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Full text of "Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompeï dans l'année 1812"

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DESCRIPTION 



DES 



TOMBEAUX DE POMPEI 



DESCRIPTION 

DES TOMBEAUX 

QUI ONT ETE DECOUVERTS A POMPEÏ 

DANS l'année i8i2. 

PAR LE CHEVALIER 

A. L. M I L L I N 

JIEMBRE DE LA LEGION d' HONNEUR ET DE l' INSTITUT 
IMPERIAL DE FRANCE , MEMBRE HONORAIRE DE 

l'académie royale de naples etc. 

DEDIEE 

A SA MAJESTÉ 

LA REINE DES DEUX SICILES. 



NAPLES 

DE L'IMPRIMERIE ROYALE 

i8i3. 



Naples 23. Mars i8i3, 
A SA MAJESTÉ 

LA REIXE DES DEUX SICILES. 



TTSaS 



aille 



lorsque Sa Majesté le ROI ^ repondant 
à rappel de S.M. l'Empereur^ Son Auguste 
Frère y est allé cueillir de nouveaux lau- 
riers. Pendant que Sa valeur brillante 
excitoit r admiration des braves ^ que sa 
bonté lui assuroit l'amour de Varmée , 
que sa loiauté le faisoit respecter des 
ennemis , et que son humanité lui atti- 



voit Vestlmc du monde ^ vous suppor- 
tiez les fatigues de V administration , et 
vous avez montre quelle est la puissan^ 
ce de la grâce et de la raison. Les 
fouilles de Ponipeï ont offert à Votre 
Majesté un agréable et noble délasse- 
ment. Docile aux désirs de son aima- 
hle Souveraine , cette terre classique a 
produit des monumens importuns , f ai 
essayé de les faire connoitre ^ et Votre 
Majesté a daigné agréer Vhommage de 
ma description. C'est une ancienne cou- 
tume , particulière à Vltalie ^ et qui re- 
monte aux premiers tems de sa gloire lit- 
téraire ^ de célébrer les époques mémora- 
bles , par tous les genres de littérature . On 
doit à cet usage la publication de mo- 
numens curieux , et de pièces intéres- 
santes qui seroient restés ignorés . Quel 
moment plus heureux pouvois je choisir^ 
Madame^ pour faire paroitre la descri- 
ption des monumens qui ont été découverts^ 
pendant la régence de Votre Majesté î 
Tout le royaume semble réuni pour célé- 
brer le jour de la naissance de ses Souve- 



rains hien aimés. La jeunesse Napolitaine^ 
à la voix du Monarque qui la gouverne 
en sage et qui la commande en héros ^ 
est animée du feu qui a produit , dans 
ces contrées fameuses , des guerriers si 
vantés. Elle suivra bientôt les pas dhm 
jeune Achille , pourquoi des Ajax et des 
Diomedes ne sortiroient ils pas de ses rangs. 
Tout retentit de cris d^allegresse ! Per- 
mettez-moi , Madame , dhinir aussi mes 
voeux à ceux de vos sujets fidèles . Ils 
sont liés par le serment et le devoir 5 
comme ils sont attachés par l^amour 5 à 
votre personne sacrée ^ je suis guidé par 
la reconnoissance . Je dois aux hontes 
du Roi 5 Vaccueil distingué que fai reçu 
dans ses états et le succès de mes re- 
cherches . Les témoignages d^ estime , dont 
il mUa honoré , les encourra gemens flat- 
teurs que votre Majesté a daigné me don- 
ner , en sont déjà la recompense . 

J'ai rhonneur d'être membre de Villu^ 
stre Académie royale qui succède à celle 
d^ Herculanum ^ et j^ai cherché à m^ associer 
plus intimement à ses travaux , en trai- 



tant un des sujets qui sont soumis à ses 
doctes discussiojis : fai voulu laisser , dans 
un royaume^ d'oïl f emporte tant de sou- 
venirs 5 un tribut de mes foihles talens . 
Si mon hommage est agreahle à votre 
Majesté je retourne en France 5 avec plus 
de désir de terminer les ouvrages que j^ai 
préparés : puissent ils m^assurer toujours 
son Auguste protection. 
Je suis avec respect 



1 1 6aaaivi6 
De Votre Majesté 



Le très humble et très obéissant serviteur , 
Le Chevalier A. L. Millin. 



î 
DESCRIPTION 

DES TOMBEAUX 

QUI ONT ÉTÉ DECOUVERTS A POMPEI 
DANS l' année 1812. 



xL n'y a point d'événement plus re- 
marquable dans r histoire des grandes 
révolutions du globe et des phénomè- 
nes physiques , dont les hommes ont 
pu conserver la mémoire que la destru- 
ction d'Herculanum et de Ponipeï ; il 
n'y a pas non plus d'époque plus im- 
portante 5 pour Tetude de l'antiquité , 
que celle de la résurrection de ces deux 
villes. Après avoir été ensevelies 5 pen- 
dant dix sept siècles , elles reparoissent; 
comme si elles avoient été enveloppées 
dans la lave ou conservées sous la cen- 
dre 5 pour nous apprendre un jour à 
mieux connoitre l'architecture des an- 
ciens , à nous former une idée plus 
exacte de leurs progrés dans lapeintu- 

I 



2 

re et nous révéler enfin des particu- 
larités relatives à leurs usages publics 
et à leurs habitudes privées. L'amélio- 
ration du goût, pour la décoration des 
maisons et la fabrication des meubles , 
a été un des heureux résultats de cette 
découverte et on ne peut meconnoitre 
Tinfluence qu'elle a exercée , dans tout 
ce qui tient à Tart du dessin, (i) On 
doit donc la plus vive reconnoissance 
aux Souverains qui ont entrepris et 
continué ces fouilles , et à l'ilîustre 
Académie qui a donné de savantes ex- 
plications des précieux monumens qu'el» 
les ont produits. 

(i) Si Ton veut comparer la forme des meubles, 
les bordures des tentures et des tapis , les broderies 
des vetemens et des dentelles , les peintures des por- 
celaines , les gi-avures des cristaux , les ciselures des 
vases de bronze ou d'argent , avec les ouvrages du 
même genre qui ont été faits avant la dernière moi* 
tié du siècle qui vient de s'écouler , on suit aisément 
les progrès de la révolution que la publication des 
monumens d' Herculanum et de Pompcï , et celle des 
peintures des vases , appelles étrusques , ont opérée 
daas le goût et le style du dessin . 



5 

Les troubles civils avoient fait inter^ 
rompre les fouilles de Pompeï, elles ont 
été reprises avec une nouvelle activité. 
On veut aujourdhui connoitre reten- 
due de la ville 5 avant d'entreprendre de 
la découvrir entièrement, et on a com- 
mencé à creuser autour de ses murail- 
les. Quand son enceinte sera dégagée 
on suivra ses différentes rues , et on 
pénétrera dans les maisons dont elles 
sont bordées ; il restera encore à ouvrir 
les chemins qui conduisoient aux por- 
tes ^ pour offrir à la curiosité les mai- 
sons de campagne qui etoient hors de 
la ville 5 et reproduire les tombeaux 
que les anciens placoient ordinairement 
sur le bord des routes (2). Cette der- 



(-2) Ceux que Ton rencontre sur la via Appîa 
depuis Rome jusqu'à Naples attestent encore au voya- 
geur Tantiquité de cet usage . M. LaLruzzi a de&siné 
plusieurs de ces tomteaux , et en a publié an recueil» 
La coutume de placer ainsi les tombeaux avoit uno 
origine morale , celle de rappeller Tidëe de la fi-agilité de 
la vie , et le souvenir de la mort . Sic Monumenta quae 
în Sepulchreis : et ideo secunduni viam j quo praçtç-^ 



nîere opération avoit été commencée 
sous Tancien gouvernement ^ et on lui 
devoit la découverte de la grande por- 
te de Pompeï et d'une partie de la vo- 
ie consulaire par la quelle on y arri- 
voit de Naples et de Rome. Ces fouilles 
avoient déjà fait paroi tre la belle mai- 
son de Campagne de M. Arrius Diome- 
des 5 et les gracieux hémicycles (3) qui 
ont été imités si heureusement dans nos 
jardins (4) . Les fragmens précieux de 
chapiteaux , de frises , de corniches qui 
ont été découverts annoncent qu'il y 
avoit sur cette route des aedicules (5) 
et des tombeaux richement décorés : on 
y remarque en effet celui de la famille 
Arria et celui de la prêtresse Mammia 
dans le lieu qu'un décret des Decurions 

reunteis adnoneant , et se fuisse et illos esse morta^ 
leis . Varro de Ling. Latin. V. 6. 

(3) Bancs demi-circulaires. 

(4) Tels sont ceux des gazons du jardin dans le 
palais de Tuileries. 

(5) Des petits temples. 



5 

lui avoit assigné pour sa sépulture (6), 
Ces découvertes en promettoient de nou- 
yelles , et celle des tombeaux dont je 
donne la description est le résultat des 
fouilles, qui se poursuivent avec autant 
d'intelligence que de zèle, et d'activité. 
Les premiers ouvriers continuent un tra- 
vail nécessaire à leur existence , mais 
on vient de leur adjoindre deux cent 
sapeurs dont la vigueur reçoit une nou- 
velle application: après avoir percé tant 
de mines, et ouvert tant de tranchées 
pour forcer des villes à se rendre , ces 
braves soldats s'étonnent d'en voir sortir 
une des cendres dont ils la dégagent. 

Les deux premiers tombeaux que je 
décris , se touchent , et n'ont d'autre 
séparation qu'un mur mitojen :^ la plan- 
che première en représente le plan, la 
coupe et l'ensemble. M. Catel (y) les 

(6) Voyez les Descriptions de Pompeï par MM. 
Gaelano d'Ancora , et Rouianelli. 

(7) M. François Catel , peintre liaLile , né à 
Berlin , m' a accompagné dans mes voyages en Cala- 



6 

a dessines de rdevation que les cen- 
dres 5 qu'on rejette sur l'autre cote de la 
route on produite; on peut prendre ainsi 
une idée de la profondeur de la fouille^* 
On distingue pi. I. les sinuosités du sen- 
tier par lequel les travailleurs portent les 
cendres. Les regards de celui qui est 
place sur cette hauteur parcourent la 
voie consulaire ^ que le char de Ciceron 
a du fouler tant de fois 5 quand il etoit 
à son Pompe ianum ; ils embrassent les 
curieux inonumens que je viens d'indi- 
quer; ils s'arrêtent avec tristesse sur les 
torrens de cendre dont une ville en- 
tière a été couverte. L'imagination se re- 
trace tous les desastres qui eurent lieu 
dans cette fatale journée et ce souvenir 
porte l'ame à la mélancolie y mais elle 

bre 5 sur les côtes , dans les golplies , et les isles de- 
puis le cap Misene jusqu'à Reggio j et dans une par- 
tie des Abruzzes , et au lac Fucin . Pai un riche por- 
tefeuille composé des dessins qu' il a faits , et que je 
me propose de publier. Cet estimable artiste est à pré- 
sent à Rome, où il s'oceupe à terminer des ouvrages 
qui le mettront au rang des plus célèbres paysagistes- 



7 
en est agréablement distraite par la vue 

des pampres suspendus à de sveltes et 
elei2;ants peupliers , et qui forment d'a- 
greables guirlandes . Les ceps vigoureux^ 
doiit Factivité des sels volcaniques fa- 
vorise le développement , mettent à 
l'abri des rayons du soleil et on jouit 
des charmes toujours nouveaux que pré- 
sente Taspect du golphe de Naples , de- 
puis le délicieux promontoire des Si- 
rènes jusqu'au cap auquel le trompette 
d'AEne'e a laissé son nom. 

Le premier de ces tombeaux pi. L n. i 
est carré il est entouré d'un mur et déco- 
ré de bas reliefs pi. IIL n. i. et 2., la porte 
de l'enceinte est élevée par le trottoir et 
par un haut gradin au dessus de la voi^ 
publique; elle est ornée d'un bas relief 
pi. IIL n. 5. Le mur est couvert d'un stuc 
semblable à celui dont la plupart dc^ 
monumens de Pompeï sont si agréable- 
ment crépis ^ la Plinthe est peinte en 
rouge, le stuc, sur le reste de la Surface 
est moulé en compartimens qui donnent 
au mur l'apparence d'avoir été bâti avec 



8 

des pierres de tailles. Les lignes qui 
marquent les séparations sont triples et 
Fornement qui règne à la partie supé- 
rieure forme une frise. 

L'entrée n*est pas derrière comme 
celle du tombeau voisin pi L n. 2. 4- ^t 
selon l'usage ordinaire; elle est sur le 
cote pi. L n. 3. On y monte par deux 
marches et on pénètre dans une petite 
pièce carrée. On remarque dans les trois 
murs qui sont en face et sur les cotes 
quatre niches destinées a recevoir des 
urnes ; il n'j a que deux niches du cote 
de l'entrée , parce que la porte, quoi- 
qu'elle soit très petite j occupe la place 
de celles du milieu. Au centre de la pièce 
n. I. 3. est un pilier carré qui soutient le 
toit de l'édifice , ce pilier est percé en 
arcades sur chaque face et on vojoit , 
par ces ouvertures, l'urne principale qui 
etoit au milieu. Toutes les urnes ont éiè 
enlevées ^ on a seulement trouvé dans 
les niches , où elles dévoient être pla- 
cées, des fragmens d'os brûlés, et une 
petite lampe de terre cuite. Il j a plu- 



9 

sieurs preuves, d'une pareille spoliation 

clans quelques tombeaux 5 et quelques 
maisons de Pompeï. 

Le toit est comjiose' de pierres pla- 
tes , posées Tune sur l'autre , et gra- 
duellement plus étroites. Leur ensem- 
ble forme un escalier de trois mar- 
ches, sur chaque face^ la troisième mar- 
che porte une base carrée un peu éle- 
vée , sur la quelle il y avoit probable- 
ment une statue. On découvre encore, 
sur cette base , quelques vestiges des 
fîiîures de stuc dont elle étoit ornée. 
Les traits de jambes d'hommes et d'a- 
nimaux qui subsitent annoncent qu'on 
y avoit représenté une chasse, à peu-près 
du même genre que celle dont je don- 
ne le dessin pi. III. n. 2. 

Les bas reliefs qui décorent ces monu- 
ments pi. II. et m. doivent a présent 
nous occuper. Celui qui est sur la face 
même du tombeau carré est partagé en 
deux plans ^ le premier pi. III. n. i. ré- 
présente des combats de gladiateurs ; le 
second, n. 2. un autre combat aussi bar- 



10 

bare , auquel on donnoit le nom de 
chasse (S^., par ce qu'il avoit lieu entre 
des hommes et des animaux. 

Le premier bas relief n. i. est compo- 
se de douze figures distribue'es en six 
paires (9). Celui qui avoit la direction 
des jeux devoit appareiller les combat- 
tans, d'après la considération de leur âge, 
de leurs forces 5 et de leur habileté 5 
chaque gladiateur a en effet ici son ad- 
versaire . Au dessus de chaque paire 
on lit des inscriptions qui ont été tra- 
ce'es avec un pinceau , selon l'usage 
dont on rémarque beaucoup d'autres 
exemples à Pompeï (10)5 et qui subsiste 

(g) Vcnatio . 

(9) Varia. Les Auteurs ont toujoui's employé ce 
mot pour désigner deux adversaires . Cladiatoruin 
par nohilissimurn inducitur. Cicero de optcni. gêner, 
orat. c. 6. 

(10) Monseigneur Rosini Evêque de Pouzzoles, 
et président de la classe d' histoire et d'Antiquités de 
FAcadeniie Roj'ale a fait figurer les plus importantes 
avec une extrême fidélité et les a savament expliquées, 
dans la première partie de la belle dissertation qui 
sert d' introduction à rédition des manuscrits d'Hex- 



II 

encore à Napîes (ii). Les inscriptions 
de Pompeï sont quelquefois tracées 
avec du noir 5 souvent aussi avec du 
rouge : ici les lettres sont noires. 

Tous les gladiateurs sont à pied , à 
l'exception de la première paire qui est 
à cheval. Ciceron (12) fait mention de 
ces gladiateurs 5 et Isidore leur assigne 
le premier rang (i5). Juste Lipse (i4) 

culanum . Dissertatlo Isagogica ad Herculanenslam 
voluminiim cxplanationem ^ lygj.fol. Ouvrage qui fait 
tant admirer Té tendue de son ei'udition , et la solidité 
de sa critique: on éprouve de justes regi-ets qu'il n'en 
ait pas encore donné la seconde partie. 

(11) Les prohibitions, les permissions , les avis 
de toute espèce étoient , sous l'ancien gouvei'nement , 
traces sur les murs, en lettres cursives, avec un pinceau 
et en couleur rouge . On en trouA'e encore plusieurs 
qui sont absolument dans le genre des inscriptions de 
Pompeï . 

(l'i) Qui tamen qiio tcmpore conspeclus crat , non 
modo gUidiatores ^ sed equi ipsL gladlatoniin repentinis 
sibilis extimescebant . Ciger. pro Sextio c. 5g. 

(i3) Gênera gladiatorum plura^ quorum primum 
ludus equcstrium . Isidor. Etyniol. XVIII , 53. 

(i4) Suturnal Sermon. II , ii. 



12 

et Ferrarius (i5) prétendent qu'on les 
appelîoit Aîidahatae (i6). Cependant ^ 
malgré la torture que ces auteurs ont 
donnée aux passages des anciens dont 
ils s'appuient, ils n'en citent aucun qui 
confirme ce qu'ils avancent. Il y avoit 
en effet des gladiateurs nommés Anda- 
hatae : ils portoient des casques sans 
ouvertures dont leur tête étoit complè- 
tement couverte (17) et ils combat-^ 

( 1 5) De Gladiatorihus in Polen Supplem. ad GrjET 
Thesaur. p. 826. 

(16) Ils dérivent ce mot du grec àtci^ilhui monter. 
Il est vrai que le mot Andabata , ou Anahata étoit 
en usage chez les Grecs \ mais il designoit un guerrier 
qui étoit à cheval ou dans un char, ce dernier se nom- 
moit aussi Parabata. Les Athéniens élevèrent un autel 
à Demetrius Poliorcetes , sous le nom de Zeus Cata- 
hâtes , c'est à dire Jupiter descensor dans le lieu ou ce 
prince descendit de son char après avoir vaincu les» 
ennemis ; mais tout cela ne prouve pas que les Ro-^ 
mains donnassent le nom ^ Andabatœ aux gladiateurs 
qui comhattoient à cheval. 

(17) Varron avoit composé une Satyre sur la 
folie des hommes , et leur aveuglement * Elle étoit 
intitulée Andabatae . NoNirs in Luscios II. n. 5i3. 
en rapporte quelques fragraens . 



i5 

toient les uns contre les antres sans se 
voir réciproquement. Ces gladiateurs dé- 
voient être desespècci» de grotesques d'un 
ordre inférieur aux autres (i8). Leurs 
vaines tentatives pour se rencontrer, leurs 
coups perdus dans l'air amusoient les 
spectateurs (19) ; aucun auteur ancien ne 
dit qu'ils combatissent a clicval. Si cet 
usage a jamais existé, le bas relief que je 
décris prouve au moins qu'il n'a pas été 
constant dans tous les tems et dans tous 
les lieux, car la visière du casque des gla- 
diateurs, qui sont sous nos jeux, ne paroit 

(18) Facciolati dans son excellent Dictionnaire 
IraJuit seulement le mot Andabata par ces expressions 
combattente alla cîeca , c'est à dire dans le language 
\iilgaire français combattant à V avevglete ^ et il cite 
les passages des auteurs Latins , ou il pn est question; 
puis , mais en s'appuyant sur l'autoriU; seule de Juste 
Lipse , il ajoute cette explication gladiateur qui com- 
bat à clicUal a\>ec le front et les yeux couverts. Fer- 
rarius n\i fait que copier Juste Lipse. 

(19) Il existe dans nos villages de France un jeu 
rruel , dans lequel des hommes, qui ont les yeux Lan- 
des et la main arm^'c d'un fort Laton , cherchent à 
frapper un malheureux oiseau , ou un pauvre lièvre 
Suspendus a un poteau. 



pas même fermée : la manière dont l'un 
d'eux est tourné pourroit laisser quelque 
doute sur ce point 5 mais le visage de 
l'autre est absolument découvert. 

Nous n'avons pas besoin de réproduire 
le mot Andahatae y sur lequel nous n'a- 
vons 5 dans le sens qu'on lui a donné , 
aucun témoignage 5 pour savoir comment 
on nommoit les gladiateurs a cheval . 
Isidore (20) et la belle inscription qui est 
sur le mur extérieur de l'église de la Tri- 
nité a Vcnouse (21) nous apprennent po- 
sitivement qu'on les appelloit Equités. 

(20) Dans le passage cité plus haut note i3 il 
appelle les combats de gladiateurs à cheval Ludus 
E<fuestnuni , et non pas Ludus Andabataruni . 

(21) C est une pierre tumulaire, qui contient la 
liste des gladiateiu-s qui composoient la troupe ( Fami- 
lial de Salvius Capiton. Ils y sont distribués en plusieurs 
classes , parmi lesquelles est celle des Equités. Voyez 
pag. 19 note 35 ce monument a été publié par Fabret- 
Ti Inscript, domest. cap. L n. 202 , et réproduit der- 
nièrement par Monseigneur Lupoli dans son Iter 
\enus. p. 33o. Il n'existe plus que la première partie 
de cette inscription , car j'ai vainement cherché la 
seconde à la place que Monseigneur Lupoli a indiquée* 



i5 
Le bas relief de Pompeï est le seul 
monument que je connoisse sur lequel 
on voye des gladiateurs a cheval. 

Ces combattans ont des lances ^ ils por- 
tent un petit bouclier rond Ç'j.2^^qui con- 
\enoit particulièrement aux gens achevai^ 
parcequ'il ètoit plus léger que le scu- 
tum: au milieu de ce bouclier ^ qui de- 
Yoit être de cuir ou tissu avec du bois 
flexible 5 et recouvert de peau y est un 
rond de métal , et le bord en est égale- 
ment garni. Le vêtement de ces gla- 
diateurs est léger 5 il se compose seu- 
lement d'une courte tunique et d'une 
petite Chlamjde , les bras de Tun d'eux 
paroissent couverts de bandes de métal , 
qui sont placées de manière à ne point 
oter à rétoffe , sur laquelle elles sont 
fixées 5 la possibilité de suivre les mou- 
vemens que le désir de l'attaque et le 
besoin de la défense rendent nécessai- 
res. On rémarque les mêmes bandes à 
d'autres figures de gladiateurs ^ sur ces 

(22) Par ma. 



iG 
bas reliefs et sur d'autres monumôils 
que j'aurai occasion de citer. 

La victoire n'est point encore décidée^ 
cependant la vivacité impétueuse de ce- 
lui qui a le bras droit levé semble la 
lui assurer: il va poursuivre son adver- 
saire dont l'attitude paroit indiquer qu'il 
veut se dérober par la fuite au coup 
dont il est menace. 

Au dessus de chacun des combatlans 
est une inscription (23) ^ celle qui est à 
gauche, à cote du gladiateur qui paroit 
près de sa défaite pi. ÏII. n. i. est ainsi 
conçue BEBRYX lYL. XY. Y. je l'in- 
tcrprete BEBRYX IVUensis XY. YlclL 
Bebrjx Frejulien ( ou Frioulien ) a 
vaincu quinze fois. 

Bebrjx est un nom de pays; il indi- 
que' la Bebrjcie contrée célèbre dans 
l'antique histoire de l'Asie. Amjcus qui 
périt sous le ceste de Pollux, après 
l'avoir osé defîer 5 étoit 5 selon les poètes 

(23) J"ai pris moi même des calques de ces in-«^ 
scriptions , et ces calques ont tté réduits ayec soiu et 
avec exactitude siu- le dessin. 



^^7 
qui ont chante rexpo'dition des xVrgo- 

iiaules (2^) 5 roi des Bebrjciens. Les 
liûbitans de cette contrée étoient renom- 
mes pour la force de leur corps et pour 
leur adresse dan:* les exercices s^ymnas- 
tiques. Le gladiateur , appelle Lebrjx ^ 
n'étoit pourtant pas né dans la Bel^rjxie, 
puisque la même inscription lui assigne 
une autre patrie. Peut être prenoit il ce 
nom du pajs d*où il tiroit son origine , 
comme font encore aujourd'liui les Jiom- 
mes d'une basse condition (sS) et les 
saltimbanques (26). Tous les gladiateurs 
appelles Tliraccs n'étoient pas, pour cela^ 
nés dans laThrace, on les nommoit ainsi 
parce qu'ils portoient un petit bouclier 
rond (27) et une epée récourbée (28) 
à l'usage des Tliraces : il en étoit de 
même des Mjrmillons qu' on appelloit 

(^4) Apollon. Rhod. Argonaut. II , 3. \ALEn. 
Flàcc. Arg. IV, 261 , 9.90. 

(^5) Lrs laquais s'a])p'llent Champagne, Berri, ce. 
(^.G) Le Saxon , le Provençal , le CalaLrois etc. 
(9.^) Par ma. 
(a 8) Ilurpé. 



i8 

raulois (29)5 non parce qu'ils venoient 
tous des gaules , mais parce qu'ils por- 
toient une armure gauloise. On pourroit 
croire que les gladiateurs à chew al ^ équi- 
tés^ avoient aussi le nom de Bebrjciens, 
à cause de leurs armure , dont ce monu- 
ment conserve la représentation 3 mais le 
nom denobills^ qui est celui de l'adver- 
saire de Bebrjx s'oppose à celte expli- 
cation. Sans aller cliercher si loin , nous 
avons des preuves que ce nom de pajs 
étoit devenu, comme tant d'autres (So), 
tin nom propre 3 l'Epitaphe d'un esclave, 
qui se lit dans un nombreux colombai- 
re (3i) de la voie de Praeneste nous 
en offre un exemple (32). 

Les lettres IVL qui viennent après 
me paroissent être les initiales du mot 



(29) Mazocchi in Inscript, mut il. Amphitheatr. 
Capuan. IV , ly. 

(30) Il y a en France des gens qui s'appellent 
Bourguignon , Lyonnois , etc. 

(3i) Tombeau appelle ainsi a cause de la forme 
des niches ou on placoit les urnes. 

(32) MuRATORi MDGCLXXXIV. 4o. 



^9 

lYhiensis . Ce mot semble ne pouvoir 

designer qu'un habitant cfun lieu qui 
reconuoissoit Jules Caesar pour fonda- 
teur et il devoit toujours être joint au 
premier nom de ce lieu , car sa,ns cela, 
il ne peut recevoir d'application. Aucun 
auteur ne produit le mot JuUensis em- 
ployé isolement; je crois cependant en 
avoir trouvé des exemples dans les in- 
scriptions. IMuratori a publié (33) des ta- 
bles très curieuses , à cause de la nomen- 
clature des pays d'où venoient les soldats 
dont les noms y sont inscrits: on y lit 
le mot IVAN peut être est ce le même 
que celui lYLIA, qui est sur un autre 
fragment, que le savant abbé Marini a 
donne depuis (34). Il pense que IVLIA 
peut designer le JuUacum des Yibiens^ 
mais puisque nous trouvons dans nos in- 
scriptions les mots IVL et FOR IVLI, 
mis à coté l'un de l'autre , ne pouvons 

(33) Id. MDL, 5. et MCDLXXXIII , i3. 

(34) Jtti de i frutelU Ar\^ali p. 32 4- il a aussi 
reproduit avec jdus d'exactitude ks tables qui avoicnt 
été publiées par Muratori. 



nonspas conclure que la ville tte Frejus^ 
ou celle de Fiioul, ont été quelques fois 
désigne'es }3ar le mot lYLlA , et ses ha- 
bitans appelle.? IVLicnses ^ sans qu'on fît 
précéder ce mot de celui FORVIVI . La 
manière , dont le nom du pays de l'ad- 
versaire de Eebrjx est écrit me paroit 
favorable à cette explication . 

Les lettres XY. Y. doivent désigner 
le nombre des victoires remportées par 
Bebrjx. Cette formule est répétée dans 
chaque inscription ^ et j'y ai cherché 
vainement une autre explicatioïi . Si on 
adopte celle ci on lèvera, peut être, une 
grande obscurité dans la belle inscri- 
ption de Ycnouse (35). 

(35) Elle est partagée en plusieurs divisions 
par les mots Equités , Traces , Myrmillones , Veilles , 
Oplomachi , Samnites , Retuirii , Scissores , GalU , 
qui désignent les différentes classes de gladiateurs de 
cette trouppe. Le nom des gladiateurs est souvent ac- 
compagné des initiales cVun autre mot, dont Fabretti 
et Monseigneur Lupoli ne donnent point l'explication: 
peut être indique-til le pays du gladiateur. Le nom- 
tre qui suit est celui de ses victoires ; le mot viciû 
est designé par la lettre > renversée ] enfin , dans k 



21 

Au dessus de l'autre combaltaut on 
lit distinctement NOBIL FOR IV XIL 
Cette inscription donne Texplication de 
quelques mots de la précédente , et el- 
le en reçoit aussi quelques clairtés. La 
lettre V. ( Vieil ) manque , mais le mot 
FOR IVL fait voir que, dans les autres, 
les lettres lYL doivent s'expliquer par 
lYUensis pour FOROlVLIEiNSIS, Fre- 
julien ou Frioulien. On ne peut décider 
aisément cette question , cependant , 
comme on sait que la Gaule fournissoit 
beaucoup de gladiateurs , je croirois plus- 
tôt que ceux qui sont ici fîgure's ëtoient 
Frejuliens que Friouliens. Quoi qu'il en 
soit Frejus ou le Frioul procuroient 

Uovnîere colonne on voit un T ou un nombre: la let- 
tre T doit signifier, comme chacun l'explique, Tiro ap- 
prentif , et le nombre celui des années que le gladia- 
teur a passé dans la Iroiippe. D'a])rès ma conjecture, on 
peut donc expliquer ainsi les passages suivans SECVN- 
DVS POMP II >■ II. Secundus de Pompei a i'aincu deux 
fois, et sert depuis deux ans. DORYS PIS VI > IIII 
Dorjs de Vesaro a vaincu six fois , et a servi quatre 
ans. HILARIO ARR XII > VIII Hilario d'Arian» 
a vaincu sept fois , et a iervi huit uns etc. 



22 

alofs d'abondantes recrues aux trouppes 
{Familiae^ de Gladiateurs ^ car a la re'- 
serve d'un seul, dont la patrie n'est pas 
clairement indiquée tous sont du même 
pays, Forum Juin . Nous devons lire ici 
NOBILÏS FORO IVUensis Xïl Vicit . 
Nohills F rejulien ou FriouUen a vaincu doU' 
ze fois. Le nombre des victoires de Nobilis 
n'est pas assez éloigné de celui que Bebrjx 
a 1 emportées 5 pour qu'il ne puisse se 
mesurer avec lui, et en obtenir encore 
une nouTclle. Il n'est point étrange que 
ce gladiateur ait été nommé Nohilis. Le 
retiairc que Fon voit, dans une célèbre 
mosaïque de la villa Albani, tomber sous 
les coups d'un myrmillon appelle Ma- 
ternus a le nom à'ÎIahilis (36) , qui n'est 
pas plus extraordinnaire que celui de 
Nohilis, 

Les combattans de la paire suivante 
ont les jambes couvertes de lames de 
métal , et leur corps est ceint d'autres 
lames de la même matière. Ils s'ap- 

(36) WI^KELM:AN^ Monument, ined, mma. 197* 



2^ 

pli i ont sur un bouclier cambre qui a la 
forme du scutum des Romains. Sa gran- 
deur le rendoit capable de couvrir le 
combattant, quand il s'agenouilloit der- 
rière, attitude que prenuoient quelques 
fois les soldats , et aussi les gladiateurs. 
On sait qu'en joignant ces boucliers 
les uns contre les autres, on formoit une 
espèce de toit articulé ^ impénétrable 
à la cavalerie, et propre à l'attaque des 
places ; parceque les pierres et les tor- 
ches enflammées rouloient dessus. Les 
Romains donnoient à cette reunion de 
boucliers le nom de tortue , parceque 
les soldats y etoient a couvert, comme 
cet ampliibie l'est sous sa carapace . 

Ces deux gladiateurs se préparent à 
combatre , et ils regardent avec un ge- 
ste qui annonce la surprise et l'admira- 
tion les deux gladiateurs à cheval. 

Les inscriptions qu'on lit au dessus 
de cette paire sont moins bien con- 
servées que les précédentes. 11 ne reste 
de la première que l' indication de la 
patrie du gladiateur , et du nombre de 



ses vîetoîres. IVL. XY. Ce frejulien ou 
frioulien a vaincu quinze fois , car la 
position des lettres ne permet pas de 
les séparer 5 et de lire X. Yicit 5 a vaincu 
dix fois- 

Le nom de l'autre gladiateur est 
aussi perdu . Gomme les deux lettres qui 
subsistent occupent la place où sont les 
mots qui indiquent la patrie ^ on peut 
présumer qu'elle ont la même signiiîca- 
tion . Peut être ce gladiateur etoit il 
espagnol , et ces deux leltres IB sont 
elles les initiales du mot IBerus . Dans 
r inscription de la villa Albani un des 
gladiateurs est appelle Hispanus (^7) 5 
et Iberus pouyoit être également devenu 
un nom propre^ ainsi l'Espagne fournis- 
soit aussi des hommes qui se vouoient 
à cette profession. L'autre gladiateur, 
déjà vainqueur dans quinze combats^doit 
attaquer un dangereux adversaire , puis- 
que 5 d'après l'inscription XXX. V.5 celui 
ci a vaincu trente fois. 

(37) Vitale Inscrizioni Alhan. 



25 



Les paires qui suivent sont pins rap- 
prochées et les inscriptions n'ont pas été 
placées comme les précédentes , faute 
d'espace. Elles sont absolument cifacées 
et nous pouvons juger , d'après celles 
ci , que les lettres , au lieu d'être 
sur une même ligiie en ovxupoient une 
seconde. Ctlles-ci appartiennent à une 
paire de gladiateurs, dont l'un est griè- 
vement blessé, puisque son sang coule 
sur l'arène. L'autre a fléchi le genouil 
et élève la main gauche. Ce gladiateur 
demande- t'il la vie , ou attend il au 
contraire ^ avec fermeté , le coup que 
son adversaire va lui porter? Ce n'étoit 
point en fléchissant les genoux , c'étoit 
en déposant les armes (38) que le 
vaincu avouoit sa défaite ; c'étoit par 
des prières , des larmes et des suppli- 

(3B) CcUe manière de s'avouer vaincu s'appclloit 
submittcre arma . Çuid ego istum ad\>er5anum mihi 
ussumam ? Statini arma submillcl : non opus est in 
illum tota potentia mea , lac^i coniniinationc pelletur, 
Sekec. de provid. III. 



26 

cations (^59) qu'il clierchoit à atten- 
drir le peuple (4o) 5 pour obtenir la 
vie , en se tournant vers lui ^ souvent 
même de l'extrémité de Tarêne (^^i^^et^ 
comme ce malheureux ne pouvoit pas tou^ 
jours être entendu, il levoit un doit en 
l'air (4^) 5 pour montrer qu'il demandoit 
grâce (45). C'est ce que semble faire ce 

(39) Quas ego illius preces , quas pertinaccs Iti- 
ciynias , qnam tniserahileni obùestationeiiL vidi ! nemo 
unquam sic roga\it missionem . Quintil. Declam. X, 
m g lad. 9. 

(40) Cela s'appelloit provocifre q,d populum, ap-r 
peller au peuple. No7^ faciam quod victi soient , ut 
provocoîu ad populum . Sejseca Epist. CVIII. 

(4i) Nec populum exti'emâ toties exorct arenâ. 

HoRAT. Epist. I , 6. 

(4^) C'est à Toccaslop de cet Hémistiche 

Vigituin exere peccas . 
î) Sortez le doit vous êtes vaincu. )> Le Scholiaste expli- 
que ainsi ce passage : Dlgito sublato , ostende te vi- 
ctum esse a vitiis. Tractuni a gladiatoribus qui victi. 
ostensione digiti et veniam populo postulabant . 

(43) Cette grâce s'appelloit miWo ,( renvoi ) et 
l'action de la demander , rogave missionem , Supra 
note 3g. 



2? 
gladiateur en élevant la main gauche ^ et 

ce Las lelief confirme un usage que nous 
ne connoissioris cjue par une remarque 
d'un schoîiasle des Satyres de Perse. 

Les arts qui dépendent du dessin ne 
peuvent exprimer qu'un seul moment dans 
une action^ nous ignorons quel sera le 
succès de la soumission de ce gladiateur. 
Si le combat n'est point sans renvoi (44)? 
ce qui arrivoit quelque fois, et ne peut être 
ici, car ce gladiateur n'auroit rien à de- 
mander, sa grâce dejicnd du caprice du 
peuple , puisque l' Empereur ne peut être 
présent (4^) , ou de la volonté de son 

(If) Sine missione , ce qu'on rend en franco îs 
par rexpression populaire sans rémission . C'est à la 
coutume de donner des jeux sans renvoi, que Florus 
fait allusion d'une manière si noble en parlant de 
Sparlacus : » El comme i-1 convenoit , sous un gladla- 
» teur devenu général , on combattit sans reni>oi « . Et 
(jiiod snh gladiatore duce oportidt , sine niissione pU" 
gnatum est. Flor, III, 20. Auguste avoit défendu les 
combats de gladiateurs sans renvoi . Suet. in Octav» 
XLV. 

(p) D'api-ès l'edit dont je viens de parler , il 
n'est pas étonnant que la présence d'Auguste ait sullS 



maître (4^) * mais il ne doit rien attendre 
de la pitié de son adversaire (47)5 ain- 
si ce ne peut être lui qu'il sollicite . 
L'amour qu'il témoigne pour la vie ëtoit 
regardé comme une lâcheté , et produi- 
soit souvent un effet contraire à celui 
que les vaincus esperoient (48). Le peu- 
ple prenoit lui même parti contre les 

pour sauver la vie au glacUaleur vaincu . C'est à ce 
genre de grâce qu'Ovide fait une heureuse allusion ; 

Caesaris ad^^entu iutd gladiator arènà. 

£xit , et auxiUuni non lua^e vultus habet. 
De Ponto II , VIII, 4^' 

(46) Mittunt etiain vulneribus confecti ad do- 
tnlnos , qui quaerant quid velint : si satis his facturn 
sit y se velLe decumbere . Cicer. Tusc. II, ij. 

(47) Un, gladiateur vaincu daiK les jeux qu on 
celebi'oit à Nicomedie , pour le jour de la naissance 
de Caracalla , vint impl&rer de lui son renvoi. „ Sors 
„ lui repondit il , et va demander grâce à ton adver- 
„ saire. » Dion, in Caracall. LXXVII , 11. C'étoit 
renvoyer à la mort ])ar une atroce plaisanterie , puis- 
que cet adversaire cetoit jws le maître de lui accor- 
der la vie. 

(4B) Etenim si in gladiatoriis pugnis, timidos et 
supplices , et ut wiverc liceat obsecrantes , etiam odisse 
sole/nus : fortes et animosos et se acriter ipsos morti 
afférentes scrvarL cupimus. Cicero pro Milon. à\. 



29 

timides (49) î aussi les exemples de cet- 
te foiblesse étoient ils très rares (5o) . 
Les gladiateurs valeureux s'opposoient 
il la pitié des spectateurs ^ ils sem- 
bloient regarder comme légères ^ les 
blessures graves dont ils étoient couverts 
et refusoient le renvoi (5i). C etoit 
même par un courageux desespoir qu'ils 
vouloient exciter Tinteret (52) ^ sans 
s'inquiéter si le peuple cachoit le pou- 
ce (53), pour indiquer qu'il desiroit les 

(^9) Çiiid gîadiatoribus , quare populus irascitur, 
ft tam inique ^ nt injuriam putet quocl non Ubenter pe- 
reunt. Contemni se judicat et vultu , gestu , ardore de 
spcctatore in adversacium vertitur. Skneca de ira I. 

(5o) Quis mcdiocris gladiator non modo stetit y 
verwn ctiarn decubuit tuipitcr ? quis cum decubuisset 
fcrrum jussus recipcre colLuin contraxit. Gicer. Tuscul, 
II, 17. 

(5i) Quaeris quid inter duos intersit ? quod in- 
ter gladiatores foriisùmos, quorum alter premit vulnuSy 
et stat in gradu : attcr rcspiciens ad clamantem po- 
pulum ^ signifient nihil esse, et intercedi non patitur^ 
SiiNEC. de constant, sapient. 16. 

(Sa) Siipra noie 49 1 ^i' 

(53) Pour sauver le gladiateur vaincu il falloit 
tourner la main de mauicrg quç le pouce U\ caché » 



5d 
sauver ^ ils se jettoient en furieux sur 
celui qui les avoit blessés 5 et si cette 
audace ne leur conservoit pas toujours 
la vie^ elle leur faisoit^ au moins^ quel» 

rdevation clti pouce c\o'tl au contraire \c signe de sa 
mort. 

Mimera mine ediint , et verso pollice vulgi 

Çuem. Ubet occidunt populariter. 

Juve:v. Satjf. III , 36. 
Ce signe meritoit Lien le nom à'iufestus que les- 
anciens donnoient au pouce dans cette occasio7i. Apul* 
Met. II. p. 16. edit. deîphin. on disoit aussi infaiistuSy 
comme on le voit par ce vers d'uu ancien poète anonyme. 

SU licet , infausto pollice , turha minax . 
S'il avoit fallu compter les pouces levés , comme on 
compte les mains dans une assemblée délibérante , 
l'opération eut été difficile \ ruais chez un peuple aussi 
avide de spectacles et aussi passioné que Tetoient les 
Romains les cris de la multitude , ses applaudissemens 
ou ses menaces dévoient suffisament annoncer sa faveur 
ou sa colei-e. Chacun prenoit parti dans ces jeux , et , 
si Ton eu croit Prudence , les vestales elles mêmes 
ne craignoieut pas de donner ce signe affreux. 

Pectusque jacentis 

Vlrgo modcsta jiihet converso pollice rumpi. 

PnuD. contra Sjtnniach. W ^ *097* 
il y avoit cependant des cas ou le peuple devoit se 
partagei" d'opinion , et dans les quels le signe deve-- 



3i 

ques fois ressaisir la victoire (54). Lors 
mémo que le triomphe étoit impossible, 
quand le renvoi n' étoit pas spontané- 
ment prononcé, ils aimoient mieux tom- 
ber sur l'arène que de paroilre timides. 
Pourque leur chute fut honorable , ils 
.dévoient être étendus sur le dos (v55) 
et 5 alîn de terminer leurs soufrances, 
ils présentoicnt , sans détourner le vi- 
sage, la place ou le vainqueur avoit in- 
diqué qu'ils dévoient recevoir le fer (56). 
C'est ainsi que quelques lampes anti- 
ques réprésentent des gladiateurs mou- 
rants (57) que les curieuses mosaïques 
de la villa Albani nous font voir Kalen- 

nolt douteux nous ignorons si ccUe inccrlitude doit 
favorable au vaincu. 

(54) Quinque retiarli , quî tôt idem sccutoribus 
succubuerunt^ cumque occidi jubcrentur , unus , resum- 
pta fascina , otiincs victores interernit. Suet. in Cali- 
gul. 3o. 

(55) Cela s'appelloit decunihere . Voyez p. 2f). 
note 5o. et infra net. 56. 

(d6) ÇluLs cum docu})uIsset , Jnssus reciperc /en- 
runi colluin contraxit suprà not. 54- 
(5-) Luccrn. dErcolano pi. VIII. 



52 

dio qui tombe sous les coups d'Astjana- 
ax (58) . Maternus reçoit moins no- 
blement le fer d'Habilis (^9) . Sur les 
anciens monumens de l'art les guerriers 
mourants sont ordinairement figuras ap- 
puyés sur un seul (60) genouil^ ou ayant 
fleclîi les deux (61) ensemble : les morts 
sont représentes couchés (62), ou étendus 
sur le dos , dans la poussière (63). L'au- 

(58) WinkelmAkn. Monument, inédit, n. 197. 
("»9) Jbid. n. 198. 

(60) Voyez les nombreuses pierres gravées qui 
réprésentent des guerriers blessés. Galerie mythologique 
CLX , 601 , CXXXIX ,610. 

(61) TjJée est figuré ainsi plusie?.irs fois sur les 
pierres gravées. Lanzi Saggio de Lirig. Etrusc. II. 
VIII. , 9. WiNKELMAHN Monuiueut. luedit. 107. Gale- 
rie rnythol. CXLjSog ainsi que Capanée, Lanzi IX, 7. 
et plus autres guerriers- Galerie niythol.lï ^ VIII, 10. 

(62) Telles sont les pierres gravées qui repré- 
sentent la mort généreuse d'Othryades. 

(63) Voyez les bas reliefs ou on a sculpté la 
jnort des fils de Niobé. Mluseo Pio-Clein. IV, 17. 
Galerie mythologique CXLI , 5 16. Les femmes et les 
amazones font exception, et la décence vouloit qu'on 
les représentât , ayant le visage contre la terre. Voyez; 
le même bas reliefs ou sont les filles de Niobé , et 



35 
tenr de ces sculptures aura lîgurc' ces 
deux gladiateurs vaincus comme il a voit 
vu représenter des guerriers mourants • 
mais leur coutume particulier , et le su- 
jet du bas relief , sont bien suilisans 
pour les faire distinguer . 

La position des inscriptions ne peut 
servir pour rcconnoitre à qui elles ap- 
partiennent ; mais le signe qui termi- 
ne la plus élevée nous l'apprendra. On j 
lit SYS IVL XV M. 0. Les lettres S VS 
sont les dernières du nom du gladiateur^ 
il seroit absurde de vouloir choisir entre 
les noms auxquels elles peuvent conve- 
nir (C4). i^es lettres IVL XY annoncent 

ceux ou sont figurés des combats de grecs et d'Ama- 
zones. Museo Pio-Clement. V , i\. Galerie mjthol, 
CLIX , 5c)j. Il y eu a une fort Lelle répétition dans 
le jardin d'Alripalda près d'Avelliuo. On voit au 
Musée Royal beaucoup de statues qui représentent 
des hommes armés , étendus sur Tarêne , ce ne sont 
pas des gladiateurs mourants , mais des guerriers , 
parmi lesquels il y a aussi des amazones . J'ai les 
^ dessins de quelques unes de ces statues qui sont iné- 
dites. 

(6f) Un des gladiateurs cités dans riuscriplion 

5 



54 
qu'il eloit de FrejuSj comme les autres, 
et qu'il m>oit vaincu quinze fois. Mais que 
signifient les lettres M. 0. que nous n'a* 
vons pas encore rencontrées ? La pre- 
mière ne peut se suppléer en lisant Mis- 
sus (renvoyé) 5 puisque nous allons voir 
que ce gladiateur a perdu la vie dans 
ce combat. Ce doit être l'initiale du 
mot Myrmillo , que Ton trouve ainsi dans 
les listes de gladiateurs (65), et la let- 
tre qui a la forme du theia grec annonce 
que celui-ci ^ après avoir vaincu dans 
quinze autres combats j a trouvé la 
mort dans ce dernier. Cette lettre funè- 
bre 5 initiale du mot ^xyxTSuaïjç mort (66) 
se remarque dan^ plusieurs inscriptions 
^iepulchrales, quoiqu'elles ajent été com- 
posées en latin : on la trouve surtout 
dans celles de la Pannonie (6^) . Ga-i- 
lien dit que 5 dans les denombremenSj el- 

de la villa AlLani &it uomrac Barosus ■. Supra p.- 24 
note 37. 

(65) Supra p. 20 note 35. 

(66) CoRsiîji de sigUs . 

(67) Sroy. MiscclLin. p. 215. 



35 

le ctoit ajoulee aux noms des morts pour 
les distinguer des vivans {6S^ . Probus 
Jious apprend la meine chose (Cj)) , et 
Paul Diacre dit expressément que, dans 
les revues militaires , on mcltoit cette 
lettre auprès des noms des soldats morts^ 
ce qui a encore été remarqué par Rufiii 
(70) . La forme de cette lettre étoit quel- 
ques fois différente, elle etoit couchée, et 
partagée ainsi 0^ dans sa longueur, com- 
me un phi (71)5 on la trouve sur la mo- 
saïque de la villa Albani , ou elle indique 
que Kalendio et Maternus ont perdu la 
vie. Ce n'est pas le seul usage qui ait ét<^ 
commun aux soldats et aux gladiateurs. 
Cet emploi du ihcla a enfin passé dans 
les ouvrages de Biographie et d'histoire 
littéraire , pour indiquer que celui dont 
on écrit la vie , ou dont on rapporte 
les écrits , n'existe plus ^ et pour faire 
distinguer la date de sa mort de celle 

(68) Cité par Spon, 

(69) Jd. 

(70) Id. 

(71) CoLETi notae et si^lue p. 433. 



36 

de sa naissance (72). Il est étonnant que 
Winckclmann (7^) ait pu n'y voir qu'un 
signe d'orlhographe 5 un point pour se- 

(ja) Saxii onomasticon. 

(j3) Non seulement WinckelmAn:!» navoit point 
distingué cette Sigle , à laquelle le savant ALLé Ma- 
RiNi a le premier fait attention, en reproduisant ces 
mosaïques clans ses /itti de i fratelli Arvali p. i65 
mais on n'a point encore expliqué les singulières in- 
scriptions qui les accompagnent et Winckelmann 
n'en dit pas un mot. L'une d'elles a. 197. n'of- 
fre aucime difficulté , l'action est partagée en deux 
scènes , la première représente le comLat à' Astjanax 
et de K.alendio , dont on lit seulement les noms avec 
le funeste auprès du dernier. Dans l'autre scène on 
voit le malheureux Kalendio qui meurt généreusement: 
on lit au dessus ASTIANAX VICIT KALENDIO 0, 
jistjranaT a vaincu , Ys^alendio est mort . L'emploi du 
mot \IC1T autorise mon explication de la lettre V 
dans les inscriptions de Pompeï et de Venousc . Les 
inscri citions de l'autre mosaïque n. 198 sont Lien plus 
longues. Elle est aussi partagée en deux scènes , dans la 
première on lit au dessus des deux combattans MA- 
TERNVS Hx\BILIS : comme ces mots sont intervertis 
dans la seconde scène , il est évident qu'ils désignent 
les deux gladiateurs ; mais que veulent dire ceux-ci , 
écrits au dessus dans la première scène , quibus pu- 
GNANTiBus SimmAchius ferrum MisiT : il est proba* 
ble que ce Symmachiu* etoit le chef de la troup- 



37 
parer les mois ^ comme la feuille de lier- 
re (jui (»st souvent employée à cet usa- 
ge (74)- D'après ce que nous venons d'ex- 



pe , cl qu'il cnvoja le fer c%;sl à dire rcpce , dont 
Tiiii (les deux gladiateurs devoit fiaj)j>er Taulre , dans 
ce combats à outrance , et ce sont ces epées coui'- 
tes , à la romaine , que ces gladiateurs tiennent à 
la main. Dans la seconde scène on voit Malcrnus , ren- 
versé sur \c. ventre au milieu de Tan'-ne par Ilabilis , 
et probaldement le Lanista Svnimaclilus qui tient sa. 
Laguete à la main , et qui semble iuir j)our éviter 
ce spectacle sanglant. Il y a au dessus iSE CO IIAËG 
VIDEMVS , je remplis les deux premiers mots par 
JN E CO/Y/w , et aloi's cela veut dire ne voyons pas cela, 
de près . On lit dans le coin c(;tte acclamation Sim- 
jMAciii Homo Félix Symmuchius homme heureux . 
Cette formule annonce que ce monument a été fait 
dans \in bas tems , Tartiste a probablement voulu 
joindre au nom de Symmacliius , une de ces accla- 
mations de bon augure, dont les monumens nous of- 
frent un grand nombre d'exemples. Au-bas d'une af- 
li(.li(; de jeux de gladiateurs on lit à Pompcï le mot 
Félicitas . Peut être ces deux mosaïques eloient elles 
du nombre des tableaux que Symmacliius e\]>osoit com- 
me font encore les saltimbanques pour faire juger du 
mérite de leur trouppe. 

{j-\) Celle feuille se voit sur la même mosaïque 
après le mot felix , et elle est bien diÛcrçute du $ • 



38 

poser il n'y a pas de doute que cette lettre 
funèbre ne désigne le gladiateur blessé 
et qu'il est mort dans ce combat. Le nom 
du vainqueur subsiste en entier^ les let- 
tres suivantes me paroissent avoir ap- 
partenu a ces mots FO lYL Y, elles 
nous apprennent que cetHippoljtus(75) 
avoit vaincu cinq fois (76). 

(^5) II ne faut pas s'ëtonner do trouver ici Hip-* 
politus au lieu d'Hippolytiis. Les inscriptions relatives 
aux gladiateurs présentent toutes des fautes grossières 
d'ortlio graphe. Sur les mosaïques de la villa Albani , 
que j'ai déjà citées , on lit Astianax pour Astjanax j 
et Simmachius pour Sjmmachius. Sur les pierres de 
Venosa supra p. 20. note 35. TRax pour THRax, OPLo- 
machi pour HOPLomac/ii , Eleuter pour Eleutiiek* 
Il n'est pas suprenant que les noms , portés par 
ces hommes qui étoient de la condition la plus vile , 
aient été dénaturés au point de devenir meconnoissahles; 
nous observons encore aujoui'd'hui des altérations sem- 
blables d'orthographe dans les noms des familles , qui 
sont depuis long tems sans cultui'c et sans éducation. 

(76) On parle toujours avec horreur de l'usage 
des combats de gladiateurs 5 mais nos jeux sont ils 
moins cruels ? Dans le midi de la France le peuple 
court en foule voir des hommes lutter contre les 
taureaux ( Dissertation sur les taiirocatapsies de la 
Thessalie et les ferrudes d'Arles. Magax. Enc^'cL 



39 , 
Le ^rouppc suivant présente moins de 

dillicultes. Les deux combattans ont jette 

leurs boucliers 5 le vainqueur a perdu 

aun- 1809. et /-^oyage dans le midi de la francs 
Tome IV. En Espagne, clans les Taurcodurcs^\vs\\oviX' 
mes combattent contre ces animaux comme dos be- 
stiaires et c'est toujoiu's au taureau que le peuple 
prend intérêt. A Paris le combat du Taureau est une 
boucherie i il a cependant un grand nombre de spec- 
talcars (jui ne sont pas tous d'une basse condllion. Les 
exécutions populaires attirent par tout une foule immense. 
J'ai vu des hommes et des femmes même , aller dans des 
calèches élégantes, assister h un duel à mort, qui 
eut plus de deux mille personnes pour témoins, duel dans 
lequel un homme estimé perdit la vie. C'est le pei'il 
imminent d'une mort funest(! qui fait regarder , avec 
avidité , la danse des batteleurs sur la coi'de et la 
voltige : plus les sauts sont périlleux , plus ils plaisent. 
C'est la certitude que la mort suivroit de près la 
chute qui attire la foule ebaie à Tivoli pour Fascensiou 
de Forioso ou de Madame Saqui , et a la terrible 
expérience du parachute de Garnerin. Otez le dan- 
ger jiersonne ne voudra voir les funambules et les 
saltimbanques. Si ces hommes sont justement de- 
gradés par leur profession , ce ne sont pas au moins 
des malfaitç'urs et des criminels déjà condamnés à 
mort , comme l'etoient d'abord les gladiateurs . On 
est forcé de convenir que rhomme est né avec un pen- 
chant naturel pour ks spectacles barbares , si demain 



4o 

son casque ^ il met une main sur son 
adversaire comme pour lui ordonner de 
recevoir le fer (77)5 dont il va le frapper, 
je ne puis décider si Y inscription qui 
subsiste appartient au vainqueur ou au 
vaincu. On y lit. Q VS IVL YI. 
Quîntus Frcjulicn a vaincu six fois. 

La composition du grouppe qui vient 
après est différente , et les armes dont 
les gladiateurs font usage ne sont pas 
les mêmes. 11 représente un combat en- 
tre deux mjrmillons , chacun est armé 
à!i;^\\ trident. Cela est contraire à ce qui 
nous a été transmis sur les gladiateurs, 
car on sait que le mjrmillon étoit armé 
d'une fourche ou d'un trident , (J'usai^ 
nà) qu'il attaquoit le retiaire qui tenoit 
nn filet (78) ou le Thrace qui a- 
voit un bouclier rond et une epée re- 
çu ouvrolt les arènes , les bancs et les voniitoires 
scroienl pleins. Ne soyons Jonc point des censeurs si 
sévères tlu goût que les Romains avoicnt pour les jeux 
de rAmpliilheatre. 

(jy) Supra. Noie 5o. 

{78) JusïE LirsE Saturn. Ser/n, II, 10. 



4' 

courbée : mais les coutumes ont va- 
rié chez les Romains, selon les tems et 
selon les lieux; et c'est pourquoi la de- 
couverte des monumens nous apprend 
toujours quelques particularités que no- 
us ignorions . Ils enseignent à ne pas 
regarder comme généraux des usages ^ 
qui ont été modifiés par mille circon- 
stances (79). On ne peut rien oppo- 
ser à un fait, les deux adversaires sont 
ici armé$ de tridents. 

(79) C'est précisément TeiTeur dans laquelle tom- 
tcut Ions ceux qui donnent des tiailés sur les moeurs 
et les usages des Homains : ils devroient toujours 
distinguer 1' époque à la quelle les auteurs qu'ils ci- 
tent ont eci-it , et le pays auquel ils appartenoient . 
Pour nous borner aux gladiateurs , les monumens qui 
existûient aux tems de Juste Lipse , et dont il n'a 
fait aucun usage , nous ont appris des particularités 
qui contredisent beaucoup d'assertions que ce grand 
philologue a pi-esentées comme des thèses générales. Il y 
auroit une beau mémoire à faire en reprenant le ca- 
dre de son traité. Pour lui donner plus de méthode, 
il faudroit soumetre les passages qu' il rapporte à une 
nouvelle critique en faisant usage des connoissances 
que la découverte des insci'iptions et des monumens 
Cgui-és nous ont procui'ées. 

6 



A qui des deux appartient Fiiiscription 
NITIMO F IVL V. Les premières lettres 
terminoient u ri nom propre, il n'est pas aisé 
de le remplir. Les mjrmillons, comme Ta 
très bien observé le cejebre INIazocchi (80) 
etoient aussi appelles gaulois , plutôt à 
cause de leur armure que d'après leur 
pajs natal. La terminaison de ce nom 
doit faire penser que celui ci ^ qui a- 
voit vaincu cinq fois , etoit Frcjuîien , 
elle confirme la conjecture qui me porte 
à croire que ces gladiateurs étoient 
frejuliens plustôt qu'à penser qu'ils ve- 
noient du frioul . Les médailles (81) 
çt les inscriptions de l'arc d'orange nous 

(Bo) De Àmphitheatr. IV, in. p. 124. 

(81) Tels que Bucato ^ Aupo ^ C arma no ^ Nin- 
no ^ Crlciro ^ Fadnaio ^ eic. INIiokket. Cat. 1. 85. Ou 
pourvoit croire que ces noms ne sout pas compiets , 
et que V s nianque , parceque on lit sur. les mé- 
dailles Ciamila et GiamiLos , Ninno et Ninnos , 
mais les inscriptions de \ arc d' orange ne laissent 
aucun doute sur la terminaison en o de plusieurs 
noms gaulois : elle etoit d'ailleurs également en usa- 
ge chez les Romains , ou nous trouvons Copito , Ca- 
to , Cicero , etc. 



45 

ont conservé beaucoup de hôms gaulois 
qui iinissent par un o (82), et s'ils ont 
une auLré terminaison , clans les com- 
mentaires de Caesar 5 c'est qu'on les a 
latinises. 

Un des gladiateurs du dernier grouppè 
a laissé tomber son bouclier, action in- 
famante , dans tous les genres de com- 
bats (85). Il semble fuir, pendant que son 
adversaire , armé d'un bouclier qui dimi- 
nue vers son extrémité inférieure (84% 
le suit d'un air menaçant. On lit , au 
dessus , la fin du nom du combattant 
qui se termine en A, ce qui n'est point 
insolite chez les romains (^85). Les let- 

(8î) Ces nortis soiit gî-avc's Sur les bouclrers 
des vaincus , je les ai tous rapportés et figurés clans 
V^tlas de mon uuyage au midi de la France , on y 
lit ïfurno , Tàutobocià , Mario \ c'est ce dernier noJtx 
qui a fait croii-e , contre toutes les règles de lu 
critique et Ce que nous apprend Thistoire de Tart , 
que cet arc avoit été bati en flionnenr de Marius. 

(S3) Rflicta non bene Parmula. 

HoRAT. Od. II , VII , 1 o. 

(84) Infra Note lo'3. 

(83) Mcssala , Sylla , Popma , e Ghba çc. 



44 

très IVL XV nous font voir qne ce fre" 
julien avoit vaincu quinze fois . La let- 
tre M qui se retrouve ici doit s'expli- 
quer comme dans les autres inscriptions 
par le mot Mirmyllo, 

Ces inscriptions sont particulières à 
chaque grouppe , il j en avoit une au- 
tre quij peut être, occupoit toute la lon- 
gueur du bas relief et qui contenoit j 
sans doute 5 des particularités sur le per- 
sonnage à qui appartenoit ce tombeau 
et sur les jeux qui avoient été celebre's, 
pour rendre ses funérailles plus magni- 
fiques; il n*en reste aujourd'hui que quel- 
ques mots 5 dont une partie est effa- 
cée. Je les lis ainsi MVNERE QVINTI 
AMPLIATI P.F.SVMMO. Munere Quin- 
tl Ampliatl Puhlil Filii summo , c'est à 
dire dans les derniers devoirs rendus à 
Quintus Ampliatus fils de Publius. 

Le mot munus ^ qui a tant de sens 
différents dans la langue latine (86) y 

(86) RoBFRT Etienne , Thésaurus Lin^. Lat> Fao« 
ciouïi Dictionnar, l,at* 



45 
a désigné d^abord les présents ( mu-» 
nera ) qui étoient déposés sur le bûcher 
des morts parleurs amis (87), et ensuite 
tous les genres de fêtes et de spectacles 
qui étoient donnés au peuple par les 
aediles ; mais quand il s'appliquoit aux 
funérailles il signiiîoit, en général, les 
devoirs rendus aux morts et s'appliquoit 
sur tout aux jeux qui contribuoient à 
la magnificence et à la solemnité des 
obsèques. Ce mot vouloit donc dire à la 
fois jeux funèbres et funérailles. 

Les combats de gladiateurs dévoient 
leur origine à une coutume très ancien- 
ne et commune à presque tous les peu- 
ples qui ne sont qu'au premier degré 
de la civilisation. Les sacrifices huma- 
ins ont précédé , par tout , ceux des ani- 
maux et les offrandes des productions 
de la terre. Achille fît couler le sang 
de douze jeunes Trojens (88) sur le 

(^7) ^^^ débita caesis 

Munera , quce nostro vilsLsset Cj-zicus igni. 
Valer. Flacc. Argon. III. 3i3. 

(38) HoMER. u, xxm. 175. 



46 
bûcher de Patrocle , et l'innocente Po* 
Ivxcne fut immole'e sur le tombeau du 
fils de Pelée (89). On vouloit appaiser 
les morts en égorgeant des prisoniers 
et des esclaves ^ parce qu' On croyoit 
que les mânes se nourrissoient de leur 
sang (90) . Les combats ont succédé 
à l'usage de sacrifier des hommes sur la 
tombe des Princes. Les Romains em- 
pruntèrent des Etrusques (91) et des 
Campaniens (92) l'idée de faire servir 
cet usage barbare h l'amusement du peu- 
ple. On crut même adoucir l'atrocité 
de ces sacrifices^ en substituant à de mal- 
heureuses victimesjdes gladiateurs qui fu- 
rent appelles Bustuarli (9^)5 parce qu* 
ils combattoient sur le Bustum^ nom qui 

(89) EuRYP. lîecuba. 

(90) On lira avec plaisir sur Ice Sujet Tinteres- 
sante dissertation de M. Gîuseppe di Cesare deirori^ 
gine vera de' sacrifïzj ■, Napoli iSii. 8.^ 

(91) Servius ad ViRG. 

(92) Ma.zocciii ^mphiteatr.Napol.y, 1, 126^ 12 y, 
dit que par le mot etrusqucf il faut entendre les Cam- 
paniens. 

(93) CiCEjio ad Miici YIL i/\. in P/50/j. IX. 



47 
etoit donne à la place où s'elevoit le Bu- 

clier. Gomme les gladiateurs étoient d'ab- 
ord choisis parmi les esclaves méchants 
et dangereux , et les hommes condamnes 
par les tribunaux, on les regardoit comme 
des offrandes dignes des Dieux infernaux. 
Leur courage et leur adresse pouvoient 
encore 5 par une suite de victoires, prolon- 
ger leur vie, et il leur restoit enfin Tespoir 
du renvoi (^missio^ dans la défaite, et du 
congé (^ruclit^ après un long service. 
M. et D. Bru tus furent les premiers 
qui donnèrent ce spectacle aux funé- 
railles de leur père , sous le consulat 
d'Appiuô Claudius, et de ]M.rulvius(f)/j). 
Cet usage fut conlinuë aux obsèques 
des hommes d'état, des Patriciens, et 
des Empereurs. 

Nous ne connoissons point les charges 
que celui à qui appartenoit ce tombeau 
a exercées dans Pompeï ^ nous ne pou- 
vons donc savoir si ces magnifiques ob- 
sèques lui furent faites aux frais de la 

(9f) Vju.er. Max. II. iv. 7. 



48 

ville ^d'après un décret de ses Decurions, 
ou aux siens propres (95). A' l'époque à la 
quelle il a vécu , les hommes d'une con- 
dition privée pouvoient augmenter par 
des jeux la pompe de leurs funérailles, 
s'ils éLoient assez riches pour en pajer 
la dépense (96). 

C^estla première fois que je lis le mot 
munus accompagné de l'adjectif sum^ 
mum» Cette epithete fait voir qu'il doit 
être pris dans le double sens de Jeux 
et de funérailles. Le mot munus indique 
que les funérailles sont un devoir sacré, 
puisque c'est le dernier service que les 
parens et les héritiers peuvent rendre 
à celui dont ils honorent la mémoire. 
Summum munus se traduit donc très-1 ien 
par les mots derniers devoir (97)5 que 

(95) Infra p. 5i. 

(96) Çuidnurn uero disponunt etlam illa , quae 
ultra vitarn sunt , moles magnas sepulchrorum et ope- 
rum publicorum. dedicationes et ad rogvin munera 
et ambitiosas exeqvias. Senec. de brevit. vit. ad jinem. 

(9^) Summus signifie le plus eleve , et par con- 
séquent dernier ; ce mot a donc à peu-près la même 



49 

les François emploient en parlant des 

oLséques. 

Quintus Ampliatus dont le nom est 
au génitif, régi par le substantif munus^ 
est il celui en l'honneur de qui ces jeux 
ont été célébrés , ou celui qui a été 
chargé de leur direction ? Ceux qui 
presidoient aux combats de gladiateurs 
étoient des Magistrats , ou des oliiciers, 
à qui cette fonction fiiisoit donner le 
nom de munerarii. Si Ampliatus avoit été 
seulement chargé de la direction des 
jeux , il seroit désigné^ selon l'usage ado- 
pté dans le stjle lapidaire , par ces ex- 
pressions munerarii (98), curatoris mu- 
neris gladiatorii (99). L'association de 
ces mots munere summo Quinti Ampliati 
semble autoriser à croire qu'il ne peut 

acciplion que celui ultimus ; mais celui ci ne désigne 
le tlcniicr que dans un ordre numérique . Summiis a 
une siguificalion plus noble et entièrement convenable 
aux devoirs en\ers les morls , qui sont en effet les 
derniers , mrxis aussi les plus sacres . 
(98) McRÀT. Thcs. passini. 



5o 

être question que des derniers devoirs 
qui ont été rendus à Q. Ampliatus. 

On pourra objecter qu'Ampli atus n'a 
ici que deux noms , ce qui est contrai' 
re à l'usage ordinaire des Romains . 
Si summus etoit un surnom, on pour- 
roit lire Qia'ntiis Ampliatus Summus'^ mais 
il fau droit qu'il fût au génitif ^St/mw/. Le 
mot summo a été calqué avec le plus 
grand soin : le teins l'a entièrement con* 
serve , il ne peut s'accorder qu'avec 
le substantif miinere qui est aussi à l'ab- 
latif, et ne peut être le surnom d' Am- 
pliatus . La lettre initiale du prénom 
pourroit avoir été effacée par le tems , 
mais si les Romains avoient ordinaire- 
ment trois noms , les exemples (loo) 
de ceux qui n'en ont eu que deux sont 
communs dans les inscriptions. 

Si on juge d'après celle qu' on lit 
à présent sur la face principale de 

(loo) J'en pourroîs citer vin grand nombre, je me 
conlenlerai de celui-ci tiré d'Hercidanam 

THEATRVM ET ORCHESTRAM DE SVO 
L RVFVS L. F. 



5i 

ce lomboau, oïl ne pourra se persuader 
que ce soit celui crAmpliatus , surtout 
quanti les pluies auront entièrement 
emporté les lettres du Las relief. Yoici 
celte inscription. 

RICIO AF MEN 

SGAYRO 

II VIR ID 

.ECVRIONES LOCVM MONVM 

(X) (X) IN FVXERE ET STATVAM EQVESTR 

FORO • PONENDAM CENSYERYNT 
SCAYRYS PATER FILIO 

A Ricins ÇiQ 1^ Scaurus Jils cVA... de la 
tribu Menenia , duumvir pour rendre la ju- 
stice \les Decurions ont donné le lieu du 
monument^ et deux milles sesterces^ pour 
les funérailles ^ et ont décidé d'ériger une 
statue équestre dans le forum. Scaurus 
père à son fils. 

Si il étoit évidement prouvé , que 
cette inscription a toujours été à la 

(loi) Le nom de Ricins se i-elrouve encore dans 
dautres inscriptions. jMlratoiu Thés. DCCCLXXXI, 6. 
DCiCCLXXXI, 1. il est aussi écrit avec un double c 
liiccius. Id. DCCCXLXII , et Gruter. r/ze.. LIX, 8. 



52 

place qu'elle occupe aujourduî, la que- 
stion seroit décidée. Ceux qui Vj ont 
fait mettre ^ ne se sont déterminés que 
par des motifs qui leur ont paru sans 
réplique: je respecte leur savoir, j'ai- 
me leur personne , ce n* est qu' avec 
une extrême défiance que je hasarde 
de combalre leur décision , mais enfin 
je crois devoir proposer mes doutes. Cet- 
te inscription a été trouvée, à peu de di- 
stance du tombeau; la pierre s'ajuste as- 
sez bien , dit-on , à la place où on l'a 
mise , et sans elle le nom de celui à 
qui il appartient paroissoit inconnu. Tel- 
les sont les raisons qui les ont convain- 
cus. J'ajouterai que la somme de deux 
milles sesterces, qui a été donnée par les 
Decurions , pour les funérailles , devroit 
avoir servi à pajer le grand spectacle de 
gladiateurs et la superbe chasse qui en 
augmentereïit la pompe. Je puis il est vrai 
me faire illusion, parceque mon jugement 
etoit déjà formé , non après la découverte, 
mais avant l'emploi de cette inscription 
que j'avois copiée et c'est un préjuge 



55 
dont je dois me défendre : cependant, 
après avoir tout examiné je me crois fon- 
dé à soutenir mon opinion. 

La première fois que j'ai vu ce tom- 
beau 5 la face de la base carrée qui 
le termine etoit couverte d'un beau 
stuc , parfaitement lisse , comme on le 
voit dans la gravure pi. IL il auroit été 
impossible d'y appliquer une inscri- 
ption : pour faire tenir celle ci il a 
fallu piquer toute la surface, la dépouil- 
ler de son stuc antique , mettre à nud 
les briques qui en etoient couvertes et 
enfoncer, sur les côtés, des crampons de 
fer tandisqu'on ne decouvroit la trace 
d'aucune attache, d'aucun lien de fer 
ou de bronze , ni sur le tombeau ni 
sur la pierre qui porte l'inscription . La 
pierre n'auroit cependant pu tenir sans 
ciment et sans liens. J'ajouterai qu'au^ 
jourd'hui la pierre couvre toute la sur- 
face du massif et que si elle s'ajuste, pour 
la hauteur, c'est qu'on a rebâti le mas- 
sif ou elle s'applique jusqu'à son som- 
met 5 de sorte qu'il est devenu un car- 



54 

Jre long an lieu d'un véritable cane* 
Quant à la largeur on n'en peut pas 
bien juger 5 puisque la pierre est frag- 
mentée 5 et qu'elle est sans encadre- 
ment^ cependant tous les autres tom- 
beaux de Pompeï ont un encadrement^ 
creuse ou saillant ^ à la place ^ à la 
quelle on lit l'inscription ^ ou qui lui 
etoit destinée 5 et celui ci ne manquoit 
pas plus que les autres de cet orne- 
ment 5 dont il reste encore des vestiges 
sur les deux faces latérales* Cet enca- 
drement etoit de stuc et du même genre 
que celui du tombeau de NaevoleiaTjche 
pi. VI 5 et YII . Les lettres de cette in- 
scription sont presque cubitales et un peu 
grandes relativement à la mesure du 
tombeau , qui se distingue par l'ele- 
gance de sa forme et de ses propor- 
tions. Les caractères sont profondement 
creusés et annoncent ^ par leur beauté, 
une époque voisine du règne d'Auguste, 
tandis que les bas reliefs et les inscri- 
ptions peintes , sont certainement d'un 
tems bien moins anciens. 



55 



Je ne vois donc aucun molif pour at- 
tribuer ce tombeau à Ilicius Scaurus, 
puis qu' une inscription place'e sur le 
monument lui même, atteste qu'il renfer- 
moit la cendre de Quintus Ampliatus; je 
ne pense cependant pas que cette inscrip- 
tion, tracée grossièrement avec un pinceau 
et dans la quelle Ampliatus n'est nom- 
mé que par occasion, soit celle qui lui 
ctoit spécialement consacrée ; elle rap- 
pelle seulement son nom , à l'occasion 
des jeux qui ont été célébrés à ses fu- 
nérailles . 11 y en avoit probablement 
«ne autre, qui exprimoit les honneurs 
municipaux dont Quintus Ampliatus jo- 
ui ssoit et les titres qu'il avoit à la re- 
r.onnoissance do ses concitoyens . Où 
étoit elle? qu'est elle devenue? c'est 
ce que je ne saurois déterminer, mais 
ce n' est pas le seul tombeau de Pom- 
peï qui manque d'inscription : on n'en 
a trouvé que la place sur ceux qui sont 
gravés pi. ï. ii. /^,y., et pl.ll. Si ces in- 
scriptions ont été perdues, celle du tom- 
beau d' Ampliatus peut avoir éprouvé la 



66 
même disgrâce. Je n'ai ni prévention pour 
Ampliatus, ni haine contre Ricins Seau- 
rus^ qu'ils reposent en paix! mon inten- 
tion n'est pas de chasser aucun des 
deux de sa sépulture et de troubler 
ses mânes ^ mais lorsqu'on traite une 
question , quelle qu'elle soit ^ il faut 
chercher la vérité . Je ne propose ce- 
pendant mon opinion que comme un 
doute . Si elle n'est point admise on 
regardera seulement Ampliatus comme 
le Magistrat qui a fait célébrer les fu- 
nérailles de Ricius Scaurus , à qui ce 
tombeau appartenoit , et on expliquera 
ainsi l'inscription peinte: dans les grands 
jeux 5 qui ont été donnés sous la dire^ 
ction de Quintus Ampliatus . Je dois 
pourtant avertir que l'emploi du mot 
summus pour signiiîer grand ^ magnifi- 
que n'est pas conforme aux règles de 
la bonne latinité. 

On ne se contentoit pas d'honorer les 
morts 5 par des combats de gladiateurs, 
on cherchoit encore à rendre les funé- 
railles plus somptueuses et plus magnifî- 



57 
qtics 5 en y joignant des spectacles , ap- 
pelles Venationes (102). C'etoieut des 
chasses dans les quelles on faisoit pour- 
suivre des animaux timides^par ceux qui en 
font ordinairement leur proie, et comba- 
Ire des hommes contre des Létes féroces, 
qu'on avoit rendues furieuses.Nous voyons 
dans le second bas-relief pi. III. n.25 uu 
lièvre , un lapin et un cerf, poursuivis par 
des chiens ; deux Bestiaires combattent 
\\n taureau, et deux sangliers. Un chien 
a déjà atteint un de ces animaux, et 
le bestiaire a enfoncé sa lance (io3) 
dans le corps de Tautre . Le sang d'un 
sanglier coule sur l'arène. L'autre be- 
stiaire a traversé avec sa lance le corps 
du taureau , et regarde avec une sur- 
prise melèe d'effroi le coup qu'il a por- 
té . L'animal furieux emporte le trait qui 



(102) CiCER. Epist. fam. VIII, 1. Suet. in Claud. 

(io3) Venabuliirn . C'est Tarme que les anciens 
cliassciu'S nommoieiit en francois epieu , mot dérivé 
de spiculum petite-lance. Les rois et princes se don- 
nent encore aujourd'hui le plaisir de chasser le san- 
glier avec des lances. 

8 



58 
fait couler son sang; il se retourne fie- 

^ renient contre son ennemi , à présent dé- 
sarme 5 et va venger sa mort en lui otant 
la vie. 

Le troisième bas relief pi. lil. n. 5. 

' décore le dessus de la porte d'entrée du 
tombeau pl.l.n. i.et 3. e j l.II. Les pilastres 
de cette porte sont cannelés , et ont 
des chapitaux corjnthiens. On y re- 
marque cinq hommes ^ quatre sont ar- 
més . Ils ont les membres et le corps 
couverts de lames de métal ^ des casques^ 
des boucliers de différentes formes ^ des 
jambières plus ou moins ornées. 

Les auteurs qui, coinme Juste Lipse, 
ont voulu déterminer, d'une manière pré- 
cise, tous les noms des gladiateurs, d'après 
la forme de leurs armes , sont tombés 
dans l'erreur. D'après les doctes recher- 
ches de cesecrivains,lerètiaire devoittou- 
jour porter un filet, et le casque du Mjr- 
millo devoit être surmonté d'un poisson^ 
mais combien de différences ont fait nai- 
tre les tems et les lieux ^ c'est pourquoi 
les monumens sur lesquels on a figuré 



^9 
des gladiateurs, représentent tontes les 

armes dont ils faisoient usage , mais 
elles ne sont jamais associées , comme 
Juste Lipse Fa dit, en reunisant des pas- 
sages des auteurs anciens. Nous voyons 
ici des gladiateurs , couverts de bandes 
de métal ^ d'autres ont seulement une 
ceinture ^ ils sont armés de lances , d'é- 
pées,de tridents. Quelques uns ne sont 
vêtus que d'une simple chl mjde : ils ont 
un casque orné d'un aigrete, un bouclier 
plus large à la partie supérieure que par 
le bas, pour mettre la poitrine à cou- 
vert, sans gêner le mouvement des jam- 
,bes,et ils portent des jambières (ocreae^. 
Telle étoit , selon Tite Live , l'armure 
des Samnites (lo/j). Les Campaniens j 

(lOf) Vorma crat scutl j summum lutins^ qiia 
pcctns utquc humeri tcguntur , fastigio acquali , ad 
imum cuncat'or , mohilitatis causa . Spongiu pcctovl 
tegumentum et sinlstrum crus ocrea tectum : galeae 
crLstatae. Liv. W , 4o- Toile est rarmure de Balon 
qu'Autonin Caracalla obligea de coinbatre , en un seul 
jour,eoulrc trois adversaires ; il fut tué parle dernier 
et Caracalla lui ('lova un tombeau , dont on a retrouvé 
le Cippe, qui est à la villa Paniphili . Fabhetti Co- 



6o 

par une suite de leur haine pour ce 
peuple 5 donnèrent son nom a leurs gla- 
diateurs, quelle que fut leur patrie, et 
ils les faisoient paroitre armés, à la ma- 
nière des Samnites. 

Trois des gladiateurs figuré dans le 
bas relief pi. III. n. 3. sont debout , un 
quatrième est blessé-, le dernier, qui pa- 
roit avoir eu le principal honneur dans 
ces jeux, est conduit par un homme, qui 
est velu d'une simple chlamjde. Quoi- 
que celui ci n'ait point la baguette qui 
etoit le signe de sa profession , la confor- 



lonna Trajana 255. en avoit donné une figure iucor-" 
recte. Winckelma>n Fa fait graver plus fidèlement Mo- 
nuni. ined. n. 198 5 mais comme il ne paroit pas avoir 
connu ie passage de Tite Live , que je cite , il ne donne 
point la véritable raison poiu* laquelle la jambe gauche 
seule de Bâton a une jambière. Les Samnites des tom- 
beaux de Pompeï ne différent de Bâton qu en ce qu ils 
ont deux jambières. Parmi les griffonages que les soldats 
ont laissés sur les murs de leur camp a Pompei on re- 
marque une grossière esquisse d'un gladiateur Samnlte. 
M. le Chevalier de Clarac, qu'on peut regarder com- 
me un des hommes qui connoissent le plus et le 
mieux Pompeï , en a pris le dessin. 



(31 

mîté de son vêtement avec celui des La- 
nistae ^ sur la mosaïque de la villa Albaiii, 
paroi t prouver , que c'est aussi le Lanl- 
sta ou chef de la Trouj^pe. Ce bas relief 
a certainement rapport, comme le pre- 
mier pi. I. et pi. III. n. 1. 5 aux jeux dont 
un a honoré les funérailles d'Ampîiatus. 
Ces gladiateurs sont probablement les 
vainqueurs : on n'en a figure que qua- 
tre parce que deux autres sont morts 
ou que leur victoire a été contestée ^ 
ou peut être seulement, parceque le ca- 
dre n'a permis à' y placer que les qua^ 
tre principaux. 

Nous ne devons pas être étonnés de 
la découverte de ces précieux monu- 
mens^qui apprennent des détails curieux 
sur les combats de Gladiateurs. Les Gam- 
paniens étoient si passionés pour ce genre 
de spectacle, qu'outre les funérailles aux 
quelles il etoit spécialement consacré, il 
n'y a voit point de grand banquet, dont 
ces jeux sanglants ne fissent le principal 
amusement . Le nombre des paires de 
combattants dependoit de la qualité des 



62 

convives (io5). Celui des gladiateurs 
devint si prodigieux , qu'au tems de 
Caesar , Capoue seule en avoit plus de 
quarante mille (io6) qui etoient distri- 
bués en un grand nombre de trouppes 
(^familiae'). Il etoit impossible d'exercer 
une surveillance suffisante , pour conte- 
nir tant d'hommes audacieux et dépra- 
vés. Ceux qui 5 sous la conduite de Spar- 
tacus^ causèrent tant de maux dans l'Ita- 
lie 5 s'etoient échappés de Capoue (107). 
Les habitans de Pompeï avoient la 
même passion que ceux de Capoue 
pour ce genre de spectacle . On j a 
trouvé plusieurs inscriptions qui sont 
relatives aux jeux sceniques et aux 
gladiateurs . Ce sont des espèces d'af- 
fiches 5 comme celles de nos batte- 
leurs ^ mais les caractères sont tracés, 
comme ceux du premier basrelief de 
ces tombeaux, avec un pinceau 5 et ont 



(io5) Strab. V. 

(106) CicER. ad Attlc. VIL 14. 

(107) VeLLEIUS I. 00. 



G5 

beaucoup souffert (io8) . Il j est toujours 
question du nombre des paires de gla- 
diateurs , de combats , de chasses. Le 
jour où ce^ plaisirs doivent avoir lieu 
est indiqué. Une de ces inscriptions (109) 
annonce un combat qui doit durer qua- 
tre jours de suite, les 5, /{, 5, et la veil- 
le des Kalendes de Décembre. Chaque 
journée sera terminée par une chas- 
se. Une autre apprend que la Troup- 
pe (110) de N. Papidius Rufus donnera^ 
le 4 ^^*^^ Kalendes de Novembre , une 
chasse et que ^ depuis le douze des Kalen- 
des de Mai 5 il j aura des voiles pour 
mettre les spectateurs à couvert , et 
des mats pour porter ces voiles (m). 
Cet avis est signé par ONESIMUS O- 
CTAVIUS PROCUR VTOR , c'est à di- 
re directeur de la trouppe ^ il finit par 



(108) SrL. iTAL. hell. punie. XI, 5i. 

(109) Dissert. Isjgog. pi. IX. u. 2. 
( 1 1 o ) Fa ni ilia gladia t( tria . 

(111) Dissert. Isago^. pi. IX. n. 4' H Y ^'^ ^ 
onrorc imc à ptu-pics semblable u. G. 



64 

cette exclamation de bon Augure FE- 
LICITAS (112). 

La passion des habitans dePonipeïpour 
les chasses etoit donc aussi vive que leui* 
amour pour les jeux de gladiateurs . 
Tous les habitans de la Canij^aiiie ai- 
moient également les chasses de TAm- 
phitheatre . Ils offroient un culte parti- 
culier a Diana Tifatina (ii3)* Les ima- 
ges de Diane dccoroient, comme celles 
de Mars 5 les Amphithéâtres (1 14)5 et le 
buste (ii5) de Diana Tifatina orne 
encore laporte de celui deCapoue (116). 



(112) Celte acclamation est à peu-prcs du genre 
de celle Slmmachi Homo Félix qu'on lit sur une des 
mosaïques de la villa AlLani 5 Winckelmann inonuin. 
ined. n.198. elle me pai'oit confirmer que ce Symma- 
cîiius étoit le procurator ou le Lanlsta de la Irouppe. 
Slipru p. 36- 

(11?) jMazocchi de Àinphith. C«;?.V, viii, p. i33. 

(11 4) Martem et Dianam iitriusque ludl (c'est 
à dire liidi gladiatorii et venationis ) praesidcs novi" 
mus. Tertvll. de Spect. 10. 

(ii5) Ce buste a pour pendant celui de Junon. 

(116) Ces beaux bustes colossaux et vraiment gran- 
dioses sont appliqués , contre le mur d'une maison y 



65 
Les iiîiures des bas rc'liefs des tom- 
beaux que je décris sont courtes et 
grossières , cependant l'architecture est 
d'un stjle assez pur et les moulures sont 
de bon goût. On ne peut croire qu'on 
ait abandonné , sans motif, à un homme 
sans talent, l'exécution des ornemens de 
cette sépulture qui devoit appartenir à 
une des principales et des plus riches 

qu'on appclloit autre fois le prétoire , avec ceux xle 
Jupiter , de Mercure , de Pan etc. Ce mur est sur la 
grande ru(; , ou la route de Rome j il ny a pas de fa- 
quin et de cliarclier qui n'insulte en passant ces di- 
vinités. La chasteté de Diane et l'adresse de IMercure 
ne peuvent les soustraire à d'indignes outrages : Ju- 
piter fronce ses épais sourcils , comme un lion en- 
chainé que la canaille attaque , et son fier regai-d scm- 
Llt; encore menacer ses vils assaillants. Un marchand 
ile châtaignes , qui s'est étahli sous la tête de Pan l'a 
Lurlesquemenl barbouillée de blanc , de rouge et de 
noir . On devroit placer ces bustes convenablement , 
et les magistrats des provinces feroîent bien de s'op- 
poser à ce goût de peinture qui s'est répandu dans 
tout le ropume. On y trouve par tout des Dieux 
blanchis à la craie , des D<îcurions et des Augustaux 
qui seroient bien étonnés , s'Us pouvoieut voir les bi- 
zarres couleurs que leui' loge a reçue. 



G6 
familles de la ville. Tous les houeliers^ 
sont peints en ronge, en dedans, et le$ 
traces du sang que versent quelques 
gladiateurs et les animaux , percés par 
les lances des chasseurs , sont aussi 
peintes de la même manière. Cet em* 
ploi des couleurs appartient à l'enfance 
de l'art , ou à son entière décaden- 
ce (117); ce tombeau n'est pas d'une 
haute antiquité ; il ne peut non plus 
être postérieur à l'an 79, époque de la 
destruction de Pompeï . Tous les mo- 
numens relatifs aux gladiateurs sont^ 
à peu-près, d'un aussi mauvais stjle. 
Il paroi t que les artistes qui ont pris 
tant de modèles dans les gjmnases ^ 
les paîaestres , les hippodromes et les 
jeux athlétiques , auroîent cru desho- 
norer leur ciseau en réprésentant des 

(117) Monsieur Quatremere de Quinci mon con- 
frère à Tinstilut a composé une trés-Lelle dissertation 
«ur ce qu'on appelle la toreutique et sur Vemploi que 
les anciens sculpteurs faisaient des couleurs^ des me- 
taux et des pierres colorées. Il est à désirer qu' çlh 
soit bientôt publiée. 



67 

gladiateurs. Les sculpteurs d'un talent 

médiocre qui se chargoieiit de ces tra- 
vaux figuroient encore les gladiateurs 
d'une manière grossière , et souvent mê- 
me burlesque (ii8) afin que les images 
de ces liommes, dont la profession etoitsi 
justement méprisée, ne pussent être con- 
iondu< s avec celles des héros et même 
des simples guerriers . On auroit cru 
prostituer l'idéal en l'employant j)0ur ces 
viles images. 

La partie technique de ces bas reliefs 
mérite encore notre attention. Le stu- 
cateur après avoir rendu lisse la surfa- 
ce, sur la quelle il vouloit opérer, a en- 
foncé des broclies de fer dans les en- 
droits ou il devoit placer les ligures, à 
Un de procurer l'adhésion de la matiè- 
re qu'il emplojoit , adhésion que la ro- 
uille du fer devoit rendre plus tenace. 
La clialçur des cendres volcaniques a 

(118) Il suffit pour se convaincre de ce que j'a- 
vance de voir les monunions qui représentent des gla- 
diateurs -, ceux qui sont figurés sur les lampes d'Hei^ 
culanuni confirment mon observation. 



G8 
été si violente qu'elle a fondu ces bro- 
ches 5 qui sont devenues comme des 
scories mamellonées. On les prendroit 
pour une matière jaunâtre, comme le 
pain de maïs , qui auroit été mâchée 
et dont on auroit sali ces sculptures . 
La fusion des broches a fait éclater et 
tomber les figures qu'elles rétenoient et 
a causé la dégradation de ces bas re- 
liefs (119). 

La forme générale de ce tombeau est 
élégante et même remarquable à cause 
de ses rapports avec celle du tombeau 
de Mausole roi de Carie . Le toit de 
ce célèbre édifice formoit le soubas- 
sement d' une construction pjramida* 
le ^ composée de vingt quatre gradins , 
qui conduisoicnt au sommet où étoit 
une base sur la quelle on avoit posé 



(119) M. Mazoi qui fi si Lien décrit dans les 
ruines de Pompei p. 22. la manière dont on appli- 
quoit les ornemens de stuc, ne pai'le pas de celle la, 
parce que ce tombeau netoit pas encore découvert 
quand il a rédigé cette partie de son ouvrage . 



une qnadrigo de marbre (isio). Le tom- 
beau lV Ampiiatus ne peut elrc compa- 
ré à celui de Mausole^pour le luxe et 
la beauté des ornemens , mais il lui res- 
semble eu petit par sa forme. Le som- 
met ne paroit pas avoir été une table d'au- 
tel, on peut croire que sa statue y ctoit pla- 
cée et si elle n'éloit pas de bronze, elle 
n'a point été fondue , ni enlevée depuis 
avec l'urne, et on la trouvera peut être à 
quelque dislance du tombeau. Quant 
au motif qui a fait adopter cette forme 
i'aimcrois à croire que ce monument 
a été élevé à Ampiiatus par sa femme, 
et que pour témoigner sa douleur elle 
a voulu qu'il ressemblât à celui qu*Ar- 
t émise , dont V histoire a immortalisé 
la tendresse conjugale , avoit consacré 
aux mânes du roi son époux ^ mais la 
ressemblance de ce monument avec deux 
autres que je vais décrire, fait voir que 

(120) Le comte (le Caylus a Jonné dans les 
mémoires de l'Académie Tom. XXVI. «ne description 
de co tombeau. Ou peut encore consulter Alxisius Je 
niuusolei urchitectiim dans le /rt'so/- de Salkvgre T.III. 



y3 

celte forme etoit alors en usage , et de- 
îiientiroit mon explication. 

Quel étoit cet Ampliatus à qui on a 
fait des funérailles si magnifiques et dont 
Turne, après avoir été ainsi honorée , 
a été déposée au centre de ce tombeau 
bâti sur la voie publique. Ce nom se 
trouve frequement dans les inscriptions; 
il y est donné à des hommes de condi- 
tion libre 5 mais plus souvent encore à 
des esclaves j et à des affranchis: 1* in- 
scription nous apprend seulement que 
son prénom etoit Quintus et qu'il étoit 
fils de Publius; l'absence du surnom jne 
fait croire qu'il n'etoit pas d'une nais- 
sance distinguée et qu'il descendoit de 
quelqu' affranchi. 

Le second tombeau pi. I. et pi. IL 
n. 2. et 4- n'est séparé du premier que 
par le mur qui leur est commun. Celui 
qui l'entoure est orné de pilastres , les an- 
gles portent des cubes ^ terminés par de 
petites pjramides, et ces cubes sont dé- 
corés, du coté de la voie consulaire, de 
bas reliefs en stuc qui ont rapport aux 



7^ 
funérailles el à Telat des anies après 

la mort . Sur l' un pi. 111. n. 5. on 
voit une femme qui tient une bandelc- 
te et une patère , au dessus d'un au-» 
tel ou elle a offert des fruits. Les vases 
peints sont les monumens qui nous ont 
conservé les exemples les plus frappans 
de la doctrine mystique des anciens^redui- 
le en allégorie. On y remarque souvent 
des initiés qui offrent des patères ou des 
bandeletes à Tame d'un mort , figurée 
par une stèle ou colonne funéraire , 
un vase, ou un balustre (121). Quoique 
le tems où les peintures de ces tombe- 
aux ont été faites, soit très éloigné de 
celui où on a fabriqué les vases peints, 
on avoit dû conserver, dans la Gampa- 
nie, beaucoup d'anciens dogmes relatifs 
aux morts et un grand nombre de rites qui 
leurs etoient relatifs: nous venons de voir 
que les jeux sanglants sur le bûcher, avo- 
ient pour objet d'honorer les mânes, et 

(•■îi) Cette doctrine est souvent rappellce dan* 
mon ouYja^ç sur les peintures iL-s vaser ?.. vol. i;] fol. 
Allas, 



72 

de se lés rendre favorables. Le premier 
des ces bas relief ii.5. représente donc 
une femme, peut être celle du défunt ^ 
qui sacrifie à ses mânes en offrant sur 
l'autel charge des productions de la na- 
ture une patère et une bandeîete: Tune 
indique la pieté , et Y autre la pureté 
des initiés. Cette femme pare avec la 
bandeîete le squelete du défunt jîl.III. 
n, 5. et semble le relever , pour indi- 
quer que, purifié par les mystères sacrés^ 
il entrera dans les isîcs fortunées, des- 
tinées à recevoir les âmes des hommes 
vertueux. D'autres symboles qui ornent 
cette sépulture vont encore ajouter quel- 
ques probabilités à mon explication. 

La chaleur des cendres et leur frot- 
tement ont fait totalement éclater et di- 
sparoitre la plaque de marbre qui etoit 
enchâssée dans le cadre , orné de mou- 
lures, qu'on remarque au milieu du mur, 
pi. I. et nous ignorons le nom de la per- 
sonne que ce tombeau renfermoit. Cela 
confirme les observations que j' ai déjà 
faites relativement à celui d'Ampliatus 



75 
que ces tombeaux n'ont pas tous une 

inscription. 

Eu entrant dans l'enceinte pi. I. ou 
voit une base carrée, sur la quelle est une 
tour ronde , le stuc dont elle est reve- 
lue, est moulé en compartimens qui figu- 
rent des pierres de taille, la forme du 
monument est pareille ù celle des au- 
tres tombeaux ronds. 

Derrière sont trois marches grossières 
pi. T. n. 4' ^ui conduisent dans l'in- 
térieur par une petite ouverture carrée 
n. 2. 4- <^ct intérieur est circulaire ^ on 
a pratiqué dans le mur cinq niches, pour 
y recevoir des urnes. Celle du milieu 
qui est la plus grande etoit destinnée au 
chef de la famille, elle est demi circu- 
laire et cintrée, les quatres autres sont 
carrées. Ceux qui ont violé le premier 
tombeau, ont aussi pénétré dans celui 
ci, on n'y a trouvé que quelques os. Le 
trou, dont la voûte est percé, atteste la 
profanation que cette sépulture a éprou- 
vée. 

Les murs sont intérieurement couvert* 

10 



^74 
de sine et ornés cl'mie peinture à fresque, 

qui est en grande partie effacée. On y 
remarque , dans des encadremens , des 
dauphins et d'autres animaux marins. Ces 
symboles sont encore des signes de la feli. 
cité, dont les hommes vertueux et purifiés 
par l'initiation, doivent jouir dans les isles 
fortunnées,où leurs âmes sont portées par 
les nymphes , assises sur des animaux 
marins (123) . Ces figures allégoriques 
confirment l'explication que j'ai donnée 
des petits bas reliefs qui décorent les an- 
gles des murs. 

Je n'avois point revu Pompeï depuis 
le mois d' aoust 18 13.; mes voyages dans 
les Abruzzes, et dans la Fouille m'avo- 
ient empêché d'y retourner. Quelle a été 
ma surprise d y trouver encore , au mois 
de mars 18 13., cinq monuments du mê- 
me genre, nouvellement découverts aus- 
si beaux , et aussi intéressants que les 
premiers! 

(122) Voyez le iîeau sarcopliagë qui est aujourdhui 
dans le musée Napoléon. Galerie mythol. pl.LXXIII. 
n. 298. 



L'entrée du tombeau pi. IV. etoit mu- 
rée quand je r examinai; on reservoit à 
sa majesté la reine le plaisir d'j entrer 
la première et je n' en ai pu faire gra- 
ver le plan. Sa forme générale est très 
élégante , il est entourré d'un mur, abso- 
lument sembable à ceux des tombeaux 
que j' ai fait figurer pi. I. et de celui 
qui est gravé pi. VL, on n'j avoit par- 
liqué aucune ouverture. Le monument 
qui s'eleve au milieu de cette gracieuse 
enceinte, a la forme de celui qui a été 
élevé à Ampliatus, si l'on adopte mon o- 
pinion , ou à Ricius Scaurus si elle 
n'est point atbnise. La matière n'est pas 
la même et les ornemens différent: ce- 
lui ci est d'un marbre blanc et très lin. 
Sur la face principale du massif que 
portent les trois marches, est une inscri- 
ption, en beaux caractères proportionés 
à la grandeur du monument ^ et plus 
petits que ceux de l'inscription de Ri- 
cius Scaurus. On j lit 



7^ 
C. CALVENTIO QYIETO 

AYGVSTALI 

HVIC OB MViMFlCKNT DECVRIOXVM 

DECRETO ET POPVLI CONSESV BISELLII 

HO?sOR DATUS EST 

à Cahentlus Quietus^Augustalisi Vhonncur 
du BiselUum lui a été décerné ^par un dé- 
cret des decurions ^ et du consentement du 
peuple^ à cause de sa munificence. 

C. Calventius Quietus etoit Augustalisj 
c'est à dire qu'il appartenoit au collège 
des Augustaux (i23) ou prêtres d'Augu- 
ste. Nous ne connoissons pas l'espèce de 
munificence qui lui a fait décerner l'hon- 
neur du Biselliunij mais ce n'est pas le 
seul exemple qu'il ait été accordé pour 
des libéralités j une inscription qui a 
été trouvée à Suessa dans la Campa- 
nie 5 fait mention de C Titius Chresimus 
à qui le peuple a accordé l'honneur du 
Bisellium, pour lui avoir donné mille se- 
sterces (124) . On voit que cette distin- 

(i23) Les Sexvirl Augustales sont si souvent nom- 
més dans les inscriptions , qu' il est inutile don rien 
dire ici . 

(124) Gkuter. Thesaur. CCCGLXXV, 3. 



77 
ctlon municipale pouvoit, comme beau- 
coup d'autres, s'obtenir pour de l'argent, 
et elle n'exigoit pas même de grands 
sacrijices. 

On ne sait pas encore bien ce que 
c'etoit que le hlseirLum et quelle devoit 
être sa iorme. Varron est le seul auteur 
ancien qui en fasse mention (i25) et il 
n'en donne pas une idée précise^ quant 
à l'espèce d'iionneur dont il étoit la mar- 
q\ie distinctive, aucun écrivain n' en a 
parlé. Chimentelli, à l'occasion d'un mar- 
bre qui fut trouvé à Pise et où il est 
parlé de l'honneur du Bisellium, qui 
a été accordé à Largentius, a composé 
un savant et volumineux traité (126) ^ 
mais son érudition n'eclaircit point la 
question. Il ne peut déterminer si le bi- 
sellium etoit un grand siège ou une re- 
union de deux petits, il rapporte j dans 

(i25) Sic cfuod non plane erat sella subselUum 
dictum^ uln in ejiistnodi </«o bisclliuni dictum. Varro 
Uf Lin g. Latin. IV , 28. 

(i?.G) CKl.\IE^^ELLl Marmor pisanunt de honore 
biscllii , Bonon. iGGO. 4» - 



78 
cinq planches, les figures de toutes les 

chaises curules et de tous les sièges que 
les monumens lui ont fait connoitre , et 
il ne produit pas une image authentique 
du bisellium. Noris et Mazocchi n' ont 
pas été plus heureux. Le premier pense 
que r honneur du bisellium désigne le 
Duumvirat (127). Mazocchi croit que le 
bisellium etoit nommé ainsi, par ce que 
c'etoit une espèce de pliant (128) com- 
me les sièges de bronze qui ont été 
trouvés au théâtre d'Herculanum . Les 
tombeaux de Pompeï représentent le 
bisellium d'une manière indubitable . On 
voit evidement que c' etoit une espèce 
de banc allongé qui pouvoit contenir deux 
personnes, quoique il ne servit que pour 
une et qu' il etoit plus ou moins orné, 
ainsi que 'le coussin qu'on posoit dessus 
V. pi. ly. pi. V. n. 2. et pi. VIL n. 2. 

Chimentelli donne sept opinions sur 
ce qu'on appelle V honneur du Dlsel^ 

(15 y) Cenotçpli. pisan. I. 3. 
(128) Tabul. Jleracleens, p. i55. 



79 
liiun (129) et chacune est appnyec d'un 

grand nombre de passages classiques, qui 

ne prouvent que son érudition (i3o) , et 

la cliose reste encore indécise ; ce- 

pendant une belle inscription que Fa- 

bretli possedoit et qu'il a publiée, sert 

beaucoup à l'eclaircir: elle nous apprend 

que „ les centumviri de Veia, reunis à 

,5 Rome , dans le temple de Tenus, sont 

5, convenus d'accorder à C Julius Gelo- 

55 tus , affranchi du divin Augubte, l'hon- 

55 neur d'être admis entre les Augustaux 

(icip) Honor. btselUi. 

(i?)o) Selon ChimentellI leJ^isellium devoit être 
î."^ une clifiisse particulière dans les jeux et les cérémo- 
nies publiques. 2.*^ ces mots honor Biscllii servent à de- 
signer un personnage qui a obtenu deux fois , dans la 
\ille quil liaLitoit, la première magistrature . 3.° ou 
qui y exercoit à la fois deux magistratures. 4-'^ peut 
être designoit-on ainsi le Duumvirat. 5.^ ces termes 
indiquent l'admission dans le Decurionat , ou simple- 
ment le droit de siéger parmi les Decurions. 6.^ les 
Auguslaux recevoient des honneurs pareils à ceux 
qu'on accordoit aux magistrats. ^.*^ Ce n'etoit pas un 
siège , mais une bige , ou cbar , dans lequel il y avoit 
place pour deux. Le lecteur peut choisir, car la que-, 
stion nest pas décidée. 



8o 

5, et de s'asseoir, parmi eux^dans tous les 
55 spectacles, sur un bisellium particulier. 
Il est donc évident que le Bisellium 
avoit la forme de ceux que nous vojons 
sur les tombeaux de Pompeï pl.IV. Y. YI. 
et YII. L'usage en étoit accordé aux per- 
sonnes considérables , elles avoient le 
droit de s'asseoir dessus (i3i) au specta- 
cle (iSa) 5 au forum, et enfin dans les 
jeux et les fêtes publiques. Cet honneur 
etoit décerné au nom du peuple (i33), 
par un décret des decurions (i34) ; il 
s'obtenoit par des services (i 35), ou des 
libéralités (i 36). Celui qui l'avoit reçu, 
avoit le titre de Blsellarius (137). 

(i3i) Honorent ei justissimum decerni ut Augu- 
stalîum numéro habeatur , aeque ac si eo honore usus 
sit \ lîceatque e/, omnibus spectaculis , municipio nostrOy 
bisellio projirio, /n^er Augustales consedere. Fabretxi 
Iscript. III , 324» 

(13?.) Omnibus spectaculis. Supra note l3i. 

(i33) Consensu populi. Supi*a p. y 5. 

(i34) Decreto Decurionum. ibid. 

(i35) Ob mérita, Infra. 

(i36) O^ munificentiam. Supra p. j6. 

(137) Gruter et JMuRATORi pasiim. 



8î 

Tons ceux dont les inscriptions fon£ 
mention 5 pour avoir obtenu l'honneur du 
Bisellium 5 etoicnt des Augustaux. Fa- 
Lretti conjecture j avec beaucoup de pro- 
babilité ^ qu'il leur ctoit particulier^ il 
n'etoit pourtant pas accordé à tous, mais 
aux plus distingués . Ce genre de di- 
stinction etoit absolument municipal, il 
ne doîinoit aucun rang , aucune préro- 
gative, et même aucun éclat ^ hors de la 
ville, où il avoit été décerné^ c'est pour- 
quoi aucun auteur n'en Tait mention j 
pendant qu'il est rappelle par un assez 
grand nombre d'inscriptions (i 38). 

Les moulures qui décorent ce tom- 
beau et qui en encadrent l'inscription 

(i3B) Cet honneur municipal avoit beaucoup de 
•rapport au Lanc que les raarguilliers oLtienncut dans 
cette espèce d'enceinte qu'on appelle Toeupre, dans nos 
eglisiRS •, aux loges ou aux places qu'on accorde, dans les 
spectacles et dans les fètcs publiques, aux officiers mu- 
nicipaux et aux principaux administrateurs. Ces places 
sont fixes , et le biscUiuni etoit portatif -, c' est toute 
la différence : cependant on doit croire que celui à 
qui on avoit décerné Thonneur de ce siège avoit en- 
core uue place marquée où il le faisoit poser. 

II 



82 

sont très agréables, vojcz pl.IY. et pï. 
V. n. I., 2., 4-^ ^'5 ^^^ enrolilemens qui 
terminent le couvercle sont noblement 
formés de belles feuilles de palmier pL 
IV. et pi. V. n. 1.5 qui sont encore des 
marques honorifiques (139), l'extrémité 
de ces enroulemens est décorée de tètes 
de béliers pi. IV. et pl.V. n.2. 

Les deux faces latérales sont ornées 
de couronnes de cliéne, attachées avec 
des bandelettes pi. V. n. i., c'est le plus 
bel hommage qu'une ville reconnoissan- 
te puisse offrir à un de ses citoj ens dont 

(139) Les statues logées qu''on trouve en si grand 
nombre et qui ont d'un coté une scrinium rempli de 
volumes , et de V autre , pour appui , un tronc de 
palmier représentent des magistrats à qui les villes 
les ont élevées , ou par crainte , ou par reconnois- 
sance. Mnxure, dieu de Tcloquence et de la palaestre, 
est ordinairement appuyé sr.r un tronc de palmier, 
symbole des succès que le talent de la parole , et Ta- 
tb'esse dans les exercices font obtenir . Enfin le pal- 
mier est devenu le signe du martyre, triomphe du Chri- 
stianisme. J'ai rapporté plusieurs exemples des signifi- 
cations allrgoriques du palmier, dans mon Dictionnai- 
re des beaux arts aux mots palme et palmier* 



83 
elle a reçu des services ou des bienfaits. 
hes petites pyramides qui s'elevent 
autour du mur d'enceinte sont ornées 
de cpelques figures en stuc. J*ai fait 
graver les plus intéressantes ^ on j 
remarque la victoire sur un globe ^ te- 
nant une guirlande pi. V. n. 8. ou une 
bandelette n. 9 , Ocdipe qui devine l'E- 
nigme du Sphinx pi. Y. n.6. et probable- 
ment le même héros qui se repose après 
ravoir explique n.y. Il j a une sphère 
sur la colonne qui est derrière lui et à 
la quelle son epée est suspendue par un 
baudrier. Je ne puis déterminer ce qu'il 
tient à la main ; peut être est ce une 
bandelette. Ces signes 5 de l'énigme du 
Sphinx qui annonce des mj stères à dé- 
couvrir et de la Sphère à laquelle prési- 
de Lachesis , qui j lit la destinée des 
hommes (140), sont des emblèmes qui 
conviennent à l'emploi de la vie , à l'in- 
certitude de l'avenir, à la mort et enfin 
à la doctrine mystique dont j'ai parle ; 

(i.îo) Galerie m^thol. XCHI , 383. 



^4 

ces bas reliefs ont beanconp souffert « 
mais plus encore des outrages des hom- 
mes que de ceux du tems (i4i)« 

(iji) Les dégradations qui se commettent tons 
les jours à Pompei sont véritablement affligeantes. Il 
semble que la manie de la destruction se réunisse aux 
effets d'une admiration mal raisonnée , pour n'y rien 
laisser. Des méchants , sans autre but que Todieu-X 
plaisir de mal faire , brisent des autels et des colon- 
nes , et dégradent des ornemens . Des prétendus ama-^ 
leurs , ridiculement passionnés , profitent de Fabsence 
ou do rinnattention des gardiens , et même quelques 
fois tentent leur foiblesse , pour enlever des lettres de 
bronze , et détacher des portions de mosaïque. On ga-» 
le ces mosaïques à force de gi-ater la poussière dont 
on les couvre pendant Tliyver, pour les montrer aux 
curieux. Ou efface les plus belles peintures , en les la- 
vant , et comment les lave-t'on , pour faire paroitre 
dans tout son éclat la vivacité de leurs riches cou-» 
leurs . Que dirai je de Todieuse manie qu'ont les vo-» 
yageurs d'écrire leur nom avec un instrument pointu, 
sans faire grâce du lieu de leur naissance et du jour 
de leur fâcheuse visite à Pompeï . C'est un bonheur 
encore quand , par un transport de sentiment , ils u'a-- 
joutent pas celui de leur amie. En regardant ce maus- 
sade mélange de noms de toutes les nations , on croit 
lire le registre de présence de la grande assend)lée du 
Pandcmonium , ou de la reunion générale qui aura lieu 
dans la vallée de Josaplutt . Il est remarquable que 



85 
Ce tombeau pi. VI. a une enceinte 
semblable à celle des précédents , pL 

les noiiiS qui clcgratlcnl les Lcaiix sUics colorés, d'agrca- 
blc'S peintures , (rdegruts Arabesques n appartiennent 
pas tous à la classe olscure , que le deliiut de culture 
et d'éducation doit fai*e excuser. On y lit ceux d'un 
grand nombre de personnes tres-countics dans le mon- 
de , Lien élevées , et qii y tiennent un rang distingue. 
J'en ai recueilli nue laigue liste 5 si je la publioi» 
on regarderoit ce proedé comme un manque de con- 
venance , une incivile indiscrétion , une sorte de ru- 
sticité. Ce ne seroit purtant autre cliose que contri- 
buer à ùi'iYc plus projiptement aquerir à ces amans 
de la gloire , Tcspec' de célébrité à la quelle ils 
Aspirent. Ne seroit il tas possible d' interdire l'entrée 
des editlces de Pompï à tous ceux qui ne sont pas 
accompagnés d'un gailieu , en ne laissant libres que 
"les rues . Ne poiuToiton pas établir des peines sévè- 
res contre ceux qui prtent sur ces monumens respe- 
ctables une main prome. Une forte amende seroit 
celle du graveur eu htres sur le stuc ou siir la pier- 
re ^ je voudrois de pis , que quand son nom seroit 
mi peu connu , on li le lendemain dans le moniteur 
napolitain M. N. a vajè hier une amende de tant 
pour avoir écrit son noi sur tel monument ^]e vondrois 
surtout qu'à la fin de .'article on répétât chaque fois 
ce vers de Martial 

Nomina stulbrun. semper in moenîa Icguntur. 
Les noms des >ots ouiours so lisent sur les murs. 



f 
86 
II, IV 5 on y entre par une porte car- 
rée 5 large et peu élevée . Le mur est 
aussi décoré de pierres cubiques , ter- 
minées par des pyramides mais sans 
sculptures. La forme de Tedifice est , à 
peu près, la même que celle des tom- 
beaux d'Ampliatus pi. IL et de Galven- 
tius pi. lY. , mais la i)ase ne pose que 
sur deux marches . Uie partie du mas- 
sif supérieur est degralée . L'encadre- 
ment des bas reliefs e: de l'inscription 
est très riche , pi. YI et pi. YII n. i . 
Le Buste de Naevolei; Tyrhe , qui l'a 
fait consti'uire , est au milieu de cet en- 
cadrement, pi. Y'I et jl. YII n. 3, elle 
a des pendants d'oreiîe . Au dessous 
est un bas relief, pi. ^I et pi. YII n. 2, 
qui représente le sacrilce solemnel, qui 
eut lieu, sans doute, lans les funérail- 
les. Un prêtre dépose sur un autel une 
offrande qu'on ne peu distinguer , au 
près est une masae onique destinée ^ 
sans doute, à être coisacrée et à coté 
est un jeune servant {Ccmillus^ . Der- 
rière l'autel un des asistms eleve re- 



87 . 

îigieusement un pannier de fruits : a 
droite sont les officiers municipaux , 
les Decurions , et les Scxvirl Augustalcs 
Têtus de la Toge, qui rendent à Muria- 
tius Faustus les derniers devoirs. L'au- 
tre grouppe est composé d' hommes , 
de femmes et d* enfans , qui probable- 
ment formoient la famille de Munalius: 
ils expriment leur douleur, et apportent 
à l'autel des offrandes , dans des corbeil- 
les. La femme qui eleve les mains au 
Ciel 5 avec Tattitiidc de la douleur , 
doit (^tre Naevoleia Tyche , elle même. 
Au milieu de la face principale du tom- 
beau on lit 

jNAEVOLEIA LIB TYCHE SIBl ET 

C MVNATIO FAVSTO AVG ET PAGANO 

CVI DECVRIONES CONSENSV POPVLI 

BISELLIVM OB MERITA EIVS DECREVERVNt 

HOC MONVMEKTVM NAETOLElA TYCHÈ LIBERTIS SVIS 
LIBERTABVS Q ET C 3tVj\'VT. P FAVST F VIVA FECIT 

Naevoleia (i^^) Tyche affranchie à 
elle même et à C Munatius Faustus Au- 

(i4^) Ce nom se trouve ainsi que celui de JNae- 
voleius dans une autrç iascription . Gruïer thei. 



88 

gustalis et Va garnis (i36) à qui les decU-» 
rions , d'après le consentement du peuple^ 
ont décerné le Blsclliuni (i3y) , à cause 
de ses mérites . ISaevoleia Tyche a fait 
faire ce monument , de son vivant , pour 
ses affranchis , ses affranchies et pour 
C Munatius fils de Faust us. 

J' ai fait graver sur la planche VIL 
les divers détails de ce tombeau 5 sur 



(i36) On ajjpelloit pagani les liatitahs d' imei 
espèce de quartier ou de district nomméj pagiis. Cha* 
que pagus dans la Campanic etoit administré par dou- 
ze magistrats mùgistri pcgi-, et ils avoient quelques 
fois Tadminlstration de denr. pagi reunis. Tels etoicnt 
le pagus Herculaneus et le pagus Joveius \ ces magistrats 
etoient chargés alterna tivemeat de diriger les Terminalia 
elles ^mbarvalia , fêtes qaoa celebroit pour la pilrifî- 
cation et la conservation des cliamps. Voyez ce que 
le savant IMazocchi dit des pagi dans son Leau traité 
de Amphit. Capuan^ VII ï , i. en commentant la cu- 
rieuse inscription connue sois le nom de Lex pagana, 
M. BoNAFEDE. ViTAii a pidoiié à Venise en 1^85 une 
dissertation italienne sur Ttpoque à lac[uelle on a com- 
mencé a employer le mot paganus. 

(iBy) Ou ne trouve pas ici la formule ordinaire 
Jlonor bisellii , mais une aitie un peu différente Bl'» 
selUwn decre^^erunt. 



^9 
la face latérale du coté de la porte de 

Pompeï , pi. VII 11.5, on voit le Biscl- 
llum de Muiiat'.us ^ il est moins orné 
qne celui de Calventius , pi. IV ^ et 
pl.V. n. 3. il est placé dans un encadre- 
ment semblable à celui de l'autre face, 
du coté de Naples. Cette face a été fi- 
gurée entière, pi. VII. n. i. T encadre- 
ment est agréablement composé de fleurs 
en roue, et de feuilles d'acanthe. Au mi- 
lieu est un joli has relief de marbre qui 
représente une barque n. 4 '•) elle a pour 
équipage quatre génies funèbres , qui 
font l'office de matelots ^ au mat sont 
plusieurs cordes , on remarque , au bas, 
une pièce de bois dans laquelle passe 
le cable qui sert à hisser la voile: sa for- 
me est celle d'une poulie mouflée, quoi- 
qu'on regarde ce genre de poulie com- 
me une invention moderne . Un des 
matelots monte à la corde principale, 
pour peser dessus , et hisse la voile que 
deux autres sont occupés u rouler au- 
teur de la vergue , manoeuvre qui est 
encore usitée aujourdhni , et dont j'ai été 



12 



9=^ 
tant de fois témoin dans mes voyages 

aiiiom- des golphes , et aux isles de Ca- 
pri et d'Ischia. \Jn matelot qui est de- 
bout ordonne cette manoeuvre et en 
surveille l'exécution. Une seconde voile 
triangulaire est étendue devant la gran- 
de voile el fixée au col de Gjgne, qu'on 
appelloit Chenisque et qui ornoit ordin- 
nai rement la pouppe des barques et des 
galères 5 chez les anciens. On voit encore 
sous la chenisque un corps arrondi que 
je crois être une autre petite voile en- 
flée par le vent: une petite flamme car- 
rée flotte au haut du mat. La proue 
est accompagnée d'une galerie et le co- 
té est orné d'une tête de Minerve, sym- 
bole du courage et de la prudence qui 
sont si nécessaires dans les grandes na- 
vigations. L'absence des rames et la 
conformité du grement , avec celui des 
nos barques modernes, qui n'ont qu'un 
mat et une voile latine, sont très re- 
marquables, et ces détails attireront cer- 
tainement l'atte ntion de quelque marin 
qui sauva mieux que moi les expliquer. 



91 
La manoeuvre de serrer la voile est 

nne ingénieuse allégorie du vojage pé- 
nible que l'ame fait dans la vie ^ après 
tant de bourasques et de tourmentes , 
la mort lui oiTre un port assuré , et e'est 
dans ce port que Naevoleïa, qui est à la 
pouppe, couverte comme les ombres d'une 
grand voile va entrer (i/}5). 

Ce tombeau a été ouvert depuis peu: 
rinterieur est carré , il y a en face 
de la porte une niche carrée et cintrée 
plus grande que les autres, et de cha- 
que côté des niches carrées plus peti- 
tes ; autour règne u!ie espèce de con- 
sole , sous laquelle il y a des niches 
extrêmement petites et qui ont véri- 
tablement l'apparence de nids à pigeon 
(146). On n'a trouvé dans ce tombeau 
que quelques vases d'une terre rou- 
ge, avec des ligures en relief: ont peut 
juger par la nature de la terre, le tra- 

(145) Sur \e bel autel de la tranquillité ^ Ara 
TRAKQviLLiTATis , du Musce CupitoUn pi. XXX p. 160 
on voit une galei-e qui arrive au port. 

(1/^6) On appf'lloit ces tombeaux colombaires. 



92 
vail du relief et le stiîe du dessin , que 

ces vases sont gaulois, il ressemblent ab- 
solument à ceux qui se trouvent si abon- 
dament en France (1^7) dans la Belgi- 
que (148) et en Angleterre (149). Cette 
circonstance paroit singulière , mais on 
voit aujourd'hui à Naples beaucoup de 
Porcelaine de Saxe , de Sevrés, de la 
Chine et du Japon 5 pourquoi un habi- 
tant de Pompeï n'auroit-il pas possédé 
quelques vases gaulois (i5o) ? 

On a aussi trouvé des phioles de ver- 
res remplies d'une eau rousseiitre , qui 
avoit probablement contenu des matiè- 
res animales , ces phioles etoicnt si 

(147) Voyez îcs sept volumes du T\.ccueil du comte 
de Cajlus au chapitre rnonurnens gaulois 5 la description 
des monuments qui ont été trouves dans le jardin dit 
Sénat pai* M. Grivaud etc. 

(148) Voyez les recherches sur lu Belgique de 
M. de Bast. 

(149) On en a gravé un grand nombre dans le 
second, volume de Y archœologia britannica , nom donné 
au recueil de la Société des Antiquaires de Londres. 

(i5o) Ces vases sont dans le musée de Sa Maje- 
sté la Heine. 



93 
bien fermées que la liqueur ne s' doit 
point évaporée 5 elle avoit une saveur fa- 
de (i5i). 

La porte d'entrée etoit tenue par des 
crochets de fer, qui sont réduits au mê- 
me état que les broches du bas relief 
qui décore le tombeau d'Ampliatus. 

M. Mazoi a très bien remarqué , que 
les habilans de Pompeï ont plus sou- 
vent employé dans leurs constructions 
le fer que le bronze , ce qui est con- 
traire à r usage ordinaire des anciens: 
la serrurerie est comme il le dit en gê- 
nerai très grossière . 

Auprès de l'entrée de ce tombeau est 
un des ces pilastres de marbre surmon- 
tés d'une boule 5 qui sont assez communs 
à Pompeï . Ces marbres sont ordinaire- 
ment sciés dans leur longueur et por- 
tent une inscription comme celui qui est 
figuré pi. I. n. 8. c' etoient de simples 

(i5i) 11 y a dans le musée de Turin uli glo- 
])e de verre qui contient un cerveau liumain iloUaiit 
dans une liqueur ^ ce globe a ete trouvé dans une 
boete de plgnib et le tout étoit dans un tombeau 
antique. 



94 

comme moral ion s , la forme de ces pier- 
res est allégorique , nous la trouvons sur 
la petite pyramide du tombeau de Cal- 
ventius pi. V. n. 8: c'est un sjmbole de 
la fatalité , exprimée par la sphère, dont 
Lacliesis se sert pour tirer l'horoscope 
des hommes (iSs). 



(iSa) Voici les inscriptious que j'ai remarquées 
sur ces pierres, 

1. 
NISTÂCIDIO HELINO 

PAG • PAGI • A\ G 

NISTACIDIO lANVARIO 

MESONIAE SATVLLIAE IN AGRO 

sic 

PEDES XV IN FRONT UDF XV 



2. 


5. 


ARRIAE ÎM L 


IVNONI 


VTILI 


TYCHES IVLIAE 


\' 


AVGVSTAE VENER 


NISTACIDIVS 


6. 


PAGANVS 


C MVNATIVS 


4. 


ATiMETVS • VIX 


NISTACIDIVS 


ANNIS LVIL 


HELENVS PAG 




7- 
NISTACiDlAE 5CAPIDI 



95 

Auprès du monument de Naevolela est 
encore une enceinte dans la quelle on 
pénètre par une petite porte carrée. Au 
lieu d'un tombeau on voit un trlcllnium^ 
hati en briques et recouvert de stuc^ il est 
on pente vers les murs et relevé vers la 
lable carrée qui est au milieu pi. 1. n. j. 
11 etoit destiné à ces repas funèbres dont 
il est si souvent question dans les inscri- 
ptions antiques, où on trouve l'indication 
du jour du festin, le nombre des con- 
vives réglé, la dépense fixée (i53). De- 
vant ce triclinium est un trou rond dont 
j'ignore l'usage. On mettoit probablement 
des coussins sur ce dur massif, pour le 
jour de la cérémonie. 

Il n'j a dans cette enceinte aucune 
inscription, et comme il nj a point de 
communication avec le tombeau de Nae- 
voleia Tjche, on ne peut dire si ce tri- 
clinium en etoit une dépendance , on 
]îeut cependant le presujner. Il y a sur 
le mur d' enceinte derrière le tombeau 

(i53) V<.innçs de Pornpei p. o-^. 



96 

de Naevoleia un fronton au milieu du 
quel est l'encadrement d'une tablette , 
supportée par des génies ailés , rijiscri* 
plion a disparu , peut être contenoit 
elle les dispositions relatives au repas 
funèbre que Naevoleia avoit fondé. 

Le dernier tombeau pi. I. n. 5. 6. a la 
forme d'un autel: il est bâti en pierres 
quadrangulaires soigneusement taillées ^ 
mais il n' a d' autre ornement que ses 
belles proportions ^ et un enroulement 
d'ecailles de palmier, qui le recouvre. 
L'inscription qui se lit, en beaux cara- 
ctères, sur une pierre carrée et qui est 
répétée sur trois faces est ainsi conçue 

M. ALLEIO LVCCÏO LIBELLAE PATRI 

AEDILI II VIR PRAEFECTO QVINQ ET 

M ALLEIO LIBELLAE F DECYRIOxM VIXIT 

ASKIS XVII LOCVS MONVMEBÏTI PVBI.TCE DÂTVS EST ALLElA M F 

DECIMILLA SACERDOS PVBLICA 
CERERIS FACIVNDVM CVRAVIT YIRO 
ET FlLtO 
A Mardis Alleius hucclus LiheUa Pcre^ 
aedllc IL vir ^praefet quinquennalls et à 
M, Alleius Libella son fils Deciirion , qui 
a vécu XV IL ans. L'emplacement dumo- 



97 
nument a été donne par le Peuple. Aile- 

ia Dec imilla fille de M. prêtresse publi- 
que de Ceres a pris soin de le faire exé- 
cuter pour son mari et pour son fils. 

Il est difficile de se faire une idée 
de la beauté de la route que décorent 
ces monumens et du noble effet qu'ils 
produisent. Quel spectacle devoit donc 
offrir la voie Appie^ bordée de sembla- 
bles édifices d'une plus grande propor- 
tion 5 et dont il nous reste encore des 
modèles (i54)î quel champ ouvert à la 
méditation ! quelles vives leçons sur la 
fragilité de la vie ^ sur l'emploi qu' on 
en doit faire et sur les honneurs que 
les services rendus à son pajs peuvent 
faire obtenir! 

Les tombeaux de Pompe i seront gravés 
en grand dans l'intéressant ouvrage que 
M. Mazoi fait paroitre (i55) et on pour- 
ra mieux juger de leur élégance. J' au- 

(i54) Supra. 

(ij5) Les ruines de Pompei^ la première li\Tar- 
SOn vient <le pavollre et fait vivement désirer q^iie les 
»»utres se succedcut rapidcmeul. 

i5 



98 
rois pu m'etendre sur diverses particula- 
rités qu'ils présentent , mais ils seront 
aussi l'objet du beau travail que l'aca- 
démie royale publiera avec maturité ^ et 
qui ne laissera rien à désirer. 

Cette explication n'est donc que pro- 
visoire 5 j' ai voulu seulement repondre 
à l'impatience de ceux qui aiment ce 
genre de recherches , laisser un tribut 
dans un pajs où j' ai reçu tant de té- 
moignages d'estime et une si grande 
hospitalité 5 et déposer aux pieds des 
souverains, à qui on doit ces précieu- 
ses découvertes , un hommage de re- 
spect et de reconnoissance. 

F I N. 



99 

EXPLICATION DES PLANCHES. 

L Plans des deux prcmicis tombeaux etc. 

1. Coupe du londjcau d'Ampliatus , pag. 7. 

2. Coupe du tomiLcau rond , p. 70. 

3. Plan du tombeau d'Ampliatus , p. 71^ 
4- Plan du tombeau rond , p. 73. 

5. Autel sepulchral d'Allejus Libella , p. 96. 

6. Table du même tombeau . 

7 . TiicUnium funéraire , p. gS . 

8. Pierre tumulairc , en forme de pilastre , qui 

porte une Spbere , p. 94* 

II. Vue des deux premiers tombeaux , p. G. 

III. Bas reliefs des deux premiers tombeaux. 

1. Bas relief qui est sur la base du tombeau 

d'Ampliatus : combats de gladiateurs , et in- 
scriptions peintes , p. 9. 

2. Chasse , Venatio , qui est au dessous du pré- 

cèdent bas relief, p. 56. 

3. Bas relief qui est sur la porte du même tom- 

beau , p. 58. 

4- Bas relief qui décore uiie des petites pyrami- 
des de Tenceintc du tombeau rond, p. 71. 

5. Autre , p. 72. 

IV. Face principale du tombeau de Calventius , où 

Ton voit le hiselUum , p. 'jo. 
Y. Détails du même tombeau. 

1. Face latérale décorée d'une couronne de chê- 

ne , ;). 82. 

2. Enroulement orné d'une tête de bélier , id. 



100 

3. Bisellium , p. 83. 

4- Ornemcns de la base , p. 8i. 

5. Arabesque de rencadrement , îd. 

6. Bas relief d'une des petilcs pyramides, p. 83. 

7. Autre, id. 

8. Auli-e, id. 

9. Autre , id. 

VI. Face principale du tombeau de Munatius Fau- 

stus , et de Nacvoleïa Tyche , p. 87. 

VII. Détails du même tombeau . 

1. Face Latérale , p. 8g. 

2. Bas relief de la face principale , id. 

3. Buste de Naevoleïa , p. 86. 

4. Bas relief de la face latérale , p. 8g. 

5. Bisellium qui décore l'autre face latérale , id. 







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