande leçon. 

Je ferai usage des signes prosodiques 1= et = pour 
distinguer les syllabes brèves et longues , où une con- 
sonne ou voyelle différente de celle exprimée par l'ortho- 
graphe barmane est employée dans la transcription, si 
celle-ci peut causer quelque méprise. ]\Iais les ae , ei , o et 
ai , qui remplacent respectivement les a , i , u et ô , n'ont 
besoin d'aucun signe particulier. 

Les combinaisons suivantes présentent toutes les termi- 
naisons des monosyllabes à consonnes tronquées. Je les 
fais précéder d'un k. On y trouvera d'abord l'orthographe 
primitive ou barmane , et puis à côté celle de l'alphabet 
harmonique. 

kak = kask. kani = kam. kup = kup , kop. 

kan = kaen. kaj = kaej. kum =^kum,kom. 

kaz = kit. kit = keit. kauk = kauk. 

kaù = kïn, kï, kaë. kin ^ kein. kaun = kaun. 
(kaii = kîii, ki, kàè). kip = keip. kauw= kauw. 
kat = kat. kim = keim. kôk = kaik. 

kan ==• kan. kut = kut , kot. kôn =^ kain. 

kap = kap. kun = kun, kon. kôw = kôvv. 



Les monosyllabes en n suivent l'analogie de ceux en n , 

9. 



comme kan = kan , kun = kun ou kon 



132 GRAMMAIRE BARMANE. 

29. Lorsque l'a pénultième d'une syllabe est remplacé 
par à, ce qui n'a lieu que dans quelques mots palis, la 
syllabe devient longue suivant l'Alphabet de la Propa- 
gande , mais en conservant le changement de son des mo- 
nosyllabes barmans, d'où résultent les combinaisons sui- 
vantes pour lesquelles l'on peut conserver le circonflexe 
de l'a qui n'y occasionera aucune confusion avec l'i ou l'ifi 
primitifs. 

kâk = kœk. kân == kîn. kàp = kâp. 

kân = kaèij. kât = kât. kàm == kâm. 

kàz = kît. kân = kân. kâj = kœj. 

Selon Judson ces monosyllabes avec un â pénultième 
se prononcent tout-à-fait comme ceux avec l'a. 

30. La seconde terminaison aen se prononce d'après 
l'Alphabet de la Propagande comme celles des mots fran- 
çais vin , pain ; d'après Carey comme l'en dans le mot 
anglais pen. Les ouvrages anglais la rendent en général 
indifféremment par en , ien , ein , ejn , ain et an. L'Al- 
phabet cité exprime la voyelle inhérente des deux pre- 
miers monosyllabes par ae, comme le fait aussi F. Bu- 
chanan dans son Vocabulaire comparatif des langues de 
l'empire barman dans le cinquième volume des Recherches 
asiatiques. 

La terminaison a^ se prononce ït , mais la syllabe 
nhaz: = nhît, qui comme nom de nombre signifie Deux , 
se prononce quelquefois na ou nha , si dans un composé 
elle précède un autre mot; je l'exprimerais alors par nha, 
«comme nha-eim Deux maisons, nha-rûâ Deux villages 
Cette prononciation est adoptée dans l'Alphabet de la 



DE L ALPHABET. 



133 



Propagande et dans; d'autres ouvrages. L'assimilation de 
la finale (Voyez 33), y apporte encore d'autres modifi- 
cations , par suite desquelles nhît peut conserver aussi le 
son primitif nliaz , comme devant le nom de nombre 2apj 
Dix dans nhaz-faej Vingt, etc. e'crit nazzç dans Hervas 
Aritmetica délie Xazioni, (Idea dell Universo , TomoXIX, 
Cesena, 1Î86, 4°). Mais îcu-nhlt Sept, ne change pas de 
son; réuni à fipj Hervas l'e'cril kunizzç. Cependant Hough 
conserve dans tous les cas le son nhît au deuxième nom 
de nombre , et il écrit en lettres barmaues nha si la syl- 
labe nhît se prononce de la sorte comme dans* ^9 nha- 

ma Soeur, mot que d'autres écrivent nhït-ma, en le pro- 
nonçant toutefois nha-ma ou hna-ma. Je suivrai sous ce 
rapport l'orthographe de Hough , comme celle qui sans 
doute est la plus simple. Dans quelques mots l'on varie 
pour l'orthographe et pour la prononciation. Ainsi Hough 
écrit et prononce nhît-lonh Le coeur; Judson l'écrit de 
la même manière , mais il ajoute qu'on le prononce nha- 
lonh , et qu'on l'écrit aussi souvent de la sorte. Il y a en- 
core d'autres mots , à ce qui paraît , où la terminaison a^ 
ou ït se prononce vulgairement comme a. 

La prononciation des terminaisons an = în , ï, àè, et 
an = îii , 1 , ae , dans les difFérens mots n'est fixée par au- 
cune règle. Ainsi l'on prononce îù pour an dans les mots 
krîùh Rejeter, ^îîih Couper, émincer, zîn Mettre dans 
une ligne continue, et azîù Continuellement, kjîn-pûé 
Pilon ; l'on prononce ï pour an dans les mots krîh Pres- 
ser , broyer , krî Être clair , ^îh Lier , prï Contrée , dans 
les particules uïh , lîh , mï etc. l'on prononce aé pour an 



134 GRAMMAIRE BARMANE. 

dans sœh-ïtan Supporter avec patience et dans ^eit-ssê qui 
a la même signification , mot composé de zeit Ame et sàé 
Etre long- ; l'on prononce iii pour aii dans zïii Grenier bâti 
en rond, i pour aii dans kri Regarder, zi'-zi Exactement, 
particulièrement , na-pri Poisson salé , ( que Judson et 
Hough cependant écrivent nàh-pi) ; àe pour aii dans mûnh- 
tœ Etre midi , mûnh-tœ-zâh Le dîner , (Manger à midi). 
Judson joint aux mots où le n est entendu, pour l'indi- 
quer le point qui marque le n; mais il manque quelque- 
fois d'exactitude , en écrivant le même mot de deux ma- 
nières. Aussi ne distingue-t-il pas les sons ï et i d'avec 
les sons se et àe. Ces derniers appartiennent entre autres 
à plusieurs racines qu'on écrit indifféremment avec les 
finales téh (aiih) ou œh , àe (aii) ou aé , comme nœh ou 
nœli Etre peu , pi'œh ou pï&h Etre épuisé , mœh ou msèh 
Etre noir, tœ ou taé Etre droit, en droite ligne, Càe ou ïés 
Mettre ou placer dans. 

Carey observe au sujet de la terminaison verbale san, 
que dans la conversation on la prononce taej dans les pro- 
vinces inférieures et saej dans les provinces supérieures. 
Hough transcrit cette sjllabe san de trois manières. Il 
met thee (notre sï) pour marquer le pronom et la par- 
ticule conjonctive; il met the , (qui a le même son, seule- 
ment un peu plus bref) , pour marquer la terminaison des 
noms et des verbes; il met thœ (notre ssê) pour l'affixe 
qui sert à former des noms de profession et qu'on écrit 
pareillement say , (Voyez 240). A l'exception de ce der- 
nier j'écrirai toujours sï pour saii. 

La particule en se prononce par analogie avec les mo- 
nosyllabes précédens comme un i bref, i brève ac quasi 



DE l'alphabet. 135 

truncum selon l'Alphabet cité; j'écrirai par conséquent 
ï à la place de cet en. Hough cependant le rend par ee, 
qui répond à un i long. 

L'a des terminaisons at , an , ap , ani , et an après un w , 
se prononce ordinairement comme u ou o de la manière 
suivante : wat = Avut ou wot , wan = m un ou won , wap 
= wûp ou wop , wam =^ Avïim ou wôm , wan = wûn 
ou won ; comme a-wôt Habit , wiin Fardeau , wiimh-pâèh 
Canard. 

La terminaison aej se prononce d'après l'Alphabet de 
la Propagande comme aï et é dans les mots français 
chaîne, grêle; cette terminaison est fréquemment con- 
fondue avec un œ final. 

31. Dans le p final précédé des voyelles i et u l'on est 
souvent hors d'état de distinguer si c'est un p ou un t 
qu'on entend prononcer , et on voit fréquemment dans 
l'orthographe barmane les terminaisons ip et up rempla- 
cées par it et ut. Carey rend par it (notre eit) les termi- 
naisons it et ip, que Hough et Judson transcrivent avec 
un k final ; de même .que ces derniers il rend par ok les 
terminaisons ut et up. Avec l'Alphabet de la Propagande 
j'ai cru devoir conserver dans ces différentes finales très- 
indistinctes l'orthographe primitive , que d'ailleurs j'ai 
trouvé suivie. Et comme ces finales doivent subir assez 
souvent différens changemens de son selon le mot qu'elles 
précèdent , (Voyez 33) , il y a encore moins de raison à 
changer leur orthographe primitive. 

Lu pénultième est tantôt conservé dans la pronon- 
ciation , et tantôt changé en o ; souvent ce sera un son 
intermédiaire entre o et u, où l'o prédomine. Je l'expri- 



136 GRAMMAIRE BARMANE. 

merai généralement par o. L'Alphabet de la Propagande 
compare la terminaison on à l'on français dans bon , 
Caton etc. 

Le w après l'au et l'ô est entièrement muet, aussi 
l'écrit-on ou le supprime-t-on indifféremment dans l'or- 
thographe barmane, et les terminaisons ô, ôh et ôw se 
confondent presque partout. On trouve aussi la terminaison 
ôj , où le j est également muet. 

Judson donne le tableau suivant de syllabes ou termi- 
naisons barmanes , qui , à l'exception de la quatrième co- 
lonne , commencent tous par a ou par des voyelles sup- 
portées par l'a, (Voyez 20). Celles de ces terminaisons 
qui ne se trouvent pas ci-dessus (28), n'appartiennent 
qu'à des mots étrangers prononcés d'après ceux du bar- 
man propre , mais d'une manière , à ce qui paraît , souvent 
très vague. Les lettres romaines remplacent ici les lettres 
barmanes sans changement ; les syllabes en lettres italiques 
doivent se prononcer à l'anglaise. 



DE l'alphabet. 13Î 

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M 3 31 =1 31 3< 31 S< 31 3> 31 31 3> 

m 

^ :î£ S -^ .K^ ?«« .s :*s .s .S rj: .8 



^^ _C3 _frj. ;a^ .-«, ^3^ .£h ^S^ 






cC cccCcc cC ccccccncc CCCCCC 



138 GRAMMAIRE BARMANE. 

32. Les j et r se mettent entre les consonnes initiales et 
les terminaisons pour former les syllabes kjaek , krœk etc. 
On les y prononce comme l'i italien dans les mots ghiac- 
cîo , piunta. Rarement le r y conserve sa prononciation 
primitive ; quelquefois on ne le fait point entendre du tout. 

Les w, j\v et r\v, exprimes par nos ù, jQ et rû, pré- 
cédés d'une consonne ne se trouvent dans les monosyllabes 
à consonnes tronquées que devant les terminaisons qui 
ont un a prononcé comme a ou ae pour voyelle primitive. 
Les terminaisons qui , précédées d'une consonne simple , 
conservent le son de cet a, le perdent presque toujours 
après l'û ; pour kûan on prononce généralement kùn , ou 
en changeant l'a en Ô bref, kfiôn. D'après l'Alphabet de 
la Propagande elles le perdent toujours après les com- 
binaisons jii et rii , excepté dans la terminaison jùan ou 
jûn, où l'a est quelquefois entendu. Le changement de l'a 
en ô après les lettres jù et rii paraît aussi très-rare. 

Les monosyllabes qui résultent ainsi d'un k initial suivi 
des lettres w , j\v , rvv et des terminaisons indiquées sont 
par conséquent les suivans : 

kjwak = kjûaek. 

kjwan =■ kjûaen. 

kjwat := kjût, (kjûôt). 

kjwan = kjùn , (kjûôn). 

kjwap = kjùp, (kjùôp). 

kjwam = kjrim,(kjiiôm). 

kjwaj = kjùœj. 

Les combinaisons avec rû sont les mêmes que celles 
avec jii. 



kwak 


= kuœk. 


kwan 


= kûagn. 


kwat 


= kûat, kiit, kûôt. 


kwan 


— kûan , kûn , kûôn. 


kwap 


= kûap, kûp, kûôp. 


kwam 


— kûam , kùm , kûôm. 


kwaj 


= kûaej. 



DE l'alphabet. 139 

Si la svllabe se termine par une voyelle, l'û ne se trouve 
que (levant les a, à, è et ïè. L Alphabet de la Propagande 
donne encore les terminaisons ùi et ûî, mais je ne me 
souviens pas d'en avoir rencontré aucun exemple. 

Le h après une consonne initiale peut se trouver devant 
toutes les voyelles et terminaisons à consonnes tronquées. 

33. Deux ou trois monosyllabes sont souvent joints en- 
semble, ou la même syllabe est répétée, pour former un 
mot nouveau. Lorsque l'initiale de ces syllabes répétées 
est une des deux premières lettres des cinq classes , on la 
prononce dans la seconde syllabe et les syllabes suivantes 
d'un mot composé comme la troisième lettre sans changer 
l'orthographe. Ainsi k et k s'y prononcent comme g ; z et 
I comme z; t et ï comme d; p et p comme b. On pro- 
nonce par conséquent ka-ga , kat-gat , kja-gj'a à la place 
de ka-ka , kat-kat , kja-kja , et ainsi de suite pour tous 
les monosyllabes dont l'initiale est une des deux premières 
lettres des cinq classes soit simple ou composée. 

Le même changement de prononciation a lieu , lors- 
qu'une syllabe commençant par une consonne simple ou 
composée et se terminant par une voyelle ou une nasale , 
précède un monosyllabe qui commence par une des deux 
premières lettres des cinq classes. Ainsi 1 on prononce ta- 
graunh, làh-grten, ka-gjè-sî et wun-grîh à la place de ta- 
kraunh Une raison , làh-kraen Action de venir , ka-îyè-sî 
Danseur et wûn-krîh Ministre. 

Les finales k, z, t, p, qui précèdent immédiatement 
d'autres consonnes dans un mot composé, prennent le son 
de ces dernières; ainsi paek-laek se prononce paellaek. Le 
tiret entre de telles syllabes suffira à rappeler ce change- 



140 GRAMMAIRE BARMANE. 

ment de son , si pour le marquer d'une manière plus par- 
ticulière on ne veut pas doubler ce tiret et écrire dans l'ex- 
emple donné paek^laek. 

34. Les mots du barman propre finissent ou par une 
voyelle ou par une des terminaisons à consonne tronquée 
indiquées ci-dessus ; mais les mots palis employés en bar- 
man y conservent dans l'orthographe plus ou moins leurs 
formes originales. En les prononçant les Barmans suivent 
en général les règles en usage pour leurs monosyllabes , 
auxquelles ils asujettissent la plupart des mots palis. 

Le sat en supprimant la voyelle inhérente rend alors 
muettes les consonnes qu'on ne peut pas prononcer à la 
façon des monosyllabes barmans ; ainsi kusôl Mérite, bon- 
heur , se prononce kusô , môgh Nuage , môh. Les deux- 
ièmes, troisièmes et quatrièmes lettres des cinq classes 
et les j, r, 1, w, s, h, î, comme finales, deviennent de 
cette manière muettes , si l'analogie des syllabes ne per- 
met pas de les prononcer en consonnes tronquées , comme 
mag Route, chemin, qui se prononce maek, sakkaràz Ère, 
saekkarît, zanapud Petit village, zanapot, upus Jeûne, 
upot ou ubot. 

Il n'y aura aucun inconvénient à indiquer ces altéra- 
tions de prononciation par le changement régulier des vo- 
yelles , mais en conservant les consonnes finales. On écrira 
par conséquent les mots cités masg, sackkariz, zanapod 
et upos. Les consonnes muettes pourraient être marquées 
alors par le petit zéro destiné à cet usage , comme kusôl. 
Mais je ne trouve non plus aucun inconvénient à conserver 
à ces mots étrangers au barman l'orthographe qu'ils ont 
dans ce dernier. 



DE l'alphabet. 141 

Les mots où il se trouve une consonne double , ou une 
non-aspirëe immédiatement devant une aspirée, se pro- 
noncent comme s'ils étaient formés de monosyllabes bar- 
mans. Ainsi sazzà Vérité, gakku L'oeil ou le sens de la 
vue, watfu Histoire religieuse, lulla Effort, diligence, et 
nizza Permanent, se prononcent slt-zà, ^aekîcu , wiittu, 
lon-la et ueizza (ou neit-za). 

35. Deux petites lignes il forment le seul signe de ponc- 
tuation barmane , nommé pot Ponctuation ou période ; 
elles indiquent la fin d'une phrase, séparent une phrase 
ou expression vocative, et sont fréquemment employées 
après des terminaisons adverbiales. Tous les autres mots 
d'une phrase sont joints ensemble sans interruption , ce 
qui a moins d'inconvéniens dans le barman, qui ne con- 
siste qu'en monosyllabes, que dans les langues polysylla- 
biques. Mais dans la transcription on doit sans doute sé- 
parer beaucoup de syllabes dans les mots composés même, 
parce que les formes des lettres romaines ne les séparent 
pas comme le font les caractères barmans, où le sat en 
distinguant les consonnes finales et la forme particulière 
des voyelles initiales indiquent toutes les séparations à 
faire. 

Cette séparation dans les mots composés se fera très- 
bien par le tiret ; elle est assez souvent inutile , si la struc- 
ture du mot, qui ne peut être formé que d'une combi- 
naison de monosyllabes barmans; indique suffisamment 
les parties intégrantes. Le tiret peut également réunir aux 
noms et verbes les différentes postpositions et particules 
qui y tiennent lieu d'inflexions, marquent le nombre ou 
ne servent que de complément. Mais les mots particuliers 



142 GRAMMAIRE BARMANE. 

doivent s'écrire séparément , et l'iinprinierie étant destinée 
à faciliter la lecture sous tous les rapports , devrait sans 
doute faire aussi cette séparation pour les textes qui s'im- 
priment en caractères originaux. Quant au signe de ponc- 
tuation barman il n'y a aucun inconvénient à lui substi- 
tuer les nôtres dans la transcription. 

36. Les abréviations suivantes sont plus ou moins en 
usage. Les abréviations des particules ^ pour opo ?în , 

O^ pour conS tï, (f pour qoS mï, c^^ pourcopS l 1ï|Jî 
qS pour OOpS sï, QOy) pour gooOOoS sêsï, et g£ pour 
GCCoc kaun et g[ooo8^ ki^aun sont employées quand il 

faut user de diligence. 

Le signe du locatif %cS nhaik est toujours écrit 'S , 

excepté s'il y a une raison particulière pour le distinguer, 
comme dans les titres de livres , adresses de lettres etc. 
o ou oj pour CQ riié, une terminaison de participes , 

e 

n'est jamais écrit tout-au-long. 

La figure barmane du nombre six Q seule ou précédée 

d'un G , G (3 est souvent employée pour la particule con- 
jonctive G30j sau. 

c^ ou (Ç est employé pour la conjonction 03 pS S G Cry^ Si 
lîh-kaunh Et , aussi. 

Q] pour Qpo en = ï se met toujours si cette syllabe 
exprime une terminaison. 



DES MOTS. 143 

Le mot coCxSfJOO laekjâ La main droite est toujours 
écrit OOOOIO • 

Oop^6' kjun-nop ou O^jb^CO kjûn-not Je, moi, 
est souvent écrit cpiScj ou co|Scr9- 

Pour lulaen Officier de la police , l'on écrit lun. 
Un signe nommé ma-lein mis au-dessous d'une lettre 
^ remplace un m ou n , comme dans coCOCOO laek- 

samà Charpentier et qcooS sê-nat Fusil. 

DES MOTS. 

37. Les Barmans n'ayant pas de termes de grammaire 
à eux propres , en ont emprunté du pâli. 

Le terme sadda Son , mot , sabda en sanskrit , com- 
prend toutes sortes de mots. Le terme nàm Nom , en sans- 
krit nàma, comprend les dabbawâzaka Noms de choses, 
c'est-à-dire les substantifs , dravjavâcaka en sanskrit ; les 
gunawàzaka Noms de qualité , c'est-à-dire les adjectifs , 
gunavàcaka en sanskrit; et les anukaranasadda Sons imi- 
tatifs anukaranasabda en sanskrit. Les substantifs sont 
distingués en nàmawàzaka Noms propres, en zàtiwà^aka 
Noms génériques et en Ibàwawà^aka Noms abstraits , ter- 
mes où le sanskrit n'est altéré que pour la prononciation. 
Les sons imitatifs sont ou substantifs, ou adjectifs, ou 
adverbes. Les noms sont distingués encore en pànîwàzaka 
Noms d'animaux et en apànîwà^aka Noms de choses in- 



144 GRAMMAIRE BARMANE. 

animées , prânivâcaka et aprânivâcaka en sanskrit. Les 
noms abstraits sont ou bâAvawâ^aka Noms d'idées ab- 
straites , ou karijâwâ^aka Noms verbaux , krijâvâcaka en 
sanskrit. 

On nomme wisêssa, ou à ce qu'il paraît, wisêsj'a aussi, 
le sujet d'une proposition , et wisêsan l'attribut. Lorsque 
le wisêssa est un nom ou pronom , le wisêsana est son ad- 
jectif; lorsque le premier est un verbe , le wisêsana est un 
adverbe. En sanskrit ces termes sont visêsja et visêsana. 

38. Toutes ces divisions ne sont d'aucune utilité pour 
nous ; on peut , ce me semble , distinguer les mots barmans 
en trois classes. 

La première comprendra les mots qui suivant leur po- 
sition dans le discours et les affixes ou postpositions qu'on 
leur joint, sont, d'après notre manière de parler ou verbes 
ou adjectifs, et dont on peut former aussi des adverbes et 
des substantifs. Ainsi kaunh qui signifie Bon , ou comme 
verbe Etre bon , devient adverbe lorsqu il est mis deux 
fois , kaunh-kaunh ; précédé de la syllabe a il devient 
substantif, comme akaunh Un bon, un bon homme, bonté, 
etc. On dérive de la sorte alaenh Lumière , de laenh Luire ; 
a^âh Nourriture , de ^âh Manger ; azaun Une garde , de 
zaun Veiller, présider, protéger; a^eimh Verdure, de 

A 

^eimh Etre vert; ajû Réception, de jû Prendre. Les mots 
de cette classe forment une très -grande partie des mots 
barmans , ce sont presque tous des monosyllabes dans 
l'état simple; mais il s'en trouve aussi quelques-uns dis- 
syllabes. On distingue les mots de cette classe par le nom 
de racines, quoique on n'en dérive pas toutes les autres 



DES MOTS. 145 

parties du discours, comme on le fait dans l'Inde dune 
manière souvent un peu forcée. 

La seconde classe comprendra les noms qui suivant 
leur signification ou l'usage ne s'emploient pas dans leur 
état simple comme verbes ou adjectifs; des noms tels que 
lu Homme, kûèh Chien, ré Eau, né Soleil, né Jour, 
lliainh A ague , onde , etc. La plupart des mots simples 
adoptés du pâli pourront être joints à cette classe. 

La troisième classe comprendra les mots qui répondent 
aux indéclinables d'autres langues, et ceux qui en rem- 
placent les inflexions, rendues en barman par des post- 
positions, qui n'altèrent sous aucun rapport la forme des 
mots auxquels elles se trouvent jointes. Plusieurs de ces 
mots peuvent appartenir en même temps à ceux de la 
première classe , tandis que d'autres semblent en avoir 
perdu la signification particulière, qu'autrefois probable- 
ment ils avaient , eu ne conservant que le sens restreint 
d'une postposition ou d'un adverbe. 

Des mots simples on forme des composés , soit par la 
jonction de synonymes pour rendre plus claire la signi- 
fication d'un mot sujet à être pris dans un autre sens , 
(Voyez 112), soit par l'union de mots dont l'un doit mo- 
difier ou particulariser la signification de l'autre, soit en- 
fin par la réunion de mots tout-à-fait difFérens. C'est ainsi 
qu'en joignant ensemble kàh Les reins , zu Cueillir et 
pi^êh Courir , on forme le verbe ïcâh-^u-prêh Aller au 
galop. Par ces composés le barman s approche des langues 
polysyllabiques, quoique ordinairement il n'y ait pas cette 
fusion intime des diôerentes parties d'un composé, qui 

10 



146 GRAMMAIRE BARMAKE. 

dans d'autres lang^ues les rend souvent me'connaissables ou 
en altère le son ou l'orthographe. 

Il y a cependant des mots compose's ou polysyllabiques, 
dont les syllabes particulières n'offrent plus aucun sens, 
ou un sens , qui n'est pas en harmonie avec celui du com- 
posé. Dans quelques-uns on peut tracer encore le chemin 
jusqu'à leur origine, mais dans la plupart celle-ci est de- 
venue méconnaissable par le degré d'altération qu'ils pa- 
raissent avoir subi. De ces mots sont ka-li ou ka-laé Trou- 
bler, tourmenter, inquiéter, ka-lû Jouer, divertir, pa-lî 
Etre adroit , rusé , pa-lù Etre complaisant , flatter , li-zaej 
Demander , interroger , li-f aej Tracer , projeter. Des mots 
dissyllabiques se sont également changées en monosyl- 
labes ; c'est ainsi que l'aflixe zeim , qui exprime le futur 
causatif , est composé des mots zè et an. 

Entre les composés il se trouve beaucoup de mots palis 
entiers et d'autres formés par la réunion de mots palis et 
barmans. Le mot pâli et sanskrit citta Ame , zeit en bar- 
man , fournit des exemples de ces deux sortes de com- 
posés, comme ^eitta-zâ Causé par l'âme; formé avec le 
mot pâli gâ Etre , produire , gan en sanskrit ; zeittuppat 
Pensée , (production de l'âme) , du sanskrit utpatti Nais- 
sance, production, de ut-pat Se lever, uppatti en pâli 
Etre ; zeit-tâh Etre opiniâtre , déterminé , zeit-mâ Etre 
opiniâtre, intraitable, 2:eit-nhît-lonh Ame, composés avec 
les mots barmans tâh Empêcher, prévenir, ma Etre dur, 
ferme , et nhft-lonh Ame , coeur. Ce dernier est formé des 
mots nhît Coeur et lonh Rond. 

Il y a de ces mots étrangers dont la signification a été 
bien altérée en même temps qu'ils ont pris une [>hysio- 



DES ÎWOTS. 147 

t 

nomie tout-à-fait barmane. Ainsi ka-naek Eriger le parasol 
royal , ou comme nom Parasol royal , dérive , si je ne me 
trompe , du sanskrit kanaka Or , qui avec danda Bâton et 
Taffixe ka fait kanakadaiidaka Parasol royal. On joint 
communément à ce ka-naek le mot ka-kanh , ka-naek-ka- 
kanh , (probablement de kan Bâton) , composé dont la 
signification ne diffère pas de celle de ka-naek. Beaucoup 
de mots présentent le préfixe ka , auquel je ne saurais as- 
signer aucune signification précise; il sert à former des 
substantifs, des adverbes et plusieurs verbes aussi. Ex. 
ka-tfit-moii ou ka-tûn-mon Une sorte de pain , de tûn 
Etre pauvre , peu épais , et mon Pain ; ka-leim-ka-taen et 
ka-leim-ka-mà Fausseté , tromperie , fraude , de leim 
Tromper, taen Mettre ou placer sur, et ma Etre dur, 
ferme , sain , fort ; le composé leim-mâ signifie Etre sage , 
prudent , adroit , savoir ; ka-zeimli-ka-w âh adv. D'une 
manière crue, sans expérience, de ^eimh Etre cru, pas 
cuit , et wâh Mâcher ; ka-praunh-ka-pran Sans dessus 
dessous, frauduleusement, de praunh-prau Mettre sans 
dessus dessous; ka-zîn Avoir honte; ka-^ït Tourmenter; 
ka-taik Provoquer , irriter , significations que présente 
aussi le verbe simple taik. 

39. Il n'y a presque pas de dérivés barmans ; on ne peut 
compter pour tels que les substantifs formés par le pré- 
fixe a , et les adverbes formés par la répétition d'un mot , 
si l'on ne veut pas regarder comme dérivation l'affinité 
entre-les racines actives qui commencent par une consonne 
aspirée et les racines passives ou neutres dont l'initiale 
est une non- aspirée. Des racines actives pour devenir pas- 
sives ou neutres, changent fréquemment leur initiale as- 

10. 



148 GRAMMAIUE BAUÎVIANT:. 

pirée en une iion-aspiree ; et l'insertion d'un h remplace 
l'aspiration pour les consonnes qui n'ont pas d'aspirées 
qui leur répondent, c'est-à-dire pour les nasales et les 
demi-voyelles. Outre les modifications en actifs, passifs 
ou neutres les racines aspirées et non-aspirées se distin- 
guent aussi quelquefois par d'autres modifications de sig- 
nification , tandis que au contraire quelques-unes d'entre 
elles ont le même sens, s'il ne faut pas plutôt regarder 
comme inexacte l'orthographe de ces dernières. Exemples : 
Rja Jeter et kja Tomber ; pjaek ou le composé f)J8ek-|îh 
Détruire , ruiner , pjaek ou le composé pjaek-zih Etre dé- 

A 

truit, ruiné, tomber en ruines; ^rî Remplir, pi^i Etre 
rempli ; lliut Délivrer , mettre en liberté , lut Etre libre ; 
îîjauk Effrayer , kïauk Craindre ; nap Etre pressé entre 
deux corps; nhap Presser entre deux corps, couper, ton- 
dre , (presser entre les ciseaux) , d'où nhap Ciseaux , te- 
nailles etc. ; mhî et mî Atteindre , trouver , toucher. 

40. Beaucoup de mots palis se trouvent dans le bar- 
man; les altérations qu'ils j subissent ne suivent pas de 
règles fixes. Quelques-uns sont conservés sans change- 
ment , comme lauka (lôka) Le monde , pana Respiration , 
vie, âme, prâna en sanskrit, sati Recueillement, souvenir, 
smriti en sanskrit, gati Passage à «n autre état, conduite, 
caractère, pakati La nature, prakriti en sanskrit. 

D'autres suppriment l'a final qu'ils ont dans le pâli, 
comme liân Connaissance , intelligence , mân Orgueil ," co- 
lère ; des mots palis iiâna et mâna , gnàna et mâna en 
sanskrit. 

D'autres suppriment la voyelle finale si le mot se ter- 
mine par une consonne simple , et changent en 6 la voyelle 



DES MOTS. 149 

avant cette consonne, qui alors ne se prononce pas; comme 
bol Force, valeur, troupes, officier supe'rieur, de bala , 
pôl Fruit, gain, recompense, de fjala , kusôl Bonheur, 
de kusala ; bala , jiala et kusala eu sanskrit. 

D'autres suppriment avec la voyelle finale la consonne 
qui la précède , si elle est double , comme mapg- Route , 
chemin , de magga , ^aek Roue de cakka ; màrga et cakra 
en sanskrit. 

D'autres qui se terminent par une consonne composée 
suivie d'une voyelle, suppriment celle-ci avec la dernière 
consonne et rendent longue la voyelle qui précède alors 
la consonne finale; comme dàn Châtiment de daiida. 

D'autres suppriment l'a final et changent la voyelle qui 
précède une consonne finale simple en u (ou o), comme za- 
napod Une contrée habitée , un petit village , de ganapada, 
pod Un vers, de pâda, upos Jeune, de «posaïa, où le ïa 
aussi a été supprimé, suppression de la syllabe finale qui 
a également lieu dans d'autres mots. 

On reconnaît généralement les mots dérivés du pâli à 
la forme abstraite sous laquelle ils se trouvent; ils sont 
alors ordinairement suivis d'un verbe barman avec la ter- 
minaison sï. Exemples : sati-pru-si Prendre soin , sati-ra-sï 
Recueillir , se ressouvenir , de sati Soin , recueillement , 
pru Faire, et ra Obtenir, trouver; àma-îian-sf Acquiescer, 
consentir , de âma Consentement et îian Prendre , obtenir , 
souffrir; gati-si-sî (II) est (un homme de) caractère, et 
pakati-|i-sï (II) est naturel, ou dans son état naturel, 

A 

composes avec si Etre. Mais quelquefois la terminaison sî 
est aussi jointe au nom dérivé du pâli sans interposition 
d'un verbe , comme saenkà-sï Doute. 



150 GRAMMAIRE BARMANE. 

DES NOMS. 

41. Les rapports des noms exprimés dans les langues 
polysyllabiques par des inflexions , des prépositions et 
quelquefois des postpositions , ne le sont en barman que 
par des postpositions, que les grammairiens palis re- 
gardent comme autant d'inflexions , nommées wibat , en 
sanskrit vibakti , qui se joignent indifféremment à tous les 
substantifs et aux deux nombres , et dont ils forment une 
espèce de déclinaison dans le but de faciliter les traduc- 
tions du sanskrit et du pâli en barman. 

42. Ils distribuent ces postpositions entre les sept cas 
du sanskrit, qu'ils désignent par les noms des ordinaux 
palis avec quelques altérations ; mais quand il est question 
des cas en construction avec un verbe , on les distingue 
par des noms palis particuliers , dérivés du sanskrit. Les 
noms des cas sont les suivans : 

1. Nominatif, paï^ama Le premier, ou katta l'agent, 
en sanskrit kartà. 

2. Accusatif, dutija le second, ou kamma ou kan l'ob- 
jet , en sanskrit karma. 

3. Instrumental , tatija le troisième , ou karan l'instru- 
ment , en sanskrit karana. 

4. Datif, catutti le quatrième, ou sampadân le don- 
nant, en sanskrit sampradàna. 

5. Ablatif, pancami le cinquième, ou apâdàn le pren- 
nant , en sanskrit apâdâna. 

6. Génitif, cafi le sixième, ou sambancla ou sampan le 
conjonctif, ou sâmi le possédant, en sanskrit sambanda 
ou svâmi. 



DES IV OMS. 



151 



7. Locatif, sattami le septième, ou adikaïaiia le com- 
preiinaut , en saiiî^krit e'galement auikaraiia. 

Le Vocatif, sambôdana en sanskrit, se nomme en bar- 
man àlop Le cas de familiarité , du sanskrit àlàpa Adres- 
sant quelqu'un, parlant à quelqu'un. On le distingue en 
pîjaAvacana Amical , du sanskrit prijavacana , en àdara 
Respectueux , et anàdara Irrespectueux , mots sanskrits 
conservés sans changement, et en guraka Grave ou Révé- 
renciel , du sanskrit guru Un guide spirituel , un père ou 
quelque autre vénérable parent mâle. Les grammairiens , 
d'après ceux de l'Inde, ne regardent le vocatif que comme 
une forme particulière tlu nominatif; mais il n'en prend 
pas les terminaisons, et les particules qui l'indiquent se 
mettent avant le nom. 

43. Des deux nombres le singulier se nomme èkawo^ 
et le pluriel bahuwoz, des termes palis et sanskrits èka- 
vacana et bahuvacana, qui signifient \ oix de l'unité et 
Voix de pluralité. 

Le pluriel se forme par l'insertion de la syllabe tô entre 
le nom et les postpositions exprimant les cas. Mais la po- 
sition et les rapports d'un mot suffisent souvent pour in- 
diquer le pluriel, sans qu'on ait besoin de se servir de la 
particule to. 

L'article défini n'étant pas exprimé dans le barman , 
ce sont encore ces rapports qui , eu traduisant du barman 
dans une langue qui fait usage de l'article , détermineront , 
s'il faut le mettre ou non. 

44. Les postpositions employées pour les cas sont les 
suivantes : 

1. Nominatif, sï, kàh. 



152 GRAMMAIRE BARMAAE. 

2. Accusatif, ko; sô Vers, à. 

3. Instrumental, sî Par; ^raen Avec, par; nhœn Avec; 
kraun ou kraun Pour, à cause de. 

4. Datif, âli A; nhâ Pour, à cause de. 

5. Ablatif, mha, ka De; kraun ou kraun A cause de; 
Caek Plus que; auk Moins que. 

6. Génitif, ï (en), tfiaen, si, ko. 

7. Locatif, nhaik Dans; tûfen Parmi, dans; kraun ou 
ki^aun Relatif à ; mhâ Parmi , dans ; waej Dans ; mû-kâh , 
ra-kâh. 

45. Enjoignant ces postpositions au nom lii Homme 
et au pluriel lû-to Hommes , on forme la déclinaison sui- 
vante : 

Singulier. 

1. Nom. lû-sî , lû-kâh Un homme , l'homme. 

2. Ace. lû-kô Un homme ; lû-sô Vers un homme. 

3. Instr. lû-sî Par un homme ; lû-praen Avec , par un 

homme ; lû-nhaen Avec un homme ; lû-kraun 
Pour un homme , à cause d'un homme. 

4. Dat. lù-âh A un homme; lû-nhâ Pour un homme, 

à cause d'un homme. 

5. Abl. lû-mha , lû-ka D'un homme ; lù-kraun A cause 

d'un homme ; lû-faek Plus qu'un homme ; lû-auk 
Moins qu'un homme. 

6. Gén. lû-ï, lû-tûaen D'un homme. 

Y. Loc. lû-nhaik , lû-tûaen Dans un homme ; lû-kraun 
Relatif à un homme. 



DES NOMS. 153 

Pluriel. 

1. Nom. lii-t<5-sï, lû-to-kàh Hommes. 

2. Ace. lû-to-kô Hommes ; liî-to-sô Vers des hommes. 

3. Instr. lû-tô-sï Par des hommes ; h\-tô-f)raen Avec , par 

des hommes ; hl-tô-nhaen Avec des hommes ; 
lû-té-kraun Pour des hommes , à cause d'hommes. 

4. Dat. hi-tô-àh A des hommes ; lù-to-nhà Pour des 

hommes, à cause dhommes. 

5. Abl. h\-to-mha , hl-tô-ka Dhommes ; h\-tô-kraun A 

cause d'hommes ; h\-tô-lfek Phis que des hom- 
mes ; lù-tô-auk Moins que des hommes. 

6. Géu. lû-tô-ï , h*i-t6-tûaBn D'hommes. 

î. Loc. Iû-t6-nhaik Dans des hommes ; h\-tô-tiiaen Parmi 
des hommes , dans des hommes ; h\-to-kraun Re- 
latif à des hommes. 

Il manque dans la déclinaison précédente les signes du 
génitif, sï et ko, qui ne peuvent exprimer que rarement 
le génitif pâli ; le signe du locatif wasj Dans , qu'on ne 
peut joindre qu'aux noms, de choses et non point aux 
noms d'êtres animés ; le signe du locatif mhà , qui , ayant 
la même signification que tiiaen , ne se joint pas aux noms 
de personnes ; et les signes miikàh et rakàh qui ne se 
mettent qu'avec quelques pronoms dans des significations 
particulières. On trouvera dans la syntaxe quelques règles 
sur toutes ces postpositions. Observons seulement ici que 
de deux noms mis immédiatement l'un après l'autre le 
premier est au génitif gouverné par le second. 

46. Le vocatif est exprimé ou par quelque particule 



154 GAMMAIRE BARMANE. 

vocative avant le nom , ou en plaçant le nom a u commence- 
ment d'une phrase. On le met alors dans l'écriture entre 
les sig;nes de ponctuation , comme il maenh-krîh il O roi ! 
Le pluriel est formé par la particule to , mais sans jonc- 
tion de la terminaison du nominatif sî. Le vocatif peut 
être précédé de plusieurs adjectifs qui s'y rapportent , ou 
former un composé de difFérens mots. Exemple : 

bonh-tâu-alûn-krîh- mrat- tâumû-lhâ-sau- asaen- 
Gloriose maxime excellens nohilis domine 

maenh-mrat ! 

rex ! 

47. On se sert ordinairement des particules vocatives 
suivantes , auxquelles on peut joindre les titres de civilité 
ou d'honneur, qu'on traduira par Monseigneur, Monsieur, 
Madame , Mademoiselle etc. 

La particule aïcraen ou aïijaBn exprime le respect; elle 
est employée en adressant la parole à des égaux , ou à 
des inférieurs d'une manière obligeante, et s'applique aux 
deux genres. Ce mot signifie proprement quelqu'un qui 
appartient à, ou qui est en connexion avec quelque autre, 
un compagnon , un ami. Exemples : 

nà-nhcBij tû-sau aïiraen nat sàh ! 
me-cum intr o tu deorum Jili ! 
O fils des dieux , égal à moi. 

aïijaBn prî sû-prl-sâh-to ! 

O vos civitatis incolue ! 

48. La particule a-paBJ est employée de la part des 
maris envers leurs femmes et quelquefois envers d'aulres 



DES KOMS. 155 

femmes en parlant d'une manière obIig;eante; comme a-paej 
mi-burâh-krih O reine! a-paej mi-buràh-tô O femmes du 
second rang- ! 

49. La particule a-maenh marque un manque de re- 
spect, comme a-maenh- tô O vous. 

kfiaej , au pluriel kûaej-tô et par corruption kùaej-rô et 
ka-rô, est une particule vocatiTe, ou un pronom de la 
seconde personne , masc. et fe'm. dont les hommes font 
usage envers des égaux ou des inférieurs. 

50. La particule haej ou hœ n'est employée que par 
des supérieurs envers des gens entièrement inférieurs et 
des bètes , et dans un sens de mépris ou de dédain. Ex. haej 
sû-Rôh Ah voleur ! haej Rùèh Ah chien ! haej ujjîn-^aun- 
si-sû Ah jardinier ! 

51. La particule 6 marque le respect, mais elle est 
rarement employée. Ex. ô nat sàh O fils des dieux. 

52. La particule vocative au-au est révérencielle , hâ- 
hà familière ou obligeante , hé-hé irrespectueuse. Elles 
sont peu en usage et dérivent du pâli , de même que les 
particules vocatives habbau , harê et hé. 

53. En adressant la parole à des gens d'un rang plus 
élevé, les hommes emploient le terme îcaen-bjàh Mon- 
sieur , madame , qui est une corruption des mots sa-Raen 
et burâh. 

54. ba-krîh Un vieillard , un grand-père , est un terme 
de respect employé de la part des jeunes gens envers 
des personnes âgées. On met également fôh, de a-jpôh 
Grand-père , devant les noms d'hommes âgés. 

55. Le mot kôj ou plutôt ko Monsieur, de ft-kô Un 
frère aine, se met devant les noms d'hommes pour mar- 



156 GRAMMAIKE BAUMANE. 

quer l'amitié ou le respect , principalement si ceux-là sont 
plus âgés que celui qui parle. Ex. ko- bô Monsieur Bho , 
kô-maun-nhâu Monsieur Maun-nhâu. On se sert dans le 
même sens d'amitié ou de respect du composé kô-saen 
Monsieur , qui d'ailleurs sig-nifie un novice et qu'on pro- 
nonce ordinairement kô-jaen. Le terme simple saen Mon- 
sieur s'emploie également. On met encore ^au devant les 
noms propres pour marquer le respect ; mais dans la con- 
versation il indique g^énéralement l'ironie. Le mot a-^au , 
dont il dérive, Monseigneur, Monsieur, Madame, Ma- 
demoiselle, est siamois; les Barmans s'en servent pareille- 
ment, et le regardent comme synonyme de a-sœn Mon- 
sieur et de saen-ma Madame. Le composé saen-zau Seigneur, 
n'est employé qu'en parlant à une divinité. 

5(». On met maun (Le frère d'une femme) , avant les 
noms d'hommes d'un rang égal et de tout âge; c'est un 
terme poli ou de respect, mais quelquefois aussi il est ir- 
respectueux et même dédaigneux. Ex. maun-au Monsieur 
Au , maun-sûê-maun. Le composé maun-saen est en usage 
principalement de la part des femmes envers des hommes 
plus jeunes que celle qui parle. 

Les supérieurs en parlant à des inférieurs mettent na 
devant le nom de ces derniers, comme na-maun, na-sûê- 
ûh. — Voyez 61 pour takâ et takâma. 

5î. Le mot nâêh ou nœ Un ami , une amie , est employé 
de la part des femmes pour adresser la parole à d'autres 
femmes ou à leurs maris ; et par les hommes en parlant 
à leurs femmes ou à d'autres femmes, à des égaux ou à 
des inférieurs. 

Le mot tau est employé par les femmes en adressant 



1)ES >OMS. 157 

la parole aux deux sexes ; c'est un terme impoli mais qui 
n'est pas irrespectueux. 

58. On met maej , de a-maej Mère , avant les noms de 
femmes, mot qui marque la sincérité ou le respect; comme 
mapj-ûh Madame Uh. Le composé maej-mœnh employé 
envers les femmes est un terme irrespectueux ou qui mar- 
que la colère. Si le rang; est égal , on se sert de ma , dé- 
rivé de ït-ma Soeur ainée , comme ma-pûaen Madame 
Pûaeii , ma-nî Madame Ni. 

Le mot a-mi Fille (proprement jMère) s'emploie pour 
adresser la parole d'une manière affectueuse à des femmes 
ou filles plus jeunes que celui qui parle. Abrégé en mi il 
se met devant leur nom et marque une supériorité de celui 
qui parle. 

On trouve encore dans les livres barmans le mot nauij 
Frère aine d'un homme, et qui autrefois était employé 
par les hommes en adressant la parole aux femmes. 

59. Les grammairiens attribuent aux noms les trois 
genres, linga (ou leinga), qui se nomment en pâli pun- 
linga le masculin , (comme en sanskrit) , ittilinga le fé- 
minin, (strilinga en sanskrit), et napunsakalinga le neutre, 
(de même qu'eu sanskrit). Ils classent comme masculins 
tous les mots qui signifient des mâles, féminins tous ceux 
de femelles , et neutres tous les noms de choses inanimées. 

60. Les deux genres dans l'espèce humaine sont dis- 
tingués par les mots jauk-kjàh ou jauk-jàh Mâle, et mein- 
ma , meinli-ma ou meim-ma Femme ; comme lû-jauk-jàh 
Un homme, lii-meim-ma Une femme. 

Le masculin des noms d'animaux est généralement for- 
mé par la jonction du mot Cih Mâle , le féminin par celle 



158 GRAMMAIRE BARMANE. 

du mot ma Femelle, (dans l'état isolé aïih Un mâle et 
ama Une femelle) , immédiatement après le nom et avant 
les sig-nes de nombre et de cas. Ex. nfiâh-fîh Taureau , 
nûàh-ma Vache , "kiiêh-ïîh Chien , kùêh-ma Chienne , mrùê- 
ïih Serpent mâle, mrûê-ma Serpent femelle. 

Pour former le masculin des noms d'oiseaux on se sert 
g-énéralement du mot pa (de a^a Père) , et quelquefois du 
mot ^61 , tandis que ma indique le féminin , comme kraek- 
pa Coq , kraek-ma Poule ; nanh-pol Le mâle de l'oie , de 
nanh Une oie. 

Les affixes pol et ma servent encore quelquefois à dis- 
tinguer les hommes et les femmes , comme mot-|ôh-{Jôl 
Un homme veuf, mot-|ôh-ma Une veuve; ra-hanh Un 
prêtre , ra-hanh-ma Une prêtresse. 

61. Les prêtres en adressant la parole à des laïques 
emploient le terme ta-kâ pour désigner un homme , et ta- 
kâ-ma pour désigner une femme, mots dérivés du sanskrit 
et pâli dâraka Fils, enfant. Ce ta-kâ précède quelquefois 
d'autres mots pour former des masculins, et le mot ka-tau 
ou ka-tâu les suit pour former des féminins; les mots 
ainsi composés indiquent quelque emploi ou des personnes 
au-dessus du peuple. Ex. takâ-maenh Gouverneur, maenh- 
katâu Gouvernante; |arâh Précepteur, maître, (âcârja en 
sanskrit) , |arâh-katâu Maîtresse. 

D'autres noms sont , à ce qu'on prétend , formés d'une 
manière irrégulière; tels sont jaukjâhUn mâle, un homme, 
meimma Une femelle, une femme; sâh Fils, vSa-mîh Fille; 
a-jia ou a-ba Père, a-mi ou a-mî Mère; ît-kô Frère aine 
d'un frère, ït-ma Soeur ainée d'une soeur; saerj-bu-raen 
ou saen-ba-raen Roi , mi-bu-ràh ou mi-lju-râh Reine. 



DES >OMS. 159 

62. Les mots barmans de notre première classe (Voyez 
38), qui isole's n'ont qu'une signification entièrement vague, 
forment avec l'affixe sï et avec d'autres particules une 
espèce de participes qui remplacent les verbes d'autres 
langues, comme kaunh Bon, kaunh-sî Etant bon, est 
bon etc. mrat Excellent, mrat-sï Etant excellent, est ex- 
cellent etc. 

Avec le préfixe a ils forment des substantifs et adjec- 
tifs qui prennent tous les signes de cas excepté celui du 
nominatif sï; comme a-kaunh Le bon, la bonne, la bonté 
etc. a-lha Le beau , la belle , la beauté etc. a-krîh Le 
grand , le chef etc. a-napj Le jeune , le petit etc. a-nfej-àh 
Au jeune , au petit , à la jeune , à la petite , a-naej-to-àh 
Aux jeunes , petits ou petites. 

Comme adjectifs sans le préfixe a ils peuvent précéder 
ou suivre le substantif avec lequel ils forment toujours 
un composé. Dans le premier cas on met une des parti- 
cules conjonctives sï ou sau entre l'adjectif et le substan- 
tif; dans le second cas on joint l'adjectif immédiatement 
au substantif. Ex. kannli-sF-lii , kaunh-sau-lù ou lù-kaunh 
Un bon homme ; Iha-sî-meimma , Iha-sau-meimma ou 
meimma-lha Une belle femme ; lù-prû Un homnfe blanc ; 
lù-mjàh Homo multus , beaucoup de gens ; nûàh-kaunh 
Lne bonne vache; rè-eh Eau froide. 

Si l'adjectif est formé avec le préfixe a , il se met de- 
vant le substantif, soit immédiatement, soit avec insertion 
de la particule conjonctive sau; comme amrat-lù ou amrat- 
sau-lii Un homme excellent. 

Les particules conjonctives sï et sau répondent à peu 



160 GRAMMAIRE BARMANE. 

près au pronom qui; ainsi kaunh-sï-lû ou kaunh-sau-lû 
signifient proprement l'homme qui (est) bon. 

On réunit aussi plusieurs adjectifs pour former des 
composés avec un substantif; comme kaunh-mrat-sau- 
u^^â Une très-excellente chose, Iha-mi^at-sau-meimma-sï 
Une très-belle femme. 

Un adjectif composé suit rarement son substantif; mais 
un adjectif simple le suit fréquemment , et on met alors 
arbitrairement le signe du nominatif, comme lû-kaunh ou 
lû-kaunh-sï Un bon homme ; lû-mrat ou lû-mrat-to-sï 
Des hommes excellens; meimma-lha ou meimma-lha-sï 
Une belle femme. 

Dans la conversation on redouble quelquefois l'adjectif 
joint au substantif pour marquer une espèce de superla- 
tif; comme lû-mrat-mrat Un très-excellent homme. 

Tous les composés précédens prennent après leur der- 
nier membre les signes de nombre et de cas, comme lû- 
mi^at-mha De l'excellent homme , lù-mrat-to-mha Des 
excellens hommes ; mrat-si-lû-to-tiiaîn ou mrat-sau-lû-to- 
tùaBn Parmi les excellentes gens. 

63. Ces composés prennent également après leur der- 
nier membre les signes qui servent à distinguer le genre , 
si le substantif ne le marque pas déjà, comme kiiêh-rûh- 
Cîh Un chien enragé , ïîûêh-rûh-ma Une chienne enragée ; 
îîûéh-naej-tili Un jeune chien , îiùêh-nœj-ma , naBJ-sï- 
kûêh-ma ou ngej-sau-ïcùêh-ma Une jeune chienne; jauk- 
jâh-naej Un jeune homme, meimma-naej Une jeune femme. 
Des adjectifs employés comme substantifs prennent 
aussi quelquefois les signes de genre, comme en parlant 
d'animaux a-r)<TRJ-Cih Le jeune ou le petit , a-nay-ma 



DES NUMERATIFS. 161 

La jeune ou la petite , a-lha-fîh Le beau , a-lha-ma La 
belle. 

64. Il y a encore quelques adjectifs qu'on ne peut pas 
employer aussi comme verbes. Tels sont a-ka-lèh ou a-ka- 
lè Enfant, petit, qui joint à un substantif perd l'a initial; 
â-kâ Brave , habile , remarquable , qui généralement pré- 
cède les substantifs , mais qui quelquefois les suit aussi ; 
tain ou tainh Chaque, tout, (Voyez 259), ta-kâ Tout, 
le tout, tau Excellent, (Voyez 236), ma Principal, mots 
qui se placent après les substantifs , comme lamh-ma 
Route principale. Ce dernier adjectif dérive de ama Fe- 
melle, mère, et indique ce qui est la principale entre 
autres choses, ou qui en est comme la mère. 

65. Le comparatif est géne'ralement formé en mettant 
avant les adjectifs sâ-rûé , lûn-rûé , tôh-rûé , et encore 
d'autres participes. Quelquefois on met aussi devant l'ad- 
jectif un participe qui se termine en sa-^raeu Par. Ex. sâ- 
rûé- , lûn-rûé- , ou tôh-rûé-mrat-sf Est plus excellent ; 
lûn-safraBn-kaunh-sî Est meilleur. (Voyez 284). 

Le superlatif est formé en mettant ^ûà après, ou a-lûn 
avant l'adjectif simple ou composé , ou en mettant celui-ci 
entre ces deux mots, comme mrat-zûâ, a-lûn-mrat-sï ou 
a-lûn-mrat-zùâ Très excellent ou le plus excellent. 

On met également après l'adjectif l'affixe fonh (Fini, 
achevé), comme a-mrat-2onli-lû , a-mrat-|onh-sau-lû ou 
lû-mrat-£onh Un très-excellent homme. 

DES NUMÉRATIFS. 

66. Les Barmans n'ont dans leur langue que des car- 
dinaux, mais ils font usage des ordinaux palis, s'ils en 

11 



16'i 



GUAMMAIIIE BARWIANE. 



ont besoin, qui, à l'exception des premiers douze, sont 
les mêmes que les cardinaux. 



Chiffres. Cardinaux Cardinaux 

barmans. palis. 

1. 3 ït ou tft. êka. 

2. I nhît. dûi. 

3. O som ou son ou sonh. ti. 

4. c lé ou lêh. catu. 

5. c\ nâ ou (làh. panca. 

6. (5 îîjauk. ca. 
7.^ ïiu-nhit ou îiïin-nhit. satta. 
8. sït. a ta. 



Ordinaux 
palis. 

pafama. 
dutija. 

tatija. 

catutta. 

pancama. 

cafama. 
sattama. 
atama. 



9. (^^ ko ou kôh. nawa. 

10.30 |aBJ, ta|aej, a|aBJ ou a|«. dasa. 

11. 2aBJ-tït ou ta|aBJ-tît. êkâdasa. 

12. |aej-nhît ou ta|(ej-nhît. dûâdasa. 

13. |aBJ-sonh ou ta|aBJ-sonh. têrasa. 

14. gaBJ-lêh ou tagaej-lêh. cuddasa. 

15. 2aej-nâh ou tagaej-nâh. panasa. 

16. |aej-îcjauk ou ta|aej'-kjauk. saulasa. 

17. laBJ-kûn-nliît ou ta|jej-îiùn-nhït. sattarasa. 

18. |8Bj-sît ou tafaej-sit. aïàrasa. 

19. faej-kôh ou taZaej-kôh. nawâdasa. 

20. nhrt-gœj. wîsati. 



nawama. 
dasama. 
êkàdasama. 
dûâdasama. 



DES MIMKRAXrFS. 163 

21. nhït-faej-tït. ekâwîsati. 

22. nhït-gaBJ-nhrt. dûàwisati. 

23. nhrt-laBj-sonh. têwîsati. 

24. nhît-|aBJ-lèh. catuwîsati. 

25. nhrt-|aBJ-nàh. pancawîsati. 

26. nhft-|apj-îijauk. ^abwîsati. 

27. nhrt-|aBJ-ïifin-nhît. sattawîsati. 

28. nhît-|<BJ-sît. aÇawîsati. 

29. nhit-|aej-kôh. nauwisati. 

30. sonh-2aBJ. tinsa ou tinsa. 

31. sonh-|apj-trt. êkâtinsa. 

32. sonh-|fej-nhît. dùâttinsa. 

33. sonh-|aBJ-sonh. têttinsa. 

34. sonh-|aej-lèh. catutinsa. 

35. sonh-|cej-nâh. pancattinsa. 

36. sonh-|aeï-îcjauk. cattinsa. 

37. sonh-|aej-ïiiin-nhrt. sattatinsa. 

38. sonh-giBJ-sït. afatinsa. 

39. sonh-2aej-kôh. nawatinsa. 

40. lêh-faej. cattâlîsan. 

41. lêh-|aej-tït. êkacattâlîsan. 

42. lêh-|cej-nhït. dûàcattâlîsan. 

43. lêh-faej-sonh. têcattâlîsan. 

44. lêh-faBJ-lêh. catucattàlîsan. 

45. lêh-2aej-nâh. pancacattâlîsan. 

46. lêh-|aBJ-îijauk. cacattâlîsan. 

47. lêh-2aej-îcùn-nhït. sattacattâlîsan. 

48. lêh-|aBÏ-|ït. aÇacattâlisan. 

49. lêh-faBJ-kôh. nawacattâlîsan. 

50. nâh-êaej. panàsan. 

11. 



164 GRAMMAIRE BARMANE. 

51. g[âh-|aBJ-tït êkâpaiiâsan. 

52. nâh-|aBJ-nhFt. dûâpanâsan. 

53. nâh-Saej-sonh. tipanâsan. 

54. nâh-2aBJ-lêh. catupaiiâsan. 

55. nâh-2aej-nâh. pancapaiiâsan. 
66. nàh-|aej-îîjauk. capaiiâsan. 

57. nàh-gaej-îîûn-nhït. sattapaiiàsan. 

58. nâh-gaej-sît. aÇapanâsan. 

59. nâh-gaej-kôh. nawapanâsan. 

60. îîj'auk-|aBJ. caÇî ou safî. 

61. ïijauk-5aej-tft. êkâsafî. 

62. îîj'auk-|aBj-nhît. dùâsaÇî. 

63. îijaiik-|aeï-sonh. têsaîi. 

64. ïtjauk-|aBj-lêh. catusaÇi. 

65. îîjauk-f aej-nâh. pancasafî. 

66. îijauk-|aej-îtjauk. casaÇî. 
6T îijauk-|aej-îtùn-iihît. sattasaÇi. 

68. îtjauk-|aBj-sft. àfasaCi. i 

69. îîjauk-2aBJ-kôh. nawasafî. 

70. îiûn-nhît-|<ej. sattati. 

71. kûn-nhït-|aej-tît. êkâsattati. 

72. îiûn-nhït-Saej-nhïl. diiâsattati. 

73. îcûn-nhft-2aBJ-sonh. têsattati. 

74. îtiin-nhït-|aBÏ-lêh. catusattatî. 

75. î^ûn-nhît-laej-nâh. pancasattati. 

76. îîùn-nhft-|8ej-îîjauk. casattati. 

77. îiûn-nhît-|aBJ-îtûn-nhït. sattasattati. 

78. îcûn-nhit-|aej-sît. afasattati. 

79. ïifin-nhït-2aBJ-kôh. iiawasattati. 

80. sft-2aBJ. asîti. 



DES NUMERATIFS. 



165 



81. sft-faej-tït. êkàsîti. 

82. sît-faej-nhît. dûàsîti. 

83. sît-faBJ-sonh. tajausîti. 

84. |ît-faej-léh. caturàsîti. 

85. «t-zaej-nàh. paiicàsîti. 

86. |rt-zaej-îijauk. caasîti. 
8Î. |ît-5apj-îiùn-iihit. sattâsîti. 

88. |ït-zaej-|ït. a^àsîti. 

89. sït-zaej-kôh. nawàsîti. 

90. kôh-zaej'. nawuti. 

91. kôh-zapj-tït. ckaiiawuti. 

92. kôh-zaej-nhît. dûàuawuti. 

93. kôh-zaej-sonh. tajaunawuti. 

94. kôh-zaej-lèh. cattàrinawuti. 

95. kôh-zaej-nàh. • pancanawuti. 

96. kôh-faej-îijaiik. canawuti. 

97. kôh-zaej-îcùn-nhït. sattanaAvuti. 

98. kôh-zaej-sît, afanawTiti. 

99. kôh-zaEJ-kôh. nawanawuti. 
100. ta-râ. satan, 

200. nhït-râ. dûàsatan. 

1000. Cauij ou tataun ou taun eic. sahassan. 
10,000. saun ou tasaun ou saunh etc. dasasahassan. 
100,000. sein ou tasein ou seinh etc. satasahassan ou 

likkan. 
1,000,000. San ou tasan, dasasatasahassan. 

10,000,000. kutê ou takuté. satadasasahassan (?) 

ou kauti. 
Les chiffres se joignent ensemble de la même manière 
que les nôtres. 



166 GllAMMAIRE BAllMASE. 

6Î. En barman le nom de l'unité, s'il précède un autre 
mot ou un numératif, est ta, qui sert à déterminer d'une 
manière précise les nombres qui commencent par l'unité. 
On le met de la même manière que les numératifs qui 
peuvent le remplacer , comme lû-ta-saunh Dix mille 
hommes , lû-nhit-saunh Vingt mille hommes , mais on 
l'omet aussi quelquefois , à ce qu'il paraît , tout comme 
dans l'allemand, où l'on dit souvent indifféremment e'm- 
tausend ou tuusend. Cependant rà pour tara Cent, (écrit 
trâ par Hervas), ne parait pas en usage. 

Le nom de l'unité êka est écrit èkâ s'il précède lui autre 
nombre, ce qui en sanskrit n'a lieu que pour êkàdasa; 
il est écrit êka dans les nombres 41 et 91. L'orthographe 
y manque probablement de précision. 

68. On joint souvent mrauk Élevé , à un nom de temps 
précédé d'un nombre barman , pour rendre celui-ci ordi- 
nal; comme idiît-raek-mrauk Le second jour; sonh-raek- 
mi^auk né-tûaen Au troisième jour, raek et né signifient 
tous les deux Jour, mais le premier y comprend la nuit; 
soiih-kreim-mrauk La troisième fois; kûn-nhît-nhit-mrauk 
nhît-tûain Dans la septième année ; nhït Année est répété 
ici comme il se trouve ci-dessus deux mots pour Jour; 
sàh-nhit-jauk-mrauk Le second fils, (Voyez 186). 

69. Pour comparer des numératifs l'on joint maka 
Plus que, à celui avec lequel la comparaison est faite; 
comme ta-kjap-ïtek-maka ou ta-kjap-maka Plus qu'un 
tical ; ta-seinh nhît-seinh-maka alûn-mjâh-ï II est plus que 
cent mille ou deux cent mille. 

70. Les numératifs proportionnels sont formés en jnet- 
tant |a après les nombres cardinaux au-dessous de dix , 



DES PRONOMS. 1H7 

et af a ( Une quantité , portion , ) devant ceux au-dessus de 
dix, comme sonh-za Triple, aza-nàh-faej Cinquautupie. 

71. Le mot lî Fois, se joint aux nombres, et sert à 
multiplier, où le multiplicateur suit le nombre à multi- 
plier ; comme sonh-li Trois fois , nàh-li Cinq fois , nàh-|ay 
nâh-li Cinq fois cinquante , |cejléh sonh-li Trois fois qua- 
torze. 

72. Des numératifs fractionnaires sont akramh ou 
aïcjamh , awaek , tawaîk , Caek-waek Moitié , demi , azeit Un 
quart , qu'on met après les noms qu'ils servent à diviser. 

DES PRONOMS. 

Î3. Les pronoms s'appliquent en partie aux trois gen- 
res; ils prennent en géne'ral les mêmes signes de nombre 
et de cas que les autres noms. 

74. Les pronoms personnels se distinguent en pronoms 
honorifiques , en pronoms de familiarité ou dégalité , et 
en pronoms d'infériorité. 

75. Le pronom nà Je , moi , mosc. et fe'm. est employé 
lorsque la personne qui parle veut marquer sa supério- 
rité , et n'est en usage qu'en s'adressant à des inférieurs. 
Des personnes de distinction se servent aussi du pluriel 
de nâ, ou quelquefois à sa place de la particule du pluriel 
tô seule , comme 

nâ-tô-ï mrèh- tàu-kàh 

]S osier îiepos regius 
Mon petit-fils; 

tô-ka a-mein pèh- prih-pi"îh 

a-nohis sermo datus factus 
J'ai donné Tordre. 



168 GRAMMAIRE BARMANE. 

76. Le mot kjûii Un sujet ou esclave, sert à former 
difFéreiis pronoms personnels : kjûn-nop ou kjùn-not Je , 
moi, masc, eife'm. marque l'égalité ou la familiarité; on 
le prononce communément kja-nop ou kjop. 

77. Les pronoms Icjûn-tâu (Un sujet ou esclave du roi) , 
Je, moi, musc, et kjûn-tàii-ma Je, moi,yem. ou kjiin- 
ma et par abréviation kja-ma (Une esclave) , sont em- 
ployés par des inférieurs en parlant à des supérieurs. Les 
gens de condition en font également usage en «'adressant 
à leurs égaux. 

78. Les pronoms de la seconde personne kôj-tàu et 
kôj-^a-laej Vous , masc. et fem. sont employés seulement 
de la part des inférieurs envers des supérieurs. 

79. Le pronom sœn Tu , toi , masc. et fém. s'emploie 
par des supérieurs envers des inférieurs , ou par des per- 
sonnes en familiarité ensemble en parlant d'une manière 
polie. On s'en sert principalement par écrit. Le pluriel 
saen-tô s'emploie quelquefois à la place de kôj-tâu , comme 
dans l'exemple suivant : 

maenh-krîh î saen-to kaej-mha ïtjamh-sâ-ra- 

O rex ! te juvante salutem invenire 

nhain-pâ-mî 

potero (^259) 

O roi ! si vous m'aidez , je serai sauvé. 

80. Les pronoms maenh Tu , toi , masc. et maenh-ma 
fém. sont employés envers des personnes un peu infé- 
rieures ou d'un rang égal, et en familiarité; maun-maenh 
(de maun Le frère d'une femme) , Tu , toi , masc. s'em- 
ploie de la même manière et envers des inférieurs ; maerjh- 



I)KS PUOINOMS. 169 

mat et ma-mat qui avaient le même sens, ne sont plus eu 
usage. La dernière syllabe de ces pronoms, mat, signifie 
et le frère cadet d'un mari , et le mari de la soeur cadette 
d'une femme. 

Le pronom kfiay Tu, toi, masc. et fém. est employé 
de la part des hommes envers des e'gaux ou des infé- 
rieurs ; le pluriel kûaej-to est changé quelquefois en kûaej- 
ro et encore en ka-rô. 

81. Le pronom naen Tu , toi , masc. et fem. est em- 
ployé par des supérieurs envers des inférieurs ou des ani- 
maux et généralement dans un sens de mépris. 

Dans les cours de justice on se sert du pronom ïîjienh 
masc. et fém. Vous , (dérivé de aîijaenh , Voyez 47). On 
le prononce gjaenh. 

82. Le pronom su Une personne , il , elle , masc. et 
fém. désigne seulement des personnes; toutes les classes 

en font également usage. 

Le pronom saenh Ce , celui-ci , celui-là , masc. fém. et 
neutre., est généralement employé comme un substantif. 

83. Tous les pronoms précédens prennent les mêmes 
signes de cas et de nombre que les substantifs, comme 
nà-sï ou nâ-kàh Je , moi , nâ-tô-sï ou nâ-tô-kàh Nous. 

84. Les adjectifs pronominaux î et sï Ce , celui-ci , tô 
Ce, celui-là, ÏJaej, a&œj ou albœ Qui? que? quoi? quel? 
a-kraen Quel que , tout ce que , qui , que , lequel , pré- 
cèdent les noms ou le pronom su , qui prennent les signes 
de nombre et de cas , comme baej-sù-sï ou baej-sû-kâh 
Qui? quelle personne? quelqu'un, baBJ-sû-to-sï ou baej- 
sù-té-kàh Qui? quelles personnes? quelques-uns. Dans 
tous ces composés on peut aussi mettre la particule con- 



170 GRAMMAIRE BARMANE. 

jonctive sau avant sîi ou le nom avec les signes de cas, 
comme baej-sau-sû Quelle personne? 

85. On joint aux adjectifs pronominaux précédens l'ad- 
jectif pronominal sô Tel , (que Carey écrit toujours s6) 
pour former les composés î-s6 et sî-sô Tel , cette sorte , 
ïà-sô Tel, cette sorte là, baej-sô ou abaej-sé Quelle sorte? 
akraen-so Toute sorte que. Ceux-ci précèdent également 
les noms ou le pronom sii, qui prennent les signes de 
nombre et de cas, mais la particule conjonctive sau se 
met ordinairement entre ces adjectifs pronominaux et les 
noms , comme sô-sau-sii-sï ou -kàh Tel , un tel , une telle 
personne, so-sau-sû-to-sï ou -kâh Tels, baej-sé-sau-sû-sï 
ou -kâh Quelle sorte , quelle sorte de personne , baej-so- 
sau-sû-to-sî ou -kàh Quelles sortes , etc. Dans le locatif 
les adjectifs pronominaux prennent encore en partie les 
signes mhà et mùkàh. 

86. Lorsque le mot hà Chose, sujet, matière, est joint 
à quelque pronom , celui-ci ne prend pas les signes de 
cas et n'entre non plus en composition avec un autre mot , 
comme baBJ-hà Qui. Avec le pronom sï , hâ forme le com- 
posé sï-hà ou sî-nhà Cette chose là , cela. 

87. On forme des adverbes de lieu , plusieurs conjonc- 
tions et d'autres locutions encore en joignant les signes 
de l'accusatif ko et sô, ceux de l'ablatif ka, mha et 
kraun , et ceux du locatif mhà, (tiiaen) et miikàh, au sin- 
gulier des adjectifs pronominaux î , sï , lô , baej , akrien , 
et a l'adverbe jaen Auparavant , autrefois , préalablement. 
Ce dernier mot , jaen , est encore adjectif pronominal , sig- 
niliant Le même, ce, celui-là, et conjonction Que, si. 

88. Les mots sô Tel , aï)aei-sô Quelle sorte , jicn-sô 



DKS PRONOMS. 171 

Une sorte préce'dente , ainsi, si ainsi, tel, comme aupar- 
avant, (qui se rapporte à une phrase précédente), î-sô et 
sï-sô Cette sorte, Îô-s6 Cette sorte là, akraen-sô Quelle 
sorte , employés de la même manière que les mots de la 
règle précédente , n'admettent pourtant pas les signes de 
l'accusatif. On peut à volonté mettre la particule conjonc- 
tive sau avant les signes de cas. 

89. La particule nîh qui se trouve dans plusieurs des 
composés suivans , est interrogative ; la particule hu ou 
hû , (comme l'écrit Carey) , est conjonctive. (Voyez 124). 
Quelques-uns de ces composés sont formés de bon nom- 
bre de mots, semblables en cela à des composés italiens 
tels que conciossiacosachè. 

sô Tel. 

90. sô-ka , aso-ka D'ici , de-là. 
so-mha , aso-mlia D'où, 
so-mhà , aso-mhà En ceci , en cela , y. 
sé-kraun , asô-krauij , sô-sau-krauij , aso-sau-kraun 

Pourquoi, pour que, à cause de cela, 
sô-krauij- ou asô-krauij-nïh-hu-mùkàh , sô-sau-ki^auij- 

ou asé-sau-kraun-nïh-hu-mùkàh Pourquoi , pour 

que, parce que, à cause, pour cela, pour cette 

raison. 

Ces composés se joignent à un mot précédent, 
baej Qui ? que ? quoi ? 

91. bîBJ-kô, abaej-kô Qui? que? où? 
Fjaej-sô, abfCJ-sô Où? comment? 



172 GRAMMAIRE BARMANE. 

baBJ-ka , abaBJ-ka , baej-mha , abaej-mha D'où ? 

bîBJ-mhâ, abaej-mhà Où? en quoi? 

îjaej-krauij , abaej-kraun , baBÏ^nïh-ki'aun , baej-krauij- 

ou abaej-kraun-nîh-hu-inùkàh Pourquoi ? pour 

quelle raison? 

baBJ-s6 Quelle sorte ? 

92. baBJ-sd-ka, abaej-s6-ka Que? quoi? comment? pour- 

quoi ? 
baBJ-so-mha , abaej-sd-mha Où? 
bapj-sô-mliâ , abaej-sô-mhà Où? en quoi? 
t>aBJ-so-kraun , abaej-so-ki^aun Pourquoi? pour que? 
baBJ- ou abaej-sô-kraun-nïh-hu-mûkâh , baej- ou abaej- 

sô-sau-kïaun-nîh-hu-mûkàh Pourquoi , pour que , 

parce que , à cause. 

jaen Autrefois, antéce'demment. 

93. jaen-kô , jaen-sô Comme auparavant. 

jaen-ka, jaen-mha, jaen-kraun De ce qui s'est passé 

auparavant, 
jaen-mhà , jaen-mûkâh Dans , parmi ou de ce qui s'est 

passé auparavant. 

jaen-sé La sorte précédente. 

94. jaen-sô-ka , jaen-so-mha Du précédent, 
jaen-so-mlià Dans le précédent , parmi les précédens. 
jaen-so-kraun , jaen-sô-sau-krauij , jœn-so-sau-kraun- 

nih-hu-mùkâh A cause du précédent. 



I)KS PRONOMS. 173 

î Ce , celui-ci. 

95. î-kÔ , î-so Ce , celui-ci. 

î-ka, î-mha, î-kraun De-là, pour cette raison, 
î-mhâ, î-mûkàh Parmi ces, de ces, d'ici, de-là. 

î-s6 Tel , cette sorte. 

96. î-sé-ka , î-sô-mha De ce , de celui-ci. 

î-sô-kraun , î-sô-sau-ki^aun A cause de cela , pour cela, 
î-sô-mhâ , î-s6-krauu- ou i-sô-sau-kraun-iiïh-hu- 

mîikâh Pour cette raison, attendu que cela soit 

ainsi. 

sï Ce , celui-ci. 

9T. sf-kô, sï-sô Ainsi, de cette manière. 

sï-ka, si-mha De ce, de celui-ci, de cette place, 
sî-mhâ , sï-tûaen Ici, voici, dans ce, dans celui-ci. 
sî-ki^auu Pour cela , à cause de cela, 
sï-mûkàh Par rapport à cela, relativement à cela. 

sï-sô Tel , de cette sorte , ainsi. 

98. sï-s6-ka , sî-so-mha De cette manière , de cette mé- 

thode, 
sï-sô-kraun , sï-sô-sau-krauu Parce qu'il est ainsi , à 

cause de cette manière, 
sï-sô-mhâ , sï-sô-kraun-nîh-hu-mûkàh , sï-sô-sau- 

kraun-nïh-hu-mùkàh De cette manière, dans cette 

manière. 

Cô Ce, celui-là. 

99. ïô-kô, Cô-sô Comme. 

Cô-ka, ïô-mha De celui-là, de cela. 



174 GRAMMAIRE BARMANE. 

Cô-kraun A cause de celui-là ou de cela. 

ïô-tûaBn Là. 

Cô-mhà , Cô-mûkàh Parmi eux , en celui-là , en cela. 

tô-so Tel , cette sorte là. 

100. îô-sô-ka, Cô-sô-mha De tel, de cette manière. 
Cô-so-mhà Parmi tels. 

Ï6-s6-kraun , ïô-sô-sau-krauij , Cô-sô-kraun-nïh-hu- 
mûkâh, Cô-s6-sau-krauij-nïh-hu-miikâh A cause 
de tel , parce qu'il est ainsi. 

aki^ieij Quelque, tout ce qui, qui, que, lequel. 

101. akraen-kô, aki^ten-so A qui, vers lequel, 
aki'aen-ka , aki'œn-mha De qui. 
akraen-ki^aun A cause de qui. 
akraBn-mhà, akraen-mûkâh Parmi lesquels. 

akraen-so Quelque sorte que ce soit. 

102. akraen-sô-ka , akrœn-so-mha De laquelle sorte, 
aki^aen-sé-kraun , aki^aen-so-sau-ki^aun A cause de la- 
quelle sorte. 

akrten-so-mhà , aki^aen-s6-kraun-nîh-hu-mûkâh , 
akraen-so-sau-kraun-nîh-hu-mûkàh Dans laquelle 
sorte. 

103. Les adjectifs pronominaux kôj et mi-mi Même , 
masc. et fém. sont employés pour les trois personnes , 
Moi-même , toi-même , lui-même , elle-même. Ils forment 
g;énéralement des composés avec les noms pour exprimer 
ainsi des pronoms possessifs, et ces composés prennent 



DKS PUOiNOMS. 175 

alors les signes de cas. Ex. kôj-u^^à Mes biens, minii-ta- 
pi^i Ses e'coliers. On se sert cependant quelquefois de ces 
pronoms dans un sens absolu, comme kôj-kraun pnt-sl 
Il est à cause de moi. 

On emploie de la même manière les adjectifs pronomi- 
naux raenh et sa-kau Propre, comme raenh-u^^â (Ses) 
propres biens, raenh-nhlt ou raenh-sûêh (Son) propre en- 
fant , de nhït Coeur et de siiéh Sang. 

104. Les mots a-îcjâh , ta-îîjâh , a-Cûh , ta-Cûh , ta-pâh , 
m.f. n. Autre, un autre, a-Rjô, ta-kjo m.f. n. Quelque, 
quelqu'un, a-lonh, àh-lonh , a-lonh-^on , àh-lonh-^on , 
ïcap-^on , ïcap-^on-lonh , ïcap-seimh , kap-seimh-^on Tous , 
le tout , sont employés en composition et séparément , et 
prennent les signes de nombre et de cas ; comme aïij'àh- 
tô-sl Les autres, aîtjô-to-sï Quelques-uns. Ils se joignent 
généralement aux noms, mais s'ils précèdent ces derniers, 
l'on peut mettre à volonté la particule conjonctive sau. 

105. Les adjectifs pronominaux Cô Ce, celui-là, et 
akraen Tout ce que, quel que, qui, que, lequel, sont 
quelquefois doublés pour former une espèce de pluriel; 
comme Cô-ïô-uz^à Ces choses là, aki^aen-akraen-u^^â Les- 
quelles choses. 

106. L'adjectif pronominal a-nï Ce , celui-là , est em- 
ployé si une chose est montrée au doigt ou indiquée par 
quelque signe extérieur , de même que l'adjectif pronomi- 
nal ô Ce , celui-là , dont on ne se sert jamais dans l'écri- 
ture. Ex. ô lu Cet homme là , ô ïîùêh Ce chien là. Les ad- 
jectifs pronominaux hô , hau , hauk et hop Ce , celui-là , 
n'appartiennent non plus qu'à la conversation; du dernier 



116 GRAMMAIRE BARMASE. 

viennent hop-mha De cela , de-là , et hop-mhà Là , dans 
ce lieu là. 

lOT. A la place de baBJ ou abaej Qui? formes dont le 
sens ne diffère en rien, on met souvent bâ, une contrac- 
tion de biEJ-hâ Quelle chose , mais jamais abâ. Ce bâ sert 
quelquefois à former des conjonctions, comme bà-pi^u-l5 
Pourquoi ? pour quelle raison ? mot à mot Çuod facere 
desîderare Que de'sirer faire. 

108. Plusieurs autres mots forment avec baej , abiiej et 
bâ Qui? comment? les particules interrog-atives suivantes: 
bapj-nhœj Quelle sorte? de quelle manière? comment? 
baej-nhit ou abaej-nhït Combien? (où nhlt est le nom de 
nombre Deux) , comme bœj-nhit kaun Combien d'ani- 
maux, baBJ-nhît nhit Combien d'anne'es? baBJ-nhît jauk, ou 
jauk-kjâh baej-nhit jauk Combien de gens ? baej-saBnh 
Que? quoi? baej-hâ-liè, brej-nhâ-lœ, bâ-hâ-laè, bâ-hâ-ton, 
bâ-ton, baej-zâ, bâ-zâ Qui? que? quel? quoi? Ces der- 
niers composes avec zâ sont des expressions provinciales. 

On met aussi a à la place de abaej pour former des 
particules interrog-atives, comme asû Qui? asô Comment? 
où? à quelle place? 

109. Le pronom mï Quel que, quelconque, et dans un 
sens interrogatif Qui? quoi? entre dans plusieurs com- 
posés; mï-sî Quel que, se met devant ou après un autre 
mot; mï-s6 De quelle sorte? mî-rûâ et mî-wâ Quel que, 
mots qu'on redouble et construit différemment ; i-mî Tel , 
un tel , (mdéfim). Ce dernier (î-mî) est employé si l'on 
répète une histoire de seconde main , comme , il continua 
à raconter que cela se fit en tel lieu ou par tel homme. 

110. Les pronoms antécédens et relatifs indiqués ci- 



DES VERBES. ITI 

dessus sont étrangers au barman et ne se trouvent guère 
que dans des ouvrages traduits du pâli. Le barman les 
remplace par ses participes, qui servent à former des 
noms d'agent simples ou composés. Vojez 228 , etc. 

DES VERBES. 

111. On ne peut envisager les verbes barmans que 
comme une espèce de participes qui par la jonction de 
différentes particules ou aflîxes marquent les rapports de 
nombre et de temps, mais ne distinguent aucune per- 
sonne , qui y est exprimée ou par des pronoms , ou par le 
sens général de la proposition. Ils sont d'après leur sig- 
nification différente ou actifs, ou neutres, ou passifs, 
mais le passif est exprimé aussi à l'aide de verbes auxi- 
liaires. Les verbes peuvent prendre les mêmes signes de 
cas que les noms , mais pour se distinguer de ces derniers, 
ils conservent devant les cas obliques, soit la particule 
si, qui dans les noms n'est employée qu'avec le nominatif, 
soit une autre terminaison verbale. Exemples : pru Faire , 
pru-sï Faisant , (Je , tu) fais , (il , elle) fait , pru-sï-kô Le 
faire (Accusatif) , pru-sï-tûcen Dans le faire , pru-prîh-sî- 
âh A la chose faite , ou à ce qui est fait , pru-kf a-kon-sï 
Facientes , (Xous, vous, ils, elles) faisant. 

112. Pour éviter l'équivoque que les racines simples 
peuvent causer facilement , on en réunit souvent plusieurs 
dans un composé , qui alors ne se prête à aucun malen- 
tendu. Ainsi l'on met à la place de pan Créer , des compo- 
sés tels que zî-raenh-^an-zaen , ou lop-zî-raenh ou d'autres 
encore ; et l'on forme le composé wê-pan-^i-man-tonh- 

12 



178 GRAMMAIUE B ARM ANE. 

'pûài Faire, accomplir, exécuter, dont la signification ne 
diffère pas trop de celle de zî ou zi-man Faire, accom- 
plir. Voyez la sig-nifîcation de ces mots en particulier 
dans la liste des racines. 

Mais on réunit aussi différentes racines pour modifier 
la sig;nification de la racine principale. On forme ainsi des 
composés qui servent à exprimer plusieurs modes, et qui 
remplacent les verbes dérivés qui se trouvent dans les 
idiomes de l'Inde , aussi bien que les verbes composés 
avec des prépositions des langues polysyllabiques en gé- 
néral , et encore d'autres modifications du verbe principal. 
Celui-ci occupe toujours la première place dans ces com- 
posés; il est suivi des verbes auxiliaires et de modifica- 
tion. Ces composés n'ont ordinairement pas lieu, si l'on 
veut exprimer l'impératif, le précatif , le subjonctif et 
l'infinitif des autres langues , ou si l'on fait usage des 
formes interrogative et négative du verbe barman. De tels 
composés sont: pru-zê-sï Faisant faire, pru-nliain-sï Pou- 
vant faire, pru-kaunh-sï Pouvant faire, faisant proba- 
blement , pi'u-îijccn-sr ou pru-lô-sî Désirant faire , pi^u- 
liiay-sï Facile à être fait, pi'u-kœk-sï Difficile à être fait, 
pru-nê-sï Continuant à faire , pi^u-pran-sï Faisant de nou- 
veau , pru-wun-sï Osant faire , pi'u-ap-sï Propre à être 
fait, pru-taik-sï Digne d'être fait, pru-saeij-sî Convenable 
d'être fait ou de faire, pru-tat-sî Sachant faire, pru-mi- 
sî Faisant par hasard, par accident, de mi, Trouver, ob- 
tenir. Plusieurs verbes ont comme racines simples une 
autre signification que celle qu'ils prennent comme verbes 
auxiliaires. Ainsi rit Entortiller , être enivré , signifie 
comme verbe auxiliaire Restant en arrière, comme pru- 



DES VERBES. 179 

rît-sï Restant en arrière il le fit ; Iha Être beau , renforce 
la signification du verbe principal , comme krîh-iha-sï 
Etant très-grand ; et ùh Commencer, signifie comme verbe 
auxiliaire Davantage , de nouveau , comme pèh-ùh-ml II 
donnera davantage ou de nouveau. Cet ûh se prononce 
alors onh. 

113. On distingue dans le verbe trois temps , kàla ; le 
présent , pftzuppànkàla , terme qui dérive des mots palis 
pacca Le passé, (parôksa en sanskrit), et uppanna Etre, 
procéder , (du sanskrit utpat) , ce qui procède du passé ; 
le passé, atatkàla, (du sanskrit atîtakàla Temps passé), et 
le futur , anâgatkàla , (du sanskrit anâgatakàla Temps qui 
n'est pas encore venu). Le présent a cinq formes , le passé 
en a cinq , dont les trois premières sont employées aussi 
pour le présent, et le futur en a deux. Ces formes expri- 
ment la familiarité ou le mépris, mais elles deviennent ho- 
norifiques , si Ton met après la racine , soit simple soit 
composée , et devant les signes de temps , les particules 
honorifiques tàu-mû. 

114. Le pluriel est formé enjoignant kra, kon, ou ki'a- 
kon immédiatement à la racine ou aux particules honori- 
fiques ; comme pru-kra-kon-si ou pru-tàu-mû-kra-kon-sï 
(nos, vos, illi, illae) facientes. (Voyez 126). 

115. La terminaison verbale sî , ou une autre qui la 
remplace , se met après les signes du présent et du passé. 
La signification particulière des dix formes dépend selon 
Carey du sens général de la proposition et de l'acception 
propre de la racine; on apprendra seulement par l'usage 
à bien saisir cette signification. Voyez HT 

Les signes de temps sont les suivans : 

12. 



180 GRAMMAIRE BARMAN E. 

jère forme du présent, aucun signe de temps. 

gde forme du pre'seut, 2aèh ou Saè. • 

3me forme du présent, îîjê. 

4me forme du présent, pê. 

5rae forme du présent, se ou sêh. 

jère forme du passé et du présent ensemble, le. 

2de forme du passé et du présent ensemble, ra. 

3ine forme du passé et du présent ensemble, ra-lê. 

4rae forme du passé, îtgé. 

5ine forme du passé, bu, bu ou bûh. 

1^^®^ forme du futur, an, mï, au-mï, peim-mï ou peim- 
ml, leim-ml ou leim-mï, lattan. 

gde forme du futur, ra-an, ra-mï, ra-an-raï, ra-peim- 
mï ou ra-peim-mï , ra-leim-mî ou ra-leim-mf, ra- 
lattaii. 

116. De la jonction de ces formes avec les signes du 
pluriel, les particules honorifiques et la terminaison ver- 
bale si, résulte la conjugaison barmane, dont pru Faire, 
servira d'exemple. 

Formes de familiarité. Formes honorijiques. 

l.Pre's. Sing. prusï. prutàumûsï. 

Plur. pi^ukrasï, prukonsî, pïutâumûkrakonsi. 
prukrakonsï. 

2. Près. Sing. pru28èhsL prutâumûf iehsî. 

Plur. pi^uki^akon2sèhsï. pi^utâumûkrakonZaèhsï. 

S.Pre's. Sing. pïukjêsï. prutâumûkjêsî. 

Plur. prukrakonkjêsf. prutàumûkrakonîijêsi. 

4. Près. Sing. pi^upesî. prutâumûpèsï. 

Plur. prukrakonpêsï. prutàumûkïakonpêsï. 



DES VERBES. 



181 



Formes de familiarité'. 

5. Pre's. Sing;. prusehsî. 

Plur. pi'ukrakonséhsî. 

1. Passe' y Siiig. prulèsï. 

Plur. pi'ukrakonlèsL 

2. Passe', Siiig. pïurasi. 

Plur. pi'ukrakonrasï. 



Formes honorifiques. 

prutàumûsêhsï. 

prutàuinûkrakonséhsï. 

prutàumùlèsi. 

prutâumùkrakonlêsï. 

prutàumûrasi. 

prutâumûkrakonrasï. 

pi'utàumûralèsï. 



3. Passe', Sing. pruralèsî. 

Plur. prukrakonralésï. prutàuinùkrakouralêsl. 

4:. Passe', Sing. pruîigésï. pfutâumûîcaésï. 

Plur. prukrakoaîîsésî. prutàumùki'akonîîaésî. 

5. Passe', Sing-. prubûsï. prutàuinûbûsl. 

Plur. pi-ukrakonbûsî. prutâumùki'akonbûsï. 

1. Futur, Sing. pruaij , prumï, prutàumûan, prutàumûinï, 
pruanmî , 



prutaumuaimii , 
prutàmûpeimmf , 
prutâumûleimmï , 
prutâumùlattan. 
prutâumûkrakonan , 
prutâumùkrakoamï , 
prutâumûkrakonaiimî , 
prukrakonpeiinmï, prutâumûkrakonpeimmi , 
prukrakonleimmï, pïutâumùkrakonleimmî , 
prukrakonlattaii. prutàumiikrakonlattan. 
2. Futur, Sing.pi'uraan, prutàumûraan, 

pruramî , prutâumùramï , 

pruraanmï , prutàumûraanmï , 



prupeimmî, 
pïuleimmï , 
prulattan. 
Plur. pruki'akonan , 
prukrakoiimï, 
pruki'akonanmî 



prurapeimmr , 
pruraleiinmf , 
pruralattaii. 



prutàumûrapeimmî , 
prutâumiiraleimmï , 
prutàumuralattan. 



182 GRAMMAIRE BARMANE. 

Formes de familiarité. Formes honorifiques. 

Plur. priikrakonraan , pïutâumûkïakonraan , 

prukrakonrainï , prutàuinukrakonramf , 
prukrakonraanmî , priitâumûkrakonraanim , 
priikrakonrapeimmï, priitàiimûki'akonrapeimmî , 
priikrakonraleiininf , prutàiimùkrakonraleimmî , 
prukrakonralattaii. pi-ii tàiimûkrakonralattaii. 

117. La première forme du présent exprime le verbe 
en gene'ral sans indication précise de temps ; la terminaison 
verbale sï, qu'on peut remplacer par d'autres terminaisons, 
(Voyez 119 suiv.) ne marque aucun temps. Ce pre'sent est 
donc entièrement indéfini et s'emploie également dans le 
sens d'un prétérit. 

Le signe ik\\ du second jJVésent forme le présent défini ; 
il indique d'une manière précise le temps actuel. 

Les signes îijê et pê des troisième et quatrième formes 
marquent un présent indéfini ; mais on ne les emploie pas 
pour le passé. 

La cinquième forme marque une continuation dé l'ac- 
tion, et pour le verbe négatif que l'action n'est pas encore 
accomplie ; comme pru-séh-sï II fait encore , ma-sûàh-sêh 
Il n'est pas encore allé. 

Les signes an, mî, an-mï, peim-mï, et leiifi-mï mar- 
quent le futur simple ; lattaii exprime un futur éloigné. 
Pour leim on met quelquefois la , pïu-leim-mï ou pi^u- 
la-mï II fera. Les particules peim et leim sont, à ce qu'il 
parait, formées d'une réunion des particules pé et le (qua- 
trième présent et premier passé) avec an. La particule ra , 
qui distingue les formes du second futur de celles du pre- 



DES VERBES. 183 

mier, marque souvent une ne'cessité plus ou moins forte; 
on la traduira alors par Falloir, devoir, et aussi par pou- 
voir; comme sûâh-ra-mî II faut que j'aille; 
pru-ra-mï kraunh-kô ma-si , 
faciendi rationein ncscio , 
Je ne sais pas pour quelle raison je devrais le faire. 

Les trois premières formes du passé expriment et le 
présent et l'imparfait; les formes avec lé souvent aussi le 
prétérit défini, et la particule ra y marque ordinairement 
une nécessité. La quatrième forme est un passé prochain, 
comme pi=u-1îaé-sî II vient de faire. La cinquième paraît 
répondre quelquefois à un imparfait, mais principalement 
à un prétérit indéfini, comme sfiàli-bû-sl II allait, pru-biî- 
sî II a fait. Carej rend les trois premières formes du passé 
par is or ivas do'mg , la quatrième par I ivas doing , et la 
cinquième par I hâve heen doing ; il écrit bù le signe de 
la cinquième forme, que Hough écrit bùh, et Judson bu 
et bîih. 

118. Pour exprimer l'action accomplie on forme des 
prétérits ou plus- que-parfaits , par la jonction de prîh Ac- 
compli, terminé , à la racine simple et aux cinq formes du 
passé , dont quelques sig-nes sont encore combinés en- 
semble, de sorte qu'il en résulte neuf formes du plus-que- 
parfait, dont la première principalement marque aussi le 
prétérit défini. Carej les rend , les cinq premières par 
liav'mg or liad donc , et les quatre dernières par had 
donc , (avait fait); il observe que la signification de la qua- 
trième forme ne diffère que très-peu de celle de la troi- 
sième , et la signification de la huitième très-peu de celle 



184 



GRAMMAIRE BARMANE. 



de la septième. Les neuf formes du plus-que-parfait de 
pru Faire, sont les suivantes: 

Plus-que-pm'faît. 

Formes de familiarité. Formes honorifiques. 



1. Sing-. 
Plur. 

2. Sing. 
Plur. 

3. Sing. 
Plur. 

4. Sing. 
Plur. 

5. Sing. 
Plur. 

6. Sing. 
Plur. 

T. Sing. 

Plur. 
8. Sing. 

Plur. 



pfupi-ih. 

prukrakonprih. 

prulèprîh. 

prukrakonlêprih. 

pruraprih. 

pfukrakonraprih. 

pruralêprîh. 

pi-ukrakonralêprih. 

pi'ukséprîh. 

pi'ukrakonïiséprih. 

pi'ulêîiséprih. 

prukrakonléîiœprili. 



prurakaéprîh. 
pruki'akonraîiaéprîh. 
pruralé"kseprîh. 
pi'ukrakonralêRséprîh 
9. Sing. prubûprîh. 

Plur. prukrakonbûprîh. 



prutâumûprîh. 

prutàumûkrakonprîh. 

prutâumûlêpi^îh. 

p r u tâumûkrakonlêprîh. 

pïutâumûraprîh. 

pr u tàumûkrakonraprîh. 

prutâumûralêprih. 

prutâumûkrakonralêprih. 

pî^utâumûïiaéprîh. 

prutâumûkrakon'kaéprîh. 

prutàumûlèîcaéprîh. 

prutàumûkrakonlêîîaéprih. 

pr'utâumûraîifeprîh. 

prutâumûkrakonraîtœprih. 

prutâuraûralêRséprih. 

prutàumûkrakonralèïiééprîh. 

prutâumûbiiprîh. 

prutâumûkrakonbiiprîh. 



Aux formes préce'dentes du plus-que-parfait il faut 
ajouter celles qui re'sultent de l'insertion des particules 
nhaen et laen entre la racine et prîh , particules , qui , avec 
le signe du futur mî, forment le futur passé. Ex. sûàh- 
nhaen-prïh ou sùâh-laen-pfih II était allé; sûâh-nhaBij-mï 
ou sûàh-Iaen-mï II sera allé. 



P^S VERBES. 



185 



Des neuf formes du plus-que-parfait données par Carey, 
Judson paraît n'admettre que les première , seconde , cin- 
quième, sixième et neuvième, avec exclusion des troi- 
sième , quatrième , septième et huitième formes , où il se 
trouve la particule ra, que son sens particulier pourrait 
faire regarder plutôt comme verbe auxiliaire que comme 
signe de temps. Toutefois la distinction entre un verbe 
auxiliaire et un signe de temps est sujette à quelque dif- 
ficulté , parce que dans une partie des verbes composés ils 
occupent tous les deux la même place après les signes 
de nombre et les particules honorifiques. 

Observons encore que Judson range parmi les affixes 
soit euphoniques comme il les nomme, soit affixes avec 
signification précise, plusieurs mots qui comme rît (112) 
se joignent immédiatement à la racine et précèdent les 
signes de temps; il me semble qu'on devrait d'après la 
place qu'ils occupent dans le verbe, les regarder plutôt 
comme verbes auxiliaires, et ne nommer affixes verbaux 
que les mots qui remplacent les terminaisons verbales ou 
qui se mettent après celles-ci. 

119. Différentes particules sont employées comme ter- 
minaisons du verbe ou de la phrase ; comme conjonctions 
copulatives ou disjonctives , et pour lier ensemble deux 
parties d'une phrase interrompue par une proposition in- 
cidente. Jointes aux mots qui font fonction de verbes elles 
en déterminent le sens, quoique elles n'en aient aucun qui 
leur soit propre ou qui puisse être exprimé dans nos 
langues occidentales, où quelquefois seulement on peut 
leur substituer une espèce d'équivalent. 

120. Lorsqu'à la fin d'une phrase la terminaison ver- 



186 GÎIAMMAIRE B ARM ANE. 

baie sï suit l'une des formes du pre'sent ou du passé , elle 
indique le verbe d'une manière pre'cise. Jointe au signes 
du futur an et lattan elle sert seulement à lier le verbe 
précédent au mot ou à la phrase qui suivent. Elle est 
ég-alement employée comme particule conjonctive après 
les différentes formes du présent et passé; comme telle 
elle peut être remplacée par sau et l'est souvent aussi par 
sa. Ex. pru-sî- ou pru-sau- Faisant, pru-lattaû-sî- ou 
pru-lattaii-sau- Facturus. 

121. Lorsqu'une phrase est finie , on peut mettre la 
terminaison ï à la place de sï pour les formes du présent 
et du passé , comme pru-ï (Je) fais , pru-prih-i (Je) fis. 
Dans la conversation on n'emploie cet ï que rarement; il 
se trouve principalement dans des traductions du pâli, 
comme dans l'exemple suivant : 

maenh-krih-sï a-meiii |6-tâumû-lè-i , 

rex verhuin dixh , Le roi dit. 

122. La terminaison tî ou tïh indique la conclusion 
d'une phrase et est souvent employée, si le nominatif, 
sujet de la phrase , se termine par kâh ; le verbe substantif 
est alors fréquemment sousentendu. Ex. sû-kàh a-sii-tîh 
Qui (est) il? su a-mï-kâh sûê-maun-tîh Son nom (est) 
sûê-maun. 

Souvent aussi on réunit tîli au verbe précédent par les 
particules conjonctives sï ou sa, comme pèh-sî-tïh ou 
pêh-sa-tîh Donnant , il donne etc. 
mfenh-krîh-âh îi^a-zàh-ljiek si-nhaen-sa-tîh , 

reg'i Tcvercnlid pracstutd remansit , 

Ayant fait la révérence au roi il resta (là). 

Les terminaisons tat et îat s'emploient comme tlh à la 



DES VERBES. 187 

fin d'une phrase ou d'une parenthèse. De même que ï et 
tîh elles ont souvent le sens du verbe si-sï II est. 

123. Les particules Ihjflen , Ijapk , sa-pneij , rûé , sâu , 
lat-sàu ou lap-sàu et la-sàu sont tantôt conjonctions, tan- 
tôt terminaisons des verbes , et ne sont quelquefois que 
de copulatives ou disjonctives qui n'ont point de sens cor- 
respondant dans nos langues. On les joint à toutes les 
formes du présent et du passé pour former des participes 
ou pour lier ensemble deux parties d'une phrase , comme 
îain-rûé-rèh-sî Scdcns scribît , Il est assis et écrit. Quel- 
quefois elles servent à suspendre le sens d'une phrase 
pour en introduire une autre , telle qu'une citation , et 
lient alors la phrase interrompue à son complément. Dans 
tous les cas elles demandent la suppression des particules 
conjonctives sï et sau. Elles se placent après les particules 
honorifiques et les signes de temps , comme pi^u-tâumû- 
rûé , pru-tâumû-sa-jîraen Faisant , pru-tâumû-pi'îh'lhjaen 
Ayant fait. 

124. La particule hu s'écrit hù si elle prend un affixe 
verbal, tel que rûé; il faut la regarder alors comme fai- 
sant partie du verbe. Elle lie la dernière partie indécli- 
nable d'un mot ou d'une phrase aux affixes sï et sau. 
Lorsqu'elle précède sf , celui-ci peut être remplacé par 
les signes de cas; mais si elle précède sau, le complément 
ou l'agent , qui est joint à l'antécédent , prend les signes 
de cas. Ex. -hu-si , -hu-kô etc. -hu-sau-amhu-kô Rem. 
On se sert de la même manière du composé liii-lô. 

125. La particule hu lie encore le dernier membre 
d'une citation ou d'un discours introduit dans la narration, 
avec le verbe qui termine celle-ci , ou avec la phrase sui- 



188 GRAMMAIRE BARMANE. 

vante. Quelquefois on se sert aussi du composé hû-rûé 
Aussi, pareillement, de plus, pour lier ensemble deux 
phrases. 

On peut traduire hu par Que, savoir, c'est-à-dire, 
ainsi, comme si-sî-hu-prau-sî II dit qu'il sait, maenh- 
saen-zau-hu bûaé-kô pêh-sï II (lui) donna le titre, savoir 
Maenh-sœn-zau. 

126. Le verbe s'accorde ordinairement avec le sujet en 
nombre et pour les formes honorifiques et familières. Mais 
on ne fait usage des formes honorifiques du verbe que 
pour les seconde et troisième personnes. Exemples : nâ 
pru-sï Je fais ; nâ-to pru-ki^a-kon-sï Nous faisons ; kôj-tâu 
pru-tâumii-sï tu fecistî , Vous avez fait; 
burâh-saîîaen-sî mrê-kô zî-raenh-jpan-Zaen-tâumû-lê-ï. 
Deus dominus terrain creavit. 

mrat-zùâ - burâh-sï hâu-tàumû-sï. 
Excellentissimus deus dîxH. 

(Le mot burâh Le seigneur , dieu , qu'on écrit aussi bûrâh 
et qu'on prononce ^a-ràh , est ordinairement composé avec 
quelque terme ampliatif , s'il est employé pour le nom de 
Dieu , comme dans les exemples qui viennent de précéder). 

On supprime souvent les signes du pluriel dans le verbe, 
si ce nombre est déjà exprimé par le sujet , ou que le sens 
de la proposition l'indique suffisamment. Exemple : 
saen-tô-sï kron-tûé-lhjaîn , 
1 os occuritis si , Si vous rencontrez. 

12T Plusieurs affixes ou particules qu'on place après 
le verbe, servent à exprimer les modes d'autres langues, 
le gérondif, infinitif ou supin, les participes, le subjonc- 
tif, le conditionnel , l'impératif ou précatif , et la forme 



( 

DES VERBES. 189 

interrog-ative. Dans le verbe négatif seul on met une par- 
ticule devant le verbe. Mais le subjonctif est encore formé 
au moyen de verbes auxiliaires, comme le sont le passif 
et les verbes dérivés. 

128. Le gérondif, l'infinitif ou le supin d'autres langues 
sont exprimés des manières suivantes : On joint le signe 
du datif nhà par la particule conjonctive sau au futur en 
an, an-sau-nhà Pour, à, afin de, comme pru-an-sau-nhâ 
Pour faire , à faire , Wn-an-sau-nhâ Pour apprendre , afin 
d'apprendre. On met également alô Désir , suivi de nhà , 
dans le sens de Pour , à , à cause de , après un présent ou 
passé avec la terminaison sï, comme pi^u-sî-alô-nhâ Pour 
faire , à faire ; ou l'on joint 15 Désirer , suivi de nhà im- 
médiatement à une autre racine, comme pru-lô-nhà Pour 
faire , à faire , f ô-lô-nhâ Pour parler , à parler. Ces deux 
dernières formes sont employées indifféremment. Dans la 
conversation on omet aussi nhà après lô. A la place de 
ce dernier Judson donne les affixes lô et 16-lïh Pour que 

On se sert encore des postpositions ki'aun et ^ô ou bo 
Pour , jointes à la racine , comme pru-ki"auij , pru-jiô ou 
pru-ïjo Pour faire , zâh-bô Pour manger , sauk-bo Pour 
boire. 

L'affixe lu joint à une racine marque un futur prochain 
de l'infinitif. Quels que soient les signes de temps qui se 
trouvent mis après lu , celui-ci conserve toujours le même 
sens, que par conséquent présente aussi le composé lu- 
nîh-prih , (nîh Etre proche , pas éloigné). Ex. sûàh-lu ou 
suâh-lu-nih-prîh Etre sur le point d aller. 

Souvent aussi l'infinitif ou le gérondif d'autres langues 
sont exprimés par le verbe, que régit un nom ou verbe 



183 GRAMMAIRE BARMANE. 

suivant, sans que le verbe à l'infinitif ou gérondif soit 
distingué par un affixe qui marque ces modes. Exemples : 
pru-ra-mï kraunh-kô ma-si , 
faciendi rationem nescio , 
Je ne sais pas la raison de le faire , ou je ne sais pas pour- 
quoi je le ferais ; 

laen-kô nreimh - ^ê - tat-sau - meimma , 
muritum felicem facere consueta femina , 
Une femme accoutumée à rendre heureux son mari ; (ex- 
plication du mot pâli satî; nreimh est le même que neimh 
de la liste des racines). Voyez aussi 262 et les exemples 
168. 

129. L'affixe verbal aun Que , de sorte que , afin que , 
afin de , sert à exprimer le subjonctif ou l'infinitif; pré- 
cédé de ra il forme un subjonctif ou infinitif futur , sig- 
nifiant Dans la vue de, afin de etc. Exemples: pru-aun 
Que je fasse, afin de faire; pïu-ra-aun Que je fasse à 
l'avenir , dans la vue de faire , proprement Que ( j) ob- 
tienne (de pouvoir) faire; saen-aun jjat-sï Afin d'apprendre 
il lit. 

L'affixe raii s'emploie quelquefois dans le même sens 
que aun. 

130. Le participe indéfini qui peut être présent ou 
passé, est exprimé par les affixes riié, sa-pi'œn et quel- 
quefois par d'autres encore ; Voyez 132 , 133 , et les 
exemples à la fin de 168. L'affixe sa-Jiraen (le signe de 
l'instrumental précédé de la particule conjonctive sa) , 
conserve souvent le sens de la préposition Par , et peut 
alors avec le verbe être traduit par l'ablatif du gérondif 
latin, ou par une conjonction qui lui répond. 



DES VEUBES. 



191 



Le participe indéfini est encore formé à l'aide des signes 
de Tablatif mlia et ka, comme prii-mha ou pru-ka En 
faisant, ayant fait, sûâh-mha ou siiàli-ka En allant, étant 
allé. On exprime le participe passé d'une manière plus 
précise en joignant mlia au signe du prétérit piih , comme 
pi"u-prih-mha Ayant fait. 

131. Le participe présent défini est formé par le signe 
du nominatif kàh , qu'on joint ou immédiatement au verbe, 
ou avec insertion d'une particule conjonctive; il indique 
une continuation de l'action, pendant ou durant que. Ex- 
emples : 8Ûàh-kàh En allant , continuant à aller , pendant 
ou durant qu'il va. 

mraenh - kaunh-ta-zih |ô-sî-kâh nâ-kô rï-rùé 
De equo hono (180) loquens me spectans 

gô-sï: sa-nhê-kaunli-ta-ïauk êô-sï-kâli nà 

locuius est ; de d'wlte vîro loquens meum 

La sa-nhê-krih-kô rî-rûé êô-sî. 

patrem divilem spectans locutus est. 

En parlant du bon cheval il parla par rapport à moi ; en 
parlant d'un hoiiime riche il parla par rapport à mon 
riche père. 

132. Les affixes Ihjien et Ijaek sont employés avec le 
verbe d'une phrase subordonnée pour exprimer des par- 
ticipes du présent et du passé, une espèce de subjonctif, 
les conjonctions Si , pendant que , durant que , etc. selon 
le sens de la proposition en général. A l'aide du verbe 
auxiliaire ra ils servent encore à former le conditionnel. 
Exemples: pru-lhjœn ou pi^u-ljœk Si je fais, si j'avais 
fait, avais-je fait, eussé-je fait, faisant, ayant fait, pen- 
dant ou durant que je fais; pru-îié-lhjaen ou -Ijœk Si je 



192 GRAMMAIRE BARMANE. 

viens de faire ; pru-ra-lhjaen ou -Ijcek Si je ferais , après 
avoir fait; pru-prîh-lhjaen ou -Ijaek Si j'ai fait, eussé-je 
fait, après avoir fait, ayant fini ou accompli; nâ sùàh- 
Ihjaen ra-mï Si je vais, j'obtiendrai. 

133. L'affixe sâu a les mêmes significations que les 
affixes Ihjaen et Ijaek, hors celles qui ont rapport à une 
continuation de l'action ; comme sùâh-sâu S'il va , s'il al- 
lait , s'il était allé , étant allé , sûàh-prîh-sâu S'il était 
allé , étant allé. Les particules lat , lap ou la , dont cet 
affîxe peut être précédé , ne changent rien à sa significa- 
tion; quelquefois elles se trouvent aussi avec les affixes 
semblables , comme lat-lhjaen. 

Aux affixes verbaux précédens il faut ajouter encore 
les suivans : ra?nh Tandis que , pendant que , mû , mû-kâh 
ou ta-mù-kâh , dont la signification ne paraît pas difi'érer 
de celle de sâu , et llh Si. Exemples : sùàh-mii , sûâh-mû- 
kâh , siiàh-ta-mù-kâh S'il va , s'il allait , s'il était allé , 
étant allé ; vSÛâh-lih S'il allait , s'il était allé. 

134. On emploie ma devant une racine pour exprimer 
le verbe ou l'adjectif négatif. Le verbe, soit simple ou 
composé , peut alors prendre l'affixe bùh. Exemples : ma- 
pru Ne faire pas, ma-|ô II ne parlait pas, ma-pêh II ne 
donnait pas , ma-ra II n'obtint pas, ma-nî Pas égal , il n'est 
pas égal, ma-nî Pas rouge, il n'est pas rouge, ma-nîh 
Pas proche, il n'est pas proche, ma-si j\'est pas, ma-prih 
Inachevé , il n'est pas fini , ma-prïh II n'est pas fini , in- 
épuisé , ma-pri Pas rempli , il n'est pas rempli , ma-eip 
Il ne dormait pas , ma-sê II n'est pas mort , ma-sûâh-bûh 
Il ne va pas , ma-sùàh-pran-ljûh II ne va pas de nouveau , 
ma-sùâh-ra-bûh II ne doit pas aller. 



DES VERBES. 193 

On forme de la sorte à l'aide des particules négatives 
beaucoup de verbes composés. Exemples: ma-si-biih Être 
absent ; ma-kaunh-bidi Etre mauvais ; ma-tù-biih Etre 
différent ; ma-rô-sè-bûh Etre irrespectueux , de rô-sé Re- 
specter ; nàh-ma-Caun-bûh Désobéir , de nah Oreille et 
ïaun Elever, dresser; ma-nàh-lô-bùh Etre fâché, choqué, 
de nàh-lô Aimer à entendre, être content d'une chose, 
approuver; a-san-ma-iii-bùli Etre dissonant, de a-san Son 
et ni Etre pareil, égal; sit-:^à-ma-si-bûh Etre malhonnête, 
de sît-zà Honnête , àli-ma-ra-bùh Etre mécontent , de âh- 
ra Etre content , (de àh Force , moyens , et ra Obtenir). 

135. Dans la forme honorifique du verbe négatif la 
particule ma se met entre tau et mû , comme pi'u-tàu-ma- 
mû II ne fait pas ; ou l'on supprime tâu en joignant mû 
immédiatement à la racine négative, comme ma-pj-u-mû- 
rûé jV'ayant pas fait , ma-zâh-mù-rûé Sans manger. 

Mais on met aussi ma immédiatement devant mû , pour 
exprimer qu'on ne désire pas ce que le verbe signifie ; 
comme pi^u-an-sau-nhâ ma-mû II ne désire pas faire. Cette 
locution est principalement employée en s'ad ressaut à une 
divinité ou une personne de distinction, ou en parlant 
d'elles , et le sens varie d'après celui que la phrase im- 
plique. Ex. 

burâh-saîîaen-sl jrzpùzâu-îti'aBnh-kô ma - mû , 

Deus dominus sacrijîcîi actu non delectatur , 

Dieu n'aime pas les sacrifices à feu. Le mot jTzpûzâu (ou 
jagpûgâu) Faire des offrandes aux dieux , les adorer , les 
adorer par le sacrifice d'animaux, dérive des mots sans- 
krits jag Adorer , présenter des offrandes , sacrifier , et 

13 



194 GRAMMAIRE BARMANE. 

pûg Adorer, dont pûgâ Adoration, une adoration for- 
melle accompagnée de plusieurs cérémonies. 

136. Les affixes îtaen et baè ou paè sont joints au pré- 
sent ou au passé d'un verbe négatif pour exprimer l'idée 
que quelque chose se passa avant que l'action du verbe 
eût lieu , ou sans qu'elle ait lieu ; on les traduira donc 
avec le préfixe ma par Avant de , avant que , pas encore 
et sans. Exemples : ma-zàh-îîaen sûâh-sF ou ma-zâh-bsè 
sûâh-sî II va ou il allait avant de manger , ou avant d'avoir 
mangé , ou sans avoir mangé ; ma-pru-taen Avant qu'il soit 
fait ; ma-rauk-îiaen f)rft-sï II se passa avant que j'arrivasse. 

Ces affixes sont quelquefois suivis de nhaik , mais le 
sens n'en reçoit aucune altération; comme ma-^âh-îîaen- 
nhaik ou ma-zâh-bœ-nhaik Avant de manger, sans avoir 
mangé. La terminaison verbale sï ne se met pas , si un de 
ces deux affixes est employé. 

La particule îîjaen ressemble pour les significations à 
î^aen , mais elle demande la répétition de ma avant sa jonc- 
tion au verbe, et peut être suivie des terminaisons ver- 
bales; comme ma-tain-ma-îiïaen-lhïaen ma-sùâh-nhaen N'ai- 
lez pas sans en avoir demandé la permission. 

L'affixe mhî ou mî se joint également à un verbe négatif 
pour signifier Avant de, avant que; il peut être suivi des 
terminaisons verbales et aussi de nhaik sans altération du 
sens. Exemples : ma-zâh-mhî siiâh-sï II va avant de man- 
ger ; ma-2:âh-mhi-rùé , ma-zâh-mhî-nhaik Avant de man- 
ger ; ma-pru-mhî ou ma-pi:*u-mhi-sï Avant que je fisse. 

13Y. Le verbe devient aussi négatif par l'affixe com- 
posé mô-tonli , comme sùâh-sî-mô-tonh II ne va pas. 

138. L'impératif ou le précatif n'est employé qu'au 



DES VERBKS. 195 

présent ; les pronoms de la seconde personne le pre'cèdent 
assez souvent. 

On exprime l'impératif par une racine simple, comme 
pru Fais, naen-tô pi'u-ki'a Faites; mais quelquefois on 
emploie aussi des racines composées. 

139. Différentes particules ou affixes servent à former 
l'impératif familier, l'impératif honorifique et le préca- 
tif ; on les joint à la racine , aux particules honorifiques 
et aux sig-nes du pluriel. 

Les affixes propres de l'impératif sont tau et lau ou 
laii ; on se sert également de îirï ; et on trouve encore em- 
ployés dans l'écriture les affixes lîh ou li ou Ihi et Ihanh- 
Ihi. Exemples: pi'u-taû, pru-lau, pru-ïîrf , pi^u-lhi Fais. 
L'affixe man pour l'impératif est hors d'usage. 

140. On exprime l'impératif ou le précatif par les 
signes de temps ïij'f* , pé , le et îtîe , de même que par les 
affixes pà ou pàh , laik et ûh , (qu'on peut écrire on et 
qu'on prononce toujours de cette manière). Ou se sert 
également des affixes rau , rît et si. On en fait usage en 
parlant à des inférieurs ou à des personnes avec lesquelles 
on est en familiarité. Employés envers des supérieurs on 
les fait précéder des particules honorifiques. Exemples: 
ju-îijê Prends ; pru-pàh , pru-ûh Fais , je te prie de faire ; 
^àh-pâh-ûh ou zâh-pàh-on Mangez , je vous prie de 
manger ; 

apaej mi-burâh-krîh ! sfen-sî .sâh |u taunh-pàh! 

O 7'egma! tu Jîlii henejlc'mm supplica! 

O reine, suppliez qu'un fils vous soit accordé; apaej mi- 
Durâh-to saen-tô-sî sâh |u taunli-ki^a-lê O reines, sup- 

13. 



196 GRAMMAIRE BARMANE. 

pliez qu'un fils vous soit accordé ; (Voyez au sujet de mi- 
burâh 168 , I.) ; 

maenh-krîli ! kjùn-tâu-âh kaej-ma - sanâh-tâumû-pâh ! 

O rejc! milii cmxilians henevolus sis! 

O roi! usez de miséricorde envers moi. 

141. On range aussi zam ou zamli Chercher, tenter, 
parmi les affixes de l'impératif ou précatif , et l'affixe nâu, 
qui dans la conversation s'emploie encore à demander un 
consentement , une permission. Exemples : sùàh-^amh-pâh 
Tente d'aller ; nê-on-nâu Restez un peu ; sùâh-taii-mî-nàu 
Je veux aller, le ferai-je? 

142. Les affixes propres de l'impératif et précatif sont 
combinés ensemble pour devenir très-honorifiques, et ne 
sont employés alors que par des inférieurs envers des su- 
périeurs. Ces composés sont pàh-taû , pâh-lau , pâh-ûh , 
pâh-ûh-taû , pâli-ùh-lau et laik-pâh. Lorsqu'on se sert de 
ces composés , on les fait généralement précéder des par- 
ticules honorifiques , et on les met en connexion avec les 
pronoms honorifiques. 

143. La première personne du pluriel de l'impératif 
ou précatif est exprimée dans l'écriture par le signe du 
futur an , et dans la conversation par l'affixe z6 ou ^6 et 
9Ô-Ï; comme nâ-tô pru-kra-an Faisons; pru-kra-^ô Fai- 
sons; sûâh-^ô Allons. 

144. La troisième personne du singulier et du pluriel 
de l'impératif ou précatif est exprimée en joignant au 
signe pâh de ce mode la racine causative 9e , ou le com- 
posé lê-^ê , de même qu'en mettant pour le précatif 9e- 
ka-lô après la racine. Exemples : su pru-pàh-^ê Qu'il 
fasse , (fais le faire ou laisse le faire) ; sû-té pru-pâh-zê 



DES VERBES. 197 

Qu'ils fassent; prît-pâh-^ê Qu'il soit; sûâh-pâh-lê-^é ou 
sùâh-zè-ka-lô Qu'il s'en aille, laissez l'aller. 

145. A l'impe'ratif ou précatif neg^atif la particule ma 
précède la racine simple ou composée sans affixes , ou 
avec les affixes propres de l'impératif ou pre'catif négatif 
nhaen et l<pn , à côté desquels on emploie encore pàh et 
uh, mais pas taû et lau s'ils ne sont joints à un autre af- 
fixe. (Carey compte laBij au nombre des affixes de l'impé- 
ratif ou précatif; Judson ne le reg-arde que comme pro- 
hibitif). Exemples : ma-pru Xe fais pas ; ma-pru-saen Ne 
fais pas, (il n'est pas convenable de faire); ma-pi'u-kaunh 
Ne fais pas , (il n'est pas bon de faire) ; ma-sùàh-nliaen ou 
ma-siiàh-laen Ne va pas. 

146. Pour rendre très-honorifique le précatif négatif, 
on joint à la racine précédée de ma les composés pàli- 
taû , pàh-lau , pàh-nhaeij , pàh-laen , pàh-iih , pàh-nhaen- 
ûh , pâh-laeij-ûh , pâh-ûli-l«n , pàh-îih-taii et pâh-iih-lau. 
Ces formes ne sont employées que par des inférieurs en- 
vers des supérieurs d'une manière suppliante. 

147. La forme interrogative du verbe peut rtre em- 
ployée en connexion avec les pronoms des trois personnes ; 
mais elle l'est rarement avec ceux de la première , excepté 
si la phrase est négative. 

On se sert des particules interrogatives lau, là, nïh, 
le , lîh , léè , ^an et ^aeij , dont lau et là marquent selon 
Carey une question définie, nîh et lé une question indé- 
finie. On emploie lau en écrivant ou dans le discours 
d'apparat , là d'une manière familière. Les particules in- 
terrogatives se joignent ordinairement aux difl^érens temps 
du verbe par Tinsertion d'une des particules conjonctives 



198 GRAMMAIRE BARMANE. 

SI OU sa , dont le choix est arbitraire ; mais cette insertion 
n'a lieu que rarement pour la première forme du présent, 
que l'on emploie principalement dans une phrase néga- 
tive. Exemples : ma-pi^u-lau , ma-pru-lâ , ma-pru-nïh 
N'est-il pas fait? pru-ra-sa-lau , pru-ra-sa-nîh Fais-tu? 
pru-pi^ih-sa-lau , pru-prîh-sa-nîh As-tu fait ? sûàh-zan , 
sûâh-^aeij Va-t-il ? 

148. Lorsque les particules interrogatives indéfinies 
sont jointes à la cinquième forme du passé, on change 
selon Carey le signe bu de celle-ci en bi; comme pru-bi- 
sa-nïh As-tu fait? Mais selon Judson bi n'est qu'un af- 
fixe euphonique en usage principalement devant la par- 
ticule sa. Carey dit encore de hi qu'il pouvait exprimer 
le présent et l'impératif. 

149. Au futur on n'emploie selon Carey que les formes 
qui se terminent par mï, an-mf, ra-mï, ra-an-mï, leim- 
mi et ra-leim-mï; comme sûâh-mî-là Irez-vous? Contre 
cette règle on trouve dans l'exemple suivant nïh joint à 
leim-an à la place d'une forme en mï. 

Cô panà-si-sï ja-îîu abaej a-rap-nhaik si-leim-an-nïh 

Ille sapiens nunc quo loco in erit ? 

hu auk-mêh-ljaek a-mat lèh jauk-tô-kô îtâu-rùé , 

sic considerans nohiles quatuor viros advocans , 

nâ-ï eim-maek-kô suïca-mein a-mat-to-ka paiià-si 

meum somnium , sapientes nohiles , (282) sapientein 

pâu-mï hu pat-kra-kon-sï , Co panà-si 

adpariturwn , sic interpretati estis , ille sapiens 

abaej-mhâ si-sa-nîh hu méh-ï. 

uhi est ? sic interrogavit. 

Maintenant où sera ce sage? (Le roi) ainsi réfléchissant 



DES VERBES. 199 

appela les quatre nobles et leur demanda : sages nobles , 
vous avez interprété mon ^onge comme signifiant que ce 
sage devait paraître ; où est ce sage ? 

Le mot suïca-mein Un homme sage , qui a de Tintelli- 
gence, qui est propre à être des conseilleurs du roi , paraît 
composé de suîca Bonheur, béatitude, (du sanskrit suka 
Bonheur, béatitude, ciel, paradis, — heureux , vertueux) , 
et de meiii Parler , -{terme honorifique); si toutefois il 
n'est pas formé avec le taddita- affixe sanskrit min. Il est 
regardé comme synonyme de paiià-si Un homme sage, 
composé de paiiâ Sagesse (du sanskrit pragûâ) et de si 
Etre. Aux mots palis on aime à ajouter une racine bar- 
mane, qui peut s y rapporter. On écrit eim-maek et eip- 
maek Le songe, de eip ou eit Dormir, et maek Rêver, 
songer; dans eim-maek l'orthographe a suivi la pronon- 
ciation. Voyez 33. 

150. On rend honorifique le verbe interrogatif en joig- 
nant les particules interrogatives aux formes honorifiques 
du verbe, ou aussi à la forme du précatif terminée en 
pâli ou pàh-ï; comme pru-tâumû-lê-sa-lau Faisiez-vous ? 
pru-tàumû-prih-sa-lau Avez-vous fait ? pru-pâh-sa-lau , 
pi^u-pâh-sa-nïh , pru-pâh-ï-lau De grâce , l'avez-vous fait ? 

151. En employant le pronom de la première personne 
on se sert souvent d'une périphrase formée avec une autre 
racine; comme 

nâ pru-sï ma - hot-lau? 
nà pru-sï ma - hot-nîh? 
nà pru-sï ma - hot-pàh-i-lau ? 
ego faciens nonne rêvera sum ? 
Ne le fais-je pas? ne l'ai-je pas fait? 



200 GRAMMAIRE BARMANE. 

152. Les particules interrogatives là , le , et encore 
nîh, sont employées souvent ^en connexion avec le pro- 
nom fxej Qui? que? quoi? et le composé Ibaej-nhaBJ Com- 
ment ? (de nhaej Une espèce , sorte , manière). Exemples : 
Ibaej-sû-lâ Quelle personne est-il ? ï)aRj-sû-lè Qui est-il ? 
bcej-nhaej si-sa-lâ ou biej-nlifej si-sa-lê Comment es-tu ? 
comment vous portez-vous ? baBJ-kraun-lâ Pourquoi ? pour 
quelle raison? baej-kô siiàh-sa-nîli Où va-t-il? 

153. On se sert souvent en conversation de la parti- 
cule interrogative tom ou ton , si la question est faite avec 
le pronom baBJ; comme bœj-nhiBJ si-tom Comment vous 
portez vous? baej-nhaej prit-sa-tom Comment arriva-t-il? 
bœj uzzà-tom Quelle chose est-ce? 

154. Quelquefois l'on met pa-îcjeirn devant la particule 
interrogative nîh: pa-Rjeim-nîh Qui? comme si-nhain pa- 
"kjeim-nïh Scire potest quîs ? Qui peut le savoir ? Ce pa- 
KJeim est composé de pa , qui est une ancienne abréviation 
de baej , et de îijeim , formé d'une réunion des particules 
k'jè et an. 

155. Selon Carej l'impératif ou précatif et la forme 
interrogative , dont les terminaisons ne reçoivent point 
d'in^flexions , présentent seuls quelque apparence d'un 
verbe; mais on peut les unir par les conjonctions copula- 
tives avec le participe , le mot ou la phrase qu'ils pré- 
cèdent , et alors le mot et même la phrase peuvent prendre 
les inflexions. 

156. Pour exprimer le passif on se sert des verbes 
auxdiaires ^i'it et si Etre, devenir, comme 

nâ ^è-sï prît-sï, 

ego missus sum , Je suis envoyé. 



DES VERBES. 201 

Mais on trouve aussi des verbes actifs ou neutres em- 
ployés dans le sens du passif, comme 

2ô-îî.sé-prili-sau-zakàh , 

dictus scrmo , Les mots qui ont été dits ; 

lô-lattaii-sl-^akàli , 

dicturus sermo . pour 
Ce qui sera dit , ou le discours qui sera prononcé. 

15T. Les affives za-râ , ran ou ran , pûaej ou bùap] , za- 
fiûaej ou za-bùaej et mô ou mo , peuvent selon les circon- 
stances exprimer l'infinitif passif , comme pi^u-^arà, pru- 
ran, pi=u-lbûaej, pru-mô A être fait, pour être fait. Voyez 
226, 22Î, 250 et 259. 

158. L'affixe sa-tat joint à un verbe exprime une sup- 
position ; l'affixe han une probabilité , indiquant quelque- 
fois le présent mais principalement le passé, comme pru- 
han Faisant probablement, ayant fait probablement , ayant 
été fait probablement, krauk-han Ayant eu peur proba- 
blement. Ce han ou han signifie comme nom une appa- 
rence, une probabilité, une apparence fausse ou feinte, 
un prétexte. 

L'affixe rop-uan (des mots sanskrits ou palis rûpa et 
nàma) joint à un verbe exprime également une probabilité. 

L'affixe zauk marque le potentiel, comme sûàh-^auk 
Il peut aller. 

Il sera question ci-dessous (259) de quelques autres 
affixes verbaux. 

159. Les verbes composés dont il a été question ci- 
dessus (112) , prennent tous les signes de modes et de 
temps du verbe simple. Ils se distinguent en deux classes. 
Dans la première les particules honorifiques et les signes 



202 ' GRAMMAIRE BARMANE. 

(lu pluriel se placent entre les deux racines; les signes 
de temps se mettent après la dernière racine. Ex. pi^u- 
tâumû-pran-lé-i II le fit de nouveau , (Voyez 162) ; tain- 
paen-kran-zï-kra-pran-lê-pfîh (Eux) ayant de nouveau 
dëlibe'ré ensemble, (de tain-paen Dëlibe'rer ensemble et 
kran-^ï Penser , re'fléchir , considérer) ; 

lèh-kô kain-tâumû - pi'an-rùé, 

arcuni prehendens îterum , 
Prennant l'arc de nouveau. 

160. On forme de cette manière une espèce de sub- 
jonctif ou un mode qui exprime une possibilité , une pro- 
babilité , en joignant kaunh Etre bon , propre, convenable, 
à la racine principale. Ex. pi^u-kaunh-sî II peut faire ou 
fait probablement; rauk-kaunh-sï II est arrivé probable- 
ment ou peut être arrivé; pru-tâumû-kra-kaunh-lè-prih 
Ils peuvent avoir fait; pru-zè-kaunh-prih II lui a proba- 
blement fait faire cela; pru-kaunh-mï II fera probable- 
ment. 

On emploie aussi kaunh avec Ihjaen et d'autres affixes 
verbaux en répétant le verbe principal, comme sfiàh- 
kaunh-lhjaen sûàh-mï S'il convient d'aller, j'irai, ou j'irai 
probablement. 

161. De la même manière on forme le potentiel en 
joignant nain ou nhain Pouvoir , être capable , à une autre 
racine. Ex. pru-nhain-sï Je peux faire , je suis capable de 
faire; pru-tâumû-kra-nhain-lê-f Ils peuvent faire, sûâh- 
nhain II peut aller. 

162. Les racines pi^an Retourner , faire de nouveau , 
laik Accompagner , suivre , et beaucoup d'autres , servent 



DES VERBES. 203 

encore de cette manière comme auxiliaires à former des 
compose's. 

163. Les verbes compose's de la seconde classe , où 
l'union des racines est plus parfaite , sont forme's dans 
tous les temps comme le verbe simple sans insertion des 
particules honorifiques et des sig;nes du pluriel entre les 
deux racines. Ils suppléent aux verbes qui dans d'autres 
langues sont composés avec des prépositions. La seconde 
racine y est généralement neutre. 

164. L'optatif est ainsi formé en joignant îîjapn ou lô 
Désirer à une autre racine ; comme pru-îijaen-sr Je désire 
faire ; pi=u-lô-séh-i Je désire faire ; pru-lô-kra-kon-lè-prîh 
Ils désiraient faire. 

165. On emploie également de cette manière les racines 
wiin Oser, mi ou mliî Atteindre, ra Obtenir, trouver, 
kaèh ou Raek Être ou devenir difficile, lûaej Etre facile, 
yê Envoyer, (Voyez ci-dessous) saen S'accorder, conve- 
nir, ïaïk Etre digne, propre, ne Demeurer, continuer, 
rester, ap Etre propre, convenable, tat Savoir, zu Ras- 
sembler, mjàh Etre beaucoup, nih Etre peu, petit, me- 
nu, mi^ein Goûter, et beaucoup d'autres. La racine mi'œ 
Durer , indique une coutume , la continuation d'une action 
dès un temps passé quelconque; comme pru-mreè Accou- 
tumé à faire , ayant continué à faire. La racine rît Entor- 
tiller , être enivré , signifie Restant en arrière , comme nê- 
rït-sï Restant en arrière , kjan-rït-sî Restant , restant en 
arrière, pru-rît-sî Restant en arrière il le fit. 

166. Le causatif est formé de la sorte en joignant zê 
Envoyer , à une autre racine , et l'on conjugue ce composé 
dans tous les temps comme le verbe simple. Ex. pru-^è-sî 



204 GRAMMAIRE BARMANE. 

Je fais faire ; pru-^ê-kra-kon-sï Ils font faire ; pru-zê- 
kaunh-prih II peut avoir fait faire , il a probablement fait 
faire ; pru-^é-prih-lhjœn L'ayant fait faire ; pru-^ê-aun 
Qu'il fasse faire; sûàh-zê Fais aller. 

16Î. La particule zeim , composée de zê et an , indique 
le futur causatif et se met généralement devant le sig-ne 
du futur mi. Ex. pi^u-zeim-mî Je ferai faire ; 
aî^raen pii - sû-prl-sâh-tô ! kaunh-prîh; saen-tô 
O vos cIvHatis incolae ! hene est ; vesiras 

Ihjauk-ïâh-taiijh nâ-ï mi-burâh-to-kô sâh |u 

pi'cces secundum meas fem'mas Jilîi hene- 

taunh - zeim-mî. 
jicmni supplicare faciam. Eh bien, habitans de la ville, 
selon vos prières je ferai supplier mes femmes qu'il leur 
soit accordé un fils. 

168. Ce i^eim sert encore à former l'infinitif causatif, 
comme sûàh-zeim-sau-nhà Faire aller, pour faire aller; 
sûàh-zeim-mï-alô-nhâ Pour faire aller à l'avenir. 

J'ajoute ici quelques exemples qui feront voir d'une 
manière plus précise l'usage des différentes particules em- 
ployées à former et à construire le verbe barman ; je leur 
joindrai quelques explications de mots qui ne se trouvent 
ni dans la liste des racines , ni dans celle des particules 
et adverbes (259) , ni dans la table des mots barmans à 
la fin de cette grammaire. 

I. a-pay mi-burâh-to ! ja-ïîu pïï - sû-prï - sâh-to- 
O regmue! ^- nunc cwitatis incolae (243) 
ka eim-sé - nanh-ljà tauna-îijê-sï ; 

(282) principem-haereditariimi (244) cxorunt ; 



DES VERBES. 205 

nâ-iihaik peli-^a-rà ma-si-séh; ^~^^]} a-mrat 

a-me dari nondum-potest ; pondet'is exuheran- 

saen-to kôj - rôh - kùaej - rôh-si-sî- 

iîd l'estras ipsas consuetud'mes vestrosque ritus 
atainh-kô kiiaej kjô-nûn - îirapnh - praen nanh - nûii- 
secundum vos suhmissa -■ actione cum regnî suc- 
nauh-ljà - a-lô-nhà sàh zu taunh-kra-lé , 

cessons (244) causa JUii heneficium exorate, 
hu ïtaii-fàh-ànà làza - san pèh-ï. 

sic mandati ^- re^ium sonum dédit. 
O reines ! les habitaiis de la ville demandent actuellement 
un héritier du trône, que je ne peux pas encore donner; 
suppliez donc de tout votre poids selon vos différentes 
coutumes et avec toute soumission qu'un fils vous soit ac- 
cordé pour être le successeur au trône ; ainsi commanda 
(le roi) d'une voix royale. 

1. Le préfixe mi , de a-mi Mère , sert à former plusieurs 
féminins , comme mi-kaen Mère , de îtien Aimer , mi-bu- 
ràh Reine, de bu-ràh Seigneur, Ce terme de mi-buràh 
s'applique à toutes les épouses du roi , dont celle qui en 
tient le premier rang , est distinguée , par le titre mi- 
^uràh-krîh ou mi-buràh-mrat Grande reine , et par d'au- 
tres encore. 2. Le mot nùn qui manque dans la liste de 
racines de Carey, signifie Pendre en bas, devenir bas; 
être soumis , respectueux , ramper- 3. Le composé kau-tàli 
signifie Ordonner à quelqu'un de faire quelque chose , dé- 
signer quelqu'un pour un emploi, et le mot pâli âuà Pou- 
voir , autorité. 

Il y a souvent dans les expressions barmanes beaucoup 
de vague , de sorte qu'il est difficile de les rendre dune 



206 GRAMMAIRE BARMANE. 

manière absolument exacte. Des synonymes ou des mots 
de significations semblables , joints ensemble , doivent être 
rendus ou par un seul mot qui leur répond , ou selon les 
circonstances par plusieurs mots, si le sens de la phrase 
et celui du composé le permettent. Le même vague s'ob- 
serve quelquefois dans la construction , ce que prouveront 
suffisamment plusieurs des exemples suivans , où ce vague 
est peut-être augmenté encore , parce-que tous ils parais- 
sent des traductions de livres palis. 

Les difFéreiis signes de ponctuation employés ici dans 
les textes barmans répondent tous aux deux lignes il du 
barman; j'ai mis quelquefois dans la traduction interli- 
néaire des signes de ponctuation , qui ne se trouvent pas 
dans le barman, 

II. ja-îîu paen mi-burâh-krîh-âh ïaik-tan-sau - sâh 
Nunc Ipsum reginae convenientîs Jilu 

|u-kô pêh-an hu kran-prih-mha mi-burâh- 

henefîchim dabo ; sic meditatus reginae 

krih-âh Ijauk-pat - sau-sàh-kô tâwatinsâ nat- 

convcnientem ^•Jiliuin (262) Tâwatinsâ deorum 
prï- nliaik si-ï-lau ma-si-lau hu zûh-zamh- 

regione in esse annon esse? sic scrutatus ^• 

kri'-su-lat - Ihjaen burâh-launh nat-sâh-kô mraen-lê-ï. 
contemplatus (133) burâh-launh dei Jilium vidit. 
Maintenant j'accorderai à la reine la grâce de lui donner 
un fils convenable; ayant ainsi médité et ayant examiné 
et regardé, s'il y avait à Tâwatinsâ au séjour des dieux 
un fils convenable à la reine , ou s'il n'y en avait pas , il 
vit burâh-launh le fils de dieu. 



DES VERBES. 207 

1. Les mots Ijaiik et Ijauk-pat, dont le dernier se trouve 
dans la liste de racines de Carej comme synonyme de Ijàu 
et de saen, signifient Etre propre, convenable. 2. ^ùh-^amh 
Examiner , rechercher. Tàwatinsâ est une des six divisions 
de la contrée des Nats (nat-prl), ou des régions infé- 
rieures du ciel ; et burah-launh est celui qui est destiné 
à devenir un Bouddha , un dieu qui est encore imparfait 
mais qui avance vers la perfection, de buràh Seigneur, 
dieu , et a-launh Corps mort , cadavre , une chose impar- 
faite qui avance vers la perfection. C'est ainsi que maenh-ï 
a-launh ou maenh-launh Les élémens d'un roi , un roi im- 
parfait , est celui qui doit devenir roi. 

IIL fô-aîcà mahausaîà sa-to-sàh-sï , 

Tune (254) MahausaCà regins-JHius ^- (dîjcît) , 
2aràh! î mhja-lauk-sau-peissukà a-tat- 

artifea-!'- hic tantus princeps-artis ^- scien- 

Sraen nâ-tô uzzà ta-faun-kô 

tià-cum nostrae projn'ietatis mille (numorum argenti) 
jii-ljaek zarap-kô |auk-an wun-Ran-lê-sI 

accipiens diversorium (te) exstruciurum paetus es; *• 
albaBJ-so Sîen ^rft - nhain-an-nïh hu fô-prîh- 

quomodo tu (id) efjîceî^e poteris? sic dijcisset 

Ihjaen ta-mjînh-krôh jù-îîjê, nâ Raenh-rûé 

cum amussim ^- (inquit) adporta ego disponens 
pêh-an hu buràh-launh praen-rùé ta-mjînh- 

dabo, sic Lurâh-launh recte-componens lineam 
krôh-kô îi^aenh - pi^an-ï. 
disjjosuit denuo. 



208 GUAMMAIRE BARMANE. 

Le prince MahaiisaCâ dit alors: ô artiste, tu, un aussi grand 
et savant maître de l'art , as reçu mille (pièces d'argent) 
de notre propriété sur la promesse de construire l'hôtelle- 
rie ; comment seras-tu en état de l'accomplir ? Ayant parlé 
de la sorte, (il dit), apporte-moi le cordeau, je veux ar- 
ranger (cela). Ainsi régla burâh-launh la ligne de nouveau. 
1. sa-tô-sâh est le fils d'un roi ou d'un autre grand per- 
sonnage. 2. faràh ou |arà Précepteur, maître d'une science 
ou d'un art, du sanskrit àcàrja. 3. peissukâ Un habile ar- 
tiste, un grand maître dans quelque art, est un mot pâli 
dont je ne connais pas l'étymologie. 4. wun-îian S'accor- 
der, consentir, convenir. 5. krôh Corde, mjïiih, ta-mjînh, 
mjïùh-kïôh ou ta-mjînh-krôh Cordeau , règle , ligne. 

IV. î-sô ^arap Zauk-lop-^î-raenh-prîh-sâu , 
Taie diveî'sorimn exstruxisset cum , 

zarap-sî î-mhja-praen ma-taen-tccj-sêh zarap- 

aed/ficium veruntamen nondum~pulchrum-est ; aedificii 
a-nîh - nhaik rê-kan - krîh - ta-îcu |i-sâu, 
jiropinquitcde hi stagnum magnum unum si-esset , 
sâ-riié-taen-tfEJ-ïjûaej si-sêh-ï hu kran-ljaek burâh- 
jjulchr/iis (250) foret ; sic meditatus burâh- 

launh-sï fô-ï. 

launh d/œit. Ayant achevé l'hôtellerie , burâh-launh 
dit en réfléchissant, ce bâtiment n'est pourtant pas encore 
beau ; il serait plus beau , s'il y avait auprès un vaste étang. 
Le composé taen-taej signifie Paraître ou être beau. 

V. a-sé tan-ïtâk-mha ïïiaek - rûé sâ-sau 
Orientis porta ex exiens et perquirens 



DES VERBES. 209 

a-mat-sï pâziiiajawa mazf agonh rûâ - laej - nhaik buràh- 
nobilis Pàzinajawa MazZagonh jif/^/ inedJo in burâh- 
launh - sî ^î-ricnh-ap-sau-zarap-kô mrœn-Iat-sàu ; 

laimhum-^jp/* exstructum diversoi'ium vidcns ; 
î yarap-kô lauk-lot-^î-raenh-sau-sù-RÏ ma-kjût-lhjaen 
hanc domum aedificans sine-duhio 

paiiâ-si ^rit-lattaù Iiu kran-ljaek 2ô-ï. 
sajjîens erît , sic cogitans dîjcit. 

Sortant par la porte de l'orient en cherchant, le noble 
Pàzinajawa vit au milieu du village Mazfagonh l'hôtellerie 
construite par Luràh-launh. Certes , dit-il , en y réflé- 
chissant, celui qui a bâti cette maison a dû être un homme 
sage. 

VI. ja-î(u paen a-sé mazfagonh rûâ - sô 

Nunc îgitur orientem Mazfagonh pagum versus 
sùâh-rûé sa-tô - sàh suïia-mein-kô nâ - kôj tain- 
progressus regium Jilîum sapienteni ego îpse ad- 
gaun-jù-an hu ki^an-prîh-sâu ; a-tûaen - sâh - mhûh- 
ducam , sic meditatus interius hahitantium minis- 
tâu - mat - tâu a-paunh ïîron- 

trorum regiorum nohiliumque regiorum catervd cir- 
ran-ljaek ma - Caen - ma - sàh - lûn-sau-ïûaek - 
cumdatus non conspicuo non pretioso valde egressu 
5îi^œnh-praen mraenh ^îh-riié mazfagonh rûâ - sô 

cum equo vectus Mazfagonh pagum versus 
widêha - râz-maenh-krîh Cûaek-sûàh-ï. 
Widêha rex processit. 

(( Etant allé maintenant vers le village Mazfagonh situé à 
l'est , j'amènerai moi-même le sage prince '' ; ayant ainsi 

14 



210 GRAMMAIRE BARMANE. 

réfléchi , le roi Widêha accompagné des conseillers privés 
et de ses nobles, se porta à cheval sans aucun appareil 
vers le village MazZagonh. 

Le mot mhûh Gouverner , signifie comme nom un mi- 
nistre d'état. Le mot pâli râgâ s'est conservé sans altéra- 
tion d'orthographe dans le barman ; mais râz n'a de sig- 
nification que dans quelques composés dont il forme la 
dernière partie. Il faut donc probablement le regarder ici 
comme joint au nom propre Widêha, et non pas comme 
appartenant à maenh-krih qu'il précède , si toutefois ce 
râz n'est peut-être pas une faute d'impression pour râzâ. 
Le composé maenh-krih signifie proprement un roi , mais 
encore un ministre d'état du premier rang , maenh étant 
celui qui commande , un gouverneur. Dans l'exemple sui- 
vant ce dernier mot ce trouve pour maenh-krih Roi, le 
contexte y indiquant le sens d'une manière suffisante. 
Dans tout cas le mot râz n'ajoute rien au sens du passage 
ci-dessus. 

VII. nâ-ï sâh - tâu-kô waen - 9e hu mein- 

« Meum JHium regîuin mtroire fac " sic Juhente 
pran - laik-sa^i^aen burâh-launh mahausaCâ suïta-mein-sï 
iterum (259) burâh-launh MahausaCâ sapiens 

nanh - tâu-sô waen-rùé maenh-ki'ih-âh ïia-zàh-ljaek 
palatîum regium intrans régi salutatîone 

maenh-pêh - ne - râ - nhaik nê-ï; a-mat 

facta a-rege-dato loco (225) in consedit ; nohiles 
lêh jauk-to-lïh , mimi-tô-nê-râ-nhaik nc-rûé 

quatuor viri etiam suis locis in considentes 



DES VERBES. 211 

maenh-krih-àh îia-^âh-ljaek si-nhaen-sa-tïh. 

régi reverentîam pi'ciestantes remanserunt. 

Après que (le roi) eut réitéré l'ordre (c laissez entrer mon 
fils" burâh-launh MahausaCà le sage entra dans le palais 
royal , fit sa révérence au roi et s'assit à la place que le 
roi lui avait accordée ; les quatre nobles aussi s'assirent 
à leurs places et restèrent dans une position respectueuse, 
ïta-^âh est synonyme de îca; Voyez la liste des racines. 

VIII. maenh-ki^ih-sï , mi-burâh-mrat ! nà-âh kïaefi- 
Rex, î'cgina! mihi opiis 

râ |aun-râ-sau-saen-ï wût ma - kon-sau-kraun 

(22D)(et) negotium tuuin negot'mm non Jînitum oh 
nhït-lonh ma-sà-si-sî lîh ma-hot, tapâh-sau- 

animus perturhatus-est autem certe-non , alias 
akraunh-tô-krauii nhït-lonh ma-sâ-si-sî lîh 

rationes oh animus perturhatus-est quoque 

ma-hot; nà-âh ja-ma-né nfii-ùh-ka a-mat lêh 
certe-non ; mihi heri vesperi ^- nohiles quatuor 

jauk-to mahausaCà-kô pjaBk-|îh - 9e - lô-sapraen 
viri MahausaCàm destruere facere cupientes 

Ihïauk-Càh-kra-sî-zakàh nâ-sï ma-2aen-îîïaen-mi-îîïaen- 

locuti-sunt-supplicia-ve^rha, ego non-considerans -• 
kraun a-ljœn ta-|au a-mjaek £ùaek-rûé nâh-jù-mhàh- 
qvia primo statim ^' ira percitus inductus-in- 

sa^raen mrê-krih-a-tû-nhaen tû-^ûâ panâ-si-sau- 

errorem ^- terrae ^- simillimum sapientem 

nâ - sâh - mahausaïà-kô lop-kran - zeim-sau-nha se- 
meum Jilium MahausaCàm necare ^- ut-faceret Sê- 

14. 



212 GRAMMAIRE BARMANE. 

naka a-mat-âh lask-^ûeè - tâu - san-ljaek-kô ap-laik- 
nakaLe nohili mcmucde'^' regium glad'mm^- tradidi; 
mi-ï; ïô-sô ap-laik-mi-sau-nâ-àli j^^u mhat- 

hoc-modo tradidisse me (278) nunc consî- 

pan - pran-rûé auk-mêh-mi-sa-pnieij pïienh-zûâ 

derans iterum (atque) reputans vehementer 

nhît-lonh ma-sâ-îcraenh-si-i hu mi-biiràh-âh |ô-ï. 
anîmus perturhatus est , sic regînae dixît. 

Le roi dit à la reine : ô reine , mon âme n'est certaine- 
ment pas troublée, parce que mes affaires avec vous ne 
sont pas terminées , ni pour d'autres raisons. Hier au soir 
les quatre nobles qui désiraient faire mourir Mahausatà, 
m'ont prié. Transporté de colère et induit en erreur je ne 
réfléchis pas aussitôt; je donnai au noble Sênaka mon 
épée royale, pour qu'il fit tuer mon fils Mahausatà qui 
est sage et ressemble à la terre (est aussi plein de bien- 
faits). Maintenant en considérant cela de nouveau et en y 
réfléchissant , mon ,ame est extrêmement troublée. 

1. iiïii-îih Le soir, proprement le commencement de la 
nuit. 2. |aen-îijaen Considérer , est synonyme de tûéh-tau , 
•Voyez tùêh; le verbe mi entre dans plusieurs composés, 
et il paraît difficile d'en déterminer toujours le sens précis. 
3. gau synonyme de mran et de Ijaen signifie Etre vite , 
prompt ; on ne l'emploie guère séparément. 4. nàh-jû-mhâh 
Induire en erreur , est composé des mots nàh Oreille , jû 
Prendre , et mhâh Se tromper ; nâh sert à former plu- 
sieurs composés semblables , comme nâh-wœn Entrer dans 
l'oreille , être persuadé. 5. mré est Terre , terrain , mrê- 
ki^ih La terre , le globe terrestre , mais mrê seul , s'em- 
ploie également dans ce dernier sens ; Voyez 126. 6. Le 



DES VËllBES. 213 

composé lop-kran sig-nifîe Tuer, mettre à mort, signifi- 
cation que ne feraient pas supposer les deux mots dont il 
est forme'. 7. laek-zûiè Prendre en main. 8. san-ljaek Epée , 
glaive , éjiée à deux tranchans , de san Fer , et Ijaek peut- 
être une corruption de laek Main. 

IX. mahausafâ suîta-mein-sî tapan : a-saen 

Mahausaïà sapiens (dîxît) îterum : domine 
maenh-krîh ! akïûnnot-tua?n pâ-sau - Zaen - a- 
rex! a-me adductae elephantum ca- 

paimh-tô-sî llli rê - Cœ-nhaik sâ-lhjaen mûé-ljàu-kon-ï ;. 
tervae et aqua in solum ohleciant-se ; 

îô |aen-to-sï mrït - nhaik ka-^âh-rûé rê nauk- 

illi elephantes Jluvio in ludentes aquam limo- 

îcaé-sâu; mahausaCà lâ-sau - aîiâ - mha 

sam-redderent ; Mahausafae advenientis tempore a 
9a-rùé rê - krî-kô paen nâ-tô ina - sauk ma- 

etc. aquam puram omnino nos non hihere non 
îcjôh ra-kon - hu mi^o sû-mrô-sàh-to-sï akjûnnot- 
lavare invenientes sic civitatis incolae mihî 

ko a-mjaek-îûaek-kra-ra-ï. 

succenserent. Le sage Mahaiisaîà (re'pliqua) 

de nouveau : Sire , les e'ie'phans que j'ai amene's , ne se 
plaisent que dans l'eau. Ces ëléphans en jouant dans la 
rivière , rendraient l'eau bourbeuse. Les liabitans de la 
ville s'irriteraient alors contre moi (et diraient) , depuis 
l'arrivée de MaliausaCâ nous ne pouvons plus trouver d'eau 
claire à boire ou pour nous baigner. 

Les verbes mué et mûé-ljàu signifient Se réjouir , 
prendre plaisir , se plaire ; là est selon Judson Venir , ar- 



214 GRAMMAIRE B ARM ANE. 

river , synonyme de rauk , et diffère de lâh Aller , mou- 
voir, quitter, partir, synonyme de sùâh. Carey n'a que 
lâh Mouvoir , aller , venir , verbe auquel il donne égale- 
ment sùâh pour synonyme ; je n'eus pas égard à cette dif- 
férence entre là et làh en parlant à la page 125 du mot 
ku-làh comme l'écrit Judson , qui l'explique Un natif de 
toute contrée à l'ouest d'Ava. 

X. burâh-launh-sï mro îaek-wunh-kïaen-uhaik wûnh- 
buràh-launh urhîs cîrcuîtu ^- in cir- 

ran-sau - ^ûïani - maenh-ï ^ït-sâê-kô pamâna-ma-pru- 
cumdantem Zûïani ducis imlitem 2- vilipendens ^• 
03Q mimi nhït-lonh al6-api^îh-s6 rauk-sî-kô 

sut anîmi desidetnum se-consecutum (262) 

sâ-|a3n-îîjaen-ljaek uhït-saek-Rreenh-piti-pi^aBij îîjamh-sâ- 
exsultans gaudîo ^- laetitid ohlectatus ^• 

^fiâ fô nïii - pat-lonh eip-prîh-rùé nan-nœk 

admodum hanc noctem totam dormîvit ; mane^' 
mô§-sauk-rauk-sau - aRâ-mha, ^ûïani mœnh mro- 
matut'mo advenîente tempore Zûïani duce urhem 
s6 kap-lhâ-sapraen zït piiaè ta-ki^eim 

ad appropinquante mîlitum concursus^* denuo 
^rît-pran-ï. 

iteratus est. burâh-launh, sans faire beaucoup de cas 
des soldats du général Zûïani qui entouraient la ville, 
était transporté de joie parce qu'il avait atteint l'objet de 
ses désirs , et il dormit toute la nuit extrêmement satis- 
fait. Lorsque le matin arriva, le général Zûïani s'approcha 
de la ville, et la bataille s'engagea de nouveau. 

1. Les mots Caek-wunh, Caek-wiinh-kjaerj , wûnh et ran 



DES VERBES. 215 

signifient Entourer ; les deux premiers , Caek-wiinh et Cœk- 
wîinh-kjaen sont en même temps noms, signifiant Les en- 
virons. 2. ^ît-sàè Soldat, (Voyez 240), dérive de ^ft Guerre, 
bataille , armée , mot qui sert à former plusieurs compo- 
sés tant verbes que noms. 3. pamâna Mesurag-e, estima- 
tion , prisée , valeur , du sanskrit parimâiia. 4. nliît-saek 
Etre content ou satisfait d'une chose , s'en réjouir , aimer , 
estimer , approuver. 5, îtjamh Etre froid , signifie encore 

A 

Etre libre de difficulté ou de peine , en être soulagé , être 
à son aise , heureux. 6. nan-naek et môg-sauk signifient 
tous les deux Le matin. 7, pûiè Fête, assemblage, con- 
cours, place où se tient une fête. 

XL maenh-mi-burâh-to-sî nâ-kô a-kjôh jot- 

Regînae me commodo^- priva- 

aun ma-pru-râ-biè , kaunh-zê - îîjaen-sï 

rent^- ut facei'e-non-îdoneae, henefacere cupientes 
nhït-lonh-nhaen mœn - su - sonh- 
€x-animo , amahili , hond,^- vîrtute praedîta ,^- 

90 - Caik - saik-mraik-bùaej-râ-laBkîianâ - kaunh- 
pulchrâ , ^' dignâ, jucundâ , ^- signorum ^- prae- 

îcr'aenh - zon-nî-sî - mjùh-rôh - sa-mîh - nhaen paen 
stantki perfectâ ^- stirpis-regiae jilia cum omnîno 
îeimh-mràh-ra-peim- mi. 

matrimonio-conjungent. ^- Les reines , au lieu de faire 
quelque chose qui soit à mon désavantage , désirent plu- 
tôt ardemment me faire du bien, et me marieront avec 
une princesse aimable, bonne, vertueuse, belle, digne, 
agréable , distinguée par toutes les belles qualités. 

1. a-kjôh Conséquence , résultat , effet , est opposé à 



216 GRAMMAIRE BARMANE. 

a-kraiinh Cause ; il signifie encore un bon re'sultat , profit, 
avantage. 2. Outre les significations données dans la liste 
des racines, jot a encore celles de Diminuer, détériorer 
etc. 3. su Etre bon , (mot pâli). 4. vSonh Pratiquer la vertu, 
accomplir ses devoirs. 5. 90 Etre beau. 6. saik-mraik Etre 
beau , agréable , convenable , propre. 7. laekîîanâ Signe , 
marque, marque particulière, vient du sanskrit laksana. 
8. zon-iiî Etre égal, parfait. 9. Ceimh-mïàh Marier, ac- 
complir quelque cérémonie de mariage. 

XII. mot-2ôh-ma sâh-hu-sau-^akâh-kô kràh- 
J'îduae JUii adpellatîonem audiens, 

Ihïaen, maenh-sâh-sï î-sû naBÏ-tô-kâh nà-kô mot-2ôh-ma 

juvenis îsti pueri me viduae 

sâh hu nheip-^aek-rùé 26-bi-ï. 

Jilii (adpellatione) vexant dixît. 

Le jeune homme (ou le prince) ayant entendu qu'on l'ap- 
pelait le fils de la veuve , dit , ces enfans me tourmentent 
en m'appelant le fils de la veuve. 

mot-2ôh-ma ou mu-|ôh-ma La veuve; nheip-^aek est 
Ecraser , opprimer , vaincre , subjuguer , et nheip-zaek-ka- 
lû Jouer , se divertir , tourmenter , vexer ; j'ai pris nheip- 
^aek dans la signification de ce dernier mot. 

XIII. îô-mha-ta-pâh ^ûzakâ ponnâh-sï îcron-so 
Postea Zûzakâ brachmana silvulam 

M aen-lê-lhjaen nûaej-kô sûâh-^raen kaik-pjaek-riié jû-ïtsè- 
intrans vimen dentihus demordens cip- 

rùé \ô nùaBJ-praen ^âli sa-tô - sàh laekjâ- 

portansque hojo mm'me Zàli regîî Jilii dextrum 



DES VERBES. 



217 



laek-kô lïh-kaunh g-aiihàzi sa-tô - sa-mîh-ï lœk- 

manum non solum sed Ganhàzl regîue Jtliue si- 
wéd - laek-kô lïh-kaunh krôh-jprœn îcjF-p'rîh - Ihjnen 
nistram manum etiam fiine ligavissct cum 

uûaej - krôh - a^ûnh-kô kain-ljaek lhan-kan-praen 

vhnmei fun'is extremitatem prehendens vîrgd 
praenh-^ûà raik-bi-ï. 

vehementer (eos) cecidit. Le brahmine Zùzakâ entra 
ensuite dans un bosquet , coupa avec les dents un rameau, 
l'apporta , et après avoir lié avec ce rameau la main droite 
du prince Zàli et avec une corde la main gauche de la 
princesse Ganhdzï, il prit le bout du rameau et de la 
corde et frappa le prince et la princesse très-sévèrement 
avec une verge. 

Le composé jù-kœ signifie Apporter , Ihan Une lance , 
d'où Ihan-kan Une houssine , une verge. 

XIV. kjûnnot-tô maun nha-ma-âh ponnâh 

Nos fratrem (et) sororem hrachmanam 

îcjï-nhaun-saek - pot-lé-sau - a-kïaunh-mjàh- 

ligantem constringentem Jlagellanteni vïbîce multd 
ko mûêh-sï - mi-îîaen-âh îta-mîh - tâu - maenh-ki^îh 

nutrîcatae (nos) matri o pater et rex 

meiii-tàumù-pâh-rît. 

enarra. O père et roi, informez la mère 

qui nous a nourris , nous qui sommes frère et soeur , que 
le brahmine nous a liés ensemble et meurtris de coups. 

a-kraunh Cause etc. est encore ligne , marque , sillon , 
route, que dans ce passage j'ai cru pouvoir rendre par 



218 GRAMMAIRE BARMANE. 

viheœ Marque de coups de fouet. ïca-mïh est Père , syno- 
nyme de a-pa. 

XV. ô nat sâh-tô! akjûnnot maun - nha- 
O deorum Jïlii! nos fratrem (et) so- 

ma-to-sï ponnâh nauk-tûaBn pà-ra-lê-sau-a-prît- 

rorem hrachmanam a-tergo secutos esse 

ko mùêh - sï - mi-îîaen-madî-kô |ô-pâh-rît- 

(262) nutricatam (nos) mati'em certiorem 

kon-lau. 

facite. O fils des dieux , informez la mère qui nous a 
nourris , nous qui sommes frère et soeur , que nous avons 
suivi le brahmine. 

a-pi^rt L'être , Tétat d'être , ne peut dans ces exemples 
être traduit d'une autre manière, que "s'il était le verbe 
^rlt. Le mot pâli madi est joint ici au barman mi-Raen 
Mère, comme dans l'exemple suivant l'est raugâ Maladie 
(du sanskrit rôg-a) , au mot barman a-nâ , qui a la même 
signification. 

XVI. kjûnnot-to maun - nha-ma a-nâ- 

Nos fratrem (et) soro^'em morbo (et) 

raugâ ma-si-sau-a-^rît-tô-kô mûêh - sï- 

aegi'otatione exemptos esse nutricatam (nos) 

mi-îtaen-kô 2ô-rrt-pâh-kon-lau. 
matrem certiorem facite. 

Informez la mère qui nous a nourris , nous qui sommes 
frère et soeur , que nous sommes libres de toute sorte de 
maladie. 



DES VERBES. 219 

XVII. asœn-sa-îiaBn-msenh-krîh ! mùeh-sî - mi- 
Domine rex ! nutricata (nos) ma- 

ïtaen-sï tau rauk-rfié Icjùnnot-tô-i maun nha- 

ter € silvd adveniens nostri , fratris (et) so- 

ma mjaek-nhâ-kô mràsn - Ihjaen mraen-pâh-^è-ûh-lau. 
7'oriS , vultum vider e si (vult) videre fac. 

O notre seigneur (père) et roi , si notre mère qui nous a 
nourris , arrive du bois , et qu'elle veuille voir le visage 
de nous, qui sommes frère et soeur, permettez qu'elle 
le voie. 

tau Bois , forêt , de'sert , se trouve ici sans postposition , 
le sens de la phrase e'tant suffisamment clair par le verbe 
rauk Arriver, mjaek-nhà Le visage , est composé des mots 
mjaek L'oeil et nhâ Le nez. 

XVIII. asaen-sa-îiaen-msenh-krih ! miiêli - sï - mi- 
Domine rex ! nutricatae nos ma- 

îiaen mjaek-nhâ-kô lïh kjûnnot-to-sï mraen-pâh-ra- 

tris vultum etîam nos videre 

ze-uh. 

fac. O notre seigneur et roi , permettez nous aussi de 

voir le visage de notre mère qui nous a nourris. 

XIX. ponnâh-sî, maun-tô, ponnê-ma-âh 
Brachmana , o juvenes , hrachmanae-feminae 

nà nha-ma a-prït-kô prau-rûé, pru-râ-|aun-râ- 

meani sororem esse (illam) dicentes _, tractationes 
sï-\vût-t6-kô pi^u-ljaek kaunh-^ûà nâ nha-ma-kô 

faciens optime meam sororem 



220 GRAMMAIRE BARMANE. 

ïeinh-paik-nhaenh-bi hu nâ mhâ-laik-kraunh-kô 

curae-ut-liuheat , sic meurn Jussum 
gô-lê hu mhâ-Câh-ï. 

Signîficate , sic jussit. Le bralimine ordonna ainsi : 

ô jeunes gens , après avoir dit à la brahmine que la per- 
sonne est ma soeur , annoncez lui mon ordre , qu'en la 
traitant de son mieux elle lui donne tous ses soins. 

Le composé pru-râ-|aun-râ-sï-Avût que j'ai rendu par 
tractatîones , traitemens , réunit les mots pru-râ Action 
(Voyez 225) , |aun-râ Action , accomplissement , la par- 
ticule conjonctive sî, et wût Affaire, occupation , besogne, 
ouvrage etc. (Voyez aussi ces derniers mots dans l'exemple 
VIII). mhâ-laik et mhâ-fàh se trouvent comme synonymes 
de mhâ Ordonner, dans la liste des racines; ki^aunh qui 
avec mhâ-laik forme le substantif pour Ordre , signifie 
Ligne, raison, cause, et ki'aunh-râ Affaire, occupation, 
significations dont plusieurs , dans un idiome aussi vague , 
peuvent servir à former le sens demandé. 

XX. si-krâh - maenh su ô-lï , îcjit - sa-mîh , 

Divûm rex ipse senex , car a jilia, 
raîâh-taek-sô taek-lhî, ja-'ku paen sûâh-ki^a-kon-an 
currum ascende , nunc ipsum discedemus , 

hu 25-1. 

sic dixit. Le roi dès dieux sous la forme d'un vieillard 
dit : ma fille , montez sur le char , nous partirons à l'in- 
stant. 

Le mot si-krâh , comme verbe Savoir , avoir connais- 
sance de choses , de si Savoir et krâh Entendre , est comme 
substantif le nom d'une des classes supérieures d'êtres in- 



DES VERBES. 221 

tellectuels, classes, dont on compte trente-deux; si-krâh- 
niaenh est rendu par Le roi des Nats , quoique ces der- 
niers paraissent appartenir à des classes inférieures, ratàh 
Char , du sanskrit raCa , a ici pour complément la racine 
barmane tœk Monter. 

XXI. Cô prï-tan-fà-ma-kô lop-kran-fyjauk-^jaek- 

Illd meretrice ^- interfectd , 

prih-mha , a-wot tan-Zà-to-kô kjût jù-ïcsé-saprieg 

vestes (et) ornamenta exuens -• 
mimi eim - nhaik mimi sàh ma-jàli-kô mhja 

sua domo in suuni Jîlium fem'mam ^- quoque 

ma-si - ^ê-ra-biè, a-êûé - kaen-pûnh-ta-jauk-kô sa 
nescire faciens , amîco dilecto '*• viro solum 
geit-kùaej-rà pi^au-fô-rùë ïô a-mhu-kô sô-whaek- 

secretum (225) dicens , illam rem ahscon- 

Ijaek nê-ï. Cô-sô so-whaek-ponh-sâu-lih 

dens permansît. Tale-quid ahscondît quamvîs, 

akjûnnot-ï pana a-zûm-^raîn Cô-sii-ï a-mhu-kô 

meae sapientiae vi ^- îllius rem 

ta-ku ma-kjan hot-mhan-tainh akjùnnot 

aliquid non praetermittens vei'itatem secundum ego 
kràh-si-ra-ï. 

exponere potui. Après avoir tué la courtisane il la dé- 
pouilla de ses habits et ornemens , et sans en faire savoir 
quelque chose dans sa maison ni à son fils ni à sa femme , 
il ne fit part du secret qu'à un ami intime , et continua à 
cacher l'affaire. Mais quoique il cache une telle chose , 
j'ai pu raconter cependant par la force de ma sagesse 



222 GRAMMAIRE BARMANE. 

cette affaire selon toute la ve'rité , sans y omettre aucune 
circonstance. 

1. Le mot prï-tan-|â Courtisane , signifie proprement 
l'ornement du pays , de prf Pays , ville , et tan-2â Orne- 
ment parure. 2. Dans îîjût-jû-îiîè-sa^raBn , keé peut indiquer 
la quatrième forme du passé , et on traduira alors îijût- 
jû-îiaé-safjraen par exuens prehendens. Mais on peut e'g-ale- 
ment voir dans jû-îiaé le verbe composé qui signifie Ap- 
porter, et traduire exuens adportans. Judson dit à la 
page 93 : Sleb Apporter , est employé seulement dans des 
composés, comme jii-ïîaé-sï, faun-îtsé-sï , Râu-ïîeé-sî etc. 
mais à la page 299 il écrit jû-îcéè Apporter, comme l'écrit 
aussi Hough. Les deux autres composés ne se trouvent 
pas séparément dans Judson. 3. ma-jàh Femme ; de même 
que mi , ma sert comme préfixe a former plusieurs fémi- 
nins , comme ma-ma ou ma-saen Madame , mademoiselle, 
ma-e Mère, ma-rîh Soeur ainée d'une femme, ou femme du 
frère aine d'un homu.e. 4. a-|ûê et ïtaen-pûnh signifient tous 
les deux Ami; îcaen est Aimer, mais pûnh n'a aucune signifi- 
cation qui s'accorde avec ïîaen. 5. a-^ùm ou a-^ûn est donné 
par Judson pour un verbe , Etre fort , puissant , capable. 

XXII. akjûnnot-sï lûn-lê-prîh-sau-a-mhu , pi^ït-gaèh- 
pEgo jjr«Ci?er//as res , i^'ctesentes 

a-mhu, ^rît-lattan-a-mhu a^u-^u asùaej-sûaBJ 

res , futur as res (vel) simul (vel) continuatîm 
pru-bîiaBJ êaun-ran atan-tan kei^^a-kô 

facîendas perjtciendas îterum atque iterum ^' res ^■ 
paen gaen-îcjaen- a-saen-mhjâu-îcjaBn-rùé si-tat-ï. 

quoque meditans ^- praevidens '*• scio. 



DES VERBES. 223 

Je connais par la méditation et la preVoyance les choses 
passées , présentes et futures , les choses qui ont lieu ou 
ensemble , ou continûment ou plusieurs fois. 

1. L'adverbe a-tan-tan Par intervalles, en difFérens lieux, 
plusieurs fois, vient de a-tan Intervalle, distance, éten- 
due, longueur du temps ou de lieu. 11 n'y a plus de verbe 
dont les significations s'accordent avec celles de a-tan ; 
mais a-tan Chose droite et longue, (Voyez 213), et tanh, 
dont vient a-tauli Ligne étendue, file, durée, semblent 
en affinité avec a-tan. 2. keizza Affaire, occupation, ou- 
vrage , est synonyme de a-mhu. 3. zaen-kjîen Con*iidérer , 
est synonyme de tûèh-tau. 1. En réunissant d'une manière 
un peu vague dans le mot praevidens les significations 
de a-Sten Instruction, mhjàu Regarder en haut ou en avant 
avec étonnement ou anxiété , et kjaen Attendre , espérer , 
désirer . jai suivi Carey , qui traduit ce passage Bi/ mé- 
ditation and forcsight , I am acquainted uith ail the 
m'mutiae of past , présent , and future affairs. 

XXIII. kaunh-mûn-^ûà-sau-awôt - tan-zà-tô-kô 

Excellent issimîs^- vestihus ornamentis (que) 
2sen-tàu-mù-rùé , ta-ràh zaun-râ u-pos 

ornatus legis -■ observantiae (225) officiotmm- 

eim - nhaik nè-tàu-mù-ï. 
que sacrorum ^- domo in remansit. 
Paré des habits et ornemens les plus beaux il resta dans 
la maison des observances religieuses (de jeune). 

1. mun Etre bon , excellent , synonyme de kaunh et de 
mrat , manque dans la liste des racines de Carey. 2. ta- 
ràh signifie les lois universelles et immuables du monde 



224 GRAMMAIRE BARMANE. 

moral considérées collectivement , ou tout principe ou loi 
particulière de morale ; tout ce qui s'accorde avec les lois 
du monde moral ou avec le système établi de justes ré- 
compenses 5 justice , droit. 3. u-pos est l'accomplissement 
des devoirs de religion. 

XXIV. ^aen-^ït Cô-sû a-kaiik kran-mï mhan - Ihjaen 
Certe illum fraudem moliri verum si est 

sô-whîek-ap-sau-^akâh-kô abaj-sû-âh mhja Cô kran- 
sccretum sermonem alicui eticim illo medî- 

sau- a-mhu ma-prîh-mhî ma-prau-ap. 

tato negotio nondum-pei'fecto enuntiare-Justum-non-est. 
Certes, s'il est vrai, que cette personne projette une 
fraude , il n'est pas juste , qu'on fasse part de ce secret à 
qui que ce soit , avant même que l'affaire projetée soit 
accomplie. 

XXV. sê-lûn-sî- |i-sau-kâh î jaïcu îcan-ra-sau- 
Mortuus existens hoc nunc peidatmn 

gaenh-raè - îaek a|a-aïaun afa-asaunh - maka 
infortunîum ^- quam imll'ies decies-millies plus 

pi^aenh - pra-pû-pan-zûâ léh pjâ-sau - apaèj- 

violentissimis misert'imis -• quatuor infelicibus ^- poenae- 

nhaik kôh-kùaej ma - ra duklîa 

statihus ^- in adorare ^- non invenire miseriae ^• 

ma-lûaBJ 2aenh-rœ ïcan-ra - lattaii. 

întolerahîlis infortunîum passurus est. 
Celui qui sera mort, aura à souffrir des peines mille ou 
dix mille fois plus fortes que celles qu'il endure actuelle- 
ment, dans les infiniment misérables quatre malheureux 



DES VEHBES. 225 

états de punition, où l'on ne trouvera qui s'adresser, ni 
aucun soulagement à la misère. 

A 

1 2aenh-ra} Malheur, misère, est comme verbe Etre 
pauvre, dénué, malheureux, misérable. 2. pricnh-pra est 
le même que praenh Etre violent , et pu-pan le même que 
pu Etre affligé , malheureux. 3. pjà Etre afflige , agite , 
distrait. 4. a-p«èj est un état de punition ; on compte quatre 
de ces états. 5. kôh-kûaej Adorer, Voyez kôh. 6. dukka 
Malheur , misère , peine , du sanskrit duhîia , est syno- 
nyme de laenh-rœ-kjaBnh. 



XXVI. ja-né ma - kaunh naek-jpan kaunh-hù-rûé ; 
Hodie non bene est cras hene est ; 

^aun-laen-^aen-nhûœ-ljaek a-tûaek ma - ra kâla- 

dîfferendo rationem non invenîre, tem- 

kô ma - kon-^ê saen abaej-kraun-nîh-hu-miikâh ? 

pus non Jinire , conveniens cur? 
asû-ba-ïauk mhïa maranâ maenh-nhaen meit 
quis enhn mortis rege cum amicitid et 

kjûmh-waen - pru-rûé né-rœk aîejaek - aïîj'einh- 

famîUaritate contracta dîeruni terminum prae- 
kô ra-sï ma - si-îîjê; jaîi.u-kâh prau-|ieh 

scriptum ^- consecutus non est ; nunc vero dicere 
kana-mhà ja-né llh kaunh naek-^an lih 

momento'- hodie quidem hene est, Cî'as etiam 

kaunh-mï sï - kâla ma-2ô Cô-ïô-sau-anâgat- 

hene erit, eodem tempore non dicere, illis tempo- 

ià - nhaik sê-an-sï - saBn-an-sï - ko 

ribus futuris in moi'iturum victurumve , (262) 

15 



226 GRAMMAIRE BARMANE. 

mi-sî-sû-ÏJa-jauk mlija ma-si - nhain-kra-ïcjê. 

qui nempe nescire possunt. 

(Dire,) «il n'est pas bien aujourd'hui, demain il sera 
bien , '' user de délais et ne pas trouver son compte en 
mettant un terme au temps, pourquoi cela serait-il con- 
venable? Car qui est-ce qui, ayant contracté amitié et 
familiarité avec le roi de la mort , n'ait pas atteint le terme 
prescrit de ses jours ! Maintenant dire dans quelque mo- 
ment , (( aujourd'hui il est bien , demain aussi il sera bien " 
et alors ne pas dire que dans cet avenir l'on mourra ou 
qu'on conservera la vie, qui donc pourrait l'ignorer (ou 
pourrait savoir cela , le dernier ma y paraissant de trop). 
1. îijeinh et îijeinh-î<jaek signifient Etablir , déterminer , 
fixer , comme le temps. 2. ïïana , du sanskrit ksana , est une 
certaine mesure de temps ^ dont la longueur varie dans 
les difFérens systèmes de l'Inde , (Voyez 294) ; un instant , 
un moment. 

XXVII. ïca-mïh-tâu mœnh-krih uz^à zïh-zeim 

O-pater , régis proprîetates divitiae 

hu sî - kâh; ran-sû - nâh - pâh Jyjœk-|ih 
sic hae sunt ; inimici ^- quinque (172) dum-destruunt 
rué pi'onh-saprœn lïh uzzâ saen-kô 

exhauriunique ^' etiam proprietates dominum 
zûn-tat-ï; ran-sii nâh-pâh ma-|)jaîk-|ih-riié 

derelinquunt ; inimici quinque si-non-destruunt (et di- 
mimi prrt-|ifeh, pùâh-|<eh-^rît - sâu-lîh 

vitiae) jn'oin'iae sunt, crescunt (259) tametsi 

u^zâ - saen sê-sapraeii u^zà - sâen-sï 

proprietutum dominus moï'iens proprietatum dominus 



DES VERBES. 227 

^ûii-ap-ï; Cô-sô zûn-tat-^ûii-ap-sau-aîîraBnh- 

relinquere-dehet ; hoc-modo derelinquendis rchus- 
arâ-^rien prauk-îî.raBnh kon-kraenh sa-bau sâ-lhjaen 
his cum jactura ^- (et) exstinctio indolem "*• si-vin- 

zaen-^rt |)nt-lau pri - zîh-^eim-praen abapj-kraun 
cuntf cet'te quid-est terrae divitiis cum , quapropter 
ka-mïh-tâu f)eit-man-ïiraenh-kô pru-pran-ra-sa-nïh ? 
pâte?' illecehrus facit-iterum ? 

O mon père ! quant aux richesses d'un roi , elles aban- 
donnent le maître , lorsque les cinq eimemis (c'est-à-dire 
l'eau , le feu , les gouverneurs , les voleurs et les contemp- 
teurs) , les de'truisent et épuisent ; et quand même les cinq 
ennemis ne les détruisent pas , et que ces richesses appar- 
tiennent au maître et augmentent encore , celui-ci doit 
pourtant les abandonner en mourant. Ainsi en les aban- 
donnant, si leur perte et leur anéantissement l'emportent 
sur l'inclination , quelle valeur ont donc les richesses du 
pays , et pourquoi mou père cherche-t-il de nouveau à 
me tenter? 

1. ran-sù Un ennemi , de ran Quereller , disputer (dans 
la colère) , d'où ran-pru Agir comme un ennemi , com- 
battre , et plusieurs autres composés semblables. 2, J'ai 
mis l'actif f ronh exhauriunt à la place du passif pronh 
exhaurîuntur , comme l'écrit Carej ; mais il traduit pronh 
par hâve consmned , comme s'il y avait pronh, leçon qui 
seule paraît convenir au sens de la phrase. 3. prauk, Voyez 
pjauk dans la liste des racines. 4. sa-&au Ame, disposi- 
tion, nature. 

15. 



228 GRAMMAIRE BARMANE. 

XXVIII. nâ sâh mahausaïà î lauka - nhaik nâ-tô 
Mi Jili Mahausaïâ, lioc mundo in nos 
kaé-sô aîtjô-sau-zïh-^eim-saen-tô-sï mimi ra-ap-sau-zïh- 
sicut aliqui divites viventes suas facultates 
zeim-îœk lûn - zûâ zîh-zeim-kô a-lô-si-rûé 

supra excedentes longe divitias desiderantcs 

ta-prï - ta-nain-nan-tô-kô taik - pjaek - seimh- 
regiones regnct ^- pugnando evertentes ca- 

jû-îljaen-sâu-lïh ; pana - a-ki'an-a-zï ma 

pientes etsi ; sapientiam et dtliherationem^- non 
praii-pùâh-îîjê-sau-kïaun ; sû-ka Ihan-pran-sa-prœn 

augescentem ^- propter ; illis retaliando *• 
mimi a-kjâu-a-zau - msé-fîrlt-mï |6-rîié zït-fôh 

suo lionore ^- (se) jn^ivaium iri dicentibus , helli ^• 
îtrœnh za-sau ma-kaunh-mhu-kô ma-pru. 
etc. malam aciionem ne fac. 
Mon fils Maliausafâ , il y a dans ce monde d'autres per- 
sonnes aussi riches que nous , qui outre leurs biens de'- 
sirent des richesses beaucoup plus grandes, quand même 
ils devraient détruire des royaumes entiers pour les ob- 
tenir; mais parce que leur sagesse et réflexion ne s'ac- 
croissent pas , et qu'ils craignent que les représailles ne 
les privant de leur honneur, (pour ces raisons) ne fais 
point la mauvaise action de la guerre. 

1. nain-nan Royaume, contrée qui est sous le même 
gouvernement ; le préfixe ta Un , devant pi^ï et nain-nan 
ne paraît pas trop s'accorder avec le signe du pluriel qui 
suit ces mots. 2. ki'an-zï Voyez kran. 3. J'ai corrigé les 
mots pran-|)iiàh en pran-pûàh , la première leçon me pa- 
raissant vicieuse. Carey traduit cette phrase a hut hecause 



DES MOTS COMPOSES. 229 

theîr ivisdom neither ?'eturns nor hicreases " mais parce 
que leur sagesse ne revient ni ne s'accroît, où il prend 
pQàh dans la sig^nificatiou de pûàh, qui ne lui appartient 
pas. Le mot pran d'ailleurs ne présente ici qu'un sens peu 
intelligible, tandis que le composé praii-pûàh, qui d'après 
Judson et la liste des racines de Carej a le même sens que 
praii ou pûàh seuls , celui de croître , s'augmenter , offre 
un sens parfait. 4. D'après Carej j'ai rendu par retaliando 
(retaliation) représailles, le composé Ihan-pi^an Retour- 
ner. 5. kjàu-zau Voyez kjâu. 6. ^It-fôh Combattre, d'où 
^ît-Côh-krœnli Combat, guerre. 

Dans ces exemples donnés d'une manière assez incor- 
recte, j'ai corrigé beaucoup d'inexactitudes, dont celles 
qui sont évidentes , prouvent qu'on ne peut pas admettre 
ces textes, qu'en se permettant de telles corrections. Quel- 
ques exemples , qui se trouvent deux-fois dans la Gram- 
maire de Carej , présentent aussi des variantes assez fortes. 

DES MOTS COMPOSÉS. 

169. Les mots composés sont formés par la jonction 
de plusieurs mots simples dont le dernier seulement peut 
prendre les signes de cas. Les grammairiens palis les 
nomment samàsa et les rangent en six classes qu'ils ap- 
pellent , la première dûanda , la seconde baliubbihi , la 
troisième kammadûâraja, la quatrième tappurisa, la cin- 
quième dùigu et la sixième abjajibâwasamâsa ; en sans- 
krit dvandva, bakubrîhi, karmmadàraja , tatpurusa, dvi- 
gu et avjajîbàva ou vasamàsa. Les compo.sés barmans sont 
distribués en partie dans ces classes; d'autres s'y refusent 



230 GRAMMAIRE BARMANE. 

étant formes d'après des principes e'trangers aux idiomes 
de l'Inde. 

170. Dans la première classe on joint ensemble plu- 
sieurs substantifs au même cas, en supprimant les parti- 
cules copulatives et les signes de cas conserves seulement 
dans le dernier nom. Excepté celui-ci tous les substantifs 
sont alors fréquemment séparés par les deux lignes de 
ponctuation. Ex. 

nâh-pi , f âh , ^a-pâh , fan , saekkalat-tô-kô 

Poisson salé , sel, riz en balle , riz, drap 
waej-rùé sue f a-wâh - tâu - auk - s6 

ayant acheté' d'or plante des pieds royaux sous vers 
2an-sûâh-sï. 

il alla. Ayant acheté du poisson salé , du sel , du riz 

en balle , du riz et du drap , il alla aux pieds d'or , c'est- 
à-dire au roi, car tout ce qui concerne le roi des Bar- 
mans , reçoit l'épithète d'or, jpa-wâh est La paume , le de- 
dans de la main , et la plante du pied. 

171. Quelquefois ^a-sï ou za-rûé Etc. et ainsi de suite , 
est mis entre le dernier nom et les signes des cas , comme 
nâh-pi , f âh , ^a-pâh , |an , saekkalat-za-sï-tô-kô waej-rûé 
Ayant acheté du poisson salé, du sel, du riz en balle, 
du riz , du. drap etc. 

172. Quelquefois l'on met aussi entre le dernier nom 
et les signes du pluriel et des cas î-alonh-^on Tous ces, 
ou le mot pâli wi^fà Tous, le tout, ou la particule pâh 
précédée du nom de nombre des difFérens objets et du 
pronom î Ces, comme î-nhït-pâh Ces deux, î-sonh-pàh 
Ces trois. Ex. nâh-pi , f âh , ?a-pâh , fan , saekkalat-î- 



DES MOTS COMPOSKS. 231 

alonh-zon-tô-kô waej-rûe x^jant acheté toutes ces choses, 
poisson salé etc. etc. ou nàh-pi, fàh, za-pàh, 2an, saekkalat- 
î-nàh-pàh-tô-kô Avaej-rûé Ayant acheté ces cinq choses, 
poisson salé etc. etc. 

173. Dans la seconde classe de composés on réunit plu- 
sieurs mots pour former des épithètes ou adjectifs des 
noms qu'ils précèdent. Ex. a-raek-krîih (Buvant) de la 
liqueur à l'excès , c'est-à-dire un ivrog-ne ; zàh-kriih ^lan- 
geant à l'excès , c'est-à-dire un glouton ; a-rœk-sauk-ki^ùh 
Buvant de la liqueur à l'excès ; a-zàh-zàh-krùh Mangeant 
des alimens à l'excès; rê-sauk Buvant de l'eau; rè-sauk- 
sû Celui qui boit de l'eau ; mjaek-zàh Herbivore ; mjaek- 
9àh-tiriz|àn Un animal herbivore. 

1T4. Dans la troisième classe de composés on joint un 
substantif à un adjectif; celui-ci ne peut prendre aucun 
signe d'inflexion. Ex. 

nâ-sï alûn-mrat-sau - maenh-krîh-âh Ihjauk-sî , 
ego excelsissimo l'egi di.vi ^ 

J'en fis mention à sa majesté le roi. 

175. Dans la quatrième classe le composé se forme 
d'un verbe précédé d'un nom dont le cas et le nombre ne 
sont déterminés que par le sens. Ex. lû-pjaek-fèh Homi- 
nem-desiruens-inedicina ; ré-pri-6 Aqud-repletum-vas ; 
maenh pèh-sau-uzzà A-rege-data-res ; maenh |ap-sau-a- 
ïiùn Regi-solvenda-vectîgcdîa ; (Voyez 2at) ; sït-paen-kja- 
sau-asîh Ah-arhore-lapsus-fructus; rê-nê-nâh In-aqud- 
hahîtcm tes-pisces. 

Quelquefois cependant on conserve dans la formation 
de ces composés les signes de cas , à l'exception toutefois 



232 GRAMMAIRE BARMANE, 

de ceux du ge'nitif. Ex. rê-nhaik-nê-sau-nâh Aquâ-în-ha- 
bitantes-jjisces ; kaunh-kaen-waej-pran-sau-nhaek Aere-in- 
volantes-aves ; mjaek-^raBn-saBn-.sau-tiriz|ân Herhîs-vi- 
ventia-ammalîa. 

Si un substantif est joint à un autre au g-e'nitif, ces deux 
forment aussi un composé de cette classe. Ex. nâ-lû Mon 
homme ; kûêh-famaenh Le riz bouilli du chien ; |aen-buraen- 
2aen L'ële'phant du roi. 

176. Dans la cinquième classe on joint un mot à un 
nom de nombre qui le précède. Ex. 

sonh-pâh-sau-lauka - sï - pûzâu-ap-sau, 
ti'es mundos-per-adoratus , 

Adoré par les trois mondes; 

nâh-pâh-sau-eindré-kô-^aun-sau - su , 
quînque affectus coercens is , 

Celui qui restreint les cinq passions. 

177. On range encore sous cette classe d'autres com- 
posés qui n'appartiennent qu'aux langues monosyllabiques, 
dont le nombre limité de syllabes ou mots simples, en 
créant beaucoup d'homonymes, peut causer des doutes 
sur la signification d'un tel mot. Pour obvier en partie à 
cet inconvénient on joint à plusieurs noms des mots d'es- 
pèce ou de description , qui en déterminent le sens d'une 
manière plus précise et forment différentes catégories se- 
lon des analogies générales , comme d'animaux , de choses 
rondes , droites etc. 

178. Les mots de description ne prennent ni le préfixe 
a s'ils se trouvent après un autre membre du composé , 
ni la terminaison sï, lorsque ce sont des noms verbaux. 



DES MOTS COMPOSES. 233 

Ainsi pour akaun Animal , on ne met alors que kaun ; et 
9Îh Monter à cheval , signifie comme mot de description 
Monture , bête de somme , sans prendre aucun crement. 

179. On joint ces mots de description aux noms de 
nombre jusqu'à dix, où l'unité est exprime'e par ta à la 
place de tït; comme ta-kaun Un (animal) , nhît-kaun Deux 
(animaux) , sonh-kaun Trois (animaux) ; mais les nom- 
bres au-dessus de dix se placent après le mot de descrip- 
tion, comme akaun-sonh-faBJ Trente (animaux). Les mots 
de description précédés des noms de nombre se joig^nent 
aux noms simples , et l'on forme ainsi p. ex. avec kûêh 
Chien , les composés îiûèh-ta-kaun Un chien , îiùèh-nhït- 
kaun Deux chiens , liùèh-soiih-kaun Trois chiens , etc. 

Mais les numératifs avec le nom de description peuvent 
aussi précéder le nom qu'ils servent à déterminer ; ce der- 
nier alors leur est joint par la particule conjonctive sau. 
Ainsi l'on dit lû-nhît-jauk ou nhït-jauk-sau-lû Deux hom- 
mes; ki^aek-sonh-kaun ou sonh-kaun-sau-kraek Trois pou- 
les. Voyez aussi les exemples 1T6. 

180. L'usag-e détermine pour les différens noms les 
mots de description qu'il faut leur joindre; ainsi mraenh 
Cheval, ne se range pas parmi les animaux mais parmi les 
montures. On dit mraenh-ta-zîh Un cheval, et non pas 
mraenh-ta-kaun. D'autres noms peuvent prendre différens 
mots de description selon les rapports divers sous lesquels 
on les considère. Ainsi l'on dit nùàh-ta-kaun Une vache , 
nùàh-ta-zîh Une vache ou un boeuf de somme , nûàh-ta- 
sïn Une paire de vaches , une couple de boeufs. 

181. Les catégories suivantes comprennent à peu près 
tous les mots de description. Dans les exemples je ne don- 



234 



GRAMMAIRE BARMANE. 



nerai la signification du nom simple, que quand elle dif- 
fère de celle du composé. 

182. La particule |û , qui de'rive probablement de 2u 
Be'ne'diction , ne se joint qu'à des noms de la divinité, 
comme burâli-saîtaen-ta-2û ou mrat-zûà-burâh-ta-|û Un 
Dieu. 

183. La particule pâh, qu'on suppose dérivée de pâ 
Etre , acquérir , obtenir , se joint aux noms qui signifient 
divinité, prêtres, religieux, rois, employés publics, ou 
personnes de distinction. Ex. burâh-saîîaen-ta-pàh Un dieu ; 
ïcaen-krih-ta-pàh Un mendiant religieux , un prêtre de 
Bouddha; saen-buraen-ta-pâh Un roi; maenh-ta-pâh Un 
gouverneur ; |arâ-ta-pâh Un précepteur , un docteur. 

184. Le mot ûh de a-ùh Le chef, le principal , celui 
qui commence , se joint à diflférens noms , comme sakœn- 
ta-ûh Un seigneur , rahan-ta-ûh Un prêtre , lû-ta-ûh Un 
homme. 

185. Le mot kôj Corps , se joint rarement à des noms 
de divinité, mais ordinairement à des noms qui signifient 
une personne de distinction, ou quelque chose incorporée, 
comme maenh-ta-kôj Un gouverneur; lû-ta-kôj Un homme, 
|9enh-tu-ta-kôj Une image , une idole. 

186. Le mot jauk , qu'on dérive de jaukjâ Un mâle , 
se joint seulement à des noms qui ont rapport au genre 
humain ; comme maenh-ta-jauk Un gouverneur ; sakaen- 
ma-ta-jauk Une maîtresse; lû-ta-jauk Un homme; mein- 
ma-ta— jauk Une femme. 

187. Le mot kaun , de akaun Animal irraisonnable , se 
joint à des noms de quadrupèdes , d'oiseaux , de reptiles , 
d'insectes, etc. Ex. kraek-ta-kaun Une poule; kjûéè-ta- 



DES MOTS COMPOSES. 235 

kaun Un buffle ; kjanh-ta-kaun Un rhinocéros ; nûâh-ta- 
kaun Une vache; kjût-ta-kaun Une sang^sue; nanh-ta-kaun 
Une oie ; wumh-p;èh-ta-kaun Un canard ; nhaek-ta-kaun 
Un oiseau ; da-rfej-ta-kaun Une petite espèce de bête 
fauve; waek-ta-kaun Un cochon. 

188. Le mot ^ih , de ^îh Monter à cheval , se joint à des 
noms qui signifient bêtes de somme ou montures, voitures, 
et aussi au nom de cochon. Ex. |aen-ta-zîh Un éléphant; 
làh-ta-^îh Un mulet ; mi=aenh-ta-zîh Un cheval ; m aek-ta- 
zîh Un cochon ; nùàh-ta-zîh Une vache ou un boeuf de 
somme; Ihièh-ta-zîh ou lliÊêh-ta-zîh Une voiture , un cha- 
riot; raîàh-ta-zîh Un char, un chariot, une voiture. 

189. Le mot sfn, de sîn Unir, accoupler, est employé 
à former des composés signifians des paires d'animaux ou 
de choses qu'on joint ensemble pour un travail ou un autre 
but quelconque. Ex. nùàh-ta-sln Une paire de vaches ou 
de boeufs ; kjùaè-ta-sïii Une paire de buffles ; prïn-ta-sm 
Une paire de planches. 

Le mot ran sert également à marquer les paires d'une 
chose, comme îirê-^ilp-ta-ran Une paire de bottes ou de bas. 

190. On joint fjœk ou baek Côté, l'une des unités d'une 
paire , aux noms de choses qui naturellement forment une 
paire ou qui ont deux côtés semblables, pour désigner 
l'une des deux parties ou pièces ou des deux côtés. Ex. 
binap-ta-baek Un soulier ou une sandale; ki'ê-ta-baek Une 
jambe; îirê-zùp-ta-baek Une botte ou un bas; laek-ta-baek 
Un bras; mrît-ta-baek Un côté d'une rivière. 

191. On joint lonh, de alonh Rondeur, aux mots signi- 
fiaus des choses rondes , sphériques , cylindriques , coni- 
ques , convexes , concaves , ovales , ou d'une figure qui ap- 



236 GRAMMAIRE BARMANE. 

proche d'une de ces formes , et on le joint même à certaines 
choses carrées. Ex. sït-ta-lonh Un bois de charpente ; sït- 
sîh-ta-lonh Un fruit ; a-mrauk-ta-lonh Un canon ; sït-tà- 
ou sit-Càli- (écrit aussi sêtta) ta-lonh Une caisse; laek-ta- 
lonh Un bras ; Rrê-ta-lonh Une jambe ; mih-eim-ta-loiih 
Une lanterne ; mîh-2û(e-ta-lonh Une lampe suspendue , 
(mih est Feu) ; 6h-ta-lonh Un pot ; mhœn-ôh-ta-lonh Un 
encrier; laek-^aek-ôh-ta-lonh Une théière; ïamaenh-ôh-ta- 
lonh Un pot à riz ; taunh-ta-lonh Un panier ; pu-kan-ta- 
lonh Un bassin, une tasse, une assiette; liùaek-ta-lonh Une 
tasse , une grande tasse ; rè-ta-kaun-ta-lonh Un g;obelet ; 
rê-prfm-ta-lonh Un conduit d'eau, un jet d'eau; rê-ponh- 
ta-lonh Un seau; rê-mot-ta-lonh Une cuillère à pot; zï-ta- 
lonh Un casque; zï-ôh-ta-lonh Une jarre; aen-ton-ta-lonh 
Une terrine profonde , désignée par les Anglais sous le 
nom degumhla; pa-lœnh-ta-lonh Une bouteille; lêh-ïaun- 
pa-lœnh-ta-lonh Une bouteille carrée ; tûh-ta-lonh Une 
gourde , une bouteille , une fiole ; Ibûh-sih-ta-lonh Une 
courge; (bûh est une courge, une gourde etc. et sîh Porter 
fruit, d'où a-sîh Fruit, marque les choses qui ont la forme 
ou l'apparence d'un fruit) ; a-léh-ta-lonh Un poids (à pe- 
ser); prût-ta-lonh Une seringue; tain-ta-lonh Un poteau, 
un mât ; kjauk-|ùh-ta-lonh Une ancre ; ît--ta-lonh Une 
boîte cylindrique, (faite de bois de bambou vernissé); op- 
ta-lonh Une boîte avec un couvercle de forme conique; 
nàrî-ta-lonh Une montre; prûê-ta-lonh Une flûte, un fifre; 
wâh-ta-lonh Un bambou; kreim-ta-lonh Une canne, une 
verge; tûêh-sen-ta-lonh Un crachoir; mjjek-zi-ta-lonli Un 
oeil; ûh-Raunh-ta-lonh Une tète; (ûh ou a-ûh et ïîaunh 
signifient tous les deux La tête, la partie principale d'une 



DES MOTS COMPOSES. 237 

chose ; ùh Commencer , et comme nom Le principal , le 
chef, îtaiinh Etre le principal , le chef; le composé ùh- 
îiaiinh s'écrit onlinairement iikkaunh et encore ùhkîiauri 
ou ûhkîîaunh et u-îiaun ou ukïiaunh) ; Raunh-on-ta-lonh 
Un oreiller ; pê-ta-lonh Une enclume ; eip-ta-lonh Un 
sac , une poche ; op-ta-lonh Une brique ; op-ki'ûp-ta-lonh 
Une tuile; zeim-Jiraun-ta-lonh Une lunette d'approche, 
(ou peut-être pi'aun ou praunh qui signifie Tube). 

192. Les choses droites ou longues de toute espèce pren- 
nent zaen ou z;rnh , de azienh Une ligne étendue , comme 
mot de description. Ex. ïàh-ta-zaenh L^n couteau, une épée; 
Càh-lûapj-ta-zaeijh Une épée , un couteau suspendu ; (ces 
mots s'écrivent proprement dâh , et dérivent du sanskrit 
(làra Le fil d'une épée ou de tout autre instrument tran- 
chant , d'où Jàrànga Epée) ; Ihan-ta-zaenh Une lance ; 
Scenï)au-ta-zaenh Un vaisseau; Ihè-ta-^aenh Un bateau; 
mrûè-ta-zaenh Un serpent ; krôh-ta-Ztenh Une corde ; 
azapnh-ta-zaenh Une raie, (comme sur des étoffes). 

193. Ou joint faun, de faun Porter, contenir, aux 
noms de toutes sortes de bàtimens, soit véritables, soit 
imités seulement, tels que maisons de papier, de cire; à 
ceux des arbres artificiels ; et enfin au nom de cloche. Ex. 
eim-ta-faun Une maison; kjaunh-ta-gaun Un monastère, 
une école; fain-ta-|aun Une boutique; zarap-ta-zaun Un 
bâtiment pour les voyageurs ; nanh-ta-|aun Un palais ; 
rê-sûn-ta-faun Un privé ; tsè-ta-zaun Une cabane ou ha- 
bitation temporaire ; ta-|aun-tain-ta-f aun Un arbre fait de 
cire ; îiaunh-launh-ta-2aun Une cloche. 

194. A tous les noms de livres , d'écritures , de lettres 
etc. on joint ^aun , que Carey dérive de a^aun (ou plutôt 



238 GRAMMAIUE BARMAKE, 

azaunh) Pente escarpée , côté ; Voyez ^aiinh dans la liste 
des racines. Cette signification de azaiin paraît se rappor- 
ter aux feuilles de palmier, sur lesquelles les Barmans 
écrivent leurs livres ; mais alors il faudrait écrire zaunh , 
et Judson aussi omet le h. Ex. kjamh-ta-^aun Un livre 
religieux ', ^â-ta-zaun Un livre , une écriture , une lettre. 
Judson écrit ce dernier mot ^â-ta-f aun , quoique il donne 
a-zaun comme mot de description des noms d'écriture. 

195. On joint pon, de pon Amasser, amonceler, aux 
noms de choses qu'on peut amasser en monceaux ou réu- 
nir en collections, pour exprimer des monceaux ou col- 
lections des choses que signifie le premier nom. Ex. kjauk- 
ta-pon Un monceau de pierres ; mrê-ta-pon Un monceau 
de terre ; a-rùsek-ta-pon Un monceau de feuilles. 

196. Les choses pressées comme un livre qui a beau- 
coup de feuilles , ou une pièce de toile qui a beaucoup 
de plis , sont distinguées par le mot op , de op Presser , 
être épais (comme une forêt). Ex. pu^ôh-ta-op Une pièce 
de toile ; zà-ta-op Un livre. 

19T. Le mot Cop , de ïop Empaqueter , lier ensemble , 
est joint aux noms de choses dont on peut former des 
paquets. Ex. zâ-ta-Cop Une liasse de lettres ou de livres j 
puêôh-ta-Cop Un paquet de toiles ', zaekku-ta-Cop Une 
liasse de papiers. 

198. On distingue tous les noms d'habillement par le 
mot Càé ou Cae Une pièce , un vêtement , mot que Hough 
écrit tîË. Ex. pu|ôh-ta-fœ Un habit , un habillement com- 
plet; kaunh-paunh-ta-ïsé Un mouchoir de tête, un tur- 
ban p aen-kjîh-ta-îâê Une jaquette ; a-wôt-ta-Csè Une pièce 
d'habillement. 



DES MOTS COMPOSKS. 239 

199. Toutes les choses plates qui n'ont pas d'épaisseur 
prennent le mot î<jap ou îijat , de aîijap Une feuille ou 
chose sans épaisseur. Ex. pjin-ta-kjap Une planche, un 
ais j j)jà-ta-ïij'ap Une natte ; mhan-ta-îîjap Un miroir j op- 
ki'ûp-ta-îîjap Une tuile ; Zcekku-ta-5cjap Une feuille de pa- 
pier ; pê-ta-ïij'ap Une feuille du palmier. 

200. Un sens semblable est exprimé par Ihûâ , de alhûà 
Une feuille, un pli, une file, Ihûà comme verbe signi- 
fiant Etre mince (comme le papier) , couper par tranches. 
Ex. zaekku-ta-lhiià Une feuille ou un pli de papier; a- 
rûaek-ta-lhûà Une feuille 3 ^it-sî-ta-lhûà Un rang de sol- 
dats, d infanterie. 

201. Aux noms de toutes les choses qui ont une sur- 
face plate l'on joint pràh, de apràh Une surface plate. 
Ex. pjm-ta-pràh Une planche , un ais ; prï-ta-pràh Une 
contrée ; taenkàh-ta-pi'àh Un dollar , une roupie , une pièce 
de monnaie ', jVjà-ta-pràh Une natte. 

202. On indique la pointe ou l'extrémité d'une chose 
par le mot fjjàh de afijàh Une pointe, une extrémité, 
comme Avàh-ta-pjàh L'extrémité d'un bambou. 

203. Un morceau , une petite partie d'une chose , s'ex- 
prime par tit , de a-tît Morceau , petite partie ; comme 
mœ-sà-ta-tït ou niBêh-sà-ta-tît Un morceau de viande. 

204. On joint paen , de apaen Un arbre , une plante , 
aux noms de toutes les sortes d'arbres ou de plantes. Ex. 
wàh-ta-paen Une plante de bambou ', nhaek-pjau-paen-ta- 
paen Un plantain (arbre) 5 panh-paen-ta-paen Un arbuste 
en fleurs ; sa-raek-ta-paen Un mangoustan. 

205. A des noms qui signifient des plaines ouvertes , on 
joint prln Une surface plane et ouverte. Ex. laej-prm-ta- 



240 GRAMMAIRE BARMAAE. 

prïn Un champ ; talaenh-prm-ta-pïïii Une cour ou basse- 
cour, une plaine. Judson et Hough écrivent partout pi^aen 
à la place de ce prîn , et cependant Hough le transcrit 
(à la page 276) par pyeen , comme s'il y avait prîn. 

206. Les choses qui forment un cercle sont distingue'es 
par le mot kuaenh , de kuaenh Etre rond. Ex. laek-^ûp- 
ta-kûaenh Un anneau ; krôh-kùaenh-ta-kûaBnh Un noeud 
coulant. 

207. On joint îli^aun ou îîjaunh , de aîcjaunh Une barre, 
une longue pièce , aux noms de choses qui ont une telle 
forme. Ex. san-ta-îcjaunh Une barre ou un clou de fer, 
de san Fer ; kjan-ta-îijaunh Une canne à sucre ; mhaen- 
tan-ta-îij'aunh Une plume ', ap-ta-5<jaunh Une aiguille. 

208. Pour exprimer des branches en fleurs , des fais- 
ceaux de plantes , des corymbes , des bottes , des grappes 
etc. l'on joint aux noms de plantes îîain , de akain Une 
branche, un grand faisceau. Ex. nhaek-pjau-sîh-ta-ïtain 
Un faisceau de plantains ', panh-ta-Rain Un grand faisceau 
de fleurs. 

209. Aux choses qu'on peut peigner ou qui ont quel- 
que ressemblance éloignée avec les dents d'un peigne , 
l'on joint {iîh ou bî , de pîli Peigner , un peigne. Ex. nhaek- 
pjau-sîh-ta-pîh Une file de plantains séparés du grand 
faisceau. 

210. Le mot îtaenh, de ïîaenh Etendre, est joint aux 
noms de choses qu'on peut étendre. Ex. pjâ-ta-ïcaenh Une 
natte; eip-râ-îtaenh-ta-îtaenh Un drap de lit. 

211. On joint konh, de konh ou komh Enfiler, aux 
noms de toutes les choses qu'on peut enfiler comme des 
perles. Ex. pu-tîh-ta-konh Un fil de grains de collier, 



DES MOTS COMPOSES. 241 

(ce mot se prononce pa-dîh) ; panh-ta-konh Une guir- 
lande , de panh Une fleur. 

212. On joint sûaej, de sûa?j Couler, mouvoir dans un 
cours continue, enfiler, aux noms qui signifient rivière, 
ou des choses longues et minces, comme nirû-ta-sûaBJ 
Une rivière ou le cours d'une rivière. 

213. A toutes les choses qui sont droites et qui res- 
semblent à une flèche, on joint tan, de atan Qualité ou 
état de ce qui est droit. (Voyez tanh aux racines, d'où a- 
tanh Ligue étendue , rang , file). Ex. tain-ta-tan Une suite 
droite de poteaux. Judson donne le mot de description 
(ou l'affixe numérique) tau en y joignant l'exemple a-kjôh- 
nhït-tan Deux récompenses. 

214. Les choses qui ressemblent à une coupe , une tasse, 
ou une tasse remplie d'une chose quelconque, sont dis- 
tinguées par le mot îtùaBk Une coupe, une tasse; comme 
aïiûaek-ta-îcûaBk Une coupe, une tasse remplie. 

215. On joint laek Une main , un bras , aux noms d'ou- 
tils ou instrumens de guerre , d'agriculture , d'ouvriers. 
Ex. sênat-ta-laek Une arme à feu, un fusil; ^ein-praunh- 
ta-laek Un mousqueton ; |auk-ta-lcEk Un ciseau. 

Dans le dictionnaire de Judson j'ai encore rencontré 
les mots de description îijaek, kûn et rap, auxquels il 
joint les exemples Cih-nhît-ïîjaek Deux ombrelles , za-kàh- 
nhît-îcûn Deux paroles , ^a-kàh-nhît-rap Deux langues ou 
idiomes. Il renvoie pour ces mots à une grammaire qui , 
si je ne me trompe , est restée manuscrite. 

216. La particule Ru Quelque chose , se joint aux noms 
de nombre à la place des mots de description , comme ta- 
îtu Une chose, |3BJ-nâh-îiu Quinze choses; et non seule- 

16 



242 GRAMMAIRE BARMAWE. 

ment elle est substituée aux mots de description comme 
dernier membre des composés de la cinquième classe, 
mais encore elle sert à en former d'autres avec des noms 
de choses , dont la signification ne permet pas de les ran- 
ger sous aucune des catégories précédentes. Ex. zàh-pùœ- 
ta-îiu Une table , (zàh-pû<fi se prononce za-pùœ) ; kulàh- 
Cain-sonh-îcu Trois chaises; îca-tœn-|aej-îiu Dix bois de 
lit ; ta-îij'aek-zînh-ta-ïtu Un balai ; saii-îijauk-îi.u Six clefs ; 
saii-eim-ta-îiu Une serrure ; pattà-ta-ku Un gond ; ïijein- 
kiiaen-ta-îiu Une balance; kat-pa^j-ta-ku Une petite ba- 
lance pour peser l'argent; kjaBn-ïaun-lèh-ku Quatre ri- 
deaux contre les mousquites; tû-nâli-ku Cinq marteaux; 
paunh-pi-ta-ku Une culotte; ll-paen-zïh-ta-îîu Un mou- 
choir de cou ; ujjïn-ta-îîu Un jardin, (du sanskrit udjàna) ; 
lamh-ta-ku Une route; taun-ta-ïcu Une montagne; bêh- 
ta-îiu Un malheur, (de baja Crainte en pâli et en sans- 
krit). 

217. Presque tout substantif barman peut entrer dans 
un composé dont la signification présente une ressem- 
blance réelle ou supposée avec le nom simple. 

Si l'objet dont il s'agit est proche , ou qu'on le montre 
au doigt, il suffit assez souvent de l'indiquer par le mot 
de description seulement, qui alors est toujours précédé 
d'un nom de nombre. Ex. ta-lonh-kô sanâ-tàumû-pâ Don- 
nez (moi) une (chose) ronde; ta-pràh lô-kjaBn-pà-sî (Je) 
désire une (chose) plate ; (Voyez pour pà 259). 

218. Si on parle de personnes, et que leur nombre 
s'élève à dix ou au-dessus, on se sert de kjeit ou kjeip 
pour Dix , ta-kjeip Une dixaine , etc. Ex. lù-ta-kjeip Dix 



DES MOTS COMPOSES. 243 

hommes; lû-nhït-kjeip Vingt hommes ; lû-sonh-kjeip- 
lèh Trente-quatre hommes. 

219. Lorsque le nombre n'est pas indiqué précise'ment , 
on y joint le mot lauk Environ ; comme alonh-nâh-2apj- 
lauk kamh-pà Donne (moi) environ cinquante (choses) 
rondes. 

Pour dire Autant et pas davantage , on joint aux mots 
de description tîh Seulement , comme ta-îtu-tîli Une chose 
seulement. 

Quelqu'un , un certain , s'expriment par le mot ta-zon 
placé devant le mot de description , comme ta-^on-ta-îcu 
Une certaine chose , la-^on-ta-jauk Quelqu'un , une cer- 
taine personne. 

Pour indiquer le tout d'un nombre ou tous ensemble, 
on joint za-lonh Tous, le tout, au mot de description. 
Ce composé dérive de a-za Commencement et a-lonh Tous, 
le tout. Voyez 104, 172 , 259 (lonh). 

On se sert encore des mots de description précédés d'un 
numératif , pour marquer un certain nombre de personnes 
ou de choses entre plusieurs de la même espèce , comme 
jauk-jà-tô-tùfen ta-jauk Un parmi les hommes , ^à-op-tô- 
tûaen ta-îtu Un parmi les livres. 

220. La sixième classe des composés est formée en 
joignant à un nom les mots pat-lonh et tain-tain Durant , 
tout le long de , tain-aun Jusqu'à , a-nîh et Ijàu-^ùà Suir 
vant, selon, conformément. Il faut alors devant a-nîh 
mettre le signe de l'instrumental nhaen ou celui du génitif 
ï , et devant Ijàu-^ùâ soit nhaen , soit le signe de l'ablatif 
âh , avec lesquels ils présentent le même sens de Suivant , 
selon , conformément. Ex. kàla-pat-lonh ou kàla-tain-taig 

16. 



244 GllAMMAIRE BARMANE. 

Durant le temps ou tout le long du temps ; a-saek-pat- 
lonh Durant la vie ; rauk-sï-tain-aun Jusqu'à l'arrivée ; 
eim-tain-aun Jusqu'à la maison ; kàla-tain-aun Jusqu'au 
temps ', zakâh-nha3n-anîh Selon les paroles ; ameiii-tâu- 
nhaen-anîh , ou amein-tâu-nhaeij-ljàu-zfià , ou ameiii-tâu- 
âh-ljàu-zûà Selon l'ordre royal j maenli-|6-sî-zakâli-nh<Ën- 
anîh Selon les paroles prononcées par le gouverneur ; 

sêh-Conli-haunh-si-haunh - nliaen-anîh (ou nhaen-ljâu- 

Consuetudinem antiquam secundmn 

9Ûà ou âh-ljâu-^ûâ) î amliu-kô ^î-raenh-sî, 
lioc opus perfecH , 
Il a accompli cet ouvrage selon les anciennes coutumes '■, 
alô-ï-aiiîh Selon son plaisir. Pour nhaen-anîh on emploie 
de la même manière nhaeri-atainh. Après ces composés on 
ne peut pas mettre des signes de cas. 

221. Des composés d'un genre différent de ceux qui 
viennent de précéder, répondent en partie aux kïidanta 
et taddita affixes des grammairiens de l'Inde , aux noms 
verbaux et aux dérivés d'autres noms des langues poly- 
syllabiques ; ce sont des noms d'action , d'agent , de ma- 
tière, de qualité, d'état, de patrie, des diminutifs, des 
adjectifs, etc. mais aussi des mots que les autres langues 
ne sauraient exprimer que par des composés ou quelque- 
fois par des périphrases. 

222. Les substantifs formés par le préfixe a (Voyez 
38 ,) le perdent ordinairement dans la jonction à un mot 
précédent. Ex. nùâh-zu Un troupeau de vaches, lû-paunh 
Une foule d'hommes, tanîîâ-vvœn L'entrée d'une porte, 
mots composés avec azu Collection, apaunh Collection, 
société , beaucoup , tous , et avvaBn Entrée. 



DES MOTS COMPOSES. 245 

Mais souvent le préfixe a est aussi supprimé dans le 
premier membre d'un composé , comme sln-pi^în Une sorte 
particulière de planches de bois de thek , saen-buràli Le 
seigneur maître, formés de asîn Une chose jointe à une 
autre dans le même ouvrage et prîn Une planche ; de asaîn 
et ï)uràh qui tous les deux signifient Seigneur, 

D'autre côté il y a beaucoup de mots qui conservent le 
préfixe a dans les deux membres d'un composé , comme 
a-tainh-a-sœ Mesurage , évaluation , de tainh-siè Compa- 
rer, mesurer, évaluer; mais ces mêmes mots, composés 
avec d'autres le perdent aussi, comme dans l'exemple 
§. 244 a-zm-a-|iEk joint à a-dùu. L'usage y est vague; 
plusieurs mots se trouvent tantôt avec , tantôt sans le pré- 
fixe a, et d'autres dont l'analogie est évidente, sont for- 
més différemment , comme a-zê-îtaii , a-zê-a-pâ et lœk-pà- 
^ê , qui tous les trois signifient Serviteur , et qui dérivent 
de zê-pà-Ran Servir^ obéir, et de laek La main, ^ê-pâ 
étant Commander et Ran Recevoir, supporter. 

223. Des noms d'action , de propriété , de condition ou 
d'état , sont formés en joignant Rraenh ou ïyœnh à une ra- 
cine, ou à plusieurs mots réunis dont le dernier doit tou- 
jours être une racine. On explique par ces composés les 
significations des racines. Ex. pru-Rraenh Le faire , une 
action; zàh-Ri'aenh L'action de manger; Îtain-Rricnh Fer- 
meté ; Iha-îci^aenh Beauté ; ki^fia-Rraenh L'aller ; eip-kraenli 
Le dormir; zê-îiraBnh L'envoi; aîijgenh-ïcjaenh-zàh-'krœnh 
L'action de manger ensemble, un repas commun, (aîijaenh- 
ïijaenh Mutuellement, l'un avec l'autre, est un adverbe, 
de même que le mot suivant fjrih-prîh) ; f rîh-prrii-làh- 
îî.raeQh, L'action d'approcher doucement; eip-pràu-rûé- 



246 GRAMMAIRE BARMANE. 

nê-îtrœnh L'état de rester dans un profond sommeil , la 
continuation d'un profond sommeil. 

224. On joint îtjaek , de aîyœk Une affaire , une chose , 
une matière , à des racines pour former des mots signi- 
fiant la matière ou le sujet dont parle une personne ou 
l'affaire faite par une personne. Ex. |ô-îîjaek Le sujet de 
la conversation ; pi'u-ïijaek L'affaire faite par une personne. 

225. Des noms semblables sont formes en joignant râ , 
de arà Matière , chose , sujet , place , à une racine pour 
indiquer l'objet d'une action ou la place où une chose est 
faite. Ex. ^âh-râ La chose qu'on mange ; pi^u-râ L'action 
qu'on fait ; nhît-saek-râ L'objet d'amour ', 

Ihjauk-râ-tûaen ki^amh-krot - zakâh pâ-sï. 

dicto in inverecundus sermo est. 

Dans ce qu'il a dit il y a du langage peu respectueux; 
(Voyez kramh-krot ou kjanh-krot parmi les synonymes 
de kjanh dans la liste des racines) ; eip-râ Un lit , lieu où 
l'on couche ; ziiii-prlt-râ Place où l'on jette des choses. 

A la place de rà l'on met quelquefois l'affixe pô Pour , 
(Voyez 128 et 259) , ou le composé râ-p6 ou râ-a-pô, 

226. Le mot zarâ joint à une racine exprime ce qui 
sert, doit ou peut servir à un but particulier. (Voyez 
157). Ex. i^âh-zarà Ce qui est pour être mangé , c'est-à- 
dire , des provisions de bouche ; sauk-zarà Ce qui est pour 
être bu ; Ihjauk-zarâ Ce qui est pour être dit ; pi^au-wiin- 
zarâ Ce qu'on oserait dire ; sûâh-zarâ L'objet pour lequel 
il faut aller; nâ-zarà Ce qui est pour être entendu; zê- 
zarâ Une occasion pour envoyer , ou l'envoi pour quelque 
chose ; ïàh-^arâ Une place pour y mettre quelque chose 
ou ce qui est pour y mettre quelque chose. 



DES MOTS COMPOSES. 247 

227. Des composes semblables sout formés par le mot 
ran ou ran joint à une racine. (V'oyez 157). Ex. zàh-ran 
Une chose à manger ou pour être mangée j péh-ran Une 
chose à donner ou pour être donnée; pru-ran Une chose 
à faire ou pour être faite; lûh-ran Une chose qui sert à 
oindre; Ihù-ran Une chose pour être donnée; zaik-ran 
Une chose qui est là pour planter, ou celle dans laquelle 
on peut planter quelque chose. 

228. On forme des noms d'agent en joignant un nom 
ou pronom par une des particules sï ou sau à un verbe 
quels que soient le temps et le mode auxquels il se trouve. 
Ex. ïtan-sî-sû ou ïîan-sau-sû Celui qui reçoit , le receveur ; 
pêh-sl-sû ou pêh-sau-sû Celui qui donne; Zô-sî-sû ou |ô- 
sau-sû Celui qui parle, l'orateur; taunh-sl-sii ou taunh- 
sau-sû Celui qui demande , qui mendie , le mendiant ; ron- 
krl-sï-sû ou ron-krï-îci^aen-|i-sau-sù Celui qui croit , le 
croyant; tau-nhaik-nê-sî-sû ou tau-nhaik-nê-sau-sù Celui 
qui demeure dans le désert , un homme sauvage ; kaunh- 
kœn-nhaik pi'an-sî-nhaek ou kaunh-kaen-waej pran-sau- 
nhcek L'oiseau qui vole dans l'air; a-tat-panà-nhaik 
leimmâ-sï-|aràh ou -sau-2aràh Le précepteur qui est versé 
dans les sciences; |aenh-r8e-tô-Caek mrat-sî-maenli ou -sau- 
maenh Le gouverneur qui est plus noble que les pauvres ; 
sabaen-alaej-nhaik taen-taEJ-sî-jauk-kjàh ou -sau-jauk-kjâh 
La personne qui brille au milieu de l'assemblée; mhùêh- 
sï-panli ou mhûèh-sau-panh La fleur odoriférante; wûn- 
|aun-sî-|aen ou sau-|aen L'éléphant qui porte le fardeau; 
pru-lê-sï-sù ou pru-lê-sau-sû Celni qui fit ; |ô-lê-sî-sii ou 
£ô-lê-sau-sù Celui qui a parlé; zàh-lê-sï-îiûèh Le chien 
qui a mangé; lô-ïiœ-prîh-sau-^akàh La parole qui a été 



248 GRAMMAIRE B ARM ANE. 

(litej |6-Iattaiî-sï-zakàh La parole qui sera dite; mhâ- 
laik-mî-uzzà L'affaire que j'ordonnerai ; pru-nhain-zùmh- 
sau-mrat-zùà-buràh Dieu qui peut faire; (Voyez zùmh 
parmi les synonymes de nhain dans la liste des racines). 
Il faut observer que dans la conversation ordinaire l'on 
supprime fréquemment la particule conjonctive sau. 

229. Pour rendre honorifiques ces noms d'agent l'on 
met devant sau une des particules Ca , la ou laek faisant 
Ca-sau, la-sau, laek-sau , que pre'cèdent encore les parti- 
cules honorifiques tâu-mû ; comme hau-tâu-mû-îa-sau- 
zakàh La parole dite (par Dieu). 

230. On joint aux racines ïîûaen , de aîtûaBn Une com- 
mission , une autorité , une permission , pour exprimer 
l'autorité par laquelle on fait quelque chose. Ex. pru-îtûaen 
Autorité de faire; |6-ïiiiaen Autorité ou permission de 
parler; sûâh-RùaBn Autorité ou permission d'aller. 

231. On forme des noms de possession , d'emploi , de 
profession ou d'état en joignant faun Porter, posséder, 
au nom de la chose possédée , de l'emploi etc. soit immé- 
diatement , soit précédé du signe de l'accusatif. Ex. Cih- 
5aun-sau-sû ou Cih-k6-|aun-sau-sû Celui qui porte le 
parasol ; maBnh-mhu-|aun-sau-sû ou maenh-mhu-k6-|aun- 
sau-sû Celui qui est employé dans les affaires du gou- 
vernement. 

232. La racine ïtan Recevoir, supporter, souffrir, est 
employée de la même manière à indiquer celui qui est 
revêtu d'un emploi , qui supporte un fardeau , une respou- 
sahilité, un châtiment; le signe de l'accusatif est mis ou 
omis arbitrairement. Ex. a-ma-Ran-sau-sû ou a-ma-îian- 
kô-sau-sû Celui qui consent, qui se rend caution; wiin- 



DES MOTS COMPOSES. 249 

îcan-sau-sû ou wun-kô-î<:aii-sau-sù Celui qui porte le far- 
deau , la responsabilité , qui se rend caution. 

233. On se sert d'une manière semblable de wun Oser; 
le sig-ne de l'accusatif j est e'galement arbitraire. Ex. îcan- 
wiîn-sù Celui qui ose porter, ou wun-kô-Ran-Aviin-sû Ce- 
lui qui ose porter le fardeau , qui se rend caution. 

234. La racine taik Etre digne , suffisant , capable , se 
joint de la même manière à un nom pour exprimer celui 
qui est digne ou capable d'une chose ou affaire ; l'emploi 
du signe de l'accusatif y est arbitraire. Ex. Zaun-Caik-sû 
ou amhu-kô-|aun-ïaik-sau-sû Celui qui est digne de sou- 
tenir la cause; akjôh-kô-ra-îaik-sû Celui qui est digne 
d'obtenir une re'compense. 

235. Les racines tàu Etre suffisant , convenable , et saen 
Etre propre , convenable , jointes à un nom simple , ou 
suivi du signe de l'accusatif ou de celui de l'instrumental, 
indiquent une personne ou une chose propre ou conve- 
nable à quelque objet. Ex. tâu-sû ou saen-sû Une personne 
propre ou convenable; amhu-kô-tàu-sû ou amhu-kô-saen- 
sù Celui qui est propre à l'affaire ; ïà prl-nhaeij-sgen-sù ou 
-tâu-sû Celui qui convient à ce royaume , ou en est digne. 

Le pronom su Une personne , il , elle , employé dans 
les exemples précédens , y peut être remplacé par chaque 
nom d'un sens qui est en rapport avec celui du composé ; 
Voyez 228. Placé devant d'autres mots il sert lui-même 
à former différens noms , comme sû-tâu (236) , sû-krîh 
(238) , sû-kaunh Une personne bonne ou respectable , un 
homme excellent , sù-koh Un voleur , etc. 

236. La particule ou l'adjectif tàu Excellent , se joint 
aux noms de choses ou de personnes, pour indiquer, 



250 GRAMMAIRE BARMANE. 

qu'elles sont divines ou saintes , qu'elles appartiennent au 
roi , à la famille royale , ou à quelqu'un revêtu d'autorité 
de la part du roi ou de la famille royale. Ex. sû-tâu Une 
personne juste ou religieuse ; wiin-tàu Effets qui appar- 
tiennent au roi ou à la famille royale; lû-tàu Une per- 
sonne qui appartient au roi, etc. ou à quelqu'un revêtu 
d'autorité ; 2aen-tàu Un éléphant appartenant au roi ou à 
la couronne;, amhu-tâu Une affaire du gouvernement, ou 
du roi , etc. 

237. Les mots w iin Un fardeau , une charge , une re- 
sponsabilité , et mhu Un agent , suivis immédiatement de 
tâu , sont des titres de hauts personnages employés im- 
médiatement sous le roi ou la famille royale, ou qui de 
quelque manière sont attachés à la couronne. Ex. mhu- 
tâu Un ministre d'état; Aviin-tâu Un premier ministre; 
wun-tâu-ki^îh Le principal ministre d'état. Joints à d'au- 
tres noms , ces mots wiin et mhu signifient également des 
emplois publics ; comme mi'o-wun Le gouverneur d'une 
ville; dainh-wtin Le gouverneur du bouclier; Caun-mhu 
Le concierge d'une prison , le geôlier. A la place de ce 
mhu qui , si on le traduit par Agent , appartient à la même 
racine que a-mhu Affaire, on écrit aussi mhûh dans les 
composés précédens, mot qui comme verbe signifie Gou- 
verner , et comme nom Ministre d'état ; mais cette dernière 
signification est aussi attribuée à mhu. 

238. Les mots bu-raen Chef, ksè Exceller, et ki^îh 
Grand , sont joints aux noms de personnes et de choses 
pour en exprimer le chef ou le supérieur. Ex. saen-bu-raen 
Le seigneur suprême , le roi ; zit-bu-rsen Le général des 
armées ; ^ît-kaè Le chef d'une armée ; ^âh-tau-kœ Le pre- 



DES MOTS COMPOSES. 251 

mier cuisinier royal , un cuisinier du roi ; maenh-krîh Le 
chef des gouverneurs , le roi ; sû-krih Un grand person- 
nage, le chef, le principal; ôh-sû-krih Le chef des pots, 
c'est-à-dire le cuisinier; lû-krîhUn grand homme ; saenoau- 
sû-krih Le chef d'un vaisseau , le capitaine. 

239. Les mots sa-kaen ou saen Maître , maîtresse , pro- 
priétaire, sont joints aux noms des choses qu'ils gouvernent 
ou possèdent. Ex. mi^ê-sa-îiaen ou mrê-saen Seigneur ou 
maître de la terre ; eim-sa-îcaen ou eim-sœn Maître de la 
maison ; mrî-sa-îcaen ou mrî-saen Un cre'ancier , de mrî 
Une dette. 

240. Les noms d'artisans, de marchands ou de ceux 
qui exercent une profession quelconque, sont formés en 
joignant sa-mâh aux noms d'outils , d'ouvrage , etc. Ex. 
laek-sa-mâh Un charpentier, de lœk Bras; 2êh-sa-màh 
Un médecin , de 2éh Médecine ; Ihûâ-sa-mâh Un scieur , 
(Voyez 200) ; îijop-sa-mâh Un tailleur , de Rjop Coudre ; 
Ihê-sa-mâh Un batelier , de Ihê Bateau ; Ihœh-sa-mâh Un 
charretier , voiturier , et encore un charron , de Ihièh Cha- 
riot, voiture. Judson écrit ce dernier mot Ihièh et Iheèh, 
Carey IhiÊ et Ihae, Hough Ihaé. 

Les noms de ceux qui exercent une profession etc., 
sont aussi formés en joignant ssê ou saej à d'autres mots , 
comme krœk-sœ Celui qui vend de la volaille , de ki'aek 
Oiseau; a-mhu-seê Celui qui réclame, de a-mhu Une af- 
faire, un procès; mon-sœ Boulanger, de mon Pain; kon- 
sâê Marchand, de kon Marchandises ; Ihaèli-kon-sië Char- 
ron ; 2attâ-sâê Barbier , du sanskrit catrin Barbier ; zït-saé 
Soldat, de ^ît Guerre, bataille, armée; ka-kré-sië Dan- 
seur, de ka Danser, et krê Pied ou jambe, mot qu'on 



252 GRAMMAIRE BARMANE. 

prononce quelquefois ïîjî ; zâh-p6-saê Cuisinier , de zâh-pô 
Foyer , âtre , lieu où l'on fait la cuisine , de ^âh Manger 
et 'pô Lieu où l'on fait du feu. 

241. On joint zàh, de azâh Nourriture, aux noms de 
choses dont quelqu'un tire sa subsistance, pour former 
des noms de profession. Ex. sït-sîh-zàh Celui qui vit (du 
trafic) de fruits; né-^àh Celui qui vit de la journée, un 
journalier; aïia-^âli Celui qui vit de ses gages, un servi- 
teur ; kôj-zâh Celui qui reçoit d'un autre ses moyens 
d'existence, un serviteur. 

242. Le mot mjôh , de amjôh Sorte , espèce , race , est 
joint aux noms d'ancêtres ou de chefs de tribus ou fa- 
milles, pour former des patronymiques, de même qu'aux 
noms de contrées pour former des noms de patrie. Ex. 
maenh-krîh-mjôh Un descendant des rois; ponnâh-mjôh 
De la caste des brahmines; lû-krîh-mjôh D'une famille re- 
spectable ; ta-rop-mjôh De la nation chinoise , un Chinois. 

243. On joint sâh Fils et au féminin sa-mîh Fille, aux 
noms de contrées , de villes , ou d'un lieu quelconque , 
pour en indiquer les habitans ou les indigènes. Ex. ta- 
rop-sâh Un habitant de la Chine, un Chinois; prî-sâh 
Un habitant d'une contrée; mro-sàh Un habitant d'une 
ville; a-nâ-sâh Un habitant ou indigène des provinces su- 
périeures; atûaen-sâh Quelqu'un qui demeure dedans, un 
habitant de l'intérieur; a-mjôh-sâh Un compatriote, un 
homme du même pays ou de la même race qu'un autre, 
a-mjôh-sa-mîli Une compatriote etc. 

244. Les mots rôh — qui selon Carey signifie Un os , 
une secte , race , tribu , mais selon Judson Coutume , ha- 
bitude , usage , précepte , — nûri Un rejeton , germe , une 



DES MOTS COMPOSÉS. 253 

branche, et Ijà Une continuation, succession, sont joints 
souvent à des mots signifiant un roi, un parasol royal, 
et un palais , pour indiquer l'héritier présomptif de la cou- 
ronne , issu de sang royal. Ex. Cih-rôh Un descendant du 
parasol ; nanh-rôh Un descendant du palais ; nanh-nûn Un 
descendant ou germe du palais J nanh-ljà Une continua- 
tion ou un descendant du palais. 

Il y a encore d'autres compose's pour exprimer le même 
sens , comme nanh-launh , Voyez 168 , II. , à la fin des 
explications, eim-sé, qui signifie proprement Devant ou 
près de la maison , et eim-së-maenh , eim-neim Maison 
basse, mot qui marque, soit la dignité de l'héritier pré- 
somptif du trône, soit ce prince lui-même, parce qu'il 
doit habiter un palais moins élevé que celui du roi, la 
hauteur des maisons barmanes étant déterminée par le 
rang de ceux qui les habitent. Cette règle d'étiquette s'ob- 
serve si rigoureusement , que même pour le séjour de quel- 
ques heures qu'une personne de qualité fait dans un vil- 
lage, il lui faut construire un logis temporaire élevé selon 
le rang qu'elle occupe , construction qui d'ailleurs ne de- 
mande que peu d'heures. 

Dans l'exemple suivant il se trouve plusieurs mots ré- 
unis , qui se rapportent tous à la succession au trône et à 
la continuation de la famille royale, de sorte qu'on ne 
saurait guère les rendre dans une de nos langues que d'une 
manière peu exacte. Voyez aussi 168 , I. 

bonli-tâu-a-lQn-ki^ih-mrat - tàu-mû-lhâ-sau-a-saBn- 

Gloriose majcime excellens nohilis domine 

maBnh-mrat! bonh - nhûaej - tàu - uê 
rex! gloriosae succedentis regiae contînuantis 



254 GRAMMAIRE BARMANE. 

mjôh Cîh-rôh-nanh-nùn a-clûn - ^Ih-^dsk ma- 

stityis jjrincijm-haereditaj'ii duratîo - successio ne 
pjaBk-pâ-krauij kaunh-^ùâ sàh fu taun-tâu-mû-pâ. 

destruatur optimi Jilii henejicmm exora. 
O très-puissant et glorieux roi , suppliez qu'un excellent 
fils vous soit accordé , pour que la dure'e et la succession 
de l'illustre maison royale et d'un héritier présomptif du 
trône ne soient pas éteintes. 

Le mot bonh est proprement un substantif, signifiant 
Gloire , puissance ; le verbe nhiiaej signifie Lier ensemble , 
par la succession, d'où a-nhûaBJ Succession linéale, ex- 
traction, race. A la place de tâu-nê il faut peut-être lire 
tàu-mû. Le mot a-dûii , qui dérive du sanskrit advan , est 
Distance de lieu ou de temps , longueur , durée , et a-^ïii- 
a-faek , qui lui est joint avec suppression des a , est Suc- 
cession linéale. 

Du mot nanh Palais, dérivent aussi des appellations 
pour les différentes reines, comme nanh-ma-tâu La pre- 
mière reine. 

245. Le mot îîalê, de aîtalê Un enfant, le petit d'un 
animal, une petite chose, est joint aux noms d'hommes, 
d'animaux ou de choses , pour en exprimer les enfans , les 
petits ou les diminutifs. Ex. lû-îîalê Un enfant; nûàh-îcalê 
Un veau; mjauk-îialê Le petit d'un singe; sït-paen-kalê Un 
petit arbre; taun-îialè Une petite montagne, une colline. 

246. On joint aux noms de bois le mot tom , de atom 
Une bûche , un bloc , dans sa signification propre ; comme 
sït-tom Un bloc de bois , kjûnh-tom Un bloc de bois de 
thek ; mais avec ^akâh Mot , parole , ^akâh-tom , il sig- 



DES MOTS COMPOSES. 255 

nifîe une sentence, un discours, ou selon Judson ^a-kâh- 
ton Une réponse. 

247. On joint ^a , de a^a Un petit morceau , auv noms 
qui sig-nifient une substance solide ', comme nûé-^a Un 
morceau d'argent , kjauk-^a Un morceau de pierre ; mrê- 
9a Un morceau de terre. 

248. Les racines simples ou composées forment des ad- 
jectifs d'après les règles §. 62 ; mais on leur joint encore 
plusieurs affixes pour modifier dans un sens particulier la 
signification de la racine. 

Avec l'affixe fiûay ou bûaej on forme ainsi des adjectifs 
semblables à ceux qui en français se terminent en ahle et 
ible; des adjectifs qui marquent ce qui est digne de ou 
propre à une chose. Exemples : an-pûaej , au-au-îiûapj ou 
an-bfiaej et an-au-lJûaBj Admirable , merveilleux ; ki^auk- 
Fjûaej Terrible; kjit-bûiïij Aimable; |aek-|ot-LûaBJ Détes- 
table , désagréable , de zaek-|ot Détester , ne point aimer , 
avoir de l'aversion; zàh-bûaej Mangeable, délicieux; pru- 
bûaej Faisable, praticable, désirable qu'il fût fait. 

A la place de pûaej ou bûaej on met aussi ^a-fjûaej ou 
^a-bÛEej. 

De pareils adjectifs de qualité sont formés en joignant 
aux racines les mots ka-manh, Ra-manh-li-li , li ou li- 
|)ûaej. Exemples : Rjït-îia-manli Aimable ; krauk-îca-manh , 
krauk-ka-manli-li-li Terrible, effroyable; saek-ïia-manh 
Honteux , déshonorable ; saek-ïta-manh-li-li-si-sf II est 
honteux. 

On joint aux racines sa-mhja , ka-mhja et ta-mhja pour 
former des adjectifs qui signifient Tout, le tout de ce 



256 GRAMMAIRE BARMANE. 

qui est indiqué par la racine. Exemples: |i-sa-mlija Tout 
ce qu'il y a, autant qu'il y en a; pru-sa-mhja Tout ce 
qui est fait. 

249. On forme aussi des adjectifs mais principalement 
des adverbes en mettant devant ou après un adjectif simple 
un son imitatif de'pourvu de sens. Exemples : kan-laii adv. 
De travers; jpâh-râh ou pâh-làh adv. Suspendu de ma- 
nière à flotter ; kàh-jâh adj. et adv. Etendu , de kaii Cou- 
per à travers , ^âh Etre suspendu de manière à flotter , et 
kâh Etendre. 

250. On forme plusieurs adverbes en mettant les pré- 
fixes a ou ta devant une racine, comme a-2au ou ta-2au 

A 

Promptement , de |au Etre prompt ; ou en faisant suivre 
la racine de l'affixe zûâ , qui marque encore le superlatif, 
comme kaunh-zûà Bien, fort bien. Beaucoup d'adverbes 
sont formés en doublant une racine ; quelques-uns en pren- 
nent encore le préfixe a. Ex. praun-pi'aun ou laenh-laenh 
Clair , brillamment ; naek-naek Profondément ; mran-mran 
Promptement, vite, à la hâte; a-2aek-|a2k Conjointement, 
successivement , l'un après l'autre ; a-mhan-mhan Vrai- 
ment ; Ijaen-ljaen , a-ljaei) ou IjaBn-^ûà Vite , promptement. 
Plusieurs adverbes sont formés de noms de la même ma- 
nière que ceux qui dérivent de racines verbales. Exemples ; 
a-rà-râ Appartenant à difi'érentes matières, de a-râ Ma- 
tière; a-rap-rap ou rap-rap Appartenant à différens en- 
droits , de a-rap Endroit ; a-pri-prï De pays en pays , ap- 
partenant à différentes contrées , de pri Contrée ; a-ti-tl 
De différentes sortes, différemment, de a-tï Une sorte; 
ta-îlâ Une fois , ta-pan De nouveau , encore une fois , a- 
ïiâ-îîà, kâ-îîà, a-pan-jian, ta-pan-pan, a-kreim-kreim et 



DES MOTS COMPOSES. 257 

a-îcà-îîà-f)an-|)au De nouveau, plusieurs fois, de a-kà 
Temps , a-pan et a-ki^eim Temps , tour. 

Deux racines re'péte'es sont souvent jointes ensemble 
pour former un adverbe , soit qu'elles aient la même signi- 
fication ou des significations différentes. Exemples : prauij- 
fjraun et prauij-praun-sanh-sanh Droit , debout , de praun 
et sanh qui tous les deux signifient Être droit, debout; 
mœ-mœ-sœ-s« Obscurément , très-obscurément , de m« 
Être obscur j et sœ Faire un bruit confus, d'où sœ-saè 
Bruyamment. 

Quelques adverbes semblables aux précédens sont for- 
més d'une réunion de syllabes vides de sens, comme kê- 
kê-kâ-kà Frauduleusement; ki-ri-ki-ri Gazouillant ou ra- 
mageant. 

251. Quelquefois la signification des adverbes n'est pas 
en harmonie avec celle des racines simples du même son , 
comme fîja-pja Promptement , vite , et pja Etre doux (em- 
ployé d'un son) ; pjaek-pjfek Modérément , et pjaek Dé- 
truire. Ces adverbes paraissent avoir subi la corruption 
dont il a été question à la page lî; ainsi fyaek-pjaek sera 
une corruption d'une des racines pré , prèh ou pr«h Etre 
lent , modéré , agréable , en affinité avec prê-prè Lente- 
ment , modérément , du passif prê Être rendu agréable etc. 

Il y en a d'autres , soit avec une syllabe répétée , soit 
composés de plusieurs syllabes différentes, qui ne répon- 
dent plus à aucune racine dont on puisse les dériver, si on 
n'y admet pas une forte altération de son. Tels sont les 
adverbes kjà-kjà , kjô-kjô ou kjôh-kjôh, kjûaBJ-kjûaej , 
kïan-kran, kjôh-kjïnh et kjôh-kjôh-tot, qui tous signi- 
fient Avec grand bruit ; ka-sî-ka-rî Soudainement , etc. 

17 



258 GRAMMAIRE BARMANE. 

Dans d'autres cas il n'y a aucune difficulté à indiquer 
les mots dont dérivent ces adverbes , comme taen-taen Vi- 
siblement, pour Ïaen-Caen, qui est également en usage; 
ïia-ka Un peu amer , de ïiâli Etre amer. 

252. Beaucoup d'adverbes sont formés , sans répétition 
de la même syllabe , par la réunion soit de deux racines , 
soit de mots dilFérens; leur formation présente souvent 
les mêmes irrégularités ou la même difficulté pour la dé- 
rivation^ que celle des adverbes précédens. Toutes les 
espèces de mots entrent parfois dans ces composés. Ex. 
a-panh-ta-ki'îh , ta-panh-ta-krîh ou a-panh-krih-^ûâ In- 
fatigablement , avec de grands efforts , de panh Etre fa- 
tigué , d'où a-panh Occupation fatigante , difficulté , et le 
verbe a-panh-krîh Demander de grands efforts ; a-pràh- 
âh-J)ra3iji En grand nombre, fort, très, de pi'àh Etre di- 
visé, dispersé, multiplié, nombreux, (d'où aussi a-prâh- 
pi'àh Différemment , distinctement) , et âh-praeij (Voyez 
275) ; a-kraunh-ma-tan Sans raison , de a-ki'aunh Cause et 
ma-tan Inconvenable; de a-ki'aunli vient encore a-kraunh- 
ki-aunli Différemment, diversement; a-gau-ta-ljaen Vite, 
promptement , (Voyez 250) ; a-zau-krîh et zau-^au-krîh , 
le même que zau-zau De très-bonne heure, de zau Etre 
de bonne heure, d'où a-^au De bonne heure; âh-krôh-an- 
taun et âh-krôh-an-ra Déterminément , âh-an signifiant 
Force , krôh S'efforcer , f aun Elever , et ra Obtenir. 

253. Les intensifs , qui sont formés d'une syllabe ré- 
pétée , peuvent être regardés comme une classe particu- 
lière d'adverbes barmans. Ils n'ont en partie qu'une signi- 
fication générale ou vague , et se trouvent par conséquent 
en construction avec des mots fort différens; la significa- 



DES MOTS COMPOSES. 259 

tion plus ou moins restreinte des autres ne permet de les 
appliquer qu'à certains mots d'un sens particulier. Des in- 
tensifs d'un sens général sont kra-îîra , taek-taek ou tjaek- 
tjaek , tâenh-taenh ou tjaenh-tjaBnh , (mots ou le j n'est pas 
prononcé) , ton-ton , tiip-tûp etc. mais tjâ-tjâ n'est employé 
qu'avec certains mots. Des intensifs de mots de couleur 
sont izût-^ùt et lié-laé; de rougeur ïcjaBnh-ïcjaenh , îijeit- 
îîjeit , tûêh-tùêh , raè-rœ ; de blancheur nît-nït ; de son 
neit-neit , sau-sau ; de destruction nîh-nïh-naBk-naek ; d'hu- 
midité ou de liquidité pap-pap ; d'affection jamh-jamh , 
(de j'amh Embrasser) ; de ténuité Ija-lja-Rjap-îcjap ; de 
stabilité et de repos sê-sê-wup-wtip ; de vitesse rùp-rûp; 
de tremblement îiaik-ïtaik , ïijaé-îijaé , (de îcjaé ou îîjàé Etre 
faible , affaibli) ; de mouvement en rond îijâ-îîjà. 

Tous les adverbes précédens se placent devant le verbe 
ou le nom avec lesquels ils se trouvent en construction; 
mis devant un nom ils prennent la signification d'un ad- 
jectif. Exemples : làh-lâh ma-pïu II ne fait rien du tout ; 
lâh-làh ma-si ou a-lhjaenh ma-si II n'y a personne; (làh- 
làh et a-lhjgenh signifient Tout , du tout , entièrement) ; 
a-lhjaenh kon-pi^îh ou taek-taek kon-prîh II est entièrement 
épuisé ; a-lûn krih-sî II est très-grand ; pi^aun-^raun si-sï 
Il est debout; ^raun-fîi'aun lu Un homme debout; sau- 
sau nan Un très-grand bruit, un bruit très-confus. 

254. Pour former des adverbes de temps on joint les 
signes du locatif nhaik et tûaen Dans , dont le choix est 
arbitraire , aux mots kâla Temps (en général), a-îcâ Temps 
(dans un sens plus restreint) , a-Raik et a-tonh Temps ac- 
tuel, le temps dont on parle, a-kjeim, a-ïîjein ou a-îijeinh 

17. 



260 GRAMMAIRE BARMANE. 

Temps (du jour ou de la nuit) , période , saison , et a-^ïn 
Temps , (une succession ou continuation de temps). 

Lorsque le temps de l'adverbe est défini , on met de- 
vant les mots kâla, a-îîà, a-ïiaik et a-îcjein les pronoms 
bsej Qui? quel? ou a-baej-nan Quel? (composé, qu'on 
n'emploie qu'avec des noms de temps) , sô Tel , juen Au- 
trefois , a-baej-sô Quelle sorte ? î , sï Ce , celui-ci , î-s6 , 
sî-sô Cette sorte, Cô Ce, celui-là, ïô-sô Cette sorte là, 
a-kraen Quel que, ou a-kïaen-nan Quel que, (composé, 
qu'on n'emploie qu'avec des noms de temps) , a-kraen-s6 
Toute sorte que. Exemples : Cô kâla Alors , dans ce temps 
là ; Cô-sau-a-îîâ Alors , dans un tel temps ; jaen-sau-îtâ 
Alors , dans ce temps ; abaej-aîïjein Quand , dans quel 
temps? (du jour ou de la nuit). 

255. Les mots kâla , a-îiâ , a-Raik , a-ïîjein et a-zïîi sont 
joints aussi aux racines et aux noms par les particules 
conjonctives si et sau. Les mots qui signifient temps font 
alors toujours le dernier membre du composé, et on peut 
arbitrairement supprimer les signes du locatif. Exemples : 
pru-sï-a-îîâ , pru-sau-a-îîâ ou -a-ïiâ-nhaik Alors, dans le 
temps de l'action ; zâh-sï-a-ïcâ , zâh-sau-a-Râ , ou -a-îijein, 
ou -a-îijein-nhaik , ou -tÛ6Bn Alors dans le temps de man- 
ger; sûâh-sî-a-zm Durant le temps d'aller ou pendant qu'il 
va ; ta-raii-sau-^â Au même temps , de ta-ran Un temps , 
un tour. 

256. On supprime l'a initial de a-îiaik , a-tonh , a-îijein 
et a-zîii , pour les joindre immédiatement à des racines et 
en former des adverbes de temps , ou pour exprimer le 
sens de Pendant, pendant que, durant. Exemples: nê-ïiaik 
Pendant qu'il reste; zàh-zîn Pendant qu'il mange, pen- 



DES PAUTICULES. 261 

dant le repas; Ihi'-lhi-rûé-ué-îijein Pendant la promenade, 
(l'adverbe Ihi'-lhi vient de Ihi Se promener); nô-kjûêh- 
zïn-tfiœn Pendant qu'il crie; eip-îijein Temps de dormir; 
si-tonh-'kà ou si-tonh-tûoen Pendant qu'il était. 

On supprime e'g^alement l'a de a-ïià qui est joint à une 
racine pour exprimer le temps d'une action. Ex. sûàh-lîà 
Temps d'aller , ^âh-ïtâ Temps de manger ; pêh-Râ Temps 
de donner. 

257. Quelques adverbes sont forme's en joignant a-'p6 
ou a-bo Part , partie , portion , ce qui est pour quelque 
chose, à né Jour et inii Nuit, de même qu'à sèh Temps 
antérieur ou passé, ancien temps, et nauk Partie posté- 
rieure, temps postérieur. Ex. né-a-bô-tûsen Au temps du 
jour, iim-a-bô-tûaBn Au temps de la nuit, sèh-a-bô Autre- 
fois, nauk- a-bo Ensuite, après cela. 

258. Des composés semblables sont formés avec jan 
Une veille , joint à né Jour , à nïii ou na JVuit , et à d'autres 
noms des parties du jour. Exemples : nïii-jan-lêh-îijaek- 
tîh-tûaen Dans la quatrième veille de la nuit, (Voyez 296); 
na-ûh-jan Soir , (première veille de la nuit) ; sanh-Raun- 
jan Minuit, de sanh-îiaun Minuit. 

DES PARTICULES. 

259. Ce chapitre comprend les mots qui pour la plu- 
part sont exprimés aussi dans les langues polysyllabiques 
par des indéclinables , ou par des noms employés comme 
tels dans un cas de déclinaison , ou par des mots en con- 
struction avec des indéclinables. Une langue monosylla- 
bique permettrait ou demanderait même , qu'il fut donné 



262 GRAMMAIRE BARMANE. 

à ce chapitre comparativement aux autres plus d'exten- 
sion qu'il n'en reçoit ici , parce que leS affixes ou postpo- 
sitions des verbes et des noms, dont il a été question, 
peuvent tous être rangés parmi les indéclinables. Mais la 
distribution des matières d'après le cadre adopté pour les 
langues polysyllabiques ne me paraît faire naître aucun 
désavantage particulier, non plus que l'emploi de termes 
grammaticaux qui appartiennent de préférence à ces der- 
nières langues. 

On trouvera ici des affixes pour les noms et les verbes, 
qui expriment le sens de prépositions, de conjonctions et 
d'adverbes ; plusieurs autres conjonctions et adverbes , des 
interjections, des particules explétives ou euphoniques, 
auxquelles on ne peut attribuer aucun sens déterminé. 

Tous ces mots sont arrangés par ordre d'alphabet ; mais 
ceux qui commencent par le préfixe a , sont mis sous la 
consonne qui le suit, et plusieurs composés sous la se- 
conde ou la dernière syllabe. 

aen-tan , adv. Dans un degré moyen. 

aen-ma-tan, adv. Excessivement, très. 

ï, îh, eimh, (qui, dérivé du pâli inga se prononce îh), 
et eh , adv. Oui , vraiment ; (hot-kéè). 

eim-piiaé • Beaucoup , comme za-kâh-eim-pûfe Etre ba- 
billard. 

eh-eh , interjection qui sert à interdire , et aussi à appeler. 

auk-mhâ, afjîxe , En bas, au-dessous de, comme eim- 
auk-mhâ Au-dessous de la maison. Cet affixe dérive 
du nom auk Partie basse ou inférieure. 

ô-baé , inletjecl. qui marque la satisfaction ou la tendresse. 



DES PARTICULES. 263 

ûh-ûh, ùh-ûh-{)ràh-|)ràh , ûh-zûà, sé-ûh-yûà, adv. D'a- 
bord , au coiiiniencement. 

ekaii , (du pâli èkauta) , adv. Certainement , vraiment. 

au, au-life-liè, au, interjections qui expriment diffe'rentes 
passions. 

ka-zàh , uffixe verbal , Quoique , comme sûâh-ka-^àh 
Quoiqu'il aille ou allât. 

ka-tîh-ka , affixe verhal , Dès le commencement , comme 
sûàh-ka-tîh-ka Dès le commencement de (sa) marche. 

a-kaej , a-kaej-rûé , ta-kaej , adv. Certainement , vraiment. 

kà-mhja, adv. Purement, simplement, seulement. 

kàh, adv. s'emploie quelquefois emphatiquement après 
d'autres affîxes de noms, comme 

a-raik-kô kàh Ran - nhain-pâ-mï-lau ? 

verberationem rêvera perferre jmteris ? 
Pourrez-vous en ve'rité supporter la bastonade ? Il sert 
encore d'adversatif pour exprimer l'opposition , et est 
répété alors , comme 

mrê a-pi^œn - nhaik kàh îîa-lot fûh~ 

terrae superficie in quidem truncum (et) spi- 
iiaun-kô mrœn sà-naBnh, rê - Céè-nhaik kàh 
nam videre facile (est) aqud in autem 

îta-lot 2ûh-naun-kô ma - mraen - nhain. 

truncum (et) spinain non videre possumus. 

Sur la surface de la terre c'est facile de voir des troncs 
et des épines , mais dans l'eau on ne peut voir ni tronc 
ni épine. 

ta-kàh, afjîxe verhal, En effet! hélas! A la fin d'une 
phrase il marque souvent une surprise ou un étonne- 
ment accompagné d'affection. 11 est employé également 



264 GRAMMAIRE BARMANE. 

dans une sorte de question ou d'exclamation dans la- 
quelle Te'tonnement se mêle à l'anxiété. Exemples : 
au nà-ï mi-bu-râh! sâh - tâu - sa-mîh- 
Oh ma reine! les Jils royaux (et) lesjilles 

tâu-to-sï so-^aen ^rit-pi^îh ta-kàh? 
royales ainsi devenus? Oh ma reine, les 

enfans royaux sont-ils arrivés à une telle situation? 
kjùn-not-to-ï kôj - laek-tô-sï kjon-tûh-îijê- 
Nos corps (et) hras (ne) sont-ils 

sf ta-kâh ? 
(jms) maigris? (Voyez 170). 

a-kon, adv. Entièrement, complètement; iadj. Tout, le 
tout). 

kaé, afjîxe euplionique. 

a-ksé, ta-kaé-ta-ksé , adv. Par deg-rés. 

kaé-so , nhcej et sa-pùaej ou sa-bûaej ; ces ajjîxes expriment 
une ressemblance, — De la même manière que, comme, 
semblable à, — et se joignent aux substantifs et aux 
pronoms , ({ui alors n'admettent pas les signes de cas. 
Ex. mi^ê-kaé-s6 Comme la terre; lû-ksé-sô Comme un 
homme ; si-kaé-s6 Ainsi , comme celui-ci ; krâ-pûœn- 
nhayj Comme un lotus ; bapj-nhaej , baEJ"-nhaej-hâ-lê Com- 
ment? de quelle manière? à quoi semblable? sî-nhaej 
Ainsi , ' de cette manière ; ^ï-krih-sa-fîùaej Comme un 
grand tambour; ta-lainh-sa-bùaej Comme un Talainh 
(ou Peguan). 

Y^affixe sa-kaé-sô Comme, comme si etc. se met après 
les racines. Exemples : pi^u-sa-ksé-sô Comme l'action de 
faire; zâh-sa-kaé-so Comme l'action de manger; rêh- 
sa-kaé-so Comme l'action d'écrire. 



DES PARTICULES. 265 

On trouve Vajjîxe saû-sa-pûaBJ employé dans le même 
sens que les affixes précédens. 

kau ou kau-lê remplacent quelquefois un signe de l'indi- 
catif; dans d'autres cas ils ne sont qu'explétifs. 

kôj-na , kôj-^i , kôj-^î-kôj-na , kôj-^î-kôj-^i , adv. Chaque 
personne , chacun. Voyez 91. 

kjê-sô , ufjixe de noms , En bas , en descendant ; comme 
mrit-kjê-sô Eu descendant la rivière. 

kreim Fois , de a-kreim Temps , tour , se joint aux numé- 
ratifs , comme ta-kreim Une fois , nhït-kreim Deux fois. 

a-kraunh-ma-tan , adverbe, (Voyez 2iî2); il sert encore 
comme interjection pour marquer l'étonnement et quel- 
quefois l'affliction ou l'angoisse ; Etonnamment ! com- 
ment ! 

kcEn, afjîxe vet'hcd, (Voyez 136), se met devant les signes 
du passé et du futur, pour marquer l'antériorité de l'ac- 
tion du verbe à quelque autre chose dont il est ques- 
tion ; comme sûâh-îiaen-prih II était allé avant que — , 
sùàh-îtaen-mî II ira avant que — . 

kap, adv. Plutôt, se met devant des racines redoublées, 
mais aussi devant plusieurs racines simples, et quel- 
quefois avec une signification un peu altérée; comme 
îcap-|5h-|ôh Plutôt mauvais ; îcap-Rjauk-îijauk En par- 
tie humide en partie sec ; Rap-ma-|eit En silence ; d'hu- 
meur querelleuse. 

ïîu , Voyez ja-îîu. 

Hauk Fois, de a-îtauk Temps, tour, se joint aux numé- 
ratifs, comme ta-kauk Une fois, nhît-Hauk Deux fois. 

îîjaenh, afjixe verbal, En effet! hélas! s'emploie de la 
même manière que ta-kâh. 



266 GRAMMAIRE BARMANE. 

îîjaenh , qffixe , Seulement , pas davantage , comme lû-ta- 
jauk-ïîjaenh Un homme seulement ; ne'-ïtjaenh Un jour 
seulement ; nîn-tûaen-îijaenh Dans la nuit seulement. 

îijï ou îijïh, afjîxe , Seulement, entièrement, rien que, 
tous d'une même espèce , se met après les signes de cas 
et de temps , comme lû-to-îijrh Des hommes seulement ; 
ra-saii-îcjïh Des sages seulement, ou tous sont des sages '■, 
siiâh-sï-'kjïh II va seulement , il ne fait qu'aller ; 

to-ï mrêh-tâu-tô-kâh nâ-ï-ïan-nhaik îîjamh-sâ- 
mes petîts-Jils avec-moi (268) sont-heu- 

kon-sï - îtjïh-tïh, 

veux seulement, Mes petits-fils ne peuvent être 
heureux qu'avec moi. 

Kjï-ta-^ê , ta-^ê , adv. Seulement , rien que. 

a-kjîh-nhîh , a-î^jîh-saBk-saek , adv. Inutilement , en vain. 

a-îijâh-msé Dans ce temps là , alors. 

ma-îîjût, adv. Vraiment, certainement, sans doute; (ê 
kan-a-mhan , ma-liiœ). 

ga-manh (pour ïca-manh, Voyez 248), afjîxe ; il se joint 
aux racines et marque une ressemblance etc. (Voyez 
ci-dessus kaé-s6 etc.) , comme sùâh-ga-manh Ce qui res- 
semble à l'action d'aller. 

nrâh ou nâh , afjixe euphonique. 

9a , affitce euphonique. 

9a , ya-sî et 2:a-sau signifient souvent Etc. et ainsi de suite. 
Après les signes de cas ka et mha , on met quelquefois 
sï pour :^a-sî , lorsque ceux-là répondent dans le pre- 
mier membre d'une phrase à une des postpositions sô , 
tain-aun etc. place'es au second membre; comme tau- 
mha-sï mrô-tain-aun Du bois jusqu'à la ville. 



DES PARTICULES. 267 

^a-^ùâ , a-^a-^ûà , ^a-ûh-^ùà , a-^a-ùh-^ûà , adv. D'abord , 
au commencement, autrefois. 

^aBn, adv. Même, est légèrement emphatique. 

^aen-^ït, adv. Vraiment, certainement, réellement; (a-kaej, 
a-tap , a-mhan , ma-ïijùt). 

91 ou 9m et a-^ï ou a-^îii, conj. Pendant que, durant que, 
tandis que. 

9În , a-^ïn , a-^îii-ma-pi-at , adv. Continuellement , toujours, 
à jamais , invariablement. 

zî , afjixe . Chaque , chacun distributivement , est employé 
principalement avec des mots de description ou avec 
des numératifs; les composés qui résultent de sa jonc- 
tion avec ces derniers sont répétés , répétition qui peut 
aussi avoir lieu avec les mots de description. Exemples : 
ta-zî-ta-zî Un à un; lèh-^î-lèh-zî Quatre à quatre, tous 
les quatre; ta-jauk-zî Chaque homme, chacun; ta-îcu- 
^, ta-ïiu-^î-ta-ïiu-^î Chaque chose; ta-kaun-^î-ta-kaun- 
91 Chaque animal. Voyez ci-dessus kôj-na etc. 

yôh-lô, afjixe , De peur que, afin que ne — , vient du 
verbe ^ôh Craindre et l'affixe lô ; zôh-sau-krauij , \d. 

yûa, afjixe verbal. En vérité, en effet, comme ki^îh-lé- 
zùa II est en vérité grand. 

^ûâ , afjixe euphonique. Voyez aussi 65 et 250. 

gaek-|aBk , 2at-zat , oc?l'. Certainement, vraiment; (a-kaej, 
a-tap-a-mhan, ê-kan, ^aen-^ït , fat-2at-pon, le, ma- 

kjat). 

^anh , afjixe verbal , Seulement , rien que , comme krîh- 
f anh-ki^îh-sî II est seulement grand , c'est-à-dire il n'a 
pas d'autres qualités. 



268 GRAMMAIRE BARMANE. 

iiia-2eit , adv. Iiiiinediatenient , sans retard , comme sûâh 
ma-2eit sê-mï En allant il mourra immédiatement. 

f î-mliâ , afjîxe , En pre'sence de , (de gî Présence , proxi- 
mité), comme maenh-2i-mhâ En présence du g-ouverneur. 

ma-|ûa , adv. (d'un vieux verbe fiia avec la particule né- 
gative), N'étant pas encore, c'est-à-dire Avant, avant 
que ; ma-êûa-ka , ma-gûa-mhî , ma-2iia-mhî-ka , îd. 

nâ-so, afjîxe , Vers le haut, en haut; comme mrït-fiâ-so 
Vers le haut de la rivière ; pri-iiâ-sô Vers le haut du 
pays. 

a-nih , afjîxe , Voyez 220 ; a-ùîh ou ta-nîh adv. Confor- 
mément , pareillement , semblablement. La racine dont 
ils dérivent , est partout écrite ni. 

ta-kùa-nœk , (Voyez 276) , ta-kœ-naîk et ta-prain-naek , 
adv. Tout ensemble, à la foisj mots composés avec 
naek, de a-nœk Une collection. 

ta-îcu-ta-îiu , adv. L'un après l'autre. 

tœnh-kjamh , adv. Très , beaucoup , parfaitement. 

tîh , ajfîxe ; il marque dans une question l'objet de l'in- 
terrogation, et répond à peu près à la conjonction Ou. 
Il signifie Seulement , comme ta-Râ-tïh Seulement une 
fois; (Voyez 219). 

tàè, ajfixc , qui indique, que les mots, auxquels il est 
joint ,• sont une citation , une répétition de ce qu'un autre 
a dit. 

a-tat , a-tat-tîen-taen , a-tap , tap-ap , tap-tap , adv. Vrai- 
ment , certainement. 

a-taii-taii , adv. L'un après l'autre , successivement. 

ta-tauk-ta-tauk , adv. Par degrés ; (a-kaé). 

ta-p6-ta-pâh adv. Plus ou moins. 



«ES PARTICULES. 269 

ta-maen , sô-ta-maen , cidv. Pour cela , pour cette raison. 

ta-mon et ta-iiiù, ajfixes, qui, mis après un sig-ne de verbe, 
ne sont qu'exple'tifs ; comme sûàh-sï-ta-mon II va. 

ton, affixe euphonique ou explétif. 

tonh-tonh, adv. Continuellement. 

tonh, ajfixe verbal, (de a-tonli Le temps actuel). Il se 
met après des racines simples, et on lui joint Rà ou 
tûaen, pour sig^nifier Pendant que, comme si-tonh-îcâ 
ou si-tonh-tûien Pendant qu'il était. 

taunh, fijfi^^e verbal, En vérité, en effet. On le joint or- 
dinairement à la racine par un signe verbal , comme 
krîh-pê-taunh En vérité il est grand. 

taii, ajfixe verbal qui marque une nécessité légère, comme 
sûâh-taii-ml II doit aller. 

tain-aun , affixe , Jusqu'à , aussi loin que , se joint aux 
noms et aux verbes, et admet ordinairement après la 
racine l'insertion d'un signe du présent ou du futur. 
Exemples : Cô kàla-tain-aun Jusqu'à ce temps là ; eim- 
tain-aun Aussi loin que la maison; sûâh-sï-tain-aun 
Jusqu'à ce qu'il aille. (Voyez 220). 

tain-tain, affixe , Par, tout le long de, durant, se joint 
aux noms , après lesquels on sousentend un des signes 
de l'accusatif ko ou sô. Exemples : pri-tain-tain Par la 
contrée ; kàla-tain-tain Durant le temps , ou tout le long 
du temps. (Voyez 220). 

tain ou tainh, affixe , Chaque, tout, se met comme ad- 
jectif après les noms et sert encore à former plusieurs 
adverbes. Exemples : lù-tainh Chaque homme ; né-tainh 
Tous les jours , journellement ; nlii-tainh Chaque nuit ; 
nârî-taiph A toute heure. 



270 GRAMMAIRE BARMANE. 

a-tainh ou tainh, affixe , Conformément, suivant, selon, 
comme , tout de même , se joint aux noms et aux verbes. 
Exemples : a-mhâ-tâu-a-tainh Selon l'ordre ; 2ô-sî-a- 
tainh Selon ce qu'il dit; Ihjauk-tainh Selon le discours; 
krâh-tainh Selon ce qu'on a entendu ; pïu-tainh Con- 
formément à l'action , tout comme l'action. 

ïa , affixe euplionique ; Voyez 229. 

ïaBk-êonh, affixe , (de a-ïaek Partie supérieure et de la 
racine |onh), Par, ou jusqu'à la fin de, comme a-saek- 
Cgek-|onh Par ou jusqu'à la fin de la vie. 

Caek-mhâ, affixe, Au-dessus de, comme eim-îaek-mhâ 
Au-dessus de la maison. 

fi, affixe , Vite, dans l'instant. 

Ceiii , intensif verbal , s'emploie comme affixe ou comme 
adverbe , principalement avec des verbes qui signifient 
un bruit , un tumulte ; Cein-lein , Cein-leiri-îijaBnh , id. 

Cot-fot, adv. qui se met devant les mots qui signifient 
secouer. 

a-Cûh-sa-pïaen pour a-fûh-f)rït-sa-|)i^aen , intensif verbal , 
Excessivement , de a-Cûh ou ta-fûh adj. pron. Autre , 
différent. 

nïh-tû , adv. De la même manière. 

ta-nîh-kâh, adv. De plus, en outre, outre cela. 

nâh-mha et nih-mhâ , affixes , Près , auprès , comme eim- 
nâh-mhâ ou eim-nîh-mhâ Près de la maison ; (de a-nâh 
et a-nîh Proximité). 

nauk, affixe , Ensuite, après, puis, derrière, comme sûâh- 
sï-nauk Après qu'il fut allé; de nauk Partie postérieure, 
temps postérieur. 



DES PARTICULES. 271 

nauk-mhà , affijoe , Derrière , comme eim-nauk-mhâ Der- 
rière la maison. 

nô, une corruption de so, Si, ainsi, de cette manière. 

nhien-nhaen , adv. Seulement , rien que ; (kjïh-ta-çê , saek- 
sfek). 

nhaeij, ({ffixc vcrhal , signifie cjue l'action eut lieu avant 
quelque autre action, comme rauk-nhaeu-sî II arriva 
avant (quelque autre circonstance). 

nhaej , Voyez ksé-sô. 

pa est une ancienne abréviation de abaej ou Daej , comme 
pa-sô pour abaej-sô. 

pa-mlià , affî.ve , Hors , dehors , comme eim-pa-mhà Hors 
de la maison; (a-pa Le dehors, l'extérieur, de pa Mettre 
à côté). 

paen, affixe ; c'est une particule affirmative ou légèrement 
emphatique ; elle signifie Même , véritablement , et en- 
core seul , seulement. On la met avant ou après d'autres 
affixes , en la joignant aux pronoms , aux adverbes , aux 
terminaisons verbales et quelquefois aux noms. Ex. nà- 
paen ^rît-sï Moi véritablement je le suis., ou Moi seul 
je le suis. 

miba-to-sï sâh-tâu-tô-ï kjamh-sâ-sau-;^akàh-kô 
Parentes JHioimm felicem fanumi 

kràh-ra-lhjaen-paen wûmh-mrauk-kra-rûé saek-sâ- 

audientes solum , exsuliantes trun- 

râ ra-kon-ï. 

quillifatem oht'muere. Les parens à la seule nouvelle 
du bonheur de leurs enfans furent remplis de joie et 
obtinrent le repos. Voyez encore les exemples 168, II, 
VI, IX, XI, XX. 



272 GRAMMAIRE BARMAKE. 

paen-tain , adv. Fermement , constamment, 

pa-zâ, pa-zâ-pru-rûé Pourquoi? pour quelle raison? (de 
aîjaej et du pâli gâ Causé). 

pat-lF, affixe f Autour de, comme eim-pat-lî Autour de 
la maison. 

pat-lonh ou pan-lonh, affîxe , Durant, tout le long de, 
comme Cô né-pat-lonh Tout ce jour là. (Voyez 220). 

pâ , ajfîxe euphonique , (d'obligeance ou de respect) , se 
met souvent entre la racine et les signes de temps. Joint 
aux noms ou aux signes de l'indicatif il n'est qu'ex- 
plétif. 

pî-lâ-sa et pê-lâ-jâ , intensifs , qui renforcent une propo- 
sition négative. 

pon-sê, adv. Certainement, vraiment; (a-mhan, 2at-2at 
etc.). 

pê , cifjîxe , est explétif s'il est joint à un nom. 

pau , afjixe explétif après un nom ou un signe de l'indi- 
catif. 

pâu-mhâ , a-pâu-mhâ , (a-{)âu-mhà) , affixe , Au-dessus 
de , comme eim-pâu-mhâ Au-dessus de la maison. 

praen, ajfixe , Hors, comme sï-praen Hors celui-ci; fô- 
priEn Hors celui-là. 

praen-mhâ , ajff'ixe , Hors , dehors , comme eim-pi'aen-mhâ 
Hors de la maison. 

^rït Etre , devenir , est souvent employé comme affixe 
verbal de qualification ; on l'écrit quelquefois prît. 

sa-f)ûaBJ ou sa-bùaBJ , saù-sa-jpûœj , Voyez ksé-so. 

baek, adv. Même, est légèrement emphatique. On l'em- 
ploie dans la conversation. 

ba-nanli et ma-tat, ajfixes verbaux , Presque, comme. 



DES PARTICULES. 273 

Exemples : kjé-kjûmh-ba-nanh Presque consumé , pres- 
que re'duit en cendres ; a-mhon-prït-ma-tat Presque ré- 
duit en poudre. 

ï)aBJ-pru-15 ou bà-pru-lô , adv. Pourquoi ? Pour quelle 
raison ? 

pô ou bo, afjîjce , Pour, à cause de, à l'usage de; est 
quelquefois employé à la place du signe de l'instru- 
mental krauij. On le dérive de a-pô ou a-bô Part , por- 
tion, ce qui est pour. Ex. eim-p6 ou eim-bô Pour la 
maison; lii-bô Pour l'homme; waek-sâh îcùèh-bo prît-i 
Le porc est pour le chien. 

a-maej , a-maej-mœj , interjections qui marquent étonne- 
ment ou angoisse. 

mi et mû , afjixes euphoniques. 

mû et mû-kâh , afJixes de ?ioms , Par rapport à. 

a-mon , adv. De nouveau. 

La racine maé Manquer , n'être pas , (ma-si) , sert comme 
affixe de noms pour exprimer une privation, absence, 
le manque d'une chose. On l'emploie ordinairement sans 
signes de modes. Ex. lû-msé Dépourvu d'hommes, sans 
hommes; ron-kri-îcraenli-mcé Sans foi; a-kriiaenh-maé , 
adv. Entièrement , sans laisser quelque chose , (Voyez 
ki^ûaenh dans la liste des racines) ; a-kà-maé , verbe et 
adj. Etre mal à propos , hors de saison ; a-|onh-mae 
Etre infini , sans bornes , (de a-Zonh Fin , f onh Etre 
fini) ; a-kjôh-maé Etre improfitable , (de a-kjôh Profit 
avantage). 

mo, affixe , A cause de, pour, comme sûâh-mo, sûâh- 
rûé-mo ou sûàh-sï-mô A cause de l'aller. 

a-mhan , a-mhan-a-kan , adv. Vraiment , certainement. 

18 



214 GRAMMAIRE BARMANE, 

a-mhja , ta-mhja , adv. Comme , autant que. 

nhaBij-a-mhja , cijjîxe , Autant que, comme Sarâ-nhaen-a- 
mhja tat-sï II sait autant que le maître. 

mhja, cvfjixe , Beaucoup, plusieurs, autant que, quelque, 
quel qu'il soit , se prend en difFérens sens selon les cir- 
constances. Pre'cédé de bœj il sig-nifie Combien? Ex. 
baej-mhja-lauk si-sa-nïh ou bay-mhja si-sa-nîh Com- 
bien y en a-t-il ? (Voyez lauk ci-dessous) ; baej-sû-kô- 
mhja ma-prau-nhaen N' (en) parlez à personne, ou à 
qui que ce soit. (Voyez 265). 

a-di-mhja , le même que a-bapj-mhja Combien ? 

mhja, afjlxe , Même, quoique, pour lequel on écrit aussi 
mha, se trouve souvent après un verbe qui prend le 
sig-ne de l'accusatif ko , et peut-être aussi ceux d'autres 
cas. (Voyez 262). Exemples : nâ kàu-sï-kô-mhja maBnh 
ma-lâh-lô Quoique j'appelle, vous ne de'sirez pas venir, 
ou vous ne venez pas; nà pêh-sf-kô-mhja maenh ma- 
jù-15 Quoique je donne , vous ne désirez pas prendre. 

ja-Rœn, adv. Précédemment, autrefois. 

ja-îiu , «tZi'. Maintenant , immédiatement ; on l'écrit aussi 
kïîu , et en parlant on supprime arbitrairement la syl- 
labe ja. 

jaen , conjonction , Si , que. 

jfen , aàv. Auparavant , antécédemment. 

jaen-sau-ïî.â , adv. Alors , à ce temps là. 

jaBn-sô-ma-hot , adv. S'il n'est pas ainsi , sinon. 

ja-man , adv. Auparavant , avant , marque priorité de jours 
ou d'années. 

a-raen Commencement , est employé comme advet'he. Au- 
paravant, antécédemment, d'abord. 



DES PARTICULES. 275 

ran-ban , adv. Quelquefois , occasionellement. 

ran-ban-ran-ban , adv. Plusieurs fois , reite'rativement. 

... * 

ron , ciffixe verbal (ou verbe auxiliaire de ron Etre assez , 

suffisant) , Actuellement , à présent , à peine , seule- 
ment, justement, est employé d'une action qui ne vient 
que de s'accomplir. Exemples: lût-ron-|i-sî II ne fait 
que de s'échapper ; ^àh-ron-si-sï 11 ne fait que de man- 
ger j rauk-ron Arrivé à peine. Le composé ron-sà (Vo- 
yez sa) , a la même signification , comme rauk-ron-sâ 
Arrivé à peine. 

rau , affijce conjonct'ij , s'emploie devant des mots de temps 
pour sau. 

riié , conj. ou adv. Et , aussi , aussi bien que , autant que ; 
(Voyez 123) ; a-rûé adv. Aussi bien que , autant que. 

sa, ajjixe verhal , En effet, hélas! marque l'affection ou 
le regret de celui qui parle. Exemples : sûàh-sà-sï Hé- 
las , il va ; sàh-îîa-lèh sê-|à-sï Hélas , mon petit fils est 
effectivement mort. 

si-si, adv. Tout comme. 

si-lê-sa-mhja , si-sa-mhja , adv. Tout ce que , autant qu'il 
y en a. 

se , affijce ou adv. Avant , devant , près , en présence de ; 
sé-|u Devant , en présence de , (de su Voir) ; sé-mha 
Devant , avant , antérieur , comme eim-sé-mha Devant 
la maison. (Le substantif séh signifie Temps antérieur , 
temps ancien). 

laek-ûh, adv. Auparavant, avant; (|é-ûh). 

laen-ka-zàh, afjixe verbal, Quoique; comme sùâh-laen- 
ka-^âh Quoiqu'il aille. 

lï ou lih, lïh-kaunh, conjonctions , dont la place envers 

18. 



276 GRAMMAIRE BARMANE. 

d'autres parties du discours est indéterminée , Et , aussi , 
etc. Voyez les exemples 168, VII, VIII, IX, XÏII, 
XVIII, XXVI, XXVII. 

latta-lau , adv. Dans un instant , dans un moment. 

loiih, afjîxe de noms et de verbes. Entièrement, tout, le 
tout , etc. Le mot auquel il se trouve joint , est ordi- 
nairement précédé de ta. Ex. ta-lhjauk-lonh Tout du 
long-, depuis le commencement jusqu'à la fin; ta-né- 
lonh Tout le lour ou durant le iour; saen-bau-ta-zaenh- 
lonli Le vaisseau entier. Voyez 219, 220. 

lé , afjîxe. Joint aux noms il est euphonique. Précédé de 
ta il se réunit à d'autres composés avec le sig-ne de 
l'unité , comme ta-ïïu-ta-lê ou ta-lé-ta-îtu Peu , quelque- 
fois un , ou oà et là un ; ta-ïîâ-ta-lê ou ta-lé-ta-îià Quel- 
quefois, de temps en temps; ta-jauk-ta-lê ou ta-lé-ta- 
jauk Peu de personnes , quelquefois une personne. Joint 
aux verbes il marque qu'on persiste dans une chose, 
comme si-sî-lê II est certainement. (Voyez encore 115, 
116,140, 144, 147, 152). 

lè-rà-rà, adv. En quelque lieu que, partout où. 

lauk , adv. Environ , à peu près ; sô-mhja-lauk A peu près 
autant; a-bay-mhja-lauk Autant, combien? a-lauk 
Assez^ autant , autant que , environ , combien ; a-lauk- 
a-mhja A peu près autant que. 

lô , afjixe , marque une ressemblance , Comme , semblable 
à, ainsi; Ex. .sùâh-sî-lô Comme en allant. 

lô-lô, afjîxe, marque une ressemblance légère, comme 
sûâh-sî-lô-lô Ressemblant un peu à marcher. 

lô, lo-lïh, affixes verbaux qu'on emploie principalement 
dans la conversation , Parce que. 



DES PAUTICUL.E». 277 

laik et Ijaen, uffijces euphoniques. 

Ijâ, afjîxe , Pour; Tout, le tout, tout le long; de, du- 
rant, (lonh, tain-tain) ; comme ta-sa&k-ljà Durant la vie. 

a-ljauk, (tfJLre de noms , Suivant, selon; comme a-lô-a- 
Ijauk ou a-lô-i-a-ljauk Selon son désir , selon sa volonté. 

Ihà , ofjîxe euphonique. 

Ihjauk ou sauk , afjixe de noms, (de Ihjauk Passer) , Par, 
sur, est employé lorsqu'il est question de venir, d'al- 
ler, ou de passer par ou sur une chose. Exemples: tan- 
tàh-sauk làh-sî Je passai sur le pont, je vins par le 
pont ; sé-lamh-sauk sûàh Va par le chemin d'est ; romh- 
sauk là-pà-sî Je viens par la cour de justice. 

a-lûn ou a-lhfiu . adv. Très. 

wunh-krcçn , afjîxe , (de ^vuuh-kra•n Circonférence), Au- 
tour de , comme eim-M unh-kraen Autour de la maison. 

sa-praen , afjîxe , Par , au moyen de. 

sa-rùé, adv. Autant qu'il y en a, tout, tout ce que, qui- 
conque; (si-sa-mhja, hù-sï-rûé). 

saek-saek, afjîxe de noms ou adv. Entièrement, tout, 
seulement, rien que; comme mèttà-nhaen saek-saek pi'u- 
mï Je le ferai seulement par affection ; a-naek saek-saek 
si-ï II est entièrement noir. 

sï-ka-lauk Autant , autant que cela. 

sî-kâh , affîxe , Par rapport à cela. 

saej ou taej, saej-lé, interjections qui marquent létonne- 
ment. 

saej-nhaej Comment? (baej-nhaej). 

sa, adv. Seulement, se met après les signes de cas et de 
temps , et se joint à toutes les parties du discours ; 
comme ta-ku sa Un seulement; ïa-maegh-kô sa ^àh-sï 



218 GRAMMAIRE BARMANE. 

Il mange seulement du riz bouilli ; là a-mhu-kô sa pru- 
lau Fais seulement cet ouvrage j |ô-rûé-sâ prî-zon- 
nhain-sêh-ï II peut seulement être accompli en parlant. 

su, adv. (Pâli), Très, excessivement; (a-lùn). 

a-sê , adv. (du mot pâli asesan) , Entièrement , sans laisser 
quelque chose; (a-krùaenh-msé). 

sau-sau , adv. Tout ensemble , tout à la fois. 

saii-kraun , affixe , Parce que , à cause de. 

sâu-lîh, affixe verbal, Quoique, nonobstant, malgré; 
comme sûâh-sâu-lïh Quoiqu'il aille ou soit allé; so- 
sâu-lïh Quoiqu'il en soit ainsi , malgré cela ; (par cor- 
ruption no-sâu-lih). 

sô-^aen , affixe et adv. Comme , autant , à peu près au- 
tant, ainsi. 

sô-ta-prih-kâh , affixe , Pour cela , pour cette raison , étant 
ainsi, quoique. 

s6-ta-mon , affixe , Comme , autant , à peu près autant. 

s6-ta-mû-kâh , affixe , Pour cela , pour cette raison là , 
mais. 

sô-prih , affixe , Si ainsi , étant ainsi. 

so-ma-lîjîh , affixe , Pour cela ; adv. Sinon ainsi , (employé 
dans la conversation). 

sô-mô , (et par corruption nô-mo) affixe , Pour cela , si 
ainsi. 

sé-lhjaen, affixe , Si ainsi. 

hï, adverbe d'affirmation, Oui. 

hot-ka , adv. Oui , vraiment , c'est ainsi. 

hot-kœ , adv. Oui , vraiment. 

hot-ka-nœ , hot-îtjï, adv. Immédiatement, dans l'instant. 

hot-pâ , adv. Oui. 



SYNTAXE. 279 

ma-hot-mû-kâh , adv. Ou, sinon. 

ma-hot-lhjaen , adv. Sinon. 

hot-hot - hot-hot-nràh-nràh , adv. Vraiment , très-vrai , 

oui oui. 
hop-mhà, adv. Là, si l'objet indique est à une petite 

distance, 
hû-sï-rùé, hù-sa-mhja Tout ce que, tout ce qu'il y a; 

(si-lé-sa-mhja , sa-rûé). 
hau , adv. Là , n'est employé que dans la conversation , si 

l'on montre au doigt l'objet en question, 
hauk-mhà , adv. Là , si l'objet indiqué est éloigné. 
liô-ka , adv. De là. 
hô-mhà , adv. Là , si l'objet indiqué est tout près. 

S^Y N T A X E. 

260. En formant une phrase on commence générale- 
ment par le sujet , puis vient le régime , qui est suivi du 
verbe. Exemple: 

maenh-krîh-sî zït-bu-raen-âh meiii-tâu-mû-ï , 
rex duci dixit , 

Le roi dit au général. 

261. Le wisèsana ou l'attribut est formé quelquefois 
d'une phrase entière, ou de plusieurs phrases où il entre 
différens sujets et attributs. Dans ce dernier cas on sépare 
chaque membre de la période par les deux lignes de ponc- 
tuation ; le Avisêssa ou le sujet se place à la fin et peut 
prendre les signes de cas. Exemple : 

kap-seimh-kon-sau-a-mhu-a-rà-tô-kô ^î-raenh - 2aun- 
Omnes (259) l'es creantem per- 



280 GRAMMAIRE BARMANE. 

rûfek-tâii-mû-prîh-ïa-sau , a-iiït-a-kjêh-a-prït ma-si 
Jicientem (229) vîtio (et) peccato carentem 

prû-^aen -fji'aun - mat - ^aen-kraej-sî-^rït-tâu-rnû-Ca-sau , 
j)urum justum (et) sanctutn existentetn 
ïiap-seimh-kon-sau-a-mhu-a-râ-to-kô si - tau - mû - Ca - sau , 
omnes res scient em , 

a-loiih-^on-a-mhu-a-râ-tô-kô mraen-tâu-mû-Ca-sau , îtap- 
omncs res vident em , om- 

seimh-kon-sau-a-rap-to-iihaik si-tâu-mû-ïa-sau , a-zïn- 
nihus locis in existentem , jjer- 

ma-pirat ti-tâu-mû-Ca-sau , îtap-seimh-kon-sau-a-rap- 
petuo recte existentem omnibus locis 

nhaik né - lû-to - sî pû-zâu-ap-îa-sau , îijîh- 
in habitantes homines jjer adorandum , lau- 

mùmli-ap-kon-sau-sû-to-Caek a-ïûh-sa-Jiraen îijîh-mûmh- 
dandis omnibus ijIus eximie laudandum, 

ap-mrat-tâu-mû-Ca-sau , a-lùn - rô-sê-zûâ mrat-zùà- 

maxime venerandum deum 
bu-râh-kô "kjîh-mùmh-ï. 

laudo. Je loue Dieu auquel est due 

la plus haute vénération, lui qui a créé et accompli toutes 
choses, qui est exempt de faute et de péché, pur, juste 
et saint, qui sait toutes choses, qui voit toutes choses , 
qui est partout , qui est éternel , que les hommes doivent 
adorer partout , qui doit être loué beaucoup plus que tous 
les autres dignes de louange. 

Le composé zî-raenh Faire est partout écrit ^î-raen sans 
h, qui cependant appartient à la racine simple raenh; pû- 
zâu Sacrifier, adorer, Voyez 135. rô-sê est Respecter, 
rendre hommage à quelqu'un , adorer. 



SYNTAXE. 281 

262. Une phrase terminée par un verbe dans un mode 
ou temps quelconques, et g-ouverne'e par le verbe de la 
phrase suivante , prend souvent le signe de l'accusatif ko. 
Elle forme alors des constructions qu'en latin on rendra 
tantôt par l'accusatif avec l'infinitif, tantôt seulement par 
le participe, et encore d'autres manières. Quelquefois des 
phrases avec un nom à l'accusatif suivent la même con- 
struction , lorsqu'on y peut sous-entendre un verbe , ou 
rendre le nom par un tel. Les circonstances d'une action , 
l'état d'une personne ou d'une chose , se trouvent indiqués 
après le verbe dans un mode ou temps quelconques , par 
les signes sï ou kraun , qui , selon le besoin , peuvent être 
suivis encore de celui de l'accusatif ko. Exemples : 

zinapûttan-mi^ô-s6 su sûâh-mï-kô nâ krâh-ra-sï. 

Madrae urhem eum iturum esse ego audio. 

maenh eim-rà - ko raunh-îtïa-mî-kô nâ Cgen-sï. 

Tuam domum (te) venditurum esse ego puto. 

maenh kon-zï-mïâh raunh-prih-kraun-kô nâ 

ou maenh kon-zî-mjàh raunh-prih-sî - ko nâ 

Tuam jjrojjrietatem (te) vendidisse ego 

krâh-ra-sï. 
krâh-ra-sï. 
audivi. 
mâ-ki'aun sâ-kraun-kô nâ krâh-ra-sï, 

ou mâ-sï sâ-sî - ko nâ kràh-ra-sï. 

Sanum (et) salvum (te esse) ego audîvî. 

sii kaunh nùê-kô kjûn-not pêh-sï-kô ma-jû-pâ, 
ou su kaunh nûê-si-sï-kô kjûn-not pêh-sï-kô ma-jû-pâ. 
Ille boni argentum a me depositum non aufert. 



282 GRAMMAIRE BARMANE. 

Il n'emporte pas l'argent du bon homme que j'avais 
déposé. 

263. Les particules réunies Ijask-nhaen présentent le 
même sens que le composé si-kô. Exemple : 

nâ pêh-ljaek-nhaBn maenh ma-jû-lô, 
ou nà pêh-sï-kô niaenh ma-jû-16, 

Si je donnais , vous ne prendriez pas. 

264. Le sig-ne du nominatif sî ne s'emploie ordinaire- 
ment pas dans la conversation. 

Le signe du nominatif kâh répond souvent au pronom 
relatif. De même que mû et les composés mû-kâh et sl- 
kâh il se prend aussi dans le sens de Par rapport à. On 
l'emploie lorsqu'on peut sous-entendre un verbe, qui ce- 
pendant est souvent exprimé aussi. Exemple : 

lêh jauk-tô-tûaen ta-jauk-kâh Ihê-sa-mâh , ta-jauk- 
De ces quatre l'un (est) un batelier , Vautre 
kâh ïîjop-sa-mâh , ta-jauk-kâh famh-sa-mâh, ta-jauk- 
un tailleur , Vautre un porteur , Vautre 

kâh la^k-sa-mâh. 
un charpentier. 

265. Le signe propre de l'accusatif est ko , comme eim- 
kô wsBJ-sî J'ai acheté la maison, ïa-maen-kô zâh-sï Je 
mange le riz. Les verbes qui signifient Prendre, donner, 
manger, parler, regarder, faire, se fier, confier, com- 
mander, nuire, obéir, détruire, partir, venir, etc. gou- 
vernent l'accusatif en ko, mais se trouvent en partie aussi 
avec d'autres cas. Exemples: nâ-kô pêh-sî Mihi dédit; 
nâ-kô ron-sï II se fie à moi. 

266. Le signe de l'accusatif ko remplace souvent celui 



SYKTAXE. 283 

du nominatif sï , et peut former une espèce de cas absolus. 
Exemple : 

fô sonh loiih-sau-mrat-mrat-ratanà-to-kô, ta-lonh- 
Istas très rotundus pretiosas gemmas , una 
Ihjaen a-'bo-mî-mhja faik-ï. 

tanti valet. De ces trois pierres pré- 

cieuses chacune vaut tel prix. Le mot ratanà vient du 
sanskrit ratna Pierre précieuse. 

26T. Le signe de l'accusatif s6 sig-uifie Vers , à , sui- 
vant , selon. Il est employé en connexion avec un verbe de 
mouvement , comme mrô-sô sûàh-sï II va à la ville ; nê- 
rà-sô pran-sûàh-sï II retourne à sa demeure. 

268. Les affixes Can et f î Vers , à , qui marquent une 
proximité , une présence , sont joints aux noms d'hommes 
et d'animaux, lorsque ceux-ci sont gouvernés par des ver- 
bes signifiant Aller , présenter , confier ou remettre à quel- 
qu'un. Ils forment des accusatifs selon les grammairiens 
et sont quelquefois suivis des signes de cas. (Les noms 
a-fan et fi signifient Proximité, présence). Exemples: 

a-SiEn - mœnh-krîh-Caii ^aek-nhan-ap-tàli-pà-sï , 

Domino régi commisi , 

Je l'ai remis aux soins de sa majesté le roi. 

nâ-si zît-sû-ki^îh-fî rauk-Rœ-prih. 

Ego ducem ad accessi. Je suis allé au général, 
maenh-krih-ïan sûàh-kra-lé Allez au roi ; mœnh-krih-îan- 
sô ou m8enh-krih-|î-sô Au roi, vers le roi. 

Suivis de mhâ ces affixes signifient En présence de, 
comme maenh-Can-mhâ ou m8enh-|i-mhà En présence du 
gouverneur. 

269. Le nom a-laej Milieu , centre , précède souvent le 



284 GRAMMAIRE BARMANE. 

signe de l'accusatif sô , et ceux du locatif nhaik et tûaen , 
sans chang-er essentiellement le sens de ces différentes 
postpositions. A la place de a-lcej on met aussi laBJ. Ex. 
mrô-a-lcpj-sô krûa-ï II va en ville; rûâ-a-laej-nhaik si-sï 
11 est dans le village; (rùâ-laBJ-nhaik 168, V); 

pûéè-sa-baen-a-laej - nhaik (ou tùaen) taen-taej-sêh-ï , 
conventûs medio in splendet , 

Il brille au milieu de l'assemblée. 

270. L'instrumental , karan ou karana , a quatre signes. 
Le premier , sî , forme le kattakarana , kartrikarana en 
sanskrit , c'est-à-dire Agent et instrument. Il est employé 
lorsque l'instrumental est l'agent d'un passif. Exemple : 

lu - tat - sï gauk-sf - eim, 
hom'mem sapkntem per aedijicata domus , 
La maison bâtie par uw homme sage. 

271. Le second signe , pi^aen Avec , par , forme le vrai 
instrumental, karana; il indique l'instrument ou Je moyen 
employés à faire quelque chose. Quelquefois on le met 
aussi à la place de sî Par. Exemples : laek-jpraen zàh-sî II 
mange avec la main ; mjaek-zi-pi^aîn mraen-sï II voit par 
(ses) yeux; êauk-praen lot-sï II le fit avec un ciseau; lii- 
tat-praen |auk-sï-eim La maison bâtie par un homme sage; 

laen-ï a-15 - ^rœn sii ^rît - tat-sau- 

mariti voluntatein secundum solum esse consueta 

meimma , 
fernina , Une femme qui ne vit que selon les désirs de 

son mari , (explication du mot pâli satî) 

272. Le troisième signe nhoen forme l'instrumental nom- 
mé sahâdijauga ou de société ; il marque une société , quel- 
quefois aussi une ressemblance , et est rendu par les mots 



SYNTAXE. 285 

Avec, ensemble, semblable à, comme, en comparaison 
de , par rapport à , par. Exemples : 

tau-pat- nhïeij Ca-maen ^âh-sî, 

hutyro cum oryzcnn edit , 
Il mange du riz avec du beurre; nûâh-nhaen laik-sï II va 
avec les vaches; niiàh-nhaen tù-sï 11 est comme une vache, 
ou il ressemble à une vaclie. 

273. Ou peut assez souvent employer prœij ou nliaeii 
l'un pour l'autre. Exemples: laek-pi^aen (ou nhaen) zàh-sl 
Il mang-e avec les mains; mhaen-tan-^i^een (ou nhaen) zà- 
rèh-sï II e'crit avec une plume. 

274. Le quatiième signe, kraun , forme l'instrumental 
nommé kàrana ou heit (du sanskrit hêtu), La cause, la 
raison- Il marque la cause ou la raison d'une action ou 
d'une chose , mais souvent aussi il répond simplement à 
notre Pour. Exemples : 

su a-pi'it - kraun nà-àh bêh rauk-sî, 

Ejus nequitiftm oh mihi calctmitas accidit , 

A cause de sa mauvaise conduite il m'est arrivé malheur; 

îîùèh-kraun Pour le chien; |den-kraun Pour l'éléphant; 

nàh-kraun Pour le poisson. 

275. On joint souvent le signe de l'instrumental ^i^ten 
à celui du datif àh , et par là la signification du premier 
n'est modifiée que légèrement. On nomme cet instrumental 
krijàM isésana ou adverbial , et on s'en sert ordinairement 
pour indiquer qu'une chose est faite par la puissance , l'in- 
fluence, les circonstances d'une personne ou d'une chose. 
La préposition Par rend généralement cet âh-^raen. Ex. 
kôj-àh-praen aun-sï II a conquis par sa force, 
pru-sf-àh-praen pru-ï II le fit par son énergie. 



286 GRAMMAIUE BARMANE. 

mrat-^ûâ-Fjuràh-ï tan-ïcôh-âh-{)raen pru-sï II le fit par la 
puissance de Dieu, (tan-îcôh , qu'on prononce souvent ta- 
"kôh , est Puissance). 

sîia tan-îîôh-âh-pi^aen nat - prî-sô 

Poenitentiarum vîrtute deorum l'egwnem 

rauk-lê-ï , 

advenif , Par la puissance des pénitences il arriva à la 
contrée des dieux, (sîla Devoirs , préceptes , austérités ou 
pénitences religieuses, vient du sanskrit sîla). 

Cô a-lcà mi-buràh-krih-ï sîla tan-Rôh-âh- 

Tunc reginue poenitentiarum viriute 

'praeiî si-krâh-iiitenh nê-râ-sï si-kràli-maenh-âh pu 

divûm régis sedes divihn régi fervidos 

prœnh - taenh - mâ-sau-a-kraenh-a-râ-kô pra-pêh-ï, 
violentas Jirmos fortes actus manifestavit , 

Alors par la puissance des pénitences de la reine le siège 
du roi des dieux fit voir au roi des dieux des actes d'ar- 
deur, d'impétuosité, de fermeté et de vigueur. (Voyez 
pour si-kràh 168, XX). 

buràh-saï<aen-ï tan-îîôh-âh-îirœn païavvi-mrê-sï lop-zî- 
Dei potcntid terra creata 

raenh-sï-firit-ï , 

est , La terre a été créé par la puissance de 

Dieu ; (paîawi La terre vient du sanskrit prifivî) ; il est 
regardé comme synonyme du barman mré-krîh , mrè étant 
La terre , le terrain. 

276. Au signe de l'instrumental nhœn Avec , l'on joint 
encore a-tû , a-kiia ou ta-kûa , a-tû-a-kûa ou a-tù-ta-kfia , 
mots qui tous signifient Avec , de compagnie , l'un avec 
l'autre. Ex. lû-nhaen-a-tù , lû-nhaen-a-kùa , lû-nhaeij-ta- 



SYNTAXE. 287 

kûa , lû-nhîen-a-tû-a-kûa ou lû-nhœn-a-tû-ta-kûa Avec 
l'homme, de compagnie avec l'homme; nûàh-to-iihien- , 
nûàh-tô-nhaen-a-tû- , nûàh-tô-nhaen-ta-kûa- , ou nùâh-to- 
nhfeij-a-tû-ta-kûa laik-kra-kon Allez avec les vaches. 

27T. Le sig;ne du datif âh exprime ce cas de nos lang^ues, 
et sig^nifie A, par, pour. Il est gouverné par les verbes 
du sens de Donner , agir pour ou contre quelqu'un , par- 
ler à quelqu'un , apparaître , être propre ou impropre à 
quelque chose , manquer à quelque chose , mouvoir vers 
un endroit , commander , demander. Exemples : maenh- 
krîh-âh Ihjauk-sï II dit au roi ; nà-âh pî^ji-sf II me donna ; 
nà-âh taunh-sî II me demanda. 

278. Le signe du datif àh remplace quelquefois , selon 
Carej, celui de l'accusatif ko. Il donne l'exemple suivant, 
dans lequel àh , si je ne me trompe , a seulement la signi- 
fication indiquée ci-dessus Pour, (à cause de, eu égard à). 

catulaukapàla - nat - maenh-krih-lêh - jauk-tô-ka 

Catulaukapâla dei reges quatuor viri (282) 

manimêîîalâ maen-sau-nat - sa-mîh-âh , Cô nït- 

Manimèïialae amatae dei jiliue grutid illos suh- 
mùnh-sû-tô-kô |aBJ-Cien-zeim-sau-nhâ samuddaràg 
mersos eripiendos Samuddaràgi 

a-^a u n-Càh-sa-tïh. 

mandaverunt. Les quatre dieux (nommés) Catulau- 

kapàla, ayant égard à la fille chérie du dieu Manimêïcalà, 
chargèrent Samuddaràg de la commission de retirer ces 
submergés (de l'eau). Carey traduit ce passage de la ma- 
nière suivante : T/te four gods (hy name) Chutoopala 
appoint ed Thumooddureet to ihe ofjice of delivering 
and protevting the beloved daughter qf the god ivho is 



288 GRAMMAIRE BARMANE. 

called MunîmecTiulu. Catulaukapâla nom collectif qui sig;- 
nifîe Les quatre rois , vient du sanskrit caturlôkapâla ; 
Manimèïcalâ dans le même idiome veut dire Celui qui a 
une ceinture ornée de pierres précieuses , et Samuddarâg 
répond au nom sanskrit Samudraràga Le roi de la mer. 
(Voyez l'exemple 168, VIII). 

279. On se sert du signe du datif âh , ou de ceux du 
locatif nhaik ou tûaen , en connexion avec le verbe sub- 
stantif, pour exprimer une possession. Exemple : nâ-âh 
nûê si-sï Mihi argentum est , ou nà-nhaik nûê si-sî In 
me argentum e*^^ j'ai de l'argent. 

280. Le signe nhâ Pour, à cause de, exprime le datif 
nommé tadattasampadàn , qui indique la cause ou la rai- 
son d'une action; il est employé rarement, excepté en 
connexion avec le mot a-lô Désir, ou à former l'infinitif. 
Exemples : a-zâh-a-16-nhâ A cause de la nourriture ; 

îcaek-îiaè-sau-a-mhu-kô pi'îh - aun lop-zî-raenh-an- 
diffk'dem rem perjiveret ut perjlcere 

sau-nhà a-lûn-loUa 2aun-ï. 

maxhnopere nisus est. Il s'est donné beau- 
coup de peine à venir à bout de cette affaire difficile. 

281. Les signes propres de l'ablatif sont ka De, hors 
de , quelquefois aussi dans , et mha De , hors de , excepté , 
et quelquefois dans. lis marquent le lieu d'où l'on vient , 
le terme d'où l'on commence à agir. Exemples: mrô-ka 
ou mro-mha là-sï Je viens de la ville ; rê-mha Cûapk-sï II 
sortit de l'eau ; a-ïcâ-mha Dès le temps", dans le temps. 

282. Le signe de l'ablatif ka sert aussi quelquefois à 
former des cas absolus; il rend alors le nominatif et s'em- 



SYISTAXE. 289 

ploie même pour le vocatif. Exemples: sû-ka pran-lti-rùé 
Lui retournant; sû-ka fô-sï II dit. 

283. L'ablatif formé par le signe krauij A cause de , 
exprime la raison ou le motif d'une action , et se nomme 
kârana-apâdân Ablatif de motif. 

284. Les signes de l'Ablatif Cgek Plus que , et auk Moins 
que, dérivés des noms a-Cœk Partie supérieure et auk 
Partie inférieure , servent à exprimer la particule que pour 
joindre deux objets que l'on compare; îaek s'emploie dans 
le comparatif de supériorité, auk dans celui d'infériorité. 
L'ablatif formé par ces postpositions est nommé wibatti- 
apâdàn Ablatif de division ou de distinction, du sanskrit 
vibakti Partie, portion, et inflexion des noms ou décli- 
naison. Souvent l'on met encore sa Excéder , surpasser , 
devant le verbe qui s'accorde avec le sujet de la compa- 
raison ; Voyez 65. Exemples : eim-ïaek krîh-sï ou eim-Caek 
sâ-krîh-sî II est plus grand que la maison ; eim-auk napj-i 
Il est plus petit que la maison ; sû-Caek nâ mrat-sî Je suis 
plus noble que lui ; Cô lû-Caek sï lu sà-mr'at-sï Cet homme 
est plus excellent que cet homme là. 

285. Le signe du génitif ï marque une possession , 
comme nâ-ï u^zâ La chose de moi , ma chose ; sû-ï ïamaînh 
Son ïiz. Les grammairiens palis comptent aussi le signe 
du locatif tûaen Dans , comme terminaison du génitif. Ex. 
nà-tùa?n pâ-sï-niiê L'argent qui est dans moi , ou mon 
argent. 

286. Le locatif exprimé par le sig;ne nhaik Dans , en , 
parmi , est nommé aukâsa-adikarana Receptaculum , lieu 
qui doit recevoir, des mots sanskrits ôkas Maison et 
adikarana Le comprennant. Exemples: rê-nhaik nàh |i-sï 

19 



290 GRAMMAIRE BARMANE. 

Le poisson est dans l'eau; lû-nhaik pana si-sî Connais- 
sance est dans le genre humain ou parmi les hommes. 

287. Le locatif exprimé par le signe tiiaen est nommé 
niddàrana-adikarana , (du sanskrit nirdàrana Certitude , 
règle établie) ; on le traduira par les prépositions En , dans, 
de , parmi , pendant. Exemples : lû-tiiaen Parmi les gens ; 

lêh jauk-to-tùten ta-jauk sa si-vSÏ , 

quatuor vîros inter unus solum est , 
Parmi les quatre hommes il n'y en a qu'un seul , ou Des 
quatre hommes il n'est qu'un seul ; eim-tùaen Dans la mai- 
son ; siiâh-sl-tùaen En allant , pendant la marche. 

288. Les signes du locatif nhaik et tûœn sont gouvernés 
par les verbes qui expriment un mouvement vers quelque 
lieu , comme mrô-tùaeii krûa-sï II va en ville. 

289. Le locatif exprimé par le signe ki'aun est nommé 
nimeit-adikarana (du sanskrit nimitta Cause , motif) , et 
marque la raison ou la cause d'une action. Exemple : konh- 
kraun sfiâh-sf II vint par terre. (Carej). 

Ce locatif barman , qui répond à un locatif indien , est 
sans doute bien recherché. Judson regarde avec raison le 
mot konh-kraunh Par terre, comme adverbe; écrit de la 
sorte il vient de konh Terre , terrain , butte , et , à ce qui 
paraît, de a-ki^aunh Ligne, route; kraunh, qui signifie 
Raison, cause, motif, et l'affixe ki'aun A cause de, par 
rapport à , ne présentant aucun sens pour en dériver ce 
composé. 

290. Le signe du locatif mhâ En , dans , de , parmi , 
pendant , en présence de , concernant , par rapport à , se 
joint aux noms verbaux et à d'autres noms; mhâ et tûagn 
s'emploient souvent indifféremment. Exemples : 



SYNTAXE. 291 

nâ-mha laik-sï-mhâ (ou tûaen) a-bay-kô pâ-sa-lau? 

a-me jussa inter quid apportas? 

Qu'apportes-tu des choses que j'ai ordonne'es ? 
îsûéh-ïialê-tô-mhà ta-kaun Iha-sï Parmi les petits chiens 
l'un est beau. 

Carej omet le signe mhâ dans la déclinaison de lu et 
dans celle des trois pronoms personnels nâ , kôj-tâu et su ; . 
il le met dans la de'clinaison des pronominaux baBJ , sô- 
sau-sû et baej-sô-sau-sû. 

291. Le signe du locatif waej Dans , est joint géne'rale- 
ment aux noms de choses inanimées. Exemples : eim-waej 
Dans la maison; a-nauk-taiin-weej Au sud-ouest; lamh- 
waej Dans la route. 

292. On peut employer quelquefois indifféremment les 
quatre signes du locatif nhaik, tùaen, mhâ et waej. Ex. 
eim-nhaik, eim-tùaen, eim-mhâ, eim-waej Dans la maison. 
On se sert aussi du composé tûaen-mhâ En , dans , parmi. 

293. Les signes du locatif mû-kâh et ra-kâh sont em- 
ployés à former des locutions adverbiales , des conjonc- 
tions etc. et sont joints souvent à plusieurs autres parti- 
cules. (Voyez les pronoms). Exemples : a-lô-si-ra-kàh Dans 
le désir, désirant. 

a-tat-ma-îij'ùt panâ-si-sau-sû-to-sî mrat - sêh-ï, 
Sane quidem sapientes magni sunt y 

a-baBJ-ki^aun-nih-hu-mû-kâh , fô lû-tô-sï a-saek-saen-râ- 

quamohrem? ilU hommes vitae-suhsîdia 

ko ra - nhain-sau-kraun-tïh. 
parare possunt quia. 

Ceux qui sont sages sont vraiment grands, parce qu'ils 

savent se procurer leur subsistance. 

19. 



292 



GRAMMAIRE BARMANE. 



DES DIVISIONS DE TEMPS, DES POIDS, 
3I0NNAIES ET MESURES. 



294. Le temps dans lequel on peut dix fois étendre 
les bras (lœk-pît-|aej-tûaBk) , ou dix fois clig-ner les yeux 
(nrjaBk-^i-lœj-mheit) , ou dans lequel dix e'clairs peuvent 
se succéder (Ihjap-f aej-pi^aek) , forme un nara. 



4 nara font un îcana. 






12 Rana 


. . . . îîarâ. 






10 "karâ 


. . . pran. 






6 pi'an 


. . . bîzanâ. 






15 bîzanà 


. . . pâd. 






4 pâd 


. . . nârî, écrit aussi nrî. 






60 nârî 


. . . raek ou un jour et une 


nuit. 




15 rœk 


. . . paekïîa un côté de la lui 


le, une 


quinzaine 


2 paekîia 


... la ou mois. 






12 la 


. . . nhît ou année. 







Les divisions précédentes et la plupart des noms qui s'y 
rapportent , sont empruntés des Hindous. 

Le jour (de 86,400 secondes d'après notre manière de 
compter) , a dans le système précédent 10,368,000 naras , 
dont chacun devait suffire aux dix mouvemens indiqués. 
D'après l'abrégé fait par Bhâskara du sûrjâsiddânta (d'un 
ancien traité d'astronomie) , l'unité pour les mesures de 
temps est un prâna (proprement une aspiration) , dans le- 
quel on peut dix fois prononcer la voyelle î, et le jour a 
21,600 prânas, division qui coïncide avec celle indiquée 
ci-dessus du système hindou-barman Le Rana ou ksana , 
qui dans ce dernier est la 2,592,000«'»« partie du jour, 



DES DIVISIONS DE TEMPS, ETC. 293 

équivaut dans un autre système hindou à quatre de nos 
minutes. 

295. Les noms des jours de la semaine dérivent , à ce 
qu'on prétend , des noms des planètes , mais sans que l'on 
puisse toujours en donner l'étymolog-ie ; les noms palis, 
dont on les dit dérivés également , sont donc joints ici aux 
noms barmans. C'est ainsi que s'exprime Carey sur les 
noms des jours de la semaine. 

Noms barmans. Noms palis, 

ta-naen-ga-nûè Dimanche, rawiwâra, de rawi Soleil, 
ta-naen-là Lundi . candawâra , de canda Lune. 

8Bn-gâ Mardi , angawâra , de angâ Mars, 

buddahûh (ou -hû) Mer- buddavvâra , de budda Mercure. 

credi , 
krâsapatêh (ou -te) Jeudi , garuwâra , de garu Jupiter, 
sauk-ki^à Vendredi , sôkrâwâra , de sôkrà Venus, 

^anê Samedi , sôriwâra , de sôri Saturne. 

Les noms barmans des jours sont les mêmes que ceux 
des planètes (gi^ôh , du sanskrit et pâli graha) , auxquels 
ils répondent. 

L'étjmologie des noms pour le dimanche et le lundi , 
ou pour le soleil et la lune dans leur qualité de planètes 
m'est inconnue; ces noms paraissent barmans, mais pro- 
bablement ils ont éprouvé quelque altération ; nûé signifie 
Etre chaud , né Soleil , et la (avec un a bref) la lune , un 
mois. En sanskrit le soleil et la lune s'appellent ravi et 
candra. Parmi les noms de Mars, celui dont on dérive 
communément dans cette langue le nom du mardi , est 



294 GRAMMAIIVE BARMANE. 

mangala , mais un autre nom de cette planète est angâraka 
(Celui qui est d'une couleur de charbon ardent) , et c'est 
de ce dernier que dérive l'angâ du pâli , le nom angâra- 
kavâra pour le mardi e'tant employé aussi sur la Côte de 
Coromandel. Le nom sanskrit de Mercure , buda , se trouve 
confondu ici avec celui du fondateur de la secte des Boud- 
dhistes, budda; confusion si commune dans l'occident, 
mais dont , si je ne me trompe , les livres indiens se gar- 
dent bien. Garu , nom que Jupiter porte dans le pâli , sig- 
nifie comme adjectif Grave , important ; c'est une corrup- 
tion du mot sanskrit guru , nom donné à Jupiter dans sa 
qualité de guide spirituel des dieux. Son nom propre est 
vrihaspati, d'où le jeudi s'appelle vrihaspativàra , mot dont 
paraît dérivé le krasapatch barman. Venus se nomme su- 
kra en sanskrit ; Saturne sani , ou sauri comme fils du so- 
leil (sûra); le samedi sanivâra; sani a été changé dans le 
barman en zanê ou cane , et de sauri le pâli a fait sôri , 
les voyelles sanskrites au et'ô n'étant représentées en pâli 
que par l'ô seul. 

296. Le jour naturel , a-raek ou raek , se divise en deux 
parties, en né Jour, depuis le lever jusqu'au coucher du 
soleil, et en nnî ou na Nuit. On les subdivise vulgaire- 
ment en quatre parties égales, nommées ta-kjaek-tih Un 
coup frappé (sur le tambour) , ce qui répond environ à 
neuf heures , nhït-Rjaek-tih Deux coups frappés , midi ou 
minuit , sonh-îcjaek-tîh Trois coups frappés , environ trois 
heures^ et lêh-Rjaek-tîh Quatre coups frappés, environ 
six heures. Ces dénominations dérivent de Rjaek Matière , 
signe , coup , et de tîh Frapper , battre (le tambour) , les 
heures barmanes (nârî) étant annoncées par des coups frap- 



DES niVlS10.\S DE TEMPS, ETC. 295 

pés sur un tambour. Celui-ci est formé d'une planche de 
métal nonime'e maunh ; delà le maunh passe pour syno- 
nyme du nârî , qui est la soixantième partie du jour na- 
turel , ou ving^t-quatre minutes. La durée des quatre sub- 
divisions du jour varie selon les différentes saisons ; elles 
ont six nàri , quand les jours sont courts et neuf quand ils 
sont longs. 

291. Des dénominations qui ont rapport aux jours et 
aux temps du jour sont : 
a-kà-nè-raek Le temps qu'il fait jour. 

nan-nœk et par corruption ma-naek , môgh-sauk Le matin, 
môgh-sauk-jan La pointe du jour , ( jan Une veille , Voyez 

258). 
laenh-àh , laenh-àh-krih , laenh-îiâ-nîh A la pointe du jour, 
mùnh-taj Etre midi, midi, 
mùnh-lœj Etre après-midi , après-midi, 
lini-né L'après-midi, 
niii-ûh , iia-ûh-jan Le soir, 
nîii ou na La nuit. 

sanh-îiaun ou san-îtaun, san-ïtaun-jan Minuit, 
ta-mjan-né ou ta-mja-né La surveille, 
ja-man-né ou ja-ma-né , vulgairement ma-né Hier. 
ma-né-iia Hier au soir , l'avant-dernière nuit, 
ja-îcu-né , ja-né , îcu-né Aujourd'hui, 
naek-pan ou nan-pan Demain, 
sa-paek, san-paek, san-baek, san-baek ou san-baek-né Le 

surlendemain, 
^eim-nùê Le troisième jour après le jour actuel, 
peinh-nûcè , (probablement le même mot que le précé- 
dent) , Le troisième jour à compter du jour actuel. 



296 GRAMMAIRE BARMANE. 

^einh-kâ Le quatrième jour à compter du jour actuel, 
peinh-paek-laek Le cinquième jour à compter du jour 

actuel, 
ta-ne'-ta-né , né-tain Tous les jours. 

a-prih-né Un jour de fête, de prih Etre fini, accompli, fait, 
a-krô-né, a-ki'ô-raek, a-peit ou a-peit-né La veille d'une 

fête , de krô Anticiper , et peit Fermer, 
a-pô-né Le jour après un jour de fête , qu'on chôme en- 
core, de pô Accumuler au-dessus du niveau, remplir 
trop. 
a-Cù£ek-né Le jour après un jour de fête, de fûaek Sortir. 
298. Les mois barmans commencent toujours avec la 
nouvelle lune et ont alternativement vingt-neuf et trente 
jours. Ils sont appelés ou de leurs propres noms, ou de 
ceux des signes du zodiaque. Tous les trois ans on inter- 
cale un mois, en doublant le quatrième mois. L'année 
moyenne , portée de la sorte à 364 jours , reçoit de temps 
en temps après le troisième mois des jours intercalaires, 
dont le nombre est déterminé par un édit royal d'après 
l'avis des brahmins indiens astronomes de la cour. 

On nomme râsî ou râssî Un signe du zodiaque, une 
saison , (du sanskrit râsi) , et râsî-^aîk Le zodiaque , (du 
sanskrit ràsicakra Cercle des signes du zodiaque. Le mot 
ràsî s'emploie encore dans le pâli et le barman comme 
nom de la lune et d'un mois lunaire , ou comme synonyme 
du mot barman la. 



l.tan-kùh 


Avril , 


29, 


meissa 


ou tan-Ru 






ou 


(Pr.ta-gùh), 






meik-sa , 


2. ka-|on , 


Mai , 


30, 


pi^eissa 

ou 
praik-sa , 


3. na-jon , 


Juin , 


29, 


mèCon 

ou 
mêdon , 



DES DIVISIONS DE TEMPS , ETC. 297 

Mois barmans. Jours. Signes du Zodiaque , 

à peu près. en barman , en sanskrit. 

mésa 

Un bélier, 

Aries. 

vrisa 

Un taureau, 

Taurus. 

miîuua 

Un couple , 

copulation , 

jonction des 

deux genres, 

Gemini. 

karkata 

Un crabe, 

Cancer. 

Août, 29, sein, siuha Un lion, 

Léo. 
6. tâu-sa-laenh Septem- 30, kan kanjâ 

ou bre , ou Une vierge , 

sa-laenh , ka-nà ', Jirgo. 

T. sa-taenh- Octobre, 29, tû ou Cû, tulà 

kjùt , Une balance , 

Lihra. 
8. tan-Zaun- Novembre, 30 , prei^zà vriscika 

mon ou ta- ou Un scorpion , 

2aun-monh , praik-ya , Scorpio. 



4. wâ-Zô , Juillet , 30 , karakat , 



5. wâ-îi:aun , 

w 7 



298 



GKAMMAinE BARMANE. 



Mois barmans 




Jom\ 


s. Sfgnei 




à peu près 


• 


en harma'i 


9. nat-tâu , 


Décembre 


.29, 


tîanu , 


10. prà-sôl 


Janvier , 


30, 


makàra , 


ou 








PJâ-sô, 








ll.ta-p6-tÛ8è, 


FeVrier , 


29, 


kom 

ou 

kon. 


12. ta-paunh, 


Mars, 


30, 


mein , 



en àanskrît, 

danu Un arc , 

Sag'ittarius. 

makara Un 

monstre marin, 

Caprîcornus. 

kumba Une 

petite jarre , 

Aquarîus. 

mina Un poisson, 

Pisces. 

Aux noms des mois on joint ordinairement le mot la 

mois , comme tan-kûh-la Le mois tan-kûh. 

L'année est encore divisée en trois saisons, (u-tu ou 
kâla) , la saison chaude , nûêh-u-tu ou nùêh-kâla , qui dure 
depuis la pleine lune de Mars, ta-paunh-la-pri jusqu'à 
celle de Juillet, wâ-|ô-la-piï ; de là jusqu'à la pleine lune 
de Novembre, ta-|aun-monh-la-pri , dure la saison plu- 
vieuse, môgh-u-tu ou môgh-kâla, et pendant les quatre 
autres mois la saison froide , |aun-u-tu ou |aun-kâla. 

299. Le temps compris entre la nouvelle lune , la-kiih 
ou la-sît , et la pleine lune , la-pri , se nomme la-|anh 
L'accroissement de la lune ; le temps depuis la pleine lune 
jusqu'à sa disparition , la-kûaej , se nomme la-pi-ï-kjâu 
Pleine lune passée, le décroissement de la lune la-|ot; le 
temps depuis la disparition jusqu'à la nouvelle lune se 
nomme la-kûaej Disparition de la lune, le clair de lune 
la-raun , la-lœijh ou la-sâ. 



DES DIVISIONS DE TEMPS , ETC. 299 

Les mois sont divises en quatre parties ou se4naines, 
nommées raek-lî Tour des jours , dont la première , la- 
êanh-sît-raek Huitaine de la lune croissante, dure depuis 
la nouvelle lune jusqu'au huitième jour ; la seconde entre 
ce jour et la pleine lune forme le premier paelvlca , (du 
sanskrit paksa Un côté de la lune , une quinzaine) ; la 
troisième semaine nommée la-pi^i'-kjàu-sït-raek Huitaine 
de la lune décroissante, dure depuis la pleine lune jus- 
qu'au huitième jour ; la quatrième entre ce jour et la nou- 
velle lune forme le second paekîia. La quinzaine de la lune 
croissante se nomme la-zanh-paîkka , celle de la lune dé- 
croissante la-|ot-paekka. En conformité avec cette der- 
nière division on date les lettres barmanes du premier, 
deuxième etc. — quinzième jour de la lune croissante ou 
décroissante. 

300. Les Barmans n'ont pas de monnaie frappée ; leur 
monnaie consiste dans des pièces de plomb, d'argent et 
d'or évaluées d'après le poids et la pureté du métal. La 
monnaie ou les pièces de métal qui en tiennent lieu , se 
nomment krèh-niié ou niiê-ki^éh, de nûê Argent et krèh 
Plomb, métal, monnaie; ou taen-kàli, écrit aussi dapngàh 
ou daengà, en bengali tonkà pour tonkà Roupie, monnaie, 
de la racine sanskrite tak-i Lier. 

Le système de poids suivant est emprunté des Hindous : 

36 paramànumrù ou Particules invisi-bles font un anumrû 
Particule visible de poussière qui tombe d'un style de 
fer ; (de aiiu , mot pâli , Petit , et mrù Poussière , pe- 
tite particule , atome). 



300 



GRAMMAIRE BARMANE. 



font un fan Grain de riz. 

. ïtjaen-rûêh Grain diAhrus precatorîus. 

. paè. 

. mat. ' 

. îtûgè ou nâh-mûh Cinq mûh. 

. un kjap ou kjat. 

. bôî. 



36 anumrû font un ka-nït-îijêh Grande particule ; (de ka- 

nït Style de fer, et îîjêh Rouille). 
T ka-iiît-ïîjêh font un san-uk-kaun ou samh-u-ïcaunh Tête 

de pou. 
7 samh-u-îîaunh font un mon-naenh Grain de moutarde. 

3 mon-iiaenh font un nhan ou nhamh ou nhon Grain de 
sésame. 

4 nhan 

4 fan 
6 ïtjaen-rùêh 

5 p^ 
2 mat 
2'kûé 
5 kjat 
20 bol .... peissâ. 

4 peissâ .... tû-lâ (Balance). 

4000 tûlâ .... ta-pon ou ta-zu Un monceau ou amas. 

D'après le système de poids actuellement en usage 
2 petits rûêh font un grand rùêh. 
4 grands rûêh .... paè. 
2 psè .... mûh. 

2 mûh .... mat. 

4 mat . .... kjat. 

100 kjat .... peissâ. 

Les petits rïiêh sont des grains de VAhrus precatorîus; 
les grands rûêh des grains de VAdenanthera pavonîna. 

Les mûh varient en poids. Il y en a de grands et de 
petits. Les grands équivalent à deux grands péè , et huit 
en font un kjat; les petits équivalent à deux petits paè, 
et dix en font un kjat. 



DES DIVISIONS DE TEMPS, ETC. 301 

De taen-kàh Monnaie, vient probablement le mot tical, 
tickal ou tackal , en usage parmi les marchands étrangers 
à l'empire barman, et qui désigne la pièce d'argent du 
poids d'un kjat aussi bien que ce poids lui-même. Si l'ar- 
gent est pur, la pièce pesant un kjat équivaut à peu près 
à une roupie un quart; mais souvent l'aloi en fait baisser 
la valeur de 25 pour cent. Le mot peissâ a e'té altéré par 
les étrangers en viss ou vis ; ce poids équivaut à trois livres 
et soixante-cinq centièmes , (la livre à seize onces). 

On se sert ordinairement des poids suivans : ta-mat Un 
mat, nàh-miih Cinq mûh, ta-kjat, nhît-kjat, nàh-kïat, 
ta-ficj-kjat et nhît-|tej-kjat , Un kjat, deux, cinq, dix et 
vingt kjat, sept sortes de poids qu'on nomme rûêh ou 
rûéh-lèh (rûèh pesans). 

En écrivant on met les chiffres pour le nombre à ex- 
primer , auxquels on joint ou les finales des noms de poids 
ou d'autres abréviations qui prennent par rapport aux chif- 
fres la place qui leur convient dans la ligne d'après leur 
nature différente. Ainsi le rûêh est exprimé par c:=o , (les 

chiffres se mettent à la place des deux lignes) ; le mûh ou 
mû par == , le mat par =z, le kjat par =i. Pour dix kjat 
on met d'après cette règle le signe représentatif de l'i au- 
dessus du nombre barman 10 , do ; mais cents kjat ne 
sont exprimés que par le chiffre de l'unité d. 

301. Le système des mesures de longueur est emprunté 
des Hindous comme le sont les systèmes précédens, 

10 fan-îîjï ou Largeurs de cheveu font un nhan Grain 
de sésame. 



302 



GRAMMAinE BAUMANE. 



6 nhan font un mii-jau , espèce de grain, peut-être de 

l'org-e. 
4 mu-jau .... laek-sït ou sït Largeur d'un doigt. 
8 laek-sît .... maik Larg^eur du poing avec le pouce 

étendu. 
1^ maik .... Cùâ Un empan. 
2 Cùâ .... taun Une coude'e. 

4 taun .... lan ou lan Une brasse. 
1 taun .... ta. 
20 ta .... ossaba ou ossabâ. 

20 ossaba .... kausa (un kôs Lieue, du sanskrit krôsa). 
4 kausa .... gàwot (du sanskrit gavjuta). 
40 gàwot .... jauzana ou jiizana (du sanskrit jogana). 

Le taun ou la coudée équivaut exactement à Ï-9yo pou- 
ces anglais; le lan ou la brasse à six pieds, 4-^0 pouces; 
le ta ou bambou à onze pieds , IyV pouces ; le lœk-sît ou 
la largeur d'un doigt presque entièrement a f pouces. 
Mille ta équivalent à un tain Une lieue , qui est générale- 
ment employée dans l'empire barman à mesurer les dis- 
tances longues. Le tain (de 11,141 pieds, 8 pouces), est 
marqué sur les grands chemins par des bornes; mais il 
varie , à ce qu'il parait , selon le temps qu'il faut pour le 
faire à pied. Dans les montagnes il est souvent au-dessous 
de deux milles anglais; il en surpasse ordinairement trois 
dans les plaines. (Le mille anglais est de 5280 pieds an- 
glais). 

Pour marquer dans l'écriture les mesures de longueur, 
on joint aux chiffres les signes suivans : pour le laek-sït le 
signe du n z= mis au-dessus du nombre ; pour le maik le 



DES DIVISIOS DE TEMPS, ETC. 



303 



le signe représentatif de l'i z= ; pour le Cùâ et le ta le 
signe repre'sentatif (le là Zll mis après le nombre; pour 
le taun l'abréviation de nhaik O . Les autres mesures ne 

paraissent appartenir qu'au système indien. 

302. Le système des mesures de capacité pour les ma- 
tières sèches est le suivant ; 

Un épi de blé, ta-nhan, doit contenir 200 grains, (a-zé 200). 
200 grains équivalent à un lcek-|ùmh ou à la quantité 
qu'on peut placer sur le bout des doigts joints en- 
semble; (de laek Main et fûmh Riz bouilli, terme des 
gens d'église pour fa-maenh). 
2 laek-êûmh font un laek-zop L^ne poignée, (de gop Tenir 
à poing fermé). 
. . laek-paek ou la quantité de grains 
qu'on peut amonceler sur la paume 
de la main. 
. . lœk-îtop ou la quantité de grains qu'on 
peut amonceler sur les deux mains 
jointes ensemble, 
. . kûnh-zàh ou ce qui suffit pour le 

repas d'une personne. 
. . prï, une petite mesure. 
. . za-rfit, une autre petite mesure. 
. . zeit Le quart d'un panier. 
. . îiùsè La moitié d'un panier. 
. . taenh Un panier. 
. . tô Ln grand panier. 
. . ta-pon ou ta-^u Un monceau ou amas, 



3 laek-zop 



2 laek-paek 



2 laek-îcop 

5 kûnh-zàh 
2 prï 
2 ^a-riit 
2 zeit 
2 kfisè 
4 taenh 
20 tô 



304 GRAMMAIRE BARMANE. 

OU la charge de deux charrettes , Ihaèh-nhlt-^îh , (Vo- 
yez 188). 

Le quart de la petite mesure prî est nommé ^a-lœj; 
mais selon Judson le ^a-laej est le même que le kûnh- 
yàh , le cinquième d'un prï. 

Quatre de ces mesures sont dans l'usage commun; le 
tœnh ou Panier qui doit contenir 16 viss de riz pur, c'est- 
à-dire 58y livres; le ^eit ou le quart d'un panier; le prî 
ou le quart du zeit , et le ^a-laej ou le quart du prï. On les 
marque dans l'écriture en mettant au-dessus des chiffres 
pour le nombre à exprimer le signe représentatif de l'œ 
-^ pour le tsenh; le sat pour le ^eit; le signe représen- 
tatif de l'i m pour le prî, et le n final raccourci pour le 
9a-laBJ. 

303. Ajoutons encore les noms barmans des principales 
régions du ciel , à commencer par l'est qui est censé être 
en face des Hindous et Ba-rmans. L'est se nomme par con- 
séquent le devant, et l'ouest le derrière; le nord est l'élevé, 
mais le nom pour le sud n'admet aucune explication ana- 
logue. 

a-|é L'est , ou a-sé-a-rap (La contrée à l'est) , ou a-sé- 

mjtek-nhâ , (de mjaek-nhâ Le visage), 
a-sé-taun Le sud-est. 
taun Le sud. 

a-nauk-taun Le sud-ouest, 
a-nauk L'ouest, 
a-nauk-mrauk Le nord- ouest 
mrauk Le nord, 
a-sé-mi'auk Le nord-est. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 305 

TABLE ALPHABÉTIQUE 

des mots barmans qui servent à formel' les différentes 
parties du discoui's. 



Les chiffres renvoient aux paragraphes. Les mots qui com- 
mencent par le préfixe a sont mis sous Vinitiale de la seconde 
syllabe , de même que plusieurs autres mots. 



a , préfixe , sert a former des noms 38. 62. 

a, sert à former des particules interrog-atives . . 108. 
an, signe du futur .... 115. 116. 11?. 120. 128. 

an, signe de l'impératif ou pre'catif 143. 

an-mï, signe du futur 115. 116. ïlî. 149. 

ap , Etre propre , sert à former des verbes composés 165. 
âh , signe du datif . . .44. 220. 275. 277. 278. 279. 

î, Ce, celui-ci . . .84.87.95. 

î-mî, Tel, un tel 109. 

î-sô , Cette sorte : 84. 88. 96. 

on, signe de l'impératif 140. 

op, mot de description 196. 

ûh , signe de l'impératif . 140.145. 

ûh , mot de description 184. 

ï pour en 30. Abréviation de ce signe 36. Marque 
le génitif 44. 285. Est une terminaison verbale . 121. 

au-au , particule vocative 52. 

auk , signe de l'ablatif 44. 284. 

aun , signe du subjonctif ou de l'infinitif .... 129. 

ô, particule vocative 51. 

ô, Celui-là 106. 

20 



306 GRAMMAIRE BARMANE. 

ka, signe de l'ablatif 44. ST. 281. 282. 

ka, sig-ne du participe 130. 

ka-tau ou ka-tâu, forme d^s féminins 61. 

kâh , signe du nominatif 44. 122. 264. 

kâh , signe du participe présent 131. 

kâla , sert à former des adverbes de temps 254 256. 

kon , signe du pluriel . 114. 116. 

kon, mot fie description 211. 

kœh , Exceller , forme des composés 238. 

kaun , mot de description 187. 

kaunh, Etre bon, sert à former un subjonctif ou 

mode de probabilité 160. 

ko, signe de l'accusatif. 44. 87. 232. 235. 262. 265. 266. 

ko , signe du génitif 44. 45. 

kôj ou ko , kô-saen , titres de civilité 55. 

kôj. Même 103. 

kôj , mot de description 185. 

kôj-tâu , Tu , vous 78. 

kja-ma , Je , moi . ^ 77. 

kjeit , Dix , employé dans des composés .... 218. 

kjjot , Je , moi 76. 

kjim-tàu, Je, moi 77. 

kjûn-not , Je , moi 76. 

kjùn-ma , Je , moi 77. 

kra, kra-kon, signes du pluriel 114. 116. 

a-kraen , Qui , que , lequel .... 84.87.101.105. 

a-kraen-nan, Quel que 254. 

a-krœn-sô , Quelle sorte 84. 88. 102. 

krih, Grand, forme des composés 238. 

ki'auij , signe de l'instrumental .... 44. 262. 274. 



TABLE ALPHABETIÇUE. 307 

kraun , signe de l'ablatif 44. 87. 283. 

kraiin , signe tlu locatif 44. 289. 

kraun , signe de l'infinitif 128. 

a-kûa , De compagnie , avec , est joint au signe de 

l'instrumental nliaen 276. 

kûaen , mot de description 206. 

kùaej , particule vocative et pronom de la seconde 
personne 49. 80. 

îîan , forme des noms de responsabilité , d'emploi , 
de châtiment 232. 

îîaek ou îcïè, Etre difficile , sert à former des verbes 
compose's 165. 

lîaen , affixe de verbes négatifs 136. 

ïtaen , mot de description 210. 

îîaen-bjàh , Monsieur , madame 53. 

sa-îtaen, Maître, forme des composés 239. 

kap-^on , îtap-seimh etc. Tous , le tout .... 104. 

kalê , forme des diminutifs 245. 

îîa-manh et ïîa-manh-lili , servent à former des ad- 
jectifs 248. 

a-ïcâ , sert à former des adverbes de temps 254 — 256. 

îcu , particule jointe aux noms de nombre .... 216. 

Staé, signe du passé 115. 116. 117. de l'impératif . 140. 

a-kaik , sert à former des adverbes de temps 254 — 256. 

ïtain , mot de description V . . . 208. 

îcjaek , Action , chose , matière , joint à d'autres mots 224. 

5ijaen , affixe de verbes négatifs . 136. 

Rjaen , Désirer , sert à former l'optatif 164. 

kjaenh, Vous 81. 

kjap , mot de description 199. 



308 GRAMMAIRE BARMAKE. 

a-ïijâh , ta-îîjâh , Un autre 104. 

a-5îjeim , sert à former des adverbes de temps 254 — 256. 

îijê, signe du présent 115. 116. de l'impératif . . 140. 

aîijo, Quelque, quelqu'un 104. 

a-liraen ou a-îijaen , particule vocative 41. 

ïiraenh ou îyaenh, forme des noms d'action, de pro- 
priété, de condition ou d'état 223. 

5îrï, signe de l'impératif 139. 

Rïaun , mot de description 207. 

îiûaek , mot de description . 214. 

îcûaBn , exprime dans les composés l'autorité par la- 
quelle on fait quelque chose 230. 

na , titre donné à des inférieurs 56. 

nâ. Je, moi 75. 

nhâ, sig-ne du datif 44. 280. de l'infinitif. . . . 128. 

za , Petit morceau , forme des composés .... 247. 

^a-râ , signe de l'infinitif passif 157. 

^a-râ, forme des composés qui expriment ce qu'on 
doit faire, un but, un objet 226. 

^a-rûé , za-sï , £Y cetera 171. 

^a-lonh , Tous , le tout 219. 

zœn , particule interrogative 147. 

^aenli , njot de description 192. 

a-zïii ou zîn Pendant 255. 256. 

^am ou ^amh , «employé pour l'impératif ou précatif 141. 

zan , particule interrogative 147. 

zâh , forme des noms de profession 241. 

^eim , signe du futur causatif 167. 

^eim , signe de l'infinitif causatif 168.. 

9Îh, mot de description 188. 



TABLE ALPHABÉtIÇUE. 309 

yu , Rassembler , sert à former des verbes composés 165. 

ta-yon , Quelqu'un 219. 

yê , Envoyer , signe de l'impératif ou précatif . . 144. 

sert à former des verbes composés 165. 

exprime le causatif 166. 

yê-îca-lô, signe du précatif 144. 

9au , terme de respect ou d'ironie 55. 

^auk , marque le potentiel 158. 

^aun , mot de description 194. 

90 ou 90 et zé-ï , signes de l'impératif ou précatif . 143. 

9Ûâ , marque le superlatif 65. 

yûâ, sert à former des adverbes 250. 

2a ou a-|a , forme des noms de nombre proportionnels 70. 

2î , Vers , à , signe de l'accusatif 268. 

Zonh , marque le superlatif 65. 

|ù , mot de description 182. 

êaèh, signe du présent 115. 116. 

êaun , mot de description 193. 

f aun , forme des noms de possession , d'emploi , de 

profession ou d'état 231. 

ngêh ou lise , Ami , amie , sert à adresser la parole à 

quelqu'un 57. 

anîh , Egalement , pareillement , de même , suivant , 

selon 220. 

nûii , entre dans les noms du prince héritier . . . 244. 

ta, nom d'unité 67. 179. 

ta-kâ , désigne les hommes et forme des masculins . 61. 

ta-kâ-ma, désigne les femmes 61. 

ta-kûa , De compagnie , avec , est joint au signe de 

l'instrumental nhaen 276. 



310 GRAMMAIRE BARMANE. 

tït , mot de description 203. 

tlh, terminaison verbale 122. 

tïh, Seulement 219. 

tat, terminaison verbale 122. 

tat , Savoir , sert à former des verbes composés . . 165. 

sa-tat, particule de supposition 158. 

tan , mot de description 213. 

tom ou ton , particule interrogative .... 108. 153. 

tom, Bloc, forme des composés 246. 

a-tû , Semblable , est joint au signe de l'instrumental 

nhaen 276. 

a-tû-ta-kûa, De compagnie, avec, est joint au signe 

de l'instrumental nhaen 276. 

taii , signe de l'impératif 139. 

têiU , terme qui sert à adresser la parole à quelqu'un 57. 

tâu , forme des noms de capacité 235. 

tâu , marque les choses ou personnes appartenant au 

roi ou à la famille royale 236. 

tâu-mû , particules honorifiques . . . 113.116.229. 

tô , signe du pluriel 43. 46. 

tô , remplace le pronom de la première personne . 75. 

tôh-rûé , marque le comparatif 65. 

tain , sert à former des adverbes de temps . . . 255. 

tain-aun , Jusqu'à 220. 

tain-tain , Durant . . i 220. 

tùœn, s^gne du locatif . . 44. 254. 269. 279. 287. 288. 

tùaen , signe du génitif 44. 285. 

ïa, rend honorifiques les noms d'agent .... 229. 

ïat, terminaison verbale 122. 

Can , Vers , à , signe de l'accusatif 268. 



TABLE ALPHABETIQUE 



faek , signe de l'ablatif . 
faê, mot de description 

Cîh , Mâle 

Cop, mot de description 

Cô, Ce, celui-là . 

Cô-sô , Tel , cette sorte là 



311 

. . 44. 284. 
.... 198. 
... 60. 63. 
.... 197. 
84. 8Î. 99. 105. 
. 84. 88. 100. 



faik, Etre digne, sert à former des verbes compose's 165. 
Caik, forme des noms de capacité, de mérite. . . 234. 
toi 81. 



naen , Tu , 



a-ni , Ce , celui-là 106. 

nîh , particule interrogative 89. 14Î. 152. 

_ A 

nih , Etre peu, petit , sert à former des verbes composés 165. 
ne , Demeurer , continuer , sert à former des verbes 

composés 165. 

naun , titre donné aux femmes 58. 



nâu , signe de l'impératif ou précatif 141. 

nhaen, signe de l'instrumental 44. 220. 235. 272. 273. 276. 
nhaen , sert à former le plus-que-parfait et le futur 

passé 118. 

nhaen , signe de l'impératif négatif 145. 

nhaik , abréviation de ce mot 36. 

nhaik, signe du locatif. . 44. 254. 269. 279. 286. 288. 
nhain ou nain, Pouvoir, sert à former le potentiel . 161. 

pa-îijeim-nîh , Qui? 154. 

psen , mot de description 204. 

pat-lonh , Durant 220. 

a-paej , particule vocative . " . . 48. 

pâh , après un nom de nombre 172. 

pàh , mot de description 183. 

pâh ou pâ , signe de l'impératif . . . 140. 144. 145. 



312 GRAMMAIRE B ARM ANE, 

pâh OU pâh-ï, employés dans la forme honorifique 

(lu verbe interrogatif 150. 

pâh-^ê , marque la troisième personne de l'impératif 
ou pre'catif 144. 

pâh-taû , pâh-lau , pâh-ûh , pâh-ûh-taû , pâh-ûh-lau , 
signes du précatif 142. 146. 

pâh-nhaen , pâh-nhaeij-iih , pâh-laen , pâh-ûh-laen , 
pàh-laen-iih, employés pour le précatif négatif . 146. 

ta-pâh, Un autre 104. 

peirn-mï, signe du futur 115. 116. 117. 

poifi , mot de description 195. 

pê, signe du présent 115. 116. de l'impératif . . 140. 

prîn , mot de description 205. 

pran, Retourner, faire de nouveau, sert à former 
des verbes composés 162. 

prâh, mot de description 201. 

pïih , sert à former des plus-que-parfaits .... 118. 

fa et pôî. Mâle . 60. 

pa, mot de description 190. 

pask ou bœk, mot de description 190. 

'pih , mot de description 209. 

fjaè , affixe de verbes négatifs 136. 

pôh , tenue de respect 54. 

p6 ou bô, Pour, marque l'infinitif 128. 

fjjàh, mot de description 202. 

'pïasn , signe de l'instrumental . . 44. 271. 273. 275. 

sa-pi'aen , marque le comparatif 65. est une parti- 
cule conjonctive ou terminaison verbale . 123. 130. 

prît. Être, sert comme verbe auxiliaire à former le 
passif 156. 



TABLE ALPHABETI9UE. 313 

fûaej ou 9a-f)ûaej, signes de l'infiuitif passif . . 157. 
pûaej ou za-îJûaej , sert à former des adjectifs . . 248. 
ba-krîh , Grand-père , terme de respect .... 54. 

Iba-raen, Chef, forme des compose's 238. 

baek , mot de description 190. 

baej ou a-baej, Qui, que, quoi . 84. 87. 91. 152. 153. 
baBJ-nhà-lâè , baBJ-^à, baej-hà-léè, Qui? que? quel? 

quoi ? 108. 

a-bapj-nan , Quel 254. 

baej-uhrt , a-baej-nhït , Combien ? 108. 

baej-nliaE'j , Comment 108. 152. 

Jbaej-saenh, Quel? 108. 

baej-s6 ou a-baej-sô, Quelle sorte .... 84. 88. 92. 

bà , Qui , que , quoi 107. 

bà-^à , bà-ton , bâ-hà-ton , bà-hâ-liè, Qui ? que ? quel ? 

quoi? 108. 

bi pour bu, affixe euphonique 148. 

m, mot de description 209. 

bu, DÛ ou bùh, signe du passé . . . 115. 116. 117. 

se change en bi 148. 

bûh, affixe de verbes négatifs 134. 

biè , affixe de verbes négatifs 136. 

bô ou pô, Pour, marque l'infinitif 128. 

a-bô, sert à former des adverbes de temps . . . 257. 
bûaej ou ^a-bûaej , signes de l'infinitif passif . . . 157. 

servent à former des adjectifs 248. 

ma , ^Madame 58. 

ma, Femelle 60. 63. 

ma , négation , forme le verbe négatif . . , 134.144. 

ma-ka , sert à comparer deux nombres 69 

21 



314 GRAMMAIRE BARMAKE. 

maenh, Tu, toi 80. 

a-niiEnh, particule vocative 49. 

iiiî, abréviation de ce mot 36". pronom, Quel que, 

qui? quoi? 109. signe du futur . 115. 116. 149. 167. 

mî-rûà et mî-wâ , Quel que 109. 

mï-sî , Quel que 109. 

mï-s6, De quelle sorte? 109. 

maej , maej-maenh , titres donnés aux femmes . . . 58. 

man, signe de l'impe'ratif 139. 

a-mi , mi , titres donnés aux femmes 58. 

mi-mi , Même 103. 

mî ou mlii, affixe de verbes négatifs 136. 

mî ou mhî, Atteindre, sert à former des verbes com- 
posés 165. 

mû , particule honorifique 134. 

mû , mû-kàli , ta-mû-kàh , expriment la conjonction 

Si ou le participe 133. 

mû-kàh , signe du locatif . ' . . .44. 45. 84. 87. 293. 

maun , maun-saen , titres de civilité 56. 

maun-maenh, Tu, toi 80. 

mô ou mô , signe de l'infinitif passif 157. 

mo-tonh, affixe du verbe négatif 137. 

mjàh. Etre beaucoup, sert à former des verbes com- 
posés 165. 

mjôh , forme des patronymiques et des noms de patrie 242. 

mrein , Goûter , sert à former des verbes composés 165. 

mi'iè , Durer , sert à former des verbes composés . 165. 

mïauk , forme des ordinaux 68. 

mha , signe de l'ablatif 44. 87. 281. du participe . 130. 

mhà, signe du locatif 44. 45. 84. 87. 290. 



TABLE ALPHABETIÇUE. 



315 



mhu , entre dans les noms d'emplois publics . . . 23T. 
ka-mhja, ta-mhja et sa-mhja, servent à former des 
adjectifs 248. 



jan , Veille , dans des compose's de temps .... 258. 
jaen , Autrefois , le même , ce , celui-là .... 87. 93. 

jaen-s6, Une ancienne sorte 88. 94. 

jauk, mot de description 186. 

ra, signe du présent et passé 115. 116. 

ra , Obtenir , trouver , sert à former des verbes com- 



poses 



165. 



ra-an, signe du futur 115. 116. 117. 

ra-an-mï, signe du futur .... 115. 116. 117. 149. 

ra-kâh , signe du locatif 44. 45. 293. 

ra-peim-mi, signe du futur .... 115. 116. 117. 

ra-mï, signe du futur 115. 116. 117. 149. 

ra-lattan, signe du futur 115. 116. 117. 

ra-leim-mï, signe du futur . . . 115. 116. 117. 149. 
ra-aun , signe du subjonctif ou infinitif futur . . . 129. 

ra-lê , signe du présent et passé 115. 116. 

ra-lhjaen , signe du conditionnel 131. 

raenh, Propre 103. 

raenh , Tandis que , pendant que 133. 

rît, signe de l'impératif 140. 

rît, Entortiller, sert à former des verbes composés 

où il signifie Derrière 165. 

ran ou ran , signe de l'infinitif passif 157. 

ran ou ran , forme des noms composés 227. 

ran , mot de description 189. 

râ , Matière , chose , affaire , et rà-pô , forment des 

225. 



composes 



21. 



316 GRAMMAIRE BARMANE. 

lop-nan , affixe de probabilité 158. 

rau , signe de l'impératif ou précatif 139. 

raii , sig-iie du subjonctif ou infinitif 129. 

rôh, entre dans les noms du prince héritier . . . 244. 

rûé , abréviation de ce mot 36. 

riié , particule conjonctive ou terminaison verbale 123. 130. 

saen, Maître, forme des composés 239. 

saen, Monsieur 55. 

|m , mot de description 189. 

si , Etre , sert comme verbe auxiliaire a former le 
passif . 156. 

la , rend honorifiques les noms d'agent .... 229. 

la-mï, signe du futur .... ..... HT. 

la-sâu , particule conjonctive et terminaison ver- 
bale 123. 133. 

laek , mot de description 215. 

lœk , rend honorifiques les noms d'agent .... 229. 

laeij , sert à former le plus-que-parfait et le futur passé 118. 

laen , signe de l'impératif négatif 145. 

Ifh, conjonction Si 133. 

lattaii , signe du futur 115.116.117.120. 

a-laej , Milieu , centre , dans 269. 

lat-sàu OH lap-sâu, particule conjonctive et termi- 
naison verbale 123. 133. 

la , particule interrogative 147. 152. 

li, li-Jiûœj, servent à former des adjectifs . . . 248. 

leim-mi, signe du futur .... 115. 116. 117. 149. 

li , Fois , sert à multiplier 71. 

lu , lu-nîh-prih , marquent un futur prochain de l'in- 
finitif 128. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 31T 

lonh , mot (le description 191. 

lonh-zon, a-lonh, a-lonh-:^on, âh-lonh, âh-lonh-^on, 
Tous, le tout 104.172. 

le, signe du pre'sent et passé 115.116. de l'impératif 140. 

le, particule iiiterrog;ative 14T. 152. 

lê-^ê, signe de l'impératif ou précatîf 144. 

léè , particule interrogative 147. 

lau , signe de l'impératif 139. 

lau , particule interrogative 147. 

lauk, Environ 219. 

16 , Désirer , sert à former l'optatif 164. 

lô-nhà , alô-nhâ , lô ou lo et lô-lîh , expriment l'in- 
finitif 128. 

laik, signe de l'impératif 140. 

laik-pâh , signe du précatif 142. 

laik , Accompagner , suivre , sert à former des verbes 
composés 162. 

Ijaek, particule conjonctive et terminaison verbale 123.132. 

Ijaek-nhaen , particules conjonctives 263. 

Ijâ , entre dans les noms du prince héritier . . . 244. 

Ijau-^ûâ ou Ijàu-zfiâ , Suivant , selon , conformément 220. 

lûn-rùé , marque le comparatif 65. 

a-lim , marque le superlatif ........ 65. 

liiaEj , Etre facile , sert à former des verbes com- 
posés 165. 

lîh ou 11 ou Ihî et Ihauh-lhi, signes de l'impératif . 139. 

Ihjaen, particule conjonctive et terminaison verbale 123.132. 

Ihûâ , mot de description 200. 

wiin, Fardeau, charge, entre dans les noms d'em- 
plois publics 237. 



318 GRAMMAIRE BARMANE. 

waBJ , signe du locatif 44. 45. 291. 

wdn, Oser, sert à former des verbes composés . . 165. 
wûii , sert à former des noms de responsabilité , 

d'emploi 233. 

wi^fâ , Tous , le tout 172. 

sa, particule conjonctive 120. 122. 146. 

sa-kau , Propre 103. 

sœn , Tu , toi 79. 

saenh , Ce , celui-ci , celui-là 82. 

saen , S'accorder , convenir , sert à former des verbes 

composés 165. 

sï, signe du nominatif 44. 264. 

sï , signe de l'instrumental 44. 262. 270. 

sî, signe du génitif 44. 45. 

sï, particule conjonctive .... 62. 122. 146. 228. 

sï, terminaison verbale 115.120. 

sï, Ce, celui-ci 84.87.97. 

sï-kâh , Par rapport à 264. 

sï-so , Cette sorte 84. 88. 98. 

sï-hâ ou sï-nhâ , Cette chose là , cela 86. 

sa-mâh , forme des noms de profession .... 240. 

sa, marque le comparatif 284. 

sâ-rûé , marque le comparatif 65. 

sâh. Fils, joint aux noms de lieu en indique les 

habitans ou les natifs 243. 

su , Une personne , il , elle . 82. 84. 85. 228 — 235. 238. 

a-sû. Qui? 108. 

sêh, signe du présent 115. 116. 117. 

sau , particule conjonctive 62. 85. 88. 104. 120. 228. 229. 
sâu , particule conjonctive et terminaison verbale 123. 133. 



LISTE DE RACISES. 319 

s6, signe de l'accusatif. . . . .♦. .44. 81. 267, 269. 

s6,Tel 84.88.90. 

a-sô, Comment? où? 108. 

sûaej , mot de description 212. 

han , particule de probabilité 158. 

habbau , particule vocative 52. 

haBJ ou haé , particule vocative 50. 

ha-rê, particule vocative 52. 

hà , joint à des pronoms 86. 

hàhà, particule vocative 52. 

hop , Ce , celui-là 106. 

hu ou hù , particule conjonctive 89. 124. 

hû-rùë , particule conjonctive 125. 

hû-lô, particule conjonctive 124. 

hê , hê-hé , particules vocatives 52. 

hau , hauk , hô , Celui-là 106. 

LISTE DE RACINES. 

La liste suivante de racines barmaues est une traduc- 
tion de celle qui se trouve dans la Grammaire de Carey. 
Malgré l'assertion de celui-ci elle est loin d'être complète ; 
beaucoup de racines qu'on trouve dans le dictionnaire de 
Judson y manquent, de même que des acceptions parti- 
culières des racines données. Mais en revanche elle pré- 
sente plusieurs mots et des significations qui ne se trou- 
vent pas dans ce dictionnaire là. 

Ayant conservé dans les pages précédentes tout le 
contenu de la grammaire de Carej , et ayant traduit sa 
liste de racines long-temps avant d'avoir entre les mains 



320 GRAMMAIRE BARMANE. 

le dictionnaire de Jiidson , je n'ai pas voulu supprimer 
cette liste pour quelques feuilles d'impression de plus; 
aussi m'a-t-elle paru pouvoir former un complément 
assez propre pour l'intelligence de la grammaire. Je ne 
me suis permis que quelques altérations dans la rédac- 
tion, quelques corrections d'erreurs évidentes, et quelques 
additions mises en parenthèse. 

Carey réunit après la racine tous les difFérens syno- 
nymes ou explications des racines. D'après la diversité de 
leurs acceptions j'ai ordinairement séparé ces synonymes 
en les plaçant après l'explication française. Cette syno- 
nymie, renvoyant de racine à racine, sert en général à 
constater la signification d'une manière plus précise; mais 
il faut obsener, qu'on y trouve aussi plusieurs substan- 
tifs, qui par conséquent manquent dans une liste de verbes; 
j'ai donc ajouté l'explication de ces substantifs. 

Les composés ont quelquefois une signification bien 
différente de celle des racines simples dont ils sont for- 
més, de sorte qu'une liste de ces dernières ne peut pas 
fournir tous les éclaircissemens dont on aura besoin pour 
l'intelligence des explications barmanes. C'est ainsi que 
rô , (que Judson écrit rôh comme racine simple) , se trouve 
dans les composés rô-kj6h , rô-sê et rô-se-zûâ-si-Rô Ré- 
vérer, respecter, adorer, rô-îca Révérer, faire sa court, 
rô-rûaenh Etre dépouillé etc. significations avec lesquelles 
celles de la racine simple n'ont aucun rapport, non plus 
que celles des noms rô Confiture» , sucreries , et rôh Cou- 
tume , habitude , précepte , si ces dernières significations 
n'offrent pas quelque rapport avec l'idée de révérer. Beau- 
coup de composés avec la racine ^àh Manger, comme 



LISTE DE RACINES. 321 

kjî-^âh , krôh-^àh , îca-zàh , ïljau-^âh , ^an -^àh , paen-^âh , 
mriih-^àh, mré-^âh , launh-i^àh, wuij-zàh, rappellent par 
l'emploi singulier du verbe Mang;er, l'usagée tout-à-fait 
semblable que font de ce verbe les Chinois et les Turcs ; 
(Voyez Journal des Savans, 1823, p. 369). 

Il y a aussi parmi les synonymes donnés ci-dessous 
quelques racines dont on chercherait en vain la sig-nifica- 
tion particulière dans les ouvrages de Carey et Judson , ces 
racines paraissent n'être plus en usage hors les composés 
dont actuellement elles font partie. Je les distinguerai 
d'un astérisque. Ces racines ont éprouvé probablement des 
altérations qui actuellement les rendent méconnaissables. 
C'est ainsi que ^aej dans li-zaBJ et rûèh-zaej , (Voyez méh 
et riièh) , sera probablement une corruption de zàh , les 
deux formes étant conservées ensemble dans kjî-zaej et 
kjî-zàh ; Voyez ces mots. D'ailleurs on peut quelquefois 
montrer encore les altérations que plusieurs racines ont 
subies ; tels sont les changemens de finales que présentent 
des racines avec la même signification , comme tôh et taik , 
(qui dans l'orthographe barmaue ne diffèrent que par les 
finales) , sop et su , Ijàu et Ijauk , nàu et nauk , nhïiaBn , 
nhûà et nhûèh , et beaucoup d'autres. Dans le second 
praej , contraction de pra-raej , l'altération s'est faite d'une 
autre manière. Si l'état actuel du barman permettait encore 
de distinguer les racines primitives de celles qui ont subi 
de graves changemens, le nombre des premières se trou- 
verait peut-être bien réduit. 

Un arrangement des significations d'après leur ordre 
naturel, en séparant les acceptions primitives de celles 
qui sont dérivées, était hors de question; j'ai presque 



322 GRAMMAIRE BARMANE. 

toujours conservé l'ordre que j'ai trouve'. Aussi une telle 
distinction demanderait une étude approfondie , et une 
connaissance du ra-îiain , qui probablement a conservé des 
formes plus pures. On trouvera donc dans la liste sui- 
vante des significations réunies sous une racine , entre 
lesquelles il n'existe peut-être aucune relation, et qui ap- 
partiennent à des racines, qui primitivement étaient en- 
tièrement distinctes ; on trouvera d'autres racines , qui 
séparées , devraient , ce me semble , être réunies ensemble , 
comme les deux sop, les deux derniers pûh; j'en ai seule- 
ment réuni quelques-unes , que je ne savais pas distinguer. 

L'explication des racines donnée par Carey est souvent 
moins précise que celle de Judson ; toutefois comme mon 
but n'était pas de donner une nouvelle liste des racines , 
je l'ai ordinairement conservée. La distinction entre ra- 
cines actives et neutres ou passives , est quelquefois très- 
vague; plusieurs racines sont en même temps actives et 
passives ou neutres; dans d'autres l'action ou l'état sont 
indiqués d'une manière précise; mais souvent aussi les tra- 
ductions données manquent d'exactitude sous ce rapport , 
et la liste de Carey en présente beaucoup d'exemples , où 
cependant, j'ai substitué aux significations actives ou neu- 
tres de Garey les voix opposées que donne le dictionnaire 
de Judson. 

Carey joint à chaque synonyme soit simple ou composé, 
lemotRi^aen Action, état; (Voyez 223). J'ai supprimé ce 
mot répété plusieurs mille fois , qui ne sert qu'à éblouir les 
yeux. Hough se sert de la terminaison sî pour distinguer 
les mots employés comme verbes; distinction également 
inutile ou arbitraire. 



LISTE DE RACINES. 323 

La confusion continuelle des lettres j et r, si elles sont 
précédées d'une autre consonne , des finales t et p , des na- 
sales n , m et n , confusion qui se trouve dans tous les livres 
barmans, m'a fait préférer à un ordre alphabétique pur 
celui que j'ai employé dans la liste suivante. J'ai mis en- 
semble des mots tels que kja et kra , kjaek et kraek , kat et 
kap, kan, kam et kan, de sorte que l'ordre pour les con- 
sonnes finales est établi de la manière suivante : k , n , (nh , 
n), ït, n, (î, », nh, ïh, aêh, il, i, àe), t, p, n, (nh, n), m, 
(mh, m), n, (nh, n), j. Les composés jù et rû ne se trou- 
vent pas dans l'ordre alphabétique avant l'û, mais bien 
après celui-ci , en conformité avec tous les ouvrages pu- 
bliés. J'ai conservé aux racines, insérées dans la liste, l'or- 
thographe de Carej, en ajoutant en parenthèse celle de 
Judson ou une autre, lorsqu'elle était rapportée dans beau- 
coup de synonymes; pour ceux-ci j'ai pris ordinairement 
l'orthographe de Judson , n'ayant pas voulu changer pres- 
que à chaque instant comme l'a fait Carey. Mais aussi 
Judson , comme il le dit lui-même , n'a pas toujours pu 
conserver l'unité d'orthographe. 

a. Etre muet, bégayer, a-|fin , za-kàh-tit, 

aek , Devenir ouvert , large; s'élargir — comme une fente; 
être desséché, brûlé, comme la terre, la peau etc. — 
par suite de la chaleur; aek-kfi*. 

ît, Etre serré, raide, droit, pas lâche, krap. 

ap , Commettre , consigner — à la garde de quelqu'un , 

. livrer , remettre , mettre sous garde , ap-nhan , ap- 
nhaenh; ajouter, mettre dans ou sur , ap-fap, kap; (don- 
ner, ap-pêh). 



324 GRAMMAIRE BARMANE. 

ap, Être convenable, qualifié, propre, Caik, saen , (tan, tàu). 

an. Vomir, rendre gorge, rejeter, aii-an, Ihjan-CùcEk. 

anh, Aider, assister, secourir, kû-nî. 

an, Lire, répéter, chanter, prononcer, pat-rût. 

an. Applaudir, vanter, exalter, admirer, Rjih-mûmh, 
an-au. 

aej , Devenir nombreux, plus, être abondant, copieux, 
mjàh, pau; être enflé, bouffi, gros, faunh, krîh 

a. Se déployer, s'ouvrir, s'épanouir, fleurir, pûaen, kàh, 
ha, aek. 

âh , Devenir vacant , vide ; être libre , débarrassé , désoc- 
cupé , avoir du loisir , âh-lat. 

i ou i, Etre flasque, souple, flexible, délicat, incliné, 
couché , praunh , nûœ , (pjaii). 

eit [ou eip] , Dormir , être couché , eip-zaek. 

eirh, Etre orgueilleux, plein d'ostentation, devenir hau- 
tain , arrogant , f ï ou Ciè. < 

eim [ou eiii]. Être délicieux, agréable au goût, d'un goût 
exquis, savoureux, mrein, 2eim. 

eirn , Tourner , faire tourner , mouvoir en rond , lï ; pencher 
sur, être incliné, couché, jein, mûé. 

1 ou î, Être satisfait, plein, florissant, sain, bien, î-sâ, 
zeit-pi-àu , (de ^eit Ame). 

op , Gouverner , présider , op-^ôh , (krap) ; couvrir , écraser 
ou accabler , ^omh , Ihûmh , môh. 

on. Aider, assister, secourir, coopérer, entourer, rassem- 
bler , wainh , kû , ni , (^u , ronh). 

on. Plâtrer, enduire ou couvrir, enduire une muraille, 
mettre un emplâtre, man. 

onh. Etre plusieurs, abonder, mjâh. 



LISTE DE RACINES. 325 

onh, Etre apprêté, préparé — comme des alimens, cuit, 

pot; apprêter, kjaek-^ê, nap-^ê. 
û , Se corrompre un peu — comme la viande ou le poisson , 

être vieux, pourri, rance, moisi, se gâter, se carier, 

pot ou pop, haun. 
ij, Faire du bruit, faire un bruit tumultueux — comme 

celui de la multitude, rendre un son, hït, au. 
u, Pondre, faire un oeuf, mûêh, ^làh. 
ûh , Commencer , faire un commencement , a-ùh-a-^a-prït. 
ûh, Donner une belle apparence, rendre brillant, polir, 

a-raun-tten , sa. 
eh ou ê. Devenir froid, être froid, excessivement froid, 

pénétrant, êh-mi^a, Rjamh; (être heureux, à son aise, 

ïij'amh-sà). 
« ou «h. Rassembler, assembler, associer, être épais, 

serré, nombreux, ^u, paunh, (ronh). 
au ou au. Applaudir, louer, vanter une personne, admirer, 

an-au. 
aii. Vomir, rendre gorge, rejeter, comme des alimens, 

ail-an. 
auk, Chercher, rechercher, auk-sà; suivre les traces, at- 
tirer, sûêh. 
auk, Etre relent, humide, moisi, gité par la nielle, sale, 

auk-nan, ffiêh. 
aun, Vaincre, subjuguer, conquérir, aun-nhain; se durcir, 

mûrir, devenir mûr, aun-mà, raeij. 
aunh, Tenir secret, cacher, celer; devenir secret, caché, 

ponh, kûaej, s6. 
aun. Retenir, retenir — comme Thaleine, détenir, aun- 

îijop , tûiî. 



326 GRAMMAIRE BARMANE. 

au , Huer , crier , hït. 

ô, Vieillir, mûrir, reen, (a-saek-krîh) ; être défiguré, laid, 
a-|aenh-tan, (de a-|aenh Apparence). 

aik, Etre chaud, étouffant, brûlant, pu, niiêh. 

ai n. Rassembler — comme l'eau, ^u. Aussi un rassemble- 
ment d'eau, étang, lac. 

ka, Danser, sauter, sautiller, ka-ïion. 

ka , Harnacher, seller, caparaçonner, ka-pûaé. 

kaen, Rôtir, griller, ^ot. 

kaenh, Libérer, délivrer, exempter, émanciper, séparer; 
s'éloigner , être ou devenir exempt , dispensé ou délivré , 
kaînh-lhùt, kûà. 

kaenh. Bourgeonner, pousser — comme un bourgeon ou 
bouton; se former — comme un fruit dans sa première 
formation, pûh, non. 

ka-zît. Tourmenter, vexer-, jouer avec, ka-zâh, kji-^aBJ, 
kjî-zàh. 

ka-zàh, Tourmenter, vexer, jouer avec, kjî-zaej, kjî-zâh, 
ka-zît. 

ka-ùa. Prier, supplier, — d'une manière respectueuse, 
taunh-pan; respecter, avoir égard, ïia-ja; aider, assis- 
ter, Secourir, — de son propre mouvement, kû-nî. 

ka-taek, ka-tauk, ka-tâu, ka-tauk-ka-taek , Crêtelcr, comme 
la poule quand elle a pondu. 

ka-taik. Faire des rapports malins, faire ou dire quelque 
chose pour irriter un autre, mettre quelqu'un en colère 
contre un autre par de faux rapports, gon-îcjau, (ou 
selon Judson gonh-îîjau, de gonh Tort, dommage), îh- 
taik, îh-ka-taik. 



LISTE DE RACINES. 32T 

kat, Être dur, difficile, kaek, kîè; (atteindre, parvenir à; 
kat-kat, Tâcher de vaincre une difficulté, s'efforcer, 
être infatigable, kot, panh-kot, krôh-^àh, âh-lot, de 
àh Force , moyens). 

kap, Unir, adhérer, être près de, proche, venir en con- 
tact, approcher, s'approcher, sïn, pùh-kap, zap; se 
fier, couvrir, protéger, kôh, îcô; donner, offrir (re- 
spectueusement), faire présent, 2aek, Ihii. 

kan. Etre capable de, suffisant — pour contenir, tàu, 
tan, nain. 

kan , Donner un coup de pied ou regimber , résister , kan- 
krauk. 

kanh , Etre aveugle, perdre la vue, mjaek-ma-mraen, 
(mjiek-zi-kanh , de mjaek et mjaek-zi L'oeil). 

kan. Obstruer, couper à travers — quelque chose dans 
son cours régulier, arrêter le progrès, prévenir, op- 
poser, barrer d'une digue, |ih, |î, kûaek, prat, (kà, 
26, tàh, mi'ît, han). 

kam [ou kamh], Donner, faire présent, offrir, pèh. 

ka-mracnh, Etre immodeste, impudent, effronté, a-saek- 
nîh, (a-saek-ma-|i , naû), eindrê-ma-si , (de eindrê Les 
facultés du sentiment), ka-laek, 

kaej ou kéè. Aider, assister, secourir, kaej-ma, Cauk-paii, 
Cauk-pœnh; retirer, arracher, débarrasser, délivrer, 
faBJ, jû, ïot. 

kaej, Etre incliné, penché, manquer de droiture, lûae, 
^aunh, teimh. 

kaej ou kœ, Cacher, celer, agir en secret, ne pas agir 
ouvertement, agir d'une manière indirecte, vvhœk, so, 
Caun, s6-whiFk; exécuter par degrés. 



328 GRAMMAIRE BARMANE. 

ka-lsek, Etre grossier, impudent, immodeste, gaû-kjût, 
(ka-mraenh , naû) ; être fragile , cassant. (Cette dernière 
acception, qui ne se trouve pas dans le dictionnaire de 
Judson, n'est peut-être qu'une confusion de kjùt avec 
ki-up). 

ka-li. Susciter, troubler, se mêler — des affaires d'un 
autre , nhaun-saek , fôh-|ûa. 

ka-lû, Jouer avec, divertir, flatter, ka-i^âh, kjî-zaej. 

ka-lsé. Remuer, troubler, molester, susciter, remuer en 
tournant, mhûê. 

ka-lâu. Susciter, troubler, remuer en tournant, manier, 
se mêler, kâu ; lever, soulever, mhrauk, paen. 

kâ. Intervenir, obstruer, empêcher, exclure, (séparer), 
kûaej' , |ih , tàh , (kan , mrît , harî). 

kâh , Etendre , enjamber , ouvrir , de'ployer , répandre , 
kâh-kraek, pran, â, ^ûsen; (échanger, trafiquer, tro- 
quer, ^auk-kâh; se vanter, wâ-krûàh). 

kein ou kjein , Jurer , abjurer , faire un voeu , prendre 
dieu à témoin, implorer ou invoquer — quelque mal- 
heur de la part de la divinité en cas de violation du 
voeu, kjein-|ô, sît-zâ-mû, (de sït-zâ Vérité, engage- 
ment, serment, promesse, saccam en pâli, du sanskrit 
satja'), pan-naek, sît-^â-paii-nœk. Cette racine est pres- 
que hors d'usage. 

keinh ou kjeinh , Dormir , prendre du repos , jouir de , 
être couché à son aise, mûé, kjeinh-wôt, eip, ^aek; 
(rester dans un état d'insensibilité ou de stupeur; kjeinh- 
wôt, Dormir, prendre du repos; demeurer, rester). Ce 
mot était généralement employé par les prêtres, mais 
il est actuellement hors d'usage. 



LISTE DK RACINES. 329 

ku, Pratiquer la médecine, aider à recouvrer la santé, 
ku-^àh, ku-ma, ku-sa, ku-sap. 

kot [ou kop]. Être contracté, courbé en bas, ko; se cour- 
ber, être doublé, retomber par les bords, kainh, (nût) ; 
agir ou vivre d'une manière modeste ou humble, waèh. 

kot, Soustraire, déduire, (en arithmétique), iihot, tùaek- 
nhot. 

kot , Adhérer , relever ou retourner , déraciner , kâu ; s'ef- 
forcer, mettre du soin, kat, krôh-zàh, krôh-kot, (âh- 
îot, lolla-pru, de lolla Effort, diligence). 

kop [ou kot], Pincer, égratigner — comme les enfans, 
kop-îcjaek-|eit ; (faire des signes, écrire, krït). 

kon. Terminer, finir, être épuisé, fonh, |onh-ïtauh, ma-si. 

konh. Etre plié, courbé en bas, arrondi, convexe, konh- 
kainh, nûaé, ùût. 

komh [ou konh]. Enfiler en rangs, percer dans un ordre 
régulier — comme d'un cordon, enfiler, pendre, sus- 
pendre, SI, 91, Ihjô, fain, tûœh. 

kon , Avoir assez ou suffisamment , (être riche) ; être en 
abondance ou en quantité, kon-ïan, lauk-nan, wa-pi^au, 
krûaej-wa , kon-lon , (kon-lauk). 

kû. Aider, assister, s'unir ou se joindre — pour accomplir 
une action, coopérer, on, kû-m, paii; entourer, wainh, 
(ou peut-être wainh Aider , synonyme de on , kû et hî). 

kûh. Traverser, nager, sauver, (vaincre une difficulté, 
accomplir un dessein), kùh-mfauk, kiih-îiap; transfé- 
rer, (échanger), kûh-sanh; copier, transcrire, kûh-rêh. 

kéè ou kaej , Voyez kaBJ. 

kéèli [ou kœ]. Etre noble, illustre, grand, excéder, ex- 

22 



330 GRAMMAIRE BARMANE. 

celler, surpasser, kœh-mrat, kœh-lûn, kéèh-môh, kœh- 

f ûh , ktèh-krûh. 
ksé ou kaej , Vo jez kaej. 
kau, Devenir peu profond (comme l'eau), descendre peu 

à peu — comme une pente, kau-teim; {^Jig. être or- 
gueilleux), 
kaii. Se déjeter, retrousser ou retourner, se retrousser par 

les bords, s'élever et se retordre — comme une plume 

mise au feu, nhût, leim, lan. 
kauk, Etre courbé, recourbé par un bout, tordu, pervers, 

fourbe, kûé, kfiêh, leim, Caun. 
kauk , Ramasser , cueillir , enlever , choisir , extraire , 

kauk-jii. 
kaun [ou kaunh], Etre bon, propre, excellent, mr"at, m un, 

pucej-râ, sâ-râ, sappaej; (ce dernier mot signifie Etre 

beau, convenable, élégant), 
kâu, Lever, soulever — comme avec un levier, enlever 

avec la charrue, faire adhérer — par les côtés, kàu- 

mhrauk , paeij , kâu-kap. 
k6h,Sefier, avoir confiance , (recevoir quelqu'un comme 

guide spirituel ou comme objet d'adoration), adorer, 

kôh-kùaBJ, kôh-kap, |îh-kap, mhi-îîô, pû-zâu. 
ko. Se resserrer, se courber, être plié, courbé — comme 

par la vieillesse , ko-jô , kot. 
kaik. Mordre, être douloureux, ronger, îîœ, nà-ki'aen, 

Jirat, hat. 
kain, Tenir, prendre, saisir , kain-tiiîej, kain-naen, kain-jû. 
kainh. Etre incliné, plié, couché, pendre sur, kainh-nùt, 

konh. 



LISTE DE RACINES. 331 

kja, Tomber, devenir petit de stature, (pendre en bas), 
sau-kja, krûê-kja, kja-neim; actif , Rja. 

ki^a [ou kja] , Tomber ou être mis à sa place , être ou de- 
venir bien , convenable , nê-râ-ki'a ; actif , kra (ou îija). 

kjaek, Être cuit — comme des alimens; guéri — comme 
une blessure; mûr, parfait — comme un fruit, nap; 
(être accoutumé , informé , familiarisé , lé-kjaek. 

ki'aek [ou kjaek] , Tenir à toute longueur ou dans un état 
d'expansion, étendre, allonger, pran , Ihanh, kàh. 

kjaen. Faire, accomplir, pi'u , mii , pru-mii. 

kjaen. Cribler ou filtrer, (égrapper la mine) , f êh-kjaen. 
(Cette racine se joint ordinairement à un autre mot, 
comme sûè-kjaen égrapper la mine d'or). 

[kjaBn, Être informé, versé dans, etc. kjaen-li, kjûmh]. 

kraen , Aimer , estimer , avoir de la considération , affec- 
tionner, avoir pitié, ki^œn-nâ, sa-nàh, sa-uàh-kraen- 
nà , ïijït. 

kraen , Faire du mal , faire de la peine , causer de la dou- 
leur, sentir de la peine ou de la douleur, nà, ^ap, 
^ap-kâh. 

kraenh [ou kjaenh] , Mettre en ordre , préparer , arranger , 
disposer en ordre régulier, étendre, faen-pïaen, praen- 
f aen , îiaenh , kaenli-kraenh , kraenh-pa , praii-îîaenh. 

kjaen [ou kraen]. Faire, agir, pratiquer, mù, pru-kjaen; 
apprendre , initier , instruire , saen. 

kjît , Tordre , plisser , tresser , courber , kjït-leim , taik. 

kjît , Creuser , gratter — comme un rat ou un ver , tùh , 
krûaek-kjït , (de krûaek Rat , souris). 

kjit. Etre petit, mince, nain, Ihî, naej, kua, seh. 

22 



332 GRAMMAIRE BARMANE. 

kjït-lït, Etre difficile, exact, soigneux, minutieux, sê- 
îiûê, sê-kja. 

kjïn , Avoir la crampe , être assoupi , e'tourdi , — comme 
d'une contusion ou d'une chute, être eng-ourdi — comme 
de froid , kjîn-nâ , Con-nâ , Con. 

kri , Etre brillant , clair , pur , aimable , (sincère) , pas 
douteux , libre de doute ou de soupçon , agir par des 
motifs purs, ki^i-laBnh, krî-iiô, krï-mra, saddà. (Ce der- 
nier mot, qui dérive du sanskrit sraddâ, signifie motif, 
encouragement à une action , un fort de'sir , et comme 
verbe, vouloir, sentir du plaisir en faisant quelque 
chose , agir par des motifs purs , conférer des honneurs , 
être gracieux). 

krïn [ou krïnli] , Jeter , rejeter , mettre de côté , refuser , 
(éviter) , krmh-pa3J , krmli-zûii , zïin-pît. 

krlûh , Porter , mener , entreprendre , se charger — comme 
d'une affaire , ki^ïnh-|aun , 2aun-krïnli. 

krïnh [ou kjlnh] , Etre près, rapproché, étroit, (foulé, 
pressé) , devenir moins large , être en détresse , en dif- 
ficulté , ki^ap , kjïiih-mraunh , actif , Rjînh. 

krlh , Produire un son — comme le baret d'un éléphant 
ou le hennissement d'un cheval, faire un bruit continu, 
hih , inh , hîh. 

kri, Regarder, considérer, contempler, voir, examiner 
une affaire , kri'-su. 

ki'at. Avaler, tâcher de saisir, — s'emploie seulement 
pour signifier une éclipse du soleil ou de la lune , (s'é- 
clipser, s'obscurcir), né-la-krat, na-pot-pamh, (de na- 
pot^ nom du Nat qui cause les éclipses). 

[kjap , Etre intermédiaire]. 



LISTE DE RACINES. 



333 



krap [ou kjap] , Être en sûreté , attaché , affermi , serré , 
tït, mréè, ïîain; actif, îtjap. 

krap, Ordonner, présider, gouverner; arrang-er, mettre 
en ordre, assister, aider, secourir, donner assistance; 
g-arder, défendre, surveiller; op, ^ôh, krap-ma, krap- 
teimh. 

krap, Etre uni, être dans un état d'union; lier ensemble 
— comme en un paquet ; lier — comme un fagot ; ras- 
sembler ; zap , Caek-krap , («c?t'. De près , ensemble) , 
9Îh , jjûé ; actif , îtjap. 

kjan. Rester, rester en arrière, être laissé en arrière, 
krûaenh , krûaBnh - kïan , krûaenh - rît , kïan - krûaenh , 

kjan-rît. 

* < » 1 

kjanh. Etre bien, robuste, en bonne santé, heureux, sa- 
tisfait , vigoureux , etc. être ferme — comme un poteau , 
dur , dur comme le diamant , pétrifié , gros , rude , in- 
égal, grand, croître avec force, kjanh-mâ, î-kjanh, 
îcan , kjanh-îtan , îtain , ïîain-kjanh , kjanh-tau , krîh- 
kjanh, san-kjanh; être terrible, rude, grossier, agir 
d'une manière méchante , perverse , impudente , se com- 
porter d'une manière rude , être impoli y rustre , kjanh- 
ki^ot , kjauh-tan , 2ôh. 

kraii , Différer , continuer long-temps , retarder , krâ , kran- 
ki'à ; devenir peu en nombre , diminuer , krail-nlh. 

kjamh , Aplanir , niveler , ùhi. 

[kranih ou kram. Etre rude, grossier, inégal, impoli, 
sévère , outrageux , affreux , terrible , kramh-tan]. 

kram ou ki^an. Etre ferme, dur, résolu, furieux, Rain. 

kjan. Oindre, frotter, enduire ou barbouiller, leimh, 



334 GRAMMAIRE BARMANE. 

leimh-kjan , lûh ; être affable , agréable dans la con- 
versation , nhop-Rjô-pru , (de nliop ou nhot La bouche) 

kran [on kran], Penser, projeter, conside'rer, méditer 
sur, supposer, former le dessein, se proposer, viser, 
remarquer , kran-zî , kran-2a , kran-ïaen , kran-tûêh , 
ki'an-îkôh , |aen-îij'nen , rûaej. 

kjapj [ou krapj] , S'élargir , être large , s'étendre , être 
étendu, etc. être pointilleux, singulier, complimenteur; 
être distant, éloigné, à part ou séparé, kjaej-wunh, 
Ki*j~^^0 ■> f ^"!>~kjaBJ ; {actif , Rrse ou lyé ; être haut , 
fort , continu , en parlant d'un son). 

krà , Etre long , différer , rester en arrière , tarder , s'ar- 
rêter; être distant, éloigné, — appliqué au temps; kraii- 
ki^à, kî^â-taen. 

krâh , Savoir , recevoir avis , entendre ; donner avis , men- 
tionner, reconunander , recevoir ou donner des nou- 
velles ; kràh-si , krâh-nâ , (kràh-mhâ , mhà). 

krah. Etre tacheté, marqueté, rayé, de différentes cou- 
leurs , prauk-kràh , kraun-krâh , kùaBk-krâh, 

krâh. Etre ouvert, large, séparé; être dispersé, dissipé; 
wê,-krsè, firan , ki^âh-kjaej. 

kji Etre visqueux, glutineux, pas transparent, impur, 
bourbeux , opaque , kji-kjût (kji-nït ?) , kji-kru , nauk-kji. 

kreit. Briser, mâcher, piler, broyer, égruger, pulvériser, 
kreit-îîœ, neej-kreit. 

kjein ou kein , Voyez kein. 

kjeinh ou keinh , Voyez keinh. 

kreinh [ou kjeinh]. Causer une douler cuisante, être ébloui, 
accablé — comme la vue par une trop grande lumière , 
kreinh-^ap. 



LISTE DE RACINES. 335 

kreim, Rencontrer, approcher, se réunir ou s'assembler, 
venir en contact , kron , tùé , (kraik , 2on , nàh). 

kreimh. Etre effrayé, intimidé par des menaces, krauk- 
kreimh, (lari) ; actif , Rjeimh; effrayer, menacer, chas- 
ser , commander avec autorité , avec insolence , se van- 
ter, s'enorg-ueiliir de, kreimh-maunh, kreimh-pa, kronh- 
pa, (kreimh-Avà). 

kjî-zaej et kji-zâh. Tourmenter, vexer, jouer avec, ka-^ït. 

krîh. Etre largue, krih-kjapj; être noble, grand, krih- 
mi'at ; être vieux , krîh-ô ; s'accroître , krih-piiàli ; être 
beaucoup, ki'îh-mjàh; être fort, robuste, vigoureux, 
krih-kjanh , ki'ih-san. 

kru [ou kjuj, Etre visqueux, glutineux, impur, boueux, 
sale, mesquin, nauk-ki'u, nauk-kji, ùft, Cîh. 

krot, Oter, enlever, — comme la peau etc. en frottant, 
user, pûnh; (être obscur, sombre, noir, mïh). 

kjon ou kjom. Etre étroit, maigre, grêle, (pauvre); de- 
venir mince ou comme un nain, comprimé; languir, 
s'affliger, s'attrister, désespérer; pein-kjon, Ihî, kjon- 
tûh; actif, ïijon ou ïîj'om. 

kjon ou kjom. Remarquer, croire, se fier, être satisfait 
de, mhat-kjon, ron-kjon. 

krom ou kron. Rencontrer, trouver, venir en contact, 
se visiter, se voir, avoir une entrevue, kron-tûé, kreim, 
fîùh-mraen. 

kjonh ou kjomh. Obtenir, savoir, rencontrer, se fami- 
liariser avec , ra , si , tué , paùâ-paik-kjonh , sabau-kjonh 
(ou sa-bau-kjiîmh , de sabau Esprit , disposition. — 
Voyez krom ou kron) 

kronh. Se vanter, exulter, se glorifier, s'enorgueillir , 



336 GRAMMAIRE BARMANE. 

avoir de l'énergie, (intimider, menacer), kronh-wâ, 
kronh-pa, kreimh, kreimh-maunh. 

kronh ou kromh [ou kjonh], Lever, ramasser, rassem- 
bler , kjonh-jiï , kjonh-seimh , seimh-kjonh ; faire ou 
accomplir une action entièrement, a-krûaenh-maé-pi^u, 
(de a-kfûaBnh-mœ Entièrement, sans laisser quelque 
chose); ënumérer, multiplier, ajouter, kjonh-îîja, 

kjon ou kjom. Se blottir, s'être rétréci, raccourci, res- 
serré, se rider, se contracter, kjon-jon, kjon-naen, kjon- 
tûii; actif, îijon ou îîjom, 

[krù, Rendre une bonne odeur, mhûêh]. 

krûh [ou kjûh]. Excéder, exceller, surpasser, outrepasser, 
transgresser, aller au-delà du but ou des limites, lùn. 

krùh [ou kjûh]. Proférer, prononcer, exprimer des idées 
par la parole, adresser, produire un son mélodieux, 
(s'emploie ordinairement par rapport à des rois ou 
dieux), kriih-rœn, ki^ûh-e, mrûaek, u-dàn-krùh. 

kjê, Etre pulvérisé, réduit en poudre, (détruit comme 
une ville ou un peuple) , kjê-miia , (naek , mhon) ; ac- 
tif , 'kjê. 

kjê , Etre verse , comme dans les sciences , être parfait , 
accompli, — comme dans un art ou une science, lé-lâ, 
kjê-prûn, (kjaen-lï, kjiimh). 

kjœh [ou plutôt kjîh comme on prononce et écrit aussi 
cette racine]. Etre sans lie, être passablement liquide, 
c'est-à-dire , contenir plus de parties liquides que so- 
lides, être d'une consistance semblable au goudron, a- 
f)at-nîh , (de a-^at Résidu d'une opération. Cette racine 
est opposée à prît), 

krœh [ou krœ], Répandre, disperser, fii^aii, ki=é-^i=an; 



LISTE DE RACINES. 337 

semer, (^aik-kraè); être placé à de petites distances, 
être clair, avoir un espace intermédiaire, pâh; (donner, 
aliéner, ^ûii-krife). 

krau, Aplanir, niveler, ni; embellir en liant, entrelaçant 
etc. mettre dans un ordre régulier , taen-taej , krau-kùp. 

krau , Réagir , refaire , faire de nouveau , acquérir de nou- 
veau , s'enquérir de nouveau , rechercher avec soin , 
Cap, Zaen, ta-pan-pi^u. 

kjaii. Plier en tournant, faire un noeud coulant, prendre, 
attraper, — comme dans un lacs, kjaii-^amli. 

kjaii. Etre apprivoisé, dompté ou dressé, poli de ma- 
nières, bien instruit, se conduire convenablement; être 
libre de fatras , de décombres , ne pas être en confusion ; 
jïn , jïiï-kjêh (ou jïn-ïyê) , pùaej-râ , saen^ 

krauk. Pousser, donner un coup de pied, résister, kan, 
krauk-kan, tûnh. 

krauk. Craindre, redouter, tressaillir; devenir abominable, 
être dégoûté, Ceit-laii; actif, Rjauk. 

[kraun , Etre noir en quelques parties et rouge ou jaune 
en d'autres]. 

kraunh. Etendre, tirer une ligne, tracer un sillon, sâh , 
naen. 

kraunh [ou kjaunh] , Prendre soin , nourrir , donner à 
manger, soigner, protéger, kraunh-Ceimh , ^auii-ma, 
krùêh-mûêh. 

kraun-ki'a. Avoir peur, être inquiet, en peine, craindre, 
^ôh , reim ou rein ,* zÔh-reim. 

kjàu. Répandre des bruits, le renom, publier; (acquérir 
de la réputation , être l'objet du raisonnement public ; 



338 GRAMMAIRE BARMANE. 

crier , faire un bruit) ; kjàu-^au , pi^an-nhan , kjûêh- 
kjâu, kjàu-nrà, hft-kjûêh. 

kjàu, Sauter, danser; franchir en sautant ou en marchant; 
passer par ou au-delà; surpasser, excéder, se porter à 
un excès, transgresser; surpasser — comme en nombre, 
être plus; Ihilâh, Ihûâh-Ron, krûh-lûn , kjâu-naînh, 
môh , mauk , sa , pô , tôh. 

kjàu, Frire, rôtir, accommoder, kjâu-lhâu, kjàu-îîjaek. 

kjô [ou ki'ô], Apprêter, guérir (comme un ulcère); bouil- 
lir, fondre, dissoudre — en bouillant, essayer, fondre 
— comme du minerai ou des métaux; îij'aek. 

krô. Aller à la rencontre, avancer vers, tourner les yeux 
ou l'esprit vers quelque chose; avancer — comme un 
objet vers l'autre ; avancer vers un objet qui approche ; 
pre'voir; krô-|6, ki'ô-laen , kïô-êih, krô-nhaen. 

kjôh, Etre rompu, brisé, mis en pièces, détruit, kjôh- 
psé, pjœk-^îh; actif, 1<jôh. 

krôh [ou kjôh]. Tâcher, s'efforcer, exécuter avec énergie, 
employer des moyens, être déterminé, résolu, ki'ôh- 
panh, krôh-zâh, krôh-kot, krôh-krïnh, loUa-Cot. 

ki^ôh [ou kjôh], Honorer, respecter, révérer, être obéis- 
sant, soumis, kjôh-nùn, rô-sê, ton-vvap, (rô-kjôh). 

kjô. Entrer par-dessous, se courber sous, se baisser; être 
humble , agir avec humilité ; kot , kainh-iiùt , nom , 
nheim-kja. 

kjaik. Avaler, boire un coup, mjô, rê-kjaik. 

kraik. Aimer, préférer, approuver, avoir un désir de ou 
de l'inclination pour, îîjlt, kraik-î<jît, zêtanâ-rauk, (de 
^êtanâ Inclination, attachement, du sanskrit cêtanaAme; 
rencontrer , trouver , kreim , kron , 2on , liàh , tûé). 



LISTE DE RACINES. 339 

krain, Embaumer, parfumer, rendre une bonne oileur, 
mhfiêh-krain , krain-sà. 

kjainh. Etre ou devenir grand, être beau, gros, vaillant, 
fort, Cfiàh, Iha, fiûii, krîh-mà. 

kiia. Etre bas, petit de stature, nain, neim, kûa-pu. 

kûaek, Entourer, faire un cercle, kûaek-kûienh; être ta- 
cheté , marqueté , pommelé , rayé , plein de rousseurs , 
marqué, kùaek-pi'auk, kûaek-kràh, zûnh, kfiaek-ki'aun ; 
tacher, barbouiller, flétrir; marquer, observer, kiiaek- 
mhat; mesurer, mettre une marque, placer une limite, 
faire une division, kiiaek-kan. 

kûaenh , Entourer, passer autour, accomplir une action 
d'une manière détournée, kiiaek-kiiaenh , kfiaenh-waik; 
causât if , ïtûaenh. 

kûaenh, Séparer, être à part, éloigné, distant — par rap- 
port au temps, s'égarer de, être délivré de, devenir 
libre, kûaBnh-kùâ , kûê-kûaenh, kaBnh-kiiâ. 

kilt ou kùp , Châtrer , saenh , kiiê-zé-ïot , (kiiê-zé et vvhêh- 
zé Les testicules , — whêh-zé-lhîh , a-s6h-ïot , |omma). 

kùp. Lier, attacher — comme avec une corde ou un ra- 
tan, attacher en liant, ï^jï, piisé, krau-kùp; infliger un 
châtiment , punir ou instruire par une punition , châ- 
tier , |omma ; tuer , trancher , détruire , priver de la vie , 
kûp-mjaîk, kilp-iihap; gouverner, dominer, être grand. 

kùn. Jeter, lancer, laisser aller, lâcher, pousser, jeter 
en haut , élever , Côh , Ihûaen , mhi'auk. 

kuii, Se réjouir, sourire, sauter de joie, mrûh, sûaen. 

kûaej ou kfiaè. Cacher, celer, intervenir, empêcher la vue, 
masquer une vue; disparaître; kâ, whaek, kûaej-pjauk; 
(adorer, dans kùaBJ-kôh ou kôh-kûaBJ). 



340 GRAMMAIRE BARMANE. 

kûà , Devenir distinct , (séparé , après avoir été uni) , être 
à part , séparé , distinct , partir , s'en aller , être libre , 
kûâ-wêh, kûâ-kaenh; actif, ïcùâ. 

kfiê, Séparer, partir, être distant, éloigné, kûê-kûaBnh, 
kûê-kûâ. 

kûêh. Devenir plié, courbé, courbé — comme un vieil- 
lard, plier — comme le coude, kùêh-kainh, kûêh-kot. 
La forme active îtûêh a une signification neutre, c'est- 
à-dire être lové comme un câble , replié comme un ser- 
pent, un chien. 

kûêh. Allumer, kûêh-^ot, pot-mraik; entretenir le feu, 
2aik, Cl ou Caé. 

kûé , Mouvoir en rond , dans une direction circulaire , de- 
venir courbé , tortueux , serpentant , kiié-kauk , kùé- 
waik, kûé-kïiaenh. 

kûœ ou kùaej, Voyez kiiaBJ. 

kûsèh [ou kûœ]. Se rompre, se diviser, se séparer, être 
séparé, (fendu); tomber en ruines — comme un bâti- 
ment, être différent, divers, dissemblable; pi^at, sa, 
kûé-fîjaek , kùœ-pjaek , kûaè-pjô , kûjè-kiiâ , (prâh , lûsè) ; 
actif, ïtùéè. 

krûa, Lever, élever, hausser; se lever, aller, partir, ve- 
nir; mhrauk, paen, îîjî. 

krûaenh, Rester, rester en arrière, être laissé en arrière, 
kjan-rît. 

kjut. Etre relâché, délivré, émancipé, libre, kaenh-lût; 
tomber de, kjût-krûê, kjût-kja; actif, îijût, 

krûp. Etre fragile, friable, cassant, briser, rompre court; 
s'écailler, se rompre par lames — comme la surface 
de la terre après une inondation, ou la surface de 



LISTE DE RACINES. 341 

quelques métaux j fat , kjôh ; (être irritable , hargneux , 
fat). 

kjûiih ou kjûinh, Consumer, réduire en cendres, kjê- 
kjiinh. 

kjûmh, Aimer, connaître, devenir familier, faire con- 
naissance avec ; devenir expert , habile , versé j îîjït-îîaen , 
kjten-kjûnih , ïijTt-îiien-kjien-kjfimh , si, sâ-sà-kjûmh , 
a-kjûmh-waîn, a-ïîjaenh-ïijienh-saen, (de a-îcjaînh-ïîjaenh, 
adv. Mutuellement), kjûmh-kjœn, leimmâ. 

kjûn. S'enfoncer, céder, être enseveli, (ne s'applique pas 
à l'eau), kjùn-nït, waen ; errer, transgresser, outre- 
passer les limites, a-jù-kjûn, (du mot pâli ajû Vie, 
doctrine, opinion, àju en sanskrit Aie), îîa-rîh-kjûn , 
(de îca-rîh Chemin). 

krûaBJ, Être en abondance, en quantité, posséder beau- 
coup j devenir opulent, être riche; krûaeJ-^va, krûaej- 
wa-kon-fan, pau, pi'au, mjàh. 

[krijâh. Etre vain, glorieux, fastueux, wâ, Caun-lhùàh, 
pa-lhûâh.] 

kriié. Tomber, laisser tomber, tomber en bas, tomber en 
morceaux, tomber comme les feuilles etc. krûé-kja; 
actif, îîjûé. 

kjûéh, Produire un son, crier, crier à haute voix, faire 
un bruit, rugir, kjûêh-kjàu, kjàu-nrâ, mï, mî-kjûêh, 
hït-âu. 

krûêh [ou kjûêh]. Donner à manger, nourrir, soigner, 
krûêh-miièh. 

îia. Flatter, désirer de plaire, être obéissant, faire sa 
cour , rendre ses respects , îîa-ramh , ka-^àh , ka-ùiit. 



342 GRAMMAIRE BAUMANE. 

îtaek, Etre dur, difficile, Raek-kœ; être rude, grossier, 
sévère, kaek-ïanj lier, attacher, nhaun-pûaé. 

î<:œn, Etre brusque, vif, prompt, vite, Raen-ljaen. 

îiaen. Aimer, aftectiomier, estimer, respecter, îiaen-maen, 
ïcjït-îiaen, ki'aik. 

Raenh, Etendre, préparer, arranger, mettre en ordre, 
jîraii, nhih, kraenh-praen. 

Rat , Battre , battre contre , frapper , tûaek-Rauk. 

Tiat [ou ïîap] , Tirer en haut , tirer — comme de l'eau , 
mettre dedans — comme quelque chose que l'on mêle 
à une autre, ti-launh; (passer, passer d'une chose à 
une autre). * 

kanh , Finir , terminer , disparaître , évaporer , kanh- 
îijauk-kon. 

ïtaii. Mesurer, énumérer , (supputer, estimer, évaluer, 
mais non pas précisément mesurer), îîjaen , tûœk, (2a, 
ramh, rêh-tiiaek; régler une tâche, désigner quelqu'un 
pour un emploi , donner commission , kainh , kaii-ïàh). 

kan [ou îcan]. Etre bien, excellent, durable, (dur, ferme, 
fort, sain, persévérant), Rain, mâj (craindre, respecter, 
révérer, rô-sê, leh-mi^at). 

ïcan , Recevoir , obtenir , tenir , attraper , saisir , ïcan-jû j 
supporter , souffrir , endurer , (jouir ; célébrer une fête). 

îtâ , Secouer , (se débarrasser de , s'évader , refuser) , îiâ- 
tiiaek. 

kàh , Etre amer , îtàh-zap. 

ku. Supporter, coincer, "ku-kan. 

îcot. Couper, hacher, fendre, ïîot-prat. 

[kop. Sauter sur et saisir, comme un chat ou un tigre; 
prendre, saisir, découvrir]. 



LISTE DE RACINES. 343 

Rom [ou kon], Sauter, (rouler — comme les vagues), 

Ihûàh. 
îiomh ou îionh, Se réfléchir, être renverse', courbé, con- 
cave, (convexe), Ronli-lonh, Ronh-mauk, (konh). 
îcûh, Tirer de, — comme du riz du pot, cueillir — comme 

des feuilles ou fruits, ïi.iih-jù, nhaik. 
îîièh [ou îîsè], Etre dur, difficile, embarrassé, îiaek, ma. 
îigèh [ou îcœ]. Mordre, ronger, causer de la douleur, 

kaik-kè. 
kauk, Frapper, heurter, raik. 
kauk. Mettre en double, plier — comme une pièce de 

toile, îcaiik-leip; (répéter, refaire, ton-pi'an). 
îcaun [ou kaunh] , Creuser, caver; (être creux); lliaik. 
îlâu. Appeler, inviter, Ràu-wàu* 
ko , Cacher , (tenir éloigné , éviter ce qui est désagréable) ; 

adhérer , s'attacher — comme le pauvre au riche , 

kô-mhî. 
kôh , Voler , dérober , kôh-jû. 
ïiaik , Toucher , frapper , heurter , taik , Ci. 
kain, Etre dur, fort, durable, (ferme, opiniâtre, endurci), 

ma, kan. 
kainh. Comparer, nhainh, (nhonh , prain); approcher 

vers, kainh-kap; (entreprendre quelque chose, donner 

ordre, kaii, zè). 
kja, Jeter, jeter en bas, jeter dedans, rejeter, prit, ^fiii ; 

neutre , kja. 
kja, Accomplir, décider, se déterminer par rapport à 

quelque objet, (mettre à sa place, assigner), pi'îh, 

f onh ; neutre , kra ou kja ; (enseigner , instruire), 
kjaek. Cuire, apprêter — des alimens, prop; neutre, kjîek. 



344 



GRAMMAIRE BARMANE. 



kjaek , Égratigner , pincer , (faire des signes , écrire) , kop , 
|eit, (îtïït). 

kjaîn , Espérer , désirer , souhaiter , lô-îtjaeg ; (il s'emploie 
seulement comme verbe auxiliaire). 

ïîrïen [ou îcjaenh], Pénétrer, entrer, enfoncer dans, pauk, 
îiiaenh ; (se battre , — comme des coqs ou d'autres ani- 
maux; venir en contact, être en conjonction comme les 
corps célestes , îîùp). 

Rraen [ou îjaen], Compter sur, (calculer, supputer, for- 
mer une opinion , considérer) , Cauk-îijaBn , ïlaii ; se ré- 
volter. 

îîjaen [ou Sj'œn] , Mesurer (avec une mesure de capacité) , 
énumérer , tûaek , Rari. 

îtjît , Aimer , (affectionner , respecter , estimer) , maen , 
kaen, kraik. 

[ïîrït , Faire des signes , écrire , kop , Rjaek , rêh]. 

ïijrn , Etre aigre , acide , î:jïn-|ûli. 

ïîjï , Lier , attacher , affermir, nommer, appeler, nhaun- 
jpfifé , (zîh , tap). 

kjînh , Approcher , s'approcher , ïij'ïnh - kap ; (rétrécir , 
abréger , resserrer , îîjon), 

[ïîj'i. Etre faible, affaibli, nsé]. 

ïcjap , Enfoncer , fixer dedans , faire entrer , mettre dans , 
introduire , îîjap-sûaînh ; (rendre plat , être plat , pjâh). 

îij'an , Laisser , laisser en arrière , mettre de côté , îtjùaenh ; 
neutre , kjan. 

îijamh , Etre froid ; (être exempt de peine , heureux , à 
son aise) ; eh , mra. 

îcramh [ou kjamh] , Diviser , fendre , (diviser en parties 
égales) , 'kûé , ^eit , (waek ; ïc ramh , Acheter , waej). 



LISTE DE RACINES. 345 

îtjan [ou ïî.ran] , Entourer, enclore, entourer de haies, 
îiran-ran. 

îtjaej , Varier , big-arrer , arranger dans un ordre régulier , 
î^jaBJ-lhaej , ?î-ïijaej. 

kjàh, Être différent^ dissemblable, dissimilaire, îijàh- 
nâh ; (diviser , séparer , espacer , painh-îyàh , sâh-nàh). 

îîji , Répandre , e'parpiller , disperser , pran , kraè. 

ïiji , Etre capable , suffisant , pouvoir , (endurer , être ca- 
pable d'endurer) , nhain , (kan , 2an , kan-nhain). 

îîjeit , Accrocher , tirer , saisir avec un crochet , embrouil- 
ler, (employer des discours ou moyens détournés), 
Scjû , (^aunh , reip). 

îîjein. Mesurer (ou plutôt peser), tûaBJ, nhainh-îi.jein , 
(ïîj'ein-tfia3J , kjein-wÛn). 

îijeim [ou ïijeimh], Menacer, effrayer (par des menaces), 
îijauk , îijeimli-maunh. 

îtjî, Lever, élever, soulever, relever, porter, entreprendre, 
Sijîh-paen, îîjîh-mhrauk , krûa, jû, faun; (ïcji-paen, In- 
viter; "kji-|aun. Entreprendre, conduire — une affaire). 

îîjîh, (Élever, promouvoir, mhrauk, mhrœn); louer, ap- 
plaudir , îijih-mûmh. 

kjop , Coudre , fermer ou attacher en cousant , îîjop-^ap , 
SI , Ihjô ; (lier) , s'assurer de , enfermer , mettre en pri- 
son , faire un contrat écrit , ïijop-nhaun , îijop-kain ; 
faire taire . supprimer , (tenir en sujétion , g^ouverner) , 
kjop-op , (a-^ôh-ra) ', cacher (? Ihjô pris dans le sens 
de Ihjô?) 

îîjon [ou kron] , Couvrir , couvrir comme de vêtemens , 
Ihûmh ; présider , op , ^ôh. 

kjomh ou kïonh , Languir , devenir maigre , (pauvre) , 

23 



346 GRAMMAIRE BARMANE. 

pein , Ihî , kjoii ; (resserrer , rétrécir , abréger , fermer , 

ïîronli [ou Rjonh] , Rugir , tonner , ïîj'onli-mî. 

îîjoifi ou ïijon , Resserrer , rétrécir, assembler, îîjîûh, som, 

tûii; (neutre, kjon). 
"kjû , Tirer de , tirer en haut ou en bas , prendre (avecf un 

crochet ou un autre instrument) , îijû-jû ; (Comparez 

ï^ûh). 
ïijê , (Pulvériser) , dissoudre , effacer , raturer , rayer , 

Jijauk; {neutre, kjê). 
îîrsé [ou îijé] , Elargir, étendre, déployer, ouvrir, ^ûaen, 

Ihït; {neutre, kjaej). 
îcjau , Aggraver , exciter — à la vengeance , (à la querelle , 

provoquer) , ïcjau-zâh , gon-îijau (ou gonh-îijau j être 

fin , délicat , poli , beau , mré , mùé , mhiit , Iha , prê- 

prït j être glissant , visqueux , kji ; glisser , — employé 

de choses inanimées", sau). 
Rjaii , Solliciter , importuner , flatter , cajoler , ïijaii-maù , 

gjâu , (f)i=ê). 
kjauk , Etre sec , se dessécher , sûé. 
îijauk , Effrayer , Ihaii , îîjeimh. 
îijaun , Etre lâche , desserré , n'être pas tendu , kjaej , pûà ', 

(être maigre, pauvre, kjon, pein; être désert, n'être 

pas fréquenté, vivre retiré, îijaun-ïcô). 
îcjaunh , Epier , tâcher de découvrir , regarder — d'une 

manière rusée ou adroite, mraun (ou Rjaunh-mraunh , 

ta-zaunh-kri). 
ïtjâu , Glisser , errer , se méprendre , sue , jein , lûœ '■, (jouer 

un tour , décevoir , pjaek , pjaek-raej). 



LISTE DE RACINES. 347 

îtràu [ou îijàu] , Etre endurci, opiniâtre, obstiné, déter- 
miné , résolu , pjaek-ÏLJàu , praun , ^eit-mâ. 

îcjô , Être doux, agréable, frais, îijô-mraek, îîj'ô-ê, (îtjô- 
mïa , ïijô-mfé), 

îijôh , Frotter , nettoyer , oindre , laver , baigner , ïîjôh- 
leimh; (être maigre, pauvre, kjon). 

îrjôh , Rompre , briser , îij'ôh-fjaé ; (neutre , kjôh). 

kjô, Etre défectueux, incomplet, perdu, dépense, man- 
quer , kjô-té , (jot , mgé , ma-pri-zon). 

[ki^aik , Etre creux , concave , profond , îijaiij , kûaek-sainh , 
hauk^ haik.] 

Sîrain [ou îîjain] , Couper , tailler , 5cjain-îî^ot. 

[lijainh. Etre en pente, bas, baissé ou enfoncé, neim, 
sainh, wliûm.] 

[îtjain , Etre creux , concave , profond, kûaek , ki'aik, sainh, 
hauk, haik.] 

[îcùaek , Etre concave , profond , creux , comme une coupe, 
Rjain , kïaik.] 

kùp , Se battre , — comme des coqs ou des béliers , taik j 
(venir en contact , être en conjonction comme les corps 
célestes , îcjaenh). 

îîùn , Donner à manger , nourrir , — comme un oiseau , 
un enfant , fi. 

îtûâ , Séparer , diviser , partager , (fendre) , kùà-^eè ; (éloig- 
ner) , saun. 

kûê. Plier, entortiller, courber, (mettre en forme de 
cercle), leip, nût-kainh ; ramasser (du bois , faenh-kûê , 
de Caenh Chauffage , bois de chauffage). 

kùé , Pousser ou frapper — comme un taureau , pousser 
en avant , whé , taik. 

23. 



348 GRAMMAIRE EARMANE. 

ïcûaè , Diviser , fendre , séparer , (diviser en deux parties) , 
îiramh. 

[lîjûaBnh , Laisser , laisser en arrière , mettre de côté, ïijan , 
neutre , kïûaenh.] 

îcjût , Tirer , ôter , enlever , déshabiller , pi^ît , Riiâ ; (re- 
lâcher, délivrer, émanciper, anéantir, Ihût; être dé- 
truit, perdu, péri, jûœnh, pjaek). 

îtjiit, Etre incertain, douter, errer, (se méprendre, trans- 
g-resser) , Ifuè , (mliâh). 

ïijûn. Rendre pointu, aig-uiser; {au figuré, être péné- 
trant, Ccek). 

ïtjûnh , Etre pointu , se terminer en pointe , (zû). 

kjûê, Faire tomber, (comme des feuilles, fruits etc.) tja. 

[îijîi« , Etre glaireux, g^luant, visqueux, glutineux, kji.] 

[na , Etre distribué ; actif , nha.] 

naen [et naen] , Recevoir , tirer , tirer en longueur , extraire , 
filer , jû-f û(è , painh-naen. 

nat, Avoir faim (ou soif, manquer de nourriture), |â- 
mùt, (seip). 

nan [ou nanj , Etre sale. 

nan [ou nan]. Attendre, (attendre que, s'arrêter, retar- 
der), lîen, fainh, ^auij-nê, (|ainh-pcerj). 

nan , Etre assez , suffisant , lauk , (tâu) ; obtenir , ra ; (Ca- 
rey écrit cette racine na). 

[namli. Désirer, nat: namh-nauk ou nauk-namh. Parler 
haut, etc. Voyez nauk.] 

naej , Etre petit, jeune, diminutif, naej-lhêh. 

nu [ou nu] , Être élevé , arrondi , (s'avancer , — comme un 
promontoire) , mauk. 



LISTE DE RACINES. 349 

not , Plonger , entrer , être enseveli , (perdu , disparaître) , 

Ihjôh, mrop. 
non , Fermer , se fermer , être resserré , clos , — comme 

un bouton tle fleur, zu-romh. 
nom ou non, Plier, courber, incliner, Ijaii, kjô, kainh-nût. 
[non , Entrer , pénétrer , aller dans , waen , Ihjôh.] 
nae , Etre incliné , pencher vers , ?aunh , jeimh , teimh- 

jeimh , ;paBJ ; {actif, nheé). 
nau, Saillir, avancer, pousser en avant, être dans une 

ligne continue ou étendue , a-rô-ïa , (nu , màu). 
nauk. Intimider, parler avec un ton d'autorité, (parler 

haut , avec véhémence , afin d'intimider ou d'effra;yer) , 

nauk-namh, (nâu). 
nâu , Parler haut , (avec véhémence , afin d'intimider ou 

d'efiVayer), nauk, au. 
nô , Pleurer , crier , nô-jô. 

naik , S'assoupir , s'endormir , (baisser la tête) , être re- 
courbé au haut ou au bout , naik-faik , (adv. Baissant 

la tête) , naik-mjîh. 
[nrà. Voyez ûâ.] 
[nûé , Etre doux , modéré.] 
nha. Distribuer, wê; donner, pêh; neutre , na. 
nhàh, Emprunter, louer, prêter, nhàh-ramh; demander, 

prier, taunh-ramh. 
nhauk , Sentir le rance , — le poisson ou la viande , nhî- 

nhauk, hauk, (haun?) nan. 

9a , Etre le premier , commencer un ouvrage , s engager 
dans une entreprise , a-^a-a-ùh-prît. 



350 GRAMMAIRE BARMASE. 

^aek, Dormir, prendre du repos, se coucher, eip-^aek, 

mûé. 
^aek , Peser , essayer , nainh , zamh ; adhérer , 2:ap ; (s'é- 
tendre , traverser) , frapper , atteindre , gagner — une 

maladie , kûh. 
sfaen , Etre propre , pur , clair , inaltéré , (mnocent) , zfen- 

san-saenh , zaen-kraej (probablement pour ^aen-krî) ; (être 

terminé , kon). 
[zsenh , Etendre en droite ligne.] 
^ït, Questionner, rechercher, s'enquérir, examiner, ^ît- 

ki^au , (mèh-mranh ; filtrer), 
zit , Etre vrai , inaltéré , correct , pur , mhan. 
zîn , S'envoler , (rebondir) , Cûaek , (lûaen ; placer dans une 

ligne continue; être séparé, mis de côté, kûâ; être 

perdu , ^eit-zïn). 
9Î, Etre en quantité, en abondance, mjâh, pûâh, wa-prau. 
^ïh , Lier , attacher , lier ensemble , nhaun-pùé , (kjï, tôt) ; 

rassembler , zïh-wêh , (zu , ronh). 
^at [ou zap] , Etre brûlant , piquant (au goût , cuire , en 

parlant des yeux) , zap-pû. 
9ap , Joindre , unir , mettre en contact , hap , tûaè , saek , 

ni, (kap, pûh). 
[^aii , Etre en droite ligne , jîraun , zaenh. j 
yamh [ou zam] , Caresser avec la main , chercher en tâ- 

tant, essayer, chercher, sap, (zon-zam). 
zan , Vivre à son aise , jouir , ïian-zâh , ^an-^âh. 
^an , Comparer , tainh , nainh , prain. 
[^â , Avoir égard à , avoir pitié de , Cauk , îijaen-fauk , nhâ- 

tâ, sa-nâ, ^â-nâ.] 
^âh , Manger , ^âh-sauk ; (diviser , en arithmétique , kot). 



LISTE DE RACINES. 351 

^eit, Diviser, fendre, partager en quatre, ïiramh, kùéè. 

yein [ou ^eim], S'ëcouler de, suinter; (pénétrer en suin- 
tant) ; jô. 

^eim , Tremper , mouiller , plonger , ensevelir dans l'eau , 
nhît. 

^eimh , Etre vert, ^eimh-nô; (être vert, n'être pas mûr, 
ma-mhi , ma-rœn ; être cru , n'être pas cuit , ma-kjaek , 
ma-nap ; être frais , beau , lanh ', n'être pas informé , fa- 
milier , versé , ma-kjask , ma-kjùmh , ma-lé-ma-là). 

91, Mettre ensemble ou l'un après l'autre, dans un ordre 
régulier ou dans une ligne droite , sî-komh-îijaej, 

zîh , Couler , former un courant , flotter avec le courant , 
^h-mjau. 

zîh, Accroître, augmenter, agrandir, étendre, pùàh, mjàh. 

zîh , Aller à cheval etc. être monté sur , na3nh. 

9U , Rassembler , être rassemblé , congloméré , ^u-ronh. 

zot. Etre rompu, déchiré, prat; {actif, fot). 

zot , Etre mouillé , zot-zô ; (Voyez zop). 

9op [ou zot] , Sucer, téter , aspirer — comme une pompe, 
tirer — comme un emplâtre , Ijaek. 

^on , Flotter , couler , suivre le courant , aller avec le vent , 
mjau. 

^on , Rassembler , unir — comme deux choses en une , 
doubler, (être double, former une paire, être com- 
plet) , paunh , paek , (zé , pri). 

9Ù , Mettre ou former sur un rang ou une ligne , disposer 
en ordre ou en files ou rangs, zïn; (se terminer en 
pointe, kjûnh). 

9Ûh, Percer, pénétrer, waen. 



352 GUAMMAIRE BARMANE. 

zê, Envoyer, dépêcher, faire partir, Ihût; (donner com- 
mission, ordre, commander, ïcaii, îîainh). 

^êh. Etre mesquin, sordide, avare, (envier), ^êh-naè. 

[yêh, qu'on prononce ordinairement zïh, S'attacher, ad- 
he'rer, kap; d'où a-^êh Gomme, toute matière glu- 
tineuse]. 

^é. Répandre, répandre partout ou sur quelque substance 
— comme du parfum , mêler à , ^é-nhan , ^é-nha. 

9e , Etre exact , soigneux , scrupuleux , zé-put. 

^é. Joindre, unir, s'attacher ou adhérer à, ^é-^ap, i^é- 
kap; (réconcilier, aun-^ôj être complet, ^on, ^on-laen, 
pri'-^on). 

9sèh [ou zœ], Cesser, discontinuer — comme la pluie, 
arriver à une conclusion, teit, kon. 

^auk. Etre escarpé, — soit haut mraen, (ou profond naek). 

^aunh , Etre incliné , pencher d'un côté , prévariquer , 
teimh , paenh (ou zaunh-psenh) , ^aunli-mraunh. 

^aun. Attendre, attendre que, retarder, s'arrêter, zaun- 
laeij, nan, (|ainh, psen)', garder, faire le guet, pro- 
téger , présider , (feinh). 

[zâu. Sentir mauvais, nan.] 

zô. Etre humide, mouillé, ziit, (sûmh; être frais, vert, 
florissant, zeimh, sùnh, lanh; être en abondance, mrain, 
pri-^on; être beau, Iha). 

zôh, Présider, dominer, être grand, op, (pain), kaè, 
(môh, mrat; jouir, posséder; être inquiet, en peine, 
craindre, kraun-kra, ^ôh-nhaun, zôh-reim). 

96, Téter, zot. 

^aïk, (Etre droit, debout, mat; élever, ériger, dresser, 



LISTE DE RACINES. 353 

— comme un poteau , Cû , îaun) , planter (comme un 

arbre), enfoncer, pjôh, nhaek, îôh; (semer, krœ). 
^ainh, Pousser un cheval, galoper, nhaen. 
^ûaek. Verser dans, ajouter, répéter une action, launh, 

faen, pôh, pri. 
^ut. Etre humide, mouille, 90. 

^ùt [ou 9Ùp, Accuser], blâmer, trouver à redire, rôh. 
[^ûp, Mettre dedans, revêtir, se chausser, tap.] 
9Ûn, Etre cher, rare, sàh, kô(? Judson écrit cette racine 

2ûn, Etre rare, défectueux, manquer, nîh, sàh, pàh). 

p_A ^ _-|"" 

[zun , Etre le bout d une chose , ^unh.J 

[^ûnh. Tacher, être taché, tacheté, kùaek; désirer, con- 
voiter, tap, maek, ^ùnh-maekj être le premier, le plus 
avancé, ûh; être le bout ou l'extrémité d'une chose, 
ziin.] 

9Ûn, Endommager, dépouiller, détériorer, ni (nan?). 

^n, Résigner, déserter, rejeter, abandonner, terminer, 
(se départir, donner), prît, Ihût, kicé; (zûn-pêh). 

[^ûmh , Etre fort , puissant , pouvoir , âh-si , de àh Force , 
moyens.] 

^iiièh [ou 9Ûœ] , Recevoir , adhérer , être accroché , rester 
dans, continuer, fixer — comme quelque chose dans 
l'esprit, kap, mrœ, (zùœ-jù). 

fa. Considérer, conjecturer, refléchir, s'aviser de, tûêh, 
kan. 

fœk, Unir à, donner, faire présent, (offrir respectueuse- 
ment), kap. 

faek. Joindre, unir, lier, ^ap, Conh, tuas. 

faen. Mettre en bon état, en ordre, (orner), praen. 



354 GRAMMAIRE BARMANE. 

Saenh , Descendre , faenh-saek ; (opposé à tœk ; succéder — 
comme une génération; |aenh-saek; étendre — le pied 
ou le bras, Rjê-fan, de îcjè Pied; nettoyer). 

gaen, Mettre ou placer l'un sur l'autre, taen, îap; (accu- 
muler, |ïh-^ûh; répéter — un ordre). 

[|ït , Avoir des jointures comme les membres du corps et 
plusieurs arbres, être plein de noeuds ou de bosses, 
"pw, être dur, difficile, dangereux, îtsè; tailler en pierre, 
sculpter , fat ; faire baisser de prix , offrir à meilleur 
marché]. 

fî, Couper à travers, empêcher, obstruer quelque chose 
dans son cours régulier , kaii , prat , (peit). 

[Sîh, Prévenir, Voyez 2îh]. 

2ïh, Thésauriser, amasser, accumuler ou mettre en ma- 
gasin, gîh-zu, |rh-pûh ou |îh-DÛh. 

fat, Etre cassant, fragile; (être irritable, hargneux); 
krûp; (tailler en pierre, sculpter, |ït). 

A 

2at, Etre vite, mran, Ijœn. 

Zat [ou f ap] , Payer ou rendre , restituer une chose , pêh. 

fan. Monter, aller en remontant, (remonter une rivière, 
tenir au vent , opposé à zon) , tœk. 

fan [ou faii], Etre adverse, contraire, opposé, discor- 
dant, (querelleur), fat-fan, rau-nhau, (ran-tûé, fan- 
kjien, faii-kan). 

fanh. Être bigarré, marqué de fleurs, (différer, varier, 
surpasser d'autres, être extraordinaire), fanh-kjaej, 
îûh-fanh. 

faii. Etendre en droite ligne, déployer, praii, naen, (fari- 
tanh; neutre , zan). 

faii [ou fan], Etre suffisant pour ou capable — de con- 



LISTE DE RACINES. 355 

tenir ou recevoir quelque chose , être convenable , tâu , 

tan, kan. 
ÊaB], Saisir, retirer, (délivrer, débarrasser, arrêter dans 

sa marche — comme un bateau) , jû , kîej. 
2â, Avoir faim (ou soif), nat, mût, (seip). 
|eit. Etre silencieux, solitaire, (tranquille), vide, dénué 

de, teit, 2eit-nan. 
geit. Pincer, enlever en pinçant, prendre avec le bec, 

creuser avec les ongles , 2ûa , kop. 
|ein ou feim. Etre délicieux, agréable, bon à manger, 

doux, succulent, mrein, eiii, îij'ô. 
gîh, Arrêter, prévenir, obstruer, empêcher, tâh, kaii, 

(kâ, ffh, mrît, haii; habiller, couvrir, attacher — 

comme la ceinture). 
|ot , Retourner , retirer , reculer , retracter , pran , nït ; 

(devenir moins, inférieur, être diminué, jot, Ijaù). 
2ot , Rompre , déchirer , mettre en pièces , fsé , pi^at ; 

{neutre , zot). 
|ot [ou fop]. Se saisir, fermer le poing, tenir à poing 

fermé, presser, kain, naej. 
Zon, Venir ensemble, s'assembler, rencontrer, kron, tùé, 

(ki'eim, ki'aik, nâh). 
êonh ou f omh , Etre terminé , amené à une conclusion , 

effacé, détruit, s'éteindre, kon, prîh, pjauk. 
|û , Etre gras , corpulent , oléagineux , pjôh , (prô ou 

pjô?) wa. 
gû , Bouilloner , bouillir comme de l'eau , piiaek. 
[|ûh , Etre très-aigre , acre , pénétrant ; Voyez îîjm]. 
2êh, Nettoyer, laver, écurer, (polir), ki'au, (|êh-krau). 
fsèh [ou faè], Invectiver, reprocher, |œ-rêh, (fœ-fô). 



356 GRAMMAIRE BARMANE. 

[gau, Être vite, prompt, mran, Ijaen; s'emploie presque 
toujours en composition]. 

2auk, Bâtir, ériger, faire, accomplir, tï, lop, pru. 

2aun, Porter, supporter, posséder, contenir, soutenir, 
recevoir , rûaek , (p6 ; employer , faire usage de , sonh ; 
faire, accomplir, kjaen, pru, mû; cette racine reçoit 
souvent une acception particulière par la connexion 
avec d'autres mots). 

2aun , Pousser , frapper de la tète — comme une chèvre , 
frapper du pied, imprimer, battre, whé, îtat, raik. 

gaii. Etre grossier, impudent, (inquiet, intrigant, gênant), 
cassant, fragile, kjût, gaû-kjût; (Vojez krûp). 

gâu, Hâter, accélérer, aiguilloner, presser, nhôh. 

2âu , Joindre , unir (par le moyen de la soudure , souder) , 
zé, zap. 

20, Parler, dire, énoncer, raconter, prau, Ihjauk. 

gôh. Etre mauvais, méchant, sale, vil, nït, kramh; (co- 
lorer, teindre, tap). 

go , Empêcher , prévenir , arrêter , obstruer , tâh , peit , 
gîh ; rembourrer , tamponner , seip. 

Saik , Arriver , rauk ; (toucher , atteindre , mhan , Ci) ; 
aborder, comme un bateau. 

gain. Accorder, convenir, être d'accord , rencontrer, coïn- 
cider , comparer , prain. 

fain, Appartenir, pain. 

gain [ou f ainh] , Etre suspendu , accroché , (s'entortiller 
autour d'une chose) , tiia. 

gainh , Attendre , attendre que , (retarder , s'arrêter) , nan , 
(^auij , paen , laeij). 

gûa, Creuser, percer, piquer, tûh. 



LISTE DE RACINES. 357 

gût, Arracher, cueillir, îtùh, ju; (asperger, répandre, 

comme de l'eau, jijanh). 
ffui [ou |fin ou fuu], Être muet, be'gajer, être impotent, 

estropié, mutilé, a. 
Zûéh, Pourrir, se gâter, mi^ê. 
fûifi [ou fûèh]. Tirer, retirer, pendre, suspendre, naen, 

(tûÉè). 

iiaek. Etre réduit en poudre, pulvérisé, mhon, kjê. 

nœnh [ou nraenh] , Dénier, refuser, (contredire), nœnh- 
îcon , naenh-|an. 

naenh , Etre doux , lent , (tranquille) , agréable , firîh , 
sâ-j'à.* 

ùît. Etre sale, souillé, vil, kju, Cîh, mt-2ôh. 

nïh. Gémir, soupirer, sangloter, nîh-iiû* (ou nïh-nûh*), 
nîh-tûàh. 

nap. Etre pincé, comprimé, pressé entre deux corps, 
kjap; («cf/f, iihap). 

lïaii [ou iian]. Etre fin, doux, délicat, nûh-nan, (mûé, 
seim). 

nan ou nan. Etre moins beau, pas brillant, inférieur, dé- 
fectueux, imparfait, jot,jot-iian; (amoindrir, décroître, 
Ijaii). 

nâ [ou nî^à]. Crier, faire des acclamations, kjiîêh-kjàu, 
û, hït. 

nâh [ou nràh]. Rencontrer, venir en contact, (trouver, 
obtenir), kron, tiié, (kreim). 

ni , S'accrocher — comme à un clou , (à une épine) , être 
caché, entortillé, tûay, saek; adhérer, prendre feu, s'al- 
lumer, s'enflammer, (être attaqué d'une maladie), ^iiéè. 



358 GRAMMAIRE BARMANE. 

neit, Etre incliné, pencher, se référer, faire allusion, faire 
signe de la tête , jeinh , ^aunh , naé , "kjeip (ou ïîjeit). 

iieim [ou nreim]. Se taire, être tranquille, calme, neim- 
saek, (saek-sâ. Etre tranquille). 

lieimh [ou nreimh]. Etre libre de peines ou d'inquiétudes , 
(être heureux) , n'être pas harassé , neimh-îyarah , 
(saek-sâ). 

ni. Etre pareil, égal, ressembler, tû, mhja. 

liî. Aider, assister, secourir, kû, paii, Cauk-pan, wainh- 
paenh. 

iiih, Etre sans repos, mécontent, irrésolu, inquiet, nîh-nûé. 

iiaun [ou liaunhj. Etre engourdi, devenir raide comme 
les membres après avoir été long-temps dans une même 
position , (être las d'inaction) , iiaun-nâ (naunli-nâ ? Vo- 
yez kjîii) ; écouter , entendre , nâh-naunh. 

nô. Etre bleu, bleu céleste, bleu pâle; être fane, rata- 
tiné, ridé; mhainh; (être obscur, approchant de noir, 
opposé à f)rù; ii5 ou nô être chagrin, triste, sombre). 

nôh. Etre fâché, vouloir du mal à quelqu'un, être vindi- 
catif, monh-Càh, (ran-iitôh-pûeé). 

niit. Etre incliné, recourbé, plié, (pendre en bas, baisser 
la tête), kainh , rain, (non, konh; consentir, avoir de 
l'inclination, du penchant). 

nùnh. Montrer, indiquer, pra; (Voyez îihûnh). 

nhœnh. Couper, couper par tranches, diviser en parties 
minces, mhrûaenh ou mhùaenh, Ihîh; (être doux, mé- 
lodieux, ^rîh)- 

nhït. Pressurer, épreindre, (traire), Cot. 

nhap , Couper (avec des ciseaux etc.) , tondre , comprimer 
entre deux corps , kûp , nheip ; {neutre y iiap). 



LISTE DE RACINES. 359 

iihan, Délier, lâcher, saii. 

nhà , Remettre — comme une partie d'une dette , laisser 
inachevé-, se conduire obligeamment, traiter quelqu'un 
avec bonté , douceur , (avoir égard à , avoir pitié de) , 
ta, nhà-tà, (écrit aussi nhà-ïà, probablement pour nhà- 
Càh , zà-nà , Cauk). 

nhi , Rendre égal , pareil , semblable , iihiit , {neutre , liî ; 
comparer, nhainh, sFii). 

lihi. Allumer, enflammer, mettre le feu à quelque chose, 
sôh* (ou mih-sôh Brûler, consumer par le feu, de mîh 
Feu , Voyez neip) , taik , (mîh-Caik , synonyme de mih- 
sôh, Jiidson; neutre, ni). 

nhî, Sentir le poisson ou la viande, nhî-nhauk, hauk, 
(haun?) 

nhàu. Sentir la viande brûlée, naii, nhâu-saenh. 

iihô [ou nhôh] , Être flétri , fané , ratatiné , ridé , nûmh. 

nhùt. Courber, incliner, rendre semblable, ïcûê, nhi-iiliùt. 

nhûuh [ou nhûn]. Montrer, indiquer, pra. 

ta, Se ressouvenir, se rappeler, être inquiet, (regretter), 
lûmh, aunh-mé, ta-jù. 

taek, Monter, gravir, grimper, |an, (opposé à gaenh); 
accroître , avancer vers , tôh , pùâh , zîh. 

taen , Mettre ou placer sur , |aen , ïap. 

taenh , Etre serré — comme par la compression , krap , 
prgenh, (être ferme, dur, Icain, ma). 

taen , Paraître , (avoir bonne apparence) -, briller , être il- 
lustre, Ijauk-pat, taen-taej (ou taen-tœ). 

tït. Etre serré, ki^ap. 



360 GRAMMAIRE BARMANE. 

tî, Placer, poser, mettre, ériger, bâtir, Câh, 2auk-ti; 

traiter, régaler, tl-krûêh. 
tîh , Demeurer , rester , continuer (peu de temps) , ne , 

(tè; être. Voyez 122). 
tih. Etre suspendu, accroche, tùa, fain. 
il. Etre droit, en droite ligne, praun , mat, (taé, ma- 

^aunh, ma-teimh). 
tat. Savoir, connaître, apprendre, être informé de, (être 

accoutumé à , versé dans) , leimmâ. 
tap. Fixer, fixer dans, (lier), ^ûp. 
tap. Colorer, teindre, (fôh) ; adhérer, ^ùîè, ni; convoiter, 

désirer, ^ûnh, maek-mau. 
tan. Etre propre, similaire, suffisant, convenable, tau, 

saeii , tu ; (être mauvais , vil , inconvenable , de nulle va- 
leur, |ôh-iiït, nan, jjjoen, jot). 

A . . .« 

tanh. Etre étendu en droite ligne, sûaej. 

tan. S'arrêter, faire halte, rap, taii-nâh. 

tdmh, Rendre ou produire un son, pleurer, lamenter, 
(être mécontent de, regretter), mï , mï-tamh, (ta, 
lùmh). 

taej. Viser à, marquer ou désigner, choisir, mettre de 
niveau avec quelque chose, rûaej , îauk. 

ta-sa. Lamenter, plaindre, déplorer, pleurer, être mé- 
content, (regretter), mî-tamh, mï-tùn, tauk-tîh, (ta, 
ta-jû). 

ta. Pendre à, s'attacher, être suspendu, tûœj. 

tâh. Empêcher, obstruer, prévenir, mrît, 2îh. 

ti, Couper un petit morceau, 'prat. 

teit, Etre silencieux, tranquille, |eit. 

teim , Etre peu profond , kaii , (ma-naek). 



LISTE DE RACINES. 361 

teim [ou teimh], Être incliné, couché, incliner; (aller à 
côté ou se ranger pour faire place à quelqu'un, être 
oblique); jeimh, (naé, zaunh, lûiè). 

teim, Terminer, finir, être réduit à peu, devenir peu en 
quantité, m rot (?) kon. 

tîh , Rendre un son , battre le tambour , jouer d'un in- 
strument , (frapper — comme la poitrine) , raik. 

tôt. Lier, nouer, lier en faisceau, nhaun, ^ùaé. 

tôt, Rompre sans séparer les parties, plier, doubler, kjôh. 

top, Fléchir le genou, se mettre à genoux, wôp. 

top. Etre gras, corpulent, gros, kain, wa, krîh. 

ton. Secouer, trembler, ton-lhop. 

ton, Etre courbé ou replié en arrière, être stupide, émoussé, 
de travers, pervers, lîh, pran, kauk; (ton, Répliquer, 
réfuter, rendre la pareille, kauk, pran; Con, Etre stu- 
pide, nhêh; tonh. Etre émoussé, pas aigu; Judson; 
Con ou Conh, Être émoussé, pas aigu, Hough). 

tom ou ton. Craindre, redouter, avoir peur, (se baisser 
en signe de respect) , krauk-rûn , wôp-ton , ton-wôp. 

tu , Être pareil , semblable , ni , mhja. 

tûh, Creuser, raek, fùa; (tûh-^àh, Fouiller — comme 
les cochons). 

[tœ. Rester pour peu de temps, tïh]. 

té. Etre droit, direct, en droite ligne, ^i^aun, ti. 

tau. Faire attention à, remarquer, observer, Cauk. 

tauk , Flamber , allumer , éblouir , luire avec éclat , Cùnh , pa. 

tauk , Enivrer , donner envie de vomir , rît , aii. 

taun , Mesurer la distance , (mesurer à la coudée) , îûâ 
(Mesurer à l'empan) , tain ; (désirer , convoiter). 

24 



362 GRAMMAIRE BARMAIVE. 

taun [ou taunli], Deaiantler^ prier, supplier, taunh-ramh, 

(nhâh). 
tauij , Etre raide , inflexible , taenh , niâ , tûê ; (cacher , être 

secret , whaek). 
tau , Etre assez , suffisant , convenable , Ijâu , tan, 
tâu , Unir , mettre en contact , iiàh , tué. 
tô, Etre court, petit, pas haut, vil, jot. 
tôh , Pousser , frapper de la tête , whé , taik. 
tôh, Devenir plus, augmenter, accroître, agrandir, avancer, 

pûàh , mjàh. 
tô , Toucher (légèrement) , ou mettre le bout d'une chose 

dans une substance quelconque, ïi, îôh-|eit. 
taik , Frapper , toucher , heurter contre , (engager le com- 
bat) , îiaik; (mettre en contact, provoquer, combattre; 

mettre ensemble Tun auprès de l'autre, comparer, 

nhainh-sïn: frotter). . 
taik , Faire entrer , ou faire boire , sûaenh. 
tain, Remarquer, faire attention à, observer, (demander 

permission) , tau , tain-krâh. 
tain , Arriver à , atteindre , rauk , fonh , pi'îh. 
tainh, Comparer, (mesurer une chose à une autre), nhainh, 

prain. 
tûa. Pendre à, être suspendu, fainh; (se mouvoir lente-^ 

ïTient par faiblesse ou fatigue , être lourd , stupide, Con , 

Cainh-nhêh). 
tûaek. Ajouter, énumérer, compter, calculer, tûaek-îîjaBk, 

rê-tûaek ; examiner ou rechercher , juger , tùaek-^ït , 

tûiek-|a. 
tùaek , Secouer , enlever en secouant , îtâ , paè. 



LISTE DE RACINES. 363 

tûaen, Faire paraître, appeler, nommer, être chef, tfiaen- 
kra?j, a-rôh-kra, (de a-rôh, Lignée, race). 

tùnh. Pousser, percer, Côh; (oter, enlever en frottant, 
tûn|i-pirj). 

tûn, Être ridé, se ratatiner, se retirer ou se rétre'cir, 
son, leip. 

tûaej , xldhérer , s'attacher comme une sangsue , iii , kap. 

tûàh , Aller , ramper , mouvoir sur , sûàh. 

tûè, Être raide, inflexible, taun , ma; (être confus dans 
ses idées, distrait, stupéfait, étonné, — s'emploie ra- 
rement seul , — meinh , mhain , tùè-wè). 

tûê, Être compacte, unir, assembler, conglomérer , te, zu. 

tûèh, Peser (au figuré), considérer, douter, être ambigu, 
être soupçonneux , tûêh-za , tûêh-tau. 

tûé. Rencontrer, trouver, venir en contact, fùh, kreim- 
kron. 

tûœh [ou tûœ] , Pendre à , être suspendu à , fainh ; 
adhérer, (mettre ensemble, unir), sfn, (pùh, ^aek, 
paunh-saek). 

Ca, Se lever, être droit, debout, krûa; (s'élever, croître). 

Caek , Être aigu , affilé , mra , mraek. 

ïaen , Apparaître , devenir visible , apparent , pàu , faen-sâh. 

Caen , Supposer , penser , mhat. 

Cit, Diviser, hacher, rendre un son interrompu et répété, 

comme en balbutiant, ou dans une succession continue 

d'éclats de tonnerre, kot. 
fî ou Cïê, Être décent, modeste, se conduire convenable 

ment , être vêtu décemment , eindrê-zaun , gun-lot , et 

par ironie , être orgueilleux , hautain , (wà , krûàh). 

24. 



364 GRAMMAIRE BARMANE. 

[ïi, Echanger, troquer, lîh; peu usité]. 

lih, Etre sale, souille, vil, mt. 

Cl ou îae , Mettre ou placer dans , Câh , sô , (sûaenh). 

Cat [ou Cap] , Echanger , troquer , lat-lih. 

Cap , Placer l'un sur l'autre , ajouter de nouveau , suppléer 
de nouveau , pri , pôh , launh , zfiaek , |aen ; (échanger , 
troquer, Cl; répéter une action, faire de nouveau, ki^au). 

Can , Etre abondant , excessif, (violent) , sïh , praenh. 

Camh , Porter , mettre sur l'épaule , (travailler) , rûaek , 
2aun , pô. 

Càh, Placer, mettre sur, mettre à terre, s6; (mettre à côté). 

Ci, Toucher, venir en contact, heurter ou frapper quel- 
que chose contre une autre, (violer, offenser, assaillir), 
rauk, tùé, kaik, Ci-ïcaik. 

Ceit , Tressaillir , être effrayé , lan , krauk. 

Cein [ou Ceim], Retenir ^ tenir secret, cacher, celer, Ceim- 
. whaek. 

Cein, Etre luisant, clair, brillant, transparent, pi'aun, 
waBnh, rœh. 

teimh [ou Ceinh] , Prendre soin , protéger , nourrir , zaun , 
kraunh. 

Cl , Craindre , se soucier , redouter , être plein d'une fra- 
yeur respectueuse , krauk , lêh , lêh-mrat, 

Cîh , Etre seul , solitaire , a-pâu-ma-si (n'être pas en com- 
pagnie). 

Cu , Frapper , battre , piler , raik , ïtat ; dissoudre , îtje. 

Cot [ou Cop], Tirer de, retirer de, extraire, arracher, 
not, Cot-pâu. 

Cot , Conduire hors , chasser de , faire sortir , bannir , 
fthaen-Cot. 



LISTE DE RACINES. 365 

ïop, Faire un paquet, lier en botte, zih, ^ùaé. 

Comh ou îonh , Faire un noeud , nouer , Conh-pûsé. 

îon , Re'pandre , re'pandre de la poussière ou de la poudre , 
enduire , oindre , (parfumer) , nihûmh , leimh-kjan ; 
(être eng^ourdi, kjm ; être stupide, nhêh). 

ïù , Elever , ériger , dresser , îaun. 

ïù. Etre gros, épais, vaste, abondant, (pressé, en g-rand 
nombre), Cù-krih, Cû-prau , (ma-pàh, ma-lja, ma-kraè, 
pau , mjàh). 

ïûh, Répondre par des paroles ou des sons, zakâh-tori- 
pi'an. 

ïùh , Varier , différer en excellence , être extraordinaire , 
ïtjàh , Cûh-|anh. 

[îêh, Calfater, radouber, pâ].^ 

ïœ , Mettre ou placer dans ; Voyez ^i. 

îauk , Assister , supporter , aider , étayer , pan , paenh , ku , 
îian , kan , kû , ùî. 

lauk , Etre circonspect , respecter , avoir de la considéra- 
tion pour , sa-nà , zà-nà , (zâ , ïîjaen , fa , tfiêh). 

faun , Monter , élever , ériger , dresser , ïù. ; (attraper , 
prendre dans un piège). 

Caunh , Battre , piler , Cu- 

ïaun , Cacher , celer , tenir secret , 'pûsek , whaek , kiia&j. 

ïôli , Jeter , lancer , pousser (vers , dans , ou) à travers , 
sonner comme une cloche, fiauk, ïtap, raik , Ihjô; (faire 
des figures , des marques etc. sur une substance quel- 
conque, graver, écrire, rêh , kop, îijaek, Rïit). 

ïaik. Etre digne, suffisant, capable, tàu, tau, saeij , Ijâu, 
Ijauk-pat. 

Cain , S'asseoir , être assis , Cain-nê. 



366 GRAMMAIRE BARMANE. 

ïainh, Etre stiipide, hébété, d'un esprit bouché, pares- 
seux , fainéant , lêh , ton , praenh , tîia , (nhèh). 

Cûask, Aller ou venir, partir, sortir, sûâh, jô. 

îûaen, Emonder, arranger, mettre en ordre, saBnh, sot- 
saBn ; piquer , percer. 

Cfiaenh, Creuser, caver, Ihaik, {jauk. 

fût, Etre tendre, délicat, plein, potelé, ïûâh, nu. 

îûnh, Allumer, enflammer, brûler, iihi; (luire, tauk, 
ïein, pi'aun, Cûnh-pa , Cûnh-lpenli; apparaître, être dis- 
tingué, apparent, pàu, CaBn-sàh). 

[Cûâ, Raser, couper par tranches, Ihûà]. 

Cùàh, Etre tendre, délicat, plein, potelé, lisse, Cùt, nu. 

ffiâh, S'enfler, être enflé, bouffi, pûn, krîh. 

fûê, Varier, être différent, extraordinaire, Cûh, (KJâh- 
pi^âh, en grand nombre, mjâh). 

Cûêh , Mêler , mêler ensemble , confondre , sot , saek , 
(nhau, rau). 

fùêh, Cracher, rejeter, ^iin, an. 

uaek. Etre profond, zauk-naek, naek-nœ, sainh. 

naek, Etre noir, mcêh. 

n»n , Etouffer, demeurer dans la gorge, |o, sîh. 

naenh , Fouler aux pieds , mettre le pied dessus , monter 

un cheval etc. être élevé au-dessus, ntpj , nheip, zîh. 
mt , Etre plongé, enseveli, noyé, mrop; {actif, nhit). 
nït, Retourner, être réfléchi, pi'an, Ihan. 
nïh ou naèh. Diminuer, être peu, petit, menu, Ijaii, (ma- 

mjàh, pâh). 

A ' " ^ 

nap. Etre cuit, préparé — comme des alimens, être mur, 
kjaek, a-kjô-si. 



LISTE DE RACINES. 367 

nan, Trembler, chanceler, branler, secouer, seiii, Ihop. 

namh, Sentir (par l'odorat), baiser, su, sop. 

nan. Puer, sentir mauvais, zàu , pot, haun. 

naej, Presser, e'craser ou froisser, frotter, poser sur, fop, 

nheip; pe'trir, mêler, unir ou joindre ensemble, nhau, 

rau. 
nâ, Ouïr, entendre, écouter, prêter attention, jù, mhat, 

nàh-Caun , (de nàh Oreille , qui , composé avec un nom , 

se prononce na). 
nâ. Etre indisposé, malade, souffrir, s affliger, kraBn. 
nàh. Arrêter, s'arrêter, descendre, se percher, ne, rap. 
neit [ou neip]. Etre pressé, comprimé, (bas), défectueux, 

manquer, n'avoù* pas atteint, être disproportionné ou 

au-dessous de, jô, pi^aen (praerjh?), MÔp, sôli (pour 

sôh ou Ihjôh, wôp-sôh signifiant Entrer au-dessous de, 

se baisser sous ; (ictif , nheit ou nheip), 
neim. Etre baissé, raccourci, diminué, rapetissé, être 

bas de stature , jô , kja , (pjap ou prap , Avœh ; actif , 

nheim). 
ni, Etre rouge, nham? tja? 
nîh , Etre proche , approcher , s'approcher , zap , kap , 

pùh , |m , (n'être pas éloigné , ma-wêh). 
nu, Etre tendre, délicat, jeune, pas mûr, Cùt, seim-mûé, 

nu-nan. 
not. Arracher, extraire, jû, naen. 
nop. Etre petit, menu, naej, sêh. 
[nonh. Etre faible, épuisé, nûmh , nonh-liûé]. 
non, Etre faible, manquer de fermeté, non-nfé, (ma-îi:ain). 
nù, Etre lépreux, wœ; (wœh-kjauk, wièh-nà. Gale). 
nûh , Etre mou, réduit à l'état de pulpe, mûr, moelleux, 



368 GRAMMAIRE BARMANE. 

nap, kjaek; (être doux, complaisant, nan, pjaû-mûé, 
seim; être bien disposé pour, affectionné, content de, 
nùt , krï-iiô , nhït-saek ; actif , nhûh). 

ne, Continuer, demeurer, rester, rap, nâh; être assis, ïain. 

naèh [ou nœ] , Etre peu , Ijau ; Voyez nîh. 

nœh [ou nœ] , Etre mou , pâteux , pjaû , ^êh. 

nae, ]\ être pas ferme , jeim, rain, Ihop, (non; être faible, 
affaibli, îiji; actif, nhsé). 

[naû , Etre immodeste , indécent , ka-mi^aenh , ka-laek]. 

nauk, Etre sale, impur, trouble, boueux, pas transpa- 
rent , kji , ki^u ; (être derrière , postérieur). 

nôh , Eveiller , s'éveiller , veiller , nôh-krâh. 

nôh , Espérer , attendre , penser , supposer , ra-nôh , îaen. 

nain, Conquérir, vaincre, posséder, (être le maître, avoir 
la puissance ou l'autorité ,) aun , pain , (a-zôh-ra). 

nainh. Mesurer, comparer, essayer, tainh, 2a, Rainh. 

nûm [ou nùmh] , Etre flétri, fané, séché, grésillé — comme 
une fleur, tomber en petits morceaux, pourrir; (être 
épuisé ; abattu , affligé , malheureux) ; nhôh-nûmh , ji , 
nûmh-napj , nùmh-ji , (samh , hït , nonh-nïh ; actif , 
nhûmh). 

[nûn. Pendre en bas, devenir bas, — en parlant d'objets 
inanimés, auk-kô-kja, kainh, nùt; être soumis, re- 
spectueux, rampant, — en parlant d'êtres doués de 
raison , krôh ou kjôh , kjo , nheim-îîj'a , prap ou pjap , 
wôp ; actif , nhiin]. 

nûaej , Ramper , entortiller — comme une plante , saek , kû. 

nue [ou nuehj , Etre chaud , tiède , avoir chaud , pu. 

DÙaè [ou nùé]. Plier, incliner, courber en bas, être flexible, 
couché, pjaunh. 



LISTE DE RACINES. 369 

nhaek , Battre , frapper , enfoncer en frappant , faire des- 
cendre, faire entrer de force, raik, (pot). 

nha?n , Aller , partir , envojer ou renvo;^ er , chasser , lot , 
maunh. 

nhaBnh , Donner , accorder , remettre , ap-nhaenli , ap-pêh , 
gauk-nhaenh. 

nhît , Plonger , ensevelir , noyer , mhrop , mhùuh ; {neutre , 
nït). 

nhat [ou nhap] , Amollir , rendre flexible , souple , moel- 
leux, mûr, nhùh ; {neutre , nap). 

A 

nhanh , Etre simple , sot , rùh , sùp. 

nhan ou nhan , Répandre — comme un parfum ou une 
odeur, disperser, (répandre partout, pénétrer), 9e- 
nhan , zé-nu , ^é-nha , pan (^ran ?) 

nhan , Commettre ou confier, remettre à, mettre en , ap, ïâh. 

nheit [ou nheip]. Comprimer, presser, faire entrer de 
force , (oppresser , opprimer) , seip , (nheip-napj). 

nheim , Rendre petit , bas — de stature , bas , humble , 
îîja, nheim-îîja; {neutre , neim). 

nhîh , Etendre , étendre en plis , mettre les plis d'une chose 
comme la toile ou le papier entre deux objets , ïiaenh , 
IhQàh (Ihanh ?) , kâ-ran (kàh-ran ?) , Ihiimh ; (étendre 
afin de recevoir ou de supporter , unissant les idées de 
îtaenh et îîu ; placer , mettre , afin de recevoir une aug- 
mentation , comme un capital ou fonds dans le com- 
merce, raenh). 

nhot , Tirer , arracher , ôter , enlever , extraire , naen , jû , 
Cot, pàu; (réfuter). 

nhon [ou nhonh] , Mesurer , comparer , taigh , nhainh , 
kainh , prain ; essayer , ^am. 



370 GRAMMAIRE BARMAKE. 

nhûh , Rendre flexible , doux , moelleux , mûr , nhap ; 
{neutre , nûh). 

nhêh,Etre stupide, lent, lourd, pas expéditif, inactif, 
paen-nhiiœ , pi=aenh-ri , prèh , (ma-lja3n , ma-mran). 

nhaé , Faire branler , faire trembler , Ihop-sàh-^ê. 

nhau , Mêler , mélanger , rau. 

nhauk , Remuer , ag^iter , (jeter autour , mettre en con- 
fusion , mêler ensemble , molester , affliger) , mhiiê , 
(nhau, neutre, nauk). 

nhaun , Lier , nouer , attacher , îljï-nhaun , pfi<é. 

nhaun , Etre rude, grossier, importun, ennuyeux, (mo- 
lester, troubler, tourmenter, vexer), rauij , mhaun , 
nhaun-saek. 

nhôh. Eveiller, exciter, aiguilloner, |âu. 

[nhaik, Pe'ne'trer, enfoncer]. 

nhain. Pouvoir, être capable, ?ûmh, zùmh-nhain, tat- 
nhain; (vaincre, conquérir, aun). 

[nhûaen , Peler , e'corcher , nhûà , saen]. 

nhûâ , Peler , ôter , enlever , séparer de , îiiiâ , nhûêh , 
nhûaen. 

nhûêh. Peler, ôter, enlever, séparer de, Rûâ, nhûaen, 
nhûâ; (couper par tranches, Cûà, mhûaenh-lhih , Ihûà). 

nhûaèh [ou nhûaè] , Tarder , lanterner , différer , remettre , 
tirer en longueur , traîner , retarder , paen-nhûâè , ^aen , 
nhûic-naen. 

nhûaèh [ou nhûœ] , S'appuyer contre quelque chose , s'ap- 
puyer négligemment , être incliné ou couché , teimh , 
jeimh. 



LISTE DE RACINES. 371 

pa , Luire , éclairer , éblouir , laBnh , Cûnh , ïûnh-pa ; (ne 
s'emploie qu'en composition avec des mots de signifi- 
cation semblable). 

pa, Etre rejeté, vide, dépourvu, paej , sàh, kon, ma-si; 
(selon Judson cette racine est active, mettre à côté ou 
dehors , rûé ; négliger , cesser d'employer , ma-sonh). 

paek , Jeter , seringuer , asperger d'eau ; il s'emploie aussi 
d'une pluie battante qui entre dans une maison; lever, 
soulever , comme le fait un cochon avec le groin , prît , 
kàu. 

paen , Etre fatigué , harassé , épuisé , paen-panh , mau ; (ne 
s'emploie qu'en composition avec des mots de signifi- 
cation semblable). 

paenh. Assister, aider, secourir, kû-nî, pan, ïauk-pan, 
Cauk-paenh ; (empêcher , obstruer — comme une rivière , 
kan , etc.) 

paen , Appeler , dire , commander , kàu , paen-Zaun ; (invi- 
ter, expression plus respectueuse que peit; lever, élever, 
îyî, mhi-auk; exalter, promouvoir, kjîh, mhraen). 

pït. Jeter, rejeter, décharger, tirer ou lancer quelque 
chose — avec une arme à feu ou un arc etc. zûn , kja , 
paej ; (à la place de pît Judson et Hough mettent prît , 
comme l'écrit aussi quelquefois Carey). 

pat , Entourer , entortiller , environner , (aller autour) , 
rît , (lî , wunh , \vainh). 

pat , Se fendre , s'ouvrir comme une fente dans le bois , 
s'ouvrir, aek. 

pan , Travailler en fleurs , décorer , orner , arranger , gaen , 
|aun. 

pan , Dire , parler , demander , prier , implorer , ouïr , en- 



372 GRAMMAIRE BARMANE. 

tendre, praii, a-îiùaBn-pan , (de a-ïîûaen Permission, 

commission), taunh-pan, pan-krâh, Ihjauk. 
panh, Etre fatig-iië, épuisé, haleter, être hors d'haleine, 

mau, paen-panh. 
pan [ou pan] , Secourir , assister , aider , îauk-pan , ïauk- 

pœnh , kû , ni , on , wainh. 
paej, Oter, rejeter, refuser, éviter, mettre à côté, prît, 

zùn, sâh, tûnh. 
pâ. Etre, acquérir, obtenir, avoir, apporter ou amener 

avec soi , accompagner , suivre , si , a-tû-si , ta-kfia-si , 

pà-uaen. 
pâh. Approcher, s^approcher, reculer, se retirer, (être 

terminé, perdu), lûaeij, sâh; (envoyer quelque chose), 
pâh. Etre mince — comme du papier, Ihuâ; être clair, 

fin — comme de la toile, kraè , (ma-ïû; être peu, pas 

beaucoup, nïh, ma-mjâh-ma-îû ; être rare, sâh). 
pi-. Etre aplati, pressé, comprimé, mince — comme du 

papier , (presser , rendre plat) , pjàh y î<:jap. 
peit, Fermer, enfermer, boucher, arrêter, prévenir, em- 
pêcher, intervenir, obstruer, peit-paenh, £ih, tâh, kà, 

26 , kûaej ; (engager d'avance), 
pein, Languir, dépérir, se consumer, amaigrir, devenir 

décharné, (être pauvre, maigre), kjon, Ihî, (ma-wa). 
peinh , Etre épais — en substance ou par le nombre , 

pressé , être en foule , fû. 
[pu, Etre court, comme un nain, rabougri, kûa]. 
pot [ou pop] , Etre pourri , corrompu , vieux ou gâté , u , sôh. 
pot, Battre, frapper, meurtrir, battre sur, raik, Rat, nha&k. 
ponh. Se cacher, se tenir à l'écart, se tenir caché, pûaek» 

saun, Ceim, kùaej, Ihjô. 



LISTK DE RACINES. 3T3 

pon, Amasser, recueillir, rassembler ou accumuler, mettre 
en monceau , zu , ^u-wèh. 

pon , Elever en monceau , enfler ou amasser de manière à 
prendre la forme d'un sac, krûa. 

pu, Être chaud, brûlant, tiède, nùéh, laun; être inquiet, 
jaloux, (afflige, malheureux), pû-pan, pù-|ùèh. 

pùh. Etre uni, rassemble, mis en contact, devenir com- 
pacte, zon, 9on-pûh, kap, {iaek, slù, tme; (cette racine 
est active selon Judson). 

pê , Etre rebouché , brisé , obtus , emousse — comme le 
tranchant d'un couteau, leip, tonh. 

pèh. Donner, faire présent, kamh, ziiii, Ihù. 

pgé , Briser , rompre , se rompre , tomber de côté , kjôh , 
riiâè ; (actif, paé). 

pau. Etre plusieurs, beaucoup, en quantité, en abon- 
dance , (pas rare) , mjàh , (f ù , ma-sàh). 

paii, Être léger, (pas pesant), de peu de valeur, insigni- 
fiant, sûn, Ijaii, (ma-lêh, tan, nan, jot; être prompt, 

pauk. Etre percé, pénétré, avoir un trou dans ou à tra- 
vers, (être marqué d'un point), être déchiré à travers, 
s'écouler de , suinter , pousser — comme une plante , 
(paraître au jour, apparaître, arriver), tiiaenh (Un trou, 
Voyez Ciiaenh), i^ot, prat, rauk, (^aek, Cii<ek, pàu; 
actif-, ^auk). 

paun, Hypothéquer, engager, troquer, donner à la place 
de, nhan, paun-nhan. 

pauijh. Rassembler, unir ensemble, assembler, zon, on, 
(plus que zu et ronh). 



374 GRAMMAIRE BARMATVE. 

pâu , Venir au jour , apparaître , surnager , flotter , Cûeek , 

Caen; {actif, pâu). 
[pô , Combler au-dessus de la mesure , remplir trop , faire 

excéder sous un rapport quelconque, Ihjan, kjàu]. 
pôh, Attacher à ou fixer une chose sur une autre, fap. 
po. Porter, porter à, apporter, mener, amener, faun, 

rùaek ; (enseigner , instruire , saen ; offrir — comme un 

souhait; être jeté dans ou sur; actif, pô). 
paik. Embrasser, serrer entre les bras, paek, pùé. 
pain , Appartenir , appartenir à , (posséder) , régner sur , 

avoir des droits incontestables sur, a-z6h-ra, |ain. 
painh, Diviser, couper eu morceaux , séparer, partager, 

mettre en quartiers, partager par moitié, kot, pi^at. 
pi'a. Montrer, indiquer, ùhûnh. 
pjaek, Etre gâté, détruit, ruiné, rompu, mis hors d'état 

de pouvoir servir, pgtek-zih, pjauk ; (jouer un tour, 

décevoir, îijâu, pjask-îijàu; ajouter, mettre dedans — 

comme quelque chose que l'on mêle à une autre , ïcap , 

ziisek, launh). 
pi^aek. Apparaître, devenir visible, Caen ; pi'aek (ou pjaek) , 

Ajouter, verser sur ou dans, fap, Ihaun, zûaek. 
praen. Réparer, préparer, apprêter, dresser, arranger, 

décorer, mettre en ordre, |aBn-pi^aen, pi^cen-|aen, 
pi^aenh [ou pjaenh]. Être paresseux, fainéant, négligent, 

îainh, tûa, (ri), 
pi'ienh. Etre vif, prompt, impétueux, sévère, violent, 

fan , mran-ljaen. 
prît [ou pjït], Etre mou ou doux, épais, plein de jus, 

être d'une substance épaisse , mucilagineux , Hjûœ. 

(Voyez pît). 



LISTE DE IIACINES. 375 

pi-fh, Devenir vide, être vide, de'pourvu, (terminé, épuisé)^ 

foiih, kon, (?aen, ïî.anh, pronh). 
pi'îli. Etre nombreux, en quantité', en abondance, mjâh, 

(ïû , pau ; ne s'emploie qu'en composition avec des mots 

de signification semblable), 
pri, Etre plein, rempli, satisfait ou rassasie, accompli, 

zon, wa, piï-^on, m, mhja, {actif, firï). 

A 

pi^at, Etre sépare, coupé en deux, partagé ou rompu, 
(terminé) , discontinuer , (s'arrêter comme une rivière 
dans son cours) , ^ot ; (être décidé , distinct , clair , pi^at- 
sàh ; actif , pi'at). 

pi-ap [ou pjdpj , Etre prosterné, couché, tomber la face 
contre terre comme marque de respect, wôp, non. 

pran , Tourner , retourner , se retirer , répondre , (répéter, 
faire de nouveau), ton ou toii, ïiauk. 

pi^aii [ou p^jan] , Etre multiplié , accru , augmenté ; divisé , 
dispersé, étendu, répandu; pi'an-pùàh , pran-prau , 
mjàh, kjapj ou krœj; {actif , pran; pjan. Etre plaisant, 
agréable, sà-jà*, sâ-râ? être content, joyeux, sùaen). 

pran [ou pjan] , Voler , s'envoler , \vœ. 

praej , Etre terminé , prendre fin , diminuer , devenir petit 
ou peu , pjauk , neim , (f onh , pjaek). 

[prifij , primitivement pra-raej , Montrer et rire , plaisanter , 
railler , se moquer , se rire , faire rougir quelqu'un , 
comme de jeunes personnes de difFérens sexes, faire 
des allusions peu délicates , ki-lê-sâ-nhaen-zap-rûé-kjî- 
zàh; ki-lê-sà signifiant Concupiscence, convoitise delà 
chair]. 

prà [ou pjà] , Vanner , Ihiiaen , tih. 

prà, Etre bleu, bleu céleste, Isé-laé-prà; (Voyez 253). 



376 GRAMMAIRE BARMAKE, 

[pjâh , Etre plat , uni , ïijap]. 

A 

[pràh, Etre divise en différentes parties; actif , ^i^âh ; 
être répandu , praii ou pjan ; devenir beaucoup , être 
nombreux, multiplié, mjâhj. 

prih. Etre accompli, fait, terminé, achevé, kon, îcanh, 
|onh; {actif, 'prih). 

pru, Faire, accomplir, entreprendre, lot, 2aun, ^î-raen. 

prot , Etre disloqué , demis , partir comme le chien d'un 
fusil , lûœ , pjaek ; (actif, prot). 

prop [ou pi'ot] , Bouillir, faire bouillir, faire une décoc- 
tion , îijaek. 

pi-onh ou promh [ou pi'onh] , Etre épuisé , consumé , s'é- 
teindre , finir , devenir vide , dépourvu ou détaché , 
pjaBk-pronh , pronh-tîh , kon , (lîanh , f onh , prih , {ac- 
tif, pronh). 

pronh , Rougir par pudeur ou de honte , sourire , changer 
de visage , raej. 

pron. Se lever ou s'enfler, comme le fait la bouche lors- 
qu'on parle ou rit , demeurer interdit , être muet , pon , 
pua. 

prê , Etre arrangé , apaisé , se réconcilier , être d'accord , 
satisfait de , (rendu agréable , commode) , pi^ê-Rjau , 
prê-prît, {actif, pi'ê; être obscur de couleur, bleu 
foncé, iiô). 

pi'êh, Courir, s'enfuir, s'échapper, Ihfiâh, Ijaen-mran. 

pi-œh [ou pi^aè], Rompre, disperser, éparpiller, kùse, 
pran; (s'ouvrir, déployer, être ouvert, fleurir, s'em- 
ploie des plantes dont la fleur a la forme de cloche, 
lanh ; actif, préè ; être épuisé , Voyez prïh). 



LISTE DE RACINES. 377 

prau, Croître, s'agrandir, (être large, étendu), en quan- 
tité' , en abondance , nijàh , pûàh , kJ!«j. 

prau , Prononcer , énoncer , dire, parler, entendre, pan, 
25 , Ihjauk , kràh. 

pjaû [ou praii], Etre mou, tendre, plein de jus, pliant, 
flexible , mûr , délicat , i , nœ , pjaunh , ùan , nu. 

pjauk [ou pi-auk] , Se perdre, disparaître, être effacé ou 
détruit, ma-si, pjauk-pjaek, ïein-saun; {actif, |jjauk). 

prauk. Etre d'une forme circulaire, être tortueux, être 
tacheté , (être diversifié par la peinture ou la sculp- 
ture) , kùaek , kràh. 

praun, Luire, être brillant, clair, sfmh , laïnh, (tauk, 
Cein , lûnh). 

praun [ou praunh]. Mettre une chose à la place d'une 
autre , changer , échanger , remettre , abandonner , chan- 
ger de place , lié ou Ihaé ou lliaej , rué , ïiùà , sûàh , 
(nê-rà-praunh). 

pjaunh ou praunh. Etre tendre, flasque, flexible, pliant 
pjaii , i , nûeé , (ma-taun ; actif, pjaunh). 

pi^aunh [ou praun , Etre dur] , endurci , déterminé , résolu , 
invétéré, opiniâtre, obstiné , (ma) , zeit-mà , î^jàu , pjaek- 
ïîjàu. 

pjàu ou pràu. Etre satisfait, content, heureux, a laise, 
en repos, réconcilié, jouir, miié-ljâu; {actif, pjàu; 
pi^àu Dormir tranquillement, être dans un profond som- 
meil , m lié , eip-pi'àu). 

pjo ou prô , Rompre , tomber dans ou en bas , tomber en 
morceaux, se détruire, périr, pjaek, kja, pjaek-zîh; 
{actif, prô). 

prô [ou pjô] , Etre mur , arriver à l'état de maturité , n'être 

25 



378 GRAMMAIRE BARMANE. 

pas vieux, (être jeune, clans la fleur de l'àg-e, d'où a- 
pjô Une jeune femme qui n'est pas marie'e), nu-nœ, 
pjô-mrït. 

pjôh. Planter, zaik. 

pro [ou pjôj, Avoir envie de vomir, an. 

pi'ô. Accroître, être en abondance, en quantité, multi- 
plier, pûâh, mjàh. 

pi'ain, (Mettre ensemble l'un auprès de l'autre), com- 
parer, mesurer, faire une comparaison, (|m) , prain- 
ssek, tainh, nainh, fain, îtainh, nhainh. 

[pi'ainh. Etre plein, en abondance, bien fourni]. 

pfia, Se lever ou s'enfler comme un sac, ou comme la 
bouche avant qu'une personne parle ou rit, pi'on; être 
fragile, cassant, rûa. 

piiaek, Sauter, bondir, sauter comme les poissons dans l'eau, 
bouilloner comme de l'eau bouillante, |ii , lliaik. 

pnaeij. S'ouvrir, déployer, (être ouvert, fleurir), kàh; 
ijtctif, fjùaîn). 

pût. Unir, polir, frotter afln de polir, nettoyer par le 
crible, (laver), pût-taik, sap. 

pùnh, User, enlever par la friction, s'épuiser, pronh, 
(ki-ot). 

pûà, S'élargir, se relâcher, kjipj. 

pfiàh. Accroître, agrandir, accumuler, mjâh. 

pûé, Porter — comme dans les bras ou sur les genoux, 
paik, îijî. 

pi'ûaek, Prononcer, parler, (terme honorifique), pi'ûaek- 
mifupk. 

[pi-fin. Etre versé dans, habile, accompli, kjê, kjaen, lï, 
kjûmh]. 



LISTE DE RACINES. 379 

prûm [ou prûmh] , Mélanger , mêler ensemble , rau , 
nhau. 

jja, Troquer, échanger, laè, Ihaej, Cat, lia-lspj. 

paek , Embrasser , serrer entre les bras , être ensemble , en 
compagnie de, (unir), paik, pùé, paek-ran, paunh. 

paeij. Tarder, lanterner, traîner, être lent, tirer en longueur, 
être lourd d'esprit, pesant, pcPij-zàh, nhû<è-f)ieu, lêh. 

pih [ou prïh], Être agréable, doux, (lent, modéré), mé- 
lodieux, sà-jà*, (sà-rà ? f)rïh-ùliaBnh , ^i=ih-f)rù , nhêh). 

f)at. Lire, parcourir, rût ; (interpréter, expliquer, — 
comme un songe ou un auspice; être beau, — s'emploie 
avec des mots qui ont rapport à l'extérieur, à des cou- 
leurs). 

pan, Prendre ou revêtir une forme différente, différer, 
former, créer, faire, pan-zien , zî-raen, pru. 

pan, Etre acre, astringent, pan-ïéàh. 

pamh [et panhj , Prendre , saisir , jù , kain. 

paej, Oter, mettre à côté, renoncer, être indirect, mettre 
ou aller à l'écart, tfinh, sàh, zaunh, teimh. 

pà. Rapiécer, raccommoder, réparer une déchirure etc. 
Cêh, kjap, pi. 

pàh , Etendre ou déployer , jeter négligemment sur , être 
suspendu de manière à flotter, sfù, rîii, si, (riii-si), wê. 

pi, Mettre sur, porter sur, être sur, écraser, presser. 
Cap, pomh. 

peit. Appeler, inviter, paeu, îcâu; (expression plus re- 
spectueuse que îiàu; Voyez pa?n; offrir de donner, in- 
viter à prendre, peit-man). 

peit. S'écouler de, suinter, jô, ziii. 

25. 



380 GRAMMAinE BARMANE. 

j)u, Etre promiiient comme une bosse ou une jointure, Sït. 

pot, Rôtir, flamber, brûler au feu, mi'aik. 

jjom ou pon [pomli ou ponh], Couvrir, enfermer, op, 
Ihùmh, 'pï; (cacher, Ceim, whtek, sô, jiïit). 

pûh, Rencontrer, venir en contact, voir, kïon, tûé, mraen; 
(terme respectueux). 

pûh , Boutonner, bourgeonner, former un bouton ou un 
bourgeon, non, kœnh, 

jiùh. S'enfler, s'enfler ou s'ëlever en tumeur, raun. 

pœh [ou péè], Jeter, rejeter, éviter, se mettre à l'écart, 
être séparé, se séparer de, séparer, krmh, saun, kûâ, 
(paBJ, prît, ^fiii, sâh). 

paé. Enlever ou détacher en brisant, en déchirant, écailler, 
mettre en pièces, |ot, îîiliè, zeit, liramh. 

pau , Etre enflé (un peu) , agrandi ,, raun ; (moins que 
paunh). 

[pauk, Percer, pénétrer, faire un trou dans ou à travers, 
|)auk-C5h; neutre, pauk; changer, être changé, chan- 
geant, siiê-lhan; avoir tort, être incertain, faux, mhâh, 
jùaenh; échanger des marchandises, trafiquer, raun- 
wipj , jjauk-kàli , kon-siiaej , de kon Marchandises]. 

paun [oupaunh], S'élever, s'enfler (fortement), se gonfler 
comme une ampoule ou un sac vide, £a, krûa, pùa. 

jpàu , Tirer de, extraire, mettre au jour, ïot, |tej ; (neutre, 
pâu; s'associer, faire compagnie, paunh, jjœk, Ihâu). 

po, Jeter dans ou sur, ajouter à, launh, lap; (haleter, 
Ihaikj neutre y po). 

jyjœk. Détruire, ruiner, raser, effacer, raturer, biffer, 
f)jiEk-|îh , f3jauk-f)jaek. 

praen [ou pjœnh], Etre vide, nul, sans valeur, manquer 



LISTE DE RACI>ES. 381 

de consistance, nau, tan, (a-nhït-mœ, de a-nhît Soli- 
dité', substance). 

[pjaenh. Etre plusieurs, nombreux, nijàli , Cù, pau, pi'Hi]. 

prit, Être, exister, devenir, provenir, commencer d être, 
(être praticable) , si , tï , rauk , pauk. 

Jirîh, A oyez |iîh. 

pii', (Remplir), ajouter en sus, ajouter de nouveau, ac- 
cumuler sur, (pri'-^è), launh, zûipk; (neutre, pri). 

f)rat, Diviser, séparer, couper en morceaux, (couper en 
deux, décider), painh, Rot; (neutre, prat; troubler 
quelqu'un pour le gain). 

fjrari. Disperser, répandre, étendre, déployer, kràh, kàh; 
(neutre , pran; aller, marcher, terme très-honorifique, 
sùé-zaek-tàu-pran, kre-tâu-praii Marcher des pieds d'or 
ou royaux). 

pi-amh [ou pjanh]. Asperger, répandre, comme de l'eau, 
fût. 

pjàli. Avoir la fièvre, nâ. 

[pràh. Diviser en différentes parties, rendre beaucoup, 
nombreux; neutre, pi'àh]. 

prîh. Peigner, nettoyer, sœn, sot-saen ; (finir, accomplir, 
neutre, pi^ih). 

[pi^ot. Délier, disloquer, déranger; neutre , protj. 

[pronh. Consumer, épuiser etc. neutre , pronh]. 

prùh [ou prù]. Etre blanc, Ifia-lûa-prù; (opposé à nô; 
être agréable, content). 

prûh. Asperger, répandre ou jeter comme du sel ou du 
poivre, prari, krœ, (|ût-priih; se terminer en pointe, 
sùaBJ; siffler comme un serpent, shjù). 

[pré. Cajoler, apaiser, réconcilier, satisfaire, arranger, 



382 GRAMMAIRE BARMANE. 

ôter, îcjau, Rjaii-mau; neutre , pré; répondre à une 
demande, opposé à méh]. 

prêh, Être doux, lent, pas prompt, nhèh, (prlh). 

[praè, Ouvrir, neutre , prœ]. 

fyjauk, Egratigner, îtjaek, kop; (perdre, effacer, détruire, 
fsjauk-frjaek ; neutre, pjauk). 

pi^auij. Etre (et rendre) droit, debout, mat. 

f)ràu, Contenter un enfant, îyau, îijaii-maii; (jjjâu, Con- 
tenter, satisfaire, Rj'aii, ^ré; neutre, pjâu; pràu. Dor- 
mir, prendre du repos). 

prô, Détruire, ruiner, abattre, fvjaek ; {neutre, prô); 
chasser, bannir, nhœn-Cot, nhaen-f)rô. 

pj'ôh , S'enfler , être élevé au-dessus de la surface ordi- 
naire, être convexe, fiûn, mauk, tat (tœk?). 

fîûaBk [et pût]. Cacher, tenir secret, celer, ponh, whaek, 
kilaej, ïauij, (ïeim, sô). 

fjûgeij. Ouvrir, déployer, Ihît, kraé; {neutre , pûaeij). 

[pût. Voyez pûaek]. 

pûp, (Nettoyer, zaen-zê, saenh, saii); il s'emploie géné- 
ralement du nettoiement du riz (ou des vêtemens) qu'on 
fait en les battant; battre, raik, Caunh; (Voyez pût). 

pûn, Etre plein, large, grand, florissant, fort, enflé, 
bouffi, pjôh, krîh, san, ïûâh. 

r - •• * 

[puiej. Etre convenable, propre, bienséant, pûîBJ-rà, 
Ijauk-pat; n'être pas tenace, ma-^êh]. 

pûà ou pûàh. S'ouvrir ou se ramifier en plusieurs fibres 
(ou parties) , devenir comme une brosse , être nom- 
breux, kàh, mjàh. 

pûàh. Porter, produire, enfanter, mùêh, 

pûê , Chercher , sa. 



LISTE DE RACI\ES. 383 

f)Û8é, Lier, attacher, nhaijn, ïljîj faire un paquet, lier 
en botte, îop, zlh ; pendre, osciller, Liinh, faiij, tfia; 
unir, joindre , consentir, s'unir ensemble dans l'accom- 
plissement de quelque ouvrage comme le feront deux 
amis, paunh, saek; unir ou lier ensemble, comme <les 
phrases ou des argumens, 91, komh. 

ma, Secourir, aider, assister, recouvrer, délivrer, ma-^a, 
Cauk-ma, kû-ma, kaej-nia; guérir, contribuer à la gué- 
rison , ku-ma. 

maek, Rêver, faire un songe, eip-maek. 

maek. Désirer, convoiter, être avaricieux, a-lô-si, ra-nôh, 
maek-mau. 

mœn, Aimer (ou goûter), être content, se réjouir, îî.yen, 

mï. Rendre ou produire un son, a-san-prit (ou a-san-pi'u, 
de san ou a-san Un sonj être nommé, avoir un nom). 

mï, Pleurer, lamenter, déplorer, être mécontent, (gron- 
der), mf-tamh, ta-sa, ml-tfin, tauk-tîh. 

mïh ou maeh. Etre noir, obscur, naek. 

mat , Etre debout , droit , pi^aun , zaik. 

[man. Oindre, répandre, enduire ou barbouiller, on, 
mhfimh]. 

ma, Etre dur, ferme, grossier , difficile, sain, fort, taun , 
îiain , kjanh , Raek , î. 

mi, Atteindre, trouver, obtenir, arriver à, acquérir, ra , 
tfié. 

[meinh, Etre confus dans ses idées, distrait, absorbé, stu- 
péfait, étonné, meinh-mau, meinh-mhain , tûê-vvê]. 



384 GRAMMAIRE BARMANE. 

mein [ou mein], Parler, prononcer, prononcer un discours, 
(terme honorifique) , 2à , rùt , jiat. 

mî, Atteindre, trouver, toucher. Ci, tùé, kap. 

monh , Ne pas aimer , haïr , vouloir du mal à quelqu'un , 
mépriser , niraen-praenh. 

mû ; cette racine qui signifie Faire , accomplir , est jointe 
à un autre mot pour marquer que quelqu'un fait ce que 
ce mot exprime, ou qu'il ag^it de la manière indiquée par 
ce mot , comme maînh-mû Se faire roi, na-g-âh-mû Agir 
comme un nagâh, du sanskrit nâga; (Judson). L'ex- 
plication suivante, donnée par Carey , qui j ajoute la 
signification de mû comme affixe, (Voyez 133), n'offre 
pas une idée claire: «Cette racine a généralement la 
même signification que celle qui la précède dans une 
proposition , quand même ce verbe est seulement sous- 
entendu ; elle ne se trouve ordinairement qu'à la fin d'une 
. proposition en construction avec le gérondif du verbe 
qui la précède ; pi^u , kjœn '\ 

muh , Etre enivré , avoir un étourdissement , s'évanouir , 
rît , mhain , wê , tùê-wê. 

mêh, Demander, interroger, s'enquérir, rechercher avec 
soin, mêh-mi^anh, ^ûh-zamh , li^-^œj*, mêh-^amh, si- 
aun-mû (si-auk-mû ?). 

mé, Oublier, perdre la réminiscence, (ne faire pas atten- 
tion), sati-ljaii, a-mhat-ma-si , (mé-kjan, mé-ljaû). 

[mae, Menacer, effrayer, maunh; mae ou mih, Etre obscur, 
noir , sombre , ignorant , simple , maik]. 

[maé. Etre tordu, — comme la bouche, rûâè; manquer, 
n'être pas, ma-si]. 

A * 

mau, Etre fatigué, las, épuisé, paen-panh, panh-paen. 



LISTE DE UACINES. 385 

[maii , Veuir au jour , apparaître , pâu]. 

maii et mâu, Lever les yeux, regarder en haut, projeter 
dans une direction horizontale, taun , Ihan. 

mauk , Etre convexe , élevé au centre , mô , pjôh. 

maunh , (Menacer) , effrayer (par des menaces) , maunh- 
maè , ("kjeimh , niiè) ; chasser , faire en aller , nhaen. 

mâu, Voyez maii. — Saillir, avancer, nau3 être hautain, 
insolent , nàu , nauk. 

mô , Etre eleve , eleve au centre , convexe , devenir appa- 
rent, mauk. 

môh. Couvrir, recouvrir, couvrir de chaume, op (Ihûmh). 

môh. Etre grand , élevé , noble, exceller, surpasser, kéèh, 
mrat, lûn, kiih, môh-kièh. 

A " " " _ 

mô, Etre terne, sans éclat, triste, abattu, sam, sam-nô. 

maik, Etre obscur, ignorant^ (simple), a-lœnh-ma-si , 
mhaun , (mœ). 

mi^a, Etre aigu ou perçant comme le tranchant d'un cou- 
teau ou le froid, Caek, ê. 

mjœk, Etre fâché, irrité, en colère, maen-mjat (? zeit-fôh). 

mjaek , Rester ou demeurer fixé comme une arête dans la 
gorge, lii. 

mi-'ask, Etre aigu, affilé, (comme un couteau, piquant au 
goût), Caek, Caek-mraek. 

mi^aen , Voir, apparaître, Caen. 

mi'ien. Etre éloigné en hauteur ou en temps, mrauk, lun. 

mi-ft. Arrêter, prévenir, obstruer, empêcher, tàli, |îh 
kaii. 

mjf [ou mjïh]. Dormir légèrement, prendre un court som- 
meil , (avoir sommeil), eip-mjïh ; (il ne s'emploie pas 
séparément; être faible, épuisé, nonh-îiûé). 



386 GRAMMAIRE BARMA5JE. 

mrat, Être excellent, noble, illustre, grand, exceller, 

surpasser dans ce qui est bon, lûn, sa. 
nii'an, Etre vite, prompt, Ijaen, (fau). 
mi^an, [ou mranh], Entortiller, anneler, courber, rider, 

ratatiner, tûn, leip , iihô-mïanh , (samh; racine neutre 

selon Judson). 
mran [ou mranh] , Gouverner , re'gner , (avoir en sa pos- 
session) , jouir , zôh , zan. 
mranh. Interroger, demander, faire des recherches , ^ûh- 

zanih, mêh. 
mjàh, Etre plusieurs, beaucoup, en abondance, en quantité, 

pau. 
mrein. Goûter, jouir, être agréable au goût, sain ou sa- 

lubre, délicieux, mi^ein-saek. 

A 

mi'op. Etre couvert, plongé, enseveli, englouti, suffoqué, 
nït; (actif, mhrop). 

mron, Etre vide, dénué de, privé, défectueux, (stérile 
en parlant d'animaux), kaenh, 2eit; (diviser, fendre, 
mliûà, Rîite, ^eit; se cacher, se tenir coi, aunh, kùaej, 
ponh). 

mron. Mâcher, (ruminer, rémâcher, diffère un peu de) 
wàh. 

mrû ou mi-ûh. Etre bien aise, charmé, se réjouir, wïimh- 
mrauk, wiimh-sâ, (de wiimh le ventre, le bas ventre; 
sûaen, mrûh-Cûh, mrùh-zàh). 

mi^ê, Déchoir, pourrir, tomber en poussière, 2ùêh-mré 
(ou fûéh-mrê, mrê-zàh). 

[mi^é , Etre froid , avoir froid , è , ïtjamh-mra ; être fin , dé- 
licat, îijau]. 



LISTE DE RACINES. 387 

iTii-gèh [ou mrie, qu'on prononce fréquemment mrîh], Goû- 
ter, essayer, zamh, mih (?). 

mrièh [ou mrœ], Etre (serré, fermé, en sûreté), fort, ef- 
ficace, substantiel, de longue durée, durable, établir, 
(krap , tît) , îîain. 

mjau , Nager , flotter , flotter avec le courant d'une rivière , 
pà , laik. 

mrauk. Être levé, élevé, exalté, promu, élevé à un état 
d'avancement quelconque, (au-dessus d'une difficulté, 
actifs nihrauk; gagner, prévaloir, accomplir), excéder, 
se réjouir, sa, lûn, kœh, môh, taek, wiimh-mrauk, 
(Voyez mrûh). 

[mraim ou mi'aunh. Etre long, étroit, sûaej ; actif, mhraunhj. 

[mjô ou mrô Avaler , kjaik]. 

A 

mi'aik, Etre flambé, roussi au feu, brûlé, brûlé légèrement, 

laiin; [actif, mht^aik). 
[mrain , Etre plein , foulé, pressé; comme nom Une forêt]. 

A 

mûa, Etre réduit en poudre, tomber en petits morceaux, 
en poussière, kjê, naek, mhon; (racine active selon Carey, 
pulvériser etc.) 

mût. Avoir faim [ou soif], ijat, (|â, seip). 

A ~ 

[mûn , Etre bon , excellent , kaunh , mratj. 

mûnh. Etre plongé, enseveli, suffoqué, (étonné, stupé- 
fait), nît-mûnh; (ac///*, mhûnh). 

mûm [ou mûmh], Etre oint, (couvert, enduit ou barbouillé), 
décoré , orné , arrangé, leimh-kjan , mùmh-man ; (actif 
mhûmh). 

mûêh , Engendrer , enfanter , fîûâh. 

mûêh. Donner à manger, nourrir, soigner, élever, mûêh- 
zàh, mûéh-krûèh. 



388 GRAMMAIRE BARMANE. 

mue , Dormir , être couché , eip-mûë. 

mùé, Etre fin, doux, délicat, aisé, iiûh-iian; (jouir, se 

divertir, être satisfait, content, pjâu-pàh, mùé-ljàu). 
[mi'iiaBk, Parler, proférer, prononcer, mrûaek-raen]. 
mhi, Nommer appeler, (donner un nom), a-mhat-Càh; 

(produire un son), 
mhi, Etre mûr, mou, mhi-pjaii, raen. 
mhat , Prendre note , observer , considérer , remarquer , 

(être d'opinion), mhat-sâh. 
mhan. Etre vrai, exact, juste, (propre), mhan-kan, ma- 

lùiB, ma-Rjût; (atteindre, — au but, |aik). 
[mhanh , Marquer , remarquer , observer , viser à une 

chose, mhat]. 
mhà, Dire, informer, ordonner, donner commission, com- 
mander, mhâ-laik, mhà-Càh]. 
mhâ [ou mhàh] , Se méprendre , se tromper , errer , lùae , 

kjiit-jûaBnh ; (pécher, transgresser, commettre un adul- 
tère , prlt-mhàh , de a-prît Péché), 
mheit, Fermer, clig-ner les jeux, clignoter, peit. 
mhein [ou mheinhj , Etre absorbé dans ses pensées , ne pas 

faire attention aux objets extérieurs, mhain. 
mhî, Atteindre, trouver, toucher, parvenir à, rejoindre, 

rattraper , égaler , îi , tfié , kap. 
mhot , Souffler de la bouche , (jouer d'un instrument , 

sonner) , Ihiit , Cot. 
[mhon. Avoir la vue trouble par suite de vieillesse ou de 

maladie, mhainh; pénétrer, répandre, nhaii-zap]. 
mhon, Pulvériser, réduire en poudre, kjê, mûa, liaek. 
[mhê, Avoir mal aux jeux, mhainh; être assoupi, mhê- 

saek]. 



LISTE DE RACINES. 389 

mheh, Être cou vert, embarrassé dans, barbouille', souillé, 
inhèh-saek. 

mhauk, Renverser, être convexe, mhauk-lhan. 

mhaun , Être obscur , sombre , (être faible , avoir la vue 
faible), a-laenh-ma-si , mhainh, rî. 

[mhaun. Vexer, troubler, se troubler, nhaun]. 

mhain , Être absorbé dans ses pensées , (stupide , étonné , 
confus) , mheinh. 

mhainh , Être obscur , sombre , a-laenh-ma-si , mhaun , rî ; 
(perdre la vue par suite de maladie ou de vieillesse, 
mhon, mhê, mhaun). 

mhja , Etre pareil , semblable , tu , ùi. 

nihja. Partager entre, distribuer, wê, Avê-nha. 

mhi^aen [ou mhjaen]. Élever, hausser, accroître, promou- 
voir, exalter, krûa, îijîh. 

mhjàh. Décevoir, attirer, leurrer ou amorcer (comme un 
poisson) , approuver , consentir , pjàh-jaun , Ihi-zàh. 

mhi-op [ou mhrot]. Engloutir, plonger, noyer, suffoquer, 
ensevelir, couvrir, nhït, mhfinh; (neutre, mrop). 

mhrû , Attirer , leurrer ou amorcer , plaire , charmer , en- 
chanter, pjàh-jaun, kjî-zaej. 

mhi^êh. Etre entortillé, entrelacé comme un tissu ou pris 
dans une toile , (entortiller) , mhïêh-saek. 

mhjau , Etre détaché , s'en aller ou se détacher comme un 
bateau de Tamarrage, (flotter, faire flotter), Ihût. 

mhïauk. Lever, élever, exalter, promouvoir, élèvera 
un état d'avancement quelconque, paen, mhrauk-^âh, 
(mrauk-zàh , Louer , glorifier , îijîh-mûmh , Judson) ; 
neutre, mrauk. 

[mhraunh. Rendre long ou étroit; neutre, mraunh]. 



390 GRAMMAIRE BARMAJVE. 

mhjâu , Lever les yeux , regarder devant soi avec étonne- 

meiit, anxiété, espoir ou attente, ki'i, su, nôh, mrien. 
[mhraik , Flamber , roussir au feu , brûler , neutre , mi^aik]. 
[mhûaenh. Couper par tranches, nhûêh, £ûâ, Ihîh, Ihùâ) 

iihgenh]. 
[mhût. Etre poli, délicat, beau, lîjau, prê-pi^ït]. 
[mhùnh , Plonger , suffoquer, étonner, confondre, nhft, 

mhi^op , meinh-mau , tùê-wê]. 
[mhiimh. Couvrir, enduire ou barbouiller, oindre, man, 

leimh, lûh, kjan; neutre^ mûmh]. 
[mhûâ. Couper par tranches, diviser, fendre, 'kûic, ^eit, 

nhaenh]. 
mhûàh, Etre petit, comme un atome, nay, Ihêh. 
mhiïê. Remuer la boue, agiter; (chercher, aller ça et là, 

vexer, incommoder), nhauk. 
mhiiêh. Sentir, parfumer, rendre une bonne odeur, krain. 

jïn. Etre apprivoisé, dressé, (comme un cheval), bien 
élevé, affable, sociable, poli dans ses manières et sa 
conduite, être beau (dans un sens moral, par rapport 
à l'observation des devoirs religieux; être tendre, déli- 
cat; être sérieux, constant), kjaii, saen, piiaej-râ, (si- 
mùé , ïijau , Iha). 

jap [ou jat]. Eventer (avec un éventail etc. faire signe 
avec la main) , îlap , (ou jat-kat , Ihfiàh). 

jan , Etre humide , mouillé , trempé , moite , mou , 96 , sùnh. 

jàh [ou râh]. Démanger, jâh-jan,* 

ji. Etre gâté, pourri, prêt à tomber en morceaux, niimh, 
jté, fiiêh, mrê. 



LISTE DE RACINES. 391 

jein [oujeinh], Être incliné, pencher sur, pencher d'un 

côté , rain , teimh. 
[jeiiiih, S'appuyer, teimh, naé]. 
jot , Être vil , mauvais , ignorant , manquer d'esprit ou 

d'adresse, |ôh, neip; (diminuer, être diminué, pas plein, 

vide, fot, lat, Ijaii, ma-pri; être détérioré, devenir 

pire , Ijaû). 
joifi [ou jou], Se raccourcir, se rétrécir, (comme un ani- 
mal effrayé) , être effrayé , kjon , tûri. 
jû , Prendre , tenir , posséder , f aun , nœn. 
[ jaé , Etre g-àté , pourri , ji]. 
[jaun , Etre dans un état d'inattention^ laisser errer son 

imagination , avoir une rêverie], 
jô, (Pénétrer), suinter, s'écoliler, tomber de, (couler, 

comme des larmes) , zeim , f iiick , kja , neim , ( jô-^îh ; 

être détruit , jfiaenh, pjœk-zîh, kjôîi-p«). 
jo, Courber, plier, baisser, plier le corps par respect, 

être humble, couchant, ko, kjo. 
jûiTBfj [ou jûaenh]. Être détruit, perdu, laissé en arrière, 

rester, pjaek, Ht; (commettre un adultère, s'éloigner 

ou sauter d'une place convenable). 

ra , Obtenir , trouver , rencontrer , mi , tûé. 

raek, Egratigner, creuser, amasser, ramasser petit-à-petit ^ 

îcjœk, tûh. 
raek , Remuer , agiter , ramer , baratter , mhïiê , Ihâu. 
raek. Tisser, faire une natte, (des filets etc.) sùaenh, Ihjô, 

pot , (de pot Un grand panier d'osier ?) 
[rœk. Pouvoir, nhain]. 
[ragn , Parler , proférer , prononcer , mrûaek]. 



392 GRAMMAIRE BARMANE. 

» 

raenh, Etendre , placer ou mettre quelque chose en quelque 
lieu pour l'accumuler, nhîh; approcher, être proche, 
près, nîh, kap. (Cette racine s'écrit raen dans plusieurs 
composés, comme dans zî-rœn, Vojez 261 , dans raen- 
2ain Rencontrer en chemin, marcher, approcher, venir 
en contact, etc.) 

raen , Etre mur , endurci , ma ; (être vieux , âgé ; être dans 
un état avancé de grossesse ; être propre , accompli , 
parfait, comme le langage, zakàh-kaunh). 

A 

rît , Etre enivré , mûh , wê. 

rît , Entortiller , entrelacer , envelopper , entourer , tourner 

autour, pat, leim. 
rî. Se souvenir, se rappeler, observer, remarquer, viser à, 

méditer, rî-mhat, rî-râu (?) rî-zûh. 
rîh. Convoiter, désirer, être inquiet, amoureux, rîh-nan, 

a-lô-|i, ki'aik, nhît-saek. 
[rîii , Pendre en bas ou traîner par terre comme le ventre 

d'un animal gras, rîii-sî], 
rap. S'arrêter, faire halte, (placer) , être situé, continuer, 

taii, ne, 
rap. Mettre debout, droit, être debout, droit, mat, Caun. 
[ran. Quereller, disputer — en colère etc.] 
ram [ou ramh] , Essayer , mettre à l'épreuve , examiner , 

(conjecturer , deviner) , zam , fa , (kan , îîjaen). 
ran , Entourer , environner , enclore , renfermer , wiinh , 

(Ri'an, îiran-ran; désirer, souhaiter), 
rjej , Rire , (tousser) , ha. 

[rà. Etre convenable, propre^ digne de, tâu , kaunh)- 
ri, Etre paresseux, fainéant, pjœnh; (être fatigué, ha- 
rassé, mal à son aivSe, mau, îiaunh, pien-panh)- 



LISTE I)K J(ACI>ESi. 393 

reit, Moissonner, couper, raser, pral. 

reip, Clignoter, faire des signes avec les yeux, jeter un 
coup d'oeil de côté, ^aunh, nijaek-zaunh-reip; (être 
oblique, de biais, incliné, parler d'une manière détour- 
née, zaunh). 

[rî, Rire,raBJj être obscur, sombre, mhaun, mhainh]. 

romh ou ronh, Assembler, rassembler, zu. 

romh ou ronh, Tirer, tirer comme les boeufs, extraire, 
arracher, tirer de la boue, haler, naen, |û«. 

ron. Couvrir, recouvrir, revêtir, îiron , Ihûmh. 

ron [et jon]. Croire, ajouter foi à, avoir confiance, se 
fier , ron-krî. 

[ron, Etre assez, suffisant, lauk]. 

ron [ou selon Judson ronh]. Être grossier, maladroit, 
insolent, méchant, obscène, vil, (brujant, séditieux), 
kramh, ronh-ricnh. 

[ron. Enfler ou élever en monceau, zon, krûa, pon]. 

rûh, Etre stupide, en démence, fou, distrait, sûp, rûh- 
mûh. 

rê , Compter , énumérer , (évaluer , estimer) , rê-tûaek. 

rêh, Ecrire, tracer des lignes, rèh-mhat, sàh. 

raèh [ou rœ et raej, Etre farouche, courageux, hardi, en- 
treprenant, intrépide, réh-raen, rsèh-zûmh. 

rgèh, Etre luisant, brillant, (rouge), fein, pi^aun. 

rau , Mêler , mélanger , nhau , tùêh , Stek. 

rauk, Arriver, atteindre, arrivera, (obtenir, encourir, 
ra) , pauk , kùh-kap. 

raun. Etre enflé, bouffi, pau; (briller, reluire, resplen- 
dir, tauk-pa, Cûnh, lein, pi^aun, Ihjan). 

raun [ou raunh]. Vendre, raunh-îija. 

26 



394 GRAMMAIRE BARMANE. * 

[laiiij , Molester , troubler , tourmenter , vexer , mhaun , 

nhaun , sœk]. 
rô [ou rôh] , Blâmer , trouver à redire , zûp. 

r — ~I * 

rô [ou rohj, Etre debout, droit, jji'aun, mat. 

raik, Battre, frapper, heurter, marteler, pot, nhaek, îîat. 

rain, Pencher, être incliné, couché, teimh, nût, kainh. 

rainh. Être sauvage, (dans l'état sauvage) , inculte, gros- 
sier , impoli , (indompté , illétré) , rainh-zainh. 

riia. Etre fragile, cassant, tomber en petits morceaux, 
krûp, pua. 

rûaek, Porter, apporter, souffrir, posséder, (conduire ou 
arranger des affaires], po, faun, (lamh, îian). 

rfiaen [ou riiaenh]. Etre ouvert, vidé, manquer, être ab- 
sent, ôté, perdu, détruit, dépouillé; errer, tomber de, 
déshabiller ; lit , lat , ïîjùt. 

rût , Lire , parcourir, répéter , prononcer , pat , an ; (être 
vieux, mûr). 

rûm ou rùn , Etre abominable , dégoûtant , (désapprouver , 
détester), riin-sâ (pour rûn-sâh?) zack-fat {Carey ^ 
z8ek-|op Hough , zaek-f ot et £aBk-|ot Judson). 

rûm ou rûn , Craindre , redouter , répugner , ki^auk-run. 

rûaej , Viser , avoir dessein , se proposer ; (lancer comme 
un dard, menacer); îauk, ga, kïan. 

rfiê , Préparer , nettoyer , préparer des matériaux comme 
du bois que l'on équarrit, pru-praen, ïiot, Ihûà; (s'as- 
socier , faire compagnie , pàu , paunh , paek). 

rfiêh , Acheter , racheter un esclave , payer , pêh. 

rùêh, Choisir, cueillir, recueillir avec choix, distinguer, 
rfièh-^sej ,* zi-zît , rùêh-îcjay. 

rûé. Mouvoir, être mû, se retirer, éloigner, se ranger 



LISTE DE HA CI NES. 395 

pour faire place à quelqu'un, aller ou se rang-er d'un 
cote, continuer son chemin, (changer déplace, de situa- 
tion ou de position; mourir) ;teiinh, sàh, pàh, (praunh; 
fictif, sue). 

[rûîè , Être tordu , tiré de côté , psé , m»]. 

sa , Couper , blesser , taillader ou balafrer avec un instru- 
ment tranchant, prat. 

saek , Unir, joindre, se couper ou se croiser, unir ensemble 
deux bouts j zap, pûh, sîn; (mêler ensemble, confon- 
dre , nhau, Cûêh_, sot). 

saek. Avoir honte, (être modeste), krauk. 

saen, Vivre, être en vie, mouvoir, (être en bonne santé), 
Ihot (?) Ca. 

saBn [ou saenh] , Débarrasser , (rendre clair) , disperser , 
enlever les décombres ou ôter tout autre empêchement , 
émonder^ ï^enh, Cûaen, pa?j-seenh; (devenir séparé, se 
séparer, après avoir été uni, kûà; être pur, innocent, 
^aen-kraej, san-saBnh). 

sïn , Unir , joindre ensemble par les côtés , (mettre en con- 
tact , accoupler , zap , pùh , hap , (saek ; ressembler , être 
pareil, égal; être agréable, convenable, propre, saen, 
tàu; comparer, prain-uhainh, tainh, nhonh, ùhi). 

[si, Etre long, par rapport au temps ou à la distance]. 

sa , Chercher , pûê , sà-pûê. 

sàh , S'en aller , se retirer on reculer , partir , (chasser) , 
saun, pàh; (être répandu comme une odeur, saenh, 
mhùêh , krù , Ihain). 

sàh , Etre rare , cher , d'un prix élevé , nih , zûn , ^un-sàh. 

si. Etre, devenir, obtenir, devenir visible, apparent, prît, 
ra, Caen-sàh. 

26. 



396 GRAMMAIRE BARMANE. 

SU , Voir , regarder , (regarder attentivement) , kri. 

sot, Être confondu^ mêlé ensemble, — dans un monceau, 

saek , Cfiêh. 
sop , Sentir (par l'odorat) , baiser , su , namh. 
sop , Avaler , respirer , aspirer , sucer de l'eau , mjô , jû. 
somh ou sonh , Etre au-dessous d'une entreprise , inca- 
pable , insuffisant , perdre un pari , |onh-sonh. 
soifi ou son, Se retirer ou se rétrécir, devenir ridé, être 

contracté , resserré , tûn , leip , ïîûê. 
su , Aspirer , respirer , éternuer , fumer , baiser , namh , 

sop. 
ssèh , Eviter , aller à l'écart , se ranger de côte , IhuaBh , 

{iaej , saun , pgèh , saun-sâh. 
saun, Eviter, se détourner, se ranger de côte, (errer), 

saun-sâh , (lùte ; cacher , couvrir , ponh , sô). 
sain [ou sainh]. Etre profond, (creux, concave), naek, 

whiim, (neim, lyain, haik, hauk). 
sûaen , Se réjouir, être content, sourire, rire, exulter, se 

complaire, mrûh-Cûh, sûaen-pra, (sùaen-pa, sûaen-pjàu, 

sûaen-mrûh , sûaen-lanh). 
[sûnh, Luire, être brillant, praun , laBnh; être humide, 

mouillé , zô , zût ; verser des larmes , pleurer amèrement, 

nô ; être plein , trop fertile , comme un arbre en feuilles 

ou en fruits , être vert et florissant , prainh , zeimh]. 
[sûmh. Etre humide, mou, mouillé, trempé, zût]. 
sùé , Faire changer de place ou de situation , mouvoir , 

éloigner en poussant, saun, sàh; (neutre, rùé). 

laen [ou lîenli] , Etre clair, brillant, lumineux, krf-laenh. 



LISTE DE RACINES. 397 

lapn , Remettre, renvoyer, différer, (attendre, anticiper), 
nan , f ainh , (p;eij , ^aun , mhjàu). 

lit, Etre ouvert, vacant, vide, puien , lat, (lit-jô-ruaenh ; 
laisser derrière soi , oublier , se méprendre , être perdu , 
manquer, paii-tan, Ijaii, sati-lït, sati-lft-haenh ; actifs 

ihrt). 

If, Tourner autour, marcher autour^ mouvoir dans xme. 

direction circulaire , se promener , aller qk et là , rôder , 

pat, If-là. 
Isê, Entendre, comprendre, si, (laej, nâh-lâê). 
lîh. Se pencher, être incliné, couché, courbé, tomber, 

être jeté à terre , teimh , Ijaunh , kainh , kja , (lâèh). 
[iïh , Changer , échanger , \\ , lié j. 
lat. Etre vide, vacant, exempt ou libre de, kaenh, lut» 

liit-lat. 
lat, Etre frais, beau, bon, (neuf), ^eimh, kaunh. 
[lan , Retrousser ou retourner , renverser , praunh-pran , 

kaû]. 
lanh. Etre frais, beau, fertile, verdoyant, prospérer, Iha, 

taen-taej, ^eimh; (s'ouvrir, déployer, être ouvert, etc. 

Voyez praè), 
lan , Etre effrayé , intimidé , saisi d'une terreur panique , 

Ceit, Ceit-lan, krauk; {actif, Ihaii). 
lamh. Marcher, sûàh, rùé. 
[lan , Devenir long , étendu , si]. 
[laej. Entendre, comprendre, lié, nâh-liêj. 
[la , Venir , arriver , rauk]. 

lâh, Aller, mouvoir, (quitter, partir), sûàh; (Voyez ci- 
dessus, page 213 — 214). 
leip , Plier , mettre en rouleau , kauk , rit 



398 GRAMMAIRE BARMANE. 

leiin, Entortiller, entrelacer, (tromper), leim-lît. 
leimh, Répandre, oindre, enduire, enduire de parfum ou 

d'huile^ leimh-kjan, (lûh, man, leimh-sap). 
lu. Piller, prendre par force, saisir au hasard ou avec 

de'sordre, jù , lu-raek. 
lot ou lop. Faire, accomplir, tenir, pru, kain. 
lom, Etre couvert, caché, (couvrir), Rron, lon-ïîron. 
Ion, Etre ou avoir chaud, nùêh; (être serré, assuré, sauf), 
lonh, Tourner ou entortiller, rouler, mettre en peloton, 

tùê. 
lûh. Oindre, frotter, enduire ou barbouiller, kjan, leimh, 
lêh. Etre pesant, lourd, lêh-lan; (craindre , révérer , être 

saisi d'une frayeur respectueuse , Ci), 
[lé , Connaître quelqu'un , être informé de , accoutumé à , 

lé-kjsek , lé-kjaBn , lé-kjûmh]. 
[léè, changer, échanger, pi'aunh], 

[l«h. Tomber, glisser de haut en bas, kainh, kja, lîh]. 
lau. Répéter, faire de nouveau, f«n. Cap. 
lauk. Etre assez, suffisant, tan, lauk-nan. 
laun, Etre eu feu, flamber, brûler, roussir au feu, consu- 
mer par le feu , tauk. 
launh. Verser sur ou dans, sûnh; parier, launh-^àh. 
lô , Désirer , souhaiter , a-lô-si , van-'kjsen. 
lôh, Faire entrer, percer, (pousser dans)., Côh, sfiaenh. 
laik , Accompagner , suivre , ïap , pâ. 
Ija , Devenir petit , mince , ténu , aller en apetissant , se 

terminer en pointe , être atténué , tirer en longueur , 

sfiaej, waik. 
Ijaek, Sucer, lécher, (goûter), 90p. 
Ijaen , Etre vite , prompt , mouvoir avec vélocité , mi^an. 



LISTE DE RACINES. 399 

A 

Ijaû, Etre vidé, épuisé, devenir petit ou peu, s'abaisser, 
diminuer, (en volume, en valeur, en prix ou en quan- 
tité) , nîh , jot , nan , (pail). 

[Ijauk, Etre propre, convenable, Jjàu, Ijauk-patJ. 

Ijaun [ou Ijaunh], Etre couché, pencher ou s'appuyer 
nonchalamment, eip, zaek. 

Ijàu, Etre bon, convenable, conforme, propre, approprié, 
(beau), embellir, Ijauk-pat, tàu, saen ; être semblable, 
s'accorder, ni, mhja; (payer les dépens ou dommages' 
réparer une perte, rembourser ou rendre). 

lûaen , Paraître nouveau , avoir du lustre , être luisant , beau , 
brillant, sit, Iha, praun; (être plat, plain, égal, uni, 
ni, d'où lùaenUne vaste étendue de pays propre à la 
culture). 

lùaen, Etre emporté ou poussé par le vent, s'éloigner, 
partir, pàh. 

lût. Etre libre, exempt, émancipé, délivré, kœnh, lat, 
kjùt; (être dégagé , sans occupation, sans emploi; vide , 
comme un espace, lat). 

lîin. Etre surpassé, excédé, outrepassé, devancé ou dé- 
passé; exceller, transgresser; kjàu, krùh, sa, kaèh. 

lûn. Mourir, se, sê-lùn. 

[lumh. Se ressouvenir, se rappeler, réfléchir, regretter, 
ta, aunh-mé, tamh, tamh-ta]. 

lùaBJ, Pendre sur, être suspendu, balancer, fîiœ, fainh, 
pôh. 

lûaej. Etre facile, pas difficile , intelligible, clair, lûîEJ-kù, 
(ma-îtœk). 

lûiè, Mouvoir dans une direction oblique, passer par ou 
à côté, passer sur ou au-dessus, errer, être incliné. 



400 GRAMMAIRE BARMANE, 

couché, pencher, teimh-jeinh; (descendre, comme le 
soleil du me'ridien; pendre, suspendre, tùaè, |ûiè; être 
différent, divers, kfisè , ma-tii). 

Iha, Etre beau, joli, tsen-taej, (mun). 

Ihlt, Etre ouvert, desserré ou relâché, (ouvrir), ^ûaen, 
Ihap. 

Ihïh, Balayer, nettoyer avec un balai, reip (saenh?) sot- 
sœn. 

Ihi, Tourner, tourner autour, renverser, tourner ou ren- 
verser sens dessus dessous , pran , Ihan ; (entourer , en- 
vironner) ; se promener , pat ; (Voyez lî). 

Ihap, Etre ouvert, (ouvrir), Ihït, pùaen; (être léger, vain, 
sans substance). 

Ihan, Tourner, (comme une feuille), retourner, renverser, 
pran; (ouvrir, jjûaen), 

Ihanh, Etendre, déployer, pran. 

[Ihan, Effrayer, îij'auk]. 

Iham [ou Ihamh], Prendre, accepter, recevoir une chose 
qui est rendue , (étendre la main afin de recevoir une 
chose) , jïi ; (marcher en avant , avancer). 

Ihaej, Echanger une chose contre une autre, Ihœj-fitej (?) 
Cap; (Voyez lié et Ihsé). 

Ihî, Etre diminutif ou petit sous tous les points de vue, 
kjon, Ihêh. 

Ihîh, Couper, découper, trancher, séparer, ébrancher 
ou émonder, prat, (Ihùà, tûà, mhûœnh). 

Ihot [ou Ihop], Trembler, secouer, remuer, ton, Ihop- 
sàh. 

Ihon, [Se réfugier, adhérer], 'kron, mhî-kô; être chauffé, 
(chauffer), ka?n. 



LISTE DE RACINES. 401 

Ihû, Donner, faire présent, (par rapport aux gens d'église), 
kamh, pèh. 

Ihêh, Etre petit, diminue, naej, Ihî, seh. 

Ihé, S'envoler^ comme de la paille, passer ou disparaître, 
s'en aller , Ihûaen. 

Ihgé , Changer , déplacer , (tourner etc. Voyez Ihi) , pi^aunh. 

Ihauk , Accroître , multiplier , énumérer , ajouter , tap , 
faen , ksèh , Cap-lhauk, 

Ihaun [ou Ihaunh], Verser^ verser sur ou dans, (intro- 
duire, faire entrer), sûnh, Càh, (sûaenh; mettre en sû- 
reté, enfermer, emprisonner). 

Ihàu , Remuer , agiter , baratter , ramer , raek , mhûê ', 
(s'associer , faire compagnie , paunh , pâu , paek , rûê). 

Ihaik, Creuser^ caver, îiaunh. 

Ihain, Répandre, étendre, répandre comme du parfum, 
parfumer, pran , krain. 

Ihjan ou Ihjan, Monter, s'élever, glisser, couler ou rouler 
sur, (comme des ondes, de la fumée , une flamme, jeter 
de la flamme, luire), taek, (tauk, Cûnh). 

lhjap,[lhja ou Ihjâ], Etre mince, — comme du papier, 
Ihûà, pàh; (Ihjà, Décider). 

sau , Glisser , glisser de haut en bas , sauk-kja , faenh , 
(sau). 

sali [et saii], Relâcher, desserrer, rapetisser, diminuer, 
rabattre, s'abaisser, tomber, nhau. 

Ihjauk ou sauk. Parler, dire, prononcer, — un discours, 
(faire une pétition) , prau , |aek ; mouvoir (ou glisser) , 
le long de ou sur; aller ou passer sur un pont, passer 
le long de ou près de, sûàh; (dans ce dernier sens on 
l'écrit quelquefois sauk). 



402 GRAMMAIRE BARMANE. 

sâu [et sâu] , Laver , faiiberter , nettoyer des habits , écu- 
rer, |êh, ^ûp. 

Ihjô , Percer , pousser à travers , enfiler , faire entrer , 
(tisser) , ^auk , Côh , si. 

Ihjôh [ou sôh, Voyez neip], Entrer, pénétrer, aller dans, 
non, waen. 

so [et sô] , Cacher , celer , whaek , so-whaek. 

Ihûaen [ou Ihiiœn], Faire partir, s'éloigner, quitter, mettre 
à la voile , éparpiller , disperser (à une distance , au 
vent) , nhaen , Ihé , kréè. 

Ihût, Emanciper, délivrer, relâcher, envoyer, (sauver), 
pré. 

Ihùn , Faire excéder , exceller , surpasser , (Ihûn-kîèh) ; 
passer au-delà, traverser, outre-passer , Ihûàh. 

Ihum , [Ihumh ou Ihunh] , Couvrir , fermer , enfermer , 
ponh, peit. 

Ihuâ, Etre ou devenir mince (comme du papier), pâh, 
(Ihjap). 

Ihûàh , Sauter , sauter par dessus , (sauter — sur un che- 
val) , surpasser , "kon , kjàu ; (éventer , avec un éventail 
etc. jat-ï^at) 

Ihùgèh , Faire passer le long de , à côté , au-<lelà ; se mé- 
prendre, errer, (désobéir); pjej, (mhàh, Ihûœh-paej). 

\va. Etre gras, corpulent, gros, kïih, jpun, top, prau. 
wa, Etre satisfait, avoir assez, (avoir abondance), tan, 

tàu, (pri; wa-pi^au, Etre en abondance), 
[wœk, Diviser en parties égales, îij'amh]. 
waen, Entrer, pénétrer, aller dans, se baisser, Ihjôh, not. 



LISTE DE RACINES. 403 

waen [ou waenh]. Être brillant, splendide, jaune, (luire), 

wà, Cein, (tauk, praun, Ihjan, Cûnh). 
waen. Filer, étirer, étendre, Avaik, naeij. 
wôt, Habiller, revêtir ^ décorer, MÔt-faen; attacher, {iûae- 
[wôt. Demeurer, rester, kjeinh-wôt , ne; dormir, être 

couché, kjeinh-Ziçk; terme respectueux]. 

A . I • 1 

wôp. Etre prosterné , couche, se prosterner, incliner le 

corps eu signe de respect, wôp-non, pjap, wôp-sûàh. 
wûnh, Tourner autour, entourer, environner, être rond, 

wainh. 
wun ou wïim. Etre intrépide, courageux, entreprenant, 

aventureux, désespéré, wun-zàh, Avûn-rœh. 
waej, Acheter, jû, kramh. 
wà , Se vanter , exulter , hàbler , être arrogant , superbe , 

fat, \vâ-krûàh, wà-lhûàh, Caun-lhûàh. 
wà, Etre jaune, wà-^ein, (waBnh). 
[wàh. Mâcher, mron]. 
wê , Diviser , distribuer , disperser parmi '■, prendre à louage ; 

nha , wê-pêh , (wê-^u '■, bouilloner , bouillir , |ù ; être 

enivré , avoir un étourdissement , mùh , rît), 
wèh. Etre éloigne, distant, \vê-lan, kuà. 
wœh , Voler , planer , M , pjan ; (être bas , nùn). 
waik. Filer, tourner, waen. 

wain [ou Avainh] , Mouvoir en cercle, entourer, MÏinh. 
wain [ou wainh], Aider, assister, secourir, on, ni, kù. 
whsek. Cacher, celer, (retenir, être obscur), ponh, sô- 

whaek, (fein, îein-whaek; voler, dérober, Rôh). 
whiim, Aller en pente, être profond, sainh, neek. 
[whumh. Être plain, plat; d'où a-whumh Surface, une 

plaine place). 



404 GRAMMAIRE BARMANE. 

whë , Pousser , frapper de la tête , donner une impulsion , 
pousser en avant , pousser contre , taik. 

sa, Réparer, récréer, faire de nouveau ou refaire, prœn, 
Saen-pi^aen. 

sa. Donner, offrir^ (apporter), faek-sa, (po-|aun). 

sfek , Descendre , tomber , entrer , poser sur , arriver à , 
attraper, faenh, Saenh-saek. 

saen , Apprendre , recevoir de l'instruction, krâh, jû ; (netto- 
yer, préparer, éclaircir, comme une forêt , sot, saen, 
praen ; peler , écorcher , îtûà , nhûà , nhùaen). 

saenh, Châtrer, kùp, a-s5h-Cot; (unir, associer, rassem- 
bler, paunh; rendre une bonne odeur, mhûêh, krain). 

saen. Brûler, consumer, laun. 

saen , Convenir , être propre , convenable , agréable , sem- 
blable , (s'accorder ensemble), tàu, Ijauk-pat ; (être prêt, 
fini; unir, cimenter, marier, cohabiter, mhî-wœ*). 

sît, Laver le visage, fêh, krau. 

slt, Etre nouveau, frais, lûaen. 

sîh , Rugir, faire un bruit violent, produire un son affreux, 
(crier, comme un enfant , crier de douleur , d'angoisse 
etc.) sïh-îan, pi^aenh-îan. 

sat, Tuer, se battre, détruire, couper, tronquer, éteindre, 
prat, paBJ, Côh, pot-Rat, kûp-mjaek^ neimh; (décider, 
ordonner, commander, comme un roi; battre, frapper, 
taik). 

sap, Polir, rendre pointu, caresser avec la main, bou- 
chonner (un cheval) , îîjau , îijùn , sonh-sap. 

San , Etre fort, florissant , vigoureux, sain, san-^umh, san- 



LISTE DE RACINES. 405 

[sanh, Etre droit, rendre droit, praiin ; traveiser, passer 
à travers, kiih). 

San, Être clair, intelligible, évident, sans confusion, saenh, 
san-pjaii, zaen-kraej. 

sa-nà [ ou sa-nàh ] , Affectionner , être bon , obligeant , 
krapn-nâ. 

sam. Être sombre, terne, pas brillant, abattu, liô, sam-ûo, 
sam-mô. 

samh , Bâiller , avoir la bouche ouverte , haé. 

samh , Couper à travers , couper court , kûh , ^rat. 

sœj, Changer de place, (actif), porter, transporter, con- 
duire ou arranger des affaires, pô, saej-pôh, rûaek-faun. 

sa, Accroître, excéder, surpasser, môh, lûn, kœh, pô. 
(être agréable, plaisant, Jinh-nhaenh , pjaii). 

sàh , Marquer , tirer ou étendre une ligue , régler ou tirer 
des lignes avec une règle, ïîjàh, nœn. 

si , Savoir , apercevoir , comprendre , si-mi'aen-kràh-tûé , 
(tat; être reconnaissant, sensible aux faveurs reçues, 
kjêh-zûh-kô-a-lùn-si , proprement Savoir bon gré à 
quelqu'un, de kjêh-ziih. Faveur, grâce, profit, qui, à 
ce qu'il paraît, est une corruption de kjôh et |u). 

seip. Remplir, rembourrer, seip-26, Côh; (devenir nom- 
breux , serré , foulé , Cù , Cap , mjâh ; avoir faim ou soif, 
mût, nat). 

seiii, Secouer, trembler, chanceler, Ihop, nan. 

seim. Être petit, diminutif, (inférieur) , naej , Ihêh , sêh , 
(être doux , complaisant , agréable , nan , nûh). 

seimh. Amasser, récolter, prendre possession, confisquer, 
(saisir, attraper, enlever, emporter, mettre de côté, 
en siireté) , jù , ^u , ronh. 



406 GRAMMAIRE BARMANE. 

SI, Chanter, énoncer, dire, |ô, (sî-îîjaBnh-|ô, sî-ïijafînh-sî; 

sî-îijaBnh Cantique, hymne). 
SI , Enfiler , — comme des perles , komh , Ihjô. 
sîh, Eternuer, être irrité comme le g-osier quand on avale 

de travers, naen. 
sîh, Produire ou porter des fruits, kaenh, jpûh- 
[sîh , Diviser, séparer, espacer, rendre différent, îîjâh]. 
sot , Nettoyer , frotter , oindre , essuyer , pût , leimh-kjan , 

lûh. 
sot. Saisir ou enlever, comme le fait un oiseau de proie, 

jû, Côh. 
[sot, Ecouter, entendre], 
son , Etre peu , petit , mauvais , vide , désert ou désolé , 



sonh, Employer, faire usage de, dépenser, sonh-|aun. 
se, Mourir, s'éteindre, partir, dépasser, a-saek-ïuaek , lùn. 
sêh. Etre petit, fin, grêle, naBJ, Iheh, suaBJ. 
sœh [ousaè], ou sîh. Rugir, mugir, faire un bruit affreux, 

(ou confus, des clameurs), prœnh-Can, sïh-fan. 
sauk. Boire, avaler, fumer, mrô-sauk. 
s6, Cueillir, placer, cacher, retenir, prendre soin de, 

mettre en sûreté, sô-Câh, sô-mhîh. 
sôh. Fermenter, pourrir, devenir vieux, rance, pot, nan, 

haun. 
sùaek , Etre liquide , aqueux , délaye , sans consistance , 

sûaek-lûaek* , ma-pjït; ( sùaBk-sûaBk-ma-pjIt , Judson). 
sûaen [ou sûfenh] , Introduire , mettre dans , faire entrer , 

sût. Cl. 
sût^ Introduire, mettre dans, sûaenh, ïi; (cette racine est 

passive selon Judson, être introduit, mis dans, comme 



LISTE DE RACINES. 407 

«lans un vaisseau ; saisir ou enlever , comme le fait un 

oiseau de proie, sot; être ride, contracté, séché), 
sûp, Etre simple, sot, fou, insensé _, en démence, nhanh, 

rûh, rûh-sùp. 
sïin , Jeter , jeter dans , sur , rejeter , pït , ^ûn. 
sùn, Etre mauvais, corrompu, pourri, gâté, sot, léger, 

de peu de valeur, paii. 
sûnh , Verser , asperger , arroser , fjjanh , fût. 
sûaBJ, Courir ou s'avancer en suivant un cours régulier, 

devenir petit , se séparer en différentes branches , se 

terminer en pointe , filer ou tirer en longueur , (enfiler) , 

Ij'a, waik. 
sûàh. Mouvoir, aller, partir, làh. 
sûê, Eviter, se détourner, (négliger, comme l'observation 

d'un devoir ou d'un ordre), lûie, saun, (ma-^auij, sûê- 

saun; être changé, devenir différent, fiauk-pran). 
sûêh. Frotter, aiguiser, diminuer par le frottement, pût, 

taik; (pulvériser), 
siiêh. Faire, accomplir, prendre, porter, faun; (exciter 

à une action soit bonne ou mauvaise , nhôh-|âu). 
siié. Etre sec, se dessécher, évaporer, îijauk, îianh. 
[ shju ou shjù , Siffler , comme un serpent , ^rûh). 

ha , Ouvrir , élargir la bouche , jpiîapij , Ihft. 

hœk, Couper, trancher, trancher dans une direction hori- 
zontale (ou oblique), Ihîh; (rugir, comme un lion). 

haen [ou haenh]. Ouvrir, être ouvert, vacant, (vide), laenh 
(ou haenh-lapnh), ma-si. 

hït. Faire un bruit, crier, au, hît-âu, kjûêh, krûh, kjàu. 

[hïh , Baréter , comme un éléphant irrité , krih]. 



408 GRAMMAIRE BARMANE. 

hat, Mordre, mordre à l'hameçon, kaik, ïtaè. 
hap, Unir ensemble, (joindre, cimenter), mettre en con- 
tact , sîii , zap , iûse. 
haii , Empêcher , arrêter , prévenir , obstruer , |îh , tâh. 
[hî ou hîh , Hennir comme un cheval , ou faire un bruit 

semblable, krîh]. 
hot, Etre vrai, juste, mhan^ hot-mhan; (être éloigné, 

distant, wêh). 
hon. Être vif, violent, véhément, excéder, être vite, 

mouvoir avec vélocité , praenh , lûn. 
hom [ou honh], Rugir comme une bête^ (rauquer comme 

le tigre ; faire un bruit comme les vagues , faire un bruit 

terrible , de tonnerre etc.) hït-haBn. 
hifi , Bâiller , avoir la bouche ouverte , samh. 
hau. Parler, prononcer, prau , |5. 
hauk , Rugir , (comme un lion) , ronfler , haek , (panh , 

haik, mau). 
haun. Aboyer, hurler, comme un chien etc., hït. 
haun , Puer , être puant , rance , nan. 
haun [ou haunh] , Etre vieux, gâté, tomber en morceaux, 

|ûêh, ô. 
haik, Haleter, être hors d'haleine, être épuisé^ panj?» 

mau, (hauk). 
haik, Etre creux, profond, çainh, nenii. 
hain [ou hainh]. Manquer d'une partie ou d'un membre, 

ou de quelque chosse essentielle à la vie , manquer de 

puissance ou de capacité pour obtenir quelque objet. 

Ainsi une femme qui ne peut pas se procurer un mari, 

ou un homme qui ne peut pas se procurer une femme, 

sont dits être hainh. 



409 



SECOND APPENDICE. 

GRAMMAIRE MALAIE. 

DE L'ALPHABET. 

1. Les Malais ont adopté l'alphabet arabe en y ajou- 
tant quelques lettres pour les sons qui leur sont communs 
avec les autres peuples de l'Océanique, mais qui sont 
étrangers aux Arabes. De même que les Persans ils ont 
formé ces lettres d'après des lettres analogues de l'alpha- 
bet arabe en les distinguant par trois points. Ils ont dérivé 
de la sorte le j^ c ou t du -^ g ou d, le ^ n du g g, le 

UJ p du U f, le ^g du ^k, et le (^ ii du ^j n , ou 
selon d'autres du (_P j. Le g prend indifféremment les 
trois points en haut ou en bas; le n final ou isolé peut 
aussi les prendre en haut, mais non pas au commencement 
et au milieu d'un mot, ce qui le ferait confondre avec le 
Cj s. Quelques lettres arabes sont prononcées par les 
Malais d'une manière si différente de leurs sons primitifs^ 
que dans l'alphabet harmonique il faut les rendre par 
d'autres signes que ceux qui expriment ces lettres pour 
l'arabe. 

2. L'alphabet arabe-malai est par conséquent le suivant; 

27 



410 GRAMMAIRE MAI.AIE. 

ALPHABET ARABE-MALAI ET HARMONIQUE. 



b t s go'id Cout Ij 


h ou k d 


z 


s 

r 


/ {j^ (j^ U^ ^ ^ 
z s s ^ dl t 


tl 


£ é é 

' g 


f 


P 


L>' ^ ^ J p 


u 


J ^ 


l/ 


(û)- 


q k g 1 111 


n 


w h 


j 


11. 



A côté de l'alphabet arabe-malai un alphabet latin- 
malai a été introduit par les Hollandais dans leurs colonies 
de l'Océanique ; la valeur des consonnes y est basée sur 
la prononciation du hollandais, mais les voyelles se pronon- 
cent comme celles de l'allemand. Les consonnes qui n'ont 
pas d'équivalent en hollandais sont formées dans cet alpha- 
bet par une réunion de deux lettres romaines en un même 
caractère. Hors d'état de donner les figures originales 
de ces types, je veux cependant indiquer les lettres dont 
ils sont composés, et la manière d'exprimer d'après cet 
alphabet latin-malai les lettres arabes. 

ALPHABET ARABE-MALAI ET LATIN-MALAL 



b 


t tz 


ty tj 


Z 
hh 


t " " 

ch d dz 


r 


z s 


sj ts 


dl tll 


tl 


£ é ê ^ 

s gh ng f 


P 


kh k 




J r 

1 m 


n 


j » g^ 

w 11 j 





DE L ALPHABET. 



411 



Le sig;ne ^ est employé' dans les transcriptions, si au 
milieu d'un mot l'àlif primitif est remplace par le hamzah, 
comme dans ber^ànakh, (berànaq) ; V^ojez ci-dessous, 13. 

Le malai s'e'crit comme l'arabe de droite à gauche, par 
conse'quent on suit aussi pour la liaison des consonnes les 
mêmes règles que dans l'arabe; la table suivante donne 
les lettres malaies telles qu'on les écrit, lorsqu' elles sont 
ou isolées, ou liées à la lettre précédente seulement, à la 
lettre précédente et à la suivante, ou à la lettre suivante 
seulement; leur valeur dans l'alphabet harmonique, et 
leurs noms s'y trouvent aussi indiqués. Les lettres I *-> '~> 
r\ A et ^ ne se lient pas à la lettre qui les suit. 

ALPHABET MALAI. 





F 


igiires des Lettres 








Ordre 


Isole'es. 


Liées à 


Lie'es à 


Liées à 


Valeurs 


Noms des 


Lettres. 


des 




la lettre 


la lettre 


la lettre 


des 






Lett- 




pré- 


pre'cé- 


suivante 


Lettres. 






res. 




cédente 
seule- 
ment. 


dente et 

à la sui- 

Aante. 


seule- 
ment. 








1. 


( 


l. 






^ 


j-^r 


âlif. 


2. 


O 


e^ 


A 


3 


b 


X 

b 


bà. 


3. 


o 


kJ^ 


M 


*i 


t 


V'S 


ta. 


4. 


ô 


v^ 


A 


S 


S 


vi 


sa. 


5 


c 


5 


:^ 


:^ 


(i 


r^ 


dîm. 



27. 



412 



ghammairt; malate- 



Ordre 

•les 
Lett- 



6. 

7. 
8. 



11. 
12. 
13. 
14. 
15. 
16. 

ir 

18. 
19. 



Fi:î lires «'fs Lettres. 



Isolées. 


Liées à 


Liées il 




la lettre 


la lettre 




pré- 

eérteiite 


préeé- 
dente et 




seule- 


à la sui- 




ment. 


vante. 


ù 


g 


^ 


Z 


Z 


s: 


t 


t 


s: 


o 


(A 




o 


à 




s 


J- 




oT 


j 




U^ 


u^ 


MA 


U^ 


;^ 


A^Â 


L>^ 


U<^ 


\2. 


^ 


Oi 


KX 


L 


k 


k 


\. 


k 


k 


t 


2 


.R. 



Liées à 
la lettre 
suivante 
seule- 
ment. 



-O 



Valeurs 

des 
Lettres. 



t 

h 

/ 

h 
d 



(Il 
t 
tl 



Noms des Lettres. 



V^. ta. 

Vr:». hâ. 

\L hà. 

Jo (lâl. 

Jfu> zâi. 

(_Cy^ zai. 

c 

j^aax. sîn. 

c 

(^/sJi Slll. 

c • 

oVa3 sa t. 

c ^ 

O^-^ <llàt. 

Vk ta. 

VK tlà. 

c ^ 

(^aC aiii. 



DE L ALPHABET. 



4ia 





F 


if^iires des Lettres. 








Ordre 


Isolées. 


Li('es à 


Litk's il 


Liées à 


Valeurs 


Noms des 


Lettres. 


des 




la lettre 


la lettre 


la lettre 


des 






Lett- 




|ire'- 


précé- 


suivante 


Lettres. 






res. 




cédente 
seule- 
ment. 


dente et 
à la sui- 
vante. 


seule- 
ment. 




c ^ 




20. 


t 


, 
C 


k 


C 


è 


U^à^ 


gain. 


21. 


é 


ê 


X. 


C 


11 


\â 


na. 


22. 


tJ 


Li. 


k 


i 


f 


vi 


m. 


23. 


Li' 


UJi 


X 


i' 


p 


vi- 


pà. 


24. 


O» 


ut 


si 


5 


q 


ùv/ 


qàf. 


25. 


^ 


^ 


c^ 


r^ 


k 


ùvr 


kàf. 


26. 


^ 


^ 


t 


f 


g 


v^ 


§à. 


27. 


J 


J 


\ 


i 


1 


r^J 


làiii. 


28. 


r 


r 


*■ 


^ 


m 


C 


mîiii. 


29. 


(j 


w- 


À 


j 


11 


uy 


Il lin. 


30. 


^ 


-^ 






\v 


Jb 


wàwu. 


31. 
32. 




C5 


«Y 

A 




11 
J 


U 


hà. 


b 


Jà- 


33. 


kj) 


(^ 


A 


^ 


11 


U 


lia. 



414 GRAMMAIRE MALAIE. 

Les Malais placent les lettres p^: P '^' ^^èT" et (^j à la 
fin de l'alphabet ; M. Marsden *) les a rangées après les 
lettres dont elles de'rivent, pour les rapprocher dans le 
dictionnaire de ces dernières, avec lesquelles les Malais 
les confondent très-souvent dans l'écriture. Aux lettres 
précédentes ils joignent dans leurs alphabets un O d avec 
trois points, lettre qui ne se trouve jamais dans leurs li- 
vres, et que par conséquent les Hollandais n'ont pas adop- 
tée; ils leur joignent encore ordinairement le làm'âlif, 
^, un àlif mis dans le làm qui le précède, et le hamzah, 
^, signe qui remplace l'àlif; Vojez ci-dessous, 13. 

Au lieu des deux points des lettres arabes, les Malais 
mettent fréquemment une petite ligne horizontale, à la- 
quelle ils ajoutent un point, lorsqu'ils veulent distinguer 
les lettres à trois points. 

3. Les consonnes dont on a besoin pour exprimer le 
malai propre, rangées par classes d'après le système des 
Hindous, sont les suivantes: 



léTk 




^s 


£0 


gutturales ; 


t 




^ d 


n 


palatales ou 
mouillées; 


o t 




o d 


U n 


dentales; 


a p 




O b 


r» m 


labiales ; 


^ J 


X 


r Ji 


J ^^ 


semi-voyelles ; 


{J^S 




5 h 




sifflante et aspirée. 



*) A Dirtionary of tlie Malayan Language, in two Parts, Malayan 
and Englisli and English and Maljiyan. By William Marsden. 
London , 1812 , 4°. 

A Grainniar of the Malayan Langiiagc, with an Introduction 
and Praxis. By William Marsden. London , 1813 , 4". 



DE l'alpiiabet. 415 

Aces lettres il faut ajouter le O* q, qui dans les mots, 
qui ne dérivent pas de l'arabe, est employé seulement 
comme lettre finale, et l'àlif, f, qui à défaut de lettres 
voyelles sert au commencement d'un mot de support aux 
signes qui les représentent. 

Toutes les autres consonnes n'appartiennent qu'aux 
mots empruntés de l'arabe ; mais le (j^ s se trouve aussi 
dans des mots dérivés du sanskrit. 

4. Les gutturales malaies VéT^k, '^ g ^^ pB ne don- 
nent lieu à aucune observation, mais les palatales exigent 
une considération particulière. 

Les auteurs anglais rendent les j^ et «- par leurs ch et 

j, qui répondent aux c et g de alphabet harmonique; 
M. Robinson *) dit que le rr est un ch doux. Et certes, 
le son primitif de ces lettres malaies et persanes était celui 
des palatales par lesquelles on les a rendues. Mais par 
un adoucissement les Malais leur ont substitué des sons 
mouillés, ceux de nos t et d ; telle est au moins l'opinion 
de la plupart des écrivains hollandais. D'abord les au- 
teurs de l'alphabet latin-malai les ont rendues par les 
combinaisons tj etdj prononcées à la hollandaise; AVerndly 
dans la grammaire malaie**) fait prononcer le r^ comme 
le tj dans les mots hollandais tjanhen, tjilpcn, hamertjei 
stoeltje, etc. c'est-à-dire comme un t mouillé. Mais 
tout en rendant par dj le r?-? il le compare au g français 

*) An Attempt to elucidate the principles of Maliiyan Orthogra- 
phy. By W. Robinson. Printed at the Mission Press , Fort 
Marlboronffh , 1823, 8". 

*') Maleische Spraakkunst , iiit de eig^e schriften der Malciers opfïc- 
luaakt ; — door George Henrik Werndly. Te Amsterdam , 17 ,6, 8'^ 



416 GRAMMAIRE MALAIE. 

dans les mots courage , ménage^ lui attribuant ainsi un 
son palatal tout pur. M.EIout dans sa traduction de la 
grammaire malaie de M. Marsden *) dit au sujet de ces 
lettres (pag. 13): «-^ dj ne saurait être représenté en 

Français par une seule lettre équivalente; mais il a exac- 
tement le son de di, comme dans les mots diamant-, dia- 
ble, diurne, dans o\j^ diâdi, devenir, «.f-. radia, roi, 

^csrû:^ diandjf , promettre. '' 11 y ajoute dans une 
note : « Nous avons cru devoir nous écarter ici du texte 
Ang-lais. M. Marsden prétend que ^^ se prononce exac- 
tement comme, en Anglais, j dans jury ,judg€ , joy ■, ou 
g et dg , dans gentry , giant , badge ; et il observe , à ce 
sujet, que l'Anglais est peut-être l'unique langue de l'Eu- 
rope qui puisse représenter ce caractère Arabe par une 
seule lettre: il recommande surtout de ne pas en confondre 
le son avec celui du j des Hollandais et des Allemands, 
ni avec celui du j des Anglais. Nous avouons avec l'au- 
teur qu'il n'j a pas dans tout l'alphabet Anglais de lettres, 
simples ou combinées, qui approchent plus du ^ quej ^ 
g ou dg; mais nous pensons que la valeur de cette lettre 
est encore mieux exprimée par di Français , quand cet i 
forme une diphthongue avec la voyelle suivante, comme 
dans les mots que nous avons cités pour exemple; il y a 
dans le /, g ou dg des Anglais, qu'on prononce en por- 
tant la langue contre la partie antérieure du palais, et en 
la retirant subitement pour laisser échapper le son au 



') Grainiiiiiire de la Langue Malaie , par Mr. W. Mîirsden ; — tra- 
duite de l'anglais par C. P. J. Elout. lïarlem, ;824, 4". en lud- 
landais et en français. 



DE l'alphabet. 417 

travers des (lents, une espèce de sifflement que nous n'avons 
jamais remarqué dans le p^ tel que l'arliculent tous les 
peuples de l'archipel Malai. " 

«TT (/, dans les mots ^_P/^^r^ tiouri, de'rober, TT^^kâtia, 
du verre, ^:^\q^ tietiak, un lézard, o^^ tiatiat, 
ponctuer , se prononce comme les lettres ti dans les mots 
tiare , tien , tierce. " 

«Nous pensons, de même, que la valeur de cette lettre 
est mieux rendue , en Français , par ti (en conservant au t 
le son qui lui est naturel) suivi d'une voyelle avec laquelle 
2 forme une diphthongue, que, comme le dit l'auteur, 
par le ch des Anglais: ce ch, comme dans church, se 
prononce aussi avec une espèce de sifflement, que nous 
n'avons jamais observé dans la prononciation des Malais. " 

Cet adoucissement des lettres palatales c et g; en t et d 
n'est pas particulier au malai; nous le trouvons dans plu- 
sieurs autres idiomes, comme le hongrois et ceux des Sla- 
vons méridionaux dont j'aurai occasion de parler ailleurs. 
C'est ainsi que le nom national des Hongrois, Magyar, 
prononcé autrefois JMadjar (à la française), son que le 
turc a conservé dans son rVsii-c Magàr pour le nom des 
Hongrois, se prononce actuellement Madiàr^ le Madàr 
de l'alphabet harmonique. Il paraît par conséquent qu'on 
doit rendre le "K malai par t et le ^.^ par d, si l'on veut 
exprimer plutôt la prononciation actuelle que des rapports 
d'étymologie. 

Le (^ n mouillé, la dernière lettre de la seconde série, 
est le même que le c? ii palatal du sanskrit. 

5. Je n'ai rien à dire sur la prononciation des lettres 



418 GRAMMAIRE MALAIE. 

O, «->, (J, i^', Oet /*, rendues par nos t, d, n, p, b et m; 
le lJ f est souvent mis dans l'écriture à la place du U> p. 
Les demi-voyelles lS^ J^^ ô ^^ ^ ^®°* rendues par j , 
r, letw, le ^ ayant plutôt le son du w anglais que celui 
du V. Mais les lettres^ et (^ servent aussi comme lettres 
de prolongation. 

6. Le (jjj est notre s et le » notre h ; mais celui-ci perd 
dans plusieurs mots l'aspiration. Elle est souvent arbi- 
traire comme dans JCÂib hantar ou antar Porter , trans- 
porter j d'autres mots s'écrivent indifFe'remment avec » ou 
î , comme r*fà^ hîram ou r«<-jf îram Bigarré. Le h , qui 
se trouve entre deux voyelles , est très-souvent élidé ; 
ainsi ^^l'on écrit aussi bien que l'on prononce oVS tâdi pour 

oVg.!> tahâdi Tout à l'heure , U^tIaÂ^ mennijârap pour 

i^jX^k^ mennihârap Prosterner , en remplaçant le h par 
j ; on prononce liât pour \J^^J<J lîhat Voir , pôn pour 
l^^^y pôhon Arbre, singa pour léXJt^v- saliinga Jusqu'à. 
Pour rendre le » non-aspiré on peut se servir d'un petit 
h, comme (^-«.Asb hîmat Soigneux, écrit aussi o^-«-M 
îmat ; (j^-Jj-^ hûtan Bois , foret , d'où vient le nom si connu 
deôran-hûtan L'homme des bois j on peut aussi faire usage 

o 

d'un h. Mais pour faire une telle distinction il faudrait 
pouvoir déterminer tous les mots, où le h doit s'aspirer. 

7. Le 3 , h ou t final de l'arabe , est prononcé t par les 

Malais, comme dans '^r^**> sûrat. Livre. Par suite de 
cette prononciation ils le mettent quelquefois mal à propos 
à la fin de leurs mots au lieu du O t. Ils nomment ce 
dernier ^cct.Â5 O t pandan , t long, et le premier jn^-XÂ^ ij 
t bundar ou bendar , de bendar , mot persan qui signifie 



DE L ALPHABET. 



419 



Ville ou port de commerce, factorerie, passage étroit. 
Si un mot qui se termine par JJ, re<;oit un afFixe, le s est 

changé en O , comme (^!>V^a« sûratùa , Son livre , 

f^yjSr^Ax, sûratkan , Ecrire. 

8. Le O q ne se trouve ordinairement que dans des 
mots d'origine arabe , excepté à la fin des mots où il a 
été adopté par les Malais pour exprimer le son dur d'un 
k, qui soilvent est supprimé dans la prononciation. Voyez 
26. Le O» se trouve également à la fin d'une syllabe 
dans quelques mots dérivés du sanskrit, où il remplace 
le k de cet idiome, comme dans saqti Puissant, du sans- 
krit sakti; cela a lieu principalement devant le s qui rem- 
place le cr s sanskrit, comme dans (jV>a^X:^t.^ bidaqsàna 
Prudent, vicaksana en sanskrit, (j\.ma-^3 Laqsâna , nom 
propre, Laksana en sanskrit, (j>jUû.3j\ raqsàsa Un démon, 
ràksasa en sanskrit, ;j-^^ laqsa Dix mille, en sanskrit 
laksa Cent mille. 

9. Le ;j^ s appartient aux mots dérivés de l'arabe et 
du sanskrit. Par analogie avec les signes adoptés pour 
les autres palatales, les auteurs de l'alphabet latin-malai 
l'ont rendu par sj , prononcé comme dans le mot hollan- 
dais sjouwen , (faire un travail rude et pénible) ; c'est un 
son plus doux que celui du ch français, notre s, qu'on 
lui attribue généralement. Souvent ou le prononce aussi 
comme le s simple. 

10. Les consonnes qui n'appartiennent qu'aux mots tirés 
de l'arabe sont le C!li s , dont le son en malai ne diffère 
pas de celui du s simple, (j^; le ^ h dur, moins forte- 
ment prononcé par les Malais que par les Arabes; le ^ 



420 GRAMMAIRE M AL AIE. 

h guttural que les Malais prononcent plutôt comme un 
k aspiré , et qu'on peut par conséquent très-bien rendre 
par notre ïc, si l'on ne préfère lui conserver dans le h ses 
rapports d'étymologie ; le ô z et le ^y^ z doux , dont le 
premier ne diffère presque pas du second. Des lettres 
arabes emphatiques le ij^ ^ se prononce un peu plus for- 
tement que le double ss dans les mots assimiler , essence, 
assertion ; le io t ne diffère pas trop du O t simple , et 
présente selon M. Elout exactement le son du th allemand 
dans les mots tJiun , wohlthdtig ; les LK^ et Ji , que les 
Malais prononcent comme dl et tl , en donnant néanmoins 
quelquefois au premier un son plus voisin de d que de 
dl, et au second celui du 1 simple. On peut les exprimer, 
ce me semble ^ par les composés dl et tl, ou le dernier 
aussi par un 1, combinaisons qui ne peuvent occasioner 
aucune équivoque p«ur le malai. Ces \J^ et ib en malai 
•sont les seules consonnes étrangères , que je me suis per- 
mis de rendre dans l'alphabet harmonique par deux 
caractères réunies; mais on peut éviter aussi cette réunion 
en n'exprimant le \J^ que par le d, qui doit le représenter 
pour l'arabe, et le m^ par \ seulement. 

L' c se prononce en malai comme l'âlif, sans avoir 
l'aspiration particulière que lui donnent les Arabes. Je 
le rends par ' de la même manière que pour les idiomes 
sémitiques. Dans le <i g les Malais ont conservé la pro- 
nonciation forte des Arabes. 

Le L_5 f arabe se prononce ordinairement parmi les 
Malais comme le p; mais les habitans de la petite île 
]Vîjas près de la côte de Sumatra prononcent toujours le 
p malai comme un f. 



DE l'alphabet. 421 

11. Les Malais, ayant emprunté des Arabes les clifFé- 
rens signes orthographiques, quils nomment O^^tia**/ 

sintiàta Armes, ont aussi adopté ceux pour les trois voyel- 
les; ils les appellent en malai bàris Lignes, traits, ou du 
terme arabe cA-'^r^ harakât ou harkât, pluriel de 

\^jf^ harkat , qui signifie Mouvement ; mais ils ne les 

écrivent presque jamais. 'Ils nomment ^j^jf'^o (jojpo 

bâris diâtas Trait au-dessus, le ^.siiXJ, fathah — , qui 
a les sons a et e; »^VJ*-* OVT • ^^^^^^ dibâwah Trait au- 

dessous, le »-.m*j kesrah — , qui a les sons i et e, dont je 
rends ce dernier par e , pour le distinguer du fathah pro- 
uoucé comme e; ils nomment enfin (^^fcAibij (^j^rX^ bâris 

^ y- 

C s: ^ i 

dihadàpan Trait en devant, le 2Wa3, diammah — , qui 

a les sons u (ou en français) et o. Les deux dernières 

voyelles se prononcent plus souvent i et u que e et o. 

Le terme arabe cS^ ç^^ harakât Mouvemens pour les 
voyelles, vient de ce, qu'on regarde les consonnes articu- 
lées avec une voyelle comme mises en mouvement par cette 
dernière; par conséquent on dit par exemple d'une con- 
sonne suivie d'un a, qu'elle est mue par le fathah, etc. 

12. Les consonnes ou lettres, ^r^ huruf, se divisent 

en lettres fortes , [J^r^ lJ^^ huruf keras , et en lettres 
faibles, ^«4.3 LJ^^ huruf lemah. Les lettres faibles sont 
les f , ^ et (_P , qu'on emploie tantôt comme consonnes et 



422 GRAMMAIRE MALAIE. 

tantôt comme lettres de prolongation ^ <A/o ^r^ huruf 
mad, pour les vojelles qui leur sont homogènes (Le terme 

mad vient du mot arabe <A<<» medd Prolongation). On 

forme de la sorte les combinaisons f — a , ^ — û et ô , 
(_^ — î et e. Le fathali prononcé comme e n'est pas sus- 

ceptible de prolongation ; 1' e long n'est exprimé qu'au 
moyen du kesrah. Si les lettres faibles commencent une 

syllabe, on les nomme ^j^A^^^ ^r^ huruf berbâris 

Lettres avec une voyelle, parce qu' alors elles prennent 
toujours une voyelle. ^ et {_S se prononcent dans ce 
cas comme nos w et j ; mais 1' 1 n'a pas d'autre son que 
celui de la voyelle qu'il supporte, quoique les grammai- 
riens lui supposent une aspiration légère. 

13. L' ) mu par une voyelle prend le rsi^-^ hamzah 
(Piqûre), ^, un c petit ou C tronqué, de la même manière 
que dans l'arabe. Ce hamzah doit marquer, que l'àlif ne 
sert pas comme lettre de prolongation à un fathah pré- 
cédent, qu'il porte au contraire lui-même une voyelle, et 
qu'il équivaut par conséquent à une aspiration légère, de 
sorte qu'on peut comparer le hamzah à l'esprit doux dans 
le grec, qu'on n'entend non plus dans la prononciation. 

Le hamzah se place entre l'àlif et la voyelle avec la- 

quelle celui-ci se prononce ; ) est donc a ou e ^ i i ou e , 

I U ou O. L'àlif, qui au milieu d'un mot doit être mu 
par une voyelJe, est remplacé dans l'orthographe malaie 
par le hamzah. Voyez 21. 



DE L ALPHABET. 423 

s- 

14. Suivi d'un âlif de prolongation, l'dlif hamzé 1 est 

changé en âlif mad I, un âlif avec le signe mad, qui re- 

pre'sente les signes 1) , et qui dans l'orthographe malaie 
est toujours un à initial. 

On nomme «w^l ^A/^ mad âlif X I de prolongation au 

milieu d'un mot, lorsqu'il y est indiqué par une petite 
ligne perpendiculaire au-dessus de la ligne, et qui n'est 
autre chose qu'un petit 1 représentant un âlif mad , dont 
il est l'abréviation et qu'il remplace indifféremment, 

comme (^ — «.^^r pour jjUj^wn rahmàn Miséricordieux. Il 
faut donc le transcrire par à de la même manière que 
l'àlif mad. 

Les Malais supposent le signe mad '" dérivé du chiffre 
arabe \ (2) couché au-dessus de la lettre de prolonga- 
tion. Ils l'admettent par conséquent en opposition avec 
l'orthographe arabe au-dessus des ^ et ;^ de prolonga- 
tion aussi bien qu'au-dessus de T f ; mais ce n'est que 
dans la théorie, car ils omettent dans l'écriture ordinaire 
et les voyelles et tous les signes orthographiques. 

C y ^ 

15. Le r»/^ dazam Coupure, le gezm arabe, qu'on 
nomme aussi OV.^ cAÂ'i tanda màti Signe mort ou {^j^jX^ 

O^ bàris mâti Ligne morte, est le signe ^ ou °, qui, 

placé au-dessus d'une consonne, marque que celle-ci n'est 
pas suivie d'une voyelle et qu'elle termine la syllabe. 

On nomme L\JcAilx!> tesdid ou 0<^ saddu , termes qui 



424 GRAMMAIRE MALAIE. 

tous les deux sig;nifient Renforcement, le sig^ne — qui rend 
double la consonne au-dessus de laquelle il se trouve 
place'. 

En joignant à l'e'criture mal aie tous les signes ortho- 
graphiques, il faut placer un dazam au-dessus de toute 
consonne qui termine la syllabe, et un tesdid au-dessus 
de toute consonne double. Le tesdid porte alors la voyelle 
avec laquelle on articule la seconde de ces consonnes , et 
exclut pour la première l'emploi du dazam. 

16. A la place du mad on joint aux lettres de prolon- 
gation ^ et (_^ le dazam, pour indiquer que ces lettres 
ne prennent pas le tesdid, et que par conse'quent elles ne 
sont pas doubles. 

Marquées d'un tesdid et précéde'es des voyelles qui 
leur sont homogènes, les lettres ^ et (^ sont huruf mad 
et berbâris, c'est-à-dire lettres de prolongation et en 

même temps consonnes portant une vovelle; 3 — et c_^ — 

sont toujours alors nos ûw et îj, à l'exclusion des sons 
o et e. 

Les lettres ^ et i^^p sont encore marquées du dazam si 
elles terminent la syllabe après une voyelle hétérogène, 
cette voyelle est toujours le fathah. Les ^ et ;_^ sont 
nommées alors huruf berdazam (Lettres gezmées), et for- 

ment de la sorte nos diphthongues au ^ — et ai q_? — 

17. Les lettres de prolongation _^ ^^ ^ ne reçoivent 
pas le dazam , si dans la même syllabe elles sont suivies 
d'une consonne , ce qui n'a jamais lieu dans des mots pure- 
ment malais , où la voyelle longue termine toujours la 



DE l'alphabet, 425 

syllabe, mais bien dans des mots arabes prive's des nun- 
nations ou voyelles finales, comme dans les noms de 

c c ) 

lettres *A'*<' itïÎ"i t^t U^-^ nûn. Les Malais nomment ces 

hiuruf mad, ces lettres de prolongation LJ^^r^ ^"^ 

mad dlarûrî Prolongation force'e , et quelquefois aussi 

«^ . f «^ ^ . . , . 

^J\) <-\/o mad làzim Prolongation nécessaire. 

Le terme mad dlarûrî Prolongation forcée, doit mar- 
quer la difficulté que les Malais éprouvent en prononçant 

des syllabes avec ce mad, des syllabes telles que r^S^ 

Ijàd dans le mot is^vj^ liàddahu; le terme mad làzim 
indique la nécessité d'allonger ces syllabes. 

18. Les mots suivans serviront d'exemples pour les 

règles précédentes sur l'emploi des voyelles. OV-o mata 

c ^»-» o ^ ^ c - 

Oeil ; lJu \ ânaq Enfant ; ^^ besar Grand ; *V> kelem 

ce. ce 

Ourlet; 0»cAa>' pendeq Court; ceXjO dindin Mur, 

ce ^ c 

paroi; ii:c\jij denden Viande séchée au soleil; o^^V' 

c ^ X 

kîtaNous; (j>.;>l îni Ce, cette, ces; oU^ devvàta Divi- 

y' c 

nité, (du sanskrit dèvatà); ^JO dewa Dieu, (du sanskrit 

c ^cè , *■" * \ ^ 

dêva); P^-^^ undur S'en aller; &.>u«V^ bàsoh Laver; 

c jc^ c ^ c> ^ c ' 

c p^3 bùrun Oiseau ; P r %^ bôron Vente en gros ; ^j 

^ c ^ 
kîtda Cheval, (du sanskrit §ôta); O^^ toba Tâcher; 

'28 



426 GRAMMAIRE MALAIE. 

x^ C ^ C .^ ^ C J 

Ico (lo'â Prière; (j*^^ pôhon Arbre; (j-^'-î <losa Pé- 
che'; ^aaw sînaLion, (du sanskrit sinha) ; ^aaw sîjan Jour, / 

lumière du jour, faire jour; O^^ buta Aveugle; O^^ 
bûwat Faire; ^x.cf ankauTu, toi; ^>^-^J* pantai Rivage 
de la mer; ^^it+A*/ sampai Arriver; c^a>c maijit Corps 

mort, cadavre, (mot arabe), 

19. D'après les règles de quantité la longueur d'une 
sjllabe passe souvent à une autre qui la suit. Les lettres 
de prolongation sont alors supprimées dans la syllabe qui 
était longue, et l'on met dans la syllabe suivante la lettre 
de prolongation homogène à la voyelle qui s'y trouve. 
Les lettres ^ et <_P perdent dans ce cas le tesdîd qui y 
représente la lettre > de prolongation. Par suite de ces 
■ changemens occasionés par les affixes, des consonnes qui 
auparavant étaient finales, deviennent les initiales de la 
syllabe suivante si l'affixe commence par une voyelle. 

Exemples: Ou kâ-ta, (A)VjCr^ ka-tà-na, "b^i^ ka- 

ta-iiâ-lah; O^^ bû-wat, ^J.!jf^^J' per-bu-wà-tan ; ^aa« 

c ^ ^ ^ 

sî-jan, (j^cVa^î ka-si-jà-nan. 

Comme il n'y a ordinairement qu'une seule syllabe 
longue dans un mot , les lettres ^ et t_? d'un mot primi- 
tif suivies d'une lettre de prolongation ne peuvent pas 

avoir le tesdid. Ainsi (j^W bijâsa Accoutumé et l/{^^ 
bu wàja Crocodile, ne peuvent pas être écrits (j^W bîjâsa 



DE l'alphabet. 427 

et c_^î^^ bûwâja. Cette règle sert assez souvent à distin- 
guer les ^ et ,j^ avec le tesdid , d'autres qui ne l'ont pas, 
le tesdid n'étant presque jamais écrit. 

20. Nous avons vu ci-dessus qu'il n'existe pas en malai 
de syllabe, où une voyelle longue soit suivie d'une con- 
sonne finale; si donc une syllabe de deux lettres malaies 
commence par un î , celui-ci est àlif berbâris , ) mu par 

une voyelle, et ne peut pas être âlif raad 1; comme dans 

i^x^ci ankat Lever, Pj^î ôran Homme, tJ^>^:>l îkat 

Lier. 

21. L'àlif berbâris, I' f avec une voyelle, doit porter 
le hamzah qui le distingue d'un I de prolongation. On 
le désigne aussi par le nom de hamzah seul , tandis qu' à 
l'àlif de prolongation on donne celui d'àlif. L' I initial 
est toujours berbâris, on peut donc très-bien dans la 
transcription ne le marquer que par la voyelle qu'il sup- 

porte, comme eX^f abad Un âge, l'éternité. Mais quand 
au milieu d'un mot il commence une syllabe, il faut le 
séparer dans la transcription de celle qui précède, si les 
deux syllabes ne se séparent pas déjà suffisamment par 
leur nature. Une telle séparation doit donc avoir lieu 
après une consonne, et également après un a si 1' i sui- 
vant porte un i ou u, qui réunis dans la transcription à 
l'a formeraient les diphthongues ai et au. Je mets dans ce 
cas le signe d'un esprit doux ou d'une apostrophe devant 
la voyelle jointe à l' f, et j'écris par conséquent qoràn pour 

(jî/3 , afin d'indiquer le commencement de la seconde 
^ 28. 



428 GRAMMAIRE MAI.AIE. 

sjllabe, qui d'apics la théorie s'articule avec une aspiration 
légère, et pour marquer qu'on ne doit pas prononcer qo- 
riin en reunissant le r à la seconde sjllabe. 

Lorsque l'àlif berbàris ou, ce qui revient au même, 
l'àlif hamzé se trouve au milieu d'un mot malai, on ne 
met que le hamzah seul , écrit dans la ligne ou au-dessus 
d'elle. Il faut alors le rendre de la même manière dont 
on se servirait pour l'àlif, soit par l'esprit doux, soit par 
la voyelle seule qu'il supporte. Ce hamzah remplaçant 
l'àlif doit toujours être écrit en malai, si même on n'écrit 
pas les autres signes orthographiques; car il est alors une 
véritable lettre et non pas un de ces signes. Ainsi l'àlif 
initial qui passe au milieu d'un mot à cause d'un préfixe 
mis devant ce dernier , est remplacé par le hamzah avec 
la voyelle qu'avait porté l'àlif; et si c'était un àlif mad 

I, (proprement îf), on met à sa place au milieu du 
mot fs , ce qui se fait aussi quand une initiale comme le 
>é) k se change en hamzah à cause de l'euphonie. Exem- 

pies: (j-i^f ampun et (j^it+ — sio men'ampûni Pardonner; 

c^c c^^&i: ^ c ^ c •'- 

S^^] êkor Queue, S^^; — w sa^êkor Une queue; P r^ ' 

c ^ c ^ ^ c^c, 

ôran Homme , pr «v — >uu sa ôran Un homme; cXsziJf indaq 

c ^ c ^ c ^ 

Frapper du pied, l^stt/ — 'i^ menindaq Fouler aux 

ce': CC^Çx- C ^"-^ 

pieds ; r**-^! ûsir et ^>j^—jLo men^lsir Poursuivre ; (j-*^^ ' 
àtas Dessus, (j^^ifiO diàtas Au-dessus <^f àdar Ap- 



DE i/alphabet. 429 

prendre, ^>^ — *■■< men^àdar, rs^' adàri et rvj^ — JL/c? 
nienadàri Enseigner; OV.3 kâta Parler, O' — x.'O menâta 

C ^ C C ^ CT f. ^ 

Parler, s'adresser à quelqu'un; ^/a^a) kîsar et ^a-*-^ 

inen^îsar Tourner. 

Il résulte des observations précédentes , que jamais une 
syllabe malaie ne commence par une voyelle, sans que 
dans l'orthographe originale celle-ci ne doive être indi- 
quée par un hamzah , qui régulièrement ne peut être omis 

que lorsqu' un mot conimence par I à, 

22. L'emploi de l'apostrophe ou d'autres signes à sa 
place pour séparer des syllabes, qu'on pourrait être tenté 
de réunir ensemble , peut se faire d'une manière plus ou 
moins étendue. Si l'orthographe de nos langues occiden- 
tales allait aussi loin que celle des Arabes et des Malais, 
il faudrait écrire les mots allemands et anglais entchren , 
heurlauhen , disable , réaction, ent^ehren, be'urlauben, 
dis'able et réfaction , le hamzah étant toujours mis, lorsque 
une syllabe commence par une voyelle. Les Hollandais 
dans leurs transcriptions du malai ont remplacé ce signe 
au commencement même des mots, en écrivant ^apa, ^àgar, 

'îtu etc. pour U>\ , r ^' ^tI^ etc. luxe d'orthographe 

que sans doute il est convenable d'abandonner, et de cir- 
conscrire dans des limites plus étroites l'usage d'un signe 
assez souvent superflu pour nos transcriptions. 

Les syllabes qui au milieu d'un mot commencent par 
une voyelle , sont précédées ou d'une autre voyelle , ou 
d'une consonne. Dans le premier cas ce ne sont que les 



430 GRAMMAIRE MALAIE. 

sons dissyllabes aâ et a^u , qu'il faut distinguer des diph- 
tliongues ai et au ; toutes les autres voyelles qui se trou- 
vent placées ensemble , appartiennent à des syllabes diffé- 
rentes. Mais les consonnes qui terminent la syllabe, 
doivent être séparées de celle qui suit, si cette syllabe 
commence par une voyelle. 

Pour faire cette séparation, l'on peut se servir soit de 
l'apostrophe, soit du tréma; ce dernier signe cependant 
ne peut pas se placer sur une voyelle qui porte déjà le 
circonflexe. 

L'apostrophe peut s'employer dans tous les cas qui 
demandent la diérèse ; le tréma paraîtra peut-être quelque- 
fois plus en harmonie avec l'usage de notre orthographe. 
Rien n'empêche d'employer indistinctement ces deux sig- 
nes. Par conséquent, si l'on veut marquer toutes les 
séparations des syllabes à faire, on pourra transcrire de 
•la manière suivante les mots malais qui serviront d'exem- 
ples des différentes combinaisons possibles des sont a , â , 
i, î, u et û ; transcriptions , auxquelles j'ajouterai d'autres 
avec omission des signes distinctifs partout où l'on n'eu a 
pas rigoureusement besoin. 

c O î - 

(jpjcA — 3 ka'addà'an , kaâddàân ou kaaddàan Exi- 
stence. 

(j^U- — 3 ka'emâsan, kaëmâsan ou kaemâsan Doré. 

c ^ s 

(j-^^'i \ — b ka'àtas ou kaàtas Vers le haut. 
fWJ namà'i, namàï ou namài jVommer. 

X c ^ ^ ^ 

i^/. — +3 o dinama'îtia ou dinamaina II nomma. 



DE LAl.PHABKT. 431 

C' ^ c ^ ' 

îJ\jv ^JO dinama inàlah ou dinamaïiiàlah 11 nomma. 

{j.£ijM* 3 kausônaii ou kaiisônan Vers le palanqum. 

J * — S^ ka^ùlar ou kaiilar Vers le serpent. 

(J :*/"H-^ pemberî'an ou pemberiân ou pemberîan 

Don. 
i>.'x.c50 dpankat, diânkat ou diankat Levé. 

C " 

^jjuïfjO dbàtas ou diâtas Au-dessus. 

c .» . 

^(;_jSCTJ> pudM , pudîï ou pu(lii Louer. 

{^•^ — s:i50 dipudrîiia ou dipudiîna II loua, 

^.3L«; s:"i50 dipudi inàlah ou dipudiïnàlah ou dipudi- 

inàlah II loua. 
vJùiiTJ :0 diunduq, diiiuduq ou diunduq Montré, 

Otç^cO drùtap ou diiUap Dit. 
CX^JS — 3 ku'ankat , kuânkat ou kuankat Je lève. 






-:^V^f^ ku'à(iar ou kuàdar J'apprends. 

c c J ^ c c - 

^jé».^X — »J pen^atahû'an , penatahiian ou pen'atahùan 
Connaissance. 

c j >- 5 c X 

£*.^JC — sla? menatahû i , men atahùï ou men atahûi 

Connaître. 
• c S- y ^ 'i- ç ^ 

{^, — Ça — JL/c? men'atahu'îna ou men'atahuîna II connut. 



432 GRAMMAIRE MALAIE. 

^.JIa—^a — i^ men^atahu^iiiàlah , men^atahuïnâlah ou 
men'atahuinàlah II connut. 

c J c ^ • 

L-X.:^x — i kuumduq, kuunduq ou kuunduq Je montre. 

'— ^^— > ku'ûtap ou kuùtap Je dis. 
Je ferai usage principalement de la dernière manière de 
transcrire les mots malais , en restreignant au stricte besoin 
l'emploi des .signes distinctifs. Dans les exemples cepen- 
dant, qui se trouvent au paragraphe 48, j'ai mis l'apo- 
strophe et le tréma partout où l'on peut se servir avec 
avantage d'un de ces signes, c'est-à-dire en distinguant 
par le tre'ma tout i qui dans un mot commence la syllabe 
après une autre voyelle, et en séparant par l'apostrophe 
toutes les autres voyelles qui ne forment pas une diph- 
thongue. 

23. Lorsque des mots, qui se terminent en 5 et c_^ 
comme lettres de prolongation, prennent un des affixes 

c 

(j= an ou £ î, on peut, selon l'usage adopté assez géné- 
ralement , remplacer le hamzah de ces affixes par un % 
ou c_^, en doublant par le tesdid ces lettres devant les 
affixes. A la place des terminaisons û^an , û'i , ran et ri 
l'on écrit alors ûwau , ûwi , îjan et îji. 

L'orthographe arabe permet d'une manière semblable 
de remplacer le hamzah , qui se trouve après un dammah 
ou kesrah , par les ^ ou x^. 11 est donc indifférent d'écrire 

^j=j.x.X3 kalakùan ou (j^x.^.^^ kalakûwan Actions, con- 
duite, ^^3 lakûi ou ^yJ!) lakûwi Agir, se comporter, 



DE l'alphabet. 433 

c 5 c .? . ci ; . c ; 

^^ Kcsn'i pudîan ou (j.A=sn>* pudîjan Louange, S(_^^U 

pu(iii ou (_y=?=T-^ pu^'yi Louer, de >é) ^ làku et 7^^ 

pùdi, qui ont les mêmes significations que ces dérivés. 
Cependant il parait préférable , de ne pas ajouter contre 
l'étymologie une lettre nouvelle , et c'est cette orthogra- 
phe sans insertion des w et j , que je suivrai d'après M. 
Robinson. L'insertion des _^ ^^ ^ «a pas lieu , si ces 

lettres servent à former les diphthongues ^ — au et (^ — 
ai , où elles né sont plus lettres de prolongation. Dans ce 
cas les ^ et (^ devant les affixes an et i se détachent du 
fathah qui les précède , et se joignent comme consonnes 
à la syllabe qui suit, le hamzah étant retranché alors. 
Les terminaisons au an, au'i, ai^an et aiû se changent par 
conséquent en âwaii , âwi , âjan et âji , et par suite des 
règles sur le ton et la quantité le fatliiah de la pénultième 
devient long; Voyez 35. 

Toute consonne finale d'un mot malai se sépare devant 
les affixes an et i de la dernière syllabe , pour se joindre 
à ces affixes. Lorsque la finale est un O» q, celui-ci se 
change en (é5~'k, parce que dans les mots malais le q 
n'est jamais lettre initiale d'une syllabe ; mais on conserve 

le q devant les autres affixes, qui tous commencent par une 

c ^ o y ^ 

consonne. Ainsi l'on écrit {jS^i*k^ masûkan Entrée , 
\0êfjj>j^'>o masûki et ^jXx.a*^Ix> màsuqkan Entrer , de k^XmA^ 

màsuq Entrer , suivi des affixes an , i et kan. 

24. Les Malais ont conservé plus ou moins aux mots 
arabes leur orthographe originale. Elle présente quel- 



434 GRAMMAIRE MALAIE. 

quefois pour une transcription exacte des difficultés par- 
ticulières, occasione'es par les lettres infirmes des Arabes 
f , ^ et (_^ , qui sont sujettes à plusieurs permutations. 
Mais comme le nombre des mots arabe-malais , où de 
telles difficultés d'orthographe peuvent se rencontrer, est 
très-limité, et que d'ailleurs ces mots présentent aussi en 
malai quelques différences de prononciation de celle qu'ils 
ont en arabe , on n'a pas besoin , ce me semble , de les 
rendre exactement de la même manière qu'on emploiera 
pour ce dernier idiome. ^ 

Les cas dont il s'ag-it ici se réduisent au _j. w hamzé 
précédé d'un dlammah, et au (_S final précédé d'un fathah, 
dans lequel on met assez souvent 1' î pour indiquer que 
le (^ en fait la fonction. Cet f placé dans le {_S se 

nomme A>^l ^^ mad a^al Mad primitif. 

Si en malai le hamzah, au lieu de remplacer 1' i, se 
trouve avec une autre lettre , il donne à cette lettre un 

son très -bref. La combinaison ^ — répond par consé- 

quent à un ii bref, comme dans of^i fuàd. Le coeur, 

l'àme , (^/o^/c miimin Croyant , Pluriel (arabe) (J^Âa?^a? 

mûminûna Croyans. Le gezm que porte dans ce cas le 

^ arabe, (^<^-c^x?), est omis en malai. 

Le {_S final après le fathah a en malai le son d'un » 

de prolongation ; je rends la combinaison c_P — de la même 

manière que pour l'arabe par a , comme dans (_5J^-> ta âla 



DE l'alphabet. 435 

Le ti ès-haut , le Dieu très-haut , et dans les noms propres 

vC * ^ c y 

QJA*^AC 'Isa Jésus , et (_y**'^^ Mûsâ Moïse. 

Les nunnations ^J^a!> lanûwîn (pour l'arabe (^J^Â!> 

tauwîn), — an, — in et — un, n'ont lieu que dans des 
mots empruntés de l'arabe. Il en est de même pour le 

C x c ^ c ^ <o 

Va3^ wesl (Jonction) ou 2^V>oj weslah en malai — , em- 

ployé au-dessus de l'article défini ^i al, Jl, pour le 
joindre à un mot précédent. Je le rends par le tiret 

comme dans ^>wf *mO bismi-llahi Au nom de Dieu, 

{jmCM f Tl^J^ rôhu-lqudus Le saint esprit. 

Pour l'arabe je me sers d'un tiret double ' devant les 
mots dont l'initiale est distinguée par un tesdîd euphoni- 
que , mais en conservant les lettres primitives des deux 
mots qui par le teschd se réunissent dans la prononciation. 

J'écris par conséquent min^rabbihi pour ^^j\ (j^-c De son 

maître, ce qu'on prononce mir-rabbihi. Mais je ne crois 
pas qu'on ait besoin de mettre le tiret double , si pour 
le wesl on a déjà mis le tiret simple dans la même réunion 
de mots ; je supprime alors le 1 de l'article arabe , que je 
remplace , selon l'usage généralement reçu , par la con- 
sonne qui porte le tesdid euphonique , et j'écris de la sorte 

W SS 'O y y' 

kitâbu-nnabîji pour (_yJ^ f oui) Le livre du prophète , 



436 GRAMMAIRE MALAIE. 

ce qu'en malai on abrège en (_yA'^3l oui? kitâbu-nnabî. 

Un mot tel que ^.V5) se transcrira tout simplement allali , 
sans tenir compte des signes qui le distinguent en arabe. 
Si ce mot se trouve devant un nom qui en dépend, ou de- 
vant un pronom , il rejette l'article arabe et se change en 

^.3î ilah, comme *AAf-^f ^.3) ilah Ibrahim le Dieu d'Abra- 

ham , *^aH îlahku Mon Dieu, r»\.r^ ^if ilah kâmi Notre 

Dieu. 

25. Une difficulté de l'e'criture arabe , quand même 
tous les signes orthographiques s'y trouvent, est de savoir 
lequel des deux sons propres à chacune des trois voyelles 
a lieu dans les mots particuliers, et s'il faut lire a, i et u, 
ou bien e , e et o ; et ^ dans la combinaison avec les lettres 
de prolongation , î et û , ou ê et ô. 

Cette difficulté s'augmente encore par le vague de la 
prononciation, qui souvent ne permet pas de bien distin- 
guer les sons a et e, e et i, o et u, et par suite duquel 
la manière de transcrire les mots malais varie entièrement 
pour le son de ces voyelles. 

Ces différences dans les transcriptions sont produites 
aussi par une inclination plus ou moins forte de la part 
des Malais vers l'un ou l'autre de ces sons , les uns pré- 
férant les e et o, les autres dans les mêmes mots les i et u. 
M. Robinson met des u et û dans beaucoup de mots, qui 
ailleurs sont écrits avec o et ô; et en donnant à la page 
182 un exemple du difflérent sens que peut off*rir un 
texte sans voyelles, il transcrit le mot (j^S^ Jardin, kebun 



DE l'alphabet. 437 

et kebon, en disant que quelques-uns liraient la phrase 

{^yS^ *3f<JL) ^+3 ^f , adda kambin didàiain kebon , Il y 
a une chèvre dans le jardin , tandis que d'autres la liraient 
adda kemban didàlam kebun, Il y a une fleur dans le jardin. 
Observons en passant que ces mots offrent encore un troi- 
sième sens, si on litkumban, nom qui signifie un insecte 
du genre des abeilles, qui creuse le bois, et qu'on nomme 
communément abeille perce-bois ou menuisière. M. Mars- 
den est souvent d'accord abec M. Robinson sur la pro- 
nonciation de mots , que son traducteur M. Elout change 
d'après celle qu'on trouve établie dans les livres publiés 
par les Hollandais. Ces derniers remplacent très-souvent 
les i et u des premiers par e et o , différence qui vient 
peut-être de la prononciation différente des Malais de 
Sumatra et des pays situés à l'est. 

Pour distinguer la vraie prononciation du kesrah et du 
dlammah, les Malais font quelquefois usage d'un signe 

nommé ^3^^ t*^"^ mîm imâla, ce qu'on pourrait traduire 

peut-être par mîm agissant ou marquant, signe, qui sous 
la forme d'un m final raccourci , f«, se place au-dessus 
des syllabes, où le kesrah se prononce e et le dlammah 
o, et avec les lettres de prolongation e et ô, comme 

r r 

cAy^ dewâta Divinité, ^JO déwa Dieu, (j^^^ pôhon 

Arbre. Ce signe , que la tradition attribue à une con- 
vention de prêtres arabes , qui l'auraient inventé pour 
faciliter la lecture du coran , et qu'on trouve aussi dans 
quelques manuscrits de ce livre, n'est pas employé dans 



438 GRAMMAIRE MALAIE. 

toutes les contrées malaies, mais on le trouve fréquem- 
ment dans les écrits originaux des Malais du Fort Marl- 
borough. Comme plusieurs mots ont des significations 
entièrement différentes selon qu'on j prononce le kesrah 
e ou i , et le dlammah o ou u , ce signe peut très-bien 
servir à distinguer ces mots; mais il demande dans l'im- 
pression plus d'espace encore que ne le font les signes 
des voyelles , de sorte qu'il sera préférable pour un dic- 
tionnaire et des livres où il faut ménager la place, de 
donner la vraie prononciation en caractères romains à côté 
des caractères malais dépourvus des signes de voyelles. 
On aurait sans doute pu arriver à moins de frais au but 
désiré, en choisissant quelques nouveaux traits pour les 
deux signes de voyelles indiqués, lorsque celles-ci se pro- 
noncent comme e et o; mais soit que l'idée d'une telle 
altération ne fût pas. conçue par ceux qui introduisirent 
l'usage du mîm imâla, soit que la sainteté du coran ne 
leur permit pas de faire un changement aussi grave, cette 
altération n'eut pas lieu , et aux signes d'orthographe déjà 
si multipliés on joignit encore ce signe assez incommode. 

Pour indiquer la vraie prononciation du fathah, M. 
Robinson propose, de le regarder, s'il a le son de l'e, 
comme la voyelle inhérente des idiomes de l'Inde et d'en 
supprimer le signe ; de le placer au contraire s'il a le son 

de l'a; d'écrire par conséquent ^m*3 pour besar Grand. 
Mais il faut savoir d'abord lequel de ces deux sons a lieu. 
Si à l'aide de manuscrits ponctués des Malais il y a des 
moyens de déterminer les vrais sons du kesrah et du 
dlammah, il n'en est pas ainsi pour le fathah, et M. Ro- 



DE l'alphabet. 439 

binson n'ose le rendre par a (notre e) , que dans les cas 
où il a certainement ce son là, 11 pense cependant qu'on 
peut affirmer, sans avoir à craindre beaucoup de contra- 
diction , que le fathah est e dans toute syllabe brève et 
en même temps ouverte, (c'est-à-dire qui se termine par 
une voyelle) , si ce fathah ne remplace pas un à primitif; 
(Voyez ci-dessous les règles sur l'accent et la quantité). 
Mais si l'on peut juger d'après sa manière d'employer l'a, et 
d'après celle de tous les livres européens, il me semble, que 
d'un côté il faut réduire à des limites plus étroites l'usage 
de l'e, et de l'autre qu'il faut l'admettre dans beaucoup 
de cas qui ne sont pas compris dans cette règle. Celle-ci 
pourrait peut-être se poser ainsi: Le fathah est e dans 
la plupart des syllabes brèves et ouvertes , où il ne rem- 
place pas un à primitif et où par sa position il n'est pas 
sujet à être changé en a, comme il l'est dans kûda, ku- 
dàna, kudanàlah. Le fathah est encore e dans beaucoup 
de syllabes fermées, c'est-à-dire terminées par une con- 
sonne, principalement si celle-ci est un r, n ou m, et que 



la syllabe commence le mot , comme dans O/-*»^ serta Avec, 

i^Â'i tentu Certain , ^^JU-wj sempat Pouvoir , ^^,-h.3 lembu, 
Un boeuf. Mais dans beaucoup de mots de cette caté- 
gorie le fathah est aussi a , de sorte que c'est l'usage seul 
qui en doit déterminer le son. 

Observons encore , que dans les mots primitifs de deux 
syllabes, dont la première se termine par une voyelle 
brève , celle-ci ne peut être qu'un fathah , les voyelles 
kesrah, et dlammah n'étant pas employées dans ce cas. 
Il faut donc écrire belom Pas encore, et non pas bulom , 



440 GRAMMAIUE MALAIE. 

pour *î^^, et cette règle peut servir à corriger l'ortho- 
graphe (le beaucoup de mots transcrits d'une manière 
fautive. 

Dans quelques contrées l'a final est mal à propos pro- 
noncé comme o, mâto pour mata Oeil; mais cette pro- 
nonciation n' appartient, à ce qu'il paraît, qu' à quelques 
contrées de l'île de Sumatra , et là seulement au langage 
vulgaire , de sorte qu'elle ne mérite aucune considération 
de notre part. 

D'après ce qui vient de précéder , et en comparant les 
difFérens livres qui donnent la prononciation des mots 
malais , on doit , ce me semble , arriver à la conviction , 
qu'aussi long-temps que les Malais eux-mêmes n'auront 
pas déterminé la prononciation de tous leurs mots d'une 
manière positive, il sera impossible que les diverses trans- 
criptions soient en harmonie entre elles, si on ne fixe 
pas une prononciation quelconque sur la base de celle, qui 
est le plus en usage dans une des contrées malaies, et 
que l'on ne corrige ainsi le travail fait jadis par les 
Hollandais lorsqu'ils entreprirent la traduction de la sainte 
écriture en malai. 

26. Le hamzah se joint quelquefois à la dernière lettre 
de certains mots pour en rendre brève la voyelle finale. 
Il se nomme alors hamzah rnàti Hamzah mort, et on peut 
lui adjoindre le tanda mâti , (le gezm). Je l'exprime 
par le signe de la brève jointe à la voyelle finale. Si le 
mot avec le hamzah mâti se termine par a, on met ou 
omet arbitrairement un 1 à la fin du mot, lettre qui ne 
sert qu'à indiquer le son et à porter le hamzah , mais 
nullement à exprimer un à long. Si le mot se termine 



DE l'alphabet. 441 

pari, on l'indique par (_/. La plupart des mots avec 
ces voyelles brèves peuvent s'écrire également sans le 
hamzah ; quelques-uns de ces mots prennent aussi un U» q 
final , et se prononcent alors de deux manières , soit avec 

la voyelle brève, soit avec le q final. Exemples: ^V./(? 
ma Mère ; r»V./o ou Lobe» mâmâ ou lÂ-oV/i? mâmaq Oncle ; 
U>b ou UJb ou \ib bâpâ Père; ^Vr kâkâ ou oiAr^ 
kàkaq Frère aine, soeur aine'e; ^J V.) kâkï Grand père; 
^jAA^ bîbï ou ^^AA^ Tante ; ^o bàwa ou ^ V bàwâ Ap- 

y' Ç, <"- C C ^ C 

porter ; O^Â/o minta ou IXÂ-o mintâ ou L-J-XÂ-c mintaq 
x" ^ X 

Demander. 

Dans quelques cas le hamzah màti se place sur les fina- 
les O q et 'sèT'k, pour indiquer qu'elles ne se prononcent 
pas, ce que dans la transcription on peut marquer par des 
lettres plus petites ou par la jonction d'un petit zéro. 

Ainsi pour OtJO mVjiq Monter, '^i^v bâjik Bon, et 

^^^Vj pâtikEsclave, je, moi, on écrit aussi lAAj nàjiq, 

^jb bàjik et ^'S\j pâtik. 

2T Le hamzah sert encore à marquer certaines abré- 
viations. Ainsi l'on écrit ordinairement «->W-* (^J'iO^^Vi 

y y' C < ^ ^ V 

tâdàpat tijàda à la place de OVj«j!> ^^^|0 o\j«;'i tijâda dâ- 

^^ ... ^ ^ . 

pat tijâda II faut, il est indispensable; 0*.a«£0 tâsûdi 

29 



442 GUAMMAinE MALAIE. 

pour 04.aa/0V.a!> tijàda sûdi Contre grë; et ^^^A^fA!> tàùsah 

pour 2W^| oVa'j tijàda ûsah II n'est pas nécessaire. 

Le mad sert aussi quelquefois à marquer une abre'via- 

1^ X c ' c J ^ 

tion, comme (;^^—^ pour (a)^X-JLma«j sesung"uhna Certai- 
nement. 

28. Un signe particulier à l'orthographe malaie est 

l'aijka ^£1, (du mot sanskrit anka Marque), ou le chiffre 
f (2) , qui indique la répétition du mot après lequel il se 

o ^ c. ^ 

trouve placé; comme f ^-^r rûmah-rûmah Maisons. 
Si le mot à répéter reçoit un affixe, l'anka se met de- 

vant ce dernier, comme (a) f (j^i teman-tenianfia Ses 

camarades. 

' Si le mot est précédé d'un préfixe, on ne répète que le 

c X c c ^ 

mot primitif, comme f (^^aj 3 perlîhat-lîhat Voir, 

regarder, f CJr^-if^ bertûrut-tûrut Successivement. 

Cependant M. Marsden répète quelquefois dans son 
dictionnaire le préfixe avec le mot principal C'est ainsi 
qu'il écrit sakàli-sakâli, sekïan-seklan, s'àri-s'âri, perlâhan- 
perlàhari etc. à la place de sekalikàli, sekîjan-kîjan , saha- 
rihàri et perlàhan-làhan. 

Si le préfixe a occasioné quelque changement dans 
l'initiale du mot qu'il précède, ce changement est ordi- 



nal! 



ement conservé dans le mot répété , comme ^ t^"*"^ 



DE l'alphabet. 443 

. . 5' ■' ^ ? . 

inemniu(ii-mû(li Glorifier, de >t>c men et de r^^'9 pûdi 

Louer. Néanmoins dans beaucoup de mots on rétablit 

l'initiale primitive, comme f Or^Â^? menniirut-tiirut 

Suivre, de tûrut Suivre, f /<: ^ïA? meûuti-sûli Purifier, 

de ^_^*" siiti Pur. 

Plusieurs d'entre les mots qui commencent par î et 
VéT, et qui sont préce'dés des préfixes men et pen, pren- 
nent la finale n de ceux-ci à la place du hamzali qui dans 
le second membre du mot devrait représenter leurs ini- 

tiales 1 et i^T^ comme f Jv — s.^ men^âlir-nàlir Conti- 



c ^^^ -, p c - 



nuer à couler, de Jl âlir Couler; f Us- — ij pen^appa- 

c^ ^ c s c ^ 

nappa Un questionneur, de appa Que ? Quoi? T '«-^^'^ — *•■<> 
men^antoq-nantoq S'assoupir, de i3.aJ| antoq S'assoupir; 

^ c 5 c X- ^ c 

f ^x—X.M men'ira-ijîra Penser , réfléchir , de ^a) Penser. 

11 serait cependant convenable, d'écrire tout au long 
les dérivés malais, dont le second membre présente quel- 
que chang-ement irrég-ulier; de même si par suite des 
règles de quantité et d'accent les lettres de prolongation 
sont supprimées dans le premier membre du mot, le se- 
cond n'en étant plus alors une répétition exacte. On 
devrait par conséquent écrire les mots donnés ci-dessus 



c)C'C'c5c. 



K^XJikÂXKy — sLa? et «~^c , — 'i.K , orthographe adoptée dans 

29. 



444 GHAMMAIRE MALAIE. 

plusieurs livres , tandis que d'autres mettent toujours 
Tanka. 

La suppression des lettres de prolongation a lieu dans 
le premier membre de tous les dissyllabes terminés par 

\\n^ voyelle, comme \ r?jlp ou plutôt y^r^S" ra'îaràda 

Rois, de F^ir ràda Roi; (a) f \^y^ ou plutôt (^v.a*;(_\maJ 

dosadosâna Ses pe'chés, de {J^*)"^ dosa Péché, du sans- 
krit dosa. Les mots de plus de deux syllabes semblent 
sujets aux mêmes changemens, mais il ne se trouve à leur 
égard aucune règle précise. 

Les dissyllabes terminés par une consonne ne subissent 

• c ^ c ^ 

aucun changement, comme (aj f ^.^^ rûmah-rûmahiia 

Ses maisons , f L^J I ànaq-ânaq Enfans , (a) \ «wX^JI ânaq- 

âriaqna Ses enfans , f (j^3 V^ (lâlan-(làlan Voyages. Mais 
si ces dissyllabes terminés par une consonne prennent 
après la répétition un des affixes an ou i, ils suivent dans 
leur second membre les règles des mots terminés par une 
voyelle, parce que leur finale se joint à ces affixes ; comme 

^^j l — JUl ânaq-anàkan Jouets d'enfans, (J»^^i-^^^t* 
dàlan-dalâni Voyager. 

L'orthographe latin-malaie, au lieu d'écrire tout au 
long les mots répétés par i'anka , a conservé dans sa forme 
primitive ce signe d'un usage très-fréquent , qui sert à 
former le pluriel d'un substantif, le superlatif absolu d'un 
adjectif ou d'un adverbe, et à exprimer la continuation, la 
répétition ou l'intensité d'action d'un verbe. 



DE l'alphabet. 445 

29. En gênerai on a clierché dans l'orthographe latin- 
nialaie à rendre d'une manière peut-être trop servile tous 
les caractères de l'écriture arabe-malaie. On y remplace 
par le circonflexe les lettres de prolongation ; mais une 
ligne horizontale au-dessus d'une lettre y étant adoptée 
pour exprimer le tesdid a également été conservée sur les 
5 et t_^ doublés, qui sont en même temps lettres de pro- 

longation et consonnes. Ainsi (JiV-> tûwan Monsieur , et 

*JO dîjam Se taire, sont écrits tuwan et dijam. Faute 

de secours convenables, à ce qu'il paraît, les auteurs de 
l'alphabet latin-malai ont supposé dans plusieurs cas d'au- 
tres signes de voyelles que ceux que les Malais admettent 
eux-mêmes actuellement. Prenant pour base de leur tra- 

c ^ 

vail l'orthographe arabe , qui rend nos ô et ê par ^ — et 

(^ — , ces auteurs ont suivi ce système à la place de celui 

c ^ 
reçu parmi les Malais, qui expriment ces sons par ^ — et 

c 

{_S — De là l'orthographe latine aw et ej , comme dans 

^awrang pour PPJ^ ôran Homme, et bejta pour v-a^^ 

bêta Serviteur; et comme ces combinaisons avv et ej ré- 
pondent aussi quelquefois à nos diphthongues au et ai, on 
donne la règle, que dans plusieurs mots il faut les pro- 
noncer comme ces diphthongues au lieu d'ô et d'ê. 

L'àlif initial est toujours rendu par une apostrophe 
dans l'orthographe latin-malaie; le hamzah au milieu d'un 
mot y conserve sa figure primitive , mais il est placé 
transversalement. 



446 GRAMMAIRE MALAIE. 

30. Les Malais font quelquefois usage de la ponctua- 
tion arabe; mais ordinairement ils omettent entièrement 
les signes de ponctuation , et ne se servent pour toute 
distinction (pie des alinéa rarement employés. Plusieurs 
particules d'un usage très-fréquent leur tiennent lieu de 
ces signes; elles marquent d'une manière assez précise le 
commencement des périodes et de leurs membres, mais 
elles rendent le style extrêmement traînant. 

DES 3I0TS. 

31. La plupart des mots malais primitifs sont de deux 
syllabes. Beaucoup de ces mots appartiennent en même 
temps à plusieurs parties du discours, et on peut les em- 
ployer dans l'état primitif comme verbes, noms, adverbes, 
prépositions, conjonctions ou interjections, si la connexion 
du discours rend suffisamment clair le sens dans lequel 
ils sont pris. Mais on leur joint aussi difFérens préfixes 
et affixes , tantôt pour déterminer ce sens d'une manière 
plus précise, tantôt pour former des dérivés appartenant 
à une autre partie du discours. C'est ainsi que Î^t^S*^ sâjan 
signifie Pitié , clément , éprouver de la commisération , 
hélas! *3)0 dâlam, Dans, en, profond, profondeur, i^-ifo 
dâtan, Venir, jusque, &^o kâsili Affection , affectionné, 

affectueusement , avoir de l'affection pour , et l^*« sigerâ 
Vite, (adverbe), hâte, se hâter, (du sanskrit sigra Vite, 
promptement). De (j^jl^ dàlan, Aller, promenade, 
chemin, route, voyage, on fait (jjlçi.^^ berdàlan Aller , 
se mettre en voyage, et (^i^:^^^ berdalànan Voyage; 
de Mo denar Entendre, écouter^ -clXÂ5 pendenar ou 



DES MOTS. 447 

/-*-L5 peiinenar L'ouie , ^cXÂa? mendenar Entendre , 

(^AjLXj pennenâran et (jruicAj kadenàran Ce qu'on 
entend ; de v^> <-> dekat Près, auprès, à côté de, on 
fait \^5^,i berdekat S'approcher. 

32. On forme des composés en réunissant deux mots 
d'une même sig^nification , dont l'un est souvent emprunté 
à une la^ngue étrangère; ou réunit également deux mots 
d'un sens différent, pour exprimer une idée nouvelle. 
Exemples: A<-'<'î ^rtr^ terîma ambil Accepter, significa- 
tion qui appartient à chacun de ces mots ; \^^'^ ^-^V 
bâtan kàju Arbre, bàtan signifiant Tige, tronc d'arbre, 
arbre, et kàju Bois, arbre; ^\.i {j.^»^B pôhon kàju Ar- 
bre, grand arbre, arbre propre à la charpente, pôhon 

signifiant Arbre, tronc d'arbre ; ^^>>«.^ dikkalauSi, de 

*^^ dikka et le mot arabe O lau, qui signifient tous 
les deux Si ; rV.^XA? matahàri Le soleil , de O^-c mata 
Oeil et rvA hàri Jour, (l'oeil du jour) ; pv-f^5 kalamàri 
Hier, de ,_)*"^ hàla. Temps et rUs? mari Ici; (j-rif^ 
harîni Aujourd'hui, de hàri Jour et (^:>) ini Celui-ci; 
L,XÂ3 Cjn^i kùran genap Incomplet, l-a^^*' Prj^ kû- 
ran înat Inconsidéré, inatteutif, (^va3 P r«i-5 kûran bijàsa 
et (^j-wVa3 OlA*i tijàda bijàsa Non accoutumé , vJtJ^ "-^ W-* 
tijàda làjiq Inconvenable, impropre, (j*^5\.^ *-^W-* tijàda 
bergûna De nulle valeur, inutile, des mots kûran Moins, 
défectueux , être défectueux , tijàda Non , n'est pas , genap 
Complet , entier , înat Attention , faire attention , bijàsa 
Accoutumé, làjiq Convenable, propre, et gùna Valeur, 
utilité, du sanskrit guna; '■éTlJ C>r^ serta pergi Aller 



448 GRAMMAIRE MALAIE. 

ensemble, déserta Avec, ensemble, et pergi Aller, tout 

comme l'allemand zusammengehen ; ^m^3V>c ^Va^ sâma 
mânusîja Le prochain, de sâma Même, semblable, égal, 
ensemble, et mânusîja Homme, des mots sanskrits sama 
et mânusa ou manusja j {^^^^ r»V.A« sâma hamba Compag- 
non de service, de sâma et hamba Serviteur. 

33. D'autres modifications du sens primitif sont occa- 
sionées par la re'pétition d'un mot , qui en général est 
marquée dans l'écriture par l'anka; Voyez 28. On ex- 
prime par cette répétition un pluriel indéfini, un adverbe^ 
le superlatif absolu d'un adjectif ou d'un adverbe, la conti- 
nuation, l'intensité ou la répétition de l'action qu'indique 
un verbe; comme f ^^_^r rùmah-rûmah Des maisons, 

OV.X.XJ kata-kâta Des paroles , f rs^X^ muddah-muddah 
Facilement, de muddcih Facile; T^-^^^ pûtih-pùtih Très- 
blanc, de pûtih Blanc; (jWÂ>o manamâna Partout, de 

(jV/0 mâna OÙ; f^ cK JV. — j ^j f 2^> V.Â/<? mennâgah-nâ- 
gahkan kaànaq-ânaq Tenir des enfans dans la sujétion, 

de 2So o* tâgah Restreindre, et uJtJf ânaq Enfant; J^^fJ 
larilâri Courir de toute sa force, de r^ làri Courir; 
f i^vjO dusta-dusta Mentir fréquemment , être menteur, 
de v^*>«0 dusta Faux; f'(j>5v.^ dâlan-dâlan Se prome- 
ner ; f^ (J.J V/C mâjin-mâjin Jouer , être occupé à jouer. 

34. Les mots ne prennent point d'inflexions; ils ne 
subissent d'autres changemens que ceux, qui à cause des 
préfixes et affixes et de la répétition , sont occasionés par 
les règles d'euphonie , et par celles de quantité ou d'ac- 
cent. 



DES MOTS. 449 

Les altérations que l'usage a introduites dans plusieurs 
mots, ou qu'il admet quelquefois, ne font pas exception 
à cette règle, à laquelle ces mots sont soumis aussi bien 
que tous les autres; et beaucoup d'autres mots ont subi 
peut-être des changemens semblables avant de prendre 
leur forme actuelle. Il y a différentes espèces de ces 
alte'rations. 

Dans certains mots on retranche quelquefois une ou 
plusieurs lettres , soit au commencement , au milieu , ou à 
la fin, élision, qui a lieu principalement dans la conversa- 
tion; comme v>j\^ mârah pour srV^i amàrah Colère, 
;^j-»ax> mas pour (j-w./ol emas De l'or, *3 nam pour *Ji 

enam Six; L_ii: nappa pour <-X — sLo men^appa Pourquoi? 

(jwA*-<? môhon pour (j.ib^4-^ memmôhon Permission, de 

(^;>A^ pôhon Demander; o^^ minta (ou vJCÂ/o mintâ 

ou ULCÂ^ mintaq) pour o^Â^-^? memminta Demander , de 
o^Â5 pinta Demander ; ^-^^ tîda pour O \.a!> tijàda Non, 
pas ; 0^*« sàtu pour OÎ^ sawàtu Un ; (j/W tâja pour 
^\-g.:2s. tahàja Splendeur; i^-y^ dîna pour [j^f-^'^ dehîna 
Bas, commun, ;^^+«^ sambi pour VA-fv- sambil En même 
temps, OJô gondi pour 0'tAÂ3 gondiq Concubine, et 
d'autres mots qui se terminent en q. 

Il y a des mots qui perdent ainsi quelquefois dans la 
répétition la dernière partie de leur premier membre, com- 
me VêT"^ lalàki Mâle , homme , pour ^^>^3 lakilàki ; 
(j^uJC'i tatanâman Plantation , plantage , pour ^^Lo *JU 
tànam-tanàman ; aU^^m- sasàma Ensemble, pour r%VMM.A^ sa- 
masàma; of^**»^ sasawàtu Chacun, pour C>]y*^'^^ sa- 



450 GKAMMAIRE MALAIE. 

s- 

watusawàtu ; et de là (jjaa« sasa dans P r^ — ****« sasa^ôran 
Chaque homme , chacun ; av^m^aw sasahàri Tous les jours , 
journellement. 

La prononciation rapide supprime aussi des voyelles 
brèves qu'une orthographe exacte doit conserver ; sup- 
pression qui a lieu principalement , si la voyelle brève est 
préce'de'e d'une des lettres k , g- , t , d , p ou b , et suivie 
d'un n , r ou 1 ; comme UtÂj gnap pour genap Entier , 
O/-^ prut pour perut Le ventre , ^^ bli pour belî Ache- 
ter. Pour marquer dans la transcription cette suppression 
du fatl^ah , on pourrait très-bien ajouter à la voyelle 
brève ou non-entendue le signe de la brève , et écrire les 
mots indiques gënap , përut et beli. 

Quelques mots prennent au commencement un augment, 
comme (j^aaâA hantimun pour ^^a!> timun Un gros 
fruit de l'espèce des melons ; {^yLi.^ harinan pour (J^J^T 

rînan Léger , \^0 dîja pour (_^î îja Lui , {^yi-A ampûna 
pour (^^ pûiia Appartenant à. Cet am dans ampûna 
est un préfixe javanais qui répond au men malai. 

D'autres prennent quelque accroissement à la fin, comme 

(jj\L*.w kalamârin pour rL».w kalamâri Hier, {^y^'^ 

dikkan pour (^:> tîikka Si, O'^-X^'i tîdaq pour cAa!> 
tida Non. 

Il y a aussi des mots qui par suite d'un retranchement 
ou changement de lettres ont plusieurs formes , que l'on 
rencontre en difFérens lieux; comme <wS.s::tâ!> tunduq, 
<-*-^-i tûduq ou y,^^ tûdu Montrer; *aÂ) kuntum ou 
^^Jy kûtum Bouton ; ^-^^ pôton ou î^^ ponton Cou- 



DES MOTS. 451 

per ; ^-^ji^-^ mànaq pour ^r^v bànaq Beaucoup ; "^.^^ 
tûti pour K^'*' sùti Pur; p- y^ tàwan pour pi^ tà- 
ban Une branche; O^^ «hiMat pour v_>^^Vji>- dàbat Tou- 
cher; \\y^ tiikul pour \\^^ pûkul Frapper; (^^ bakki 
pour k^^ baggi A, vers; ^r^^ mûrah pour 8^%-^ mû- 

dah ou »o\/(?mu(klah Facile; ^,J<-\Â> kindîripour ^c\Âa« 
sindîriMème, de p>0 dîriMème; (^j/j^aÂ-j* tantausa pour 
(j^».aÂjuw santausa A l'aise, (du sanskrit santôsa Joie); 
U»u« sàpi ou Ut+Aw sampi Du bétail ; >.'i^3 lûtar ou ^XU 
luntar Tirer, lancer. 

Quelquefois une voyelle s'allonge pour remplacer une 
consonne double de la syllabe suivante , comme U>\JC3 be- 

tâpa ou Is_Xa3 betappa Pourquoi, U'V;*« sijâpa Qui, de 

Li\ appa Qui. 

D'autres mots retranchent une consonne qui leur ap- 
partient primitivement, comme (j.A>^>cO demikijan Ainsi , 
de cette manière^ pour demmikijan, de la préposition 

pO demmi Par , et l'adverbe [J^j^ kîjan Tant , autant. 

Quelques mots enfin, entre lesquels il y a affinité, se 
distinguent par une variation légère , comme ^>^>-^S^ gîgi 
Dent et (^>^aj gîgit Mordre , v^x.c f ankat Lever et 
(^X.cl ankut Porter sur le dos, Î^*a^o bàsah Mouillé, 
humide, et b^\.^ bàsoh Laver. 

Aux changemens de mots indiqués ci-dessus on peut 
encore ajouter ceux, qui n'appartiennent qu'au langage 
oral, comme rûna pour (jrj warna Couleur, rômat pour 



452 GRAMMAIRE MALAIE. 

é.^^ hormat Honneur, retta pour O--^ harta Effets, 
kereh pour {j^^ keras Dur , sâkih pour \J^^\m sâkit 
Malade ; changemens semblables à ceux qu'on trouve dans 
tous les pays dans le langage vulgaire. 

35. Le malai, sous plusieurs rapports si semblable aux 
langues monosyllabiques, s'en distingue essentiellement 
par les règles sur le ton ou l'accent syllabique. Il est 
peu fort ; l'orthographe arabe ne le marque jamais d'une 
manière particulière, mais des livres en lettres romaines, 
comme ceux de la sainte écriture , l'indiquent assez sou- 
vent, principalement par l'accent grave. La syllabe qui 
prend le ton, n'est pas pour cela plus longue qu'une autre 
de nature semblable , qui ne l'a pas j et c'est ainsi , qu'une 
syllabe accentuée se distingue d'une syllabe naturellement 
longue. Tandis que dans les langues monosyllabiques le 
ton de chaque mot est immuable, le malai n'a presque 
pas de syllabe accentuée, dont le ton dans certaines cir- 
constances ne puisse passer à une autre syllabe; et pareil- 
lement toute syllabe longue de nature peut devenir brève, 
à l'exception seulement de quelques mots étrangers, et 
beaucoup de syllabes brèves peuvent devenir longues. 

On nomme syllabes ouvertes , simples , ou pures , celles 
qui se terminent par une voyelle j syllabes fermées, com- 
posées , ou mixtes , celles qui se terminent par une con- 
sonne. Les syllabes qui se terminent par une diphthon- 

c ^ c ^ 

gue , ((^ — ai ou ^ — au) , suivent dans le malai les règles 
des syllabes fermées. 

Les mots, soit primitifs ou dérivés, ont au moins une 



DES MOTS. 453 

syllabe accentuée, mais une seulement, si le mot n'a pas 
(l'affixes. 

Dans tous les mots sans affixes l'accent occupe ou la 
pénultième ou la dernière syllabe; mais les Malais aiment 
en général à accentuer la pénultième. Les mots sans af- 
fixes ont l'accent sur la pénultième, si celle-ci n'est pas 
une syllabe brève et ouverte. 

Dans tous les mots sans affixes chaque syllabe long-ue 
et ouverte est accentuée ; une syllabe ouverte et brève ne 
peut pas avoir d'accent. Ainsi dans les mots "^^ kûda 
Cheval, ^V-^ tùlun Aider, et v.-Xi/o) umpat Calomnier, 
la pénultième a le ton ; la dernière syllabe l'a dans ^~0 
benar Vrai, ^■♦•^ demû Rassasié, et 1 JC5 putarà Prince. 

La syllabe longue doit être distinguée par une lettre 
de prolongation ; la syllabe brève ne peut pas en avoir. 

Par suite des règles précédentes aucun mot malai pri- 
mitif ne peut contenir deux syllabes longues ; celles-ci ne 
se recontrent que dans des mots qui ont reçu plusieurs 
affixes. Une orthographe telle que Uv bàwâ pour ^o 
bàwa Apporter, %^*^**j sûsû pour i^j^^jm sûsu Le sein, 

6t Cr^^ S^S^ pour <^^j gîgi Les dents , est donc en- 
tièrement inexacte. 

Aucune syllabe, ouverte ou fermée, ne peut com- 
prendre plus que deux lettres arabes. Ainsi dans un mot 
tel que 2^^r rûmah Maison, les syllabes se divisent en 
rû-mah; et il n'existe pas de syllabe fermée qui ait une 
voyelle longue, parce qu'elle devrait alors comprendre 
trois lettres. 

Le ton des syllabes fermées dépend de leur position 
dans le mot. Comme pénultièmes elles ont le ton , si la 



454 GUAMMAIIIE MALAIE. 

dernière sjHabe est ou ferine'e, ou brève et ouverte j elles 
l'ont comme dernière syllabe, si la pénultième est brève 
et ouverte. 

Si la pénultième d'un mot accru par des affîxes est une 
syllabe ouverte , elle demande une lettre de prolongation, 
et toutes les syllabes ouvertes qui la précèdent sans in- 
terposition d'une syllabe fermée, doivent être brèves; 
mais s'il y a une syllabe fermée parmi celles qui précè- 
dent la pénultième , une syllabe longue avant cette syllabe 
fermée n'est sujette à aucun changement. Les mots dé- 
rivés du sanskrit , qui ont plus d'une voyelle longue, sont 
exceptés de cette règle; la première de ces voyelles ne 
subissant aucun changement. 

Si la pénultième d'un mot accru par des affixes est une 
syllabe fermée, elle ne peut pas recevoir de lettre de 
prolongation., et unç syllabe longue qui la précède, n'est 
sujette à aucun changement. 

Il résulte de ces règles que dans les mots ^^ kûda 
Cheval , ri'^*« siidâra Frère , (du sanskrit sahôdara Fra- 

ter utcrinus) , O^k'S tanda Marque, et ^:>l âdar Ap- 
prendre, la quantité des primitifs et de quelques affixes 
subit les changemens suivans : "^^ kûda Cheval , (^l<-\) 
kudâna Son cheval, i^3\-i(A) kudaùàlah Son cheval (avec 
emphase) ; r''-^'^ sitdàra Frère , i^]jmJ^*m sûdarâna Son 
frère, 2J»3\-i rO^«^ sûdaraiiàlah Son frère (avec emphase); 
lAÂ'i tanda Marque, (AjfcAÂï taud»ànaSa marque, ^JOlXâ!> 

tandanâlah Sa marque (avec emphase) ; -^f âdar, (^S^^l 

âdarkan et ^kÂS^Çi^f âdarkanlah Apprendre , avec conser- 



DES MOTS. 455 

vation <le Ta, parce qu'une syllabe fermée le suit, mais 
aI^Î adàri et &.Vj^I adarilah Apprendre, parce que 
l'affixe i , en détachant le r final , a changé la s^ llabe fer- 
mée dar en deux syllabes ouvertes (da-ri), qui succes- 
sivement deviennent longues. 

A la fin de ce chapitre je donnerai bon nombre d'ex- 
emples tirés de l'ouvrage de M. Robinson, pour faire 
voir d'une manière plus étendue les changemens, qui par 
suite des règles précédentes ont lieu dans les mots malais. 

Les mots étrangers, principalement ceux qui dérivent 
des idiomes de l'Inde , conservent tantôt leur quantité pri- 
mitive, et tantôt ils la remplacent par une autre qui est 
plus d'accord avec les règles de prononciation malaie; 
mais les mots arabes et persans conservent généralement 
leurs formes primitives. Lorsque l'orthographe malaie 
varie au sujet des mots étrangers, il faut choisir celle qui 
est le plus en harmonie avec les règles pour les mots pri- 
mitivement malais. 

Les deux mots formant un composé , (V oyez 32), peu- 
vent se réunir , et ils subissent alors les changemens régu- 
liers pour la quantité; ou bien ils peuvent rester séparés 
et conserver leur forme primitive et le ton propre à cha- 
cun. On les emploie indistinctement de l'une ou de l'autre 
manière. Toutefois on peut dans la transcription joindre 
par le tiret les mots, qui réunis, ne forment qu'une seule 
expression. 

Les lettres K t-> P J}i (i:) n? doivent être regardées 
comme doubles. Par conséquent elles ne peuvent pas 
prendre le tesdid , et l'on peut selon Werndly accentuer 
une pénultième brève suivie d'une de ces lettres, ou cou- 



456 GRAMMAIRE MALAIE. 

server le ton sur la dernière syllabe; comme dans Mo 
denar Entendre, qu'on prononcera arbitrairement dènar ou 
denàr. 

Quoique le -i- d ne soit pas joint aux lettres précéden- 
tes , et qu'il puisse même prendre le tesdîd , les Malais 
cependant ne 'le prononcent jamais en lettre double , s'il 
se trouve comme telle par suite d'un changement que su- 
bit la finale d'un préfixe devant le d. Les Malais, qui 
n'aiment pas trop à se mettre en peine pour une articula- 
tion exacte, suppriment encore très-souvent le tesdîd dans 
des mots, où il n'y a pas la difficulté de prononciation que 

présenterait un 7: dd. Mais l'orthographe doit conser- 
ver le tesdîd d'une manière régulière, malgré ces dévia- 
tions du langage ordinaire. 

La quantité et l'accent de plusieurs mots ne sont pas 
tellement fixes, qu'ils ne soient sujets à des variations, 
qui paraissent provenir d'une différence de prononciation. 
C'est ainsi qu'on écrit A^'l'i tàgal et A^-> tegàl A cause 
de, (j-^VJ* pâsan et ^^M^> pesàn Ordonner, A^*-^ mâhal 
et J-^ mehàl Cher , P r^ pàran et è J> peràn Guerre , 
pâran et peràn Couteau, couperet. Il paraît cependant 
que ces derniers doivent s'écrire peran Guerre^ et pàran 
Couteau, en se distinguant de la sorte l'un de l'autre. 
Les mots étrangers surtout varient extrêmement sous ce 
rapport. 

Les mots primitifs qui se terminent en une syllabe fer- 
mée, mais non pas eu une diphthongue ou en h, et dont 
la pénultième a le ton, peuvent, selon Werndly, le con- 
server devant les affixes tah , kah et lah , ou le faire passer 



DES MOTS. 457 

à leur dernière sjllabe. Ainsi i^a^^ sambut Recevoir, 
ç>*>^ iisir Poursuivre , et (jJ^ dàlan Aller , suivis de 20 
lah , se prononcent indifféremment sàmbutlali , ùsirlah et 
dàlanlah, ou bien sambùtlali , ùslrlah et <làlànlah. 

Aucun de nos grammairiens n'ose donner des règles sur 
le ton des mots qui ont reçu plusieurs affixes; le ton y 
est probablement trop peu distinct, ou peut-être même 
arbitraire, pour qu'on puisse former des règles précises. 

36. Les préfixes employés à former des dérivés sont 
ber, ter, di, se, per, pen, ka et men; les affixes employés 
de la sorte sont an, kan, i, nda et l'adverbial na. Les 
préfixes ku et kau, et les affixes ku, mu, lia, remplacent 
des pronoms ; les affixes tah , kah , lah et pun marquent 
d'autres rapports du discours; mais en général toys ces 
derniers ne forment pas, à proprement dire, des dérivés, 
quoique , à l'exception de pun et des préfixes ku et kau , 
ils agissent sur la quantité du mot auquel ils se trouvent 
joints. C'est pour cette raison que l'on range les mots 
avec ces affixes parmi les dérivés, tandis que par leur 
signification ces affixes ont plutôt des rapports semblables 
à ceux des particules enclitiques du grec , de la particule 
interrogative ne et de ce en latin. 

Comme les mots malais n'ont point d'inflexions, ni pour 
la déclinaison, ni pour la conjugaison, la partie du dis- 
cours à laquelle appartient un mot , peut quelquefois pa- 
raître incertaine. Les verbes, tant primitifs que dérivés, 
marquant sous la même forme lesdifféiens modes et temps, 
représentent un aoriste, un infinitif, et un participe, et 
sous ce dernier rapport ils peuvent être pris quelquefois 
pour un adjectif, quand même leur forme est décidément 

30 



458 GRAMMAIRE MALAIE. 

celle d'un verbe. Suivis d'un des trois affixes prono- 
minaux, les verbes deviennent substantifs verbaux de la 
même espèce que l'infinitif grec et allemand ou le parti- 
cipe anglais, en construction avec l'article, (tottohiv, dos 
Thun , the doing). Ils peuvent encore prendre la signi- 
fication de substantifs verbaux, s'ils se trouvent immédia- 
tement après un autre substantif, dont ils dépendent en 
faisant fonction de génitif, tout comme le gérondif latin, 
{ratio faciendt). 

Les verbes dérive's ont des formes différentes selon qu ils 
sont actifs ou neutres ; la signification n'en est cependant 
pas toujours en harmonie avec la forme, l'usage y ayant 
apporté beaucoup de modifications. Tous les préfixes 
et affixes peuvent se réunir aux mots primitifs d'après 
leur signification respective ; mais si diff*érens préfixes et 
affixes se joignent ensemble au même mot , cette jonction 
suit en général des règles précises, d'après lesquelles on 
peut déterminer ordinairement d'une manière assez exacte 
la nature d'un tel mot. 

Il y a des mots qu'on emploie principalement sous leur 
forme primitive; il y en a d'autres qui se rencontrent or- 
dinairement sous une forme dérivée. Ainsi parmi les 
verbes, tant actifs que neutres, quelques-uns ne deman- 
dent ni préfixe ni affixe, ou en refusent même l'application, 
si leur signification n'en doit pas être changée, comme 

O^^ bûwat Faire , (j.3 V/o mâkan Manger , Ti^y^ dàtuh 
Tomber , véT^J' pergi Aller , ^-i)^ dàtan Venir , twi-M^V-A? 
màsuq Entrer, (J jt;^^ tùrun Descendre, mots qui tous 
n'ont d'autre signification que celle de verbes , et peuvent 



DES MOTS. 459 

par conséquent se passer d'un sig-ne déterminatif , qu'entre 
ceux-ci bûvvat prend encore le plus souvent, tandis que 
màkaa avec ou sans rëg^inie, c'est-à-dire comme actif ou 
comme neutre , n'en a jamais besoin. D'autres verbes aU' 
contraire , principalement si le primitif est en même temps 
substantif, s'emploient ordinairement sous une forme deri- 
ve'e, comme (j«Jv:> dàlan Aller, chemin, voyage, (jjvj^^ 
berdàlan Aller; (a)\.!> tâna Demander , demande, (:j)»J/-^ 

bertàna, il^Â/o mennaiiâi etc. Demander. Mais on ne 
peut donner là-dessus aucune règle; l'usage seul décide 
de l'emploi ordinaire de ces mots. 

Les mots étrangers adoptés en malai prennent en partie 
les mêmes préfixes et affixes que les mots proprement 
malais, tandis que d'autres les refusent, ce qui a lieu 
principalement , si leur son étranger en décèle l'origine. 
Cependant on les emploie souvent de la même manière, 
que s'ils étaient des dérivés avec préfixes et affixes malais. 
C'est ainsi que l'adjectif arabe r^^-^ malùm Connu , est 
employé non seulement comme a<ljectif , mais encore com- 
me substantif, ( r^^-^ LJr^ berî ma lùm Donner avis , 
informer), et comme verbe, particulièrement pour l'im- 
pératif, (Sache), et pour l'optatif, qui ailleurs demande 
le préfixe di. 

^ c 

3Î. Le préfixe ^ka et l'affixe (js an servent princi- 
palement à former des substantifs, mais la manière de les 
employer n'est pas tout-à-fait la même. 

Le préfixe ka se met principalement devant des verbes 
et adjectifs, moins fréquemment devant des substantifs pri- 
mitifs et des particules. Les mots qu'il précède prennent 

30. 



460 GUAMMAIlir. MALAIE. 

en outre presque toujours l'affixe an, et forment ainsi des 
substantifs abstraits , des noms d'action ou de manière 
d'être , des noms verbaux etc. Ces substantifs s'emploient 
quelquefois dans le sens d'adverbes et d'autres indécli- 
nables de nos langues; quelquefois comme noms verbaux 
ils se trouvent mis pour le verbe ou pour des adjectifs. 
L'affixe an ne s'emploie pas, si le préfixe ka est mis de- 
vant les numératifs; {Voyez ces derniers). 

Le préfixe ka ne précède aucun autre préfixe, mais il 
peut être précédé du préfixe (j-w se, et de --J ber, qui sert 
à changer le nom en verbe. Le même changement a lieu 
dans le peu de cas , où des mots avec le préfixe ka pren- 
nent un des affixes kan ou i. 

Observons encore qu'il ne faut pas confondre le préfixe 
ka avec la préposition ka, (Voyez 113), ni avec le pré- 
fixe ku, (Vojez les pronoms), qui tous les deux se met-i 
tent immédiatement devant le mot auquel ils appartiennent, 
et qui dans un texte malai sans points ne sauraient être 
distingués. La jonction de l'affixe an servira ordinaire- 
ment à reconnaître le préfixe ka. 

L'affixe an se joint à toutes sortes de mots pour former 
des substantifs abstraits , des noms d'action ou de manière 
d'être , des noms enfin , dont la signification ne diffère pas 
de celle des substantifs primitifs auxquels il se trouve 
joint. Excepté ces derniers, les mots qu'il suit, sont 
très-souvent précédés du préfixe ka , et ces mots sont 
alors tantôt noms verbaux, tantôt ils ne se distinguent pas 
dans leur signification de ceux avec l'affixe an seul. Quel- 
quefois cependant il y a une diflereuce dans la significa- 
tion de ces derniers et de ceux qui ont le préfixe ka. 



Di:S MOTS. 4H1 

L'affixe an se joint ég^alenient à des substantifs avec 
les préfixes pen et per, soit pour former des noms de la 
même cate'gorie que ceux en an seul, soit pour en faire 
des noms de lieu ; (Voyez ces préfixes). 

Ce n'est que pris au sens figuré, que quelques-uns des 
noms avec l'affixe an marquent des personnes. Rarement 
ils sont suivis des affixes kan eti, qui les changent en 
verbes, le préfixe ber étant principalement employé à cet 
effet; mais ils prennent les autres affixes, à l'exception 
toutefois de l'affixe personnel nda. 

L'affixe an se joint encore à différens mots pour former 
des adverbes, qui en partie se trouvent précédés du pré- 
fixe ber et quelquefois de ka. Les primitifs sont alors 
souvent redoublés. 

Exemples: O'^Â^r^kahendaq Volonté, désir, »é^fe\Â^) 
kahendàki Vouloir, désirer, de hendaq Vouloir, désirer ; 
(^*i*.x.X> katakûtau Crainte , 0%>^a> katakùti Craindre , 
de v^) Vi tàkut Craintif, craindre, crainte, de crainte 
que; c jrN*.x.j kakùran et (j^cf^N^j kakurànan Le man- 
que, de kûran Manquer; (^Jj^X) katurûnan Extraction, 

généalogie, de (Jp%-> turun Descendre; {^ — ;>y-5 larîan 

et kalarian Fuite, de r^ lâri Fuire; (j f^—S^ kaaddàan 

Existence, de of adda Etre, exister; {^ — jc\:st> kada- 

dîan Création ou production , et ^j — JcAçs-cAç^. dadidadian 
Transmigration des âmes , métempsycose , (qui se répète 
plusieurs fois), de oV^ dàdi Etre, devenir; (j^IlAaXj 
katijadàan Absence, anéantissement, de <->lA*i tijàda N'est 
pas , ne , non ; ^j ^Uw^aj kabesàran Grandeur , de /.ma^ be- 



462 GRAMMAIRE MALAIE. 

sar Grand ; ^AlcAJo rendâhan et karendàhan Humilité , 
bassesse, de »<-XJp rendahBas, humble; (J^**^aÂ/(? manîsau 
Confitures, sucreries, kamanisan Douceur, de jjJu*.JLc 
mànis Doux , sucré , délicat ; (j^ib^A^-i tumbûhan Des re- 
jetons, boutons, la végétation, (^ib4.A4.X$^ katumbûhan 
Pustules, la petite vérole, de ^^.Vi tumbuh S'élever, 
pousser (comme les plantes); ^*«lx.^^ kakàsih Aimé, fa- 
vori, amant, amante, (js^^^r^ kasîhan Tendresse, de 

kâsih Affection, affectionné; (j^/u-U. — 5^ ka^emâsan Qui est 
d'or ou doré, de ;j«w,>cf emas Or; (jd^j-S^ karidlàan et 
\.>àp ridlà Bon plaisir, volonté; (j^A^M^b kasalàhan Dé- 
lit, criminalité, de ».5L« sàlah Coupable, mauvais, crime, 
culpabilité ; (j '^r^ karadâan Royauté , royaume , l'ac- 
tion de gouverner, de ^^fr ràdaRoi; (j*j\-g.X$^ katuhânan 
La Divinité, de (^A^J Le Seigneur, Dieu; ^J'fcAib ha- 
dâpan et kahadàpan Présence , face , devant , en présence 
de, de Oolsii hâdap Devant, en face, en présence de; 

j^ibu.+!j tambàhan Addition , surcroît, en outre, et J^a+ÂJ» 
pennambah Addition, surcroît, de b^4-'S tambah, Ajouter, 
accroître; slXS^ katàhu et (jç^^XS^ katahûan Connais- 
sance, (jc^^Xr^3 berkatahûan et ^^'XS^ katahûi Con- 
naître, savoir, de »V!> tâhu Savoir, connaître, sage, in- 
telligent; (j.'il^i.> kalihâtan Vue, aspect, chose visible , 
apparence, de v^^aj lîhat Voir; (jpV-ceXS^ kadenâran 
Ce qu'on entend , ce qu'on peut entendre , de /.cO denar 
Entendre ; ^Jlx-c makànan Nourriture , alimens , de 
(J.5 V./0 màkan Manger; (j^cfcAib hidânan Alimens, un 
service , un plat , de P^^ib hîdan Servir (des alimens) ; 



DES MOT^. 463 

(jJj'AÇ) kahidopaa Subsistance , la vie , de OJ^Axib hi- 
dop A ivre, vivant; (jJi*^ buviàtau et (j»jfoJ> perbu- 

wàtaniVctions, travail, de O^ bùwatFaire; A^^ bekal, 
^^Vx.^ bekàlan et (jJ\^^^ perbekàlan Provisions pour 
un voyag;e etc. ; (j>m»^X!> tulisan Dessin , tableau , peinture, 
de (j^'o tûlis, Ecrire, dessiner, peindre, écriture, pein- 
ture, dessin; ^j^*^snÂ^ dundiinan Appui, protection, 
protecteur , objet de vénération , de k^iX.:^ dundun Sup- 
porter, soutenir, recevoir avec respect; (^;^ol utiisan 
Ambassade , ambassadeur , envoyé , de (j^J*i ûtus En- 

vojer en ambassade; {^ — fiJU-J kamatîau La mort , le dé- 
cès, le défunt, de Ov-c màti Mourir, mort; i^^]Os^o%..'C 

mùdahmudàhan ou (^^AÎvA^lX/c muddahmuddàhan Peut- 
être, de mûdah ou scXc muddah Facile ; (j^VJCaX*0Ca3^^ 
berpantaspantàsan Habilement, de pantas Habile. 

38. Le préfixe (j3" pen , (^ pen , *^ pem ou U> pe) , 
précède des verbes et d'autres mots, pour en former des 
substantifs. L'emploi des diflférentes formes de ce pré- 
fixe dépend de l'initiale du mot qu'il précède. Ainsi il 
est pen devant une voyelle et le '^k; ce dernier est 
retranché alors, et remplacé par le hamzah, comme si 
le mot commençait par une voyelle. Cette voyelle ne se 
réunit pas à la finale du préfixe, dont elle est séparée par 
le hamzah , qui après un préfixe n'est pas retranché , com- 
me le hamzah des affixes an et i après une consonne. Ce 
sont les combinaisons suivantes qui résultent de la réunion 
de ce préfixe avec les différentes initiales, devant les- 
quelles il se trouve. 



464 GRAMMAIRE MALAIE. 



pens 


pemb , penn , pend , pent et quelquefois pen , 


t 

penh, 


pend et quelquefois penn , penr et perr , peh , 


pens 


pen, pemm, pens peng, penl et pell, 



pemm, penn, penh, pen. 

Les noms formés de la sorte expriment ordinairement 
l'agent ou l'instrument , par lesquels une action est faite; 
cependant ils expriment aussi une action, une faculté, une 
manière d'être, etc. surtout avec l'affixe an, qui ordi- 
nairement ne s'emploie pas , si le dérivé doit signifier une 

personne. Exemples: ^v — %i pen^àdar Instituteur, 

ijiaître, et [^r<s^\ — xs pen^adàran Enseignement, de >^l 

-^ .... 
âdar Apprendre ; Ut — sl5 pen^appa Une personne curieuse, 

importune, un questionneur , de U>1 appa Que? Quoi? 

^^A — JLJ pen'irin, o^'>^a — Ji3 penikut et Op^Â^ pen- 
nûrut Un suivant, de P rr*} îi'in» v->^:*^ îk"t et Or^-> 
tûrut, qui tous les trois signifient suivre: (_^-a4.^ pemberî 

OU (j. — TÎi-A't.^' pemberîan Don, présent, de (^r^ berîDon- 
ner; b^Jyj^^-S pembiinuh Meurtrier, et (j.sb^ÂA+5 pem- 
bunûhan Meurtre, exécution, supplice, de bûuuh Tuer; 

i^ — ^W-*-^ pembelian Achat , acquisition , de ^^.^ beli 

Acheter; *^Uj pennâdam Instrument à rendre tranchant, 



DES MOTS. 465 

SU 

meule à aiguiser , de *:^^'S tà(iani Tranchant , aigu ; j-^^ 
pennàbur Un semeur , laboureur , de la graine semée ou 

e'parse , de ^A-> tàbur Semer ; JV>JtÂ>" pennangâla Un 

laboureur, de J^-^-> tangàla Charrue; »J^U>* pennàruh 
Celui à qui l'on a confié une chose, un dépositaire, et 

fjÂs^JJ pennarûhan Chose donnée à garder, dépôt, de 

nj\!S târuh Poser , déposer , donner en dépôt ; ^jXk9 
pennàreq Bêtes de trait, de «^V^-J tàreq Tirer, traîner; 

J^:^TÂ>* pendûwal Un vendeur , de dûwal Vendre ; 
j\^3:iÂi* pentùri Voleur, de tûri Voler, dérober, (du sans- 
krit cur Voler, côra Voleur); S^:s.iJj pentûkur Bar- 
bier , et r^\tp peiiùkur Rasoir , de r^^ tûkur Raser ; 
(j<c^Lsn.Ây penhalàs Sauveur , de halàs Salut , félicité 

éternelle; Ji.O\Xs pendenar ou JtÂ3 pennenar ^ L'ouïe , 

(javJlâJ' pennenàran Ce qu'on entend, de denar Entendre ; 
\^Ji9\oJJf pendâpat Appréhension , conception , opinion , 
idée, et ^'SXJ'OJJi pendapàtan Acquisition, propriété, 
invention, de dàpat Acquérir, imaginer^ inventer; (jcu«j\ 
rasâan et penrasàan Considération , réflexion , pensée , opi- 
nion, de (j^'r rasa Goût, goûter, sensation, sentir in- 
térieurement , du sanskrit rasa ; cJ^^^ perrebut et (j./eVï^ 
penàmun Brigand , voleur , de ^^f rebut et (j^U« sà- 
mun Piller, voler; ^jy!^ penûruh Messager, envoyé, 
message, de ^jy^ sûruh Ordonner , envoyer; ^Yj^ penû- 
rat Ecrivain , copiste , de ^j^**' sûrat Ecrit, lettre, cha- 
pitre de l'alcoran ; cViJ penàna Bayeur, de nâna Bâiller, 



466 GRAMMAIRE MALAIE. 

bayer; A^^-*^ pemniûkul Instrument à frapper, marteau, 

maillet, de A^^ pûkul Frapper, battre; P r*-^ pem- 
meran Meurtre , carnage , de i: ^ peran , Guerre , com- 

battre; c(AÂ+>' pemmandan Coup d'oeil, reg-ard , aspect, 
mine, contenance, conception, observation, vision, de 

c(AÂ5 pandan Voir , de'couvrir , fixer , observer ; J^jV— itj» 

pen âvv^al Garde , sentinelle , de JS^^^ kâvval Guet , gar- 

^ . ... 
der; (j-^am* — xj pen^asîhan Faveur, affection, de ^« 

kàsih Affection, affectionné, avoir de l'affection ; 'nXjS-JiJ 

pengîlin Moulin , ijjiAxJis pengilînan Usine où l'on 

travaille avec des moulins, manufacture de sucre, de gî- 

lin Tourner (comme un moulin), moudre; y^^^^Ji3 pen- 

lihat et (j.*A^Xit> penlihàtan Vue, l'organe de la vue, 

la faculté de voir , vision , de lihat Voir ; v.^.».^* pellom- 

pat Sauteur , de lompat Sauter ; A^ pellâri Un coureur, 

fugitif, de làri Courir, fuir; (AÂ^^ pemmandi Baigneur, 

de mandi Se baigner ; v^Âi3 pennanti Celui qui attend , 
de nanti Attendre ; (^^L^JLJ penharâpan Confiance, espé- 
rance, de ^A-^ liârap Confiance, espérance, se fier à, 
attendre avec confiance ; t^)V?^ penàùi Chanteur , de nâni 
Chanter. 

Les noms avec le préfixe pen se distinguent de ceux 
avec le préfixe per par leur signification plus active, tan- 
dis que celle de ces derniers se rapproche en général 
davantage de la signification neutre ou passive. Pour quel- 
ques dérivés cependant , qui commencent par perr et pell , 



DES MOTS. 467 

il peut paraître douteux , s'ils sont composes avec le préfixe 
pen ou le préfixe per , ceux-ci se trouvant quelquefois con- 
fondus. C'est ainsi qu'à la place du préfixe per , le préfixe 
pen sert à former avec l'affixe an quelques noms de lieu, 
principalement si les mots qu'il précède, ont pour initiale 

une des lettres î, c ou », comme ^^'^ — *^ pen^arànan 

Lieu où l'on fait le charbon, de à À àran Charbon de 
bois; [J^\ ç^jii penaràkan Distillerie, de 0»<-^ 'araq 
Arack, eau-de-vie de riz 5 (jjfiAgJiJ penhadàpan La 
cour, le salon d'un prince, de UJOub hàdap Devant, en 

présence de; ^^j^UjJ' pennebàhan Aire, endroit pour 
battre ou fouler les grains, de ^a'^ tebah Battre le blé. 

Dans quelques noms de dignité formés avec le préfixe 
pen, le fathah de celui-ci se prononce a selon M. Mars- 
den, comme *a\.jl5 panlîma Gouverneur, préfet, de lima 
Cinq, ^_)«^^-»> panhùlu Chef, de hùlu Partie suj>érieure. 
Werndly dit que le préfixe pen se prononce indifférem- 
ment pen ou pan, mais il écrit pan devant tous les mots 
qui commencent par 1 , pen etc. devant tous les autres. 
Il écrit (j-m.!j) Jt> penràtus Un centurion, de (j-^-i'P râtus 
Cent , nom que la traduction des saintes écritures trans- 
crit penràtus et panràtus. 

Le préfixe pen ne se met devant aucun autre préfixe. 
Les mots qu'il précède, se changent rarement en verbes, 
ce qui peut avoir lieu soit par le préfixe ber , soit par les 
affixes kan ou i. 

39. Le préfixe J» per, ou O pe avec doublement de 
la consonne suivante, se change quelquefois devant une 



468 GRAWMAIUE MALAIE. 

voyelle ou le (^ b en pel. On le prononce selon Werndly 
indifFéremment per ou par. Mis devant des noms ou 
particules et devant plusieurs verbes primitifs, il sert en 
ge'néral à former des verbes, qui ordinairement expriment 
une possession ou une action , aussi la continuité ou l'in- 
tensité de l'action, et qui assez souvent prennent encore 
un des affixes kan ou i. Avec les verbes primitifs il for- 
me en g-énéral des noms d'action , de manière d'être , etc. 
qui en g-rande partie prennent en outre l'affîxe an , s'ils ne 
marquent pas des personnes. Les noms aussi bien que 
les verbes prennent le préfixe per et l'affixe an pour de- 
venir noms de lieu. A l'exception de ceux-ci il y a peu 
de noms avec le préfixe per, dérivés de noms primitifs, 
sans avoir passé d'abord par la forme de verbe. Mais il 
sera alors plus exact, de regarder ces noms comme déri- 
vés de verbes , qui seulement ne sont pas en usage. 
. Les verbes formés avec le préfixe per paraissent quel- 
quefois avoir la même signification que ceux formés avec 
les préfixes ber et men; mais le sens transitif ou intransitif 
de l'action dont on parle, doit déterminer alors l'emploi des 
différentes formes, qui sont en usage. Pareillement les 
noms que précède le préfixe per, ne paraissent souvent se 
distinguer par aucune signification particulière, de sorte 
qu'il ne semble mis que pour arrondir le mot. Il rem- 
place dans quelques dérivés du sanskrit la préposition pra 
de cet idiome; et sert devant les numératifs à marquer 
les nombres fractionnaires; (Voyez les Numératifs). Il 
ne précède aucun autre préfixe , mais il peut être précédé 
de ber , ter et di. 



DES MOTS. 469 

Exemples : (J^-*/^ pertûwan Gouverner, de tûwan Maître, 
seigneur , monsieur ; (jjU->y-^ pertuwànan Gouvernement ; 

r\jCJ£ J» perantàra Intervenir, et (j4^Xâ — .V> pel'antaràan 
Salle, cour, passage, antichambre, de r^^' antàra En- 
tre, du sanskrit antarà ; O/-*^ besserta et i^==\~i^^*>J 
pessertâkan Accompagner, être avec quelqu'un^ de serta 
Avec; ^à-d^ bajiki, perbajiki, berbajîki et membajiki 
Améliorer, rétablir, de ^r'S^ bàjikBon; ^J>:s:\^Ji per- 
sànat Porter à l'excès, de sànat Excessif, excessivement; 
^J'=f^ ber'ôleh et perôleh Obtenir, ^J.q^.nJ9 per'ole- 
han Acquisitions, possessions, propriétés, de îO») ôleh 
Par; ;j5^Lv^J> perwakilkan Faire quelqu'un procureur, 
de l'arabe wakil ; ^JCu-c>J* peristerî Epouser, de (^>.aa«» 

isterî Épouse, du sanskrit strî; di^snXS tunduq , 

(j^^XsnÂjJ' pertunciuqkan et (jS^i^snJS^ mennunduq- 
kan Montrer j r<\^ dàmu, perdàmu et mendàmu Fêter, 
régaler, donner une fête, (j^:> damûan et perdamùan 
Fête; cy ^ bàgaiet (^J W^ pelbàgaiA'ariété, véT^lg.^^' 
perbahàgi ou véT^V^^i^' pelbahàgi Partage, portion, ré- 
partiteur, de bahâgi Partager, mots qui tous dérivent du 
sanskrit bàga Portion , partage , (bag Partager) ; ^f^ V3 

pel4dar Ecolier, (jrU^i — \3 pel^aclàrau ou (j^vj^^J» 

peradàran Ecole, enseignement, de jS^) àdar Apprendre; 

rsf^KMjJi pessûruh Envoyé, messager, de sùruh Ordonner, 



envoyer; {jSK2>.J perduwàlan Vente, de ijy^ dÙAval 
Vendre; f^\^4^j> perhambàtan Poursuite, de [^-^4^ 



470 GRAMMAIRE MALAIE. 

hambat Poursuivre; ij£.\,X3 pepperânan Le service mi- 
litaire, de peran La guerre, combattre; (jr*c\*i^ per- 

tidûran Lit, de rOsXS tîdur Dormir; {^ — J(-\Â/<?-5 per- 
mandîan ou pemmandîan Bain, cuve pour se baigner, 

baignoire , de mandi Se baigner ; ^^ — 6^^/-^ perbelîan et 

pebbelian Magasins, boutiques, de beli Acheter; (jJiV/ik^J 
pebbintânan Le ciel étoile , de i^-'^ bintan Etoile ; 

^J>c^^5^^J peggunûnan Pa js montagneux , de ^-^^^ gûnun 

Montagne; (JcLs:t/3 pebbitarâan Chambre de conseil, 

de rV.3:T3 bitàra Conseil ; {^ — Mj^^srij» pedcîudîan Place 
où l'on joue à certains jeux, de ^^ dûdi Jouer, jouer 

à des jeux de hasard; (jcfcAO' pekkudâan Ecurie, de 
0*.r^ kûda Cheval ; (js — j^Xm^s pessapian Etabie , de 0'U« 
sâpi Be'tail, vaches, boeufs; (Jp^aX>' peqqubûran Cime- 
tière , de r^-^^ qubûr Tombeau ; {j-jiAyJs pekkulîtan 
Marché de cuirs, de v_^^^ kûlit Peau, cuir; (^ib^Â^J* 
perbunûhan Lieu du supplice, des exécutions, de ^-^^ 
bûnuh Tuer; c-^Â^ tinta et (jcIaxcs.->' pertintâan In- 
quiétude, chagrin, souci; (j cLA.+sb^>' perhambâan Servi- 
tude, service, de l^*-^ hamba Serviteur; (^j VJ^J' 
peranâkan Matrice, origine, famille, extraction, race, de 

<Jii\ ânaq Enfant; (^V!>' ^ pertâpa Celui qui fait péni- 
tence, un ermite, (jcVii-J» pertapâan Retraite d'un péni- 
tent, ermitage, de UJvi tapa Pénitence, tapas en sanskrit; 
pO* >* pertàma Le premier, du sanskrit praCama; J'^'r^ 



DES MOTS. 



471 



perkàra Circonstance, distinction, division, espèce, du 
sanskrit prakàra. 

40. Le préfixe (j^^ men et les affixes (^S^ kan et :? i 
sont employés avec les primitifs de toute espèce, pour 
former des verbes actifs et causatifs. On fait usage, soit 
de l'un des trois signes seulement, soit du préfixe men et 
de l'un des affixes ; mais ceux-ci ne se reunissent jamais 
ensemble. Les racines actives n'en reçoivent aucun chan- 
gement de signification ; les trois signes servent plutôt à 
préciser celle-ci ou à la renforcer , et c'est principalement 
l'affixe kan , qui rend les verbes décidément actifs. Il 
est difficile ou peut-être impossible d'indiquer d'autres 
diffe'rences dans la signification de ces signes que celle, 
que l'affixe kan s'emploie de pre'férence à l'affixe i, si l'on 
veut bien déterminer l'action active ou causative. 

Les verbes causatifs ne dérivent que de noms ou de 
verbes neutres. Les racines neutres admettent, pour de- 
venir verbes causatifs, chacun des trois signes, ou le pré- 
fixe men et un des affixes. Si un verbe actif doit devenir 
causatif , on le fait neutre au moyen du préfixe ber , (Vo- 
yez celui-ci ci-dessous) , et lui joint ensuite un des affixes 
kan ou i , mais principalement le premier. 

J'ai transcrit cet affixe han^ en conformité avec la plu- 
part de ceux, qui ont exprimé le malai en lettres romai- 
nes ; cependant Robinson (p. 57) , lui attribue expressé- 
ment le son hen , et Boze (Dictionnaire français et malais 
Paris 1825), l'écrit quelquefois kênn , mais ordinairement 
kann. 

Il n'y a que très-peu de mots avec Taffixe an , qui à 
l'aide d'un ou de deux des trois signes mentionnés ci-dessus 



472 GRAMMAIRE MALAIE. 

deviennent verbes, le préfixe ber e'tant employé presque 
exclusivement avec ces mots pour en dériver des verbes. 

Le préfixe men ne se met ni devant ni après aucun 
autre préfixe , règle , qui ne permet que très-peu d'excep- 
tions par rapport aux préfixes ka et se ou sa, qui quelque- 
fois sont précédés de men. Placé devant les différentes 
initiales il subit à-peu-près les mêmes changemens que le 
préfixe pen; de leur réunion résultent les combinaisons 
suivantes : 

men', memb et quelquefois memm, menn et quelque^ 



fois ment, mens, mend , 


ment et 


quelquefois men, 


Z 

menh , 


t 
menh 


et menh , mend et quelquefois menn , 


• ù 


S 


/ 


O^ 


(J^ 


\JC) Kjà 


menz , 


merr. 


menz, 


men, 


meii , 


mens , mendl , 


men^ , 


menti , 


men' , 


meng, 


£ 

men, 


memf , memm , 


L>* 


^ 


^ 


J 


r 


W 3 


menq , 


men' , 


meng. 


mell , 


memm 


, menn, mew, 


» 


^ 


^ 








menh , 


mej, 


meii. 









Exemples: Pr^ — ^ men'ûrun Annuler et enfermer, 
de Pr^î ûrun x\nnuler et de P-J^^ kûrun Enfermer j 

s- 

(^•^ — sL/o men'ampûni Pardonner, de (j-X-^») ampunPar- 



DES MOTS. 473 

don, pardonner; (j.) fol addàkan, <-X — Jû? men'adda et iiien- 

'addàkan Faire exister, créer, produire^ effectuer, de oî 
addaEtre, exister, existence; 25^a+^ nierabùnuhet mem- 

mûnuhTuer, debûnuliTuer; ^^^aa'Va^./c membàsah Mouiller, 

de bàsah Mouillé, humide; JW/O bàsoh et membàsoh Laver; 
(j»f^j*0 besarkan et membesarkan Faire grand, agrandir, 

illustrer, de besar Grand, (homme) de qualité; OOjÂ/© 

mennijàda et (j«J I^VaÂ/c mennijadàkan Annuler, de *->Va.> 

tijàdaX'estpas, ne, non; ^jJbVi tàhan et ;jv.gÂ/c» mennahàni 
Supporter, endurer, retenir; {jS^QJifSS tîtahkan, 5JùJCÂ>c 

mentîtah et Î<aaÀ-<» mennitah Ordonner, parler ^ de titali 

Ordres , paroles (d'un roi) , ordonner , parler ; 7:fr (or^Â>c 
mennùrun ràda Déposer un roi , et ^^ ^^y^Jj^'S tûrun- 
kan làjer iVmener les voiles, de tûrun Descendre ; (J.X.X£^jCva? 
mentôbatkan Convertir , de ^£^-> tôbat Conversion , se 

repentir; p^^S tuliini et j^\y^ mennûlun Aider _, secou- 
rir, de ^Vi tùlun Aider, Secourir, aide^ secours; *:^Vâ/<? 
mennàdani Aiguiser, de i*^^ tàdamAigu; UJ\j\lÂ/c» men- 

tàpa Condamner à la pénitence, de tapa Pénitence; {^yJ.-o 
mennàwan Faire prisonnier, de (JJ*-^ tàwan Prisonnier; 
jj^Ca^V^Âa? mensàbitkan , qu'on écrit quelquefois aussi 
(J^X^Va-c menàbitkan comme si le mot commençait par 
(j>j. Confirmer, affirmer, de ^J^A'i sàbit Etabli, con- 
firmé, affirmé; (jXjO^ dadikan et mendadikan Faire, 
créer, produire, causer, de OV^ dàdi Être, devenir, 

31 



474 GRAMMAIRE MALAIE. 

naître; (J»\-Â3\.:s:i.Âa? mendàlankan Faire aller, de clâlan 
Aller; (^^+^i.Âx? mentemarkan Salir, de ^a^ teiiiar 
Sale, saleté; i^'f^^Çi^q^ tùtiirkan, ^r^:2^:^iLÂ-c mentû- 
turkan et (j«)^.c^a-c meiiûturkan Verser, répandre, de 
^r^:> tûtur V erser , se répandre ; r\^^ tûkur et r^^à^ 
nieiïùkur Raser ; ^X^XaoI:^!.*/*? menhàsilkan Rassembler 
ou procurer de l'arg-ent, de V.Jo\.::i* hâsil Produit, col- 
lection, revenu, profit; (Jk^ao^IstiÂ/cj menhalàskan Sau- 
ver, de ^^.Kîà'^i»- halàs Salut; {jsS^Asnit/o menljabarkan 
Publier, annoncer, de ^^ îjabar Nouvelle, avis; rtiO 

denar, ,clXÂ^ niendenar et /sik^c mennenar Entendre; 
i^i'fo dàpat, ^j.x.A>fL\Â/o mendàpatkan et OV^<-^^ 
mendapâti Trouver, atteindre; (j^S^ilÏM dàtankan Faire 
venir, de dàtan Venir; (j»>n.XaJl\Â/o menzalilkan Rendre vil, 

de zalîl Vil , méprisable ; ^S^V^p radàkan et ^.j V:^-.^? 
■merradâkan Faire un roi, de ^^îr râdaRoi; (jSO\^)j.k^ 
menzâhidkan Faire un ermite, de zâhid Ermite: 5^waaw 
susûi , [j^-S^ meiiûsu et £^/^a/o menusûi Allaiter , de 
(^j^**> sûsuLe sein, les mamelles; »p%*^ siiruh et ^p^^-c 
meniiruh Envoyer; (^>^^.X^^.^ menampaikan et |^\.^,^4^'^ 
sampaikan Faire arriver, causer, occasioner , accomplir, 
effectuer, amener, apporter, de sampai xlrriver , parvenir, 
atteindre; (j.3 wX-a-*^ meniksâkan Punir, de (j^X*.'*' siksa 
Punition, du sanskrit siksâ Etude, instruction, seul ex- 
emple qu'on apporte du changement de men-s en meù, 
tandis que Werndly regarde cette formation comme une 
exception, la combinaison mens étant selon lui la seule 
régulière, comme dans le mot jj«.S^V/;^XCkÂ-c mensahidkan 
Annoncer, (ou peut être rendre témoignage), de sahîd 



DES MOTS. 475 

Témoin, martyr: ^x.aaU:2.Âa? mensalîbkan Crucifier, de 
salibCroix; ^j^Aa^a^À/C mendia ifkan Affaiblir, de (lia if 
Faible; (^y,iX.eCLk^ mentàhirkan Piiritier, de tàhir Pur; 
(j.f^uiiÂ^c? mentlàhirkan Rendre évident, de tlàhir Evi- 
dent; ^j^JOV-RJL«<? menàdilkan Ju«5tifier , de J*-^'-^ Juste; 
e^jVii/C5 meng-àjib et meij^àjibkan Cacher, obscurcir, 
rendre invisible, de i^^:^^i §;àjib Caché, obscur, invisible; 
2:V-c nàna et cVJLc nienàna Bâiller ; (j^X^^ÀXA^.^ meni- 

fitnahkan Calomnier, de fîtnah Calomnie, s^Â^-^o mem- 
menùhi, »^Â5 penùhi et ^j^^JJ' penuhkan Remplir , de 
penuh Plein, du sanskrit pùrna: (jsX.A^iAJ^i>c menqudus- 
kau Sanctifier^ de qudus Saint; (j.x.Â^AAw.r^ kasihaukan, 

(jw^AM* — i/o men^asihan et (J'-Q-*^» — ^^o men'asihàni Avoir 

compassion , de kasîhan Compassion , qui avec ^>^ — Jt< 
men'àsih Chérir , vient de 2w.o kâsih Affection , affec- 

tionné , avoir de l'affection ; (j. — ^^a — J^-o men^amadian et 

men^amadîankan Différer, remettre, suivre, de (^ — Jc-Vfj 
kamadian Ensuite, après, mot qu'on transcrit ordinaire- 
ment komedijen, et dont le primitif ne se trouve plus en 
usagée; À S^jLc meng-aràmi Saler, de rV^^ gàram Sel; 
(j»>^J 3 larikan Faire courir, enlever, ravir, de r^ làri 

Courir, fuir; Ov.^ lihàti, o^^aV/o mellihat et O'-g-^-^ 
mellihàti Voir, de lihat Voir; ^>Ji.y^^ memraàbuqkan 
Enivrer, de màbuq Ivre; {^) L»;U.^ memmulijàkan Glo- 
rifier, de ^^ mulija Glorieux; ^m.J namài et A^ko 
mennamài Nommer , de pVj nàma Nom : (^^^^Vj war- 



4T6 GRAMMAIRE MALAIE. 

tâkan et (J-'^^J^-^ mewartâkan Publier, rapporter, ra- 
conter, de Orj warta Rapport, nouvelle, du sanskrit 
vârtâ; UJo\-(JJJ./<7 menhâdap et menhâdapkan Apparaître 
en présence de, se tenir vis-à-vis, de hàdap Devant, en 
présence de; ^j.>^*uA^>c menhâbiskan Achever, termi- 
ner , de hâbis Fait , fini , achevé ; L^i-Xib hidôpi , k^^tA^A? 
menhidôpi, et ^OcXa^/o menhîdopkan Faire vivre, 
nourrir, soutenir, entretenir, de hîdop Vivre; (j.>^ÂaXa/« 
inejeqînkan Certifier , assurer , de jeqin Certain , certitude ; 
(j.r^\.XA/o meiiatâkan Rendre évident de O^i nâta Evident. 

41. Le préfixe ^^ ber sert à former des verbes neutres 
ou se met devant les racines neutres. Cependant plusieurs 
verbes avec ce préfixe ont un sens actif, mais qui alors se 
distingue ordinairement par quelque nuance de celui des 
verbes formés avec le préfixe men. Ainsi si l'on dit Je 
vois quelque chose,' ce sera proprement un verbe avec 
le préfixe men ou un des affixes kan ou i , dont il faudra 
se servir ; mais si l'action de voir n'a pas d'objet , et qu'il 
est question plutôt de celui qui voit que de ce qu'il voit, 
on prendra un verbe avec le préfixe ber. Toutefois il y 
a aussi des verbes actifs, dont les dérivés avec le préfixe 
ber paraissent conserver entièrement le sens des primitifs. 

Dans l'exemple suivant le verbe avec le préfixe men ne 
se distingue de celui avec le préfixe ber, que par le ré- 
gime que le premier prend eu malai, tandis que le second 
n'en a pas. 
kàlau bôleh tûwan menniilun dîï a, bertûlun sedikit. 

Si vous pouvez l'aider ^ aidez un peu. 

Le préfixe ber peut se mettre devant tous les noms et 
verbes dérivés excepté ceux qui sont formés avec le pré- 



DES MOTS. 477 

fixe nien. Les affixes kan et i ne se trouvent cependant 
que rarement avec des verbes précèdes du préfixe ber, 
qu'ils rendent actifs ou causatifs. Si le préfixe ber est 
placé devant des verbes formes avec le préfixe per , ces 
verbes deviennent également actifs et demandent alors un 
des affixes kan ou i, qui dans cette forme ne sont peut-être 
jamais omis. 

Le préfixe ber se change quelquefois en be ou ba avec 
doublement de la consonne initiale du mot qu'il précède, 
principalement si la première syllabe de ce mot se ter- 
mine par r , ou que la seconde commence par r. Dans 
l'écriture on se sert en général plus souvent de ber, tan- 
dis que dans le discours be ou ba est ordinairement en 
usage. Devant une voyelle ou le lJ b, ou met quelque- 
foit bel à la place de ber. 

Exemples: ùu\c j berânaq Engendrer, accoucher, 

être le père ou la mère d'un enfant ^ de oi^i âna(j[ En- 
fant; A->/-? bertelur Pondre, de telur Oeuf; ^l£/-J berà- 
dar ou ^fc Vj bebàdar Apprendre (de quelqu'un , ou 
avec un régime direct, — une science, un art etc.), de 

^î âdar Apprendre ; ^èT^^.^^^ berbahâgi, véT^V^Vj bel- 
bahàgi et ^éT'l^A^ bebbahâgi Partager , de bahàgi Par- 
tager; (wX3L> bàliq et vJîiU^^ berbàliq Retourner; O^ 

bûwat et Oj-^/^ berbiiwat Faire , construire; ^^r? ber- 
biiwah Porter du fruit, de biîwah Fruit; i^cvJ-^ ber- 
bânat Se hâter, de bànat Soudain, vite; uX.JV_> tanaq, 

OUo-J bertànaq et LJtJU.-c raennànaq Cuire, faire cuire, 



^ 



478 GRAMMAIRE MALAIE. 

apprêter; (;^)Vi-^ bertâna, (j.) U-j* ^ bertanâkan et sWk^ 
mennanài Demander, interrog-er , de (ajVj tàiia Interroger , 
question; ry-^ tàwar et (jrf^i-3 bertawàran Marchan- 
der; lÀÀaç^^^ berdùiaq Etre apprivoisé, doux, sociable, 

^3 U" '^'^-^r:* berdînaqkan kûda Dompter un cheval, 
de dinaq Apprivoisé etc. fj\c\r|s.,J bertiderà Etre en dis- 
sension, et {jS^\j\lKc^^^ bertideràkan Causer des dissen- 
sions, de tiderâ Différence, variété, dissension; (^âcs.-J 
bertinta Eprouver du chagrin, ^5^\.AÂr|s.-J bertintàkan 
S'abandonner au chag'riu, de t^Âq^. tinta Anxiété , cha- 

g-rin, du sanskrit cintâ; ^j.g.A^^J berramîhan S'amuser 

(j.^/j\7A ^K].^ berrâmih ramihan Continuer à s'amuser, 

de b<.o]j\ râniih Agréable , du sanskrit ramja ; c JCj beppe- 

ran ou P- r^ r-? berperan Aller à la guerre, de peran Guerre, 

•combattre; j__p^AM;yJ berûsterî Devenir femme, se marier, 

^y^j-AA^-AJ bepperisterikan Procurer une femme, de 

(^-aaa^Î isteri Femme; ^>^i^)\>M,Xi beppersàlahkan Ac- 
cuser, convaincre d'un crime, de sâlah Mauvais, faute, 
crime; r»,-/») kirim et ^^jS^,^ berkirim Envoyer: tb^OçS 
berkalàhi Se battre , se quereller , de kalàhi Combat , 

dispute; y, ^^ bekkerda ou yX^,^ berkerda Travail- 
ler, de kerda Ouvrage, travailler, exécuter, du sanskrit 
kàrja; (^sbVli+Xr^j berkalimpàhan Etre dans l'abondance, 
de kalimpâhan Abondance, de J^-^4.3 limpah Abonder, 
abondant; (j.cLn.5^j berkakurànan Manquer de, être 
dans l'indigence, de kakurànan Manque, indigence, de 



DES MOTS- 479 

Crj^r^ kiir.m Manquer (le, défectueux; 2^^x.J beggôloli 
ou b^cs.^i-^ bergôtoli Frapper à coups de poing; , et 
5^«vXJt.o niengôtoh Donner des coups de poing;, de g;ôioli 
Frapper à coups de poing-; 0'\-5^-> berg;eraq Se mouvoir, 
se remuer^ et O-.Soi./o meng;eraq Remuer, secouer, bran- 
ler, de g;eraq Mouvoir, se mouvoir; ^ r^éfi,^ bergùrau 
Badiner, folâtrer, et ^p^X-i-'»? meng;ùrau Plaisanter, se 
moquer de, tourner en ridicule, de gùrau Badiner, fo- 
lâtrer, tourner en ridicule; o^^^v^ iiliat et \^(lx),-i ber- 
lîhat Voir, regarder, considérer; lé) ^^:> berlàkiSe marier, 
prendre un mari, de làki Mari; (j.A/o-J bermàjin Jouer, 
bermâjin-màjin S'amuser au jeu , de majin Jouer ; OJoVA^J 
berhàdapEtre en présence de, de hàdapEn présence de, 
devant; ic^. r^ bernàùi ou (;j)Vj:* beûàiii Chanter, de 
nàùi Chanter. 

Le sens d'un verbe formé avec le préfixe ber paraît 
quelquefois actif, quoique au fond il soit entièrement 
neutre. Ainsi le verbe i^X^^^j berampat, de k^-^'O) 
ampat Quatre, peut très-bien se traduire quelquefois Avoir 
quatre, mais il sig;nifie proprement Être au nombre de 
quatre; comme t^^^^i (J^)^3 biuîna berampat Ses fem- 
mes sont au nombre de quatre , il a quatre femmes. De 

la même manière (J^-^/--? bertinvan Avoir un maître, de 
tùwan Maître, est proprement être pourvu d'un maître, 

comme dans l'exemple suivant: i^^'^r^ _^^^' ^^ ^^^^ 
(likkalau adda ankau bertùwan Si tu es pourvu d'un maî- 
tre, si tu as un maître. 

Le préfixe ber sert aussi devant quelques substantifs 



480 GRAMMAIRE MALAIE. 

à former des adjectifs, où il faut le prendre dans le sens 

de Pourvu de, ayant. Il sert également à former des 

adverbes, tantôt avec répétition du mot primitif, tantôt 

avec jonction de l'affixe an , tantôt en réunissant ces deux 

formes. Exemples: r*^r^ bernàma Nommé, de nâma 

Nom; A^^ bergelar Titré, de gelar Titre; [J^^r^ ber- 

bûlu Ayant des cheveux, garni de cheveux, chevelu, de 

bûlu Cheveux ; f ^wj.+!>* ^ bertamhah-tambah Abondamment, 

U * 

avec augmentation , de bertambah Etre en abondance , 

nombreux, de tambah Ajouter, augmenter; f M\JLi^i 
bergangam-gangam A pleines mains , de gangam Le poing 
ou la main fermée, saisir avec la main; f ^^^^3 ber- 
ganti-ganti Tour à tour, alternativement, de ganti Chan- 
ger, succéder; f Om->/-^ bertûrut-tûrut Successivement, 
de tûrut Suivre; f j^^'^r^ berûlan-ùlan et ûlan-ûlan Réi- 

térativement , de j^y ûlan Réitérer ; f (j^'if^^ berrâtus- 
ràtus A centaines, de ràtus Cent, Voyez 61; (j.j*^X^-^ 
berbetûlan Droit à, dans la direction de, de VJCJ betul 
Vrai, exact, de niveau; ^uv^+aw-J bersamasâma, (j =W^^\+a« _> 
bersamasamàan et samasâma Ensemble , de sâma Même , 
semblable, ensemble ; {JcV.x./^x.a«-J bersukasukàan Joyeu- 
sement, plein d'allégresse, de téTiv- sûka Joyeux, plaisir, 
du sanskrit sulîa; {j>^/.mS^^jjX^^^ berkàsihkasihan Ami- 
calement , de kàsih Affection , affectionner ; (j.aa/U!âi!*uaÂ5 _> 
berpantaspantâsan Habilement , adroitement , prompte- 
ment, de pantas Prompt, habile, adroit. — Ces adverbes 
cependant ne sont pas exclusivement adverbes, ce sont 
des formes que selon le besoin et la signification des pri- 
mitifs on emploie comme verbes ou adverbes , tandis que 



DES MOTS. 481 

les mots simples avec le préfixe ber sont verbes seulement, 
et ce n'est que dans nos langues qu'il faut les rendre quel- 

A 

quefois par un adverbe, comme rrH^r^ berdîri Etre de- 
bout, debout, lé5 v.f^ berkàki Être à pied, àpied, de 
kaki Pied , dàlan berkàki Marcher à pied. 

On trouve pareillement des mots formes avec le pre'- 
fixe ber et l'affixe kan , qui ont la signification de nos 
adjectifs ou de participes passifs, comme (j^A^'i-J ber- 
tepîkan Borde, de tepi Côte, bord; ^^^ibjo_> bertàtah- 
kan Orné , garni , de tàtah Garnir , orner (de bijoux) ; 
Z»-5^ i^>^JCS^'S^ bertûtupkan kàta Vitré ou couvert de 
verre, (^) VsnS^ berkatàkan Garni de verre, de tùtup 
Enfermer et kàta verre. 

Si les verbes ou mots formés avec le préfixe ber pré- 
sentent ainsi assez souvent le sens de participes passifs, 
ils s'en distinguent néanmoins d'une manière, que nos lan- 
gues ne savent pas toujours exprimer. Quelques-uns des 
verbes neutres marquent une action, comme aller, d'autres 
une manière d'être, une qualité, une condition ou situa- 
tion, où l'état du sujet s'approche souvent de l'état passif, 
comme dans pâtir. Le participe présent ou actif de ces 
derniers verbes a plus de ressemblance avec le participe 
passif d'un verbe actif, qu'avec le participe actif d'un tel 
verbe , ce que peut prouver la comparaison des idées , 
qui s'attachent aux expressions «je suis pâtissant , pw^/eTi^ 
sum , je suis languissant , je suis consumé , je suis perdu, " 
avec celles des actifs «je suis consumant , perdant , allant. " 

Le malai, en distinguant par le préfixe ber les diffé- 
rens verbes intransitifs, emploie cet affixe souvent dans 
des cas , où nous devons mettre le participe passif. Cela 



482 GRAMMAIRE MALAIE. 

a lieu pour la seconde espèce de verbes neutres que nous 
avons indiquée ci-dessus; mais de tels participes ou ad- 
jectifs formés avec ber, se distinguent alors des vrais par- 
ticipes passifs formés avec les préfixes ter ou di, par une 
nuance ordinairement facile à saisir. C'est que les pre- 
miers marquent la qualité, condition etc. du sujet, ou 
même une participation plus ou moins forte à l'action qui 
se fait, tandis que dans les derniers le sujet est entière- 
ment passif et reçoit seulement l'action. 

On se sert donc du verbe neutre dans les propositions 
suivantes : 

beri tàhu kâlau suddali berîsi; 

Donnez connaissance quand (il) est 7'enipli; 

dibawâna sawàtu kâron berisi horma ; 
Il apporta un sac rempli de dattes ; 

parce que le mot bec^îsi Rempli , plein , de (j^.-îi îsi Rem- 
, plir, le contenu d'une chose, marque ici l'état dans lequel 
se trouve la chose qu'on remplit; 
"l'an buta dâtan ber'îrit, 
U aveugle vint conduit (par quelqu'un), 
en allemand der blinde ham gefuhrt , en anglais the blind 
came led, c'est-à-dire en se faisant conduire, ou dans la 
condition d'un homme qui se fait conduire. 

Mais on met le passif dans la proposition suivante: 
dàgin jan diirit ôieh andin, 

De la viande qui est entraînée par les chiens^ 
parce qu'ici il n'est plus question de la condition dans 
laquelle se trouve le sujet , ni de son participation à l'ac- 
tion ; ce sont les chiens auxquels se rapporte l'action tout 
entière. 



DES MOTS. 483 

Quelques substantifs dérivent de verbes avec le préfixe 
ber au moyen de Taffixe an, comme bersamàan Egalité, 
comparaison, de bersàma Être égal à, comparer j bersa- 
masamàan Confédération, accord, de bersamasàma Agir 
de concert; (j.Âa/;L^ berlajînan et (^^J.aaLu2)^3 berlàjin- 
lajînan Différence, de berlàjin Être différent, de làjin 
Autre, différent; (^\S.'S^ heriimêLnïin L'état de JlanceSy 

de ^J^'i tûnan Fiancer; ^jJAxS^ JÎoo o| ^ Cj^^î 
ôran jan adda didàlam bertunànan Des personnes qui sont 
dans Ve'tat de Jîunce's, qui se sont fait des promesses ré- 
ciproques de mariage. Mais des formes pareilles, qui se 
rencontrent particulièrement avec répétition du mot pri- 
mitif, et dont plusieurs peuvent aussi servir d'adverbes , 
s'emploient principalement comme verbes , et marquent la 
continuation ou la répétition de l'action. Dans leur sig- 
nification comme verbes elles ne se distinguent pas des 
formes semblables sans l'affixe an , si ce n'est peut-être 
qu'elles admettent plus souvent l'explication par un sub- 
stantif en construction avec un verbe comme être. Au 
reste les verbes avec répétition du mot primitif, et qui 
ont, ou le préfixe men, ou le préfixe ber, se distinguent 
comme les formes sans cette répétition en cela, qu'ils 
prennent un régime , ou qu'ils le refusent ordinairement. 

Exemples: ^r'^xX]^.!»' 3 ^ OÎ adda jan bertûlaqtulàkan 
Quelques-uns continuèrent à pousser, (Voyez 88), de uX3^*i 

tùlaq Pousser; (j-^^"* — X.>c)£-^ (jO (J.<>Vx.jù.X.aJ--;> ^J^ 
làlu bertikamtikàman dan ber'àmuqamûkan Alors c'était 
meurtre et carnage, de tîkara Percer, poignarder, et 



484 GRAMMAIRE MALAIE. 

^A?f âmiiq Attaquer avec fureur, combattre à outrance; 
(j5j.+sn4.2i.-3 c-^AA« '^S^ii^i '^^ jan berhûtan sebab bertla- 
mu(lamûan Qui s'endettèrent parce que continuellement ils 
faisaient bonne chère , de r»\.Çi. dàniu Fêter , régaler , faire 

bonne chère; (jO (^ïU.s:TAaAAs:TA£>-3 (j^S^f (^ — /jsziXq^ 
/.vj L\s:iXAjipfc-> dandîan âkan bersahbatsahbàtan dan 
berdînaqdinàkan Engagement de vivre en amis et en bon 
commerce; pU ^J^r^ ti>*^-*^^-^^/-;* berpânahpanâhaa 
terlàlu râmi Des flèches furent tire'es en très-grand nom- 
bre , de pânah Tirer de l'arc , terlàlu Très , et râmi Fré- 
quent, en grand nombre; ^.c^S^ ^J^ \ f^^T^ ber- 
tampar-tampar làlu bergôtoh Frappaient de la main , puis 

à coups de poing; (AjLOft f' JuÂa? mennampar-nampar 
rabanâna Jouèrent du tambourin , (battaient leur tam- 
bourin). 

Une espèce particulière de noms qui marquent une 
augmentation, une continuation etc. est forme'e par la ré- 
pétition d'un mot simple avec insertion du préfixe ber 
devant le second membre du composé ou le second de ces 
mots réunis. Quoique les mots formés de la sorte ne 
soient pas proprement substantifs , il faut cependant pour 
la traduction les regarder ordinairement comme tels, si 
ce n'est que quelquefois on puisse les rendre aussi par un 
adverbe. Exemples : i^A-'^ ^^-Q^-^-'S tambahbertambah Aug- 
mentation, accroissement, surcroît, surabondance, le mê- 
me que (j«sbU.+*i tambâhan et J^A-t./J pennambah Addi- 
tion et surcroît , mais dans un plus haut degré , de ^Vi 
tambah Augmenter , accroître ; t^JiXj^A.XX> gantiberganti 



DES MOTS- 485 

Générations successives , successions , successivement , de 
i^'/J gauti Succéder ; ^.acstao-j ^asitao sahbat bersal;i- 
bat Disposition amicale, amitié re'ciproque, desahbat Ami; 
^jU?^-3 U^-^ zemàn berzemàn De tous temps, à jamais, 
de zemân Temps; 

serta denan tambahbertambah kârunîja allah ; 

avec une augmentation de la grâce de Dieu ; 
perdandîan segàla marika îtu 

une convention (faite par) tous ces gens 
tûruntemûrun gantiberganti 
(qui pour leurs) descendans (et) générations succes- 

tijadàiah âkan berôbah. 
sives n'est jjas à être changée, ne doit j)as être 
changée. — Voyez aussi 63 , gandaberganda. 

Dans J^-'^ — ^^ bel^antâra Terrain inculte ou sauvage, 
forêt, qui vient de antâra Entre, le préfixe ber paraît 
être mis pour per, (per'antàra et pebantaràan ayant reçu 
d'autres significations) , confusion qui peut-être a encore 
lieu dans d'autres mots. 

42. Le préfixe J^ ter se met devant le verbe actif pour 
former le participe passif, comme Î^J^^^i terbiinuh Tué , 
de bûnuh Tuer , ;j^3^*i-'i tertûlis Écrit , de tùlis Ecrire. 
Ce participe en construction avec le verbe substantif ex- 
prime le passif; mais souvent le verbe substantif est sous- 
entendu , de sorte que le participe seul se prend alors 
dans le sens du passif, si toutefois on a besoin d'expliquer 
cet emploi par la supposition du verbe substantif sous- 
entendu. On met le préfixe ter principalement devant 
les verbes primitifs ^ mais aussi devant les verbes qui ont 



486 GRAMMAIRE MALAIE. 

le préfixe per, ou les affixes kaii et i. S'il précède le 
préfixe per, le r final de ter se change ordinairement en 

p, comme {^>JÂA.^JCS tepperbânaqkan Multiplié, de per- 
bàiiaqkan Multiplier, de bànaq Beaucoup. Quelquefois 
ter est employé aussi avec des verbes neutres pour en 
former le participe , comme *-»jÂa« *j tersinnum Souriant , 
de sinnum Sourire, et ce participe peut servir alors à la 
place du verbe neutre lui-même. Avec des adjectifs il 
enformelesuperlatif, comme ff^^r^ terbesar Très-grand , 
de besar Grand. Avec des substantifs il forme quelque- 
fois des adjectifs et adverbes , comme r»*-^/-* ternàma Re- 
nommé, fameux, de nàmaNom, renommée j yV-^ terterâ 
Imprimé , estampillé , de terà Impression , empreinte , mar- 
que; (^-3^!3 0*(A/j'i tîdaq terperî Extraordinairement, 
rarement , outre mesure , de tulaq îVon , et perî Manière , 
façon, condition. Il se trouve aussi des adverbes, for- 
més par le mot primitif répété et le préfixe ter , comme 
f i^cXJs j* teràndap-indap Furtivement, secrètement, de 
<^'L\J) indap Se cacher. 

43. Le préfixe O di ou de est ou préposition , Voyez 
113, ou se met devant les verbes. Il est alors tantôt 
synonyme de ter , comme '^j^>mO disûrat ou ^rsjKu'i 
tersûrat Ecrit, de siirat Ecrire, Vij^'so dipiikul ou 
V5^5^*i terpûkul Battu, de pûkul Battre; tantôt il sert 
à exprimer différens rapports du verbe, dont il sera ques- 
tion en parlant de celui-ci. De même que le préfixe ter 
il se met principalement devant les verbes primitifs, mais 
aussi devant ceux qui sont formés avec le préfixe per, ou 
les affixes kan et i ; quelquefois il se trouve devant des verbes 



DES MOTS. 487 

qui , à l'aide d'un de ces deux affixes, de'rivent d'un nom 
avec le préfixe ka. 

44. Le préfixe [j^ se est employé à former des adver- 
bes avec toutes sortes de mots primitifs, de même qu'a- 
vec des mots, qui ont l'affixe an ou les pre'fixes per etka; 
quelquefois même il se trouve devant le préfixe ber. Les 
primitifs sont souvent doublés. 

Le préfixe {j^ se ne doit pas être confondu avec le 
préfixe {^ sa, abréviation tantôt de f*\^ sàma Ensem- 
ble, tantôt de CÀ^ sàtu ou C>[y*^ sawàtu Un, qui com- 
me préfixe sert autant à marquer l'unité , qu'à exprimer 
l'article indéfini. Dans des mots dérivés du sanskrit le 
préfixe sa représente quelquefois la préposition insépara- 
ble Ff sa Avec, ensemble^ dont le sens coïncide avec le 
(^_yj sa malai. Mais la distinction entre les préfixes se 
et sa, écrits absolument l'un comme l'autre, peut être 
sujette à des difficultés, le sens d'un mot n'indiquant pas 
toujours d'une manière précise , lequel de ces deux signes 
a été employé à le former, et la prononciation usuelle ne 
paraît nullement le décider. 

Il existe encore un préfixe (j^ si , qui se met devant les 
noms qu'on donne aux enfans nouveau-nés , mais non pas 
devant les noms que les Malais reçoivent à l'âge de pu- 
berté, comme ^îXvam; si-Bintan; il se met aussi devant 
des épithètes de mépris , comme (j>;>i (^j-w^tÂjuw sinedis îni 
Ce malotru, de uedis Malpropre, impure, de l'arabe 

(j-va:st3 negis; ^' — «^ siânu Un tel, quelqu'un, de (jf 

ânu Incertain , indéfini ; è f^ — **> siôran Le vilain : sa^a^O 

1^4 ^^::^'u>j (j^JLcJ' pvJu'i disùruh tampâri peram- 



488 GRAMMAIRE MALAIE. 

pûwan sitelâka îtu Ordonna de fustiger cette femme in- 
fâme; (^jf <é) ^^i*« ^^^ bûnuh sitelâka îni Tuez ce 
misérable. 

L'affixe pronominal (a) fia 11, elle, ils, elles, son, sa, 
ses, leur, leurs, dont comme pronom il sera question 
plus tard , change en substantifs les adjectifs de quantité 
ou d'étendue et les verbes, s'il les suit avec la significa- 
tion d'un adjectif possessif; changement qui a également 
lieu, lorsque les affixes pronominaux des deux premières 
personnes VêT^ ku et r» mu se mettent comme adjectifs 
possessifs après un verbe ou un des adjectifs indiqués. C'est 
ainsi que de j^-iî*-^ dàtan Venir , arriver , et de ^/*^^ besar 
Grand, vient (;^>itj*fo dàtanna Son arrivée, leur arrivée etc. 
et (A)^3 besarna Sa grandeur etc.; de (^i^\ înin Désirer, 

désir , (j-«>^* — ^ kaùnînan Désir , {^^i — ^-^ berka'inînan 

Désirer , (A>ÂÂ-ôi — 3^3 berkaùnînanna Son désir , ses dé- 
sirs etc. comme dans l'exemple suivant : 

dikkalau adda berkaùnînanna làjin derripadda 
Si sont ses désirs autres que (ceux) 

kaànaq-ânaq , 

d'un enfant , si elle a d'autres désirs que ceux d'un en- 
fant. 

Joint à des substantifs de même qu'à des verbes et ad- 
jectifs, qui de la sorte deviennent substantifs, l'affixe (^ 
na sert à former des adverbes du même rapport que ceux 
avec le préfixe (j^ se; il y en a qui suivis de (^ na sont 
encore précédés de (^ se. 

Tous ces adverbes sont employés quelquefois à la place 
de substantifs , sans que l'affixe pronominal y ait la signi- 



DES MOTS. 489 

fîcation d'un adjectif possessif. Pre'ce'de's de la pre'position 
(^;X<J denan Avec , de même qu'eu construction avec d'au- 
tres pre'positions, ces substantifs forment de nouveau des 
locutions adverbiales. 

Quoique l'usage ait effacé peut-être pour la plupart 
des adverbes avec l'affixe (^ na la qualité d'adjectif pos- 
sessif qui lui appartient proprement, c'est cependant cette 
signification qui a seivi à former les adverbes, ce que 
prouve d'ailleurs l'emploi des autres affixes pronominaux 
ou des mots qui en tiennent lieu et qui quelquefois se 
mettent à la place de l'affixe na. 

Exemples du préfixe (jj^ se et de l'affixe (^^ lia : L-Â.^Va*« 
sebâiiaq Autant que, ainsi que, de OlA^ bànaq Beau- 
coup; V-AAxw sebetul Vraiment, de betul Vrai; UtÀX.A« 
segenap Complètement, entièrement, de genap Complet, 
entier; /^*« sebenar Certainement, (a)^JwJ.«/ sebenariia En 

vérité, la vérité, (a) f J<j^'*> sebenar-benarna , {r^J^**^ p<-> 
demmi sebenariia En vérité, de benar Vrai; c r!>AA« se- 
bàran Quoique ce soit, une chose ou endroit quelconque, 
de bàran Tout , quelque, quelconque; p^>^ selàma Aussi 
long-temps que, durant, depuis, (^U.\.aw selamàna, p^L« 
selamalàma^ (a)U.U.L« selamalamàiia. Pour toujours, à 
jamais , de lama Ancien , depuis long-temps , qui <lure 
longs-temps; véP^L- selàgi Aussi long-temps que, de 
làgi Encore, toujours; M^iÂi^Aw sepandan Aussi long que, 
de pandanLong; (j«:>^^ selàjin Différemment, autrement, 
à l'exception de, de lâjin Autre, différent; b^^.^M^ setelali 
Après que, lorsque, de telah Après, passé; (^X/J pan- 
tan et sepantan Comme; (jU.Â4.a*j semanamàna Partout, 

32 



490 GRAMMAinE MALAIE. 

de mâna Où ; (_^Wt^v^j nistâja et senisiâja Certainement , 

du sanskrit niscaja Certitude ; (^a5^ kîjan et sekîjan Au- 
tant ; ji^^^^fj^ sekûiion ou f ^J^S^a*; sekûnon-kùnon Sou- 
dainement, tout à coup, de kûiion-kûnon Soudain; pV^l 

upâma, r»VJL — mi sauipâma ou seupâma, et (a)U-51 upa- 
màna Comme, comme si, semblable, du sanskrit upamaj 
lixAXx.vj sekatîka Pendant quelque temps, de katika Temps, 
moment, du sanskrit gatikâ Une heure (de vingt-quatre 
minutes); ^J)^AX■^ mulamûla, ^_)^/o^3 bermûla et seber- 
mûla D'abord, premièrement, de mûla Commencement, 
le premier, en premier lieu, du sanskrit mûla; ^j v.a*w 
sebàgai De même que , comme , de bàgai Espèce ; (j^Ua« 
seràsa ou saràsa De même que, comme, de rasa Sensa- 
tion, sentir, du sanskrit rasa; Vé) ^aaj selâku ou salâku et 
^ér^^>v-\.A« selakulàku De même que, comme, de làku Con- 
duite, actions, mine, agir; rv.3ùu setâra ou satâraComme^ 
pareillement , semblablement , de tara Egal , pareil ; -.^.Xv^ 
seumur Durant la vie, de umurLa vie; j\lK^im seqedar et 
(A)r<-\^A« seqedariia Environ, seulement, de qedar Quantité, 
prix , condition ; (j^U-X^**^ sekavvàsa Puissamment , habile- 
ment, denan sekawasàna De tout son pouvoir, avec toute 
son habileté, denan sekawasakawâsa hatiiia De tout son 
coeur, de kawâsa Puissant , habile, puissance, habileté,, 

et O*^ hâti Le coeur ; o^>».wj sekûwat Vigoureusement , 
denan sekûwat Avec force , denan seqûwat hatîna ou de- 
nan seqûwat-qûvvat hatîiia De tout son pouvoir, de tout 

son coeur, de ^ qûvvat ou kûwat Force; OcXâ^x-aw 
sekaheudaq Volonté , à sa volonté , sekahendaqna Sa vo- 



DES MOTS. 491 

lonté, à sa volonté, de hendaq Vouloir; (j.'A^Vx.x« seka- 
lihâtan Vue, de lihatVoir; f Cjn^x.A« sekiiran-kûran A 
moins, à défaut de ^ manque, la moindre quantité, de 

kùran Manquer; VXJlâAaa. sepenningal Depuis, depuis 
le départ de, de penningal Reste, départ, de VSsjLi tin- 
g-al Rester, abandonner; Ov.+*« semàti La mort, le mort, 
le défunt, de màtilMort, mourir; f 2w^VXa« sekâsih-kàsih 
Par affection, de kàsih Affectionner; »vJCuu setàhu Con- 
naissance, de tàliu Savoir, sage; {jm»A*^ sepûwas Pleine- 
ment , jusqu'à satiété , de piiwas Satisfaire , rassasier ; 
-^iS^jjj sekirakîra Environ, d'après, selon, de kira Pen- 
ser, supposer; f 2<^J^-^**' sebôleh-bôleh et {^ f ^.VAA« se- 
bôleh-bôlehûa S'il est possible , par tous les moyens pos- 
sibles , 'é5^f 20j.aa« P r V bàran sebôleh-bôlehku Par tous 
les moyens en mon pouvoir, de boleh Pouvoir; (;v)«-^) (^^"-^ 
denan usahàna Avec soin , avec beaucoup de travail , assi- 
dûment, de 5V.A*-! usâha Travail, peine, soin, travailler, 
s'efforcer, du sanskrit utsàha Effort; (;^>jC*iL^Aw sepàtutùa , 
denan sepàtutùa Proprement, comme il convient, de O^J'v.5 
pàtut Propre, convenable, convenir; sS-Xm^^ sesunguh 
et (^^Solm*^ sesung-uhna (qu'on écrit ordinairement (a)^ 

ou (;^^A*') Vraiment, certainement, vérité, de sung-uhVrai, 
certain, certainement; (^VaNouw sejog-ijàna II faut, il con- 
vient, du sanskrit jôg-ja Propre, convenable ; {^^yJiXS^Jis .Xjm 
seperpingànanûa Ce qu'on porte autour de la taille, de 

^5oLy pingan La taille; i;:^/-^^ àhiriia Finalement, de 
àljir Fin , final ; (;^)îp^V bitaràna Convenablement, à pro- 

32. 



492 GRAMMAIRE MALAIE. 

DOS, de A^V bitàra Conseil, expédient, du sanskrit vi- 
câra ; (ih^-(rî artîiia C'est-à-dire , de Ori arti Sens , sig- 
nification, du sanskrit arCa; i^\JO\ (j.co denan alpâna 
Faute d'attention, par négligence, de U^jf alpa Négli- 
gent, négliger, du sanskrit alpa Petit; {^\SJx.tM lSj padda 
sankâna Apparemment, en apparence, selon la pensée, 

selon l'opinion, v^^+^ lixjL« OJi padda sanka hamba 
Selon mon opinion , d'après ma conjecture , de sanka Ima- 
giner, penser, supposer, conjecturer, pensée, supposition, 
du sanskrit sanïijâ. 

Des mots formés avec le préfixe {j^ se l'on peut en 
cas de besoin dériver des verbes au moyen du préfixe ber 
ou des affixes kan et i, comme c(-\ÂL« selindon A l'abri, 
c(AÂ\»uw-^ berselindon Se mettre à l'abri, se cacher, de 
lindon Abri , couvrir , se mettre à l'abri ; (^> î^c\>«^ se- 
kaduvvàkan Faire une chose par consentement mutuel, de 

^Oo kadûwa L'un et l'autre , de diiwa Deux. 

Des exemples du préfixe (^ sa seront j«V.Âaw sanàma 

Du même nom, de nâma Nom; r»v.X — im saagâma De la 
même religion, de agàma Religion, du sanskrit âgama; 
^^X**j satûboh S'accoubler, de tûboh Le corps; ^_^r^ 
sarûpa Ressemblant, de la même forme que, mot sans- 
krit , de rûpa Forme , d'où i^-M^^-^ meiiarûpa Ressembler. 
45. L'affixe nda ou da se joint à des noms de parenté , 
qui avec quelques changemens peuvent le prendre presque 
tous. Il est employé dans le style de cour et en parlant 
de personnes qui appartiennent aux familles de princes ou 
d'autres gens de distinction. Exemples: 'AÂ^jf ajahanda 



«ES MOTS. 493 

(ou ajanda) pour ^jf ajali Père , (terme poli) ; <-\ÂX^JÎ 
anakanda, et quelquefois cAx.jf anakda ou c\Xj) anaqda, 
Enfant, fils, fille, pour ànaq; cXÂ'^i^ tutunda Petit-fils, 
petite-fille, cousin, cousine, neveu, nièce, pour ^^9» 
tûtu ou '^-^^ tûton ; <-\Âx.5^ kakanda ou kakenda Frère 
aîné, soeur aîne'e, pour lérvî kàka ou uX.) o kâkaq ; 

cXJoî adenda Frère cadet, soeur cadette, amie, pour Ool 
âdiq ou âdeq; cAJiJÎ inanda Nourrice d'un enfant du sang 
royal, de ^^\ înan Nourrice. 

Je parlerai plus tard des affixes pronominaux ^éT^ ku 
Je, moi, mon etc. r» mu Tu, toi, ton etc. (^ lia 11 ^ elle, 
son etc. Voyez 75; des affixes interrogatifs ^.^' tah et 2S.J 
kali. Voyez 107; de ^ lah, qui est emphatique, explé- 
tif, et marque difFérens rapports du verbe. Voyez 93 et 
99; de (j-^ pun enfin, qu'on ne range qu'à tort parmi 
les affixes, Voyez 53 et 113. 

46. Il se trouve plusieurs dérivés malais dont les pri- 
mitifs ne paraissent plus en usage , comme ,^i"U.A3 ka- 
babânan Enfant mort-né; fj.J^^'OJi pendùnan Potier; 
^i\.3:TÀ>' pentàlan Petite barque ; {jjAS^J perkàsa Vail- 
lant, puissant , pouvoir , force, valeur; i^^^J perlàhan 

ou {j-^^ pellàhan Doux , doucement; ^_)\ — '^o men'âlu 
Faire bon accueil, aller à la rencontre ou recevoir (un 
hôte); f^^r^ bermânun Pensif, rêveur; (jIA^aa*; saber- 
hàna Tout, entier, complet; i^x.J0a*- sedîkit Un peu. 

47. Il y a d'autres dérivés qui présentent quelque irré- 
gularité , soit pour la signification , soit pour la formation ; 

comme ^^^i lakilâki Mâle et f O^Jv — S^ kaânaq-ânaq 



494 GRAMMAIRE MALAIE. 

Enfant, fils, fille, employés au singulier aussi bien qu'au 
pluriel malgré la répétition du mot, tout comme les sub- 

stantifs avec le préfixe ber ; UA — i-o meirappa Pourquoi , 

cause, motif, de L^f appaQue, quoi, Op^Â/<? mennûrut 

Suivant, selon, suivre, de Or^-> tûrut Suivre, et y.^'^'^ 
mennû(lu Vers, diriger sa course vers quelque endroit, 
de jTjV-i tùdu Diriger^ (le préfixe men ne s'applicant pro- 
prement qu'à un verbe) ; ^ ç — sL/o men eraq Mouvoir , 
pour mengeraq, de 0>\-j geraq Mouvoir, mais on l'écrit 

aussi régulièrement mengeraq ; seAJoV/o meddideh et 
5cAjlXÂ-c mendîdeh Faire bouillir, de dideh Bouillir; 
k30ç!^k mehardiq et OO-^-c menliardiq Réprimander, 

de hardiq Réprimap.de; 'véT^LvÂ^ mennijàga Trafiquer, 

de ^éPv.AJ^^ bernijàga ou kéT'v.AÂJ bennijàga Trafiquer , 
du sanskrit banig Marchand, baiiigj'a Trafique ; ^5^v./;AJt./c 
menjajàkan Nourrir, de {,_^^) bijàja Nourriture ; Aa^+/c5 
mempuiiài Posséder, pour memmuiiài, de (^^ pûûa Pro- 
pre; [^y^'i^j^ — X.JC mennlsinkan et men ûsin'ûsinkan Tour- 
ner j mouvoir en rond, pour memmûsinkan, de ^-^^ pûsin 

Tourner; p^j^'-A — JL-c men^adijàmi Demeurer, pour men- 
dijàmi, de *>J dîjam Demeurer; ^§^ — '^^ men'atahûi 

s. 

Savoir, pour mennahûi ou mentahûi, et (J^§^ — *^ P^O" 
'atahûan Connaissance^ pour pennahûan, de »Vj tàhu 
Connaître, sage; mais il faut, ce me semble, dériver les 
trois mots précédens de kadîjam pour kadijàman Lieu 



DES MOTS. 495 

haijité, et de katàhu pour katàhùan Conniiissance, le verbe 
katahiii Connaître e'tant e'g-alement en usage, de'rivation , 
qui rend ces formes régulières sous le rapport des chan- 
gemens à cause de l'euplionie, quoique elles soient irre'gu- 
lières d'un autre côté , les préfixes nien et pen ne se mettant 

devant aucun autre préfixe ; UJ'pU^ pemmàrap Endor- 
meur, endcrmeuse, pour ^AqxJ penhàrap, dehàrap As- 

soupi; r'^^ pennùkir Sculpteur, graveur, pour S\—ij 
pen ûkir, de Sj)] ùkir Inciser , graver ; cp^5 penôron 
Artimon , ce qui appartient à la poupe d'un vaisseau , 
pour pen'ôron, de P;Py kôron Poupe d'un vaisseau; 
(jp^+-> (JiQ^-s tûrun temiirun Descendans, postérité, con- 
sécutivement, de tiirun Descendre, composé, qui régu- 
lièrement formé serait tiirun bertûrun, Voyez 41 ; ^cLf.5 
pemmànan Maniement, l'action de manier, tàter, tenir à 
la main, pour (j^co^* pertânan, de tànan Main. 

48. Terminons ce chapitre par des exemples tirés de 
l'ouvrage de M. Robinson, où l'on trouvera quelques mots 
avec presque tous les préfixes et affixes possibles, quoique 
tous les dérivés, qu'on peut former de la sorte, ne soient 
jamais tous ensemble en usage , et que , par conséquent , 
on ne puisse rendre qu'approximativement leur significa- 
tion. Celle-ci est d'ailleurs extrêmement vague, surtout 
pour les verbes , parce qu'elle dépend souvent entièrement 
de la connexion des propositions jointes ensemble. Je ne 
mettrai donc des traductions qu'à côté des premiers exem- 
ples, et je n'en donnerai plus pour les autres. 



496 GRAMMAIRE MALAIE. 

Oj-S^ kûda Un cheval. b^\oS^ kudâlah Un cheval 

emphatiquement. 

^fcxr'kudâku Mon cheval, ^.^^flsf kudakûlah Mon 

cheval emph. 

r»f^-X5^ kudàmu Ton cheval. ^.5j./oc\3 kudamûlah Ton 

cheval emph. 

(J^)fcA^^ kudâna Son cheval. ^JOeXbkudanâlah Son che- 
val emph. 

•J^SUvS^kudakûda Chevaux. &.3Îv>.SlXj kudakudàlah 

Chevaux emph. 

(^]OSlm kudakudàna Ses J.jV.-i f Af^ kuda-kudaiiâlah 
chevaux. Ses chevaux emph. 

c\A."i tanda ou tenda Un ^.'fvAÂ'i tandàlah Un signe 
signe. emph. 

>é5^fu\À!> tandàku Moi.i signe. ^^yflXÀ'S tandakùlah Mon 

signe emph. 

p|(-\Â!> tandâmu Ton signe. ^.j^-olXà.j tandamûlah Ton 

signe emph. 

(^fcXÂ'i tandàna Son signe. ^»3Li(-\Â.!> tandanâlah Son sig- 
ne emph. 

f lSXS tanda-tanda Signes. 20fc-\Âïc-\Â!> tandatandâlah 

Signes emph. 

&3ol\â!j tandaiiâtah ou J^5^Ls(-\Â!> tandanâkah Son 

Signe? 

(j»>^J bini Une femme. ^\^\i binîlah Une femme 

emph. 

C^AÂJ binîku Ma femme. aJ^5s.À3 binikûlah Ma fem- 
me emph. 



DES MOTS. 



497 



*aÂJ binîmu Ta femme. 
(;%>aÂJ bim*ùa Sa femme. 

(jjV:^ cîàlan Chemin. 

5^ P rûmah Maison. 

(j^J0;5 kîpas Éventail. 

^^^ tutu Petit-fils. 

sfo dàhi Front. 

t_^\-(î^ tahàja Splendeur. 

(j^v3'f upàja Plan. 
rjiJ^M; sùdàra (du sanskrit), 
Frère. 

(^y*MJ^j\ rahsîja Secret. 



^\^Xi binimùlah Ta femme 

emph. 
jJLvV bininàlah Sa femme 

emph. 

^èCAÎ\j;i. dàlanku Mon che- 
min. 

(éx!g^ A rûmahku Ma mai- 
son. 

liCvciAr' kîpasku Mon 
e'ventail. 

Vé5^^rsn^ tutùku Mon petit- 
fils. 

léxAibiJ dahîku Mon front. 

*ér\vQ^ tahajâku Ma splen- 
deur. 

(éT^V^f upajàku Mon plan. 

Vêr^fj\Oj.A« sùdaràku Mon 
frère. 

(^Luuibp rahsijàku Mon 
secret. 



(^rXi kârunîja (du sanskrit) , Faveur. 

(^> V.AJ A> kârunijàkan , sVkJj\.3 kârunijàï , ^r 



men'arunija 



LonV jLc 



men'arunijai , (j>î VïJr 






men'ârunijàkan , Accorder une faveur : 

bXf. — \jj\ — Ji-c men'ârunija'ilah , ^.L». — ^3^1)0 dikàruni 
jaàlah, Accorda une faveur. 



498 GRAMMAIRE MALAIE. 

(a)^ ajASo dikârunija îiia , ^^Jv: — ^Jp^^ dikârunijaùiiâ- 

lah II accorda une faveur. 



^1 âdar, Apprendre, enseigner. 

f^ — x3 pen'àdar Précepteur. 

. ^ . ... "^ . .... 

z^*. — XJ> pel^âdar ou -:^)c J perâdar Ecolier. 

(j Açs..) adâran , ^^s-V. — 5 kaâdar , (jpV:^i — ) ka\idàran , 
pen'adàran, pebadâran, peradàran Enseignement, le- 
çon ; pel adâran , peradâran , peri'adàran Ecole. 

liX-JAVrifcf adàranku, adàrankûlah, ka'adàranku, ka^adà- 
rankûlah, etc. Mon enseignement. 

^.S^X^JrvÇi».) adàrankûkah, adàrankûtah, adârankùlahkah, 
etc. Mon enseignement? 

r^^r^ berâdar, bebàdar, Apprendre. 

^ . ... 

^:>v — 'i.K) men^dar, rW*^ adàri, mervadàri, beradàri, 

bel^adâri, pel'adâri, peradâri, àdarkan, men'àdarkan, 

berâdarkan, bel^àdarkan, pel'âdarkan, perâdarkan, 

pen'âdarkan, Enseigner, apprendre. 

/~^v — it>\.J berpen âdar , beppen^âdar, Avoir un précepteur. 

i^^ç^ — Jt5 -j berpen'âdarkan _, beppen'âdarkan , Faire 

avoir un précepteur. 
. ^ ... 
/•^v. — X5.3 berpel^âdar, beppePâdar, Avoir un écolier. 

js\s^c$j berper adâri, bepperadân, berpebadân , bep- 
peladâri, berperâdarkan, bepperàdarkan, berpel àdar- 
kan , beppel'âdarkan , Faire enseigner ou apprendre. 

(jnVci..Yjj beradâran, berka^àdar , berka^adàran , berpen- 



DES MOTS. 499 

^adàran, beppenadàran , berpeladàran, beppeladàran, 
berperadàran, Avoir des lerous. 

eO^Î àdarlah Apprit , enseigna. 
^5^fc^ beràdarlah, belàdarlah Apprit. 

?J^Çb.\ — R.A? men'àdarlah , 2^Vj j^i^î adarîlah, men'adarîlah, 
beradarîlah, etc. Enseig-iia, apprit. 

fS^\^^ diàdar, teràdar, dipel'àdar, terpeHdar, teppel- 
^àdar, diadàri , teradàri, diperadàri, dipeladàri, ter- 
peradàri, tepperadàri, terpeladàri, teppeladàri, di- 
àdarkan, diper àdarkan, dipelàdarkan, teràdarkan, 
terperàdarkan, tepper>àdarkan, terpelàdarkau, teppel- 
'à(larkan, Enseigné, être enseigné 

isJ^r^î^cO di àdarlah, teràdarlah, diadarîlah , teradarî- 
lah^ diperadarîlah, dipeladarilah, terperadarilali, 
di'àdarkanlah, etc. Fut enseigné , enseigna. 

■ffO diadanïia, diadariiiàlah, diàdarkanna, diàdar- 
îcanùàlah, diperadarîiia, diperadarinàlah, diperàdar- 
kaniia , diperàdarkannàlah II , elle enseigna , ils , elles 
enseignèrent. 

^,f^\-> j^^O diadariiiàkah , diadarinàlahkah, diperadari- 
nàlahkah, dipeladarinàlahkah, diperàdarkannàlahkah , 
etc. Enseigna-t-il ? enseigna-t-elle ? enseignèrent-ils? 
enseignèrent-elles ? 

f ^\ âdar-âdar Apprendre ou enseigner souvent ou con- 
tinuellement. 

C -:i*Î^^J beràdar-âdar , bel àdar-àdar Apprendre souvent 
ou continuellement. 

f -:^\ — 5LC men4dar-âdar , rv^Y^^ àda^adàri, ^j.) f^l 



500 



GRAMMAIRE MALAIE. 



â(iar-â(îarkan , men^dar-adàri , etc. Enseigner ou ap- 
prendre souvent ou continuellement. 

UT'^'^/-^* — > ka âdaradàran , penâdaradàran , etc. Des 
leçons. 

i:)f^^'^r^^ — ^r^ berkaâdaradâran etc. Avoir continuel- 
lement des leçons. 

f I^Uo di'àdar-âdar , terâcïar-âdar . diâdar-adàri , di'â- 
dar-âdarkan, etc. Enseig-né continuellement. 

J^^^ - -r^l -' -5 -^ berperâdaradàri, berpelàdaradâri , ber- 
pel'àdar-àdarkan Faire que quelqu'un apprenne ou soit 
enseigné continuellement. 



0^> kâta Dire, parler. 

katàlah. 

berkâta. 

berkatàlah. 

men^âta. 

men^atâlah. 

terkàta. 

terkatàlah. 

dikàta. 

dikatàlah. 

katàkan. 

katàkanlah. 

berkatàkan. 

berkatàkanlah- 

men'atàkan. 

men'atàkanlah. 

katàï. 



katailah. 

men'atàï. 

men^ata^îlah. 

berkatâï. 

berkataîlah. 

dikatàkan. 

dikatàkanlah. 

dikatâkanna. 

dikatâkannâlah. 

dikatàkannàlahkah. 

terkatâkan. 

terl<atàkanlali. 

dikatâï. 

dikata'îlah. 

dikata'îna. 

dikataûnàlali. 

dikata'inàlahkah. 



DES MOTS. 



501 



terkatâï. 

terkataîlah. 

perkatàkan, 

perkatàkanlali. 

berperkatàkan. 

berperkatàkanlah. 

bepperkatàkan. 

bepperkatàkanlah. 

perkatàï. 

perkataîlah. 

berperkatàï. 

berperkataîlah. 

bepperkatàï. 

bepperkatailah- 

diperkatâkan. 

diperkalàkanlah. 

diperkatàkanna. 

diperkatàkannàlah. 

diperkatàkannâlahkah. 

terperkatàkan. 

terperkatàkanlah. 

tepperkatàkan. 

tepperk atâkanlah. 

diperkatàï. 

diperkataîlah. 

diperkataîna. 

diperkataiiiàlah. 

diperkatainàlahkah. 

teiperkatàï. 

terperkataîlah. 



tepperkatàï. 

tepperkataîiah. 

penàta. 

penatàlah. 

berpenàta. 

berpenatàlah. 

perkatàan. 

perkatàanlah. 

berperkatâan. 

berperkatàanlah. 

bepperkatàan. 

bepperkatàanlah. 

perkatàanku. 

perkatàankûlah. 

perkatàanmii. 

perkatàanmùlah. 

perkatàanna. 

perkatàannàlah. 

perkatàannàlahkah. 

berpenatàkan. 

beppenatàkan. 

perkatàankan. 

berperkatàankan. 

bepperkatà'ankan. 

jsfcAÂS^ kandàra iVller à che- 
val , en voiture etc. 
kandaràlah. 
dikandaràlah. 
kandaràkan. 



502 



GRAMMAIRE MALAIE. 



dikaiidarâkaniiâlah. 

kandarâï. 

kandaraîlah. 

dikandarâï. 

dikandaraîlah. 

dikandaraîna. 

dikandaraànâlah. 

dikandaraiiâlah. 

(éT^ lâku Agir, se com- 
porter, 
lakûlah. 
berlàkii. 
berlakûlah. 
mellàku. 
mellakùlah. 
terlàku. 
terlakûlah. 
dilàku. 
dilakûlah- 
lakûkan. 
lakûkanlah. 
berlakûkan. 
berlakûkanlah. 
mellakûkan. 
mellakûkanlah. 
lakûï. 
laku'ilah. 
berlakiVi. 
berlakunlali. 



dilakûkan. 

dilakûkanlah. 

dilakûkanùa. 

dilakûkannâlah. 

dilakûkannàlahkah. 

terlakûkan. 

terlakûkanlah. 

dilakûï. 

dilaku'ilah. 

dilaku'ina. 

dilakuïiiàlah. 

dilakuïnàlahkah. 

terlakûï. 

terlakipîlah. 

perlakûkaii. 

perlakûkaiilah. 

berperlakûkan. 

berper] akûkanlah. 

bepperlakûkan. 

bepperlakûkanlah. 

perlakûï. 

perlaku'îlali. 

berperlakûï. 

berperlakirilah. 

bepperlakùï. 

bepperlaku îlah. 

diperlakûkan. 

diperlakûkanlah. 

diperlakûkanna. 

diperlakûkaniuUah. 



DES MOTS. 



503 



diperlakiikanfiàlahkah. 

terperlakùkan. 

lerperlakùkanlali. 

tepperlakùkan. 

tepperlakùkaulah. 

diperlakiVi. 

(liperlaku îlah. 

diperJakirîi'ia. 

diperlakuïnàlah. 

diperlakuïiiàlahkali. 

terperlakiVi. 

terperlaku îlah. 

tepperlakùï. 

tepperlaku ilah. 

pellàkii. 

pellakùlah. 

berpellàkii. 

berpellakùlah. 

kalakû'an. 

kalakù'anlah. 

berkalakû an. 

berkalakù anlah. 

kalakùankii. 

kalakùankùlah. 

kalakùannni. 

kalakù anmùlah. 

kalakii anna. 

kalakù anùàlali. 

kalakiVanùàlahkah. 

berpellakùkan. 



beppellakùkan. 
kalakù ankan. 
perkalakù ankan. 
bepperkalakù ankan. 

^4MJ semù Tromperie. 

semùkan Tromper. 

disemùkaniiàlah. 

disemùï. 

disemu'îlah. 

disemu'ina. 

disemuïùàlah. 

r^tj pùdi Louer. 

pu (1 il ah. 

berpùdi. 

berpudilah. 

memmùdi. 

memmu(h'lah. 

dipùdi. 

dipudîlah. 

terpùdi. 

terpudilah. 

pudîkan. 

piidîkanlah. 

berpiuiikau. 

berpudikanlah. 

memmudikan. 

memmudikanlah. 

pudîï. 



504 



GRAMMAIRE MALAIE. 



pudHlah. 

memmuclîï. 

memmudHlah. 

berpudîï. 

berpudHlah. 

dipudîkan. 

dipudikanlah. 

dipudîkanna. 

dipudîkannâlah. 

dipudîkannàlahkah. 

terpudîkan. 

terpudikanlah. 

dipudîï. 

dipudpîlah. 

dipudHna. 

dipudiïnàiah. 

dipudiïtiâlahkah. 

terpiidiï. 

terpudFÎIah. 

perpudikan. 

perpudikanlah. 

berperpudikan. 

berperpudikanlah. 

bepperpudikan. 

bepperpudîkanlah. 

perpudiï. 

perpudrîlah. 

berperpudîï. 

berperpudi'ilah. 

bepperpudîï. 



bepperpudpîlah. 

diperpudikaii. 

diperpudîkanlah. 

diperpudikaniia. 

diperpudîkannàlah. 

diperpudîkannâlahkah. 

terperpudikan. 

terperpu dikanlah. 

tepperpudîkan. 

tepperpu dikanlah. 

diperpudîï. 

diperpudi'îlah. 

diperpudi'îna. 

diperpu d iïnâlah. 

diperpudiiïiàlahkah. 

terperpudîï. 

terpeipudiîlah. 

tepperpu dîï. 

tepperpucii'îlah. 

pemmûdi. 

pemmu(iilah. 

berpemmûdi. 

ber pemmu d il ah, 

kapiidian. 

kapudîanlah. 

berkapudîan. 

berkapudîanlah. 

kapudîanku. 

kapudiankûlah. 

kapiKlianinu. 



DES MOTS. 



505 



kapiidranmûlah. 

kapii(lî'anna. 

kapiulrannàlah. 

kapudi'annàlahkah. 

pemmudîkan. 

pemmudîkanlah. 

berpemmiKlîkan. 

beppemmu dikan. 

berkapuclîankan. 

r^ lâri Courir. 

larilah. 

dilarîlah. 

larîkan. 

dilarikannàlah. 

larîï. 

larHlah. 

dilarîï. 

dilari îlah. 

dilarrina. 

dilariïnàlah. 

dilariiiàlah. 

\^f^ hev\ Donner. 

berilah. 

diberilah. 

diberiiia. 

diberinàlah. 

berîkan. 

diberikaniiàlah. 



berîï. 
beri îlah. 
di berîï. 
diberHlah. 
diberi'îiia. 
diberiiïiàlah. 

^3 benar Vrai, 
benarkan Vérifier, 
benarkanlah. 
dibenarkanna. 
dibenarkannàlah. 

CjTN^r^ kûrun Confiner. 

men'ùrun. 

men'ûrunlah. 

inenM\runkan. 

men^ûrunkanlah. 

nien^urûni. 

iiien'urunîlah. 

pen'ùnin. 

ç^S^ kîra Penser. 

niennra. 

men^irâlah. 

men'irâkan. 

men'iràkanlah. 

menàràï. 

meniraîlah. 



pennra. 



33 



506 



GRAlVllVlAinE WIAIiAIE. 



pen'irâlah. 

U^i^f ûtap Dire, parler. 

bepûtap. 

men'ûtap. 

terûtap. 

dpûtap. 

menultapkan. 

utàpi. 

utapîlah. 

men'utàpi. 

men'utapîlah. 

terûtapkan. 

di'ûtapkan, 

dinitapkaniia. 

drûtapkannàlah. 

di'ûtapkaniiàkah. 

terutàpi. 

di'utâpi. 

dputapîlah. 

di'utapîna. 

dputapiiiâlah. 

di'iitapiiiâkah. 

per ûtapkaii. 

perutàpi. 

terper'ûtapkan. 

tepperûtapkan. 

diper'ûtapkan. 

dipenitàpi. 

pen'ûtap. 



perutàpan. 
ka'utàpan. 

p fi\ îrin Suivre. 

ber'irin. 

men^irin. 

terîrin. 

di'îrin. 

men'îrinkan. 

iriiji. 

menirîni. 

meij'irinilah. 

terîrinkan. 

terirîni. 

dinrinkan. 

diîrinkanlah. 

di îrinkaniia. 

di'irinkaniiàlah. 

diîrinkannâkah. 

diïrîni. 

diïrinîlah. 

diïrinîna. 

diïrininàlah. 

diïrininàlahkah. 

per îrinkan. 

peririiji. 

terperîrinkan. 

tepperîrinkan. 

tepperirîni. 

diperîrinkan. 



DKS MOTS. 



507 



diperirîni. 
penîrin. 
penirinan. 
kaàrînan. 

j^S^l ankat Lever. 

berankat. 

inenankat. 

ter^ankat. 

diankat. 

ankatkan. 

menankatkan. 

ankâti. 

menankàti. 

ankatîlah. 

menankatilah. 

terankatkan. 

terankàti. 

diankatkan. 

diankatkanna. 

diankatkannàlah. 

diankatkaniiàkah. 

diankàti. 

diankatilah. 

diankatina. 

diankatiiiàlah. 

diankatinàlahkah. 

perankatkan. 

perankàti. 

tepper^ankatkan. 



tepperankâti, 

diperankatkan. 

diperankàti. 

penankat. 

perankàtaii. 

kaankâtan. 

i^-^A?) umpat Calomnier. 
ber'Umpat. 
men'umpat. 
terumpat. 
di'unipat. 
umpatkaii. 
meniimpatkan. 
uinpâti. 
iiieniimpàti. 
men umpatilah. 
teriimpatkan. 
terumpàti. 
di'umpafkan. 
di'umpatkanlah. 
di'umpalkaiina. 
di'umpatkannàlah, 
di'unipatkaniiàlahkali. 
di'umpàti. 
di'Umpatilali. 
di'Umpatîûa. 
dî'Umpatinàlah- 
di'umpatiùàlahkah. 
per^umpatkan. 
33. 



508 



GRAMMAIRE MALAIE. 



peruinpâti. 

tepper^ u nipatkan. 

tepper^unipâti. 

dipepuinpatkan. 

diperumpâti. 

pen'umpat. 

per'umpàtan. 

ka'umpàtan. 

Ol3:TJ) iiKlaq Frapper du 

pied, 
berindaq. 
menândaq. 
ter'indaq. 
diïndaq. 
indaqkan. 
indàki. 

men^indaqkan. 
men'indâki. 
men'indakilah. 
terintlaqkaii. 
dîïndaqkan. 
diïndaqkanlah. 
diïn(laqkanna. 
diïndaqkannàlah. 
diïndaqkannàlahkah. 
diïn(iàki. 
diïndakilah. 
diïii(lakîria. 
diïndakinàlah. 



diïndakinâlahkah. 

per indaqkan. 

perindâki. 

tepper indaqkan. 

tepperindàki. 

diperindaqkan. 

diperindàki. 

pen^indaq. 

per'indàkan. 

kaûndâkan. 

^Xa) kilau Reluire, 
kilaulah. 
men'îlau. 
men'ilaulah. 
kîlaukan. 
nien'ilaukan. 
kilàwi. 
men'ilàwi. 
kilawîlah. 
men'ilawilah. 
dikilaukaniia. 
dikilaukannàlah. 
dikilàvvi. 
dikilawilah. 
terkiiàwi. 
terkilawîlah. 
kilàwan. 
perkilàwan. 



DES NOMS. 509 

^j>V^ pàkai Se vêtir. memmakajîlah. 

pàkailah. dipàkaikani'ia. 

memmàkai. dipàkaikannàlah. 

meminàkailah. dipakàji. 

pàkaikan. dipakajîlah. 

memmàkaikan. terpakaji. 

pakàji. terpakajilali. 

meinmakàjL pakàjan. 
pakajilah. 

DES NOMS. 

49. Les noms marquent par la désinence ni nombres, 
ni cas , ni genres ; ces différens rapports s'expriment selon 
le besoin par la répétition d^un nom , par sa position re- 
lative à d'autres mots , ou par des mots particuliers. 

Les substantifs employés sans indication précise de 
nombre , peuvent être pris pour le singulier aussi bien que 
pour le pluriel, si le sens de la phrase ne marque pas 
suffisamment lequel de ces nombres doit avoir lieu. Ce- 
pendant les substantifs, qui par leur signification s'appli- 
quent ordinairement autant à plusieurs personnes, à plu- 
sieurs choses , qu'à une seule , marquent généralement le 
pluriel, si le singulier n'est pas indiqué particulièrement. 
On se servira donc du nom simple pour rendre la phrase 

« il y a des gens " Pj^^ ^^ adda ôran ; mais pour dire 
(( il y a un homme '' l'on fera précéder le nom du signe de 
l'unité , (j-w sa , O^ sàtu ou of^ sawàtu Un , et l'on 

dira t-r^ — >*> of adda sa^ôran. 



510 GRAMMAinE MALAIE. 

Lorsqu'on fait usage de (j-w sa, on le réunit immédia- 
tement au nom suivant; mais sàtu et sawàtu s'écrivent 
séparément. 

On répète le substantif pour marquer d'une manière 
plus précise le pluriel indéfini, comme f P rj' oran-ôran 
Des personnes, O^ScXS^ kuda-kûda Des chevaux. Le 
pluriel défini est indiqué par plusieurs mots qu'on met 
ordinairement devant le substantif, tels que <Jf-^\^ bânaq 
Beaucoup, PrW bàran Quelque, quelques, chaque, tous, 

^js — aXXaw sekalian ou sakalian Tous, et principalement 
^yS>^>*' segâla Tous, (du sanskrit sakala); ce dernier ne 
se met que devant le substantif. Le sens de la phrase 
doit déterminer, s'il faut prendre ces mots dans leur ac- 
ception primitive , ou comme sig-nes du pluriel seulement, 
distinction qui assez souvent est difficile ou impossible à 
faire , le discours malai étant en général extrêmement 
vague. C'est ainsi que la phrase 

savvâtu gûvvah derripadda segàla gûwah nâraka 
unum antruin ex omnibus antrîs inferni 

peut se traduire « Un des antres des enfers '^ ou bien « Un 
de tous les antres des enfers. " (Les mots gûwah et nâ- 
raka viennent des mots sanskrits guhâ et nâraka). 

Cependant les mots sekah'an, bânaq et bàran, con- 
servent ordinairement leur acception primitive, comme 

c p»f (j. aVx.wj sekalian ôran ou (^ — ^^S^^*l P J^l ôran 

sekaiian Tous les gens; P^J ^.-^V bânaq bûna ou g^:> 
vJiA^ biirja bânaq Beaucoup de fleurs; tjj\V.x.>.v.> ^^W 
bâran kasukâran Quelque difficulté; *^c P/W bâran ilmu 



DES iNOAlS- 511 

Chaque science; i^^j^j Ff» bàran lakûiia Toutes ses 



manières. 



Pour exprimer le pluriel avec une sorte d'emphase on 
joint quelquefois le substantif répété à un adjectif pluriel , 

comme ^L;>r {^ — K\5^tM sekalîan ratla-râdaTous les rois. 
Le pluriel des mots empruntés de l'arabe s'exprime en 
général de la même manière que le pluriel des mots ma- 
lais; plusieurs mots cependant conservent le pluriel qu'ils 
ont en arabe , et le pluriel éS^^/^'C maiàikat Anges , 
s'emploie en malai indistinctement pour le singulier et le 
pluriel. 

Si le pluriel malai est déterminé par un nom de nom- 
bre, on se sert d'un mot de description tout comme en 
barman ; Voyez les Numératifs. 

50. On supplée au manque de cas tantôt par des pré- 
positions, tantôt par la position relative des mots. Celle-ci 
suffit ordinairement pour distinguer le nominatif, l'accu- 
satif lorsjpi'il est régime direct , et le génitif d'autres lan- 
gues; mais à l'exception de ce dernier le régime indirect 
demande toujours l'emploi de prépositions, soit simples 

ou composées. C'est ainsi que les prépositions (^> » 
âkan ou àken A , pour , ^iX-J ^3g"g"i ^t OJi padda A , "se) 
ka et OJlb kapadda A , vers , marquent le datif et l'accu- 
satif; rO derri et eX>'|M-> derripadda De, parmi, entre, 
l'ablatif etc. O di , Jt)\o dàlam et *i^O^ didàlam Dans , 
le locatif ; isiy ôleh Par, l'instrumental; O/-*" serta et 
(^£o denan Avec, le sociatif et l'instrumental. Ces pré- 



512 



GRAMMAIRE MALAIE. 



positions se placent imme'diatement devant le régime; ka 
et di le font sous la forme de préfixes. 

Exemples : (éxAjJ* ^5"f àkan pàtik A l'esclave , à moi ; 

^Xjf ^i bag-gi allah A Dieu; pj^^f l\3 padda ôranA 

l'homme; ^.'C^^î karûmah , ^^^f cXA5^ kapadda rûmah 

A la maison; ^«'^J^ r<-> derri rûmah, ^^^f Osjij\ij derri- 
padda rûmah De la maison; îs^rO dirûmah, ^^^p *Ko 
dàlam rûmah , *^J» *Moo didàlam rûmah Dans la maison ; 
7^'S ^l^ ^"Ç^ rMsi Par le roi; (a)U-a« sertàna Avec lui; 
(ih^V e>^"-^ denan binîiia Avec sa femme; (j^*-> A^^ 
(^u pûkul denan kàju Frappe avec le bâton. 

Le sujet ou le nominatif se place ordinairement avant 
ie verbe, mais très-souvent il le suit aussi; Voyez la Syn- 
taxe. L'accusatif ou le régime direct suit toujours le 
verbe, comme Prjî ^iy^ bûnuh Tuer quelqu'un, j^W^ 
(j^Vj pôton kâju Coupe le bois. Quelquefois on met âkan 
A, vers, devant le régime direct, préposition qui alors 

n'ajoute rien au sens; comme Pj^î IJ-'^^ ^-^^ bûnuh 

âkan ôran Tuer quelqu'un; t^S^f ^^^"^^ (J^^' (VO^ P*^' 
kul âkan andin îtu Frappe ce chien. 

51. De deux substantifs mis ensemble sans être en appo- 
sition, le second exprime tantôt le génitif, qui marque 
aussi bien les rapports de dépendance que ceux de pos- 
session, et tantôt il sert de nom appellatif ; comme LJtjf 
^}j^ ânaq ràda L'enfant d'un roi , P PJ' ^-^ P rûmah ôran 
La maison de l'homme, O^ ^'^T rûmah bâtu Maison 
de pierres. 



DES ^0Ms. 513 

Les mêmes rapports subsistent si plusieurs substantifs 
se placent ensemble, comme 

bekas kùku harîmau ; 

L'empreinte de la griffe du tigre ; 

sabarkas kàju àpi ; 

Un fagot de bois de feu, c'est-à-dire à brûler; 

ànaq ôran gùnun ; 

Le fils d'un homme des montagnes , le fis d'un mon- 
tagnard. 

En coordinant ainsi deux noms on exprime des idées 
que d'autres langues rendent tantôt par un seul substan- 
tif soit simple ou composé, tantôt par un substantif ac- 
compag-né d'un adjectif, tantôt, comme c'est assez souvent 
le cas en français , de la même manière qu'en malai , par 

deux substantifs , (Voyez 32). Exemples : cA^ ^f àjer 

raàta (Eau des yeux), larmes; r-^) CÀ^ mata àjer (L'oeil 
de l'eau) , fontaine , source ; \^\.3 y^Jùc] j^^^-^ binàtan 
ampat kaki Des animaux à quatre pieds, des quadrupè- 
des, en allemand vierfiissige Thiere, en anglais quadru- 
peds , four-footed animais ; (y^ \^\3 pàku besî Des 
clous de fer, en allemand eiseime Niigel, en anglais iron 
jiails; (j^^ %3I eliî besi Un pilon de fer, en allemand ein 
eiserner Stiisser, en anglais an iron jjestle; (_^*^ FS 
pàran besî Un couteau de fer, un couperet, en allemand 
ein HaeTimesser , en anglais a cliopping hnife; ^\^^ 
(^y^ tùkan besi Un ouvrier en fer , un forgeron ; ^j\^ 
L^v.> tùkan kàju Un ouvrier en bois , un charpentier ; 
Ov jy*'^ tûkan bàtu Un ouvrier en pierres, un maçon; 
V5V.) ^5%^' tùkan kàpal Un charpentier de navire , en 



514 GRAMMAIRE MALAIE. 

allemand ein Schiffszimmermann^ en anglais « sMp- 
wright. 

En suivant l'analogie des termes préce'dens, on rem- 
place quelquefois le second substantif par un verbe, com- 
me ^âTrU ^^-i tûkan làrik Un tourneur, de lârik Tour- 
ner; 0*-^9» ^O"* *^ùkan telop Un teinturier, de telop 

Teindre; *-y^ kJ^^^ tampat dîjam Lieu où l'on demeu- 
re, une demeure. 

Lorsque le génitif marque un rapport de possession , 
il s'exprime souvent par l'adjectif {^^'î pùna ou (^-^a?) 
ampûna Propre , apartenant à , mis devant le sujet et après 
le mot au génitif. En joignant ce pûna ou ampûna à des 
pronoms personnels ou à des substantifs qui en font fonc- 
tion , on forme des pronoms ou adjectifs possessifs. Ex- 
emples : 2^'Ç^ n {^9 c rjî ôran pûna rûmah Hominis 
propria domus , la maison appartenante à l'homme , la 
maison de l'homme; ^«^r (;^)^■^A?Î ^^ Pfy ^^^^ besar 
ampûna rûmah La maison appartenante à un grand j 

(jVJC>u-î (^3 l^J^'i tûwanku pûna astâna Le palais de 
monseigneur; O^r (^^9 c^-».ib hamba pûna kûda Mon 
cheval ; A^^> (A^^JÏ^'of ^J jan ampûna kâpal Cujus pro- 
pria (est) navis, le propriétaire du navire. Dans la con- 
versation on ne fait usage ordinairement que de pûi'ia. 

Le génitif qui marque un rapport de dépendance, s'ex- 
prime quelquefois également à l'aide de pûna ou ampûna ; 

comme 2^>4-*« (^^-cl rfo*.xw^J •<-X> i-X Ji 
ânaq kadûwa bersûdàra ampûna sembah, 

infantum duorum , qui sunt fratres salutationes, 

Les complimens des deux jeunes frères. 



DES NOMS. 515 

52. Pour exprimer Tarticle , si l'on en a besoin , on met 
le pronom démonstratif \^^} îtuCe, celui-là, cette, ces, 
le, la, les, après le substantif, dans quelque cas que 
celui-ci se trouve , mais principalement si c'est un cas 
oblique; la liaison doit déterminer s'il faut prendre ce 
mot dans le sens d'un pronom démonstratif, ou bien dans 
celui de l'article, question, que cependant assez souvent 
on ne peut pas décider. ^^) F PV oran îtu est par 
conséquent ou l'homme ou cet homme, distinction, qui 
dans nos langues aussi est quelquefois assez arbitraire. 
L'emploi de cet article est entièrement vague, on le met 
dans la même phrase où d'autre-part on l'omet, et cela 
a lieu alors sans que le sens en soit modifie'. Il peut se 
mettre après les noms propres aussi bien qu'après les 
noms communs. S'il appartient à un nom qui régit un 
autre nom au génitif, il se place après ce dernier, comme 

\^^\ t:'/"^/ ^jVS^a*^ segâla ânaq rada-râda îtu Les 

fils des rois ou tous les fils des rois. Mais placé de la 
sorte , îtu peut également comme pronom démonstratif se 
rapporter au dernier substantif, si le sens de la phrase le 
demande, et l'exemple donné se traduira alors «Les fils 
de ces rois '' ou « Tous les fils de ces rois. " Quelquefois 
îtu paraît entièrement superflu. 

A la place de c>;^î îtu, employé comme article, on 
met aussi (j-jf îniCe, celui-ci, cette, ces etc. si l'on veut 
désigner l'objet le plus près , et on s'en sert alors tout-à- 
fait comme de îtu; ce dernier cependant s'emploie tou- 
jours, si l'article est mis d'un manière plus générale. 

53. La particule (j^ pun? qu'on écrit presque tou- 



516 GRAMMAIRE MALAIE. 

jours (j%^ pùn d'une manière fautive, et que l'on rangée 
ordinairement entre les affîxes, mais à tort, comme la 
quantité du mot qu'elle suit n'est jamais afFecte'e, est gé- 
néralement regardée comme purement explétive, si elle 
ne sert pas à former des adverbes- On a cependant toute 
raison de douter, que dans aucune langue il y ait des 
particules qui n'ajoutent rien à la valeur du mot ou de la 
phrase dont elles font partie; souvent ces petits mots, 
regardés comme explétifs, marquent des nuances, qui 
peut-être manquent dans un autre idiome , ou qu'un étran- 
ger ne saisit qu'avec bien de la difficulté. Or ce (j.3» 
pun, si je ne me trompe ^ est le signe distinctif du nomi- 
natif, toutes les fois qu'il se trouve placé après un nom 
commun , un pronom , ou un nom propre ; ailleurs il n'est 
employé qu'à la formation de quelques adverbes. Il mar- 
que alors l'article devant le substantif qu'il suit , est arbi- 
trairement mis ou omis, tout comme îtu, et sert à distin- 
guer le sujet, à introduire dans la phrase un nouveau 
sujet j ou à ramener le discours à un sujet dont aupara- 
vant il était question. C'est sous ce dernier rapport sur- 
tout , qu'il se met après les pronoms. Joint à îtu il forme 
l'adverbe composé (j»^ ^7'} itu pun ou (j^^;?) îtupun 
Alors ^ sur cela, qui, lorsqu'il est mis à la même place 
que îtu ou pun, c'est-à-dire après le sujet, peut assez 
souvent être pris pour l'article aussi bien que pour l'ad- 
verbe. Quelquefois pun se trouve après un verbe ^ si 
celui-ci est employé comme sujet. Lorsque le substantif 
sujet de la phrase est suivi d'un génitif qui en dépend , 
pun peut se mettre après ce dernier. Ce n'est que bien 



DES ROMS. 517 

rarement que pun accompagne un autre cas que le nomi- 
natif ou le sujet , exception à la règ^le gene'rale qui dans 
une langue comme le malai n'a rien d'extraordinaire. Ex- 
emples : 

dàrah pun menhâlirlah dipàdan îtu seperti 

Le sang coula sur le champ {de bataille) comme 
ânaq sùnai. 

de petits ruisseaiuc , {des enfans des rivières.) 
ra'îjatna pun terlàlu bànaq. 

Ses sujets {e'taîcmt) extrêmement nombreux. 
umbaq pun terlàlu besar men^àlun sampai 

Les vagues extrêmement grandes s agitèrent , jusqu 
kaadàra rasâùa. 

au ciel leur apparence', elles semblèrent s'e'lever jus- 
qu'au ciel. 

dikkalau tijâda ànaqku mà\vu menniirut kàta 
Si ne pas mon fils veut suivre les paroles 

ajahanda bùkanlah tùwan ânaq kapadda 

de {son) pière ■) vous ne serez plus lejils de {votre) 
ajahanda dan ajahanda pun bùkanlah bàpa 

père , et {votre) père ne sera plus un père 

kapadda tùwan. 
pour vous. 

sopâja bânat-bânat kîta berdâlan kârana 

^Jîn que immédiatement nous partions, parce que 
hàri pun hampirlah sîjan. 

le Jour s'approche de l'aube, {va bientôt paraître)- 
makka bùdaq îtu pun berterîjaqlah sedekàla hàri. 
Or le garçon criait toute la Journée. 



518 GRAMMAIRE MALAIE. 

lâlu dibânunkanna âkaii Laqsamâna makka îja pun 
Puis il éveilla Laqsamâna, or il 

dàga derripadda tiduriia. 
{celui-ci) se reveilla de son sommeil- 

makka matahâri pun màsuqlah makka bûlan pun 
Or le soleil se coucha et la lune 

terbitlah; seperti ôran meûûluhkan 

se leva; comme on éclaire avec des Jlamheaux 
Indera Mahadeua îtu tahajàna pun terlâlu 

Indra Mahadeva , sa splendeur extrêmement 

teran tamàram. 

claire Cet) brillante, {la lune se leva dans tout son 
e'clat , comme pour sei'vir de Jlumheau à Indra Maha- 
deva). 

makka tahâja matahâri pun terbitlah memmantar- 
Or les rayons du soleil commencèrent à percer 
mantar derri telah-telah gûnun. 

des gorges des montagnes. 
tîdur pun tijâda bôleh dan mâkan pun 

Dormir', {elle) ne pas {le) jieut, et manger, 
tijàda màwu. 

{elle) ne {le) veut jjas. 

îbu nen telàka berbûv^at bentàna 

Mère malheureuse d'avoir commis des fautes {dont) 
menesal pun tidaq làg'i bergûna. 
le repentir ne sert j)lus à rieii. 

makka nabî allah pun tertàwa. 

Là-dessus le prophète du Seigneur se mit à rire. 
setelah suddah ija berpàsan îtu sahadàn makka tânan 
Après qu'il eut enjoint cela, maintenant lamain 



DES KOMS. 519 

Serî Ràma pun dilepaskanna. makka îja piin matîlah. 
deSeriRumafiit luchcc par lui-, et il mourut. 

kàrana mata hamba pun 

Car les yeux de {ton) serviteur (nies yetuc) 
sânat men'antuq tijadàlah tertâhan 

e'taient accablés de sommeil et il n'était supportable 

\ig\. 
plus long-temps , et il ne pouvait résister plus long- 
temps au sommeil. 

makka hulubàlan îtupuii berdàlanlah pergi 

Et le guerrier alors jiartit jmur aller 

kakampon hàtidah denan kabesàranna dan lakùna 
au village de Hàtidah , Jièrement et soji air 

tijàda membîlankan ôran sekalian dan tijàda sopanna 
ne faisant compte d'aucun , et n ayant de respect 
kapadda mànusîja. setelah hulubàlan itu hampirlah 
pour aucun. Lorsque le guerrier approcha 

kapadda kampon hàtidah dan tatkàla îtu 
du village de Hàtidah , et dans ce moment 

hàtidah adda làgi bermàjin-màjin dihalàmantia 

Hàtidah e'tait justement s'amusant dans sa cour y 
serta dilihat oleh hàtidah saôran lakilàki 

aussitôt que fut vu par Hàtiilah un liomme 
men'andarài kûda hendaq màsuq dikamponna 
monté à cheval désirant entrer dans son enclos, 

dan lakùna terlàlu perkàsa tijàda sekalikàli 

et son air extrêmement hardi., nullement 

membîlankan ôran. makka hàtidah pun sig-erâ 

faisant compte d'aucun. Or Hàtidah tout de suite 



520 GRAMMAIRE MALAIE. 

nâjiq karûmahna serâja berdâtan sembah 

monta à sa maison et vînt d'une manière re- 

kapadda Muhammad demikîjanlah kâta hâ- 
spectueuse à Muhammad, ainsi dit Hâ- 

tidah jâ dundûnanku adda saôran lakilâki terlâlu 
tidahro monseigneur, il y a un homme extréme- 

besar tijâda membîlankan ôran Iakûiia 
ment grand, ne faisant compte d'aucun son air, 
dan îja men'andarài kûda màsuq kampon kîta îni 
et lui monte' à cheval entrer notre enclos 
denan kabesâranna hamba mellîhatdîja. setelah îtu makka 
Jièi'ement je l'ai vu. Là-dessus 

Muhammad pun sig-erâ tûrun perg-i 

Muliiammad promptement descendit pour aller 

kapadda pintu rûmah hendaqlah meHîhat 

à la porte de la maison , désirant voir 

kalakûan hulubâlan îtu. hatta makka hulubâlan îtupun 
l air de ce guerrier. Lorsque le guei'rier alors 
sampailah kapadda pâgar îtu dan tatkàla îtupun 
arriva à l'endos, et dans ce moment 

Muhammad adda berdîri dipintûna. makka terlihat 
Muhammad e'tait debout à sa jJorte. Or il fut vu 
kapadda hulubâlan îtu dan hulubâlan 
(par Muhammad) le guerrier, et leguei^rier 

pun mellîhat kapadda baginda Muhammad dan hulu- 
la// «a Wf/;*(?s/e Muhammad; e< le guer- 
bâlan îtupun sigerâ tûrun derriàtas kudàiia 
rier alors promptement descendit de son cheval, 
làlu berlarilàri dàtan sudûd padda kaki 
et puis courut pour venir se prosterner aux pieds 



DES KOMS. 521 

baginda Miihamniad. makka bersabda nabî 

de samajesté Muhaniniad, Or dit le j)ro2)Ju'te 

kapadda hulubàlan îtu liai hulubâlan appa kahendaqmu 
à ce guerrier : 6 guerrier quel est ton désir 

paddàkii ? 
de moi? 

Nous parlerons plus tard du pronom ^ jan , qui éga- 
lement se trouve employé quelquefois comme article, et 
du préfixe kèT^ka. Voyez 84, 59. 

54. Pour marquer le vocatif on se sert ordinairement 
d'une des interjections VJ jà ou ^^ liai, quelquefois 
aussi de sj wah, sof adoli , ^AÎ allô, et de_»;>î ajii, ajô 

ou t_^î îju , expression de tendresse. Exemples : *^*^-^-i W. 

jà tûwanku O monseigneur; l^^-^JÎ (^^ liai ânaqku O 
mesenfans, ô mon fils; LJ/-- ij^-^^^ 0^^-'<' »5 Avali ma- 
kôta segàla Arab O couronne de tous les x\rabes; sol 
cXJof adoh adenda O ma chère ; ^'^^ O^:?^ ^^^ al»o i*^i 
dunjâ O habitans du monde; ^\^i^. ^^}^ ^jû naMàku O 
mon âme, o ma chère. 

55. Les Malais restreignent l'idée de genre aux mas- 
culins et féminins; aux êtres inanimés ils n'accordent au- 
cun genre, et n'ont aucun terme pour le neutre. A l'excep- 
tion de quelques noms qui signifient homme, femme, 
mari, femme mariée, père, mère, et quelques autres mots 
de parenté ou d'individualité, qui n'admettent qu'un seul 
genre , les noms malais ne distinguent aucun genre , s'ils 
ne sont pas accompagnés d'un mot particulier pour l'in- 
diquer. 

11 n'y a en malai qu'un seul mot pour exprimer frère 

34 



522 GRAMMAIRE MALAIE. 

et soeur, if^'^^'*' sûdàra), un seul mot pour fils et fille, 

(v_3t3f ânaq), un seul mot pour garçon et fille, (l3<^^ 
bûdaq). Pour dire « il est le fils d'un tel , elle est la fille 
d'un tel" les Malais ne sauraient s'exprimer autrement 
que «il est l'enfant mâle d'un tel, elle est l'enfant femelle 
d'un tel " et encore les pronoms il et elle dans ces deux 
propositions sont le même mot en malai ; îja ânaq lakilàki 
Il (est) le fils, îja ânaq perampûwan Elle (est) la fille. 
Ainsi l'on dira: 

sûdarâna tiga lakilàki sâtu perampûwan, 

Ses frères et soeurs (sont) t7'ois mâles une femelle-, 
Il a trois frères et une soeur. L'allemand, qui a un terme 
commun pour frères et soeurs, Geschwister , peut s'ap- 
procher ici du malai, en disant: Seine Gcsckwister sind 
drei Briider und eîne Schwester- 

On se sert de (éT^^x.) lakilàki Homme, mâle, qu'on 

écrit ordinairement f ^éT^^, et de {^X^jf perampûwan 
Femme, pour distinguer le genre dans les êtres humains; 
jj.JCo>. dantan Mâle, et (J^^a^ betîna Femelle, le distin- 
guent dans les animaux, mais betîna est encore employé 
pour les femmes. Exemples: \^^>-~) Prjî ôran laki- 
làki ï ir , homme en opposition à la femme ; (j^-X!>c^^ ^r^y 
ôran perampûwan ou (J-aXj Prjî ôran betîna Femme; 

r^lr râda Roi, [^X/o^J —fn ràda perampûwan Reine; 

i^^X^'9 ^jo léT^^Cî «Aj VJic jVx,*« segâla 'aqal bâlig 
lakilàki dan perampûwan Tous les adultes mâles et fe- 
melles, tous les adultes de l'un et de l'autre sexe; ^w 



DES AOiMS. 523 

(ér^5 bàlii lakilâki Un veuf, Jb (jyi/cJ' peiampù- 
Man bâlu Une veuve ; {j-'j^^ "->^5^ kùda dantan Un étalon, 
^aaJ O^f^ kûda betina Une jument, (^a>^ ^tT^ hàjam 
(iantan Un coq , (j«>^^-> r*-:*^ hàjam betîna Une poule, 
Lakilâki et perampùwan se joig;nent encore aux noms de 
plantes pour y désigner les g-enres, comme ^éT^AS^J '^"UJ 

ganda lakilâki La plante mâle du chanvre, (jjXo,J (j.'OXXS 
tanâman perampùwan Une plante femelle, (de *JL> tànam 
Planter). 

D'autres mots servent également selon les circonstances 
à marquer des rapports de genre, comme Oo] indu Mère, 
en parlant de la femme , ou des femelles des animaux , 
*j\.ib <-\jf indu hâjam Une poule qui pond; j^^r»^? bù- 
dan Personne non mariée, homme ou femme célibataire, 
jeune homme, veuf ou veuve, qui sert à distinguer les 
jeunes animaux mâles; (j-w<-\5" gedis Vierge, fille, femme 
non mariée, qui marque les jeunes femelles parmi les ani- 
maux; {jjjO<S 0%S^ kùda gedis Une pouliche, ^rr^ 
(j^l\3 hàjam gedis Une poulette. S'il n'est pas ques- 
tion de genre, on exprime par Ljtjf ânaq les jeunes des 
animaux, comme O».) oiJI ânaq kùda Un poulain. 

56. L'adjectif de même que le substantif ne marque ni 
cas, ni nombre, ni genre. Il se place après le substantif 
qu'il accompagne , comme uAXjÎ ^>^ kùda èloq Un che- 
val excellent. Souvent on met le pronom ^J jan Qui, 
entre le substantif et l'adjectif, qui cependant n'ajoute 
rien au sens: comme iJtbî 'jL> o*.^^ kùda jan eloq Un 
cheval excellent , proprement : un cheval qui (est) excel- 

34. 



524 GRAMMAIRE MALAIE. 

lent; *^^:>V j^rl <J^{^ <-\iT^ kapadda waqtu jan bàjik A 
un temps favorable. 

Lorsque le substantif, accompagné d'un adjectif, est 
au pluriel, on peut redoubler ou l'un ou l'autre, mais pas 
les deux ensemble; comme ^a^J ^J T^r^S rada-ràda jan 
besar,ou f r'^:* (^rt ^\p ràda jan besar-besar Des grands 
rois; f ^^i ^;> ^JV^Xib huhibàlan jan besar-besar Des 
militaires d'un rang distingué. 

Quelquefois un autre adjectif qu'un adjectif pluriel, 
(Voyez 49), peut précéder le substantif qu'il accompag- 
ne; cela a cependant seulement lieu, si cet adjectif lui- 
même est précédé d'un adverbe, comme V^-c ^J ^ib 

&(^*M.9 ^V-0 liai jan mahâ mulija pessûruh O le plus glo- 
rieux envoyé! 

Lorsque tout autre adjectif se trouve par inversion de- 
vant le substantif auquel il se rapporte , et que par con- 
séquent ce dernier n'en est pas le régime , (Voyez 1 17) , 

il faut sous-entendre le verbe substantif o) adda Etre, 
comme >^Jl *-^^^ ^^r'} çlo^l kûda itu Excellent (est) le 
cheval, le cheval est excellent; ^fp 0^5^ "-^M V^^^ 
kûda ràda Le cheval du roi est excellent; Prj' '^^\^ 
{^^\ bàjik ôran îtu Cet homme est bon; indah-indah per- 
buwàtaniia Admirables étaient ses actions ; 

mânis bàran lakûna dan bàran 

Gracieuses (étaient) toutes ses manières et toutes 
perkatâaniia. 
ses paroles. 

57. Différens mots peuvent accompagner les adjectifs 
pour marquer les degrés de qualification. On exprime 



D£S KOMS. 525 

le comparatif de supériorité en mettant b^) lebeh Plus, 
supérieur, plus grand, ou le préfixe J^ ter, devant l'ad- 
jectif; rO derri et c\3a<j derripadda De, que, servent 
à joindre les deux objets que l'on compare. Mais il suf- 
fit aussi de joindre seulement un de ces derniers mots au 
positif. 

Le comparatif d'infériorité se forme avec ^ rj-) kûran 
Moins, ou V.=sn) ketil Petit, inférieur, jeune, suivis de 
derri ou derripadda Que. 

Le préfixe JS ter, signifiant Très, les mots t^^l àmat, 
i^cV^ sânat , ^J^f'^ terlâlu , b^j^i^'S terlebeh et vg.A? ma- 
hà (mot sanskrit), Très, extrêmement, excessivement, 
placés devant l'adjectif, marquent le superlatif absolu, 
de même que ^v>^m; sekàli et ^Vx^XX-aw sekalikàli Très, 

excessivement, extrêmement, au plus haut degré, et (j^aJ 
nîjan En effet, réellement, très, qui ordinairement sui- 
vent l'adjectif; mais sekàli se met aussi devant ce dernier. 
Plusieurs des mots qui forment le superlatif absolu, peu- 
vent l'accompagner conjointement, et d'autres mots en- 
core que ceux qui viennent d'être indiqués, peuvent, selon 
les circonstances, servir à l'exprimer. 

La répétition de l'adjectif sert encore quelquefois à for- 
mer le superlatif, qu'on exprime aussi d'une manière ab- 
solue en employant le mot f P f v bàrarj-bàran Au plus 
haut degré. Un autre superlatif pVi) utàma Excellent, 
parfait, le meilleur, vient du sanskrit uttama. 

On met ^J jan dans le sens d'un article devant le su- 
perlatif absolu , pour former le superlatif relatif. 

Exemples: ^w*^ J^-3 lebeh besar et r^-?r^ terbesar 



526 GRAMMAIRE MALAIE. 

Plus g;rand ; lebeh besar derripadda , et besar derripadda 

Plus grand que; ^j^^'-^ r"-^ (^jaaJvJ* ^l lebeh panas derri 
dahiilu Plus chaud qu'auparavant; O»/^;* ^J lebeh bû- 
ruqPlus mauvais, pire; '«^Ai ^a3 lebeh bâjik Meilleur, 
mieux; 

hai hulubàlanku bâjiklah kîta mâti didàlam 
O commtlites met melîus est nos perire intra 
kôta kîta îni denan nâma jan bàjik derripadda 

caslellum nostrum hoc cum faniâ incolumî quant 
kîta hîdop mennangon pertintâan , 

jïos vivere confecti aegriludine , 6 mes compagnons 
d'armes ! il vaut mieux pour nous mourir ici dans notre 
fort avec une bonne réputation , que de vivre en sup- 
portant des remords ; 

jan kûran .usijâna derripadda satâhun 

dont est moins son âge qu un an , qui na pas 

encore atteint Vdge d'un an ; ketil derripadda segâla 
sûdarâiia Plus jeune que tous ses frères; /■'^^/-> terbesar, 

-AwJ v^-cl âmat besar, ,tMs^ (^cV**- sânat besar, ^J^/-* 

-*A*3 terlàlu besar, ^**^^ kS^-o\ [j^r^ terlâlu âmat besar, 
-M\J (^£v,A« iJ^/-* terlâlu sânat besar; ^wa3 2^3-*i terle- 
beh besar , >.a^^ V^^c mahâ besar , ^^ ^yS^>jj sekâli be- 
sar, ^V.>^\.x.A« -VA^ besar sekali-kâli, \ ^t^^ besar-besar 

Très-grand , excessivement grand ; (j^^J ^Jl^^ bûruq 
nîjan Méchant assurément, très-méchant; '^tÎv (J^/-* 

(^aJ terlâlu bâjik nîjan Extrêmement bon en vérité; ^^^Aj-'i 
J)V\.A« '^:iV terlebeh bâjik sekâli Extrêmement bon; 



DES NUMEUATIFS. 527 

lJlUÎ J)Vx.aa/ o^-<'Î (J^r-^ terlàlu àmat sekàli eloqExtrê- 
inemeiit beau ; (^^\ o^-c Ff^^ C^ ^Ju^A" &l\JÎ iiulah 
sekàli nàma oran mûda îni Excellente (est) la réputation 
de ce jeune homme; f *^^A^ bàjik bàjik Très-boti; 
{j\S^ r^QW bàjik-bàjik kàja Très-riche; «éT^Lw ^AJ 
r (V^""-^ {^k^3 benih sàgo pôhonna ketil-ketil Des re- 
jetons du sag;o-arbre très-petits, très-petits rejetons de 

l'arbre qui produit le sago; [ pjX.^ lj*0^:* ^ S O^^^?^^ 
madellis rupàna biikan bâran-bâran? 

gracieuse sajîgure n'est elle jJdS au suprême degré? 
(^^)^AAX.Ju; \^ /érv (i>0-? bùkan bàran-bàran saktîna? Son 
pouvoir surnaturel ne surpasse-t-il pas tout? pOyi ter- 

=utàma Le plus parfait ; (j';>^ c\3 rO po'f 2^3 'i terlebeh 
utàma derripadda làjin Eminemment supérieur aux autres; 

^ïU^^ j' |\\.x.A« Osjpij ^VSi^^'S ternjtâma derripadda se- 
g-âla perbuvvàtan Le plus parfait de tous les ouvrages; 
(éxAj 'i kj> jan terbàjik , ^\S^>*> ^^\^ ^J jan bàjik se- 
kàli , Le meilleur ; (j^A/o 'J' J\.x.v. j^Vxjf ^Aj ^a5 'i ^J 
jan terlebeh bàjik antàra segàla perampiiwan La meilleure 
d'entre toutes les femmes;. (_3v>^aa. OV^J P^, jan bûruq 
sekàli Le plus mauvais; i^^X-ii V^a? '^i jan mahà tingi, 
\>^JlS ^w^.3^.> 3y jan terlebeh tingi, Le plus haut. 

DES NUMÉRATIFS. 



58. Le système numéri(iue des Malais paraît fondé sur 
celui des Hindous, quoique les mots numéraux des deux 
peuples, à l'exception peut-être de ceux pour deux et 
trois, soient entièrement différens. 



528 



GRAMMAIRE MALAIE. 



Les cardinaux malais sont: 

1. OÎ%A'' sawâtu, OV-wj sàtu , (j^l àsa et (j^ sa 
(préfixe). 

2. ^o dûwa. 

3. ^^C^i tîga. 

4. \^Jôc] ampat. 

5. */;j lîina. 

6. *3f enam ou anam. 

7. ^T^-> tûduli. 

8. (^^O delâpan, dulàpan, (^^O daulàpan 
et (j.5^L« salàpan. 

9. (^Vaa4.*w sanibîlan. 

0. isiyXjM sapûluh. 

1. j^jjaLj.aw sabelas, 

2. ij^^ «lO dûwa bêlas. 

3. (j-^*^^ '^^-^ tig;a bêlas. 

4. y^^;> lJ^^a?) ampat belas. 

5. (j^^3 a^) lima belas. 

6. (j^^^ *jf enam belas. 

7. (j.*a\.^ ^^•).!^ tiiduh belas. 

8. (^j^V (J«^^^ delàpan belas. 
ÎK (j-»A^^ ^Xaa+aw sambîlan belas. 

20. ^l*r^ y^ dùvva puluh. 

21. 0[%A« ^^^ ^^ dinva pûluh sawàtu , dûwa 
pûluh sàtu, ou dùwa pûluli àsa. 

22. ^o ^5^5 ^o duwa pûluh dûwa. 

23. '^Ai c*^J^^ ^o dûw a pûluh tig-a. 



DES NUMEUATIFS. 529 

30. n5^* ^>s5Ca.> tîga pùluh. 

31. OÎ^^ cO*J> ^^"ï-> tîg-a pùluh sawàtu , etc. 
40. ^J•J^ oXJtcf anipat pùluh. 

50. 20^ («^J lîina pùluh. 

60. 2îs3^ *jf enam pùluh. 

70. 2sJ«.3 J^'i tù(iuh pùluh. 

80. JsJy" (j.3^0 (lelàpan pùluh. 

90. ^J^3' (.vLv^+Aw sambilan pùluh. 

100. (j«*ajI^ saràtus. 

101. OΫ^^ (j^jf-juu saràtus sawàtu, etc. 

200. (j-*^-*[f ^'-^ (lùwa ràtus. 
300. (j-^->[r ^^-^ tiga ràtus. 
1000. ^aJ^ saribu. 

2000. v_^:?r •'-^ dùwa rîbu. 
10,000. (JJW.XL- salaqsa, (du sanskrit laksa qui sig- 
nifie cent mille) , ou t._x>:? P ^3*Jl^ sapùluh ribu. 

20,000. (jjw^3 ^O dùwa laqsa ou t-^t^P ^{*^ _^'-^ dûwa 
pùluh rîbu. 
100,000. (j^X3 ^yL. sapùluh laqsa. 
1,000,000. C>y^^^ saciùta, (du sanskrit nijuta), ou (j^'l^ 
(j.*^3 saràtus laqsa. 
Le ternie /^-y likur ou lîkor sert dans quelques con- 
trées malaies à exprimer les nombres vingt et un jusqu'à 
vingt neuf; il est employé de la même manière que (j^^ 

bêlas. Ainsi --X.aVa« salikur est 21 , S}^ ^O dûwa li- 
kur 22, S^^^ ^èCp tîga lîkur 23, etc. 

La signification différente de laksa, qui est Cent mille 
dans riude, et de laqsa Dix mille parmi les Malais, 



530 GRAMMAinE MALAIE. 

donne souvent occasion à des malentendus dans les affaires 
de commerce. 

Pour exprimer les nombres compose's on commence par 
le nombre le plus élevé et finit par le nombre le plus pe- 
tit, comme dûwa laqsa lima ribu tig-a ràtus enam pûluh 
ampat = 25,364. Quelquefois on met la conjonction 
(jO dan Et, entre plusieurs nombres, comme sarîbu dan 
sarâtus diiwa piiluh sâtu = 1121. 

Le mot Br^5^kûran Manquant, moins, mis devant les 
numératifs de l'unité , de la dizaine , de la centaine etc. qui 
précèdent un nombre rond plus grand , sert à former des 
expressions semblables à celles du latin duodetriginta, 
undetriginta etc. comme 2^3^ *^^-> O*^ êX^ kûran 
sâtu tîga pûluh Trente moins un, ving-t-neuf; Pjiy 

{_^r\ yj ;jjw.!>f -Aiu kùran sarâtus dûwa rîbu Deux mille 

moins un cent ou mille neuf cent; (j^'i)^ (j-wf cpj.) 
(^^)^A^ kûran âsa sarâtus bânaqna Leur nombre fut de 
cent moins un. 

Une autre circonlocution se fait au moyen du mot 20i.!> 
tenah Demi, moitié, milieu, qui placé devant un numéra- 
tif au-dessous de vingt , en retranche un demi ; devant les 
nombres ronds depuis vingt jusqu'à cent, une demi-dizaine 
ou cinq; devant les centaines, cinquante; devant les mil- 
liers , cinq cent , et ainsi de suite. Exemples : >i>^-> 2^^ 
tenah tîga Moitié trois; c'est-à-dire Deux et demi; 5JL> 
i^-^-^?f tenah ampat Trois et demi; {j^^ '^^■* ^-^ te- 
|iah tîga bêlas Douze et demi; bSj3 ^ sJt'i tenah lîma 

pûluh Quarante-cinq ; Cj^->[r _^'^ ^-^ tenah dûwa râtus 



DES NUjMKUATIFS. 531 

Cent cinquante; (^^Ja ^<J jOt'i tenah (lûwa rîbii Quinze 
cent. 

On place souvent ensemble plusieurs nombres, le plus 
petit devant le plus grand, en sous-entendant entre ces 

deux la conjonction ^il àtau Ou. Si ce sont des nom- 
bres composés de la même classe, on n'exprime dans le 
premier nombre que les unités en sous-entendant les dizai- 
nes, centaines, milliers etc. Exemples: *JÎ *^ lima 

enam Cinq ou six; ?«3*5 kèXj>;!> «O dùwatîga pûluh Vingt 
ou trente; membàwa dùwa tîga piiluh ôran âkan teman- 
teman xlmena vingt ou trente personnes pour compagnons ; 
(jA^wj'l p ^aj \^X^\ Zsji'A antah ampat lima ràtus Environ 

quatre ou cinq cent; 2V;^n <^^^, n ^*r^ *aj o^Jtci ampat 
lima pûluh rîbu rupijah Quarante ou cinquante mille 
roupies. 

59. Les cardinaux se placent devant le substantif au- 
quel ils se rapportent, comme j\J^ mO dùwa hàri Deux 
jours. A l'exception des numératifs de l'unité ils peuvent 
tous prendre le préfixe ka , et devenir ainsi des ordinaux, 
qui suivent la construction des adjectifs en se mettant tou- 
jours après leur substantif, soit immédiatement, soit pré- 
cédés de ^ jan ; comme •cAj j\ub hâri kadûwa ou rvA 
•vaS^ jjj hàri jan kadûwa Le second jour. Ainsi <.^>oOC> 

katîga est Le troisième , o^X« — > kaampatLe quatrième , 
Af^^ kalima Le cinquième, JO^JUv^j kasapûluh Le dixiè- 
me , ^j^^Xaa^î kasabelas Le onzième , (j«^V y-^ kadûwa 



532 GUAMMAIRE MALAIE. 

bêlas Le douzième , [j^\ 2^^ ^Oo kadûwa pûluh âsa Le 
vingt et unième, \^JU>] ^JJ.5 léX-AA) katîga pûluh ampat 
Le trente-quatrième, (jm.>Lm\) kasarâtus Le centième, 
^jA«.j)o i^o^X) katûduh râtus Le sept-centième, ^^J^mO 
kasarîbu Le millième, etc. 

Pour nombre ordinal de l'unité on se sert du mot r»^-*/-^ 
pertâmaLe premier, du sanskrit praîama. On l'emploie, 
de même que les autres ordinaux avec le préfixe ka , com- 
me adverbe de nombre aussi; r*^-*/^ pertâma Première- 
ment , ^(Aj kadûwa Secondement , i^aa^^ katîga Troi- 
sièmement etc. Ces adverbes se placent alors à la tête de 
chaque membre de la phrase. Exemple : 

bahûwa râda Darîjus mâbuq îja denan lîma bâgai 

Or le roi Darius était ivre lui de cinq soi'tes 
mâbuq pertâma mâbuq mûda kadûwa 

d'ivresse ; jjremièrement ivre de jeunesse , secondement 
mâbuq karadâan katîga mâbuq hawâ naf- 

ivre de royauté ^ troisièmement ivre de plaisirs sen- 
su kaampat mâbuq minûman kalîma 
suels, quatrièmement ivre de boissons , cinquièmement 
mâbuq sukatitta. 
ivî'e de Joie- 

Mais ces adverbes admettent encore l'affixe au , comme 
(j'^^s^iAJ katudûhan Septièmement. 

Lies numératifs avec le préfixe ka conservent aussi la 
signification de cardinaux ; placés devant le substantif ils 
expriment alors l'article, comme kadûwa hâri Les deux 
jours. On les met dans le même sens après le substantif, 
mais dans ce cas l'article est absorbé assez souvent dans 



DES MTMERATIFS. 533 

le pronom ou affixe pronominal , avec lequel ils se trou- 
vent en connexion. Aussi peuvent-ils former de la sorte 
le sujet (l'une phrase subordonnée, qui se rapporte à celle 
qui précède. Exemples : 

perdamâjan antàra ràda kaduwa îtu. 
Paix entre ces deux rois. 

paliharâkan appàlali kiràna ânaq hambàmu kaduwa. 
Pre'serve , je t'en supplie mes deux enfans. 
terlàlu sukatitta hatîiia sebab mellihat 

Extrêmement réjoui (fut) son coeur parce qu'il vit 
isterîna kaampat îtu sànat berkàsih-kasihan. 
ses quatre épouses s'entr aimant tendrement. 

âkan ânaq ràda kadùwa itûlah ambil àkan pemmâ- 
Çuant aux deux Jîlles du roi prendra pour endor- 
rap-màrap tùwanku , 

meuses monseigneur , Quant aux deux princesses cap- 
tives , monseigneur les prendra pour ses endormeuses. 
makka râda Sakti mellîhat adenda baginda 

Alors le roi Sakti aperçut les frères cadets de sa 
îtu jan kati- 

majesté (les princes ses frères) qui e'taient au nombre 
gàna. 
de trois. 

sahadàn makka dipangili'ia ànaqiia diiwa ôran îtu 
Lù-dessus furent appe'les ses deux fils 

ôleh Dasarata Maharàcla setelah dàtan 

par Dasarata Maharà(ia, et lorsque furent arrive's 
ànaqna kadûwa îtu makka Dasarata Maharà(ia îtu berkàta 
ses deux fils , Dasarata Maharàda dit : 



534 GRAMMAIRE MALAIE. 

hai ânaqku kadûvva pergilah kâmu kadûwa bâwa 

o mes deux Jîls ! allez vous deux vous faire em- 

ôleh Mahârisi. 
mener par Mahârisi. 

denan sekatîka dûga disurûhna pangil raqsàsa dû- 
AussHôt il ordonna d'ajipcler deux raksa- 

\va ôran kadiiwàiia seperti rûpa andin. 

sa , ces deux (e'taient) comme lajîgure de chiens. 

pergilah ankaii kahadâpan rûmah Seri Ràma 
Allez devant la maison de Sert Rama 

kadûwa kâmu bermâjin terlompat-lompat mennàri diha- 
vous deux jouer, sautiller et bondir de- 

dàpan rinnahna. setelah dàtan kahadâpan riimah 
vant sa maison. Lorsqu'ils vinrent devajit lamaison 
makka ija kadûwa pim terlompat-lompat dan tertari-tàri. 
or ils les deux sautillèrent et bondirent- 

sigerâlah îja tampik kadu- 

Aussitot ils jmussèrent de grands cris , et les deux 
wàna sâma men^àmuq. 

juirtis en même temps se pre'cipitèrent au combat (tun 
contre Vautre). 

kaduwâna memmâkai dûwa sarûpa Tous les deux e'taient 
vêtus de la même manière. 

kaduwâûa pun sâma bersinnum Les deux sourirent en- 
semble. 

60. Le malai a des mots de description tout comme 
les langues monosyllabiques; on les ajoute presque tou- 
jours aux choses coinpte'es en mettant le numeratif après 
le nom principal et devant le mot de description. Cepen- 
dant ce dernier, prëce'dé du nume'ratif, se trouve aussi 



DES MTMÉRATIFS. 535 

fréquemment devant le nom principal. Si contre la règle 
générale, que le nombre cardinal doit précéder son sub- 
stantif ou à sa place le mot de description , il se trouve 
mis après le substantif, comme rùmah dùwa Deux mai- 
sons, il faut y sous-entendre un mot de description, et 
rûmah dùwa serait alors pour rùmah dùwa bùwah. 

On se sert du terme Pp*f ôran pour distinguer les 
s- 
personnes, comme Cr^—j^ Pf*^ ^^^^ saôran Une per- 
sonne; pj\y ^"^ ^é^J lakilàki dùwa ôran Deux hom- 
mes (mâles); c r»— **^ \éT^^oo i^JÎ ànaq lakilàki saôran 

Un garçon; Pr»' j*^^ (J^-^/-^ perampùwan lima ôran 

Cinq femmes; Pj^' 20*^^ '^^^■^ (j^J!>c J> O'O*'^ bùdaq 
perampùwan tîga pùluh ôran Trente femmes esclaves; 

c A«) «o pfo \J^J] ànaq dàra dùwa ôran Deux vierges; 
dan membàwa perampùwan jan daradàra ampat pùluh 
ôran Et il amena quarante jeunes filles toutes vierges. 
Le terme />«-:>) ekor Queue , sert à marquer les ani- 

maux, comme Ji S^^. — uu saèkor kerra Un singe; O*.) 
^j| j^ kùda lima ekor Cinq chevaux ; ^L«;A4.a« ^r' 

S^A karbau sambilan ekor Neuf buffles; LJiJf ^>^<s — **> 

(^)-fiJ^ P^r? saèkor ànaq berùwan betina Une jeune ourse; 

jS^-t: — ^ OoVj bàdaq saèkor Un rhinocéros; j^^^ &^\^ 
S^J)] (^>Xcl hàjam sàbon ampat èkor Quatre coqs de 

combat, J*l S*-}^, — w- saèkor ûlar Un serpent. 

On joint 8^3 bùwah Fruit, autant aux fruits qu'à dif- 



536 GRAMMAIRE MALAIE. 

ferentes autres choses, comme »^J j^a5 'k-MK/Ss pîsan lîma 
bûwali Cinq fruits du bananier ; »^ajuj ^^ r rûmah sabû- 
wah Une maison ; J-^^^ »^^ ^**^-* tûduh bûvvah kâpal 
Sept vaisseaux; 0^5%.J »^aa« sabûw ah bûkit Une colline; 
Ov.-o->* »^^^^ dûwa bûwah permâta Deux joyaux; *J^ 
»».3 (j.\.AA+/j- marijam sambîlan bûwah Neuf coups de ca- 
non, marijam est un canon; »^;> '^iV-* (J^/-^ f ^.3%S^ kû- 
lah-kûlah beras tiga bûwah Trois mesures de riz; c«P/->-J 

»^aa« negerî sabûwah Une ville, (du sanskrit nag-ari). 

Aux choses rondes ou d'une figure qui approche du 
rond, on joint ^i^^ bidi Semence, des graines, (du sans- 
krit vîga) , et f'Sji bûtir Petit corps rond , comme cA^ 
'^taaaw mata sabîdi Un oeil ; XS '^taaa;^ sabidi telur Un 

oeuf; p=iaJ ^O Ov bâtu dûwa bidi Deux pierres: «->j) 
'Stifi ^<^yX^u làda sapûluh bûtir Dix grains de poivre. 
Le terme ^3f elai ou (^^^ helai , dans lequel la pre- 
mière syllabe s'elide ordinairement, s'emj)Ioie. avec des 
choses souples et peu épaisses , comme (^i) 'S^-^SS (jjfo 

dâwun tîga elai Trois feuilles ; ^^V — ^^ (^A) kâjin saelai 

Une pièce de toile; C5^î _5"-> ^^^^^ J*5J^ rûma binâtan dû- 
wa elai Deux poils d'un animal ; (^i) O^-^-cl r*5^ rûma 
ampat elai Quatre cheveux , (du sanskrit rôma) ; (^'aa?j\ 

^1 i.^-a!> éf'S\ ^V_A« rambut saelai âtau tîga elai Un che- 
veu ou trois cheveux :^J^^ (^aat^ rO (^a/c?j\ ^3) '^èX-A*i 



DES RIIMERATIFS. 537 

tîg-a elai rambut derri rambut kapàla Trois cheveux tles 
cheveux delà tête; (^ — ^ (j^'i^-S^kartassaelai Une feuil- 
le de papier; ij}^ y^ yS^ bàdu dûwa elai Deux habits. 
Pour compter les choses plates qui n'ont pas d'épais- 
seur, on se sert du mot 3^) kepin Certaine monnaie de 
cuivre, pièce de monnaie en gênerai. Exemples: (ja^^i 
'ijS^>M emas sakepin Une petite pièce d'or: vèT^VA+'i ^^-^'*' 
sakepin tambàga Une petite pièce de cuivre , (du sanskrit 

tâmra , tàmraka , en hindùstànî tàmâ et tâmbà) ; y^ {^y^r^ 
jiJ.^ \^^i kàjin dihva tîga kepin Deux (ou) trois mor- 
ceaux de toile ; ^«J^vj {^j^iJi kartas sakepin Une feuille 

de papier; 'jjXÇ yJ ccA>" pedan diuva kepin Deux épees; 
(jj\j» JtJlx.A« sakepin pàpan Une planche, un morceau de 
planche. 

Le terme &.^x3 bîlah , qui comme ^1 elai n'a pas de 
signification propre en malai, s'emploie principalement 

avec plusieurs choses peu e'paisses, comme dX^^ ^O ^j>^VJ 
pàpan dûwa bîlah Deux planches ; ^^^^'M coV> pedan sa- 

bilah Une épee ; bX^J >^X-^i ^jX**. iS-h^^ yJ U^r^ keris 
dûwa bîlah sakin tîga bîlah Deux poignards (et) trois 

couteaux; ^Xk^ y^ ^^^ kùlah dûwa bîlah Deux kûlah, 
(mesure pour les liquides et plusieurs choses sèches). 

Plusieurs autres noms servent encore comme mots de 
description; souvent leur signification présente peu d'ana- 
logie avec celle des choses, dont ils accompagnent les 
noms. Aussi leur emploi n'est-il pas toujours fixé par 
l'usage, et différens mots peuvent ainsi servir à compter 

35 



538 GRAMMAIRE MALAIE. 

le même objet. Exemples: P<-Xa:> bîdan Dessin pour ser- 
vir d'ornement, ccAaaaw ^'à.*jjl> destar sabîdan Un mou- 
choir de tête; cc\aaa« (^a3 kebun sabîdan Un jardin, 
une plantation ; ^^W bàtan Tig^e, tronc d'arbre, arbre, 
et L^»-> kâj'u Bois , arbre , (^^> ^A/^m sabâtan kaju Un 

bois de charpente ; X-i v ^'^ (J*^^ pôîion dûwa bâtan 
Deux troncs d'arbre j ^'Ai f*^^^ O^^ ^.^'^ pôhon dâti 
lîma bàtan Cinq arbres de teak; (_^\.5 ié>-A!>"'(j. A> kàjin 

tîga kâju Trois pièces de toile ; (_ju^ *o ê^l ^lXVj bel- 
duvva ûnu dûwa kàju Deux pièces de velours pourpre , 
(du portugais veludo); Ov bàtu Pierre, OV-a*- ^^j 

kapâla sabâtu Une tête; O v ^^ "^^5^ gîgi dûwa bâtu 
Deux dents; ^q^j'9 pûtuq Un jeune rejeton, L-Xc^I.**» 
ècX-i sapûtuq gâdin Une dent d'e'le'phant ; ^q^X*^ '^ry>^ 
sûrat sapûtuq Un billet , un morceau de papier e'crit ; 

kJ^c^jJLu frrir^ marîjam sapûtuq Une pièce de canon; 
LJl£^5 J^^^ 3t5VÂ**j senâpan lima pûtuq Cinq fusils, (du 
hollandais A7z«jj/iffaw) ; (j^fp ràw an Plaisir, (J^Laa» Kj^\y^ 
pûkat saràwan Un grand filet à pêcher, pûkat est un 
grand filet; (J^'/-*« (3^ dk\a. sarâwanUn filet à pêcher, 
un êpervier, du sanskrit gala; ^.'iVJ' pâtah Dessin, ta- 
bleau, mot, î>.iVJix« OV.J kâta sapàtah Un mot. 

Le nom principal , qui de la sorte pre'cède le mot de 
description, repre'sente un génitif de dépendance. On 
lie de la même manière à un autre nom au génitif tous 
les noms de choses comptées. Exemples: jitjXXtM coo 
gàdin sapàsan Une couple de dents d'éléphant; UtAA/CJ 
^lyi yJ mînaq dÛMa kûlaliDeux mesures d'huile ; Ot^A^ 



DES MIMKRATIFS. 539 

^V.) |4.jf inînaq enam kàta Six bouteilles d'huile, (du 

sanskrit kâca); (^^V l^_y^^? ^^ ^'i^f lôtan dûwa bêlas 
bàban Douze bottes de latans, de caiiues; (^Lja+aa^ O^-^/J' 
^j V permâta sambilan bàg;ai Neuf sortes de pierres 

précieuses; t;)»'^**') i^^VS aO ^a-».) kambin dùwa tàhun 
usijàna Des chèvres de deux ans leur âge, des chèvres 
de deux ans. 

61. Les nume'ratifs repete's expriment tantôt le pluriel 
des noms de nombre collectifs; comme f ^-3^^ pùluh-pùluh 
Des dizaines, les dizaines, les dix, tantôt ils expriment 

les nume'ratifs distributifs , comme _^'^^^ duwadùwa Deux 
à deux. 

Le pre'fixe -.^ ber mis devant les numératifs sert à for- 
mer des adjectifs ou participes du génie de ceux dont 
nous avons parle ci-dessus (41), et qu'on peut expli- 
quer par les circonlocutions a étant à, étant du nombre 
de" etc. comme *^3/-^ berlîma Étant du nombre de cinq 
à cinq. De cet emploi vient ensuite celui, où ces numé- 
ratifs servent à exprimer des nombres collectifs, qu'on 
prend ordinairement dans un sens indéfini, marqué en 

outre par la répétition du numératif. Exemples: ^Jfof 

^y^^f ^xlyJ ^_JO (j.x.ib0-«;^ kJ^^^ addàlah kîta me- 
niiruhkan dija bertîga ôran Xous l'avons envoyé étant à 
trois hommes, c'est-à-dire accompagné de deux autres; 
1^*:^' '^^^■^/-^ ^ êX^^ ^^^9 J^O bertîga îtu Ces trois 
hommes ; 

suddahlah untun kîta berdûwa, 

// est Jîn'i le honheur de nous qui sommes deux, 

35. 



540 GRAMMAIRE MALAIE. 

c'en est fait de nous deux, nos sommes ruines tous les deux; 
(jjm.*ii -^ (^9\j pàpan berrâtus Des planches à la centai- 
ne j f (j«w.'iL^ berràtus-râtus Des centaines, à centaines; 
i^jxki.).j berlaqsa Des dix-milliers, des milliers à mil- 
liers; (j^X3 f (j^ïL^ berrâtus-râtus laqsa Des centaines 
de dix-milliers; çj^^] f ^îy^/-:> berpûluh-pûluh laqsa 
Par centaines de milliers; T ^y^r? berpûluh-pûluh Par 
dizaines et par vingtaines; (jj*aX3 v_^;>r f ^J^>* 3 berpû- 
luh-pûluh rîbu laqsa Des centaines de millions. 

62. Le préfixe -J* per sert à former les nume'ratifs 

fractionnaires , comme yJJL» saperdûwa ou ^JCCm* sa- 
tenahUne moitié, un demi; <^>^'SJC»j sapertigaUn tiers; 

'^^>^->/-^ ^"-> dûwa pertîg-a Deux tiers; {.JkX^cJl^ saper- 
ampat Un quart; e>i!/<?^J' «^aj tîga perampat Trois 
quarts; rt^^/^ >^J^-o] ampat perlima Quatre cinquièmes; 
^J^^i!*« saperpûluh Un dixième; (j^V f*^^/^*" saper- 

lîma bêlas Un quinzième; ^l^' joJC^ saperdûwa pûluh 
Un vingtième ; biy'Jf '^é^^'SJL» sapertîga pûluh Un tren- 
tième. 

Cependant on fait également usage des ordinaux pour 
exprimer les numératifs fractionnaires , comme *a5^ 0^*« 
sâtu kalîma Un cinquième ; (j^Xam».S^ '^^•i tîga kasabelas 
Trois onzièmes ; ij^V *^^^ \J^X^\ ampat kalima bêlas 

Quatre quinzièmes; ^]^>' o^X» — T C>^ sàtu kaampat 
pûluh Un quarantième; L^J^f^O^ sàtu kasaribu Un 
millième. 



DES KUiMEnATlFS. 541 

Au numérateur on joint aussi quelquefois le mot 

f^ — fS^d^ bahag-îan Part , portion , de véT^V-Q.^ bahàgi 
Diviser, partag^er, comme ampat bahagian kalima beias 
Quatre quinzièmes. 

Le préfixe /-^ per, mis devant >ér"u^ sâgi Le côté 
d'un carré, d'un cube, ou d'une autre figure régulière, et 
en cotmexion avec un numératif , sert encore à exprimer 
des adjectifs de dimension, semblables aux nombres frac- 
tionnaires en ce qu'ils marquent le nombre des parties 
dont se compose le tout; comme véTu^/J *^-^-> tîga per- 
sâgi Triangulaire , bâtu tîga persâgi ou bàtu jan tîga 
persàgi Une pierre triangulaire; >éf'vjgw^ v^^Xo) ampat 

persâgi ou o^-^-cf 'séTU^Jb beppersâgi ampat Quadran- 
gulaire, carré, cubique. 

63. Les adverbes allemands einerlei, zweierleî etc. 
D'une sorte, de même sorte ou espèce, de la même ma- 
nière ou façon , De deux sortes , espèces , manières ou fa- 
çons , etc. s'expriment en malai au moyen des mots J^^r^ 
perkàra. Circonstance, division, chose, sorte ^ manière, 
(du sanskrit prakàra), (jj«aÂ^ dénis, (de l'arabe). Genre, 
sorte, espèce, mode, manière, et véT^V^ bahàgi ou \^\^ 
bàgi Diviser, (du sanskrit bàga Partie, portion), mots 

devant lesquels on met les numératifs [j^ sa , ^O dûwa 
etc. comme saperkàra , sadenis , sabahâgi ou sabâgi Einer- 
lei, dûwa perkâra^ diiwa dénis, dûwa bahàgi ou dûwa 
bâgi Zweierleî. 

Les numératifs proportionnels, comme double, triple, 
centuple etc. s'expriment en malai en joignant aux mots 



542 GRAMMAIRE MALAIE. 

numéraux, c\i3 ganda Double, et (^jmS^ lapis ou ^J^Ju3 
lampis Doubler, ajouter une fois autant, double; mots 
qu'on prend ensuite dans un sens plus étendu, tout com- 
me dans l'allemand , qui peut faire usagée des expressions 
dreîdoppelt et vierdoppelt ^ à la place de dretfach et 
vîerfacli. Le latin rend ces nombres proportionnels par 
la terminaison ^jZcjt , l'allemand par les terminaisons jfrtt'/i 
et fiiltig ^ l'anglais par la terminaison ^oZrf, et pour plu- 
sieurs nombres proportionnels, dérivés du latin, par la 
terminaison ^^?e , de même que le français dans triple , 
quadruple etc. Ce dernier idiome, qui n'a pas de termi- 
naison qu'on puisse joindre à tous les nombres pour les 
rendre proportionnels, se sert de l'expression Fois autant, 
pour exprimer ces numératifs, tandis que d'autres idiomes 
distinguent les expressions, qui répondent proprement au 
français Fois autant, des expressions pour les numératifs 
proportionnels. L'allemand y met mal so viel^ l'anglais 
Urnes as many, comme trois fois autant, dreimal so viel, 
ihree fîmes as many. Le malai exprime ce Fois autant 

en ajoutant aux numératifs l'adverbe (j»aJ kijan Tant, 
autant, aussi souvent, fois. Exemples: c\ÂS^ i^^'i tîga 
ganda ou (jjw.3^ "^h^ tiga lapis Triple; <-\Â> yJ^i.K\ 
ampat ganda ou (j^J»^ \^y.^\ ampat lapis Quadruple ; 
cAaj {^j/j^i\ uj sarâtus ganda ou ;j^3^ (j»»A!>f^A« saràtus 

lapis Centuple; ;j.*a>^a/j salâpis Simple; (J^a> yJ dùwa 

kîjan Deux fois autant ; t^^^ ^^^^^ tîga kîjan Trois fois 

autant; 25^3 ^aS^ ,_^j^ sarîbu kîjan lebeh Mille fois 
davantage ; tetàpi raîjatûa ampat lîma kîjan bànaqna der-. 



DES NIJMEIIATIFS. 543 

ripadda kîta Mais ses troupes sont quatre ou cinq fois 
aussi nombreuses que nous. 

Les deux mots ganda et lapis peuvent s'employer avec 
le préfixe ^^ ber comme verbes et adjectifs; Ex. vXO -J 

berg-anda Doubler, cAÂS^J (_\Â3 Va^ — 3l/o men^ambilg;anda 
berganda Prendre Je double doublé, c'est-à-dire pratiquer 
l'usure; c\Â5\,^ c_\Â> (j^->îp ^>^-* tûduh ràtus gaiida 
berg-anda Sept cents fois autant; (j-«a3j;.3 —X^ bà(lu ber- 
làpis Un habit doublé. Ils prennent aussi d'autres pré- 
fixes, comme ^i ter; OJo^i {^-^i^^ hûtanna terganda 
Sa dette est doublée. 

D'autres proportions s'expriment de différentes maniè- 
res selon le besoin; comme "«^iv-^ 2^*-^ j^j^!>La« *j|o dà- 
lam saràtus tenah tîga Dans cent deux et demi , c'est-à- 
dire Deux et demi pour cent ; b^^i (éX-A-J (j-^jÎ^a- j>3Îo 
dàlam saràtus tîga pûluh Trente pour cent; i^^V^ ^j-w.!>L>uy 
^1^"^*^ saràtus màkin sapiiluli Cent plus dix, c'est-à-dire 
Dix pour cent d'intérêt; *aj ^^r^ (j^jLaw saràtus berî 
lima De cent donner cinq, c'est-à-dire Cinq pour cent. 

64. Le mot <J^> kâli Fois, du sanskrit kàla, mis 
après un numératif , sert à indiquer qu'une action est sus- 
ceptible d'être répétée; comme ^Jv.x.a« sakàli Une fois, 

^_)\.) ^O dùwa kàli Deux fois, ^j^ '^^^^ tîga kàli Trois 

fois, dùwa tîga kàli Deux ou trois fois; ^JV3 ^cAi c\5 

padda kadiiwa kàli, ou ij^^^'-^^^;? ^^ padda jan 
kadûwa kàli Pour la seconde fois ; padda katîga kàli , 
padda jan katîga kàli Pour la troisième fois ; ,J^^ ^^^^r^"* 
2s5*.>" ^ç^.> tûduh kàli tûduh pûluh Sept fois soixante- 



544 GRAMMAIRE MALAIE. 

dix; (jju>.)i.3 ^iJ oliSfc o^X^l ^\S >^X-A*i tîga kâli ampat 
dàdi dûvva bêlas Trois fois quatre font douze. 

65. Des expressions pour les opérations simples d'arith- 
me'tique sont ^A^i*^ hîton ou îton Calculer, compter, ad- 
ditionner, (^)JU-^ himpun et berhimpun Additionner, 

è^^ bûwan Rejeter, LJUj^i tûlaq Repousser et rj-^^ 
kalûwar Mettre dehors, sortir, pour Oter, soustraire 
ou de'duire, v_XAj-> perbânaq Multiplier, véPv^^ ba- 
hàgi Diviser; expressions dont on dérive ensuite des sub- 
stantifs d'une manière régulière. Exemples: ol j^\i 
^AAib *i belom adda terhîton II n'est pas encore calculé , 
ou il n'a pas encore été porté en compte; ^^if^Xib hitonan 

Compte; liX-A'i ^V^3 (^Ca? ^^i+A^j &Vaa« setelah ber- 
himpun makka bahâg-i tîga Après (les) avoir additionnés, 
. divisez (la somme par) trois; 

setelah berhimpun bûwan 

Après avoir additionne (ces nombres) , dtez (ou e'U- 
tiga-tîga dikka tingal âsa 

minez) les trois, (divisez juir trois) , s'il reste un, 
bàjik dikka tingal dûwa dàhat. 

cest bon (augure), s'il reste deux, c'est mauvais 
(signe). 

66. Pour dater les jours et les années, on met d'abord 
le jour du mois mohammédan, puis on ajoute, si l'on 
veut, le jour de la semaine, quelquefois aussi l'heure si 
c'est une lettre dont il s'agit, et l'on finit par l'année. Les 
numératifs sont exprimés par cardinaux, qui précédés de 

cV> padda , O^f^ kapadda ou o3j.o derripadda se met- 



DES numÉratifs. 545 

tent devant ij-}^^ A^ hàii bûlan le jour du mois ; mais 
ils suivent le mot pour année, qui est ou le malai ij.^\.'S 
tàhun, ou l'arabe ^Âv^ sanat. L'année s'écrit ordinaire- 
ment en chiffres , mais aussi tout au long; en mots numé- 
raux. 

Les jours de la semaine sont empruntés de l'arabe; ce 

sont 0\S^\ Aib hâri âJiad Le premier jour , dimanche ; 

^^Â*if J^ub hàri isnaijan ou (j>>;Ai senaijan Le second 
jour, lundi; \^^'S jX^ hàri salâsa Le troisième jour, 
mardi ; cpr\ rVA hàri arba' (qu'on prononce aussi reba') 
Le quatrième jour, mercredi; (j^/j+c*- rVib hàri hamîs 
Le cinquième jour, jeudi; é^x^.:^ A^ hàri dumat Le 
jour de congrég^ation , vendredi; v_>^**' r^ hàri sabtu, 
qu'on écrit aussi o^Aa« saptu. Le sabbat des Juifs , sa- 
medi. On peut employer ces noms sans les faire précéder 
du mot hàri. 

Exemples; demikijanlah kâmi tammatkan sûrat 
De cette manière nous avons achevé' cette 
îni derri àtas astanàna râda Batàn derripadda 

lettre d'en haut du palais du roi de Batàn le 
salikur hàri bûlan sawvvàl tàhun sarîbu dan 

vingt premier jour du mois savk^wàï de l'an mil (et) 
saràtus diivva pûluh sàtu. 
cent vingt et un. 

tersûrat diàtas bûkit Silânur kapaddaampat hàri 
Ecrit sur la colline de Silànur le quatrième jour 
bûlan safar kapadda hâri arba' waqtu 

du mois de safar, un mercredi, au temps que la 

dam pûkul tîg-a tàrih sanat 1200. 
cloche sonna trois, la date en l'an 1200. 



546 GRAMMAIRE MALAIE. 

tersûrat kapadda enam hâri bûlan mul^arram 

Ecrit le sixième Jour du mois de muharram 

hâri isnaijan Maqtu pûkul sapûluh 

un lundi au temps qu'il sonna dix (heures) 

sîjan hâri târîh sanat 1202. 
du matin ^ la date en l'an 1202. 

diperbûwat sûrat îni padda h*nia bêlas hâri bûlan safar 
padda hâri âhad padda sanat 1200. Cette lettre a été 
faite (écrite) le quinzième jour du mois de safar, un di- 
manche, en l'an 1200. 

diperbûwat sûrat padda sambilan likur hâri bûlan mu- 
harram padda sanat 1 207. La lettre a été écrite le vingt- 
neuvième jour du mois de muharram en l'an 1207. 

tersûrat padda tûduh hâri bûlan sawwâl hâri isnaijan 
sanat 1201. Écrit le se2)tième jour du mois de sawwâl, 
un lundi, en l'an 1201. 

67. Les Malais font usage des chiffres européens aussi 
bien que des arabes, qui ne diffèrent que pour leur figure 
actuelle. Les chiffres arabes sont: |1, \ 2^, f*'3, (^4, 
° 5, 1 6, V 7, A 8, =1 9, * 0. Ils se composent de la 
même manière que les nôtres, comme Ifj^A z=. 1248. 

DES PRONOMS. 

68. Les pronoms pour les trois personnes diffèrent sui- 
vant la condition de ceux qui parlent^ auxquels on parle, 
et dont on parle; ils marquent donc ou l'infériorité de 
rang , ou la supériorité , ou l'égalité. Mais les formes de 
civilité ont introduit de telles nuances , que plusieurs de 
ces distinctions disparaissent entièrement, ou se modifient 



DES PRONOMS. 



547 



différemment dans l'usage commun, comme en Europe 
aussi on se dit le très-humble serviteur de quelqu'un , 
qu'on est loin de regarder comme maître. Les pronoms 
ne marquent ni genres ni nombres; cependant plusieurs 
d'entre eux s'emploient plus souvent pour le singulier, 
d'autres pour le pluriel. A côté des pronoms personnels 
généralement en usage dans toutes les contrées malaies, 
et dont on se sert par écrit, on en trouve d'autres, qui 
n'appartiennent souvent qu'à un seul endroit, ou au lan- 
gage des bazars. 

A la place des pronoms personnels propres on fait con- 
tinuellement usage de différens substantifs, qui marquent, 
soit un certain rang ou une dignité, soit des rapports de 
parenté ou d'amitié , dans lescjuels se trouvent ceux qui par- 
lent vis-à-vis de ceux auxquels ils parlent. C'est ainsi que 

(j%.> tûwan Seigneur, sieur, maître, dame, et '^J^^* tû- 
wanku (avec l'affixe de la première personne) Monseig- 
neur, monsieur, madame, mademoiselle, s'emploient à la 
place des pronoms de la seconde et de la troisième per- 

sonne ; (j^i tûwan ou Ov.3 '^^-^■^ tûwanku kâta Mon- 
seigneur, monsieur, madame, mademoiselle dit, pour 
Vous dites, il dit, elle dit. La première personne s'ex- 
prime d'autre côté entre égaux par des noms d'humilité, 
comme Ov.) i_^+i^ hamba kàta Serviteur dit, ou pv^+i^ 
Oo hambàmu kàta Votre serviteur dit, pour Je dis. 
En joignant à la place de l'affixe personnel ku un mot 

comme hamba à tiiwan, (^^^.^ (j^-> tûwan hamba, on 
rend encore plus polie ou plus respectueuse l'expression 
pour Monseigneur et Madame. 



548 GRAMMAIRE MALAIE. 

Le père en parlant à ses enfans, peut de la même ma- 
nière employer le mot ^Xj\ ânaqku Mon enfant , mon 
fils, ma fille, mes enfans etc. au lieu de se servir d'un 
pronom de la seconde personne ; à la place du pronom de 
la première personne il prendra le mot U>\.3 bâpa Père , 
ou p»VJ!3 bapâmu Ton père, votre père, ou un autre ter- 
me du même rapport. Un homme de distinction se ser- 
vira ainsi, selon le rang- qu'il occupe vis-à-vis d'un autre, 
des expressions o^aS^^asiiao sahbat kîta Notre ami, 

ou t^J^J *-*.Jf ânaq kîta Notre fils , etc. au lieu d'em- 
ployer un pronom direct de la seconde personne. 

On remplace de la sorte entre frères et soeurs les pro- 
noms personnels par les termes vXÂx.S^ kakenda Ainé^ 
aîne'e, et OoO) adenda Puîné, puînée, expressions de po- 
litesse ou d'affection, qui dans la conversation de person- 
nes de sexe différent sont employées ordinairement, kaken- 
da pour désigner l'homme et adenda pour désigner la 
femme, celle-ci étant supposée la plus jeune. Mais on 
les emploie également entre des personnes du même sexe, 
dont l'une est plus jeune, ou par déférence en regardant 
l'autre comme plus âgée ; si ce n'est que le rang de l'une 
l'autorise à se regarder soi-même comme l'aînée. Le sens 
de la phrase doit déterminer, si ces mots indiquent la 
première, la seconde ou la troisième personne. 

Exemples: adenda berlàjer Je fis voile. 

berdàlanlah adenda J'allai. 

makka kâta Sîta Dêwi hai adenda hendaq 

Or dit SitaDéwî: 6 mon (beau-) frère voulez- 
dibûnuhkah âkan kakenda Serî Rama îtu? 
vous que soit tue' votre frère Sert Rama? 



DES PROKOMS. 549 

padda bitàra kakenda 

selon mon avis (l'avis de votre belle-soeur) 

bâjik tiûga adendapergi sigerà men- 

il est bon toujours (que) vous partez pi'omptement imur 
dâpatkan kakenda îtu. 
atteindre votre frère aine'- 

Beaucoup de noms de parenté servent ainsi à remplacer 
les pronoms des trois personnes et à adresser la parole 
à des gens, avec lesquelles souvent on ne se trouve nulle- 
ment en liens de parenté ; tels sont encore 'jiA âban Frère 
aîné, soeur aînée, employé dans le sens propre et pour 
signifier Ami, amie; c_^:>i îbu Mère, en parlant à une 

femme âgée; S^l âjah Père, terme poli, et le dérivé 
lXÂ^J) ajahanda, lorsqu'il est question d'un personnage 
royal ou noble; Od^ bonda Mère, terme poli; (j-'OVJ 
pâman Oncle paternel , et r»V/o mâma ou kJ^^cX^ màmaq 
Oncle paternel, tante paternelle, mots dont on se sert en 
parlant d'une manière respectueuse à des personnes âgées; 
tXo nenda Grand-père royal, (de vJUaJ neneq Aïeul 
paternel) , terme respectueux par lequel on adresse la 
parole à un chef âgé. Exemples: nâwa âban, tîmanti- 
mânan âban Mon âme, objet de mes déliceSj(de tîman Ca- 
resser); kamâna garànan àbanku pergi Où donc vas-tu? 
(mon frère, mon ami); men'appa gàjiblah dimàta âban 
Pourquoi vous cachez-vous des yeux de vos amis? jà 
ibûku O ma mère ; hai mamâku marîlah O mon respec- 
table ami, venez ici. 

69. Les pronoms personnels aussi bien que les substan- 
tifs qui en tiennent lieu , reçoivent la signification de pro- 



550 GRAMMAIRE MALAIE. 

noms possessifs , lorsqu'ils sont mis après un substantif 
ou un autre mot, qui en prend la qualité; cependant les 

pronoms personnels <é) 1 âku Je, moi, nous, r*v.$^ kâmu 

et _^^-cî ankau Tu, toi, vous, et t^f îja II, elle, ils, 
elles, eux, sont alors remplace's ordinairement par les af- 
fixes personnels lé^^ ku , p mu , j/T kau et (a) na. C'est 
ainsi que «ma maison'' peut se rendre par léA^^^c^r rû- 
mahku , e^-»-^ ^"^T rûmah hamba , r»lA^.ib ^sA?*r^ rùmah 
hambâmu , et par beaucoup d'expressions semblables en- 
core; «votre maison" par *^/Ç5p rûmahmu , (jâ^i ^'^P 

rûmahtûwan, '^^■H-* 2^/0*^ rùmah tûvvanku, (j».!> ^.>«^ a 
v^^^sb rûmah tûwan hamba, etc. 

70, Le pronom ^S àku Je, moi, nous, s'emploie 
presque toujours" au sing-ulier. Il est pronom de supé- 
riorité ou d'égalité; des inférieurs même en font usage 
dans quelques cas. On ne l'emploie pour le pluriel qu'en 
connexion avec un mot qui exprime la pluralité, comme 

^(A> (é) 1 àku kadûwa Nous deux, (j» — j^Vx.**/ \^\ àku 
sekalian Nous tous. 

Les substantifs «_^4.A» hamba (qu'on prononce ordinai- 
rement amba) et O-'aJ beta, tous les deux Serviteur, 
sont les termes communs pour le pronom de la première 
personne, dont on se sert entre égaux et envers des supé- 
rieurs; cJ^^*" sahàja Esclave, qu'on abrège ordinaire- 
ment en sàja et qu'on écrit aussi (_pUw, marque plus d'hu- 
milité et de déférence ou seulement de politesse ; des 
Malais de distinction en font fréquemment usage dans 



DES PRONOMS. 551 

la conversation avec des Européens de condition; <éx!jVj> 
pâtik Un esclave méprisé, est une expression plus humble 
encore, mais on ne s'en sert pas beaucoup dans la con- 
versation. Ces substantifs, employés comme pronoms, 
ne le sont ordinairement qu'au singulier, mais on peut 
toutefois les prendre au pluriel, ou leur ajouter un nom 
de pluralité; V^oyez ci-dessous. l^^^gûâJe, moi, qu'on 
croit emprunté des Chinois , est un pronom vulgaire, dont 
on ne peut pas se servir par écrit. On le prononce aussi goa. 

Les pronoms o^^> kita et r»^^ kàini Xous , sont em- 
ployés de la part des princes, s'ils ne parlent que d'eux 
seuls; comme »r%*>« v^'a) kîta sûruh ou ^T^*" r»V.> kàmi 
sûruh J'ordonne; mais kîta est plus en usage dans ce 
sens que kàmi. Lorsque d'autres se servent de ces pro- 
noms, ils marquent toujours le pluriel, mais avec la dif- 
férence, que kîta comprend ordinairement avec la per- 
sonne qui parle, l'autre à laquelle on parle, tandis que 
kàmi exclut cette dernière. Tous les deux marquent alors 
ni supériorité, ni infériorité. Exemples: ^^O^ ^i^ 
P»Vmm.juw kita pergi samasàma Nous allons ensemble; p^' 
^Vi (^A> kàmi pinta tûlunXous demandons du secours; 
Ov-i» ;j-A*> (• ^ kàmi hîna pàpâ Nous (sommes) pauvres 
(et) misérables ; {^^ kJ^^^ kîta piina et (aj^ f* kàmi 
pûiia Notre. 

71. Le pronom _^x^cî ankau Tu, toi, vous, s'emploie 
au singulier et au pluriel, sans aucune distinction de rang; 
mais r»vj kàmuTu, toi, vous, marque ordinairement su- 
périorité de la part de celui qui parle. %X^cl ankau est 
plus en usage pour le singulier, r»^^ kàmu l'est plus pour 
le pluriel. La forme abrégée de ankau , ^i kau , se prend 



552 GRAMMAIRE MALAIE. 

généralement dans un sens de supériorité très-décidée , 
qui approche du mépris. 

Le terme commun pour la seconde personne, dont se 

servent des égaux aussi bien que des inférieurs, est (jj^-i 
tûvvan Monseigneur, monsieur, madame etc. mais on le 
prend jamais pour s'adresser à Dieu, ni en parlant de 
lui; c'est alors le mot (^^-i tûhan Le Seigneur, dont on 
se sert exclusivement pour indiquer la divinité. 

Un terme de respect, lorsqu'on parle de ses parens et 
d'un maître avancés en âge, ou en leur adressant la pa- 
role, est %aV^ bilijau, qui se met alors pour le pronom 

de la seconde personne; comme 0*-> ^j^-m-a? s(Aw ^aXj 
bilijau suddah memmenarkan kàta Monsieur, vous avez 
confirmé ce qui a été dit. 

Un terme pour le pronom de la seconde personne, mais 
dont je ne saurais indiquer la signification précise, est 
léX-AA? mîga Vous; comme dànanlah mîga berbànaq tûra 
Gardez-vous (jeunes femmes) d'être trop babillardes. 

Comme termes vulgaires qui ne s'emploient pas par 
écrit, on rencontre encore les pronoms rAÂxJ» pakanîra, 
_j^çs>- dû et %J lu , Tu , toi , vous. 

72. Le pronom de la troisième personne est t_pî îja 
II, elle, lui, le, la, ils, elles, eux, les. 11 ne marque 
pas de rang-, n'est employé au pluriel que rarement, et 
désigne presque toujours une personne, rarement des cho- 
ses, qu'on exprime ordinairement en mettant de nouveau 
leur nom. Ce pronom se trouve quelquefois écrit ^Ji 
inja , et c'est de cette forme, à ce qu'il paraît, que dérive 
l'affixe {^ na. 



DES pno\OMS. 553 

73. Les pronoms ^éT^f âku , %^^' ankau et i_pf îja 
ont d'autres formes encore, qui sont ^é) lo dâku, %>^Ji-> 

dikau et (^o dija. Ces dernières sont employées prin- 
cipalement, lorsque ces pronoms sont re'gime direct ou 
indirect, sans que toutefois cette distinction soit observée 
strictement , les premières formes étant également em- 
ployées quelquefois pour exprimer le régime. Mais tandis 
que 'éTfo dàku et ^^^,^ dikau ne sont jamais sujet d'un 

verbe, c_^0 dija se trouve assez souvent employé de la 
sorte. Quelques-uns sont d'opinion , que àku , ankau et 
îja ne diffèrent de dàku, dikau et dija que par la forme, 
et que les derniers sont mis, si un de ces pronoms se trou- 
ve après un mot, qui se termine par une nasale ou une 
voyelle. Mais en supposant la justesse de cette règle, on 
la trouvera tant de fois violée, qu'on aura peine à y ad- 
hérer. 

74. On peut exprimer le pluriel des pronoms person- 
nels et des noms qui les remplacent, au moyen des mots 

ijV5s.A*. segàla et {j — f\>^jjj sekalian, comme kàmi sekalian, 
pàtik sekalian Nous, nous tous; mais on se sert à leur 
place plutôt du mot Pr«^i ôran , ajouté aux pronoms qui 
admettent cette distinction. Ce sont principalement les 

pronoms o^a) kita, r»V3 kàmi , pv.5 kàmu et (_?0 dija; 
c p»| (^A> kita ôran (qu'on prononce ordinairement kit- 
^ôran). Nous, lorsqu'il est question de plus que de deux; 
cp«l p\.> kàmi ôran Nous; Pr*' r»^-^^ kàmu ôran (qu'on 

prononce souvent kàm'ôran). Vous, et Pp*' y^^ t^'ja 

36 



554 GHAMMAIUE MALAIE. 

ôran (qu'où prononce ordinairement dîj'ôran) , Ils , elles , 
eux. A la place de ce dernier pluriel on met générale- 
ment o^;îî FT^^ oY2in îtu ou i^:>l '^T^-zo marîka îtu 
(qu'on prononce souvent marikntu) , Ces gens, ils, eux. 
Mais on dit aussi segàla ôran îtu ou segàla marîka îtu. 
On ajoute également quelquefois ôran à d'autres noms qui 
tiennent lieu de pronoms, comme pjy L-P^ sâja ôran 
Nous. 

75. Des pronoms âku et ankau on forme les préfixes 
pronominaux *é^ku Je et ^^ kau Tu , qu'on peut mettre 
devant les verbes simples, et ceux formés avec le préfixe 
per, mais pas devant ceux formés avec les préfixes ber 
et men. 

Des pronoms âku , kâmu , ankau , et inja à ce qui pa- 
raît, on forme les affixes pronominaux ^é) ku, r» mu, ^5^ 
kau et (A) lia. Lies affixes "éJ^ku Mon, ma, mes, me, 
et r» mu Ton, ta, tes, votre, vos, te, toi, vous, sont 
adjectifs ou pronoms possessifs , et changent le verbe et 
l'adjectif en noms, s'ils les suivent immédiatement; mais 
précédés d'une préposition ils sont le régime indirect d'un 
verbe. ^S^ kau Ton , ta , tes , te , toi , n'est employé que 
rarement. On ne peut le considérer comme affîxe, que 
lorsqu'en pronom possessif il se joint immédiatement à un 
nom; mais son emploi après l'impératif, qui en est sou- 
vent séparé par l'affixe lah, prouve^ qu'alors il n'est qu'u- 
ne forme abrégée de ankau , dont il conserve la signifi- 
cation entière. L'usage de [^ na est très-varié ; il signifie 
Son, sa, ses, leur, leurs; il, elle, ils, elles, eux; le, la, 
lui, les, leur; et est selon les circonstances pronom pos- 
sessif, (de la même manière que ku et mu), sujet, régime 



DES PRONOMS. 555 

direct et indirect; quelquefois même sa qualité peut sous 
ce rapport présenter quelques doutes. Il est principale- 
ment sujet, lorsque le verbe, qu'il suit, est précédé du 
préfixe O di, construction dont il sera question plus tard. 
Ainsi (r^X^^^^ dilîhatna sigfnifie II voit, elle voit, il vit, 
elle vit, ils voient etc. mais encore II est vu, il fut vu etc.; 

(Aplg.AV/0 (^\ îja mellîhatna II ou elle — le, la ou les — 
voit ou vit, lùclel ou vidlt cum ^ catn, eos, eus- 

76. L'emploi des pronoms de la troisième personne i_s\ 
îja et {^ lia n'est pas sans difficulté pour les Européens 
accoutumés à se servir partout de leurs pronoms. Ces 
derniers distinguent le genre et le nombre, et «e rappor- 
tent ainsi d'une manière suffisamment claire à leur anté- 
cédent, quand même ils en sont séparés par une ou plu- 
sieurs propositions incidentes. En malai, au contraire, 
où le pronom est le même pour le masculin et le féminin, 
souvent aussi pour le singulier et le pluriel , il doit se 
rapporter à un antécédent immédiat, ou bien n'introduire 
un autre sujet, que lorsque la difTérence de ce dernier et 
du sujet précédent est facile à saisir, comme dans l'ex- 
emple suivant: 

ditaliàni (liiga sebab îja 

il se contraignit toutefois parce que il (celui-là) 
mâbuq. 
était ivre. 

Dans d'autres cas il fiiut mettre un substantif à la place 
de notre pronom ou répéter le nom, dont il s'agit, toutes 
les fois que l'antécédent en est éloigné , si l'on ne veut pas 
occasiouer des équivoques étranges, ce qui assez souvent 

36. 



556 GRAMMAIRE MALAIE. 

est arrivé dans la traduction de l'Ecriture sainte en nialai, 
où dans beaucoup de passages rien n'indique l'antécédent 
d'un pronom à ceux, auxquels le sens de la phrase n'est 
pas déjà connu. Les deux propositions toutes simples 
((11 l'aime et elle lui rend son amour*' ne sauraient être 
rendues littéralement en malai; il faut y mettre quelque 
nom pour exprimer les pronoms la et elle, comme îja 
berâhi âkan perampûvvan îtu dan perampûwan pun berâhi 
âkan dija pùla II aime cette femme et la femme l'aime 
de même; ou, en se servant d'une autre construction plus 
particulièrement malaie, îja berâhi âkan perampûwan îtu 
dan diberàhi perampûwan âkan dîja; Voyez 98. Toute- 
fois il faut encore, que le pronom îja ait un antécédent 
bien précis, sans lequel sa sig-nification serait entièrement 
vag-ue. 

7T. Exemples des pronoms personnels: 

âku mâwu Je désire , je veux. 

dikkalau âku berânaq seperti ânaq îtu Si je pouvais avoir 
un enfant comme cet enfant-là, 

ikutlah âku kagûnun îtu Suivez-moi vers cette montagne. 

bùkan kapaddâmu âku sekalîan disûruhkan ôleh tûvvan 
Ce n'est pas vers vous que nous sommes envoyés par mon- 
seigneur. 

dikka kau berî âkan dàku Si tu veux me donner. 

jaij menatahûi dâku Qui me connaît. 

kuampun ankau sekalîan Je vous pardonne à tous. 

segàla sûdaràku binti âkan dâku Tous mes frères me 
haïssent. 

sopâja kulîhat termasâmu Afin que je voie vos faits 
d'armes. 



DES PnO.NOMS. 557 

(làrahmu kumiriiim Je boirai ton sang. 

cran nuulajan memmiiian àku Le jeune hoinine qui nie 
fait la cour. . 

bahiiwa tùhanku ïan kusembah nienN-idarkan àku ba- 

Car mon Seigneur que J'adore ma enseigne' les 
hàsa isi bùmi. 

langues des hahitans de la terre. 

kumàkan Je mangeai, knberikan Je donnerai. 

bâjikiah nnitijàra îni kubunikan didàlain ba~ 

hene margar'itas istas ahscondam in vestem 
dûku, 

meam, Je ferai bien de cacher ces perles sous mon vê- 
tement. 

hamba, beta, sâja ou pâtik ber<Iàlan Je voyage. 

diberîiia âkan hamba 11 me donna. 

kapadda hamba îtu, kapaddàku îtu , Cela (est) pour moi. 

pâtik îni tijàda tàhu J'ignore, (cet esclave ne sait pas). 

kîta tijàda tàhu , kàmi tijàda tàhu J'ignore. 

kapadda imat kita Suivant notre estimation. 

makkakîtakalùwarlah serta denan sekalîan kalankàpan 

Or nous partîmes avec toute notre Jlotle 

kîta mendàpatkan ôran 

pour aller à la rencontre des hahitans (des bords) 
Sîjaq. 
du Sîjaq. 

meniiruh kîta tûrun. 

M'ordonna de descendre. 

kàmi îkut katâna Nous suivons son avis (son dire). 

âkan kârai îtu Cela nous regarde. 



558 



GIlAMMAinE MALAIE. 



padda bitàra kàiiii sekalian Suivant l'opinion de nous 
tous. 

negerî kàini îni C'est notre pays. 

kainàna ankau hendarj pergi , pergilah ankau. 

Où tu veux aller va-t-en. 

tàkutkah ankau As-tu peur? 

kambalilali ankau kapadda tûvvanmu Retourne vers ton 
maître. 

pulanlah ankau seperti rupâmu jan dahûlu Redeviens 
comme (était) ta forme primitive. 

pulanlah kau kapadda bapàmu Retourne vers ton père. 

matilah ankau, matîlah kau, Meurs. 

ânaqkau Ton enfant. 

seg-àJa sawâtu jan kaulîhat ijVîtu allah Toute chose que 
tu vois c'est Dieu. 

tijàda diampun allah âkan dikau Dieu ne te pardonnera 
pas. 

dânan kàmu memmâhi isterî kàmu seperti memmàlu sâja 
kàmu Ne battez pas votre femme comme vous battez votre 
esclave. 

dànan kàmu tâkut dan kâmu bunîkan kapaddàkuNe so- 
yez pas efFraye's et (ne) me cachez (rien). 

kâmu katâkan kapaddàku Vous me (le) direz. 

tijàda kàmi màvvu berdamàjan denan kàmu Nous ne 
voulons pas de paix avec vous. 

kadûwa kàmu Vous deux, liai kàmu sekalian O vous 
tous ! 

hai ôran mûda sijàpa namàmu O jeune homme, quel est 
ton nom? 



DES l'UONOMS. 559 

makka î'japun menàilaq dîja berûlan-ûlan àkaii terî- 

Or il le pressa réite'rulivement à ac- 

ma wan îtii. 

cep ter ï urgent' 

ditîtahkan inemmang^il dîja Reçut l'ordre de Tappeler. 

ijàlah ràda jan men^idàri segàla miika 

C'est le roi quia fait le tour de toutes les faces (con- 
biimi. 
trees) de la terre. 

barkat jan meminâkai dija Heureux celui qui le porte. 

dimanàtah pàtik àkan dàpat sedan ôran 

Comment en viendrai-je à bout tandis que des honi- 
jan besar-besar tijàda men'erdàkaii dija. 
mes très grande ne peuvent pas V accomplir. 

adda ôran hendaq men^àdan iïa 

Il y a des gens qui veulent V attaquer par embuscade 
ditenah dàlan, 

au milieu du voyage. 

kàmi dùduqkanlah îja padda sâtu riuiiah jan bàjik. 

Nous Vetahlirons dans une bonne maison. 

dija tùrunlali men^irinkan ânaqna. 

Il descendit pour suivre ses enfans- 

kuberîkan ànaqku âkan dija Je lui donnerai ma fille. 

tijâda màvvu pàtik àkan ija màti Je ne les veux nulle- 
ment morts. 

makka ijàlah jan diberîiîa Or ce fut lui qui le donna. 

dimâna pûla inja tàhu Comment saurait-il? 

didàlam qubùr dibàrinkanna Dans le tombeau ils le 
mirent. 



560 GRAMMAIRE MALAIE. 

tankap ôran îtu denau îkatiia 

Saisissez cet liomme en le garoltant (et après 
bàwa kaniàri. 

l'avoir garotle') conduisez-le ici. 

àg-ar (libûnuhna Afin de le tuer, pour qu'il soit tué. 

làlu bankit dàtan rnennikamiia. 

Puis (il) se leva (et) s approcha pour le poignarder. 

îtu diupainàkanna Cela ils comparèrent à; (de upàma 
Ressemblant, ressemblance, du sanskrit upamà), 

àwalria Adam, àhirna Muliammad Le premier d'eux 
(des prophètes fut) Adam, le dernier d'eux (fut) Muliam- 
mad. 

derripadda sànat tâkutna De leur excessive crainte. 

binvat dûvva bùwah âpam bôboli àtasiia rûpa 

Faites deux gâteaux de pdte ; donnez leur la forme 
saôran lakilàki • saôran perampùvvan. 
à l'un d'un homme à l'autre d'une femme. 

makka kalûwarlah àpi bernàla derri dà- 

Or il sortit un feu jetant des flammes de l'in- 
lam tùbohiia dan hàbislah kâjin ba- 

te'rieur de leurs corps ^ et il fut le drap de leurs 
dihia segàla raijat dimàkan ôleh àpi itu. 

vétemens de tous les gens dévore' par le feu. 

makka sekalîanna pun mengeraqkan kapalàna makka 

Or tous ils secouèrent leurs têtes ; or le 

Maharâda Ràwan pun bertâna men^appa tùwau-tùwau 
Maharàda Ràwan demanda, pourquoi vous 

sekalian mengeraqkan kapàla tùvvan ? 
tous secouez-vous vos têtes? 



DES PRO.NOMS. 561 

makka dikennali'ia îja âkaii sùdaràiia Or il reconnut son 
frère; Vojez 123. 

sakàran tenah tiga pùluh tàliun lamâfia Maintenant vingt- 
cinq ans sa longueur , il s'est maintenant écoulé vingt-cinq 
ans ; lamâiia de l'adjectif lània Long (en parlant du temps) , 
antérieur, vieux, ancien. 

78. A la place de i^f ija II, elle etc. on emploie quel- 
quefois le composé (;^)^>0 dijàna, comme dijàna membàwa 
Il apporta; dijàna pinta II sollicita; dijàna berdûwal II a 
vendu; dànan diberi dijàiia Pour qu'il ne soit pas donné 
(par) lui, pour qu'il ne donne pas; menhàdap dijàna Ap- 
paraître en présence de lui ; 

kàvana dijàna ôran hendaq pergi; 
parce qu ils désirent partir ; 

kàrana dijàna pûiia sûka denan dija 

jjarce que leur contentement (est) avec leur 
pùna negerî. 

jjai/s , jt^^^^^ qu'ils sont contens de leur pays. 

79. Les affixes pronominaux, qui joints à un verbe le 
changent en nom, présentent quelquefois la même signi- 
fication, que si les pronoms, auxquels ils répondent, ac- 
compagnaient le verbe. Exemples: 

derripadda mâna dàtanmu îtu D'où est votre arrivée, 
d'où venez-vous ? pour derripadda màna kàmu dàtan ? 
liai qaumku sijàpa kàmu màwu meùebut 
O mon peuple , qui de vous veut nommer {cehi) 
seperti sebutku ini bahùwa ijàlah derripadda 
comme Je le nomme (113) celui-ci est de 



562 GRAMMAIRE MALAIE. 

qaumku daii bâran sijàpa tijàda mâwii men'îkut 

mon peuple ; et chacun qui ne veut pas suivre 
seperti katâku îni bahûwa âku 

comme celui-ci mon dire (ce que je dis), (113) je 
puii lûputlah derripaddàiia dan îja puii lûputlah derri- 
me de'dis de lui, et il se de'dit de 

paddâku. 
moi. 

80. Le substantif «-JO dîri Individu , et les de'rive's 
-JlXÂaaj sindiri ou sendîri et -JC\Â) kindîri ou kendîri , 
servent à exprimer les adjectifs Même et propre. Ils 
accompag^nent les pronoms personnels et les noms qui les 
remplacent, mais rarement d'autres noms, et prennent eux- 
mêmes les affîxes pronominaux ku, mu et na. On met 
principalement sindiri et kindîri , lorsque ces mots se rap- 
portent immédiatement au sujet , qui en ge'ne'ral les pre'- 
cède alors; on emploie dîri suivi d'un pronom ou d'un 
affixe pronominal, pour marquer le rég-ime, soit direct 
ou indirect. Lorsque sindiri et kindîri sont suivis d'un 
affixe pronominal , ils marquent e'galement le régime , 
mais ils peuvent aussi se rapporter immédiatement au su- 
jet , celui-ci étant répété de la sorte par un tour de phrase 
propre au malai; Voyez 123. Ce n'est que rarement que 
dîri suivi d'un pronom s'emploie comme sujet. 

Ainsi kîta sindîri ou kîta kindîri , proprement Moi l'in- 
dividu, veut dire Je, moi-même, ego ipse , et dîri kîta, 
dirîku , sindirîku ou kindirîku , proprement Mon individu , 
veut dire Me , moi-même , me ipsum , de moi etc. toute- 
fois avec les exceptions indiquées ci-dessus. 

On fait usage de dîri, sindîri ou kindîri, suivis d'un 



DES pnoNOMS. 563 

pronom ou afftxe pronominal, pour exprimer les pronoms 
qui doivent accompagner les verbes réfléchis; Voyez 108. 

s- 

-JO ^ p^ — **> saoran diri TJn liomme individu signifie seul. 
De (lîri Individu, viennent berdîri, Etre debout, mendi- 
rîkan Eriger, et terdiri Debout, érigé. 

Voici quelques exemples de l'emploi de dîri , sindiri et 
kindîri: 

hamba dàtu sindîri hendaq berlàjer Moi le dâtu je veux 
faire voile moi-même- 

Serî Ràma menûturkan âjer sindirîiia Serî Râma versa de 
Teau lui-même. 

satenah taalloqsindirînasebab berlindoijkan dirîna 

Çuelques-uns se soumirent pour se mettre à Vahri 
derripadda belà satarûiia. 

des violences de Vennemi. 

makka tiiwan puterî pun înatlah âkan dirîna làlu dipe- 

Or lu princesse revint à soi , jmis elle 

loqiia lèher ànaqna làlu îja merrâtap 

embrassa le cou de son enfant, puis elle se lamenta , 
demikîjan bunîna. 

ainsi furent ses paroles : 

makka kita pun serahkanbitàradîrikîtaîtu kapadda dâ- 
tu kîta Or nous avons remis nos propres affaires à notre dàtu. 

bêta sindîri pûna riimah Ma propre maison. 

dikka adda kâsili dan kàrunîja tùwan 

S'il y a de la honte' et de la bienveillance de votre 
hamba unduqkanlah kindîri tûwan hamba 

part, tendez {la fleur^ vous-même ■> madame-, 

kapadda tânan hamba. 
dans ma main. 



564 GRAMMAIRE MALAIE. 

terlàlu sânat pâtik âkan bertàrohkan dîri pdtik kapadda 

Entièrement je confierai moi-même en 

tûvvan. 
vous-, je me confie entièrement en vous. 

bâsohkanlah dîri kàmu Lave-toi toi-même. 

înat-înatlah dirîmu sopâja 

Rappellez-vous {pu faites bien attention) afin que 
katahûi. 
{vous) sachiez. 

ûsahkan dirîmu Donnez-vous de la peine , faites atten- 
tion à. 

dânanlah tûwan men'ûsahkan dirîiiaOue monsieur ne se 

V w *' 

mette pas en peine , ne vous en mettez pas en peine. 

bâran sijâpa men'ennal dirîûa Quiconque se connaît soi- 
même. 

men'appa tûwan hamba mellakûkan dîri tûwan hamba 
demikîj'an îni Pourquoi monsieur vous conduisez-vous de 
cette manière? 

tatkàla ùlar îtu membûdurkandirîna Lorsque le serpent 
s'e'tend de toute sa longueur. 

tatkàla îja berbandar dirîna Lorsqu'ils se rangèrent en 
file. 

bûwah kâju jan dàtuh sindirina. 

Des fruits d! arbre qui sont tombés d'eux-mêmes. 

kambaiîlah tûwan puterî kamàligaina sindîri La prin- 
cesse se retira dans ses propres appartemens. 

dàlam peran tijàda dàpat ôran hârap kapadda kawâsa 
dirîna Dans la guerre on ne peut pas se fier à sa propre 
puissance, 

de^an tànan sindirîmu Avec votre propre main. 



DES pnoxows. 565 

kârana dîri kita pun suddah tùwah Parce que je suis 
devenu vieux. 

tijâda hàrus perg-i-pergian perampûwan saôran dîri II 
n'est pas convenable que les femmes sortent seules. 

derripadda hidop saôran dîri bàjiklah àku màti sekâli 
Il vaut mieux que je meure tout-à-fait que de vivre seul 

dan ditingalkanna saôran dîri Et il la laissa seule. 

On prend quelquefois dîri dans le sens d'un pronom de 
la seconde personne, comme demikîjan kàta dîri Voilà ce 
que vous dites ; appa dîri kàta Que dis-tu ? 

81. Le substantif j=Ui àvvà Corps, personne, s'emploie 
dans un sens semblable à dîri comme pronom ou pronom 
personnel possessif. Exemples: appa kerda âwâ sakàran 
Quelle est actuellement votre occupation ? bîni âwâ Votre 
propre femme. 

82. Le pronom personnel indéfini On, peut être rendu 
par ôran Homme, de la même manière que dans plusieurs 
de nos langues , où ce pronom dérive du substantif Hom- 
me, comme en français, ou en allemand, Man de Mann. 
Ce pronom peut également être exprimé par un passif, 
tout comme dans le latin , et c'est alors le pre'fixe di, qu'on 
emploie principalement. Mais on joint aussi ôran à un 
verbe pre'cëdé de di, où il faut sous-entendre la préposi- 
tion ôleli Par. Exemples: 

kàta ôran On dit; dan dikatàkan Et l'on dit, dicHur ; 
appa kelaq kàta ôran àkan dàku Que dira-t-on de moi? 
ditariteràkan bahiuva panhiilu negerî îtu On raconte que 
le chef du pays; arkîjan makka diteriteràkan ôran D'ail- 
leurs on raconte; makka diwartàkan ôranlah kapadda Or 



566 GRAMMAIRE MALAIE. 

on rapporta à — ; ôran berbantai hâri îni On égorge au- 
jourd'hui; pijàlah diperîdarkan ôran On fit circuler le 
verre, (passer d'une main à l'autre); adda jan men^amâti 
diàmiiq ôranlah pùla S'il y avait qui espionnaient, on les 
tua de même; tijàda tlûga îja terbûnuh II ne put être tué 
on ne put le tuer. 

83. Les pronoms de'monstratifs sont {^■^} îni Ce, cet, 
celui-ci, et \^^} îtu Ce, cet, celui-là, qu'on emploie aux 
deux genres et nombres. Mais on se sert toujours de kJ^^) 
îtu dans le sens de Ce, cet, cette, ces, si l'on ne veut pas 
particulièrement designer l'objet le plus près; aussi l'em- 
ploie-t-on très-souvent pour marquer l'article, comme 
nous avons déjà vu ci-dessus. Ces pronoms, qui se rap- 
portent aux choses aussi bien qu'aux personnes, se met- 
tent après leur substantif tout comme les adjectifs, mais 
le pronom ^;> jan ne peut pas les précéder immédiate- 
ment. Lorsqu'ils se trouvent devant le substantif, il faut 

sous-entendre le verbe Oi adda Être. Ils prennent alors 
fréquemment l'affixe ^.3 lah, qui peut-être représente dans 
ce cas le verbe substantif, (juoiciue souvent on le puisse 
expliquer aussi dans un sens emphatique. Joints aux 
pronoms personnels àku, kàmu , îja etc. ils leur donnent 
plus de force; joints à îja ils forment souvent les expres- 
sions o^:^î lJÎ îja îtu et (j-jf c_P' îja îni C'est-à-dire. 

Exemples: (^:>1 i^l^^ bûlan îni Ce mois-ci; ^■J) {^^' ^^' 
(j.3j) àtau îni àtau làjin Ou celui-ci ou un autre; ^■'^r 
(^;>1 riimah îtu Cette maison-là, cette maison, la mai- 
son; (::;>^^p ^.Vif itidah rûmahiia C'est-là sa maison; 
<jfr^^ ^5^'iî ^^\^ !sX^.j\ inîlah bâjik itûlah bûruq Ceux- 



DES PRONOMS. 567 

ci sont bons, ceux-là sont mauvais; Î^Wl ^^> 1 (^^s.J' 
is^K^Xc] c^'ô'f ^Ixi pertàja àkan allahtaàla itiilah i'tîqat 
Croyez en Dieu le plus haut , c'est la vraie croyance ; (^JVJ 

l^J>\ (j^ — a\.X.**/ pàtik sekalîan îni \ous tous; ^ ^^'S\j 
^j| U»\j» (j^aA> pàtik jan hina papa ini Ce très-vil et 
misérable esclave, expression très-humble pour dire Moi; 
kàraua kakeuda îni àkan pergi mentàri sûdàra 

Car Je partirai pour chercher mon frère. 

kakenda. 

ôran bàiiaq tijàda sûka àkan beta îni. 

Les gens en gc'ncral nesont pascontcns de moi. 
balunva tijàda adda mendalàni dàlan îni saôran pun 
Car il n est aile' ce chemin aucun 

làjin derripadda kàmu îni selàma dicladikan 
autre que vous depuis quil a e'te' cre'e' ipai') 

allah lànit dan biimi. 
Dieu le ciel et la terre. 

makka îni perkatàan jan ûtaq-iitaq seg-àla per- 
Or c'est un discours qui est la moelle de tous les 
katàan. 
discours. 

Le pronom javanais ^^^4 iko Celui-ci, est quelque- 
fois employé à la place de îni , comme '^^} Ffy <^'*^!} 
îko Cet homme. 

84. Le pronom relatif Hj jan Qui, que, lequel, celui 
qui , ce qui etc. se rapporte aux choses aussi bien qu'aux 
personnes, et s'emploie pour tous les genres et nombres. 
Le verbe substantif est fre'quemment sous-entendu après 
jan ; quelquefois c est ce dernier qu'il faut sous-entendre. 



568 GRAMMAIRE MALAIE. 

Placé devant un mot qui n'est pas substantif, le pronom 
jan le chang-e souvent en substantif; placé devant un sub- 
stantif il lui donne plus de force , ou sert à le distinguer 
d'une manière particulière, à le mettre en rapport avec 
un nom propre, où cependant on peut également s'en 
passer. Dans tous ces cas il exprime l'article, mais le 
mot qu'il précède de la sorte, peut en même temps être 
suivi de îtu , ce qui a lieu principalement si au moyen du 
pronom jan un autre mot est changé en substantif. 

Les pronoms ^jV/o niâna et OVaxw sijàpa se trouvent 
quelquefois conjointement avec ^;> jan , soit dans le sens 
que celui-ci exprime déjà, soit pour le renforcer. Les 
pronoms personnels âku, kâmi, kâmu, îja etc. peuvent 
pareillement accompagner le pronom jan, et le mettre» 
selon les circonstances, dans un rapport plus précis avec 
son antécédent , quoique le sens de la phrase soit peut- 
être déjà suffisamment clair. 

Lorsque le pronom relatif jan doit être régime indirect, 
signifiant De qui, duquel, de laquelle, desquels, des- 
quelles , dont , à qui , auquel etc. on se sert d'une circon- 
locution, en transportant le régime à un mot qui suit le 
pronom, soit immédiatement, soit après quelques autres 
mots. On peut cependant à l'aide de ampûna joint à jan 
exprimer un génitif de possession ou même de dépendan- 
ce. (Voyez 51). 

Le pronom relatif ^J jan est remplacé quelquefois par 

une des formes altérées ^aJ nîjan ou ^^3 nen, qui n'en 
diffèrent que pour le son. ^J jan Que, est aussi con- 
jonction conductive, tout comme le que français, le quod 
latin, et le Huit anglais; Voyez 101. Exemples: 



DES PIIONOMS. 569 

!*eg;à]a pen atahùan jaii tijàda adda denan budî 

Toute sckiice qui n'est ptis avec la sagesse 
îtu sija-*.îja addàûa. 

celle-là est vainc son essence^ toute science sans sa- 
gesse est vaine. 

ôran îtu meùenibah berhàla jan dipeibûwalna derii- 

Ces gens adorent des idoles qu ils ont faites de 
padda kàta dan tùlan dan tambàga dan tîmali dan gà- 
verre et d'os et de cuivre et de plomb et d'i- 
din dan bàtu dan emas dan pèraq. 
voire et de pierre et d or et d'argent. 

dikahendakiùa jan tijàda pâtut àtas 

Il désire ce qui ne serait pas convenable pour 

kîta. 
moi (d accorder). 

sùrat nen dikirim saliàja dahùlu 

La lettre qui a e'te envoyée (par) moi précédem- 
ment , que j'ai envoyée précédemment. 

itiilah jan terkeunal ôleh s;àja. 

C'est ce qui est rappelé par moi, c'est ce que je 
me rappelle , dont je m'en souviens. 

jan bijàsa dipakai. 

Ce qu (il est) accoutumé à porter. 

tûlunkan kapadda lebî jan bertiga itu. 

Aider les prêtres qui sont à trois , aider 

ces trois prêtres. 

pàtik nen îdan kàrana tûwan. 

Nous qui (sommes devenus) insensés à cause de vous., 
nous sommes épris de vos charmes. 

37 



570 GRAMMAIRE MALAIE- 

bahÛMa inilah pekkerdâan kàmi ditîtahkan 

Car ceci est notre devoir • (qui nous) a e'te' prescrit 
tûhan serwa sekaliau. 

(par) le Seigneur des armées. 

allah tûhan jan mendadîkaii àlam. 

Dieu le Seigneur qui a crée' le monde, ou le créa- 
teur du monde. 

pergîlah kàmu kapadda utûsan jan dàtan îtii. 

Allez vers l'envoyé qui arrive. 

men'îruskan âjer kapadda jan dipansan îtu. 

Asperger d'eau celles qui s'étaient évanouies. 

jan memmûnuh îtu Celui qui tue, le meurtrier. 

hamba kahendàki jan demikîjan îtu, 

Je désire cet arrangement , ou que cela soit 

ainsi ; Voyez 113. 

dikka dàtan îja berhadàpan denan tûwan hamba nis- 

S'il vient s'aboucher avec mon maître , cer- 

tàja katahûanlah jan sebenariia derripadda jan 

tainement on démêlera la vérité du 

sijasîja. 
mensonge ; (sijasîja de l'adjectif sîja Faux). 

men^ambil îtu denan tijâda sûka ôran jan ampûùa Le 
prendre contre le gre\du propriétaire. 

dikka dituntut ôleh jan ampûna arta S'il est réclamé 
par celui auquel appartiennent les effets; — par le 
propi'iétaire des effets. 

ombaq îtu ombaq dûvva dan jan âjer \i\i âjer dûwa La 
vague c'est toujours une vague et l'eau c'est toujours 
de Veau, 

jan râda Iskander Le roi Alexandre, Iskander jan 



DES PRONOIS. 571 

râda Alexandre le roi ; inakka kâta ràda I«ikander Or le 
roi Alexandre dit. 

kîta ambil <lùga niàiiajan kita sùka X ai pris seulement 
ce qui m'e'fait ogreahle. 

lîiàna jan kalùwar Ce qui sort. 

màna jan tijàda bôleli dùwal Ce qu'on ne peut pas 
vendre. 

antah nen mâna // est incertain lequel. 

tetàpi hài'ia jan pàtik tâkut îni padda menningalkan 

Mais je crains de vous abandonner , 

tûwanku îni dùga jan pàtik pertintâkan. 

aussi suis-Je plein d'anxiele'. 

peiî men^ennal tiihan jan îja nienda- 

La manière de connaître le Seigneur c/ui a cre'e' 
dikan âlam dan addàniu dan làjin derripadda îtu. 

le monde et ton être et autres que cela., le 
d'e'ateur du inonde, de toi et de toutes les autres 
choses. 

jan terîkat iànanna Dont e'taient lie'es ses mains, dont 
les mains e'taient liées. 

pareutah jan masliiir wartàna. 

Une administration dont (est) célèbre sa renomme'e. 

niakka addàlahhaniba dàtu piuta belikan 

Or cest moi le baron (qui vous) prie d'acheter 

kàpal sabùwah jan bahàru jan nmurha dùwa tàhun àtau 
un vaisseau neuf dont son cîge de deux ans ou 

tîga tàhun kàpal jan bàjik. 

de trois ans, un vaisseau bien conditionne'. 

ràda itu jan sekalîan ôran jan bàjik santausa derri- 

Le roi duquel tous les gens de bien conlens par 

37. 



572 GIIAMMAIRE MALAIE. 

padda kâsilina daii aniigaïahiia. 

sa boute et sa grâce , le roi , par ta boitte et la 

grâce duquel tous les gens de bien soîit contens. 

jan diserahkan allali taàla kapaddàna kara- 

Auquel a remis Dieu le jjIus haut à lui un roy- 

dàan jan salûwas bumîiia. 

((ume qui est aussi grand (que) la terre. 

85. Les pronoms interrogatifs et inde'finis qui vont 
suivie , se distinguent des adjectifs par leur place devant 
le substantif qu'ils accompagnent, tandis que les adjectifs 
le suivent. Ce n'est que rarement qu'un de ces pronoms 
se met après le substantif. Les signes du pluriel (49,) 
précèdent ainsi le substantif, s'ils ne sont que pronoms 
indéfinis; ils peuvent le précéder ou le suivre si ce sont 
proprement des adjectifs, qu'on emploie alors des deux 
manières. 

86. Les pronoms interrogatifs sont U»l appa, UjVaaw 
sijâpa, et ^V^o mâna, Qui, quel, que, quoi. Le pre- 
mier, appa, se rapporte ordinairement aux choses, sijâpa, 
qu'on dit dérivé de appa à l'aide de la particule [j^ si , 
préfixe des noms , (Voyez 44) , se rapporte généralement 
aux personnes; mâna, qui en même temps a la significa- 
tion des adverbes Où, là, y, se rapporte aux personnes 
et aux choses. Tous les trois peuvent selon les circon- 
stances s'employer aussi comme pronoms relatifs pour 
Qui, que, quoi, lequel, dont, ce qui, ce que, etc.; mais 
cet emploi a rarement lieu pour appa, tandis qu'on le 
trouve fréquemment pour sijâpa. Lorsque ces trois pro- 
noms sont interrogatifs, ils peuvent prendre encore un des 
affixes interrogatifs 2s.5^ kah ou* ^.i tah. Exemples: 



DES PK0.\0M8. 513 

âkan appa gunàiia ankan biiiasàkaii ? 

./ quelle Jhi l'as-tu détruit P 

appa pekkerdàan tinvaii hamba «làtaii deriaii 

Pour quelle (ijfaire venez-vous avec 

perdalànan jan dàwuh îni? 

ce voyage aussi long? venez-vous de faire un voi/a- 
Sre aussi lontr? 

appa pekkerdàan jan disûruhkantia kerdàkanlah 

Quel ouvrage qu il (vous) ordonnera , vous (t)exe- 
ôlehmii. 
culerez. 

appa ankau iui kapaddàku naliinga màna gà- 

Çuel est tu envers moi seulement quelle est ta 

galimu ? 
force ? 

appâtah ùsahna Quel est son usage? à quoi hon cela? 

appàtah dàja kîta lâgi? 

Quel artifice (employerons-) nous encore ? 

appa màwu Que voulez-vous? appa namâna Quel est 
son nom ? 

ôleh appa Pourquoi? à cause de quoi? sebab appa, 
appa sebab, appa sebabna, Pour c/uelle raison? dans 
quelle vue ? 

appàkah bitàra tinvan-tûwau sakàran? 

Quel est Messieurs votre avis maintenant ? 

hai manteriku suwàra appàkah îni seperti 

O mes conseillers-, quel hrultest ceci ressemblant 
àkan qijàmat ? 
à la résurrection des morts? 



574 GUAMMAÏRE MALAIE. 

appâkah maqsîid tùvvanku kapaddàku? 

Quel est votre désir de moi? Que de'sirez- 
vous de mol? 

hai intî mûda appàkah jan hendaq disam- 

O Jeune seigneur , quest ce que (vous) désirez quil 
paikan kapadda tùvvan kâmi? 

soit rapporte' à notre maîtresse? Que de'sirez-vous 
monsieur , que nous rapportions à notre maîtresse ? 

sijàpa namàmii Quel est ton nom, ? 

s»ijàpa màvvu pergi Qui veut aller ? 

tijàda sijàpa men îrinkaii kakâsihku îtu. 

Il ny a pus qui accompagnât mon bien-aime'- 

kennàli ùlehmu kapâla sijàpa îtu. 

Reconnaissez la tête de qui elle est. 

(likkalaii bentàna dàtan sijapâkah àkan mem- 

Si (quelque) malheur arrive qui aidera ? 

ban tu ? 

makka sabda ràda Tskander sijapâkah îja îni Et le roi 
Alexandre dit , qui est celui-ci ? 

makka kàta tùvvan puterî àiiaq sijàpa ini? 

Et dit la princesse V enfant de qui est celui-ci'^ 

sijàpa piiiia Duquel. 

inàna adda sàlahna Qà est son crime? quel est son 
crime ? 

màna bitaràmu âkaii ineniimiiiuh dija? 

Quel est votre plan pour le tuer ? 

iiiàna bitàra jan bàjik tùvvan tûrut. 

Lesquels conseils so?it bons , vous (les) suivrez , vous 
suivrez les bons conseils. 



DES pno.NOMs. 575 

tijàda katahùan luàna jan asal. 

On ne peut pas savoir lequel est Voriginal. Voyez 102. 

bansa manàkah tûwan hamba îni De quelle famille 
etes-vous monsieur ? 

hai ànaqku kadùwa kapadda dàlaii màiia jan 

O mes deuxjils, quant à (ces) chemins lequel est 
bàjik kîta îkut ? 

bon que nous (le) suivions? 

ôran màoa Quel homme ? lâda jan màna îtu Çuel est 
ce roi? 

màna tîtah derri bàwah dùli tûwanku 

Tout ce qui émane de dessous le trône de monseig- 
pàtik dundiin. 
neurje le reçoive avec respect. 

màna kahendaq isterîùa îtiipun ditùrutùa. 

Quel que fut le de'sir de son épouse il l'accomplit. 

87. Des pronoms appa et màna dérivent plusieurs ad- 
verbes, qui, selon les circonstances, peuvent être em- 
ployés comme interrog;atifs. Ceux qui sont composés avec 
appa, se trouvent écrits tantôt comme le primitif, tantôt 
à l'analogie de sijàpa sans doublement du p. Exemples : 

V^ï-^^î appabîla Quand, lorsque, aussitôt que, en quel 
temps , de bîla Temps , du sanskrit vèlà. 

appabîla dàwuhlah Serî Ràma derripadda rùmahûa. 
Quand fut loin SeriRdma de sa maison. 

appabilàkah râda hendaq kambàli? 

Quand le roi veut-il revenir"^ 

Jv5v^) appakàla Quand, lorsque, en quel temps ^ tou- 
tes les fois que, de kàla Temps, mot sanskrit; appakàla 
tùwanku àkabenrankat Quand partirez-vous monsieur? 



576 GRAMMAIRE MALAIE. 

L-Xa^ betappa Comment, de quelle manière, quel, com- 
me, de même que; betappa dàpat — Comment peut-on ? 
betappa bitaràmu Quelle est votre opinion? 

betappa perî tûwau hamba men'atahûi nàma 
De quelle manière monsieur connaissez-vous mon 
hamba ? 
nom,^ 

betappa demikîjan addâmu dankatâmu itu? 

Çuomodo talimodo(sunt) essentia tua et verha tua^ 
Quelle différence y a-t-il ainsi entre vos manières et 
vos paroles ? 

Ul'yi berappa Combien, comment, autant; ber^appa 
beratna Combien son poids, combien cela pèse-t-il? denan 
berappa dibelîna îtu Combien a-t-il acheté cela ? berappa 
lama Pour combien de temps? depuis quand? ber^appa 
lamàiia iVussi long; que, après quelque temps, 

berappa lama antaràùa makka îja pun sampailah 

Autant de temps d'intervalle or il arriva 

kaneg-erî itu. 

dans ce Jtays , et après quelque temps il arriva dans 
ce pays. 

berappa kàli, berappa kijan Combien de fois? 

berappa làgi Combien en outre? 

■M C 

•wl — x.^c men'appa Pourquoi ; men'appa kàmu tàkut 

Pourquoi as-tu peur? 

men^appjîkah ankau inellarikan isterîku derri belàkan 
Pourquoi as-tu fait fuir ma femme derrière 

matàku? 

mesyeux^ pourquoi as-tu enlevé' ma femme furtivement ? 



DES PRONOMS. 577 

(jU.>^3 baggimânaet (jU.X-aa« sebaggimâna Comment , 
de quelle manière , de la manière que ; baggimâna tûwan 
pùiia sùka Comment est votre plaisir, comment le de'sirez- 
vous? 

(jV+k^ bilamâna et ^jVX.Â>c manakàla Quand, lorsque, 
au temps que ; manakàla ankau dàtan Quand es-tu arrivé ? 
manakàla îja denan tertawa-tàvva berkàta Lorsqu'il dit 
en riant. 

On peut écrire aussi séparément ces mots composés, 
mais en observant les règles de quantité, comme bila 
màna pour bilamâna. 

88. Les pronoms indéfinis, indiqués ci-dessous, sont 
ceux qu'on rencontre le plus fréquemment. 

s- 

éj^ — ^ saôran Un homme , d'où viennent les signifi- 
cations Seul, un certain, chacun, et cAj^i sâtu ou O)^*" 
sawâtu Un, un certain, quelque, quelqu'un, chacun; 
saôran ne s'emploie que de personnes, quelquefois aussi 
d'animaux, mais sàtu ou savvàtu s'emploie de personnes 
aussi bien que de choses. Exemples: 

berdàlan saôran Se promener seul. 

adda saôran ràda II y avait un certain roi. 

diteriteràkan derripadda saôran ràda bahiiwa îja men- 

On raconte (T un certain roi qu il fit 

^anugarahkan kapadda saôran lima ràtus derliam. 

pre'sent à un certain homme de cinq cents dirhem. 

làlu diankatna semut itu saôran sàtu bîdi. 

Alors enlevèrent ces fourmis chacune un grain. 

sawàtu hàri Un certain jour. 

Accompagnés d'une négation, comme oIaj tijàda ou 



578 GRAMMAIRE MALAIE. 

jj.^^ bûkao , ces mots saôran , sâtu et sawàtu signifient 
Aucun , sâtu ou sawâtu aussi Rien. Exemples : 

saôran pun tijàda kambâli karîtmahna sekalîaniia mà- 

Aucun ne retourna à sa maison^ tous ils man- 

kan ijâpan baginda îtu. 

gèrent des provisions de sa majeffte'. 

sawâtu pun tijâda II n'y a aucun. 

sawâtu pun tijâda termulîja derripadda kamulijâanmu , 
dan sawâtu pun tijàda terhîna derripadda kahinâanmu 
Rien n'est plus splendide que votre magnificence , et rien 
n'est plus abject que votre bassesse. 

Répéte's, ces mots saôran, sâtu et sawâtu signifient 
L'un — l'autre. Exemples: 

saôran bernâma Baradan dan saôran bernâma Tatradân 
l'un se nomme Baradan et l'autre se nomme Tatradân , 
(noms corrompus des noms sanskrits barata et satrugna). 

sawâtu (lâlan tûduh bêlas hâri dan sawâtu dâlan dûwa 
pûluh hâri L'un chemin est de dix-sept journées, et l'autre 
chemin est de vingt journées. 

Après avoir exprimé Vun par saôran ou sawâtu, on 
rend aussi l'autre par (^J^ lâjin Autre, un autre, ou 
par kadûwa Le second. Exemple: 

hendaqiah adda âkan sasaôran râda dûwa perbendaha- 
râan , sawâtu penuh derripadda arta dan bâgai-bâgai 
benda jan indah-indah, dan kadûwa penuh derripadda 
segâla (lenis mânusîja Tout roi doit avoir deux trésors, 
l'un rempli de biens et de variétés d'objets précieux, et 
l'autre rempli de toutes espèces d'hommes. 

Pour dire Les uns — les autres, ou quelques-uns — 



DES PRONOMS. 



579 



d'autres etc. on répète les mots ^ ol adda jan H y en 

a qui , il y en avait qui. Exemples : 

adda jan berrennan adda jan menellam. 
Les uns surnageaient , les autres s'enfonçaient. 
adda jan seperti gûnun adda jan 

Çuelqnes-mis e'taient comme des montagnes, d'autres 
seperti biikit. 

e'taient comme des collines. 

adda jan berg-îgit adda jan ber- 

Çuelques-uns {des singes) mordaient -, d autres frap- 

terdan adda jan bertampar 

paient des pattes de derrière , d'autres frappaient des 

pattes de devant. 

adda jan mennànis adda jan merràtap adda jan 

Les uns pleuraient , d autres se lamentaient^ d'autres 

berterîjaq. 

hurlaient. 

En redoublant le pre'fixe [jj^ sa devant saôran et sa- 

wàtu, on forme les mots c jn^ ^**< sasaôran Chaque, 
chacun, tout, tous, qui que ce soit, et OÎv*^**' sasawàtu 
Chaque, chacun, tout, tous, qui que ce soit, quoique 
ce soit. Exemple : 

sasaôran mànusija jan dàtan paddàna Chaque homme 
qui vint chez lai. 

t—^jo tîjap Chaque; comme tijap hàri ou tîjap-tijap 
hàri Chaque jour; tijap sawàtu Chacun; kapadda tijap- 
tîjap sawàtu A tous et à chacun. 

cj\U bàran Quelque, chaque, tout; comme bàran kàli 
Quelquefois, peut-être; bàran hàri Uu certain jour; bàran 



580 GRAMMAIRE MALAIE. 

kàla En quelque temps que; bâran dimâna Partout où; 
bàran kamàna Vers quelque lieu que ce soit; bàran sasa- 
wàtu Quelconque, tout; bàran sijàpa Quiconque, cha- 
cun qui ; 

clan dikkalau bâran kâla padda bàran hàl ija mellà- 
Et si jamais dans quelque cas il retient 

rankan radàna derripadda sawâtu kadahàtan dan menne- 
son roi fV une méchanceté' et Vem,- 

g-ahkan addàna derripadda bâran kasalâhan. 

pèche de (commettre) quelque crime. 

inakka kîta pun tûlunlah àkan dîja padda bâran sasa- 
Or nous l'assistâmes dans toutes 

vvàtu hàl ahwàliia. 
ses affaires. 
bâran sijàpa adda kasukàranna hendaqlali 

Quiconque se trouve dans un e'tat de gène , veuille 
îja memmâkai pakàjan merah dan sûratkan hâlna 

mettre unhahit 7'ouge., et e'crire ses circonstan- 
dan dâtan demikîjan kahadàpan râda. 

ces, et venir de cette manière devant le roi. 
bâran sijàpa mellîhat kaànaq-ànaqîtu sekalîanna 
Chacun qui vit cette enfajit, tous ils (furent) 
hairân. 
étonnés. 

bùkan bàran-bàran ôran didadîkan dewâta 

llnya aucun homme créé (par) les dieux 
dâlam dunjà îni. 
dans ce monde — . 

L'adverbe \ '^sX^ niâsin-mâsin Respectivement s'em- 
ploie fréquemment dans le sens de Chacun, chacune, mais 



DES PROKOMS. 581 

il prend dans la construction avec d'autres mots la place 
dun adverbe, et non pas celle d'un pronom indéfini; Vo- 
yez 113. 

"".► '".•. . '^. •" 

r U'i appa-appa, LAJO betappa et o';^^ bebber- 

appa, Quelque, quelque — que, tout ce que. Exemples: 

adda bebber appa hàri II y a quelques jours. 

kàrana bepperappa ^^àja maslahat henda(| 

Car quelque stratagème ou ruse quo/i employât 
àkan guraksa îtu tijàda dùga îja terbùnuh. 
cow/rc Guraksa il ne put jamais être tue\ (on ne put 
le tuer). 

makka diiduq îja betappa dihendakîna. 

Or qu'il s'asseye de quelque manière qu'il voudra. 

tijadàlah appa-appa jan kadenàran. 

Il ny eut rien qu'on pût entendre. 

bebberappa kàli, bepper'appa-appa kàli , Plusieurs fois. 

^JCù« satenah La moitié , se prend quelquefois dans 
le sens de Quelques-uns, comme satenah derripadda hulu- 
bàlan Quelques-uns des guerriers. 

Jo^w segàla, i^ — ^^5>^>*l sekalîan,^**- samûwa^ Tous; 

{^ — ^Xx.*w sekalîanna, (^>f •..*.**- samuwàna Eux tous, owwes 
eorum ; (samùwa vient du sanskrit samùha Multitude). 
Les formes avec l'affixe na sont le complément d un sub- 
stantif, auquel elles se rapportent et quelles doivent suivre. 
Voyez 123. 

20%^ bùlah Tout, entier, le tout, entièrement^ comme 
bûlah tiga hàri Trois jours entiers. 

L'adverbe ^.-XJS^^^ segenap Entièrement, complète- 
ment , de genap Complet , entier , s'emploie souvent dans 



582 GRAMMAIRE MALAIE. 

le sens de Tout, le tout, tous, chaque, entier, et l'ad- 
verbe »^^ selûruh Partout, par tout, d'un bout à l'au- 
tre, par toutes les parties de, dans le sens de Tout, le 
tout, tous, entier. Exemples: 

padda segenap negerî En tout pays, dans chaque pays. 

seg^enap sijan dan petan Chaque matin et soir. 

segenap dùsun suddahlah âlah Chaque village a été 
subjugué. 

dirabâiia seluruh tiibohna II lui tàta tout le corps. 

hàbislah bàsah selûruh tùbohiia denan âjer matâna II 
baigna tout son corps de ses larmes. 

dàlam selûruh tânah malàju Dans toutes les contrées 
malaies. 

Ce mot ^OJ-^ est ordinairement transcrit selûroh. 
Robinson, (p. 152), l'écrit sulûruh , ce qui me paraît 
une faute d'impression , l'analogie y demandant évidem- 
ment le préfixe (j^ se. En écrivant selûruh il faudrait 
dériver cet adverbe de lûruh Tomber, mot qui ne pré- 
sente aucun rapport avec les significations de selûruh. 
Mais lûrah Tribu, district, ligne, raie, offre des signi- 
fications, dont peuvent très-bien venir celles de l'adverbe 
en question, qui alors devrait être transcrit selûrah. 

Le pronom indéfini et adjectif {^\J^,j^jm saberhâna Le 
tout, tout, entier, complet, dont le primitif ne paraît 
plus en usage, présente la forme d'un adverbe tout comme 
les mots précédens de la même signification. Exemples : 

kaàtas saberhâna bûmi Sur toute la terre; saberhâna 
hâri Toute la journée; memmàkai pakâjan saberhâna Por- 
ter un habit complet. 



583 

DES VERBES. 

89. Les verbes malais, soit simples, soit formés avec 
un des pre'fixes men , ber et per , ou avec un des affixes 
kan et i, marquent le participe, l'infinitif, lepre'sent, le 
passé, souvent aussi le futur, sans qu'il soit besoin d'a- 
jouter à cet effet au verbe un sig;ne particulier, qui cepen- 
dant est employé toutes les fois, que l'on veut désigner 
d'une manière plus précise le participe ou quelque temps. 
On prendra donc en traduisant du malai dans une autre 
langue le mode et le temps, qui dans celle-ci paraîtront 
le mieux rendre le sens de la proposition , en emplovant 
selon le besoin l'indicatif, l'infinitif ou le participe pour 
le même mot du malai. Comme celui-ci n'a pas de con- 
jugaison proprement dite, on ne peut parler que de la 
manière dont on exprime en malai les conjugaisons d'au- 
tres langues. En le faisant , je m'éloignerai un peu de la 
marche ordinaire qu'on suit pour ces dernières. 

90. Les verbes substantifs sont of adda Etre et ol:^ 
dâdi Devenir. Ils ne prennent jamais le préfixe ber, leur 
signification neutre n'ayant pas besoin de cette distinction. 

O) adda Etre, ou comme verbe impersonnel II y a, il 
y avait, il y eut, s'emploie principalement au présent et 
au passé; comme tous les verbes cependant il marque aussi 
le futur , l'infinitif et le participe. Souvent aussi on le 

sous-entend. En construction avec les prépositions (jS^\ 

âkan, i^M ^^ggh "-^ padda et (AJ.'S^ kapadda , il sig- 
nifie Avoir. Il s'emploie fréquemment comme auxiliaire 
d'un autre verbe, marquant, soit le présent indéfini ^ soit 



584 GRAMMAIRK MALAIE. 

le présent défini, en précisant l'action pour le moment 
dont on parle ; mais il sert également comme auxiliaire 
du passé. Exemples: 

dija adda bàjik II est bon. 

adda bànaq II y en a beaucoup; addaj'an II y en a qui. 

dikkalau adda kàpal S'il y avait un vaisseau. 

adda satenali màbuq dan âjun La moitié en était ivre 
et chancelait. 

hendaqlah adda îja sûti II devait être pur. 

kàrana bahûwa àku tûhan kâmu Parce que je (suis) 
votre Seigneur. 

bânaq sàlahiia Ses crimes (sont) en grand nombre. 

raijatna pun terlàlu bâiiaq Ses sujets (étaient) très- 
nombreux. 

sebab itûlah tûwan sultan terlàlu înaq A cause de cela 
le seigneur sultan (fut) extrêmement content, le sultan 
en fut ravi. 

appàkah bàlasna Quelle (en sera , doit être) sa recom- 
pense ? 

dikkalau àkan saôran addàlah bàiiaq pen^atahûan Si 
quelqu'un a beaucoup de connaissances. 

bahûwa baggi hamba adda saôran ânaq perampûwan 
Car j'ai une fille. 

dan baggi kàmi adda pandita jan kàmi îkut katàna 
Aussi avons-nous un docteur dont nous suivons les paroles. 

dùwa bàdn adda paddàna II a deux habits. 

kàrana sekalian kabedîkan adda paddàna Car il a tou- 
tes les vertus? (kabedîkan, mot javanais, Vertu, de bedik, 
jav. Bon). 



DES VERBES. 585 

kasukâraii îtu jan adda kapadddinu La difficulté que 
vous avez, 

dîja adda inandi Elle se baig;ne. 

dija ôran adda berclàlan Ils se promènent. 

padûka kakenda adda dàtan îni men^âwinkan anakanda 
baginda (Mon) cher frère vient actuellement pour épou- 
ser la fille de votre majesté. 

makka baginda îtu adda mennâroh sùdàra perampûuan 
Or le prince était possédant (avait) une soeur. 

belom adda mennânam (Ils) n'ont pas encore semé. 

addàlah kîta menùruhkan J'ai envoyé. 

nôna pûlan dânan sûsah 

{Votre) mailressc est partie^ ne soyez pas afflige 
hâti adda salàmat dàtan kambàli. 

de coeur ^ {elle) sera en surete' venant à retourner , 
elle reviendra en surete'. 

ov:^ dâdi Devenir, et quelquefois être et provenir, 
peut prendre le préfixe men sans changement de signi- 
fication , qui cependant a lieu , si l'affixe kan est joint à 
mendàdi. Exemples: 

ôran \i\i dàdi tûwah, — mendâdi tûwah Cet homme 
devient vieux. 

dàdi, mendàdi islam Devenir mohammédan, se faire 
mohammédan. 

dadîlah ànaq padda ôran îtu Un enfant est devenu (est 
né) à cet homme. 

îtùlah <lâdi asal râda dàlam negerî Ateh Cela fut l'ori- 
gine des rois du pays d'Achin. 

binàtan jan dàdi derripadda kaledai denan kûda betîna 
Un animal qui provient d'un âne et d'une jument. 

38 



586 GRAMMAIRE MALAIE. 

Les dérives uX — st^ men'adda , (j«J 1^ — Jt-c meiraddà- 

kan, ijS^\o\ addàkan, ^^>^J>L\:i>■ dadikan et (^^XJLXssnÂ/o 
nienciadikan, signifient Faire, cre'er , produire, causer, 
occasioner. Exemples: 

men'adda, men'addàkan kawasâna Créer sa puissance. 

disiiruhna bèta addâkan peràhu dùwa râtus II m'or- 
donna de produire (de fournir) deux cents navires. 

tîihan j'an mendadikan àlam Le Seigneur qui a créé 
le monde. 

didadîkan allali làijit dan bùmi Le ciel et la terre ont 
été créés par Dieu , Dieu a créé le ciel et la terre. 

mendadikan ràda Etablir un roi. 

mendadikan dirîna garûda terlàlu àmat besar Se fit (se 
changea dans) un très-grand griffon. 

Dans la phrase di(ladikanna ràda II devint roi, il y a 
une irrégularité, de quelque manière qu'on cherche à ex- 
pliquer la construction. 

91. On n'a besoin ordinairement d'aucun signe parti- 
culier pour marquer le présent ; on le fait cependant , 
comme nous avons vu déjà , en employant à cet effet le 
verbe substantif adda. Différens adverbes peuvent égale- 
ment, en accompagnant le verbe, servir à indiquer que 
Taction appartient au temps présent, comme Qj\y>.M sa- 
kàran Maintenant, à présent, véT^ l^g;'» Encore, tou- 
jours, plus, actuellement, dont on fait usage surtout, 
lorsque l'action a quelque durée. Exemples: 

tijàda katikàiia sakàran Ce n'est pas le temps pour cela 
maintenant. 



DES VERBES. 587 

appâtah bitàra tûwan sakàian îni Quelle est votre in- 
tention maintenant? 

îja làgi tûlisll e'crit actuellement, il est occupé à écrire. 

]àg\ tîdur îja 11 dort toujours, il continue à dormir. 

addâkah làgi paddàmu teriferà derripadda manterî jan 
satija denan radàna Avez-vous encore le récit d'un con- 
seiller qui était fidèle à son roi ? 

belom làgi hamba lihat pûlau îtu Je n'apperçois pas 
encore l'île. 

bâran arta jan linnap tatkâla belompai 

Tous les effets qui d'ispardisscnt pcndujtl que ne pas 
làgi sampat îja menalùvvarkan dîja. 

encore il est en e'tat de les transporter. 

bahinva tijàda làgi sak kàmi bahûwa kàmi 

Car il ni/ pas de doute pour nous , que nous ne 
menan derripadda kàmu. 
gagnions sur vous. 

dan dikatàkan adda tandàna tampat 

Et à ce qu'on dit il y a des nestiges de Vendroit 
mâlig^ai îtu jan tingalamdàlam tânah denan morka 
de ce palais ■> qui s'enfoîiça dans la terre par le courroux 
allah taàla làgi dàtankapadda hàri îni. 

du Dieu le plus haut , encore Jusqu'à ces Jours. 

Ces adverbes cependant, aussi bien que les autres qu'on 
dit marquer le présent, s'emploient selon les circonstances 
encore avec d'autres temps, comme dans les exemples 
suivans : 

sakârpn îni dîiga kakenda îni àkan berdàlan. 

Dans ïinstant même Je partirai. 

38. 



588 GnAlMMAIRE MALAIE. 

ij'a lâgi mennâtin gûiiun. 

Il toujours soutint la montagne , il (Hanouman) 
continua à soutenir la montagne. 

tûwan puterî lâgi berniâjin-màjin clan 

La princesse coîitinuellement jouait et 

berràniih-ramîhan kapadda tanâman kûlain. 
s'amusait avec lesjleurs de Vétang. 

On ne peut donc leur attribuer d'autre fonction que 
celle , qu'ont les adverbes semblables de nos langues , et 
qui ne marquent non plus un temps précis. 

92. Les mots ^Vi telah, v,0^^ suddali, (j»«^A^ hâbis 
et ^y^ làlu , marquent en géne'ral le passé. Ils précè- 
dent toujours le verbe, tandis que le sujet se met indiffé- 
remment devant ou après l'auxiliaire , quelquefois même 
après le verbe. On peut mettre ensemble plusieurs de 
ces mots. 

^sVi telah, Passé, après, ayant été, devenu, étant, est 
etc. marque ordinairement le passé, mais quelquefois aussi 
le présent. Exemples: telah îtu Cela étant, après cela; 
telah adda Etait, fut, a étéj tâhun jan telah làlu l'année 
qui est passée , l'année passée , l'année dernière ; telah la- 
ma Etant depuis long-temps , après bien du temps ; telah 
bànaq sampai Etant arrivé beaucoup , après qu'il fut arrive 
bien des choses; seperti baggimàna jan telah dibijasàkan 
derripadda zemàn dahùlu De la même manière qu'il a été 
la coutume dès les temps anciens; telah binasâlah hamba 
J'ai été ruiné; (Voyez l'affixe lali ci-dessous); kîta pun 
telah sampailah Je suis arrivé; ànaqku telah bâlig Mon 
enfant est devenu adulte; âkan nawâmu telah dâlam tâ- 
rjanku Quant à ta vie elle est (déjà) entre mes mains. 



DKS VEKBES. 589 

Dans le lang-ag-e vulgaire on se sert quelquefois de lah 
à la place de telah , comme lah hàbis pour telali liàbis 
Dépensé; lah gùgur ànaqna Elle a fait une fausse couche. 

»(_\^« suddah Passé , fait , terminé , accompli , achevé , 
ayant été , est etc. jadis, après, déjà, marque proprement 
le temps entièrement passé, mais, de même que telah, 
aussi le présent; l'état actuel pouvant être considéré quel- 
quefois comme suite ou conséquence d'un état antérieur. 
Il sert encore à exprimer l'imparfait et le futur composé. 
Exemples: suddah îtu Cela fait, après cela; suddahlah 
ija men'ûtuskan ampat ôran II avait envoyé quatre per- 
sonnes; setelah suddah ija berkàta demikijan itu Lors- 
qu'il eut parlé de cette manière; ija suddah isàratkanna 
denan matàna 11 lui fit signe de ses yeux; suddahkah ija 
anugarahkan padda kàmi bâran anugarah A-t-il donné à 
nous quelque présent ? kàmi suddah ankat peràhu padda 
pûlau îtu Nous finies marcher le vaisseau (navigàmes , 
mimes à la voile) vers cette ile ; suddah îja bilan kapadda 
kàmi II nous raconta; suddahlah Indera isterikan puterî 
Indra épousa la princesse; suddahlah hamba peristerî Je 
suis déjà marié ; dija suddah dàdi ou mendàdi kàja II est 
devenu riche ; suddah kenna îsa ôran îtu Cet homme est 
attaqué de l'asthme; hamba suddah betah derripadda sà- 
kit hamba Je suis relevé de ma maladie; ôran suddah 
bijàsa denan m an îtu On est accoutumé à cette monnaie ; 
minta sahbat bèta dawîkan sùrat îtu, kàrana ôran jan 
tàhu membàta sûrat bahàsa parsi suddah tijàda dàlam 
negerî îni Je vous prie de traduire (de rendre nialaie) 
cette lettre, car il n'y a personne dans ce pays qui sache 



] 



590 GIIAMMAIJIK MALAIE. 

lire une lettre dans l'idiome persan; dikka kàmi suddah 
niandi Quand nous nous serons baij^^nës. 

(jjuAib hàbis Fait, terminé, achevé, épuisé, entière- 
ment, s'emploie rarement comme auxiliaire du passé. Ex- 
emples: segàla raîjat hàbislah binàsa Tout le peuple fut 
exterminé; telah hàbis bermàjin (II) a fini déjouer; ôran 
suddah hàbis berkerda Les gens ont fini de travailler ; 
ija suddah hàbis màkan 11 a fini de manger; hàbislah 
tàriq-tàriq kàjin badûna Le drap <le leurs vêtemens fut 
entièrement déchiré : kapàla hàbislah berpalintînan kabûmi 
Les tèles étaient éparses par terre. 

J)^ làhi Passer, passé, après, ensuite, puis, alors, 
peut s'employer comme auxiliaire du passé, mais il garde 
très-souvent la signification d'un adverbe, en conservant 
la place qu'il occupe comme auxiliaire; cependant il s'em- 
ploie également comme verbe principal. Exemples : makka 
Dèwa ïndera îtupun làlu màkan snili sakàpur Dèva Indra 
prit alors une portion de bétel; makka baginda pun làlu 
menmuiu gûnun ïndera Kîla denan lelahna Or le prince 
dirigea ses pas vers le montagne d'Indra Kîla avec sa las- 
situde (tout las qu'il était); addapun ïndera Mahadewa 
setelah ija dàtan kamàligai îtu makka làlu îja dûduq de- 
kat tùwan puteri Quant à Indra Mahadéva, après qu'il 
fiit arrivé au palais, il s'assit auprès de la princesse; tiba- 
tiba màsuq làlu dtidu([Il entra subitement et puis il s'assit; 
makka làlu dipeloq dan ditijumna selùruh tûbohna II em- 
brassa et baisa tout son corps; 

makka Dèvva ïndera itupun menembah làlu tùrun 
Or Devd Indra s inclina, puis descendit 



DES VEIIBES. 591 

berdiri hainpir lanà dan pàsir. 
et se mit auprès du sésame et du sable- 

sûrat suddah làlu kapadda lànatii'ia La lettre a passé 
dans ses mains. 

Observons une différence qu'il y a entre ces auxiliaires 
du passé ; c'est que telah n'est proprement que verbe sub- 
stantif ou auxiliaire, sans avoir d'autres dérivés que l'ad- 
verbe 2s\Jùv setelah Après que, lorsque, — tandis que 
suddah, hàbis et làlu ont des sig;nifîcations particulières 
et ne sont auxiliaires qu'accidentellement, quoique suddah 
soit très-souvent employé de la sorte. De ces trois mots 

dérivent plusieurs autres, comme (^V^sbA-jy suddahkan 

et 5)^";^ menuddàhi Achever , (j.sb)v_\«A) kasuddàhan 
Accomplissement, fin, ,j^>^v.^a? menhribiskan Ache- 
ver, (j»M«jyA~gJL? penhabîsan Fin, \^j^y<.cun sehàbis En- 
tièrement, ^J^r^ berlàlu, (jJ^U lalùkan , se^J lalùi, 

f%.VLc mellalùi Passer, se pas.^er, traverser, transgresser, 
etc., yj^r^ terlàlu Très, extrêmement. 

93. L affixe ?0 lah est, ce me semble, une abrévia- 
tion du mot telah, analogfue sous ce rapport aux affixes 
ku et mu , formés par le retranchement de la première 
syllabe de àku et kàmu. Il sert principalement à mar- 
quer l'imparfait et le passé simple, souvent aussi le pré- 
sent, quelquefois même le futur, et s'emploie particuliè- 
ment avec l'impératif, dont il sera question plus tard. Il 
se joint au verbe, mais peut également se mettre après 
un autre mot, quoique le verbe, qu'il doit accompagner 
comme auxiliaire, se trouve dans la proposition. Ou le 
joint aux auxiliaires suddah et hàbis, mais pa*< à telah; 



592 GRAMMAIRE MALAIE. 

si ce dernier est mis, l'affixe lah se place après le verbe. 
Cependant il redonde, lorsqu'il accompagne un de ces 
auxiliaires; Voyez les exemples donnés ci-dessus. Em- 
ployé dans une proposition où il n'y a pas de verbe, l'af- 
fixe lah change quelquefois en verbe le mot qu'il suit ; 
mais ordinairement il signifie alors Etre ou devenir. De 
cette signification d'être parait dériver celle qui fait re- 
garder lah comme emphatique ou explétif, ce qui, certes, 
il est parfois. Exemples: 

berbâliqlah îja kanegerîna II retourna dans son pays; 
berbârinlah ija dibàwah pôhon kàju II se coucha au-des- 
sous d'un arbre; bàtan kàju samuvvàna terbàkarlah Tous 
les troncs d'arbres furent brûlés; makka Abdu-llah ànaq 
Salâm pun addâlah hâdlir dihadàpan rasûl padda hàri 
âhad Or Abdullah le fils de Salàm était en présence du 
prophète le premrer jour (de la semaine) ; anganlah àku 
Je refuse mon consentement; men^artîlah kàmi biini sûrat 
îtu Nous comprenons le contenu de la lettre; padda hàri 
îni mâsuqlah îja derripadda savvàtu pintu itu , makka esoq 
kaluwarlah îja derripadda pintu jan làjin Aujourd'hui il 
entre à une porte, et demain il sort de l'autre porte; kàlo 
baggîtu matîlah hamba Si c'est ainsi, je mourrai; segàla 
bûwah-buwâhan diàtur ôranlah Les gens servirent toutes 
sortes de fruits; dàrah pun bànaqlah timpa kabûmi Beau- 
coup de sang coula à terre; katogôranlah ôran negerî îtu 
Les habitans de ce pays furent avertis; pandanlah II de- 
vint long ; besarlah II devint grand ; termashùrlah II devint 
très-célèbre; dàwuhlah II fut loin; suddahlah C'est assez; 
itûlah rùmah hamba C'est là ma maison; akûlah ânaq 
ràda Je suis le fils d'un roi; hambàlah jan menûruh ber- 



DES VERBES. 593 

bajîki mesdid dan bàlai-bàlai C'est moi qui ai ordonné de 
construire des mosquées et des caravanserais ; makka dàdi 
hairànlah hambaOr je fus étonné; deraiki'janlah appabila 
înan-înan mendenar suwàra lakilàki Les choses en étaient 
là, quand les nourrices entendirent la voix d'un homme; 
kàrana sànatlah kakurànan kapadda kitaderri 

Parce que il est extrême le manque à moi de 
ôbat bedil îtu. 

poudre à canon , car le poudre à canon me manque 
extrêmement. 

ijàlah jan diterbankan ôleh meraq 

C'était lui qui fut emporte' en volant par le paon 
emas îtu , dan ijàlah jan berdàlan didàlam hûtan beban- 
dor , et c'était lui qui marcha dans les bois du de- 
tàra saôran dirîùa. 

sert tout seul, — c'était lui que le paon d'or emporta 
en volant, et c'était lui qui marcha tout seul dans les bois 
du désert. 

jàlah tiihanku ankaulah jan men^atahùi O Seigneur, 
c'est toi qui connais (toutes choses). 

94. Pour exprimer un passé prochain , on se sert d'ad- 
verbes, comme de A^^ bahàru Nouvellement, dernière- 
ment, récemment, QjXS-^xu P^-Q^ bahàru sakàran, «-^^-i 
tahàdi ou oo tàdi, ^^^ f^^ bahàru tahàdi, qui sig- 
nifient tous. Il n'y a qu'un instant, tout-à-1 heure, etc. 
Exemples: ija bahàru hàbis màkan II vient de manger; 
kapaddamûlah bahàru kudenar habar isterîku àkan sa- 
kàran îni C'est de toi que tout-à-l'heure je viens d'enten- 
dre une nouvelle de mon épouse, c'est de toi que je 
reçois la première nouvelle de mon épouse; hamba suddah 



594 GRAMMAinE MALAIE. 

màkan tahâcli Je viens de manger; ijàlah tahâdi dàtan 
menhantar pâtik kamàri II vient d'arriver pour m'accoui- 
pag-ner ici ; sijapâkah teman tûwan berkatakâta tahàdi 
îniQui est le camarade avec lequel vous vous entreteniez 
tantôt ? 

95. En parlant des pronoms, nous avons déjà donné 
plusieurs exemples du verbe, employé dans le sens du 
futur, Voyez 77; cet emploi a lieu principalement, si le 
verbe est précédé d'un des préfixes pronominaux ku et 
kau , ou du préfixe di , dont il sera bientôt question. Mais 
il a également lieu pour les formes du verbe avec d'autres 
préfixes, et il se trouve de longs passages au futur, où 
rien n'indique que les verbes le doivent marquer, si ce 
u'est le sens dans lequel il faut prendre la phrase entière. 
Les derniers des trois exemples suivans appartiennent à 
des prophéties, l'une relative à Daggiàl, l'antechrist des 
Mohammédans , et l'autre à une terrible famine et séche- 
resse causées par Gog et Magog, les Jagiouge et Ma- 
giouge des Mohammédans ; c'est seulement l'idée attachée 
à ces prophéties , qui fait qu'on peut les entendre dans 
leur vrai sens. 

bâran sijàpa bài'iaq menebutkan maut dan men'înatkan 
qubûr, makka tatkàla îja didàlam qubûr, makka allah 
mendadîkan qubûr îtu paddàna sawàtu kebun derripadda 
segàla kebun surga; danbàran sijàpa jan alpa derripadda 
maut, dan tijàda men^inatkan qubûr, makka tatkàla îja 
màti , didadîkan allah taàla qubûr îtu sawàtu gûwah der- 
ripadda segàla gûwah nàraka Quiconque parle beaucoup 
de la mort et pense au tom])eau , au temps qu'il sera dans 
le tombeau , Dieu fera pour lui le tombeau un jardin des 



I)KS VKUBES- 595 

jardins du ciel; et quiconque est insouciant au sujet de 
la mort, et ne pense pas au tombeau, au temps qu'il sera 
mort Dieu le plus haut fera le tombeau un antre des 
antres de l'enfer. 

makka Dadàl pun làri, makka berkàta 'Isa : hai bùmi 
tankap olelimu àkan kaki Dadàl itu; makka bùmi îtu 
mennankap kaki Dadàl sahinga lûtutna tertànam kabùmi. 
setelah îtu makka dipùkul ôleli nabi allah Isa kapàla 
Dadàl îtu denan tonkatna, kaiùwarlah ùtaqna berpantà- 
ran derri hîdonna , makka làlu matîlah Dadàl îtu — Da- 
dàl alors s'enfuira, et Jésus dira: ô terre, saisis les pieds 
de Dadàl; et la terre saisira les pieds de Dadàl jusqu'à 
ses genoux, qui seront enfonces dans la terre. Après 
cela Jésus le prophète de Dieu frappera la tête de Dadàl 
avec son bâton, que son cerveau sortira en jaillissant de 
son nez, et là-dessus Dadàl mourra. 

makka hàbislah segàla ajer talàga dan àjer sûnai jan 
tàwar dimînumiia oleh Jàdîid wa. Màdùd îtu; tijadàlah 
tingal làgi derripadda àjer tàwar bàran sedikit diiwapun, 
sekalîan hàbis dimînumna; kerin àjer làwut, satîtik pun 
tijàda làgi tingal; dan segàla îsi làwut samuwàna hàbis 
dimàkanna, dan segàla bùwah buwàhan pun hàbis dimà- 
kanna derripadda segàla dénis , jan mànis dan jan màsam, 
jan lemaq dan jan pàhit; dan dénis îsi bùmi dan îsi làwut 
tijàda tingal làgi, hàbis samuwàna dimàkanna Et toutes 
les eaux des puits seront épuisées, et les eaux douces des 
rivières seront bues parGog et Magog; il ne restera plus 
de l'eau douce quelque peu que ce soit, tout sera bu; 
desséchée sera l'eau de la mer , pas une goutte n'en res- 



596 GRAMMAIRE MALAIE. 

teia ; et tous les habitans de la mer , tous seront tle'vorés, 
et tous les fruits de toutes sortes seront dévorés, les doux 
et les aig-res, les sucrés et les amers; et les espèces des 
habitans de la terre et des habitans de la mer , rien n'eu 
restera plus, tout sera dévoré. 

Les manières de rendre le futur par des auxiliaires, 
sont en parti plus vag^ues encore, que celles que nous 
avons vues s'employer pour le passé. Ce sont la pré- 
position (^J f âkan Pour , à , l'adverbe <w^w kelaq Pré- 
sentement, à l'instant, sous peu, et les verbes 0»c\Âib 
hendaq ou handaq Vouloir , désirer , j^^^ màwu Vouloir , 
désirer, ^5^J bôleh Pouvoir, et v-^Â3 nanti Attendre, 
dont le dernier cependant ne s'emploie que rarement par 
écrit. Tous ces auxiliaires sont également en usage sous 
leur signification propre , de sorte que le sens d'une pro- 
position avec les verbes auxiliaires est souvent très-peu 
déterminé , tandis que le futur formé avec kelaq et âkan 
est plus précis. Ce dernier, àkan, mis devant un verbe, 
marque proprement l'infinitif, et s'il est régime d'un verbe 
qui le précède, le malai l'emploie de la même manière, 
que nous employons dans nos langues les prépositions 
pour et à dans des phrases telles que II va pour faire , 
il cherche à faire. Mais pour exprimer le futur, le 
malai joint cet infinitif immédiatement au sujet, sans le 
faire dépendre d'un autre verbe. On dit par conséquent 
en malai il à faire pour il fera. Quelquefois on sous- 
entend le verbe substantif après àkan; quelquefois celui-ci 
se met dans une proposition conditionelle, au lieu de 
marquer le futur. Les différentes manières de rendre ce 



DES VERBES. 597 

dernier servent aussi bien pour le futur prochain que pour 
le futur eloig-né. Exemples: 

jan telah làlu dan jan àkan dàtan Ce qui est passé et 
ce qui viendra ; tijàda àku àkan terîma îtu Je n'accepterai 
pas cela ; tijadàlah pàtik àkan men'ambil Je n'accepterai 
pas; appakàla tùwanku àkan men'ankat Quand monseig- 
neur partira-t-il ? quand partirez- vous? kamâna ankau 
pergi Où iras-tu ? makka ijàlah àkan suwàmi tùwan pu- 
terî Or il sera l'époux de la princesse; appâtali àkan bi- 
târa kâmu sekalian ? Quel sera votre conseil ? 

dikka denan liipa àtau bebal îja àkan berkata- 

Si par oubli ou étourdcrîe il venait à hahil- 

kâta. 
1er (pendant la prière). 

betappa tàkut menesal kelaq ankau! 

Combien , je crains, tu te repentiras bientôt! 

àkan suwàmi padùka ànaqda itiilah kelaq 

Quant à t époux de l'illustre enfant , celui-là devien- 
mendàdi ràda segàla àlam dunjà îni. 
dra roi de tout l'univers de ce inonde. 

appàtah kelaq dadiïia anakanda îtu ? 

Que maintenant deviendra V enfant royal? 

îja kelaq dàtan, kelaq îja dàtan, Il viendra maintenant. 

senistàja matîlah kelaq bêta Certainement je serai bien- 
tôt tué. 

hamba hendafj mentahàri kalankàpan 

Je m'en vais chercher (me procurer) les choses 
ànaqku àkan beristerî. 

nécessaires à majille pour devenir épouse, (pour les 
noces de majille). 



598 GRAMMAIRE MALAIE. 

men'înatkan ôran biita ïan hendaq dàtuh 

Averlir un homme aveugle qui allait tomber 
katalàg'a. 

dans un puits, (tout comme en allemand: der in einen 
Brunnen J'allen irollte). 

sàja màvvu berdâlan Je suis sur le point d'aller; bôleh 
hamba bel i J'achèterai; bôleh hamba mûvvatkan Je char- 
gerai; nanti hamba dàtan Je viendrai, je viendrai bien- 
tôt; ankau nanti bagg-îna âkan dewa Tu seras pour lui 
une divinité; nanti hamba serû din J'évoquerai un mau- 
vais génie. 

96. Le malai ne distingue pas toujours l'actif du passif 
d'une manière suffisamment précise; le même mot est 
quelquefois actif et passif selon les circonstances, sans 
qu'on ait besoin de distinction particulière. C'est ainsi 
que ankat Lever, adopter, est actif dans les mots bàpa 
ankat Le père qui adopte , et passif dans ânaq ankat Un 
enfant adopté. 

Nous avons vu ci-dessus (41), que des mots formés 
avec le préfixe ber répondent quelquefois à nos participes 
passifs; précédés de adda, suddali ou d'autres auxiliaires 
ils expriment les temps composés des verbes qui , en mar- 
quant un état, ont dans plusieurs de nos langues les mêmes 
formes que le passif; comme ^^^f ôbah et ^i^r^^ berô- 
bah Altérer, adda berôbah Est altéré, suddah berôbah 
A été altéré; ôran jan tijâda bersunnat Un homme qui 
n'est pas circoncis, de sunnat Circoncision. 

97. Mais ce sont les préfixes /i ter et O di ou de, 
qui marquent proprement le passif, quoique la manière 
de les emploier ne soit pas la même. Les mots formés 



DES VERBES. 



599 



avec ter expriment le participe passif, et se mettent en 
construction avec les verbes auxiliaires, que cependant on 
sous-entend assez souvent; Voyez 42. Exemples: men- 
'ambil ànaq ôran terbùwan ôleh ibùna Recueillir des en- 
fans exposés par leurs mères; gedon bahàru belom adda 
terbûka Le nouveau magasin n'est pas encore ouvert ; der- 
ham jan suddah terbùwan L'argent qui a été perdu , dé- 
pensé en vain; tîga bùwah peràhu suddah terbùwan Trois 
navires ont échoué; àjer mata jan terbiiwan Des larmes 
qui furent versées; dàjan sekalîan îtupun tertànan-tànan 
dan termanumânu Toutes les filles furent étonnées et dé- 
concertées; rùmah îtu hàbislah terpangan La maison fut 
entièrement brûlée; dikka terpiikul bàlur sedikitS'il de- 
vait être frappé d'un châtiment léger, s'il devait être 
châtié légèrement ; sebab itûlah hamba terkenna A cause 
de cela je fus frappé, atteint, j'essuyai une perte; ôran 
jan tergagàhi Un homme qui est opprimé. 

Quelquefois le verbe précédé de ter et suivi de la pré- 
position ôleh Par, s'emploie pour l'actif de la même ma- 
nière que le verbe avec le préfixe di , (Voyez ci-dessous), 
comme makka terlihat ôlehna Nunc visum est pe?' eum , 
or fut vu par lui, pour dire II vit; hamha terâdar ôleh 
gurûku, ou aussi ôleh gurûku tepà(lar hamba Je suis en- 
seigné par mon guide religieux , mon guide religieux m'a 
appris. 

98. Le préfixe O di ou de sert à former non seulement 
le participe, mais aussi selon les circonstances tous les 
temps et modes du passif, sans demander l'emploi d'un 

verbe auxiliaire, qu'on ne trouve que rarement; of adda 
surtout , ne paraît jamais servir d'auxiliaire devant le pré- 



600 GRAMMAIRE MALAIE. 

fixe di. Cependant les mots pre'ce'des de di, prennent 
fre'quemment l'affixe lah, principalement lorsqu'ils doivent 
marquer l'imparfait ou le passe simple. 

Par une construction qui est très en usag-e, on met le 
passif formé avec di à la place de l'actif et devant le sujet 
de ce dernier , qu'on fait précéder alors de la préposition 
a^jjj) ôleh Par. C'est ainsi qu'au lieu de dire ràda denar- 
lah Le roi entendit , on dit didenar ôleh râda II fut en- 
tendu par le roi. Cependant on omet très-souvent la 
préposition ôleh, et l'on dit par conséquent didenar râda 
pour Le roi entendit; omission qui a lieu surtout, lorsque 
le pronom de la troisième personne représente le sujet 
de l'actif, qu'on exprime alors par l'affixe pronominal 
(A) na, comme didenarna à la place de didenar ôlelina II 
fut entendu par lui , elle etc. pour II , elle entendit. Cette 
construction s'étend même aux verbes neutres, comme di- 
dâlaniia II fut allé par lui, il alla. 

N'oublions pas, que l'affixe pronominal peut marquer 
aussi le sujet du passif, que par conséquent dibûnuhna 
signifie non seulement Est tué par lui, fut tué par lui etc 
c'est-à-dire II tue, il tua etc. mais encore II est tué, il fut 
tué etc. 

On fait particulièrement usage du verbe précédé de di 
pour le second membre d'une phrase _, qui contient le 
même verbe que le premier membre , mais avec une es- 
pèce d'antithèse. 

Il se trouve des phrases , où le verbe formé avec di , 
semble par son régime prendre une signification entière- 
ment active, comme dans l'exemple suivant: dikka digà- 
gah ôran âkan dija Si des gens le contraignent, si on le 



DES VERBES. 601 

contraint. Mais il faut prendre ici digàgah dans le sens 
d'un verbe impersonnel et traduire u s il est usé de con- 
trainte (par) des gens envers lui." En malai on aurait 
pu tourner aussi la phrase et dire: dikka îja digàgali 
ôleh ôran S'il est contraint par des gens. Plusieurs ex- 
emples seront donnés ci-dessous, où il faut recourir au 
même expédient. 

11 y a cependant des cas où nos langues n'offrent pas 
de moyen de mettre en harmonie la construction malaie 
avec la nôtre. Tel semble être l'exemple suivant: <likka 
gûgur ija àtau digiigurkan kudàna àkan dija S'il tombe 
ou qu'il soit jeté (par) son cheval , — ou que son cheval 
l'ait jeté à terre. 

L'usage varié du préfixe di deviendra clair par les ex- 
emples suivans , où il se trouve employé pour le participe 
et les différens temps de l'indicatif; d'autres exemples de 
son emploi seront donnés plus tard , lorsqu'il sera question 
des autres modes. 

diîrinkan ôleh padùka adenda Suivi de sa chère soeur. 

addàkah ankau mellihat isterîku Sîta Dêwi dilarîkau 
ôran N'as-tu pas vu mon épouse Sîta Dêvî qu'on a en- 
levée ? 

bahùwa anganlah àku derripadda meiiembah berhâla 
jan diperbùwat mànusija Car je refuse d'adorer des ido- 
les qui ont été faites (par) des hommes. 

seperti dipàgut ùlar rasàna Comme mordus (par) un 
serpent leur sensation , ils éprouvaient une sensation com- 
me s'ils étaient mordus par un serpent. 

karbau hamba ditahàni ôleh ôran îtu Mes buffles sont 
détenus par cet homme. 

39 



G02 CRAniMAIRE IVIALAIE. 

seperti ânaq ketil j'an diiilitkan ôleli înan pen'àsoh Com- 
me un petit enfant qui est bercé par la nourrice. 

adda dùga jan dihàrapùa il y a quelqu'un sur lequel 
il compte. 

dikaliivvarkan ôraii On tira dehors. 

makka men'alùvvarkan dij'a derripadda karadàanna pad- 
da bàraii sijàpa jan d ikahendakina , dan dimulijàkanna 
akan bàran sijàpa jan dikahendakîna, dan dibinasàkanna 
baggi bàran sijàpa jan dikahendakîna denan tànan qode- 
ratna Or il (Dieu) fait sortir de son royaume chacun qu'il 
lui plaît, et honore chacun qu'il lui plaît, et détruit cha- 
cun qu'il lui plaît avec la main de sa puissance. 

nien appàkah makka kîta dibû«luk seperti kaânaq^anà- 
kan ketil Pourquoi sommes nous cajolés comme de petits 
enfans ? 

addàkah telàna makka sànat diàmat'amâti ôleh tùwan 
Sont-ils ses défauts pour que très-attentivement (elle) soit 
regardée par vous ? a-t-elle des défauts qui vous la font 
regarder si attentivement ? 

diper'âmat'amatinàlah biina îtu Elle regarda attentive- 
ment la fleur. 

appabîla ôran lakilàki memmandan padda isterîna dan 
dipandan isterî kapaddàna Lorsque le mari regarde sa 
femme et que la femme regarde le mari. 

jan menniliq dan jan ditîliq Qui favorise et qui est 
favorisé. 

jan berbûwat dan jan diperbùvvat Celui qui agit et ce- 
lui sur lequel il est agi, l'agent et le patient. 

dikka màti jan memmerî àtau jan diberî Si le donateur 
ou le donataire est décédé. 



DES VEHBFS- (Î03 

diperankanna oleh segàla pahlinvân II fut attaqué par 
tous les guerriers. 

makka disiirulina oleh ràda Or ils reçurent Tordre par 
le roi. 

sekalîanùa dipersembahkan kapadda nabî Un Eux tous 
furent donne's en présent au prophète. 

adda ampat ôran dipùkulna 11 y eut quatre personnes 
frappées par lui, il frappa quatre personnes. 

diperbajikîna bàran jan tijàda bàjik 11 rétablit tout ce 
qui n'était pas bon. 

wan diberîna II donna de l'arg-ent. 

bansî dipùputna 11 joua de la flûte. 

ditankapna oran II saisit l'homme. 

makka dibetidîna dàda làwanna Or il visa droit à la 
poitrine de son adversaire. 

kàrana ija dikeraskan allah ta'àla Parce que Dieu le 
plus haut l'a affermi. 

pàtik îni disûruhkan oleh tûwanku J'ai été chargé par 
mon maître. 

hamba dipùkulna dan arta hamba dirampasna II me 
frappa et enleva mes biens. 

diambilna negerî kita II prit notre ville. 

jan diserû dan men^àman Qui criait et menaçait. 

diùlit-ûlitna diàtas lùtutna Elle le berçait sur ses genoux. 

kàrana kàmi dianjàja oleh oran itu Parce que nous 
étions opprimés par ces gens-là. 

diampuniûàlah dosàna II leur pardonna leurs offenses. 

gon ràda îtupun dipàlu oranlah àkan alàmat baginda 
berankat Alors on battit le gong royal en signe que sa 
majesté avait commencé sa marche. 

39. 



604 GUAMMAIRE MALAIE. 

làlu (liîriiskanûàlali kapadda tiiboh tûwan puterî Puis 
il aspergea (de l'eau de rose) le corps de la princesse. 

makka disambûti manterî îtu sûrat itu derripaddâiiaEt 
le conseiller reçut de lui la lettre. 

telah didadikan II a été cre'é. 

setelah suddah dilihatna Lorsqu'ils eurent reg-ardé. 

nistâja disiksa allah àkan dij'a Certainement Dieu le 
punira. 

bâran sijàpa memmûnuh ôraij deijau tijàda sebenar 
haqna nistâja disiksa allah denan àpi nâraka jan àmat 
hànat Chacun qui tue un homme, n'étant pas juste son 
droit (sans en avoir réellement le droit) sera certainement 
puni (par) Dieu avec le feu de l'enfer le plus chaud. 

tijâda diampun rà(la àkan dikau Le roi ne te pardon- 
nera pas. 

dikulilin ôleli perampûvvan terlàlu âmat bànaq II était 
entouré d'un nombre prodigieux de femmes. 

Dans ce dernier exemple di précède l'adverbe kulilin 
Autour, à l'entour , adverbe d'où viennent les verbes men- 
^ulilin et men^ulilinkan Entourer, faire le tour de. Il 
paraît donc (jue l'adverbe kulilin est aussi verbe, ayant 
les significations de men^ulilin j ou que le préfixe di peut 
quelquefois changer en verbe un autre mot, tout comme 
les préfixes men , ber et per. 

Des exemples de cet emploi de di devant les adjectifs et 
adverbes ne sont pas rares, où ceux-ci font fonction du 
verbe passif sans être rendus verbes par un des affixes 
kan ou i ; et l'on met ou omet ces affixes arbitrairement 
comme dans l'exemple suivant : 

tumbaqna dilintanna {ou dilintankanna) diàtas kudàna 



DES VERBES. - 605 

Ils posèrent leurs piques en travers sur les chevaux, de 
lintan De travers, en travers, pose' transversalement. 

99. L'impératif est exprimé par le verbe simple, ou 
par le verbe formé avec un des affixes kan ou i, mais 
très-rarement par le verbe formé avec un préfixe. L'im- 
pératif prend fréqueniinent Taffixe lah , qui n'ajoute rien 
à sa sig;nification. Xe se distinguant de l'indicatif ni par 
la forme , ni par la place qu'il occupe dans la proposition, 
il faut lui joindre un pronom toutes les fois, que le sens 
de la phrase n'indique pas déjà suffisamment le mode dont 
il s'agit. On met donc soit le préfixe kau devant l'im- 
pératif, soit un des pronoms de la seconde personne après 
l'impératif, et ces pronoms peuvent être précédés encore 
de la préposition ôieh Par, employée sans doute pour 
lever toute sorte d ambiguité. ~ C'est ainsi que bùwat ou 
bûwatlah Fais, peut prendre le préfixe kau, kaubùwat, 
kaubûwatlah Fais , ou se faire suivTe d'un pronom , mais 
rarement de l'affixe pronominal mu , bùwat ou bûwatlah 
ankau , kàmu , bùwatmu , Fais^ ou avec ôleh, bûwat ou 
bûwatlah ôlelimu Fais, (fais par toi) 5 bûwat tûwan ham- 
ba, bûwat ôleh tûwan hamba Faites monsieur, madame 
etc. Les pronoms de la seconde personne ne se mettent 
que rarement devant l'impératif. 

Pour exprimer l'impératif de la première personne du 
pluriel on met un pronom de celle-ci devant le verbe, et 
le mot nU? mari Viens, venez, ici, allons, devant le pronom. 

Voici quelques exemples de l'impératif: 

tankap denan hidopna bàwa kamàri Prenez-le vivant 
et amenez-le ici. 



606 GRAMMAIRE MALAIE. 

dan kaubavvàlah ânaqmu sertâmu Et amenez votre en- 
fant avec vous. 

kaukatàlah kapadda marîka îtu dànan îja tâkut Dites 
à ces gens qu'ils ne craig'nent rien. 

bânuidah tûwan ajù adenda Eveillez-vous ô ma bieu- 
aime'e. 

perg-îlah kâmu kapadda utiisan jan dàtan îtu Allez vers 
l'envoyé qui arrive. 

liai manterî pergi ankau bâwa ôlehmu utûsan îtu màsuq 
kadâlam negerî O conseiller, allez, conduisez l'envoyé 
en entrant dans la ville. 

kamàna ankau hendaq pergi pergîlah ankau Où tu veux 
aller, va-t-en. 

hai ânaqku berdirîlah ankau O mon fils lève-toi- 

makka kàta ràda Iskander katàkanlah kapadda qaum 
îtu dànan marîka' îtu sàjan àkan perbuwâtan îtu Or le roi 
Alexandre dit: dis à ce peuple qu'ils ne se soucient pas 
de cet ouvrage. 

kambalilali kàmu kapadda qaum , katàkan kapadda 
marika iivi katàku îni Retournez à (votre) peuple, dites- 
leur mes paroles. 

bahinva bàran sijàpa derripadda seg-àla hamba allah, 
jan adda keiil derripaddàmu, addàmu bapàna , dan bàran 
sijàpa derripadda segàla hamba allali , jan adda b