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Full text of "Description des oursins fossiles du d©partement de l'Is©·re, pr©c©d©e de notions ©l©mentaires sur l'organisation & la glossologie de cette classe de zoophytes et suivie d'une notice g©ologique sur les divers terrains de l'Is©·re : ouvrage orn© de six planches repr©sentant 45 esp©·ces nouvelles ou non encore figur©es"

OURSINS FOSSILKR 







pu DEPARTEMENT i: 




.-'Ll'V' 






l^ibrcirg aï i^t "^uBmm 

OF 

COMPARATIVE ZOOLOGY, 

AT HARVARD COLLEGE, CAMBRIDGE, MASS. 
iFounïieTi hv pci'batc suûscrfptîon, m 1861. 

DR. L. DE KONINCK'S LIBRARY. 

No. 2 01 ()■ 



Gras, A/c'/o 
2020' 



1848 




3 2044 072 216 5Ô0 



DiiSCRIPTION 



DES 



OURSINS FOSSILES 



Grenoble, imp. de PrudhoBiiiie, rue Lafayette, i4« 



DESCRIPTIOÎN 



DES 

OlRSmS FOSSILES 

DU DÉPARTEMENT DE L'ISÈRE, 

DE NOTIONS ÉLÉMEKTAIRES SUR L'ORGANISATION & LA GLOSSOlOfilE 
DE CETTE CLASSE DE ZOOPHYTES 

tT staviE 
D'UNE ifOTXGE GÉOLOGIQUE SUR LES DIVERS TERRAINS DE L'ISÈRE 

Onvragp orné do m planriies ropresontaot 45 esp<ifs nouvelles ou non encore (ÎL'iiréei, 

|Jar in. 2llbin feras, 

Docteur èa sciences , 

Docteur en médecine de la faculté de Paris, Professeur à l'école de médecine de Grenotle, 

Président de la Société de statistique de l'Isère , 

Membre correspondant de la Société linnéenne de Lyon , stc. 



GRENOBLE, ? PARIS, 

(Blï* ^ySlLliDÏ ai? (DDûtlP , U TKBttDIÛ ûliiSSÎ)», 

Liliraires-editeors 'j^ Place de THcole de médeciae. 

1848. 



MCZ LIBRARY 
HARVARD UNIVERSITV 
CAMBRIDGE. MA US^^ 



AVANT-PROPOS. 



L'étude si attrayante de la paléontologie a été négli- 
gée pendant longtemps dans notre pays ; les remarqua- 
bles travaux de M. l'ingénieur en chef, directeur des 
mines, E. Gueymard, sur la géologie départementale, 
ont eu surtout pour but la connaissance des grandes 
masses minérales qui constituent Tune des richesses de 
notre sol. 

Depuis quelques années seulement, à la suite des im- 
portantes publications de MM. A. d'Orbigny et Agassiz, 
on s'est mis à étudier les restes organiques des ancien- 
nes créations ; deux naturalistes zélés de notre ville , 
MM. Repellin jeune et Berthelot professeur à l'école 



b OURSINS FOSSILES DE L ISERE. 

supérieure de Grenoble , ont réuni un très-grand nom- 
bre de fossiles, fruits de recherches et de courses 
laborieuses ; MM. Repellin aîné , D. Robert , et Lichtlin 
sous-inspecteur des forêts , ont également contribué à 
accroître nos richesses paléontologiques en explorant 
les environs de la Mure , la montagne de Rancurel et 
celles de la Grande-Ghartreuse. Nous nous sommes li- 
vré aussi à la même étude autant que nos occupations 
nous ont pu le permettre ; enfin, M. Scipion Gras, ingé- 
nieur en chef des mines , qui a étudié depuis longtemps 
la géologie de nos contrées, prépare les matériaux d'une 
description aussi complète que possible des diverses 
formations et des fossiles des Alpes dauphinoises. 

11 ne faut pas se le dissimuler , ce travail est difficile, 
et exigera, pour son exécution, un temps encore consi- 
dérable; les débris organiques que Ton trouve dans nos 
Alpes sont rares, souvent mal conservés et empâtés 
dans une roche très-dure ; nous avons pensé qu'en at- 
tendant il conviendrait d'entreprendre quelques por- 
tions de ce travail, en se bornant à de simples mono- 
graphies d'une classe de fossiles : c'est ce que nous avons 
essayé de faire dans ce mémoire sur les oursins fossiles 
du département de l'Isère, Il est presque inutile de dire 
que nous avons mis à contribution les ouvrages de 
M. Ch. Desmoulins, et surtout les travaux si remarqua- 
bles de MM. Agassiz et Desor. Nous avons adopté tous 
les nouveaux genres que ces derniers auteurs ont pro- 
posés. Pour faciliter l'étude, nous avons même multiphé 
les coupes en créant quelques nouvelles familles, et en 



AVANT- PROPOS. 7 

leur donnant, comme le propose M. d'Orbigny (1), une 
terminaison uniforme en idées. Toutes nos descriptions 
ont été faites , du reste, sur des exemplaires authenti- 
ques que nous avions sous les yeux; un grand nombre 
des espèces décrites ont été déterminées par M. Desor, à 
la suite d'un envoi que nous lui adressâmes à Paris 
avant son départ pour FAmérique. Nous saisissons cette 
occasion pour remercier ce savant , de Textrême obli- 
geance qu'il nous a montrée ; nous avons regretté que 
son absence de l'Europe ne nous ait pas permis de le 
consulter sur l'identité d'autres espèces trouvées après 
son départ dans diverses localités du département. 
M. Marcou nous a aussi envoyé une collection d''échinides 
du Jura, qui nous a permis de rectifier quelques er- 
reurs. Nous avons cru devoir faire précéder la descrip- 
tion des espèces, de notions élémentaires sur la glos- 
sologie et l'organisation des oursins, parce que ces 
notions ne sont pas familières à un grand nombre de 
lecteurs , et ensuite , parce que l'acception de certains 
termes usités n'est pas la même dans les divers au- 
teurs; nous nous sommes efforcé de donner au lan- 
gage scientifique plus de précision et plus de conci- 
sion ; enfin, on trouvera, après la description des espèces, 
une notice géologique sur les terrains de l'Isère , où se 
rencontrent les divers oursins que nous avons décrits. 
Nos recherches paléontologiques nous ont permis de 
débrouiller les divers soulèvements de la formation cré- 
tacée, et nous avons d'ailleurs consulté avec fruit les 

(1) Paléontologie univers., t. i, pag. 85. 



8 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

travaux de MM. Charles Lory , E. Gueymard et Scipion 
Gras. A la fin de ce travail , se trouvent six planches 
lithographiées , représentant la plupart des espèces 
d'échinides nouvelles ou non encore figurées et décrites. 
Enfin, nous devons avertir, en terminant, que nous n'a- 
vons pas la prétention d'avoir décrit tous les oursins 
fossiles du département : un assez grand nombre d'es- 
pèces ont dû nécessairement nous échapper; les devoirs 
de notre profession nous ont empêché jusqu'à présent 
de faire des excursions un peu longues ; nous possédons 
un certain nombre d'exemplaires qu'il ne nous a pas 
été possible de décrire, à cause de leur mauvais état 
de conservation, et d'ailleurs nos roches sont loin 
d'avoir rendu au jour tous les fossiles qu'elles recèlent. 
Peut-être plus tard, quand nos contrées auront été 
mieux explorées, pourrons -nous publier un supplé- 
ment à ce premier travail. 



DESCRIPTION 

DES 

OURSINS FOSSILES 

DU DÉPARTEMENT DE L'ISÈRE. 

CHAPITRE 1er. 
DÉFIIVITIOIV ET NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 



Les échinides, connus aussi sous le nom vulgaire d'oursins, 
sont des animaux appartenant à la grande division des zoo- 
phytes et à la classe des échinodermes. Les échinoderraes se 
subdivisent en stellérides, échinides et holothurides. 

Les échinides présentent les caractères suivants : corps 
radiaire, régulier, de forme plus ou moins allongée, ova- 
lalre, discoïdale, conique, globuleuse ou hémisphérique, 
revêtu extérieurement d'un test solide et calcaire. 

On doit considérer extérieurement : 1° le test, composé de 
plaques polygonales ou a55u/e5 disposées en rayons et toujours 
primitivement sur vingt rangs verticaux ; 2° des espèces d'ap- 
pendices en forme de tentacules rétractiles, mous, n'existant 
par conséquent plus dans les espèces fossiles et traversant le 
testa travers plusieurs séries verticales de petits trous ou 
pores visibles. Ces séries de trous, par leur ensemble, consti- 
tuent ce que l'on nomme les amhulacres ; 3° des espèces de 
poils , d'épines , baguettes ou bâtons calcaires , cassants , de 
forme très-variable, nommés piquants, manquant le plus 
ordinairement sur les espèces fossiles et s'articulant sur de 
petits tubercules ou éminences arrondies existant à la surface 
du test ; 4° un anus constant mais de position variable ; 5« une 



10 OURSINS FOSSILES DE l'ISÈRE. 

bouche souvent munie d'un appareil masticateur, et toujours 
située à la face inférieure du test; 6® un appareil génital 
composé de plaques et où l'on remarque surtout des trous ou 
pores dits génitaux, au nombre de quatre ou cinq, et souvent 
d'autres trous dits inler-génilaux ou ocellaires traversés par 
un filet nerveux servant, dit-on, à la vision. Cet appareil est 
toujours situé sur la partie supérieure et à peu près centrale 
du test. 

A l'intérieur de l'animal vivant, il existe des appareils 
masticateurs, digestifs el circulatoires qui manquent dans les 
espèces fossiles et dont nous ne parlerons pas. 

On dislingue d'une manière générale les échinides en régu- 
liers ou normaux (famille des Gidaridées), où la bouche et 
l'anus sont opposés et placés au centre du test, l'un à la face 
inférieure, l'autre à la face supérieure, et en irréguliers ou 
paranorm^x , où la bouche et l'anus ne sont pas ainsi 
opposés. 

§ 1". Du test. 

Le test est, sur le vivant, une enveloppe extérieure cal- 
caire composée de fibres perpendiculaires à la surface et ren- 
fermant peu de parties organiques. Dans les espèces fossiles 
il est ordinairement spalhifié ou silicifié, et souvent moins 
attaquable par les acides que le calcaire qui l'empâte, cir- 
constance qui permet alors de nettoyer les exemplaires en les 
lavant avec une solution affaiblie d'acide chlorhydrique. On 
dislingue dans le test : 1° une face supérieure ou dorsale 
nommée aussi dos , plus ou moins convexe, dont le point le 
plus élevé constitue le sommet dorsal qu'il ne faut pas con- 
fondre avec le centre ambulacraire ou sommet génital qui en 
est quelquefois distinct; 2o une face inférieure no\nmée disque , 
parfois concave ou plate, le plus souvent convexe ou pulvinée 
(renflée en forme de coussin), mais en général plus aplatie 
que la face supérieure; 3« un bord marginal ou pourtour 
nommé ambitus, ligne séparant la face supérieure de l'infé- 
rieure. Dans les échinides irréguliers on dislingue en oulre 
une face ou bord antérieur correspondant à l'ambulacre 
impair , une face ou bord postérieur opposé au premier. 



DÉFINITION ET NOTIONS PRKLIMINAIRKS. 11 

L'anus se trouve souvent sur cette face postérieure ou rap- 
proché d'elle. Quand on étudie unéchinide, il est censé repo- 
ser horizontalement sur sa face inférieure , le bord antérieur 
dirigé en avant ; sa droite et sa gauche correspondent alors à 
la droite et à la gauche de l'observateur. La portion du plan 
horizontal cïrconscrii par Vambitus sur lequel repose la face 
inférieure constitue ce qu'on nomme la base; la base et la 
face inférieure ne sont donc distinctes que lorsque celle-ci 
est concave. Un plan vertical passant par le diamètre anléro- 
postérieur coupe toujours la bouche et l'anus; la hauteur 
dorsale du test est la distance verticale de la base au sommet 
dorsal; la hauteur centrale est la même distance verticale au 
centre ambulacraireou point de convergence desambulacres. 
\S épaisseur pour les échinides à face inférieure concave est la 
distance du point le plus concave de cette face inférieure au 
point correspondant delà face supérieure; \i\ longueur au 
test ou diamètre anléro-postérieur est la distance du bord 
antérieur au bord postérieur ; la largeur ou diamètre trans- 
verse est le diamètre horizontal perpendiculaire au précé- 
dent et passant par le point correspondant au plus grand 
renflement latéral du test. Ce diamètre transverse est dit mé- 
diarif antérieur, postérieur, suivant qu'il passe par le milieu 
du test, plus en avant ou plus en arrière. On se sert des 
mêmes désignations pour le sommet dorsal et le centre am- 
bulacraire. 

Le test des échinides est formé , comme nous l'avons dit, 
de diverses pièces nommées assules ou plaquettes simplement 
juxtaposées. On les distingue en pièces 1° terminales; 2' 
coronales. Les premiers se subdivisent en apiciales , dont la 
réunion constitue le centre ou sommet ambulacraire [apex]; 
rn buccales et en anales, c'est-à-dire entourant la bouche et 
l'anus. Chez l'animal naissant, ce sont les pièces apiciales et 
buccales qui se forment et se consolident les premières ; les 
autres plaques s'accroissent et se développent successivement 
autour de ces deux centres d'activité, qui sont le sommet 
génital et la bouche. 

Les pièces coronales qui constituent la presque totalité du 
test se présentent sous la forme de plaques polygonales; leurs 
joints sont plus ou moins apparents selon les espèces, et for- 



12 OURSINS FOSSILES DE L*ISÈRE. 

ment ce que Ton nomme le parquet. C'est par raccroissement 
séparé de chaque plaque que l'animal grossit. Ces plaques 
forment vingt séries (voy., par exemple, pi, 1, fîg. 17, et pi. 
3, fig. 16-17), disposées verticalement; elles s'irradient du som- 
met {apex)k\ai base et viennent se réunir en convergeant à la 
bouche sur la face inférieure; ces vingt séries offrent ainsi une 
disposition un peu analogue à celles des côtes d'un melon; 
les plaques qui les composent sont plus allongées en général 
dans le sens transversal quedans le sens vertical. Leur forme 
est plus ou moins hexagonale, le petit côté présentant un angle 
saillant, en sorte que la ligne verticale de jonction est en zig- 
zag. Ces vingt séries ne sont paségales; on observe alternative- 
ment deux séries contiguës de grandes plaques, et deux autres 
séries contiguës de petites plaques. Chaque plaque de ces der- 
nières, au moins dans une certaine étendue, est percée de deux 
trous ou pores par où passent les tentacules chez l'animal vi- 
vant. Ces pores forment ainsi quatre rangées et composent ce 
qu'on appelle un ambulacre. D'après ce qui précède, on voit 
qu'on peut diviser la surface coronale du testen vingt côtes ou 
aire5 nommées assulaires, correspondantes à chaque série ver- 
ticale de plaque, savoir : dix aires percées de pores et nommées 
pour cela aires assulaires criblées et dix aires non perforées 
qu'on appelle aires assulaires imperforées. Le nombre des pla- 
ques composant chaque aire est beaucoup plus considérable 
dans les aires criblées que dans les imperforées. A une seule de 
ces dernières correspondent quelquefois quatre, cinq ou six 
des premières (voy. pi. 1, fîg. 17). 

Ces diverses dispositions, qui sont générales, présentent 
pourtant quelques exceptions; ainsi , par exemple, dans le 
genre Echinus (voy. pi. 5, fig. 7-9), chaque aire criblée sem- 
ble présenter une triple série de paires de porcs; mais toutes 
ces exceptions, d'après les recherches de M. Ch. Besmou- 
lins(l), ne sont qu'apparentes et tiennent à des soudures, à 
des inégalités d'accroissement et à des avortements. 11 faut 
se rappeler que dans l'organisation primordiale de tous échi- 



(1) Étude sur les échinides, par M. Ch. Desmoulins; un vol., in 8% 
1835- 1837.— Nous avons emprunté beaucoup de détails à cetexcellent 
ouvrage. 



DÉFINITION ET NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 13 

nides, chaque paire de pores représente toujours une plaque 
de l'aire assulairecriblée; seulement quelquefois, lorsque les 
plaques sont irrégulières, on voit certains pores s'ouvrir 
dans de petits écussons particuliers, intercalés entre les pla- 
ques primordiales. 



§2. Des ambulacres et de la division amhulacraire du test . 

Comme on l'a dit, on nomme ambulacre les quatre rangées 
de pores que présentent les deux aires criblées contiguës ; les 
deux rangées de chaque aire forment ce qu'on appelle les 
branches de V ambulacre. Chaque ambulacre a donc deux bran- 
ches composées chacune de deux rangées verticales de pores , 
Vune externe, Vautre m^erne; quelquefois par avorlement , 
ou par suite d'un rapprochement , une branche ne paraît for- 
mée que d'une seule série de pores; d'autrefois , comme on 
l'a dit, par un dérangement dans le parallélisme durani Tac- 
croissement de l'animal, chaque branche est composée de 
plusieurs rangées de pores, disposées obliquement (genre 
Echinus y voy. pi. 5, fig. 7 et 9). Parfois cette disposition. 
sur plusieurs rangs obliques ne s'observe seulement que 
près de la bouche ou du sommet ambulacraire. Dans la fa- 
mille des Glypéastroidées, les ambulacres à la face inférieure 
sont réduits à de simples sillons rectilignes ou bien sinués, 
ramifiés et quelquefois anastomosés. 

On nomme pores simples ceux qui sont arrondis ou ovales; 
pores allongés, ceux qui en outre sont plus ou moins pro- 
longés en travers par un sillon ; pores conjugués, lorsque les 
deux pores formant chaque paire sont réunis par un sillon. 
Une paire de pores est dite oblique, lorsqu'un pore, au lieu 
d'être sur le même niveau horizontal que son congénère, est 
plus haut ou plus bas. Les diverses rangées de pores conver- 
gent vers un point central du dos , où chaque ambulacre tend 
à se terminer en pointe, excepté pourtant dans le genre Am- 
phidetus, où les rangées de pores paraissent diverger en s'ap- 
prochant du sommet dorsal. Cette exception n'est même qu'ap- 
parente et tient à une oblitération. 

D'après ce qui précède, on voit que sur tous les oursins , il 



ik OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

doit exister cinq ambulacres (raremenl quatre par avortemont , 
ou six par monstruosité), qui forment le plus ordinairement 
une sorte d'étoile ou de rosette, en se dirigeant par rayons, 
d'un point central du dos, pour converger ensuite inférieure- 
ment autour de la bouche. Ce point central du dos se nomme 
centre ambulacraire ou sommet génital; il peut être distinct ou 
non du sommet dorsal , qui est le point le plus élevé du dos. 
Les genres Dysaster et Metaporhinus (voy. pi. 5, fig. 1-6) font 
exception à ces règles: les ambulacres convergent vers deux 
sommets différents et éloignés l'un de l'autre, l'un antérieur, 
l'autre postérieur. 

Comme les joints des plaques ne sont pas toujours très- 
apparents, et que la grandeur relative ainsi que la forme des 
ambulacres fournit des caractères importants pour la déter- 
mination des espèces, on préfère ordinairement diviser Texlé- 
rieur du test en surfaces ou aires limitées par les lignes ver- 
ticales de pores. Il ne faut pas confondre cette nouvelle divi- 
sion dite ambulacraire , avec la division assulaire dont nous 
avons parlé plus haut. 

Considérée relativement aux lignes de pores, la surface du 
test se divise alors en dix aires , savoir : cinq aires ambula- 
craires et cinq aires inlerambulacraires : on appelle aire am- 
bulacraire la surface du test qu'occupe et que limite chaque 
ambulacre. L'aire interambulacraire est l'espace intermé- 
diaire qui sépare un ambulacre de l'ambulacre voisin. 

Chaque aire ambulacraire se subdivise elle-même en 
trois aires secondaires, que nous désignerons sous le nom 
de 2one5, pour éviter toute confusion, savoir : deux zones 
porifères, et entre deux une zone interporifère ; la zone pori- 
fère est l'espace occupé et limité par chaque branche de 
l'ambulacre ; la zone interporifère est l'espace intermé- 
diaire compris entre les deux branches d'un même ambu- 
lacre, ou, ce qui revient au même, entre les deux rangées 
internes de pores de chaque ambulacre. 

On distingue ks ambulacres et les aires ambulacraires, 
1» en pairs au nombre de quatre, disposés symétriquement à 
droite et à gauche du diamètre antéro-postérieur , savoir: 
deux antérieurs et deux postérieurs ; 2° en un impair tou- 
jours antérieur. De même, on divise les aires interambula- 



DÉFINITION ET NOTIONS PllÉLIMlNAIRES. 15 

craires en paires au nombre de quatre, savoir : deux anté- 
rieures et deux postérieures , et en une impaire toujours pos- 
térieure. On comprend qu'il n'est pas toujours facile de faire 
cette distinction dans les genres dits réguliers de la famille 
desCidaridées. 

Un ambulacre est dit 1° simple , quand son aire ambula- 
craire, c'est-à-dire, l'espace que limitent les deux rangées ex- 
ternes de pores , va en augmentant progressivement , à partir 
du sommet jusqu'à l'ambitus, sans présenter de rétrécisse- 
ment (pi. 2, fig. 19-20). Quelques auteurs appellent très-simple 
un ambulacre, quand cet espace s'accroît d'une manière régu- 
lière et géométrique, comme dans la famille des Galéridées et 
desCidaridées, par exemple, 2° pe7a/oïde, quand les deux ran- 
gées externes de pores, après s'être d'abord écartées l'une de 
l'autre en partant du sommet supérieur de l'ambulacre, tendent 
ensuite à se rapprocher et quelquefois à se toucher presque sur 
la face supérieure et avant d'arriver à l'ambitus, donnant ainsi 
à l'ambulacre la forme d'un pétale de fleurs (voy. pi. 3, fig. 
d6-17 ; et pi. 4. fig. 1 ). Quand il n'existe qu'un léger étran- 
glement, l'ambulacre est dit alors plus particulièrement semi- 
pétaloïde y subpétaloïde y étranglé { \oy. pi. 3, fig. 10); au 
contraire, il est dit fermé quand les lignes de pores, en se 
rapprochant , se touchent presque et s'arrêtent brusquement 
sans se continuer vers l'ambitus ni sur la face inférieure; 
la ressemblance avec un pétale de fleurs est alors parfaite; 
3° complet, entier ou continué, quand les lignes de pores se 
dirigent sans interruption du sommet à la bouche; 4» borné, 
quand les lignes de pores disparaissent brusquement sur la 
face supérieure sans se continuer ou s'effacer peu à peu ; 
l'ambulacre n'est plus représenté alors à la face inférieure, 
que par un sillon simple ou ramifié; exemple ; la famille des 
Clypéastroidées; 50 ef/acé, obsélète, quand les pores s'écartent 
et s'effacent peu à peu en approchant de l'ambitus où on 
cesse le plus souvent de les distinguer (v. pi. 4, fig. 9); il 
est dit alors plus spécialement interrompu quand les pores, 
après avoir cessé d'être distincts à l'ambitus, reparaissent 
ensuite à la face inférieure autour de la bouche en formant 
une nouvelle rosette ambulacraire nommée péristomale. 

Chaque zone porifère ou interporifère est de même dite : 



'm 



16 OORSINS FOSSILKS DE L'iSÈRE. 

i° simple, quand leslig^nes de pores qui la limitent divergent 
jusqu'à l'ambitus sans étranglement; 2« pétaloïde, étranglée, 
quand, avant d'arriver à l'ambitus, ces lignes se rapprocheiit 
plus ou moins, etc. ; en outre, une zone porifère est dite fermée 
quand, parvenu à un certain point de la face supérieure, 
chaque paire de pores devient de plus en plus oblique , tend 
à s'écarter davantage de celle qui lui est superposée au- dos- 
sus, et que les pores eux-mêmes qui composent chaque paire 
se rapprochent de plus en plus et finissent par se confondre 
en un seul qui est bientôt plus ou moins effacé (ex. la famille 
des Spatangydées et des Dysastéridées, etc. Voy. pi. 3, fig. 16.) 

La largeur d'un ambulacre ou d'une aire ambulacraire est 
la distance qui sépare les deux rangées externes de pores in- 
clusivement; cette largeur est toujours prise sur la face su- 
périeure, savoir, pour lesambulacres pétaloïdes ou étranglés 
au point où existe le maximum d'écartement, et pour les ambu- 
lacres simples au point situé à égale distance du sommet am- 
bulacraire et de Tambitus ; il en est de même pour les zones 
porifères et interporiféres. C'est au niveau correspondant 
que se mesure ensuite la largeur des aires interambulacrai- 
res. 

Ainsi que nous l'avons dit, sur l'animal vivant les pores 
des ambulacres livrent passage à de petits tentacules creux, 
blancs, transparents, munis au sommet d'une sorte de ven- 
touse et ressemblant un peu aux cornes d'un limaçon. Ces 
tentacules servent, non-seulement à la locomotion, mais en- 
core, d'après les recherches de MM. Tiedemann et Valentin, à 
la respiration en communiquant avec les branchies internes. 

§ 3. Des tubercules et des baguettes ou piquants. 

On observe à la surface du test dos échinides, de petites 
éminences arrondies nommées tubercules. Ces tubercules 
sont tantôt épar^, disséminés çà et là sans ordre, ianlôl sériés y 
c'est-à-dire disposés par rangées régulières; on les dit perfo- 
rés ou imperforés y suivant qu'ils sont percés ou non d'un petit 
trou au sommet, et mamelonnés , c'est-à-dire surmontés d'un 
petit appendice en forme de mamelon : un étranglement circu- 



BÉFINITION ET NOTIONS PRELIMINAIRES. 17 

lairc ou col sépare le mamelon du tubercule proprement dit. 
Les tubercules sont crénelés ou tinis, suivant qu'ils présentent 
ou non des crénelures à la base de ce col ; amhulacraires ou 
interamhulacraires suivant Taire où ils sont situés. D'après 
leur grosseur , on les distingue : 1^ en granules ou tu- 
hercules milliaires très-petits, toujours imperforés, sans 
mamelon, parfois visibles seulement à la loupe; 2® en papil- 
laires qui peuvent être perfores, mamelonnés, etc. Quand on 
parle des tubercules sans y ajouter d'épithèles, il est toujours 
question de tubercules papillaires. Les tubercules sont ordi- 
nairement implantés au centre d'une dépression circulaire en 
forme de fossette lisse et dépourvue de granules, fossette que 
nous nommerons scrobicule. Ce scrobicule est parfois bordé à 
sa circonférence d'un cercle plus ou moins saillant et serré 
de tubercules, cercle que nous appellerons scrobiculaire. 
Dans plusieurs genres de la famille des Spatangydées on ob- 
serve à la surface du test des espaces lisses sans autres» tuber- 
cules que de fins granules ; c'est ce que MM. Agassiz et De- 
sor ont nommé fasciole (voy. les caractères de la famille des 
Spatangydées. ) 

Sur ces tubercules s'articulent, de manière à permettre 
des mouvements en tous sens, des espèces de poils, d'épines 
ou de baguettes calcaires, cassantes, souvent de deux sortes 
sur une même espèce, du reste de forme et de grandeur très- 
variables, qu'on nomme piquants (voy. pi. 3, fig. 1-9). 
Suivant leur forme, on dit qu'ils sont aciculaires (en aiguille), 
subulés (en alêne), baculiformes (en forme de baguette); cla- 
vellés, claviformes (en massue), etc. On distingue dans les pi- 
quants un corps, un col ou portion rétrécie, et une tête; 
celle-ci présente une facette articulaire creuse, surmontée or- 
dinairement par un anneau. La facette articulaire représente 
en creux les reliefs du tubercule sur lequel il s'implante. 

Dans les espèces fossiles, ces piquants manquent le plus 
souvent, ou bien on les trouve séparés du test auquel ils ap- 
partenaient. 

§ 4. De l'anus. 

Uanus est une ouverture du test dont l'existence est cons- 
tante dans la moitié postérieure du test ; il est entouré de 

2 



18 OURSINS FOSSILES DU l'iSÈRE. 

petites plaques qui manquent très-souvent ou sont peu ap- 
parentes dans les espèces fossiles. Il peut être rond, ovale, 
longitudinal , c'est-à-dire à grand axe dirigé dans le sens 
du diamètre antéro-postérieur du test; transverse, c'est- 
à-dire à grand axe dirigé dans un sens perpendiculaire à ce 
diamètre antéro-postérieur. Suivant la position de l'anus, on 
dit qu'il est supère, c'est-à-dire situé à la face supérieure au- 
dessus de l'ambitus; infère, situé à la face inférieure; médian, 
occupant le sommet ambulacraire ; marginal, situé sur l'am- 
bitus; supra-marginal ou infra-marginal, situé un peu au- 
dessus ou un peu au-dessous de cet ambitus. 

S 5. Delà bouche, 

La bouche est une ouverture du test située constamment 
à la face inférieure, tantôt au centre, tantôt dans une 
position plus ou moins rapprochée du bord antérieur. Sa 
forme est comme celle de l'anus, ronde, ovale, longitudi- 
nale, transverse, etc., quelquefois pentagonale, décagonale, 
entaillée par dix échancrures ; elle est dite labiée, quand elle 
présente en arrière un renflement saillant qu'on a comparé à 
une lèvre; elle est centrale, quand elle occupe le centre de la 
face inférieure; subcentrale, quand elle est seulement rappro- 
chée de ce centre ; submarginale, quand elle est près au con- 
traire du bord antérieur, etc. Elle présente sur le vivant 
quelques pièces terminales ; dans les espèces pourvues de 
mâchoires, son pourtour est muni à l'intérieur d'apophyses 
saillantes au nombre de dix , plus ou moins soudées deux à 
deux, nommées auricules, et implantées surtout sur lesassules 
interambulacraires. On retrouve rarement, au reste , ces di- 
verses pièces intérieures dans les espèces fossiles ; il en est de 
même de l'appareil masticateur existant dans les espèces vi- 
vantes des familles des Cidaridées et des Clypéastroidées. Cet 
appareil, composé de mâchoires et de dents , est assez com- 
pliqué ; on le nomme lanterne d^Aristote dans les Cidaridées. 

§ 6. />e l'appareil génital. 
Il existe constammeni au sommet ambulacraire du test, 



DÉFINITION ET NOTIONS PÎIKLIMINAIRES. 19 

mais il n'est pas toujours bien apparent ni même distinct 
sur les espèces fossiles. Dans les genres dits réguliers ou 
normaux (la famille des Gidaridées), cet appareil forme par 
ces plaques une espèce de couronne qui entoure l'anus, si- 
tué alors, comme nous l'avons dit, au centre de la face su- 
périeure (voy. pi. 5, fig. 7). Dans certains genres fossiles, 
il se présente sous la forme d'une ou plusieurs saillies en 
forme de boutons. Très-souvent son seul caractère appré- 
ciable est la présence de 4 ou 5 petits trous dits pores géni- 
taux par où passe, suivant le sexe, un liquide fécondateur 
ou des œufs chez l'animal vivant; lorsqu'il n'existe que k po- 
res, c'est toujours le postérieur qui manque (voy. la pi. 4). 
Cet appareil génital, dans les genres où il est bien développé, 
se compose de dix pièces dites apiciales, rangées circulaire- 
ment et alternativement grandes et petites (voy. pi. 5, fig. 7). 
Elles sont couvertes de fines granulations et percées chacune 
d'un trou bien plus large et souvent seulement apparent dans 
les grandes plaques. Ces grandes plaques, au nombre de 5, 
sont appelées génitales ; les cinq petites sont nommées intergé- 
nitales ou ocellaires y et leurs trous s'appellent intergéni- 
taux ou ocellaires. Les grandes plaques correspondent aux 
aires inlerambulacraires, et les petites, enchâssées en dehors, 
chacune dans le sinus que forme la jonction de deux grandes 
plaques ou bien entre ces plaques, correspondent aux aires 
ambulacraires. Les pores de ces petites plaques donnent, dit- 
on , passage au filet nerveux de l'organe de la vue Dans les 
genres Salenia, Peltastes, et Acrosalenia (Ag.),on remarque une 
onzième plaque nommée suranale, de forme variable, déjetant 
l'anus tantôt en avant, tantôt en arrière (voy. pi. 1, fig. 9,11 et 
16.) L'anus est regardé alors comme antérieur ou postérieur, 
suivant qu'il correspond à une aire anibulacraire ou inicram- 
bulacraire. Dans quelques cas rares, les plaques génitales sont 
plus petites que les plaquçs ocellaires. 

Ces plaques ont du reste des grandeurs et des formes (rès- 
variables ; elles peuvent être circulaires, triangulaires, etc. 
On remarque fréquemment que parmi les plaques génitales 
l'une d'elles est de dimension plus grande et d'une forme 
un peu différente des autres (voy. pi. 5, fig. 7). Souvent sa 
surface externe est poreuse et granulée ; elle forme alors le 



20 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

corps madréporiforme des Cidaridées; d'autres fois ce corps est 
central ; dans tous les cas, cette plaque, de forme différente 
des autres, est nonamée plaque génitale impaire, et les qua- 
tre autres sont dites plaques génitales paires. 



CHAPITRE n. 
DESCRIPTION DES ESPÈCES. 

PRSMZSSS DIUISIOV. 

ÉCHINIDES NORMAUX OU RÉGULIERS. 

( Bouche et anus opposés sur une même ligne verticale passant 
par le sommet. Un appareil masticatoire constant.) 

Famille I. — CIDARIDÉES {CIDARIDES Agassiz). 

Caractères. — Ambitus circulaire rar. ovale; bouche inf. 
centrale, circulaire; anus supérieur médian (!) et s'ouvrant 
au milieu d'un anneau formé de dix assules apiciales, savoir: 
cinq plaques génitales et cinq ocellaires; on y observe aussi 
quelquefois une onzième plaque dite suranale. Le diamè- 
tre antéro-postérieur est indiqué par le corps madrépori- 
forme qui se confond avec la plaque génitale impaire ; am- 
bulacres simples, continus, à branches formées de deux sé- 
ries verticales de pores ou de plusieurs rangées obliques ; 
zones porifères jamais fermées; aire ambulacraire toujours 
moins large que Tinterambulacraire; tubercules proprement 
dits sériés verticalement, perforés ou non; piquants souvent 
massifs, de forme très-variable ; appareil masticatoire ( lan- 
terne d'Aristote) composé de pièces nombreuses. En dedans, 
sur le pourtour de la bouche, on trouve des auricules, pièces 
osseuses destinées à soutenir la lanterne. 

I« Tribu. — AUGUSTISTELLÉES. —Test épais; ambitus 
circulaire; aires ambulacraires étroites, ayant le plus souvent 
moins du tiers de la largeur des aires interambulacraires. Les 
tubercules nombreux, Irès-pelits , souvent granuloides dans 



DESCRIPTION DliS ESPÈCKS. 21 

cette première aire sont au contraire très-gros et peu nombreux 
dans l'aire interambulacraire où ils sont disposés seulement 
sur deux rangs verticaux ; branches ambulacraires toujours 
formées seulement de deux séries verticales de pores. 



A» Tubercules interambulacraires perforés. 

l" GENRE.— Cicf ans (Lam.Ag.); Cidarites (Gold.). Test aplati 
dessus et dessous; aires ambulacraires très-étroiles, ord. 
ondulées; aires interambulacraires quatre fois plus larges 
environ que les aires ambulacraires; tubercules ambulacrai- 
res granuloïdes, tous très-petits(I), nombreux, serrés, sur deux 
ou plusieurs rangs verticaux; tubercules interambulacrai- 
res peu nombreux, très-gros, mamelonnés(I), perforés(!), sou- 
vent crénelés et entourés d'un large scrobicule avec cercle 
scrobiculaire ; piquants d'un gros volume ; plaques génitales 
non tuberculeuses (I), grandes , pentagonales, toutes égales ; 
plaques ocellaires, petites, triangulaires; bouche circulaire 
sans entailles! 

1. Cidaris insignis (nobis), pi. 1, fig. 4-6. — Diamètre 35 
mm., hauteur 2/3 (1) (dimensions de l'unique exemplaire que 
nous possédions); aires ambulacraires ondulées, paraissant 
présenter deux rangées verticales de granules très-serrées 
et rapprochées les unes des autres; probablement cinq tuber- 
cules interambulacraires non crénelés dans chaque rangée 
(quatre paraissent seulement dans notre exemplaire, dont 
la partie supérieure manque). Sur ces cinq tubercules, les 
trois inférieurs augmentent progressivement de grandeur 
en allant de bas en haut; leurs scrobiculcs et leurs cer- 
cles scrobiculaires ronds , saillants et formés de gra- 
nules serrés, sont très-prononcés, tangents entre eux et 
avec ceux de la rangée voisine ; ils sont au contraire presque 
effacés dans le petit tubercule qui vient ensuite, lequel di- 
minue brusquement et repose pourtant sur une très-large pla- 
quette couverte de nombreux granules. — Craie chloritée delà 



(I) Le diamètre étant pris pour unité. 



22 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

Fauge près le VilIard-de-Lans, au sommet du grand ravin. — 
Très-rare. 

2. C. Malum (nobis), pi. 1, fig. 1-3; C. punctalal (Rœm.); 
C. veskulosa'î (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 21 , fig. 11-19, non 
Gold.). — Diamètre 20 à 40 mm., hauteur 3/4 à 2/3; aire am- 
bulatraire flexueuse, renfermant quatre à six rangées de 
tubercules granuioidcs; aire interambulacraire présentant 
cinq tubercules surmontés chacun d'un gros mamelon à col 
non crénelé (I); cercles scrobiculaires non elliptiques, non 
tangents entre eux, formés de granules bien plus gros que 
ceux des espaces intermédiaires; ces derniers sont fins et 
très-serrés. Les granules qui forment les cercles scrobiculaires 
vers l'ambitus sont au nombre d'une trentaine environ ; cette 
espèce se rapproche du C, coronata et du C. punctata, dont 
elle diffère surtout par sa forme plus globuleuse , moins dé- 
primée , et par l'absence de crénelures sur tous les tubercules. 
— Chemin de Rancurel au Fà. — T. néocomien sup. 

3. C. coronata (Gold.), (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 20, fig. 
8-17) ; C, propinqua (Gold.), (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 21, 
fig. 5-10). — Diamètre 20 à 40 mm., hauteur, un peu 
plus de 1/2; aires ambulacraires flexueuses, présentant à 
l'ambitus quatre à six rangées de granules très-fins et très- 
serrés, mais au-dessus et au-dessous leur nombre diminue et 
on ne dislingue bientôt que deux rangées. Aire interambula- 
craire renfermant quatre à cinq tubercules surmontés chacun 
d'un gros mamelon, crénelés seulement à la face supérieure. 
Les cercles scrobiculaires, formés au plus par une vingtaine 
de granules bien plus gros que ceux des espaces intermédiai- 
res, sont ronds, non elliptiques, non tangents entre eux; ils 
sont séparés par de nombreux petits granules. — Celte espèce 
nous a été rapportée du département de l'Ain, d'une localité 
assez rapprochée de notre frontière; on la rencontrera pro- 
bablement dans le département de l'Isère. Un moule trouvé 
par M. Repellin aine, près Passins, sur le chemin de Mores- 
tel (étage jurassique moyen), et quelques fragments que nous 
ayons rencontrés à l'Echaillon, prèsVoreppe, pourraient peut- 
être s'y rapporter, ou au C. Blumenbachii, 

4. C Blumenbachii (Gold.), (Ag., éch. foss. Suiss.^pl. 20, 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 53 

fig. 2-7) ; C. Parandieri (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 20, fig. 1), 
et C. crucifera (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 21, fig. 1-4). — Dia- 
mètre 30 à 60 mm. ; hauteur 3/5 à 5/8; aires ambulacraires 
flexueuses, renfermant 4 rangées de granules apparents, 
surtout vers la partie moyenne; 6 à 7 tubercules, rarement 
moins, tous crénelés dans chaque rangée de l'aire interam- 
bulacraire. Les cercles scrobiculaires sont ordinairement un 
peu elliptiques, surtout à la face inférieure. — Passins, près 
Morestel. — Etage jurassique moyen. 

5. C. tuberosa (nobis), pi. 1, fig. 7-8. — Espèce inconnue, 
voisine du Cidarites maximus (Gold.), à laquelle nous rap- 
portons des plaquettes que Ton trouve quelquefois à St- 
Pierre-de-Cherène et au Fontanil. — T. néocomien inf. — Ces 
plaquettes, de forme polygonale, portent un fort tubercule 
bien circonscrit, très-large à la base, profondément crénelé 
par 14 à 15 crénelures, et surmontées d'un très-gros mame- 
lon. L'étranglement du col est bien prononcé. Le scrobicule , 
peu profond, n'est pas finement strié; le cercle scrobiculairc 
est très-peu saillant, elliptique (1) , et formé de granules iné- 
gaux, écartés les uns des autres, et qui ne sont guère plus 
gros que ceux qui sont disséminés sur la plaquette. Ces der- 
niers sont de même inégaux et écartés (1). 

Piquants de Cidaris dont le test est inconnu. 
10 Piquants à surface articulaire lisse. 

6. C. punctatissima (Ag.), pi. 3, fig. 1. — Longueur totale du 
piquant 25 à 35 mm.; diamètre maximum du corps 1/4 à 2/5 ; 
diamètre du col 1/6 à J/8; corps tout à fait en massue, le ren- 
llementmaximum étant rapproché du sommeti; sommet obtus 
plus ou moins arrondi; surface hérissée d'une multitude de 



(1) Cette description était déjà presque imprimée lorsqu'on nous a 
rapporté du Fontanil une portion notable de ce Cidaris dont nous 
n'avions rencontré jusqu'à présent que des plaquettes. Le test est 
globuleux; sa hauteur est de 38 mm.; on compte au moins cinq tu- 
bercules interambulacraires dans chaque rangée; ils sont tous pro- 
fondément crénelés. L'aire ambulacraire est peu flexueuse. 



24 OURSINS FOSSILES DE l'iSÊRE. 

fines granulations arrondies, un peu plus grosses vers le 
sommet et disposées par files longitudinales plus ou moins 
régulières; col court, souvent peu prononcé; surface articu- 
laire lisse, sans crénelures. — Hameau du Fâ près Rancurel. 

— T. néocomien sup. 

7. C. heteracantha (nobis), pi. 3, fig. 4 et 9.— Longueur 
totale du piquant 15 à 35 mm.; la forme du corps varie 
beaucoup, tantôt ovoïde (fig. 9), tantôt presque cylindrique 
(fig. 4), avec un sommet mousse présentant une dépression. 
On observe des passages entre ces deux formes, mais l'espèce 
est caractérisée surtout par des aspérités nombreuses, sériées, 
qui hérissent le corps et qui, au lieu d'être implantées per- 
pendiculairement à la surface, sont comme couchées et dirigées 
obliquement vers le haut. Col court, surface articulaire lisse. 

— Environs du Fâ, près Rancurel. — T. néocomien sup. 

8. C. rysacantha (nobis), pi. 3, fig. 2, et pi. 5, fig. 11. — 
Longueur totale du piquant lô à 24 mm ; renflement maxi- 
mum du corps 1/7 à 1/4. Le corps a la forme d'un ellyp- 
soïde très-allongé , renflé à sa partie moyenne à sommet 
mousse ou pointu ; il est orné de petits tubercules arrondis, 
sériés, et formant des files longitudinales ; mais à une certaine 
distance du sommet ces tubercules se soudent entre eux et 
forment de petites côtes saillantes qui se réunissent à l'extré- 
mité sup. Col court, surf, articul. lisse.— Le Fâ. — T.néo.sup. 

9. C. pustulosa (nobis), pi. 3, fig. 5. — Longueur du pi- 
quant 15 mm. environ ; diamètre du corps 3 à 4 mm. (dimen- 
sion du seul exemplaire que nous possédions). Petit piquant 
cylindrique à extrémité mousse et arrondie, hérissé dans les 
deux tiers supérieurs de son étendue de tubercules irrégu- 
liers, inégaux, très-rapprochés, disposés sans ordre, presque 
confluents; leur saillie est d'un tiers à deux tiers de milli- 
mètre. Col assez long; surface articulaire peu étendue, lisse 
sans crénelures. — Carrière du Fontanil. — T. néocomien 
inf. — Très-rare. 

2o Piquants à surface articulaire crénelée. 

iO. C.glandifera{Go\d.), (Ag.yèch.ïoss. Suiss., pi. 21,fig.9). 

— Corps ovoïde allongé, très-renflé à peu près vers son mi- 



DESCRIPTION DKS ESPÈCES. 25 

lieu, à sommet mousse ou un peu en pointe ; corps couvert de 
granulations plus grosses que dans le Cidaris punctatissima, 
rapprochées et se touchant presque dans le sens longitudinal 
de manière à former des files régulières dirigées du sommet 
à la base, ce qui donne à celte espèce une apparence plissée 
caractéristique; col court; surface articulaire crénelée. Nous 
rapportons à cette espèce des piquants (pi. 5, fig. 12) trouvés 
à l'Echaillon, en face deVoreppe, sans pouvoir affirmer leur 
identité, les exemplaires que nous avons rencontrés jusqu'à 
présent ayant leur tête engagée dans la pierre, sans laisser 
apercevoir leur surface articulaire. On trouve dans la même 
localité d'autres piquants ayant la même forme, mais entière- 
ment lisses sans granulations ; ils appartiennent probablement 
à la même espèce et ont été dénudés accidentellement. 

11. C. ramifera (nobis), pi. 3, fig. 7. —Longueur inconnue ; 
aucun des exemplaires que nous avons trouvés n'avaient le 
sommet; diamètre du corps 4 à 6 mm. ; corps cylindrique 
lisse ou un peu strié, hérissé çh et là d'épines inégales lon- 
gues quelquefois de 3 mm., disposées en verticille ou isolées, 
ou bien agglomérées sans ordre. Col court à anneau plus ou 
moins saillant ; surface articulaire peu étendue, ornée de 
crénelures saillantes. — Carrière du Fontanil. — T. néoco- 
mien inf. — Assez rare. — Ce piquant pourrait bien appar- 
tenir à notre Cidaris tuberosa. Il est voisin du piquant du 
C. hirsuta (Marcou et Ag. et Desor), mais ce dernier a la sur- 
face articulaire lisse. 

12. C. Erinaceus {noh\s)y pi. 5, fig. 10. —Longueur incon- 
nue, aucun des exemplaires trouvés n^ayantle sommet; diamè- 
tre du corps 2 à 3 mm. ; corps cylindrique ; on voit à la loupe 
qu'il est élégamment cannelé en long. Anneau de la tête et 
surface articulaire finement, mais distinctement crénelés; 
l'anneau est assez saillant. — Le Fà près Rancurel. — T. 
néocomien sup. 

3o Piquants dont nous n'avons pas pu observer la surface articulaire. 

13. C. unionifera (nobis), pi. 3, fig. 3. — Longueur du 
corps 15 à 25 mm.; corps pyriforme à sommet arrondi, à 



26 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

surface lisse, striée Irès-régulièremenl et très-finement en 
long. En examinant ces stries à la loupe, on voit qu'elles sont 
formées par des séries de petites granulations, disposées en 
files; le col est très-mince et fragile ; ce qui explique pour- 
quoi nous n'avons pas encore pu rencontrer d'exemplaires 
ayant la tête. — Le Fâ près Rancurel. — T. néocomien sup. 

H. C, prismatica (nobis), pi. 3, fig. 6. — Corps ayant la 
forme d'une prisme triangulaire aplati; sa section transver- 
sale donne un triangle isocèle à large base. Ce corps est 
hérissé cà et là d'épines dirigées obliquement. La tête man- 
que dans l'unique exemplaire que nous possédions. — Car- 
rière du Fontanil. — T. néocomien inf. — Très-rare. 

II' GENRE. — Hemicidaris (Ag.). — Test aplati sur les 
2 faces ou un peu en cône en dessus; tubercules ambulacrai- 
res plus petits que les inlerambulacraires, n'existant ord. qu'à 
la face inf. et bientôt remplacés plus haut par des granules ; 
quelquefois il n'existe que des tubercules granuloides comme 
dans les Cidaris \ tubercules inlerambulacraires gros surtout 
vers la base, perforés, mamelonnés, scrobiculés, et ord. créne- 
lés ; piquants en forme de baguettes lisses ; bouche grande, 
présentant dix entailles sur son pourtour I 

1° Hemicidaris patella{Ag., éch. foss. Suiss., pi. 18, fig. IS- 
IS). — Diamètre 16 mm., hauteur 1/2 et même moins; petite 
espèce déprimée ; deux rangées de simples granules plus gros, 
pourtant à la base s'aperçoivent dans l'aire ambulacraire; 
dans Tautre aire on voit, à la face inf., deux rangées de 4 tu- 
bercules gros, scrobiculés, apparents, situés vers la base et le 
milieu; les autres tubercules, placés à la face sup., sont plus 
petits et moins apparents. — Marnes des carrières du Fonta- 
nil. — T. néocomien inf. — Rare. 

2o B.inermis (nobis), pi. 1, fig. 17.— Diamètre 30 à 50 mm., 
hauteur 2/3 ; test mince, de forme globuleuse; aire ambula- 
craire très-étroite (4 fois au moins plus étroite que Tautre aire), 
présentant deux rangées de très-petits granules visibles à peine 
et seulement à la base et un peu au-dessus de l'ambilus ; aire 
interambulacraire formée d'assules hexaédriques bien appa- 
rentes, larges et hautes sur la face sup. Celte aire présente 
deux séries verticales de tubercules scrobiculés , sans cercles 



DESCRIPTION DES ESPECES. 27 

scrobiculaires apparents. Ces tubercules petits , en tenant 
conapte du volume du test et au nombre de 12 à 14, pour 
chaque rangée, sont assez rapprochés à la base et vers le 
pourtour ; là, leur scrobicule bien apparent est enfoncé dans 
le test ; mais, en s'élevant, ces tubercules s'écartent, s'a- 
moindrissent, et leurscrobule tend à s'effacer. Vers le haut, 
quatre tubercules de même grosseur pourraient facilement 
être placés bout à bout dans l'intervalle qui les sépare : quel- 
ques rares granules apparaissent çà et là. Je n'ai pas pu aper- 
cevoir, au moyen de la loupe, des crénelures sur ces tuber- 
cules. Depuis que la planche 1, fig. 17, représentant cette 
espèce, a été lithographiée, nous avons rencontré, au Fontanil, 
un autre exemplaire plus complet, où la bouche et la place 
occupés par l'appareil génital et l'anus sont conservés. Cetap- 
pareil génital est assezétroit; son diamètre est de 10 mm.; la 
bouche , faiblement entaillée ou plutôt décagonale, a seule- 
ment 13 mm. 1^ de diamètre ; le test présente enfin un diamè- 
tre de 45 mm. — Fontanil. — Marnes du néocomien inf. — 
Très-rare. 

Ces deux espèces, qui diffèrent sous plusieurs rapports 
des autres hemicidaris jurassiques, pourraient, à la rigueur, 
former un genre nouveau. 

Ba Tubercules interambulacraîres iinperforës. 

IIÏ* GENRE. — Salenia (Gray, Ag.) — Oursins de petite taille 
(10 à 20 mm. de diamètre); aires ambulacraires très-étroites (I) 
comme dans les cidaris, pourvues de tubercules granuloïdes 
nombreux, petits et très -serrés. Aires interambulacraires 
très-larges, à tubercules gros, peu nombreux, imperforés (!) 
plus ou moins crénelés (I); appareil génital très-large (!), oc- 
cupant la plus grande partie de la face sup., à bords ondulés; 
il est composé de cinq plaques génitales, présentant assez sou- 
vent de peiils sillons ou persillages , de cinq plaques ocellai- 
res et d'une onzième plaque ô'\[e suranale ^ placée en arrière I, 
en sorte que l'anus est excentrique en avant et correspond à 
une aire ambulacraire ; bouche ronde à dix entailles. 

i° Salenia depressa (nobis), pi. 1, fig. 9-10. — Diamètre 
14 mm., hauteur 1/3 (il serait possible toutefois que le test eût 



28 OURSINS FOSSILES DE l'iSÉRE. 

été un peu déprimé mécaniquement clans les couches de 
marne) ; lest Irès-aplali sur ses deux faces; deux rangées am- 
bulacraires d'une quinzaine de petits tubercules granuloïdes 
rapprochés. L'aire inlerambulacraire , un peu plus de trois 
fois plus large que l'ambulacraire, présente deux rangées 
de 4 gros tubercules indépendamment des petits granules qui 
remplissent les intervalles; appareil génital très - large , 
ayant sa plaque suranale presque carrée (I), limitée en arrière 
et latéralement par les plaques génitales, et en avant, où 
son côté est plus petit, par l'ouverture anale; les plaques 
génitales, peu ou point persillées, sont irrégulières, trian- 
gulaires ou pentagonales; les plaques ocellaires ont la 
forme d'un triangle à base tournée en dehors , et présentant 
une très-petite échancrure qui correspond au sommet pointu 
del'ambulacre. — Marnes du Fontanil. — T. néocomien inf. 
— Rare. 

2. S. personata (Âg. et Desor, Cat. rais, des échin., 1. c). 
S.petalifera (Ag., Monographies des échin., 1*"' livr., pi. 1, fig, 
47-34). Voy. l'appareil génital, pi. 1, fig. 16.— Diamètre 16 à 20 
mm., hauteur 1/2 environ ; les aires ambulacraires, très-étroi- 
tes (n'ayant guères que le 1/4 environ de la largeur des autres 
aires), présentent deux rangées de tubercules granuloïdes 
uniformes, qui ne sont pas plus gros que les forts granules 
des aires interambulacraires ; entre ces deux rangées , on 
aperçoit pourtant , à la loupe, deux rangées de très-fins gra- 
nules. Chaque aire inlerambulacraire présente deux rangées 
de cinq gros tubercules distinctement crénelés et entourés de 
granules inégaux en grosseur. Le pourtour de la bouche, 
comme à l'ordinaire, présente dix entailles, et la distance d'une 
entaille à l'autre correspond allernativement à une aire am- 
bulacraire et ensuite à une aire inlerambulacraire ; dans notre 
espèce, les cinq intervalles correspondant aux aires ambula- 
craires sont plus larges que les cinq autres ; l'inverse a ordi- 
nairement lieu pour les autres espèces ; les plaques de l'ap- 
pareil génital, séparées entre elles par quelques points creux, 
sont un peu saillantes au-dessus de la surface du test. La 
plaque suranale est allongée transversalement , elle parait un 
peu échancrée par Touverlure anale, ce qui lui donne la 
forme d'un croissant ; les plaques ocellaires triangulaires 



DKSCRIPTION DES ESPÈCES. 29 

sont également un peu échancrées extérieurement pour rece- 
voir le sommet des ambulacres. — Chemin de Rancurel au 
hameau du Fâ. — T. néocomien sup. 

IV« GENRE. — Peltastes {k^. et Desor). — Mêmes caractères 
que pour les salénies ; mais la plaque suranale correspond à 
une aire ambulacraire ; Tanus est par conséquent excentrique 
en arrière. 

l*» Peltastes pentagonifera (nobis), pi. 1, fig. 11-12. P.punc- 
tatat (Ag. et Desor, Gat. rais., éch., 1. c); Salenia areolatat 
(Ag. Mon., éch., 7'liv., pi. 3, fig.1-8).— Diamètre 10 à 15 mm., 
hauteur 6/11 ; on trouve deux rangées rapprochées de très- 
petits tubercules granuloides dans Taire ambulacraire, qui est 
quatre fois moins large que l'interambulacraire. Celle-ci pré- 
sente deux rangées d'environ trois à quatre gros tubercules 
avec de nombreux granules qui remplissent les intervalles. 
L'appareil génital, qui couvre presque toute la face sup., est 
caractérisé par la plaque suranale, qui a la forme d'un penta- 
gone presque régulier (I), quatre des côtés de cette plaque sont 
limités parles plaques génitales antérieures et latérales, et le 
cinquième côté par l'anus lui-même. Les plaques ocellaires 
ont une forme triangulaire à base extérieure, présentant une 
légère échancrure qui correspond au sommet de chaque am- 
bulacre. L'anus n'est pas allongé dans le sens transversal. 
Cette espèce est très-voisine du P. pimctata (Desor), {Salenia 
areolata Ag.), et n'en diffère guère que par l'absence du per- 
sillage ou points creux sur les sutures. — MarnesduFontanil. 
— T. néocomien inf. — Très-rare. 

V« GENRE. — Goniopygus (Ag. ). — Test épais ; aire ambula- 
craire étroite, plus large pourtant en général que dans les 
espèces des genres Salenia et Peltastes, et établissant ainsi le 
passage des angustistellées aws. latistellèes. Les deux rangées de 
tubercules qui garnissent cette aire sont également plus gros 
surtout à la base, et diffèrent moins en volume des tubercules 
interambulacraires qui sont pourtant constamment plus volu- 
mineux; deux rangées principalesde gros tubercules dans Taire 
interambulacraire ; ces divers tubercules sont imperforés (I), 
jamais crénelés (!); leur mamelon est gros. Bouche grande à 
dix enlailles; appareil génital large, solide, à pourtour angu- 



30 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

leux, composé de cinq plaques génitales, formant un cercle 
autour de l'anus, et de cinq plaques ocellaires plus petites in- 
tercalées extérieurement dans les angles rentrants que forme 
la réunion des cinq plaques génitales ; point de plaque sura- 
nale (I) ; bouche très-grande. 

1. Goniopygus irregularis (nobis), pi. 1, 6g. 13-14. — Dia- 
mètre 15 à 25 mm., hauteur 1/2 ou un peu plus ; l'aire ambu- 
lacraire est à l'interambulacraire, à peu près comme 2 est à 3. 
Dans chaque aire ambulacraire, deux rangées principales de 
onze tubercules environ, mamelonnés et assez gros surtout à 
l'ambitus; entre ces rangées et à la face sup. se trouvent 
deux rangées secondaires de gros granules, indépendamment 
d'autres plus petits (I). Dans chaque aire ambulacraire, deux 
rangées d'environ sept gros tubercules pourvus d'un mame- 
lon large et saillant; ces tubercules sont surtout très-volu- 
mineux vers l'ambitus; ils sont séparés entre eux par des 
granules très-distincts et inégaux. Bouche très-grande, occu- 
pant presque toute la face inf. Appareil génital saillant à la 
surface du test, moins large que dans les Salenia ; plaques gé- 
nitales terminées extérieurement par une pointe aiguë, don- 
nant à l'appareil génital une forme d'étoile. Ces plaques pré- 
sentent une particularité unique : les quatre antérieures 
forment un anneau complet autour de l'anus. La cinquième 
plaque est extérieure et intercalée dans l'angle rentrant que 
forment en dehors les deux plaques génitales paires posté- 
rieures qui sont un peu plus larges que les antérieures ; les 
cinq plaques ocellaires petites et triangulaires présentent la 
disposition ordinaire. — Chemin deRancurelauFâ. — T. néo- 
comicn sup. 

2. G. D elphinensis (nobis), (appareil génital, pi. 1, fig. 15). — 
Diamètre 15à 20 mm., hauteur 5/9 environ. Celte espèce est tout 
à fait semblable à la précédente, elle n'en diffère que par la 
disposition des plaques génitales qui ne présentent pas l'irré- 
gularité signalée plus haut; ces cinq plaques, à peu près égales, 
forment un cercle régulier autour de l'anus. Comme précédem- 
ment , de gros granules s'observent entre les deux rangées de 
tubercules de l'aire ambulacraire (I) ; il serait possible que la 
première de ces espèces ne fût qu'une variété de sexe de Tau- 



DESCUIPTION DES ESPÈCES. 31 

tre. — Le hameau du Fâ près Rancurel, les côtes de Sassc- 
nage. — T. néocomien sup. 

Piquants. — Nous rapportons, au G. Deîphinensis, de petits 
piquants (pi. 3, fig. 8) que l'on trouve dans la même localité 
au Fâ. Ces piquants ont une longueur totale de 40 à 14 mm.; 
le diamètre maximum du renflement est de 3 à 4 mm. Le col 
a un diamètre de 2 mm. 1/2; le corps présente une forme 
ovoïde allongée, à extrémité supérieure pointue; il est lisse, 
sauf sur le tiers supérieur, où Ton trouve six arêtes tranchan- 
tes qui convergent en se réunissant au sommet; tête petite, 
surface articulaire lisse. 

IP Tribu, — LATISTELLÉES, — Ambitus circulaire ; aire 
ambulacraire large, égale au moins au tiers de Taire inleram- 
bulacraire; tubercules interambulacraires nombreux, perfo- 
rés ou non; branches ambulacraires tantôt formées de deux 
séries verticales de pores, tantôt offrant des paires multiples 
de pores disposées obliquement ou en arc ; piquants en géné- 
ral grêles et subulés. 

A. Tubercules perforés f branches ambulacraires formées de deux 
fériés verticales de pores (excepté quelquefois près de la bouche 
et de l'anusj où les pores, en se dédoublant y semblent former plus 
de deux rangées). 

VP GENRE. — Acrocidaris (Ag.). — Test épais (!) un peu en 
cône ou aplati; aire ambulacraire souvent presque aussi 
large que l'autre aire ; deux rangées de gros tubercules dans 
chacune de ces aires; tous ces tubercules sont perforés et plus 
ou moins crénelés; scrobicule presque nul; bouche grande 
ayant dix entaillures ; plaques génitales paires, surmontées 
chacune d'un tubercule perforé, mamelonné (I); piquanls 
cylindriques, unis. 

1® Acrocidaris depressa (nobis), pi. 1, fig. 18-20. — Diamè- 
tre 30 mm., hauteur 2/5; test déprimé. L'aire ambulacraire 
est à l'interambulacraire à peu près comme 5 est à 9. Les tu- 
bercules ambulacraires» au nombre de huit à neuf par ran- 
gée , sont plus petits que leurs correspondants de l'aire 



32 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

interambulacraire , où on n'en compte que sept par rangée. 
Ces divers tubercules, non ou à peine crénelés, assez gros 
surtout vers l'ambitus, sont rapprochés à la base et plus écar- 
tés en haut; les tubercules des plaques génitales sont assez 
gros et très-apparents. La plaque impaire n'est pas plus 
grande que les autres. — Marnes du Fontanil. — T. néoco- 
mieninf. — Rare. 

VII« GENRE. — Diadema (Gray, Ag,, Tetragramna ^ Ag.). — 
Oursins de petite et moyenne taille ; test mince (I) plus ou 
moins déprimé, surtout à la face inf. ; aire ambulacraire 
large ; chacune des deux aires est pourvue de deux ou plu- 
sieurs rangées de tubercules perforés (I), plus ou moins cré- 
nelés, indépendamment des granules qui remplissent les 
interstices. Les tubercules interambulacraires forment tantôt 
deux, tantôt quatre rangées et plus ; quand ces rangées sont 
inégales sous le rapport de la grosseur des tubercules, les 
plus petites sont dites rangées secondaires, et les autres, ran- 
gées 'principales : souvent les rangées secondaires ne se conti- 
nuent pas de la bouche à l'anus et s'arrêtent prés de l'ambi- 
tus; les tubercules de ces rangées secondaires sont perforés 
et ne diffèrent des autres tubercules que par leur volume ; pi- 
quants cylindriques, subulés ; bouche assez grande ; auriculcs 
disjoints ; plaques génitales sans tubercules I 

1° Diadema Grasii , pi. 1, fig. 24-26 (Ag. et Desor , Cat. 
rais, des échin.. An. des se. nat., déc. 1846). — Diamèt. variant 
de 8 à 24 mm., hauteur environ 1/2 ou moins (le test est sou- 
vent écrasé et déformé). L'aire ambulacraire est à l'interam- 
bulacraire comme 4 est à 7 ; deux rangées de onze à douze 
tubercules environ dans l'aire ambulacraire; également deux 
rangées de huit à neuf tubercules dans l'autre aire ; pas de 
rangées secondaires (I). Ces tubercules, distinctement crénelés, 
sont assez inégaux, surtout les ambulacraires ; parmi ces der- 
niers, ceux placés sur l'ambitus sont environ presque deux 
fois plus volumineux que ceux situés vers le milieu de l'am- 
bulacre sur la face sup. Lesinlerambulacraires sont plus gros 
que leurs correspondants ambulacraires, surtout à la face 
sup. Des granules assez distincts, plus fins dans l'aire ambu- 
lacraire, forment un cercle autour de chaque tubercule; 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 33 

bouche grande; appareil génital large. — Marnes du Fonla- 
nil. — T. néocomien inf. 

2. D. Lucœ (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 16, fig. 11-15). — 
Diamètre 15 mm., hauteur 1/2 ; l'aire anibulacraire est à 
rinterambulacraire comme 2 est à 3. Deux rangées assez éga- 
les de tubercules dans les deux aires (I); sur l'aire interambu- 
lacraire et à la face inf. on observe, en dehors et de chaque côlc 
des rangées principales de tubercules, un commencement de 
rangées secondaires qui s'arrête à l'ambilus. — Gault, les Ra- 
vis et Méaudret près le Villard-de-Lans. — Assez rare. 

3. Diadema corona (nobis), pi. â, fig. 21-23, D. rotulare'^ 
(Ag., éch. foss. Suis., pi. 16, fig. 1-5). — Diamètre 15 à 20 
mm., haut. 2/5; test déprimé; l'aire ambulacraire est à rin- 
terambulacraire comme 7 est à 12 ; deux rangées principales 
de tubercules dans chaque aire ; ces quatre rangées sont assez 
uniformes et égales entre elles; en outre, dans chaque aire 
interambulacraire, il existe deux rangées secondaires de tu- 
bercules, placées une de chaque côté à l'eilérieur de chaque 
rangée principale, et accompagnan! celle-ci dans une grande 
partie de sa longueur (!) ; de petits granules entourent ces 
divers tubercules. Cette espèce se rapproche beaucoup du 
Diadema rotulare (Ag.); elle n'en diffère guères que par le 
prolongement plus grand des rangées secondaires. Nous ne 
l'avons admise, du reste, comme espèce distincte, que sur l'au- 
torité de M. Desor à qui nous l'avions envoyée à Paris. — Mar- 
nes du Fonlanil. — T. néocomien inf. — Rare. 

4. D. variolare , pi. 11, fig. 16-18 (Ag. et Desor, Cat. cit.), 
Tetragramma variol. (Ag., éch. de la Suisse), Cidarites vario- 
lare? (Al. Brong, géol. Par., pi. 5, fig. 9, A. B. C.).— Dia- 
mètre 25 mm., hauteur 2/5 environ. L'aire ambulacraire 
est à rinterambulacraire comme 5 est à 8. Deux rangées de 
douze à quatorze tubercules dans chaque aire ambulacraire; 
quatre rangées composées d'un même nombre de tubercules 
dans chaque aire interambulacraire. Ces diverses rangées 
sont assez égales en! re elles en-dessous; les tubercules des 
deux rangées extérieures interambulacraires sont toutefois 
plus petits à la face supérieure. En dehors des quatre rangées 
interambulacraires et tout près des lignes de pores, oîi observe 

3 



34 OURSINS FOSSILES DE L ISERE. 

une rangée de pelits tubercules secondaires qui s'étend peu. 
Tous les tubercules principaux paraissent assez écartés les 
uns des autres. — Craie chlorilée. — La Fauge près le Vil- 
lard-de-Lans. — Rare. 

5. V. Carthusianum (nobis), pi. 2, fig. 1-3. — Diamètre 18 
à 30 mm., hauteur 7/12; l'aire ambulacraire est à l'interam- 
bnlacraire comme 5 est à 9 environ. Deux rangées principales 
de tubercules dans chaque aire; dans les aires interambula- 
craires, chaque rangée principale se compose d'une quinzaine 
de tubercules; ceux-ci, de grosseur moyenne, sont assez écar- 
tés les uns des autres sur la face sup. ; en outre il existe qua- 
tre rangées secondaires de tubercules très-petits mais pour- 
tant perforés, savoir : 1® deux rangées extérieures aux 
rangées principales qui, partant de la bouche, remontent jus- 
qu'au milieu de la face supérieure ; 2° deux rangées intérieu- 
res qui, partant de la bouche , dépassent peu Tambilus. Dans 
chaque aire ambulacraire , les deux rangées composées cha- 
cune d'une vingtaine de tubercules, sont écartées l'une de l'au- 
tre et rapprochées par conséquent des zones porifères, surtout 
à la face sup. ; les tubercules qui les composent sont plus 
serrés et plus petits queleurs correspondants de l'autre aire (!); 
la différence est surtout très-grande sur la face supérieure en 
approchant de Tanus; là ces tubercules ont à peine le vo- 
lume des tubercules des rangées secondaires interambulacrai- 
res. Au reste, des granules extrêmement nombreux, très-petils 
et serrés, remplissent tousles vides existants entre lestubercu- 
les des diverses aires ; appareil génital peu large. — Les côtes 
de Sassenage ; chemin de Saint-Laurent-du-Pont à la Grande- 
Chartreuse, dans les marnes que l'on rencontre à gauche de 
la grande route à un quart d'heure au-dessus de la porte de 
rOEillet ; on l'y trouve en même temps que le Toxaster oblon~ 
gus (Ag.) et le Pygaulus depressus (Ag. et Desor). — T. néo- 
comien sup. 

6. D, Repellini (1) .(nobis), pi. 2 , fig. 10-11. ~ Diamètre 



(1) Dédié à M. Repellin jeune, un des naturalistes de notre ville qui 
s'occupent avec le plus d'ardeur et de succès d'études paléontologi- 
ques. 



DESCRIPTION DES ESPECES. 35 

15 à 35 mm., hauteur variable 1/2 et plus. L'aire ambulacraire 
est à rinterambulacraire comme 1 est à 2 ou un peu moins de 
2. Dans chaque aire ambulacraire deux rangées de tubercu- 
les, à peu près égaux entre eux, sont disposées en files régu- 
lières et très-rapprochés de chaque zone porifère (1) ; en sorte 
qu'entre ces deux rangées, il existe un espace notable rempli 
par deux rangées de simples granules ; dans l'aire interam- 
bulacraire, outre deux rangées principales formées de tuber- 
cules assez égaux entreeux et à ceux deraireambulacraire(!), 
il existe quatre rangées secondaires, savoir : deux entre cha- 
que rangée principale et deux extérieures à ces mêmes ran- 
gées. Ces rangées secondaires ne sont pas aussi étendues 
toutefois que les rangées principales ; elles s'amoindrissent et 
cessent en s'approchant de la bouche et de l'anus. Les tuber- 
cules de ces rangées secondaires sont du reste assez gros; ap- 
pareil génital étroit ; bouche large. Ces divers caractères ren- 
dent cette jolie espèce facile à reconnaître ; elle n'est pas rare 
dans le terrain néocomien inférieur, au Fontanil, à Saint- 
Pierrc-de-Cherène, etc. 

7. D, uniforme (nobis), pi. 11, fig. 4 6. — Diamètre 20 mm, 
(hauteur non déterminée, le seul exemplaire que nous possé- 
dions étant très-détérioré). L'aireambulacraireest à rinteram- 
bulacraire à peu près comme 2 est à 3. Cette espèce, qui a le 
faciès d'un Echinus, est couverte de tubercules à très-peu prés 
tous égaux entre eux (I) très-distinctement perforés et crénelés, 
très-rapprochés, à scrobicules entourés de petits cercles scrobi- 
culaires tous tangents entre eux , excepté pourtant dans une 
petite bande étroite, située au milieu de l'aire ambulacraire. 
Dans cette aire et vers l'ambilus, on compte au moins de six 
à quatre rangées de tubercules et une douzaine environ dans 
l'aire interambulacraire, indépendamment de quelques tuber- 
cules secondaires moins gros. Partout defins granules garnis- 
sent les intervalles libres. Le sommet et la base sont dété- 
riorés dans notre exemplaire; nous pensons pourtant qu'il 
appartient au genre Diadema. — Marnes du Fontanil. — 
T. néocomien inf. —Très-rare. 



36 OURSINS FOSSILES DE LISÈKE. 

B. Tubercules itnperforés. 

•\- Branches ambulacraires formées de deux séries verticales de 

pores, 

VIII' GENRE. — Cyphosoma (Ag.)- "— Test mince à peu près 
également aplati sur les deux faces; branches ambulacraires 
onduleuses; deux rangées seulement de tubercules crénelés, 
non perforés (!) dans chaque aire ; ces tubercules ne sont pas 
plus gros dans une aire que dans l'autre ; bouche circulaire 
peu entaillée. 

1. Cyphosoma paucituberculatum (nobis), pi. 1, fig. 27-28. 
an C. circinatum ? (Ag.). —Diamètre 12 à 20 mm. environ, 
hauteur à peu près 1/2; Taireambulacraireestà l'interambu- 
lacraire comme 3 est à 5 environ ; 6 à 7 tubercules dans cha- 
que rangée. Ces tubercules sont écartés les uns des autres, 
assez élevés, coniques. En nous aidant de la loupe, nous n'a- 
vons pu y apercevoir aucune trace de perforation. — Calcaire 
marneux vers l'ermitage de la montagne de Néron près Gre- 
noble. — T. néocooiien inf. — Rare. 

IX« GENRE. — Arbacia (Gray, Ag.). ~ Test mince de forme 
sphéroïdale, couvert de nombreux petits tubercules imperfo- 
rés (!), non crénelés (I)» formant des rangées multiples sur les 
aires interambulacraires et quelquefois sur les ambulacrai- 
res ; bouche circulaire peu entaillée; appareil génital étroit, 
en forme d'anneau. 

1. Arbacia globulus , pi. 2, fig. 7-9 (Ag. etDesor, Cat. rais, 
des échin., An. des se nat., déc. 1846). — Diamètre 8 à 
20 mm. environ, hauteur 3/4 ; diamètre de l'appareil génital 
1/10. L'aire ambulacraire est à l'interambulacraire comme 
3 est à 7 ou 8. On compte environ dans l'aire interambula- 
craire une douzaine de rangées de tubercules tous égaux, 
très-rapprochés et moitié moins de rangées de tubercules sem- 
blables dans l'autre aire ; bouche Irès-grande, occupant pres- 
que toute la face inférieure. Cet oursin se rapproche de Y Ar- 
bacia granulosa (Ag.), Echinus granulosus (Munsier) ^ parla 
disposition de ces tubercules ; mais, dans notre espèce, ils sont 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 37 

moins nombreux. L'unique exemplaire que nous possédions 
d'abord, nous avait élé envoyé de Saint- Jean-en-Roy ans 
(Drôme), avec d'autres fossiles de la craie de ce pays, mais 
sans indication de localité; depuis, M. Repellin jeune en a 
trouvé deux petits exemplaires à Rimet, en-dessus de Rancu- 
rel en allant au Fâ, dans le terrain néocomien sup. 

-]-f Branches ambulacraires formées de paires de 'pores, dis- 
posées obliquement sur trois rangs. 

X" GENRE. — Echinus (Lin. Ag). — Test renflé sup. ; 
branches ambulacraires à paires de pores disposées oblique- 
ment sur trois rangs ou en forme d'arcs (I); aire interambu- 
lacraire souvent double de l'aire ambulacraire ; tubercules im- 
perforés (I), non crénelés (!), de même grosseur dans les deux 
aires et formant plusieurs rangées verticales; bouche circu- 
laire que des entailles rendent plus ou moins décagonale. Au 
sommet, quatre plaques génitales égales, et une plaque im- 
paire plus grande (corps madréporiforme) qui indique l'axe 
aniéro-postérieur. 

1. Echinus denudatus (nobis), pi. 2, 6g. 13-14. — Dia- 
mètre variable 20 à 60 mm., hauteur 7/12 environ. L'aire am- 
bulacraire est double de l'autre aire; zone porifère, large à 
cause de l'obliquité des rangées de pores, égalant à la face sup. 
presque la moitié de la zone interporifére et égalant cette der- 
nière zone vers le pourtour de la bouche ; vers ce même pour- 
tour, les aires ambulacraires et interambulacraires sont éga- 
les en largeur. Les tubercules, un peu plus gros à la face 
inf., sont en général assez uniformes. Dans la zone inierpori- 
fère et inférieurement les tubercules sont disposés avec assez 
peu d'ordre , mais, à la face sup., les files deviennent plus ré- 
gulières ; on en distingue quatre environ dont les deux exté- 
rieures seulement se prolongent jusqu'au sommet. Sur l'aire 
interambulacraire, on dislingue d'abord deux rangées princi- 
pales et régulières de tubercules partant de la bouche et re- 
montant jusqu'à l'anus; on y compte en outre huit rangées 
secondaires de tubercules à peu près aussi gros que les pre- 
miers, savoir : quatre en dehors et quatre en dedans des 
rangées principales ; ces diverses rangées secondaires ne com- 



38 OURSINS FOSSILES DE L'ISÉRE. 

raencent qu'à une certaine distance de la bouche , les quatre 
intérieures s'élèvent peu et ne dépassent guère l'ambitus; les 
quatre extérieures s'élèvent davantage ; il résulte de cette dis- 
position que, sur la face su p., la portion du test comprise entre 
les deux rangées principales est nue et dépourvue de tuber- 
cules ; les granules y sont môme moins abondants qu'ailleurs ; 
bouche bien entaillée. — MarnesduFontanil. — T. néocomien 
inf. — Rare. 

2. E. rotundus (nobis), pi. 5, 6g. 7-9. — Diamètre très-va- 
riable de 15 à 50 mm., hauteur 5/6 à 3/4 ; test épais de forme 
globuleuse, ressemblant un peu à une orange ; face inf. peu 
aplatie ; l'aire ambulacraire est à l'interambulacraire environ 
comme 11 est à 17, ou comme 7 est à 12. Les zones porifères 
sont larges à cause de l'extrême obliquité des paires de porcs ; 
chacune d'elles égale en largeur environ la moitié d'une zone 
interporifère. Les tubercules, également gros sur les deux 
faces, sont bien plus petits que dans les autres espèces ; ils ne 
sont pas très-égaux entre eux ; un autre caractère qu'ils pré- 
sentent est de ne pas former de files bien régulières, mais 
d'être groupés presque irrégulièrement. Dans la zone interpo- 
rifère , nombreux et presque confluents à la face inf., on les 
trouve en bien moins grand nombre à la face sup. où ils sont 
placés surtout le long des zones porifères, de manière que la 
partie moyenne en est presque dépourvue. Une disposition 
semblable s'observe dans l'aire interambulacraire; au-dessus 
de l'ambitus les tubercules y forment, sur chaque assule, des 
groupes de cinq à douze, placés extérieurement près des lignes 
de pores, de sorte que la partie moyenne et sup. de cette aire 
est toute nue ; des miliers de granules très-égaux, très-fins et 
très-serrés remplissent tous les espaces dé{>ourvus de tuber- 
cules, en formant un sablé uniforme des plus élégants. Le 
parquet des plaques coronales est très-distinct dans l'aire in- 
terambulacraire ; de l'ambitus au sommet, on compte neuf 
assules , les trois sup. sont aussi hautes que larges, les au- 
tres, en conservant à peu près la même hauteur, s'élargissent 
à mesure qu'elles sont plus inférieures ; bouche peu entaillée. 
— Chemin de Rancurel au hameau du Fâ. — T. néocomien 
sup. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 39 

DSVSISMS DX7ZSX0IT. 
ECHINIUES PARANORMAUX OU JRRÉGVUERS, 

(Ayant la bouche et l'anus non opposés sur une même ligne 
verticale passant par le sommet. J 

FBEMXÈBE SECTION. 

ÉGHINIDES POURVUS D'UN APPAREIL MASTICATOIRE. 
{Bouche centrale ou subcenlrale ; amhulacres pélaloïdes bornés.) 

Famille II. — GLYPÉASTROIDÉES {CLYPÉASTROIDES, 

Caractère. — Test épais de forme souvent aplatie ; ambitus 
pentagonal, ellyplique ou circulaire, parfois sinué ou lobé; 
ambulacres plus ou moins largement pélaloïdes, quelquefois 
fermés, bornés à /a/ace5M/}mewre(I), simplement reclilignes en 
forme de sillons ou anastomosés à la face inf. ; bouche cen- 
trale ou subcenlrale (I), pentagonale; anus marginal, infra ou 
supra-marginal ; tubercules petits, nombreux, très-serrés, et 
très-uniformes sur toutes les parties du test, portant (dans les 
espèces vivantes) de petites soies; appareil masticatoire, pré- 
sentant cinq mâchoires horizontales; appareil génital formé 
de cinq plaques génitales, formant un cercle autour du corps 
madréporiforme et de cinq plaques ocellaires intercalées 
entre les premières. 

Nous n'avons rencontré, dans le département de l'Isère, 
aucune espèce appartenant à cette famille. Un naturaliste a 
seulement signalé à M. Repellin l'existence de VAmphiope 
bioculata (Ag.) dans la molasse de Royannais, non loin de la 
frontière de notre dép., où existe le prolongement de ce même 
terrain tertiaire et où par conséquent il serait possible qu'on 
rencontrât cette espèce. Nous la décrirons en conséquence. 

I"^ GENRE. — Lobophora (Ag., Gat. rais, des éch., 1. c). 
5cwfe//a des auteurs. — Test de forme très-apla lie, perforé ou 
à ambitus subcirculairc entaillé; ambulacres Irès-pélaloides, 
bornés sur la face sup., fermés; sillons ambulacraircs de la 



40 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

face inf., onduleux el peu ramifiés ; bouche petite à mâchoi- 
res plates; anus infra-marginal, quatre pores génitaux con- 
tigus au corps madréporiforme. 

l»r Sons-genre. — Jmphiope (Ag.). — Deux perforations arrondies 
sur la h'gne de prolongement des ambulacres postérieurs. 

1. Amphiope bioculata {Ag.)^ Scutella bioculata (auct.), (En- 
cyd. méthod. (vers), pi. 147, fig. 5-6). — Diamètre longitudi- 
nal 50 à 70 cent.; diamètre transverse un peu plus grand ; hau- 
teur moins de 1/8. Les deux yeux ou perforations caractéris- 
tiques sont plus près de l'extrémité bornés des ambulacres que 
de l'ambitus. Les exemplaires qui ont servi à cette description 
viennent de Suze près St-Paul-trois-Châteaux, et nous ont 
été donnés par M. Chalande jeune , de Lyon. M. Berthelot a 
vu aussi à St-Jean-en-Royans une espèce de Clypeaster qui 
était peut-être le C. scutellatus (Marcel de Serre). — Parmi les 
principaux genres de la famille des Clypeastroïdées on peut 
citer les suivants: Clypeaster, Lagana,ScuteUa, Fibularia[Ag). 

DEUXIÈME SECTION. 

EGHINIDES DÉPOURVUS D'APPAREIL MASTICATOIRE. 

( Ambulacres de forme variable). 

§ L Un seul centre ambulacraire. 

( Les cinq ambulacres ( les postérieurs quelquefois disjoints pourtant) 
convergent vers un point central). 

f Bouche centrale ou subcentrale ^ non labiée, 
* Ambulacres simples. 

Famille III. — GALÉRIDÉES ( groupe des Galérites de M. 
Desor , Monog. des éch., 3« îivr. ). ( Famille des Cassiduli- 
des, groupe des Echinonéïdes d'Ag. et Desor, Cat. rais, des 
éch., 1. c. ). 

Caractères. — Test de forme variable , conique , hémisphé- 
roïdale,orbiculaire,etc;ambitus allongé ou circulaire; un seul 
centre ambulacraire ; ambulacres toujours simples, conti- 



DESCRIPTION DKS ESPÈCES. 41 

nués (!) ; zones porifères non fermées (I) ; bouche centrale ou 
subcentrale en avant (1), non labiée, de forme plus ou moins 
décagonale ou pentagonale, paraissant souvent circulaire, sans 
bourrelets marginaux; anus en général assez grand, ovale 
ou pyriforme , supère , marginal on infère : tubercules épars 
ou sériés, très-souvent perforés, mamelonnés elcrénelés; gra- 
nules variables; pas d'appareil masticatoire; cinq plaques gé- 
nitales et cinq ocellaires. 

I*' GENRE. — Holectypus ( Ag. et Desor , Cat. rais, des 
éch., Ann. des se. nat. , mars 1847). Discoidea (Gray, Ag.), 
( Galérites des auteurs ).— Test de forme hémisphérique , dé- 
primée ou subconique; ambitus parfaitement circulaire (I), face 
inf. plus ou moins plane ou pulvinée; bouche décagonale; 
anus longitudinal , très-grand (I), marginal ou ord. infra- 
marginal , occupant souvent presque tout l'espace compris 
eniro la bouche et l'ambitus ; pas de ces cloisons intérieures 
dans le test qui déterminent inférieurement des entailles sur 
les moules fossilesf!); tubercules sériés. Quatre pores génitaux 
forment avec les plaques ocellaires un anneau autour du corps 
madréporiforme qui est central. 

1. Holectypus macropygus (Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., 
1. c). Discoidea macropyga (A g., éch. foss. Suiss., pi. 6, fig. 
1-3). — Diamètre 10 à 20 mm. , hauteur à peine 1/2 ; l'aire 
ambulacraire est à l'inlerambulacraire comme 4 est à 7; en- 
tailles de la bouche très-distinctes; anus pyriforme, très- 
grand, occupant presque tout l'espace compris entre la bouche 
et l'ambitus; bords formant l'ambitus renflés; tubercules de 
même grandeur sur toutes les parties du test (I); granules 
disposées par séries horizontales concentriques au sommet. 
— Marnes du Fontanil. — T. néocomien inf. 

2, H. depressus (Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., l.c). Dis^ 
coidea depressa (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 6., fig. 7-9). — Dia- 
mètre antéro-post. variable de 12 à 40 mm., hauteur 1/2 envi- 
ron. L'aire ambulacraire est à l'interambulacraire comme 10 
est à 14. Test de forme subconique ; ambiluscirculaire souvent 
très-légèrement rétréci et tronqué en arrière ; face inf. un 
peu concave; anus pyriforme très-grand, occupant presque 
tout l'espace compris entre l'ambitus et la bouche; tubercules 



42 OURSINS FOSSILES DE L'ISÉRE. 

sériés bien plus gros à la face inf. que sur la face sup. (I), 
formant des files régulières. Dans les gros exemplaires on 
compte vers l'ambitus seize rangées dans l'aire interambula- 
craire et six dans l'aire ambulacraire ; dans les petits exem- 
plaires, ces séries sont moins nombreuses. Tubercules milliai- 
res nombreux , épars. — Passins près Morestel, dans l'oolite 
moyenne ; les tubercules y sont mal conservés. 

3.^. iVcocomew5t5 (nobis), pi. 2, fig. 19-20. — M. Lichtlin, in- 
specteur des eaux et forêts, nous a rapporté un exemplaire d'un 
Holectypus qu'il avait trouvé lui-même sur le chemin de St- 
Laurent'du-Pont à la Grande-Chartreuse, dans une couche 
marneuse située au-dessus de la porte de l'OEillet , où l'on 
rencontre le Toxastes oblongus ^ le Pygaulus depressus, le Ja- 
nira Deshayana, et d'autres fossiles du terrain néocomien sup. 
Cet Holectypus présente tous les caractères généraux de l'es- 
pèce précédente. Son diamètre est de 29 mm.; sa hauteur de 
17 mm. L'aire ambulacraire est à l'interambulacraire comme 
10 est à 17. Elle en diffère à peine par sa forme plus conique, 
moins déprimée , et par les aires ambulacraires peut-être un 
peu plus étroites. 

Il" GENRE. Discoidea (Gray, Ag.). (6^a/enïe5 des auteurs). — 
Genre très-voisin du précédent; test hémisphérique ou subco- 
nique; ambitus parfaitement circulaire (1); face inférieure plane 
ou pulvinée; bouche circulaire légèrement entaillée aux an- 
gles des ambulacres ; anus longitudinal , en général plus pe- 
tit que dans le genre précédent , situé à la face inf. entre la 
bouche et l'ambitus. Des cloisons situées dans l'intérieur du 
lest déterminent des entailles caractéristiques sur les moules 
fossiles, surtout- à la partie inf., autour de l'ambitus 1 Tuber- 
cules sériés. 

1. Discoidea cyUndrica (Ag., éch. foss.Suiss., pi. 6, fig". 
13-15), Galerites canaliculatus (Gold.), G. cyUndrica (Lam.). 
— Diam.de 30 à 45 mm. L'aire ambulacraire est à l'interambu- 
lacraire comme2 est à 7; hauteur2/3 à 3/4; test hémisphérique 
à sommet régulièrement bombé; face inf. très-plate (!) bouche 
en apparence circulaire. L'anus, plus petit en proportion que 
dans les autres espèces , est ovale, situé entre la bouche et 
l'ambitus , un peu plus rapproché de ce dernier ; son diamè- 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 43 

tre longitudinal (égal au sixième ou au septième du diamètre 
de la base) est à son diamètre transverse comme 3 est à 2; les 
tubercules sont petits et uniformes ; ils sont disposés en séries 
horizontales à la base où ils sont plus développés. L'appareil 
génital, dans les exemplaires bien conservés, se compose de 
cinq plaques génitales ayant la forme de boutons aplatis; les 
cinq plaques ocellaires sont à peine visibles. — Cette belle 
espèce se trouve en abondance et en parfait étal de conserva- 
tion , dans les ravins de la Fauge près le Villard-de-Lans, à 
St-Aignan-en-Vercors (Drôme ). —Craie chloritée. 

2. Z>. conica (Desor, Monog. des éch., 3* livr., pi. 7, fig. 
17-22.) — Diamètre variable de 12 à 30 mm., hauteur 3/5 en- 
viron. L'aire ambulacraire est à l'inlerambulacraire comme 

I esta 2environ ; test assez épais de forme conique ; anus pyri- 
forme, à extrémité la plus aiguë dirigée vers la bouche. La 
troncature du bord postérieur indiquée comme caractère par 
M. Desor, paraît ne pas exister toujours dans les exemplaires 
de notre pays ; lorsque cette espèce est à l'état de moule et 
privée de son test, on la dislingue facilement aux dix profon- 
des entailles de la base surtout vers Tambitus. — Chemin de 
Rancurel au hameau du Fâ; les Ravix près le Villard-de- 
Lans. — Très-commun. — Gault. 

3. D. rotula (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 6, fig. 10-12), Nu- 
cleolites rotula (Brong.). — Parmi les espèces du D. conica que 
nousavions envoyées à Paris à M. Desor, il s'est trouvé quelques 
exemplaires provenant des Ravix ou de la Fauge, et dont les 
moules ne présentaienl pas des entailles aussi profondes que 
celles qui caractérisent l'espèce précédente; M. Desor lésa 
rapportés au Discoidea rotula ; nous n'avons pu saisir aucune 
autre différence, probablement à cause du mauvais état des 
exemplaires observés. Voici au reste, d'après M. Desor (Mo- 
nog. éch., 3* livr., pag. 61), les caractères essentiels de cette 
espèce. L'ambitus est parfaitement circulaire ; l'anus est situé 
au milieu de l'espace, entre le bord postérieur et la bouche. 

II a la forme d'un ovale dont la pointe, dirigée en dehors, 
est aussi aiguë ou plus aiguë que celle qui est du côlé de 
la bouche. Le test, enfin, est hémisphérique, moins conique 
que celui du D, conica, et son moule est moins entaillé. 



44 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈUE. 

4. D, 5w6wcw/w5 (Broun. ,Ag.)- (Desor, Monog.éch.^ 3'livr., 
pl.7,fig.5-7.), Galerites rotularis [Ldim.)yG.suhuculus((\o\à.). 

— Diamètre 10 à 12 mm. , hauteur environ 3/5 à 3/4. L'aire 
ambulacraire est à rinterambulacraire comme 5 ou 4 est à 
7. L'anus est grand , infra-marginaL Son diamètre trans- 
verse diffère assez peu du longitudinal; ce petit oursin est 
très-élégamment parqueté ; les lignes de suture des assules 
se dessinent en brun d'une manière très-distincte ; en outre, 
on aperçoit souvent, dans chaque aire interambulacraire, une 
espèce de ligne saillante ou carène qui s'étend du sommet à la 
base et qui ajoute à l'élégance de cette jolie espèce. — Les Ra vix 
près le Villard-de-Lans. — Gault. — Il est commun du reste 
dans toute la France. 

III* GENRE. — Ga/en7e5(Lam., Ag.). — Test de forme renflée, 
souvent conique ou subpentagonal; ambitus non régulière- 
ment circulaire (I), ord. allongé, toujours plus rétréci en ar- 
rière qu'en avant (1) ; face inf. plane ; bouche pentagonale 
d'apparence circulaire ; anus ord. marginal , quelquefois in- 
fra ou supra-marginal; souvent une carène suranale; tuber- 
cules assez écartés, perforés, mamelonnés, non sériés î 

1. Galerites glohulust pi. 3, fig. 23-24 (Desor, Monog. éch., 
3* liv., pi. 5, fig. 1-4.) — Diamètre antéro-poslérieur et 
transverse 10 à 25 mm., hauteur 7/8 environ. L'aire ambu- 
lacraire est à rinterambulacraire comme 4 est à 9 ; test 
mince de forme presque globuleuse (1); face inférieure aplatie 
au centre dans une petite étendue ; anus ovale, longitudinal, 
supra-raarginal , visible pourtant, le test étant vu en-dessous, 
plus grand que la bouche et entouré d'un légerrebord saillant, 
qui nous avait d'abord fait prendre cette espèce pour un Cara- 
tomus , et qui nous laisse quelques doutes sur sa détermina- 
tion. — La Faugeprès le Villard-de-Lans. — Craie chloritée. 

— Assez rare. 

2. G. castanea (Ag. , Desor, Monog. éch., 3«livr., pi. 4, 
fig. 12-16), Nucleolites casta7iea (Brong.). — Diamètre antéro- 
postérieur 24 à 40 mm. ; diamèt. transverse 8/9, hauteur 5/8. 
L'aire ambulacraire est à rinterambulacraire comme 1 esta 
3 environ ; test assez mince, de forme plus longue que large 
et plus large que haute; ambitus plus ou moins subpentago- 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 45 

nal ; anus grand, marginal. — Chemin de Rancurel au Fâ; les 
Ravix près le Villard-de-Lans. — Gault. — Commun, mais le 
plus souvent en mauvais état. 

IV' GENRE. — Pyrina (Ch. Desm. , Ag.). — Test de forme 
allongée plus ou moins renflée, régulièrement ovale (!); bouche 
pentagonale sans bourrelets, plus ou moins allongée et méma 
oblique ; anus longitudinal , supère (!) ; tubercules serrés , 
nombreux, non sériés. 

t. Pyrina pygœa {Ag., Desor, Monog. éch., 3* livr., pi. 5, 
fig. 27-31). — Grand diamètre 12 à 25 mm. ; diamèt. trans- 
verse 4/5 à 9/10, hauteur un peu plus de 1/2. Le rapport des 
aires ambulacraires aux interambulacraires varie; il est en 
général comme 4 esta 2. Test régulièrement ovale quand il 
n*a pas été déformé. Anus ovale supère, situé à peu près à égale 
distance de l'ambitus et du sommet ambulacraire, visible ainsi 
à la fois, lorsqu'on regarde le test d'en haut ou latéralement 
par le bord postérieur. Dans la figure de cette espèce, donnée 
par M. Desor (Monog. des éch., 3* livr., pi. 5, fig. 27-31, 
l'anus est placé trop postérieurement. — Non rare dans les 
marnes du Fontanil appartenant au néocomien inf. — M. Ber- 
thelot en a trouvé aussi un exemplaire dans les marnes de 
l'ermitage de Néron. 

2. P. cylindrica (nobis), pi. 3, fig. 12-15, an P. Desmoulin- 
siit (d'Archiac, Mém. soc. géol. P., nouv. série, pi. 13, fig. 4, 
A. B. C. D.). — Diamètre antéro-post. 12 à 25 mm. ; diam. 
transv. 6/7, hauteur 4/7. Ces divers rapports varient un peu 
suivant les exemplaires. Les aires ambulacraires sont aux in- 
terambulacraires comme 1 est à 2; anus pyriforme, à extré- 
mité sup. aiguë et terminée en pointe ; il occupe exacte- 
ment le milieu du bord postérieur; aussi , en regardant 
l'oursin par le haut ou par le bas, on n'aperçoit qu'une 
échancrure ; l'anus n'est vu en entier que latéralement. Celte 
espèce diffère du P. pygœa et du P. ovulum (Ag.), surtout en 
ce que l'anus est placé plus bas tout à fait postérieurement et 
du P. Desmoulinsii (d'Archiac), en ce que cette ouverture pré- 
sente supérieurement un angle aigu. — Les Ravix près le Vil- 
lard-de-Lans ; montagne entre Rancurel et le hameau du Fâ.. 
— Gault. 



k(î ODRSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

V« GENRE. — Pygaster (Ag.). — Test de forme circulaire ou 
ovale; bouche centrale entaillée par dix échancrures; anus 
grand, supère, très-rapproché du centre ambulacraire (!); tu- 
bercules sériés, bien développés. Les espèces se trouvent dans 
les terrains jurassique et crétacé. 

1. Pygaster truncatus (Ag., I»esor, Monog. éch, 3* livr., 
pi. 11 , fig. 8-10). — Nous n'avons vu qu'un moule que nous 
rapportons à cette espèce ; il présente les dimensions suivan- 
tes : diamètre antéro-postérieur55 mm., largeur 66mm. hau- 
teur 28 mm.; aires interambulacraires doubles environ des am- 
bulacraires; test de forme ovale, plus large que long (I), tron- 
qué en arrière ; face sup. peu convexe ; centre ambulacraire 
médian ; anus très-large, pyriforme, occupant presque tout 
Tespace compris entre le centre ambulacraire et l'ambitus; 
bord postérieur de l'ambilus, présentant une dépression légère 
et Ixès-évasée; les ambulacres pairs, surtout les postérieurs, 
sont arqués en arrière ; face inférieure pulvinée vers le pour- 
tour, concave au centre où l'on observe la bouche grande, de 
forme ovale, profondément entaillée. — Environs du hameau 
duFâ. — Il doit provenir du Gault ou du terrain néocomien. 

VI™* GENRE. Hybocîypus (Ag.). — Test de forme aplatie; 
ambitus ovale ou subcirculaire plus large en arrière qu'en 
avant ; anus supère rapproché du centre ambulacraire et logé 
au fond d'un sillon qui s'étend longitudinalement jusqu'à 
l'ambitus; ambulacres disjoints quoique convergeant vers un 
seul centre ambulacraire ; face inf. pulvinée; bouche excen- 
trique en avant. Ce genre, voisin des Dysaster el surtout des 
Nudéolites , diffère principalement de ces derniers par ses 
ambulacres qui paraissent simples; mais comme les pores 
s'éloignent les uns des autres et s'effacent en approchant de 
l'ambitus, il est probable que la zone porifère est fermée et 
qu'en conséquence le genre Hybocîypus doit faire partie de \a 
famille des Nucléolidées. Nous le laissons dans la famille des 
Galéridées pour apporter le moins de changement possible à 
la classification adoptée par MM. Agassiz et Desor. 

1. Hybocîypus Gibberulus (Ag., Desor, Monog. éch., 3. liv., 
pi. 13, fig. 12-14). — Diamètre antéro-post. 30 à 40 mm., lar- 
geur égale ou à peine moindre, hauteur 2/5 environ; aire am- 



DESCKIPTION DES ESPÈCES. 47 

bulacraire étroile, presque 4 fois moins large que l'aire intcr- 
ambulacraire. Cette espèce est facile à reconnaître à sa forme 
bossue, ondulée et irrégulière. L'ambilus est échancré anté- 
rieurement par un sillon qui s'étend sur la face inf. jusqu'à 
la bouche ; à ce sillon correspond en avant sur la face supé- 
rieure une carène très-saillante (I) qui s'étend jusqu'au centre 
ambulacraire et sur laquelle se trouve l'ambulacre impair ; 
anus très-rapproché du centre ambulacraire ; sillon sous- 
anal large et profond ; face inférieure fortement ondulée ; 
bouche distinctement pentagonale quand l'exemplaire est 
bien conservé. — Ce fossile se rencontre dans l'oolite inf. du 
département de l'Ain, tout près de notre département. Comme 
ce terrain se prolonge aussi dansl'arrondissementde la Tour- 
du-Pin , il est assez probable qu'on pourra l'y rencontrer. 

** Ambulacres pétaloîdes. 

Famille IV. — NUCLÉOLIDÉES ( famille des Cassidulides , 
groupe des Nucléolides, Ag. et Desor, Cal. rais, des échin., 

1. c). 

Caractères. — Test de forme variable, aplatie, anguleuse 
ou subcylindrique; ambitus allongé; un seul centre ambu- 
lacraire; ambulacres plus ou moins pétaloîdes, interrompus 
ou effacés vers l'ambitus (I) ; zones porifères toujours péta- 
loîdes , ord. fermées; pores ambulacraires d'une même paire 
plus ou moins réunis par un sillon transverse ; bouche non 
labiée, centrale ou subcenlralc en avant, souvent entourée 
de bourrelets et pourvue d'ambulacres pétaloîdes péristo- 
maux; anus de position variable ; tubercules non sériés; pas 
d'appareil masticatoire; cinq plaques génitales et cinq ocel- 
laires. 

I«' GENRE. Nucleoîites ( Lamarck, Ag. ). — Test mince de 
forme allongée, plus large en arrière qu'en avant (1); ambitus 
comme tronqué et subcarré postérieurement ; anus supére , 
tantôt à fleur de test , tantôt logé dans un sillon plus ou moins 
profond; bouche plus ou moins pentagonale, sans bourrelets 
ni rosette ambulacraire pétaloïde; 4 pores génitaux. 



48 OURSINS FOSSILKS DE L'iSÊRE. 

1. Nucleolites Roberti (*) (nobis) , pi. 3, fig. 10-11. — Dia- 
mètre antéro-post. 12 à 20 mm., diamètre Iransv. 3/4, hauteur 
1/2 environ. — Test de forme déprimée , allongée, tronquée 
carrément en arrière; face inférieure aplatie; sommet dorsal 
identique avec le centre ambulacraire, situé aux deux cinquiè- 
mes environ de la longueur; diamètre transverse tout à fait 
postérieur ; ambulacres à peine pétaloides (!); zones interpori- 
fères non pétaloïdes; zones porifères pétaloides fermées. Dans 
les ambulacres postérieurs, les zones porifères se ferment bien 
avant d'atteindre l'ambitus ; la zone inlerporifère est un peu 
plus large seulement que l'une des zones porifères adjacentes; 
bouche parfois presque centrale, dans tous les cas bien moins 
excentrique en avant que le sommet. — Sassenage, Dent-de-Moi- 
rans, chemin de la Grande-Chartreuse à la porte de l'OEillet, 
Rancurel près duFâ, etc. — -Assez rare pourtant dans ces di- 
verses localités. — T. néocomien sup. 

2. N. Olfersii (Ag. éch. foss. Suiss., pi. 7, fig. 7-9). — Dia- 
mètre antèro-postérieur 16 à 30 mm., diamètre transversal 
5/6, hauteur 1/2 à 4/7 ; test assez épais ; face sup. convexe; 
sommet génital correspondant à peu près aux 2/5 antérieurs 
delà longueur ; bouche un peu plus antérieure encore; am- 
bulacres, zones porifères et inter porifères pétaloides; la lar- 
geur des ambulacres pairs antérieurs est double de la largeur 
de ces mêmes ambulacres prise au point où ils présentent le 
maximum d'étranglement. L'anus s'avance assez sur la face 
sup. pour qu'on puisse l'apercevoir aussi bien d'en haut que 
par côté ; le sillon sous-anal n'échancre pas l'ambitus ou n'y 
occasionne qu'une légère dépression; le bord postérieur n'est 
pas coupé carrément comme dans les autres espèces, il est 
arrondi. — Marnes néocomiennes du Fontanil. — Non rare. 

3. N. Neocomensis (Ag. et Desor, Gat.rais. des éch., 1. c), 
Catopygus Neoco7nensis(Ag.f éch. foss. Suis»., pi. 8, fig. 12-14). 
— Diamètre antéro-post. 25 à 40 mm., dans un exemplaire 
même 48 mm., largeur 7/8, hauteur 1/2 à 9/16; test plus 



(*) Dédié à M. Désiré Robert, qui s'occupe avec zèle de recherches 
paléontologiques et qui nous a communiqué un grand nombre d'exem- 
plaires fossiles. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 49 

mince que dans l'espèce précédente ; face sup. uniformément 
bombée ; bord postérieur tronqué carrément ; sommet génital 
et bouche un peu antérieure ; ambulacres un peu moins péta- 
loides que dans l'espèce précédente; anus tout à fait posté- 
rieur (I), visible seulement latéralement et ne laissant guère 
voir qu'une échancrure quand on le regarde par la face sup.; 
sillon sous-anal échancrant l'ambitusl — Marnes néocomien- 
nes du Fontanil, où il est mêlé avec l'espèce précédente. 

Nota. M. Desor nous a indiqué comme appartenant au 
iV. Nicoleti (Ag. et Des., Cat. rais, des éch., 1. c), N. lacunosus 
(Ag., éch. foss.Suiss., pi. 7, fig.4-6, nonGold.), un exemplaire 
du Fontanil que nous lui avions envoyé à Paris; nous n'avons 
trouvé depuis rien qui se rapportât à cette espèce. 

II« GENRE. — Pygaulus (Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., 
1. c), Catopygus (Ag., éch. foss. Suiss.). — Test de forme ren- 
flée, souvent cylindroidc; face inf. plus ou moins pulvinée; 
bouche obtusément pentagonale , plus ou moins allongée et 
oblique , sans bourrelets ni rosette ambulacraire pétaloïde ; 
anus longitudinal (I), post ou infra-marginal, surmonté d'une 
carène ou rostre obtus (I); quatre pores génitaux. 

1. Pygaulus dppressus (peut-être P. Desmoulini) (Ag.et De- 
sor, Cat. rais, des éch., 1. c), Catopygus depressus (Ag., éch. 
foss. Suiss., pi. 8 , fig. 4-6), Nucleolites depressus (A. Brong., 
non Ag.). —Grandeur irès-variable; diamètre antéro-poslé- 
rieur 15 à 40 mm., diamètre transversal 2/3 à 3/4, hauteur 
environ 1/2 plus ou moins ; test épais ; extrémité postérieure un 
peu plus large que l'antérieure ; sommet dorsal et bouche sub- 
centrals en avant ; anus marginal ou presque infra-marginal, 
jamais visible d'en haut; ambulacres à peine pétaloides (!) ; la 
zone interporifère est double de l'une des zones porifères adja- 
centes; tubercules nombreux, inégaux. — Cette espèce est com- 
mune dans le terrain néocomien supérieur qu'elle caractérise 
dans notre pays ; on la trouve à Sassenage, au mont Néron, à 
Roche-Pleine près St-Robert, au-dessus deVeurey, à la Grande- 
Chartreuse vers la porte de l'OEillet, sur le chemin de Ran- 
curel au Fâ, etc. 

2. P. cylindricus, pi. 3, fig. 16-18 (Ag. et Desor, Cat. rais, 
des éch. 1. c). — Diamètre antéro-postérieur de 30 à 50 mm., 

4 



50 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

diamètre transversal 4/5, hauteur 2/3. Gros oursins à lest 
épais, de fornoe très- renflée, cylindroïde ; exlrémilé posté- 
rieure un peu plus large que l'antérieure; celle-ci présente 
un sillon très-évasé, peu sensible surtout supérieurement, où 
se loge Tambulacre impair. Anus marginal ; les ambulacres 
sont larges, bien pétaloïdes. Le sommet génital est assez 
excentrique en avant, puisqu'il est situé environ au tiers anté- 
rieur delà longueur; la bouche est encore plus antérieure; 
elle présente dans les exemplaires bien conservés une rosette 
ambulacraire péristomale en partie pétaloïde et des traces de 
bourrelets (voy. pi. 3, fig. 17), ce qui rapprocherait notre 
espèce du genre Pygurus si sa forme générale ne l'en éloi- 
gnait ; c'est donc une de ces espèces intermédiaires entre 
deux genres.— Sassenage , bords de la vallée de RancurcI , 
carrière de Roche-Pleine à St-Robert, etc. — T. néocomien 
sup. 

ni« GENRE. — Pygurus (Ag.) {Echinolampas , Clypeaster ôcs 
anciens auteurs). — Test de forme discoïdale plus ou moins 
renflée; ambulacres à fleur de test, à zones porifères larges; 
face inf. plus ou moins concave; bouche pentagonale entourée 
de gros bourrelets distincts et d'une rosette ambulacraire péta- 
Ioïde(l);anus plus ou moinslongitudinal, jamais transverse (I), 
postérieur et souvent infra-marginal; tubercules nombreux. 

1. Pygurus rostratus (Ag., éch. foss. Suiss., pi. H, 6g. 4- 
6). — Diamètre antéro-postérieur 80 à 100 mm., diamètre 
transverse 21/23 environ, hauteur 1/3 environ; test déprimé, 
sa partie antérieure est un peu plus étroite que la postérieure. 
Le bord postérieur se termine en pointe en formant une sorte 
de bec (1); face sup. subconique; face inf. concave très-ondulée à 
cause des gros bourrelets delà bouche qui se prolongent jus- 
que près de l'ambitus ; sommet génital subcentral en avant. 
L'ambitus présente antérieurement une légère échancrure ; 
les ambulacres très-pélaloïdes sont effllés à leur extrémité 
cxt.;anus petit, infra-marginal, plutôt rond que longitudinal; 
bouche subcentrale en avant comme le sommet, entourée de 
gros bourrelets et de larges ambulacres très-pétaloïdes. — 
Marnes du T. néocomien inf. du Fontanil ; on en trouve de 
nombreux fragments, mais les exemplaires entiers sont très- 
rares. 



DESCRIPTION DES ESFÈCKS. 51 

2. P. Montmoîlini (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 11, fig. 1-3). 
— Diamètre anléro-poslérieur 70 à 90 mm., diamètre Irans- 
verse à peu près égal, hauteur 1/3 dans nos exemplaires, (1/2 
d'après la planche des éch. foss. Suiss. de M. Agassiz). — Celle 
espèce ressemble beaucoup à la précédente ; elle en diffère 
surtout par son diamètre transverse qui égale ou dépasse 
même le diamètre antéro-postérieur, par l'absence presque 
complè;e du bec postérieur ou prolongement anal, par son 
anus qui est plus grand, plus sensiblement longitudinal, par 
l'échancrure antérieure de l'ambitus qui est plus profonde, par 
ses ambulacrcs qui sont plus étroits et plus effilés extérieure- 
ment, le diamètre Iransversc maximum (la largeur) de ces 
ambulacres étant plus rapproché du sommet; celle différence 
dans la forme des ambulacres permet même de reconnaître les 
fragments de cet oursin qui se rencontrent assez souvent mêlés 
avec l'espèce précédente dans les marnes du Fontanil. — T. 
néocomien inf. — Les exemplaires entiers et bien conservés 
sont très-rares. 

S. P. obovatus {kg, et Desor, Cat. rais, des éch., L c). 
Catopygusobov. (Ag., Mém. soc. Neuchâtel), el Pygorhynchus 
obov, (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 8, fig. 18-20). — Diamètre 
antéro-postérieiir 40 à 55 mm. , diamètre transverse 4/5, et 
hauteur 2/5 environ ; test de forme déprimée; ambilus ovale, 
mais le bout antérieur est bien plus rétréci que le postérieur ; 
celui-ci est arrondi et n'est pas coupé carrément; face sup. 
uniformément et régulièrement bombée; face inf. presque 
plane, concave seulement au centre, les bords qui séparent 
ces deux faces sont épais et très-arrondis; bouche et sommet 
génital placés au tiers antérieur environ du diamètre longitu- 
dinal; anus postérieur, placé à l'origine d'un large sillon ver- 
tical qui se perd insensiblement vers la face inf. En regar- 
dant cet oursin d'en haut, on ne voit pas l'anus mais seule- 
ment une simple échancrure; 4 pores génitaux. — St-Pierre 
de Chérène. — T. néocomien.— Rare. 

IV* GENRE. — Echinolampas (Gray, Ag., Ch. Desmoul.). 
Clypeaster (Lam. , Gold ). — Test épais de forme discoidalc; 
ambitus plus ou moins ovale ou arrondi ; face sup. bombée, 
face inférieure concave; ambulacres pélaloides interrompus ; 
aires ambulacraires souvent renflées, saillantes sur la face 



52 ounsiNS FOSSILES DE l'isère. 

sup.; anus infra-marginal, toujourî» transverse (I); bouche et 
sommet génital subcentrals en avant; tubercules nombreux, 
serrés. 

1. Echinoîampas hemisphœricus {Ag.,Encyc[op. métb.(vers), 
pi. 14V, fîg. 3-4), Clypeaster hémisph. (Lam.) — Diam. antéro- 
post., 90 à 100 mm. et plus; diamèt. transverse 19/20 environ, 
hauteur 1/3. Grosse espèce (I) à test très-épais, de forme dé- 
primée ; ambitus ovale; face inf. plate, concave seulement 
au cenire ; zone interporifère 3 à 4 fois plus large que l'une 
des zones porifères adjacentes. — Cette espèce se trouve à Sl- 
Jean-en-Royans (Drôme) , dans la molasse (terrain tertiaire 
moyen), tout près de la frontière du dép. de l'Isère où, très- 
probablement, il doit se rencontrer. 

2. E. scutiformis (Ch. Desm., Lam., Ag.). — Diamètre an- 
téro-post. 45 à 50 mm.; diamètre transverse 5/6; hauteur 
1/2; face inf. concave, pulvinée vers Tambitus. Cette espèce 
se distingue des autres echinoîampas par le petit nombre re- 
latif de ses tubercules; aussi on n'en compte guère par centi- 
mètre carré que 80 à 90, tandis que dans l'espèce précédente, 
par exemple, pour le même espace, ce nombre s'élève de 130 
à 180. — Molasse (terrain tertiaire moyen). — Autrans, Ran- 
curel, St-Julien-de-Ratz, etc. — Ces exemplaires y sont le 
plus souvent déformés. 

f f Bouche plus rapprochée du bord antérieur que du centre, labic»', 

réniforme ou ovale, toujours transverse. 
*Un sillon dorsal antérieur; anus postérieur sur une facette dite anale. 

Famille V. — SPATANGYDÉES (Famille des Spatangoïdes, 
Ag. et Desor, Cat. rais, des éch. , 1. c.) 

Caractères. — Test ordinairement mince et de forme allon- 
gée ou subcirculaire , plus large en avant qu'en arrière ; am- 
bitus plus ou moins cordiforme, tronqué en arrière; sur la 
face supérieure se trouve un sillon placé antérieurement, 
échancrant l'ambitus et logeant l'ambulacre impair; ce dernier 
diffère ordinairement des 4 ambulacres pairs; sommet dorsal 
et centre génital distincts ou non ; surface inférieure aplatie, 
ondulée par les dépressions ambulacraires et présentant un 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 53 

renflement médian, lon^lludmal , nommé côte sternale ; bord 
postérieur présentant une troncature nommée facette anale ; 
ambulacres de forme variable plus ou moins effacés ou in- 
terrompus avant d'arriver à l'ambilus; ils sont réunis ou dis- 
joints à leur sommet, mais convergent toujours vers un seul 
centre; ils redeviennent plus apparents autour de la bouche 
où leurs tronçons forment une sorte de rosette visible dans les 
exemplaires bien conservés. Zones porifères toujours fermées 
avant d'arriver au pourtour (!) ; dans chaque ambulacre pair, 
la zone porifère postérieure est ordinairement plus large que 
l'antérieure. Pores simples, allongés ou conjugués; bouche, 
plus rapprochée du bord antérieur que du centre (I), dépour- 
vue d'appareil masticatoire (I), réniforme ou ovale , toujours 
plus ou moins transverse, souvent labiée par la saillie de la 
côte sternale; anus ovale, longitudinal, rarement transverse, 
toujours situé sur la facette anale, au-dessus de l'ambitus (1); 
tubercules épars , souvent inégaux ; les plus gros sont parfois 
crénelés et perforés; ils portent alors des piquants plus longs 
que les piquants ressemblant & des poils des autres tubercules. 
Quatre pores génitaux dessinant un trapèze, disposés par 
paire, savoir: une antérieure placée un peu en avant du 
sommet des ambulacres pairs antérieurs, et une postérieure 
à ces mêmes ambulacres; cinq trous ocellaires ord. peu ap- 
parents. En outre on observe dans beaucoup de genres des 
espèces de bandelettes lisses à la surface du lest, n'offrant que 
des tubercules très-fins , bien plus apparents dans les oursins 
vivants que dans les fossiles ; MM. Agassiz et Desor , qui les 
ont étudiés avec soin, les désignent sous le nom de fasciole. 
Ils appellent péripélale le fasciole qui entoure la rosette for- 
mée par les cinq ambulacres pétaloïdes (genres Hemiastery 
Schizaster) ; interne, lorsqu'il circonscrit l'ambulacre impair 
(genre Amphidetus] ; latéral, lorsqu'il s'étend d'avant en ar- 
rière sur les flancs (genre Schizaster), ei sous-anal, lorsqu'il est 
limité à la base de l'anus. Le fasciole péripétaleet sous-anal 
sont souvent associés. 

1" GENRE. — Spatangus [K\e\n , Ag.).— Oursins de grande 
taille; ambulacres pairs et zones interporifères paires très- 
pétaloïdes(I), souvent presque fermés; ambulacres en général 
larges ; l'impair seul est logé dans un large et profond sillon ; 



54- OURSINS FOSSILKS DE l'iSÈRE. 

bouche grande, labiée; on observe à la surface supérieure, 
indépendamment des petits tubercules ordinaires, de gros 
tubercules épars, scrobiculés , crénelés et perforés ; point de 
fasciole péri pétale, un fasciole sous-anal profondément échan- 
cré; le trapèze que dessinent les quatre points génitaux est plus 
large que long. — Espèces vivantes et des terrains tertiaires. 

1. Spatangus ocellaius {De(rance), (Ag.etDes.,Cat. rais, des 
éch., 1. c), Sp» Nicoleti (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 4, fig, 7-8). — 
Diamètre anléro-poslérieur 70 à 100 mm. (1) , hauteur de 1/3 
à 1/4; test très- déprimé; ambulacres à pores écartés, conju- 
gués; sommet dorsal et centre ambulacraire identiques. Cette 
espèce est caractérisée par les gros tubercules de la face sup. 
qui sont entourés d'un scrobicule très-profond. — Trouvé par 
M. Repellin aîné dans la molasse de St-Jean-en-Royans, très- 
près de la frontière du dép. de l'Isère. M. Chalande jeune, de 
Lyon, nous a donné un bel exemplaire de cette espèce qu'il 
avait rencontré dans la molasse de Saint- Paul- Trois -Châ- 
teaux (Drômc). 

II* GENRE. — Hemiaster (^Desor) (Ag. et Desor, Cat. rais. 
des éch., l.c), Micraster[k^.), Spatangus [auci,) — Oursins de 
petite taille, renflés ; sommet dorsal lout à fait postérieur et dis- 
tinct du centre ambulacraire ; les cinq ambulacres sont enfon- 
cés chacun dans un sillon évasé (I); le sillon antérieur n'est pas 
plus profond que les autres ; les deux ambulacres postérieurs 
sont bien plus courts que les deux pairs antérieurs. Les ambu- 
lacres pairs sont plus ou moins pétaloïdes ainsi que les zones 
interporifères (!); un fasciole péripétal entourant la rosette 
ambulacraire sur la face sup. (I); point de fasciole anal ; tra- 
pèze formé par les points génitaux, plus large que long. 

1. Hemiaster Bufo (Desor), Micraster Bufo (Ag.), Spatangus 
B, (Brong.), Géol. Par., pi. 5, fig. 4. — Diamètre antéro-posL 
22 à 35 mm., hauteur du sommet dorsal 5/6 environ; la hau- 
teur du bord antérieur au point où finit l'ambulacre impair 



(1) Dafis toutes les espèces de la famille des Spalarigydées et des 
Dysasiéridées, celle dimension est prise sans tenir compte de la pro- 
fondeur du sillon antérieur qui est censé ne pas exister. 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 55 

n'est que de 1/2 environ; diamètre transverse 1 environ. Som- 
met dorsal, comme on le voit, très-élevé, tout à fait posté- 
rieur et à peu près sur le môme plan que la facette anale ; 
cette dernière est verticale; il en résulte que la face supé- 
rieure forme un plan très-incliné en avant caractéristique de 
l'espèce ; centre ambulacraire un peu postérieur ; ambulacres 
pairs postérieurs , au moins un tiers plus courts que les anté- 
rieurs. L'aire intcrambulacraire postérieure présente une 
carène médiane longitudinale ; zones interporifères ayant une 
largeur à peu près égale à l'une des zones porifères adjacen- 
tes; bouche réniforme entourée d'un anneau calcaire saillanil 
Celte espèce diffère de VH. prunelln (Desor) , en ce que dans 
cette dernière espèce la bouche est simple, renflée, sans pré- 
senter d'anneau , et que la face sup. est moins inclinée. — La 
Fauge près le Villard-de-Lans. — Craie chloritée. 

2. H. minimus (Desor), Micrasler minim. (Ag., éch. foss. 
Suiss., pi. 3, fig. 16-18). — Diamètre antéro-postérieur 15 à 
20 mm., hauteur du sommet dorsal un pou moins des 5/6, 
Cette espèce est très-voisine de la précédente; elle n'en difrère 
que par sa taille constamment moindre et que parce que néan- 
moins les pores des ambulacres y sont plus gros, plus allon- 
gés et moins nombreux. — Les Ravix près le Villard-de-Lans. 
— Gault; la plupart des exemplaires sont très-mal conservés. 

Nous avons trouvé encore aux Ravix quelques exemplaires 
qui semblaient se rapprocher de VHemiaster Phrynus (Ag.), 
espèce différant surtout de 1'^. Bufo par sa face sup. horizon- 
tale et non déclive en avant; mais ils étaient en trop mauvais 
état pour être décrits. 

in* GENRE. — Micraster (Ag.), Spatangus (auct.) — Ce genre 
ressemble beaucoup au précédent; il en diffère par sa forme 
moins renflée et essentiellement par l'absence du fasciole pé- 
ripétale et la présence d'un fasciole sous-anal ; le sommet 
dorsal est quelquefois confondu avec le centre ambulacraire. 

1. Micraster distinctus (A g.) , pi. 4, fig. 1-2. — Diamètre 
antéro-post. 30 à 60 mm., hauteur du sommet dorsal 5/7, 
diamètre transverse un peu moindre de 1 ; test épais; ambitus 
bien plus large en avant qu'en arrière; centre ambulacraire 
médian ou un peu postérieur» presque aussi élevé que lesom- 



56 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

met dorsal qui est tout à fait postérieur ; facette anale verticale, 
presque aussi haute que le sommet dorsal ; la face supérieure 
présente un plan incliné du bord antérieur au centre ambula- 
craire; de ce centre à la facette anale règne une carène médiane 
à peu près horizontale. Les sillons qui logent les ambulacres 
sont profonds (I) ; les deux ambulacres pairs antérieurs s'éten- 
dent sur les deux tiers de la face sup., et les deux postérieurs 
sur la moitié; au delà ils s'effacent complètement, et Taire in- 
terambulacraire devient à fleur de test. Les zones interporifè- 
res sont très-peu pétaloïdes ; les ambulacres le sont d'une ma- 
nière distincte ; les pores sont conjugués; la bouche est Jabiée 
par la saillie de la côte sternale; les tubercules nombreux , 
épars, forment pourtant une rangée régulière dans cha- 
que zone porifère de Tambulacre impair, et deux courtes 
rangées qui limitent chacun des tronçons ambulacraires qui 
constituent la rosette péristomale, disposition qui s'observe 
du reste dans d'autres espèces de la famille des Spatangydées, 
mais seulement dans les exemplaires bien conservés; cette 
espèce est très- voisine du Micraster cor-anguinum si fréquent 
dans la craie supérieure ; elle en diffère par ses sillons ambu- 
lacraires plus profonds, parla plus grande longueur des deux 
ambulacres postérieurs qui forment aussi entre eux un angle 
plus aigu. Dans le Micraster cor-anguinum, la facette anale est 
moins haute et plus étroite, et le centre ambulacraire est un 
peu antérieur, tandis qu'il est médian ou postérieur dans notre 
espèce. — La Fauge près le Villard-de-Lans ; Saint-Aignan 
en Vercors (Drôme). — Craie chloritée. 

2. M. cor-anguinum (Ag. et Desor., Cat. rais, éch., 1. c, non 
Ag.,éch.foss. Su\ss.)y Spatangus cor-anguinum (Lam.,Brong., 
Gold.), Spatangus cor-testudinarium (Gold.), Spatangus cor- 
marinum (Park., org. rem. 3, pî. 3, fig. 2). — Diamètre antéro- 
postérieur 25 à 50 mm., diamètre transverse 1 environ , hau- 
teur du sommet dorsal 2/3 à 3/5; ambitus bien plus large en 
avant qu'en arrière; diamètre transverse tout à fait antérieur; 
centre ambulacraire un peu antérieur en général, presque 
identique avec le sommet dorsal qui est quelquefois un peu 
postérieur ; facette anale verticale , moins élevée que le som- 
met dorsal; sillons ambulacraires médiocrement profonds; 
zones porifcres étroites, à pores conjugues; bouche fortement 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 57 

labiée par la saillie de la côte sternale. — Craie supérieure. — 
Celte espèce, que nous avons reçue de plusieurs localités de la 
Drôme , n'a pas encore été rencontrée dans noire déparle - 
raent. Sa fréquence dans les terrains crétacés de la France 
nous a engagea la décrire. 

IV* GENRE. — Toxaster (Ag., Cal. syst. eclyp. mus. Néoc), 
Holaster (Ag., éch. foss. de la Suisse), Spatangus (auct.). — 
Test mince en général ; ambulacres pairs non pélaloïdes ou 
un peu étranglés aux points où les zones porifères se fer- 
ment; zones inlerporifères non pélaloïdes (1); les branches 
des ambulacres pairs présentent deux courbures et ressem- 
blent au signe §. Sauf parfois dans la zone porifére antérieure 
de chaque ambulacre pair, les pores sont en général conju- 
gués ou du moins allongés (1) ; ceux des rangées externes sont 
ordinairement plus allongés que les internes; aires interam- 
bulacraires très-souvent saillantes, renflées, ce qui fait alors 
que les ambulacres pairs paraissent enfoncés dans un sillon 
très-évasé; ambulacre impair toujours logé dans un profond 
sillon, échancrant notablement l'ambilus ; bouche petite, 
ovale, non labiée. 

1. Toxaster cunei for mis (nobis) , pi. 3, fig. 19-20. — Dia- 
mètre antéro-posl. 20 à 45 mm., diamèt. transverse 4/5, 
hauteur du sommet dorsal 7/9(1); espèce allongée, face supé- 
rieure bombée, arrondie. Le diamètre transverse et le centre 
ambulacraire sont antérieurs; sommet dorsal souvent distinct 
du centre ambulacraire à peu près médian ; sillon antérieur 
d'une profondeur assez uniforme, s'élendant jusque vers le 
centre ambulacraire ; facette anale très-inclinée en arrière en 
forme de coin (I) , ce qui donne à celte espèce un peu de res- 
semblance avec le Dysaster anastcroïdes. Les ambulacres pairs 
ont la double courbure bien accusée , les pairs antérieurs ont 
la zone porifére postérieure deux fois plus large environ que 
l'antérieure, et égale à peu près en largeur à la zone interpo- 
rifère adjacente; les aires interambulacraires, surtout la 
postérieure, sont saillantes. La bouche est plus éloignée du 
bord antérieur que dans les autres espèces. — Se trouve dans 
les marnes du lieu dit V H ermitage de Néron, près Grenoble, et 
au moulin de M. de La Chance, prés Saint-Robert.— T. néo- 
coroien inf. — Rare. 



58 OURSINS FOSSILES DE l' ISERE. 

2. T. complanatus (Ag. et Desor), Holaster compl. {Ag.,éch, 
foss. Suiss., pi. 1, fig. 10-12), Spatangus complanatus 
(Blainville), Spatangus retvsus (anct.) — Diamètre anléro- 
poslérieur 20 à 42 mm., en moyenne 35 mm., largeur 1 envi- 
ron : hauteur 4/5 ou un peu moins. Sommet dorsal et centre 
ambulacraire identique, saillant, ce qui tend à donner à la 
face supérieure une apparence un peu conique ; sommet dorsal 
médian ou un peu postérieur. Antérieurement, la face sup. 
présente, à partir du sommet, un aplatissement plus ou moins 
prononcé qui est un des caractères disfinctifs de l'espèce (I); 
aires intérambulacraires plus ou moins saillantes. Le sillon 
dorsal présente, dans toute sa longueur, une profondeur as- 
sez uniforme; il échancre fortement l'ambitus et remonte 
jusque près du centre ambulacraire. La facette anale, plus 
large que haute, est ordinairement un peu inclinée en 
arrière, assez pour qu'on puisse apercevoir l'anus en regar- 
dant d'en haut. Dans les ambulacres pairs antérieurs, la zone 
porifère postérieure est toujours moins large que la zone in- 
terporifère, et les deux pores de chaque paire sont allongés 
ou conjugués; quant à la zone antérieure, elle est toujours 
moins large que la postérieure, sans que la différence pour- 
tant soit considérable. La distance verticale d'une paire de 
pores à l'autre n'est guères plus grande dans l'ambulacre im- 
pair que dans les ambulacres pairs; anus ovale, longitudi- 
nal. Le trapèze génital est en général un peu plus long que 
large. Dans les exemplaires bien conservés, on observe de 
gros tubercules scrobiculés mêlés à des tubercules plus petiis 
sur la face sup. en avant et près du sommet, et surtout sur la 
côte slernale de la face inf. Cette espèce , la plus commune de 
tous nos oursins , caractérise l'étage inférieur du terrain 
néocomien ; elle est surtout abondante dans une couche mar- 
neuse grise, située immédiatement au-dessous du calcaire 
blanc à Chama Ammonia, On la rencontre à Saint-Paul-de- 
Varces; à la cascade d'Allières ; à Claix ; à Saint-Nizier, au- 
dessous du rocher des Trois Pucelles; à Sassenage, en allant 
aux cuves; à Veurey ; dans les carrières du Fontanil où elle 
est rare ; à Saint-Robert, près du moulin de M. de La Chance; 
à Saint-Egrève, sur le revers du mont Néron ; dans les mar- 
nes de l'hermilage du mont Néron; à Saint -Pierre -de- 



DESCRIPTION DHS ESPÈCES. 59 

Chérène ; sur le chemin de Saint - Laurent- du -Pont à la 
Chartreuse, au-dessous de la porte de rOEillet, etc. , etc. 

3. T. Gibbus (Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., le.).— Celte 
espèceesi très-voisine de la précédente ; elle en diffère en ce 
que la face sup., au lieu de présenter l'aplatissement antérieur 
caractéristique du T. complanatus, est au contraire renflée et 
arrondie ; les tubercules sont aussi plus gros ; les ambulacres 
pairs antérieurs sont un peu plus élargis ; leur zone porifère 
postérieure est aussi large que la zone inierporifère. — Mar- 
nes de rhermitage de Néron prés Grenoble et à la Grande- 
Chartreuse. — T. néocomien inf. — Assez rare. 

4. T. ohlongus (Ag.), T. Verany?[E. S'ism.], S patangus oblon- 
5fW5(Brong., Annal, des mines pour 1821, pi. 7 , fig. 9). — 
Diamètre anléro-postérieur 24 à 48 mm., en moyenne 35 mm., 
largeur 11/12 ; hauteur 7/12 à 7/13. — Espèce allongée; cen- 
tre ambulacraire identique avec le sommet dorsal, tout à fait 
postérieur (situé au tiers ou aux deux cinquièmes postérieurs 
de la longueur); sillon dorsal un peu évasé à sa partie 
moyenne, échancrant profondément l'ambitus et remontant 
jusque près du centre ambulacraire; facette anale verticale, 
médiocrement élevée; ambulacres sensiblement pétaloides. Les 
zones porifères de Tambulacre impair et les zones porifères 
postérieures des ambulacres pairs sont larges et très-pétaloïties; 
ces dernières zones, dans les ambulacres pairs antérieurs, sont 
au moins deux fois plus larges que les zones antérieures et 
égales à peu près en largeur à la zone inierporifère adja- 
cente. Les ambulacres pairs postérieurs, bien plus courts que 
les antérieurs, sont en même temps très-divergents ; leur axe, 
en se réunissant au centre ambulacraire , forme un angle 
obtus de près de 120 degrés. Dans Tambulacre impair, les 
pores formant les rangées externes, et dans les ambulacres 
pairs les pores formant la rangée postérieure des zones 
porifères postérieures, sont très-allongés ; les autres pores 
sont simples ou peu allongés. La distance verticale d'une 
paire de pores à l'autre est à peu près la même dans l'am- 
bulacre impair que dans les autres ambulacres ; bouche 
presque ronde, assez antérieure (son centre correspond à peu 
près au cinquième antérieur de la longueur) ; anus transverse, 
quelquefois rond ; trapèze génital plus long que large. — 



00 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

Se trouve au hameau du Fâ près Rancurel; à la Dent-de- 
Moirans ; aux Buissières près Voreppe ; à Sassenage ; à la 
carrière de Roche-Pleine, près Saint-Robert; sur le chemin 
de Sainl-Laurent-du-Pont à la Grande-Chartreuse, à un 
quart d'heure au dessus de la porte de l'OEillet dans une 
couche marneuse, etc. — T. néocomien sup. — Non rare. 
— Cette espèce a été indiquée par erreur dans le dernier mé- 
moire de MM. Agassiz etDesor, comme appartenantau Gault; 
Brongniart dit positivement, dans \e Journal desMineSy qu'elle 
se trouve dans une couche inférieure à cet étage, et depuis 
longtemps M. Scipion Gras a observé qu'elle caractérisait la 
partie sup. du néocomien. Le T. Verany de M. E. Sismonda 
ne paraît être qu'une variété du T. oblongus. 

5. r. Bertheloti (i) (nobis) , pi. 4, fig. 3-4. — Diamètre 
antéro-postérieur 25 à 40 mm. ; diamètre Iransverse 1; hau- 
teur 4/7; celte espèce est intermédiaire entre le T. compta- 
natus et le T. oblongus; elle a tout à fait la forme du pre- 
mier et les ambulacres du second ; le centre ambulacraire 
identique avec le sommet génital , est sensiblement posté- 
rieur; la face sup. est aplatie antérieurement; le sillon dor- 
sal est un peu moins profond que dans le T. complanatus ; les 
ambulacres ont beaucoup de ressemblance, comme nous l'a- 
vons dit, avec ceux du T. oblongus ; ainsi les zones porifères 
postérieures des ambulacres pairs sont très-larges et très-péta- 
loïdes; seulement la zone inlerporifère de l'ambulacre im- 
pair est plus large que l'une des zones porifères adjacentes; 
les ambulacres pairs antérieurs présentent une grande cour- 
bure à convexité postérieure, la seconde courbure extérieure 
forjQaLtl'S est ordinairement peu accusée. Le plus souvent 
le trapèze génital n'est pas plus long que large.— Les Ravix, 
près le Villard-de-Lans; le Fâ, près Rancurel. — Gault. — 
Assez rare. 

6. T. micrasterformis (nobis), pi. 4, fig. 5-6, T. Colegniil 
(E. Sismonda). — Diamètre antéro-postérieur 25 à 35 mm., 
diamètre transverse 1, hauteur 2/3; ambitus un peu hexa- 



(1) Dodié à notre ami M. le professeur Berihelot , qui s'occupe avec 
succès de l'élude géologique des Alpes Dauphinoises. 



Description des espèces. 61 

gonal ; face supérieure sans aplatissement antérieur; sillon 
dorsal de profondeur assez uniforme ; facette anale peu ou 
pas inclinée , assez élevée , plus haute que large , plus étroite 
que dans le T, complanatus; centre ambulacraire identique 
avec le sommet dorsal, médian. Ce centre parait déprimé à 
cause de la saillie constante des aires inlerambulacraires, ce 
qui fait aussi que les ambulacres pairs paraissent enfoncés 
dans des sillons comme dans le genre Micraster; les ambula- 
cres ont du reste la même forme que ceux du T. complanatus; 
cependant la zone porifère postérieure de chaque ambulacre 
pair antérieur est souvent presque aussi large que la zone 
interporifère adjacente; dans Tambulacre impair la distance 
verticale d'une paire de pores à l'autre est presque double de 
cette même distance prise dans les ambulacres pairs à une 
hauteur correspondante; ou, ce qui revient au même, pour 
une même longueur d'ambulacre on compte presque deux 
fois plus de paires de pores dans les ambulacres pairs que dans 
l'impair. Notre espèce ressemble au T. Colegnii de M. Sis- 
monda, mais elle a la facette anale bien moins large et les 
ambulacres pairs antérieurs plus divergents. — Les Ravix , 
le chemin de Rancurel au Fâ. — Gault. 

V" GENRE. — Bolaster (Ag.), Spatangus (aucl). — Test ordi- 
nairement mince; face supérieure lisse, sans autre ondula- 
lion que celle du sillon dorsal ; ambulacres non pétuloïdes, 
peu courbés en forme de §, disjoints, les trois antérieurs 
étant un peu éloignés de deux postérieurs, quoiqu'ils conver- 
gent tous à peu près vers un seul point ducentre ambulacraire; 
les ambulacres pairs sont à fleur du lest, et les pores anibula- 
craires non conjugués par des sillons Iransverscs (I); appareil 
génital allongé dans le sens antéro-poslérieur, par suile de 
la position des plaques ocellaires antérieures qui, au lieu de 
s'intercaler à l'extérieur dans les angles que forment par 
leurs jonctions les quatre plaques génitales, se placent entre 
ces dernières sur une même ligne (Voyez pi. 2, fig. 21, où se 
trouve figuré l'appareil génital de VHolasterlœvis; les quatre 
plaques génitales y présentent seules un pore central; les pores 
ocellaires ne paraissent pas). Quatre pores génitaux formant 
un trapèze plus long que large ; cinq pores ocellaires peu ou 
point apparents. — Les espèces sont du terrain crétacé. 



62 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

1. HolasterVHardyiy variété (Dubois), (Ag., cch. foss. Suiss., 
pi. 2, fig. 4-6). — Diamètre aniéro-post. 20 à 40 mm., hauteur 
5/7 à 2/5; test mince; face sup. convexe, arrondie, plus éle- 
vée pourtant en arrière qu*en avant, sans carène postérieure; 
centre ambulacraire légèrement antérieur. Le sommet dorsal 
est ordinairement un peu plus en arrière; le sillon dorsal, assez 
profond dans divers exemplaires du Jura qui nous ont été 
communiqués, est peu marqué dans nos exemplaires du Fonla- 
nil, il s'efface bientôt avant d'arriver au centre ambulacraire; 
facette anale verticale, élevée; ambulacres plus disjoints que 
dans la plupart des autres espèces; bouche arrondie; anus 
ovale ; côte sternale fort carénée en arrière , ce qui tend à 
relever la facette anale ; trapèze génital très-allongé. Assez 
commun dans les marnes du Fontanil, mais ayant les ambu- 
lacres le plus souvent effacés. — T. néocomien inf. — Cette 
variété diffère de l'espèce ordinaire par le peu de profondeur 
de son sillon dorsal, et en ce que les ambulacres sont plus 
disjoints. Un exemplaire de M. Repellin, provenant de Monl- 
luel (Drôme), paraît appartenir à l'espèce des auteurs. 

2. H, bisulcatus (nobis), pi. 4, fig. 7-8. — Diamètre antéro- 
postérieur20à 45 mm., largeur 1 environ, hauteur 3/5 à peu 
près. Le sillon dorsal antérieur échancre très-profondément 
rambitus(I), quoique très-court et se terminant en pointe envi- 
ron vers le tiers de la face sup. Une carène saillante aiguë s'é- 
tend du centre ambulacraire à la facette anale (I). La côte 
sternale est également très-carénée; enfin , postérieurement 
au-dessous de l'anus, on observe une espèce de sillon vertical 
très-évasé I Le centre ambulacraire est très-antérieur. — Les 
Ravix près le Villard-de-Lans; chemin de Rancurel au Fû. 
— Gault. 

3. H. Perezii (E. Sismonda, éch. foss. de Nizza, pL 1, 
fig. 1-2-3). — Diamètre antéro-post. 25 à 40 mm., largeur 
un peu moins de 1 , hauteur guèros plus de 3/7. Celte espèce 
est facile à reconnaître à son extrême aplatissement ; c'est le 
plus déprimé de tous les Holaster. Son extrémité postérieure 
est arrondie et la facette anale est très-déprimée et presque 
nulle. Les ambulacres pairs antérieurs ne présentent presque 
qu'une seule grande courbure à convexité postérieure. Los 



DESCIUPTION DKS ESPÈCES. 63 

zones interporifères sont plus larges que les zones porifèrcs. 
— Les Ravix près le Villard-de-Lans. — GauU. 

4. H. subcylindricus (nobis), pi. 4, Gg-, 9-10. — Diamètre 
anléro-posl. 20 à 35 mm. , largeur un peu moins de 1 , hau- 
teur 2/3 environ ; face sup. convexe , plus élevée en arrière 
qu'en avant; sillon dorsal d'une profondeur médiocre, assez 
uniforme, s'étendant jusqu'au centre ambulacraire (I); facette 
anale assez élevée, presque verticale; centre ambulacraire 
antérieur^ distinct du sommet dorsal qui est au contraire 
postérieur; ambulacres médiocrement disjoints, les pairs 
antérieurs assez divergents ; zones interporifères plus larges 
que l'une des zones porifères adjacentes; côte slernale 
saillante; anus ovale, longitudinal. — Les Ravix près le 
Villard-de-Lans. — Gault. — Rare. 

5. H. îœvis (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 3, fig. 1-3), Spatan- 
gus Iœvis (auct.). — Diamètre antéro-poslérieur 25 à 50 mm . , 
largeur un peu moindre, hauteur 4/7 environ ; face supérieure 
lisse, à convexité presque régulière et hémisphérique; le 
sillon dorsal s'élève peu au-dessus de l'ambitus qu'il échancrc 
pourtant d'une façon notable; centre ambulacraire ord. un 
peu antérieur, à peu près idenlique avec le sommet dorsal; 
facette anale verticale, étroite, très-basse, n'ayant pas la 
moitié de la hauteur centrale; face inférieure Irès-piale (I) ; 
côte sternalc très-peu saillante. Les ambulacres pairs sont un 
peu courbés en forme de §, surtout au sommet. La distance 
verticale d'une paire de pores à l'autre est deux fois plus 
grande environ dans l'ambulacre impair que dans un ambu- 
lacre pair. Les zones interporifères sont plus larges que l'une 
des zones porifèrcs adjacentes; anus ovale, longitudinal; tra- 
pèze génital bien plus long que large. — La Fauge près le 
Villard-de-Lans. — Assez commun , mais presque toujours 
déformé, ce qui a pu donner lieu à des erreurs ; ainsi nous 
pensons que VH. nasutus et H. marginalis, indiqués à la 
Fauge par MM. Agassiz et Desor, ne sont que des H. Iœvis dé- 
formés. — Craie chloritée. 

6. H. subglobosusy var. (Ag. et Des., Cat. rais, éch., 1. 
c). H, altus (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 3, Gg. 9-10). — Nous 
rapportons à cette espèce un exemplaire en assez mauvais 
état, que M. Scipion Gras a trouvé à Saint-Aigngn en Vercors 



Ci OURSINS FOSSILES DE LISEUR. 

(Drôme), au lieu dit la Bretière , dans des couches de craie 
chloritée qui renfermait en abondance le Discoidea cylindrica 
(Ag.). — Voici la description de cet exemplaire : diamètre 
antéro-postérieur 32 mm. , diamètre transverse situé au tiers 
antérieur du test 27 mm., hauteur 23 mm.; lest de forme 
ovoïde plus large en avant qu'en arrière ; face sup., convexe, 
arrondie; bord antérieur tronqué et arrondi; il présentait 
probablement , vers l'ambitus , un sillon évasé qui ne paraît 
pas dans notre exemplaire détérioré en cet endroit. Bord 
postérieur bien plus étroit que l'antérieur, arrondi, peu tron- 
qué , et présentant au haut de la troncature qui est verticale, 
l'anus ovale et assez grand ; pas de sillon sous-anal ; face in- 
férieure à peu près aussi convexe que la supérieure (î), présen- 
tant la bouche à son tiers antérieur environ ; centre ambula- 
craire tout à fait antérieur; les trois ambulacres antérieurs 
sont écartés de trois millimètres des deux postérieurs; les 
deux aires criblées conliguës (Voyez les notions préliminaires, 
page 12), portant chaque ambulacre, sont formées de plaques 
très-larges; chacune de ces plaques présente une paire de pores 
à sa partie moyenne (I) , tandis qu'ordinairement les pores 
traversent les plaques près de leurs extrémités extérieures. 

** Pas de sillon dorsal ni de facette anale ; anus infra-marginal. 

Famille VI. — ANANGHYDÉES (familles des Spalangoïdes, 
Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., 1. c). 

Caractères. — Test épais de forme très-élevée , bombée ou 
conique, rarement cunéiforme ; ambitus ovale ; pas de sillon 
dorsal (!); pas de facette anale (!); surface inf. aplatie, avec une 
côte sternale comme dans les Spatangydées; centre ambula- 
craire identique avec le sommet dorsal; ambulacres simples 
plus ou moins effacés ou interrompus avant d'arriver à l'am- 
bitus, disjoints à leur sommet, mais convergeant toujours vers 
un seul centre ambulacraire (I); zones porifères toujours fer- 
mées avant d'arriver au pourtour ; pores simples ; bouche 
labiée transverse, plus rapprochée du bord antérieur que du 
centre (I), dépourvue d'un appareil masticatoire; anus ovale, 
longitudinal, toujours infra-marginal (!) ; tubercules épars ; 
pas de fascioles; appareil génital allongé et disposé comme 



DESCRIPTION DES ESPECES. 65 

dans le genre Holaster. Les trous ocellaires sont parfois bien 
apparents. Cette famille ne renferme qu'un seul genre dont 
toutes les espèces sont crétacées. 

1" GENRE. — Ananchytes (Lam.), voyez les caractères de la 
famille. 

1. Ananchytes conica (Ag. et Desor, Cat. rais, éch., 1. c), 
A. ovata (Ag., éch. foss. de la Suisse, pi. h, fig. 4-6, non Lam.). 
— Diamètre antéro-post. 35 à 55 mm., largeur 5/6, hauteur 6/7 
à 5/6; test de forme conique, n'offrant pas un léger aplatis- 
sement vers le centre ambulacraire et un peu en avant ; som- 
met pointu; une carène postérieure aiguë; face inférieure 
assez étroite , aplatie. L'ambitus ne présente pas un rebord 
tranchant. Un exemplaire de cette espèce nous a été envoyé de 
Saint-Jean-en-Royans (Drôme) avec d'autres fossiles de la 
craie alpine, mais sans indication précise de localité. Saint- 
Jean-on-Royans étant près de la frontière de l'Isère, il serait 
très-possible qu'on rencontrât un jour ce fossile dans notre 
déparlement. 

§ II. Deux centres ambulacraires dont Viin postérieur. 

Famille VIÏ. — DYSASTÉRIDÉES (groupe des Dtjsaster de 
M. Desor, Monog. des éch. , 3* livr). (Famille des Spatan- 
goïdes, Ag. et Desor, Cat. rais, des éch., 1. c). 

Caractères. — Test mince de forme très-variable, déprimée, 
ovoïde, discoïde, allongée ; dans quelques espèces on observe 
un sillon antérieur logeant l'ambulacre impair; surface infé- 
rieure aplatie, plus ou moins ondulée par des dépressions 
logeantlesambulacres avec un renflementlongitudinal médian 
(côte sternalej ; ambnlacrcs disjoints et, de plus, convergeant 
vers deux sommets ambulacraires ord. très-éloignés , situés 
l'un en avant, l'autre en arrière au-dessus de l'anus (!) ; pla- 
ques ambulacraires grandes et allongées ; ambulacres simples 
plus ou moins effacés ou interrompus vers l'ambitus ; zones 
porifères fermées ; pores simples souvent un peu ovales et 
obliques ; bouche sans appareil masticatoire, antérieure ou 
subcenlrale , penîagonale , mais paraissant ordinairement 
ronde; anus postérieur, ovale, longitudinal ou arrondi, situe 



66 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

parfois au-dessus d'un sillon évasé ou d'une dépression ; 
tubercules épars assez apparents au milieu de fines granu- 
lations milliaires ; pas de fascioles; quatre pores génitaux 
dessinant un trapèze. — Les espèces de cette famille sont 
jurassiques ou crétacées. 

!«' GENRE. — Dysaster (Ag.), Collyrites (Ch. Desm.), Anan- 
chytes, Nucleolites ei Spatangus (auct.). — Test de forme ellip- 
tique ou subdiscoïdale plus ou moins déprimée. Le centre am- 
bulacraire antérieur est central ou plus rapproché du centre 
que du bord antérieur. 

1. Dysaster ovuîum ( Ag. et Desor, Monog. éch., 3« livr. 
{Dysaster) , pi. 3, fig. 5-8). — Diamètre antéro-post. 12 à 35 
mm. , largeur 9/10 environ , hauteur assez variable ord. 7/10; 
test cordiforme ; arabitus ayant la forme d'un cœur de carte à 
jouer; face sup. convexe ; face inf. pulvinée ; un sillon anté- 
rieur échancrant l'ambitus, mais s'élevant peu; bord posté- 
rieur terminé en pointe ; à cette extrémité et inférieurement 
on aperçoit l'anus arrondi , visible seulement d'en bas. Il est 
extrêmement rare de trouver les arabulacros dans cette 
espèce ; on peut, en se servant de l'acide chlorhydrique, aper- 
cevoir quelquefois les traces des assules ; on voit alors que les 
plaques ambulacraircs sont grandes, et que par conséquent 
les pores sont écartés ; les ambulacres sont larges et les deux 
centres ambulacraires moins écartés que dans les autres espè- 
ces. D'après M. Desor, l'espace intermédiaire entre ces deux 
centres égalerait à peine le quart de la longueur du test. — 
Assez commun au Fontanil, mais toujours sans ambulacres. 
On y trouve aussi une variété ou espèce plus allongée et une 
autre plus courte et dilatée latéralement. — T. néocomien in- 
férieur. 

2. D. hemisphœricus (nobis), pi. 5, fig. 1-3. — Diamè- 
tre antéro-post. 36 mm., largeur presque égale, hauteur 5/9; 
test de forme hémisphérique un peu allongée et un peu plus 
étroite en arrière qu'en avant; face sup. hémisphérique; som- 
met dorsal identique avec le centre ambulacraire, à peine an- 
térieur , à peu près médian; pas de sillon dorsal; face inf. 
concave, surtout en avant autour de la bouche ; côte sternale 
saillante en arrière, et se terminant par l'anus qui est infra- 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 67 

marginal ; bouche située en avant aux deux septièmes de la 
longueur ; ambitus pulviné. Les ambulacres ne paraissent pas 
dans l'exemplaire que nous possédons , quoique le test soit 
assez épais et que l'on y distingue toutes les plaques ; mais, 
d'après l'inspection de ces plaques, il est facile de déterminer 
leurs caractères : ils offrent une disposition semblable à celles 
du D. ovulum ; ainsi les deux centres ambulacraires sont peu 
écartés; les plaques ambulacraires sont hautes et larges, 
c'est à peine si, de temps en temps, une plaque interambula- 
craire correspond à plus d'une plaque ambulacraire. L'unique 
exemplaire que nous possédons nous a été rapporté d'une 
montagne située un peu au-delà du village de Montaud; il 
provient probablement du terrain néocomien. 

3. D. analis (Ag. , éch. foss, Suiss. , pi. 1, fig. 12-14). — 
Diamètre antéro-post. 30 à 40 mm. , largeur 10/11 , hauteur 
1/2 environ ; test de forme ovale plus large en avant qu'en ar- 
rière, déprimée ; face sup. convexe, aplatie ; un sillon sous- 
anal à peine sensible. Le sillon dorsal antérieur est un peu 
plus accusé ; le centre ambulacraire antérieur, identique avec 
le sommet dorsal, correspond au tiers antérieur du diamètre 
antéro-postérieur ; face inférieure presque plane, sauf la 
légère saillie de la côte sternale. La bouche y est située au 
tiers antérieur ; l'anus occupe le haut du bord post. ; il est 
immédiatement recouvert par les ambulacres postérieurs, en 
sorte que les deux centres ambulacraires sont très-écartés. 
Cette espèce, qui se rencontre abondamment dansTooliie inf. 
du dépt. de l'Ain, se trouvera certainement dans le nord de 
notre département, où ces mêmes couches se prolongent. 

4. D. anasteroideSy pi. 4, fig. 11-12 (Leym., Ag. et Desor , 
Cat. rais, des éch., 1. c.) — Diamètre antéro-post. 20 à 35 
mm., largeur 4/5 à 2/3, hauteur variable, à peu près 3/5; 
test de forme allongée plus large en avant qu'en arrière, où le 
bord postérieur est tronqué carrément et s'amincit en forme de 
coin; face supérieure bombée, convexe; centre ambulacraire 
antérieur identique avec le sommet dorsal, à peu près médian, 
mais plutôt postérieur qu'antérieur. Un sillon court, superfi- 
ciel, longitudinal, d'une profondeur assez uniforme, logeant 
l'ambulacre impair , s'observe sur le sommet de la face supé- 
rieure à partir du centre ambulacraire ; il s'efface complète- 



08 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

ment bien avant d'arriver au bord antérieur (!); face inférieure 
aplatie ; bouche située au tiers antérieur de la longueur ; anus 
situé à la partie supérieure du bord postérieur. Les ambula- 
cres, rarement conservés, sont formés de paires de pores obli- 
ques, écartés ; chaque ambulacre pair antérieur forme un an- 
gle presque droit avec Tambulacrc impair ; les ambulacres 
pairs postérieurs n'existent sur aucun des nombreux exem- 
plaires que nous avons examinés. Cette espèce se rapproche 
pour la forme du Dysaster granulosus^Ag.), mais elle est plus 
renflée; elle est peut-être identique avec la variété du Nucleoli- 
tes [Dysaster) granulosus (Gold.), représentée pi. 43, fig. 40, 
in Gold. petrefact. — Fontanil; marnes près Veurey et l'her- 
mitage de Néron; le Replat au-dessus de l'Echaillon. C'est une 
des espèces qui caractérisent le terrain néocomien inf. 

5. />. capistratus (Ag., éch. foss. Suiss., pi. 1, fig. 1-3), 
{Spatangus capistratus y Gold.) — Diamètre antérO'postérieur 
25 à 35 mm. , hauteur un peu plus de 1/2. Cette espèce a la 
forme générale du D. ovulum ; l'ambitus ressemble à un cœur 
de carte à jouer, il est échancré par un sillon dorsal anté- 
rieur; la face supérieure est convexe, non carénée; l'anus, si- 
tué à l'extrémité postérieure, n'est visible que d'en haut. Les 
deux centres ambulacraires sont moins écartés que dans la 
plupart des autres espèces; cet espace n'est guère plus du 
quart de la longueur totale. Ce Dysaster a été trouvé par 
M. Repellin jeune à Passins près Morestel , dans l'ooîite 
moyenne. 

6. D.'îglobulus (nobis), pi. 3, fig. 21-22 — Diamètre 
anléro-postérieur 12 à 15 mm. , hauteur 3/4. On trouve dans 
un calcaire jaunâtre à cassure pseudo-oolitique , appartenant 
au T. néocomien sup. et situé presque immédiatement au- 
dessus des marnes de l'hermitage du mont Néron , un pe- 
tit oursin globuleux où les ambulacres manquent constam- 
ment. Pourtant sur plusieurs exemplaires les diverses pla- 
quettes sont assez apparentes avec leurs joinis ; les grandes 
dimensions des assules ambulacraires et l'oblitération des po- 
res, fréquente en effet dans les Dysaster^ nous ont fait rap- 
porter avec quelque doute cette espèce à ce dernier genre. 
Elle offrirait alors comme caractère remarquable la parti-* 
cuTarité que les deux centres ambulacraires seraient très-peu 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 69 

écartés, pas plus que dans le genre Holaster ; le test paraît 
épais ; la face supérieure est convexe ; le bord antérieur est 
arrondi avec une légère carène très-obtuse sans sillon dor- 
sal ; le bord postérieur présente une facette anale verticale 
au haut de laquelle se trouve l'anus. La face inférieure, 
quoique plus aplatie que la face supérieure , est légèrement 
convexe. La bouche est subcentrique en avant ; elle paraît 
ronde. — Rare. 

Il* GENRE. — Metaporhinus (Michelin), {Dysaster Ag. et 
Desor). — Test de forme moins déprimée que dans le genre 
précédent ; face supérieure carénée en dos d'âne; centre am- 
bulacraire antérieur plus rapproché du bord antérieur que du 
centre. 

Metaporhinus Gueymardi (1) (nobis), pi. 5, fig. 4-6. — 
Diamètre anléro-poslérieur 35 à 50 mm. , largeur 8/9 en- 
viron , hauteur 6/9 à 7/9; lest mince; ambilus ovale, tron- 
qué en arrière et en avant , échancré en même temps en 
cœur par le sillon antérieur et postérieur; face supérieure 
carénée longitudinaleraent et ayant la forme d'un toit à deux 
pentes, plus éle\ée en avant qu'en arrière; bord antérieur 
tronqué verticalement, et présentant une surface triangulaire 
sur laquelle est creusé un sillon qui loge l'ambulacre impair; 
bord postérieur également tronqué, et présentant une sur- 
face triangulaire; l'anus occupe la partie supérieure de celte 
facette; il est un peu recouvert par la saillie de la carène su- 
périeure , de manière à n'être pas visible d'en haut. Au-des- 
sous de Tanus se trouve un sillon vertical , qui se prolonge 
même sous la face inférieure. Le sommet dorsal identique 
avec le centre ambulacraire est tout à fait antérieur ; il forme 
presque le sommet de la troncature antérieure. La face infé- 
rieure est aplatie, sauf la saillie de la côle sternale qui pa- 
raît se bifurquer en arrière, par suite du prolongement en- 
dessous du sillon sous-anal. Les ambulacres pairs antérieurs 
se réunissent en avant près de la troncature. Les postérieurs 



(1) Dédie à M. Gueymard , ingénieur en chef directeur des mines 
à Grenoble, dont les travaux scientifiques sont connus de tout le 
monde. 



70 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

se réanisscnt en arrière , aux deux tiers du diamètre anléro- 
postérieur. Ces quatre ambulacres pairs présentent sur la face 
supérieure une courbure générale, dont la concavité regarde 
en avant. Les pores d'une même paire , quoique non conju- 
gués , sont un peu allongés et obliques , de manière à don- 
ner à chaque paire la forme d'un accent circonflexe. La 
bouche, qui parait arrondie, est très-rapprochée du bord anté- 
rieur. Cette espèce n'est pas très-rare au Fontanil ; mais 
presque tous les exemplaires y sont déformés , ce qui doit 
tenir au peu d'épaisseur du test et à sa forme anguleuse. — 
ï. néocomien inf. 



ANALYSE 

DES FAMILLES ET DES GENRES D'ODRSINS QUE L*ON RENCONTRE 
DANS LE DÉPARTEMENT DE L'ISÈRE. 

{Bouciie et anus opposés sur une même ligne verticale (pre- 
mière famille des Cidaridérs, page 20) 2 
Bouche et anus non opposés sur une même ligne vertic. Il 

( Tubercules interambulacraires perforés 3 

[ Tubercules interambulacraires non perforés 6 

Aire interambulacraire , trois fois plus large quel'ambu- 
lacraire , tubercules interambulacraires très-gros et 
peu nombreux * 

Aire interambulacraire, moins de trois fois plus large 
que Tambulacraire ; tubercules interambulacraires 
nombreux et souvent égaux , ou presque égaux aux 
ambulacraires 5 

Bouche non entaillée , genre Cidaris page 21 

Bouche entaillée , genre Hemicidaris page 26 

Test épais ; plaques génitales , munies chacune d'un tu- 
bercule , genre Acrocidaris page 31 

Test mince ; plaques génitales détachées du test ou non 
munies de tubercules , genre Diadema page 32 

Deux rangées verticales de pores dans chaque branche 
ambulacraire 7 

Plusieurs rangées de pores, disposées obliquement dans 
chaque branche ambulacraire , genre Echinus, page 37 



12 



13 



U 



17 



19 



i 



DESCRIPTION DES ESPÈCES. 71 

/ Appareil génital très-large, muni de onze plaques. . 8 
! Appareil génital plus ou moins large , ne présentant 

V que dix plaques ^ 

Anus placé en avant de la plaque suranale, genre 

Salenia page 27 

Anus placé en arrière de la plaque suranale , genre 

Peltastes , page 29 

Deux rangées seulement de tubercules dans chaque aire 

interambulacraîre 10 

Des rangées multiples de petits tubercules dans chaque 

aire interambulacraire , genre Arbacia page 36 

Tubercules interambulacraires bien plus gros que les 

ambulacraires , genre Goniopygus page 29 

*^ ] Tubercules interambulacraires égaux aux ambulacraires, 

genre Cyphosoma page 36 

Un seul centre ambulacraire 12 

11 { Deux centres ambulacraires, l'un antérieur , l'autre pos- 
térieur (septième famille DvsASTÉRiDÉKS, page 65). . . 28 

( Bouche centrale ou subcentrale en avant 13 

) Bouche plus rapprochée du bord antérieur que du centre 23 

/' Ambulacres pétaloïdes bornés (deuxième famille, Clypé- 

\ ASTRoiDÉRS, page 39) , genre -4mphiop^ page 40 

j Ambulacres pétaloïdes ou simples , continués , effacés 

\ ou interrompus , jamais bornés 14 

Ambulacres simples continués (troisième famille, Galrri- 
DKKS, page 40) 15 

Ambulacres pélaloïdes plus ou moins interrompus 
(quatrième famille Ndcléolidées, page 47) 20 

ÎAmbitus circulaire ; anus sur la face inférieure .... 16 
Ambitus non exactement circulaire ; anus marginal ou 

supère 17 

Bouche très-grande ; moule intérieur non entaillé, genre 

y Holeclypus page 41 

Bouche médiocre ; moule intérieur entaillé , genre Dis- 
coidea page 42 

Anus plus ou moins écarté du sommet génital 18 

Anus touchant presque le sommet génilal 19 

Ambitus parfaitement ovalaire, genre Pyrina . . . page 45 
18 J Ambitus non régulièrement ovalaire , plus rétréci en ar- 
rière qu'en avant , genre Galcrites page 44 

t Une carène sur la face supérieure, genre Hyboclypus, page 40 
( Pas de carène sur la face supérieure, genre Pyga^^cr, page 46 



72 OURSINS FOSSILES DE L'iSÊRÉ 

20 



21 



22 



Anus supère ou supra-marginal , genre Nucleolites , page 47 

Anus marginal ou infra-marginal 21 

Anus longitudinal ou rond 22 

Anus toujours transverse , genre Echinolampas , page 51 
Forme allongée et renflée ; bouche sans bourrelets ni ro- 
sette pétaloïde , genre fygaulus page i9 

Forme discoïdale ; bouche munie de bourrelets saillants 
et d'une rosette pétaloïde , genre Pygurus . . . page 50 
f Un sillon dorsal antérieur ; anus postérieur , sur une fa- 
i cette anale (cinquième famille, Spatangydées, page 52) 24 
23 J Pas de sillon dorsal antérieur ni de facette anale ( si- 
I xième famille Ananchydées , page 64) , genre Anan- 
[ chytes page 65 

[ Ambulacres très-pétaloïdes, souvent presque fermés ; un 

seul sillon dorsal , genre Spatangus page 53 

Ambulacres médiocrement pétaloïdes ou non pétaloïdes ; 

un ou plusieurs sillons dorsaux 25 

Cinq sillons dorsaux , logeant chacun un ambulacre . . 26 
Un seul sillon dorsal logeant l'ambulacre impair .... 27 

Un fasciole péripétale , genre Hemiaster page 54 

Pas de fasciole péripétale , genre Micrasler .... page 55 
Ambulacres peu disjoints, courbés en forme de §; pores 

plus ou moins conjugués , genre Toxaster . . . page 57 
Ambulacres disjoints , non ou à peine courbés en forme 

de § ; pores non conjugués , genre Holaster . . page 61 
Centre ambulacraire antérieur , plus rapproché du centre 
de la face supérieure que du bord antérieur , genre 

Dysasler page 66 

Centre ambulacraire antérieur, plus rapproché du bord 
antérieur que du centre de la face supérieure , genre 
Metaçorhinus page 69 

CHAPITRE III. 
NOTICE GÉOLOGIQUE 

SUR LES TERRAINS DU DÉPARTEMENT DE l'iSÈRE OU LON REN- 
CONTRE LES OURSINS FOSSILES DÉCRITS DANS LE CHAPITRE 
PRÉCÉDENT. 

Les oursins fossiles que nous venons d'étudier se rencon- 
trent presque exclusivement dans la formation crélacce du 



24 

25 
26 

27 
28 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 73 

département. La molasse (ï. tertiaire moyen) de notre pays 
en renferme aussi quelques espèces. Le terrain jurassique, qui 
acquiert un si grand développement dans l'arrondissement 
de Grenoble, sauf la localité encore un peu problématique de 
TEchaillon, ne nous a fourni aucun fossile de celte classe (1), 
quoique dans le Jura , par exemple , ce même terrain en 
contienne un grand nombre d'espèces. La formation oolitique 
du nord-est du département, qui n'est que le prolongement 
de la chaîne du Jura, doit en renfermer un certain nombre ; 
mais nous n'avons pas pu explorer par nous-même ce ter- 
rain , nous n'en connaissons que quelques espèces trouvées 
par MM. Berthelot et Repellin frères à Passins près Mo- 
restel , dans i'oolite moyenne , savoir : le Holectypus depres- 
sus y le Dysaster capistratus, le Cidaris coronataei le C. Blu- 
menbachii. Cependant nous avons admis , comme se trouvant 
dans le département , quelques espèces qui nous avaient été 
rapportées du département de l'Ain et de la Drôme , de loca- 
lités jurassiques et crétacées, rapprochées de notre frontière. 
Nous aurons donc à nous occuper , dans celte notice , plus 
spécialement, de la formation crétacée. Mais avant d'aborder 
cette étude , nous croyons devoir donner une idée rapide des 
différentes formations qui constituent le sol géologique de 
notre département , en commençant par les terrains les plus 
récents. 

§ l*"^. Enuméralion des divers terrains du département 
de l'Isère, 

l. Alluvions modernes. — Ces alluvions, remontant aux 
temps historiques, constituent le sol de la plus grande partie 
de nos plaines de Graisivaudan , de Vizille , de l'Oisans , des 
anciens marais deBourgoin, etc. Ce terrain, qui continue î\ 
s'accroître de nos jours , est formé de détritus amené par 
les cours d'eau. Il est tourbeux sur quelques points, dans 



(1) M. Gueymard , dans sa Statistique minéralogique de l'Isère, in- 
dique des pointes d'oursins dans le Lias inférieur (terrain anlhracifère 
de M. Scipion Gras) ; mais il nous a été impossible de nous en procu- 
rer aucun exemplaire. 



74 OURSINS FOSSILES DE l'iSÈUE. 

les environs de Bourgoin , à GroUes , et à Poisat près Gre- 
noble , etc. 

II. Alluvions anciennes ou diluvium et blocs erratiques. — For- 
mation contemporaine du soulèvement des Alpes principales 
et de la période glacière. Ces alluvions forment des lambeaux, 
des amas plus ou moins étendus et stratifiés de cailloux rou- 
lés , de sable et d'argile , le long des rives du Drac , à Corps, 
la Mûre, la Mo(le-les-Bains, Jarrie , Echirolles , près du 
rocher de Courboire, à l'extrémité de la plaine de Vif, le 
long des coteaux qui bordent la plaine de Graisivaudan et 
celle de l'Isère au-dessous de Grenoble , à Barraux , Froges, 
Uriage-les-Bains, Eybens , etc., sur tout le cours inférieur 
de l'Isère, à partir de Vinay ; elles constituent le sol de la 
plaine de Bièvre , de Saint-Jean-de-Bournay , de Saint-Lau- 
rent-du-Pont , et se retrouvent dans une partie de la région 
nord-ouest du département, vers Lyon, où elles forment 
une vaste plaine , interrompus çà et là par des ilols appar- 
tenant au terrain tertiaire supérieur. Ce sont les mêmes allu- 
vions que l'on rencontre dans la plaine caillouteuse de la 
Crau en Provence, et dans une foule de localités que les 
eaux actuelles ne sauraient atteindre. On doit y rapporter la 
plupart des dépôts argileux qui couvrent nos coteaux et mê- 
me quelques points de la plaine ; telle est par exemple cette 
bande étroite de terre argileuse qui s'étend dans notre plaine 
de Graisivaudan , depuis la Tronche jusqu'à Barraux , sous 
le nom de terre de Mayen. Peut-être doit-on considérer en- 
core, comme appartenant à celte période, les anciennes sour- 
ces minérales qui ont produit la plupart des carrières de tuff 
calcaire; les tuffs de fer hydraté de l'Oisans, exploités comme 
minerai à Onion, à la Garde et au mont de Lans (1) ; les tuffs 
manganésiens indiqués par M. Gueymard , à Vaulnaveys et à 
la Grave. Ces divers dépôts , correspondant probablement à 
l'époque glacière , ne renferment pas de débris organiques 
dans noire arrondissement ; dans le nord du département on 
y a rencontré quelques ossements d'éléphants. 



(1) Voyez un mémoire de M. Scipion gras, dans le bulletin delà So- 
ciété de statistique de l'Isère, T. 2, page 123. 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 75 

Les blocs erratiques, situés surtout le long des vallées, cou- 
vrent presque tout le département ; ils sont formés principa- 
lement de granits, de gneiss , de grauwackes, etc. Dans les 
vignes de la Tronche , à la hauteur de Rabot et près de l'an- 
cien rempart , on trouve un bloc erratique de gneiss, remar- 
quable par ses dimensions ; il doit peser plus de 800 quintaux 
métriques; il ne peut provenir que des montagnes métamor- 
phiques situées de l'autre côté de l'Isère , et a dû par con- 
séquent traverser la plaine de Grenoble. Les gens du pays 
l'appellent pierre de Bardonanche ou de Bordalanche. 

IIL Terrain tertiaire supérieur. (Alluvions de la Bresse de M. 
Elie de Beaumont.) — Ce dépôt lacustre, postérieur au soulève- 
ment des Alpes Occidentales , ne se rencontre qu'à l'extérieur 
des Alpes, à Voreppe , Saint-Laurent-du-Pont , et, ainsi que 
le diluvium , dans la plus grande partie de la région ouest du 
département , depuis le Rhône jusqu'à la Tour-du-Pin ; dans 
cette contrée il y forme des ilôts, des promontoires plus ou 
moins étendus, comme si dans les espaces intermédiaires il 
avait été emporté ou recouvert par le diluvium. Ce terrain, 
composé de lits divers, de sables de marnes bleues, d'argile, 
de cailloux roulés , unis par un ciment calcaire , renferme 
sur plusieurs points des lignites que l'on exploite à Pommier 
près Voreppe, Lauzier près Vinay , Saint-Didier, Bizonnes, 
Biol, Sainte-Blandine , Cessieux , et dans les environs de la 
Tour-du-Pin , etc. D'après M. Scipion Gras , il présente deux 
étages ; l'étage supérieur constituerait le gîte exploité à Pom- 
mier. On rencontre sur divers points , dans les couches argi- 
leuses, à Pommier par exemple , des débris de coquilles flu- 
viatiles et terrestres (hélices, lymnées , planorbe , cérites, 
potamides , etc. ). M. Charvet a trouvé aussi à Pommier des 
dents de mastodonte. 

IV. Terrain tertiaire moyen ou molasse. — Ce terrain, qui se 
présente ordinairement sous la forme d'un grès tendre à ci- 
ment calcaire, forme des couches Irès-puissanles sur divers 
points du département. Dans l'arrondissement de Grenoble , 
ces couches sont déposées dans des vallées étroites qu'elles 
ont comblées en partie. Elles présentent une assez grande éten- 
due en longueur, quoique interrompues de temps en temps 
(Voy. pi. 6). Ainsi on rencontre la molasse dans la vallée 



76 OURSINS FOSSILES DK l'iSÈRE. 

de Proveysieux , depuis le col des Gharmettes jusqu'à Saint- 
Egrève ; interrompue parla vallée de l'Isère, celte même 
zone se retrouve sur le plateau de Saint-Nizier , reposant sur 
le Gault jusque près de Lans ; elle reparaît ensuite dans la 
vallée d'Autrans. De même le massif de molasse de Saint- 
Laurent-du-Pont se retrouve à Raz , dans la vallée de Vo- 
reppc ; puis, interrompu par la vallée de l'Isère , il se montre 
de nouveau dans le vallon de Montaud et au delà, et sur le 
même prolongement , dans la vallée de Rancurel. C'est par 
erreur que dans la carte géologique de France on indique 
un autre lambeau dans la vallée de Saint-Aignan en Ver- 
cors (Drôme) ; M. Berthelot n'y a trouvé qu'un terrain ana- 
logue à celui de la Fauge , près le Villard-de-Lans (la craie 
chloritée). La molasse se retrouve sur beaucoup d'autres 
points du déparlement , près des Échelles , au Ponl-de-Beau- 
voisin, près des Avenières, Chimilins, au Bouchage, Mores- 
tel, et enfin le long des deux rives de l'Isère à partir de Vi- 
nay , à Saint-Marcellin , Saint-Antoine, Saint-Donat, Saint- 
Just , etc. On y trouve un assez grand nombre de fossiles , 
mais en général mal conservés ; ainsi nous avons rencontré 
à Proveysieux, Raz, Autrans, Rancurel , le Pecten scabrellus 
(Brocchi) en très-grande abondance, et en moins grande quan- 
tité le Pecten laticostatus (Lam.), V Echinolampas scutiformis 
(Ag.), des polypiers, des piquants de cidaris indéterminés; on 
trouve des dents de squales à Quaix. M. Gueymard, dans sa 
Statistique minéraîogique de V Isère, cite encore, comme se 
trouvant dans la molasse, le Balanites crassus, Patclla conica, 
des huîtres , etc. 

Le terrain tertiaire inférieur manque dans le département 
de risère, à moins qu'on ne veuille y rapporter des argiles 
et des bancs de sables blancs ou rougeâtres, composés de silice 
pure ou légèrement ferrugineuse que Ton rencontre dans di- 
verses cavités, à la Malossane près Voreppe, à Saint-Pierre- 
de-Chérène , à Saint-Nazaire dans le Royannais (Drôme) , 
et sur divers points du canton de Villard-de~Lans , notam- 
ment au hameau de la Balmette au sud du Villard-dc-Lans. 
Toutefois M. Scipion Gras pense qu'ils appartiennent au grès 
vert. 

V. Formation crétacée, — Devant entrer dans des détails plus 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 77 

clendus sur cette formation, nous nous bornerons à énuméier 
ici les diverses assises , avec indication des localités principa- 
les et de leurs fossiles caractéristiques; nous ferons remarquer 
seulement qu'on n'a pas encore constaté dans le département 
l'existence de couches supérieures à la craie chloritée. 

1° Craie chloritée. — Localités principales. — Le vallon de la 
Fauge, près le Villard-de-Lans et la vallée de Saint-Aignan en 
Vercors (Drôme). Fossiles caractéristiques : Ammonites infla- 
tus y A. Mayorianus, A. Mantelliiy Baculites baculoides, Turri- 
lites Bergeri y T. tuberculatusy T. Puzosianus (d'Orb.) ; Discoi- 
dea cylindrica , Micraster distinctus , Hemiaster Bufo, Holaster 
lœvis (Ag.). Cette formation paraît reposer immédiatement sur 
le terrain néocomien , et a du reste une très-petite étendue. 

2<» Gault. — Localités principales . — Le long de la chaîne qui 
s'étend du col des Charmettes, au-dessus de Proveysieux, 
jusqu'à la carrière de Roche-Pleine près de Saint-Égrève (1) , 
les carrières de Fontaine , les balmes de Fontaine, Seyssinet, 
le plateau de Saint-Nizier , Engins, la petite chaîne entre 
Lans et Autrans , les Ravix près le Villard-de-Lans , Méo- 
drel, les environs du hameau du Fâ au-dessus de Rancurel , 
Saint-Pierre-de-Chérène au-dessus de Reauvoir , etc. Celle 
formation paraît postérieure aux deux premiers soulèvements 
du terrain crétacé et n'atteint jamais la hauteur des chaînes 
néocomiennes.Elle se compose de grès, de calcaires mêlés de 
grains chlorités en couches minces formant des lauzes; plus 
haut, de calcaires blancs ou rosés renfermant beaucoup de 
silex pyromaquas blonds. Ces couches sont très-pauvres en 
fossiles et ne présentent guère que quelques astéries. Près du 
Villard-de-Lans et de Méaudre, on rencontre de plus un cal- 
caire blanchâtre , très-marneux , renfermant des huîtres 
énormes et quelques inocérames, et enfin des couches plus ou 
moins sableuses et cbloritées , riches en fossiles ( les Ravix , 
Méodret, le Fâ). Les espèces caractéristiques de ces trois der- 
nières localités sont surtout les suivantes : Inoceramus con- 



(1) M. Lory indique aussi un lambeau du Gaull au pied du revers de 
Néron , près le village de Saint-Égrève ; nous n'avons pas pu le ren- 
contrer. 



78 OURSINS FOSSILES DE L'iSÈRE. 

centricus (Sow.) ,* Ammonites Milletianus , A. nodosocostatus , 
A, mammillaris y A. latidorsatus y A Lyellii ^ A. splendens 
(d'Orb.); Galerites castanea, Discoides conica y D. subuculus 
(Ag.); Pyrina cylindrica (nobis). 

3° Terrain néocomien. — A. — T. néocomien supérieur. — La 
masse principale est formée par un calcaire très-blanc ou un 
peu jaunâtre , ayant parfois à sa base un banc bleuâtre qui 
renferme des rognons de silex noirs. Cette masse présente en 
outre à diverses hauteurs des couches marneuses grises fossi- 
lifères, et d'autres couches d'un calcaire jaune ou rougeâtre, 
ocreux, à cassure cristalline, pseudo-oolitique. 

Localités principales. — Sassenage ; carrière de Roche-pleine 
près Saint-Robert; porte de l'OEillet sur le chemin de Saint- 
Laurent-du-Pont à la Grande-Chartreuse; casque du Mont 
Néron ; roc au-dessus de la cascade d'Allières ; haut de la 
Moucherolle et du mont Aiguille ; Dent de Moirans ; calcaire 
des Bussières au-dessus de Voreppe , etc. 

Fossiles caractéristiques. — Pterocera pelagi (d'Orb.); Py- 
gaulus depressus , P. cylindricus ^ Toxaster oblongus (Ag.) ; 
Echinus rotundus (nobis) ; Orhitolites conica (d'Archiac); Re- 
quienia {Chama} Ammonia , R. Lonsdalii (Math.); Janira 
[Pecten) Deshayana (d'Orb.) ; des monopleures. 

B, — T. néocomien inférieur. — Calcaire plus ou moins 
marneux , blanc , bleu ou jaune , alternant avec des marnes 
grises ou en partie jaunes et bleues, et pouvant renfermer 
aussi quelques couches d'un calcaire siliceux , passant au 
grès. 

Localités principales. — Carrière du pont de Pic-Pierre ; 
marnes de l'Hermilagc de Néron ; bas de Néron ; coteaux de 
Claix ; marnes de la cascade d'Allières; marnes du moulin de 
M. de la Chance, près Saint-Robert ; carrières du Fontanil ; 
marnes entre Veurey et l'Échaillon, etc. 

Fossiles caractéristiques. — Exogyra sinuata et suhsinuata 
(Leym.); Ostrea macroptera. Ammonites cryptoceraSy A. Car- 
teroniiy A. Grasianus y Belemnites latus , B. pistilliformis 
(d'Orb.); Trigonia caudata y Pholadomya elongata (Gold.); 
Pterocera oceani (d'Orb.); Dysaster ovulum y D. anasteroïdes , 
HolasterVHardyi[k^.): Diadema Repellini {iïoh\s),Gi\e Toxas- 



îiOTiCE GÉOLOGIQUE. 79 

ter complanatus (Ag.) [Spatangus retusus des auteurs), sur- 
tout dans les couches marneuses de la partie supérieure de 
cette assise. 

La plus grande partie du terrain crétacé de l'Isère est de 
formation néocomienne, et sous ce rapport notre département 
peut être considéré comme classique pour l'étude des roches 
et des fossiles qui constituent ce terrain. 

VI. Formation jurassique. — Non s la distinguerons en terrain 
jurassique extra-alpin f se rencontrant dans le nord du dé- 
partement, et en T. jurassique alpin ^ qui a une si grande 
étendue dans l'arrondissement de Grenoble. 

A. — Terrain jurassique extra-alpin. — i° Oolite supérieure. 
— Elle est peu étendue dans le département , et ne s'observe 
guère que sur les bords du Rhône , près d'Arandon , etc. On 
peut l'étudier dans la carrière du bourg de Moreslel. — Fos- 
siles caractéristiques. — Zamia Feneonis (Ad. Krong.), et Exo- 
gyra virgula (Def.). 2° Oolite moyenne. — Calcaire de Qui- 
rieux, Faverges, Courtenay, Soleymieux, Trept, Passins, etc. 
Fossiles caractéristiques. — Terebratula spinosa (Sm.); T. 
tetraedra, T. biplicata (Sow.); Ammonites biplex (Sow.); A. 
Bakeriœ (d'Orb.); Dysaster capistratus, Bolectypus depressus , 
Cidaris Blumenbachii (Ag.). 3® Oolite inférieure et lias supé- 
rieur. — Localités principales. — Crémieux , Amblagnieux, 
Vertrieux , Panossas, Saint-Quentin près la Verpillière. 
Calcaire blanc souvent oolitique saccharoïde ou marneux , 
renfermant des gîtes de fer oolilique à Saint-Quentin près la 
Verpillière. Ce calcaire est très-coquillier. A St-Quentin , par 
exemple, M. Scipion Gras a au moins trouvé une vingtaine 
d'espèces d'ammonites, parmi lesquelles nous citerons les 
Ammonites Aalensis , Walcotii , insignis , Germanii , cornu- 
copia , fimbi'iatus , complanatus , sternalis, mucronatuSy Ra- 
quinianus y variabilis y heterophyllus ^ subarmatus , Levesquii y 
Hommaireiy primordialis^ annulatus, serpentinus ? (d'Orb.); 
la Terebratula variabilis {Sch.); Nautilus intermedius (d'Orb.); 
N, striatus (Sow.); des pleurotomaires dont un senestre, desna- 
lices, une alvéole gigantesque de Bélemnite, etc., s'y rencon- 
trent aussi. M. d'Orbigny y indique encore les ^e/emmïe* bre- 
vis, tricaniculatuSy nodotianus y exiliSy irregularisy tripartitus. 

B. — Terrain jurassique alpin. — Tout l'étage jurassique su- 



80 OURSINS FOSSILES DE L'ISÈRE. 

périeur manque; quant à l'étage moyen, plusieurs géologues 
regardent comme appartenant au T. Corallien la partie infé- 
rieure du calcaire en partie dolomisé de l'Échaillon et de la 
Buisse. L'oxfordien a un grand développement dans l'arron- 
dissement de Grenoble ; on lui rapporte plusieurs espèces 
d'ilôts qui semblent surgir au milieu de la formation néoco- 
mienne (Voy. pi. 6), savoir : 1° un massif au-dessus de Four- 
voiry,sur la routede Saint-Laurent-du-Pontà la Grande-Char- 
treuse ; 2o un autre massif au-dessus du couvent de la Grande- 
Chartreuse ; 3° un troisième entre la Rochère et Saint-Pierre- 
d'Entremont; 4° la montagne d'Aizy, entre Noyarey et Veurey, 
et celle de Ghalais prés Voreppe , qui est le prolongement 
d'Aizy, dont la vallée de l'Isère la sépare seulement. On ren- 
contre à Chalais et à Fourvoiry les Ammonites communis?^ A. 
Hommairei (d'Orb.), et hiplex (Sow.) ; à Aizy, les Ammonites 
Adelœ, A. Hommairei y A. anceps ou Parkinsoni (d'Orb.) ; A. 
biplex (Sow.) ; A. tatricus , A. viator , le Belemnites hastatus 
(d'Orb.). Plus à l'est, le terrain oxfordien constitue une grande 
chaîne qui s'étend dans le département, depuis Chapareillan 
jusqu'au Monestier-du-Percy. Cette chaîne limite ainsi le côté 
droit de la vallée de Graisivaudan, constituant, à partir de 
Chapareillan, le plateau des villages de Saint-Pancrace, Saint- 
Hilaire, Belle-Combe, etc., et, près Grenoble, les montagnes 
de Saint-Eynard , de Rachet et de la Bastille. Interrompues 
Grenoble par la vallée de l'Isère, on la retrouve au rocher de 
Comboire près Cosseil, au pont de Claix , à Rochefort, et elle 
se continue à Varces , Vif, Saint-Michel-ies-Portes, etc., jus- 
qu'à la limite indiquée. On peut y distinguer trois assises prin- 
cipales: 1° une assise supérieure ayant pour type le calcaire 
de la porte de France de Grenoble^ calcaire gris souvent impré- 
gné de carbone avec de nombreuses veines blanches spathi- 
ques, et quelques couches marneuses, dont l'une hors la porte 
de France est bitumineuse. Ce calcaire, assez dur, est exploité 
comme pierre de taille à Grenoble , au pont de Claix , etc. 
Les fossiles principaux que l'on y trouve sont les Ammo- 
nites biplex (Sow.); ^- {lexuosus? y A. Bakeriœ , A. Hom- 
mairei, A. tatricus , A. tortisulcatus , A. viator , Belemnites 
hastatus (d'Orb.) ; Terebratula diphya , ou espèce nouvelle 
voisine; Aptychus lœvis et imbricatus (Mey.); 2" une assise 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 81 

moyenne que nous nommerons marties à petites ammonites fer- 
rugineuses y (ormée esseuiïeUcmenl \)i\r un calcaire plus ou 
moins marneux, renfermant parfois des géodes à cristaux in- 
térieurs siliceux (au-dessus de Meylan cl de Bivicrs). Cette as- 
sise, indépendamment de quelques-uns des fossiles précédents, 
renferme sur un grand nombre de points (carrière hors la 
porte Saint-Laurent , coteaux au-dessus de l'église de Mey- 
lan, etc.) une foule de petites ammonites, converties en fer 
pyriteux ; ce sont surtout les Ammonites Henriciy A, triparti- 
tus y A, tortisulcatus (d'Orb.); A. hiplex (Sow.); A, Lunula 
(d'Orb.), etc.; 3° une assise inférieure, nommée marries àpo- 
sidonieSy formée de marnes schisteuses trcs-feuiilelées, renfer- 
mant parfois un très-grand nombre d'empreintes de posido- 
nies. Ces fossiles sont surtout abondants à la Fontaine ardente 
au-delà de Vif, à Meylan sur le premier coteau au-dessus de 
la mairie et également au-dessus de l'église, au Touvet, etc. 
C'est d'après l'autorité de M. Tiollière, de Lyon, que nous rap- 
portons cette assise au r. Oxfordien. 

L'étage jurassique inférieur paraît manquer dans nos Al- 
pes. On peut considérer comme faisant partie du lias supé- 
rieur et moyen , 1° des couches assez puissantes d'un calcaire 
schisteux, noirâtre, marneux, immédiatement inférieur aux 
marnes à posidonies , renfermant des bélemnitcs et entre au- 
tres ammonites VA. heterophyllus y A. fimbriatuSy A. margari- 
tatus {d'Orb); c'est le calcaire schisteux qui borde les deux 
rives du Drac à St-Georges-de-Commiers, à la Motle-les-Bains, 
etc. ; 2- au-dessous, un calcaire noirâtre, semi-cristallin, si- 
liceux et passant au grès sur quelques points, exploités comme 
marbre à Laffrey et à Peychagnard, et que Ton retrouve avec 
les mêmes caractères minéralogiques à Corenc, où on l'exploite 
comme pierre de taille. On Irouvepeu de fossiles dans cette 
dernière localité; mais on rencontre à Laffrey les espèces sui- 
vantes : Terebratula tetraedra (Sow.); T. numismalis (Lam.) ; 
Plagiostoma punctatai^Soyv .); Belemnites niger {d'Orb,, Paléont, 
univ.) ; des Spirifer, des Gryphées , etc. 

Au-dessous du calcaire de Laffrey vient une formation très- 
remarquabl'i que M. Scipion Gras a désignée sous le nom de 
terrain anthracifère, qui s'étend dans tout l'est de l'arrondis- 
sement de Grenoble, et qui , d'après cet ingénieur, serait 

G 



82 ounsiNS FOSSILES DE l'isère. 

limitée du côté de l'ouest par une ligne qui , partant de Pont- 
charra » suivrait les coteaux de la rive gauche de l'Isère jus- 
qu'à Échirolies , passerait ensuite par Champagnier , au 
milieu d'alluvions anciennes et modernes , comprendrait 
Champ pour aller rejoindre la route royale de Grenoble à 
Gap , jusqu'au lac de Laffrey ; là , elle embrasserait dans un 
cercle tout le bassin anthracifère de la Mûre , en passant en- 
suite au nord de cette petite ville , par Nantes-en-Rattier, Au- 
ris-en- Rallier , Saint-Michel-des-Portes et la Sallette. Cette 
formation très-étendue comprend des calcaires plus ou moins 
compactes, noirs ou blancs cristallins (Valseneslre), des ardoi- 
ses , des calcaires schisteux, noirâtres, marneux ou magné- 
siens. D'après les théories modernes, le terrain talqueux 
{gneiss , schistes) de l'arrondissement de Grenoble ne se- 
rait que ce calcaire modifié par le métamorphisme. On y 
trouve, soit dans ce terrain métamorphique, soit dans le cal- 
caire non altéré , comme formations subordonnées, et indé- 
pendamment de nombreux filons métallifères de fer carbonate 
(Vizille, Allevard) , de galène (Oullesprès Allemont, Theys , 
etc.), de cuivre gris argentifère (montagnes de Brandes et 
des Rousses), de nickel, cobalt et argent (montagne des 
Chalanches), de Blende (Laffrey, Séchilienne,) etc. : 1° des 
amas et des couches d'anthracite avec grès , aux environs de 
la Mûre , à Venosc , à Huez , au Freney , au Mont-de-Lans, 
à Laval , à Glot-Chevallier , etc.; il faut remarquer que les 
empreintes végétales que présentent ces roches appartien- 
nent à la flore houillère , tandis que les fossiles du terrain 
calcaire sont ceux du lias raoyen ou inférieur ; 2° des amas 
stratifiés de gypse renfermant parfois des masses d'anhydrite 
(Champ, Vizille, Valbonnais , Cognet , Allevard, la Per- 
rière) ; 3<» des Spilites {Variolites du Drac) , roche amygda- 
loide à pâte plus ou moins verdâtre , renfermant de petits 
noyaux arrondis de nature et de couleurs variables [Champ 
près des carrières de plâtre, Cognet, Valbonnais, Valsenestre, 
le Perier, la Gardette, etc.) (Voyez la Statistique générale de 
l'Isère , tome 1 , page 158 , par M. E. Gueymard). 

Plusieurslocalités de ce terrain anthracifère, tellesquecelles 
du col d'Ornon, du Mont-de-Lans en Oisans, etc., renferment un 
assez grand nombre de débris organiques; on y c'iieV Ammonites 
Bucklandi, A. Scipionianus y Belemnites nt^er (d'Orb.), etc. 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 83 

C'est au milieu de ce terrain que surgissent les masses de 
protogync qui servent de bases à nos Alpes (Cirque de la Bé- 
rarde en Oisans, les Sept Laux , «la Gardelte , le Petit et le 
grand Charnier , etc.) 

On rencontre enfin un lambeau de terrain houillcr autour 
de Vienne, près Communay et Ternay. Les autres formations 
inférieures paraissent manquer dans le déparlement. Hors de 
l'arrondissement de Grenoble, le schiste talqueux se montre 
dans une petite étendue autour de Vienne, et à Chamagnieu au 
nord de la Verpillière. 

§ ir. De la formation crétacée du département de V Isère, 

La formation crétacée, en comprenant surtout sous ce nom 
le terrain néocomien , se présente dans notre département 
sous la forme d'une bande bien plus longue que large, di- 
rigée obliquement du nord-est au sud-ouest, interrompue et 
coupée vers sa partie moyenne par la portion de la vallée de 
l'Isère comprise entre Grenoble et la Buisse près Voreppe. 
La largeur de cette bande n'est guère que de dix-huit à vingt 
kilomètres, sur une longueur de presque cent kilomètres. Ses 
limites sont faciles à établir ; à l'est , depuis Chapareillan , le 
terrain crétacé suit la direction de la vallée de Graisivaudan , 
sur la droite de l'Isère , et constitue celte chaîne élevée qui 
domine, en marchant parallèlement, la chaîne oxfordienne 
du mont Saint-Eynard , du mont Rachet, etc., dont nous 
avons parlé. Cette chaîne crétacée , après avoir formé succes- 
sivement le pic de Granierprès Chapareillan , la chaîne qui 
fait suite , la Dent de CroUes, le roc de Chame-Chaudc et le 
mont Néron au-dessus de la Buisserate , est interrompue 
par la vallée de l'Isère ; elle recommence à la montagne qui 
est au-dessus de Saint-Nizier , et s'étend du nord au sud , en 
passant par Claix, Saint-Paul-de-Varces , Grosse, et en 
formant le mont Aiguille jusqu'au col de la Croix-Haule ; 
au nord-ouest, la craie a pour limite le terrain tertiaire et 
d'alluvions , en suivant une ligne qui s'étendrait du Pont-de- 
Beauvoisin à Saint-Marcellin , en passant par Voiron , Moi- 
rans et Vinay. La largeur de cette formation crétacée du dé- 
partement est assez étroite, comme on le voit ; de plus, l'éten- 



8^ " OURSINS FOSSILES DE LISERE. 

duc de cette bande est encore diminuée par des ilôts jurassi- 
ques et les lambeaux de molasse de Proveysieux , Saint-Ni- 
zier, Lanset Autrans, de Saint-Laurent-du-Pont, Voreppe, 
la vallée de Montaud et celle de Rancurel , dont nous avons 
parlé. 

Ces différentes zones de molasse sont séparées entreelles par 
des chaînes de montagnes dirigées toutes presque parallèle- 
ment du nord-est au sud ouest ; direction qui est celle du 
massif crétacé entier Tvoy. la pi. 6). Quand on examine ces 
diverses chaînes , on reconnaît bientôt qu'elles ont toutes une 
composition à peu près identique. Elles s'appuient ordinaire- 
ment à leur base sur un massif jurassique ; puis viennent 
au-dessus successivement les couches du terrain néocomicn 
inférieur, celles du terrain néocomien supérieur, etenfinpour 
quelques-unes, leGault; ce dernier ne s'élevant jamais bien 
haut et remplissant plutôt l'intervalle existant entre les chaî- 
nes. La supposition la plus naturelle est d'admettre que ces 
diverses couches néocomiennes, identiques sous le rapport 
des fossiles et de la nature minéralogique , appartiennent à 
une même formation qui a été soulevée et brisée par divers 
soulèvements , ayant agi suivant des directions à peu près pa- 
rallèles, et en formant des failles; l'apparition du terrain 
jurassique au milieu du massif crét§cé conGrme pleinement 
cette supposition. î^ 

On peut distinguer dans notre terrain crétacé quatre sou- 
lèvements principaux que nous allons étudier successivement 
(voy. pi. 6. La flèche indique le côté où plongent les cou- 
ches). 

l. Le premier soulèvement , que nous nommerons sou- 
lèvement oriental ou du mont Néron , a formé la chaîne néo- 
comienne dont nous avons déjà parlé, qui s'étend depuis 
Chapareillan jusqu'au col de la Croix-Haute , en s'appuyant 
en stratification concordante sur la chaîne oxfordienne de la 
porte de France. Le pic de Granier près Chapareillan , la 
chaîne qui fait suite, la Dent de CroUes ou petit Som, Chame- 
Chaude , Néron , la montagne de Saint - Nizier (1) depuis le 



(1) Il ne faut pas confondre celte montagne avec le plateau où se 



NOIICE GÉOLOGIQUE. 85 

pic des trois Pucelles , la montagne de Glaix , de Saint-Paul- 
de-Varces, la Moucherolle , le mont Aiguille, appartiennent 
à ce premier soulèvement. Les couches qui ont , comme à 
Tordinaire , la même direction que la chaîne elle-même, 
plongent vers le nord-ouest ; c'est aussi l'inclinaison du ter- 
rain oxfordien sous-jacenl. Le massifcrélacé et jurassique ap- 
partenant à ce premier soulèvement oriental est donc limité, 
À l'est, par la vallée de l'Isère au-dessus de Grenoble, et par 
la vallée du Drac et de la Gresse ; à l'ouest, il est séparé d'a- 
bord de la chaîne appartenant au deuxième soulèvement, par 
les vallons de Sainl-Pierre-d'Entremont et de Sainl-Pierre- 
de-Chartreuse , par le col de Porte, les valions de Sarcenas 
et de Quaix ; puis de la chaîne appartenant au troisième sou- 
lèvement, par la petite vallée de Sainl-Égrève et par une 
ligne qui, partant du pic des trois Pucelles à Saint-Nizier, 
suivrait la direction de la vallée de Lans jusqu'à la Mouche- 
rolle; là, les chaînes principales appartenant au premier et 
au troisième soulèvement semblent se réunir pour former la 
chaîne massive du grand Veymond. 

On peut étudier facilement la coupe des différentes couches 
que présente ce premier soulèvement, en allant de Grenoble 
au village de la Buisserale, le long de la grande roule. Après 
avoir traversé le calcaire oxfordien de la porte de France jus- 
que vers le ruisseau du pont de Pique-Pierre , on trouve au 
delà de ce ruisseau , avec une inclinaison de 50 deg. au plus, 
des couches marneuses, minces , grisâtres , très - friables , 
passant à un calcaire marneux exploité autrefois comme ci- 
ment hydraulique, au hameau de Narbonne. Plus loin, vers 
la carrière de Pique-Pierre en s'élevanl, ce calcaire marneux 
devient bleuâtre ou jaune ; il se durcit bientôt , passe au 
grès calcaréo-siliceux , en formant un peu plus loin et à 
cent pas de la grande route un escarpement où l'on trouve 
on assez grande abondance VExogyra sinuata(Leym.), Belem- 
7iites subfusiformis (d'Orb.), des ammonites, des turritelles 



trouve le village de St-Nizier; ce plateau , qui est formé par le Gault , 
appartient à notre troisième soulèvement. On trouve à son sommet des 
lambeaux de molasse et d'alluvions, prolongement de celles de Pro- 
veysieux. 



86 OURSINS FOSSILES DE l'ISÈRE. 

et quelques bivalves. Au delà el en s'élcvanl de plus en plus , 
on remarque une puissante couche marneuse alternant avec 
des lits plus durs, qui s'étend jusqu'à la base de Néron, au 
lieu dit l'Hermilage , et où l'on rencontre presque à chaque 
pas le Toxaster complanatus (Aff.)- On y trouve en outre T^fm- 
monites semistriatus (d'Orb.), Toxaster gibbus (Ag.), T. cunei- 
formis (nohh) , Pyrina pygœa (Ag.) , Cyphosoma paucituber- 
culatum (nobis), Dysaster anasteroides (Leym.), Janira atava 
(d'Orb.), despinnes, cuculées, panopées, nucules, etc. Cette 
grande couche marneuse traverse de part en part la base de 
Néron en se relevant, et se retrouve de l'autre côté de la mon- 
tagne , vers Saint-Égrève. Ces diverses séries de strates cons- 
tituent le terrain néocomien inférieur. Au-dessus des mar- 
nes, depuis THermitage jusqu'à la crête de Néron, on ren- 
contre une couche d'un calcaire bleuâtre renfermant des ro- 
gnons de silex noirâtre , puis un calcaire blanc mêlé à quel- 
ques couches jaunes ou rosées , à cassure cristalline pseudo- 
ooîitique , renfermant une in6nilé de Requienia (Chama) y de 
nionopleures , le Pygaulus depressus (Ag.), etc. Cet ensemble 
constitue le terrain néocomien supérieur (voy. la coupe de la 
pi. 6). Une succession semblable de couches s'observe du 
reste sur tous les points de la chaîne appartenant à ce premier 
soulèvement. On peut l'observer facilement à AUières et à 
Claix ; dans cette dernière localité , le calcaire dur siliceux 
forme un escarpement situé un peu au delà du village. Vers 
la cascade d'Allières se trouve la couche marneuse à Holaster 
complanatus , qui renferme également des pinnes , cuculées, 
panopées , le Nautilus Requienianus (d'Orb.) , etc. 

II. Le deuxième soulèvement, que nous appellerons soulè- 
vement septentrional ou du Grand Som, est moins étendu que 
les autres ; il a formé une suite de pics qui s'étendent depuis 
Entremonl jusqu'à Quaix , parallèlement à la chaîne orien- 
tale. Les plus élevées de ces cîmes sont celles du Bérard , de 
la Pillée , de Charmansom , cl surtout du Grand-Som , à l'est 
de la Grande-Chartreuse. Les couches plongent vers le sud- 
est, en sens inverse par conséquent de celles du soulèvement 
oriental. Les tranches des couches relevées bordent à l'est 
les vallons de la Rochère , de la Chartreuse , de Vallombre 
et de Proveysieux.Le terrain jurassique oxfordien, sur lequel 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 87 

s'appuie la base de celle chaîne et qui a élé soulevé en même 
temps qu'elle, ne s'est pas fait jour au dehors sur toute la ligne ; 
il n'est apparent, d'après M. Elie de Beaumont, dans une cer- 
taine étendue , que sur deux points , vers le couvent de la 
Grande-Chartreuse , et dans l'espace compris entre le village 
de la Rochère et Entremont. Ce soulèvement s'arrête, comme 
nous l'avons dit, àQuaix; cependant, du côté de Saint-Égrève, 
les couches du mont Néron se redressent un peu vers l'ouest, 
comme si elles y avaient participé (voir la coupe, pi. 6). Le 
soulèvement du rocher des cuves de Sassenage est peut-être 
dû à la même cause. La composition, la nature ella disposition 
des couches dans ces roches sont du reslc parfaitement les 
mêmes que dans la chaîne orientale ; il n'y a d'aulre diffé- 
rence que le sens de l'inclinaison. Ces deux premiers soulè- 
vements sont les plus anciens de tous ; ils sont antérieurs à 
la formation du Gault et de la molasse , les montagnes qui 
leur appartiennent sontentièrement néocomiennes; les couches 
de molasses voisines n'ont jamais participé à ce soulèvement. 
M. Lory fait remarquer en outre que ces roches ont de la ten- 
dance à former des crêtes escarpées , plus ou moins écartées 
Icsiinesdesaulresetque couronnent le calcaire blanc à Chama. 
Ces deux chaînes ont une hauteur moyenne de 1,900 à 2,000 
mètres. 

m. Le troisième soulèvement, que nous nommerons aussi 
soulèvement moyen ou de Sassenage , est le plus étendu de 
tous ; il a agi sur des roches appartenant au Gault et au ter- 
rain néocomien. Ce premier soulèvement s'est fait probable- 
ment d'une manière lente ou à des époques successives, et 
c'est dans l'inlervallc qu'ont dû se déposer la molasse et peut- 
être le Gault. La molasse, en effet , a participé au soulè- 
vement , quoique avec un degré d'inclinaison moindre qn« 
celle de la roche crétacée. Quoi qu'il en soit, les roches ap- 
partenant à ce troisième soulèvement constituent d'abord une 
chaîne principale néocomienne , qui commence vers la fron- 
tière delà Savoie, entre la Rochère et Saint-Christophe, passe 
tout près et à l'ouest du couvent de la Grande-Charlreuse, 
coupe la gorge du Guiers-Morl vers la porte de l'OEilIel, 
continue à se diriger vers le sud on formant la monlagne 
de la Sure, et borde ensuite à l ouest , à partir du col des 



88 OURSINS FOSSILES DE l'isÉRE. 

Charmcttcs , la vallée de Proveysieux et de Sainl-Égrèvc jus- 
qu'aux carrières de Roche-Pleine près Saint-Robert ; en ce 
point , cette chaîne est interrompue par la vallée de l'Isère ; 
elle recommence auprès du village de Sassenage ; là , après 
avoir éprouvé une dépression accidentelle qui a formé l'en- 
trée de la gorge d'Engins , elle change de direction et se di- 
rige à l'ouest du côté de Noyarey. Elle contourne la montagne 
d'Aizy et reprend alors sa direction primitive du nord-est au 
sud-ouest ; après s'être rapprochée , sur une certaine éten- 
due , de la chaîne du quatrième soulèvemeut vers la mon- 
tagne de la Clef, elle s'en détache bientôt , continue à se di- 
riger vers le sud en séparant la vallée d'Autrans et de Méan- 
dre de celle de Rancurel ; arrivée au vallon de la Bourne , 
elle se dévie un peu à l'est, pour se réunir presque à la chaîne 
du soulèvement oriental vers la MoucheroUe, et former, 
comme nous l'avons dit , le massif du grand Veymont. 

Le trajet que nous venons d'indiquer est celui de la chaîne 
néocomienne principale , dont la hauteur moyenne est d'en- 
viron dix-sept cents mètres. Le Gault, qui appartient égale- 
ment à ce troisième soulèvement , occupe une assez grande 
étendue vers le sud. Il commence à se montrer au fond de 
la vallée de Proveysieux vers le col des Charmettes , en s'ap- 
puyant en stratification concordante sur le néocomicn supé- 
rieur de la chaîne principale; là, son épaisseur y est médiocre; 
on peut le suivre ainsi jusqu'aux petites carrières de Roche- 
Pleine où on l'exploite pour en tirer des dalles. Au delà de la 
plaine de l'Isère il reparaît avec la même composition et la 
même superposition , à Sassenage et à Fontaine; mais là, 
il commence à acquérir un grand développement ; il constitue 
les roches du désert de Vouillant, les haïmes de Fontaine, 
les roches de Seyssins , Pariset , et forme le plateau de St- 
Nizier. Plus haut, le défilé d'Engins , la petite chaîne qui 
sépare la vallée de Lans de celle d'Autrans , et enfin toutes 
les collines du Villars-de-Lans jusqu'au pied de Coranson 
et dans la vallée de la Bourne , tout l'espace , en un mot, 
compris entre la chaîne du premier soulèvement et celle du 
troisième appartiennent également au Gault. La portion du 
terrain jurassique oxfordien , soulevée en même temps que la 
chaîne néocomienne, et sur laquelle elle s'appuie , n'est ap- 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 89 

parente que dans sa partie nord. Ce terrain jurassique s'ob- 
serve au dessus de Fourvoiry et au pied de la montagne de la 
Sure ; il forme ensuite la montagne de Chalais , située entre 
Voreppe et le Ghevalon, et celle d'Aizy , située entre Veurey 
et Noyarey ; au delà , vers le sud , il cesse d'être apparent , 
recouvert immédiatement par les assises puissantes du ter- 
rain néocomien. Toutes les couches appartenant à ce troi- 
sième soulèvement plongent en général du côté du sud-est ; 
celte inclinaison est la même que celle de la chaîne du second 
système , et il faut admettre nécessairement l'existence d'une 
faille entre ces deux chaînes ; c'est ce que démontre du reste, 
comme le fait observer M. Lory , le désordre des couches 
sur les points de contact. 

Nous allons donner maintenant quelques détails sur la dis- 
position des assises , et sur les fossiles des diverses roches de 
ce troisième soulèvement. 

A. Partie néocomienne. — On peut très-bien étudier la coupe 
que présente la partie néocomienne , en allant du hameau du 
Chevalon aux carrières de Roche-Pleine près Saint - Robert 
(voy. la coupe j pi. 6.) Au Chevalon près Voreppe, les cou- 
ches néocomiennes inférieures reposent immédiatement en 
stratification concordante sur le calcaire oxfordien de la mon- 
tagne de Chalais ; elles n'eu sont séparées que par le torrent 
du Chevalon. Ce calcaire, qui est jaunâtre, renferme des térè- 
bratules lisses , plates, et présente quelques bancs de man- 
nes grisâtres , où Ton rencontre le Dysaster ovulum (Desor) ; 
au-dessus viennent les calcaires bleus et jaunes, plus ou 
moins marneux , que l'on exploite au Fontanil comme pierre 
de taille ; le grand nombre des carrières ouvertes dans celle 
localité nous a permis d'y recueillir une certaine quantité de 
fossiles. Aussi , indépendamment des espèces que nous avons 
déjà citées dans le T. néocomien inférieur, en énumérant les 
divers terrains du déparlement , on y trouve encore Y Am- 
monites infundibulum (d'Orb.) ; Peclen Voltzii (Leym.) ; P. 
Striato-Punctatus (Rœm.); Trigonia divaricata, Lima longa 
(d'Orb.); Gerviliaanceps [Ley m .); Pholadomya elongata {Go]à .); 
Panopœa Prevosti (Leym.) ; Terebîatula hippopus (Rœm.); T, 
Carteroniana (d'Orb.); des encrines, des cardium , le Dia- 
dema Grasii (Desor); D. uniforme y D. Corona, Acrocidaris 



90 OUKSINS FOSSILES DE l'iSÈRE. 

depressa ^ Salenia depressa , Peltastes pentagonifera, Echinus 
denudatus , Metaporhinus Gueymardi (nobis) , etc. VHolas- 
ter complanatus (Ag.) y est rare. Au-dessus , à Cornillon , 
vient une suite de couches compactes ou marneuses de teintes 
très-variées, et dont quelques-unes sont fossilifères ; enfin , 
près Saint-Robert , au Moulin , et vers la cascade de M. de la 
Chance, se trouve un banc marneux où l'on rencontre en 
abondance r/^o/a5^^rcom/)/a7ia^W5(Ag.), mêlé au Dysaster anas- 
teroides (Leym.) , Toxaster cuneiformis (nobis), Janira atava 
(d'Orb.) , à des panopées et diverses autres bivalves; là se 
termine le terrain néocomien inférieur. Au-dessus, et en 
s'avançaut vers Saint-Égrève , vient d'abord une couche 
jaune ou rosée à cassure pseudo-olique , et puis l'on trouve 
la dernière et puissante assise du calcaire blanc à Chama, 
mêlé à quelques couches marneuses rougeâtres ou grises; 
c'est ce calcaire blanc que l'on exploite comme pierre de 
taille dans les deux premières carrières de Roche-Pleine. Il 
caractérise, comme on l'a dit, le T. néocomien supérieur, 
et renferme en grande quantité des Bequienia fChamaJ et de 
petites huîtres ; sur plusieurs points , on y rencontre en outre 
le Pygaulus depressus , Toxaster oblongus (Ag.) , et d'autres 
fossiles qui appartiennent à cette assise supérieure. Un peu au 
delà se trouve le Gault. 

En suivant le chemin de Saint-Laurent-du-Pont à la Char- 
treuse , le long du Guiers-Mort , on retrouve la même suc- 
cession de couches ; d'abord le terrain néocomien inférieur su- 
perposé au terrain jurassique de Fourvoiry ; puis en s'éle- 
vant, le calcaire blancdu néocomien supérieur qui commence 
à la porte de l'OEillet. Ce calcaire blanc renferme un peu 
plus haut des couches marneuses riches en Toxaster oblongus; 
on y rencontre aussi le Pygaulus depressus (Ag.) ; Diadema 
Carthusianum (nobis); Janira (Pecten) Deshayana (d'Orb ); 
Scr pilla heliciformis {GoM.) ; Nucula ovala (Manlel); Terebra- 
tula tamarindusl y Rhynchonella /a^a (d'Orb.), etc. Au-dessus, 
le terrain est bouleversé par une faille qui fait apparaître de 
nouveau le terrain jurassique vers le couvent de la Grande- 
Chartreuse. 

Enfin, une disposition semblable s'observe également sur la 
rive gauche de l'Isère entre Noyarey et Sassenage. Les strates 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 91 

néocomiennes inférieures s'appuient sur le plateau jurassique 
d'Aizy au-dessus de Noyarey, et viennent ensuite en s'élevant 
jusqu'auprès de Sassenage , où se rencontre le terrain néoco- 
mien supérieur. Aux côtes de Sassenage, dans les blocs mar- 
neux entassés près des vignes , on aperçoit un assez grand 
nombre de fossiles que l'on retrouve en place un peu plus 
loin, aux balmes de Glémencières, dans dfs couches mar- 
neuses grises. Nous citerons parmi ces fossiles le Janira 
Deshayana (d'Orb.); Requienia (ChamaJ Ammonia , R. Lons- 
dalii (Math.); des monopleures, Pterocera pelagi (Brong.); un 
Opis; Orbitolites conica (d'Arch.); Pygaulus depressus^ P-cy- 
lindricus{Ag.)j Nucleolites Roberti (nobis); Toxaster oblongus 
(A g.) ; Diadema Carthusianum , Goniopygus Delphincnsis 
(nobis), etc. 

B. Gault. — A l'est et au-dessus de la chaîne principale néo- 
comienne, depuis le col des Charraeltes dans la vallée de Pro- 
veysieux jusqu'à Coransonau delà du Villars-de-Lans, vient, 
comme nous l'avons dit, la formation du Gault ; elle est cons- 
tituée d'abord par des roches calcaires très-dures , souvent à 
grains chlorités , disposés en couches assez minces formant 
des lauzes, d'autres fois passant au grès ; telles sont les pierres 
que l'on exploite à Fontaine pour le pavage des rues de Gre- 
noble; au-dessus, ce calcaire est jaunâtre, plus ou moins cris- 
tallin et chlorité , se divisant en feuillets peu épais ; plus 
haut encore (vers les balmes de Fontaine , par exemple) , les 
couches redeviennent blanches ou rosées, épaisses, compactes; 
la stratification est souvent même peu apparente ; ce calcaire 
ressemble alors au calcaire blanc à Chama du terrain néo- 
comicn supérieur ; mais il en diffère par l'absence de tous 
fossiles, et surtout par la présence de nombreux rognons de 
silex pyromaque. Ces diverses assises sont très-puissantes 
au-dessus de Sassenage jusqu'à Engins et Lans; elles sontdu 
reste pauvres en fossiles ; on trouve seulement dans les lau- 
zes quelques astéries, dont le diamètre atteint quelquefois 
vingt-cinq à trente centimètres. Près du Villard-de-Lans cl 
à Méaudre, ce système de couches se termine par un calcaire 
blanchâtre très-marneux, renfermant des huîtres de douze 
à quinze centimètres de diamètre formant des bancs ; l'épais- 
seur d'une valvedans un exemplaire que nous avons recueilli 



92 OURSINS FOSSILES DK L'iSÈKE. 

près du torrent de la Bourne, en allant aux Ravix, était de 
quaranle-deux milliraèlres. Cette espèce paraît nouvelle. 

Au sud-ouest du Villars-de-Lans , s'observent d'autres 
couches du Gault très-remarquables , et qui seraient infé- 
rieures aux précédentes d'après M. Lory. Leur nature est va- 
riable; tantôt elles semblent désagrégées et formées de sables 
siliceux et de fragments roulés renfermant beaucoup de grains 
chlorités; elles sont alors très-coquillières ; d'autres fois elles 
forment des lits calcaires durs, rosés, sublamellaires, alter- 
nant avec d'autres lits plus ou moins tendres et marneux , 
renfermant parfois des rognons plus durs. Indépendamment 
des fossiles que nous avons indiqués en énumérant les divers 
terrains du département de l'Isère , nous citerons, comme se 
trouvant dans ces dernières couches, V Ammonites Parandieri, 
A, interruptuSf A. Alpinus, A. Beudanti, Turbo Astterianus, 
T. Martinianus (d'Orb.) ; Hemiaster minimus , H. Phrynust 
(Ag.); Toxasler Bertheloti , T, micrasterformis , Holaster sub- 
cylindricus , H. bisulcatus (nobis) ; H. Perezii (Sismonda) ; 
Diadema ZMCCP(Ag.); Orbitoliles lenticulatn (Lam.) ; des mou- 
les de salénies, une bélemnile, un nautile atteignant de gran- 
des dimensions, beaucoup d'espèces de térébralulcs, Tercbra- 
tula sella y T. Dutempleana, T. disparilis , Rhynchonella octo- 
plicatat (d'Orb.), etc.; des lucines et d'autres bivalves. 

Les localités les plus riches en fossiles sont : le lieu appelé 
les Bavix y à un kilomèlre et demi à l'ouest du Villard-de- 
Lans, et au delà du vallon de Méandre, le hameau du Haut- 
Méaudret. D'après M. Lory , en suivant les dernières traces 
de cette formation du Gault , le long du sentier qui conduit 
de Méaudret au col des Rages et qui longe la gorge de la 
Bourne, à une grande hauteur au-dessus de ce torrent , on 
voit percer à chaque pas, sous les couches du Gault , la sur- 
face inégale et évidemment sinueuse du calcaire à Chama sur 
lequel elles reposent, et il y aurait, d'après ce géologue, dis- 
cordance complète de stratification entre ces deux terrains, 
comme si ce calcaire néocomien avait servi de rivage à la pe- 
tite mer dans laquelle se sont déposées ces diverses couches 
sableuses et chlorilées. 

IV. Il nous reste à nous occuper du quatrième soulèvetnent, 
que nous nommerons soulèvement occidental ou de la Dent 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 93 

àeMoirans, du nom d'une montagne située au-dessus de l'E- 
chaillon. II paraît le plus récent de tous et bien postérieur au 
dépôt de molasse qui recouvre en grande partie la chaîne néo- 
comienne dans la portion nord , et qui a participé à son sou- 
lèvement. On doit lui rapporter : 

1" La petite chaîne qui s'étend des Échelles jusqu'à Voroppo, 
et qui limite, à l'ouest, la plaine de Saint-Laurenl-du-Ponl et 
le vallon de Vorcppe. Sa hauteur est de 900 mètres environ. 
*2o Au delà de l'Isère, une autre chaîne néocomienne , pro- 
longement de la première, qui s'étend depuis l'Échaillon et 
la Dent de Moirans jusqu'à Choranccs , en bordant à l'ouest 
la vallée de Rancurel , et la séparant sur une assez grande 
largeur de la vallée de l'Isère ; vers Saint-Gervais celle petite 
chaîne se rapproche de la chaîne du troisième soulèvement , 
s'abaisse en même temps , et semble se terminer ; mais elle 
reparaît bientôt à l'ouest de la vallée de Rancurel. Les cou- 
ches de ce quatrième soulèvement plongent en général vers le 
sud-est, absolument comme celles du troisième ; il en résulte 
qu'elles semblent , par une anomalie singulière , s'enfoncer 
sous ces dernières, dont elles sont séparées pourtant au niveau 
du sol par de petits dépôts de molasse et de cailloux roulés ; il 
semblerait par exemple que les couches de la Dentde Moirans, 
évidemment néocomiennes, plongeraientsouslecalcaired'Aizy 
qui est jurassique. Il faut admettre nécessairement l'exis- 
tence d'une immense faille, due aux soulèvements successifs. 
Nous avons déjà été conduit à supposer une semblable dis- 
location entre la chaîne du deuxième soulèvement et celle du 
troisième. 

Quoique l'inclinaison de ces couches soient en général du 
côté du sud-est et de Test , cependant on remarque que sur 
le versant occidental de cette chaîne , elles ont aussi de la 
tendance à plonger du côté de Voiron et de la vallée de l'Isère. 
Ce système de couches s'appuie à l'ouest sur un terrain par- 
ticulier que l'on rapporte généralement au T. Corallien, et 
que l'on aperçoit au bas de la montagne de l'Echaillon, près 
la Buisse et dans le défilé de Crossey. En admettant la faille, 
dont nous avons parlé plus haut , on devrait retrouver ce 
même terrain corallien au-dessus des montagnes d'Aizy et 
de Chalais , ce qui n'est pas ; mais il est possible que dans ces 



9i OURSINS FOSSILES DR l'iSÈRR. 

dernières localités , ce terrain ait été emporté ou se réduise à 
quelques couches qu'on n'a pas distinguées. 

On peut étudier la coupe que présente la chaîne due à ce 
quatrième soulèvement en se dirigeant deTËchaillon à Vcu- 
rey. On observe d'abord le calcaire blanc de l'Ëchailion do- 
lomisé dans certaines parties , et très-riche en fossiles que la 
plupart des géologues qui ont visité le pays rapportent au T. 
Corallien ; le Cidaris glandiferal (Ag.), des peignes, des néri- 
nées , des térébratules , des polypiers , etc.; M. Lory y cite 
aussi le Diceras Lucii (Dcfr.). 

Au-dessus s'appuie un calcaire blanchâtre, puis bleu, oùsc 
trouve la Rhynchonella difformis (d'Orb.), VExogyra sinuata 
(Leym.), qui représente le bas du terrain néocomien inférieur ; 
plus haut et en remontant le coteau, se rencontre une couche 
marneuse , découverte par M. Scipion Gras, où l'on trouve ea 
abondance le Toxaster complanatus (Ag.), et le Dysaster anas- 
^^rotde* (Leym.) , et qui indique la limite supérieure du ter- 
rain néocomien inférieur. Le terrain néocomien supérieur vient 
ensuite , caractérisé par de puissantes couches d'un calcaire 
blanc pétri de Requienia {Chama) , de monopleures et autres 
fossiles de la même famille. Ce calcaire bianc alterne avec 
d'autres couches d'un calcaire , tantôt jaune ou rougeâlre , à 
cassure cristalline et pseudo-oolitique , tantôt gris marneux ; 
on rencontre surtout dans ces dernières couches, et indépen- 
damment des fossiles contournés , le Toxaster oblongus y Py- 
gaulus depressus , P. cylindricus (Ag.); Nucleolites Roberti 
(nobis); Orbitolites conica (d'Arch.) ; des piquants de CidariSy 
etc. Une semblable succession de couches s'observe du reste 
sur les autres points de ce soulèvement ; aussi aux Buissières 
au-dessus de Voreppe on retrouve le terrain néocomien su- 
périeur , caractérisé par le Toxaster oblongus, Y Orbitolites 
conica , etc. (voy. la coupe de la pi. 6.) 

Au-dessus du terrain néocomien viennent les couches appar- 
tenant au Gault ; nous ne les avons pas observées nous-même. 
M. Lory indique des lambeaux appartenant à cette formation, 
1<» aux environs des Échelles , vers le hameau de Chatelard , 
au pied de la roche de Berlan et au-dessous de la molasse ; 2° 
dans le vallon de la Roise, entre le pied de la montagne de 
la Sure et le plateau de Raz ; 3<* quelques dépôts isolés fossi- 



NOTICE GÉOLOGIQUE. 95 

lifèrcs, près Saint-Pierre-dc-Chérène et au-dessus de Beau- 
voir. Le Gault paraît exister également au hameau du Fâ près 
Rancurel ; c'est ce qui semble résulter d'une série de fossiles 
que nous ont rapportés de cette localité MM. Désiré Robert et 
Repellin. Ces fossiles appartiennent aux espèces suivantes : 
Salenia petalifera (Ag. et Desor) ; Galerites castanea , DisccU 
dea conica (Ag.) ; Pyrina cylindrica (nobis) ; Ammonites ma- 
millaris . ji. Lyelli (d'Orb.) , etc. ; un Pygaster truncatus 
(Desor) provient peut-être de cette localité. Nous ferons re- 
marquer ici, en passant, que le terrain néocomien des environs 
du Fâet deSaint-Pierre-de-Chérèneest riche en fossiles. Dans 
sa partie supérieure on rencontre VArbacia globulus (Desor); 
VEchinus rotundus, le Goniopygus delphinensis {nob'is) , et 
beaucoup de piquants d'oursins, etc.; dans le T. néocomien 
inférieur on trouve les Ammonites Leopoldinus , A. Castel- 
lanensis , A, difficilis , A. ligatus , A. cassida , Crioceras 
Duvalii, Nantilus Neocomiensis , N. Bouchardianus (d'Orb.), 
etc., etc. 

Craie chloritée, — Indépendamment des divers étages de la 
craie que nous venons d'étudier dans chaque soulèvement , 
il existe en outre dans le déparlement de l'Isère , et tout près 
de la frontière, dans la Drôme, deux dépôts d'une petite 
étendue et appartenant à la craiechloritée: l'un d'eux s'observe 
dans le vallon de la Fauge, à l'est et tout près du Villard-de- 
Lans ; l'autre, dans la vallée de Saint-Aignan (Drôme). Ces 
deux dépôts paraissent indépendants des divers soulèvements 
que nous avons signalés ; ils reposent immédiatement sur le 
terrain néocomien et en stratification discordante. Le vallon 
de la Fauge, où se présente l'un d'eux, est situé au pied de la 
grande chaîne néocomienne orientale ; la vallée de Saint-Ai- 
gnan est limitée par les prolongements de la troisième el de 
la quatrième chaîne. Les couches qui constituent ces deux 
dépôts sont plus ou moins relevées à droite et à gauche sur 
les flancs du vallon en forme de bateau ; elles sont calcaires; 
leur partie inférieure est formée par une sorte de grès friable, 
mêlé à beaucoup de grains chlorités qui leur donnent une cou- 
leur d'un vert foncé ; ces strates, peu épaisses, alternent avec 
des couches plus dures et de couleur moins foncée ; elles sont 
riches en fossiles , surtout dans Tescarpement que forment à 



96 OURSINS FOSSILES DE L ISERE. 

la Fauge trois grands ravins , situés vers le bas de la grande 
chaîne. Nous avons déjà indiqué la plupart de ces fossiles en 
énuméranl les divers terrains du déparlement de l'Isère; nous 
y citerons encore les Ammonites Velledœ , A. varians. A, Bo- 
noratianusy Hamites armatuSy B. elegans , Scaphites œqualis 
(d'Orb.); Diadema variolare (Brong.); Cidaris insignis (nobis); 
Galerites globulust (Desor); un nautile, des bélemniles , etc. 
D'après M. Lory, les couches supérieures qui fornaent le fond 
du vallon de la Fauge sont calcaires, grisâtres, compactes, et 
deviennent ensuite très-minces, sublamellaires et rougeâlres; 
au-dessus s'observent d'autres couches sableuses , à ciment 
calcaire cristallin et très-dur , abondamment pénétrées de 
points verts réguliers. 

Nous ne connaissons pas dans le département de l'Isère de 
couches crétacées d'un âge plus récent que la craie chloritée. 
M. Berthelot a remarqué d<:.ns la vallée de Saint - Aignan 
(DrÔQie) , au-dessus des couches chlorilées à Discoidea conicdy 
d'autres couches appartenant à un calcaire blanc, d'un as- 
pect différent des premières , et renfermant beaucoup de si- 
lex pyromaque ; faute de temps, il n'a pu ni étudier leur na- 
ture, ni s'assurer si elles renfermaient des fossiles. 

Notre terrain crétacé n'a pas été étudié, du reste, sur beau- 
coup de points , et il y a encore un vaste champ pour des re- 
cherches; nulle part le calcaire à nummulites n'a été signalé, 
et cependant ce terrain existe sur une grande étendue , en 
Savoie et dans le département des Hautes-Alpes. Nous faisons 
des vœux pour que de nouvelles recherches viennent com- 
pléter le court aperçu que nous venons de donner sur la 
formation crétacée de notre département. 



FIN. 



TABLE 



DES GENRES D'OURSINS FOSSILES DE L'ISÈRE. 



Acrocidaris page 31 

Amphiope {sous-genre). . . 40 

Ananchytes 65 

Arbacia. 36 

Cidaris 21 

Cyphosoma 36 

Diadema 32 

Discoidea 42 

Dysaster 66 

Echinolampas 51 

Echinus 37 

Galerites 44 

Goniopygus 29 

Hemiaster 54 

Hemicidaris 26 



Holaster page 61 

Holeclypus 41 

Hyboclypus 46 

Lobophora 39 

Hîetaporhinus 69 

Micrasler 55 

Nucleolites 47 

Peltastes 29 

Pygaster 46 

Pygaulus 49 

Pygurus 50 

Pyrina 45 

Salenia 27 

Spatangus 53 

Toxaster 57 



EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 



Ffg. 1. Cidaris Malum (nobis), coupe verticale. Fig. 2. Id., dévelop- 
pement de l'aire interarabulacraire. Fig. 3. Id., développement de 
l'aire ambulacraire. 

Fig. 4. Cidaris insignis (nobis), coupe verticale. Fig. 5. Id. , déve- 
loppement de l'aire interambulacraire. Fig. 6. Id., développement de 
l'aire ambulacraire. 

Fig. 7. Coupe d'une plaquette du Cidaris tuberosa (nobis). Fig. 8. 
Id., plaquette vue d'en haut. 

Fig. 9. Salenia depressa (nobis), face supérieure. Fig. 10. Id., 
jpoupe verticale. 

Fig. H. Peltasles pentagonifera (nobis)« face supérieure. Fig. 12, 
coupe verticale. 

Fig. 13. Goniopygus irregularis (nobis), face supérieure. Fig. 14, 
coupe verticale. 

Fig. 15. Appareil génital du Goniopygus Delphinensis (nobis). 

Fig. 16. Appareil génital du Salenia petalifera (Ag. et Desor). 

Fig. 17. Hemicidaris inermis (nobis), vu latéralement. 

Fig. 18. Àcrocidaris depressa (nobis), face supérieure. Fig. 19. Id., 
face inférieure. Fig. 20. Id., coupe verticale. 

Fig. 21. Biadema Corona (nobis), coupe verticale. Fig. 22. Id., dé- 
veloppement de l'aire interambulacraire. Fig. 23. Id., développe- 
ment de l'aire ambulacraire. 

Fig. 24. Diadema Grasii (Ag. et Desor) , coupe verticale. Fig. 25. 
Id., développement de l'aire interambulacraire. Fig. 26. Id., déve- 
loppement de l'aire ambulacraire, 

Fig. 27. Cyphosoma paucituberculatum (nobis), coupe verticale. 
Fig. 28. Id., développement de l'aire ambulacraire. Fig. 29. Id., dé- 
veloppement de l'aire interambulacraire. 



(Jiii'sins rossiles ainlep! de I Isère. 



Pl.I. 








24- 



22;f^ 23M 25^'^ 2«M 



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21 




LitK.(Je C.Pégeron. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE II. 



Fig. 1. Diadema Carthusianum (nobis), coupe verticale. Fig. 2. Id., 
développement de l'aire interambulacraire. Fig. 3. Id. , développe- 
ment de l'aire ambulacraire. 

Fig. 4. Diadema uniforme (nobis), coupe verticale. Fig. 5. Id., dé- 
veloppement de l'aire interambulacraire. Fig. 6. Id., développement 
de l'aire ambulacraire. 

Fig. 7. Arbacia globulus (Ag. etDesor), coupe verticale. Fig. 8. Id., 
développement de l'aire interambulacraire. Fig. 9. Id., développe- 
ment de Taire ambulacraire. 

Fig. 10. Diadema Repellini (nobis), (exemplaire de grande dimen- 
sion), coupe verticale. Fig. 11. Id., développement de l'aire ambula- 
craire. Fig. 12. Id., développement défaire interambulacraire. 

Fig. 13. Echinus denudatus (nobis), coupe verticale. Fig. 14. Id., 
développement de l'aire ambulacraire (l'artiste a mal indiqué la 
triple rangée de pores). Fig. 15. Id., développement de l'aire inter- 
ambulacraire. 

Fig. 16. Diadema variolare (Ag. et Desor), coupe verticale. Fig. 17. 
Développement de l'aire interambulacraire. Fig. 18. Id., développe- 
ment de l'aire ambulacraire. 

Fig. 19. Holeclypus Neocomensis (nobis), vu latéralement. Fig. 20. 
Id, face inférieure. 

Fig. 21. Appareil génital de ÏHolaster lœvis (Ag.). 



Oursins iossiles du depf de l'Isère 



Pl.II. 




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Liin. Je C . Pegeron 



EXPLICATION DE LA PLANCHE IIL 



Fig. 1. Piquant du Cidaris punctatissima (Ag.). 

Fig. 2. Piquaut du Cidaris rysacantha (nobis). 

Fig. 3. Piquant du Cidaris unionifera (nobis). 

Fig. 4. Piquant du Cidaris heteracantha (nobis), var. A. 

Fig. 5. Piquant du Cidaris pustulosa (nobis). 

Fig. 6. Piquant du Cidaris prismalica (nobis). 

Fig. 7. Piquant du Cidaris ramifera (nobis). 

Fig. 8. Piquant du Goniopygus Belphinensis (nobis). 

Fig. 9. Piquant du Cidaris heteracantha (nobis), var. B. 

Fig. io. Nucleolites Roberti (nobis), face supérieure. Fig. 11. Id., 
coupe verticale, a anus, b bouche. 

Fig. i2. Pyrina cylindrica (nobis), face supérieure. Fig. 43. Id., 
face inférieure. Fig. 14. Id., bord postérieur. Fig. 15. Id., coupe ver- 
ticale, a anus, b bouche. 

Fig. 16. Pygaulus cylindricus (Ag. et Desor), face supérieure (la 
partie antérieure est par erreur plus large que la postérieure.) Fig. 
17. Id., face inférieure. Fig. 18. Id., coupe verticale, a anus, & bouche. 

Fig. 19. Toxaster cuneiformis (nobis), face supérieure. Fig. 20. Id., 
coupe verticale, a anus, b bouche. 

Fig. 21. Dysaster? globulus (nobis), face supérieure. Fig. 22. Id., 
coupe verticale, a anus, b bouche. 

Fig. 23. Galerites globulus? (Desor), face supérieure. Fig. 24. Id., 
eoupe verticale, a anus, b bouche. 



Oursins-fossiles dudép.^de l'Isère. 



PI. m 




G . M.argaiii,{lel. 



Util. de C. Pe^erou. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE IV. 



Fig. t. Micraster distinctus (Ag.), face supérieure. Fig. 2. Id., coupe 
longitudinale, a anus, b bouche. 

Fig. 3. Toxaster Berlheloti (nobis), face supérieure. Fig. 4. Id., 
coupe longitudinale, a anus, b bouche. 

Fig. 5. Toa;as<erwiicra«(cr/'orwiu (nobis), face supérieure. Fig. 6. Id., 
coupe longitudinale, a anus, b bouche. 

Fig. 7. Holaster bisulcatus (nobis), face supérieure. Fig. 8. Id., 
coupe longitudinale, a anus, b bouche. 

Fig. 9. Holaster subcylindricus (nobis), faice supérieure. Fig. 10. Id., 
coupe longitudinale, a anus, b bouche. 

Fig. 11. Dysaster anasteroides (Leym.), face supérieure. Fig. 12. Id., 
coupe longitudinale, a anus^ b bouche. 



Oursins fossiles du dép. deVIsArn 



PI. IV. 




G.Margain^del. 



LiiK.deC.PegÉ 



EXPLICATION DE LA PLANCHE V. 



Fig. 1. Dysaster hemisphœricus (nobis), face supérieure (i). Fig. 2. 
Id., coupe longitudinale, a anus, 5 bouche. Fig. 3. Id., face inférieure. 

Fig. 4. Melaporhinus Gueymardi (nobis), face supérieure. Fig. 5. Id., 
face inférieure. Fig. 6. Id., coupe longitudinale, a anus , b bouche. 

Fig. 7. Echinus rolundus (nobis), face supérieure. Fig. 8. Id., face 
inférieure. Fig. 9. Id., vu latéralement. 

Fig. 10. Piquant du Cidaris Erinaceus (nobis). 

Fig. 11. Piquant du Cidaris rysacanlha (nobis), variété. 

Fig. 12. Piquant du Cidaris glandifera (Gold.). 



(1) Les ambulacres ont ëtë L-acës par analogie ; ib n'existaient pas dans 
l'exeniplaire modèle. 



Oursins fossiles (iiidép^ de risère, 



Pl.V 




G . Mariatii, de! 



Lith. Je C. Fegeron. 



Oursins fossiles du dép* de l'Isère. 



PI.VI.