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Full text of "Dictionaire des racines celtiques"

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DICTIONAIRE 



DES , 



RACINES CELTIQUES 



PAR 



PIERRE MALVEZIN 

DIRECTEUR DE LA SOCIÉTÉ FH.OLOGIQl'E FRANÇAISE 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ FILOLOGIQUE FRANÇAISE 
Boulevard Saint Germain, 155 

1903 



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DICTIONAIRE 



DES 



RACINES CELTIQUES 



— 8 — 

tremere », alors que la forme du mot fait obstacle et que 
l'ancien français criemre pour cridemre indique la racine 
celtique crit; 

Que engrener, faire entrer les dents d'une roue dans 
celles d'une autre roue, « vient de grain », alors qu'il 
n'est aucunement question de grain dans une roue à 
dents ou dans un engrenage, et que la signification 
indique très clairement le régulier encrener (venu de 
cren, ancienne forme de cran), qui condamne toute 
confusion avec engrener, garnir de grain. 

Et un grand nombre d'autres dérivations aussi ridi- 
cules. 

Ils pourront soutenir ce qu'ils voudront, mais cela 
ne justifiera jamais leur système. 

Je signale donc ici, en les classant par racines, les 
mots qui me paraissent être d'origine gauloise, cel- 
tique; mais sans partialité, car je laisse aus langues 
étrangères ce qui leur est dû. Et j'espère que mon 
travail fera reconnaître, par les savants impartiaus et 
patriotes , la part importante qui revient à la langue de 
nos pères dans la formation du français. 

Pierre Malvezin. 



J'ai déjà publié, en 1894 et années suivantes, un certain nombre de mes 
étymologies; mais le manque de subventions m'a empêché de continuer 
l'édition de cette époque, commencée, par naïf espoir, en grand format, 
et je prie les amis souscripteurs de m'excuser de l'interruption. 



DICTIONAIRE 
DES RACINES CELTIQUES (1) 



AB, eau. Pour un précédent ap, qui se retrouve dans le 
sanscrit. D'où : *abos 9 même signification de eau, devenu 
«ab» en irlandais; et abona, rivière, devenu « avon » en 
breton, « afon » en gallois, etc. Voyez la variante av ou au> 
qui nous a doné, par un *aua, forme féminine d'un *auos : 
« aue », etc. 

AC K , ficher. Pour pac y avec chute ordinaire du p initial 
en celtique, racine qui se trouve dans le latin « palus », 
pour « paclus », dit on, ou, à mon avis, pour «pagelus » (2), 
dans le verbe nasalisé « pangere », le grec tc^yvuuu, etc. D'où 
*alos pour *palos, avec la même contraction que dans le 
latin « palus », et dont un dérivé neutre, *alencon> nous a doné 
alingue, pieus fichés en terre pour délimiter des terrains, 
et pieus fichés dans une rivière pour barrer le bois flotant, 
mot déclaré d'origine inconnue et qui correspond à l'oc 
«palenc», de la forme centrale et méridionale pac, qui a 

(1) Pour celles qui ne figurent pas ici, voyez au Complément. 

(2) Prononcez le g toujours dur. 



— 10 — 

produit aussi le bas latin «planca», pour « palenca », au- 
jourd'hui en français « planche ». Nous avons aussi, de même 
racine, aluchon, dent d'engrenage implantée sur une roue, 
proprement petite chose fichée, mot également déclare 
d'origine inconnue. 

AC 2 , pointe. D'où : acaunos, pour *acounos et *acunos. 
piquant (1), équivalant au latin « acutus » (confrontez, pour la 
forme, le grec àxovTj, pierre à aiguiser) ; *acinos (2), bourg*eon. 
resté dans le breton « égin », pour « ékin » et « akin » ; *acros, 
dur, rude, resté dans le breton « akr », hideus (en ancien 
breton, au pluriel, « ar-ocrion », atroces); *acsi-s, dans 
acsiacbitiy d'une inscription du Vieil Evreux, traduit par : 
taillé avec un instrument tranchant. La même racine est dans 
le sanscrit et autres langues. Par extension du sens de piquant 
à celui de vif, le celtique avait aussi : *acos, égal au latin « acer » , 
au grec wxu;; et, en composition : *diacos> lent, paresseus. 
proprement qui n'est pas vif, mot resté dans le breton 
« diek » pour « diac », le comique « dioc », etc. Nous avons, 
en français, un certain nombre de mots empruntés au latin, 
et d'autres, plus nouveaus, empruntés au grec, mais, à mon 
avis, il doit nous rester, du celtique : aque, avec ses autres 
formes « ache » et « aiche », ver de terre long, pointu et en 
même temps vif, de *aca, féminin de *acos, et non du latin 
« esca », nourriture, doné par Darmesteter et Thomas (3), car 
cène peut aucunement être l'emploi par les pêcheurs, relati- 
vement très rares, du ver de terre come amorse qui a pu 
doner le nom, ce nom étant celui dont se servent les habi- 



(1) Pour plus amples renseignements sur les mots gaulois, voir les ouvrages 
de H. d'Arbois de Jubainville, de Georges Dottîn, de E. Ernault, de A. Holder, de 
V. Henry et autres auteurs celtistes; pour le sanscrit, voir A. Barth, E le Burnouf, 
et, pour le latin, Bréal et Bailly. 

(2) Le c, come le g y se prononce toujours dur. 

(3) Je dis Darmesteter et Thomas et non Hatzfeld, Darmesteter et Thomas, 
parce que la partie étymologique du Dictionaire de ces auteurs est l'œuvre des 
deus derniers seulement. Par abréviation, je dirai même, à l'avenir : Darmes- 
teter. 



_ 11 — 

tants des campagnes, les ouvriers des champs (dans l'Ouest, 
on dit « achée », d'un précédent *acata) ; avec le verbe dérivé 
aquer ou « acher », garnir un hameçon, par extension 
amorser un filet; et acinier, l'un des noms vulgaires de 
l'aubépine, indiquant un précédent *acinarios, de*acina, 
épine. 

AG 3 , tourner. D'où : *acsis, équivalent du latin « axis », de 
l'alemand « achse », du grec àçwv, etc., et un dérivé *acsilos 
ou *acsilon, qui se retrouve dans le gaélique «aisil», pour 
« aichsil » et «acsil», etc., avec un équivalent *acsellos 
ou *acsellon dans notre mot aissel ou « aissieu » , cette der- 
nière forme devenue « essieu » ( pour Vu de cette forme, 
confrontez « cheveu » pour « chevel » , dont 1 Y reparaît dans 
«chevelure»), mot absolument celtique, quoi qu'en dise 
Darmesteter. Même racine dans le latin « axilla », devenu en 
français «aisselle», dans le sanscrit «axa», roue, «axi», 
œil (à cause de sa rotation), dans l'irlandais «ais», char, 
le grec é((x-aïa, char, dans le nom gaulois Agsatus, d'une ins- 
cription de Reims, etc. 

AG, pousser; par extension, combatre. D'oh*agu, combat; 
le composé ^agonertos, combat vif, qui se retrouve dans l'an- 
cien irlandais « aignert » ; et des noms propres, dans les 
inscriptions : Agomarus pour Agomaros, grand comba- 
tant, etc. Même racine dans le sanscrit « ag » , le latin 
« agere », le grec ayetv, pousser, agir, àvwv, combat. Il 
nous reste, en français, la seconde partie de quelques mots, 
tels que ambassade, dérivé de ambactiata, de *ambactia» 
Voyez amb. 

AL, orner. D'où : alauda, cité par Pline et autres auteurs 
corne étiant gaulois, et resté dans notre mot aloue, son di- 
minutif alouette, etc. En sanscrit «al», orner, «alaka», 
parure de la tête (confrontez, pour le sens, le nom latin de 



— 12 — 

l'oiseau en question, « galerita », proprement la petite hupée, 
la petite coifée, et l'un des noms bretons du même oiseau. 
« kabellec », dérivé de « kabel » pour « kapel », coifure). La 
finale auda, qui est pour auoda ou avoda, est la même dans 
«bagauda», «bascauda», etc. Je vois la même racine dans 
le breton « algen », barbe de la coife, au sens de chose qui 
orne, qui garnit. Il peut même se faire que le « al » de 
« alc'houeder », alouette, ait la même origine. 

Al^B, des deus côtés, autour. D'où ambi, dans « am- 
bactos » pour « ambiactos » , latinisé en « ambactus » par 
César, et dont la signification était : serviteur direct d'un 
chef. Le gaulois « ambi », égal au latin « ambo » et au grec 
«fjicpi, se trouve aussi dans des noms de peuples et des noms 
d'homes et de lieus : Ambiani, les habitants d'Amiens et de 
l'Amiénois .(pour Ambiens et Ambiénois); Ambiorix, etc. Il 
se conserve : dans Foc « amb » et « ambe » , au sens de avec ; 
dans le berrichon « anve », même sens, dans le breton © am- 
zer» pour «ambzer», temps, saison, à cause du retour 
périodique, etc. La même racine, mais réduite à « am », dans 
l'osque « amnud » d'une inscription, traduit par «anno», et 
dans le latin en question, « annus » pour « amnus » , dont 
Y m s'est conservé dans « solemnis » pour « solamnis » , com- 
posé avec « solus ». Il nous reste, en français, de « ambi » : 
la première partie de ambassade. 

AN, respirer. D'où : *analu, dénoté par l'impératif anala^ 
d'une inscription de Poitiers; *anatla y soufle (Henry), qui se 
çetrouve dans l'irlandais et le comique «anal», le gallois 
«anadl», et, avec transposition, dans le breton «alan», 
autrefois « alazn » pour un précédent « anazl » , et dans le 
français aleine, écrit sans h jusqu'au quinzième siècle, 
époque où les latinisants commencèrent à altérer notre écri- 
ture (en oc « aïen», au masculin, indiquant une forme *ane- 
tlos,*anatlos). Darmesteter, copiant les devanciers, tire aleine 



— 13 — 

de « halare » , sous l'influence de « anhelare » (composé avec 
le préfixe an, égal au grec avà). La même racine an est dans 
le sanscrit de même grafie, dans le latin « animus » et 
« anima », le grec àvepoç, etc. 

AND, auprès, autour, contre, sur, vers. D'où : ande, 
dans un certain nombre de noms : Andecamulos, qui est au 
dieu Camulos, etc., et, avec un sens augmentatif, un sens 
de circonférence plus grande, dans Andebrogius pour Ande- 
brogios, traduit, par d'Arbois de Jubainville, en : habitant 
du grand pays, etc. (en ancien latin «endo», resté dans 
« endovolare », voler sur, se précipiter sur, etc.); *andu, 
devenu ander, agir autour, faire des pas, marcher, réduit 
aujourd'hui, dans le picard, etc., au sens de mesurer par pas 
(on ande un champ pour savoir combien il a de pas de lon- 
gueur), avec son fréquentatif andeler, contracté en *andler, 
*anler, et altéré en « aller » (en italien « andare », en espagnol 
« andar » , en oc « anar » , pour « annar » et « andar », de la 
même origine), marcher vite, en avant, sur, vers, mot que l'on 
a dérivé du latin « ambulare » .et autres impossibilités (pour 
la contraction qui existe dans l'oc « anar » , confrontez « ana- 
reviseos », d'une inscription, pour *annareviseos et *andare- 
viseos, selon Holder (1). Dans Godefroy, on voit une ancienne 
forme française « aner » , avec la même réduction que dans 
Toc « anar » et dont le fréquentatif a dû être le même *anler 
que ci dessus. Nous avons aussi, en français : andée, en- 
jambée, pas; andain, la quantité d'herbe que le faucheur 
coupe à chaque enjambée, à chaque pas; andier, altéré en 
« landier » par la réunion de l'article (en bas latin « ande- 



(1) M. Bréal admet l'intermédiaire *anler, mais il maintient « ambulare «.Mal- 
gré l'autorité de ce savant, je maintiens, de mon côté, *andeler, qui découle 
naturellement de « ander », come « bosseler» de « bosser », « créneler » de 
« créner », etc., et je n'accorde à « ambulare » que € ambler > : un cheval 
est en train d'amble r, il marche l'amble. Au reste, nos pères n'auraient eu au- 
cun besoin de recourir au latin pour former le fréquentatif d'un verbe qu'ils 
possédaient. 



— 14 — 

rium », en oc « ancien »), les pierres ou briques sur lesquelles 
la marmite est posée, et trépied en fer, inventé pour former 
le même soutien ; plus, avec le même sens augmentatif que 
dans Andebrogios, la' première partie de andouille, gros 
intestin, grosse douille (en terme de charcuterie, la douille 
est le canal qui conduit les aliments de la bouche à l'esto- 
mac), mot venu d'un précédent *andogilla (1), de an pour 
and et de *dogilla, diminutif de doga, conduit, et non d'un 
latin hypothétique *inductile, avancé par Darmesteter, lequel 
latin, d'ailleurs, ne serait jamais devenu populaire. 

AR 4 , eau. D'où : *arnos, flot, égal au sanscrit a arnas 1 
et devenu le nom d'un fleuve, aujourd'hui TArno ; *arnia, 
pluie, brume, dénoté par notre « argne » pour arnie (avec 
la même prononciation (la grafie « hargne » est tout à fait 
fautive (en picard un équivalent « arnue »), et son dérivé 
« argneus » pour arnieus, employé d'abord en parlant du 
temps : a temps argneus » , et passé au sens de : qui est 
d'humeur insociable; et *arnavos, orage, pluie torrentielle, 
resté dans le breton « arnev » . 

AR 2 , grain. D'où *artos, resté dans notre mot aire et 
son diminutif airel ou « airelle », petit fruit rond, propre- 
ment grain, et, fautivement, la plante qui porte ce fruit et qui 
devrait se dire airier (confrontez groseillier, etc.). Je vois 
la même racine dans le vieil irlandais « airn » et le breton 
« irin », prunelle, baie de l'épine noire, c'est à dire grain, 
venus d'un dérivé *arinios. 

AR 3 , labourer. D'où : *aru, même signification, resté 
dans le gallois et équivalant au latin « arare » , au grec 
àpottv, etc. ; *arvon, sillon, resté dans le breton « arv » et 
ayant à peu près la même forme que le latin « arvum », 

(1) Je répète que le g et le c se prononcent toujours durs. 



— 15 — 

champ cultivé; *arç>arios, resté dans Toc « arbari » pour 
« arvari » , outil aratoire {bêche ou autre) ; *arvion et *arva- 
riorty dans l'ancien irlandais « arbe » et «arbar», aujour- 
d'hui « arbhar », blé , etc. Nous avons, en français : artigue, 
terre défrichée, indiquant un *artica, dans le bas latin « ar- 
tiga » ; et la première partie de arpent, de arepennîs, me- 
sure agraire, cité come gaulois par Columelle et autres 
auteurs latins. 



\, adapter. D'où : *asu, dont un dérivé *asillos se retrouve 
dans le vieil irlandais « asil », le comique « esel », le breton 
« ézel » , membre, c'est à dire articulation et adaptation. 
En gallois «asiaw», joindre; eii oc « asegar » pour « asi- 
car», rajuster, remettre en état (les jointures d'un char, 
d'un outil aratoire, etc.), au figuré, rendre service à quel- 
qu'un, satisfaire quelqu'un, verbe fréquentatif de «asiar», 
bas latin « asiare » , français aiser, pour le précédent 
« aisier » , avec le substantif verbal aise, condition con- 
venable, possession de toutes les choses nécessaires, et, 
l'adjectif aise, égal au participe aisé : « cela me rend 
aise », cela me satisfait. Le grec cticxoç, heureus, de ctTcxot, sort, 
destin, part faite aus humains par le destin, ne peut, quoi 
qu'en disent certains auteurs, avoir formé notre mot aise, qui 
lui est tout à fait étranger. D'ailleurs, afeo; n'est pas passé 
par le latin, elfîl n'a même pu exercer une influence. Quanta 
l'origine latine « asa » pour «ansa», poignée, avancée par 
d'autres auteurs, parmi lesquels Darmesteter, avec le sens 
de prise facile, elle est encore plus impossible (1). 

AV, eau, variante de ab. D'où : *avos et *auos, égal à 
abos; et un certain nombre de noms propres : Avara, rivière, 

(i) M. Thomas, revenu, me dit-on, de « asa », avance maintenant « adjacens », 
couché, placé près de; mais ce nouveau latin ne concorde pas le moins du 
monde avec le gallois «asiaw», joindre, Toc «asegar «/rajuster, l'irlandais 
«azil » et le breton > ézel », membre. D'ailleurs, le verbe « jacere » ayant pro- 
duit « gésir » (pour *jesir), « adjacere » aurait produit « agésir » et non « aiser »• 



— 16 — 

aujourd'hui l'Evre, avec son dérivé particulier Avaricon, la 
tinisé en Avaricum, ancien nom de Bourges, ville située sor 
TÈvre (il y a aussi, à Bourges, PAuron, pour l'Aueron (Ava- 
ron), Avarion, l'Aveyron, etc. C'est, à mon avis, d'un; 
forme féminine *a p a et *aua, et non du latin « aqua » , don* 
pour origine (car ce latin n'a pu que se fondre dans le gau- 
lois; , que nous est venu : ave ou aue, varié en « ève » et 
« eue », et altéré aujourd'hui en « eau ». Nous avons aussi : 
« osier » pour alisier, arbrisseau qui croît sur le bord de 
l'eau, d'un *ausarios pour *auesarios, dénoté par ausaria, 
du neuvième siècle (mot que Darmesteter déclare d'origine 
inconnue, parce qu'il n'a trouvé aucun ressemblant dans le 
latin), avec son dérivé « oseraie » pour auseraie, du dit 
ausaria, etc. Pour « osier », je repousse oTaoç d'autres au- 
teurs, ce grec n'étant pas passé par le latin et devant, plutôt. 
se relier à la racine «ud», même sens de eau, qui a donéle 
sanscrit « uda », le latin nasalisé « unda », et, avec aspiration 
fautive, le grecoSo;, eau, Scetv, pleuvoir, ucrtç, pluie, etc. Quant 
à «oisi», «ouesi», du berrichon, il indique un précédent 
*ausios four *auesios, delà même origine que auesarios. 



BA % dire, parler. Identique au sanscrit « bha » du même 
sens, au latin « fa » de « fabula », fable, « fan », parler, au 
grec*cpa de cpati;, parole, <pyj de cpnjfii, parler, etc. D'où *baros, 
sage, dénoté, selon Holder, par l'irlandais «bar», propre- 
ment celui* qui dit, qui prédit. Voyez la forme secon- 
daire bar, dont un dérivé bardos nous a doné « barde », 



. 2 , être blanc, être lumineus. Identique au sanscrit « bha » 
du même sens, au latin « fa » de « facetus », élégant, passé 
à la signification de enjoué, plaisant, du grec <pa de cpavoç, 
blanc, cpàXioç, blanc tacheté de noir, etc. D'où, par un dérivé 
'balios, blanc, presqu'égal de forme au grec <paXioç, avec 



— 17 — 

mêmes finales li-os : « baille » pourbalie (avec la même pro- 
nonciation^ resté en nom d'home (Baille) et en nom de lieu 
(Puibaille, équivalant à Montclar, etc.), au diminutif « baillet » 
pour baliet, home dont les cheveus sont tachetés de blanc, 
et cheval ou bœuf dont le poil tire sur le blanc. Même origine 
pour le breton « bal », tache blanche au front des animaus. 
Un autre dérivé celtique, *banos, du même sens de blanc et 
presque de même forme que cpavoç, se retrouve dans l'ancien 
irlandais « ban ». 



. 3 , f râper. D'où : par bâta, bâton, de andobata, sorte 
de gladiateur, bâte, objet servant à fraper , et, par un verbe 
batu (en gallois « bathu », en gallo latin « batuere » (la 
grade « battuere » est fautive), batre, etc. En breton 
« baz », bâton, « bazoulen », bâtant de cloche ; en oc « batal », 
même sens de bâtant, «batahar», fouler (le drap), etc. 

BAC A baigner, plonger. D'où : *baccon, qui se retrouve 
dans le gaélique «bac», bateau, et dans notre mot bac, 
à la fois bateau et sorte de récipient (Darmesteter done, pour 
origine, un néerlandais « bak», auge, qui ne peut être qu'un 
frère, s'il n'est pas un emprunté), avec ses diminutifs bacot 
ou « bachot », petit bateau, baquet, petit récipient; et une 
forme féminine *bacca, dans notre baque ou « bâche », creus 
où il reste de l'eau à la marée basse et en même temps 
récipient, avec son diminutif «baille», pour « baguille » et 
baquille, correspondant à « baquet » et indiquant un précé- 
dent *bagilla pour *bacilla, avec l'accent sur Va radical 
(le breton de même signification, « bal », avec / mouillé, éty- 
mologie de l'auteur cité, paraît sorti du français, et, quant 
au latin présumé « bajula », de «bajulus», portefais, éty- 
mologie d'un autre auteur, il est impossible). 

BAC 2 , courber, plier. D'où : *bacca, devenu *baca, plus 
tard *baga, dans bague, anneau de doigt et de chaîne, 



— 19 — 

D'où. : *baccos, nourrisson, enfant, jeune home, dans le pi- 
card bâche et « baiche », le breton et le gallois « bacji» ; 
*bacellos, dans notre diminutif bachel (en picard « bai- 
che t » et « baicbot »), diminué lui même en bachelet et 
réduit au sens de garson d'honeur dans un mariage, avec son 
féminin bachelette, fille d'honeur, mots dont on n'a pas 
doné l'origine; et baccalaris, persone d'un rang inférieur, 
cadet de famille, jeune home aspirant à la chevalerie, mot 
composé avec la finale al de *bedalis, béai, *epalos, poulain, 
et de aris y de mataris, matras, et autres mots, devenu ba- 
chelier à la suite d'une latinisation « baccalarius », avec 
un sens étendu. Les latiniseurs, non contents d'avoir fait 
« baccalarius », ont inventé « baccalaureus », quoique lescou- 
rones fussent toujours en branches et feuilles de laurier et non 
en baies (en tout cas, s'il s'est trouvé quelquefois des baies, 
elles n'ont pu être que partie accessoire), et, au lieu de 
doner au mot « bachelier » un dérivé régulier bachelariat, 
ont fabriqué « baccalauréat ». 

BAD 4 , baigner, plonger. Equivalente de bac^ mais qui 
se trouve en même temps dans d'autres langues et n'est pas 
particulière au celtique (en sanscrit « bâd »,en alemand « ba- 
den», etc.). D'où : *badl, même signification de baigner, 
devenu en breton « beuzi » ; baditis, nénufar, transmis par 
Marcellus et devenu en français *badit, au diminutif badi- 
tin, dans Cotgrave, avec la définition de lis d*eau ou rose 
d'eau; et badinion, cuve à faire tremper le linge, cuve à 
lessive, usité dans les départements du Centre. En ancien 
français, « badrée », toute substance détrempée, délayée. 

BAD 2 , lier. Équivalente de bac y mais se trouvant dans 
d'autres langues et n'étant pas particulière au celtique (en 
sanscrit « badh » et « band », en germanique « band », etc.). 
D'où : *bada, lien, corde ; et *baderna, composé avec la fi- 



— 20 — 

nale féminine erna d'autres mots celtiques (et aussi de moU 
latins}, dans notre mot baderne, tresse de vieus cordages. 
En oc, d'une équivalente mad, « madaissa », {*madatii\ 
paquet de fil. 

BA6 ', combatre. D'où : *baga, combat, qui se retrouve 
dans le breton « bagh » et l'irlandais «baighe», autrefois 
<t bag » : et un dérivé *bagatera y contracté en "bagatra, quia 
produit bagarre, avec la même assimilation que dans 
« marraine » de « matrana », « bigarre » de « bigater », etc.. 
et déclaré d'origine inconnue. L'histoire nous done les Ba- 
gaudes, paysans gaulois révoltés sous Dioclétien, de *ba- 
gauda, soulèvement, révolte, dérivé de *baga. Même racine 
dans le tudesque «bagja», dispute. 

BAG 2 , lier. Variante de bac. D'où : *bagu, dénoté par 
notre verbe baguer, du sens réduit de lier par de gros 
points la doublure à létofe principale pendant que Ton coud 
les bords, avec le fréquentatif «bailler», pour «baailler» 
et bagailler, d'un sens premier de empaqueter, passé à 
celui de livrer, de fournir, le substantif bague, paquet, 
par extension charge et charge honorifique, d'un précédent 
*baga (en irlandais « bagh », promesse, liaison), mot employé 
aujourd'hui au pluriel « bagues », le dérivé bagage, ensem- 
ble des bagues ou paquets, le diminutif «fagot» pourbagot, 
proprement petit paquet, etc. Darmesteter tire « bague » d'un 
nordique «baggi», qui ne peut être qu'un frère, et il tire 
«bailler» du latin «bajulare», qui n'a jamais signifié que 
porter à bras ; d'ailleurs, « bailler » ou « bagailler » est le fré- 
quentatif évident de « baguer ». 

BAL, éminence. D'où :1e breton « balek», saillie d'ar- 
chitecture, le gallois « bal » , pic terminal d'une montagne, 
«balog», saillie, l'irlandais et la gaélique «bail », membre 
viril, relié par Henry au grec <paXXoç et, avec substitution de 



— 21 — 



"u à 17, notre mot baume, rocher, par extension creus de 
rocher, venu du gaulois balma. 



f, produire. Forme de gan et .gen. D'où un dérivé 
*banatlos, genêt (arbuste dont l'écorce servait à faire des 
cordes), dans notre mot balain, transposé corne le breton 
« balan », pour de précédents « balazn » et « banazl », le gal- 
lois « banadl », etc. et réduit aujourd'hui à « balai », ustensile 
fait avec des genêts. Le latin équivalent est « gehista » , degen, 
le grec est <j7tàpToç, airapxov, mais relié à <j7tetp£iv, semer, cul- 
tiver, féconder, produire. 

BAND, autoriser; publier, notifier. D'où : *bandi, resté 
dans « bannir » pour bandir : « le tambour de ville bannit lès 
ordonances du maire » (en irl. « bandim », je notifie) ; et ban- 
don, autorisation, ordonance : « laisser le bétail à bandon », 
lui doner toute liberté dans les pâturages (en ancien irl. 
même grafie « bandon » , en bas latin « bandum » et « ban- 
num»), mot resté dans le composé abandon. Quoique 
« bannir » soit inséparable de « bandon » , Darmesteter, qui 
ne done rien pour ce dernier, tire le verbe d'un francique 
«bannjan», qui ne peut être qu'un frère. En espagnol 
« bando », édit, loi. On trouve, sans nasale : dans nos dialec- 
tes, « à la badoue », à la dérive, et, dans l'italien, « a bado », 
à l'abandon. 

BAR, dire, parler. A mon avis, forme étendue de ba (con- 
frontez 1> de *baros f sage). D'où : bardos (avec la même 
finale dos que dans *acmodos 9 pierreus), poète qui composait 
et récitait aes chants guerriers, en français barde, en 
irlandais « bard », en breton «barz », pour un ancien «bard», 
etc. 

BARG, baigner, plonger. Égale à marg (en latin « merg » 
dans «mergere»). D'où : barga y canot, qui se retrouve dans 



— 22 — 

le han latin de même grafie et dans notre mot bax*CJ"Ue nu 
« barge », même sons de canot. 

BARG 3 , éminence. Variante de berg. Dans barc^e, meui 
de foin ou de paille, usité dans tous les départements d: 
rOucHt [Glossaire du bas poitevin, de J. Guérin, GZossain 
du parler de Plèchàtel (haut breton), de G. Dottin, etc. . 

BARS, éminence. D'où : *barros pour *barsos, dans le 
breton «barr», sommet d'une montagne, cime d'un arbre. 
branche (môme grade dans le gaélique et l'irlandais) ; barra, 
forme féminine, dans notre mot barre, branche; *barstos 
ou neutre *barston> dans *bart, pièce de bois d'élévation, de 
soutien, et barrage en bois fait à travers une rivière pour 
retenir l'eau (confrontez le dit «barrage», dérivé de « barre ».. 
nu diminutif « bardeau », pour « bardel » et bartol, etc.: 
*bars(a 9 forme féminine de *barstos, dans barte, pays élevé. 
région montagneuse, par extension pays d'arbres rabougris, 
de genêts, de ronces, avec des dérivés *bartava et *barta- 
vella, ce dernier dans bartavelle, sorte de perdrix des 
régions montagneuses, des bartes. Darmesteter ne mentione 
ni *bart ni «barte », et il done : pour «bardeau» et «bardis», 
l'italien «barda», caparaçon, qui n'a pas la plus petite res- 
semblance, et, pour «bartavelle», Foc «bartavela», gros lo- 
quet de bois qui tourne sur un clou et sert à fermer les portes 
des étables et des granges, « par analogie du chant de l'oi- 
seau, dit ce savant, avec le bruit d'un loquet», corne si le 
chant de l'oiseau pouvait être comparé au bruit, tac, que fait 
une petite pièce de bois en tombant sur une autqe. L'oc «bar- 
tavela » vient d'un bart pour bert et p ert, tourner. Henry 
done le breton «borzevellec», grosse grive, corne venu d'un 
celtique vortivello, exactement le volteur, et il croit à la 
même origine pour «bartavelle», perdrix, mais, que la grive 
en question soit ou non volteuse, que son nom breton soit ou 
ne soit pas emprunté, qu'il ne vienne pas de bars, sommet, et 



— 23 — 

jn'il ait pour origine fort, tourner, autre forme de vert, corne 
Le latin « vortex » , tourbillon, je crois, quand même, que la per- 
drix bartavelle n'est distinguée des autres perdrix par ce nom 
que parce qu'elle habite les bartes, les régions montagneuses. 
Nous avons aussi, par le même *barston que plus haut, mais 
ici avec chute de l'r au lieu de Y s (*baston, latinisé en « bas- 
tum ») : bast, aujourd'hui «bat», de la même signification 
que « bart», pièce de bois d'élévation, de soutien, et, spécia- 
lement, selle de bois, selle grossière de bête de charge, et 
les dérivés bastard, aujourd'hui «bâtard», même sens de 
pièce de bois et, par extension, home de condition inférieure, 
home de naissance illégitime, home de bât; «bâtir» pour 
bastir, etc. (le bas latin « bastum », auquel se borne, pour 
ces mots, l'auteur cité, n'est qu'un intermédiaire). La même 
chute de IV se trouve dans le latin « fastigium » (pour « far- 
stigium » et « farstitigium », selon Bréal et Bailly), et, à mon 
avis, dans le grec paaxàÇstv, porter un fardeau, mais ce grec 
peut être pour papuercaÇeiv, de ,8apu;, lourd, et papoç, fardeau. 

BARV, être bouillonant, être chaud. D'où : *barvi et 
*barui (forme du bervi qui a produit le breton « berva » et le 
gallois « berwi », bouillir), dans notre verbe barouir, brûler, 
en parlant de l'action du soleil sur les plantes, ou dessécher, 
au point de les disjoindre, les douves d'untoneau, etc., et 
dans un parallèle perdu barver, du sens de bouillir, dont 
il nous reste les fréquentatifs « barboter » pour barvoter, 
s'agiter dans l'eau, au figuré prononcer d'une manière con- 
fuse, brouillée (confrontez «marmoter», de mar m pour marv, 
égale à barv), et a barbouiller » pour barvouiller, tous 
mots déclarés d'origine inconnue. 

BAS, baigner, plonger. Equivalente de bad. D'où : bas- 
cauda pour *bascauoda f dans bascboue, aujourd'hui « ba- 
choue», sorte de grand baquet pour la récolte des raisins; 
et *bassa, dans basse, sorte de réservoir, d'abreuvoir, dans 



— 24 — 

certains pays sorte de cuve, avec son diminutif 
(autrefois, il existait un parallèle de ce dernier avec c, *f. 
était bachinon ou bacchinon au temps de Grégoire de Tour-. 
avec un chuintement, sans doute le même qui existe ene««r 
dans certaines dialectes, prononcé ts pour es, et non le mèc 
que le français, dû à l'influence du ch alemand}. 



!, produire. Equivalente du latin « fe » de « fecundus 
qui produit, du grec epu de fuat;, la nature, yvciv, produira 
du sanscrit « bhu », être, se produire, etc. D'ojù *be£uos, e 
diminutif "betulos, latinisé en « betulus » (chez Pline, « be- 
lula », d'une forme féminine *betua), sorte d'arbre commun 
en Gaule, dans l'irlandais « beth », le breton « bezô » et dos 
mots bet et « boul », ce dernier pour d'anciens « beoul . 
« bedoul » et betoul, aujourd'hui plus ordinairement em- 
ployé à son diminutif particulier «bouleau». Pour le suf. 
tu de betuos et betulos, confrontez batu, fraper, itu pour 
pitu, nourriture, etc. Même racine dans le comique « be- 
dewen », peuplier. Pour le sens de la racine, produire, il est 
probablement dû ici à la hauteur des peupliers et des bou- 
leaus : grande végétation (confrontez betidolen, nom gau- 
lois de la grande bardane, plante à larges feuilles). Voy. bu 



trembler; par extension, avoir peur, fuir. D'où: 
*bebro8, castor d'Europe, animal peureus, fuyant (corne, 
d'ailleurs, les autres rongeurs), qui se retrouve dans le gaé- 
lique «beabhar», le comique «béfer», Toc «bèfre», etc., 
avec forme féminine probable *bebra, dans le français biè- 
vre. Même racine dans le latin « fiber », l'alemand «'biber », 
le lithuanien « bebrus », même sens, le sanscrit « babhru », 
rat, etc., où j'ajoute le grec «psêo^ai, avoir peur, et le latin 
wfebris», fièvre, tremblement. Priscien, auteur latin du 
sixième siècle, a écrit « bebrus », mais cette forme n'est qu'une 
latinisation du celtique bebros. Noms de lieus : « Bibracte », 
aujourd'hui Beuvray (Nièvre), etc. 



— 25 — 

*, fuir. Variante de beic. D'où nous avons, par un 
"becca pour *beica : bèque, chèvre, forme de « bique » (de 
La seconde variante bic), les chèvres primitives ayant été 
fuyardes corne les biches, les chevreuils et les cerfs (ces 
derniers ont tiré leur nom de leurs cornes). En italien 
«becco », bouc, que Darmesteter voudrait doner pour ger- 
manique, alors que le germanique n'a pas la forme en e y et 
alors que ce mot, très ancien, se trouve dans une inscription 
romaine, jointe à la figure d'un bouc. Nous avons aussi, 
avec le préfixe cat, réduit à ca, cabecon ou « cabicon », 
fromage de chèvre. 



! , pointe. D'où : beccos, bouche d'oiseau, pointe, 
dans l'irlandais « bec », le breton « bek », l'italien « becco », 
Toc « bec », le français bec, etc. L'histoire nous fournit Bec- 
cos, surnom d'Antonius primus, Gaulois originaire de Tou- 
louse, dont une victoire valut l'empire à Vespasien, et qui 
avait le nez recourbé, corne un bec, etc. 

BED, creuser, fouir. D'où : *bedos 9 fosse, dans le breton 
«bez », le comique « bedh ». etc. (en grec poôpoç = cpoôpoç); 
et *bedalis, dans notre mot « béai » pour bédal, canal, 
ruisseau. Même racine dans le latin « fodere », fouir, et 
l'alemand « bett », autrefois « bed », lit (confrontez « lit 
de rivière »). Voyez bes. 



r, porter, transporter. Identique au latin « veh » de 
« vehere » , même sens (en sanscrit « bah » et « vah » , en 
alemand « wag » dans « wagen », Voiture, « weg », chemin, 
etc.). D'où : benna pour *begna y voiture, cité par Festus 
corne étant gaulois, dans benne, à la fois sorte de voiture 
et grand panier. 

BEIC, fuir. Voyez les variantes bec et bic } qui nous ont 

doné « bèque » ou « bique », chèvre, et « biche ». femelle du 

cerf, et voyez beuc, qui nous a doné « bouc » . 

2 



— 26 — 

BEIGj dévier, obliquer. Forme de beic, avec un sens 
moindre, dévier étant proprement fuir. Voyez la variante 
big 9 dont nous avons un certain nombre de mots. 



I, être lumineus. Pour une précédente gvel. D'où 
*belenos, brillant, devenu le nom d'un dieu qui représentait 
le soleil ; belis, belus, bellus, ce dernier et son féminin délia 
dans nos mots bel et belle. Aujourd'hui « bel » ne s'em- 
ploie que devant une voyelle ou un h muet (un bel édifice, un 
bel home), dans les autres cas c'est une nouvelle forme 
« beau ». Certains auteurs, inscrivant à tort « bellus » corne 
' uniquement latin, donent ce mot pour « benhis » et « dven- 
lus», de la même origine que « bonus » pour « dvonus ». 
mais le sens de bon n'est aucunement celui de brillant, de 
joli, de beau. J'ajoute *beluca, dans « belue » pour belugne, 
étincelle, petite chose brillante, et son diminutif « beluette » 
pourbeluguette, plus contracté aujourd'hui en « bluette » 
et employé au figuré dans le sens de petit trait d'esprit, de 
petit ouvrage d'esprit. 



, couler. D'où : berula, latin en même temps que 
gaulois, dans notre mot berle, sorte de cresson, propre- 
ment herbe de fontaine, herbe d'eau (en breton « bêler » pour 
«berer», cresson, d'un précédent *beruros, moins altéré 
dans le gallois «berwr»). D'un verbe *beru sont venus le 
gallois de même grafîe et le breton « bera » , couler. 



\ percer, trouer. D'où : *berus, pointe, dans ber, 
pointe d'arme, le même que le breton «ber», broche, le 
comique et le gallois « ber » , l'irlandais « bior » , aiguillon ; 
*broccos, pour *beroccos, pointu, spécialisé au sens de 
blaireau ou roquet (au museau pointu ou à dents saillantes), 
dans l'irlandais «broc», autrefois «brocc», le breton 
«broc'h», le bas latin « broccus » et le français broc, 
bec de vase, yase à bec; *brocca, forme féminine, dans 



— 27 — 

broque ou « broche », branchette, pointe de bois ou de fer 
(en oc «broca», en bas latin «broca» : «vendere vinum 
ad brocam », vendre du vin en détail, au vase à bec, au 
broc) ; et *brotos pour *berotos, dans l'ancien irlandais « brot », 
aiguille, le breton « brod » pour « brot », même sens, « broda t>. 
piquer à l'aiguille, et, probablement par ce dernier, le 
français broder, faire des ornements à l'aiguille. 



3 , porter. D'où : *beru t équivalent du latin « ferre », 
du grec cpépeiv, etc. , dans l'irlandais « beiru » ; et un dérivé 
comber, amas, choses qu'on a portées, mot qui se trouve 
chez Grégoire de Tours (« fecit combros », il fit un aba- 
tage d'arbres, c'est à dire un amas de matériaus, pour em- 
pêcher le passage de l'ennemi), et qui nous a doné combre, 
le dérivé encombrer et autres. 



!, rompre, briser. Transposée de brec. D'où : 
*berros pour *bercos (= *brecos,), équivalent du latin « bre- 
vis » (= bregvis), dans l'irlandais et le breton « berr », court, 
une chose courte ou écourtée étant une chose rompue dans 
sa longueur. En français, nous avons la première partie 
de « bertouder » pour berctouder, avec son autre forme 
« brétouder » pour *brectouder , couper court, en parlant 
des cheveus, et écourter, en parlant des oreilles d'un 
cheval ou d'un chien (en italien «bertone», cheval qui 
a les oreilles coupées). Darmesteter done la partie « ber » 
pour être la particule bes, venue, selon lui, du latin « bis », 
deus fois, ce qui est doublement inexact, et il se base 
sur un ancien français « bestondre » , tondre irrégulière- 
ment, alors qu'une forme relativement récente ne peut 
produire une forme archaïque, et alors que le sens du 
mot est écourter (les oreilles) et tondre court, celui de tondre 
irrégulièrement, qu'il place en premier pour justifier son 
dire, ne pouvant être qu'une extension. 



— 28 — 

BERG, éminence. D'où : *berga, dans berge, pointe 

escarpée qui borde une rivière, et rochers qui s'élèvent à 
pic au dessus de l'eau, et, au sens de chose avançante, le di- 
minutif bergeon, angle d'un champ, petite pointe de terre. 
Enbreton, « bern»,pour« bergen », monceau. Noms propres: 
Bergus, aujourd'hui Berge (Ardèche), Bergomon, aujourd'hui 
Bergame (Italie), etc. Même racine dans l'alemand « berg », 
montagne, passé au sens de fortification, de protection, d'où 
« bergen », protéger, % « burg », forteresse, etc. Voyez breg. 

BERMj être bouillonant, être chaud. Variante de berç 
(confrontez le latin «fermentum», dérivé de «fervere»]. 
Dans nos mots : berxue, cuve où l'on fait fermenter le 
froment pour la fabrication de l'amidon, cuve de saline, et 
bermier, ouvrier qui porte l'eau saturée de sel dans la 
cuve, mots déclarés d'origine inconnue. 

BERV, être bouillonant, être chaud. Identique à barv 
et équivalente du latin « ferv » de « fervere ». D'où : *bervos 
et *beruos> chaud, resté dans le breton « berv » et « berô ». 
En français, nous avons, avec une contraction très ancienne, 
qui se trouve aussi dans le vieil irlandais «bruth», cha- 
leur brûlante, le gaélique « broth » , prurit, etc. : brouir, 
éprouver, flétrir, en parlant de l'action du soleil sur les 
plantes, identique à « barouir » ; les fréquentatifs brouiller, 
remuer des choses ensemble, confondre, troubler, détruire 
l'accord entre les personnes, et « brûler», pour « brusler » 
et bruseler; le dérivé broue, vapeur d'eau, pluie fine, 
avec son diminutif brouine ou « bruine » etc. Darmes- 
teter n'hésite pas à doner, pour « broue » , « brouir » 
et autres, un germanique «bro», «bru», qui est simple- 
ment de la même famille ; il tire « brûler » du latin » ustu- 
lare » et d'un germanique «bren», alors que cette hybri- 
dité est encore plus impossible que «bro et «bru», nos 
pères n'ayant pas forgé un mot moitié avec du germanique 



— 29 — 

et moitié avec du latin; et il déclare inconnus « brouiller », 
etc. Confrontez Toc « bourous », brumeus, brouillasseus. 



*, chose contraire, mauvaise, fausse. Equivalante 
mes de nos mots « mésaise », « mesdire », aujourd'hui « mé- 
dire», etc., et à «mis» du latin «miser», malheureus, 
et du grec fAtao*, haine. D'où nos mots: «besoin», pour 
l'ancien beson, nécessité, obligation, manque de quelque 
chose que réclame la nature (besoin de nourriture, besoin 
de dormir, etc.), et « besogne », pour besonie (avec la, 
même prononciation), travail, déclarés d'origine inconnue; 
plus, la première partie de « bévue » pour besvue, fausse 
vue d'une chose, etc., partie que Darmesteter done à tort 
corne étant le latin «bis», deus, entièrement étranger ici. 
En breton «besk», inégal, «beskel», oblique, guingois. 
Autrefois, bes était très usité en préfixe : «besjuger», 
juger mal, «beslong», oblong, «besloi», injustice, « bes- 
tondre», tondre irrégulièrement, etc. Voyez bis. 

BES 2 , creuser, fouir. Variante de bed. D'où : besca, 
dans le bas latin de même grafie et dans notre mot besche, 
aujourd'hui «bêche», outil servant à fouir; et *besoca 1 
ou *besocca, dans besoche, pioche , distinct de l'ocien « be- 
soc » ou « besouc », vouje, quoi qu'en dise Darmesteter. Ce 
« besoc » ou « besouc » dérive, avec e pour i, de bis, fendre, 
tailler, et de la finale masculine ocos et occos ou neutre ocon 
et occon; et vidus, bois, de « vidubium » (pour *çidubion) f 
outil à couper le bois, « vouje », ne le regarde point, et le 
mot entier ne regarde pas davantage « besoche », pioche, 
car fouir n'est pas couper du bois. De plus, la finale oc ne 
ressemble en rien à bi. 



P, vêtir, couvrir. Variante de ces. D'où *belosa et 
*belauda, pour *beslosa et *beslauda> dans nos mots « blouse » 
ou belouse et « blaudê » pour belaude. 



— 30 — 

BEUGj fuir. Identique à beic, mais aussi se trouvant 
aussi dans le grec «piuyttv, etc. Voyez la variante buc y d'où 
nous est venu « bouc ». 

BEUOf dévier, obliquer. Forme de beuc, avec un sens 
moindro, dévier étant proprement fuir. Voyez la variante 
bug, qui nous a donc «bouger », etc. 

Bl'f fondre, tailler. D'où : *vidubion, sorte de serpe à 
couper le bois, composé avec vidus, bois et latinisé en 
« vidubium », ou, h mon avis, une forme féminine *vîduèîa, 
tliïiiH « vouje » (le g de la grafie «vouge» est fautif), pour 
veoujo, *viouje et vidouje, avec alongement de Vi et chute 
du b. Môme racine dans le vieil irlandais « biail » , hache, 
le breton « bena », tailler, l'alemand « beil », pour « biel ». 
hache, le sanscrit « bhi » et « bhid », fendre, tailler, etc. 

BI a , produire. Identique à be. D'où : *bimu, du même 
sens de produire, et un dérivé *bimnos, beau, agréable, 
produit parfait, dans notre mot « fion » pour bion, perfec- 
lionemont d'un ouvrage : « doner le fion», doner la der- 
nière main, polir (on gaélique « fionn »). 

BIC 1 , fuir. Seconde variante de beic. D'où *bicca pour 
*beicU) dnns notre mot bique, chèvre, soit la fuyante, 
et le diminutif biquet, chevreau (en namurois « biquet », 
lièvre, niAme sens propre de fuyant), et dans le parallèle 
biohe, femelle du cerf. 

BIG a , petit. D'où : *biccos> dans bic, aujourd'hui seule- 
ment nom d'home, mais conservé en français dans son dimi- 
nutif biohon, terme d'amitié, que Darmesteter done pour 
une réduction de « barbichon » (considérez la barbe des 
petits enfants)! Dans le Centre ot le Midi, la racine est pic, 
d'où « pichon », équivalant h « bichon », et que l'auteur 
cité aurait de la peine a faire descendre de « barbichon». 



— 31 — 

Une antre forme de la racine était bec, dans le breton «be- 
han » et « bechan », petit (aujourd'hui « bihan »),' d'un *bec- 
canos 9 dérivé d'un *beccos. La forme bic correspond mieus 
à celle en m, mie. 



>, fendre, tailler. Identique à W, au sanscrit « bhid », 
au latin « fid » de « findere » (= fidere), même sens de fen- 
dre, « fîssus » (= fidtus), fendu, etc. D'où : *bidsos, dans le 
breton « biz », doigt, proprement division de la main; et 
*bidsavos, dans le breton «bizou», anneau pour le doigt, 
et le français «bijou», pour le même bizou que dans le 
breton. L'ancienne prononciation du z, rfs, a amené le y, 
corne l'ancienne prononciation, l'ancien chuintement, iden- 
tique, du g de « bigearre » a amené le z de la forme actuelle 
de ce mot. 

BIG, dévier, obliquer. Variante de beig. D'où : *bigu, 
dans notre verbe biguer, même signification de dévier, 
obliquer, par extension doner une chose contre une autre, 
avec ses fréquentatifs : « biaiser » pour bigaiser, pencher, 
courber, « bigler » pour bigueler, regarder obliquement, 
« biller » pour biguiller, faire tourner une pièce de bois 
par un bout pendant que l'autre bout reste en place, et avec 
les substantifs verbaus : bigue, poutre oblique, chevron, 
d'un biga transmis par le bas latin, et son diminutif « bielle » 
pour biguelle, pièce de bois ou de fer servant à transfor- 
mer un mouvement de va et vient en mouvement circulaire, 
« bille » pour biguille, etc. ; *bîgater, dans « bigearre, pour 
bigarre, (avec la même contraction que dans « bagarre », 
« marraine » et autres mots), aujourd'hui très altéré en « bi- 
zarre » (en champenois « bigeatre », avec le t de l'étymologie). 
Nous avons aussi : bigot, boîteus, proprement qui marche 
de travers, sens conservé dans les dialectes, et, au figuré, 
home à l'esprit faussé ; et autres dérivés. Darmesteter tire 
«biaiser» du latin «bifax», double face, qui n'a pas la* 



— 32 — 

moindre analogie ; il confond « biller » avec un autre « bil- 
ler », venu de « bille », tronc d'arbre; il tire « bizarre » d'un 
espagnol « bizarro », brave, tout à fait étranger ici;- et il 
déclare les autres d'origine inconnue. Dans le glossaire de 
mots gaulois, publié par Endlicher en 1836, et datant du 
neuvième siècle, on trouve, corné traduction de « caio » (pour 
cagioy clôture, enclos, de la racine cag, ceindre, enclore), 
les deus mots « brealo. » et « bigardio » , le premier pour 
*bregalo, de brec ou breg, même sens de ceindre, et non 
pour « brogilo », et le second, « bigardio », de la présente 
racine, avec un sens de chose en courbure, chose tournante, 
en cercle, puisqu'il s'agit d'une clôture, et non avec un sens 
de chasseur, que l'on a inventé pour justifier a brogilo », 
breuil. Et c'est curieus de constater, au neuvième siècle, que 
l'auteur du manuscrit, croyant écrire en latin, a traduit du 
gaulois par du gaulois, tant le peuple, qui, jamais, n'a pu 
parler latin, a tenu à conserver ses vieus mots. 

BIL, être solide. D'où : bilos, solide, dans l'irlandais 
« bil », et bilios, devenu nom d'home dans des inscriptions, 
avec une forme féminine "bilia dans notre mot « bille » pour 
bilie (avec la même prononciation), partie d'un arbre prise 
dans la grosseur du tronc ou des grosses branches (en breton 
« bill », tronc d'arbre), le verbe dérivé «biller » pour bi- 
lier, serrer au moyen d'une bille, etc. Nom de lieu : Bil- 
lomagus pour Biliomagos, champ de Bilios, propriété de 
Bilios, aujourd'hui Billom. 

« 

BIRM, être bouillonant. Variante de berm, etc.. Dans 
« brimer », pour birmer , brouir, en parlant de l'action de 
la chaleur sur les plantes, et, au figuré, « brimade » pour 
birmade , épreuve que les vieus élèves d'une école ou les 
vieus soldats d'une caserne font subir aus nouveaus, vexa* 
tion, mots déclarés d'origine inconnue. 



— 33 — 

• 

*, chose contraire, mauvaise, fausse. Identique hbes, 
et équivalant, comme je l'ai dit, à « mis » du latin « miser », 
mallieureus, et du grec fjùaoç, haine. D'où : *bisa, dans bise, 
vent froid, mauvais, que l'on déclare d'origine inconnue. 
"Nous avons aussi, en français : bisque, aigre, amer, et 
bisquer, éprouver une impression amère, que Ton va cher- 
cher dans le Scandinave, et dont la forme radicale est 
celle du breton «besk», inégal, et « beskel ». oblique. 



2 , fendre, tailler. Adoucie de bid (confrontez bris, de 
brid et bred, etc.). Dans bise, taille, « biseau » pour bisel, 
petite bordure taillée (les biseaus d'une glace), bisette, 
sorte de frange d'or ou d'argent, et les composés bisa- 
gue, outil de cordonier servant à polir la taille ou bise des 
semelles, et bistouri, couteau pour tailler dans les chairs, 
tous mots déclarés d'origine inconnue. 



!, fléchir; perdre de sa force. Équivalente du latin 
« flec » de « flectere »^ de « flac » de « flaccus » et du grec 
pXaÇ. D'où : *blecos ou *bleccos, dans blec, mou (en parlant 
d'un fruit), aujourd'hui « blet » en français mais conservé pur 
dans les dialectes, mot que Darmesteter tire d'un alemand 
«blet», livide, certainement emprunté (le vrai alemand est 
« bleich »), avec un parallèle blèche, home mou, qui man- 
que de caractère, par extension home faus, et le verbe blé- 
chir, devenir mou, faillir, ployer, avec une forme altérée 
«fléchir», tous mots déclarés d'origine inconnue. Pour 
«fléchir», le même auteur, ici plus sage que d'autres, n'a 
pas admis le latin « flectere » , le t de ce latin n'aurait pas pu 
tomber. J'ajoute: *blecimos (dont une forme en a 9 *blacimos y 
a été latinisée en « blacimus »), avec adoucissement posté- 
rieur du c et ensuite contraction, dans « blesme » pour 
blécime, aujourd'hui « blême »; et « blesser », pour 
« blécer », blécier, d'un précédent latinisé *blectiare, 
causer une impression douloureuse, fraper. 



— 34 — 

BOC, enfler; être gros; être toufu, en parlant des arbres 
D'où : *bocos, dans l'irlandais «boc», enflure, etc. ; *bocsiL 
dans notre mot bosse, protubérance chez l'home et chez 
les animaus, et en même temps outre, aujourd'hui toneau 
(les toneaus ayant remplacé les outres), avec son autre form* 
boisse au dernier sens, toneau, grand vase en bois, et le- 
diminutifs bossel ou « boissel » aujourd'hui « bosseau » oc 
«boisseau», récipient plus petit que la bosse ou toneau: 
*bocsta, dénoté par le diminutif bas latin « buxtula » , *bm- 
stula, du sens de petit récipient, dans boiste, aujourd'hui 
« boîte » ; *bocso8, toufe, arbuste toufu, dans « bouis » ou buis 
(en gaélique, forme féminine bocsa, même signification : 
*bocson, neutre du précédent, pays toufu, pays d'arbres. 
latinisé en Boxum dans des noms de lieus, aujourd'hui Bouis 
et Buis, et qui se retrouve sans réduction dans notre mot 
« bouisson » ou buisson, à la fois arbuste toufu et pays 
toufu (Verrières le Buisson, par exemple, ne doit pas son 
surnom à un arbuste buisson, mais bien à la forêt voisine); 
*boscon, transposé de *bocson et latinisé en « boscum » , dans 
bosc, devenu « bois » ; « bosca » ou *boscia, dans bouscbe, 
faisceau, au diminutif bouschon, aujourd'hui « bouchon » 
(bouchon de paille, etc.) ; *bogia pour *bocia, *boccia, dans 
bouigue ou « bouige », pays de petits arbres, d'arbres ra- 
bougris, par extension terre en jachère où recroissent les 
arbustes (en breton « bok » et « bogen », buisson) ; etc. Dar- 
mesteter, séparant «bosse», protubérance, de «bosse», 
outre, toneau, déclare le premier d'origine inconnue, et il 
fait italien le second, sans s'inquiéter de la forme « busse », 
qu'il done avec aisance corne inexpliquée ;,et, pour « bosseau » 
ou « boisseau », diminutif évident de « bosse » ou « boisse », 
et pour « boîte », il va chercher le grec iru£t$«, qui n'a rien à 
faire ici. Par quelle voie, d'ailleurs, ce iruÇiSa nous serait il 
venu? par les barques qui avancèrent naviguer sur les mon- 
tagnes de la Haute Auvergne pour doner à un de nos pics le 
nom de Griou, «grec», selon un autre auteur?! Quant à 




— 35 — 

< buxtula », qu'il ait désigné ou non un récipient en buis, il 
l'est que le diminutif de bocsta, et il ne peut modifier le 
véritable sens; et, quant à « buis » et « buisson », que Ton 
tire du latin « buxus », ils sont inséparables des autres mots, 
et le latin en question n'est qu'un frère. Nous avons aussi, de 
la même origine, des centaines de noms de lieus. 



dévier, obliquer, courber. Variante de bug et de 
beug. Dans : bogue, sorte de pèle recourbée et bague de 
fer ceignant le manche des marteaus de forge, d'un précédent 
*boga ou *buga. En irlandais «boga», arc, en espagnol 
« boga », circuit, etc. 



•, enfler. D'où : *bolgos, dans le comique « bolg», 

ventre, le breton « bolc'h », cosse, le gallois « bolg », peau, 

l'irlandais «bolg», sac, et dans notre mot bouge, partie 

bombée d'un toneau ou autre objet (le fantaisiste « bullicum » 

de Darmesteter est impossible, et l'alemand « bogen » n'a 

pas été nécessaire à nos pères pour former leur mot); et 

*bolga ou *bulga (ce dernier selon les auteurs latins qui ont 

cité le mot), dans bouge, sac de cuir, valise de voyageur, 

etc., et son diminutif bougette, bourse de cuir, emprunté 

par les Anglais, qui en ont fait « budget » et que nous avons 

eu la maladresse de reprendre ainsi altéré. Même racine 

dans l'alemand « balg », peau, envelope, tumeur. 

BORV, être bouillonant, être chaud. Variante de berv. 
D'où : *borva, dans notre double mot borve et « bourbe » 
pour bourve, dont on ne done pas l'origine. Noms propres : 
Borvon, surnom de l'Apollon gaulois; Borvon, aujourd'hui 
Bourbon, nom de plusieurs lieus de sourses d'eau chaude ; 
*Borvola, la Bourboule, etc. Une autre forme de Borvon, 
surnom de l'Apollon, était Bormon, et la même lettre m se 
trouve dans l'alemand « warm », chaud, dans le grec fJtup(i.YjS 
pour puptAï)!;, fourmie, les fourmies produisant une sorte de 



— 36 — 

bouillonement, et dans le latin «formica», même sens, et 
« brtima » pour « burma » , brume, par extension les jours 
sombres, brumeus, les jours d'hiver, mot qu'on a tort de tirer 
d'un présumé « brevuma » , au sens de : les jours les plus 
courts. 

BOT, enfler; être gros, être toufu. Equivalente de boc, 
mais qui se trouve en même temps dans Talemand et n'est 
pas particulière au celtique. D'où : *botos et *bottos, gros, 
au féminin *bota et *botta. En gallois «both», moyeu. En 
français : bout, chose ronde, partie ronde, point qui se voit, 
avec le verbe bouter, poser le bout, joindre le bout, par 
extension placer (bouter les écuelles sur la table, se bouter 
une idée dans la tête) , et le diminutif « bouton » , petite ron- 
deur; et, dans une forme plus voisine de l'étymologie, bot, 
gros, rond, en parlant d'un pied anormal (dans les départe- 
ments du Nord, « bot » s'emploie aussi en parlant d'autres 
choses, et sa signification générale de gros a produit les 
noms d'homes Bot, Botin, Bottin, Botot, etc.), bote ou 
« botte », paquet (de foin, de paille, de légumes, de chanvre . 
un parallèle du sens de chaussure ronde, et un autre du sens 
de outre, toneau (je n'inscris pas « bote », terme d'escrime, 
qui, lui, nous vient de l'étranger). Darmesteter tire « bouter » 
d'un germanique a botan », fraper, pousser, et il fait, de 
« bout », un dérivé du verbe, alors que le contraire est évident. 
La racine est commune aus deus langues, ainsi que je l'ai dit 
(en outre du gallois « both » , rondeur, confrontez le breton 
« bod », toufe, qui s'emploie en même temps que « bok » et 
« bogen », et qui ne peut, non plus, rien devoir à « botan »). 
Tout ce que nous pourrions accorder à ce germanique ce 
serait une simple participation, au sens de pousser, dans 
l'ancien terme de chasse « bouter la bête » . Le même auteur 
déclare d'origine inconnue « bote » , chaussure ; il fait venir 
«bote», outre, de l'italien, et il essaie de dériver « bote », 
faisceau, du germanique! Nous avons aussi, mais avec adou- 




— 37 — 

cissement du t en d : boude, ventre, gros ventre, home 
gros, venu d'un *bodos pour *botos, avec le diminutif bou- 
din, intestin, petite chose ronde (autrefois, il avait aussi le 
sens de gros : «il est boudin »), et autres, restés dialectaus, 
boudet et boudon, grosset (« boudon » également au 
sens de ventre, aujourd'hui remplacé par « bedon ») ; boude, 
au féminin, lèvre, grosse lèvre, d'un *boda pour *bota, et 
équivalant à <c moue » pour *moude, de la forme en m, dans 
l'expression « faire la moue», et à l'oc «pota», de la va- 
riante pot, avec le dérivé bouder, grossir les lèvres; 
« borne » , altéré de « bonne » (chaque n prononcé) et pour 
bodne et botne, proprement rondeur, venu d'un *bodina 
pour *botina, et «abonner» pour « abodner » , *abotner, 
prendre un engagement pour un temps limité ; « bouée » 
pour boudée, dont un parallèle était « bonneau » pour 
« bodneau », proprement chose ronde, grosse, d'un *bodata; 
*boudoule, contracté en «boule», d'un *bodula et*botula 
(pour la contraction, confrontez «boule», arbre, venu de 
betulos) ; et autres dérivés. Le savant cité plus haut admet 
le celtique *botina pour «bodne», mais il dérive «boule» 
du latin «bulla», qui ne nous a doné que le mot nouveau 
«bulle», et il déclare les autres d'origine inconnue. 

BOV, crier, mugir .variante de gov et identique au sans- 
crit et au zend « gau », « gov » et « gu ». D'où boç et bou, 
bœuf. En irlandais « bou », en gallois « buw », même sens ; 
en ancien breton « bou » , resté dans « boutig » , étable (en 
composition avec « tig » pour « tic », maison, habitation, de 
la racine tec et tic, couvrir, protéger) , proprement habitation 
des bœufs ; en breton actuel « buc'h » , en comique et en gal- 
lois «buch», vache, d'un précédent *bouca ou *boucca; en 
latin « bos » , « bovis » , bœuf, « boare » et « bovare » , crier, 
proprement mugir, « vacca » pour « guacca », vache; en ale- 
mand « kuh » pour « guh », vache, en grec {ioïïç, bœuf, etc. 
Le latin a pu entrer en participation avec le celtique pour la 



— 38 — 

formation de notre mot «bœuf», mais je revendique entiè- 
rement : bouerie, maison rurale, ferme, altéré en «c bourîe » 
et « borie (à Orléans « bourie » : « rue de la Bourie blanche » . 
d'un *bouaria; et bouse, d'un *bouosa. 

BRAG \ bruire. D'où : *braciel *bragi> devenu en bre- 
ton « breugi » et en bas latin « bragire » . En français, 
«braire», pour *braïr et braguir, crier (aujourd'hui, ce 
mot ne s'emploie qu'en parlant de l'âne, mais autrefois il 
s'employait en même temps en parlant des persones), et sod 
fréquentatif « brailler » pour braguiller. 

BRAG 2 , ceindre. D'où : braca, culote, vêtement cei- 
gnant le milieu du corps, mot cité par les auteurs latins 
come étant gaulois, et devenu braga, aujourd'hui bra- 
gue, à la fois culote et sorte de cordage, avec ses autres 
formes « braigue » et « braie » , employées au premier sens, 
le diminutif braguette, petite fermeture de culote, et au- 
tres dérivés. Nous avons aussi, et avec conservation de la 
dureté du c, représenté par q : braquer, assujétir une 
arme de trait pour la lancer, aujourd'hui assujétir un fusil à 
l'épaule pour viser, et le composé abraquer, tirer un ba- 
teau par des cordes, mots dont l'origine n'a pas été donée. 

BRAG 3 , germer; fermenter. D'où : brace, sorte de blé 
de la Gaule, selon Pline (probablement l'orge, qui devait 
servir, come de nos jours, à fabriquer la bière) ; *bracîon, 
malt, devenu en bas latin « bracium », en irlandais « braich », 
et en français *br|ace, *braice « bras » et « brais », avec le 
verbe brader, préparer l'orge pour faire la bière, aujour- 
d'hui « brasser ». Nos pères avaient un dieu de la bière, Bra- 
ciaca, que les braceries françaises devraient représenter sur 
leurs tableaus, de préférence au dieu germain Gambrinus. 
En breton « bragez », germe de blé, etc. 



— 39 — 

4 , rompre, briser. Identique à ppa^ du grec Ppdfysiv, 
k « frag » du latin nasalisé « frangere », etc. D'où : un verbe 
~*braci, même sens, et un adjectif *bracos, court, écourté, 
équivalent du grec ,6p«xu;, etc. En français : braque et 
« brache », court, petit, restés en noms d'homes, au dimi- 
nutif braquet et « brachet », même sens, spécialement 
épée courte, et clou à tige courte pour ferrer les souliers ; un 
autre braque, du sens de home déséquilibré (confrontez les 
expressions « cerveau fêlé », « tête fêlée »), et le verbe bra- 
quer, des départements du Nord : « pour aller à tel endroit, 
suivez la route jusqu'à telle bifurcation, et braquez ensuite 
à droite », c'est à dire coupez à droite, rompez à droite. 

BRAD ', augmenter, grandir, s'étendre. D'où : *brassos 
pour *bradsos, dans le vieil irlandais et- le comique « bras, 
grand, le breton « braz », grand et gros, et le gallois « bras », 
large. En français, nous avons braser, élargir un trou 
fait avec une vrille, au moyen d'une vrille plus grosse, et son 
composé ébraser, élargir de dehors en dedans la baie d'une 
porte ou d'une fenêtre pour doner du jeu aus bâtants. 
Sans faire la moindre remarque, Darmesteter confond « bra- 
ser » avec l'autre verbe « braser » , du sens de briser, et il 
déclare « ébraser » d'origine inconnue. Même racine dans 
l'alemand « breit », large. 

BRAD 2 , déchirer, diviser, fendre. Équivalente de brac. 
D'où notre verbe dialectal brader, des départements du 
Nord, même signification et, par extension, gaspiller, avec le 
dérivé braderie, chifons, loques. A Lille, par exemple, la 
foire annuelle de là braderie, de chifons et de vieus habits, 
peut être comparée à la foire parisienne de la vieille fer- 
raille. 

• 

BRANC, rompre, etc. Nasalisée de brac. Dans branca y 
pâte d'animal, proprement partie du corps, division du 
corps, en français branche, les branches étant les bras 



— 40 — 

d'un arbro. Kn latin « bracchium», bras, grec Ppa/wv, IV 
vaut bras, pp«/.^«» court, venus de la même racine bru:. 
Virgile a employé le pluriel « bracchia » au sens de branche 

BRÂND 1 , augmenter, grandir, s'étendre. Nasalisée de 
bvad. Daim notre verbe brandir, dresser, mettre sur pied, 
déclaré d'origine inconnue (pour «brandir», agiter, voyez 
l'arliele Ntiivant) : «tout brandi», tout entier, tout dune 
pièce; «une armoire toute brandie», toute garnie, tout*- 
montée, Confrontez le latin « grandis ». En grec, une forme 
««n e, dann pprfvOoç, orgueil, pp«vduofA«t, je me gonfle; et. en 
brolon, iiiin forme en o, dans « bronn » pour«brond », ma- 
melle, proprement partie gonflée, grossie, d'un précédent cel- 
tique 'brotidtt. 

BRÂND 8 , déchirer, fendre, briser. Nasalisée de brad. 
|)'oft ; branda, hrugue, proprement la fractionée, cette 
piaule iiyjinl beaucoup de ramilles (confrontez ledit mot 
•■ hrugue m, de brvue et 4/7/c, môme sens que brand et 
A/W), HatiN une charte de 1205, relative à la Bretagne 
(m hranda hive hrueria »), mot déclaré 'd'origine inconnue et 
devenu en françjuN brande, môme signification et en même 
h'inpw pomme d'arbre, branehette. C'est de là, naturellement, 
qu'ewl dérivé brandon, faisceau de ramilles ou faisceau de 
paille placé au botit (Tua bâton, qu'on plante aùs extrémités 
d'un ehiiuip pour marquer que la récolte est saisie judiciai- 
rement (Nitmin brandon), et non, quoi qu'en dise Darmes- 
teler (qui Népare cm» mot de «brande»), du germanique 
h hraud m, linon, dette étymologie, si préférée qu'elle ait pu 
elre par le Havant germain, est insoutenable, surtout ea 
l'a eu d'un ancien Mena de lambeau d'étofe qu'avait aussi 
m brandon n. (le houm confirme celui de déchirer, que 
Je doue à noire radical brand. Quant au verbe brandir, il 
aiguille nlmpleiuent agiter les brandes, les. branches d'un 
arbre, et lui non pluH ne doit rien au germanique. 



— 41 — 

m 

', rompre, fendre, etc. Equivalente de brac. D'où 
nous avons « fraper » pour braper, même signification de 
déchirer, de fendre, avec le substantif « frape » pour brape, 
que Ton trouve, dans l'ancien français, au sens de guenille. 
Confrontez l'irlandais « benim », je frape, et « bithe », frapé, 
de la racine W, fendre. Autrefois on a doné des étymologies 
Scandinaves et autres pour « fraper », mais elles étaient inac- 
ceptables, et Darmesteter a bien fait de les rejeter. Tou- 
tefois, ce savant déclare le mot d'origine inconnue. Voyez 
brip. 



», déchirer, fendre, briser. Adoucie de brad. D'où 
nous avons : braser, terme de salines, casser la croûte de 
sel qui se produit dans les marais salants ; brase et « braise » , 
fragments de bois brûlé (l'ancien haut alemand « brasa » de 
Darmesteter, qu'il soit ou non dérivé de « braten », rôtir, n'a 
rien à faire ici ; nos pères n'ont pas eu besoin d'aller em- 
prunter ce mot, pour désigner une chose aussi commune 
que la braise); et le diminutif brasil ou « braisil ». Sous 
l'influence de l'/latin, « braser » a pris une forme « fraser », 
qui est devenue ensuite « fraiser » , au sens de briser la cosse 
des fèves, plisser, proprement faire des cassures, et a pro- 
duit le substantif « fraise » , col plissé et membrane présen- 
tant quelque chose de frisé (fraise de veau, de mouton), où 
le sens de envelope, présumé par l'auteur cité plus haut, est 
absolument étranger, et un diminutif « fraisil », brisures de 
charbons, identique à « braisil » et que le même savant done 
pour une altération d'un prétendu « faisil», venu d'un pré- 
tendu «facile», du latin « facem », torche, flambeau! 

BREG 4 , ceindre. Variante de brac. D'où nous avons, avec 
adoucissement de la consone médiale : « bréher » ou bré- 
guer, fixer autour, particulièrement clouer le fer aus 
bords du sabot du cheval ; « brée » ou brègue, garniture 
en fer du manche d'un marteau de forge ; « breller » pour 

3 



— 42 — 

brégueller, fixer, à l'aide de cordes, les pièces de bois des- 
tinées à former le tablier d'un pont de bateaus, et « b relie 
pour bréguelle, petit train de bois flotant, de pièces lié> 
ensemble, tous mots déclarés d'origine inconnue. En term^ 
d'artillerie, « brellage » (chaîne de brellage). C'est à la prt- 
sente racine que se relie brealo pour *bregalo, cité à Partiel 
big. 

BREG 2 , rompre, briser. Variante de brac. D'où nous avons. 
avec le même adoucissement de la consone médiale que 
dans les dérivés de brec, ceindre : « broyer », pour l'ancien 
« breier » et pour *bréguier ou bréguer, que Darmesteter 
tire du germanique « brekan » (la racine étant commune au* 
deus langues, « brekan » ne peut être que frère d'un celti- 
que *breci (confrontez Foc « bregar », briser la pelure des 
châtaignes sèches). Nous avons aussi, mais avec conserva- 
tion de la dureté du c, représentée par qu : brècjue oc 
« brèche », que le même auteur tire du germanique « brecha 
et qui dénote plutôt un celtique *breca (dans nos dialectes, on 
trouve la forme transposée « berque », en même temps que 
« brèque ») ; le fréquentatif « bretter », pour brecter ou bré- 
queter, faire de petites brèches, et un second fréquentatif 
« bretteler » pour brecteler, que, en désaccord avec lui 
même, l'auteur cité plus haut déclare d'origine inconnue. 



déchirer, fendre, briser. Variante de brad, et 
équivalente du latin nasalisé « f rend » de « frendere » , grincer 
des dents, jadis écraser avec la meule. D'où *bredi et *bredti. 
dans l'irlandais actuel «bressi», briser, et le breton «bresa», 
du sens faibli de froisser. En français, le verbe s'est perdu, 
mais il nous reste brède, lanière de cuir ou de toile, pro- 
prement, fendure, déchirure, avec ses dérivés particuliers. 

BREG, éminence, pointe. Transposée de berg. D'où : 
briga pour *brega, montagne, forteresse, dans le breton 




— 43 — 

« bré » pour « breg », le gaélique « braighe », l'irlandais « bru- 
ghin », etc. En français, nous avons le verbe dérivé « abrier » 
pour abriguer, altéré aujourd'hui en « abriter », placer 
sous le refuge, sous l'élévation qui protège. Le bas latin 
*abbrigare, de Darmesteter, n'a pu exister. Seul, *adbrigare 
est possible, car le préfixe est ici de mouvement. Quant au 
latin « apricus », exposé au soleil, étymologie de Littré, on 
fait bien de n'en pas tenir compte. Noms propres : Avobriga, 
Ad magetobriga, Artobriga, Bodobriga et beaucoup d'autres. 



!, diviser, fendre, briser. Equivalente du grec feix 
pour Fpetx de i-pefocBtv, briser, et e-petxYj, brugue, la brugue 
présentant quelque chose de brisé, de fractioné, come il est 
dit à l'article brand. Voyez la variante bric, d'où « briche ». 



déchirer, fendre, briser. Variante de bred. En 
français, il nous reste le fréquentatif brésiller, rompre 
menu, équivalant à un *brisiller, de la forme verbale 
« briser», qui a prévalu, et le substantif brésil, sorte de 
bois qui, séché et pulvérisé, done une matière colorante 
rouge, mots déclarés d'origine inconnue. J'ajoute bresque 
ou « bresche » (cette dernière forme devenue «brèche »), gâ- 
teau de miel, chose fragile et présentant en même temps, 
par la multiplicité de ses alvéoles, quelque chose de divisé, 
de fractioné. 

BBJBUC, diviser, fendre, briser. Equivalente de breic. 
Voyez la variante bruc, qui nous a doné « brugue ». 

BRIC, diviser, etc. Variante de breic. D'où : *brica, pour 
*breica, dans briche, plante des landes, par extension 
lande, terre inculte, altéré en « friche », et le verbe « défri- 
cher », débricher, dont l'origine a été déclarée inconnue. 

BRID, déchirer, fendre, briser. Variante de bred. D'où : 



— 44 — 

*brida^ dans notre mot bride, égal à « brède », lanière, cou- 
pure de cuir, etc. (bride de sabot, bride de cheval, bride 
de chapeau). Le bas alemand «brida», doné par Darmes- 
teter pour origine, ne peut être qu'un emprunté, car les mot> 
alemands de la famille n'ont pas cette forme (« brett», plan- 
che, proprement fendure de bois, « bersten » pour « bres- 
ten », crever). 

BRIND, déchirer, diviser. Variante de brand. Dans 
« brin » pour brind, branche menue, tige menue, petite 
parcelle (brin de bois, d'herbe, de pain, etc.), et sa forme 
féminine brinde, au diminutif brindille. Voyez brond. 

BRIP, rompre, fendre, briser. Variante de brap. D'où 
nous avons, sous l'influence de Vf latin : « brifer » pour 
briper, passé du sens de déchirer à celui de manger avec 
avidité (déchirer le pain et la viande), verbe dont le subs- 
tantif n'est pas devenu *brife, mais simplement « bribe ». 
avec b pour le p de bripe. Sous la même influence de 1/ 
latin, «briper» a pris une autre forme altérée, «friper», 
avec conservation, cette fois, du/?, et du sens premier de dé- 
chirer, de là «fripe», guenille, «fripier», marchand de 
guenilles, et « fripon », passé à la signification de dérobeur. 
En ancien français, une forme intermédiaire ene:« fréper ». 
et le substantif «frèpe», guenille, ce dernier quelquefois 
transposé en « ferpe » et plus altéré en « felpe » . Tous les 
mots ci dessus : « bribe », « brifer », « friper », etc., ont été 
déclarés .d'origine inconnue. 

BRIS 1 , déchirer, etc. Variante faiblie de bres et de bred. 
Nous avons, de cette variante : briser, avec sa forme altérée 
«friser», employée au sens de plisser une chose lisse (con- 
frontez « fraser » et « fraiser », de bras). Darmesteter admet 
le gaulois pour « briser », mais il déclare « friser » d'origine 
inconnue. 



— 45 — 

2 , froid, frais. Pour brig, égal à «frig» du latin 
« frigus » , froid, et à fty pour Fpty de fïY <» même sens, et 
£iy£êiv, frissoner. En gaélique «brisg» et «brisog», vif, en 
comique et en gallois « brysg » même sens. En français : 
brise, vent léger et frais, proprement vent vif (en espagnol 
« briza » , en italien « brezza »). 



■, ceindre, enclore. Pour rnrog, reliée à marg. D'où 
*brogion, district, contrée, proprement pays limité, mot con- 
servé dans l'irlandais «brug», le breton «bro» pour «brog», 
le comique «brou». Par un diminutif *brogîlon, latinisé en 
«brogilum», nous avons « breuil » pour broguil, bois 
taillis servant de retraite au gibier et généralement fermé de 
haies ou de murs (en oc « bruel » , « bruelh » ; en italien 

« broglio », etc.). De même origine, la seconde partie du nom 

de peuple : Allobroges. 

BROND, diviser. Variante de brand et de brind. D'où 
notre mot bronde, pousse d'arbre, branchette, et son di- 
minutif, plus souvent usité, brondille, égaus à « brinde » 
et « brindille » . Même racine dans le latin « frons » , génitif 
« frondis », feuillage. 

BRUC, bruire. Variante faiblie de brac. D'où *bruclet 
*brugi, dans le bas latin « brugire » et dans notre mot 
« bruire », pour *bruir et bruguir, sans besoin de la par-, 
ticipation du latin «rugire», rugir, de Darmesteter. 

BRUG 2 , diviser, fendre, briser. Variante de breuc. D'où 
bruca et bruga, qui se retrouvent dans le bas latin, au- 
jourd'hui en français brugue et'« bruge » (en breton « bruk » 
et « brug »), avec le dérivé bruguière et « brugière », altéré 
en « bruyère » . Ce dérivé ne devrait être employé que pour 
désigner un terrain où croît la brugue, un pays de brugue 
(confrontez « cressonière », lieu où croît le cresson, « garan- 



— 46 — 

cière », champ de garance, « linière », champ de lin, « sapi- 
nière », bois de sapin, etc.). Parmi les noms de lieus venus 
de bruga, se trouve Brugalina, aujourd'hui Brujaleine, dans 
le Cantal. Confrontez le grec cppuyavov, fraction de bois, etc. 

BRUS, déchirer, etc., variante de bris et de bres. D'où un 
adjectif *bruscos, dans notre français brusque, cassant. En 
breton « brusk », l'estomac d'un animal, partie du corps qui 
broie les aliments. 

BUG 4 , creuser, percer. D'où : * bucos, creus, dans notre 
mot *buc, inusité au simple, mais resté dans «trou», pour 
« troue », « trauc » ettrabuc ( « trauc » se conserve dans Toc, 
et « trabuc » en nom propre) ; et *buca, devenu en bas latin 
buga, dans « bue », « buhe », etc., pour bugue, récipient en 
bois creusé, par extension cruche, au diminutif « buhot » 
pour bugot, coudier, sorte de goulot en bois, dans lequel 
les faucheurs trempent leur coût ou pierre à aiguiser. Le 
mot « bue » ou « bugue » a pu être employé quelquefois 
en parlant d'une grosse cruche, mais il n'y a pas là motif de 
recourir au germanique «buh», ventre. En italien « bugo », 
trou. 

BUG 2 , écoulement; par extension, saleté. Equivalant à 
mue de *muccos, porc, du latin « muccus » et du grec pu£oc, 
morve. D'où : *buccia et *bugia, dans notre mot « boue » pour 
bougue, écoulement de fumier, fange, déclaré d'origine 
inconnue. 

BUG 3 , enfler; être gros; être toufu. Variante de boc. 
D'où : *bucsa, dans busse, outre, toneau, égal à « bosse » 
ou « boisse » (dans les dialectes, le mot a aussi le sens de 
ventre : « busse de bren », ventre de son, terme d'injure) ; et 
un transposé busca, dans busqué et « busche », cette der- 
nière forme devenue « bûche » . Darmesteter done corne inex- 



— 47 — 

pliqués « busse » et « bûche ». Un parallèle de ce dernier est 
buque, d'un précédent *buca ou *bucca 9 et nous avons, de 
cette forme, « ébuard », pour *ébugard et esbucard, gros 
coin à fendre les buques, déclaré d'originq inconnue. Parmi 
les nombreus noms de lieus de cette origine : Bouchy, d'un 
précédent Buccidum, pour Bucseton. 

BUG 4 fuir. Variante de beuc et égale au latin « fug » de 
« fugere » , même sens de fuir. D'où *buccos 9 devenu en 
français bouc (en ancien irlandais «bocc», en gallois 
« b wch » , en breton « bouc'h » , en alemand « bocke » , en ara- 
gonais «boque»), avec le dérivé boucher, marchand de 
viande caprine et, aujourd'hui, par généralisation, marchand 
de n'importe quelle viande. 

BUG, dévier, obliquer, courber. Variante de beug. D'où 
nous avons : bouger, proprement dévier, mot qui ne.peut 
aucunement venir du prétendu « bullicare » doné par Darmes- 
teter (l'oc «boulegar», comparé par cet auteur, est d'ail- 
leurs pour *boudlegar, d'un précédent *bodulicar, de *bodu- 
lar, dérivé du celtique *bodula et *botula, avec la même 
contraction que dans l'actuel «boula», borne, et dans le 
français «boule», pour «boudoule», chose ronde, de bot)\ 
et bougon, esprit mal fait, pli gênant dans un vêtement, 
avec le dérivé « bougoner » (en Orléanais, ce verbe signifie 
faire quelque chose maladroitement, de travers). Même ra- 
cine dans l'irlandais «boga», arc, l'italien «buga», men- 
songe, c'est à dire parole qui n'est pas droite, parole fausse, 
et dans F alemand «bug», courbure, «bogen », arc (l'alemand 
moderne a « biegen » , tourner, mais ce mot a dû nous être 
emprunté). 

BUS, lèvre. D'où l'irlandais et le gaélique « bus », même 
sens de lèvre, et « busag », un baiser. Dans des inscriptions : 
Busumarus, Bussumarus, pour Busumaros et Bussumaros, 



— 48 — 

surnoms signifiant : qui a de grandes lèvres. Voyez l'équi- 
valente mus, qui nous a doné « museau » . 

BUT, enfler; être gros. Variante de bot. D'où : buttis, 
outre, grand vase, et diminutif buticula y petite outre, gourde 
(l'un et l'autre transmis par le bas latin), dans boute, aujour- 
d'hui toneau, mot égal à « bote » et à « bosse » du même sens, 
et bouteille ; *butos ou *buttos y dans but, rondeur, point 
auquel on se propose de parvenir, point que Ton vise, avec 
sa forme féminine bute, éminence de terre, petite montagne 
ronde, buter, etc. Darmesteter reconnaît que « but » est 
une forme de « bout », mais il déclare cette forme d'ori- 
gine douteuse. Pour moi, je trouve que l'écart entre bot et 
but n'est pas plus grand qu'entre boc et bue, de la même 
famille, et qu'il est moins grand qu'entre brac et bruc, 
rompre, cars, courir, et le latin correspondant «curs», de 
« currere » pour <c cursere », etc. 



GAG 4 , couvrir. D'où : *caci } dans notre verbe cacher», 
soustraire à la vue ; et *cacula, dans Toc « caula » pour « ca- 
goula», capuchon, prépuce, envelope du gland de chêne, 
de la noisette, et dans notre mot cagoule. Darmesteter 
confond le verbe « cacher » ci dessus avec « cacher », fouler, 
et il done, pour origine, un hypothétique « coacticare », de 
« coactus », rassemblé, mais cette origine est impossible 
pour l'un et pour l'autre. Voyez eue. 

GAG 2 , fouler, presser. D'où notre verbe cacher, avec 
ses dérivés cachet, objet qui presse (la cire), écacher, 
comprimer, déformer en pressant, par extension écraser : 
«écacher du sel»; etc. Même racine dans l'oc «cais», et 
«caissal», dent molaire, et l'alemand «hacken», pour 



— 49 — 

« kacken », talon, qui foule la terre (pour le sens, confrontez 
le latin « calx », talon, qui a produit « calcare », fouler 
aus pieds). Come je viens de le dire à l'article précédent, 
je n'admets pas l'origine latine « coacticare », qui n'expli- 
que point, d'ailleurs, l'oc « cais » ni la parenté de l'ale- 
mand « hacken ». : 

CAG, enclore. D'où : *caioi\ pour *cagion, enclos, dénoté 
par l'irlandais «cae», même sens de enclos, le gallois 
«cae», clôture, l'ancien breton «caiou», fortifications, et 
« cae», enclos, haie, aujourd'hui «kaé». C'est de là que 
nous avons cai, sorte de digue, de clôture, altéré en « quai » 
{en bas latin « caium », enclos, copié de caiori), et chai, 
célier à vin, enclos pour le vin, pour la récolte, mot qui 
ne peut être que le chuinté de « cai » et ne peut aucune- 
ment venir du prétendu « caveum » de Darmesteter. Même 
racine dans l'alemand « hag », haie, clôture. 

CAL 4 , être blanc, être lumineus. D'où *calos, blanc, et 
*calios y blanchâtre, ce dernier se retrouvant dans notre 
adjectif « caille » pour calie (avec la même prononciation), 
tacheté de blanc, et le diminutif ocien « caliol», qui s'em- 
ploient en parlant des homes dont la chevelure a des parties 
blanches, et en parlant des bœufs dont la robe est pa- 
reillement marquée de blanc. . Nous avons aussi : cala- 
mande, étofe de laine lustrée, calandrer, lustrer, et la 
première partie de caillebot, arbrisseau à fleurs blanches 
en bouquets, mots déclarés d'origine inconnue. Même racine 
dans le grec xaXdç, beau. 

CAL 2 être dur. D'où : *calos, dur, dans cal ou « chai », 
pierre ; *calios, dans cail ou « chail » (les enfants jouent 
aus cails, la bute aus cails), avec dérivé *caliasse, devenu 
«caillasse», marne pierreuse; *caliavos y devenu *caliovos 
et *caliouos, et aujourd'hui « caillou » pour caliou (en oc. 



— 50 — 

avec Y a, « caliau »); *caleto8> dans le breton « kalet », le 
comique « cales » et « calas », et l'irlandais « caladh », dur; 
*caletis 9 devenu "caledis et caldis, pays de pierres, d 1 où 
Caledones, les habitants d'un pays pierreus dit aujourd'hui 
pays de Caux, et notre mot causse, également pays pier- 
reus : « les causses du Lot, les causses du Tarn » (le la- 
tin «calx», chaux, de Darmesteter, n'est pour rien ici 
(confrontez la Crau des Bouches du Rhône, de la racine 
crav, même sens de pierre) ; *cqlcos, testicule, proprement 
caillou, dans le breton « kalc'h », même sens; *calcios, 
égal au précédent et devenu *callios, aujourd'hui « caill » 
dans le gallois, et « kalc'h » ou « kall » dans le breton 
(avec mouillement des II); et nos autres mots français : 
cale, forme féminine de « cal », coin en bois faisant fonc- 
tion de pierre, chose dure que l'on place sous un objet 
pour le faire tenir d'aplomb, et le verbe caler (l'alemand 
« keil » peut «avoir la même origine, surtout s'il est em- 
prunté, mais il ne me paraît point être le père de notre 
« cale », quoi qu'en pense l'auteur cité plus haut), et ca- 
lapier, devenu « clapier » (confrontez, pour la contrac- 
tion, le latin « clamare », pour « calamare », dérivé de 
« calare » (en bas latin « clapus », traduit par « acervus 
lapidum, hara cunicularia », les garennes étant fermées d'a- 
bord au moyen de pierres superposées de manière à lais- 
ser des trous de retraite). En breton « kloppen », crâne, 
pour. « klok-penn », proprement rocher de la tète, en cor- 
nique et en gallois « clog », rocher, en vieil irlandais 
« cloch », pierre. Le germanique « klapp », faire du bruit, 
doné par Darmesteter pour « clapier », ne concerne aucu- 
nement les lapins, car ces gros animaus, quoique le pou- 
vant selon cet auteur, n'ont aucun intérêt à casser les 
pierres. 

CAM, habiller. D'où : camisia, que S. Jérôme done 
corne désigant un vêtement des soldats gaulois. En ir- 



— 51 — 

landais « caimis », en gallois «çamse», aube de prêtre; 
en oc « camisa », en breton « kams », en français camise 
et « chemise ». L'alemand « hemd » est delà même racine. 

GAMB, courber, fléchir. D'où \*cambos, courbe; le verbe 
*cambiama, dénoté, selon d'Àrbois de Jubainville et Hol- 
der, par le bas latin « cambiare » et le français cambier, 
devenu « canjer » et «chanjer», par l'alongement de 17 
et la chute du b, avec remplacement de Ym par n, pro- 
prement, tourner (en irlandais « cam » , en breton « kam » , 
autrefois l'un et l'autre « camm » et « camb », courbe 
(même racine dans le gothique «kampf», courbe, le grec 
xocjatciq, courbure, pli, xa|i.Tcreiv, courber, xotvôdç pour xajjtirr<fc, 
coin de l'œil, courbure, etc.) ; *camba> jambe, dans l'oc de 
même grafie, c'est à dire membre qui fait flexion; *cambi- 
tos, même sens que cambos et devenu *cambto& y dont nous 
avons, avec chute du b et avec' n demandé par le £, cant 
et « chant », côté, bord, particulièrement côté étroit d'une 
pièce de bois ou d'une pierre («. poser sur chant», poser 
sur côté (le latin « canthum », grec xav0<fc, doné par Dar- 
mesteter, n'est qu'un frère), le diminutif cantel ou « can- 
teau » et « chanteau »,bord d'un pain, etc. Nous avons aussi: 
canton, coin delà cheminée où l'on s'assied, coin d'un champ, 
par extension petite division de territoire, proprement coin de 
pays, d'un neutre *cambton (l'italien « cantone », avancé par 
l'auteur cité plus haut, n'est pas le père de notre mot, car 
« canton », du sens de coin, est répandu dans tous nos dialec- 
tes) ; cantre, châssis d'ourdissoir, que le même auteur, ne 
pouvant le dériver du latin ou de l'italien, déclare d'ori- 
gine inconnue; cantier, lisière d'un bois, et « chantier », 
chacune des deus pièces de bois sur lesquelles est posé 
un fût, pièce qui soutient un côté ou qui forme côté, bord 
d'un champ où l'on répare les outils aratoires, emplace- 
ment où l'on entasse le bois ou les pierres, et, par ex- 
tension, lieu où l'on fait des travaus de charpente ou au- 




— 52 — 

très, mot que le même savant tire du latin « cantherius », 
cheval hongre, parce que le cheval hongre porte quelque- 
fois des charges (I); la première partie de cantepleure 
ou « chantepleure », canelle de toneau, proprement qui fait 
couler à côté (et dispense de déverser le grand pot pour 
une petite quantité, ou le toneau, depuis qu'il existe des 
toneaus), mot que toujours le même savant tire de 
« chante » et « pleure », des verbes « chanter » et « pleurer », 
à cause, dit il, du bruit que fait le liquide en coulant (!) ; etc. 
(Noms propres : « Cambodunum » pour « Cambodunon », 
le coteau courbe, etc.) 

GANT, avec; près de. Nasalisée de cat. En ancien gal- 
lois « cant », en ancien breton « cant », aujourd'hui « gant». 
En français, dans les dialectes picard, normand, Orléanais, 
vendômois et autres, cant : «venez cant nous», venez 
avec nous. 

CAP 1 , couvrir. D'où : cappa, manteau, dans le bas la- 
tin de même grafie et dans notre mot cape ou « chape » 
et dérivés; et capanna, qui nous a doné cabane, pro- 
prement abri. 

CAP 2 , saisir, prendre. D'où : *captos 9 dans le nom 
d'home Moenicaptus pour Moenicaptos d'une inscription; 
*capu, dans le breton « kaout », prendre (même forme de 
racine dans le latin « capere », même sens, « captus », ég-al 
à « captos », etc. (en alemand « haft » pour *hapt et*kapt, 
prise, en grec xwtcyi, poignée); *capia y devenu *cabia 9 prise, 
réception, dans notre mot « caje » pour cabie, avec alon- 
gement de Yi et chute du b. Voyez la variante gab, dont 
il nous reste un certain nombre de mots. 

CAR, corne. D'où : *carvos, dans le breton « karv », le 
comique « carow », le gallois « carow », et équivalant au 



— 53 — 

latin « cervus » ; et *carnos, dont le neutre *carnon avait le 
sens de trompette (les trompettes étant des cornes de bœufs 
(en grec, on trouve xapvuÇ et xapvoç, mais ces deus mots sont 
donés corne empruntés au celtique (en vrai grec xépaç, corne, 
xepaoç, cornu, en latin « cornu », corne, et « cervus », cerf) ; 
et *carna, forme féminine du précédent, dans notre mot 
carne ou « charne », angle, corne, coin d'un objet, et les 
diminutifs carnel ou « carneau », petit angle, et carnelle 
ou «charnelle», bordure anguleuse d'une médaille; *car- 
naria, dans carnière ou « charnière », pièce qui soutient 
l'angle sur lequel tourne une porte, une fenêtre ou un cou- 
vercle de cofre ou de boîte; etc. Avec transposition, nous 
avons aussi : cren, aujourd'hui « cran », d'un *crenos pour 
*cernos, égal à *carnos (en bas latin, on trouve aussi la 
forme féminine crena) ^ avec le diminutif crénel ou «cré- 
neau », les verbes créner, terme de métier, faire des angles, 
créneler, faire des créneaus, et encrener ou, fautive- 
ment, « engrener », faire entrer les crens ou crans d'une 
roue dans ceus d'une autre roue. Darmesteter tire « charne » 
ou « carne » du latin « cardinem », gond, mais, si ce latin 
était passé dans le français, il y serait passé avec le sens 
de gond et pas avec celui de corne, et il présume, pour 
« charnière », un « cardinaria », de « cardinefti »; il done, 
il est vrai, « cren » et « créneau » pour dérivés de crena, 
mais il fait latin ce crena, qui ne l'est pas le moins du 
monde; et, chose plus curieuse, il tire « carneau » de 
« créneau », et « carnelle » ou « charnelle » du môme a cré- 
neau », à cause du pointillé, simple ornement, qui est en 
dessous de la bordure de certaines pièces et « qui les 
fait ressembler à un mur crénelé », alors que « carnelle » 
et « charnelle » s'emploient aussi bien en parlant des 
bordures non pointillées, non dentelées, et que ces mots 
sont de beaucoup plus anciens que l'usage de la dentelure 
(« créneau » est un mot parent, mais il n'aurait pas formé 
« carnel » ou « carneau » ni « carnelle » et « charnelle », les 



— 5* — 

alur:r>és> t iyi^t pus r^aii-tnà* 4e 
gre ae i >. partir de grt t. *j:cs gt £ x 



le karnïïx d-zzit- îbsxxî^Cj 



lis c cars ». ?ta> de p 
ratk-a. étant, as pr-rç^e, fc 




noms propres larsac. GharsaT et astres. Les Canrates. peu- 
ple, tiraiest leur !>C3L de <w*s*. ferme de carmos et de 
cjrnomy an sens de trxœpefte. 



e»v^Hr. D" ù : <r^/-^o* p»:<ir ~carwos^ latinisé en 

< carras > et devenu, dans le picard et astres dialectes, car 
et, en français < char > ; "càsrnsr:.:*, litinisé en « caurarios *. 
fabricant de chars: etc. En ancien irlandais « carr ». en gallois 

< carr ». en breton < karr >. char. Xoms gaulois : Garros, 
surnom du dieu Mars: Carrotalus. pour Carrotalos, qui 
a le front semblable à celui du dieu Carros. selon d'Arbois 
de Jubain ville: etc. Même racine dans le latin « carras», 
pour « cursus ». char. * currere * pour * cursere ». dont 1*5 se 
retrouve dans « cursum >. etc. En alemand « ross ». cheval, 
coursier, pour c hross ». « kross * et 'kors. 

S, gland. D'où un dérivé casnos? arbre qui produit 



le gland, dans notre mot « quesne » ou < chesne ». c quêne 
ou « chêne ». pour € calne » et caisne. Même forme de 
racine dans le latin « castanea ». châtaisrne, fruit similaire 
du gland. 

GAT *, avec : près de. D'où : cata, dans notre mot « châlit »\ 
pour l'ancien français « chadelit » et pour cadelit, bois de 
lit, proprement ce qui va avec le lit en oc « cadaliech >*)• 
Nous avons aussi : avec chute du t, chabrot, bouillon mé- 



— 55 — 

langé avec du vin (1) ; « chagrin » pour chacrin, inquiétude, 
mauvais pressentiment, douleur morale (composé avec *crit- 
nos, de crit, avoir peur); etc. 

GAT 2 , regarder, épier. D'où caitos, latinisé en « cattus » et 
resté dans l'irlandais et Toc « cat », le breton « kaz », autre- 
fois « kad » , le gallois « kath » , le français cat et « chat » , 
etc. Noms propres, dans les inscriptions : Cattos, Cattus, 
et féminin Catta, 

CEN, engendrer. D'où cenos, fils (même racine dans l'a- 
lemand « kind », enfant) ; *cenetlon, genre, mot qui se re- 
trouve dans l'ancien irlandais « cenel », le gallois « cenedl », 
le breton « kenetl », même sens. En écossais, par altération, 
« clann », pour « cnelan » et « cenetlan », enfant, descendant, 
mot passé dans le français : clan, tribu, réunion d'un cer- 
tain nombre de familles, par extension groupe d'individus 
de même profession. Noms gaulois : Matucenos, Nemeto- 
cenos, etc. Voyez gen. 

CINGj marcher; par extension, marcher sur, aller à la 
conquête. D'où *cingo et variante cengo, je marche; *ceng- 
men, un pas, dans l'irlandais « ceimm », le breton « kamm », 
etc.; cinges, guerrier, dans l'irlandais « cing» et dans les 
noms d'homes Cingetorix, signifiant roi de guerriers, Vercin- 
getorix, roi supérieur, chef supérieur des guerriers, Atecingos, 
Escingos et autres ; *cengmînos, devenu *cemminos et *cam- 
minos, voie (dans des textes du moyen âge, «camminus »), 
et, en français, avec chute d'un m, camin et « chemin ». 

CLI, fermer. D'où : clita et cleta, dans le bas latin des 
mêmes grafies et dans le français clède, devenu « clée » , 



(4) Le bouillon au vin, d'un très ancien usage, figurait sur la table des 
Galates). 



— 56 — 

« cleie » et « claie », avec une autre forme « cloie », sorte de 
treillage, de barrière. En ancien irlandais «cliath », en oc 
« cleda », en breton « cloet », aujourd'hui « kloueden ». 

COM, avec. Équivalant au latin * cum », etc. Dans i com- 
bennonesy cité per Festus et signifiant les voyageurs assis 
dans la môme voiture, dans la même benne; comber, amas. 
qui nous a doné oombre (pour la seconde partie de ce mot. 
voyez ber, porter), etc. 

. COMB, courber. Variante de camb, D'où : *comba et 
*cumba, pli de terrain, dans le bas latin des mêmes grafi.es 
et dans notre mot combe. En irlandais. « cum », en g-allois 
« cwm », en comique « cum », en ancien erse « cumb », même 
sens; en breton « komm », auje, en grec xuu&), coupe à 
boire, x6p.6oç, creus, etc. 

COR, courber. D'où : *cortos, qui se retrouve dans le 
français court, proprement de forme ronde, en -courbure, 
avec participation possible du latin « curtus », écourté, pour 
ce sens (« curvus », courbe, et xupxo'ç sont aussi de la même 
racine) ; *corta, féminin du précédent, transposé en crota et 
employé substantivement en français , crote (une crote de 
chèvre, de mouton, etc., étant une chose ronde), mot que 
Darmesteter déclare d'origine inconnue, avec le verbe cro- 
ter, et son fréquentatif croteler, devenu « croller » et 
« crouler », et employé au double sens de croter (« le faucon 
croule») et de rouler (« crouler un navire », le faire glisser 
sur les coulisses pour lui faire prendre la mer), par exten- 
sion tomber en débris, en parlant d'une construction, verbe 
pour lequel le même savant présume le latin « crotalum», 
castagnette (I ! !) ; *coroccos, contracté en *croccos, au féminin 
*crocca, au neutre *croccon, dans croc, instrument de forme 
courbe (en breton « krôk » et « krôg », en comique « crog »), 
et croche; plus *croccia i .dans *croce ou «crosse», mots 



— 57 — 

dont on ne done pas la racine (un autre celtique, *croccen- 
nosy dos, peau du dos, est dans l'irlandais «croccenn», 
aujourd'hui « croiccann » , le breton «kroc'hen», etc. (le grec 
xoyx*)> q uon a voulu relier, est absolument étranger ici); et 
*corosos, contracté en *crosos, dans creus, ravin, pli de 
terrain, courbure en cavité, que l'auteur cité plus haut dé- 
claré inconnu (en oc « cros », avec forme féminine « crosa »)♦ 
Noms géografiques venus de noms d'homes Cortos et, secon- 
daires, Curtos : Cortoriacos, aujourd'hui Courtray, en Belgi- 
que ; Curtiacus pour Curtiacos, aujourd'hui Coursay et Coursy 
dans plusieurs départements; Curtinacus pour Curtinacos, 
aujourd'hui Courtenay, dans le Loiret ; Curtion, aujourd'hui 
Courson les Carrières (Yone); etc. 

COS, gland, variante de cas. D'où les dérivés : *coslos 

pour *coselos } noisetier (la noisette étant un fruit similaire 

du gland), dans l'ancien irlandais et l'ancien gallois « coll » ; 

*coslovidus 9 composé avec vidus, bois, dans le breton léonais 

«kelvez»; et *cosluron, devenu *coluron y dans coulre et 

« couldre», aujourd'hui « coudre », même sens de noisetier, 

dont on a fait «coudrier». En alemand, avec a, « hasel », en 

latin «corulus» ou «corylus «pour *cosulus, que Darmes- 

teter done à tort pour origine de « coudre », car IV de ce 

« corulus » ou « corylus » constitue une impossibilité. 

CRAP, être fort, ferme. D'où *crapnos et *crappos, fort, 
dénoté, selon Holder, par le gallois « craff» et par des noms 
propres. C'est, à mon avis, de la forme crapnos que nous 
avons, avec chute du/?, l'adjectif crâne, fier, décidé, hardi, 
courageus, mot qui ne peut, quoi qu'on dise, être le même 
que « crâne » , boîte osseuse qui renferme le cerveau. Même 
racine dans le slavon « crepo », robuste, etc. 

CRAV, sable, pierre. D'où un neutre *cravon, latinisé en 

« cravum » (« campus lapideus »), et en même temps unfémi- 

4 






— 58 — 

nin *craça, dans le nom de lieu La Crau, pays de sable, de 
petits caillous, près d'Arles. Voyez la variante en g, qui 
nous a doné « grave », même sens de sable, « gravier », etc. 

CRIT, trembler, avoir peur. D'où : "critus, tremblement, 
frisson, fièvre, dans le gaélique « crith », le gallois « cryd » et 
le breton « kridien » ; *critnos, dans le breton « kren » pour 
« kretn » , et, avec le préfixe cat, mais chute du t, dans notre 
mot « chagrin » pour chacrin, inquiétude, mauvais 
pressentiment, douleur morale, mot dont l'origine a été dé- 
clarée inconnue ; et *critamu ou *critemu, latinisé en *crite- 
mere, et qui nous a doné, d'un côté *criémer, avec le 
substantif crième, crainte, et d'un autre côté, par des 
intermédiaires *criemre, « criembre » *crienre et *criendre, 
creindre ou, plus altéré, « craindre » (mot que Darmesteter 
tire du latin « tremere », malgré l'absolue impossibilité d'une 
pareille substitution d'initiale), avec le substantif creinte 
ou « crainte ». Nous avons aussi, dans les dialectes, un verbe 
équivalent « crigner » pour crinier, venu de critnos (en oc 
« criniar »). 

CUC, couvrir. Variante de cac. D'où : *cucos 7 dans eue, 
obscur; *cuca, dans cuque, œillière, les œillières que l'on 
met à un cheval ayant pour but de l'empêcher de voir (par 
côté) ; *cucullos, dans « bardocucullus » pour *bardocucul- 
los y manteau à capuchon ; et *cuculla, dans cougoule, con- 
tracté aujourd'hui en « coule » et égal à « cagoule ». En cor- 
nique « eugol », en breton « kougoul », en gallois « kowkwl», 
capuchon, etc. Nom de lieu : Montcuc, mont brumeus, mont 
obscur. 

CUT, couvrir. Variante de eue, mais qui se trouve dans 
d'autres langues et n'est pas particulière au celtique (en ale- 
mand « hutte», cabane, en grec xeuôetv, cacher, etc.). D'où : 
*cuta ou *cutta y dans cute, cachette, lieu retiré, et cuter : 



— 59 — 

se cuter dans un trou. En breton «kuz», cachette, «kuza», 
cacher, en moyen breton « cudennec » pour *cutennec, 
obscur; en comique « cudhe », cacher, etc. 



DAL, façoner, polir. D'où : *dalvos et *delvos, au fémi- 
nin *dalva et *delva, dans le gallois « delw », l'ancien breton 
ce delu » , forme, l'ancien irlandais féminin « delb » , même 
sjens. A mon avis, il nous reste, en français, avec u pour /, 
dauber, marteler, passé au sens de doner des coups, pour 
lequel Darmesteter présume un latin « dealbare », parce que 
« dauber » a signifié quelquefois enduire. Enduire n'est 
qu'une manière de façoner et je ne vois pas que la significa- 
tion de doner des coups puisse s'expliquer « facilement » , 
come dit cet auteur, par la façon de travailler de l'ouvrier 
qui enduit (de blanc ou de toute autre couleur). 

DAR*, déchirer. D'où *darna, pièce, morseau, tranche, 
mot resté dans le gallois, le comique et le breton «darn». 
En français darne, tranche de lard ou de poisson. Même 
racine dans le sanscrit « dar », déchirer, « darana», porsion, 
« darti », peau, dans l'ancien haut alemand « zeran », le grec 
Sépetv, déchirer, Sspfjta, peau, etc. Je relie ici clarté, altéré 
en « dartre », maladie de la peau, mot venu d 1 \m*dan>itâ ou 
*dervita, ou bien d'un *derdvieita, selon Henry» En breton 
« darvoeden » . 

DEI, être lumineus. D'où, selon Holder, *diïes, jour, dans 
le breton « deiz », etc. (même origine pour le latin « dies »). 
Par une abréviation dis, nous avons, à mon avis, « dîner », 
pour l'ancien disner, prendre le repas du jour, du milieu 
du jour (mot venu d'un précédent dérivé *disnos ou *disna, 



— 60 — 

mais non du latin « disjunare » pour « disjejunare » , doné par 
Darmesteter, car le mot est absolument distinct de « déjeu- 
ner » (confrontez l'irlandais et le gaélique « dinner»), et le 
substantif verbal de même grafîe. En province, c'est encore 
et avec raison le mot « dîner » qui désigne le repas de midi. 
Sont également venus de cette racine : dev os pour *deivos y 
dieu, le brillant, au féminin deva, le dérivé devonos, au 
féminin devona (en latin «deus» pour « deivus», dieu, et 
« divinus » divin, en sanscrit «deva»,en grec Çeuç, et STo; 
pour SeiFo;) , et la première partie des noms de lieus : 
Deobriga pour Devobriga, signifiant montagne divine, 
aujourd'hui Miranda (Espagne), Divodurus pour Devoduros, 
forteresse divine, forteresse des dieus, aujourd'hui Metz 
(Lorraine), Jouarre (Seine et Marne), Jouars (Seine et 
Oise, etc.); *diços et *diuos 9 dans le composé irlandais 
« indiu», hui, le gallois « diu », dieu; un dérivé *diolwos, 
dans notre mot «joli », pour l'ancien jolif, avec alongement 
de 17 et chute du d, come dans «jour », du latin « diurnus » r 
dans Jupiter pour Diupiter, Jovis pour Diovis, et aussi, à 
mon avis, dans Julius pour Diulius (le ç de diolivos se re- 
trouve dans le verbe « enjoliver » (Darmesteter avance ici un 
radical jol qui n'a jamais existé) ; et, par une contraction, 
l'irlandais « din », jour, et les noms d'homes gaulois Dino- 
magius pour Dinomagios, Dinomagetimarus pour Dinoma- 
getimaros, etc. Même contraction dans le latin « perendi- 
nus», d'après demain, «nundina» pour « novemdina», jour 
de marché, le neuvième jour, dans le sanscrit « dina » pour 
« divana », jour, etc. 

DOC, tirer, conduire. D'où : doga, conduite d'eau, trans- 
mis par Grégoire de Tours, mot qui nous a doné « doue » 
pour dougue, aujourd'hui altéré en «douve», du sens 
étendu de réservoir, de toneau, de contenant, et que Dar- 
mesteter done à tort pour une altération du grec 8o^, récep- 
tacle, à la rigueur simple frère; *dogilla et *dougilla, dimi- 



— 61 — 

nutif devenu, par la chute du g dur, douille, tube par 
lequel certains instruments s'adaptent, et, en terme de char- 
cuterie, canal qui conduit les aliments de la bouche à l'es- 
tomac (dans le peuple, on entend aussi, quelquefois : « se 
rincer la douille », pour : boire un coup), mot que le même 
auteur dérive du latin « ductile », jamais devenu populaire, 
et, pour comble, le fait parent de «douillet», maladif, qui 
vient de « dolere », se doloir (d'où aussi « dolor », douleur); 
et, en composition avec an pour and, au sens augmentatif, 
*andogilla, andouille, gros intestin, gros conduit du 
corps, grosse douille, mot que le même savant tire d'un *in- 
ductile ! Même racine dans le sanscrit « duh », traire, le latin 
«ducere», conduire, etc. 

DRU, fort, solide, vigoureus. D'où *drutos, qui se re- 
trouve dans le gallois « drud », autrefois « drut », audacieus, 
brave, fort, le gaélique «druth», volontaire, pétulant, le 
comique « dru», beaucoup, et le français « dru » pour drut, 
abondant, épais : « blé dru, pluie drue, herbe drue». Em- 
ployé corne préfixe, dru done un sens augmentatif : druida 
pour druvida (de vid, savoir, selon d'Arbois de Jubainville et 
Holder) ; en français druide, proprement très sage, supé- 
rieur par le savoir. 

DUN, coline, forteresse. D'où dunon, qui se retrouve 
dans l'irlandais «dun»,même sens, etc. En composition, 
dans un grand nombre de noms de lieus : Artodunon, 
aujourd'hui Artun (Loire), Caladunon, aujourd'hui Châ- 
lons (Mayenne), etc. Latinisé en « dunum », dans : Au- 
gustodunum, aujourd'hui Autun, Lugdunum, aujourd'hui 
Lyon, Virodunum, aujourd'hui Verdun, etc. Notre mot 
dune, coline de sable sur le bord de la mer, est de la même 
origine, ainsi que dunette, étage élevé sur la poupe d'un 
navire, proprement petite élévation, petite fortification. 



— 62 — 



odeur, parfum, enivrement. D'où : *ebos, et un dé- 
rivé *eburos, qui se retrouve dans l'irlandais « ibur » , « ibar » , 
aujourd'hui «iubhar», if. En alemand «eibe», même sens; 
en latin « ebrius » , ivre, « ebulum », hièble ; en breton « evor », 
bourdaine. L'histoire nous done Eburovices, peuple du 
pays d'Évreux. Dans la géografie, Eburoialos, aujourd'hui 
Ëbreuil, etc. D'après César, l'if croissait en abondance en 
Gaule. Voy. zV. 

EIS, fer. D'où : *isarnos pour *eisarnos, qui se retrouve 
dans l'irlandais « iarn », aujourd'hui « iaran », le comique 
« hoern », le gallois « haiarn », aujourd'hui « hearn », 
et le breton « hoiarn», aujourd'hui '< houarn », avec le 
même sens de fer; et un dérivé *isarnacos, armure, qui a 
produit le gallois « hearnaez », le breton « houarnach », en 
français « harnais », pour a harnaiche » et harnache, 
avec le verbe harnacher. 



G 



GAB, saisir, prendre. Variante de cap. D'où : *gabu ou 
*gabi, équivalent du latin «capere», au fréquentatif *gabali 
(en ancien irlandais «gaibim», je prends, en oc «gafar» 
pour «gabar», mordre); *gaba, substantif verbal, au dimi- 
nutif *gabella, prise, perception, dans notre mot gabelle, 
impôt ; un autre *gabella> dans « javelle » ou gabelle, cha- 
cune des brassées de blé coupé qu'on couche sur le sillon 
avant de les réunir en gerbes, c'est à dire la partie prise [en 



— 63 — 

une fois avec la faux ou la faucille; "gabia, caje, égal à *ca- 
pia y de cap, et ayant le même sens étendu de maintenir 
pris, de contenir (corne dans le latin « capax »), dans Toc de 
même grafîe et de même signification «gabia», et dans 
le français gabie, demie hune au sommet des mâts à an- 
tennes, gabier, matelot qui se tient dans les hunes, et 
gabion, sorte de grand panier qu'on remplit de terre, 
dans les travaus de défense, proprement récipient; *ga- 
biola, dans « jaiole » pour gabiole, aujourd'hui « geôle » ; 
*gabotos, dans « jabot », gabot, poche sous la gorge des 
oiseaus; *gabalos, fourche, latinisé en « gabalus », dans 
le breton « gaol » et « gavl » ; *gabula, dans l'oc « gaula » 
et dans notre mot gaule, avec extension du sens de 
fourche à celui de perche et de verge (en vieil irlandais 
« gabul » , fourchette) ; *gabellos, dans un français inusité 
gavel, et ses dérivés «javelot» pour gavelot, sorte de 
pique, arme de trait, objet servant à saisir de loin, et « jave- 
line» pour gaveline (en irlandais «gabhla», lance, en ale- 
mand «gabel», fourchette); *gabata, devenu *gabta, dans 
«jate» pour gabate; *gabulon, dans «jable» pour gable, 
rainure faite au bas des douves d'un toneau pour recevoir le 
fond, etc. Nous avons aussi, « gafer » pour gaber, mordre, 
saisir, «gafe», harpon, et morsure de la langue, passé au 
sens de maladresse. Darmesteter done gabata come latin, 
alors qu'il ne peut point l'être, et il ne done rien pour les 
autres mots r sauf « gabie » et « geôle » , qu'il dérive du latin 
«cavea». 

GAD, lubricité; chose sale. D'où gadalis, fille de mauvaise 
vie, transmis par des textes latins et resté dans le breton 
« gadalez ». Nous avons, en français, de cette racine : 
gadoue, prostituée de bas étage, et matières -fécales. 

6AL, être dur. Variante de cal. D'où *galos, dans notre 
mot gai, égal à « cal » et à « caillou », et uniquement em- 



— 64 — 

ployé aujourd'hui au diminutif, galet et « jalet »; avec une 
forme féminine galette, pâtisserie ronde et plate en forme 
de galet. 

GALB, être gras, gros. D'où un adjectif devenu nom 
propre dans Galba, prince du Soissonais, dont parle César. 
En vallon «galba», gourmand, qui fait ventre; en irlandais 
« galbha», force du corps; en français galbe, ventre, con- 
tour, rondeur, et le dérivé engalber, terme de potier. 
Même racine, au sens de gras, dans l'alemand « kalb », veau. 
Il va sans dire que l'italien «garbo», de Darmesteter, ne 
peut être le père de notre mot « galbe » . 



GAMB, courber, fléchir. Variante de camb. D'où : 
gamba, égal à camba, dans notre mot gambe ou « jambe » , 
proprement membre qui fait flexion, et le dérivé gamba- 
der; *gambita et *gambta, dans « jante » pour gante (avec 
la même chute du b et le même changement de Y m en n que 
dans « cant » et « chant», côté), pièce de bois courbée faisant 
partie d'un cercle de roue. 

GARS 4 , courir. Variante de cars. D'où *garris pour 
*garsis, jambe, qui se retrouve dans le gallois et le breton 
« garr », l'irlandais « gairr », etc. En oc, par une forme en a : 
« garra » ; en français garre, même sens de jambe, et le 
diminutif « jarret » pour garr et, partie inférieure de la 
jambe. 

» 

GARS 2 , éminence. Equivalente de cars et de bars. D'où 
nos mots : garrot, partie saillante située au dessus des 
épaules, chez le cheval, le bœuf, etc., proprement petite 
hauteur, et garrot, égal à «barrot», bâton, petite barre, 
mots déclarés d'origine inconnue. 



— 65 — 

GARS 3 , être supérieur. Variante de vars, même sens, et 
se reliant à bars et cars, éminence. D'où nos mots gars et 
garson, proprement mâle (le féminin garse et son dimi- 
nutif garsette sont postérieurs); plus : gars et «jars», 
mâle de Foie, et « garron » pour garson, mâle de la per- 
drix, etc. 

GART, enclore. D'où : *gartos, enclos, dans le breton 
« garz », pour un précédent «gard», dans le gallois 
«garth», le comique « gart » et le français « jard» pour 
gard, conservé dans quelques pays, et employé dans les 
autres au diminutif, «jardin» ou gardin. Notre mot ne 
doit absolument rien à l'alemand «garten»,ni à l'anglais 
« garden », qui nç sont que ses frères. Voyez gort. 

G AS, habiter. Variante de vas, qui nous a doné vassal, 
proprement home qui fait partie de la maison. D'où notre 
mot gas, fusioné avec « gas » pour « gars » (confrontez 
« dos » pour « dors », du latin « dorsum », etc.), et le com- 
posé « gamin », pour gasmin, enfant qui n'est plus gosse, 
qui a quité la robe et porte la culote, proprement petit 
gas, dont l'origine est déclarée inconnue (pour la position 
de l'adjectif « min», confrontez les noms « Comaltocaros », 
« Launocaros » et autres, cités à l'article car, aimer, etc.). 

GAV, saisir, prendre. Variante de gab. D'où : *gavos et 
un dérivé *gavios, dans gave et gavion, gosier, et le verbe 
gfcver, gorger de nourriture; gavata ou gauata, égal à 
gabata et devenu gauta et gauda, dans gaude, égal à 
«jate»; un parallèle * 'gavata ou *gavtia, dans le breton « ga- 
ved » et dans notre mot « joue » pour « joude » et gaude, 
proprement chose qui reçoit (Darmesteter done gavata come 
latin!); et un parallèle *gavania, devenu *gaunia, dans le 
central « gaugne », pour gaunie (avec la même prononcia- 
tion), passé au sens de figure : « un coup de poing sur la 



— 66 — 

gaugne » (en oc « gaunia » et un dérivé « degauniat », qui a 
la figure de travers). 

GEM'y lier, unir. D'où *gemelos, chaîne, dénoté par 
l'irlandais « gemel », etc. Même racine dans le latin « ge- 
minus », frère jumeau, dans le grec yajxoç mariage, et 
dans les noms propres de plusieurs inscriptions : Geme- 
liacus pour Gemeliacos, etc. Nous avons, en français. 
gimelette, altéré en « gimblette », petite pâtisserie en 
forme d'anneau (en oc, au masculin, « gimelet » ; à Paris, les 
gimelettes sont séparées, mais, en province, elles sont 
jointes et forment une chaîne. 

GEN 2 , produire, engendrer. D'où : genos, naissance, fils, 
qui se trouve dans l'ancien irlandais « gein » et dans Boduo- 
genus pour Boduogenos, Camulogenus pour Camulogenos 
et autres noms d'homes ; gêna, fille, dans Nemetogena, etc. 
Il nous reste en français, avec conseryation du g dur, repré- 
senté par gu : guenipe, fille de mauvaise vie, guenon et 
guenuche, proprement laide petite fille, laide petite 
femme. En breton «genel», enfanter; en latin, «gi-gnere» 
pour «gi-genere», engendrer, «gens», famille, race, «na- 
tus », pour « gnatus » et « genatus », né, « cognatus », pa- 
rent; en grec y«v^, femme, y*vo<;, égal au gaulois genos, etc. 

GI, hiver, froid. D'où : giam, dans l'irlandais « gam » 
et le breton « goam » ; giamon, le mois de janvier, dans 
l'inscription de Coligny ; et *gibros, dans notre mot « givre » 
pour gibre, déclaré d'origine inconnue. Nous avons aussi 
gibouler. Même racine dans le latin « hiems », hiver, et 
« hibernus » (ce dernier avec b corne *gibros), dans le sans- 
crit «hima », froid, le grec yjelp.*, tempête (d'hiver), etc. 

GIB, courber. D'où *giba, crochet, chose crochue, dans 
notre mot gibe, harpon, engin de chasse, mot inusité 



\ 



■ — 67 — 

depuis qu'on chasse au fusil, et ses dérivés gibecer, 
chasser, et gibecière, encore employé. Nous avons aussi : 
gibelot, terme de marine, pièce de bois courbée ; gibet, 
petite gibe, bâton crochu, fourche, potence; gibier, produit 
de la chasse, etc.; et, avec conservation du g dur, repré- 
senté par gu, guibe, jambe ou membre qui fait courbure, 
flexion, et son diminutif guibole (en parlant d'un enfant : 
« il se tient déjà sur ses guiboles » ; en parlant d'un home 
chétif : « il ne tient pas sur ses guiboles) ; guibet et gui- 
belet, moustic, insecte à longues pâtes; plus, gibe, forme 
de « guibe », jambe, et giber, remuer les jambes. Je vois 
la même racine dans le latin « gibba », bosse, courbure en 
rondeur. 

GIG, marcher. Centrale et méridionale. D'où *giga> jambe, 
resté dans notre mot « gigue » pour guigue, avec diminutif 
çjizigette, devenu « guiette », pièce en à contrefiche dans une 
charpente, petite jambe de soutien, et autres dérivés, parmi 
lesquels «guêtre », pour l'ancien « guietre » (en bourguignon 
« guiatre ») et pour guiguètre, envelope de la jambe, d'un 
précédent *gtgatra pour *gigatera. Jusqu'à présent, « gigue » 
et nos autres mots ont été déclarés d'origine inconnue. 
Même racine dans le latin « gigas » , grec Y l ï a< :> géant, qui a 
de longues gigues. Voyez la forme nasalisée ging. 

GIMB, courber. Nasalisée de gib. D'où nous avons : avec 
conservation de la dureté du g, guimbarde, nom d'un 
char garni de prolongements inclinés, formant crochets, pour 
le transport des gerbes et autres récoltes, nom d'un petit 
instrument de musique, demi cercle de laiton ou d'acier, 
terminé par deus branches entre lesquelles est une languette 
qu'on agite avec le doigt, tandis qu'on tient l'instrument 
entre les dents, nom d'un outil de menuisier ou de sculpteur, 
pour unir le fond des creus ; et « regimber » ou réguimber, 
ruer, refuser d'avancer, en parlant des animaus, jeter les 



— 68 — 

jambes (en ancien français, on trouve aussi la forme « ré- 
giber »). 

GING, marcher. Nasalisée degig et se reliant à cing. D'où 
nous avons, : ginguer et « gingler » pour g^ringueler, 
gambader, courir, folâtrer, égal à « giguer » , et déclaré, 
corne lui, d'origine inconnue. Même racine dans le gallois 
« rhygyng » , trot. 

GLEI, être visqueus. D'où : glis, terre tenace, transmis 
par Isidore (en latin « glus » et « gluten », glu, cole, en ale- 
mand « kley », argile, « kleben », se coler, en gallois « glyd », 
cole, en grec y\oioç, graisse visqueuse, etc.); glitia, dans 
notre mot gleise, devenu « glaise » ; et glita, dans glette, 
écume, bave, chassie, matière impure. J'ajoute un *gleîra, 
pour *glebira, avec le même b que dans l'alemand « kleben » 
ci dessus, et variante *glaira, que dénotent le gallois « gly- 
foer » et « glafoer » , le breton « glawren » et le français 
glaire, que Darmesteter veut faire venir du latin « clarus », 
clair. 

GOB, saisir, prendre. Variante de gab. Dans le gaélique 
« gob», le gallois « gwp », bouche, et le français gober, 
manger, avec ses dérivés : gob, bouchée (« avaler tout de 
gob», avaler d'un seul trait, d'une seule bouchée), gobe, 
boulette, gobet, petite bouchée, gobeter, crépir en faisant 
entrer le plâtre ou le mortier dans les joints. J'ajoute : go- 
bel, avec son diminutif gobelet, et « jobe » pour gobe, au 
sens de niais, qui croit tout, exactement qui gobe tout, 
avec son augmentatif « jobard » pour go bar d, déclarés d'o- 
rigine inconnue. 

GOD, lubricité. Variante de gad. D'où un verbe **godu } 
dénoté par l'ancien irlandais «goithim», cité par Holder et 



— 69 — 

traduit par « futuo ». Nous avons, de cette variante, les popu- 
laires gode et godiller. 

GOLB, être gros. Variante de galb. D'où : un dérivé *gol- 
bios, au féminin golbia, que dénote notre mot « gouje » pour 
« goubje » et goubie, avec l'accent sur ou, grosse femme 
ou grosse fille; et un autre dérivé, *golbiatos> dénoté par 
« goujat » pour goubiat, valet d'armée, valet de chantier, 
c'est à dire home lourd, home impropre à un service agile. 
Le mot « gouje » ci dessus est tout distinct de « gouje » , outil 
en forme de bec, qui vient de la racine gulb, pointe. 

GON, blesser, tuer. D'où le verbe *gonu, resté dans l'ir- 
landais « gonim » , je blesse, je tue ; et *gonitos, celui qui 
blesse, qui tue, selon d'Arbois de Jubainville. En oc « agou- 
nir », fatiguer à l'excès, exténuer, abatre. En français, nous 
avons, à mon avis, le même verbe agonir, avec la signifi- 
cation de abatre (sous le poids d'injures). J'ajoute agonie, 
angoisse, venu d'un précédent agonia, qui se trouve en bas 
latin et que l'on tire à tort du grec àycovia (de àycov et àyeiv, de 
la racine ag.). Le mot « agonie », jadis « agoine », a été réfait 
sur le bas latin ou sur un dialectal, mais l'origine est restée 
la même que pour « agonir » : le verbe celtique gonu, de- 
venu « gonir » et augmenté du préfixe a pour ad. 

GO RM, être bouillonant. Pour vorm et se reliant à borv. 
Dans notre mot gourme, maladie des chevaus, proprement 
écume, et maladie humaine, éruption. 

GORT, enclore. Forme de gart: D'où *gortos, égal à 
*gartos, enclos, jardin, et qui se retrouve dans l'ancien irlan- 
dais «gort», etc. De cette forme en o, nous avons gord, 
rang de- perches en angle au fond d'une rivière, fermé par 
un filet où le poisson vient se prendre, proprement clôture. 



— 70 — 

Même racine dans le latin «hortus», jardin, enclos, le grec 
^opToç, etc. 

GOV 4 , crier. Primitive de bov. Dans le breton « gouela» 
et « govela », gémir, pleurer, « gouélan », oiseau de mer dont 
le cri est plaintif, avec l'emprunté français « goélan » ou 
gouélan. Nous avons aussi un populaire goualer, crier : 
«il ne chante pas, il gouale». En ancien slavon « govarn», 
alarme; en grec footeiv, se lamenter, gémir. 

GOV 2 , saisir, prendre. D'où : *govos et *gouos, équivalant 
a *gavos pour *gabos, gorge, dans notre inusité goue et son 
dérivé gouer, égal à « gaver » , dans « engouer » , obstruer 
la gorge, au passif être complètement pris par une per- 
sone ( « il s'est engoué d'une chanteuse » ), déclarés d'origine 
inconnue; *goç>isa, dans gouèse ou «goise», même sens 
de gorge, et *goçisarlos, dans gousier, ou «gosier», et 
leurs dérivés, pour lesquels mots Darmesteter avance un 
radical gos ! Nous avons aussi : a goinfre » ou gouanfre, 
grand mangeur, et gouaille, perche, verge, égal à « gaule », 
de la forme gab, et le verbe gouailler, batre avec une 
verge, par extension doner une correction verbale, se moquer, 
mots déclarés, corne les premiers, d'origine inconnue. 

GRAV, sable. D'où : *gravon, qui se retrouve dans l'ancien 
comique «grou» pour « grau » ; grav a> forme féminine, qui 
reste dans l'oc de même grafie et dans notre mot grave, et 
ses dérivés, gravier et autres. Même racine dans l'irlandais 
«grian», le gallois «graian», sable, et le breton «grouan», 
gravier, etc. Voy. grèv . 

GREC, ceindre. Pour une précédente p ra?, secondaire de 
vrac (voyez brac). Dans nos mots : grèque, ornement fait 
de lignes brisées à angle droit entrelacées, soit ornement en 



— 71 — 

cordes, et suite d'encoches au dos d'un livre, pour loger les 
fis selles ou nerfs ; et grègue, culote, employé au pluriel, corne 
Toc et l'espagnol « bragas » : « tirer ses grègues » ou « sauver 
ses grègues », s'enfuir (en comique « grugis », en gallois 
«gwregys», ceinture). Le féminin de «grec», relatif à la 
Grèce, doné par D arme s te ter, après Littré, est tout à fait 

étranger ici. 

# 

GREV, sable. Variante de grav . Dans grève, même 
sens de sable, par extension rive sabloneuse, endroit sablé 
(autrefois, à Paris, «la place de grève», aujourd'hui la place 
de l'Hôtel de Ville, lieu où se tenaient les ouvriers sans tra- 
vail, d'où l'expression «faire grève»), etc. 

GULB, pointe. D'où "gulbia, bec, et *gulbanos, aiguillon, 
qui se retrouvent dans l'ancien irlandais « gulba » et « gul- 
ban», même sens, dans l'oc «goubia» et, avec alongement 
de IV et chute du b, notre mot « gouje » pour goubie, avec 
l'accent sur ou, outil de fer à lame creuse pour évider le bois 
et qui a, ainsi, la forme de l'une des deus parties d'un bec 
(en ancien gallois «gilb», bec et sorte d'outil à percer, en 
comique «geluin», «gelvin», bec). Darmesteter done un 
latin «gubia», qui n'existe aucunement dans la latinité. Ce 
mot n'est que bas latin, et il est une altération du celtique 
gulbia. 

GUN, vêtir, enveloper. D'où : *gunna et *gonna y robe, dans 
le gallois «gwn», Toc et l'espagnol «gona» et le français 
gone, même sens (aujourd'hui, «gone» n'est plus guère 
employé qu'en terme de marine, pour désigner un baril ou 
envelope de vivres, mais le dérivé gonichon s'emploie dans 
d'autres cas, particulièrement pour désigner le cornet qui 
forme la robe d'un pain de sucre); *gonsa, égal à *gonna, 
dénoté par le verbe *gonser ou «engonser», enveloper : 
«il est engonsé», il a le cou perdu dans son habit (Roque- 



— 72 — 



fort identifie ce mot à «esconser», cacher, qui, à mon avis. 
Tient du latin « absconsus », corne Toc « escoundre » vient de 
«abscondere», et Darmesteter, après Littré, le tire de 
« gond * ! . et par gonse ou, altéré, « gosse », enfant en 
robe et son féminin « gonzesse» pour «gonsesse». 



I, nourriture: blé, seigle. Pout/mI D'où *ûa. égal au sans- 
crit « pitu », nourriture, et qui se retrouve dans l'ancien irlan- 
dais € ith », le comique « hit », le breton « ed », même sens de 
blé. En ancien gallois « itlaur », aire d'une grange, où on bat 
le blé; en ancien irlandais «ithim », je mange; etc. v Holder . 
A mon avis, il nous reste, en français, avec le préfixe dis y indi- 
quant privation : disette en breton «dised», proprement 
manque de blé, manque de récolte). Darmesteter déclare ce 
mot d'origine inconnue, et il est, ici, plus sage que certains 
de ses devanciers, qui Font tiré d'un latin présumé € desecta > 7 
qui serait venu de « desectum », supin de « desecare », com- 
posé de «secare », couper, ou bien d'un «desinere», cesser, 
sans compter ceus qui ont vu un j dans IV d'une forme 
« disiete >, et qui ont dérivé le mot de « déjeter » ! 

EEU, jeune. D'où *iovencos et *iuvencos, se retrouvant 
dans le breton « youank », le comique « yonc », « youenc », 
Toc «joubenc», etc. En gothique «juggs» pour «jungaz», 
en alemand «jung», en sanscrit «yavan», en latin <rju- 
venis», même sens de jeune. Un latin « juvincus», du sens 
spécial de jeune taureau, est analogue, pour la forme, au 
celtique iuvencos. 11 y a eu, à mon avis, confusion de ce 
dernier et de «juvenis» pour notre mot jeune, mais je 
revendique entièrement, pour le celtique, les dérivés jou- 
vence et jouvenceau. 



— 73 — 

IUG, joindre. D'où *iugon, joug, pièce de bois qui sert à 
joindre les bœufs, mot qui se retrouve dans le gallois « iou » 
pour « ioug », aujourd'hui « îau », le comique « iou », le breton 
«ieo», etc. En sanscrit ajugam», en gothique «jukusi», 
en alemand « joch », en latin « iugum », « jugum », en persan 
« iough » en grec Çuyov, même sens du joug. A mon avis, 
nos pères n'ont pas eu besoin d'emprunter le latin « iugum » , 
«jugum», puisqu'ils avaient iuoon, et notre mot joug est 
celtique. Au sens figuré, «joug» signifie servitude : «être 
sous le joug de quelqu'un » , «le joug de la loi», etc. Dans 
l'antiquité romaine, «jugum» était également employé pour 
désigner la pique liée horizontalement sur deus autres plan- 
tées en terre et sous laquelle on faisait passer les vincus pour 
les humilier. Dans les noms propres gaulois : Veriugodumnus 
pour Veriugodumnos, Rigoveriugus pour Rigoveriugos, efc. 
Veriugodumnos était (selon, d'Arbois de Jubainville, Ernault 
et Dottin) une divinité gauloise associée au dieu greco 
romain Apollon, dans une dédicace trouvée à Amiens. « On 
sait (disent ces auteurs) qu'Apollon était l'expression d'une 
conception de même origine que celle à laquelle Hélios, le 
soleil, donait son nom. Hélios avait un char de quatre che- 
vaus. On aura probablement assimilé Veriugodumnos à Hé- 
lios, et Fassociation de Veriugodumnos à Apollon en aura été 
la conséquence ». Dans une inscription de Valence, un autre 
nom est écrit avec un c : Veriucus pour Veriucos, et ce nom 
me fait penser qu'il y avait en Gaule deus formes de la 
racine : iug et iuc. En oc, il existe un mot « joc » qui me 
paraît dénoter un ancien *iocos, *îucos, du sens étendu 
de solide : « Iou tene joc », je le tiens solide, je le joins (des 
mains) d'une manière solide. Je crois pouvoir relier à la même 
racine le latin «juncus», jonc, plante flexible dont on se 
sert pour lier. 

IV, odeur, parfum, enivrement. Dérivée de eb. D'où : ivos, 



— 74 — 

égal à ebos, dans le gallois « y w » , et dans le français if, avec 
sa forme féminine ive, au diminutif ivette, espèce de ger- 
nîandrée ; et ivinos, dans le breton « ivin » , if. 



LAB, langue ; par extension, lèvre. D'où *labaru, parler, 
dans le gallois «llafaru», même sens, et dans l'irlandais 
«labraim» pour «labaraim», je parle; *labaros, grand par- 
leur, éloquent, dans le vieil irlandais « labar » et le breton 
« he-lavar » (confrontez le nom d'home Labre) ; *labros, parole, 
dans le breton « lavar » ; et, à mon avis, *labra y lèvre, dans 
Toc de même grafie et dans notre mot lèvre pour labre, et 
le composé «balafre», pour baslabre, blessure faite avec 
une arme tranchante et formant lèvre, proprement mauvaise 
lèvre, fausse lèvre. Même racine dans le latin « labrum ». 

LAG, être léger, prompt, rapide. En sanscrit «lagu», 
rapide, « lagat », vent, « langh », sauter; en latin «levis » pour 
« legvis », léger, «levare» pour «legvare», soulager, soule- 
ver; en irlandais «lingid», saut, bond; en ancien erse «lun- 
gor», prompt; en ancien haut alemand «lungar», même 
signification ; en gaulois lingon, d'où le nom de peuple « Lin- 
gones », les Lingons, habitants de la ville et du pays de Lan- 
gres. Je pense que nous avons, en français : lague, sillage 
d'un navire. 

LAIS, être large, gras, ample. D'où laisos (dans le nom 
propre Laisocantos, et laisios, dans Verlaisios, que Holder 
done corne étant de la même famille que le latin «largus», 
pour *lasgus et lasigos. A mon avis, nous avons laise, 
largeur d'une étofe entre ses deus bords, et les composés 



— 75 — 

alaise, pièce de toile (en plusieurs doubles) dont on garnit 
le lit des malades pour qu'il ne soit pas taché, et planche 
ajoutée à une autre pour l'élargir, et alaiser, élargir, éten- 
dre, plus spécialement employé aujourd'hui en parlant d'un 
trou fait avec une vrille et qu'on agrandit avec une tarière. 
J'ajoute « lisière » pour laisière, proprement qui fait lar- 
geur : la lisière d'un bois, la lisière d'une pièce d'étofe. 

LÂMP, langue. Nasalisée de lap. Dans larapas, gosier, 
et le verbe lamper, égal à « laper». 

LANC, jeter. D'où lancia, sorte d'arme, sorte de pique. 
En français lance. Diodore de Sicile dit, en parlant des Gau- 
lois : ils jettent des piques du nom de «lankia», dont le fer 
est long d'une coudée. Le sens de jeter à travers l'espace se 
conserve dans le verbe dérivé lancer. Je pense que lanc se 
relie à lag. léger, prompt (pour Vn comparez le sanscrit 
«langh», sauter, l'irlandais «lingid», saut, bond, etc.). 

LAND, étendue de pays. D'où : landa, qui se retrouve 
dans l'ancien irlandais « land », terrain, ferme, métairie, 
l'ancien gallois « lann », terre, le breton « lann », région, 
endroit plan, le français lande, terrain inculte, bruguière. 
En alemand «land», contrée, région, pays, en ancien erse 
« land ». 



\ langue; par extension, lèvre. Forme de lab. D'où 
nos mots : laper, boire en pompant le liquide avec la 
langue. En flamand «lappen», laper; en sanscrit «lap», 
parler; en alemand «lippe», lèvre, etc. 

LEC, courber; pencher. En gallois «Uechwedd», pente, 
déclivité. Nous avons, en français, au sens de courbure, de 



— 76 — 

cercle, de enclos : lice, palissade, barrière, espace fermé où 
lutâient ceus qui prenaient part à des joutes, à des tournois ; 
ceinture de bois qui, dans un navire en construction, main- 
tient provisoirement à leur place les couples qui doivent 
former la carcasse; etc. 

LEG, être couché. D'où : *legu, même sens, dans le vieil 
irlandais «laigim», je me couche; *legos, situation, lit 
(Henry), avec deus secondaires : *lecsos, dans le breton 
«léac'h», lieu, et *lectos, dans Foc « liecti» et «liet», et le 
français lit, pour lequel on préfère le latin « lectus ». L'origine 
celtique de « lit » me paraît confirmée parle composé « châlit » 
pour chadelit, dont la première partie est cata, avec, le 
châlit étant proprement, ce qui va avec le lit (voy. cat). En 
alemand « liegen », en gothique « ligan », être couché, en grec 
Xs'yo; et XéxTpov, lit. 

LEU, couper, morseler. D'où : leuga, transmis par des 
auteurs latins, et qui est pour leuva, forme qui est dans Isi- 
dore « mensuras viarum nos miliaria dicimus, Grœci stadia, 
Galli leuvas... » En français lieue, fraction de chemin. En 
oc et en italien « lega » , en espagnol « légua » , en breton « lev » , 
« leô ». En sanscrit, la racine est « lu », d'où « lavas », section, 
relié à leuga et leuva par d'Arbois de Jubainville. 

LEUC, luire, resplendir. D'où *leucos et *loucos ) brillant, 
resplendissant. En irlandais « luach », même sens, « luachté », 
chaufé à blanc; en gallois «llug», clarté, etc. Même racine 
dans le grec Xeuxo';, brillant. En sanscrit la forme est « lue » ; 
en latin de même, dans « lux » pour « lues », lumière, « lucere », 
luire, «lumen» pour «luemen», «luna» pour «luena», etc. 
Le celtique avait aussi, entre autres mots *leucarnos et, 
forme féminine, *leucarna, petite lumière, torche (en latin 
«lucerna». En oc, un éclair se dit «liouce», et, en gallois, 
« llouchet » (*leucetos, *loucetos). D'Arbois de Jubainville 



4 4 



et Holder citent un certain nombre de noms propres gaulois : 

Leucetios. Loucetios. surnom du dieu Mars. Leucimalaoos. 

autre surnom du même dieu, avec le sens de digne de 

louange par son éclat, selon Ernault: Leucimara, nom de 

femme, signifiant très brillante, etc. A mon avis, il nous reste 

en français du leucarna cité plus baut : lucarne, par 

assimilation du sens de petite fenêtre, petite ouverture qui 

done du jour, à celui de petite lumière, torche en gallois 

a llugorn ». en comique a lugarn », en breton « lugern », eteA 

En ancien français on trouve aussi «lucane», «lucanne», 

venus d'une forme *lucana ou *lucanna, même signification 

que leucarna 9 et avec la même finale que dans cucana, obscure, 

devana, divine, ou que dans capanna, cabane, etc. Par une 

extension du sens de briller à celui de voir : le sanscrit a 

« loc », « lok », formes de « lue » ; Toc « lucar », fixer. « lugre », 

et «luquet», œil, «luquetar», clignoter; le valon «louki», 

regarder: l'ancien haut alemand «luogen». l'anglo saxon 

« locian ». l'anglais « to look», même sens. Il nous reste, en 

français, de cette part : la seconde partie de « berlue » pour 

beslugue, indiquant un précédent *luca ou *leuca, vue, en 

sanscrit «lôca», vue, «lôcana», œil i^au sujet de ce dernier 

mot, on peut penser que l'ancien français «lucane», cité 

plus haut, a pu désigner d'abord une lucarne ronde, un œil 

de bœuf. 

â–  

LI, couler. D'où : un verbe *legu ou *legi, présent de l'in- 
dicatif *lego, qui se retrouve dans le vieil irlandais « legaim », 
et l'irlandais actuel « leagh » ; *linnos, étang, dans le breton 
«lenn», le comique «lin», l'irlandais «linn», autrefois 
«lind». Même racine dans le latin «limus», boue, fange, 
«limosus», bourbeus, le sanscrit «li», liquéfier, «laya», li- 
quéfaction, «lina », fondu, le breton « livaden », inondation, 
ce leiz», humide, le gallois «llaid», boue, «dad-leithio», se 
fondre, le grec Xi'iivr,, étang, etc. Henri relie avec raison le 
français délayer à cette racine. Darmesteter déclare le mot 



— 78 — 

d'origine inconnue. J'ajoute, corne venu de la même sourse : 
lie, en bas latin « lia » (confrontez les équivalents ci dessus : 
latin « limus », gallois « llaid » (le breton « lechit », aujourd'hui 
«lec'hid », lie, peut participer de la racine leg, être couché, 
avec le sens de : ce qui gît au fond, corne le dit Henry). 



M 



MA * , fraper. Equivalente de ba qui nous a doné « batre » . 
D'où : *matu, égal à batu, dans notre verbe mater, même 
sens de fraper (en oc et en espagnol « matar», tuer) ; mataris 
ou materis, sorte d'arme, avec une autre forme matara, dans 
*matre employé à l'augmentatif, matras; et *matraca, 
dans matraque. 

MA 2 , mesurer. D'où, par une forme secondaire mat y 
nasalisée en mant : « *mantal- », balance, mot qui se re- 
trouve dans le gallois « mantawl » et « mantol », même 
sens; *manti> grandeur, quantité, qui s'est conservé dans 
l'irlandais « meid », le comique « mens », le gallois « maint », 
même signification de quantité, le breton « ment », gjandeur, 
taille, quantité, «menta», mesurer, et le français maint, 
nombreus, plusieurs : « maint home » , « mainte femme » . 
« par maints et maints travaus » , « on a vu cela maintes fois » . 

MAC 1 , courber. Equivalente de bac. D'où : *macca ou 
*maca, égal à *baga pour *baca ou *bacca (qui nous a doné 
« bague » anneau) ; et un diminutif *macilla, prononcé avec 
l'accent sur Va radical, aujourd'hui en français « maille » pour 
« maguille » et maquille, petit anneau, petite boucle de 
filet. Le latin « macula», de la même signification, distinct, 



quoi qu'en dise Darmesteter, du <• macula », tache, meurtris- 
sure, a été trop rarement employa pour qu'il ait pu nous 
doner «maille». 

MAC a , fouler, meurtrir. D'où : *maci, dans le breton 
« mac'ha», au fréquentatif « mac hella», fouler aus pieds; dans 
l'oc o macar » , meurtrir, et dans le français maquer, même 
signification, spécialement briser le chanvre; un substantif 
'maca, dans notre maque, meurtrissure, tache produite par 
une meurtrissure, et un parallèle du sens de broie; "maciila, 
avee l'accent sur l'a radical, aujourd'hui «maille», pour 
« maguille » et maquille, taie qui se forme sur la prunelle, 
petite tache quelconque. Le latin ne possède ni 'macare, ni 
*raaca. 11 n'a que le diminutif «macula», probablement em- 
prunté, et ce diminutif n'a pu produire le nôtre, qui dérive 
naturellement de maca. Nous avons aussi : maquiller, 
faire de petites taches, par extension couvrir de taches, bar- 
bouiller; et maquerel ou « maquereau », sorte de poisson 
tacheté. 

MAG, lier. Équivalente de bag qui nous a doné « bague » , 
paquet. Dans : magot, sac d'argent, proprement chose 
liée, mot distinct de « mugot » (confrontez « fagot » pour 

« bagot » ). 

MAL ( , être mou. D'où : 'mallos pour 'malvos, resté dans 
le gallois « mail », mou, et le breton « mail » même sens, dans 
le composé «mallc'héot», jusquiame, c'est à dire plante 
mole. En latin «mollis» pour «molvis»; en grec [iaXono; 
à-païôî, etc. Nous avons, à mon avis, de cette racine et par 

un dérivé 'malvasios : mauvais, exactement q" : --* 

qui n'a pas de fermeté {« mauvais soldats » , soldats 
à un service actif, « fruits mauvais » ou fruits dev 
fruits avariés (le sens de méchant, en parlant de 



— 80 — 

des animaus, et celui de mauvaise qualité, en parlant des 
choses, sont des extensions), mot déclaré d'origine inconnue. 
La déesse Malvisia pouvait être la déesse de la douceur, de 
la tendresse. 

MAL 2 , moudre, broyer, écraser, rendre mou. Identique à 
la précédente. D'où un verbe *malu> resté dans le gallois de 
même grafie et dans le breton « mala». En sanscrit, avec d, 
«mard»; en latin «mordere». écraser avec les dents, et 
«molere », moudre; en gothique « malan »; en alemand, 
«mahlen», même sens; en grec à^aXuveiv ; etc. Voy. mel, 
qui nous a doné «blé».' 

M AN, tordre, tourner. Identique au grec fxav de pawoç 
bracelet, collier. Nous avons deus mots de cette racine : 
manigance, manœuvre détournée, artificieuse, d'un pré- 
cédent celtique *manicantia, et *manigantia (comppsé avec 
la même finale ic- que dans *monicia, chaîne, dénoté, selon 
Holder, par l'irlandais «muince», et avec la même finale 
antia que dans albantia, blancheur, *carantîa, amitié, etc.); 
et manivelle, pièce qui sert à faire tourner, d'un précédent 
*maniyella, dérivé d'un *manwos ou *maniva (l'hybridité 
de «main» et du germanique «well», de Darmesteter, est 
inadmissible). 

MAR, tromper. Identique au grec txap de à-uapxàç, faute, 
£-{/.apT<xvetv, tromper, et, avec epour a, dans l'ancien irlandais 
«mrath», d'un précédent celtique *meraton i tromperie, per- 
fidie, trahison. Dans notre mot maraud, rôdeur, mendiant, 
indélicat, dupeur, home qui ne mérite aucune considération, 
le dérivé marauder, etc. 

MARC *, fouler, presser, piler. D'où : marcus, pour un 
probable *marcos 7 résidu d'une substance dont on a extrait 
le suc, boisson faite avec des résidus, mot cité par Columelle 



— 81 — 

et par Pline, corne étant gaulois, et qui nous a doné marc 
(marc de raisin, etc.); *marcu, dans marcher, fouler, 
presser (marcher l'argile, la presser avec le pied pour faire 
les briques ou la poterie,), par extension poser le pied sur 
quelque chose (marcher sur la robe d'une dame, sur le pied 
de quelqu'un), et, par nouvelle extension, fouler le sol, aller 
en avant ; et *marcaria, devenu *margaria, dans margue- 
rie, altéré par plaisanterie en « marguerite », outil dont les 
taneurs se servent pour assouplir les peaus. 

* 

MARC a , baigner, plonger. Equivalente de barg, qui nous 
a doné « bargue » ou « barge » , et du latin « merg » de « mer- 
gere». Nous avons, de là : marcote, branche (tenant à la 
plante) qu'on couche en terre et qu'on sépare de la tige quand 
elle a pris racine. 

MAR6 f , baigner, plonger. Forme de la précédente. Dans 
notre mot margotas, grand canot, grande bargue. 

• 

MARG 2 ,boue, terre grasse; par extension, terre calcaire 
mêlée d'argile dont on se sert corne engrais. A mon avis pour 
marc et égale à barv (confrontez leuc et leug pour leuv, 
etc.). Dans marga, cité par Pline come étant gaulois, et qui 
nous a doné, par un dérivé margula, l'ancien français 
« marie » et, par un autre dérivé *marguna, le français actuel 
marne (à moins que cette dernière forme ne soit une alté- 
ration de la première, selon mes prédécesseurs). En tout cas, 
je ne pense pas que marga puisse se relier au sanscrit marj 9 
nétoyer, dont le sens est contraire. Le grec ojaopyvujai, essuyer, 
confronté par Holder, dérive de àfxépYciv, presser, pressurer, 
extraire le suc, et ce sens, qui est celui de la racine marc, ne 
convient pas non plus. Nous avons aussi, de marg : mar- 
gouiller, salir, et margouillis, gâchis de boue. 

MARM, être bouillonnant. Equivalente de barv et de 



— 82 — 

berv (pour V m = v , confrontez berm). D'où nous avons : 
marmite, vase servant à faire bouillir; marmoter, 
égal à «barboter», au sens étendu de parler d'une ma- 
nière confuse on dit aussi marmoner). 

MEC, pointe. Equivalente de bec. D'où : *mecca, dans 
mèque ou «mèche», pointe d'une tarière ou autre outil à 
percer, bout de cordon d'une lampe, etc., par extension le 
cordon lui même, avec le diminutif « mégot » pour mécot, 
proprement petit bout. 

MEL, moudre, broyer, variante de mal. D'où un verbe 
mehiy égal à malu et qui se retrouve dans l'ancien irlandais 
«melim», je mouds. Une contraction a fait remplacer Y m 
par un b, dans l'irlandais actuel «bleith» pour «mleith», 
moudre, dans le breton «bleud», farine, «blot», aujourd'hui 
« blôd » moulu ou pouvant l'être, et particulièrement dans le 
bas latin «blatum», Toc «blat» et le français «blé», pour 
l'ancien « blet » et pour blat (dont Y a se conserve dans bla- 
tier, marchand de blé), céréale qui produit la farine, venus 
d'un adjectif participai *mlatos pour *melatos. 

MEN, pierre. Dans le breton de même grafie et son 
composé «mengleuz» pour «menkleuz», creus, cavité d'où 
l'on extrait la pierre, dans le comique «men», etc. En fran- 
çais, nous avons menhir et dolmen, venus du breton. 
Voyez min. 

MER, moudre, broyer. Archaïque de mel. D'où, par un 
adjectif participai *merannos, contracté en *mrannos } au 
neutre *mrannon, devenu *mrennon : le breton « brenn » , le 
bas latin « brennum », l'oc « bren » son de farine, et le français 
bren et «bran», son, siure de bois, par extension, excré- 
ment, le dérivé breneus, etc. Pour le b y confrontez celui des 



— 83 — 

dérivés de mlatos pour melatos, de la forme mel, et, pour 
Tarchaïcité de IV, confrontez le latin «mordere», écraser 
avec les dents, à côté de « molere » moudre, etc. 

MES, chose contraire, mauvaise, fausse. Forme de mis. 
Dans nos mots : mésaise, malaise; mesdire, aujourd'hui 
«médire»; mesgarde, aujourd'hui «mégarde»; etc. 

MIC, petit. Equivalente de bic. D'où un adjectif *miccos 
ou *micos, dans le français mie, resté en nom d'home et 
mal grafié « mique » , avec son autre forme « miche » > et les 
diminutifs miquet ou « michet » , micon ou « michon » , et 
micot ou « michot » . Ces mots se trouvent confirmés par 
les noms d'homes de même grafîe je ne parle pas des Mi- 
quel, Michel, Michal, Michau, venus de Michael), avec leurs 
secondaires Miguet, Migon, Migot, Miet, etc.; et le sens 
est, particulièrement, dans notre mot « miche » , du féminin 
*micca ou *mica, passé au substantif, pain de moindre 
grandeur, de moindre volume que la tourte (celle ci pèse 
ordinairement de quinze à vingt livres), c'est à dire la petite 
tourte, et en même temps la tourte fine, faite avec de la 
farine passée au second tamis (en oc, cette petite tourte est 
dite «sedat», proprement pain dont la farine a été passée 
à la sède, à la soie). Le latin «mica», brisure, petite par- 
celle, mot isolé, a pu être emprunté de bone heure, mais 
ne me paraît qu'un emprunté ; et notre mot « mie » , pour 
« migue » et mique, du même sens, vient plutôt, come 
« miche » , du celtique *micca ou *mica, avec son diminutif 
«miette» ou miquette, forcément féminin de «miquet». 
Notons que « mie » a aussi le sens de : toute la partie fine 
du pain '« la mie et la croûte»;; et ce sens est un de ceus 
de «miche» : tourte fine. De même que «minet», «mi- 
gnon» pour «minion» et autres dérivés de la racine min, 
égale de signification à mie (peutêtre toutes les deus d'une 
primitive mi , sont passés au sens de gentil, « mie » a pris 



— 84 — 

ce second sens : «ma mie», ou, en employant le diminutif, 
« ma mione » , ma gentille ; et l'abréviation de « amie » n'a 
fait que se gréfer (confrontez les noms de femmes Miette, 
pour le précédent Miguette, et Mion, pour le précédent 
Migon, noms qui ne doivent rien au latin (Mion est usité 
dans sa forme masculine, come Jeanneton, Lison, Suzon,. 
Nous avons aussi, de la même origine, « mioche » pour 
« migoche » et micoche, petit enfant, mot qui ne peut non 
plus rien devoir au latin «mica». 

MIN 1 , petit. Pour un précédent mi ou met D'où : *minos, 
même sens, passé à celui de délicat dans le vieil irlandais 
et le gaélique « min » ; *mina l) dans le breton « mîn » , visage, 
proprement partie gracieuse; etc. En français: min, petit, 
mine, visage, le premier remplacé par les diminutifs mi- 
net, terme de calinerie familière, et « mignon » pour minion 
(autrefois on employait aussi «minot» et «mignot» pour 
«miniot»); «mignard» pour miniard, et autres dérivés. 
Même racine dans le latin « minor », « minus », etc. 

MIN 2 , pierre. Forme de men. D'où notre verbe miner, 
creuser pour extraire la pierre, le substantif mine, employé 
au sens étendu de lieu d'où l'on extrait l'or, l'argent, le 
cuivre, le charbon, etc. 

MIS, chose contraire, mauvaise, fausse. La même que 
dans le latin «miser», malheur eus, le sanscrit «mish», 
frauder, et le grec pifocç, haine. Variée en mes et bes. 

MOL, broyer, écraser. Variante de mal et de mel. D'où 
un dérivé *moltos, du sens de broyé, châtré, et peutêtre en 
même temps du sens de doux, car l'animal de ce nom, 
aujourd'hui mouton, bélier châtré, est un animal doux (con- 
frontez l'expression : « doux come un mouton»). En bas latin 



j 



I 

I 

— 85 — 

« multo » , en breton « moût » , aujourd'hui « maout » , en cor- 
nique «mois», en irlandais «molt», en gaélique «mult», 
mouton. 

9 

MORV, être bouillonant. Equivalente de borç, etc. D'où 
*morva y dans notre mot morve, humeur visqueuse qui 
coule des narines. 

* 

MOT, enfler; être gros. Equivalente de bot et de but. 
D'où : *mota ou *motta 7 dans le français mote ou « motte », 
petite éminence de terre, égal à «bute», et que Darmesteter 
déclare d'origine inconnue. Nous avons aussi, mais d'un 
parallèle *mota, devenu *moda : «moue» pour moude, 
lèvre, grosse lèvre, dans l'expression « faire la moue », gros- 
sir la lèvre ou les lèvres, faire les grosses lèvres. 

9 

IfUC, creuser, percer. Equivalente de bue, qui nous a 
doné « trabuc » , composé avec « tra » et devenu « trauc » et 
«trou». D'où : *muca 9 forme féminine d'un *mucos, égal à 
bucoSy trou, dans notre mot muce; et un verbe *muci, dans 
mucer, cacher dans un trou, le plus souvent employé au 
passif : «se mucer». L'ancien français «mucier» se dit 
encore en artésien, en même temps qu'une autre forme 
«muchier». 

MUS, lèvre. Équivalente de bus. D'où : *musos, latinisé 
en « musus » au moyen âge, dans notre mot mus, nez, son 
diminutif musel ou «museau», et le verbe muser, le- 
ver le nez, flâner, par extension perdre son temps à des 
bagatelles, avec ses dérivés. Darmesteter done, pour 
«muser», le latin «musa», muse, et, tout en reconnaissant 
que ce verbe s'emploie en parlant du cerf qui entre en rut, 
veut qu'il ait signifié d'abord « se livrer au culte des 
muses» ! 



— 86 — 



N 



NAUD, être fertile, productif. D'où : nauda, sol gras et 
humide, cultivé en prairie et terrain bas qui est inondé dans 
les débordements, mot transmis par le bas latin et qui nous 
a doné « noue », pour « noude » et naude. En breton « naoz », 
ruisseau: en irlandais «naodhan», sourse, fontaine; en 
gallois « naut », ruisseau, rivière. Une forme nod est dans le 
nom de dieu Nodos. 

NOUC, incliner, pencher. D'où : *nouca, inclinaison, 
pente, dans notre mot « noue », pour « nougue » et nouque, 
goût ière. tuile creuse, distinct de « noue » sol gras, avec ses 
diminutifs nouquet et «noulet», pour «nouguelet» et 
nouquelet, ligne de jonction de deus toits de hauteur 
inégale. Même racine dans l'alemand «neigen», incliner. 



OLC, sillon, rayon. D'où : olca, terre labourable : trans- 
mis par Grégoire de Tours et qui nous a doné ouche, 
terre fertile entourée d'un tertre ou d'un fossé. Noms de 
lieus Oulche, dans les départements de l'Aisne et de l'Indre. 
En grec ôXaÇ, accusatif poétique wfoca, sillon, rayon. 



PAC 1 , ficher. Forme centrale et méridionale de ac y avec 
conservation du p. D'où : *palenca> devenu en bas latin 
«planca» et en français planque ou «planche». 

PAC 2 , lier. Équivalente de bac. D'où : *paccos, dans le 



— 87 — 

gaélique et le breton « pac » et dans le diminutif français 
paquet, venu d'un perdu pac. 

PENT, extrémité, bout, tête. Pour un précédent *cent (1). 
D'où : *pennos, pour *cendos, l'un dans le breton « penn » 
et l'autre dans l'irlandais « cenn », tête, sommet; et un fémi- 
nin *penna, dans notre mot penne, hauteur, éminence de 
terrain, et ses dérivés pennette et pennin, ce dernier 
dans « les Alpes pennines ». Noms propres gaulois composés 
avec pennos : Pennocrucion, Pennolucos, Pennovindos. Ici 
se relie la seconde partie de arepennis pour *arependis et 
*arepentis, mesure agraire, resté dans notre mot arpent*: 
les côtés, les extrémités d'une terre labourable (en une fois). 
En bas latin, on trouve les formes « arapennus » et « ara- 
pennum » , qui paraissent dénoter des variantes celtiques 
*arepennos et * arepennon. 

PET, quantième. Pour un précédent *cet. D'où *petis ou 
*petos, combien, dans le breton «pet» (confrontez le latin 
«quot», même sens de combien, «quotus», en quel nombre, 
et *cottu, de «cottidie», forme de «quotidie», chaque jour 
^Henry) ; un dérivé b. 1. petia, dans le français pièce; etc. 

PIC, petit. Forme centrale et méridionale de bic. D'où : 
*piccos, égal à biccos et du même sens de petit, en français 
pic, usité seulement au diminutif: picon ou «pichon», 
picot ou «pichot». 

PIC 2 , pointe. D'où nous avons : pic, outil pointu, mon- 
tagne pointue, et oiseau qui perce Técorce des arbres, d'un 
précédent *piccos; le verbe piquer et autres dérivés. 

POT, enfler; être gros. Forme centrale de bot. D'où : 
*potos ou *po«os, égal à botos ou bottos de «bout», chose 



(4) Ne pas oublier que le c est toujours dur. 



— 88 — 

ronde, et à bodos pour botos de «boude», ventre, gros ven- 
tre, dans pot, proprement chose grosse ; et un féminin *pota 
ou *potta, égal à boda pour bota de « boude » , lèvre, dans 
pote, même sens de lèvre (en genevois et dans les départe- 
ments de l'Est, corne dans le Centre, «pote», en italien 
«pota», en oc «pot», au masculin, et «pota», au féminin), 
avec son dérivé potin, commérage. Les mots « pot » et 
« pote » s'emploient adjectivement aussi : « doigts pots », gros, 
par extension maladroits, « main pote ». Dans ce sens, on dit 
également potelé : «corps potelé», main potelée». 

♦ PUC, pointe. Equivalente de pic. Dans Toc «pue», 
«puch» et «puech», et dans notre mot «puy», pour «pui», 
«puich» et puic. Le latin «podium», de Darmesteter, n'est 
pour rien ici. 



ROC, pierre; grosse pierre. D'où : *roccos, dans le 
gaélique, le catalan, l'oc et le français roc; et une forme 
féminine *rocca, dans roche. 

RUSG, écorce. D'où : *ruscos ou *ruscon, que dénotent 
le breton rusk, l'irlandais ruse, etc. ; et une forme féminine 
rusca } dans Foc de même grafie et dans le français rusque 
et «ruche», écorce, et cloche à abeilles, faite avec des 
écorces-d'arbres, plus particulièrement aujourd'hui avec des 
poignées de paille tordues, ce qui a fait doner, par res- 
semblance, le nom de « ruche » à un tulle plissé. 



SA G, couvrir, enveloper. D'où saga 9 casaque gauloise 
qui fut adoptée dans les armées romaines. D'une forme se- 



— 89 — 

côndaire *sagia, devenue saia dans les textes atins du moyen 
âge, avec chute du g dur, nous avons aujourd'hui saie. Par 
un dérivé *sagilon y Toc «saile», gros manteau de poil de 
chèvre. En bas latin, on trouve aussi « sagus » et « sagum », 
dénotant de précédents *sagos et *sagon. 



>, résine, suc. D'où : *sapos, arbre qui produit de la 
résine , mot resté dans le breton « sap » ; un dérivé *sapinos> 
dénoté par le bas latin « sapinus » et qui se conserve dans le 
français sapin. En grec foo?, suc. D'autres formes, à c ou 
k y dans le lith. « sakai », résine, l'ancien slavon « soku », suc, 
et le latin «sucus», ce dernier avec le même faiblissement 
de la voyelle que dans « currus », char, équivalent du gaulois 
car r os, etc. 

SCAN, fendre, déchirer, user, fatiguer à l'excès. D'où : 
le verbe irlandais sgainim, je fends, je déchire, et sgainne, 
écheveau ; l'oc « escanar » , fatiguer, épuiser ses forces ; et le 
français : « écagne »» échev.eau, pour escanie (même pro- 
nonciation), d'un précédent *scania; et escanguer, broyer 
(le chanvre, pour séparer la matière textile de la tige). 

• 
SU, produire. D'où : le vieil irlandais « suth », descendant, 
et, avec préfixe, « soithim », j'enfante, indiquant, selon Henry, 
un celtique to-su; le breton a do-zvi » pour « do-zui », pondre ; 
etc. En sanscrit «suta», fils, fille, «sute», elle enfante; en 
gaulois *succos, porc (à cause de la géniture nombreuse) ; en 
latin « sus », en sanscrit « sukara », même sens (ce dernier com- 
posé avec kara, « exprimant l'agent de la chose énoncée par 
l'autre partie du mot » (Emile Burnouf); en alemand « san », 
truie; en grec 3ç, cïïç, porc, uïoç, aufoç, géniture. Par assimi- 
lation du fer d'une charrue (autrefois à pointe relevée) à un 
groin de porc, le latinisé « soccus », passé au sens de soulier 
de femme (à pointe relevée). En français, nous avons soc, 

^fer de charrue, et, par une forme féminine, soque. 

6 



90 



TAC, fixer. Dans notre verbe taquer, même sens de 
fixer, le substantif taque ou «tache », sorte de clou, chose 
servant à fixer, le diminutif taquet, petite pièce de bois 
qui porte le bout d'une autre pièce, avec un parallèle tassel 
ou «tasseau », le composé attaquer, joindre, par extension 
aborder, porter les premiers coups à un adversaire, avec 
forme chuintée «attacher», même sens de joindre; etc. 

TAL, front: surface plane. D'où talos, front, dans Dub- 
notalos et autres noms propres. En français, nous avons 
« tailler » pour talier, couper en surface plane, etc. En 
sanscrit « tala », surface; en breton et en gallois « tâl », 
front. 

TAN, chêne. D'où : *tannos, dans le breton « tann », même 
sens de chêne ; et un neutre *tannon> dans le bas latin « tan- 
num » et notre mot tan, écorce de chêne. Noms de lieus : 
Tanneium, aujourd'hui Tannay (Ardennes), Tannetum, au- 
jourd'hui Le Tannois (Meuse), etc.; Noms d'homes : Tan- 
nogenus, Tannonius, Tannius, etc. Même racine*dans l'ancien 
germanique « tanna » , sapin et chêne , en alemand actuel 
« tanne » . 

TAR, percer. D'où : *taratron 9 outil à percer, mot qui 
se retrouve dans le vieil irlandais «tarathar», le gallois 
«taradr», le bas latin « taratrum » , le breton «tarar», pour 
un précédent « taradr », etc. En français taraire, avec 
parallèles taraud et tarière. Même racine, avec chan- 
gement de voyelle, dans le grec Tspexpov et le latin « terebra ». 

TEC, fixer. Variante de tac. Dans téquer, marquer 



— 91 — 

d'une empreinte, le substantif tèque, égal à « tache » au 
sens de chose fixée, et dans le composé entéquer ou en- 
ticjuer, devenu « enticher », envahir par une tache, envahir 
par une prédilection excessive : « être entiché de quelqu'un ». 

TIC, toucher. Dans nos mots tiquer ou « ticher » même 
sens, ticocher? taquiner, entiquer ou « enticher », ex- 
citer par des petits coups, ce dernier distinct de « enticher », 
fixer ; etc. En latin « tang » pour *tag, dans « tangere » dont 
la nasale tombe dans « tactus » . 

TOC, toucher. Variante de tec. Dans notre double verbe 
toquer et touquer, cette dernière forme chuintée en 
«toucher», le fréquentatif «touiller», pour *touguiller et 
touquiller, doner de petits coups, batre à petits coups, 
mot que Darmesteter tire d'un latin « tudicula », marteau, et 
chatouiller, toucher légèrement, composé avec le préfixe 
caU Une ancienne forme de ce dernier verbe, forme confir- 
mative, est « chatiller », de la variante tic. 

TRADj tourner. Dans *trasela pour *trad-sêla> grive, au- 
jourd'hui en français «trâle», pour «trasle » et trascle. En 
breton « trascl » , altéré en « drask » . Une forme en o se trouve 
dans le comique «troet» et l'irlandais «trod», étourneau. 

TRAG, courir. D'où tragos, coureur, dans vertragos, 
chien lévrier (ooeptpaYol dans Arrien, historien grec du deu- 
sième siècle), mot composé avec la particule augmentative 
ver qui est dans Vercingotrix, Vergobretos, et autres noms : 
Le sens de vertragos est grand coureur. Par abréviation, le 
français *vertrague est devenu « vertreg » , et il s'est en- 
suite altéré en « veltreg » , « veltre » , « vieltre » , « vialtre » , 
«viautre» et «vautre», En vieil irlandais «traig», aujour- 
d'hui « troigh » , en breton « troad » pour « trogad » , en gal- 
lois «troed», pied, marche. Même racine : dans le moyen 
breton «traez», rivage, vieil irlandais «tracht», proprement 



— 92 — 



étendue, trajet; dans le latin «trahere», tirer, le gothique 
a tragian », courir, le grec Tpéxsiv, même sens, etc. 

TRID, tourner. Identique à trad. D'où un *trida dans 
notre mot « trie » pour tride, grive. 

TRUG, misère, détresse. Équivalente du grec urpeuv de 
<TTpeuYO[xai, je suis en détresse. D'où : le gallois « tru » pour 
«trug», chétif, d'un précédent *trugos (confrontez le nom 
d'home gaulois Trogos), «truan», faible, calamiteus, d'un 
précédent *truganos ou "trouganos ; le breton « truant » et le 
français « truand » et truant, d'un *trugantos. 



VARS, supériorité; force. Equivalente de bars. Dans 
*varron pour *varson y devenu nom d'home (l'auteur latin de 
ce nom le faisait remonter à un guerrier fait prisonier en 
Illyrie par un de ses ancêtres, et ce guerrier devait être d'o- 
rigine gauloise, car Lydus dit que Varron signifie, chez les 
Celtes, force, courage ou courageus). Par varron, avec in- 
fluence des dérivés de bars, ou bien par un *barron, du 
même bars, est venu un réduit *baron et le latinisé « baro », 
et ce mot est resté dans le français baron, home fort, home 
supérieur, distingué par sa vaillance, par ses qualités mo- 
rales, par sa naissance, maître, chef, grand seigneur («les 
hauts barons de France »), et en même temps mari, chef de 
famille (« autorisée par son baron, c'est à dire par son mari » 
(Montesquieu, Esprit des lois, XXVIII, 25), et il est encore 
employé, au dernier sens, dans la Flandre française, la Pi- 
cardie et la Champagne. Le scoliaste de Perse a doné au 
pluriel «barones» le sens de soldats mercenaires, soldats 
auxiliaires, servants (peutêtre employés au transport des 



— 93 — 

vivres ou des engins (« Lingua gallorum barones dicuntur 
servi militum... »), sens étendu de celui de homes forts. Le 
même scoliaste traite de sots les soldats dont il parle (« qui 
stultissimi sunt »), mais je lui retourne le qualificatif, car les 
servants gaulois ne pouvaient pas être plus sots que ses com- 
patriotes manouvriers, lesquels ne devaient pas être pris 
dans le sénat romain. Aujourd'hui corne alors, nos soldats du 
train des équipages ne sont pas moins intelligents que les 
autres homes, et, quant aus porteurs (si les barons étaient 
des porteurs), nos forts de la halle et autres peuvent être des 
homes rudes, mais ils ne sont pas non plus des sots. 

VAS, habiter. D'où : *vastis y maison, et *vastos, home, 
habitant de la maison, ce dernier devenu vassos et latinisé en 
« vassus ». Henry, qui done *wastwo-, ou wasto-, [w pour la 
prononciation), compare avec raison le sanscrit «vastu», 
maison, et le grec à<rcoç, bourgeois, de arcu pour Fdaru, ville. 
De vassos nous avons eu un vas qui est devenu « gas » (en 
breton « gwaz ») et il nous en reste deus dérivés avec v ; vas- 
sal et « valet », ce dernier pour « vaslet » et vasselet. 

VEG, porter. Equivalente de beg. D'où : venna pour veg- 
na, planche mobile qui se lève ou se baisse pour ouvrir ou 
fermer le passage de l'eau dans une écluse, proprement chose 
qui porte, qui maintient (l'eau), mot transmis par le bas latin 
et qui nous a doné venue, aujourd'hui « vanne ». 

VER, bon. D'où : vernos, devenu nom propre et latinisé 
en « vernus » dans des inscriptions. Une espèce d'arbre ayant 
été désignée sous le nom ver nos y nous avons, en français, 
verne et, par un *vernios, « vergne » pour vernie, avec la 
même prononciation (en breton et en gallois «g-wern», en 
comique «g-wernen», en irlandais «fern»), et le dérivé fé- 
minin de même grafie « vergne » ou vernie, d'un précédent 
*vernia, lieu où croissent les arbres vernes. Noms propres : 



— 94 — 

Wrnodubram, Durovernum. Vernetum; et français Verne, 
Wr^ne, La Vergne. Vernet. Vernois, Verneuil, etc. 



vêtir, couvrir. D'où : *vescis. vêtement, resté dans 
le breton « g-wisk » , le gallois « g-wisg » en latin, presque 
la même forme dans «vestis», en grec I<r6q?, eaGoç, pour 
FstrfMç Fenfloç, en gothique « vasti » , en sanscrit « vas- 
tram ». etc.'. Nous devons avoir, de cette racine : velope, 
formateur de déveloper, de enveloper et envelope, et 
venu d'un *çelopa ou *veloppa y pour *veslopa ou *vesloppa 
Confrontez le latin « vélum » pour *veslum, rideau, voile, 
distinct du « vélum » pour *vehelum, voile de navire, qui 
vient de « vehere ». porter, transporter . 

VI, courber, tordre, tourner. Et vei- D'où # : Viras (ri- 
ra* distinct de viros, homei et *veiros y courbe, dans le bre- 
ton « g-war », le gallois « g-wyr ». F irlandais et le gaélique 
« fiar », etc. : rira et riria, au diminutif rirola et çiriola, bra- 
celet d'or, chose tournante, dans nos mots vire et virole; 
* viru, dans le verbe virer, inséparable des précédents, quoi 
qu'en dise Darmesteter. car le breton a le même dérivé que 
nous. « g-wara». J'ajoute : «gwarek» arc, cintre, voûte, et 
« gwarigel », biais, du même breton; sans compter les mots 
où la finale ro-s n'est pas entrée dans la composition : « gwaz », 
veine et ruisseau, proprement les tortueus, « gwéa», tordre, 
tresser. « gwéden » , corde , lien d'osier, le comique « gui- 
den », cercle, le vieil irlandais « feith » pour « weith », fibre, 
etc. 

"VID 4 , bois. D'où : *ridus, même sens, dans*ridubion y lati- 
nisé au moyen âge en «vidubium», serpe, sorte de hache, 
mot composé avec bi 9 fendre, tailler, et qui nous a doné 
« vouje » pour « veouje », « viouje » et vidouje, avec alonge- 
ment de IV et chute du b. 

VID 2 , voir, connaître, savoir. D'où, en composition : 



— 95 — 

druida, pour *druwda, devenu en français druide, propre- 
ment très sage, supérieur par le savoir, au féminin drui- 
desse. 

"VTND, être blanc, être visible, brillant. Nasalisée de vid. 
D'où : vindos, blanc, dans BaTrovindos, sommet blanc, Vin- 
domagus pour Vindomagos, champ blanc ou champ de Vin- 
dos, etc., (en breton «g-wenn», en ancien irlandais « find », 
en gallois « g-wyn », blanc); vinda, forme féminine, et un 
dérivé *rindia, devenu *vinnia, en français « g-uigne » pour 
vinnie, cerise blanchâtre. 



TABLE DES DÉRIVÉS («). 



abandon, etc. — band. 

abonner pour abotner, etc. — bot. 

abraquer. — brac 2. 

abrier pour abriguer, mot altéré, dans le français, en 
« abriter», mais conservé dans les dialectes; et le substan- 
tif verbal « abri ». — bheg. 

acinier. — ac 2. 

agonie, « agonir ». — gon. 

aire, baie, petit fruit, etc. — ar 2. 

aiser, etc. — as. 

aisselet aissieu, ce dernier altéré en « essieu ». — ac 3. 

aive pour ave, altéré en « ève », qui est identique à « eau » 
pour « eue » et « aue » (la forme « ave » se conserve dans 
« essaver », faire écouler l'eau d'un pré au moyen de ri- 
goles (le dérivé « aiveus » , « éveus » , doit venir d'un inter- 
médiaire *avosos, masculin de avosa, nom de plusieurs 
rivières, aujourd'hui Ause, etc., et « aivier », « évier» d'un 

1. Je crois inutile d'inscrire les dérivés secondaires qui n'ont rien de 
particulier, tels que : « abandoner », « abandonataire », « abandone- 
ment », de ■ abandon », etc. 

7 



— 98 — 

'avarion, identique à celui qui nous a doné le nom de ri- 
vière Aveyron ou, niieus, Aveiron). — Av. 

aleine, etc. — a*. 

alingoe. — acI. 

aluchon. — ac 1. 

aloue, mot presque toujours employé aujourd'hui au dimi- 
nutif. « alouette ». — al. 
îimhrmflnrir^ etc. — amb et ag. 
anriain . — and. 

andeler, fréquentatif de « ander », contracté, dans le fran- 
çais, en *andler, *anler, et altéré en » aller », mais conservé, 
corne « ander ». dans certains dialectes : « s'andeler », s'en 
aller on dit aussi, sous l'influence de Taltéré, « s'andal- 
ler » . — ami. 

ander, etc. — axd. 

andouille, mot formé du même « and », réduit à « an », 

et de « douille ». 
aque et ache. — ac 2. 
argne pour amie (avec la même prononciation), mot 

altéré en « hargne » (dans le français, on n'emploie que le 

dérivé « h-argneus », mais « argne » est dans les dialecjes 

et pourrait être généralisé ;. — ar. 1. 
arpent. — ah 3 et pext. 
artigue. ~ar3. 
aue et ave, la premième forme altérée en « eue » et en 

« eau » . — av. 
ausier, et «auseraie», mots altérés, dans le français, en 

« osier » et « oseraie ». — av. 



bac. — bac 1. 

bachel, et « bachelet » . — bac 4. 

bachelier. — bac 4. 



— 99 — 

bâchoue pour baschoue. — bas. 

baderne. — bad 2. 

badit, et « baditin ». — bad 1. 

bagarre. — bag 1. 

baguer, courber ; <* bague » , anneau de doigt ou de 
chaîne, etc. — bac 2. 

baguer, lier; « bague », paquet; « bagage », l'ensemble des 
paquets; « bagot », petit paquet (de bois), mot altéré dans 
le français, en « fagot »; et « bagotier », home de peine qui 
se tient aus stations des diligences ou, aujourd'hui, des 
chemins de fer, et qui aide les voyageurs à porter leurs 
paquets. — bag 2. 

bahut pour bagut, etc. — bac 2. 

baie, golfe. — bac 2. 

baille pour balie (avec même prononciation], tacheté de 
blanc ; et « baillet » pour *baliet. — ba 2. 

baille pour baquille, diminutif de « baque », récipient. 

bailler pour bagailler, fréquentatif de « baguer » , lier, 
passé du sens de empaqueter à celui de livrer, de fournir, 
de doner; « bailleur », qui .done, qui fournit (« bailleur de 
fonds »); un autre « bailleur », du sens de rebouteur, pro- 
prement qui relie les membres cassés, mot aujourd'hui 
inusité; etc. — bag 2. 

balafre pour baslabre, mot formé de « bas » pour « bes ». 
et de « labre ». 

balai, etc. — ban. 

bandon, autorisation, pouvoir de, mot iuusité au simple 
mais resté dans « abandon » , action de laisser à la dispo- 
tion de quelqu'un. — band. 

banlieue, mot composé de « ban » et de « lieue ». 

bannir pour bandir; « ban » pour *band; « banal », autre- 
fois « bannal », etc. — band. 

baque et bâche, couverture de toile ou de cuir pour en- 
veloper un chargement. — bac 3. 

baque et bâche, récipient, etc. — bac 1. 






• • 



— 100 — 

barboter pour barvoter. — bakv. 

barbouiller pour barbouiller. — barv. 

bargue et barge, canot. — barg i. 

bargue et barge, meule de foin ou de paille. — barg 2. 

baron pour vairon- — vabs. 

barouir. — babv. 

barraque, proprement construction en barres les dialectes 

ayant rr, l'italien «baracca», doné par Darmesteter, ne 

peut être qu'un frère altéré). 
barre, etc. — babs. 

bart, et « bardel » ou « bardeau » pour *bartel. — bars. 
bartavelle. — babs. 
barte. — babs. 
basse, et « bassin ». — bas. 
bastide, « bastille ». « bastion », etc. — bars. 
bât pour bast, « bâtard » pour « bastard », « bâton » pour 

« baston », etc. — babs. 
bataille, etc. — ba 3. 
bâte. — ba 3. 

bâtir pour bastir, etc. — bars. 
batre, « abatre », « combatre », etc. — ba 3. 
baume pour balme. — bal. 
béai pour bédal. — brd. 
bec, a bécasse », « béquille », etc. — bec. 
bêche pour besche. — bes 2. 

bel et beau, « belle », « beauté », « embellir », etc. — bel. 
belue pour belugue, mot presque partout employé au- 
jourd'hui au diminutif, « beluette » ou, par contraction, 

« bluette ». — bel. 
benne et banne; «bennard», gros char pour matériaus 

de construction, mot altéré en « binard » et qu'on a déclaré 

d'origine inconnue; etc. — beg. 
bèque. — bec 1. 
ber. — ber 2. 
berge, et « bergeon ». — berg. 



— 101 — 

berle. — ber 1. 

berlue pour beslue. — bes 1 et leuc. 
benne, et « bermier ». — berm. 
bertouder pour berctouder. — berc. 

besoche. — bes 2. 

besoin pour beson, « besogne » pour *besonie avec la 
même prononciation), etc. — 1. 

bet, mot dialectal, formateur de « boul » pour *betoul et de 
« bouleau » pour *betouleau. — be. 

bévue pour besvue. — bes 1 et « vue ». 

biaiser pour *bigaiser, etc. — big. 

bic, petit; « bichon », etc. — bic 2. 

biche. — bic 1. 

bielle pour biguelle. ■— big. 

bièvre pour bèbre. — beb. 

bigarre, irrégulier, mot devenu « bigeare » dans certains 
pays et altéré en « bizarre » dans le français (cet adjectif 
devrait figurer aus dictionaires dans sa première forme, 
en même temps que le diminutif « bigarreau » , désignant 
une cerise blanche d'un côté et rouge de l'autre, et que le 
verbe « bigarrer »). — big. 

bigler pour bigueler. — big. 

bigot, etc. — big. 

bigoudi, fil de fer garni de peau servant à rouler les che- 
veus pour les faire friser. — big. 

biguer, « bigue », etc. — big. 

bijou pour bizou. — bid. 

bille pour bilie (même prononciation), tronc d'arbre, pièce 
de bois; «biller» pour *bilier, serrer au moyen d'une 
bille; «billot», «billon», etc. («billon» au sens spécial 
de barre de métal, lingot, particulièrement lingot de cui- 
vre). — bil. 

biller pour biguiller, fréquentatif de « biguer » et dis- 
tinct du « biller » de l'article précédent; « bille » pour *bi- 
guille, petite chose tournante; et «billard» pour *biguil- 



— 102 — 

lard, table à billes, bâton recourbé, pied divergent ou 
convergent, boîteus (confrontez «bigot» du même sens), 
cheval dont les jambes de devant tournent en dehors, 
bœuf dont les cornes n'ont pas la direction ordinaire. — 

BIG. 

bique. — bic 1. 

bisague. — bis 3. 

bise, taille; «bisel» ou «biseau»; «bisette»'; «bise- 

1er», etc. — bis 3. 
bisque, aigre, amer ; « bisquet » , aigrelet ; « bisquer » , 

éprouver une impression amère, etc. — bis 1. 
bistouri. — bis 3. 
blé pour blat, « blatier », etc. — mel. 

blec et blèçhe, «bléquir»et «bléchir», ce dernier avec 
une forme altérée «fléchir», au sens de ployer. — blec. 

blême pour blécime, etc. — blec 

blesser pour blécer, etc. — blec. 

blouse pour belouse. — bks 3. 

bocage. — boc. 

bogue. — bog. 

bois pour bosc, «bosquet», etc. — boc. 

boîte pour boiste, «boiter», etc. — boc. 

bonne pour botne, mot altéré aujourd'hui en « borne » , 
mais se conservant dans «abonner», contracter un enga- 
gement pour un temps limité, borné. — bot. 

bosse, protubérance au dos ou à la poitrine, etc. — boc. 

bosse et boisse, grand pot, toneau ; « bossel » ou « bos- 
seau » et « boissel» ou « boisseau » ; etc. — boc 

bot, gros. — bot. 

bote, chaussure, «botier». etc. — bot. 

bote, faisceau (bote de foin, de paille, de légumes); etc. — 
bot. 

bote, grand pot, toneau. — bot. 

bouc, «boucher», etc. — buc 4. 



— 103 — 

bouche pour bousche, mot presque toujours remplacé 

aujourd'hui par le diminutif « bouchon ». — boc. 
boude, ventre, home gros, mot remplacé dans le français 

par le diminutif « boudin », qui s'est spécialisé au sens de 

petite chose ronde. — bot. 
boude, lèvre, grosse lèvre, mot inusité aujourd'hui, mais 

resté dans « bouder », proprement grossir les lèvres. — 

BOT. 

boue, etc. — buc 2. 

bouée pour boudée. — bot. 

bouge, partie bombée d'un toneau ou autre objet. — bolg. 

bouge, sac de cuir, et diminutif «bougette», bourse, que 
nous devrions substituer à a budget», altération anglaise 
de notre mot, et stupidement repris par nos anglomanes. — 

BOLG. 

bouger. — bug. 

bougon, etc. — bug. 

bouigue et bouige. — boc. 

boul pour betoul, diminutif de «bet», et le plus souvent 
remplacé aujourd'hui par son diminutif particulier « bou- 
leau » ; etc. — be. 

boule pour botoulé, chose ronde, grosse; etc. — bot. 

bouquet, etc. — boc 

bourbe pour bourve, et une forme « borve » dans le 
bourguignon. — borv. 

bourie pour bouerie, mot altéré dans le français en 
« borie » . — bov. 

bouse, etc. — bov. 

bout, « bouton », « bouter », « abouter », aboutir », etc. — 
bot. 

boute, « bouteille », etc. — but. 

brague pour braque, ceinture, culote, mot conservé dans 
certains dialectes avec sa forme en g et devenu en français 
« braigue » et « braié » ; et « braguette ». — brac 2. 

brague pour braque, corde, lien, mot identique au précé- 



— 104 — 

dent et dont la forme archaïque reste dans « abraquer », 
tirer un bateau par des cordes, etc. 

brail pour braguil, cordon, lacet, et a se débrailler » pour 
« se débraguiller », se découvrir la poitrine. — brac 2. 

braire pour braguir, « brailler » pour « braguiller », etc. — 
brac 1. 

brande; « brandon »; « brander » ou « brandir », agiter les 
brandes, secouer, etc. — brand 2. 

brandir , dresser, mettre sur pied, verbe distinct de « bran- 
dir », secouer, de l'article précédent. — brand 1. 

branque et branche, « brancard », etc. — branc. 

braque, déséquilibré. — brac 4. 

braque et brache, court; «braquet» et «brachet». — 
brac 4. 

braquer, assujétir une arme de trait pour la lancer, assu- 
jélir un fusil à l'épaule pour viser. — brac 2. 

braquer, rompre, — brac 4. 

bras pour brace, malt ; «brasser», pour les précédents 
« bracer » et «bracier», préparer l'orge pour faire la 
bière; «brassin» pour «bracin», cuve à bière, etc. — 
brac 3. 

braser et braiser, identiques à «briser», la seconde 
forme devenue, dans certains cas, «fraiser» (sous l'in- 
fluence de l'f latin); « brase » ou «braise», fragments de 
bois brûlé; « fraise », col plissé, membrane plissée; « bra- 
sier » ; les diminutifs « brasil » , « fraisil » ; « embraser », 
etc. — bras. 

braser, élargir, agrandir; « ébraser », etc. — brad 1. 

brède, lanière; « brédir », etc. — bréd. 

bréher pour bréguer, ceindre, fixer autour ; et « brée » 
pour « brègue », garniture en fer du manche d'un marteau 
de forge. — brec 1. 

breller pour brégueller, fréquentatif de *bréguer; 
« brelle » pour *bréguelle, etc. 

bren et bran, « bréneus », « embréner », etc. — mer. 



— 105 — 

braquer; « brèque » et « brèche »; « brecter », « brecteler »; 

« ébréquer » et « ébrécher ». — brec 2. 
brésiller, et « brésil ». — bres. 
bresque et broche. — bres. 
breuil pour broguil. — brog. 
briber pour briper, mot dont une autre forme est « bri- 

fer »; et « bribe » pour *bripe. — brip. 
briche, mot altéré dans le français en « friche ». — bric. 
bride, etc. — brid. 
brimer pour birmer, et « brimade » pour *birmade. — 

BIRM. 

brin pour brind, petite parcelle (brin çle pain), tige menue ; 

a brinde » et « brindille ». — brino. 
brise, vent léger et frais. — bris 2. 
briser, etc. — bris 1. 
broc. — ber 2. 
broder, etc. — ber 2. 
broque et broche; «brocard», trait piquant, et jeune 

cerf, chevreuil ou daim dont le bois n'est encore qu'en 

pointes ; « broquet » ou « brochet » , poisson au museau 

pointu; etc. — ber 2. 
bronde, et «brondille ». — brond. 
brot, bouillon, mot inusité au simple mais conservé dans 

« chabrot ». — berv. 
brou, identique au précédent et remplacé par le diminutif 

« brouet», même sens de bouillon. 
brouer, échauder, produire de la vapeur; « broue », vapeur 

d'eau, pluie fine; «brouine» ou «bruine», proprement 

petite broue ; etc. — berv. 
brouiller pour brouguiller, fréquentatif de « brouer » ; 

« brouillas », souvent remplacé par « brouillard »; « brouil- 
lasser », « brouillon », etc. — berv. 
brouir, échauder, brûler, en parlant de l'action du soleil 

sur les plantes, mot égal à « barouir » et à « brouer ». — 

berv. 



— 106 — 

t)f tigtlO <*t brug© t « bruguière » (altéré dans le français 
on » bntyow ^ ot * brugiore » ou « brugère ». — bbuc 2. 

tu'uir* pour bruguir. - »rvc i. 

Iwfttar pour brutler *t bruaeler; etc. — berv. 

lintM<|U*% un* 1 », 

tlUUt ti%tiw % mot oousorvè dans les noms propres et dans 
h bmpto »» wiv ^ 

llllO, OIVU*» *VV I 

llUlltt \\w\W bUQU*» *t * bubot » pour 'bugot — buc i. 

ImiU, \A\\ w»h\ 

IttfttttMtm, olo W*\ 

llUM!*! uud * s $n\ fc * ^ >x ^ ** AV * V un dérivé de même forme au 
m>hn do pohlo l«Muo do bois, de haleine ou d'acier qui sert 
n WMWWWww lo do\*nt d u^ejupe ou d'un corset; «débus- 
thior « ol *dobuobor** chasser du bois; par analogie, 
rbio^or tptcbpi uu do >oa vo>te: i embusquer », « embus- 
ondo % >v oNibùchor *n * evr/SfwLe *, oie — *cc 3. 

tmtftjm* ot ImMmk eu\. — *\ c s. 

lMtftrt(*t \A * buvard *n - *i * 3- 

iMlli u\ol idouh^ue à «. Vo.it » . ;.\t»r seus «spôc-ialde point où 
I w\\ \im\ ou I ou \ent arriver: c 1» Arr > . Fraper au but, 
b»MMlot\ a >o buter *, si»lKi-:ier: < <jt*:»L;î"r » . a rebuter », 

Ho M K 



oaIhwou et cabioon, — cat l . 

tHU\hw\ coi ix rir, soustraire h la vue : ««ca.be *, «. cachette », 

* ea* bot », <« t'Ai botier ». etc. — c*c 1. 
irtAchw, fouler, presser: u en ri jet >, ch.ise qui presse; « éca- 

< ber )\ etc., — cac 2, 



— 107 — 
cadelit et chadelit, contracté dans le français « châlit ». — 

CAT 1 et LEG. 

cai, mot altéré en « quai ». — cag. 

cail et chail. — cal 2. 

caillasse pour caliasse. — cal 2. 

caille pour calie (avec la même prononciation), blanc; et 

« caillet » pour *caliet. — cal 1. 
caillebot pour caliebot, arbrisseau dit aussi « boule de 

neige » . — cal 1 et bot.* 
caillou pour caliou. — cal 2. 

calne pour caisne, altéré en « quêne », (pour l'intermé- 
diaire « quesne ») et dans le français « chêne », etc. — cas. 
caje pour cabie, avec alongement de 17 et chute du b. — 

cap 2. 
cal et chàl, et « acaler » ou « achaler », poursuivre à coups 

de pierres, à coups de cals ou chais. — cal 2. 
calamande. — cal 1. 
calandrer pour calander. — cal 1. 
cale, et « caler ». — cal 2. 
cambier. — camb. 
camin et chemin, etc. — cing. 
camise et chemise, etc. — cam. 
canjer et chanjer, formes contractées de « cambier ». 
cant, avec. — cant. 
cant et chant, côté, bord ; « canlel » ou « canteau » et 

« chanteau » ; « cantier » et « chantier », etc. — camb. 
Cape et chape; « capel » ou « capeau » et « chapeau; » « ca- 
pelet » et « chapelet » ; « caperon » et « chaperon » ; « capu- 
che », etc. — cap 1. 
car et char; « carret », « carre tte » et « charrette » ; « car- 
riot » et « charriot »; « carriole »; « carguer » et « charger » ; 
« cargaison », etc. — cars. 
carne et charne; « carnelle » et « charnelle » ; « carnière » 
et « charnière » : « écarner » et « écharner » ; etc. — car. 
cat et chat, etc. — cat 2. 



— 108 — 

catouiller et chatouiller. — cat 1 et toc. 

causse. — cal 2. 

chabrot. — cat 1 et « brot ». 

chagrin pour chacrin, inquiétude. — cat 1 et ciut. 

chai. — çag. 

clan. — cen. 

clapier pour calapier. — cal 2. 

clède et claie (dans le saintongeais, plus étymologique- 
ment « dite »). — cli. 

combe. — comb. 

combre, « encombrer », « décombrer », etc. — com et ber 3. 

coudre pour coulre, noisetier. — cos. 

cougoule. - eue. 

court, etc. — cor. 

craindre pour crienre, etc. — crit. 

crâne, fier. — crap. 

cren et cran; «crénel» et «Créneau»; «créner», «cré- 
neler » ; « encrener » (altéré dans le français en « en- 
grener »), etc. — CAR. 

creus, etc. — cor. 

crinier. — crit. 

croc; « croquet » et « crochet » , « croquis » ; etc. — cor. 

croce et crosse. — cor . 

croche, etc. — cor. 

crote, etc. — cor. 

crouler pour croteler, etc. — cor. 

eue, et « cuque ». — eue. 

cute, « se cuter ». — cut. 



darne. — dar 1. 
darte. — dar l. 
dauber. — dal. 
délayer. — li. 



— 109 — 

. — i. 
doXxnen, mot emprunté du breton et composé de « dol » 

pour « taol », chose plate, table, et « men », pierre, 
doue pour dougue, et «douelle» pour « douguelle ». — 

i>oc. 
douille. — doc. 

L. — DRU. 

>. — dru et VID. 

>. — DUN. 

E 

eau pour aue. — av. 

élraard pour esbucard. — buc 3. 

écagne pour escanie (avec la même prononciation). — 

SCAN. 

écanguer pour escanguer. — se an. 
essieu pour aissieu. — ac 3. 
ève pour aive, etc. — av. 



fagot pour bagot. — bag 2. 

Son pour bion. — bi 2. 

fléchir pour bléchir. — blec . 

fraiser pour braiser, etc. — bras. 

fraper pour braper. — brap. 

friche pour briche, et « défricher ». — bric 

friper peur briper, etc. — brip. 

friser pour briser, etc. — bris. 



gabelle, impôt, et « gabelou». — gab. 

gabelle et javelle, poignée de blé coupé, etc. — gab. 



— 110 — 

gabie, « gabier », « gabion ». — gab. 

gabiole, mot contracté en « geôle ». — gab. 

gadoue. — gad. 

gafer pour gaber, saisir, mordre; « gafe», croc, harpon, 

et « gafe », morsure, particulièrement morsure de la langue, 

passé au sens de maladresse («faire une gafe », se 

tromper, se mordre la langue). — gab. 
gai, « galet », etc. — gal. 
galbe, etc. — galb. 
gambe et jambe, «gambette» et «jambette», «gam- 

bon » et «jambon », « gambader » et « ingambe ». — gamb. 
gamin pour gasmin, etc. — gas et min 1. 
gard et jard, « gardin » et «jardin ». — gart. 
garre et jarre, « garret » et «jarret », etc. — gars 1. 
garron pour garson, mâle de la perdrix, mot diminutif 

de « gars », mâle. — gars 3. 
garrot, partie saillante au dessus des épaules, chez le 

cheval, le bœuf, etc. — gars 2. 
garrot, bâton, et « garroter ». — gars 2. 
gars, home, mari, proprement mâle; «garson», jeune 

home, etc. — gars 3. 
gars et jars, mâle de Toie. — gars 3. 
gas, home. — gas. 
gaude. — g av. 

gaugne pour gaunie (avec même prononciation). — gav. 
gaule, etc. — gab. 
gave, « gavion » et « gaver ». — gav. 
gibouler, et « giboulée ». — gi. 
gimelette. — gem. 
givre pour gibre, etc. — gi. 
glaire pour gleire, etc. — glei. 
glaise pour gleise. — glei. 
glette. — glei. 

gober, « gob », « gobe », « gobet », « gobelet », etc. — gob. 
gode, et « godiller ». — god. 



— ili — 

gone, « gonichon » et « engonser ». — gxv. 

gonse et « gosse ». — g ex. 

gord. — gort. 

gouaille, et « gouailler », « gouailleur ». — gov. 2. 

goualer. — gor i. 

gouanfre. — gov 2. 

goue, et « engouer », a engouement ». — gov 2. 

gouélan. — gov 1. 

gouèse, et, altéré, «goise», d'où «dégouéser» et « dé- 
goiser ». — gov 2. 

gouje, grosse femme ou grosse fille, et « goujat ». — golb. 

gouje, outil à lame creuse et à forme de bec. — gulb. 

gousier et « gosier ». — gov 2. 

grave, et « gravelle », « gravier » etc. — grav. 

grègue. — grec. 

grèque. — grec. 

grève, etc. — grèv. 

guenipe. — gen 2. 

guenon, et « guenuche ». — gex 2. 

guêtre pour guiguètre. — gig. 

guibe et gibe, crochet, harpon, engin de chasse ; et « gibet. » 
« gibecer », « gibecière », « gibier ». — gib. 

guibe et gibe, jambe; « guibole », petite jambe; « guiber » 
et « giber », remuer les jambes (en poitevin et en sainton- 
geais décocher un coup de pied, en parlant d'un cheval, 
d'un bœuf); « régiber», même sens; « guibelet » ou « gi- 
belet », moustic, etc. — gib. 

guigue et gigue, « guiguette » et « giguette » (la première 
forme contractée en a guiette », au sens particulier de 
pièce en contrefiche dans une charpente), et « gigot » — gig. 

guimbarde. — guimb. 

guimber, verbe équivalent de « guiber » , dans « réguimber » , 
dont la forme « regimber » a prévalu. — gimb. 



— 112 — 



H 



harnais pour harnache, et « harnacher ». — eis 



if, et « ive », « ivette ». — iv. 



jable pour gable. — gab. 

jabot pour gabot, et « jaboteT » pour *gaboter. — gab. 

jambe pour gambe, etc. — gamb. 

jante pour gante. — 'gamb. 

jard pour gard, et «jardin » pour « gardin ». — gart. 

jarre pour garre, et «jarret » pour « garret ». — gars 1. 

jars pour gars, mâle de l'oie. — gars 3. 

jate pour gabate. — gab. 

javelle pour gabelle. — gab. 

javelot pour gabelot, et «javeline» pour *gabeline. — 

GAB. 

jobe pour gobe, et «jobard » pour gobard. — gob. 

joli pour jolif, « joliveté », « enjoliver » etc. — dei. 

joue pour goude. — gav. 

joug. — iug. 

jouvence, jeunesse, et « jouvenceau ». — ieu. 



lague. — lag. 

laise, « alaiser » et « alaise ». — lais. 
lampas, et « lamper ». — lamp. 
lance, « lancer ». — lanc. 



— 113 — 

laxàde. — laxd. 

laper. — lap. 

lavre et lèvre. — lab. 

lice, palissade. — lec. 

lieue. — leu. 

lisière pour laisière. — lais. 

lit. — LEO. 

lucarne. — leuc. 

lue pour lugue, dans « berlue » pour « beslue ». — leuc. 



M 



magot, sac d'argent. — mag. 

maille pour maquille, petit anneau, petite boucle de 

filet. — mac 1. 
maint. — ma 2. 
manigance. — max. 
manivelle. — man. 
maquer, etc. — mac 2. 
maquerel et maquereau. — mac 2. 
maquiller, fréquentatif de « maquer », au sens de tacheter, 

de couvrir de taches ; et « maille ». pour *maquille, petite 

tache. — mac 2. 
maraud. — m au. 
marc. — marc l. 
marcher, etc. — marc 1. 
marcote. — marc 2. 
margotas. — marc 1. 
marguerie. — marc 1. 
marmite. — marm. 
marmoter. — marm. 
marne. — marg 2. 

mater, « matre », « matras » et « matraque ». — ma 1. 
mauvais. — mal 1. 

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— 114 — 

menhir. — men. 

mèque et mèche; « mégot » pour « mécot » ; « émécher », 
etc. — MEC. 

mésaise, et autres mots à préfixe « mes ». 

mie; « mique » et « miche » ; « miquet », « miquette » et con- 
tracté « miette », etc. — mic. 

min; « minet » ; « mignon » pour *minion ; « mignard » pour 
*miniard, etc. — min 1. 

mine, visage; « minois ». — min 1. 

mine, lieu d'où Ton extrait la pierre, aujourd'hui lieu d'où 
Ton extrait l'or, l'argent, etc. — min 2. 

mioche. — mic. 

mouton. — mol. 

morve. — morv. 

mote. — mot. 

moue. — mot. 

muce, « se mucer ». — muc. 

mus; « musel » ou « museau »; « muser », « museler ». — mus. 



N 



noue, sol gras et humide. — naud. 
noue, goutière, tuile creuse, etc. — nouc, 



osier, altération de « ausier ». 
ouche. — olc. 



paquet, etc. — pac 2. 

penne, « pennette » et « pennin ». — pent. 

pic, petit; « pichon », etc. — pic 1. 






— 115 — 

pic, pointe, oulil pointu, montagne pointue; « piquet », 

« piquer ». etc. — pic. 
pot, « pote », « potelé ». — pot. 
puy pour puich. — puch. 

a 

quai, altération de « cai ». 

quêne pour quesne, altération de « caîne » pour « caisne ». 



roc, « roche », « rocher», « rocaille », etc. — roc. 
rusque et ruche. — rusc. 



saie, et « sayon ». — sag. 

sapin. — sap. 

soc, et « soque ». — su. 

T 

tailler, etc. — tal. 
tan, etc. — tan. 

taraire, « taraud », « tarière ». etc. — tar. 
taquer et tacher; « taque » et « tache », « taquet »; « atta- 
cher », etc. — TAC. 

tassel et tasseau. — tac 

tèquer, « tèque » (égaus à « taquer » et « taque » ou 
«tache»); « entéquer » ou « entiquer » et « enticher », 
envahir par une tache, envahir par une prédilection exces- 
sive. — TEC 

tiquer et ticher ; « ticocher » ; « entiquer » ou « enticher » , 
exciter par des petits coups, mot distinct de « entiquer » 
ou « enticher » de l'article précédent. — tic 

toquer. — toc 



— 116 — 

touqueret toucher. — toc. 
touiller pour touquiller. — toc. 
trftle pour trasle. — trad. 
trie pour tride. — trid. 
truand pour trugand. — trug. 



vassal, « vasselet » et contracté <* valet ». — vas. 
vautre pour vertrague. — trac-, en composition avec 

la particule « ver». 
velope, «déveloper », «enveloper», «envelope». — ves. 
venne et vanne. — veg. * 

verne, « vergne », etc. — ver. 
virer, « vire », « virole ». — vi. 
vouge pour vidouje. — vid 1 et bi 1. 






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